RECORD: Boué, A. 1830. [Formations secondaires autour du monde.] Journal de Géologie 2 (6): 205-207.

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JOURNAL

DE

GÉOLOGIE,

PAR MM.

A. BOUÉ, JOBERT ET ROZET.

ANNÉE 1830.

Rome Deurième.

PARIS,

Chez F. G. Levrault, éditeur, rue de la Harpe, n° 81;
Même maison, rue des Juifs, n°33, à STRASBOURG;
A BRUXELLES,
à la Librairie Parisieone.

1830.

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que lorsque ces fentes se sont trouvées sur le bord de la mer, il s'y soit introduit, çà et là, quelques débris marins, tandis que dans l'intérieur des terres c'était naturellement une impossibilité physique, au moins pour ceux qui n'admettent pas un déluge général dans la période alluviale. A BOUÉ.

Si les formations primaires et ignées ont été trouvées sur tout le globe, ou n'en peut pas dire autant de tous les terrains secondaires. Ainsi le terrain houiller ancien paraît surtout abondant sous le cercle polaire et dans les doux zônes tempérées, il est rare ailleurs; distribution géographique liée peut-être à sa formation. Les dépôts entre ce terrain et le calcaire jurassique n'ont encore été reconnus hors de l'Europe que dans peu de contrées comme dans l'Indostan, où le grès bigarré et le lias à gryphée arqnée sont, dit-on, bien marinés. C'est peut-être aussi à ces dépôts qu'il faut rapporter oeux décrits par MM. Pander et Eversmann, entre la mer d'Aral et Buchara.

Si le calcaire jurassique est infiniment plus fréquent ou mieux reconnu dans les cinq parties du monde, le grès vert et la craie ne l'ont été jusqu'ici qu'en Amérique, savoir dans la Patagonie, vers l'entrée du détroít de Magellan, et dans la portion atlantique des États-Unis, au milieu du terrain appelé alluvial par M. Maclure. MM. Finch et Morton nous ont donné des détails tout-à-fait satisfaisans sur les roches, et surtout sur les fossiles de ce terrain (voy. Journ. of nat. Hist. of the Acad. of nat. Hist. of Philadelphia, vol. VI, n° 5 et 7; et. Americ. Journ. of Scienc, 1830). Les terrains tertiaires et les alluvions jouent d'un autre côté un très grand rôle sur la surface du globe. Il paraîtrait qu'au moins dans toute l'Europe, et l'Asie russe et cen-

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trale, le sol tertiaire supérieur prédomine éminemment.

Dans le grand bassin du nord de l'Allemagne, M. de Buch vient de reconnaître, d'après les fossiles, beaucoup plus de ressemblance avec les dépôts subapennins qu'avec ceux de Paris même, ce qui confirme notre idée de lier, quant à l'âge, ces bassins subapennins de la Gallicie et de la Pologne avec celui dont il est question. Il est même possible que les étages tertiaires inférieurs soient des dépôts assez rares, même hors de l'Europe; la plupart des lignites tertiaires ne leur appartiennent pas, d'après les observations les plus récentes de plusieurs géologues. C'est une erreur qui a trop long-temps été publiée et enseignée.

Les alluvions anciennes et modernes existent partout dans les vallées et les plaines, sur des collines et sur quelques plateaux qui ont été soulevés poatérieurement à leur formation; mais elles manquent sur les pentes élevées et les hautes montagnes des chaînes soulevées avant la période alluviale. Ces alluvions ne contiennent des fossiles marins que sur le bord de la mer; ailleurs, on n'y voit que des débris de coquillages terréstrea et fluviatiles, et des ossemens d'animaux terrestres.

Nous défions les amateurs du déluge de nous montrer autre chose, dans ce qu'on connaît en Europe de leur prétendu diluvium, qui cependant, d'après leur idéé, devrait être caractérisé par des fossiles marins. Nous croyons à des cataclysmes locaux, de grands et d'immenses lacs d'eau douce, ou même peut-être, çà et là, d'eau saumâtre; mais rien, absolument rien ne s'est présenté à nous, dans les diverses parties de l'Europe, pour justifier un cataclysme général dans la période alluviale. Quant aux débris sur le flanc des montagnes, leur forme angulaire et leur gisement indiquent assez leur origine et leur mode d'accumulation par décomposition, éboulement, charriage des eaux pluviales passagères, les ava-

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lanches et le mouvement des glaciers. Les calculs qu'on a voulu établir sur ces talus de débris pour en déduire l'âge du monde, n'ont jamais pu être faits sérieusement par des géologues praticiens. Au rest, nous reviendrons à une autre occasion sur ce sujet et sur celui des deltas et des dunes, et nous nous contentons d'avouer que, pour nous, les temps historiques ne paraissent dans aucun rapport avec les périodes géologiques, même les plus récentes.

On connaît le fait des dépôts coquilliers de l'époque alluviale, placés sur les bords de l'Atlantique et de la mer du nord, à une assez grande hauteur au-dessus de la mer. On sait qu'il se répète non seulement en Norwège, sur les côtes des îles Britanniques et en France; mais encore, d'après M. Keilhau; dans les îles du Spitz-berg, sur quelques rivages des Etats-Unis du Brésil (côte de Bahia). Il paraîtrait qu'il a lieu aussi dans l'océan Pacifiqué, au moins sur la côte américaine. A. B.


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Citation: John van Wyhe, editor. 2002-. The Complete Work of Charles Darwin Online. (http://darwin-online.org.uk/)

File last updated 18 March, 2014