RECORD: Bory de Saint-Vincent, Jean Baptiste Georges Marie, ed. 1822-31. Dictionnaire classique d'histoire naturelle. 17 vols. Paris: Rey & Gravier. Volume 15.

REVISION HISTORY: OCRed by AEL Data 04.2014. RN1

NOTE: This work formed part of the Beagle library. The Beagle Library project has been generously supported by a Singapore Ministry of Education Academic Research Fund Tier 1 grant and Charles Darwin University and the Charles Darwin University Foundation, Northern Territory, Australia.


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DICTIONNAIRE

CLASSIQUE

D'HISTOIRE NATURELLE.

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Liste des lettres initiales adoptées par les auteurs.

MM.

AD. B. Adolphe Brongniart.

A. D. J. Adrien de Jussieu.

A. F. Apollinaire Fée.

A. R. Achille Richard.

AUD. Audouin.

B. Bory de Saint-Vincent.

C. P. Constant Prévost.

D. Dumas.

D. C..E. De Candolle.

D..H. Deshayes.

DR..Z Drapiez.

E. Edwards.

E. D.. L. Eudes Deslonchamps.

G. Guérin.

G. DEL. Gabriel Delafosse.

GEOF. ST.-H. Geoffroy St.-Hilaire.

G..N. Guillemin.

H.-M. E. Henri-Milne Edwards.

ISID. B. Isidore Bourdon.

IS. G. ST.-H. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire.

K. Kunth.

LAT. Latreille.

LESS. Lesson.

La grande division à laquelle appartient chaque article, est indiquée par l'une des abréviations suivantes, qu'on trouve immédiatement après son titre.

ACAL. Acalèphes.

ANNEL. Annelides.

ARACHN. Arachnides.

BOT. CRYPT. Botanique. Cryptogamie.

BOT. PHAN. Botanique. Phanérogamie.

CHIM. ORG. Chimie organique.

CHIM. INORG. Chimie inorganique.

CIRRH. Cirrhipèdes.

CONCH. Conchifères.

CRUST. Crustacés.

ECHIN. Echinodermes.

FOSS. Fossiles.

GÉOL. Géologie.

INS. Insectes.

INT. Intestinaux.

MAM. Mammifères.

MICR. Microscopiques.

MIN. Minéralogie.

MOLL. Mollusques.

OIS. Oiseaux.

POIS. Poissons.

POLYP. Polypes.

PSYCH. Psychodiaires.

REFT. BAT. Reptiles Batraciens.

— CHÉL. — Chéloniens.

— OPH. — Ophidiens.

— SAUR. — Sauriens.

ZOOL. Zoologie.

IMPRIMERIE DE J. TASTU, RUE DE VAUGIRARD, N°36.

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DICTIONNAIRE

CLASSIQUE

D'HISTOIRE NATURELLE,

PAR MESSIEURS

AUDOUIN, Isid. BOURDON, Ad. BRONGNIART, DE CANDOLLE, G. DELAFOSSIE, DESHAYES, E. DESLONCHAMPS, DRAPIEZ, DUMAS, EDWARDS, H.-M. EDWARDS, A. FÉE, GEOFFROY SAINT-HILAIRE, Isid. GEOFFROY SAINT-HILAIRE, GUÉRIN, GUILLEMIN, A. DE JUSSIEU, KUNTH, LATREILLE, LESSON, C. PRÉVOST, A. RICHARD, et BORY DE SAINT-VINCENT.

Ouvrage dirigé par ce dernier collaborateur, et dans lequel on a ajouté, pour le porter au niveau de la science, un grand nombre de mots qui n'avaient pu faire partie de la plupart des Dictionnaires antérieurs.

TOME QUINZIÈME.

RUA-S.

PARIS.

REY ET GRAVIER, LIBRAIRES-ÉDITEURS,

Quai des Augustins, no 55;

BAUDOUIN FRÈRES, LIBRAIRES-ÉDITEURS,

Rue de Vangirard, No 17.

MAI 1829.

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DICTIONNAIRE

CLASSIQUE

D'HISTOIRE NATURELLE.

RUA-RUA. OIS. Sous ce nom, sir Raffles mentionne une espèce de Râle, qu'il nomme Rallus sumatranus dans son Catalogue systématique d'une collection recueillie à Sumatra. (LESS.)

RUBACELLE OU RUBICELLE. MIN. Noms donnés à une Topase du Brésil, rougie par l'action du feu, ainsi qu'à une variété rouge jaunâtre du Spinelle. (A. R.)

RUBAN, REPT. OPH. Même chose que Rouleau, Tortrix. V. ce mot. (B.)

RUBAN. Cepola. POIS. Genre de la famille des Ténioïdes, de l'ordre des Acanthoptérygiens, dans la Méthode de Cuvier, que Duméril place parmi ses Pétalosomes, et de l'ordre des Thoraciques dans le Systema naturæ de Linné. Les Rubans ont, outre le corps allongé et aplati, avec cette longue dorsale, qui leur sont des caractères communs avec le reste de la famille, une caudale distincte et une anale très-longue et très-marquée. Il n'y a dans leur dorsale que deux ou trois rayons non articulés, en sorte qu'on pourrait presque les laisser parmi les Malacoptérygiens. Leurs ventrales ont, comme à l'ordinaire, plusieurs rayons; mais ce qui les distingue le mieux, c'est leur mâchoire supérieure très-courte et l'inférieure qui se redresse pour la rejoindre, en sorte que leur tête est obtuse, et l'ouverture de leur bouche dirigée vers le haut. Leurs dents sont fort aiguës, peu serrées, et leur cavité abdominale est fort courte, ainsi que leur estomac; ils sont quelques cœcums et une vessie aérienne qui s'étend dans la base de la queue. Le nom de Cépole qu'on leur donne dans la Méditerranée, et que Linné adopta comme scientifique, vient de ce que leur chair qui est mangeable, quoique médiocre, s'enlève par feuillets, ce qui la fit comparer à l'Ognon. Le Systema naturæ mentionne trois espèces dans ce genre; la dernière constitue maintenant un genre à part (V. TRACHYPTÈRE); les deux autres paraissent ne point différer l'une de l'autre, et seraient, selon Cuvier, le même Animal. Ainsi, l'espèce unique de Ruban connue, est le Tænia, Cepola Tænia et rubescens, L. La Cépole serpentiforme, Risso, Médit. T. III, p. 294, figurée par Rondelet, p. 261, et

TOME XV. 1

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par Bloch, pl. 170. On peut jnger par les deux figures données dans l'Encyclopédie du Tænia et du Serpent de mer (121 et 122 de la planche 33) combien Bonnaterre examinait peu les choses dont il écrivait. Après avoir, avant Cuvier, remarqué combien il est difficile de distinguer ces Poissous qu'il soupçonne être un double emploi de la même espèce, il choisit, pour les représenter, les originaux les plus disparates qu'on puisse imaginer, et qui n'appartiennent pas au même genre. Quoi qu'il en soit, la Cépole Tænia ou Ruban, qui a jusqu'à dixhuit pouces de longueur, a le corps comprimé, souple et délié. Ce Poisson serpente au milieu des eaux de la Méditerranée avec grâce et légèreté. La vivacité de ses nuances rouges et argeutées, qui n'empêchent pas qu'il ne soit transparent, l'ont fait comparer par les pêcheurs aux flammes de couleur qu'on met à l'extrémité des mâts quand ces flammes y sont mollement agitées par les vents. Il se nourrit de Zoophytes et de Crustacés. (B.)

RUBAN. Liguus. MOLL. Genre élabli par Montfort pour quelques Agathines de Lamarck, qui sont la coquille turriculée et l'ouverture très-courte, telles que l'Achatina virginea. Ce genre ne pouvait être adopté. V. AGATHINE.

On donne vulgairement le nom de RUBAN à d'autres Coquilles, et on a appelé:

RUBAN ou LIMAS RUBANNÉ, le Turbo petholatus.

RUBAN ou VIS BUCCIN RUBANNÉ, l'Achatina virginea, Lamk., type du genre Ruban de Montfort.

RUBAN RAYÉ, quelquefois le Dolium maculatum, Lamk.

GRAND RUBAN ou RUBAN PLAT, PETIT RUBAN ou RUBAN CONVEXE (Geoffroy), des Coquilles terrestres; la première l'Helix ericetorum, la seconde l'Helix striata, etc. (D..H.)

RUBAN D'EAU ET RUBANNIER. BOT. PHAN. Noms vulgaires du genre Sparganium, qu'on doit franciser par Sparganie. V. ce mot. (B.)

RUBANNÉE. REPT. OPH. Espèce du genre Couleuvre. (B.)

RUBANNÉE. MOLL. Nom marchand du Voluta mendicaria, L., espèce du genre Colombelle. V. ce mot. (B.)

RUBANNIER. BOT. PHAN. V. RUBAN D'EAU et SPARGANIE.

RUBASSE. MIN. C'est le nom que l'on donne aux variétés de Quartz hyalin, teintées artificiellement par l'introduction de dissolutions colorées dans les fissures que l'on fait naître dans l'intérieur de leur masse, en la chauffant jusqu'an rouge et la plongeant subitement dans un bain d'eau froide. (G. DEL.)

RUBEA. BOT. PHAN. (Dictionnaire de Déterville.) Probablement pour Jubæa, genre de Palmiers proposé par Kunth. V. JUBÉE. (G..N.)

RUBECCIUS. OIS. Syn. de Bouvreuil. V. ce mot. (DR..Z.)

RUBECULA. OIS. Nom scientifique du Rouge-Gorge. V. SYLVIE. (DR..Z.)

RUBELINE. OIS. (Belon.) L'un des noms vulgaires du Rouge-Gorge. V. SYLVIE. (DR..Z.)

* RUBELLANE. MIN. Substance d'un brun rougeâtre, tendre, pesant spécifiquement 2,6; cristallisant en prismes à six faces ou en dodécaèdres bipyramidaux; se divisant en feuillets à la flamme d'une bougie; elle se rencontre mêlée avec du Mica et du Pyroéne dans une Wacke, à Schima dans le Mittelgebirge en Bohême. Elle a été décrite par Breithaupt, et analysée par Klaproth qui lui a trouvé la composition suivante: Silice, 45; Fer oxidé, 20; Alumine, 10; Magnésie, 10; Soude et Potasse, 10; parties volatiles, 5. (C. DEL.)

RUBELLION. POIS. Syn. de Pagel. V. ce mot. (B.)

RUBELLITE. MIN. C'est un des noms que l'on a donnés à la Tourmaline d'un rouge violet, à base de

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Soude et de Lithine, et qui est très-difficile à fondre. On l'a appelée aussi Daourite, Sibérite, Apyrite, etc. V. TOURMALINE. (G. DEI..)

RUBENTIA. BOT. PHAN. (Commerson.) Syn. d'Elæodendrum. V. ce mot. (B.)

RUBEOLA. BOT. PHAN. (Tournefort.) V. CRUCIANELLE.

RUBÉOLE, BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires de l'Asperula Cynanchica, L. (B.)

RUBETA. REPT. BATR. La Rainette verte en divers cantons du Midi et jusqu'en Portugal. (B.)

RUBETRA. OIS. Nom scientifique du Tarier. V. TRAQUET. (B.)

RUBIA. BOT. PHAN. V. GARANCE.

RUBIACÉES. Rubiaceæ. BOT. PHAN. Famille de Plantes dicotylédones, monopétales, à étamines épigynes, qui se compose d'un très-grand nombre de Végétaux indigènes ou exotiques, et qui offrent pour caractères communs: un calice monosépale, adhérent avec l'ovaire infère; très-rarement et comme par exception, libre, ayant son limbe à quatre ou cinq divisions persistantes; une corolle monopétale régulière, de forme très-diverse, également à quatre ou cinq lobes, valvaires ou incombans, et quelquefois tordus; des étamines en même nombre que les lobes de la corolle et alternant avec eux, très-rarement en nombre double; elles sont insérées au haut du tube de la corolle, et sont incluses ou saillantes, à deux loges introrses; un ovaire infère à deux ou cinq loges contenant chacune un ou plusieurs ovules; le style est simple ou bifide, et chacune de ses divisions porte un stigmate; sur le sommet de l'ovaire est un disque épigyne plus ou moins épais. Le fruit est tantôt sec et tantôt charnu. Dans le premier cas, c'est tantôt un diakène, tautôt une capsule à deux ou cinq loges contenant une ou plusieurs graines, et s'ouvrant en deux ou cinq valves qui emportent chacune une des cloisons sur le milieu de leur face interne; dans le second cas, le fruit est une baie à deux ou cinq loges monospermes ou polyspermes, ou une drupe contenant un ou plusieurs noyaux. Les graines sont globuleuses, ovoïdes ou planes, et membraneuses et ailées dans leur coutour. Elles se composent, outre leur tégument propre, d'un endosperme souvent dur et corné, dans l'intérieur duquel est un embryon cylindrique ou recourbé, ayant sa radicule longue et correspondant au hile. Les Rubiacées se présentent sous deux formes tout-à-fait différentes; ce sont quelquefois des Plantes herbacées, annuelles ou vivaces, qui portent des feuilles verticillées; ou bien ce sont des Arbrisseaux, des Arbres ou des Arbustes à feuilles toujours simples et entières, constamment opposées, et accompagnées à leur base de stipules intermédiaires et opposées, tantôt libres, tantôt soudées avec les pétioles, tantôt formant une sorte de gaîne, entières, ou diversement lobées. Les fleurs varient beaucoup dans leur grandeur et dans leur disposition. Elles sont quelquefois axillaires, solitaires, fasciculées ou en épis, ou bien elles terminent les rameaux et forment des grappes, des panicules, des corymbes ou enfin des capitules qui sont quelquefois accompagnés d'un involucre formé de plusieurs bractées.

La famille des Rubiacées se compose d'un très-grand nombre de genres que nous avons cru pouvoir distribuer de la manière suivante:

1. Fruit à deux loges monospermes.

A. Style bifide.

Ire Tribu: ASPÉRULÉES.

Fruit sec ou légèrement charnu, à deux loges ou à une seule par avortement; tiges herbacées, rarement frutescentes à leur base; feuilles verticillées:

Galium, L.; Asperula, L.; Crucianella, L.; Anthospermum, L.;

1*

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Sherardia, L.; Valantia, Tournef.; Phyllis, L.; Calopinia, Thunb.

B. Style indivis.

a. Fleurs à quatre étamines.

† Fruit sec.

2e Tribu: SPERMACOCÉES.

Fruit sec et indéhi-cent; quatre étamines; tige her bacée ou sous-frutescente; fleurs opposées ou verticillées.

Spermacoce, L.; Knoxia, L.; Cephalanthus, L.; Diodia, Gron., L.; Putoria, Persoon; Richardsonia, Kunth; Hydrophilax, L. fils.

†† Fruit charnu.

3e Tribu: PAVETTÉES.

Fruit charnu et à deux loges monospermes; quatre étamines; tige ligneuse; feuilles opposées.

Evea, Aublet; Siderodendrum, Schr.; Tetramerium, Gaertn.; Scolosanthus, Vahl; Nertera, Banks; Pavetta, Rheed; Ixora, L.; Baconia, De Cand.; Faramea, Aubl.; Emedea, Sw.: Polyosus, Lour., Declieuxia, Kunth; Patabea, Aubl.; Frælichia, Vahl; Coutarea, Aubl.; Malanca, Aubl.

b. Flems à cinq étamines.

† Fruit sec.

4e Tribu: MACHAONIÉES.

Fruit sec, à deux loges monospermes; cinq étamines; tige ligneuse; feuilles opposées.

Nauclea, L.; Disodia, Pers.; Chimarrhis, Jacq.; Machaonia, Hmnb. et Bonpl.

†† Fruit charnu.

5e Tribu: PSYCHOTRIÉES.

Fruit charnu, à deux loges monospermes; cinq étamines; tige herbacée ou ligneuse; feuilles opposées.

Rutidea, De Cand.; Stenostemum, Gaertn.; Psychotria, L.; Coffea, L: Canthium, Jacq.; Serissa, Comm.; Palicourea, Aublet; Chiococca,

Browne; Coprosma, L. fils; Cephaelis, Swartz; Stipularia, Beauv.; Morinda, L.; Plocama, Aiton; Rudgea, Salisb.; Chassalia, Comm.

2. Fruit renfermant un noyau.

6e Tribu: PSATHURÉES.

Fruit charnu, renfermant un noyau à deux ou à un plus grand nombre de loges; étamines de quatre à cinq; tige ligneuse; feuilles opposées.

Myonima, Commers.; Antirrhæa, Comm.; Psathura, Comm.; Chomelia, Juss.; Mathiola, Plum.; Guviera, De Cand.; Laugeria, Juss.

3. Fruit renfermant plusieurs nucules.

7e Tribu: VANGUÉRIÉES.

Fruit charnu, contenant plusieurs nucules monospermes; tige herbacée ou ligneuse; feuilles opposées.

Pyrostria, Comm.; Hamelia, Juss.; Evosmia, Humb. et Bonpl.; Erithalis, Browne; Mitchella, L.; Vangueria, Juss., Nonatelia, L.; Sipanea, Aubl.

4. Fruit charnu, bacciforme.

8e Tribu: BERTIÉRÉES.

Fruit charnu, à deux loges polyspermes; étamines de quatre à six; tige ligneuse; feuilles opposées.

§ I. Quatre étamines.

Fernelia, Comm.; Gonzalia, Pers.; Goccocypsilum, Browne; Catesbæa, Gron.; Petesia, Br.; Tontanea, Aubl.; Higginsia, Pers.

§ II. Cinq étamines.

Schradera, Vahl; Tocoyena, Aublet; Gardenia, L.; Bertiera, Aublet; Zaluzania, Randia, Houst.; Genipa, L.; Posoqueria, Aubl.; Stigmanthus, Loureiro; Pomatium, Gaert.; Oxyanthus, D. C.; Amaiova, Aubl.; Stylocorina, Cav.; Hippotis, R. et P.

§ III. Six étamines.

Cassupa, Humb. et Bonpl.; Duroia, L. fils.

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9e Tribu: GUETTARDÉES.

Baie à plusieurs loges; tige ligueuse; feuilles opposées.

Gnettarda, L.; Sabicea, Aubl.; Ancylanthus, Desf.; Isertia, Schr.; Polyphragmon, Desf.

5. Fruit sec et capsulaire.

10e Tribu: CINCHONÉES.

Capsule à deux loges polyspermes, s'ouvrant en deux valves; étamines de quatre à cinq; tige herbacée ou ligneuse; feuilles opposées.

§ I. Quatre étamines.

Oldenlandia, Plum.; Hedyotis, L.; Polypremum, L.; Bouvardia, Salisb.; Carphalea, Juss.; Hoffmannia, Sw.; Houstonia, L.; Ophiorhiza, Rich.; Nacibea, Aubl.

§ II. Cinq étamines.

Rondeletia, Plum.; Macrocnemum, Browne; Pinckneya, Rich. in Michaux; Mussænda, L.; Hillia, Juss.; Outarda, L.; Exostemma, Pers.; Cinchona, L.; Cosmibuena, R. et P.; Danais, Commers.; Tula, Adans.; Dentella, Juss.; Virecta, L. fils; Sickingia, Willd.; Portlandia, Br.; Stevensia, Poit.

Cette classification, encore fort imparfaite, réunit dans chacun des groupes dont elle se compose, les genres qui sont entre eux le plus dffaffinités. Le nombre des étamines, qui nous a servi à établir quelques subdivisions, ne doit être considéré que comme un caractère tout-à-fait artificiel, car souvent certains genres qui sont entre eux les plus grands rapports, ne diffèrent que par le nombre des étamines.

A la suite de ces différens genres on a placé les genres Gaertnera et Pagamea qui diffèrent de tous les autres par leur ovaire libre, mais qui, par tous leurs autres caractères, et surtout leurs feuilles opposées, entières, et leurs stipules intermédiaires appartiennent à la famille des Rubiacées. On doit également réunir à cette famille le genre Opercularia dont Jussieu a fait une famille sons le nom d'Operculariées, mais qui, en réalité, ne diffère par aucun caractère des autres Rubiacées.

Les Rubiacées forment une famille bien distincte et bien limitée. Elle a des ra ports intimes avec les Caprifoliacées et avec les Apocynées; mais ses feuilles verticillées avec un ovaire infère ou opposées avec des stipules intermédiaires, l'en distinguent facilement. (A. R.)

RUBICELLE. MIN. (Stutz.) V. RUBACELLE.

* RUBICOND, BOT. PHAN. Antirrhinum Orontium. Espèce du genre Muflier. V. ce mot. (B.)

RUBIENNE. OIS. L'un des noms de pays du Motacilla erithacus. (B.)

RUBIETTE. OIS. Nom français admis par Cuvier dans le Règne Animal, pour désigner le genre d'Oiseau correspondant aux Ficedula de Bechstein, et aux Sylvia de Wolff et de Meyer. Ce nom de Rubiette est donné dans quelques provinces de France à la Rouge-Gorge, type des Rubiettes ou Sylvies. V. ce mot. (LESS.)

RUBIGO. BOT. CRYPT. (Urédinées.) Ce nom a été appliqué spécialement à quelques espèces d'Uredo connues vulgairement sous le nom de Rouille, espèces qui se développent souvent sur les feuilles des Plantes cultivées, et qui, par leur couleur, ressemblent à la rouille du fer. V. UREDO. (AD. B.)

RUBIN. OIS. Espèce du genre Moucherolle. V. ce mot. (DR..Z.)

* RUBIN. POIS. Syn. de Trigle-Grondin parmi les pêcheurs du golfe de Gênes.

RUBINE. MIN. Nom donné par les anciens minéralogistes à plusieurs Sulfures métalliques, naturels ou artificiels, de couleur rouge. Ainsi on a appelé:

RUBINE D'ARSENIC, l'Arsenic sulfuré rouge.

RUBINE BLENDE, le Sulfure de Zine rouge.

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RUBINE D'ARGENT, l'Argent rouge, etc., etc. (G. DEL.)

RUBIOIDES. BOT. PHAN. Solander avait d'abord donné ce nom à un genre qu'il nomma ensuite Pomax, mais que Gaertner a depuis désigné sous celui d'Opercularia. Ce dernier nom a prévalu. V. OPERCULAIRE. (G..N.)

RUBIS. OIS. Espèce du genre Colibri. V. ce mot. C'est aussi le nom d'une espèce de Sylvie et d'un Manakin. V. ces mots. On a encore appelé RUBIS EMERAUDE et RUBIS TOPAZE, des Colibris. (DR..Z.)

RUBIS. MIN. Ce nom a été donné à plusieurs substances pierreuses qui n'ont rien de commun que leur couleur rouge, et plus particulièrement à deux d'entre elles, savoir: au Corindon hyalin rouge, et au Spinelle. La première constitue, dans le langage des lapidaires, le Rubis oriental; et la seconde, le Rubis Spinelle. Dans l'Inde, ce nom de Rubis est généralement donné à toutes les Pierres, quelles que soient d'ailleurs leur nature et leur couleur. Ainsi, l'Emeraude est un Rubis vert, la Topaze un Rubis jaune, etc. Le Rubis oriental est une des gemmes les plus estimées a près le Diamant. V. CORINDON. Le Rubis Spinelle n'est qu'une variété du Spinelle proprement dit. V. ce mot. Dans son état de perfection, il est d'un rouge pourpre. C'est aussi une Pierre d'une haute valeur. On eu connaît, dans le commerce de la joaillerie, trois variétés, qui sont: le Rubis Spinelle ponceau, le Rubis balais, et le Rubis teinte de vinaigre. Un Rubis ponceau, d'une belle transparence, qui excède le poids de quatre carats, vaut moitié d'un Diamant du même poids. Le Rubis balais est d'un rose violet. C'est la variété la plus recherchée après les Rubis écarlates.

Outre les Corindons et les Spinelles rouges, il est beaucoup d'autres substances minérales qui sont aussi recu le nom de Rubis. Ainsi l'on a nommé:

RUBIS D'ARSENIC ou RUBINE, l'Arsenic Réalgar.

RUBIS BLANC, le Corindon hyalin blanc.

RUBIS DE BOHÊME, le Grenat Pyrope et le Quartz hyalin rose.

RUBIS DU BRÉSIL, les Topazes rouges et les Topazes brûlées.

RUBIS DE HONGRIE, un Grenat rouge-violet des monts Krapacks.

RUBIS OCCIDENTAL, le Quartz hyalin rose.

RUBIS DE SIBÉRIE, la Tourmaline d'un rouge cramoisi. (G. DEL.)

* RUBISSO. BOT. PHAN. (Garidel.) L'un des noms vulgaires de l'Adonisæstivalis, L. (B.)

RUBLE, BOT. PHAN. L'un des synonymes vulgaires de Cuscute, (B.)

RUBRICA. OIS. (Gesner.) Le Bouvreuil. V. ce mot. (DR..Z.)

RUBRIQUE, MIN. L'Ocre rouge. (B.)

* RUBULE. Rubula. POLYP.? Defrance a donné ce nom à des petits corps calcaires fossiles que l'on rencontre à Hauteville dans le département de la Manche. Ils sont de deux à trois lignes de long, et leur forme est plus ou moins allongée. De petites aspérités irrégulières, quelquefois bifurquées, se voient à leur surface, et lorsqu'on les examine à la loupe, elles paraissent percées de très-petits trous. L'espèce unique qui ait été encore découverte, porte le nom de Soldani, Rubula Soldani. Elle est figurée dans l'Atlas du Dictionnaire des Sciences naturelles. (AUD.)

RUBUS. BOT PHAN. V. RONCE.

RUCH. OIS. Même chose que Roc. V. ce mot. (B.)

RUCHE, OIS. L'un des noms vulgaires de Rouge-Gorge. V. SYLVIE. (DR..Z.)

RUCHIN. BOT. CRYPT. L'un des noms vulgaires des Champignons du genre Bolet. (B.)

RUCKAIA. MAM. Nom de pays du Sciurus Macrourus. V. ECUREUIL. (B.)

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RUDBECKIE. Rudbeckia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, type de la section des Rudbeckiées dans la tribu des Hélianthées de Cassini, et appartenant à la Syugénésie frustranée, L. Les auteurs, depuis Linné, en sont décrit un assez grand nombre d'espèces, dont quelques-unes sont été érigées en genres distincts; telles sont les Rudbeckia purpurea, amplexicaulis et pinnata, qui sont devenues les types des genres Echinacea de Mœnch, Dracopis et Obeliscaria de Cassini. Ce dernier auteur admet pour espèce fondamentale le R. laciniata, L., et il exprime de la manière suivante les caractères génériques: involuere plus long que les fleurs centrales, composé de folioles presque sur un seul rang, inégales, non appliquées, oblongues-lancéolées. Réceptacle conique-cylindracé, élevé, garni de paillettes plus courtes que les fleurs, demi-embrassantes, oblongues, à trois nervures. Calathide radiée, composée au centre de fleurons nombreux, réguliers, hermaphrodites, et à la circonférence de demifleurons sur une seule rangée, en languettes et stériles. Les fleurons du centre sont la corolle à tube extrêmement court et terminé par un limbe non renflé à sa base, mais se confondant avec le tube qui est élargi supérieurement; l'ovaire est oblong, tétragone, glabre, surmonté d'une aigrette en forme de couronne cartilagineuse; irrégulièrement crénelée. Les demi-fleurons de la circonférence n'ont presque pas de tube; ils se composent d'une languatte longue, et d'un ovaire avorté privé de style et d'ovule. Les Rudbeckies sont indigènes de l'Amérique septentrionale. Ce sont de belles Plantes que l'on cultive en Europe dans les jardins d'agrément, et qui sont le port des Helianthus. En admettant l'exclusion des espèces que nous avons citées plus haut comme distinctes génériquement, le nombre des vraies Rudbeckies s'élève au moins à dix espèces parmi lesquelles nous citerons les principales, parce qu'elles sont cultivées, comme Plantes d'ornement, dans les jardins d'Europe, savoir: 1° Rudbeckia laciniata, L.; Morison, Hist., 3, § VI, tab. 5, fig. 53; Cornuti, Canad., t. 179. Ses tiges sont droites, glabres, striées, hautes de cinq à six pieds, rameuses à leur partie supérieure. Ses feuilles sont grandes, alternes, laeiniées, presque ailées, à découpures irrégulières, ovales-lancéolées, d'un vert foncé, quelquefois marquées d'aspérités blanchâtres comme dans les Borraginées. Les calathides des fleurs sont portées sur de longs pédoncules et forment un corymbe lâche; leurs demi-fleurons sont jaunes, allongés, réfléchis, presque entiers au sommet. Cette Plante croît dans la Virginie, la Caroline et le Canada.—2°. Rudbeckia triloba, L.; Pluken., Almag., tab. 22, fig. 2; Botanical Regist., n. 525. Ses tiges sont lisses, cannelées, très-droites, rameuses, et ne s'élèvent qu'à deux ou trois pieds. Les feuilles inférieures sont rudes, pétiolées, trilobées, ou fortement tridentées, les supérieures entières, ovales, presque sessiles. Les calathides des fleurs sont terminales au sommet des nombreuses divisions de la tige, et forment, par leur rapprochement, un corymbe étalé. Les rayons de chaque calathide sont d'un beau jaune, et le centre d'un brun presque noir. On trouve cette Plante, à l'état sauvage, dans l'Amérique septentrionale.—3°. Rudbeckia hirta, L.; Dillen, Hort. Elth., tab. 218, fig. 585. Ses tiges sont roides, très-rudes, un peu anguleuses, divisées eu rameaux simples, lougs et effilés; les feuilles sont alternes, presque sessiles, lancéolées, légèrement dentées, rudes, hérissées de poils roides, très-courts; les inférieures spathulées, les supérieures un peu atténuées à la base. Les fleurs sont terminales au sommet des ramuscules; elles sont des demi-fleurons linéaires, non réfléchis d'un jaune plus foncé à la base, et bifides au sommet.—4°. Rudbeckia spathulata, Michx., Flor. bor. Am., 2, p. 144.

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Espèce fort petite, à tiges grêles, pubescentes, garnies de feuilles ovales, spathulées, entières, vertes des deux côtés; les fleurs sont terminales au sommet des rameaux. Elle croît dans les montagnes de la Caroline.—5°. Rudbeckia angustifolia, L.; Miller, Icon., t. 224, fig. 2. Plante herbacée, à racine vivace, et dont la tige s'élève à trois ou quatre pieds. Ses feuilles sont opposées, lisses, étroites, linéaires, très-entières, atténuées eu pétiole à la base. Les fleurs sont terminales, à demi-fleurons jaunes, et à fleurons d'un pourpre noirâtre. Cette espèce croît dans la Virginie.

Le genre Rudbeckia d'Adanson est synonyme de Conocarpus, Gaertn. V. ce mot. (G..N.)

* RUDBECKIÉES. BOT. PHAN. H. Cassini a donné ce nom à la quatrième des cinq sections qu'il a établies dans la tribu des Hélianthées de la famille des Synanthérées. Les Hélianthées-Rudbeckiées sont l'ovaire tétragone, glabre, non sensiblement comprimé, comme tronqué au sommet; l'aigrette est en forme de petite couronne. Cette section est elle-même subdivisée en trois groupes, savoir:

1°. Les RUDBECKIÉES proprement dites, dont les fleurons du disque sont hermaphrodites (ou rarement mâles au centre); les demi-fleurons de la circonférence stériles. Cassini y place les genres Tithonia, Desf.; Echinacea, Mœnch; Dracopis, Cass.; Obeliscaria, Cass.; Rudbeckia, L.; Heliophtalmum, Rafinesque; Gymnolomia, Kunth; Chatiakella, Cass.; Wulfia, Necker; Tilesia, Meyer; et Podanthus, Lagasca.

2°. Les HÉLIOPSIDIÉES, dont les fleurons du disque sont hermaphrodites (rarement mâles au centre); les demi-fleurons de la circonférence femelles. Ce groupe se compose des genres Ferdinanda, Lagasca; Diomedea, Cass.; Heliopsis, Pers.; Kallias, Cass.; Pascalia, Ortega; Helicta, Cass.; Stemmodontia, Cassini; Wedelia, Jacquin; Trichostemma, Cass.; Eclipta, L.

5°. Les BALTIMORÉES, où les fleurons du disque sont mâles, et les demi-fleurons de la circonférence femelles. Ce groupe ne se compose que des genres Baltimora, L., et Fougeria, Mœnch. (G..N.)

* RUDBÈQUE. BOT. PHAN. Pour Rudbeckie. V. ce mol. (G..N.)

* RUDDER-PERH. POIS. (Mitchill.) V. GASTÉROSTÉE, sous-genre CENTRONOTE.(B.)

RUDE. REPT. OPH. Espèce du genre Couleuvre. (B.)

RUDGEA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Rubiacées, et de la Pentandrie Monogynie, L., établi par Salisbury (Transact. Soc. Linn. of London, T. VIII, p. 325) qui l'a ainsi caractérisé: calice profondément divisé en cinq découpures. Corolle dont le tube est grêle, très-long; le limbe a cinq découpures terminées par un appendice dorsal en forme de crochet. Etamines dont les filets sont plus courts que les anthères, et insérées sur l'entrée du tube de la corolle. Style long, terminé par un stigmate à deux lamelles oblongues. Péricarpe (non mûr) biloculaire, à loges monospermes. Ce genre se rapproche du Frælichia et du Schradera par la forme des divisions du limbe de la corolle; mais il s'en éloigne sous tous les autres rapports. Salisbury place encore ce genre auprès du Psychotria. Il en a décrit et figuré avec soin deux espèces sous les noms de Rudgea lanceæfolia, et R. ovalifolia, qui sont entre elles une telle ressemblance, qu'on les prendrait volontiers pour deux variétés de la même Plante. Toutes les deux croissent à la Guiane; elles sont des tiges cylindracées ou légèrement tétragones; les feuilles sont grandes, opposées, lancéolées ou ovales, munies de stipules interpétiolaires grandes et pectinées, dont le sommet est caduc. Les fleurs forment des panicules serrées et terminales. (G..N.)

RUDGEOLE. POIS. L'un des synonymes vulgaires de Cépole. (B.)

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* RUDISTES. CONCH. La plupart des genres avec lesquels Lamarck a composé cette famille, dans son dernier ouvrage, étaient compris dans les Ostracées de ses Méthodes précédentes. En établissant cette famille, le savant auteur des Animaux sans vertèbres savait que la plupart des genres étaient incomplètement connus; aussi doit-on la considérer bien plutôt comme un incertæ sedis que comme une famille naturelle. Nous avons vu à l'article HIPPURITE combien Lamarck et tous les auteurs se sont mépris à l'égard de ce genre placé dans la classe des Céphalopodes. Cuvier avait exprimé un doute à ce sujet, et Férussac, à son imitation, l'avait exprimé de même dans ses Tableaux systématiques; mais peu conséquent avec lui-même, Férussac, à l'article BATOLITE de ce Dictionnaire, renvoie ce genre, ainsi que les Hippurites, aux Céphalopodes, ce qui prouve qu'il les regardait comme dépendant de ce groupe. Ceci paraît assez étonnant quand on le rapproche de ce que dit D'Orbigny fils dans une note de son Mémoire sur les Céphalopodes, publié, comme on sait, sous l'influence de Férussac. Ce voyageur annonce que, depuis long-temps, le rapprochement que nous avons fait, il l'avait opéré dans sa collection; qu'il l'avait établi par des envois nu Jardin du Roi et à plusieurs savans de la capitale; comment se fait-il alors que Férussac ait ignoré tout cela en faisant son article BATOLITE, et qu'il vienne quelque temps après revendiquer pour lui et D'Orbigny la priorité de notre manière de voir, se faisant alors un mérite d'une phrase tellement dubitative et de si peu d'importance, qu'il ne la mentionne même pas à l'article BATOLITE dont nous venons de parler. Quoi qu'il en soit, en adoptant la famille des Rudistes, Férussac la réforma en éloignant les Discines et les Cranies qui appartiennent effectivement à une autre famille. Blainville opéra la même rectification dans son article Mollusque du Dictionnaire des Sciences naturelles, et ne mentionna nulle part le genre Hippurite. Eclairé par nos observations, il le rangea dans son ordre des Rudistes de son Traité de Malacologie, car, dans cet ouvrage, il fit un ordre de cette famille de Lamarck. Il le composa de cinq genres de la manière suivante: Sphérulite, Hippurite, Radiolite, Birostrite et Calcéole. De ces genres, trois doivent se confondre en un seul: ce sont les Sphérulites, les Radiolites et les Birostres, comme Charles Des Moulins l'a prouvé d'une manière incontestable dans une Dissertation très-approfondie qu'il a publiée en 1827 dans le Bulletin d'Histoire naturelle de la Société Linnéenne de Bordeaux. Ce travail considérable sur toute la famille des Rudistes mérite une mention toute particulière. Des Moulins propose de faire des Rudistes une classe à part au même degré que celle des Acéphales, relativement aux Mollusques. Les faits nombreux qu'il a recueillis le déterminent, après un examen scrupuleux, à placer cette classe près des Tuniciers. Il a été conduit surtout à cette opinion par cette observation constante dans le genre le plus considérable de cette famille, es Sphérulites, de l'existence d'un espace vide entre un noyau interne (birostre), et la face interne et actuelle du test. Ce fait, insolite en apparence, que l'on a cru appartenir uniquement à ce genre et à cette famille, est devenu le sujet de plusieurs conjectures. On a supposé d'abord que le birostre était un os interne, contenu dans le milieu de l'Animal dont la partie charnue occupait l'espace actuellement vide de la coquille. Un birostre tronçonné a démontré qu'étant de la même pâte que la couche où est enfouie la coquille, ce ne pouvait être un os interne: comment le concilier d'ailleurs avec l'Animal d'une coquille bivalve? Alors on a conjecturé que cet Animal était formé de deux parties, l'une cartilagineuse, et l'autre molle; que le birostre avait été formé.

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à la place de la partie molle, et que l'autre, ayant disparu ensuite, avait laissé libre le birostre dans la coquille. Cette opinion a paru la plus plausible à Des Moulins; mais une objection se présentait; on ne connaît rien de semblable parmi les Acéphalés, aucun d'eux ne s'offre à nos yeux composé de deux substances de consistance différente. Il a fallu chercher des Animaux qui fussent dans ce cas, ou qui fussent pourvus de deux cavités distinctes; en parcourant la série des Animaux invertébrés, se sont présentés les Tuniciers. Il était bien difficile sans doute d'assimiler ces Animaux avec des Coquilles bivalves de la nature de celles des Rudistes. Cependant, le rapprochement que Cuvier, Savigny, etc., avaient fait des Biphores, des Ascidies et des autres Tuniciers, de la classe des Mollusques acéphales, devenait un motif plausible à Des Moulins de proposer le sien, et d'établir avec les Rudistes une classe intermédiaire entre les Tuniciers et les Aeéphales proprement dits. L'adhérence des coquilles des Rudistes filt le sujet de quelques observations que Hœninghaus soumit verbalement à Des Moulins; admises trop légèrement, et pour ainsi dire d'enthousiasme, elles le portèrent à comparer aussi ces coquilles à celles des Balanes et des autres Cirrhipèdes, ce qui le conduisit à un autre rapprochement qu'aucun raisonnement ni aucun fait ne peuvent justifier.

Quand, pour établir une théorie générale, on n'a que des faits incomplets, que l'on entre dans le champ des suppositions, il est si vaste, qu'il n'est pas difficile de s'y égarer. Il n'est pas surprenant que cela soit arrivé à Des Moulins, et à l'exception de ce rapprochement avec les Balanes, qui ne vient pas de lui, nous nous plaisous à dire que l'état des observations le mettait presque dans la nécessité de raisonner comme il l'a fait, et qu'il n'a pas dépendu de lui, pour ainsi dire, en admettant les observations sous le même point de vue que ses devanciers, d'arriver à d'autres résultats que ceux qu'il a obtenus. Aussi nous ferons observer que ce n'est pas dans un esprit de critique que nous avons examiné le travail de Des Moulins, mais pour mettre à même les observateurs de juger une question des plus intéressantes de la conchyliologie, en faisant cesser les conjectures qu'elle a fait naître.

Nous rejetons complètement et comme inutile la théorie de Des Moulins; nous n'admettons pas plus sa classe des Rudistes que l'ordre et la famille du même nom de Blainville et de Lamarck, et voici comment nous avons été conduit à un résultat si peu probable. Il n'est pas difficile de s'assurer que presque toutes les Coquilles bivalves ou univalves sont composées de deux couches, l'une interne et l'autre externe ou corticale, qui, quant à leur épaisseur, sont dans une relation inverse, c'est-à-dire que la où l'une est fort épaisse, l'autre y est très-mince, et vice versâ. On peut croire, puisque l'observation le prouve, que ces deux couches sont de nature différente, car l'une, l'interne, dans certaines circonstances de la fossilisation, est toujours dissoute, tandis que l'autre se conserve complètement dénudée. Nous avons mis ce fait hors de doute à l'article PODOPSIS auquel nous renvoyons, ainsi qu'à SPONDYLE, et nous avons, pour d'autres genres, un grand nombre d'autres observations qui coïncident parfaitement avec celle-ci. Il est à remarquer que presque tous les Rudistes et les Sphérulites spécialement, se trouvent dans les terrains où. la décomposition des Coquilles a lieu constamment. Pour faire l'application de ce qui précède à ce genre, par exemple, nous raisonnons de cette manière: les Sphérulites étaient composées comme les Spondyles, les Cames, etc., etc., de deux couches distinctes, l'une interne, l'autre corticale; la première très-épaisse au sommet; l'autre, au contraire, fort mince, et réciproquement; c'est la la seule supposition que nous nous

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permettions, et l'on voit combien elle est fondée raisonnablement sur l'analogie. Lors de l'enfouissement, la Sphérulite a été remplie de la matière de la couche terreuse qui l'enveloppe; cette matière s'est solidifiée et a pris ainsi l'empreinte de la cavité qu'occupait l'Animal; si elle était très-atténuée, comme la craie, par exemple, elle a même pu s'introduire et se durcir dans les interstices des dents cardinales, et en conserver la forme; or, cette cavité qu'occupait l'Animal, ainsi que la charnière, était entièrement composée de la matière de la couche interne de la Coquille; cette couche interne, par une cause qu'il ne nous est pas permis de connaître, a complètement disparu après la solidification du moule intérieur; la couche corticale de la Coquille, au contraire, s'est conservée, a résisté par sa nature à la cause dissolvante qui a détruit sa couche interne; qu'est-il résulté de cette opération? qu'un moule solide, qui a conservé la forme de la cavité occupée par l'Animal, se trouve isolé dans une cavité actuelle qui n'a plus avec lui que des rapports fort éloignés. On ne peut donc se faire une idée de ce qu'était la cavité occupée par l'Animal, qu'en remplaçant par un moyen artificiel la couche qui a été dissoute, et le moyen le plus simple, c'est de prendre l'empreinte complète, et séparément, des deux valves du birostre; c'est ce que nous avons fait sur un birostre complet d'une grande Sphérulite de l'île de Rhé. L'intérieur de chacune des valves, ainsi régénérées, nous a offert deux impressions musculaires fort grandes et latérales, et postérieurement une charnière des plus puissantes, ainsi que l'empreinte d'un ligament dont la force devait être en rapport avec l'épaisseur et l'étendue des valves. Nous décrirons toutes ces parties à l'article SPHÉRULITE, auquel nous renvoyons.

Depuis que nous avons fait toutes ces observations sur les Rudistes (V. Ann. des Sc. natur. T. XV, 1828), les difficultés dont ils étaient environnés s'expliquent avec une extrême facilité, parce que les moyens de le faire sont très-simples. Nous croyons avoir atteint la vérité, et il nous semble que cette simplicité même, et cette facilité dans l'explication des faits, pourrait en être la preuve.

Ainsi se justifierait l'opinion que nous avons de l'inutilité de la famille des Rudistes, telle qu'elle a été caractérisée et placée dans la série. Des trois genres qui lui restaient, les Sphérulites et les Hippurites sont très-voisins des Cames où ils constitueront une petite famille ou un groupe bien caractérisé, et le genre Calcéole, ayant beaucoup plus de rapports avec les Cranies qu'avec tout autre genre, il pourra, sans inconvénient, être porté dans la même famille, celle des Palliobranches de Blainville. V. les articles des divers genres que nous avons cités, et surtout HIPPURITE et SPHÉRULITE. (D..H.)

* RUDOLPHE. Rudolphus. MOLL. Le genre Monoceros était établi depuis assez long-temps, lorsque Schumacher a proposé celui-ci pour les mêmes Coquilles. Il n'a point été adopté. V. LICORNE. (D..H.)

RUDOLPHIE. Rudolphia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Légumineuses, tribu des Phaséolées de De Candolle, et de la Diadelphie Décandrie, L., établi par Willdenow (Mém. des Curieux de la nature de Berlin, vol. 3, p. 151), et ainsi caractérisé par De Candolle (Prodr. Syst. Veget., 2, p. 414): calice tubuleux, bilabié, quadrifide, le lobe supérieur plus grand, obtus, l'inférieur aigu, les deux latéraux très-courts; corolle papilionacée dont l'étendard est oblonglinéaire, droit, très-long, les ailes et les parties de la carène plus courtes que le calice et très-étroites; dix étamines didelphes; gousse comprimée — plane, polysperme, sessile, mucronée par le style; graines aplaties. Ce genre n'est peut-être qu'une simple section de l'Erythrina, avec lequel Linné avait confondu une de

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ses espèces. Persoon le rénnissait au Butea de Roxburgh, et son affinité avec ce dernier genre lie entre elles les tribus des Phaséolées et des Dalbergiées. On n'en connaît que quatre espèces, savoir: 1° Rudolphia volubilis, Willd., loc. cit., et Valh, Eclog., 3, p. 31, tab. 30. Arbrisseau à rameaux marqués de points tuberculeux, à feuilles glabres, cordiformes, et à fleurs en grappes. Cette Plante croît dans les hautes montagnes autour de Porto-Ricco et dans le Mexique.–2°. Rudolphia rosea, Tussac, Flore des Antilles, tab. 20, à rameaux lisses, à feuilles ovales-oblongues, glabres et acuminées, et à fleurs rouges, en grappe pendante. Cette espèce croît à Saint-Domingue.–3°. Rudolphia peltata, Willd., loc. cit., Erythrina planisiliqua, L.; Plum., éd. Burm., tab. 102, à feuilles presque cordiformes, oblongues-lancéolées, peltées, à fleurs en grappe longuement pédonculée. Cette Plante, encore peu connue et peut-être identique avec la précédente, croît aussi à Saint-Domingue.–4°. Rudolphia dubia, Kunth, Nov. Gen. et Spec. Plant. æqvin., 6, p. 432, tab. 591; Glycine sagittata, Willd., Enumer. Hort. Berol., 2, p. 757. Arbrisseau grimpant, à tige divisée en rameaux sillonnés, anguleux et glabres, garnis de feuilles pétiolées, deltoïdes, presque hastées, à pétioles ailés. Cette espèce croît près de Turbaco dans la Nouvelle-Grenade. (G..N.)

RUE. Ruta. BOT. PHAN. Genre qui sert de type à la famille des Rutacées, et qui offre les caractères suivans: le calice est court, à quatre ou cinq divisions profondes; la corolle se compose de quatre à cinq pétales onguiculés et concaves; les étamines sont en nombre double des pétales; les pistils, au nombre de quatre à cinq, sont portés sur un disque hypogyne très-saillant; ils sont réunis et sondés par leur côté interne, de manière à représenter un seul pistil, à quatre ou cinq côtes saillantes et à autant de loges, contenant chacune de six à douze ovules insérés sur deux rangées longitudinales à leur angle interne. Du sommet de chaque ovaire naît un style qui, se soudant avec les autres, forme un style qui paraît unique, et se termine par un stigmate petit, et à quatre ou cinq lobes peu marqués. Le fruit est une capsule à quatre ou cinq côtes saillantes et à autant de loges, contenant plusieurs graines, et s'onvrant par leur sommet et leur côté interne. Les espèces de ce genre sont des Plantes herbacées, quelquefois sous-frutescentes à leur base; leurs feuilles sont alternes, sans stipules, pinnatifides ou décomposées et marquées de points translucides et glanduleux. Les fleurs, généralement jaunâtres, sont disposées en grappes ou corymbes; parmi ces fleurs, on en trouve une seule qui occupe la partie centrale du corymbe, est plus grande que les autres, et offre le nombre cinq ou dix dans toutes ses parties, tandis que les autres fleurs n'en offrent que quatre. Dans son excellent travail sur la famille des Rutacées, notre collaborateur Adrien de Jussieu a fait sous le nom d'Aplophyllum un genre distinct des espèces de Rue qui sont les feuilles simples et entières, les pétales plans, etc. (V. APLOPHYLLUM au Supplément.) Tel qu'il est maintenant caractérisé, le genre Rue se compose d'environ une dizaine d'espèces, qui croissent dans l'ancien continent. Parmi ces espèces, il en est une plus connue que les autres; c'est la RUE OFFICINALE, Ruta graveolens, L., Rich., Bot. méd., 3, p. 768. C'est une Plante sous-frutescente, haute de trois à quatre pieds, ayant ses feuilles décomposées en folioles presque spatulées, extrêmement odorantes, comme toutes les autres parties de la Plante. Les fleurs sont jaunes, disposées en une espèce de corymbe paniculé. Cette Plante croît dans les lieux incultes et rocailleux des provinces méridionales de la France. L'odeur forte que répandent les diverses parties de cette Plante est due à une huile volatile très-péné-

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trante qui y existe en abondance. L'infusion des feuilles de Rue est un médicament stimulant très-énergique, et qu'on ne doit prescrire qu'avec beaucoup de circonspection, a cause de l'action spéciale qu'il exerce sur l'utérus. (A. R.)

Le nom de RUE a été étendu à plusieurs Végétaux qui n'appartiennent pas à ce genre, et l'on a appelé:

RUE DE CHÉVRE, le Galega officinal.

RUE DE CHIEN, le Scrophularia Canina.

RUE DE MURAILLE, une espèce du genre Asplénie, des plus communes.

RUE DES PRÉS, le Thalictrum flavum, L.

RUE SAUVAGE, le Peganum Harmala, etc. (B.)

RUELLIE. Ruellia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Acanthacées et de la Didynamie Angiospermie, L., dans lequel les auteurs sont rassemblé un grand nombre d'espèces qui, mienx examinées par Jussieu et R. Brown, doivent former plusieurs genres très-distincts. Ainsi, les Ruellia Blechum, L.; R. blechoides, L., et R. angustifolia, Swartz, constituent le genre Blechum de Jussieu; le R. ciliaris, L., fait partie du genre Blepharis, Juss.; le R. cristata appartient au genre Aphelandra; le R. infundibuliformis au Crossandra; le R. imbricata, Forsk., est le type du genre Ætheilema de Brown, ou Phaylopsis de Willdenow; le R. ringens, L., celui du genre Hygrophila de Rob., Brown qui, en outre, a indiqué la formation de plusieurs autres genres fondés sur la structure de la capsule et des anthères, ainsi que sur le nombre et l'attache des graines. Au moyen de ces réformes, le genre Ruellia offre les caractères suivans: calice à cinq divisions égales, plus ou moins profondes; corolle infundibuliforme, dont le limbe est quinquéfide, un peu inégal et étalé; quatre étamines anthérifères, didynames, incluses, à anthères dont les loges sont parallèles et mutiques; ovaire à deux loges polyspermes; capsule cylindrique, aiguë à ses deux extrémités, presque sessile, dont la cloison est adnée; graines sous-tendues par des rétinacles. Ce genre a des rapports avec les Barleria et les Justicia, mais il s'en distingue suffisamment par le nombre des étamines et par les rétinacles ou dents dont les graines sont munies. Quoiqu'un grand nombre d'espèces doivent en être éliminées pour rentrer dans les genres établis ou indiqués par Jussieu et R. Brown, il en restera encore beaucoup, parmi lesquelles nous citerons les suivantes, originaires des climats chauds, et dont quelques-unes sont cultivées en Europe dans quelques jardins d'agrément: 1°. Ruellia strepens, L., Schkuhr, Handbuch, 2, tab. 177; Dillen, Hort. Elth., tab. 249., fig. 321. Plante herbacée, haute d'environ deux pieds, à tiges carrées, rameuses, garnies de feuilles opposées, ovales-lancéolées, entières et glabres. Les fleurs, dont la corolle est d'un jaune pâle, sont axillaires. Cette espèce croît dans la Caroline et la Virginie.–2°. Ruellia patula, Jacq., Icon. rar., 1, tab. 119. Ses tiges sont flutescentes, droites, divisées en rameaux très-étalés, visqueux, garnis de feuilles opposées, pétiolées, ovales, obtuses et pubescentes. Les fleurs dont la corolle est violette sont ordinairement agrégées dans les aisselles des feuilles. Cette Plante croît dans les Indes-Orientales.–5°. Ruellia clandestina, L.; Dillen, loc. cit., tab. 248, fig. 320. Plante herbacée dont les tiges sont peu élevées (environ six pouces), presque couchées sur la terre, médiocrement rameuses, garnies de feuilles opposées, pétiolées, glabres, oblongues, rétrécies à la base, obtuses au sommet. Les fleurs, dont la corolle est purpurine, sont opposées, axillaires, et portées sur des pédoncules allongés. Cette Plante croît dans les Barbades et à l'île de Sainte-Croix.–4°. Ruellia paniculata, L.; Bot. Regist., n.

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585; Speculum Veneris, majus, etc., Sloane, Hist. Jamaic., 1, p. 158, tab. 100, fig. 2. Cette espèce s'élève à environ trois ou quatre pieds. Ses tiges sont divisées en rameaux redressés et non étalés, garnis de feuilles opposées, très-entières, ovales et un peu rudes au toucher. Les fleurs dont la corolle est petite et purpurine, forment une panicule terminale. Elle est indigène de l'Amérique méridionale.–5°. Ruellia repens, L.; Burm., Flor. Ind., tab. 41, fig. 1. Cette Plaute a des tiges rampantes, herbacées, garnies de feuilles lancéolées et entières. Les fleurs sont solitaires, latérales, sessiles, accompagnées de bractées. Elle croît dans les Indes-Orientales. (G..N.)

RUFALBIN. OIS. Espèce du genre Râle. C'est aussi une espèce du genre Coucal. V. ce mot, RALE et GALLINULE. (DR..Z.)

RUFFEY. OIS. L'un des noms vulgaires du Butor. V. HÉRON. (DR..Z.)

RUFFIA. BOT. PHAN. Pour Raphia ou Roufia. V. SAGOUIER. (B.)

* RUFIER. MAM. Nom que les Gaulois donnaient à l'Animal que Pline mentionue sous le nom de Chama, et qui paraît être le Lynx. V. CHAMA. (B.)

* RUFIN. OIS. Espèce du genie Coucal. V. ce mot. (DR..Z.)

RUGISSEMENT. MAM. La voix du Lion. V. ce mot et CHAT. (B.)

* RUINEBOIS. INS. V. LIMEBOIS.

RUISSEAUX. GÉOL. V. FLEUVES et RIVIÉRES.

RUIZIE. Ruizia. BOT. PHAN. Genre établi par Cavanilles (Diss. 3, p. 117) et appartenant à la tribu des Byttnériacées dans la grande famille des Malvacées. Il peut être caractérisé de la manière suivante: le calice est monosépale, persistant, à cinq divisions profondes, accompagné extérieurement d'un involucelle, de trois folioles caduques; les pétales sont au nombre de cinq; les étamines sont nombreuses, formant un androphorc urcéolé à leur base, et toutes anthérifères; les styles sont au nombre de dix, et le fruit est une capsule globuleuse à dix loges contenant chacune deux graines triangulaires et sans ailes. Les espèces de ce genre, an nombre de trois, sont des Arbustes originaires des îles de France et de Bourbon. Leurs feuilles sont al ternes, souvent lobées, recouvertes inférieurement de petites écailles farinacées. Leurs fleurs sont portées sur des pédoncules axillaires, bifides et corymbiformes. (A. R.)

RULAC BOT. PHAN. Le genre établi sous ce nom par Adanson et fondé sur l'Acer Negundo, n'a pas été adopté. V. ERABLE. (G..N.)

RULINGIA. BOT. PHAN. Ehrart avait formé sous ce nom un genre composé d'espèces qui rentrent dans les genres Anacampseros et Talinum. V. ces mots. (G..N.)

* RUMAN. BOT. PHAN. V. CUMAN.

RUMANZOFFITE. MIN. Probablement pour Romanzowite. (B.)

* RUMASTRUM. BOT. PHAN. (Campdera.) V. RUMEX.

RUMEA. BOT. PHAN. Genre établi par Poiteau (Mém. Mus., 1, p. 60), et appartenant à la famille des Flacourtianées et à la Diœcie Polyandrie. Ce genre offre les caractères suivans: fleurs petites et dioïques; calice à quatre divisions profondes et obtuses; dans les mâles, les étamines sont nombreuses, dressées, libres, ayant les anthères globuleuses, à deux loges, s'ouvrant chacune par un sillon longitudinal; ces étamines sont attachées sur un disque plan; dans les fleurs femelles, l'ovaire est ovoïde, sessile, sur un disque hypogyne, à une seule loge, contenant plusieurs ovules attachés à cinq trophospermes pariétaux et linéaires; du sommet de l'ovaire naissent cinq styles courts, terminés chacun par un stigmate épais et en forme de croissant. Le fruit est ovoïde, char-

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nu, accompagné à sa base par le calice qui est persistant; il est à une seule loge qui contient un nombre variable de graines, attachées sans ordre à la paroi interne de la loge; les graines contiennent dans un eudosperme charnu un embryon dressé comme la graine, à deux cotylédons larges et plans. Le Rumea coriacea, Poil., loc. cit., tab. 4, qui est la seule espèce de ce genre, est un Arbrisseau originaire de Saint-Domingue, qui porte des feuilles alternes, dentées en scie, des épines simples ou rameuses, et de très-petites fleurs réunies à l'aisselle des feuilles. C'est le Kælera laurifolia de Willdenow. (A. R.)

RUMEX. BOT. PHAN. Genre de la famille des Polygonées et de l'Hexandrie Trigynie, L., offrant les caractères essentiels suivans: périgone ou calice turbiné à la base, formé de deux lames, l'une extérieure, foliacée; l'autre intérieure, pétaloïde, sinueuse ou glanduleuse sur les bords, et persistante; chacune partagée très-profondément en trois segmens; six étamines; ovaire surmonté de trois stigmates rameux et glandulaires; akène triangulaire, enveloppé par le périgone intérieur qui a pris beaucoup d'accroissement. Ce genre est voisin du genre Renouée (Polygonum), dont il se distingue par le nombre de ses parties et par ses stigmates rameux; il se rapproche aussi des Rhubarbes (Rheum) par plusieurs caractères et par le port des espèces qui le composent; c'est encore le nombre des parties, ainsi que la forme des stigmates des Rheum, qui distinguent ce dernier genre des Rumex. V. RHUBARUE. Necker en avait séparé le Rumex spinosus, L., sous le nom générique d'Emex, mais ce nouveau genre avait subi le sort de la plupart de ceux dont Necker avait été créateur avec tant de prodigalité. Le genre Oxyria de Hill, formé sur le Rumex digynus, L., avait aussi été oublié jusqu'à ce qu'en ces derniers temps R. Brown (Chlor. Melvill., p. 25) eut prouvé qu'il méritait d'être rétabli. V. OXYRIA.

Campdera, botaniste espagnol, à qui l'on doit une bonne Monographie des Rumex, publiée en 1819, a aussi adopté les genres Emex et Oxyria. Cet auteur a partagé en trois groupes les soixante-douze espèces de Rumex qu'il a décrites.

Le premier, sous le nom de Lapathum, est essentiellement caractérisé par son calicule qui naît de l'articulation du pédicelle, et dont les parties ou sépalules ne sont pas réfléchies naturellement, et par les styles libres. Il se compose d'environ trente-cinq espèces qui sont des Plantes herbacées, croissant dans les lieux gras et humides de presque toutes les contrées du globe. Parmi ces espèces, nous citerons comme Plantes remarquables à cause de leurs usages médicaux, les Rumex Patientia, aquaticus, crispus, obtusifolius, acutus, sanguineus, etc. Le Rumex Patientia, L., est connu sous le nom vulgaire de Patience des jardins. Ses racines sont longues, fibreuses, épaisses, brunâtres en dehors, jaunâtres à l'intérieur. La tige est haute de quatre à cinq pieds, cylindrique, cannelée, ramifiée dans sa partie supérieure. Les feuilles inférieures sont allongées, aiguës, sagittées; les supérieures ovales-allongées, très-grandes, terminées en pointe, un peu ondulées sur les bords. Les fleurs sont verdâtres et forment des grappes paniculées au sommet des ramifications de la tige. La racine de Patience a une odeur particulière, mais faible, une saveur amère et acerbe. D'après les recherches de Deyeux, elle contient du soufre libre et de l'amidon. Sa décoction (à la dose d'une à deux onces pour deux livres d'eau) est astringente et tonique; on l'emploie fréquemment contre les maladies de la peau, et surtout contre la gale. La racine du Rumex aquaticus, connu vulgairement sous les noms de Patience d'eau et d'Oseille aquatique, jouit de propriétés à peu près semblables; on a surtout

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préconisé son emploi dans le traitement du scorbut. La racine du R. alpinus, L., agit à la manière des Rhubarbes, aussi l'a-t-on désignée anciennement sous le nom de Rhubarbe des moines; elle est volumineuse, amère et légèrement purgative. En général, on peut, sans inconvénient, substituer les unes aux autres toutes les racines des Rumex aquatiques de la section des Lapathum.

Le second groupe a reçu de Campdera le nom de Rumastrum. Il ne renferme que trois espèces peu dignes d'attention, qui sont le port des Lapathum, mais qui offrent les caractères de la fructification à peu près semblables à ceux du groupe dont nous allons parler.

Le troisième groupe, Acetosa, est caractérisé par son calicule naissant loin de l'articulation du pédicelle, et dont les sépalules sont souvent réfléchis naturellement; enfin par les styles soudés supérieurement aux angles de l'ovaire. Il se compose d'environ trente-cinq espèces, qui sont des Plantes herbacées, et qui pour la plupart croissent dans les lieux arénacés, secs et pierreux des montagnes. Parmi ces espèces, nous décrirons comme type le Rumex Acetosa, L., ou l'Oseille des jardins Cette espèce est commune dans les prairies et dans les bois; on la cultive en grand dans tous les jardins pour ses usages culinaires. Sa racine est vivace, rampante et d'un rouge brun; elle donne naissance à une tige herbacée, dressée, haute d'un pied et plus, glabre et cannelée longitudinalement. Les feuilles radicales sont pétiolées, molles, ovales, très-obtuses et sagittées; celles de la tige sont embrassantes et aiguës. Les fleurs sont petites, verdâtres, un peu rougeâtres sur les bords, et disposées en une panicule terminale. La racine d'Oseille est inodore et d'une saveur astringente; on l'employait autrefois en décoction comme rafraîchissante. Les feuilles, de même que celles de plusieurs autres espèces voisines

(R. scutatus, Acetosella, etc.), sont une saveur acidule assez agrāable et sont journellement usitées comme alimens. Ou en prépare des sucs et bouillons que l'on administre dans les inflammations légères du tube intestinal. Elles contiennent beaucoup de suroxalate de Potasse. On a remarqué que l'usage immodéré de l'Oseille comme aliment pouvait, dans quelques circonstances, donner lieu à la production des calculs d'oxalate de Chaux dans la vessie. (G..N.)

RUMIA. BOT. PHAN. Hoffmann a établi sous ce nom un genre dans la famille des Ombellifères où il place les Cachrys taurica, microcarpa et seseloides de Marschall. Mais ce genre n'a point été généralement adopté. (A. R.)

RUMINANS. MAM. Vicq-d'Azyr proposa le nom de Ruminans pour un ordre de Mammifères éminemment naturel, que Linné nommait Pecora, et qu'Illiger appelait Bisulca. Les Ruminans forment le septième ordre du Règne Animal, et sont été presque constamment classés par les natmalistes méthodiques dans les mêmes rapports. Les caractères généraux des Animaux de cet ordre consistent: pour le système dentaire, en six ou huit incisives seulement en bas, qui sont remplacées en haut par un bourrelet calleux (excepté le Chameau et le Paca). L'espace qui sépare les incisives des molaires est vide le plus ordinairement, et rempli dans quelques genres par des canines. Les molaires, communément au nombre de douze à chaque maxillaire, sont la surface de leur couronne marquée de deux doubles croissans. Les pieds reposent sur deux doigts garnis de deux sabots convexes en dehors, et rapprochés en dedans et se touchant par une surface plane. Les doigts latéraux sont réduits à des vestiges ongulés qui surmontent les sabots et qu'on nomme onglons. Le métatarse et le tarse sont soudés en un seul os qu'on nomme le canon. Le nom de Ruminans a été donneé

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aux Animaux de cet ordre, parce que tous, par une disposition de leur organisme, peuvent mâcher et triturer leurs alimens après les avoir d'abord ingèrès, et cette fonction qui leur est spéciale se nomme rumination. Cela tient à l'existence de quatre poches stomacales qu'ou appelle panse, bonnet, feuillet et caillette. Le tube intestinal se compose d'un grand cœcum et d'une longue suite d'intestins grêles. Les formes des Ruminans sont lourdes pour quelques genres, et sveltes pour le plus grand nombre. Leur tête est nue, garnie de cornes ou de bois. Leur pelage se compose de poils généralement ras, parfois soyeux ou laineux. La graisse, qui remplit les mailles du tissu cellulaire, est en général consistante, et prend dans plusieurs genres le nom de suif. Les égagropiles, ou amas en boules de poils et de duvet de chardon dans l'estomac, ne se trouvent que dans les Ruminans. La nourriture de ces Mammifères consiste en herbe, en feuilles, en bourgeons et en lichens. Ils sont polygames et multiplient beaucoup; vont communément par grandes troupes. Les Ruminans sont de tous les Animaux ceux qui fournissent le plus de secours à l'Homme. Leur chair, leur lait le nourrit; le suif, la peau, leurs cornes, leur laine, sont l'objet des arts qui satisfont à ses premiers besoins. Ils vivent dans toutes les contrées, sous tous les climats, dans toutes les positions; on trouve des Ruminans dans les plaines comme sur les montagnes, au milieu des herbages plantureux comme dans le vague des déserts, près des glaces du pôle comme sous les feux de l'équateur. Partout quelques-unes de leurs espèces se sont pliées à la domesticité.

Les genres admis dans cet ordre sont les suivans: Chameau, Llama, Chevrotain, Cerf, Girafe, Antilope, Bœuf, Ovibos, Chèvre et Mouton. On les distribue suivant que les cornes sont durables ou caduques ou qu'elles manquent complètement (Chameau et Chevrotain). V. ces mots et MAMMIFÈRES. (LESS.)

RUMINANT. POIS. On a quelquefois donné ce nom au Scare que les anciens disaient ruminer. V. SCARE. (B.)

* RUMOHRA. BOT. CRYPT. (Fougères.) Genre de la tribu des Polypodiacées, établi par Raddi, et caractérisé par ses capsules disposées en groupes arrondis, et recouvertes par un tégument qui n'adhére à la feuille que par son contour, et qui se détache comme un opercule.

On ne connaît qu'une seule espèce de ce genre nommée Rumohra aspidioides et figurée par Raddi dans ses Filices brasilienses. Elle croît auprès de Rio-Janeiro. C'est une Plante herbacée, à frondes triangulaires, trois fois pinnées, très-glabre. (AD. B.)

RUMPHIA. BOT. PHAN. Ce genre, de la Triandrie Monogynie, L., a été rapporté par la plupart des auteurs à la famille des Térébinthacées, mais il en a été exclu par Kunth qui cependant n'a pas indiqué ses affinités. Voici ses caractères essentiels: calice tubnleux, trifide; corolle à trois pétales oblongs; trois étamines saillantes, de la longueur des pétales; ovaire presque trigone, surmonté d'un seul style; drupe coriace, turbince, marquée de trois sillons' contenant un noyau à trois loges dans chacune desquelles est logée une graine. Le Rumphia amboinensis, L., Rumph. tiliæfolia, Lamk., est un grand Arbre à rameaux étalés, garnis de feuilles simples, alternes, cordiformes, crénelées, hérissées, à fleurs blanches, disposées en grappes axillaires. Rhéede a figuré cet Arbre dans son Hortus malabaricus, vol. 4, tab. 11, sous le nom de Tsiem-Tani. Il croît au Malabar et non à Amboine, quoique Linné lui ait donné pour nom spécifique celui de cette île. (G..N.)

* RUNCINÉ, RUNCINÉE. Runcinatus, Runcinata. BOT. PHAN. On dit qu'une feuille est Runcinée, quand

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elle est divisée latéralement en lanières étroites, aiguës et recourbées vers la base de la feuille; telles sont celles du Pissenlit, Taraxacum Dens-Leonis. (A. R.)

RUPALA. BOT. PHAN. Pour Roupala. V. ce mot. (B.)

RUPELLAIRE. Rupellaria. CONCH. Ce genre étant le même que celui nommé Pétrieole a disparu de la Méthode. V. PÉTRICOLE. (D..H.)

RUPIGAPRA. MAM. Nom scientifique du Chamois que Blainville étend au sous-genre d'Antilope dont cette espèce forme le type. (B.)

RUPJCOLE. Rupicola. OIS. Genre de l'ordre des Insectivores. Caractères: bec médiocre, robuste, légèrement voûté, courbé à la pointe qui est échancrée; base aussi large ou plus large que haute; pointe comprimée; mandibule inférieure droite, échancrée, aiguë; narines placées à la base de chaque côté du bec, ovoïdes, ouvertes en partie, totalement cachées par les plumes de la huppe qui s'élèvent en demi-cercle; pieds robustes; tarse aussi long que le doigt intermédiaire; quatre doigts; trois en avant, l'externe uni à l'intermédiaire au-dessus de la seconde articulation, l'interne soudé à la base; un pouce très-fort, armé d'un ongle très-robuste; première rémige allongée en fil ou bien barbée, plus courte, avec la seconde et la troisième, que les quatrième et cinquième; queue courte, carrée. Redoutant une trop vive clarté, les Rupicoles sont presque constamment cachés dans les cavernes ou les grandes crevasses des rochers; et lorsqu'ils quittent ces sombres retraites pour aller à la recherche d'une nourriture qu'ils ne peuvent rencontrer que dans les forêts, c'est toujours vers les parties les plus obscures qu'ils se dirigent. Il est à présumer qu'ils ont, dans la faiblesse de l'organe de la vue, des motifs naturels qui les soumettent à ces tristes habitudes. Ils volent avec beaucoup de rapidité, mais sans se porter à de grandes élévations, et sans pouvoir franchir de longues distances; ils grattent la terre à la manière des Poules pour en faire sortir les Insectes auxquels néanmoins ils semblent préférer les baies et les fruits sauvages, ce dont on s'est assuré par les individus que l'on est parvenu à plier au joug de la captivité. Leur nid, qu'ils construisent très-grossièrement, est ordinairement placé dans une anfracture inaccessible. On y a trouvé deux œufs blancs, presque sphériques. Les Rupicoles étaient autrefois confondus avec les Manakins, sous le nom mal approprié de Coq-de-Roche.

RUPICOLE ORANGÉ, Pipra Rupicola, Lath.; Rupicola aurantia, Vieill., Buff., pl. enl. 36. Plumage d'un rouge orangé, très-vif; tête surmontée d'une belle huppe longitudinale, formée d'une double rangée de plumes très-serrées qui s'élèvent en demi-cercle; quelques traits blancs au pli et au milieu de l'aile; rémiges brunes, bordées extérieurement et terminées de jaune; rectrices brunes, terminées de jaune clair; la plupart des plumes coupées carrément et frangées; bec et pieds d'un jaune très-pâle. Taille, onze ponces. La femelle (Buff., pl. enlum. 747) est petite, et entièrement d'un brun verdâtre, avec quelques nuances de roux; elle a la huppe beaucoup moins élevée. De l'Amérique méridionale.

RUPICOLE DU PÉROU, Pipra rupicola, var. Lath.; Rupicola nigripeunis, Buff., pl. enlum. 745. Tout le plumage d'un rouge orangé vif, à l'exception du croupion qui est d'un gris cendré, des rémiges et des rectrices qui sont noires; toutes les plumes sont entières, et celles de la huppe sont peu serrées; bec et pieds jaunes. Taille, dix pouces huit lignes.

RUPICOLE VERDIN, Rupicola viridis, Temm., Ois. col., pl. 216. Plumage d'un vert brillant; une tache noire sur les oreilles; tectrices alaires noires, terminées de vert, ce qui forme trois bandes surles ailes; grandes

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rémiges noires; bec et pieds bruns. Taille, six pouces six lignes La femelle est, en dessus, d'un vert de pré, et en dessous, d'un vert plus pâle; partout mélangé de nuances plus obscures; elle n'a ni huppe ni bandes noires; l'extrémité des rémiges seule, et les barbes internes sont noires; un cercle verdâtre entoure les yeux. De Sumatra. (DR..Z.)

RUPICOLE. Rupicola. CONCH. Genre proposé par Fleuriau de Bellevue, sur des caractères peu constans de la charnière de quelques Coquilles lithophages qui rentrent fort bien dans le genre Pétricole de Lamarek. V. ce mol. (D..H.)

RUPINIE. Rupinia. BOT. CRYPT. Linné fils a décrit sous ce nom un genre figuré dans les Amæn. Acad., vol. 9, pl. 5, fig. 5, et qui paraît se rapporter à la famille des Hépatiques. D'après la figure de Linné, cette Plante consisterait en de petites frondes oblongues, simples, rapprochées par touffes étendues sur la terre et se croisant l'une l'autre; leurs bords se relèvent, et vers leur milieu sont les organes reproducteurs qui, d'après la description de Linné fils, sont composés de corpus cules droits, subulés, réunis en petits paquets ou épars, et de corps globuleux entourés et surmontés de fila-mens droits, simples, courts et tronqués; ces globules deviennent des capsules uniloculaires, remplies de séminules petites et globuleuses. Cette Plante, qui croît dans l'Amérique méridionale, n'a pas été observée, à ce qu'il paraît, depuis cette époque, et n'est connue que très-imparfaitement. On a voulu retrouver la même Plante dans l'Aytonia de Forster, mais il ne nous paraît y avoir réellement que bien peu de rapports entre ces deux genres, la Plante de Forster étant plus probablement une Sphæria. V. AYTONIA. (AD..B.)

RUPPIE. Ruppia. BOT. PHAN. Genre, de la famille des Naïadées, et qui peut être caractérisé ainsi: les fleurs sont unisexuées; les fleurs femelles sont longuement pédicellées, formant deux faisceaux superposés et alternes, très-rapprochés; elles sont nues et se composent d'un ovaire ovoïde, uniloculaire contenant un ovule dressé, d'un style très-court, terminé par un stigmate simple, discoïde et un peu oblique. Les fleurs mâles constituent un épi simple qui se compose en général de quatre fleurs superposées et sessiles. Chaque fleur est formée d'une anthère à deux loges écartée l'une de l'autre par le rachis et s'ouvrant par un sillon longitudinal. On trouve vers le sommet et vers la base de cet épi, deux petits faisceaux de fleurs femelles, sessiles et avortées. Le fruit est une petite noix ovoïde, monosperme et indéhiscente. La graine contient, sous son tégument propre, un embryon dont la radicule très-grosse et très-obtuse forme presque à elle seule toute la masse de l'embryon; le cotylédon qui naît d'une petite fossette occupant la partie supérieure de l'embryon, est conique, allongé, couché obliquement sur le sommet de la radicule.

Le Ruppia maritima, L., Fl. Dan., tab. 564, est une petite Plante qui croît au fond des eaux douces en France, dans l'Amérique septentrionale, en Egypte, dans l'Inde, etc. Ses tiges sont grêles et rameuses, ses feuilles linéaires, alternes et embrassantes. (A. R.)

* RURAUX. Rurales, INS. Troisième division formée par Scopoli (Entom. Carn., 175) dans le genre Papillon. (B.)

* RUSA. MAM. Cet adjectif malais qui signifie Sauvage, est donné par les habitans de Bourou à leur Babi, qui est le Babi-Rusa ou Cochon sauvage. Il est donné aussi, suivant sir Raffles, au Rusa Ubi de Sumàtra, aussi nommé Rusa Saput, et même Rusa Tunjuk, qu'on suppose être voisin du Cervus Muntjak de Schreber, et qui n'a point encore été décrit. (LESS.)

RUSAMALE. Rusamala. BOT.

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PHAN. Ou lit dans le Dictionnaire de Déterville, que c'est un genre de Conifères, qui est peut-être le même que le. Dammara et qu'on croît que c'est d'une espèce de ce genre qu'on retire le Storax liquide. (B.)

RUSCUS. BOT. PHAN. V. FRAGON.

RUSÉ. POIS. Espèce du genre Zée, sous-genre Poulain. (B.)

RUSQUE BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires du Chêne à liège dans le midi de la France. (B.)

RUSSE. OIS. L'un des synonymes de l'Epervier. V. FAUCON et SYLVIE. (DR..Z.)

* RUSSÉE. BOT. PHAN. Pour Roussée. V. ce mot. (G..N.)

* RUSSELIE. REPT. OPH. Espèce du genre Couleuvre. (B.)

RUSSÉLIE. Russelia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Scrophulariées, et de la Didynamie Angiospermie, L., offrant les caractères suivans: calice divisé profondément eu cinq découpures subulées; corolle tubuleuse, évasée au sommet, à limbe bilabié; la lèvre supérieure échancrée-bilobée, l'inférieure à trois divisions presque égales; l'entrée du tube barbue; quatre étamines didynames, à anthères dont les loges sont étalées; stigmate indivis (?); capsule recouverte par le calice, presque globuleuse, amincie en bec, biloculaire, à deux valves bipartibles; placenta central finissant par être libre. Ce genre se compose d'un petit nombre d'espèces indigènes des climats intertropicaux de l'Amérique. Ce sont des Arbrisseaux ou des Plantes herbacées, à rameaux anguleux à feuilles opposées, ternées ou verticillées, à fleurs rouges, disposées en corymbes axillaires.

La RUSSÉLIE SARMENTEUSE, Russelia sarmentosa, Jacq., Stirp. Amer., tab. 113; Lamk., Illustr., tab. 539, est un Arbrisseau à tiges grimpantes, divisées en rameaux pendans, garnies de feuilles pétiolées, ovales, acuminées, velues en dessus, glabres en dessous, et portées sur de courts pétioles. Les fleurs sont portées sur des pédoncules plus courts que les feuilles. Cette Plante croît dans les forêts épaisses de l'île de Cuba. Les autres espèces de Russélies sont: 1°. Russelia rotundifolia, Cavan.; Icon. rar., 5, tab. 415. Arbrisseau qui s'élève à environ quatre pieds, et dont les feuilles sont sessiles et arrondies. Il croît aux environs d'Acapulco. 2°. Russelia multiflora, Bot. Magaz., tab. 1528. Arbrisseau à tiges simples, allongées, ne se soutenant qu'à l'aide d'un appui. Ses feuilles sont ovales, acuminées, portées sur de courts pétioles; ses fleurs sont réunies en une grappe terminale droite et touffue. Cette espèce croît aux environs de la Vera-Cruz. 3°. Russelia floribunda, R. tenuifolia, et R. verticillata. Ces trois espèces sont été décrites par Kunth (Nov. Gêner. et Spec. Plant, æquinoct., 2, p. 359 et 360); ce sont des Plantes herbacées, à rameaux anguleux, glabres ou pubescens, à feuilles ternées ou verticillées, et à fleurs en corymbes multiflores. Elles croissent dans le Mexique.

Linné fils avait constitué un autre genre Russelia, sur une espèce qui appartient au genre V ahlia. V. ce mot. (G..N.)

RUSSULA. BOT. CRYPT. V. AGARIC.

RUT. ZOOL. C'est, suivant quelques auteurs, la disposition où se trouvent les Animaux lorsqu'ils sont entraînés à la génération: définition qui donnerait à ce mot un sens beaucoup plus général qu'on n'a coutume de le faire. On ne l'emploie en effet le plus ordinairement qu'à l'égard des Mammifères et dans les cas où non-seulement il y a disposition à l'accouplement, mais où, en outre, cette disposition se manifeste par des signes extérieurs, principalement par un afflux de sang vers les organes génitaux, ou par certaines modifications dans leur degré de développement ou dans leur disposition. Etre en Rut signifie ainsi pour le naturaliste

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liste ce que signifie pour le vulgaire l'expression triviale être en chaleur. On sait que quelques Animaux entrent en amour plusieurs fois chaque année, tandis que pour d'autres il n'y a qu'une seule saison d'amour, et que le Rut se manifeste à des époques très - différentes et par des signes très-divers, suivant les espèces. Nous ne reviendrons pas ici sur ce sujet, les principaux phénomènes du Rut ayant déjà été indiqués ailleurs avec assez de détail pour qu'il soit possible de se faire une idée exacte de leur importance (V. ACCOUPLEMENT, MAMMIFÉRES, et divers articles de genres, tels que CYNOCÉPHALE, MACAQUE, etc.); et nous nous bornerons à présenter une courte remarque: c'est que chez presque tous les Mammifères, en même temps qu'il se produit un afflux de sang vers les parties génitales, ce qui est le phénomène essentiel du Rut, toutes les glandes sous-cutanées deviennent le siège d'une sécrétion beaucoup plus active. Aussi chez toutes les espèces qui répandent habituellement une odeur, remarque-t-on, dans le temps du Rut, que cette odeur devient beaucoup plus forte que de coutume: de même, plusieurs Animaux qui, dans l'état ordinaire, ne présentent rien de particulier, deviennent, dans la saison d'amour, plus ou moins odorans. La production de ces odeurs paraît avoir deux effets bien importans; l'un, signalé depuis long-temps, c'est d'avertir au loin le mâle de la présence de la femelle, et la femelle de la présence du mâle, et de les guider, pour ainsi dire, l'un vers l'autre. Un second effet auquel on n'a point encore donné d'attention, c'est de susciter en eux le désir de l'accouplement. La puissante influence des odeurs sur les organes génitaux est connue depuis long-temps, et ne peut être révoquée en doute; c'est ce qui a fait dire à notre collaborateur Isidore Bourdon, que l'odorat est le sens de la génération et de l'amour. On conçoit donc que les odeurs qui se produisent dans le Rut, n'ont pas pour seul usage d'avertir les mâles de la présence des femelles, mais qu'elles leur suscitent en même temps le désir de l'accouplement, et, pour ainsi dire, leur en imposent le besoin, (IS. G. ST.-H.)

RUTA. BOT. PHAN. V. RUE.

RUTA. BOT. PHAN. V. RUE.

RUTABAGA. BOT. PHAN. Un des noms vulgaires d'une variété de Chou champêtre (Brassica campestris, L.), plus connue sous les noms de Navet jaune, Chou de Laponie et Chou de Suède. V. CHOU. (G..N.)

RUTACÉES. Rutaceæ. BOT. PHAN. Grande famille de Plantes dicotylédones polypétales, à étamines épigynes, sur laquelle les travaux de R. Brown, Auguste Saint-Hilaire, De Candolle et Adr. de Jussieu sont jeté la plus vive lumière. C'est la Dissertation que ce dernier botaniste a publiée sur cette famille qui nous servira de guide dans cet article. Les Rutacées sont en général leurs fleurs hermaphrodites; très-rarement elles sont unisexuées; leur calice est monosépale, à trois, mais plus souvent à quatre ou cinq divisions profondes; la corolle se compose d'autant de pétales alternes, libres ou soudés entre eux, et formant une corolle pseudomonopétale; très-rarement la corolle manque. Les étamines, en nombre égal ou double des pétales, sont insérées sur le contour d'un disque hypogyne, plus ou moins saillant; très-rarement elles sont insérées à la paroi même du calice, sur laquelle le disque s'est épanché; les filets sont généralement libres, et portent des anthères à deux loges s'ouvrant chacune par un sillon longitudinal. L'ovaire est libre, porté sur un disque plus ou moins saillant. Le nombre des loges est en général le même que celui des pétales, plus rarement il est moindre; ces loges sont autant de carpelles plus ou moins réunis par leur côté interne, mais quelquefois presque distincts les uns des autres. Chaque loge contient en général deux, rarement un seul, quelquefois de quatre a vingt ovules, attachés à

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l'angle interne. Les styles qui naissent de chaque loge, seut le plus communément soudés en un seul qui porte à son sommet un stigmate lobé. Le fruit est quelquefois simple, à autant de loges et de valves que l'ovaire; quelquefois il se compose de coques distinctes, uniloculaires, bivalves ou indéhiscentes; d'autres fois ce sont des espèces de noix charnues, également indéhiscentes. Les graines renfermées dans chaque loge se composent d'un épisperme membraneux ou le plus souvent dur et testacé, d'un endosperme charnu, quelquefois nul, et contenant un embryon dont la radicule est supérieure.

Les Rutacées sont des Plantes herbacées, des Arbustes ou de grands Arbres. Leurs feuilles, dépourvues de stipules, sont alternes ou opposées, simples eu composées, entières ou plus ou moins profondément divisées; elles sont parsemées de points translucides et glanduleux. Les fleurs offrent une inflorescence très-variée. Les genres nombreux qui composent cette famille sont été distribués en cinq tribus naturelles, de la manière suivante:

1re Tribu: ZYGOPHYLLÉES.

Fleurs hermaphrodites; loges de l'ovaire contenant chacune deux ou plusieurs ovules; endocarpe intimement uni au sarcocarpe, dont il ne se sépare pas naturellement; endosperme cartilagineux; feuilles opposées.

Tribulus, L.; Fagonia, L; Guaiacum, L.; Larrea, Cavan.; Zygophyllum, L.; Porliera, R. et P.; Ræpera, Adr. de Juss.

2e Tribu: RUTÉES.

Fleurs hermaphrodites; loges de l'ovaire coutenant chacune deux ou plusieurs ovules; endocarpe adhérent; endosperme charnu; feuilles alternes.

Peganum, L.; Aplophyllum, Ad. de Juss.; Ruta, L.; Cyminosma, Gaertn.

3e Tribu: DIOSMÉES.

Fleurs hermaphrodites; loges de l'ovaire contenant deux ou plusieurs ovules; endocarpe cartilagineux, bivalve, se séparant du sarcocarpe. Cette tribu, la plus nombreuse en genres, a été divisée en trois sections, suivant les contrées que ces genres habitent.

Genre européen.

Dictamnus, L.

Genres du cap de Bonne-Espérance.

Emplevrum, Soland.; Diosma, L.; Coleonema, Bartl.; Adenandra, Willd.; Calodendron, Thunb.; Barosma, Willd.; Agathosma, Willd.; Macrostylis, Bartl.; Euchætis, Bartl.; Acmadenia, Bartl.

Genres de l'Australasie.

Diplalæna, Bronn; Correa, Smith; Philotheca, Rudge; Phebalium, Venten.; Crowea, Smith; Eriostemon, Smith; Boronia, Smith; Zieria, Smith.

Genres américains.

Choisya, Kunth; Melicope, Forst.; Evodia, Forst.; Esenbeckia, Kunth; Metrodorea, St.-Hilaire; Pilocarpus, Vahl; Hortia, Vandelli; Monniera, Aublet; Erythrochiton, Nées; Diglottis, Nées; Galipea, Aublet; Ticorea, Aublet; Almeidea, St.-Hil.; Spiranthera, St.-Hil.

4e Tribu: SIMAROUBÉES.

Fleurs hermaphrodites ou unisexuées; loges de l'ovaire contenant un seul ovule; embryons à cotylédons épais; pas d'endosperme.

Simaruba, Aubl.; Quassia, Aubl.; Simabu, Aubl.; Samadera, Gaertn.

5e Tribu: ZANTHOXYLÉES.

Feurs unisexuées: loges de l'ovaire contenant de deux à quatre ovules; embryon à cotylédons plans, placé au centre d'un endosperme charnu.

Galvezia, R. et P.; Aclanthus, Desf.; Brunellia, R. et P.; Dictyonoma, Ad. de Juss.; Brucea, Miller;

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Zanthoxylum, Kunth; Boymia, Ad. de Juss.; Toddalia, J.; Vepris, Comm.; Ptelea, L.

Ainsi limitée et caractérisée, la famille des Rutacées contient un assez grand nombre de genres qui, autrefois, appartenaient à plusieurs autres familles, et principalement aux Térébinthacées et aux Méliacées. On y a aussi rénni comme tribu la famille des Simaroubées du professeur Richard, qui en effet se réunit au groupe des Rutacées par une foule de caractères. (A. R.)

* RUTA-MURARIA. BOT. CRYPT. Rue des murs. Nom spécifique d'une petite espèce très-commune en Europe du genre Asplénie. V. ce mot. (B.)

RUTANT. OIS. L'un des noms vulgaires du Verdier. V. GROS-BEC. (DR..Z.)

* RUTÉES. BOT. PHAN. L'une des tribus de la famille des Rutacées. V. ce mot. (A. R.)

RUTÈLE. Rutela. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Lamellicornes, tribu des Scarabéides, division des Xylophiles de Latreille, établi par ce célèbre entomologiste aux dépens du grand genre Scarabæus de Linné, et ayant pour caractères: corps convexe, de forme plus ou moins carrée; tête mutique dans les deux sexes; antennes composées de dix articles, le premier velu, plus gros que les six suivans, les trois derniers formant une massue lamellée, plicatile, plus ou moins ovale; labre apparent, son bord antérieur séparant distinctement le chaperon des mandibules; mandibules cornées, très-comprimées, avec leur partie extérieure saillante ou découverte, presque toujours échancrée ou sinuée au bord latéral; leur extrémité obtuse ou tronquée; mâchoires cornées, dentées; palpes ayant leur dernier article un peu plus gros; les maxillaires de quatre articles, un peu plus longs que les labiaux, ceux-ci de trois; corselet convexe dans les deux sexes, ses bords latéraux arrondis; sternum plus ou moins élevé et avancé; écusson apparent, de forme et de grandeur variable; élytres couvrant les ailes et laissant l'anus à découvert, n'ayant ni dilatation ni canal à leur bord extérieur. Pates robustes; jambes antérieures terminées par une épine simple et aiguë, les quatre postérieures en ayant deux d'égale longueur; crochets des tarses forts. Ce genre se distingue de ceux qui composent la division des Xylophiles par des caractères tirés du chaperon, de la forme des élytres, etc. Ainsi il diffère des OEgiales et des Trox parce que ceux-ci sont le labre saillant au-delà du chaperon, et que leurs élytres, très-bombées, embrassent tout l'abdomen; il se distingue des Oryctès, Phileures et Scarabés, parce que ceux-ci sont le labre entièrement caché, et que les mâles sont toujours une ou plusieurs cornes sur la tête et sur le corselet. Enfin, on ne peut les confondre avec les Hexodons qui sont le bord extérieur des élytres dilaté et canaliculé.

Le genre Rutèle se compose de plus de trente espèces, toutes propres aux contrées chaudes de l'Amérique; elles doivent avoir les mêmes habitudes que les Hannetons, si l'on en juge parla forme de leurs mandibules et de leurs mâchoires. Lepelletier de Saint-Fargeau et Serville, dans l'Encyclopédie Méthodique, partagent ce genre en deux divisions bien tranchées qu'ils subdivisent chacune. Nous ne les suivrons pas dans leurs subdivisions, mais nous allons citer une espèce dans chacune des coupes principales qu'ils sont établies.

I. Ecusson très-grand, en triangle allongé.

RUTÉLE A MASSUE, Rutela clavata, Latr.; Cetonia clavata, Oliv., Entomol., pl. 8, fig. 68, figurée dans les Planches de l'Encyclopédie, pl. 152, fig. 5. Du Brésil.

II. Ecusson petit, tantôt arrondi à

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son extrémité, tantôt en triangle court.

RUTÈLE PONCTUÉE, Rutela punctata, Latr.; Melolontha punctata, Oliv., Entomol., n. 12, figurée dans l'Encyclopédie Méthodique, pl. 154, fig. 15. De la Caroline. (G.)

RUTERIA. BOT. PHAN. Le genre formé sous ce nom par Mœnch sur une espèce de Psoralea (P. aphylla), qui est munie de deux bractées au calice, n'a pas été adopté. (G..N.)

* RUTICA. BOT. PHAN. Genre établi par Necker pour les espèces d'Orties à fleurs dioïques, et qui n'a pas été adopté. (G..N.)

RUTIDÉE. Rutidea. BOT. PHAN. Genre de la famille des Rubiacées, tribu des Cofféacées, et de la Pentandrie Monogynie, L., établi par De Candolle (Annales du Muséum, vol. 9, 219) qui l'a ainsi caractérisé: calice dont le tube est adhérent à l'ovaire, et le limbe profondément divisé en cinq segmens petits; corolle infundibuliforme, ayant le tube dilaté au sommet, et le limbe étalé, à cinq divisions; cinq étamines sessiles sur la gorge de la corolle; ovaire globuleux, ombiliqué au sommet, surmonté d'un style et d'un stigmate offrant un double sillon longitudinal; baie sèche, globuleuse, uniloculaire, renfermant une seule graine ronde, ombiliquée à la base, rugueuse à l'extérieur. Cette graine est munie d'un périsperme grand, cartilagineux, granuleux à l'intérieur, et renferme un embryon oblique et cylindracé. Ce genre ressemble par son port au Bertiera et au Buena (Cosmibuena); il se rapproche par ses caractères du Grumilea de Gaertner; mais il en diffère par son calice quinquépartite, et non quinquédenté, par son fruit non couronné par le calice, par sa baie monosperme, et par son stigmate simple. Son nom, tiré d'un mot qui signifie ride, fait allusion au périsperme ridé extérieurement. Le Rutidea parviflora, unique espèce du genre, est indigène de Sierra Leone en Afrique. (G..N.)

* RUTILE. MIN. Espèce du genre Titane. V. ce mot. (AUD.)

* RUTILITE. MIN. Variété de Grenat ainsi nommé parce qu'il renferme du Titane. (AUD.)

RUYSCHIA BOT. PHAN. Genre de la famille des Marcgraviacées, tribu des Norantées, et de la Pentandrie Monogynie, L., offrant les caractères suivans: calice persistant, à cinq folioles ovales, concaves, muni en dessous de deux on trois petites bractées; corolle à cinq pétales réfléchis, plus longs que le calice; cinq étamines alternes avec les pétales, à filets élargis; ovaire conique, sillonné; style tiès-court, surmonté d'un stigmate capité, plan ou à quatre ou cinq rayons. Ce genre se rapproche beaucoup du Norantea, et n'en diffère essentiellement que par le nombre des étamines qui, dans ce dernier genre, est indéfini. Le Ruyschia clusiæfolia, Jacq., Amer., tab. 51, fig. 2, est un Arbrisseau parasite sur les troncs des gros Arbres. Ses tiges se divisent eu rameaux glabres, garnis de feuilles alternes, pétiolées, ovales-elliptiques, épaisses, luisantes, et portées sur des pétioles courts. Les fleurs, dent la corolle est purpurine, sont disposées en épis très-denses, terminaux, et portées sur de courts pédicelles. Les bractées sont concaves, mais non cuculliformes. Cette Plante croît dans les forêts de la Guiane et des Antilles. Willdenow a réuni à ce genre le Souroubea guianensis, Aublet, Guian., tab. 87. C'est un Arbrisseau à tiges sarmenteuses, divisées en rameaux longs et flexibles, garnis de feuilles alternes, obovales, obtuses, brièvement pétiolées. Les fleurs sont disposées en grappes lâches et terminales. La corolle est jaune, à pétales oblongs, caducs et réfléchis. Les bractées sont en forme de capuchon, rapprochées, et munies de deux longues oreillettes. Cette espèce croît dans les forêts de la Guiane. (G..N.)

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RUYSCHIANA. BOT. PHAN. (Boerhaave.) Syn. de Dracocephatum, L. V. DRACOCÉPIIAIE. (G..N.)

RYANA OU RYANIA. BOT. PHAN. Même chose que Patrisia. V. ce mot. (A. R.)

RYCHOPSALIA. OIS. (Barrère.) Syn. de Bec-en-Ciseaux. V. ce mot. (DR..Z.)

RYDBEKIA. BOT. PHAN. (Necker.) Syn. de Phalangium, Tournef. V. PHALANGÈRE. (G..N.)

RYGHIE. INS. Et non Rygchie. Spinola a rangé sous ce nom quelques espèces de Guêpes qui appartiennent au genre Odynère de Latreille. V. ce mot. (AUD.)

* RYNCHOSPORE. BOT. PHAN. Pour Rhynchospore. V. ce mot. (G..N.)

* RYPAROSA. BOT. PHAN. Nouveau genre de la famille des Euphorbiacées et de la Diœcie Pentandrie, L., établi par Blume (Bijdr. Flor. ned. Ind., p. 600), qui l'a ainsi caractérisé: fleurs dioïques; calice tripartite; cinq pétales munis intérieurement, dans les fleurs femelles, d'un pareil nombre de petites écailles. Les fleurs mâles sont cinq étamines placées autour d'un rudiment de pistil, et dont les anthères sont adnées extérieurement. Les fleurs femelles sont l'ovaire entouré de cinq glandes pédicellées et alternes avec les pétales; cet ovaire est à deux loges renfermant chacune un ovule; il est surmonté de deux stigmates larges, sessiles et échancrés. Le fruit est revêtu d'une écorce sèche, un peu tomenteuse, ponctuée; il ne renferme qu'une ou rarement, lors-qu'il est biloculaire, deux graines dont l'embryon est latéral. Le Ryparosa cæsia est un Arbrisseau à feuilles alternes, saus stipules, oblongues-lancéolées, acuminées, très-entières, veinées, glabres en dessus, glauques en dessous, à fleurs disposées en épis simples et axillaires. Cette Plante croît dans les montagnes de Salak, à Java. (G..N.)

RYS. MAM. L'un des noms de pays du Lynx, appelé Rys-Ostrowidz par les Polonais. V. CHAT. (B.)

* RYTIDEA. BOT. PHAN. (Sprengel.) Pour Rutidea. V. RUTIDÉE. (G..N.)

RYTINE OU STELLÉRE. Rytina. MAM. Le docteur Steller décrivit, dans le tome second, p. 294, des Actes de l'Académie de Pétersbourg, un Animal de l'océan Pacifique boréal, qu'il prenait pour un Lamantin, bien qu'il s'en éloignât beaucoup. Linné ne reconnut point cette différence, et le Manatus de Steller devint pour lui une variété du Lamantin d'Amérique, sous le nom de Trichecus Manatus borealis. Cette opinion fut adoptée par Gmelin, par Erxleben et par Lacépède. Shaw en fit une espèce distincte, mais en la laissant toujours dans le genre Manatus. Cuvier le premier caractérisa les Rytines en les séparant des Lamantins, et les décora du nom de Stellère en l'honneur du premier naturaliste qui les a fait connaître. Illiger, en 1811, changea le nom générique de Stellerus en celui de Rytina qu'il tira du grec, et qui signifie rude, nom qui ne dit rien, tandis que le premier est l'offrande de la science, et rappelle la mémoire du médecin de l'expédition de Behring et les honorables souffrances qu'il eut à endurer pour s'occuper d'histoire naturelle dans ce voyage périlleux. Les Rytines ne comprennent donc qu'une espèce unique, espèce dont nous n'avons même pas de figure, et sur laquelle les renseignemens de Steller et ceux de Kracheninnikow (Voyage en Sibérie de Chappe, et Description du Kamtschatka par Kracheninnikow, trad. du russe, 2 vol. in-4, Paris, 1768) sont les seuls documens que nous possédions, et les senls qui aient servi à tracer son histoire dans les divers ouvrages publiés sur les Mammifères. Les caractères les plus remarquables des Rytines consistent dans la forme et la texture des dents. Celles-ci en effet ne sont qu'au nombre de qua-

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tre, et elles sont disposées de manière qu'il u'y en a qu'une de chaque côté à l'une et à l'autre mâchoire. Ces dents, toutes mâchelières, sont leur couronne aplatie, et sillonnée sur sa surface de lames d'émail formant des zig-zags ou des chevrons brisés. Leurs racines sont nulles, et chacune d'elle n'est par conséquent pas implantée dans l'alvéole, mais seulement tenue sur l'os de la mâchoire par des fibres solides. Leur nature est plutôt cornée qu'osseuse. La tête est obtuse, sans cou distinet. Les oreilles n'ont point d'auricules extérieures, et le corps, assez épais et massif à son milieu, aminci vers la queue, est recouvert d'un épiderme extrêmement solide, trèsépais, entièrement privé de poils, mais composé de fibres denses et perpendiculaires au derme. Les mamelles sont placées sur la poitrine et au nombre de deux. Les nageoires, qui tiennent lieu de bras, sont entières, sans apparence d'ongles, et seulement terminées par une callosité ayant l'aspect ongulé. La nageoire caudale est très-large, peu longue et disposée en croissant, dont les deux extrémités se prolongent en pointes aiguës. Tels sont les principaux caractères qui séparent les Rytines des Dugongs et des Lamantins. L'organisation de leurs viscères offre aussi quelques particularités trésremarquables. Ainsi, ils sont des lèvres épaisses, qui semblent divisées chacune en deux bourrelets arrondis et saillans. La bouche est petite et placée en dessous du museau. Les yeux peuvent être voilés par une crête ou membrane solide, de nature cartilagineuse, qui forme comme une troisième paupière à l'angle interne de l'orbite. Les os des membres extérieurs existent comme chez les Lamantins; mais ceux de la main se réduisent au carpe et au métacarpe, et les phalanges manquent complétement. On compte dans la formation de leur squelette six vertèbres cervicales, dix-neuf dorsales et trente-cinq caudales. Deux os des

îles, arrondis, allongés, sont attachés par de forts ligamens vis-à-vis la vingt-cinquième vertèbre et sillonnent le bassin. L'estomac ne forme qu'une poche unique, et le canal intestinal est d'une longueur qui porte jusqu'à quatre cent soixaute-six pieds Le cœcum est très-développé; et le colon, élargi et boursouflé, a de fortes brides qui renflent la continuité de son tube.

Le RYTINE ou STELLÈRE BORÉAL, Stellerus borealis, Desm.; Manatus, Steller, Act. Petrop. Nov. comm. T. II, p. 294; Trichecus Manatus, var. borealis, L., Gmel.; Manati balænurus, Bodd., El. 173; Trichecus borealis, Shaw, Gen. Zool; le grand Lamantin du Kamtschatka, Daub., Dict. encycl.; Sonnini, Nouv. Dict. d'Hist. nat. T. XII, p. 501, 1re édit. Steller et Kracheninnikow donnent au Rytine boréal le nom de Manate et de Vache de mer. C'est une espèce mitoyenne, disent-ils, qui tient de la bête marine et du poisson. Voici la description qu'ils tracent à peu près en ces termes: cet Animal ne sort point de l'eau; ce liquide est son habitation exclusive. Sa peau est noire, très-épaisse, rude, inégale sur sa surface, et imite, suivant Steller, l'écorce rugueuse d'un vieux chêne. Elle est tellement fibreuse et résistante, que le meilleur instrument peut à peine l'entamer. La tête est petite par rapport au corps; mais sa forme est allongée, déclive depuis le sommet jusqu'au museau. Les moustaches sont blanches, recourbées et longues de quatre à cinq pouces. Les narines occupent l'extrémité du museau; leur longueur égale leur largeur, et elles sont velues dans leur intérieur. Les yeux sont noirs et placés au milieu de l'intervalle qui sépare le trou auditif externe du museau et sur la même ligne que les narines; ils sont à peine aussi grands que ceux d'un Mouton, et par conséquent ils paraissent n'être pas proportionnés avec les formes monstrueuses de l'Animal; ils n'ont pas de sourcils. Les oreilles ne sont

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point visibles à l'extérieur, et elles ne s'ouvrent que par de petits trous; bien que le cou soit tout d'une venue avec le corps, les vertèbres cervicales sont cependant des mouvemens de flexion, surtout en bas. Le corps est arrondi, plus élargi vers le nombril et rétréci vers la queue; celle-ci est grosse et épaisse. Les nageoires brachiales sont situées presque sous le cou, et non-seulement elles servent à la natation, mais encore elles permettent aux Stellères de se cramponner sur les récifs et de s'y maintenir solidement. Il arrive quelquefois que les membranes qui les enveloppent se déchirent et se cicatrisent en formant des festons qui ne sont jamais qu'accidentels. Le Rytine boréal a communément vingt-cinq pieds de longueur sur une circonférence, dans l'endroit le plus large, de dix-neuf pieds, et pèse, dit-on, jusqu'à six mille six cents livres (deux cents pouds russes; le poud russe est de trente-trois livres anciennes de France environ).

Les Rytines vivent par bandes et dans les baies où la mer est calme, et surtout ils fréquentent de préférence les embouchures saumâtres des rivières. Les mères sont le soin, lorsqu'elles nagent et qu'elles sont réunies, de placer leurs petits au milieu d'elles, afin de protéger tous leurs mouvemens. Ces Cétacés, dans les heures de la marée montante, s'approchent tellement des rivages, qu'on peut les atteindre avec des bâtons et leur toucher le dos avec la main, suivant Steller. Ils vivent en bandes composées chacune des père et mère, d'un petit déjà grand et d'un plus jeune, ce qui porte à penser qu'ils sont monogames; la portée des femelles dure neuf mois, et n'est que d'un fœtus. La fécondation a lieu au printemps, et les femelles mettent bas en automne. Les Rytines sont d'une grande voracité. Ils mangent presque constamment, et rien alors, pendant cet acte, ne peut les distraire et les faire fuir. Ils viennent de temps à autre respirer à la surface de la mer en soufflant avec force. Lorsqu'ils nagent, ce qu'ils font paisiblement et sans saccade, ils sont une partie du corps hors de l'eau. C'est alors que des Oiseaux de mer viennent, suivant les Russes, dévorer de petits Crustacés marins qui s'attachent sur leur épidemie. La nourriture que ces Animaux recherchent se compose de quelques espèces de Fucus et d'Ulves, dont ils ne broutent que les parties les plus délicates; aussi lorsqu'ils abandonnent le rivage où ils sont fait leur pâture, la mer rejette bientôt sur la grève une énorme quantité de racines et de tiges qu'ils sont détachées de leur base. Une fois qu'ils sont rassasiés, les Rytines se couchent sur le dos et dorment dans cette position; mais lorsque la mer vient à baisser, ils s'éloignent alors et gagnent le large, de crainte de s'échouer. Les glaces en écrasent beaucoup pendant l'hiver, ainsi que les tempêtes qui les surprennent trop près des côtes. Dans cette saison ils sont très–maigres, ce qui tient au peu de nourriture qu'ils se procurent avec peine pendant cette époque rigoureuse. C'est au printemps, lorsque la nature, engourdie sons les frimas et sons les glaces, se ranime et se réchauffe, que les Rytines se cherchent une compagne et se livrent à la reproduction; ils choisissent un temps serein, une mer unie et calme, et une belle soirée pour satisfaire leurs désirs: un peu de coquetterie de la part des femelles les a encore aiguisés, et ce n'est qu'après d'aimables préludes, de vives caresses, des fuites simulées, que celles-ci se renversent pour recevoir entre leurs nageoires les mâles qui les poursuivent.

Les habitans du Kamtschatka font la chasse à ces Cétacés, dont ils retirent divers produits; ils les harponnent le plus ordinairement avec des fers auxquels tiennent des cordes que des hommes postés sur le rivage tirent aussitôt lorsque l'instrument est fixé dans le corps. Mais souvent il arrive que les harpons sont arrachés

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par la résistance qu'opposent les Rytines cramponnés sur des rochers avec leurs nageoires, et que des embarcations armées sont obligées alors de les assommer. Les vieux individus, engourdis par l'âge ou par la graisse, sont bien plus faciles à prendre que les jeunes qui sont très-agiles. Tous les individus de la troupe se précipitent d'habitude vers celui d'entre eux qui a reçu de graves blessures; mais leur sollicitude vaine et infructueuse ne fait souvent qu'assurer la perte de la famille entière, sans préserver aucun d'eux des coups qui leur sont destinés. Les mâles paraissent surtout porter le plus vif attachement à leurs femelles, et suivent leur corps traîné vers le rivage sans être émus du danger qui les menace; touchant exemple d'amour conjugal qu'attestent les observations des deux naturalistes russes que nous avons cités. Les sens de la vue et de l'ouïe sont très-peu développés et leur usage parait être imparfait; la voix, dit-on, ressemble au mugissement d'un bœuf.

Les Tartares tschutchis font de larges baïdares avec les peaux des Rytines; les Kamtschatdales recherchent leur chair qu'on dit être savoureuse, quoique difficile à cuire et un peu coriace. La graisse des jeunes a le goût du lard, et les muscles celui du veau; on en fait des bouillons excellens. L'espèce de Cétacé dont nous parlons est extraordinairement commune dans les mers qui baignent la presqu'île du Kamtschatka; elle fournit à la subsistance de la plus grande partie de la population. On doit le retrouver dans toutes ces baies qui morcellent la côte-nord de l'Amérique et que présentent les groupes d'îles Kuriles et Aléoutiennes qui forment des ceintures à la partie boréale du grand Océan.

Othon Fabricius, dans sa Faune, affirme avoir trouvé au Groënland un crâne de Rytine. Ce fait n'a rien qui répugne à la vraisemblance, il servirait à prouver de nouveau qu'il existe un canal dont les eaux sont presque toujours gelées, et par lequel, sous le pôle boréal même, les océans Atlantique et Pacifique communiquent entre eux. Il est bien étonnant que les Russes; qui possèdent ces contrées et qui y expédient fréquemment des navires dont les missions sont un vernis scientifique, ne nous aient pas encore tout-à-fait fixés sur l'Animal dont nous avons esquissé tout ce qu'on sait de son histoire. (LESS.)

RYTIPHLÆA. BOT. CRYPT. (Hydrophytes.) Ce genre, formé par Agardh parmi ses Confervoïdes, a pour caractères: fronde aplatie, distique, transversalement striée, pourpre, venant noire par la dessiccation, à rameaux recourbés; fructification double, consistant, 1° en capsules sphériques à sporanges pyriformes; 2° en siliques lancéolées à sporanges subglobuleuses. Ce sont de petites Plantes marines qui teignent en pourpre, et dont les principales espèces, Fucus purpureus, Turner, tab. 224, et articulatus, tab. 25, fig. 2, sont de la Médite ranée et des environs de Cadiz, où Clemente les confondit, ainsi que nous le prouvent les échantillons étiquetés de sa main, sous le nom de Fucus tinctorius. Il en existe trois ou quatre espèces de plus que les trois mentionnées par Agardh dans son Systema Algarum, p. 160. (b.)

RYZÆNA. MAM. (Illiger.) V. SURICATE.

RYZOPHAGE ET RYZOPHORE. INS. Pour Rhyzophage et Rhyzophore. V. ces mots. (B.)

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S

SAAMENSTEIN. MIN. (Lehmann.) Syn. de Roches amygdaloïdes. (B.)

SAAMOUNA. BOT. PHAN. L'Arbre brésilien désigné sous ce nom dans Pison, peut être indifféremment un Bombax ou un Pavia. V. ces mots. (B.)

SABADILLA. BOT. PHAN. Espèce du genre Vératre, et synonyme de Cévadille. V. ce mot. (B.)

* SABAK. BOT. PHAN. Nom vulgaire, dans la Nubie, d'une espèce de Casse (Cassia Sabak), décrite par Delile dans l'Appendice botanique au voyage de Cailliaud à Méroe. Selon ce voyageur, c'est un Arbuste qui fournit une gousse très-large, renfermant des graines rouges de la grosseur de celles du Tamarin. On se sert de ces gousses pour la préparation des peaux. (G..N.)

SABAL. BOT. PHAN. Genre de la famille des Palmiers, et de l'Hexandrie Trigynie, L., établi par Adanson, et ainsi caraciérisé par Martius (Palm, genera, p. 8): fleurs sessiles, hermaphrodites, disposées sur un régime rameux entouré de spathes incomplètes. Chaque fleur offre un périanthe extérieur presque campanule, tridenté; un périanthe intérieur (corolle, selon Martius) à trois segmens; six étamines distinctes; un ovaire triloculaire, surmonté de trois styles soudés en un seul, et portant des stigmates simples; une baie à trois noyaux ou à un seul par suite d'avortement; la graine est munie d'un albumen solide et d'un embryon latéral. Le docteur Guersent a publié (Bullet, de la Soc. Philom., n. 67, tab. 25) de bonnes observations sur ce genre qui a pour type le Corypha minor de Jacquin (Hort. Vindeb., 3, p. 8, t. 8) ou Chamærops acaulis de Michaux. C'est un très-petit Palmier à frondes palmées-flabelliformes, à hampes latérales, à fleurs blanches auxquelles succèdent des baies noirâtres de la forme d'une Olive. Il croît dans la Caroline et la Virginie. (G..N.)

SABATÈLE. BOT. CRYPT. On ne peut dire positivement quel est le Champignon mangeable qui, selou l'abbé Sauvages, porte ce nom en Languedoc. Il est présumable que c'est un Agaric voisin des procerus. (B.)

* SABAZIE. Sabazia. BOT. PHAN. Genre dela famille des Synanthérées, tribu des Hélianthées-Héléniées, nouvellement proposé par Cassini dans le Dictionnaire des Sciences naturelles, et qu'il caractérise ainsi: involucre hémisphérique, composé d'environ sept ou huit folioles sur deux rangées à peu près égales, ovales-obloagues, aiguë;, planes et marquées de nervures. Réceptacle conique, garni de paillettes plus courtes que les fleurs, en forme de soies, linéaires, planes, glabres et diaphanes. Calathide radiée, dont les fleurs du centre sont nombreuses, régulières, hermaphrodites; celles de la circonférence sur une seule rangée, peu nombreuses, en languette, et femelles. Akènes du disque et de la circonférence cunéiformes, pentagones, striés, glabres, totalement dépourvus d'aigrette. Les corolles des fleurs centrales sont le tube velu, le limbe plus long que le tube, presque campanule, et à cinq dents. Les corolles des fleurs marginales sont le tube velu, la languette large, elliptique ou obovale, trilobée au sommet et munie de six uervures. Ce genre est fondé sur une Plante rapportée du Mexique par Humboldt et Bonpland, et qui a été décrite et figurée par Kunth (Nov. Gener, et Spec. Plant.

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æquin. T. iv, p. 264, tab. 594) sous le nom d'Eclipta humilis. C'est une petite herbe annuelle, dressée, haute de trois à quatre pouces, ayant une tige tétragone, hispidule et presque dichotome. Les feuilles inférieures sont opposées, portées sur de courts pétioles, oblongues, glabres, entières ou bordées de quelques grandes dents; les supérieures sont plus petites, presque sessiles, lancéolées ou linéaires, ciliées ou hispidules sur les bords. Les calathides ressemblent à celles de certaines Paquerettes (Bellis annua) et sont solitaires sur des pédoncules terminaux et axillaires.

Le nom de Sabazia offre l'inconvénient d'avoir presque la même consonnance que celui de Sabbatia qui s'applique à un genre de Gentianées établi par Adanson, et aujourd'hui généralement adopté. (G..N.)

SABBATIE. Sabbatia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Gentianées et de la Pentandrie Digyuie, L., établi par Adanson sur le Chlora dodecandra, L., et adopté par Salisbury, Pursh et la plupart des auteurs modernes. Voici ses caractères principaux: calice cyathiforme à la base, ayant son limbe profondément divisé en segmens étroits dont le nombre varie de cinq à douze, séparés par de larges sinus; corolle dont le tube est court, renflé, en forme de turban, et le limbe profondément divisé en lobes dont le nombre est le même que ceux du calice; étamines aussi en même nombre, insérées sur l'entrée du tube qui, quelquefois, offre un rebord proéminent, ayant leurs anthères roulées au sommet en dehors et en forme de crosse; fruit uniloculaire dont les valves sont ovales, un peu charnues; style dressé, surmonté de deux stigmates tordus en spirale; graines scrobiculées. A ce genre appartiennent plusieurs espèces confondues avec les Charonia par les auteurs, mais elles s'en distinguent suffisamment par la forme du limbe du calice, composé de folioles étroites séparées par des sinus; par la forme du tube de la corolle qui est renflé; et surtout par les anthères qui sont roulées en crosse à l'extrémité, et par le stigmate à deux branches tordues en spirale; mais ce dernier caractère n'est pas constant dans toutes les espèces. Les Sabbaties sont toutes indigènes de l'Amérique septentrionale. Ce sont des Plantes herbacées, à tiges grêles, droites, divisées au sommet en rameaux dichotomes, garnies de feuilles opposées, entières, ordinairement linéaires ou lancéolées, et à fleurs roses, ayant l'aspect des Chironies du Cap. Nous indiquerons comme espèces principales: 1° le Sabbatia chloroides; Chlora dodecandra, L.; Chironia chloroides, Michx.; 2° le S. gracilis, Salisb., Parad. Londin., tab. 32; Chironia campanulata, L.; Chironia gracilis, Michx.; 58 S. calycosa, Sims, Botan. Magaz., tab. 1600; 4° S. angularis; Chironia angularis, L.; 5° S. paniculata; Chironia paniculata, Michx.

Mœnch a séparé sous ce nom générique de Sabbaitia, qu'il ne faut pas confondre avec le Sabbatia d'Adanson, les Satureia Juliana et glauca, espèces qui diffèrent des autres Sarriettes par un calice strié moins évasé, et par l'ouverture velue de la corolle. Ce genre n'a pas été adopté. (G..N.)

* SABBÈRE. BOT. PHAN. (Forskahl.) Nom de pays de l'Alo'ë maculata.

SABDARIFFA. BOT. PHAN. (De Candolle). V. KETMIE.

* SABELE. OIS. Le prince de Wied-Neuwied, dans son Voyage au Brésil (T. III, p. 8), parle, sous ce nom brésilien, du Tinamus noctivagus, qu'ailleurs on appelle Juo. (LESS.)

SABELL AIRE. Sabellaria. ANNEL,. Lamarck avait établi ce genre dans l'Extrait de son Cours de Zoologie des Animaux sans vertèbres, publié au mois d'octobre 1812. Depuis (Hist. nat. des Anim. sans vert. T. v, p. 350), il en a fait connaître les caractères en y rapportant deux espèces.

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La première de ces espèces est la Sabellaire alvéolée qui, dans la méthode que nous suivons ici, doit être rapportée au genre Hermelle (V. ce mot); la seconde est la Sabellaire à grands tubes, Sabellaria crassissima, figurée par Pennant (Zool. Brit., 4, pl. 92, fig. 162), et trouvée à La Rochelle. Savigny ne mentionne pas cette espèce dans son genre Hermelle, et il serait difficile de décider si elle lui appartient réellement. Quoi qu'il en soit, on peut considérer le genre Sabellaire de Lamarck comme synonyme du genre Hermelle de Savigny. V. HERMELLE. (AUD.)

SABELLE. Sabella. ANNEL. Linné a employé le premier ce nom pour établir un genre de son ordre des Vers testacés, auquel il donnait comme caractère essentiel d'être contenu dans un tube formé par un agglomérat de grains de sable; de-là est résulté une très-grande confusion de la part des auteurs, et particulièrement de Gmelin, qui, dans la treizième édition qu'il a donnée des Systèmes de Linné, a grossi la liste des espèces de tous les tubes formés par l'agglutination de corps étrangers, sans aucun examen de l'Animal, de manière qu'on y reconnaît des fourreaux de lames d'Insectes du genre Frigane, et des tubes ayant appartenn à des Annelides de genres fort différens. Les auteurs modernes, au milieu de ce désordre, sont divergé d'opinion; les uns sont passé complètement sous silence le genre Sabelle de Linné; les autres l'ont dispersé parmi les Amphitrites, et dans d'autres genres, en sorte qu'il s'en faut beaucoup que le genre Sabelle dont il est ici question, soit l'analogue de celui de Linné.

Savigny, en adoptant la dénomination de Sabelle (Système des Annel., édition royale, in-folio, p. 69 et 76), en a fait un genre de l'ordre des Serpulées et de la famille des Amphitrites, ayant pour caractères distinctifs: bouche exactement terminale; deux branchies libres, flabelliformes ou pectiniformes, à divisions garnies, sur un de leurs côtés, d'un double rang de barbes; les deux divisions postérieures imberbes, également courtes et pointues; rames ventrales portant des soies à crochets jusqu'à la septième ou la huitième paire inclusivement; point d'écusson membraneux. Les Sabelles sont de grands rapports avec les Serpules; comme elles, elles sont des rames ventrales de deux sortes; mais elles en diffèrent par les deux divisions postérieures des branchies, par un plus grand nombre de soies à crochets, et par l'absence d'un écusson membraneux. Elles avoisinent aussi les genres Hermelle, Terebelle et Amphietène; mais on peut les en distinguer à leurs rames ventrales qui, ainsi que nous l'avons dit, sont de deux sortes, tandis que, dans ces derniers genres, elles ne sont que d'une seule sorte, et portent toutes des soies subulées ou des soies à crochets.

Les Sabelles, suivant les observations de Savigny, sont des Annelides à corps linéaire, droit, rétréci seulement vers l'anus qui est petit et peu saillant, composé de segmens courts et nombreux qui constituent sous le ventre autant de plaques transverses, divisées, à l'exception des huit à neuf premières, par un sillon longitudinal. Le premier segment, tronqué obliquement d'avant en arrière pour l'insertion des branchies, saillant et fendu à son bord antérieur, ne forme, avec les huit ou neuf anneaux suivans, qu'un thorax étroit, court, sans aucun écusson membraneux, et que distingue seulement la grandeur, ou mieux encore la forme particulière de huit ou neuf paires de pieds qu'il porte. Ces pieds sont nuls au premier segment, mais au second et à tous les suivans, ils sont ambulatoires et de trois sortes; les premiers pieds sont la rame dorsale petite et munie d'un faisceau de soies subulées, sans rame ventrale ni soies à crochets; les seconds pieds et ceux qui suivent, jusques et compris les huitièmes ou neuvièmes, sont pourvus

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d'une rame dorsale à faisceau de soies subulées, et à rame ventrale garnie d'un rang de soies à crochets; enfin les neuvième ou dixième pieds, et tous les suivans, compris la dernière paire, sont une rame ventrale pourvue d'un faisceau de soies subulées, et une rame dorsale garnie d'un rang de soies à crochets. Les soies subulées sont tournées en dehors, un peu dilatées et coudées vers la pointe qui est finement aiguë: ces soies à crochets sont très-courtes, minces, à courbure élevée, très-arquée et terminée inférieurement par une longue dent. — Les branchies, au nombre de deux, sont portées par le premier segment; elles sont grandes, ascendantes, opposées face à face, profondément divisées, à divisions nombreuses, minces, linéaires ou sétacées, disposées, sur le bord supérieur du pédicule commun, en éventail ou en peigne unilatéral; elles paraissent obscurément articulées et garnies sur leur tranchant interne d'un double rang de barbes cylindriques et mobiles qui répondent aux articulations et sont elles mêmes faiblement annelées. La division postérieure de chaque blanchie consiste en un filet imberbe, séparé plus profondément que les autres, et situé plus inférieurement; ces deux filets sont à peu près égaux, courts et pointus. — La bouche est exactement antérieure, peu saillante, transverse, et située entre les branchies qui lui fournissent intérieurement une lèvre auxiliaire membraneuse, avancée, plissée et bifide en dessous: il n'existe point de tentacules.

Les Sabelles se construisent un tube coriace ou gélatineux, fixé verticalement, ouvert à un seul bout, et généralement enduit à l'extérieur d'une couche de limon.

Ce genre renferme un assez grand nombre d'espèces que Savigny a groupées en trois tribus.

† Branchies égales, flabelliformes; portant chacune un double rang de digitations, et se roulant en entonnoir.

La SABELLE INDIENNE, Sabella indica, Sav. Très-belle espèce rapportée par Pérou de la mer des Indes, dont le tube est coriace, épais, d'un brun-noir, sans enduit sablonneux à l'extérieur.

La SABELLE MAGNIFIQUE, Sabella magnifica, Sav., ou la Tubularia magnifica de Shaw (Trans. Linn. Soc. T. v, p. 228, tab. 9, et Miscell. Zool. T. XII, tab. 450), qui ne diffère pas de l'Amphitrite magnifica de Lamarck, originaire de la Jamaïque.

†† Branchies égales, flabelliformes, à un simple rang de digitations, se roulant en entonnoir.

La SABELEE PINCEAU, Sabella Penicillus, Sav., ou le Penicillus marinus de Rondelet (Hisl. des Pois., part. 2, p. 76, avec une figure). On la trouve sur les côtes de l'Océan.

La SABELEE EVENTAIL, Sabella flabellata, Sav., ou la Tubularia Penicillus d'Othon Fabricius (Faun. Groenl., n° 449?). Des côtes de l'Océan.

La SABELEE QUEUE DE PAON, Sabella pavonina, Sav., ou la Scolopendra plumosa tubiphora de Baster (Opusc. subs. T. 1, lib. 2, p. 77, tab. 9, fig.), qui ne diffère pas de la Tubularia Penicillus de Muller (Zool. Dan., part. 5, p. 15, t. 89, fig. 1, a) et de l'Amphitrite Penicillus de Lamarck.

Savigny regarde encore comme faisant partie de cette tribu l'Amphitrite Infundibulum de Montagu (Trans. Suc. Linn. T. IX, t. 8), et peutêtre aussi l'Amphitrite vesiculosa du même auteur (loc. cit. T. XI, tab. 5), ainsi que la Tubularia Fabricia d'Othon Fabricius (loc. cit., n° 450).

††† Branchies en peigne à un seul côté et à un seul rang, se contournant en spirale.

La SABELLE UNISPIRALE, Sabella unispira, Sav. et Cuv. (Règn. Anim.), ou le Spirographes Spallanzanii de Viviani (Phosph. mar., p. 14, tab.

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4 et 5); commune sur les côte; de l'Océan et de la Méditerranée.

La SABELLE PORTE-VAN, Sabella sentilabrum, Sav., ou la Corallina tubularia melitensis d'Ellis (Corallin., p. 107, pl. 33) qui est la même espèce que le Sabella Penicillus de Linné (12e édit.), ou l'Amphitrite ventilabrum, de Gmelin et Lamarck. Elle est originaire de la Méditerranée.

La SABELEE VOLUTIFÉRE, Sabella volutacornis, Sav., ou l'Amphitrite volutacornis de Montagu (Trans. Soc. Linn. T. VII, tab. 7, fig. 10, p. 84) de Lamarck et de Leach (Encycl. Brit. Suppl. T. I, p. 451, tab. 26, fig. 7). On la trouve dans l'Océan.

On possède dans la collection du Muséum d'Hist. nat. de Paris quelques autres Sabelles. qui n'ont pas encore été décrites.

Si on réunissait les espèces désignées de toutes parts sous le nom de Sabelle, on pourrait en augmenter considérablement le nombre; mais ce serait mal à propos, car plusieurs d'entre elles sont trop imparfaitement connues pour qu'on puisse les déterminer exactement, et d'autres l'ont évidemment partie de genres très-différens. C'est, ainsi que la Sabella alveolata de Linné appartient au gente Hermelle, et ses Sabella chrysodon et granulata au genre Amphictène; la Sabella lumbricalis d'O-thon Fabricius est une Clymène, etc. (AUD.)

* SABETHES. INS. Robineau-Desvoidy désigne sous ce nom (Mém. de la Soc. d'Hist. nat. de Paris, T. III, p. 403) un genre de Diptères de la famille des Némocères, tribu des Culicides, formé sur deux espèces de l'Amérique méridionale, et ne différant des Cousins proprement dits que parce que leurs jambes et leurs tarses intermédiaires sont dilatés et ciliés et que leurs palpes labiaux sont courts. L'une de ces espèces a été décrite par Fabricius et par Viedemann (Dipt, exot., p. 36 et 39) sous, le nom de Culex longipes; c'est le Sabethes longipes de Robineau-Desvoidy. Cet Insecte est long de quatre lignes, noir, à reflets luisans et cuivrés; ses pieds sont allongés, surtout les jambes postérieures; on le trouve dans l'Amérique méridionale. L'autre espèce, que Robineau nomme Sabethes locuples, est de la même longueur, d'un bleu violet métallique; son abdomen a des taches latérales triangulaires argentées. Ses pieds sont grèles, avec la jambe et le tarse des intermédiaires dilatés et fortement ciliés. On le trouve au Brésil. (G.)

* SABIA. BOT. PHAN. Un genre nouveau de la Pentandrie Monogynie, L., a été établi sous ce nom, par Colebrooke (Trans. Societ. Linn. Lond., vol. 12, p. 255, tab. 14) qui lui a assigné pour caractères essentiels: corolle à cinq pétales lancéolés, persistans; cinq étamines dressées; drupe supérieure reniforme, à une seule graine dont l'embryon est spiral, dépourvu de périsperme. Ce genre ne se compose que d'une seule espèce décrite et figurée par Colebrooke sous le nom de Sabia lanceolata. Elle est native du pays de Silhet dans le Bengale où elle fleurit en octobre, et donne des graines mûres en mai. Sa tige est arborescente, sarmenteuse, flexueuse, garnie de feuilles alternes, portées sur de courts pétioles lancéolées, aiguës, entières et glabres. Les fleurs sont nombreuses, petites, verdâtres, avec une légère teinte de rouge. Elles sont disposées en corymbes terminaux et axillaires formant une longue panicule. Chaque fleur offre un calice divisé profondément en cinq segmens ovales, aigus et persistans; la corolle est à cinq pétales lancéolés, aigus, étalés, persistans. Les cinq étamines sont leurs filets aplatis et larges à la base, subulés au sommet, plus courts que les pétales et insérés a la base de ceux-ci. Les anthères sont rondes. L'ovaire arrondi porte un style court et un stigmate simple. Le fruit est une drupe reniforme, pulpeuse, d'un bleu obscur, de la grosseur d'un ha-

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ricot, renfermant un noyau solitaire dans lequel est une graine attachée par un ligament en forme de massue; cette graine est spirale, anfractueuse, offrant une senle fente sur un des côtés, deux sur l'autre, suivant le plis sement des cotylédons. (G..N.)

SABICE. Sabicea. BOT. PHAN. Genre de la famille des Rubiacées et de la Pentandrie Monogynie, établi par Aublet (Plant. Guian., vol. 1, p. 192), et ainsi caractérisé: calice turbiné, divisé à son limbe en cinq découpures oblongues, aiguës; corolle infundibuliforme, dont le tube est long, grêle, le limbe évasé, divisé en cinq segmens lancéolés, aigus; cinq étamines dont les filets sont courls, insérés vers l'orifice du tube de la corolle qu'ils dépassent à peine, et terminés par des anthères oblongues; style long, filiforme, terminé par cinq stigmates étroits; baie pyriforme, rougeâtre, courounée par les découpures du calice, à cinq loges renfermant un grand nombre de graines anguleuses et fort petites. Schreber a inutilement changé le nom de Sabicea en celui de Schwenkfeldia, qui malheureusement a été admis par quelques auteurs, et notamment par Willdenow et par Ruiz et Pavon. Dans une espèce (Sabicea aspera, Aubl.), le nombre des parties de la fleur varie de quatre à cinq. Le nombre des espèces de ce genre ne s'élève qu'à environ six ou sept. Ce sont des Arbrisseaux grimpans, à feuilles ordinairement velues ou hérissées en dessous, et à fleurs axillaires, tantôt sessiles, tantôt pédonculées. Ces Plantes croissent dans les climats chauds de l'Amérique, particulièrement à la Gniane et dans les Antilles. Les espèces principales du genre sont: 1° Sabicea cinerea, Aubl., loc. cit., tab. 75; 2° Sabicea aspera, Aubl., loc. cit., tab. 76; 3° Sabicea hirta, Swartz, Prodrom. Fl. Ind. occid., 1, p. 46: 4° Sabicea umbellata, Ruiz et Pav., Flor. Peruv., 2, p. 55, tab. 200, fig. 2. Cette dernière espèce croît dans les Andes. Enfin Du Petit-Thouars en a publié, dans le Synopsis de Persoon, une espèce (S. diversifolia) qui croît dans l'Ile-de-France, et qui est fort remarquable par la diversité de ses feuilles dont l'une est grande, large, et l'autre extrêmement petite. (G..N.)

SABIL. BOT. PHAN. V. NOEM.

SABINE. Sabina. BOT. PHAN. Espèce du genre Genévrier. V. ce mot. (B.)

* SABINEA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Légumineuses, tribu des Lotées, et de la Diadelphie Décandrie, L., établi par De Candolle (Annal, des Scienc. natur., janvier 1825, p. 92), et auquel il a imposé les caractères suivans: calice en forme de cloche évasée, tronqué en entier sur les bords ou ne présentant que des dens à peine perceptibles. Corolle papilionacée, ayant la carène très-obtuse, et comme arrondie en dôme à son extrémité, de sorte que les organes génitaux qui suivent la même flexion sont presque roulés en crosses. Etamines au nombre de dix en deux faisceaux, l'étamine libre et quatre des étamines soudées, de la moitié plus courtes que les autres. Style tiès-glabre, filiforme et roulé en crosse de même que les étamines. Gousse pédicellée, comprimée, linéaire, longue, mucronée par le style. et renfermant plusieurs graines. Ce genre est formé aux dépens de quelques Robinia des auteurs; mais il abonde en caractères distinctifs. Ses deux espèces (1° Sabinea florida, D. C.; Robinia florida, Vahl; Symb., 3, tab. 70; 2° Sabinea dubia, D. C.; Robinia dubia, Lamk., Illustr., tab. 602, fig. 2) se ressemblent extrêmement, puisqu'elles ne semblent avoir d'autres différences qu'en ce que, dans la première, les fleurs naissent avant les feuilles, et, dans la seconde, après elles. Ce sont des Arbrisseaux originaires des Antilles, dépourvus de tonte espèce d'épines. Les feuilles sont ailées sans impaire, à folioles glabres, mucronées, dépourvues de stipelles, mais

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accompagnées à la base du pétiole commun de stipules lancéolées très-aiguës, membraneuses. Les fleurs, dout la corolle est rougeâtre, naissent comme celles des Caragana, solitaires sur des pédicelles courts disposed en faisceaux axillaires. (G..N.)

SABLE. Arena, MIN. Les Sables sont des assemblages de Minéraux en très-petits grains, qui proviennent de la destruction de certaines roches préexistantes, et principalement des roches quartzenses, ou qui sont le résultat immédiat d'une cristallisation plus ou moins précipitée. Considérés sous le rapport de leur composition minérale, ils peuvent être séparés en ceux qui sont homogènes et ceux qui sont mélangés. Aux premiers appartiennent les Sables quartzeux qui couvrent les grands déserts de Syrie et d'Arabie, les steppes de la Pologne, les landes et les dunes de la France. V. le mot DUNES. Ce sont ces Sables quartzeux purs que quelques naturalistes sont regardés comme le produit d'une précipitation confuse de matière siliceuse préalablement dissoute. Les Sables mélangés sont ceux qui font partie des terrains d'alluvion anciens et modernes; ils sont les détritus de certaines roches qui n'existent plus, ou ils se forment actuellement encore par la décomposition de celles que nous connaissons. Le Mica, le Feldspath, la matière calcaire, le Fer hydraté, l'Argile, le Bitume, sont les principaux Minéraux qui se rencontrent dans ces Sables à l'état de paillettes, ou de grains mêlés à la matière quartzeuse. De-là les noms de Sable micacé, Sable feldspathique, Sable calcarilère, Sable ferrugineux, Sable argilifère, etc. On les distingue aussi quelquefois par des épithètes qui indiquent les substances précieuses que ces Sables contiennent accidentellement et pour lesquelles ou les exploite; c'est ainsi que l'on dit: Sable aurifère, Sable cuprifère, Sable platinifère, Sable stannifère, Sable titanifère, etc. On verra aux articles ROCHES et TERRAINS quelle place occupent ces différentes espèces de Sables dans la série des formations dont se compose l'écorce de notre globe. On a donné le nom de Sable volcanique, ou Sable des volcaus, à des substances d'origine volcanique, devenues pulvérulentes par suite de leur décomposition spontanée, ou rejetées dans cet état par les volcans brûlans. Ils sont formés de fragmens de scories, mêlés de petits cristaux de Pyroxene augite et de Feldspath. Les Sables, suivant leur nature, sont employés à divers usages, à la confection des mortiers, au moulage, à la fabrication du verre, etc. (G. DEL.)

SABLÉ, MAM. Vicq-d'Azyr appelle ainsi le Mus arenarius de Pallas, qui est un Hamster. V. ce met. (B.)

SABLIER. Hura. BOT. PHAN. Genre de la famille des Euphorbiacées, offrant les caractères suivans: fleurs monoïques. Les mâles, placées dans la bifurcation des rameaux, forment un chaton très-dense, à écaillesimbriquées, uniflores; chaque fleur est composée d'un calice court, urcéolé, tronqué; de plusieurs etamines dont les filets sont soudés en un seul épais, qui, vers son milieu, est muni de tubercules verticillés sur deux ou trois rangs, chaque tubercule portant deux anthères ovales placées au dessous. La fleur femelle est solitaire, placée près du chaton des fleurs mâles; elle se compose d'un calice urcéolé, entier, entourant étroitement l'ovaire, ou divisé profondément par la maturité, en trois parties; d'un style long, infundibuliforme, surmonté d'un gros stigmate concavepelté, présentant douze à dix-huit rayons. La capsule est ligneuse, orbiculée, déprimée, formée de douze à dix-huit coques monospermes, chacune s'ouvrant élastiquement par le milieu en deux valves; la graine est grande, comprimée, presque orbiculaire.

On a décrit trois espèces de ce genre, qui toutes croissent dans les

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climats chauds de l'Amérique. La principale est le SABLIER ÉLASTIQUE, Hura crepitans, L., Lamk., Illustr., tab. 793, vulgairement nommé dans les colonies Buis de Sable, Noyer d'Amérique, Pet du Diable, etc. C'est un grand Arbre, haut de plus de quatre-vingts pieds, et dont le tronc est droit, divisé en rameaux nombreux, étalés, d'où découle un suc blanc et laiteux d'une excessive âcreté, comme les autres sucs d'Euphorbiacées. L'écorce de ces rameaux est marquée d'un grand nombre de cicatrices qui sont les vestiges des points d'attache des feuilles. Celles-ci sont grandes, alternes, pétiolées, ovales-oblongues, cordiformes, acuminées au sommet, crénelāes sur les bords, glabres, et marquées de nervures simples, parallèles et transverses; les pétioles sont grêles, longs, et munis à leur base de stipules lancéolées, très-caduques. Cet Arbre croît sur le continent de l'Amérique méridionale, au Mexique, à Cayenne et dans les Antilles. La capsule de l'Hura crepitans est un de ces fruits que l'on rencontre très-souvent dans les cabinets de curiosité. On l'entoure d'un fil de fer afin que les coques ne s'éclatent pas avec bruit en lançant au loin leurs graines, ce qui arrive à la maturité du fruit, et qui a fait donner à l'espèce l'épithète de crepitans. Le nom de Sablier dérive de l'emploi qu'eu font les habitans de l'Amérique. Après avoir vidé de ses graines cette capsule, ils y mettent du sable pour saupoudrer l'écriture. (G..N.)

SABLIÈRE. MIN. C'est le nom que l'on donne aux différentes carrières d'ou l'on extrait les Sables qui sont de nature à être exploités. (G. DEL.)

SABLINE. Arenaria. BOT. PHAN. Genre de la famille des Caryophyllées, tribu des Alsinées de De Candolle, et de la Décandrie Trigynie, L., offrant les caractères suivans: calice persistant, à cinq sépales oblongs, acuminés, étalés. Corolle à cinq pétales ovales et entiers. Etamines au nombre de dix (quelquefois moins par suite d'avortement), ayant leurs filets subulés, surmontés d'anthères arrondies. Ovaire ovoïde portant trois styles divergens, terminés par des stigmates un peu épais. Capsule ovoïde, s'ouvrant par le sommet ordinairement en cinq, quelquefois en trois ou six valves, à une seule loge renfermant un grand nombre de graines réniformes, attachées à un placenta central. Ce genre est voisin des Stellaires dont il diffère par ses pétales entiers, tandis que dans les Stellaires ils sont bifides. Le même caractère, et de plus le nombre des styles séparent les Sablines des Céraistes, ainsi que, des Spargoutes (Spergula) qui sont cinq styles. Le genre Alsine, auquel Linné attribuait cinq étamines et trois valves à la capsule, a été réuni avec raison aux Sablines, puisque le nombre des étamines et des valves de la capsule n'est constant ni dans l'un ni dans l'autre genre. D'un autre côté, on a voulu former aux dépens des Sablines quelques genres qui n'ont point été adoptés. Ainsi on ne doit regarder que comme une simple section le genre Stipularia d'Haworth ou Lepigonum de Wahlenberg formé sur les Arenaria marina, rubra, etc., qui sont la capsule à trois valves, et des feuilles linéaires, munies à la base de stipules scarieuses. On doit au contraire regarder commeun genre très-distinct, l'Adenarium de Rafinesque ou Honkenya d'Erhart, fondé sur l'Arenaria peploides, L., qui offre, entre autres caractères, celui d'avoir les étamines périgynes, V. ADENARIUM au Supplément.

Plus de cent cinquante espèces de Sablines sont été décrites par les auteurs, mais il en est un assez grand nombre qui peuvent être considérées seulement comme synonymes les unes des autres, de sorte que le nombre effectif des espèces bien connues ne s'élève guère au-delà de cent trente. Ce sont des Plantes herbacées, petites, ordinairement en gazons, à feuilles entières, opposées, et à fleurs

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nombreuses, souvent d'un blanc lacté, quelquefois d'un rose tendre. Elles croissent dans les climats tempérés et froids de notre hémisphère, à l'exception de quelques-unes qui sont été trouvées dans les montagnes du Pérou et du Mexique; et d'autres, aussi en petit nombre, près de Montevidéo et Buenos-Ayres dans l'Amérique méridionale: mais on sait que le climat de ce dernier pays est fort analogue à celui de l'Europe. Quelques-unes sont très-communes dans les champs arénacés, d'autres sur les murs, mais la plupart croissent entre les rochers et sur les sommités des hantes montagnes de l'Europe, principalement dans les Alpes, les Pyrénées, et les chaînes élevées du centre de l'Espagne. On en trouve aussi beaucoup d'espèces dans la Sibérie, la Hongrie et les contrées orientales.

Dans le Prodrome du professeur De Candolle, les cent vingt-neuf espèces bien connues qui y sont décrites par Seringe, forment deux sections. La première est celle dont nous avons parlé plus haut, et que certains auteurs sont voulu distinguer génériquement sous les noms de Stipularia et de Lepigonum. Elle ne contient que douze espèces parmi lesquelles on remarque, 1° l'Arenaria segetalis, Lamk.; Alsine segetalis, L.; Vaillant, Bot. Paris., tab. 3, fig. 3. C'est une jolie petite espèce, glabre, et à tige dressée, à pétales plus courts que le calice, commune en certains lieux parmi les moissons. 2° L'Arenaria rubra, L., dont les tiges sont couchées, velues; les feuilles filiformes, accompagnées de grandes stipules scarieuses; et les fleurs d'un rose agréable. Elle est commune dans les lieux incultes de l'Europe et de l'Afrique. Quelques espèces voisines de cette dernière sont les feuilles charnues et croissent sur les bords de la mer ou des fontaines d'eau salée. Telle est entre autres l'Arenaria media, L., qui a pour synonymes, l'Arenaria marina, Smith, Engl. Bot., tab. 958, et l'Arenaria marginata, De Cand., Icon. Pl. gall. rar., tab. 48.

La seconde section a reçu le nom d'Arenarium. Le nombre des valves de la capsule varie entre trois et six; les feuilles sont linéaires-lancéolées, ou plus ou moins arrondies, mais toujours dépourvues de stipules. Cette section renferme un nombre très-considérable d'espèces; elle est subdivisée en trois groupes d'après la forme des feuilles qui sont ou graminiformes, ou subulées, ou ovales-lancéolées, et arrndies. C'est à elle que se rapportent les Sablines de nos champs et de nos montagnes, telles que les Arenaria serpyllifolia, tenuifolia, grandifolia, setaçea, mucronata, fasciculata, tetraquetra, etc. (G..N.)

SABLON. MOLL. Nom que l'on donne à La Rochelle, d'après d'Argenville, à une Coquille qui est probablement une variété du Turbo lithoreus. V. TURBO et LITTORINE. (D..H.)

SABOT. MOLL. Adanson (Voy. au Sénég.) a formé ce genre d'une manière fort naturelle sur des Coquilles et leurs animaux qui présentent des caractères particuliers. Depuis, ce genre modifié, a été adopté par tous les zoologistes, et Lamarck lui a laissé le nom de Turbo auquel nous renvoyons.

Les conchyliologues du dernier siècle donnaient la nom de Sabot à plusieurs Coquilles, soit du genre Turbo ou de celui des Trocbus auquel ils ajoutèrent une denomination spécifique. Cette manière de désigner les Coquilles est aujourd'hui abandonnée. En indiquant les principales espèces de Turbos, nous donnerons leurs noms vulgaires. V. TURBO. (D..H.)

SABOT. BOT. PHAN. On a vulgairement appelé SABOT DE VÉNUS ou DE LA VIERGE, le Cypripedium Calceolus, L. (B.)

SABOT DE CHEVAL. BOT. CRYPT. Nom vulgaire donné à quelques Bolets qui croissent sur les troncs des Arbres, et qui ressemblent en effet au sabot d'un cheval. Tels sont le

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Bolet amadouvier et le Bolet ongulé. V. BOLET. (AD. B.)

SABOTIER. MOLL. (Lamarck.) L'Animal des Coquilles du genre Turbo. V. ce mot. (B.)

SABOTS. ZOOL. On donne ce nom aux ongles des Mammifères, lorsqu'au lieu de recouvrir simplement les phalanges onguéales, ils les enveloppent, comme chez les Ruminans, les Chevaux et un grand nom bre d'autres Animaux. On donne en général aux Animaux à sabots le nom d'Ongulés. V. MAMMALOGIE et ONGLES. (IS. G. ST.-H.)

SABR. BOT. PHAN. (Forskahl.) Même chose que Cébar. V. ce mot. (B.)

* SABRA. MAM. Le voyageur Mandelslo, qui visitait le Congo en 1639, mentionne sous ce nom, p. 364 du T. II de son Voyage, un Animal qu'il compare au Mulet, et dont le corps était rayé. Ce qu'il en cite convient mieux au Quagga qu'au Zèbre proprement dit. (LESS.)

SABRA. BOT. PHAN. V. CAMARONUS.

* SABRAN. POIS. (Commerson.) Seule espèce jusqu'ici connue du genre Chirocentre. V. ce mot. (B.)

SABRE, pois. Ce nom, donné par les matelots à plusieurs espèces de Poissons dont la figure est plus ou moins celle d'une lame de sabre, fut appliqué plus particulièrement (Règne Animal, T. II, p. 245) au genre Trachypterus de Gouan. V. TRACHYPTÉRE et ACINACÉE. (B.)

* SABRE. Ensis. CONCH. Schumacher a formé sous ce nom un genre particulier du Solen Ensis, L. V. SOLEN. (B.)

SABRE DE MER. ACAL. Nom vulgaire du Ceste de Vénus sur les côtes de Nice et des environs. V. CESTE. (E. D..L.)

* SABRIS. OIS. (Levaillant.) Nom de pays du Merops Apiaster, L. (B.)

SABSAB. BOT. PHAN. (Adanson.) Syn. de Paspale. V. ce mot. (B.)

* SABULAIRE. ÉCHIN. Espèce dir genre Cidarite. V. ce mot. (B.)

* SABULICOLE. BOT. PHAN. Mot francisé, dans le Dictionnaire de Levrault, pour désigner le genre Ammobium de R. Brown. V. ce mol au Supplément. (B.)

SABULICOLES. INS. Latreille désignait ainsi (Gen. Crust. et Ins.) les Coléoptères qui composent aujour d'hui la famille des Mélasomes. V. ce mot. (B.)

SABURON. MOLL. Tel est le nom qu'Adanson (Voy. au Sénég., pl. 7, fig. 8) donne à une espèce fort commune de Casque qu'il range dans son genre Pourpre. C'est le Cassis Saburon de Lamarck. V. CASQUE. (D..H.)

SAC ANIMAL. ACAL. (Dicquemare.) Syn. d'Ascidie intestinale. (B.)

SACA. MAM. Suivant Flacourt, on nomme, ainsi à Madagascar, une espèce de Chat sauvage fort voisine du Chat domestique, ayant une belle queue recoquiliée, et qui s'accouple avec ce dernier. (LESS.)

SACCELLIUM. BOT. PHAN. Humboldt et Bonpland (Plantes équinoxiales, 1, pag. 47, tab. 13) out décrit sous ce nom générique, un Arbre formant un genre nouveau qu'ils considéraient comme appartenant à la famille des Rhamnées, mais qui a été rapporté par Kunth (Annal. des Scienc. natur. T. II, pag. 80) à celle des Borraginées. Voici les caractères que ce dernier auteur assigne à ce genre dont on ne connnît que le calice et le fruit: calice persistant, accru, renflé, oblong-elliptique, ayant l'orifice presque fermé et à cinq dents, membraneux, marqué de nervures en réseau. Drupe placée dans le fond du calice, brièvement stipitée, globuleuse, un peu ovoïde, terminée en forme de bec par le style subulé, un peu comprimée inférieurement, tétragone supérieurement, presque quadrilobée, légèrement charnue, conteuant un noyau fragile à sa base, osseux dans sa par-

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tie supérieure, à six loges, dont les quatre supérieures sont monospermes, les deux inférieures très-grandes et vides. Graines ovées, en pyramides triangulaires, revêtues d'un double tégument, l'extérieur membraneux, l'intérieur un peu plus épais, quoique encore très-mince. L'embryon est dépourvu d'albumen, conforme à la graine, charnu, composé de cotylédons égaux, pliés en long, et d'une radicule supérieure presque conique.

Le Saccellium lanceolatum est un bel Arbre inerme, à feuilles alternes, entières, dépourvues de stipules. Les fleurs sont polygames, portées sur des pédoncules supra-axillaires, rameux et disposés en panicules. Cet Arbre croît dans les Andes du Pérou entre Loxa et Tomependa où les habitans le nomment Urita Micunam, qui signifie nourriture ou manger es Perroquets. (G..N.)

* SACCHARIN. MIN. V. OXALIQUE à l'article ACIDE.

* SACCHARINE. BOT. CRYPT. (Hydrophytes.) Espèce du genre Laminaire. V. ce mot. (B.)

* SACCHARINÉES. BOT. PHAN. V. GRAMINÉES.

* SACCHARIVORA. OIS. (Brisson.) Syn. de Sucrier. V. ce mot. (B.)

SACCHAROPHORUM. BOT. PHAN. (Necker.) Syn. de Lagurus cylindricus, L. (B.)

SACCHARUM. BOT. PHAN. Vulgairement Canamèle ou Canne à sucre. Genre de la famille des Graminées et de la Triandrie Digynie, L., autrefois confondu avec les Arundo, mais adopté par tous les boianistes modernes, et ainsi caractérisé par Brown (Prodr. Pl. Nov.-Holl., p. 203): toutes les fleurs sont hermaphrodites, disposées en épis fasciculés ou paniculés, à deux fleurs dans chaque articulation, l'une des deux pédicellée. La lépicènc (glume des auteurs) est biflore, à deux valves presque égales, très-velues à la base, renfermant les deux petites fleurs. La fleur intérieure est hermaphrodite, bivalve, hyaline, ayant sa valve extérieure mutique ou aristée, l'intérieure très-petite ou à peine visible; elle a deux écailles hypogynes; ordinairement trois étamines; deux styles surmontés de stigmates plumeux. La fleur extérieure est neutre, univalve et mutique. Ces caractères génériques ne s'accordent pas avec ceux qui sont généralement adoptés par les auteurs. La fleur extérieure que R. Brown signale comme neutre, offre évidemment un caractère contradictoire à celui defleurs toutes hermaphrodites qu'il attribue au genre Saccharum, et qu'il répète ensuite dans une note comme formant une distinction entre ce genre et l'Andropogon. L'auteur du Prodromus Floræ Novæ-Hollandiæ a joute que dans le Saccharum officinarum, L., le périanthe est à trois valves dont l'intérieure est filiforme, et l'intermédiaire extrêmement petite, quoique tous les auteurs aient décrit ce périanthe comme univalve. Il n'admet pas la séparation de l'Erianthus de Michaux qui pourtant a été adopté par Palisot-Beauvois et les autres agrostographes. Il regarde au contraire comme un genre bien distinct, l'Imperata de Cyrillo qui est fondé sur le Saccharum cylindricum, Lamk. V. IMPERATA. D'autres genres sont encore été formés aux dépens des Saccharum; tels sont les genres Perotis, Pogonatherum et onachne. V. ces mots. Au moyen de ces retranchemens, le genre Saccharum se réduit à un petit nombre d'espèces qui croissent dans les régions chaudes du globe, et dont la principale mérite que nous lui consacrions quelques lignes.

La CANAMÈLE OFFICINALE, Saccharum officinarum, L., Tus ac, Fl. des Antilles, 1, p. 151, tab. 23; Rumph., Herb. Amboin., 5, tab. 74, fig. 1; Sloane, Hist, jamaic., v. 1, tab. 66, vulgairement nommée Canne à sucre, est une Plante cultivée en grand dans l'Inde-Orientale, et dans

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toutes les colonies de l'Amérique. De sa racine qui est genouillée, fibreuse, pleine de suc, s'élèvent plusieurs tiges hautes de huit à donze pieds, articulées, luisantes, dont le diamètre est d'un pouce à un pouce et demi, à nœuds écaités les uns des autres d'environ trois pouces, remplies d'une moelle succulente et blanchâtre. Ses feuilles sont engaînantes à la base, longues d'environ trois à quatre pieds, larges d'un pouce ou à peu près, planes, pointues à l'extrémité, striées longitudinalement, munies d'une nervure médiane blanche et longitudinale, glabres, rudes sur les bords, et d'une couleur verte un peu jaunâtre. La tige ne fleurit pas constamment, et cette floraison ne s'effectue que lorsque la Plante a environ un an; elle pousse alors un jet lisse, sans nœud, fort long, désigné dans les colonies françaises sous le nom de Flèche. Ce jet soutient une belle panicule argentée, très-ramifiée, composée d'un très-grand nombre de petites fleurs soyeuses et blanchâtres. C'est de cette Plante qu'on extrait, par expression, un suc extrêmement doux qui, rapproché en consistance convenable, fournit le sucre, cette substance cristalline, d'un goût si agréable, et dont les usages sont tellement nombreux, qu'elle est devenue une matière presque de première nécessité pour les Européens. V. l'article SUCRE.

Une variété de la Canne à sucre, qui est originaire de Taïti, a été introduite, dans les Antilles d'abord, par le navigateur français Bougainville, et ensuite par l'Anglais Bligh. Elle se distingue de la Canne à sucre officinale par sa taille beaucoup plus grande, ses entre-nœuds plus longs, les poils qui entourent l'épillet plus longs que celui-ci, et par d'autres caractères de la fleur. Cette variété offre, entre autres avantages sur l'espèce commune, celui de fournir une plus grande quantité de sucre, d'être beaucoup plus robuste, et de ne pas être aussi sensible au froid. Conséquemment, il y aurait possibilité de la voir prospérer dans certains climats plus en dehors des Tropiques que ceux où on cultive la Canne à sucre vulgaire, par exemple dans les localités chaudes du bassin de la Méditerranée.

La CANNE A SUCRE VIOLETTE, Saccharum violaceum, Tussac, Flor. Antill., 1, p. 160, tab. 26, est cultivée dans les Indes-Orientales et Occidentales sous le nom de Canne de Batavia. Outre sa couleur, elle diffère du Saccharum officinarum par ses nœuds plus rapprochés, ses épillets plus potits, les valves de ses lépicènes plus ciliées, ses poils plus longs, etc. Elle fournit une moindre quantité de sucre, et on ne la cultive que pour obtenir du Rhum par la fermentation de son suc. (G..N.)

* SACCHOLACTATES. CHIM. ORG. Sels résultant de la combinaison de l'acide saccholactique avec les bases. Cet acide, ne s'obtenant pas uniquement du sucre de lait, mais encore de la plupart des substances ou gommes traitées par l'acide nitrique, a reçu le nouveau nom d'acide mucique ou muqueux. Conséquemment, les sels qu'il forme sont été nommés Mucates ou Mucites. Ces sels sont peu connus, et aucun d'eux n'offre d'intérêt sous des rapports d'utilité. (G..N.)

* SACCOCHILUS. BOT. PHAN. Dans la Flore de Java, dont la première livraison vient de paraître, Blame a proposé ce nom en remplacement de celui de Saccolabium qu'il avait proposé (Bijdr. Flor. ned. Ind., p. 292) pour un genre d'Orchidées dont voici les caractères: périanthe dont les cinq pétales sont étalés, les latéraux extérieurs un peu plus larges. Labelle uni à l'onglet du gynostême et prolongé inférieurement eu une sorte de sac, son limbe renflé et tronqué. Gynostême atténué en bec au sommet. Anthère terminale, semi-biloculaire. Masses polliniques au nombre de deux, presque globuleuses, attachées à une membrane élastique, et fixées, au moyen d'un

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pédicelle, à la glande du petit bec du gynostême.

Blume n'indique dans ce genre qu'une seule espèce nommée d'abord Saccolabium pusillum, et maintenant Saccochilus pusillus. C'est une très-petite Herbe parasite, à tiges simples, à feuilles linéaires, roides et distiques. Ses fleurs sont axillaires, solitaires et portées sur de courts pedicelles. Cette Orchidée croît dans les forêts de la haute montagne de Gède à Java. (G..N.)

* SACCOLABIUM. BOT. PHAN. V. SACCOCHILUS.

* SACCOLOMA. BOT. CRYPT. (Fougères.) Genre très-voisin des Davallia et des Dicksonia, établi par Kaulfuss qui le distingue par les caractères suivans: groupes de capsules punctiformes, presque marginaux, contigus; tégumens superficiels en forme de capuchon, s'ouvrant antérieurement. Il a pour type une Plante du Brésil désignée sous le nom de Saccoloma elegans. C'est une belle Fougère à froudes grandes, simplement pinnées, dont les pinnules sont lancéolées, acuminées, dentées sur les bords. (AD. B.)

* SACCOMYS. MAM. Ce genre a été fondé par Frédéric Cuvier pour recevoir un petit Animal de l'Amérique septentrionale, de la grosseur du Loir, et qui se distinguait des autres Rongeurs connus par des abajoues extérieures. La formule dentaire qu'il lui accorde est d'avoir quatre incisives aux deux mâchoires et seize molaires. La première molaire a une large échancrure anguleuse au còté interne, et au milieu de cette échancrure, on voit une portion circulaire qui tient par l'émail. Mais ce genre Saccomys nous paraît correspondre au genre Pseudostome de Say, caractérisé de la manière suivante: des dents mâchelières sans racines distinctes de la couronne; tous les pieds pentadactyles, armés d'ongles analogues à ceux des Taupes; des abajoues extérieures et non intérieures. Enfin, indubitablement le Saccomys est le type du genre Diplostome de Rafinesque, le Saccophorus de Kuhl, et pour surcroît de synonymie le nouveau genre Ascomys de Lichteinstein. On ne connaît qu'une seule espèce que Fr. Cuvier a nomméc: SACCOMYS ANTHOPHILE, Saccomys anthophilus, parce que les abajoues d'un individu observé étaient remplies de fleurs de Securidaca.

Le Saccomys est de la taille d'une Souris; sa queue est longue et nue; ses pieds sont tous pentadactyles, et son pelage est d'un fauve uni forme. Des Etats-Unis. Mais on doit ajouter aux synonymes de ce petit Animal, les noms de Pseudostoma bursarius, Say; le Mus bursarius, Shaw; le Cricetus bursarius, Desmarest; le Mus saccatus, Mitchill; le Saccophorus bursarius, Kuhl; le Diplostoma fusca, Rafinesque; l'Ascomys canadensis, Lichteinstein. Ce Rongeur du Canada vil probablement sous terre, de fruits et de racines, dans des terriers qu'il se creuse. On le trouve sur les bords du lac Supérieur. (LESS.)

* SACCOPHORA. MOLL. Tel est le nom que Gray, dans sa Classification naturelle des Mollusques, propose de donner à une classe d'Animaux que Lamarck nomme Tuniciers, et Cuvier Acéphalés nus. Nous ne croyons pas que ce changement soit adopté non plus que les trois divisions qu'il établit dans cette classe sous les noms d'Holobranchia, Tonobranchia et Phyllobranchia. V. ces mois, le premier et le dernier au Supplément, ainsi qu'ACÉPHALÉS NUS et TUNICIERS. (D..H.)

SACCOPHORE. Saccophorus. BOT. CRYPT. (Mousses.) Nom donné par Palisot de Beauvois au genre connu depuis long-temps sous le nom de Buxbaumia. V. BUXBAUMIE. (AD. B.)

SACCOPTERYX. MAM. Genre proposé par Illiger, dont le type serait le Vespertilio lepturus de Schreber, rapporté par tous les auteurs

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modernes au genre Taphien de Geoffroy Saint-Hilaire. V. TAPHIEN au mot VESPERTILION. (IS. G. ST.-H.)

SACCULINE. Sacculina. POLYP. Syn. de Tibiane. V. ce mot. (B.)

* SACCUS. MOLL. Quelques Turbos et des Paludines composent les élémens de ce genre proposé par Klein (Ostrac. Méthod., p. 42), mais non adopté. (D..H.)

SACELLE ET SACELLIE. BOT. PHAN. Pour Saccellium. V. ce mot. (G..N.)

* SACELLIFORME (RADICULE). BOT. PHAN. Mirbel désigne sous ce nom la radicule de certaines Plantes (Nymphæa, Saururus, etc.), qui forme une poche dans laquelle est contenu l'embryon. (G..N.)

* SACHONDRE. Sachondrus. ACAL. Genred'Acalèphes libres ayant pour caractères: corps déprimé, libre, cartilagineux; un test cartilagineux sous le dos; bouche sans tentacules, mais entourée par un rebord étoile; anus terminal. On ne connaît autre chose sur ce genre établi par Rafinesque (Journ. de Phys., 1819, T. LXXXIX, p. 153) qui le rapporte aux Polypiers, que la caractéristique très-laconique que nous venons de citer. Autant qu'il est permis de juger sur des notions si peu détaillées, ce génre doit être rapporté aux Acalèphes libres, dans le voisinage des Porpites et des Vélelles dont le cartilage interne le rapproche, mais qui s'en distingue par l'absence des tentacules. Rafinesque ne cite qu'une seule espèce qu'il nomme S. variolosus et dont il n'indique point la localité. (E. D..L.)

* SACIDIUM. BOT. CRYPT. (Lycoperdacées. ) Genre établi par Nées d'Eseubeck, et qui ne renferme qu'une seule espèce qui croît sur la surface supérieure des feuilles du Chenopodium viride. Ce sont de petits tubercules noirs, épars, sans base commune, hémisphériques, présen tant sous un épiderme plissé des sporidies nombreuses, ovales, transparentes. Ce genre semble se rapprocher du Coccopleum d'Ehrenberg, et des Sclérotiées, dont il diffère par la disposition des sporules. (AD. B.)

SACODIOS OU SACONDIOS. MIN. (Pline.) Variété d'Amétiste. (B.)

* SACOGLOTTIS. BOT. PHAN. Un genre nouveau de la Monadelphie Décandrie, L., a été publié sous ce nom par Martius (Nova Gener, et Spec. Plant. Brasil., 2, p. 146), qui l'a rapproché du genre Humirium de Richard. Voici ses caractères essentiels: calice quinquéfide, en forme de capsule; corolle à cinq pétales ouverts et même réfléchis en dehors; dix étamines dont les filets sont réunis en urcéole par la base; les anthères à loges séparées par un connectif en languette; ovaire quinquéloculaire, entouré par l'urcéole des filets staminaux, renfermant des graines solitaires et pendantes dans chaque loge; style de la longueur des étamines, terminé par un stigmate en tète, déprimé, presque lobé. Le fruit mûr n'est pas connu, mais il paraît drupacé. Ce genre ne renferme qu'une seule espèce à laquelle l'auteur donne le nom de Sacoglottis amazonica. C'est un Arbre haut d'une trentaine de pieds, dont le bois est lougeâtre, reconvert d'une ācorce cendrée; les branches nombreuses, pendantes, divisées en un grand nombre de ramuscules glabres, ainsi que toute la Plante, garnies de feuilles alternes, oblongues, longuement acuminées, dilatées en pétioles à la base, crénelées et ondulées sur leurs bords, vertes et luisantes eu dessus, plus pâles en dessous où elles sont marquées de nervures et de veines saillantes. Les fleurs forment des corymbes courts dans les aisselles des feuilles. Cet Arbre croît dans les forêts le long du fleuve des Amazones, où il fleurit en août et septembre. (G..N.)

* SACONITE. FOSS. Sous ce nom, le professeur Rafinesque a établi un genre (Journ. dephys. T. LXXXVIII,

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p. 428) pour recevoir des corps fossiles qu'il croyait très-voisins des Mollusques ascidiens, mais qui paraissent être simplement l'axe d'un Polypier multipore.

La SACONITE GRANULAIRE, Saconites granularis, seule espèce adoptée dans ce genre, est oblongue, obtuse, sans forme arrêtée, granuleuse à sa surface, et se trouve engagée dans un grès calcaire et friable du Kentucky. (LESS.)

* SACOPODIUM. BOT. PHAN. Syn. de Sagapenum. V. ce mot. (B.)

SACRE. OIS. Syn. de Gerfaut. Espèce du genre Faucon. V. ce mot. (B.)

* SACRÉ. OIS. et INS. Espèces des genres Héron et Ateuche. V. ces mots. (B.)

* SACRESTIN. POIS. L'une des espèces du genre Caranxomore de Lacépède, qui n'a pas été adopté, (b.)

SACRET. OIS. Le mâle du Sacre. V. ce mot. (B.)

SADAR. BOT. PHAN. Même chose qu'Alsadar. V. ce mot. (b.)

* SADE. MIN. (Saussure.) V. EUPHOTIDE.

* SADLERIA. BOT. CRYPT. (Fougères.) Kaulfuss a établi ce genre d'après une espèce nouvelle de Fougères rapportée des îles Sandwich par Chamisso; par ses caractères il est intermédiaire entre les Blechnum et les Woodwardia, dont il ne diffère peutêtre pas suffisamment. Kaulfuss le caractérise ainsi: groupes de capsules oblongs, disposés en une seule ligne presque continue, le long de la nervure moyenne; tégumens coriaces, superficiels, presque continus, libres intérieurement, se réfléchissant ensuite en dehors. La nature coriace du tégument est le seul caractère énoncé qui distingue ce genre des Woodwardia; le port paraît assez différent, car la seule espèce connue, Sadleria cyathoides, a des frondes bipinnées, à pinnules oblongues, coriaces comme dans les Cyathea, recourbécs sur leur bord; la base du pétiole est recouverte de longues écailles sétacées. (AD. B.)

SADOT. MOLL. Nom donné par Adanson (Voy. au Sénég., pl. 7, fig. 4) à une Coquille du genre Pourpre, Purpurea lapillus, Lamk. V. POURPRE. (D..H.)

SADSCHA. OIS. V. HÉtÉROCLITE.

SÆLANTHUS. BOT. PHAN. Les Plantes décrites sous ce nom générique par Forskahl sont des espèces de Cissus. V. ce mot. (G..N.)

SAFFALON. MOLL. Nom de pays de la Chicorée, espèce du genre Murex. V. ROCHER. (B.)

* SAFGA. POIS. Espèce de Perche du sous-genre Centropome. V. PERCHE. (B.)

* SAFOU. BOT. PHAN. Arbre des bords du Zaïre encore indéterminé, dont le fruit passe pour fort bon à manger. Il appartient à l'Hexandrie Monogynie, L.; son calice a trois divisions, et ses pétales sont au nombre de trois. C'est peut-être une Anonée. (B.)

SAFRAN. Crocus, BOT. PHAN. Genre très-remarquable de la famille des Iridées, et de la Triandrie Monogynie, L., offrant les caractères essentiels suivans: spathe membraneuse, tantôt simple, tantôt double; périanthe pétaloïde, ayant un tube grêle, à peu près du double plus long que le limbe qui est à six segmens presque égaux, dressés, les trois antérieurs portant à leur base trois étamines dont les filets sont subulés, insérés sur le tube de la corolle, plus courts que le limbe et terminés par des anthères sagittées. Ovaire infère, arrondi, surmonté d'un style simple inférieurement, et divisé au sommet en trois branches stigmatiques épaisses, roulées en cornets, et souvent crénelées ou dentées en crête. Capsule petite, globuleuse, trigone et à trois loges contenant plusieurs graines arrondies.

Le nombre des espèces de Safrans n'est pas très-considérable, car on

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le porte seulement à environ une vingtaine; mais ces espèces sont mal connues, et leur synonymie est fort embrouillée. Depuis plus de dix ans, J. Gay, botaniste de Paris, s'occupe d'une Monographie de ce genre, que ceux qui connaissent l'exaātitude de cet observateur attendent avec importance. Nous savons qu'il ne s'est pas contenté d'étudier les Safrans' dans les herbiers, mais qu'il en cultive la plupart des espèces, et par milliers d'individus, dans le. beau jardin du Luxembourg; de sorte que personne n'aura mieux observé les différences réelles de ces espèces. Il a fait paraître dans le Bulletin des Sciences naturelles de Férussac, juillet 1823, pag. 346, une Notice intéressante sur quelques espèces publiées par Tenore, Bertoloni et autres botanistes italiens, mais c'est tout ce que la science lui doit en ce moment sur son genre de prédilection.

La majeure partie des espèces de Safran a pour patrie les contrées moutueuses de l'Europe orientale et de l'Asie-Mineure; quelques-unes croissent sur le sommet des hautes montagnes de l'Europe centrale; tel est, entre autres, le Crocus vernus que l'ou trouve en abondance près des neiges, dans les Alpes, les Pyrénées, le Jura, etc., et qui forme, à ces neiges, d'élégantes bordures à mesure qu'elles fondent par la chaleur de l'été. Ce sont en général de petites Plantes printanières ou automnales, à racines bulbeuses, à feuilles linéaires subulées, et à fleurs portées sur des hampes courtes et radicales. Les bulbes, dans quelques espèces, sont composés de tuniques elles-mêmes formées de fibres entrecroisées et réticulées. D'autres espèces, au contraire, sont les bulbes formés de tuniques lisses et sans nervures. Les feuilles naissent tantôt avant, tantôt, après les fleurs; elles sont tantôt dressées verticalement, tantôt courbées vers la terre, ce qui fournit de bons caractères pour distinguer certaines espèces entre elles. Les fleurs offrent des couleurs variées, non-seulement dans la même espèce, mais encore sur les mêmes individus, car on observe beaucoup de ceux-ci qui sont versicolores; mais les couleurs les plus ordinaires sont le jaune, le blanc, le purpurin et le violet. La gorge du périanthe est souvent munie de poils plus ou moins longs et plus ou moins nombreux qui servent encore à caractériser les espèces. Parmi celles-ci, nous ne citerons quele Safran cultivé, non-seulement parce qu'il doit être considéré comme type du genre, mais encore à cause de l'intérêt qu'il inspire par son emploi dans les arts et la médecine.

Le SAFRAN CULTIVÉ, Crocus sativus, L., var. officinalis; Lamk., Illustr., tab. 3o, fig. 1, a un bulbe arrondi, déprimé, charnu, et blanc dans son intérieur, recouvert extérieurement de tuniques sèches et brunes. Les feuilles naissent en septembre et octobre, un peu après l'apparition des fleurs; elles sont dressées, linéaires, sans nervures, repliées et légèrement ciliées sur les bords. Les fleurs, au nombre d'une à trois, sortent du milieu des feuilles; elles sont grandes, d'un violet clair, marquées de veines rouges, entourées d'une spathe double, et ayant l'entrée du périanthe garni de poils épais. Le style est divisé supérieurement en trois stigmates très-longs, un peu roulés et crénelés au sommet, d'une belle couleur jaune foncée. Comme pour la plupart des Plantetes cultivées, on ignorait la patrie. positive du Safran; on disait vaguement qu'il était originaire de l'Orient. Il fut indiqué pour la première fois par Smith (Prodr. Floræ græcæ) comme croissant spontanément dans les basses montagnes de l'Attique; et il a été récemment découvert par Bertoloni, aux environs d'Ascoli, dans la Marche d'Ancône. On le cultive en grand dans plusieurs provinces de la France, et principalement dans le ci-devant Gatinais. Ses stigmates triés et desséchés avec soin forment

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la substance connue dans le commerce sous le nom de Safran du Gatinais, dont la couleur est d'un jaune rongeàtre, l'odeur particulière forte et pourtant assez agréable, la saveur amère et piquante. Le principe colorant du Safran a été nommé Polychroite par Vogel, et a été obtenu à l'état de pureté par Henry, chef de la pharmacie centrale des hôpitaux de Paris; il est remarquable par la propriété qu'offre sa solution aqueuse de prendre différentes nuances de vert, de bleu et de violet, lorsqu'on la traite par les acides nitrique et sulfurique. Le Safran est un médicament stimulant et antispasmodique, mais il convient de ne l'employer qu'à très-petite dose surtout si l'on se propose seulement d'exciter les différentes fonctions, par exemple, le flux menstiuel. A la dose de deux scrupules à un gros, en infusion, il détermine les accidens de l'ivresse, le délire, une congestion cér ébrale plus ou moius forte, etc. On le fait entrer dans plusieurs préparations pharmaceutiques, le Laudanum de Sydenham, l'Elixir de Garus, etc. Appliqué à l'extérieur, il passe pour résolutif et calmant. Ses usages économiques se bornent à fournir une teinture jaune peu solide, et à servir d'assaisonnement pour certains alimens. Ainsi en Italie, en Espagne et dans le Midi de la France, on en met dans les soupes et dans tes ragoûts. C'est avec le Safran qu'on colore le vermicelle et autres pâtes de farine, des gâteaux, des liqueurs de table, etc. On falsifie souvent le Safran avec les fleurs du Carthamus tinctorius, nommé par cette taison Safranum dans les anciens livres de matière médicale; mais cette supercherie est facile à reconnaître, en mettant infuser dans l'eau le Safran suspect. Les fleurons du Carthame, tubuleux, réguliers, renflés brusquement au sommet, et offrant un limbe à plusiems segmens égaux, se distinguent aisément des stigmates du Safran dont nous avons décrit la forme dans cet article.

Pour établir une safranière, on choisit un terrain léger, un peu sablonneux et noirâtre. On le l'ume convenablement, et on l'ameublit par trois labours faits successivement pendant l'hiver. Vers la fin de mai, on plante les bulbes de Safran à trois pouces de distance les uns des autres et à six pouces de profondeur. De six semaines eu six semaines, ou bine et on sarcle la safranière, pour la purger des mauvaises herbes. Le dernier sarclage se fait peu de temps avant l'apparition des tieurs; il est avantageux, pour la récolte, que des pluies tombent à cette époque, et qu'il fasse chaud et sec pendant la floraison. Comme les fleurs se sueeèdent pendant trois semaines à un mois, on va tous les jours les cueillir; on les rapporte à la maison, où des femmes et des enfans en séparent les stigmates que l'on met sécher sur des tamis de crin suspendus au - dessus d'un feu doux, en ayant soin de les remuer presque continuellement, jusqu'à parfaite dessiccation. Cinq livres de stigmates frais se réduisent, par cette opération, à environ une livre. On met alors ie Safran dans des sacs de papier, que l'on renferme dans des boîtes, et on le livre au commerce.

Les safranières sont sujettes à être attaquées par un fléau qui est aux Safraus ce que la peste est aux Animaux. Ou nomme Fausset, Tacon et Mort du Safran, les accidens qui surviennent d' abord au bulbe, puis à la Plante entière, et fait périr par vraie contagion tous les individus qui sont à proximité. Le Fausset est une sorte de production napiforme qui arrête la végétation du jeune bulbe; le Tacon est la carie du corps même du bulbe sans attaquer les enveloppes; enfin ce que l'on nomme Mort du Safran est un phénomène qui commence d'abord par les enveloppes qu'il rend violettes et hérissées de filamens, et qui pénètre ensuite dans l'intérieur du bulbe. Les effets de la Mort du Safran s'annoncent par des espaces circulaires couverts de Plantes malades, qui s'agrandisseul in-

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sensiblement, et finissent par faire périr toute la safranière. Ils peuvent être occasionès par la seule communication d'un individu atteint de la maladie; il suffit même d'une pelléc de terre infectée jetée sur un champ dont les Plantes sont saines, pour lui communiquer la contagion. On ne connaît pas de moyen plus efficace contre ce fléau que d'établir une sorte de cordon sanitaire autour des endroits infectés, c'est-à-dire d'ouvrir des tranchées profondes d'un pied, et de rejeter la terre sur celle où les Safrans sont morts. Duhamel fut le premier qui reconnut la vraie cause de la mort du Safran; il prouva qu'elle était occasionée par un Champignon souterrain et parasite qu'il assimila aux Truffes, et qu'il crut être le même que celui qui s'attache aux racines d'Hièble, d'Ononis et d'autres Plantes. C'est le Tuber parasiticum de Bulliard, Sclerotium Crocorum de Persoon. De Candolle en a formé un genre distinct sous le nom de Rhizoctonia. V. ce mot. (G..N.)

On a, dans les Indes, étendu le nom de SAFRAN à plusieurs substances colorantes qu'on emploie dans la teinture ou bien dans l'office. C'est particulièrement le Curcuma et le Terra-Merita qui portent ce nom dans nos colonies où on les emploie pour colorer la sauce appelée caris, et lui donner un haut goût. Les restaurateurs et les cuisiniers de Paris, remplaçant en général, dans le même mets, ces faux Safrans de l'Inde par le Safran gatinais, le dénaturent et en font un plat très-médiocre; aussi le caris n'est pas toujours apprécié ce qu'il vaut quand il est fait avec les amomées convenables. Le Balisier est souvent appelé SAFRAN MARRON dans les Antilles à cause de la ressemblance de sou feuillage avec celui des Plantes que les Créoles cultivent sous le nom impropre de Safran. Le Colchique d'automne a aussi été nommé quelquefois SAFRAN BATARD. (B.)

SAFRAN DE MARS NATIF. MIN. Les anciens minéralogistes donnaient ce nom au péroxide de Fer rouge terreux, appelé aussi Ocre martial. V. FER OXIDÉ. (G. DEL.)

SAFRANUM. BOT. PHAN. On donne quelquefois ce nom aux fleurs de Carthame préparées pour la teinture. (B.)

SAFRE. CHIM. INORG. On donne ce nom dans le commerce à un oxide de Cobalt impur, que l'on obtient par le grillage de la mine de Cobalt, et qui mêlé avec une quantité suffisante de Silice, et fondu avec le souscarbonate de Potasse, donne un verre bleu que l'on broie eusuite pour le convertir en Smalt. (G. DEL.)

SAFSAF. BOT. PHAN. Syn. arabe de Saule pleureur, Salix babylonica, selon Forskalh et selon Delile, de Salix subserrata, autre espèce du même genre. V. SAULE. (B.)

SAGAPENUM. BOT. PHAN. Suc gommo-résineux d'une Ombellifère encore peu connue, que Willdenow croit être le Ferula peisica, c'est-à-dire la même Plante à laquelle Olivier attribuait la Gomme ammoniaque, et le docteur Hope l'Assa fætida. Pline, Dioscoride, et les auteurs de l'antiquité, sont fait mention de cette drogue qu'ils disaient venir de la Médie. Le Sagapenum que le commerce nous apporte encore aujourd'hui des contrées orientales, est en masses amorphes, composées de fragmens mous et adhérens, demi-transparens, rouges, jaunes extérieurement, d'un jaune pâle intérieurement, brunissant à l'air, d'une consistance cireuse et cassante, mêlés d'impuretés et de petits fruits plus ou moins brisés, mais que l'on reconnaît aisément pour des akènes d'Ombellifères. L'odeur de cette Gomme-Résiue est alliacée, plus forte que celle du Galbanum, mais moins que celle de l'Assa fætida, dont elle se rapproche également par la saveur et les antres propriétés Le Sagapenum s'amollit sous les doigts et devient tenace; il

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brûle en répandant une flamme blanche et beaucoup de fumée; le résidu est un charbon léger et spongieux. Il fournit par la distillation une petite quantité d'huile volatile; l'alcohol pur en dissout une grande partie. Analysé par Pelletier (Bulletin de Pharmacie, 1811), il a fourni les principes immédiats suivans: Résine, 54,26; Gomme, 51,94; Malate acide de Chaux, 0,40; matière particulière, 0,60; Bassorine, 1,0; Huile volatile et perte, 11,80: total, 100. Cette Gomme-Résineétait désignée dans les vieux écrits de matière médicale sous le nom de Gomme Séraphique; elle entrait dans les préparations monstrueuses de l'ancienne pharmacie, et encore aujourd'hui quelques médecins de la vieille roche l'administrent comme médicament fondant et pour diminuer l'épaississement des humeurs. Nous ne croyons le Sagapenum utile que comme médicament externe, et à ce titre il figure parmi les ingrédiens de l'emplâtre Diachylon gommé. (G..N.)

SAGEDIA. BOT. CRYPT. (Lichens.) Ce genre, établi par Acharius et adopté par Fries, qni confirme les caractères indiqués par Acharius, se rapproche du Porina et de l'Eudocarpon, et fait partie, dans la Méthode de Fries, de la tribu des Endocarpées. Cet auteur le caractérise ainsi d'après ses organes reproducteurs: noyau lenticulaire, de consistance de cire, plongé dans le thallus lui-même, sans enveloppe propre ou périthécium, communiquant au-dehors par une ouverture pratiquée dans les verrues que ce noyau produit à la surface du thallus; sporidies disposées en séries; il diffère sur tout du Porina par ses tubercules et ses noyaux lenticulaires, déprimés. Le thallus forme une croûte adhérente. Ces Plantes croissent dans les lieux humides, sur les rochers. Les espèces décrites par Acharius sont peu connues; on a souvent confondu avec elles des variétés monstrueuses de Lecidea, ce qui a fait rejeter ce genre par beaucoup de botanistes. (AD. B.)

SAGENARIA. BOT. FOSS. Nom que nous avons donné aux tiges fossiles des Plantes de la famille des Fougères. V. VÉGÉTAUX FOSSILES. (AD. B.)

SAGÉNITE. MIN. Nom donné par De Saussure à la variété réticulée du Titane oxidé rouge. V. TITANE. (G. DEL.)

* SAGERETIA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Rhamnées et de la Pentandrie Monogynie, L., récemment établi par Adolphe Brongniart (Mém. sur les Rhamnées, p. 52, pl. 2, fig. 2), qui l'a ainsi caractérisé: calice dont le tube est urcéolé, hémisphérique, le limbe à cinq découpures aiguës et dressées; corolle à cinq pétales dressés, obovés, onguiculés, roulés en dedans on en forme de capuchon; étamines à anthères ovales, biloculaires, s'ouvrant par une fente longitudinale; disque en forme de cupule, épais, couvrant le calice, entourant étroitement l'ovaire sans y adhérer; ovaire ovoïde, triloculaire, surmonté d'un style très-court, épais, et d'un stigmate trilobé. Le fruit n'est pas connu. Ce genre est indiqué par son auteur comme douteux, à cause de l'ignorance où l'on est sur la structure de son fruit; il a été formé sur quelques Rhamnus et Zizyphus décrits par les auteurs, et particulièrement sur les espèces suivantes, savoir: Rhamnus Theezans, Vahl; Rh. elegans, Guayaquilensis, senticosa, Kunth; Zizyphus oppositifolius, Wallich, etc. Ce sont des Arbrisseaux à rameaux grêles, en baguettes, les plus petits ordinairement spinescens, à feuilles presque opposées, brièvement pétiolées, lancéolées ou oblongues, dentées en scie et penninerves. Les fleurs sont petites, disposées en épis simples ou composés, interrompus, axillaires ou terminaux. Les huit espèces énumérées par Adolphe Brongniart croissent dans l'Amérique équinoxiale et tempérée, principalement dans les contrées occidentales; quel-

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ques-unes se trouvent dans les Indes-Orientales. (G..N.)

* SAGETTE. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires du Sagittaria sagittifolia, L. V. SAGITTAIRE. (B.)

SAGINE. Sagina. BOT. PHAN. Ce genre, de la famille des Caryophyllāes, et placé dans la Tétrandrie Tétragynie, L., offre les caractères suivans: calice divisé profondément en quatre ou cinq segmens ovales, concaves, très-ouverts et persistans. Corolle à quatre ou cinq pétales ouverts, plus courts que le calice; quelquefois n'existant pas; quatre ou cinq étamines; ovaire presque globuleux, surmonté de quatre ou cinq styles subulés, recourbés, pubesceus, terminés par des stigmates simples; capsule ovale, enveloppée par le calice, à une seule loge, à quatre ou cinq valves renfermant un grand nombre de graines attachées à un placenta central. Ce genre fait partie de la tribu des Alsinées de De Candolle; il se rapproche beaucoup par le port et les caractères des genres Spergula, Mæluiugia, Buffonia et Arenaria, et les seules différences qu'il v a entre ces genres consistent dans le nombre des styles, des enveloppes florales et des graines. Ehrart en a séparé à bon droit le Sagina erecta, L.. dont il a fait son genre Mænchia. V. ce. mot. Les Sagines sout de petites Herbes rampantes, d'un aspect peu agréable, croissant entre les pierres et dans les fentes des rochers humides. On n'en connaît qu'un petit nombre d'espèces qui pour la plupart croissent en Europe, et parmi lesquelles on distingue les Sagina procumbens et apetala, L., dont les fleurs sont ordinairement privées de pétales. On les trouve fréquemment sur les murs humides et entre les pavés, jusque dans l'intérieur des villes. Plus d'un botaniste les a foulées aux pieds sans s'en apercevoir en traversant la place du Carrousel ou la cour des Tuileries.

Le Sagina virginica, L., appartient au genre Centaurelia de Michaux. V. ce mot. (G..N.)

SAGISER. OIS. (Gesner.) Syn. ancien de Courlis vert. V. IBIS. (DR..Z.)

SAGITTA. MOLL. L'un des syn. anciens de Bélemnite. V. ce mot. (B.)

SAGITTA. BOT. PHAN. (Pline.) Syn. de Sagittaria. V. FLÉCHIÈRE. (B.)

SAGITTAIRE. OIS. (Vosmaër.) L'un des synonymes du Messager. V. ce mot. (DR..Z.)

SAGITTAIRE. BOT. PHAN. V. FLÉCHIÈRE.

* SAGITTELLE. Sagittella. MOLL. Genre encore incertain que Blainville a mentionné dans sou Traité de Malacologie, et sur lequel il a donné de nouveaux renseignemens dans le Dictionnaire des Sciences naturelles. C'est à Lesueur que l'on en doit la déconverte dans les mers de l'Amérique; il l'a observé autant que sa transparence et sa petitesse le lui sont permis. Cette transparence est telle, qu'il serait impossible de faire la moindre observation. Lesueur a été obligé de mettre un morceau de serge bleue dans le vase ou il les avait recueillies pour les examiner. Malgré cette attention, il n'a pu découvrir ni la place des organes de la respiration, ni ceux de la génération; cependant, d'après le rapport des autres organes, Blainville pense que ceux-ci doivent être placés comme dans les Firoles. Alors il ne voit plus la nécessité d'un genre qui a tant d'analogie avec les Firoles; il a été conduit par ces motifs à en faire une petite section de ce genre dans sou Traité de Malacologie. Il nous semble que dans l'état actuel des observations sur ce genre, on ne pouvait mieux le placer, en attendant des éelaircissemens nécessaires. (D..H.)

SAGITTULE. Sagittula. INTEST. Prétendu genre trouve dans l'Homme, que, sur l'autorité du docteur Bastiani, Lamarck avail adopté et rangé

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dans la troisième section de ses Vers, les Hétéroinorphes. Il est hors de doute que ce nouveau parasite de l'Homme n'est autre chose que l'appareil hyo-laryngien d'un Oiseau, avalé, non digéré, et qui fut rendu par les selles après quelques accidens occasionés sans doute par une indigestion. Il est figuré dans la planche première de l'appendice de l'atlas an nexé à la traduction française du Traité des Vers intestinaux de l'Homme du docteur Bremser, par Grundler et Blainville qui s'y sont laissés prendre. (E. D..L.)

* SAGITTILINGUES. OIS. (Illiger.) Nom donné à une petite famille d'Oi seaux qui renferme les Pies et les Loriots. (DR..Z.)

SAGOIN. MAM. V. SAGOUIN.

SAGONEA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Convolvulacées et de la Pentandrie Trigynie, établi par Aublet (Plant, de la Guiane, 1, p. 285, et offrant les caractères essen tiels suivans: calice quinquépartite; corolle campanulée à cinq lobes; cinq étamines; ovaire supérieur snrmonté de trois styles et de stigmates capiteés; capsule à trois loges s'ouvrant trans versalement, et renfermant des graines nombreuses, fort petites, attachées à un réceptacle central, triangulaire. Le nom de ce genre a été inutilement changé par Schreber et Willdenow en celui de Reichelia. Le Sagonea aquatica, Aubl., ioc. cit., tab. 3, est une Plante herbacée qui, de sa racine, pousse plusieurs tiges droites hautes de deux à trois pieds, garnies de feuilles alternes, Iisses, étroites, lancéolées acuminées, presque sessiles et rétrécies en pétioles à leur base. Les fleurs sont disposées en très petites grappes dans les aisselles des feuilles. Cette Plante croît à la Guiane sur le bord des ruisseaux. (G..N.)

SAGOU. BOT. PHAN. Préparation alimentaire qu'on obtient de la moelle du Sagouier. V. ce mot. (B.)

* SAGOUER. BOT. PHAN. V. ARENG.

SAGOUIER OU SAGOUTIER. Sagus. BOT. PHAN. Genre de la famille des Palmiers et de la Monœcie Hexandrie, L., offrant les caractères suivans: spathe universelle nulle; régime rameux couvert de bractées imbriquées, portant à la base les fleurs femelles, et au sommet des ramifications les fleurs mâles. Chaque fleur mâle offre un calice (périanthe extérieur) monophylle, tubuleux et sans divisions (à trois petites dents, selon Martius); une corolle (périanthe intérieur) amincie à sa base en une sorte de pédicelle entouré par le calice, et divisée supérieurement en trois segmens; il y a six étamines à filets courts et élargis, à anthères ovoïdes et dressées. Les fleurs femelles sont le calice comme dans les mâles; la corolle (périanthe intérieur) tubuleuse, ventrue, tridentée, munie à l'entrée du tube de six anthères à l'état rudimentaire; l'ovaire libre, ovoïde, triloculare, atténué supérieurement en un style court, à trois stigmates aigus. Le fruit est arrondi ou ovoïde, couvert entièrement d'écaillés larges, imbriquées et à peu près comparties comme les carapaces de tortues; à l'intérieur, ce fruit n'offre par avortement qu'une ou deux loges. La graine est munie d'un albumen éburué, lacuneux, d'un embryon ovoïde latéral placé au dessus de la cavité de l'albumen. Quoique les régimes de Sagouier soient assez communs, dans les collections, où il nous eût été facile de les étudier jusque dans leurs détails les plus minutieux, nous avons préféré exposer les caractères génériques précédens d'après une excellente description que Poiteau en a faite sur la Plante vivante à Cayenne, et qu'il a publiée avec figure dans le Journal de Chimie médicale, septembre 1825, p. 390. On peut d'ailleurs se procurer d'autres renseignemens sur l'organisation des fleurs et des fruits du Sagouier dans Gaertner (de

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Fruct., 1, p. 27, tab. 10); dans Martius (Genera et spec. Palm. bras, p. 53); dans Palisot de Beauvois (Flore d'Oware et de Benin, p. 75, tab. 44, 46), qui a décrit et figure deux espèces de Sagus sous le nom générique de Raphia; enfin, dans le premier numéro des Annales de Botanique de Kœnig, où Rottboel a décrit le genre en question sous le nom de Metroxylon.

De même que la plupart des autres Palmiers, les espèces de Sagouiers croissent dans les régions intertropicales; elles sont en petit nombre, et originaires de l'Asie et de l'Afrique. Une des plus remarquables a été tran portée dans les colonies d'Amérique, où elle a crû avec rapidité, et s'est propagée facilement par le moyen des graines. Comme ces espèces fournissent des produits d'une grande utilité pour lés peupies des pays chauds, nous ne pouvons nous dispenser d'entrer dans quelques détails à lenr égard.

Le SAGOUIER RAPHIIIA ou ROUFIA, Sagus Raphia, Lamk., Iliustr. Gen., tab. 771, fig. 1; Raphia vinifera, Palisot de Beauvois, Fl. d'Oware, tab. 44, fig. 1, tab. 45 et 46, f. 1, est un Arbre de moyenne grandeur dont le stipe est droit, cylindrique, couvert des débris desséchés des anciennes feuilles, garni à sa partie supérieure de feuilles grandes, nombreuses, pendantes, ailées, chargées, ainsi que les pétioles, de petites épines nombreuses. De la base de ces feuilles sortent et pendent de très-grands régimes divisés en un grand nombre de rameaux et ramuscules inégaux, rapprochés, environnés chacun de bractées ou spathes partielles courtes, trouquées et fendues longitudinalement. Ce Palmier croît dans les diverses contrées de l'Inde-Orientale et en Afrique, dans le royaume d'Oware et de Benin sur le bord des rivières.

Le SAGOUIER PÉDONCULÉ, Raphia pedunculata, Palisot Beauvois, loc. cit., tab. 44, f. 2, et lab. 46, f. 2; Sagus Ruffia, var., Willd.; Jacq., Fragm. botan., 7, t. 4, f. 2; Poiteau, Journal de Chimie médicale, juillet 1825, avec figure, est une espèce tellement voisine de la précédente, que la plupart des auteurs l'en sont considérée comme une simple variété; elle s'en distingue par une légère différence de forme dans les fruits, et par ses fleurs mâles pédicellées, et encore ces caractères ne sont pas constans. Ce Palmier croît à Madagascar, d'où il a été transporté d'abord aux îles de France et de Mascaieigne, puis à Cayenne. D'apiès les renseignemens recueillis par Poiteau dans cette dernière colonie, il ne flemit qu'à si quinzième année, et il met près de dix ans pour développer sa panicule entière.

La troisième espèce de Sagouier est celle que Willdenow a nommée Sagus Rumphii, parce qu'elle a été décrite et figuriée par Rumph (Herb. Amboin., 1, p. 72, tab. 17 et 18); c'est aussi le Metroxylon de Rottboll, dont nous avons parlé plus haut. Ce Palmier est un Aibre peu élevé qui croît dans les Moluques. Palisot de Beauvois le regarde comme formant le type du vrai genre Sagus, et il s'autorise de quelques légères différences dans l'intloiescence, comme, par exemple, la présence d'une spathe dans le Sagus Rumphii, pour en séparer les deux espèces décrites plus haut, qu'il a placées dans son genre Raphia. Enfin, on avait réuni aux Sagouiers le Palmier-Bache de l'A-ménique méridionale, qui effectivement s'en rapproche beaucoup par la forme et la structure de ses fruits, mais qui fait partie du genre Maurilia. V. ce mot.

Avant de donner quelques détails sur l'extraction du Sagou qui est le principal produit, non-seulement des espèces que nous venons d'énumérer, mais encore de plusieurs Palmiers très-dislincls des vrais Sagouiers, nous devons dire un mot des autres usages auxquels les peuples à demi-civilisés de l'Afrique soumeltent les diverses parties des Sagouiers, et particulièrement du Sagouier Raphia

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Les Nègres font des sagaies avec les rachis ou pétioles communs des feuilles: ces sagaies sont des instrumens armés d'une arête de Poisson ou d'un hameçon de fer avec lequel ils harponnent très-adroitement le Poisson, et qu'ils retirent au moyen d'une longue ficelle attachée au corps de ces instrumens. Les feuilles leur servent à construire des palis ades, des murset des couverturesd habitations; mais ces habitations, qui sont très-fraìches et appropriées au climat brûlant des régions équinoxiales, sont l'inconvénient d'attirer et de servir de repaire à des multitudes innombrables de rats, et aux reptiles qui s'y glissent pour faïre la chasse à ceux-ci.

La sève des Sagouiers donne, par la fermentation, une liqueur vincuse très-forte, connue à Oware sous le nom de Bourdon, et qui est préférée aux autres vins de Palme. On l'obtient en coupant ou fracturant au sommet de l'Arbre la nouvelle pousse du centre, et on reçoit dans des calebasses le suc qui fermente alors très-facilement, vu la grande quantité de principes sucrés et mucilagineux qu'il contient. Les habitans d'Oware font fermenter les amandes du fruit avec la sève étendue d'eau; ils obtiennent ainsi un vin plus coloré, plus spiritueux, et chargé d'acide carbonique, car il pétille comme du vin de Champagne, et la valeur d'un demi-litre suffit pour griser les hommes qui ne sont pas habitués à cette boisson. Le Chou du Sagouier est encore meilleur que celui du Palmiste (Areca oleracea, Jacq.); on le mange, soit cru ou en salade, soit cuit comme nos cardes. L'intérieur du tronc des jeunes Sagouiers ou la partie même qui fournit le Sagou, est encore le manger le plus tendre et le plus délicat dont on puisse se faire une idée.

Le Sagou n'est autre chose que la partie médullaire qui forme la presque totalité du tronc des Sagouiers, et que l'on extrait de la manière suivante: on fend l'Arbre dans sa longucur, on écrase la partie intérieure qui est fort tendre, spongieuse, à peu près de la consistance pulpeuse d'une pomme ou d'un navet. On rassemble cette pulpe dans des espèces de cônes ou d'entonnoirs faits d'écorces d'arbre, mais qui laissent des interstices comme ceux d'un tamis de crin; on la délaye ensuite avec de l'eau qui entraîne la partie la plus fine et la plus blanche de la moelle. Celle-ci se dépose peu à peu; on la sépare par la décantation de l'eau qui la surnage, et on la passe à travers des platines perforées, de la même manière qu'on fabrique en Europe le vermicelle et autres pâtes féculentes. Le Sagou prend alors la forme de petits grains roussâtres sous laquelle on nous l'apporte de l'Inde. Tel est le mode d'extraction décrit par les voyageurs; mais Poileau, qui a voulu prépar er du Sagou à Cayenne, explique d'une autre manière la forme granuleuse que cette substance affecte. Selon ce naturaliste, les parties en suspension dans l'eau se précipitent très-lentement ou ne se précipitent pas du tout; il est donc nécessaire de passer au travers d'un linge, et d'exposer au soleil le résidu pour le faire sécher. Par le seul effet de la dessiccation, cette substance se rassemble en grains grisâtres, gros d'abord comme une tête d'épingle, puis trois à quatre fois plus gros et irréguliers. Notre collaborateur Lesson qui, dans son voyage de circumnavigation, a vu préparer le Sagou par différens peuples de la Polynésie et de l'Inde-Orientale, nous a confirmé la justesse de l'observation de Poiteau. Ce serait, en effet, une opération difficile pour ces peuples à demi-civilisés, que de granuler le Sagou dans des instrumens dont ils ne sauraient avoir aucune idée.

Le Sagou est une matière amylacée, qui se ramollit, devient transparente, et finit par se dissoudre dans l'eau. On en forme avec le lait et le bouillon de légers potages que l'on recommande dans les affections de poitrine. Pour le faire dissoudre et

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cuire avec promplitude, on en met dans un poèlon environ une euillerāe que l'on délaye peu à peu avec une chopine de lait, de bouillon, ou simplement d'eau chaude; ou place ce poêlon sur un feu doux, et on remue sans discontinuer, jusqu à ce que le Sagou soit dissous; on y ajoute alors du sucre et des aromates. Dans les Moluques et les Philippines, on fait avec le Sagou des pains mollets d'un demi-pied carré, des sortes de poudingues avec du suc de limon, des coulis de poisson, et d'autres mets de fantaisie. Il y a plusieuis sortes ou qualités de Sagous qui se distinguent par leur plus ou moins de blancheur et de solubilité. Celui que l'on fabrique aux Moluques passe pour le meilleur: il est probablement fourni par le Sagus Rumphii de Willdenow. (G..N.)

SAGOUIN. Geopithecus. MAM. Nos lecteurs voudront bien lire la définition du mot SINGE avant d'entamer les détails qui concernent les Animaux mentionnés sous le nom de Sagouins, et se rappeler que Geoffroy Saint-Hilaire a divisé la famille des Singes en deux grandes tribus, les Catarrhinins ou Singes de l'Ancien-Monde, et les Platyrrhinins ou Singes d'Amérique. Ces derniers sont euxmêmes distingués en Hélopithèques ou Singes à queue prenante, en Géopithèques ou Singes à queue non prenante, qui sont nos Sagouins, et enfin en Arctopithèques (Singes dont les molaires sont hérissées de pointes aiguës), les Ouistitis et les Tamarins, décrits dans le Tome XI de ce Dictionnaire. Ces trois tribus de Singes américains se trouvent donc nettement distinctes et isolées avec tous les genres qu'elles renferment dans les articles OUISTITI, SAGOUIN et SAPAJOU. Les Sagouins forment ainsi une petite famille qui renferme, d'après les travaux les plus récens de Geoffroy Saint-Hilaire, quatre genres, qui sont: Cailithriche, Nyctipithèque, Saki et Brachyure. Desmarest regardait son genre Sagouin comme synonyme du Callithrix de Cuvier, mais long-temps avant, Lacépède avait proposé pour lui le nom scientifique de Saguinus. Erxleben ne sépara point les Sagouins des Cebus ou Sapajous.

Les Sagouins se distinguent de tous les autres Singes d'Amérique par leurs habitudes. Leur queue non prenante ne pourrait leur servir à se balancer sur les branches et sauter d'arbre en arbre dans les forêts; aussi, de cette conformation, sont aussitôt découlées les privations de ce moyen de conservation, et les Sagouins sont été contraints de chercher des refuges dans les broussailles et les fourrés du sol qu'ils ne quittent guère, et dans les crevasses des rochers: de la le nom de Géopithèques que leur donna Geoffroy Saint-Hilaire. Ces Singes, par leur tète arrondie, paraissent avoir reçu en partage une ample dose d'intelligence. Leur yeux, organisés pour la vision nocturne, semblent prouver qu'ils n'ont jamais plus d'assurance que le soir et aux approches de l'obscurité, et qu'ils restent tapis le jour dans l'asile qu'ils habitent. Leur face, communément courte, forme un angle de 60 degrés. Leurs narines, largement ouvertes, sont percées sur le côté. Leurs mâchoires présentent six dents molaires. Enfin la longue queue qui les distingue ne paraît avoir aucun but d'utilité. Geoffroy Saint-Hilaire divise les Sagouins en deux sections, d'après les indications fournies par l'os incisif ou l'intermaxillaire qui porte les dents incisives. Ainsi s'exprime ce savant dans ses Leçons: «L'incisif est dirigé en dedans, ou bien il est réfléchi en dehors. Infléchi, comme chez tous les autres Singes, les dents sont parallèles et contiguës, et la cloison des narines est moins large que ne l'est la rangée des dents incisives. Lïntermaxillaire est-il au contraire prolongé et saillant en avant? les incisives s'écartent des canines et la cloison des narines est tenue plus large que la rangée des incisives n'a de largeur; mais de nouvelles recher-

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ches m'ont fait connaìtre d'autres différences d'organisation, dont les deux sections sont susceptibles, ou autrement qu'elles contiennent plusieurs genres.»

F. Cuvier a trouvé que le système dentaire des Callithriches ou Saïmiris, premier genre des Sagouins, ne diffère point de celui des Alouales, des Atèles et des Sajous; qu'il présente trente-six dents, dix-huit à chaque mâchoire, ou quatre incisives, deux canines et douze molaires.

† CALLITHRICUES, Cailithrix, Cuv., Geoff. St.-Hil., Illig., Desm.; Cebus, Erxl.

Le type de ce genre est le Saïmiri de Buffon que Geoffroy Saint-Hilaire a pris pour le caractériser, et il pense même que les autres espèces de Callithriches diffèrent assez notablement du Saïmiri, par les détails de leur organisation, pour ne point faire partie du même genre. Quoi qu'il en soit, voici les caractères généraux adoptés par les auteurs: tête petite, arrondie; museau court; angle facial de 60 degrés; les canines médiocres; les incisives inférieures verticales et contiguës aux canines; les oreilles grandes et déformées; la queue un peu plus longue que le corps, couverte de poils courts; le corps assez grêle. Le crâne des Callithriches est énormément développé dans le Saïmiri, mais beaucoup moins quaut à l'ampleur dans les autres espèces. Le cerveau acquiert des dimensions qui rendent compte de l'extrême sagacité que ce Singe manifeste. Les yenx sont dans toutes les espèces d'une grandeur considérable; les orbites sont complètement arrondies. L'oreille interne est munie de grandes caisses auditives; mais dans les Callithriches Veuve, à collier, Moloch et autres, la boîte cérébrale est moins étendue, le trou occipital est plus reculé eu arriére, et la cloison interorbitaire est entièrement osseuse. Leur pelage, agréablement coloré, leur a mérité le nom de Callithrix qui veut dire beau poil. Les mœurs de la plupart des Animaux de ce genre sont encore peu connues; on sait seulement que quelques espèces sont beaucoup d'intelligence, vivent de fruits et d'insectes, et se réunissent par troupes considérables dans les forêts équatoriales du Nouveau-Monde.

Le SAÏMIRI, Callithrix Sciureus, Geoff. St.-H. Ce joli Singe, rempli d'intelligence, a reçu une foule de noms vulgaires: c'est ainsi qu'on le nomme vulgairement Sapajou Aurore ou Singe Ecureuil. Ce nom de Saïmiri, d'abord employé par Buffon, est usité parmi les Galibis de la Guiane, tandis qu'il est nommé Titi sur les bords de l'Orénoque, suivant Humboldt. Linné, et Schreber dans sa planche 33, lui consacrèrent le nom scientifique de Simia Sciurea ou de Singe Ecureuil; Geoffroy Saint-Hilaire (Ann. du Mus. T. XIX, pag. 113, sp 1) et Desmarest (Mammal., sp. 75) lui imposèrent celui de Callithrix Sciureus. On en trouve des figures dans l'Encyclopédie, pl. 18, fig. 1; dans Audebert, pl. 7; dans F. Cuvier, T. 1, 10e livr. des Mammifères; dans Buffon, T. XV, pl. 67 et fig. color., pl 265. Le Saïmiri a de longueur totale environ un pied ouze pouces. Il est remarquable par sa tête arrondie et par l'aplatissement de sa face, qui rend le museau trèspeu saillant. Des poils courts, en brosse, recouvrent le sommet et le derrière de la tête. Ses oreilles sont nues et taillées à angles sur plusieurs points; leur forme est aplatie le long des tempes. Les yeux sont gros. La couleur du pelage est en général d'un gris olivâtre tirant sur un roux léger; le museau est noirâtre, tandis que les bras et les jambes sont d'un roux vif. Le poil est fin et doux, et couvre abondamment le corps; mais la face est entièrement nue et blanche, excepté le bout du nez qui est recouvert par une tache noire, qui se reproduit sur les lèvres. Au milieu de chaque joue se dessine une petite tache verdâtre. L'iris des yeux est châtain et entouré d'un cercle

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couleur de chair. On distingue deux variétés dans l'espèce de Saïmiri; l'une a le dos l'un jaune verdâtre unicolor, est beaucoup plus commune que l'autre dont le pelage supérieur est varié de roux vif et de noir. Celte dernière a la taille du double plus forte que la précédente; mais toutes deux sont une leinte grise sur les membres, qui se change en un bel orangé sur les avant-bras et sur les jambes; la queue, guise verdâtre dans son ensemble, est terminée de noir dans une longueur de deux pouces. Les parties inférieures sont d'un blanc sale teint de rouille, et les parties génitales sont d'une couleur de chair très vive. Le Saïmiri a les ongles des pouces plats et larges, tandis que les autres sont longs et étroits. Le Saïmiri vit d'insectes et de fruits, et se réunit en troupes nombreuses. Humboldt est le seul voyageur qui ait publié sur cet Animal des détails précis et complets. Voici ce qu'on lit dans les Leçons de Geoffroy Saint-Hilaire: La physionomie du Saïmiri ou Titi de l'Orénoque est celle d'un enfant. C'est la même expression d'innocence, quelquefois le même souris malin, et constamment la même rapidité dans le passage de la joie à la tristesse. Il ressent vivement le chagrin et le témoigne aussi en pleurant. Ses yeux se mouillent de larmes quand il est inquiet ou effrayé. Il est recherché par les habitans des côtes pour sa beauté, ses manières aimables et la douceur de ses mœurs. Il étonne par une agitatiou continuelle; cependant ses mouvemens sont pleins de grâce. On le trouve occupé sans cesse à jouer, à sauter et à prendre des insectes, surtout des araignées qu'il préfère à tous les alimens végétaux. M. de Humboldt a remarqué plusieurs fois que les Titis reconnaissaient visiblement des portraits d'insectes, qu'ils les distinguaient sur les gravures même en noir, et qu'ils faisaient preuve de discernement en cherchant à s'en emparer en avançant leurs petites mains pour les saisir. Un discours suivi, prononcé devant ces Animaux, les occupait au point qu'ils fixaient les regards de l'orateur ou qu'ils s'approchaient de sa tête pour toucher la langue ou les lèvres. En général ils montrent une rare sagacité pour attraper les insectes dont ils sont friands. Jamais les jeunes n'abandonnent le corps de leurs mères lors même qu'elles sont tuées. Aussi est - ce à l'aide de ce moyen, que les Indiens se procurent les jeunes Saïmiris qu'ils vont vendre à la côte. Cette affection coïncide, dit Geoffroy Saint-Hilaire, avec le développement de la partie postéricure des lobes cérébraux dont les Saïmiris sont si amplemeut dotés. Ces Singes vivent en troupes de dix à douze individus. Ils saisissent leurs alimens, soit avec les mains, soit avec la bouche, et hument en buvant. On les trouve communément au Brésil et à la Guiane. Humboldt a plus particulièrement observé la variété à dos unicolor sur les bords du Cassiquiaré. Les individus âgés sont leur pelage plus foncé en couleurs, suivant F. Cuvier qui a décrit avec soin les mœurs d'un jeune individu en captivité.

Le SAGOUIN A MASQUE, Callithrix personatus, Geoff., Ann. du Mus. T. XIX, p. 113, sp. 2; Humboldt, Obs. zool., sp. 21; Desm., sp. 76. Ce Sagouin forme, suivant Kuhl, une seule espèce avec celles décrites sous les noms de Sagouins à fraise et Veuve. Il est de fait que ces trois Animaux sont entre eux de grandes ressemblances, quoique Spix les isole. Le Sagouin à masque a à peu près de longueur totale deux pieds sept pouces; sur cette longueur, la queue a elle seule un pied trois pouces. Son pelage est en entier gris-fauve; la face, le sommet de la tête, les joues, le derrière des oreilles, sont d'une couleur brune foncée dans la femelle, et d'un noir intense chez les mâles; les poils des membres et du dos, étant annelés de blanc sale vers la pointe, paraissent grivelés; les parties inférieures sont d'un gris sale;

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la queue est médiocrement touffue, d'un fauve roussâtre; les poignets et les mains, les pieds de derrière, à l'exception des talons, sont d'un noir assez vif. Ce Sagouin habite le Brésil depuis le 18° degré S. jusqu'au 21e dans les forêts qui bordent les grandes rivières,. où il est nommé Saussù.

Le SAGOUIN VEUVE, Callithrix lugens, Geoff., Desm., sp. 77. Cette espèce a été décrite sous le nom de Viduita ou Simia lugens par Humboldt dans ses Mélanges d'observations zoologiques, p. 319. Ses dimensions sont d'environ un pied. Son pelage se compose de poils doux, lustrés, d'un noir uniforme, excepté au-devant de la poitrine et les mains qui sont d'un blanc net; la face est blanchâtre, teintée de bleuâtre, et traversée par deux lignes qui se rendent des yeux aux tempes; les poils noirs du sommet de la tète sont un reflet pourpré; la queue et les pieds sont noirs. Les habitudes de ce Sagouin sont tristes et mélancoliques; il vit isolé et ne se réunit point en troupes comme les autres espèces du même genre. On le trouve dans les forêts qui bordent les rivières de l'Orénoque et du San-Fernando de Ata-pabo.

Le SAGOUIN A FRAISE, Callithrix amictus, Geoff., Desm., 78. Humboldt a décrit cette espèce, dans ses Mélanges zoologiques, sp. 25, sous le nom de Simia amicta, sans se rappeler positivement sa patrie; on la dit toutefois du Brésil. Le Sagouin à fraise est du double plus gros que le Saïmiri. Son pelage, sur le corps, les avant-bras et les jambes, est d'un noir mêlé de brunâtre; les poils des joues sont bruns; le dessous du cou et le haut de la gorge blancs; les mains, depuis le poignet jusqu'à l'extrémité des doigts, sont d'un gris jaunâtre sale; la queue, entièrement noire, est moins touffue que celle des autres Sagouins.

Le SAGOUIN A COLLIER, Callithrix torquatus, Geoff., Desm., sp. 79. Ce Singe a été décrit pour la première fois en 1809, par Hoffmansegg, dans un recueil allemand sur l'histoire naturelle; il le nomma Callithrix torquata, en lui donnant pour caractères d'avoir le pelage brun châtain, jaune en dessous avec un demi-collier blanc; la queue un peu plus longue que le corps. Il est du Brésil.

Lé SAGOUIN MOLOCH, Callithrix Moloch, Geoff., Desm., sp. 80. Cette espèce a, comme la précédente, été décrite par Hoffmansegg qui la nomma Cebus Moloch, et qui la découvrit au Para, où elle parait être rare. Sa taille est du double de celle du Saïmiri; son pelage est cendré, mais comme les poils sont annelés, il en résulte que le dos, ainsi que les régions externes des quatre membres, sont variées agréablement; les extrémités sont en dehors d'un cendré plus clair que celui du dessus du corps; le gris des mains et du bout de la queue est très-clair et presque blanc; la face est nue. brunâtre, garnie de quelques poils rudes sur les joues et le menton: tout le dessous du corps et le dedans des bras et des jambes est d'un fauve roussâtre assez vif, qui s'arrête avec le gris des parties supérieures sans transition; la queue est garnie de poils assez longs à sa base, puis courts à son extrémité et annelés de gris brun noirâtre et de blanc sale.

Le SAGOUIN AUX MAINS NOIRES, Callithrix Melanochir, Wied, Kuhl, Desm., sp. 81; Callithrix incanescens, Lichst., Pithecia, F. Cuv. Ce Sagouin a été découvert par Wied Neuwied, et on en trouve une description dans la traduction française de son Voyage au Brésil (T. 11, p. 10). Il a de longueur trente-cinq pouces dix lignes en y comprenant la queue qui a vingt-un pouces dix lignes. Les poils qui le recouvrent sont longs, touffus et doux; la face et les quatre extrémités sont noires, et son pelage paraît gris cendré, parce qu'il est mélangé de noir et de blanc sale; le dos est d'un brun marron rougeâtre; la queue est blanchâtre, souvent presque blanche et quelquefois teintée

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de jaune. Cet Animal, très commun dans l'intérieur des forêts du Brésil où il est nommé Gigo, pousse des cris rauques dès le lever du soleil, et fait un concert discordant qui retentit au loin.

Le SAGOUIN MITRÉ, Callithrix infulatus, Desm., sp. 82. Cette espèce a été primitivement décrite par Lichteinstein et Kuhl sous le nom de Callithrix infulata, et ils se bornent à l'indication des caractères synoptiques les plus saillans, tels que d'avoir un pelage gris en dessus, roux jaunâtre en dessous, avec une grande tache blanche entourée de noir au-dessus des yeux; la queue noire à son extrémité est d'un jaune roussâtre à sa naissance. Ce Sagouin est du Brésil où il est rare.

†† Les NYCTIPITHÉQUES, Nyctipithecus, Spix; Aotus, Humb.; Nocthora, F. Cuv.

Humboldt, dans ses Mélanges de zoologie, proposa la formation d'un genre nouveau pour recevoir un Anïmal déconvert par lui dans les épaisses forèts de l'Orénoque, et décrit sous le nom de Dourouconli. Ce genre reçut du naturaliste prussien le dénomination d'Aotus, d'a grec, privatif, sans, et otus, oreilles; mais ce nom, forgé contre la réalité et trèsmal choisi, fut changé en 1823 par le Bavarois Spix en celui de Nyctipithecus ou Singe de nuit, nom plus convenable pour qu'il repose sur une particularité essentielle des mœurs des Animaux de ce genre. Sans connaître cette dernière synonymie, Frédéric Cuvier a proposé en 1826 le nom de Nocthora en place de celui d'Aotus.

Les Nyctipithèques présentent des caractères génériques fort remarquables que Humboldt, puis Illiger et Geoffroy adoptèrent ainsi qu'il suit: dents comme dans les Callithriches; museau obtus; face nue; point d'abajoues; yeux grands; oreilles nulles; queue longue, à poils làches; deux pectorales; mains et pieds pentadactyles; fesses velues sans callosités. Or, on conçoit que de tels caractères sont dû être singulièrement modifiés par une connaissance plus parfaite des formes de l'Animal, puisque les oreilles externes, dont on supposait qu'il était privé, sont au contraire notablement développées. Aussi Desmarest, dans sa Mamma-logie, donne-t-il pour caractères au genre Aotus, les suivans: tête ronde et fort large; museau court; yeux noeturnes, très-grands et rapprochés; les narines séparées l'une de l'autre par une cloison fort mince; les oreilles très-petites; la queue plus longue que le corps, non prenante, et recouverte de poils; tous les pieds à cinq doigts et à ongles aplatis. Tout, dans les Nyctipithèques, rappelle la coupe générale des Loris. En effet, leurs grands yeux, leur tête arrondie, leurs formes grêles, leurs habitudes nocturnes, semblent en faire les représentans, dans le Nouveau-Monde, des Quadrumanes Loris exclusivement confinés dans les régions éqnatoriales de l'ancien. Geoffroy Saint-Hilaire (Leç. sténog.) a trouvé dans le squelette sept vertèbres cervicales, quatorze dorsales, neuf lombaires, deux sacrées, dix-huit coccygiennes et jusqu'à trente vertèbres caudales. Long-temps on n'a connu qu'une seule espèce de ce genre, le Douroucouli, nommé Aotus trivirgatus par Humboldt; mais deux autres espèces sont été récemment décrites par Spix dans son Simiarum et Vespertilionum brasilienses Species novæ, publié à Munich en 1820. Ces deux espèces ne nous sont connues que par une courte note insérée dans les Leçons sténographiées de notre collaborateur Geoffroy Saint-Hilaire, et tous les détails de mœurs relatifs aux habitudes et à la manière de vivre des Nyctipithèques seront rapportés à l'histoire du Douroucouli qu'ils concernent exclusivement.

Le NYCTIPITHÈQUE A FACE DE CHAT, Nyctipithecus felinus, Spix, pl. 18, a le pelage d'un gris brun uniforme, le ventre roussâtre, le tour

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des yeux blanc, et la queue noire à sa moitié terminale.

Le NYCTIPITHÉQUE HURLEUR, Nyctipithecus vociferans, Spix, pl. 19, a le pelage gris-roux partout le corps, même sur la tête, et ayant seulement le tiers de la queue noirâtre. Du Brésil ainsi que le précédent.

Le NYCTIPITHÉQUE DOUROUCOULI, Nyctipithecus trivirgatus; Aotus trivirgatus Humb., Obs. zool., pl. 28, p. 806; Geoff., Ann. Mus. T. XIX, sp. 1; Desm., sp. 83; Nocthora trivirgata, F. Cuv., 43e liv. Le Douroucouli, aussi nommé Cara rayada par les mis ionnaires espagnols établis sur les bords de l'Orénoque, est, sans contredit, un des Singes les plus remarquables de l'Amérique méridionale, tant par ses formes corporelles que par les couleurs de son pelage. Sa longueur totale est d'environ vingt-trois à vingt-quatre pouces. Tout le pelage, sur les parties supérieures du corps, est d'un gris varié qui est dû à ce que chaque poil est annelé de blanc et de noir; les parties inférieures, depuis le menton jusqu'à l'origine de la queue, sont d'un orangé qui remonte sur les côtés du cou; la queue, noire à son tiers terminal, est grise-jaunâtre dans le reste de son étendue; un sourcil blanc surmonte l'œil; trois raies noires sillonnent le front en divergeant; l'une occupe la ligne médiane et chacune des deux autres naît de l'angle extérieur de l'œil et se recourbe vers l'angle interne; l'intérieur des mains et des oreilles est nu et couleur de chair; la face, également nue, est fuligineuse; l'iris est brun-jaunâtre et les ongles sont noirs. Les dents du Douroucouli ne diffèrent point de celles des Sajous; les mains sont aussi la même conformation; les doigts antérieurs ne sont point extensibles, les ongles sont longs, étroits, creusés en gouttière et un peu crochus. La queue, qui n'est pas prenante, est assez touffue et mobile. Le globe de l'œil est très-développé et a sa papille ronde. L'oreille externe est très-développée. Le nez n'est point terminé par un mufle; les narines sont étroites; la bouche est fort grande et sans abajoues. Les poils sont doux, épais et très-soyeux. Les intestins grêles sont extrêmement petits; les colons sont au contraire largement développés. La vulve est grande et assez semblable, pour la forme extérieure, à celle des Chiens. Les mamelons sont placés sur chaque aisselle. Le Douroncouli dort pendant le jour, parce que la lumière du soleil l'incommode, et ne se met en quête de sa nourriture qu'aux approches du crépuscule. Ses tanières sont des trous d'arbres vermoulus où il fait le guet lorsqu'il est inquiété par le bruit. En captivité, il se nourrit de lait, de biscuit et de fruits; en liberté, an contraire, suivant Humboldt, il chasse aux petits Oiseaux, et ne dédaigne point les fruits, tels que les bananes, les caunes à sucre, les amandes du Bertholletia et les fèves du Mimosa Inga. Cet Animal vit par paires; pour dormir il prend la même position que les Loris, c'est-à-dire qu'il s'assied sur la croupe, les jambes de derrière ramenées sur le ventre, les quatre mains réunies, le dos courbé, la tête baissée, presque cachée dans les mains. Cette position est facilitée par une grande mobilité dans l'articulation des vertèbres. Son cri noeturne ne peut mieux être rendu que par la syllabe muh-muh. et n'est pas sans analogie avec celui du Jaguar. Aussi est-ce pour cela, dit Humboldt, que les Créoles des missions de l'Orénoque l'appellent Titi-Tigre. La voix du Douroucouli, en effet, est d'une force considérable par rapport à la petitesse de sa taille. Il paraît qu'il a aussi deux autres cris, l'un qui est une espèce de miaulement (e-i-aou), et l'autre un son guttural très-désagréable qu'on peut rendre par les syllabes quer-quer. Sa gorge enfle lorsqu'il est irrité; il ressemble alors, par son renflement et la position de son corps, à un chat attaqué par un chien. Un individu mâle, que Humboldt essaya d'apprivoiser, fnt rebelle à tous ses soins; une femelle

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qui a vécu à la ménagerie du Muséum, était d'une grande douceur. Le Douroucouli habite les forêts épaisses des bords du Cassiquiaré et du Haut-Orénoque, près des catatactes de Maypures.

††† Les SAKIS, Pithecia, Desm., Geoff. St.-Hil., Cuv., Ill.; Cebus, Erxleb.

Les Sakis sont été nommés Singes à queue de renard ou Singes de nuit. Cependant ils sont moins noeturnes que les Nyctipithèques, mais ils sortent de préférence le soir et le matin. Ils sont voisins des Sapajous et des Sagouins par leurs formes corporelles, mais ils se distinguent des premiers parce que leur queue n'est pas prenante, et on les isole nettement, à la première vue, des autres genres de la famille des Sagouins, parce que leur queue est garnie de longs poils touffus. Leur système dentaire présente aussi des particularités que Frédéric Cuvier a décrites. Il offre trente-six dents: quatre incisives, deux canines, douze molaires en haut et un pareil nombre en bas. Les incisives supérieures sont arrondies à leur bord inférieur, échancrées au côté externe, et excavées à la face interne; la canine se termine par une pointe aiguë; les molaires, y compris les fausses, sont hérissées de pointes diversement contournées; leur rapport se trouverait être parfaitement analogue avec les dents des Alouates et paraît être le même dans les Callithriches. Ce genre est aussi distingué des Ouistitis par les tubercules mousses de leurs molaires; car les dents de ces derniers sont couronnées de tubercules acérés. Leurs ongles diffèrent aussi notablement des demi-griffes des Ouistitis. Les caractères extérieurs des Sakis sont: une tête ronde avec un museau court dont l'angle facial est de 60 degrés environ; les oreilles sont de grandeur médiocre et bordées; la queue, moins longue que le corps, est garnie de poils longs et touffus; les pieds sont pentadactyles et munis d'ongles courts et recourbés. Les espèces qui composent ce genre vivent, dans les profondes forêts du Nouveau-Monde, de fruits et d'insectes, et dorment ou se cachent dans le jour, de sorte que leurs habitudes sont peu connues; on dit toutefois qu'elles vivent en troupes de sept on huit individus, se livrant à la recherche des ruches de mouches à miel; que les Sajous les suivent pour s'empaier de leur nourriture et les battre lorsqu'elles font mine de résister.

Le SAKI A VENTRE ROUX, Pithecia rufiventer, Geoff., Desm., sp. 86; le Saki, le Singe de nuit, Buff., pl. 31; Simia Pithecia, L. Le Saki est remarquable par sa face arrondie, son museau court, ses grands yeux, son manque de barbe, ses narines obliques et dilatécs. Il est partout recouvert de poils très-longs, très-touffus et qui sont jusqu'à trois pouces de longueur sur les côtés du cou; son pelage est brun, lavé de roussâtre en dessus; roux sur le ventre, chaque poil étant brun à son origine et annelé de roux et de brun; les poils du sommet de la tête forment une espèce de calotte divergente; les poils des pieds et des mains ras, et ceux de la face fins et doux et de couleur tannée. Le Saki est très-commun dans les forêts de la Guiane française.

Le SAKI YARQUÉ, Pithecia leucocephala, Geoff., Desm.; Saki et Yarqué, Buff., pl. 12; Simia Pithecia, L., Audebert. pl. 2. Cette espèce de Singe a le corps long de dix à onze pouces, et son pelage brun-noir; les poils sont longs, touffus en dessus et beaneoup moins en dessous; ceux de la tête sont courts et ras; les joues, le front et la mâchoire inférieure sont d'un blanc sale teinté de jaunâtre; le tour des yeux, le nez et les lèvres sont les seules parties nues et sont colorées en brun. Les Yarqués se réunissent par petites troupes d'une douzaine d'individus, et recherchent, dans les broussailles, le miel des Abeilles sauvages. On les trouve aux environs de Cayenne.

Le SAKI MOINE, Pithecia Monacus,

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Geoff, Desm., sp. 90. Ce Singe est remarquable par son pelage varié de grandes taches brunes et blanchâtres; les poils sont bruns à leur origine et roux dorés à leur extrémité; il n'a point de barbe; les poils divergeas de l'occiput se terminent au vertex. Sa taille est plus petite que celle du Saki à ventre roux. On le trouve au Brésil.

Le SAKI A TÈTE JAUNE, Pithecia ocrocephala, Kuhl, Desm., sp. 89. Ce Singe, de la taille du Yarqué et dont un seul individu existe dans la collection de Temminck, provient, dit-on, de Cayenne. Son pelage est d'un marron clair en dessus, puis d'un roux cendré jaunâtre en dessous, avec les mains et les pieds d'un brun-noir; les poils qui recouvrent le front et qui entourent la face sont d'un jaune d'ocre.

Le SAKI A MOUSTACHES ROUGES, Pithecia rufibarba, Kuhl, Desm., 88. Cette espèce a été décrite d'après un individu conservé dans la collection de Temminck, et provenant de Surinam. Le corps est d'un brun-noir en dessus et d'un roux pâle en dessous; la queue paraît pointue par la diminution de longueur des poils; on n'observe point non plus de tache blanche au-dessus de l'œil.

Le SAKI MIRIQUOUINA, Pithecia Miriquouina, Geoff., Desm., sp. 87; Azara, Voy. au Parag. T. 11, pag. 243. Ce Singe, décrit soigneusement par Azara, est long, sans y comprendre la queue, de trente-deux pouces. Il habite les bois de la province du Choco et de la rive occidentale de la rivière du Paraguay qu'il n'a jamais traversée. Il vit dans les forêts, et on dit qu'en captivité il est paisible et docile. Ce Singe a un cou très-court qui paraît plus gros que la tête, car celle-ci est petite et arrondie; son œil est grand et l'iris est couleur de tabac d'Espagne; l'oreille est très-large, arrondie et velue; le pelage est très-touffu; une tache blanchâtre finissant en pointe surmonte l'œil: la face est nue et les joues légèrement velues sont blanchâtres; tout le dessus du corps est d'un gris brun assez uniforme, quoique les poils soient annelés de noir et de blanchâtre; les parties inférieures sont une belle couleur cannelle fort vive; la queue est noire excepté à son origine où elle est couleur de marron vil en dessous; les poils du dos sont longs d'un pouce et demi, et ceux de la queue sont vingt-une lignes. La femelle ne diffère pas du mâle par ses teintes; elle est seulement un peu plus petite, et présente une mamelle sur chaque côté de la poitrine. On ne connaît point les mœurs du Miriquouina qui est la seule espèce du genre qui s'avance autant dans les zônes méridionales.

†††† Les BRACHYURES, Brachyurus, Spix; Pithecic, Desm., Geoff.; Cebus, Erxleb.; Simia, L.

Les Brachyures ne diffèrent en rien, par les caractères essentiels d'organisation, des Sakis. Leur boîte crânienne, leur système dentaire sont analogues; mais leur queue, lâche et touffue comme celle des Sakis, est de moitié plus courte; de la le nom de Brachyure, courte queue. Les espèces qui composent ce genre, sont remarquables par leur chevelure épaisse et rabattue sur le front, et par sa longue barbe qui pend du menton et couvre la partie latérale des joues. Ils habitent les profondeurs des forêts, et leur naturel paraît triste et mélancolique. Lorsqu'ils sont irrités, ils se dressent sur leurs pieds de derrière, grincent des dents, se frottent la barbe et se lancent sur leur ennemi. Ils boivent avec le creux de leurs mains et prennent les plus grandes précautions pour ne jamais se mouiller. Ces détails, que nous empruntons à Geoffroy Saint-Hilaire dans ses Leçons sténographiées, se rapportent à cinq espèces connues de ce genre dont deux sont été découvertes par Spix.

Le BRACHYURE COUXIO, Brachyurus Satanas, Geoff., Leç. stén.; Pithecia Sátanas, Geoff., Ann. Mus. T. XIX. sp. 1; Desm., sp. 84; Cebus.

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Satanas, Hoffm.; Brachyurus israelila, Spix; Couxio, Humb., Mél. zool., pl. 27. Ce Singe est sans contredit l'espèce la plus remarquable et la plus singulière qu'on puisse connaître, par la couleur uniforme et sombre de son pelage, et par la physionomie bizarre que lui donne une longue barbe. Le Couxio a de longueur totale environ deux pieds neuf pouces, en y comprenant la quene; sa face est nue, de couleur brune; l'ampleur de la bouche laisse entrevoir les dents, et les canines surtout sont d'une grande force. Le pelage est d'un brun foncé et lustré chez le mâle, et d'un brun fuligineux chez les femelles; les jeunes sont entièrement d'un gris brunâtre; les poils sont épais sur le corps, rares et grêles sur la poitrine, le cou, le ventre et sur les faces internes des membres; la tète paraît revêtue d'une sorte de chevelure formée de poils droits, assez longs, retombant sur le front et sur les tempes, en s'irradiant du sommet de l'occiput comme d'un point central; une barbe touffue, flexueuse, médiocrement longue, occupe les joues et le menton, et se compose de poils prodigieusement épais et tous d'égale longueur, de sorte qu'ils forment un demi-cercle barbu autour du visage, tel qu'on en voit dans certains tableaux; la queue est d'un brun noir et la barbe des femelles est moins prononcée que celle des mâles. On ne connaît point les mœurs des Couxios dont le Muséum possède plusieurs individus très-bieu conservés. Ils habitent la Guiane la plus déserte et le Para.

Le BRACHYURE CAPUCIN, Brachyurus Chiropotes, Geoff., Leç. stén.; Pithecia Chiropotes, Geoff., Desm., sp. 85; Simia Chiropotes ou Capucin de l'Orénoque, Humb., Obs. zool. Ce Singe, de la taille du précédent, a son pelage roux marron; la face et le front sont nus; ses yeux sont grands et enfoncés; la chevelure, qui recouvre le sommet de la tête, est formée par des poils fort longs et disposés sur chaque tempe en une touffe ou toupet assez long; la barbe est très-touffe et tombe sur la poitrine qu'elle recouvre en partie; la queue est d'un brun noirâtre, et les testicules sont une belle couleur pourprée. Le Capucin de l'Orénoque a des mœurs tristes et solitaires; il vit isolé par couple dans les immenses déserts du Haut-Orénoque. Le nom de Chiropotes, qui boit avec la main, lui a été donné par Humboldt parce qu'il preud un soin particulier de sa barbe, en ayant la précaution de ne pas la mouiller en buvant.

A ces deux espèces, on doit joindre sans contredit celle que Slew. Traill a décrite comme en étant très-voisine, et n'en différant que par quelques teintes peu importantes du pelage; et qu'il nomme SAKI A GILET, Pithecia sagulata. (Mém. de la Soc. Wern. T. 111, p. 167) dont la queue est longue, noire, très-velue et claviforme; la barbe noire, ainsi que le corps en dessus et dont les poils du dos sont de couleur ocracée. Ce Singe a été découvert à Démérary, dans la Guiane hollandaise, par Edmonstone.

Sans nul doute on doit laisser parmi les Brachyures le CACAJAO, Simia melanocephala, Humb., pl. 29; Pithecia melanocephala, Geoff., Desm. Ce Singe a été supérieurement figuré par Griffith, dans sa Traduction du Règne Animal. Ce qui le distingue, dès la première vue, est sa tête en entier de couleur noire, tandis que le corps et les membres sont d'un brun-jaunâtre clair; sa queue, assez courte et tonffue, est d'un brun-jaunâtre et terminée de brun; les parties inférieures et la face interne des membres sont plus claires que les flancs; les mains et les pieds sont noirs et remarquables par des doigts très-allongés. Le Cacajao, nommé aussi dans les forêts de la Guiane et sur les bords de la rivière Noire, Carniriu, Shucuzo et Mona-Rabou, vit en troupes qui recherchent les fruits sucrés et doux, tels que les bananes et les goyaves. Ses habitudes sont lentes et

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paresseuses, et son caractère doux et paisible. (LESS.)

SAGOUTIER. BOT. PHAN. Pour Sagouier. V. ce mot. (B.)

SAGOUY. MAM. L'un des noms vulgaires de l'Ouistiti. (B.)

* SAGRA. INS. V. SAGRE.

* SAGRÆA. BOT. PHAN. Nouveau genre de la famille des Mélastomacées et de l'Octandrie Monogynie, L., établi par De Candolle (Prodr. Syst. Veget., 3, p. 170) qui l'a ainsi caractérisé: calice dont le tube est adhérent à l'ovaire, mais ne le dépassant pas; le limbe à quatre lobes courts et persistans; corolle à quatre pétales obtus; huit étamines à anthères à peine auriculées à la base; ovaire presque glabre au sommet, portant un style filiforme que surmonte un stigmate obtus; baie capsulaire à quatre loges, renfermant des graines petites, ovoïdes-anguleuses. Ce genre est voisin, quant au port et aux caractères, de deux autres genres nommés Ossæa et Clidemia, aussi établis aux dépens des anciens Melastoma; il diffère du Clidemia par le nombre quatre de ses parties, et de l'Ossæa par ses pétales obtus, ovalés, et non lancéolés-aigus. La plupart des espèces ressemblent aux Clidemia par l'aspect hérissé des feuilles et des rameaux. L'inflorescence est axillaire, à fleurs sessiles ou pédicellées, agrégées ou en cimes, un peu paniculées comme dans les Ossæa. De Candolle a décrit quinze espèces de ce genre, toutes originaires des Antilles, à l'exception de quelques-unes qui se trouvent sur le continent de l'Amérique, au Brésil, au Pérou et à Cumana. Parmi les espèces anciennement connues, on remarque le Melastoma rubra, et probablement le M. rariflora de Bonpland, les Melastoma fascicularis, capillaris, hirtella, umbrosa, pilosa, microphylla et hirsuta de Swartz. (G..N.)

SAGRE. POIS. Espèce de Squale. V. ce mot. (B.)

SAGRE. Sagra. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Tétramères, famille des Eupodes, tribu des Sagrides, établi par Fabricius, et adopté par tous les entomologistes avec ces caractères: corps allongé; tête avancée, inclinée, un peu plus étroite que le corselet, ayant à sa partie antérieure deux sillons croisés en forme de X, dont les branches supérieures font le tour des yeux. Antennes simples, filiformes, insérées au-devant des yeux, composées de onze articles, le premier renflé, les suivans courts, presque obconiques; les derniers cylindriques. Mandibules grandes, fortes, un peu arquées, creusées intérieurement, pointues, entières. Mâchoires bifides, leur lobe extérieur grand, arrondi, terminé par des poils serrés, longs et roides; le lobe intérieur presqu'une fois plus court, comprimé, cilié, un peu pointu. Palpes filiformes, leur dernier article presque ovale, aigu à son extrémité, les maxillaires un peu plus longs, de quatre articles, le premier court, peu apparent, les second et troisième égaux, coniques. Lèvre bifide, ses divisions égales, a vancées, fortement ciliées ou velues. Corselet beaucoup plus étroit que les élytres, cylindrique, ayant ses angles antérieurs saillans; partie postérieure du sternum descendant très - bas sur l'abdomen. Écusson très-petit; élytres recouvrant les ailes et l'abdomen, convexes, et ayant leurs angles huméraux forts et relevés. Pates fortes, les postérieures beaucoup plus grandes que les autres, ayant leurs cuisses très-renflées et leurs jambes plus ou moins arquées. Les trois premiers articles des tarses larges, cordiformes, garnis en dessous de pelotes spongieuses, le troisième profondément bifide, le quatrième fort long, arqué, muni de deux crochets. Couleur générale, le vert métallique plus ou moins cuivré et doré. Ce genre avait été confondu avec les Ténébrions par Sulzer et Drury. Olivier, dans l'Encyclopédie métho-

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dique, le confond avec ses Alurnes. Il se dislingue des Mégalopes, qui appartiennent à la même tribu, en ce que celles-ci sont les antennes presque en scie et le corselet presque carré et très-court. Les Orsodacnes en diffèrent par leur corselet allongé et rétréci postérieurement. On connaît quatre ou cinq espèces de Sagres, dont une est originaire d'Afrique, et les autres des Indes-Orientales; ces dernières surtout sont ornées des couleurs métalliques les plus brillantes et sont très-recherchées des amateurs. Nous citerons parmi elles:

Le SAGRE POURPRE, Sagra purpurea, Latr.; Sagra splendida, Fabr., Oliv., Eutom. T. VI; Sagre, pl. 1, fig. 2, a, b, femelle. Elle est longue de huit à dix lignes, d'un beau vert doré très-brillant, à reflets pourpres. Le mâle est d'un pourpre plus vif. On la trouve à la Chine. (G.)

SAGRIDES. INS. Tribu de l'ordre des Coléoptères, section des Tétramères, famille des Eupodes, établie par Latreille; et ayant pour caractères: mandibules ayant leur extrémité entière, sans échancrure; languette profondément échancrée. Les genres Mégalope, Orsodacne et Sagre composent cette tribu. (G.)

* SAGROIDE. POIS. Espèce du genre Glyphisodon. V. ce mol. (B.)

SAGUINUS. MAM. Nom générique proposé par quelques auteurs pour les Ouistitis, mais qui n'a pas été adopté. V. OUISTITI. (IS.G.ST.-II.)

* SAGUS. BOT. PHAN. V. SAGOUIER.

SAHLITE. MIN. Espèce du genre Pyroxène. V. ce mot. (G.DEL.)

* SAHDC. BOT. PHAN. L'Hyèble dans certains cantons méridionaux de la France. (B.)

* SAHUI VERMELHO. MAM. Les Brésiliens donnent ce nom au joli Singe que nous connaissons en France sous celui de Marikina (Simla Rosalia), ce qui signifie Sahui rouge. Il est mentionné ainsi dans le Voyage au Brésil de Maximilien de Wied, T. 1, p. 70; T. 11, p. 115, et T. 111, p. 25 et 50. (LESS.)

* SAIDE. Saida. POIS. Espèce du genre Gade. V. ce mot. (B)

SAIGA. MAM. Espèce du genre Antilope. V. ce mot. (B.)

SAIHOBI. OIS. Espèce de Lindos de l'Ornithologie du Paraguay, décrite par D'Azara, dont le plumage est bleu, ainsi que l'indique son nom, et qui paraît être un Moineau, Fringilla, et non un Tangara. (LESS.)

* SAIGNO. BOT. PHAN. (Garidel.) Syn. de Massette, Typha. V. ce mot. (B.)

SAIMIRI. MAM. Espèce du genre Sagouin. V. ce mot. (B.)

SAINBOIS. BOT. PHAN. Syn. vulgaire de Garou, Daphne Gnidium, L. V. DAPHNÉ. (B.)

SAINEGRAIN. BOT. PHAN. L'un des synonymes vulgaires de Fenugrec. V. ce mot. (B.)

SAINFOIN. Hedysarum. BOT. PHAN. Genre de la famille des Légumineuses et de la Diadelphie Décandrie, L., composé de Plantes herbacées ou sous-frutescentes, à feuilles imparipinnées, à fleurs grandes, ordinairement rouges ou blanchâtres, disposées eu grappes sur des pédoncules axillaires. De Candolle (Prodr. Syst. Veget., vol. 2, p. 343) eu a fait le type d'une tribu de Légumineuses-Papilionacées, à laquelle il a donné le nom d'Hédysarées, et il a imposé au genre les caractères suivans: calice divisé jusqu'au milieu en cinq segmens linéaires-subulés, presque égaux; corolle papilionacée, dont l'étendard est grand; la carène tronquée obliquement; les ailes beaucoup plus courtes que celle-ci; dix étamiues diadelphes, dont le faisceau de neuf étamines offre une courbure abrupte qui résulte de la forme tronquée de la carène; gousse composée de plusieurs articles comprimés, monospermes, orbiculés ou lenticulai-

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res, réguliers, attachés l'un à la suite de l'autre par le milieu seulement, et par conséquent convexes vers l'une et l'autre suture. Tel qu'il est ainsi caractérisé, ce genre ne renferme qu'une bien petite portion des Hedysarum décrits par les auteurs. Il est restreint à environ trente espèces pour la plupart européennes, parmi lesquelles nous citerons comme les plus remarquables les H. coronarium et obscurum de Linné. Il correspond au genre Echinolobium de Deavaux (Journ. de Bot., 3, p. 125); mais De Candolle n'a pas admis ce nom, parce qu'une section qui renferme des espèces évidemment congénères et inséparables des Echinolobium, n'a les fruits ni hérissés, ni même velus. Cette section a reçu le nom de Leiolobium; c'est à elle que se rapporte l'H. obscurum que nous venons de citer et qui nous semble la Plante qu'on peut ciler comme type des vrais Sainfoins, parce qu'elle est une de celles que l'on a occasion d'observer le plus fréquemment en Europe; elle est assez commune dans les Alpes. L'Hedysarum coronarium est aussi une espèce trop remarquable pour que nous omettions de la mentionuer. Ses tiges sont droites, rameuses, hautes d'un pied et demi à deux pieds, munies de feuilles composées de sept à neuf folioles ovales. Ses fleurs sont d'un beau rouge et disposées en grappes simples, courtes, et portées sur des pédoncules plus longs que les feuilles. Cette belle Plante croît naturellement dans les contrées d'Europe que baigne la Méditerranée. On la cultive en grand comme un excellent fourrage dans les départemens méridionaux de la France, où on lui donne le nom de Sainfoin d'Espagne. Dans quelques jardins de l'Europe tempérée cette Plante est cultivée pour l'ornement.

La Plante vulgairement nommée Sainfoin fait partie du genre Onobrychis qui sera mentionné dans le présent article.

Parmi les Plantes que l'on a exclues du genre Hedysarum, nous devons eiter: 1°. L'Hedysarum Onobrychis L., qui forme le type de l'ancien genre Onobrychis de Tournefort, rétabli par les modernes. 2°. L'Hedysarum Alhagi, L., ayant également été considéré comme un genre distinct par les anciens botanistes, et réintégré nouvellement par De Candolle. 3°. L'Hedysarum hamatum, L., érigé eu genre sous le nom de Stylosanthes par Swartz. 4°. L'Hedysarum diphyllum, L., formant le genre, nommé Zornia par Gmelin, Persoon, etc. 5°. Les Hedysarum buplevrifolium, vaginale, nummularifolium, etc., qui constituent le genre Alysycarpus de Necker. 6°. L'Hedysarum Vespertihonis, L. fils, sur lequel Necker a constitué le genre Lourea, adopté par Desvaux et De Candolle. 7°. L'Hedysarum imbricatum, L. fils, placé dans le genre Hallia de Thunberg. 8°. Les Hedysarum hirtum, violaeeum, et autres espèces de l'Améri que du nord, réunies par Michaux dans le genre Lespedeza. 9°. Les Hedysarum strobiliferum et lineatum, L., qui font partie du genre Flemingia de Roxburgh. 10°. L'Hedysarum sennoides, Willd., placé dans le genre Ormocarpum de Beauvois. 11°. L'Hedysarum crinitum, L., et l'H. pictum, Jacq., principales espèces de l'Uraria de Desvaux. 12°. Enfin les Hedysarum umbellatum, gyraas, gaugeticum, et une foule d'espèces de l'Inde et de l'Amérique, qui forment aujourd'hui l'immense genre proposé primitivement par Desvaux sous le nom de Desmodium. D'après cette simple énumération, on voit combien le genre Hedysarum était encombré de Plantes hétérogènes, puisque plusieurs des genres proposés n'appartiennent pas même à la tribu des Hédysarées. D'ailleurs nous n'avons indiqué ici que les espèces les plus remarquables. De Candolle, en adoptant ces genres dans son Prodrome et dans ses Mémoires sur les Légumineuses, s'est vu forcé d'en établir encore cinq autres, auxquels il a donné les noms de Taverniera Nicolsonia, Adesrnia ou Patagoaium

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de Schranck, Dicerma ou Phyllodium de Desvaux, et Eleiotis. La plupart de ces nouveaux genres sont été ou seront traités à leur place dans l'ordre alphabétique; quant à ceux dont la lettre était passée à l'époque de leur publication, nous prélérons renvoyer au Supplément plutôt que d'en parler ici; nous évitons ainsi le reproche justement adressé à certains dictionnaires, où l'on ne trouve jamais le mot que l'on cherche à sa place naturelle. Mais comme dans le cours de notre ouvrage on a renvoyé des mots Alhagi et Onobrychis à l'article SAINFOIN, pour y compléter les documens nécessaires à l'histoire des Plantes qui constituent ces genres, nous ne pouvons nous dispenser de les exposer en ce moment.

Le genre Alhagi est le même que le Manna de Don qui a été traité dans ce Dictionnaire. V. MANNA. Mais nous devons faire observer que le nom d'Alhagi, anciennement employé par Rauwolf, et admis par Tournefort, doit rester comme nom générique, puisqu'il a été de nouveau adopté par De Candolle, Delile, dans le Voyage à Mcroë de Cailliaud, etc. Nous croyons aussi utile d'ajouter que l'Alhagi Maurorum, D. C., nommé vulgairement par les Arabes Agoul, Agul ou Algul, est un buisson épineux qui exsude un suc blanc coucret, d'une saveur sucrée, jouissaut en un mot des propriétés de la Manne. C'est, suivant toutes les probabilités, la Manne que les Hébreux recueillirent dans le désert, car il ne faut pas preudre à la lettre la signification du texte sacré qui dit que cette Manne couvrait la terre; par ce dernier mot on doit entendre les buissons rabougris qui se trouvaient abondamment à la surface du sol La Manne de l'Alhagi est appelée par les Arabes et par les Persans Trunschibin, Trungibin et Tereniabin. Niebuhr (Descript. Arab., p. 12) dit que dans les grandes villes de la Perse, on ne se sert que de cette Manne au lieu de sucre pour les pâtisseries et autres mets.

Le genre Onobrychis de Tournefort est ainsi caractérisé: calice divisé jusqu'au milieu en cinq segmens subulés, presque égaux; corolle papilionacée dont les ailes sont courtes; la carène tronquée obtusément; dix étamines diadelphes; gousse sessile, à un seul article, comprimé, monosperme, indéhiscent, un peu coriace, chargé sur le dos de crêtes saillautes, et sur les faces d'aiguillons plus ou moins prononcés, double circonstance qui donne à ce fruit un aspect irrégulier. Dans une section de ce genre (Dendrobrychis, D. C.), le fruit est lisse, dépourvu de crêtes et d'aiguillons. L'ovaire dans le premier âge renferme souvent deux ovules. Par ces caractères on voit que le genre Onobrychis se rapproche beaucoup de l'Hedysarum; ce n'est done pas sans de graves raisons que Linné l'avait réuni à celui-ci, quand d'ailleurs le port est très-conforme dans l'un et dans l'autre. Mais la structure du fruit de l'Onobrychis forme un caractère qui a semblé bien suffisant pour établir une distinction générique dans un amas d'espèces aussi nombreuses que l'étaient les Plantes du genre Hedysarum de Linné. De Candolle a décrit, dans son Prodromus, trente - sept espèces d'Onobrychis, qui sont des espèces européennes ou asiatiques, à feuilles imparipinnées, à fleurs rouges ou blanchâtres, et disposées en épis an sommet de pédoncules longs et axillaires. Ces espèces sont distribuées en quatre sections établies principalement d'après les considérations que présente le fruit, et nommés Eubrychis, Hymenobrychis, Dendrobrychis et Echinobrychis. Nous ne parlerons ici que de l'espèce principale, Onobrychis sativa, L., vulgairement nommée Esparcette ou Sainfoin cultivé. Ses tiges sont un peu droites, hautes d'environ un pied; garnies de folioles lancéolées, cunéiformes, mucronées, glabres. Ses fleurs, d'une couleur purpurine plus ou moins claire, sont disposées en épis allongés. Cette Plante croît spontanément sur les

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collines crétacées et sèches de l'Europe. On le cultive dans toute l'Europe, à cause de l'excellent fourrage qu'elle fournit. (G..N.)

SAINT-GERMAIN, BOT. PHAN. Variété de Poires. (B.)

SAINTE-NEIGE. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires du Chiendent dans le raidi de la France. (B.)

* SAJOR. BOT. PHAN. V. BRÈDES. Ce nom malais de Sajor, qui désigne le Plukenetia volubilis, est étendu à beaucoup d'antres Plantes; ainsi SAJOR CALAPPA est synonyme de Cycas, SAJOR SONGA de Verbesine biflore, etc. (B.)

SAJOU. Cebus. MAM. Noms génériques adoptés par la plupart des auteurs modernes pour désigner les Sapajous proprement dits. V. SAPAJOU. (IS. G. ST.-II.)

SAKEN. MOLL. Et non Sakem. Espèce de Pourpre dont Adanson (Voy. au Sénég., pl. 7, fig. 1) a décrit l'Animal. C'est le Purpura hæmastoma de Lamarck. V. POURPRE. (D..H.)

* SAKHALINE OU SAKHALM. OIS. Espèce du genre Bécasse. V ce mot. (DR..Z.)

SAKI. Pithecia. MAM. Genre de Singes géopithèques ou Sagouins. V. ce mot. (IS. G. ST.-H.)

* SAKKAH. OIS. V. DAGHA.

* SALABERTIA. BOT. PHAN. (Necker.) Syn. de Tapiria d'Aublet. V. ce mot. (B.)

SALACIA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Hippocratéacées, et de la Triandrie Monogynie, L., offrant les caractères suivans: calice divisé profondément en cinq segmens; corolle à cinq pétales insérés sur le calice par un onglet large?; disque urcéolé, charnu, placé entre les pétales et le pistil; trois étamines insérées sur le disque, dont les filets sont larges et connivens à la base, portant des anthères adnées et à deux loges écartées; ovaire triloculare, polysperme, portant un style épais et très-court; baie arrondie, renfermant plusieurs graines ovoïdes, coriaces. Ces caractères sont tirés de ceux que Du Petit-Thouars (Veg. Afric., 1, p. 29, tab. 6) a imposés à son genre Calypso qui a été réuni au Salacia, ainsi que le Tontelea d'Aublet ou Tonsella de Schreber, Vahl, etc. Mais ces caractères conviennent-ils bien à toutes les espèces qu'on a rassemblées dans le genre Salacia? C'est ce qu'il n'est pas permis de décider d'après les simples descriptions.

Le Salacia chinensis, L., est un Arbrisseau à rameaux anguleux, lisses, très-étalés, garnis de feuilles pétiolées, ovales, très-entières, un peu aiguës, assez semblables à celles du Prunier. Ses fleurs sont rassemblées par paquets dans les aisselles des feuilles, et portées sur des pédoncules uniflores. Cet Arbrisseau croît en Chine et en Cochinchine. Les autres espèces décrites par les auteurs sous les noms d'Hippocratea et de Tonsella, croissent dans les divers pays chauds du globe. Ainsi le Salacia Calypso, De Cand., Prodr., 1, p. 571; Calypso, Du Petit-Th., loc. cit., est indigène de Madagascar, ainsi que l'Hippocratea madagascanensis également placé dans ce genre par De Candolle. Le Tontelea scandens d'Aublet, et l'Hippocratea multiflora, Lamarck, sont indigènes de Cayenne. Enfin, on trouve en Afrique, les Salacia africana et senegalensis. (G..N.)

SALACIE. Salacia. POLYP. Genre de l'ordre des Sertulariées, dans la division des Polypiers flexibles, ayant pour caractères: Polypier phytoïde, articulé; cellules cylindriques, longues, accolées au nombre de quatre, avec leurs ouvertures sur la même ligne, et verticillées; ovaires ovoïdes tronqués. Ce genre ne coutieut qu'une espèce à tige compriméc, légèrement flexueuse, peu rameuse, roide et cassante, supportant des rameaux formés de cellules longues et cylindriques, accolées quatre à quatre, ayant leurs ouvertures sur

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la même ligne, comme verticillées et un pen saillantes; souvent cette ouverture paraît située à côté des tubes. Les rameaux sont placés sur la partie plane de la tige; leurs divisions, toujours alternes, offrent dans leur longueur une ou deux articulations; les ovaires presque sessiles, souvent axillaires, quelquefois épars, ressemblent à un vase autique. La substance du Polypier est cornée; sa couleur, fauve terne.

Nous avons rapporté textuellement sur ce genre les considérations exposées par Lamouroux dans son Histoire des Polypiers coralligènes flexibles. Nous ferons remarquer cependant qu'après avoir étudié, pour la rédaction de cet article, le genre Salacia, dans sa belle et riche collection que possède la ville de Caen, nous n'avons pu y apercevoir les cellules accolées quatre à quatre, et comme vertieillées, que Lamouroux indique, et que le dessin qu'il en a donné exprime. Il nous a semblé voir des cellules allongées, à ouvertures uu peu saillantes, situées les unes audessus des autres sur les deux côtés des rameaux, opposées et séparées par un axe continu, creux, à peu près de même grosseur qu'elles. Il nous semble que ce genre, très-distinct par la description, ne l'est pas autant dans la nature, et que l'espèce que Lamouroux y rapporte pourrait bien être une Sertulaire à cellules très-allongées et opposées, ou mieux encore, d'après la distinction qu'il a établie entre les vrais Sertulaires ou à cellules alternes, et les Sertulaires à cellules opposées ou Dynamènes, une espèce de ce dernier genre. (E. D..L.)

* SALADANG. MAM. Ce nom est donné par les naturels de Limun, dans l'île de Bornéo, au Tapirus Malayanus de sir Raffles. Ce rare et précieux Animal est appelé Gindol à Manna, Babi-Alu à Beneoolen, dans l'île de Sumatra, et Tennu à Malacea. V. TAPIR. (LESS.)

SALADE. BOT. PHAN. Ce nom, qui est plus du domaine du jardinage et de la cuisine que de celui de la botanique, été étendu, comme spécifiquement vulgaire, à divers Végétaux; ainsi l'on a appelé:

SALADE DE CRAPAUD, le Montia fontana.

SALADE DE MOINE ou de CHANOINE, la Valérianelle ou Mâche potagère.

SALADE DE CHOUETTE, le Veronica Beccabunga, L.

SALADE DE GRENOUILLE, diverses Renoncules aquatiques.

SALADE DE MATELOT, le Spilanthe.

SALADE DE PORC, l'Hyoseris radicata.

SALADE DE TAUPE, le Pissen lit, etc. (B.)

SALADELLE. BOT. PHAN. L'uu des noms vulgaires du Statice Limonium dans certains cantons de la Provence. (B.)

SALAGRAMAN. MOLL. FOSS. Syn. indou de Corne d'Ammon. V. AMMONITE. (B.)

SALAMANDRE. Salamandra. REPT. BAT. Genre de la famille des Urodèles, caractérisé par un corps arrondi que termine une queue eylindraeéc dépourvue de crêtes membraneuses; ayant quatre pates latérales de même grandeur, non palmées, avec quatre doigts dépourvus d'ongles; les mâchoires armées de dents nombreuses et petites, aiusi que le palais qui en supporte deux rangées longitudinales; des pustules parotides, comme chez les Crapauds; les œufs y éelosent dans l'oviducte. Ce sont des Animaux disgraeieux, pesans, inoffensifs, lueifuges, qui habitent les lieux frais et humides, et qui ne se tiennent dans l'eau que pour y déposer leurs Tétards qui sont munis de branchies. Les jeunes Salamandres ne vivent que très-peu de temps dans cette ichthyomorphie. Le genre dont il est question n'est plus qu'un démembrement de celui qu'avait indiqué Linné sous le même nom, comme une coupe de son vaste genre Lacerta. On en a séparé les Tritons. V. ce mot.

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Il transsude de toute la surface pustuleuse des Salamandres une humeur blanchâtre, gluante, d'une odeur forte, et d'une saveur très-âcre, diton; qui leur sert de défense contre plusieurs Animaux qui seraient tentés de les dévorer: ce caractère d'abjection est leur sauvegarde. C'est surtout lorsqu'on les tourmente et qu'on les expose sur des charbons ardens qu'elles cherchent à écarter d'elles par toutes sortes de contorsions, qu'on les voit s'envelopper de cette humeur muqueuse qui les garantit durant quelques instans de la brûlure. De-là cette opinion reçue de toute antiquité, que ces Animaux vivaient non - seulement dans l'eau et dans la terre, mais encore dans le feu. Ils peuplaient, disait-ou, les fleuves enflammés des enfers. Ce préjugé date du temps d'Ariatote, et rien n'est moins raisonnable. Pline, renchérissant sur les absurdités dont l'antiquité surcharge l'histoire des Salamandres, les dévoue à l'anathême, parce qu'en infectant de leur venin tous les Végétaux d'une vaste contrée, elles peuvent, à ce qu'il prétend, causer la mort de nations entières. Les Salamandres sont des Animaux faibles, craintifs, stupides, et qui n'ont jamais causé la mort de qui que ce soit, si ce n'est des Insectes, des Lombrics et des petits Mollusques terrestres dont ils se nourrissent. On dit qu'elles mangent aussi l'humus, ou terre végétale. Elles papaissent être sourdes et conséquemment muettes; leur allure est stupide, marchant toujours droit devant elles, quel que soit le danger qui les menace; elles s'arrêtent, et redressent leur queue pour peu qu'elles se sentent attaquées; de la le préjugé qui, dans certains cantons de la France méridionale, a fait croire que cette queue était venimeuse, et qui valut aux Salamandres si improprement le nom vulgaire de Scorpion. Peu d'Animaux sont la vie aussi dure; on peut les frapper et les mutiler sans qu'elles paraissent en trop souffrir; mais les plonget-on dans le vinaigre ou dans l'alcohol, ou les saupondre-t-on de sel ou de tabac, elles meurent presque sur-le-champ. L'anatomie des Salamandres a été faite avec soin, particulièrement par le docteur Funk qui a publié sur celle de l'espèce vulgaire un excellent travail enrichi de bonnes planches. On y voit que la composition osseuse de la tête ressemble à celle des Grenouilles, à quelques variations près dans le crâne, qui n'offre point d'os en ceinture à sa partie antérieure. On compte quatorze vertèbres de la tête an sacrum, et de trente à quarante à la queue. L'attache du bassin se trouve indifféremment, selon les individus, à la quinzième ou à la seizième vertèbre; les côtes sont si courtes, qu'elles semblent plutôt n'être que de simples apophyses transverses; leur nombre est de douze. Le sternum n'existe que rudimentairement dans une sorte d'ébauche cartilagineuse. L'épaule est remarquable par la soudure de ses trois os en un seul, etc. Le cerveau est très-petit et n'égale pas même eu volume le diamètre de la moelle épinière qui est composée de deux cordons nerveux, enveloppés d'une même membrane très-mince d'oû sortent les nerfs spinaux. Il paraît que les olfactifs sout très-développés, ce qui indiquerait chez les Salamandres un odorat très-fin en compensation de l'obtusité de leurs autres sens. La langue y jouit de peu de mobilité; le cœur est renfermé dans un péricarde plus ou moins globuleux; on n'y reconnaît qu'une seule oreillette et un ventricule. Les globules du sang y sont ovoïdes et comparativement beaucoup plus gros que ceux de l'Homme et de la plupart des Mammifères. Il en est de même des Zoospermes observés dans les mâles, et qui sont, comme on peut s'en convaincre dans les planches de ce Dictionnaire oû nous les avons fait représenter, d'une taille très-considérable. Les testicules sont placés le long de la colonne vertébrale, et se trouvent cachés par les poumons, la rate, le foie, le canal intestinal et l'estomac; le plus souvent ils sont au nombre

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de six, et quelquefois seulement de quatre; ils sont unis entre eux par le canal vasculaire. Le pénis, quoiqu'on ait cru le reconnaître, pourrait bien n'y pas exister; il est bien certain du moins qu'il n'y a pas d'accouplement réel entre les deux sexes, mais la liqueur fécondante ayant pénétré dans les organes génitaux des femelles, qui sont ovovivipares, les œufs éclosent intérieurement, de sorte que les petits, ayant commencé leur existence de Tétards dans le sein de la mère, n'ont plus que des pates à acquérir lorsqu'ils naissent.

Nous avons observé par nous-même au moins quatre espèces tiès-distinctes de Salamandres en Europe, bien que certains zoologistes, qui paraissent u'avoir eu occasion de voir, dans le peu de cautons de la France où ils se promenèrent, que la Salamandre commune, veuillent que toutes les autres n'en soient que des variétés. Ces espèces sont: 1° la grande Salamandre terrestre ou commune, Salamandra maculosa de Laurenti, Encycl. méth., pl. 11, fig. 3; Lacerta Salamandra, L., si souvent décrite et figurée; la plus grande, la plus répandue, qui est toute noire dans ses parties supérieures, avec de grandes taches jaunes sur deux rangées, et d'un bleuâtre livide eu dessous. On la trouve dans les bois obscurs, dans les recoins des caves humides, sous les grosses pierres et les racines, au bord des fontaines et des fossés. 2°. La Salamandre noire, Salamandra atra de Laurenti, de moitié plus petite que la précédente, noirâtre et sans tache en dessus, jaunâtre en dessous. Celle-ci, plus rare en France, est assez commune dans les lieux montueux de l'Allemagne méridionale. 3°. La Salamandre fuuèbre, Salamandra funebris, N., un peu plus courte que la première espèce, qui atteint jusqu'à huit pouces au moins, et proportionnellement plus épaisse, avec sa queue plus grêle quoique terminée de la même manière; elle est d'un brun foncé, uniforme sur le dos. Cette couleur s'aflaiblit sur les côtés pour devenir d'un gris sale sous le ventre, avec quelques points noirâtres ou blanchâtres e'pars sur les flancs. Nous avons rencontré cette espèce dans les paities découvertes et les plus chaudes de l'Andalousie, au voisinage de mares dans lesquelles nous n'en voyions point, mais dont les bords leur offraient sans doute quelque asile durant le jour. Sortant la nuit de leurs retraites, ces bêtes venaient se faire écraser stupidement par douzaines en s'approchant du feu de nos bivouacs qui les attiraient, et dans lesquels on les eût vue, probablement entrer d'elles-mêmes si nos gens ne s'étaient divertis à les y pousser; elles y résistaient quelques instans, ce qui ne manqua point d'accréditer parmi quelques cavaliers espagnols qui faisaient partie de la colonne sous nos ordres, la réputation d'in-combustibilité de ce qu'ils appelaient Salamanquesas, et qu'ils fiuissaient pourtant par voir rôtir. 4°. La Salamandre variée, Salamandrâ variegata, N. Celle-ci, assez commune aux environs de Bordeaux, est plus petite que la première et plus grande que la seconde, moins lourde surtout que la troisième; sa queue conserve tant soit pen de compression; une ligne d'un rouge orangé plus ou moins vif règne sur la carène de cette queue et le long du dos; il y en a quelquefois de semblables sur les côtés. Le ventre est rougeâtre, poli; les flancs sont d'un noir livide, le dessus de la tête et du dos d'un vert plus ou moins terne et tout pustuleux. On la trouve sous les pierres le long des fossés, ou dans les haies sombres.

Parmi les Salamandres exotiques, plusieurs habitent l'Amérique septentrionale où Palisot de Beauvois et Bosc en sont chacun décrit une espèce nouvelle. Thunberg en a trouvé une espèce au Japon, où les habitans lui supposent des propriétés médicinales, ce qui fait qu'on en trouve communément des individus desséchés et préparés pour le commerce, chez les apothicaires du pays. (B.)

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SALAMANDRE PIERREUSE. MIN. On a quelquefois donné ce nom à l'Amianthe. V. ce mot. (B.)

SALANGANE. OIS. Espèce du genre Hirondelle. V. ce mot. (DR..Z.)

SALANGUET. BOT. PHAN. Syn. vulgaire de Chenopodium maritimum. (B.)

SALANX. POIS. Sous-genre d'Esoce. V. ce mot. (B.)

SALAR. MOLL. (Adanson.) Syn. de Cône Tulipe. (B.)

SALARIAS. POIS. Sous-genre de Blennie. V. ce mot. (B.)

SALAXIS. BOT. PHAN. Ce genre, de la famille des Ericinées et de l'Octaudrie Monogynie, L., a été constitué par Salisbury et adopté par Willdenow, avec les caractères essentiels suivans: calice à quatre folioles irégulières; corolle campanuléc, à quatre divisions; huit étamines; un stigmate dilaté, pelté; capsule drupacée, à trois loges et à trois graines. Willdenow (Enum. Plant., 1, p.415) a décrit trois espèces de ce genre sous les noms de Salaxis arborescens, S. montana et S. abietina. Elles croissent à l'île de Mascareigne d'oû elles sont été rapportées par Bory de Saint-Vincent. Ce sont des Plantes frutes centes, à feuilles ternées, linéaires; à fleurs latérales ou terminales, et qui sont tout-à-fait le port des Bruyères. (G..N.)

SALBANDE. MIN. Ce mot, emprunté de l'allemand, s'applique aux deux surfaces qui limitent un filon et le séparent de la Roche environnante. Les deux parois de cette Roche, qui regardent les Salbandes, sont désignées sous le nom d'Epontes. V. FILONS. (G. DEL.)

SALDE. Salda. INS. Genre de l'ordre des Hémiptères, section des Hétéroptères, famille de Géocorises, tribu des Longilabres, établi, par Fabricius aux dépens du grand genre Cimex de Linné, et adopté par Latreille avec ces caractères: corps court, large pour sa longueur. Tête transversale, un peu triangulaire, plus large que le corselet; yeux grands, très-saillans, rejetés sur les bords latéraux du corselet, et dépassant de beaucoup le bord postérieur de la tête. Deux ocelles peu distincts, placés sur la partie postérieure du vertex à la jonction de la tête avec le corselet. Antennes filiformes, grossissant un peu vers l'extrémité; à peine de la longueur de la tête et du corselet pris ensemble, composées de quatre articles; le premier court, dépassant à peine l'extrémité de la tête; le second le plus long de tous; les troisième et quatrième égaux entre eux, à peu près de la longueur du premier; le dernier plus gros que les autres, fusiforme. Bec long, de quatre articles, renfermant un suçoir de quatre soies. Corselet presque carré, non rehordé; écussou assez grand, triangulaire. Élytres de la largeur de l'abdomen; celui-ci composé de segmens transversaux dans les mâles; ses avant-derniers segmens rétrécis dans leur milieu, posés obliquement et en forme de chevrons brisés, le dernier s'élargissant et s'étendant dans son milieu vers la partie moyenne du ventre dans les femelles. Pates assez fortes; cuisses simples; tarses de trois articles, le premier plus long que les deux autres pris ensemble; crochet des tarses fort. Ce genre se distingue des Lygées, Myodoques, Pachymères, etc., par des caractères faciles à saisir et tirés de la forme du corps, de la tête et des pates; il se compose d'un assez petit nombre d'espèces toutes propres à l'Europe, et parmi lesquelles nous citerons la Salda grylloides de Fabricius; Acanthia grylloides, Wolff, Icon. cimic., tab. 5, fig. 41, figurée dans l'Encyclopédie, pl. 374, fig. 5. (G.)

* SALDITS. BOT. PHAN. On ignore quelle Plante de Madagascar Flacourt désigne sous ce nom de pays. (B.)

* SALE. POIS. Espèce du genre Holacanthe. V. ce mot. (B.)

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SALEP. BOT. PHAN. On donne ce nom aux bulbes desséchés d'Orchis. que le commerce nous apporte de l'Asie-Mineure et de la Perse. Un grand nombre d'espèces produisent ces bulbes, mais il paraît que l'Orchis mascula est la plus abondante. Le Salep du commerce est en morceaux ovales, d'une couleur jaune blanchâtre, quelquefois à demi-transparens, cornés, très-durs, inodores ou doués d'une faible odeur, d'un goût semblable à celui de la gomme Adraganth. Ils sont composés presque entièrement de matière féculante, et conséquemment très-propres à faire des bouillies épaisses qui sont en grande réputation chez les médecins, et surtout chez les habitans des contrées orientales comme analeptiques, c'est-à-dire pour restaurer les forces épuisées; mais ce que l'on a dit des propriétés aphrodisiaques du Salep est un pur préjugé enraciné dans l'esprit des Orientaux, peuples très-ignorans qui cherchent, par tous les moyens possibles, à se procurer les facultés viriles que l'abus des jouissances a détruites, et qu'ils ne peuvent certainement pas recouvrer à l'aide d'une drogue aussi innocente que le Salep. Depuis long-temps, Geoffroy, Retzius et d'autres auteurs de pharmacologie sont attiré l'attention des économistes sur la facilité qu'on aurait de préparer du Salep avec les bulbes des espèces d'Orchis, qui croissent si abondamment dans nos bois et nos prés, et ils sont donné la manière de préparer ces bulbes, de manière à les rendre parfaitement identiques avec le Salep des Orientaux. Pour cela, on choisit les plus gros bulbes, on les nettoie en râclant la peau extérieure, on les fait macérer d'abord quelque temps dans de l'eau chaude, puis l'on porte celle-ci jusqu'à l'ébullition; on les enfile ensuite dans des ficelles, et on les fait sécher en les exposant à un air chaud et sec. Ainsi desséché, le Salep peut être réduit en poudre, qui se dissout dans l'eau bouillante, forme une gelée que l'on rend plus agréable par l'addition du sucre et de divers aromates. (G..N.)

* SALGAN. MAM. Espèce du genre Lièvre, V. ce mot. (B.)

SALHBERGIA. BOT. PHAN. Necker a proposé sous ce nom un genre fondé sur quelques espèces de Gardenia décrites par Thunberg, mais qui ne paraît pas suffisamment caractérisé. (G..N.)

SALICAIRE. Lythrum. BOT. PHAN. Genre qui a donné son nom à la famille des Salicariées, et qui offre pour caractères: un calice monosépale, tubuleux, strié, offrant à son sommet de quatre à six dents séparées par des sinus d'où s'élèvent d'autres dents plus étroites, subulées, quelquefois en forme de cornes; une corolle de quatre à six pétales qui naissent du sommet du calice; les étamines en même nombre ou plus souvent en nombre double des pétales, sont insérées au milieu ou vers la base du calice. L'ovaire est surmonté par un style filiforme que termine un stigmate simple et capitulé. Le fruit est une capsule allongée, recouverte par le calice, à deux loges contenant chacune un assez grand nombre de graines attachées à un trophosperme épais et saillant. Les espèces de ce genre, au nombre d'environ une quinzaine, sont des Plantes herbacées ou sous-frutescentes, ayant des feuilles entières et opposées, des fleurs disposées en épis terminaux on réunies à l'aisselle des feuilles.

Plusieurs des espèces de ce genre croissent en France et dans les autres parties de l'Europe. Telles sont entre autres la Salicaire commune, Lythrum Salicaria, L., jolie Plante vivace qui élève ses longs épis de fleurs roses au-dessus des autres Plantes qui croissent dans les prés et sur le bord des ruisseaux; la Salicaire à feuilles d'Hysope, Lythrum Hyssopifolia, L., très-commune dans les lieux humides et sablonneux de presque toute l'Europe, etc., etc. (A. R.)

SALICARIÉES. Salicariæ. BOT.

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PHAN. Ce nom a été donné par Jussieu (Gener. Plant., 330) à une famille de Plantes qui a pour type le genre Salicaire. Plus tard, ce célèbre botaniste (Dictionn. des Scienc. nat.) a décrit la même famille sous le nom de Lythrariées qui a été adopté par De Candolle, soit dans le Mémoire particulier qu'il a publié sur cette famille (Mem. Soc. Genev., 3, pl. 2, p. 65), soit dans le troisième volume de son Prodrome. Néanmoins cette famille n'ayant pas été décrite au mot LYTHRARIÉES, dans ce Dictionnaire, nous devons en traiter ici. Les Salicariées se composent de Plantes herbacées, très-rarement sous-frutescentes à leur base; leurs feuilles sont simples, entières, opposées ou alternes, sans stipules; leurs fleurs sont axillaires ou forment des épis terminaux ou des espèces de grappes. Le calice est monosépale, tubuleux ou campanulé, offrant de trois à six divisions séparées par des sinus qui, quelquefois, se prolongent en dents ou cornes. Ces divisions calicinales sont généralement rapprochées, en forme de valves avant l'épanouissement de la fleur. La corolle, qui manque quelquefois, se compose de pétales en même nombre que les lobes du calice et qui sont insérés à sa partie supérieure: ils sont généralement très-caducs. Les étamines, attachées au calice au-dessous des pétales, sont ou en même nombre, ou double, triple ou même quadruple des pétales; quelquefois aussi ils sont moins nombreux. Le pistil se compose d'un ovaire libre à deux ou quatre loges contenant chacune plusieurs ovules attachés à des trophospermes axiles. Le style est simple, terminé par un stigmate capitulé et à peine lobé. Le fruit est une capsule mince, enveloppée par le calice qui persiste, à deux ou quatre loges séparées par des cloisons très-minces qui, se détruisant facilement, font paraître la capsule à une seule loge. Elle s'ouvre ordinairement eu un nombre variable de valves; les graines, insérées à des trophospermes saillans, se composent d'un embryon droit sans endosperme, immédiatement recouvert par le tégument propre de la graine

Le professeur De Candolle, loc. cit., a divisé les genres de la famille des Salicariées, ou Lythrariées, en deux tribus, de la manière suivante:

Ire Tribu: SALICABIÉES.

Lobes du calice distincts ou rapprochés en valves avant la floraison; pétales rarement nuls, alternes avec les divisions du calice, et insérés au haut du tube; étamines attachées audessous des pétales; graines dépourvues d'ailes. Plantes herbacées ou sous-frutescentes:

Rotala, L.; Cryptotheca, Blume; Suffrenia, Bellard; Ameletia, D. C.; Peplis, L.; Ammannia, Houst.; Lythrum, Juss.; Cuphea, Jacq.; Acisanthera, Browne; Pemphis, Forster; Heimia, Linck et Otto; Diplusodon, Pohl; Physocalymna, Pohl; Decodon, Gmel.; Nesæa, Commers.; Crenea, Aubl.; Lawsonia, L.; Antherylium, Rohr.; Dodecas, L; Ginoria, Jacq.; Adenaria, Kunth; Grieslea, Lœffl.

IIc Tribu: LAGERSTROEMIÉES.

Lobes du calice valvaires; pétales nombreux; graines ailées. Arbres ou Arbrisseaux.

Lagerstræmia, Willd.; Lafoensia, Vand.

Cette famille a les plus grands rapports avec celle des Onagres, dont elle diffère surtout par son ovaire libre et non infère. (A.R.)

SALICASTRUM. BOT. PHAN. (Pline.) Probablement le Solanum Dulcamara, L. (B.)

SALICINÉES. Salicineæ. BOT. PHAN. L'une des familles établies dans la grande tribu des Plantes amentacées. Elle offre les caractères suivans: fleurs unisexuées et dioïques, formant des chatons globuleux ou ovoïdes, ou cylindriques et allongés. Dans les fleurs mâles, on trouve une écaille de forme variable sur laquelle sont insérées les étamines dont le nombre varie

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d'une a vingt-quatre. A la base des étamines, on observe fréquemment une autre écaille glanduleuse, creusée quelquefois en forme de coupe ou de calice. Les fleurs femelles se composent également d'une écaille, à la base interne de laquelle est attaché un pistil fusiforme, uniloculaire, contenant plusieurs ovules insérés à deux trophospermes pariétaux qui occupent surtout le fond de la loge. Le style est très-court, surmonté de deux stigmates bipartis. Quelquefois la base du pistil est embrassée par une sorte de calice cupuliforme, analogue à celui qu'on observe assez souvent dans les fleurs mâles. Le fruit est une petite capsule ovoïde, allongée, terminée en pointe à son sommet, s'ouvrant en deux valves dont les bords rentrans simulent quelquefois une capsule biloculaire. Les graines, qui sont fort petites, sont environnées de longs poils soyeux.

Les Salicinées sont de grands Arbres, des Arbrisseaux ou plus rarement de petits Arbustes rampans qui croissent en général dans les lieux humides, sur les bords des ruisseaux et des rivières. Leurs fleurs s'épanouissent en général avant que les feuilles commencent à se montrer. Celles-ci sont simples, alternes, et accompagnées de stipules. Les deux seuls genres Salix et Populus composent cette petite familie. V. PEUPLIER et SAUJLE. (A. R.)

SALICOQUES. Carides. CRUST. Tribu de l'ordre des Décapodes, famille des Macroures, établie par Latreille, et renfermant des Crustacés que les Grecs avaient distingués sous les noms de Caris et de Crangon; ce sont ceux qu'on appelle vulgairement Crevettes, Salicoques, etc. Ils sont pour caractères essentiels: le corps d'une consistance moins solide que celui des autres Décapodes, quelquefois même assez mou, arqué ou comme bossu, ce qui leur a encore valu le nom de Squilles bossues. Les anteunes qui sont toujours en forme de soies, soat avancées; les latérales sont fort longues, et les intermédiairos, ordinairemeut plus courtes, sont leur pédoncule terminé par deux ou trois filets sétacés et articulés. Lorsqu'il y en a trois, un de ces filets est plus petit et souvent recouvert par l'un des deux autres; les yeux sont très-rapprochés, presque globuleux et portés sur un pédicule très-court. La face supérieure du pédoncule des antennes mitoyennes offre, dans la plupart, une excavation qui reçoit la partie inférieure de ces organes de la vue; l'extrémité antérieure du test s'avance presque toujours entre eux et cette saillie; il a la forme d'un bec ou d'un rostre pointu, déprimé quelquefois, mais le plus généralement comprimé, avec une carène de chaque côté, et les bords supérieurs et inférieurs aigus, plus ou moins dentés en scie. Les côtés antérieurs du test sont souvent armés de quelques dents acérées, en forme d'épines; les pieds-mâchoires inférieurs ressemblent, dans le plus grand nombre, à des palpes longs et grêles, et même soit à des pieds, soit à des antennes. Les quatre pates antérieures sont, dans beaucoup d'espèces, terminées par une pince double ou une sorte de main didactyle; deux de ces pates, ordinairement la seconde paire, sont doublées ou pliées sur elles-mêmes. Le carpe de cette seconde pince, et quelquefois celui des deux dernières, à l'article qui précède immédiatement la pince, offre dans plusieurs cette particularité que l'on n'observe point dans les autres Crustacés; il paraît comme divisé transversalement en un nombre variable de petits articles, ou annelé. La troisième paire de pates est elle - même quelquefois, comme dans les Pénées, en forme de serres; dans plusieurs, cette troisième paire est plus courte que les deux dernières: en général, on n'a pas fait assez d'attention à ces différences dans les longueurs relatives des pates. Les segmens du milieu de la queue sont dilatés sur les côtés; elle se termine par une nageoire en forme d'éventail, ainsi que dans les autres Macroures, mais le feuillet du milieu est plus

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étroit, pointu ou épineux au bout; son dos est armé, dans plusieurs, de quelques petites épines; les fausses pates, ou pates caudales, sont allongées et souvent en forme de feuillets.

Ces Crustacés sont assez recherchés, et on en fait une grande consommation dans toutes les parties du monde; on les sale même quelquefois afin de les conserver et de les transporter dans l'intérieur des terres. Tous les Salicoques habitent les mers de nos côtes: la Méditerranée en offre beaucoup.

Latreille (Fam. natur. du Règne Anim.) divise la tribu des Salicoques ainsi qu'il suit:

I. Test généralement ferme, quoi que mince; une forme de corps ana logue à celle des Ecrevisses, et la base des pieds dépourvue d'appendices ou n'en ayant que de très-petits.

1. Les six pieds antérieurs didactyles.

Genres: PÉNÉE et STENOPE.

2. Les quatre pieds antérieurs, au plus, didactyles.

A. Pieds antérieurs parfaitement didactyles.

a. Pinces non divisées jusqu'à leur base; carpe non entaillé en manière de croissant.

* Antennes intermédiaires à deux filets.

† Pieds réguliers (les deux de chaque paire semblables).

— Pieds-mâchoires extérieurs non foliacés et ne recouvrant point la bouche.

Genres: ALPHÉE, HIPPOLYTE, PONTONIE et AUTONOMÉE.

——Pieds-mâchoires extérieurs foliacés, recouvrant la bouche.

Genres: GNATOPHYLLE, HYMÉNOCÉBE.

†† Pieds antérieurs dissemblables, l'un de la même paire didactyle, l'autre simple.

Genre: NIKA.

* * Antennes intermédiaires à trois filets.

Genres: PALÉMON, LISMATE, ATHANAS.

β. Pinces divisées jusqu'à leur base, ou mains formées uniquement de deux doigts réunis à leur base; carpe lunulé.

Genre: ATYE.

B. Pieds antérieurs monodactyles ou imparfaitement didactyles (les deux doigts étant à peine visibles); antennes intermédiaires à deux filets.

Genres: ÉGÉON, CRANGON, PANDALE.

II. Corps mou et très-allongé; des appendices sétiformes et très-distincts à la base de leurs pieds.

Genre: PASIPIIÉE. V. tous ces articles à leurs lettres ou au Supplément. (G.)

* SALICOR. POLYP. Espèce du genre Cellaire. V. ce mot. (B.)

SALICOR. BOT. PHAN. Les Soudes et autres Plantes maritimes, dont on obtient sur certains rivages des sels par incinération, reçoivent collectivement ce nom qui désigne cependant le Salsola Kali plus particulièrement, et même le Salicornia herbacea. (B.)

SALICORNE. Salicornia. BOT. PHAN. Genre de la famille de Chénopodées et de la Monandrie Monogynie, L., offrant les caractères suivans: calice ou périanthe entier, ventru, persistant, presque tétragone, formé par le rebord squamiforme des articulations; une à deux étamines dont les filets sont subulés, plus longs que le calice, terminés par des anthères droites, oblongues, biloculaires; ovaire snpère, ovale, oblong, surmonté d'un style simple, très-court, terminé par un stigmate bifide; fruit pseudosperme, recouvert par le calice renflé. Ce genre se compose d'environ vingt espèces qui croissent dans les lieux maritimes ou dans les vastes plaines imprégnées de sel marin des diverses contrées du monde. Les steppes de la Russie et de la Sibérie, l'Arabie, les bords de

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la Méditerranée, sont les pays où l'on a découvert le plus grand nombre d'espèces. Les Salicornes sont des Plantes herbacées et sous-frutescentes, d'un aspect fort triste, dont les tiges sont ordinairement très-ramifiées, dépourvues de feuilles, composées d'articulations tronquées, portant à leurs extrémités les fleurs qui sont disposées en épis nus. La distinction des espèces de Salicornes offre beaucoup de difficultés, et leur synonymie est en général extrêmement embrouillée. Le Saiicornia herbacea, par exemple, a reçu plus de douze noms spécifiques différens. Cette Plante, que l'on peut considérer comme type du genre, était nommée Kali par les anciens botanistes. Elle croît en abondance sur les bords de la Méditerranée et de l'Océan dans les terrains fangeux; on la retrouve dans les marais salés de la Lorraine. C'est une des Plantes qui fournissent par incinération le plus d'Alcali ou de sous-carbonate de Soude. Elle est recherchée avec avidité par les troupeaux, et ce pâturage donne à leur chair une saveur fort estimée. Les Anglais et quelques autres nations qui habitent le littoral de l'Océan, font confire les jeunes rameaux de cette Plante dans du vinaigre, et s'en servent pour assaisonnement dans les salades. (G..N.)

SALICOT. CRUST. Même chose que Salicoque. V. ce mot. (B.)

* SALICOTTE. BOT. PHAN. Syn. de Soude commune en certains cantons maritimes. (B.)

SALIE. INS. Pour Salius. V. ce mot. (B.)

SALIENTIA. MAM. La petite famille formée sous ce nom par Illiger renferme seulement les deux genres Potoroo et Kanguroo. V. ces mots. (B.)

* SALIERNE. BOT. PHAN. (Gouan.) Variété d'Olivier à fruits ronds. (B.)

SALIETTE. BOT. PHAN. Les Conyses sont reçu quelquefois ce nom vulgaire. (B.)

SALIGOT. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires de la Macre. (B.)

SALIMORI. BOT. PHAN. (Rumph, Amb. 3, pl. 75). Syn. de Cordia Sebestena. (B.)

* SALINDRE. MIN. Nom cité par Kirwan, et donné anciennement à une variété de Grès, renfermant des grains calcaires. (G. DEL.)

SALINES, MIN. C'est le nom que l'on donne aux différentes exploitations du chlorure de Sodium, autrement dit Sel gemme ou Sel marin, soit qu'on l'extraye en masse du sein de la terre où il constitue quelquefois de véritables mines, soit qu'on le retire à l'aide de l'évaporation naturelle ou artificielle des eaux de la mer, de celles d'un grand nombre de lacs et d'une infinité de sources dans lesquelles il est tenu en dissolution. Le Sel gemme, ou la Soude muriatée solide, forme dans l'intérieur de la terre des bancs d'une puissance souvent considérable, que l'on exploite par des galeries entièrement taillées dans le Sel, et soutenues par des piliers réservés dans la masse même du Minerai. C'est ainsi qu'il se présente dans les mines célèbres de Wieliczka et de Bochnia en Pologne, du comté de Chester en Angleterre, et de Vie dans le département de la Meurthe en France. V. SOUDE MURIATÉE. On extrait le Sel de la mer et des lacs salés de deux manières: 1° par la seule évaporation naturelle; 2° par l'évaporation naturelle combinée avec l'évaporation artificielle. Dans le premier cas, on pratique sur le bord de la mer des marais salans: ce sont des bassins étendus et peu profonds, que l'on remplit d'eau à marée haute, ou par le moyen d'une écluse; cette eau, y présentant une vaste surface à l'évaporation, se concentre par l'effet de la chaleur salaire, et surtout par celui de certains vents, et dépose sur le sol tout le Sel qu'elle ne peut plus tenir en dissolulion. On retire ce Sel et on le met eu tas sur les bords, pour le faire

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égoutter et sécher, puis ou le soumet au raffinage. Dans la seconde manière d'extraire le Sel des eaux de la mer, on établit sur le rivage une vaste esplanade de sable que le flot doit submerger dans les hautes marées des nouvelles et des pleines lunes; ce sable s'imprègne de Sel, et, dans l'intervalle des marées, on en ramasse la surface en tas, puis on la lave avec de l'eau de mer que l'on sature ainsi de Sel marin. On décante cette eau pour la séparer du sable, et on l'évaporé ensuite dans des chaudières par le moyen du feu. On se sert aussi dans quelques Salines, pour concentrer l'eau de la mer, de bâtimens de graduation, comme ceux qui sont en usage dans les exploitations de sources salées. Ces sources, qui existent dans un grand nombre de lieux à la surface de la terre, où on les voit sortir des terrains analogues à ceux qui renferment les bancs de Sel gemme, ne contiennent pas généralement tout le Sel qu'elles peuvent dissoudre. On concentre alors leurs eaux par un procédé peu dispendieux, qui consiste à favoriser leur évaporalion naturelle, en faisant en sorte qu'elles présentent à l'air le plus de surface ossible. Pour cela, on les élève pardes pompes à une assez grande hauteur, et on les laisse retomber sur des piles de fascines oú elles se divisent à l'infini et éprouvent une évaporation considérable. On répète la même manœuvre un grand nombre de fois sur la même eau pour l'amener au degré de concentration nécessaire. On appelle celte opération graduer l'eau, et les ateliers que l'on construit à cet effet se nomment des bâtimens de graduation. L'eau amenée au degré de salure convenable est conduite dans de grandes chaudières plates et carrées, composées de feuilles de tôle réunies par des clous rivés. On achève de l'évaporer par le moyen du feu, et l'on recueille le Sel qui se précipite au fond du bain. (G. DEL.)

SALIQUIER. BOT. PHAN. Syn. de Guphée. V. ce mot. (B.)

SALISBURIA. BOT. PHAN. V. GINKCO.

* SALITE. MIN. Même chose que Sahlite. V. ce mot. (G. DEL.)

* SALITRE. MIN. Syn. de Manganèse sulfatée. (G. DEL.)

SALIUNCA. BOT. PHAN. Syn. antique de Nard celtique, V aleriana cellica, L. (B.)

SALIUS. INS. Fabricius (Syst. Piezat., p. 124) a désigné sous ce nom un genre nouveau d'Hyménoptères qui renferme trois espèces, le Pompilus sex-punctatus de l'Entomologie systématique, et deux autres espèces rapportées de Barbarie par Rehbinder. Ce genre paraît voisin des Sphex; Fabricius le place entre ses Joppa et ses Banchus. (AUD.)

SALIX. BOT. PHAN. V. SAULE.

SALKEN. BOT. PHAN. C'est un nom vulgaire, dans les possessions hollandaises de l'Inde, d'une Plante de la famille des Légumineuses, décrite et figurée par Rhéede (Hort. Malab., vol. 8, tab. 46) sous le nom de Tsjeria-Cametti-Valli, et dont Adanson a formé un genre qui n'a pas été adopté. (G..N.)

SALLES. MAM. V. ABAJOUES.

SALLIAN. OIS. Syn. de Jabiru, et non de l'Autruche de Magellan, comme il est dit par Sonnini dans Déterville. V. CIGOGNE. (DR..Z.)

* SALMACIDE. Salmacis. PSYCII. Genre de la famille des Conjuguées, dans l'ordre des Arthrodiés, du règne intermédiaire dont nous avons proposé l'établissement sous le nom de Psychodiaire (V. ce mot), et dont les caractères consistent en des filamens simples, cylindriques, légèrement muqueux au tact, où la matière colorante est disposée par séries de corpuscules hyalins disposées dans l'intérieur du tube en filamens qui affectent la figure de spirales plus ou moins serrées et diversement variées, jusqu'à l'instant où l'accouplement de deux filamens ayant en lieu, ces spirales élégantes s'oblitèrent, pas-

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sent des articles d'un filament dans ceux de l'autre, pour former dans l'article fécondé un seul propagule que nous soupçonnons devoir ètre un Zoocarpe (V. ce mot). Le genre Salmacide, formé dès long-temps par nous, se trouvait faire partie du Zygnema des auteurs, qui, en adoptant le genre Conjugata de Vaucher, avaient reconnu la nécessité d'en changer le nom; mais ce genre Conjuguée on Zygnème, qui est devenu depuis une famille entière, nécessitait une réforme, et nous y proposâmes dans un Mémoire lu à l'Académie des Sciences en 1820, quatre coupes sous les noms de Leda, Tendaridea, Salmacis et Zygnema. Nos désignations mythologiques, fondées sur des analogies que diverses personnes sont jugées être assez heureuses, n'ont pas trouvé grâce devant Agardh, qui, appelant Mougestia (V. ce mot) le démembrement auquel nous avions conservé le nom de Zygnema, réserva ce nom primitif aux trois autres genres qu'il laissa encore confondus au mépris des caractères si tranchés qui les distinguent. Vu l'antériorité et la convenance, nous concevons le genre Salmacide et la désignation qui rappelle l'un de ses principaux caractères. On sait qu'une Nymphe ainsi appelée, éprise d'ardent amour pour Hermaphrodite, s'élança sur ce bel adolescent lorsqu'il se baignait dans un clair ruisseau, et, s'enlaçant dans ses bras, ne fit plus avec lui qu'un seul être. De même, dans le genre d'Arthrodiés qui nous occupe, deux filamens distincts, étrangers l'un à l'autre jusqu'à l'instant où se font pour eux sentir sous les eaux les aiguillons de l'amour, se recherchent, se joignent, et, se confondant par divers points de jonction, s'identifient l'un avec l'autre pour ne plus former qu'un même tout. Nos Salmacides abondent dans l'eau des mares et des ruisseaux; mais il faut que cette eau soit pure, tranquille et fraîche. Leurs filamens s'y développent d'abord dans le fond, comme si l'obscurité leur convenait. Essentiellement simples, ils s'y superposent en beaucoup plus grand nombre, et offrent alors, étant visibles à l'œil nu et longs de plusieurs pouces, quelque rapport avec la disposition stratiforme qu'affectent les Oscillaires. Les masses qui résultent de leur intrication devenant assez considérables, finissent par flotter en masses souvent bulleuses, et qui furent, dans plusieurs de ces Flores faites avec tant de légèreté, du nombre de ce que les botanistes peu versés en cryptogamie appelaient Conferva bullosa. Les filamens des Salmacides sont en général plus gros que ceux des autres Conjuguées, et d'un vert plus intense, souvent tirant sur le bleu noirâtre. Quand ils sont réunis en très-grand nombre, et de façon à composer des masses très-serrées, ils tendent par leur extrémité à s'élever en faisceaux souvent pointus à la surface des eaux; ils sont alors très-muqueux au toucher, et se collent aux doigts qui les veulent saisir. Ils adhèrent étroitement au papier sur lequel on les prépare, y deviennent luisans et cassans, n'y changent guère de couleur, et ne reprennent pas l'apparence de la vie quand on les remouille. La différence d'aspect ne suffit p s pour établir de bons caractères spécifiques, quand on veut en récolter des échantillons qui puissent offrir quelque utilité à l'observation. Il faut avoir soin d'en dessiner sur le papier même où on les prépare, quelques détails faits d'après des grossissemens proportionnels à la grosseur des espèces qui varient beaucoup. Le nombre des lignes en spirales qui, selon ces espèces, est d'un, de deux, de trois et même de quatre, la forme cylindrique on aplatie de ces lignes, fourniront les caractères les plus certains. On a tenté de chercher des caractères spécifiques dans la forme et la longueur des articles, c'est-à-dire des espaces compris entre deux cloisons valvulaires internes, sans réfléchir que cette distance était variable et subordonnée au développement des spires. Nous en avons dès long-temps

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averti les observateurs qui n'en tiennent nul comple, et qui par conséquent marchent d'erreurs en erreurs. Ces mêmes micrographes, obstinés à mesurer les rapports de la distance des valvules au diamètre des filamens, s'amusent aussi à fonder des espèces sur la mesure de ce diamètre rigoureusement comparée à l'échelle de graduation qu'ils se fout sur leur porte-objet. N'ont-ils donc jamais réfléchi que la grosseur d'un filament doit varier selon ses àges? Que diraient-ils du botaniste qui ferait autant d'espèces des Asperges d'une même couche, parce que l'une d'elles aurait dix-huit ligues de circonférence, une autre douze, une troisième six, et qu'une quatrième enfin ne serait pas plus grosse qu'une plume d'oie? Les eaux douces de France nourrissent six ou sept espèces de Salmacides bien caractérisées, dont on pourra faire autant d'espèces qu'on voudra en les différenciant par leur diamètre, l'allongement ou le raccourcissement des articles, par le volume et la régularité des corpuscules colorans, enfin par les dessins fort variés et souvent très-élégans qu'affectent leurs spirales. Le mécanisme de ces spirales est dans l'intérieur des tubes absolument analogue à celui de ces spirales en fil de fer qu'on met dans des cylindres de fèrblanc sous une bougie qui les comprime et qu'elles poussent en avant à mesure que la bougie se consume. Nous citerons comme exemple: 1°. Salmacide brillante, Salmacis nitida (V.. pl. de ce Dictionnaire, Arth., fig. 10); Conferva nitida de la Flore danoise, et probablement les Conferva scalaris, conjugata et setiformis de Roth. La plus grande de toutes, et l'une des plus communes, que sa belle couleur d'un vert obscur et la manière dont elle se déploie en masses flottantes fait quelquefois ressembler colossalement à l'Oscillaire ténioïde (V. T. XII, p. 468); elle diffère surtout de la suivante, avec laquelle elle paraît être confondue par Agardh, en ce qu'elle contient trois séries spirales qui, dans la jeunesse des filamens, sont tellement serrées que ces filamens en sont entièrement opaques, et qu'on n'y peut discerner ni cloisons ni dessins divers, et alors la Plante paraît formée de segmens étroits comme ceux dont se compose l'Oscillaire, de laquelle nous lui trouvons le port. 2°. Salmacide principale, Salmacis princeps, N.; Conjugata princeps, Vauch., pl. 4; Conferva jugalis de la Flore danoise, confondue évidemment avec la précédente sous le nom de Zygnema nitidum par Agardh, Syst. Alg., p. 82, qui a fait de sa Plante un potpourri synonyinique. Celle-ci, peutêtre encore plus grosse que le Nitida, ne présente que deux séries de spirales intérieures. 5°. Salmacide rhomboïdale, Salmacis rhomboidalis, N. Le Conferva rhomboidalis de notre premier Mémoire de l'an V, sur les Conferves, fort bien représenté par Vaucher, pl. 5, fig. 4, sous le nom impropre d'adnata, p. 70; le Conferva decinima ne paraît en être qu'une variété. Les deux séries spirales forment ordinairement deux et quelquefois trois figures parfaitement rhomboïdales dans chaque article; sa couleur est un peu moins sombre que celle des précédentes, et peutêtre la plus belle de la végétation; on dirait le vert le plus brillant et le plus vif de la poreelaine. 4°. Salmacide quinine, Salmacis quinina, N.; Conferva quinina de Muller; Conjugata condensata de Vaucher, pl. 5, fig. 2, dont Agardh a fait deux espèces distinctes en réunissant la suivante. Un seul filet spiral y forme comme deux V accolés l'un à l'envers, l'autre à l'endroit dans chaque article; d'où résulte, quand il n'y a pas solution de continuité dans leur succession, un zig-zag souvent très-également régulier d'un bout à l'autre du filament. 5°. Salmacide porticale, Salmacis porticalis, N., Conferva porticalis de Miller; Conjugata porticalis, Vauch., pl. 5, fig. 1, dans laquelle un seul filament spiral forme des séries de figures linéaires dont les

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lignes de jambages arrondis par le haut, donnent uneide'e assez juste sur certaines exemples par lesquelles les maîtres d'écriture sont coutume de faire exercer les commençans. 6°. Salmacide jaunâtre, Salmacis lutescens, N., qu'il ne faut pas, comme Agardh, confondre avec lu suivante; belle espèce très-muqueuse qui forme des touffes d'un vert jaune, souvent aussi brillantes que de l'or, devenant d'un jaune pur par la dessiccation, et dans les filamens de laquelle le microscope montre un seul filet spiral, fort aplati en ruban, et assez semblable, à la couleur près, au ruban qu'on distingue dans le corps des Naïdes (V. ce mot). 7°. Salmacide allongée, Salmacis elongata, N.; Conjugata elongata, Vauch., pl. 6, fig. 1-8; 8°. Salmacide enflée, Salmacis inflata, N.; Conjugata inflata, Vauch., pl. 5, fig. 3. Ces deux dernières, qui ne renferment qu'un seul filet spiral, sont très-grêles et soyeuses; leur finesse les fait paraître comme des masses nébuleuses où l'on ne distingue que très-difficilement les filamens à l'œil nu.

Les diverses espèces de Salmacides se rencontrent souvent confondues dans les mêmes marais et mêlées toutes ensemble dans un même amas; alors on serait tenté de les prendre pour de simples variétés d'âge, si l'on n'avait recours, pour les différencier, au nombre des filets spiraux et à la forme des propagules qui sont diversement ovoïdes ou parfaitement arrondis, plus ou moins gros selon chaque espèce. Nous ne perdrons pas de temps à réfuter l'opinion de ceux qui, ayant probablement surpris des Salmacides au moment où leurs filets spiraux internes s'allongeaient ou se resserraient par un effet purement mécanique, sont imaginé que les corpuscules hyalins qui s'y voient étaient des Animaux en récréation, et qui, d'après ce rève, sont placé ces Arthrodiés entre leurs Némazoones ou Némazoaires. V. ces mots. (B.)

SALMARINE. POIS. Salmo Salmarinus. Espèce du genre Saumon. (B.)

SALMASIA. BOT. PHAN. (Necker.) Syn. de Tachibota d'Aublet. V. ce mot. (B.)

SALMÉE. Salmea. BOT. PHAN. De Candolle (Catalogue du Jardin de Montpellier, p. 140) a établi sous ce nom un genre qui appartient à la famille des Synanthérées, tribu des Hélianthées. Voici les caractères que Cassini attribue à ce genre: involucre à peu près de la grandeur des fleurs, turbiné, campanulé ou presque cylindrique, formé d'écailles sur plusieurs rangs, régulièrement imbriquées, appliquées, un peu coriaces; les extérieures plus courtes, ovales, obtuses, planes; les intérieures notablement plus longues, oblongues-ovales, obtuses et comme tronquées au sommet, concaves et embrassantes. Réceptacle plus ou moins élevé, cylindracé, garni de petites écailles analogues aux folioles de l'involucre, presque aussi longues que les fleurs qu'elles embrassent. Calathide obovoïde non radiée composée de fleurs nombreuses, égales, régulières et hermaphrodites. Ovaire comprimé sur les deux côtés, oblongcunéiforme, un peu tétragone, comme tronqué au sommet, hérissé de longs poils sur ses deux arêtes extérieure et intérieure; aigrette composée de deux dents situées sur les deux arêtes de l'ovaire, continues avec celui ci, persistantes, aiguës, plus ou moins garnies de poils.

Legenre Salmea se rapproche beaucoup du Spilanthes, auquel Kunth (Nov. Gen. et Spec. Amer., vol. 4, p. 208) a proposé de le réunir; cependant il s'en distingue suffisamment parla forme de son involucre. Sous ce rapport, il a des affinités apparentes avec le Bidens, mais, selon Cassini, il s'en éloigne considérablement par plusieurs autres caractères.

Les espèces de ce genre, au nombre de trois (Salmea scandens, hirsuta et curviflora) sont des Arbrisseaux de l'Amérique équinoxiale, ordinaire-

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ment décombans, à feuilles opposées, indivises, à fleurs blanches disposées en corymbes paniculés et terminaux. (G..N.)

* SALMÉLINE. POIS. Espèce du genre Saumon, voisine de la Truite. (B.)

SALMIA. BOT. PHAN. Willdenow (Hort. Berolin.) a désigné sous ce nom le genre Carludovica de la Flore du Pérou, ou Ludovia de Persoon. V. ce dernier mot. Cavanilles avait aussi donné le nom de Salmia au Sanseviera de Thunberg et Willdenow. V. SANSEVIÈRE. Enfin, De Candolle a établi parmi les Synanthérées un genre Salmea que quelques auteurs sont écrit Salmia. V. SALMÉE. (G..N.)

SALMO. POIS. V. SALMONES et SAUMON.

SALMONE. POIS. Du Dictionnaire de Déterville, pour Saumon. V. ce mot. (B.)

SALMONEA. BOT. PHAN. (Vahl.) Pour Salomonia. V. ce mot. (G..N.)

SALMONÉE ou SAUMONÉE. POIS. V. TRUITES au mot SAUMON.

* SALMONES. POIS. Première famille de l'ordre des Malacoptérygiens abdominaux dans la méthode de Cuvier, famille qui n'était que le genre Salmo pour Linné, duquel le caractère générique s'est étendu à toutes les Salmones; il consiste dans une première dorsale à rayons mous, sui vie d'une seconde petite et adipeuse, c'est-à-dire formée simplement d'une peau remplie de graisse et non soutenue par des rayons. Ce sont, dit l'illustre auteur de l'Histoire du Règne Animal (T. 11, pl. 159 et 160), des Poissous écailleux à nombreux cœcums, pourvus d'une vessie natatoire; presque tous remontent dans les rivières, et sont la chair agréable. Ils sont d'une nature vorace. La structure de leur mâchoire varie étonnamment. Leur chair est généralement des plus savoureuses. Les Salmones, quoique étant aujourd'hui considérées comme constituant une famille, ne composent cependant encore gnère qu'un seul genre, ou les espèces très-nombreuses sont réparties dans un grand nombre de sous-genres, comme on le verra au mol SAUMON. (B.)

* SALMONETTE. POIS. (Delaroche.) L'un des noms de pays du Mullus barbatus. V. MULLE. (B.)

SALOMONIA. BOT. PHAN. Ce genre, de la famille des Polygalées, a été constitué par Loureiro (Flor. Cock., édit. Willd., 1, p. 18) sur une Plante que les auteurs systématiques sont placée dans la Monandrie Monogynie. Deux nouvelles espèces découvertes par Wallich devront nécessairement faire changer la place de ce genre dans le système sexuel, puisqu'elles sont quatre anthères et des filets monadelphes. Voici au surplus les caractères assignés au genre Salomonia par De Candolle (Prodr. Syst. Vegel., 1, p. 333): calice à cinq sépales presque égaux; corolle dont le tube est fendu dans sa longueur; le limbe trifide; la carène cuculliforme; étamines monadelphes à quatre anthères; capsule bilobée, comprimée, ordinairement munie d'une crête ciliée. Le Salomonia cantoniensis, Loureiro, loc cit., Salmonea cantoniensis, Vahl, Enum. 1, p. 8, est une Plante herbacée, annuelle, haute de six pouces, à plusieurs tiges, dressées, garnies de feuilles cordiformes, acuminées, entières, glabres, portées sur de courts pétioles. Les fleurs, de couleur violette, forment des épis simples, dressés et terminaux. Cette Plante croît en Chine, près de Canton. De Candolle a publié deux espèces nouvelles qui eroissent dans le Napaul, et auxquelles il a donné les noms de Salomonia edentula et Sal. oblongifolia. Il a en outre ajouté, mais avec doute, à ce genre, le Polygala ciliata de Linné, qui croît dans les Indes-Orientales. (G..N.)

* SALMONIDES. POIS. Risso, dans le tome troisième de son Histoire' naturelle de Nice et des Alpes-Maritimes, propose sous ce nom l'établissement d'une famille qui ne diffère de celle

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des Salmones que par la terminaison du mot, et dans laquelle il admet les quatre genres Salmo, Argentina, Saurus et Scolepus, qu'avec Cuvier nous ne considérons dans le présent Dictionnaire que comme de simples sous-genres. V. SALMONES et SAUMON. (B.)

* SALONTA. BOT. PHAN. Une espèce d'Euphorbe de Madagascar dans Flaccourt. (B.)

SALPA. MOLL. Ce nom scientifique est celui d'un genre que l'on nomme Biphore dans quelques dictionnaires français. Les Biphores sont connus depuis long-temps; il est à présumer que les voyageurs avaient remarqué les longs rubans de feu qui se dessinent eu ondoyant dans la mer, pendant la nuit et qui sont dus à la phosphorescence de ces Animaux, avant que les naturalistes les eussent soumis à leur investigation. Quoique fort remarquables sous plus d'un rapport, ils ne furent pourtant mentionnés d'une manière non équivoque que très-tard, la première fois dans l'Histoire naturelle de la Jamaïque par Browne; il proposa pour eux sou genre Thalia que Linné, on ne sait pourquoi, n'adopta pas; mais dans la dixième édition du Systema Natures, il ressembla dans un seul les genres Thalia et Arethusa de Browne, sous la dénomination d'Holothurie, ce qui mettait de la confusion à la place de la clarté que Browne avait voulu établir dans leur distinction. Dans la douzième édition, la confusion s'augmenta encore par l'addition, dans ce genre Holothurie, des Animaux que Rondelet nommait ainsi (V. HOLOTHURIE); de sorte qu'il présentait l'assemblage vraiment bizarre d'Animaux fort différens. Pallas eut donc raison de le critiquer dans ses Mélanges de zoologie et dans son Spicilegia lorsqu'il voulut débrouiller ce chaos. Il pioposa de partager les Actinies en deux'sortes, celles qui sont fixes et celles qui sont libres; ces dernières n'étaient autres que les Holothuries; mais comme ce nom se trouvait parcela même sans application, il proposa de le donner aux Auimaux du genre que Browne avait nommé Thalia, c'est-à-dire aux Biphores.

Forskalh, auquel on doit de fort bous travaux sur plusieurs genres de Mollusques, observa un assez grand nombre de Biphores et proposa un nouvel arrangement pour les Animaux compris par Linné dans son genre Holothurie; d'abord au lieu de laisser ce nom aux Biphores, comme Pallas, il rassembla dans ce genre les Velelles et les Porpites. Il fil des véritables Holothuries un genre qu'il nomma Fistulaire, qui correspond aux Actinies libres de Pallas, et enfin créa le genre Priapus pourles Actinies fixes du même auteur. Le nom d'Holothurie n'eut done plus pour lui la même application et donna le premier le nom de Salpa aux Animaux que Pallas y comprenait, c'est-à-dire aux Thalides de Browne. Malgré l'étude particulière qu'il avait faite des Salpes, Forskalh néanmoins confondit avec elles des Ascidies, ce qui fut probablement l'origine du rapprochement que l'on fit des Biphores et de ces Animaux. Dans la treizième édition du Systema Naturæ, Gmelin fit, à l'occasion du genre qui nous occupe, un double emploi qui n'est pas le seul qu'on pourrait lui reprocher; il adopta tout à la fois et le genre Salpa de Forskalh eu confondant toujours les Animaux Thalides de Browne avec les Holothuries, et le genre Dagysa qui venait d'être créé par Banks et Solander pour un Animal du genre Salpa. Bruguière, sur le prétexte que le nom donné par Forskalh avait appartenu autrefois à un poisson, lechangea pour celui deBiphore, tout en donnant dans l'Encyclopédie des caractères mieux circonscrits à son genre, qui lui permirent d'eu écarter deux espèces d'Ascidies qui y étaient confondues, comme nous l'avons vu. Bruguière ne laissa pas de faire une faute semblable à celle de Gmelin en admettant en même temps, dans les planches de l'ouvrage que nous venons de citer, et les Bi-

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phores et les Thalies de Browne; il confondit mÊme avec ce dernier genre les Physales. On ne sait pas quels rapports Bruguière aurait donnés aux Thalies, puisque ce genre n'est mentionné que dans les planches; quant aux Biphores il les place dans les Vers mollusques dépourvus de tentacules, Nous avons dit à l'article MOLLUSQUE tout ce que cet arrangement avait de défectueux. Les Animaux dont il est question étaient généralement peu connus; leurs liaisons avec d'autres analogues étaient difficiles à établir; il n'y a donc rien de bien étonnant que Cuvier, dans son Tableau élémentaire d'Histoire naturelle, en imitant Bruguière quant au double emploi, ait placé d'une manière peu convenable le genre Thalie parmi les Mollusques gastéropodes et les Biphores dans une classe toute différente avec les Ascidies dans les Acéphales nus sans coquille. Du moins Cuvier avait conservé ces deux gendres dans les Mollusques; Lamarck ne fit pas de mÊme dans son Système des Animaux sans vertèbres (1801). On trouve bien des Biphores dans la classe des Acéphalés nus; mais il faut chercher les Thalies parmi les Radiaires mollasses. Bosc, peu de temps après, démontra d'une manière évidente le double emploi de Gmelin, Bruguière, etc., et donna quelques nouveaux détails sur les Biphores qu'il avait vus pendant son voyage en Amérique. De nouveaux renseignemens, ainsi que de nouveaux matériaux, furent rapportés par Péron de son voyage aux Terres Australes. Des Animaux conservés dans la liqueur, déposés par ce voyageur au Jardin du Roi, furent anatomisés par Cuvier qui publia à leur sujet un excellent Mémoire dans les Annales du Muséum. Il confirma l'opinion de Bosc, et il ajouta une anatomie qui mit hors de doute pour le plus grand nombre des zoologistes, que les Biphores par leur organisation se rapprochent plus des Acéphales que de tout autre type d'Animaux. Roissy adopta cette opinion et sut profiter du bon travail de Cuvier lorsqu'il traita ce genre dans le Buffon de Sonnini; Lamarck lui-mÊme, comme le prouvent les Tableaux de sa Philosophie zoologique, la partagea d'abord pour l'abandonner senlement dans son dernier ouvrage, après l'avoir reproduite une seconde fois dans l'Extrait du Cours. Ce respectable savant, aprés avoir admis les Biphores dans la section des Acéphales nus de ses précédentes méthodes, abandonna tout-à-fait cette opinion, et dans son dernier ouvrage fit avec les Aseidiens et les Solpiens une nouvelle classe, les Tuniciers (V. ce mot) qu'il considéra comme formant un type d'organisation intermédiaire entre les Radiaires et les Vers. A l'exception de Lamouroux dans l'Encyclopédie et de Latreille dansses Familles naturelles du Règne Animal, nous ne connaissons aucun zoologiste qui ait adopté la manière de voir de Lamarck. Cependant avant les trois ouvrages que nous venons de mentionner avait paru un travail trèsirnportant sur les Ascidies par Savigny; la se trouve confirmée d'une manière évidente la justesse des rapports assignés au Biphore par Cuvier, et d'après cela nous cherchons en vain à nous rendre compte des motifs qui sont déterminé Lamarck à proposer ce nouvel arrangement. Le travail de Savigny a été reproduit quant à la classification dans les Tableaux systématiques de Férussac; le genre Biphore avec ses deux sous-genres constitue à la fois la dernière famille de la classe des Ascidies, les Thalies (V. ce mot). Enfin Blainville, dans son Traité de Malacologie, ėtablit dans les Ascidies deux familles; la seconde, celle des Salpieus(V. ce mot), partagée en deux sections, contient dans la première le genre Biphore et dans la seconde le genre Pyrosome qui se trouve de cette manière plus en rapport avec le premier que dans les mėthodes précédents. Plusieurs travaux, quorque moins géuéraux que les précédens, ne laissent pas que d'avoir un grand intérÊt par un grand nombre d'observations qui y sont répandues; ce sera

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donc avec fruit qu'on consultera le Mémoire de Home, unc dissertation de Chamisso qui est fort importante, le chapitre qui traite de ce genre par Quoy et Gaimard, dans le Voyage autour du monde par la corvette l'Uranie, et enfin des renseiguemens anatomiques donnés par Van-Hasselt et par Kuhl. C'est à l'aide de ces matériaux auxquels il faut joindre l'article Salpa du Dictionnaire des Sciences naturelles de Blninville, que l'on pourra se faire une idée, si ce n'est complète, du moins assez satisfaisante de l'anatomie des Biphores et des rapports qu'ils sont avec d'autres Animaux analogues.

Les Biphores sont des Animaux cylindroïdes, transparens, gélatineux, plus ou moins allongés, tronqués ordinairement aux deux extrémités, composés d'une enveloppe extérieure subcartilagineuse ou membraneuse que l'on nomme le manteau, et d'une autre partie on corps qui paraît pouvoir s'en détacher facilement, comme l'observe Chamisso; de sorte que cette partie extérieure, d'après ce que dit ce savant, serait plutôt un corps excrété, que la véritable peau. Celle-ci lormerait alors l'enveloppe mÊme du corps proprement dit; elle est munie de bandes transverses plus épaisses; quelques personnes croient que ce sont des bandes musculaires; d'autres, et entre autres Quoy et Gaimard, affirment que ce sont des réseaux vasculaires. Les deux voyageurs que nous citons ayant vu sur le vivant sont assez dignes de confiance. D'après des Animaux conservés dans la liqueur, Blainville avoue qu'il est impossible de se décider. Cette membrane, quoique moins épaisse que le corps extérieur, s'en distingue cependant assez bien et s'en détache facilement. Les Biphores sont reçu leur nom des deux ouvertures dont ils sont percés; ces ouvertures terminent antérieurement et postérieurement un canal ouvert dans toute la longueur du corps de l'Animal; elles appartiennent à la face ventrale. La première ou l'antérieure est la plus grande, elle est ordinairement ovalaire ou semi-lunaire et pourvue d'une lèvre, sorte d'opercule charnu, pourvu de muscles qui lui sont propres. C'est par cette ouverture que s'introduit l'eau tant pour la respiration que pour la nutrition; le liquide repasse par l'ouverture postérieure dépourvue le plus souvent de la lèvre operculaire et se terminant quelquefois par un tube peu prolongé. Cette longue cavité viscérale offre à l'intérieur l'organe branchial ainsi que les ouvertures buccale et de l'anus.; elles sont situées assez près l'une de l'autre; la première est une fente étroite, arrondie, garnie d'un petit bourrelet labial qui, d'après Blainville, serait festonné et mème lobé, et le mème zoologiste pense que la partie que Savigny décrit comme une seconde blanchie pourrait bien n'Être autre chose que les appeudices labiaux, comme ceux des Lamellibranches. Comme dans ceux-ci, au reste, la bouche conduit presque sans œsophage à l'estomac qui est peu volumineux et enveloppé. de toute part par une glande irrégulièrement lobée qui est le foie. L'intestin qui naît de cet estomac est court, il fait plusieurs circonvolutions dans le foie et se porte en arrière pour s'ouvrir dans la cavité viscérale, tout près de son ouverture postérieure. Cette réunion d'organes qui, à cause du foie qui les enveloppe, a une couleur particulière, auxquels il faut joindre le cœur et l'appareil généra teur, a été désigné par Forskahl sous le nom de Nucleus qui a été généralement adopté. Quoiqu'il n'ait pas une position absolument constante dans toutes les espèces, cependant il est toujours placé postérieurement, et sou volume est très-variable selon les espèces; ainsi les ouvertures de la bouche et de l'anus, qui sont dépendantes de la position du nucleus, sont également très-postérieures dans les Biphores.

L'organe de la respiration est fort simple, composé d'un seul feuillet branchial qui s'étend de l'ouverture antérieure de l'Animal jusqu'à la

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bouche; elle a la forme d'un triangle scalène dont la base est vers le nucleus; elle est placée perpendiculairement dans la ligne médiane; dans plusieurs espèces, ou distingue sur elle des stries perpendiculaires coupées par d'nutres obliques. Cette branchie est soutenue par un canal médian, une sorte de bronche, comme dit Blainville, qui porte sans doute les vaisseaux à la branchie. Saviguy dit que ce canal contient une seconde branchie que Blainville n'a pu découvrir; les autres auteurs n'en parlent pas.

La circulation se fait d'une manière très-singulière et dont on n'a point encore d'exemple parmi les Animaux, si l'on en croit ce que disent Quoy et Gaimard: le cœur placé à la partie supérieure du nucleus n'embrasse pas l'intestin comme dans les Lamellibranches. Il est fusiforme et paraît dépourvu de péricarde; antérieurement, il donne naissance à un tronc unique, fort gros, médian et dorsal, qui est l'aorte; mais il est triangulaire, et ce qui a droit d'étonner davantage, puisqu'on ne retrouve nulle part rien d'analogue, c'est quece vaisseau est composé de deux parties semblables accolées qui se désunissent au moindre choc; dans ce cas alors le sang s'épanche et la vie doit cesser. Ce fait a besoin d'être affirmé par les deux observateurs que nous venons de citer pour Être cru. Cette singulière aorte à mesure qu'elle s'avance, fournit des vaisseaux pairs qui paraissent symétriques et qui se distribuent au manteau; elle se termine antérieurement par trois branches principales, deux latérales qui se contournent autour de l'ouverture antérieure pour se rejoindre ensuite dans le canal branchial, et la troisième moyenne s'infléchit à l'intérieur du canal médian sur la ligne où sont placées les ouvertures buccale et de l'anus, et donne des rameaux au manteau. Tous ces vaisseaux se réunissent de tous les points du corps en une seule veine pulmonaire qui porte le sang au cœur; de sorte que, d'après les observations de Quoy et Gaimard, il n'y aurait à chaque impulsion qu'une partie de ce fluide qui aurait été soumise à l'influence de l'organe respiratoire, et qui se mélangeant avec l'autre rentredans le cœur. Mais un fait très-extraordinaire, relatif à la circulation des Biphorcs, est le suivant: le cœur se contracte en spirale et chasse par ce moyen tout le sang qu'il contient; après l'avoir poussé pendant quelque temps dans l'aorte antérieure, il se contracte tout-à-coup dans un sens opposé, le fait entrer dans la veine pulmonaire, et il circule dans tout le corps en suivant une direction inverse à la première et dans les mÊmes vaisseaux. Voilà certainement la plus singulière circulation qui existe parmi les Animaux; aussi quelque garantie d'exactitude que nous présentent les observateurs auxquels nous empruntons ces détails, nous pensons qu'ils sont besoin d'Être confirmés pour qu'on les croie sans réserve.

Les organes de la génération sont à peine connus; cependant on distingue quelquefois autour du nucleus un organe granuleux qui est bien probablement un ovaire; c'est la seule partie que l'on ait pu distinguer. Il est donc bien croyable que les Biphores sont hermaphrodites et que chaque individu se suffit à luimÊme comme dans les Lamellibranches. Les Biphores sont la faculté de s'attacher les uns aux autres dans un ordre régulier; ils peuvent Être séparés sans que la vie cesse; cependant cette chaîne d'individus une fois interrompue ne peut plus se réunir. Il y a des individus qui, dès leur naissance, vivent isolés, et quoique provenant d'une espèce bien caractérisée, cet isolement les modifie d'une telle manière, qu'il est fort difficile de les rapporter à leur véritable type spécifique, à moins que l'on n'ait observé deux générations; à cet égard il paraît qu'il n'existe pas moins d'anomalie que dans les autres fonctions. Chamisso a observé en effet que les Biphores agrégés donnent naissance à des individus qui ne le sont

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jamais, ou vivant isolément, tandis que ceux-ci ne produisent que des Biphores réunis qui à leur tour donneut de nouveau des individus solitaires. Qu'ils soient agrégés ou isolés, les Biphores ne vivent que dans la haute mer et toujours complètement immergés à uuc profondeur variable; les mers équatoriales en contiennent bien plus que les autres; ou en trouve aussi dans la Méditerranée, mais il n'est pas certain qu'ils dépassent cette limite vers le nord. Ces Animaux sont une progression lente qui leur est propre; elle est due au passage de l'eau dans le canal médian; le liquide actuellement contenu est chassé par l'ouverture postérieure et à l'aide d'une contraction du manteau; elle ne peut prendre une autre direction, la valvule dė l'ouverture antérieure s'y opposant; la force avec laquelle le liquide est poussé au-dehors détermine le fluide ambiant à devenir un obstacle, et l'Animal s'avance par la mÊme raison que l'Oiseau s'élève et que le Poisson nage; la sortie de l'eau agissant ici comme une nageoire. Par un mouvement de relâchement du manteau, le canal se remplit de nouveau par l'ouverture antérieure, et une nouvelle contraction détermine un nouveau mouvement en avant de l'Animal. On est convenu, par une comparaison assez juste, de nommer ces contractions alternatives systole et diastole. On ne connaît rien sur le système nerveux de ces Animaux; il est à présumer que leur transparence qui s'étend à la plupart de leurs organes, est la cause qui l'a fait échapper jusqu'ici à la recherche des observateurs.

Voici les caractères que Blainville donne à ce genre: corps oblong, cylindracé, tronqué aux deux extrémités, quelquefois à une seule, et d'autres fois plus ou moins prolongé à l'une ou à toutes deux par une pointe conique rarement caudiforme; les ouvertures terminales ou non; l'une toujours plus grande, transverse, avec une sorte de lèvre mobile, operculairc; l'autre plus ou moins tubiforme, quelquefois fort petite, béante. L'enveloppe extérieure, molle ou subcartilagineuse, toujours hyaline, pourvue d'espèces de tubercules creux faisant l'office de ventouses en nombre et eu disposition variables, au moyen desquels les individus adhèrent entre eux d'une manière déterminée pour chaque espèce.

Si le mode d'adhérence était suffisamment connu, ce serait le meilleur moyen de déterminer rigoureusement les espèces; mais l'observation manque sur un certain nombre, de sorte qu'il est presque impossible de ne pas faire de doubles emplois. Une autre cause bien faite pour augmenter l'embarras, c'est la différence qui existe entre les individus libres et agrégés d'une mÊme espèce. Chamisso s'est vu à cause de cela dans l'obligation de faire une double description pour chaque espèce, exemple qui sera suivi puisqu'il est le seul qui puisse lever tous les doutes. On ne counut d'abord que peu d'espèces dans ce genre; mais les derniers travaux de Chamisso, et surtout de Quoy et Gaimard, en augmentèrent cousidérablement le nombre qui est maintenant de plus de trente; il s'augmentera probablement encore beaucoup.

Dans son Traité de Malacologie, Blainville a porté à huit le nombre des divisions qu'il propose parmi les espèces de Biphores; l'une d'elles renferme le genre Monophore de Quoy et Gaimard sur lequel il existe encore des doutes (V. MONOPHORE). Dans son article Salpa du Dictionnaire des Sciences naturelles, il les réduit à cinq; peut-Être deux seraient-elles suffisantes, l'une pour les espèces sans appendices, la seconde pour celles qui en sont pourvues.

† Espèces tronquées aux deux extrémités, s'agrégeant circulaircment et ayant l'anus très-éloigné de la bouche.

BIPHORE PINNÉ, Salpa pinnata, L., Gmel., pag. 529, n. 2; ibid., Lamk., Anim. sans vert. T. 111,

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p. 116, n. 2; ibid., Forskahl, Ægypt., pag. 113, n. 31, et Icon., tab. 35, tig. B, b, 1, 2; Brug., Dict, encycl., pag. 180, n. 2, pl. 74, fig. 6, 7, 8; Salpa cristata, Cuv., Mém. sur les Moll., fig. 1, 2, 11: Chamisso, Mém., fig. 1 A à 1 I. Des mers de Portugal et de l'océan Atlantique.

†† Espèces tronquées aux deux extrémités; l'anus très-voisin de la bouche: s'agrégeant latéralement et sur deux lignes.

BIPHORE CONFÉDÉRÉ, Salpa confæderata, L., Gmel., loc. cit., n.6; Forskahl, ibid., pag. 115, et Icon., tab. 36, A, a; Encycl., pag. 181, n. 6, pl. 75, fig. 2, 3, 4. Se trouve dans la Méditerranée.

††† Espèces subcartilagineuses, à orifices subterminaux, souvent mucronées au moins à une extrémité; agrégation sur deux lignes, les individus de chaque ligne par les extrémités et les deux lignes entre elles par le dos de chaque Animal.

BIPHORE ZONAIRE, Biphora zonaria, Lamk., loc, cit., n. 10; Holoturia zonaria, L., Gmel., p. 3142, n. 18; ibid., Pallas, Spicil. zoolog., pag. 26, tab. 1, fig. 17, a, b, c; Encyclop., pl. 75, fig. 8, 9, 10; Chamisso, Mém., fig. 3. La mer des Açores.

†††† Espèces tronquées à l'état solitaire, et pourvues à l'étal agrégé d'une longue pointe latérale, opposée à chaque extrémité, d'où résulte une agrégation oblique sur un seul rang.

BIPHORE GÉANT, Salpa maxima, L., Gmel., loc. cit., n. 1; Forskahl, loc. cit., p. 112, n. 30, Icon., tab. 35, fig. 2, 2.; ibid., Lamk., loc. cit., n. 1; Brug., Encyclop., loc. cit., n. 1, pl. 74, fig. 1 à 5. C'est une des plus grandes espèces du genre; elle a environ huit pouces. La Méditerranée, la mer Atlantique.

††††† Espèces tronquées, aux deux extrémités; les orifices terminaux; une paire d'appendices plus ou moins longs, symétriques à l'extrémité postérieure; agrégation sur deux rangs.

BIPHORE DÉMOCRATIQUE, Salpa deniocratica, L., Gmel., loc. cit., n. 3; Forskahl, loc. cit., n. 32, et Icon., tab. 36, fig. 9; Brug., loc. cit., n. 3; Encyclop., pi. 74, fig. 9; ibid., Lamk., loc. cit., n. 3. Très-commun aux environs de l'île Mayorque. (D..H.)

SALPE. POIS. Même chose que Saupe. V. ce mot. (B.)

SALPÊTRE. MIN. V. NITRE et POTASSE NITRATÉE.

* SALPHINX. OIS. (Gesner.) Nom présumé de l'Agami. V. ce mot. (DR..Z.)

SALPIANTHE. Salpianthus. BOT. PHAN. Genre de la famille des Nyctagimées et de la Triandrie Monogynie, L., établi par Humboldt et Bonpland (Plantes équinoxiales, 1, p. 155, tab. 44), et ainsi caractérisé: périan the ou calice coloré, tubuleux, ayant le limbe plissé, à quatre dents; trois ou quatre étamines saillantes, unilatérales; ovaire surmonté d'un style et d'un stigmate aigu; akène renfermée dans le périanthe persistant. Ce genre a été nommé Boldoa par Cavanilles et Lagasca; mais cette dernière dénomination pourrait entraîner quelque confusion avec le Boldea de Jussieu, ou Peumus de Molina, qui est un tout autre genre. V. BOLDEAU.

Le Salpianthus arenarius, Humb. et Bonpl., loc. cit.; Boldea lanceolata, Lagasc., Nov. gen. et sp. diagn., p. 10, est un Arbrisseau sarmenteux, visqueux, répandant une odeur forte et désagréable, rameux; les rameaux iuférieurs cylindriques et d'un rouge foncé; les supérieurs couverts d'un duvet très-court, garnis de feuilles alternes ovales-lancéolées, pubes-centes-blanchâtres. Les flenrs, dont le périanthe est d'un beau touge, sont disposées en corymbes à l'extrémité des rameaux. Cette Plante croît sur le littoral arénacé de l'océan Pacifique, près d'Acapulco dans le Mexique. (G..N.)

* SALPIENS. Salpacea. MOLL. Tel

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est le nom que Blainville, dans son Traité de Malacologie, a donné à une famille de ses Hétérobranches (V. ce mot); elle rassemble les genres Pyrosome et Biphore (V. ces mots), qui, dans l'ouvrage de Savigny, constituaient chacun une famille, les Lucies pour le premier, les Thalides pour le second. Nous croyons que ce n'est pas sans de bons motifs que Blainville a opéré cette réunion qui semble autorisée par des rapports vraiment naturels. (d..b.)

SALPIGLOSSE. Salpiglossis. BOT. PHAN. Genre de la famille des Bignoniacées et de la Didynamie Angiospermie, L., établi par Ruiz et Pavon (Prodr. Flor. Peruv., p. 94, tab. 19), et offrant les earactères suivans: calice à cinq angles, divisé jusqu'au milieu en cinq segmens lancéolés, égaux en longueur, les trois inférieurs fendus plus profondément; corolle très-grande, infundibuliforme, dont le tube est du double plus long que le calice, l'orifice dilaté, campanulé, le limbe étalé, à cinq segmens peu profonds et échancrés au sommet; quatre étamines didynames, incluses dans le tube, insérées sur la base de la corolle, ayant de grandes anthères presque cordiformes, s'ouvrant par le sommet; une cinquième étamine, avortée et réduite à un court filet, existe entre les deux plus longues étamines; ovaire ovoïde, surmonté d'un style de la longueur des étamines, dilaté au sommet et terminé par un stigmate bilobé et comprimé; capsule renfermée dans le calice, ovale, à deux valves, et à deux loges séparées par des cloisons parallèles aux valves, renfermant un grand nombre de graines attachées à un gros placenta central.

Le Salpiglossis sinuata, Ruiz et Pav., Syst. Flor. Peruv., p. 163, est une Plante herbacée, haute d'environ deux pieds, à feuilles lancéolées, sinuées-dentées, et à fleurs couleur de sang. Cette Plante croît au pied des collines près de la Conception du Chili. Une seconde espèce a été décrite et figurée par Hooker (Exotic Flora, u. 229) sous le nom de Salpiglossis straminea; elle diffère de la Plante de Ruiz et Pavon par quelques caractères près du style et du tube de la corolle, ainsi que par la couleur de paille qu'offrent ses fleurs, tandis qu'elles sont écarlates dans le S. sinuata. Elle est également originaire du Chili, et on la cultive dans quelques jardins d'Angleterre. (g..n.)

* SALP1NGA. BOT. PHAN. Sous ce nom qui signifie Trompette, Martius et Schrank sont établi un nouveau genre de la famille des Mélastomacées, et qui ne se composait d'abord que d'une seule espèce originaire du Brésil. Il a été publié par Dc Candolle (Prodr. syst. Veget., 3, p. 112, et Mémoires sur les Mélastomacées, p. 24), qui lui a ajouté trois nouvelles espèces de la Guiane française, où elles avaient été recueillies par Richard et Perrottct. Richard avait pressenti l'établissement de ce nouveau genre, et lui avait même imposé le nom d'Aulacidium dans son Herbier. Le genre Salpinga est ainsi caractérisé: calice oblong-turbiné très-allongé, à huit ou dix côtes séparées par de profonds sillons, à quatre ou cinq dents larges, courtes et persistantes; corolle à quatre ou cinq pétales lancéolés, aigus et connivens; étamines inconnues; style court, filiforme, surmonté d'un stigmate orbiculaire; capsule prismatique à trois angles obtus, libre dans le tube du calice, à trois valves qui, à la maturité, portent chacune une cloison sur le milieu de leur face interne, et laissent au centre un axe ou columelle libre. Les graines sont nombreuses, très-petites, attachées à l'axe par séries, demi-ovales, avec la cicatricule linéaire.

Le Salpinga secunda, type du genre, est une Plante sous-ligneuse qui croît dans les forêis ombragées et humides, près de Porto dos Miranhas au Brésil. Les Salpinga fasciculata, cristata et parviflora sont des

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Plantes herbacées annuelles qui croissent dans les forèts ombragécs de la Guiane française; leurs rameaux sont cylindracés, un peu comprimés, garnis de feuilles portées sur des pétioles assez longs, ovales-acuminées, ciliées et un peu crénelées sur les bords, glabres d'ailleurs, membraneuses et à trois ou cinq nervures. Les fleurs sont sessiles, unilatérales le long des branches de l'axe; elles forment ainsi des épis axillaires ou terminaux qui rappellent assez bien l'inflorescence de plusieurs Borraginées. (G..N.)

SALPINGUS. ins. (Illiger.) Syn. de Rhinosime. V. ce mot. (b.)

SALSEPAREILLE. Salsaparilla. BOT. PHAN. Espèce du genre Smilax, auquel certains Dictionnaires sont étendu ce nom. V. Smilax. (b.)

SALSES. géol. Ou donne ce nom, ainsi que celui de volcans d'eau, de boue ou vaseux, à des terrains assez circonscrits d'ou sortent habituellement et de temps immémorial, à certaines époques et d'une manière très-variée, de véritables éruptions de gaz et de terres argileuses délayées. Il ne faut pas confondre ces éruptions des Salses avec les éruptions boueuses qu'ont en plus d'une circonstance vomies les véritables volcans; cependant, comme dans ceux-ci, las Salses finissent par former des monticules et des cônes qui résultent de la consolidation de la boue rejetée. Au sommet des cônes se voient des ouvertures en entonnoir, proportionnées en grandeur à l'importance des Salses. Il s'en élève par intervalle une boue grisâtre qui, s'épanchant par-dessus les bords, concourt à élever de plus le monticule, ainsi qu'il arrive au faîte des mamelons volcaniques à cratère. De telles éjections se répandent souvent au loin, n'élèvent pas seulement le cône qui les produisit, mais encore le sol, ordinairement en plateau, qui supporte ceux-ci. Du milieu des sortes de cratères des Salses, on voit aussi s'élever de grosses bulles terreuses délayées qui, venant à crever, sont l'air d'en faire bouillonner la surface, et dégagent du gaz hydrogène ordinairement carboné, bitumineux ou sulfuré. Ce gaz s'enflamme parfois, et la surface des Salses en est passagèrement comme toute brùlante. On a vu les boues poussées par de tels volcans s'élever en gerbes jusqu'à soixante mètres de hauteur, et être accompagnées de détonations, de vent, de sifflemens et de bruits souterrains; on dit même qu'il en est résulté de petits tremblemens de terre. Les Salses sont rarement isolées; elles sont au contraire assez rapprochées dans les cantons où il s'en forme. On en connaît en beaucoup de parties du monde, et celles de l'Italie, où il en existe beaucoup aux bases septentrionales et méridionales de l'Apennin, sont été assez bien observées. Les plus connues sont celles de Parme, de Reggio, de Modène et de Bologne. On en compte dans ces cantons au moins huit groupes désignés par les noms des villages les plus voisins. Pline avait mentionné l'une d'elles. Il paraît que celle-ci, qui se trouve aux environs de Sassenlo, offrit à diverses époques des différences très - notables. Les anciens disent qu'elle vomit avec fracas des pierres, de la fange et de la fumée; récemment elle ne présentait qu'une ouverture en coupe très-petite, placée au sommet d'un cône en miniature qui s'élevait à peine à la surface d'un plateau boueux qui en était provenu, et qui n'envahissait guère sur la végétation voisine qu'un espace de cent pieds tout au plus de diamètre. Il arrive ailleurs que les cônes des Salses n'ont pas plus de quinze à vingt centimètres d'élévation, et que leur cratère n'a que quelques pieds de circonférence; ils se font souvent jour à travers des pierres qu'ils détruisent en les recouvrant de leur boue salée, sur laquelle nulle Plante ne croît de longtemps.

La Sicile possède près d'Agrigente la Salse la plus célèbre chez les anciens; Dolomieu l'a décrite sous le

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nom de Volcan d'air de Maccoluba. C'est une colline en cône tronqué d'environ cent cinquante pieds d'élévation, composée d'une boue épaisse sur laquelle ne se voit pas la moindre verdure, et où se font jour parfois une multitude de petits cônes qui chacun rejettent leur boue par leur petit cratère. Il s'en dégage aussi une grande quantité de gaz, et dans certaines éruptions de la Salse, des matières terreuses et pierreuses sont été lancées à de grandes distances. On en voit une du même genre dans l'île Taman, qui se trouve jointe à la Crimée entre la mer Noire et la mer d'Azof. On prétend qu'elle a vomi non-seulement de la boue, mais jusqu'à des flammes accompagnées de torrens de fumée. Kæmpfer parle d'une autre Salse sur les bords de la Caspienne dans la presqu'île d'Okorena et non loin de Baku; elle a produit des torrens d'eau saléc. Le docteur Horsfield, dans l'Histoire de Java de Raffles, en a décrit une nouvelle qu'il a observée dans cette île. Il en existe à Timor; enfin on en trouve au Mexique près du village appelé Tnrbaco. Ce dernier lieu est élevé de plus de trois cents mètres au-dessus du niveau de la mer, et le plateau sur lequel existent les cônes de la Salse est encore élevé de quarante ou cinquante mètres de plus. Ces cônes, au nombre d'une vingtaine, sont sept à huit mètres de haut, et sont formés par une boue noirâtre; ils sont surmontés d'une cavité remplie d'eau. Des phénomènes du même genre, mentionnés en d'autres lieux, n'ont pas été assez bien observés pour que nous en parlions ici. Il suffira de dire que tout extraordinaires qu'ils puissent paraître, on ne doit pas leur attribuer des rapports directs avec les volcans, dont l'importance et les vastes effets sont d'une bien autre nature. Les Salses doivent tenir à des dégagemens qui viennent des couches les plus superficielles de la terre, où des infiltrations bitumineuses, des combinaisons chimiques, produites par l'introduction d'une eau saturée de tel ou tel gaz et de la chaleur, suffisent pour produire le boursoufflement d'une Argile délayée. (B.)

SALSIFIS, BOT. PHAN. Ce nom vulgaire du Scorzonera hispanica a été appliqué aux espèces du genre Tragopogon. V. SCORZONÈRE et TRAGOPOGON. (G..N.)

SALSIGRAME. BOT. PHAN. Syn. de Géropogon dans quelques Dictionnaires. (B.)

* SALSILLA. BOT. PHAN. Espèce du genre Alstroémère. V. ce mot. (B)

* SALSIRORA. BOT. PHAN. (Thalius.) Syn. de Drosère. V. ce mot. (B.)

SALSOLA. BOT. PHAN. V. SOUDE.

* SALSORIE. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires du Salsola Tragus, L., sur les bords de la Méditerranée. (B.)

* SALTA-MURADA. POIS. (Delaroche.)Syn. d'Osmerus Saurus, Lac., aux îles Baléares. V. SAUMON. (B.)

* SALTIA. BOT. PHAN. Dans l'Appendice botanique au Voyage de Salt en Abyssinie, R. Browu a indiqué l'existence d'un nouveau genre qu'il a nommé Sallia, mais dont il n'a pas donné les caractères. (G..N.)

* SALTICUS. ARACHN. V. SALTIQUE.

* SALTIENNE. MAM. Espèce du genre Antilope. (B.)

SALTIGRADES. Saltigradæ. ARACHN. Araignées - Phalanges de plusieurs naturalistes, tribu de la famille des Aranéides ou Fileuses, ayant pour caractères: pieds propres à sauter; groupe oculaire formant un grand quadrilatère, soit simple, soit double, et dont un plus petit est inscrit dans l'autre; yeux latéraux de devant situés près des angles du bord antérieur du céphalothorax, les deux postérieurs séparés par toute la largeur de cette partie du corps, et opposés aux précédens. Les Araignées de cette tribu marchent com-

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me par saccades, s'arrêtent tout court après avoir fait quelques pas, et se haussent sur les pieds antérieurs. Découvrent-elles un Insecte, une Mouche ou un Cousin surtout, elles s'eu approchent doucement, jusqu'à une distance qu'elles puissent franchir d'un seul saut, et s'élancent tout-à-coup sur la victime qu'elles épiaient. Ces Araignées ne craignent pas de sauter perpendiculairement sur un mur, parce qu'elles s'y trouvent toujours attachées par le moyen d'un fil de soie qu'elles dévident à mesure qu'elles avancent; il leur sert encore à se suspendre en l'air, à remonter au point d'où elles étaient descendues, ou à se laisser transporter par le vent d'un lieu à un autre. Plusieurs Saltigrades construisent, entre les feuilles, sous les pierres, etc., des nids de soie en forme de sacs ovales, et ouverts aux deux bouts; ces Arachnides s'y retirent pour se reposer, faire leur mue et se garantir des intempéries des saisons.

Degéer a vu les préludes amoureux des sexes d'une espèce (Salticus grossipes). Le mâle et la femelle s'approchaient l'un de l'autre, se tâtaient réciproquement avec leurs pates antérieures et leurs tenailles; quelquefois ils s'éloignaient un peu, mais pour se rapprocher de nouveau; souvent ils s'embrassaient avec leurs pates, et formaient un peloton, puis se quittaient pour recommencer le même jen; mais il ne put les voir s'accoupler. Il fut plus heureux à l'égard de l'Aranea scenica; le mâle monta sur le corps de sa femelle, en passant sur sa tête et se rendant à l'autre extrémité; il avança un de ses palpes vers le dessous du corps de sa compagne, souleva doucement son abdomen, sans qu'elle fît de résistance, et alors il appliqua l'extrémité du palpe sur l'endroit du ventre de la femelle destiné à la copulation. Il vit ce mâle s'éloigner et revenir à plusieurs reprises, et se réunir plusieurs fois à sa femelle; celle-ci, loin de s'y opposer, se prêtait aisément à ce jeu.

Cette tribu je compose des deux genres Erèse et Saltique. V. ces mots. (G.)

SALTIQUE. Salticus. ARACHN. Genre établi par Latreille, et ayant pour caractères: huit yeux, formant par leur réunion un grand carré ouvert postérieurementou une parabole, quatre situés en avant du corselet sur une ligne transverse, et dont les deux intermédiaires plus gros; les autres placés sur les bords latéraux de la même partie; deux de chaque côté, et dont le premier, ou le plus antérieur, très-petit; mâchoires droites longitudinales, élargies et arrondies à leur extrémité; lèvre ovale, très-obtuse ou tronquée à son extrémité; pieds propres au saut et à la course, la plupart robustes, surtout les premiers; ceux des quatrième et première paires généralement plus longs, presque égaux; les intermédiaires presque de même grandeur relative. Ce genre est si naturel, qu'il a été établi dans presque tous les écrits des naturalistes qui sont traité des Aranéides. Aristote (Hist, des Anim., liv. 9, chap. 39, traduct. de Camus) en distingue plusieurs espèces. Lister, dans son Traité des Araignées d'Angleterre, désigne les Saltiques sous le nom d'Araignées-Phalanges ou Araignées-Puces; Clerck les appelle Araignées sauteuses. Geoffroy forme une famille particulière avec ces Araignées et les Lycoses de Latreille. Degéer et Olivier sont suivi l'exemple de Lister et Clerck, et sont formé, avec ces Araignées, leur famille des Phalanges. Fabricius, à l'exemple de Geoffroy, réunit, dans la même section, les Araignées Citigrades et Saltigrades. Linné comprend les Saltiques dans son grand genre Araignée. Scopoli en forme un groupe sous le nom d'Araignées voyageuses qu'il distingue en Vibrantes et en Sauteuses. Enfin, Walckenaer a désigné cette coupe sous le nom d'Atte, Attus, que Latreille n'a pas conserve, parce que ce nom ressemble trop à celui d'Atte, Atta, que Fabricius a donné à un genre d'Hyménoptères.

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Walckenaer partage ce genre en trois familles: les Sauteuses, les Voltigeuses et les Paresseuses; leurs caractères sont fondés sur la grandeur des palpes, sur celle des pates et sur leurs fonctions. La première famille est divisée en deux races, les Courtes et les Allongées; la troisième famille ne renferme qu'une seule espèce indigène.

Ce genre se compose d'un très-grand nombre d'espèces presque toutes propres à l'Europe. Parmi celles que l'on trouve sur les murs des maisons à Paris, nous citerons:

La SALTIQUE CHEVRONNÉE, Salticus scenicus, Latr.; Atte paré, Walkenaer; Araignée chevronnière de presque tous les auteurs. Elle est longue de trois à trois lignes et demie, noire, avec l'abdomen ovale, allongé, ayant trois bandes blanches demi-circulaires. (G.)

SALUT. POIS. L'un des synonymes vulgaires de Silure. (B.)

SALVADORE. Salvadora. BOT. PHAN. Genre de la famille des Chénopodées ou Atriplicées, et de la Tétrandrie Monogynie, L., offrant les caractères suivans: calice ou périanthe extérieur court, divisé peu profondément en quatre segmens ovales un peu obtus; corolle (périanthe intérieur) persistante, profondément partagée en quatre segmens roulés en dehors: quatre étamines dont les filets sont droits, de la longueur de la corolle, terminés par des anthères arrondies; ovaire supère, arrondi, surmonté d'un style court, terminé par un stigmate simple, obtus et ombiliqué; baie globuleuse, de la grosseur d'un pois, uniloculaire, renfermant une seule graine sphérique, enveloppée d'une tunique calleuse. Ce genre est rapproché des Rivina dont il diffère par la présence d'une corolle ou périanthe interne, et par ses graines recouvertes d'une tunique ou enveloppe particulière un peu calleuse.

La SALVADORE DE PERSE, Salvadora persica, L.; Lamk., Illustr., tab. 81; Roxburgh, Coromand., 1, tab. 26, est un Arbrisseau dont les tiges sont glabres, divisées en rameaux opposés, cylindriques, un peu pendans, garnis de feuilles opposées, pétiolées, ovales, oblongues, aiguës, quelques-unes acuminées, glabres à leurs deux faces, entières, lisses, un peu charnues, portées sur de courts pétioles. Les ileurs sont très-petites et disposées en grappes terminales ou axillaires. Cette Plante croît dans les Indes-Orientales, sur les bords du golfe Persique, dans l'Arabie, la Haute-Egypte, et au Sénégal. Nous l'avons reçue de ce dernier pays où elle a été trouvée par Le Prieur, zélé botaniste qui parcourt en ce moment l'intérieur de l'Afrique. Parmi les nombreux synonymes imposés au Salvadora persica, nous croyons utile de signaler les suivans: c'est le Rivina paniculata, L., Syst. Veget., éd. XV; le Cissus arborea, Forskahl, Descript., p. 32; l'Embelia grossularia, et l'Embelia Burmanni, de Retz; et le Pella ribesioides de Gaertner, de Fruct., tab. 28, fig. 8. Forskahl dit que les Arabes estiment beaucoup cette Plante; qu'ils en mangent les fruits lorsqu'ils sont parfaitement mûrs; que les feuilles passent pour résolutives, appliquées en cataplasmes sur les tumeurs; qu'elles jouissent surtout d'une grande réputation comme contre-poisons, et qu'elles sont été célébrées dans les poésies arabes.

Lourerio a décrit deux autres espèces originaires de la Cochinchine, auxquelles il a donné les noms de Salvadora capitulata et S. biflora. (G..N.)

SALVELINE. POIS. Espèce, du genre Saumon. V. ce mot. (B.

* SALVERTIA. BOT. PHAN. Genre de la nouvelle famille des Vochysiées, et de la Monandrie Monogynie, L., établi par Aug. Saint-Hilaire (Mémoires du Muséum, vol. 6, p. 266), et présentent les caractères suivans: calice divisé presque jusqu'à la base en cinq lobes à peu près égaux, l'un d'eux muni d'un épe-.

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ron. Corolle à cinq pétales insérés sur la base des divisions calicinales, les deux supérieurs plus étroits. Une seule étamine fertile, opposée à l'un des pétales inférieurs, formée d'un filet épais et d'une anthère oblougue, très-grande, cmbrassantle style dans le bouton, déjetee en arrière après l'épanouissement; cette étamine est placée entre deux autres étamines très-petites et stériles. Style grand, en massue, portant un stigmate scutelliforme, adné au côté concave de la partie supérieure du style, oblongue-trigone, velue, à trois valves déhiscentes par le milieu, et à trois loges qui renferment chacune une seule graine linéaire-elliptique, prolongée en aile, dépourvue d'albumen, ayant les cotylédons grands, elliptiques, roulés ensemble en spirale, et la radicule petite supérieure.

Le Salvertîa convallariæodora, A. Saint-Hilaire, loc. cit.; Martins et Zuccharini, Nov. Gener. et Spec. Brasil., 1, p. 152, tab. 93, est un bel Arbre à rameaux épais, remplis d'une substance résineuse, munis de feuilles ovales, obtuses, penninerves, verticillées, ordinairement au nombre de huit par verticille, portées sur des pétioles épais à la base, et dépourvus de stipules. Les fleurs sont grandes, de couleur blanchâtre, avec quelques teintes rougeâtres et violettes (d'après la figure de Martius), répandant une odeur agréable, et disposées eu thyrses terminaux. Cet Arbre croît au Brésil dans les champs secs et dans les forêts composées d'arbrisseaux épars, de la province de Minas-Geraes, et d'autres contrées plus australes. (G..N.)

SALVIA. BOT. PHAN. V. SAUGE.

SALVINIE. Salvinia. BOT. CRYPT. (Marsiléacées.) Ce genre constitue avec l'Azolla la section des Salviniées dans la famille des Marsiléacées. Ces deux genres sont en effet beaucoup de rapport par leurs caractères les plus importans. Celui qui nous occupe a été établi par Micheli, et l'espèce qui lui sert de type a été étudiée avec beaucoup de soin depuis quelques années par Vaucher, Savi fils, Duvernoy, Kaulfuss. Le Salvinia natans, la seule espèce européenne et bien connue de ce genre, flotte sur les eaux tranquilles dans l'Italie et dans quelques parties du midi de la France et de l'Allemagne. Sa tige, simple ou peu rameuse, porte des feuilles opposées, oblongues, traversées par une seule nervure, et toutes couvertes de papilles ou de poils courts; elles ne sont pas enroulées en crosses dans leur jeunesse; de cette tige naissent aussi de longues radicelles qui flottent dans l'eau. C'est à l'aisselle de ces feuilles que sont placées par grappes de six à huit les involucres qui contiennent les organes reproducteurs; ces involucres sphériques, uniloculaires, sont recouverts par deux membranes qui sont réunies par des cloisons qui s'étendent de l'une à l'autre, comme les méridiens d'une sphère. L'inlervalle de ces membranes est rempli d'air; la membrane externe est recouverte de poils articulés et fasciculés. Parmi ces involucres, il y en a un ou deux à la base de la grappe qui renferment les corps reproducteurs femelles; les autres contiennent des corps que quelques expériences semblent devoir faire considérer comme des organes mâles. Les involucres femelles renferment environ trente à trente-deux semences ovoïdes, portées sur un court pédicelle simple; toutes s'insèrent sur une colonne ou placenta central libre. Leur tissu externe est formé d'une membrane réticulée qui se continue avec le pédicelle; la graine elle-même est formée d'un corps ovoïde, charnu, farineux, qui nous a paru creusé d'une cavité dans son centre; on n'a pas pu jusqu'à présent y découvrir d'embryon, et peut-être toute cette masse est - elle un embryon acotylédon. Lors de la germination, la graine donne d'abord naissance, par la partie opposée à son point d'attache, à une sorte de calotte bilobée; son sommet porte un pédi-

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celle bilubë d'où soit un corps triangulaire que l'on peut considérer comme une sorte de cotylédon; de la base de ce corps naissent les premières radicelles, et de son échaucrure sort la plumule portant les premières feuilles opposées.

On ne peut douter, d'apiés ces observations, dues d'abord à Vaucher, répétées ensuite par Savi et Duvernoy, que ces corps ne soient les graines des Salvinies.

Les involucres mâles renferment un grand nombre de petits corps globuleux, insérés sur des pédicelles de diverses longueurs, remplissant tout l'involucre, et s'insérant au sommet d'une colonne centrale libre. Chacun de ces globules est formé d'une membrane réticulée, et est remplie, suivant les obsenvations de Savi, d'un liquide parsemé de points globuleux. Cette structure est analogue à bien des égards à celle des grains de pollen. Les involucres commencent à paraître au mois de septembre. Au bout d'un mois, ils sont à l'état le plus parfait; ils commencent alors à jaunir, se crèvent et tombent au fond de l'eau. Au printemps, vers le mois d'avril, les globules ovoïdes viennent flotter à la surface de l'eau et germent.

Les premiers auteurs qui sont observé cette Plante, Hedwig en particulier, avaient considéré les poils qui couvrent les involucres comme remplissant les fonctions d'organe mâle; la différence des deux sortes de globules, ou n'avait pas élé observée, ou n'avait pas attiré leur attention. Paolo Savi, qui décrivit avec beaucoup de soin la structure de ces organes, voulut s'assurer, par des expériences directes, du rôle qu'ils doivent remplir, et, présumant que la fécondation ne pouvait s'effectuer qu'après que les graines étaient sorties des involucres, il fit les expériences suivantes: il mit dans des bocaux différens remplis d'eau, 1° des corps elliptiques seuls; 2° des globules seuls; 5° un mélange des uns et des autres; 4° des involucres entiers des deux espèces. Au printemps, quelques - unes des graines du n° l'sont monté à la surface de l'eau, mais elles n'ont pas germé. Aucun des globules du n° 2 n'est venu flotter sur l'eau. Les graines elliptiques des nos 3 et 4 sunt presque toutes venues à la surface et sont germé. Ce jeune savant en conclut, 1° que les globules sphériques sont bien des organes mâles, puisque leur présence est nécessaire au développement du germe; 2° que la fécondation s'opère après la rupture des involucres et la dispersion des deux ordres de globules. Ce mode de fécondation est donc analogue, dans le règne végétal, à ce qui a lieu dans les Poissons et dans quelques autres Animaux où les œufs sont fécondés après leur sortie de l'organe femelle. Duvernoy a fait connaître d'autres expériences qui sembleraient contredire celles de Savi; mais ces expériences, faites dans des lieux où la Salvinie est difficile à se procurer fraîche, ne nous paraissent pas avoir le degré de précision de celles de Savi, qui, habitant la ville de Pise, dont les environs présentent abondamment cette Plante, a pu les répéter et les faire sur des échantillons intacts et choisis.

Les espèces exotiques de ce genre croissent dans les contrées tropicales et sont peu connues. L'une d'elles, figurée par Aublet et dont les involucres à deux valves sont portés sur une grappe dressée, semblerait constituer un genre nouveau; mais elle est connue trop imparfaitement pour qu'on puisse rien dire de certain à son égard. (AD. B.)

* SALVINIEES. BOT. CRYPT. V. MARSILÉACÉES.

SALWEDELIA. BOT. CRYPT. (Mousses.) Genre établi par Necker aux dépens du Bryum de Linné; il comprend des espèces de Tortula, de Weissia, de Bryum, etc., et n'a pu par conséquent être adoplé. (AD. B.)

SALZKUPFER. MIN. (Werner.) V. CUIVRE MURIATÉ.

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* SALZWEDELIA. BOT. PHAN. Le genre proposé sous ce nom, dans la Flore de Wéléravie, pour le Genista sagitialis, n'a pas été adopte. (G..N.)

* SAMACHEST. BOT. PHAN. V. KAFMARGAM.

SAMADERA. BOT. PHAN. (Gaertner.) Syn. de Niota. V. ce mot. (G..N.)

SAMALIE. OIS. Sous ce nom français, Vieillot, dans son démembrement du genre Paradisæa de Linné, a créé un genre pour lequel il a conservé le nom scientifique de Paradisæa, ayant pour types les Oiseaux de Paradis émeraude et le Masnifique, tandis que les autres espèces sont réparties dans les genres Parotia, Lophorina et Cicinnurus. Ces Samalies sont pour caractères: bec robuste, convexe en dessus, garni à la base de plumes veloutées, droit, comprimé laréralement, entaillé vers le bout; plumes hypochondriales très longues, flexibles, décomposées, ou plumes curtiales médiocres, roides. Ces caractères ne conviennent qu'aux mâles. Mais le genre Samalie devra être conservé sans aucun doute, et les Oiseaux qui le composent placés proche des Merles et non à côté des Corbeaux. V. PARADIS, (LESS.)

SAMANDURA. BOT. PHAN. (Linné, Fl. Zeyl.) Syn. de Niota tetrapetala, Lamk., suivant les uns, ou d'Heritiera littoralis, Ait., suivant les autres. (G..N.)

* SAMARA, POIS. Espèce du genre Sciœne de Linué. (B.)

SAMARA, BOT. PHAN. Ce genre, de la Tétrandric Monogynie, L., avait été placé dans la famille des Rhamnées, mais il en a été retiré pour être colloqué parmi les Myrsinées, et même suivant Rob. Brown quelques espèces qui sont été décrites sous ce nom générique par Swartz, ne différeraient pas du genre Myrsine. Le Rapanea d'Aubiet paraît également devoir rentrer dans ce dernier genre. Voici les caractères essentiels du Samara, tel qu'il a été établi par Linné: calice fort petit, à quatre folioles aiguës; corolle à quatre pétales sessiles, creusés à leur base d'une fossette' longitudinale; quatre étamines insérées dans cette fossette, à filets longs, sétacés, terminés par des anthères cordiformes; ovaire supère, ovale, surmonté d'un style saillant, et d'un stigmate infundibuliforme; drupe arrondie, renfermant une seule graine. Le Samara læta, L., Lamk., Illustr., tab. 74; Memecylon umbellatum, Burmann, Flor. Ind., p. 87; Cornus zeylanica, Burm., Thes. zeyl., tab. 31, est un Arbre dont les rameaux sont revêtus d'une écorce cendrée ou blanchâtre, à feuilles opposées, médiocrement pétiolées, placées au sommet des rameaux, ovales, obtuses, entières et glabres. Les fleurs occupent la partie inférieure des rameaux au-dessous des feuilles; elles sont jaunâtres, nombreuses, disposées en petits corymbes très-rapprochés. Cet Arbre croît dans les Indes-Orientales. (G..N.)

SAMARE. Samara, BOT. PHAN. Gaertner appelle ainsi un fruit sec, indéhiscent, à une ou deux loges contenant un petit nombre de graines, et dont le péricarpe, mince et membraneux sur ses bords, est souvent proluugé en ailes ou appendices. Tel est le fruit de l'Orme, des Érables, etc. C'est au même fruit que Mirbel donne le nom de Pteride, et Desvaux celui de Pteridion. (A. R.)

SAMBAC OU ZAMBACH. BOT. PHAN. Espèce du genre Mogorium, qui n'est qu'un Jasmin. V. ce mot. (B.)

SAMBOUC. BOT. PHAN. On ne sait quel bois odoriférant le compilateur Bomare a voulu désigner sous ce nom. (B.)

SAMBU, SAMBUC ET SAMBUQUIER. BOT. PHAN. Evidemment dérivés de Sambucus. Noms vulgaires du Sureau dans le midi de la France. (B.)

SAMBUCUS. BOT. PHAN. V. STREAU.

SAME. POTS. L'un des noms vul-

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gaires du Mugil Cephalus. V. MUGE. (B.)

SAMERARIA. BOT. PHAN. Desvaux (Journ. de Botan., 3, p. 161, tab. 24, f. 6) a élevé, sous ce nom, au rang de genre l'Isatis armena, L., dont la silicule est indéhiscente, munie d'une aile large et membraneuse. De Candolle n'en a fait qu'une simple section du genre Isatis. V. PASTEL. (G..N.)

* SAMETHOUNLE. OIS. (Gesner.) Syn. vulgaire du Râle d'eau. V. GALLINULE. (DR..Z.)

SAMIER. MOLL. Gmelin, dans la treizième édition de Linné, est le seul qui ait mentionné cette Coquille décrite par Adanson(Voy. au Sénég., pl. 8, fig. 14). Il lui a donné le nom de Murex trigonus; la disposition de ses varices la ferait placer aujourd hui dans le genre Triton de Lamarck, V. ce mot. (D..II.)

SAMOLE. Samolus. BOT. PHAN. Ce genre est placé à la suite de la famille des Primulacées, et dans la Pentandrie Monogynie, L. Il a été ainsi caractérisé par R. Brown (Prodiom. Flor. Nov.-Holl., p. 428): calice demi-supère, quinquéfide; corolle presque campanulée, à cinq lobes; cinq étamines anthérifères opposées aux segmens du limbe de la corolle, cinq autres étamiuès alternes et stériles; capsule semi-infère, ovoïde, uniloculaire, à cinq demi-valves, munie d'un placenta central libre; graines nombreuses, fixées à l'autre extrémité de la capsule, composées d'un embryon inclus dans l'albumen, et d'une radicule dirigée vers l'ombilic.

Ce genre diffère des Primulacées par son ovaire infère, du moins à sa base, par ses graines attachées par des cordons ombilicaux à l'autre extrémité de la capsule, et par ses cinq étamines stériles. Il comprend quatre on cinq espèces qui sont des Plantes her bacées à feuilles alternes, entières, à fleurs terminales, blanches, disposées en grappes ou en corymbes, et dont les pédicelles sont accompagnés à la base ou au milieu d'une bractée. Plusieurs de ces Plantes croissent à la Nouvelle-Hollande, et quelques-unes sont été considérées comme appartenant à un genre distinct des Samolus, et qui a été nommé Sheffieldia par Linné fils et Labillardière. Ainsi les Sheffieldia repens, L., Suppl., et Sheffieldia incana, Labillard., Nov.-Holl., 1, pl. 40, tab. 54, sont synonymes de Samolus litturalis, R. Br. Le type du genre est le Samolus Valerandi, L., Plante dont la tige est dressée, les feuilles radicales, obovées ou oblongues, les fleurs petites, blanches et en thyrse corymbiforme. Cette espèce croît dans les lieux aquatiques de l'Europe; elle se trouve aussi en Amérique, en Afrique, en Asie, à la Nouvelle Hollande, en un mot, sur presque tous les points de la surface terrestre ou certainement elle n'a pas été introduite par le commerce des hommes. De même qu'une foule d'autres Plantes aquatiques, le Samolus Valerandi n'a pas de patrie unique primitive; il est aborigène de tous ces lieux si éloignés et séparés par tant de barrières naturelles, mais qui présentent entre eux plus de rapports qu'on ne croit communément, car la température des eaux on d'un sol humide n'est pas aussi variée d'un pays à un autre que celle des lieux secs, et par conséquent n'apporte pas beaucoup de diversités dans les productions végétales. V. GÉOGRAPHIE BOTANIQUE. (G..N.)

SAMOLOIDES. BOT. PHAN. Boerhaave donne ce nom au genre qu'Adanson avait également établi sous le nom de Kreideck. V. ce mot. Bomare dit que c'est une Véronique dont on fait usage en thé chez les Anglais. (B.)

SAMOLUS. BOT. PHAN. V. SAMOLE.

SAMPACCA. BOT. PHAN. (Rumph.) Syn. de Michelia. V. ce mot. (B.)

SAMSTRAV ADI. BOT. PHAN. Nom vulgaire, à la côte du Malabar, de l'Eugenia racemosa, L., type du genre Stravadium de Jussieu. (G..N.)

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SAMYDE. Sarnyda. BOT. PHAN. Ce genre, qui a donné son nom à la petite famille des Samydées, avait été primitivement établi par Plumier sous le nom de Guidonia. Il appartient à l'Icosandrie Monogyuie, L., et il offre les caractères suivaus: calice campanulé, tubuleux, coloré, persistant, le limbe à cinq ou très-rarement à quatre divisions inégales; corolle nulle; étamines en nombre qui varie de huit à dix-huit, toutes fertiles, courtes, adnécs au sommet du tube du calice, à filets larges, membraneux, connés eu tube à la base, glabres, libres et cuspidés au sommet, à anthères oblongues, dressées, biloculaires, déhiscentes longitudinalement et à l'intérieur; ovaire supère, sessile, uniloculaire, renfermant plusieurs ovules fixés à des placentas pariétaux, surmonté d'un seul style dressé et d'un stigmate capité; capsule globuleuse-ovoïde, charnue-coriace, uniloculaire, s'ou-vrant par le sommet en trois à cinq valves; graines nombreuses, marquées à la base d'un trou ombilical, recouvertes d'un triple tégument, l'extérieur charnu-pulpeux, celui du milieu testacé, fragile; l'intérieur mince, adhérent; l'endosperme est charnu et offre vers sa partie supérieure un embryon inverse. Ces caractères, que nous avons empruntés à Kunth (Nov. Gener, et Spec. Plant. æquin. T. V), ne conviennent qu'à une partie des Samydes décrites par les auteurs. Plusieurs sont été confondus avec les Casearia, qui se distinguent cependant par un caractère facile à reconnaître, celui des étamines à filets alternativement an-thérifères et stériles. Parmi les vraies espèces de Samyda, nous citerons les S. villosa, glabrala, Swartz, Flor. Ind. occid.; S. spinulosa, Venten., Choix de Plantes, tab. 45; et S. multiflora, Cavan., Icon., 1, p. 48, tab. 67. Ce sont des Arbrisseaux ou des Arbustes indigènes des Antilles, à rameaux quelquefois spinescens, à feuilles alternes, simples, entières, finement ponctuées, munies de deux stipules pétiolaires. Les pédoncules sont axillaires, uniflores, solitaires ou ramassés en forme d'ombelles. Les fleurs sont blanchâtres, rarement purpurines. (G..N.)

SAMYDÉES. Samydeæ. BOT. PHAN. Famille naturelle de Plantes, indiquée d'abord par Gaertner fils (Carp., 3, p. 208-242), établie par Ventenat (Mém. Inst., 1807, 2, p. 142), et adoptée maintenant par tous les botanistes modernes. Le genre Samyda, qui est le type de cette famille, avait été laissé par Jussieu parmi ceux dont les affinités n'étaient point assez connues. Voici comment cette famille peut être caractérisée: le calice est monosépale, persistant, souvent coloré, surtout à sa face interne, et offrant de trois à sept divisions plus ou moins profondes. La corolle n'existe pas. Les étamines, dont le nombre varie et est un multiple du nombre des divisions calicinales, sont ou libres, ou plus souvent mouadelphes par la base de leurs filets, qui sont insérés sur la paroi interne du calice; quelquefois un certain nombre des étamines avortent et sont réduites à l'état rudimentaire; d'autres fois elles sont accompagnées à leur base d'un appendice lamelliforme, qui constitue une sorte de couronne intérieure; les antlières sont introrses et à deux loges, s'ouvrant chacune par une suture longitudinale. L'ovaire est libre, sessile, et à une seule loge contenant un petit nombre d'ovules attachés à trois trophospermes pariétaux. Le style est simple, terminé par un stigmate simple ou trifide. Le fruit est coriace ou légèrement charnu, à une seule loge, qui s'ouvre incomplètement et par son sommet en trois valves, portant chacune une ou plusieurs graines attachées sur leur face interne. Ces graines, quelquefois accompagnées à leur base d'un arille cupuliforme, se composent d'un tégument propre qui recouvre un endosperme charnu, dans lequel est placé un embryon, dont la

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radicule est opposée au hile. Les Végétaux dont cette famille se compose sont des Arbustes, des Arbres ou des Arbrisseaux, tous exotiques et originaires des contrées chaudes de l'ancien continent et du nouveau. Leurs feuilles alternes sont simples, entières ou dentées, le plus souvent marquées de points translucides et munies de stipules à leur base. Les fleurs sont ordiuairement axillaires, quelquefois solitaires ou réunies en grand nombre. Les trois genres Samyda, L.; Casearia, Jacquin, dans lequel on doit réunir l'Anavinga de Lamarck, l'Iroucana et Pitumba d'Anblet, l'Athænea de Schreber et le Melistaurum de Forster, et Chætocrater de Ruiz et Pavon, formaient seuls cette famille. En traitant du genre Piparea d'Aublet dans ce Dictionuaire, nous avons fait voir que ce genre, généralement rapporté à la famille des Violariées, venait se placer plus naturellement dans celle des Samydées. Par la structure de leur fruit les Samydées se rapprochent beaucoup des Violariées et des Flacourtianées; mais leurs étamines périgynes les reportent non loin des Rosacées et des Rhamuées. (A. R.)

SANAMUNDA. BOT. PHAN. (Adanson d'après L'Ecluse.) Syn. de Passerina. V. PASSERINE. (G..N.)

SANCHÈZE. Sanchezia. BOT. PHAN. Ruiz et Pavon (Flor. Peruo. Prodrom., p. 5, tab. 52) sont établi sous ce nom un genre qui appartient á la famille des Scrophularinées et à la Diandrie Monogynie. Voici ses caractères essentiels: calice persistant, à cinq divisions droites, ovales, concaves, échancrées au sommet; corolle inégulière, dont le tube est recourbé, insensiblement rétréci à la base et à son orifice; le limbe à cinq découpures ovales, échancrées et réfléchies, les deux supérieures un peu plus courtes; deux étamines saillantes, à filets velus, terminés par des anthères ovales, munies à leur base d'un appendice court, calcariforme; deux filets stériles, ayant la même insertion que les étamines fertiles; ovaire oblong, surmonté d'un style filiforme plus long que les étamines, et terminé par un stigmate bifide; capsule oblongue, acuminée, à deux valves, renfermant quelques graines planes, orbiculaires. Deux espèces sont été décrites et figurées dans la Flore du Péron, vol. 1, p. 7, tab. 8, fig. B et C, sous les noms de Sanchezia oblonga et de S. ovata. Ce sont de très-grandes Plantes herbacées, à tiges simples ou rameuses, tétragones, munies de feuilles oblongues, lancéolées ou ovales, dont les fleurs, de conlenr jaune, sont disposées en épis terminaux et munies chacune de bractées rouges. Ces Plantes croisseut dans les lieux ombragés et marécageux du Pérou. (G..N.)

SANCHITE. BOT. PHAN. Même chose que Bladie. V. ce mot. (B.)

SANDAL. BOT. PHAN. Même chose que Santal. V. ce mot. (B.)

SANDALE. INS. Pour Sandalus. V. ce mot. (B.)

SANDALE. MOLL. Nom vulgaire que l'on donne aux Coquilles du genre Crepidule, et quelquefois à la Calcéole. V. ces mots. (D..H.)

* SANDALINE. Sandalina. MOLL. Nom que Schumacher a donné au genre Crépidule de Lamarck. Il doit être abandonné, puisqu'il fait double emploi. V. CRÉPIDULE. (D..H.)

SANDALIOLITE. POLYP. Il paraît que ce que le compilateur Bomare appelle ainsi est quelque Caryophyllie fossile. (B.)

SANDALUS. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Serricornes, tribu des Cébrionites, mentionné par Latreille (Fam. natur. du Règn. Anim) et établi par Knoch (Neue Beytrage zur Insectenkunde, 1, vol. 5, 1811) qui lui donne pour caractères: antennes en scie dans les deux sexes, plus courtes que le corselet; mandibules fortes, avancées et très-crochues Knoch ne mentionne qu'une

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espèce de ce genre: il la nomme Sandalus petrophya. (C.)

SANDARACHA. MIN. Ce nom employé par Théophraste et par Pline, indique, suivant la plupart des minéralogistes, l'Arsenic sulfuré rouge ou le Réalgar. (G. DEL.)

SANDARAQUE. BOT. PHAN. Substance résineuse fournie par le Thuya articulata, Desf., Flor. Atlant., 2, p. 353, tab. 252; petit Arbre de la famille des Conifères, qui croît sur les côtes septentrionales d'Afrique. On l'a pendant long-temps attribuée à une espèce de Genévrier (Juniperus Oxycedrus, L.); mais cet Arbrisseau ne produit presque point de résine dans nos contrées méridionales où il n'est pas rare. D'ailleurs l'opinion qui attribue la Sandaraque au Thuya articulata est celle de Broussonnet et de Schousboe, observateurs dignes de confiance. La Sandaraque est en larmes rondes ou allongées, blanchâtres ou d'un jaune-citrin pâle, brillantes, transparentes, se brisant sous la dent, brûlant avec une flamme claire et exhalant une odeur balsamique et agréable, soluble presqu'en entier dans l'alcohol, moins soluble dans l'huile volatile de térébenthine, d'une saveur résineuse et un peu balsamique. La Sandaraque entre dans la composition des vernis à l'alcohol; on se sert de sa poudre pour empêcher le papier d'être traversé par l'encre lorsqu'on a enlevé l'écriture par le grattage. (G..N.)

SANDARESUS. MIN. Pline désigne sous ce nom une Pierre qu'il dit être rouge et contenir dans son intérieur des espèces de corps rayonnes en étoiles et brillans. Les minéralogistes modernes n'ont encore pu rapporter cette Pierre à aucune de celles qu'ils connaissent. (G. DEL.)

SANDASTROS. MIN. Pline a parlé sous ce nom d'une Pierre que l'on présume être un Silex prase. (G. DEL.)

SANDAT. POIS. V. SANDBE et PERCHE, sous-genre CENTROPOME.

SANDERLING. Calidris. (Illiger.) OIS. Genre de la première famille de l'ordre des Gralles. Caractères: bec médiocre, grêle, droit, mou, flexible, comprimé vers la base, déprimé à la pointe qui est aplatie et plus large que la partie intermédiaire; sillon nasal très - prolongé vers la pointe; narines longitadinalement fendues de chaque côté du bec; pieds grêles; trois doigts presque entièrement divisés et dirigés en avant; point de pouce; ailes médiocres, première rémige la plus longue. Le genre Sanderling ne se compose que d'une seule espèce, mais on la trouve répandue sur toutes les parties septentrionales des deux hémisphères; en Amérique, en Asie comme en Europe, l'espèce n'offre aucune différence; partout elle est assujettie à des mues constantes qui, sur chaque point, amènent les mêmes variations dans le plumage. Quelques auteurs semblent enclins à penser que ce pourraient être les mêmes individus que les migrations feraient passer successivement d'une contrée à l'autre, et revenir insensiblement au point de départ. Nous sommes loin de vouloir admettre ou combattre cette opinion; mais il nous semble difficile de croire que des êtres aussi faibles pussent supporter les fatigues de tels voyages, et parcourir en aussi peu de temps des distances aussi grandes. Quoi qu'il en soit, ces Oiseaux se montrent régulièrement en printemps et en automne sur nos côtes, où leur nombre est quelquefois si considérable que le rivage en est presque convert; ils ne se montrent qu'accidentellement dans les marais, sur les bords des rivières et des fleuves, ce qui tend à faire croire que ce n'est point la que se trouve leur nourriture habituelle, et qu'ils font un exclusif usage de Vers et de petits Mollusques marins. C'est dans l'extrême nord, vers les régions arctiques, que le Sanderling va tranquillement s'occuper de sa reproduction; un trou pratiqué dans le sable est le nid où la femelle dépose cinq à sept œufs

TOME XV. 7

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qu'elle couve avec la plus constante assiduité. La jeune famille qui en résulte ne ressemble en rien aux adultes, qui eux-mêmes éprouvent chaque année la double mue.

SANDERLING VARIABLE, Calidris arenaria, Illig.; Tringa arenaria, Gmel.; Arenaria Calidris, Mey.; Charadrius Calidris, Wils., Amer. Ornit., pl. 59, fig. 4. Petite Maubèche grise, Briss. Parties supérieures et côtés du cou d'un gris blanchâtre, sur le milieu de chaque plume; poignet, bord des ailes et rémiges d'un noir pur; l'origine de celles-ci et leurs tiges blanches. Tectrices alaires noirâtres, bordées de blanc; face, gorge, devant du cou et parties inférieures d'un blanc pur; bec, iris et pieds noirs. Taille, sept pouces un quart. Dans le plumage d'été, ou en robe de noce, les parties supérieures sont d'un roux foncé avec de grandes taches noires; la face et le sommet de la tête sont marqués de grandes taches noires entourées d'un double cercle roux et blanc; rémiges noires; tectrices alaires d'un brun noirâtre, marquées de zig-zags roux et bordées de blanchâtre; lectrices intermédiaires noires, bordées de roux cendré. Cou, poitrine et haut des flancs d'un roux cendré, tachetés de noir avec le bord des plumes blanc; abdomen et autres parties inférieures d'un blanc pur: c'est alorsle Charadrius rubidus, Gmel., Lath., Wils. Les jeunes, avant la mue, sont les parties inférieures noirâtres, tachetées de jaunâtre, avec le bord des plumes de cette nuance; la nuque, les côtés du cou et de la poitrine d'un gris clair finement rayé et ondé de brun; une raie cendrée entre le bec et l'œil; le front, la gorge, le devant du cou et toutes les parties inférieures d'un blanc pur; le bord des ailes, les rémiges et les rectrices intermédiaires noirs. Ils sont alors connus et décrits sous les noms de Charadrius Calidris, Gmel.; Arenaria vulgaris, Bechst.; Maubèche grise, Girardin. (DR..Z.)

SANDIX. MIN. Les anciens donnaient ce nom à un Minium, qu'ils obtenaient eu calcinant convenablement de la Céruse. (G. DEL.)

SANDORIC. Sandoricum. BOT. PHAN. Sous ce nom Rumph (Herb. Amboin., 1, p. 167, tab. 64) a décrit et figuré un grand Arbre de l'Inde, dont Cavanilles a fait un genre qui appartient à la famille des Méliacées et à la Décandric Monogynie, L. Lamarck, ayant reçu de Sonnerat le fruit et les feuilles de cet Arbre, en a complété la description, dans le Dictionnaire encyclopédique, sous le nom d'Hantol. Voici les caractères de ce genre: calice campanulé, à cinq dents; corolle à cinq pétales lancéolés, du double plus longs que le calice; dix étamines dont les filets sont réunis en un tube cylindrique, portant sur son bord interne de petites anthères; ovaire globuleux, surmonté d'un style à cinq stigmates bifides. Baie de la forme et de la grosseur d'une orange, remplie d'une pulpe blanche et fondante qui entoure quatre ou cinq noyaux ovales, convexes sur le dos, anguleux du côté de l'axe du fruit, un peu comprimés latéralement, s'ouvrant en deux valves et renfermant chacun une seule graine. Le Sandoricum indicum croît dans les Philippines, les Moluques et dans plusieurs autres îles de l'Inde orientale. Ses feuilles sont alternes, pétiolées, composées de trois grandes folioles ovales, pointues et entières. Les fleurs sont disposées eu grappes composées et axillaires. La pulpe du fruit de cet Arbre a une saveur d'abord aigrelette et assez agréable, mais qui laisse ensuite dans la bouche un goût alliacé. On en fait une gelée et un sirop qui sont des mets de dessert. Rumph s'est beaucoup étendu sur les propriétés de la racine de son Sandoricum contre la colique et les points de côté. (G..N.)

SANDRE. Sandat. POIS. Sous-genre de Perche. V. ce mot. (B.)

SANG. ZOOL. Partout où il y a vie, il y a nutrition, c'est-à-dire un mou-

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vement continuel de composition et de décomposition simultanées à l'aide duquel le corps, qui en est le siège, se renouvelle sans cesse en s'emparant des substances qui l'entourent, se les assimilant, et en rejetant au dehors une portion des molécules dont il était lui-même formé. Cette action intestine s'effectue au moyen des liquides renfermés dans les interstices que laissent entre elles les fibres ou les lamelles constituantes des tissus. Les molécules étrangères tenues en suspension ou dissoutes par ces liquides, péuètreut dans la substance des organes et s'y déposent, tandis que les parties éliminées sont entraînées au dehors par la même voie. Dans les Animaux dont la structure est la plus simple, tous les liquides du corps sont semblables ils ne paraissent consister qu'en une quantité plus ou moins considérable d'eau peu chargée de principes organiques, et ce sont les produits de la digestion ou d'une simple absorption qui vont directement nourrir les diverses parties du corps. Mais dans les êtres qui occupent un rang plus élevé dans la série zoologique, les humeurs cessent d'être toutes de même nature, et il en est une qui, formée par le chyle, en diffère cependant essentiellement, et qui est destinée d'une manière spéciale à subvenir aux besoins de la nutrition. C'est à ce liquide que l'on a donné le nom de Sang.

Dans tous les Animaux sans vertèbres, excepté les Annelides, le Sang est presque incolore; mais dans ces derniers, ainsi que dans les Animaux vertébrés, sa couleur est rouge, et c'est à cause de cette différence que, pendant long-temps, on regardait les premiers comme dépourvus de Sang.

On ne sait que peu de chose sur les propriétés physiques et chimiques du Sang de la plupart des Animaux invertébrés. Dans les Mollusques, il cst pai faitement incolore, et examiné au microscope, ne paraît formé que par un liquide aqueux tenant en suspension un grand nombre de petits globules albumineux, et un certain nombre de grosses vésicules, dont l'aspect est souvent comme framboise. Dans les Crustacés, le Sang est d'unc consistance plus grande; en général, il offrc une légère teinte rosée ou bleuâtre, et lorsqu'on le retire de l'Animal, il ne tarde pas à se coaguler et à former une masse semblable à de la gelée. Examinée au microscope, sa composition paraît à peu près la même que celle du Sang des Mollusques.

On s'est au contraire beaucoup occupé de l'étude dc ce liquide chez plusienrs Animaux à sang rouge; mais surtout chez l'Homme. Sa couleur, comme chacun le sait, est d'un beau rouge; sa consistance est un peu visqueuse; son odeur est fade et particulière; et sa pesanteur spécifique, un peu plus grande que celle de l'eau, varie comme nous le verrons plus tard. En examinant au microscope le Sang de ces Animaux, on voit qu'il est formé de deux parties distinctes, d'un liquide transparent auquel on a donné le nom de Serum, et d'une foule de globules ou de petits corpuscules solides et réguliers, tenus en suspension dans le fluide dont nous venons de parler. C'est à Malpighi et à Leuwenhoeck que l'on doit la découverte de ces globules; un grand nombre demicrographes se sont occupés de leur étude, mais c'est à Leuwenhoeck, à Hewson, et à Prévost et Dumas, que l'on doit les travaux les plus suivis et les plus importans sur ce sujet. Les observations des deux physiologistes que nous venons de citer en dernier lieu, sont appris que dans tous les Mammifère* les globules du Sang sont circulaires, tandis que, chez les Oiseaux, les Reptiles et les Poissons, ils sont elliptiques; ils sont aussi fait voir que le diamètre de ces corpuscules est constant dans le même Animal, mais qu'il varie beaucoup d'une espèce à une autre, comme on peut s'en convaincre d'après le tableau suivant:

7*

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ANIMAUX A GLOBULES CIRCULAIRES.

NOM DE L'ANIMAL. DIAMETRE APPARENT, avec un grossissement de trois cents fois le diamètre. DIAMÈTRE RÉEL
en fractions vulgaires en fractions décimales.
millim.
Callithriche d'Afrique 2mm. 5 1/120 0mm,00833
Homme, Chien, Lapin, Cochon, Hérisson, Cabiais, Muscardin 2 00 1/150 0 00666
Ane 1 85 1/167 0 00617
Chat, Souris, Surmulot 1 75 1/171 0 00585
Mouton, Cheval, Oreillard, Mulet, Boeuf 1 50 1/200 0 00500
Chamois, Cerf 1 37 1/218 0 00456
Chévre 1 00 1/288 0 00386

ANIMAUX A GLOBULES ALLONGÉS.

NOM DE LffANIMAL. DIAMETRES
APPARENT, avec un grossiscment de 300 fois le damètre. RÉEL, en fractions vulgaires. RÉEL en fractions décimales.
grand. petit. grand. petit. grand. petit.
Orfraie, Pigeon 4,00 2,00 1/75 1/150 0,01333 0,00666
Dinde, Canard 3,84 id. 1/79 id. 0,01266 id.
Poulet 3,67 id. 1/81 id. 0,01223 id.
Paon 3,52 id. 1/81 id. 0,01273 id.
Oie, Chardonneret, Corbeau, Moineau 3,47 id. 1/86 id. 0,01156 id.
Mésange 5,00 id. 1/100 id. 0,01000 id.
Tortue terrestre 6,15 3,85 1/48 1/77 0,0205 0,0128
Vipére 4,97 3,00 1/60 1/100 0,0165 0,0100
Orvet 4,50 2,60 1/66 1/115 0,0150 0,0866
Couleuvre de Razomousky.. 5,80 5,00 1/51 1/100 0,0193 0,0100
Lézard gris 4,55 2,71 1/66 1/111 0,0151 0,0090
Salamandre 8,50 5,28 1/35 1/56 0,0285 0,0176
Crapaud, Grenouille 6,80 4,00 1/45 1/75 0,0228 0,0125
Lotte, Vérou, Dormille, Anguille 4,00 2,44 1/75 1/125 0,0133 0,0813

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La détermination du diamètre des globules du Sang offre bien des difficultés; aussi trouve-t-on des différences très-grandes entre les résultats obtenus par la plupart des micrographes. Le tableau suivant présente l'évaluation de la grosseur des globules du Sang humain, d'après la plupart des observateurs qui se sont occupés de ce sujet.

Pouces angl. millim.
Jurine 1/5240 1/119
Id., d'après de nouvelles expériences. 1/1940 1/71
Bauer 1/1700 1/62
Young 1/6060 1/221
Wollaston 1/5000 1/184
Kater 1/4000 1/147
Id 1/6000 1/221

Prévost et Dumas sont constamment trouvé 1/300 de millimètre; ils sont examiné une vingtaine de Sangs sains, et une quantité bien plus considérable de Sangs malades, et il leur a toujours été impossible d'apercevoir la moindre différence due à l'âge, au sexe ou à l'état morbide. Toutes les personnes qui sont eu la curiosité de s'assurer par elles-mêmes de leurs principaux résultats, n'ont point hésité à donner 2 millimètres aux globules du Sang humain, dans les mêmes circonstances où ils les avaient mesurés, c'est-à-dire en les soumettant à un pouvoir amplifiant de trois cents fois le diamètre: l'erreur ne pouvait donc dépendre que du pouvoir amplifiant qu'ils attribuaient à leur microscope. Du reste, cette détermination ne s'éloigne pas beaucoup de celle obtenue, en suivant une autre méthode, par Wollaston, et ne diffère guère de celle obtenue par le capitaine Kater dans la première des deux expériences rapportées plus haut, et faites d'après une méthode analogue à celle employée par Prévost et Dumas. Dans une autre expérience, Kater ne trouva que 1/221, et il crut devoir prendre le terme moyen de ces deux résultats pour mesure définitive; mais il est bien probable que, dans le premier cas, il avait examiné un globule du sang dans son état naturel, tandis que, dans le second, il aura mesuré un de ces globules dépouillé de sa matière colorante ou un des globules albumineux dont nous aurons l'occasion de parler par la suite, et dont le diamètre est effectivement beaucoup plus petit. Du reste, le capitaine Kater employa un microscope dont le pouvoir amplifiant n'était que de 200 diamètres, ce qui diminue beaucoup les chances d'exactitude dans la mesure d'objets aussi minimes. Les expériences de Bauer sont été faites au moyen du micromètre ordinaire, et l'on peut avancer sans crainte qu'elles ne sont pas exactes, à cause de la nature même de cet instrument; en effet, le globule que l'on place sur le micromètre, et les divisions de cet instrument, ne peuvent pas être simultanément au foyer de l'objectif. Quand aux observations de Jurine, elles sont évidemment erronées, et celles du docteur Young ayant été obtenues à l'aide de l'érinomètre, nous ne pouvons en parler avec connaissance de cause, car cet instrument ne se trouve dans aucun des cabinets de physique de cette ville.

La structure des globules du sang a également donné naissance à plusieurs opinions dissidentes; mais ici encore les recherches de Prévost et Dumas sont non-seulement jeté un nouveau jour sur ce sujet, mais nous sont fait connaître la cause probable de ces différences. Leuwenhoeck, Fontana, Home, etc., sont figuré ces globules comme étant des sphéroïdes portant une tache lumineuse. Della Torre et Styles, ayant aperçu un point noir dans leur centre, pensèrent qu'ils avaient une forme annulaire; enfin Hewson les regardait comme étant des vésicules aplaties et renfermant dans leur intérieur un corpuscule central. Prévost et Dumas sont trouvé qu'en observant ces globules avec une lentille très-faible, ils présentent l'as-

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pect d'autant de points noirs, qui, examinés avec an instrument plus puissant, prennent l'apparence d' un cercle blanc, an milieu duquel on voit une tache noire; enfin ce point central, au lieu d'être opaque, devient une tache lumineuse lorsque le pouvoir amplifiant du microscope a atteint 3 ou 400.

Il résulte aussi des travaux de ces physiologistes, que les globules du Sang sont composés (comme l'avait pensé Hewson) d'un sac formé par la matière colorante, et d'un corpuscule central, semblable, par son volume, aux globules qu'on trouve dans le lait, le pus, le chyle, etc. Dans l'état ordinaire, cette espèce de vessie est déprimée, en sorte que l'assemblage prend la forme d'une pièce de monnaie, avec un petit renflement au milieu. Pour les globules circulaires, ceci paraît clairement prouvé; mais, quant aux particules elliptiques, « il existe, ajoutent ces auteurs, quelques difficultés; cela tient à ce que la petite sphère est déjà enveloppée d'une autre substance fixée autour d'elle, et que ce système roule dans la vessie de matière colorante, comme la sphère simple dans les autres cas. » D'après les figures qui accompagnent le Mémoire que je viens de citer, et d'après les dessins que Dumas a bien voulu nous communiquer, on voit que chez tous les Animaux à globules sanguins circulaires, ces corpuscules centraux et incolores sont de la même grandeur, quel que soit le volume de leur enveloppe de matière colorante. Chez le Callitriche, comme chez la Chèvre, leur diamètre est de 1/300 de millimètre (V. notre Mémoire sur la structure intime des tissus organiques, Annales des Sciences nat. T. IX, pl. 50, fig. 3 à 8). Chez les Animaux dont les globules du Sang sont elliptiques, on n'obtient pas d'abord le même résultat, à cause de la disposition dont il a été question plus haut. Le noyau central paraît également elliptique et d'un volume plus on moins considérable; mais si, à l'aide d'un acide affaibli, on détermine la dissolution de l'enveloppe extérieure sans détruire le noyau central, on trouve celui-ci circulaire et à peu près semblable à ceux des Mammifères. C'est à sir E. Home que l'on doit la découverte importante de l'identité de ces globules et de ceux qui constituent la fibre musculaire. Prévost et Dumas sont confirmé cette observation, et celles que nous avons faites de notre côté tendent à démontrer que la même analogie existe entre les globules en question, ceux qui se forment toutes les fois que l'albumine ou la fibrine passent de l'état liquide à l'état solide, et ceux qui constituent les divers tissus organiques des Animaux (V. ORGANISATION). Quant à la structure intime de l'espèce de sac qui est formé de matière colorante et qui entoure les globules dont nous venons de parler, nous ne savons encore rien de précis. D'après Prévost et Dumas, c'est une espèce de gelée facile à diviser, et insoluble dans l'eau; enfin, s'il était permis de se guider seulement d'après l'analogie, on pourrait croire que ce sac est formé à son tour de corpuscules globuleux. En effet, l'examen de la matière colorante des Mélanoses et celle du Sang, séparée des globules fibrineux, a montré que cette substance affecte aussi une forme primitive globulaire, mais que ses corpuscules sont beaucoup plus petits que ceux de l'albumine, de la fibrine, etc. Cela expliquerait l'observation de Hewson, qui trouva que lorsque le Sang commence à se putréfier, la surface externe de ces vésicules prend une apparence framboisée; fait dont l'exactitude a été reconnue dernièrement par Hodgkin et Lister, deux médecins qui se sont occupés de l'étude microscopique du Sang et des tissus, mais qui, en général, ne sont pas arrivés aux mêmes résultats que Hooke, Leuwenhoeck, Swammerdam, Stuart, Prochaska, Wenzel, Home, Prévost et Dumas, Dutrochet, etc.

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Lorsque le Sang, soumis à l'examen microscopique, est encore renfermé dans les vaisseaux d'un Animal vivant, les globules n'ont d'autre mouvement que celui qui leur est imprimé par le liquide dans lequel ils nagent; mais lorsqu'on en extrait quelques gouttes, et qu'on les place sur un porte-objet, ces particules paraissent s'agiter vivement. Peu d'instans après que le Sang a cessé de circuler, il perd sa fluidité et se transforme en une masse molle. L'attraction qui maintenait la substance rouge autour des globules blancs ayant cessé, ceux-ci tendent à se réunir en manière de chapelet, et à former ainsi un réseau dans les mailles duquel se trouve renfermée la matière colorante libre, et une grande quantité de particules échappées à cette décomposition spontanée. Peu à peu la majeure partie du liquide dans lequel nagent les globules, s'échappe de cette masse, et le Sang se sépare ainsi en deux parties distinctes: l'une liquide, jaunâtre et transparente, est le sérum; l'autre solide, molle, gélatineuse, opaque et d'un rouge foncé, porte le nom de caillot.

Les proportions relatives de ces deux élémens du Sang peuvent varier dans le même Animal suivant les circonstances où il est placé; mais elles varient aussi d'un Animal à un autre, et, chose digne de remarque, il existe presque tonjours un certain rapport entre la quantité des globules et la chaleur développée par l'Animal. C'est ce qu'on peut voir par le tableau suivant, dans lequel Prévost et Dumas sont rapporté le résultat des expériences qu'ils sont faites à ce sujet.

NOM DE L'ANIMAL. Poids des particules pour 10,000 de Sang. Température moyenue. Pouls normal par minute Respiration normale par minute.
OISEAUX.
Pigeon. 1557 42 centig. 136 34
Poule. 1571 41,5 140 30
Canard. 1501 42,5 110 21
Corbeau. 1466
Héron. 1326 41 200 22
MAMMIFÈRES.
Singe. 1461 35,5 90 30
Homme. 1292 39 72 18
Cochon d'Inde. 1280 38 140 36
Chien. 1238 37,4 90 28
Chat. 1204 38,5 100 24
Chèvre. 1020 39,2 84 24
Veau. 912
Lapin.. 736 38 120 36
Cheval. 920 36,8 56 16
Mouton. 900 38
ANIMAUX A SANG FROID.
Truite. 636 celle du milieu.
Lote (Gadus Lota). 481 36
Grenouille. 690 9° dans une eau à 75. 20
Anguille. 600 celle du mi lieu.

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Les résultats que ces physiologistes sont obtenus en étudiant le Sang d'une Tortue, ne s'accordent pas avec ceux que fournissent les analyses dont nous venons de parler; mais cette anomalie paraît dépendre d'une cause accidentelle, les grandes pertes que l'Animal avait éprouvées par évaporation, etc. (V. le Mémoire de Prévost et Dumas sur le Sang; Bibliothèque universelle de Genève, T. XVII, 1821.)

On voit, d'après ce tableau, que les Oiseaux sont les Animaux dont le Sang contient la plus grande proportion de globules; que les Mammifères viennent ensuite, et qu'il semblerait que les Carnivores en sont plus que les Herbivores; enfin que les Animaux à Sang froid sont ceux qui en sont le moins.

Nous avons vu que le Sang renferme des globules semblables à ceux qui constituent par leur assemblage les divers tissus de l'économie. La chimie y a également démontré la présence de tous les principes immédiats qui entrent dans leur composition; on y a trouvé de l'Eau, de l'Albumine, de la Fibrine, de l'Hématosine (ou principe colorant rouge), une matière grasse analogue à celle du cerveau, de l'Urée, du lactate de Soude, de la matière extractive, du sulfate de Potasse, des chlorures de Sodium et de Potasium, de la Soude plus ou moins carbonatée, du phosphate de Chaux et de Magnésie, et du peroxide de Fer. Le caillot du Sang est composé de la Fibrine et de la matière colorante rouge; le sérum tient en dissolution l'Albumine et les divers sels que nous venons d'énumérer. Quant à l'Urée, sa quantité est en général trop petite pour être appréciable, car à mesure que ce principe se forme, il paraît être éliminé par les reins; mais si l'on pratique l'extirpation de ces organes, ainsi que Prévost et Dumas l'ont observé, la quantité d'Urée contenue dans le Sang devient assez considérable. D'après l'analyse de Berzelius, 1000 parties de sérum de Sang humain contiennent:

Eau 903
Albumen 80
Lactate de Soude et matières extractives. 4
Hydrochlorate de Soude et de Potasse. 6
Phosphate de Soude, Soude et matière animale. 4 17
Perte. 3
1000

Prévost et Dumas sont aussi examiné le Sang d'un grand nombre d'Animaux sous le point de vue de sa composition chimique, et se sont attachés principalement à déterminer la proportion d'Eau, d'Albumine et de Sels solubles, comparée à celle des globules ou de la Fibrine unie à de l'Hématosine. Nous avons réuni dans le tableau snivant les principaux résultats de leurs expériences:

NOM DE L'ANIMAL. MILLE PARTIES DE SANG contiennent:
Eau. Albumine et Sels solubles. Globules de fibrine et de matière colorante.
Callithriche. 7760 779 1461
Homme. 7839 869 1292
Cochon d'Inde. 7848 872 1280
Chien. 8017 655 1238
Chat. 7953 843 1204
Chèvre. 8146 834 1020
Veau. 8260 828 912
Lapin. 8379 683 938
Cheval. 8183 897 920
Pigeon. 7974 469 1557
Canard. 7652 847 1501
Poule. 7799 630 1571
Corbeau. 7970 564 1466
Héron. 8082 592 1326
Truite. 8637 725 638
Lote. 8862 657 481
Grenouille. 8846 464 690
Anguille. 8460 940 600

Telles sont les principales différences que présente le Sang considéré comparativement dans les divers Animaux vertébrés; mais ce ne sont pas

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les seuls dont nous ayous à parler ici, car lorsqu'on l'examine dans le même individu, on trouve que ses propriétés ne sont pas les mêmes lors qu'il revient des diverses parties du corps vers le cœur, et qu'il se porte de cet organe vers le poumon, ou quand il a déjà éprouvé l'action de l'air, et qu'il parcourt les artères pour aller se distribuer aux divers organes.

Le Sang veineux est d'une couleur plus foncée que le Sang artériel; il se coagule moins facilement, et, d'après les expériences de Prévost et Dumas, il renferme moins de globules solides. On avait pensé que sa capacité pour le calorique était également différente, mais les expériences de J. Davy sont fait voir que cette opinion n'était pas exacte. Lorsque ce liquide se coagule, il s'en échappe des bulles de gaz acide carbonique, et si on le place sous le récipient de la machine pneumatique, le dégagement de ce fluide devient beaucoup plus abondant. D'après quelques essais de Hassenfratz, il paraîtrait que le Sang artériel tient au contraire en dissolution du gaz oxigène; mais ce fait, qui serait très – important pour la théorie de la respiration, a besoin d'être vérifié. (V. RESPIRATION, CIRCULATION.) (H. M. E.)

SANGA. BOT. PHAN. La Plante décrite et figurée par Rumph (Herb. Amboin. T. II, p. 259, tab. 85), sous le nom de Caju-Sanga, Arbor vernicis, est l'Hernandia sonora, L. V. HERNANDIE. (G..N.)

* SANGALA-WOO. BOT. PHAN. Nom donné sur les rives du Zaïre à une Plante consacrée au culte des fétiches, et qui paraît être une Amomée et non un Roseau. (B.)

SANG DES MARAIS. BOT. CRYPT. (Paulet.) Syn. d'Agaric scarlatin de Bulliard. (B.)

SANG-DRAGON. BOT. PHAN. Substance résineuse, d'une couleur rouge vive, dont il existe plusieurs variétés commerciales, produites par des espèces diverses de Végétaux qui croissent dans les pays chauds du globe.

Le SANG-DRAGON EN ROSEAU est extrait des fruits du Calamus Rotang, petit Palmier des Indes-Orientales. On l'obtient soit en exposant ces fruits à la vapeur de l'eau bouillante, qui les ramollit et fait exsuder la résine, soit en les cuisant dans l'eau après avoir été concassés. Le premier procédé fournit un Sang-Dragon d'une très-belle qualité, dont on forme de petites masses ovales d'un rouge-brun, dures, d'une cassure peu brillante, de la grosseur d'une prune, que l'on entoure de feuilles de Calamus, et que l'on vend disposées en colliers. Comme le Sang-Dragon en roseau a une valeur plus considérable que les autres sortes, les marchands vendent souvent du Sang-Dragon altéré auquel ils donnent la forme et l'apparence du Sang-Dragon en roseau. Le procédé par la coction des fruits dans l'eau, donne une résine moins pure que la précédente, et d'une moins belle couleur; on façonne cette résine en petits palets airondis, d'un demi-pouce environ d'épaisseur sur deux à trois pouces de diamètre.

Une seconde sorte de Sang-Dragon découle par des fissures naturelles du tronc du Dracœna Draco, L., Plante arborescente de la famille des Asparaginées, qui croît dans les îles Canaries où son tronc acquiert souvent d'énormes dimensions. V. DRAGONIER. Il est en fragmens lisses, durs, secs, d'un brun rouge, à cassure un peu brillante, et entourés des feuilles de la Plante.

Enfin il y a une troisième sorte de Sang-Dragon beaucoup moins estimée que les précédentes, et qui provient du Pterocarpus Draco, L., Arbre de la famille des Légumineuses. Ce Sang-Dragon est en morceaux cylindriques, comprimés, longs environ d'un pied, et épais d'un pouce, souvent altérés par des corps étrangers, et jamais entourés de feuilles de Monocotylédones.

Le Sang-Dragon contient, selon,

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Thomson, un peu d'acide benzoïque; mais ect acide y est en trop petite quantité pour qu'on doive placer le Sang-Dragon au rang des baumes, ainsi que le ebimiste anglais l'a proposé. L'alcohol dissout presque en totalité cette substance résineuse; la dissolution est d'un beau rouge, tache le marbre et pénètre d'autant plus profondément que le marbre est plus chaud, propriété dont on a profité pour faire une composition qui limite le Granit. Le Sang-Dragon se dissout aussi dans les huiles; il forme du tannin par l'action des acides nitrique et sulfurique. On attribue au Sang-Dragon des propriétés astringentes, et on l'emploie en pilules contre la blennorragie; mais son principal usage est pour la composition de couleurs et de vernis à l'usage des peintres. (G..N.)

* SANGENON. MIN. C'est, suivant Pline, une variété' d'Opale qui a reçu ce nom des Indiens. V. OPALE. (G. DEL.)

SANGLIER. MAM. Nom français de l'Animal sauvage qui est la souche du Cochon domestique, et qu'il serait plus convenable de conserver comme synonyme du genre Sus des nomenclateurs. Les espèces de Sangliers ayant été décrites au mot COCHON (T. IV, p. 269 de ce Dictionnaire), nous y renvoyons le lecteur, ainsi qu'au mot PHACOCHOERE (T. XII p. 318); mais le genre Sanglier ou Cochon, Sus de Linné, a subi, depuis la publication de l'article cité, des changemens assez considérables, et a été divisé en plusieurs genres. Ainsi le Babiroussa est devenu le type du genre Babirussa de Fr. Cuvier; le Sanglier, Sus, n'a plus retenu que l'espèce d'Europe et ses nombreuses variétés, ainsi que le Coehon des Papous, Sus papuensis, N., Zoologie de la Coquille, pl. 8, et le Sanglier à masque, Sus larvatus, F. Cuvier. Les Pécaris sont été distingués sous le nom de Dicotyles, par F. Cuvier, et les Phacoehères ou Phaseochères sont formé un genre distinct pour recevoir deux espèces confondues sons le nom de Sanglier du Cap Vert, Sus œthiopicus. (LESS.)

SANGLIER DE MER. POIS. Syn. vulgaire de Caprisque. V. ce mot. (B.)

* SANGLIN. MAM. V. OUISTITI VULGAIRE.

* SANGSAM. BOT. PHAN. L'un des noms de pays de la graine de Sésame. V. ce mot. (B.)

SANGSUE. Sanguisuga. ANNEL. Nom générique qui a été réservé par les naturalistes modernes à un petit groupe d'Annelides qui renferme la Sangsue employée en médecine et quelques autres espèces voisines. Savigny place ce genre dans sa famille des Sangsues (Hirudines), en lui assignant pour caractères distinctifs: ventouse orale peu concave, à lèvre supérieure très-avancée, presque lancéolée; mâchoires grandes, très-comprimées, à deux rangs de dentieules nombreux et serrés. Dix yeux disposés sur une ligne courbe, les quatre postérieurs plus isolés; ventouse anale obliquement terminale. Les Sangsues proprement dites diffèrent des Branchellions par l'absence de branchies saillantes; elles partagent ce caractère avec les Albiones et les Hœmoeharis; mais elles s'en distinguent suffisamment par leur ventouse orale de plusieurs pièces, non séparée du corps par un étranglement, et à ouverture transverse. Elles se rapprochent davantage des Bdelles, des Hœmopis, des Néphélis et des Clepsines; mais les Sangsues sont des mâchoires finement denticulées, et cette seule particularité ne permet pas de les confondre. Eu étudiant avec plus de soin les caractères propres aux Sangsues, on voit, suivant Savigny, qu'elles sont le corps obtus en arrière, rétréci graduellement en avant, allongé, sensiblement déprimé, et composé de segmens quinés, c'est-à-dire ordonnés cinq par cinq, nombreux, courts, égaux, saillans sur les côtés et très-distincts. Le vingt-septième ou vingt-

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huitième, et le trente-deux ou trente-troisième portent les orifices de la génération. Ce corps n'offre aucune trace d'appendices dans toute son étendue; mais il est terminé en arrière par une ventouse anale, et en avant par une autre ventouse qui porte le nom d'orale. La ventouse anale est moyenne, sillonnée de légers rayons dans sa concavité, et obliquement terminale. La ventouse orale, formée de plusieurs segmens, est peu concave et non séparée du corps; elle a une ouverture transverse et à deux lèvres: la lèvre inférieure est rétuse; la lèvre supérieure, très-avancée et presque lancéolée lorsqu'elle s'allonge, devient très-obtuse quand elle se raccourcit; elle est formée par les trois premiers segmens du corps, dont le terminal paraît plus grand et obtus. La bouche, qui est située dans son fond, est grande relativement à la ventouse orale, et munie de mâchoires dures, fortement comprimées, et armées sur leur tranchant de deux rangs de denticules très-fins et très-serrés. Les yeux, au nombre de dix, sont disposés en ligne très-courbée: six rapprochés sur le premier segment, deux sur le troisième, et deux sur le sixième; ces quatre derniers sont plus isolés. Nous ne nous étendrons pas davantage sur l'organisation extérieure des Sangsues, et nous ne dirons rien de leur anatomie et de leur physiologie; ces détails trouveront mieux leur place dans l'article suivant. Nous nous bornerons à parler ici sous d'autres points de vue des espèces que l'on emploie en médecine. Ces espèces sont été d'abord confondues sous le nom de Sangsue médicinale; mais on a distingué depuis la Sangsue officinale, et quelques auteurs en admettent un plus grand nombre, tandis que d'autres ne les considèrent que comme des variétés produites souvent par les localités que ces Animaux fréquentent. Quoi qu'il en soit, les Sangsues sont entre elles les plus grands rapports quant à leurs habitudes. Elles habitent dans les étangs, les marais, les ruisseaux, et elles sont très-abondantes au nord, comme au midi de l'Europe; les autres continens en sont aussi pourvus, mais on les a moins observées et nous n'avons presque rien à en dire. La France en fournit une très-grande quantité, et elles sont pour plusieurs départemens une branche de commerce importante. La récolie en est très-simple; des hommes, des femmes et des enfans entrent nu-jambes dans l'eau, et saisissent avec les mains ou prennent avec des filets les individus qu'ils rencontrent et qui viennent quelquefois s'attacher à leur corps. On se sert aussi quelquefois pour appât de chair ou de cadavres d'Animaux. Dans les départemens où le commerce des Sangsues se fait en grand et où la récolte a lieu d'une manière régulière, par exemple dans celui du Finistère, on évite d'épuiser les étangs par de trop fréquentes pêches, et on sait repeupler ceux qui se trouvent trop appauvris en y transportant des œufs qui sont contenus dans des cocons du volume d'une très-grosse olive. Des détails curieux sont été communiqués sur ce procédé à une séance du mois de mars 1822 de la Société d'Agriculture du département de Seine-et-Oise. « Vers le mois d'avril ou de mai, suivant la rigueur de la saison, a dit un des membres, à l'occasion des cocons que le docteur Le Noble croyait avoir le premier découverts, les habitans de la Bretagne envoient des ouvriers munis de bêches et de paniers, dans les petits marais fangeux qu'ils savent en contenir en abondance. Ces ouvriers enlèvent des parties de vase qu'ils reconnaissent renfermer des cocons semblables à ceux qui vous sont été présentés, les déposent dans des pièces d'eau préparées pour les recevoir, laissent sortir les petites Sangsues de ces cocons, et, six mois après, retirent ces Sangsues pour les placer dans des étangs plus vastes. Alors (sans doute pour augmenter leurs moyens de nourriture et hâter

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leur accroissement) ils commencent à leur livrer des vaches et des chevaux en les faisant paître sur les bords de ces étangs, et ce n'est qu'au bout de dix - huit mois qu'ils les fournissent au commerce. »

Dans un voyage que nous avons fait en Bretagne en 1822, nous avons recueilli quelques renseignemens sur le commerce des Sangsues; elles sont abondantes dans les lacs et les marais des environs de Nantes; la recolte s'en fait toute l'année et surtout en été. Pour les transporter à la ville et jusqu'à Paris, on les entasse au nombre de cinq cents dans des sacs de toile très-serrée, que l'on maintient humides en les plaçant dans des paniers de mousse imbibée d'eau. Pendant la saison favorable, il arrive chaque jour à Nantes jusqu'à cinquante mille individus, et on les dirige par centaines de mille sur la capitale. Les paquets peuvent être beaucoup plus considérables; car, en 1820, un seul droguiste de Paris, Bourguignon, nous dit en avoir reçu d'un pharmacien de Moulins cent trente mille dans des sacs entourés de paille humide, et qui en contenaient chacun quatorze mille. Parmi le grand nombre de Sangsues qui affluent de toutes parts à Paris, il se rencontre souvent des individus qui ne mordent pas; tout le monde sait que cela a toujours lieu lorsqu'elles sont gorgées de sang', et l'on a remarqué qu'elles étaient également privées d'appétit à l'époque où elles changeaient de peau. Souvent aussi on trouve mêlées aux Sangsues médicinales les Sangsues de Cheval, et cette espèce, à laquelle on attribuait les accidens inflammatoires qui se montrent quelquefois à la suite de l'application des Sangsues, refuse constamment de se fixer sur la peau de l'Homme et ne l'entame jamais; mais dans une foule d'autres cas, plusieurs Sangsues, quelque moyen que l'on emploie, ne prennent pas, sans qu'on ait pu encore en savoir la cause.

Divers procédés sont mis en usage pour la conservation des Sangsues: on les tient ordinairement renfermées dans des vases remplis d'eau et on a soin de renouveler fréquemment ce liquide; mais on a souvent reconnu que ce procédé n'était pas le meilleur, et quelques pharmaciens sont imaginé de placer au fond du vase de la mousse et quelques corps étrangers pour que les Sangsues puissent, en glissant entre eux, se débarrasser des mucosités qui revêtent leur peau et qui s'accumulent quelquefois en assez grande abondance. Nous avons vu à Rochefort en 1822 le pharmacien en chef de l'hôpital de la marine, en conserver dans de l'argile simplement humectée; les Sangsues s'y faisaient des trous ou galeries, et y vivaient des années entières. Enfin, dans ces derniers temps, on les a parquées dans des bassins, et on les y a vu se reproduire.

Savigny admettait trois espèces de Sangsues, mais ce nombre s'est accru depuis.

La SANGSUE MÉDICINALE, Sanguisuga medicinalis, Hirudo medicinalis de Linné, Müller, Cuvier, Lamarck, Savigny, Leach, Moquin-Tandon. Elle vit dans les eaux douces de l'Europe, et est employée en médecine sous le nom de Sangsue. On la reconnaítra aux caractères suivans: corps long de quatre à cinq pouces dans son état moyen de dilatation, mais susceptible de se raccourcir ou de s'allonger de plus de moitié; formé (la ventouse antérieure toujours comprise) de quatre-vingt-dix-huit segmens très-égaux, faiblement carenés sur leur contour, hérissés sur ce même contour de petits mamelons grenus qui se manifestent et s'effacent à la volonté de l'Animal: il n'en reste aucune trace après la mort. Ventouses inégales; la ventouse orale plissée longitudinalement sous la lèvre supérieure; l'anale double de l'antre, à disque un peu radié. Couleur, vert foncé sur le dos, avec six bandes rousses; trois de chaque côté. Les deux bandes intérieures plus écartées, presque sans taches; les deux mitoyennes marquées d'une chaîne

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de mouchetures et de points d'un noir velouté; les deux bandes extérieures absolument marginales, subdivisées chacune par une bandelette noire. Ventre olivâtre largement bordé et entièrement maculé de noir.

Savigny a reconnu que, sous le nom de medicinalis, on avait confondu une autre espèce que l'on emploie également en médecine; il la distingue sous le nom de:

SANGSUE OFFICINALE, Sanguisuga officinalis, Sav.; Hirudo provincialis, Carena; vulgairement Sangsue verte. Corps de même grandeur que dans la Sangsue médicinale, formé du même nombre de segmens, également carénés et susceptibles de se hérisser de petites papilles sur leur carène; couleur d'un vert moins sombre, avec six bandes supérieures disposées de même, mais très-nébuleuses et très-variables dans leur nuance et dans leur mélange de noir et de roux; le dessous d'un vert plus jaune que le dessus, bordé de noir, sans aucune tache. Les six yeux antérieurs sont très-saillans, et paraissent être propres à la vision.

La troisième espèce mentionnée par Savigny est:

La SANGSUE GRANULEUSE, Sanguisuga granulosa, Sav., Moq. Corps formé de quatre-vingt-dix-huit segmens, garnis sur leur contour d'un rang de grains ou tubercules assez serrés. Trente-huit à quarante de ces tubercules sur les segmens intermédiaires. Mâchoires et ventouses des deux précédentes. Couleur générale, vert-brun, avec trois bandes plus obscures sur le dos. Leschenault l'a rapportée de Pondichéry où les médecins l'emploient au même usage que la Sangsue médicinale.

Depuis Savigny, la liste des espèces s'est beaucoup accrue par les recherches de plusieurs naturalistes.

Moquin-Tandon (Monographie des Hirudinées) a décrit et représenté deux espèces qu'il croit nouvelles.

La SANGSUE OBSCURE, Sanguisuga obscura. Longueur, un à deux pouces; corps brun foncé sur le dos; ventre verdâtre, avec des atômes noirs, nombreux et peu saillans; segmens garnis, sur leur contour, de mamelons grenus. Cette espèce, qu'on trouve aux environs de Montpellier, offre deux variétés.

La SANGSUE INTERROMPUE, Sanguisuga interrupta, Moq. Longueur, trois à quatre pouces; corps verdâtre, marqué supérieurement de taches isolées; bords orangés; ventre jaunâtre, quelquefois largement maculé de noir; ayant sur les côtés deux bandes noires en zig-zag (segmens tuberculeux). Cette espèce nouvelle a présenté deux variétés. Moquin-Tandon l'a trouvée chez plusieurs pharmaciens de Montpellier. Elle présente aussi deux variétés.

Moquin-Tandon considère encore comme espèce distincte:

La SANGSUE DU LAC MAJEUR, Sanguisuga verbana de Carena.

Blainville admet une seule espèce bien distincte de Sangsue, l'Hirudo medicinalis, L., et il établit cinq variétés sous les noms de Sangsue médicinale grise, Sangsue médicinale verte, Sangsue médicinale marquetée, Huz.; Sangsue médicinale noire, et Sangsue médicinale couleur de chair. Cependant le même auteur regarde comme des espèces tranchées les Sanguisuga verbana et granulosa, et il propose, mais probablement saus succès, de changer le nom de Sangsue proprement dite en celui de Jatrobdella.

Les anciens confondaient sous le nom de Sangsue, Hirudo, plusieurs espèces qui, mieux étudiées depuis, sont été rapportées à des genres différens. Ainsi l'Hirudo branchiata d'Archibald Menzies (Trans. Linn. Soc. T. 1, p. 188, t. 17, fig. 3) paraît appartenir au genre Branchellion. L'H. bioculata de Bergman (Act. Stockh., ann. 1757, n. 4, tab. 6, f. 9-11), de Bruguière, de Müller et de Gmelin, l'H. heteroclyta de Linné, que Müller nomme H. hyalina, l'H. tessulata de ce dernier auteur, enfin l'H. complanata de Linné, qui ne

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diffère pas de l'H. sexoculata de Bergman et de l'H. crenata de Kirby (Trans. Linn. Soc. T. II, pag. 518, t. 29), sont des Clepsines. Peut-être faut-il aussi rapporter à ce genre l'H. circulans de Sowerhy (Brit. Miscell.) qui est assez imparfaitement connue. L'H. geometra de Linné (Faun. Suec., n. 283) ou l'H. piscium de Müller, de Gmelin, de Roesel, de Bruguière, et l'H. marginata de Müller, de Gmelin, de Bosc, qui est la même espèce que l'H. cephalota de Carena (Monographie des Hirudo, Mém. de l'Acad. de Turin, T. XII, pag. 298, fig. 9, et Suppl., pag. 336), doivent être rapportées au genre Hœmocharis. L'H. marina de Rondelet (Histoire des Poissons, part. 2, pag. 77), ou l'H. muricata de Linné, de Gmelin et de Cuvier, et l'H. piscium de Baster (Opusc. suhs. T. I, liv. 2, pag. 95, tab. 10, fig. 2), de Bruguière, sont des Albioues. L'H. sanguisuga de Linné, de Müller, de Bosc, ou l'H. sanguisorba de Lamarck, ou bien encore la Sangsue de cheval, fait partie du genre Hœmopis. L'H. vulgaris de Müller (Hist. verm. T. I, part. 2, pag. 40, 11° 170), et de Gmelin, et l'H. atomaria de Carena, sont des Néphélis, etc., etc.

Enfin, plusieurs espèces rapportées par les auteurs au genre Sangsue proprement dit, sont encore trop imparfaitement connues pour qu'elles puissent être définitivement admises; telles sont: la Sangsue d'Egypte (Larrey); la Sangsue du Japon (Bosc); les Sangsues Swampine et de Ceylan (Bosc); la Sangsue troctine (Johnson), etc. (AUD.)

SANGSUE VOLANTE. MAM. Syn. de Phyllostome. V. ce mot. (B.)

SANGSUES. Hirudines. ANNEL. Savigny (Syst. des Annelides) a établi dans la classe des Annelides un quatrième ordre sous le nom d'Hirudinées, Hirudineœ; il comprend une seule famille, celle des Sangsues, Hirudines. Cette famille, dont il va être question, renferme, outre les Sangsues proprement dites, plusieurs autres genres, et elle correspond à la famille des Hirudinées, fondée antérieurement par Lamarck. Ses caractères distinctifs sont, suivant Savigny: corps terminé à chaque extrémité par une cavité dilatable, préhensible, faisant les fonctions de ventouse. Bouche située dans la ventouse antérieure ou orale, pourvue de trois mâchcires.

La famille des Hirudinées étant ainsi circonscrite, nous allons nous occuper d'une manière générale et rapide de tout ce qui nous paraît le plus intéressant à connaître sur l'histoire naturelle des Animaux qu'elle renferme. Les Sangsues employées en médecine, étant les mieux connues, serviront de type à nos descriptions; mais nous tâcherons de les rendre comparatives en présentant les faits qui sont été recucillis sur des espèces et des genres différens.

Les Sangsues sont été connues trèsanciennement; il paraîtrait même que l'Animal dont il est fait mention dans la Bible, au chap. 30, vers. 15 des Proverbes de Salomon, sous le nom hébreu d'Halucah ou Gnaluka, était une Sangsue. Au reste, les auteurs grecs font mention des Sangsues sous le nom de Bdella; et les auteurs latins en parlent sous celui d'Hirudo et de Sanguisuga; mais il serait difficile de dire à quelle espèce ces noms s'appliquaient. A la renaissance des lettres, on employa le nom de Sangsue d'une manière un peu plus précise; mais on ne s'entendit réellement sur son acception qu'à l'époque où l'on vit naître les classifications, et où l'on assigna des caractères distinctifs aux espèces. Linné en décrivit huit (Fauna Suecica, p. 505), et, depuis lors, on en augmenta considérablement la liste sans beaucoup d'examen, et sans chercher à reconnaître dans les espèces qu'on y rapportait les caractères que Linné avait assignés à ce genre. La classification n'éprouva pendant long-temps aucun changement, et l'on conserva intact le genre Hirudo fondé par Ray et adopté par

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Linné, jusqu'à ce qu'on cut reconnu enfin la necessité de subdiviser ce groupe formé par des Animaux très-différens les uns des antres. Ce fut alors que Leach, Oken, Savigny, Dutrochet, Johnson, Lamarck, etc., créèrent chacun de leur côté de nouvelles divisions aux dépens du genre Hirudo. Quelques-unes de ces divisions, étant synonymes, furent supprimées afin d'éviter le double emploi, et le tableau qui termine cet article présentera ceux qu'on adopte généralement. Tous ces genres réunis constituent la famille des Sangsues sur laquelle nous pourrions beaucoup nous étendre, mais que les bornes de cet ouvrage nous obligent de traiter d'une manière très-concise. Nous nous contenterons d'offrir les particularités les plus curieuses de son histoire, en nous attachant aux auteurs les plus exacts, et en nous permettant quelquefois de puiser dans des observations qui nous sont propres (V. la préface d'une Thèse sur les Cantharides, soutenue à la faculté de médecine de Paris, 1826), et que nous avions compté faire connaître lorsque l'excellente Monographie des Hirudinées de Moquin-Tandon, qui a paru eu 1827, a rendu inutile, pour le moment, notre publication. Cet habile naturaliste a su réunir avec art et méthode les faits épars sur l'organisation des Sangsues, et il nous a prévenu sur une foule d'autres qu'il a très-bien vus par lui-même et très-bien décrits: c'est une justice que nous nous sommes déjà empressé de lui rendre.

Le corps des Sangsues est mou, contractile, revêtu d'une viscosité généralement abondante, et composé d'anneaux nombreux extensibles, quelquefois très-peu marqués et difficiles à compter; en avant, il est terminé par une cavité plus ou moins profonde, qui quelquefois est simple, et qui ordinairement est formée par un certain nombre de segmens. C'est la ventouse orale, Capula de Savigny, au fond de laquelle est située la bouche. En arrière, on remarque une autre cavité ayant la forme d'un disque, et qui est formée par une expansion du dernier anneau du corps: on la désigne sous le nom de ventouse anale, Cotyla de Savigny. Toutes deux sont préhensiles et servent à l'Animal pour se fixer alternativement en avant et en arrière. Le corps des Sangsues est encore caractérisé par la présence des yeux, ou du moins de points noirs ayant l'aspect d'yeux, par l'ouverture anale située à l'opposite de la bouche, sur le dos, à la naissance de la ventouse anale, et par les ouvertures des organes génitaux, mâle et femelle, placés sous le ventre vers le tiers antérieur du corps, à une petite distance l'un de l'autre.—Les tégumens des Hirudinées n'ont encore été étudiés anatomiquement que dans un petit nombre d'entre elles. On a remarqué qu'il était possible de distinguer dans la peau de la Sangsue médicinale trois parties, l'épiderme, la couche colorée et le derme. L'épiderme est très-mince et parfaitement incolore, mutique, c'est-á-dire se renouvelant, et cela tous les quatre ou cinq jours dans la saison chaude. Il adhère intimement à la peau, mais non pas dans toute son étendue; car il est souvent libre entre les interstices des anneaux dont le corps de la Sangsue est formé. Lorsqu'on l'a détaché, on remarque qu'il est parfaitement transparent dans les points qui adhéraient à la couche colorée, et légèrement opaque, ou même d'une couleur blanchâtre dans ceux où il était resté libre en passant d'un segment à l'autre. Le miscroscope montre qu'il est percé d'une infinité de petits trous par lesquels sort une liqueur gluante qui lubréfie la peau, et dont nous verrons plus bas l'origine. La couche colorée, ou la tunique colorée, ou bien encore le pigmentum, situé immédiatement au-dessous de l'épiderine, adhère fortement au derme qu'il recouvre. Les couleurs qu'il présente sont très-différentes dans les diverses espèces de Sangsues; quelquefois la couleur est unie, noire et généralement plus

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foncée sur le dos que sous le ventre; d'autres fois il existe sur le fond des lignes ou bien des taches diversement colorées; souvent enfin le pigmentum est d'une teinte claire ou même incolore, et alors ou voit au travers de la peau, et assez distinctement, tous les organes situés à l'intérieur du corps. Le derme ou la couche la plus profonde de l'enveloppe cutanée offre une organisation curieuse; c'est une tunique assez épaisse, à aspect mamelonné et à articulations distinctes et circulaires qui donnent au corps de l'Animal l'aspect froncé ou plutôt annelé qu'on lui observe. Les intervalles qui existent entre ces sortes d'anneaux sont recouverts par l'épiderme, et semblent destinés à faciliter les mouvemens en tous sens de la Sangsue.

On peut regarder comme une dépendance du derme les organes particuliers de sécrétion qui, semblant contenus dans son intérieur, le traversent et viennent aboutir à la surface de la peau. Ces organes, qu'on a désignés sous le nom de cryptes, consistent en des espèces de petits sachets dont les ouvertures se voient plus on moins distinctement sur chacune des rides de la peau, où ils font, dans certains cas, une légère saillie. La liqueur qui en sort est onctueuse et gluante; si on l'enlève avec un linge, elle ne tarde pas, ainsi qu'on le sait, à se renouveler. D'autres ouvertures se remarquent à la face inférieure du corps. Ce sont des petits trous placés régulièrement de chaque côté de cinq anneaux en cinq anneaux, et ordinairement au nombre de quinze à vingt; ils fournissent un fluide clair et gluant; ce sont aussi ces orifices que l'on cousidère comme l'entrée des poches pulmonaires, ainsi que nous le verrons plus loin.

Au-dessous du derme sont situés les muscles; on en voit d'abord une couche dont les fibres sont transversales; elle adhère intimement au derme, et, suivant Moquin-Taudon, on ne doit pas l'eu distinguer. Cette couche recouvre d'autres muscles dont la direction est longitudinale, et au-dessous de ces derniers on en retrouve encore quelques-uns qui sont transversaux. Indépendamment des mouvemens généraux et variés qui résultent de cette complication de moyeus, les Sangsues sont pourvues, ainsi qu'il a déjà été dit, de deux ventouses placées à l'extrémité du corps. Si l'Animal est sur terre ou au fond de l'eau, on même quelquefois à la surface de ce liquide, et qu'il veuille changer de place, il lui suffit de fixer d'abord sa ventouse anale, et d'allonger ensuite son corps pour aller attacher aussi avant que possible sa ventouse antérieure ou orale. Alors il fait lâcher prise à la ventouse postérieure, et, se contractant, il la ramène et la fixe près du point d'appui qu'il vient de prendre, puis il détache bientôt sa ventouse orale, et s'allonge pour la porter de nouveau en avant.

Le canal digestif des Sangsues commence à la partie antérieure et un peu inférieure du corps au fond de la ventouse orale. Cette ventouse, formée de deux lèvres extensibles; l'une supérieure, ordinairement grande, et quelquefois presque lancéolée, et l'autre inférieure, moins avancée, constitue une sorte d'avant-bouche qui, susceptible de varier de forme, s'applique préliminairement et avec force sur les corps que l'Animal veut entamer avec ses mâchoires. Celles-ci, qui manquent rarement, sout placées au fond de la ventouse, et généralement au nombre de trois, disposées en triangle et fixées sur autant de petits tubercules; leur consistance est très-légèrement cartilagineuse; leur forme est presque lenticulaire, et leur bord libre et tranchant est quelquefois uni, mais souvent aussi garni d'une double rangée de denticules plus ou moins nombreux suivant les genres et même les espèces; une sorte d'anneau cartilagineux, qui souvent entoure la base des tubercules dentifères, indique l'entrée du canal intestinal; il débute par une sorte d'œsophage plus ou moins étroit, offrant

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quelquefois des plis longitudinaux, mais jamais aucun renflement latéral en forme de poche; au contraire, l'estomac qui le suit présente ordinairement dans toute son étendue des boursoufflures qui sont d'autant plus sensibles que l'Animal a pris plus de nourriture. Il existe même des espèces où ces appendices qui sont latéraux ne s'effacent jamais; tels sont entre autres les Clepsines aplatie et binocle que nous avons eu occasion de disséquer, et dont nous parlerons ici parce que nous ne les croyons pas encore décrites sous ce rapport. L'estomac des premières est assez semblable à celui de la Sangsue officinale; les prolongemens qui le garnissent sont de véritables cœcums au nombre de neuf de chaque côté. Ils naissent vis-à-vis les uns des autres et ressemblent à des doigts de gants de longueurs différentes. La sixième et la septième paires sont les plus courtes; la première est aussi peu développée, mais les autres sont trèsétendues transversalement, ce que permet an reste la largeur assez grande du corps de cette petite Sangsue. L'estomac de la Clepsine binocle, ou l'Hirudo bioculata de Bergmann, est très-analogue à celui de la Clepsine aplatie; il existe également de chaque côté une rangée de cœcums qui s'ouvrent en face les uns des autres et qui, plus longs que larges et cylindroïdes, ressemblent assez bien à des doigts de gants; mais on n'en compte que huit paires bien distinctes. Les deux premières, qui indiquent la terminaison de l'œsophage et l'origine de l'estomac, sont grêles, dirigées obliquement en avant, et assez distantes des autres dont la direction est parfaitement transversale; leur longueur varie; la cinquième paire nous a paru être la plus longue; les autres vont ordinairement en diminuant tant en arrière qu'en avant, mais surtout dans ce dernier sens. Moquin-Tandon et plusieurs anatomistes qui sont décrit le canal intestinal de certaines espèces de Sangsues, et particulièrement celui de la Sanguisuga officinalis et de l'Hæmopis vorax, sont considéré les prolongemens latéraux qu'on voit dans ces espèces sur les côtés de l'estomac, comme autant de petits estomacs distinets, et ils n'ont regardé comme de vrais cœcums que la dernière paire de poches qui est beaucoup plus étendue; mais il nous semble évident, par ce qui vient d'être dit, que ces derniers sont de même nature, et que leur plus grand développement ne constitue point un caraclère distinctif. Le rectum des Hirudinées, généralement séparé de l'estomac par une sorte de valvule ou de rétrécissement assez brusque, est quelquefois très-étroit, et d'autres fois assez large; il aboutit à l'anus qui s'ouvre sur le dos à l'origine de la ventouse anale.

Le canal digestif est composé de deux tuniques pellucides, et, vers son extrémité, on observe quelques fibres musculaires. Blainville croit qu'il existe un appareil sécréteur de la bile qui consisterait en un tissu cellulomembraneux entourant une partie de l'intestin, et surtout de l'estomac.

Toutes les Hirudinées se nourrissent aux dépens d'autres Animaux qu'elles sucent ou qu'elles avalent par portion ou même en entier. Tantôt elles s'attachent aux Poissons, aux Grenouilles, aux Salamandres, etc., etc.; tantôt elles dévorent les Mollusques, les Annelides ou les larves d'Insectes. Les Sangsues proprement dites, les seules que l'on emploie en médecine, et les seules qui soient avides de sang humain, entament la peau au moyen de l'appareil buccal dont il a été déjà question. Leur ventouse orale se fixe fortement sur le point qu'elles veulent sucer; les tubercules dentifères prennent de la rigidité; ils se contractent, et les deuticules qu'ils supportent incisent alors en se mouvant la portion de la peau qui est comprise entre eux. Le sang coule de chacune des entailles, et l'Animal le fait successivement passer dans son œsophage et dans son vaste estomac. Les Sangsues dont on fait usage dans

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Part de guérir ne prennent pas toutes la même quantité de sang; il existe à cet égard de très grandes différences suivant les espèces et même suivant la grosseur ou le poids des individus. Moquin-Tandon s'est assuré que généralement une Sangsue de l'espèce officinale absorbe de soixante à quatre-vingts grains de sang; mais que si elle est petite, elle n'en absorbe que cinquante grains ou deux fois et demie son poids; si elle est de moyenne taille, elle en absorbera quatrevingts grains ou son poids; par conséquent on obtiendrait des résultats semblables dans ces deux derniers cas; mais ils seraient très-différens dans le premier. Moquin-Tandon voudrait donc que, dans les prescriptions de Sangsues, le praticien les dosât d'après le poids, en partant de la donnée que chaque individu d'une grosseur moyenne doit absorber une quantité de sang deux fois plus forte que son propre poids.

Les Hirudinées digèrent très-lentement. Souvent, après plusieurs jours, plusieurs semaines, et même après plusieurs mois, on retrouve dans leur canal intestinal les matières solides ou liquides qu'elles sont avalées. Les espèces que l'on emploie en médecine offrent une autre particularité curieuse: le sang qu'elles sont sucé n'éprouve dans leur estomac aucune altération sensible; il est de même couleur et conserve sa fluiditénaturelle; mais si on l'expose à l'air, ou si la Sangsue périt, il se coagule promptement, et devient d'un brun noirâtre.

Le système nerveux des Hirudinées a été décrit par un assez grand nombre d'anatomistes qui sont porté leur observation sur la Sanguisuga officanalis, l'Hæmopis vorax, la Nephelis gigas, l'Albione muricata. Ils sont trouvé qu'il se composait d'une série de ganglions étendus de la bouche à l'extrémité du corps, et situés, comme dans tous les Animaux articulés audessous du canal intestinal. De chaque ganglion partent des filets nerveux qui se distribuent à tous les organes en se divisant à l'infini. Nous avons eu occasion de disséquer le système ganglionaire dans plusieurs Hirudinées de genres différens, et nous avons remarqué quelques particularités que nous extrairons de nos observations faites en 1822. Le cordon nerveux de la Nephelis tessellata de Savigny nous a paru semblable à celui que Moquin-Tandon a décrit et représenté dernièrement dans sa Nephelis gigas. Les ganglions nerveux sont tous également espacés entre eux, à l'exception de l'a vaut-dernier et du dernier qui se rapprochent davantage. Nous en avons compté quatorze depuis la verge jusqu'au disque postérieur, et nous croyons qu'il en existe six en avant de l'organe mâle. On voit partir de chaque ganglion deux filets nerveux. La Clepsine complanata, dont nous avons fait connaître la disposition curieuse du tube digestif, n'est pas moins remarquable sous le rapport du système nerveux. Nous avons compté vingt ganglions distincts, inégalement espacés entre eux, n'offrant qu'un seul filet nerveux de chaque côté au lieu de deux, et il nous a même semblé que le quinzième et le seizième en etaientprivés; le premier ganglion semble percé pour le passage de l'œsophage qu'il entoure exactement; le deuxième et le troisième sont rapprochés; le quatrième et le cinquième se touchent et correspondent à l'organe mâle; les suivans, jusqu'au quatorzième, sont distans entre eux, et à pen près également espacés; ce dernier, le quinzième, le seizième, et le dix-septicime sont de nouveau rapprochés; il existe ensuite après le dix-septième un intervalle assez grand; enfin, les trois derniers ganglions se touchent presque. Le filet nerveux qu'on remarque de chaque côté des ganglions en naît à angle droit et se porte tranversalement en dehors, mais les fileis des trois derniers sont dirigés obliquement en arrière. Moquin-Tandon

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a représenté le cordon noueux de l'Albione muriquée qu'il a reconnu être très-semblable à celui des autres Hirudinées; mais nous trouvons dans nos notes l'anatomie de cette espèce faite en 1822, et nous sommes loin de nous accorder sur ce point avec Moquin-Tandon. Peut-être la différence provient-elle de ce que nous aurons disséqué l'Albione verruqueuse sans la distinguer de l'Albione muriquėe. C'est ce que nous ne pouvons décider aujourd'hui. Quoi qu'il en soit, nous nous bornons à transcrire ici l'observation consignée dans notre Journal. Elle est assez curieuse pour que nous tenions à la faire connaître. « Le cordon nerveux de cette espèce offre une particularité fort remarquable, et qui n'a encore été vue dans aucun Animal articulé. Les ganglions, au nombre de vingt, envoient chacun un seul filet nerveux, très-court, qui s'en sépare, à angle droit, et qui, au lieu de se diviser immédiatement en ramuscules, comme cela a toujours lieu, vient aussitôt aboutir de chaque côté à un ganglion très-distinct. Tous ces petits ganglions donnent ensuite naissance aux filets nerveux qui se distribuent aux diverses parties du corps. Ces renflemens, qui existent sur deux lignes, à droite et à gauche du cordon noueux médian, et qui, dans cette Sangsue, semblent former trois cordons noueux longitudinaux et parallèles, nous rappellent les petits ganglions qui se voient de chaque Côté de la moelle épinière des Animaux vertébrès, un peu au-delà de la naissance des nerfs vertébraux. De chacun des ganglions qui, chez l'Albione, constituent ces espèces de moelles surnuméraires et latérales, partent quatre petits filets nerveux; trois d'entre eux, les plus inférieurs, vont se perdre dans les muscles longitudinaux; le quatrième ou le supérieur, accompagne les artérioles qui naissentlatéralement du vaisseau dorsal. Le premier ganglion de la série moyenne, qui pourrait ici prendre le nom de céphalique, à cause de sa grosseur, proportionnellement à ceux qui suivent, est, comme d'ordinaire, perforé au centre pour livrer passage à l'œsophage, et fournit plusieurs nerfs qui tous se dirigent en avant. » Une figure exacte complète cette description, et rend très-sensible le fait singulier que présente cette Sangsue.

Nous avons peu de chose à dire des organes des sens des Hirudinées. Ces Animaux, ainsi que les autres Annelides, sont une sensibilité générale assez exquise, mais ils paraissent privés d'un organe de tact circonscrit. Ils sont nécessairement pourvus du sens du goût. Celui de l'odorat et celui de l'ouïe semblent nuls; aucune odeur ne paraît les affecter; aucun bruit n'agit sur eux, et d'ailleurs il n'existe aucun appareil qu'on puisse regarder comme le siége de ces deux fonctions. Il n'en est pas de même de l'organe de la vue. Toutes les Hirudinées présentent, à la partie antérieure de leur corps, des points de couleur brune on noirâtre qui ne s'élèvent que trèspeu au-dessus de la peau, et que plusieurs auteurs sont regardés comme de véritables yeux, tandis que d'autres leur sont refusé ce nom. Leur nombre varie de deux à dix suivant les genres, et ils sont fixés tous, ou à peu près tous, sur la ventouse orale.

Plusieurs expériences sont fait penser que ces organes ne servaient pas à la vue, et que les Hirudinées étaient privées de ce sens. Cependant, il est certain que si on les place dans un vase entouré de papier noir, et auquel on laisse seulement une ouverture pour le passage de la lumière, elles ne tardent pas à se diriger vers ce lieu et à s'y fixer; mais pour se rendre compte de ce fait, il n'est pas besoin de supposer l'existence de véritables yeux; car des Animaux bien plus inférieurs dans l'échelle, et les Végétaux eux-mêmes se comportent de même. L'observation faite à plusieurs reprises par Moquin-Tandon, et sans doute comparativement et avec toutes les précautions convenables sur la Népliélis vulgaire, paraît

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a voir un peu plus de valeur, mai il s'en faut encore de beaucoup qu'elle soit concluante. Ce naturaliste nous apprend qu'ayant placé, au-devant de la ventouse orale de l'espèce que nous venons de citer, un petit morceau de bois de couleur rouge; l'Animal semblait se detourner pour l'éviter.

Le système circulatoire des Hirudinées a été le sujet d'un assez grand nombre de recherches. Thomas, Cuvier, Vitet, Johnson, Carena, et tout récemment Moquin-Tandon et Dugès, l'ont étudié avec soin et nous out fait connaître le nombre et la disposition des vaisseaux, ainsi que le trajet de sang dans leur intérieur. Moi-même j'ai eu occasion d'observer, sous ce rapport, quelques Hirudinées. Ces divers travaux nous serviront à le décrire.

Le petit nombre d'espèces de Sangsues dont on a fait complétement l'anatomie, a toujours présenté quatre troncs vasculaires longitudinaux, l'un dorsal, l'autre ventral, séparés entie eux par le tube digestif et deux latéraux; ces quatre troncs principaux communiquent entre eux non-seulement par les vaisseaux capillaires qui se rencontrent et se confondent dans les divers organes auxquels ils se distribuent, mais encore par des branches spéciales et d'un fort diamètre, qui se portent directement d'un tronc vasculaire à l'autre. Le tronc ventral fournit de grosses branches qui, remontant verticalement de chaque côté, embrassent le canal intestinal, et aboutissent au vaisseau dorsal. Dugès, qui les a observés le premier dans la Sanguisuga officinalis, les nomme branches abdominodorsales: les troncs latéraux communiquent entre eux par des branches transversales qui vont de l'un à l'autre en passant sous le cordon nerveux. Ces branches sont été récemment bien décrites et figurées, dans la Nephelis vulgaris, par Jean Müller (Archiv. fur anat. und phys. Meckel, Jan.-Marz, 1828); Dugès propose de les désigner sous le nom de branches latéro-abdominales; enfinces mêmes troncs latéraux envoient des branches volumineuses qui aboutissent au vaisseau dorsal: Dugès les nomme branches latéro-dorsales. Outre ces canaux qui établissent des communications faciles entre les principaux troncs, il existe pour chacun d'eux une infinité de vaisseaux qui portent le sang aux divers organes et qui le distribuent principalement à la peau qu'on doit considérer comme un organe de respiration, mais non exclusivement, car il existe dans les Sangsues, ainsi que nous le verrons plus loin, un appareil spécial pour cette fonction. Cet appareil, qui consiste en des espèces de poches, est richement pourvu de vaisseaux sanguins dont la connaissance est due à notre savant ami Dugès. Ils forment dans les parois de la vésicule un lacis inextricable qui est le produit de la subdivision d'un rameau fourni par les branches latéro-abdominales, et d'une grosse anse vasculaire que Dugès nomme anse pulmonaire, et qui provient du tronc latéral. Telle est en peu de mots la description des parties principales du système circulatoire des Hirudinées; mais il existe des différences plus ou moins grandes, suivant les genres et les espèces, dans le nombre, la subdivision et la distributiou des vaisseaux secondaires; nous nous en sommes convaincu en étudiant comparativement la Sanguisuga officinalis, les Clepsine bioculata et complanata, la Nephelis vulgaris, l'Hæmopis vorax et une Albione, Albione muricata, ou verrucata? Nous nous bornerons à un seul exemple en extrayant de notre Journal la description que nous en avons faite en 1822. « Le système circulatoire de l'Albione est essentiellement semblable à ce que j'ai vu dans les autres Hirudinées: je retrouve quatre troncs principaux, un dorsal, un ventral, deux latéraux; mais il existe de très-grandes différences dans la disposition de ces vaisseaux. Le dorsal, qui s'étend de l'ouverture buccale à l'ouverture anale, n'a pas le mème

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diamètre dans toute sa longueur; en avant il est grêle et serpentant; au contraire son calibre est très-gros en arrière, et les flexuosités qu'il forme donnent à ses parois l'apparence de larges boursoufflures; son diamètre ne diminue pas progressivement, mais tout-à-coup et d'une manière brusque vers le milieu de son trajet. On voit naître de la portion antérieure de ce vaisseau dorsal des branches au nombre de dix qui vont joindre les vaisseaux latéraux et les poches respiratoires; il me semble aussi voir naître des rameaux de la portion postérieure ou boursoufflée et tout-à-fait en arrière. Le vaisseau ventral est très-étroit et adhérent au cordon nerveux; il envoie au niveau de chaque ganglion deux branches qui se dirigent en dehors; en avant il semble se continuer par une fine anastomose avec le vaisseau dorsal au moyen des rameaux que chacun d'eux fournit. Les vaisseaux latéraux placés de chaque côté sont en rapport direct avec les poches respiratoires au moyen de deux branches, l'une antérieure, l'autre postérieure. Ainsi ces poches communiquent à la fois avec le vaisseau dorsal et avec les troncs latéraux. D'après cette organisation, je suppose que la circulation a lieu de cette manière: les troncs ou vaisseaux latéraux sont des espèces de golfes veineux qui reçoivent le sang de toutes les parties du corps et l'envoient dans les poches respiratoires où il se réoxigène; alors une petite portion de ce sang reflue dans les vaisseaux latéraux, tandis que l'autre, que je suppose la plus considérable, arrive au vaisseau dorsal, puis au vaisseau ventral qui tous deux les chassent dans tout le corps d'où il revient dans les troncs latéraux qui le distribuent aux poches respiratioires. » Cette description qu'accompagnent des dessins fidèles s'accorde avec ce qui vient d'être dit plus haut de l'anatomie du système circulatoire, et la supposition que nous faisions relativement à la marche du sang coïncide parfaitement, à quelques différences près qui tiennent aux modifications des organes suivant les espèces, avec les observations directes et bien plus complètes que de son côté notre ami Dugès a eu occasion de faire sur le cours du sang dans l'appareil pulmonaire (V. Annales des Sciences naturelles, T. xv). Ce que nous venons de dire des organes circulatoires a beaucoup avancé la connaissance de ceux de la respiration. Blainville nie que les vésicules qu'on voit sur le trajet des vaisseaux latéraux, et qui s'ouvrent à la face inférieure du corps par un très-petit orifice, soient de véritables vésicules pulmonaires; il les regarde comme des glandes sécrétoires; mais les observations que nous avons faites dans un grand nombre d'Hirudinées, et particulièrement celle que Dugès vient de publier dans les Annales des Sciences naturelles, ne laissent plus de doute sur leurs fonctions respiratoires; d'ailleurs cette opinion, qui est partagée par Moquin-Tandon, avait déjà été émise par Thomas dans son Histoire naturelle de la Sangsue médicinale; mais il paraît aussi, d'après les observations de Dugès, que les Hirudinées, ou du moins certaines espèces, sont douées en outre de la faculté de respirer par toute la surface de l'enveloppe cutanée. « Les Néphélis en liberté, dit Dugès, passent souvent des heures, des journées entières, fixées par leur ventouse postérieure et agitant d'une continuelle ondulation leur corps légèrement aplati; elles semblent respirer alors à la manière des Naïdes, c'est-à-dire par la peau mise en contact perpétuellement renouvelé avec le liquide ambiant. Durant ce mouvement, les poches pulmonaires paraissent presque inertes, et leurs vaisseaux se laissent à peine apercevoir, tandis que le réseau cutané se prononce d'une manière très-marquée. » Nous avons observé ce même phénomène chez les individus de cette espèce, lorsqu'ils sont encore protégés par le corps de leur mère.

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Mais, dans d'autres cas, ces mêmes Sangsues semblent respirer uniquement par leurs poches pulmonaires; alors elles restent généralement en repos, et l'appareil de respiration se montre fréquemment coloré d'un rouge vif. Quant aux phénomènes chimiques produits par la respiration, ils sont les mêmes que partout ailleurs, et on en acquiert la preuve en plaçant des Sangsues dans une certaine quantité d'air atmosphérique; on observe alors que celui-ci ne tarde pas à se convertir en gaz acide carbonique.

Les Sangsues sont des Animaux hermaphrodites à la maniéré des autres Annelides: chaque individu est pourvu tout à la fois d'organes mâles et d'organes femelles; mais la fécondation ne saurait avoir lieu que lorsque deux individus s'étant mis en contact, l'organe mâle de l'un pénètre dans l'organe femelle de l'antre.

Les orifices de ces deux organes se présentent sous la forme de pores situés à la partie inférieure et sur la ligne moyenne du corps de l'Animal, très-près l'une de l'autre, à une distance toujours assez voisine de l'extrémité antérieure, mais variable cependant dans les différentes espèces, car dans les unes ils se voient sous le dix-septième ou dix-huitième anneau, dans les autres, entre le vingt-cinquième et le vingt-sixième, quelquefois près du vingt-septième, du vingt-huitième ou même du trente-cinquième. De ces deux ouvertures, l'antérieure livre passage à l'organe mâle, et la postérieure donne entrée dans l'organe femelle. Nous ne connaissons qu'une exception à la position relative de ces deux orifices, elle nous est offerte par les Branchiobdelles (V. à la fin de cet article la description de ce genre) qui, suivant Odier, présentent l'ouverture femelle située à la partie inférieure du neuvième anneau du corps, et en arrière, au onzième anneau, la seconde ouverture par laquelle sort la verge. L'appareil générateur mâle dos Sangsues se compose des testicules, des canaux déférens, des vésicules séminales et de la verge. Johnson et Moquin-Tandon l'ont représenté avec soin. Les testicules sont deux corps blanchâtres qu'on trouve plus ou moins développés non-seulement chez un même individu étudié à son jeune âge ou à son état adulte, mais encore suivant les genres et les espèces. Moquin-Tandon a eu occasion d'observer ceux de l'Hæmopis, de l'Aulastoma, de la Sangsue officinale, de l'Albione, de la Népliélis géante, et il a trouvé dans chacune d'elles des différences tiès-grandes dans la disposition, la texture, le développement de ces organes; tantôt ils se présentent sous forme d'une simple masse ovalaire, étendue de chaque côté du corps, et dans laquelle on distingue très-bien les circonvolutions nombreuses du canal qui les constitue; tantôt ils figurent un très-petit peloton irrégulièrement arrondi, composé de canaux entortillés, peu visibles, et on remarque alors à la partie postérieure de chaque masse un long canal étendu de chaque côté du corps, et ayant sur son trajet des renflemens vésiculaires. Moquin-Tandon regarde ces canaux comme des vésicules séminales supplémentaires; on pourrait les considérer aussi comme une sorte de testicule déroulé. Quoi qu'il en soit, ces organes, dont on doit la connaissance précise à Johnson et à l'auteur que nous venons de citer, sont, suivant les expressions du dernier, deux canaux blanchâtres ou d'un blanc grisâtre, filiformes, sinueux, très-déliés vers leur point d'origine et descendant de l'un et de l'autre côté du cordon médullaire jusqu'aux deux tiers de l'Animal. Ils sont composés d'une membrane mince, molle, presque transparente, et remplis de molécules opaques d'un blanc de lait, nageant dans un fluide aqueux; ils reçoivent, à des intervalles réguliers, des vésicules qni semblent être seulement des dilatations de leur extrémité. Elles sont pyriformes et petites dans les Albiones et les Sangsues pro-

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prement dites, ovales et moyennes dans les Aulastomes, globuleuses et très-grosses dans les Hœmopis. Leur nombre est très-variable; ou en compte huit paires dans les Hœmopis: la première commence au trente-septième segment, et la dernière finit au soixante dix-septième. Dans les Sangsues proprement dites il en existe une neuvième paire. Moquin-Tandon a observé que chez ces deux genres d'Hirudinées on rencontrait quelquefois une vésicule séminale de plus, toujours située à gauche et à l'extrémité postérieure du cordon. Les vésicules séminales supplémentaires n'ont pas été reconnues bien nettemeut dans la Nephelis gigas. Nons avons disséqué de notre côté la Nephelis vulgaris, et nous ne les avons pas rencontrées; mais cette espèce nous a offert, quant aux testicules, une particularité assez curieuse; ils forment deux masses allongées dans lesquelles on distingue parfaitement les circonvolutions du vaisseau grêle qui les constitue, et ce n'est pas, comme dans la Nephelis gigas, de leur extrémité antérieure que naissent les canaux déférens, mais bien du milieu de leur longueur, et à leur côté interne; il existe encore d'autres différences sur les quelles nous allons revenir en parlant des canaux déférens.

Les canaux déférens sont des conduits plus ou moins longs qui partent du testicule et qui se dirigent vers l'origine de la verge; ils charrient la liqueur prolifique; leur trajet est en général assez court, et lorsqu'ils sont plus d'étendue que de coutume, ils sont simplement flexueux ou coudés sur eux-mêmes; jamais ces vaisseaux ne forment un lacis comme ceux des testicules. Nous avons eu occasion de les observer dans plusieurs espèces, et particulièrement dans la Nephelis vulgaris où ils sont remarquables par leur grosseur. Nés au côté interne des testicules et un peu en avant de leur moitié, ils se recourbent sur eux-mêmes et se réunissent en un canal médian qui aboutit à la base de la verge. Les vésicules séminales proprement dites sont situées entre les testicules, tout près de l'orifice de l'organe mâle; elles ne sont point distinctes entre elles et se présentent sous forme d'une petite bourse qui, ainsi que nous l'avons observé dans la Nephelis vulgaris, embrasse quelquefois de toutes parts la base de la verge. Cet organe, coutenu dans une sorte de gaîne, est membraneux, assez rigide, filiforme, cylindroïde, long et recourbé quelquefois sur lui-même dans l'intérieur du corps, de manière à former un ou deux coudes. Souvent dans la saison des amours il sort tout entier du corps, et a quelquefois, suivant les espèces, plusieurs lignes, un pouce et même deux pouces de longueur.

L'appareil générateur femelle des Hirudinées est assez simple; l'ouverture qui se voit en arrière de la verge communique dans un vagin court qui conduit dans une poche assez développée après la fécondation et qu'on a nommée matrice; mais qui correspond, suivant nous, à la poche copulatrice des Insectes, des Mollusques, etc. Au fond de cette poche vient aboutir un canal assez gros, quelquefois flexueux, qu'on peut nommer l'oviducte; enfin cet oviducte est terminé par deux petits corps ovalaires, blanchâtres, supportés chacun par un court pédicule: ce sont les ovaires.

La reproduction des Sangsues a lieu par accouplement réciproque. Ces Animaux n'ont pas, comme les Planaires, la faculté de régénérer les parties qu'on leur enlève; nous avons tenté à diverses reprises des expériences qui nous en sont convaincu. L'accouplement des Sangsues a été observé en Angleterre; Johnson cite le témoignage de Hebb, chirurgien à Worcester, d'Evans, pharmacien dans la même ville, et il a été vu en France par notre ami Auguste Odier. Les observations dont parle Johnson sont été faites sur les Sangsues proprement dites, tandis que celles d'Auguste Odier l'ont été sur les Branchiobdelles. Suivant Johnson

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deux individus se rapprochent ventre contre ventre et en sens inverse, c'est-à-dire que la tête de l'un se place vis-à-vis la ventouse anale de l'autre. On conçoit que dans cette position les organes génitaux sont également situés en sens inverse, de manière que chaque pénis est placé en face de l'ouverture femelle et y pénètre.

Suivant Auguste Odier, les Branchiobdelles dont les organes sont différemment situés, la vulve étant en avant du pénis, sont un mode d'accouplement assez différent en apparence, mais semblable quant au résultat; pour exécuter cet acte, deux individus après s'être rapprochés prennent un point d'appui, au moyen de leur disque postérieur qu'ils fixent sur quelque corps étranger; puis ils s'entrelacent comme deux anneaux d'une chaîne en recourbant chacun leur tête vers la partie postérieure de leur corps. Dans cette position leurs deux surfaces inférieures se touchent exactement et en sens opposé, de manière que l'organe mâle de l'un devenu très-saillant pénètre dans l'ouverture vulvaire de l'autre, et vice versâ. L'accouplement des Branchiobdelles dure plusieurs heures; Odier l'a observé aux mois de juillet et d'août: c'est aussi, suivant Johnson, l'époque de l'accouplement des Sangsues.

La plupart des Hirdinées pondent des capsules ovifères dans lesquelles se développent plusieurs germes. Quelques espèces cependant engendrent des œufs qu'elles déposent isolément; enfin un très-petit nombre paraissent vivipares, c'est-à-dire que bien qu'on distingue leurs œufs dans l'intérieur de leur corps, ils ne sont point pondus, et les petits sortent directement du sein maternel. Certaines espèces du genre Clepsine présentent une particularité curieuse: il existe sous le ventre une poche dans laquelle les petits se réfugient pendant leur jeune âge. Ce qui regarde l'organisation et le développement des œufs ayant été traité au mot OEUF (T. XII, p. 127), nous renvoyons le lecteur â cet article dans lequel nous avons dû nécessairement nous borner aux faits les plus généraux et les mieux constatés. Les Hirudinées atteignent assez lentement leur plus haut degré d'accroissement, et la durée de leur vie, quoiqu'elle ne soit pas bien précisée, paraît assez longue. Cependant on aurait tort de prendre pour termes du calcul les observations de longévité remarquées parmi les individus que l'on tient captifs dans des bocaux ou même dans des vases de grande dimension. la on a vu des Sangsues médicinales vivre deux, trois ou quatre années; on en cite qui ne sont mortes qu'après huit ans, et d'après ces faits quelques observateurs supposent qu'à l'état de liberté elles pourraient bien vivre vingt ans. Quant à nous, uous en tirons une conséquence toute opposée, et nous pensons que l'abstinence et la faculté qu'elles perdent de s'accoupler et de se reproduire lorsqu'on les conserve renfermées, suffisent pour prolonger leur existence; de même que l'on voit chez, les Insectes la diminution ou le défaut de nourriture retarder le développement, et la privation de l'accouplement, prolonger la vie bien au-delà du terme ordinaire.

Les Hirudinées sont répandues sur presque toute la surface du globe; mais les espèces diffèrent suivant les localités. Les Sangsues médicinale et officinale sont particulièrement propres au continent européen, depuis la Russie jusqu'en Espagne et en Portugal. Il en existe beaucoup en France, mais le grand emploi que l'on eu fait ne suffit pas à la consommation. Les Hirudinées vivent dans les eaux douces ou salées; elles sucent le sang de divers Animaux et on les rencontre souvent fixées sur divers Poissons, sur les Tortues, sur des Mollusques; certaines espèces s'attachent aux Chevaux, aux différens bestiaux qui vont boire dans les mares, les étangs, les rivières, les fontaines. Elles se nichent quelquefois sur le palais ou sous la langue et jusque dans les fosses nasa-

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les, où elles pénètrent; elles peuvent alors y vivre plusieurs jours, et se gorgeant de sang gêner la respiration de ces Animaux. Dans l'expédition d'Egypte et, suivant Bory de Saint-Vincent, dans le midi de l'Espagne, elles causèrent parfois des accidens graves à des soldats qui avaient bu aux fontaines, et les chevaux surtout en furent souvent tourmentés. Lorsque le froid se fait sentir, ces Annelides s'enfoncent généralement dans la vase des étangs, et elles y passent l'hiver dans un état d'engourdissement d'où elles sortent aux premiers jours du printemps. Les Sangsnes paraissent très-sensibles aux autres impressions et changemens atmosphériques. Lorsque le vent souffle, elles s'agitent; elles s'enfoncent dans la vase quand le ciel se couvre; elles montent à la surface de l'eau lorsque les orages grondent. Ces observations que les gens qui récoltent les Sangsues employées eu médecine sont souvent eu occasion de faire, les sont porté à supposer que ces Animaux qu'il est aisé de tenir renfermés, pourraient bien, si on les plaçait dans un bocal, monter ou descendre suivant l'état de l'atmosphère, et ils sont imaginé d'en faire un baromètre que dans certains lieux ils sont même gradué en plaçant dans les bocaux une échelle divisée en un certain nombre de degrés; mais l'expérience n'a pas répondu à ce qu'on en attendait, et cet instrument ne mérite pas la confiance que les gens du peuple lui accordent. On voit bien, il est vrai, les Sangsues tantôt au fond, tantôt à la surface du liquide; mais ce mouvement n'est pas général, et pour peu que l'on prenne la peine d'observer pendant quelque temps les rapports qu'il a avec l'état de l'atmosphère, on remarque qu'ils sont la plupart du temps opposés, et que par conséquent il ne saurait indiquer rien de positif.

La famille des Sangsues a été divisée par Savigny en trois sections dans lesquelles il groupe tous les genres de la manière suivante:

Ire Section. — SANGSUES BRANCHELLIENNES.

Des branchies saillantes; ventouse orale d'une seule pièce, séparée du corps par un fort étranglement; ouverture circulaire.

Genre: BRANCHELLION.

IIe Section. — SANGSUES ALBIONNIENNES.

Point de branchies; ventouse orale d'une seule pièce, séparée du corps par un fort étranglement; ouverture sensiblement longitudinale.

Genres: ALBIONE, HÆMOCHARIS.

IIIe Section. — SANGSUES BDELLIENNES.

Point de branchies; ventouse orale de plusieurs pièces, peu ou point séparée du reste du corps; ouverture transversale, comme à deux lèvres; la lèvre inférieure rétuse.

Genres: BDELLE, SANGSUE, HOEMOPIS, NÉPHÉLIS, CIEPSINE.

Chacun de ces genres ayant été traité à son ordre alphabétique, nous y renvoyons pour les caractères distinctifs et pour les autres détails qui leur sont propres. Nous nous bornerons à observer qu'on pourrait ajouter à cette liste quelques nouveaux genres qui sont été créés récemment et entre autres ceux de Branchiobdella et d'Aulastoma d'Auguste Odier et de Moquin-Tandon.

Le genre Branchiobdella d'Auguste Odier a pour caracteres distinctifs: corps contractile, un peu aplati, composé de dix-sept anneaux, terminé par un disque préhensile; tête oblongue, garnie de deux lèvres; bouche armée de deux mâchoires cachées, triangulaires, dont la supérieure plus grande; point d'yeux. Ce petit genre, très-différent des Hirudinées décrites jusqu'à ce jour, paraît avoisiner, sous quelques rapports, les Néphélis. Il ne rénferme encore qu'une seule espèce, la BRANCHIOBDELLE DE L'ECREVISSE, Branchiobdella Astaci; elle doit son nom

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générique à l'habitude qu'elle a de vivre sur les branchies et elle porte le nom spécifique d'Ecrevisse parce qu'elle n'a encore été trouvée que sur les Ecrévisses de rivière. Ce fut au mois de juillet 1819 que Brougniart, Odier et nous, découvrîmes cette curieuse Annelide. Déjà elle avait été représentée par Roësel, et la mauvaise figure qu'il en avait donnée avait été reproduite dans l'Encyelopédie méthodique (Crustacés, pl. 289, fig. 11, 12, 13, 14), mais on ne savait rien de son organisation; on ignorait même à quelle classe du règne animal on devait la rapporter. Notre ami Odier se chargea de ce petit travail, et le soumit à la Société philomatique au mois de novembre 1819. Cette Annelide n'a pas plus de cinq à douze millimètres de long, suivant qu'elle est contractée ou étendue, et sa largeur est d'un millimètre et demi. On lui compte dix-sept anneaux non compris la tête; ils sont alternativement larges et étroits; le dernier, en arrière, est terminé par une ventouse; la tête est oblongue et munie de deux lèvres dont la supérieure est plus large que l'inférieure; réunies elles constituent une sorte de ventouse orale; au fond se voient les mâchoires au nombre de deux seulement; elles sont de forme triangulaire, la supérieure est la plus grande tandis que l'inférieure est invisible à l'œil nu. Les ouvertures des organes de la génération existent à la face ventrale du neuvième et onzième anneau; mais ils sont en sens inverse de ce qu'on voit ordinairement; l'orifiee antérieur étant celui du vagin et le postérieur celui de la verge. La couleur de cette Annelide est d'un jaune doré. Auguste Odier a fait avee soin l'anatomie de cette petite espèce, et de très-bonnes figures représentent le tube digestif, les systèmes circulatoire et nerveux, les organes générateurs, le moment de l'accouplement, et les œufs qui sont des espèces de petites capsules pédicellées et fixées sur les branchies de l'Ecrevisse. La Branchiobdelle de l'Ecrevisse ainsi que les œufs se trouvent communément sur les branchies des Ecrevisses depuis le mois de juillet jusqu'à celui d'octobre; nous en avons aussi rencontré an printemps. (V., pour plus de détails, les Mémoires de la Société d'Histoire naturelle, T. 1, pag. 69.)

Le genre Aulastoma, récemment établi par Moquin-Tandon (Monographie des Hirudinées, p. 123), a pour caractères: corps allongé, sub-déprimé, rétréci graduellement en avant, composé de quatre-vingt-quinze segmens assez distincts portant, entre le vingt-septième et vingt-huitième et entre le trente-unième et trente-deuxième, les orifices des organes de la génération; ventouse orale peu concave, bilabiée, à lèvre supérieure presque lancéolée, avancée en demi-ellipse; bouche très-grande relativement à la ventouse orale; mâchoires réduites à une multitude de plis saillans; dix yeux disposés sur une ligne courbe, les quatre postérieurs plus isolés et plus petits; ventouse anale assez petite et obliquement terminale; anus extrêmement large et très-visible. Ce genre, que Moquin-Tandon place entre les Bdelles et les Néphélis, nous paraît avoir plusieurs traits de ressemblance, surtout par l'absence des mâchoires, avec le genre Trochetia de Dutrochet; c'est un point que nous engageons ces observateurs a examiner. Quoi qu'il en soit, il se compose d'une seule espèce, l'AULASTOME NOIRATRE, Aulastoma nigrescens, Moq., tab. 6, fig. 5. Elle a été trouvée en France et a été envoyée de Lyon sous le nom de Sangsue non officinale.

Blainville, dans son article Sangsue du Dictionnaire de Levrault, a cru devoir faire plusieurs changemens qui se réduisent aux suivans: le genre Hæmopis de Savigny disparaît de sa nomenclature; il le divise en deux genres en donnant à l'un le nom d'Hippobdella, et à l'autre celui de Pseudobdella. Le premier ren-

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ferme les Hæmopis sanguisorba, lucluosa et lacertina de Savigny, et le second se compose de son Hæmopis nigra. Le nom de Jatrobdella est substitué au nom générique si universellement admis de Sangsue, Sanguisuga; les Hæmocharis de Savigny sont nommés Ichthyobdella; il réhabilite le genre Trochetia de Dutrochet que Savigny n'adopte pas et que Moquin-Tandon ne distingue pas du genre Néphélis; mais il change son nom en celui de Geobdela; enfin il crée deux nouveaux genres pour deux espèces d'Hirudinées assez mal connues et qu'on avait laissées jusqu'ici dans les incertæ sedis; le premier, ou son genre Epibdella, a pour type l'Hirudo hippoglossi de Müller; le second, qui porte le nom de Malacobdella, renferme l'Hirudo grossa du même auteur.

Terminons cet article en faisant remarquer qu'on doit exclure de la famille des Hirudinées plusieurs espèces qui avaient été nommées Sangsue par les auteurs anciens: l'Hirudo alba de Kirby (Linn. Trans. T. II, p. 316) est la Planaria lactea, Gmel.; l'H. alpina, Dana (Mem. della real. Acad. delle Sc. di Torino, T. III, p. 199), est la Planaria torva, Gmel.; l'H. Limax ou Sangsue Limace de Réaumur est une Fasciola; l'H. nigra de Kirby (Linn. Trans. T. II, p. 316) est une Planaire, ainsi que l'H. viridis de Shaw (Linn. Trans. T. I, p. 93), etc. (AUD.)

SANGUENITE. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires de la Santoline. (B.)

SANGUIN. MIN. Espèce de Jaspe. V. ce mot. (B.)

* SANGUIN. BOT. PHAN. Espèce du genre Cornouiller. (B.)

SANGUINAIRE. Sanguinaria. BOT. PHAN. Genre de la famille des Papavéracées, et de la Polyandrie Monogynie, L., offrant les caractères essentiels snivans: calice à deux sépales ovales, concaves, plus courts que les pétales et caducs; corolle à huit pétales oblongs, les quatre intérieurs (étamines stériles?) alternes, plus étroits; vingt-quatre étamines à anthères linéaires; un ovaire oblong, comprimé, couronné par un stigmate un peu épais, à deux sillons, et persistant; capsule bivalve, oblongue, ventrue, amincie aux deux extrémités; à valves caduques, et à deux placentas persistans.

La SANGUINAIREDU CANADA, Sanguinaria canadensis, L.; Lamk., Illustr., tab. 449; Bigelow, Bot. Med. Amer., 1, p. 75, tab. 7, optim., est une Plante herbacée dont la souche radiciforme est brune, cylindrique, oblongue, oblique ou horizontale, remplie d'un suc de couleur de sang, et garnie de fibrilles radicales trèsdéliées. Il n'ya ordinairement qu'une feuille radicale, réniforme, incisée ou dentée au sommet à l'instar de certains Figuiers, glabre, glauque en dessous. La hampe est cylindrique, plus longue que le pétiole, et ne porte qu'une fleur blanche qui double avec la plus grande facilité. Le turion ou bourgeon radical est composé d'écailles oblongues, linéaires, qui protégent la feuille et la hampe. Cette Plante varie par ses feuilles quelquefois au nombre de deux; par sa fleur plus ou moins grande, simple ou double, et par ses pétales oblongs ou linéaires au nombre de huit à douze.

La souche souterraine, vulgairement cousidérée comme la racine de cette Plante, est âcre, narcotique et même émétique. Appliquée extérieurement, elle agit comme escarrotique, et elle est souvent employée par les médecins des Etats-Unis de l'Amérique. Toute la Plante a un suc qui teint en jaune; c'est par ce motif que les vétérinaires, en Amérique, lui donnent le nom de Curcuma qui est celui d'une racine tinctoriale appartenant à une Plante de la famille des Cannées. (G..N.)

* SANGUINE. ZOOL. Espèce du genre Fourmi. C'est aussi le Lézard gris dans le midi.

SANGUINE OU PIERRE SAN-

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GUINE. MIN. V. ARGILE OCREUSE ROUGE et FER OXIDÉ ROUGE.

SANGUINELLA. BOT. PHAN. C'est le Parnassia palustris dans Daléchamp, et l'un des noms vulgaires du Panicum dactylon, L., qui appartient au genre Cynodon. On a aussi étendu ce nom au Cornus sanguinea, L. (B.)

SANGUINOLAIRE. Sanguinolalia. CONCH. Lister et quelques autres conchyliologues anciens connurent des Coquilles de ce genre; ils les plaçaient avec les Coquilles qu'ils nommaient Cames ou Tellines. Linné les confondait avec les Solens et avec les Vénus, ce que firent également la plupart des auteurs qui le suivirent. Cependant Bruguière, ce réformateur éclairé, sentit qu'il serait nécessaire de former un genre pour ces Coquillages; c'est ce qu'il fit dans les planches de l'Encyclopédie, et il lui imposa le nom de Capse. Lamarck adopta ce genre dans son Système des Animaux sans vertèbres, 1802; il indiqua comme type, à l'exemple de Bruguière, la Venus deflorata de Linné, de plus il forma le genre Sanguinolaire avec le Solen sanguinolentus du même auteur. Plus tard, lorsque Lamarck s'aperçut que son genre Sanguinolaire était le même que le genre Capse de Bruguière, au lieu de les réunir sous le nom le plus ancien, comme cela devait être, il les rassembla sous celui qu'il avait fait. Alors il donna le nom de Capse à une Coquille que Bruguière regardait comme une Donace; d'où sont venus les doubles emplois et les équivoques qui sont eu lieu à l'égard de ces genres. Ainsi, en résumant, Bruguière créa le genre Capse; Lamarck l'admit, et fit un nouveau genre Sanguiuolaire auquel il réunit plus tard les Capses, et il donna ensuite le nom de Capse à un autre genre que lui-même avait déjà nommé Donacile. Cuvier, Règne Animal, ne s'est point aperçu de l'erreur, et ne l'a pus relevée; il donne, comme l'a d'abord fait Lamarck, la Venus deflorata comme exemple de l'un, et le Solen sanguinolentus comme exemple de l'autre. Férussac, dans ses Tableaux systématiques, a rectifié la synonymie générique à cet égard, en rendant à Bruguière son genre Capse, et en rétablissant le genre Donacile pour la Capse de Lamarck. Latreille (Familles natur. du Règne Anim., p. 210) a compris le genre qui nous occupe dans sa famille des Tellinides qui ne diffère pas notablement de celle des Nymphacées de Lamarck (V. ces mots). Blainville les éloigne davantage des Vénus et des Tellines pour les porter près des Solens dans la seconde section de la famille des Pyloridées (V. aussi ce mot). Nous nous expliquons facilement cette divergence d'opinions entre la plupart des concbyliologues; elle a dépendu de l'espèce qu'ils sont prise pour type. Ceux qui sont eu la Sanguinolaria rugosa sont laissé le genre près des Tellines; ceux qui sont observe la Sanguinolaria occidens et rosea, l'ont transportée dans le voisinage des Solens, ce qui tient à ce que ces espèces appartiennent bien certainement à des genres différens. Les Sanguinolaria rosea et occidens sont trop d'analogie avec les Soletellines de Blainville pour qu'on puisse les séparer, tandis que les autres espèces de Sanguinolaires doivent rester dans ce genre auprès des Tellines. Cette distinction une fois bien établie, il nous semble que les erreurs deviennent bien difficiles. Ainsi réformé, ce genre doit être caractérisé de la manière suivante: coquille transverse, subelliptique, un peu bâillante aux extrémités; bord cardinal assez épais, courbé; deux dents cardinales à chaque valve; nymphes saillantes portant un ligament très-saillant et fort solide.

Lamarck n'avait compris que quatre espèces dans le genre Sanguinolaire: si l'on reporte à leur véritable place les deux premières, il n'en restera plus que deux pour celui-ci; en voici l'indication:

SANGUINOLAIRE LIVIDE, Sanguinolaria livida, Lamk., Anim. sans

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vert. T. v, p. 511, n° 3. Elle vient de la Nouvelle-Hollande.

SANGUINOLAIRE BIDÉE, Sanguinolaria rugosa, ibid., loc. cit., n° 4; Venus deflorata, L., Gmel., p. 5274, n° 24; Lister, Conch., tab. 425, fig. 273; Chemnitz, Conch. T. VI, tab. 9, fig. 79, 82; Capse, Brug., Encyclop., pl. 231, fig. 3, 4. Coquille assez commnnie dans les collections; elle vient desmers de l'Inde et d'Amérique. Nous en avons reçu une trèsÍolie variété de notre ami Lesson qui l'a recueillie à Waigiou. (D..H.)

SANGUINOLE. BOT. PHAN. Variété de Pêches. (B.)

* SANGUINOLENT. OIS. Espèce du genre Gros-Bec. V. ce mot. (DR..Z.)

SANGUINOLENT.POIS. Espèce de Spare. V. ce mot. (B.)

SANGUISORBE. Sanguisorba. BOT. PHAN. Genre de la famille des Rosacées, type de la tribu des Sanguisorbées, offrant les caractères essentiels suivans: fleurs hermaphrodites; le calice est quinquéfide, muni à sa base de deux écailles; il n'y a point de corolle; les étamines sont au nombre de quatre, et leurs filets sont, dans quelques espèces, plus courts que le calice, et dans d'autres plus longs, terminés par des anthères arrondies; les deux carpelles sont renfermés dans le tube du calice, surmontés d'un style en forme de piuceau à son extrémité, et convertis en akènes secs, indéhiscens et monospermes; la graine est renversée. Ce genre se compose d'environ six espèces qui croissent, les unes dans les prairies de l'Europe tempérée et méridionale, ainsi que dans la partie de l'Afrique voisine de la Méditerranée, les autres dans le Canada et en Chine. Celle qu'on peut considérer comme type du genre est le Sanguisorba officinalis, L.; Lamk., Illustr., tab. 85; English Botan., tab. 1312; Flora danica, tab. 97. Cette Plante a des tiges droites, glabres, un peu rameuses, hautes d'environ deux pieds, garnies de feuilles imparipinnées. Les fleurs sont ramassées eu un épi ovale, à l'extrémité d'un long pédoncule. On la trouve dans les prés secs de l'Europe. Elle a les mêmes propriétés que la Pimprenelle officinale (Poterium Sanguisorba, L.) à laquelle elle ressemble par le port. Elle est plus astringente, et ne possède pas un parfum aussi agréable que cette dernière Plante qui, comme on sait, est un assaisonnement agréable dans les salades. Les bestiaux la rebutent à cause de la dureté de ses tiges. (G..N.)

SANGUISORBÉES. Sanguisorbeæ. BOT. PHAN. Sixième tribu de la famille des Rosacées. V. ce mot. (G..N.)

* SANGUISUGA. ANNEL. Syn. d'Hirudo. V. SANGSUE. (B.)

* SANGUISUGES OU ZOADELGES. INS. Duméril désigne ainsi (Zool. analyt.) une famille de l'ordre des Hémiptères, à laquelle il donne pour caractères: élytres demi-coriaces; bec paraissant naître du front; antennes longues, terminées par un article plus grêle; pâtes propres à marcher. Cette famille se compose des genres Miride, Punaise, Réduve, Ployère et Hydromètre. (G.)

SANICLE. Sanícula. Genre de la famille des Ombellifères et de la Pentandrie Digynie, L., offrant les caractères suivans: ombelle générale composée de quatre à cinq rayons, munie à sa base d'un involucre unilatéral; chaque rayon terminé par une ombelle capitée, presque sessile, entourée d'un involucelle. Chaque fleur offre un calice presque entier sur les bords; une corolle à cinq pétales réfléchis; cinq étamines à filets plus longs que la corolle; un fruit ou diakène ovale, aigu, hérissé de pointes nombreuses, uncinées au sommet. On ne connaît que trois espèces de ce genre, l'une européenne (Sanícula europea, L.), les deux autres (S. canadensis et marylandica) de l'Amérique septentrionale.

La SANICLE D'EUROPE, Sanicula europea, est une Plante herbacée,

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haute d'un pied à un pied et demi, munie de feuilles radicales, nombreuses, longuement pétiolées, glabres, luisantes en dessus, palmées ou divisées profondément en trois ou cinq lobes dentés ou incisés. Les fleurs sont blanchâtres, fort petites, réunies en tête au sommet de la tige. Cette Plante est assez commune sous les hautes futaies, dans toute l'Europe. Les anciens lui attribuaient de merveilleuses propriétés vulnéraires; aujourd'hui nous n'y avons pas la moindre confiance. (G..N.)

On a étendu le nom de SANICLE à diverses Plantes, et appelé:

SANICLE FEMELLE, l'Astrantia major.

SANICLE DE MONTAGNE, la Benoite.

SANICLE (PETITE), l'Adoxa Moscatellina, etc. (B.)

SANIDIN. MIN. Nose, dans un ouvrage qui a pour titre: Etudes minéralogiques sur les Montagnes du Bas-Rhin, a proposé de donner ce nom au Feldspath vitreux disséminé dans les Trachytes et autres roches d'origine volcanique. V. FELDSPATH. (G. DEL.)

* SANI - JALA. OIS. Espèce du genre Merle. V. ce mot. (B.)

* SANKI. OIS. Anas Merga, Lath. Espèce du genre Canard. V. ce mot. (B.)

SANKIRA. BOT. PHAN. Nom de pays du Smilax China. (B.)

* SANRESAURI. BOT. PHAN. La Plante de Madagascar mentionnée sous ce nom de pays par Flacourt, paraît être une Orchidée. (B.)

SAN-SARAI. OIS. Espèce de Canard de la sous-division des Sarcelles. V. ce mot. (B.)

SANSEVIÈRE. Sanseviera. BOT. PHAN. Genre de la famille des Hémérocallidées de R. Brown, et de l'Hexandrie Monogynie, L., établi par Thunberg, adopté par tous les botanistes modernes, et ainsi caractérisé: périanthe infère, tubuleux, dont le limbe est à six divisions réfléchies; six étamines dont les filets sont insérés sur le haut du tube, et non épaissis vers leur milieu; stigmate capité ou trifide; baie triloculaire, à loges monospermes, une ou deux souvent avortées. Ce genre avait été confondu par Linné avec les Aletris et les Aloes, mais son fruit bacciforme suffit pour le distinguer de ces deux genres dans lequel le fruit est capsulaire. Loureiro et Cavanilles sont établi le même genre sous les noms de Liriope et de Salmia qui n'ont pas été adoptés. On en connaît une quinzaine d'espèces, toutes cultivées dans les jardins, surtout en Angleterre, comme Plantes d'ornement et de curiosité. La plupart sont originaires des pays chauds de l'Asie et de l'Afrique. Nous nous bornerons à citer les principales, savoir: 1°. Sanseviera zeylanica, Redouté, Liliacées, n. 290; Bot. Regist., n. 160; Aletris, Aloe et Hyacinthoides, L. — 2°. Sanseviera guineensis, Bot. Magaz., n. 1179; Salmia spicata, Cavan., Icon. rar., tab. 246. — 3°. Sanseviera carnea, Andr., Reposit., 561; S. sessiliflora, Gawler; Liriope spicata, Lour. (ex Gawl.)? Ce sont des Plantes herbacées, vivaces, stolonifères; elles sont un rhizome épais, rampant, duquel s'élève une hampe qui porte un épi simple ou composé de fleurs souvent disposées par petits faisceaux. (G..N.)

SANSONNET, OIS. Syn. vulgaire du Sturnus vulgaris. V. ETOURNEAU. (B.)

SANSOVINIA. BOT. PHAN. Scopoli a donné ce nom à un genre établi sur le Staphylea indica de Burmann, qui doit être rapporté à l'Aquilicia. V. ce mot. (G..N.)

SANT. BOT. PHAN. C'est le nom que porte en Arabie et dans la Haute-Egypte, un Gommier dont les fruits servent à tanner le cuir, et que Delile rapporte à l'Acacia nilotica. (G..N.)

SANTAL. Santalum. BOT. PHAN. Genre de la famille des Santalacées et de la Tétrandrie Monogynic, L.,

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établi par Linné, qui avait, en outre, fondé un genre Sirium que Lamarck a considéré comme parfaitement identique avec le Santalum, mais auquel il a conservé le nom de Sirium. Cependant ce dernier nom n'a pas prévalu, et R. Brown, tout en avertissant que le vrai Santalum de l'Herbier de Linné n'est pas du même genre que le Sirium, a donné à ce dernier le nom de Santalum. Voici ses caractères principaux: périanthe caduc, quadrifide, ayant le tube rentlé; quatre écailles glanduleuses, insérées sur l'entrée du tube, alternes avec les étamines; quatre étamines dont les filets sont insérés sur le périanthe, et alternes avec les glandes; ovaire inférieur, couronné par un disque convexe, surmonté d'un style de la longueur des étamines, et terminé par un stigmate à trois ou quatre lobes courts et obtus; baie drupacée, ovoïde, bordée au sommet. La Plante qui doit être considérée comme type du genre est le Santalum on Sirium myrtifolium, L.; Lamk., Illustr., tab. 74; Roxburgh, Coromand., tab. 2. Lamarck et Vahl assurent qu'on doit rapporter à cette espèce le Santalum album de Linné; mais il paraîtrait, d'après une note de R. Brown, que cette Plante en diffère même génériquement. Quoi qu'il en soit, l'espèce dont il s'agit est un Arbre qui a l'aspect du Myrte, et dont les tiges se divisent en rameaux étalés, roides, droits, presque cylindriques, garnis de feuilles opposées, pétiolées, lancéolées, un peu obtuses, entières, glabres sur les deux faces, glauques en dessous, marquées de nervures latérales, réticulées. Les fleurs sont petites et disposées en thyrse pédonculé dans l'aisselle des feuilles terminales. Cette Plante croît dans les Indes-Orientales. Son hois est employé depuis long-temps dans la pharmacie et dans l'ébénisterie, comme médicament et comme substance propre à la fabrication des meubles précieux. On en distingue deux sortes: le Santal blanc et le Santal citrin, ainsi nommés à raison de leur couleur. Il est probable que ces bois proviennent d'espèces différentes; cependant quelques auteurs affirment qu'ils sont dûs à des Arbres qui ne diffèrent que par leur âge. D'un autre côté, on est certain que le Santal citrin, ou du moins un Santal qui en a toutes les qualités, provient de diverses espèces de Santalum. Ainsi le Santalum Freycinetianum, décrit et figuré par notre ami Gaudichaud dans la Botanique du Voyage de l'Uranie, est un Arbre des îles Sandwhich qui diffère du Santalum myrtifolium, et qui néanmoins fournit un excellent bois de Santal. Les Chinois estiment beaucoup le bois de Santal. Depuis quelques années, des négocians européens sont fait un commerce assez lucratif en transportant en Chine celui qui croît abondamment dans les nombreuses îles de la Polynésie. On n'estimait autrefois en Europe le bois de Santal que comme médicament; il commence actuellement à prendre assez de faveur, principalement pour les objets de tabletterie.

Les autres espèces de Santalum, au nombre de cinq à six, sont indigènes de la Nouvelle-Hollande, ainsi que des îles des océans Indien et Pacifique. Ce sont des Arbres ou Arbrisseaux glabres, à feuilles opposées, planes, un peu larges. Les fleurs sont accompagnées de bractées caduques, ternées et portées sur des pédicelles opposés, dont l'ensemble forme une sorte de corymbe.

Le Santal rouge du commerce est produit par le Pterocarpus Santalinus; il fournit une matière colorante employée dans les arts. V. SANTALINE. (G..N.)

* SANTALACÉES. Santalaceæ. BOT. PHAN. Famille naturelle de Plantes dicotylédones apétales à étamines épigynes, établie par R. Brown (Prodr., I, p. 350) pour un certain nombre de genres, placés, auparavant dans les familles des Éléagnées

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et des Onagraires, et qui offrent les caractères suivans: le périanthe est simple, monosépale, à quatre ou cinq divisions valvaires, quelquefois environné à sa base d'un calicule extérieur et monosépale, comme dans le genre Quinchamalium par exemple. Les étamines, en même nombre que les divisions calicinales, leur sont opposées, sont insérées au pourtour d'un disque épigyne et lobé qui tapisse la base des divisions. L'ovaire est infère, à une seule loge, contenant de deux à quatre ovules attachés au sommet d'un trophosperme central et pendans. Le style est indivis, terminé par un stigmate simple ou lobé. Le fruit est coriace ou charnu, renfermant en général un petit noyau uniloculaire et monosperme. La graine se compose, outre son tégument propre, d'un endosperme blanc et charnu qui renferme un embryon axile, renversé de même que la graine.

Cette petite famille se compose des genres Thesium, Leptomeria, Quinchamalium, Choretrum, Fusanus et Santalum. R. Brown en rapproche avec quelque doute le genre Nyssa, dont l'ovaire renferme un seul ovule; les genres Exocarpos et Anthobolus, dont l'ovaire est libre et non infère. Le genre Osyris paraît devoir aussi être rapporté à cette famille. Les Santalacées sont de grands rapports avec les Éléagnées, qui en diffèrent par leur ovaire libre et monosperme, et avec les Combrétacées qui sont dipérianthées. Mais la singulière structure de l'ovaire, les ovules attachés et pendans au sommet d'un trophosperme qui s'élève du centre de la loge, sont les caractères qui distinguent essentiellement ce groupe naturel. (A. R.)

SANTALIN. BOT. PHAN. Pour Santal. V. ce mot. (G..N.)

* SANTALINE. CHIM. ORG. Pelletier a donné ce nom au principe colorant du Santal rouge (Pterocarpus santalinus, L.). On l'obtient en traitant ce bois coupé en copeaux minces, par l'alcohol bouillant, et faisant évaporer la solution à siccité. Ce principe est rouge, fusible à environ cent degrés, très-peu soluble dans l'eau même à chaud, soluble au contraire dans l'alcohol, l'éther, l'acide acétique et les solutions alcalines. Il ne se dissout pas dans les huiles grasses et volatiles, excepté les huiles de Lavande et de Romarin qui en dissolvent une petite quantité. Ce principe est décomposé par l'Acide nitrique, et changé en matière jaune amère, en Acide oxalique, etc. Il donne, par la distillation, tous les produits des matières résineuses non azotées. (G..N.)

SANTALOIDES. BOT. PHAN. Linné, dans son Flora Zeylanica, n. 408, a désigné sous ce nom une Plante dont Vahl a fait une espèce de Connarus. (G..N.)

SANTÉ, CRUST. Syn. de Salicoque. V. ce mot. (B.)

* SANTIA. BOT. PHAN. Le Santia plumosa de Savi et de Sébastiani est un des nombreux synonymes du Polypogon monspeliensis, Desf. V. POLYPOGON. (G..N.)

SANTILITE. MIN. Nom donné à une variété d'Opale hyalite, que l'on rencontre en Toscane et que le docteur Santi a le premier fait connaître. (G. DEL.)

SANTOLINE. Santolina. BOT. PHAN. Genre de la famille des, Synanthérées, tribu des Anthémidées de Cassini, et de la Syngénésie égale, L., offrant les caractères suivans: involucre presque hémisphérique, plus court que les fleurs, composé de folioles imbriquées, appliquées-ovales ou lancéolées, coriaces, munies d'une bordure scarieuse; réceptacle large, convexe ou presque hémisphérique, garni de paillettes demi-embrassantes, oblongues et comme tronquées au sommet; calathide presque globuleuse, composée de fleurons égaux, nombreux, réguliers et hermaphrodites; corolle dont le tube est long, arqué en dehors,

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le limbe à cinq divisions munies au sommet de bosses calleuses; ovaires oblongs, anguleux, presque tétra-gones, glabres et dépourvus d'aigrette. On connaît environ douze espèces de Santolines; ce sont des Plantes herbacées ou sous-frutescentes, à fleurs jaunes et à feuilles nombreuses, linéaires-dentées ou pectinées, et douées d'une odeur forte. La plupart croissent dans les contrées chaudes qui baignent la Méditerranée. Le Santolina Charnæcyparissus, L., ou S. incana, Lamk. et D. C., Fl. Fr., est fréquemment cultivé dans les jardins sous les noms de Garderobe, Aurone femelle, petit Cyprès, etc. Ses feuilles aromatiques et amères passent pour stomachiques et vermifuges.

Smith a placé parmi les Santolines l'Athanasia maritima, L., qui est le type du genre Diolis de Desfontaines. V. DIOTIDE. (G..N.)

SANTOLINOIDES. BOT. PHAN. (Vaillant.) Syn. d'Anacycle. V. ce mot. (B.)

SANTONICUM. BOT. PHAN. (Cordus.) Les Santolina squarrosa et Chamæcyparissus, L. On a aussi donné ce nom aux petites fleurs d'Artemisia contra, employées en médecine sous le nom de Semen-Contra. (B.)

SANVE OU SÉNEVÉ, BOT. PHAN. Noms vulgaires de la Moutarde des champs. V. MOUTARDE. (B.)

SANVITALIE. Sanvitalia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, tribu des Hélianthées, établi par Lamarck (Journal d'Histoire naturelle, 1792, T. II, p. 176), et offrant les caractères suivans: involucre irrégulier, composé de folioles inégales, imbriquées, appliquées, les extérieures plus courtes, surmontées d'un grand appendice foliacé, les intérieures obovales, tantôt nues au sommet, tantôt surmontées d'une pointe; réceptacle conique, élevé, garni de paillettes oblongues, presque membraneuses; calathide radiée, composée au centre de fleurons nombreux, réguliers et hermaphrodites, et à la circonférence de demi-fleurons sur un seul rang et femelles. Les fleurs du centre sont un ovaire qui varie selon la situation des fleurs; dans les extérieures, il est comprimé, marqué de côtes longitudinales et privé d'aigrette; dans les fleurs intérieures, il est privé de côtes et de tubercules, mais pourvu sur ses deux arêtes d'une bordure en forme d'aile, et il porte une aigrette composée de deux paillettes inégales. Les fleurs de la circonférence sont l'ovaire triquètre, portant une aigrette composée de trois paillettes épaisses et spinescentes. Le genre Sanvitalia a été reproduit par Ortega sous le nom de Lorentea. Il se compose d'une ou deux espèces dont la principale est le Sanvitalia procumbens, Lamk., loc. cit., et Illustr., tab. 686; Sanvitalia villosa, Cavanilles, Icon. et Descript. T. IV, p. 30. C'est une Plante herbacée, annuelle, dont la tige est couchée, rameuse, garnie de feuilles opposées, ovales, pointues, entières ou dentées, à trois nervures, velues et d'un vert sombre. Les fleurs forment des calathides jaunes avec le centre noir solitaires, pédonculées ou sessiles, et terminales. Cette Plante croît au Mexique; on la cultive en Europe dans les jardins de botanique. (G..N.)

SAOUARI. BOT. PHAN. Aublet a décrit, sous les noms de Saouari glabra et S. villosa, deux Plantes de la Guiane qui sont été réunies au genre Caryocar de Linné, ou Pekea d'Aublet. V. PEKEA. (G..N.)

* SAP ET SAPE. BOT. PHAN. Noms vulgaires des Sapins dans certains cantons du midi de la France. (B.)

SAPAJOUS OU HÉLOPITHÈQUES. MAM. Premier groupe de la tribu des Singes américains ou Platyrrhinins de Geoffroy Saint - Hilaire (V. SINGES), caractérisé de la manière suivante: cloison des narines large; narines, ouvertes sur les côtés du nez; six molaires de

TOME XV. 9

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chaque côté et à chaque mâchoire, ce qui porte le nombre total des dents à trente-six; ongles aplatis; point d'abajoues ni de callosités; queue longue, fortement musclée et prenante, c'est-à-dire pouvant s'enrouler autour des corps et les saisir, à l'instar d'une main. Ce dernier caractère est le seul qui soit propre aux Sapajous ou Hélopithèques, et qui les distingue des Sagouins ou Géopithèques: encore peut-on considérer le genre Sapajou proprement dit ou Sajou (Cebus) dont la queue est entièrement velue et faiblement prenante, comme formant un passage entre les deux groupes, et les liant de la manière la plus intime. Les Sapajous et les Sagouins sont donc très-rapprochés les uns des autres par leur organisation, et ne sont véritablement que deux sections d'une même famille naturelle. Presque toutes les considérations générales que nous pourrions présenter sur les uns, étant ainsi également applicables aux autres, nous renverrons au mot SINGES le petit nombre de remarques que nous aurons à faire sur ces deux groupes, et nous nous attacherons principalement, dans cet article, à faire connaître l'organisation et les mœurs de chacun des genres dont nous avons à nous occuper. Ces genres seraient, suivant l'état présent de la science, au nombre de quatre; mais un cinquième parfaitement distinct, et très-remarquable par plusieurs anomalies, doit être ajouté; nous en exposerons les caractères sous le nom d'Eriodes. Parmi les cinq genres qui se trouveront ainsi décrits dans notre article, les quatre premiers, Stentor, Ateles, Eriodes et Lagothrix, sont la queue nue et calleuse en dessous veis son extrémité, et forment une première section à laquelle on peut donner avec Spix le nom de Gymnures. Le cinquième compose à lui seul une seconde section que caractérise sa queue entièrement velue; c'est le genre Cebus, que l'on nomme en français Sapajou proprement dit, ou mieux Sajou. Nous décrirons d'abord les genres de la première section:

§ I. SAPAJOUS A QUEUE NUE ET CALLEUSE, Gymnuri, Spix.

Si l'on excepte les Cétacés et les Kanguroos, il n'est point de Mammifères chez lesquels la queue acquière une aussi grande force, et remplisse d'aussi importantes fonctions. Cette partie, qui n'existe ordinairement que rudimentaire, et qui n'a presque toujours que des. usages tout-à-fait secondaires, ou même entièrement nuls, devient, chez ces Sapajous, un instrument tout-puissant de préhension; c'est, en quelque sorte, une cinquième main à l'aide de laquelle l'Animal peut, sans mouvoir son corps, aller saisir au loin les objets qu'il veut atteindre, ou se suspendre lui-même aux branches des arbres. L'étendue de la partie calleuse de la queue, toutes choses étant égales d'ailleurs, paraît se trouver dans un rapport assez exact avec la force de préhension de cet organe, et comme elle est très-constante pour chaque espèce, elle pourrait fournir d'excellens caractères spécifiques. Toutefois elle n'est sujette qu'à de bien légères variations, non-seulemeut d'une espèce à l'autre, mais même entre deux genres différens. Ainsi la partie nue et calleuse comprend toujours le tiers environ de la queue chez les Hurleurs et les Atèles. et les deux cinquièmes chez les Eriodes. Un autre trait commun à tous les Sapajous de cette première section, consiste dans le peu de largeur de leur nez; les narines sont ouvertes latéralement comme chez tous les autres Singes américains, mais elles sont en général beaucoup plus rapprochées que chez les Sapajous à queue velue et chez tous les Singes américains à queue non prenante; et nous verrons même que ce caractère est tellement exagéré dans notre genre Eriodes, que la disposition de ses narines le rend véritablement plus voisin des Singes Catarrhinins que des Platyrrhinins. Cette remarque très-curieusc a déjà

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été faite à l'égard d'une espèce, par Spix; elle doit être étendue à tous les Eriodes. Quant aux formes du crâne, elles sont très-variables dans cette première section des Sapajous; cependant tous les genres sont cela de commun, que la portion postérieure de la boîte cérébrale est très-peu développée, et que l'os molaire ou jugal est constamment percé d'un trou très-cousidérable dans sa portion orbitaire, au lieu du trou plus ou moins petit qui existe ordinairement. La grandeur de ce trou n'est pas sans quelque importance, parce que, d'après l'analogie, il doit donner passage, à une branche du principal nerf de la face, le trijumeau; et il est à remarquer que tout au contraire le trou sous-orbitaire est très-petit, ou plutôt se trouve remplacé par plusieurs ouvertures très-petites; ce qui, au reste, est un caractère très-général dans la famille des Singes. Une autre condition organique qui est commune à tous les Sapajous à queue nue, consiste dans leur hyoïde très-développé. C'est même dans l'un des genres de ce groupe, celui des Hurleurs, que le corps de cet os arrive à son maximum de développement, ainsi que nous allons le montrer en présentant l'histoire de ces Singes.

† Les HURLEURS ou ALOUATES, Stentor.

Ce genre, très-naturel et très-bien circonscrit, est caractérisé par ses membres d'une longueur moyenne, et tous terminés par cinq doigts; par son pouce antérieur de moitié moins long que le second doigt, très-peu libre dans ses mouvemens et à peine opposable, et surtout par les modifications très-remarquables de son crâne et de son os hyoïde. La tête est pyramidale, le museau allongé, le visage oblique. L'angle facial est seulement de trente degrés, et le plan du palais forme, avec celui de la base du crâne, un angle tel, que lorsqu'on pose la tête osseuse d'un Hurleur sur les bords dentaires de la mâchoire supérieure, c'est-à-dire lorsqu'on met le palais dans un plan horizontal, le trou occipital se trouve placé au niveau de la partie supérieure des orbites. Ce trou est d'ailleurs remarquable par sa position; il est reculé tout en arrière et dirigé verticalement au lieu de l'être horizontalement, en sorte que bien loin d'être compris dans la base du crâne, il lui est perpendiculaire. La mâchoire inférieure est développée à l'excès, soit dans son corps, soit surtout dans ses branches; celles-ci sont tellement étendues en largeur et en hauteur que leur surface est presque égale à celle du crâne tout entier. Elles forment ainsi deux vastes parois, comprenant entre elles une large cavité dans laquelle se trouve logé un hyoïde modifié d'une manière non moins remarquable. Le corps de l'os est transformé en une caisse osseuse à parois très-minces et élastiques, présentant en arrière une large ouverture sur les côtés de laquelle sont articulées deux paires de cornes, et figurant à peu près, lorsqu'elle a atteint son dernier degré de développement, une moitié d'ellipsoïde. Cette caisse avait, dans l'un des hyoïdes que nous avons examinés deux pouces environ dans son diamètre antéro-postérieur, un et demi dans son diamètre transversal, et deux antérieurement dans son diamètre vertical, et il n'est pas rare d'en voir de plus volumineux encore. Aussi, ce qui est une suite de cet énorme accroissement, le corps de l'hyoïde dépasse en bas la mâchoire inférieure, et forme audessous d'elle une saillie recouverte extérieurement et cachée par une barbe longue et épaisse. La grande influence qu'exerce dans la production de la voix cette conformation singulière de l'hyoïde des Hurleurs n'a point encore été expliquée d'une manière entièrement satisfaisante; mais elle ne peut être révoquée en doute. Le larynx ne diffère de celui des Sajous que par l'existence de deux poches membraneuses dans lesquelles s'ouvrent les ventricules, et qui se por-

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tent vers l'hyoïde. Ces poches sont été décrites par Camper et Vicq d'Azyr, et plus tard par Cuvier (Anat. comp. T. IV), qui, d'après de nouvelles recherches, a relevé quelques erreurs qui s'étaient glissées dans les observations de ses illustres prédécesseurs, et qui a fait connaître quelques faits fort intéressans. Ainsi ce dernier anatomiste nous apprend que dans l'individu qu'il a disséqué, la poche droite occupait à elle seule presque toute la cavité de l'hyoïde, la gauche se terminant au moment même où elle allait y pénétrer; en sorte que les organes vocaux n'étaient pas symétriques et présentaient une exception remarquable à l'un des caractères les plus généraux des appareils qui appartiennent en propre à la vie animale. Quoi qu'il en soit, au reste, de cette observation que nous nous bornons à présenter ici, il est certain que c'est aux modifications anatomiques de leur hyoïde, que les Hurleurs doivent la force extrême de leur voix qui se fait entendre à plus d'uue demi-liene à la ronde, ainsi que l'assurent tous les voyageurs. Cette voix est rauque et désagréable; Azara la compare au craqnement d'une grande quantité de charrettes non graissées, et d'autres voyageurs, aux hurlemens d'une troupe de bêtes féroces. Ces Singes se font entendre de temps en temps dans le courant de la journée; mais c'est surtout au lever et au coucher du soleil, ou bien à l'approche d'un orage, qu'ils poussent des cris effrayans et prolongés; ceux qui n'y sont pas accoutumés croient alors, dit un voyageur, que les montagnes vont s'écrouler. Marcgraaff donne aussi à ce sujet quelques détails que nous rapporterons, sans toutefois nous porter garant de leur exactitude: il assure qu'un individu se fait d'abord entendre seul, après s'être placé dans un lieu élevé, et avoir fait signe aux autres de s'asseoir autour de lui et de l'écouter: « Dès qu'il les voit placés, dit le voyageur saxon, il commence un discours à voix si haute et si précipitée, qu'à l'entendre de loin, on croirait qu'ils crient tous ensemble; cependant il n'y en a qu'un seul, et pendant tout le temps qu'il parle, tous les autres sont dans le plus grand silence; ensuite, lorsqu'il cesse, il fait signe de la main aux autres de répondre; et à l'instant tous se mettent à crier ensemble jusqu'à ce que, par un autre signe de main, il leur ordonne le silence. Dans le moment ils obéissent et se taisent; alors le premier reprend sou di cours, et ce n'est qu'après l'avoir encore écoulé bien attentivement qu'ils se séparent et rompent l'assemblée. » Quelques voyageurs assurent que les Hurleurs se taisent lorsqu'on approche d'eux; quelques auties affirment, au contraire, qu'ils redoublent alors leurs cris, et font un bruit épouvantable qui devient leur principal moyen de défense quand on les attaque. Ils cherchent en même temps à éloigner l'agresseur en lui jetant des branches d'arbres, et aussi en lançant sur lui leurs excrémens, après les avoir reçus dans leurs mains. Au reste, ces Animaux, dont le nombre est si considérable, que, suivant un calcul de Humboldt, ily en a, dans certains cantons, plus de deux mille sur une lieue carrée, sont assez rarement attaqués par les chasseurs. Leur peau est, il est vrai, employée quelquefois au Brésil, dans les Cordilières, pour recouvrir les selles et le dos des Mulets: mais leur chair paraît être d'un goût peu agréable, quoiqu'on l'ait comparée à celle du Lièvre et à celle du Mouton. Comme ils se tiennent toujours sur les branches élevées des grands arbres, les flèches et les armes à feu peuvent seules les atteindre; encore, avec leur secours même, a-t-on beaucoup de peine à se procurer un certain nombre d'individus, parce que, s'ils ne sont pas tués sur le coup, ils s'accrochent avec leur queue à une branche d'arbre, et y restent suspendus, même après leur mort.

Les femelles des Hurleurs, de même que celles des autres Singes américains, ne paraissent point su-

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jettes à l'écoulement périodique, et elles ne font qu'un seul petit qu'elles portent sur leur dos. Azara assure que, lorsqu'on pousse près d'elles de grands cris, elles abandonnent leurs petits pour s'enfuir plus rapidement, et quelques autres voyageurs rapportent aussi des observations d'où il résulterait que l'instinct de l'amour internel a sur elles beaucoup moins de pouvoir que sur toutes les autres femelles de Singes. Cependant, nous trouvons, dans le grand ouvrage de Spix sur les Singes du Brésil, un fait dont ce voyageur nons dit avoir été lui-même témoin, et qui tendrait à faire adopter une opinion toute contraire. Ayant fait à une femelle une blessure mortelle, il la vit continuer à porter son petit sur son dos jusqu'à ce qu'elle fût épuisée par la perte de son sang; se sentant alors près d'expirer, elle rassembla le peu de force qui lui restait, pour lancer son précieux fardeau sur les branches voisines, et tomba presque aussitôt; trait qui, ajoute Spix, suppose une sorte de réflexion. L'auteur de l'Histoire des Aventuriers, Oexmelin, affirme aussi que les femelles sont remarquables par leur attachement pour leurs petits, et qu'on ne peut se procurer de jeunes individus qu'en tuant leurs mères. Ce dernier auteur ajoute que les Hurleurs savent s'entr' aider et se secourir mutuellement pour passer d'un arbre ou d'un ruisseau à l'autre, et que, lorsqu'un individu est blessé, on voit les autres s'assembler autour de lui, mettre leurs doigts dans la plaie, comme pour la sonder; alors, si le sang coule en abondance, quelques-uns sont soin de tenir la plaie fermée, pendant que d'autres apportent des feuilles qu'ils mâchent, et poussent adroitement dans l'ouverture de la plaie. « Je puis dire, ajoute Oexmelin, avoir vu cela plusieurs fois, et l'avoir vu avec admiration. » Les Hurleurs, comme la plupart des Singes, vivent en troupes et se tiennent habituellement sur les arbres; on a même prétendu qu'ils n'en descendent jamais. Spix affirme qu'ils sont monogames; mais le contraire semble résulter des observations d'Azara. Ils sautent avec agilité d'une branche à l'autre, et se lancent sans crainte de haut en bas, bien certains qu'ils sont de ne pas tomber jusqu'à terre, et de s'accrocher où il leur plaira, au moyen de leur queue à la fois longue, bien flexible et robuste. Ils se nourrissent de différentes espèces de fruits et de feuilles, et l'on assure qu'ils mangent quelquefois aussi des Insectes. Bien loin de redouter le voisinage des grands amas d'eau, comme le font un grand nombre de Singes, ils se plaisent dans les forêts les plus rapprochées des fleuves et des marais; c'est ce qui a été vérifié également an Paraguay par Azara, au Brésil par Spix, et à la Guiane par un observateur que Buffon cite sans le nommer, et qui est très-vraisemblablement le voyageur Delaborde. Suivant ce dernier, on trouve communément des Alouates (Stentor Seniculus) dans les îlots boisés des grandes savanes noyées, et jamais sur les montagnesde l'intérieur. Enfin Humboldt, dont l'autorité suffirait seule pour établir ce fait, l'a constaté également dans plusieurs parties de l'Amérique espagnole. Dans les vallées d'Aragua, à l'ouest de Caraccas, dans les Llanos de Lapuré et du Bas Orénoque, et dans la province dela Nouvelle Barcelone, on trouve des Hurleurs partout où des mares d'eau stagnante sont ombragées par le Sagoutier d'Amérique. On ne doit donc pas s'étonner, quoique la plupart des Singes appartiennent exclusivement aux régions continentales, que quelques îles renferment des Hurleurs. Telle est, d'après le voyageur Legentil, l'ile Saiut-George, située à deux lieues du continent. Enfin, en terminant ce qui concerne les habitudes des Hurleurs, nous dirons que ce sont des Animaux tristes, lourds, paresseux, farouches, et d'un aspect désagréable. Il est rare, pour cette raison, et sans doute à cause de leur voix, qu'on cherche à les apprivoi-

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ser, et il est plus rare encore qu'on y réussisse. Ils paraissent en effet s'habituer très-difficilement à vivre en domesticité, et c'est ce qui nous explique pourquoi on ne les amène jamais vivans dans nos climats, malgré la fréquence des relations commerciales de l'Europe avec plusieurs des régions américaines où ils sont le plus communs.

Ce genre qui est, comme on a pu le voir par ce qui précède, répandu dans presque toute l'Amérique méridionale, avait d'abord été établi sous le nom de Cebus par Cuvier et Geoffroy Saint-Hilaire, dans le Mémoire qu'ils sont publié en commun sur la Classification des Singes (Magaz. Encyclop.); mais le nom de Cebus ayant été depuis transporté au genre des Sajous ou Sapajous proprement dits, nous adopterons, à l'exemple de Humboldt, de Desmarest (Dictionn. des Scienc. natur.), et de plusieurs autres auteurs, le nom de Stentor proposé par Geoffroy Saint-Hilaire. Ce nom, déjà ancien dans la science, rappelle d'une manière heureuse le trait le plus remarquable des Hurleurs; et nous le préférons aux noms d'Alouata et de Mycetes créés l'un par Lacépède, l'autre par Illiger. Le nombre des espèces déjà connues, ou du moins indiquées par les auteurs, est assez considérable. Humboldt et Geoffroy en admettaient six, et depuis la publication de leurs travaux, quelques autres sont été annoncées par plusieurs auteurs, tels que Kuhl et Spix. Au surplus, il est très-possible que le nombre réel des espèces soit beaucoup moindre qu'on ne l'a pensé. Il est certain que les Hurleurs sont sujets à un grand nombre de variétés dépendant du sexe et de l'âge, et il est probable que plusieurs de ces variétés auront été érigées en espèces, comme on est porté à le faire toutes les fois qu'on n'a sous les yeux qu'un petit nombre d'individus. Pour nous, après l'examen de vingt crânes et de plus de quarante peaux, nous n'avons pu parvenir à déterminer, d'une manière exacte, que quatre espèces, savoir: les Stentor Seniculus et niger de Geoffroy, le Stentor ursinus de Humboldt, et une espèce non encore décrite que nous ferons connaître sous le nom de Chrysurus.

L'ALOUATE, Buff. T. XV, Stentor Seniculus, Geoff. St.-Hil.; Simia Seniculus, L., auquel on a quelquefois donné le nom de Hurleur roux; nom que nous ne pouvons adopter parce qu'il convient également à plusieurs espèces. Il se distingue de la plupart de ses congénères par la nudité presque complète de sa face où l'on remarque seulement des poils très-courts et très-clairsemés au-dessous des yeux et entre les orbites, sur la ligne médiane. Le corps est, en dessus, d'un fauve doré très-brillant qui, vers la base de la queue et près des cuisses et des épaules, se change en roux brillant. La barbe, les joues, les bras, les cuisses, et la partie supérieure des jambes sont d'un marron clair très-brillant, et le reste des membres, le dessus de la tête et la queue sont d'un marron très-foncé, tirant un peu sur le violet. Les poils de la partie antérieure de la tête naissent du front, et se portent d'avant en arrière et de dedans eu dehors. Un autre centre de poils se remarque vers la fin du col. Il y existe eu effet un point à partir duquel les poils du côté droit se portent à droite, ceux de gauche à gauche, ceux du dos ou les postérieurs en arrière, ceux du col ou les antérieurs en avant. Les poils du col et de la partie postérieure de la tête marchent ainsi précisément en sens inverse de ceux de la partie antérieure, d'où résulte, à l'endroit, où ils se rencontrent, une crête dont la direction est transversale, et la forme demi-circulaire. Les poils des joues se portent en avant et en bas; ceux de la queue, des membres postérieurs et des bras descendent; ceux de la face externe de l'avant-bras remontent au contraire, comme chez l'Homme: caractères remarquables qui se trouvent chez tous les Hurleurs, quoique inégalement pro-

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noncés. La longueur d'un individu adulte, mesuré du bout du museau à l'origine de la queue, est de deux pieds environ, et la queue est un peu longue. Les jeunes individus sont le corps uniformément d'un roux brunâtre. Cette espèce habite la Guiane, où on la connaît sous le nom de Singe rouge et de Mono Colorado.

Le HURLEUR a QUEUE DORÉE, Stentor Chrysurus, Nob. Cette espèce paraît avoir été confondue avec la précédente dout elle diffère moins par la nuance que par la disposition de ses couleurs. La dernière moitié de la queue et le dessus du corps depuis l'origine de la queue jusqu'un peu en arrière des épaules, est, d'un fauve doré très-brillant; le reste de la queue est d'un marron assez clair, et le reste du corps, la tête tout entière et les membres sont d'un marron très-foncé, principalement sur les membres où il prend une teinte violacée. La face est un peu moins nue que dans l'espèce précédente. Elle se distingue d'ailleurs très-facilement de celle-ci; en effet, la tête et les membres sont d'une seule couleur, et la queue et le dessus du corps de deux couleurs chez le Stentor Chrysurus, tandis que chez le Stentor Seniculus, la tête et les membres sont de'deux couleurs, et la queue et le dessus du corps d'une seule. De plus, le Stentor Chrysurus est sensiblement plus petit, et il diffère même un peu par ses proportions; sa queue forme seulement la moitié de sa longueur totale, et elle est par conséquent un peu plus courte que chez le Stentor Seniculus, et sa partie nue est proportionnellement un peu plus étendue. Cette espèce nous est connue par trois individus, dont deux adultes, entièrement semblables, et un jeune différant seulement par la nuance un peu moins claire de sa queue; peutêtre le premier âge est-il généralement brunâtre comme dans l'espèce précédente. C'est par l'examen de leurs pelleteries que nous les avons d'abord déterminés, comme se rapportant à une espèce non encore décrite; depuis, la comparaison de leurs crânes avec ceux de leurs congénères, nous a confirmé dans notre opinion. Il existe en effet plusieurs différences dont les plus remarquables sont les suivantes. La partie antérieure de la tête a moins de largeur que dans le Stentor Seniculus, et se détache ainsi davantage de la portion moyenne. Par suite de cette modification, le palais devient plus étroit; mais, eu revanche, il s'étend davantage en arrière, d'où il suit que les arrière-narines sont plus couvertes, et que leurs orifices sont placés dans un plan presque verlical, au lieu de l'être dans un plan très-oblique. Les rangées des dents, plus longues que chez les autres espèces, sont parallèles entre elles, principalement à la mâchoire inférieure. La symphyse de cette mâchoire est aussi remarquable par sa direction très-oblique en arrière, et son bord inférieur est tellement sinueux qu'elle ne peut soutenir sa tête sur un plan horizontal, tandis que, chez le Seniculus, la mâchoire inférieure, en posant sur la symphyse et son bord inférieur, fournit à la tête une base très-solide. Enfin, les apophyses zygomatiques sont plus larges que chez aucun autre Hurleur. Cette espèce, sous le nom d'Araguato, a été envoyée des Antilles au Muséum royal d'histoire naturelle par feu Plée. Il est cependant certain qu'elle n'habite pas cetarchipel où il n'existe point de Singes, comme nous l'apprennent tous les voyageurs, et comme nous l'a confirmé Moreau de Jonnès dans une note qu'il a bien, voulu nous communiquer sur les Singe-américains. Ce n'est que tout récems ment que nous sommes parvenu à connaître la patrie du Stentor Chrysurus: cette patrie est la Colombie.

L'OURSON, Stentor ursinus, Geoff. St.-Hil.; a été décrit et figuré pour la première fois par Humboldt dans son grand ouvrage zoologique, sous le nom de Simia ursina. Son pelage, composé de poils plus longs et plus abondans que dans les autres espèces, est d'un roux doré à peu

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près uniforme, la barbe étant seulement plus foncée, et renfermant à son centre des poils d'un noir profond. Ses proportions sont les mêmes que celles de l'Alouate; mais il est nu peu plus petit. Sa face est beaucoup plus velue que celle des espèces précédentes; des poils abondans se remarquent au-dessous des yeux jusqu'auprès de la ligne médiane, et il n'y a guère que le tour de la bouche et le tour des yeux qui soient entièrement nus. Ces caractères sont les seuls que l'on puisse assigner à celte espèce, dans laquelle la nuance du pelage, et même la quantité proportionnelle des poils de la face, sont très-variables. Les jeunes individus sont bruns. L'Ourson est commun au Brésil, et c'est d'après un individu originaire de cette contrée, qu'Humboldt l'a figuré dans son grand ouvrage. Il existe aussi, suivant Humboldt, dans le voisinage de l'Orénoque, et il est connu dans la Terre-Ferme sous le nom d'Araguato. Ce nom est aussi celui de l'espèce précédente; ce qui prouve que les deux Hurleurs sont confondus dans leur patrie, ou bien qu'Araguato est une dénomination que l'on donne en commun aux diverses espèces de Hurleurs, et non une dénomination qui appartienne en propre à telle ou telle espèce. Cette remarque peut servir à montrer, par une preuve de plus, combien l'usage qui semble prévaloir depuis quelques années, d'adopter des noms de pays pour noms spécifiques, est nuisible aux intérêts de la science, et propre à amener dans la synonymie une dangereuse confusion.

Le HURLEUR BRUN, Stentor fuscus, Geoff. St.-Hil., est d'un brun marron; le dos et la tête passant au marron pur, et la pointe des poils étant dorée. Il habite le Brésil comme l'Ourson, et, comme lui, est sujet à un grand nombre de variétés; aussi est-il extrêmement difficile, pour ne pas dire impossible, de le distinguer d'une manière nette et précise des autres espèces, et sui tout de l'Ourson. C'est à cette espèce qu'ou rapporte l'Ouarine de Buffon et le Simia Beelzebul de Gmelin qu'il faut bien se garder de confondre avec l'Atèle Belzébuth.

Le HURLEUR AUX MAINS ROUSSES, Stentor rufimanus, Desm.; Mycetes rufimanus, Kuhl, est généralement noir, avec les quatre pieds, et la dernière moitié de la queue, de couleur rousse. La face et le dessous du corps sont nus. Cette espèce, à laquelle on doit, suivant Spix, rapporter le Guariba de Marcgraaff que tous les autres auteurs réunissent au Stentor fuscus, présente aussi un grand nombre de variétés. Nous pensons qu'on doit lui réunir le Mycetes discolor de Spix, décrit et figuré (pl. 35) dans le grand ouvrage que ce naturaliste a publié sur les Singes et les Chauve-Souris du Brésil. Ce Hurleur habite les forêts voisines de la rivière des Amazones, et a, suivant la description de Spix, le pelage généralemeut brun, avec les mains rousses. La patrie de l'individu de Kuhl n'est pas connue; mais l'espèce existe très-vraisemblablement dans plusieurs parties du Brésil.

Le HURLEUR A QUEUE NOIRE ET JAUNE, Stentor flavicandatus, Geoff. St.-Hil.; Simia flavicauda, Humb. Cette espèce, distinguée par Humboldt, habite par bandes les rives de l'Amazone, dans les provinces de Jaën et de Maynas, et est connue sous le nom de Choro. Elle est généralement d'un brun uoirâtre, avec deux stries jaunes sur les côtés de la qneue; la face, d'un brun jaunâtre, est peu garnie de poils. La queue est plus courte que le corps.

Le HURLEUR NOIR, Stentor niger, Geoff.St.-Hil., est très-probablement le Caraya d'Azara. Le mâle adulte est généralement noir; seulement la queue est couverte à sa face inférieure de poils jaunes à pointe noire. La face est couverte presque partout de poils, mais ces poils sont très-courts et très-peu abondans. Les jeunes et les femelles diffèrent beaucoup des mâles: ils sont d'un jaune de paille

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à la face inférieure du corps, sur les flancs, sur les membres (à l'exception des mains) et sur la têle. Le dos est couvert de poils noirs, avec la pointe jaune, paraissant dans leur ensemble d'un fauve cendré. Cette espèce habite le Brésil, et se distingue, outre les traits distinctifs que nous venons d'indiquer, par sa taille (elle n'a qu'un peu plus d'un pied et demi du bout du museau à l'origine de la queue) et par la callosité de sa queue qui comprend moins du dernier tiers. Son crâne nous a présenté les caractères suivans: le museau cst étroit comme chez le Stentor Chrysurus, mais seulement en avant; il suit delà que le palais est beaucoup plus large en arrière qu'en avant, et que les deux rangées de dents, bien loin d'être parallèles comme chez le Chrysurus, se rapprochent beaucoup antérieurement. Nous pensons que l'on doit rapporter à cette espèce le Mycetes barbatus de Spix (loc. cit., pl. 32 et 33), qui différerait cependant, suivant les observations de ce voyageur, par l'étendue plus considérable de la callosité de la queue, et l'Arabate, Stentor stramineus de Geoffroy et de tous les auteurs francais qui, d'après l'examen comparatif que nous avons fait des pelleteries et des crânes de plusieurs individus, nous paraît être la femelle ou le jeune. Peut-être le Stentor flavicaudatus n'est-il lui-même qu'un double emploi, et ne repose-t-il que sur des individus différant par l'âge de ceux que nous avons examinés.

†† Les ATÈLES, Ateles.

Ce genre, établi par Geoffroy Saint-Hilaire (Ann. du Mus. T. VII), se distingue au premier aspect de tous les autres Singes américains (à l'exception du genre suivant) par l'état rudimentaire du pouce aux mains antérieures. Liés de la manière la plus intime, soit avec les Hurleurs qui les précèdent, soit avec les Lagothriches et les Sajous qui vont les suivre, ils en diffèrent cependant d'une manière bien remarquable, en ce qu'ils manquent du caractère essentiel, non-seulement de la famille des Singes, mais même de tout l'ordre des Quadrumanes. Les Atèles n'ont point de pouces, ou n'ont que des pouces excessivement courts aux mains antérieures; ou, pour parler plus exactement, ils sont des pouces tellement rudimentaires, qu'ils restent entièrement ou presque entièrement cachés sous la peau: d'où leur nom d'Atèles, c'est-à-dire Singes imparfaits, Singes à mains imparfaites. Déjà chez les Hurleurs nous avions trouvé aux mains antérieures des pouces courts, peu libres dans leurs mouvemens, peu opposables aux autres doigts, et par conséquent de peu d'usage dans la préhension. Chez les Atèles, leur usage devient tout-à-fait nul, aussi bien lorsque leur extrémité paraît à l'extérieur que lorsqu'ils sont entièrement cachés sous les tégumens. Il semble que dans ces deux groupes de Sapajous, quelques - unes des fonctions qu'exerce ordinairement la main, aient été dévolues au prolongement caudal, et que l'extrême développement de ce dernier organe soit lié nécessairement à l'atrophie plus ou moins complète des pouces. La loi du balancement des organes, dont de nombreuses applications sont déjà été faites dans nos articles, semble donner la clef de ces faits; mais surtout elle nous explique d'une manière frappante et toute directe ceux que nous allons indiquer. Chez les Hurleurs les membres sont proportionnés au corps, et les pouces ne font que s'atrophier; chez les Atèles les membres, et plus spécialement les mains, sont d'une excessive longueur, et les pouces avortent presque complètement. Et il est si vrai que ces deux conditions organiques sont liées l'une à l'autre, que chez les Lagothriches, dont l'organisation répète presque en tout point celle des Alèles, nous verrons en même temps les pouces reparaître et les mains se raccourcir. Au reste, si les membres sont une longueur considérable chez

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les Atèles, ils sont aussi excessivement grêles; d'où l'on a quelquefois donné à ces Animaux le nom de Singes Araignées, et d'où résultent pour eux des habitudes et des allures très-remarquables. Leur marche, ainsi qu'il résulte des observations de Geoffroy Saint - Hilaire (Ann. du Mus. T. XIII), ressemble à celle des Orangs (V. ce mot), qui sont aussi des membres très - longs et très - maigres. Comme ces derniers, ils sont obligés, lorsqu'ils veulent marcher à quatre pieds, de fermer le poing et de poser sur la face dorsale des doigts. Dans quelques cas, les Atèles, ce qui est aussi une habitude commune aùx Orangs, sont un autre mode de progression un peu plus rapide: après s'être accroupis, ils soulèvent leur corps au moyen de leurs membres antérieurs, et les projettent en avant comme font les gens qui se servent de béquilles, ou bien encore comme le font les culs-de-jatte. Ce mode de locomotion, qui rappelle aussi celui des Kanguroos lorsqu'ils marchent à quatre pieds, est très-remarquable, en ce que les membres de derrière ne jouent qu'un rôle absolument passif, et que la longueur considérable de ceux de devant, qui est en général une cause de gêne et de lenteur dans la progression, devient ici une circonstance extrêmement favorable.

Les Atèles, semblables aux Orangs par leurs membres longs et grêles et par leur mode de progression, se rapprochent aussi à divers égards des autres genres qui tiennent avec les Orangs le premier rang parmi les Singes de l'Ancien-Monde. Quelques rapports entre eux et les Gibbons sont été signalés par Desmarest, et aussi entre eux et les Semnopithèques par Fr. Cuvier; et il est certain, comme l'a remarqué Geoffroy, qu'il existe quelque ressemblance entre leur crâne et celui du Troglodyte. La boîte cérébrale est arrondie et volumineuse, et forme près des deux tiers de la longueur totale du crâne. L'angle facial est de soixante degrés environ. Les orbites, larges et profondes, sont en outre remarquables chez les vieux individus par une sorte de crête existant à la portion supérieure et à la portion externe de leur circonférence. La mâchoire inférieure est assez haute, et ses branches sont larges, quoique beaucoup moins que chez les Hurleurs. L'ouverture antérieure des fosses nasales est de forme ovale; et il est à remarquer qu'une partie de leur contour est formée par les apophyses ascendantes des os maxillaires, les mtermaxillaires ne montant pas jusqu'aux os du nez, et ne s'articulant pas avec eus, comme cela a lieu chez la plupart des Singes, et particulièrement chez les Hurleurs, les Lagothriches, les Sajous, et même chez quelques espèces jusqu'à ce jour confondues avec les véritables Atèles, et que nous décrirons plus bas sous le nom d'Eriodes. Tous ces caractères sont été vérifiés sur plusieurs individus, et nous les avons constamment retrouvés sur tous les crânes que nous avons examinés. C'est au contraire sur un seul, appartenant à un mâle presque adulte de l'Ateles pentadactylus, que nous avons trouvé un fait que nous ne pouvons regarder que comme une anomalie, celui de l'existence de sept molaires au côté droit de l'une et de l'autre mâchoire. On verra plus bas que Geoffroy Saint-Hilaire a déjà signalé chez un très-vieux Sajou une semblable exception à l'un des caractères les plus généraux des Singes platyrrhinins, puisqu'il se rencontre non-seulement dans les cinqgenres du groupe des Hélopithèques, mais aussi chez les Géopithèques. Enfin, pour terminer ce qui concerne le système osseux, nous dirons que les vertèbres caudales sont au nombre de plus de trente, et qu'elles forment plus de la moitié du nombre total des vertèbres; qu'elles sont (principalement les premières) hérissées de nombreuses et fortes apophyses; que les os longs des membres sont au contraire grêles, et ne présentent Sur leur

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corps ni crêtes ni aspérités; cc dont la loi du balancement des organes rend très-bien compte, vu leur extrême allongement en longueur; enfin que les phalanges sont courbes, leur convexité étant en dessus; ce qui est un rapport de plus, et un rapport très - remarquable avec les genres Orang et Gibbon. L'hyoïde ressemble aussi à celui d'un grand nombre de Singes de l'Ancien-Monde, tels que les Guenons et les Cynocéphales. Son corps est une lame très-étendue de haut en bas, et recourbée sur elle-même d'avant en arrière. C'est en petit un arrangement analogue à celui qui caractérise d'une manière si remarquable les Hurleurs. Au reste, celte ressemblance anatomique, quoique très-réelle, n'entraîne point une ressemblance dans la voix. Celle des Atèles, aussi bien que celle des genres suivans, est ordinairement une sorte de sifflement doux et flûté qui rappelle le gazouillement des Oiseaux.

Nous passons maintenant à l'examen de quelques caractères qui distinguent plus particulièrement les Atèles, soit des Lagothriches, soit surtout du genre auquel nous donnons le nom d'Eriodes. Leurs molaires sont aux deux mâchoires petites et à couronne irrégulièrement arrondie; et, ce qui est surtout à remarquer, les incisives supérieures sont de grandeur très-inégale, celles de la paire intermédiaire étant à la fois beaucoup plus longues et beaucoup plus larges que celle de la paire externe. Les inférieures, rangées à peu près en demi-cercle de même que les supérieures, sont au contraire égales enlre elles, et, toutes assez grandes, elles surpassent sensiblement en volume les molaires. Les ongles sont élargis et en gouttière comme chez presque tous les Singes; leur forme est à peu près demi-cylindrique. Les oreilles sont grandes et nues. Les narines, de forme allongée, sont disposées comme chez les Hurleurs; elles sont assez écartées l'une de l'autre et toutà-fait latérales, c'est-à-dire placées exactement sur les côtés du nez. On a déjà vu, et il importe de le rappeler ici, que les ouvertures osseuses qui leur correspondent sont de forme ovale, et circonscrites dans une portion de leur contour par les apophyses montantes des os maxillaires. Le clitoris est excessivement volumineux; aussi arrive-t-il très-fréquemment que l'on prend des femelles pour des mâles. Cet organe avait jusqu'à deux pouces et demi de long sur une femelle de Belzébuth récemment morte à la Ménagerie, et sa grosseur était considérable. La structure du clitoris ne présente d'ailleurs rien de particulier, et il est nu comme à l'ordiuaire. Les parties du corps et de la queue, voisines des organes sexuels, n'offrent également rien d'insolite, et sont plus ou moins velues. La queue, beaucoup plus longue que le corps, est nue en dessous dans son tiers terminal. Enfin la nature et la disposition des poils offrent des caractères que nous ne devons pas omettre, parce qu'ils permettent de distinguer, au premier aspect et avant tout examen, les Atèles des deux genres suivans. Le pelage est soyeux et généralement long comme chez les Hurleurs. Cependant, comme cela a lieu aussi chez ces derniers, le front est couvert de poils ras qui se dirigent, au moins en partie, d'avant en arrière. Au contraire tous les autres poils de la tête sont très-longs et se portent d'arrière en avant; d'où résulte, au point de rencontre des uns et des autres, une sorte de crête ou de huppe plus ou moins prononcée, et dont la disposition varie suivanl les espèces.

Les Atèles sont généralement doux, craintifs, mélancoliques, paresseux et très-lents dans leurs monvemens. On les croirait presque toujours malades et souffrans. Cependant, lorsqu'il en est besoin, ils savent déployer beaucoup d'agilité, et franchissent par le saut de très-grandes distances. Ils vivent en troupes, sur les branches élevées des arbres, et

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se nourrissent principalement de fruits. On assure qu'ils mangent aussi des racines, des Insectes, des Mollusques et de petits Poissons, et même qu'ils vont pêcher des Huîtres pendant la marée basse, et en brisent les coquilles entre deux pierres. Dampierre, auquel nous empruntons ce fait, et Dacosta rapportent encore quelques autres faits propres à nous donner une haute idée de l'intelligence et de l'adresse de ces Animaux. Ils affirment que lorsque des Atèles veulent passer une rivière, ou passer sans descendre à terre sur un arbre trop éloigné pour qu'ils y puissent arriver par un saut, ils s'attachent les uns aux autres par la queue, et forment ainsi une sorte de chaîne qu'ils mettent en mouvement et font osciller, jusqu'à ce que le dernier d'entre eux puisse atteindre le but où ils tendent, se fixera à une branche, et tirer à lui tous les autres. Leur queue, outre sa fonction la plus habituelle, celle d'assurer la station en s'accrochant à quelque branche d'arbre, est employée par eux à des usages très-divers. Ils s'en servent pour aller saisir au loin divers objets sans mouvoir leur corps, et souvent même sans mouvoir leurs yenx; sans doute parce que la callosité jouit d'un toucher assez délicat pour rendre inutile dans quelques occasions le secours de la vue. Quelquefois ils s'enveloppent dans leur queue pour se garantir du froid auquel ils sont très-sensibles; ou bien ils l'enroulent autour du corps d'un autre individu. Du reste, nous n'avons jamais vu aucuue espèce se servir de sa queue pour porter à sa bouche sa nourriture, suivant une habitude que les voyageurs attribuent aux Atèles. Leurs mains, que l'absence du pouce, leur étroitesse et leur extrême longueur rendent d'une forme désagréable, mais qui sont loin d'être sans adresse, remplissent constamment cette fonction. Ce genre, répandu dans une grande partie de l'Amérique du sud, renferme aujourd'hui un assez grand nombre d'espèces, toutes très-voisines les unes des autres et se ressemblant même pour la plupart par les couleurs de leur pelage. Ce serait, sans aucun doute, rompre d'une manière très-fâcheuse les rapports naturels, que de séparer générique-ment les espèces qui sont aux mains antérieures un rudiment de pouce, de celles que l'on a coutume de désigner comme tétradactyles. Nous avons déjà dit que le pouce existe en rudimens chez celles-ci comme chez les premières. Or, que le pouce soit entièrement caché sous la peau, ou qu'il vienne porter à l'extérieur son extrémité, qui ne voit que c'est la une circonstance qui ne peut avoir aucune influence sur les habitudes d'un Animal, et par conséquent que c'est la un caractère sans aucune valeur générique? Nous ne croyons donc pas devoir adopter le genre Court - Pouce, Brachyteles, proposé par Spix dans son ouvrage déjà cité sur les Singes du Brésil. Ce genre, qui serait formé du Chamek, de l'Hypoxanthe et d'une autre espèce, romprait doublement les rapports naturels, savoir: en associant au Chamek l'Hypoxanthe qui appartient, comme nous le démontrerons bientôt, à un genre très-différent, et de plus, en séparant le premier du Coaïta et le second de l'Arachnoïde, si rapprochés d'eux par leur organisation, que ce n'est guère que par l'absence ou la présence du pouce qu'on distingue les uns des autres.

Le COAÏTA, Buff., tab. 15, pl. 1; Ateles paniscus, Geoff. St.-Hil., Ann. du Mus. T. VII; Simia paniscus, L. C'est l'espèce la plus anciennement connue. Daubenton en a donné l'anatomie, et Buffon l'a figurée; mais il avait été confondu avec d'autres espèces. Son pelage est noir; sa face de couleur de mulâtre; ses mains antérieures sont tétradactyles. Il a un pied neuf pouces du bout du museau à la queue, et celle-ci a deux pieds et demi. Il habite la Guiane où on le connaît sous le nom do Coaïta ou Coata.

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Le CHAMEK, Ateles pentadactylus, Geoff. St.-Hil., se distingue seulement du Coaïta par sa queue un peu plus longue et par ses pouces antérieurs, qui paraissent au-dehors sous la forme de tubercules ou de verrues sans ongles. Cette espèce a été conune de Buffon, mais confondue par lui avec le Coaïta. Geoffroy Saint-Hilaire est le premier qui lffait établie. Elle habite la Guiane, et, suivant Buffon, le Pérou.

Le CAYOU, Ateles ater, Fr. Cuv., Mamm. lith., ne se distingue du Coaïta que par la couleur entièrement noire de sa face. Il paraît habiter également la Guiane. Geoffroy Saint-Hilaire, qui lffa le premier indiqué, le considérait comme une simple variété.

LffATÈLE A FACE ENCADRÉE, Ateles marginatus, Geoff. St. – Hil., Ann. du Mus. T. XIII, est généralement noir comme les espèces précédentes; mais il se distingue par une fraise de poils blancs qui entoure la face. Sa taille est à peu près la même que celle des autres espèces, mais sa queue est un peu plus courte. Il est à remarquer que chez les jeunes individus la fraise blanche nffexiste pas tout entière. Cette espèce habite le Brésil, et se trouve aussi dans la province de Jaën de Bracamoros, dffaprès Humboldt. En effet, le Chuva de cet illustre voyageur ne diffère pas, suivant la plupart des auteurs et suivant Humboldt lui-même, de lffAteles marginatus.

Le BELZÉBUTH, Briss., Règ. Anim.; Ateles Belzebuth, Geoff. St. – Hil., est généralement noir, avec le dessous du corps et la face interne des membres dffun blanc plus ou moins jaunâtre. Il est à remarquer que cette espèce nffest pas dffun noir pur comme les précédentes, mais dffun noir brunâtre. Sa taille est aussi un peu moindre. Sa face est noire, avec le tour des yeux couleur de chair. Sa peau est noirâtre, même sous le ventre. Quelques auteurs indiquent quelques différences entre le mâle et la femelle; mais ces différences ne sont pas constantes, comme nous lffavons vérifié nous-mème par lffexamen de plusieurs individus adultes, de sexes différens, et cependant semblables par leurs couleurs. Cette espèce, quffil ne faut pas confondre avec le Simia Beelzebul de Linné (qui est le Stentor fuscus), habite les bords de lffOrénoque. Cffest lffun des Quadrupèdes les plus communs dans la Guiane espagnole, où on le connaît, suivant Humboldt (Obs. zool. T. I), sous le nom de Marimonda.

LffATèLE MÉLANOCHÉIRE, Ateles Melanochir. Desmarest a décrit sous ce nom, dans la Mammalogie de lffEncyclopédie, deux Atèles femelles que possède le Muséum, et dont le pelage est varié de gris et de noir. Lffun dffeux a le dessous du corps et la face interne des membres blanchâtres; le reste des membres et la queue presque partout noirâtres; enfin le dessus du corps couvert de poils blancs dans leur première moitié, bruns dans la seconde. Lffautre individu a les quatre mains, les avant-bras, les genoux et le dessus de la tête noirs; le dessus de la queue brunâtre; le reste du pelage grisâtre. Ces deux Atèles, dont lfforigine est inconnue, sont évidemment de jeunes sujets, et il semble, dffaprès ladisposition irrégulière de leurs couleurs, quffils soient en passage de lffétat de jeune âge à lffétat adulte. Peut-être appartiennent-ils à lffAteles Belzebuth, auquel ils ressemblent par leurs proportions et la disposition générale de leurs couleurs, ou bien à lffAteles marginatus, dont ils se rapprochent aussi à quelques égards. Malheureusement le peu de renseignemens que lffon possède sur le premier âge de ces espèces nous oblige à laisser dans le doute cette question.

LffATÈLE MÉTIS, Ateles hybridus, Nob., est une espèce nouvelle due aux recherches du voyageur Plée, et qui habite la Colombie où on la connaît sous le nom de Mono zambo (Singe métis), à cause de sa couleur

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semblable à celle des métis du Nègre et de lffIndien. Il paraît quffil est aussi connu, aussi bien que le Belzébuth, sons le nom de Marimouda, nom commun à un grand nombre de Singes dans lffAmérique espagnole. Le principal caractère de cette espèce consiste dans une tache blanche placée sur le front et de forme à peu près semi-lunaire, qui a environ un pouce de large sur la ligne médiane, et setermine en pointe, de chaque côté, au-dessus de lffangle externe de lffœil. Le dessous de la tête, du corps et de toute la queue jusquffà la callosité, et la face interne des membres, sont dffun blanc sale; et les parties supérieures sont généralement dffun brun cendré clair qui, sur la tète, les membres antérieurs, les cuisses et le dessus de la queue, passe au brun pur, et qui, au contraire, prend une nuance jaune tiès-prononcée dans la région des fesses, sur les côtés de la queue et sur une partie du membre inférieur. Cet Atèle est à peu près de même taille que la plupart de ses congénères; sa longueur, depuis le bout du museau jusquffà lfforigine de la queue, est dffun pied dix pouces; mais sa queue, plus courte que chez les autres espèces, mesure seulement un peu plus de deux pieds. Cette espèce nous est connue par lffexamen dffun jeune mâle et de plusieurs femelles adultes. Le premier diffère seulement par la teinte plus claire des parties supérieures de son pelage qui sont dffun cendré rous-sâtre. Comme lffAteles hybridus ne nous est point encore connu à lffétat de mâle adulte, et comme dffun autre côté il paraîtrait (dffaprès les remarques que nous avons faites dans le paragraphe précédent) que quelques Atèles, cendrés dans leur premier âge, deviennent noirs dans leur état adulte, on pourrait supposer que les différences sur lesquelles nous avons basé notre détermination, ne sont que des différences dffâge ou de sexe, et que nos individus, par suite des développemens de lffâge, auraient pu prendre les caractères de lffune des espèces précédentes. Cette supposition ne serait nullement fondée. Il est très-probable que lffAteles hybridus ne devient jamais noir; car les femelles des espèces précédentes sont bien connues, et toutes sont noires comme leurs mâles; et dffailleurs aucun de nos individus, pas même le jeune mâle, ne présente la plus légère trace de poils noirs. Mais il y a plus; en admettant même que ces individus appartiennent à une espèce noire dans lffétat parfait du pelage, il nffen serait pas moins certain quffils appartiennent à une espèee distincte de toutes celles déjà connues. Il en est deux seulement avec lesquelles il serait peut-être possible de la confondre alors, lffAteles Belzebuth, et lffAteles marginatus. Or, le Belzébuth nffa point de tache blanche au front, et les poils du côté de la tète et du col sont disposés un peu différemment. Leur principal centre dfforigine est toujours chez le Belzébuth, à lffocciput ou à la région supérieure du col. Chez lffAtèle métis, il est toujours à sa région inférieure. Dans les deux espèces, lfforeille est en grande partie cachée par les poils; mais chez le Belzébuth cffest par de très-longs poils naissans sur toute la joue depuis la commissure des lèvres et se dirigeant en arrière. Chez lffAtèle métis, cffest par des poils assez courts qui naissent du centre commun dfforigine et se portent en avant. Quant à lffAteles marginatus, il suffirait presque de dire quffon en connaît le jeune mâle et la femelle; car cela seul prouve quffon ne saurait attribuer à lffinfluence de lffâge ou du sexe les différences qui nous sont servi de caractères. Nous ajouterons cependant que la portion du dessus de la tête, qui est couverte de poils blancs et courts, est beaucoup plus étendue chez lffAteles marginatus que chez lffAteles hybridus; aussi la petite huppe qui résulte de la rencontre des poils du front et de ceux du reste de Ja tête, est-elle placée sur le milieu du crâne chez le premier, et, tout au

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contraire, très-rapprochée des orbites chez le second.

††† Les ÉRIODES, Eriodes.

Les espèces que nous réunissons sous ce nom générique, sont jusquffà ce jour été confondues avec les véritables Atèles, auxquels elles ressemblent par lffextrème longueur de leurs membres, par lffétat rudimentaire de leurs pouces antérieurs, toujours entièrement ou presque entièrement cachés sous la peau; enfin par quelques autres conditions organiques dffune importance secondaire. Toute-fois si le nouveau genre que nous proposons aujourdffhui nffa point été établi plus tôt, cffest sans doute parce que les espèces qui doivent le composer, sont été jusquffà ce jour peu étudiées, soit parce quffelles sont en général assez rares et connues depuis peu de temps, soit par dffautres causes. En effet, les caractères qui distinguent nos Ériodes des Atèles sont à la fois très-nombreux, et pour la plupart très-importans, comme le prouvent les détails suivans (1), et comme chacun pourra sffen assurer très-facilement, la description que nous avons donnée des Atèles ayant été faite sous un point de vue comparatif, et de manière à faire saisir au premier coup dffœil les caractères distinctifs de lffun et de lffautre genre. Les molaires des Eriodes sont généralement très-grosses et de forme quadrangulaire. Les incisives sont, aux deux mâchoires, rangées à peu près sur une ligne droite, égales entre elles, et toutes fort petites: elles sont beaucoup moins grosses que les molaires: caractères qui suffiraient pour distinguer les Ériodes de tous les autres Sapajous, les Hurleurs exceptés. Les ongles ressemblent autant à ceux de plusieurs Carnassiers, tels que les Chiens, quffà ceux des Atèles et de la plupart des Singes: ils sont comprimés, et on peut les regarder comme composés de deux lames réunies supérieurement par une arête mousse. Les oreilles sont assez petites et en grande partie velues. Les narines, de forme arrondie, sont très-rapprochées lffune de lffautre, et plutôt inférieures que latérales, à cause du peu dffépaisseur de la cloison du nez; disposition que Spix a déjà remarquée dans une espèce, et qui fournit à notre genre Eriodes lffun de ses caractères, sinon les plus apparens, du moins les plus remarquables. Les Ériodes tiennent véritablement le milieu, par la conformation de leur nez, entre les Singes de lffAncien-Monde ou Catarrhinins, et ceux du Nouveau-Monde ou Platyrrhinins; et il est même exact de dire quffils sont, par ce caractère, plus voisins des premiers que des seconds. Les ouvertures osseuses des fosses nasales, qui sont à peu près cordiformes, présentent aussi une différence importante à lffégard des Atèles. Les intermaxillaires montent jusquffaux os propres du nez et sffarticulent avec eux, en sorte quejes maxillaires ne concourent point à former lffouverture. Ou serait porté, au premier abord, à croire cette disposition liée dffune manière nécessaire avec celle que présentent les narines des Ériodes, dffautant mieux quffelle se trouve aussi chez les Singes de lffAncien-Monde. Il nffen est rien cependant; car cet arrangement existe aussi presque toujours chez les Singes américains, et les Atèles sont même les seuls, à notre connaissance, qui ne le présentent pas. Le clitoris, moins volumineux chez les Ériodes que chez ces derniers, nous a présenté un caractère très-remarquable en lui-même, et que sa rareté rend plus remarquable encore. Il est couvert sur ses deux faces de poils soyeux, un peu rudes, très-serrés les uns contre les autres, noirâtres, longs dffun demi-pouce environ à la face postérieure, et de près dffun pouce à lffantérieure. La disposition de ces poils est telle, que

(1) Ces détails sont extraits dffun Mémoire encore inédit, qui doit paraître dans les Mémoires du Muséum, et qui est actuellement sous presse.

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le clitoris ressemble à un pinceau élargi transversalement; et il est à ajouter que ceux de la face postérieure, se portant obliquement de dehors en dedans vers la pointe de lfforgane, laissent dffabord entre eux un petit espace triangulaire qui semble continuer le sillon de lffurètre. Il nffest pas douteux, au reste, que lffurine coule entre ces poils, non-seulement parce que leur disposition lffindique, mais parce quffils sont comme agglutinés les uns aux autres. Cette disposition du clitoris se lie évidemment avec la disposition suivante: au-dessous de lffanus on remarque un espace triangulaire correspondant à la région périnéale et plus ou moins étendu, qui se trouve nu ou couvert de poils excessivement courts et de même nature que ceux du clitoris; et tout le dessous de la base de la queue, dans la portion qui correspond à cet espace et qui sffapplique sur lui lorsque lffAnimal rapproche sa queue de son corps, est couvert de poils excessivement ras, dirigés de dehors en dedans et formant, au point où ils rencontrent ceux du côté opposé, une sorte de petite crête longitudinale. Lffaspect gras et luisant de toutes ces parties semble annoncer la présence dffun grand nombre de follicules sébacés; mais nffayant vu que des pelleteries desséchées, nous nffavons pu constater leur présence. Nous nffavons pu également, faute de sujets, et à notre grand regret, examiner chez le mâle le pénis et les parties environnantes. Nous ne doutons point que nous nffeussions trouvé chez lui quelque chose dffanalogue à ce que présente le clitoris, mais avec de notables différences; car on concevra facilement combien un gland pénien hérissé de poils rudes, comme lffest le gland du clitoris de la femelle, serait une condition défavorable pour lffacte de lffaccouplement. Enfin, en outre de toutes ces conditions organiques dont lffimportance ne saurait être contestée, les Ériodes diffèrent encore des Atèles par leur queue un peu plus courte et nue dans ses deux cinquièmes postérieurs, et surtout par la nature de leur pelage. Tous leurs poils sont moelleux, doux au toucher, laineux et assez courts; ceux de la tête, plus courts encore que ceux du corps et de la queue, sont dirigés en arrière; caractères précisément inverses de ceux que présentent les Atèles, et qui donnent aux Ériodes une physionomie toute différente. Cffest à la nature laineuse de leurs poils que se rapporte le nom générique que nous avons adopté pour ces Singes, et par lequel nous avons cherché à rappeler le plus apparent de leurs traits distinctifs.

Ce genre est, dans lffétat présent de la science, composé de trois espèces, toutes originaires du Brésil, et encore très-peu connues; aucune dffelles nffa jamais été, du moins à notre connaissance, amenée vivante en Europe, depuis un individu quffEdwards vit à Londres en 1761, et quffil a mentionné sous le nom de Singe-Araignée, sans nous transmettre à son sujet aucune remarque intéressante. Les Ériodes sont été également très-peu observés dans lffétat sauvage; Spix, auquel ou doit la découverte de lffun dffeux, nous apprend seulement que ces Singes vivent en troupes, et font, pendant toute la journée, retentir lffair de leur voix claquante, et, quffà la vue du chasseur, ils se sauvent très-rapidement en sautant sur le sommet des arbres.

Un fait fort remarquable, et qui montre mieux que lous les raisonuemens théoriques combien le voyageur que nous venons de citer brisait les rapports naturels par lffétablissement de son genre Court-Ponce, Brachyteles, cffest que, sur nos trois Ériodes, il en est un chez lequel il nffy a aucune trace extérieure des pouces antérieurs; un autre, chez lequel ces doigts se montrent au dehors sous la forme de tubercules sans ongles; et un autre enfin chez lequel ils sont même onguiculés; et cependant tous trois sont liés par des rapports si intimes, et se ressemblent tellement

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par les couleurs de leur pelage et leurs proportions, quffon serait presque tenté de les réunir en une seule espèce. Aussi le genre Court-Pouce nffa-t-il été adopté par aucun naturaliste, quoique déjà publié depuis plusieurs années.

LffERIODE HÉMIDACTYLE, Eriodes hemidactylus, Nob. Cffest lffespèce dans laquelle il existe un petit pouce onguiculé, très-grêle, très-court, atteignant à peine lfforigine du second doigt, et tout-à-fait inutile à lffAnimal. Sa longueur, depuis le bout du museau jusquffà lfforigine de la queue, est dffun pied huit pouces, et la queue a deux pieds un pouce. Son pelage est en général dffun fauve cendré qui prend une teinte noirâtre sur le dos. Les mains et la queue sont dffun fauve plus pur que le reste des membres et le corps, Les poils qui entourent lffespace nu ou couvent de poils ras, que nousavons dit exister à la base de la queue et près de lffanus, sont dffun roux ferrugineux qui ne diffère de la couleur des poils du clitoris que par une nuance plus claire. La face, qui nffest complètement nue que dans le voisinage des yeux, paraît être tachetée de gris sur un fond couleur de chair. Cette espèce, déconverte en 1816 au Brésil par Delalande, a toujours été confondue avec la suivante.

LffÉRIODE A TUBERCULE, Eriodes tuberifer, Nob., Ateles hypoxanthus, Pr. de Neuw. et Kuhl (Beyt. zur zool. ); Brachyteles macrotarsus, Spix, loc. cit. Cette espèce se distingue facilement de la précédente par le caractère suivant: ses pouces rudimentaires paraissent à lffextérieur sous la forme de simples tubercules, et manquent constamment dffongles, suivant les observations des auteurs allemands. Son pelage est, comme celui des deux autres Ériodes, dffun fauve tirant sur le cendré, la queue étant dffun brun ou dffun fauve ferrugineux; la racine de la queue étant, ainsi que la partie postérieure des cuisses, de couleur rousse; les doigts sont couverts de poils ferrugineux. Cet Eriode, qui ne nous est connu que par la description des auteurs que nous avons cités, a été découvert au Brésil par le prince de Neu-Wied; on lui donne généralement les noms de Miriki, Mono et Koupo

LffERIODE ARACHNOÏDE, Eriodes arachnoides, Nob.; Ateles arachnoides, Geoffr. St.–Hil. (Ann. du Musée, T. XIII), est généralement dffun fauve clair, qui passe au cendréroussâtre sur la tête, et au roux doré sur lffextrémité de la queue et sur les pates, principalement aux talons; quelques individus sont dffun fauve clair uniforme. Cette espèce, dont la taille ne diffère pas de celle de lffHypoxanthe, est connue au Brésil sous le nom de Macaco vernello.

†††† Les LAGOTHRICHES, ìagothrix.

Ce genre, établi par Geoffr. St. – Hil. (Ann. du Mus. T. XIX), se distingue des deux genres précédens par ses membres beaucoup moins longs, et surtout par ses mains antérieures pentadactyles, comme chez les Hurleurs et les Sajous: cffest à ces derniers quffil ressemble par ses proportions. Les doigts sont de longueur moyenne, et le second dffentre eux, ou lffindicateur, est même court. Les ongles des mains antérieures sont un peu comprimés, même ceux des pouces, et ils tiennent ainsi le milieu, par leurs formes, entre ceux des Atèles et des Eriodes; ceux des mains postérieures sont, à lffexception de ceux des pouces, pluscomprimés encore et ressemblent encore davantage à ceux des Eriodes; ce qui est surtout apparent à lffégard des trois derniers doigts. La tête des Lagothriches, qui est arrondie, et surtout leurs poils doux au toucher, très-fins et presque aussi laineux que ceux des Eriodes, les rapprochent encore de ces derniers; mais leurs incisives et leurs narines sont cumme chez les Atèles. Leur angle facial est de 50°, et leurs oreilles très-petites. Quant aux conditions organiques que présente le clitoris nous nffavons pu rien savoir à leur égard, à cause de lffétat des pelleteries

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que nous avons examinées, et du défaut absolu de renseignemens dans les ouvrages des voyageurs.

C'est à Humboldt qu'est due la découverte de ce genre encore peu connu, soit dans son organisation, soit dans ses mœurs. Humboldt nous apprend seulement que les Lagothriches vivent par bandes nombreuses, qu'ils paraissent d'un naturel très-doux, et qu'ils se tiennent le plus souvent sur leurs pieds de derrière. Spix, qui depuis a retrouvé ce genre au Brésil, et qui l'a décrit sous le nom de Gastrimargus, ajoute que Je son de leur voix ressemble à un claquement, et qu'ils sont très-gourmands. C'est à cette dernière remarque que se rapporte le nom de Gastrimargus, que nous n'adopterons pas. Nous préférons à tous égards celui de Lagothrix, qui est à la fois et le plus ancien et le plus convenable, et qui, malgré une assertion tout-à-fait erronée de plusieurs auteurs allemands, n'a jamais été appliqué à l'Hypoxanthe par les naturalistes du Musée de Paris.

Le LAGOTHRICHE DE HUMBOLUT, Lagothrix Humboldtii, Geoff. St.-llil., Aun. du Mus. T. XIX, a été décrit pour la première fois par Humboldt sous le nom de Caparro, simia Lagothricha. Il est haut de deux pieds deux pouces et demi; son pelage est uniformément gris, les poils étant blancs avec l'extrémité noire. Le poil de la poitrine est beaucoup plus long que celui du dos, et de couleur brunâtre; celui de la tête est au contraire très-court et de couleur plus claire que le reste du pelage. La queue est plus longue que le corps. C'est sans doute par erreur que Humboldt, auquel nous empruntons ces détails, ajoute que les ongles sont tous aplatis. Cette espèce habite les bords du Rio Guaviare, et paraît se trouver aussi près de l'embouchure de l'Orénoque.

Le GRISON, Lagothrix canus, Geoff. St.-Hil., est d'un gris oli-vâtre sur le dessus du corps et la partie supérieure des membres, et d'un brun plus ou moins cendré sur la tête, la queue, les parties inférieures du corps et la portion inférieure des membres. Sa taille est un peu inférieure à celle du Caparro. Cette espèce habite le Brésil. On doit très-probablement lui rapporter le Gastrimargus olivaceus de Spix (loc. cit., pl. 28), et sans doute aussi un jeune Lagothriche que possède le Muséum, et dans lequel le gris olivâtre est remplacé sur le dos par le gris argenté, et le brun, principalement sur la tête, par le noir.

Le LAGOTHRICHE ENFUMÉ, Lagothrix infumatus; Gastrimargus infumatus, Spix, loc. cit., pl. 29. Cette espèce, qui ne nous est connue que par la description et la figure de Spix, et que Temminck regarde comme un double emploi, est tout entière d'un brun enfumé, et habite le Brésil.

§ I. SAPAJOUS à queue entièrement velue.

Cette seconde section ne renferme qu'un seul genre, celui des Sajous ou Sapajous proprement dits, Cebus des auteurs modernes, qui, par sa queue entièrement velue et beaucoup moins forte que dans les genres précédens, tient le milieu entre la première section des Sapajous, et le premier des genres du groupe des Géopithèques, celui des Callithriches.

† Les SAJOUS ou SAPAJOUS proprement dits, Cebus.

Dans ce genre, les membres sont forts, robustes et allongés, principalement les postérieurs; aussi les Sajous sautentils avec une agilité remarquable. Les pouces antérieurs sont peu allongés, peu libres dans leurs mouvemens, et peu opposables aux autres doigts; absolument comme chez les Hurleurs et les Lagothriches. Les ongles sont en gouttière et pen aplatis; la queue est à peu près de la longueur du corps; quelquefois elle est entièrement couverte de longs poils; quelquefois, au contraire, sa partie terminale ne présente plus en dessous que des poils très-courts,

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parce qu'ils se trouvent usés par l'action répétée du frottement. Du reste, jamais elle ne présente une véritable callosité. L'hyoïde a sa partie centraie élargie, mais ne fait aucune saillie; la tête est assez ronde; la face est large et courte, et les yeux sont très-volumineux et très-rapprochés l'un de l'autre, principalement dans la partie profonde des cavités orbitaires. L'ouverture des fosses nasales est large, mais peu étendue de haut eu bas; le palais est aussi assez large, et les arcades dentaires sont à peu près parallèles, soit à l'une, soit à l'autre mâchoire; les molaires sont de grandeur moyenne, au nombre de six de chaque côté et à chaque mâchoire, comme chez tous les autres Sapajous. Cependant Geoffroy Saint-Hilaire a trouvé sur un individu très-vieux, appartenant au Cebus variegatus, sept molaires à la mâchoire supérieure; anomalie très-remarquable, puisque c'est, avec celle que nous avons nous-même observée et indiquée chez un Atèle, la seule jusqu'à ce jour connue. Les incisives sont rangées sur uneligne presque droite; celle de la paire intermédiaire sont un peu plus grosses à la mâchoire supérieure, et c'est l'inverse à l'inférieure; les canines sont très-fortes chez tous les vieux individus. Enfin, la boîte cérébrale est très-volumineuse; elle est en effet très-large et en même temps très-étendue d'avant en arrière; le trou occipital est assez rentré sous la base du crâne. Ces conditions organiques sont très - différentes de celles que nous avons eu à signaler dans les genres précédens; cependant les rapports qui unissent entre eux tous les Sapajous, sont bien réels et ne peuvent être révoqués en doute; peut-être même serait-il possible de s'assurer de ce fait par l'examen des crânes eux-mêmes, surtout si, au lieu de se borner à l'étude des crânes des adultes, on embrassait dans son examen les crânes de tous les âges. Des observations faites sous ce point de vue nous sont fait apercevoir de nombreuses ressemblances entre la tête des Sajous adultes et celle des jeunes Atèles; et de plus, entre celle des Atèles adultes et celle des jeunes Hurleurs. Il semblerait ainsi, que le même type crânien, se reproduisant chez tous les Sapajous, nousapparût, dans un premier degré de développement, chez les Sajous; dans un second, chez les Atèles (et aussi chez les Eriodes et les Lagothriches); et enfin, dans un troisième et dernier, chez les Hurleurs.

Les Sajous sont des Animaux pleins d'adresse et d'intelligence; ils sont très-vifs et remuans, et cependant très-doux, dociles et facilement éducables. Chacun a pu se convaincre de ces faits par ses propres observations, ces Singes étant maintenant extrêmement communs dans toutes nos grandes villes. Il serait donc tout-à-fait inutile de nous étendre sur les qualités que peut développer en eux l'éducation, et c'est ce que nous ne ferons pas. Ce qui serait vraiment intéressant, ce serait de donner quelques remarques sur leur intelligence, telle qu'elle est naturellement, et non pas telle que l'Homme l'a faite. Malheureusement nous ne trouvons, dans les ouvrages des voyageurs, aucun fait digne d'être cité; tous se bornent à nous dire que les Sajous sont intelligens, et n'ajouteni aucun détail. Nous essaierons de suppléer en partie à leur silence, en rapportant une observation que nous avons faite nous-même sur un individu, vivant en domesticité, il est vrai, mais n'ayant reçu aucune espèce d'éducation. Lui ayant donné un jour quelques noix, nous le vîmes aussitôt les briser à l'aide de ses dents, séparer avec adresse la partie charnue, et la manger. Parmi ces noix, il s'en trouva une beaucoup plus dure que toutes les autres; le Singe ne pouvant réussir à la briser avec ses dents, la frappa fortement et à plusieurs reprises contre l'une des traverses en bois de sa cage. Ces tentatives restant de même sans succès, nous pensions qu'il allait jeter avec impatience la noix, lorsque nous le

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vîmes avec étonnement descendre vers un eudroit de sa cage où se trouvait une bande de fer, frapper la noix sur cette bande, et en briser enfin la coquille. Cette observation nous paraît digne d'être citée; car elle prouve d'une manière incontestable que noire Sajou, abandonné à lui-même et sans avoir jamais reçu aucune éducation, avait su reconnaître que la dureté du fer l'emporte sur celle du bois, et par conséquent, s'était élevé à un rapport, à une idée abstraite.—Les Sajous, comme les autres Sapajous, vivent en troupes sur les branches élevées des Arbres, ce qui n'empêche pas qu'ils ne soient monogames. Ils se nourrissent principalement de fruits, et mangent aussi très-volontiers des Insectes, des Vers, des Mollusques et même quelquefois de la viande. Les femelles ne sont pas sujettes à l'écoulement périodique: elles ne font ordinairement qu'un seul petit qu'elles portent sur leur dos, et auquel elles prodiguent les soins les plus empressés. C'est à tort qu'on a dit que ces Animaux ne se reproduisent pas dans nos climats; Buffon prouve par plusieurs exemples la possibilité de leur reproduction en France. Quelques espèces sont été désignées par les voyageurs sous les noms de Singes-Musqués et de Singes-Pleurenrs; le premier de ces noms leur vient d'une forte odeur musquée qu'ils répandent principalement dans la saison du rut, et le second, de leur voix devenant, lorsqu'on les tourmente, plaintive et semblable à celle d'un enfant qui pleure. Le plus souvent ils ne font entendre qu'un petit sifflement doux et flûté; mais quelquefois aussi, principalement quand ils sont excités par la colère, la jalousie, ou même la joie, ils poussent des cri peçans et qu'on a quelque peine à supporter, tant leur voix est alors forte et glapissante.

Ce genre, auquel tous les auteur donnent aujourd'hui le nom de Cebus, autrefois commun à tous les Sapajous, est principalement répandu dans le Brésil et la Guiane. Il nous paraît démontré qu'il renferme un assez grand nombre d'espèces, malgré l'opinion de quelques auteurs; mais il nous paraît non moins certain que plusieurs de celles qu'ontadmises les auteurs modernes, ne sont réellement que de simples variétés. Il n'est point de genres dont l'histoire offre autant de difficultés sous le rapport de la détermination de ses espèces, ou, pour mieux dire, un tel travail est absolument impossible dans l'état présent de la science, quel que soit le nombre des individus que possèdent toutes les collections, et de ceux mêmes que nous pouvons observer vivans. On peut dire que rien n'est plus rare que de voir deux sujets absolument semblables, et qu'il existe presque autant de variétés que d'individus, tant les couleurs du pelage sont peu constantes. Bien plus, l'examen que nous avons fait il y a quelques mois de deux Sajous du Brésil, l'un adulte, l'autre encore jeune, nous a convaincu que non-seulement la couleur, mais aussi la disposition des poils, varie d'une manière remarquable par l'effet des développemens qu'amène l'âge. Ces deux individus ressemblent par leur tète, l'un au Sajou brun, et l'autre au Sajou cornu, et cependant ils appartiennent très-certainement à la même espèce. Or, s'il en est ainsi, n'est-on pas porté à croire que les jeunes individus du Cebus fatuellus ou des autres espèces caractérisées par la disposition des poils de leur tète, sont pu donner lieu à quelque double emploi? Quant à nous, nous c ne doutons pas qu'il n'en soit ainsi; cependant, ne pouvant encore le démontrer, et ne possédant pas tous les élémens nécessaires pour la solution detelles questions, nous présenterons ici une indication succincte des espèces admises par les auteurs.

Le SAJOU BRUN, Buff. T. XV; Cebus apella, Erxl., Geoffr. St.-ll., Aun. dn Mus. T. XIX; Simia apella, L. Pelage brun clair en dessus, fauve en dessous; dessns de la tête,

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ligue qui descend sur les côtes de la face, queue et portion inférieure des membres, noirs. Longueur, depuis le bout du nez jusqu'à l'origine de la queue, un peu plus d'un pied; queue formant un peu plus de la moitié de la longueur totale, De la Guiane.

Le SAJOU ROBUSTE, Cebus robustus. kuhl et le prince de Neuwied sont donné ce nom à une espèce ou variété qui habite le Brésil et qui se distingue de la précédente par sa taille un peu plus forte, et par quelques légères différences de coloration. Nous ne voyons ancun motif pour séparer du Cebus robustus le Cebus macroceplialus de Spix (loc. cit., pl. 1); tous les caractères qu'indique ce voyageur, tels que celui d'avoir des crêtes très-prononcées sur le crâne, sont des caractères communs aux vieux individus de toutes les espèces.

Le SAJOU LASCIF, Cebus libidiuosus, Spix, loc. cit., pl. 2, est caractérisé ainsi par ce naturaliste: calotte brnne noire; barbe entourant en cercle toute la face; dos, gorge, barbe, poitrine, membres (excepté les cuisses et les bras) et dessous de la queue d'un roux-ferrugineux; devant de la gorge d'un brun roux-toncé; joues, menton, doigts d'un roux plus clair. Corps d'un roux fauve; queue un peu plus courte que le corps. Du Brésil. «C'est, dit Spix, la lascivité qui rend ce Singe remarquable; il aime à faire continuellement des grimaces en regardant certaine partie de son corps.» Il est évident qu'une telle habitude était, chez le Sajou observé par Spix, un résultat de la domesticité, et qu'elle appartenait à l'individu et non à l'espèce.

Le SAJOU CORNU, Buff., Suppl. 7, Cebus Fatuellus, Erxl., Simia Fatuellus, L. Pelage marron sur le dos, plus clair sur les flancs, et roux vif sur le ventre; tête, extrémités et queue brunàtres; deux forts pinceaux de poils s'élevant de la racine du front. De la Guiane.

Le SAJOU A TOUPET, Cebus cirrifer, Geoffr. St.-H Pelage brun châtain; un toupet de poils très-élevés et disposés en fer-à-cheval sur le devant de la tête; poils longs, doux et moelleux. Du Brésil.—C'est près de celle espèce ou variété que doil être placé un Sajou du Brésil dont nous avons parlé au commencement de cet article, et qui ressemble au Cebus Fatuellus dans l'état adulte, au Cebus apella dans le jeune âge. Sou pelage, très-long et moelleux, est généralement d'un brun châtain; mais quelques longs poils blancs se trouvent chez l'adulte mêlés parmi les poils bruns. Peut-être le Sajou à toupet ne serait-il qu'un âge intermédiaire?

Le SAJOU TREMBLEUR, Cebus trepidus, Erxl. Pelage marron; poils de la tête relevés, disposés eu coiffe et d'un brun noirâtre; mains cendrées. Celle espèce, plus douteuse encore que les autres, habiterait la Guiane hollandaise: c'est le Singe à queue touffue d'Edwards (Glan. T. III), et le Simia trepida de Linné.

Le SAJOU COIFFÉ, Cebus frontatus, Kuhl. Pelage d'un brun noir; poils du front relevés perpendiculairement; des poils blancs épars sur les mains. Celle espèce, dont la patrie est inconnue, diffère très-peu de la précédente, et doit peut - être lui être réunie.

Le SAJOU A CAPUCHON, Cebus eucullatus, Spix, loc. cit., pl. 6. Poils de la partie antérieure de la tête diriges en avant; membres et queue presque noirs; dos et tête brunâtres; bras, gorge, poitrine roussâtres; ventre d'un roux ferrugineux. Du Brésil et de la Guiane, selon Spix.

Le SAJOU BARBU, Cebus barbatus, Geoffr. St.-H. Pelage gris roux, variant du gris au blanc suivant l'âge et le sexe; ventre roux; barbe se prolongeant sur les joues; poils longs et moelleux. De la Guiane. Humboldt rapporte cette espèce ou variété au Sajou brun, et Desmarest, qui l'adopte, mais avec doute, pense que le Sajou gris de Buffon forme une espèce particulière à laquelle il donne le nom de Cebus griseus.

Le SAJOU NÉGRE, Buff., Suppl. 7;

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Cebus niger, Geoffr. St.-H. Pelage brun; face, mains et queue noires; front et joues blanches. C'est, suivant Humboldt, une simple variété du Sajou brun.

Le SAJOU MAIGRE, Cebus gracilis, Spix, loc. cit., pl. 5. Pelage brunfauve en dessus, blanchâtre en dessous; vertex et occiput bruns; formes très-grêles. Cette espèce, très-doutense, habiterait les forêts voisines de la rivière des Amazones.

Le SAJOU A GROSSE TÊTE, Cebus Monachus, Fr. Cuvier, Mam. lith. Front large et arrondi, pommettes saillantes; poitrine, ventre, joues, face antérieure des bras d'un blancjaunâtre orangé; face externe des bras, blanche; avant-bras, cuisses, jambes et queue, noirs; dos et flancs variés de noir et de brun; tête noire en-dessus, et blanchâtre sur les côtés; bande noire descendant sur les côtés de la face, comme chez ls Cebus apella. Cette espèce, dont la patrie est inconnue, n'a été établie qu'avec doute par Fr. Cuvier, et ne repose que sur l'examen de deux individus qui même différaient entre eux à quelques égards.

Le SAJOU LUNULÉ, Cebus lunatus, Kuhl. Pelage noirâtre; une tache blanche, en forme de croissant, sur chaque joue. Patrie inconnue.

Le SAJOU A POITRINE JAUNE, Cebus xanthosternos, Pr. Max. de Neuw.; Kuhl. Pelage châtain; dessous du col et poitrine d'un jaune roussâtre très-clair. Du Brésil.

Le SAJOU A TÊTE FAUVE, Cebus xanthocephalus, Spix, loc. cit., pl. 3. Région lombaire, partie supérieure de la poitrine, col, nuque, et dessus de la tête, fauves; portion moyenne du tronc, fesses et cuisses, brunes. Du Brésil.

Le SAJOU FAUVE, Cebus flavus, Geoffr. St.-H. Pelage entièrement fauve. Du Brésil. Le Sajou blanc, Cebus albus, Geoffr. St.-H., n'est qu'une variété albine de cette espèce, et le Sajou unicolore, Cebus unicolor, Spix (loc. cit., pl. 4), en est un double emploi.

Le SAJOU A FRONT BLANC, Cebus albifrons, Geoffr. St.-H.; l'Ouavapavi, Simia albifrons, Humb. Pelage gris, plus clair sur le ventre; sommet de la tête noir; front et orbite blancs; extrémités d'un brun jaunâtre. Des environs de Maypures et d'Atures, sur les bords de l'Orénoque.

Le SAJOU VARIÉ, Cebus variegatus, Geoffr. St.-H. Pelage noirâtre pointillé de doré; ventre roussâtre; poils du dos bruns à la racine, roux au milieu, noirs à la pointe. De la Guiane.

Le SAÏ, Buff. T. XV, Cebus capucinus, Erxl.; Simia capucina, L. Pelage variant du gris brun au gris olivâtre; vertex et extrémités noirs; front, joues et épaules d'un blanc-grisâtre. De la Guiane. Cette espèce, qu'il ne faut pas confondre avec le Saï de Fr. Cuvier (qui paraît être le Cebus apella), est celle que les voyageurs out le plus souvent désignée sous le nom de Singe pleureur.

Le SAJOU A GORGE BLANCHE, Buff. T. XV; Cebus hypoleucus, Geoffr. St.-H; le Cariblanco, Simia hypoleuca, Humb. Pelage noir; front, côtés de la tête gorge et épaules blancs. De la Guiane.

Le SAJOU AUX PIEDS DORÉS, Cebus chrysopus, Fr. Cuv., Mam. lith. Nous décrivons avec quelque détail cette jolie espèce parce qu'elle n'est encore que très-peu connue. Son pelage est formé de plusieurs couleurs dont la disposition la rapproche de la plupart de ses congénères, mais dont la nuance la distingue parfaitement. La partie antérieure du dessus et des côtés de la tête, depuis les oreilles et le devant de la tête et du col, sont d'un blanc légèrement jaunâtre. Les pieds, les jambes, les régions antérieure et interne des cuisses, les mains, les bras et une portion des avant-bras, sont d'un roux vif. Le reste des membres, le dessous de la queue, les flancs, les épaules, la partie antérieure du dos et le dessus du col sont d'un brun clair légèrement cendré qui se prolonge sur la partie postérieure de la tête, en pre-

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nant une teiute un peu plus foncée. La partie postérieure du dos et toute la région lombaire sont roux. Enfin, le ventre est dffun fanve roussâtre qui se coufond par nuances insensibles, en avant, avec le blanc du dessous du col, en arrière, avec le roux de la partie interne des cuisses. Cette espèce, qui a de nombreux rapports avec lffOuavapavi de Humboldt (Cebus albifrons), paraît habiter la Colombie. Notre description est faite dffaprès plusieurs individus entièrement semblables, envoyés au Muséum par le voyageur Plée sous le uom de Carita blanca; nom trèsanalogue à celui de Cariblanco que Humboldt attribue à lffespèce précédente, et qui signifie comme lui face blanche.

Telles sont toutes les espèces de Sajous admises par les auteurs modernes. Quant au Simia morta et Simia syrichta, qui doivent également être rapportées au genre Cebus, ce sont des espèces établies seulement sur des individus incomplets, et qui doivent dès à présent être retranchées des catalogues. (IS. G. ST.-II.)

SAPAN. MAM.Espèce de Polatouche. V. ce mot. (B.)

SAPAN. BOT. PHAN. Espèce de Césalpinie. V. ce mot. (B.)

* SAPAN. BOT. CRYPT. Nom quffon trouve dans lffherbier de Burmann pour désigner une Prêle qui paraît être le Timorianum de Vaucher. (B.)

* SAPENOS. MIN. Variété dffAméthyste dffun bleu clair, suivant Pline. (G. DEL.)

SAPERDE. Saperda. INS. Genre de lffordre des Coléoptères, section des Tétramères, famille des Longicornes, tribu des Lamiaires établi par Fabricius aux dépens du grand genre Cérambyx de Linné, et adopté par tous les entomologistes avec ces caractères: corps allongé; tête verticale, courte, pas plus large que le corselet; yeux fortement échancrés au côté interne; antennes sétacées, insérées sur le devant de la tête dans une échancrure des yeux, un peu au-dessus de la face antérieure de la tête, distantes entre elles à leur base, composées de onze ou de douze articles; labre petit, aplati, coriace, arrondi antérieurement, un peu échaneré dans son milieu; mandibules cornées, aplaties, tranchantes au côté interne, sans dentelures, terminées en pointe un peu arquée; mâchoires cornées, ayant deux lobes courts, coriaces, lffextérieur à peine plus grand, arrondi, lffintérieur presque triangulaire; palpes filiformes, leur dernier article ovalaire, assez pointu; les maxillaires un peu plus grands que les labiaux, de quatre articles; les labiaux de trois; lèvre inférieure rétrécie dans son milieu, échancrée à son extrémité; corselet, mutique, aussi large que long, cylindrique; écusson petit, presque triangulaire; ély tres allongées, rebordées, presque de même largeur dans toute leur étendue, recouvrant les ailes et lffabdomen; pates de longueur moyenne, assez fortes; cuisses point en massue; tarses courts, assez larges, leur dernier article le plus long de tous, muni de deux forts crochets. Ce genre se distingue des Lamies, avec lesquelles il a les plus grands rapports, par son corselet qui est toujours mutique, tandis quffil est rugueux ou épineux chez celles-ci Les larves des Saperdes vivent dans le bois et y subissent leurs métamorphoses. A lffétat parfait on les trouve surles fleurs ou contre les troncs des arbres. On connaît un grand nombre dffespèces de ce genre. Nous citerons comme type:

La SAPERDE REQUIN, Saperda Carcharias, Fabr., Latr.; Cerambyx Carcharias, L.; Oliv., Entom., 68, t. 2, fig. 22. Longue de plus dffun pouce; corps gris-jaunâtre avec une foule de petits points noirs; antennes moins longues que le corps. Cette espèce se trouve dans toute la France, aux lieux plantés de peupliers. (G.)

SAPHAN. MAM. V. DAMAN.

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SAPHIR ET SAPHIR ÉMERAUDE. OIS. Espèces dffOiseau-Mouche. V. COLIBRI. (B.)

SAPHIR. Saphirus. MIN. Cffest le nom que lffon donne, dans le commerce de la joaillerie, aux variétés de Corindon hyalin, qui sont blanches ou bleues. V. CORINDON. On a aussi nommé Saphir, mais fort improprement, des pierres de toute autre nature. Ainsi une Tourmaline bleue a été appelée Saphir du Brésil, et la Cordiérite a été désignée sous le nom de Saphir dffeau, etc. (G. DEL.)

SAPHIRIN. MIN. Ce nom a été donné dffune part à la Cordiérite de, Bohême, et de lffautre à la substance bleue, qui a été regardée comme une variété dffHaüyne, et que lffon trouve en grains disséminés dans les laves de Laach, sur les bords du Rhin. On a appelé quelquefois cette dernière SAPHIR DU VÉSUVE. (G. DEL.)

SAPHIRINE. MIN. Ce nom a été donné à une variété de Calcédoine dffun bleu pur, et à un Minéral du Groënland, découvert par Giesecke, et analysé par Stromeyer. La Saphirine du Groënland est dffun bleu de Saphir tirant sur le verdâtre; sa texture est grano-lamellaire: elle est transparente, assez dure pour rayer le verre, infusible, et pesant spécifiquement 3, 4. Elle est composée dffAlumine, 63; Silice, 14; Magnésie, 17; Protoxide de Fer, 3, 9; Chaux, 0,3; Oxide de Manganèse, 0,5. Elle se trouve en petites masses disséminées dans un Micaschiste à Fiskenaes, au Groënland. (G. DEL.)

SAPHIRUS. MIN. V. SAPHIR.

* SAPI. MAM. Nom malais de la femelle du Bœuf à hosse des Indes (LESS.)

SAPIN. Abies. BOT. PHAN. Dansses Institutions de Botanique, Tournefort avait distingué comme genres différens les Pins, les Sapins et les Mélèzes. Linné dffabord, dans son Genera, adopte le genre Pin de Tournefort, mais réunit en un seul, sous le nom dffAbies, les Sapins et les Mélèzes. Dans son Species, au contraire, il ne fait plus quffun seul genre des trois de Tournefort. Jussien suit la première des opinions de Linné, en admettant les genres Pinus et Abies. Mais Gaertner revient à la dernière des opinions de lffillustre botaniste suédois en ne formant quffun seul genre. Telle est aussi lffopinion de Lambert dans son excellente Monographie du genre Pinus. Il faut en effet convenir que, si lffon nffa égard, comme cela doit être généralement, quffaux organes de la fructification, il nffexiste pas de différence essentielle entre les deux genres Pin et Sapin, lfforganisation des fleurs, des fruits et des graines étant presque absolument la même dans les Arbres de ces deux groupes. Mais leur port et quelques caractères dffun ordre secondaire offrent assez de différences pour quffon puisse les distinguer comme deux genres, en convenant toutefois que ces deux genres sont artificiels. Les feuilles, dans toutes les espèces de Sapin, sont solitaires, éparses, et un peu courtes; dans les Pins, elles sont constamment géminées, ou même fasciculées en plus grand nombre et réunies dans une gaîne propre. Dans les premiers, les fleurs mâles forment des chatons isolés et solitaires; ces chatons sont toujours réunis et groupés dans les seconds. Les écailles des cônes dans les Pins sont renflées et épaissies à leur sommet; celles des Sapins nffoffrent pas ce caractère. Enfin, dans les Pins, il faut au moins deux ou même trois ans pour que les fruits parviennent à leur maturité parfaite, tandis que dans les Sapins ils mûrissent dans lffespace dffune année. Dans lffHistoire des Conifères du professeur Richard, nous avons réuni au genre Abies le genre Larix de Tournefort, cffest-à-dire les Mélèzes et les Cèdres. En effet, ce genre ne diffère des Sapins que par ses feuilles réunies en faisceaux. Mais cette disposition des feuilles est un caractère dffune bien faible impars-

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tance, quand on réfléchit que ce que lffon a lffhabitude de considérer comme un faisceau de feuilles nffest en réalité quffun rameau très-court, et dont les mérithalles, et par conséquent les feuilles, sont très-rapproehées les unes des autres. Ainsi donc nous pensons que le genre Abies, tel quffil a été earactérisé dans lffouvrage déjà cité du professeur Richard, doit renfermer, en outre, des Sapins proprement dits, les Cèdres et les Mélèzes. Voici comment ce genre peut être caractérisé: les fleurs sont monoïques; les mâles forment des chatons solitaires, terminaux ou axillaires. Les femelles constituent des chatons cylindriques, formés dffécailles imbriquées, et portant chacune à leur face interne deux fleurs renversées. Le fruit est un cône ovoïde ou cylindracé, composé dffécailles imbriquées, non renflées à leur sommet qui quelquefois se termine par une pointe plus ou moins allongée. Les péricarpes, appliqués sur la face interne et supérieure des écailles, sont coriaces et portent une aile membraneuse sur lffun de leurs côtés. On compte un assez grand nombre dffespèces de ce genre qui croissent en général dans les régions septentrionales de lffun et de lffautre continent. Ce sont en général de grands et beaux Arbres résineux, ayant souvent une forme décroissante et pyramidale, avec des rameaux étalés horizontalement, des cônes dressés ou pendans. Leurs feuilles, généralement plus courtes que celles des Pins, sont solitaires, on forment des espèces de houppes ou de faisceaux qui ne sont que des rameaux extrêmement courts. On peut diviser ce genre en deux sections, dont lffune, sous le nom de Larix, comprend les espèces à feuilles fascieulées, cffest-à-dire les Mélèzes et les Cèdres; nous en avons déjà traité à ces deux mots (V. CÉDRE et MÉLÈZE), et dont lffautre, avec la dénomination dffAbies, réunit les véritables Sapins, qui tous sont les feuilles solitaires et éparses. Parmi ies espèces de ce genre, nous mentionnerons les suivantes: 1°. Le SAPIN COMMUN, Abies pectinata, D. C., Fl. Fr.; Pinus picea, L., Sp. Cffest une espèce que les anciens botanistes désignaient sous le nom spécial dffAbies, et que Linné a mal à propos nommé Pinus picea, en donnant le nom dffAbies à une autre espèce fort différente, et que lffon connaît sous la dénomination vulgaire dffEpicea. Le Sapin commun est un grand et bel Arbre, dont le tronc droit et cylindrique sffélève souvent à une hauteur de cent vingt pieds, quffil dépasse quelquefois. Ses feuilles sont planes, très-étroites, linéaires, obtuses et comme échancrées à leur sommet, disposées sur deux rangées opposées, ce qui donne aux jeunes rameaux lffaspect de feuilles pinnées. Les eônes sont dressés, allongés et presque cylindriques, formés dffécailles imbriquées, terminées à leur sommet par une très-longue pointe recourbée. Cet Arbre, que lffon désigne aussi sous le nom de Sapin argenté, croît naturellement dans les lieux montueux, découverts et pierreux, dans les Alpes, les Pyrénées et lffAuvergne. 2°. La seconde, espèce européenne est le SAPIN ÉLEVÉ, Abies excelsa, D. C., Fl. Fr.; Pinus Abies, L. Cffest cette espèce, plus commune encore que la précédente, que lffon nomme Epicea, Faux Sapin, Pesse, Serente, etc. Il forme un Arbre non moins élevé, semblable an précédent pour le port, mais qui en diffère essentiellement par ses feuilles courtes, à quatre angles, dffun ver trètrèsfoncé, éparses en tous sens autour des rameaux. Ses cônes, longs de cinq à huit pouces, sont cylindriques, pendans, formés dffécailles planes, très-obtuses et sans pointe à leur sommet. On trouve cette espèce dans les mêmes localités que la précédente. On en extrait différens produits résineux, que lffon connaît sous les noms de Térébenthine de Strasbourg, de Poix, de Galipol, etc., et qui font entièrement analogues à ceux que lffon retire des différentes

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espèces de Pin, et en particulier du Pin maritime. V. PIN.

Ces deux espèces européennes sont en quelque sorte leurs représentans dans lffAmérique septentrionale. Au Sapin commun correspond le Sapin Baumier, Abies balsamea, Michx., Arbr. Amér. sept., que lffon connaît, sous le nom de Baumier de Giléad, parce quffil fournit une térébenthine que lffon connaît sous le nom de Faux Baume de Giléad, le véritable étant produit par lffAmyris gileadensis, de la famille des Térébinthacées. Il a le port et les feuilles de notre Sapin commun. Ses fruits, également dressés, sont moins longs et moins gros. Du reste, ces deux espèces se ressemblent tellement, quffil est facile de les confondre. A notre Sapin élevé lffAmérique septentrionale oppose son Sapin blanc, Abies alba, Michx., qui a également les feuilles courtes, éparses en tous sens et anguleuses, mais dffun vert glauque et comme argenté, et les cônes très-courts et très-petits comparativement à ceux de lffespèce européenne. On la cultive dans les jardins sous le nom de Sapinette blanche. LffAmérique septentrionale fournit encore plusieurs autres espèces, tels que les Abies nigra, rubra, canadensis. Cette dernière espèce, que lffon cultive dans les jardins dffagrément sous le nom de Cèdre blanc, est remarquable par son port, qui est plutôt celui dffun Genevrier, par ses feuilles courtes et planes et ses fruits longs à peine de six à huit lignes. (A. R.)

SAPlNDACÉES. Sapindaceæ. BOT. PHAN. Famille de Plantes extrêmement naturelle établie dans le Genera de Jussieu, et qui présente les caractères suivans: les fleurs sont polygames, disposées en grappes; leur couleur est blanche ou rose, très-rarement jaune. Le calice est composé de quatre ou cinq folioles libres ou plus ou moins soudées à leur base; leur prélloraison est imbriquée. Les pétales sont an nombre de quatre ou cinq, insérés sur leréceptacle, alternes avec les folioles du calice, tantôt simples, tantôt munis intérieurement dffune écaille de forme variable; leur préfloraison est imbriquée; dans quelques genres ils disparaissent en entier sans que cet avortement complet entraîne avec lui des modifications importantes dans les autres organes. Le disque présente des formes très-différentes, mais qui sont constantes dans les divers genres: tantôt il occupe tout le fond du calice et se prolonge entre les pétales et les étamines en un bord entier et frangé; tantôt il se trouve réduit à deux ou quatre glandes situées à la base des pétales; dans tous les cas, lffavortement commence par la partie supérieure et est toujours accompagné de modifications constantes dans les autres parties de la fleur. Les étamines sont en nombre double ou très-rarement quadruple des pétales; souvent elles sont réduites par avortement à huit, sept, six, cinq; elles sont insérées au milieu du disque, ou, dans les genres à disque incomplet, sur le réceptacle, et entourent la base de lffovaire; leurs filets sont fort souvent velus, leurs anthères mobiles sffouvient longitudinalement par la face interne ou par le côté. Lffovaire disparaît en entier dans les fleurs mâles, ou se trouve réduit à lffétat rudimentaire. Dans les fleurs hermaphrodites, il est divisé intérieurement en trois, rarement en quatre loges, contenant une, deux ou trois ovules. Le style est simple ou fendu plus ou moins profondément en autant de lobes quffon compte de loges à lffovaire. Les stigmates sont terminaux ou placés longitudinalement sur la face interne des divisions du style. Le fruit présente une organisation extrêmement variable: tantôt il est capsulaire et sffouvre en plusieurs valves opposées aux cloisons ou alternes avec elles; tantôt il est composé de samares indéhiscentes, accolées par leur face interne à un axe central; tantôt enfin il est plus ou moins charnu et indéhiscent. Les graines sont souvent en-

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tourées dffun arille qui prend dans certains genres un grand développement. Lffembryon, dépourvu de périsperme, est rarement droit, presque toujours il est plus ou moins courbé ou même roulé plusieurs fois sur lui-même; dans ce cas le sommet des cotylédons occupe le centre de la spire. La radicule est toujours tournée vers le hile. Les cotylédons sont quelquefois soudés en une masse charnue. La plumule est composée de deux petites folioles.

Les Sapindacées sont des Arbres ou des Arbrisseaux souvent grimpans et munis de vrilles, rarement des Plantes herbacées. Leurs feuilles sont alternes, pétiolées, presque toujours composées, souvent pourvues de stipules. Les espèces de cette famille habitent pour la plupart les régions chaudes de lffAmérique, de lffAsie et de lffAfrique. Quelques-unes sont originaires de la Nouvelle-Hollande et des îles de lffOcéanie. Kunth a proposé de diviser les Sapindacées en trois tribus auxquelles il a donné les noms de Paulliniacæ, Sapindaceæ veræ et Dodoneaceæ, et son opinion a été adoptée par De Candolle. Mais ayant observé de nombreux passages entre les deux premières sections et ne trouvant aucun moyen de les caractériser dffune manière précise, nous avons, cru devoir les réunir sous le nom dè Sapindées, employé déjà par De Candolle pour désigner les Sapindaceæ veræ de Kunth. La famille se trouve ainsi divisée en deux tribus caractérisées de la manière suivante: Sapindées, loges de lffovaire uniovulées;embryon courbé sur lui-même ou droit. Dodonéacées: loges de lffovaire contenant deux ou trois ovules; embryon roulé en spirale. La dernière de ces sections ne comprend que les genres Koelreuteria, Lamk,; Cossignia, Juss.; Llagunoa, Ruiz et Pav., et Dodonæa, L. La première, beaucoup plus nombreuse, est formée des genres Cardiespermum,L.; Urvillea, Kunth; Serjania, Plum.; Toulicia, Aubl.; Paullinia, Schum.; Schmidelia, L.; Prostea, Nob.; Sapindus, L.; Nephelium, L. (auquel nous réunissons le Pometia de Forster); Moulinsia, Nob.; Cupania, Plum. (auquel on doit rapporter les genres Trigonis, Jacq.; Molinæa, Juss.; Guioa, Cav.; Stadmannia, Lamck.; Blighia, Kœnig; Tina, Rœm. et Schult.; Ratonia, D. C.; Dimereza, Labill.); Talisia, Aubl.; Thouinia, Poit.; Hypelate, P. Browne; Melicocca, L., dont le Schleichera de Willdenow ne saurait être distingué. Le Magonia dffAuguste Saint-Hilaire doit être placé à la suite de la famille comme genre anomal. Enfin les genres Enourea, Matayba dffAublet et Alectryon de Gaertner demandent à être examinés de nouveau avant quffon puisse fixer leur place dffune manière définitive dans lffune des deux sections que nous avons adoptées.

Les Sapindacées sont des rapports avec les Vinifères par les genres Paullinia, Serjania, etc., qui ont, comme les Plantes de cette famille, des rameaux pourvus de vrilles et des feuilles munies de stipules, par les parties de leur fleur en nombre déterminé, et par leurs ovules souvent dressés au fond des loges de lffovaire. Elles se rapprochent aussi par une certaine analogie de port des Méliacées et des Térébinthacées. Mais le groupe de Végétaux avec lesquels elles sont lffaffinité la plus intime, est celui des Acérinées dont elles ne se distinguent guère que par leurs feuilles alternes et presque toujours composées, et par leurs pétales munis le plus souvent dffun appendice sur la face interne, organe qui nffexiste, à notre connaissance, dans aucune Acérinée. (CAMB.)

* SAPINDÉES. Sapindeæ. BOT. PHAN. Nom sous lequel nous comprenons les tribus des Paulliniaceæ et des Sapindaceæ veræ de Kunth, et qui avait été déjà employé par De Candolle pour désigner la seconde. V. SAPINDACÉES. (CAMB.)

SAPINDUS. BOT. PHAN. V. SAVONIER.

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SAPINETTE. CIRRII. L'uu des synonymes vulgaires d'Anatife. V. ce mot. (B.)

SAPINETTE. BOT. PHAN. On appelle ainsi divers Sapins du Canada. V. SAPIN. (B.)

SAPIUM. BOT. PHAN. Vulgairement Glutier. Genre de la famille des Euphorbiacées établi par Jacquin, et adopté par De Jussieu père et fils avec les caractères suivans: fleurs monoïques. Les mâles sont un calice bifide; deux étamines à filets saillans, réunis par leur base, à anthères dressées et extrorses. Les fleurs femelles sont le calice tridenté; un ovaire triloculaire, chaque loge uniovulée; un style court, surmonté de trois stigmates. Le fruit est globuleux, capsulaire, à trois loges et renfermant des graines globuleuses. Ce genre auquel Meyer et Willdenow sont réuni quelques Hippomane de Linné, comprend dix espèces dont six américaines, les autres de l'Inde orientale et des îles de France et de Mascarcigne. Ce sont des Arbres lactescens, à feuilles alternes, munies de stipules et quelquefois de deux glandes, entières ou légèrement dentées en scie, glabres et ordinairement luisantes. Les fleurs mâles sont disposées en épis terminaux ramassés en glomérules entourés d'une bractée. Les fleurs femelles sont placées plus bas dans le même épi, on rarement éloignées, solitaires, axillaires ou terminales, accompagnées chacune d'une bractée qui ordinairement offre deux glandes à la base.

Les diverses espèces du genre Sapium participent, selon Jacquin (P. Amer., 24g), aux propriétés âcres de la famille des Euphorbiacées. Le S. aucuparium, Arbre américain, a un suc glutineux et abondant qui découle de toules les parties de l'Arbre et qui est très-vénéneux. (G..N.)

SAPONACÉES. BOT. PHAN. (Ventenat. ) Syn. de Sapindacées. V. ce mot. (G..N.)

SAPONAIRE. Saponaria. BOT. PHAN. Quelquefois écrit Savonnaire. Genre de la famille des Caryophyl-lées, tribu des Silénées, et de la Décandrie Digynie, L., offrant les caractères suivans: calice tubuleux, allongé, nu à sa base, persistant, divisé à son orifice en cinq dents; corolle à cinq pétales munis d'onglets étroits, de la longueur du calice, à limbe plan, très-élargi au sommet; dix étamines dont les filets sont subulés, de la longueur de la corolle, les anthères oblongues; ovaire oblong, arrondi, surmonté dé deux styles de la longueur des étamines; capsule allongée, recouverte par le calice, à une seule loge, contenant des graines nombreuses, fort petites, attachées à un placenta central. Ce genre a de grandes affinités avec le Dianthus, le Gypsophila et le Silene. Il se distingue du Dianthus en ce que son calice est nu à sa base; du Gypsophila par son calice à divisions peu profondes, non membraneuses sur les bords, et par ses pétales onguiculés; et du Silene par le nombre des styles qui est de deux au lieu de trois. Malgré ces caractères, quelques auteurs sont placé plusieurs espèces de Saponaires dans les genres que nous venons de citer. Le genre Hagenia de Mœnch, fondé sur le S. porrigens, L., doit rester réuni au Saponaria. Il eu est de même du Vaccaria du même auteur, fondé sur le S. Vaccaria, L., et du Bootia de Necker, qui a pour type le S. officinalis. Dix-sept espèces de Saponaires sont été énumérées par Seringe dans le premier volume du Prodromus de De Candolle. Il les a distribuées en quatre sections sous les noms de Vaccaria, Bootia, Proteinia et Bolanthus. La plupart de ces Plantes croissent dans les localités pierreuses de l'Europe méridionale et de l'Orient. Ce sont des espèces en général herbacées, à tiges touffues, à fleurs nombreuses, roses, blanches ou jaunes, tantôt solitaires, tantôt agrégées. Nous ne mentionnerons ici que la SAPONAIRE OFFICINALE, Saponaria officinalis, L., Lamarck,

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Illustr., tab. 376, fig. 1. Sa tige s'élève à plus d'un pied et demi; elle est cylindrique, glabre, articulée, un peu branchue, garnie de feuilles ovales-lancéolées, très-lisses, a trois nervures, et d'un vert foneé. Les fleurs sont blanches ou quelquefois roses vers le sommet, d'une odeur assez agréable, disposées en bouquet au sommet de la tige. Cette Plante est commune sur le bord des champs et dans les vignes de toute l'Europe. Les feuilles et les racines sont amères, et passent pour diurétiques et sudorifiques. Les médecins de campagne les administrent encore fréquemment en infusion on décoction contre les engorgemens des viscères, les maladies de la peau, les rhumatismes, etc. Le nom de Saponaire (Saponaria) a été donné par les anciens à cetle Plante, parce qu'elle leur servait en guise de savon, pour déterger les graisses des étoffes qu'ils préparaient à la teinture. (G..N.)

* SAPONELLE. ÉCHIN. (Luid.) Espèce d'Échinite. (B.)

* SAPONIÈRE. BOT. PHAN. Pour Saponaire. V. ce mot. (B.)

* SAPONOLITE. MIN. Nom donné par Fischer au Seifenstein ou Savon de montagne. V. STÉATITE. (G. DEL.)

SAPOTA. BOT. PHAN. Plumier, latinisant ainsi le nom de SAPOTE, eu fit le type d'un genre qui répond à l'Achras de Linné. V. SAPOTILLIER. (B.)

SAPOTE. BOT. PHAN. Syn. de Sapotillier dans certaines Antilles. (B.)

SAPOTÉES. Sapoteæ. BOT. PHAN. Famille naturelle de Plantes dicotylédones, monopétales, à étamines hypogynes, qui a pour type le genre Sapotillier (Achras, L.), et qui se compose de Végétaux tous exotiques. Ce sont des Arbres ou des Arbrisseaux croissant pour la plupart sous les tropiques, et ayant leur tronc et leurs branches pleines d'un sue lactescent. Ils portent des feuilles alternes, sans stipules, coriaces, trèsentières, et dont les nervures latérales sont généralement parallèles et très-rapprochées. Les fleurs sont en général axillaires et hermaphrodites, ayant un calice monosépale, persistant, divisé en lobes plus ou moins nombreux; une corolle monopétale, hypogyne, régulière, caduque, dont le limbe est découpé en lanières en nombre égal, double ou triple de celui du calice. Les étamines, dont le nombre est variable, sont attachées sur la corolle et libres; les unes sont fertiles en même nombre, rarement plus nombreuses que les divisions de la corolle auxquelles elles sont opposées; les autres sont stériles et sous la forme de filamens subulés; elles manquent daus quelques cas. L'ovaire est libre, à plusieurs loges, contenant chacune un seul ovule dressé. Le style se termine par un stigmate simple ou légèrement lobé. Le fruit est charnu, contenant une ou plusieurs graines ou loges, dont le tégument est dur, osseux, très-brillant à sa surface, excepté dans un point plus ou moins étendu, qui paraît étre le hile de la graine, et qui est plus ou moins inégal et rugueux. Ces graines contiennent, dans un endospenne charnu qui manque dans quelques genres, un embryon dressé et très-grand.

Les genres qui composent cette famille sont les suivans: Sideroxylum, L.; Sersalisia, R. Brown; Bumelia, Swartz; Bassia, L.; Mimusops, L., qui comprend l'Imbricaria de Commerson; Chrysophyllum, L.; Lucuma, Juss.; Achras, L.; Omphalocarpon, Beauvois; Nycterisition, R. et Pavon; Calvaria, Gaertn. fils; Rostellaria, id.; Vitellaria, id. A la suite de cette famille, Jussieu rapporte avec doute les genres Rapanea d'Aublet, Othera de Thunberg, Gyrta de Loureiro et Xystris de Sehreber, dont l'organisation est encore trop mal connue pour que leur place soit bien certainement déterminée dans la série des ordres naturels.

La famille des Sapotées a de très-grands rapports d'une part avec

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celle des Ébénacées, et d'autre part avec les Ardisiacées, dont les genres qui sont servi de type à cette dernière famille faisaient partie dans le Genera Plantarum de Jussieu. Mais dans les Ébénacées, le calice et la corolle sont leurs divisions toujours disposées sur un seul rang; les fleurs souvent unisexuées; les étamines en nombre double, triple ou quadruple, des divisions de la corolle, ou, lorsqu'elles sont en même nombre, elles alternent avec elles, et ne leur sont point opposées comme dans les Sapotées; leur style est généralement divisé; les ovules sont pendans et non dressés, etc. Quant aux Ardisiacées, elles sont le même port que les Sapotées, mais leurs étamines sont constamment en même nombre que les divisions de la corolle, sans filamens stériles, et surtout leur ovaire renferme un nombre très-considérable d'ovules. (A. R.)

SAPOTE-NEGRO. BOT. PHAN. Nom vulgaire et de pays d'une espèce de Plaqueminier. V. ce mot. (B.)

SAPOTIER. BOT. PHAN. Pour Sapotillier. V. ce mot. (B.)

* SAPOTILLE. BOT. PHAN. Fruit du Sapotillier. V. ce mot. (B.)

SAPOTILLIER. Achras. Genre principal de la famille des Sapotées, ainsi caractérisé: calice divisé profondément en cinq segmens droits, ovales, concaves, inégaux, les extérieurs plus larges et plus courts; corolle campanulée, de la longueur du calice, ayant son limbe à cinq segmens plans et presque ovales; six écailles échancrées placées à l'entrée de la corolle et égales à ses divisions; six étamines dont les filets sont courts, alternes avec les segmens de la corolle, terminés par des anthères aiguës; ovaire arrondi, un peu comprimé, surmonté d'un style subulé plus long que la corolle, terminé par un stigmate obtus; fruit charnu, globuleux, à douze loges contenant chacune une graine ovale, dure, luisante, comprimée, marquée dans toute sa longueur d'un hile large et latéral. L'Achras mammosa, L., qui a toutes les parties de sa fleur en nombre quinaire, a été érigé par Jussieu et Gaertner fils en un genre distinct, sous le nom de Lucuma. V. ce mot. Quelques espèces d'Achras de Linné et d'autres auteurs sont été réunies au genre Bumelia. Réduit aux espèces dont les fleurs sont six étamines et un nombre égal ou proportionnel dans les autres parties, le genre Sapotillier ne se compose que d'un très-petit nombre d'espèces, dont l'une, Achras Sapota, L.; Lamk., Illustr., t. 255; Browne, Jamaic., tab. 19, f. 3, est un Arbre élégant qui varie singulièrement de hauteur, depuis six jusqu'à cinquante pieds. Il découle de son écorce un suc blanc très-visqueux. Les rameaux de cet Arbre se réunissent en cime; ils sont garnis de feuilles alternes, éparses, pétiolées, ovales, lancéolées, épaisses, coriaces, entières, aiguës à leurs deux extrémités, glabres sur leurs deux faces, presque luisantes, à nervures peu apparentes. Les fleurs sont blanchâtres, inodores, solitaires, pédonculées, situées entre les feuilles aux extrémités des rameaux. Les fruits sont assez estimés à raison de leur saveur douce et agréable quoiqu'un peu fade; ils sont d'autant meilleurs que leur maturité est plus avancée. L'écorce de l'Arbre passe pour avoir des propriétés astringentes et fébrifuges. Le Sapotillier commun croît dans les forêts de l'Amérique méridionale et des Antilles. On le cultive en plusieurs lieux à cause de ses fruits. (G..N.)

SAPOTILLIERS. BOT. PHAN. Même chose que Sapotées. V. ce mot. (B.)

SAPPAN. BOT. PHAN. Même chose que Sapan. V. ce mot. (B.)

SAPPARE. MIN. Nom donné par de Saussure à la Pierre nommée aussi Cyanite et Disthène. V. ce dernier mot. (G. DEL.)

SAPPARITE. MIN. Schlotheim a donné ce nom à un Minéral de l'Inde,

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dont la nature n'est pas bien connue, et qui s'est trouvé engagé dans une druse de Spinelle octaèdre. Il est d'un bleu assez intense et d'un éclat argentin. Ses cristaux dérivent d'un prisme quadrangulaire dont la coupe transversale est un rectangle. Il est transparent, d'une faible dureté; sa poussière est d'un gris blanchâtre clair. Il paraît avoir quelque analogie avec le Disthène, que de Saussure avait nommé Sappare. (G. DEL.)

SAPROLEGMIA. BOT. CRYPT. (Bulletin de Férnssac.) Pour Saprolegnia. V. ce mot. (B.)

* SAPROLEGNIA. PSYCH. (Arthrodiêes.) Le genre ainsi nommé par Nées et Wiegmann, paraît être le même que celui que nous avions antérieurement établi sous le nom de Tirésias (V. ce mot.), et sur lequel nous observâmes pour la première fois ces Zoocarpes dont l'existence a été d'abord niée, que plusieurs micrographes retrouvent sur tous les points de l'Europe en s'en attribuant la découverte, et qui sont fait croire à quelques personnes que nous partagions les bizarres idées des Ovides du jour. V. MÉTAMORPHOSES et NÉMAZOAIRES. (B.)

* SAPROMA. BOT. CRYPT. (Mousses.) Mougeot et Nestler avaient nommé ainsi une Plante découverte dans les Vosges que Schwægrichen a décrite sous le nom de Brachia vogesiaca; Bridel a conservé le nom inédit des deux savans botanistes français. Ce genre est voisin du Voitia; la capsule ne s'ouvre pas naturellement, l'opercule rudimentaire est soudé complètement et les séminules ne sortent que par la destruction de la capsule; le caractère qui distingue essentiellement ce genre est sa coiffe campanulée, entière à sa base. Cette Plante croît sur les bouses de vache, dans les parties élevées des Vosges. (AD. B.)

* SAPROMYZE. Sapromyza. INS. Nom donné par Fallen à un genre de Diptères de la tribu des Muscides, ayant pour type le Tephritis flava de Latreille. Ce genre n'a pas été adopté. (G.)

* SAPROSMA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Rubiacées et de la Tétrandrie Monogynie, L., établi par Blume (Bijdr. Flor. ned. Ind., p. 957), qui l'a ainsi caractérisé: calice petit, persistant, à quatre dents; corolle quadrifide, hérissée à l'entrée du tube; quatre étamines insérées sur la gorge de la corolle, à filets courts; un seul style traversant le disque, surmonté d'un stigmate bifide; baie monosperme, couronnée par le calice persistant; embryon droit dans un albumeu charnu. Ce genre est très-voisin du Frælichia; il se compose de deux espèces, (Saprosma arboreum et S. fruticosum), Arbres ou Arbustes indigènes de Java, à feuilles oblongues ou lancéolées, acuminées, glabres, à fleurs rassemblées en touffes terminales ou axillaires. (G..N.)

* SAPULUT. OIS. Sir Raffles, dans son Catalogue des Animaux recueillis à Sumatra, nomme Musang Sapulut la Viverra Genetta de Linné, qui nous paraît être un Paradoxure. (LESS.)

SAPYGE. Sapyga. INS. Genre de l'ordre des Hyménoptères, section des Porte - Aiguillons, famille des Fouisseurs, tribu des Sapygites, établi par Latreille et adopté par tous les entomologistes avec ces caractères: corps étroit, allongé; téte un peu plus large que le corselet, arrondie postérieurement; yeux fortement échancrés an côté interne; trois ocelles disposés en triangle sur la partie antérieure du vertex. Antennes longues, brisées, insérées vers le milieu du front sur une ligne élevée en saillie, un peu renflée en massue vers l'extrémité, dans les deux sexes; composées de douze articles dans les femelles, de treize dans les mâles. Labre pen apparent; mandibules fortes, ayant plusieurs dentelures au côté interne. Palpes courts; les maxillaires de six articles, les labiaux de quatre. Lèvre à trois divisions

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étroites, allongées; les latérales plus petites, pointues; celle du milieu āehanerée. Corselet presque cylindrique, coupé droit en devant, obtus postérieurement. Ailes supérieures ayant une cellule radiale longue, allant en se rétrécissant après la troisième cubitale jusqu'à son extrémité qui finit en pointe, et quatre cellules cubitales presque égales entre elles; la seconde et la troisième, qui se rétrécit vers la radiale, recevant chacune une nervure récurrente; la quatrième atteignant le bout de l'aile. Abdomen allongé, ellipsoïde, composé de cinq segmeus outre l'anus, dans les femelles; en ayant un de plus dans les mâles. Pates de longueur moyenne; jambes antérieures munies, vers leur extrémité, d'une seule épine dont le bout est échancré, les quatre autres en ayant deux; tarses longs.

Ce genre ne se compose jusqu'à présent que d'un petit nombre d'espèces propres à l'Europe; on les trouve dans les lieux arides. Les femelles creusent des trous dans le mortier des murs ou dans le bois pour y déposer leurs œufs; elles les approvisionnent avec des Insectes qu'elles sont tués et que les larves doivent dévorer.

Ce genre a été divisé en deux coupes, ainsi qu'il suit:

† Antennes des mâles ayant leur massue oblongue, formée insensiblement; leur avant-dernier article le plus gros de tons; recevant en grande partie le dernier qui est globuleux et court.

SAPYGE A SIX POINTS, Sapyga sexpunctata, Latr., Dict. d'Hist. nat., deuxième édition, figurée dans son Genera Crustacæor. et Insectorum, T. 1, lab. 13, fig. 9; Hellus sexpunctatus, Fabr. Le mâle a été décrit par Fabricius sous le nom d'Hellus quadriguttatus. On le trouve aux environs de Paris.

†† Antennes des mâles fort longues, ayant leur massue formée assez brusquement; leur dernier article entièrement libre, le plus gros de tons.

SAPYGE PRISME, Sapyga prisma, Latr., Gen. Crust. et Ins. T. IV, p. 108, n° 1; Hellus prismus, Fabr.; Masaris crabroniformis, Panzer. Le mâle a été décrit par Panzer sous le nom de Sapyga punctata. On le trouve aussi aux environs de Paris. (G.)

SAPYGITES. Sapygites. INS. Tribu de l'ordre des Hymenoptères, section des Porte - Aiguillons, famille des Fouisseurs, établie par Latreille (Fam. nat., etc. ), et renfermant des Insectes qui sont les pieds grêles dans les deux sexes, peu ou point épineux, ni fortement ciliés. Les antennes sont aussi longues que la tête et le corselet; le corps est simplement pubescent. Latreille partage ainsi cette tribu:

† Antennes filiformes ou presque sétacées.

Genres: SCOTAENE, THYNNE, POLOCHRE.

†† Antennes grossissant vers le bout, ou presque en massue.

Genre: SAPYGE. (G.)

SAR. POIS. L'un des synonymes vulgaires de Sagre. (B.)

SAR. BOT. CRYPT. L'un des synonymes vulgaires de Goémon. V. ce mot. (B.)

* SARACA. BOT. PHAN. Qu'il ne faut pas confondre avec Saracha. Genre de la Diadelphie Hexandrie, établi par Linné (Mantiss. Plant. 98), et ainsi caractérisé: calice nul; corolle infundibuliforme dont le limbe est divisé en quatre segmens ovales, étalés, le supérieur plus écarté; six étamines à filets sétacés, insérés à l'orifice de la corolle, réunies à leur base trois par trois et formant ainsi deux faisceaux opposés; ovaire supère, comprimé, oblong, pédieulé, de la longueur des étamines, surmonté d'un style subulé, incliné, de la longueur des étamines, et terminé par un stigmate obtus. Ce genre, très - imparfaitement connu, ne se compose que d'une espèce, Saraca indica, L., dont Burmann a donné une mauvaise figure (Flor. Ind., tab.

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25, f. 2), sous le nom de Saraca arborescens. C'est un Arbre à feuilles alternes, imparipinnées, à fleurs disposées en panicules composées d'épis alternes, et munies de bractées opposées. Il croît dans les Indes-Orientales, et particulièrement à Java, où il est indiqué par Burmann. (G..N.)

* SARACÉNAIRE. Saracenaria. MOLL. Genre proposé par Defrance, dans le Dictionnaire des Sciences naturelles, pour une pelite Coquille d'Italie qui a les plus grands rapports avec le genre Textulaire du même auteur. Nous pensons qu'il est convenable de les réunir. V. TEXTULAIRE. (D..II.)

SARACHA. BOT. PHAN. Ruiz et Pavon sont établi sous ce nom un genre qui appartient à la famille des Solanées, et à la Pentandrie Monogynie, L. Ils lffont ainsi caractérisé: calice campanulé à cinq angles, et à cinq divisions étalées, ovales, aiguës et persistantes; corolle dont le tube est campanulé; le limbe étalé en roue, divisé en cinq segmens égaux et ovales; cinq étamines dont les filets sont insérés à la base de la corolle, élargis à leur partie inférieure, plus courts que la corolle, terminés par des anthères droites, ovales, à deux loges; ovaire arrondi, surmonté dffun style filiforme, presque aussi long que la corolle, terminé par un stigmate capité; baie globuleuse, enveloppée jusque vers son milieu par le calice persistant, à une seule loge, contenant plusieurs graines comprimées, réniformes, renfermées dans autant de cellules épaisses et distinctes qui fout partie dffun réceptacle charnu et globuleux.

Ce genre est voisin des Physalis, des Nicandra et des Atropa. Quelques auteurs lffont même réuni à ce dernier genre, et il nffen diffère, en effet, que par de légers caractères dans la corolle et le fruit. Comme le nom de Saracha se prononce de même que celui de Saraca imposé par Linné à un autre genre, Rœmer et Schultes lffont changé en celui de Bellinia.

Sept ou huit espèces de Saracha sont été décrites par les auteurs. Ce sont des Plantes herbacées ou un peu ligneuses, à tiges droites ou couchées, rameuses, garnies de feuilles alternes, ovales, oblongues, entières ou dentées, à fleurs dffun blanc jaunâtre, ordinairement disposées en ombelles. Elles croissent toutes au Pérou. Nous nous bornerons à citer les espèces principales, figurées et décrites dans la Flore du Pérou, savoir: 1° Saracha punctata, R. et Pav., loc. cit., p. 42, tab. 178, f. B; 2° biflora, loc. cit., tab. 179, f. A; 3° S. contorta, loc. cit., tab. 180, f. A; 4° S. procumbens, loc. cit., tab. 180, f. B; 5° S. dentata, loc. cit., tab. 179, f. B. (G..N.)

* SARAGUS. POIS. V. LEPODUS.

SARAIGNET. BOT. PHAN. Variété de Froment cultivé. (B.)

SARAPE. Sarapus. INS. Fischer donne ce nom au genre de Coléoptères auquel Duftschmid a donné celui de Sphérite. V. ce mot. (G.)

SARAQUE. BOT. PHAN. Pour Saraca. V. ce mot. (B.)

* SARAQUIER. BOT. PHAN. Poiret, dans le Dictionnaire de Levrault, fait sous ce nom un double emploi du genre Saraca. V. ce mot. (B.)

* SARARACA. REPT. OPH. (Pison.) Même chose que Coroucoco. V. ce mot. (B.)

SARCANTHÈME. Sarcanthemum. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, tribu des Astérées, établi par H. Cassini (Bulletin de la Société Philom., mai 1818, p. 74) qui lffa ainsi caractérisé: involucre hémisphérique, composé de folioles imbriquées, appliquées, ovalesoblongues, coriaces, munies dffune bordure membraneuse. Réceptacle plan, garni dans son milieu de petites lames, et sur ses bords de paillettes pins courtes que les fleurs. Calathide presque globuleuse, composée au centre de fleurs nombreuses, régulières et mâles, et à la circonférence de deux rangs de fleurs dont les co-

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rolles sont tubuleuses-ligulées, trèsépaisscs, comme charnues dans leur partie inférieure, ainsi que les corolles du centre. Ovaires des fleurs de la circonférence comprimés, obovoïdes, glabres, striés, pourvus dffun bourrelet basilaire, offrant un rudiment dffaigrette à peine perceptible en forme de rebord. Ovaires des fleurs centrales réduits au seul bourrelet basilaire, portant une longue aigrette irrégulière, composée de paillettes soudées par le bas et flexueuses. Ce genre est fondé sur le Conyza Coronopus, Lamk., auquel Cassini donne le nom spécifique de Sarcanthemum Coronopus. Cffest un Arbuste glabre, rameux, garni de feuilles alternes, pétiolées, étroites, ohlongues, lancéolées, un peu glauques et grisâtres, à trois nervures et dentées. Les calathides sont jaunes et disposées en corymbes terminaux. Cette Plante a été récoltée par Commerson dans lffîle de Rodrigue. (G..N.)

* SARCANTHUS. BOT. PHAN. Genre de la famille des Orchidées et de la Gynandrie Monandrie, etabli par Lindley (Collect, botan., tab. 39, B) qui lffa ainsi caractérisé: sépales du périanthe etalés, presque égaux; labelle presque entier, difforme, articulé avec le gynostême, muni intérieurement dffun éperon; gynostême dressé, demi-cylindrique, inappendiculé; stigmate creux ou carré, avec un rostelle dont la longueur varie; anthère biloculaire; deux masses polliuiques céréacées, sillonnées ou lobées à la face postérieure, portées sur une caudicule variable dans sa forme et sa longueur. Ce genre fait partie de la tribu des Vandées de Lindley, et se rapproche assez du genre Vanda pour que deux de ses principales espèces (S. teretlfolius et S. rostratus) aient été décrites sous le nom générique de Vanda. Cependant le Sarcanthus diffère du Vanda par la forme et la structure du labelle qui nffest jamais en sac, mais qui est constamment muni dffun éperon et dffun ou plusieurs appendices dans son fond; il en diffère encore par la consistance de son périanthe et par le port des espèces. Les Plantes que Lindley place dans ce genre sont: 1° Sarcarnthus rostratus, Lindl., loc. cit., et Botan, regist., tab. 981; Vanda rostrata, Loddiges, Bot. cab., tab. 1008; Vanda recurva, Hook., Exot. Fl., tab. 187; 2° Sarcauthus paniculalus, Lindl.; Aerides paniculata, Bot. regist., tab. 220; 3° Sarcanthus teretifolius, Lindl.; Vanda teretifolia, Bot. regist., tab. 676; 4° Sarcanthus succisus, Lindl., Bot. regist., tab. 1014. Ces Orchidées sont desplantes herbacées, caulcscentes, vivant sur les troncs des Arbres, ayant des racines tortueuses, des feuilles distiques, planes ou cylindriques; des grappes de fleurs, opposées aux feuilles, ornées de couleurs disposées en raies ou bandelettes. Ces Plantes croissent dans les Indes-Orientales et dans la Chine. (G..N.)

SARCELLE, OIS. Anas querquedula, L. Espèce du genre Canard, type dffune sous-division dans ce genre, ou lffon a compris assez vaguement les petites espèces. V. CANARD. (B.)

SARCINULE. Sarcinula. POLYP. Genre de lffordre des Madréporées, dans la division des Polypiers entièrement pierreux, ayant pour caractères; Polypier pierreux, libre, formant une masse simple, épaisse, composée de tubes nombreux, cylindriques, parallèles, verticaux, réunis en faisceau par des cloisons intermédiaires et transverses; des lames rayonnantes dans lffintérieur des tubes. Dffaprès Lamarck, à qui lffon doit lffétablissement de ce genre, les Sarcinules sont des masses pierreuses, imitant un gâteau dffabeilles, composées dffune multitude de tubes droits, parallèles, séparées les unes des autres, mais réunies ensemble, soit par des cloisons intermédiaires, transverses et nombreuses, soit par une masse non interrompue et celluleuse; les tubes sont en quel-

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que sorte disposés comme des tuyaux dfforgue; les Polypiers paraissent nffavoir point été fixés. Lamarck pense que ce genre a voisine les Caryophyllies, mais que le Polypier libre et le parallélisme de ses tubes lffen distinguent suffisamment.

Nffayant jamais vu de Sarcinules, nous ne pouvons rien statuer sur la valeur des caractères quffon leur attribue: mais la circonstance de nffavoir point été fixés nous semble singulière pour des Polypiers conformés comme la caractéristique les annonce. Les objets décrits par Lamarck étaient-ils bien entiers et bien conservés? Le Muséum de la ville de Caen renferme un grand nombre dffAstrées vivantes ou fossiles, dont les lames en étoiles des cellules sont été plus ou moins détruites, soit par une longue exposition â lffair ou par toute autre cause, auxquelles les caractères altribués aux Sarcinules pourraient convenir.

Lamarek a décrit deux espèces de Sarcinules: lffune, le S. perforata, provient de lffocéan Austral; lffautre, le S. Organum, est vivant dans la mer Rouge et fossile sur les côtes de la mer Baltique. (E. D..L.)

SARCITE. MIN. Nom donné par Pline à une pierre dffun rouge de chair, et par le docteur Thomson à un Minéral des environs dffEdimbourg, que lffon croit être un Analcime rosâtre. (G. DEL.)

SARCOBASE. BOT. PHAN. Le professeur De Candolle appelle ainsi le fruit des Ochnacées et des Simaroubées qui se compose de plusieurs carpelles dffabord réunis, devenaut distincts et portés tous sur un disque charnu qui a reçu le nom de Gynobase. V. ce mot. (A. R.)

* SARCOCAPNOS. BOT. PHAN. Genre de la famille des Fumariacées, et de la Diadelphie Hexandrie, L., établi par De Candolle (Syst. natur. Veget., 2, p. 129) qui lui a imposé les caractères essentiels suivans: quatre pétales libres, lffinférieur linéaire, le supérieur muni à sa base dffun éperon; étamines diadelphes; capsule indéhiscente, disperme, ovoïde, comprimée, à valves trinervées, légèrement planes, à sutures nerviformes. Ce genre tient le milieu entre le Fumaria et le Corydalis; mais il sffen distingue autant par le port que par les caractères. Il ne renferme que deux espèces, savoir: 1° Sarcocapnos enneaphylla, De Cand., loc. cit.; Fumaria cnneaphylla, L.; Lamk., Ilustr., tab. 597, fig. 4; Corydalis enneatphylla, De Cand., Flor. Franç., Suppl., p. 587. Cette Plante croît dans les fissures humides des rochers de presque toute la Péninsule ibérique; elle sffavance en France dans le département des Pyrénées-Orientales. 2° Sarcocapnos crassifolia, D.C., loc. cit.; Fumaria crassifolia, Desf., Flor, atlant., 2, p. 1 26, tab. 173. Cette espèce croît près de Tlemsen, dans la Mauritanie. Elle y forme dffépais gazons qui couvrent dffune agréable verdure les rochers humides de cette contrée. Les Sarcocapnos sont des Plantes herbacées, vivaces, glabres ou velues, à racines fibreuses, à feuilles alternes, un peu épaisses on charnues, longuement petiolées, entières ou tripartites, ou triternées sur un pétiole deux fois trifide. Les fleurs sont disposées en grappes; elles sont blanches, avec une teinte purpuriue au sommet, ou dffun jaune pâle. (G..N.)

SARCOCARPE. BOT, PHAN. Lffune des trois parties constituantes de toue péricarpe; cffest la partie moyenne qui est essentiellement formée par du tissu cellulaire et des vaisseaux, et qui, dans les fruits charnus, prend un si grand accroissement. V. FRUIT et PÉRICARPE. (A. R.)

SARCOCARPES. Fungi sarcocarpi. BOT. CRYPT. (Lycoperdacées.) Nom donné par Persoon à la tribu de sa Méthode, qui comprend les genres Sclerotium, Tuber, Pilobolus, Thelebolus et Sphærobolus. (AD. B.)

* SARCOCARPON. BOT. PHAN. Genre de la Monœcie Polyandrie, L., établi par Blume (Bijdr. Flor

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ned. Ind., p. 21) qui le considère comme intermédiaire entre les familles des Annonacées et des Ménispermées, et comme devant faire partie dffune nouvelle famille encore inédite et qui recevra le nom de Schizandrées. Voici les caractères génériques assignés par lffauteur: fleurs monoïques. Les mâles sont un calice à trois sépales, accompagné de trois bractées; neuf à douze pétales disposés en ordre ternaire; des étamines nombreuses, à filets trèscourts, couvrant le réceptacle hémisphérique, mais distincts, à anthères adnées au sommet et à la partie externe des filets. Les femelles sont le calice et la corolle comme dans les mâles; des ovaires nombreux, biovulés, rassemblés sur un réceptacle conique. Le fruit se compose de carpelles agglomérés, bacciformes, comprimés, à deux graines dont lffalbumen est charnu. Le Sarcocarpon scandens est un Arbuste grimpant, à feuilles ovales-oblongues, à pédoncules uniflores, rassemblées par paquets dans les aisselles des feuilles ou sur les côtés des branches. Il croît dans les hautes montagnes de lffîle de Java. (G..N.)

* SARCOCAULON. BOT. PHAN. Sous ce nom, De Candolle (Prodr. Syst. Veget., 1, p. 628) a établi une section dans le genre Monsonia, L., oil il a placé les espèces à tiges charnues. V. MONSONIE. Queiquffil nffait proposé quffavec doute dffen faire un genre distinct, on trouve déjà dans quelques ouvrages anglais de botanique horticulturale lffadmission de ce genre. (G..N.)

SARCOCHILUS. BOT. PHAN. Genre de la famille des Orchidées et de la Gynandrie Digynie, L., établi par R. Brown (Prodr. Flor. Nov.-Holl., p. 352) qui lffa ainsi caractérisé: périanthe à cinq folioles égales, étalées, les deux extérieures soudées en dessous avec lffonglet du labelle; celui-ci est dépourvu dfféperon, adné au gynostême, ayant son limbe calcéiforme, trilobé, le lobe intermédiaire charnu, solide; anthère terminale, mobile, caduque; polleu céréacé. Ce genre tient le milieu entre les Cymbidium parasites à périanthe étalé, et les Dendrobium; il se rapproche davantage de ces derniers par sa structure et par son port, mais il ne peut leur être réuni. Une seule espèce compose ce genre; elle croît au Port-Jackson à la Nouvelle-Hollande, et elle a reçu le nom de Sarcochilus falcatus. (G..N.)

* SARCOCHLÆNA. BOT. PHAN. (Sprengel.) Pour Sarcolæna. V. ce mot. (G..N.)

* SARCOCOCCA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Euphorbiacées et de la Monœcie Tétrandrie, L., nouvellement établi par Lindley (Bot. regist., n. et tab. 1012) qui lffa ainsi caractérisé: fleurs monoïques, disposées en épis axillaires. Les mâles, situées à la partie supérieure de lffépi, sont un calice à quatre sépales égaux, des étamines au nombre de trois ou quatre, saillantes, insérées autour dffun rudiment de pistil. Les femelles, placées au nombre de trois à la fois à la base de lffépi, sont un calice à plusieurs sépales imbriquées, un ovaire à deux loges dispennes ou monospermes, surmonté, de deux stigmates sessiles et simples. Le fruit est une drupe, couronnée par les stigmates persistans, uniloculaire et monospermo par avortement, ayant une coque membraneuse et une graine pendante. Le Sarcococca pruniformis, Lindl., loc. cit.; Pachysandra? coriaceo, Hooker, Exot. Flor., tab. 148; Buxus saligna, Don, Prodr. Flor. nepal.? est un Arbrisseau toujours vert, à feuilles alternes, entières, dépourvues de stipules; les supérieures minces et étalées, marquées dffune nervure médiane très-forte et de deux nervures latérales parallèles aux bords. Cette Plante croît au Napaul dffoù elle a été envoyée par le professeur Wallich de Calcutta, sous le nom de Tricera nepalensis. Le genre Tricera, fondé par Schreber, a été considéré

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comme identique avec le Buxus par Adrien De Jussieu; mais, quoi quffil en soit de la validité ou de la faiblesse de ce genre, le Sarcococca en diffère par la structure de son fruit et de ses fleurs femelles. (G..N.)

SARCOCOLLE. BOT. PHAN. Gomme-Résine. V. PENÆA. (B.)

SARCOCOLLÍER. BOT. PHAN. Espèce du genre Penæa. V. ce mot. (B.)

SARCOCRAMBE. BOT. PHAN. (De Candolle.) V. CRAMBE.

SARCODACTYLTS. BOT. PHAN. Gaertner fils (Carpologia, p. 39, tab. 185, fig. 1)a décrit et figuré sous le nom de Sarcodactylis helicteroides le fruit dffun Arbre inconnu auquel il a assigné pour patrie la Guiane hollandaise, et pour synonyme le Macpalxochitt-Quahuitl dffHernandez; mais ce synonyme se rapporte au Cheirostemon de Humboldt et Bonpland qui, bien certainement, est une toute autre Plante que le Sarcodactylis de Gaertner fils. Le fruit de celui-ci est une baie charnue, rouge, oblongue, sillonnée, surmontée de prolongemens cylindriques, inégaux, imitant les doigts de la main. Les graines sont peu nombreuses dans des loges éparses au milieu de ce singulier fruit. (G..N.)

SARCODENDROS. POLYP. Le Polypier de lffAdriatique, décrit sous ce nom par Donati, paraît être un Aleyon. (B.)

* SARCODERME. BOT. PHAN. Le tégument propre de la graine est quelquefois manifestement épais et comme charnu; dans ce cas le professeur De Candolle le considère comme formé, ainsi que le péricarpe, de trois parties, savoir: deux membranes, lffune externe et lffautre interne, et une partie moyenne composée de tissu cellulaire et de vaisseaux, et à laquelle il donne le nom de Sareoderme. V. GRAINE. (A. R.)

* SARCODIUM. BOT. PHAN. (Persoon.) Pour Sarcodum. V. ce mot. (G..N.)

* SARCODUM. BOT. PHAN. Genre de la famille des Légumineuses et de la Diadelphie Décandrie, L., établi par Loureiro (Flor. Cochinch., 2, p. 564), et présentant les caractères essentiels suivans: calice cyathiforme, tronqué dans sa partie supérieure, tridenté à sa partie inférieure; corolle papilionacée, dont lffétendard est ovale, ascendant; les ailes oblongues, courtes, planes; la carène falciforme; dix étamines diadelphes; gousse charnue, cylindrique, polysperme. Ce genre a été placé par De Candolle (Prodr. Syst. Veget., 2, p. 522) parmi les genres imparfaitement connus à la suite de la famille des Légumineuses. Le Sarcodum scandens, Lour., loc. cit., est un Arbuste grimpant, inerme, à feuilles pinnées, multijugées, laineuses, à fleurs roses disposées en épis terminaux. Cette Plante croît dans les forÊts de la Cochinchine. (G..N.)

* SARCOGRAPHE. Sarcographa. BOT. PHAN. (Lichens.) Ce genre, qui figure parmi les Graphidées, troisième groupe de notre Méthode, offre le phénomène dffun double thalle. Voici les caractères qui le différencient: thalle crustacé, membraneux, uniforme; apothécie (lirelle laby-rinthiforme) insérée dans une base blanche, charnue, qui margine; disque pulvérnlacé; nucléum allongé, rameux, strié intérieurement. Nous avons fondé ce genre dans notre Méthode lichénogranhique, p. 20, t. 1, fig. 5; il renferme trois espèces de Plantes qui croissent exclusivement sur les ècorces exotiques officinales; elles sont toutes figurées dans notre Essai sur les Cryptogames des Ecorces exotiques officinales. Les lirelles sont portées sur une base charnue quffelles traversent dans tous les sens, en sffarrêtant toujours à un quart de ligne de la circonférence; le disque est noir et sporulescent. Les deux espèces les plus communes, et en même temps les plus distinctes, sont:

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la SABCOGRAPHE DES QUINQUINAS, Sarcographa Cinchonarum, Essai sur les Crypt. Ecor. exot. officin., p. 58, tab. 16, fig. 3; et la SARCOGRAPHE DE. LA CASCARILLE, Sarcographa Cascarillæ., loc. cit., p. 59, tab. 16, fig. 1, qui est commune sur la Cascarilla.

Meyer a conservé ce genre en lui imposant le nom d'Asterisca. Quoiqu'il ait déclaré n'avoir eu connaissance de notre travail qu'après avoir imprimé la presque totalité du sien, nous avons droit à l'antériorité. (A. F.)

SARCOLÆNA. BOT. PHAN. Du Petit-Thouars (Histoire des Végétaux de l'Afrique australe, p. 37, tab. 9 et 10) a donné ce nom à un genre de sa petite famille des Chié-nacées, et adopté par De Candolle qui lui a assigné les caractères sui-vans: involucre charnu, urcéolé, à cinq dents, couvert d'un duvet couleur de rouille; calice renfermé dans l'involucre; corolle a cinq pétales soudés par leur base en un tube; étamines nombreuses insérées à la base du tube, à anthères terminales; ovaire à trois loges contenant chacune deux ovules; capsule renfermée dans l'involucre qui s'est agrandi et converti en une sorte de baie munie de poils qui excitent la démangeaison; graines ayant un albumen mince. Ce geme se compose de trois espèces, nommées Sarcolæna grandiflora, multiflora et eriophora. Ce sont des Arbrisseaux qui croissent à Madagascar: leurs branches sont décombantes; lenrs feuilles sont plissées dans la jeunesse, ce qui les fait paraître quinquénerviées à l'état adulte. (G..N.)

SARCOLITHE. MIN. Thomson a donné ce nom à un Analcime rougeâtre, que l'on trouve disséminé en cristaux cubo-octaèdres dans les laves de la Somma, et les Roches amygdalaires de Montecchio-Maggiore. Il a été aussi appliqué à un autre Minéral rosâtre, que l'on trouve aussi à Monîecchio-Maggiore, et que Léman a distingué le premier sous le nom d'Hydrolithe. V. ce mot. (G. DEL.)

SARCOLOBUS. BOT. PHAN. Genre de la famille des Asclépiadées et de la l'Pentandrie Digynie, L., établi par R. Brown (Mem. Soc. Wern., 1, p. 37), examiné de nouveau par Wallich (Asiat. Research., 12, p. 577) qui en a ainsi exposé les caractères: calice quiuquéfide, persistant; corolle rotacée, quinquéfide; corps staminal presque globuleux, sessile et nu; anthères ovées, obtuses, incombantes sur le stigmate, bordées d'une membrane, à deux cellules écartées; masses polliniques au nombre de dix, céréacées, lisses, rapprochées par paires des côtés du stigmate; deux ovaires oblongs, aigus, uniloculaires, renfermant plusieurs ovules fixés horizontalement à l'axe: styles très-courts, aigus; stigmate déprimé, pentagone; follicule renflé, charnu ou coriace, contenant un réceptacle très-gros, fongueux, d'abord fixé à la suture, puis libre, auquel sont attachées des graines nombreuses, imbriquées, renversées, légèrement convexes d'un côté, concaves de l'autre, ceintes d'une large membrane très-entière. Ces graines sont recouvertes d'un test membraneux, et contiennent un albumen blanc, charnu, conforme à l'embryon qui est droit, à cotylédons grands, foliacés, et à radicule supére et cylindrique. R. Brown a fondé le genre Sarcolobus sur un Arbrisseau grimpant récolté par J. Banks près de Batavia. Wallich en a décrit et figuré (loc. cit., tab. 5 et 5) deux espèces nouvelles du Bengale, sous les noms de Sarcolobus globosus et carinatus. Ce sont des Arbrisseaux volubiles, glabres, à rameaux nombreux, allongés, presque articulés, pleins d'un suc laiteux, blanc et visqueux. Les feuilles sont opposées, glabres, fermes à leur base oh se voient un amas de glandes. Les fleurs forment des grappes ou des corymbes extra-axiliaires. (G..N.)

SARCOMPHALUS. BOT. PHAN.

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Sous ce nom, P. Browne, dans son Histoire naturelle de la Jamaïqne, a décrit un Arbre qui a été placé par Linué daus le genre Rhamnus. (G..N.)

* SARCONEMUS. BOT. CRYPT. Le genre de Champignons placé sous ce nom par Rafinesque entre le Byssus et l'Erineum, n'est pas suffisamment connu, pour que l'on puisse juger de sa valeur. (B.)

SARCOPHYLLA. BOT. CRYPT. (Hydrophytes.) Le genre formé sous ce nom par Stockhouse, dans son Nereis Britannica, se compose de Sphérocoques et d'Halyménies, que Lamouroux avait confondues parmi ses Délesséries. Il n'a point été adopté (B.)

SARCOPHYLLUM. BOT. PHAN. Genre de la famille des Légumineuses, établi par Thunberg, et placé par De Candolle dans la tribu des Lotées entre les genres Lebeckia et Aspalathus. Voici ses caractères principaux: calice campanulé, régulier, à cinq divisions, dont les deux supérieures sont divariquées; corolle papilionacée dont la carène est obtuse; dix étamines monadelphes; gousse comprimée, allougée, falciforme, acuminée par le style et polysperme. Ce genre ne se compose que d'une seule espèce, Sarcophyllum carnosum, Thunb.; Sims, Bot. Mag., tab. 2502. C'est un Arbrisseau glabre qui a le port des Lebeckia, et dont les feuilles sont fasciculées, filiformes, charnues, articulées un peu au-dessus de leur milieu, les fleurs sont jaunes, pédicellées et latérales. Cet Arbrisseau croît dans les montagnes du cap de Bonne-Espérance. (G..N.)

* SARCOPODIUM. BOT. CRYPT. (Mucêdinées.) Ehrenberg a établi sous ce nom un genre qu'on ne doit rapporter qu'avec doute à la famille des Mucedinées et à la tribu des Byssa-cées. Il le caractérise ainsi: fibres longues, cylindriques, molles, cloisonnées, fixées à une base commune, molle, celluleuse et vésiculcuse, redressées et libres vers leur extrémité C'est une Plante charnue, jaunâtre, croissant sur les bois morts sur lesquels sa base celluleuse est étendue; les filamens sont dressés et recourbés vers leur extrémité. On n'y a rien découvert qui indiquât des sporules; ne serait-ce pas par cette raison le jeune âge de quelque Champignon analogue aux Théléphores, plutôt qu'un genre voisin des Byssus? Fries considère les fibres libres et dressées comme des sporidies, et rapproche ce genre des Gymnosporanges. (AD. H.)

SARCOPTE. Sarcoptes, ARACHN. Latreille donnait ce nom au genre Acarus proprement dit; il a adopté cette dernière dénomination que Fabricius avait donné aux mêmes Acarides, long-temps avant lui. V. ACARUS. (G.)

SARCOPTÈRE. Sarcoptera. MOLL. Tel est le nom que Rafines que donna à un genre que Meckel, depuis plusieurs années, avait établi sous celui de Gastéroptère. L'antériorité de ce dernier a dû le faire préférer. (D..H.)

* SARCOPYRAMIS. BOT. PHAN. Wallich (Tent. Flor. Nepal., 1, p. 32 tab. 23) a récemment établi sous ce nom un genre de la famille des Mélastoinacées et de l'Oclandric Monogynie, L., auquel il a imposé les caractères suivans: calice adhérent à la base de l'ovaire, persistant, en pyramide renversée, ayant l'orifice tronqué, a quatre dénis comprimées, ciliées; les interstices nus; coroile dont les pétales sont ovales et aigus; huit étamines ayant leurs anthères simples, droites, nues, munies de deux pores au sommet; ovaire qua-drilobé, à moitié adné au calice; capsule carrée, munie au sommet de quatre ailes, à quatre loges et à quatre valves; graines triangulaires, eunéiformes. Par son fruit capsulaire et pourtant à moitié adné au calice, le genre Sarcupyramis offre une anomalie fort remarquable; aussi De Candolle (Mém. sur les Mélastom., p. 81 et Prodr. Syst. Veget., 5, p. 485) lerelègue à la fin de la tribu des Mico-

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niées près du Blakea et du Cremanium, quoiqu'il ait plus d'analogie par son port avec la tribu des Oseckiées. Le Sarcopyramis nepalensis, Wall., loc. cit., est une Herbe charnue, dressée, à feuilles pétiolées, inégales, ovales, aiguës, entières et trinerviées, à fleurs roses, disposées en cimes. Cette Plante croît dans les localités pierreuses et humides des. montagnes du Napaul. (G..N.)

SARCORAMPHE. OIS. Syn. de Bec-Charnu. Ce nom a encore été donné par Durnéril aux Vulturins dont la tête est surmontée, dans le voisinage du bec, de caroncules charnus; tels sont le Condor, l'Auricou et plusieurs autres Oiseaux du même genre. (DR..Z.)

SAPRCOSTEMMA. BOT PHAN. Genre de la famille des Asclépiadées et de la Pentandrie Digynie, L., établi par R. Brown (Transact. Wern. Soc., 1, p. 50) qui l'a ainsi caractérisé: corolle rotacée: couronne staminale double; l'extérieure cyathiforme ou annulaire, crénelée; l'intérieure plus longue que l'extérieure, à cinq folioles charnues; anthères terminées par une membrane; masses polliniques fixées par le sommet et pendantes; stigmate presque mutique; follicules grêles, lisses; graines aigretées. Le Sarcostemma australe est une Plante aphylle, articulée, décombante, et quelquefois volubile, à fleurs en ombelles latérales ou terminales. Cetle espèce croît à la Nouvelle-Hollande; elle est voisine du Cynanchitm viminale, L., qui appartient au même genre, ainsi que quatre autres Plantes, savoir: l'Aselepias aphylla de Thunberg; une autre espèce nommée aussi A. aphylla par Forskahl; l'Asclepias stipitacea et le Cynanchum pyrotechnicum de ce dernier auteur. Kunth a décrit trois espèces nouvelles sous les noms de Sarcostemma cumanense, glaucum et pubescens. Ces Plantes sont indigènes de l'Amérique méridionale.

Le genre Schollia de Jacquin fils est fondé sur l'Asclepias viminalis de Swartz, que Schultes a placé dans le genre Sarcostemma. (G..N.)

* SARCOSTOMA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Orchidées et de la Gynandrie Monogynie, L., établi par Blume (Bijdr. Flor. ned. Ind., p. 339) qui l'a ainsi caractérisé: périanthe à cinq sépales, dont les extérieurs sont les plus larges, les latéraux dirigés inférieurement et obliquement vers le labelle, et calcariformes; labelle onguiculé, large supérieurement, concave, incombant sur le gynostême, et dont le limbe est presque trilobé, le lobe du milieu charnu; gynostême épaissi au sommet, muni antérieurement d'un bec court; anthère située au sommet et par derrière le g nostême, cristée, à deux loges divisées chacune en deux petites masses polliniques au nombre de quatre, obovées, élastiques, attachées par paires. A en juger par les caractères, ce genre nous paraît avoir beaucoup de rapports avec le Sarcochilus de R. Brown. V. ce mot. Il ne renferme qu'une seule espèce, nommée par l'auteur Sarcostoma javanica, et qui croît dans les forêts épaisses du mont Salak à Java. C'est une petite Plante parasite, un eu caulescente, à feuilles peu noinreuses, linéaires, presque charnues, engainantes à la base, à fleurs terminales, presque solitaires. (G..N.)

SARCOSTOMES. INS. Duméril (Leçons d'Anatomie comparée de Cuvier, T. 1) a désigné sous ce nom une grande famille de l'ordre des Diptères, dont la bouche consiste en une trompe charnue et contractile. Depuis, cet auteur a réparti les espèces qu'elle comprenait dans deux nouvelles familles qu'il a nommées APLOCÈRES et CHÈTOLOXES. V. ces mots. (AUD.)

SARDA, MIN. Nom cité par Pline, et que les anciens donnaient à une variété de Calcédoine rougeâtre, différant par la teinte de sa couleur de celle qu'ils appelaient Sardoine. (G. DEL.)

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SARDE, POIS. Espèce de Clupe peu connue qui se prend et se prépare en abondance sur les côtes du Brésil, par des pêcheurs des Canaries et de Madère, pour la consommation des peuples de l'Archipel atlantique. Elle n'est pas encore déterminée. (B.)

* SARDIAT. POIS. V. ANGUILLE au mot MURÈNE. (B.)

SARDINE, POIS. Espèce du genre Clupe. V. ce mot. (B.)

SARDINE ET SARDINELLE. BOT. CRYPT. (Champignons.) Noms baroques d'Agarics dans Paulet qui ajoute pour synonymes Raquette blanche, Oreille, etc. (B.)

SARDOINE. MIN. Variété d'Agathe calcédoine, de couleur orangée, dont les anciens faisaient beaucoup de cas, comme d'une Pierre propre à faire des cachets. V. AGATHE. (G. DEL.)

SARDONYX, MIN. Les anciens donuaient ce nom à une Sarda propre à être gravée en camée, et qui se composait de deux couches, l'une rougeâtre, et l'autre blanche, ce qui la faisait ressembler à un ongle placé sur de la chair. (G. DEL.)

* SARDUS. MIN. (Wallerius.) Même chose que Sarda. V. ce mot. (G. DEL.)

* SAREA. BOT. CRYPT. (Champignons.) Genre séparé des Pézizes et des Helotium par Fries, dans sou Systema Orbis Vegetabilis. Il lui donne ces caractères: réceptacle lenticulaire, creusé en dessous, de consistance cireuse; thèques fixées, persistantes. Plusieurs espèces, décrites par d'autres mycologues comme des Helotium, mais qui ne se rapportent pas au genre décrit sous ce nom par Tode, constituent le nouveau genre de Fries. Tels sont les Helotium aureum, aciculare, fimetarium de Persoon. (AD. B.)

SARELLE. BOT. PHAN. L'un des synonymes vulgaires de Mélampyre des bois. (B.)

* SARFON. OIS. L'un des synonymes vulgaires de Garrot. V. CANARD. (DR..Z.)

* SARGASSE. Sargassum. BOT. CRYPT. (Hydrophytes.) Genre de l'ordre des Varees dans la famille des Fucacées, qui forme un passage trèsnaturel des Macrocystes de la famille des Laminariées, aux vrais Fucus; mais les vésicules dont les Sargasses sont garnies, ne sont pas, à proprement parler, pétiolaires comme dans les Macrocystes, ou développées dans la substance même des frondes et de leurs tiges, comme dans certains Fucus. Elles s'y développent sur des sortes de pédoncules particuliers qui paraissent n'avoir d'autre fonction que de faire flotter la Plante; cependant l'appendice subulé, qui couronne ces vésicules dans plusieurs espèces, et qu'on pourrait considérer comme des feuilles avortées, prouve qu'elles pourraient bien faire partie d'un système de frondescence. Quoi qu'il en soit, les caractères du genre Sargassum consistent non-seulement dans ces renflemens qui semblent y être comme la vessie natatoire est chez les Poissons, mais encore dans la fructification qui se forme de conceptacles rameux, à divisions cylindracées, dont les ramules sont généralement plus grêles que dans les Turbinaires. Les tiges sont essentiellement distinctes, divisées, avec des rameaux plus ou moins nombreux, vagues ou obscurément pinnées, et qui, allant en diminuant de longueur de la base à l'extrémité delà Plante, lui donnent un faciès pyramidal; leurs racines forment un empâtement. La couleur des feuilles est le jaune brun, ou le brun teint de vert sombre; cette couleur passe au jaunâtre, ou bien au marron foncé et ardent dans les herbiers. Les Sargasses ne paraissent pas croître au-delà du quarantième degré dans les deux hémisphères; mais arrachées aux profondeurs des mers, on les trouve en abondance flottant dans les hauts parages où les entraînent et les abandonnent tour

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à tour les divers courans. Leur consistance membraneuse et coriace les rend propres à résister au choc des vagues, de sorte qu'elles peuvent flotter des mois entiers, et même durant des années, hors du lieu natal sans se trop détériorer. Les océans Pacifique et Atlantique sont les régions où l'on en trouve le plus d'espèces; cependant la Méditerranée érytréenne en offre, de même que notre Méditerranée, un assez grand nombre.

Le nom de Sargasse vient de celui que donnèrent aux Varees flottans dans la haute mer, les premiers navigateurs espagnols et portugais qui s'y abandonnèrent. Nous en connaissons plus de soixante. Sur cinquante-huit que mentionna Agardh, une doit être extraite du genre tel que nous l'avons circonscrit pour former celui des Turbinaires. V. ce mot. Nous citerons ici quelques-unes de celles que nous y conservons pour donner une idée du reste.

La SARGASSE SARGASSO, Nob., Voyage de la Coquille; Sargassum bacciferum, Ag., Spec., p. 6; Fucus bacciferus, Turn., tab. 47. C'est celle que Linné désignait sous le nom de Fucus natans. Ce nom de natans venait de l'idée où était le législateur de l'histoire naturelle, que la Plante dont il est question n'avait pas de racines et croissait librement à la surface des mers où on la voyait errer. Il était fondé sur un préjugé et d'ailleurs applicable à la plupart des espèces du genre, qui, arrachées par des tempêtes du fond de l'Ocèan ou de ses rivages, grossissent les vastes amas de débris marins dont se couvrent certains parages. Comme la Sargasse par excellence avait été appelée Raisin du tropique dans quelques anciennes relations, et Fucus maritimus bacciferus, ou Fucus racemosus par les Bauhins et par Tournefort, les modernes crurent devoir lui imposer un nom qui indiquât qu'on avait remarqué en elle des organes semblables â des lkies, an moins quant à la forme; mais le nom de Baccifère n'est pas plus exact que celui de Nageant. Nous eu sommes conséquemment revenu à l'opinion de Gmelin (Fucus, p. 92), qui, ayant égard à l'antériorité, rendit à la Plante qui nous occupe le nom de Sargasso, sous lequel on la connut d'abord en Europe. En effet, Christophe Colomb, partant pour la découverte du Nouveau-Monde, trouva, en s'éloignant des Canaries qui, jusqu'eu 1492, avaient été les bornes de l'univers connu, la mer toute couverte de Végétaux flottans à l'amas desquels, sous le nom de Sargasso, son expédition donna une certaine célébrité. Ce grand homme remarqua la couleur brunâtre de la Plante et ses vésicules, qu'il comparait à des grains de Genièvre. Depuis lors, tous les botanistes mentionnèrent la Sargasse sous divers noms. Lobel, Parkinson et Sloane la nommaient Lenticula marina. De vieilles cartes marquèrent dans l'océan Atlantique les prairies marines qui en étaient composées; et Raynal, d'après quelques anciens voyageurs, ne fit nulle difficulté d'y voir des débris détachés ries forêts sous-marines qui attestaient l'antique existence de l'Atlantide de Platon. Eu partant des Canaries, nous avons retrouvé de pareilles étendues de mer couvertes de Sargasses au même lieu où Colomb en rencontra; c'est-à-dire au sud de ces îles, et au nord-ouest des îles du Cap-Vert par le vingtième degré nord. On en retrouve dans les parages des Antilles et jusque sur les côtes du Mexique; mais nulle part on n'en a recueilli des pieds entiers avec leurs racines, non plus qu'en fructification, ce qui fait croire que nous ne connaissons que des sommités vésiculifëres d'une Plante croissant dans les abîmes de l'Atlantiquc, et qui, arrachées du gîte natal pour être entraînées par le Gulf-Stream, sont abandonnées aux limites de ce courant, en divers points de sa route où des remous, occasionés par le contact de couarnt contraires, arrêtent une par-

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tie des charrois du courant principal.

SARGASSE ATLANTIQUE, Sargassurn allanticum, N.; Sargassum vulgare, Ag., Spec. Alg., p. 3; Fucus natans de Turner, pl. 26, mais non le Fucus natans de Linné. Cette espèce, dont on trouve des fragmens épars dans les prairies marines où domine la précédente, a ses feuilles beaucoup plus larges et plus grandes; elle varie assez pour que plusieurs de ses modifications aient été prises pour des espèces distinctes par les algologues; mais il ne faut cependant pas confondre avec elle plusieurs des Sargasses qu'y réunit Agardh, le linifolium et le foliosissimum de Lamouroux, entre autres qui sont de notre Méditerranée. Le nom dffAtlantique doit indiquer que nos côtes océan es seules produisent cette espèce. Nous la possédons de Cadiz et des Canaries; on en trouve des rameaux recueillis sur la côte du golfe de Gascogne où les flots les avaient sans doute égarés, puisque nulle Sargasse ne se trouve en place, du moin à ce que nous supposons, en dehors de lffextrémité du Portugal.

SARGASSE PACIFIQUE, Sargassum pacificum, Nob., Voyage de la Coquil.e. Nous appelons ainsi, et par opposition au nom dffAtlantique, celle espèce que plusieurs voyageurs sont rapportée de lffOcéan qui sffétend entre lffAsie et lffAmérique. Elle y représente celle dont il vient dffêtre question; elle paraît abonder surtout entre les îles nombreuses dont lffocéan Pacifique est jonché, où elle compose aussi, avec dffaures Fueacées errantes, des prairies marines analogues à celles de lffAtlantique. (B.)

SARGIE. Sargus. INS. Genre de lffordre des Diptères, famille des Notacanthes, tribu des Slratyomides, établi par Fabricius aux dépens du grand genre Musca de Linné, et adopté par tous les entomologistes avec ces caractères: corps allongé, ordinairement aplati. Tête de grandeur moyenne, arrondie en devant et plus large que le corselet; yeux très-grands; ocelles distincts. Antennes avancées, rapprochées à leur insertion, de trois articles; le premier presque cylindrique, le second cyathiforme, le troisième lenticulaire ou elliptique, annelé, plus long que les autres, portant une longue soie à son extrémité. Suçoir composé de deux pièces, renfermé dans une trompe courte, munie de deux grandes lèvres saillantes; segment antérieur du corselet égalant les deux autres en longueur; écusson mutique. Ailes longues, en recouvrement dans le repos, ayant une cellule discoïdale presque triangulaire, et une cellule marginale au-dessous du point espacé, séparée en deux par une nervure transversale oblique; toutes les nervures qui sont au-dessous de la cellule discoïdale atteignant le bord postérieur de lffaile. Abdomen elliptique, déprimé, composé de six segmeus outre lffanus. Pates de longueur moyenne, ayant les tarses longs, à premier article aussi grand ou plus grand que les autres. Ce genre se distingue des Ptilocères parce que ceux-ci sont les antennes flabellées. Les Stratiomes, Odontomyies, Oxycères et Ephippies sffen distinguent parce que leur corselet est épineux; les Vappons et les Némotèles en diffèrent par la forme des antennes et de la tête. On connaît à peu près une douzaine dffespèces de ce genre, presque toutes européennes; ces Diptères voltigent au soleil ou se promènent lentement sur les feuilles, les ailes écartées. Le matin, le soir, et pendant les jours de pluie, ils paraissent engourdis, et ne reprenuent leur activité que lorsque le soleil luit. Ils sont en général ornés de couleurs vertes métalliques très-brillantes. La larve dffune espèce de ce genre a été observée par Réaumur; on a même donné à lffespèce le nom de cet auteur. Elle vit dans les bouzes de vache; sa forme est ovale-oblongue, rétrécie et pointue en devant; sa tête est écailleuse, munie de deux crochets; son corps est parsemé de poils. Elle se métamorphose sous sa peau qui sffen-

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durcit, et de laquelle lffInsecte parfait sort en faisant sauter la pointe antérieure de cette espèce de coque. Macuart (Dipt. du Nord de la France) divise ce genre en deux sections, ainsi quffil suit:

† Troisième article des antennes rond; yeux séparés dans les deux sexes; point de palpes distincts.

Le SARGIE CUIVREUX, Sargus cuprarius, Latr., Fabr.; Nemotelus cuprarius, Degéer; Rhiagio politus, Schr., Faun. Boie., 3, 2394; Musca cupraria, L. Long de quatre lignes et demie; thorax dffun vert doré; abdomen cuivreux, postérieurement violet; yeux à bande pourpre; ailes à tache obscure. Commun aux envirous de Paris et dans toute la France.

†† Troisième article des antennes elliptiques; yeux du mâle contigus; palpes distincts.

Le SARGIE SUPERBE, Sargus formosus, Meig.; Sargus auratus et xanthopterus, Fabr.; Nemotelus flavogeniculatus, Degéer; Musca aurata, L. Long de quatre lignes; abdomen doré dans le mâle, violet dans la femelle: ailes ferrugineuses; yeux à bande pourpre. Commun aux environs de Paris et dans toute la France. (G.)

* SARGOIDE. POIS. Espèce du genre Glyphisodon. V. ces mots. (B.)

SARGUE. Sargus. POIS. Espèce de Spare, type dffun sous-genre. V. SPARE. (B.)

* SARGUET. POIS. Lffun des synonymes de Sargue. V. ce mot. (B.)

SARI. MOLL. Adanson (Voy. au Sénég., pl. 12, fig. 5) donne ce nom à une très-petite espèce de Turbo qui nffa pointété reconnuejusquffici. Blainville pense que cffest un jeune âge de quelque espèce commune au Sénégal. (D..H.)

SARIA. OIS. V. CARIAMA.

SARIBUS. BOT. PHAN. (Rumph.) Syn de Corypha umbraculifera, L. (G..N.)

SARICOVIENNE. MAM. Cffest, suivant Geoffroy Saint-Hilaire et plusieurs autres zoologistes, la grande Loutre de lffAmérique du Sud. V. LOUTRE. (IS. G. ST.-II.)

SARIGUE. MAM. Espèce du genre Didelphe. V. ce mot. (B.)

SARIGOU ET SARIGUEYA. MAM. Syn. de Sarigue. V. DIDELPHE. (B.)

* SARINN. BOT. PHAN. Nom du Scævola Lobelia au port Praslin de la Nouvelle-Irlande. (LESS.)

SARIONE. POIS. On appelle quelquefois ainsi les jeunes Saumons. (B.)

*SARIS. MIN. Nom donnéau Phtanite, ou plutôt an Micaschiste quffon exploite dans plusieurs parties du Piémont, et notamment dans les montagnes de lffOursière, près Turin. (G. DEL.)

SARISSUS. BOT. PHAN. Le fruit décrit et figuré sous ce nom générique par Gaertner (de Fruct., p. 118, tab. 25) appartient à lffHydrophylax maritima. V. HYDROPHYLACE. (G..N.)

SARMENTACÉES. BOT. PHAN. (Ventenat.) Syn. de Vinifères. V. ce mot. (A. R.)

* SARMENTARIA. BOT. PHAN. (Mentzel.) Lffun des auciens synonymes de Clématite. (B.)

* SARMENTEUX. BOT. PHAN. On dit dffune Plante ou dffune tige ligneuse quffelle est sarmenteuse, quand trop faible pour sffélever et se soutenir dffelle-même, elle sffenroule autour des arbres voisins quffelle embrasse de ses branches qui portent alors le nom de Sarmens. Telle est la Vigne par exemple. (A. R.)

SARMIENTA. BOT. PHAN. Genre de la Diandrie Monogynic, L., établi par Ruiz et Pavon (Flor. Peruv. Prodrom.. p. 3). qui lffont ainsi caractérisé: calice inférieur persistant, à cinq découpures dont quatre subulées, une cinquième plus large, échancrée; corolle urcéolée, dont le tube est ventru, très-étroil à sa base et resserré à son orifice; le limbe divisé en cinq segmens ovales, égaux ct étalés; deux étamines à filets sail-

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lans hors de la corolle, attachés à son orifice, terminés par des anthères ovales, biloculaires; trois autres étamines stériles, réduites à des filets plus courts que le limbe de la corolle; ovaire ovoïde, supère, surmonté dffun style subulé, persistant, de la longueur des étamines, et terminé par un stigmate simple; capsule ovoïde, à une seule loge, sffouvrant transversalement, et renfermant des graines nombreuses, ovales, attachées à un réceptacle charnu. Le Sarmienta repens, Ruiz et Pavon, Flor. Peruv., vol. 1, p. 8, tab. 7, fig. B; Utricularia foliis carnosis, Feuill., Observ., vol. 3, p. 69, tab. 43, est une petite Plante parasite, grimpante, à rameaux nombreux et pendans. Ses feuilles sont opposées, ovales, charnues, ponctuées. Ses fleurs sont de couleur ponceau, pubescentes extérieurement, munies de bractées, portées sur des pédoncules filiformes, unis ou biflores et terminaux. Cette Plante croît dans les forêts du Chili. (G..N.)

SARNAILLO ET SARNILLE. REPT. SAUR. Le Lézard gris dans le midi de la France. (B.)

SAROPODE. Saropoda. INS. Latreille a désignésous ce nom un genre de lffordre des Hyménoptères que Klug avait établi sous celui dffHéliophise. Il ne diffère essentiellement des Anthophores que par le nombre des articles des palpes qui sont composés de quatre ou cinq articles au lieu de six. Il sffen éloigne encore parce que les palpes labiaux se terminent en une pointe formée par les deux derniers articles réunis. Ce genre ne renferme quffune espèce commune aux environs de Paris; Panzer lffa figuré, mais il regarde le mâle et la femelle comme deux espèces distinctes. Le premier est son Apis rotundata, et la seconde son Apis bimaculata. (AUD.)

SAROTH. BOT. PHAN. Lffun des noms de pays du Curcema. (B.)

SAROTHRA. BOT. PHAN. Ce genre, établi par Linné sur une petite Plante de lffAmérique septentrionale, avait été placé dans les Caryophyllées par Jussieu qui, en outre, avait indiqué ses rapports avec les Gentianées. Mais Richard père (in Michaux, Flor. Boreal. Amer.), ayant examiné avec soin cette Plante, a reconnu quffelle devait faire partie du genre Hypericum. V. MILLEPERTUIS.

Loureiro (Flor. Cochinch., édit. Willd., 1, p. 227) a décrit, sous le nom de Sarothra gentianoides, une Plante de la Cochiuchine, qui paraît différente de celle ainsi nommée par Linné, du moins si lffon sffen rappoite à une note de Willdenow insérée au bas de la description faite par Loureiro. Si celte Plante, mieux connue, forme réellement un nouveau genre, on devra, ainsi qua Schultes lffa proposé, lui conserver le nom de Sarothra. (G..N.)

SAROUBÉ. REPT. SAUR. Pour Sarroubé. V. ce mot. (B.)

SARPEDONIA. BOT. PHAN. Adanson dit que ce nom désignait, chez les anciens, une Renoncule quffil ne spécifie pas. Comme les fleurs du Sarpedonia devinrent rouges du sang de Sarpédon, fils de Jupiter, tué à la guerre de Troie, il est probable que le Sarpedonia était une Adonide. (B.)

SARRACÉNIE. Sarracenia, BOT. PHAN. Ce genre, de la Polyandrie Monogynie, L., offre des rapports avec les Papavéracées et les Nymphéacées; mais il a des caractères tellement particuliers, quffon pourrait en faire le type dffune nouvelle famille. Le calice est disposé sur deux rangs; lffextérieur composé de trois folioles fort petites, ovales, caduques; lffintérieur beaucoup plus grand, à cinq grandes folioles colorées, ovales et caduques. La corolle est à cinq pétales très-grands, ovales, arrondis et recourbés en dedans à leur sommet, onguiculés, alternes avec les divisions du ealiee intérieur et insérés sur le réceptacle. Les étamines sont nombreuses, à filets courts, attachés au réceptacle, et à anthères arrondies. Lffovaire est su-

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père, presque rond, surmonté d'un style court, épais, cylindrique, terminé par un stigmate très - large, plan, en forme de bouclier, à cinq angles, persistant et recouvrant en cntier les étamines. Le fruit est une capsule presque ronde, à cinq valves, et à autant de loges renfermant un grand nombre de graines petites, arrondies, acuminées, fixées à un réceptacle central et pentagonal. Ce genre se compose d'un petit nombre d'espèces indigènes de l'Amérique septentrionale, parmi lesquelles nous citcrons, comme Plantes d'ornement et de curiosité, les Sarracenia purpurea et flava de Linné. De leurs racines épaisses, charnues ou fibreuses, sortent un assez grand nombre de feuilles radicales, sessiles, formant des tubes renflés dans leur milieu, terminées au sommet par des appendices en forme d'opercule reniforme on cordiforme, lisses eu dessus, garnis en dedans de quelques poils blanchâtres. Ces feuillcs tubuleuses sont souvent remplies d'une eau limpide, et munies en dehors d'une membrane longitudinale en forme d'aile; dans quelques espèces elles offrent des taches jaunâtres, irrégulières, que l'on a comparées à celles que la petite vérole fait sur la peau de l'Homme. Le Sarracenia purpurea a des feuilles dont la longueur ne dépasse pas six pouces, tandis que celles du S.flava atteignent jusqu'à trois pieds. La corolle de la première est, comme son nom l'indique, d'une couleur purpurine, et son calice intérieur est vert; celle du S. flava est d'un vert jaunâtre. Quoique ces Plantes singulières aient pour stations naturelles les lieux humides et fangeux d'un pays qui n'est pas excessivement chaud, elles sont très-difficiles à cultiver en Europe, parce qu en même temps qu'elles exigent un terrain toujours humide, elles craignent pourtant le froid. On parvient cependant à en cultiver quelques-unes en les conservant dans l'orangerie pendant l'hiver.

Les feuilles de quelques Sarracenia, et principalement celles du S. adunca ou S. variolaris de Michaux, offrent un phénomène fort remarquable pour l'économie générale de la nature. Lorsqu'elles sont dans leur plus grande vigueur, c'est-àdire dans le milieu de l'été, leur cavité intérieure sécrète une humeur visqueuse qui attire les mouches et autres insectes. Celles-ci commencent à se poser sur les bords, puis elles entrent dans le tube, et une fois descendues dans le fond de celui-ci, elles n'en peuvent plus remonter. James Macbride, qui a publié une note intéressante sur ce sujet dans le douzième volume des Transactions de la Société Linnéenne de Londres, dit que, dans une maison infestée par des mouches, les feuilles de quelques Sarracénies en furent remplies en quelques heures, et qu'il fallait y ajouter de l'eau pour noyer les insectes emprisonnés. (G..N.)

SARRACINE OU SARRASINE. BOT. PHAN. L'un des synonymes vulgaires d'Aristolochia Clematitis, L. (B.)

SARRALLIER. OIS. L'un des synonymes vulgaires de Mésange charbonnière. V. MÉSANGE. (DR..Z.)

SARRASIN, BOT. PHAN. Nom vulgaire du Polygonum Fagopyrum, L. On lit, dans le Dictionnaire de Déter-ville, que les Maures d'Espagne introduisirent cette Plante en Europe. Cela peut être vrai pour la Péninsule ibérique où le Sarrasin est pourtant peu cultivé, mais ne l'est pas pour les provinces du Nord. Nous avons rapporté, dans notre Préface des Annales générales des Sciences physiques, qu'ou voyait dans l'église d'un village de Flandre, la tombe du chevalier croisé qui rapporta de sa sainte expédition le Blé noir dans les Pays-Bas. V. FAGOPYRUM et RENOUÉE. (B.)

SARRE ET SART. BOT. CRYPT. Syn. vulgaire de Varec sur les côtes de la Rochelle. (B.)

SARRETTE. BOT. PHAN. Syn. de Serratule. V. ce mot. (B.)

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SARRIÈTE. Satureia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Labiées et de la Didyuamic Gymuospermie, L., offrant les caractères suivans: calice tubuleux, dioit, le plus souvent strié, et fermé par des poils à la maturité, divisé au sommet en cinq dents droites, presque égales; corolle dont le tube est cylindrique, plus court que le calice; le limbe divisé en deux lèvres, la supérieure droite, presque plane, obtuse, médiocrement échancrée, l'inférieure aussi lóngue que la supérieure, divisée en trois lobes obtus, presque égaux, celui du milieu un peu plus grand; quatre étamines écartées les unes des antres, didynames, dont les deux plus grandes sont aussi longues que la lèvre supérieure; ovaire quadrilobé, surmonté d'un style de la longueur de la corolle, terminé par deux stigmates sétacés; quatre akènes arrondis au fond du calice persistant. Ce genre est voisin de l'Hyssope, dont il diffère principalement par son calice à cinq dents presque égales et non divisé en deux lèvres, par ses étamines non saillantes hors de la corolle, et par le port. Linné lui a réuni le genre Thymbra de Tournefort, ainsi que plusieurs Plantes décrites dans les vieux auteurs de botauique, sous les noms de Thymus et de Thymum. D'un autre côté, Mœnch a tenté de séparer du genre Satureia les espèces dont le calice est strié et fermé par des poils à sa maturité; il en a formé un genre Sabatlia, qui n'a pas encore été adopté.

Les espèces de Sarrietes sont au nombre de quinze environ, presque toutes indigènes du bassin de la Méditerranée, principalement de la Barbarie. On en compte six dans le midi de la France, parmi lesquelles nous citerons le Satureia hortensis, L., que l'on cultive dans les jardins comme Plante aromatique, stomachique et excitante. Elle est aussi employée pour assaisonner certains légumes fades, ainsi que la choucioûte.

Les Satureia Thymbra, capitata, montana et Juliana, sont encore des espèces fort remarquables et qui croissent dans les localités montueuses et stériles des départemens méridionaux. Leurs tiges sont grêles, ligneuses, rameuses, longues, garnies de feuilles étroites, à fleurs petites, axillaires ou ramassées en tête au sommet des rameaux. Toutes ces Plantes exhalent une odeur pénétrante. (G..N.)

On a qnelquefois appelé le Melampyrum sylvaticum, L., SARRIÉTE DES BOIS, et le Melampyrum pratense, SARRIÉTE JAUNE. (B.)

SARRON. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires du Chenopodium Bonus-Henricus, L., dans le midi de la France. (B.)

SARROTRIE. Sarrotrium. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Hétéromères, famille des Mélasomes, tribu des Ténébrionites, établi d'abord par Illiger sous le nom que nous lui conservons, et nommé peu après Orthocère par Latreille. Linné avait d'abord placé la seule espèce de ce genre parmi ses Dermestes; il la plaça ensuite dans son genre Hispa, ce qui fut imité par Fabricius dans ses premiers ouvrages. Lcs caractères de ce genre sont: corps oblong; tête presque carrée; yeux petits, peu saillans. Antennes un peu plus longues que le corselet, fusiformes ou un peu renflées dans leur milieu, et composées de dix articles dont le premier est le plus étroit, le suivant un peu moins; les autres plus courts, allant en s'élargissant jusqu'au septième, et décroissant ensuite jusqu'au dernier qui est un peu plus allongé et arrondi à son extrémité. Tous ces articles sont bien distincts l'un de l'autre, très-velus et comme enfilés par leur milieu. Lèvre supérieure, ou labre, cachée en partie sous le chaperon qui est coupé carrément et un peu avancé. Mandibules cornées, assez larges, courtes, un peu arquées, terminées par deux petites dents aiguës. Mâchoircs cornées,

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bifides; palpes fort courts; les maxillaires ayant quatre articles, les labiaux trois. Corselet carré, à bords tranchans sur les côtés, un peu plus large que la tête. Elytres allongées, presque liuéaires, guère plus larges que le corselet, cachant entièrement deux ailes membraneuses qui ne paraissent pas repliées. Ecusson triangulaire, à peine distinct; pâtes simples, sans épines ni dentelures; tarses filiformes. Ce genre se distingue de tous ceux de sa tribu par des caractères bien tranchés, et surtout par ses antennes velues, ce qui n'a lieu dans aucun autre genre de Ténébrionites. Il se compose d'une seule espèce que l'on trouve aux environs de Paris; c'est:

Le SARROTRIE MUTIQUE, Illiger, Col. Bor. T. I, p. 544, n° 1; Fabr., Syst. Eleuth., Hispa mutica, Fabr., Syst. Ent.; Linné, Syst. nat., Dermestes clavicornis, L., Faun. Suéd.; Philinus mulicus, Fabr., Ent. syst.; Payk. et Panz., Faun. Germ. Fasc., 1, tab. 8.; Orthocerus hirticornis, Latr., Oliv. Long d'une ligne et demie; corps noir; tête enfoncée ou déprimée à sa partie antérieure, avec les côtés un peu élevés au-dessus de l'insertion des antennes. Corselet inégal; élytres ayant chacune quatre sillons dans lesquels on voit deux rangées de points enfoncés; crête de chaque sillon presque crénelée. (G.)

SARROUBÉ. REPT. SAUR. V. GECKO, au sous-genre PTYODACTYLE. (B.)

SARS. BOT. PHAN. (L'Écluse.) Vieux nom de la Gesse aux environs de Paris où cette Plante fut autrefois très-cultivée. (B.)

SARSAPARILLA. BOT. PHAN. Syn. de Salsepareille. V. SMILACE. (B.)

SART. BOT. CRYPT. V. SARRE.

SARVE. POIS. Espèce d'Able. V. ce mot. (B.)

SASA. Sasa. OIS. Opisthocomus. Illiger. Genre de l'ordre des Omnivores. Caractères: bec épais, court, convexe, courbé et subitement comprimé à la pointe, dilaté sur les côtés à la base; mandibule inférieure forte anguleuse vers l'extrémité; narines placées au milieu de la surface du bec, percées de part en part, couvertes en dessus par une membrane; pieds robustes, musculeux; tarse court; quatre doigts bordés de rudi-mens de membranes, trois en avant entièrement divisés, les latéraux égaux, l'intermédiaire plus long qu'eux et même que le tarse; un pouce très-long et très-arqué; la plante épatée; ailes médiocres, arrondies, concaves; la première rémige très-courte, les quatre suivantes étagées, la sixième la plus longue.

Rangé parmi les Gallinacés, le Sasa n'a d'abord paru nullement déplacé dans le voisinage des Faisans; néanmoins, lorsqu'on a pu l'étudier plus attentivement, quand on a eu acquis la possibilité de le mieux considérer physiologiquemeut, et quand, surtout, ses mœurs sont été mieux connues, l'on s'est aperçu que cet Oiseau devait indubitablement appartenir à l'ordre des Omnivores, ou, selon la Méthode de Vieillot, à celui des Sylvains. Le Sasa n'est point d'un naturel sauvage, il ne montre point une extrême défiance à l'approche du chasseur, et cependant on le voit rarement vers les lieux habités; peut-être cela tient-il à ce que la nourriture pour laquelle il a une préférence marquée, ne se trouvant que dans les savanes du Mexique et de la Guiane, l'Oiseau ne veut pas courir la chance d'une disette en s'en éloignant. Cette nourriture est le Gouet arborescent (Arum arborescens) de Linné, Arbuste de cinq à six pieds de hauteur, qui croît en très-graude abondance dans les marécages de la zône torride, et dont le suc laiteux est doué d'une telle âcreté qu'il fait naître de suite des pustules sur les parties du corps qu'il touche. Malgré des propriétés aussi actives, les feuilles, les fleurs et les fruits de cette Plante sont pour le Sasa d'nn usage habituel. Partout où il se trouve de ces Végétaux, dit Sonnini, à qui nous sommes redevables de la première

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description exacte du Sasa, l'on est certain de rencontrer cet Oiseau, soit isolé, soit par couples et même quelquefois en petites compagnies de six, huit et plus. Ils se perchent sur les arbres qui garnissent les parties découvertes que l'on aperçoit cà et la au milieu de ces savanes noyées, et l'on a observé que, dans ces momens de repos, ils sont toujours accolés l'un sur l'autre. Ils sont la voix forte et désagréable; ils répètent fréquemment un cri que les indigènes sont rendu par le mot Sasa, d'où leur est venu un nom que l'on a ensuite rendu générique. C'est sur ces mêmes arbres qu'ils établissent leur nid composé de petites branches entrelacées et unies à l'aide de filamens de Laiches, tapissé intérieurement d'nn abondant duvet. La ponte est de cinq ou six œufs.

SASA HOASIN, Opithocomus cristatus, Illig.; Phasianus cristalus, Lath.; Sasa cristata, Vieill., Buff., pl. cnl. 337. Parties supérieures d'un brun noirâtre; sommet de la tête roux; nuque garnie de longues plumes effilées, rousses à leur base, noires à l'extrémité; derrière du cou noirâtre, avec une strie blanchâtre le long des tiges des plumes; grandes et moyennes tectrices alaires bordées et terminées de blanchâtre; petites tectrices alaires blanchâtres à l'extérieur, brunes intérieurement; les quatre premières rémiges d'un roux vineux, terminées de brun, les suivantes bordées de brun à l'extérieur, les plus rapprochées du corps entièrement d'un brun noirâtre; rectrices d'un noir verdâtre, terminées de blanchâtre; menton brunâtre; devant du cou et poitrine d'un blanc roussâtre; parties inférieures d'un roux vineux; bec et pieds bruns. Taille, vingt-trois pouces. (DR. Z.)

* SASANQUA OU SESANQUA. BOT. PHAN. Espèce du genre Camellie. V. ce mot. (B.)

SASAPIN. MAM. L'un des synonymes vulgaires de Sarigue. V. ce mot et DIDELPHE. (B.)

* SASASHEW. OIS. Espèce du genre Chevalier. V. ce mot. (DR..Z.)

* SASIN. OIS. Espèce d'Oiscau-Monche. V. COLIBRI. (B.)

SASSA. BOT. PHAN. Bruce a décrit sous ce nom, qui a été copié par Gmelin, l'Acacia gummifera. V. ACACIA et OPOCALPASUM. (G..N.)

SASSAFRAS, BOT. PHAN. Espèce du genre Laurier. V ce mot. (B.)

SASSEBÉ. OIS. Espèce du genre Perroquet. V. ce mot. (DR..Z.)

SASSIE. Sassia. BOT. PHAN. Ce genre de l'Octandrie Monogynie, a été établi par Molina dans son Histoire du Chili, et admis par Jussieu qui n'en a pas déterminé les affinités naturelles. Voici ses caractères: calice à quatre folioles oblongues, ouvertes; corolle à quatre pétales lancéolés; huit étamines dont les filets sont sétacés, plus courts que la corolle, terminés par des anthères arrondies; ovaire obové, surmonté d'un style filiforme, terminé par un stigmate ovoïde; capsule ovale à deux loges contenant deux graines. Ce genre se compose de deux espèces qui croissent au Chili, et qui sont été nommées par Molina Sassia tinctoria et S. perdicaria. La première est une petite Plante dont les feuilles sont ovales et toutes radicales; de leur centre s'élève une hampe nue qui porte trois ou quatre fleurs purpurines. La couleur de ces fleurs se dissout facilement dans les liqueurs alcooliques, car une seule fleur suffit pour donner une belle couleur à six livres de liqueur. Les ébénistes s'en servent aussi pour donner aux boiseries une couleur agréable.

Le Sassia perdicaria a des feuilles cordiformes, et la hampe terminée par une seule fleur d'un jnune doré. Elle fait en automne l'ornement des prairies du Chili, où les habitans la nomment Rimu ou Fleur de Perdrix, parce que ces Oiseaux l'aiment beaucoup. (G..N.)

SASSIFRAGIA. BOT. PHAN. An-

TOME XV. 12

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cien synonyme de Sassafras. V. ce mot et LAURIER. (B.)

SASSOLIN. MIN. Nom donné par Mascagni à l'Acide borique que l'on trouve à Sasso dans le Sicnnois. (G. DEL.)

SASURU. BOT. PHAN. (Rumph.) Syn. de l'Aracha umbellifera de Lamarck. (A. R.)

SATAL. MOLL. Il est à présumer que la coquille qu'Adanson a désignée sous ce nom (Voy. au Sénég., pl. 14, fig. 7) appartient au genre Spondyle. Gmelin la confond avec le Spondylus Gederopus, mais elle doit en être séparée. Au reste, elle n'est point assez connue pour statuer à son égard. (D..H.)

* SATANICLE. OIS. Les matelots appellent ainsi l'Oiseau de tempête. V. PÉTREL. (B.)

SATHERIUS. MAM. (Aristote.) La Marte Zibeline. (B.)

SATHYRION. MAM. (Aristote.) Le Desman. (B.)

SATORCHIS. BOT. PHAN. (Du Petit-Thouars.) Pour Satyrium. V. ce mot. (G..N.)

SATUREIA. BOT. PHAN. V. SARRIÉTE.

SATURIER. BOT. PHAN. On ne sait par quelle raison ce nom, qui n'est pourtant pas de pays, est substitué dans quelques Dictionnaires français à celui de Psatura. V. ce mot. (B.)

SATURNE. MIN. Le Plomb chez les alchimistes. (B.)

* SATURNIA. BOT. PHAN. Nom donné par l'Italien Maratti au genre qu'il a formé pour l'Allium Chamæmoly, et qui n'a pas été adopté. (B.)

* SATURNIE. Saturnia. INS. Nom donné par Schranck à un genre de Lépidoptères nocturnes renfermant une partie des Bombyx que Linné avait nommés (Phalæna) Bombyx Attacus. Ce genre doit correspondre à celui que Latreille nomme Attacus dans ses Familles naturelles du règne animal. (G.)

SATURNINE. REPT. OPH. Espèce du genre Couleuvre. V. ce mot. (B.)

SATURNITE. MIN. Nom donné par Forster au Plomb sulfuré épigène ou Plomb bleu. V. PLOMB. (G. DEL.)

* SATYRA. INS. Genre de l'ordre des Diptères, établi par Meigen, et correspondant à celui de Dolichope. V. ce mot. (G.)

SATYRE. Satyrus. MAM. Syn. d'Orang roux. V. ORANG. (B.)

SATYRE. Satyrus. INS. Genre de l'ordre des Lépidoptères, famille des Diurnes, tribu des Papilionides, établi par Latreilleaux dépens du grand genre Papilio de Linné, et comprenant les genres Hipparchia de Fabricius, et Maniolia de Schranck. Ce genre faisait d'abord partie du genre Nymphalis, dans le premier ouvrage de Latreille; il l'a distingué depuis, et il a été adopté par tous les entomologistes avec ces caractères: palpes inférieurs très-comprimés, avec la tranche antérieure étroite ou aiguë, s'élevant notablement au-delà du chaperon, très-hérissés de poils ou barbus. Antennes terminées en forme de bouton court, ou en une petite massue grêle et presque en fuseau. Cellule discoïdale et centrale des ailes inférieures fermée postérieurement; chenilles nues ou presque rases, terminées postérieurement en un pointe bifide. Crochets des tarses fortement bifides et paraissant doubles; les deux pates antérieures très-courtes dans les deux sexes. Chrysalides anguleuses, suspendues seulement par leur extrémité postérieure dans une direction perpendiculaire, la tête en bas, et jamais renfermées dans des coques. Ce genre se distingue des Papillons proprement dits, Parnassiens, Thaïs, Coliades, Piérides, Danaïdes, Idéa, Acrées et Héliconies, parce que ceux-là sont leurs six pates à peu près de même longueur, et toutes propres à la marche. Les Byblis, Nymphales, Morphos, Vanesses, Céthosies et Ar-gynnes, s'en distinguent parce que la

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cellule centrale de leurs ailes inférieures est ouverte postérieurement. Les Libithées sont les palpes très-grands; les Brassolides sont leurs palpes inférieurs plus courts et ne s'élevant point au-delà du chaperon; enfin les Myrines, Polyommates et Ericines s'en distinguent parce que le dernier article de leurs palpes inférieurs est nu ou beaucoup moins fourni d'écailles et de poils. On connaît près de deux cents espèces de Satyres; elles sont répandues dans presque toutes les contrées du globe. En général, ces Lépidoptères fréquentent les lieux secs et arides; ils volent assez vite et par saccades; ils ne s'élèvent jamais à la hauteur des Arbres, et se tiennent ordinairement sur les buissons et dans les prairies. Parmi les espèces les plus communes aux environs de Paris, nous citerons:

Le SATYRE TITHON, Satyrus Tithonius, Latr.; God. Encycl.; l'Amaryllis, Engr., Pap. d'Eur. T. I, pl. 27, f. 53. Un pouce et demi d'envergure; ailes dentées, fauves en dessus, avec la base et les bords obscurs; supérieures, ayant de part et d'autre un œil bipupillé; dessous des inférieures d'un fauve nébuleux, avec deux bandes plus claires, dont une plus courte, et cinq points ocellés. Commune dans les bois.

Le SATYRE GALATHÉE, Satyrus Galalhæa, Latr., God. Encycl.; le Demi-Deuil, Engr., Pap. d'Eur. T. I, pl. 30. f. 60. De la grandeur du précédent; ailes dentelées, d'un blanc jaunâtre avec la base et l'extrémité noires en dessus, et tachetées de blanc; taches de la base presque ovales; inférieures avec deux à trois yeux noirs, nuls ou peu distincts en dessus. Commun dans les bois. (G.)

SATYRE. Satyrus. BOT. CRYPT. Ventenai, qui n'avaitaucune connaissance hors de la botanique, ignorant sans doute que le nom de Satyre fût consacré dans les autres branches de l'histoire naturelle, donnait ce nom au genre qu'il formait du Phallus impudicus et espèces analogues, aux dépens des Morilles de Liuné. (B.)

SATYRION. Satyrium. BOT. PHAN. Ce nom a été employé par les botanistes anciens pour designer un grand nombre de Plantes à racine tubéreuse, comme une Scille, une Iris, l'Erythronium Dens Canis, et surtout un grand nombre de Plantes de la famille des Orchidées. Linné, le premier, forma spécialement sous ce nom un genre dans sa Gynandrie, dans lequel il plaça tous les Orchis dont le labelle porte à sa base une petite fossette ou éperon extrêmement court. Mais Swartz, dans son Travail général sur les Orchidées, donna au genre Satyrium des caractères beaucoup plus précis et rapporta parmi les Orchis la plupart des espèces que Linné avait réunies sous le nom de Satyrium. Tous les autres botanistes qui se sont spécialement occupés des Orchidées, et en particulier R. Brown, Richard et Liudley, sont adopté le genre Satyrium, tel qu'il a été limité par Swartz. Voici les caractères de ce genre: les fleurs sont renversées; les trois divisions externes du calice sont semblables entre elles et pendantes ainsi que les deux intérieures latérales; le labelle occupe la partie supérieure de la fleur; il est creusé en forme de casque et se termine à la partie postérieure en deux éperons plus ou moins allongés, caractère distinctif de ce genre, puisqu'on ne l'observe dans aucun autre de la famille des Orchidées; le gynostême est dressé, un peu arqué, caché sous le labelle; l'anthère le termiue à son sommet; elle est renversée, cachée en quelque sorte sous une lame glanduleuse qui occupe le sommet du gynostême; elle est à deux loges, qui contiennent chacune une masse pollinique formée de granules adhérens entre eux par le moyen d'une matière visqueuse, se prolongeant inférieurement en une petite caudicule qui se termine par un corps plan et glanduleux.

Les espèces de ce genre sont des

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Plantes herbacées terrestres, ayant des feuilles larges ou étroites; deux tubercules charnus à la base de leur tige et des fleurs disposées en épi, et accompagnées de bractées plus ou moins grandes. Ce genre, que Persoon avait nominé Diplectrum, se compose d'un assez grand nombre d'espèces toutes originaires du cap de Bonne-Espérance, à l'exception d'une seule espèce, Satyrium amænum, Nob. (Orch. Ile-de-Fr.), qui croît à l'Ile-de-France. (A. R.)

SAUALPIT. MIN. Nom donné par quelques minéralogistes allemands à une variété d'Amphibole nominée Blattriger Augit par Werner, et que l'on trouve au Saualpe en Carinthie. (G. DEL.)

* SAUASSU. MAM. Maximilien de Wied, dans son Voyage au Brésil, T. 1, p. 254, indique sous ce nom le Callithrix personatus de Geoffroy Saint-Hilaire, ou Sagouin à masque. (LESS.)

SAUCANELLE. POIS. Un des noms vulgaires de la jeune Dorade. (B.)

SAUCLET OU SAULCET. POIS. V. JOEL an mot ATHÉRINE.

* SAUFARAI. OIS. Nom d'une espèce d'Oie à collier blanc, dans Forskahl. (LESS.)

SAUGE. Salvia. BOT. PHAN. Ce genre est un des plus remarquables de la famille des Labiées, en égard au nombre et à la beauté des espèces qui le composent. Il fait partie de la Diandrie Monogynie, L., et il

présente les caractères suivans: calice nu pendant la maturation, tubuleux, un peu campanulé, strié, à deux lèvres, la supérieure tridentée, l'inférieure bifide; corolle irrégulière, dont le tube est élargi et comprimé à sa partie supérieure; le limbe divisé en deux lèvres, la supérieure comprimée, échancrée, souvent courbée en dedans et ayant la forme d'un fer de faucille, l'inférieure élargie, à trois découpures, celle du milieu plus grande, échancrée ou arrondie; deux étamines attachées à des filets courts (I ivots), sur lesquels sont insérés des filets transversaux (connectifs) qui tiennent écartées les loges de l'anthère, dont l'une est avortée et glanduliforme; deux étamines avortées situées au fond de la corolle; ovaire quadrilobé, surmonté d'un style filiforme très-long, terminé par un stigmate bifide; quatre akènes arrondis situés au fond du calice persistant. Tournefort avait formé trois genres sous les noms de Salvia, Sclarea et Horminum, qui sont été fondus en un seul par Linné. Leurs caractères ne reposaient que sur des modifications dans la structure des étamines et de la corolle; conséquemment on ne pouvait les considérer que comme de simples sections du genre Salvia, dont les nombreuses espèces sont besoin d'être réunies par groupes pour qu'on pût arriver facilement à leur détermination. Les Sauges sont des Plantes à tiges ligneuses, carrées, rameuses, garnies de feuilles en général grandes, offrant une multitude de formes, tantôt entières, ou simplement dentées ou crénelées, tantôt multifides, quelquefois bulleuses à leur surface, d'une odeur forte lots-qu'on les froisse. Les fleurs sont en général très-grandes pour des Labiées, ornées, ainsi que les bractées qui les accompagnent, de couleurs souvent fort vives. On en compte environ deux cent cinquante espèces, parmi lesquelles plusieurs sont été décrites sous des noms différens, de sorte que la synonymie de ces espèces est fort embrouillée. Ces Plantes sont réparties sur presque toute la surface du globe. On en trouve beaucoup dans les régions qui forment le bassin de la Méditerranée. Une foule d'antres croissent au cap de Bonne-Espérance, dans l'Inde, à Saint-Domingue, au Brésil, au Pérou, et dans les diverses contrées de l'Amérique méridionale et septentrionale. Une charmante espèce (Salvia pratensis, L.) orne de ses belles fleurs bleues, pendant presque tout l'été, les prairies et les coteaux incultes de l'Europe tempérée et méridionale.

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Quelques Sauges sont des Plantes officinales qui avaient beaucoup de réputation dans l'ancienne médecine. Plusieurs espèces exotiques sont cultivées pour la décoration des parterres. Nous ne mentionnerons dans cet article que les plus remarquables sous ces deux points de vue.

La SAUGE OFFICINALE, Salvia officinalis, L., Lamk., Illustr., tab. 20, fig. 1, a une souche ligneuse qui pousse beaucoup de rameaux droits, velus, blanchâtres, garnis de feuilles elliptiques lancéolées, légèrement crénelées, ridées, sèches ou peu succulentes, quelquefois panachées de diverses couleuis. Les fleurs, d'un bleu rougeaâtre, sont disposées en épi lâche et terminal. Cette Plante croit spontanément dans le midi de l'Europe. On la cultive dans les jardins comme Plante d'utilité; elle est tonique, stomachique et anti-spasmodique.

La SAUGE SCLARÉE, Salvia Sclarea, L., a une tige haute d'un pied à un pied et demi, droite, épaisse, rameuse, garnie de feuilles grandes, pétiolées, cordiformes, très-ridées et légèrement crénelées. Les fleurs sont bleuâtres, disposées en épi garni de bractées concaves, dont les supérieures sont une couleur violette. Cette Plante croît dans les contrées méridionales et tempérées de l'Europe. Ou lui donne les noms vulgaires d'Orvale, Sclarée et Toute-Bonne. Elle a une odeur forte, peu agréable, et elle passe pour stomachique et anti-hystérique. Cependant elle ne nous semble pas supérieure, par ses vertus médicinales, à la Sauge officinale, ni même aux diverses espèces de Sauges qui abondent dans les prairies, dans les bois et les lieux incultes de diverses contrées de l'Europe, telles que les Salvia pratensis, glutinosa, Æthiopis, Horminum, Verbenaca, etc.

Parmi les Sauges cultivées comme Plantes d'ornement, nous ferons une mention particulière d'une espèce récemment introduite dans les jardins d'Europe, dont elle fait en ce moment (octobre 1828) la plus belle décoration.

La SAUGE ÉCLATANTE, Salvia spléndens, Bot. Regist., n. 687, a été observée pour la première fois dans le Brésil par le prince Maximilien de Wied Neuwied, et mentionnée sous ce nom, mais sans description, dans la Relation de son voyage. Elle a été introduite, en 1823, dans les jardins d'Europe, où elle s'est tellement multipliée, qu'on en voit partout des bordures et des massifs qui offrent l'aspect le plus ravissant. C'est une Plante vivace dont les tiges sont sous-ligneuses à la base, dressées, rameuses, tétragones, hautes de deux, trois et quatre pieds, garnies de feuilles ovales - lancéolées, acuminées, dentées en scie, grandes et d'une belle couleur verte. Les fleurs sont le calice très-renflé, le tube de la corolle fort allongé, la lèvre supérieure presque droite, indivise, beaucoup plus grande que l'inférieure. Les étamines, et surtout les stigmates, sont saillans hors de la corolle. Ces fleurs forment au sommet des rameaux des grappes pyramidales, entièrement d'un rouge écarlate. Cette Plante paraît facile à cultiver; mais comme elle est originaire d'un pays chaud, elle craint les froids de nos climats, et conséquemment ne peut passer l'hiver en pleine terre. (G..N.)

On a étendu le nom de SAUGE a plusieurs Végétaux qui ne sont pas de ce genre, et on a conséquemment appelé:

SAUGE AMÈRE, diverses Germandrées, notamment le Teucrium Chamæris.

SAUGE D'AMÉRIQUE, synonyme de Tarchonante.

SAUGE EN ARBRE, diverses Phlomides frutescentes.

SAUGE DES BOIS ou SAUVAGE, le Teucrium Scorodonia.

SAUGE DE SAINT—DOMINIQUE, une Conize.

SAUGE DE JÉRUSALEM, la Pulmonaire officinale.

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SAUGE DE MONTAGNE, à Saint-Domingue, le Camara Lantana, etc. (B.)

SAUKI. OIS. Espèce du genre Canard. V. ce mot.

SAULAR. OIS. Syn. de Gracula saularis de Latham, qui est un Mainate. V. ce mot. (B.)

* SAULCET. POIS. V. SAUCLET.

SAULE. Salix. BOT. PHAN. Genre principal de la famille des Salicinées et de la Diœcie Diandrie, L., offrant les caractères suivans: fleurs dioïques. Les mâles sont disposées en un chaton oblong, et chacune d'elles est constituée par une écaille qui renferme ordinairement deux étamines (rarement une à cinq) dont les filets sont droits, filiformes, saillans, terminés par des anthères à deux loges; au centre on trouve une petite glande tronquée, qui peut être le rudiment d'un ovaire. Les fleurs femelles sont disposées en chaton comme les fleurs mâles; chaque écaille renferme un ovaire rétréci au sommet en un style très-court, terminé par deux stigmates droits et bifides.. Le fruit est une capsule ovale, subulée, à une seule loge, à deux valves qui se recourbent en dehors après la maturité des graines. Celles-ci sont solitaires, ovales, fort petites, entourées à leur base d'une aigrette de poils simples. Quelques espèces offrent de légères variations dans les caractères que nous venons d'exposer; ainsi le Salix pentandra est ainsi nommé à cause de ses cinq étamines; le S. manandra paraît n'avoir qu'une seule étamine, mais en réalité il en possède deux qui sont sondées dans toute leur longueur, ce que l'on reconnaît à l'anthère quadriloculaire.

Les Saules forment un genre très-naturel, composé d'un nombre immense d'espèces (plus de deux cents) dont la synonymie est devenue, pour ainsi dire, inextricable. Les vrais botanistes ne sont pas les seuls coupables de cette confusion; elle provient aussi de la cupidité de certains collecteurs et marchands de Plantes qui font des espèces sans autre motif que l'augmentation du nombre des objets à vendre. Schleicher, par exemple, a fait plus de cinquante espèces qui se rapportent toutes au Salix stylosa de De Candolle. La difficulté qu'on éprouve dans la détermination des espèces de Saules vient principalement de ce que ces Arbres ou Arbrisseaux sont dioîques, et conséquemment qu'il faut les étudier vivans, car on ne rencontre pas souvent dans les herbiers les individus mâles et les individus femelles de la même espèce. L'apparition des fleurs avant les feuilles, les différences du sol, de l'exposition, la culture qui multiplie à l'infini les variétés, sont encore des sources de difficutés.

Les Saules sont des Arbres ou des Arbrisseaux qui se plaisent particulièrement dans les localités humides. On en trouve un grand nombre en Europe, où plusieurs espèces sont cultivées à raison des divers usages de leur bois, et aussi parce qu'elles viennent bien dans des terrains que l'on ne peut utiliser autrement. Quelques Saules servent à consolider les chaussées, parce qu'ils reprennent facilement de boutures, et qu'en peu de temps ils émettent des racines fort ramifiées. Nous nous bornerons à citer quelques-unes des principales espèces qui croissent en France.

Le SAULE BLANC, Salix alba, L., s'élève dans son état naturel à plus de dix mètres, et se divise en rameaux nombreux et élancés. Lorsqu'on le taille, il forme une souche épaisse haute de un mètre à un mètre et demi, et couronnée par des branches divergentes formant une tête arrondie. Ses feuilles sont lancéolées, allongées, dentées en scie, glabres en dessus, couvertes en dessous de poils soyeux et couchés. Ce Saule est commun dans les villages sur le bord des fossés. Son écorce est amère, astringente, fébrifuge, et a été employée comme un des meilleurs succédanés du quinquina.

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Le SAULE JAUNE, Salix Vitellina, L., vulgairement connu sous les noms d'Osier, Osier jaune, Bois jaune et Amarinier, est remarquable par la couleur jaune de ses jeunes branches, des pétioles et des nervures de ses feuilles. On le voit rarement fleurir, parce qu'on coupe chaque année ses branches et qu'on l'empêche de grandir. Ces branches sont souples, et très-convenables pour faire des liens, des paniers et autres ustensiles.

Le SAULE MARCEAU, Salix capræa, L., est un Arbrisseau de deux à six mètres de hauteur, dont le tronc est cendré, légèrement fendillé, et dont les rameaux sont allongés, nombreux, d'un vert jaunâtre. Les feuilles, qui naissent après les fleurs, sont arrondies ou ovales, remarquables par leur épaisseur et leurs nervures saillantes, réticulées. Cet Arbrisseau croît sur les collines sèches et dans les bois. Ses fleurs mâles, qui paraissent an commencement du printemps, exhalent une odeur agréable, et sont recherchées par les abeilles. L'écorce de ce Saule est amère-astringente, et même propre au tannage. On fait des paniers avec ses jeunes branches.

Le SAULE PLEUREUR, Salix babylonica, L., est un Arbre très-facile à reconnaître à ses rameaux longs, grêles, flexibles et pendans. On le plante fréquemment dans les jardins paysagers, le loug des eaux, où il est d'un effet fort pittoresque. Il sert aussi à orner les monumens funéraires; et c'est un des Arbres les plus appropriés à ce genre de décoration. L'état de delapsus de ses branches est vraiment symbolique et affecte l'ame de pensées très-analogues à la circonstance. Le Saule pleureur est originaire du Levant.

Sur les plus hautes sommités de l'Europe, comme par exemple dans les Hautes-Alpes et les Pyrénées, les dernières Plantes ligneuses que l'on rencontre sont des Saules (Salix herbacea et retusa). Ce sont des Plantes extrêmement petites, si on ne considère que la partie hors de terre; car la souche est souterraine et s'étend quelquefois assez profondément. II est remarquable que, dans la partie la plus septentrionale du globe que l'on ait explorée sous le rapport botanique (l'île Melville), le dernier Arbuste que l'on rencontre à ces hautes latitudes soit, de même que sur les hautes sommités de l'Europe une espèce naine de Saule. (G..N.)

SAULE MARIN. POLYP. Plusieurs espèces de Gorgones sont été désignées ainsi par d'anciens naturalistes et par quelques voyageurs. (E.D..L.)

SAULET. OIS. L'un des synonymes vulgaires de Moineau. V. GROSBEC. (DR..Z.)

SAUMON. Salmo. POIS. On a pu voir au mot SALMONES que le genre Salmo de Linné composait cette famille, et qu'il y était si naturel qu'on n'a guère pu le diviser en genres nouveaux suffisamment distingués, de sorte qu'y étant toujours seul, Cuvier a dû se borner à n'y former que des groupes en assez grand nombre, réunis par les caractères précédemment exposés. Les Saumons, dont Gmelin avait déjà mentionné une soixantaine, sont des Poissons abdominaux, ayant la bouche grande et garnie de dents, la tête comprimée, plus de cinq rayons à la branchiale, la chair ordinairement exquise, et dont quelques espèces sont acquis non-seulement une grande célébrité sur nos tables, mais encore une importance commerciale réelle par la quantité qu'on en pêche et qu'on prépare pour la conservation. Après avoir distrait du genre Saumon les Argentines (V. ce mot), nous suivrons; pour faire connaître les autres coupes qui doivent y être conservées, l'ordre établi dans l'Histoire du Règne Animal par Cuvier.

I. SAUMON proprement dit, Salmo. Improprement Truite de quelques ouvrages, puisque le nom de Salmo est scientifiquement conservé au sous-genre, tandis que Trutta demeure simplement spécifique pour l'un des

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Poissons qu'il comprend. Ils sont une grande partie du bord de la mâchoire supérieure formée par les maxillaires; une rangée de dents pointues aux maxillaires, aux intermaxillaires, aux palatins et aux mandibulaires, et deux rangées au vomer, sur la langue et sur les pharyngieus, en sorte, dit Cuvier, textuellement copié dans l'article Truite du Dictionnaire de Levrault, que ce sont les plus complétement dentés de tous les Poissons. Tout le monde, ajoute ce savant, connaît leur forme; leurs ventrales répondent au milieu de leur première dorsale et l'adipeuse à l'anale. Leurs rajons branchiaux sont au nombre de dix ou environ. Leur estomac étroit et fort long fait un repli et est suivi de nombreux cœcums; leur vessie natatoire s'étend d'un bout de l'abdomen à l'autre, et communique dans le haut avec l'œsophage. Ils sont presque toujours le corps tacheté, habitent les rivages de la mer d'où ils remontent par les fleuves et les rivières jusque dans les lacs les plus éloigués et même sur ceux très-frais des hautes montagnes. Les espèces très-connues de Saumon qui méritent une mention particulière sont les suivantes:

† SAUMON COMMUN, Salmo Salar, L., Gmel., Syst., nat., 13, T. I, p. 1364; Bloch, pl. 20 et 98; Encycl. Pois., pl. 65, fig. 261 et 262. Le plus connu et le plus répandu de tous, ce qui l'avait fait appeler Salmo vulgaris par Aldrovande. Il acquiert jusqu'à cinq et six pieds de longueur, mais ceux qu'on voit ordinairement sur nos marchés sont moins grands, et pèsent pourtant de douze à quinze livres. Les mâles, qui portent vulgairement le nom de Bécards, sont ceux dont la mâchoire inférieure se recourbe en crochet vers le haut. Le Saumon se trouve sur les rivages atlantiques des deux mondes, depuis la zône tempérée jusque bien avant dans l'océan Glacial, puisqu'on en trouve jusqu'au Spitzberg et au Groënland. On assure qu'il existe aussi sur les eôtes asiatiques, dans ce qu'on nomme la Manche de Tartarie. Il se tient toujours au voisinage de l'embouchure des eaux douces où il entre vers la saison du frai; c'est alors qu'on le voit remonter les fleuves et leurs affluens jusqu'auprès de leur source, sans que les distances soient un obstacle à ses migrations. Bravant le courant, il chemine beaucoup plus vite qu'on ne l'a dit, puisqu'il met fort peu de temps pour parvenir dans la Loire, par exemple, à la plus grande distance possible de la mer. Pour se reposer dans ses voyages, le Saumon recherche quelque abri où le cours de l'eau auquel il oppose sa tête ne soit pas trop fort, et il appuie sa queue contre quelque pierre qui l'empêche d'être charrié en arrière. Il passe la bellesaison dans l'eau douce; mais on ne le voit ni dans le lac de Genève ni dans le Rhône, parce que probablement on n'en trouve point dans la Méditerranée. Il pénètre au contraire par l'Elbe jusqu'en Bohême; on assure en avoir trouvé jusque dans les Cordillières de l'Amérique méridionale, qui avaient remonté plus de huit cents lieues par le fleuve Maragnon, ce qui est possible; mais ce qui ne le semble pas autant, c'est qu'on ait pêché dans la Caspienne des Saumons qui venaient du golfe Persique, comme on s'en est assuré par des anneaux d'or que leur avaient posés dans les ouies de riches habitans des rives de ce golfe. Au reste, on prétend que ces Poissons, nés dans les rivières, descendus le long des fleuves à la mer pour y passer la mauvaise saison, remontent au printemps suivant au lieu où ils naquirent, comme les Hirondelles reviennent faire leur ponte aux mêmes lieux où elles reçurent le jour. C'est ce dont un amateur dit s'être assuré en achetant à Châteaulin, sous-préfecture du département du Finistère, lieu connu par une grande pêcherie de Saumons, douze de ces Animaux à qui on plaça des anneaux de cuivre à la queue, et qu'on relâcha après cette opération. L'année suivante cinq de ces Saumons

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furent repris, les autres l'ont été successivement eu deux ans, ce qui ne prouve pas « qu'une force invincible trace aux Saumons la route qu'ils doivent faire, » mais simplement que les Animaux, soit de l'air, suit de la terre, soit de l'eau, sont assez de mémoire pour reprendre, dans leurs migrations, un chemin qu'ils sont suivi. Pourquoi s'émerveiller, cn style prétentieux, des choses les plus simples, et leur donner un vernis miraculeux? Il eût été beaucoup plus extraordinaire, selon nous, que les Saumons repris à Châteaulin l'eussent été, par exemple, dans les lacs du Canada. Ce n'est pas non plus « en corps d'armée que les Saumons semblent s'élancer du sein des mers pour en vahir l'empire des eaux douces. » Ils ne s'élancent point, ils ne sont point enrégimentés, ils n'envahissent aucun empire; ils voyagent tout bonnement sur deux de hauteur, par bandes innombrables dirigées par les plus grosses femelles qui retournent aux lieux où elles sont habitude de déposer leurs œufs. On assure que ces femelles choisissent pour la ponté un fond de sable où, avec leurs ventrales, elles creusent un sillon de quelques pouces de longueur et de profondeur; elles couvrent ensuite leur dépôt dont l'odeur attire le mâle qui y répand le sperme de ses laites. On assure que les cataractes d'une certaine bauteur ne sont pas des obstacles pour les Saumons, et qu'ils savent les franchir; il est probable cependant qu'ils ne remonteraient pas les plus hautes comme le font si lestement les petites espèces du même sous-genre. Le bruit les épouvante, et on croit avoir remarqué, aux environs des communes riveraines, qu'au temps du passage ils s'alarmaient du son des cloches voisines. De ce préjugé vient sans doute celui qui s'enracine aujourd'hui de plus en plus parmi les pêcheurs, auxquels les obseurans, ennemis obstinés de tout perfectionnement nouveau, persuadent que les bateaux à vapeur font fuir les Poissons et doivent opérer bientôt le dépeuplement des rivières. Nul doute qu'un bateau à vapeur comme toute autre embarcation à rames, venant à traverser des bandes de Saumons voyageurs, ou bien à voguer dans le sens où elles se dirigent, n'y porte le désordre; mais est-i1 croyable que le bruit ayant cessé, les Saumons ne reviennent plus aux lieux où ils l'entendirent? Le bruit qu'on fait pour les prendre eu jetant et levant les filets, la destruction qui s'en opère de temps immémorial aux mêmes lieux, les débris de leurs pareils dont on ensanglante les pêcheries, n'ont jamais été plus un obstacle à leur retour annuel que les coups de fusil que nous tirons aux Hirondelles ne les dégoûtent des clochers et des toits à l'abri desquels elles naquirent. Ce sont les mêmes hommes qui sont déclamé contre la vaccine et causé la mort de tant de victimes dans ces derniers temps, qui veulent aujourd'hui attaquer, soi-disant dans l'intérêt des Poissons et de ceux qui les prennent, le mode de communication qui doit avant la fin du siècle identifier pour ainsi dire l'Amérique libre et la vieille Europe. A-t-on renoncé à l'usage de la poudre à canon parce qu'elle fait peur aux oiseaux? On ne renoncera point aux bateaux à vapeur, les Saumons, les Turbots, les Soles, la Morue et les Harengs dus-sent-ils manquer dans les poissonneries de nos capitales pour alimenter la bonne chère du samedi, du vendredi et du carême. Les gens de la profession de saint Pierre qui sont abandonné la mer de Galilée depuis qu'on n'y saurait plus trouver une Ablette, feront comme les pêcheurs de Baleine, ils en seront quittes pour suivre leur proie, et pour l'aller forcer dans ses refuges aux lieux où ne vont pas encore de bateaux à vapeur; libre à eux d'y aller à la voile selon la vieille coutume.

Plusieurs auteurs sont évalué la route que peut faire un Saumon dans un jour à un ou deux milles; cette évaluation est beaucoup trop faible; il est bien certain au contraire que ce Poisson nage avec une telle vélocité

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qu'il peut faire au moins cent toises en une minute, et même plus s'il n'est point contrarié par le courant; mais ce qu'on raconte de leur manière de sauter nous semble moins avéré: on veut que, pour s'élancer hors de l'eau à quelque distance, ils saisissent quelque pierre avec la bouche, que se courbant en arc le plus possible, ils rapprochent leur queue du point d'appui, et que, lâchant des dents en poussant des deux extrémités rapprochées, ils produisent ainsi un violent mouvement de détente. Si les Saumons se livraient à un tel exercice, ou en trouverait bien peu dont les mâchoires ne fussent point dégarnies. Les jeunes Saumons, dit Cloquet, grandissent rapidement, et parviennent en assez peu de temps à la taille de quatre à cinq polices. Lorsqu'ils sont atteint celle d'un pied à peu près, ils se trouvent avoir assez de force pour abandonner le haut des rivières et gagner la nier qu'ils quittent à son tour lorsqu'ils sont longs de dix-huit pouces, c'est-à-dire vers le commencement de l'été et plus tard que les vieux individus de leur espèce. A deux ans ils pèsent déjà six ou huit livres, et à cinq ou six ans ils n'en pèsent que dix ou douze. D'après ces données, on pourrait facilement juger de l'âge avancé de ceux qu'on pêche en Ecosse et en Suède, et qui, de la taille de six pieds, ne pèsent pas moins de quatre-vingts à cent livres. Il est des cantons, tels que divers points de la Bretagne littorale, où l'on en prend une si grande quantité, que les domestiques font mettre dans leurs conditions de service qu'on ne leur fera pas manger de Saumon plus de deux fois la semaine. A Paris ce Poisson est généralement assez cher et estimé; on le prépare à l'huile pour le conserver, et dans ces divers états on le sert toujours sur les meilleures tables.

L'Illanken, on Saumon de l'Ill, paraît n'être qu'une variété du Saumon proprement dit, à laquelle, la position géographique de sa patrie ne permet point de descendre à la mer. Le lac de Constance est l'Océan pour elle. Ce Poisson ne peut en quitter les eaux douces, arrêté par la grande cascade de Schaffhouse. Il y passe l'hiver, et remonte dans tous ses affluens, et vers le Rhin supérieur dans la belle saison. Sa chair est des plus délicates. Quoiqu'il ponde une immense quantité d'œufs, l'espèce en est peu multipliée, ses migrations n'étant pas assez étendues pour qu'elles puissent le mettre suffisamment à l'abri des nombreux ennemis qui lui font la guerre. Les Hommes, les Oiseaux pêcheurs, les Anguilles et les Brochets détruisent la plus grande quantité des jeunes. B. 12, D. 15, P. 14, V. 10, A. 13, C. 19–21.

La TRUITE COMMUNE, Salmo Fario, L., Gmel., Syst. nat., 1, 1367; Bloch, pl. 22; le Fario, Encycl. Pois., pl. 52, fig. 266. L'un des plus jolis Poissons des lacs et des rivières, outre qu'il est l'un des plus estimés pour la délicatesse de sa chair. On le trouve dans presque toutes les eaux vives et froides de l'univers; il est néanmoins fort rare dans la Seine. Sa taille ordinaire est d'un pied à quinze pouces, et son poids d'une livre tout au plus; on en cite cependant de beaucoup plus considérables. Celles des Pyrénées et de l'Ėcosse passent pour être les meilleures. B. 10, D. 14, P. 10, V. 10–13, A. 11, C. 18–20.

La TRUITE SAUMONÉE, Salmo Trusta, L., Gmel., Syst. nat. T. I, p. 1566; Bloch, pl. 21; Encycl., pl. 67, fig. 27o. A la chair plus délicate encore que celle de la Truite commune et rougeâtre, comme si le Poisson participait de la nature de cette Truite et de celle du Saumon ordinaire. Elle se tient surtout dans les lacs très-élevés et remonte dans les plus hautes régions des montagnes tant qu'elle y trouve des filets d'eau pure et courante. Elle nage avec plus de vélocité encore qu'aucun autre Saumon, et franchit les cataractes avec une incroyable agilité. B. 12, D. 12–14, P. 12–14, V. 10–12, C. 20.

Le HUCIIE Salmo, Hucho, L., Gmel., Syst. net. T. I, p. 1369;

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Bloch, pl. 10; Encycl., pl. 66, fig. 268. Le plus grand des Saumons, et celui qui se trouve le plus communément dans le Danube. On ne le rencontre guère que dans les affluens de la mer Noire; aussi est-il assez commun dans la Russie méridionale. Il dépasse ordinairement six pieds de long et soixante livres de poids; sa chair est lourde, mais assez bonne. B. 12, n. 14, P. 17, V. 10, A. 12, C. 16–20.

L'UMBLE, Salmo Umbla, L., Gmel., Syst. nat. T. I, p. 1371; Bloch, pl. 101, vulgairement l'Ombre, ou Humble et Umble Chevalier, Encycl. Pois., pl. 68, fig. 274. Le lac de Genève où il est assez répandu, celui de Neufchâtel ou il est très-raie, sont les lieux ou se trouve ce Poisson célèbre parmi les amateurs de bonne chère, et réputé exquis. Bose assure en avoir vu de beaux individus payés à Paris jusqu'à trois cents francs pour l'ornement de tables somptueuses. Les petits, qui sont tout au plus un pied, ne valent pas moins d'un louis. On ne mange ce Poisson que cuit an bleu. D. 14, P. 14, V. 12, A. 12, C. 14.

La Rille, petite rivière qui se jette dans la Seine vers son embouchure, possède une petite espèce de Saumon, figurée par Lacépède (T. V, pl. 15, fig. 3), qui ne dépasse guère un Hareng par sa taille. Les autres Saumons proprement dits sont la Truite de montagne, Salmo alpinus (Bloch, pl. 104), la Salveline, Salmo Salvelinus (Bloch, pl. 99), la Salmariue, Salmo Salmarinus, les Salmo sylvaticus, Goedinii, Schiefermulleri, représentés par Bloch, outre les Salmo erythrinus, lacustris et autres, mentionnés par Pallas ou Lepéchin comme habitant les fleuves de la Russie, soit d'Europe, soit asiatique.

II. ĖPERLAN, Osmerus. Artedi forma le genre Osmerus que n'adopta point Linné, mais que Cuvier a rétabli comme sous-genre en repoussant plusieurs espèces qu'y avait placées Lacépède. Les Eperlans sont deux rangs de dents écartées à chaque palatin, mais leur vomer n'en a que quelques-unes sur le devant. Leur branchiostége a huit rayons; leur corps est sans tache, et leurs ventrales répondent au bord antérieur de leur première dorsale, c'est-à-dire qu'elles sont situées un peu plus avant que dans les véritables Saumons. Il n'en existe qu'une espèce bien constatée, l'EPERLAN COMMUN, Salmo Eperlanus, L., Gmel., Syst. nat., XIII, T. I, p. 1575; Bloch, pl. 28, fig. 2; Encyel. Pois., pl. 68, fig. 176; trop connue pour que nous nous arrêtions à la décrire. Elle habite la plus grande partie de l'année dans les lacs dont le fond est sablonneux, ainsi que dans les grandes rivières. L'embouchure de la Seine en est remplie, et c'est l'un des Poissons dont on mange le plus à Rouen, où il est fort recherché à cause de l'odeur de violette qu'on lui attribue. Sa taille est petite et sa chair délicate. Il abonde également dans la Baltique. On eu cite une variété un peu plus grande, et qui, se tenant constamment dans l'eau salée autour des terres magellaniques, a été figurée (Encycl., Pois., pl. 68, fig. 277) Sous le nom d'Eperlan de mer. D. 11, P. 11, V. 8, A. 17, C. 19.

Ill. CORÉGONE Coregonus. Sous-genre auquel on a quelquefois étendu le nom d'Ombre, qui est celui de l'une de ses espèces et qu'avait fondé Artedi. La bouche y est très-peu fendue; les dents y sont si petites, qu'on les aperçoit à peine; elles manquent même au palais ainsi. qu'à la langue, et quelquefois à la mâchoire inférieure. Il y a sept à huit rayons à la branchiostége, et les écailles y sont plus grandes que dans les autres Saumons. La plus grande confusion règne dans la distinction des espèces de ce sous-genre, et conséquemment dans la synonymie de ces espèces; on peut néanmoins y distinguer certainement les suivantes.

L'OMBRE COMMUN, Salnzo Thymallus, L., Gmel., Syst. nat., XIII, T. I, p. 1579; Bloch, pl. 24; Encycl., pl. 62, fig. 281. Celui qu'on

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appelle Marène de rivière dans certains cantons de la Prusse pour le distinguer de l'espèce suivante qui est la Marène des lacs. Il est surtout commun dans les cours d'eaux rapides et froides de la Norvège où l'on en mange beaucoup, et où ses entrailles sont employées pour faire cailler le lait. Ou assure que sa chair tient un peu de la saveur du miel et du parfum du thym. B. 10, D. 21–23, P. 16, V. 10–12, 14–15, C. 18.

La GRANDE MARÈNE, Salamo maræna, Gmel., Syst. nat., XIII, T. I, p. 1581; Bloch, pl. 27; Encycl., pl. 69, fig. 279; mal à propos appelé Murène dans certains dictionnaires, et qui est bien le Lavaret de Rondelet, celui du lac du Bourget; mais non le Lavaret de Bloch, qui est un tout autre Animal. C'est de ce lac du Bourget que le grand Frédéric, qui était fort amateur de la bonne chère, fit transporter la Grande Marène dans les lacs de la Poméranie, où la pêche en fut très – long – temps défendue pour donner au Poisson le temps de s'y multiplier. Il y a parfaitement réussi; et l'on eu prend des individus qui atteignent presqu'à trois pieds de long dans le lac Madn, près de Stargart, oh nous en avons vu nous-même un individu de cette taille. Il est difficile d'imaginer un mets plus délicat, une chair plus blanche et plus savoureuse; aucune petite arête ne s'y rencontre, et les hahitans du pays ne s'en régalent jamais qu'ils n'expriment leur reconnaissance pour le monarque auquel la province doit une si précieuse importation. B. 8, D. 14, P. 14, V. 11, A. 15, C. 20.

La MARÈNULE, Salmo Marænula, Gmel., Syst. nat., XIII, T. 1, p. 1381; Salmo Albula, Bloch, pl. 28, fig. 2; l'Able Encycl., pl. 69, fig. 280, vulgairement Petite Marène, Kleine Maræna en Allemagne, où l'on prend fréquemment ce Poisson qui n'est pas moins estimé que les précédens. Il ne faut pas le confondre avec le Salmo Albula de Gmelin (p. 1579), qui pourrait bien être l'état fort jeune de l'Ombre bleu. B. 7, D. 10, P. 15, V. 11, A. 14, C. 20.

Le, LAVARET, Salmo Lavaretus, L., Gmel., Syst. nat., XIII, T. 1, p. 1376; Bloch, pl. 23; Encycl., pl. 68, fig. 278 qui n'est point le Lavaret de Rondelet, regardé par Cuvier, ainsi que nous l'avons dit plus haut, comme le même Poisson que la Grande Marène, mais dont les Salmo Oxyrhinchus, L., qui est le Houting des Hollandais, l'Ombre bleu, Salmo Wartmannii, Gmel., 1, 1582; Bloch, pl. 105, qui est la Bésole de Rondelet, avec le Ferra et le Vangeron de divers lacs de l'Europe, paraissent former une autre espèce distincte à laquelle on a donné plusieurs noms mal à propos. Le Lavaret des mers du Nord aurait aux nageoires n. 14, P. 16, V. 12, A. 17, c. 18, et l'Ombre bleu du lac de Constance, D. 15, P. 17, V. 12, A. 14, C. 23.

ll est des espèces du sous-genre qui nous occupe dont le museau est pointu et proéminent; tels sont entre autres le Nez, Salmo Nasus de Lepéchin, qu'on pêche dans l'Obi, où il n'a pas moins de six pieds de long, et le Large, Salmo Latus de Bloeh, pl. 26, Encycl. Pois, pl. 69, fig. 282, qui ne pèse guère plus de quatre livres et demie.

IV. SAURE, Saurus. Les Saumons de ce sous-genre sont les plus allongés de tous, et diffèrent des autres par leur forme cylindracée, et, par la grandeur de leurs écailles qui s'étendent sur les joues et sur les opercules. Leur première dorsale est fort en arrière des ventrales qui sont assez grandes. Le museau est court; la gueule fendue fort enarrière des yeux; le bord de la mâchoire supérieure est formé en entier par les natermaxillaires. Il y a beaucoup de dents pointues le long des deux mâchoires des palatins et sur toute la langue, mais aucune sur le vomer. Les viscères sont pareils à ceux des Saumons proprement dits. Leurs branchiostéges offrent nu grand nombre de rayons, c'est-à-dire de douze à quinze. Ce

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sont des Poissons voraces dont on trouve des espèces dans la Méditerranée, tels que le Salmo Saurus, L., qui paraît n'être pas le même que le Salmo Saurus de Bloeh, pl. 384, et l'Osimère à bande de Risso; le Salmo fætens, Bloeh, pl. 584, fig. 2, qui est le Blanchet de l'Encyclopédie, pl. 70, fig. 275, et le Tumbil, Bloeh, pl. 400, l'un de l'Amérique du nord et l'autre du Malabar, sont encore des Saures. Nons ajouleions une espèce à ce sous-genre:

Le SAURE MILIEN, Saurus Milii, (V. planeh. de ce Diel.). Ce Poisson, long d'un à deux pieds, tout d'nne venue, et presque aussi gros vers l'insertion de la queue que par le travers du eorps, est d'une couleur brun-noirâtre lavée de bleuâtre vers la tète et uniforme sur toutes ses parties. L'anale y est préeisément audessous d'une très—petite adipeuse et assez haute. Notre aneien eamarade Milius, qui t'nt successivement gouverneur de Maseareigne et de la Guiane, a pêehé ce Poisson à la baie des Chiens - Marins dans l'Australasie; nous lni en devons la connaissance et la figure, D. 10, P. 8, V. 10, A. 8, C. 20.

V. SCOPÈLE, Scopeles. Ces Poissons ont, comme les Sanres, la gueule et les ouïes extrêmement fendues; les deux mâchoires garnies de très-petiles dents; le bord de la supérieure entièrement formé par les intermaxillaires; la langue et le palais lisses. Leur museau est trèscourt et obtus; on leur eompte neuf ou dix rayons aux ouïes, et, outre la dorsale ordinaire qui répond à l'intervalle des ventrales et de l'anale, il y en a en arrière une trèspelite où l'ou aperçoit des vestiges de rayons. Ce sont de très-petits Poissons argentés et brillans qu'on pêche confusément avec les Anehois en certains lieux de la Méditerranée, oii on les uomme vulgairement IJeleles. Rafinesque, dans son Ichtyologia Siciliæ, a formé un nouveau genre de l'espèce dédiée à Humboldt par Risso, et l'a figurée (pl. 11, 5) sous le nom de Myetophe pointillé, Myctophum punctatum.

VI. AULOPE, Auiopus. Ici se présente un passage assez naturel des Saumons aux Gades. La gueule des Aulopes est bien fendue; leurs intermaxillaires, qui en forment le bord supérieur, sont garnis, ainsi que les palatins, le bout antérieur du vomer et la mâchoire inférieure, d'un ruban étroit de dents en cardes, mais la langue n'a que quelque âpreté, ainsi que la partie plane des os du palais. Les maxillaires sont grands et sans dents, comme dans le plus grand nombre des Poissons. Leurs ventrales sont presque sous les pectorales, et sont leurs rayons externes gros et seulement fourehus. La première dorsale répond à la première moitié de l'intervalle qui les sépare de l'anale. Il y a douze rayons aux branchies; de grandes écailles ciliées couvrent le corps, les joues et les opercules. Le Salmo filamentosus de Bloeh, Poisson de la Méditerranée, est jusqu'ici le seul Poisson de ce sous-genre.

VIl. GASTÉROPLÈQUE, Gasteroplecus, ou Serpes de Lacépède. Une seule espèce, le Gasteroplecus Sternicla de Bloch, p. 97, fig. 3, constitue ce petit sous-genre; elle est de taille médiocre, avec le ventre comprimé et saillant, parce qu'il est soutenu par des côtes qui aboutissent au sternum. Les ventrales sont très-petites et en arrière; la première dorsale est située sur l'anale qui est longue. La bouche est dirigée vers le haut; des dents coniques garnissent la mâchoire supérieure; à l'inférieure sont des dents tranchantes et dentelées.

†† CHARACINS, Characiaus. Artedi avait formé sous ce nom un genre de Salmones qui ne fut point adopté par Linné, mais que rétablit Lacépède. Cuvier, après Gmelin (Syst. nal., XIII, p. 1382), nen fit pas un simple sous-genre, mais une sorte de section ou tribu pour y réunir tous les Saumons qui n'ont pas plus de quatre ou cinq rayons à la bran-

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chioslége, et dont la langue est dépourvue de dents; les sous-genres qui se trouvent dans l'Histoire du Règne Animal sous le nom de Characins sont les suivans:

IX. CURIMATE, Curimata. Les Characins de ce sous-genre sont la bouche pelite; la première dorsale au-dessus des ventrales; des dents variables aux mâchoires, et le ventre non tranchant. Ce sont de petits Saumons américains dont on connaît environ quatre espèces, savoir: le Salmo cyprinoides, L., Edenté, de Bloch, p. 580; le Salmo unimaculatus, Bloch, p. 381, qui est le Characinus Curimata de Lacépède; le Salrno Iridenci de Bloch, p. 378, et le Salrno fasciatus du même, qui est le Characinus fasciatus de Lacépede.

X. ANOSTOME, Anostomus. C'est-à- dire qui a la bouche en haut. C'est dans la position de la bouche que gît effectivement le caractère du sousgenre dont il est question, dont l'unique espèce, Salmo Anostomus de Gronou, Gmel., Syst. nal., XIII, T. 1, p. 1587, a les formes des Co-régones, mais avec la mâchoire supérieure relevée au - devant de la supérieure, et bombée de façon à former une sorte de bec. On trouve ce Poisson dans l'Amérique méridionale et même, dit-on, aux Indes-Orientales. D. 11, P. 13, V. 7, A. 10, C. 25.

IX. SERRASALME, Serrasalmus. Lacépède forma le genre Serrasalme, dont le nom signifie Saumon en scie, en prenant pour type le Salmo rhombeus, L., Bloch, pl. 282, ou Rhomboïde; Encycl. Pois., pl. 70, fig. 286, C'est un Poisson comprimé, plus haut verticalement que ne le sont les autres Saumons, avec le ventre tranchant et denté. «Il faut, dit Cuvier, ajouter à ce caractère des dents triangulaires, tranchantes, dentées, et disposées sur une rangée aux intermaxillaires et à la mâchoire inférieure seulement; le maxillaire, sans dents, traverse obliquement sur la commissure.» Le Serrasalme avait été anciennement décrit sous le nom de Piraya par Marcgraaff. Il habite les eaux douces du Brésil et de la Guiane, où il atteint, dit-on, une assez grande taille, et se nourrit d'autres Poissons et d'Oiseaux de rivage, tels que les Canards, qu'il sait prendre fort adroitement. On prétend même qu'il fait de cruelles morsures aux hommes qui se baignent. D. 17, P. 17, V. 6, A. 52, C. 16-22.

XII. PIABUQUE, Piabucus. Les Saumons de ce sous – genre sont la forme allongée, la tête petite cl la bouche peu fendue des Curimates; leur corps est comprimé, avec le ventre carené et tranchant, mais non denté comme dans les Serrasalmes, dont ils sont les dents redoutables. L'anale y est très-longue, et son commencement antérieur répond audessous du commencement de la première dorsale. « On ne connaît encore dans ce genre, dit Cuvier, que des espèces des rivières de l'Amérique méridionale qui montrent beaucoup d'appétit pour la chair et pour le sang. » Parmi ces espèces, qui sont, au nombre de trois ou quatre, nous citerons la Mouche ou Double - Mouche, Salmo notatus, Gmel., Syst. nat., XXII, p. 1384, qu'il ne faut pas confondre, comme on l'a fait dans le Dictionnaire de Levrault, avec le Salmo bimaculatus, L.; le Piaba de Marcgraaff, et le Piribuque commun, qui est le Piabucus du même naturaliste (p. 170), ou le Salmo argentinus de Bloch, pl. 582.

XIII. TÉTRAGONOPTÈRE, Tetragonopterus. Artedi fut encore le fondateur de ce genre, négligé par Linné et rétabli comme sous-genre par Cuvier. La seule espèce qu'on y comprenne encore a la forme élevée, l'anale longue et les dents tranchantes du Serrasalme; le maxillaire sans dents traverse de même obliquement sur la commissure, mais leur bouche est peu fendue; il y deux rangs de dents à la mâchoire supérieure, et le ventre n'est ni carené ni dentelé, Ce Poisson, repré

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senté par Séba (tab. 5, pl. 54, fig. 5), n'est pas le Salmo bimaculatus de Bloch, pl. 16, qui appartient au sous-genre precedent, et avec lequel on l'a confondu de même que la Mouche.

XIV. MYLÈTE, Myletes. Les espèces de ce sous-genre sont le ventre carené et denté en scie du Serrasalme, avec lequel on serait tenté de les coufondre, si ce n'était le système dentaire qui est fort singulier. Les dents y sont eu prismes triangulaires, courts, arrondis aux arêtes, et dont la face supérieure se creuse par la mastication, en sorte que les trois angles y sont trois points saillans; la bouche, peu fendue, a deux rangs de ces dents aux intermaxillaires et un seul à la mâchoire inférieure, avec deux dents en arrière; mais la langue et le palais sont lisses. On en trouve en Amérique de très-grandes espèces qui sont trèsbonnes à manger. Cuvier, sous le nom de Myletes macropomus, en a fait représenter une, pl. 10, fig. 1 du Tome IV de son Règne Animal, fort élevée, avec les nageoires verticales en faux. La plus anciennement connue est le RAII du Nil, qui était le Cyprinus dentex de Linné dans la XIIe édition du Systema naturæ, devenue le Salmo dentex dans Gmelin, Syst. nat., XIII, p. 1383. Ce Poisson a la forme allongée; la première dorsale y répond à l'intervalle des ventrales et de l'anale. On prétend qu'il a été retrouvé dans les fleuves de Siberie, mais le fait n'est point prouvé, D. 10, P. 15, V. 9, A. 26, C. 19-28.

XV. HYDROCIN, Hydrocinus. Ces Saumons, dit Cuvier dans son Règna Animal, sont le bout du museau formé par les intermaxillaires, les maxillaires commençant près ou en avant des yeux, et complétant la mâchoire supérieure. Leur langue et leur vomer sont toujours lisses, mais il y a des dents coniques aux deux mâchoires; un grand sous-orbitaire mince et nu comme l'opercule couvre la joue. Les uns sont encore une rangée serrée de petites dents aux maxillaires et aux palatins; leur première dorsale répond à l'intervalle des ventrales et de l'anale, ce qui les a fait ranger parmi les Osmères par Lacépède. Ils viennent des rivières de la zône torride, et leur goût ressemble à celui de la Carpe; tels sont les Salmo falcatus et Odoe de Bloch (pl. 385 et 386). D'autres sont une double rangée de dents aux intermaxillaires et à la mâchoire inférieure; une rangée simple aux maxillaires, mais leurs palatins n'en sont pas; leur première dorsale est audessus des ventrales. Le savant auteur que nous citons a fait graver une espèce nouvelle de cette tribu sous le nom d'Hydrocinus brasiliensis dans la planche no, Tome IV. D'autres encore n'ont qu'une simple rangée aux maxillaires et à la mâchoire inferieure; les dents y sont alternativement très-petites et très-longues, surtout les deux secondes d'en bas, qui passent au travers de deux trous de la mâchoire supérieure quand la bouche se l'erme. Leur ligne latérale est garnie d'écailles plus grandes; leur première dorsale répond à l'intervalle des ventrales et de l'anale; une quatrième sorte, qui vient aussi du Brésil et que Cuvier nous fera connaître dans sa grande Ichthyologie, a le museau très-saillant, pointu; les maxillaires très-courts, garnis, ainsi que la mâchoire inférieure et les intermaxillaires, d'une seule rangée de très-petites dents serrées; leur première dorsale répond à l'intervalle des ventrales et de l'anale. Tout le corps y est garni de fortes écailles. Une cinquième enfin u'a de dents absolument qu'aux intermaxillaires et à la mâchoire inférieure; elles y sont en petit nombre, fortes et pointues. La première dorsale est audessus des ventrales. C'est le Roschal, ou Chien d'eau, de Forskahl, ou Characinus dentex de Geoffroy (Pois. d'Egypte, pl. 14, fig. 1), qu'il ne faut pas confondre avec le Salmo dentex d'Hasselquist, qui est le Raii du Nil, espèce du sous-genre Myletes, dont il a été question plus haut.

XVI. CITHARINE, Citharinus. Les

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Saumons de ce sous-genre se reconnaissent à leur bouche déprimée, fendue en travers au bout du museau, dont le bord supérieur est formé en entier par les intermaxillaires, et où les maxillaires, petits et sans dents, occupent seulement la commissure. La langue et le palais sout lisses; la nageoire adipeuse est couverte d'écailles, ainsi que la plus grande partie de la caudale. Ou les trouve dans le Nil; les uns, tel que celui que les Arabes appellent l'Astre de la nuit (Serrasalme Cutharine, Geoff., Pois. d'Egypte, pl. 5, fig. 2 et 3), sont de très-petites dents à la mâchoire supérieure seulement; le corps élevé comme aux Serrasalmes, mais le ventre sans tranchant ni dentelures. Les autres, comme le Nesasch de Geoffroy (loc. cit., fig. 1), qui est le Salmo niloticus d'Hasselquist, très-différent du Raii, sont aux deux mâchoires un grand nombre de dents serrées sur plusieurs rangs, grêles et fourchues au bout; leur forme est plus allongée.

XVII. STERNOPTIX, Sternoplix. Cuvier, qui n'a pas vu ce Poisson, le place avec doute à la suite des Saumons. On le pêche sur les côtes des Antilles. Son corps est comprimé, très-haut verticalement; l'abdomen y est tranchant et remontant en avant, en sorte que la bouche est dirigée vers le ciel. Il n'a pas de ventrales, mais on y voit un pli festonné de chaque côté du tranchant abdominal sous les pectorales. La dorsale est petite et située an milieu du dos; son premier aiguillon est une forte épine en avant de laquelle tient encore nue membrane. Derrière cette nageoire se voit une petite saillie qui représente peut-être la nageoire adipense des Saumons. Les ouïes ne paraissent fermées que par une simple membrane sans opercule ni rayons. Ce n'est donc pas même un Characin où il y a quatre ou cinq rayons à la branchiostége. (B.)

SAUMONEAU, POIS. Le jeune Saumon. (R.)

SAUMONELLE. POIS. Le fretin, n'importe de quelle espèce, dont on se sert en certains lieux pour amorcer les lignes. (B.)

* SAUNEBLANCHE. BOT. PHAN. Ancien synonyme de Lampsane. V. ce mot. (B.)

SAUPE. POIS. Espèce du genre Bogue. V. ce mot. (B.)

SAUQUÈNE. POIS. La jeune Dorade du genre Spare, sur certaines côtes de la Méditerranée. (B.)

* SAURAMIA. BOT. PHAN. (Jussieu.) Pour Saurauja. V. ce mot. (G..N.)

SAURAUJA. BOT. PHAN. Et non Sauraja. Willdenow (Nov. Act. Soc. nat. cur. berol., 3, pag. 406, tab. 4) établit sous ce nom un genre de la famille des Ternstrœmiacées, qui a été ainsi caractérisé: calice persistant, pourvu de deux à trois bractées, à cinq sépales ovés-elliptiques, imbriqués; cinq pétales insérés surle réceptacle, égaux; étamines nombreuses insérées sur le réceptacle ou sur la base des pétales qui sont soudés dans cette partie, à filets libres, à anthères extrorses, à deux lobes tubuleux, s'ouvrant par le sommet; ovaire supère, sessile, surmonté de cinq styles terminés par des stigmates simples; capsule globuleuse, entourée par le calice, couronnée par les styles, à cinq loges et ayant une déhiscence loculicide par le sommet en cinq valves; graines nombreuses fixées à l'angle interne des loges. Ces graines sont couvertes d'un test crustacé, réticulées, ayant un périsperme charnu, un embryon axile, droit, et la radicule regardant le hile. Ce genre se distingue facilement des autres Ternstrœmiacées par la pluralité des styles. De Candolle (Mém. de la Société de physique et d'Histoire naturelle de Genève, T. 1) avait établi un genre Apatelia qui était le même que le Palava de Ruiz et Pavon; mais Kunth et Cambessèdes, dans la révision qu'ils sont faite de la famille des Ternstrœmiacées, regar-

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dent ce genre comme non suffisamment distinct des Sanrauja. Ce genre se compose d'une quinzaine d'espèces dont à peu près la moitié croît dans les Indes-Orientales et l'autre dans l'Amérique équinoxiale. Ce sont des Arbres ou des Arbrisseaux dressés, à feuilles dépourvues de stipules, alternes et entières; leurs fleurs sont disposées en grappes composées, axillaires. Parmi les espèces remarquables par leur beauté, nous citerons celles qui sont été figurées par De Candolle, loc. cit., tab. 2 à 8, savoir: Saurauja villosa, S. serrata, S. lanceolata, S. nudiflora, S. bracteosa, S. tristyla, et Apatetlia lanceolata.

(G..N.)

* SAURAUJEES. Sauraujeæ. BOT. PHAN. De Candolle a formé sous ce nom une tribu de la famille des Ternstrœmiacées, et composée uniquement du genre Saurauja de Willdenow et de l'Apatelia qui doit être réuni à ce genre. V. SAURAUJA. et TERNSTROEMIACÉES. (G..N.)

SAURE. Saurus. POIS. Sous-genre de Saumon. V. SAUMON. (B.)

SAUREL ET SAURELLE. POIS. Noms vulgaires du Caranx Trachure. (B.)

* SAURES OU SAURETS. POIS. V. HARENG COMMUN à l'article CLUPE.

SAURIARIA. BOT. PHAN. Ancien synonyme de Serpentaire, Arum Dracunculus, L. (B.)

SAURIENS. REPT. Deuxième ordre de la classe des Reptiles dans la méthode de Brongniart. Cet ordre est aujourd'hui unanimement adopté à quelques modifications près, qu'y a apportées en peu de temps l'augmentation de nos conuaissances dans toutes les branches de l'histoire naturelle. « De même que les Chéloniens, avonsnous dit dans un de nos précédens ouvrages, les Sauriens ne composaient qu'un seul genre dans le Systema Naturæ ou les espèces, rapprochées par une forme générale à peu près pareille, différaient cependant entre elles par des points trop considérables pour qu'on les pût confondre long-temps sous le nom de Lacerta. Quatre pieds égaux, et une queue à l'extrémité d'un corps sans carapace, étaient les caractères qu'avait assignés le législateur suédois. Laurenti l'un des premiers, ayant formé des groupes au milieu de ce chaos, ces groupes, successivement adoptés par les erpétologistes, sont devenus non-seulement des genres, mais encore des familles que Cuvier a portées au nombre de six, savoir: les Crocodiliens, les Lacertiens, les Iguaniens, les Geckoliens, les Caméléoniens et les Scincoïdiens. Nous proposons d'en ajouter une septième, celles des Paléosaures. Ces Paléosaules seront les anciens Lézards, c'est-à-dire ceux que les révolutions ou la vétusté du globe sont fait disparaître de sa surface, mais dont les couches des terrains antiques sont conservé les débris. Nous y comprenons deux genres où les pates étaient conformées en nageoires, les Ichthyosaures et les Plésiosaures. V. ces mots.

Chez les Sauriens le cœur est conformé comme chez les Cliéloniens c'est-à-dirè de deux oreillettes et d'un ventricule quelquefois divisé par des cloisons imparfaites. Leurs côtes sont mobiles, en partie attachées au sternum, ou arc-boutant les unes avec les autres comme dans les Caméléons. Le poumon y est quelquefois excessivement considérable et alors l'Animal a la faculté de changer de couleur à volonté d'une manière plus ou moins sensible. Les œufs sont l'enveloppe plus ou moins dure, mais toujours calcaire; et des petits, qui ne doivent jamais changer de forme, en sortent sans que la mère se soit inquiétée de veiller sur eux. La bouche est toujours garnie de dents. Les pieds sont armés d'ongles; la peau est essentiellement recouverte d'écailles en général fort serrées, mais non ordinairement im briquées. Le plus grand nombre des Sauriens présente quatre pâtes; il en est pourtant qui n'en sont que deux. Un examen superficiel, dit fort ju-

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dicieusement H. Cloquet, suffit pour distinguer un Saurieu de tout autre Reptile. Cependant il est quelques Sauriens auxquels, sans une certaine attention, on pourrait trouver des rapports avec des espèces appartenant à des genres plus ou moins éloignés. Si, par exemple, les Sauriens s'éloignent des Ophidiens par la présence des membres et par l'existence de paupières mobiles, des Batraciens par le défaut de métamorphoses, des Chéloniens par la privation de carapace et par l'existence des dents, des Poissons enfin par la privation de branchies au moins dans le vieil âge, ils s'en rapprochent néaumoins par beaucoup de points. C'est ainsi que les Scinques par les Orvets les lient aux premiers, que les Salamandres les rapprochent des seconds, que la Tortue serpentine les unit aux troisièmes, et qu'enfin les têtards des Grenouilles et des Tritons, ainsi que l'ordre des Pneumobranehes (V. ce mot au Supplément), les lient à la quatrième et dernière classe des Vertébrés.

D'après l'étude de leurs caractères extérieurs, on a essayé de reporter les Sauriens en trois tribus, savoir: celle des URONECTES, dont la queue est aplatie en dessus ou de côté; celle des EUMÉRODES, où la queue est conique et distincte du corps; enfin celle des UROBÈNES, où la queue, également arrondie et conique, n'est pas distinguée du corps dont elle est le prolongement. Ces distinctions peu tranchées ne paraissent point avoir eu l'assentiment général.

On ne connaît pas de Sauriens venimeux, ou du moins ce qu'on a dit de la morsure dangereuse de certaines espèces n'est point avéré. Tous paraissent être carnassiers ou du moins insectivores, et se nourrissent de proie ayant eu vie. La plupart s'engourdissent durant la mauvaise saison; et s'il en est qui se plaisent à l'ombre ou dans l'humidité des lieux obscurs, d'autres semblent se complaire aux brûlans rayons du soleil le plus radieux. Il en est d'aquatiques, et d'autres qui recherchent la surface des rochers, des vieux murs secs ou la fraîcheur des branchages. Il en est de fort élégans, tandis que d'autres sont horribles à voir; il en est de très-grands et redoutables, et de fort petits et innocens, de très-farouches et de familiers, au point d'habiter nos demeures. Les Oiseaux de proie sont les ennemis des espèces faibles. Dans les pays chauds des hommes ne dédaignent pas la chair de quelques-uns. Pendant fort longtemps ils peuvent se passer de nourriture. Tous s'accouplent. Chez le mâle les testicules sont dans la cavité abdomiuale, collés en avant de la face inférieure des reins; leur substance se compose de faisceaux fins, cylindriques et facilement séparables, remplis d'un fluide spermatique abondant, où nous avons observé les Zoospermes dans plusieurs espèces, ainsi que dans leurs épididymes qui forment un corps particulier fort gros, plus long que le corps même des testicules et de forme pyramidale, excepté chez les Crocodiles. Il y existe toujours deux pénis où du moins la verge est profondément bipartie. On peut consulter le tableau joint à notre article ERPÉTOLOGIE pour connaître le nom des genres qui composent l'ordre des Sauriens, et les articles de chacun desdits genres dans le reste du présent Dictionnaire. (B.)

* SAURION. BOT. PHAN. L'un des noms anciens de la Moutarde, selon Daléchamp. (B.)

SAURITE. REPT. SAUR. Espèce du genre Couleuvre. V. ce mot. (B.)

SAURITIS. BOT. PHAN. L'un des synonymes anciens d'Anagallide, suivant Ruell. (B.)

SAURITIS. MIN. Au temps où l'empirisme faisait rechercher les Bézoaras, on nommait ainsi une pierre qui se formait dans l'intérieur des Lézards et qui s'employait dans la médecine superstitieuse. (B.)

* SAUROPUS. BOT. PHAN. Genre de la famille des Euphorbiacées et de

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la Monœcie Triandrie, L., établi par Blume (Bijdr. Flor. ned. Ind., p. 595) qui l'a ainsi caractérisé: fleurs monoïques. Les mâles sont un calice coloré, déprimé, orbieulaire, coriace, à six dents; point de glandes; trois étamines à filets soudás par la base, à anthères extrorses et adnées au sommet des filets. Les fleurs femelles sont un calice à six divisions profondes et situées sur deux rangs; un ovaire triloculaire, à loges biovulées, surmonté de trois stigmates réfléchis, bifides. Le fruit est charnu, renfermant trois coques chartacées, à une ou deux graines en hélice, difformes, munies à l'angle interne d'un arille charnu, presque dépourvues d'albumen, à cotylédons inégaux. Les Sauropus rhamnoides et S. albicans sont des Arbrisseaux quelquefois grimpans et qui sont le port des Phyllanthus. Ils croissent dans les montagnes de l'île de Java. (G..N.)

SAUROTHECA. OIS. (Vieillot.) Syn. de Tacco. V. ce mot. (DR..Z.)

* SAURURÉES. Saurureæ. BOT. PHAN. Dans son Analyse du fruit, le professeur Richard a nommé ainsi une famille nouvelle de Plantes monocotylédones qui se compose des genres Saururus et Aponogeton. Les caractères de cette famille consistent surtout dans des fleurs hermaphrodites dépourvues d'enveloppes florales propres, qui sont remplacées par une sorte de bractée ou de spalhe; les étamines sont libres et varient de six à douze ou quatorze; les pistils, au nombre de trois à quatre, sont sessiles, légèrement soudés entre eux par leur base interne, terminés en pointe stigmatifère à leur sommet offrant une seule loge qui contient deux ou trois ovules aseendans. Les fruits sont des carpelles uniloculaires, indéhiscens, contenant une à trois graines. Celles-ci offrent l'organisation que nous indiquerons à l'article suivant en décrivant le genre Saururus. Cette famille, dont on peut rapprocher aussi le genre Hydrogeton qui néanmoins offre quelques points de contact avec les Alismaeées, ressemble tout-à-fait aux Piperitées par l'organisation de sa graine et le port des Végétaux qui la composent. Mais le nombre des étamines et des pistils dans chaque fleur, les ovaires contenant toujours deux ou trois et non un seul ovule, distinguent suffisamment les Saururées des Pipéritées. Cette famille a aussi beaucoup d'analogie avec les Cabombées; mais, dans cette dernière famille, la présence d'un calice et l'insertion des graines forment les principaux caractères distinctifs entre ces deux ordres. V. CABOMBÉES et PIPÉRITÉES. (A. R.)

SAURURUS. BOT. PHAN. Plumier avait d'abord donné ce nom à quelques Plantes qui sont été réunies avec juste raison au genre Piper, et Linné a employé le nom de Saururus pour désigner un genre qui depuis a été généralement adopté. Ce genre, qui appartient à l'Heptandrie Trigynie, avait été placé par Jussieu dans la famille polymorphe des Naïades. Mais le professeur Richard en a formé le type d'un ordre naturel nouveau sous le nom de Saururées. Voici les caractères du genre Saururus: les fleurs sont hermaphrodites, disposées en épis simples et cylindriques, opposées aux feuilles comme dans beaucoup d'espèces de Poivriers. Chaque fleur estsessile, au fond d'une spathe courte, unilatérale et pédicellée; cette fleur se compose de six étamines dressées, saillantes, attachées autour de trois ou quatre pistils réunis ensemble par la base de leur côté interne et formant ainsi comme un pistil à trois ou quatre cornes un peu recourbées et glanduleuses, qui sont les stigmates; chaque ovaire est à une seule loge, et contient deux ovules aseendans, attachés vers la partie inférieure de l'axe commun. Le fruit se compose de quatre carpelles épais, indéhiscens, à une loge contenant deux ou nne seule graine par avortement; les graines sont ovoïdes, terminées en pointe à leur

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sommet, composées, outre leur tégument propre, d'un gros endosperme blane, dur et comme corné, sur le sommet duquel est appliqué un très-petit embryon antitrope, orbiculaire, déprimé, tout-à-fait indivis, et par conséquent monocotylédone. Fendu longitudinalement, cet embryon présente vers sa partie moyenne un petit corps ou mamelon renversé adhérent, vers sa partie inférieure qui est la plus rétrécie, à la masse de l'embryon, et légèrement bilobée à son extrémité opposée: ce corps intérieur est évidemment la gemmule. Pour peu que l'on compare la structure de la graine du Saururus, avec celle des Poivriers, on verra qu'elle offre une identité presque parfaite avec celle de ce genre. Voyez ce que nous avons dit dans le volume précédent à l'article POIVRIER.

Le genre Saururus se compose de deux espèces, Saururus cernuus, L., qui sert de type au genre, et Saururus lucidus, Don. La première de ces espèces, que nous avous figurée dans l'Atlas de ce Dictionnaire, est originaire de l'Amérique septentrionale. C'est une grande Plante vivace qui croît dans l'eau; sa tige herbacée, dressée, porte des feuilles alternes, longuement pétiolées, cordiformes, aiguës, à sept nervures divergentes.

(A. R.)

* SAURUS. POIS. V. SAURE.

SAUSARAI OU SAUSURAI. OIS. Espèce du genre Canard. V. ce mot.

(DR..Z.)

SAUSSURÉE. Saussurea. BOT. PHAN. Ce genre de la famille des Synanthérées et de la Syngénésie égale, a été dédié par De Candolle (Anu. du Muséum, T. XVI, p. 196) à ses compatriotes De Saussure père et fils, tous deux illustres dans les sciences physiques et naturelles. Il a été formé aux dépens des Serratula et Cirsium des auteurs, et il a reçu les caractères suivons: involucre composé de folioles imbriquées, inermes, les extérieures aiguës, les intérieures obtuses et souvent membraneuses au sommet; réceptacle garni de paillettes déchiquetées longitudinalement en lanières sètiformes; calathide composée de fleurons nombreux, réguliers, tous hermaphrodites; stigmate bifide; akènes lisses; aigrette formée de poils disposés sur deux rangées, les extérieurs courts, denticulés, persistans, les intérieurs longs, plumeux, soudés à la base en un anneau qui à la maturité se détache de l'akène. C'est surtout par la structure de l'aigrette que le genre Saussurea est remarquable, et ce caractère le distingue particulièrement du genre Serratula, dans lequel la plupart de ses espèces avaient été placées. Il se distingue des Cirsium et des Leuzea par la forme des écailles de l'involucre, tandis que sous ce rapport il a quelque analogie avec le Liatris; mais son réceptacle, garni de paillettes, ne permet pas de le confondre avec ce dernier genre. Dans aucune espèce de Saussurea, De Candolle n'a pu voir la nodosité du style qui caractérise les Plantes qui faisaient partie de l'ancien groupe des Cinarocéphales. Cette particularité tend donc à éloigner le genre en question des Cinarocéphales ou Carduacées, et à le rapprocher des Liatris.

Les Saussurées sont des Herbes à feuilles souvent pinnatifides et à fleurs purpurines. On en a décrit seulement une quinzaine d'espèces, mais le nombre sera probablement augmenté lorsqu'on aura soumis à une révision attentive toutes les espèces anciennement placées parmi les Serratula, les Cirsium et autres genres voisins. La plupart de ces Plantes croissent dans la Sibérie et notamment dans les terrains sablonneux de cette vaste coutrée. Quelques-unes se trouvent sur les Hautes - Alpes, et particulièrement les Saussurea alpina et discolor, qui sont servi à établir le genre. Ces Plantes sont leurs calathides disposées en petites ombelles presque terminales; leurs feuilles sont velues en - dessous, principalement dans le Sanssurea discolor on elles

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sont couvertes d'un duvet si court qu'elles paraissent blauches comme de la neige. Parmi les espèces décrites par De Candolle (loc. cit.), nous ne citerons ici que celles qu'il a figurées, savoir: 1° Saussurea elongata, pl. 10; 2° S. runcinata, pl. 11; 3° S. elata, pl. 12; 4° S. Japónica, pl. 14. (G..N.)

SAUSSURIA. BOT. PHAN. (Mœuch.) V. CHATAIRE.

SAUSSURITE. MIN. Syn. de Jade de Saussure. V. JADE. (G. DEL.)

SAUTERELLE. Locusta. INS. Genre de l'ordre des Orthoptères, famille des Locustaires, établi par Geoffroy et adopté par Latreille et par tous les entomologistes, avec ces caractères: corps allougé; tête grande, verticale, de la largeur du corselet; yeux petits, saillans, arrondis; ocelles peu ou point apparens: antenues sétacées, très-longues, à articles courts, nombreux et peu distiucts, insérées entre les yeux et vers leur extrémité supérieure; labre grand, entier, presque circulaire en devant; mandibules fortes, peu dentées; mâchoires bidentées à leur extrémité, ayant une seule dent allongée au côté interne; galette allongée, presque trigone; palpes inégaux, les maxillaires plus grands, de cinq articles, les labiaux de trois; le dernier obeouique dans les quatre palpes; lèvre ayant quatre divisions, celle du milieu fort petite; les extérieures arrondies à leur extrémité; menton presque carré; corselet souvent tétragone, court, comprimé sur les côtés; point d'écusson; élytres inclinées, réticulées, recouvrant des ailes; abdomen terminé par deux appendices sétacés, écartés entre eux à leur insertion, et portant, dans les femelles un oviscapte vulgairement nommé sabre, très-saillant, comprimé, et composé de deux lames accolées l'une à l'autre; pâtes postérieures très–grandes, et propres à sauter; leurs cuisses renflées vers la base et leurs jambes munies cn dessus de deux rangs d'épines assez fortes; tarses composés de quatre articles dont le dernier supporte deux crochets sans pelottes; le pénultième article de ces tarses bilobé. Ce genre formail à lui seul la famille des Locustaires de Latreille; mais, dans ces derniers temps (Fam. natur. du Règn. Anim.), il en a extrait plusieurs espèces formant des genres distincts qu'il a nommés Conocéphale, Pennicorne (Scaphura, Kirby), Anisoptère et Ephipigère. Les Conocéphales diffèrent des Sauterelles proprement dites, parce que leur front est terminé en un cône obtus; le genre Pennicorne, que Kirby établissait en même temps sous le nom de Scaphura (Zoological Journal) en est bien distingué, parce que la base de ses antennes est garnie de poils. Le genre Anisoplėre s'en éloigne parce que les femelles sont toujours aptères ou n'ont que des élytres très-courtes, en forme d'écailles arrondies et voûtées. Enfin, le genre Ephipigère eu est distingué parce que les deux, sexes n'ont point d'ailes et sont les élytres remplacées par deux écailles cornées, arrondies et voûtées. Les Sauterelles se nourrissent de Végétaux; aussi on les trouve en abondance dans les prairies, les champs herbeux, et sur les arbres. Quand elles veulent s'envoler, il faut qu'elles exécutent un saut, afin de pouvoir étenrdre leurs grandes ailes, ce qu'elles ne pourraient faire étant à terre. Leur vol est peu rapide et ne s'étend pas à de grandes distances. Le chant des mâles est aigu et longtemps continué; il est produit par le frottement des élytres l'une contre l'autre, et n'appartient qu'aux espèces qui sont à leur base un espace searieux, décoloré, transparent, et ressemblant en quelque sorte à un miroir. Les femelles ne produisent aucun bruit. Elles déposent leurs œufs dans la terre au moyen de leur sabre ou oviscapte; les larves ne diffèrent de l'Insecte parfait que par l'absence totale d'ailes et d'élytres, et par leur petitesse. Les nymphes sont des fourreaux contenant les ailes et les élytres; sous ces deux états, elles jouis-

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sent des mêmes facultés qu'à l'état parfait, mais elles ne peuvent pas se reproduire. Ce genre se compose d'un grand nombre d'espèces dont plusieurs sont d'une taille assez considérable; on en trouve dans tontes les contrées du monde. Parmi celles qui habitent les environs de Paris, nous citerons:

La SAUTERELLE TRÈS-VERTE, Locusta viridissima, Latr., Fabr.; Grillus (Tettigonia) viridissima, L., figurée par Rœsel, Ins. 2, Grill. 10, fig. 11. Longue de deux pouces, verte, sans taches.

La SAUTERELLE TACHETÉE, Locusta verrucivora, Fabr., Latr., figurée par Rœsel, Ins. 3, Loc. Germ., tab. 8. Lougue d'un pouce et demi; verte, avcc des taches brunes et noirâtres sur les élytres. Son nom de Ronge-Verrue vient de ce que les paysans de la Suède font mordre les verrues qu'ils sont aux mains par cet Insecte, et que la liqueur noire et bilieuse qu'il dégorge dans la plaie fait sécher les excroissances.

On donne quelquefois aux Criquets le nom vulgaire de SAUTERELLE DE PASSAGE, et l'on appelle SAUTERELLE DE MER, diverses Squilles. (G.)

SAUTEUR. ZOOL. On A nommé ainsi, à cause de leurs allures, les Gerboises et un Antilope parmi les Mammifères, un Sphénisque parmi les Oiseaux, le Gecko à tête plate parmi les Sauriens, un Cyprin, le Skib et un Exocet parmi les Poissons. (B.)

SAUTEURS. ZOOL. Premier ordre de la méthode erpétologique de Laurenti. V. ERPÉTOLOGIE.

On a aussi fait des Sauteurs, Saltatores, Sallatoria, parmi les Mammifères et les Insectes. Latreille (Règne Animal) divise les Insectes Orthoptères en deux grandes familles auxquelles il donne les noms de Coureurs et de Sauteurs. Ces deux familles sont converties (Fam. natur. du Règn. Anim.) en trois sections dont la première correspond entièrement à la famille des Coureurs, et les deux autres à celle des Sauteurs. Ces deux dernières sections renferment les familles des Grilloniens, Locustaires et Acrydiens. V. ces mots. (G.)

SAUVAGEA. BOT. PHAN. Linné avait ainsi orthographié, dans la première ėdition de son Genera Plantarum, le nom du genre qu'il rectifia ensuite par celui de Sauvagesia. Necker et Adanson sont néamnoins adopté l'orthographe primitive. (G..N.)

SAUVAGEON. EOT. PHAN. Les Arbres fruitiers, venus de pepins et non greffés, portent ce nom chez les pépiniéristes. (B.)

SAUVAGES NIVELEURS. BOT. CRYPT. Groupe d'Agarics dans la ridicule nomenclature de Paulet, dont les espèces sont des Souris roses, des Cinq-Parts, et la Feuille-Morte. (B.)

SAUVAGÉSIE. Sauvagesia. BOT. PHAN. Ce genre fut dédié par Linné à Sauvages, fameux médecin et botaniste de Montpellier, et placé dans la Pentandrie Monogynie. Ses rapports naturels restèrent long-temps méconnus. En 1789, Jussieu indiqua ses affinités avec les Violacées, et Du Petit-Thouars se rangea à cet avis qui fut celui de tons les botanistes et notamment de De Gingins dans le Prodrome de De Candolle, jusqu'à ce qu'Auguste Saint - Hilaire, après avoir étudié les Plantes du Brésil dans leur pays et particulièrement le genre Sauvagesia, se décida à le placer parmi les Frankeniées, dont il forma une tribu avec d'autres genres nouveaux, tels que le Lavradia de Vandelli et le Luxemburgia. Dans un Mémoire très-étendu qu'il a publié sur ces genres et qui est inséré parmi ceux du Muséum d'Histoire naturelle, il a imposé les caractères suivans au Sauvagesia: calice persistant, divisé profondément en cinq segmens très-étalés, mais fermés dans le fruit. Corolle ayant deux rangées de pétales; les extérieurs au nombre de cinq, hypogynes, égaux, très-ouverts, obovés, caducs; les pétales intérieurs, aussi au nombre de cinq, hypogynes, opposés aux extérieurs, dressés,

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conuivens, en tube, se joignant par les bords et persistans; ces deux rangées de pétales sont séparées par des filets plus courts, dilatés au sommet, persistans, dont le nombre est indéfini ou défini, et, dans ce dernier cas, ils alternent avec les pétales. Etamines au nombre de cinq, hypogynes, alternes avec les pétales, à filets très-courts, adhérens à la base intérieure de la corolle, à anthères fixées par la base, immobiles, extrorses, linéaires, biloculaires, s'ouvrant latéralement et par le sommet. Ovaire supère, uniloculaire, pluri-ovulé, surmonté d'un style cylindrique, dressé, persistant, et d'un stigmate obtus à peine visible. Capsule revêtue de toutes les enveloppes florales, ordinairement oblongue ou ovoïdeoblongue, aiguë et trilobée dans une espèce, déhiscente par trois valves plus ou moins profondes, vide dans la partie supérieure. Graines sur deux rangs, très-petites, marquées de fossettes alvéolaires, ayant un test crustacé, un ombilic terminal, composées d'un périsperme charnu, d'un embryon droit, axile, d'une radicule regardant le hile et plus longue que les cotylédons. Les Sauvagésics sont de petites Plantes ligneuses, très-glabres, rarement des herbes, à feuilles simples, portées sur de courts pétioles, ou sessiles, munies de stipules latérales, géminées, ciliées et persistantes. Les fleurs sont axillaires, blanches, roses ou légèrement violettes. Auguste Saint-Hilaire admet six espèces dans le genre Sauvagesia. La plus anciennement connue est le Sauvagesia erecta, L., qui a pour synonymes les S. adyma d'Aublet, nutans de Persoon, et geminiflora de De Gingins. Cette Plante croît non-seulement dans l'Amérique méridiouale et aux ANtilles, mais encore en Afrique, au Sénégal, ainsi qu'à Madagascar et à Java. Elle est mucilagineuse et employée à l'intérieur comme pectorale, à l'extérieur comme ophtalmique. Les Nègres de Cayenne mâchent ses feuilles en guise de Calalou. Auguste Saint-Hilaire (loc. cit.) en a figuré plusieurs espèces nouvelles sous les noms de S. racemosa, Sprengelii, rubiginosa, tenella et linearifolia. Ces Plantes croissent dans le Brésil méridional. (G..N.)

* SAUVAGÉSIÉES. Sauvageæ. BOT. PHAN. De Gingins donne ce nom à une tribu de Violacées qui renferme le genre Sauvagesia; mais cette tribu a été examinée avec plus de détails par Auguste Saint-Hilaire qui l'a augmentée des genres Lavradia et Luxemburgia, et l'a placée parmi les Frankeniées. V. ces mots. (G..N.)

SAUVEGARDE. REPT. SAUR. V. MONITOR et TUPINAMBIS.

SAUVETERRE. MIN. Dans le département des Basses-Pyrénées, on appelle Marbre de Sauveterre une sorte de Brèche qui présente un fond noir avec des taches blanches anguleuses. (G.DEL.)

SAUVEVIE. BOT. CRYPT. L'un des noms vulgaires de l' Asplenium Ruta-Muraria, L. (B.)

* SAUZE OU SAUZÉ. BOT. PHAN. (Garidel.) Le Saule en Provence. (B.)

SAVACOU. Cancroma. OIS. Genre de la seconde famille de l'ordre des Gralles. Caractères: bec plus long que la tête, très-déprimé, beaucoup plus large que haut, tranchant, dilaté vers le milieu de la longueur; arête proéminente, pourvue de chaque côté d'un sillon longitudinal; mandibules assez semblables à deux cuillers appliquées l'une sur l'autre, le côté concave tourné veis la terre; un crochet à l'extrémité de la supérieure, l'inférieure terminée en pointe aiguë. Narines placées obliquement à la surface du bec, dans le sillon longitudinal, reccuvertes d'une membrane. Pieds médiocres; quatre doigts, trois en avant, unis à leur base par une membrane assez large; pouce articulé intérieurement au niveau des autres doigts. Ailes médiocres; première rémige plus courte que les deuxième, troisième, quatrième et cinquième qui

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sont les plus longues. Les savanes noyées de l'Amérique méridionale et particulièrement de la Guiane sont les habitations favorites de cet Oiseau qui, à lui seul, compose tout le genre. On le voit presque toujours triste, silencieux et perché sur de vieux troncs desséchés, guetter à la manière de la plupart des Hérons les Poissons et les Mollusques qui s'avancent assez près des rives pour devenir sa proie; des qu'il les juge à sa portée, en un clin-d'œil il développe son corps qu'il avait tenu jusque-là tout ramassé, et s'élance avec une extrême vivacité sur l'objet de sa convoitise; il le saisiten effieurant rapidement la surface de l'eau et aussitôt l'engloutit dans son bec énorme et plat. On ignore sur quelle observation est fondée la dénomination latine de Cancroma donnée au Savacou; mais il est de fait que bien rarement, et seulement par nécessité, cet Oiseau recherche les Crabes et se rapproche des bords de la mer où il pourrait les pêcher. Ce que l'on a rapporté de la douceur de ses mœurs n'est guère plus exact, car peu d'Oiseaux se montrent plus susceptibles de se courroucer, d'entrer en fureur; alors ses longues plumes occipitales se redressent et lui donnent un aspect tout différent de celui qu'il a dans l'état de calme. Il choisit pour établir son nid un buisson peu élevé; il entrelace, avec des bûchettes, les branches les plus touffues et tapisse l'intérieur de cet évasement hémisphérique d'une couche épaisse de duvet: c'est la qu'il dépose deux ou trois œnfs d'un gris verdâtre. L'on n'a point encore observé l'époque ni la multiplicité des mues; on sait seulement que dans les collections ou trouve peu d'individus parfaitement semblables.

SAVACOU COCIILEARIA, Cancroma Cochlearia, Lath. Parties supérieures grisâtres; front blanc; sommet de la tête noir; nuque garnie d'une longue huppe floitante; parties inférieures rousses à l'exception de la poitrine qui est blanche; mandibule suprieure noirâtre, l'inférieure blanchâtre, pieds d'un vert jaunâtre. Taille, dix-sept pouces. La femelle, Buff., pl. enl. 38, a les parties supérieures d'un gris bleuâtre avec la région des épaules et les plumes de la nuque noires; le front et le menton jaunâtres; le cou et la poitrine blancs; les parties inférieures mélangées de blanc et de roux; le bec rougeâtre; les pieds bruns. Le jeune mâle, Buff., pl. enl. 869, a toutes les parties supérieures d'un cendré rougeâtre, le front d'un blanc pur, le sommet de la tête noir, orné d'une très-longue huppe de même couleur; petites rectrices alaires bleuâtres; joues verdâtres; menton brun; devant du cou et parties inférieures blanchâtres; flancs roussâtres; bec d'un brun noirâtre; pieds bruns. (DR..Z.)

* SAVADU-PUNÉE. MAM. L'un des noms de pays du Zibeth. V. CIVETTE. (B.)

SAVALLE. POIS. V. CAILLEUTASSART.

SAVASTANIA. BOT. PHAN. (Scopoli et Necker.) Syn. de Tibouchina d'Aublet. V. ce mot. (G..N.)

SAVASTENA. BOT. PHAN. (Schrank.) Syn. d'Hierochloé. V. ce mot. (G..N.)

SAVATELLE. BOT. CRYPT. V. ESCUDARDES.

SAVETIER. POIS. Syn. vulgaire d'Epinoche. V. GASTÉROSTÉE. (B.)

SAVIA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Euphorbiacées et de la Diœcie Pentandrie, L., établi par Willdenow, et adopté par Adrien de Jussieu (Euphorb., p. 15, tab. 2, f. 5) avec les caractères suivans: fleurs dioïques. Le calice est à cinq divisions profondes; la corolle est à trois ou cinq pétales courts, insérés autour d'un disque glanduleux; quelquefois cette corolle manque. Les fleurs mâles sont cinq étamines, à filets courts, à anthères adnées, introrses; ces étamines sont insérées sur un rudiment de pistil simple ou

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tripartite. Les fleurs femelles offrent un ovaire placé sur le disque, à trois loges biovulées, et surmontées de trois styles réfléchis, bifides au sommet, et conséquemment terminés par six stigmates. Le fruit est capsulaire, à trois coques qui chacune sont deux valves et renferment une seule graine. Les ovules sont pendans du sommet de l'ovaire, au moyen d'un corps charnu qui les couvre et remplit la loge, mais qui s' évanouit à la maturité, époque à laquelle un des ovules est entièrement avorté. Ce corps charnu, qui se retrouve, mais de moindre volume, dans d'autres genres d'Euphorbiacées, paraît être formé des arilles des denx graines qui se sont soudés en un seul corps. Le genre Savia ne renferme qu'une seule espèce anciennement nommée par Swartz Croton sessiliflorum. C'est un Arbuste de Saint-Domingue, ayant les feuilles alternes, entières, glabres et veinées, munies de deux stipules petites et caduques. Les fleurs mâles sont ramassées par glomérules entourés de plusieurs bractées. Les femelles sont axillaires, solitaires, accompagnées de bractées et presque sessiles. (G..N.)

* SAVIGNYA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Crucifères, et de la Tétradynamie siliculeuse, L., établi par De Candolle (Syst. nat. Veget., 2, p. 283) qui l'a placé dans la tribu des Alyssinées, et lui a imposé les caractères suivans: calice dressé, égal à la base; pétales entiers; étamines libres, non denticulées; silicule sessile, plane, comprimée, elliptique, apiculée par le style qui est court et tétragone, divisée en deux loges par une cloison membrane use et persistante, à valves planes, à placentas à peine proéminens, et à cordons ombilicaux libres, plus courts que les graines; celles-ci sont nombreuses, contiguës, presque imbriquées, très-comprimées, munies d'un large bord; cotylédons plans, accombans, parallèles à la cloisou; radicule supérieure. Ce genre tient le milieu entre le Lunaria et le Ricotia. Il difière du premier par sa silique sessile et ses cordons ombilicaux libres; du Ricotia par son calice égal à la base, et par sa silicule biloculaire même à la maturité. Il est encore plus voisin du Farsetia, mais son port est tout-à-fait différent, et d'ailleurs, sou calice égal et son style aigu l'en distinguent suffisamment. Le Savignya œgyptiaca, De Cand., loc. cit.; Lunaria parviflora, Delile, Flore d'Egypte, tab. 35, fig. 3, est la seule espèce de ce genre. C'est une Plante herbacée, annuelle, glabre et rameuse. Ses feuilles radicales sont ovales, amincies en pétiole, obtusément dentées; les caulinaires sont étroites, entières. Les fleurs sont petites, violacées et disposées en grappes opposées aux feuilles. Cette espèce a été trouvée dans les sables de l'Egypte près des Pyramides de Saqqârah. (G..N.)

SAVINA, BOT. L'un des vieux synonymes de la Sabine, d'où le Lycopodium complanatum, qui ressemble un peu à ce Genévrier, a reçu quelquefois le même nom. (B.)

SAVINIER. BOT. PHAN. Juniperus Sabina, L. Même chose que Sabine. V. ce mot et GENEVRIER. (B.)

SAVON. CHIM. ORG. On nomme ainsi certaines substances formées de l'union des corps gras avec les alcalis et les oxides, et sur lesquelles les travaux de Chevreul sont dans ces derniers temps fourni des renseignemens nombreux et positifs. Selon la théorie de ce savant chimiste, les Savons sont de véritables combinaisons salines dont la base est un Alcali ou un oxide métallique quelconque, et le radical un mélange d'acides formés par l'acte de la saponification, c'est-à-dire sous l'influence de l'Alcali. Il a donné à ces Acides les noms de Margarique, Stéarique et Oléique; d' où il suit que les Savons sont des Margarates, Stéarates et Oléates de Soude, de Potasse, de Plomb. Nous ne mentionnonsici ces corps que pour

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énoncer une propriété particulière des substances alcalines et des corps, gras qui sont des produits naturels; car les Savons ne sont jamais que des produits de l'art, et par conséquent ne doivent pas être traités dans ce Dictionnaire.

On a donné le nom de SAVON ARSENICAL DE BÉCOEUR, à une composition usitée dans la préparation des objets d'histoire naturelle. V. TAXI-DERMIE. (G..N.)

SAVON DE MONTAGNE. MIN. Le Seifenstein des Allemands, sorte d'Argile smectique. V. ARGILE. (G. DEL.)

SAVON DES VERRIERS. MIN. Le Manganèse oxidé que l'on emploie pour décolorer le verre. (G. DEL.)

* SAVONAIRE BOT. PHAN. Pour Saponaire. V. ce mot. (B.)

SAVONETTE DE MER. MOLL. Nom que les marins donnent à des masses arrondies formées d'œufs de différens Mollusques, et entre autres de Buccins et de Pourpres (A. R.)

SAVONIER. Sapindus. BOT. PHAN. Genre de Plantes de l'Octandrie Monogynie de Linné, qui a donné son nom à la famille des Sapindacées, et dont la fleur peut être considérée comme présentant le type régulier de cette famille. Ses caractères distincts sont: un calice à cinq folioles; cinq pétales alternes avec elles, insérés sur le réceptacle, égaux entre eux, souvent munis au-dessus de leur base et sur leur face interne d'un appendice de forme variable; un disque charnu dont le bord crénelé s'étend entre les pétales et les étamines; huit à dix étamines insérées sur le disque, libres, à anthères-introrses et s'ouvrant longitudinalement; un style entier terminé par le stigmate; un ovaire à trois ou très-rarement à deux loges, renfermant chacune un seul ovule dressé; un fruit charnu, indéhiscent, souvent réduit par avortement à un seul lobe arrondi, portant sur un de ses côtés les restes des lobes avortés et du style, et contenant au-dessous de sa partie charnue un noyau uniloculaire et monosperme; le tégument externe est membraneux; l'embryon est légèrement courbé sur lui-même ou droit; la radicule est petite et tournée vers le hile.

Les Savoniers sont des Arbres qui habitent les régions chaudes de l'Asie, de l'Afrique et de l'Amérique. Leurs feuilles sont alternes, pinnées avec impaire, dépourvues de stipules; leuis fleurs sont polygames, disposées en grappes ou en panicules axillaires.

Les racines et surtout la partie charnue des fruits du Sapindus Saponaria, L., et de plusieurs autres espèces, contiennent une substance savonneuse, susceptible de se dissoudre dans l'eau et de la rendre propre à nettoyer le linge: de-là, le nom de Savonier donné aux Arbres de ce genre. D'autres espèces, telles que les S. esculentus, Nob., et senegalensis, Poir., sont des fruits dont la chair a un goût agréable et qui servent d'aliment aux peuples des pays où ils végètent. Une légère conformité dans la forme des folioles a engagé Sprengel à réunir à cette dernière le S. arborescens d'Aublet, qui, loin de pouvoir être confondu avec lui, doit, ainsi que le S. frutescens du même auteur, être rapporté au genre Cupania. (CAMB.)

SAVONIÈRE. BOT. PHAN. (Chomel.) Syn. de Saponaire. V. ce mot. (B.)

SAVORÉE. BOT. PHAN. Lun des noms vulgaires de la Sarriète. V. ce mot. (B.)

SAXATILE. POIS. Espèce du genre Chromis. V. ce mot. (B.)

SAXICAVE. Saxicava. MOLL. C'est à Fleuriau de Bellevue que l'on doit l'établissement de ce genre dans l'intéressant Mémoire qu'il publia dans le Journal de Physique (an X) sur les Lithophages. ll en proposa en même temps plasieurs autres trèsvoisins, qu'en dernier lieu Lamarck

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réduisit à trois: celui-ci est du nombre de ceux qu'il conserva; il le mentionna d'abord dans la Philosophie zoologique où il est compris dans la famille des Solénacées avec les Rupellaires et les Pétricoles. Bientôt après, dans l'Extrait du Cours, il divisa cette famille des Solénacées et proposa celle des Lithophages (V. ce mot): le genre qui nous occupe s'y trouve le premier. Lamarck confondait dans ses Saxicaves un petit genre que Poli avait indiqué et que Cuvier sépara définitivement sous le nom de Byssomie(V. ce mot), et n'adopta pas cependant le genre Saxicave, quoiqu'il présente des caractères constans. Dans son dernier ouvrage, il conserva la famille des Lithophages et le genre Saxicave dans les mêmes rapports. D'aprės les indications de Cuvier, Férussac rejeta cette famille, la démembra, en rapprocha une partie des Vénus, et les Saxicaves furent joints à la famille des Phola-des. Blainville eut une opinion, si ce n'est semblable, du moins conforme à celle-là. Il plaça, en effet, les Saxicaves dons la famille des Pyloridés (V. ce mot ), à côté des Glycimères, des Rhomboïdes et des Byssomies, avec lesquels il a en effet de grands rapports.

Comme son nom l'indique, ce genre ne renferme que des Coquilles qui sont la faculté de perforer les pierres pour y trouver un abri. C'est toujours près des côtes et dans les rochers calcaires, et souvent dans les galets roulés de cette substance, que l'on trouve le plus habituellement les coquilles de ce genre. Elles sont presque toutes blanches, peu élégantes et souvent irrégulières. L'Animal est enveloppé d'un manteau qui n'a antérieurement qu'une fort petite ouverture; les deux bords sont soudés dans tout le reste de leur longueur; postérieurement il se termine par les deux siphons réunis en une seule masse charnue, et faisant constamment saillie hors de la coquille, comme dans les Pholades par exemple. Le pied est très-petit, rudimentaire et probablement sans usage. La masse abdominale est plus considérable avec un ovaire plus ou moins développé, selon la saison; elle contient les organes digestifs qui ne diffèrent pas notablement de ceux des Acéphale's en général. Il existe une paire de branchies de chaque côté du corps, et elles sé prolongent postérieurement assez loin dans la cavité du siphon branchial. Ce genre, dans lequel on ne connaît encore qu'un petit nombre d'espèces, peut être caractérisé de la manière suivante: Animal perforant, claviforme; une très-petite ouverture palléale vis-à-vis un pied rudimentaire; siphons allongés, charnus, réunis; deux paires de petites branchies, libres postérieurement et engagées dans le siphon branchial; coquille peu régulière, généralement transverse, très-inéquilatérale, bâillante aux deux extrémités, à crochets peu saillans; charnière D'ayant qu'une dent à chaque valve, quelquefois complètement avortée; deux impressions musculaires; impression palléale échancrée postérieurement.

Le nombre des espèces est de douze environ, quatre vivantes et les autres fossiles; ces dernières, encore peu répandues, ne se sont rencontrées que dans les terrains tertiaires, et ce sont les environs de Paris qui ju qu'ici en out offert le plus grand nombre. Nous en avons décrit cinq espèces nouvelles, dans notre ouvrage sur les fossiles de cette localité célèbre.

SAXICA VE RIDÉE, Saxicava rugosa, Lamk., Anim. sans vert. T. V, pag. 501, n. 1; Mytilus rugosus, L., Gmel., p. 3352, n. 7; Pennant, Zool. brit. T. IV, pl. 63, fig. 72. De l'Océan du nord et des côtes d'Angleterre. Il est à présumer que l'espèce n. 2 de Lamarck, la Saxicave gallicane, n'est qu'une variété de celle-ci. La Saxicave pholadine du même auteur ne peut rester dans ce genre; elle appartient aux Byssomies.

SAXICAVE AUSTRALE, Saxicava australis, Lamk., loc. cit., n. 4; ibid., Blainv., Trait. de Malac., pl. 80, fig. 4.

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SAXICAVE DE GRIGNON, Saxicava grignonensis, N., Descr. des Coq. foss. des env. de Paris, T. I, p. 64, n. I, pl. 9, fig. 18, 19. Fossile à Grignon.

SAXICAVE NACRÉE, Saxicava margaritacea, N., loc. cit., pl. 9, fig. 22, 25, 24; ibid., Mém. de la Soc. d'Hist. nat. de Paris, T. I, pl. 15, fig. 9. Coquille rare de Valmondois. (D..II.)

* SAXICOLA. OIS. (Brisson.) Syn. de Traquet. V. ce mot. (DR..Z.)

SAXIFRAGE. saxífraga. BOT. PHAN. Ce genre, qui a donné son nom à la famille des Saxifragées, et qui appartient à la Décandrie Digynie, L., offre les caractères suivans: calice court, campanulé, quinquéfide, persistant; corolle à cinq pétales étalés, un peu rétrécis en onglet à leur base, insérés sur le calice; dix étamines insérées également sur le calice, à filets subulés ou en massue, terminés par des anthères arrondies ou réniformes; ovaire tantôt libre, tantôt adhérent en totalité ou seulement par sa moitié avec le calice, surmonté de deux styles courts, divergens, terminés par des stigmates obtus; capsule ovoïde, surmontée de deux pointes en forme de bec qui sont les styles persistans et accrus, s'ouvrant au sommet par un trou orbiculaire situé entre les deux bases des styles, et n'offrant qu'une seule loge qui renferme un grand nombre de graines très-petites et lisses. Le genre Saxi–frage se compose d'un nombre très–considérable d'espèces (plus de cent vingt, sans compter les variétés qui sont excessivement nombreuses): pour la plupart indigènes des hautes montagnes du globe et principalement des Alpes et des Pyrénées. L'organisation florale de toutes ces Plantes ne présente que peu de variations dans les caractères que nous avons exposés plus haut; aussi les botanistes judicieux n'ont–ils pas cru nécessaire d'établir des genres particuliers eu leur assignant des caractères qui dans d'autres genres auraient plus de gravité, comme, par exemple, l'adhéreuce ou la non-adhérence de l'ovaire. C'était sur une semblable différence que Tournefort avait constitué ses genres Saxifraga et Geum, ce dernier ayant l'ovaire parfaitement libre. Quelques auteurs modernes, grands amateurs d'innovations inutiles, n'ont pourtant pas craint de dilacérer encore le genre fort naturel des Saxifrages et tel que Linné l'a constitué. Ainsi Mœnch, Borkhausen, Schranck, Haworth, etc., sont non-seulement rétabli le Geum de Tournefort, mais encore proposé les genres Bergenia ou Geryonia pour le Saxifraga crassifolia; Diptera ou Sekika pour le Saxifraga sarmentosa; Micranthes, pour le Saxifraga hieracifolia; Miscopetalum pour le Saxífraga rotundifolia, et Robertsonia pour plusieurs espèces de Saxifrages nouvelles décrites par Haworth, etc. Aucun de ces genres n'est admis, si ce n'est à titre de simple section, par les auteurs qui sont écrit récemment sur les Saxifrages. D. Don en a publié une Monographie dans le treizième volume des Transactions de la Société Linnénne de Londres. Il les a partagés en cinq sections dont nous allons donner un léger aperçu.

La 1re section (Bergenia) a le calice campanulé, rugueux extérieurement, à segmens connivens; des pétales onguiculés; des étamines à filets subulés et à anthères arrondies; les styles creux en dedans, remplis d'ovules; des stigmates glabres, hémisphériques, et des graines cylindracées. Cette section ne se compose que de trois espèces dont la plus remarquable est le Saxífraga crassifolia, L., qui est originaire des montagnes de la Sibérie, et que l'on cultive en Europe dans les parterres. C'est une Plante d'ornement qui fleurit au premier printemps, lorsque la terre est dépourvue de toute autre fleur. Ses feuilles sont grandes et charnues; ses fleurs rouges forment un thyrse au sommet d'une hampe très-épaisse.

La 2e section (Gymnopera) offre un

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calice à cinq folioles réfléchies; des pétales hypogynes, sessiles; des étamines hypogynes, à filets en massues et à anthères réniformes; des styles connivens à stigmates simples et imberbes; une capsule presque arrondie, nue, renfermant des graines sphériques. Cette section correspond à l'ancien genre Geum de Tournefort; elle renferme onze espèces, parmi lesquelles nous mentionnons les Saxífraga Geum, umbrosa et hirsuta, qui sont de charmantes espėces cultivées depuis long-temps comme bordures. Leurs feuilles sont charnues, indivises ou simplement crénelées; leurs fleurs sont nombreuses, paniculées, blanches, souvent ponctuées de rouge ou de jaune safraué.

La 3e section (Leiogyne) a le calice profondément quinquéfide; des pétales le plus souvent sessiles; des étamines insérées sur l'entrée du tube calicinal, à filets subulés; des styles dressés, à stigmates orbiculés, imberbes; une capsule non adhérente au calice, renfermant des graines arrondies. Les espèces de cette section sont au nombre de vingt-cinq réparties en deux groupes, d'après leurs feuilles lobées ou indivises. Parmi celles à feuilles lobées, on distingue le Saxifraga granulata qui croît abondamment dans les bois ombragés de l'Europe tempérée et méridionale. Celte Plante a la racine munie de grains tuberculeux. Sa tige haute d'environ un pied a des feuilles inférieures réniformes, les supérieures sont lobées, presque palmées; les pétales sont d'un beau blanc lacté. Parmi les espèces à feuilles indivises, on remarque plusieurs espèces à fleurs jaunes qui croissent dans les lieux humides des montagnes; tels sont les Saxifraga hirculus et aizoides.

La 4e section (Micranthes) est caractérisée par un calice à cinq divisions profondes et établies; des pétales petils, sessiles, étalés, insérés sur le calice; des étamines également insérées sur le calice, à filets trèscourts, subulés; des styles épais, très-courts, à stigmates capités, glabres; une capsule déprimée, nou adhérente au calice. Huit espèces indigènes des contrées arctiques composent cette section. Nous citerons comme types les Saxifraga pensylvanica, hieracifolia, que l'on voit quelquefois dans les jardins de botanique. Ce sont des Plantes vivaces, à feuilles radicales, à fleurs nombreuses, petites, blanches ou jaunâtres, réunies en panicule au sommet d'une hampe assez allongée.

Enfin, sous le nom de Saxifrages Proprement dites (Saxifragas verœ), Don a décrit une cinquantaine d'espèces qui sont le calice quinquéfide; des pétales sessiles, pérygines; des étamines également périgynes, à filets plans, sensiblement atténués au sommet; des stigmates étalés, plans, spatnlés, garnis d'une fine pubescence; une capsule adhérente au calice, renfermant des graines obovales. Ces nombreuses espèces font l'ornement des hautes montagnes; leurs feuilles sont indivises, coriaces, cartilagineuses ou ciliées sur les bords, à fleurs blanches, jaunes, verdâtres ou roses, disposées en panicules. Parmi ces Plantes, la plus belle est sans contredit le Saxifraga pyramidalis, originaire des Alpes, et cultivé comme Plante d'ornement dans la plupart des jardins d'Europe. Le Saxifraga Cotyledon, qui en est une espèce très-voisine, tapisse les fentes des Rochers dans les Alpes, le Jura, les Vosges, et plusieurs autres montagnes subalpines. (G..N.)

On a souvent étendu le nom de SAXIFRAGE à des Plantes qui n'appartiennent point au genre dont il vient d'être question. Ainsi l'on a improprement appelé:

SAXIFRAGE DORÉ, l'une ou l'autre espèce de Chrysosplenium. V. DORINE.

SAXIFRAGE MARITIME, la Criste marine.

SAXIFRAGE PYRAMIDAL ou DES TOITS, la Joubarbe.

SAXIFRAGE DES PRÉS ET DES BOIS, des Peucédans et des Boucages. V. tous ces mots. (B.)

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SAXIFRAGÉES. Saxifrageæ. BOT. PHAN. Nous avons déjà dit à l'article CUNONIACÉES, qu'à l'exemple du professeur Kunth, nons croyions devoir réunir aux Saxifragées le groupe de Végétaux qui en a été retiré sous le nom de Cunoniacées par le célèbre R. Brown. En effet, ainsi que cet habile observateur l'indique luimême, ses Cunoniacées ne diffèrent des autres Saxifragées que par leur tige ligneuse. Nous ne croyons pas qu'un semblable caractène, malgré la différence de port qu'il entraîne avec lui, puisse suffire pour servir à la séparation de deux familles, et les Cunoniacées seront pour nous une simple tribu des Saxifragées. Voici les caractères des Saxifragées: le calice est monopétale, persistant, plus ou moins adhérent avec la base de l'ovaire, divisé en deux lobes dont le nombre varie de trois à huit; la corolle qui manque rarement se compose d'autant de pétales qu'il y a de lobes calicinaux. Les étamines sont tantôt en nombre double des divisions du calice, tantôt elles sont très-nombreuses; les deux ovaires, plus ou moins intimement soudés entre eux par leur côté interne, sont ou libies ou plus ou moins adhérens avec le calice. Ils offrent chacun une seule loge, et, lorsqu'ils sont soudés, ils forment un ovaire biloculaire, dont chaque loge renferme un grand nombre d'ovules attachés à un trophosperme central, sur lequel viennent s'appuyer les deux bords de la cloison. Chaque ovaire se termine par un style plus ou moins allongé, au sommet duquel est un stigmate simple. Le fruit est communément nne capsule terminée par deux pointes, à deux loges polyspermes, s'ouvrant en deux valves, tantôt septicide, tantôt loculicide. Les graines contiennent sous leur tégument propre un endosperme charnu dans lequel est placé un embryon cylindrique dont la radicule est tournée vers le hile.

Les Saxifragées sont des Plantes herbacées, annuelles ou vivaces, des Arbustes ou même des Arbres plus ou moins élevés; leurs feuilles sont alternes ou opposées, simples ou composées de plusieurs folioles; quelquefois munies de stipnles. L'inflorescence est très-variée; les fleurs sont tantôt terminales et solitaires, tantôt axillaires, diversement groupées en épis, en grappes ou en capitules. Nous avons dit que nous disposions en deux tribus les genres de cette famille.

Ire Tribu.—SAXIFRAGÉES VRAIES.

Tige herbacée, feuilles alternes, étamines en nombre double ou simple des lobes calicinaux.

Heuchera, L.; Saxifraga, L.; Milella, L.; Tiarella, L.; Donatia, Forst.; Astilbe, Hamilton, et Chrysosplenium, L.

IIe Tribu.—CUNONIACÉES, R. Brown.

Tige ligneuse; feuilles opposées, simples ou composes, munies en général de stipules; étamines nombreuses ou seulement doubles des pétales.

Cunonia, L.; Weinmannia, L.; Ceratopetalum; Calycoma, R. Brown.; Codia, Forst.; Bauera, R. Brown., et Itea, L.

Quant au genre Adoxa, il nous paraît avoir aussi de très-grands rapports avec cette famille dont il s'éloigne cependant par les ovaires au nombre de trois à cinq soudés ensemble, et contenant chacun nn seul ovule. Le professeur De Jussieu trouve à ce genre quelques affinités avec les Araliacées.

La famille des Saxifragées appartient à la classe des Dicotylédones polypétales périgynes, où elle vient se placer à côté des Crassulacées et des Portulacées. Elle diffère de ces deux familles par ses deux pistils soudés, et la structure de sa graine qui, dans les deux autres familles, se compose d'un embryon recourbé autour d'un endosperme farinacé. (A. R.)

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SAXIN. MAM. On a quelquefois désigné, sous ce nom francisé, le Mus saxatilis de Pallas. (B.)

* SAYACA. OIS. Sous ce nom, les Brésiliens connaissent une espèce de Tangara, d'un gris vert brillant, que les ornithologistes d'Europe sont prise pour la femelle du Tanagra episcopus, et que le prince de Wied a décrit sous le nom de Tanagra palmarum. (LESS.)

SAYACOU OU SYACOU. OIS. Espèce de Tangara. V. ce mot. (B.)

* SAYOU. OIS. Nom donné en Chine à une espèce de Moqueur dont le chant est plein de mélodie, (LESS.)

SAYRIS. POIS. Rafinesque substitue ce nom déjà employé par Rondelet à celui de Scombrésoce créé par Lacépède. (B.)

SCABIEUSE. Scabiosa. BOT. PHAN. Genre de la famille des Dipsacées et de la Tétrandrie Monogynie, L., offrant les caractères suivans: Fleurs réunies en tête sur un réceptacle commun, environnées d'un involucre de folioles disposées sur un ou plusieurs rangs. Chaque fleur a un involucelle (calice extérieur, selon Jussieu) monophylle, ordinairement cylindracé, marqué de huit petites fossettes et ceignant étroitement le fruit; calice adhérent, ayant le limbe ordinairement à cinq segmens sétacés, qui, quelquefois, avortent en tout ou en partie; corolle tubuleuse insérée sur le calice, à quatre ou cinq divisions et à estivation cochléaire, c'est-à-dire que le lobe extérieur qui est le plus grand couvre les autres comme un casque; étamines ordinairement au nombre de quatre, quelquefois de cinq, suivant le nombre des lobes de la corolle, insérées sur celle-ci et alternes avec ses nervures, à filets saillans hors de la corolle, terminés par des anthères oblongues, biloculaires; ovaire surmonté d'un style filiforme, à stigmate échancré; akène ovale-oblong, couronné par le limbe calicinal qui affecte diverses formes, contenant une seule graine pendante, pourvue d'un albumen charnu et d'un embryon droit à radicule supére. Ce genre est composé d'un grand nombre d'espèces qui, dans l'organisation florale, offrent des différences tellement notables que l'on a établi plusieurs genres aux dépens de ces espèces. Ainsi le genre Cephalaria de Schrader, ou Lepicephalus de Lagasca, est fondé sur les Scabieuses dont le limbe du calice est presque en forme de soucoupe ou de disque concave, l'involucelle à quatre faces, les étamines au nombre de quatre, etc. Le genre Pterocephalus de Lagasca se compose des Scabieuses dont le limbe du calice est en forme d'aigrette plumeuse. Le genre Trichera de Schrader est fondé sur le Scabiosa arvensis qui a été placé récemment parmi les Knautia. Le genre Asterocephalus de Lagasca comprend des espèces qui sont été distribuées soit parmi les Scabieuses proprement dites, soit parmi les Knautia. Enfiu on trouve dans Rœmer et Schultes le genre Sclerostemma de Schott, qui ne peut être distingué des vraies Scabieuses. La plupart des genres que nous venons d'indiquer avaient été constitués il y a plus d'un siècle par Vaillant qui en outre avait créé le genre Succisa reproduit par Mœnch; mais Liuné les avait tous rejetés comme étant d'une trop faible valeur. Le docteur Th. Coulter, auquel on doit une. monographie des Dipsacées qui a paru à Genève en 1823, a adopté les genres Cephalaria et Pterocephalus, mais en les circonscrivant dans des limites plus fixes que celles qui leur avaient été assignées. Il a réformé également les caractères et la composition du genre Knautia dans lequel il a fait entrer plusieurs espèces de Scabiosa décrites par les auteurs. Nous avons fait connaître ces changemens aux articles KNAUTIE et PTÉROCÉPHALE. V. ces mots. Les caractères génériques que nous avons exposés plus haut ne conviennent qu'aux Scabieuses proprement dites, en excluant de ce genre les Cephalaria; mais comme il n'a pas été traité

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de ce genre dans notre Dictionnaire, et que d'ailleurs ses caractères essentiels ne reposent que sur une légère différence dans la forme du limbe calicinal ainsi que dans le nombre des parties florales, toutes les généralités que nous pouvons exposer sur les espèces de Scabiosa peuvent s'appliquer aux Cephalaria qui sont absolument le même port.

Les Scabieuses sont des Plantes herbacées, à racines ordinairement vivaces, à tiges simples ou rameuses, garnies de feuilles opposées, tantôt simples, tantôt découpées profondément en plusieurs lobes. Leurs fleurs sont terminales et offrent l'aspect de celles des Synanthérées; leurs couleurs sont très-variées; les Scabieuses de nos champs les sont bleuâtres. Le nombre des espèces décrites par les auteurs est très-considérable, mais beaucoup d'entre elles ne sont que de simples variétés à peine caractérisées. Coulter a rassemblé, dans sa monographie quarante-six espèces de vraies Scabieuses dont il n'a vu lui-même qu'environ la moitié. Les Cephalaria sont au nombre de seize dont sept seulement sont bien connues, parmi lesquelles nous citerons comme type les Scabiosa leucantha et syriaca qui sont pour patrie la région méditerranéenne. Beaucoup de ces Plantes croissent dans les localités montueuses et boisées de l'Europe. On en trouve aussi un grand nombre dans l'Orient, la Sibérie, au cap de Bonne-Espérance et dans l'Inde-Orientale. Parmi ces espèces il en est qui sont dignes de figurer dans les parterres comme Plantes d'ornement. Sous ce rapport nous mentionnerons principalement les Scabiosa atropurpurea et caucasica. La première est originaire de l'Inde-Orieutale, et on la cultive depuis long-temps sous le nom vulgaire de Fleur des Veuves; sa tige est droite, haute d'un pied et demi à deux pieds, munie près de la racine de feuilles oblongues, ovales, dentées, et dans la partie supérieure de feuilles pinnatifides, à divisions linéaires. Ses fleurs sont portées sur de longs pédoncules, et leur couleur est d'un pourpre foncé noirâtre. Les fleurs de la circonférence, ainsi que dans plusieurs autres espèces, sont très-irrégulières, et leur corolle est beaucoup plus développée extérieurement que celle des fleurs centrales. La Scabiosa caucasica est, comme son nom l'indique, originaire des coutrées voisines du Caucase; ses tiges sont hautes d'un pied et demi à deux pieds, garnies inférieurement de feuilles lancéolées, oblougues, entières et à la partie supérieure de feuilles profondément dentées. Les fleurs sont grandes, solitaires, d'un bleu clair, et se succèdent les unes aux autres pendant deuxà troismois. La Scabiosa succisa, L., Plante commune dans les bois et les pâturages humides de l'Europe, est connue sous les noms vulgaires, de Succise et de Mort du Diable (Morsus Diaboli) à cause de sa racine qui est coupée et comme rongée. Or, comme cette Plante était chez nos bons aïeux en grande réputation pour ses vertus médicinales, ils croyaient que le diable, cet éternel envieux du bien des hommes, rongeait la racine de cette Plante précieuse pour la faire périr et priver les mortels de ses salutaires effets. (G. N.)

SCABRITA. BOT. PHAN. Syn. de Nycthante. (B.)

SCADICCAALI. BOT. PHAN. Nom de pays de l'Euphorbia Tiracali, espèce employée dans l'Inde contre les maladies vénériennes. (B.)

SCÆVE. Scæva. INS. Fabricius désigne ainsi un genre correspondant en partie à celui de Syrpbe. V. ce mot. (G.)

SCÆVOLE. Scævola. BOT. PHAN. Genre de la famille des Goodenoviées de Brown, et de la Pentandrie Monogynie, L., offrant les caractères suivans: calice très-court, persistant, à cinq divisions; corolle infundibuli' forme dont le tube est fendu longitudinalement d'un côté; le limbe déjeté de l'autre côté, à cinq décou-

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pures ovales lancéolées, à peu près semblables, membraneuses et frangées sur leurs bords; cinq étamines saillantes hors de la corolle, ayant leurs anthères libres; ovaire infère, ovale, surmonté d'un style filiforme terminé par une sorte de godet cilié (indusium stigmatis) qui renferme le stigmate; drupe arrondie, ombiliquée, contenant un noyau ridé, tuberculeux, biloeulaire, à deux graines ovales et solitaires. Quelquefois le fruit est une baie sèche, et l'ovaire est uniloculaire; mais les espèces qui présentent ce caractère exceptionnel ne peuvent être séparées des autres Scævola. La première espèce connue fut décrite par Plumier sous le nom de Lobelia frutescens. Linné contin ua, dans ses premières éditions, à la ranger parmi les Lobelia, mais ensuite il établit le genre Scævola qui a été adopté par Vahl, Lamarck et tous les botanistes modernes. R. Brown est celui qui en a le mieux fait connaître l'organisation ainsi que les affinités. Plusieurs espèces nouvelles de la Nouvelle-Hollande sont été publiées par ce savant botaniste ainsi que par Labillardière. Les Scævoles sont des sous-Arbrisseaux ou des Plantes herbacées, à tiges ordinairement rameuses et décombantes, quelquefois couvertes d'une pubescence fine composée de poils simples. Les feuilles sont alternes ou rarement opposées, souvent dentées, mais peu divisées. Les fleurs, dont la coiolle est bleue, blanche ou jaunâtre, sont disposées en épis axillaires. On connaît aujourd'hui environ vingt-quatre espèces de Scævola, parmi lesquelles nous citerons comme type les Scævola Plumierii, Lamarck, et., S. Kænigii, Vahl. La première croît dans les contrées tropicales du globe, tant dans l'ancien continent que dans le nouveau, car on l'a rapportée non-seulement, de l'Amériqueet des Indes-Occidentales, mais encore de la côte orienîale d'Afrique. Les autres espèces croissent pour la plupart dans ies Indes-Orientales et à la Nouvelle-Hollande, principalement sur la côte méridionale. (G..N.)

* SCALA. MOLL. Klein, qui formait presque tous ses genres sur les caractères extérieurs des Coquilles, a proposé celui-ci pour quelques Coquilles turriculées garnies de côtes ni leur donnent assez bien la forme d'un petit escalier. C'est probablement la l'origine du genre Scalaire. V. ce mot. (D..H.)

SCALAIRE. Scalaria. MOLL. On trouve l'oiigine de ce joli genre de Coquilles dans le genre nommé Scala par Klein (Tent. Ostrac., p. 52). Quoique cet auteur ait fait un grand nombre de coupes semblables, il en est fort peu qui méritent d'être conservées; il semble qu'elles soient le fruit du hasard, et cependant elles ne le sont que d'une étude mal dirigée. Ce genre Scala, confondu par Linné parmi les Tuibos, fut établi définitivementpar Lamarck dès 1801, daus le Système des Animaux sans vertèbres, et placé, sans doute à canse de la forme de l'ouverture et de l'opercule, à côté des Cyclostomes. Adopté par Roissy et Montfort, Lamarck le mentionna dans sa Philosophie zoologique, où il le plaça d'une manièie beaucoup plus convenable dans la famille des Turbinacées, entre les Dauphinnles et les Turritelles. Quelques années après, il sentit que I on pouvait encore améliorer ces rapports en créant une famille, celle des Scalariens (V. ce mot), pour réunir aux Scalaires les genres Dauphinule et Vermet. Cet arrangement se trouve daus l'Extrait du Cours ainsi que dans le dernier ouvrage de Lamarck on il n'a reçu aucune modification. Cuvier (Regu. Anim.) ne mentionna le genre Scalaire que comme sous-genre des Tuibos, et en cela il ne fut point imité par Férussac, qui, par des analogies que seul il connut sans doute, le rangea dans la famille des Toupies, entre les Pleurotoinaires et les Mélanopsides, sans que nous ayons pu nous expliquer en quoi les Scalaires pouvaient

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servir d'intermédiaires entre les genres que nous venons de citer. Latreille (Fam. nat. du Règn. Anim., p. 189) divisa la famille des Péristomiens (V. ce mot) en deux sections, la première pour les genres Palndiue et Valvée; la seconde pour les tiois genres de la famille des Scalariens de Lamarck. L'opinion de Blainville, sans s'accorder complelément avec la plupart de celles que nous venons de rapporter, peut être considérée comme un terme moyen qui les concilie; il place en effet les Scalaires dans la famille des Cricostomes (V. ce mot) entre les Turritelles et les Vermets, ce qui est plus naturel que l'arrangement de Férussac, et peut-être aussi que ceux de Latreille et de Lamarck.

On ne connaît encore l'Animal des Scalaires que d'une manière imparfaite. Quoique abondamment répandu sur nos côtes, il n'a point encore été observé complètement; cependant, d'apiès quelques remarques, il semblerait se rapprocher, quant aux mœurs, de l'babitant des Cérites, étant zoophage comme lui, ce qui n'est pas ordinaire aux Animaux qui sont une coquille à ouverture entière. Les caractères de l'Animal, tirés d'une bonne figure de Plancus, sont exprimés de la manière suivante: Animal spiral; le pied court, ovale, inséré sous le cou; deux tentacules terminées par un filet et portant les yeux à l'extrémité de la partie renflée; une trompe? l'organe excitateur mâle très-grêle. Coquille turriculée, garnie de côtes longitudinales, élevées, obtuses ou tranchantes; ouverture obronde; les deux bords réunis circulairement et terminés par un bourrelet mince et recourbé; opercule corné, mince, grossier et pauci-spiré.

Les Scalaires sont de jolies Coquilles élancées, turriculées, garnies de côtes ou de lames longitudinales plus ou moins nombreuses, et variables dans chaque espèce; quelques-unes d'entre elles sont cela de îemarquable qu'il n'y a point de columelle parce que les tours de spire sont séparés les uns des autres. Ces espèces sont pourvues de lames longitudinales fort élevées, qui sont été, à ce qu'il paraît, un obstacle à la soudure immédiate des tours de spire. La Scalaire piécieuse qui présente cette disposition a été long-temps une des Coquilles les plus chères et fort estimées desamateurs; elle était trèsrare dans les cabinets, et les individus un peu plus grands que les autres se payaient jusqu'à 500 florins et quelquefois davantage. Aujourd'hui qu'un plus grand nombre se trouve ans le commerce, et qu'on l'a découvert, à ce qu'il paraît, dans la Méditerranée, on peut en trouver d'assez beaux pour 25 ou 50 fr. On a cru jusque dans ces derniers temps que le genre Scalaire ne se trouvait fossile que dans les terrains tertiaires; nous en avons cependant vu une très-belle espèce et lort grande de la Craie de Cypli dans la collection de Duchastel. Les espèces fossiles de ce genre sont généralement rares; leur fragilité en est sans doute cause. Lamarck n'a connu en tout que dix espèces; ce nombre est maintenant plus considérable, nous en possédons vingt-six, et nous ne les avons pas toutes: nous allons citer les principales.

SCALAIRE PRÉCIEUSE, Scalaria pretiosa, Lamk., Anim. sans vert. T. VI, p. 226, n° 1; Turbo Scalaris, L., Gmel., p. 3603, n° 62; Favanne, Conch., pl. 5, fig. A; Encyclop., pl. 451, fig. 1, a b. Leach a fait avec cette espèce et quelques autres dont les tours de spire sont séparés, un genre inutile sous le nom d' Acyonea. Cette espèce, nommée vulgairement 1e Scalata, a deux pouces de longueur. On en cite deux individus de quatre pouces de long, de la mer des Indes.

SCALAIRE COURONNÉE, Scalaria coronata, Lamk., loc. cit., n° 3; Encyclop., pl. 451, fig. 5, a b. Les tours de spire sont soudés, pourvus de deux bandes brunes près des sutures; une petite carène se voit à la

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base du dernier tour. Espèce très-rare, plus peut-être que la précédente.

SCALAIRE CRÊPUE, Scalaria crispa, Lamk., loc. cit., p. 229, n° 1, ibid.; Ann. du Mus. T. IV, p. 213, n° 1, et T. VIII, pl. 37, fig. 5, a b.; Encyclop., pl. 451, fig. 2, a b. Les tours de spire sont séparés comme dans la Scalaire précieuse, mais beaucoup moins cependant. Fossile à Grignon.

SCALAIRE COMMUNE, Scalaria communis, Lamk., loc. cit., n° 5; Turbo clathrus, Lin., Gmel., p. 3603, n° 63; Plancus, Conch., tab. 5, fig. 7, 8; Encyclop., pl. 451, fig. 3, a b. Les mers d'Europe, la Méditerranée, la Manche, etc. (D..H.)

* SCALARIENS. MOLL. Famille proposée par Lamarck, dans l'Extrait du Cours, pour trois genres qui étaient auparavant compris dans celle des Turbinacées, et reproduite sans changement dans son dernier ouvrage. Elle n'a point été adoptée par les conchyliologues, si ce n'est en partie par Latreille qui, dans ses Familles naturelles du Règne Animal, en a fait une section de la famille des Péristomiens (V. ce mot). Les trois genres Vermet, Scalaire et Dauphinule, que Lamarck y comprenait, sont été répartis comme sous-genre dans le genre Sabot de Cuvier, et comme genre dans la famille des Cri-costomes de Blainville. On ne peut disconvenir, après un examen attentif, que la famille des Scalariens ne soit pas naturelle. Le genre Dauphinule a trop de rapport avec les Sabots pour en être séparé. Les Scalaires se rapprochent des Turritelles tant par l'opercule que par la forme de la Coquille, tandis que le Vermet s'en éloigne également aussi. Si le rapprochement que Blainville a fait de ce genre avec les Siliquaires et les Magiles se justifie, il faudra en faire un groupe particulier. V. pour plus de détails les noms de familles et de genres que nous avons mentionnés. (D..H.)

SCALARUS. MOLL. (Montfort.) Syn. de Scalaria. V. SCALAIRE, (B.)

SCALATA (GRANDE et PETITE). MOLL. Noms vulgaires et marchands des Coquilles qui sont servi de type au genre Scalaire. V. ce mot. (B.)

SCALATIER. MOLL. Animal des Scalaires. V. ce mot. (B.)

* SCALENAIRE. Scalenaria. MOLL. Rafinesque (Monog. des Coq. d'Ohio) propose ce sous-genre dans son genre Oblicaire (V. ce mot) pour des Coquilles qu'il caractérise ainsi: Coquille triangulaire, oblique, à peine transversale, mais très-inéquilatérale; axe presque latéral; dent bilobée à peine antérieure: dent lamellaire droite; ligament oblique. Ce sous-genre, pas plus que le genre d'où il vient, ne peut être adopté. V. MULETTE. (D..H.)

SCALIAS. BOT. PHAN. (Théophraste.) Syn. d'Artichaut. (B.)

SCALIE. Scalia. BOT. PHAN. Le genre décrit sous ce nom dans le Botanical Magazine est identique avec le Podolepis. V. ce mot. (G..N.)

SCALIGERA BOT. PHAN. (Adanson.) Syn. d'Aspalathus, L. V. ASPALATH. (B.)

SCALOPE. Scalopus. MAM. Cuvier a le premier proposé le genre Scalope, Scalopus, pour recevoir des petits Mammifères carnassiers insectivores, de l'Amérique, confondus parles anciens auteurs avec les Taupes et les Musaraignes, et que l'on peut caractériser génériquement de la manière suivante: deux incisives à la mâchoire supérieure, quatre à l'inférieure; les intermédiaires fort petites; un boutoir; une queue courte; pieds pentadactyles, à doigts des pates antérieures réunis jusqu'aux ongles seulement; ongles longs, plats, dirigés un peu en arrière; corps couvert de poils. Les membres postérieurs sont faibles, débiles, tandis que les antérieurs sont assez puissans pour permettre à l'Animal de creuser le sol et de se tracer

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des canaux tortueux à l'aide de ses ongles robustes et taillés en biseau.

Les Scalopes out la plus grande analogie de forme extérieure et corporelle avec les Taupes, et les seules différences qu'on puisse remarquer parmi elles gissent dans le système dentaire et dans certaines modifications des organes des sens. Les dents sont au nombre de trente-six (F. Cuvier, Dents, p. 54), deux incisives, dix-huit mâchelières en haut, et quatre incisives et douze mâchelières en bas. Les canines sont nulles.

A la mâchoire supérieure on trouve une incisive tranchante, à biseau arrondi, à face antérieure convexe, la postérieure aplatie. Cette dent a beaucoup d'analogie avec celles des Rongeurs, et ce qui augmente encore l'analogie, c'est la manière dont elle est placée à côté de celle qui lui est contiguë. Derrière cette incisive sont placées six fausses molaires; d'abord deux petites d'une extrême tenuité et ressemblant à des fils, puis une troisième plus grande, cylindrique et pointue; la quatrième est plus petite, cylindrique et pointue; la cinquième est trouquée obliquement à son sommet d'avant en arrière, et présente dans sa coupe la figure d'un fer de lance dont la pointe est tournée en arrière; enfin la sixième est parfaitement semblable à la précédente, mais elle est seulement de moitié plus grande. Les trois mâehelières sont assez analogues à celles des Chauve-Souris et des Desmans; la seule différence qu'on y remarque, c'est que le prisme antérieur de la première est imparfait, sa moitié antérieure n'étant pas développée, et cette circonstance se reproduit à la dernière, ensuite le talon intérieur de chacune de ces trois denis est simple et ne consiste qu'en un tubercule à la base du prisme antérieur. A la mâchoire inférieure sont deux incisives: la première très-petite et tranchante; la seconde, pointue, un peu crochue, couchée en avant et dépourvue de racines proprement dites comme les défenses de certains Animaux où la capsule dentaire reste toujours libre. Fr. Cuvier ne lui donne le nom d'incisive que parce qu'elle agit dans la mastication contre l'incisive supérieure. Les trois fausses molaires qui suivent sont une seule pointe avec une petite dentelure postérieurement, et sont un peu couchées en avant et semblables l'une à l'autre, si ce n'est par la grandeur, la première etant plus petite et la troisième plus grande. Les trois molaires sont absolument semblables à celles des Chauve-Souris, c'est-à-dire composées de deux prismes parallèles terminés chacun par trois pointes, et présentant un de leurs angles au côté externe et une de leurs faces au côté interne; les deux premières sont de même grandeur, et la dernière est un peu plus petite qu'elles. Dans leur position réciproque, ces dents sont disposées de manière à ce que les incisives inférieures et supérieures se correspondent; les fausses molaires sont alternes, et les molaires sont arraugées de façon que le prisme antérieur de celle d'en bas remplit le vide qui se trouve entre deux dents et le prisme postérieur, celui que les deux prismes d'une même dent laissent entre eux, et les molaires inférieures sont de l'épaisseur d'un prisme en avant des supérieures. Tels sont les détails dout nous sommes redevables à Fr. Cuvier sur l'organisation des dents des Scalops.

Les Scalopes sont des Animaux de l'Amérique septentrionale, aveugles en apparence, et dont les yeux cachés par les poils ne communiquent à l'extérieur que par un trou presque imperceptible. Plusieurs rangées de pores sont disposées sur le museau que termine un mufle allongé. Ils se nourrissent de vers et habitent des galeries souterraines creusées près des rivières. Geoffroy Saint-Hilaire avait placé à côté de la seule espèce de Scalope, primitivement connue, la Taupe du Canada, type du genre moderne Condylure, sous le nom de Scalopus cristatus; mais tous les au-

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teurs u'admettent que'le Scalope du Canada, auquel on doit ajouter l'espèce décrite par Harlau dans la Faune américaine.

SCALOPE DU CANADA, Scalops canadensis, Cuv., Geoff., Desm., Sp., 245; Talpa virginianus, niger, Séba, pl. 52, fig. 3; Sorex aquaticus, L., Sp., 3; Musaraigne-Taupe, Cuv., Tab. élément.; Scalopvs Virginianus, Geoff., Cat.; Brown Mole, Pennant, figuré Encyclopédie, pl. 20, f. 2. Ce Scalope a le corps long de six pouces et la queue a neuf lignes. Son pelage est d'un gris fauve uniforme; a queue est presque dénuée de poils. On le trouve aux Etats-Unis depuis la Canada jusqu'en Virginie; il vit sur le bord des ruisseaux et des rivières. Les Américains le connaissent sous le nom de american white Mole.

Le docteur Harlan a décrit une espèce de Scalope qui diffère de la précédente par des particularités dans la forme des dents. Il la nomme:

SCALOPE DE PENSYLVANIE, Scalops pensylvanica, Harlan, Faune, p. 33. Les dents sont an nombre, en haut, de deux incisives, douze canines? quatre fausses molaires et deux vraies; en bas, quatre incisives, six canines? et six molaires. Les incisives ne diffèrent point de celles du Scalope du Canada; mais les molaires se ressemblent assez et ont, celles de la mâchoire supérieure, les couronnes fortement marquées de dentelures avec un sillon qui se continue tout le long du bord interne, et sur le côté externe pour les molaires inférieures. L'Animal a le corps long de quatre pouces six dixièmes, et la queue offre un pouce trois dixièmes. Il ressemble à la précédente espèce par tous les autres caractères. Il est des Etats-Unis. (LESS.)

SCALPELLE. Scalpellum. MOLL. Leach a introduit ce genre dans la science; il l'a formé avec quelques Anatifes de Bruguière. Lamarck l'a jugé peu nécessaire, puisqu'il l'a confondu dans son genre Pouce-Pied. Par suite d'une opinion à peu près semblable, Blainville l'a placé dans son genre Polylèpe qui correspond à celui de Lamarck. Nous ne pensons pas que ce genre de Leach soit adopté. V. POUCE-PIED. (D..H.)

SCALPELLUS. POIS. FOSS. (Luid.) Sorte de Glossopètre. V. ce mot. (B.)

SCAMMONÉE. BOT. PHAN. Suc gommo-résineux obtenu par incision des racines du Convolvulus Scammonia, L. V. LISERON.

On a quelquefois nommé SCAMMONÉE D'ALLEMAGNE, le Convolvulus sepium, et SCAMMONÉE DE MONTPELLIER, le Cynanchum monspeliacum. (B.)

SCANARIA. BOT. PHAN. Syn. ancien de Scandix. V. CERFEUIL. (B.)

SCANDALIDA. BOT. PHAN. Ancien nom sous lequel, selon C. Bauhin, les Italiens désignaient le Lotus Tetragonolobus, L. Adanson et Necker l'ont adopté comme nom générique. Mais on lui a préféré celui de Tetragonolobus, employé par Scopoli et Mœnch. (G..N.)

SCANDEBEC. CONCH. Rondele rapporte ce nom vulgaire à une espèce d'Huître de la Méditerranée qui a la plus grande analogie avec celle des côtes océanes. Cependant la chair en est piquante et peut occasioner des excoriations dans la bouche des personnes qui en font un fréquent usage. Ces qualités peuvent être accidentelles, et sont incapables au reste de faire décider si celle Huître doit former une espèce distincte. (D..H.)

* SCATNDEDERIS. BOT. PHAN. Du Petit-Thouars, dans son Tableau des Orchidées des îles australes d'Afrique, a ainsi nommé une Plante de I'lle-de-France dont le synonyme serait le Neottia scandens. Elle fait d'ailleurs partie de son genre Hederorchis. V. ce mot. (G..N.)

SCANDIX. BOT. PHAN. V. CERFEUIL.

SCANDULACA. OIS. L'un des sy-

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nonymes du Grimpereau commun. V. GRIMPEREAU. (DR..Z.)

SCANDULATIUM, BOT. PHAN. Syn. ancien de Thlaspi. V. ce mot. (B.)

SCANSORES. (Grimpeurs.) OIS. Dans la Méthode d'Illiger on trouve sous ce nom un ordre d'Oiseaux grimpeurs à deux doigts devant et deux derrière. (DR..Z.)

SCANSORIPÈDES. OIS. Quelques auteurs sont appelé ainsi les Oiseaux grimpeurs. (DR..Z.)

* SCAPHA. MOLL. Une petite espèce de Néritine, très-grossie par Bonani (Récréat, ment. et occel., n° 197), est devenue pour Klein (Méth. ostrac., p. 22) le type d'un genre auquel il donne ce nom, parce que l'Animal renverse sa coquille pour nager, et ressemble ainsi à une petite barque. Ce genre est tombé dans l'oubli. (D..H.)

SCAPHANDRE. Scaphander. MOLL. Qu'il ne faut pas confondre, comme on l'a fait dans le Dictionuaire de Déterville, avec Scapha. V. ce mot. Genre que Montfort a proposé pour séparer des Bulles de Linné et des autres conchyliologues, le Bulla lignaria; mais ne reposant pas sur des caractères suffisans, ce genre, n'a pas été adopté. V. BULLE. (D..H.)

SCAPHIDIE. Scaphidium. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Clavicornes, tribu des Peltoïdes, établi par Olivier aux dépens du genre Silpha de Linné, et adopté par tous les entomologistes avec ces caractères: corps épais, de forme naviculaire, rétréci et pointu aux deux bouts. Tête petite, yeux arrondis, à peine saillans. Antennes insérées audevant des yeux, sur les côtés de la partie supérieure de la tête, presque de la longueur du corselet, composées de onze articles, les six premiers minces, allongés, presque cylindriques, les cinq autres formant une massue, presque ovales un peu comprimées. Labre entier; mandibules obtuses à leur extrémité et bifides. Palpes maxillaires filiformes, de quatre articles, le dernier presque cylindrique, terminé en alêne; palpes labiaux très-courts, filiformes, ne s'avançant pas au-delà de la lèvre, et composés de trois articles presque égaux. Lèvre membraneuse, sa partie saillante courte, transversale, son bord supérieur un peu plus large, presque concave; menton presque carré, coriace. Corselet convexe, presque trapéziforme, beaucoup plus étroit en devant, un peu plus large à sa partie postérieure qu'il n'est long. Elytres tronquées, laissant l'anus à découvert et cachant deux ailes. Abdomen terminé en pointe épaisse. Pates grêles; jambes longues, presque cylindriques. Tarses grêles, terminés par deux crochets. Ce genre se distingue de tous ceux de sa tribu par la forme naviculaire de son corps, et par d'autres caractères tirés des antennes et des pâtes: il se compose de trois espèces européennes qui vivent sur les bolets et les champignons. Nôus les avons rèncontrées toutes trois aux environs de Paris; mais celle que nous y avons trouvée le plus abondamment et qui passait pour rare, est:

Le SCAPHIBIE IMMACULÉ, Scaphidium immaculatum, Fabr., Latr. Il est long de deux lignes, d'un noir luisant sans taches. Nous l'avons pris en octobre dans le bois de Romainville près Paris. Il se tient so lis le chapeau d'une grande espèce de champignon blanc, et se laisse tomber à terre au moindre mouvement que l'on imprime à ce végétal. Pour en prendre, nous étions obligé d'étendre un mouchoir auprès de ces grandes réunions de champignons et de les renverser brusquement dedans.

Le Scaphidium quadrimaculatum est de la même taille; il diffère du précédent parce qu'il a deux taches rouges sur chaque élytre. Enfin le Scaphidium agaricinum est tout au plus long d'une demi-ligne; son corps est tout noir. (G.)

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* SCAPHINOTE. Scaphinotus. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Carnassiers, tribu des Carabiques, établi par Latreille qui le place dans sa division des Carabiques abdominaux, et confondu avec les Carabes par Olivier, et avec le genre Cychrus par Fabricius. Les caractères de ce genre sont exprimés ainsi par Dejean (Spéciès des Coléopt., etc.): anlennes sétacées; labre bifide; mandibules étroites et avancées, denlées intérieurement. Dernier article des palpes très-fortement sécuriforme, presque en cuiller, et très-dilaté dans les mâles. Menton très-fortement échancré. Bords latéraux du corselet trèsdéprimés, relevés postérieurement et prolongés. Elytres soudées, trèsfortement carenées latéralement et embrassant une partie de l'abdomen. Tarses antérieurs ayant leurs trois premiers articles légèrement dilatés dans les mâles. Ce genre se distingue des Cychres, avec lesquels Fabricius avait confondu ses espèces, parce que dans ces derniers les bords latéraux du corselet ne sont point prolongés postérieurement, et qu'ils sont peu ou point déprimés. Les mêmes différences éloignent le genre Sphérodère de Dejean des Scaphinotes. Le genre Pambore en est distingué, parce que ses élytres ne sont pas carenées latéralement et qu'elles n'embrassent pas l'abdomen. Enfin les genres Carabe proprement dit, Procère, Calosome, Tefflus, etc., en sont bien séparés par l'absence de dents au côté interne des mandibules. Ce genre se compose de deux espèces américaines; la mieux connue est:

Le SCAPIIINOTE RELEVÉ, Scaphinotus elevatus, Dej., Spéciès des Coléopt. de la Coll. de Dejean, etc. T. II, p. 17; Cychrus elevatus, Fabr.; Carabus elevatus, Oliv., Entom., 3, p. 46, n° 48, tab. 7, fig. 82. Cet Insecte est long d'environ neuf lignes, noir, avec le corselet violet, et les élytres d'un cuivreux violet avec des stries ponctuées. On le trouve dans l'Amérique septentrionale. (G.)

* SCAPHIS. BOT. CRYPT. (Lichens.) Ce genre a été fondé par Eschweiler (Syst. lich., p. 14) aux dépens du genre Opegrapha d'Acharius; il est ainsi caractérisé: thalle crustacé, adhérent, uniforme; apothécie oblong ou allongé, presque simple, sessile, et dont le périthécium, presque entier dans la jeunesse, s'ouvre et devient inférieur et latéral dans l'âge adulte; ce périthécium margine le nucléum. C'est avec raison que Meyer le réunit au genre Graphis, dont il ne semble point sensiblement différer. (A. F.)

SCAPHITE. Scaphites. MOLL. Le genre Scaphile a été institué par Sowerby dans son Mineral Conchology, successivement adopté par Férussac, Blainville, Defrance, De Haan, etc., et diversement placé selon les caractères qu'on lui a reconnus. Sowerby n'avait pas donné les caractères d'une manière complète; de sorte qu'il à été difficile, avant de les avoir étudiés d'une manière convenable, de placer ce genre dans la série. C'est ainsi que De Haan, croyant que les cloisons étaienl simples, le mit près des Nautiles, ce que fit également Blainville dans son article Mollusque du Dictionnaire des Sciences naturelles, trompé par une figure mal faite dans l'Atlas de cet ouvrage; il rectifia cette erreur dans son Traité de Malacologie. Férussac avait reconnu la nature de ce genre, et l'avait rangé dans la famille des Ammonés (V. ce mot), la seule où il soit naturel de le trouver. Brongniart, qui trouva ce genre dans la Craie inférieure de Rouen, fut à même de le bien juger comme on le voit dans son excellent ouvrage sur la géologie du bassin de Paris. D'Orbigny, dans son Travail sur les Céphalopodes, s'est servi judicieusement du genre qui nous occupe pour lier les Hamites avec les Ammonites, et par sa structure il remplit en effet cette lacune. Maintenant complètement connu, ce genre doit recevoir les caractères qui suivent: coquille elliptique, à spire embrassante, rou-

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lée sur le même plan; tours contigus, excepté le dernier qui se detache et se replie ensuite sur la spire; cloisons nombreuses, profondément découpées comme dans les Ammonites; la dernière loge fort grande, comprenant toute la partie détachée et droite de la coquille, se terminant par une ouverture rétrécie, par un bourrelet circulaire.

Les Scaphites sont des coquilles d'un volume médiocre que l'on ne connaît qu'à l'état de pétrification. On ne les a encore rencontrées que dans les terrains de Craie, et seulement dans la Craie inférieure; elles sont une forme ellipsoïde, particulière. Quand elles sont jeunes, on les prendrait pour des Ammonites; car alors elles sont un mode de développement dans la spire absolument semblable. Mais parvenues à l'âge adulte, le dernier tour, qui est complètement dépourvu de cloisons, se détache, se prolonge en ligne presque droite, se recourbe près de l'ouverture qui se renverse vers la spire. Cette ouverture, quand elle est complète, est rétrécie par un bourrelet interne fort épais, à en juger d'après l'ctranglement qu'il produit. Lorsque les Scaphites n'ont pas été roulées, elles conservent des traces d'une nâcre brillante; le test était, à ce qu'il paraît, très-mince, et il est très-rare d'en rencontrer des restes. Sowerby, dans l'ouvrage que nous avons cité, décrit et figure deux espèces de Scaphite. Defrance, dans le Dictionnaire des Sciences naturelles, croit avec raison que la seconde espèce n'est qu'une variété de la première. Les variétés assez nombreuses que nous avons vues de ces Coquilles nous font adopter la manière de voir de Defrance. Nous ne mentionnerons que l'espèce suivante:

SCAPHITE ÉGALE, Scaphites æqualis, Sow., Min. Conch., pl. 18, fig. 1 à 7; ibid., Parkinson, Introd. to the stud. of Foss., pl. 6, fig. b; ibid., Cuv. et Brong., Géol. des env. de Paris, pi. 6, fig. 13; Blainville, Trait. de Malac., pl. 13, fig. 3. De la Craie inférieure de la montagne Sainte-Catherine près Rouen, de la montagne des Fis dans les Alpes de Savoie; en Angleterre, près de Brighton, et dans le comté de Sussex près de Leweis. (D..H.)

SCAPHOIDE. POIS. FOSS. Les pétrifications qui sont anciennement reçu ce nom, paraissent être des Buffonites. V. ce mot. (B.)

* SCAPHOPHORUS. BOT. CRYPT. (Champignons.) Ehrenberg a donné ce nom au genre déjà désigné par Fries sous celui de Schizophyllus. V. ce mot. (AD. B.)

* SCAPHURE. Scaphura. INS. Ce genre, créé presque en même temps par Latreille sous le nom de Pennicorne, et par Kirby sous celui de Scaphure, fait partie de la famille des Locustaires de l'ordre des Orthoptères sauteurs. Quoique Latreille lui ait imposé le nom de Pennicorne dans ses Familles naturelles du Règne Animal, il l'a abandonné en voyant que Kirby avait publié les caractères de ce même genre dans le n° 5 du Zoological Journal, avril 1825. Ces caractères sont exprimés de la manière suivante: labre orbiculaire; mandibules cornées, fortes, presque trigones, arrondies à leur partie dorsale, munies intérieurement de cinq dents, les trois de l'extrémité faites en lanière, l'intermédiaire incisive, Échancrée; celle qui est la plus près de la base ressemblant assez à une dent molaire; lobe supérieur des mâchoires coriace, linéaire, courbe à son extrémité; l'inférieur ayant à sa pointe trois épines dont l'inférieure est la plus longue. Lèvre coriace; son extrémité divisée en deux lobes oblongs. Palpes filiformes; les maxillaires de quatre articles; le second et le quatrième plus longs que les autres; celui-ci grossissant vers le bout. Palpes labiaux de trois articles, le premier le plus court de tous, l'intermédiaire moins long que le dernier. Antennes multiarticulées, filiformes et velues à leur base, sétacées

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à leur extrémité. Oviscnpte en forme de nacelle, garni d'asperités. Corps oblong, comprimé. Ce genre se compose de trois ou quatre espèces toutes propres au Brésil. Celle qui lui sert de type et qui a été décrite par Kirby, est:

La SCAPHURE DE VIGORS, Scaphura Vigorsii, Kirby, Zool. Journ., n° 5, avril 1825, pl. 1, fig. 1 à 6. Cet Insecte est long de quatorze lignes. Il est noir; son abdomen est bleuâtre; les cuisses postérieures sont dans leur milieu une bande blanche; l'extrémité des élytres est pâle et les antennes sont velues à leur partie inférieure. (G.)

SCAPOLITHE. MIN. C'est-à-dire Pierre en tiges, en baguettes. Syn. de Bacillaire. V. WERNÉRITE. (G. DEL.)

* SCAPTÈRE. Scapterus. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Carnassiers, tribu des Carabiques, établi par Dejean (Spéciès des Coléopt., etc. T. 11, p. 472), et dont le nom vient d'un mot grec qui signifie fouisseur. Les caractères que l'auteur assigne à ce genre sont: menton articulé, légèrement concave, fortement trilobé, ridé transversalement. Labre trés-court, tridenté; mandibules peu avancées, assez fortement dentées à leur base; dernier article des palpes labiaux allongé, presque cylindrique. Antennes courtes, moniliformes; le premier article assez grand, à peu près aussi long que les trois suivans réunis; les autres beaucoup plus petits, très-courts, presque carrés et grossissant un peu vers l'extrémité. Corps allongé, cylindrique. Jambes antérieures fortement palmées; corselet carré, convexe, presque cylindrique; élytres cylindriques, presque tronquées à leur extrémité; leurs bords latéraux parallèles. Pates très-courtes. Jambes intermédiaires ayant deux dents près de l'extrémité. Tête courte, presque carrée. Ce genre a les plus grands rapports avec les Oxystomes; il s'en distingue cependant par les mandibules qui dans ces derniers sont à peine dentées intérieurement. Les Oxygnathes, Camptodontes et Clivines sont dans le même cas. Les Carènes se distinguent du genre Scaptère par leurs quatre palpes maxillaires dont le dernier article est dilaté. Les Scarites et les Acanthoscèles sont les mandibules grandes et avancées; de plus les Scarites sont le corselet presque en croissant, les Acanthoscèles sont le corps court. Enfin les Pasimaques sont bien distincts du genre qui nous occupe par leur corps aplati, et leur corselet large, presque cordiforme et échancré postérieurement. La seule espèce connue de ce genre nous a été dédiée par Dejean; elle se trouve aux Indes-Orientales :

Le SCAPTÉRE DE GUÉRIN, Scapterus Guerini, Dejean, Spéciès des Coléopt., etc. T. 11, p. 472; est long de sept lignes et demie, noir; sa tête a un tubercule élevé presque en forme de corne. Les élytres sont des stries fortement ponctuées. (G.)

SCAPULAIRES. OIS. Nom des plumes implantées sur l'humérus, qui recouvrent les épaules et se plongent souvent de chaque côté en descendant le long de la colonne vertébrale. (DR..Z.)

* SCAPUS. BOT. PHAN. V. HAMP.

SCARABÆUS. INS. V. SCARABÉE.

SCARABE. Scarabus. MOLL. Parmi le grand nombre de genres que Montfort a créés, on en compte à peine quelques - uns qui resteront dans la science. On peut facilement s'assurer de ce que nous avançons en consultant dans ce Dictionnaire les articles où il est question de ces genres. Celui dont nous allons nous occuper est une des rares exceptions à la proscription que l'on pourrait mettre sur presque tout le travail de Montfort. Les Coquilles du genre Scarabe étaient connues depuis fort longtemps, puisque Lister les a représentées dans son Synopsis. Recopiées

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par Klein, il les rapprocha des Hélices dont l'ouverture est rétrécie par des dents, et fit de cet assemblage peu naturel un genre qu'il nomma Angystoma (V. ce mot) qui n'a point été adopté. Linné les confondit aussi dans son grand genre Hélice, d'où Bruguière les fit sortir pour les ranger d'nne manière tout aussi peu convenable dans le genre Bulime. Par leurs caractères, elles durent entrer dans le genre Auricule aussitôt qu'il fut proposé, et c'est en effet ce qui arriva. V. AURICULE. Lamarck, auteur du genre Auricule, ne connaissait pas l'Animal de l'Helix scarabeus. Il n'est donc pas surprenant qu'il l'ait conservé parmi les Auricules. Ce n'est que depuis quelques années que Blainville, l'ayant reçue de l'île d'Amboine de Marion de Procé, en a publié une description dans le Journal de Physique. Dèslors il ne s'éleva plus de doutes sur le genre Scarabe, qui fut définitivement conservé dans la Méthode. On ne peut disconvenir qu'il n'ait avec les Auricules les plus grands rapports quant à la coquille et aux mœurs de l'Animal; mais celuici différerait notablement de celui des Auricules, surtout si l'observation confirmait ce que notre estimable et savant ami Lesson nous a communiqué à son sujet. Par une contradiction que nous expliquons difficilement, Blainville, après avoir indiqué lui même le premier la séparation des Scarabes et des Auricules, les réunit cependant dans son Traité de Malacologie, et les sépare de nouveau à l'articlc Scarabe du Dictionnaire des Sciences naturelles. Il résulte de cette vacillation une incertitude pénible pour ceux qui ne font qu'entrer dans la science. Les caractères de ce genre peuvent être exprimés de la manière suivante: Animal trachélopode, spiral, ovalaire; tête large, portant deux tentacules subrétractiles, cylindriques, oculés au côté interne de la base; cavité respiratrice dorsale recevant l'air en nature par une ouverture ronde placée sur le côté droit du corps. Coquille ovalaire, déprimée de haut en bas, à tours de spire nombreux et serrés; ouverture ovale, pointue, à bord droit, marginé en dedans, et garni, ainsi que le gauche, d'un grand nombre de dents qui en rétrécissent considérablement l'entrée. Ce genre ne s'est encore rencontré à l'état fossile qu'une seule fois, et le nombre des espèces qu'il renferme se réduit à trois. Elles sont un aspect particulier; déprimées de haut en bas, elles sont plus larges dans un de leur diamètre, lequel est encore augmenté par une série de bourrelets marginaux (trace des anciennes ouvertures) qui se voient de chaque côté du haut en bas de la coquille, comme cela a lieu dans les Ranelles. Cette disposition, seul exemple qu'on en pourrait citer jusqu'à présent parmi les Coquilles terrestres, annonce un accroissement à repos périodique. Les Animaux de ce genre ne sont pas marins comme quelques personnes l'ont cru. Ils ne vivent pas non plus au milieu des continens; ils sont besoin de l'influence de la mer, d'habiter sur ses bords, sur les plantes qui y croissent; ils peuvent même, comme les Auricules, être quelque temps immergés sans en souffrir. Blainville, dans l'article Scarabe du Dictionnaire des Sciences naturelles, a reconnu trois espèces appartenant à ce genre. Ignorant sans doute qu'elles avaient reçu un nom spécifique, il leur en a donné d'autres qui ne seront point adoptés.

SCARABE GUEULE DE LOUP, Scarabus imbrium, Montf., Conch. syst. T. 11, p. 306; Helix Scarabæus, L., Gmel., p. 3613, n. 1; Helix pythia, Müller, Verm., p. 88, n. 286; Bulimus Scarabæus, Brug., Encycl., n. 74; Auricula Scarabæus, Lamk., Anim. sans vert. T. VI, p. 136, n. 9; Scarabus imbrium, Férus., Prodr., p. 161, n. 1; ibid., Blainv., Dict. des Sc. nat. T. XLIX, p. 31; Chemnitz, Conch. T. IX, tab. 136, fig. 1249–1250. C'est l'espèce la plus commune.

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On en a trouvé un exemplaire fossile dans les terrains tertiaires d'Italie; il est conservé dans la Collection du Muséum.

SCARABEPLISSÉ, Scarabus plicatus, Férus., loc. cit., n. 2; Scarabus abbreviatus, Blainv., loc. cit., n. 2; Lister, Synops., tab. 577, fig. 32; Klein, Ostrac., tab. 1, fig. 24; Favanne, Conch., tab. 65, fig. D 4; Chemnitz, T. IX, tab. 136, fig. 1251-1253; Bulimus Scarabæus, Brug., loc. cit. Espèce très-rare, bien distincte. Elle vient du Bengale.

SCARABE DE PETIVER, Scarabus petiverianus, Férus., loc. cit., n. 3; Scarabus Lessonii, Blainv., loc. cit., n. 3; Petiver, Gazophyl., decas 1, tab. 4, fig. 10. Cette espèce bien distincte a étė rapportée récemment par Lesson, qui l'a trouvée en assez rande abondance au port Praslin dans la Nouvelle-Irlande. (D..H.)

SCARABĖ. Scarabæus. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Lamellicornes, tribu des Scarabéides, placé par Latreille dans sa division es Xylophiles, et établi par Linné qui lui donnait une grande extension. Plusieurs auteurs l'ont successivement restreint, et on le compose aujourd'hui d'Insectes ayant pour caractères généraux: corps ovoïde, convexe; tête presque trigone, ayant un chaperon simple et muni d'une corne; antennes courtes, composées de dix articles, le premier long, conique, gros, enflė, velu; le second presque globuleux, les suivans très-courts, transversaux, grossissant un peu depuis le troisième jusqu'au sixième inclusivement; le septième presque cyathiforme; les trois derniers formant une massue feuilletée, ovale, plicatile. Labre membraneux, caché par le chaperon, adhérent à la surface inférieure de celui - ci, son bord antérieur cilié. Mandibules presque trigones, cornées, très-dures, épaisses à leur base, sinuées, crénelées ou dentées sur leur côté extérieur. Mâchoires dures, arquées, terminées en pointe, souvent dentées, velues. Palpes maxillaires presque une fois plus longs que les labiaux, composés de quatre articles; le premier court, très-petit; le second assez long, presque conique; le troisième conique, plus court que le précédent; le quatrième au moins aussi long que le second, arrondi à son extrémité; palpes labiaux courts, insérés vers l'extrémité du menton, de trois articles, les deux premiers courts, presque égaux, le troisième long, un peu plus gros que les autres, arrondi à son extrémité; menton velu, convexe, allongé, cachant la lèvre; son extrémité obtuse on tronquée. Yeux globuleux; corselet légèrement bordé, armé d'une ou plusieurs cornes, ou échancré antérieurement; sternum simple, uni; écusson distinct, triangulaire; élytres grandes, recouvrant les ailes et l'abdomen; pates fortes; jambes s'élargissant vers le bas, les antérieures munies de trois ou quatre dents latérales à leur partie extérieure et d'une forte épine au-dessous de leur extrémité; les quatre postérieures en ayant deux et munies en outre de rangées transversales d'épines roides; articles des tarses garnis de poils, le dernier muni de deux crochets simples, ayant un faisceau de poils dans leur entre-deux. Les Scarabés se trouvent principalement dans les contrées équatoriales des cinq parties du monde; on n'en connaît qu'une espèce de taille moyenne qui habite l'Europe; mais il en existe un grand nombre en Amérique, en Afrique, dans les Indes-Orientales, etc. C'est parmi ces dernières que l'on rencontre les Insectes les plus grands, et I'on ne peut citer que le genre Priorne dont quelques espèces atteignent une taille plus considérable. Les larves des Scarabés ne sont point connues; mais il est probable qu'elles ressemblent beaucoup à celles des Oryctès et des autres Scarabéides que nous connaissons. Celles des grosses espèces doivent vivre dans l'intérieur du tronc

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carié des grands arbres si communs dans les forêts vierges du Nouveau-Monde, et doivent beaucoup hâter la décomposition de ces colosses végétaux destinés à entretenir, après leur chute, une foule d'autres plantes. On connaît environ soixante-dix ou quatre-vingts espèces de Scarabés; presque toutes sont d'une couleur noire ou brune; en général les mâles portent des cornes sur la tête et des appendices plus ou moins larges et ramifiés sur le corselet, tandis que leurs femelles en sont dépourvues. On les a distribuées dans quatre divisions ainsi qu'il suit:

1°. Elytres sans stries longitudinales.

Le SCARABÉ HERCULE, Scarabæus Hercules, L., Oliv., Latr., etc.; Geotrupes Hercules, Fabr., figuré dans une foule d'ouvrages, et que l'on voit dans presque toutes les collections. C'est l'un des plus grands connus: on le trouve dans l'Amérique méridionale.

2°. Elytres ayant une seule strie qui est suturale.

Dans cette division on fait deux subdivisions; les Scarabés de la première sont les élytres lisses. Nous citerons parmi ceux-là:

Le SCARABÉ ALOEUS, Scarabæus alæus, L., Oliv., Latr.; figuré daus l'Atlas de l'Encyclopédie, pl. 140, fig. 8; Geotrupes alæus, Fabr. Il a près de deux pouces de long; sa tête porte une petite corne et sou corselet est profondément échancré au milieu, avec une pointe dirigée en avant de chaque côté. On le trouve communément à Cayenne.

Ceux de la seconde subdivision sont les élytres ponctuées sur les côtés.

Le SCARABÉ ENEMA, Scarabæus enema, L., Latr., figuré dans l'Encyclopédie, pl. 140, fig. 6, appartient à cette subdivision.

3°. Elytres ayant plusieurs stries longitudinales.

Le SCARABÉ BILOBÉ, Scarabæus bilobus, L., Latr., Oliv., Encycl., pl. 141, fig. 10, qui se trouve à Cayenne.

4°. Elytres irrégulièrement ponctuées dans toute leur étendue.

Le SCARABÉ PONCTUÉ, Scarabæus punctatus, Latr., Oliv.; figuré par Rossi, Faun. Etrusc., tab. 1, pl. 1, fig. 1. Il a près de neuf lignes de long; son corps est tout noir. On le trouve en Italie et dans les provinces méridionales de la France.

Le nom de Scarabé a été donné vulgairement à tous les Insectes de l'ordre des Coléoptères. Ainsi ou donne les noms de:

SCARABÉS AQUATIQUES, aux Dytiques et aux Hydrophiles.

SCARABÉ DU LYS, au Cryoceris merdigera.

SCARABÉ PULSATEUR, à une espèce Anobium.

SCARABÉ A RESSORT, aux Taupins.

SCARABÉS TORTUES ou HÉMISPHÉRIQUES, auxCoccinelles.

SCARABÉ A TROMPES, auxRhynchophores.

Enfin Mac-Leay désigne sous le nom de Scarabés les Ateuchus et les Gymnopleures de Latreille. Il donna au genre Scarabæus de Latreille le nom de Dynastes.

Fabricius (Syst. Eleuth.) comprend sous le nom de Scarabæus des Insectes des genres Géotrupe et Bolbocère de Latreille. Le genre Scarabæus proprement dit de Latreille correspond ainsi aux Géotrupes de Fabricius. (G.)

SCARABÉIDES. Scarabæides. INS. Latreille désigne ainsi une tribu de Coléoptères de la famille des Lamellicornes, section des Pentamères, et correspondant au grand genre Scarabæus de Linné. Les caractères de cette tribu sont exprimés ainsi dans ses Familles naturelles du Règne Animal: massue des antennes composée de feuillets, soit pouvant s'ouvrir et se fermer à la manière de ceux d'un livre, soit cupulaires, le premier de

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cette massue étant le plus grand, presque en forme de cornet et enveloppant les autres. Latreille divise cette tribu ainsi qu'il suit:

I. Antennes de huit à neuf articles; labre et mandibules membraneux, cachés. Màchoires terminées par un lobe membraneux, arqué, large et tourné en dedans; dernier article des palpes labiaux beaucoup plus grêle que les précédens ou très—petit.

Les COPROPHAGES, Coprophagi.

1. Seconds pieds beaucoup plus écartés entre eux à leur naissance que les autres; palpes labiaux très-velus, avec le dernier article beaucoup plus petit que le précédent ou même peu distinct. (Ecusson le plus souvent nul ou peu visible.)

Genres: ATEUCHUS (Scarabée, Mac-Leay fils); GYMNOPLEURE, SYSIPHE, ONITIS, ONITICELLE, ONTHOPHAGE, PHANÉE (Lonchophorus, Germ.), BOUSIER.

2. Tous les pieds insérés à égale distance les uns des autres. Palpes labiaux velus, à articles cylindriques, presque semblables. Ecusson trèsdistinct. Elytres enveloppant les côtés et l'extrémité postérieure de l'abdomen.

Genres: APHODIE, PSAMODIE (voisins des Egialies, mais ayant le labre et les mandibules cachés).

II. Antennes le plus souvent de dix à onze articles. Mandibules du plus grand nombre cornées et découvertes. Labre de la plupart coriace, et plus ou moins à nu dans plusieurs. Palpes labiaux filiformes ou terminés par un article plus grand. Mâchoires soit entièrement cornées, soit terminées par un lobe membraneux ou coriace, mais droit et longitudinal.

1. Mandibules cornées, non en forme de lames très-minces ou d'écailles.

A. Mandibules et labre toujours totalement ou eu partie à nu, saillans au-delà du chaperon. Elytres enveloppant le contour extérieur de l'abdomen et lui formant une voûte complète.

Antennes de plusieurs à onze articles. Pieds postérieurs très-reculés en arrière.

Les ARÉNICOLES. Arenicolæ.

a.Languette bifide, ses deux lobes saillans au-delà du menton.

Mandibules généralement saillantes, arquées. Antennes de onze ou neuf articles.

* Antennes de neuf articles.

Genres: CHIRON, ÆGIALIE.

Nota. Quoique les Chirons, genre établi par Mac-Leay fils, paraissent se rapprocher, par la massue des antennes, des Passales, ils appartiennent néanmoins, sous tous les autres rapports, à cette division des Scarabéides.

** Antennes de onze articles.

Nota. Ils composent la petite famille ou tribu que j'avais désignée sous le nom de Géotrupins.

Genres: GÉOTRUPE, BOLBOCÉRE, ELÉPHASTOME, ATHYRIE, LETHRUS.

b. Languette entièrement recouverte par le menton.

Antennes le plus souvent de dix articles, de neuf dans les autres.

Mandibules et labre moins saillans que dans les précédens, et ne paraissent point, l'Animal étant vu en dessous. Hanches antérieures souvent grandes et recouvrant le dessous de la tête. Côté interne des mâchoires denté. Insectes produisant une stridulation.

* Antennes de neufarticles.

Genres: CRYPTODES, MÉCHIDIE.

** Antennes de dix articles.

Genres: PHOBÈRE, TROX, HYBOSORE, ORPHNÉ?

Le genre Acanthocère de Mac-Leay fils nous est inconnu. Les organes de la manducation semblent l'éloi-

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gner des précédens et le reporter plus bas.

B. Labre et mandibules rarement saillans au-delà du chaperon. Extrémité postérieure de l'abdomen découverte.

a. Languette entièrement caehée par le menton et confondue même avec lui.

Corps rarement allongé, avec le corselet oblong. Elytres point béantes à la suture.

* Antennes toujours de dix articles, et dont les tiois derniers forment la massue. Mandibules saillantes ou découvertes du moins à leur partie latérale externe (non entièrement recouvertes en dessous par les mâchoires, et en dessus parle ehaperon).

Mâchoires du plus grand nombre entièrement cornées et dentées, terminées dans les autres par un lobe coriace et velu.

Les XYLOPHILES, Xylophili.

Genres: ORYCTÉS, PHILEURE, SCARABÉE, HEXODON, RUTÉLE, CHASMADIE, MACRASPIS, PÉLIDNOTE, CHRYSOPHORE, OPLOGNATHE, CYCLOCEPHALE (Chalepus de Mac-Leay fils, dénomination déjà employée génériquement ). Ce dernier genre semble faire le passage de cette division à la suivante.

Mandibules très-peu découvertes, mais déprimées.

** Antennes de huit à dix articles; massues de plusieurs mâles formées par les sept à cinq derniers, de trois dans les autres. Mandibules recouvertes en-dessus par le chaperon, et caehées en dessous par les mâchoires; leur côté extérieur seul apparent.

Les PHYLLOPHAGES, Phillophagi.

† Mandibules fortes, extérieurement cornées. Extrémité des mâchoires sans dents, ou n'en ayant que deux. (Antennes de dix articles.)

Genres: ANOPLOGNATHE, LEUCO-THYRÉE, APOGONIE, AMBLYTÈRE.

†† Mandibules fortes, entièrement cornées. Mâchoires pluridentées.Tarses antérieurs des mâles dilatés et garnis en dessous de brosses. (Antennes de neuf articles.)

Genre: GÉNIATE f (Gamatis, Dej.).

††† Mandibules fortes, entièrement cornées. Mâchoires pluridentées. Tarses semblables et sans brosses dans les deux sexes.

a. Massues des antennes de cinq à sept feuillets dans les mâles.

Genres: HANNETON (antennes de dix articles ), PACHYPE ( antennes de neuf articles.

b. Massues des antennes de trois feuillets dans les deux sexes.

1. Antennes de dix articles.

Genres: RHIZOTROGUE. (Melolontha æstiva), AREODE.

2. Antennes de neuf articles.

Genres: AMFIMALLE, Melolontha solsticialis, EUCHLORE (Anomala, Dej.).

†††† Portion interne des mandibules moins solides que l'autre ou membraneuse. Antennes de neuf à dix articles, dont les trois derniers forment la massue.

Genres: SÉRIQUE, Mac-Leay; ANISOPLIE, HOPLIE, MONOCHÉLE, MACRODACTYLE, DIPHUCÉPHALE.

b. Languette saillante au-delà du meuton (bilobée ).

1°. Mandibules cornées. Mâchoires terminées par un lobe membraneux et soyeux. Corps souvent allongé avec le chaperon avancé; le corselet oblong ou presque orbiculaire; les élytres écartées ou béantes à leur extrémité interne ou suturale. Antennes de neuf à dix articles dont les trois derniers forment la massue.

Les ANTHOBIES, Anthobii.

Genres: GLAPHYRE, AMPHICOME, ANISONYX, CHASMATOPTÈRE.

2°. Mandibules très-aplaties, en forme de lames minces on d'écailles ordinairement presque membraneuses.

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Labre presque membraneux, cache' sous le chaperon; mâchoires terminées par un lobe en forme de pinceau. Languette non saillante. Corps le plus souvent ovale, déprime', avec le corselet en trapèze ou presque orbiculaire. Couleurs ordinairement brillantes ou variées.

Les MÉLITOFHILES, Melithophili.

Genres: PLATYGÉNIE, CRÉMASTOCUEILE, GOLIATH, THICHIE, CÉTOINE, GYMNETIS. Menton grand et large dans les trois premiers genres. V. tous ces mots, soit à leur lettre, soit au Supplément.

Telles sont les divisions dans lesquelles Latreille a classé le grand nombre de genres établis dans cette tribu; nous avons cru devoir les présenter ici, afiu que l'on puisse y rapporter les genres qui sont été traités dans les premiers volumes à une époque où les familles nouvelles n'étaient pas encore publiées. (G.)

* SCARABUS. INS. V. SCARABE.

SCARCHIR. OIS. Espèce du genre Canard de la sous-division des Sarcelles. V. CANARD. (B.)

SCARCINE. Scarcina. POIS. Genre proposé par Rafinesque pour recevoir quatre espèces de Poissons des mers de la Sicile, et voisines, par leurs caractères zoologiques, des Ammodytes et des Donzelles. Ce genre aurait pour caractères: des nageoires caudale, dorsale et anale isolées les nnes des autres, le corps très-comprimé; les catopes nulles; les maxillaires armés de dénts; la nageoire dorsale fort longue et l'auale plus courte. On ne sait rien des mœurs de ces espèces de Poissons. Rafinesque. leur donne les noms de Scarcina argentea, punctata, quadrimaculata et imperialis. On emploie les écailles de la première pour remplacer celles de l'Ablette, dans la formation de l'essence d'orient ou la matière des perles fausses. (LESS.)

SCARE. Scarus. POIS. Genre de la famille des Labroïdes, division des Acanthoptérigiens de Cuvier, et des Holobranches thoraciques ostéostomes de la Zoologie analytique de Du-méril. Forskahl fut le premier créateur de ce genre, qu'il trouva dans Aldrovande par une erreur de ce vieil auteur italien. Les anciens nommaient Scarrus un Poisson de la Méditerranée, commun sur les côtes de Sicile et de l'archipel de la Grèce, dont la chair était très-délicate. Tout porte à croire que ce Scare était un Labre ou Cheiline. Mais il est de fait qu'aucun des Scares admis par les auteurs modernes ne se trouve dans la Méditerranée; les espèces qui entrent dans ce genre vivent exclusivement dans les mers intertropicales tout autour du globe. Les Scares se rapprochent singulièrement des Labres. Ils sont pour caractères: corps ovale, oblong, comprimé, convert d'écailles lâches et larges; ligne latérale interrompue ou coudée, à pores trifides; mâchoires paraissant formées par les intermaxillaires qui se trouvent à nu, et qui sont convexes, arrondis, et garnis de dents très-petites, disposées comme des petits mamelons sur leur bord et sur leur surface antérieure; ces dents occupent deux rangées, de manière que les postérieures deviennent par orare de croissance antérieures; lèvres rétractiles; opercules entiers, écailleux; plaques pharyngiennes disposées en lames transversales; quatre ou cinq rayons à la membrane branchiostége; nageoire dorsale unique; nageoires ventrale et anale garnies de rayons épineux, pouvant parfois se replier dans des fossettes. Les Scares sont les habitudes des Labres; comme ces Poissons, ils se font remarquer parla vivacité des couleurs qui teignent leurs écailles. Leurs teintes sont disposées d'ordinaire par larges plaques, et leur sont valu dans les colonies le nom de Perroquets de mer, Leur mode de natation est vacillant. On ne les trouve jamais que dans les mers chaudes, le long des rivages, des récifs et où la mer déferle avec violence. Ils sont très-

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communs dans la iner Rouge où Forskahl en a décrit plusieurs espèces, et dans l'Océan ie oh nous en avous rencontré un grand nombre. Leur chair est délicate, estimée des Océaniens qui la mangent crue, bien que dans certaines circonstances elle soit vénéneuse.

Les Scares sont nombreux. Nous nous boruerons à les indiquer nominalement. Les espèces de la mer Rouge, sont: le SIDJAN, Scarus siganus, Forsk., p. 25; l'ETOILÉ, Scarus stellatus, Forsk., p. 26; le POURPRE, Scarus purpureas, Forsk., p. 27, ou Labrus purpureus de Linné; le HARID, Scarus Harid, Forsk., p. 30; le NOIR, Scarus niger, Forsk., p. 28, ou Chadry de Lacépède; le PERROQUET, Scrus Psittacus, Forsk., p. 29; le KAKATOÉ, Scarus Kakatoe, Lacép.; le GHOBBAN, Scarus Ghobban, Forsk., p. 28. Cet auteur décrit en outre les Scarus sordidus et ferrugineus. Commerson, dans son Voyage autour du monde avec Bougaiuville, a rapporté quelques Scares qui sont été décrits par Lacépède. On peut citer entre autres l'ENNÉACANTHE, Scarus enneacanthus, Lac., du grand OcÉan Équinoxial; le DENTICULÉ, Scarus denticulatus, LacÉp., (les mêmes parages. Plumier a dÉcrit une espèce des Antilles qui est le TRILOBÉ, Scarus trilobatus, LacÉp., et Catesby en a figurÉ une autre sous le nom de POISSON VERT, le Scarus Catesby de LacÉpède dont on retrouve la figure dans les planches de l'ÈncyclopÉdie, n° 50, fig. 193. Ce Poisson, que Bounalerre a dÉcrit page 76, est remarquable parce qu'il est tout vert, exceptÉ à la queue où se dessine une tache jaune. Il vit dans les eaux de la Caroline et sur les côtes de l'île de Bahama.

On doit encore grouper dans le genre qui nous occupe trois Spares dÉcrits sous les noms de Sparus Abildgaardi par Bloch, Scarus croicensis, Bloch, pl. 221, et Sparus holocyaneose par LacÉpède.

Bowdich, dans la Relation de ses excursions aux îles de Madère et de Porto-Santo en 1823, a publiÉ sous le nom de Diastodon speciosus (fig. 41 de l'Atlas) un Poisson rose ombrÉ de violet, des mers de San-Yago, une des îles du Cap-Vert. Il crÉa ce genre parce que les dents étaient fortes, irrégulières et très-écartées. Cuvier ne doute pas que ce ne soit le jeune âge d'un Scare nouveau qu'on pourrait nommer Scarus Bowdichi.

A toutes ces espèces il faut joindre celle que Desmarest a figurée dans l'Atlas de ce Dictionnaire, et qu'il a nommée SCARE A BANDELETTES, Scarus tæniopterus. Ce Poisson, qui vit dans les mers de l'île de Cuba, est verdâtre, ayant une bandelette jaune sur la dorsale, une pareille sur l'anale: la queue rectiligue et les catopes jaunes; de larges écailles couvrent le préopei cule. (LESS.)

* SCARIEUX. Scariosus. BOT. PHAN. On dit d'un organe foliacé qu'il est scarieux quand il est mince, sec et translucide. Ainsi les écailles de l'involuere dans le Catananche, les tuniques extérieures des bulbes de l'Ognon, de l'Ail, etc., sont scarieuses. (A. R.)

SCARIOLE. BOT. PHAN. Même chose qu'Escarole. V. ce mot et Chicorée. (B.)

SCARITE, Scarites. INS. Genre de la famille des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Carnassiers, tribu des Carabiques, division des Bipartis de Latreille, établi p.m F;ibricius et que Linné avait confondu dans son genre Ténébrion, et Degéer dans ses Attelabus. Les caractères de ce genre sont: corps cylindrique ou peu aplati, assez allongé; tête assez grande, presque carrée; antennes presque moniliformes, composées de onze articles, le premier très-grand, les autres beaucoup plus petits, grossissant insensiblement vers l'extrémité. Labre très-court, tridente. Mandibules grandes, avancées, fortement dentées intérieurement. Mâchoires crochues à leur extrémité; palpes maxillaires extérieurs de quatre articles; les labiaux

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de trois; ces quatre palpes ayant leur dernier article presque cylindrique; les maxillaires internes de deux articles. Menton articulé, concave, fortement trilobé; languette courte, large, évasée au bord supérieur. Corselet séparé des élytres par un étranglement convexe, presque en forme de croissant, échancré antérieurement, arrondi à sa partie postérieure et souvent un peu prolongé dans son milieu. Ecusson nul. Elytres assez allongées, souvent parallèles, s'élargissant quelquefois un peu postérieurement, recouvrant tout l'abdomen et rarement des ailes. Abdomen aplati, arrondi sur les côtés. Pâtes assez fortes; jambes antérieures larges, dentées extérieurement et comme palmées, échancrées au côté interne; jambes intermédiaires simples, quelquefois un peu plus larges vers leur extrémité, ayant seulement sur le côté extérieur une ou deux épines assez fortes; jambes postérieures quelquefois ciliées; tarses simples dans les deux sexes.

On trouve des Scarites dans les contrées chaudes de tous les pays du monde, excepté à la Nouvelie-Hollande: mais c'est surtout en Afrique que l'on en a trouvé le plus. L'Amérique en possède seulement six espèces. Ces Insectes vivent dans les terrains sablonneux près de la mer et dans les lieux imprégnés de sel. Ils se creusent des trous de plus d'un pied de profondeur et n'en sortent que pendant la nuit. Il est bien certain qu'ils se nourrissent d'Insectes qu'ils saisissent avec leurs fortes mandibules, et notre ami Lefébure de Cérisy, ingénieur de la marine à Toulon, s'est souvent servi de Hannetons comme d'un appât pour les attirer hors de leur trou. Cependant lusieurs auteurs sont avancé que les Scarites n'ont point d'habitudes carnassières; on en connaît près de quarante espèces, toutes de couleur noire luisante. Dejean (Spéciès des Coléopt., etc.) en décrit trente-cinq espèces qu'il range dans deux divisions, ainsi qu'il suit:

I. Jambes intermédiaires armées de deux épines.

SCARITE PYRACMON, Scarites Pyracmon, Dej., Spec. Col., etc. T. I, p. 367.—Bonelli, Scarites Gigas, Oliv., Col. T. III, n° 56, p. 6, n° 3, t. 1, f. 1, a, b, c; Latr., Rossi, Faun. Etr. Cet Insecte est long de près d'un pouce et demi, noir, luisant; ses jambes antérieures sont tridentées, les postérieures dentelées; ses élytres sont ovales, presque déprimées, larges postérieurement, ayant de légères stries ponctuées. On le trouve assez communément dans le midi de la France, en Italie, en Espagne, dans les lieux sablonneux près de la mer.

II. Jambes intermédiaires armées d'une seule épine.

SCARITE LISSE, Scarites lævigatus, Dej., loc. cit., p. 398; Scarites sabulosus, Oliv., Ent. T. III, n° 56, p. 11, pl. 1, f. 8. Il est long de six à sept lignes, noir, luisant; ses jambes antérieures sont huit dents, les postérieures sont deux petites deritelures; les élytres sont oblongues, presque déprimées, avec des stries presque efíacées. On le trouve dans le midi de la Fiance sur les côtes de la Méditerranée. (G.)

* SCARTTIDES. Scaritides. INS. Bonelli désigne ainsi sa quatorzième famille des Carabiques daus laquelle il fait entrer les genres Scarite, Clivine et Dischyrie. Dejean (Spéciès des Coléoptères, etc.) applique cette dénomination à la division des Carabiques de Latreille, qui a reçu de cet entomologiste (Fam. nat. du Règne Animal ) le nom de Bipartis. V. CARABIQUES. (G.)

SCARITIS. MIN. Pline désigne sous ce nom une Pierre qui, dit-il, avait la couleur du Poisson Spare. (B.)

SCARLATE. OIS. Espèce du genre Philédon. V. ce mot. C'est aussi le nom d'un Tangara que Vieillot a placé avec le Jacipa sous ce nom générique. V. TANGARA. (DR..Z.)

TOME XV. 15

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SCAROGE. BOT. CRYPT. L'un des noms vulgaires de l'Agaricus procerus. (B.)

SCAROLE, BOT. PHAN. V. LAITUE.

SCARUS. POIS. V. SCARE.

SCATHOPHAGE. Scathophaga. INS. Genre de l'ordre des Diptères, famille des Athéricères, tribu des Muscides, division des Scathophilesde Latreille, établi par Meigen aux dépens du grand genre Musca de Linné, adopté par Latreille et par tous les entomologistes modernes avec ces caractères: corps assez allongé, ordinairement velu. Têle transversale, presque conique en devant, arrondie postérieurement; antennes insérées entre les yeux, presque conliguës à leur base, plus courtes que la face antérieure de la tête, de trois articles; le dernier infiniment plus long que le second, en carré long, muni près de la base d'une soie longue, biarticulée; son premier article fort court, le second velu, s'amincissant notablement de son milieu à son extrémité. Hypostome creusé; trompe très-distincte, de longueur moyenne, membraneuse, rétrécie, terminée par deux grandes lèvres et cachée dans le repos. Palpes grands, avancés, un peu en massue aplatie, velus. Yeux grands, saillans, écartés l'un de l'autre dans les deux sexes. Trois ocelles placés en triangle sur le vertex. Corselet muni de longs poils roides ainsi que la tête, l'écusson et les pates. Ecusson grand, avancé, conique. Ailes longues, grandes et couibées l'une sur l'autre dans le repos. Cuillerons petits; balanciers nus; abdomen allongé, presque conique; pates grandes; cuisses longues, assez grêles; jambes postérieures munies à leur extrémité de deux épines droites; tarses ayant leur premier article presque aussi long que les quatre autres pris ensemble; ceux-ci égaux entre eux, le dernier terminé par deux crochets grêles, simples, et par deux pelotes grosses, assez longues et velues en dessous. Ce genre se distingue des Anthomyies, parce que ceux-ci sont les ailes assez courtes, dépassant de peu l'abdomen, et parce que les yeux des mâles se louchent. Les Mosilles sont la tête creusée postérieurement et non conique comme cela a lieu dans les Scathophages. Les Thyréophores en différent par leurs cuisses postérieures qui sont grandes et arquées ainsi que les jambes: enfin on ne peut tes confondre avec les Sphérocères dont le dernier article des antennes est sphérique, et qui sont encore plusieurs autres caractères distinctifs pris dans la forme des cuisses et des jambes.

Les mœurs des Scathophages sont été étudiées par le célèbre Réaumur. Comme l'étendue de cet ouvrage ne nous permet pas d'entrer dans de grands détails à cet égard, nous; dirons seulement que ces Diptères fréquentent habituellement les excrémens humains et toutes les ordures sur lesquelles on les voit en grand nombre; les femelles y déposent leurs œufs qui sont oblongs et qu'elles piquent dans la fiente par un de leurs bouts. Les larves, qui proviennent de.ces œufs, vivent pendant quelque temps dans les excrémens où elles sont été déposées à l'état d'œuf, ensuite elles entrent en terre pour subir leur dernière métamorphose qui a lieu un mois après la ponte. On conn