RECORD: Bory de Saint-Vincent, Jean Baptiste Georges Marie, ed. 1822-31. Dictionnaire classique d'histoire naturelle. 17 vols. Paris: Rey & Gravier. Volume 1.

REVISION HISTORY: Transcribed by AEL Data 04.2014. RN1

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DICTIONNAIRE

CLASSIQUE

D'HISTOIRE NATURELLE.

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DE L'IMPRIMERIE DE BAUDOUIN FRÈRES,

RUE DE VAUGIRARD, N° 36.

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DICTIONNAIRE

CLASSIQUE

D'HISTOIRE NATURELLE,

PAR MESSIEURS

AUDOUIN, Isid. BOURDON, Ad. BRONGNIART, DE CANDOLLE, DAUDEBARD DE FÉRUSSAC, A. DESMOULINS, DRAPIEZ, EDWARDS, FLOURENS, GEOFFROY DE SAINT-HILAIRE, A. DE JUSSIEU, KUNTH, G. DE LAFOSSE, LAMOUROUX, LATREILLE, LUCAS fils, PRESLE-DUPLESSIS, C. PRÉVOST, A. RICHARD, THIÉBAUT DE BERNEAUD, et BORY DE SAINT-VINCENT.

Ouvrage dirigé par ce dernier collaborateur, et dans lequel on a ajouté, pour le porter au niveau de la science, un grand nombre de mots qui n'avaient pu faire partie de la plupart des Dictionnaires antérieurs.

TOME PREMIER.

PARIS.

REY ET GRAVIER, LIBRAIRES-ÉDITEURS,

Quai des Augustins, n° 55;

BAUDOUIN FRÈRES, LIBRAIRES-ÉDITEURS,

IMPRIMEURS DE LA SOCIÉTÉ D'HISTOIRE NATURELLE,

Rue de Vaugirard, n° 36.

1822.

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AVERTISSEMENT.

Nous n'entreprendrons point d'établir, dans une longue Préface l'utilité de l'ouvrage que nous publions: ses rédacteurs sont résolus à ne présenter que des faits dégagés de l'appareil de phrases inutiles. Nous craindrions de dérober quelques pages à la science, en commençant par détailler minutieusement le plan qu'il nous a paru bon d'adopter, et de l'exécution duquel chacun pourra juger, après avoir parcouru ce premier volume. Mais, si des promesses exagérées et l'éloge d'un livre sont déplacés dans ses premiers feuillets, il peut être nécessaire d'y rendre compte des motifs qui le firent composer, surtout quand plusieurs ouvrages du même genre ayant vu le jour, ou continuant de paraître, on ne semblerait donner, sous un titre à peu près pareil, rien qui ne se pût trouver dans ces ouvrages antérieurs.

Trois Dictionnaires d'histoire naturelle seulement sont déjà connus: car on ne peut regarder comme tels ces compilations en un ou deux volumes, que l'on décore de ce titre: le premier, celui de Valmont de Bomare; le second, celui qu'on désigne ordinairement dans la librairie sous le nom de Dictionnaire de Déterville; le dernier, intitulé Dictionnaire des Sciences naturelles, qui s'imprime chez M. Levrault, à Strasbourg.

Compilation surannée, le Dictionnaire de Valmont de Bomare ne peut être aujourd'hui d'une grande utilité en histoire naturelle.

Rédigé par des savans d'un ordre supérieur, premier Dictionnaire d'histoire naturelle digne de ce titre, l'ouvrage dont M. Déterville fut l'éditeur, obtint un succès mérité, et l'épuisement rapide et presque total d'une seconde édition considérable-

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ment augmentée, atteste combien son utilité fut sentie. Vingtquatre volumes composaient la première édition de ce Dictionnaire, trente-six composent la seconde. La rapidité avec laquelle un si grand travail fut exécuté honore un éditeur auquel la science a de réelles obligations. Deux cent soixante et une planches, sont répandues dans ses volumes; elles n'y sont pas d'un usage commode ni fort nécessaire, mais du moins n'augmentent-elles guère le prix du tout, établi, dans le commerce, à la somme de 360 francs.

Conçu, sur un plan beaucoup plus vaste que les Dictionnaires dont il vient d'être question, celui des Sciences naturelles fut annoncé vers le commencement de 1816. Le vingt-deuxième volume, qui vient de paraître avec la fin de 1821, n'atteint que la lettre H inclusivement, c'est-à-dire, à peu près au tiers présumable de la totalité de l'ouvrage. Des cahiers, de 20 planches chacun, accompagnent ce Dictionnaire sans avoir, avec ses volumes, de relation bien marquée. La manière parfaite dont ces planches sont exécutées, le discernement avec lequel la plupart des objets qui s'y trouvent représentés ont été choisis, dédommagent amplement l'acquéreur de l'augmentation de prix occasionée par ces livraisons qu'on pourrait appeler de luxe: prix qui, pour tout ce qui a paru jusqu'à ce jour du Dictionnaire de M. Levrault, c'est-à-dire pour son tiers présumable, s'élève à la somme de 232 à 432 francs. Le nom des rédacteurs de ce bel ouvrage, la manière dont il est exécuté, lui assurent la continuation d'un succès qui datera bientôt de sept ans.

C'est après ou pendant la publication des Dictionnaires de MM. Déterville et Levrault, que nous venons en donner un troisième, considérablement augmenté, mais cependant réduit à une douzaine de volumes, qu'on pourrait qualifier de compactes,dans l'acception la plus favorable qu'on puisse donner à ce mot. Cet essai pourra sembler téméraire aux personnes qui considéreront la rapidité avec laquelle se développe aujourd'hui

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la sphère des sciences naturelles, avant d'avoir examiné l'économie et la précision avec lesquelles nous nous proposons d'en traiter. L'étude de ces sciences s'est si généralement répandue, le nombre des savans qui publient leurs découvertes est devenu si considérable dans tous les pays, et le catalogue des productions observées s'accroît tellement chaque jour, qu'à peine plusieurs volumes du Dictionnaire de M. Levrault ont atteint leur trentième feuille, qu'ils ont dû, pour se trouver au courant, admettre des supplémens considérables. A cette nécessité, qui s'oppose à la perfection des Dictionnaires exécutés dans des proportions qu'on pourrait appeler Encyclopédiques, se joint un inconvénient capable de plonger la science dans ce chaos d'où la tira Linné, c'est la confusion résultante de la dissémination des découvertes modernes dans une multitude, presque innombrable, de recueils périodiques ou d'ouvragés chers et peu répandus; ouvrages et recueils d'où, la plupart du temps, on ne parvient à les exhumer, qu'après d'immenses recherches que n'ont pas toujours la patience ou le temps de faire, les auteurs qui ne comptent point sur des articles de Dictionnaire pour établir leur réputation.

«Un pressant danger menace l'histoire naturelle, a dit M. Cuvier dans le prospectus même d'un Dictionnaire d'Histoire naturelle. En devenant populaire, cette science est aussi devenue l'objet de spéculations intéressées. Pendant que de vrais naturalistes, continue le savant professeur, pénétrés de reconnaissance pour les travaux de leurs prédécesseurs, mais sentant combien ils sont encore insuffisans, méditaient sur les nouvelles bases à établir, et recueillaient, dans le silence, des faits propres à les appuyer; des auteurs, moins difficiles et conséquemment plus féconds, produisaient à l'envides ouvrages qui portent l'empreinte de la manière dont ils ont été composés. Retirés dans leurs cabinets, seulement avec des livres, renonçant à l'observation, dénués même, pour la plupart, des moyens d'observer, ils ont)

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cru enrichir le système de la nature en remplissant le vaste catalogue de phrases recueillies de toutes parts, sans comparaison, sans examen des autorités dont elles provenaient, et en les accompagnant d'une foule de citations discordantes et souvent contradictoires; ou bien en se partageant, pour ainsi dire, la dépouille des grands auteurs, asservissant ainsi les matières les plus opposées, dépeçant un ouvrage pour le reformer sur un plan étranger, rattachant ces pièces de rapport par des morceaux écrits d'un style disparate, ils ont produit un mélange bizarre qui ne peut tenir lieu ni de l'auteur original, ni de ceux dont on intercalle les ouvrages dans le sien. »

Ce mélange bizarre, signalé par l'un des écrivains à qui l'histoire naturelle doit le plus d'ouvrages originaux d'une haute importance, a fait naître contre les Dictionnaires un préjugé qui, s'il n'empêche pas les libraires d'en vendre, nuit à la réputation des auteurs qui en composent; et c'est en général une assez mauvaise recommandation aux yeux de quelques personnes pour arriver aux Académies, que d'être auteur ou collaborateur d'un Dictionnaire. Cependant, ne serait-il pas injuste de méconnaître combien ceux de M. Déterville ou de M. Levrault, par exemple, contiennent d'articles qui présentent tout le mérite des plus utiles dissertations, outre un grand nombre d'observations et de vues nouvelles; et peut-on supposer que MM, Arago, Blainville, Biot, de Bonnard, Bosc, Brongniart, Brochant de Villiers, Cassini, Chevreul, De Candolle, Coquebert de Montbret, Desmarest, Duméril, Gai-Lussac, Geoffroy-St.-Hilaire, Humboldt, de Jussieu, Lacépède, Latreille, Mirbel, Thouin, MM. Cuvier eux-mêmes, et tant d'autressavans estimables, la plupart académiciens, n'eussent autorisé de leurs noms que de pures spéculations de librairie ?

Ne confondant point les bons Dictionnaires avec les mauvais, et ne partageant point l'opinion défavorable qu'on a prise généralement de tous, nous avions dès long-temps conçu le plan d'un trayail de ce genre, le plus complet en même temps

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que le plus abrégé possible, et dont la multiplicité des volumes ne rendît pas le prix trop considérable.

Ce n'est point pour embellir quelques bibliothèques fastueuses, dont les possesseurs ne font ordinairement qu'un objet de luxe, que les vrais amis des sciences devraient travailler, et c'est se condamner à ne point concourir suffisamment à la propagation des connaissances humaines, que de donner au papetier, ou bien à des graveurs, une trop grande part à l'importance d'un livre. Dans l'intérêt des vrais savans et même des gens du monde dont la fortune n'égale point toujours le mérite ou le goût de l'instruction, nous formons des vœux pour qu'on en revienne à l'usage de livres que leur prix permet d'acquérir aisément et de feuilleter, sans crainte de compromettre, par quelque tache, une partie de leur valeur. C'est dans le dessein d'être utile aux personnes laborieuses qui ne forment point des bibliothèques de parade, qu'en rentrant en France nous conçûmes l'idée d'un Dictionnaire dont on pût mettre le prix à toutes les portées, et, nous n'hésitons point à le déclarer, nous espérâmes, en même temps, trouver dans ce travail les moyens de réparer honorablement la perte d'un traitement auquel semblaient nous donner droit des voyages scientifiques entrepris par ordre dix Gouvernement en temps de paix, et le sacrifice de nos plus belles années consacrées au service dela patrie pendant la guerre. Nous nous adressâmes à MM. Baudouin frères, éditeurs de tant d'ouvrages utiles, et qui, depuis deux ans, méditaient une semblable entreprise. Les deux plans furent confondus; et la direction de ce grand ouvrage nous fut confiée.

Nous n'avons pas dû abuser de l'amitié que nous témoignèrent les savans dont la réputation s'est établie, par de grands travaux, avant l'expiration du premier quart de ce siècle, en sollicitant d'eux une partde collaboration qu'absorbaient d'autres entreprises; c'est de savan s non moins illustres, mais qui se trouvaient libres,

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ou de jeunes naturalistes entrés depuis moins d'années dans la carrière, et qui presque tous dignes héritiers des grands noms de l'histoire naturelle la parcourent brillamment, que nous avons réclamé les secours. Tous ont eu la générosité de répondre à notre appel. Leur activité, leurs connaissances, le point de vue philosophique sous lequel de tels collaborateurs considèrent la science, la manière nouvelle dont ils travaillent à ses progrès, nous; étaient des garans d'un succès certain.

Nous croyons superflu d'indiquer ici l'usage de notre Dictionnaire ou la manière de s'en servir; il suffira de dire, pour ceux qui voudraient y consulter des parties de la science dans un autre ordre que celui des lettres de l'alphabet, qu'aux articles généraux de chacun des règnes de la nature, sera joint un Tableau qui, renvoyant à chaque classe, traitée d'une manière assez étendue, fournira les moyens de descendre de celle-ci jusqu'aux genres où nous nous sommes arrêtés; les noms d'espèces sont renvoyés aux articles de leurs genres respectifs. En nous étendant à de plus grands détails, nous eussions donné un Species par ordre alphabétique, et tel ne pouvait être notre dessein. Tout article purement synonymique ou non-subordonné aux articles de généralités, n'a trouvé place dans l'ouvrage, qu'afin d'y donner une idée juste des noms qu'on rencontre sans être accompagné de description dans d'autres livres, où l'on pourrait prendre une fausse idée des choses que ces noms désignent.

Nous avons pensé que, dans un Dictionnaire consacré à l'Histoire naturelle et non aux Sciences naturelles, la plupart de ces Sciences ne devaient être qu'effleurées, s'il est permis de s'exprimer ainsi, et traitées seulement dans leurs points de contact les plus intimes, avec les objets qui font le sujet spécial de notre ouvrage, où la Physique proprement dite, la Chimie, l'Astronomie et l'Agriculture ne devaient obtenir aucune préférence sur la Médecine, la Chirurgie, la Pharmacie et cette foule d'arts qui empruntent leur origine de l'emploi des corps naturels. Il n'en est

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pas de même de l'Anatomie et de la Physiologie, sciences que maintenant on doit considérer comme la base ou comme le but des connaissances exactes en histoire naturelle. On trouvera dans nos volumes un grand nombre d'articles de Physiologie ou d'Anatomie à la place de quelques articles répandus dans les Dictionnaires précédens, où l'on admit des choses d'application totalement étrangères au cadre dans lequel nous avons cru nous devoir renfermer. C'est pour ne point perdre de place que nous avons surtout repoussé l'amas de termes ridicules tirés du jargon de cette fauconnerie du vieux temps, digne tout au plus de figurer dans les annales de la féodalité ou dans un Traité des chasses. Nous eussions également désiré pouvoir nous dispenser d'admettre beaucoup de noms tirés de langues étrangères ou de dialectes peu connus, et de synonymes barbares, dont l'usage tombe de plus en plus en désuétude. De tels articles peuvent, à la vérité, être quelquefois utiles à l'intelligence d'anciens voyages ou d'ouvrages écrits avant l'époque où la nomenclature scientifique fut fixée; mais ne seraient-ils pas mieux placés dans un nouveau Pinax, et n'occupent-ils pas, dans un catalogue raisonné de faits, un espace qui pourrait être mieux rempli ? Cet espace qu'ils occupent grossissant nécessairement le nombre des feuilles, leur utilité, relative à des livres qu'on ne lit guère plus ou que l'on consulte rarement, est-elle un dédommagement proportionné à l'clévation du prix d'un Dictionnaire où tout esprit judicieux ne cherchera que ce qu'il est bon de savoir ? Cependant, comme quelques lecteurs eussent pu blâmer le droit que nous nous serions arrogé de proscrire une grande quantité de mots qui nous semblaient inutiles, nous avons cru devoir, en les admettant, compléter leur nombre, et parmi ceux que nous avons reproduits, iln'en est guère dont on n'ait vérifié l'origine ou l'authenticité.

Convaincus, ainsi que nous l'avons déjà dit, qu'un Dictionnaire ne doit point être un Species, nous n'avons pas, pour allonger le nôtre, copié, dans des ouvrages que tout le monde possède,

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des phrases ou des descriptions d'espèces choisies comme par caprice. Nous n'omettrons pas le nom et les caractères d'un seul genre, et considérant comme bases de la science ces divisions importantes, nous avons pensé que c'étaient elles qu'il suffisait de faire connaître exactement, en citant seulement, selon le rôle que jouent ces genres, et comme types ou exemples, un certain nombre d'espèces vulgaires, et qui, par divers usages ou autres particularités, ont mérité qu'on les désignât, dans quelques pays, par un nom propre. Ce n'est que dans les genres nouveaux que nous avons cru devoir nous étendre davantage, parce qu'en ajoutant à la science, nous acquérions le droit de dire entièrement ce qu'on ne trouverait nulle autre part.

Si pour le philosophe tous les êtres marchent égaux dans la nature, ceux que la complication de leurs organes rapprochent le plus de nous, et que par ce rapprochement l'on regarde communément comme d'ordres supérieurs, méritent qu'on s'occupe plus longuement de ce qui les concerne. Si le moindre insecte remplit, dans l'ordre des créations, un rôle non moins important que des êtres dont les dimensions sont plus grandes, il est généralement reçu que la place occupée par ces derniers, dans un Dictionnaire, doit être en raison de leur masse qui frappe les premiers regards de la multitude, et attire d'abord son attention. Ainsi, pour nous conformer à l'usage, c'est en s'éloignant de l'Homme que les objets dont nous devons nous occuper seront mentionnés dans de plus étroites limites. Cent volumes ne suffiraient pointsil'on voulait entrer, pour la totalité des genres d'invertébrés ou de la Botanique, dansles mêmes détails qu'il est à peu près convenu d'accorder aux classes qui se trouvent rangées en tète du Règne Animal. Mais il est essentiel de le répéter ici, parce que divers articles des ordres inférieurs de la Zoologie et de la Botanique, sembleraient peut-être, par le développement que nous leur avons donné, rompre les proportions adoptées; toutes les fois qu'il sera question d'ordres ou de genres nouveaux, même dans les familles

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les plus obscures, on ne croira pas s'éloigner du plan qu'on s'est tracé, en faisant l'histoire, à peu près complète, de ces ordres et de ces genres. Ainsi, par exemple, Achlysie, Anthophyse et Arthrôdiées, articles inédits, occuperont plus d'espace que des choses plus considérables en apparence, mais sur lesquelles il suffit de donner de simples indications, parce qu'on trouve en cent endroits tout ce qu'on en peut savoir.

Tels sont les motifs qui nous ont déterminé à publier un Dictionnaire de plus; tel est le plan sur lequel ce Dictionnaire doit être exécuté. On y reconnaîtra la plus sévère économie de phrases, et, pour renfermer toute la matière possible en moins de pages, nous avons supprimé jusqu'aux alinéas que la rigueur du sens ne commandait point, en adoptant des abréviations auxquelles il sera peut-être nécessaire de s'accoutumer; mais ces abréviations prouveront combien, travaillant en conscience, nous avons évité d'allonger inutilement des feuilles d'impression, qui équivaudront, comme il sera facile de s'en convaincre par la simple inspection, à un tiers de plus que des feuilles ordinaires. On reconnaîtra surtout que nous n'y avons copié qui que ce soit, comme quelques personnes se sont plu à l'avance à en faire courir le bruit.

Sans examiner à quel point des planches sont nécessaires dans un livre d'histoire naturelle, quand on n'y représente point, comme exemple, une espèce de tous les genres qu'on décrit, et surtout les espèces litigieuses, il suffit que l'usage s'en soit introduit dans les Dictionnaires antérieurs, pour que nous n'ayons pas voulu innover en les supprimant, et demeurer en arrière quant à leur exécution; mais en soignant l'exéçution de celles dont chacun de nos volumes sera accompagné, nous n'avons point eu l'intention d'en faire l'appui d'un texte diffus ou négligé. Les réduisant au moindre nombre possible, afin de ne pas trop hausser le prix de l'ouvrage, nous n'avons point fait peindre une Poule, un Coq, un Cheval, des Pommes ou des Groseilles, choses déjà représen

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tées plusieurs milliers de fois, et dont la connaissance est tellement vulgaire, que leur nom seul équivaut, dans toutes les langues, à la plus minutieuse description. Les figures doivent, selon nous, être réservées pour des objets non encore représentés ou qui l'ont été d'une manière imparfaite, et pour des choses si peu connues, qu'on ne les puisse point habituellement comparer avec celles qu'on rencontre communément. Nous ferons donc nos efforts, afin que dans les dix planches de' chaque livraison, dont le nombre pourra surpasser celui de nos volumes, s'il convient aux acquéreurs, on rencontre toujours des choses qui n'auront point été figurées partout. M. Vauthier, peintre d'histoire naturelle, connu avantageusement par des planches de Lépidoptères, gendre de feu Richard qui dessinait la botanique avec une si rare perfection, et formé sous un tel maître, est chargé de l'exécution de l'atlas.

Qu'il nous soit permis, en terminant cette Préface, de payer à la mémoire de l'un de nos collaborateurs enlevé aux sciences durant l'impression de ce premier volume, un douloureux tribut de reconnaissance et de regrets. NUMA PRESLE-DUPLESSIS, né de parens respectables et justement estimés, à Limalogne, département des Deux-Sèvres, fut apprécié par tous ceux qui le connurent un instant, et chéri de ceux qui le connurent davantage. Un séjour de six ans dans la capitale n'avait point altéré l'extrême simplicité de ses mœurs aimables et pures; doué d'un esprit comparatif et d'un jugement solide, il ne semblait quelquefois sortir de son caractère de douceur habituelle, que pour défendre la cause de la vérité dans les moindres choses où il la trouvait attaquée. Versé dans la connaissance des langues, passionné pour la Botanique, il se livra d'abord sans réserve à l'étude séduisante de cette science; bientôt son éducation médicale le détermina vers la Physiologie et l'Anatomie comparée; il s'occupait surtout de l'étude des crânes, et fut bientôt un des élèves les plus distingués de notre illustre confrère, Geoffroy-de-Saint-

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Hilaire, auquel nous dûmes l'avantage de le connaître; seul il ignorait son mérite, et fut d'abord surpris que son professeur de prédilection nous l'eût désigné comme capable de briller entre les rédacteurs de notre ouvrage. Encore peu connu, mais à l'instant de l'ètre autant qu'il l'eût mérité, c'est au sein d'une famille dans laquelle il venait se délasser de longues et opiniâtres études, qu'il cessa de vivre, le 15 octobre 1821, âgé seulement de 23 ans et demi. Il travaillait encore à ce Dictionnaire la veille même de sa mort, et la lettre qui nous annonçait sa perte, nous portait l'article Analogue, qui se trouve à la fin d'Anatomie, et qu'il yenaitde terminer peu d'instans avant de rendre le dernier soupir. PRELSE-DUPLESSIS avait déjà publié divers Mémoires intéressans dans différens journaux de médecine.

Les Rédacteurs du Dictionnaire classique d'histoire naturelle ayant adopté, comme signatures de leurs articles, des initiales auxquelles on pourra reconnaître leur part de collaboration, nous en donnerons ici la liste:

MM.

AD. B. Adolphe Brongniart.

A. D. J. Adrien de Jussieu.

A. D..NS. Antoine Desmoulins.

A. R. Achille Richard.

AUD. Audouin.

B. Bory de Saint-Vincent.

D. C..E. De Candolle.

C. P. Constant Prévost.

DR..Z. Drapiez.

E. Edwards.

F. Daudebardde Férussac.

FL..S. Flourens.

G. DEL. Gabriel Delafosse.

GEOF. ST.-H. Geoffroy de St.-Hilaire.

ISID. B. Isidor Bourdon.

K. Kunth.

LAM..X. Lamouroux.

LAT. Latreille.

LUC. Lucas fils.

PR. D. Presle-Duplessis.

T. D. B. Thiébaut de Berneaud.

MM. Arago, Humboldt et Lacépède ont bien voulu donner quelques articles, qu'on trouvera dans le cours des volumes suivans.

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Les astérisques qui précèdent un grand nombre d'articles désignent ceux qu'on ne trouve point dans le Dictionnaire de M. Déterville. Plusieurs de ces mots existent dans celui de Levrault, mais Je plus grand nombre y manque. Lorsqu'on a dû citer, par abréviation, des auteurs ou leurs ouvrages, on a eu le soin de n'adopter que les abréviations usitées, et dans le cours du Dictionnaire; par exemple, Syn. signifiera synonyme. — Lamk Linné. — Lamk. Lamarck, etc. Comme il est d'usage en histoire naturelle le point d'interrogation sera toujours l'équivalent du doute.

La grande division à laquelle appartient chaque article, est indiquée par l'une des abréviations suivantes, qu'on trouve immédiatement après son titre.

ACAL. Acalèphes.

ANNEL. Annelides.

ARACHN. Arachnides.

BOT. Botanique.

CRUST. Crustacés.

CRYPT. Cryptogamie.F

ECHIN. Echinodermes.

FOSS. Fossiles.

GÉOL. Géologie.— CHEL. — Chéloniens.

INF. Iufusoires.

INS. Insectes.

INT. Intestinaux.

MAM. Mammifères.

MIN. Minéralogie.

OIS. Oiseaux.

PHAN. Phanerogamie.

OIS. Poissons.

POLYP. Polypes.

REPT. BATR. Reptiles Batraciens.

— OPH. — Ophidiens.

— SAUR. — Sauriens.

ZOOL. Zoologie. (B.)

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DICTIONNAIRE

CLASSIQUE

D'HISTOIRE NATURELLE.

AAV

AAL. BOT. PHAN. Genred' Arbres de l'Inde, dont Rumph a fait incomplètement connaître deux espèces, et qui paraît appartenir à la famille des Téréhinthacees. L'écorce de l'espèce, dont les feuilles sont les plus grandes, est aromatique et donne un goût agréable aux alimens ainsi qu'aux liqueurs dans lesquels on la fait infuser. (B.)

AALCLIMI. BOT. PHAN. Plante de l'Inde, qui paraît appartenir au genre Bauhinia. V. ce mot. (B.)

* AALIK. OIS. Syn. du Canard sauvage, Anas boschas, L. en Asie. Voy. CANARD. (DR...Z.)

* AALKA. OIS. Syn. du Macareux, AIca arctica, L. en Islande, V. MACAREUX. (DR...Z)

AALQUABBE. POIS. Syn. de la Lotte, Gadus Lota, L. en Danemarck. (B.)

* AANGA, AANGITCH OU ELANGITCH. OIS. Noms d'une espèce de Canard, Anas hyemails, L. en Kamtschatka. (B.)

* AARA. OIS. Syn. de Guillemot, Colymbus, en langue kourile. (B.)

AARFUGI, ÆREFUGI OU ÆREFUGL. OIS. (Muller). Syn. de petit Tétras, Tetrao tetrix, L. d'Eider, Anas mollissima, L., et de la Huppe, Upupa epops. L. en norwégien. (B.)

* AAS-VOGEL. OIS. Voy. STRONT VOGEL. (DR...Z.)

AAVORA, AOUARA OU AVOIRA. BOT.PHAN. (Aublet.) Syn. d'Elaïs, genre de Palmier, à la Guyane. (B.)

ABABANGAY. BOT. PHAN. Syn. de Bignone indienne, Bignonia indica, L. aux Philippines. (B)

ABABAYE. BOT. PHAN. Syn. de Papayer, Carica Papaya, L. chez les Caraïbes. (B.)

ABABOUY. BOT. PHAN. Syn. de la Ximénie épineuse, Ximenia americana, L. chez les Caraïbes. (B.)

ABACA. BOT. PHAN. (Sonnerat.) Nom donné à une espèce de Bananier, dans les îles Philippines. (B.)

ABACADO. BOT. PHAN. Syn. de l'Avocatier, Laurus persea, L. dans quelques-unes des Antilles. (B.)

ABACATUAIA, ABACATUIA OU ABACATUXIA. POIS. (Margrav.) Syn. du Gal Coq, Zeus Gallus, L chez les Brésiliens. (B.)

ABADA. MAM. (Daper.) Animal probablement fabuleux. On désigne aussi sous ce nom, au rapport de Bontius, le Rhinocéros bicorne, dans les Indes. V. RHINOCÉROS. (B.)

* ABADAVINE. OIS. (Albin.) Syn. du Tarin, Fringilla spinus i L. (B.)

ABADIVA. POIS. Nom vulgaire du Gade pollack, Gadus pollackius, L. V. GADE. (B.)

* ABAI, BOT. PHAN. Syn. de Calycantbe d'hiver, Calycanthus precox, L. (B.)

ABAJOUES OU SALLES. Poches situées entre les joues et les mâchoires, aux deux côtés de la bouche, dans les Magots et les Guenons, parmi les Singes; dans le

TOME I 1

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Hamster, qui les a prolongées jusque sur les côtés du cou, et dans quelques autres rongeurs.—Les Nycteres, de la famille des ChauveSouris, ont aussi des espèces d'Abajoues au fond desquelles se remarque une ouverture de deux millimètres de largeur, par oh l'arr s'introduit dans le tissu cellulaire, très-lâche et trèsécarté, qui unit à peine, au corps de I'Animal, sa peau, qu'il peut gonfler à peu près comme le font certains Poissons du genre Tétrodon. — Les Abajoues servent à mettre les alimens en réserve pour quelques instans; elles sont tapissées en dedans par la continuation de la peau qui revet I'intérieur de la bouche, et couvertes en dehors par une extension du muscle pauasier. (B.) (1

ABALON. BOT. PHAN. (Adanson.) Syn. d'Hélonicts, L. V. ce mot. (B.)

ABAMA. BOT. PHAN. Famille des Joncs, de Jussieu; de I'Hexandrie monogynie, L. Genre établi par Adanson, et adopté ensuite dans la 3e édition de la Flore française. Une seule espèce désignée sous le nom de Abama ossifraga, Fl. fr. T. 3. p. 171, ou Anthericum ossifraga, L. Lob. ie. 92. f 1, constitue ce genre, dont voici les caractères. — Calice persistant à six divisions profondes; six étamines, dont les filets sont couverts de poils laineux dans toute leur étendue, et qui sont persistans. L'ovaire est libre, et en forme de pyramide; il offre trois loges pluri-ovulées; le style est court, et terminé par un stigmate capitulé, petit, simple; le fruit est une caṕsule à trois loges, s'Quvrant en trois valves, qui emportent chacune une partie des cloisons; les graines sont attachées vers le fond de chaque loge; elles offrent à leurs deux extrémités un appendice membraneux et filiforme plus long qu'elles.

Ce genre est très-voisin de l'Anthéric dont if diffère par son calice et ses étamines persistantes et les deux appendices de ses graines.

L'Abama ossifraga., D. C. est une plante vivace, dont la tige est haute d'environ un pied, terminée par un épi de fleurs jaunâtres; les feuilles sont ensiformes, plus courtes que la tige. Elle croît dans les marais du nord et de l'ouest de la France. (A. R.)

ABANDION. BOT. PHAN. (Adanson.) Syn. de Bulbocode, Ixia Bulbocodium, L. V. IXIe. (B.)

ABANGA. BOT. PHAN. (J. Bauhin.) Fruit d'une espèce de Palmier indéterminé de l'île Saint-Thomas, dans les Antilles. V. ADY. (B.)

ABANUS BOT. PHAN. Syn. de l'Ébénier, Diospyros Ebenum, L. chezles Arabes. (B.)

* ABAPOKITSOK. POIS. V. LIPARIS.

ABAPUS. BOT. PHAN. (Adanson.) Syn. de Gethyllis. V. ce mot. (B.)

* ABARIGA. BOT. PHAN. (C. Bauhin.) Fruit d'un Palmier indéterminé, de l'île Saint-Thomas. V. ADY. (B.)

* ABARMON OU ABREMON. POIS. (Gesner) Espèce de Poisson indéterminé sur la reproduction duquel on a débité des fables, et qui pourrait bien être un Squale. (B.)

* ABASIC. OIS. Syn. de Martinet noir, Hirundo apus, L. en Arabie. V. Martinet. (DR...Z.)

ABATIA. BOT. PHAN. Les caractères de ce genre qui appartient aux Plantes dicotylédones, mais qui, jusqu'ici, n'a pu être rapporté à aucune des familles établies, sont: un Calice monosépale, coloré, persistant, à quatre divisions profondes, réfléchies dans la fleur, redressées autour du fruit. Il n'y a pas de corolle, mais en-dedans du calice se trouvent des touffes de poils insérés sous l'ovaire, frisés, noirâtres, un peu plus courts et plus fins que les filets des étamines. Celles-ci sont nombreuses, hypogynes, à anthères dressées, oblongues, biloculaires. L'ovaire libre, arrondi, tomenteux, surmonté d'un style que termine un stigmate simple, devient une capsule à une seule loge, à deux valves, s'ouvrant par le sommet, et garnies chacune dans son

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milieu d'une demi-cloison ou réceptacle linéaire qui porte un grand nombre de graines striées.

Ce genre contient deux espèces d'arbrisseaux à feuilles alternes ou opposées à fleurs en grappes, originaires toutes deux du Pérou. Ce sont MM. Ruiz et Pavon qui l'ont décrit les premiers, et figuré Flor. Peruv. Prodr., table XIV. (A. D. J.)

ABAVI OU ABAVO. BOT. PHAN. Syn. de Baobab. Adansonia digitata, dans quelques dialectes africains. (B.)

ABAX. ins. Genre d'insectes établi dans la grande tribu des Carabiques, par Bonelli. (Observations entomologiques sur les Carabes. Mém. de l' Académ. des Sc. de Turin.) — Latreille range ce genre dans les Féronies. V. ce mot. (AUD.)

* ABBAGUMBA. OIS. Syn. du Calao africain, Buceros africanus. L. (B.)

* ARCDARIA. BOT. PHAN. (Dict, des Sc. nat.) Syn. du Spilanthe Acmelle, Spilanthus Acmella, L. dans l'Inde. (B.)

AEDELAVI. BOT. PHAN. (Forskahl.) Nom appliqué à plusieurs espèces de Melons, particulièrement au Cucumis chate, L. chez les Egyptiens. (B.)

ABDITOLARVES OU NEOTTOCRYPTES. INS. Famille d'Insectes hyménoptères, établie par Duméril Zoolog. anal. Elle comprend les Chalcides, les Cynips, les Diplolèpes, et autres genres dont les larves sont contenues dans des végétations monstrueuses, occasionées par le dépôt de l'œuf. (AUD.)

ABDOMEN. On a marché en anatomie de l'étude du corps humain à celle du corps des autres Animaux, et on a appliqué aux diverses parties de ces derniers des dénominations qui, chez l'Homme, avaient une acception reçue, et qui, portées chez les Animaux, n'ont pu avoir la même valeur; car l'analogie de formes a plutôt guidé, dans l'application de ces déterminations, que l'analogie d'élémens et de rapports, qui seuls sont constans, et seuls, par conséquent, peuvent donner des caractères invariables. — C'est l'histoire de plusieurs dénominations anatomiques; faisons-en l'application à l'Abdomen: sous ce nom on a désigné chez l'Homme la dernière des trois grandes cavités, celle qui fait suite au thorax et qui renferme les organes digestifs, leurs annexes, les organes urinaires et génitaux. Tant que I'on examine les Mammifères, la grande analogie de formes qui règne entre eux et l'Homme rend parfaitement exacte cette dénomination, et ces Animaux nous offrent une cavité renfermant les mêmes organes et ayant tous les rapports de l'Abdomen humain. Cette dénomination se trouve encore applicable aux Oiseaux qui nous offrent un diaphragme, imparfait, il est vrai, et permettant aux poumons d'étendre des prolongemens ou poches aériennes jusqu'au milieu des organes digestifs; mais qui, chez plusieurs, isole trèsbien I'Abdomen et le thorax. — Si, dans le principe de leur formation, les Mammifères et les Oiseaux se sont trouvés dans des circonstances d'activité qui ont entraîné une grande rapidité de fonctions et surtout de circulation et de respiration, d'où est résulté le développement, au maximum, d'un plan charnu, capable d'appeler puissamment l'air dans l'intérieur de leurs poumons; alors a usai les organes thorachiques se sont trouvés isolés des viscères abdominaux, etlacavité de ces derniers a étéparfaitement circonscrite et déterminée: mais dans les Reptiles et les Poissons, pour ne pas sortir de la classe des Vertébrés, la disposition des organes a changé avec la différence des conditions d'existence. Chez les premiers, une seule et même cavité renferme les organes respiratoires, circulatoires, digestifs et générateurs. Chez les Poissons, il existe bien une grande cavité qui renferme les mêmes organes que l'Abdomen du Mammifère: mais peut-on lui assigner la même dénomination puisque les mêmes élémens ne concourent pas à la former, puisque, dans le fait, elle représente et le thorax et l'Abdo-

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men des Mammifères, le cœur de ces animaux s'étant glissé jusque sons la tète et n'étant renfermé dans aucune cavité qu'on puisse comparer à celle de la poitrine.—Si des Animaux vertébrés on passe aux invertébrés, on n'y rencontre nulle trace de cavité à qui le nom d'Abdomen ou de thorax puisse convenir, en tant que ce sont des contenans formés des mêmes matériaux et renfermant les mêmes viscères. Chez eux, les organes de la circulation, de la respiration, de la digestion et de la génération n'occupent plus de cavités distinctes; et ce ne sera ni dans les Mollusques, ni dans les Vers, ni dans les Annelides, etc., qu'on pourra faire ces applications de thorax et d'Abdomen, telles qu'elles sont reçues en anatomie humaine.

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On voit donc que ce mot Abdomen ne peut être une dénomination générale, sans comprendre des cavités de forme ou de structure différentes, et sans renfermer, surtout, des organes de toute espèce. Cette dénomination ne peut convenir qu'aux deux premiers embranchemens de l'Arbre Zoologique, et tout au plus s'étendre aux Poissons; elle serait inexacte pour le reste des Animaux: aussi, l'appliquant seulement aux premiers, nous dirons que chez l'Homme l'Abdomen est placé au devant des corpsvertébraux. Borné en haut par le diaphragme, en bas par le bassin, il est formé en devant et sur les côtés par une partie des côtes et par les muscles abdominaux qui sont au nombre de dix. Chez les autres Animaux, la direction différente de la colonne épinière fait varier la position de l'Abdomen. Chez tous, une membrane séreuse, nommée Péritoine, le tapisse et se replie sur les organes digestifs et générateurs, tandis qu'elle n enveloppe qu'une partie de la vessie et passe simplement au-devant des reins; elle forme en outre de vastes replis flottans dans l'intérieur de l'Abaomen, et que l'on a nommés Epiploon. V. ce mot.—Pour faciliter l'étude des organes que renferme l'Abdomen, on divise cette cavité en neuf régions: trois supérieures, trois moyennes et trois inférieures. Des trois premières, celle du milieu se nomme Epigastre, les deux autres Hypocondres; parmi les trois moyennes, celle du milieu a reçu le nom d'Ombilic, et les deux latérales, celui de Flancs. On a nommé Hypogastre celle qui se trouve audessus du pubis, et Régions des Iles celles où se trouvent les deux os de ce nom. — Selon les espèces d'Animaux et leurs divers états, l'Abdomen est sujet à un grand nombre de variations. Sa capacité est bien plus grande chez ceux qui se nourrissent de végétaux que chez ceux qui font de la chair leur nourriture habituelle; il augmente considérablement pendant la grossesse, et, en un mot, suit, comme tout contenant, le volume des organes qu'il renferme. (PR. D.)

Malgré ce qui vient d'être dit, il n'en est pas moins vrai qu'une portion très-importante du corps de plusieurs Animaux articulés a été appelée Abdomen, et que ce nom, plutôt consacré par l'usage que rigoureusement défini, n'est pas, sous tous les rapports, susceptible d'une application générale.—Si on exige, en effet, que l'Abdomen soit toujours composé de matériaux identiques, c'est-à-dire, que les mêmes anneaux qui le constituent chez les Insectes, le constituent aussi chez les Crustacés et les Arachnides, si on veut qu'il contienne, dans tous, les mêmes organes avec des rapports analogues; si enfin on prétend qu'il doit avoir des fonctions semblables, nul doute que l'Abdomen des uns n'est pas celui des autres; car tels anneaux qui ici lui appartiennent, concourent ailleurs à former le thorax; tels viscères qui occupent dans un cas son intérieur, ne s'y rencontrent plus dans un autre, et telles fonctions qu'ils remplissent dans une classe entière, ils ne les remplissent plus dans celle qui l'avoisine. L'Abdomen ne saurait donc être assimilé à un organe ou à une pièce essentielle du corps, que l'anatomiste doit suivre, reconnaître et dénommer à travers les chan

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gemens nombreux qu'elle éprouve; il n'est autre chose qu un ensemble, pouvant être formé de matériaux différens, qui ailleurs auront un tout autre emploi. C'est ainsi que dans les classes Elus élevées, on voit la même vertèbre faire partie, alternativement, de l'Abdomen et du thorax. — Ces diverses analogies de structure, de rapports et de fonctions, qu'on aurait pu prendre, comme bases essentielles de la détermination de l'Abdomen, seraient devenues des obstacles insurmontables à son étude. En ne leur accordant aucune valeur, il nous sera très-facile d'en donner une définition exacte. — L'Abdomen, considéré dans toute la série des Animaux articulés, est cette partie du corps faisant suite au thorax, composée d'un nombre quelconque d'anneaux constamment dépourvus d'appendices articulés, essentiellement locomoteurs, en présentant tout au plus quelques vestiges privés de cette fonction, et renfermant toujours dans son intérieur une portion du canal digestif, quelquefois très-petite. — Si on étudie ensuite d'une manière générale sa composition, on verra qu'il est formé par une série de cylindres creux, souvent très-courts, réunis entre eux, ou bien par une soudure intime, ou bien par une membrane, ou bien encore par une articulation, jouissant quelquefois d'une assez grande mobilité, et pouvant, dans certains cas, rentrer les uns dans les autres comme les tubes d'une lunette. Chacun de ces cylindres porte indistinctement le nom d'Anneau ou de Segment, et paraît tantôt formé d'une seule pièce, tantôt constitué par deux demi-cylindres qui s'abouchent ordinairement par les deux bords de leur section. S'ils restent libres, ou, en d'autres termes, s'ils ne se réunissent pas vers ce point, on observe que l'un. d'eux chevauche sur l'autre, et l'enveloppe plus ou moins: les Abeilles, les Bourdons, etc., en offrent des exemples.

Tout anneau ou segment abdominal, est donc composé originairement de deux portions principales qui, lorsqu'elles seront visibles, porteront le nom à'Arceaux et pourront être distingués suivant leur position en supérieurs et en inférieurs.

Ceci posé, faisons-en l'application aux différentes classes. — Une des conditions indispensables à l'Abdomen, avons-nous dit, est de faire suite au thorax; l'absence de ce dernier entraînera donc l'absence de l'autre. C'est une conséquence du principe déjà posé. La classe entière des Aunelides en est un exemple remarquable. Les Animaux qui la composent n'offrent aucune paridie comparable au Thorax. V. ce mot. La distinction de l'Abdomen, si elle avait lieu, serait donc arbitraire et factice. Dans ce cas, on emploie le mot Corps pour désigner l'Animal tout entier: il n'en est pas de même pour les classes suivantes, ou le thorax est généralement bien caractérisé.

Ce qu'on nomme Queue chez tous les Crustacés, n'est autre chose que l'Abdomen: elle fait suite au thorax, s'en distingue par l'absence d'appendices essentiellement locomoteurs, en présente tout au plus des rudimens, et contient une portion quelconque du canal intestinal. Ne sont-ce pas là les caractères assignés à l'Abdomen, dans notre définition ? — On réservera le nom de Queue à des appendices articulés ou non, mobiles ou immobiles, ne renfermant jamais aucune portion du canal intestinal, tels sont le stylet du Limulc, la queue du Scorpion, etc.

Dans les Arachnides, on a nommé Abdomen la partie du corps qui fait suite au thorax, et on n'a élevé aucun doute sur son analogie avec l'Abdomen des Insectes. Observons cependant, qu'il ne ressèmble à celui-ci qu'en tant qu'il fait suile au thorax, et qu'il contient une portion du canal intestinal, mais non parce qu'il est formé des mêmes anneaux; parce qu'il renferme, sans exception, les mêmes viscères, et parce qu'il a les. mêmes fonctions; car l'observation montre qu'il n'est pas le même sous, tojus ces rapports, et que cette manière

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d'envisager son analogie prouverait au contraire sa différence.

Si l'Abdomen ne peut exister indépendamment du thorax, l'inverse n'a pas également lieu, et celui-ci peut, en quelque sorte, constituer l'Animal tout entier; il renferme alors tous les viscères que l'Abdomen contenait ailleurs. Plusieurs Insectes myriapodes, parmi lesquels nous citerons les Jules et les Scolopendres, en sont une preuve convaincante; leur corps résulte d'une série de segmens munis de pâtes, et qui peuvent être comparés chacun an prothorax d'un Insecte hexapode; il ne présente pas d'Abdomen, ou, pour mieux dire, celui-ci est réduit au dernier anneau qui conserve encore les caractères essentiels, c'est-à-dire, qu'il fait suite au thorax, qu'il ne présente pas d'appendice locomoteur, et qu'il contient une portion, très petite il est vrai, du canal intestinal.

Les Insectes hexapodes, au contraire, présentent un Abdomen très développé, parfaitement distinct du thorax, surtout lorsque celui-ci supporte des ailes; car, dans les individus aptères, cette différence est, par le défaut de ces organes, un peu moins tranchée; on peut en dire autant de la plupart des Larves qui, ayant tous les anneaux du corps également developpés, ne pourraient être divisées en Abdomen et en thorax, si la présence des pates aux trois premiers anneaux n'indiquait suffisamment la limite respective de chacun d'eux. Cependant, il n'est plus possible d'établir cette distinction dans les Larves apodes; et si on admet chez elles un thorax et un Abdomen, c'est sur l'analogie seule que repose cette détermination. On peut alors assimiler cet état provisoire de l'Insecte à l'état permanent des Annelides, et employer le mot Corps pour désigner l'Animal tout entier, sans chercher à établir des divisions qui ne peuvent tomber sous nos sens.

S'il nous était possible de donner à notre sujet tous les développemens qu'il réclame, nous envisagerions maintenant l'Abdomen sous plusieurs point de vue et d'une manière plus spéciale. Sa composition, c'est-àdire le nombre d'anneaux qui le forment dans chaque classe, chaque ordre, chaque famille; ses formes variées, sa consistance, ses usages, ses rapports avec les organes qu'il contient, son mode d'insertion avec le thorax et la manière dont il s'en distingue, fourniraient des observations curieuses et d'un haut intérêt. Nous ferions voir que dans aucun Insecte hexapode il n'est pédiculé, et que le rétrécissement qu'on remarque vers sa base dans un grand nombre d'Hyménoptères résulte de la jonction du deuxième anneau avec le premier dont le bord antérieur est appliqué si exactement contre la circonférence du méthathorax qu'on ne l'en a jamais distingué. Nous prouverions qu'un cylindre quelconque de l'Abdomen ne diffère d un segment du thorax que par un moindre développement de toutes ses parties, puisque tel anneau qui dans l'Insec'e appartient au premier, fera partie du second chez le Crustacé et l'Arachnide; et que si, par des causes que nous ignorons, l'un d'eux vient à se développer, il se rapprochera toujours, par sa composition, d'un segment thorachique. L'Abdomen des Cigales pourrait nous en fournir une preuve; mais l'énoncé de tous ces faits entraînerait de longs détails qui trouveront leur place dans nos recherches sur le système solide des Animaux articulés. Nous avons dû nous borner à donner ici une définition précise du mot Abdomen, qui permette de l'appliquer dorénavant, avec connaissance de cause, aux différentes classes d'Animaux articulés. (AUD.)

ABDOMINAUX, POIS. IVe ordre de la classe des Poissons de Linné, et l'un des plus nombreux en espèces, dont les caractères consistent dans les branchies qui sont soutenues par quelques rayons osseux, et dans la position des nageoires ventrales, situées sur le ventre postérieurement' aux pec-

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torales. Les genres renfermés dans cet ordre étaient Cobitis, Amia, Silurus, Teutkis, Loricaria, Salmo, Fistularria, Esox, Elops, Argentina, Atherina, Mugil, Exocetus, Polynemus, Clupea, Cyprinus. — Cuvier a conservé à peu près cet ordre qui, à I'exception des Teuthis, Fistularia, Atherina, Mugil et Polynemus, devenus des Acanthoptèrygiens (voy. ce mot), forme, dans son Traité du Règne Animal, le Ve ordre des Malacoptèrygiens-abdominaux. Voy. ce mot. —Les Abdominaux formentle IVEsousordre des Poissons Holobranches de Duméril, qui les divise en

SLPHONOSTOMES, qui ont le corps cylindrique et la bouche à l'extrémité d'un long museau;

CYLINDRROSOMES, qui ont le corps cylindrique, Ia bouche non prolongée, et les lèvres non extensibles;

OPLOPHORES, qui ont le corps comprimé, les rayons des pectorales libres, distincts, un seul roide, dentelé et pointu;

DIMERÈDES, qui ont les caractères des précédens, mais ont les rayons arrondis et flexibles;

LÉPIDOPOMES, qui ont le corps comprimé, les rayons des pectorales réunis, les opercules écailleux, et la bouohe dépourvue de dents;

SILAGONOTES, qui ont le corps et les pectorales comme les précédons, mais dont les opercules sont lisses, les mâchoires très-développées et ponctuées;

DERMOPTÈRES qui ont la mâchoire simple et la nageoire dorsale adipeuse;

GYMNOPOMES, chez qui cette dorsale a ses rayons osseux. (B.)

ABEADAIRE. BOT. PHAN. (Dict, de Déterville.) Syn. du Spilanthe Acmelle, Spilànthus Acmella, L. (B.)

ABÉCEDARE. BOT. PHAN. Nom vulgaire de l'Agave d'Amérique, Agave americana, L. en quelques endroits où il est naturalisé et cultivé pour former des clôtures. (B.)

ABEILLE. INS. Linné réunissait sous le nom générique d'Abeille, Apis; un grand nombre d'Insectes Hyménoptèces, dont l'organisation et surtout les mœurs sont assez différentes. Depuis lui, plusieurs savans ont subdivisé ce groupe, et Latreille, dans le Règne Animal (éd. de 1817), en a fait une section ou grande FARmille, sous le nom d'Anthophiles ou de Meilifères, Voy. ces mots.

Le genre Abeille tel qu'il est adopté aujourd'hui par le plus grand nombre des entomologistes, a pour type l'Abeille commune, et ne renferme que des espèces analogues, sons le double point de vue de l'organisation et des habitudes. Tous les Insectes qui rentrent dans ce cadre ont les antennes filiformes et brisées: le premier article des tarses postérieurs en carré long, garni intérieurement chez les Ouvrières d'un duvet soyeux, rangé par bandes transversales, les mandibules en cuiller chez les neutres, tronquées et bidentées dans les Mâles et dans les Femelles, etc. — Les Abeilles se distingueront, au premier coup-d'œil, des Bourdons et des Euglosses, par l'absence d'épines à l'extrémité des deux paires de jambes postérieures; on ne pourra non plus les confondre avec les Mellipones et les Trigones, dont le premier article des tarses postérieurs n'est plus un carré long, mais un triangle renversé.

Ces caractères zoologiques. coïncident avec un grand nombre d'autres, qu'il appartient à l'anatomie et à la physiologie de nous faire connaître, et que nous allons exposer en prenant, pour objet de cette étude, l'Abeille commune, dont l'intéressante histoire est enrichie d'observations trèsexactes.

Outre les Caractères communs qui distinguentles Abeilles mellifiques des espèces voisines, il en existe d'autres qui, suivant l'observation faite par Swammerdam, permettent de les distinguer elles-mêmes en trois sortes d'individus, les Mâles ou Faux-Bourdons, les Femelles ou Reines, les Neutres ou Ouvrières ou Mulets; chacun d'eux présente une organisation et surtout des mœurs toutes particulières qui ne peuvent être traitées isolément,

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mais que nous nous bornerons à caractériser dans le courant de cet article. — La tête un peu moins large que le corselet, triangulaire chez les Femelles et les Ouvrières, arrondie au contraire dans les Mâles et placée verticalement, est limitée sur les côtés par des yeux à facettes, hérissés d poils, ovales et assez distans l'un de autre chez les Ouvrières et les Femelles, très-saillans et contigus sur le vertex chez les Mâles. Cette partie supporte dans les premières, des yeux lisses, au nombre de trois, disposés en triangle; mais dans l'autre sexe ils n'occupent plus la même place, et sont situés plus en avant, immédiatement au-dessus de l'insertion des antennes. —Les antennes sont filiformes, brisées, composées de treize articles dans les Mâles, et seulement de douze dans les Femelles. —Le thorax est ombragé de poils, et ses parties constituantes, qu on retrouve aussi dans les autres Hyménoptères, ne s'apercoivent que lorsqu'ils on tété enlevés. On distingue alors parfaitement l'écusson du mésothorax qui, courbé en arc et placé transversalement, constitue une saillie assez remarquable. — Les épaulettes sont peu développées, et recouvrent à peine les épidémes articulaires des ailes. Les ailes offrent, suivant l'observation de Jurine, une cellule radiale resserrée, fort allongée, et trois Cellules cubitales presque égales: la première carrée; la seconde triangulaire, recevant la première nervure récurrente; la troisième, presque sémilunaire, recevant la seconde nervure, et éloignée du bout de l'aile. Ces ailes, chez la Femelle, sont très-courtes, proportionnellement à la longueur du corps, ne s'étendent guère audelà du quatrième anneau, tandis que dans les autres individus, elles recouvrent tout l'abdomen. — La poitrine n'offre aucun caractère propre d'une grande importance, elle supporte les pates. Les deux dernières paires, et surtout la postérieure, présentent, comme nous l'avons déjà indiqué, chez les trois sortes d'individus, une dilatation du premier article de leurs tarses. Cet article est surtout très-remarquable dans les Ouvrières; Huber l'a décrit avec une exactitude scrupuleuse, et nous a fait connaître l'usage de plusieurs parties qui avaient échappé à Réaumur. Il s articule supérieurement, et par son angle antérieur avec la jambe, de manière à exécuter sur elle un mouvement de ginglyme. Son angle postérieur, au contraire, est libre, muni d'une épine recourbée. Ces deux pièces forment par conséquent une sorte de pince, dont nous indiquerons l'usage en parlant de la construction des gâteaux de cire. Le premier article du tarse, qui a recu le nom de Pièce carrée, présente, comme nous l'avons dit, sur sa face interne, plursieurs rangées transversales de poils roides et parallèles, qui ont valu à cette face le nom de Brosse. — Outre la dilatation du premier tarse, on remarque encore dans la pate postérieure la jambe qui, à cause de sa forme et de son usage, a été appelée Palette triangulaire sa face externe a reçu, pour les mêmes motifs, le nom de Corbeille. Elle est légèrement concave, bordée de poils longs et recourbés en haut.

C'est au moyen de cet appareil très simple, et qui n'existe que dans la caste Ouvrière, que se fait la récolte d'une poussière particulière nommée Pollen: ce pollen, fourni par l'anthère des étamines d'un grand nombre de Plantes, s'attache d'abord naturellement aux poils qui recouvrent le corps de l'Abeille, il est ensuite balayé au moyen des tarses des jambes, et surtout parla brosse qu'on distingue à la troisième. L'Insecte parvient à réunir cette poussière en petits globules, qui sont déposés successivement par la seconde paire de pates, dans la corbeille, jusqu'à ce que celleci en soit bien garnie. — C'est aussi le même appareil qui sert à la récolte d'une autre substance résineuse, odorante, qui a reçu le nom de Propolis, et que les Abeilles emploient principalement pour clore leur demeure.

Le tarse, outre la pièce carrée, est

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encore formé par quatre autres articles beaucoup moins développés, et terminé par deux crochets unidentés séparés l'un de l'autre par une pelotte charnue.

L'abdomen, à partir de l'étranglement, est composé de sept anneaux dans le Mâle, et de six dans les Femelles et les Ouvrières: le premier étant, ainsi que dans tous les Hyménoptères à abdomen pédiculé, uni intimement et confondu avec le thorax. Le système nerveux se compose, suivant Swammerdam, d'un cerveau formé de huit parties rangées par paires, et d'une portion moyenne qui est l'origine de Ia moelle épinière de laquelle part, à droite et à gauche, un nerf considérable se distribuant sans doute aux yeux, et antérieurement six nerfs ainsi répartis: deux pour les mandibules, deux pour les mâchoires et deux pour la trompe; vient ensuite la moelle épinière proprement dite formée de deux cordons parallèles, se réunissant à divers intervalles pour former sept ganglions, dont trois situés dans le thorax, et lesautres dans l'abdomen: cette moelle se réunit aussi en un cordon étroit vers l'étranglement qui résulte de la jonction du premier anneau abdominal avec le deuxième. Les nerfs tirent leur origine des ganglions; mais quelques-uns naissent dans le thorax de la moelle épinière, dans l'intervalle de ses renflemens; ils se distribuent aux muscles et à tous les appareils d'organes, principalement ceux de la génération. Huber a tenté quelques expériences sur les sensations qui lui ont fait penser que la cavité de la bouche était le siège de l'odorat, et les antennes celui du toucher; il n'a pu reconnaître l'organe de l'ouïe; et cependant tout porte à croire que les Abeilles entendent, à moins de n'admettre aucun but dans les sons qu'elles produisent. CettE sorte de voix n'est autre chose qu'un bourdonnement très-nuancé; tantôt c'est la Reine seule qui le fait entendre, et alors elle prend une attitude particulière qui frappe les Abeilles d'immobilité; tantôt ce sont les mêmes Reines qui, retenues captives dans les cellules, produisent un son très-singulier; d autres fois, c'est un bruit général qui a lieu dans certaines circonstances, à l'intérieur de la ruche; souvent enfin, c'est le bourdonnement d'une ou de plusieurs Ouvrières qui font part d'un danger; quoi qu'il en soit, ce sens chez ces Animaux est toujours en rapport avec leur instinct, et le bruit du tonnerre, ou d'une arme à feu, ne paraît pas les affecter. —S'il est difficile de se faire une opinion juste des sens dont nous sommes doués, on concoit combien la difficulté s'accroîtra, lorsque nous voudrons nous former une idée de ceux dont nous sommes privés. Des Abeilles, sorties de la ruche, sont bien rarement surprises par la pluie. Gomment savent-elles, sans s'y trompa:, une chose que nous ne pouvons pas toujours prévoir ? Ont-elles une sensation qui les en avertit, et quel est le siège de ce sens? Ou bien, est-ce le résultat d'un jugement qu'il faudrait dans ce cas avouer bien plus parfait que le nôtre. On peut faire, à cet égard, des suppositions aussi valables les unes que les autres jusqu'à ce que l'observation ayant accumulé un grand nombre de faits, ceux-ci se soient, pour ainsi dire, expliqués d'eux-mêmes. Le seul sens sur le siège duquel il n'est plus permis d'élever aucun doute est celui de la vue. On sait que les Abeilles aperçoivent de très-loin leur habitation, qu'elles distinguent leur ruche entre toutes les autres, et qu'elles y arrivent en ligne droite et avec rapidité. Réaumur ayant enduit successivement d'un vernis opaque les trois petits yeux lisses et LES yeux composés, nous a prouvé par ses expériences qu'ils étaient également INDISPENSABLES a la vision. Swammer dam (Biblia naturæ) a décrit, avec beaucoup de soin, l'œil des Abeilles mâles; ce qu'il en dit s'applique également à un grand nombre d'insectes; et nous renvoyons au mot OEIL pour avoir une idée exacte de cet appareil. Dans les Abeilles, l'espcce de coroïde qui enduit la cornée est d'une couleur pourpre foncée; celle-ci, composée de fa-

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cettes très-serréos, présente dans leur intervalle des poils qui modifient probablement la vision, et qu'on ne retrouve que dans un petit nombre d'insectes; ils sont simples et diffèrent beaucoup des poils longs et penniformes qui, situes sur le vertex, ombragent les petits yeux lisses et ne permettent à la lumière de leur arriver que dans un certain sens.

Le siège de l'organe du goût, placé par Swammerdam dans la trompe, n'est pas, à beaucoup près, aussi bien déterminé que celui de la vue. On se rend même difficilement raison de l'existence d'un tel sens, lorsque jugeant d'après ses propres sensations, on considère que l'Abeille, pour se désaltérer, préfère une eau croupissante à une eau limpide, et qu'elle se nourrit indistinctement d'un grand nombre de Plantes ayant des propriétés très-différentes: de là les nombreuses variétés de miel que l'on observe dans des ruches placées les unes auprès des autres.

Les Abeilles, en effet, se nourrissent de liquides végétaux, et principalement de liqueurs sucrées; c'est du nectaire des Plantes qu'elles retirent, au moyen d'un instrument nommé trompe, un suc qui sera bientôt converti en miel. La trompe n'est plus formée, comme celle du Papillon, par le prolongement des mâchoires, mais par celui de la lèvre inférieure, ainsi que chez tous les Hyménoptères. L'appareil de cette bouche, quoique formé sur un plan uniforme pour tous les Insectes, présente donc pour chaque ordre des modifications constantes. Nous l'étudierons dans sa généralité à l'article Bouche, et nous nous bornerons ici à quelques faits propres aux Abeilles.

La bouche se compose des mêmes parties que celle des autres Insectes; le labre est transversal, peu apparent dans les Mâles; les mandibules, supportées chacune sur un pédicule, sont petites, bidentées à leur sommet dans les Mâles et les Femelles, creusées, au contraire, chez les Ouvrières, d'une fossette divisée elle-même en deux portions par une arète longitudinale. Les mandibules viennent-elles à se rapprocher; l'une de ces portions s'applique exactement contre celle du côté opposé, et forme avec elle une pince tranchante, tandis que l'autre, ne se rapprochant pas également de sa vis-à-vis, constitue une sorte de gouttière; c'est au moyen de cette conformation de leurs mandibules que ces Insectes parviennent à bâtir les cellules de cire, ainsi que nous l'indiquerons bientôt.

Les mâchoires ont été étudiées avec soin par Swammerdam et Réaumur; mais ils ne les ont pas distinguées de la trompe, et ils les regardent comme les étuis ou enveloppes extérieures de celle-ci.

La trompe, parfaitement semblable à celle de la plupart des Hyménoptères, est, avons-nous dit, l'analogue de la lèvre inférieure des autres Insectes. On y retrouve les mêmes pièces, mais à des degrés de développement très-différens.

C'est au moyen de cet appareil que lesucdes fleurs est porté dans la cavité buccale. Swammerdam s'était mépris sur les fonctions de ces parties; il attribuait à la trompe la faculté de sucer; à cet effet, il la croyait percée à son extrémité, et traversée dans toute sa longueur par un canal étroit. Les étuis extérieurs avaient, selon lui, pour usage, d'écarter les pétales des fleurs, et les divisions internes qui sont sur les côtés de la trompe, en pressant celle-ci, faisaient monter le liquide dans son intérieur. Cette succion était en outre, et toujours selon lui, favorisée par la pression de l'air extérieur et par la dilatation de l'Abdomen qui opérait le vide dans le canal médian.

Réaumur a mieux observé le jeu de ces pièces, il nous a appris que la trompe, proprement dite, était une sorte de langue qui, en léchant ou lapant, se chargeait de la liqueur miellée; que cette liqueur passait entre elle et les étuis extérieurs ou les mâchoires, et qu'elle gagnait ainsi une ouverture qui avait échappé à Swammerdam. Cette ouverture, placée au-

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dessus et à la base de la trompe, est recouverte par une sorte de langue charnue et doit être considérée comme l'entrée pharyngienne ou le pharynx lui-même; c'est par elle que s échappe ordinairement une gouttelette de miel, lorsqu'on presse une Abeille entre ses doigts. Le canal intestinal, qui fait suite à cet appareil, consiste en un oesophage assez grêle, aboutissant à un estomac renflé, mince, ordinairement plein d'une liqueur jaune limpide, ayant toutes les propriétés du miel, et limité postérieurement par le pilore, sorte d'étranglement valvulaire de l'intestin, qui sépare ce premier estomac d'un second que Swammerdam nommait Colon, et qui a beaucoup plus de longueur et de capacité que le précédent: il est en outre évidemment musculaire, et présente dans son intérieur plusieurs valvules. Cet estomac se continue avec l'intestin grêle; et vers le point de leur réunion, on remarque un grand nombre de vaisseaux biliaires qui s'ouvrent dans l'intérieur de celui-ci. L'intestin grêle, qui n'est pas à beaucoup près aussi long que le deuxième estomac, s'abouche abruptement avec un large cœcuma membraneux, garni de six glandes oblongues, faisant saillie à l'intérieur. Ce cœcum se rétrécit plus ou moins visiblement; et après lui vient le rectum qui se continue avec l'anus placé audessous de l'aiguillon.

La respiration a lieu, comme dans les autres Hyménoptères, au moyen de trachées naissant des stigmates qui s'observent sur les côtés du thorax et sur les parties latérales de l'abdomen; elles aboutissent à quelques vésicules aériennes très-développées et à un grand nombre d'autres plus petites. Les Abeilles partagent aussi avec les autres Insectes cette propriété remarquable de survivre à la privation de l'air prolongée pendant un assez long temps, soit qu'on les place dans un espace privé de ce fluide, soit qu'on les plonge dans l'eau; et Réaumur a su employer ce dernier moyen pour examiner sans danger tous les individus d'une même ruche.

A cette fonction se rattachent quelques phénomènes très-curieux qui nous ont été transmis par Huber; cet observateur ayant remarqué qu'une ouverture d'un assez grand diamètre, pratiquée dans une boîte ou une cloche de même capacité qu'une ruche ordinaire, était tout-à-fait inutile pour le renouvellement de l'air; ayant appris aussi par plusieurs expériences que les Abeilles ne pouvaient continuer de vivre dans un espace où l'air ne se renouvelait pas; et sachant en outre que dans une ruche peuplée quelquefois de 25, 000 habitans, ce fluide est, à peu de chose près, toujours aussi pur à l'intérieur qu'à l'extérieur, parvint à expliquer ce phénomène par la ventilation que les Ouvrières produisent presque continuellement en agitant leurs ailes à la partie inférieure de la ruche. Sans pénétrer dans cette demeure, on peut, ans les temps de chaleurs, surprendre en dehors et auprès des portes de la ruche quelques Abeilles dans cette singulière action. Ce mouvement, quelquefois général, suffît, suivant Huber, pour établirdes courans entre l'air extérieur et l'air intérieur, au moyen desquels celui-ci est sans cesse renouvelé. Ce phénomène, qui n'a encore été observé que dans les Abeilles et dans quelques Bourdons, était un fait digne d'etre noté. H est une conséquence immédiate de la respiration, ainsi que la chaleur des ruches, qu'il ne faut plus maintenant attribuer à la fermentation du miel. — Si le système respiratoire est remarquable par son développement et ses fonctions, celui de la circulation se réduit, de même que dans tous les Insectes hexapodes, à un simple vaisseau dorsal n'offrant rien de particulier.

Aux différentes fonctions que nous, avons jusqu'ici fait connaître, il faut en ajouter une très-importante, celle des sécrétions. Les gâteaux sont formés, avons-nous dit, de cire. On a pensé pendant long-temps que l'ingredient principal de cette cire était le pollen dont les Ouvrières se nourrissent quelquefois, et qu'elles mettent le plus sou-

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vent en magasin dans certaines cellules. Ce pollen, disait-on, était élaboré dans leur estomac, et dégorgé ensuite par la bouche sous forme de bouillie blanchâtre ou véritable cire. Telle fut l'opinion de tous les savans, jusqu'à ce qu'un cultivateur de Lusace, etpar suite John Hunter, eussent découvert des lamelles de cire engagées entre les arceaux inférieurs de l'abdomen. Cette observation exacte, publiée dans les Transactions philosophiques pour Tannée 1792, fixa l'attention de Huber, qui entreprit sur ce sujet un grand nombre a expériences, et confirma cette importante découverte en l'étayant de nouvelles preuves. Si Ton détache, à la partie inférieure de l'abdomen d'une Ouvrière, certains arceaux, on remarque que chacun est formé de deux parties très-distinctes: la première, obscure, étroite et située en arrière; la seconde, au contraire, très-étendue, constituant à droite et à gauche deux espaces membraneux, transparens, d'un brun jaunâtre, séparés l'un de l'autre par une crête longitudinale et moyenne assez élevée. C'est à la surface de ces espèces d'aires membraneuses, circonscrites sur les côtés par des bords solides, que sont placées les petites lames de cire. Non content d'avoir connu dans tous ses détails cet appareil singulier, Huber voulut encore en déterminer, s'il était possible, les fonctions; et des expériences ingénieuses lui apprirent que les Abeilles nourries uniquement de pollen ne sécrétaient jamais de cire, et que celles, au contraire, auxquelles on donnait uneliqueur sucrée, en fournissaient en grande abondance. Il en tira cette conclusion: que si le sucre ou quelques-unes de ses parties constituantes ne se convertissaient pas en cire, il était du moins le stimulant de l'appareil sécréteur.

Par suite de ces expériences, on était en droit de penser que les Ouvrières produiraient d'autant plus de cire que la campagne leur fournirait une récolte plus abondante de miel, et que si, à cause d'une grande sécheresse, elles ne rapportaient à la ruche que du pollen, la sécrétion de cette matière n'aurait plus lieu, et la construction des gâteaux cesserait. L'observation apprit bientôt qu'il en était ainsi. Une preuve d'un autre genre vint à l'appui de observations de Huber: il vit que l'Ouvrière, qui rentrait à la ruche avec l'estomac plein de miel et avec l'intention de construire, se gardait bien de dégorger le produit de sa récolte dans les magasins, comme si elle n'ignorait pas qu'en agissant autrement elle ne pourrait produire des matériaux de construction.

Tous ces faits Sont positifs et se trouvent confirmés chaque jour par les observations des savans les plus distingués. C'est ainsi que Latreille, dans un Mémoire lu à l'Académie des sciences, le 20 août 1821, vient d'ajouter quelques éclaircissemens à l'opinion de Huber sur l'origine et l'issue de la cire. Il indique aux observateurs des expériences nouvelles et des analyses qu'il serait bon d'entreprendre, et démontre entre autres choses que l'opinion de Réaumur, sur la formation de la cire, est infirmée, 1° parce qu'on n'a jamais trouvé que du miel très-limpide dans le premier estomac; 2° parce que la seconde partie du canal intestinal qui renferme une matière qu'on pourrait regarder comme une sorte de cire, brute et liquide, est séparée de ce premier estomac par une valvule pyorique très-étroite qui rendrait ce dégorgement au moins très-difficile. Latreille partage donc l'opinion de Huber; mais il pense que les anneaux ciriers, composés de même que tous les tégumens du corps de deux membranes de densité différente, savoir le Derme et l'Epiderme, sont seulement traversés par le fluide cireux qui, primitivement, a été formé à l'intérieur du corps peut-être par des glandes conglomérées, ou bien par des vaisseaux jaunes contigus à ces anneaux, et dans lesquels il a aperçu des mouvemens péristaltiques. Quoi qu'il en soit, il observe qu'après avoir traversé les aires membraneuses, la cire, devenue extérieure et non conte-

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nue dans une poche, est retenue et moulée en lamelles à leur surface par la portion du segment précédent qui les recouvre.

C'est avec cette cire, dont l'origine n'est plus maintenant douteuse, que les Ouvrières bâtissent les cellules dont le principal usage est de contenir l'œuf qui a été pondu par la Femelle quelque temps après son accouplement avec le Mâle. La conception n'a donc pas lieu, comme le pensait Swammerdam, par une sorte d'évaporation de la liqueur fécondante; mais elle résulte toujours de la copulation de deux individus de sexes différens. Les mâles, dont nous avons déjà fait connaître les caractères extérieurs, se distinguent principalement des Femelles par leurs organes génitaux. Swammerdam, Réaumur et Huber ont étudié l'appareil copulateur avec beaucoup de soin; mais ne l'ayant pas comparé avec les organes analogues chez des individus de genres différens et de même sexe, ils ont cru trouver dans ces parties une organisation nouvelle et leur ont appliqué des noms particuliers, tirés la plupart de leurs formes, tels que ceux de Lentille, de Plaque cartilagineuse, de Palette goudronnée, etc.

Un travail très-étendu, que nous avons entrepris sur les organes génitaux, réduira toutes ces dénominations à leur juste valeur et suppléera aux détails dans lesquels il nous est impossible d'entrer ici. Nous renvoyons aux ouvrages des savans précités, pour l'étude des organes génitaux mâles et femelles. Les derniers se composent de deux ovaires subdivisés en plusieurs oviductus et réunis en un panai commun; ils sont enveloppés, suivant Swammerdam, d'une membrane commune et contiennent un nombre prodigieux d'œufs. Cette fécondité est telle qu'une Femelle qui avait déjà pondu plus de 38, 000 œufs offrit à Réaumur son abdomen encore plein de plusieurs milliers de ceux-ci. A ces organes se joint un sac sphérique et deux vaisseaux aveugles s'ouvrant dans le canal commun des oviductus, et que Swammerdam suppose renfermer une liqueur visqueuse propre à enduire les œufs. Huber ne partage pas cette opinion, et quelques recherches que j'ai faites surface organe ne me permettent pas de lui attribuer cet usage. —L'aiguillon appartient au même appareil; il est ici construit sur le même plan que celui des autres Hyménoptères. V. AIGULLON.—La vésicule du venin est oblongue, très-développée dans les Femelles et munie de deux vaisseaux sécréteurs réunis en un canal commun. Un autre canal excréteur conduit le venin dans l'aiguillon. —ll suffît d'avoir jeté un coup-d'œil sur les organes mâles et femelles pour penser que de tels appareils sont faits pour un but déterminé; et ce but se concoit facilement lorsqu'on voit chaque jour les mêmes organes servir chez d'autres Insectes à la copulation; cette pensée fut sans doute celle de Swammerdam et de Réaumur; mais ils ne purent être spectateurs d'une jonction immédiate et abandonnèrent une opinion très-rationnelle, qu'ils ne pouvaient fonder sur des faits. Huber, plus heureux sans doute et doué également du génie de l'observation, reconnut que cette jonction avait toujours lieu hors de la ruche et il en eut des preuves certaines quand, ayant tenu captives des Femelles, soit isolées, soit avec des Mâles, elles restèrent toujours stériles; quand, au contraire, leur ayant laissé toute liberté elles revinrent fécondées; quand, enfin, il retrouva dans la vulve dès mêmes Femelles l'organe copulateur du Mâle qui y adhérait encore. — Si les Mâles sont inutiles à la ruche, parce que, n'étant pas pourvus des instrumens de travail, s ne récoltent ni miel ni pollen et se nourrissent au contraire des provisions amassées par les Ouvrières; si, dis-je, ils sont inutiles sousce rapport, ils ne le sont pas sous celui de la propagation de l'espèce. Aussi voiton les Ouvrières, à une certaine

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époque, donner un soin particulier à leurs larves; je dis à une certaine époque, car il arrive un autre moment où elles percent de leur aiguillon tous les Mâles et détruisent tous ceux qui étaient près d'éclore. C'est ordinairement dans les mois de juin, de juillet et d'août que se fait au fond de la ruche le grand carnage; il n'a pas lieu toutefois dans Les ruches privées de Reines et dans celles où, par des causes particulières, quelques Ouvrières devenues fécondes, ou bien quelques Reines dont la fécondation a été retardée, ne pondent uniquement que des œufs de Mâles. Hors ces trois cas, on ne. trouve plus après le mois d'août aucun Mâle dans les ruches, et ce n'est qu'en avril et mai suivans que, de nouveaux œufs ayant été pondus, on les voit reparaître, d'abord en petit nombre, et ensuite en grande quantité. Ils éclosent dans les ruches avant les Reines: celles-ci sont aussi impropres que les Mâles à toute espèce de travail; leur seule et unique fonction est de perpétuer l'espèce; aussi ne restent-elles que très-pece de temps dans l'état de virginité. Cet état peut être prolongé par certaines circonstances; mais ordinairement, cinq ou six jours après leur naissance, et un jour après qu'elles se sont établies dans une nouvelle demeure à la tête d'une colonie (ce qui a lieu vers les mois de mai, juin et juillet), on les voit sortir pour aller à la recherche d'un Mâle: elles reviennent à la ruche ordinairement fécondées, et la perte de leur virginité n'est pas équivoque. Elles reçoivent alors, de la part des Ouvrières, des hommages et des soins empressés qu'on ne leur avait pas encore rendus. C'est ordinairement quarante - six heures après l'acte de la copulation que la ponte a lieu; elle se continue jusqu'au printemps suivant, sans que la Femelle ait été fécondée de nouveau; car nous avons dit qu'à dater du mois d'août on ne rencontrait plus de Mâles. La ponte peut donc avoir lieu onze mois après l'accouplement, et ce terme n'est pas le plus éloigné; car Huber nous apprend qu'un seul accouplement peut rendre une Femelle féconde pendant deux ans.

Si la Femelle est fécondée les quinze premiers jours de sa vie, elle ne pond guère jusqu'au printemps que des œufs d'Ouvrières; à celte époque elle fait une copieuse ponte de Mâles, et immédiatement après a lieu celle des Reines, maisà un jour d'intervalle, afin que ces Reines conductrices des colonies qui doivent sortir de la ruche ne naissent pas toutes en même temps. Si, au contraire, la fécondation de la Reine est retardée au-delà du viagtunième jour qui suit sa naissance, ou bien si la ponte éprouve quelque retard à cause de la température peu élevée, elle ne produit plus que des œufs de Mâles et les dépose indistinctement dans toutes les cellules Mais avant de parler de la ponte et des phénomènes qui l'accompagnent, nous devons jeter un coup-d'œil dans la ruche et faire connaître les cellules ou gâteaux dans lesquelles sont deposés les œufs.

Nous avons déjà parlé sous plusieurs rapports des trois sortes a individus qui s'observent dans une ruche, c'est-à-dire des Mâles, des Femelles et des Ouvrières; ces dernières ne diffèrent des Reines que par un moindre développement des organes génitaux. Les ovaires se rencontrent également dans leur abdomen, mais à l'état rudimentaire, et ils peuvent même, dans certaines circonstances, contenir des œufs féconds sans que pour cela leur caractère extérieur d'Ouvrière éprouve de changemens; dans l'état ordinaire, leurs fonctions principales soit d'aller à la récolte du miel et du pollen, de bâtir les cellules, de soigner les larves, de foire la police extérieure de la ruche, et de la défendre contre ses ennemis. Réaumur avait remarqué qu'elles n'étaient pas toutes de même grosseur, ce qu'il attribuait à une plus ou moins grande quantité de matière contenue dans leurs intestins; mais Huber donna plus de valeur à cette différence, quand il découvrit qu'elle constituait deux variétés plus distinctes encore par les fonctions qu'elles étaient

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appelées à remplir; les unes, dont l'abdomen est habituellement dilaté et qu'il nomme Cirières, occupent uniquement de la construction des gâteaux; les autres, dont l'abdomen a moins de volume et qu'il appelle les Nourrices, ont pour emploi de soigner le produit de la conception jusqu'à son entier accroissement.

Les alvéoles ou cellules, lorsqu'elles sont réunies, portent, ainsi que tout le monde sait, le nom de Gâteaux. Chacune d'elles constitue ordinairement un petit godet hexagone ouvert d'un côte et fermé de l'autre par un fond ou calotte pyramidale, résultant de la réunion de trois rhombes qui auraient chacun un de leurs angles obtus au centre de ce fond pyramidal, et seraient réunis entre eux par les côtés qui renferment cet angle; le contour de la base de cette pyramide présenterait alors six angles rentrans et saillans alternativement, qui, se joignant à la circonférence d'un tuyau hexagonal formé par six trapèzes et auquel on remarque les mêmes angles, l'emboîteraient et seraient à leur tour emboîtés par lui.

Ces gâteaux présentent deux faces semblables, c'est-à-dire qu'ils résultent de l'adossement de deux couches ou séries de cellules. Les Abeilles, dans leur construction, sont surtout étonnantes par l'épargne qu'elles savent faire de la matière et de l'espace; à cet effet les fonds des cellules de l'une des couches constituent les fonds des cellules de l'autre; par cela même la base de chaque cellule est formée par la réunion de trois cellules opposées; ceci peut être rendu palpable et très-intelligible au moyen d'une expérience fort simple: introduisez trois longues épingles dans l'intérieur d'une cellule et percez-en le fond au centre des trois rhombes qui le constituent, chacune d'elle aboutira alors à une cellule propre du côté opposé.

Ces ouvrages admirables ont ordinairement une très-grande régularité; il est cependant quelques circonstances dans lesquelles les Ouvrières dévient du plan général, mais ces sortes d'écarts semblent calculés et on en aperçoit facilement le motif; il est même des événemens qui les obligent à s'en écarter, sans quoi la république entière toucherait à sa ruine; d'ailleurs il faut remarquer que ces irrégularités qu'on remarque quelquefois dans certaines cellules, ne vont pas en augmentant, qu'elles disparaissent au contraire insensiblement parce que les Ouvrières savent prendre ou ajouter à la base d'une cellule voisine, suivant que celles qu'elles ont construites sont ou trop étendues ou trop étroites. A la régularité du travail se joint un fini et une délicatesse dans l'exécution, qu'on a peine à concevoir, et qui portent naturellement à accorder à ces Insectes quelque chose d'intellectuel. L'admiration n'est pas moindre, quand on observe la simplicité des instrumens de construction; les ayant déjà décrits avec assez de détail, nous n'aurons plus qu'à considérer ici leur action.

Lorsque l'Abeille veut construire, elle saisit une des plaques de cire situées entre les arceaux inférieurs de son abdomen, au moyen de la pince que forme, avec la jambe, le premier article du tarse, la porte aussitôt à sa bouche et la rompt avec le bord tranchant de ses mandibules; quelques parcellés tombent dans la gouttière que nous avons dite formée par les deux bords inférieurs de celles-ci, sont poussées comme dans une filière vers la partie postérieure, et, arrivées à la base de la trompe, se trouvent enduites d'une matière écumeuse, blanchâtre, qui n'avait pas échappé à Réaùmur. bientôt après, cette cire élaborée repasse par le même chemin; mais, dans une direction opposée, gagne l'extrémité tranchante des mandibules, et, après avoir étéhachée de nouveau, elle est appliquée contre la voûte de la ruche. Plusieurs Abeilles, viennent agir de concert à la même place, et la matière qu'elles déposent ne tarde pas à former une masse dans laquelle elles commencent à creuser les cellules du premier rang; celles-ci n'ont plus les formes que nous avons déjà décrites,

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et Cette sorte d'anomalie a pour but de fournir une base plus solide à la masse qui va bientôt être formée; en effet, les Ouvrières ajoutent successivement au travail que l'une d'elles a commencé; d'autres posent les fondemens de nouvelles constructions à des distances égales, et tous ces gâteaux, ordinairement parallèles entre eux et perpendiculaires au fond de la ruche, s'agrandissent en très-peu de temps; car, selon l'observation de Swammerdam, un essaim, assez nombreux, placé dans une ruche depuis quatre jours, avait déjà construit un gâteau de quatre cent dix-huit cellules tant ébauchées qu'achevées; et Réaumur nous apprend qu'un gâteau de huit à neuf pouces de diamètre est quelquefois l'ouvrage d'une seule journée. Nos architectes toutefois ne mettent pas de suite la dernière main à l'œuvre, et lorsque tout nous paraît achevé, on voit d'autres Abeilles cirières entrer dans chaque alvéole pour en polir et raboter, en quelque sorte, les parois. Elles s'occupent aussi à encadrer les pans des cellules et leur orifice de propolis qu'elles recueillent sur certains Végétaux, et entre autres sur les bourgeons du Peuplier sauvage. Elles se servent aussi de cette gomme résine pour boucher toutes les ouvertures de leur ruche, et à une certaine époque elles l'emploient pour consolider la base des gâteaux; alors nos industrieux Insectes la mêlent avec de la cire et en garnissent la circonférence du premier rang de cellules qu'ils remplacent quelquefois par cette matière. Si malgré ces précautions un gâteau se détache, ils construisent sur ce gâteau de nouvelles cellules jusqu'à ce qu'il ait atteint la partie supérieure de leur ruche, ou bien, si la saison n'est pas favorable, ils assujettissent avec delà vieille cire, non-seulement ce gâteau, mais encore tous les autres, comme si, avertis par cet accident, ils voulaient prévenu tous ceux du même genre. Comment caractériser de tels actes ? peuvent-ils être franchement attribués à un instinct machinal ?

Si, comme il est nécessaire de le faire, nous distinguons les cellules en petites, moyennes et grandes, nous devrons observer que ce qui vient d'être dit de leur construction et de leur forme s'applique uniquement aux deux premières. En effet, les grandes, qu'on nomme aussi royales, outre qu'on n'en compte jamais plus de 27, (leur nombre étant ordinairement de 16 à 20,) diffèrent des autres, sous plusieurs rapports. Elles sont en général oblongues, piriformes et très-amples. Rien n'est épargné pour leur solidité, et, dans leur construction, on ne se montre avare ni d'espace, ni de matière. Celle-ci est employée avec une telle profusion que le poids d'une loge royale équivaut au moins à celui de cent cellules ordinaires; leur position ensuite est bien différente: au lieu d'être placées horizontalement comme les alvéoles des Ouvrières et des Mâles, elles le sont verticalement. Quelquefois elles ressemblent à une stalactite, et paraissent détachées du gâteau.

Ces cellules diffèrent aussi par l'époque de leur formation, et c est ordinairement au printemps et immédiatement après la ponte des Mâles qu'on s'occupe de leur construction. —L'observation a appris que la plupart des alvéoles, tant petites que moyennes, étaient destinées à recevoir les œufs, qui doivent y prendre tout leur développement, et à contenir le miel et le pollen en provision. Les plus petites, situées à la partie supérieure de chaque gâteau, sont destinées aux larves d'Ouvrières. Les inférieures, plus étendues dans toutes leurs dimensions, et bâties à la suite des précédentes, doivent contenir les larves des Mâles; et les troisièmes ou les plus grandes, les Vers royaux qui se métamorphoseront en Femelles ou Reines.

Ces cellules, à peine bâties et lors même qu'elles ne sont encore qu'ébauchées, reçoivent successivement un œuf. La ponte a lieu pendant toute l'année, mais principalement au printemps et dès le mois de mars, lorsque

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la température est un peu élevée. La Reine parcourt alors les gâteaux, regarde, et palpe avec ses antennes les cellules sur lesquelles elle passe, y enfonce profondément son abdomen, lorsqu'elle les trouve vides, et le retire, après y avoir déposé un œuf qu'elle colle par un de ses bouts au fond de l'alvéole. Elle pond d'abord dans les petites cellules des œufs d'Ouvrières; ensuite, dans les cellules moyennes, des œufs de Mâles; et, en dernier lieu, des œufs de Femelles dans les cellules royales.

Il n'est personne qui n'ait entendu parler des hommages rendus au Roi par ses sujets fidèles. Ce Roi qu'on doit, à cause de son sexe, considérer plutôt comme une Reine, en reçoit en eflet de la part des Ouvrières, surtout au moment de la ponte.' Il est curieux de voir les soins assidus que rendent à leur Femelle les Abeilles du cortège, pendant cette importante opération; elles la nettoyent, la frottent avec leur trompe, et lui présentent de temps en temps du miel qu'elles dégorgent. S'il arrive que la Femelle soit très-féconde, et qu'au contraire lescirières soient en trop petit nombre pour bâtir une quantité de cellules égale à celle des œufs, la Femelle, pressée de pondre, en dépose deux, trois et même quatre dans la même alvéole. Les Ouvrières qui s'en aperçoivent ne tardent pas à enlever tous les œufs surnuméraires et à les détruire.

Les œufs sont oblongs, un peu courbés et d'un blanc bleuâtre. Une fois pondus, ils sont abandonnés aux soins de cette variété d'Ouvrières, qu'on appelle nourrices; assez semblables, pour les caractères extérieurs, aux Ouvrières cirières, elles en diffèrent surtout par leur genre d'occupation: elles vont à la recherche du miel et du pollen, mais elles déposent toute leur récolte dans les magasins, et sont chargées exclusivement de nourrir la larve. Elles ne commencent leurs fonctions que lorsque les vers sont éclos, c'est-à-dire, trois jours après qu'ils ont été pondus. Alors, selon Swammerdam, elles apportent à plusieurs heures du jour une sorte de bouillie, différente suivant l'âge de la larve. D'abord insipide et blanchâtre, puis légèrement sucrée et transparente, d une couleur jaune verdâtre, elle devient ensuite très-sucrée; la quantité de cette bouillie est proportionnée d'une manière si exacte aux besoins du ver, que, selon Huber, il la consomme toujours en entier. Le même auteur a observé que le pollen était la véritable nourriture des larves; les nourrices en remplissent leur estomac, et le dégorgent sans doute après l'avoir uni avec une certaine quantité de miel.

La nourriture varie non-seulement suivant les âges, mais encore suivant les sexes. Celle des Mâles et des Ouvrières paraît analogue; mais celle des larves de Reines est une bouillie toute particulière, dont l'influence sur le développement de l'individu est telle, qu'elle rend fécondes les Ouvrières qui en ont été nourries à l'état de larves. — Il n'est plus permis de douter de ce fait, depuis qu' Huber a confirmé les expériences de Riem et de Schirach. Ce dernier avait observé que lorsqu'une ruche se trouve privée de Reine, les Abeilles agrandissent, aux dépens des cellules voisines, les alvéoles de quelques Ouvrières, dans lesquelles se trouve une jeune larve, et qu'elles lui apportent en outre, avec abondance, une bouillie semblable à celle dont elles nourrissent les vers royaux; qu'enfin il naît bientôt de ces larves des Reines ou Abeilles femelles. —Si, pendant qu'elles sont occupées à réparer une perte qui entraînerait celle de la colonie toute entière, on introduit une Reine dans la ruche, aussitôt ces travaux cessent, comme si elles sentaient que leur précaution est devenue désormais inutile. — Riem avait remarqué un fait non moins extraordinaire: il vit plusieurs Ouvrières, absolument semblables aux autres, pondre des œufs dans les alvéoles. Huber observa le même fait, mais il remarqua que ces Ouvrières ne pondaient jamais que des œufs de Mâles, et il supposa que cette fécondité était due à

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une petite portion de gelée royale, tombée comme par accident dans leurs étroites demeures, toujours situées au voisinage des cellules royales. Ces Abeilles ne deviennent fécondes que dans les ruches privées de Reines; car celles-ci ont grand soin de détruire ces chétives rivales. A ces différentes preuves, on peut en ajouter une dernière qui démontre jusqu'à l'évidence que les Abeilles ouvrières sont réellement des Femelles dont les organes génitaux et quelques autres parties n'ont pas atteint tout leur accroissement. En effet Mademoiselle Jurine a reconnu et figuré des ovaires très-développés dans de petites Abeilles noires, ayant tous les caractères extérieurs des Ouvrières: et depuis elle a constamment retrouvé les mêmes parties, moins développées, il est vrai, dans les Ouvrières ordinaires.

La larve ou le ver qui est l'objet de tant de soins, et qui nous présente des faits si remarquables, est blanchâtre; apode composé de quatorze anneaux, y compris la tête: celle-ci est munie, selon Réaumur, de deux mandibules rudimentaires, d'une lèvre supérieure et d'une lèvre inférieure trifide; la division moyenne de cette lèvre est redressée vers la partie supérieure, coupée carrément, et offre une échancrure de laquelle sort une lame charnue qui contient dans son centre la filière. Les deux divisions latérales sont de petites pointes aiguës dentelées à leur face interne. Swammerdam a fait avec soin l'anatomie de cette larve. Nous renvoyons à son ouvrage déjà cité.

Ce ver, contenu dans l'alvéole, se nourrit de la bouillie que lui donnent les nourrices. Après avoir changé plusieurs fois de peau, il arrive vers le cinquième jour au dernier terme de son accroissement; pendant ce temps il s'est approché petit à petit de l'ouverture de sa loge, et n'en est plus qu'à deux lignes; à cette époque les Ouvrières bouchent l'alvéole au moyen d'un petit couvercle de cire plus bombé pour les cellules de Mâles que pour celles d'Ouvrières; le ver alors file en trente-six heures une coque de soie complète, lorsqu'il appartient à une Ouvrière ou à un Mâle, et incomplète s'il est dans une cellule royale. Trois jours après seulement il se métamorphose en nymphe. La nymphe est le passage de la larve à l'lnsecte parfait, son organisation tient de l'un et de l'autre de ces états, etil estaisé, en suivant les descriptions de Swammerdam, de connaître les changemens qu'éprouvent les divers organes. Pour ce qui regarde les parties externes on remarque que leur durcissement (qu'on nous passe cette expression assez impropre) se fait d'une manière progressive, et sur un certain nombre de points distincts; les petits yeux lisses et les yeux à réseaux prennent d'abord une teinte rouge; ensuite les épaulettes jaunissent. Les jambes, les épidèmes articulaires des ailes et des mandibules éprouvent en troisième lieu quelques changemens dans leur consistance. Bientôt les parties de la trompe et les antennes présentent les mêmes phénomènes; c'est alors que le thorax, qui tirait déjà sur le gris, prend petit a petit une teinte plus foncée; pendant ce temps l'aiguillon a subi des changemens notables; ses dentelures se colorent les premières; enfin tout marche vers un certain degré de solidification, chaque pièce à sa manière, sauf certaines parties qui doivent toujours rester molles. Ce n'est que lorsque tous ces changemens ont eu lieu, c est-à-dire, sept jours et demi après la métamorphose en nymphe, que celle-ci se dépouille d une espèce d'enveloppe qui l'emmaillotait encore, et qu'elle devient Insecte parfait, le vingtième jour après la, ponte. Cet espace de temps est plus court pour les Femelles, qui ne mettent que seize jours à prendre tout leur accroissement. — L'lnsecte a donc vu le jour, et pour cela il a dû successivement, et sans aucun auxiliaire, se débarrasser de son enveloppe, percer sa coque soyeuse et le couvercle de cire qui fermaient son alvéole. A peine est-il né, les autres Abeilles lui prodiguent mille soins, l'essuient ou le lèchent, et lui offrent du miel. Il ne tarde pas lui-

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même, s'il appartient à la classe nombreuse des Ouvrières, à se mettre à l'ouvrage et n'a pas besoin de leçons pour remplir ses devoirs, son instinct est son maître; on le voit revenir sans aucun guide à son habitation, l'estomac gorgé de miel, et les corbeilles remplies de pollen qu'il a recueilli pour la communauté.

Un grand nombre d'Abeilles sont nées, l'habitationne peut plus contenir tous les habitans; ce nombre est prodigieux; car selon Réaumur une ruche pent contenir alors vingt-six mille quatre cent vingt-six Abeilles ouvrières, sept cents Mâles et une Femelle, sans compter un grand nombre d'individus répandus dans la campagne. Une émigration devient nécessaire, elle ne peut toutefois s'effectuer que lorsqu une nouvelle Reine qui remplacera celle qui va partir en tête dela colonie, est sur le point d'éclore; quelles que soient les incommodités résultant de cette nombreuse réunion, le départ est toujours retardé jusqu'à cette époque. A peine cet événement attendu est-il arrivé, qu'un grand nombre d'Abeilles, ayant à leur tête la vieille Rein e, abandonnent l'habitation. Cette colonie errante porte le nom d'Essaim; les Insectes qui la composent ne tardent pas à s'arrêter dans un endroit quelconque, souvent après une branche d'arbre, ils forment là une sorte de grappe ou de cône, en se cramponnant les uns aux autres au moyen de leurs pates. Au moment où ce groupe se fixe, la Femelle reste ordinairement dans le voisinage et ne se réunit à la masse que quelque temps après. Ce moment doit être choisi par le cultivateur pour s'emparer de l'essaim et le placer dans une démeure convenable. V. ESSAIM et RUCHE.

Le départ est précédé de phénomènes assez singuliers, et s'annonce par des signes non équivoques. Les Mâles qui viennent de naître s'aperçoivent en grand nombre; plusieurs milliers d'habitans ne trouvant plus de place dans la ruche se groupent par cas au dehors. Un bourdonnement particulier se fait souvent entendre le soit et la nuit dans l'intérieur de l'habitation, ou bien on remarque un calme qui n'est pas ordinaire; enfin, dès le matin du jour où la colonie doit s'expatrier, le calme est encore plus parfait, et le repos succède à l'activité générale qu'on remarquait la veille.

Les Abeilles qui doivent émigrer semblent ainsi prévoir l'heure du départ qui a ordinairement lieu vers le milieu du jour, par un temps chaud et un ciel pur; il semble aussi qu'elles jugent inutile d'entreprendre ou d'achever des travaux dont elles ne doivent pas jouir. La même inaction se remarque lorsqu'un essaim, s'étant établi dans une demeure et y ayant commencé quelques travaux, se décide cependant à l'abandonner. —Une ruche donne ordinairement, pendant le printemps, trois ou quatre essaims; quelquefois aussi elle n'en fournit aucun. Ceci a lieu lorsque les habitans sont en trop petit nombre; dans le premier cas, les vieilles Femelles se mettent toujours à la tête de la première colonie; les autres essaims ont lieu lorsque, de nouvelles Ouvrières et une nouvelle Reine étant nées, la ville est de nouveau trop petite pour contenir la population. Ces émigrations se succèdent par conséquent dans des intervalles plus ou moins longs, mais qui ne dépassent pas neuf jours, et il est curieux de voir que les Ouvrières savent retarder la naissance des Reines Jusqu'à ce qu'il soit éclos un assez grand nombre l'Abeilles pour former une nouvelle colonie; pour cela elles les constituent prisonnières dans leurs propres cellules, en renforçant lé couvercle qui bouche les alvéoles, et ne leur permettent d'en sortir que successivement et à quelques jours de distance les unes des autres; en vain les Femelles se débattent dans leurs cellules, en vain elles font entendre un son particulier; elles ne les délivrent que lorsque le besoin les réclame; et ce qui est curieux c'est qu'elles leur rendent la liberté par date d'âge, et que celles qui proviennent d'œufs plus anciens sont aussi délivrées les premières; elles ne laissent pas, pendant cette captivité, de leur prodiguer

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les soins indispensables à leur existence. Un trou pratiqué dans le couvercle de l'alvéole permet à la Femelle d'y passer l'extrémité de sa trompe; les Ouvrières qui s'en aperçoivent, dégorgent du miel et en répandent sur cet organe.

Nous avons rendu compte des phénomènes qui précèdent la sortie d'un essaim, et de quelques-unes des causes auxquelles semble due cette émigration. La cause prochaine du départ est l'antipathie ou plutôt la haine que les Femelles se portent réciproquement, et l'inquiétude qui en résulte pour les Ouvrières. Lorsqu'une Reine vient d'éclore, son premier soin est de se diriger du côté des cellules royales; elle voudrait les détruire, et en est sans cesse empêchée par plusieurs Ouvrières qui fontla garde. Ces sentinelles vigilantes harcèlent de toute part cette Femelle, la poursuivent avec opiniâtreté; ne sachant plus alors où se retirer, elle parcourt avec vitesse les gâteaux, met en movement toutes les Abeilles qu'elle rencontre sur son passage. L'agitation est bientôt générale; plusieurs individus se précipitent vers l'entrée de la ruche; la Reine participe à cette impulsion; elle sort, s'envole, et est suivie par un grand nombre d'Abeilles.

La chaleur qui résulte de l'agitation dont nous venons de parler semble aussi contribuer pour beaucoup à la. sortie des essaims. Le thermomètre de Réaumur, qui en été est ordinairement dans une ruche abritée de vingtsept à vingt-neuf degrés, s'élève dans ces circonstances jusqu'à trente-deux.

Ces causes réunies déterminent le départ d'un essaim devenu d'ailleurs nécessaire par l'augmentation des habitans. On serait dans l'erreur si l'on pensait que le nombre des Femelles est toujours proportionné à celui des colonies. Celles-là sont toujours en plus grand nombre que ces dernières; aussi n'est-il pas rare d'en trouver deux et même trois dans un seul essaim. Si celui-ci se divise d'abord en autant de légions qu'il y a de Femelles, il ne tarde pas à se réunir en une seule troupe; les Femelles, se trouvant abandonnées, prennent bientôt le même parti. Il y a donc dans ce cas plusieurs melles dans une même ruche; mais ce gouvernement ne saurait subsister. Les Reines, toutes les fois qu'elles se rencontrent, se livrent un combat à mort. Les circonstances qui accompagnent ce duel, les ruses qu'emploient les deux champions, le rôle que jouent les Ouvrières qui en sont spectatrices, mériteraient des descriptions détaillées qu'il nous est impossible de donner dans un article déjà trop étendu. Nous engageons à lire les détails curieux que nous a transmis Huber.

On verra que cet observateur n'est pas ici d'accord avec Réaumur sur l'accueil que font les Ouvrières à une Reine étrangère. Celui-ci prétend qu'une Reine est toujours bien reçue des Ouvrières. Huber dit au contraire que, si cette Femelle étrangère est introduite dans une ruche déjà pourvue d'une Reine, elles l'entourent de toute part, la serrent étroitement jusqu'à ce qu'ayant aperçu sa rivale, elles se soient tuées l'une ou l'autre. Si, dans une ruche privée de Reine, on substitue, dans les douze premières heures, une étrangère, elle est, selon lui, très-mal reçue; on l'entoure encore de toute part, et cette fois elle périt étouffée dans le massif qu'on a formé autour d'elle. Si au contraire cette substitution ne se fait que vingt-quatre ou trente heures après, elle est accueillie avec tous les honneurs dus à son sexe, et traitée comme l'ancienne Reine.

Quoi qu'il en soit de la cause de ces réceptions, il n'en est pas moins vrai que les Femelles sont indispensables à la ruche, non-seulement parce qu'elles perpétuent l'espèce, mais encore parce qu'elles main tiennent l'existence de toutes les Abeilles qui sont nées. En voici la preuve. Si on enlève la Reine d'une ruche, lorsque les travaux sont déjà en pleine activité, et lorsque les œufs n'ont pas encore été pondus, on remarqué que l'oisi-

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veté succède à ce travail opiniâtre; l'espoir de voir perpétuer l'espèce est détruit, la langueur atteint ces Ouvrières laborieuses, elles ne construisent plus d'alvéoles, ne font plus de provisions, vivent au jour le jour, et ne tardent pas à mourir. Leur rendon une Femelle avant cette dernière catastrophe, ou, ce qui en revient au même, leur présente-t-on des gâteaux contenant des cellules royales, ou de jeunes larves capables d'etre converties en Femelles à la manière déjà indiquée, les travaux reprennent toute leur activité, et ce peuple découragé recouvre toute son énergie. Les Ouvrières ne sont donc pas seulement instruites par la présence d'une Femelle qu'elles doivent compter sur une postérité; mais cet espoir se réveille encore par la présence des œufs ou des larves contenues dans les alvéoles.

L'histoire des Abeilles, comme on voit, présente assez d'intérêt pour qu'il soit inutile de chercher à l'embellir de suppositions idéales et merveilleuses. Les faits curieux et exacts que nous avons cités inspirent par euxmêmes l'admiration. Ce peuple industrieux, si remarquable par l'union et l'ensemble qui règne dans chaque habitation, ne l'est pas moins, lorsqu'il s'agit de défendre sa propriété; il a des ennemis nombreux et rusés à combattre, et il n'est pas peu surprenant de voir les divers genres d'industrie qu'il emploie suivant les circonstances. Si l'Insecte, comme quelquesuns l'ont prétendu, était une simple machine, privé de toute faculté intellectuelle, serait-il susceptible de modifier ses actes, saurait-il prévoir, calculer l'événement, le juger lorsqu'il se présente, proportionner les moyens de défense à ceux de l'attaque, et substituer mille ruses différentes à la force, lorsqu'il ne se trouve pas en nombre suffisant pour l'emporter en combattant avec ses armes; voilà cependant ce qui a lieu, lorsque des Frélons, des Guêpes, des Souris, des Teignes, des Sphinx Tête-de-Mort, etc., etc., cherchent à s'introduire dans Ieur demeure; tous les moyens sont mis en usage pour s'opposer à leur entrée, tous les efforts sont dirigés vers ce but; car, une fois que ces ennemis redoutables ont pénétré dans la ruche, il est bien difficile aux Abeilles de s'opposer à leurs dégâts, et elles n'ont plus d'autre parti à prendre que de fuir, et de transporter ailleurs leur industrie. Les Ouvrières, comme on le pense bien, sont les seuls combattans; elles veillent sans cesse à la porte de la ruche, et font une reconnaissance scrupuleuse de tous les individus qui entrent dans la ruche, en les touchant de leurs antennes.

Réaumur et Huber ont été les historiens de leurs victoires et de leurs défaites, et nous ont donné des détails curieux sur leurs combats. Nous engageons de nouveau à recourir à des sources aussi pures.

L'ennemi le plus terrible pour les Abeilles, et auquel elles ne peuvent opposer aucune résistance, c'est le froid. On sait que les Abeilles ont la faculté d'élever la température en raison directe de leur nombre; ce nombre étant quelquefois trop petit l'hiver, pour élever la température à un degré convenable, elles périssent toutes. La vieillesse enfin est une cause naturelle de leur mort. Le printemps et l'automne sont les époques où eue a lieu; et si les ruches ne se renouvellent pas ainsi tous les ans, cela a lieu au moins tous les deux ans, suivant l'abbé de La Ferrière et Réaumur.

Tout ce que nous avons dit des Abeilles s'applique à celle de notre pays, c'est-a-dire, à l'Abeille mellifique, Apis mellifica, Lin. Fab. Outre les caractères que nous avons indiqués, et qui appartiennent à tous les individus du même genre, on en remarque de moins importans, qui servent à la distinguer des autres espèces. Elle est noirâtre, avec l'écusson et l'abdomen de même couleur; celui-ci offre à la base du troisième anneau et des suivans une bande transverse et grisâtre formée par une sorte de duvet. Quelquefois la base du second anneau qui suit le pédicule est rougeâtre. Ou la rencontre dans toute

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l'Europej en Barbarie, en Amérique ou elle a été naturalisée.

Les autres espèces d'Abeilles, les plus remarquables, qu'on a distinguées jusqu'à présent de la précédente, sont:

L'ABEILLE LIGURIENNE, Apis ligustica de Spinola, qui est cultivée dans toute l'Italie, et qui habite peutêtre aussi la Morée, l'Archipel, etc.

L'ABEILLE UNICOLORE, Apis unicolor de Latreille, qui habite les iles de France, de Madagascar et de la Réunion, et qui fournit un miel très-estimé, le miel vert.

L'ABEILLE INDIENNE, Apis indica de Fabricius, que l'on rencontre au Bengale et à Pondichéry.

L ABEILLE FASCIEE, Apis fasciata de Latreille, qui est domestique en Egypte, et que l'on faisait voyager sur le Nil, de la basse Egypte dans la haute, pour qu'elle fît une double récolte de miel.

L'ABEILLE D'ADANSON, Apis Adansonii de Latreille, qui a été trouvée au Sénégal.

L'ABEILLE DE PERON, Apis Peronii de Latreille, qui, se trouvé à Timor, d'où elle a été rapportée par Péron. V. la Monographie de ce genre par Latreille (Zoologie du Voyage de Humboldt et Bonpland). Pour ce qui resté à dire sur les Abeilles, et pour leur économie domestique, V. ESSAIM, RUCHE, MIEL, CIRE, Propolis, ALVEOLE.V. aussi, outre les ouvrages cités dans cet article, ceux de Blangy, della Rocca, Lombard, Féburier et Desormes. (AUD.)

ABEILLES-BOURDONS. V. BOURDON.

ABEILLES A NID DE MEMBRANE SOYEUSE. V. HYLÉE et COLLÉTE.

ABEILLES CHARPENOTERES, MENUISIÈRES, PERCE-BOIS ET VIOLETTES. V. XYLOCOPE.

ABEILLES TAPISSIERES. V. OSMIE. (AUD.)

* ABEJARUJO OU AVEJURUJO, OIS. qui se prononce Apécaruco. Syn. du Guêpier, Merops Apiaster, L. en Espagne. V. GUEPIER., (DR... Z.)

* ABELANIE. BOT. PHAN. D'Avellana (noisette), et d'où vient Aveline. Syn. du Noisetier dans le midi de la France. V. COUDRIER. (B.)

* ABELLA. BOT. PHAN. Syn. æthiopien de Bananier. V. ce mot. (B.)

ABELLICEA. BOT. PHAN. Nom donné à une espèce de chêne. (A. R.)

ABEL-MOLUCH. BOT. PHAN. Syn. du Ricin d'Afrique, Ricinus africatius, "Willd., en Mauritanie, (B.)

ABEL-MOSCH. BOT. PHAN. Graine d'ambrette, graine de musc. Nom arabe donné aux graines d'une Ketmie, Hibiscus Abelmoschus, L. à cause de son odeur agréable; on la mettait autrefois dans la poudre dont on blanrchissait les cheveux, et elle lui communiquait tout son parfum. (B.)

*ABEMA. BOT. PHAN.(Necker.)Syn. de Stachytarpheta. V. ce mot. (B.)

* ABEN. BOT. PHAN. Syn. dé Guilandina Moringa. chez les Arabes. V. GUILANDINA. (B.)

ABER. MOLL. (Adanson.) Syn. de Mytilus puniceus, L. espèce de bivalve du Sénégal. (F.)

* ABERAS. BOT. PHAN. (Gesner.) Vieux nom de l'Ananas. (B.)

ABERDEEN, REPT. OPH. Syn. anglais d'Anguis Eryx, L. V. ORVET. (B.)

* ABEREMOA. BOT. PHAN. Ce genre, établi par Aublet dans ses plantes de la Guyane, a été réuni au genre Uvaria par Lamarck, et plus tard au genre Guatteria de Ruiz et Pavon, par)Dunal et De Candolle. V. GUATTERIE. (A. R.)

* ABEREMOU. BOT. PHAN. Syn. de Péréba, à la Guyane. F. ce mot. (B.)

* ABERMON. POIS. V. ABARMON,

ABG. BOT. PHAN. Syn. de l'Asphodèle rameuse, Asphodelus ramosus, L., et de lablanche, A. albus, Willd., chez les Arabes. (B.)

* ABHEL. BOT. PHAN. Fruit d'une espèce de Thuya, scion l'Ecluse, (B.)

* ABIES, BOT. PHAN. V. SAPIN.

* ABILDGAARD. POIS.(Lacépède.) Espèce de Spare d'Amérique qui de-

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vient d'une grandeur considérable. V. SPARE. (B.)

ABILDGAARDIA. BOT. PHAN. Genre fomé par Vald (Enum. II, p. 296) aux dépens des Souckets, dont il differe par les écailles des fleurs imbriquées sur deux rangs, par ses semences acuminées et par la base trigone et persistante du style. Brown a ajouté deux espèces de la NouvelleHollande à cegenre qui n'en contenait que deux, les Cyperus monostachyos et triflorus de L., et qui depuis a été supprimé par plusieurs botanistes, (B.)

ABIME ou ABYME. GEOL. Gouffre profond dont l'imagination accroît presque toujours les proportions, et qui, pour le vulgaire, communique avec l'Abîme ou puits d'Abîme que certains livres supposent exister au centre du globe comme un grand vile ténébreux. Ces prétendus abîmes sont ordinairement des grottes obscures et rapides, de grands trous perpendiculaires où l'on n'a point osé pénétrer; d'antiques excavations qui s'enfoncent en terre d'une manière plus ou moins verticale; des cratères de volcans, soit brûlans, soit éteints; ou des lacs circonscrits entre des rochers, et dont la sonde n'a pas trouvé le fond. Diverses causes locales ont déterminé la formation de ces abîmes qui, en général, jouent un rôle trop superficiel dans la structure du globe pour mériter l'attention du géologue, et pour que nous citions ceux auxquels les récits exagérés des voyageurs ou la crédulité publique ont donné de la célébrité, (B.)

* ABIRAKO. BOT. PHAN. (Thunberg.) Syn. de Prenanthes au Japon. (B.)

* ABIRQUAJAVE. BOT. PHAN.(Cossigny.) Syn. de Balsamier, Amyris Opobalsamum, L. dans l'Inde, (B.)

* ABLANIA. BOT. PHAN. C'est le nom d'un arbre dicotylédone, de quarante a cinquante pieds de hauteur sur deux pieds et demi de diamètre environ, à feuilles alternes, à fleurs en corymbes axillaircs, observé en Guyane par Aublet qui l'a décrit et figuré T. 254 de son ouvrage. H lui assigne les caractères suivans, d'après lesquels ce genre n'a pu trouver encore sa place dans aucune famille connue: calice monosépale, à quatre ou cinq divisions profondes, persistant; pas de corolle; étamines nombreuses (soixante à soixante-dix), hypogynes, a anthères petites, arrondies, biloculaires; un ovaire oblong, velu, surmonté de deux styles bifides au sommet, et à quatre stigmates. Il devient une capsule couverte de poils longs et roides, à une seule loge, se séparant à la maturité en quatre valves, et contenant des graines nombreuses attachées à un trophosperme central, enveloppées d'une membrane visqueuse. On n'en connaît qu'une seule espèce, l'Ablania guyanensis, L. (A. D. J.)

ABLAQUE, nom vulgaire donné à la soie de la Pinne marine, Pinna nobilis, L. V. BYSSUS. (B.)

ABLE, POIS., vulgairement Poissons blancs. Genre établi par Clavier, sous le nom de Leuciscus dans le genre Cyprinus de Linné, et que composent des espèces assez, nombreuses dont la plupart sont de taille moyenne et quelquefois très-petites. Les Abies different des autres Cyprins par l'absence de barbillons aux mâchoires et d'épines aux nageoires. La dorsale est aussi moins étendue et la caudale constamment fourchue. La forme générale de ces Poissons est plus ou moins ovoïde et allongée; leur chair est blanche, mollasse, et généralement méprisée, si ce n'est celle de deux ou trois espèces. Ils habitent, à peu d'exception près, les eaux douces, et, s'il en est de rivage, ceux-ci se plaisent à remonter les fleuves. L'Ablette, Cyprinus Alburnus, L. a servi de type à ce genre qui est fort naturel, et dont la plupart des espèces bien connues se trouvent en Europe. Ces espèces sont:

L'ABLETTE ou ABLET. Cyprinus Alburnus, L. Bloch. pl. 8. 1. 4. Encyc Pois. pl. 83. f. 343. Cet Able acquiert de trois à huit pouces de longueur, ses écailles sont brillantes et se dé-

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tachent aisément; elles sont d'une couleur olivâtre sur le dos, mais argentées et comme métalliques sur les côtés et les parties inférieures de l'Animal. D. 8. 10. P. 14. v. 9. A. 18. 22. c. 18. 20. — La substance qui donne aux écailles de l'Ablette une couleur si remarquable est d'un grand usage dans la fabrication des fausses perles, et mérite toute l'attention des chimistes qui ne l'ont point encore suffisamment examinée; elle existe dans plusieurs Poissons, non-seulement à la base de leurs écailles, mais encore dans l'intérieur de leur poitrine, de leur estomac et de leurs intestins qui en sont entièrement tapissés; elle passe fort vite à la fermentation putride lorsqu'il fait chaud, devient aussitôt phosphorescente et se résout en une liqueur noirâtre; on la conserve à l'aide de l'ammoniaque sous le nom d'Essence d'Orient. Voy. ce mot. — L'Ablette habite les rivières et les gros ruisseaux; on la pêche en abondance dans le temps du frai qui arrive au printemps, en jetant pour appât des entrailles dans certains paniers d' où le Poisson ne peut plus sortir quand il y est entré. Elle sert à son tour d'appât pour de plus gros Poissons tels que les Truites et les Brochets.

L'APHIE. Cyprinus Aphya, L. Bloch. pl. 97. f. a. Encyc. Pois. p. 79. f. 330. Ce petit Poisson de deux pouces de longueur, selon Linné, et qui en acquiert jusqu'à quatre, a l'iris rouge, la mâchoire supérieure plus longue que l'inférieure, le dos brun et les côtes blanchâtres ainsi que le ventre, qui est rougeâtre dans certains individus. D. 9. 11. P. 8. 12. V. 7. 8. A. 9. C. 19. 20.—L'Aphie vit par bandes nombreuses, non-seulement dans les fleuves du nord, mais encore sur les rivages de la mer qui sont voisins de leur embouchure.

L'ASPE. Cyprinus Aspius, L. Encyc. Pois. pl. 82. f. 341. La mâchoire inférieure de cet Able, un peu plus longue que la supérieure, est recourbée, et sa tête est petite par rapport au reste du corps. Le dos est noirâtre, les côtes bleuâtres, et les parties inférieures variées de rouge à reflets métalliques. D. 11. p. 18. 20. v. 9. 10. A. 16. c. 19. 20. — L'Aspe habite la Norwège, la Suède, ainsi que l'Allemagne septentrionale et orientale; on le retrouve dans les versants de la Caspienne; il pèse jusqu'à douze livres; sa chair est molle, mais grasse et d'un bon goût.

La Bouvière. Cyprinus amarus, L. Bloch. pl. 8. f. 3. Encyc. Pois. pl. 80. f. 333. Qui n'a guère plus de deux pouces de long sur un demi-pouce de large, et qui paraît transparent. Son dos est verdâtre et son ventre blanc argenté; ses nageoires inférieures sont rougeâtres, et ses mâchoires égales. D. 10, P. 7. v. 7. A. 11. C. 20. — Cet Able, dont on dit la chair amère, habite les eaux pures et courantes de l'Europe, particulièrement celles de l'Allemagne.

La CARPEDE BUGGENHAGEN. Cyprinus Euggenhagii, Bloch. pl. 95. Encyc. Pois. pl. 82. f. 342. Cet Able a la nageoire anale échancrée en forme de croissant; les écailles plus grandes que ses congénères; le dos convexe, tranchant et noirâtre; le corps très-comprimé, et le ventre argentin, D. 12. P. 12. V. 10. A. 19. C. 18. —Habite les lacs et les rivières de la Poméranie, où il acquiert jusqu'à quatorze pouces de longueur; sa chair est assez Bonne.

La CHEVANNE ou JESSE. Cyprinus Jeses, L. Bloch. pl. 6. Encyc. Pois. pl. 81. f. 338. A le dos et les opercules bleus, les flancs nuancés de bleuâtre et de jaune, jusqu'au ventre, qui est d'un blanc argenté. Les nageoires inférieures sont d'un violet clair; la caudale est bordée de bleu. Son corps est fort épais. D. 11. P. 16. V. 9. A. 14. C. 20. — Cet Able est le plus grand de tous, et pèse jusqu'à dix livres; il a la vie dure, nage rapidement dans les eaux rapides des fleuves de l'Europe, et particulièrement dans le Danube; on a compté qu'une femelle produisait jusqu à 92, 720 œufs dans les mois de mars et d'avril; sa chair est molle, mais d'un assez bon goût.

On donne encore le nom de Che-

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vanne au Cyprinus chub, de Pennant, qui est aussi un Able

Le COUTEAU. Cyprinus cultratus, L. Bloch. pl. 37. Encyc. Pois. pl. 84. f. 347. Le, ventre de cet Able est aminci, tranchant, et lui donne la figure à laquelle il doit le nom qu'il porte; sa couleur est argentée en dessous, grisâ re en dessus, et ses écailles assez grandes. D. 8. 9. P. 15. 16. V. 8. 9. A. 30. C. 19.—ll acquiert jusqu'à dix-huit pouces de long sur quatre seulement de large. Il habite les rivières de la Suisse, de l'Allemagne et du Nord.

L'IDE. Cyprinus Idus, L. Bloch. pl 36. Encyc. Pois. pl. 80. f. 336. Ce Poisson a la tête épaisse, comme tronquée, la nuque noire, le dos arqué et bleu sombre; les côtés et le ventre sont argentés, et les nageoires inférieures rouges, D. 10. 11. P. 18. 20. V. 9. 10. A. 13. C. 19. 24. — Il habite les eaux les plus pures de l'Europe septentrionale, et pèse quelquefois jusqua huit livres. Sa femelle donne jusqu'à 67, 600 œufs.

Le MEUNIER. Cyprinus Dobula, L. Bloch. pl. 5. Encyc. Pois. pl. 80. f. 332. Ses familles sont garnies de petits points nous à leur pourtour; le dos est verdâtre, et le ventre argenté, avec de belles teintes rouges aux nageoires inférieures. D. 10. 11. P. 15. V. 9. A. 10. 11. C. 18. 19.—Ce Poisson habite les lacs de toute l'Europe, pond depuis le mois de mars jusqu'à celui de mai, environ 20, 460 œufs; se nourrit de Sangsues et de Vers; ne dépasse pas dix pouces de long, et pèse ordinairement d'une livre à une livre et demie.

La MORELLE. Cyprinus Morella, Leske. Cet Able a sa tête terminée en museau pointu; sa mâchohfe inférieure est un peu plus avancée que la supérieure; le dos forme une convexité à sa partie antérieure, où il est aminci et tranchant, près de sa nageoire: cette partie est verdâtre, les côtés le sont également, le ventre est blanc et les nageoires sont olivâtres, D. 11.12. P. 14. V. 9. A. 18. C. 19.—La longueur de la Morelle est d'environ six pouces; on la trouve dans les rivières d'Europe, et elle a été plus particulièrement observée en Allemagne.

LE NASE. Cyprinus Nasus, L. Bloch. pl. 3. Encyc. Pois. pl. 82. f. 339. Son museau prolongé en forme de nez, a valu à cet Able le nom qu'il porte. Son dos est noirâtre; son ventre blanc et argenté extérieurement, mais intérieurement noir. Ses nageoires ventrales, pectorales et anale sont rouges, ainsi que le lobe inférieur de la caudale. D. 11. 12. P. 7. 16. V. 9. 13. A. 12. 15. C. 22. 26. — Il habite l'Europe centrale, et pèse deux livres environ; la femelle pond dans le fond des eaux environ 7, 900 œufs.

L'ORFE.Cyprinus Orfus, L. Bloch. pl. 96. Encyc. Pois. pl. 80. f. 336. Sa tête et son corps sont d'une superbe couleur d'orange brillante, et les nageoires inféríeures rouges; les flancs blanchâtres et métalliques produisent des reflets qui peuvent faire comparer ce Poisson, pour la beauté, a la Dorade de la Chine, Cyprinus auratus, L. V. CARPE. D. 10. P. 11. V. 10. A. 14. C. 22. — L'Orfe acquiert jusqu'à seize pouces de longueur, habite les rivières de l'Allemagne australe, de la Russie, et même de l'Angleterre; sa chair est assez bonne.

La ROUSSE, ROSE, OU GARDON. Cyprinus rutilus, L. Bloch. pl. 2. Encyc. Pois. pl. 89. f. 334. Les mâchoires sont égales dans cette espèce, avec les lèvres rouges. Les lignes latérales sont marquées de trente-six petites lignes brunâtres; la dorsale est située précisément au-dessus de la ventrale. Le dos est noirâtre, le ventre argenté, les nageoires de la poitrine et la caudale sont d'un brun clair, celles du ventre et de l'anus d'un rouge de sang. D. 10. 15. P. 11. 18. V. 9. 10. A. 12. 15. C. 20. 30.—La Rousse ou Gardon est assez commune en France, et se retrouve jusqu'en Perse; elle pèse rarement plus d'une livre et demie; sa femelle pond jusqu'à 54, 570 œufs.

La SARVE. Cyprinus erythrophthalmus, L. Bloch. pl. 1. Encyc. Pois. pl. 81. f. 337. La nageoire du dos correspond, dans ce Poisson, à l'espace qui

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se trouve entre les nageoires du ventre et celles de l'anus, et sa couleur est d'un rouge verdâtre. Le dos est d'un vert foncé, le ventre argenté, les pectorales sont d'un rouge foncé et les côtés jaunâtres.D. 11.12. P. 16. V. 10. A. 14. 15. C. 19. 20.—Ce Poisson a dix pouces de longueur, trois et demi de hauteur, et un peuplus d'un pouce d'épaisseur: il habite les fleuves de l'Europe, particulièrement de la Hongrie, et de la Russie méridionale, d'où il descend quelquefois dans la mer Noire et dans la Caspienne. Il a la vie très-dure: on a compté dans une femelle 91, 720 œufs.

Le SPIRLIN. Cyprinus bipunctatus, Bloch. pl. 8. f. 1. Encyc. Pois. 82. f. 340. La ligne latérale est rouge dans ce Poisson, et ornée d'une double rangée de petits points noirs; son dos est d'un gris foncé qui passe au verdâtre sur les flancs; le ventre argenté, avecses nageoires rouges. D. 10. P. 15. V. 8. A. 16. C. 20. — Il habite toutes les eaux douces, mais préfère celles qui ont un fond de sable ou de rocher.

La VANDOISE ou VAUDOISE. Cyprinus Leuciscus, L. Bloch. pl. 97. f. 1. Encyc. Pois. pl. 79. f. 331. Sa tête est fort petite; son corps est d'un blanc argenté un peu sombre sur le dos, et toutes ses nageoires grisâtres; ce qui lui donne un aspect assez triste. D. 10. P. 15. v. 9; A. 10.11. C. 18. 19. —Cet Able est l'un des plus repandus dans les eaux douces de l'europe; il habite indifferemment les rivieres et les etangs, ou il varie par la taille. en espagne, on l'appelle albure. il n'a guere que huit pouces de longueur. dans le centre de l'europe, on en voit d'un pied; en angleterre, on en rencontre de dix-huit pouces. forskahl en a trouve deux varietes en arabie qui different peu des europeennes.

LE VÉRON. Cyprinus Phoxinus, L. Bloch. pl. 8. f. 5. Encyc. Pois. pl. 79. f. 321. Les écailles sont si petites dans cette espèce, qu'elles échappent presqu'à la vue. La dorsale est située précisément au milieu de sa longueur totale; la couleur fort variable est, en général, olivâtre; quelques individus ont une bande dorée longitudinale sur les flancs, d'autres ont le dessous du corps fouetté d'écarlate: le ventre est blanc, D. 8. 10. P. 15. 17. V. 8. 10. A. 8. 10. C. 19. 20.—C'est le plus petit des Ables; il n'a guère que trois pouces de long; il est très-commun dans toutes les eaux de l'Europe, ou il vit par troupes nombreuses. On le pêche souvent près des vannes de moulins en assez grande quantité, pour en faire d'excellentes fritures, et quelquefois on le confond avec les jeunes Goujons. V. ce mot. —ll sert d'appâr pour les Brochets elles Truites. Bonnaterre en mentionne une variété dont le dos est varié de taches bleues avec une belle tache rouge à chaque angle de la bouche, ainsi qu'à la base des ventrales et des pectorales. Cette variété, appelée VERNIIE, se trouve dans les lacs des montagnes d'Aubrac.

On doit comprendre parmi les Ables les Cyprinus americanus, Chalcoïdes, Chub, clupeioides, Commersonii, Idbarus, falcatus, Gristagine, Julus, leptocephalus et regius, de divers auteurs; quelques-uns de ces Poissons sont exotiques, et la plupart imparfaitement observés.

On a aussi donné le nom d'ABLE à l'espèce d'Ombre appelé par Linné Salmo Albula V. OMBRE. (B.)

ABLET. POIS. Syn. d'Ablette. V. ce mot (B.)

ABLETTE. Espèce d'Able. V. ce mot. On donne aussi ce nom à l'Epinoche Gasterosteus aculeatus, L. V. GASTEROSTEE. (B.)

ABLETTE DE MER. POIS. Espèce de Perche, V. PERCHE. (B.)

ABOC, ABOÉ OU ABOÉ-BÉTINA. POIS. Syn. d'Anneau, espèce d'Holacanthe, chez les Indous. V. HOLACANTHE. (B.)

ABOIEMENT. Cri du chien; il sert de terme de comparaison avec les cris des diverses espèces d animaux du même genre. (D. S.)

ABOLA. BOT. PHAN. (Adanson.) Syn. de Cinna. V. ce mot. (B.)

* ABOLARIA. BOT. PHAN. (Necker.)

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Division des Globulaires dontles fleurs sont portées sur une hampe, et les feuilles toutes radicales. (B.)

* ABOLAZA. BOT. PHAN. (Flacourt.) Nom d'un Arbre indéterminé de Madagascar. (B.)

ABOLBODA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Restiacées. Humboldt et Bonpland ont fait connaître (pl.æq. 2. p. 110. t. 114) sous ce nom une plante de l'Orénoque très-voisine du genre Xyris, mais distincte par un calice à long tube et à limbe triparti, par l'absence des étamines stériles et par le style trifide à lobes bifides. Le fruit est de même une capsule uniloculaire à trois valves renfermant plusieurs graines. Nous avons (Nov. Gen.) ajouté à ce genre une seconde espèce de l'Alabapo l'un des affluens de l'Orénoque. Elle présente quelque différence dans la structure du stigmate, et mériterait peut-être dans la suite de former un genre particulier. (K.)

ABOMA. REPT. OPH. Espèce de Boa. V. ce mot. Il paraît que les naturels de la Guyane donnent ce nom comme générique à toutes les grandes espèces de Serpent. (B.)

ABOMASUS OU CAILLETTE V. ESTOMAC.

ABOMGATERIN OU ABU-MAGETRIN. POIS. Syn. de Gaterine, espèce de Sciène. V. SCIÈNE. (B.)

* ABORACH. BOT. PHAN. (Flacourt.) Arbre indéterminé de Madagascar. (B.)

ABORCE OU ABORRE. POIS. (Pontoppidan.) Syn. de la Perche commune, Perca fluviatilis, L. en Norvège. (B.)

* ABOU-BCHIR. POIS., c'est-àdire, un Serpent. Syn. de Bicbir, chez les Arabes. V. BICHIR. (B.)

* ABOU-BERAKISCH. OIS. (Kazwini.) Oiseau peut-être fabuleux auquel les Orientaux supposent la taille et les fermes de la Cigogne, une belle voix, et les couleurs changeantes du Paon. (B.)

*ABOU-BURS. REPT. SAUR. Ce qui signifie père de la lèpre. Nom quel on donne en Egypte au Gecko des maisons, Gecko lobatus de Geoffroy, Lacerta Gecko, L. dans l'idée où l'on est que cet Animal empoisonne en les touchant les alimens sur lesquels il passe, ou parce qu'en marchant sur la peau de l'Homme, l'impression de ses pieds y occasione de petites rougeurs. (B.)

*ABOU-DUNCH'N. OIS.(Bruce.) C'est-à-dire père à longue barbe. Syn. de Vultur barbatus, Gmel, chez les Abyssins. V. GYPAETE. (B.)

* ABOU-GARR.POIS. (Forskahl.) Syn. de Centropode parmi les pêcheurs de la mer Rouge. V. Centropode. (B.)

ABOU-HANNES. OIS. (Bruce.) Nom que l'on donne aujourd'hui en Egypte à l'Ibis sacré, Numenius Ibis, de Cuvier, et qui équivaut à Père-Jean: «peut-être, dit M. Dumont, parce» que cet Oiseau arrive ordinairement» vers la St.-Jean, époque à laquelle» commence la saison des pluies.» C'est l'Abou-Hannes dont on trouve si fréquemment des momies préparées par les antiques Egyptiens. V. IBIS. (B.)

ABOU-HAOUAM. OIS. Syn. chez les Egyptiens de la Soubuse, Buff, pl. enl. 443. Falco Pygargus, L. V. Faucon BUSARD-S.-MARTIN. (D.)

* ABOU-KERDAN. OIS. Syn. de la Spatule, Platalea Leucorodia, L. (B.)

ÀBOU-LAHIG. OIS. Syn. de l'Autour, Falco palumbarius, L. en Syrie. V. FAUCON AUTOUR. (DR..Z.)

ABOUMRAS. OIS. (Sonnini.) Syn. du Sterne nilotique, Sterna nilotica, L., cbez les Egyptiens. V. STERNE. (B.)

ABOU-SARAAAH. OIS. Syn. égyptien de Cresserelle, Falco Tinnunculus, L. V. FAUCON. (B.)

* ABOU-TABAK. POIS. Syn. arabe de Centropode. V. ce mot. (B.)

ABOYEUR OU ABOYEUSE. OIS. Syn. d'une Barge, Scolopax Totanus, L. V. Barge. (B.)

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ABRACA-PALO. BOT. PHAN. (Jacquin.) Syn. de l'Angrec noueux, Epidendrum nodosum, L. dans l'Amérique espagnole. (B.)

ABRANCHES. ANNEL. Ordre troisième de la classe des Annélidcs établi par Cuvier (Règne animal, 1817). ll comprend les espèces qui, n'ayant pas de branchies apparentes, semblent respirer par la surface de la peau, et est divisé en deux familles: la première, celle des ABRANCHES SETIGERES, renferme les genres Lombric, Thalassème et Naïde, qui sont pourvus de soies servant au mouvement; l'autre, celle des ABRANCHES SANS SOIES, se compose d'individus dépourvus de ces moyens de locomotion, et contient les genres Sangsue et Dragonneau, V. ces mots. (AUD.)

ABRASIN. BOT. PHAN. (Kæmpfer.) On appelle ainsi au Japon un Arbrisseau dont les graines contiennent une grande quantité d'huile grasse. C'est le Dryandra cordata de Thunberg, ou Eleococca de Commerson. V. ELEOCOCCA. (A.R.)

ABRAUPE. POIS. L'un des noms vulgaires du Gade Lotte, Gadus Lota, L. (B.)

ABREUVOIR. Lieuoùles Animaux se désaltèrent: on en pratique d'artificiels dans le voisinage des fermes pour les Animaux domestiques. La nature en forma de quelques Plantes, dont les feuilles retiennent l'eau pluviale: telles sont les feuilles du Ravenal et de la Cardère silvestre, qui, embrassant les tiges dans leur opposition, servent de réservoir pour les Oiseaux du ciel; telles sont encore les feuilles de Népente, terminées par un long cornet où se conserve une eau pure qui désaltère le voyageur dans le désert. Le chasseur épie sa proie à l'abreuvoir, où l'oiseleur dispose souvent ses pièges et ses gluaux. (B.)

ABRICOT. BOT. PHAN. Fruit de l'Abricotier, dont le nom a été donné dans les Antilles au fruit de la Mammée américaine, Mammea americana, L., et dans la Guyane à celui de

la Couroupite, Lecythis bracteata, Willd. (B.)

ABRICOTIER. Armeniaca. BOT. PHAN. (Tournefort.) Famille des Drupacées, Richard. Icosandrie Monogynie, L. Ce genre, établi par Tournefort, puis réuni par Linné au genre Prunus, enfin rétabli et séparé de nouveau par les auteurs modernes, offre l'analogie la plus frappante avec les Pruniers, et selon no us, y doit être définitivement rapporté. Voici du reste quels sont ses caractères: le calice est monosépale régulier, tubuleux, évasé supérieurement, et a cinq lobes obtus et réfléchis; les cinq pétales sont insérés au haut du tube calicinal: ils sont arrondis, obtus, entiers; le nombre des étamines, qui sont insérées sur le calice en dedans de la corolle, varie de trente à quarante: le pistil est simple et libre; l'ovaire est globuleux, couvert de poils soyeux: il offre une seule loge qui renferme deux ovules; le style est également soyeux à sa base, terminé par un stigmate simple, un peu comprimé, très-petit. Le fruit est une drupe charnue, succulente, arrondie, marquée d'un sillon latéral, recouverte d'un duvet, fin et court. Le noyau est comprimé, assez lisse; il présente deux sutures, dont l'une est relevée de deux petites crêtes longitudinales. Il contient deux ou une seules graine, par l'avortement de la seconde. — Les Abricotiers sont des Arbres à tige ligneuse, ne s'élevant pas audelà de douze à quinze pieds. Leurs fleurs, qui sont blanches, sont renfermées dans des boutons écailleux, et s'épanouissent ordinairement en mars, On n'en connaît que deux espèces l'Abricotier commun, qui est l'espèce cultivée dans tous les jardins, et l'Abricotier de Sibérie, qui peut-être serait mieux placé parmi les Pêchers.

L'Abricotier commun, Armeniaca vulgaris, Lamk. Dict. 1, p. 2, Prunus armeniaca, L., est originaire d'Arménie. Allioni prétend en avoir rencontré des individus sauvages, aux environs de Montferrat en Piémont. C'est à cette espèce qu'il faut

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rapporter toutes les variétés cultivées dans nos jardins, et dont voici les principales:

1°. L'Abricot-pêche ou de Nancy: c'est la variété dont le fruit est le plus gros et le plus savoureux; sa chair est un peu rougeâtre, très-succulente. Il est mûr au commencement d'août.

2°. L'Abricot angoumois. Fruit petit, allongé; chair d'un jaune rougeâtre, d'une saveur comme vineuse, d'un goût fort agréable. Il mûrit à la mijuillet.

3°. L'Abricot de Hollande ou Abricot - aveline. Fruit petit; chair fondante, jaune; amande ayant la saveur de l'Aveline. Mûrit à la fin de juillet.

4°. Abricot alberge. Fruit assez gros; surface raboteuse et fendillée; chair fondante, d'un goût agréable. Mûrit en août.

On cultive l'Abricotier en plein vent ou en espalier. En général ses fruits sont meilleurs et plus savoureux lorsqu'ils proviennent de sujets cultivés en plein vent: On greffe l'Abricotier sur Prunier et sur Amandier. On peut également former des sujets par les semis. L'Abricotier demande une terre bien ameublie, qui ne soit ni trop forte, ni trop argileuse.

On trouve sur le tronc et sur les branches de l'Abricotier une gomme souvent colorée en rouge, ayant beaucoup d'analogie avec celle que l'on recueille sur l'Amandier, le Cerisier, le Prunier, et que l'on a proposé de substituer à la gomme arabique. (A.R.)

ABROME. BOT. PHAN. Abroma. (Jacquin) Ce genre, établi par Linné fils, dans son Supplément, sous le nom d'Ambroma, appartient à la famille des Malvacées de Jussieu et à la Monadelphie Décandrie, L. Il est très-voisin du Théobroma, dont il diffère par la forme et la structure de son fruit, qui a beaucoup de rapport avec celui des Ketmies. Voici les caractères de ce genre: le calice est monosépale, persistant, à cinq divisions profondes: la corolle formée de cinq pétales, concaves, voûtés; les étamines sont au mombre de dix, soudées par la base, et formant un urcéole globuleux; de ces dix étamines, cinq sont dépourvues d'anthères. Les styles sont au nombre de cinq. Le fruit est une capsule ovoïde, mucronée, à cinq loges, à cinq angles saillans, s'ouvrant par la partie supérieure de chaque loge, qui renferme un assez grand nombre de graines réniformes.

Les espèces de ce genre sont peu nombreuses. Ce sont des Arbrisseaux élégans, qui croissent dans les contrées chaudes de l'Inde. On en cultive une espèce dans nos serres. L'Abroma angulata de Lamarck; petit Arbrisseau dont les feuilles sont grandes, pétiolées, cordiformes, anguleuses, et les fleurs d'une belle couleur pourpre foncée, formant des bouquets à la partie supérieure de la tige. (A. R.)

ABRONIE. BOT. PHAN. Abronia (Jussieu). Genre de la famille des Nyctaginées de Jussieu, Pentandrie Monogynie, L., quia des rapports avec le Nyctago et l'Allionia. Ses flqurs sont disposées en bouquets au sommet de pédoncules axillaires; elles offrent un calice coloré, longuement tubuleux, dont le limbe est étalé et à cinq divisions échancrées; cinq étamines incluses; un ovaire uniloculaire, monosperme, surmonté d'un style et d'un stigmate également inclus. Le fruit est un akène à cinq angles, recouvert par la base du calice qui persiste.

Ce genre ne renferme qu'une seule espèce, Abronia umbellata, Lamk. petite Plante qui ressemble à une Primevère, et qui est originaire des côtes do la Californie. (A. R.)

* ABRONOMA. OIS. Syn. de Pigeon, à la Côte-d'Or. (DR..Z.)

ABROTANOIDE; POLYP. Espèce de Madrépore. V. ce mot. (LAM..X.)

* ABROTANOIDES. BOT. PHAN. (Ray Petiver.) Syn. de Sériphium. V. ce mot. (B.)

ABROTONE, ABROTONON OU ABRONON, BOT. PHAN. Dérivés d'Abrotanum. Noms anciens et vulgaires

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de l'Aurone, de l'Armoise et même de la Santoline. V. ces mots. (B.)

* ABROYCAYN. OIS, (Gesner.) Vieux nom de l'Hirondelle de rivage, Hi/undo riparia, L. (B.)

ABRUS. BOT. PHAN. Famille des Légumineuses de Jussieu, Diadelphie Décandrie, L. On n'en connaît qu une espèce, l'Abrus precatorius, L., arbuste originaire de l'Inde, qui a sa tige comprimée grimpante; des feuilles împaripennées, d'assez tristes fleurs rouges, en épis axillaires; chacune d'elles présente un calice à deux lèvres; la supérieure à un seul lobe, l'inférieure à trois lobes; une corolle irrégulière papilionacée; dix étamines, dont neuf inférieures monadelphes, tandis que la supérieure avorte. Le fruit est une gousse un peu comprimée, courte, velue, à une seule loge, renfermant plusieurs graines pisiformes du plus beau rouge, luisantes et marquées d'une grande tache noire. Ces graines, d'un aspect fort élégant, sont recherchées pour faire des chapelets, des colliers, des bracelets et d'autres ornemens. (A. R.)

* ABSIN-MENU. BOT. PHAN. Syn. d'Absinthe commune, V. ABSINTHE. (B.)

ABSINTHE, BOT. PHAN. Absinthium. (Tournefort.) Famille des Synantherées de Richard, Syngénésie Polygamie superflue, L. Ce genre ne se distingue de l'Armoise, Arthemisia, que par les poils dont son phoranthe ou réceptacle est garni. Nous pensons qu'il doit être réuni au genre Arthemisia et n'en former qu une section. V. ARMOISE. (A. R.)

* ABSINTION. BOT. PHAN. (Adanson.) Syn. d'Absinthe, dont Adanson avait fait, à l'exemple de Tournefort, un genre séparé des autres Arthemisia V. Armoise. (B.)

* ABSORBANS. On nommé ainsi les corps qui ont la propriété d'en attirer ou d'en enlever d'autres par la seulé interposition. (DR..Z)

* ABSORPTION. Voyez NUTRITION.

ABSUS. BOT.PHAN. Nom d'une Casse en Egypte. Cassia Absus, L. (B.)

ABU-CATUXIA. POIS. (Margrav.) Syn. de Zeus gallus, L. V. ZEUS. (B.)

ABU-DAFUR. POIS. (Forskahl.) Syn. de la Bandouillère à trois bandes, Chœtodon Araunus, L. Lutjanus Araunus, Lac. chez les Arabes, (B.)

ABU-FAFADI. OIS. (Forskahl.) Nom arabe d'un Oiseau indéterminé qui paraît être une Fauvette. (B.)

* ABUFFÆI. OIS. Syn. de l'Accenteur Mouchet, Sylvia Schœnobœnus, L. en Arabie, V. ACCENTEUR. (DR..Z.)

ABUGABA OIS. (forskahl.) syn. de l'alouette des pres, alauda pratensis, l. en arabie. V. ALOUETTE. (DR..Z.)

ABU-GRYMPI. POIS. (forskahl.) syn. de la vandoise, cyprinus leuciseus, l. chez les arabes. V. ABLE. (B.)

ABU-GUDDA. POIS. syn. de la donzelle, ophidium barbatum, l. en égypte. (B.)

ABU-HAMUR. POIS. (Forskahl.) Syn. d'une variété de la Bonkose, Seiœna nebulosa, L. chez les Arabes. V. SCIÈNE. (B.)

* ABU-KOTT. POIS, (Forskahl.) Syn. du Marteau, Squalus Zygœna, L. chez les Arabes, V. SQUALE. (B.)

ABU-LFALI. BOT. PHAN. (Adanson,) Syn. de Thymbra spicata, L. V. THYMBRA. (B.)

ABU-LI. BOT. PHAN. Syn. delà Carmantine infundibuliforme, Justitia infundibulifotmis, L, chez les Brames. V. JUSTITIA. (B.)

* ABU-MAGHASIL. OIS. Syn. du Pluvier à collier d'Egypte, Charadrius œgyptius, L. en Arabie, V. PLUVIER. (DR..Z.)

ABUMECHAJAT. POIS. (Forskahl.) Syn. du Diodon orbe, Diodon Orbis, L. chez les Arabes, V. DIODON. (B.)

* ABU - MGATERIN. POIS. Nom d'une variété de la Gaterine, Sciena Galerina, L. chez les Arabes, (B.)

* ABU-MINSGHAR. POIS (Forskahl.)

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Syn. de la Scie, Squalus Pristis, L. chez les Arabes, V. SQUALE(B.)

ABU-MNER. MAM. Syn. de l'Hippopotame, Hippopotamus amphibius, L. chez les Egyptiens et les Arabes. V. HIPPOPOTAME. (B.)

ABU-MON. BOT. PHAN. (Adanson.) Syn. d'Agapanthe ombellée, Agopanthus ombeilatus, Willd. (B.)

*ABU-NURE. OIS. Syn. du Sterne du Nil, Sterna nilotica, L. en Egypte. V. STERNE. (B.)

*ABU-ROT OU ABURET.OIS. Noms donites par les nègres de la Côte-d'Or à deux espèces de petits Oiseaux indéterminés auxquels on a, dans quelques relations, appliqué également le nom de Parrokitos, qui est un diminutif de Perroquet en espagnol. (B.)

*ABU-SAMF. POIS. (Forskahl.) Nom donné par les Arabes à un Poisson du genre Sciène qui parait n'être qu'une variété du Murdjan, Sciœna Murdjan, L. V. SCIÆNE. (B.)

* ABU - SENDUK. POIS. Syn. du Coffre tigré, Ostracion cubicus, L. chez les Arabes, V. COFFRE. (B.)

ABUTA. BOT. PHAN. Genre de la famille de Ménispermées. De Candolle le place dans la tribu des Ménispermées vraies; c'est-à-dire que ses fleurs sont dioïques et que les mâles doivent être symétriques par le nomr bre de leurs parties. Mais ces fleurs mâles ne sont pas connues. Aublet, auteur de ce genre, n'a rencontré et décrit que le fruit, lequel est composé de trois baies attachées à un réceptacle commun, grandes, ellipsoïdes, à peine charnues, légèrement comprimées, à une seule, loge qui renferme une graine unique, sillonnée. — On n'en compte que deux espèces, croissant toutes deux à Cayenne. Ce sont des Arbrisseaux sarmenteux, grimpans, à fleurs en grappes axillaires, à feuilles simples, grandes, dont les nervures sont pennées, L'une es) l'Abuta candicans (Rich.), que les habitans de Cayenne nomment Liane amère; l'autre, l'Abuta rufescens, celle qu'Aublet a décrite et figurée, Tab. 250, et dont la racine est, selon. lui, celle de Pareira-brava si connue en médecine. ll en admettait une autre espèce, l' Abuta amara ou Pareira brava jaune; mais les botanistes la rapportent maintenant, avec Richard, au genre Aristoloche V. ce mot. (A. H. J.)

ABUTILON. Abutilon. BOT. PHAN. (Tournefort.)Famil. des Malvacées, de Jussieu, Monadelphie Décandrie, L. Le calice est monosépale campanulé, à cinq divisions très-profondes; la corolle est formée de cinq pétales subcordiformes, soudés à leur base; les étamines, au nombre de dix-huit à vingt, ont les filamens soudés et monadelphes; les anthères sont réniformes à une seule loge et s'ouvrent par un sillon qui règne sur leur bord convexe. Le fruit se compose de dix à quinze petites capsules, disposées circulairement autour d'une columelle centrale persistante, et soudées latéralement entre elles; ces capsules qui s'ouvrent naturellement en deux valves sont uniloculaires, et renferment trois graines attachées à leur suture intérieure.—Ce genre, établi par Tournefort et adopté par Gærtner, est peu naturel. ll comprend les espèces de Sida quiont plus de cinq pistils, ou un fruit à plus de cinq loges, et dont les étamines sont au nombre de quinze à vingt. Il a été fondé d'après le Sida Abutilon, L., qui porte actuellement le nom d'Abutilon Avicenniæ, Gærtn. Cette plante annuelle croît aux Antilles, en Sibérie et jusqu'en Piémont. Ses feuilles sont cordiformes, tomentettsés; ses fleurs sont solitaires, petites et jaunes. (A. R.)

ABUTUA. BOTI PHAN. Genre de Plantes originaires de la Cochinchine, établi par Loureiro, encore fort mal connu quant à sa structure et à ses rapports naturels, ll paraît, d'après le caractère donné par cet auteur, que l'Abutua présente quelque analogie avec les genres Thoa et Gnetum, V. ces mots. (A. R.)

ABYME. GEOL. V. ABIME.

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ACABIRAS OU ACABIRAY. OIS. (Azara.) Syn. du Catharte Aura, VuItur aura., L. au Paraguay. V. CATHARTE. (DR..Z.)

* ACACAHOACTLI. Acaçaçahoactli, Axoquen ou Tolcomoctli. OIS. Oiseau du Mexique, habitant des marais qu Hernandez et Niéremberg. appellent aussi un Alcyon, et qui paraît être une espèce indéterminée de Héron. (B.)

ACACALIS. BOT. PHAN. Nom donné par Dioscoride à un Arbuste de l'Egypte, qui pourrait bien être une Légumineuse, que Bélon appelle Kesmesen, et qui n'est pas déterminée, (B.)

ACACALOTL, ACACALOTE, ACALALOTE OU ACALOT. OIS. Espèce d'Ibis peu connue, Tantalus mexicanus, L. Mentionnée par Hernandez et Niéremberg, dont les naturalistes reproduisent les descriptions; sa chair est, dit-on, un manger délicieux, (B.)

ACACIA, BOT. PHAN. V. ROBINIER, ainsi que pour ACACIA BLANC.

ACACIA COMMUN.

ACACIA FAUX.

ACACIA GLUTINEUX. ACACIA ROSE, etc. (B.)

ACACIE, Acacia, BOT. PHAN. Genre de la famille des Légumineuses. Parmi les botanistes modernes, Willdenow a senti le premier la nécessité de rétablir les anciens genres Acacia de Tournefort et lnga de Plumier, réunis par Linné au genre Mimosa. Il a en outre distingué deux autres genres sous les noms de Desmanthus et de Schrankia, mais la manière peu complète dont il a fait connaître ces derniers est sans doute la cause pour laquelle la plupart des botanistes se sont refusés à les adopter. Nous avons, dans un travail particulier (Mimoses et autres plantes légumineuses du nouveau continent), démontré que tous ces genres, établis par Willdenow, méritaient d'être conservés, en leur assignant toutefois des caractères plus complets et plus précis. Nous limitons le genre A caria de la manière suivante.—Fleurs polygames; calice à deux, quatre ou le plus souvent à cinq dents; corolle monopétale à cinq, rarement à quatre divisions égales; étamines en nombre indéterminé, à filets libres ou réunis à la base; ovaire supère, le plus souvent porté par un pédicelle. Un style simple; une gousse sèche, sans articulation, s' ouvrant par deux valves, et contenant plusieurs graines; arbres et arbustes, souvent garnis d'aiguillons, à fleurs en tête, rarement en épis axillaires; deux stipules à la base des pétioles, transformées quelquefois en épines; feuilles alternes, le plus souvent bipennées, quelquefois moins composées, dont les folioles sont articulées, se détachant aisément, et sujettes à disparaître dans diverses espèces où le pétiole a la propriété de se dilater, de manière à prendre l'aspect d'une véritable feuille simple. La plupart des espèces de la NouvelleHollande sont dans ce cas; leurs prétendues feuilles, que De Candolle a nommées Phyllodes, ne sont que des pétioles; on le reconnaît à ce que leur lame, au lieu d'être horizontale, est perpendiculaire à l'horizon. Dans les forets des hautes montagnes de Mascareigne, on trouve déjà une Acacie pareille, mais qui, conservant quelquefois de véritables feuilles mêlées aux fausses, a induit autrefois en erreur Lamarck qui le nomma Heterophylla; c'est à Bory (Voyage T. 1. p. 322) que nous devons cette observation: celui-ci a retrouvé, dan s la jeunesse de diverses Acacies, dites à feuilles entières, leurs vraies feuilles qui disparaissent de bonne heure. — Les nombreuses espèces d'Acacies se trouvent principalement entre les tropiques; peu dépassent cette limite. En Afrique, l'Acacia gummifera remonte jusqu'à Mogador, à 32° du nord. Au Japon, l'Acacia nemu couvre les environs de Nangasaki. Dans le nouveau continent, l'Acacia glandulosa de Michaux, et l'Acacia brachyloba de Willdenow, ornent les rives du Mississipi et du Ténessée, ainsi que les Savanes des Illinois. Dans l'hémisplière austral, qui présente en général le

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phénomène remarquable que les Plantes vont plus vers le Pôle, nous trouvons des Acacies jusqu'à l'île Van Diemen à quarante-un et quarantedeux degrés de latitude; car il n'est pas prouvé que le Mimosa Caven de Molina, qui croît au Chili entre vingt quatre et trente-sept degrés, soit une espèce d'Acacie. (Humh., Tableau de la nature, p. 140.)

Toutes les Acacies se distinguent par l'élégance de leurs formes, quelques-unes par la délicatesse de leurs feuilles, et par l'odeur suave de leurs fleurs. Diverses espèces de l'Orient et de l'Afrique, comme l'Acacia arabica (Acacia vera, Willd., Mimosa nilotica, L.) sont remarquables par l'abondance de la gomme qui découle de leur tronc et aie leurs branches; cette gomme est devenue un article de commerce très-important; c'est elle qui porte le nom de Gomme arabique. ce mot. Ses usages sont trèsmultipliés dans les arts et la médecine. —En faisant bouillir les gousses de cet Arbrisseau avant leur maturité, on en obtient un extrait solide, d'une couleur brune rougeâtre, d'une saveur astringente et styptique, désignée sous le nom de Suc d'Acacia et dont on faisait autrefois beaucoup plus fréquemment usage en médecine qu'aujourd'hui. On aroit généralement que c'est une espèce d'Acacia (AcaciaCatechu, Willd.) qui fournit la matière extractive connue soûs le nom de Cachou. L'Acacia senegalensis fournit aussi une gomme que l'on trouve mélangée avec la gomme arabique, et qui jouit des mêmes propriétés. -—Un grand nombre d'espèces d'Acacies sont cultivéesdans les jardins dont elles font l'ornement. Quelques-unes peuvent passer l'hiver en pleine terre jusqu'à Paris, telles que l'Acacia Julibrizin et le Lophantha. Les autres se tiennent en serre tempérée. —Dans quelques villes entre les Tropiques l'Acacia Lebbek se plante dans les rues, comme en Europe l'Orme ou le Tilleul; mais perdant ses feuilles, elle n'y donne pas toujours un ombrage suffisant; en retour elle se couvre de houppes de fleurs élégantes dans lesquelles la nature développe abondamment les moyens de fécondation; les étamines y sont en quantité prodigieuse. Bory de St.-Vincent (au lieu cité, p. 166) a compté qu'un Arbre de cette espèce et de moyenne taille, qui croissait dans la cour d'une maison qu'il habitait au port nord-ouest de l'Ile-de-France, produisit, dans une seule floraison, près de deux millions de ces organes mâles. (K.)

* ACACOYOTL. BOT. PHAN. Syn. de Larmille, Coix, chez les Mexicains. (B.)

* ACÆNE. Acœna. BOT. PHAN. Ce genre, delà famille des Rosacées et de la tribu des Sanguisorbées, a été séparé par la plupart des auteurs du genre voisin Ancistrum, et réuni à lui par d'autres, notamment par Vahl. On distinguait l'Ancistrum comme étant diandre et dépourvu de corolle, tandis que l'Acæna avait quatre étamines, quatre pétales, et de plus, un calice à quatre arêtes terminées par des espèces d'hameçons. Mais si l'on compare les figures et les descriptions données par les divers auteurs, on voit les mêmes espèces rapportées tantôt à l'un, tantôt à l'autre de ces genres; toutes présentent ce qu'on appelle corolle tétrapétale dans l'Ancistrum, où, le nombre des étamines variant de deux à cinq, le caractère de diandrie et de tétrandrie cesse d'être distinctif. Nous pensons donc qu'il convient de les réunir dans un seul genre, ainsi caractérisé: —calice monosépale, le plus souvent tronqué au sommet, quelquefois divisé en quatre parties, présentant, sur sa surface et sur le bord ou les dents qui le terminent supérieurement, des arêtes, munies à leur extrémité d'un crochet renversé; corolle tétrapétale, attachée au sommet du calice; deux à cinq étamines à anthères arrondies, biloculaires; ovaire semi-adhérent; un seul style et un seul stigmate en pinceau. Le fruit est rempli par une seule graine, et s'environne du calice persistant, que hérissent des pointes terminées souvent en hameçon, et diversement dirigées.

TOME I. 3

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On compte dans ce genre treize espèces environ, qui se trouvent au Pérou, au Chili, vers le détroit de Magellan, et dans la Nouvelle-Hollande. Un peut, pour leurs figures, consulter les Tab. 103 et 104 de la Fl. péruv. de Ruiz et Pavon, Lam. Illustr. tab. 22, l'Hort. Cels. de Ventenat. T. 6. (A.D.J.)

ACÆNITE. Acœnitus. INS. Genre d'Insectes hyménoptères, établi par Latreille, dans la famille des Ichneumonides (Considér. génér.) et avoisinant les Ichneumons et les Bracons. Il se distingue surtout des premiers par une lame saillante, recouvrant la base de la tarière, et diffère des seconds par l'étendue de la première cellule sous-marginale, et par la position des deux cellules discoïdales, dirigées longitudinalement et non transversalement. Le Cryptus dubitator, de Fabricius, sert de type à ce genre, auquel il faut aussi rapporter l'Ichneumon arator, de Rossi. (AUD.)

ACAHE. OIS. (Azara.) Temminck, pl. col. 58. Syn. d'une espèce de Pie. Pica chrysops, Vieill. au Paraguay. (DR..Z.)

ACAIA. BOT. PHAN. Nom qu'on donne à la Guyane, aux espèces de Cléomes qui y croissent; et au Brésil, au Monbin, Spondia Mombin. Voy. GLEOME et SPONDIA. (B.)

* ACAIAIBA. BOT. PHAN. Syn. de l'Anacardium occidentale, L, au Brésil. V. ANACARDIER. (B.)

* ACAJA. BOT. PHAN. (Margrav.) Syn. brésilien de Chrysobalanus. V. ce mot. (B.)

ACAJOU (Bois d'). BOT. PHAN. V. SWIETÉNIE. Le bois du Cedrela est aussi appelé Acajou dans le commerce. V. CEDRELA. (A.R.)

ACAJOU. Cassuvium. BOT. PHAN. (Rumph. Lamk.) Térébinthacées de Jussieu; Décandrie Monogynie, L. Ce genre est très-voisin de l'Anacardier, avec lequel quelques auteurs l'ont confondu. Linné avait réuni l'un et l'autre, sous le nom d'Anacardium. V. ANACABDIER. Dans le Cassuvium, le calice est à cinq divisions profondes; la corolle est formée de cinq pétales plus longs que le calice; les étamines sont au nombre de dix, dont neuf ont les filets courts et sans anthères; un seul est terminé par une anthère pollinifère, oblongue. L'ovaire est libre, uniloculaire, unioyulé; le style est latéral, terminé par un stigmate simple. Le fruit est une sorte de noix réniforme, de la grosseur du pouce, attachée par son extrémité inférieure au pédoncule, qui est charnu, et a pris un tel accroissement, après la floraison, qu'il est de la grosseur du poing environ.

Ce genre ne renferme qu'une seule espèce, l'Acajou à pommes. Cassuvium pomiferum, Lamarck, ou Anacardium occidentale, L. Arbré originaire de l'Inde et de l'Amérique méridionale. Ses feuilles sont grandes, ovales, obtuses, pétiolées; ses fleurs sont tristes, blanchâtres, et forment, au sommet, des ramificartions de la tige des panicules terminales. —Les fruits de cet Arbre, connus sous les noms de Pommes ou Noix d'Acajou, sont composés de deux parties fort distinctes: le pédoncule, qui est ovoïde arrondi, charnu, jaunâtre, beaucoup plus gros que le fruit lui-même; et le fruit proprement, qui est de la grosseur et de la forme d'une fève, d'une couleur grise ardoisée; il est formé d'un péricarpe assez épais, dans l'intérieur duquel sont des cellules ou lacunes remplies d'un fluide huileux très-âcre, et d'une graine ou amande, très-agréable à manger, ayant à peu près le goût des fruits de l'Amandier. La chair du pédoncule, quoiqu'un peu âpre, n'est point désagréable; on en fait une espèce de limonade. (A.R.)

* ACAJOU BATARD. BOT. PHAN. Syn, de la Curatelle, Curatella amjericana, L. dans certaines Antilles. V. Curatelle. (B.)

* ACAJU-IBA. BOT. PHAN. (Margrav.) Syn. d'Acajou. V. ce mot, (B.)

ACALALOTE OU ACALOT. OIS. V. ACACALOTL.

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ACALANTHE. OIS. (Vieillot.)Syn. de Fringilla psittacea, L. V. GROSBEC. (DR...Z.)

ACALANTHIS. OIS. Syn. de Tarin, Fringilla Spinus, L. chez d'anciens auteurs. (B.)

* ACALÈPHES. ZOOL. GÉN. Animaux qui forment la troisième classe des Zoophytes de Cuvier. Ce nom leur a été donné à cause de la propriété qu'ont plusieurs d'entre eux de causer, quand on les touche, une sensation de piqûre brûlante analogue à celle que produisent les orties désignées par les Grecs sous le nom de Knidé ou d'Acalèphé, Urtica des Latins.—La forme des Acalèphes est toujours circulaire et rayonnante, et leur organisation est loin d'être simple: l'on ne peut y reconnaître aucune sorte de tissu fibreux; et quoique d'une substance molle, il en existe de fossiles. Leur bouche sert aussi d'anus, et leur estomac, en manière de sac, se prolonge quelquefois sous forme d'intestins rayonnans dans différentes parties de leurs corps. Ces intestins remplacent peut-être les vaisseaux dont ces Animaux sont dépourvus. Les Acalèphes sont divisés en trois ordres:

Les ACALÈPHES FIXES, qui s'attachent à volonté par leur base sur tous les corps que la mer renferme, ou rampent, ou nagent et se laissent, au gré de leur caprice, entraîner par les flots. Les Actinies ou Anémones de mer, les Zoanthes et les élégantes Lucernaires appartiennent à cet ordre. V. ces mots.

Les ACALÈPHES LIBRES, qui nagent dans les eaux et les parcourent dans tous les sens; leurs brillantes légions couvrent l'immense étendue des mers, et semblent l'enflammer de leurs lueurs phosphoriques pendant l'absence du soleil qui les efface en s'élevant sur l'horizon. V. PHOSPHORESCENCE. Linné, dans son style éloquent et concis, les comparait à des astres flottans sur les abîmes de l'Océan. La substance de ces êtres est presqu'entièrement gélatineuse et souvent translucide. On y remarque des mouvemens de contraction et de dilatation que des auteurs ont regardés comme analogues à celui que produit la respiration dans les Animaux à sang rouge. Les Méduses, les Porpites et les Vélelles composent cet ordre. V. ces mots.

Les ACALÈPHES HYDROSTATIQUES, regardés par Cuvier comme susceptibles de former peut-être une classe de plus. Ils sont ainsi nommés d'une ou plusieurs vessies ordinairement remplies d'air, qui entrent dans leur composition, et au moyen desquelles ils peuvent demeurer suspendus dans les eaux. Leur bouche n'est point reconnaissable; elle est peutetre remplacée par des suçoirs tentaculiformes dont ces Animaux sont pourvus. Les Physalies et les Physsophores appartiennent à cet ordre. V. ces mots.

Lamarck a réparti les Acalèphes dans les différentes sections des deux ordres qui forment sa troisième classe des Animaux invertébrés, appelée Radiaires. V. ce mot. (LAM..X.)

ACALYPHA, L. BOT. PHAN. Euphörbiacées. Monoécie Monadelphie, L. Ce genre renferme des Herbes, des Arbres et des Arbustes exotiques, qui, quoique d'un port très-différent, s'accordent par les caractères suivans: fleurs mâles et femelles dans le même épi ou dans deux épis distincts du même individu, rarement dioïqucs. Les fleurs mâles ont un calice à quatre ou cinq divisions, huit ou seize étamines à filets réunis. Le ca ice des fleurs femelles n'a que trois divisions, renferme un ovaire à trois styles multifides, et dans la suite une capsule à trois loges monospermes. Les feuilles sont alternes, les pétioles portent à leur base deux stipules. Les épis sont axillaires et terminaux. Les espèces connues appartiennent pour la plupart aux deux Amériques et aux grandes Indes. (K.)

ACALYPHA, dans Dioscoride paraît désigner l'Ortie dioïque. V. ORTIE. (B.)

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ACAMACA OU ACAMACU. OIS. Nom d'un Oiseau brésilien indéterminé que Séba avaitmal à propos appliqué à un Oiseau de l'ancien continent qui a été décrit ou mentionné sous plusieurs noms, par Brisson, par Gmelin et par Buffon. C'est le Muscicapa paradisi de Latham, qui doit entrer dans le genre Platyrhynque de Desmarest. V. ce mot. (B.)

* ACAMARCHIS. POLYP. Genre de l'ordre des Cellariées dans la division des Polypiers flexibles. Il avait été placé par Pallas, entre les Cellulaires, et par Bruguière parmi les Cellaires d'Ellis; Gmelin les a réunis auxSertulaires. Les Acamarchis se distinguent des autres Cellariées par leurs ramifications constamment dichotomes, et par la forme de leurs cellules: celles-ci sont unies entre elles, alternes, terminées par une ou deux pointes latérales avec un corps vésiculaire en forme de casque, situé à l'ouverture même de la cellule, rarement sur le côté; nous regardons ce corps comme un ovaire. Ellis le considérait comme une petite coquille produite par un petit Animal qui de Polype se transformait en Mollusque quand il était assez fort pour chercher et pourvoir lui-même à sa subsistance. (Ellis, Essai sur les Corallines, p. 49. et suiv.) Nous ne partageons point l'opinion d'Ellis. — La substance des Acamarchis est plutôt cornée que crétacée; leur couleur est un vert sombre et grisâtre; leur grandeur ne dépasse jamais un décimètre; ces Animaux s'attachent aux rochers par des fibres nombreuses, et vivent dans les mers équatoriales et tempérées des deux mondes: on ne les a pas encore trouvés au-delà du 42e degré de latitude, soit boréale, soit australe. Il n'en existe que deux espèces:

L'ACAMARCHIS NÉRITINE. Acamarchis neritina, Lamx. Hist. des Polyp. 135. Ell. coral. 10. pl. 19. f. a, A, B, C. Elle offre des cellules à bord entier avec une épine latérale.

L'ACAMARCHIS DENTÉE. Acamarchis dentata, Lamx. Hist. des Polyp. 135. pl. 3 f. 3 A, B. Cette espèce diffère de la précédente par le bord des cellules constamment denté et par les deux épines qui en sortent. (LAM..X.)

ACAME. Acamas. MOLL. FOSSIL. Genre formé par Denys de Montfort (T. I, p. 375) pour une Bélemnite, remarquable par un sommet couronné de huit mamelons ou tubercules perforés et disposés autour d'un sphincter étoilé. Cette espèce est figurée dans Walch, Monum. de Knorr. T. 11, sect. 2. p. 241. pl. 1. fig. 1 à 3. Dans l'état de nos connaissances sur les Fossiles, désignés sous le nom de Bélemnites, on ne peut faire un genre particulier de cette espèce. V. BÉLEMNITE. (F.)

ACAMLETL. BOT. PHAN. Nom qu'on donne au Mexique à une espèce d'Agavé, dont on tire une liqueur vineuse. (B.)

ACANDES. POIS. Syn. d'Echénéis. V. ce mot. (B.)

ACANE. Acana. BOT. PHAN. V. BEJARIA.

ACANGA OU AGANGUE. OIS. et BOT. PHAN. (Flacourt.) Syn. de Peintade. Numida Meleagris, L. à Madagascar. On donne aussi ce nom à une Apocynée, dans le même pays. V. VOA-ACANGA. (B.)

* ACANOS. BOT. PHAN. (Théophraste.) Syn. d'Onoporde. V. ONOPORDE. (B.)

* ACANTHA. BOT. PHAN. (Théophraste.) Plantes épineuses, qu'il est presque impossible de déterminer, et que les érudits ont cru retrouver dans l'Atracty lis gummifera, L., dans deux espèces d'Euphorbes, dans divers Chardons, dans le Mimosa horrida, L., et dans l'Hedysarum Alhagi, L. (B.)

ACANTHACEES. BOT. PHAN. Famille de Plantes Dicotylédones monopétales, ayant la corolle staminifère insérée sous l'ovaire. Les Plantes qui appartiennent à cet ordre naturel présentent un calice monosépale, à quatre ou cinq divisions, tantôt régulier, tantôt irrégulier, toujours persistant.

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La corolle est monopétale, irrégulière, ordinairement bilabiée, quelquefois mirlabiée; elle est staminifère, hypogyne et caduque. Les étamines, au nombre de quatre, dont deux avortent souvent, sont didynames. L'ovaire est libre, biloculaire; chaque loge renferme deux ou un grand nombre de graines; il est environné à sa base d'un disque glanduleux, formant une sorte d'anneau ou de bourrelet saillant. Le style est simple, terminé par un stigmate ordinairement bilobé. Le fruit est une capsule à deux loges, quelquefois monospermes par avortement, s'ouvrant avec élasticité en deux valves, qui emportent chacune avec elles la moitié de la cloison. Les graines sont attachées à des podospermes filiformes saillans. L'embryon est épispermique, c'est-à-dire, dépourvu d'endosperme. — Toutes les Plantes qui appartiennent à la famille des Acanthacées, sont herbacées ou sous-frutescentes. Leurs feuilles sont opposées. Les fleurs, ordinairement disposées en épis, sont accompagnées de bractées a leur base. — Presque toutes les Acanthacées sont exotiques, et proviennent des contrées situées entre les tropiques. Les genres qui appartiennent à cette famille peuvent être disposés de la manière suivante:

§ I. DEUX ÉTAMINES. — Hypoëstes, Soland. Brown. prodr. Justicia, L. Eranthemum, L. Dianthera, L. Nelsonia, Brown.

§ II. QUATRE ÉTAMINES DIDYNAMES. — Acanthus, L. Dilivaria, Juss. Crossandra, Salisb. Blepharis, Juss. Ruellia, L. Hygrophila, Brown. Elythraria, Richard. Aphelandra, Brown. Dicliptera, Juss. Kunth. Thunbergia, L. Suppl. Barleria, Plum. Blechum, Brown. Jam. (A.R.)

* ACANTHALEUCE. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Ce qui signifie Epine blanche. Syn. d'Echinops. (B.)

ACANTHE. Acanthus, L. BOT. PHAN. Acanthacées de Jussieu. Didynamie Angiospermie, L. Les espèces de ce genre, remarquables par la beauté de leurs feuilles élégamment sinueuses, ont un calice à quatre divisions inégales, les deux latérales étant internes et plus petites. La corolle est à une seule lèvre. Les étamines sont au nombre de quatre, didynames; les filets sont terminés par des anthères uniloculaires barbus. La capsule est ovoïde, allongée à deux loges, qui contiennent chacune deux graines arrondies.—Les Acanthes sont herbacées ou'sous-frutescentes. Les espèces, au nombre d'environ huit à dix, croissent dans les contrées chaudes du globe. Deux de ces espèces, savoir: l'Acanthus mollis, et l'A. spinosus, croissent en Italie, en Espagne et même dans le midi de la France. Ce sont les feuilles de l'Acanthe qui ont servi de modèle à Callimachus, pour composer les ornemens du chapitea u des colonnes de l'ordre corinthien. Il existe une espèce de ce genre, dont les Arabes mangent les feuilles en salade, selon Forskahl. (A. R.)

ACANTHIAS. POIS. Nom d'une espèce de Centronote, et d'une espèce de Squale. V. l'un et l'autre mot. (B.).

ACANTHIE. Acanthia. INS. Genre d'Insectes hémiptères, établi d'abord par Fabricius, sur plusieurs espèces du grand genre Punaise, Cimex, de Linné, réduit ensuite par Latreille, et restreint de nouveau à deux seules espèces, par Fabricius (Syst. Rhyng.), qui créa alors le nom générique de Salda, pour s'appliquer aux Acanthies de Latreille. Aucun de ces changemens, non plus que la grande division établie d'abord par Fabricius, ne furent adoptés par Duméril, qui composa son genre Acanthie des seules espèces à corps aplati, vivant sous les écorces des arbres. — Sans chercher à expliquer cette discordance, nous regarderons, avec Latreille, comme appartenant à ce genre, les espèces qui ont le labre dégagé et saillant, le bec droit de trois articles, les yeux très-grands, les antennes filiformes, les pates saltatoires, le premier article des tarses fort court,

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et les deux suivans allongés presque de même longueur.

A ce genre se rapportent les Saldes, striata, zosterœ, littoralis, de Fabricius, et surtout le Lγgœus saltatorius du même auteur, qui lui sert de type, et qu'on trouve communément en France sur les rivages des fleuves, où il court et saute avec agilité. — Les autres espèces ont toutes des habitudes analogues. (AUD.)

ACANTHINION. POIS. Genre de Poissons osseux thoraciques, de la famille des Acanthoptèrygiens squammipennes de Cuvier, qui les rapporte à ses Platax, et formé par Lacépède de trois espèces de Chætodons de Linné. Ses caractères distinctifs sont, outre ceux du genre dont il a été détaché, de porter en avant d'une dorsale unique et près de l'occiput, de trois à cinq aiguillons dénués de membrane. La largeur de ces Poissons est à peu près égale à leur longueur; la bouche est petite, le museau plus ou moins avancé, et le corps trèscomprimé, surtout vers la queue. Les Acanthinions sont marins, exotiques, et leur chair est fort bonne à manger.

Le GLAUQUE. Chætodon glaucus, L., Bloch., pl. 210. Encyc. Pois. pl. 96, f. 392. Sa couleur est bleue, avec les flancs argentés, et cinq ou six bandes noires, courtes; il a cinqaiguillons en avant de la dorsale. D 5/10 P. 12. V. 1/6 A. 17. Habite les mers d'Amérique.

L'ORBICULAIRE. Chætodon orbicularis, L. Forskahl, qui nous a fait connaître ce Poisson, le dit d'un pied de longueur, de forme presque circulaire, imitant celle d'un Pleuronecte, de couleur triste, ponctué de noir, et portant en avant de la dorsale et sous la peau les rudimens de trois aiguillons; en avant de l'anale on trouve deux rudimens pareils. Il se tient sur les rivages pierreux de l'Arabie.

Le RHOMBOÏDAL. Chætodon rhomboïdalis, L., Bloch. Pl. 209. Encyc. Pois. 96, f. 393. Beau Poisson dont le dos est d'un vert foncé, couleur qui se prolonge sur les flancs en trois bandes angulaires; le ventre est jaune. Cinq aiguillons se voient en avant de la dorsale, et deux précèdent l'anale. Il se trouve dans les parties chaudes de l'Amérique. (B.)

ACANTHIODONTES. POIS. (Luid, Lithophyl. Brit. n° 1417.) Dents fossiles qu'on croit celles du Squale Acanthias. V. SQUALE. (B.)

ACANTHION. BOT. PHAN. et MAM. (Dioscoride.) Paraît être syn. d'Artichaut ou de quelqu'autre grande Cynarocéphale. —Klein donne aussi ce nom, comme genérique, aux Mammifères épineux, tels que le Hérisson. (B.)

ACANTHIS OU ACANTHILIS. OIS. Syn. de Tarin, Fringilla Spinus, L. parce qu'on avait cru remarquer que cet Oiseau se plaît dans les Chardons. (B.)

ACANTHOCÉPHALES. INTEST. Second ordre des Entozoaires de Rudolphi. Les Animaux qui le composent, offrent un corps un peu allongé et arrondi, utriculaire, élastique, avec une trompe rétractile, garnie de crochets cornés, disposés régulièrement sur plusieurs rangs. Les sexes sont séparés sur des individus différens. — Rudolphi avait composé cette famille des genres Tétrarhynque et Echinorhynque: il a rapporté avec raison le premier à l'ordre des Cestoïdes. Cuvier l'avait placé dans les Tænioïdes.

Le genre Hæruca de Cuvier Zéder, etc., composé d'une seule espèce, n'a pas été adopté par Rudolphi, qui le place parmi ses Echinorhynques douteuses. La synonymie de ce genre, que plusieurs auteurs placent dans l'ordre des Acanthocéphales, est un peu embrouillée.

Koelreuter avait donné le même nom à un groupe d'Entozoaires, que Rudolphi a réuni au genre Echinorhynque. V. ce mot. (LAM..X.)

ACANTHODION. BOT. PHAN. Dans le grand ouvrage sur l'Egypte, T. XXXIII. f. 2. Delile fait un genre nou-

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veau dans la famille des Acanthacées, d'une Plante qui a le port et les caractères des Acanthes, mais qui en diffère par une capsule à deux loges, dont chacune renferme une seule graine comprimée, et dont la radicale est placée vers le point d'attache de la graine, tandis que dans le genre Acanthus, la radicale est placée vers le point le plus éloigné du hile. Malgré cette différence, nous pensons que le genre Acanthodion devrait être réuni a l'Acanthus. — L'Acanthodion spicatum, Del., seule espèce du genre, est presque dépourvue de tige, et partagée, dès sa base, en trois ou quatre épis de fleurs, dont les bractées sont très-épineuses. Elle a été trouvée dans un des ravins de la Plaine-Déserte, près de Soucys. (A. R.)

* ACANTHOIDES. BOT. PHAN. (Fab. Columna.) Syn. de Carlina lanata, L. V. CARLINE, et syn d'Acanthacées. V. ce mot. (B.)

* ACANTHONOTE. POIS. (Schnéider.) Syn. de Notacanthe. V. ce mot. (B.)

ACANTHOPE. Acanthopus. INS. Genre d'Insectes hyménoptères, extrait par Klüg du grand genre Abeille de Linné; d'abord adopté par Latreille (Génér. Crust. et Insect.), mais réuni aujourd'hui, par cet auteur, au genre Epicharis. V ce mot. Il ne s'en distingue que par la disparition complète des palpes maxillaires. (AUD.)

ACANTHOPHIS. REPT. OPH. Genre de Serpens de la division des Venimeux à crochets isolés, selon Cuvier; séparé du genre Boa par Daudin, et dont les caractères consistent: dans l'aiguillon très-pointu qui termine la queue; l'absence de fosses derrière les narines; un renflement très-prononcé sur les côtés de l'occiput que recouvrent des écailles pareilles à celles du dos; de grandes plaques entières sous le ventre et le commencement de la queue, à l'extrémité inférieure de laquelle, seulement, se voient des doubles plaques. L'anus est simple et sans ergots. Ce genre ne se compose que de deux espèces:

Le CÉRASTIN. Boa palpebrosa, Shaw. Type du genre, dont la patrie est inconnue, la couleur d'un gris pâle avec des bandes noires transversales sur le dos, et deux rangées de points noirs en dessous. Ce Serpent a 112 grandes plaques sous le ventre, 38 sous la base de la queue, et 13 doubles sous la pointe.

L'ACANTHOPHIS de Brown. Ac. Brownii. Leach. Mel. Zool. pl. 3. Originaire de la Nouvelle-Hollande, long de huit à dix pouces, ayant la queue beaucoup moins grosse que le corps, latéralement aplatie, et dont la couleur est noirâtre avec la lèvre inférieure blanche. (B.)

ACANTHOPHORE. Acanthophora. BOT. CRYPT. Hydrophyte de l'ordre des Floridées. Les Acanthophores, peu nombreuses en espèces, et toutes originaires des latitudes équatoriales, se distinguent par leurs tubercules épineux, semblables, quand on les considère à l'œil nu, à de petites épines ou à de gros poils rudes, très-rameux, épars sur les tiges et les rameaux, et assez éloignés les uns des autres, principalement vers la partie inférieure de la Plante, qui en est quelquefois entièrement dépourvue. La couleur des individus desséchés est un violet plus ou moins vif, avec une teinte verdâtre ou d'un blanc sale, quelquefois avec une légère nuance de jaune ou de rouge. Les Acanthophores sont annuelles; leur port est élégant; il n'en existe encore que trois espèces décrites:

L'ACANTHOPHORE DE THIERRY, Fucus acanthophorus. Lamx. Dissert. p. 61. Tabl. 30 et 31. fig. 1. A tige cylindrique, filiforme, rameuse, élancée, avec des tubercules épars sur presque toute la Plante.

L'ACANTHOPHORE DE DELILE. Fucus nayadiformis. Delile. Expédit. d'Egypte. Diffère de la précédente par ses tubercules plus nombreux dans la partie supérieure des rameaux, et par la situation des ramuscules formant une panicule serrée

L'ACANTHOPHORE MILITAIRE. A-

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canth. militaris, Lamx. Essai. Tabl 4. fig. 4. 5. remarquable par ses tubercules en forme de massues épineuses. (LAM..X.)

ACANTHOPODE. POIS. Genre de Poissons osseux thoraciques ou de la famille des Acanthoptèry giens Squammipennes, formé par Lacépède aux dépens des Chætodons de Linné, et auquel on doit, selon Cuvier, réunir le genre Monodactyle du même auteur. Les Acanthopodes ont, outre les caractères, qui leur sont communs avec les autres Chætodons, le corps vertical très-comprimé, les dents plus petites et plus minces, et une épine plus ou moins courte remplace chaque nageoire ventrale. Les deux espèces qui composent ce genre sont exotiques:

L'ARGENTÉ. Acanthopodus argenteus, Lac. Pois. IV. p. 359. Chætodon argenteus, L. Il est beaucoup plus haut que long, a huit aiguillons sur le dos, la queue fourchue, la dorsale échancrée en fer de faux, et les yeux d'un rouge de sang. Il habite les mers de l'Inde selon les uns, et les côtes du Sénégal selon d'autres. B. 6. D. 8/33. P. 14. A. 3/35. C. 16.

Le FALCIFORME. Monodactylus falciformis, Lac. III. p. 132. Ce Poisson que Commerson a fait connaître sous le nom de Psette, Psettus, habite l'Océan atlantique intertropical; sa longueur est d'un demi-pied environ, son corps de forme ovale aplatie, ses écailles petites, argentées et brunâtres sur le dos. Les nageoires dorsale et anale sont munies d'un prolongement obtus en forme de croissant, et la queue, qui présente à peu près la même figure, a ses deux lobes aigus. B. 7. D. 33. P. 17. V. 1. A. 3/30.

Le Poisson rapporté à ce genre par Lacépède sous le nom d'Acanthopode Boddaert, doit rentrer dans les Holacanthes; il est le même que le Duc de cet auteur. V. HOLACANTHE. (B.)

ACANTHOPOMES. POIS. Famille de Poissons osseux Thoraciques, qui rentre dans les Acanthoptèrygiens Percoïdes de Cuvier, V. ACANTHOPTÈRYGIENS, établie par Duméril, et qu'on reconnaît aux branchies complètes, au corps épais et comprimé avec les opercules dentelées ou épineuses. C'est de ce dernier caractère que le. nom d'Acanthopome est emprunté. Les genres Holocentre, Persèque, Cingle, Ombrine, Percis, Lonchure, Ancylodon, Tænianote, Bodian, Microptère, Sciène, Lutjan, Centropome et Sandre, composent cette famille. V. ces mots. (B.)

* ACANTHOPS. POIS. Nom spécifique d'un Holocentre de Lacépède. V. HOLOCENTRE. (B.)

ACANTHOPTÈRYGIENS. POIS. VIIe et dernier ordre de la classe des Poissons selon Cuvier, et le Ve entre les Ossiculés ou Poissons proprement dits. Il avait primitivement été établi par Artédi. Près de cent genres, dont la plupart divisés en sous-genres, qui contiennent de nombreuses espèces, le composent. Ces genres forment la totalité des Thoraciques de Linné, moins les Rémores et les Pleuronectes qui ne sont point Acanthoptèrygiens, ou sont tirés des autres ordres linnéens, lesChondroptèrygiens exceptés. On reconnaît donc les Acanthoptèrygiens, qui sont indifféremment Apodes, Jugulaires, Thoraciques ou Abdominaux, etmême Branchiostèges, aux épines qui tiennent lieu de premier rayon de la dorsale, ou qui soutiennent seules la première nageoire du dos, lorsqu'il en existe deux. On les reconnaît encore aux épines qui forment également les premiers rayons de l'anale et dont une existe communément à chaque ventrale.

Les Acanthoptèrygiens ont entre eux les rapports les plus multipliés et tels que les dispositions de leurs nageoires ne suffiraient pas pour justifier la dislocation des familles naturelles qu'on a reconnues parmi eux. Ces familles ou divisions sont au nombre de sept:

Les TÆNIOÏDES, dont le corps, extrêmement allongé et aplati, est semblable à un ruban, garni d'une nageoire qui règne tout le long du dos.

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Les GOBIOÏDES, dont les épines dorsales sont grêles et flexibles, les nageoires ventrales généralement fort petites, nulles, ou réunies, et chez lesquels manque la vessie natatoire.

Les LABROÏDES, qui ont le corps oblong et écailleux, une seule dorsale soutenue en ayant par de fortes épines, les mâchoires couvertes par des lèvres charnues, et une forte vessie natatoire.

Les PERCOÏDES, qui ont de grands rapports avec les Labroïdes, mais chez lesquels les épines antérieures de la dorsale peuvent se replier et se cacher entre les écailles qui bordent les côtés de leur base.

Les SCOMBEROÏDES, remarquables par la petitesse de leurs écailles, les fausses nageoires qui sont quelquefois disposées à la suite de leur anale et de leurs dorsales, ou par des aiguillons dépourvus de membranes à la place de nageoires, ou enfin par la disposition d'une dorsale unique, régnant le long du dos depuis la crête de leur crâne.

Les SQUAMMIPENNES, où des écailles recouvrent en partie les nageoires dorsale et anale, et rendent l'insertion de celles-ci peu distincte du reste du corps.

Les FISTULAIRES OU BOUCHE-ENFLUTE, que caractérise un long tube formé au devant du crâne, par le prolongement de l'ethmoïde, du vomer, des préopercules, interopercules, ptèry goïdiens et tympaniques, et au bout duquel se trouve la bouche, composée comme dans la plupart des autres Acanthoptèrygiens, c'est-à-dire des intermaxillaires, maxillaires, palatins, et mandibulaires. V. tous les noms de famille. (B.)

* ACANTHORINUS. POIS. Sousgenre de Squales, établi par Blainville, dont le Squalus Acanthias, L. est le type, et qui contient douze espèces dans son tableau analytique. V. AIGUILLAT. (B.)

* ACANTHURE. REPT. OPH. Nom qu'avait donné premièrement Daudin au genre d'Ophidiens qu'il a depuis nommé Acanthophis, parce qu'il existe un genre Acanthure dans les Poissons. V. ACANTHOPHIS. (B.)

ACANTHURE. POIS. Genre de Poissons osseux Thoraciques, ou de la famille des Acanthoptery giens Scombéroïdes que Bloch et ensuite Lacépède ont séparés des Chætodons avec lesquels on les avait confondus. Ce dernier y réunit le genre Theutis de Linné, V. ce mot, et Cuvier y fait rentrer ceux que Lacépède avait appelés Aspisures et Prionures.—Les caractères des Acanthures se tirent de la compression considérable de leur queue et de leur corps, dont la hauteur est au moins égale à la largeur; des dents disposées sur une seule rangée, tranchantes et dentelées, ce qui les distingue des Nasons, V. ce mot, qui les ont simplement coniques et entières; enfin des piquans qui se voient à chaque côté de la queue, et qui leur ont valu le nom par lequel on les désigne. Leur front est à peu près vertical; leur bouche petite, leur museau assez avancé, leurs écailles généralement petites et très-serrées, ce qui rend leur peau si dure, qu'il les faut écorcher lorsqu'on veut les faire cuire. La chair en est fort estimée. Ils n'ont qu'une dorsale. On connaît environ dix espèces d'Acanthures groupées en trois divisions ou sous-genres, toutes exotiques et marines:

† Les ACANTHURES, proprement dits, qui ne présentent qu un fort piquant latéral de chaque côté de la queue, et dont les écailles s'étendent un peu sur les nageoires, ce qui les rapproche des Squammipennes.

Le CHIRURGIEN. Chætodon Chiurgus, L. Bloch. pl. 208. Encyc. Pois. pl. 97. f. 396. Poisson des Antilles qui tire son nom de la forte épine dont le genre emprunte aussi le sien, et chez lequel cette épine, pareille à une lancette, est tournée vers la partie antérieure. Il est varié de jaune, de noir, et de violet, D. 14/26. P. 16. V. 1/6. A. 3/20. C. 16.

Le NOIRAUD. Chætodon nigricans, L. Bloch. pl. 203. Encyc. Pois. pl. 45. f. 71.

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Ce Poisson habite la mer Rouge, et l'examen de ses dents suffit pour le faire reconnaître entre tous les Poissons; vues à la loupe, ces dents ont au sommet cinq petites divisions, dont une plus marquée, ce qui leur donne l'aspect de petites mains. D. 6/33. 9/38. P. 16. 18. V. 1/6. 6. A. 2/26. 3/29. C. 16. 21. 26.—Le Chætodon nigrofuscus de Forskahl n'en est peutêtre qu'une variété, et l'on regarde comme telle le Gahm des mers d'Arabie qui est tout noir avec la base de la queue violette.

Le PAPOU. Theutis Hepatus, L. Enc. Pois. pl. 64. f. 258, d'après Cateeby, T. II. t. 1. f. 1. Ce Poisson, de la Caroline, était l'une des deux espèces du genre Theutis supprimé aujourd'hui, et que Linné avait placé parmi ses Abdominaux après les Silurus; rompant ainsi tous les rapports naturels. Chacune de ses dents a quatre ou cinq dentelures à son sommet; l'épine latérale des côtés de la queue est mobile; sa couleur est d'un assez beau bleu brillant, noirâtre sur le dos. D. 9/24. P. 16. V. 1/5. A. 26. 3/26. C. 24.

Le VOILIER. Acanthurus velifer, Bloch. pl. 427. 1. On ne connaît point la patrie de ce beau Poisson, dont la couleur est brune, mêlée de rougeâtre, avec des rangées de points longitudinaux bleus sur les nageoires. D. 31. P. 16. V. 6. A. 22. C. 19.

Le ZÈBRE. Chætodon triostegus, L. Broussonnet, Dec. 1. t. 4. Encyc. Pois. 45. f. 172. Le fond de la couleur de ce beau Poisson est verdâtre, avec six bandes noires transversales sur le corps; sa caudale est légèrement échancrée. Il habite l'Amérique, D. 9/32. P. 18. V. 1/5. 1/6. A. 2/22. 3/21. C. 16.

Le RAYÉ. Chætodon lineatus, L. Encyc. Pois. pl. 45. f. 172, d'après Séba, et le Chætodon cœruleus, de Catesby. T. II. pl. x, sont encore des Acanthures, mais s'écartent des précédens, en ce que leurs écailles sont grandes, ce qui semble les rapprocher des Bogues.

†† Les ASPISURES, dont les piquans latéraux de la queue ont une pointe en avant, et une pointe en arrière, ce qui leur donne l'air de petits boucliers élevés en lames tranchantes; ils sont aussi squammipennes.

Le SOHAR. Aspisurus Sohar, Forsk. Chætodon Sohar, L. Habite les côtes de l'Arabie, oû il vit dans la vase: il n'acquiert guère que trois pouces de longueur; il est ovoïde, brun en dessus, blanc en dessous, et marqué de lignes violettes. D. 8/39. P. 17. V. 1/6. A. 3/32. C. 16.

Le Chætodon allongé, de Lacépède, T. IV. pl. 6. f. 2., rentre aussi dans cette division.

††† Les PRIONURES, qui ont plusieurs épines de chaque côté de la queue, tels que le Microlépidote de Lacépède(Ann. des Mus. T. IV.p. 205) apporté de la Nouvelle-Hollande, et dans lequel on compte jusqu'à dix de ces piquans, disposés comme des lames dentées, cinq grandes et cinq petites; les écailles sont à peine visibles, et de là le nom que porte le Poisson. D. 30. P. 6. A. 24. (B.)

* ACANTHURE. INTEST. Genre proposé par Acharius pour l'Echinorhynque de l'Eperlan. V. ce mot. Bosc, Lamarck, Rudolphi, ni Cuvier ne l'ont adopté. (LAM..X.)

ACAPATLI. BOT. PHAN. Syn. d'Iva frutescens, L. chez les Mexicains. V. IVA. (B.)

ACARA. POIS. Nom donné par les Brésiliens à des Poissons qui doivent se ressembler et qu'on ne connaît guère que par les descriptions incomplètes que Margrave et autres anciens naturalistes en ont données. Ce qu'on dit de leur forme et de l'éclat de leurs couleurs semble les rapprocher des Dorades. Lacépède spécifie par ce nom le Spare que Bloch avait appelé Double tache. Les autres Acaras sont:

ACARA-MUCU OU ACARUMUCU, qu'on a cru tour à tour une Baudroie, un Baliste et même le Narwhal.

ACARA - PEBA OU ACARA-TINGA, qu'on a rapproché des Coryphènes.

ACARA-PINIMA, qui est bien un Spare.

ACARA-PITAMBA ou ACARA-PITAN-

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GA-, qui, d'aprés la figure donnée par Margrave, nous paraît le Sparus chrysurus.

ACARA-PUEN, qui est fort voisin d'Acara-Pitamba, s'il n'est le même.

ACARA-PUCU, qui est aussi un Spare varié des plus belles teintes d'or et d'argent.

ACARA-UNA ou ACARAUNA, qui est le Chætodon bicolor, L. espèce d'Holacanthe.

Le nom d'Acarauna a aussi été donné à un genre établi dans le XIIIe volume de l'Académie de Pétersbourg d'après un Poisson trop altéré pour qu on puisse l'adopter comme certain. (B.)

ACARDE. Acardo. MOLL. Sous ce nom, Bruguière trouva, dans les papiers de Commerson, la description d'un nouveau genre de Mollusques bivalves, des mers du cap de Bonne-Espérance, qu'il crut devoir conserver et qu'il caractérisa ainsi: Deux valves horizontales, sans charnières ni ligament (Encyc. mét. Ire partie). Outre l'espèce de Commerson, l'Acardo crustularius, Bruguière cite une autre espèce ou variété qu'il eut occasion de voir à l'Ile-de-France, et qui venait aussi du cap de Bonne-Espérance. Il paraît qu'à l'époque ou Bruguière ordonna la gravure des planches de coquilles der l'Encyclopédie, le dessin de l'espèce de Commerson, figurée pl. 173. fig. 1, 2, 3, était retrouvé, et qu'il crut devoir ajouter à son genre Acarde les coquilles décrites par Picot de La Peyrouse, sous le nom d'Ostracites, dont il n'avait pu parler en décrivant ce genre.

Tel était le genre Acarde de Bruguière, lorsque Lamarck, en l'adoptant (An. sans vert., prem. édit. p. 130) pour l'espèce de Commerson, y réunit l'Umbrella chinensis, de Chemnitz, Conch. 10. p. 341. tab. 169. fig. 1645, 1646, dont il a depuis fait le genre Ombrelle, Gastroplax de Blainville: V. ces mots; mais il en a séparé les Ostracites de La Peyrouse pour en faire le genre Radiolite.

L'inspection de la figure de Commerson, et celle de quelques Acardes répandues dans les collections, firent bientôt Soupçonner que ces prétendues coquilles n'étaient que les doubles épiphyses de vertèbres de quelques Cétacés. Aussi Mühlfeld et Ocken citent-ils la seule Umbrella chinensis pour type du genre, et Cuvier le réduit-il aux Ostracites de La Peyrouse. V. pour celles-ci le mot RADIOLITE, et pour les Acardes de Mühlfeld et d'Ocken, le mot OMBRELLE. (F.)

ACARIA. POIS. Poisson indéterminé du Brésil. (B.)

*ACARICOBA. BOT. PHAN. Syn. de l'Hydrocotyle ombellée, Hydrocotyle ombellata, L. au Brésil. (B.)

ACARIDES. Acarides. ARACHN. Tribu d'Animaux de la famille des Holètres, ordre des Arachnides trachéennes, ainsi désignée du genre Acarus de Linné. Elle renferme cette multitude d'espèces d'Arachnides que l'on nomme vulgairement Mites, Cirons, Tiques, et dont plusieurs sont si petites qu elles se dérobent presque a nos regards. Les unes sont vagabondes, terrestres ou aquatiques; les autres se fixent sur divers Animaux, dont elles sucent le sang ou les humeurs, s'introduisent même jusque dans leur chair, et quelquesunes d'entre elles, en s'y multipliant excessivement, épuisent les Animaux et peuvent, avec le temps, les faire périr. On attribue à quelques espèces l'origine de la gale, tant celle de l'Homme que celle de divers Mammifères domestiques. Toujours nous paraît-il certain qu'ils peuvent l'accroître et la propager.

On distingue cette tribu aux caractères suivans: les uns ayant une bouche dont les parties sont discernables, tantôt offrant des mandibules (Chelifères), soit en pince, soit en griffe, mais cachées dans une saillie du sternum, en forme de lèvre; tantôt composée de pièces formant un suçoir ou un siphon; les autres ne présentant qu'une simple cavité orale.

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Nous divisons les Acarides en quatre sections:

1°. Les TROMBIDITES. Trombidites. Huit pieds, uniquement propres à la course, des mandibules. — Les genres Trombidion, Erythrée, Gamase, Cheylète, Oribate, Uropode, Acarus.

2°. Les TIQUES. Ricinites. Huit pieds, uniquement propres à la çourse; bouche en forme de siphon. — Les genres Bdelle, Smaride, Ixode, Argas.

3°. Les HYDRACHNELLES. Hydrachnellœ. Huit pieds, propres à la natation. — Les genres Eylaïs, Hydrachne, Limnochare.

4°. Les MICROPHTHIRES. Microphthira. Six pieds. — Les genres Caris, Lepte, Achlysie, Atome, Ocypète.

J'aurais pu établir dans les Acarides octopodes, ou à huit pieds, une division plus naturelle, en la fondant sur une analyse plus détaillée des organes masticateurs (V. HYDRACHNELLES); mais cette méthode eût été, pour le plus grand nombre des personnes qui se livrent à l'étude de l'histoire naturelle, impraticable. (LAT.)

ACARIDIES. Acaridiœ. ARACHN. Famille d'Animaux de l'ordre des Acères établie par Latreille. (Génér. Crust. Inst., ainsi que dans ses Considérations générales.) Elle répond à cette tribu du Règne Animal (Edit. 1817) qu'il nomme Acarides. V. ce mot. Plusieurs familles établies antérieurement par Latreillle ont été souvent converties en tribus dans ce dernier ouvrage. (AUD.)

ACARIMA. MAM. (Barrère.) Syn. de la Rosalie, Simia Rosalia, à la Guyane française. V. SAPAJOU. (B.)

ACARNA. BOT. PHAN. (Théophraste.) Paraît syn. du Cnicus, auquel ce nom a été donné comme spécifique, par Linné. —Allioni a établi sous le même nom un genre de la Syngénésie, appelé Cirselle par Gærtner V. CIRSELLE. (B.)

ACARNE. POIS. Syn. du Pagel, Sparus Erythrinus, L. sur certains rivages de la Méditerranée. (B.)

ACARUS. ARACHN. Genre d'Insectes aptères de Linné, placé aujourd'hui dans la classe des Arachnides et subdivisé en un grand nombre de genres. V. MITTE. Latreille (Règne Animal, édit. 1817) réunit sous le nom générique d'Acarus, toutes les espèces qui ont des palpes trèscourts ou cachés, le corps mou ou sans croûte écailleuse et une pelotte vésiculeuse à l'extrémité de chaque tarse; de ce nombre, sont entre autres espèces:

1°. Le GIRON DE LA GALE (Géoffroy). Acarus scabiei de Fabricius. Cet Animal microscopique habite la peau de l'Homme dans une phlegmasie cutanée connue sous le nom dé Gale; on le croit généralement la cause de cette maladie, quoique plusieurs auteurs pensent le contraire et prétendent ne l'avoir jamais rencontré; mais ces observations négatives ne sauraient infirmer celles faites par Bonanni Observations, chap. 67), par le docteur Gallée (Thèse inaugurale), et par plusieurs auteurs modernes. Ils ont démontré que l'Animal existe, qu'on le rencontre à l'intérieur des petites vésicules élevées sur la peau, qu'il se propage avec elles, et que, s'il ne produit pas la gale, il paraît du moins l'accompagner. Les descriptions et les figures qu'ils ont données rendent ces faits incontestables.

2°. L'ACARUS DOMESTIQUE. Acarus domesticus, Degéer, qui se trouve ordinairement dans les Collections d'insectes ou d'Oiseaux.

3°. L'ACARUS DU MOINEAU. Acarus passerinus de Fabricius, qui servait de type au genre Sarcopte de Latreille (Consid. Génér.), et que nous réunissons avec lui au genre Acarus. Cette espèce a été décrite et figurée par Degéer (Ins.VII. 109. n° 7. Tab. 6, fig. 12.) et par Géoffroy (Ins. II), qui l'appelait la Tique de la Chauve-Souris. (AUD.)

*ACASTE. Agasta. MOLL. Les Acastes sont des Mollusques cirriphodes (V. ce mot) très-rapprochés des Balanes dont elles se distinguent par

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des caractères assez peu tranchés, mais qui cependant suffisent pour autoriser leur séparation en genre différent. C'est au docteur Leach qu'on en doit l'établissement; formé d'abord pour le Balanus spongiosus de Montagu, Lamarck, en l'adoptant, y ajouta deux nouvelles espèces. On n'a point encore observé les Animaux des Acastes; mais ce qui les distingue particulièrement, c'est qu'elles vivent dans des éponges, et ne sont point fixées sur des corps solides, comme les Balanes. — Caractères génériques. Coquille sessile, ovale subconique, composée de pièces séparables; cône formé de six valves latérales, inégales, réunies, ayant pour fond une lame orbiculaire, concave au côté interne et ressemblant à une patelle; opercule quadrivalve (Lamarck, An. sans vert. 2e édit. T.v. p. 397.)—On voit, d'après ces caractères, que les Acastes diffèrent surtout des Balanes, outre leur genre de vie, par la forme de leur valve inférieure que quelques naturalistes ont prise pour une patelle, dont elle a en effet la figure. Les principales espèces connues sont:

1. ACASTE DE MONTAGU. A. Montagui, Leach. Lamarck, Sp. n° 1. Balanus spongiosus, Montagu Test.— Brit. suppl. 2. tab. 17. L 4 à 6. Lepas spongiosa, Wood, Conch, p. 47. Lepas spongiosus, Dilwyn, Des. cat. p. 27. Elle habite dans les éponges sur les côtes de Weymouth en Angleterre.

2. ACASTE GLAND. A. Glans, Lamk. Sp. n° 2. Elle habite la Nouvelle-Hollande, à l'île King.

3. ACASTE SILLONNÉE. A. sulcata, Lamk. Sp. n° 3., qui habite la baie des Chiens marins, à la NouvelleHollande.

4. ACASTE SPONGITE. Lamk. Poli. Test. 1. p. 25. tab. 6 f. 5. etc. (F.)

* ACATALIS OU ACATERA. BOT. PHAN. (Dioscoridc.) Syn. de Juniperus communis, L. V. GENEVRIER. (B.)

ACATÉCHICHITLI. OIS. (Hernandez.) V. ACATECHILI.

ACATÉCHILI. OIS. Nom que Montbéliard a formé par contraction d'Acatechichitli, qui est syn. de Fringilla mexicana dans le pays natal de cet Oiseau. L'Acatéchili a beaucoup de rapport, si toutefois ce n'est pas le même Oiseau, avec le Chardonneret jaune, Fringilla tristis. (B.)

ACATSIA - VALLI. BOT. PHAN. (Rhède.) Syn. de Cassytha, L. V. ce mot. (B.)

* ACAVE. Acavus. MOLL. Genre de Montfort (T.II. p. 235), formé, comme tant d'autres de cet auteur, sans motifs, pour l'Helix hœmas toma de Muller; Helix (Helicogena) hœmastoma, de Férussac. V. HÉLICE. (F.)

ACAWERIA. BOT. PHAN. Syn. à Ceylan de l'Ophioxylon serpentinum, L. (B.)

ACCAVIAC OU ASCAVIAS-VAKE. OIS. Oiseau indéterminé de Nigritie, dont on a comparé la taille à celle de la Cigogne ou du Paon. (B.)

* ACCENTEUR. OIS. Genre de la classe des Insectivores de la méthode de Temminck. Ses caractères consistent dans le bec, qui est droit, pointu, avec la mandibule supérieure échancrée vers l'extrémité, et qui est, ainsi que l'inférieure, comprimée sur ses bords. Les narines sont basales, nues, percées dans une large membrane; les pieds robustes, ayant trois doigts devant et un derrière, dont l'extérieur soudé près de la base à celuidu milieu: l'ongle du postérieur est le plus long et le plus arqué. La première rémige est presque nulle; la deuxième est presque égale à la troisième, qui est la plus longue. — On ne connaît que quatre espèces auxquelles la premiere a servi de type.

La FAUVETTE DES ALPES ou le PÉGOT, Buff. pl. enl. n° 668, fig. 2. Motacilla alpina, L. Sturnus mauritanicus, Gmelin. Sturnus collaris, Latham. Le plumage de cet Oiseau n'est rien moins qu'éclatant; c'est un mélange de cendré, de brun, de roux et de noir. On observe au cou un plastron formé par de petites écailles noires sur un fond blanchâtre. Sa taille est de 6

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pouces 8 lignes. Cet habitant des montagnes ne paraît guère sensible au froid; aussi ne le voit-on pas émigrer dans la saison rigoureuse. Il se contente de descendre dans les plaines et d' chercher, pour sa nourriture, à défaut d'Insectes, toute espèce de graines. Il affecte un air stupide, et l'approche du voyageur ne paraît lui causer aucune crainte. A moins que dans le temps des ouragans et des tempêtes la frayeur rassemble les Pégots par troupes, on ne les rencontre jamais que deux à deux. En général leur chant n'a rien d'agréable; souvent il se borne à un petit cri aigu.

La FAVETTE D'HIVER ou Traîne-buisson. Buff. pl. enl. n° 615, f. 1. Fauvette des bois ou Roussette, Buff. Motacilla modularis, Gmel. Silvia modularis et Schœnobenus, Lath. a été placée par Koch parmi les Accenteurs, et cette translation a été accueillie par Cuvier dans son Règne Animal.

L'Accenteur montagnard, Accentor montanellus, Tem. qui habite les parties orientales du midi de l'Europe et quelques contrées de l'Asie, et le Turdus kamtschatkensis, Gmel., Motacilla Calliope, Pal., sont les autres espèces connues du genre.

Les Accenteurs nichent de trèsbonne heure, les uns dans les anfractuosités des rochers, les autres dans les taillis et les forêts; leur ponte consisté en 5 ou 6 œufs. (DR..Z)

ACCIOCA. BOT. PHAN. Plante indéterminée du Chili et du Paraguay où elle est d'usage en infusion théïforme. (B.)

ACCIPITRES. OIS. Traduction du nom latin donné par Linné au premier ordre de sa méthode, ainsi caractérisé: bec courbe à l'extrémité; mandibule supérieure dilatée de chaque côté ou armée d'une dent; pieds robustes, courts; doigts verruqueux sous les jointures; ongles arqués trèsaigus. Les espèces comprises sous cette dénomination sont voraces et cruelles; elles sont aux Oiseaux ce que les bêtes féroces et les carnivores sont aux Mammifères, vivent de proie ou de cadavres, construisent leurs nids, nommés aires, dans les lieux élevés; ils sont en outre monogames. La femelle, toujours plus grosse que le mâle nommé Tiercelet en termes de fauconnerie, pond ordinairement de trois à quatre œufs. — Vieillot divise les Accipitres en trois tribus: les Diurnes, les Nocturnes et les Accipitrins. (DR..Z)

* ACCIPITRINA.BOT. PHAN. Paraît être, dans Pline, syn. d'Epervière, Hieracium, L. V. ce mot. (B.)

ACCIPITRINS. OIS. V. ACCIPITRES.

ACCOLA, POIS. (Sonnini.) Syn. du Thon blanc, Scomber Alalunga, L. à Malte. (B.)

ACCORTE. INS. Nom vulgaire d'une Chenille du Rosier. (AUD.)

ACCOUCHEUR, REPT. BATR. Espèce de Crapaud, Bufo obtetricans, de Laurenti. V. CRAPAUD. (B.)

ACCOUPLEMENT. C'est l'union des sexes dans l'acte générateur: il doit être considéré comme un stimulant nécessaire à la séparation des germes. — Là ou il n'y a point de sexe, il n'y a point d'accouplement: tels sont les Polypes. —Là ou les sexes sont réunis et peuvent se féconder par euxmêmes, comme dans les Plantes et certains Mollusques Acéphales, il n'y a point non plus d'accouplément. — Dans certains Poissons, les Grenouilles, et les Mollusques Céphalopodes, ou les sexes sont distincts, mais chez qui le mâle féconde seulement les œuls quand ils sont sortis, ou lance sa semence sur la femelle, il n'y a point encore d'accouplement complet. Dans les Grenouilles, cependant, de longs embrassemens precèdent souvent l'acte générateur. — Dans tous les Mammifères, les Oiseaux, les Reptiles Chéloniens, Sauriens et Ophidiens; dans les Poissons vivipares, dans les Insectes, et les Arachnides, l'accouplement est nécessaire à la fécondation: il en est de même pour tous les Crustacés, pour plu-

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sieurs Mollusques et pour plusieurs Annelides.—L accouplement est nommé simple, quand il a lieu entre sexes séparés; réciproque, lorsque deux hermaphrodites se fécondent mutuellement; et composé, quand un hermaphrodite est fécondé par un individu et en féconde un autre à son tour. — Sa durée est très-variable: il est instantané chez les Oiseaux, et subsiste après l'éjaculation dans les Chiens.— La conservation de l'espèce étant de la plus haute importance, la nature a fait de l'acte qui la perpétue un besoin impérieux et la source des plus vives jouissances: il est cependant des espèces quis'accouplent plutôt pour satisfaire le pressant besoin qui les pousse, qu'attirés par l'attrait du plaisir; ainsi, les pointes dont est armée la verge des Chats, des Agoutis, des Gerboises, ne peuvent que causer de vives souffrances à leurs femelles, qui, pressées par le besoin, retenues par la crainte de la dou'eur, balancent long-temps avant de s'abandonner au mâle, et marquent par des cris perçans les souffrances qu'elles éprouvent. — Parmi les Animaux il en est qui se réunissent par couple, et partagent les soins de l'éducation des petits: c'est ce qu'on voit chez la plupart des Oiseaux, et chez beaucoup d'espèces carnassières de Mammifères; tandis que célles qui vivent de végétaux, et qui, par conséquent, trouvent une nourriture abondante et facile, abandonnent à la mère le soin de leurs petits. C'est aussi parmi les Oiseaux qui vivent de proie, que se trouvent, ceux qui partagent davantage les soins qu'exige leur progéniture. — L'association est annuelle ou dure pendant toute la vie: le premier cas est le plus commun. Les Corneilles, les Aigles et d'autres Oiseaux de proie ne se séparent jamais, ces Animaux offrent un modèle de fidélité conjugale. Il en est enfin à qui une seule femelle ne suffit pas: ils ont un nombreux sérail qu'ils protègent, qu'ils dirigent, et avec qui ils partagent leur subsistance; les Phoques, les Coqs sont dans cette habitude. Les Abeilles nous offrent une circonstance contraire: une femelle a besoin de plusieurs mâles. — Chez la plupart des Vertébrés, l'époque de l'accouplement est marqué par un surcroît de vie, une augmentation d'activité, et souvent par une excitation spéciale des organes génitaux, surtout chez les femelles. V. RUT, GÉNÉRATION.

Les Animaux annoncent le besoin de l'accouplement par des cris, des chants ou d'autres signes propres à chacun d'eux. L'Oiseau sait unir dans ses accens, à la peinture de la vivacité de ses désirs, l'expression de la tendresse la mieux sentie; tandis que les fureurs des Mammifères ne dénotent souvent qu'un besoin pressant à satisfaire. Mais c'est surtout chez les Insectes que l'industrie amoureuse des mâles et des femelles est vraiment, admirable.

Les Animaux sauvages s'accouplent une fois l'an, à une époque fixe: ceux que l'Homme a rendus domestiques, et auxquels il a par conséquent fait partager les avantages de sa société, s'accouplent en toute saison. L'Homme et quelques autres espèces n'ont ni temps fixe, ni état déterminé pour cet acte. —Dans les Quadrupèdes, l'accouplement féconde une seule portée; chez les Oiseaux, il féconde un très-grand nombre d'œufs; et dans les Insectes, les Pucerons fécondent dans un seul accouplement plusieurs générations, qui toutes alors sont femelles, et produisent sans copulation nouvelle. — Il est des espèces, et c'est surtout parmi les Mammifères, où les femelles, une fois fécondées, refusent les approches du mâle, telles sont la Jument, l'Anesse, etc.: d'autres répètent plusieurs fois de suite l'acte générateur; les Oiseaux s'y livrent passionnément pendant toute la saison des amours. — L'accouplement n'a lieu qu'entre individus de même espèce ou entre espèces voisines; ce qui donne les Métis ou Mulets. — Les espèces des climats chauds transportées dans les pays froids, cessent souvènt de s'accoupler, ou leur union devient inféconde: il en est de même

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des Animaux tenus en captivité. Les soins de l'Homme ont au contraire rendu les Animaux domestiques bien plus féconds qu'ils ne le sont dans l'état sauvage. — Dans l'accouplement, il y a introduction de la partie mâle, ou seulement l'Animal lance sa liqueur fécondante dans les organes de la femelle; c'est ce qui arrive aux Salamandres ainsi qu'à tous les Poissons vivipares. — L'ergot des Echidnés et des Ornithorhynques, celui de plusieurs Gallinacées, les pelotes dont sont garnis les pouces de divers Batraciens et les doigts des Geckos sont autant de moyens qui servent au mâle à se fixer sur la femelle. Il paraît en être de même des prolongemens que les Raies et les Squales portent aux côtés de l'anus, et que Géoffroy regarde comme des organes d'excitation.

— DANS LES MAMMIFÈRES. Nous avons pour cette classe peu de choses à ajouter à ce qui vient d'être dit, si ce n'est que dans les espèces sauvages, tout annonce combien le besoin de l'accouplement est pressant. Cellesci s'abandonnent alors aux plus grands excès: les timides deviennent hardies et même téméraires: on connaît les combats à outrance que se livrent les Taureaux, les Cerfs, les Chevaux et les Phoques. Des deux rivaux, le vaincu se retire et ta guérir ses blessures ou chercher une conquête plus facile; cependant le vainqueur reste tranquille possesseur de sa femelle, jusqu'à ce qu'un rival plus puissant le chasse à son tour. — La saison des amours varie singulièrement chez les Mammifères. Les uns, tels que le Loup, s'accouplent pendant l'hiver; les Cerfs s'unissent en automne; le plus grand nombre au printemps et en été: nóus avons dit que les Animaux domestiques s'accouplaient à toute époque de l'année. — Dans le plus grand nombre, la femelle reçoit mâle sur son dos, et se tient debout. La femelle du Chameau s'accroupit. Les Animaux à dos armé, tels que le Porc - Epic et le Hérisson, s'accouplent ventre à ventre. — L'accouplement a lieu entre les variétés d'une même espèce, et c'est un moyen qu'on emploie tous les jours pour obtenir de plus beaux produits. Notre climat ne nous permettant pas toujours de conserver les races désirées dans toute leur pureté, on obtient par l'union d'un mâle de race noble avec les femelles du pays de plus beaux produits que ceux que donneraient un mâle ordinaire; et l'on a observé qu'à quelques exceptions près, le nouvel Animal prend en grande partie les traits de son père. Ainsi, en unissant la Brebis de notre pays au Belier mérinos, oh obtient dès la première génération des métis qui égalent presque le père en beauté. —L'accouplement a encore lieu entre des individus d'espèce différente, mais il faut cependant que les espèces soient très-voisines. La Jument et le Baudet produisent le Mulet; le Cheval et l'Anesse donnent le Bardeau; le Zèbre produit ávec l'Ane et le Cheval; mais pour tromper la femelle qu'on a soumise à l'expérience d'un accouplement contre nature, il a fallu peindre l'étalon qu'on lui présentait, des mêmes couleurs dont est paré son véritable mâle. L'accouplement de la Louve et du Chien a également été fécond; mais ce sont toujours des unions forcées et qui n'ont guère lieu que dans l'état domestique, et quand l'Homme a fait perdre à ces Animaux la plus grande partie de feur naturel: car très-souvent les Animaux sauvages, lorsqu'ils sont privés de la liberté, dévorent ou tuent leurs petits, comme s'ils voulaient les soustraire à l'esclavage, et ceci s'observe également chez les Oiseaux, où cependant les unions mêlées sont plus fréquentes, plus faciles et ont lieu entre des espèces plus éloignées.—On a nommé Jumar le prétendu produit du Taureau et de la Jument, mais tout jusqu'à présent a démenti l'existence d'un pareil Animal, qui ne semble être qu'un Bardeau. On a encore prétendu que la Vache et le Cerf produisaient ensemble: ces espèces sont trop éloignées pour admettre une pareille assertion (PR.D.)

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—DANS LES OISEAUX. L'époque de l'accouplement détermine la plus belle période annuelle de l'existence: les espèces habituellement silencieuses ou criardes savent, pendant que dure l'heureuse saison des amours, rendre plus vives, dans leurs concerts, les expressions du plaisir; les unes par des sons graves, mais sonores; d'autres par une mélodie que l'art en vain essaya d'imiter; d'autres enfin, par un caquetage continuel qui peint la volupté dont tout leur être est animé. Alors leurs momens sont exclusivement consacrés à chanter le bonheur, et leurs jouissances sont si grandes, qu'elles semblent leur faire oublier tout repos: on les entend la nuit comme le jour répéter leurs mélodieux accords, que ne sauraient interrompre, même chez les plus sauvages ou les plus craintifs, l'appréhension du danger ou la présence de l'Homme. C'est a cette même époque qu'on voit les Oiseaux briller de tout leur éclat de parure, et comme se vêtir de leur robe de noces. Des élans amoureux plus ou moins démonstratifs, plus ou moins prolongés selon les espèces, précèdent d'accouplement: chez les unes, la femelle reçoit debout le mâle qui s'élance sur elle en la saisissant du bec et se cramponnant avec les ongles sur son dos; chez les autres, la femelle plie les jambes et appuie le ventre sur le sol. La durée de l'acte est très-courte; plusieurs espèces le répètent de suite un grand nombre de fois. Il paraît que les œufs sont fécondés du premier jet; car des femelles qui n'avaient éprouvé qu'une seule fois l'approche du mâle, ont pondu à plusieurs jours de distance des œufs dont les petits sont sortis au terme de l'incubation.—Il est parmi les Oiseaux un petit nombre d'espèces polygames, les autres sont monogames, et l'on a observé que quelques-unes d'entre elles sont susceptibles d'un attachement qui ne s'éteint qu'avec la vie de l'un des époux. L'époque de l'accouplement et l'âge où les sexes y sont aptes, varient dans chaque espèce et suivant les climats: la durée de la chaleur ou du rut est plus ou moins longue, et paraît subordonnée aux soins qu'exige la construction du nid; soins que les deux sexes se partagent avec une égale ardeur. L'accouplement est simplement annuel chez beaucoup d'especes; chez quelques autres, il a lieu deux et même trois fois dans la belle saison; parmi les domestiques, il est presque continuel. Chez les unes, lorsqu'il est terminé, lorsque l'incubation est accomplie et que les petits peuvent se passer des soins de leurs parens, la famille se sépare et souvent pour ne plus se reconnaître; chez d'autres, elle reste réunie pendant long-temps oncore autour au père et de la mère: ceux-ci, la plupart du temps, ne se séparent point, et attendent, toujours fidèles, le retour de la saison des plaisirs. V. GÉNÉRATION, FÉCONDATION, OEUFS, INCUBATION. (DR..Z.)

—DANS LES REPTILES Chéloniens, Sauriens et Ophidiens, nous avons vu que l'accouplement était nécessaire à la reproduction. Il y a introduction du membre viril qui, simple dans les Chéloniens et les Ophidiens, est bifurqué dans les Sauriens. Ce membre est simple dans le Crocodile; et chez toutes les espèces pourvues de pareils organes mâles, il n'existe, pour conduire la semence, qu'une rainure plus ou moins profonde: dans ces Animaux l'accouplement se fait ventre à ventre.

— DANS LES POISSONS, il en est de vivipares, tels que les Raies, les Squales et autres; chez ceux-ci, il y a accouplement en ce sens qu'il y a rapprochement des deux sexes et meme introduction d'organes excitateurs, comme nous l'avons dit plus haut; mais il ne peut y avoir introduction d'une verge, puisque ces Animaux en sont dépourvus, et les conduits testiculaires s'ouvrent dans le cloaque où ils se terminent par une simple papille. —Chez les Poissons purement ovipares, ce n'est que lorsque la femelle a pondu les œufs, ou qu'elle les pond, que le mâle féconde ceux-ci, en les arrosant de sa laite.

—DANS LES INSECTES. C'est moins le

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nombre et la variété dans les formes qui a droit d'exciter notre surprise, que la rare intelligence dont ils sont doués, intelligence à l'aide de laquelle ils trouvent les moyens d'exécuter des travaux qui contrastent singulièrement avec leur faiblesse. S'ils sont ingénieux dans leurs chasses et dans la construction des demeures qu'ils se forment, ils ne sont pas moins admirables dans leurs amours. Les uns, tels que les Vrillettes, frappent rapidement, avec leurs mandibules, l'intérieur des boiseries qu'ils habitent; ils s'arrêtent un moment, puis recommencent de nouveau, ce qui cause le bruit que chaque jour nous entendons, qui ressemble assez au mouvement d'une montre, et que le peuple nomme l'horloge de la mort. D'autres, tels que les Criquets, les Cigales, les Grillons, font entendre le bruit, souvent si fort, que tout le monde connaît. — Les femelles de plusieurs Taupins, et surtout celle du Cucujo des Américains, celles des Lampyres, du Fulgore Porte-Lanterne, dont la marche est difficile, et qui sont, pour la plupart, dépourvues d'ailes, ne pouvant suivre leurs mâles, qui sont trèsagiles, signalent le point ou elles gissent. Pour y réussir, la nature leur a donné un fanal; elles sont phosphorescentes, et répandent au loin, pendant les nuits, une lumière invocative, vers laquelle les mâles s'empressent d'accourir. De là les noms de Vers-Luisans, de Mouches-Lumneuses, de Mouches-à-Feu, que partout ont reçus ces Animaux. Celle que répand le Taupin est si vive qu elle permet de lire l'écriture la plus fine. C'est à la lueur de plusieurs de ces Insectes réunis que, dans l'Amérique méridionale, les femmes font leur ouvrage; elles les placent, dit-on, aussi comme ornement dans leurs cheveux, lors de leurs promenades du soir; et l'on assure que les Indiens les attachent à leur chaussure pour s'éclairer pendant leurs voyages nocturnes. — La lumière que répandent les femelles paraît redoubler à l'approche du mâle, qui lui-même annonce sa présence par une légère étincelle lumineuse. L'Animal augmente ou diminue à sa volonté l'éclat de cette lumière, qui cesse, à ce qu'il paraît, lorsque l'accouplement a eu lieu.

L'ouïe et la vue ne sont point les seuls sens dont la nature se soit servie pour appeler les Insectes à l'acte générateur; il est des faits dont on ne peut se rendre compte qu'en admettant des effluves odorantes, que les mâles savent reconnaître. Si l'on renferme dans une boîte parfaitement close une femelle de Bombyce, et surtout celle du Grand Paon, on ne tarde pas à voir voltiger, autour de cette prison, des mâles que la vue n'a pu instruire d'une telle captivité, mais que leur ont révélée des émanation qu'il ne nous est pas donné d'apprécier.

La disposition de l'organe du mâle est très-favorable au maintien de l'accouplement; sa verge est renfermée dans un étui corné dont les pièces peuvent s'écarter lorsque l'introduction est faite. Les pâtes de devant de l'Hydrophile, des Dytiques et autres espèces, sont considérablement élargies, et servent à ces Insectes pour saisir et retenir leur femelle, sur laquelle le mâle est ordinairement reçu. La Puce, la Crevette des ruisseaux font exception. Les organes génitaux du mâle des Libellules sont placés près de la poitrine, tandis que ceux de la femelle sont situés, comme à l'ordinaire, à l'extrémité de l'abdomen, ce qui détermine la position singulière que ces Insectes prennent pendant l'accouplement. Le mâle saisit, avec les crochets qu'il porte à l'extrémité de l'abdomen, sa femelle sur le col; l'un et l'autre s'élèvent dans les airs, et il faut que la femelle rapproche l'extrémité de son abdomen des organes génitaux du mâle, et aille ainsi les chercher. — L'acte de la génération ne tarde pas à épuiser les Insectes; le mâle succombe à un petit nombre de copulations, la femelle meurt dès qu'elle a pondu. V. COPULATION.

Chez les autres classes d'Animaux, le mode de fécondation offre de grandes variétés. (PR. D.)

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—DANS LES ANNÉLIDES. Tantôt les sexes sont réunis sur un même être comme dans les Sangsues et les Lombrics, qui se tiennent étroitement embrassés pendant l'accouplement qui est réciproque; tantôt les sexes sont séparés, et alors les individus sont ou mâles ou femelles: tels sont les Aphrodites et quelques genres voisins. V. GÉNÉRATION.

— DANS LES CRUSTACÉS. Les sexes sont isolés et les organes copulateurs sont doubles. Dans l'accouplement les deux vulves de la femelle reçoivent les deux verges du mâle. Jurine a pu distinguer les sexes et observer l'accouplement dans plusieurs Crustacés Branchiopodes. H nous a appris que leurs antennes n'étaient pas l'organe essentiel de la génération, qu'ils s'en servaient seulement pour se cramponner à la dernière paire de pates de la femelle, et pour conserver ainsi toute liberté pendant l'accouplement qui a lieu, de même que dans les autres Crustacés, au moyen de deux verges que le mâle introduit, dans les vulves correspondantes de la femélle. V. GÉNÉRATION.

— DANS LES ARACHNIDES. Les organes sexuels féminins sont situés près de la jonction de l'abdomen avec le thorax. Ceux des mâles ont tantôt une position semblable, et tantôt occupent l'extrémité des palpes. Ce caractère singulier est propre à la première famille des Arachnides pulmonaires; celle des Fileuses. L'accouplement de ces dernières est remarquable par les circonstances qui l'accompagnent. Le mâle est souvent la victime de son penchant amoureux, et c'est toujours au risque de sa vie qu'il s'approche de la femelle. Il n'ignore pas combien l'entreprise est dangereuse, et il commence par tendre un fil non loin du lieu où la scène va se passer. Ce fil est le chemin qu'il suivra s'il doit chercher son salut dans la fuite; cette précaution prise, il met pied sur la toile de la femelle, s'avance vers elle à pas comptés et toujours en hésitant, se hasarde enfin à la toucher avec une de ses pates, et recule aussitôt de quelques pas. Souvent il n'en faut pas davantage pour que l'Araignée le saisisse et le dévore s'il n'est pas assez leste pour échapper; souvent aussi elle reste immobile, et ce signe favorable rend le mâle plus confiant; il touche de nouveau la femelle qui répond à ses caresses par des attouchemens du même genre. Sa vulve s'entrouvre, le mâle y porta à diverses 1 eprises l'organe sexuel de l'une et de l'autre palpe, et la fécondation s'opère sans aucune jonction. Une fois l'opération achevée, le mâle échappe par la fuite à la fureur de la femelle, que les plaisirs de l'amour n'ont pas rendue moins cruelle. V. GÉNÉRATION. (AUD.)

DANS LES MOLLUSQUES. Les uns peuvent s'accoupler, comme la plus grande partie des Gastéropodes; les autres se reproduisent sans accouplement, comme tous les Acéphales, dont un grand nombre est privé de locomotion. — Chez ceux qui s'accouplent, on observe plusieurs modes d'accouplement: dans les uns, les sexes sont séparés sur deux individus, dont l'un fait l'office de mâle et l'autre de femelle, comme dans les Pectinibranches; dans d'autres, chez les Limaçons vulgaires par exemple, les deux sexes sont réunis sur le même individu qui a besoin cependant d'un individu de son espèce pour être fécondé, alors ces deux hermaphrodites donnent et reçoivent à la fois. Enfin, il en est chez lesquels un individu hermaphrodite reçoit d'un premier, donne à un second, ainsi de suite, de sorte que ces Mollusques forment, dans le moment de leurs amours, une sorte de chaîne ou un chapelet; tels sont les Animaux des coquillages de nos mares, appelés Limnées. (F.)

—DANS LES ZOOPHITES, la plupart, tels que les Oursins et les Holothuries, sont hermaphrodites et se fécondent eux-mêmes.

Les VERS INTESTINAUX présentent pour la plupart des organes génitaux; mais la difficulté d'observer ces Animaux a rendu difficile à con-

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naître leur mode de fécondation. Cependant Jules Cloquet est parvenu tout récemment à surprendre l'accouplement de l'Echinorhynchus gigas, qui même offre une circonstance remarquable. Dans ce Ver, ce n'est pas la verge du mâle qui va porter dans les organes de la femelle le fluide séminal, c'est la queue de la femelle qui s'enfonce dans l'entonnoir qu'offre la verge du mâle lorsqu'il est en état de copulation. Nous devons ces détails à l'infatigable observateur que nous venons de citer.

—DANS LES POLYPES qui se reproduisent par boutures, et peut-être également par le moyen d'œufs, y a-t-il accouplement? — Les Infusoires, sur lesquels Bory de St.—Vincent fait des recherches depuis long-temps, se reproduisent aussi par boutures; mais, ainsi que l'a reconnu ce naturaliste, nul sexe, conséquemment nul accouplement ne s'y remarque.

On voit, d'après ce qui précède, que l'accouplement est une circonstance qui n'est pas de nécessité absolue dans l'acte générateur, tandis que ce dernier a, peut-être constamment, lieu dans la reproduction des individus. Un Polype peut, il est vrai, être partagé en mille morceaux, et former mille nouveaux Polypes; mais ces Animaux se reproduisent également par des œufs, avons-nous dit, et peutêtre est-ce le seul mode de reproduction qui ait lieu dans l'état naturel, tandis que l'autre ne serait qu'accidentel, et ne sert peut-être jamais à la reproduction naturelle de ces Animaux.

—DANS CERTAINS VÉGÉTAUX, ou du moins chez des êtres qu'on a jusqu'ici placés dans le règne Végétal, plusieurs ont un véritable mode d'accouplement, qui n'a nul rapport avec ce que l'on considère généralement comme une fécondation pollinaire. C'est Muller qui aperçut le premier ce phénomène, sans néanmoins en tirer aucune conséquence, dans ce qu'il nomme Conferva jugalis. A la même époque, Bory, qui l'observait, communiquait à Draparnaud de nouvelles vues sur cephénonème. Depuis, Vauchera publié, sous le nom de Conjugées, diverses descriptions de ces Végétaux accouplés, où rien n'indique habituellement de sexe ni de mouvement spontané, et dont cependant les filamens toujours simples se rapprochent à une certaine époque de l'existence, et s'unissent intimement les uns aux autres par des espèces de stigmates comme s'ils venaient alors à s'animer. A l'aide de ces points de communication, il s'établit un épanchement d'un tube dans l'autre. Des corps ronds, ovales ou gemmiformes s'y développent presque aussitôt dans les cloisons de l'un des tubes, et deviennent ce que Bory, qui a suivi attentivement ces êtres mixtes, appelle des Zoocarpes. V. ce mot, ainsi que CONFERVES. (PR. D.)

* ACCRESCENT, TE. BOT. PHAN. Adjectif qui désigne dans les Plantes les parties de la fleur qui prennent de l'accroissement après la floraison. Ainsi le calice de l'Alkekenge et le style de la Clematite sont accrescens. (B.)

ACCROISSEMENT. Incrementum. Ce mot, pris dans son acception la plus étendue, désigne la série successive des phénomènes par lesquels passent les corps bruts et les corps organisés, lorsqu'ils augmentent de masse et d'étendue. Mais ces phénomènes présentent des différences très-notables, suivant qu'on les observe dans les êtres organisés ou dans les êtres inorganiques. Chez les premiers en effet l'accroissement estrenfermé dans des limites déterminées, qu'il ne peut dépasser, limites qui varient suivant la durée locale de l'existence de ces êtres. Les corps inorganisés au contraire offrent un accroissement indéterminé, car chez eux la durée n'a point de bornes fixes, elle est entièrement abandonnée aux chances du hasard, ainsi qu'à l'action des agens chimiques et physiques.

Le mode de l'accroissement, dans ces deux grandes divisions des corps de la nature, n'offre pas moins de dif-

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férence que sa durée. Ce sont, dans les corps bruts, de nouvelles molécules qui s'ajoutent et s'appliquent successivement sur une sorte de noyau primitif, sans éprouver aucune altération; de là le nom de Juxtaposition donné à cette espèce d'accroissement. Dans les corps organisés au contraire, l'accroissement a lieu par l'extension en tous sens des molécules déjà existantes, ou par l'addition de nouvelles molécules dont la formation est due à des fluides introduits dans l'intérieur du corps. Il suit de là que dans les corps bruts, l'accroissement se fait seulement à la surface externe, qui varie et change à chàque instant, tandis que dans les êtres doués d'organisation, la cause des phénomènes de l'accroissement est intérieure, et la surface extérieure, la périphérie du corps reste la même à toutes les époques de son développement.

Si maintenant nous voulons examiner comparativement l'accroissement dans les deux classes des êtres organisés, c'est-à-dire dans les Animaux et les Végétaux, nous remarquerons des points de ressemblance et de différence fort importans. Ainsi, dans les uns comme dans les autres, le caractère spécial de l'accroissement consiste dans l'allongement en tous sens des molécules déjà existantes, ou dans la formation de nouvelles molécules apportées par un fluide qui, venant du dehors, circule dans toutes les parties de ces êtres; ce mode de développement a reçu le nom d'Intus-susception. Dans les Animaux, l'accroissement est plus rigoureusement limité; la forme, la masse totale de l'être sont moins sujettes à varier. Les circonstances extérieures, la quantité, la qualité des alimens, l'éducation, l'état de domesticité, n'exercent qu'une très-faible influence sur l'étendue de l'accroissement. Il n'en est pas de même dans les Végétaux. Comparez en effet le Végétal sauvage, abandonné à lui-même, avec la même espèce cultivée dans nos jardins, et vous verrez combien l'art peut modifier et changer même entièrement sa forme, sa taille et la nature de ses productions. (A. R.)

ACCROISSEMENT DANS LES ANIMAUX. Nous nous occuperons d'abord de l'accroissement considéré dans les êtres composant le premier embranchement de l'arbre zoologique. Nous n'en parlerons que d'une manière générale, renvoyant aux mots FOETUS et TRANSFORMATION, et à chaque organe en particulier, la succession de développement de chacun d'eux, et les diverses révolutions qu'ils éprouvent.

Les systèmes nerveux et circulatoire sont la base de tout développement organique: d'eux naissent, et autour d'eux se groupent les autres organes. Là où ils s'arrêtent, là où ils manquent, les autres parties manquent aussi. L'un fournit les matériaux, l'autre les emploie, les distribue. Lequel des deux préexiste à l'autre? La vue indique le système circulatoire, la raison les fait marcher ensemble.

De l'action de ces deux premiers moteurs naissent les autres phénomènes des corps vivans, qui perdent en développement, en activité, et même cessent d'exister quand l'action de ces deux premiers agens ou cesse ou devient trop faible; ce que prouve la comparaison du développement des Animaux dans les différens âges et dans les différentes classes.

Les organes ne se développent point tous en même temps. La vie est une succession de développemens amenés les uns par les autres; la présence d'un organe nécessitant celle d'un autre, et à mesure que les conditions dans lesquelles se trouve l'Animal changent, les organes se modifiant, ou même de nouveaux venant les rem placér: c'est ce que nous montrent les diverses révolutions qu'éprouvent les Animaux avant d'arriver a l'état parfait. CHRYSALIDE, FOETUS, LARVE. — Ces modifications qu'éprouvent nos organes ne sont point bornées au passage de l'état fœtal à l'état parfait; elles ont également lieu, d'une manière moins sensible il est vrai, mais elles ont lieu chaque fois que changent

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les modificateurs dont l'Animal se trouve environné.

Le développement, d'abord assez lent dans les premiers temps de la formation du nouvel être, marche bientôt avec rapidité, et va croissant jusqu'au moment où l'Animal sort du sein de sa mère ou brise l'enveloppe qui l'isole du monde extérieur. L'accroissement se ralentit alors, et devient d'autant moins prompt que l'on s'éloigne davantage du moment de la naissance; en même temps aussi diminue l'activité de la circulation et de la respiration. Si le système nerveux, en perdant la mollesse qui le caractérise au jeune âge, gagne comme moyen de sensation; le progrès de cette même consistance le fait bientôt perdre en mobilité et en affectibilité, en même temps qu'il perd comme instrument d'accroissement. A mesure aussi que l'on s'éloigne du moment de la naissance, le tissu osseux se charge davantage de matière calcaire; les tissus cartilagineux acquièrent de la dureté, et souvent s'ossifient; la fibre musculaire, d'abord peu colorée, peu résistante, devient de jour en jour plus ferme et plus puissante; la peau prend de la consistance sans perdre en souplesse et en sensibilité; l'absorption est très-active sur les surfaces extérieure et intérieure, et l'Animal, croît et se développe avec rapidité. Il arrive un moment où, suffisamment assuré dans sa propre existence, il se trouve Capable d'en communiquer une partie: alors un, développement d'un nouvel ordre se montre et réagit sur le reste de l'économie; les organes génitaux, jusqu'alors restés en retard, croissent avec rapidité; avec eux, les poils, les bois, les cornes se développent ou reçoivent un surcroît de vie, et deviennent ainsi les attributs de cet âge. V. BOIS, CORNES, POILS, PUBERTE.

L'accroissement en hauteur dépasse peu cette époque; celui en épaisseur continue encore pendant long-temps; en même temps les formes se prononcent davantage, les tissus acquièrent plus de consistance, ét l'Animal atteint tout le degré de puissance vitale que comporte son organisation. Mais, sous l'empire des mêmes agens, au lieu d'augmenter en force, l'Animal perd; au lieu de croître, il décroît. La circulation diminue de vitesse; les vaisseaux perdent en calibre et en élasticité; le système nerveux n'a plus la même impressionabilité; les os ne contiennent presque plus de matière organique; les fibres musculaires acquièrent de la rigidité; la peau perd chaque jour de sa souplesse et de sa faculté d'absorption, de même que les surfaces digestives. La rigidité devient générale, et les tissus s'éloignant de plus en plus des conditions de la vie, il arrive un terme où ils retombent sous l'empire des lois qui commandent à la matière inorganique; et cependant la cause qui maintenant conduit l'Animal à la destruction est la même que celle qui naguère le faisait croître. La loi n'a pas changé, mais les conditions des tissus ne sont plus les mêmes.

Chez tout Animal qui se trouve placé dans une sphère plus rapide d'action et de mouvement, ou dans toute partie et tout organe qui se trouvent, relativement aux autres, dans les conditions de plus grande activité, l'action nerveuse et la circulation augmentent en énergie, et amènent un accroissement proportionnel qui, entretenu par les mêmes circonstances, pendant plusieurs générations, finit par être transmissible des pères aux enfans. Ainsi s'établissent les races, ainsi ont dû se former plusieurs espèces.

Chez les Mammifères, la durée de la vie est en général en rapport inverse avec la rapidité de l'accroissement; Buffon avait indiqué cette loi pour les Animaux en général; nous ne la croyons pas applicable à tous. L'Oiseau vit bien au-dela du temps que semblerait lui assigner la durée de son accroissement. Chez les Poissons, la vie est sans bornes connues pour plusieurs, et l'accroissement, sans être prompt, n'est point proportionnel à leur longévité.

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Examiné séparément dans les Mammifères, les Oiseaux, les Reptiles et les Poissons, nous verrons l'accroissement plus rapide chez les Oiseaux, dont la vitesse de la respiration et de la circulation est connue, et chez qui l'activité du système nerveux est décélée par la vivacité des mouvemens et la promptitude des déterminations; nous le verrons, dis-je, plus prompt que chez les Mammifères et surtout que chez les Poissons qui, plongés dans un fluide rare en oxygène, ont une circulation dont le peu d'activité donne la raison de la durée de leur vie.

Les Animaux puisent les moyens de leur entretien et de leur accroissement dans les substances organiques et inorganiques qui les entourent. Ils les puisent dans le fluide au milieu duquel ils sont plongés, et les corps impondérables qui les environnent; dans les substances solides ou liquides qui sont en rapport avec leur surface extérieure, ou qu'ils placent dans leur canal digestif.

On a souvent dit que les Animaux ne pouvaient se nourrir que de ce qui avait, ou avait possédé vie; ce qui même a servi à établir une différence entre les Animaux et les Végétaux, qui au contraire faisaient servir à leur nutrition les matières inorganiques. Il suffit, pour sentir la valeur de cette opinion, de se rappeler que l'air, l'eau, les corps impondérés, et bien d'autres, qui certainement sont loin de jouir des propriétés de la vie, sont cependant indispensables à l'existence de l'Animal.

Les moyens de l'accroissement établis, il devient facile de prévoir que, là où les Animaux les trouveront en abondance, l'accroissement sera plus prompt et plus considérable: on sera a même d'apprécier l'influence de l'état de liberté ou de domesticité, des climats chauds, des régions froides, de l'exercice ou du repos. (P. D.)

—DANS LES ANIMAUX ARTICULES. L'accroissement n'est sensible qu'après la fécondation; et quoiqu'on a perçoive souvent, dans les ovaires d'une femelle encore vierge, quelques germes plus développés les uns que les autres, on ne peut pas appeler cela un accroissement; car il se borne aux enveloppes du germe et ne s'étendpas sur le germe lui-même. Celui-ci, après qu'il a été fécondé, et avant d'arriver à l'état adulte, subit divers changemens, qui sont autant de conséquences de son développement. Si l'Animal est vivipare, il naît avec la forme qu'il aura toujours, acquiert tout au plus une paire d'appendice ou un segment nouveau, et chacune de ses parties ne fait qu'accroître. Si au contraire il est ovipare, il subit ordinairement, et dans la seule classe des Insectes hexapodes, des changemens qui constituent trois états distincts: celui de Larve ou de Chenille, de Nymphe ou de Chrysalide, et d'Insecte parfait. La série de tous ces changemens a reçu le nom de Métamorphoses, mot consacré par l'usage, et qu'on peut adopter en le considérant comme synonyme d'Accroissement. V. METAMORPHOSES. (AUD.)

— DANS LES COQUILLES. Le test est originairement une membrane dans le tissu cellulaire, de laquelle suinte un suc calcaire comme dans les os. Son accroissement se fait en tout sens, en avançant, par des élémens semblables posés en recouvrement, les nouvelles couches sortant de dessous les premières, et placées selon la direction de la longueur du test.

Les muscles d'attache, qui unissent l'Animal à sa coquille, changent de place par une mutation successive et graduée, en avançant dans le sens de l'accroissement et s'oblitérant dans le sens opposé. V. le mot COQUILLE pour les détails intéressans sur cette partie de la Conchiliologie. (F.)

—DANS LES ANIMAUX RAYONNANS. La manière dont a lieu l'accroissement de ces êtres, est pour la plupart un de ces phénomènes que la nature enveloppe encore des voiles du mystère; il paraît immense dans certains genres, tandis que dans les autres groupes cet accroissement ne peut dépasser des

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limites fort restreintes. Les Polypes des polypiers, considérés individuellement, parviennent très-promptement au terme de leur croissance; il n'en est pas toujours de même du polypier ou de leur habitation. Dans les Cellulifères de nouvelles cellules se construisent à côté des anciennes sur un plan uniforme et régulier: dans les unes, il n'y a point de communication apparente entre les cellules; dans les autres, cette communication est très-visible, et le polypier ressemble à un Arbre qui se couvre sans cesse de nouveaux bourgeons, de nouveaux rameaux. Dans les Corallinées, l'accroissement a lieu par de nouvelles articulations qui se développent au-dessus des premières ou sur les côtés, en général d'une manière symétrique ou régulière. Dans les Corticifères les moyens d'accroissement sont plus compliqués, et cependant plus faciles à observer; les Polypes se prolongent en une substance mince, membrano-gélatineuse, qui enveloppe l'axe dont elle augmente constamment le diamètre, et qu'ils recouvrent d'une écorce plus ou moins épaisse dans laquelle ils se réservent une petite habitation celluliforme. L'accroissement paraît borné dans tous ces polypiers; il I'est également dans la plupart des polypiers pierreux. Il en existe néanmoins quelques-uns qui semblent échapper à cette loi générale de la nature par la grandeur incommensurable à laquelle ils parviennent. Les Animaux cependant ne varient point; les Polypes du Madrépore, qui forme un rescif d'une hauteur immense mais inconnue sur plus de cent lieues d'étendue, ne sont pas plus grands que ceux des Madrépores de nos collections. Ne pourraiton pas considérer le premier comme des réunions de plusieurs polypiers ? Les Animaux de ces productions singulières semblent communiquer entre eux par une expansion presque gélatineuse, qui embrasse toutes les ramifications du polypier, depuis la base jusqu'au sommet; elle pénètre dans les sillons, dans les pores, entre les lamelles, et paraît destinée à sécréter la partie solide de cette sorte de Zoophytes. — Dans les polypiers sarcoïdes, la masse entière est animée, l'accroissement s'opère par un développement général de toutes les parties, comme dans les autres Animaux; il en est de même dans les Acaléphes, dans les Entozoaires ou Vers-intestins, ainsi que dans les Echinodermes; ils ne changent point de forme, et ceux qui ont une enveloppe crétacée, comme les Oursins, ne la perdent jamais. (LAM...X.)

Dans les Infusoires, l'accroissement est également un fait mystérieux; le mycroscope ne montre parmi leurs tribus nombreuses que des individus de même taille pour chaque espèce, et cette taille plus ou moins mycroscopique est presque un caractère. Il est bien probable que les Infusoires croissent et ne sont pas, à toutes les époques de leur existence, de la même étendue. Cependant lorsqu'une Paramœcie, par exemple, se dédouble, qu'une Kérone, ou qu'un Trichode se sépare en deux, les parties séparées sont de taille égale, et l'on ne voit point comment l'être entier était plus grand que ses divisions qui, à leur tour, sont bientôt susceptibles de reproduction, c'està-dire, de partage; mais les Volvox, les Pectoralins ou les Uvelles, qui se dispersent en particules animées, semblables à des Monades, doivent, de très-petites qu'elles sont d'abord dans l'état de disjonction, acquérir la grosseur de l'être dont elles sont une fraction, avant de pouvoir se diviser à leur tour; cependant, soit que cet accroissement se fasse avec une grande lenteur, soit qu'il n'ait lieu que dans des circonstances qui nous ont encore échappé, on ne peut rien étendoir de positif à cet égard. (B.)

ACCROISSEMENT DANS LES VEGETAUX. — La durée de l'accroissement dans les Végétaux est extrêmement variable; elle est, généralement, en rapport avec celle de la vie des différens Végétaux, qui, sous ce point de vue, présentent les différences les plus notables. Ainsi, le Blé, l'Orge, l'A-

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voine, les Melons, etc., développent toutes leurs parties, épanouissent leurs fleurs, murissent leurs fruits, et parviennent ainsi à leur dernier degré d'accroissement dans un espace de temps moins long qu'une année; la Carotte, l'Onagre, etc., dèmandent deux ans pour arriver au même but, tandis qu'il faut des siècles pour que le Chêne, l'Orme, le Cèdre du Liban acquièrent tout le développement dont leurs différentes parties sont susceptibles. La rapidité avec laquelle les Végétaux s'accroissent, n'offre pas moins de différence: il en est qui, dans l'espace de quelques jours, s'allongent de vingt à trente pieds, comme l'Agave americana, les Potirons, le Cobæa,, etc.; d'autres, au contraire, s'accroissent avec une si grande lenteur, qu'il est difficile d'apercevoir et de suivre les progrès de leur développement. Il faut noter qu'en général, les Végétaux d'un tissu mol, lâche et très-abreuvé de sucs, se développent plus rapidement, et parviennent plutôt à leur dernier degré d'accroissement que ceux dont l'organisation est plus dense, plus serrée, plus sèche. Qu'ainsi, les Arbres à bois blanc, tels que les Peupliers, les Tilleuls, les Sapins, les Saules, etc., poussent plus vite que les Chênes, les Ormes, les Cormiers, etc., dont le grain est plus serré, plus compact et plus coloré; qu'enfin, les Végétaux qui croissent sur le bord des rivières, dans les prairies et les lieux humides, se développent avec plus de rapidité, acquièrent des dimensions plus considérables que les mêmes espèces végétant sur le penchant des collines sèches et découvertes, ou dans un terrain élevé et rocailleux. Ces différentes observations doivent être prises en considération par l'agriculteur, le propriétaire et le forestier. —Lorsque l'on suit le développement d'un Végétal dans toutes ses périodes, on voit qu'il s'accroît en deux sens, c'est-à-dire, que son diamètre augmente à mesure que sa hauteur devient plus considérable. Pour bien connaître le mécanisme de l'accroissement dans ces deux sens, il faut l'étudier successivement dans ces deux directions, et séparer ainsi en deux temps des phénomènes qui ont lieu simultanément. C'est surtout dans le tronc des Arbres ligneux, qu'il est plus facile de suivre tous les degrés de l'accroissement, soit en diamètre, soit en hauteur. Aussi, est-ce dans celte classe de Végétaux que nous choisirons nos exemples? Mais comme les Plantes Monocotylédonées diffèrent essentiellement des. Dicotyledonées par leur mode d'accroissement, nous en étudierons séparément les phénomènes.

EN DIAMETRE DES ARBRES DLCOTYLEDONS. — Lorsque l'on examine le tronc d'un Arbre Dicotyledone coupe en travers, il presente les objets suivans: 1°. Au centre, le canal medullaire, compose de l’etui medullaire ou parois du canal et de la moelle, quin'est que du tissu cellulaire lache, dans son etat de regularite et de puret primitive; 2° tout-a-fait a l'exterieur, on trouve l'ecorce, qui se compose de dehors en dedans, l’epiderme de l'enveloppe herbacee, et des couches corticales, dont les plus interieures constituent le liber; 3° l'espace compris entre l'ecorce d'une part et le canal medullaire de l'autre, est occupe par le corps ligneux, forme de couches concentriques emboitees les unes dans les autres, et. dont les diametres vont en augmentant, a mesure qu'on les observe plus en-dehors; ces couches circulaires sont coupees a angle droit par des lignes divergeant du centre vers la circonference, que l'on a comparees aux lignes tracees sur un cadran horaire, et qui portent le nom de rayons ou insertions medullaires. elles servent a etablir la communication entre la moelle renfermee dans le canal medullaire et l'enveloppe herbacee, dont la structure est entierement analogue a la moelle. les couches ligneuses les plus interieures, qui sont ordinairement plus colorees, d'une texture plus ferme et plus compacte, portent specialement le nom de bois ou de cœur du bois; les plus exterieures, ordinairement d'une teinte plus pâ;le, d'un tissu

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plus mol, forment l’aubier ou faux bois. v. organisation de la tige.— Les physiologistes sont généralement d'accord sur la disposition des différentes parties que nous venons d'énumérer, mais ils sont loin d'avoir la même opinion sur la manière dont ces différentes parties se sont successivement formées. Il existe, à cet égard, plusieurs théories fort différentes les unes des autres, dont nous allons exposer les principes, en nous bornant a jouer le rôle d'historien, c'est-à-dire, à rapporter l'opinion des auteurs sans discuter tous les points qui nous paraîtraient litigieux: une semblable discussion nous entraînerait trop loin et sortirait du plan que nous nous sommes tracé.§ I. Le Liber, en s'endurcissant, forme chaque année une nouvelle couche d'Aubier, lequel deviendra l'année suivante une couche de bois; par conséquent, les couches ligneuses, ou l'accroissement en diamètre, est formé par l'endurcissement du Liber.

Cette opinion est la plus généralement répandue; c'est elle qui est presque la seule exposée, en France du moins, dans les livres élémentaires et les leçons publiques des professeurs. On l'attribue en général à Duhamel, qui, dans sa Physique des Arbres, rapporte une foule d'expériences trèsingénieuses par lesquelles il en a démontré la vérité. Lorsqu'au printemps on enlève, dit Dunamel, une plaque d'écorce sur un Arbre, et que l'on garantit la plaie du contact de l'air, en la recouvrant avec une lame de verre, voici ce que l'on observe: On voit petit à petit sortir de la couche du bois dénudé et des bords tranchés de l'écorce, de petites gouttelettes d'un fluide visqueux qui s'étendent et forment, sur toute la surface dénudée, une couche mince et uniforme. Ce fluide est d'abord limpide, transparent, et sans trace d'organisation. Mais bientôt on voit de petites lignes s'y dessiner, des vaisseaux se former, et, à la place d'une matière liquide et inorganisée, on trouve un tissu composé de fibres, de mailles disposées en réseau; en un mot, un nouveau Liber s'est formé et a remplacé celui que l'on avait enlevé. Duhamel a donné le nom de Cambium au fluide qui s'épanche de la plaie faite à l'écorce d'une branche. C'est par le moyen de ce fluide qu'il explique la formation successive des couches ligneuses du tronc des Arbres Dicotylédons. Tous les ans il se forme, Selon cet habile physicien, entre l'écorce et le bois, une couche de Cambium qui, en s'organisant, reproduit le Liber qui s'est converti en Aubier. Mais pour donner une juste idée de la théorie de Duhamel, il est important de remonter à l'époque du premier développement de la tige. Des le moment ou les différentes parties d'une graine germante commencent à se développer et à se distinguer les unes des autres, l'observateur peut suivre les progrès de la formation et de l'organisation de la tige. D'abord uniquement composée a une masse homogène de tissu cellulaire, on voit insensiblement des tubes ou vaisseaux s'y montrer et former, en se réunissant au centre de la tige, les parois du canal médullaire. Ces vaisseaux, qui se montrent les premiers dans l'intérieur de la tige, sont des trachées, des fausses trachées et des tubes poreux. (Voyez ANATOMIE VEGETALE.) Le tissu cellulaire, renfermé dans l'intérieur des parois du canal médullaire, constitue la moelle qui, dans cet état, est verte et abreuvée d'une grande quantité de sucs aqueux. En dehors du canal médullaire, audessous de l'épiderme, on trouve une couche mince de tissu cellulaire presque fluide; c'est le premier Cambium qui, en s'organisant, va se convertir en Liber. A une époque un peu plus avancée de la saison, c'est-à-dire, lorsque la jeune tige a pris un certain accroissement en nauteur, ce Liber qui provenait du Cambium se durcit, devient plus dense, plus compacte, et se change en Aubier ou faux bois. Mais, à mesure que le Liber est devenu faux bois, il s'est formé une nouvelle couche de Cambium qui a

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remplacé le premier Liber. Tels sont les phénomènes qui ont lieu pendant la première époque de l'accroissement de la tige. L'hiver arrive, et, le froid suspendant la végétation, l'accroissement de la tige reste stationnaire.

Mais au retour de la belle saison, la végétation reprend son cours accoutumé. La seconde couche de Liber, formée à la fin de la saison précédente, éprouve les mêmes changemens que la première, et Constitue une autre couche ligneuse. Pendant le temps qu'un nouveau Cambium se montre et s'organise, pour remplir la place du second Liber, transformé en Aubier, la première couche d'Aubier se dessèche, devient d'un tissu plus dur, plus serré, et forme, autour de l'ét ui médullaire, la première couche ligneuse, ou le bois proprement dit. Ainsi donc à la fin de la seconde année du développement d'une jeune tige d'un Arbre ligneux, on la trouve composée, 1° du canal médullaire; 2° d'une couche de bois; 3° d'une couche d'Aubier; 4° du Liber et de l'écorce. Ces phénomènes se reproduisant chaque année de la même manière, l'accroissement en diamètre va sans cesse en augmentant; et comme il s'ajoute tous les ans une nouvelle couche ligneuse, à celles qui existaient déjà, on peut reconnaître le nombre des années d'un Arbre au nombre des couches concentriques de bois et d'Aubier, que l'on compte sur la coupe transversale de son tronc. — Pour rendre cette théorie plus palpable, Duhamel cite quelques expériences propres à la constater. Ainsi, cet auteur rapporte qu'ayant fait passer un fil d'argent dans la couche de Liber, en ayant ramené les deux bouts au-dehors, et les ayant noués fortement ensemble, il a, l'année suivante, trouvé son fil engagé dans la couche d'Aubier, et un nouveau Liber formé en-dehors. II passa de la même manière dans l'Aubier un autre fil d'argent, qu'il retrouva, bout de quelques années, engagé dans les couches du bois. C'est principalement sur ces expériences de Duhamel, et sur la régénération du Liber au moyen du Cambium, que s'appuient les auteurs qui ont adopté cette théorie. — Quoiqu'elle réunisse en sa faveur un grand nombre de probabilités, cependant nous pensons qu'un des faits principaux, une des bases de cette théorie, est loin d'être rigoureusement démontré; savoir, la transformation du Liber en Aubier. Plusieurs auteurs, et entre autres Aubert Du Petit-Thouars, la nient formellement, et assurent, en s'appuyant sur de nouvelles expériences, que le Liber, une fois formé, ne change plus de nature, reste Liber, et ne devient point Aubier, comme Duhamel l'a avancé, et qu'ainsi nécessairement les couches ligneuses n'ont point leur origine dans la transformation du Liber, mais qu'elles proviennent d'une toute autre source. Le point litigieux est précisément de déterminer l'origine de chacune de ces couches ligneuses. Nous allons exposer la théorie ingénieuse de Du Petit-Thouars, quant a la formation des couches ligneuses.

§ II. L'accroissement en diamètre ou la formation des couches ligneuses, est dû au développement des bourgeons ou embryons fixes.

On doit cette théorie fort ingénieuse à Aubert Du Petit Thouars, qui l'a successivement développée dans ses Essais sur laVégétation. Selon cet habile botaniste, tous les phénomènes de la végétation sont dus au développement des bourgeons, qu'il compare, pour leur structure et leurs usages, à l'embryon renfermé dans la graine. Il les désigne sous le nom d'Embryons fixes ou adliérens, par opposition à celui d'Embryons libres ou embryons graines. Voici en abrégé les bases de cette nouvelle manière d'envisager la végétation, et en particulier l'accroissement en diamètre de la tige ou la formation des couches ligneuses.

1°. Le bourgeon est le premier mobile apparent de la végétation; il en existe un à l'aisselle de toutes les feuilles. En effet, c'est toujours par l'apparition, le gonflement, et par suite l'évolution des bourgeons, que s'an-

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noncent les phénomènes de la végétation au retour du printemps. Ces bourgeons sont apparens dans les Plantes Dicotylédonéeset dans les Graminées, mais ils sont latens et non visibles au dehors dans les autres Plantes Monocotylédonées.

2°. Ces bourgeons puisent les premiers matériaux de leur développement, dans les sucs que contiennent les utricules du parenchyme intérieur; et c'est par suite de l'absorption de ces fluides par les bourgeons, que ce parenchyme, d'abord vert et succulent passe à l'état de moelle. De là la comparaison établie par Du Petit-Thouars entre le parenchyme intérieur relativement aux bourgeons, et les cotylédons relativement à la gemmule de l'embryon.

3°. Dès l'instant où ces bourgeons se manifestent, ils obéissent à deux mouvemens généraux et opposés, l'un montant ou aérien, l'autre descendant ou terrestre. Du premier résulte l'élongation du bourgeon et de la jeune branche; du second au contraire la formation de nouvelles fibres ligneuses et corticales, c'est-à-dire qu'à mesure que le scion ou la jeune branche s'allonge, il part de la base du bourgeon des fibres ligneuses et intérieures, que Du Petit-Thouars compare aux radicules de l'embryon, et qui, glissant entre l'écorce et le bois, dans la couche humide de Cambium déjà existante, descendent des parties les plus supérieures du Végétal, jusque dans le tronc où elles se réunissent, se serrent, se rapprochent les unes contre les autres, et forment ainsi une nouvelle couche ligneuse.

Telle est, en abrégé, la théorie de Du Petit-Thouars. Elle consiste, comme on le voit, à regarder l'accroissement en diamètre, ou la formation successive des couches ligneuses, comme produite par le développement, l'évolution des bourgeons, c'est-à-dire par des fibres ligneuses qui, ayant leur origine et leur point de départ à la base de chaque bourgeon, descendent entre le bois et I'écorce, et recouvrent, chaque année, les couches déjà formées d'une nouvelle enveloppe, et augmentent ainsi le diamètre au tronc.

A l'appui de cette théorie nouvelle, Du Petit-Thouars cite la non-transformation du Liber en Aubier, la formation d'un bourrelet au-dessus d'une ligature circulaire faite à une branche ou au tronc d'un Arbre Dicotylédoné. En effet tout le monde connaît ce phénomène, que Du Petit-Thouars explique de la manière suivante: Lorsqu'on fait une forte ligature à une tige, les fibres ligneuses qui descendent de la base des bourgeons entre le bois et l'écorce, rencontrant un obstacle qu'elles ne peuvent franchir, s'arrêtent, s'accumulent au-dessus de cet obstacle, et forment un bourrelet saillant et circulaire. Il suit nécessairement de là que les fibres ligneuses ne pouvant descendre au-dessous de la ligature, toute la partie du tronc située au-dessous d'elle cesse de s'accroître en diamètre; c'est en effet ce qui a lieu.

Nous avons annoncé, au commencement de cet article, que nous bornant au rôle d'historien, nous exposerions simplement les opinions des auteurs, sans chercher à les réfuter. Aussi ne rapporterons-nous point ici les objections que plusieurs auteurs ont faites contre la théorie de Du Petit-Thouars. De semblables développemens seraient ici trop déplacés.

EN DIAMÈTRE DES ARBRES MONOCOTYLEDONS. Le stipe des Palmiers et des autres Monocotylédons à tige ligneuse présente une organisation tout-à-fait différente de celle du tronc d'un Chêne ou d'un Peuplier. Aussi son accroissement n'a-t-il point lieu de la même manière. Dans une tige de Palmier, coupée transversalement, on n'observe point cette disposition régulière des diférentes parties intérieures de la tige. Il n'y a plus ni canal médullaire, ni bois, ni Aubier, ni Liber disposés par couches emboitées les unes dans les autres. L'intérieur de la tige est rempli d'un tissu cellulaire lâche et spongieux, qui constitue la moelle, et les fibres ligneuses forment des faisceaux

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minces, épars sans ordre, dans le tissu spongieux de la tige. Voyons comment se forment ces différentes parties. Si l'on examine une graine de Palmier germante, on voit les feuilles, d'abord emboîtées les unes dans les autres, se déployer et former au-dessus de la racine une espèce de bouquet ou de touffe circulaire; mais il ne se développe point de tigelle, et par conséquent point de tige. La seconde année, il part, du centre de ce faisceau de feuilles, un autre faisceau entièrement semblable au premier, qui, rejetant en dehors celles de l'année précédente, s'élève au-dessus d'elles. Chaque année le même phénomène se répète; c'est-à-dire que, du centre du dernier faisceau, il en sort toujours un nouveau qui le rejette en dehors et s'élève au-dessus de lui. A mesure que de nouveaux bourgeons centraux se développent, les feuilles les plus inférieures des premiers faisceaux se fanent, se dessèchent et tombent; leur base seule reste. C'est cette partie inférieure des feuilles qui, en s'épaississant, se soudant ensemble, forme successivement autant d'anneaux superposés, lesquels constituent le stipe des Arbres Monocotylédons. Aussi observe-t-on toujours sur le stipe des espèces d'écailles inégales, qui ne sont autre chose que les bases des feuilles qui ont persisté, se sont soudées et ont pris de la solidité et de la dureté.

D'après ce mode de développement, on voit que le tronc des Arbres Monocotylédons, au lieu d'être formé, comme celui des Dicotylédons, de couches concentriques emboitées les unes dans les autres, se compose d'anneaux superposés. Chacun de ces anneaux, une fois solidifié, ne s'accroît plus en diamètre; c'est pour cette raison que des Palmiers d'une taille gigantesque ont souvent un tronc qui offre à peine huit ou dix pouces de diamètre.

EN HAUTEUR DES ARBRES DICOTYLEDONS ET MONOCOTYLEDONS. 1°. A la fin de la première année, la tige d'un jeune Arbre Dicotylédon forme une espèce de cône très-allongé, terminé par un bourgeon. Cette tige se compose d'une couche d'Aubier et d'une couche d'écorce, et entre ces deux parties, d'un Liber nouvellement organisé. Ces parties proviennent du développement de la gemmule renfermée entre les deux cotylédons. Quand, l'année suivante, la végétation recommence, le bourgeon qui termine la tige à son sommet, se développe, s'allonge, donne naissance à un nouveau scion, qui éprouve dans son développement les mêmes phénomènes que la première pousse. Au sommet de ce nouveau scion se forme un bourgeon terminal, destiné à se développer l'année suivante. Dans les Arbres Dicotylédonés, le tronc se trouve donc formé par une suite de cônes très-allongés, emboités les uns dans les autres, et dont la pointe est en haut. Le sommet du cône le plus intérieur, c'est-à-dire, du premier qui a été formé, s'arrête à la base du second, et ainsi successivement chacun de ces cônes forme une couche ligneuse. On conçoit que ce n'est qu'à la base du tronc que le nombre des couches ligneuses correspond exactement au nombre des années de l'Arbre; en sorte qu'une tige de dix ans, coupée à sa base, offrira dix couches ligneuses; elle n'en présentera que neuf, si on la coupe à la hauteur de la seconde pousse, que huit à la hauteur de la troisième, etc. Ce mode d'accroissement en hauteur explique pourquoi, dans les Arbres Dicotylédonés, le tronc va en s'amincissant vers son sommet, et offre presque toujours la forme d'un cône allongé.

Ainsi donc dans les Arbres Dicotylédonés l'accroissement en hauteur est dû à l'élongation aérienne du bourgeon terminal.

2°. Quant au stipe des Monocotylédons, nous avons dit précédemment, en parlant de leur développement en diamètre, que l'accroissement en hauteur résultait de la superposition d'anneaux ligneux, formés par la base persistante des feuilles, qui chaque année se détachent de la Plante. (A. R.)

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—ACCROISSEMENT DANS LES HYDROPHYTES ou PLANTES MARINES. Cet accroissement n'a point lieu de la même manière que dans les autres Plantes; plongés dans un milieu très-dense, dont tous les élémens servent à les nourrir, les Hydrophytes n'ont pas besoin d'un appareil de circulation aussi compliqué, ils puisent, par tous les points de leur surface, l'aliment qui leur est nécessaire. Leur organisation cependant est loin d'être aussi simple que l'ont avancé quelques naturalistes, elle varie dans ces Végétaux comme dans les Plantes terrestres. Certains Hydrophytes se développent dans tous les sens comme les Acotylédonées; les autres, dont les tiges sont formées de parties analogues à celles des Phanérogames, croissent de la même manière; leur longueur dépasse quelquefois 500 mètres, tandis qu'à leur base il en existe qui ne sont visibles qu'avec le secours du microscope; certains ressemblent à des fils de soie par leur ténuité, et s'attachent souvent sur des Hydrophytes de plus d'un mètre de circonférence: entre ces extrêmes se trouvent des intermédiaires sans nombre. C'est dans les mers australes que l'on doit chercher les géants du règne Végétal marin: en Europe les plus grandes Plantes marines dépassent rarement quinze mètres de longueur, sur un très-petit diamètre. (LAM..X.)

ACCROISSEMENT DANS LES MINERAUX. Dans les Minéraux, l'accroissement a lieu par juxta-position et non par intus-susception, comme dans les Animaux et les Végétaux. La masse d'un Minéral s'accroît par l'addition de nouvelles couches qui viennent s'appliquer à sa surface, suivant des lois déterminées quand il est susceptible de cristallisations, ou simplement par dépôt également superficiel, comme cela a lieu pour un grand nombre d'entre eux. Dans le premier cas les molécules qui composent le corps se sont réunies en vertu de l'affinité ou attraction chimique, dans le liquide où elles étaient dissoutes; et dans le second elles se sont simplement précipitées de celui qui les tenait en suspension. De là deux grandes classes de Roches ou masses de montagnes, selon qu'elles appartiennent, comme le disent les Allemands, à la précipitation chimique ou à la précipitation mécanique. La limite entre ces classes n'est pourtant pas très-facile à établir. V. ROCHES. L'accroissement des Minéraux diffère de leur structure, qui peut être considérée en quelque sorte comme leur organisation. V. STRUCTURE. La belle théorie de la structure des cristaux dont nous sommes redevables au génie du célèbre Haüy, sera exposé en détail au mot CRISTALLOGRAPHIE. (LUC.)

ACÉE OU ASSÉE. OIS. Syn. de la Bécasse, Scolopax rusticola, L. dans quelques parties de la France occidentale. (B.)

ACENA. BOT. PHAN. V. ACÆNA.

* ACÉPHALE, MAMM. Ce terme signifie, dans sa valeur rigoureuse, qui n'a pas de tête; dans le langage ordinaire, on l'a restreint aux conformations défectueuses du crâne, et étendu aux fœtus qui manquent d'une plus ou moins grande partie du tronc.

On a nommé Incomplets ceux dont la déformation est bornée au crâne, et chez qui l'on retrouve la face, les sens et leurs nerfs. On a appelé Complets ceux qui sont privés de toute la tête, ou de la tête et d'une partie du tronc.

Le mot Monstre, dans l'acception que lui donnent nombre de personnes, suppose des êtres extraordinaires, de forme bizarre et qui se trouvent hors la règle, ce qui est vrai, en ce sens qu'ils n'ont ni les formes, ni le degré d'organisation qu'ils devraient avoir s'ils avaient suivi un développement complet et régulier; mais, pour être hors la règle de forme habituelle, ils n'ont pas pour cela Suivi une loi différente de celles qui président aux mêmes corps régulièrement organisés. Les lois de la matière vivante ne sont point capricieuses,

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n'étant que le résultat de propriétés que revêt la matière placée dans telle ou telle circonstance, et ne pouvant se montrer que dans ces mêmes conditions, qui, pour le dire en passant, sont tout le secret de la vie; hors d'elles elles n'existent plus et il n'y a plus de corps organisés.

Les Acéphales sont donc dans la même règle que les autres Animaux. Ce sont des fœtus dont le développement ne s'est point effectué ou dont quelques organes se sont développés au détriment des autres, et non des êtres dont le cerveau et la moelle épinière, ayant été détruits par une hydropisie ou toute autre maladie, les autres organes se seraient consécutivement atrophiés et détruits. Ce sont, pour le plus grand nombre, des fœtus arrêtés à différentes époques de leur développement.

Tous les Animaux élevés dans l'échelle des êtres, et dont on a été à même d'observer souvent les produits, ont offert de semblables monstruosités; et, sans doute, tous ceux dont l'organisation est compliquée, tous ceux qui, avant d'arriver à l'état parfait, éprouvent diverses révolutions, doivent présenter de pareilles existences. L'Homme, sujet habituel et favori des recherches des naturalistes, est également celui sur lequel les observations de ce genre ont été surtout multipliées; et ce que nous dirons dans cet article repose en grande partie sur les faits qu'il a fournis. Mais on sent que la similitude des lois qui président à la formation de tous les Animaux, lui rend communes avec eux les considérations que font naître les observations dont il est le sujet.

Les systèmes circulatoire et nerveux étant de formation première et la base de toute existence organique, il n'est aucun Acéphale qui s'en trouve complètement privé. Si les organes de ces êtres restent incomplets ou manquent entièrement, c'est que ces deux parties premières n'ont également obtenu qu'une formation incomplète, et nous verrons ces mêmes organes ou manquer ou paraître en même temps que ces deux systèmes.

Nous avons dit que les Acéphales étaient des fœtus qui s'étaient arrêtés dans leur formation, à diverses périodes d'âge fœtal, et, sous ce point de vue, ils serviront sans doute un jour à l'histoire du développement de l'Animal plus fructueusement que les êtres régulièrement organisés; et c'est aussi sous ce rapport qu'ils doivent surtout nous intéresser. Pour faire sentir la valeur de cette opinion émise et développée par Meckel Tiedemann et Géoffroy St.-Hilaire, il conviendrait de joindre ici l'histoire du développement de l'embryon; mais, pour ne pas nous répéter, nous renvoyons aux mots EMBRYON et FOETUS.

Nous marcherons dans l'étude des Acéphales, de l'organisation la plus incomplète à celle qui l'est le moins, et nous verrons, dans les observations que l'on a faites sur ce genre de monstruosité, que chez les plus incomplets, la seule veine ombilicale distribuant le sang à un petit nombre d'organes, forme le seul système circulatoire de ces êtres; disposition dans laquelle nous ne devons voir qu'un être resté dans les conditions de premier âge fœtal, et que montrent les premiers momens de l'existence des embryons des Mammifères, des Oiseaux et des Reptiles. Chez d'autres, moins incomplets sans doute, se joint une et ordinairement les deux artères ombilicales, qui ramènent au placenta le sang distribué par la veine ombilicale: alors il y a un système complet de circulation qui ne pouvait avoir lieu quand il n'existait que la veine ombilicale. A ces premiers élémens formateurs s'ajoutent un plus ou moins grand nombre de ganglions du nerf grand-sympathique, et un commencement de cordon rachidien dont l'étendue varie selon le moment où s'est arrêté le développement de l'Animal. Avec lui se montre son étui osseux; car ce dernier système et le système nerveux sont inséparables dans leur existence, comme l'a si bien établi Géoffroy Saint-Hilaire

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dans le Mémoire qu'il a lu le 20 octobre 1820, à la classe des Sciences de l'Institut, et qui se trouve inséré dans le 7° vol. des Mémoires du Muséum. Avec les systèmes osseux et nerveux, se montrent aussi des faisceaux de fibre musculaire toute formée, ou une matière celluleuse plus ou moins fluente, qui plus tard serait devenue fibre musculaire, ainsi que le montre le développement régulier du fœtus.

Chez les plus incomplets, on trouve la portion ombilicale de l'intestin; chez ceux qui présentent un bassin et des membres pelviens, on retrouve toute la partie inférieure de ce canal; portion que Oken nomme Intestin anal: on y trouve ordinairement l'appareil urinaire, en tout ou en partie, ainsi que l'appareil génital. Les membres abdominaux y sont plus ou moins rudimentaires, quelquefois seulement ébauchés, d'autres fois presque entièrement développés.

Dans les Acéphales moins incomplets, le système circulatoire devient plus régulier: on voit un vaisseau aortique et souvent une veine cave; on trouve la portion supérieure du canal intestinal et l'estomac, partie que Oken appelle Intestin supérieur, en opposition avec la partie inférieure; le développement de ces deux portions se faisant séparément et n'étant pas simultané. Le foie et le pancréas existent aussi quelquefois; la rate, dont le développement est plus tardif chez les Animaux, se rencontre aussi plus rarement chez les Acéphales aussi éloignés de la formation complète.

Chez d'autres encore moins complets, non-seulement l'on retrouve presque tous les organes de l'abdomen, mais le cordon rachidien et la colonne épinière se montrent presque en totalité; et avec eux et en proportion de leur étendue, apparaissent les os de la poitrine et leurs muscles ou un tissu équivalent. Le développement de ces parties suit l'ordre accoutumé dans lequel ils se montrent dans les fœtus de l'état normal. Ainsi, les côtes s'avancent de la colonne vertébrale vers le sternum, paraissent avant ce dernier, qui souvent n'existe pas encore ou dont les pièces sont séparées, et laissent au-devant de la poitrine une large fente: tous états que l'on observe dans les fœtus ordinaires.

Mais les membres supérieurs n'existent point encore chez les Acéphales que nous avons examinés jusqu'ici; ce n'est qu'avec la présence de la portion cervicale de la moelle épinière, que nous les verrons paraître. Ils ne se montrent que sous forme de moignons plus ou moins difformes, et répondant au développement habituellement incomplet de cette partie du cordon rachidien. Quoique imparfaits, ces membres contiennent, à n'en pas douter, tous les élémens des membres complets; prévision à laquelle nous sommes conduits par les travaux de Géoffroy Saint - Hilaire, qui a montré dans le crâne difforme des Acéphales toutes les pièces osseuses qui composent le crâne à l'état parfait (Mémoire déjà cité); travaux qui confirment merveilleusement la belle loi de l'unité de composition chez les Vertébrés, et que le même auteur a développée dans son Anatomie philosophique.

Dans les fœtus de la condition normale, le développement des membres thoraciques précède celui des membres abdominaux: chez les Acéphales, au contraire, très-souvent ils manquent ou sont rudimentaires; tandis que les abdominaux s'y trouvent constamment, ce qui semblerait indiquer qu'ils n'ont pas suivi la même loi de formation. L'existence constante de l'extrémité de la moelle épinière, opposée à la présence précaire de sa partie supérieure, nous donne l'explication du fait et nous le montre rentrant dans la loi ordinaire; car là ou les élémens formateurs n'existent pas, on ne peut demander les organes; et cette apparition des membres thoraciques, avant les abdominaux, n'est qu'une question de priorité et non de présence ou d'absence.

A force de développemens successifs, nous avons obtenu des Acéphales

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bien moins incomplets, puisqu'ils possèdent une colonne vertébrale complète, quoique réduite dans ses parties, une cavité pectorale, rudimentaire, il est vrai, et privée le plus souvent de cœur, de poumon et de thymus, et que déjà l'on voit des membres thorachiques dont le développement suit celui de la moelle épinière. La colonne vertébrale des Acéphales arrivés à ce degré de formation, supporte un amas de pièces osseuses contractées, ramassées sur elles-mêmes, mais destinées à former plus tard la face et la boîte cranienne.

Le développement continue-t-il? ce ne sera plus un simple amas de pièces osseuses qui, quoique rangées dans le même ordre, et en nombre égal à celles qui composent la tête bien conformée de l'Animal, sont cependant informes et rudimentaires; nous y trouverons, non-seulement ces pièces plus complètes et mieux finies, mais un cerveau de développement variable; la face et ses sens s'y montreront en partie ou en totalité, et nous conduiront ainsi de conditions de moins en moins imparfaites jusqu'aux formes de l'état normal.

Nous croyons inutile de dire que chez les Acéphales parvenus à ce degré d'organisation, le système circulatoire est devenu régulier. Un cœur, l'aorte et ses branches transportent le sang dans les organes dont le développement suit celui des rameaux chargés de verser les matériaux de leur formation. Ainsi, des deux carotides, si l'externe se trouve dans les conditions ordinaires, lorsque l'interne n'est que peu développée, la face et tous ses sens se montreront à l'état normal, quand le cerveau sera à peine ébauché; et même, ce que la carotide interne aura perdu, l'externe le gagnera, et les organes qu'elle donne n'en acquerront que plus de puissance, principe applicable à tous les organes, d'où naissent les différences des espèces entre elles, et que Géoffroy a signalé et développé le premier dans sa Philosophie anatomique.

Nous sommes loin d'avoir donné toutes les conformations que présentent les Acéphales, et l'on ne pourrait même les faire connaître qu'en indiquant tous les sujets qui naissent dans la conditiôn d'acéphalie. Aussi, fautil se contenter d'indiquer un certain nombre de formes autour desquelles les autres viennent se grouper: c'est ce que nous ferons à la fin de cet article.

Il est deux faits d'une haute importance qui se rapportent à la moelle épinière et au cerveau, et qu'il convient d'établir ici. Dans l'un, les lames de toutes ou d'une partie des vertèbres sont restées écartées et présentent un large Spina bifida: les membranes du cordon rachidien ont suivi les conditions des vertèbres: elles ont cessé de faire tuyau, et se sont étendues de manière à ce que celle qui, dans l'ordre accoutumé, doit être intérieure, l'arachnode, se trouve extérieure, et la duremère intérieure d'extérieure qu'elle est ordinairement, ce qui devait avoir lieu d'après le nouvel état de la colonne épinière. C'est à Géoffroy que nous devons ces précieux éclaircissemens qu'il se propose de développer dans le deuxième volume de sa Philosophie anatomique.

Le crâne éprouve de son côté de nombreuses modifications, de même que le développement et le lieu où se trouve placé le cerveau, ce que j'indiquerai plus particulièrement en parlant de la classification des Acéphales. Le point sur lequel nous désirons fixer l'attention de nos lecteurs, est d'une grande importance en anatomie philosophique, et avant Géoffroy Saint-Hilaire on ne l'avait point indiqué, ou l'on s'était mépris sur sa nature. Je veux parler d'une poche membraneuse placée tantôt au sommet du crâne, tantôt pendante derrière le cou, d'autres fois située dans le dos; poche que, quelquefois, l'on rencontre encore dans son entier, et dont le plus souvent on ne trouve que les débris. On la voit remplie d'une matière liquide que l'on avait regardée comme le produit d'une hydropisíe

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destructrice du système nerveux, et qui n'est autre que le fluide exhalé par les extrémités des vaisseaux, fluide qui plus tard doit constituer la matière cérébrale. Le plus ordinairement ce liquide s'est écoulé au-dehors par la rupture de ses membranes, comme les élémens de la moelle épinière se sont répandus faute de rapprochement des vertèbres et des membranes du cordon rachidien. Si les matériaux n'ont pas été recueillis, ils n'en ont pas été moins fournis; et pour me servir de l'expression de Géoffroy Saint-Hilaire, la dette des vaisseaux sanguins a été acquittée. Cette poche ou ses débris, qui paraissaient une forte preuve d'une maladie destructrice, a repris ainsi, entre les mains de l'anatomie philosophique, son véritable caractère, c'est-a-dire, une condition du premier âge fœtal; car on sait que dans l'embryon le cerveau commence par être une poche remplie d'un fluide transparent qui n'acquiert qu'avec l'âge la consistance que nous lui connaissons.

De l'Acéphale le plus incomplet, nous nous sommes élevés, par une suite d'accroissemens, presque jusqu'aux fœtus de l'état normal. Cependant de grandes différences existent encore entre eux, et l'absence ordinaire du cœur, des poumons, du diaphragme et du foie, les placent toujours à une distance marquée les uns des autres.

Les généralités suivantes naissent du rapprochement des divèrses observations que nous possédons sur les Acéphales.

1°. Fréquemment le cordon ombilical a été trouvé court et trèsgrêle.

2°. Dans la presque totalité des cas, les Acéphales sont nés avec des fœtus bien conformes; ils étaient ou jumeaux, ou trijumeaux, ou quadrijumeaux.

3°. Les mères ont presque toujours été des femmes très-fécondes.

4°. Les Acéphales n'existent plus quand ils paraissent à la lumière, ou ils ne vivent que peu de temps, selon le degré de développement auquel ils sont parvenus.

5°. Chez tous il existe un commencement de moelle épinière et quelques ganglions du nerf grand-sympathique.

6°. Chez tous aussi il existe un appareil vasculaire de développement variable.

7°. La présence du cœur dépend du degré de développement de l'Animal. Il manque presque toujours chez ceux qui sont bornés à la présence de l'abdomen et de la poitrine, et se montre avec la tête et le cerveau. Serait-il lié à l'existence de la huitième paire de nerfs ? La présence des poumons est indépendante de celle du cœur.

8°. Avec le cœur manque constamment le foie.

9°. De l'étendue du cordon rachidien et du développement du système vasculaire, dépend celui de l'Acéphale Ce n'est point par rang d'utilité que les organes se développent, mais à mesure qu'apparaissent les nerfs et les vaisseaux sanguins qui président à leur formation. Ainsi le développement de la moelle épinière se faisant de bas en haut, l'apparition des organes suit le même ordre; et le bassin, les membres abdominaux, le canal intestinal, l'appareil génital et urinaire, organes peu nécessaires alors au nouvel être, se voient avant le cœur et le cerveau, dont l'utilité est bien plus marquée.

10°. Chez tous on trouve une portion plus ou moins étendue du canal intestinal.

11°. Avec les nerfs et les os se rencontrent toujours les muscles ou une substance celluleuse qui en est l'équivalent.

12°. Enfin, l'observation des Acéphales prouve que l'existence de la moelle épinière est indépendante de celle du cerveau: elle montre les nerfs de la face et des organes des sens dans le même cas, et offre le cerveau comme la réunion et l'épanouissement de toutes ces parties.

L'existence des vaisseaux sanguins est également indépendante de celle du cœur.

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Çauses de l'acéphalie. D'après ce qui précède, il ne serait peut-être pas nécessaire de traiter ce sujet, si nous ne voulions indiquer rapidement les diverses opinions qu'on a émises à cet égard. On a regardé les Acéphales comme des êtres frappés par la colère divine: nous ne sommes plus dans un siècle à faire intervenir le caprice des dieux dans les phénomènes des corps vivans; les faits incroyables, comme le prestige des miracles, sont disparus: en vain essayerait-on de les ramener sur la scène du monde; le ridicule les y attend. Cherchons donc des causes physiques aux faits physiques de l'acéphalie. Quoiqu'il ne soit pas impossible que l'imagination, en altérant la santé de la mère, puisse troubler consécutivement celle du fœtus, les faits que présentent les Acéphales n'étant pas des phénomènes de maladie ni de destruction, nous ne devons pas nous occuper d'une semblable cause.

Cette monstruosité est-elle, ainsi que le pensent Lemery, Lecat, Sandifort, Swammerdam, et parmi les modernes, Chaussier et Béclard, le produit de la destruction du système nerveux par une cause accidentelle et surtout par l'hydropisie, et qui par suite se serait opposée au développement ou aurait amené la destruction des autres organes? ou estelle donnée par une organisation primitivement défectueuse, comme le croient Winslow, Gall et Spurzeim? ou, en précisant davantage la question, représente-t-elle, comme le pensent Meckel, Tiedemann et Géoffroy Saint -Hilaire, un des âges d'un fœtus qui s'est arrêté dans son développement et a gardé les traits de cette époque ?

Il serait trop long de discuter la valeur de chacune de ces opinions; mais d'après les développemens dans lesquels nous sommes entrés dans le courant de cet article, nous croyons pouvoir dire que la dernière nous semble celle qui satisfait le mieux, par cela même qu'elle est la plus simple et qu'elle tend à donner plus d'uniformité à la science de la vie: tout en avouant cependant que, dans un grand nombre d'Acéphales, outre cet état imparfait dans lequel sont restés les fœtus, certains organes ont acquis leur développement normal, ou l'ont même dépassé lorsque d'autres sont restés en retard.

L'opinion qui fait regarder les Acéphales comme des fœtus dont la destruction du système nerveux a amené l'atrophie et la disparition des autres organes, oules a arrêtés dans leur développement, ne peut, ce semble, être admise, parce que,

1°. Comme Gall et Spurzeim l'observent, la masse cérébrale que présentent les Acéphales ne montre point de traces d'érosion et de déchiremens, les bords en sont arrondis et lisses;

2°. Chez ceux qui n'ont qu'une portion de cordon rachidien, l'extrémité supérieure de ce cordon est arrondie, tuberculeuse et non déchiquetée, comme elle le serait par suite d'une destruction;

3°. Il est impossible que les Acéphales qui sont privés de tête, de membres, de thorax et d'une portion de l'abdomen, aient perdu ces parties à la suite d'une hydropisie de poitrine, qui nécessairement laisserait des cicatrices que l'on n'observe presque jamais;

4°. La présence du rachis et du cerveau, dans leur intégrité, joints à une face atrophiée, de même que les organes des sens, dont on ne trouve que les rudimens (V. plus bas l'espèce HÉMLENCÉPHALE), sont incompatibles avec une pareille cause.

5°. Enfin, la présence du même nombre d'os dans les crânes des Acéphales que dans les têtes de l'état normal, comme Géoffroy l'a démontré dans le Mémoire déjà cité, est une preuve évidente de la nondestruction de ces parties, qui seulement soutrestées à l'état rudimentaire.

Classification des Acéphales. Quoiqu'il ne soit pas possible de poser entre les Acéphales des bornes que jamais ils ne dépassent, et malgré que

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nous sachions que nombre d'individus ne pourront être rigoureusement placés dans les sections que nous allons établir, cependant, comme l'esprit aime à se reposer, nous noterons les différences principales qu'offrent ces monstres, et autour desquelles les autres viennent se grouper. Nous adopterons la division suivante, empruntant à Breschet, sans y attacher absolument le même sens que lui, l'expression d'Acéphalogastre pour désigner les monstres dont le développement est borné aux organes de l'abdomen; et celle d'Acéphalothore, pour nommer ceux qui possèdent et un abdomen et un thorax en tout ou en partie. Nous réservons le nom d'Acéphales à ceux qui joignent à l'abdomen et au thorax une tête de forme, de développement et de disposition variables.

Cette dernière section, plus nombreuse que les deux autres, et qui nous intéresse davantage par la variété de formes qu'elle revêt, a plus que les autres aussi attiré l'attemion des naturalistes, et alimenté la crédulité du peuple toujours avide de faits bizarres et extraordinaires; de-là, ces histoires dont les recueils pullulent ou dont le peuple conserve la tradition, d'enfans nés avec une tête de Veau, de Mouton ou de tout autre Animal.

Nous présentons ici la classification que Géoffroy Saint-Hilaire a donnée dc ces monstres. Il l'a proposée moins comme complète que comme provisoire et représentant les anomalies qu'il a été à portée d'observer ou de vérifier. Il classe les Acéphales sous treize chefs, auxquels il a imposé des noms tirés de la forme de la tête, de la présence ou de l'abśéence du cerveau, du lieu où il se trouve placé, de sa forme, etc. — Nous ne pouvons mieux faire, pour indiquer les caractères de ces Acéphales, que de nous servir des expressions mêmes de l'auteur. Il les nomme:

COCCYCEPHALE. (TéTE SOUS LA FORME D'UN COCCY X.) «TRONE SANS TETE ET SANS EXTREMITES ANTERIEURES: LES OS DU CRANE ET DU COU DANS UNE CONTRACTION ET D'UNE PETITESSE EXTREMES: LES POSTERIEURS APPUYES SUR LES VERTEBRES DORSALES: CEUX DE LA SOMMITE SOUS FORME D'UN COCCYX. »

CRYPTOCÉPHALE. (Tête invisible extérieurement.) «Tête avec extrémités antérieures: tête réduite à un assemblage de parties osseuses, portée sur une colonne cervicale droite, trèspetite et non apparente au dehors.»

ANENCÉPHALE. (Tête sans cerveau.) «Point de cerveau ni de moelle épinière; la face et tous les organes des sens dans l'état normal; la boîte ouverte vers la ligne médiane, et composée de deux moitiés renversées et écartées de chaque côté en aile de Pigeon. »

Les lames des vertèbres ne se réunissant pas pour faire tube et contenir la moelle épinière, les os du crâne restant également écartés, les matériaux fournis par les vaisseaux pour former le cordon rachidien n'ont pu être recueillis, et se sont écoulés au dehors dans cette espèce de monstruosité.

CYSTENCÉPHALE. (Tête avec un cerveau vésiculeux.) «Cerveau restreint dans son développement; hémisphère sous forme d'une vessie mamelonnée; les organes des sens et Jeurs chambres comme dans le précédent. »

DERENCÉPHALE. (Tête avec un cerveau dans le col.) «Cerveau trèspetit, posé tant sur les occipitaux que sur les vertèbres cervicales; celles-ci ouvertes postérieurement, élargies en outre par un Spina bifida, et formant coquille; les organes des sens et les parties du crâne comme dans les Cystencéphales. »

PODENCÉPHALE. (Tête avec cerveau sur tige.) «Cerveau de volume ordinaire, mais hors du crâne, porté sur un pédicule qui s'élève et traverse le sommet de la boîte cérébrale; les organes des sens et leurs enveloppes dans l'état normal; la boîte cérébrale composée de pièces affaissées les unes sur les autres, épaisses, dures et comme éburnées.»

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NOTENCÉPHALE. (Tête avec cerveau dans le dos.) «Cerveau de volume ordinaire, mais hors du crâne pour une partie faisant hernie à travers les occipitaux supérieurs, et, quant à sa plus grande portion, prenant appui sur les vertèbres dorsales ouvertes postérieurement; crâne à pariétaux larges et surbaissés d'une configuration à rappeler le crâne dans les Loutres; crâne enfin composé de pièces minces et friables.»

HÉMIENCÉPHALE. (Tête avec moitié de ses matériaux.) «Tous les organes des sens anéantis, et leurs rudimens apparens à la face par des traces sans profondeurs; cependant la boîte cérébrale et son cerveau presque dans l'état normal.»

RHINENCÉPHALE. (Tête à trompe ou à narines extraordinaires.) Fœtus à trompe; cyclopes; fœtus monospes.

Une seule chambre oculaire; un seul œil à deux cristallins; point de système nerveux olfactif; les os de l'appareil olfactif ont délaissé les maxillaires, sont groupés et saillans sur le milieu du front; de cette racine les tégumens se prolongent en trompe.

STOMENCÉPHALE. (Tête à bouche fermée.) Cyclope comme dans le précédent; une trompe labiale formée par la lèvre ramassée, prolongée en une caroncule filiforme.

TRIENCÉPHALE. (Tête privée de trois organes des sens.) Tête sphéroïdale; face nulle par la privation de trois organes des sens: des organes de l'odorat, de l'ouie et de la vue; les oreilles réunies en dessous; un seul trou auriculaire au centre; une seule caisse.

SPHÉNENCÉPHALE. (Tête remarquable par une partie de son sphénoïde.) «Crâne ployé à sa partie palatine de façon que les dents de chaque côté se rencontrent et se touchent sur la ligne médiane; oreilles soudées ensemble; un seul trou auriculaire et une seule caisse; le sphénoïde postérieur ayant ses deux ptérigoïdaux (apophyses ptérieoïdcs externes) soudés dans les neuf dixièmes de leur longueur. »

Ces trois derniers Acéphales ne se trouvent pas dans le Mémoire cité: nous en devons la communication à Géoffroy St.-Hilaire. Ils seront développés dans le deuxième volume de sa Philosophie anatomique.

DIODONCÉPHALE. (Tête avec une double rangée dentaire.) Treizième et dernière espèce.

Il resterait encore beaucoup de choses à dire sur ce genre de monstruosité; mais nous avons dû nous renfermer dans les bornes qu'impose un dictionnaire d'histoire naturelle. C'est dans les ouvrages de Chaussier, Béclard, F. Meckel, Tiedeman et Géoffroy St.-Hilaire, que l'on trouvera des détails plus étendus et plus précis. Ce sont les travaux de ce dernier, surtout, qui nous ont guidés dans la rédaction de cet article. Si, entre les mains de Géoffroy, les monstres ont perdu une partie du merveilleux qui les entourait, ils ont en revanche répandu un grand jour sur la science de l'organisation, et promettent d'importans résultats à ceux qui voudront se livrer à leur étude. (P. D.)

* ACÉPHALE. BOT. PHAN. (Mirbel.) Ovaires qui ne portent point de styles. La Bourrache en fournit un exemple. (B.)

ACÉPHALES. Acephala. ARACHN. Nom proposé par Latreille pour désigner un groupe d'Insectes dont Lamarck a fait depuis l'ordre des Arachnides palpistes. Cette division répond aujourd'hui à la classe des Arachnides. V. ce mot. (AUD.)

ACÉPHALES. MOLL. Lamarck a employé dès la 1re édition de son. Système des Animaux sans vertèbres, cette dénomination, pour caractériser tous les Mollusques sans tête distincte qui formaient alors un second ordre dans la classe de ces Animaux. Depuis il en a successivement séparé, d'abord les Cirrhipèdes qui composent une classe à part dans l'Extrait de son Cours de Zoologie, et ensuite les Acéphales nus qui, sous le nom de Tuniciers, forment une classe distincte éloignée des autres Acéphales, et rapprochée des

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Polypes et des Radiaires, dans la 2°édit. de ses Animaux sans vertèbres. Il ne conserve point dans cette édition la dénomination d'Acéphales; il donne aux Animaux restant de l'ordre primitif, ainsi dénommé, le nom de Conchifères, et en forme sa XIe classe. — Dans la Zoologie analytique de Duméril, les Acéphales forment le IVe ordre des Mollusques, et ne comprennent point les Brachiopodes, séparés en un ordre distinct, que Lamarck continue à comprendre parmi ses Conchifères. Dans le Règne Animal de Cuvicr, les Acéphales composent la IVe classe des Animaux Mollusques; les Tuniciers de Lamarck n'y constituent qu'un ordre à part, tandis que les Brachiopodes forment, dans cet ouvrage, une classe distincte, ainsi que les Cirrhopodes, (les Cirrhipèdes de Lamarck). — Blainville suit une autre marche; il appelle Acéphalophores les Acéphales (Conchifères et Tuniciers, Lam.) et les Brachiopodes de Cuvier; réunis, ils forment sa IIe classe du sous-type des Mollusques ou Malacozoaéres, tandis que les Cirrhopodcs forment, avec les Oscabrions, le sous-type des Subentomazoaircs.

Tel est l'ensemble des changemens d'ordonnance et de rapports qu'ont subis les Mollusques dépourvus de tête distincte, et appelés primitivement Acéphales par Lamarck.

Nous avons adopté dans cette variation de méthode un terme moyen qui nous a paru convenable; sans vouloir décider sur la place naturelle des Tuniciers, nous les laissons en classe distincte, comme Lamarck et d'après Savigny, dans la division des Mollusques de Cuvier. Les Brachiopodes et les Cirrhopodes forment chacun une autre classe qui, avec les Acéphales sans coquilles de Cuvier, composent pour nous la 2e section des Animaux Mollusques, à la quelle nous conservons la dénomination d'Acéphalés, l'autre section portant celle de Céphalés. Toutes deux caractérisent très-bien les diverses classes de Mollusques qu'elles comprennent, et réunissent des Animaux dont les rapports généraux sont très-naturels. Ils nous paraissent du moins plus déterminés qu'avec aucune autre classe des Animaux invertébrés; car si quelques-uns d'entre eux, tels que les Tuniciers et les Cirrhopodes, se rapprochent aussi, soit des Polypes, soit des Animaux articulés, on ne saurait disconvenir que la diversité d'opinions à ce sujet, entre les plus célèbres naturalistes, ne laisse une grande latitude pour le choix. —La section des Acéphalés comprend done pour nous tous les Mollusques dépourvus de tête distincte, munis d'un test consistant en une enveloppe cartilagineuse, ou renfermés dans une coquille bivalve ou plurivalve. Ils comprennent les quatre classes des Lamellibranches, des Tuniciers, des Brachiopodes et des Cirrhopodes. V. ces mots et l'article Mollusques, pour la classification générale. (F.)

*ACÉPHALOCYSTES. INT. Ce sont des vésicules hydatiformes que l'on trouve asséz soavent dans différentes parties du corps de l'Homme. Laennec les regarde comme de véritables Entozoaires. Rudolphi n'adopte point cette opinion, et les considère comme de simples corps vésiculaires. La majeure partie des naturalistes pensent comme Rudolphi. (LAM..X.)

* ACÉPHALOPHORES. MOLL. Dénomination employée par Blainville pour caractériser la IIe classe de son sous-type des Mollusques ou Malacozoaires. Elle comprend trois ordres: les Pailiobranches, les Lamcllibranches et les Salpyngobranchcs, V. ces mots, et réunit les Acéphales et les Brachiopodes de Cuvier, ou les Tuniciers et les Conchiferes de Lamarck. V. ACÉPHALES. (F.)

* ACER. BOT. PHAN. V. ERABLE.

ACERAS. BOT. PHAN. Genre de la famille naturelle des Orchidées, de la Gynandrie Monandrie, L. établi par Robert Brown. C'est le même genre que Richard père a appelé Loroglossum. V. ce mot. (A. R.)

* ACÉRATES. BOT. PHAN. Famille

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des Aaclépiadêes, Browne. Pentandrie Digynie, L. Ce genre vient d'être proposé par Elliot dans ses Essais de la Botanique de la Caroline et de la Géorgie; il y range l'Asclepias longifolia de Michaux avec l'Asclepias incarnata de Wather. Ce genre se distingue particulièrement de l'Asclepias par l'absence des appendices en forme de corne, qui existent dans les cornets. (A. R.)

* ACERBE. Saveur désagréable, âpre et astringente, propre à diverses substances végétales, dont l'enveloppe de la Grenade, le brou de Noix, ou la substance de certains fruits verts, donnent l'idée la plus exacte. Elle n'indique pas toujours un Végétal vénéneux. (B.)

*ACÉRÉ, E, adjectif employé pour désigner des parties qui, dans les Animaux et les Plantes, présentent plus ou moins la forme d'épingles, et qui conséquemment sont plus ou moins cylindriques, acuminées et piquantes. Les rayons des nageoires de quelques Poissons sont acérés. Les feuilles des Genévriers, et de la plupart des Pins, sont acérées. (B.)

ACÈRES. Acera. ARACHN. Latreille (Gener Crust. et Insect.) appela ainsi une grande division des Insectes comprenant les genres Scorpio, Aranea, Phalangium, et Acarus de Linné, pour laquelle il avait antérieurement proposé le nom d'Acéphales. V. ce mot. Depuis il appliqua le nom d'Acères, dans ses Considérations générales, à l'ordre sixième de la classe des Arachnides; mais ayant (dans le Règne Animal, édit. de 1817) érigé cet ordre en classe, il remplaça le nom d'Acères par celui d'Arachnides. V. ce mot. (AUD.)

ACÈRES. Akera. MOLL. Muller a le premier employé le mot Akera, qui signifie privé de tentacules, comme qualification générique, dans le Prodrome de sa Zoologie danoise, pour une petite espèce du genre Bulle, la Bulla Akera de Gmelin, ou Bulla norwegica de Bruguière. Il la nommait Akera bullara. (Elle est figurée, Zool.Dan. icon 1. Tab. 71, f. 1 à 5.) V oy. BULLE. Cuvier a étendu la dénomination d'Acères à tous les Gastéropodes tectibranches analogues à l'Akera de Muller; il n'en fait qu'un seul genre dans son Règne Animal (T. II, p. 40), divisé en trois sous-genres: les BULLÉES de Lamarck, chez lesquelles la coquille est cachée dans l'épaisseur du manteau; les BULLES du même auteur, où la coquille est extérieure; et les ACÉRES proprement dites, qui sont dépourvues de test: celles-ci composent le genre Doridium de Meckel.—Ces Mollusques, réunis par des caractères communs, forment pour nous une coupe bien tranchée, dans l'ordre des Tectibranches, V. ce mot, divisé en deux familles naturelles; celles des DICÉRES et des ACÉRES. Nous subdivisons celle-ci en quatre genres, de la manière suivante:

ACÉRES sans test. — Genre 1: DORIDE, Doridium, Meckel; Acères propres, Cuvier.

ACÉRES pourvues d'un test calcaire, cache dans l'épaisseur du manteau. Genre II; BULLÉE, Bullæa, Lamarck; Lobaria, Muller et Gmelin; Phyline, Ascanius.

ACÉRES pourvues d'un test extérieur, visible.

α Coquille spirale engaînante. Genre III: BULLE, Bulla, Lamarck; Gondole, Adanson.

β Coquille non spirale, postérieure et recouvrante. Genre IV: SORMET, Sormetus Férussac; Gondole, Adanson.

Assez disparates entre eux, au premier coup-d'œil, ces Gastéropodes sont cependant réunis par des caractères d'ensemble très-frappans, et par une organisation analogue. Outre les caractères communs à tout l'ordre des Tectibranches, ils se distinguent des Plcurobranches, des Aplysies, des Dolabelles, avec lesquels ils ont beaucoup de rapports, par la forme générale de leur corps, et par l'absence de tentacules. Le corps paraît généralement divisé en dessus en quatre parties: l'une postérioure, qui contient

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la coquille, ou en est enveloppée lorsqu'elle existe; l'autre antérieure, formant une sorte de bouclier charnu que Cuvier considère comme étant formé par le raccourcissement et l'élargissement des quatre tentacules, en quelque façon dénaturés et qu'il appelle pour cette raison disque tentaculaire; et enfin de deux appendices latéraux qui, des bords du pied, recouvrent les côtés entre le disque tentaculaire et la partie postérieure, ou s'élargissent un peu, comme dans les Aplysies, en forme de nageoires. Cette figure particulière fit donner par Ascanius, à la Bulla aperta, le nom de Phyline quadripartita, et par Muller, à la même espèce, le nom générique de Lobaria. Le pied situé en dessous est plus ou moins épais ou élargi, et ferme, dans les espèces testacées, l'ouverture de la coquille; quoique privés de tentacules, les lobes ou mamelons de la partie antérieure du disque tentaculaire, chez la Bullœa aperta, semblent en être, plus particulièrement, les rudimens, mais dans la Bulla Hydatis, et vraisemblablement dans toutes les Bulles, ce disque est rectangulaire.

Nous avons vu que les Dorides n'ont pas de test, et que les autres genres de cette famille en sont pourvus. Ce test prend toutes les figures, depuis celle d'une simple écaille, n'ayant pas même, en quelque sorte, l'empreinte volutatoire, comme dans le Sormet, quelquefois un peu voluté comme dans la Bulle ouverte, jusqu'à celle d'une coquille complètement volutée, comme dans les Bulles à spire visible, et se rapprochant alors, ou des coquilles des Ovules et des Porcelaines, ou de celles des Tornatelles. — Dans toutes les Acères testacées, à ce qu'il paraît, l'estomac est très-remarquable par les pièces osseuses qui le composent et qui ont une forme différente suivant les espèces. Ce sont ces pièces osseuses qui ont donné lieu à Gioëni d'établir une famille, à laquelle il a donné son nom, dont la description montre évidemment une supercherie; ces pièces osseuses ont été adoptées en genre par Retzius, sous le nom de Tricla, et par Bruguière, sous celui de CHAR, tous deux trompés par Gioëni.—V. BULLE, BULLÉE, DORIDE et SORMET, pour les genres de cette famille et leurs principales espèces. (F.)

ACÉRINE. POIS. Espèce de Perche, Perca Acerina, Guldenstedt. Actes de la société de Péters., T. XIX, p. 455. V. PERCHE. (B.)

* ACÉRINÉES. BOT. PHAN. Juss. Famille de Plantes Dicotylédones polypétales, ayant les étamines hypogyniques. Cette famille, composée du seul genre Erable Acer, et peut-être de l'Hippocastane Æsculus qui a beaucoup de rapports avec les Malphigiacées, offre les caractères suivans: calice monosépale, divisé; corolle composée de cinq à neuf pétales qui avortent quelquefois; étamines au nombre de sept à douze, insérées sous l'ovaire, à un disque hypogyne; ovaire à deux ou trois loges (Æsculus), dont chacune renferme une, deux ou plusieurs graines. Le fruit est une samare à deux ailes membraneuses, à deux loges, ou une capsule triloculaire, trivalve. —Les Acérinées sont des Arbres ligneux, à feuilles opposées, simples ou composées, ayant des fleurs hermaphrodites ou polygames, disposées en grappes ou en corymbe. (A. R.)

ACÉTABULAIRE. POLYP. Genre de l'ordre auquel il donne son nom, de la division des Polypes flexibles; il est fort distinct par sa forme élégante, imitant celle d'un petit parapluie ouvert. Les espèces qui le composent offrent une tige simple, grêle, fistuleuse, terminée par une ombrelle striée, radiée, plane ou presque infundibuliforme; elles croissent sur les roches et les autres corps solides, qu'elles couvrent de touffes épaisses, d'un vert éclatant qui se fane et se détruit promptement par l'action de l'air. On n'a pas encore bien observé les Animaux de ces Zoophytes; plusieurs naturalistes modernes doutent

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de leur existence, et regardent ces productions marines comme des Plantes. C'était l'opinion de Tournefort et des botanistes anciens. Ce sont néanmoins de véritables polypiers. Leurs Polypes sont placés dans les tubes rayonnans de l'ombrelle; ils ont une vie commune au moyen de la tige à laquelle vient aboutir l'extrémité inférieure de chaque animalcule. Linné a classé les Acétabulaires parmi les Madrépores; Pallas avec les Corallines, et Gmelin parmi les Tubulaires. Bertoloni en a fait un genre sous le nom d'Olivie, et Lamarck, sous le nom d'Acétabule. Nous l'avions établi, avant ces naturalistes, sous le nom d'Acétabulaire, dans un Mémoire lu en 1810 à la première classe de l'Institut. On ne connaît encore que deux espèces d'Acétabulaires.

L'ACÉTABULAIRE A BORDS ENTIERS, Acetabularia integra, Lamx. Hist. Polyp., 249. Madrepora Acetabulum, L. Tournefort, Inst., R. H., pl. 338. Acetabulum mediterraneum, Encyc. Moll., p. 478. f. 3, où ses bords paraissent crénelés, encore que le caractère de l'espèce est de les avoir entiers. On la voit dans les collections du Muséum sous le nom d'Acetabulum Tournefortii. Elle se trouve abondamment dans la Méditerranée.

L'ACÉTABULAIRE A BORDS CRÉNELÉS, Acetabularia crenata, Lamx. Hist. Polyp., pl. 8. f. 1. Brown, Histoire de la Jamaïque, pl. 40. f. A, dont les bords sont crénelés, et qui habite les mers des Antilles. Gmelin n'en avait fait qu'une variété de la précédente. (LAM..X.)

* ACÉTABULARIÉES. POLYP. Sixième ordre des Calcifères, deuxième section de la division des Polypes flexibles. Les Acétabulariées forment un groupe bien distinct dans la classe des Polypiers; ils ont toujours une tige simple, grêle, fistuleuse, terminée par un appendice en forme d'ombrelle ou de petit parapluie, et composé de tubès réunis par les côtés (les Acétabulaires, V. ce mot), ou bien cette tige supporte un groupe de petits corps pyriformes et polypeux (les Polyphyses. V. ce mot). (LAM.X.)

ACÉTABULE. POLYP. Syn. d'Acétabulaire et de Madrépore Gobelet. V. ACÉTABULAIRE et MADRÉPORE. (LAM..X.)

* ACÉTATES OU ACÉTITES. Noms que l'on donnait aux combinaisons de l'Acide acéteux avec les bases salifiables, lorsque l'on pensait que ce prétendu Acide acéteux était autre que de l'Acide acétique étendu d'une plus ou moins grande quantité d'eau. (DR.)

* ACEYTUNA. BOT. PHAN. Syn. d'Olive, en espagnol, d'où Aceyte qui signifie huile. De ces mots, sont dérivés plusieurs noms de Plantes américaines, rapportés par des voyageurs, mais dont nous négligerons la plupart, parce que, outre leur impropriété, ils appartiennent entièrement a une langue étrangère. (B.)

* ACEYTUNILLA. BOT. PHAN., c'està-dire, petite Olive. V. ÆXTOXICON. (B.)

ACHACANA. BOT. PHAN. C'est le nom que porte au Pérou une espèce indéterminée du genre Cactus, qui paraît voisine du Cactus mamillaris, L. Ou mange ses fruits, qui sont vendus dans les marchés de la province du Potosi, où elle a été observée par Joseph de Jussieu. (A. R.)

* ACHAGUAL OU ACHANAL. POIS. Syn. de Chimère antarctique, Chimœra Callorhynchus, L. sur les côtes du Chili. (B.)

ACHALALACTLI OU ALATLI. OIS. (Hernandez.) Syn. du Martin-Pêcheur du Mexique. Alcedo torquata, L. V. MARTIN-PÉCHEUR. (DR..Z.).

ACHAL-GAGILA. OIS. Syn. de l'Aigle impérial. Falco Chrysaëtos, en. Arabie. V. AIGLE. (DR..Z)

ACHAMARCHIS. POLYP. V. ACAMARCHIS.

ACHANACA. BOT. PHAN. Plante indéterminée de l'Inde, dont certains voyageurs disent qu'on mange le

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fruit comme un excellent remède dans les maladies vénériennes. (B.)

* ACHANAL. POIS. V. ACHAGUAL.

ACHANDE OU ACHAUDES. POIS. Anciens noms du Rémora. (B.)

ACHANIE. Achania. BOT. PHAN. (Aïton.) V. MALVAVISCUS. (A. R.)

* ACHAOVAN. BOT. PHAN. Mal à propos écrit Achovan par Valmont de Bomare. Plante d'Egypte indéterminée qui ressemble à la Camomille, selon Prosper Alpin. (B.)

ACHAOVAN-ABIAT. BOT. Syn. de la Cinéraire maritime, Cineraria maritima, L. en Egypte. (B.)

* ACHAR, d'Aichar ou Attchar, mots indiens dont les Espagnols ont fait Atschi. Il désigne des fruits d'espèces diverses, des bourgeons de Palmiste et de Bambou, des Choux, des Légumes, de l'Ail ou autres racines fortement assaisonnés de moutarde et de piment, et mis en infusion dans le jus de Citron et le vinaigre le plus fort, comme on y met en Europe les Câpres et les Cornichons. Les Achars de Batavia, de Maurice et de Mascareigne ou Bourbon, sont renommés. L'usage s'en est introduit en Angleterre et en France, où on en sert sur les tables recherchées; c'est avec raison que Du Petit-Thouars dit, en parlant de ce mets nouveau pour l'Europe: «Les auteurs » moralistes, qui attribuent à notre dé» pravation les recherches de notre cui» sine, seraient étonnés de voir com» bien les peuples, réputés bien plus» près que nous de l'état de simplicité,» mettent de variétés dans leurs assai» sonnemens. Sans entrer dans des» discussions qui seraient déplacées» ici, il suffit d'observer qu'ils ne s'é» cartent pas pour cela des bornes in» diquées par la nature; car ces peu» ples, faisant leur principale nourri» ture de riz, éprouvent le besoin de» toniquès pour aider à la digestion de » cet aliment naturellement froid.» V. ALIMENS. (B.)

ACHARIA. BOT. PHAN. Genre de la Monoécie Triandrie de Linné; mais qui n'a pu jusqu'ici être rapporté à aucune famille naturelle. Thunberg, qui l'a établi dans son Prodrome, lui donne pour caractères: un calice à deux folioles, et une corolle monopétale à trois lobes, velue (corolle qui n'est probablement qu'un calice monosépale accompagné de deux bractées à sa base); dans les fleurs mâles, qui sont placées le plus haut sur la tige, trois étamines insérées sous les lobes de la corolle; dans les femelles, un ovaire libre, à un seul style, terminé par trois stigmates. Il devient plus tard une capsule à une seule loge, qui s'ouvre en trois valves, et renferme une seule graine globuleuse, inégale à sa surface.

L'Acharia à trois lobes, A. Tragodes de Thunberg, seule espèce connue de ce genre, et figurée Tab. 755 de l'Illustration des Genres de Lamarck, est une herbe à feuilles alternes, à pédoncules uniflores et axillaires, qui croît au cap de Bonne-Espérance. (J.)

* ACHATE, INS. Espèce de Papillon. V. ce mot.

* ACHATES DES ANCIENS, MIN. C'est l'Agate, et plus vraisemblablement la variété de cette pierre, qu'ils nommaient aussi Calcédoine.(D. L.)

* ACHAU. OIS. Syn. de Poule domestique au Chili. (B.)

ACHBOBBA OU AKBOBAS. OIS. (Shaw.), ce qui signifie Père blanc. Syn. de Catharte Percnoptère, Vultus Percnopterus, L. en Egypte. V. CATHATE. (B.)

* ACHDAR. OIS. Syn. de Canard sauvage, Anas Boschas, chez les Arabes. (B.)

ACHE. Apium. BOT. PHAN. Ombellifères de Jussieu, Pentandrie Digynie, L. Le limbe du calice est entier; les cinq pétales égaux entre eux, ovales, ayant la pointe recourbée en-dessus; les cinq étamines sont saillantes, à peu près de la même longueur que les pétales. Le fruit est ovoïde, un peu

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comprimé, marqué de trois stries longitudinales sur chacune de ses faces. Les fleurs sont d'un blanc jaunâtre, disposées en ombelles régulières, ordinairement sans involucres ni involucelles.

Ce genre se compose de quatre à cinq espèces, dout deux surtout méritent d'être mentionnées ici; ce sont:

1°. Le PERSIL, Apium Petroselinum, L., Plante bisannuelle, dont la tige, haute d'un à deux pieds, est anguleuse, rameuse; les feuilles décomposées, à folioles ovales st.bcunéiformes incisées; les feuilles supérieures sont entières lancéolées; les ombellules sont accompagnées de petites folioles linéaires. Les feuilles de cette Plante sont journellement employées comme assaisonnement.

2°. L'ACHE, proprement dite, Apium graveulens, L. Cette espèce est plus grande dans toutes ses parties, ses folioles sont cunéiformes dentées; les ombellules dépourvues d'involucelles. L'espèce sauvage porte le nom d'Ache. Sa racine est employée comme diurétique et apéritive. Cultivée, elle porte le nom de Céleri, alors ses feuilles et ses racines sont usitées comme aliment. Il y a une variété de Céleri fort remarquable; c'est celle qu'on désigne sous le nom de Céleri-rave. Sa racine est grosse comme le poing, charnue et fort bonne à manger.

L'on appelle aussi vulgairement ACHE D'EAU, la Berle, Sium Sisarum, L. et ACHE DE MONTAGNE, la Livéche, Ligusticum Levisticum, L. (A. R.)

ACHÉE. ANNÉL. Nom vulgaire des Lombrics, dans quelques cantons de la France, d'ou les pêcheurs ont appelé Achées ouAches les Vermisseaux, Larves; Insèctes ou autres petits Animaux dont ils font des appâts pour prendre le Poisson, soit en les fixant a leurs hameçons, soit en les jetant par poignées au milieu des eaux où ils tendent leurs filets. (B.)

ACHÉLOITE. Achelois, MOLL. Genre de Montfort, (T. I, p. 359), adopté par Ocken formé pour une pétrification qu'on voit assez fréquemment dans les marbres anciens d'Altdorff en Suisse, et qui atteint jusqu'à deux pieds de longueur. Elle se trouve aussi dans la Vallée d'Os, dans les Pyrénées; c'est l'Achéloïtc pyramidal, Ach. pyramidans, de Montfort. (V. Knore. t. 2. pl. II. A. f. 8. et suppl. tab. 4. f. I.) On ne peut, dans l'état de nos connaissances sur les fossiles analogues, séparer l'Achéloïte des Bélemnites. V. ce mot. (F.)

*ACHENE. BOT. PHAN. V. AKÈNE.

ACHÈTE. Acheta, INS. NOUS excluerons, avec Latreille, du langage entomologique le mot d'Achète, et nous le remplacerons par celui de Tètrix. V. ce mot. Cette substitution est nécessaire pour remédier à la confusion qui résulte de l'emploi très-différent qu'on a fait de ce nom. Linné l'appliqua d'abord à une division de son genre Gryllus. Géoffroy érigea cette division en genre, et fit usage du mot Gryllon pour la dénommer. Fabricius remplaça sans nécessité ce dernier nom par celui d'Achète, et Latreille, ainsi que plusieurs auteurs modernes, employèrent le même mot dans un autre sens. (AUD.)

ACHIAS. Achias. INS. Genre d'Insectes de l'ordre des Diptères, établi par Fabricius, et placé par Latreille (Règne Animal, édit. de 1817) dans le grand genre Mouche de Linné. Les yeux sont pédonculés, c'est-àdire supportés sur un prolongement de la tête. Ce caractère singulier lui est commun avec le genre Diopsis, dont il se distingue par l'insertion des antennes sur le front.

L'espèce unique servant de type à ce genre est l'Achias oculé, Achias oculatus, Fabr. Elle est originaire de Java, et se trouve dans la collection de Bosc. Latreille, ayant récemment examiné cet individu, nous a dit s'être assuré qu'il n'appartenait pas au grand genre Mouche; mais qu'il devait être rangé dorénavant dans celui des Syrphes. V. ce mot. (AUD.)

* ACHILLE INS. Espèce de Papillon. V. ce mot.

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ACHILLĖE OU ACHILLIERE. BOT. PHAN. V. MILLE-FEUILLE.

* ACHILLĖES. BOT. PHAN. Nom donné par Jussieu à l'un des groupes de la famille des Corymbifères. (R.)

*ACHIMARAN. BOT. PHAN. Syn. de. Limonia trifoliata, L. sur la côte de Coromandel. V. TRIPHASIA. (B.)

ACHIME. V. ACHYME.

ACHIMENES. BOT. PHAN. Genre établi par Browne. Il appartient à la famille des Scrophulaires de Jussieu, à la Didynamie Angiospermie de Linné. Voici les caractères que cet auteur lui assigne: le calice est monosépale, renflé a sa base, resserré à son ouverture, à cinq divisions; il est velu. La corolle est monopétale personnée, tubuleuse et ventrue, inférieurement velue; son limbe est à cinq divisions inégales. Les étamines, au nombre de quatre, sont presque didynames; le stigmate est bilobé.

Ce genre, désigné par l'Héritier sous le nom de Cyrilla, que Scopoli a réuni au Buchnera et Lamarck au Columnea, ne renferme qu'une seule espèce, Achimenes minor de Browne, Jam. 271. t. 38. f. 1. Plante fort remarquable par la belle couleur de feu de ses fleurs. On la cultive dans nos serres où elle brille de tout son éclat pendant l'automne. (A. R.)

ACHIOTL BOT. Syn. de Rocou, Bixa Orellana, L. au Mexique. (B.)

ACHIRA. BOT. PHAN. Syn. de Baliser, Canna, L. au Pérou. (B.)

*ACHIRA-MODROU. BOT. PHAN. (Aublet.) Syn. de Cordia Callococca, à la Guyane. (B.)

ACHIRE. POIS. Genre formé par Lacépède aux dépens des Pleuronectes, et adopté comme sous-genre dans ce genre nombreux par Cuvier qui dit des Poissons dont il se compose: «Ce sont des Soles absolument dépourvues de pectorales.» Cette privation caractérise done les Achires qui, d'ailleurs, ont les deux yeux disposés du même côté de la tête; elle influe sur leurs habitudes. Le Pleuronectes Achirus de Linné a servi de type à ce genre qui compte aujourd'hui de sept à huit espèces, toutes marines et exotiques. On le divise en deux sections:

†. Les ACHIRES, proprement dits, qui ont les deux yeux situés à droite, avec la nageoire caudale échancrée en croissant ou arrondie, distincte de la dorsale et de l'anale.

Le BARBU, Achirus barbatus, Géoffroy. Ann. des Mus. 1. pl. 11. trèsbonne figure. C'est, selon Cuvier, le Pleuronectes Achirus de Linné qui ne serait pas celui auquel Lacépède rapporte ce synonyme. Cependant le Poisson de Linné habite l'Amérique septentrionale, et le Barbu se trouve dans la mer Rouge, particulièrement aux environs de Suez, où il doit être rare, puisque les pêcheurs ne lui donnent aucun nom propre; il habite aussi Amboine. Sa forme est ovale elliptique; de sept pouces et demi environ dans son grand diamètre, sur près de quatre dans le petit; sa couleur est brune sur le côté droit avec des points gris, remarquables par le point noir qui en désigne le centre; le côté gauche est d'un blanc sale uniforme. D. 65. P. O. V. 5. A. 53. C. 18.

Le FASCÉ, Pleuronectes lineatus de Gmelin qui y rapporte aussi l'Achirus de Linné, a ses écailles ciliées, la queue ronde, et sept lignes transversales noires sur un fond brunâtre; il habite les côtes de la Nouvelle-Angleterre. D. 53. 60. P. O. V. 4. 5. A. 45. 48. C. 16.

Le Marbré, de Lacépède, T. III. pl. 12. f. 3. et le Pavonien, du même naturaliste, sont aussi des Achires proprement dits. Le premier, découvert a l'Ile-de-France par Commerson, rejette une liqueur laiteuse par des pores disposés à la base des rayons de l'anale et de la dorsale; le second fait partie des riches collections du Muséum, et l'on ignore sa patrie.

†† Les PLAGUSIES, Plagusia de Browne, qui ont les deux yeux à gauche et la caudale pointue, confondue avec la dorsale et l'anale.

La DOUBLE LIGNE, Pleuronectes

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bilineatus, Bloch. pl. 188. Encyc. Pois. pl. 91. f. 377, a son corps allongé, d'un brun jaunâtre en-dessus, blanc rougeâtre en-dcssous, et marqué de deux lignes latérales plus foncées de chaque côté. Sa téte est plus grosse proportionnellement que celle de ses congénères. La dorsale, la caudale, et l'anale réunies comptent cent soixante - quatorze rayons. Ce Poisson habite en abondance les mers de la Chine et des Archipels indiens.

L'Orné, Achirus ornatus, Lac. IV. 653. et le Pleuronectes Arel, de Schneider, sont aussi des Plagusies; mais il n'est pas certain qu'on doive rapporter à ce sous-genre le Pleuronectes Plagusia, L. de la Caroline, encore que ce Poisson ait la caudale confondue avec la dorsale et l'anale, puisqu'il a ses yeux à droite, et qu'il n'est pas dit qu'il manque de pectorales.

ACHIRITE OU ASCHIRITE. MIN. V.CUIVRE-DIOPTASE. (LUC.)

ACHIROPHORE OU ACHYROPHORE. BOT. PHAN. Genre, de Vaillant adopté par Adanson, qui rentre dans Hypochæris, V. ce mot, et que Gœrtner (T. II. p. 370. t. 159. f. 6.) a maintenupour l'Hypochæris radicata, L.(B.)

ACHIT. BOT. PHAN. V. CISSUS.

* ACHITONIUM, BOT. CRYPT. (Urédinées.) Ce genre a été établi par Nées (Journal de botanique de Ratisbonne, 1819). Il appartient aux Champignons les plus simples, n'étant composé que de sporules nues, libres, reunies en groupe. Nées lui donne pour caractère: sporules globuleuses, transparentes, réunies en groupes nus. Ce genre est très-voisin des Fusidium et des Stilbospores. La seule espèce qu'il indique pousse sur les feuilles du pin sauvage, (AD. B.)

* ACHLADAS. BOT. PHAN. (Belon.) Syn. de Poires sauvages, dans l'île de Crète. V. ce mot. (B.)

ACHLIS. MAM. C'était l'Élan chez les anciens. (B.)

*ACHLYS. BOT. PHAN. Cenom mythologique est celui de la déesse de l'obscurité. De Candolle l'a donné à un nouveau genre, encore fort obscur, qu'il a rapporté à la famille des Podophyllées, à cause de son affinité avec le genre Jeffersonia; mais il paraît avoir aussi quelque rapport avec l'Actæa. Ce genre ne contient encore qu'une seule espèce, appelée par De Candolle Achlys triphylla. C'est le Leontice triphylla, décrit par Smith dans l'Encyclopédie de Rées. (A.R.)

*ACHLYSIE. Achlysia. ARACHN. Genre de la famille des Holètres, tribu des Acarides, établi par V. Audouin. Il peut être placé à côté des Leptes, et a pour caractères distinctifs: six pates de cinq articles uniformément développés, situées, ainsi que le siphon, dans une échancrure profonde du corps, et partant de six pièces quadrilatères constituant une plaque sternale. Le mot Achlysie, appliqué à cet. Animal privé d'yeux, est dérivé, ainsi que celui du genre précédcnt, du nom d'Achlys, déesse de l'obscurité et des ténèbres.

La seule espèce qui compose ce genre a reçu le nom d'Achlysie du Dytique, Achlysia Dytisci. (V. la lre livraison des planches de ce Dictionnaire.) Elle a été rencontrée, une seule fois, sur un Dytique mâle, Dytiscus marginalis, L., pêché dans une des mares de la forêt de Fontainebleau, au mois de juin 1819.

Deux individus de cette espèce furent trouvés sur l'abdomen du Dytique et au-dessous des élytres et des secondes ailes; l'un adhérait à l'intervalle membraneux qui existe entre le métathorax et l'arceau supérieur du premier segment de l'abdomen; l'autre était fixé à l'espace de même nature qui unit le troisième anneau de l'abdomen au quatrième. Ces Animaux en oùtre étaient couchés sur le côté, position assez rare chez un Animal articulé, et qui trouvera son explication dans le courant de cet article.

La longueur totale de cette espèce

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est do six millimètres, et sa plus grande largeur de trois et demi. Considérée d'une manière générale, elle est ovoïde, et figure assez bien une cornue dont la panse serait allongée, et dont le cou très-court, fermé et arrondi, scrait abruptement recourbé sur cette panse, de manière à laisser entre elle et lui un intervalle ou une sorte d'échancrure étroite et profonde. La couleur dominante est le jaune orange, disposé par zones irrégulières et transversales sur la région du dos, s'étendant sur celle du ventre et confondu sur les côtés avec une couleur jaune citron qui se prolonge supérieurement entre les bandes orangées dont je viens de parler. Ces couleurs très-vives donnent à l'Animal un aspect gracieux en même temps que sa forme lui prête quelque chose de bizarre. Si à ces caractères on ajoute qu'il n'existe ni tête, ni yeux, ni antennes, ni thorax, ni division du corps en anneaux, ni anus, ni ouvertures pour la respiration; qu'il y a bien, il est vrai, un suçoir et des pates, mais que leur ténuité est telle qu'il faut un microscope poúr les apercevoir; si, dis-je, on ajoute ces caractères aux précédens, on aura déjà une idée assez exacte de cet Animal parasite. La peau qui l'enveloppe est épidernique, c'est-à-dire, parfaitement transparente et se roule sur elle-même, lorsqu'on vient à la détacher. Elle adhère peu aux parties qu'elle recouvre, ne présente aucune ouverture et se continue avec le suçoir et le plastron sternal. Ce suçoir et ce plastron, situés l'un et l'autre dans le fond de l'échancrure que nous avons fait connaître, échappent autant par cette position que par leur petitesse à un premier coup-d'œil, et réclament pour être aperçus des recherches trèsminutieuses.

Le suçoir, placé en avant et à une très-petite distance du sternum, est de forme conique, denté à sa partie postérieure et de consistance cornée, Sa ténuité excessive et son opacité n'ont pas permis de déterminer s'il était simple ou composé. Sou sommet est aigu, libre, et s'introduit dans le corps du Dytique. Sa base se continue avec la peau et se détache avec elle. Derrière le suçoir on aperçoit, avec une très-forte loupe et mieux au microscope, le plastron formé par trois sternums placés à la suite les uns des autres, et composés chacun de deux pièces écartées l'une de l'autre sur la ligne moyenne, de manière à laisser entre elles un intervalle d'autant plus large qu'il est plus postérieur, lequel est complété par la peau. Ces pièces, au nombre de six, sont planes, quadrilatères, un peu plus consistantes que la peau; l'angle externe et antérieur de chacune d'elles donne attache à une pate composée de cinq articles uniformément articulés, à peu près également développés et munis intérieurement et en dedans d'un poil, à l'exception du dernier qui porte à son côté externe une petite épine. D'après ce qui vient d'être dit, on reconnaîtra, dans cet être singulier, un organe de succion et un appareil locomoteur bien caractérisés, sans lesquels il serait, pour ainsi dire, réduit au premier degré de l'animalité.

L'Achlysie présente en outre ce fait très-remarquable: elle est fixée au Dytique au moyen de son suçoir; mais ce suçoir, situé dans l'échancrure que nous avons décrite, est d'une petitesse excessive, et ne saurait dépasser les bords inférieurs de cette échancrure qui est très-profonde. Il résulte de cette disposition que si l'Animal était posé de champ, c'est-à-dire, sur le ventre, à la manière de presque tous les Insectes, son bec ne pourrait rester adhérent au Dytique. Il est obligé, pour obvier à cette disposition défavorable, de se placer sur l'un ou l'autre flanc; ceuxci étant très-comprimés permettent au suçoir de les dépasser soit à droite, soit à gauche, et d'atteindre, par son extrémité libre et aiguë, l'abdomen du Dytique, auquel il adhère trèsfortement, afin d'y puiser des sucs nourriciers indispensables à son existence.

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Une manière d'être aussi singulière devait naturellement inspirer le désir d'ajouter à cette connaissance de nouveaux faits fournis par l'anatomie des parties internes. Je disséquai en conséquence, avec tout le soin possible, les deux seuls individus que je possédais; mais je ne rencontrai que quelques tissus parenchymateux. J'ai cependant exposé dans un Mémoire la texture différente de chacun de ces tissus, et je me suis convaincu qu'ils enveloppaient un canal rempli d'une matière blanche comme farineuse, terminé postérieurement par un culde-sac vésiculeux. Si ce conduit est l'intestin, c'est un intestin n'ayant d'autre orifice que celui de la bouche. Je n'ai découvert en effet aucun canal ou partant de la vésicule, ou y aboutissant. Ce fait, très-curieux et le plus positif de ceux que j'ai observés, s'accorde parfaitement avec l'absence de toute ouverture à la peau, celle du suçoir exceptée.

Nous avons insisté sur ce nouveau genre et sur l'espèce unique qui le constitue, parce que, l'étude des Animaux de la classe à laquelle il appartient étant très-retardée, il importe, jusqu'à ce qu'on ait réuni un certain nombre d'observations, de faire connaître, dans tous leurs détails, les faits que le hasard peut fournir.

Nous passons à l'explication de la planche.—Fig. 1. Dy tique dont on a découvert l'abdomen, afin de montrer la position des deux Achlysies. — aa. Ces deux Animaux de grandeur naturelle, posés sur le flanc et adhérant, au moyen de leur suçoir, à l'intervalle membraneux des anneaux. L'élytre et l'aile du côté droit sont étendues et coupées, les mêmes parties du côté gauche ont été enlevées. — Les autres parties que l'on distingue appartiennent à l'article Aile. V. ce mot. — Fig. 2. Une des Achlysies, trèsgrossie, vue de profil et du côté droit. On voit la distribution de ses couleurs. — b. Echancrure au fond de laquelle sont situés le bec et les sternums, qui, à cause de leur petitesse, ne sont pas encore visibles. — Fig. 3. Siphon et plaques sternales vus en dessous et avec la lentille n° 1 d'un excellent microscope de Dellebarre.— c. Siphon corné, renversé et vu par sa face postérieure qui est denticulée. Son extrémité aiguë est enfoncée dans la peau du Dytique; sa base se continue avec la plaque sternale au moyen d'une membrane cutanée.— dd. Plaque sternale composée de six sternums, donnant chacun attache, par leur angle antérieur et externe, à une pateeeeeee, composée de cinq articles Ces six pièces sont séparées les unes des autres, sur la ligne moyenne, par un espace triangulaire f, complété par la peau.— Fig. 4. Achlysie excessivement grossie et vue de trois quarts, afin de faire sentir le développement relatif des pates et du bec qui, si l'Animal atteignait ce volume démesuré, n'auraient encore que cette petite dimension.— c. Le bec. — d. Les sternums.— On voit par cette figure que les pates et le bec ne sauraient atteindre les bords inférieurs de l'échancrure, et qu'ils ne peuvent se mettre en rapport avec les objets extérieurs qu'en se déjetant, à droite ou à gauche, afin de dépasser les flancs qui sont comprimés. (AUD.)

ACHMÉE. Du Dict, de Déterville. BOT. PHAN. V. ÆCHMÉE. (A. D. J.)

* ACHNANTHE. Achnanthes. ZOOL.? BOT.? (Arthrodiées, section des Fragillaires.) Genre microscopique dont les expansions, qu'on peut considérer comme des filamens rudimentaires, se composent de segmens linéaires parallèlement unis par deux, trois et même cinq. Lyngbye (Tent. Hydroph., p. 210. pl. 70. B.) en a confondu les trois espèces, sous le nom d'Echinella stipitata. L'une, A. adnata, N. (V. planches de ce Dictionnaire, Arthrodiées, fig. 1), est fixée, aux Hydrophytes marins, par un petit pied qui part de l'un des angles du petit carré qu'elle forme; ses segmens sont marqués de deux taches rondes brunâtres. L'autre, A. Baccillarioides, N., est libre, et ses seg-

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mens sont marqués de deux taches ovales, oblongues, très-foncées. La troisième, A. dubia, N., est errante; ses segmens, qui sont quelquefois isolés, ou réunis jusqu'à six ensemble, ne sont marqués d'aucune tache, et paraissent transparens dans toute leur étendue. Ces trois Achnanthes sont marines. (B.)

ACHNATHERUM. BOT. PHAN. Genre de la famille des Graminées, établi par Palisot de Beauvois, dans son Agrostographie; il est très-voisin du genre Calamagrostis, dont il se distingue par la valve externe de la lépicène terminée par une arète tordue; par sa paillette inférieure simplement échancrée et sans aucune soie. Les fleurs sont en panicule. Ce genre renferme certaines espèces des genres Agrostis, Calamagrostis et Arundo, entre autres l'Agrostis Calamagrostis, Agrostis miliaçea; Arundo lanceolata de Kœler, etc. (A. R.)

ACHNERIA. BOT. PHAN. Dans son Agrostographie, Palisot de Beauvois a proposé ce genre dans la famille des Graminées, et il y a placé toutes les espèces du genre Eriachne de R. Brown, qui ne sont point aristées, et qui ont les paillettes couvertes de longs poils lanugineux. Ce genre nous paraît devoir être réuni à l'Eriachne. V. ce mot. (A. R.)

ACHNODONTON. BOT. PHAN. Genre de la famille des Graminées, que Palisot de Beauvois a formé avec le Phleum Bellardii, L., et le Phalaris tenuis, de Host. Il a la plus grande analogie avec ces deux genres; il se distingue des Phalaris par les paillettes de la glume dentées et incisées au sommet; des Phleum par les valves de la lépicène, qui sont mutiques et obtuses. (A. R.)

* ACHOAI. OIS. Syn. du Plongeon Imbrim, Colymbus glacialis, L. au Kamtschatka. V. PLONGEON. (DR..Z.)

* ACHOCHILLAS. BOT. PHAN. (Jussieu.) Syn. de la Tourrétie, Tourretia lappacea. Flor. Péruv. au Pérou. (B.)

ACHOCON. BOT. PHAN. Syn. de Léonie, au Pérou. V. LÉONIE. (A. D. J.)

* ACHOMANES. BOT. CRYPT. (Necker.) Syn. de Trichomanes. V. ce mot. (B.)

*ACHONACHIA. BOT. PHAN. (Belon.) Plante indéterminée qui pourrait bien être celle que les anciens nommaient Acanos. V. ce mot. (B.)

ACHOU, ACHOUROU OU ACOUROU. BOT. PHAN. Syn. de Myrte, chez les Caraïbes. (A. R.)

ACHOYAN. BOT. V. ACHAOVAN.

* ACHRAS. BOT. PHAN. V. SAPOTILLER. C'était l'ancien nom grec du Poirier. (B.)

* ACHUPALLA. BOT. PHAN. C'estle nom vulgaire de pays du Pourretia pyramidata, de Ruiz et Pavon. Les détails suivans, que nous avons tirés des manuscrits de Bonpland, ne nous paraissent pas sans intérêt. «Nous avons trouvé, dit ce botaniste, en grande abondance dans le paramo près Almouguer (province de la NouvelleGrenade), une plante quia tout le port des Bromelias. Cette Plante, connue sous le nom d'Achupaya ou Achupalla, a donné ce nom au paramo. Sa tige, qui s'élève à trois à quatre pieds, contient intérieurement, mais surtout vers la naissance des feuilles, une substance blanche tres-aqueuse et comme spongieuse, semblable à celle que renferme le Cactus Melocactus. Cette substance est recherchée par les voyageurs qui manquent d'eau ou qui sont pressés par la faim. Les enfans en sucent l'eau, qui a un goût insipide, mais qui par sa limpidité ressemble à l'eau la plus pure. Les indigènes mangent les Achupayas dans le temps de la disette; et les Ours des environs en font leur nourriture principale. Dans les métairies qui sont entourées de ces Plantes on ne craint pas ces Animaux féroces, quoiqu'ils s'approchent de très-près du bétail, au lieu que dans les habitations éloignées des paramos, on est obligé de leur faire continuellement la chasse.» (K.)

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* ACHYME. Achymus. BOT. PHAN. (Vahl.) Genre de Plantes dont les caractères et la place dans l'ordre des familles naturelles ne sont point encore bien connus. C'est le même que le Streblus de Loureïro. Il a quelque affinité avec le genre Trophis de la famille des Urticées, mais s en distingue par son fruit à deux loges, qui contiennent chacune deux graines, caractères qui l'éloignent de la famille des Urticées. (A. R.)

ACHYOULOU. BOT. Syn. de Malpighie, Malpighia, chez les Caraïbes. (B.)

ACHYRANTHE. Achyranthes, L. BOT. PHAN. Famille des Amaranthacées; Pentandrie Monogynie, L. Calice régulier à cinq, rarement à quatre divisions, accompagné à sa base de trois bractées simples et épineuses au sommet. Cinq étamines, dont les filets sont un peu soudés par la base et alternent avec cinq petites écailles festonnées: le style est simple, terminé par un stigmate globuleux; le fruit est un akène.

Les espèces de ce genre, assez nombreuses, sont herbacées ou sous-frutescentes; leurs fleurs sont disposées en épis; leurs feuilles opposées. Presque toutes sont originaires de l'Inde. R. Brown en a rapporté deux de la Nouvelle-Hollande. (A. R.)

* ACHYRITES. MIN. (Forster.) Syn. de Calcaire Oolitique. V. ce mot. (B.)

ACHYRONIE. Achyronia. BOT. PHAN. (Wendland.) Ce genre appartient à la famille des Légumineuses, Diadelphie Décandrie, L. Il est trèsvoisin du Borbonia, dont il diffère par son calice non épineux, ayant la dent inférieure beaucoup plus longue, par sa gousse comprimée et polysperme. Il renferme une seule espèce , l'Achyronia villosa, Willd.; Arbrisseau originaire de la Nouvelle-Hollande, ayant les feuilles simples, pétiolées, lancéolées, glabres, ciliées; les fleurs jaunes, solitaires, axillaires et pédonculées. (A.R.)

* ACHYROPAPPUS. BOT. PHAN. Famille des Synanthèrées. (Kunth, dans Humb. et Bonpl. 4. p. 257.) La Plante qui a servi à former ce genre, a été trouvée dans le royaume de la Nouvelle-Espagne, près du village de Isla-Huaca, à la hauteur de 1380 toises au-dessus du niveau de la mer. C'est une herbe à feuilles opposées, très-découpées, à fleurs en corymbe et radiées. Quoique très-voisine du genre Urborgia et Unxia, elle diffère du premier par le réceptacle nu, de l'autre par les fleurs centrales hermaphrodites. On ne peutpas la confondre avec les Schkuhrias à cause de son port, de l'absence des écailles à la base de l'involucre et du nombre, cinq, des fleurs du rayon. Son caractère générique consiste en un involucre de cinq folioles égales; un réceptacle plane et nu; des fleurs centrales nombreuses, tubuleuses et hermaphrodites; cinq fleurs marginales en languette et femelles; des fruits triangulaires, munis d'une couronne de petites écailles. (K.)

ACHYROPHORE. V. ACHIROPHORE.

ACHYRY. BOT. PHAN. Nom d'une Liane chez les Caraïbes, que les Créoles des Antilles appellent Corde à violon, à cause de la ténuité de ses rameaux étendus sur le sol. C'est un Periploca. V. ce mot. (B.)

ACIA. BOT. PHAN. V. COUPI.

ACIANTHE. Acianthus. BOT. PHAN. Genre de la famille des Orchidées, de la Gynandrie Monandrie, L. établi par Rob. Brown; il comprend trois ou quatre espèces originaires de la Nouvelle-Hollande, et qui ont pour caractères génériques un calice pétaloïde à six divisions inégales, rapprochées, les trois externes étant terminées en pointe et les intérieures plus petites: le labelle est plus petit, entier, étendu, offrant deux callosités à sa base, mais sans appendice foliacé; le gymostème est plane antérieurement, terminé par une anthère persistante, dont les deux loges sont rapprochées; chaque loge ren-

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ferma quatre massettes de pollen pulvérulent, ou deux seulement qui son bipartites.

Les trois espèces qui appartiennent à ce genre, sont de petites Plantes glabres, ayant les bulbes entiers, la tige à une seule feuille, et les fleurs rougeâtres, solitaires ou en épi. (A.R.)

ACICARPHA. BOT. PHAN. Ce genre établi par Jussieu, et qu'il a rapporté à la famille des Cynarocéphales, appartient à la nouvelle famille des Calycérées de R. Brown, ou Boopidées de Cassini qui a adopté le nom de Acicarpha dans le 1er vol. du Dictionnaire de Levrault, et le change en celui de Cryptocarpha dans le 12e vol. du même recueil. Voici les caractères de ce genre: fleurs disposées en capitules opposés aux feuilles, involucre à quatre ou cinq divisions soudées avec les ovaires les plus extérieurs;les fleurs inférieures ou externes sont fertiles, les supérieures beaucoup plus nombreuses sont stériles: les ovaires sont tous soudés en un seul corps. Dans les fleurs fertiles, le limbe du calice est terminé par cinq arêtes épineuses, épaisses: la corolle tubuleuse, grêle, est infundibuliforme; les cinq étamines sont monadelphes et synanthères; le style est terminé par un stigmate capitulé.

Ce genre renferme trois espèces, A. tribuloides; A. spatulata; A. lanata; toutes trois originaires du continent de l'Amérique méridionale. (A.R.)

* ACICULAIRES OU ACICULES. POLYP. et ECHIN. Noms donnés à des Polypiers, à des Bélemnites et à des pointes d'Oursin fossiles. (LAM..X.)

* ACICULES. ANNEL. Savigny donne ce nom à des soies plus grosses que les autres, très-aiguës, contenues dans une sorte de fourreau, et qu'on observe, au nombre de deux, sur les rames des pieds ou mamelons setifères qui occupent les côtés du corps de plusieurs Annélides. (AUD.)

ACIDES. MIN. BOT. et ZOOL. Les Acides jouent ungrand rôle dans la nature. On les retrouve dans lesMinéraux, dans les Animaux, dans les Plantes; il n'est pas un ouvrage sur l'Histoire naturelle ou sur les arts, où il n'en soil question. Il est done indispensable de donner dans ce Dictionnaire une idée de leurs principales propriétés et des caractères auxquels on peut reconnaître les espèces constatées jusqu'à ce jour.—Dans l'état actuel de nos connaissances, il est assez difficile de donner une définition exacte du mot Acide; peutêtre même vaudrait-il mieux n'en point donner. En effet, tant de théories diverses sur la constitution des Acides se sont succédées avec tant de rapidité depuis l'établissement de la nouvelle doctrine chimique, que l'opinion n'est rien moins que bien établie sur la nature intime de ces corps et sur leurs différens états. En mettant de côté toute théorie, ou système sur la production naturelle des Acides, on peut les considérer, d'après leurs principales propriétés, comme doués généralement d une saveur aigre particulière, plus ou moins fortement prononcée; aptes à se combiner avec le calorique ou l'Eau en des proportions différentes, et d'exister conséquemment sous les formes gazeuse, solide ou liquide; et capables de s'unir à une grande quantité d'autres corps pour former avec eux des composés que l'on nomme Sels. Le Vinaigre, les Groseilles, le Citron, et quelques autres fruits peu mûrs, donnent l'idée de la saveur acide.

On reconnaît dans les Acides: 1° le principe acidifiant qui, jusqu'à présent, est ou l'Oxigène ou l'Hydrogène; 2° le principe acidifiable ou le radical qui peut être ou simple ou composé de deux et même de trois bases.

Un grand nombre d'Acides formés par la nature se rencontrent fréquemment à l'état de combinaison; on n'en a encore trouvé que huit ou dix à l'état de pureté ou de simple solution dans le calorique ou dans l'Eau. Ceux que l'on a retirés jusqu'ici des Minéraux, sont au nombre de treize, savoir: l'Acide Borique, — Fluorique,Hydro-chlorique ou Muriatique, — Sulfurique, — Phosphorique,

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Carbonique,Nitrique, — Arsénique,Molybdique,Schéelique ou Tungstique,Chromique,Succinique,Mellitique. Une partie d'entre eux existent à l'état de liberté; les autres n'ont encore été observés que combinés, soit avec des Terres, soit avec des Alkalis, ou des Oxides métalliques.

Les Acides libres ou natifs sont au nombre de cinq: savoir l'Acide Borique,Hydro-chlorique, — Sulfurique,Sulfureux et Carbonique. On y peut joindre l'Hydrogène sulfuré qui, dans certains cas, remplit la fonction d'Acide.

ACIDE ACÉTEUX. On avait cru reconnaître dans l'Acide acéteux des propriétés différentes de celles qui caractérisent l'Acide acétique; depuis on a reconnu que le premier était le second plus de l'Eau de solution.

ACIDE ACÉTIQUE; c'est un des plus abondamment répandus: il peut être obtenu soit en prolongeant la fermentation et en en concentrant les produits, soit en distillant à grand feu le tissu ligneux des Végétaux, soit enfin en lui enlevant les bases avec lesquelles il pourrait être combiné. Il est sous forme de cristaux limpides, sans couleur; son odeur est vive et piquante, sa saveur très-prononcée, et agréable lorsque l'Acide est suffisamment étendu d'Eau. Sa pesanteur spécifique à la température de 16° est de 1, 063. Il est très-soluble dans l'Eau, et se volatilise au feu sans se décomposer. Son analyse a donné pour principes, Carbone 50, 2; Hydrogène 5, 6; Oxigène 44, 2. Ses usages dans les arts, comme dans l'économie domestique, sont très-multipliés. Voyez VINAIGRE.

ACIDE AÉRIEN. V. ACIDE CARBONIQUE.

ACIDE AMNIOTIQUE OU AMNIQUE, découvert par Buniva et Vauquelin dans l'Eau de l'amnios de la Vache; il est en cristaux aciculaires, blancs, brillans, sans odeur; il n'a qu'une feible saveur; il est peu soluble dans l'Eau et dans l'Alcohol; il se décompose au feu en Hydrogène, Azote, Carbone et Oxigène.

ACIDE ARSÉNIEUX. On avaít considéré comme tel le Deutoxide d'Arsenic.

ACIDE ARSÉNIQUE. Il existe dans la nature combiné avec quelques Oxides métalliques; on l'obtient en traitant par l'Acide nitrique le Deutoxide d'Arsenic. Il est solide, blanc, trèscaustique, très déliquescent; exposé au feu il se décompose, et le Deutoxide se volatilise sous forme de fumée blanche, fétide; il donne à l'analyse 53 d'Oxigène et 47 d'Arsenic. C'est un poison très-violent.

ACIDE BÉZOABDIQUE. Guyton - Morveau avait d'abord donné ce nom à l'Acide urique. V. ce mot.

ACIDE BENZOÏQUE. On le retire de la résine benjoin que l'on fait fondre à un feu modéré sous un cône de carton percé à l'extrémité; l'Acide se volatilise et s'attache aux parois du cône sous forme de lames nacrées, brillantes; il est inodore, légèrement acerbe, très-peu soluble dans l'Eau froide. Exposé au feu il se Volatilise d'abord en une vapeur acre qui excite la toux, et bientôt il se décompose en 74, 7 de Carbone, 20 d'Oxigène et 5, 3 d'Hvdrogène.

ACIDE BOMBIQUE, n'est que de l'Acide acétique impur que contiennent le Bombyce à soie et vraisemblablement beaucoup d'autres Lépidoptères, dans leurs divers états. (DR..Z.)

ACIDE BORACIQUE OU BORIQUE. Anciennement nommé Sel Sédatif de Homberg; Sassolin de Karsten.

C'est le seul parmi les Acides fluatifs qui se trouve à l'état solide, tantôt sous la forme de paillettes blanches ou grises, ayant l'éclat nacré, et tantôt sous celle de croûtes à tissu fibreux. Il est très-léger, peu soluble dans l'Eau, et faiblement aigrelet. Au chalumeau il se fond en un globule vitreux transparent, auquel Haüy à reconnu la propriété d'acquérir l'électricité résineuse, par le frottement, sans avoir besoin d'être isolé auparavant. Il est composé d'environ deux parties de Bore et d'une d'Oxigène. C'est Hoefer et Mascagni qui nous

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ont fait connaître, en 1776, l'Acide borique des lacs du territoire de Sienne, et depuis on l'a observé parmi les produits volcaniques des îles de Lipari. (Soc. géologique de Londres, T. I.)

Nous avons eu la satisfaction de l'observer en place dans l'intérieur du cratère de Vulcano, avec l'abbé Maraschini, lors du voyage que nous avons fait ensemble aux îles Eoliennes, en 1819. Il forme des croûtes de deux à trois centimètres d'épaisseur, d'une belle couleur blanche et à tissu fibreux et écailleux, sur le sol du cratère, et dans le voisinage de nombreuses fissures d'où se dégagent des vapeurs acido-sulfureuses très-abondantes. La partie inférieure de ces croûtes qui occupent quelquefois une assez grande surface est ordinairement colorée en beau jaune par un peu de Soufre. —L'Acide borique de la Toscane est répandu actuellement en assez grande quantité dans le commerce pour que l'on en fabrique du Borax, en l'unissant A la Soude. V. BORE et SOUDE BORATÉE. — On trouve cet Acide naturellement combiné à la Soude, à la Magnésie, et, à la fois, à la Chaux et à la Silice. V. SOUDE BORATÉE, MAGNÉSIE BORATÉE et CHAUX BORATÉE SILICEUSE. (LUC.)

ACIDE BUTIRIQUE. La découverte en est due à Chevreul. Selon ce chimiste, cet Acide serait le principe odorant du beurre dans lequel il se trouve combiné avec de la Stéarine, de l'Elaïne et de la matière colorante; il est soluble dans l'Eau et dans l'Alcohol, et paraît composé d'Hydrogène, de Carbone et d'Oxigène.

ACIDE CAMPHORIQUE, obtenu du Camphre traité par l'Acide nitrique au moyen de cohobations. Il est en cristaux plumeux, blancs, opaques, d'une saveur légèrement amère, d'une odeur safranée; il est peu soluble dans l'Eau et se dissout mieux dans l'Alcohol; au feu il se fond d'abord, se volatilise ensuite et enfin se décompose en Carbone, en Hydrogène et en Oxigène. V. CAMPHRE. (DR..Z.)

ACIDE CARBONIQUE, Spiritus lithalis des anciens, Air fixe, Acide méphitique, aérien, crayeux, etc. connu bien long-temps avant que l'on en eût constaté la nature; abondamment répandu sous la forme gazeuse qui est son état naturel, ou dissous dans les Eaux de certaines sources, de différens lacs, ou enfin combiné avec différens Acides. Sous la forme gazeuse il est transparent, invisible, doué d'une odeur particulière assez forte, d'une saveur aigrelette; il tue sur-le-champ les Animaux que l'on plonge dans son atmosphère; il éteint les corps enflammés sur lesquels on le verse; il se dissout assez facilement dans l'Eau, mais il s'en sépare à la moindre élévation de température; il est très-difficilement décomposable même à la plus forte chaleur; sa pesanteur spécifique est de 1, 596. Il a une trèsgrande affinité pour les bases salifiables, mais en revanche il est chassé de ses combinaisons par presque tous les Acides. Il se trouve en combinaison avec d'autres corps, et particulièrement avec des Oxides. Les Pierres calcaires et les Marbres qui composent une portion si considérable de la masse du globe, les Minéraux désignés communément sous les noms de Natron, de Fer spathique, de Malachite, de bleu et de vert, de Montagne, de Plomb blanc, etc., sont autant de Carbonates.—Les premières notions sur ce fluide pernicieux sont attribuées à Vanhelmont; mais Lavoisier le premier en publia, en 1776, la véritable composition qui est 27, 4 de Carbone et 73, 6 d'Oxigène. Ce gaz forme l'atmosphèrede la plupart des grottes et des cavités souterraines où les courans d'air ne sont pas assez vifs pour l'en expulser; sa pesanteur plus grande que celle de l'Air atmosphérique fait qu'il est susceptible d'y séjourner pendant des siècles; de là vient le danger de pénétrer dans les excavations. La Grotte du Chien, que l'on ne peut se dispenser de citer lorsqu'on parle d'Acide carbonique, a constamment son sol couvert d'une couche d'Acide carbonique qui asphixie presque tous les Quadrupèdes quand ils y pénètrent.

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Cependant, Breislak et Spallanzaniont trouvé que la mouffette qui occupe la partie inférieure de cette grotte, n'est pas de l'Acide carbonique pur, c'est un mélange de dix parties d'Oxigène, 50 d'Azote, et seulement 40 de l'Acide dont il est question. — Dissous dans l'Eau de certaines sources, il en constitue les principales propriétés salutaires; telles sont les Eaux minérales de Seltz, de Spa, etc., si recherchées comme anti-septiques; il produit aussi sur-le-champ des limonades pétillantes très-agréables. Cet Acide se dégage en très-grande abondance pendant la fermentation dont il est un des produits; si on en suspend le dégagement, que l'on ne peut plus éviter lorsque la fermentation est établie, on le voit s'échapper de tous les points du liquide et le rendre mousseux dès qu'on le met en liberté. — On le rencontre aussi en France, au Boulidou de Perols, à une lieue de Montpellier, près d'Aubenas, à i'Estouffi, près Clermont-Ferrant, et sur les bords de l'ancienne abbaye du Lac, dans le monticule de Lancelot. —Les Eaux minérales qui contiennent de l'Acide carbonique en dissolution, abondent en beaucoup de pays. Dans le voyage que nous fîmes en 1819, nous remarquâmes qu'il n'est pas de lieu où cet Acide soit en plus grande quantité que dans les Eaux de Paterno, en Sicile, au pied de l'Etna, et à Recoaro, dans le Vicentin. (LUC.)

ACIDE CHLORIQUE. Il n'existe point dans la nature, mais se forme aussitôt que l'on met en contact le Chlore avec une dissolution de Potasse, de Soude, de Baryte, etc. Il est toujours sous forme liquide, inodore, sans couleur et d'une saveur très-forte; on l'a trouvé composé de 47, 25 de Chlore et de 52, 75 d'Oxigène.

ACIDE CHLOROXI-CARBONIQUE. Il résulte de la décomposition de l'Oxide deCarbone par le Chlore; gazeux, sans couleur, d'une odeur suffoquante; sa pesanteur spécifique est de 3, 3894.

ACIDE CHLORO-CYANIQUE; découvert depuis peu par Berthollet; on 'obtient en faisant passer un courant

de Chlore dans une dissolution d' Acide hydro-cyanique; il est gazeux, sans couleur, odorant, composé d'un volume de vapeur de Carbone, un demi-volume d'Azote et un demi-volume de Chlore.

ACIDE CHOLESTERIQUE. En traitant la Cholesterine par l'Acide nitrique, on obtient des aiguilles blanches d'une saveure légèrement styptique, d'une odeur butireuse, très-peu soluble dans l'Eau, soluble dans l'Alcohol, fusible et décomposable au feu en Carbone, en Hydrogène et en Oxigène. V. CHOLESTERINE.

ACIDE CHROMIQUE. Il existe dans le Plomb chrômaté dont on l'extrait à l'aide du Nitrate de Potasse; il se forme du Chrômate de cette dernièrc base qu'on lui enlève parunautre Acide; il est en petits cristaux, d'un rouge orangé foncé, d'une saveur acerbe, dissoluble dans l'Eau, décomposable au feu en Oxide de Chrôme et en Oxigène.

ACIDE CITRIQUE. Il existe en dissolution dans le suc de la plupart des fruits, et surtoutdans celui des Citrons dont on le relire en le combinant, aveo la Chaux, en cristaux prismatiques, rhomboïdaux, transparens inodores, d'une saveur agréable lorsqu'il est étendu d'Eau. Il est très-soluble dans l'Eau, moins dans l'Alcohol; au feu il se décompose enCarbone 33, 8, Hydrogène 6, 3, Oxigène 59, 9. Il fait, dans l'économie domestique, la base des limonades et de certains assaisonnemens; dans la teinture il sert à aviver les couleurs.

ACIDE COLOMBIQUE. Il a été retiré du Tantalithe par Hatchett; il est blanc, pulvérulent, inodore, presque infusible et insoluble dans l'Eau.

ACIDE CRAYEUX. V. ACIDE CARBONIQUE

ACIDE DELPHINIQUE. Il existe dans l'huile du Delphinus globiceps de Cuvier, et probablement dans les autres Cétacés et dans tous les Poissons; on l'obtient en traitant leur huile par la Potasse, en lavant la masse savoneuse, et versant de l'Acide tartarique dans l'Eau des lavages; on sépare du Tartrate de Potasse, par la distilla-

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tion. L'Acide delphinique est volatil, odorant et assez semblable à une huile essentielle; il est peu soluble dans l'Eau, et l'est beaucoup plus dans l'Alcohol, etc. Chevreul, à qui est due la connaissance de cet Acide, n'en donne point la composition.

ACIDE ELLAGIQUE. Il a été reconnu par Braconnot, et précédemment découvert par Chevreul, dans la noix de galle. Il est insipide, pulvérulent, d'un fauve très-clair, peu soluble dans l'Eau.

ACIDE FLUO-BORIQUE. Il est produit par la distillation d'une partie d'Acide borique vitreux et de deux parties de fluate deChaux avec douze d'Acide sulfurique. Gazeux, sans couleur, d'une odeur piquante, suffoquante, trèssoluble dans l'Eau, sans action sur le Verre, inaltérable à une température même très-élevée; il est composé de Bore et de Fluor combiné àl'Oxigène. Sa pesanteur spécifique est de 2, 371.

ACIDE FLUORIQUE. Découvert par Schèele en 1771, qui l'a obtenu en traitant le Spath fluor par l'Acide sulfurique, il est ordinairement liquide, limpide, d'une odeur très-vive et très-forte, d'une saveur des plus âcres; son action désorganisatrice sur les substances animales, est trèsprompte et très-douloureuse; il est tellement avide de Silice qu'il l'enlève au Verre avec lequel on le met en contact, aussi doit-on se servir de vases de Plomb, d'Argent ou de Platine pour le préparer et le conserver. On a mis à profit l'action de l'Acide fluorique sur le Verre, pour graver sur cette substance dont on a garanti, avec de la cire, les endroits qui ne doivent pas être entamés; on expose la pièce au contact de la vapeur acide.

ACIDE FORMIQUE. En saturant le suc exprimé des Fourmis avec le Carbonate de Potasse, puis en distillant, avec de l'Acide sulfurique, on obtient un Acide liquide, sans couleur, d'une odeur forte, d'une saveur aigre, trèspiquante, qui ne se décompose qu'à une température assez élevée.

ACIDE FUNGIQUE. Il existe dans les Bolets, libre ou combiné avec la Potasse; dans son état de pureté il est sans couleur, très-sapide et déliquescent.

ACIDE GALACTIQUE. V. ACIDE LACTIQUE.

ACIDE GALLIQUE. Ilest uniau Tannin, dans un grand nombre de Végétaux; pour l'obtenir on clarifie l'infusion de noix de galle, par de la solution de blanc d'œufs; on évapore et on fait cristalliser. Ses cristaux sont aciculaires, blancs, légers; ils ont une saveur acide très-astringente et sont solubles dans l'Eau. Exposés au feu, ils se volatilisent en partie et se décomposent en Carbone, Hydrogène et Oxigène.

ACIDE GASTRIQUE. On avait donné ce nom au suc gastrique que l'on croyait participer aux propriétés communes des Acides.

ACIDE HONIGSTIQUE. Nom donné par Klaproth à l'Acide du Mellite. V. ACIDE MELLITIQUE.

ACIDEHYDRIODIQUE. La découverte en estdueà Gay-Lussac; il est naturellement à l'état gazeux, sans couleur, d'une odeur forte, d'une saveur piquante; il s'unit à l'humidité atmosphérique qu'il rend nuageuse; il n'est point favorable à la combustion; sa pesanteur spécifique est de 4, 4288. Il est très-soluble dans l'Eau; il est décomposé par une forte chaleur, par les Acides sulfurique et nitrique; il existe combiné avec la Potasse, dans les Varecs ou Fucus. (DR..Z.)

ACIDE HYDRO-CHLORIQUE. Acide du Sel marin ou Muriatique. On le trouve, comme l'Acide carbonique, sous la forme de Gaz, et en dissolution dans les Eaux; il précipite l'Argent de ses dissolutions; son odeur est forte, piquante et acidc, sa saveur très-aigre. Les vapeurs qui s'exhalent du cratère du Vésuve, ou des fentes par lesquelles s'écoule la lave, le contiennent en abondance. C'est à lui qu'est due l'action énergique qu'elles exercent sur les yeux et sur la poitrine de ceux qui les respirent de trop près, commenous l'avons reconnu, a nos dépens, en 1819. Dissous dans l'Eau, il lui communique assez ordinairement une couleur légèrement

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jaune verdàtre, et une odeur qui adu rapport avec celle de la Pomme de reinette.—Les sources chaudes qui se trouvent depuis le lac de Cusco jusqu'à Valladolid, dans la Nouvelle-Espagne, sur une étendue de quarante lieues carrées environ, ne contiennent généralement que de l'Acide muriatique, sans vestiges de Sels terreux ou de Sels métalliques selon Humboldt. On l'a observé également en Pologne, dans les fameuses mines de Sel de Wieliczka. (LUC.)

ACIDE HYDRO-CHLORO-NITRIQUE. Combinaison particulière du Chlore et de l'Oxigène, résultantdu mélange des deux Acides nitrique et hydro-chlorique; liquide, jaune, odorant, attaquantl Or et le Platine qu'il dissout.

ACIDE HYDRO_CYANIQUE. Liquide, transparent, odorant, très-volatil, susceptible de cristalliser par un grand abaissement de température, il est combustible par l'approche d'un corps en ignition, décomposable par une forte chaleur, peu soluble dans l'Eau ou il surnage, plus facilemcnt dissous par l'Alcohol. Il est composé de 44, 39 de Carbone, 51, 71 d'Azote et 3, 90 d'Hydrogène. Il existe en très-petite quantité dans les feuilles de Pêcher, de Lauriercerise, dans les amandes amères et dans lePrunier mahaleb; maisil se forme abondamment, dans la calcination des matières azotées avec la Potasse, et c'est de la distillation de ce produit, avec un Acide, qu'on l'obtient. Cet Acide est le poison le plus violent que l'on connaisse: une seule goutte introduite dans la jugulaire d'unCheval a suffi pour le faire tomber roide mort.

ACIDE HYDRO-SULFURIQUE. Découvert par Schèele, et nommé d'abord par lui Gaz hydrogène sulfuré; gazeux, incolore, d'une odeur fétide insupportable; d'une saveur semblable à celle des œufs pourris; pesanteur spécifique 1, 1912; il est dcs moins favorables à la combustion et à la respiration même lorsqu'il n'cntre que pour 1/1500 dans le volume de l'atmosphère; dans ce mélange un Moineau périt sur-le-champ; dissoluble dans I'Eau; composé de 93; 855 de

Soufre et de 6, 145 d'Hydrogène; on le trouve dans la nature combiné en très-petite quantité avec la Soude dans quelques Eaux minérales, tclles que celles d'Aix-la-Chapelle, Plombières, etc.; il se dégage de la vase des marais, dcs fosses d'aisance, etc.

ACIDE HYDROTHIONIQUE. Tromsdorff rangeait sous ce nom le Gaz hydrogène sulfuré que de nouvelles recherches ont fait considérer comme Acide hydro-sulfurique. V. ce mot.

ACIDE HYPO PHOSPHOREUX. Liquide, non susceptible de cristalliser, blanc, d'une saveur très-forte, miscible à l'Eau en toutes proportions; découvert par Dulong qui l'a obtenu en délayant un Phosphure alcalin dans l'Eau qui le décompose ct donne naissance au nouveau corps; décomposable par la chaleur en Gaz hydrogène phosphoré, en Phosphore et en Acide phosphorique; formé de 72, 78 de Phosphore et de 27, 22 d'Oxigène. C'est lepremier degré d'acidification du Phosphore.

ACIDE HYPO-SULFUREUX. Résultat de la combinaison du Soufre avec l'Acide sulfureux; présumé exister dans les sulfites Sulfurés.

ACIDE IODIQUE. Résultat de la décomposition du Gaz oxide de Chlore sur I'Iode; il est en masses blanches, translucides; inodore; d'une saveur forte, astringente; il est très-solublc, sa dissolution s'épaissit au feu, et la masse qui en résulte se fond bientôt après, et se décompose en vapeur d'iode et en Gaz oxigène; chauffé avec les corps combustibles, il occasionc des détonations plus ou moins violentes; il contient près de 76 d'iode et de 24 d'Oxigène. Sa découverte est due à Gay-Lussac.

ACIDE KARABIQUE. V. ACIDE SUCCINIQUE.

ACIDE KINIQUE. Découvert par Vauquelin dans le Quinquina où il se trouve combiné à laChaux; il cristallise difficilement en lames blanchâtres, d'une saveur assez forte, très-soluble dans l'Eau, fusible au feu et décomposablc, partie en Carbone, Hydrogène et Oxigène, partie en Acide pyro-kinique.

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ACTDE LACCIQUE. Obtenu par John de la résine laque, en cristaux sapides, d'un jaune de vin blanc, solubles dans l'Eau, l'Alcohol et l'Ether.

ACIDE LACTIQUE. Découvert par Schèele dans le petit-lait aigri, sous forme syrupeuse; il est incristallisable, peu sapide, très-soluble dans l'Eau et l'Alcohol; exposé au feu, il se boursouffle et se décompose en Carbone, Hydrogène et Oxigène.

ACIDE LITHIQUE OU ALITHIASIQUE. V. ACIDE URIQUE.

ACIDE MALIQUE. Il existe combiné dans presque toutes les parties des Végétaux, et à l'état de liberté dans les sucs des fruits, et surtout dans les Pommes, où Schèele l'a reconnu le premier en 1785, sous forme extractive, brunâtre, incristallisable, médiocrement sapide; soluble dans l'Eau en toutes proportions; decomposable au feu en Carbone, Hydrogène et Oxigène; conversible en Acide oxalique par l'Acide nitrique. Les fruits contiennent d'autant plus d'Acide malique qu'ils sont plus éloignés du terme de leur maturation.

ACIDE MARGARIQUE. Il existe tout formé dans le gras des cadavres; on l'obtient en traitant, par l'Acide hydrochlorique, le résidu des Eaux de lavage d'un savon préparé avec la graisse de Pore. Il est solide, blanc-nacré, presque insipide, peu odorant, d'une consistance céreuse, moins pesant que l'Eau dans laquelle il ne se dissout pas; très-soluble dans l'Alcohol; se volatilisant au feu, et s'y décomposant en Hydrogène, Azote, Carbone et Oxigène; sa découverte est due à Chevreul.

ACIDE MARIN. V. ACIDE HYDROCHLORIQE.

ACIDE MECONIQUE. Découvert par Sertuerner, dans l'Opium dont on le sépare au moyen de la Magnésie; dans son état de pureté, il est blanc, cristallin, soluble dans l'Eau et l'Alcohol; fusible au feu, se sublimant ensuite et se décomposant enfin en Carbone, Hydrogène et Oxigène.

ACIDE MELLITIQUE. Trouvé par Klaproth, combiné avec l'Alumine dans le Melliteou Pierre de miel, et dont il forme les o, 46; en cristaux prismatiques; sapide, peu soluble, facilement décomposable an feu en Carbone, Hydrogène et Oxigène.

ACIDE MEPHITIQUE. V. ACIDE CARBONIQUE.

ACIDE MOLYBDIQUE. Blanchâtre, cristallin, inodore, peu sapide, peu soluble, se volatilisant au feu sans s'y altérer sensiblement; composé de 66, 7 de Molybdène et de 33, 4 d'Oxigène. Obtenu par Schèele en analysant le Molybdène sulfuré.

ACIDE MORIQUE. Découvert par Klaproth à la surface de l'écorce du Mûrier blanc où il se trouve combiné avec la Chaux; en cristaux aciculaires, très-fins, blanchâtres; très-sa-pide, très-soluble dans l'Eau et l'Alcohol; décomposable au feu, en produisant du Carbone, de l'Hydrogène et ce l'Oxigène.

ACIDE MUCIQUE. C'est encore à Schèele que l'on doit la connaissance de cet Acide, qui, l'ayant obtenu d'abord du lait, lui donna le nom d'Acide saccholactique: depuis on l'a retiré également de la Manne, de la Gomme et en général de tous les corps muqueux-végétaux que l'on traite par l'Acide nitrique; blanc, pulvérulent, peu sapide, peu soluble dans l'Eau et point dans l'Alcohol; noircissant au feu, s'y boursouflant et se décomposant en 33, 5 de Carbone, 62, 5 d'Oxigène et 4 d'Hydrogène.

ACIDE MURIATIQUE. V. ACIDE HYDRO-CHLORIQUE.

ACIDE MURIATIQUE OXIGÈNÉ. V. CHLORE.

ACIDE MURIATIQUE SUR-OXIGENE, Oxide de Chlore. V. CHLORE.

ACIDE MURIATIQUE HYPER-OXIGÈNÉ. V. ACIDE CHLORIQUE.

ACIDE NANCÉIQUE. Obtenu parBraconnot des matières végétales qui passent à la fermentation acide, où il est uni au Vinaigre syrupeux; sans couleur, incristallisable, se décomposant au feu en Carbone, Hydrogène et Oxigène.

ACIDE NITREUX. Liquide, transparent ou coloré en jaune et orangé, suivant son degré de température

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saveur âcre très-caustique, odeur très-pénétrante; il se réduit très-facilement en vapeurs rutilantes qui colorent tous les Gaz; en contact avec l'Oxigène humide, il se résout en Acide nitrique; uni avec une petite quantité d'Eau il prend une couleur verte foncée. On le produit en décomposant le nitrate de Plomb par la chaleur; il est formé de 30, 5 d'Azote et de 69, 5 d'Oxigène.

ACIDE NITRIQUE. Il se forme constamment dans la nature, et se combine immédiatement à de la Chaux, de la Magnésie ou de la Potasse, dont on le dégage à l'aide de l'Acide sulfurique; liquide, transparent, blanc, odorant, d'une saveur très-forte; ex-posé à l'action de la chaleur comme celle dune vive lumière, il se dilate et se décompose en Acide nitreux et en Oxigène; il attaque vivement les matières animales et les désorganise entièrement; il est formé de 26 d Azote et de 74 d'Oxigène; on l'emploie dans quelques arts.

ACIDE NITRO-MURIATIQUE. V. ACIDE HYDRO-CHLORO-NITRIQUE.

ACIDE OLEIQUE. Il accompagne presque toujours l'Acide margarique; en aiguilles blanches, fusibles à 12°; odeur et saveur rances; peu dissoluble dans l'Eau, fortement dans l'Alcohol.

ACIDE OXALIQUE. On le rencontre assez fréquemment dans beaucoup de substances végétales uni à la Potasse et à la Chaux; on se le procure ordinairement par la décomposition du sel d'Oseille ou par l'acidification du sucre au moyen de l'Acide nitrique, en cristaux prismatiques, sans couleur; très-sapide, très-soluble; exposé au feu, il se fond, se boursouffle et se décompose en 26, 37 de Carbone, 70, 69 d'Oxigène et 2, 74 d'Hydrogène. Découvert par Bergman, en 1776.

ACIDE PHOSPHATIQUE; Dulong a nommé ainsi le troisième degré d'acidification du Phosphore; il est liquide, visqueux, sans couleur, légèrement odorant, très-sapide; on l'obtient par la combustion lente du Phosphore, à la simple exposition de ce corps, au contact de l'air humide; exposé au feu, il passe à l'état d'Acide phosphorique aux dépens de l'Oxigène de l'Eau, dont l'Hydrogène réagit à son tour sur une petite portion d'Acide phosphatique a laquelle il enlève le Phosphore, pour se transformer en Hydrogène phosphoré; ce dernier, dans les vaisseaux ouverts, vient s'enflammer au contact de l'Air atmosphérique. Il est composé de 47, 53 de Phosphore et de 52, 47 d'Oxigène.

ACIDE PHOSPHOREUX. Deuxième degré d'acidification du Phosphore, résultat de la décomposition de l'Eau par le Proto-chlorure de Phosphore; en petits cristaux, sans couleur, très-sapide, inodore, très-soluble; exposé au feu, il se décompose avec production de Gaz hydrogène phosphoré dont la base est due à l'Eau qu'il contient, de Phosphore et d'Acide phosphorique; ses principes sont 57 de Phosphore et 43 d'Oxigène.

ACIDE PHOSPHORIQUE. Découvert par Margraff, et déterminé par Lavoisier qui l'a obtenu de la combinaison directe du Phosphore avec le Gaz Oxigène; on se le procure d'une manière moins dangereuse en traitant le Phosphore par l'Acide nitrique qui lui cède une partie de son Oxigène en se transformanten Acide nitreux; solide, sans couleur, inodore, très-sapide, fort pesant, miscible à l'Eau en toutes proportions; exposé au feu, il se fond et se vitrifie sans éprouver d'altération; décomposable par la pile voltaïque; contenant 44, 46 de Phosphore et 55. 54 d'Oxigène.

ACIDE PRUSSIQUE. V. ACIDE HYDROCYANIQUE.

ACIDE PRUSSIQUE OXIGÈNÉ. V. ACIDE CHLORO-CYANIQUE.

ACIDE PURPURIQUE. Découvert par le docteur Prout; résulte du traitement de l'Acide urique par l'Iode ou le Chlore; pulvérulent, d'un jaune purpurin; peu sapide; insoluble dans. l'Eau et dans l'Alcohol, formant des sels purpurins avec les bases salifiables; décomposable par la chaleur en 31, 81 d'Azote, 27, 27 de Carbone, 4, 54

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d'Hydrogène et 36, 56 d'Oxigène.

ACIDE PYRO-KINIQUE. Résultant de la décomposition de l'Acide kinique par la chaleur; il est cristallisable, sans couleur, inodore, sapide; extrêmement sensible à la présence du Fer qu'il précipite en vert; composé des mêmes élémens que l'Acide kinique, plus un peu d'Oxigène.

ACIDE PYRO-MUCIQUE. Il est formé, pendant la calcination de l'Acide mucique, en cristaux blancs; sapide, inodore, soluble dans l'Eau et dans l'Alcohol, fusible et volatil par la chaleur, puis décomposable en Carbone 52, Hydrogène 2, Oxigène 46.

ACIDE PYRO-URIQUE; obtenu par Chevalier et Lassaigne, en sublimant de l'Acide urique; en petites aiguilles blanches; peu soluble dans l'Eau et l'Alcohol; peu sapide; inaltérable par l'Acide nitrique; décomposable par une haute température en Carbone 28, 4; Azote 16, 9, Hydrogène 10, 1 et Oxigène 44, 6.

ACIDE PYRO-TARTARIQUE. Produit par la distillation de l'Acide tartarique ou même de la crême de tartre; il est en petits cristaux lamelleux, blancs; très-sapide, très-soluble, décomposable par la chaleur en Carbone, Hydrogène et Oxigène.

ACIDE RHEÏQUE. Obtenu par Henderson en exprimant le suc des tiges de la Rhubarbe, en le saturant de Chaux, puis en décomposant le sel par l'Acide sulfurique; cristallisable en aiguilles blanches, sapide, très-soluble; soupçonné de n'être qu'une modification de l'Acide oxalique.

ACIDE ROSACIQUE. Découvert, en 1802, par Prout, dans le sédiment rougeâtre que laissent les urines que l'on nomme vulgairement ardentes; solide, d'un rouge de cinabre trèsvif; inodore, peu sapide; se décompose au feu et paraît ne contenir que peu d'Azote; a beaucoup d'analogie avec l'Acide purpurique du docteur Prout.

ACIDE SACCHARIN. V ACIDE OXALIQUE.

ACIDE SAOCHO-LAOTIQUE. V. ACIDE MUCIQUE.

ACIDE SEBACIQUE, Produit par la distillation des graisses et du suif; en petits cristaux aciculaires, blancs; inodore, peu sapide; soluble dans l'Eau et dans l'Alcohol; l'action de la chaleur le fait fondre et le volatilise; il est soupçonné ne contenir que du Carbone, de l'Hydrogène et de l'Oxigène, sans Azote.

ACIDE SORBIQUE. Découvertpar Donavan en 1815 dans plusieurs fruits, et particulièrement dans ceux du Sorbier; pour l'obtenir on traite le suc par l'Acétate de Plomb qui se décompose, puis on verse de l'Acide sulfurique sur le Sorbate de Plomb formé en cristaux limpides; inodore, très-sapide, très-soluble; transformé en Acide oxalique par l'Acide nitrique; composé de 28, 3 de Carbone, 16, 8 d'Hydrogène et 54, 9 d'Oxigène. Houton-Labillardière a démontré l'identité des Acides sorbique et malique.

ACIDE SPATHIQUE. V. ACIDE FLUORIQUE.

ACIDE SUBERIQUE. Il est produit en traitant au feu 1 p. de LiEge rapé avec 6 p. d'Acide nitrique; sous forme de flocons blanchâtres; inodore, peu sapide, peu soluble dans l'Eau, plus dans l'Alcohol, fusible au feu, à la manière des graisses, et cristallisable, par le refroidissement, en longues aiguilles; décomposable ensuite en exhalant une odeur analogue à celle du suif.

ACIDE SUCCINIQUE. Obtenu par la distillation du Succin, sous forme de cristaux prismatiques; blanc, transparent; saveur acre; inodore; assez soluble dans l'Eau et dans l'Alcohol; fusible, se volatilisant et se décomposant ensuite en 47, 6 de Carbone, 4, 5 d'Hydrogène et 47, 9 d'Oxigène. (DR...Z.)

ACIDE SULFUREUX. Gazeux, invisible, d'une odeur vive, piquante et irritante; d'une saveur forte et désagréable; on l'obtient par la combustion du Soufre sous une cloche fermée par une couche d'Eau, ou par la décomposition de l'Acide sulfurique par un corps combustible; soluble dans l'Eau, passant très-promptement à l'état d'Acide sulfurique; composé de

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50, 7 de Soufre et 49, 3 d'Oxigène; pesanteur spécifique 2, 234; employé pour blanchir la soie, enlever les taches de fruits, muter les vins et les sirops, guérir les maladies de la peau, etc. Il existe en grande abondance dans la plupart des volcans en activité, notamment à l'Etna et au pic du Ténérif, à l'Hécla, au Chimboraço, dans le cratère de Vulcano, etc. Les-solfatares de Pouzzoles, auprès de Naples et de la Guadeloupe, les fissures du cratère Dolomieu, à Mascareigne où Bory l'a reconnu, Je présentent également. Il agit puissamment sur les laves soumises à son action, les décolore, les fait passer à l'état terreux ou les convertit en Sulfate d'Alumine; enfin, on le trouve encore dans certaines grottes, comme à Santa-Fiora, en Toscane, et dans l'île de Milo.

ACIDE SULFURIQUE. Acide vitriolique natif, ou Huile de vitriol naturelle des anciens minéralogies. Liquide, blanc, épais, inodore, très-sapide, susceptible de se concréter et de cristalliser par le refroidissement, à 10 ou 120; miscible à l'Eau dont il élève sur-le-champ la température jusqu'au degré de l'ébullition et même au-delà, suivant les proportions; se vaporisant par une chaleur ordinaire, éprouvant une décomposition prompte lorsqu'on l'expose à toute l'ac ion du calorique. On le prépare en grand par la combustion du Soufre dans de vastes appartenons revêtus de parois de Plomb, et dont le sol est couvert d'Eau dans laquelle les vapeurs acides viennent se condenser. On accélère cette combustion par le mélange d'un 8ede Nitrate de Potasse: l'Acide de ce sel se décompose très - facilement et cède une portion de son Oxigène au Soufre. On concentre ensuite les liqueurs du sol en les faisant évaporer dans des bassines de Platine. Il est composé de 41 de Soufre et de 59 d'Oxigène. De tous lesAcides c'est le plus employé dans les arts et dans les laboratoires. Il existe abondamment dans la nature, à l'état de combinaison avec un grand nombre de bases salifiables, mais il est rare a l'état de pureté; le plus souvent il est combiné avec des Terres ou des Oxides métalliques; les principales de ses combinaisons sont le Gypse, ou Pierre à plâtre, l'Alun, le Spath pesant, les différens Vitriols de Fer, de Cuivre, de Zinc, etc. — Baldassari, professeur de physique à Sienne, est le premier qui l'ait observé, sous forme concrete, en 1776, dans une grotte, au-dessus des bains de SaintPliilippe, sur le mont Amiata; il s'y trouvait en aiguilles déliées sur des concrétions de Chaux sulfatée. Le plus communément, l'Acide sulfurique est en dissolution dansles Eaux thermales des terrains volcaniques, comme dans le Popayan et dans plusieurs des îles de la Sonde, et notamment au mont Idienne, dans l'île de Java, d'après l'observation de Leschenault de la Tour. — Il distille en abondance de la voûte de certaines cavités creusées dans les flancs du cratère de Vulcano, qui sont tapissées de concrétions de Chaux sulfatée et d'Alumine sulfatée, et qui renferment en même temps du. Soufre en combustion. Peu d'heures nous ont suffi pour en remplir plusieurs bouteilles. Bory l'a également observé au volcan de Mascareigne. — L'Acide sulfurique obtenu par la combustion du Soufre, dans les chambres de Plomb, est employé, dans une foule d'arts, et principalement par les teinturiers et les tanneurs, (LUC.)

ACIDE SULFURIQUE GLACIAL; Acide de Nordhausen, résultat de la distillation du Proto-sulfate de Fer; c'est de l'Acide sulfurique très-concentré, pénétré d'Acide sulfureux.

ACIDE SULFURO-BORIQUE. Obtenu par le mélange de l'Acide sulfurique avec une dissolution de Borax; il se précipite sous forme de larges écailles, brillantes, nacrées; peu sapide, peu soluble dans l'Eau et l'Alcohol, se boursoufflant au feu et laissant dégager des vapeurs épaisses d'Acide sulfurique.

ACIDE TARTAREUX, ACIDE TARTARIQUE. Il existe dans beaucoup de parties des Végétaux, et particulièrement dans le suc des fruits où il est combiné avecla Potasse et la Chaux donton

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l'extrait, en le saturant compltement avec la Chaux, et en le dégageant de cette combinaison par l'Acide sulfurique; en cristaux limpides, inodores, sapides; très-dissoluble dans l'Eau, moins dans l'Alcohol; se convertissant en Acide oxalique par l'Acide nitrique, La chaleur le décompose en partie et donne lieu à la production d'Acide pyro-tartarique. Ses principes constituans sont: Carbone 24, 05, Hydrogène 6, 63; Oxigène 69, 32. Il est employé en médecine comme antiseptique et rafraîchissant.

ACIDE TUNGSTIQUE. Solide, jaune, inodore, insipide, insoluble dans l'Eau et dans l'Alcohol, inaltérable au feu; composé de 79 de Tungstène et 21 d'Oxigène; nommé aussi Acide Schéelique du nom de Schèele qui l'a découvert dans le Wolfram.

ACIDE URIQUE. C'est encore à Schèele qu'est due la découverte de cet Acide qu'il nomma d'abord Acide lithique, parce qu'il l'avait obtenu en analysant des calculs humains triturés avec la Potasse et décomposés ensuite par l'Acide hydro-chlorique; l'Acide urique se précipite en paillettes brillantes d'un blanc jaunâtre, inodores, insipides; très-peu soluble dans l'Eau, insoluble dans l'Alcohol; il est décomposable par l'Acide nitrique et par le Chlore gazeux; par l'action de la chaleur il se décompose en partie, et produit de l'Acide pyro-urique. Ses principes constituans sont: Azote 39, 16; Carbone 33, 61; Hydrogène 8, 34; Oxigène 18, 89. On ne l'a encore trouvé que dans les calculs et dans l'urine de l'Homme et des Oiseaux.

ACIDE VITRIOLIQUE. Nom que portait l'Acide sulfurique lorsqu'on Pobtenait de la dissolution du Vitriol résultant de la décomposition des Pyrites martiales.

ACIDE ZOONIQUE. Nom donné par Berthollet à l'Acide acétique impur obtenu dans la distillation des matières animales. (DR..Z.)

ACIDIFÈRES (Substances). MIN. Composés dans lesquels il entre un Acide. Haüy s'est servi de cette épithète pour qualifier la grande division

dans laquelle il a placé toutes les substances minérales qui admettent, dans leur composition, uneTerre ou un Alcali, et quelquefois tous les deux unis à un Acide, V. MINERALOGIE. (DR..Z.)

ACIDIFIABLES (Bases).MIN. C'est ainsi que l'on nomme les substances qui, par leur combinaison avec tel ou tel principe, acquièrent les propriétés qui caractérisent cette grande série de composés appelés Acides. Le principe qui s'unit alors à ses bases se nomme par la même raison Acidifiant. (DR.. Z.)

ACIDIFIANTS Principes). Voy.ACIDIFIABLES. (DR..Z.)

* ACIDITE. Saveur acide, Voy. ACIDE.

ACIDOTON. BOT. PHAN. Genre établi par Browne dans son Histoire naturelle de la Jamaïque (p. 355), et réuni plus tard au genre Adelia de Linné, V. ADELIE. (AR.)

* ACIDULE. Nom donné à quelques Sels qui existent naturellement à l'état de combinaison avec un excès d'Acide. (DR..Z.)

ACIER. MIN. Proto-carbure de Fer.(Thénard.) Modification particulière du Fer, ou plutôt sa combinaison avec le Carbone dans des proportions variables entre un et vingt millièmes.

On distingue deux espèces d'Aciers factices: l'Acier de fonte et l'Acier de cémentation. Le premier s'obtient par la fusion à une température extrêmement élevée, d'un mélange de copeaux de Fer doux avec le Carbonate de Chaux et l'Argile cuite. La conversion du Fer en Acier par la cémentation consiste à placer des barreaux de Fer doux, de quelques lignes de carré, dans des creusets remplis de poussière de charbon, de manière que les barreaux en soient enveloppés. On porte les creusets au fourneau ou l'on entretient la chaleur rouge pendant douze à quinze heures. Par ces opérations, des molécules de Carbone pénètrent les molécules de Fer, et il en résulte une espèce de Proto-carbure de Fer ou Acier, dont les propriétés diffèrent de celles du Fer. Il a plus de dureté, de ductilité et de fusi-

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bilité; son grain est plus fin, plus serré, et sa densité comme sa dureté peuvent être encore augmentées au moyen de la trempe, qui n'est que la brusque immersion de l'Acier rougi dans l'Eau froide, et le resserrement des molécules par le passage subit d'une température à une autre très-opposée.

L'art de fabriquer l'Acier remonte à l'époque la plus reculée, car c'est à l'Acier que l'on fut redevable du ciseau par lequel furent enfantés les chefs-d'œuvre merveilleux qui ont résisté aux atteintes du temps, en échappant aux ravages de la barbarie et des révolutions. C est avec l'Acier que l'on prépare les instrumens destinés à entamer les corps les plus durs, à recevoir le tranchant le plus acéré, à obéir à la plus grande force d'élasticité, etc. L'Acier est susceptible d'un poli qui le fait employer dans les objets de luxe les plus délicats.

La nature a montré quelques mines d'un Acier qui surpasse même en propriétés celui que les hommes façonnent. Dans le nombre de ces Aciers natifs on distingue celui récemment découvert à Bombay, et qui a reçu le nom de Wootz; rien n'égale la dureté de ce Minéral, dans lequel Faraduy a trouvé sur 460 grains 0, 00065 de Silice et 0, 0013 d'Alumine. Il est à présumer que dans l'alliage ces aeux substances sont à l'état métallique. L'Acier natif de la Bouiche en Auvergne, quoique trouvé en assez grandes masses (il y en avait du poids de plus de seize livres) par Cocq et Monier, n'a point été employé comme celui de Bombay à la fabrication d'instrumens divers. (DR..Z.)

ACIER NATIF. (Pseudo-Volcanique.) MIN. V. FER PROTO-CARBURÉ NATIF. (LUC.)

* ACILLACAS. BOT. PHAN. (Belon.) Syn. de Chêne, dans l'île de Crête. (B.)

ACINACEE. Acinacea. POIS. Genre de la division des Thoraciques de Linné qui rentre dans l'ordre des Acantoptèrygiens, famille des Scombéroïdes de

Cuvier, et que nous avons établi dans la relation d'un voyage aux quatre îles des mers d'Afrique. Ses caractères consistent dans la forme oblongue et comprimée latéralement d'un corps dout la peau est dépourvue d'écailles; dans un sillon longitudinal régnant sur le vertex qui est applati; dans l'inégalité des mâchoires dont l'inférieure est la plus longue; dans l'insertion, à la partie antérieure du palais, de cinq dents fort différentes de celles qui garnissent les mâchoires sur un rang, enfin, dans les fausses nageoires disposées en dessus et en dessous, sur les espaces qui demeurent entre la dorsale, l'anale et la caudale. Une seule espèce d'Acinacée a été observée jusqu'à ce jour, elle a été omise dans les ouvrages d'Histoire naturelle publiés depuis que nous la fîmes connaîtré.

ACINACÉE BATARDE, Acinacea notha, Bory. V. T. I. pl. 4. f. 2. Nous en reproduisons ici la figure (V. les livraisons de planches de ce Dictionnaire). Sa forme rappelle celle de l'Esox Bellone, L. F. Orphie. Elle acquiert plus de deux pieds de longueur. Sa couleur est triste et noirâtre, avec des teintes bleues vers le dessus au dos; les côtés du corps et dela tête sont grisâtres; quelquefois on y voit des taches argentées. Les opercules sont épineux; des arêtes intérieures, situées sous la peau, y produisent des sillons peu sensibles inclinés sur la ligne latérale. B. 7. d. 29/11. P... V. 4. A. 11. C.... bifurquée. L'Acinacée bâtarde habite la haute mer Atlantique entre les Tropiques; elle a des traits de ressemblance avec lesOrphies et les Scombres. C'est un Poisson fort vorace. (B.)

* ACINACIFORME. BOT. PHAN. C'est-à-dire en forme de sabre. Les feuilles de certaines Crassules et les légumes de certains Dolichos sont Acinaciformes. V. FEUILLES. (B.)

* ACINAIRE. Acinaria, BOT. CRYPT. (Hydrophytes?) Genre établi par Raffinesque, qu il est nécessaire de mieux examiner, et dont les caractères consistent, selon ce naturaliste, en un thallus creux et articulé, poly-

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morphe, dívísé en lanières étroites, planes, et dont les nervures sont longitudinales. La fructification est disposée au-dessous des lanières, sur deux ou trois rangs longitudinaux, et formée de grains mous, arrondis, rouges, semblables à de petites gales. Il en existe quatre espèces qui toutes croissent dans les eaux de diverses rivières de l'Amérique septentrionale. Ces espèces sont;

ACINAIRE FLEXUEUSE. A.flexuosa. A lanières linéaires, aiguës, flexueuses, ondulées, éparses.

ACINAIRE COCCIFERE. A. coccifera, A lanières linéaires, lancéolées, éparses, obtuses, planes.

ACINAIRE A LARGES FEUILLES. A. latifolia. A souche dichotome; lanières terminales, étroites; grains conglobés, brun-rougeâtre.

ACINAIRE A FEUILLE DE SAULE. A. salicifolia. A lanieres linéaires, aiguës, planes; grains terminaux spiciformes.

Raffinesque regarde ce genre comme appartenant à la famille des Fucoïdes ou Fucacées. Un nouvel examen de ses espèces semble nécessaire; car les caractères de la dernière et même de la troisième paraissent en contradiction avec les caractères génériques par rapporta la disposition de la fructification.

Les noms d'ACINAIRE, ACINARIA et ACINARIUS ont aussi été donnés par d'anciens botanistes, et par Roussel (Flor. du Calvad.) à de véritables Fucacées du genre Sargasse, démembrement des Fucus de Linné. V. SARGASSE. (B.)

ACINIER. BOT. PHAN. Syn. d'Aubépine, Cratœgus Oxyacantha, L. dans quelques parties de la France. (B.)

* ACINODENDRUM. BOT, PHAN. (Pluknet.) Syn. de Mélastome. (B.)

* ACINOPE. Acinopus. INS. Genre d'insectes de l'ordre des Coléoptères. Etabli récemment par Ziégler, aux dépens des Harpales de Bonelli: il comprend quelques espèces, parmi lesquelles nous citerons, 1° l'Acinopus megacephalus, d'Illiger, qui est le même que le ténébrioïdes, de Dufts-chmid, ou le pasticus, de Germar; il se trou ye dans le midi de la France. Le général Deiean (Catal. des Coléoptères, 1821) est le premier, parmi les Entomologistes français, qui ait adopté ce genre, dont nous ne connaissons pas encore les caractères, et que nous citons ici pour qu'on ne fasse pas un double emploi du nom qu'il a reçu. (AUD.)

ACINOPHORE. Acinophora. BOT. CRYPT. (Lycoperdacées.) Ce genre a étédécrit par Raffinesque dansle Journal de Botanique, vol. 4. p. 375. Il lui donne le caractere suivant: peridium stipité, d'abord globuleux, ensuite multifide, s'ouvrant en plusieurs valves et contenant des gongyles moux aciniformes. Il n'est pas probable que ce que Raffinesque indique comme des gongyles soient réellement les graines de ce Champignon, les graines de ces Plantes étant toujours d'une extrême ténuité. Il est plus probable que ce sont des péridium secondaires analogues à ceux du genre Polysaccum avec lequel le genre Acinophora paraît avoir beaucoup de rapport, mais dont il diffère cependant par son mode de déhiscence.

La seule espèce, décrite par Raffinesque, Acin. aurantiaca, habite les bois de la Pensylvanie; elle est de couleur orangée; son stipe est cylindrique. Le péridium s'ouvre en six valves; les gongyles sont arrondis et rouges. (AD B.)

ACINOS. BOT. PHAN. V. ACYNOS. On a aussi donné ce nom au Clinopode vulgaire, Clinopodium vulgare. (B.)

* ACINOTUM. BOT. PHAN. Quatrième section du genre Mathiola de De Candolle. V. MATHIOLA. (B.)

ACINTLI.ORN. V. YACACINTLI.

ACIONE OU ACIONA. MOLL. Nom donné par le docteur Leach (Zool. Miscel.T. II. p. 80.) au genre Scalaire de Lamarck. V. SCALAIRE. (F.)

ACIPAQUITLI.POIS. (Hernandez.) Syn. de la Scie, Squalus Pristis, L. sur les côtes du Mexique. (B.)

ACIPE OU ACIPENSÈRE. POIS. Syn. d'Esturgeon. V. ce mot. (B.)

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ACISANTHERE. Acisanthera. BOT. PHAN. Sous ce nom, Browne a décrit dans son Histoire de la Jamaïque, et figuré t. 22, une Plante de ce pays que Linné rapporta au genre Rhexia. Depuis elle en a été séparée et même reportée dans une autre famille, celle es Salicaires, où elle constitue un genre caractérisé par un calice ventru, cinq pétales, dix étamines sagittées et vacillantes, une capsule recouverte et couronnée par le calice, arrondie, à deux loges polyspermes.

La seule espèce de ce genre, Acisanthera quadrata (Rhexia acisanthera), est une herbe élevée au plus de quatorze à seize pouces; de sa tige ferme et carrée partent, vers le sommet, des rameaux nombreux à feuilles ovales, crenelées, trinervées, opposées par paires, à l'aisselle desquelles sort une fleur solitaire. (A. D. J.)

ACITLI. OIS. (Hernandez), c'està-dire, Lièvre d'eau. Syn. de Grèbe cornu, Colymbus cornutus, Gmel. chez les Mexicains. V. GREBE. (B.)

ACKERMAUS. MAM. Syn. de Campagnol, V. ce mot. (B.)

* ACKSOUM. BOT. PHAN. (Horneman.) Syn. de Fenouil dans le nord de l'Afrique. (B.)

* ACLADIUM. BOT. CRYPT. (Mucédinées.) Ce genre a été établi par Link; il lui donne le caractère suivant: filamens cloisonnés, droits, simples ou à rameaux fastigiés, réunis en touffes serrées; sporules ovales rassemblées au sommet des rameaux.

Ce sont de très-petites espèces de Champignons qui croissent sur les bois morts ou ils forment des taches d'un aspect pulvérulent. Link en a décrit quatre espèces; il y rapporte le Dematium herbarum, Pers. Ce genre ne diffère des Virgaria de Nées, qu'en ce que ces derniers sont plus rameux, et ont leurs sporules éparses sur les sommets des rameaux, et non réunies en groupes serrés et distincts comme dans les Acladium. (AD. B.)

ACLADODE. Acladodea. Ruiz et Pavon ont décrit et figuré sous ce nom (Prodr. Flor. Péruv. t. 29) une Plante de la famille des Sapindées qui paraît congénère du Talisia d'Aublet. V. TALISIA. (AD.B.)

ACLEIDIENS. MAM. Nom proposé pour la seconde famille des Rongeurs, composée d'Animaux qui n'ont que des rudimens de clavicule ou qui en manquent entièrement. V. RonGEURS. (B.)

ACMELLE. Acmella. BOT. PHAN. Famille des Synanthèrées de Richard, Corymbifères de Jussieu, Syngénésie Polygamie superflue, L. Ce genre, établi par Richard père, renferme quelques espèces de Spilanthes qui different de ce genre par des caractères fort tranchés: leur involucre commun est simple, évasé, formé d'une seule rangée de folioles allongées; le phorante est conique trèsallongé, garni d'écailles, dont une accompagne la base de chaque fleur: celles-ci sont radiées; les demi-fleurons de la circonférence sont femelles et fertiles; le disque, qui est très-sailsant, est garni de petits fleurons hermaphrodites et fertiles. Le fruit est ovoïde tronqué et nu à son sommet. — Ce genre se compose d'environ six espèces, la plupart originaires d'Amérique. Ce sont de petites Plantes herbacées, ordinairement annuelles, portant des feuilles opposées et des calathides jaunes solitaires soutenus par des pédoncules axillaires trèslongs. (A. R.)

ACNIDE. Acnida. BOT. PHAN. Genre de la famille des Atriplicées, Dioécie Pentandrie, L., dont les deux espèces connues, toutes deux herbabcées et à fleurs disposées en grappes axillaires, habitent ensemble les marais salés de la Virginie. Voisines de l'Epinard, les Acnides sont comme lui dioïque. Leurs fleurs mâles ont un calice à cinq divisions profon-des, dú fond duquel s'elèvent les cinq étamines: celui des fleurs femelles est divisé en deux parties seulement, et de plus entouré d'un involucre à plusieurs folioles; l'ovaire, surmonté de

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trois, quelquefois de quatre ou cinq stigmates sessiles, devient un akène anguleux que recouvre le calice charnu et persistant. (A. D. J.)

* ACO. POIS. Syn. de Sardine dans quelques parties de l'Italie septentrionale. (B.)

* ACOALT. REPT. OPH. Serpent peu connu, habitant les marais des régions tempérées de l'Inde. Il n'est pas vénimeux. Ses couleurs sont le bleu et le noir avec un peu de jaune vers la tête. (B.)

* ACOCOLIN. OIS. Nom sous lequel Lachesnaye des Bois a confondu deux Oiseaux du Mexique, dont le premier est certainement un Pic, et le second peut - être une autre espèce du même genre, encore que Klein en ait fait un Lanier. (B.)

ACOHO. OIS. Dénomination de la volaille à Madagascar, selon Flacourt. On y nomme le Coq Acoho-lahé et la Poule Acoho-vaue. Ces Coqs et ces Poules sont de races fort variées, dont les unes comparables à celles qui sont le plus communes en France, et les autres si petites que leurs œufs ne sont pas plus gros que ceux de nos Pigeons. (B.)

* ACOHO-LAHE-HALE. OIS. Espèce de Faisan de Madagascar, que Flacourt dit ressembler absolument à celui d'Europe; mais il dit ailleurs qu'il a le bec long et crochu. (B.)

ACOLALAU. INS. (Flacourt.)Ecrit, par quelques-uns, Acolalen, Acolalon ou Acolalaan. Syn. de Blatte, à Madagascar, et même de l'espèce que Linné a nommée Americana, qui s'est naturalisée dans tous les pays chauds où les Européens ont pénétré par mer avec des denrées d'Amérique. Voy. BLATTE. (B.)

ACOLCHI. OIS. Nom formé par contraction ou plutôt par corruption d'Acolchichi. V. ce mot. (B.)

ACOLCHICHI. OIS. Nom de deux Oiseaux du Mexique, dont l'un, mentionné par Hernandez, estle Commandeur, Oriolus phœniceus, L., et l'autre un Troupiale, Icterus mexicanus de Brisson. (B.)

ACOLI. OIS. Nom donné par Le Vaillant (Ois. d'Afrique, n° 31) à une Soubuse, Falco Acoli de Latham. (B.)

ACOLIN. OIS. Appelé aussi Caille aquatique par Hernandez, est une espèce peu connue de Râle, qui paraît propre au grand lac de Mexico. (B.)

* ACOLIUM. BOT. CRYPT. (Lichens.) Nom donné par Achar à une section du genre Calicium, qui renferme les espèces à scutelles sessiles. V. CALICIUM. (AD. B.)

* ACOLLE. L'un des alimens des Brésiliens, au temps de Pison. Il consistait dans de la farine de Maïs mêlée de chocolat. V. GOFIO. (B.)

ACOMAT. BOT. PHAN. V. HOMALIUM. On a donné vulgairement le même nom à divers autres Arbres.

ACOMAT A CLOCHES est l'Heister, à la Martinique.

ACOMAT BLANC est le Syplochos, dans les Antilles.

ACOMAT VIOLET est l'Elastaphyllum, àSt.-Domingue. V. ces mots.(B.)

ACONA ou BOIS CAMBOYE. BOT. PHAN. Noms donnés aux Antilles par les Caraïbes ou par les Créoles au Myrthus Gregii, Swartz. (B.)

* ACONDRE. BOT. PHAN. Variété de Bananier qui croît à Madagascar, et dont, selon Flacourt, le fruit est extrêmement petit. (B.)

ACONIT. Aconitum, L. BOT. PHAN. Renonculacées de Jussieu, Polyandrie Trigynie, L. Le genre Aconit offre un calice pétaloïde formé de cinq sépales irréguliers; le sépale supérieur est plus grand, convexe, creux, ayant tantôt la forme d'un casque, tantôt celle d'un capuchon; les deux inférieurs sont les plus petits; ils sont planes, ainsi que les deux moyens. La corolle se compose de deux pétales irréguliers, dressés et renfermés sous le sépale supérieur; ils sont longuement onguiculés et canaliculés à

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leur base, formant supérieurement une sorte de petit capuchon à sommet obtus, recourbé, contenant une grosse glande dans son intérieur; l'ouverture de ce capuchon se prolonge antérieurement en une languette allongée, obtuse, légèrement émarginée. Les étamines, dont le nombre varie de trente à quarante, ont les filamens planes et élargis à la partie inférieure. On trouve au centre de la fleur trois ou cinq pistils fusiformes, terminés en pointe à leur sommet; ils se changent en autant de capsules allongées, libres, cylindriques, un peu divergentes, terminées en pointe oblique, à une seule loge qui renferme un assez grand nombre de graines disposées sur deux rangs longitudinaux du côté interne: ces capsules s'ouvrent par toute la longueur d'une suture longitudinale qui règne sur leur côté interne. —Les Aconits sont des Plantes herbacées, à racines vivaces, ordinairement tubéreuses et fasciculées; leurs feuilles sont alternes, découpées en lobes digités; leurs fleurs sont bleues ou jaunes, disposées en panicule. — Sur les vingt-huit à trente espèces de ce genre que l'on connaît, environ onze croissent en Europe, onze en Sibérie, une au Japon, une dans l'Amérique du nord, une est commune à la Sibérie et à l'A-mérique septentrionale; l'habitation des autres est moins certaine.

On a réparti les espèces du genre Aconit en quatre sections:

I. ANTHORA. Fleurs jaunes, sépale supérieur en casque convexe, feuilles divisées en lobes linéaires, capsules au nombre de cinq.

II. LYCOCTONUM. Fleurs jaunes très-rarement bleues, sépale supérieur en capuchon conique obtus, feuilles en lobes cunéiformes, capsules au nombre de trois.

III. NAPELLUS. Fleurs bleues ou blanches, sépale supérieur en casque convexe, feuilles en lobes linéaires, capsules au nombre de trois.

lV. CAMMARUM. Fleurs bleues ou blanches, sépale supérieur en forme de capuchon obtus, feuilles décour-pées en lobes cunéiformes, capsules au nombre de cinq.

Les Aconits sont en général des Végétaux très-vénéneux, qui doivent être rangés au nombre des poisons âcres. Leurs propriétés délétères existent surtout dans la racine et les feuilles des espèces qui appartiennent à la section des Napels, et particulièrement dans l'Aconit Napel, Aconitum Napellus, L. Cependant plusieurs auteurs ont recommandé l'emploi de l'extrait de Napel, comme un remède très-efficace dans certaines affections chroniques, telles que le rhumatisme, la goutte, les maladies de la peau, la syphilis, etc. Le professeur Fouquier, qui a soumis ce médicament à un grand nombre d'essais, ne lui a reconnu pour effet constant que l'action qu'il exerce sur l'appareil urinaire, dont il active les fonctions. Il est donc simplement diurétique; et, sous ce rapport, son emploi a souvent été trèsutile dans les hydropisies anciennes et rebelles. Là dose de l'extrait d'Aconit est d'un à vingt grains donnés graduellement. (A. R.)

ACONTAONIA. BOT. PHAN. Syn. d'Agati, Æschynomene, chez les Caraïbes. (B.)

* ACONTIA. BOT. CRYPT. (Champignons.) Hill (Hist, of Plant.) a donné ee nom à un genre renfermant les espèces stipitées, du genre Hydnum, de Linné. Adanson avait déjà distingué ce genre, sous le nom de Bidona. V. Hydnum. (AD. B.)

ACONTIAS. REPT. OPH. Genre établi par Cuvier, aux dépens du genre Orvet, V. ce mot, et que composent de petites espèces de Serpens entièrement dépourvus de sternum, de vestiges d'épaules et de bassin; leurs côtes antérieures se réunissent l'une à l'autre sous le tronc, par des prolongemens cartilagineux; ils n'ont qu'un poumon médiocre et un très-petit, leurs dents sont faibles et coniques; on les reconnaît aisément à leur museau, comme enfermé dans une sorte de masque. Les espèces les mieux

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connues de ce genre sont au nombre de deux.

L'AVEUGLE, Acontias cœcus, de Cuvier, qui est un petit Serpent de l'Orient, entièrement privé de la vue.

La PEINTADE, Aconthias Meleagris, Cuvier. Anguis Meleagris, L. Encyc. Serp. pl. 30. f. 1. d'après Séba. Serpent de la Guyane, que quelques auteurs disent aussi se trouver dans l'Inde. Il a cent soixante-cinq rangs d'écaillcs sous le corps, et trente-deux sous la queue; sa couleur est verdâtre en dessus, avec huit rangées longitudinales de points noirs et bruns. — Daudin a fait mal à propos un Erix de ce Serpent, puisque ses écailles inférieures ne sont pas plus grandes que lcs autres.

Le nom d'ACONTIAS avait été donné par les Grecs à un Serpent fabuleux, qu'on supposait s'élancer comme un trait contre les passans. Daudin l'a aussi appliqué à une espèce do Vipère. V. ce mot. (B.)

* ACOPA. BOT. PHAN. Nom ancien du Menianthes trifoliata, L. V.MÉNIANTHE. (B.)

ACOPIS ou ACOPOS. MIN. Pierre précieuse qui, selon Pline, était transparente comme du verre, avec des taches couleur d'or, et des trous comme la pierre ponce; on lui attribuait des vertus médicales; nous ne pouvons la rapporter à aucune substance connue. (B.)

* ACOPON. BOT. PHAN.(Dioscoride.) Syn. d'Anagyris. (B.)

* ACOPUS. BOT. CRYPT (Champignons.) Nom donné par Frics à une section du genre Polypore, caractérisée par l'absence de stipe. V. POLYPORE. (AD. B.)

ACORE. Acorus, L. BOT. PHAN. Aroïdées de Jussieu, Hexandrie Monogynie, L. Ce genre, que plusieurs auteurs ont rapporté à la famille des Joncs, nous paraît devoir être définitivement rangé dans celle des Aroïdées, soit à cause de son port, soit à cause de ses caractères: son calice est globuleux, à six divisions profondes et persistantes; les étamines sont au nombre de six, à peu près de la longueur du calice, opposées à ses divisions; l'ovaire est globuleux, à trois loges, renfermant plusieurs graines; le stigmate est sessile; le fruit est une capsule triangulaire ou globuleuse, entourée et recouverte en partie par le calice.—Ses fleurs sont her-maphrodites, disposées en une sorte d'épi serré, qui naît du milieu de la tige.

Ce genre ne renferme que deux espèces, l'Acorus Calamus, L. beaucoup plus grand dans toutes ses parties, dont la tige est plane, foliacée et très-longue au-dessus de l'épi de fleurs. Il croît en Normandie, en Bretagne, en Alsace, en Belgique, en Prusse, dans l'Inde, au Japon, etc. C'est sa racine que l'on trouve maintenant répandue dans le commerce, sous le nom de Calamus aromaticus. Elle est odorante et stimulante; on la mêle à l'eau-de-vie de grain, connue sous le nom d'eau-de-vie de Dantzick, c'est elle qui donne à celle-ci le goût aromatique qui la distingue; elle se mange aussi confite, et l'Ondatra s'en nourrit, dans le nord de l'Amérique.

L'autre espèce est l'Acorus gramineus, dont les feuillessont très-étroites, la tige et l'épi plus petits. Il est originaire de la Chine. Son fruit est globuleux et legèrement charnu, (A. R.)

ACORE FAUX, nom donné à une espèce d'Iris, Iris Peudo-Acorus, L. V. IRIS. (A. R.)

ACORES. Nom portugais de l'Epervier que, sur la foi du compilateur Prevost, dans son Histoire générale des Voyages, on croit avoir existé en si grand nombre dans les îles Açores, quand on en fit la découverte, que celles-ci en retinrent le nom: Nous trouvons que ces îles s'appelèrent, dans l'origine et pendant long-temps, (les Flamandes. Le nom d'Acores, dont on a fait Açores, est postérieur; il est probablement venu des cotes Açores, c'est-à-dire, en terme de mer, coupées à pic, qui circonscrivent la plupart des îles de cet archipel, où nous n'avons pas vu plus d'Eperviers que partout ailleurs. (B.)

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* ACORYNE. Acorynus. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères et de la section des Tétramères, établi par Dejean (Catalog. de Coléoptères. 1821). Il avoisine les genres Calandre et Cosson de Fabricius. Du reste, nous ne connaissons pas encore les caractères qu'il lui assigne. L'auteur en possède deux espèces: l'une, qu'il nomme Acorynus striatus, se trouve à Cayenne; l'autre, l'Acorynus morbillosus, est originaire du Brésil, (AUD.)

ACOSTA. BOT. PHAN. Ce genre, établi par Ruix et Pavon et figuré, t. 6. de la Fl. Péruv. et T. I. du Prodrome, paraîtrait devoir être rapporté au Moutabea d'Aublet, Voy. ce mot, auquel il ressemble par le port, l'insertion des parties et la plupart des caractères. Il en diffère cependant par le tube de sa corolle fendu jusqu'à la base, par sa baie qui, au lieu de trois loges et trois graines, en présente cinq, et enfin par son filet (nectaire de Ruiz et Pavon), dont le bord porte une anthère unique à huit ondulations, tandis que celui du Moutabea, pétaloïde de même, et inséré sur le tube de la corolle, présente sur son bord cinq dents, et à l'extrémité de chacune d'elles une anthère. Ce filet est-il un connectif, et l'anthère unique dans les deux fleurs est-elle à huit loges dans la première, à cinq dans la seconde?Quoi qu'il en soit, la place de ces deux genres, soit unis, soit séparés, reste encore incertaine.

Loureiro a nommé aussi Acosta un Arbrisseau de la Cochinchine qui semble congénère du Vaccinium, dont il ne diffère que par une cinquième partie ajoutée à sa fructification, et par ses feuilles opposées.

Sous le nom d Acosta, enfin, Adanson, et après lui Scopoli, font, du Centaurea spinosa de Linné, un genre dont le caractère est l'absence d'aigrette. (A. D. J.)

* ACOTOTLOQUICHITL. OIS. (Hernandez.) Espèce de petit Oiseau du Mexique, qui habite les roseaux, a un chant désagréable, des couleurs tristes, la taille du Moinean, et le bec noir; il est impossible de déterminer sur de tels renseignemens à quel genre il appartient. (B.)

ACOTYLEDONES. BOT. On donne actuellement ce nom, dans la méthode naturelle, à l'une des trois grandes divisions du règne vétégal qui renferme les Plantes dont l'embryon est dépourvu de cotylédons. —On sait que c'est à Jussieu qu'est duo cette première division des Vélégaux fondée sur l'absence, la présence et le nombre des cotylédons; mais autant la distinction des Monocotylédonés et des Dicotylédones est en général tranchée, autant la limite, entre les Monocotylédones et les Acotylédones, est difficile à déterminer; ainsi, sans parler de la famille des Nayades que Jussieu avait d'abord rangée par mi les Acotylédones, et dont presque tous les genres ont été réunis depuis, soit par Jussieu lui-même, soit par d'autres botanistes, à des familles Monocotylédones ou Dicotylédones, il reste encore plusieurs familles trèsnaturelles sur la position desquelles les botanistes, quise sont le plus occupés des familles naturelles, ne sont pas d'accord; telles sont les Fougères, les Lycopodiacées, les Marsiléacées, les Equisetacées et les Characées que Jussieu et Richard laissent parmi les Acotylédones, tandis que De Candolle et Brown les placent parmi les Monocotylédones, en en faisant une classe à part sous le nom de Monocotylédones Cryptogames. Ces Plantes réunissent en effet quelquesuns des caractères des vraies Acotylédones à plusieurs de ceux des Monocotylédones, et leur germination, difficile à observer, est trop différente de celle de tous les autres Végétaux, pour qu'on puisse les rapporter avec Certitude à l'une ou à l'autre de ces divisions; ainsi, les organes qu'on a considérés comme des cotylédons, dans les Fougères, les Lycopodes et les Marsiléacées, les seules Plantes de cette classe dont on ait observé la germination, paraissent différer es-

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sentiellement des vrais cotylédons, en ce qu'ils semblent ne pas préexister à la germination, mais se développer seulement pendant quelle a lieu: cette observation s'applique surtout à la germination des Fougères, car celle du Salvinia, décrite par Vaucher, et surtout celle de la Pilulaire, offrent une analogie beaucoup plus marquée avec celle des Plantes Monocotylédones; tandis que celle des Lycopodes, figurée par Salisbury, ressemble davantage à celle des Dicotylédones. — La petitesse de ces graines ne permettant pas d'observer la structure de l'embryon avant son développement, on ne peut pas en-core résoudre la question, et savoir si ce sont de vrais cotylédons; ce n'est que par des observations nombreuses sur les genres les plus différens de ces familles qu'on pourra parvenir à éclaircir ce point embarrassant de physiologie végétale. — De Candolle et Robert Brown, fondant également les trois grandes divisions au règne végétal sur la structure interne des Plantes et sur le mode de développement de l'embryon, ont placé ces familles parmi les Monocotylédones, parce que leurs tiges sont pourvues de vaisseaux comme toutes les Plantes cotylédonées, tandis qu'ils n'ont regardé comme Acotylédones que les Plantes composées uniquement de tissu cellulaire sans vaisseaux. — Quelques auteurs ont même cru retrouver, dans ces dernières Plantes, des cotylédons; ainsi, on a indiqué les filamens rameux et articulés qui se voient à la base des mousses, au moment de leur germination, comme analogues aux cotylédons; mais on doit convenir que la structure, la position et le développement de ces filamens sont trop differens de ceux des cotylédons, pour qu'on puisse les comparer à ces organes. Enfin, quelques auteurs ont prétendu distinguer, jusque dans les Champignons, des cotylédons, une radicule et une plumule; ainsi, Ehrenberg décrit les graines de ces Végétaux comme des embryons nus, tantôt acotylédons exorrhizes, tantôt monocotylédons endorrhizes. Il est facile de voir, d'après ses pro-pres figures, combien ces analogies sont fausses, et de s'assurer qu'il n'existe rien dans ces Plantes qu'on puisse comparer à des cotylédons, à une radicule ou à une plumule.

La germination de ces Végétaux, celle des Algues et de quelques-unes des Plantes confondues sous le nom de Conferves, paraît n'être, en effet, qu'un simple allongement des graines ou sporules qui a lieu tantôt sur un seul point, tantôt sur deux points opposés. Les filamens ainsi développes sont quelquefois simples; le plus souvent ils se ramifient. Dans les Conferves, ils restent libres et distincts; dans les Champignons, ils s'entrecroisent et forment une sorte de thallus ou de membrane, sur laquelle pousse le Champignon lui-même, et de laquelle naissent en-dessous les racines.

On voit, par cet exposé, combien ce développement diffère de celui des autresVégétaux, etcombienilseraitdifficile de rapporter ce mode de germination à celui des Plantes Monocotylédones ou Dicotylédones; mais quelle que soit l'opinion qu'on adopte sur ces divers modes de germination, on doit convenir que les caractères qu'ils fournissent permettent de diviser la Cryptogamie de Linné en trois classes trèsnaturelles, dans lesquelles les caractères, tirés de la structure de la Plante, sont parfaitement d'accord avec les caractères tirés du mode de germination.

Dans la Ire classe, les graines se développent irrégulièrement par un ou plusieurs points de leur surface, sans produire de plumule et de radicule distinctes. — La Plante est entièrement composée de tissu cellulaire ou de filamens tubuleux entrecroisés; elle ne présente jamais de feuilles: tous ces Végétaux paraissent entièrement dépourvus d'organes sexuels. Cette classe renferme sept familles, dont plusieurs sont probablement encore susceptibles de divisions: les Conferves, les Algues, les Hypoxylées, les Urédinées, les Mucédinées, les Lyco-

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perdacées, les Champignons et les Lichens.

Dans la IIe classe, les graines se développent par un ou deux points de leur surface, et produisent toujours une plumule et une ou plusieurs radicules; on n'y distingue pas de cotylédons. La Plante est entièrement composée de tissu cellulaire, et présente des appendices foliacés. Malgré les recherches de plusieurs observateurs célèbres, il reste encore beaucoup de doute sur l'existence et la structure des organes sexuels de ces Végétaux; c'est à cette classe qu'appartiennent les deux familles des Mousses et des Hépatiques.

Dans la IIIe classe, l'embryon offre dans son développement un appendice latéral qui présente une grande analogie avec un cotylédon; il y a une plumule et une radicule distinctes; la tige est pourvue de vaisseaux et de feuilles. — L'existence des organes mâles et femelles paraît bien prouvée dans quelques-unes des familles qu'elle renferme, et particulièrement dans celle des Marsiléacées. Dans d'autres familles, au contraire, telles que celle des Fougères, on n'a pu rien découvrir d'analogue à ces organes, quoique les rapports intimes, qui unissent ces différens ordres, ne permettent presque pas de douter de leur existence. Les cinq familles, qui appartiennent à cette classe, sont: les Characées, les Equisétacées, les Fougères, les Lycopodes, les Marsiléacées. F. les noms de toutes ces familles. (AD. B.)

ACOUCHI ou AKOUCHY. MAM. Espèce de Cabiai. V. ce mot. (B.)

ACOUCI. BOT. Espèce d'Apocyn. V. ce mot. (B.)

ACOUCOUHUE. BOT. PHAN. Syn. de Café occidental, chez les Caraïbes. F. Café. (B.)

ACOULEROU. BOT. PHAN. Syn. de Cacte, chez les Caraïbes? (B.)

ACOULIARANNE. BOT. PHAN. Syn. d'Euphorbe en tête, Euphorbia capitata de Lamarck, chez les Arabes. (B.)

ACOUPA. POIS. Espèce de Cheïlodiptère de Lacépède. V. ÇHELLODIPTERE. (B.)

ACOURILLI. BOT. PHAN. Syn. de Tamonnée lapulacée, chez les Caraïbes. V. TAMONNEE. (A. R.)

ACOUROA ou ACUROA. BOT. PHAN. Aublet nomme ainsi un Arbre de la Guyane, de 15 pieds environ, à feuilles composées, dont les folioles alternes sont terminées par une impaire, à fleurs disposées en grappes terminales, dont le calice est à cinq dents petites et inégales, la corolle papilionacée avec une carène bipétale, es étamines au nombre de dix et diadelphes, le légume arrondi, convexe et concave en sens opposés, indéhiscent, contenant une seule loge monosperme. Les caractères de ce genre étudiés d'une manière insuffisante, et les rapports marqués qu'il a par son port et son fruit avec les genres voisins Ecastaphyllum et Iterocarpus, font douter qu'il doive être conservé. C'est le Drakenstenia de Necker. — V. Aublet, pl. de la Guyane, Fl.

201. (A. R.)

ACOUTI. MAM. V. CABIAI.

* ACRE. Saveur cruelle qui, plus violente que la saveur acerbe, semble menacer de destruction l'organe du goût, quand cet organe l'éprouve. La Renoncule appelée âcre par excellence, Ranunculus acris, L., la racine d'Arum tacheté, Arum maculatum, L., en donnent l'idée, lorsqu'on les mâche. Elle indique toujours des Plantes vénéneuses. (B.)

* ACREDULA. OIS. Nom donné par divers auteurs à des Oiseaux très-dissemblables, tels que le Rossignol, la Foulque et la Chouette. (B.)

ACREE. Acrea. INS. Genre de Papillons, dans Fabricius. V. HELICONIEN. (AUD.)

* ACREMONIUM. BOT. CRYPT. (Champignons.) Genre établi par Link, qui lui a donné le caractère suivant: filamens cloisonnés, ram pans, rameux et entrecroisés; sporules so-

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litaires à l'extremité des rameaux, Ces petits Champignons poussent sur les feuilles de Hêtre et de Chêne presque pourrie, sur lesquelles ils forment une membrane blanche et mince Comme une toile d'Araignée. Link en a décrit deux espèces, qui sont figurées dans la Flore d'Allemagne de Sturm, vol.III, pl. I. 2. Martius, dans sa Flora cryptogamica Erlangensis, en a ajouté une espèce qui est rouge, et qui croît sur le Sphæria deusta. (AD. B.)

* ACRIDIE. INS. Syn. de Criquet. ce mot. (AUD.)

ACRIDIENS. Acridii. INS. et non Acrydiens. Famille de l'ordre des Orthoptères, établie par Latreille dans ses Considérations générales, pag. 245. Elle comprend les genres Pneumore, Truxale, Criquet, Tétrix.—Les Acridiens réunis aux Locustaires et aux Gryllones forment (Règne Animal) la grande famille des Sauteurs. V. ce mot. (AUD.)

ACRIDOPHAGES.MAM. V. HOMME et SAUTERELLE.

* ACRIDOTHÈRES. OIS. Nomdonné par Vieillot à un genre formé de diverses espèces d'Oiseaux qu'on appelle aussi Martins, dans les colonies françaises de l'est, et qui se nour-rissent de Sauterelles. V MARTIN. (B.)

* ACRIGONEE. INS. (Lister.) C'est-à-dire Mère de Sauterelle. Syn. de Grande Sauterelle verte, Locusta viridissima de Fabricius. V. SAUTERELLE. (B.)

* ACRIS. INS. Nom grec dont on a fait Acridium. V. CRIQUET, (AUD.)

* ACRIVIOLA, BOT. PHAN. (Boerhaave.) Syn. de Capucine, Tropeotum. (B.)

ACROCÈRE. Acrocera. INS. Genre de l'ordre des Diptères, établi par Meigen et placé par Latreille Règne Animal) dans le grand genre Cyrte qui répond à la famille des Vésiculeux. — La trompe des espèces qui composent ce genre n'est point apparente, ce qui les éloigne des Cyrtes proprement dits et des Panops. Leurs antennes très-petites, de deux articles avec une soie terminale, empêchent de les confondre avec les individus du genre Astomelle; et leur insertion sur le vertex est un caractère qui les distingue de ceux du genre Ogcode de Latreille. Ces Insectes sont petits, et se rencontrent dans les lieux aquatiques. Meigen en a décrit quatre espèces indigènes, parmi lesquelles nous citerons l'Acrocère globuleuse, Acrocera Globulus, Meig., qui est le Syrphus Globulus de Panzer (Fauna Germ.), et qui sert de type à ce genre, (AUD.)

ACROCHORDE. REPT. OPHID. Genre qui, selon Cuvier, appartient à la division des vrais Serpens non venimeux, et qui se distingue aisément dans la famille dont il fait partie, parce qu'il manque de toute espèce de plaques, lesquelles sont remplacées par des écailles semblables à de petites verrues, d'où lui est venu son nom tiré du grec. Ces écailles verruqueuses sont uniformes sur toutes les parties du corps, de la tête et de la queue qu'elles recouvrent. Encore que les Acrochordes n'ayent point de crochets, on les a supposés très-venimeux, et leur morsure passe pour fort dangereuse. Leur forme avait d'abord fait considérer l'espèce qui fut connue la première comme un Orvet enflé. Shaw en a ajouté deux autres, qui toutes sont des îles de l'Inde.

L'ACROCHORDE DE JAVA, Acrochordus javauensis, Lac. II. P. 22. f. 2. Encyc. Serp. pl. 32. f. 7. Il acquiert jusqu'à huit pieds de longueur, il est fort gros vers l'anus, où sa queue, quine compose que la huitième partie de sa longueur et qui n'a pas plus d'un demi-pouce de diamètre, forme, par son insertion, un rétrécissement remarquable. Sa couleur est noirâtre en dessus, blanchâtre en dessous, avec des taches noirâtres sur les côtés. La tête est plate. Les Javanais l'appellent Oular-Caron, et trouvent sa chair un manger délicieux.

L'ACROCIIORDE DOUTEUX, A. dubius, et l'ACROCHORDE A BANDES, A. fasciatus de Shaw; sont plus petits,

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et le premier pourrait blen n'être qu'une variété du précédent. La figure du second, dont la queue Comprimée est tranchante, et que décorent d'assez belles nuances, a été élégamment reproduite dans le bel atlas du Dictionnaire des Sciences naturelles. Cette espèce forme, selon Cuvier, un genre distinct qu'il appelle Chersydre. V. ce mot. (B.)

* ACROCINE. Acrocinus. INS. Genre de l'ordre de Coléoptères et de la section des Tétramères établi par Iliger, aux dépens du genre Prione de Fabricius, dont il ne diffère peut-être pas essentiellement. Dejean (Catalogue de Coléoptères, 1821) cite comme appartenant à ce genre, le Prionus longimanus de Fabricius, et le Prionus accentifer d'Olivier, (AUD.)

ACROCORION. BOT. PHAN. Nom donné par Pline à une Plante qu'on croit être le Leucoium œstivum, L. V. LEUCOIUM. (B.)

ACROMYE. Acromya. INS. (Bonelli.) V. HYBOS. (AUD.)

ACRONICHIE. BOT. (Forster.) Syn. d'Henné. V. ce mot. (B.)

* ACROPHTON. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. de Tussilage. (B.)

ACROPORE. Acropora. POLYP. FOSS. Nom donné à des polypiers solides et pierreux par Torrubia, Gualtieri et quelques autres auteurs; il n'a pas été conservé. (LAM..X.)

* ACROSPELTON. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. d'Avoine, (B.)

ACROSPERME. Acrospermum. BOT. CRYPT. (Champignons.) Tode, qui a établi ce genre, lui avait donné pour caractère de porter des graines nues à sa surface supérieure et près de son sommet seulement; mais les espèces qu'il a décrites ne paraissent pas différer essentiellement des Clavaires; aussi ce genre n'a-t-il pas été adopté parla plupart des botanistes modernes, et Persoon, qui dans ses premiers ouvrages l'avait conservé, a ensuite réuni les espèces qu'il y avait placées aux genres Clavaire, Tremelle et Helotium. V. ces mots. (AD. B.)

* ACROSPORE. Acrosporium. BOT. CRYPT. (Mucédinées.) Filamens droits, simples, divisés en articles moniliformes, dont les inférieurs sont longs et grêles, les supérieurs plus courts et renflés; ces derniers finissent par se détacher, et paraissent former les sporules. Nées, qui a établi ce genre, n'en décrit qu'une espèce qui croît sur les feuilles des Graminées renfermées dans les serres, sur lesquelles elle forme des touffes de filamens serrés et courts. (AD. B.)

ACROSTIC. Acrostichum. BOT. CRYPT. (Fougères.) Ce genre appar-tient à la tribu des Polypodiacées ou Fougères à capsules entourées d'un anneau élastique. Son caractère consiste à n'avoir jamais ses capsules réunies en groupes réguliers, mais répandues irrégulièrement sur toute la Surface inférieure de la fronde, sans être recouvertes par aucun tégument. Linné, qui n'avait donné pour caractère à ce genre que d'avoir la face inférieure des feuilles entièrement couverte par les capsules, mais qui n'avait fait attention, ni à la structure de ces capsules, ni à leur disposition avant la maturité, y avait réuni un grand nombre d'espèces qui ont depuis été placées dans des genres très-différens. — Ainsi, on én a séparé les genres Schizea, Todea et Gleichenia, qui ont les capsules sans anneau élastique. — Les espèces, dont les capsules sont entourées d'un anneau élastique, réunies en groupes réguliers, et souvent recouvertes d'un tégument avant leur développement complet, ont été placées depuis dans les genres Polypodium, Hemionitis, Grammitis, Ceterach, Notholœna, Lomaria, Pteris, Woodwardia, Davallia, Asplénium, Da rea, etc. — Cette liste des genres, renfermés dans le genre Acrostichum de Linné, suffit pour montrer combien celui-ci était peu naturel; maintenant, quoique son caractère soit beaucoup mieux établi, et n'embrasse qu'un nombre beaucoup moins considérable de Plantes, il est encore un des plus nombreux de

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ceux de la famille des Fougères. — Sa structure et son port varient beaucoup; cependant on remarque que les nervures y sont plus souvent anastomosées irrégulièrement que dans aucun autre genre de. cette famille, si On en excepte le genre Hemionitis; mais cette disposition des nervures n'est pas générale, et, dans beaucoup d'espèces, elles sont simples ou régulièrement dichotomes. La fronde est très-souvent simple et plus ou moins lancéolée; c'est à ces espèces et à celles des autres genres qui présentent la même forme que les anciens botanistes avaient donné le nom de Lingua ceivina. Quelques espèces ont leur fronde irrégulièrement lobée à son extrémité, tel est l' Acrostichum Alcicorne, une des Plantes les plus remarquables de cette famille, en ce qu'elle fait exception à la forme généralement symétrique des Fougères; enfin, un grand nombre ont la fronde pinnatifide ou bipinnatifide. Toutes les espèces de ce genre, au nombre d'environ soixante-dix, habitent les parties les plus chaudes des deux continens; mais, comme toutes les Fougères en général, elles sont beaucoup plus abondantes en Amérique que sur ancien continent. Quatre à cinq espèces seulement croissent au-delà des ropiques, dans l'Amérique septentrionale, au cap de Bonne-Espérance et à la Nouvelle-Hollande; aucune ne se trouve en Europe, car on doit placer dans le genre Notholœna, les Acrostichum Marantœ et velleum, les seuls qui en habitent les parties méridionales. (AD. B.)

* ACROTAMNIUM. BOT. CRYPT. (Mucédinées.) Ce genre a été établi par Nées de Esenbeck dans son système des Champignons. Il appartient à la tribu des Byssoïdes ou des Mucédinées sans sporules distinctes, en quoi il diffère essentiellement du genre Sporotrichum, auquel Link l'avait réuni. Nées l'a caractérisé ainsi filamens décumbens, rameux, continus, opaques, entrecroisés; extrémités des rameaux transparentes et articulées)

Il paraît que, par la sécheresse, ces articulations se détachent et forment les sporules comme dans les Monilies et quelques autres genres de la mêmo tribu. La seule espèce connue de ce genre, est le Sporotrichum muscorum de Link, qui croît sur les tiges et les racines des Mousses; elle est d'une couleur violette, et a été décrite par Nées sous le nom d'Acrotamnium violaceum. (AD. B.)

ACROTRICHE. Acrotriche. BOT. PHAN. R. Brown a désigné sous ce nom un nouveau genre de la famille des Epacridées, qui offre pour caractères: un calice accompagné de deux bractées, une corolle infundibuliforme, dont les divisions du limbe présentent un bouquet de poils réfléchis; le fruit est une drupe charnue à cinq loges celluleuses. — Les espèces de ce genre, au nombre de huit, sont de petits Arbustes très-rameux, tous originaires de la Nouvelle-Hollande; les fleurs sont en épis courts, axillaires ou latéraux. Le disque qui environne l'ovaire, en forme de coupe, a plusieurs lobes. Les fruits sont petits, globuleux, un peu déprimés. (A. R.)

ACRYDIENS, du Dictionnaire de Déterville, et pour les autres dérivés d'un mot grec qui signifie Sauterelle. V. ACRIDIENS, etc. (B.)

ACSIN. BOT. PHAN. Syn. de Liseron des champs, chez les Arabes. (B.)

* ACTÆON. Actœon. MOLL. Genre institué par Ocken (Lehrbuch der zool, T. II. p. 305) pour la Laplysia viridis décrite par Montagu, dans le T. VII des Transactions Linnéennes. Ocken, paraissant soupçonner qu'il appartient aux Pulmonés, le place entre l'Onchidie de Buchannan et le genre Limace. Malgré les rapports extérieurs de l'espèce de Montagu avec celles de ce dernier genre, nous attendrons des observations plus précises pour imiter cet exemple, et nous croyons devoir la laisser dans l'ordre des Tectibrancbes et dans la famille des Dicères, V. ces mots, près des Aplysies dont elle ne paraît différer que par la situation des yeux, la

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forme des tentacules, et la privation ou le raccourcissement des lèvres ou tentacules buccaux: différences qui justifient pleinement la séparation effectuée par Ocken. — Notre opinion sur la place de ce genre se trouve appuyée par la réunion que nous croyons naturelle de l'espèce décrite par Bosc, sous le nom de Laplysie verte; dans celle-ci, les tentacules et la position des yeux sont semblables à ce qu'on observe dans l'espèce de Montagu; mais à en juger par la figure de Bosc, la membrane latérale, et la forme de la tête la rapprochent bien davantage des vraies Aplysies. Les caractères génériques des Actæons sont: corps allongé, acuminé postérieurement; tête plus ou moins courte, membrane latérale comme dans les Aplysies; deux tentacules cylindriques, obtus, assez gros, yeux à leur base et derrière, point de rudiment testacé interne.

Ce genre ne renferme encore que les deux espèces suivantes:

ACTÆON APLYSIFORME. A. Aplysiformis, N. Laplysia viridis, Bosc, vers. I. p. 64. pl. 2. f. 4. Aplysia viridis de Roissy, Buffon. T. v. p. 173. Le corps de cette espèce est vert, plus pâle sur les bords, et finement ponctué de rouge. La membrane latérale paraît s'élever des bords du pied depuis l'extrémité postérieure et recouvrir presque tout le corps. La tête a un cou court, sa partie antérieure s'élargit en entonnoir, par la réunion et l'élargissement des lèvres buccales. Elle a été découverte par Bosc dans la baie de Charleston, sur les côtes de l'Amérique septentrionale.

ACTÆOIST VERTE. A. viridis, Ocken Loc. cit. p. 307. Laplysia viridis, Montagu, Linn. Trans, VII.p. 76. T. 7.f. 1. Cette jolie espèce ressemble beaucoup à une limace; elle est toute verte; ses flancs, vers le pied, sont jaunâtres; sa tête est courte; son corps est acuminé et élevé postérieurement en forme de carêne; sa partie médiane est convexe, couverte d'une membrane élargie en forme d'ailes ou de nageoires, et s'étendant en arrière en diminuant de largeur, et bordant la carêne. Elle produit une liqueur purpu-rine comme les Aplysies; elle a été découverte sur les côtes du Devon-shire en Angleterre. (F.)

* ACTE. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. de. Sureau. (B.)

ACTEE. Actœa. BOT. PHAN. Famille de Renonculacées; Polyandrie Monogynie. Nous ne pouvons partager l'opinion de De Candolle qui, dans son Systema vegetabilium, réunit au genre Actœa de Linné le genre Cimicifuga du même auteur. Ces deux genres nous paraissent avoir des caractères suffisans pour rester séparés. Voici ceux que nous avons reconnus à l'Actœa, en y réunissant le Christophoriana de Tournefort, et en en retirant l'Actœa racemosa, L., que nous reportons, à l'exemple de Pursh, au genre Cimicifuga: calice formé de quatre sépales caducs et réguliers, corolle télrapétale régulière, étamines nombreuses, ayant les anthères introrses, pistil simple et unique, offrant une seule loge qui contient plusieurs graines insérées sur une ligne longitudinale, Le fruit est une baie charnue et indéhiscente.

Ce genre ne renferme que deux espèces, l'Actœa spicata, L., et l'Actœa americana de Pursh. Ce sont deux Plantes herbacées vivaces, ayant des feuilles décomposées, des fleurs blanches disposées en épis, de petites baies ovoïdes, rougeâtres ou presque noires. La première croît en Europe, au Caucase, en Sibérie. La seconde a été trouvée dans l'Amérique septentrionale; elle diffère peu de la précédente. Ces Plantes passent pour sus-pectes. (A. R.)

* ACTEON. Acteon. MOLL. Genre formé par Montfort, T. II, p. 315, du Voluta tornatilis de Linné, et des espèces analogues, dont Lamarck a fait depuis son genre Tornatelle, V. ce mot.(F.)

* ACTIDIUM. BOT. CRYPT. (Hypoxylons.) Genre établi par Fries, qui lui a donné le caractère suivant: réceptacle nul, péridium dur et li-

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gneux, s'ouvrant par plusieurs fentes rayonnantes, et renfermant des graines nues sans mélange de matière gélatineuse. Il contient deux espèces qui croissent sur le bois mort où elles forment de très-petits tubercules noirs, différant à peine, au premier aspect, des Sphæria. Aussi l'une de ces espèces avait été placée auparavant parmi les Sphæria, et l'autre parmi les Hysterium. (AD. B.)

ACTIF. CRUST. (Dicquemare.) Petit Crustacé européen très-agile, indéterminé, et qui appartient probablement aux Pterygybranches de Latreille. (B.)

ACTIGEA. BOT. CRYPT. (Lycoperdacées.) Genre intermédiaire entre les Lycoperdons et les Geastrum, dé-crit par Raffinesque dans sa Somiologie, et inséré dans le Journal de Botanique, vol. IV. Son péridium est simple, sessile, déprimé, divisé en étoile au sommet; les graines sont pulvérulentes, situées dans son centre et à sa partie supérieure. Il en indique deux espèces. L'une habite les EtatsUnis, l'autre la Sicile. (AD. B.)

ACTINE. Actina. INS. Genre de l'ordre des Diptères, établi par Meigen dans son premier ouvrage, mais qu'il paraît avoir réuni (dans son Système des Diptères d'Europe, 1818 et 1820) au genre Béris, formé antérieurement par Latreiile. V. BERIS. (AUD.)

* ACTINE. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. de Bunium Bulbocastanum, L. V. BUNIUM. (B.)

ACTINEE. Actinea. BOT. PHAN.. V. ACTINELLE

ACTINELLE Actinella. BOT. PHAN. Ce genre, désigné par Jussieu sous le nom d'Actinea, appartient à la famille naturelle des Synanthèrées corymbifères, à la Syngénésie Polygamie superflue. H. Cassini le rapporte à sa tribu des Hélianthées, et le place à côté du genre Helenium, tandis que Jussieu le rapproche des genres Ageratum et Hymenopappus, près des Eupatoires. Voici ses caractères: les capitules sont radiées; les fleurons du centre sont réguliers, hermaphrodites et fertiles; les demi-fleurons de la circonférence sont femelles et à trois dents; l'involucre est simple, composé d'une seule rangée de folioles; te phoranthe est nu; le fruit est couronné d'une aigrette composée de plusieurs arêtes élargies à la base. — Une seule espèce formait ce genre, c'est l'Actinella heterophylla, Pers., petite Plante originaire des bords de la Plata; sa tige est uniflore, nue supérieurement; ses feuilles sont dissemblables: les unes entières lancéolées, les autres dentées profondément ou sinueuses. Kunth(in Humb. etBonp.) en a publié deux autres espèces, dont une a un port particulier. (A. R.)

* ACTINIAIRES. POLYP. Vingtième ordre de la troisième division des Polypes appelés Sarcoïdes. Les Polypiers Actiniaires ont beaucoup de rapports avec les Actinies par leur forme, et semblent lier les Polypiers Sarcoïdes aux Acaléphes fixes de Cuvier. Us sont composés de deux parties; l'inférieure est membraneuse, ridée transversalement, susceptible de contraction et de dilatation; la supérieure présente une surface souvent poreuse, quelquefois avec un oscule ou un trou polymorphe au centre. Dans d'autres genres, cette partie est cellulifère, ou lamelleuse, ou tentaculifère, mais toujours distincte de l'inférieure d'une manière bien tranchée; cette dernière ne paraît pas pouvoir s'étendre de manière à enfermer entièrement la supérieure, comme dans les Actinies. — Presque tous les Poly-piers Actiniaires sont fossiles; le genre Iaure, V. ce mot, est le seul que l'on connaisse vivant. Savigny, auquel nous en devons la connaissance, l'a trouvé sur les côtes de l'Egypte, dans la mer Rouge. Cet ordre renferme encore les genres Chenendopore, Hippalium, Lymnorée, Pélagie, Montlivaltie et Iérée. V. ces mots, ainsi que ACTINOMORPHES. (LAM.. X.)

ACTINIE. Actinia, ACAL. Genre de Zoophytes de la classe des Acaléphes de Cuvier, V. ce mot, et qui appartient aux Radiaires Echinodermes de la section des Fistulides de Lamarck;

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V. ces mots. Les Animaux qui le composent se distinguent des autres Zoophytes par la forme de leur corps, qui est simple, cylindracée, d'une substance molle et charnue, susceptible de contraction et de dilatation. La bouche leur sert également d'anus; elle est terminale et bordée d'un ou de plusieurs rangs de tentacules que l'Actinie peut cacher sous son enveloppe extérieure, en les repliant sur sa Douche. — Lorsqu'elle les étend, l'Actinie ressemble à une fleur nuancée des plus vives couleurs, ce qui lui a fait donner le nom d'Anémone de mer. Le docteur Spix, naturaliste bavarois, est encore le seul qui ait observé l'organisation intérieure de ces Animaux; il a trouvé dans les Actinies un sac alimentaire terminé par une seule ouverture, très-ample dans la partie inférieure, tellement contractile qu'il peut sortir en entier de l'intérieur du corps en se renversant au dehors. Ce sac est entouré de muscles a— platis, longitudinaux et parallèles. Des nodules ou ganglions nerveux sont placés dans la partie inférieure et élargie du corps; ils communiquent ensemble, et se distribuent dans les principaux organes par des filets plus ou moins apparens. — Des ovaires remplis de petits œufs, et composés de trois ou quatre tuyaux cylindriques et cohérens, forment, par leur réunion, une sorte d'oviducte, qui s'ouvre dans l'estomac; ils ont leur base dans les tentacules; ainsi les œufs peuvent sortir par la bouche et par l'extrémité des filamens tentaculaires. Cette description présente des faits intéressans; cependantils ont besoin d'être vérifiés avant d'être adoptés définitivement par les naturalistes. — L'abbé Dicquemare a étudié les Actinies avec une sagacité digne des plus grands éloges; il les a observées dans tous les états; il a multiplié ses expériences, et ne nous a rien laissé de nouveau à découvrir; ainsi l'on ne doit pas être étonné que la plupart des auteurs aient parlé d'après lui.—La forme des Actinies varie suivant leur contraction ou leur épanouissement, et présente des différences sans nombre. Cet épanouissement est un indicateur du beau temps, plus certain souvent que le baromètre; malheureusement les marins ne peuvent en faire usage que pendant l'été et sur les côtes. L'hiver chasse les Actinies du rivage; elles vont chercher un abri dans des eaux profondes où règne une température et plus douce et plus égale. Pour changer d'habitation, les unes se laissent emporter au gré des flots, les autres rampent sur leur base, ou bien elles se renversent et se servent de leurs tentacules en guise de pieds. Lorsqu'elles trouvent une place convenable, elles s'y fixent, elles s'y attachent avec tant de force, qu'on les déchire souvent en voulant les en arracher. Dicquemare et plusieurs natu-ralistes pensent que cette adhérence, persistant après la mort de l'Animal, ne peut s'opérer qu'au moyen d'une humeur visqueuse qu'il sécrété à volonté; d'autres croient, avec Bosc, que c'est par succion et en faisant le vide, que cette adhérence a lieu; nous partagerons cette dernière opinion, plus conforme que la première aux observations que l'on a faites.—Une lumière trop Forte incommode les Actinies, le bruit les effarouche, les odeurs les affectent, l'eau douce les fait mourir; ces sensations dépendent de leur extrême irritabilité, qui semble augmenter lorsqu'elles souffrent. Elles peuvent supporter une température de 12° au-dessous, jusqu'à 490 audessus de o; au-delà de ces deux ter-mes elles périssent. Elles restent souvent exposées à l'air, à l'époque des grandes marées pendant les syzygies; mais alors elles se contractent entièrement, et demeurent remplies d'eau, qu'elles lancent avec force lorsqu'on les irrite.

Ces êtres singuliers ont une puissance de reproduction, égale à celle des Polypes; on peut les couper transversalement ou verticalement, et chaque tronçon donne naissance à un nouvel Animal. Quelquefois de petites Actinies sortent toutes formées, par la bouche d'autres fois leur base

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est déchirée; un fragment reste sur le rocher, il continue de vivre, son volume augmente, sa forme s'arrondit, sa bouche, son estomac, ses tentacules se développent, et une Actinie complète s'offre aux regards surpris de l'observateur. Enfin, des parties latérales de cette base sortent des globules; ils se détachent, se fixent sur les roches voisines, croissent et produisent une nouvelle colonie d'Anémones de mer; ainsi les Actinies sont tout à la fois des Animaux gemmipares, ovipares et vivipares. — Elles se nourrissent de Méduses, de Crustacés, de Mollusques et de petits Poissons quelles saisissent avec leurs tentacules; elles rejettent ce qu'elles ne peuvent digérer. — Elles se trouvent dans toutes les mers; les unes se suspendent aux voûtes sous-marines des récifs, les autres couvrent les rochers, plusieurs en tapissent les côtés; en général, chaque espèce choisit un habitat particulier. — Elles ne partagent point avec les Méduses la faculté de causer une piqûre brûlante, quand on les touche, à l'exception de l'Actinie verte de Forskahl.—On en mange plusieurs espèces, principalement dans les pays chauds, où ces Animaux sont beaucoup plus nombreux que dans les pays froids. —Une monographie de ce genre serait fort nécessaire, vu la con-fusion qui règne dans la nomenclature des espèces; il n'y en a que vingtcinq qui soient connues, et encore le sont-elles la plupart d'une manière imparfaite.

ACTINIE ROUSSE, Actinia rufa, Lamk., Act. Equina, L. C'est l'espèce la plus commune de nos mers: sa pea u est douce, finement striée; ses tentacules, au nombre de plus de cent, sont minces et grêles; leur couleur varie à l'infini. Lorsque la marée se retire, et qu'il ne reste que quelques pouces d'eau sur les rochers, ceux-ci paraissent souvent émaillés d'Anémones doubles, colorées de rose, de bleu, de pourpre, de jaune, de violet, comme une riche prairie le serait des plus brillantes fleurs.

ACTINIE OEILLET DE MER, Actinia Judaïca, L. Elle est cylindrique, évasée au sommet, même dans l'état de contraction; son oorps est parfaitement lisse, et lorsque ses nombreux tentacules d'un rouge foncé sont épanouis, ils lui donnent l'apparence d'un OEillet double de la plus vive nuance. Les habitans des côtes de la Méditerranée la recherchent comme un mets des plus délicats, principalement les Italiens.

Les Actinia crassicornis, plumosa, viduata, rubra, effœta, coccinea, senilis, undata, sulcata, pedunculata et penta-petala, se trouvent dans les mers d'Europe. Combien doitêtre considérable le nombre des espèces qui nous sont in-connues, puisque nos mers renfer-ment plus de la moitié de celles qui sont décrites, et que les Actinies sont plus nombreuses dans les pays chauds que dans les zônes froides ou tempérées. (LAM..X.)

* ACTINOBOLE. Actinobolus. MOL. c'est-à-dire, qui jette des rayons. Genre de Klein (Ostrac. g. 375), le second de sa classe des Diconcha umbilicata, auquel il donne pour caractères des stries rayonnantes: Il y comprend des Tellines et des Peignes. Ce genre n'a point été adopté. (F.)

ACTENOCARPUS. BOT. PHAN. (R. Brown.) Syn. de Damasonium. V. ce mot. (B.)

ACTINOCHLOE. BOT. PHAN. Genrede Graminées établi par Willdenow. V. CHONDROSION. (A. R.)

* ACTINOCLADIUM. BOT. CRYPT. (Mucédinées.) Ce genre a été établi par Ehrenberg dans les Annales de Bo-tanique de Berlin, de 1819; il lui donne le caractère suivant: filamens adherens droits, roides, cylindriques, transparens, cloisonnés, divisés en ombelle au sommet; sporules transparentes, éparses. — Ce petit Champignon forme, sur les écorces de Charme, de grandes taches roses. Ses filamens sont noirs, transparens, cloisonnés, divisés au sommet en trois rameaux; les sporules sont assez grosses, sphériques, roses; —Ehrenberg ne les a jamais vu adhérer aux fila-

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mens, mais seulement répandues entre eux et sur eux en grande quantité. (AD. B.)

* ACTINODERMIUM. BOT. CRYPT. (Lycoperdacées.) Ce genre fut d'abord établi par Link, sous le nom de Sterbeckia; mais comme il existe déjà en botanique un genre Sterbeckia, Nées a cru devoir changer ce nom pour éviter la confusion; il est trèsvoisin des Geastrum; sa forme est globuleuse, son péridium double, l'extérieur, d'abord charnu, devient dur et se rompt en plusieurs valves; l'inté-rieur est ligneux et Se divise profondément en plusieurs lobes; les sporules sont entremêlées de filamens. — La seule espèce connue est jaune extérieurement; sa poussière est brune; elle croît dans les lieux sabloneux en Italie, en Espagne et en Portugal. (AD. B.)

* ACTINOLITE. MIN. (Kirwan.) V. ACTINOTE et EPIDOTE.

* ACTINOMORPHES. ANNEL. et MOLE. Nom donné par Blainville à son deuxième sous-règne qui contient les Animaux rayonnés, qu'il divise en deux sous-types.

Les SUBARTICULES (douteux) qui constituent la XVIIIE classe du système de l'auteur, appelée des Annulaires. (Les Sipuncules, etc.)

Les ARTICULES (vrais) qui contien-nent les XIX, XX, XXI, XXII ET XXIIIE classes, c'est-à-dire, les Echinoderraaires, les Arachnodermaires, les Actinaires, les Polypiaires et les Zoophytaires. V. ces mots. (B).

ACTINOPHORE. INS. (Sturm.) V ATEUCHUS.

ACTINOPHYLLE. Actinophyllum. BOT. PHAN. Famille des Araliacées. Ruiz et Pavon, (Flor. Péruv. t 3) ont fait mieux connaître sous ce. nom le genre Sciodaphyllum de Browne, encore qu'ils n'eussent point acquis par-là le droit de changer un nomplus ancien. Divers botanistes ont choisi, de préférence,. le nom nouvellement imposé, et nous l'adopterons pour éviter de nouveaux changemens. Toutes les espèces, appartenant à ce genre, sont originaires de l'Amérique équinoxiale Ce sont des Arbres ouArbustes gommeux, à feuilles digitées. Leurs fleurs réunies en tête, et disposées en grappes terminales, ont un ovaire infère, couronné par un calice peu sensible et entier, une corolle de cinq à sept pétales, réunis en calotte et tombant aussitôt que les étamines commencent à se développer; cinq à sept étamines épigynes et autant de styles. Le fruit est une réunion de plusieurs fruits, dont chacun présente cinq à sept loges monospermes. (Kunth in Humb. et Bonp. Nov. Gen. 5. p. 9.) (K.)

ACTINOTE. Actinotus. BOT. PHAN. C'est le nom d'un nouveau genre de la famille des Ombellifères, proposé par La Billardière, pour une Plante tout-à-fait singulière qu'il a trouvée à la Nouvelle-Hollande, et qu'il a nommée Actinotus Helianthi (Specim. Nov. Holl. T. 92). Elle est herbacée et tomenteuse; ses feuilles sont pinnatifides; ses fleurs, réunies et rapprochées les unes contre les autres, sont disposées comme celles d'une Plante radiée, c'est-à-dire qu'elles sont polygames, réunies sur un réceptacle commun, et environnées d'un involucre formé de bractées blanchâtres très-longues; les fleurs hermaphrodites ont un ovaire infere, couronné par les cinq dents du calice, à cinq étamines avec un seul style bifide, dont chaque branche est terminée par un stigmate claviforme, velu, accompagné d'une longue soie; le fruit est uniloculaire, monosperme. Les fleurs mâles manquent de pistil et ont le calice supère.

Ce genre est le même que l'Eriocalia de Smith. (A. R.)

ACTINOTE. (Rayonnante de Saussure.) MIN. Ses différentes variétés sont actuellement réunies à l'Amphibole. V. ce mot. (LUC.)

* ACTINOZOAIRES. Syn. de Radiaires, selon Blainville. V. RADIARES. (B.)

ACTION, du Dictionaire de Déterville. V. ACTÉON. (B.)

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* ACTITIS. OIS. Genre formé aux dépens du genre Tringa par Illiger, lequel a séparé les Barges, les Chevaliers et les Combattans des véritables Vanneaux. V. TRINGA. (B.)

ACUA ou KUA. BOT. PHAN. Syn. d'Anona chez les Indous. (B.)

ACUDIA. INS. Si ce mot a été employé par Herrera dans son Histoire générale des Indes, pour désigner un Insecte lumineux, il est probable que cet Insecte était un Taupin phosphorescent; mais s'il a été mal interprété par quelque traducteur, et qu'il ne soit autre chose que la troisième personne du singulier de l'im-parfait du verbe espagnol Acudir qui signifie Arriver, il est clair que l'auteur n'a pas prétendu donner un nom à l'Insecte, mais qu'il a voulu dire seulement qu'il arrivait, qu'il venait. Dans ce cas, le mot Acudia devra être exclu de la liste des noms vulgaires usités en Entomologie. (AUD.)

ACUICUITZCATL. OIS. (Hernandez.) Mouette indéterminée qui habite les rives du lac de Mexico. (B.)

* ACUILCATIULIA. REPT. OPH. Syn. de Boa, aux Indes. (B.)

ACULEA. MOLL. V. AIGUILLE.

ACULEATA. MAM. et INS. c'est-àdire, Epineux ou Porte-Aiguillon. Nom, imposé par Illiger à sa treizième famille des Mammifères, qui contient les Animaux de cette classe hérissés de piquans, et appelés Hystriciens par Desmarest. V. HYSTRI-CIENS. —Latreille applique ce nom à la seconde section des Hyménoptères. V. ce mot ainsi que PORTE-AIGUIL-LON. (B.)

* ACULEATÜS. POIS. (Willughby et Ray.) Syn. d'Epinoche et de Perche. V. ces mots. (B.)

ACULLIAME. MAM. Cerf du Mexique, qui n'a point été suffisamment observé, et que Hernandez dit être entièrement semblable à celui d'Europe; il en diffère certainement et semble être le même que l'Animal appelé Mazame. V. ce. mot. (B.)

ACUNNA. BOT. PHAN. (Ruiz et Pavon.) V. BEFARIA.

* ACURNIER. BOT. PHAN. Syn. de Cornouille, dans quelques parties du midi de la France. (B.)

ACUROA. BOT. PHAN. V. ACOUROA.

ACUSHÉ. OIS. Syn. de l'Ara militaire, Psittacus militaris, L. à la Guyane. V. ARA. (DR..Z.)

ACUTI. MAM. V. CABIAI.

ACYNOS OU ACINOS. BOT. PHAN Mœnch a fait des Thymus Acynos, L. alpinus, L. etc., un genre qu'il a distingué des Thyms; mais les caractères qu'il lui a donnés nous paraissent trop peu importans pour adopter cette séparation. V. THYM. (A. R.)

ACYPHYLLA. BOT. PHAN. Sous ce nom, Forster avait fait un genre d'une Plante ombellifére de la Nouvelle-Zélande, que Linné fils a réuni aux Lasers. V. ce mot. Cependant quelques différences semblent résulter des cinq dents de son calice persistant, du nombre des côtes de son fruit porté à dix, par une ligne saillante sur le dos de chacun des deux akènes acollés, de ses ombellules, dont quelques-unes sont plus courtes et quelques-unes mâles; de ses invo-lucres et ses involucelles à trois ou cinq folioles rejetées sur le côté, et enfin de ses feuilles mucronées. (A. D. J)

ADACA-MANJEN OU ADAKAMANGE. BOT. PHAN. Syn. de Sphæ-ranthe, chez les Indous. (B.)

ADA-KODIEN. BOT. PHAN. Apocinée indéterminée que l'on emploie dans l'Inde contre les maladies des yeux. ( B.)

ADALY. BOT. PHAN. Syn. de Za-panie nodiflore, Verbena nodiflora, L.chez les Indous, V. ZAPANIE. (B.)

* ADAMANTA OU ADAMENON. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. de Jusquiame. (B.)

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* ADAMANTIN. (Feldspath), MIN. V. FELDSPATH.

ADAMARAM. BOT. PHAN (et non Adamasan ou Adamaran). Syn. de Terminailia, à la côte de Malabar, et adopté comme nom générique, par Adanson. V. BADAMIER. (B.)

* ADAMAS. MIN. Nom du Diamant chez les anciens. (G. DEL.)

ADAMBE ou ADAMBOÉ. Adambea. BOT. PHAN. Arbrisseaux de l'Inde mentionnés par Rhéede (Hort. malab. T. IV. p. 45. 47. pl. 20. 22), dont Lamarck a formé, dans l'En-cyclopédie, un genre qui n'a point été adopté et qui rentre dans celui des Lagerstroemia. V. ce mot. —Le même nom a été donné à une espèce d'Impomæe, Impomœa campanulata, à la côte de Malabar. (B.)

* ADAMENON. BOT. PHAN. V. ADAMANTA.

ADAMSIE. Adamsia. BOT. PHAN. Famille des Liliacées, Hexandrie Monogynie, L. Genre établi près des Seules par Willdenow (Mém. des curieux de la nat. de Berlin), dont les caractères consistent dans une corolle campanulée à six divisions; un nectaire campanulé, plus court que la corolle, portant six dents staminipifères; l'ovaire infère, surmonté d'un stigmate trifide, et une capsule à trois loges. Une seule Plante, de l'aspect le plus agréable, compose ce genre. (B.)

ADANE, ADANO OU ADENO. POIS. Syn. d'Esturgeon, en Italie. (B.)

ADANSONIA. BOT. PHAN. V. BAOBAB.

* ADAR. OIS. Syn. de l'Eider, Anas mollissima, L. V. CANARD. (DR..Z.)

* ADARCES. POLYP. (Dioscoride.) Syn. d'Eschares ou Flustres, selon Pallas. V. ces mots. (B.)

ADATHODE. Adathoda. BOT. PHAN. Espèce de Justicia qu'on avait proposé d'ériger en un genre qui n a pas été adopté. V. JUSTICIA. (B.)

* ADDA. REPT. SAUR. Syn. de Scinque officinal, Lacerta Scincus, L. V. SCINQUE. (B.)

* ADDAD. BOT. PHAN. Plante qu'il est impossible de reconnaître sur ce que nous en apprend l'Encyclopédie ancienne; on la dit originaire de Numidie, très-amère, et tellement vénéneuse, qu'une quarantaine de gouttes de son suc suffisent pour donner la mort. (B.)

ADDARANA. OIS. Nom qu'on donne en Sicile à une espèce de Courlis, Numenius aterrimus de Raffinesque. (DR..Z.)

ADDAX. MAM. (Pline.) Syn. de Strepsiceros. V. ce mot.

ADDER, REPT. OPH. Syn. de Vipère commune, en Angleterre. (B.)

* ADDER'STONGUE. BOT. CRYPT. langue de Serpent. Syn. anglais d'Ophioglosse. V. ce mot. (B.)

ADDIBO. MAM. Syn. de Chacal. V. CHIEN. (A. D. N.)

* ADELAIDE. INS. Nom imposé, ' comme spécifique, par Géoffiroy, a une de ses Libellules, qui est aujourd'hui une Agrion.V. ce mot. (B.)

ADÈLE. Adela INS Genre de l'ordre des Lépidoptères, établi par Latreille et rangé par lui (Règne Animal), dans la septième tribu des Lépidoptères diurnes, celle des Tinéites. Il a pour caractères: antennes excessivement longues, fort rapprochées à leur base;yeux grands, presque contigus dans es mâles; ailes couchées presqu'en toit, longues et élargies postérieurement. Leur tête est petite, à peu près pyramidale; leur trompe est allongée et munie de deux palpes cylindriques et velues. Ellesont le port des Friganes.

Ce genre est un de ceux dont il faut indiquer en peu de mots l'histoire, afin d'éclaircir sa synonymie, que quelques auteurs ont fort embrouillée.—Le genre Alucite, créépar Fabricius, formait un groupe assez incohérent; Latreille, tout en le con-

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servant, voulut le restreindre, et, pour y réussir, il en retira plusieurs espèces, dont il composa le genre Adèle, que Hoffmansegg avait aussi distinguées sous le nom de Némophore; mais Fabricius (Suppl. Entomol.) ne tint compte ni des travaux des autres, ni de ceux qu'il avait faits lui-même; il transporta la dénomination d'Alucite aux Adèles de Latreille, et imagina celle d'Ypsolophe, pour l'appliquer aux individus auxquels ce savant avait religieusement conservé le nom d'Alucite. —Ces Lépidoptères, tous très-petits et ornés de couleurs fort brilantes, souvent métalliques, se ren-contrent au printemps dans les bois. — Leurs chenilles se forment une sorte d'enveloppe avec des fragmens de feuilles, et la transportent avec elles, comme le font les Teignes.

Plusieurs de ces espèces ont été décrites par Fabricius et figurées par Hubner (Lépidoptères d'Europe). Nous citerons 1° la Coquille d'Or de Géoffroy, qui est l'Alucita Degeerella; de Fabricius, et l'Adèle Degeerelle de Latreille; 2o l'Adèle Réaumurelle, Adela Reaumurella de Latreille, qui est la Teigne noire bronzée de Géoffroy, ou l'AIucite Réaumurelle de Fabricius, laquelle sert de type au genre Adèle. (AUD.)

ADELHIORT. MAM. Syn. d'Elan, en Danemarck. (B.)

ADELIE. Adelia. BOT. PHAN. Linné a ainsi nommé un genre de la famille des Euphorbiacées, de la Dioecie Monadelphie, désigné par Houston et Browne sous le nom de Bernardia. Il renferme des Arbrisseaux dioïques dont les fleurs sont extrêmement petites. Le calice estàtrois ou cinq divisions dans les fleurs mâles, il porte une trentaine d'étamines dont les filets sont soudés en tube cylindrique; dans les fleurs femelles, on trouve un ovaire surmonté de trois stigmates, quelquefois portés sur des styles courts. Le fruit est globuleux tricoque; chaque coque est monosperme.

Ce genre renferme quatre espèces, dont trois sont originaires de l'Amérique méridionale, et une de l'Amérique septentrionale. C'est à genre que l'on doit rapporter l'Acidoton de Swartz (A. R.)

ADELLO. POIS. L'un des noms de l'Esturgeon, sur les bords du Pô. (B.)

ADELOBRANCHES. Adelobranchia. MOLL. c'est-à-dire, dont les Branchies ne sont point apparentes. Dénomination créée par Duméril (Zool. anal.) pour caractériser les Mollusques gastéropodes, dont effectivement les branchies ne sont point visibles, lesquels, dans la classification de cet auteur, forment la 3e famille de Tordre des Gastéropodes, et comprennent, outre les Tectibranches et les Pulmonés, avec ou sans opercule, nos Pectinibranches Pomastomes, le genre Sigaret et les Haliotides de l'ordre des Sculibranclies. V, ces mots. Blainville paraît avoir adopté cette dénomination en la restreignant aux seuls Pulmonés sans opercule. Depuis l'ouvrage de Duméril, la famille des Adélobranches a dû, par suite des nouvelles observations, se subdiviser beaucoup;elle a fourni plusieurs ordres dans lesquels le système respiratoire est notablement différent, quoique dans tous les branchies ne soient pas visibles, ce qui a empéché de conserver cette dénomination (F.)

* ADEL-ODAGAM. BOT. PHAN. (Rhéede.) Syn. de Carmantinebivalve. Justicia bivalvis, L. au Malabar, (B.)

* ADELPHIE. BOT. PHAN. On désigne, par ce mot, la réunion des étamines par leurs filets, considérée d'une manière générale. V. DLADELPHIE, MONADELPHIE et POLYADELPHIE. (A. R.)

ADEN. Adenia. BOT. PHAN. (Forskahl.) Petit Arbrisseau de l'Hexandrie Monogynie, trop imparfaitement observé pour qu'on puisse déterminer à quelle famille il appartient. Ses feuilles sont alternes et palmées; les fleurs, fasciculées sur des épis terminaux, ont leur calice taubulé, à six divisions, portant à son

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sommet six pétales blancs. Le style est échancré. L'Aden se trouve en Arabie où il passe pour un violent poison, contre lequel on emploie, comme antidote, le suc du Caprier épineux. (B.)

* ADENANDRA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Diosmées, établi par Wendland, et qui a pour type le Diosma uniflora; voici ses caractères: calice monosépale à cinq divisions profondes; corolle de cinq pétales insérés autour d'un disque périgyne à cinq lobes; dix étamines, dont cinq seulement sont fertiles, ayant les anthères glanduleuses au sommet; le fruit est une capsule ovoïde à cinq loges, contenant chacune deux graines arillées; elle s'ouvre en cinq valves.

Les espèces de ce genre sont peu nombreuses et la plupart originaires du cap de Bonne-Espérance; telles sont l'Adenandra uniflora et l'Ad. umbellata, qui faisaient partie du genre Diosma de Linné. V. DIOSMA. (A. R.)

ADENANTHERA. BOT. PHAN. Ce genre appartientàla famille des Légumineuses et à la Décandrie Monogynie, L. Il offre un calice court et a cinq dents; une corolle formée de cinq pétales réguliers; dix étamines libres et égales, dont les anthères sont ter-minées par une petite glande; le fruit est une gousse très-allongée, comprimée, bosselée, contenant plusieurs graines arrondies, renfermées dans des espèces de cavités membraneuses.

Les trois ou quatre espèces qui composent ce genre sont des Arbres à feuilles bipinnées, ayant les fleurs assez petites et en grappes; ils sont originaires des îles Moluques ou de l'Inde. L'Adenanthère à graines rouges, Adenanthera pavonina, L. est un grand et bel Arbre, dont les graines arrondies, luisantes, d'un rouge éclatant, servent d'aliment dans quelques contrées de l'Inde. On en fait aussi des colliers et d'autres ornemens. On désigne souvent ce genre sous le nom de Condori. (A. R.)

ADENANTHOS. BOT. PHAN. Ce genre de la famille des Protéacées, renferme plusieurs Arbrisseaux de la Nouvelle-Hollande, à feuilles éparses, planes et simples dans les uns, filiformes et composées dans les autres; à fleurs, tantôt axillaires, solitaires et rouges, tantôt terminales, rassemblées en petit nombre et jaunâtres. Chacune de ces fleurs est ceinte d'un involucre à quatre ou huit folioles imbriquées et écailleuses. Elles offrent un calice tubuleux, à quatre divisions supérieures, dont chacune soutient une anthère sessile, fendu latéralement pour le passage d'un long style, et se séparant plus tard par une fissure circulaire en deux portions, dont l'inférieure persiste autour du fruit; celui-ci est situé sur un support qu'entourent, à sa base, quatre glandes sous forme de petites écailles allongées; c'est une noix ventrue, remplie par une graine unique.

On n'en connaît jusqu'ici que quatre espèces, dont trois sont figurées par Labillardière (Tab. 36, 37 et 38 des Pl. de la Nouv. Hol.). (A. D. J.)

ADENOCARPE. Adenocarpus. BOT. PHAN. De Candolle, dans le supplément de la Flore française, a détaché plusieurs espèces dugenre Cytise, pour en faire un nouveau genre qu'il a nommé Adenocarpus., à cause des glandes nombreuses dont le fruit est recouvert. Il appartient à la famille des Légumineuses, à la Diadelphie Décandrie, L. Ses caractères sont un calice bilabié; la lèvre supérieure est bifide, l'inférieure trilobée; la corolle est papillonacée, ayant la carêne droite: les dix étamines sont monadelphes. La gousse est comprimée, oblongue; ses valves sont planes et recouvertes de petites glandes pédicellées.

Les espèces rapportées à ce genre par De Candolle sont: les Cytisus parvifolius, telonensis, complicatus, foliosus et hispanicus. Les deux pre-mières croissent en France. Toutes ces espèces sont des sous-Arbrisseaux rameux, à feuilles trifoliolées; leurs

TOME I. 8

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fleurs sont jaunes et en grappes. (A. R.)

ADENODE. Adenodus. BOT. PHAN. Genre établi par Loureiro pour un Arbuste de la Cochincbine qui paraît être le même que l'Eleocarpus. V. ce mot. (B.)

* ADENOPHORE. BOT. CRYPT. Genre de la famille des Hydrophytes, proposé par Beauvois, et non adopté parles botanistes. (LAM..X.)

ADENOPHYLLE. Adenophyllum. BOT. PHAN. Ce genre de la famille des Corymbifères, de la Syngénésie Polygamie superflue, L. a été établi par Persoon (Syn. plant.). C'est le même que Cavanilles avait nommé Willdenovia, et Willdenow Schlechtendalia. Il a des rapports marqués avec le genre Tagetes. H. Cassini le place dans sa tribu des Hélianthées. Ses capitules sont radiés; son réceptacle paléacé; son involucre double; l'extérieur plus court est formé de folioles étalées et glanduleuses à leur base; l'extérieur se compose de folioles dressées, linéaires; il est également glanduleux à sa base; ses fleurons sont hermaphrodites, fertiles, à six ou huit lobes; les demi-fleurons, au nombre de huit, sont femelles: le fruit est couronné par cinq arétes.

L'espèce unique, qui forme ce genre, Adenophyllum coccineum, est une Plante herbacée et vivace, originaire du Mexique. (A. R.)

ADENOS. V. COTON.

ADENOSMA. BOT. PHAN. R. Brown (Prodr. Nov. Holl.) a nommé ainsi un nouveau genre de Plantes, qui comprend une seule espèce trouvée dans la Nouvelle-Hollande. Ce genre a été placé, par ce savant botaniste, dans la famille des Scrophulariées. Voici ses caractères: calice à cinq di-visions, dont la supérieure est plus grande; corolle bilabiée, à lèvre supérieure entière; l'inférieure à trois lobes égaux; quatre étamines didynames, dont les anthères sont rapprochées; stigmate élargi; capsule ovoïde, bivalve, terminée en pointe crochue à son sommet.

Ce genre a quelque analogie avec les Acantbacées. L'Adenosma cærulea de Brown est une Plante annuelle, velue, glanduleuse, terminée par un épi de fleurs bleues. (A. R.)

ADENOSTEMMA. BOT. PHAN. Genre appartenant à la famille des Corymbifères et à la section que caractérisent un phorante et un akène nus avec des fleurs toutes flosculeuses; c'est le même que le Lavenia de Swartz. L'involucre esthémisphérique, à plusieurs folioles égales, légèrement imbriquées; les corolles très-petites, velues en-dedans; les stigmates longs; l'akène sans aigrette, mais avec trois glandes pédicellées à son sommet. C'est Forster qui a établi ce genre d'après une espèce, Adenostemma viscosa (Verbesina Lavenia, L.), trouvée dans les îles de la mer du Sud. Une autre est originaire de la Jamaïque; c'est le Cotula Verbesina de Linné. (A. D. J.)

* ADENOSTYLE. BOT. PHAN. Sous ce nom, Cassini fait un nouveau genre de plusieurs espèces de Cacalies, dont le style présente la structure décrite à l'article des Adenostytées. F. ce mot. Le capitule est uniquement composé de fleurons hermaphrodites; l'involucre formé de bractées égales, disposées sur un seul rang; le phorante nu; l'aigrette, qui surmonte l'akène, simple. Ce genre appartient à la famille des Corymbifères, et à la Syngénésie Polygamie égale de Linné. (A. D. J.)

* ADENOSTYLÉES. BOT. PHAN. Henri, Cassini nomme ainsi l'une des tribus qu'il a établies dans la grande classes des Synanthérées. Ses caractères sont tirés des deux divisions su-périeures du style, qui, demi-cylinariques et arquées en dehors à l'époque de la floraison, présentent chacune une surface extérieure convexe, hérissée de papilles glandiformes, et une intérieure creusée au milieu d'une rainure linéaire, glabre, séparant deux bourrelets stigmatiques ponctués. (V., dans les planches du Dictionnaire des Sciences naturelles, les détails anatomiques de la famille des Synanthérées, 3e tribu.) Cassini range

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maintenant parmi les Adénostylées ses genres Adénostyle, Paleolaria et Homogyne; il annonce que plusieurs autres Tiendront sans doute y prendre place. (A. D. J.)

ADEONE. Adeona. POLYP. Genre de l'ordre des Polypiers à réseau ou Escharées, V. ce mot, dans la seconde division des Polypiers entièrement pierreux.—Les Adéones ont une tige articulée comme l'axe des Isidées, qui est surmontée d'une expansion pierreuse, frondescente ou flabelliforme, parsemée de cellules très-petites éparses sur les deux surfaces, et percée d'oscules ronds ou ovales. Ainsi les Adéones ont de légers rapports avec les Isis, et se rapprochent des Eschares et des Rétépores par la forme des expansions et par les cellules qui en couvrent les deux surfaces. Ces Polypiers ne sont jamais encroûtés; nous présumons cependant qu'une substance gélatineuse et animalisée les enveloppe en entier, et lie entre eux les nombreux habitans de leurs élégantes frondescences. La couleur des Adéones est blanchâtre ou d'un gris de fer quelquefois très-foncé. Elles s'élèvent à deux ou trois décimètres de hauteur. — On n'en connaît encore que trois espèces originaires des terres australes.

ADÉONE GRISE, Adeona grisea. Lamx. Hist. Polyp. 481. pl. fig. 2. Sa tige est courte; l'expansion qu'elle supporte est presque orbiculaire ou flabellée, percée d'oscules et d'une couleur gris de fer foncé.

ADÉONE ALLONGÉE. Adeona elongata. Lamx. Hist. Polyp. 481. Elle diffère de la précédente par sa tige longue et tortueuse, quelquefois rameuse, et par la forme ovale de son expansion.

ADÉONE FOLIACÉE, Adeona foliacea. Lamx. Hist. Polyp. 482. Sa tige est longue, rameuse et couverte de groupes épars, d'expansions foliacées, découpées à peu près comme les feuilles du Cratœgus Azarolus, L. (LAM..X.)

ADEPELLUS. OIS. Syn. du Jaseur de Bohème, Ampelis Gairulus, L. (DR..Z)

* ADEPHAGES. INS. Nom créé par Clairville et que Latreille applique à la première famille des Coléoptères Pentamères qu'il désigne aussi, avec Cuvier, sous le nom de Carnassiers. V. ce mot. (AUD.)

* ADESME. Adesmus. INS. Genre de Tordre des Coléoptères et de la section des Tétramères, établi par le général Dejean (Catalog. des Coléoptères. 1821). Il est très-voisin du genre Lamie de Fabricius, et nous y rapportons jusqu'à ce que ses ca-ractères nous soient connus. Dejean n'en possède d'ailleurs qu'une seule espèce, qu'il nomme Adesmus luctuosus; elle est originaire du Brésil. (AUD.)

ADGAO. BOT. PHAN. V. ALAGAO.

ADHAR. BOT. PHAN. Syn. de Schænanthe. V. ANDROPOGON. (B.)

ADIANTHE. Adianthum. BOT. CRYPT. (Fougères.) Genre de la tribu des Polypodiacées ou Fougères à capsules entourées d'un anneau élastique. Son caractère consiste dans ses capsules réunies en groupes linéaires ou arrondis à l'extrémité des feuilles ou des pinnules, et recouvertes par un tégument formé par le bord replié de la feuille elle-même, et s'ouvrant, conséquent, en dedans. C'est à face inférieure de ce tégument et sur les nervures qui s'y continuent jusqu'à quelque distance de son bord libre, que sont insérées les capsules.

Linné avait confondu dans le genre Adianthum les quatre genres, Adianthum, Cheilanthes, Lindsea et Davallia. Les deux derniers diffèrent essentiellement des Adianthes par leur tégument qui, au lieu d'être formé par le bord replié de la fouille et de s'ouvrir en dedans, naît de l'extrémité dès nervures, à quelque distance du bord de la feuille, et s'ouvre en dehors.—Le genre Cheilanthes ne diffère des vrais Adianthum que par l' insertion des capsules au fond du sinus qui unit le tégument à la feuille, et non pas sur la face interne du

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tégument lui-même. — Les feuilles ou pinnules de ces Fougères ne sont presque jamais traversées par une nervure moyenne; les nervures partent ordinairement en rayonnant de la base même de la feuille ou de la pinnule, et se divisent ensuite plusieurs fois sans jamais s'anasto-moser. Ce mode de division donne aux pinnules de ces Plantes une forme généralement cunéiforme, rhomboïdale ou lunulée et fort élégante.

Les feuilles des Adianthes sont presque toujours minces, délicates et translucides; leur tige est grêle, lisse et luisante; leur fronde est souvent très-divisée, et l'ensemble de ces caractères leur a fait donner le nom vulgaire de Capillaires.—Presque toutes les espèces de ce genre habitent les régions les plus chaudes du globe; sur environ soixante espèces connues, deux seulement font exception, et atteignent des latitudes assez élevées: l'une est l'Adianthum Capillus-Veneris, qui est très-commun dans le midi de l'Europe, et qui croît même jusqu'en Ecosse. On le retrouve dans une grande partie de l'ancien et du nouveau continent, à Ténériffe, au cap de Bonne - Espérance, à l'île Mascareigne, aux Antilles, etc. C'est une de ces Plantes qui, en petit nombre, paraissent pouvoir supporter des températures très-différentes. L'autre est l'Adianthum pedatum qui croît au Canada.

Les espèces qui habitent les par-ties les plus chaudes des deux continens y sont très-inégalement réparties; ainsi les deux tiers, à peu près, habitent les Antilles et la partie équinoxiale du continent de Amérique, tandis que l'autre tiers est réparti entre l'Inde, son archipel, la Nouvelle - Hollande, le cap de Bonne - Espérance, les îles africaines, etc. Les deux espèces que nous avons citées comme s'élevant dans la zone tempérée, méritent aussi d'être remarquées, à cause de leurs usages en médecine: la premiere, connue sous le nom vulgaire de Capillaire de Montpellier, croît, communément dans le midi de la France, en Italie, en Espagne; la seconde est appelée Capillaire de Canada, à cause deslieux qu'elle habite. Ces deux Plantes sont également employées pour faire le sirop de capillaire, mais celle de Canada est plus estimée à cause de son odeur plus aromatique; l'une et l'autre ne paraissent donner à l'eau, dans laquelle on les fait infuser, qu'un peu de matière gommeuse ou mucilagineuse, et un parfum agréable. (AD. B.)

* ADIANTHITE. BOT. CRYPT. FOSSIL. Empreintes de Fougères qui se trouvent dans des schistes de Silésie, et que Scheuchzer (Herb. Diluv. T. I. f. 7) a prises pour celles de l'Adianthum Capillus-Veneris, L. V. FILICITES. (B.)

* ADIANTON, BOT. CRYPT. Vieux nom de l'Adianthe. V. ce mot. (B.)

* ADIKE. BOT. PHAN. Syn. d'Ortie, chez les Grecs modernes qui ont conservé ce nom de l'ancien grec. (B.)

ADIL. MAM. (Belon.)Syn. de Chacal. V. CHIEN. (B.)

ADIMA. BOT. PHAN. Espèce de Sauvagesie. V. ce mot. (B.)

ADIMAIN, ADIM - MAYN OU ADIM-NAIM. MAM. V. BREBIS.

ADIMONIE. Adimonia. INS. Dénomination générique employée par Schrank, pour désigner les Galéruques. V. ce mot. (AUD.)

* ADIPEUX, EUSE. Qualification donnée à toute substance qui parti-cipe de la nature de la graisse, ou en admet dans sa composition.

Quelques Poissons, tels que les Scombres, V. ce mot, portent, dans le voisinage de la queue, certaines nageoires appelées adipeuses, remplies d'une substance graisseuse et que ne supporte aucun rayon. (B.)

* ADIPOCIRE. Espèce de Savon animal que présentent des cadavres enfouis depuis un temps assez long; c'est une combinaison naturelle d'une petite quantité d'Ammoniaque, de Potasse, de Chaux, de graisse fluide colorée et odorante, avec beaucoup de Marga-

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rine. On a cru d'abord, et c'était l'opinion de Fourcroy, que la matière musculaire, par un long séjour dans la terre humide, éprouvait une décomposition particulière, une réaction dans ses divers principes, et se convertissait enfin totalement en Adipoeire. Des observations plus exactes, appuyées sur des expériences relatives à l'action prolongée de l'Eau, ont fait penser à Chevreul que cette conversion des cadavres en Adipocire, n'était qu'une véritable saponification de la graisse seule, mise à nu par la décomposition complète des muscles, et transformée en Margarine et en huile fluide. Les muscles et autres matières azotées, en se décomposant, produisent eux-mêmes l'Ammoniaque nécessaire à la saponification, tandis que la Po-tasse et la Chaux sont fournies par la décomposition de quelques substances salino-terreuses qui constituent le gisement. L'Adipocire, ou plutôt le gras des cadavres, recouvre la charpente osseuse, et conserve quelque chose de la forme de l'Animal; il est solide, d'un blanc jaunâtre, fusible à 50° environ, se figeant ensuite en une masse composée de lamelles cristallines, brillantes. (DR..Z.)

* ADIPSON. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. de Réglisse. (B.)

ADIRE OU ADIVE. MAM. Espèce du genre Chien. V. ce mot. (A. D..NS.)

ADJERAN-UTAN. BOT. PHAN. Syn. de Bident velu, Bidens pilosa, L. à Java. (B.)

ADLEN. BOT. PHAN. Syn. de Pastel, Isatis tinctoria, L. chez les Arabes. (B.)

* ADLUMIE. Adlumia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Fumariacées, de la Diadelphie Hexandrie, L. établi par Raffinesque, et adopté par De Candolle (Syst. veg.2). Il a pour type le Fumaria fungosa, Aiton. Ses quatre pétales sont soudés, et forment une corolle monopétale, persistante, à quatre divisions, offrant deux bosses à sa base. Les étamines diadelphes sont insérées à la base de la corolle et persistent avec elle. Le fruit est allongé, siliquiforme, bivalve, polysperme, enveloppé par la corolle.

La seule espèce dont ce genre soit encore formé, Adlumia cirrhosa, D. C., est une Plante grêle, grimpante, munie de vrilles, portant des fleurs blanches ou légèrement rosées; elle croît dans l'Amérique septentrionale. (A. R.)

* ADMOS. POIS. Espèce de Poisson, aujourd'hui inconnue, citée par le seul Oppien. (B.)

* ADNE, NEE. BOT. PHAN. Adjectif qui signifie attachéà ou attaché le long de. Les stipules des Roses sont Adnées aux pétioles. (B.)

* ADO. BOT. PHAN. Arbrisseau de la province de Cumana dans l'Amérique méridionale, qui paraît un Combretum. V. ce mot. (B.)

ADOLE OU ADOLI. Adolia. BOT. PHAN. Genre formé par Lamarck (Encyc. dic.) sur les figures assez bonnes et les descriptions fort incom-plètes qu'a données Rhéede (Hort. Malab. T. V. p. 59 et. 61. pl. 30 et 31) de deux Arbrisseaux de la côte de Malabar, qui présentent de grands rapports avec les Nerpruns. On ne connaît pas même le nombre des étamines des Adoles, dont l'une a les fleurs blanches et l'autre les a rouges. (B.)

ADONIDE. Adonis, BOT. PHAN. Famille des Renonculacées de Jussieu, Polyandrie Polygynie, L. Ce genre, assez voisin des Anémones, s'en distingue par les caractères suivans: le calice est formé de cinq sépales planes et réguliers; la corolle se compose de cinq à quinze pétales également planes et réguliers, sans appendice à leur base; les étamines sont fort nombreuses, ainsi que les pistils qui forment un capitule qui s'allonge de plus en plus au centre de chaque fleur; les fruits sont des akènes, terminés par une sorte de petit crochet à leur sommet.

Toutes les Adonides sont des Plantes herbacées d'un aspect générale-

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ment élégant, à feuilles profondément et finement découpées. Leurs fleurs, ordinairement solitaires, sont jaunes ou rouges. De Candolle en décrit onze espèces, que l'on peut partager en deux sections, suivant qu'elles sont annuelles ou vivaces. — On cultive dans les jardins l'Adonis autumnalis, L., que l'on y désigne sous le nom vulgaire de Goutte de sang, à cause de la couleur intense de ses fleurs, que les poëtes ont dit avoir été teintes par le sang d'Adonis. (A.R.)

ADONIS. POIS. et INS. Nom donné, comme spécifique, à la Blennie galérite, à l'Exocet ou au Muge volant, ainsi qu'à un petit Papillon du genre Hespérie. (B.)

ADORIE. Adorium. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, nommé ainsi par Fabricius, mais qui précédemment avait été établi par Weber sous la dénomination d'Oïaes. Latrieille (Considér. génér.) le place dans la famille des Chrysomèlines. Dans le Régne Animal il est regardé, par le même auteur, comme sous-genre des Galéruques de Géoffroy. V. ce mot. Ses caractères sont:oénultiéme article des palpes, surtout des maxillaires, dilaté; le dernier, court, presque cylindrique tronqué. —Ces Insectes avoisinent les Galéruques propres et les Lupères, dont ils ne diffèrent que par la dilatation du pénultième article de leurs palpes. — Ils se distinguent facilement des Altises par leurs pates postérieures, qui sont impropres pour sauter. — Leur corps est presque orbiculaire ou ovoïde. Leurs élytres sont grandes et convexes; leurs antennes sont filiformes, insérées entre les yeux. Les espèces qui composent jusqu'à présent ce genre sont peu nombreuses et toutes exotiques; elles se trouvent dans les Indes orientales, en Guinée, etc.

L'Adorium bipunctatum de Fabricius sert de type au genre. Elle est roussâtre, et a, vers le tiers postérieur des élytres, une tache noirâtre; elle habite le Bengale. Latreille l'a figurée (Gener. Crust. et Ins. Tom. II. t. 11. fig. 9).V., pour les autres espèces, Weber (Observ. Entom.), Fabricius (Syst. Eleut.), Olivier (Coléopt.), Schœnherr (Syn. Insect.), et Dejean (Catalogue des Coléoptères, 1821). (AUD.)

* ADORION. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. de Carotte. (B.)

ADOULATTI. BOT. PHAN. Nom indou d'une Plante qui pourrait bien être un Erythrosperme, et que les Malabares appellent Wadouka, selon Rhéede. (B.)

ADOXE. Adoxa. BOT. PHAN. V. MOSCHATELLINE.

ADRACHNÉ OU ANDRACHNE. BOT. PHAN. Nom donné par les anciens à un Arbre dont l'ácorce était fort polie, ce qui l'a fait appliquer, comme spécifique, par les modernes, à un Arbousier. V. ce mot. (B.)

ADRAGANT. Vulgairement Gomme Adragant. C'est effectivement une sorte de Gomme, de couleur blanchâtre tirant sur le jaune pâle, légère, disposée en petites larmes, provenant d'une espèce d'Astragale à peu près inconnue des botanistes, et qui croît abondamment dans la Perse. L'Astragalus Gummifer de Labillardière (Journ. de Phys. Janv. 1790, p. 46. tab. 1) en produit également; mais l'Astragalus Tragacantha, L., qu'on avait cru la fournir au commerce, n'en donne pas du tout. La gomme Adragant nous vient du Levant principalement, par Marseille. L'office et la pharmacie en tirent un grand secours pour la composition des dragées, pâtes, crêmes, etc., auxquelles jamais elle ne communique le moindre goût, tout en liant les substances sucrées ou colorantes qu'on y fait entrer. Les arts l'utilisent aussi, soit dans l'apprêt des gazes, soit dans la teinture en soie, soit enfin pour lustrer le vélin des peintres en miniatures. Prise intérieurement, elle passe pour adoucissante. (B.)

* ADRASTÉE. Adrastœa. BOT. PHAN. De Candolle (Systema vegetabil.

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T. I) appelle ainsi un nouveau genre de la famille des Dilléniacées, de la Décandrie Digynie, L., qui a le port des Hibberiies, et s'en distingue par les caractères suivans: calice persistant, pentasépale; corolle de cinq pétales, plus courts que le calice; dix étamines ont les filets sont planes, les anthères allongées, à deux loges; ovaires, au nombre de deux, globuleux, terminés chacun par un style droit, subulé; fruits membraneux et monospermes.

Ce genre ne renferme qu'une seule espèce, l'Adrastæa salicifolia, sousArbrisseau qui croît dans les marais de la Nouvelle-Hollande, et qui porte des feuilles semblables à celles de l'Olivier ou du Saule blanc; ses fleurs sont petites, terminales ou axillaires. (A. R.)

* ADRIJNUS. REPT. OPH. (Belon.) Très-grand Serpent indéterminé, ap-pelé aussi Dendroguilla par les Grecs modernes. (B.)

*ADSAI, ADSIKI OU ANSAI. BOT. PHAN. (Kæmpfer.) Syn. de Viburnum, au Japon (B.)

* ADSARIA-PALA BOT. PHAN. Nom vulgaire d'une sorte de Pois de Ceylan qui pourrait bien être le Dolicnos brûlant, Dolichos pruriens, L. (B.)

* ADSIA. BOT. PHAN. (Thunberg.) Syn. de Catalpa, au Japon. (B.)

* ADSI-MAME. BOT. PHAN. (Thunberg.) Syn. de Fève de marais, an Japon. (B.)

ADULAIRE. MIN. Variété de Feld-Spath, de couleur blanchâtre, remarquable par son éclat nacré, et qui est employée par les lapidaires pour faire des bagues et des épingles. On lui donne alors les noms de Pierre de lune et d'Æilde poisson. Les plus estimés viennent de l'île de Ceylan. On en trouve aussi au mont Saint-Gothard en Suisse, qu on nommait anciennement Adula, d'ou est venu le nom d'Adulaire que lui a imposé le père Pini de Milan. V. FELD-SPATH. (LUC.)

ADULASSO. BOT. PHAN. Syn. de Carmantine bivalve, Justicia bivalvis, L. dans l'Inde. On l'emploie dans ce pays contre la goutte. (B.)

ADULPLA. BOT. PHAN. Syn. de Marisque. V. ce mot. (B.)

ADURION. BOT. PHAN. SYn. de Sumac, Rhus Coriaria, L. chez les Arabes. Ce nom s'est conservé en quelques parties de l'Espagne. (B.)

* ADUSETON OU AKKUSETON. BOT. PHAN. Paraît avoir été, chez les Grecs, syn. de Clypéole ou de Drave. V. ces mots. (B.) '

* ADY. BOT. PHAN. Espèce de Palmier de l'île Saint - Thomas dans les Antilles, dont le fruit est appelé Abanga par les Nègres, selon Jean Bauhin, et Abariga dans le Pinax de son frère Gaspard Bauhin. On en retire, au moyen d'entailles, un suc qui acquiert, par la fermentation, toutes les qualités de la liqueur connue, en Afrique et dans les Indes, sous le nom de vin de Palmier. (B.)

ADYSETON. BOT. PHAN. Genre formé par Adanson ainsi que par Scopoli, et adopté comme sous-genre, par De Candolle; ces auteurs lui ont appliqué un nom par lequel les Grecs désignaient une crucifère. V. ADUSETON. Il se compose des espèces d'Alyssons, dont les corolles sont jaunes avec deux filamens et des étamines dentées à leur base. V. ALYSSON. (b.)

* ÆBAD. BOT. PHAN. (Forskahl.) Syn. de Panic glauque, chez les Arabes. (B.)

* ÆCHMEE. Æchmea.Ruiz et Pavon sont les auteurs de ce genre (Prodr. Flor. Per. I. tab. 8). Suivant ces botanistes, ses caractères sont: la présence d'une spathe courte (qu'ils nomment calice extérieur), à trois lobes, dont deux obtus et le troisième mucroné; un calice supère divisé très-profondément en six parties, dont trois exté-rieures (calice intérieur de Ruiz et Pavon), courtes, ovales, et trois intérieures colorées (pétales des mêmes auteurs), trois fois plus longues, con-

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inventes, présentant en-dedans à leur base deux petits appendices ou écailles; six étamines insérées au bas des divisions du calice, dont elles égalent les intérieures en longueur; anthères linéaires attachées par leur milieu; un stigmate trifide surmontant un style unique, filiforme, un peu renflé inférieurement; une capsule adhé-rente, à trois loges, s'ouvrant en trois valves, et logeant dans une pulpe molle des graines nombreuses, allongées.

La seule espèce connue, Æchmea paniculata, croît dans les Andes du Pérou. C'est une herbe à feuilles radicales, à fleurs disposées, sur l'extrémité d'une hampe, en panicules lâches et entourées chacune d'une spathe.

Ses caractères, s'ils sont bien exacts, doivent assigner à ce genre sa place parmi les Broméliacées à ovaire inférieur. Dans le système sexuel, il appartient à l'Hexandrie Monogynie. (A. D. J.)

ÆCIDIE. Æcidium. BOT. CRYPT. (Uré dinées.) Genre de petits Champignons qui croissent sur les feuilles vivantes, et dont les capsules, globuleuses ou ovales, uniloculaires, libres ou adhérentes entre elles, sont réunies en groupes sous l'épiderme des feuilles qu'elles soulèvent, et qui, en s'épaississant, forme autour d'elles une sorte de cupule ou de faux péridium charnu ou membraneux, d'une couleur diffé-rente de celle de la feuille. On reconnaît facilement, dans ce péridium, la structure de la feuille: structure très-différente de celle des vrais péridium des Lycoperdacées, et qui ne permet pas de placer les Æcidies ans cette famille. —Link ne regarde ce genre que comme une subdivision du genre auquel il a donné d'abord le nom de Cœoma, et ensuite celui de Hypodermium, et quirenferme les Æcidium et les Uredo des autres auteurs. —Le caractère des Æcidies, quoique peu naturel, paraît pourtant assez tranché pour que nous conservions ce genre. On peut, comme Link Ta fait, y distinguer trois sous-genres.

1o. Les Æcidïes, Æcidium (proprementdites), dans lesquelles l'épiderme ne forme, autour des groupes de capsules, qu'un léger rebord en forme de cupule. Ce sous-genre renferme le plus grand nombre des espèces.—Nous citerons, pour exemple, celles qui croissent sur les Euphorbes, le Tussilage et la Renoncule des bois.

2°. Les RÆSTELIES, Rœstelia, dans lesquelles l'épiderme se prolonge en un Iong péridium tubuleux; telle est l'Æcidie de l'Amélanchier, celle de l'Epinevinette, etc.—Link a placé dans cesousgenre l'Æcidium cancellatum qui couvre souvent les feuilles des Poiriers; mais il paraîtrait pouvoir former un sous-genre distinct, à cause de la ma-nière dont le péridium s'ouvre latéralement.

3°. Les PERIDERNIES, Peridernium. Link a donné ce nom à quelques espèces d'Æcidies, dont le péridium se rompt transversalement à sa base. Une des espèces qu'il rapporte à ce genre, l'Æcidium pini, est fort remarquable, parce qu'il atteint jusqu'à trois à quatre lignes de grandeur, et qu'il croît, non sur les feuilles, mais sur l'écorce des Pins.

Toutes les autres Æcidies vivent sur les feuilles vivantes, tantôt sur la face inférieure, et tantôt sur la supérieure. On en a déjà décrit un grand nombre d'espèces, mais dont les différences sont peut-être dues plutôt à la structure particulière des feuilles sur lesquelles elles croissent, qu'à l'organisation propre du Champignon. (AD. B.)

* ÆDDER. OIS. D'où Eider, vieux nom de cet Oiseau dans le Nord, (B.)

* ÆDE. Ædes. INS. Genre de Diptères, établi par Hoffmannsegg et adopté par Meigen (Description systé-matique des Diptères d'Europe, Ier vol. 1818), qui lui assigne pour caractères: antennes étendues, filiformes, de quatorze articles, plumeuses chez les mâles, poilues chez les femelles; trompe étendue de la longueur du thorax; palpes très-courts; ailes écailleuses et couchées Tune sur l'autre.

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Ce genre se distingue des Cousins et des Corèthres par la petitesse des palpes, toujours beaucoup plus courts que la trompe. Il appartient àla grande famille des Némocères de Latreille (Règne Animal), et ne renferme que l'espèce nouvelle qui lui sert de type. Hoffmannsegg l'a nommé Ædes cinereus. (AUD.)

ÆDELITE. MIN. Zéolite siliceuse. (Bergman.) Cette substance se présente sous la forme de petites masses tuberculeuses à tissu fibreux; ses couleurs varient entre le gris, le jaunâtre, le verdâtre et le rouge pâle. Elle fait feu sous le briquet, et est fusible au chalumeau avec boursoufflement en un verre bulleux. Pesanteur spéc. 2, 515, après l'imbibition. Bergman en a retiré: Silice, 62 à 59; Alumine, 18 à 20; Chaux, 8 à 26; Eau, 3 à 4; perte, 9 à 1.

On trouve l'Ædelite en Suè le, à Ædelfors et à Messersberg dans les fentes d'une RocheTrappéenne, où elle sert de support à la Mésotype épointée, que Haüy vient de ranger parmi les Apophyilites. V. ce mot. (LUC.)

ÆDON. OIS. Nom spécifique, emprunté du grec, et donné par Gmein à un Gobe-mouche. V. ce mot.(B.)

* ÆDYCIE. Ædycia. BOT. CRYPT. (Champignons.) Ce genre, d'après la description peu détaillée qu'en a donnée Raffinesque (Medical repository, et Journal de Botaniq., vol. 1), parîat se rapprocher des Phallus, dont il dif-fère surtout par l'absence de volva; voici le caractère que Raffinesque donne à ce genre: Champignon sans volva, tubuleux, troué au sommet, gélatineux, composé d'utricules contenant les graines. — Il en indique deux espèces sous les noms d'Ædycia rubra et d Æ. alba; toutes deux croissent aux environs de Philadel-phie, et répandent une odeur fétide analogue à celle du Phallus. (AD. B.)

ÆG. REPT. OPH. Syn. de Céraste, Coluber Cerastes, L. en Egypte. (B.)

ÆGA. CRUST. Genre de l'ordre des Isopodes, établi par Leach (Linn. Soc. trans. T. XI), et que Latreille réunit aux Cymothoës. V. ce mot. (AUD.)

ÆGAGRE. MAM. Espèce de chèvre sauvage Capra Ægagrus. Gmel. V. CHEVRE. (B.)

ÆGAGROPILE. V. ÉGAGROPILE.

ÆGERIE. Ægeria. INS. Genre de l'ordre des Lépidoptères, établi par Fabricius (Syst. gloss.) aux dépens de son genre Sésie. Nous suivrons l'exemple de La treille en n'adoptant pas ce genre assez mal caractérisé, et qu'on pourrait aisément confondre avec le mot Ægérie employé pour désigner une espèce de Papillon; on le distinguerait aussi avec difficulté, et par l'orthographe seulement, des Egéries de Leach, qui sont des Crustacés décapodes. V. SESIE et SPHINX. (AUD.)

ÆGERITE. Ægerita. BOT. CRYPT. (Mucédinées.) Les Champignons de ce genre croissent sur les bois morts et humides, à la surface desquels ils forment des tubercules globuleux ou hémisphériques, composés d'une infinité de petites sporules globuleuses qui leur donnent un aspect pulvérulent ou granuleux. Leur place est encore assez incertaine; Persoon les a intercallés parmi les vrais Cham-pignons après les Stilbum, avec lesquels ils ne nous paraissent avoir que peu de rapports. De Candolle les avait rapprochés des Mucédinées; mais ils different des vraies Mucédinées, par l'absence de filamens fructifères. Link les a placés à côté des Sclerotium; enfin Nées les met dans sa tribu des Sphœromyci avec quelques autres petits genres. Cette dernière opinion nous paraît la plus naturell. (AD.B.)

* Le nom d'Ægèrites avait déjà été donné, par d'anciens botanistes, à des Champignons bons à manger, qui doivent appartenir au genre Agaric, et qui croissent en Italie ou dans le midi de la France, sur les racines des Peupliers. Matthiole et Tarentinus rapportent que, de leur temps, on cultivait ces Champignons,

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ou plutôt qu'on parvenait à les obtenir, au bout de quatre jours, des souches de divers Peupliers, en arrosant celles-ci avec du vin étendu d'eau chaude. Micheli confirme ce fait en le mentionnant. On assure que cette pratique s'est conservée en diverses parties du Languedoc et de la Provence, où les Champignons, d'un goût très-agréable, qui en résultent, sont appelés Piboulado. (B.)

ÆGIALIE. Ægiaîia. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, démembré par Latreille de celui des Aphodies, dont il s'éloigne par ses mandibules entièrement cornées, par son labre coriace et saillant, bien que très-court, par ses mâchoires armées intérieurement d'un crochet corné bifide, et par la forme du chaperon; il se distingue des Géotrupes par le nombre des articles aux antennes, qui est de neuf au lieu de onze. — Latreille (Considér. génér.) place ce genre dans la famille des Scarabeïdes; et il fait partie (Règne Animal) de la tribu du même nom, famille des Lamellicornes.

Une seule espèce, jusqu'à présent, compose ce genre et lui sert de type; c'est l'Ægialie globuleuse, Aphodius globosus d'Illiger; elle a été figurée par Panzer (Faun. ger. XXXVII. 2). On la trouve en Europe dans le sable des bords de la mer. (AUD.)

* ÆGIALITES. OIS. Famille d'Echassiers qui comprend les genres Ædicnème, Echasse, Huitrier, Erolie, Courevite, Pluvian, Sanderling et Pluvier, de la méthode de Vieillot. (DR..Z.)

ÆGICÈRE. Ægiceras. BOT. PHAN. Genre de la famille des Myrsinées de Brown et de la Pentandrie Digynie, L. C'est le Rhizophora corniculata, L. dont Gærtner a fait un genre nou-veau (Carp. tab. 46). Son calice est campanulé, à cinq divisions coriaces; sa corolle hypocratériforme; ses étamines sont au nombre de cinq. L'ovaire est polysperme, libre et surmonté d'un seul style. La capsule est allongée, falciforme, uniloculaire, s'ouvrant du côté convexe; elle renferme une seule graine.— L'Ægiceras majus deGærtner ou Rhizophora corniculata, L. est un Arbrisseau à feuilles alternes, dont les fleurs sont blanches, en faisceaux axillaires. Il croît audelà des tropiques, parmi les Mangliers, et s'étend jusqu'au 34° de latitude australe. Gærtner rapporte éga-lement à ce genre, sous le nom d'Ægiceras minus, l'Umbraculum maris, figuré par Rumph (Amb. 3, T. 82). (A. R.)

ÆGICON. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. d'Ægilops ovata, L. V. ÆGILOPS. (B.)

ÆGILOPS. Ægilops. BOT. PHAN. Genre de la famille des Graminées très-voisin du Triticum dont il ne diffère essentiellement que par le nombre des soies qui terminent les valves de la lépicène et de la glume; en effet, les véritables Ægilops ont les valves de la lépicène terminées supérieurement par trois, par deux ou quatre soies subulées; la paillette inférieure de la glume offre également deux ou trois soies; la supérieure est simplement échancrée; les fleurs sont disposées en épis simples; les épillets sont sessiles sur chaque dent de l'axe, ils contiennent trois fleurs, deux inférieures hermaphrodites fertiles, une supérieure neutre.

Les espèces de ce genre sont toutes herbacées et annuelles. Elles habitent particulièrement les contrées méridionales de l'Europe. On en trouve trois en France, Ægilops ovata, L. Æ. Triuncialis et Æ. squarrosa; celle-ci et aujourd'hui partie du genre Triticum. Plusieurs autres, telles que l'Ægilops incurvata, ont été rapportées au genre Rottboella. V. ce mot. (A. R.)

On a pensé que l'Ægilops ovata qui couvre certains champs de la Sicile était la Graminée d'où provient le Blé; qu'à force d'en semerla graine, celle-ci a fini par se changer en Cé-réale, et que la tradition mythologique, qui tait de la vallée d'Enna et de l'antique Trinacrie le berceau de

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l'agriculture ou l'empire de Cérès, eut la métamorphose de l'Ægilops pour fondement. Nous avons traité avec légèreté cette opinion dans nos Essais sur les Iles Fortunées; cependant le professeur Latapie de Bordeaux, qui la soutient, et qui, voyageant autrefois en Sicile, crut y trouver des motifs pour l'adopter, encore que d'abord elle paraisse étrange, nous a assuré de nouveau et depuis la publication de notre ouvrage, qu'il avait cultivé soigneusement lui-même graine à graine, et dans des pots qu'on ne perdait jamais de vue, la Plante dont il est question; qu'ayant eu soin de resemer les graines qui provenaient de Ces semis plusieurs fois de suite, il n'avait pas tardé à voir la Plante s'allonger, changer de facies et même de caractères génériques. Un tel fait, attesté par un savant respecté de tous ceux qui l'ont connu, mérite un examen sérieux, et nous enga-geons les amateurs d'Agriculture, de Physiologie végétale et de Botanique à répéter les expériences du professeur Latapie. (B.)

ÆGINETIE. Æginetia. BOT. PHAN. Ce genre, établi d'abord par Linné pour une Plante du Malabar appelée Tsiem-Cumulu par Rhéede, avait été réuni par lui au genre Orobranche. Mais Roxburg, dans son ouvrage sur les Plantes de Coromandel, et plus tard Willdenow, dans son Species, l'ont rétabli. Il diffère des Orobranches par son calice monosépale, en forme de spathe, fendu latéralement, et recouvrant la fleur; par sa corolle qui est évasée, à deux lèvres, arquée et de couleur purpurine; par sa capsule qui est multivalve.

La seule espèce qui appartienne à ce genre est l'Æginetia indica de Roxburg, ou Orobranche Æginetia, L., Plante sans feuilles, dont les tiges sont simples, roides, cylindriques, uniflores, et qui croît sur les couines du Malabar. Roxburg l'a figurée, planehe 91 de ses Plantes de la côte de Coromandel. (A. R.)

ÆGIPHILE. Ægiphila. BOT. PHAN. Genre de la famille des Verbenacées et de la Tétrandrie Monogynie, auquel on rapporte le Manubœ d'Aublet et le Knoxia scandens de Browne. Son calice est à quatre dents; le tube de la corolle, plus long que le calice et terminé par un limbe à quatre divisions ouvertes, porte quatre étamines égales et saillantes; le style est profondément bifide; le fruit que ceint le calice persistant, est une baie à quatre loges monospermes, ou à deux loges seulement, contenant chacune deux graines; on n'en trouve quelquefois qu'une ou deux par avortement.

Les espèces de ce genre sont des Arbres ou des Arbrisseaux à feuilles simples et opposées, à fleurs disposées en corymbes dichotomes, axillaires et terminaux. On en connaît actuel-lement quinze environ, originaires de la Guyane, du Pérou, de la Jamaïque, de la Martinique. On les nomme vulgairement Bois cabril et Bois de fer. Quelques-unes se trouvent figurées dans Aublet (Guy. tab. 23, et 25), Browne (Jam. tab. 3), Ruiz et Pavon (Ft. peruv. tab. 76), Humboldt et Kunth (Pl. æq. tab. 130 et 131). (A. D. J.)

* ÆGIROS OU ÆGIRUS. BOT. PHAN. (Théophraste.)Syn. de Peuplier noir, d'où, peut-être, Ægérite. V. ce mot. Champignons qui croissent sur les Peupliers. (B.)

ÆGITHALES. OIS. Famille qui comprend les genres Mésange, Mégistine, Tyran, Neau, Pardalotte et Manakin, de la méthode de Vieillot. (DR..Z.)

* ÆGITHALOS. OIS. Genre proposé par Hermann (Observ. zool. p. 214), et, selon ce naturaliste, très-voisin des Manakins par le bec, mais s'en écartant par les doigts dont l'extérieur n'est réuni à celui du milieu que jusqu'à la première phalange. L'Oiseau sur lequel ce genre serait établi n'est, selon Desmarest, qu'une Mésange à gros bec. V. MESANGE. (B.)

* ÆGITHE. OIS. Nom donné par

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les Grecs à un petit Oiseau qu'il est impossible de reconnaître, malgré ce que raconte gravement Aristote des effets de son inimitié pour l'Ane qui, se mettant à braire, lui fait casser ses œufs. (B.)

ÆGITHE. Ægithus. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, démembré par Fabricius de celui des Erotyles, mais qui n'est pas, jusqu'à présent, établi sur des caractères assez importans, pour qu'on doive l'en séparer. V. ErOTYLE.—L'espèce qu'il nomme Ægithus marginatus appartient au genre Nilion. V. ce mot. (AUD.)

ÆGITHINE. OIS. Genre formé par Vieillot, pour y placer deux espèces de becs-fins; l'un d'Afrique, et l'autre de Ceylan. (DR..Z.)

* ÆGITIS. BOT. PHAN. Syn. d'Anagallis. V. ce mot. (B.)

ÆGLE. BOT. PHAN. V. EGLE.

* ÆGLE. MOLL. (Ocken.) V. EGLEE.

ÆGLEFIN ou AIGREFIN, POIS. Espèce de Gade. V. ce mot. (B.)

* ÆGOCEPHALE. OIS. (Belon.) C'est-à-dire Tête de chèvre. Nom par lequel Aristote désignait un Oiseau qu'il est impossible de déterminer, et qu'on a pris pour une Barge, Scolopax œgocephala, L. Grande Bécasse rousse, Buff. pl. enl. 505. V. BARGE. (DR..Z.)

* ÆGOCERATOS. BOT. PHAN. (Raj.) Syn. d'Hugonia, L. V. ce mot. (B.)

ÆGOCÈRE. Ægocera. INS. Genre de l'ordre des Lépidoptères, établi par Latreille et rangé par lui (Consid. génér.) dans la famille des Zygènides. Le même auteur (Règne Animal) réunit ce genre à celui des Zygènes. V. ce mot. (AUD.)

ÆGOLETHRON. BOT. PHAN. Plante mentionnée par Pline qui la dit commune dans le Pont, et dont les fleurs communiquent au miel une qualité vénéneuse. Cette particularité a fait croire à Tournefort (Voyage dans le Levant) que l'Azalea pontica, L. était l'Ægolethron des anciens, parce que le miel qu'en retirent les Abeilles étourdit ceux qui en mangent, et leur cause des nausées. Gesner rapportait l'Ægolethron à la Clandestine écailleuse, Lathrœa squamaria, L.; et Gaspard Bauhin paraît croire que c'est la Renoncule petite douve, Ranunculus flammula, L. (B.)

ÆGOLIENS. OIS. Famille que Vieillot a composée de tous les Accipitres nocturnes. (DR..Z.)

* ÆGONUCHON. BOT. PHAN. (Daléchamp.) Syn. de Lithospermum. V. ce mot. (B.)

ÆGO-PITHÈQUE. Ægo-Pithecos. Animal fabuleux, mi-partie du Singe et de la Chèvre, selon Nicéphore qui l'a mentionné. (B.)

ÆGOPODIUM. BOT. PHAN. V. PODAGRAIRE.

ÆGOPOGON. BOT. PHAN. (Humboldt et Bonpland.) Genre de Graminées renfermant deux espèces de l'Amérique méridionale et présentant les caractères suivans: épillets uniflores, disposés en épis et rapprochés par deux ou par trois, un hermaphrodite, les autres mâles; deux glumes bifides et aristées; deux paillettes bifides; l'inférieure terminée par trois, la supérieure par deux arêtes; trois étamines; deux stigmates en forme de pinceau. Nous plaçons ce genre dans notre groupe des Agrostidées, à côté des genres Polypogon et Calamagrostis (Nov. gen. et Sp. pl. I). (K.)

ÆGOPRICON. BOT. PHAN. V. MAPROUNIER.

ÆGOTHELAS. OIS. Syn. de l'Engoulevent, Caprimulgus europœus, L. en Grèce. (DR..Z.)

ÆGREFIN. POIS. V. ÆGLEFIN.

ÆGUILLAC. POIS. V. AIGUILAT.

ÆGYLOPS. Du Dictionn. de Déterville. V. ÆGILOPS. (A.R.)

* ÆGYPIUS. OIS. Nom d'un Oiseau

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dont il est question dans Homère et dans Aristote, que les uns ont pris pour l'Emérillon, et d'autres pour un Vautour. (B.)

ÆHAL, ÆHALAGUAS OU ÆTTÆLAGHAS. BOT. PHAN. Syn. de Casse des boutiques, Cassia fistula, L., dans quelques îles de l'Inde, particulièrement a Ceylan. (B.)

A-EI-A. MAM. Syn. d'Antilope, Rit-Bock, Antilope arundinacea, Shaw, chez les Hottentots. (B.)

* ÆICURSON.BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. de Sédum. (B.)

ÆLG OU ÆLK. MAM. Syn. d'Elan, en Suède et en Norwége. (B.)

ÆLHIN. BOT. PHAN. Souchet indéterminé, Cyperus, qui in ique aux habitans de Ceylan les terrains propres à la culture du Riz. (B.)

ÆLIE. Ælia. INS. Genre de l'ordre des Hémiptères, formé par Fabricius, et qui ne diffère pas essentiellement des Pentatomes auxquelles Latreille le rapporte. V ce mot. (AUD.)

ÆLISPHACOS. BOT. PHAN. (Daléchamp.) Syn. de Sauge commune, Salvia officinalis, L. chez les Arabes. (B.)

ÆLURUS. MAM. (Hernandez.) Nom de la Civette, à la Nouvelle Espagne, où cet Animal n'est pas indigène, mais a été introduit par les Espagnols venant des îles Philippines.(B.)

ÆLY. MAM. L'un des syn. d'Elan, en Norwége. (B.)

ÆMBARELLA. BOT. PHAN. Arbre de Ceylan qu'on croit être un Noyer. (B.)

ÆMBILLA. BOT. PHAN. Syn. de Céanothe asiatique, à Ceylan. (B.)

ÆMBULLA-ACBILYA ou ÆMBULLÆBILYA. BOT. PHAN. On appelle ainsi à Ceylan une Oxalide inaéterminée. (B.)

ÆNEAS. MAM.Syn. deCayopollin, espèce de Didelphe. V. ce mot., (B.)

ÆPALA. BOT. PHAN. Syn. d'une Triumfette, Triumfetta Bartramia, L., à Ceylan. (B.)

* ÆRA.BOT. PHAN. (Théophraste.) Syn. d'Ivraie. V ce mot. (B.)

ÆREFUGI OU ÆREFUGL. OIS. V. AARFUGI.

AERIDES. BOT. PHAN. Ce genre de la famille des Orchidées, de la Gynandrie Monandrie, L. établi par Loureiro, a ensuite été adopté par Swartz dans son Traité des Orchidées. Il est intermédiaire entre les Epidendres et les Cymbidions. Il a pour caractères: un calice à six divisions profondes, dont les cinq supérieures sont égales et étalées, l'inferieure ou le labelle est plus petite, concave, en forme de capuchon, redressée sur les organes sexuels; le gynostème est un peu arqué, libre; le stigmate est antérieur et l'anthère est terminale.

Les espèces qui appartiennent à ce genre sont parasites; leurs feuilles sont épaisses et coriaces; leurs fleurs assez grandes, forment des bouquets élégans. Elles croissent toutes au-delà des tropiques. (A. R.)

* AÉRIFORME. Etat fluide que prennent les corps, et dans lequel ils présentent l'apparence de l'air. On désigne souvent les Gaz par le nom de fluides Aériformes, et l'on dit des liquides réduits en vapeurs qu'ils sont portés à l'état Aériforme. (B.)

AEROLITHES, BOLIDES, METEOROLITHES, URANOLITHES, PIERRES TOMBEES DU CI

EL, etc. min. et GEOL. Noms donnés par les observateurs à ces masses minérales qui tombent de l'atmosphère dans certaines circonstances, comme cela est bien constaté aujourd'hui, et dont la chute est quelquefois précédée de l'apparition d'un globe de feu etaccompagnée de détonations plus ou moins fortes. La théorie de leur formation et l'examen de leurs principes composans ont beaucoup occupé les physiciens et les chimistes, dans ces derniers temps. La plupart des minéralogistes les placent dans le genre. Fer, sous la désignation de Fer météorique. Nous renvoyons à cet

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article l'histoire des corps dont il s'agit, ainsi que l'exposition de leurs caractères et l'indication de leurs chutes les plus remarquables. (LUC.)

ÆROPHONES. OIS. Famille d'Echassiers, dans laquelle Vieillot a fait entrer les genres Grue et Anthropode. V. ces mots. (DR..Z.)

ÆRUA. BOT. PHAN. Ce genre, établi par Forskahl, appartient à la famille des Amaranthacées et se range parmi celles qui présentent des feuilles alternes, dépourvues de stipules. Le calice est à cinq sépales, muni extérieurement de deux ou trois écailles. Les étamines, au nombre de cinq, se réunissent à leur base en un tube qui présente, dans leurs intervalles, des dentelures stériles. Il y a un seul style, deux ou trois stigmates, une capsule monosperme. Les fleurs sont disposées en têtes serrées aux aisselles des feuilles et à l'extrémité des tiges.

Le petit nombre d'espèces, originaire des Indes ou de l'île de Mascareigne, a été réuni, par divers auteurs, à l'Illecebrum, ainsi qu'à l'Achyranthes. (A.D. J.)

ÆS, ALAS OU AS. BOT. PHAN. (Daléchamp.) Syn. du Myrte commun. Myrtus communis, L. chez les Arabes. (B.)

ÆSALE. Æsalus, INS. Genre de

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l'ordre des Coléoptères, établi par Fabricius, dans le grand genre Lucanus de Linné. Ses caractères sont: un labre apparent; une languette entière et très-petite; la tête reçue dans une échancrure du corselet. — Les antennes sont courtes; le premier article est long et courbe, ce qui le distingue du genre Lamprime; elles forment, à leur extrémité, une massue denticulée; les mandibules sont avancées et diffèrent dans les deux sexes. Les mâchoires présentent à leur extrémité libre, un lobe court, arrondi et velu; le menton est grand et carré, le prothorax a plus de largeur que de longueur et ses bords sont relevés; le corps est ovoïde, et les élytres sont très-convexes: ce qui l'étoigne des genres Platycère et Lucane, qui les ont déprimées. Latreille (Considér: génér.) place ee genre dans la famille des Lucanides. Le même auteur (Règne Animal) le range dans la tribu du même nom, famille de Lamellicornes.

La seule espèce qui compose ce genre est l'Æsaluscarabeoïdes, Fabr. figurée par Panzer (Faun. germ. XXVI. 15. le mâle; 16. la femelle). Cet Insecte, à cause de sa forme bombée, a le faciès des Trox; il est long de trois lignes, d'un brun marron; ses élytres sont pointillées. On le trouve en Allemagne. (AUD.)

* ÆSALON. OIS. (Frich.) Syn. de Hobereau, Falco Subbuteo, L. V. FAUCON. (DR..Z.)

ÆSCHYNOMÈNE OU AGATI. BOT. PHAN. Famille des Légumineuses, Diadelphie Décandrie, L. Ce genre a une telle analogie, d'une part, avec les Sainfoins, Hedysarum; d'autre part, avec les Galega, que Gærtner pense que les espèces qui le composent devraient être réparties dans ces deux genres. Voici les caractères qui le distinguent: son calice est campanulé, à deux lèvres dont la supérieure est bifide, et l'inférieure tridentée: la corolle est papilionacée; la carène est courte; les étamines sont diadelphes; la gousse est allongée, comprimée, articulée.— Les Agatis ou Æschynomènes sont des Plantes herbacées ou des Arbrisseaux, dont les feuilles sont imparipinnées; les fleurs forment des bouquets axillaires ou terminaux. Toutes les espèces connues, au nombre d'environ quinze, croissent dans les contrées chaudes de l'Inde et de l'Amérique.

Persoon a formé un genre particulier des espèces d'Æschynomènes dont la gousse est cylindrique et bivalve, telles que l'Æ. glandiflore, l'Æ. Sesban, etc. V. SESBANIE. (A. B.)

ÆSCULE OU MARRONNIER DES INDES. BOT. PHAN. V. HIPPOCASTANE. (A. R.)

ÆSHNE. Æshna. INS. Genre de l'ordre des Névroptères, établi par Fabricius aux dépens des Libellules de Linné et de Géoffroy; il est rangé par La treille (Considér. génér.) dans la famille des Libellulines, et le même auteur (Règne Animal) le place dans celle des Subulicornes.

Les Æshnes, que l'on nomme aussi vulgairement Demoiselles, sont voisines des genres Libellule et Agrion dont elles diffèrent par plusieurs caractères assez tranchés; leur tête est grosse et hémisphérique et leurs ailes sont toujours horizontales, ce qui les éloigne des Agrions et les rapproche des Libellules proprement dites; elles se distinguent de celles - ci par l'absence d'une vésicule au sommet postérieur de la tête, par les yeux lisses placés sur une ligne transverse, et par la forme de l'abdomen qui est presque cylindrique. Si les Æshnes offrent, dans leur organisation, des caractères assez importans pour constituer un genre distinct, elles ont, sous le rapport de leurs mœurs, la plus grande analogie avec les Agrions et les Libellules, et nous renvoyons à ces dernières pour faire connaître, avec quelques détails, l'histoire curieuse de leurs habitudes.—Leurs larves sont aquatiques; on les rencontre en abondance dans les étangs; elles ne diffèrent de celles des Libellules que parce que leur abdomen est plus long, leurs yeux plus grands et leur masque muni de deux serresétroites.—Le vol des Æshnes est rapide, surtout lorsque le soleil brille et que la température est élevée; alors il faut beaucoup d'agilité pour les attra-per au filet; mais s'il survient une forte pluie, on peut, lorsqu'elle a cessé, les prendre à la main sur les tiges des plantes et sur les feuilles des Arbres où elles restent immobiles afin de se sécher. Plusieurs espèces se trouvent en France et aux environs de Paris.

La plus remarquable est l'Æshne grande, Æshna grandis de Fabricius, ou la Julie de Géoffroy, de couleur fauve avec trois lignes vertes obliques de chaque côté du thorax, et l'abdomen tacheté de jaune verdâtre et de bleu.

Les autres espèces sont: l'Æshne tenaille, Æshna forcipata de Fabricius ou la Caroline de Geoffroy, très-commune aux environs de Paris, et qui sert de type au genre; l'Æsbne annelée, Æshna annulata de Latreille, qui vit dans le midi de la France. (AUD.)

ÆSPING. REPT. OPH. Syn. de Chersée, Coluber Chersea, L. en Suède. (B.)

ÆSTE. MAM. Syn. d'Ours brun femelle, chez les Lapons. (B.)

* ÆSTUARIA. BOT. PHAN. Syn. de Diosma, selon Adanson. (B.)

AÉTÉE. Aetea. POLYP. Genre de l'ordre des Cellaires, V. ce mot, dans la première division des Polypes flexibles. Il avait été nommé Anguinaire par Lamarck, et classé parmi les Cellulaires de Pallas et de Bruguière, les Cellaires d'Ellis et les Sertulaires de Gmelin. Il semble lier les Cellariées aux Sertulariées, quoique différant des unes et des autres; ce qui nous a fait dire, dès long-temps, que ces productions animales, dont nous avons observé souvent les mouvemens, pourraient bien appartenir à une autre classe que celle des Polypiers; en at-tendant de nouvelles recherches, nous croyons devoir les considérer comme telles. — Les Aétées ont une tige rampante et rameuse, renflée de distance en distance, et couverte de cellules ou de corps celluliformes, solitaires, opaques, arqués, tubuleux, en forme de massue; leur situation et leur direction varient à l'infini. L'on voit une ouverture ovale ou elliptique au-dessous du sommet et latéralement; elle est ordinairement fermée par une membrane plus ou moins tendue. —Ce genre n'est encore composé que d'une seule espèce.

L'AETEE SERPENT, Aetea anguina, Lam. Gen. Polyp, p. 9. tab. 65. fig. 15, qui s'attache indifféremment sur toutes les Plantes marines, qu'elle embellit de ses filamens brillans et nacrés; elle serpente autour de leurs tiges et sur la surface de leurs feuilles. Nous

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croyons que des individus que nous avons observés sur des Thalassiophytes de la Méditerranée, de l'Amérique septentrionale et de l'Orénoque, ne présentent pas des caractères assez tranchés pour en faire des espèces particulières. (LAM..X.)

ÆTHAKALA ou ÆTHACOLA. BOT. PHAN. Espèce de Dolichos indéterminée de Ceylan. (B.)

* ÆTHALIUM. BOT. CRYPT. (Champignons.) V. FULIGO.

* ÆTHÉOGAMIE. BOT. CRYPT. Ce mot, dont les racines sont grec-ques et qui signifie noces insolites, a été créé, en 1783, par Palisot de Beauvois, pour caractériser, d'une manière, selon lui, plus convenable, les Plantes rangées par Linné dans la Cryptogamie, et dans la plupart desquelles la présence des sexes est certaine, quoique le mystère n'en soit pas encore parfaitement connu, V. Cryptogames. (T. D. B.)

* ÆTHIA. OIS. Syn. du petit Pingouin huppé, AIca cristatella, L. V. STARIQUE. (DR..Z.)

ÆTHIONÈME. Æthionema. BOT. PHAN. R. Brown (Hort. Kew. édit. 2. Vol. 4) appelle de ce nom un genre nouveau, qu'il établit dans la famille des Crucifèreà, et dans lequel il a réuni les espèces de Thlaspi qui ont les cotylédons incombans, les grandes étamines souvent soudées par les filets, qui sont dentés, les sépales du calice inégaux, la silicule échancrée, formée de deux valves carénées, à deux loges qui contiennent plusieurs, deux ou une seule graine.

Des espèces rapportées aujourd'hui à ce genre, et dont De Candolle fait monter le nombre à neuf, cinq étaient des Thlaspi, entre autres les Thlaspi saxatile, L., Th. peregrinum, Scop., Th. Buxbaumii, etc.; les quatre au-tres sont tout-à-fait nouvelles. (A. R.)

ÆTHIOPS. MAM. Nom spécifique impose par Linné à une espèce de Singe appelé vulgairement Mangabey. V. SINGE. (B.)

ÆTHUSE. Æthusa, BOT. PHAN. Ombellifères, Pentandrie Digynie, L. Ce genre a des rapports intimes avec les genres Cicuta et Conium. Ses ombelles sont dépourvues d'involucre; les involucelles se composent de trois à cinq folioles unilatérales et pendantes; les fleurs sont blanches; les pétales sont un peu inégaux, cordiformes; le fruit est ovoïde, relevé de cinq côtes simples sur chacune de ses faces, caractère qui le distingue spécialement des Conium, dont les côtes sont crénelées.

LA PETITE CIGUE, Æthusa Cynapium, L. Bull. Herb. t. 91, est une Plante annuelle très-vénéneuse, d'autant plus importante à bien connaître, qu'ayant beaucoup de ressemblance avec le Persil, et croissant fort souvent mélangée avec lui, il est assez facile de les confondre. Mais on évitera cette méprise en observant que dans le Persil les fleurs sont jaunâtres, tandis qu'elles sont blanches dans l'Æthuse, que sa tige est verte canelée, tandis que celle de l'Æthuse est très-glauque, presque lisse, que dans cette dernière les feuilles sont très- luisantes, découpées en lobes très-aigus, tandis que dans le Persil les lobes sont plus larges, moins luisans. (A. R.)

* ÆTI. OIS. Nom tiré du grec Aetos, Aigle, et donné par Savigny à la première des divisions qu'il a formées ans la famille des Accipitres, et qui comprend les Aigles proprement dits avec les autres grandes espèces, (B.)

* ÆTIA. BOT. PHAN. (Adanson.) Syn. de Combretum. (B.)

ÆTITE OU PIERRE D'AIGLE. MIN. L'on a donné ce nom à une variété géodique de Fer oxidé ayant un noyau mobile, à laquelle on attribuait autrefois beaucoup de vertus, et en particulier celles de faciliter l'accouchement et d'aider à découvrir les voleurs. Il est vrai quepourque ces géodes jouissent de ces propriétés, il fallait qu'elles eussent été trouvées dans le nid d'un Aigle, et l'on ne s'avise guère d'en aller chercher là. On en trouve assez

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abondamment en France, près de Trévoux, et aux environs d'Alais. V. FER OXIDE GEODIQUE. (LUC.)

* AETOBATE. POIS. Sous-genre de Raies, établi par Blainville, dont le Raia Aquila, L. est le type, sous le nom d'Aetobatus vulgaris, et qui contient onze espèces dans son Tableau analytique, V. RAIE. (B.)

* ÆTSAETHYA. BOT. PHAN. Syn. d'Héliotrope des Indes, Heliotropium indicum, L. qui croît dans les rues des villes d'entre les tropiques. (B.)

ÆTTÆLAGHAS. BOT. PHAN. V. ÆHAL. (B.)

ÆTUNDUPYALY. BOT. PHAN. Nom qu'on donne, à Ceylan, à une espèce d'Hedysarum, Hedysarum heterocarpon, L. (B.)

ÆXTOXICUM. BOT. PHAN. Genre établi par Ruiz et Pavon, et constitué par un bel Arbre du Pérou, qui, placé ans la Dioécie Pentandrie de Linné, n'a pu l'être jusqu'ici dans la série des familles. L'Æxtoxicum punctatum qui a ses feuilles alternes, toujours vertes, et ponctuées, est la seule espèce connue jusqu'ici dans ce genre, et lui a servi de type. Ses fleurs sont munies d'un double calice: l'extérieur est formé d'un seul sépale qui, enveloppant la fleur entière avant qu'elle soit éclose, présente l'apparence d'un petit globe parsemé de points, puis s'ouvre latéralement et tombe. Le calice intérieur est à cinq sépales, et tombe plus tard. La corolle est composée de cinq pétales étalés. en spatule, dont le lymbe est crénelé et l'onglet parcouru par une nervure médiane assez saillante. On trouve encore plus intérieurement cinq petites écailles (Nectaire de Ruiz et Pavon), obcordées, disposées en rayons autour du réceptacle. Telles sont les parties communes aux fleurs mâles et femelles. Les premières ont de plus cinq étamines à filets courts, à anthères arrondies, s'ouvrant vers le sommet par deux points. On retrouve dans les femelles les rudimens des cinq étamines. L'ovaire est libre avee un style court, latéral, teirminé par un stigmate bifide. Le fruit est une drupe a une seule graine, obtuse au sommet. C'est de la propriété vénéneuse de ce fruit qui tue les chèvres, que les auteurs ont tiré le nom du genre. Les fleurs sont figurées tab. 29, in Prodr. Flor. Peruv. Le fruit est appelé vulgairement Aceytunilla. (A. D. J.)

* AFARKA. BOT. PHAN. (Théophraste.) Syn. d'Alaterne. V. NERPRUN. (B.)

AFATONIER. BOT. PHAN. Nom vulgaire d'un Prunnelier dans quelques parties de la France. (B.)

AFATRAHE OU AFATARACHE. BOT. PHAN. Arbuste indéterminé de Madagascar, dont l'écorce est odorante. (B.)

AFÉ. BOT. CRYPT. Fougère indéterminée de l'Inde, dont on mange la racine, et qui paraît être un Polypode.—Ce nom est aussi donné à une espèce de Manglier, Rizophora, à Madagascar. (B.)

* AFELOFO. BOT. PHAN. Syn. de Mercuriale, en Egypte. (B.)

* AFFINAGE. MIN. Opération par laquelle on purifie les Métaux, et qui sera mentionnée à chacun des articles respectifs où ceux-ci seront traités. (LUC.)

AFFINITÉ. On nomme ainsi la force qui s'exerce sur les molécules des corps et les tient unies entre elles. Cette force varie dans chaque espèce de molecules, et c'est sur ce principe que sont fondés tous les phénomènes, tous les changemens spontanés ou accidentels, auxquels les corps sont assujettis. La première théorie satisfaisante sur l'affinité est due à Bergman; mais à mesure que la science a fait plus de progrès, cette théorie a reçu un grand nombre de modifications qui successivement en ont changé les lois. On paraît maintenant assez généralement d'accord sur plusieurs points de la théorie de l'affinité que l'on considère comme dépendante: 1° de la quantité relative des corps entre lesquels la combinaison peut avoir lieu; et en effet, plus il y aura de molécules d'une même nature

TOME I. 9

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unies à une autre molécule d'une nature différente, plus la force d'affinité sera partagée, et moins il faudra d'efforts pour la rompre, jusqu'à ce qu'elle se rapproche davantage de l'équilibre de molécule à molécule; 2° des combinaisons dans lesquelles les corps peuvent être engagés. Une molécule dont l'affinité s exerce déjà sur une autre molécule, agit moins vivement sur une troisième, que si elle était libre; 3° de la cohésion qui met un obstacle au contact, conséquemment à la combinaison; 4° du calorique qui agit d'une manière inverse à la cohésion, en s'interposant entre les molécules et en les tenant à une plus grande distance les unes des autres. La présence du calorique ne favorise l'affinité que jusqu'à un certain point; car lorsqu'il se trouve en excès entré les molécules, il les écarte tellement qu'il les dissipe et détruit par-là toute affinité. Cette nouvelle force ou plutôt cet état de sur-saturation de calorique se nomme répulsion; 5° de la quantité respective d'électricité dont l'influence sur l'affinité est mieux connue qu'expliquée; 6° de la pesanteur spécifique qui suffit pour opérer complétement la séparation de plusieurs corps, surtout lorsque la différence de pesanteur des molécules est grande, et que l'affinité est faible; 7° de la pression, lorsque l'un des corps est à l'état de fluide élastique.

On est parvenu à appliquer les lois de l'affinité aux diverses modifications dont la matière est susceptible, ainsi qu'aux phénomènes de la vie organique. (D.. Z.)

* On entend encore par AFFINITES les rapports organiques qui existent entre les êtres, et dont l'intimité ou le nombre déterminent les familles et groupes plus ou moins naturels, dans lesquels ces êtres sont réunis parles naturalistes pour former une méthode. (B.)

AFFOUCHE OU AFOUGE. BOT. PHAN. V. AFOUTH.

* AFFURT IL DSJENNA. OIS. Syn. d'Oiseau de paradis, chez les Arabes. (DR..Z.)

* AFIAC. BOT. PHAN. (Commerson.) Syn. de Vitex à trois feuilles, chez les Malegaches. (B.)

AFIOUME. BOT. PHAN. Syn. de Lin, dans le Levant. (B.)

AFOU-RANOUNOU. BOT. PHAN. Espèce indéterminée d'Euphorbe arborescente de Madagascar dont le suc laiteux est fort âcre, ce que désigne son nom qui signifie lait de feu. (B.)

* AFOURMILION. OIS. (Salerne.) Syn. du Grimpereau, Certhia familiaris, L. en plusieurs provinces de la France. V. GRIMPEREAU. (DR..Z.)

AFOUTH. BOT. PHAN. Dont par corruption on a fait Fouge et non Affouche, aux îles de France et de Mascareigne. Arbre laiteux de Madagascar et des îles voisines, décrit et figuré dans notre Voyage en quatre îles d'Afrique, comme le Ficus pertusa de Linné F., mais qui n'est pas lui; ce qui a déterminé Willdenow à l'appeler Ficus terebrata. Flacourt mentionne à tort comme la même chose qu'Afouth, l'Ampoufoutchi, qu'il confond avec le Mahaut d'Amérique, et que Du Petit-Thouars regarde Comme l'Andrèze, V, ce mot, espèce de Celtis. L'Ampoufoutchi peut bien être ce dernier Arbre; mais très-certainement l'Afouth ou Afouge est un Figuier si commun sur l'un des plateaux de Mascareigne et sur un piton de l'île de France, que ces lieux en ont retenu le nom. Le liber del'Afouth est propre à former des cordes; son bois pourri, lorsqu'il est bien sec, est léger et d'une consis-tance presque pareille à celle de la moelle de Sureau: la moindre étincelle l'embrase, aussi les créoles s'en servent comme d'amadou. (B.)

AFRICAIN, POIS. Espèce d Holo-centre. ce mot. (B.)

AFRICAINE. INS. (Mouffet.) Espèce de Truxale. V. ce mot. (B.)

* AFRODILLE. BOT. PHAN. Vieux nom de l'Asphodèle et du Narthécium. V. ces mots. (B.)

* AFROSELINO. MIN. (Ferbers.) Gypse à stries très-fines, de consis-

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tance farineuse, quoique assez ferme, chez les Italiens. (LUC.)

AFROUSA. BOT. PHAN. Syn. de Fraisier, dans quelques cantons des Alpes. (B.)

* AFTON. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. de Ciguë. (B.)

AFZELIE. Afzelia. BOT. PHAN. Walther, dans la Flore de la Caroline, a désigné sous ce nom, et comme formant un genre nouveau, une espèce du genre Gerardia, qui paraît très-voisine du Gerardia delphinifolia, L. Ce genre a été supprimé et réuni au Gerardia par Michaux, sous le nom de Gerardia Afzelia. Depuis lors, Smith a fait un autre genre sous le même nom. Ce genre de Smith ap-partient à la famille des Légumineuses et à la Décandrie Monogynie. Il offre un calice tubuleux à quatre divisions, une corolle de quatre pétales dont le supérieur est plus grand; dix étamines distinctes, dont deux supérieures stériles. Le fruit est une gousse multiloculaire ligneuse, dont les graines sont enveloppées d'une sorte d'arille rouge.

Ce genre, fort voisin de la Casse, se compose d'Arbres originaires d'Afrique, portant des feuilles paripinnées et des fleurs en grappes, d'une couleur rouge éclatante. (A. R.)

* AFZELIA. BOT. CRYPT. (Mousses.) Nom donné par Ehrhart à quelques espèces du genre Weissia d'Hedwig, mais qui ne peut être adopté puisqu'il appartient déjà à un genre de la Phanérogamie. V. WEISSIA. (AD. B.)

AGA. BOT. PHAN. Syn. de Chardon, dans quelques îles ae l'Archipel et dans le Levant. (B.)

AGABE. Agabus. INS. Genre établi par Leach (Zoological Miscellany, vol. III, p. 69 et 72)dans la famille des Hydrocanthares de Latreille. Ila pour type le Dytiscus serricornis de Paykull (Fn. Sv.3 443.) (AUD.)

AGACE, AGACHE; AGASSE OU AJACE. OIS. Syn. de Pie, dans quelques parties de la France méridionale. (B.)

AGADEC. POIS. Espèce de Spare. V. ce mot. (B.)

AGAHR. MAM. (Erxleben.) Nom d'une variété de Chiens d'Islande. (B.)

AGAJA. POIS. Syn. de Lépisostée Caïman, dans les parties de l'Amérique espagnole où se trouve ce singulier Poisson. V. LEPISOSTEE. (B.)

AGALANCEE OU. AGALANCIE. BOT. PHAN. Syn. d'Eglantier, Rosa Æglanteria, L. dans quelques parties de la France méridionale. (B.)

AGALLOCHE. BOT. PHAN. V. EXCÆCARIA.

* AGALLOCHITE. BOT. PHAN. FOSS. Bois pétrifié qu'on a cru être du bois d'Aloës. (B.)

AGALMATHOLITHE. MIN. C'està-dire Pierre d'ornement. Nom donné par Klaproth à des variétés de la Pierre de Lard de la Chine, employées dans ce pays pour faire ces figures grotesques appelées Magots, et dans lesquelles il n'a pas trouvé de magnésie, comme dans les autres talcs dont elles présentent pourtant la plupart des caractères. V. TALC GLAPHIQUE. (LUC.)

AGALOUSSES. BOT. PHAN. Syn. de Houx, Ilex aquifolium, L. et d'Ononide épineuse, dans quelques parties du midi de la France ou cette dé-nomination s'étend à divers petits buissons épineux. (B.)

AGALUGEN OU AGALUGIN. Syn. de bois d'Aloës, chez les Arabes. V. EXCÆCARIA. (B.)

AGAME. REPT. SAUR. Espèce de Lézard de Linné, Lacerta Agama, devenu type du genre Agame. V. ce mot. (B.)

AGAME. Agama. REPT. SAUR. Genre établi par Daudin et adopté depuis, avec de légères modifications dans ses divisions, par Cuvier. Ses caractères consistent en de petites écailles rhomboïdales, crénelées et, la plupart du temps, réticulées entre elles, couvrant non - seulement un corps oblong et plus ou moins épais,

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mais encore la queue, ordinairement fort longue, cylindrique ou comprimée; dans un goitre que l'Animal forme à volonté en renflant sa gorge; dans une langue épaisse, courte, obtuse et très-peu ou point fendue à son extrémité; dans la grosseur de la tête, calleuse et dilatée vers l'occiput où elle est presque toujours épineuse; enfin dans les doigts qui sont fort longs, amincis, onguiculés et au nombre de cinq, excepté dans la dernière espèce (l'Agame à queue prenante) qui n'en a que quatre aux pieds de derrière. La physionomie générale des Agames les rapproche encore plus les uns des autres que les caractères que nous venons d'indiquer. — Jusqu'à ce que Daudin, dans le Buffon de Sonnini, les eût distingués, ils avaient été confondus avec les Stélions et les Iguanes, mais la conformation de leur langue les en sépare absolument. La forme bizarre de leur tête établit un passage aux Caméléons, avec lesquels ils ont; souvent de commun la faculté de changer de couleur. Ils paraissent être tous exotiques, et c est par erreur qu'on avait cru que deux ou trois especes d'Agames se retrou-vaient en Espagne.—En groupant autour du Lacerta Agama, L., devenu type du genre, les vingt-cinq espèces qu'il décrivit, Daudin forma de cellesci cinq sections dont la première rentre parmi les Lophyres de Duméril, et la quatrième, les Lézardéts, a été détachée des Agames par Cuvier, pour en former le genre Marbré, Polychrus. V. MARBRE.

On peut disposer les Agames dans l'ordre suivant:

†Les LOPHYRES (Duméril), dont les écailles du milieu du dos sont relevées et comprimées en une forte crète qui, se prolongeant sur la queue, imprime à celle-ci une compression caractéristique; le dessus de la tête est revêtu de petites écailles.

Le SOURCILLEUX. Agama superciliosa, Daud.; Lacerta, L. Encyc. Rept. pl. 4 fig. 1. d'après Séba. Cet Animal, qui se trouve dans l'Archipel de l'Inde, acquiert un pied de longueur, sa couleur est noirâtre; encore que la figure citée n'indique pas bien clairement la prolongation de la crète dorsale sur la queue, cette crète n'en existe pas moins. Une variété a des teintes brunâtres avec des taches transversales plus foncées. Séba rapporte que ce Lézard jette un petit cri auquel les individus de son espèce se rallient.

La TÉTE FOURCHUE. Agama scutata, Daud.; Lacerta, L.; Iguana clamosa, Laurenti. Encyc. Rept. pl. 4. fig. 2. d'après Séba qui l'appelle une Salamandre extraordinaire d'Amboine, remarquable par les deux saillies pointues et prolongées de l'occiput, qui donnent à sa tête l'aspect le plus étrange. Son corps est d'un jaune pâle, nuancé d'un bleu clair avec des boutons blancs dispersés en grand nombre et en forme de perles çà et là. Gomme le Sourcilleux, l'Agame à tête fourchue jette des cris de ralliement, que ses pareils répètent en manière d'écho, et qui les réunissent.

Le SOMBRE. Agama atra, Daudin. fig. 1 de la pl. LXXXIII, dans le Buffon, de Sonnini. Son occiput est très - épineux, le dessus du corps brunâtre, sombre et poli; la gorge et le ventre sont bleuâtres, et une bande jaune longitudinale règne sur le dos. La queue de cette espèce est moins comprimée que dans les autres Lophyres, mais elle l'est; ce qui ne permet point de la rapporter avec Cuvier aux Agames propres.

L'AGAME A BANDES. Agama fasciata, Daud.; Iguane à bandes, Brongniart, Bulletin de la soc. phil. n° 36. fig. 1. C'est à Riche, qui l avait rapporté de Sumatra, que l'on doit la connaissance de ce beau Lézard. Sa couleur est bleue, avec le ventre et quatre larges bandes transversales sur le dos plus pâles; des taches de la même couleur se voient sous le cou; la queue est trois fois aussi longue quele corps.

††Les AGAMES proprement dits, dont toute la peau est couverte de petites écailles, sans apparence de verrues. Le corps qui est aminci est terminé

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par une queue cylindrique, dépourvue de la continuation d'une crête dorsale. La gorge est plissée quand l'Animal ne la renfle pas.

L'AGAME DES COLONS, Daud. Lacerta Agama, L. Encyc. Rept. pl. 5. fig. 3, d'après Séba. Cet Animal a l'ouverture de la gueule large, la tête hérissée de petits piquans, le gosier pendant en fanon, les yeux grands et noirâtres, protégés en dessus par des sourcils cartilagineux très-saillans;son corps est peint d'un vert jaunâtre cendré. Il se plaît dans les savanes inondées et les lieux humides. Comme plusieurs autres Lézards d'espèces voisines, il change de couleur, selon les passions qui l'agitent, ce qui lui a mérité, chez les colons européens, le nom de Caméléon. Il habite les Grandes-Antilles, et probablement les autres parties chaudes du nouveau continent. Son nom d'Agame paraît être celui par lequel le désignaient les naturels du pays, et ne vient point, conséquemment, d'un mot grec, comme quelques-uns l'ont pensé.

L'UMBRE. Agama Umbra, Daud. Lacerta, L. Seb. T. I. p. 53. f. 5 et T. II. pl. 75. f. 5. Cette espèce, assez rare à la Guyane et à Surinam, et que Linné ainsi que Daubenton disent, mal à propos, se trouver dans le midi de l'Europe, acquiert un pied ou un peu plus de longueur; son corps est trapu avec cinq raies longitudinales plus saillantes en dessus; sa queue une fois et demie aussi longue que le reste de la longueur totale. Un des doigts extérieurs est attaché sur le côté, un peu au-dessous des quatre autres; sa couleur générale est d'un marron plus ou moins rembruni en dessus, pâle cendrée en dessous, avec une tache noire sur la gorge; il y a quelques taches ou barres plus brunâtres sur la queue, les membres et le dessus de la tête. — Daudin cite pour variétés de cette espèce, des Lézards, donnés par Séba, comme de Caroline, et par Azzara, comme du Paraguay. Ces variétés pourraient bien être des espèces.

L'ONDULE. Agama undulata, Daudin. Petit Lézard de six pouces environ, rapporté par Boso de la Caroline, où il habite les bois, sur les vieux Arbres abattus. Cendré en dessus avec des bandes ou ondulations transversales, irrégulières et brunes; bleuâtre en dessous, et marqué d'une grande croix blanche.

Les Agames hexagone, Agama angulata; hérissé de la Nouvelle-Hollande, A. muriata; à gorge safranée, A. flavigularis; Rose-queue, A. rosacauda; rude, A. aspera; étoilé, A. stellaris; et plusieurs autres espèces, non décrites par les naturalistes, font partie de cette section.

. †††Les GALEOTES. Calotes, Cuvier. Diffèrent des Agames propres parce qu'elles sont régulièrement couvertes d'écailles disposées commedes tuiles, libres et tranchantes sur les bords; celles du milieu du dos sont relevées, comprimées en épine, et forment une crête plus ou moins étendue qui n'opère point la compression de la queue: celleci est très-longue; les Galéotes n'ont point de fanon ni de pores visibles aux cuisses.

La GALÉOTE. Agama Calotes, Daudin. Pl. 43. Lacerta, L. Encyc. Rept. pl. 6. f. 1. copiée de Lacépède. Ce Lé-zard est d'un bleu d'azur clair, et d'une forme assezélégante;il varie par les couleurs, qui toujours l'embellissent, et l'ont fait comparer à du marbre. Habitant des pays chauds de l'ancien conti-nent, on le trouve depuis les îles de l'Inde et l'Arabie jusqu'en Mauritanie, mais point en Espagne. Il se tient souvent dans les maisons, sur les toits, où il fait la guerre aux Insectes et même aux petits Rats qu'on le voit, dit-on, attaquer courageusement. Ilse défend contre les Serpens, et dans ses accès de colere ou de frayeur seulement, il gonfle sa gorge de manière à se rendre affreux. Nous ne croyons pas que l'on puisse re-garder comme synonymes de la Galéote des espèces données, par les auteurs, pour brésiliennes.

L'ARLEQUINE. Agama versicolor, Daudin. pl. 44. Originaire du Brésil; dont la queue est deux fois aussi lon-

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gue que le corps, lequel est élégamment marqué de bandes transversales brunes et d'un bleu clair; une ligne longitudinale blanche régnant de chaque côté du dos.

On trouve, dans, les ouvrages de divers naturalistes, un certain nombre de Lézards qui, mieux examinés, feront probablement partie de cette division, outre plusieurs espèces, qui, selon Cuvier, n'ont point encore été décrites.

††††. Les TAPAYES OU ORBICULAIRES. Les Agames de cette division ont un corps trapu, arrondi, dont ils peuvent, à volonté, renfler la peau comme le fait un Crapaud; leur queue est cylindrique, plus courte que dans les espèces de la division précédente; ils ont un ou deux plis transversaux sous le cou. Ces Lézards ont surtout la faculté de changer de couleur.

Le TAPAYE. proprement dit. Agama Tapaya, Daudin, Encyc., Rept. pl. 9. f. 3; Lacerta orbicularis, L. est un Animal hideux, de six à sept pouces environ de longueur, en y com-prenant la queue qui en est le tiers; hérissé d'écailles rudes au toucher, teint de nuances sombres avec les parties inférieures safranées; il habite, dans les parties chaudes du Nouveau-Monde, les lieux obscurs où il sem-ble cacher sa difformité.

L'AGAME à PIERRERIES. Agama gemmata, Daudin. Ayant six rangées longitudinales d'écailles pointues tétraè dres; avec des bandes brunâtres transversales et anguleuses sur le dos; il n'a guère que trois pouces de longueur, et sa patrie est incertaine.

L'AGAME A OREILLES, Agama aurita, Daudin. Pl. XLV. fig. 2. T. III, de la partie Erpétologique du Buffon de Sonnini. Lacerta aurita, Gmelin. Animal des déserts sabloneux de Sibérie dont on prétend qu'une variété existe jusqu'en Pologne. Sa bouche est munie a chaque coin en dehors, d'une crète demi-orbiculaire, molle, rude et dentée; sa couleur est nuancée de jaunâtre et de brunâtre en dessus, blanchâtre en dessous, avec une ligne noirâtre longitudinale qui règne de la poitrine à la queue; de petits points bruns très-rapprochés sont dispersés sur le dos. Cuvier regarde cette espèce comme devant faire partie de la section des Agames, proprement dits. Son aspect hideux lui donne aussi quelques rapports avec un Gecko.

Les Agames plissés, Agama plicata; du Paraguay, A. Paraguensis; Hélioscope, A. Hélioscopa; de l'Oural, A. uralensis; et à gouttelettes, A. gut-tata; font partie de cette section, la seule où l'on ait trouvé jusqu'ici des espèces de l'Asie centrale, et d'un climat analogue au nôtre.

†††††. Les CHANGEANS, Trapelus. Division formée par Cuvier, pour une seule petite espece décrite par Géoffroy, entre les Reptiles d'Egypte, pl. V. fig. 3 et 4, et mentionnée dans le nouveau Dictionnaire d'Histoire naturelle, sous le nom d'Agame variable; son corps est lisse, dénué d'épines, et ses dents sont pareilles à celles des Stellions, parmi lesquels on doit peut-être la placer. Elle jouit de la faculté de changer de couleur à un degré plus éminent encore que le Caméléon.

††††††. Les AGAMES A QUEUE PRENANTE. Une seule espèce, l'Agama prehensilis de Daudin, forme cette division qui peut-être devrait constituer un genre, rapproché du Caméléon par la queue, qui n'est pas plus longue que le corps, mais qui semble propre à faciliter la marche de l'Animal en l'accrochant, et par le nombre des doigts dont les pieds de derrière ne présentent que quatre.

L'Agame à queue prenante, originaire du Paraguay, s'engourdit facilement pour peu que la température ne soit pas très-élevée; il vit sur les Arbres. Azzara l'a faitconnaître et dit scs couleurs difficiles à décrire; on distingue dans leur confusion quatre bandes noires sur chaque flanc, trois autres sur les joues, et des taches noires et blanches sur le ventre, dont le fond est brun. (B.)

* AGAMEMNON, INS. Nom appliqué à une, belle espèce de Papillon

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exotique de la division des Chevaliers de Linné. V. PAPILLON. (B.)

AGAMES. BOT. CRYPT. Quelques auteurs ont désigné par ce nom les Plantes que Linné nommait Cryptogames, pensant qu'il n'existe dans ces Végétaux aucun organe sexuel, point de fécondation par conséquent, et que les corps reproducteurs de ces Plantes ne sont pas de vraies graines, mais des gongyles, sortes de bourgeons ou de bulbes analogues à ceux qui se développent sur la tige de quelques Plantes Phanérogames, et qui peuvent se former sans fécondation. Mais cette supposition, qu'un grand nombre d'observations paraît prouver pour quelques familles, ne peut pas s'appliquer également à tous les Végétaux Cryptogames de Linné. Ainsi, on doit convenir en effet, que dans les Algues, les Champignons et les Lichens, on n'a jamais pu observer aucun organe analogue aux étamines, et propre à en remplir les fonctions. Mais déjà, dans les Hépatiques et les Mousses, l'existence de ces organes devient plus probable; et dans les familles d'un ordre plus élevé, telle par exemple que celle des Marsiléacées, on ne peut plus révoquer en doute la présence d'organes mâles et femelles distincts. — Les seules Plantes dans lesquelles l'absence des sexes nous paraisse très-probable, sont les Conferves, les Algues, les Hypoxylées, les Mucédinées, les Lycoperdacées, les Champignons et les Lichens. Peutêtre même existe-t-il dans ces Plantes un mode particulier de fécondation, dont l'union des Conferves conjuguées peut nous donner un exemple, et qui, malgré la grande différence qu'on observe entre ce mode et la fécondation ordinaire des autres Plantes, doit être assimilé à cette fonction, puisque, comme toute fécondation, elle consiste dans l'influence d'un individu sur un autre ou sur une partie différente du même individu, propre à y déterminer la formation d'un corps reproductif. Mais il ne nous est permis, jusqu'à présent, que de soupçonner un mode semblable de fécondation dans les autres Plantes des familles que nous venons de citer, et il est probable que, si cette fécondation existe, la petitesse des organes entre lesquels elle a lieu, la érobera encore pendant longtemps à nos yeux. (AD. B.)

AGAMI, OIS. Psophia, L. Premier genre des Alectorides de Temminck. Il est ainsi caractérisé: bec court, voûté, conique, courbé, très-fléchi à la pointe, et plus long que la mandibule inférieure, comprimé, avec une arète distincte à sa base; fosse nasale très-étendue; narines grandes, placées diagonalement vers le milieu du bec, ouvertes en devant, fermées en arrière par une membrane nue; pieds longs, grêles; doigt du milieu uni à l'externe, l'interne divisé; pouce articulé intérieurement, de niveau avec les autres doigts; ailes courtes, concaves; les trois premières rémiges étagées, les quatrième, cinquième et sixième les plus longues; queue très-courte.

La seule espèce jusqu'à présent bien connue de ce genre, Psophia crepitans, L. Lath. Buff. pl. enlum. n° 169, est de la grosseur du Faisan; portée sur des jambes assez élevées, elle a de dix-huit à vingt pouces de hauteur. La couleur générale du plumage est le noir, nuancé sous le cou des plus vifs reflets de l'Iris; les plumes y ressemblent à de la pluche soyeuse; elles sont effilées sur toutes les autres parties du corps. Les ailes sont composées de vingt rémiges noires extérieurement, dégénéranten gris vers le dos, où cette couleur est celle des tectrices inférieures; la séparation du noir d'avec le gris est indiquée par une bande rousse. La queue est noire et les jambes sont d'un jaune verdâtre.

Quoique l'Agami habite les forêts épaisses de l'Amérique méridionale, il n'y contracte point le caractère sauvage que l'on remarque dans la plupart des Animaux de ces retraites inaccessibles; il semble rechercher la société de ses congénères, aussi le voiton souvent former des troupes assez

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nombreuses; il ne craint pas l'approche de l'Homme, et se soumet assez facilement au joug de la domesticité. Bientôt il montre dans ce nouvel état un instinct, une intelligence qui lui donnent quelque supériorité sur tous les habitans de la basse-cour et le rendent l'égal du Chien. Comme ce dernier, il témoigne au maître beaucoup d'attachement, de docilité à ses ordres, et même de la reconnaissance lorsqu'il en a reçu de bons traitemens. Il s'attache à ses pas, et l'on assure que, comme le Chien, il peut devenir très-soigneux à la garde d'un troupeau que l'on conduit au pâturage, qu'il le défend avec courage contre un ennemi supérieur à ses propres forces. Le soir, de retour à la basse-cour, il y maintient l'ordre, assure la rentrée de tous les autres domestiques, et ne se retire que le dernier. — L'Agami, que l'élévation de ses jambes ferait croire destiné à habiter les savanes et les terres marécageuses, n'y paraît jamais. Il fait sa nourriture de petits Insectes, de graines et de brins d'herbe. Il ne niche point: un trou creusé au pied d'un Arbre reçoit ses douze à quinze œufs presque sphériques, d'un vert clair, un peu plus gros que ceux de la Poule, et que la femelle y dépose à peu de jours de distance; cette ponte a lieu trois fois dans l'année. C'est ordinairement au vingt-huitième jour de l'incubation que les œufs éclosent; les petits qui naissent sont entierement couverts d'un duvet grisâtre, qu'ils conservent long-temps, et ce n'est qu'à la seconde mue que la couleur du plumage se fixe. L'Agami est connu à Cayenne sous le nom d'Oiseau de Trompette, que lui a sans doute valu le cri particulier et assez aigu, quoique interne, qu'il répète souvent; ce cri, que plusieurs anatomistes prétendent dépendre d'une conformation particulière de la trachée-artère et du poumon, se retrouve avec quelques modifications dans d'autres espèces. Le vol de l'Agami est bas et embarrassé; il est souvent remplacé par une course prompte et légère. (DR..Z.)

Gmelin (Syst. nat. 1. p. 721) mentionne, d'après Jacquin (Beytr. p. 24. n° 18. t. 9), une autre espèce d'Agami, sous le nom de Psophia undulata, et que ces auteurs disent africaine; un examen plus approfondi de ses caractères pourra seul nous apprendre si cet Oiseau appartient véritablement à ce genre. S'il lui appartenait réellement, il existerait une espèce d'Agami pour chaque continent. (B.)

AGANIDE OU AGANILITHE. Aganides. MOLL. FOS. Montfort a proposé l'un de ces deux noms (Conchyl. T. I, p. 31) pour un nouveau genre de Céphalopodes fossiles, qu'il a établi sur une seule espèce, l'Aganide encapuchonnée, décrite et figurée antérieurement par lui (Buffon de Sonnini. T. IV, p. 223, pl. 48, f. 1), comme appartenant au genre Nautile. — Ce Fossile est remarquable par le caractère qu'offrent ses cloisons, qui sont découpées ou lobées en zig-zag, en quelque sorte comme dans les Ammonites et les Orbulites; il se rapproche plus particulièrement de ce dernier genre, par sa spire enveloppante, mais son siphon est central comme dans les Nautiles, parmi lesquels Cuvier et Ocken l'ont placé. Ne connaissant point ce Fossile découvert par Montfort dans le calcaire noir et fétide des environs de Namur, nous ne déciderons pas affirmativement la question, mais il nous paraît probable qu'il appartient à la famille des Ammonées. V. ORBULITE. (F.)

AGANON. MOLL. Rondelet (de Testaceis. lib. 1, cap. 18) et d'après lui Gesner (de Aquat. p. 644 et 654) disent, sans citer aucune autorité, que les Grecs nommaient ainsi la grande Coquille bivalve, vulgairement appelée la Tuilée ou le Bénitier, Chama gigas, L. désignée, dit encore Rondelet, sous le nom de Tridacne, par les cénobites de l'Arabie; cette dernière dénomination a été conservée par les Naturalistes modernes qui ont fait, avec la Chama gigas, L., le genre Tridacne. V. ce mot. (F.)

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AGAPANTHE. Agapanthus. BOT. PHAN. Famille des Hémerocallidées de R. Brown, de l'Hexandrie Monogynie, L. Ce genre a été proposé par L'Héritier (Sertum. angl. t. 18), pour le Crinum africanum, L., qui en effet est très-différent des véritables espèces de ce genre. Son ovaire est libre; son calice pétaloïde, tubuleux à sa base, est infundibuliforme, à six divisions un peu inégales; ses étamines sont déclinées.

L'Agapanthus umbellatus de L'Héritier ou Crinum africanum, L. est une belle Plante originaire d'Afrique, remarquable par des fleurs d'un beau bleu d'azur disposées en une ombelle simple, au sommet d'une hampe nue, haute de deux à trois pieds, qui part d'une touffe de feuilles allongées, glabres, obtuses. Cette Plante se multiplie facilement, en séparant les vieux pieds en plusieurs. Elle veut être rentrée dans l'orangerie, pendant l'hiver, sous le parallèle de Paris. (A. R.)

* AGARDHIE. Agardhia. BOT. CRYPT. Genre de Plantes marines proposé par Cabrera et dédié à Agardh, savant algologue suédois. C'est le même que le Codium de Stackhouse, le Lamarckia d'Olivi, et le Spongodium de Lamouroux. V. SPONGODIUM. (LAM..X.)

AGARIC. BOT. CRYPT. (Champignons.) Le nom d'Agaric a été appliqué successivement à des Plantes de la familledes Champignons, très-différentes les unes des autres, et les botanistes modernes ne sont même pas parfaitement d'accord sur l'extension plus ou moins grande qu'on doit lui donner: ces différences d'opinion nous obligent, avant de faire connaître le caractère du genre Agaric tel que nous pensons devoir le limiter, d'indiquer les diverses significations qu'on a données à ce mot.

Tournefort, Micheli, Battara, tous les anciens auteurs, et même, à ce qu'on croit, les Grecs etles Latins, désignaient, par le nom d'Agaricus, les Champignons charnus ou subéreux, à chapeau sessile demi-circulaire, qui croissent sur les troncs d'Arbres, quelle que soit leur organisation; aussi comprenaient-ils dans ce genre des espèces placées depuis dans les genres Bolet, Hydne, Dœdalea, Théléphore et Agaric. Linné réserva le nom d'Agaric à tous les Champignons dont la surface inférieure présente des lames rayonnantes, simples ou rameuses; il n'y plaça par conséquent qu'une petite partie du genre Agaric des anciens botanistes; mais il y réunit la plupart des Champignons que ces mêmes auteurs désignaient sous le nom de Fungus, et qui ne différaient de leurs Agarics que par leur pédicule central.

Par ce changement, il rendit le caractère du genre plus naturel; mais on peut lui reprocher d'avoir appliqué le nom d'Agaric à un groupe de Plantes qui ne renfermait plus le véritable Agaric des pharmacies, qu'il plaça parmi les Bolets.

Aussi, même postérieurement à cette réforme du genre Agaric, plusieurs auteurs ont employé ce nom d'une manière différente. Ainsi, Haller a désigné sous ce nom les Champignons sessiles et à surface inférieure lisse, dont la plupart sont rangés actuellement dans le genre Théléphore; il paraît aussi y avoir joint quelques Bolets, dont les tubes sont peu apparens dans la jeunesse de la Plante, tel que Boletus ungulatus. Il a, en outre, donné les noms de Agarico-polyporus, Agarico-suillus, Echin-Agaricus, Agarico-merulius et Agarico-fungus, aux genres qui, offrant les mêmes caractères dans leur organisation que ceux qu'il nommait Polyporus, Suillus, Erinaceus, Merulius et Fungus, n'en diffèrent que par l'absence du pédicule.—Jussieu, dans son Genera Plantarum, conservant à ce nom sa signification primitive, a formé le genre Agaric des espèces du genre Bolet de Linné, dont le chapeau est demi-circulaire et sessile sur le tronc des Arbres; et plus tard, Palisot de Beauvois a donné le nom d'Agaric à tous les Bolets de Linné. Au milieu de ces varia-

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tions, l'autorité de Linné a prévalu, et le nom d'Agaric est généralement réservé maintenant par les botanistes, si ce n'est à tout le genre auquel il le donnait, du moins, à une grande partie. En effet, le nombre considérable d'espèces que ce genre renferme actuellement et les différences importantes que présentent quelques-unes d'entre elles ont engagé les botanistes à en séparer les genres Merulius, Cantharellus et Dædalea. — Fries a également formé de l'Agaricus alneus de Linné un genre particulier qu'il nomme Schizophyllum. Les caractères qu'il présente sont si différens de ceux des autres Agarics, qu'il paraît devoir être conservé. Enfin Persoon a cru devoir former un genre à part, sous le nom d'Amanita, des espèces qui présentent un volva; et, quoique cette distinction n'ait été adoptée ni par De Candolle, ni par Fries dans son Systema mycologicum, nous pensons cependant qu'elle est fondée sur un caractère assez important pour mériter qu'on la conserve.

On peut donner au genre Agaric, ainsi limité, le caractère suivant:

Champignon sans volva, chapeau distinct, de forme variable, sessile ou pédiculé, garni inférieurement de lames simples ou toutes d'égale longueur, ou entrêmélées vers la circonférence de lamelles plus courtes.

Tous ces Champignons ont un chapeau distinct plus ou moins épais, quelquefois membraneux, le plus souvent composé d'une chair tantôt sèche et cassante, tantôt spongieuse et d'une consistance réellement fongueuse, très - rarement ligneuse ou subéreuse. Ce chapeau est ou sessile et demi-circulaire, ou circulaire, soutenu par un pédicule central ou quelquefois latéral.—Le pédicule est nu dans beaucoup d'espèces; dans d'autres il présente, à sa partie moyenne, un anneau membraneux ou filamenteux, provenant des débris d'une membrane qui couvrait toute la face inférieure du chapeau et s'insérait à sa circonférence, ou même qui l'enfermait entièrement avant son développement complet. Ce pédicule peut être plein ou fistuleux, renflé en tubercule à sa base, ou se terminant par une racine pivotante; mais ce dernier cas est rare, et le plus souvent, à peu de profondeur en terre, il finit en s'arrondissant et en donnant naissance à quelques fibrilles capillaires. — Le chapeau offre à sa face inférieure des lames ou feuillets rayonnans, tous d'égale longueur dans les Russula, entremêlés dans toutes les autres sections de lamelles plus courtes placées vers la circonférence; ces lamelles sont formées par une membrane repliée sur elle-même, et portent des conceptacles ou capsules que les botanistes désignent sous le nom de Asci ou Thecœ, et qui sont d'une forme oblongue ou cylindrique, rapprochées les unes des autres et ne contenant qu'un seul rang de sporules dans la plupart des espèces, éloignées et renfermant quatre séries de sporules dans les espèces de la section des Coprins. Lorsque le Champignon a atteint son entier développement, les sporules s'échappent de leurs capsules et couvrent la surface des feuillets d'une poussière de couleur variée, blanche, rose, jaune, brune ou noire; cette poussière très-abondante se dépose sur les corps environnans, et des expériences ont prouvé depuis long-temps qu'elle donnait naissance à d'autres Champignons semblables à celui dont elle provenait, et que ces sporules étaient par conséquent les vraies graines des Agarics.

Dans les Coprins, les sporules, au lieu de se répandre sous forme de poussière, sont entraînées dans une eau noire, semblable à de l'encre, produite par la décomposition rapide des feuillets.

Les Agarics subsistent en général peu de temps après la dispersion des sporules. Quelques espèces coriaces se dessèchent et ne se détruisent que lentement, mais la plupart des espèces, charnues et spongieuses, se décomposent en répandant une odeur fétide analogue à celle des matières animales,

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et finissent par se détruire entièrement. C'est à cette époque qu'elles servent de nourriture à une quantité considérable de larves d'insectes et surtout de Diptères, qui trouvent dans ces substances un aliment analogue à celui que les matières animales fournissent à beaucoup d'autres espèces. L'analyse chimique a prouvé, en effet, que ces Plantes contiennent, ainsi que nous le dirons avec plus de détails, à l'article CHAMPIGNON, des substances analogues ou même entièrement semblables à celles qu'on trouve dans les matières animales; et donnent lieu, par cette raison, dans leur décomposition, aux mêmes produits.

Les Agarics croissent dans presque tous les lieux, excepté dans les endroits secs et pierreux; on les trouve surtout dans les bois humides et ombragés, dans les prairies, sur les fumiers, les troncs des Arbres et les bois pourris; quelques espèces se plaisent dans les mines et les caves où la lumière ne pénètre jamais. Fries pense, et probablement avec raison, que ce ne sont que des espèces ordinaires modifiées par la position où elles se sont développées. Ces diverses localités n'appartiennent cependant pas également à toutes les tribus de ce genre. Ainsi les Coprins habitent généralement sur les fumiers ou dans les jardins; les Pleuropes et les Mycènes croissent plus souvent sur les bois morts ou vivans, tandis que les autres espèces sont presque toutes terrestres. La durée de ces Champignons varie aussi beaucoup, quelques espèces, surtout parmi les Coprins, ayant parcouru en moins d'un jour toutes les diverses périodes de leur vie, tandis que d'autres mettent un mois et davantage à atteindre leur développement parfait; plus grand nombre pourtant dure dix à douze jours.

Le genre Agaric, ainsi limité, ne contient qu'une petite partie des espèces employées qui ont porte ce nom; ainsi l'Agaric de boutiques et l'Agaric de Mélèse sont des espèces de Bolets; les Agarics oronge et fausse oronge de Bulliard appartiennent au genre Amanita.

Les vrais Agarics ne peuvent servir que d'aliment, encore un petit nombre seulement peut être employé sans danger, car ce genre renferme en même temps des espèces dont l'action vénéneuse passe pour être extrêmement active, et d'autres qui en diffèrent à peine, et peuvent pourtant fournir un aliment très-sain; on doit par cette raison mettre la plus grande circonspection dans leur choix;aussi dans le nord de la France, l'usage en est très-peu étendu, et quelques espèces seulementsont employées comme nourriture. Ce sont les Agarics comestible, ou de couches, le Mousseron et le faux Mousseron de Bulliard. — Dans le midi de la France et surtout aux environs de Montpellier, il paraît que le nombre des espèces apportées dans les marchés est beaucoup plus considérable. Celles -ci étaient peu connues jusqu'àprésent, et c'est à De Candolle qu'on en oit la description; mais c'est en Italie surtout qu'on est étonné de la quantité d'espèces qui servent d'aliment, et de l'abondance avec laquelle on les emploie; Micheli et Batarra, auxquels nous devons les connaissances les plus exactes sur les espèces de ce pays, en ont décrit et figuré, comme comestibles, une quantité considérable; mais depuis ces auteurs, l'étude de cette partie de la botanique ayant été très-négligée en Italie, il est difficile de déterminer si toutes sont des espèces, ou si beaucoup ne sont que de légères variétés. — Il paraît que les Agarics font aussi une des parties importantes de la nourriture des paysans russes, surtout en automne, saison où. ces Plantes sont le plus abondantes. On a avancé qu'ils mangent indifféremment toutes les espèces de cegenre, et Bory de Saint-Vincent a remarqué qu'on applique, en divers lieux, les noms de Champignons mangeables à des espèces réputées vénéneuses, ce qui fait que, sous une dénomination différente, ces Cham-

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pignons, si redoutés ailleurs, font une excellente nourriture; ce naturaliste a donc essayé de presque toutes les espèces de Champignons sensées malfaisantes; il les a préparées luimême et mangées, sans qu'il en ait été nullement incommodé. Il pense que la plupart des Champignons suspects ne sont pas vénéneux par leur nature même, et que ceux qui nuisent ne le font que mécaniquement, ou servent de passeport à quelque poison réel criminellement administré. Un fait rapporté par Schwaegrichen, vient à l'appui de cette opinion; ce savant a vu en Saxe les paysans manger indifféremment toutes les espèces de Champignons, non-seulement cuits mais crus; il finit par s'en nourrir lui-même dans ses herborisations, et n'en éprouva nul inconvénient. La médecine légale doit désormais porter son attention sur ce point; cependant, si plusieurs espèces d'Agaric peuvent fournir un aliment sain et abondant, on doit être fort circonspect dans l'usage de ceux qui, étant considérés comme très-vénéneux, ne sont distingués des espèces comestibles que par des caractères fort légers. En attendant que Bory de Saint-Vincent ou Schwaegrichen publient leurs observations à cetégard, les personnes qui n'ont pas fait une étude particulière de cette partie de la botanique doivent s'abstenir entièrement de manger les Champignons qu'elles rencontrent dans les bois. Les accidens produits par cette imprudence, quelle qu'en soit la cause, ne sont malheureusement que trop fréquens. Les meilleurs remèdes a employer, lorsqu'on éprouve quelques-uns des symptômes de cet empoisonnement, sont les vomitifs pris le plus promptement possible.

Le genre Agaric, tel que nous venons de le circonscrire, quoique renfermé dans des limites beaucoup plus étroites que celles qu'avaient tracées Linné, Schæffer, Bulliard, Sowerby, etc., contient néanmoins plus d'espèces qu'aucunautre genre de Plantes. Fries, dans son Systema mycologicum, en décrit 750, et en indique environ 150, qui ne sont connues qu'imparfaitement. Si l'on observe que dans ce nombre on ne trouve que très-peu d'espèces étrangères à l'Europe, et que l'on sait pourtant que la Russie, la Sibérie, l'Amérique septentrionale, en présentent un grand nombre, et que les autres parties du monde, quoiqu'en offrant peut-être une moins grande quantité, doivent aussi en renfermer beaucoup d'espèces inconnues, on conviendra que ce genre contient probablement près de douze cents espèces; aussi plusieurs auteurs ont cherché à le subdiviser pour en faciliter l'étude, mais on doit avouer qu'aucun n'a encore atteint complétement ce but, et que ce genre, comme tous les genres très-naturels, semble presque se refuser à des subdivisions.—Ainsi la méthode de Persoon présente, il est vrai, plusieurs sections ou sous-genres très-naturels; mais plusieurs autres renferment des espèces très-différentes et nécessitent des coupures plus nombreuses. Cette méthode avaitcependant été généralement adoptée jusqu'à ce jour, et paraîtrait, avec quelques légères modifications, pouvoir être conservée. Néanmoins, Fries, dans son Systema mycologicum, vient de l'abandonner pour lui en substituer une autre fondée sur des caractères très-différens, et qui lui ont fourni un nombre beaucoup plus considérable de subdivisions.—La différence de ces deux systemes, l'importance des caractères sur lesquels ils sont fondés, nous obligent de les faire connaître séparément et tels que ces auteurs les ont publiés; nous indiquerons pourtant quelques modifications qu'on peut y apporter, en nous réservant de donner plus de détails sur les caractères naturels, les propriétés, les usages et les subdivisions des divers sous-genres, au nom de chacun d'eux.

Division du genre Agaric, par Persoon.

†. Pédicule central.

1. LEPIOTA. Lames se séchant sans noircir, recouvertes par une

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membrane, qui, en se déchirant, laisse un anneau autour du pédicule.

2.CORTINARIA. Chapeau charnu, lames non-adhérentes au pédicule, recouvertes par une membrane mince qui se rompt irrégulièrement, et forme à leur surface comme une toile d'Araignée adhérente au pédicule.

3.GYMNOPUS. Chapeau charnu entier, convexe, lames se desséchant sans changer de couleur, pédicule nu. —Cette section est la plus nombreuse du genre Agaric, eue renferme des espèces très-différentes pour la forme et la couleur. Persoon l'a subdivisé d'après ce dernier caractère, mais on pourrait obtenir des sections plus naturelles, en les fondant sur la forme du pédicule, et des lames libres ou décurrentes, etc.

4.MYCENA. Chapeau membraneux souvent presque transparent, strié, convexe, non déprimé au centre, se desséchant sans changer de couleur; pédicule nu, souvent fistuleux. — Toutes les espèces de ce sous-genre sont petites, et beaucoup croissent sur les bois morts, les feuilles, etc.

5.COPRINITS. Chapeau membraneux se détruisant promptement; les lamelles se fondant en une eau noire comme de l'encre qui entraîne les sporules, et leur a fait donner le nom vulgaire d'encriers; le pédicule est presque toujours fistuleux, nu ou souvent entouré d'un anneau; les capsules sont éloignées les unes des autres et renferment quatre rangs de sporules; ces différens caractères font de ce groupe l'un des plus naturels, et permettraient presque de le séparer des autres Agarics. —C'est à ce genre qu'appartiennent la plupart des espèces qui croissent si rapidement après les pluies et souvent en groupes nombreux sur la terre, le fumier, ou même dans les appartemens humides.

6. PRATELLA.Chapeau charnu, lisse, persistant; lames noircissant sans se ramollir. — Le Champignon de couche appartient à ce sous-genre. V. pour sa description et sa culture, l'article Champignon.

7. GALORRHEUS, Fries; Lactifluus, Persoon. Chapeau charnu, le plus souvent déprimé au centre; lamelles répandant, lorsqu'on les rompt, un suc laiteux. — La plupart des espèces de cette section passent pour très-vénéneuses, leur suc est âcre d'un goût poivré, et brûlant à la langue. On mange cependant plusieurs d'entre elles en quantité dans le département de la Gironde, sous le nom de Catalans.

8.RUSSULA. Chapeau charnu, ordinairement déprimé; lames toutes de même longueur et s'étendant depuis le pédicule jusqu'à la circonférence du chapeau. Ce sous-genre a été considéré par Link comme un genre distinct des autres Agarics. Mais ses caractères ne nous paraissent pas assez importans pour autoriser cette séparation.

9.OMPHALIA. Chapeau entier charnu ou membraneux, déprimé au centre ou infundibuliforme; lamelles de longueurs inégales, non lactescentes, souvent décurrentes; pédicule nu et central. — Ce sous-genre peu naturel, tel qu'il est établi par Persoon, paraît pouvoir être divisé en plusieurs sections, suivant la forme du chapeau et des lamelles, et la structure du pédicule. — De Candolle en a déjà distingué comme un sousgenre distinct, et, nous pensons, avec raison, l'Agaricus Rotula, dont les feuillets sont simples et se réunissent, avant d'atteindre le pédicule, en un tube qui l'entoure.

†† Pédicule latéral ou nul.

10.PLEUROPUS. Chapeau charnu, déprimé, oblique ou demi-circulaire; pédicule latéral ou nul. — Ces Champignons croissent presque tous sur les Arbres. Ils varient beaucoup par leur consistance charnue, subéreuse ou même presque ligneuse, par la forme de leur chapeau qui est pédiculé ou sessile, quelquefois presque résupiné; enfin par la disposition de leurs lamelles, qui sont tantôt décurrentes, tantôt non décurrentes. Ces diverses modifications peuvent fournir de bons caractères pour subdiviser cette section. — Persoon avait

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laissé dans ce sous-genre l'Agaricus alneus de Linné. Fries en a fait un genre particulier sous le nom de Schizophyllum; il diffère essentiellement des Agarics par ses feuillets dichotomes sillonnés à leur partie moyenne, et par la position des sporules. V. ce mot.

Division du genre Agaric par Fries.

Le système de Fries est fondé sur des caractères très-différens. Ainsi il regarde comme caractère de première importance la nature des lamelles, la présence ou l'absence de la membrane qui recouvre les feuillets, qu'il nomme velum et que nous désignerons par le mot de tégument, et la couleur des sporules. Il ne donne au contraire qu'une importance secondaire à la forme du chapeau, et même à la présence du volva; aussi laisse-t-il parmi les Agarics les Amanita de Persoon, qu'il divise en deux sections, Amanita et Volvaria, qui se trouvent trèséloignées l'une de l'autre, dans son système. Nous allons donner l'indication de la méthode qu'il a suivie. Les caractères détaillés de ces différens sous-genres se trouveront chacun à leur nom. Nous ferons aussi remarquer que les noms, qui sont les mêmes que ceux de Persoon, ne correspondent en général qu'à une partie des genres établis par ce dernier.

† LEUCOSPORUS. Tégument variable ou nul; lamelles ne changeant pas de couleur; sporules blanches.

α. Pédicule central entouré par les débris du tégument.

1. AMANITA. Tégument double; l'un (Volva) partant de la base du pédicule, et enveloppant tout le Champignon; l'autre couvrant seulement le dessous des lames.

2. LEPIOTA. Tégument simple partant du sommet du pédicule, enveloppant tout le chapeau, et persistant, sous forme d'anneau autour du pédicule.

3. ARMILLARIA. Tégument simple, ne couvrant que la partie inférieure du chapeau et persistant autour du pédicule.

4.LIMACIUM. Tégument disparaissant promptement, visqueux, enveloppant tout le chapeau dans sa jeunesse; lamelles décurrentes.

5.TRICHOLOMA. Tégument ne persistant que peu de temps, couvrant la face inférieure seule du chapeau, et adhérant à sa circonférence; lamelles émarginées ou arrondies à leur base.

β. Pédicule central nu.

6.RUSSULA. Chapeau charnu, se déprimant au centre; lamelles toutes égales, ne renfermant pas de suc laiteux; sporules quelquefois jaunes.

7.GALORRHEUS. Chapeau charnu, se déprimant au centre en vieillissant; lamelles inégales, lactescentes.

8.CLITOCYBE. Chapeau charnu, convexe dans sa jeunesse; lamelles inégales, non lactescentes.

Ce sous-genre est très-nombreux en espèces; il correspond en grande partie au Gymnopus de Persoon. Fries l'a subdivisé en neuf sections, d'après la nature du chapeau, la forme des lamelles et du pédicule.

9.COLLYBIA. Chapeau charnu, mince, presque plat.

10.MYCENA. Chapeau membraneux, en cloche.

11.OMPHALIA. Chapeau membraneux ou un peu charnu, déprimé dans son centre dès sa jeunesse. — Fries a établi dans ce genre trois sections fondées sur la décurrence ou la non décurrence des lamelles et sur l'épaisseur plus ou moins grande du chapeau.

γ Pédicule latéral.

12.PLEUROTUS. Chapeau excentrique ou latéral.

†† HYPORHODIUS. Tégument nul; lamelles changeant de couleur; sporules roses; pédicelle central.

13.MOUCERON. Chapeau charnu, déprimé au centre lorsqu'il vieillit; lamelles longues et décurrentes.

14.CLITOPILUS. Chapeau charnu, convexe.

15.LEPTONIA. Chapeau assezmince, légèrement convexe.

16.NOLANA. Chapeau membraneux en cloche, pédicule creux. — Ce nom est déjà donné à un autre genre.

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17. ECCILIA. Chapeau ombiliqué; lamelles adhérentes.

††† CORTINARIA. Tégument mince comme une toile d'Araignée; lamelles changeant de couleur et se séchant en vieillissant; sporules jaunes; pédicule central.

18.TELAMONIA. Tégument en anneau persistant; lamelles éloignées.

19.INOLOMA. Tégument fugace; lamelles émarginées; pédicule bulbeux.

20. PHLEGMACIUM. Tégument fugace, visqueux; lamelles décurrentes.

21.DERMOCYBE. Tégument fugace; lamelles rapprochées; pédicule cylindrique.

†††† DERMINUS. Tégument membraneux; lamelles changeant de couleur, persistantes, sporules couleur de rouille.

α Tégument distinct.

22.PHOLIOTA. Tégument sec persistant, sous forme d'anneau autour du pédicule.

23.MYXACIUM.Tégumentvisqueux, se détruisant facilement; lamelles adhérentes au pédicule.

24.HEBELOMA. Tégument adhérent au bord du chapeau, se détruisant promptement; lamelles émarginées à la base.

β Tégument se détruisant très-promptement.

25. FLAMMULA. Chapeau charnu, convexe, glabre, légèrement visqueux.

26.INOCYBE. Chapeau charnu; tégument formé par les fibres longitudinales du chapeau; lamelles blanchâtres.

27.NAUCORIA. Chapeau charnu, mince, presque plat, écailleux; lamelles fauves.

28.GALERA. Chapeau membraneux en cloche.

29.TAPINIA. Chapeau ombiliqué, velu à sa circonférence.

30.CREPIDOTUS. Chapeau excentrique ou sessile.

†††††. PRATELLA. Tégument membraneux; lamelles devenant brunes et se ramollissant en vieillissant; Sporules d'un brun foncé; pédicule central.

31.VOLVARIA. Tégument (Volva) naissant de la base du pédicule, et enveloppant tout le Champignon dans sa jeunesse.

32.PSALLIOTA. Tégument restant sous forme d'anneau autour du pédicule.

33.HYPHOLOMA. Tégument marginal se détruisant promptement; lamelles émarginées.

34.PSILOCYBE. Tégument très-fugace, chapeau charnu, solide, ainsi que le pédicule.

35.PSATYRA. Chapeau presque membraneux, très-fragile.

36.COPRINARIUS. Lamelles se résolvant presque en eau; tégument né couvrant que la partie inférieure du chapeau.

††††††. COPRINUS. Capsules éloignées à quatre rangs de sporules; lamelles se résolvant en une eau noire; tégument enveloppant tout le chapeau dans sa jeunesse; sporules noires.

†††††††. GOMPHUS. Lamelles très-décurrentes, rameuses; chapeau turbiné, charnu; sporules noires.

Fries place ces deux dernières tribus hors de la série générale des sous-genres du genre Agaric, parce que les caractères importans, sur lesquels ils sont fondés permettraient presque de les regarder comme des genres particuliers. (AD. B.)

* AGARIC DES PHARMACIES. BOT. CRYPT. On distingue, dans les pharmacies, deux sortes d'Agaric, l'un connu sous le nom d'Agaric de Chêne ou Agaric proprement dit, l'autre sous celui d'Agaric blanc ou Agaric de Mélèse; tous deux appartiennent au genre Bolet. Le premier est la Boletus Fomentarius, L. ou Ungulatus de Bulliard; l'autre estle Boletus Laricis, L.

L'AGARIC DE CHÉNE croît également sur le Hêtre, le Tilleul, le Bouleau et sur beaucoup d'autres Arbres. Il est commun dans toutes les forêts de l'Europe, et ses usages sont nombreux. C'est avec lui qu'on prépare l'amadou; il suffit pour cela d enlever toute l'écorce extérieure et de faire bouillir la partie intérieure, qui est

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molle et fibreuse, avec une lessive de cendre. On la fait sécher, on la réduit en plaque en la battant avec un marteau, et on la fait bouillir de nouveau dans une solution de nitre. On l'emploie également en chirurgie sous le nom d'Agaric, pour arrêter les hémorrhagies. Son usage remonte à une époque très-reculée; mais il est beaucoup diminué depuis que le perfectionnement de cet art a donné d'autres moyens plus sûrs d'arrêter les hémorrhagies.

L'AGARIC BLANC paraît être l'Agaric des anciens auteurs grecs et latins. Il était autrefois employé comme vomitif; mais son usage a tout-à-fait cessé, ou du moins on ne s'en sert plus que dans la médecine vétérinaire. —Cette espèce ne croît que sur les Mélèses dans les Alpes du Dauphiné. de la Savoie, de la Carinthie, etc. Il est entièrement blanc, et varie beaucoup de forme, suivant son âge et la partie de l'Arbre sur laquelle il croît (AD. B.)

AGARIC-MINERAL. MIN. Farine fossile, Guhr-calcaire, Fait de lune, Lait de montagne ou Moëlle de Pierre. Variété de Chaux carbonatée, à tissu lâche et comme spongieux, qui se trouve ordinairement dans les fentes de certaines montagnes calcaires. Elle est le plus souvent humide et molle au sortir de la terre, d'où lui sont venus les noms ci-dessus mentionnés, qu'on lui donne dans les anciennes minéralogies. V. CHAUX CARBONATÉE SPONGIEUSE. (LUC.)

AGARICE. Agaricia. POLYP. Genre de l'ordre des Méandrinées, V. ce mot, et de la division des Polypiers entièrement pierreux. Il a été extrait des Madrépores de Linné, par Lamarck, et s'sen distingue par ses expansions subfoliacées, aplaties, ayant une seule surface garnie de sillons ou de rides stellifères. Les lames qui composent les sillons ou collines sont entières et les traversent de chaque côté. Les étoiles sont lamelleuses, sériales, sessiles, souvent imparfaites et peu distinctes. Les Animaux sont inconnus, a l'exception de ceux d'une seule espèce que Lesueur a observés sur les côtes de l'île Saint-Thomas dans les Antilles. Il offre une ouverture allongée, plissée intérieurement et sans tentacules apparens; elle est bordée d'un cercle jaune environné de huit points de la même nuance, d'où naissent des lignes d'un jaune plus pâle; le fond de sa couleur est un beau pourpre, qui devient roussâtre vers les bords. Lesueur n'a point fait l'anatomie de ces Polypes. Le nombre des Agarices est peu considérable; il n'y en a encore que huit espèces qui soient décrites d'une manière satisfaisante.

L'AGARICE ONDÉE. Agàricia undata, Lamx. Gen. Polyp, p. 54. tab. 40. Madrepora undata, L. C'est un Polypier large, un peu comprimé, dont la surface est couverte de sillons épais, arrondis, légèrement flexueux. avec des étoiles placées sur le bord externe des lignes.

L'AGARICE POURPRE. Agaricia purpurea, Lesueur. Mém. du mus. d'Hist. naturelle, 3e année, 4e cah. pag. 276. pl. 15. fig. 3. a. b. c. Polypier foliacé, à expansions ondulées, tranchantes sur les bords, recouvrant tous les corps qu'il rencontre. La surface supérieure présente un réseau très-irrégulier de collines lamelleuses et de vallons peu profonds remplis de cellules sériales. Les belles couleurs des Animaux, lorsqu'ils sont développés, donnent à ce Polypier un aspect aussi agréable que celui de nos plus jolies fleurs.

Lamarck a décrit dans son ouvrage les Agaricia cucullata, — rugosa,ampliata,papillosa, — lima,explanulata. Aucune d'elles n'est fossile, et toutes sont originaires des pays chauds. (LAM.. X.)

*AGARICITE OU AGARIC FOSSILE. POLYP. POS. Knorr et quelques autres auteurs ont donné ce nom à des Polypiers fossiles de l'ordre des Méandrinées. V. ce mot. (LAM..X.)

*AGARICOIDES. BOT. CRYPT. (Champignons.) Section établie dans

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la famille des Champignons et dans la tribu des Hyménothèques par Persoon. Elle est caractérisée par sa membrane fructifère, disposée en lames ou en veines, à la surface inférieure du chapeau, ou à la surface du Champignon entier, lorsqu'il n'y a pas de chapeau distinct. —Cette section renferme les trois genres Amanita, Agaricus et Merulius, qui tous trois faisaient autrefois partie du genre Agaric de Linné. V. AMANITE, AGARIC et MÉRULE. (AD. B.)

*AGARIKON. BOT. CRYPT. (Champignons.) Nom par lequel les anciens désignaient un Champignon qui, par les usages auxquels il était employé, ne put être que l'un de nos Bolets, dont la consistance rappelle celle du Liège. V. AGARIC DES PHARMACIES. (B.)

AGARISTE. INS. Genre de l'ordre des Lépidoptères, établi par Leach (Zool. miscell. XV), et rangé par Latreille (Règne Animal) auprès des Uranies. V. ce mot. (AUD.)

AGARON. MOL. (Adanson. Séneg. p. 64. tab. 4. f. 7.) Olive voisine des Anciles, et qui paraît être l'Olive Hyatule de Lamarck, Voluta hiatula de Gmelin. V. OLIVE. (F.)

*AGARUM. BOT. CRYPT. (Hydrophytes.) Genre proposé par Link, et dont le Fucus rubens, L. est le type. Ses caractères consistent dans des conceptacles situés sur les plus petits rameaux, presque globuleux et garnis à leur circonférence de cellules qui contiennent des séminules. Il rentre dans la seconde section des Délesseries de Lamouroux. V. ce mot. (B.)

AGAS. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires de l'Erable champêtre, Acer campestris, L. dans quelques cantons de la France méridionale. (B.)

AGASSE. OIS. V. Agace.

AGASSE-CRUELLE OU AGASSE-GRAOUILLASSE. OIS. (Salerne.) Syn. de Pie-Grièche grise, Lanius Excubitor, L. dans quelques parties de la France septentrionale. On la nomme aussi Ajace boisselière et Ageasse. V. PIE-GRIÉCHE. (B.)

*AGASSYLIS.BOT. PHAN. Nom qui, dans Dioscoride, désignait la Férule, et imposé par Sprengel à l'un de ses genres d'Ombellifères. V.ce mot. (B.)

AGASTACHYS. BOT. PHAN. Genre de la famille des Protéacées, formé par R. Brown pour un Arbrisseau originaire du cap Diémen, qui porte des feuilles entières, éparses; de nombreux épis de fleurs terminales, jaunes, qui ont chacune un calice tétrasépale, régulier; quatre étamines insérées au milieu des folioles du calice; point de disque glanduleux sous l'ovaire, lequel est sessile, plus court que les étamines, trigone, monosperme, terminé par un stigmate unilatéral. (A. R.)

*AGASTO. BOT. PHAN. Syn. d'Æschinomène, chez les Indous. (B.)

*AGASTRAIRES. INFUS. Blainville donne ce nom aux Infusoires qui n'ont point de canal intestinal proprement dit, et qui, conséquemment, exhalent et absorbent par la surface entière de leur corps. — Il regarde les Eponges comme des Animaux de cette classe; nous les considérons comme de véritables Polypiers, très-voisins des Antipatlies. (LAM..X.)

*AGASTROZOAIRES, INF. (Blainville.) V. HÉTÉROMORPHES.

AGATHE OU AGATE, MOLL. Nom vulgaire appliqué à plusieurs Coquilles de genres divers, que les dictionnaires perpétuent, l'on ne sait pourquoi, et sans désignation exacte ou scientifique; il n'est cependant reçu ni par les marchands, ni par les amateurs. C'est tantôt les Cypæra amethystea de Gmelin, mauritania, arabica, ou Mus, etc.; ou bien l'Olive de Panama, l'Oliva Poiphyria, la Bulla Ampulla; divers cônes, la venus maculata de Linné, etc. — L'Agathe brûlée est la Cyprœa Onyx. —L'Agathe bossue est la Voluta gibbosa, de Born. (F.)

AGATHE OU AGATE, MIN. On désigne communément sous ce nom, dans les anciennes minéralogies et dans le commerce, certaines variétés du

TOME I. 10

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Quarz-Agathe de Haüy, de couleurs grisâtres ou blondes, à teintes uniformes ou nuagées, louches, ou distribuées par taches et par bandes, soit concentriques, soit irrégulières ou stratifiées; mais qui n'ont jamais le blanc de lait de la Calcédoine, le beau rouge de la Cornaline, et le fauve de la Sardoine.

Quelques-unes d'entre elles présentent des dispositions de taches et des accidens qui les faisaient beaucoup rechercher autrefois. L'Agathe orientale, par exemple, est d'une couleur uniforme, et, par transparence, paraît mamelonnée dans son intérieur; il y en a aussi d'arborisées et de mousseuses. Les premières doivent cette apparence à des dendrites de Manganèse oxidé qui se ramifient dans leur intérieur; elles sont ordinairement noires ou roussâtres. Les Mousseuses sont plus communément vertes ou jaunâtres, et quelques-unes ressemblent si bien à des Conferves et autres Plantes aquatiques, que des naturalistes très-habiles ont cru en reconnaître les espèces.

Les Agathes-Onyces à plusieurs couches sont encore assez recherchées, surtout quand elles sont un peu étendues et de couleur nettement tranchée. Ce sont celles qu'emploient les graveurs en Camées. Quand les couches sont plissées, et à angles rentrans et saillans, c'est l'Agathe en zigzag ou à fortifications.

Une variété fort intéressante est celle que l'on nomme l'Arc-en-Ciel ou l'Agathe irisée, d'après les beaux reflets de couleur d'Iris qu'elle présente, quand on la fait mouvoir à une vive lumière; elle est blanchâtre, et à couches concentriques de Calcédoine laiteuse et d'Agathe demi-transparente.

On a distingué long-temps les Agathes en orientales ou occidentales, d'après la persuasion où l'on était que les plus belles ne se trouvaient que dans l'Inde; mais actuellement ces épithètes ne servent qu'à désigner les plus belles d'entre elles, soit qu'elles viennent en effet de Moka ou de l'Egypte, soit qu'on les tire de la Sicile, ou même d'Oberstein, sur les bords du Rhin, où elles ont fait long-temps l'objet d'un commerce considérable. Les cabinets publics et particuliers renferment une grande quantité de plaques et de vases faits avec diverses variétés d'Agathes. —Al'état naturel, elles se présentent ordinairement sous la forme de masses globuleuses plus ou moins considérables, tantôt solides et tantôt creuses ou géodiques, et renfermant alors des cristaux qui sont communément de Quarz, de Chaux carbonatée, ou de Chabasie, etc. Elles sont assez souvent encroûtées d'une terre verte. — Les roches, qui les renferment le plus fréquemment, sont regardées par beaucoup de minéralogistes comme d'anciens produits volcaniques, dans les soufflures desquels elles se seraient déposées par infiltration. On en trouve, cependant, aussi dans des roches qui ne sont pas volcaniques, telles que le Gneiss, le Calcaire compacte du Jura et le Giès. Elles y forment des veines, des couches et des rognons. V. QUARZ-AGATHE. (LUC.)

AGATHE D'ISLANDE, MIN. Syn. d'Obsidienne. V. ce mot. (B.)

AGATHE NOIRE, MIN. (Anderson.) Syn. de Jayet. V. ce mot. (B.)

AGATHÉE. Agathœa. BOT. PHAN. Sous ce nom, H. Cassinia fait un genre nouveau du Cineraria Amelloides de Linné. Il appartient à la famille des Corymbifères, à la Syngénésie Polygamie superflue, L. Ce genre est, selon la remarque de Jussieu, beaucoup plus rapproché des Aster que des Cinéraires; voici les caractères qui le distinguent: l'involucre est formé d'une seule rangée, de folioles aiguës; le phoranthe est alvéolé; les fleurons du centre sont hermaphrodites; les demi-fleurons sont femelles: les fruits sont comprimés, couronnés par une aigrette sessile, formée de poils roides et légèrement barbus.

L'Agathœa cœlestis, H. Cassini, seule espèce de ce genre, est une petite Plante vivace, originaire du cap

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de Bonne-Espérance; portant des fleurs longuement pédonculées, dont les rayons sont d'un bleu céleste, et les fleurons du centre d'un jaune doré. On la cultive dans les jardins d'agrément. Elle doit, dans le climat de Paris, être abritée l'hiver dans l'orangerie. (A. R.)

AGATHIDIE. Agathidium. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, établi par Illiger sur quelques espèces rapportées d'abord par Fabricius aux Sphéridies, et réunies ensuite par lui aux Anisotomes. Ce genre est rangé par Latreille (Consid. génér.) dans la famille des Erotylènes. Le même auteur (Règne Animal) le place avec quelques restrictions dans celle des Xylophages. Les Agathidies ont les articles des tarses entiers, ce qui les distingue des Languries et des Phalacres. Ils s'éloignent des Erotyles et des Tritomes par leurs palpes filiformes, et dans tous les cas, quelque place qu'on leur assigne, on ne peut les confondre avec aucun autre genre, à cause de la figure presque globuleuse de leur corps qui jouit de la propriété de se contracter.—Les antennes, composées de onze articles distincts, sont courtes et terminées par une masse perfoliée de trois articles. Les mâchoires sont bifides, et la division interne a la forme d'une dent. Enfin les articles des tarses sont au nombre de quatre à toutes les pates, ce qui les place à une très-grande distance des Sphéridies qui en ont cinq, et les éloigne beaucoup des Anisotomes dans lesquels on en compte cinq aux quatre premiers tarses, et quatre seulement aux deux derniers. Le démembrement opéré par Illiger était donc très-fondê. Ces Insectes si remarquables par leur organisation ne le sont pas moins par leurs habitudes. On les rencontre dans les bois, sous les écorces des Arbres, dans les Champignons. Au moindre danger ils se roulent en courbant leur abdomen vers leur poitrine, et feignent d'être morts en conservant une immobilité parfaite.

L'AGATHIDIE A ÉLYTRES NOIRES, Agathidium nigripenne, sert de type à ce genre; c'est l'Anisotoma nigripennis de Fabricius. Il est rougeâtre, ses antennes sont brunes, et son abdomen est noir ainsi que ses élytres. Il vient de Styrie. V. une figure dans Panzer (Faun. Ins. germ. XXXIX. 3). Les autres espèces connues, au nombre de quatorze et plus, se trouvent dans le nord de l'Europe, Nous citerons, parmi quelques-unes des environs de Paris, l'Agathidie globuleux ou l'Anisotoma seminulum de Fabricius. Il est noir avec les bords du corselet, les élytres, les pieds et l'abdomen fauves. V. pour les autres espèces et pour celle-ci en particulier, Sturm (Faun. germ. XL tab. 26). (AUD.)

AGATHINE. Achatina. MOLL. Genre de Limaçons terrestres établi par Lamarck (Prodrome d'une nouvelle classification des Coquilles, inséré dans les actes de la Soc. d'Hist. natur. de Paris, publiés en l'an VII) pour les Bulla achatina, Zebra, virginea, fasciata de Linné, et autres Coquilles analogues placées par Muller dans son genre Buccinum, et par Bruguière parmi ses Bulimes. Le genre Agathine de Lamarck, conservé par cet illustre savant dans ses divers ouvrages méthodiques (V. An. s. vert. p. 90), a été subdivisé par Montfort. Il a laissé le nom générique d'Agathine, Achatinus, aux Bulla achatina, Zebra; etc.(Conchyl. T. II. p. 419), et formé avec les Bulla virginea, fasciata, etc., le genre Ruban, V. ce mot. — Perry (Conchol. pl. 50) appelle Bulimes, les Agathines de Montfort. Ocken confond celles de Lamarck avec les Bulimes dans son genre Pythya. Toutes ces Agathines ne sont distinguées de la plupart des autres Limaçons à spire allongée que par la troncature de leur columelle. Nous avons montré (Tabl. syst. de la famille des Limaçons, observ. gén. p. 13) que ce caractère n'était point, comme chez beaucoup de Coquilles marines, en harmonie avec l'organi-

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sation de l'Animal. Celui des Agathines ne diffère en rien d'essentiel de celui des autres Hélices; d'ailleurs, cette troncature se trouve plus mar¬quée encore chez les Polyphèmes de Montfort, chez le Bulimus Columna de Bruguière placé dans les Limnées par Lamarck, chez l'Aiguillette de Géoffroy, etc.; Coquilles qui sont, d'ailleurs, bien distinctes des Agathines, et qu'on ne peut également distinguer des Hélices, leurs Animaux étant semblables. — D'après les principes d'une méthode naturelle qui font réunir les Animaux analogues, on ne peut donc séparer ces divers genres de celui de l'Hélice; et par suite de l'examen que nous avons fait de toutes les espèces de ce dernier, les Agathines de Lamarck ne forment que deux groupes de notre sousgenre Cochlitome. V. ce mot. Le premier, celui des Rubans, Liguuœ de Montfort; le second, celui des Agathines, Achatinœ. Parmi nos Agathines se trouvent les plus gros Limaçons terrestres. Elles habitent exclusi¬vement, à ce qu'il paraît, les contrées rapprochées de la ligne, en Afrique, ou dans les îles de ce continent. Au contraire, les Rubans, qu'on peut considérer comme étant les Agathines du nouveau monde, paraissent n'habiter que la zône torride de l'Améri¬que.

Les Agathines, comme les Rubans, sont des Coquilles brillantes, ornées des plus vives couleurs, et recherchées des amateurs dont elles décorent les cabinets: plusieurs sont chères et rares.

Nous avons montré, les premiers, que c'est à une Agathine que se rappor¬tent les passages curieux de Varron et de Pline sur les Limaçons de Solite qui pouvaient contenir quatrevingts quadrans (de Re Rust. lib. 3. cap. 14. Pline. 9. cap. 56), passa¬ges qui ont tant exercé l'imagination et la sagacité des commentateurs, dont quelques-uns n'ont pas hésité à prendre, dans cette occasion, le qua¬drant comme une mesure de capacité pour les liquides; en sorte que les Limaçons de Solite pouvaient, d'après leurs calculs, contenir environ sept pintes et demie d'eau, absurdité adoptée sans examen par plusieurs auteurs; mais nous croyons avoir prouvé que Varron a voulu parler du quadrant, quart de l'as, qui, de son temps, éga¬lait à peine notre pièce d'un sou, ce qui rentre dans le naturel à l'égard des Agathines. V. notre Hist. natur. des Moll. terr. et fluv. p. 106 et suiv. et p. 121. V. pour les espèces et les autres détails sur les Agathines, HÉLICE, COCHLITOME et RUBAN, (F.)

AGATHIS. Agathis. INS. Genre de l'ordre des Hyménoptères, établi par Latreille et rangé par lui (Règne Animal) dans la tribu des Ichneumonides, qui répond à la fa¬mille du même nom de ses précédens ouvrages. On pourrait le réunir aux Bracons, V. ce mot, dont il ne diffère que par la seconde cellule sous-marginale, très-petite. Du reste la forme de la bouche est semblable; c'est-à-dire que les parties qui la com¬posent forment, en avant de la tête, une sorte de museau ou de bec.

L'ICHNEUMON PANZERI de Jurine (Classif. des Hymén. pl. 8) sert de type à ce genre. Cette espèce est la même que l'Agathis des Malvacées, Agathis Malvacearum de Latreille (Gener. Crust. et Ins. I. tab. 12. f. 2). Il est noir, avec une bande transver¬sale jaune vers le milieu de l'abdo¬men, et les pates sont de même cou¬leur. Sa longueur est de deux lignes environ. Cet Insecte se rencontre, à la fin de l'été, sur les fleurs de la Mauve rose, Alcea rosea. La treille rapporte aussi à ce genre le Bracon purgator de Fabricius. (AUD.)

AGATHIS. BOT. PHAN. Salisbury désigne sous ce nom le Dammara alba de Rumph, ou Pinus Dammara de Lambert. Ce genre, dont le nom, s'il était adopté, serait un double emploi, appartient à la famille des Conifères. V. DAMMARA. (A. R.)

AGATHOMERIS. BOT. PHAN. Syn. de CALOMERIA. V. ce mot. (B.)

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*AGATHOSMA. BOT. PHAN. Willdenow, en divisant les Diosma en plusieurs genres, en a proposé un sous ce nom dans lequel il a réuni les espèces dont le calice est à cinq divi¬sions profondes; la corolle formée de dix pétales, dont cinq alternes plus grands; le disque périgyne à cinq lobes; la capsule à trois ou cinq loges, à autant de valves; chaque loge renfermant une seule graine arillée.

Ce genre a été désigné par Wendland sous le nom de Bucca. Willdenow y rapporte quatre espèces, provenant du cap de Bonne-Espérance, savoir: Diosma villosum, D.pubescens, D. imbricatum et D. acuminatum, (A. R.)

AGATI OU AGATY. BOT. PHAN. Syn. d'Æschinomène Sesban, L. dans les colonies françaises. V. ÆSCHINOMÈNE. On donne aussi ce nom à une espèce de Robinier. (B.)

* AGATIDES. BOT. PHAN. Syn. de Marjolaine. V. ORIGAN. (B.)

AGATIRSE. Agathirses. ANNEL. Genre établi, sans motif, par Montfort (Conchyl. T. I. p. 399) pour une espèce du genre Siliquaire de Bruguière, qu'il appelle Agatirse furcelle, et dont on doit la première connais¬sance à Faujas, qui l'a décrite sous le nom de Siliquaire de Grignon (Essai de géol. T. I. p. 87. pl. 3. f. 67); c'est la Siliquaria spinosa, Lamarck (An. sans vert. T. v. p. 338). Par inadver¬tance, sans doute, Montfort a donné pour synonyme à son Agatirse, la Serpula polythalamia de Gmelin pro¬posée pour un genre à établir dans la classe des Mollusques, sous le nom de Furcelle (V. ce mot), par Lamarck (1reédition des Anim. s. vert. p. 104), genre définitivement érigé dans la seconde édition de cet ouvrage (T. 5. p. 437) sous le nom de Cloisonnaire. V. ce mot. Lamarck ayant ainsi perdu de vue le premier nom qu'il lui avait imposé, et qui déjà avait été adopté par Ocken, la confusion, introduite par Montfort a été suivie et aug¬mentée par quelques naturalistes qui ont copié Montfort sans examen. V. SILIQUAIRE. (F.)

AGATOPHYLLE. Agatophyllum. BOT. PHAN. V. RAVENSARA. (B.)

AGAVE. Agavus. Du Dictionnaire de Déterville. MOLL. V. ACAVE. (F.)

AGAVE, BOT. PHAN. Famille des Bromeliacées de Jussieu, Hexandrie Monogynie, L. Le calice est coloré, pétaloïae, tubuleux et infundibuliforme, à six divisions égales, soudé par sa base avec l'ovaire qui est infère. Les étamines, au nombre de six, sont insérées au calice qu'elles dépassent. Le fruit est une capsule allongée, trigone, à trois loges qui renferment un grand nombre de grai¬nes disposées sur deux rangs longitu¬dinaux. Ce genre comprend six à sept espèces, toutes originaires des con¬trées chaudes d'Amérique. Ce sont des Plantes grasses dont les feuilles, extrêmement épaisses, sont tantôt étalées en rosette, à la base de la ham¬pe, et tantôt élevées sur une espèce de stipe ou de tronc cylindrique et écailleux.

On fait, avec les fibres renfermées dans les feuilles des Agaves et parti¬culièrement avec celles de la vraie Pitte ou Pite, Agave americana, L., des cordages et des toiles gros¬sières, mais fort solides. Cette der¬nière Plante s'est tellement multipliée dans le midi de l'Europe, qu'elle y semble naturelle. En Espagne, dans l'Andalousie particulièrement et aux revers dela Sierra-Morena, on en forme des haies qui défendent parfaitement les propriétés autour desquelles on les a plantées, à cause de la solidité de leurs feuilles et des piquans dont elles sont armées. La rapidité avec laquelle s'é¬lève leur tige, au temps de la florai¬son, est prodigieuse et a donné lieu à plusieurs fables. Ces tiges ont d'abord air d'Asperges gigantesques, et par¬viennent, en moins de huit jours, à vingt ou vingt-cinq pieds de hauteur. Chaque pied ne fleurit qu'une fois. (A. R.)

* AGAVON OU AGON. BOT. PHAN. Syn. d'Ononide, dans quelques cantons du midi de la France. V. ONONIDE. (B)

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*AGDESTIS. BOT. PHAN. Ce nom a été donné par De Candolle (Syst. veg. vol. 1); à un nouveau genre, encore peu connu, de la famille des Ménispermes. Voici ses caractères: les fleurs sont hermaphrodites; le calice composé de quatre sépales; point de corolle; les étamines, au nombre de vingt-quatre, ayant les filets filifor¬mes, les anthères bifides à leurs deux extrémités. Le fruit est une capsule à quatre côtes et à quatre loges.

L'Agdestis clematidea, qui est la seule espèce de ce genre, est une sorte de liane originaire de la Nouvelle Espagne, où elle a été découverte par Mocino et Sessé. (A. R.)

AGEASSE. OIS. Voy. AGASSE CRUELLE.

*AGELAIUS. OIS. V. TROUPIALE.

AGÉLENE. Agelena. ARACHN. Genre démembré par Walckenaer (Tableau des Aracnéides) des Arai¬gnées de Linné, et réuni par Latreille (Règne Animal) aux Araignées proprement dites.

L'Araignée labyrinthique, Aranea labyrinthica de Linné, de Fabricius, etc. paraît servir de type à ce genre; elle a été figurée par Schæffer (Icon. Ins. pl. 19. fig. 8); par Albin (pl. 17. fig. 83,; par Clerck (pl. 2. tab. 8); et par Lister (tit. 18. fig. 18). V. ARAI¬GNEE. (AUD.)

AGEM-LILAC. BOT. PHAN. Syn. de Syringa lacinié, Syringa persica, L., en Perse. V. SYRINGA. (R.)

AGÉÉTOSE. POIS. Genre formé par Lacépède aux dépens des Silures de Linné, et conservé par Cuvier, parmi les Siluroïdes, à la suite des Pimelodes dont il a tous les caractères, excepté que les espèces dont il se compose manquent de barbillons pro¬prement dits. Ses autres caractères consistent dans la dépression de la tête, qui est couverte de lames grandes et dures, avec une peau visqueuse; dans la muscosité abon¬dante qui enduit la queue et le gros corps de l'Animal, et dans la situation de sa bouche qui, dépouillée de barbillons, se trouve à l'extrémité du museau. Les Agénéioses ont deux nageoires dorsales, dont la seconde est adipeuse: ils habitent les eaux douces de la Guyane, à Surinam, où leur chair est méprisée et passe pour avoir un mauvais goût. On en connaît deux espèces seulement.

L'AGENÉIOSE ARMÉ. Lac. Siluirus militaris, L. Bloch. pl. 362. Assez gros Poisson qui n'habite point l'Asie ainsi que le dit Bonnaterre, induit en erreur par Gmelin. Son nom vient de la corne presque droite, hérissée de pointes, qu'il porte entre les na¬rines, et qui est un prolongement de l'os maxillaire. Sa couleur est d'un vert foncé, B. 9. D. 1/7. P. 11. 17. V. 7. 8. A. 20. 35. C. 18. 24.

L'AGÉNÉIOSE DÉSARMÉ. Lac. Silurus inermis, L. Bloch. pl. 361. Dans celui-ci, l'os maxillaire ne fait aucune saillie, et demeure caché sous la peau; mais la tête forme en arrière une prolongation arrondie. B. 10. D. 7. P. 14. 17. V. 7. A. 38. 40. C. 26. (B.)

*AGÉOMORON. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. de Ciguë. (B.)

AGÉRATE. Agératum, BOT. PHAN. Famille des Corymbifères de Jussieu, Syngénésie Polygamie égale, L. Dans ce genre, les capitules sont flosculeux, l'involucre est hémisphérique, com¬posé de plusieurs folioles égales; le phoranthe nu. Tous les fleurons sont hermaphrodites, tubuleux, à quatre ou cinq dents, les anthères incluses; le stigmate seul est saillant, les fruits sont quadrangulaires, couronnés de petites écailles subulées.

Les espèces de ce genre, au nombre de six à huit, sont des Herbes ou des Arbustes, peu remarquables, originaires des parties chaudes de l'Amérique et de l'Inde, à feuilles opposées, dont les fleurs, de couleur blanche ou violette, sont disposées en corymbe. La plus commune est l'Ageratum Conyzoides, L. (A. R.)

AGERATON. BOT. PHAN. Nom donné par les anciens à une Plante qui, d'après Dioscoride et son com¬mentateur Mathiole, doit être l'Eupa-

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toire à feuilles de Chanvre, Eupatorium cannabinum, L. Tournefort l'a rapporté à un autre Végétal qui est de¬venu la Millefeuille, appelée par Linné, Achillea Ageratum. V. EUPATOIRE et MILLEFEUILLE. (B.)

*AGER-HONE OU AKERRINE. OIS. Syn. de Râle de terre, Rallus Crex, L. chez les Norwégiens. (B.)

AGERIA. BOT. PHAN. Genre d'Adanson dans lequel ce botaniste réunissait les genres Myrsine et Prinos de Linné. V. ces mots. (B.)

AGERITE du Dictionnaire de Déterville. V. ÆGÉRITE. (AD. B.)

AGERU. BOT. PHAN. Syn. d'Héliotrope de l'Inde, Heliotropium indicum, L. chez les Brames. (B.)

*AGGLOMÈRATS, MIN et GÉOL. V. CONGLOMERATS.

*AGHEU. POIS. Nom donné par les Pêcheurs du golfe de Gênes à une espèce de Saumon, Salmo Saurus, L. (B.)

*AGHIRINE. POIS. Ve ordre de la division des Jugulaires dans l'Ichthyologie sicilienne de Raffinesque, et qui renferme son genre Symphurus, formé de deux Achires de Lacépède. V. SYMPHURUS. (B.)

AGIHALID OU AGRAHALID. BOT. PHAN. Prosper Alpin signale, sous ce nom, un Arbrisseau d'Egypte, épineux, blanchâtre, que Linné a rapporté au genre Ximenia de la famille des Orangers, mais qui, suivant Jussieu, méritera probablement de former un genre nouveau, quand on connaîtra nieux ses carac¬tères. (A. R.)

*AGILE, REPT. Syn. de Lézard gris, V. LÉZARD, et nom d'une es¬pèce de couleuvre de la sixième sec¬tion de Daudin. (B.)

AGILES. Agilia. MAM. Neuvième famille du IVe ordre des Mammifères dans le système d'Illiger, qui com¬prend les Sciuriens de Desmarest avec le genre Loir que ce savant et trop modeste naturaliste a rapporté à ses Gliriens. V. SCIURIENS et GLIRHENS. (B.)

*AGILEUX. BOT. PHAN. (Daléchamp.) Syn. de Coudrier, Corylus, chez les Arabes. (B.)

AGINEI du Dictionnaire de Déterville. V. AGYNEJA. (A. R.)

*AGIOCLIMA. BOT. PHAN. Syn. de Chevrefeuille, dans plusieurs îles de l'Archipel. (B.)

*AGION. BOT. PHAN. L'un des syn. d'Ulex. V. ce mot. (B.)

AGITATORIUM. BOT. PHAN. Syn. de Momordica Elaterium, L. V. MOMORDIQUE. (B.)

AGLAÉ. Aglaea. BOT. PHAN. Persoon, dans son Synopsis Plantarum, a donné ce nom à une des nombreuses sections du genre Glayeul, dans la¬quelle il place le Gladiolus gramineus. V. GLAYEUL. (A. R.)

AGLAIA. Aglaja. BOT. PHAN. Loureiro nomme ainsi un Arbrisseau qui croît naturellement à la Cochinchine, où on le cultive comme Plante d'ornement, et il en fait un genre (Fl. Cochin. p. 216); mais cet Arbris¬seau paraît n'être autre que le Camunium sinense de Rumph, dont il ne diffère qu'en ce que sa baie, au lieu d'être tétrasperme, offre une seule graine à quatre sillons. Ne s'esl-on pas trompé, et n'y a-t-il pas quatre graines? V. CAMUNIUM. (A. R.)

Le nom d'AGLAJA a aussi été imposé comme spécifique au Papillon vulgai¬rement nommé Grand nacré. (B.)

*AGLAOFOTIS. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. de Pœonia, L. V. PIVOINE. (B.)

AGLAOPE. Aglaope. INS. Genre de l'ordre des Lépidoptères, établi par Latreille et rangé par lui (Considér. gén.) dans la famille des Zygénides. Ses caractères sont: palpes très-petits, grêles et presque nus à leur extrémité; ergots de l'extrémité des jambes postérieures très-petits;point de brosse à l'anus. — Latreille, dans un ouvrage essentiellement clas-

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¬sique (Règne Animal), n'a pas cru, afin de restreindre les genres, devoir le séparer des Glaucopides. V. à ce mot les caractères différentiels.

L'Aglaope malheureuse, qui est la Zygœna infausta de Fabricius (Entom. Syst.) et le Sphinx des haies d'Engramelle (Pap. d'Europe, pl. 103. n° 152), sert de type à ce genre. On la rencontre dans le midi de la France. (AUD.)

AGLAOPHÉNIE. Aglaophenia. POLYP. Genre de l'ordre des Sertulariées dans la division des Polypes flexibles. Il se distingue, par la situa¬tion des cellules, toujours sur le mê¬me côté des rameaux et des petits ra¬meaux. Ses petites loges polypeuses sont quelquefois placées entre deux appendices cornés, comme une fleur dans un calice; d'autres fois, l'appen¬dice supérieur manquant, l'inférieur peut alors se comparer à la bractée recourbée et plus ou moins longue d'une fleur axulaire et sessile.

Les Aglaophénies, d'une substance cornée et membraneuse, l'emportent sur toutes les autres Sertulariées par l'élégance de leur port. Les rameaux de ces jolis Polypiers se courbent avec grâce les uns au-dessus des autres; ils se croisent, ils se mêlent sans se confondre: l'on pourrait presque les com¬parer aux plumes flexibles de l'Au¬truche par la variété de leurs in¬flexions; aussi Lamarck avait-il donné le nom de Plumulaire à ce genre de Zoophytes que Donati avait indiqué depuis long-temps sous le nom d'Anisocalyx; il le regardait comme fai¬sant partie du règne végétal.

Les Aglaophénies se trouvent dans toutes les mers, et à toutes les profon¬deurs: celles des pays chauds sont beaucoup plus nombreuses, plus bel¬les et plus grandes que celles des pays froids. — Il en existe environ vingt-cinq espèces connues, et pres¬que un aussi grand nombre d'inédites dans les collections.

AGLAOPHÉNIE ARQUÉE. Aglaophenia arcuata, Lamx. Hist, polyp. p. 167. tab. 4. fig. 4. a. B. Sa tige est dichotome; ses rameaux, peu nom¬breux, se courbent en arceaux élevés les uns au-dessus des autres: cette Sertulariée, d'un fauve brillant et foncé, est originaire de la mer des Antilles.

AGLAOPHÉNIE MYRIOPHYLLE. Aglaophenia myriophyllum, Lamx. Hist. pol. p. 168. Ell. cor. p. 28. tab.8. fig. a. A. Sa tige est ordinairement simple; elle supporte des ramuscules arqués, couverts de cellules campanulées, à bord entier; c'est l'Anisocalyx de Donati. Elle se trouve dans les mers d'Europe et dans celle de la Chi¬ne, d'après Ellis.

AGLAOPHEÉNIE PLUME. Aglaophenia Pluma, Lamx. Hist. polyp, p. 11. Ellis cor. p. 17. tab. 7. n. 12. fig. b. B. C'est la plus commune de toutes les Aglaophénies; elle couvre de ses nombreux panaches le fucus natans des Tropiques et des Thalassiophytes des mers polaires. Elle offre des cellules légèrement gibbeuses, et à ouverture dentée, ainsi que des ovaires annelés spiralement: les anneaux sont dentés en scie.

AGLAOPHÉNIE FAUCILLE.Aglaophenia falcata, Lamx. Hist. polyp. p. 174. Ell. cor. p. 26. tab. 7. fig. a. A. tab. 38. fig. 5. 6. Elle se reconnaît à ses ramuscules pinnés et alternes sur une longue tige fortement flexueuse; elle est commune dans les mers d'Eu¬rope.

Les Anglaophenia ungulosa, spicata, flexuosa, pennaria, pennatula, elegans, cupressina, crucialis, pelagica, speciosa, glutinosa, gracilis, setacea, pinnata, secundaria, frutescens, hypnoides et amathioides, sont décrites dans notre Histoire générale des Polypiers flexibles.

Les Plumularia urceolifera, cristata, uncinata, echinulata, bipinnata, angulosa, brachiata, fimbriata, scabra, sulcata, flamentosa, décrites par Lamarck dans son Histoire naturelle des Animaux sans vertèbres, appartiennent aussi au genre Aglaophénie, et pour la plupart, aux espèces cidessus mentionnées. (LAM.. X.)

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AGLATIA. BOT. PHAN. Fruit d'un Végétal indéterminé de l'Egypte qui, dans l'écriture symbolique, désignait l'un des mois de l'hiver, temps où on le récoltait.(B.)

*AGLAURE. Aglaura. ACAL. Ce genre de la famille des Méduses a été publié par Péron et Lesueur, qui lui ont donné pour caractères: huit orga¬nes allongés, cylindroïdes, jaunes, flottant librement dans l'intérieur de la cavité ombrellaire. L'Aglaure hémistome trouvée par ces naturalistes sur les côtes de Nice est la seule es¬pèce qui appartienne encore à ce gen¬re; elle offre une ombrelle transpa¬rente, en forme de sphéroïde; un an¬neau gélatineux au pourtour intérieur du rebord de l'ombrelle; dix tentacu¬les et quatre bras très-courts. Cuvier et Lamarck ne parlent point de ce petit Zoophyte, dont le nom fait au¬jourd'hui double emploi, et qui est susceptible d'un nouvel examen. (LAM..X.)

*AGLAURE. Aglaura. ANNEL. Genre d'Annelides établi par Savigny, et rangé par Lamarck dans l'ordre des Antennées et dans la division des Eunices. Il a pour caractères: neuf mâchoires, quatre du côté droit et cinq du coté gauche, les inférieures fortement dentées; trois antennes courtes couvertes, les deux extérieu¬res nulles; tête cachée sous le premier segment, à front bilobé; les yeux peu distincts; branchies inconnues.

Les Aglaures se distinguent des Léodices et des Lysidices par le nom¬bre de leurs mâchoires, et leur tête cachée sous le premier segment. On ne les confondra pas non plus avec les OEnones dans lesquelles les antennes ne sont pas en saillie. L'espèce qui peut servir de type à ce genre est l'Aglaure éclatante, Aglaura fulgida, décrite et figurée par Savigny (MSS. et Eg. Zool. annel. pl. 5. fig. 2). Son corps est long, arrondi, composé de 253 anneaux; sa couleur est le bleu cendré à reflets opalins. On la rencontre sur les côtes de la mer Rouge. (AUD.)

AGLECTOK OU AGLEKTORSEAK. MAM. Syn. de Phoque a croissant, Phoca groenlandica, en groenlandais. V. PHOQUE. (B.)

*AGLEK, AGLESK, ANGELTASCHE. OU ANGELTASKE OIS. Syn. de Sarcelle de Féroe, Anas hyemalis, L. V. CANARD. (DR..Z.)

AGLIO. BOT. PHAN. Syn. d'Ail, en Italie. (B.)

AGLOSSE. Aglossa. INS. Gen¬re de l'ordre des Lépidoptères, établi par Latreille aux dépens des Phalènes de Linné et des Crambes de Fabricius; il le rapporte, dans ses Considérations générales, à la famille des Crambites, et ailleurs (Règne Animal) il le réunit aux Botys, dont il ne diffère que parce qu'il n'a point de trompe apparente. V. BOTYS. (AUD.)

AGNACAT OU AGNACATE. BOT. PHAN. (Tussac.) Syn. d'Avocat, fruit du Laurus Persea, L. V. LAURIER. (B.)

*AGNAKOPON. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. d'Anagyris. (B.)

AGNANTHE. Agnanthus. BOT. PHAN. (Vaillant.) Syn. de Cornutia. V. ce mot. (B.)

AGNATHES. Agnatha. INS. Fa¬mille de l'ordre des Névroptères, établie par Cuvier, et adoptée par Duméril; elle comprend tous les indivi¬dus de cet ordre qui ont les parties de la bouche à un état rudimentaire, tel qu'on n'en distingue pas les pièces les us importantes; ce sont les Friganes et les Ephémères. (AUD.)

AGNEAU, MAM. Petit du Bélier et de la Brebis. ces mots. (B.)

AGNEAU-D'ISRAEL. MAM. V. DAMAN.

AGNEAU DE SCYTHIE OU DE TARTARIE. BOT. CRYPT. Racines laineuses du Polypodium Barometz, L., qu'on taille en manière d'Agneau, et dont les charlatans débitent des merveilles en Asie, comme remède contre un grand nombre d'infirmités. (B.)

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*AGNELIN. ZOOL. Laine des Agneaux tondus pour la première fois.(B.)

AGNIO. POIS. Syn. d'Orphie. V. ce mot. (B.)

*AGNOS. BOT. PHAN. (Théophraste.) Syn. de Vitex. (B.)

*AGNOSTE. (Trilobites.) Genre assez anomal, établi par Brongniart dans son important travail sur les Trilobites; il n'a presque de commun avec les autres genres de cette famille que la division trilobaire de son corps, et ne renferme jusqu'à présent qu'une espèce, l'Agnoste pisiforme ou l'Entomostracites pisiformis de Wahlenberg. Brongniart, dans son ouvrage, l'a décrit et figuré avec beaucoup d'exactitude, pl. 4. fig. 4. 4a. et 4b. (Histoire naturelle des Trilobites, par Brongniart, et des Crustacés fos¬siles, par Desmarest; in-4°. chez Levrault. Paris. 1821). Cet Animal, qui offre deux variétés, a la grosseur d'un pois, et représente une ellipse tronquée; il figure assez bien aussi une Casside ou quelques espèces de Chermes; son corps peut être partagé en lobe et en limbe. — Le lobe, situé à la partie moyenne, est demi-cylindrique, et divisé, par un sillon transversal, en deux parties, l'une antérieure et l'autre pos¬térieure: chacune d'elles offre des différences assez tranchées dans les deux variétés.—Le limbe entoure le lobe moyen en arrière et sur les côtés; mais il ne le dépasse pas en avant, et s'arrête aux angles antérieurs de ce lobe; il dif¬fère peu dans chaque variété et pré¬sente, sur toute l'étendue de sa circonférence, une sorte de goutière ou de rebord. Si on l'examine avec Une forte loupe, il paraît finement cha¬griné et plus mince que le lobe moyen qui avait probablement beaucoup de consistance.

Ces singuliers Animaux se rencon¬trent en quantité innombrable dans un calcaire sublamellaire, noirâtre et fétide, venant d'Heltris en Suède; ils varient en grandeur, mais dans la même couche ils sont toujours de même grosseur. (AUD.)

AGNUS-CASTUS. BOT. PHAN. Syn. de Vitex par corruption du nom spé¬cifique Agnus-castus. V. VITEX.

AGON. BOT. PHAN. V. AGAVON. C'est aussi la Chicorée dans Dioscoride. (B.)

AGON. POIS. (et non Agone); en italien Agano. Cyprinus Agone, de Scopoli. Espèce particulière de Ha¬reng, si ce n'est la jeune Alose, V. HARENG. (B.)

AGONATES. Agonata. CRUST.Nom employé par Fabricius dans les premières éditions de ses ouvrages pour désigner une classe d'Animaux articulés qui comprenait (Entom. sys. edit. 1793) les genres Crabe, Pagure, Galathée, Hippe, Scyllare, Ecrevisse, Limule, Monocle, Cymothoé, Squille et Chevrette (Gammarus). Depuis (Entom. syst. sup.) il a distribué ces Animaux en trois ordres, les Polygonates, les Kleistagnathes et les Exochnates, qui répondent à peu près à la classe des Crustacés V. ce mot. (AUD.)

AGONE. Agonus. POIS. (Schneider.) V. ASPIDOPHORE.

AGONE. Agonum. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères établi par Bonelli dans ses observations entomologiques (Mém. de l'Académie des Sciences de Turin), et réuni par Latreille (Règne Animal), à la division des Féronies. V. ce mot. (AUD.)

*AGONEN. POIS. On donne ce nom, en quelques parties de la France, à la Vaudoise ou Vandoise, quand elle a acquis tout son développement. V. ABLE. (B.)

*AGONON. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. de Vitex. (B.)

*AGOUALALI OU AYONALALI. BOT PHAN. Syn. d'Ochroxylum. Vce mot. (B.)

AGOUARA. MAM. (Azzara.)Les habitans du Paraguay désignent collecti¬vement sous ce nom les Animaux dont la forme approche plus ou moins de celle du Renard.

AGOUARA-CHAY OU AGOUARACHAY,

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est le Renard tricolore de Géoffroy. V. CHIEN.

AGOUARA-GOUAZOU OU AGOUARAGOUAZOU, ce qui signifie grand Re¬nard, est le Crabier Ursus cancrivorus, L. V. OURS.

AGOUARA-POPÉ OU AGOUARAPOPÉ, est le Raton. Ursus lotor, L. V. OURS. (B.)

AGOUCHI. MAM. V. CABIAI.

AGOULALALY OU AGOULALY. BOT. PHAN. Syn. Caraïbe de l'Anthoxylum. V. ce mot.(B.)

*AGOUPY. OIS. Syn. de Rougegorge. Motacilla Rubecula, L. V. ROUGE-GORGE. (B.)

AGOURRE OU ANGOURE DE LIN. BOT. PHAN. (Daléchamp, Chomel.) Syn. de Cuscute, V. ce mot. (B.)

*AGOUS. REPT. SAUR. Syn. de Crocodile, en Abyssinie. (B.)

AGOUTI. MAM. V. CABIAI.

AGRA. BOT. PHAN. Bois odorant provenant d'un Arbre d'espèce indé¬terminée originaire de Hainan, île chinoise, qu'on vend fort cher à Can¬ton. (B.)

*AGRACARAMBA. BOT. PHAN. Bois odorant provenant d'un Arbre d'espèce indéterminée, que recher¬chent les Japonais, peut-être le même que l'Agra. V. ce mot. (B.)

AGRAHALID. BOT. PHAN. V. AGIHALID.

AGRAM. BOT. PHAN. Syn. de Chiendent dans quelques cantons du midi de la France. (B.)

AGRASSOL OU AGRASSOU. BOT. PHAN. Syn. de Groseiller à maque¬reaux, Ribes Grossularia, L. dans quel¬ques cantons du midi de la France. (B.)

AGRAULE. Agraulus. BOT. PHAN. Ce genre, établi par Palisot de Beauvois (Agrostogr. 5), doit être réuni au genre Agrostide, dont il ne diffère au¬cunement. V. AGROSTIDE. (A. R.)

AGRE. Agra. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, créé par Fabricius, et ayant pour caractères: corselet allongé, cylindrique un peu rétréci en avant; jambes antérieures échancrées à leur côté interne; élytres tronquées; tête» ovale longue et rétrécie postérieurement; palpes maxillaires filiformes, les, labiaux terminés par un article plus grand, presque en forme de hache. Ce genre, qui est le même que celui des Colliures de Degeer, est rangé par Latreille (Considér. génér.) dans la nombreuse famille des Carabiques, qui répond à la tribu de ce nom, établie par le même auteur, dans le Règne Animal. Il comprend quelques espèces exotiques. Celle qui lui sert de type est l'Agre bronzée, Agra œnea de Fabricius, qui est la même que le Carabe de Cayenne, Carabus cajennensis d'Olivier (Col III. 35 pl. 19. fig. 133). A ce genre se rapporte aussi l'Attelabe de Surinam, Attelabus surinamensis de Linné, figurée par Degeer (Insect. IV, pl. 17. fig. 16), et peut-être le Carabe tridenté, Carabus tridentatus ? d'Olivier (Col. III. 35.pl II, 129). (AUD.)

AGREFOUS, AGREOU OU AGRIFOUS, BOT. PHAN., et non Agrevous. Syn. de Houx, Ilex aquifolium, L., dans quelques parties méridionales de la France. Ces dénominations déri¬vent évidemment d'Agrifolium, nom par lequel Dodoens, Lobel et autres anciens botanistes ont désigné le mê¬me Arbre. (B.)

AGRÉGATS OU ROCHES AGRÉGEES. MIN. GÉOL. Mots employés en géologie lorsque l'on considère les Roches minéralogiquement et d'après leur structure, pour indiquer celles qui ont été formées instantanément et à la même époque, telles que le Granit, le Porphyre, le Schiste micacé, le Calcaire, etc. V. ROCHES. L'on nomme AGLOMÉRATS OU Conglomé¬rats les Roches qui n'ont pas une origine instantanée, telles que le Poudingue, la Brêche, le Grès, qui sont composées de fragmens de Ro¬ches d'une époque antérieure, aglomérés par un ciment quelconque. V. CONGLOMÉRATS. (D. LAF.)

AGRENAS. BOT. PHAN. (Garidel.)

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Syn. de Piunier sauvage, en Provence; Agreno est le nom de son fruit. (B.)

AGRESTE. INS. Nom donné par Engramelle à une espèce de Papillon, Papilio Semele de Linné; elle fait partie du genre Satyre. La Petite agreste de cet auteur appartient au même genre, et répond au Papilio Arethusa de Fabricius. V. SATYRE. (AUD.)

AGRETA. BOT. PHAN. C'est-à-dire, Aigrelette. Syn. de Rumex scutatus, L. dans le midi. V. OSEILLE. (B.)

*AGRIA. BOT. PHAN. Ancien nom du Chêne vert, dans certains pays où il crôit avec le Houx, et oùl 'on a trouvé quelques ressemblances entre les feuilles piquantes de ces deux Arbres. (B.)

*AGRIELAIA. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. d'Olivier sauvage. (B.)

*AGRIOCINARA. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. d'Artichaut et d'Echinops, L. (B.)

AGRION. Agrion. INS. Genre de l'ordre des Névroptères, établi par Fabricius, aux dépens des Libel¬lules de Linné et de Géoffroy. Latreille (Consid. génér.) le range dans la famille des Libellulines; et le même auteur (Règne Animal) le place dans celle des Subulicornes.

Les Agrions, assez voisins des Libellules et des Æshnes, s'en distin¬guent aisément par leur tête trans¬verse, manifestement plus large que le thorax, et par la direction de leurs ailes relevées presque verticalement dans le repos. — Les yeux à facettes occupent les parties latérales de la tête, et sont très-écartés l'un de l'autre; l'intervalle qui les sépare offre, vers son milieu, trois petits yeux lisses disposés en triangle; le lobe moyen de la lèvre inférieure est profondément échancré; l'abdomen est cylindrique, grêle, linéaire, toujours très - long. —Enfin le mésothorax et les métathorax sont remarquables par la net¬teté avec laquelle les flancs se dessi¬nent; il est aisé d'observer qu'ils sont obliques de bas en haut et d'avant en arrière, et on distingue facilement, dans le premier, les deux épisternum qui, par leur réunion, constituent, sur le dos de l'Insecte, une sorte de voûte intermédiaire au prothorax et à l'insertion des premières ailes.

Les larves et les nymphes de ces Insectes ontle corps beaucoup plus effilé que celui des larves des Libellules et des Æshnes; leur abdomen est terminé par trois lames en nageoires; leur tête est déprimée, et leur bouche présente quelques autres différences. — Les habitudes des Agrions, que l'on nom¬me aussi vulgairement Demoiselles, sont les mêmes que celles des Libel¬lules: nous les ferons connaître à ce genre.

Les espèces, tant exotiques qu'indigènes, sont assez nombreuses. Celle qui sert de type au genre est l'Agrion vierge, Agrion Virgo de Fabricius. Elle varie beaucoup et on peut y rapporter les individus dont Géoffroy fai¬sait autant d'espèces distinctes sous le nom de la Louise, l'Ulrique et l'Isa-belle.L'Amélie et la Dorothée, du même auteur, appartiennent à une autre espèce, l'Agrion lette, Agrion Puella de Fabricius.(AUD.)

AGRIOSTARI OU AGRIOSTAU. BOT. PHAN. Syn. d'ivraie, dans l'île de Candie. (B.)

AGRIPAUME.BOT. PHAN. V. LÉONURE.

AGRIPENNE. OIS. (Buffon.) Syn. d'Emberizaoryzivora, L. V. BRUANT. (B.)

AGRIPHYLLE. Agriphyllum. BOT. PHAN. V. ROHRIA.

* AGRIRIS. BOT. PHAN. Syn. de Sisymbre. V. ce mot. (B.)

AGROLLE. OIS. Syn. de Corneille commune. Corvus Corone, L. (B.)

AGROPYRON. BOT. PHAN. Ce genre, proposé par Gærtner et adopté par Beauvois, appartient à la famille es Graminées: Triandrie Digynie, L. Il a été démembré du genre Triticum de Linné, qui a le Blé cultivé pour type. Il renferme les espèces de Froment sauvage dont les épillets sont multiflores; les valves de la lépicène entières; la paillette supérieure émarginée ou bifide, et le fruit glabre et non velu.

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Ce genre renferme un assez grand nombre d'espèces, telles que les Triticum caninum, intermedium, junceum, sepium, etc.(A. R.)

AGROSTEMME. Agrostemma. L. BOT. PHAN. Caryophyllées de Jussieu, Décandrie Pentagynie, L. Son calice est tubuleux, un peu renflé, à cinq divisions linéaires très-longues; cinq pétales onguiculés, munis d'un petit appendice à la réunion du limbe et de l'onglet; dix étamines; l'ovaire est surmonté par cinq stigmates; le fruit est une capsule ovoïde à une seule loge, s'ouvrant par la partie supérieure; elle renferme un grand nombre de graines attachées à un trophosperme central. — Ce genre, trèsrapproché des Lychnis, renferme en¬viron quatre à cinq espèces herbacées, annuelles, originaires d'Europe.

La Nielle des Blés, Agrostemma Githago, L., dont on a voulu faire un genre séparé, est très-commune dans nos moissons.

On cultive abondamment, dans les parterres, l'Agrostemma coronaria appelée vulgairement Coquelourde, es¬pèce originaire d'Italie, remarquable par ses fleurs d'une belle couleur pourpre, ses feuilles et sa tige blan¬ches très-cotonneuses. (A. R.)

* AGROSTICORE. Agrosticorus. INS. Genre établi par Brongniart et non adopté par les Entomologistes; il répond aux Dasytes de Paykull et de Fabricius. V. ce mot. (AUD.)

AGROSTIDE.Agrostis. BOT. PHAN. Graminées, Triandrie Digynie, L. Ce genre, tel qu'il avait été primitive¬ment établi par Linné, a été, à juste titre, partagé en deux genres fondés sur les deux sections que ce législateur avait fondées: l'Agrostis qui comprend les espèces aristées, et le Vilfa d'Adanson, dans lequel on a réuni toutes les espèces sans arète. Voici les caractères du genre Agrostis des auteurs modernes: fleurs en panicule; épillets uniflores, lépicène à deux valves mutiques; paillettes inférieures de la glume, portant une arète qui part au-dessous de son sommet; ovaire surmonté de deux stig¬mates plumeux.—Ce genre ainsi limité renferme encore un fort grand nom¬bre d'espèces, qui croissent en abondance sous toutes les latitudes. On remarque parmi elles l'Agrostis Spicaventi, L. qui abonde dans les mois¬sons, et dont la panicule est fort élé¬gante. (A. R.)

*AGROSTOGRAPHIE.BOT. PHAN. On donne ce nom à la partie de la Botanique fondamentale et descriptive, qui a pour objet les Plan¬tes de la famille des Graminées, et par extension aux ouvrages qui traitent spécialement des Plantes de cette famille. L'histoire des Grami¬nées, malgré les travaux d'un grand nombre de botanistes célèbres, tels que Scheuchzer, Léers, Host, Gaudin, Schreber, Brown, Palisot de Beauvois, Kunth, Trinius, etc., laisse encore beaucoup à désirer, relativement à la valeur respective des caractères tirés des différens organes, et aux limites précises des genres nombreux déjà établis.

On appelle Agrostographes les botanistes qui se sont plus spécialement occupés des Graminées. (A. R.)

AGROUELLES. BOT. PHAN et CRUST. Nom formé par corruption d'Ecrouelles, donné à la Scrophulaire dans quelques cantons de la France, où l'on croit encore aux propriétés antiscrophuleuses de cette Plante. On a aussi appliqué ce nom à la Crevette des ruisseaux que, par une opinion contraire, on s'imagine donner des écrouelles, lorsqu'on l'avale par hasard en buvant. (B.)

AGRUNA. BOT. PHAN. et non Agruma; syn. de Prunellier; c'est-à-dire qui est aigre. Prunus spinosa, L. Agrunella est son fruit dans le ci-devant Languedoc. (B.)

AGUA. REPT. BATR. Espèce de Crapaud. V. ce mot. (B.)

AGUADERO. OIS. et non Aguatero; c'est-à-dire Porteur d'eau. Nom par lequel les Créoles espagnols

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ou portugais du Paraguay et du Brésil désignent un Oiseau qui ressemble à la Bécassine, et dont ils disent qu'une certaine manière de voler annonce la pluie. (B.)

AGUAPÉ. BOT. PHAN. Syn. de Nénuphar au Brésil. (B.)>

AGUAPÉAZO. OIS. V. AGUAPÉCACA.

AGUAPÉCACA. OIS. (MARGRAV.) Oiseau dont les créoles espagnols et portugais ont fait aguapeazo (pisando el aguape), C'est-à-dire qui marche surl'aguapé. c'est au paraguay et au brésil le jacana-péca, parra brasiliensis, l. ce nom vient de ce que l'oiseau auquel on l'a donné court avec légèreté sur la surface flottante des feuilles de l'espèce de nénuphar appelé aguapé par les naturels. (B.)

*AGUA-QUA-QUAN. REPT.BATR. (Séba.) Syn. d'Agua. V. ce mot. (B.)

AGUARA-PONDA. BOT. PHAN. (Margrav.) Espèce indéterminée d'Héliotrope du Brésil. (B.)

AGUARA-QUIYA. BOT. PHAN. Et non Aguaraé Guiyta. Espèce de Solanum qui paraît être la Morelle noire. Solanum nigrum, L. au Brésil. (B.)

*AGUARIMA. BOT. PHAN. Syn. de Saururus. V. ce mot. (B.)

*AGUASEM. REPT. OPH. (Niéremberg.) Serpent peu connu des Philippines, de petite taille, de couleur brune, et qui passe pour tellement venimeux que la mort suit sa morsure de peu de minutes. (B.)

AGUASSIÈRE. OIS. Nom impose par Vieillot au genre qu'il a créé pour le Merle d'eau de Buffon, Turdus Cinclus, L. V. CINGLE. (DR..Z.)

*AGUAXIMA. BOT. PHAN. Syn. de Poivre ombellé. Piper umbellatum, L. chez les Brésiliens. (B.)

AGUILLAT. POIS. V. AIGUILLAT.

AGUILLOU et non Aguillon. BOT. PHAN. C'est-à-dire Aiguillon.. Syn. de Peigne de Vénus. Scandix Pecten, L. V. CERFEUIL. (B.)

AGUL. BOT. PHAN. Syn. d'Hedysarum Alhagi, L. chez les Arabes et les Persans, qui recueillent une sorte de Manne sur toutes ses parties.V. SAINFOIN. (B.)

*AGUR OU HAGUR. OIS. Syn. d'Hirondelle, chez les Juifs. (B.)

AGUSTINE. MIN. V. AGUSTITE.

AGUSTITE OU BERIL DE SAXE. MIN. Nom donné par Tromsdorff à une variété de Chaux phosphatée de couleur bleuâtre, trouvée en Saxe, et de l'analyse de laquelle il avait cru retirer une nouvelle Terre qu'il nommait Agustine. Vauquelin et Haüy n'ont adopté ni l'Agustine, ni l'Agustite. (LUC.)

AGUTI-GUEPO-OBI. (Margrav.) BOT. PHAN. Syn. de Thalie géniculée, Thalia geniculata, L. (B.)

*AGUZEO. POIS. C'est-à-dire qui porte une aiguille. Syn. d'Aiguillat, Squalus Acanthias, L., sur les côtes provençales et italiennes de la Méditerranée. V. AIGUILLAT. (B.)

*AGY. BOT. PHAN. (Frezier.) Syn. de Piment ordinaire, Capsicum annuum, L., au Pérou. (B.)

AGYNÈJA. Agyneia. BOT. PHAN. Plante de la famille des Euphorbiacées, Monoécie Monadelphie, Linné. Dans les fleurs mâles, le calice est en roue, à six lobes à peu près égaux, muni intérieurement d'un disque membraniforme, à six divisions opposées à celles du calice; les étamines sont au nombre de trois, et ont leurs filets réunis en une colonne centrale partagée au sommet en trois lobes, a la face extérieure desquels sont adnées autant d'anthères. Dans les fleurs femelles, on trouve un calice à six divisions, dont trois intérieures; un ovaire sessile, ovoïde, creusé à son sommet d'une petite fosse d'où partent trois styles, terminés chacun par deux stigmates. Le fruit est une capsule de la même forme, entourée à sa base du calice persistant, à trois loges qui s'ouvrent en six valves du sommet a la base, et contiennent chacune deux graines. Celles-ci sont munies d'un arille qui,

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plus tard, se partage en trois parties, une dorsale et caduque, deux persistantes, acollées au réceptacle central qui paraît ainsi flanqué de douze ailes.—On a décrit de ce genre quatre espèces, dont l'une, l'Agyneia impubes, est figurée tab. 23 du Jardin de Cels, par Ventenat. Ce sont des herbes rameuses, couchées, à feuilles alternes et stipulées, à fleurs réunies en petit nombre par faisceaux axillaires. La Chine et l'Inde orientale sont leur patrie. (A. D. J.)

AGYRTE. Agyrtes. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, établi par Frœhlich sur une espèce rangée par Fabricius dans son genre Mycétophage, mais qui s'en éloigne par des caractères assez tranchés. Cette espèce appartient à la section des Pentamères, c'est-à-dire qu'elle a cinq articles à tous les tarses, tandis que les Mycétophages n'en ont que quatre à chacun d'eux. Elle diffère des Nitidules, des Scaphidies, des Cholèves et des Mylœques par des mandibules fortes, très-crochues, sans dentelure ou fissure à leur extrémité, de même que dans les Boucliers et les Nécrophores, dont elle se distingue par des palpes maxillaires, ayant l'article terminal proportionnellement plus gros que les autres, et par un corps plus oblong, plus convexe et moins rebordé. —Les Agyrtes ont en outre les antennes terminées en une massue perfoliée, longue et de cinq articles. Leur corselet est en trapèze rebordé; leurs pieds ne sont point contractiles, et leurs jambes sont épineuses. —Latreille (Considér. génér.) place ce genre dans la famille des Nécrophages. Dans le Règne Animal, il le range dans la grande famille des Clavicornes, et le rapporte au grand genre Silpha de Linné. — L'espèce qui lui sert de type est l'Agyrte marron, Mycetophagus castaneus de Fabricius, figurée par Panzer (Faun. Ins. Germ. Fasc.XXIV. t. 20). On l'a rencontrée rarement aux environs de Paris; elle paraît plus commune en Allemagne, et a été pendant long-temps la seule espèce de ce genre.

Dejean en possède une autre de notre pays, qu'il nomme Agyrtes subniger. V. Catalogue des Coléoptères, 1821. (AUD.)

AHÆTULA. REPT.OPH. Espèce de Couleuvre. V. ce mot. (B.)

*AHAMELLA. BOT. PHAN. Syn. d'Acmelle. V. ce mot. (B.)

AHATA-HORIAC.BOT. PHAN. Du Diction, de Déterville. Probablement la même chose que Ahé-ta-horiac. V. AHÉ. (B.)

AHATE, AHTE OU mieux ATTE. BOT. PHAN. V. ATTE. (B.)

*AHDJIRBU. OIS. Syn. du Pélican, Pelecanus Onocrotalus, L., en Arabie. V. PÉLICAN. (DR..Z.)

*AHÉ. BOT. PHAN. (Flacourt.)Syn. d'Herbe, chez les habitans de Madagascar, qui joignent ce nom, comme générique, à celui de plusieurs Plantes telles que les suivantes:

AHÉ-BOULE. C'est-à-dire Herbe de jardins. Espèce de Chanvre qu'on cultive pour ses feuilles, qui se fument comme celles du Tabac; mais qui sont d'un usage dangereux.

AHÉ-CARACOLE. C'est-à-dire Herbe Limaçon, légumineuse, indéterminée, dont la gousse est contournée.

AHÉ-DAVA. C'est-à-dire Herbe longue. Espèce de Polygonum. V. ce mot.

AHÉ-DONGOUTS. Petite espèce d'Utriculaire indéterminée.

AHÉ-GAST. Arbre indéterminé, dont la racine sert pour teindre en rouge. Prévost, dans son Histoire générale des Voyages, cite aussi cet Arbre comme des Grandes-Indes.

AHÉ-MANHGA. Antre nom du Chanvre Ahé-Boule.

AHÉ-PAIKÏ. Espèce de Sauvagesie. V. ce mot.

AHÉ-PARQUI. Espèce de Fougère linéaire, qui pend aux branches des vieux Arbres comme une barbe, et qui nous paraît être un Vittaria. V. ce mot.

AHÉ-TA-HORIAC. C'est-à-dire Her-

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be des rivières. Plante congénère du Vallisneria, V. ce mot, et qui en-combre les canaux et les petites rivières.

AHETS paraît être le pluriel de Ahé, et le remplace quelquefois levant les noms que nous venons de citer. (B.)

AHIPHI. BOT. PHAN. Syn. d'Erythrina Corallodendron, L. V. ERYTHRINE.

AHL. POIS. Syn. d'Anguille commune, en Allemagne. (B.)

AHONQUE. OIS. Syn. d'Oie sauvage, chez les Hurons. (DR..Z.)

AHOUAI OU AHOVAI. BOT. PHAN. (Pison.) Syn. de Thevetia et de Cerbera, au Brésil et à la Guyane. Ces noms signifient Fruit bruyant. V. THEVETIA et CERBERA. (B.)

AHTE. BOT. PHAN. V. ATTE.

AHU. MAM. Nom persan d'une Antilope, qui serait le subgutturosa, selon Oléarius, et le Pygargue, selon Gmelin et Pallas. (A. D..NS.)

* AHUATOTOTL. OIS. (Hernandez.) Espèce d'Oiseau indéterminée et mexicaine de la grosseur d'un Etourneau. (B.)

AHUGAS. BOT. PHAN. Syn. d'Anona asiatica, transporté à Cayenne. V. ANONA. (B.)

AÏ. MAM. V. BRADYPE.

AIAIA OU AJAJA. OIS. (Hernandez.)Syn. de Spatule rose, Platalea Ajaja, L. V. SPATULE. (DR..Z.)

* AIAIAI. OIS. Syn. de Jabiru, Mycteria americana, L., au Paraguay. V. JABIRU. (DR..Z.)

AIARALI. BOT. PHAN. Syn. de Bois jaune, Ochroxylum, chez les Caraïbes. V. OCHROXYLUM. (B.)

AIAULT. BOT. PHAN. Syn. de Narcisse dans divers cantons de France. (B.)

AIBEIG. BOT. CRYPT.(Daléchamp.) Syn. de Polypodium vulgare. V. POLYPODE. (B.)

AICHE. ANNEL. Même chose qu'Achée. V. ce mot. (AUD.)

AIDIE. Aidia. BOT. PHAN. Dans sa Flore de la Cochinchine, Loureiro décrit, sous ce nom, un Arbre à bois blanc, dur, compact, très-employé pour les constructions, qui offre des feuilles opposées et entières, des fleurs en grappes. Chaque fleur se compose d'un calice tubuleux, à cinq dents; d'une corolle monopétale, quinquefide, de cinq étamines; d'un ovaire infère que surmonte un style et un stigmate. Le fruit est une petite baie ovoïde, monosperme. De Jussieu rapproche ce genre de la Famille des Loranthées. (A. R.)

AIDOURANGA. BOT. PHAN. (Poivre.) Syn. d'Indigo, à Madagascar. (B.)

* AIEREBA OU AJAROBA. POIS. (Margrav.) Espèce de Raie peu connue, des mers du Brésil, voisine des Pastenagues, et dont la queue ronde, en fouet, est armée de deux forts aiguillons dentés. (B.)

AIERSA. BOT. PHAN. Syn. d'Iris commun, Iris germanica? L. chez les Arabes. (B.)

*AIGITIS. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Paraît être le Mouron rouge. V. ANAGALLIS. (B.)

AIGLE. Aquila. OIS. Genre que Linné avait compris dans celui des Faucons, et qui en forme encore la seconde division, selon Temminck. Les Aigles ont le bec fort, assez long, ne se courbant point subitement dès sa base; les pieds forts, nerveux; les doigts robustes, armés d'ongles puissans et très-arqués; les ailes longues; les première, deuxième et troisième rémiges progressivement plus courtes; les quatrième et cinquième les plus longues. — Ces Oiseaux, qu'avec raison l'on a de tout temps regardés comme les cruels dominateurs des airs, sont farouches, et doués d'une force extraordinaire; ils se retirent dans les rochers les plus escarpés, où l'énorme quantité de nourriture qu'exige leur vorace appétit, les

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force à vivre solitaires; à peine souffrent-ils que leur femelle partage le domaine où ils se sont établis; ils sont avides de carnage, et généralement ils méprisent une proie timide et trop facile; ce n'est même que lorsqu'ils sont pressés par le besoin, qu'on en voit chasser de petits Oiseaux; ils dévorent la chair palpitante, et jamais, à moins de se trouver dans une détresse complète, ils ne se jettent sur les cadavres. Suivant Spallanzani, la capacité de leur jabot serait douze fois plus grande que celle du ventricule, et pourrait servir de réservoir à la nourriture de plusieurs jours. Cette conformation serait dans ce cas la cause de ces jeûnes apparens, si long-temps prolongés, auxquels ils se soumettent lorsqu'on les tient en captivité. Quelques espèces font également usage de Poissons. Leur vol est rapide et semble capable de surmonter tous les obstacles; on prétend que dans aucun Oiseau il n'est plus élevé; chez peu d'entre eux encore la vue n'est aussi perçante. Les Aigles aperçoivent du plus haut des airs le Reptile rampant à la surface de la terre, et fondent sur lui comme un trait; la durée de leur existence est très-longue; s'il faut en croire Klein, élle s'étendrait au-delà de quatre siècles. Tout le monde est frappé de l'air de noblesse et de l'altitude fière de ces Oiseaux que les poëtes ont consacrés au maître des Dieux, et que, chez les Romains et de nos jours, des hommes que la gloire éblouit adoptèrent comme un symbole révéré de la puissance. — Les ornithologistes ont décrit un grand nombre d'espèces d'Aigles, que leur prééminence sur les autres peuplades de l'air nous, a déterminés à mentionner.

AIGLED'ABYSSINIE. Falco occipitalis, Daud. Lath. Falco senegalensis, Daud. Levail., Ois. d'Af., pl. 2.

A. D'AMERIQUE. Buff., pl. enl. 417. Falco aquilinus, Lin. Falco formosus, Lath. Rancanca. Ibicter, Vieillot, qui pense que cet Animal ne doit pas faire partie des Oiseaux de proie.

A. D'ASTRACAN. Falco ferox, Gmel.

A. AUSTRAL. Falco Harpyia, Gmel, Il habite la Guyane.

A. BACHA. Falco Bacha, Daud. Lath. Il habite l'Afrique méridionale. Levail., Ois. d'Af., pl. 15.

A. BALBUZARD. Buff., pl. enl. 414. Falco Haliaëtos, Lin. Lath. Falco arundinaceus, Gmel. — Sommet et derrière de la tête garnis de plumes effilées assez longues, brunes, bordées de blanc; une longue bande brune qui, de chaque côté, descend de l'angle de l'œil, et se confond, en s'élargissant, avec les tectrices supérieures qui sont de la même couleur, et légèrement bordées de blanc; poitrine blanche avec des taches brunes et fauves, plus nombreuses et plus foncées dans le jeune âge, cuisses et abdomen blancs; grandes rémiges noirâtres, dépassant la queue de plus de deux pouces: celle-ci carrée, brune et marquée de lignes transversales plus foncées, terminée par une petite frange blanchâtre dans les jeunes individus; bec noir, iris jaune, ongles longs et acérés. — Cet Oiseau, dont Vieillot a fait le type d'un genre particulier, est l'un des plus redoutables dévastateurs des étangs; se nourrissant presque entièrement de Poissons, il est occupé, la plus grande partie de la journée, à guetter sa proie sur laquelle il fond avec beaucoup d'adresse et de vivacité. Il plane dans le voisinage des côtes, au-dessus de l'embouchure des fleuves; le plus souvent il demeure perché sur les grands Arbres qui bordent les lacs et les riviè;res. Il paraît appartenir à toutes les régions des deux Continens, n'offrant mÊme que de très-légères variations dans le plumage. Il niche indifféremment sur les Arbres ou dans les fentes de rochers; sa ponte consiste en trois ou quatre œufs d'un blanc jaunâtre, tachetés et pointillés de rougeâtre. Sa chair, très-désagréable, exhale une odeur fétide de Poisson.

A. BATELEUR. Falco ecaudatus, Daud. Lath. Levail., Ois. d'Afriq., pl. 7 et 8.

A. BLAGRE. Falco Blagrus, Daud. Lath. Levail., Ois. d'Af., pl. 5.

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A. BLANC. Falco cyaneus, Lath. Falco albus, Gmel. C'est une variété accidentelle et très-rare de l'Aigle royal; elle est européenne.

A. BOTTÉ. Falco pennatus, L. Tem. pl. coloriées. nc 53. Faucon-pattu, Briss. — Front blanchâtre; joues d'un brun foncé; nuque d'un roux tacheté de brun; dos brun; un bouquet de 8 ou 10 plumes blanches à l'insertion des ailes; rémiges et tectrices d'un brun noir avec quelques bandes transversales, étroites, d'une teinte plus claire sur ces dernières; tectrices inférieures blanches, marquées chacune d'un trait longitudinal brun; de petites bandes transversales, roussâtres sur les cuisses; jambes emplumées jusqu'à l'origine des doigts; pieds, cire et iris jaunes; longueur, 17 à 18 pouces.—Jeune âge. Plus de roux sur la tête et le cou: les parties inférieures de cette couleur avec des raies noires très-mar-quées le long des baguettes des plumes. —.Cette espèce qui, par la forme du bec et le bouquet des ailes, se distingue de la Buse pattue (Falco lagopus), avec laquelle il est facile de la confondre d'abord, habite l'Allemagne et la Russie, où elle se nourrit de petits Quadrupèdes, d'Oiseaux et particulièrement d'insectes. Ses mœurs et ses habitudes n'ont encore été que très-peu observées; seulement elle s'est fait remarquer par le courage étonnant avec lequel on la voit attaquer des Animaux qui lui sont infiniment supérieurs en force et en taille, et disputer une proie à des adversaires que l'on croirait invincibles pour elle.

A. BLANCHARD. Falco albescens, Daud. Lath. Levail., Ois.d'Af., pl. 13. Du cap de Bonne-Espérance.

A. A BEC BLANC. Aquila albirostris, Vieillot. De l'Australasie.

A. DU BRESIL. Briss. Falco Urubitinga, L.

A. BRUN. V. A. ROYAL.

A. BRUN - BAI. Falco spadiceus, Gmel. Chocolate Falcon, pennant, pl. 9, fig. 2. De la Baie d'Hudson.

A. CAFRE. Falco vulturinus, Daud.

Levail., Ois. d'Af., pl. 6. Cet Aigle appartient au genre Gypaëte, de Temm. On le trouve dans la Haute-Afrique.

A. CALQUIN. Falco Harpyia, Gmel. De l'Amérique méridionale.

A. CARACARA. Cuv. Falco brasitiensis, Gmel.

A. CARACCA. Falco Harpyia, Gmel.

A. CHEELA. Falco Cheela, Daud. Lath. Des Indes.

A. CHÉRIWAI. Falco Cheriwai, Gmel. Vultur Cheriwai, Lath. Cuvier pense que ce pourrait bien n'être qu'une variété d'âge du Caracara. Il vient de l'Amérique méridionale.

A. DE LA CHINE. Falco sinensis, Lath.

A. COMMUN. Buff., pl. enl. 489. Falco fulvus, Lath. Ce n'est que l'Aigle royal dans son jeune âge selon Temminck.

A. COURONNÉ D'AFRIQUE. Falco coronatus, L. Edwards, pl. 224.

A. CRIARD. Falco nœvius, Lin. Petit Aigle, Buff. Savigny, Ois. d'Égypte, p. 84, pl. I. —D'un brun plus ou moins foncé, suivant l'âge et le sexe; croupion, cuisses et tectrices caudales inférieures d'un brun clair; queue brune avec l'extrémité rousse; bec noir; cire et doigts jaunes. Longueur: mâle, 22 pouces; femelle, 24. —Les jeunes ont les tectrices alaires marquées, vers le bout, de grandes taches ovales d'un blanc grisâtre; les caudales, ainsi que les rémiges secondaires, terminées par de semblables taches qui se retrouvent encore en forme de gouttes sur lés flancs et les cuisses. L'Aigle tacheté de Cuvier, Règne Animal, p. 314, Falco maculatas, Gmel., appartient à cette variété d'âge.—L'Aigle Criard, ainsi nommé parce qu'il s est affranchi du silence taciturne auquel la nature semble avoir condamné la plupart de ses congénères, habite les forêts montagneuses de l'Allemagne, de la Russie, et surtout de l'Afrique orientale où il est très-commun; il est le moins hardi, mais aussi le moins féroce des Aigles; il borne ses attaques aux Lapins, aux Canards, Pigeons, petits Oiseaux, Rats et gros Insectes dont il fait sa

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nourriture. Il place son nid sur un Arbre très-élevé où la femelle dépose deux œufs blancs marqués de traits rougeâtres.

A. DESTRUCTEUR. Grande Harpie d'Amérique, Cuvier. Grand Aigle de la Guyane, Mauduit. Vultur Harpyia, L. Falco destructor, Lath. Falco cristatus, Temm., pl. color. n° 14.

A. DORE de Brisson. C'est le Chrysaëtos. V. AIGLE ROYAL.

A. A DOS NOIR. Falco melanonotus, Lath. N'est que l'Aigle royal mâle dans son jeune âge.

A. GÉTIÉGERTE. Falco tigrinus, Lath. Du nord de l'Europe.

A. A GORGE NUE. V. AIGLE D'AMÉRIQUE.

A. DE GOTTINGUE. Falco glaucopis, Lath. Paraît être, selon Meyer, le Pygargue dans son jeune âge.

GRAND AIGLE. Buff., pl. enl., no 410. Falco fulvus, L. C'est la femelle de l'Aigle royal. V, ce mot.

GRAND AIGLE DE LA GUYANE. V. AIGLE DESTRUCTEUR.

A. DES GRANDES-INDES. Falco pondicerianus, L. Buff., pl. enl., n°416.

A. GRIFFARD. Falco bellicosus, Daud. Lath.Levail., Ois. d'Afrique, pl. 1.

A. HARPIE. Falco Harpyia. Falco Jacquini, Gmel. De l'Amérique méridionale.

A. HUPPART. V. AIGLE D'ABYSSINIE.

A. IMPÉRIAL. Tem. Falco Mogilnik, Gmel. Naumann, fig. 18, nouvelle édition. Sommet de la tête et occiput garnis de plumes acuminées roussâtres, bordées de roui; poitrine noirâtre, abdomen roux; manteau brun avec quelques plumes d'un blanc pur; queue cendreé avec des bandes noires, celle de l'extrémité large et bordée de jaunâtre; ailes de la longueur de la queue qui est cernée; narines obliques, à bord supérieur échancré.—Longueur: mâle, 2 pieds 6 pouces; femelle, 3 pieds. Dans le jeune âge, les parties supérieures sont d'un brun roussâtre, tacheté de roux avec quelques pointes blanches; la queue cendrée, maculée de brun et terminée de roussâtre; la gorge, les cuisses et l'abdomen couleur isabelle sans taches; bec cendré; iris brun; pieds d'un jaune livide.—Cet Aigle, ont le cri est sonore, quitte rarement les grandes forêts montagneuses de l'est de l'Europe; il est très-commun en Egypte. Il fait la chasse aux Daims, aux Chevreuils et autres Quadrupèdes, dont il porte des lambeaux énormes dans son aire, établi à l'abri de rochers qui deviennent un charnier infect par les restes de ses repas. Ce nid, bâti solidement avec de fortes pièces de bois, est, comme celui de toutes les grandes espèces d'Aigles, large et plat; il reçoit chaque année deux et quelquefois trois œufs, très-arrondis, d'un blanc sale. La femelle les couve trente jours, et lorsque les petits sont assez grands pour pourvoir à leur nourriture, les parens se hâtent de les chasser du canton qui bientôt ne pourrait plus suffire à la consommation de tant d'hôtes si voraces.

A. DU JAPON. Falco japonicus, Lath.

A. DE JAVA. Falco maritimus, Lath. L'un des plus grands parmi les Aigles; il a 4 pieds 2 pouces de longueur.

A. JEAN-LE-BLANC. Buff., pl. enl. 413. Falco gallicus, Gmel. Lath. Falco brachydactylus, Wolff. Mayer. Falco leucopsis, Bechst. Aquila leucamphoma, Borkh. — Sommet de la tête, joues, gorge, poitrine et ventre d'un blanc tacheté de brun clair; une plaque d'un duvet blanc au-dessous des yeux; partie supérieure du dos et tectrices alaires brunes; queue carrée, d'un gris brun, rayée de tèintes plus foncées; tectrices caudales inférieures blanches; bec noir, cire bleuâtre; iris jaune; longueur, 2 pieds. La femelle est généralement moins blanche, et les jeunes sont encore plus sombres en couleurs; ils ont en outre le bec bleuâtre et les pieds blanchâtres, au lieu de bleus qu'ils sont chez les adultes. Le Jeanle-Blanc habite les forêts de Sapins du nord de l'Allemagne, où il niche sur les Arbres les plus élevés: sa ponte

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est de trois œufs grisâtres; il fait sa principale nourriture de reptiles. Vieillot a jugé nécessaire l'établissement, pour cette espèce, d'un genre qu'il a nommé Circaëte; Cuvier a formé la même division; mais en conservant le nom de Balbuzard comme générique, il y comprend les Falco brasiliensis et aquilinus.

A. AUX JOUES NOIRES. Vieil. Falco americanus, Lath.

A. LAGOPÉDE. Falco lagopus, L. Falco plumipes, Daud. Falco pennartus, Cuv. Falco sclavonicus, Latb. Buse gantée, Levail., Ois. d'Af., pl. 18. Buse pattue, Temm. Se trouve partout, mais n'est commune nulle part.

A. LEUCORYPHE. Falco, Leucoryphos, Daud. Habite l'Asie.

A. DE MACÉ. Falco Macei, Cuv. Tem., pl. color., n° 8.

A. NANSFÉNI. Falco Antillarum, Gmel. De l'Amérique méridionale et du Bengale.

A. DE MER. V. A. BALBUZARD.

A. MOGILNIK. V. AIGLE IMPÉRIAL.

A. DE MONTEVIDEO. Sonnini, édit. de Buffon, pl. 8, t. 38. Pandion fulvus, Vieil.

A. MOUCHETÉ. Perrein, Ois. de l'Amér. sept., pl. 3, bis.

A. NOBLE. Falco fulvus, L. V. GRAND AIGLE.

A. NOIR. y. Grand Aigle.

A. DE LA NOUVELLE-HOLLANDE. Falco Novœ-Hollandiœ, Lath.

A. DE LA NOUVELLE-ZÉLANDE. Falco Novœ-Zelandiœ, Lath.Gmel. Daud,

A. OCÉANIQUE. Tem. pl. color. 49. Falco leucogaster. Cette espèce, qui a été prise pour le Blagre de Le vaillant (Ois. d'Af. pl. 5), s'en distingue par la taille et par les formes; elle est blanche, avec les ailes d'un cendré bleuâtre foncé, et les rémiges noirâtres; la partie supérieure des tectrices est de celte dernière couleur; le bec est brun, la cire d'un bleu foncé; les pieds sont jaunes. De la Nouvelle-Hollande.

A. ORFRAIE. Falco Ossifragus. Falco Melanaëtos, Gmel. Buff., pl. enl., pl. 112 et 415. Aigle Pygargue dans le jeune âge, selon Temminck.

A. OUIRA—OUASSOU. Très-grande espèce du Brésil, que Sonnini a figurée pl 7 de son édit. de Buffon.

PETIT AIGLE, V. AIGLE CRIARD.

PETIT AIGLE NOIR. Aquila Melanaëtos, Savig. Originaire d'Egypte.

A. PLAINTIF, V. AIGLE CRIARD..

A. PYGARGUE. Falco abicilla, Lath, Gmel. Falco albicaudus, Gmel. VuItur albicilla, L. Grand Pygargue, Buff. — Tête et partie supérieure du cou d'un cendré brunâtre; tout le reste du corps d'un brun sale ou cendré, à l'exception de la queue dont la couleur estle blanc; bec blanchâtre; cire et pieds jaunâtres; iris brun pâle. Longueur, 2 pieds 4 pouces à 2 pieds 10 pouces. Dans le jeune âge, la tête et le cou sont bruns avec l'extrémité des plumes d'un brun plus clair; le dos, le ventre et les tectrices alaires d'un brun qui se rembrunit vers la pointe des plumes; les rémiges noires; la queue d'un gris blanchâtre à son origine, avec des taches brunes le long des barbes extérieures des tectrices, et l'extrémité brune; il est alors nommé, par Gmelin, Falco Ossifragus; par Latham, Falco Melanaëtos; et par Buffon, l'Orfraie ou grand Aigle de mer. Il est figuré, à l'âge d'un an, dans la 112e pl. enlum. de ce dernier, et, a celui d un à deux ans, dans la pl. 415. — Le Pygargue ou l'Orfraie se distingue essentiellement des autres Aigles avec lesquels on pourrait le confondre, par la longueur des ailes que la queue ne dépasse jamais.Il habite les montagnes et les forêts de l'Europe, et vient souvent se repaître sur les côtes ou sur les bords des grands lacs, de gros Poissons qu'il saisit avec les serres, et même de ceux qu'il trouve morts sur la plage; il se nourrit également de Quadrupèdes, d'Oiseaux, de charognes, etc., etc. Il établit son aire soit sur les Arbres éle-vés, soit dans quelque trou caverneux des rochers où sa femelle dépose deux œufs blancs vaguement tachetés de roussâtre. —Sa chair, comme celle du Balbuzard, est infectée de l'odeur de Poisson. Le Pygargue a été pour Vieillot le sujet de la formation d'un

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genre nouveau auquel il a laissé ce nom que, en adoptant la sous-division, Cuvier a changé en celui d'Aigles-Pêcheurs, quoiqu'il y ait groupé plusieurs espèces qui ne font point usage de Poissons, et conséquemment ne pèchent jamais.

A. ROUX. Falco Chrysaëtos, L.

A. ROYAL. Buff., pl. enlum. 410. Falco falvus et Falco Chrysaëtos, L. Falco niger et F. canadensis, Gmel. —Narines elliptiques, à bord antérieur émoussé; ouverture du bec ne s'étendant point au-delà du bord antérieur de l'œil; trois écailles seulement sur la dernière phalange de tous les doigts (ces caractères sont invariables, quels que soient l'âge et le sexe): plumes de la tête et de la nuque effilées, pointues, d'un roux doré; tout le corps d'un brun obscur et souvent noirâtre, à l'exception des tectrices internes des cuisses et de celles des tarses qui sont d'une teinte plus claire; queue d'un gris foncé, rayée de brun noirâtre qui est la couleur qui la termine; bec gris; iris brun; cire et pieds jaunes; longueur de trois pieds et demi. —Avant l'âge de trois ans, l'Aigle royal a tout le plumage d'un brun clair et uniforme; les tectrices caudales inférieures sont blanchâtres, et les internes des cuisses et du tarse d'un blanc pur; les barbes intérieures des rémiges sont blanches ainsi que les tectrices qui, en outre, ont une large bande terminale brune, etc., etc. Ce jeune Aigle est alors l'Aigle commun de Buffon (pl. enl., 409). Temminck, qui a nourri plusieurs de ces Aigles dès l'âge le plus tendre jusqu'à l'état adulte parfait, a constaté que le blanc s'effacait insensiblement et se trouvait remplacé par le brun; sans doute Cuvier n'a point été à portée de faire la même observation, puisqu'il a fait de ces deux âges deux espèces qu'il a décrites sous les noms d'Aigles royal et commun. — L'Aigle royal habite les grandes forêts de l'Europe et surtout en Suède, en Ecosse, en Allemagne, dans le Tyrol où. il se nourrit d'agneaux et de faons qu'il enlove avec une force inconcevable; rarement on le voit attaquer les gros Oiseaux, et ce n'est que dans une détresse absolue qu'il se jette sur les cadavres. Sa ponte est de deux à trois œufs d'un blanc sale tacheté de roux. On rencontre, mais le cas est excessivement rare, l'Aigle royal à plumage blanc; c'est sans doute cette Variété que Gmelin a nommée Falco albus, et Latham Falco cyaneus; Brisson l'a aussi décrite sous le nom d'Aigle blanc.

A. A QUEUE ÉTAGÉE. Falco fucosa, Cuv, Tem., pl. color., 32. Il habite la Nouvelle-Hollande.

A. TACHETÉ. CUV. Voy. AIGLECRIARD.

A. A TÊTE BLANCHE. Falco leucocephalus, L. Gmel. Buff., pl. enl., 411. Pygargue, Vieillot. Originaire du nord de l'Europe.

A. THARU. Falco Tharus, Gmel. Originaire du Chili.

A. DE THÈBES. Aquila Heliara, Savign., Ois. d'Egypte.

A. TIGRÉ. Falco tigrinus, Lath. Se trouve en Courlande.

A. URUBITINGA, L. Aigle de Brésil, Briss.

A. A VENTRE BLANC. Falco leucogaster, Lath.

A. VOCIFER. Falco vocifer, Lath. Levail, Ois. d'Af., pl. 4. Il est du cap de Bonne-Espérance. (DR..Z.)

AIGLE. POIS. Raia Aquila, L. Espèce de Raie de la division des Mourinesv V. RAIE. On donne aussi le nom vulgaire d'Aigle de mer à un Chéilodiptère et à une Sciæne. V. ces mots. (B.)

AIGLE-ROYAL. MOLL. Nom vulgaire du Bulimus bicarinatus de Bruguière. Coquille rare et précieuse du genre Agathine de Lamarck. Il y a peu d'années qu'on n'en connaissait que trois individus dans les collections d'Europe; celui du Musée d'Oxford, figuré par Lister; celui du cabinet du Jardin du roi à Paris, et celui de Tournefort, qui, de la collection de Hwass, est passé dans celle de Sollier. Mawe, marchand de Londres, s'en est procuré quelques exemplaires, et les a répandus dans le commerce, ce qui

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les a fait baisser de prix; ils n'en valent pas moins encore 150 fr. Cette Coquille habite l'Afrique. V. COCHLITOME. (F.)

AIGLEDON. Par corruption d'Eider-Don, nom vulgaire donné au duvet de l'Eider, Anas mollissima, L. V. CANARD. (B.)

AIGLON, OIS. Petit de l'Aigle.

*AIGRE. Saveur qui tient le milieu entre l'Acide et l'Acerbe; généralement propre aux substances végétales prêtes à passer à l'état de putréfaction. (B.)

AIGREFIN. POIS. V. ÆGLEFIN.

*AIGRELET, diminutif d'Aigre. V. ce mot. Saveur légèrement Acide, et qui n'est pas désagréable; la Cornoudle, fruit du Cornus mascula, L., et la Groseille, sont aigrelettes. (B.)

AIGREMOINE. Agrimonia, L. BOT. PHAN. Rosacées, Icosandrie Digynie, L. Ce genre présente un calice tubuleux un peu renflé, hérissé supérieurement de petites folioles aiguës un peu roides, très-resserré à son sommet; une corolle pentapétale régulière; des étamines dont le nombre varie de quatorze à vingt; deux pistils renfermés dans l'intérieur du calice et se changeant en deux akènes membraneux, dont la graine est renversée; les écailles qui hérissent le calice peuvent être considérées comme analogues à l'involucre calicinal des Potentilles et des Fraisiers.

Ce genre renferme quatre à cinq espèces, qui toutes sont herbacées, vivaces, portant des feuilles alternes imparipinnées, et des fleurs jaunes.—Les feuilles et la racine de l'Aigremoine ordinaire, Agrimonia Eupatoria, L. sont employées en médecine. On en fait surtout des gargarismes détersifs.

(A. R.)

AIGRETTE. ZOOL. Ornement donné par la nature à plusieurs Oiseaux tels que le Paon, etc. Ce nom est devenu celui par lequel on a désigné spécifiquement ensuite des Animaux de toutes les classes et jusqu'à des Plantes, à cause du rapport qu'on a trouvé entre une aigrette et quelques - unes de leurs parties: ainsi I'oi a appelé;

AIGRETTE, une espèce de Singe du genre Cercocebus de Géoffroy, Simia Aygula, L. V. SINGE;

Plusieurs espèces de Hérons. V. ce mot;

Un Sterne, Sterna media. V.STERNE;

Un Poisson du genre Coris. V. ce mot; (B.)

Une Coquille, qui est la Voluta Capitellum de Linné, placée d'abord parmi les Murex;

Les marchands et les amateurs de Coquilles ont encore donné ce nom à d'autres espèces de divers genres avec quelque épithète caractéristique; ainsi:

L'AIGRETTE BLANCHE est la Voluta Rhinocéros de Chemnitz.

L'AIGRETTE A BOUCHE COULEUR DE ROSE est la Voluta muricata de Born; Voluta Capitellum de Gmelin.

L'AIGRETTE BRUNE est le Murex Hippocastanum de Linné. Ces espèces appartiennent au genre TURBINELLE de Lamarck. V. ce mot.

On a appelé aussi Aigrettes les Pinnes marines, en latin Pinna, dont Plume ou Aigrette est la traduction. Les uns ont avancé que ces Coquilles avaient été ainsi nommées, à cause de leur ressemblance avec les Panaches qui ornaient les casques des soldats romains, ressemblance, à coup sûr,, fort peu marquée. Mais Pinna n'est lui-même que la traduction du nom donné à ces Coquilles par les Grecs (V. Aristote); vraisemblablement, comme dit Gesner, du mot Pinos (Ordure) à cause des ordures dont ces Coquilles sont entourées. Le Pinna, Aigrette, des Romains vient évidemment de Penna, Plume, Aile; ainsi en remontant à l'origine du mot Pinna, on voit qu'on a eu tort d'appeler Aigrettes, les Pinnes marines, V. PINNE. (F.)

On désigne, sous le nom d'AIGRETTE Pappus, en Entomologie, de petites masses de poils plus ou moins touffues, disposées en plumets sur une partie quelconque du corps de l'Animal. — Ces Aigrettes sont distinguées en plumeuses et en simples, suivant que les filets qui partent de

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la tige commune sont rameux, à la manière des barbes d'une plume, ou ne présentent aucune division. Quelques Insectes, tant à l'état parfait qu'à celui de larve, en offrent des exemples.

(AUD.)

AIGRETTE. Pappus. BOT. Les botanistes appellent de ce nom les appendices de forme et de structure très-variées, qui couronnent le fruit et les graines de certaines Plantes, et en particulier celui des Plantes de la famille des Synanthèrées ou Plantes à fleurs composées. Les considérations tirées de cet organe sont fort importantes pour la classification des espèces et des genres, et méritent que nous entrions dans quelques détails.

L'Aigrette qui couronne le fruit des Synanthèrées peut être, 1° membraneuse, c'est-à-dire, formée par une membrane diversement découpée, 2° squammeuse, composée d'écailles dont le nombre et la forme varient à l'infini; 3° soyeuse, ou formée de poils ou de soies.

1°. AIGRETTE MEMBRANEUSE. Elle forme une espèce de petit bourrelet circulaire et membraneux au sommet du fruit, et est tantôt entière, comme dans la Tanaisie, tantôt diversement dentée, comme dans la Chicorée.

2°. AIGRETTE SQUAMMEUSE. J'appelle ainsi les Aigrettes composées d'écailles ou de folioles variables par leur forme, leur longueur et leur nombre; tantôt ces Aigrettes se composent de deux écailles seulement, comme dans le genre Helianthus, tantôt de cinq comme dans l'OEillet d'Inde (Tagetes), tantôt d'un grand nombre. Ces écailles peuvent être minces et membraneuses, elles peuvent être roides et épineuses au sommet.

3°. AIGRETTE SOYEUSE. C'est celle qui est formée de poils ou de soies. Or ces poils peuvent être simples et non ramifiés, comme dans les Chardons: l'Aigrette porte alors le nom de poilue (pappus pilosus); ou bien ces poils peuvent être ramifiés et à peu près semblables à de petites plumes: on dit alors de l'Aigrette qu'elle est plumeuse (Pappus plumosus), comme dans les Cirsium, etc.

L'Aigrette poilue ou plumeuse peut être sessile ou stipitée: elle est sessile quand le faisceau de poils part immédiatement du sommet du fruit, comme dans les Chardons; elle est au contraire stipitée lorsque le faisceau de poils est élevé au-dessus du sommet de l'ovaire par un pédicule particulier que l'on appelle stipes, comme dans la Scorzonère, le Pissenlit.

L'Aigrette, quelle que soit sa nature, doit toujours être considérée dans les Synanthèrées, comme le limbe du calice, qui, par sa base, est adhérent avec l'ovaire infère; cette Aigrette donne à ces fruits la faculté d'être facilement transportés par les vents à des distances et à des hauteurs considérables, et sert ainsi à leur dissémination. — On trouve aussi des Aigrettes dans d'autres familles de lantes que les Synanthèrées. Ainsi il en existe dans plusieurs genres des Valerianées, sur les graines de beaucoup d'Apocynées, etc. (A. R.)

Quelques voyageurs ou amateurs de Plantes ont appelé AIGRETTE, un Arbre de Madagascar, Cumbretum coccineum, Lamk, sans doute à cause de la disposition de ses fleurs.

On a encore donné ce nom, ou plutôt celui d'AGRETTE en quelques cantons, à l'Oseille commune, et même à l'Oxalide acétoselle, mais c'est à cause de la saveur acide de ces Végétaux. (B.)

AIGRON. OIS. Syn. de Cormoran, et de Héron, en diverses parties de la France occidentale.(B.)

AIGUE-MARINE OU BÉRIL. MIN. C'est le nom que portent, dans le commerce de la joaillerie, certaines variétés d'Emeraudes de couleur vertde-mer ou bleuâtres, qui font un assez joli effet quand elles sont bien taillées. Il en vient beaucoup de Russie; mais les plus recherchées nous sont apportées du Brésil. On en fait des colliers, des bagues, des epingles, des pendans d'oreilles; tous ces objets sont de peu de valeur, puisqu'une Aigue-marine riche en couleur et

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pesant cent grains, ne vaut guère plus de trente-six à quarante francs. Il s'en trouve fréquemment chez les bijoutiers de fort belles qui pèsent plusieurs onces. L'une des plus remarquables est celle de la couronne du roi d'Angleterre, qui a, dit Bomare, environ deux pouces de diamètre. V. EME-RAUDE.

AIGUE-MARINE ORIENTALE des lapidaires. Variété de Corindon hyalin de couleur vert-jaunâtre ou bleu-verdâtre, analogue a celle de l'Aigue-marine ordinaire. (LUC.)

* AIGUILLAT, ÆGUILLAC OU AGUILLAT. POIS. Espèce de Squale, Squalus Spinax, L., dont Cuvier a fait le type du sous-genre auquel le nom d'Aiguillat a été conservé, et dans lequel rentre l'Acanthias, L. V. SQUALE. (B.)

AIGUILLE, ZOOL. et BOT. Nom vulgaire imposé à divers Animaux et même à plusieurs Végétaux, tiré de là figure de ces êtres ou de quelquesunes de leurs parties qui, plus ou moins aiguës, rappellent l'idée d'une aiguille. Le vulgaire donne donc souvent aux pistils, dans les fleurs où les extrémités de ces organes ne présentent aucun renflement ou division de, stigmates, le nom d'Aiguille; il le donne également aux:

Colymbus urinator, L. Oiseau dont le bec est fort aigu. V. GRÈBE.

Acinacea Notha, Bor. POIS. V.ACINACÉE. (B.)

Aulotoma chinensis, Lac. POIS. V. FISTULAIRE.

Esox Bellone, L. POIS. V. ORPHIE.

Syngnathus Acus, L. POIS. V. SYNGNATHE.

Perry (Conchol., pl. 16) a donné le nom d'AIGUILLE, Aculea, au genre que Lamarck avait appelé depuis long-temps Turritelle. V. ce mot. Les amateurs et les marchands de Coquilles l'appliquent aux espèces suivantes:

L'AIGUILLE A COUDRE ou la TARIÈRE est la Bulla Terebellum, L., Terebellum subulatum, Lamk. V. TARIERE.

L'AIGUILLE A FOND BLANC est la Turritella replicata, Lamk, Turbo replicatus, L. V. TURRITELLE.

L'AIGUILLE BLANCHE A QUEUE, ou BUIRE, ou CHENILLE BLANCHE, est une Cérite. V. BUIRE.

L'AIGUILLE D'ACIER est le Buccinum duplicatum, L. V. VIS.

L'AIGUILLE DENTEE OU LICORNE de Favart d'Herbigny est une Vis figurée par Rumphius (tab. 30. f. F); mais non reconnue encore.

L'AIGUILLE DE TAMBOUR ou VIS d'ARCHIMÈDE, V. ce mot, est une superbe Turritelle.

L'AIGUILLE EN VIS DE TAMBOUR, est le Turbo Terebra, L. V. TURRITELLE.

L'AIGUILLE GRENUE paraît être une Pourpre, d'après l'indication de Bruguière, répétée par tous les dictionnaires; mais cet auteur n'ayant pas décrit ce genre, on ne peut connaître l'espèce qu'il désignait ainsi:

L'AIGUILLE GRENUE A QUEUE, ou CHENILLE BLANCHE RÉTICULEE, OU CHENILLE GRANULEUSE. V. CHENILLE. C'est le Cerithium granulatum de Bruguière.

L'AIGUILLE TRESSÉE OU A RÉVOLUTIONS; c'est le Buccinum strigilatum, L. V. VIS. (F.)

Enfin, l'on a nommé AIGUILLES divers Agarics dont le chapeau est porté sur un stipe grêle et plus ou moins aminci, ainsi qu'au Geranium Moschatum, L. qui est vulgairement appelé Aiguille musquée. V. ERODIUM. (B.)

AIGUILLETTE. MOLL. Nom donné par Géoffroy (Traité, etc. p. 59) à une très-petite Coquille commune aux environs de Paris et dans presque toute l'Europe, sous les mousses, à cause de sa forme allongée; elle est transparente comme du verre. Son Animal, même avec de fortes lentilles, ne laisse pas apercevoir les points oculaires, sans doute à raison de leur défaut de couleur. Cette particularité et la troncature de la columelle nous avaient portés à en faire un genre distinct sous le nom de Cécilioide; mais, ayant depuis observé

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plusieurs espèces analogues, nous avons reconnu qu'elles ne différaient pas des Polyphèmes de Montfort. L'Aiguillette est le Buccinum Acicula de Muller, Bulime aiguillette de Bruguière. Elle fait partie de notre sousgenre Cochlicope. V. ce mot. (F.)

AIGUILLON. ZOOL. — DANS LES POISSONS. Osselets aigus et d'une seule pièce, qui jouent le rôle de rayons dans les nageoires de certains Poissons. Ces rayons en aiguillons sont ordinairement les premiers; quelquefois ils sont mobiles, et l'Animal les peut cacher dans une fente destinée à les recevoir (dans la Vive); en d'autres circonstances, ils sont dépourvus de membranes (dans les Acanthinions); ailleurs de pareilles armes n'appartiennent point à l'appareil natatoire, et sont disposées sur les parties latérales qui avoisinent la queue (dans les Acanthures), ou répandues sur toute la surface du corps, comme dans plusieurs Raies et Pleuronectes; alors ces Aiguillons sont situés sur un tubercule osseux qu'on appelle vulgairement boucle, et présentent quelque analogie avec les dents. (B.)

—DANS LES INSECTES. Pris dans une acception fort restreinte, l'Aiguillon est une arme offensive et défensive propre à plusieurs Hyménoptères, cachée dans l'intérieur de l'abdomen, n'en sortant qu'à volonté, et ayant pour fonctions d'opérer une piqûre, et de livrer passage à une liqueur vénéneuse qui se répand dans la plaie. Dans une acception plus étendue et beaucoup plus exacte, l'Aiguillon est une dépendance de l'organe générateur femelle, indispensable à la copulation, et servant à la ponte; dans ce sens, il répond aux pièces cornées qui accompagnent les parties femelles de tous les autres Insectes, et il est en particulier l'analogue de ce qu'on nomme quelquefois Oviductus, et le plus souvent Tarière. Celle-ci pré-sente la même composition que l'Aiguillon, et a, dans plus d'un cas, des usages à peu près semblables; car si l'Aiguillon, à cause du venin qui coule dans son intérieur, devient redoutable pour l'Homme et pour plusieurs Animaux, la Tarière n'a pas une action moindre sur les Végétaux, dont elle perce l'épiderme. Nous ferons ressortir cette analogie complète au mot Tarière, et nous nous bornerons ici à faire connaître l'Aiguillon des Hyménoptères, que nous distinguons de celui des Scorpions. V. ce mot.

L'Aiguillon, avons-nous dit, est une dépendance des organes générateurs femelles; aussi le rencontre-t-on constamment chez les individus de ce sexe, et chez les Neutres ou Ouvrières, qui sont des femelles, en quelque sorte avortées; il n'existe pas chez le Mâle, dont les parties copulatrices n'ont d'autres fonctions que de retenir la Femelle pendant l'accouplement, et de favoriser l'introduction de la verge dans le vagin. Tous les Insectes Hyménoptères ne présentent donc pas ce dard redoutable, et les Mâles des Guèpes, des Bourdons, des Abeilles, etc., peuvent être saisis impunément sans qu'on ait rien à redouter de leur colère. Les anciens qui, s'ils n'observaient pas avec le même soin que nous les faits de détails, étaient souvent très-bien instruits par l'expérience, n'avaient pas manqué de faire cette remarque. Pline s'indignait de ce que les Mâles d'Abeilles n'avaient pas d'Aiguillon, ou bien de ce qu'en étant pourvus, ils dédaignaient d'en faire usage. Aristote admettait son existence, mais il était obligé de convenir qu'ils ne s'en servaient pas. —Cette arme, qui dans l'inaction est entièrement contenue dans l'abdomen, et se trouve en rapport avec le dernier segment, peut en sortir et y rentrer; il jouit par conséquent de deux mouvemens principaux, celui de protraction et celui de rétraction, il est en outre dirigible en tous sens, afin de rencontrer le corps qu'il veut piquer.—A cet effet, il est composé d'un grand nombre de pièces qui constituent un mécanisme fort curieux, qui a été décrit avec assez d'exactitude par Réaumur

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et Swammerdam; celui-ci l'a considéré dans l'Abeille mellifique. Ce que nous allons en dire aura aussi rapport à cette espèce.

L'Aiguillon se compose d'une base, d'un étui et de deux stylets constituant un dard contenu dans l'intérieur de l'étui.

La base est formée par plusieurs pièces: Swammerdam en compte huit, Réaumur n'en admet que six; mais, en comparant entre elles les figures qu'ils ont données de ces parties, on ne tarde pas à remarquer que ce dernier observateur a confondu en une, deux pièces que Swammerdam avait distinguées, et on n'est pas peu surpris lorsqu'on confronte quelquesunes de ses figures avec la nature, de reconnaître plusieurs inexactitudes, quant à la forme et à la disposition des pièces, qui feraient penser que les dessins ont été faits d'après l'Aiguillon d'un Bourdon ou d'un Xylocope.

Swammerdam paraît au contraire avoir décrit et figuré l'Aiguillon de l'Abeille mellifique; mais sa figure, quoique meilleure, n'est pas encore exempte de défauts. Cependant l'une et l'autre donnent une idée suffisante de la base de l'Aiguillon, et de cette arme elle-même lorsqu'on veut bien faire abstraction des détails. — Dumeril a ajouté quelques observations à celles des savans déjà cités: outre les huit pièces qui composent la base suivant Swammerdam, il en admet une neuvième placée sur la ligne moyenne figurant un V, dont les branches, dirigées en avant, s'articuleraient avec l'étui, et auraient peutêtre pour fonctions de le ramener en dedans. Les autres pièces au nombre de quatre, de chaque côté, sont réunies entre elles par des membranes trèsrésistantes, et leur ensemble constitue une sorte d'enveloppe qui, par sa circonférence externe, se trouve en rapport avec le dernier segment de l'abdomen., et lui adhère, tandis que, par sa face interne, elle entoure l'étui de l'Aiguillon. Les pièces qui composent cette enveloppe on tété appelées cartilagineuses par Swammerdam; aucune d'elles n'ayant reçu de nom particulier il serait difficile de les écrire sans entrer dans des détails que n'admet pas la nature de cet ouvrage. Réservant pour d'autres circonstances l'exposé des recherches que nous avons faites sur ces parties, il nous suffira d'observer ici que quelques muscles s'insèrent à l'enveloppe formée de plusieurs pièces, et que celles-ci, en s'articulant avec les stylets, leur transmettent la plupart des mouvemens qu'elles reçoivent. On doit encore considérer comme appartenant à ce que nous avons nommé la base de l'Aiguillon, deux corps allongés, blanchâtres, membraneux, creusés chacun en goutière, qui accompagnent l'étui et lui forment, en se réunissant par leur bord interne, une sorte de fourreau incomplet. Réaumur a représenté ces corps dans le tome V de ses Mémoires, pl. 29, fig. 1, 2, 3, 7 et 10, sous la lettre C. Il leur assigne pour usage de garantir les parties molles de l'abdomen du contact de l'étui, et vice versâ. Swammerdam, qui parle aussi de ces parties et les représente, croit au contraire qu'elles sont destinées à mouvoir l'étui de dedans en dehors.

La seconde partie de l'Aiguillon ou l'étui, est une tige de consistance cornée, offrant a sa base un renflement que Réaumur a nommé talon, et diminuant progressivement jusqu'à son sommet qui est assez aigu. Cet étui est incomplet, c'est-à-dire qu'il ne constitue pas un cylindre fermé de toute part. Si on l'examine avec une forte loupe, on remarque qu'il est creusé inférieurement d'une goutière parcourant toute sa longueur, et on s'aperçoit bientôt que cette pièce, déjà très-déliée, n'est autre chose, ainsi que l'indique son nom, qu'un fourreau dans lequel est logé la troisième partie de l'Aiguillon ou le dard.

Le dard lui-même n'est pas simple, mais composé de deux stylets longs et déliés, qui ne remplissent pas à beaucoup près l'intérieur de l'étui, mais qui y sont reçus, suivant la com-

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paraison ingénieuse de Swammerdam, comme le couvercle d'une boîte à coulisse dans les deux rainures où il glisse. Chacun de ces stylets s'adosse l'un à l'autre au moyen de sa face interne qui est plane et parcourue dans toute sa longueur par un léger sillon dont nous indiquerons bientôt l'usage. Leur sommet est très-aigu, et garni en dehors de petites dents dirigées toutes vers la base. Les deux stylets ne sont cependant pas accolés dans tonte leur longueur; ils se séparent pris du talon, et, à partir de ce point, leur divergence devient d'autant plus sensible qu'on les observe plus près de leur base. Si on les examine au point de terminaison on remarque qu'ils ont décrit, dans tout leur trajet, la moitié ou les deux tiers d'un ovale, et qu'ils finissent en s'articulant avec les pièces cartilagineuses qui constituent la base de l'Aiguillon.

Swammerdam, ainsi que tous les observateurs qui sont venus après, paraissent avoir cru que les stylets, aussitôt après s'être écartés l'un de l'autre, n'étaient plus accompagnés par l'étui, et se trouvaient placés en dehors. Cette opinion était vraisemblable puisqu'ils regardaient l'étui comme un cylindre conique terminé par un renflement ou talon. Ayant examiné avec des instrumens plus parfaits; et peut-être avec plus de soin, les connexions des stylets avec l'étui, nous avons reconnu que celuici ne finissait pas au talon, mais qu'il se comportait vers ce point de la même manière que les stylets, c'est-à-dire qu'il fournissait deux branches ayant un trajet semblable à celle du dard et presque la même longueur; il nous a été ensuite très-facile de reconnaître que chacun de ces prolongemens a des fonctions analogues à celles de l'étui; qu'ils sont creusés l'un et l'autre d'une rainure dans laquelle sont reçus les stylets, et qu'enfin ces parties conservent ici les mêmes rapports que ceux qu'ils ont dans le reste de leur trajet, c'est-à-dire lorsqu'ils sont réunis pour former le fourreau. Les deux branches de l'Aiguillon, comparées, par Swammerdam, a l'origine des corps caverneux dans l'Homme, ne sont donc pas simples, mais formées par les tiges des stylets et par les prolongemens de l'étui, qui les reçoivent, et sur lesquels elles glissent et exécutent les mouvemens de protraction et de rétraction.

Maintenant qu'on sait que l'Aiguillon, au lieu d'être simple, est composé de plusieurs parties, savoir: de la base, de l'étui et du dard, formés de l'assemblage d'un plus ou moins grand nombre de pièces, il est assez facile de concevoir l'action de chacune d'elles. Lorsque l'Insecte veut faire usage de son arme, il la porte en dehors de l'abdomen, en contractant à diverses reprises les muscles qui le fixent au dernier anneau de cette cavité. Les fibres charnues de la base entrent alors en action; l'étui, au moyen de son sommet acéré, pénètre dans le corps qu'il rencontre, et fournit aussitôt un point d'apqui à la base; les muscles de cette partie, en agissant, font mouvoir, sur leur coulisse, les stylets, qui eux-mêmes s'introduisent plus profondément dans la peau ou tout autre corps que l'étui a percé, et y adhèrent quelquefois d'une manière si intime, a cause des dentelures qui garnissent leur bord interne, que l'Aiguillon tout entier se sépare du corps de l'Animal en opérant la déchirure de son rectum et de son oviductus. L'Insecte ne tarde pas alors à périr. —Au moyen du jeu de ces différentes parties, cette arme devient vulnérante: mais pourquoi la blessure qu'elle produit ne ressemble-t-elle pas à celle occasionée par une aiguille ou tout autre corps acéré? pourquoi, lorsqu'on a été piqué par une Abeille, en résulte-t-il des accidens graves, tels qu'une inflammation vive accompagnée quelquefois do fièvre? C'est que l'Aiguillon que nous avons décrit n'est autre chose qu'un appareil livrant passage à un liquide vénéneux qui produit tous, les accidens; sans lui la piqûre ne serait suivie d'aucun symptôme fâcheux. Ce liquide est sécrété

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par deux vaisseaux aveugles qui tiennent lieu de glandes; ils se réunissent en un seul canal, et aboutissent à une vésicule musculeuse qui est le réservoir du venin; lorsqu'elle se contracte, les deux côtés s'appliquent l'un corntre l'autre, et le liquide excrété traverse un nouveau canal, qui en part et se termine, après un court trajet, entre les deux stylets, à l'endroit, où ils commencent à s'écarter l'un de l'autre; la liqueur qui en sort coule le long des sillons que nous avons dit exister sur leur face interne, s'échappe ordinairement par l'extrémité du dard, et se répand enfin dans la plaie que l'Aiguillon a produite la nature de ce liquide est restée jusqu'à présent ignorée; on sait qu'il se coagule promptement au contact de l'air, qu'il a une saveur styptique, et qu'il ne rougit ni ne verdit les couleurs bleues végétales. Il est beaucoup mieux connu par ses effets, puisqu'il est la cause de la douleur et de l'inflammation. Ce fait est prouvé par un grand nombre d'expénences, et entre autres par celle qui consiste à prendra avec a pointe d'une aiguille, une petite quantité de venin, et à l'introduire sous la peau; dans l'instant même on remarque des symptômes analogues à ceux qu'on observe dans les piqûres d'une Abeille, et qui ne se seraient pas montrés si on eut opéré avec l'aiguille, non imprégnée de ce liquide. —On a indiqué un grand nombre de remèdes pour apaiser la douleur qui résulte de ces piqûres, mais aucun d'eux ne jouit d'effets bien marqués. On a préconisé l'Ammoniac, l'Huile, l'Eau-de-Vie, la Salive. Un moyen qui réussit assez souvent, consiste à sucer, si cela est possible, l'endroit piqué pendant assez long-temps, un quart d'heure environ. On doit aussi avoir soin, lorsque l'Aiguillon est resté dans la plaie, d'en couper la base avec des ciseaux, ou de l'arracher avec des pinces, en les plaçant le plus près possible de la peau; car si on saisissait la base, on presserait la vésicule, et on favoriserait l'écoulement du venin dans la blessure. (AUD.)

AIGUILLON. Aculeus. BOT On désigne ainsi en botanique les piquans dont certaines Plantes sont armées, et qui n'ont de connexion qu'avec l'écorce ou même le plus souvent qu'avec l'épiderme seulement. C'est par ce caractère que les Aiguillons se distinguent des épines qui, étant ordinairement des rameaux avortés et terminés en pointe à leur sommet, sont une prolongation du bois.—Assez souvent les Aiguillons sont des espèces d'excroissances de l'épiderme, domine dans les Rosiers, les Ronces, etc. mais on a, par extension, donné ce nom à certains organes devenus épineux, comme les stipules dans le Vinettier et le Groseiller à Maquereaux. — La forme, la position des AiguilIons présentent beaucoup de variations; ils sont tantôt droits, coniques, tantôt recourbés; ils sont simples ou rameux, etc.(A. R.);

* AIGZON OIS. Syn. de Héron commun, Ardea major, L., en Pologne. (B.)

AIL. AIlium, L. BOT. PHAN. Genre de Plantes Monocotylédones de la famille des Asphodèles de Jussieu, Hexandrie Monogynie, L., qui comprend des Plantes bulbeuses, dont le bulbe simple ou composé est formé de tuniques entières, Les fleurs, qui sont toujours disposées en ombelle simple au sommet d'une hampe nue ou feuillée, offrent un calice coloré hexasépale régulier; six étamines à filamens planes, quelquefois trifurqués au sommet; une capsule triloculaire, trivalve; ces fleurs sont enveloppées dans une spathe avant leur épanouissement. Les feuilles sont tantôt planes, tantôt creuses et cylindriques.

Les espèces de ce genre les plus intéressantes à noter sont:

L'AIL ORDINAIRE. ALLium sativum, L. Son bulbe est composé, recouvert de membranes blanches ou rosées; sa hampe est feuillue, ses feuilles sont planes. Il croît naturellement dans le midi de l'Eurôpe.

L'OIGNON. AIlium Cepa, L. Son

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bulbe est simple; ses feuilles et sa hampe sont cylindriques et fistuleuses. On ignore quelle est précisément sa patrie.

Le POIREAU. Allium Porrum, L. Son bulbe est simple, peu renflé, à peine distinct de la base de la tige qui est pleine et garnie de feuilles planes. Le Poireau croît naturellement dans les parties montueuses de l'Europe.

L'ECHALOTTE. Allium ascalonicum, L. Originaire de la Palestine. Sa hampe est nue; ses feuilles sont creuses, cylindriques, terminées en pointe, et ses bulbes composés.

La CIVETTE ou CIBOULE. Allium Schœnoprasum, L., qui croît dans les provinces méridionales de la France, a le bulbe simple; les feuilles courtes, cylindriques, touffues, et la hampe monophylle.

La ROCAMBOLLE. Allium Scorodoprasum, L. Offre des bulbes composés, des feuilles planes, une tige d'abord roulée en spirale avant la floraison, et des bulbilles entremêlées à ses fleurs. Elle croît en Europe.

L'AIL MAGIQUE. Allium magicum. qui croît spontanément dans le midi de l'Europe et jusque dans le bassin de la Garonne. Les anciens remployaient dans la divination. Ses feuilles sont souvent si considérables, qu'on les prendrait pour celles des plus grandes Liliacées du Cap, si leur odeur n'avertissait de la méprise.

Le genre Ail est très-nombreux en espèces, quelques-unes ont leurs fleurs odorantes. Toutes ont un port et des propriétés qui offrent la plus grande analogie. Aussi nous croyons-nous dispensés d'entrer dans aucun détail sur les usages économiques de l'Ail, de l'Oignon, du Poireau, etc.

On cultive peu d'espèces d'Ail dans les jardins d'ornement, si ce n'est l'Ail doré, Allium Moly, L., remarquable par ses fleurs assez grandes, et d'un beau jaune, ainsi que par ses feuilles larges et glauques. (A. R.)

* AILE. MOLL. On a donné le nom d'Aile à. la lèvre extérieure de certaines Coquilles, lorsqu'après l'entier accroissement, elle se dilate d'une manière remarquable. Alors ces Coquilles ont été appelées Ailées, Alatæ. V. AILÉES et LÉVRE. Par suite, on a donné cette dénomination vulgaire à presque tous les Strombes de Linné, qui présentent ce caractère:

AILE D'AIGLE, Ala Aquilina de Martini, syn. de Strombus Gigas.

AILE D'ANGE OU le TIREUR D'ARME, syn. de Strombus Gallus.

AILE DE CHAUVE-SOURIS OU la HALLEBARDE, le ROCHER PENTADACTYLE OU TESSARODACTYLE, la PATE D'OIE ou enfin le PIED DE PÉLICAN, syn. de Strombus Pes-Pelecani, L. (GenrePtérocère, Lamk) distingué, par les marchands et les amateurs, en Aile de Chauve-Souris mâle et femelle, d'après une légère différence, dans la saillie des pointes de la lèvre.

AILE DÉCHIRÉE, V. OREILLE DÉCHIREE.

AILE DE FAUCON, Ala Accipitrina de Martini, syn. de Strombus costatus de Gmelin.

AILE LARGE, syn. de Strombus latissimus. V. STROMBE et PTÉROCÈRE.

On a encore appliqué la dénomination D'AILE à diverses Coquilles, par rapport aux couleurs dont elles sont ornées:

AILE DE PAPILLON, syn. de Conus genuanus, V. CÔNE, dont une variété est la fausse Aile de Papillon, et de Venus Ala Papilionis de Chemnitz ou papilionacea de Lamarck. V. VÉNUS.

Enfin, ce nom a été donné à d'autres Coquilles bivalves à cause de leur forme générale:

AILE DE CORBEAU, Ala Corvi de Martini, ou le FOUREAU DE PISTOLET, syn. de Pinna nigrina de Lamarck. Pinna rudis variété, de Linné. V. PLNNE.

AILE DE CORBEAU PENDANTE, Ala Corvi pendula, syn. de Mytilus Ala Corvi de Chemnitz; Avicula costellata de Lamarck.

On a en outre ajouté au mot Aile une infinité de dénominations singulières,

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pour distinguer une très-grande quantité de Coquilles, dont l'énumération sortirait du cadre de cet ouvrage, et qui, d'ailleurs, ne sont pas aussi vulgaires. V. la table de Martini et Chemnitz, par Schrœter.

On a appliqué quelquefois cette-dénomination aux membranes latérales ou nageoires de quelques Céphalopodes et des Ptèropodes, si remarquables dans les Clios et les Hyales, ce qui a fait nommer une des espèces de ce dernier genre Papilionacea par Bory de Saint-Vincent. (F.)

AILE DE MER OU AILE-MARINÉ. MOLL. Syn. de Pennatule. V. ce mot. (LAM..X.)

AILE DE PIGEON, BOT. CRYPT. (Champignons.) Nom vulgaire de l'Agaricus columbarius de Bulliard, et d'une antre espèce de Champignon voisin de l'Agaric blanc d'argent, Agaricus argyraceus de Sterbeeck (t. 6. f. A). Ces espèces ne sont pas vénéneuses, mais n'en sont pas meilleures à manger. (B.)

AILE SINGULIÈRE.OIS. (Azzara.) Oiseau assez mal observé de la famille des Bec-fins et originaire de l'Amérique méridionale, dont les pennes nombreuses sont beaucoup plus étroites, grêles et pointues que dans tous les autres Oiseaux. (DR..Z.)

AILÉE (L'). MOLL. Nom marchand du Mytilus Hirundo, L. V. AVICULE et HIRONDELLE. (F.)

AILÉES. Alatœ. MOLL. Les Coquilles univalves, dont la lèvre extérieure, dans l'âge adulte, est fort dilatée, les bivalves dont la base, vers l'un des cotés des sommets, est trèsprolongée, ont été appelées Ailées, Alatœ. Caractère qui a donné naissance à beaucoup de noms vulgaires, dont nous avons cité quelques-uns des plus connus au mot AILE. Ce caractère a même servi à plusieurs naturalistes pour former des coupes, en général, assez naturelles.

Rumphius a réuni, dans les pl. 35, 36, 37 de son ouvrage, trente Strombes ou Ptérocères, sous le nom de Cochleœ alatœ; une seule de ces Coquilles n'appartient pas à ces deux genres. — D'après lui, Klein a appelé Alata la quatrième classe de ses Cochlis composite, qu'il divise en six genres: Monodactyle, monodactylus, Araignée, Harpago; Heptadactyle, Heptadactylus; Millepieds, millepes; Lentigo et Alata-lata. V. ces mots. Genres qui ne renferment aussi que des Strombes et des Ptèrocères. Le genre Alata-lata comprend plus spécialement les Strombes à aile très-étendue et non digitée, tels que le latissimus, le costatus, etc. Martini a suivi cet exemple; mais il ne forme de la classe de Klein qu'un seul genre, et lui donne la dénomination générique d'Alata. Il divise les Cochlides alatœ en semi-alatœ et alatœ perfectœ; et ceux-ci en Ala simplici et Ala Divisa vel digitati, qui sont les Ptèrocères de Lamarck. Le genre Alata a été adopté par Martyn (Univ. Conch.) et par Meuschen(Mus. Gœversianum), qui y comprend les Rostellaires de Lamarck. Ce dernier auteur, imitant l'exemple des naturalistes dont nous venons de parler, a réuni les trois genres Strombe, Ptèrocère et Rostellaire, V. ces mots, en une famille distincte, celle des Ailées. V. Extr. du Cours de Zool. p. 119. (F,)

AILERON, OIS. V. AILES.

AILERONS, INS. Ce sont des lamelles membraneuses, arrondies, concaves sur une de leurs faces, convexes sur l'autre, fixées au mésothorax, et distinguées à tort de l'Aile antérieure dont elles font réellement partie. Il a suffi d'étudier avec soin leur insertion pour prononcer avec certitude sur leur nature; et quelques expériences ont permis d'apprécier leurs usages et leur peu d'importance. En effet, l'Aileron ou le Cuilleron se continue avec l'Aile, au moyen de sa base, et n'en est séparé, dans le reste de son étendue, que par une fissure plus ou moins profonde, disparaissant complètement dans la plupart des Insectes. On a dit qu'il n'existait que dans la classe des Diptères, ce qui

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n'est pas tout-à-fait exact; quoi qu'il en soit, l'Aileron varié dans cette classe elle-même, sous le rapport de son développement; tantôt il est trèsétendu, ainsi qu'on l'observe dans les Mouches; d'autres fois tout-à-fait rudimentaire, comme dans les Tipules, les Cousins; le plus souvent double, c'est-à-dire, qu'il en existe deux à chaque Aile: ces deux pièces, dont l'une est en général plus développée que l'autre, figurent alors assez bien, dans l'état du repos, une Coquille bivalve, dont les battans seraient fermés; lorsqu'au contraire l'Aile est étendue et en action, les valves s'ouvrent et se placent sur un même plan. —Latreille et nous, avons reconnu, au-dessous et à la base des élytres des Dytiques et des Hydrophiles, une membrane ayant la même forme, la même structure et la même articulation que l'Aileron; nous l'avons directement comparé à cette partie qui, dans cette circonstance, serait restée membraneuse, tandis que les autres portions de l'Aile auraient été envahies parla Chitine. V. ce mot.—L'Aileron, fixé au scutellum et au poscutellum du mésothorax, ne peut être l'analogue des secondes Ailes qui sont insérées sur le métathorax, et tout ce qu'on a dit pour appuyer cette analogie est inadmissible; ce qu'on rapporte de ses fonctions est tout aussi invraisemblable; il paraît bien certain qu'il ne contribue pas à produire le bourdonnement; et s'il a quelques usages, ils se bornent à faciliter et à modifier le vol. V. CUILLERON. (AUD.)

AILES, ZOOL. Organes de la locomotion dans l'air; véritables rames que l'être, qui en est muni, plie ou développe selon ses besoins pour trouver un point d'appui suffisant sur le fluide atmosphérique.

— DANS LES MAMMIFÉRES. Les Ailes ne sont pas un attribut de l'Oiseau et des Insectes seulement: on en retrouve dans quelques Mammifères, les Chauves-Souris, par exemple, auxquelles le développement de membranes interdigitales, et un appareil musculaire approprié, ont donné la faculté précieuse de parcourir les airs. Ici, une véritable main et son bras sont devenus une Aile véritable. Il n'en est pas de même de membranes ou d'extentions cutanées, appelées improprement Ailes, qui se voient dans quelques autres Mammifères, tels que le Galéopithèquevolant, Lemur volans, L., les Polatouches, Pteromys, Cuv., et trois espèces de Phalangers, Phalangista, llliger. V. ces mots. Ces prétendues Ailes, qui facilitent le saut et la rapidité de fa course, dans les êtres qui en sont pourvus, n'ouvrent cependant pas à ceux-ci les routes de l'atmosphère, elles ne sont positivement pas propres au vol, n'étant munies d'aucun appareil qui détermine cette puissance; leur rôle est celui du parachute ou de voiles, bien plus que de rames ou de gouvernail. (B.)

—DANS LES OISEAUX. Ces organes sont composés d'un appareil solide, autour duquel viennent se réunir les tendons, les muscles et les tégumens destinés à fixer et à assemblerles plumes qui recouvrent l'Aile, et en forment les principaux matériaux. On distingue dans cet appares: 1° l'Humérus ou l'os du bras, qui est attaché très-fortement à la jonction de l'omoplate avec la clavicule; à l'autre extrémité de cet os viennent s'attacher le Radius et le Cubitus, formant l'avantbras qui porte lui-même le Carpe et le Métacarpe ou la main. Cette dernière partie est susceptible de s'oblitérer plus ou moins fortement chez diverses espèces, de manière qu'il est quelquefois assez difficile d'y reconnaître les deux ou trois osselets et l'os styloïde qui constituent le carpe, et les trois phalanges formant les deux doigts du métacarpe. Ces os, très-grands relativement au volume total de l'Animal, sont construits de manière à admettre dans leur intérieur beaucoup d'air qui joue un très-grand rôle dans le mouvement du vol.

Les plumes qui garnissent l'Aile

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diffèrent, quant à la forme et à la consistance, suivant leur position sur, l'organe; elles portent aussi des noms différens: on appelle Rémiges les grandes pennes qui composent l'Aile proprement dite; les dix plus extérieures, dont quatre garnissent le long doigt, sont les rémiges primaires; les rémiges secondaires, dont le nombre dépasse assez souvent dix, ont leur attache le long de l'avantbras; toutes sont aiguës et d'autant plus roides qu'elles s'éloignent davantage du corps. On apercoit, en outre, trois à cinq plumes beaucoup plus petites et plus étroites que les rémiges, insérées au poignet le long du pouce; elles forment l'Aileron ou le fouet de l'Aile. Les plumes molles qui, recouvrent les rémiges, sont appelées Tectrices; en dessus comme en dessous, elles sont ou supérieures ou inférieures, grandes, moyennes ou petites selon leur rang. Beaucoup d'Oiseaux ont, entre la véritable Aile et le flanc, un bouquet plus ou moins volumineux de plumes légères qui paraît aider beaucoup l'Animal dans un vol très-élevé; ce bouquet, qui fait le plus bel ornement des Oiseaux de paradis, pourrait être appelé Aile supplémentaire.—L'Aile pliée comme étendue offre une surface convexe et une surface concave; cette forme est favorable à l'Oiseau pour mieux saisir la colonne d'air sur laquelle il appuie; et elle met en contact tous les points de l'Aile fermée contre les parties saillantes du corps. Les muscles, qui font mouvoir les Ailes, sont épais et volumineux; ils sont attachés de manière à maintenir le mouvement des Ailes dans un seul sens. Une matière cornée, attachée en forme de griffe, dont sont armés l'un et quelquefois les deux doigts du métacarpe, dans quelques espèces, y rappelle assez bien la position des ongles aux doigts de la main. (DR..Z.)

— DANS LES REPTILES ET POISSONS. Un genre de Saurien fossile et perdu, pris quelque temps, sur la foi de Blumenbach, pour un Ornitholite, et nommé Ptérodactyle, par Cuvier, qui sut reconnaître la véritable place occupée par cet Animal, entre les anté-diluviens, fut muni d'Ailes dans le genre de celles des Cheïroptères; aujourd'hui un autre Saurien, le Dragon, voltige à l'aide dp fausses Ailes situées horizontalement de chaque côté de l'épine du dos, entre les quatre pates. Ces parties supplémentaires membraneuses, couvertes de fines écailles, remplaçant les plumes ou le poil, soutenues chacune par six fausses côtes allongées en rayons cartilagineux, portent en l'air, durant quelques instans, l'Animal auquel elles ont mérité un nom trop fameux. V. PTÉRODACTYLE et DRAGON; mais elles ont bien plus de rapport avec des nageoires de Poisson, qu'avec l'attribut de l'Oiseau ou de la Chauve-Souris, et c'est en effet l'une des propriétés des nageoires du Poisson, qu'elles s'allongent aussi quelquefois en sorte d'Ailes; dans ce cas, l'habitant des eaux, que la nature favorisa d'un développement extraordinaire de nageoires, partage, à certains égards, le privilège accordé par elle aux tribus aériennes. Ainsi, l'on voit des Muges ou des Exocets échapper aux poursuites des carnassiers de l'Océan, en s'élançant hors des vagues pour voltiger à leur surface, où bientôt ils deviennent la proie des Oiseaux voraces. — Quant à la figure ainsi qu'à la manière dont l'Animal les agite lorsqu'il nage, les nageoires des Raies pourraient être aussi comparées à de véritables Ailes, et de-là les noms vulgaires d'Aigle, d'Ange et de Colombe, donnés par les pêcheurs de divers pays, à certaines espèces de ces Sélaciens, sur la classification desquels Blainville a publié de si ingénieux aperçus. (B.)

—DANS LES INSECTES. On a donné ce nom à des appendices membraneux de formes très-variées, diaphanes ou opaques, nus ou couverts de poils et d écailles, plus ou moins développés, toujours situés sur les parties latérales et supérieures du thorax, et ayant ordinairement pour fonctions d'exécuter le vol. Les Ailes ne se rencon-

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rent que dans les Insectes hexapodes parfaits; car l'état de larve n'en offre extérieurement aucune trace, et celui de nymphe en présente tout au plus des vestiges; on n'en compte jamais plus de deux paires; très-souvent il n'en existe qu'une seule, et clans plus d'un cas elles sont rudimentaires ou même disparaissent complètement. — On a distingué les Ailes, d'après leur position, en premières, antérieures ou supérieures, et en secondes, postérieures ou inférieures.—Les antérieures, toujours unies au mésothorax, ont, dans certains cas, reçu le nom d'Elytres; les postérieures, attachées au métathorax, ont été appelées, dans leur état rudimentaire, Balanciers. —Nous décrirons ici leur composition, et les termes employés pour exprimer les modifications principales qu'elles éprouvent dans leurs développemens et leurs formes. Nous ferons connaître la manière dont elles s'articulent avec le thorax et les principales différences qu'elles offrent dans chaque ordre. Nous dirons enfin quelques mots de leur nature. — L'Aile d'un Insecte nous paraît formée de deux feuillets superposés, ordinairement membraneux, très-minces et transparens, constituant à eux seuls, dans certains cas assez rares, l'Aile tout entière, et occupant le plus souvent des intervalles que laissent entre elles des lignes de consistance cornée, saillantes, auxquelles on a donné le nom de nervures. Ces nervures qui, au premier coup-d'œil, ne paraissent être autre chose que de petits filets colorés, superficiels, dont les plus gros sont dirigés dans le sens de la longueur de l'Aile, sont contenues entre les deux feuillets de sa membrane, et présentent deux faces: l'une, supérieure, souvent arrondie et très-cornée, adhère intimement au feuillet correspondant; l'autre, inférieure, plane, d'une consistance moindre, peut, avec quelques précautions, s'isoler de la portion de l'Aile qui la recouvre. —On remarque, en outre, que ces filets sont autant de tubes, dont la coupe transversale est ovale, et dont le diamètre diminue à mesure qu'ils se rapprochent du sommet de l'Aile: chacun d'eux est parcouru, dans toute son étendue, par un vaisseau que l'on reconnaît être une véritable trachée roulée en spirale, et anastomosée plusieurs fois avec des conduits de même nature. — Ces trachées reçoivent l'air qui vient de l'intérieur du corps, et qui a pour usage, suivant Swammerdam, Jurine et Chabrier, de distendre l'Aile dans l'action du vol. Elles n'éprouvent dans leur trajet aucune dilatation sensible, tandis que le tube corné, qui les contient, offre sous ce rapport des modifications assez curieuses; il s'épanouit quelquefois tout-à-coup, de manière à présenter, sur une trèspetite étendue de son trajet, un diamètre assez considérable. La matière qui le colore, se trouvant alors disséminée sur une plus grande surface, ne paraît plus que comme une légère nuance, et le tube corné, ou en d'autres termes, la nervure paraît interrompue: ces points transparens et accidentels ont été nommés Bulles d'air; ils se rencontrent, le plus souvent, dans les nervures, dites cubitales, de plusieurs Hyménoptères, et semblent avoir, pour principal usage, de faciliter la formation de certains plis qui se forment pendant le repos. —Les plus grosses nervures partent de la base de l'Aile, c'est-à-dire, de son point d'insertion avec le thorax. Un habile observateur, feu Jurine, qui, dans un Mémoire important dont nous avons déjà tiré parti, a décrit avec exactitude l'Aile des Hyménoptères, et qui a fait une application très-heureuse de ses recherches à la classification des Intsectes appartenant à cet ordre; Jurine, dis-je, a imposé des noms particuliers aux principales nervures et aux espaces circonscrits par les rameaux secondaires qui en partent. Nous ferons connaître ici ces différentes dénominations, et nous les accompagnerons de quelques figures extraites de l'ouvrage, afin de rendre familière cette connaissance devenue indispensable

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aux entomologistes, à cause de l'usage fréquent qu'on eu a fait depuis dans la méthode. (V. la deuxième livraison des planches dé ce Dictionnaire.)

Avant d'aborder cette étude, nous indiquerons les différens noms donnés à l'Aile envisagée d'une manière générale. La base de l'Aile est cette partie qui l'articule avec le thorax, fig. 1. b. Le bout, que l'on nomme aussi sommet angle interne, angle antérieur, est opposé à la base. fig. 1. a. Le bord externe, ou bord antérieur ou bord d'en haut, ou enfin côte, s'étend depuis la hase jusqu'au bout, fig. 1. d. — L'angle postérieur, ou angle interne, ou angle anal, est formé par la réunion du bord postérieur et au bord interne, fig. 1. c.—Le bord interne s'étend depuis l'angle postérieur jusqu'à la base de l'Aile, fig. 1.f Le bord postérieur commence aussi à l'angle postérieur de l'Aile et finit à son bout, fig. 1. e. Enfin, le disque est toute la partie de l'Aile comprise entre les bords, fig. 1. g. Latreille observe que ce disque répond à la surface, et qu'il serait mieux de désigner, par ce terme, le milieu de l'Aile.

Si l'on prend maintenant un Insecte hyménoptère quelconque, et qu'on observe, avec une loupe ou même à la vue simple, la grande Aile, on remarquera que son bord extene présente deux grosses nervures parallèles et rapprochées, tirant leur origine du thorax, et unies l'une à l'autre par une forte expansion de, la membrane de l'Aile. La nervure externe a été appelée Radius, fig. 2. a.; et l'interne Cubitus, fig. 2. b. Chacune d'elles aboutit au carpe ou point de l'Aile, ou stigmate de quelques auteurs. fig. 2. c. Outre ces deux nervures qu'on nomme primitives, il en part plusieurs autres du même endroit qui ont reçu le nom commun de brachiales: fig. 2. g. Toutes ces branches principales, d'abord simples, ne tardent pas à se diviser, ou du moins à fournir, un grand nombre de rameaux qui, en s'anastomosant entre eux, circonscrivent des intervalles d'une forme et d'une étendue variables, remplis par la membrane de l'Aile: ces espaces sont les Cellules. Plusieurs d'entre elles, à cause de. leur disposition constante dans chaque genre d'insectes hyménoptères, ont attiré l'attention de Jurine qui, s'en est servi avec avantage. Une nervure, appelée radiale, fig. 4. a. naissant ordinaireimentau milieu du carpe, etatteignant le bout de l'Aile, laisse, entre elle et le bord externe de cette dernière, un espace membraneux que Jurine nomme Cellule radiale, fig. 5. a. S'il part encore du carpe une petite nervure qui divise l'espace en deux parties, il en résulte deux cellules radiales. Dans ce cas, la grande nervure ne tire plus son origine du milieu du carpe; mais elle naît en arrière, fig. 2. d. Enfin, quelquefois il arrive que cette nervure radiale, partant du carpe, rencontre une petite nervure. d'intersection qui sort du bord externe de l'Aile; alors on ajoute au nom de cellule radiale celui d'appendicée. fig. 3. a.

La seconde espèce de cellule a reçu le nom de cubitale, fig. 2. e. Elle est formée par le bord postérieur de la nervure radiale et. par une autre nervure appelée cubitale, naissant de l'extrémité du cubitus près du carpe, et se dirigeant aussi vers le bout die l'Aile, fig., 4. b. Elle est, très-souvent divisée en, deux, trois ou quatre petites cellules, par des nervures d'inteisection. fig. 5. e. Si deux des cellules secondaires, ordinairement la première et la deuxième, sont très - développées, et que la seconde, au contraire, se trouve tellerment rédpite qu'elle ne puisse plus s'élever jusqu'au bord de la nervure radiale, on remarque dans ce, cas une disposition, assez remarquable: les deux cellules développées, au lied d'être séparées l'une de l'autre par tout l'intervalle de la seconde cellule, ne le sont plus dans un certain point que, par une nervure, d'autant plus longue que la cellule intermédiaire est. moins élevée; celler-ci ne con-

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erve plus alors d'autre rapport avec la cellule radiale que de lui adhérer, au moyen de la nervure qui sépare les deux grands espaces, et qui constitue une sorte de tige en forme de pétiole, ce qui lui a valu le nom de cellule pétiolée. fig. 3. b. S'il arrive enfin que la nervure cubitale n'atteigne pas le bout de l'Aile, on appellera l'intervalle qu'elle concourt à former, cellule incomplète. fig. 4. b.

Nous avons dit que, indépendamment du cubitus et au radius, Jurine avait distingué, sous le nom de Brachiales, d'autres nervures, partant également de la base de l'Aile, fig. 2. g. Ces nervures en fournissent de secondaires qui remontent vers les cellules cubitales et aboutissent tantôt à la première et à la seconde en même temps, tantôt à la deuxième et à la troisième, d'autres fois à une seule; elles ont reçu le nom de nervures récurrentes. fig. 2. f et 5. b. En s'anastomosant entre elles et avec le cubitus, les nervures brachiales et leurs rameaux forment plusieurs cellules, que Jurine a nommées humèrales, fig. 5. h. h. h. h. h. Latreille distingue parmi elles les cellules discoïdales situées au centre de l'Aile en arrière du point, fig. 3, i. i. Les nervures récurrentes concourent toujours à les former. Dans les Lépidoptères, cette cellule, située aussi au centre de l'Aile, se prolonge sans interruption jusqu'à sa base.

Les différentes dénominations, que nous venons de faire connaître, peuvent être appliquées non-seulement aux Hyménoptères, que nous avons pris pour exemple; mais encore à tous les autres ordres; et on peut les employer avec plus ou moins d'avantage dans la classification.

Les Ailes, dont nous avons fait connaître la structure, s'articulent avec le thorax, au moyen de pièces que nous énumérerons aussi dans les Hyménoptères, d'après l'excellent Mémoire de Jurine. Ce que nous en dirons pourra être appliqué d'une manière générale aux autres ordres qui ont été étudiés sous ce rapport avec beaucoup de soin, par noire ami Chabrier, dans son important Essai sur le vol des Insectes (Mémoires du Muséum d'histoire naturelle, troisième année et suivantes).

Si celte étude eût été comparative; c'est-à-dire, si on se fût appliqué à rechercher dans chaque ordre les mêmes pièces articulaires, si on eût donné à celles qui étaient analogues des noms semblables, et qui ne fussent pas la traduction de leurs formes ou l'expression de leurs usages, nous aurions pu présenter ici une nomenclature générale; mais Jurine n'a étudié que les Hyménoptères, et il n'entrait pas dans le plan de Chabrier d'enrichir et de perfectionner le langage entomologique. Le but de ce dernier était d'arriver, par l'étude des Insectes, à la démonstration d'une Théorie sur le vol en général; eu suivant cette route il a fomniàla science des matériaux extrêmement précieux et dont l'exactitude ressortira bien davantage lorsqu'on aura coordonné tous les détails, et présenté chaque fait sous son véritable point de vue; nous nous bornerons done à parler des pièces articulaires qu'on rencontre chez les Hyménoptères, en indiquant les noms employés par Jurine. Ces osselets, auxquels nous appliquons le nom d'epidème, sont air nombre de sept pour la grande Ailé ou Aile du mésothorax, et de cinq seulement pour la petite Aile qui appartient au métathorax. Les epideimes articulaires de l'Aile du mésothorax sont: lepetit radial, le grand radial, le grand cubital, le petit cubital, le naviculaire, le petit humeral, le grand hurméral. La figure et la longueur de ces pièces sont trèsdifférentes; unies entre elles par une membrane, elles s'a'rticulen, d'une part, avec le mésothorax, et de l'autre avec les principales nervures de l'Aile; elles communiquent à celle-ci plusieurs mouvemens, etsont pourvues, à cet effet, de trois muscles propres: le premier, d'abord divisé en deux portions insérées dans la cavité thoracique, se réunit bientôt en une

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seule, implantée sur un tendon commun qui s'attache à la pièce nommée petit radial; ce muscle, par ses contractions, abaisse la base de l'Aile, et soulève par conséquent son extrémité. Le second muscle, moins long que le précédent et simple, se fixe aussi, par l'une de ses extrémités, dans la cavité thoracique, tandis que l'autre se termine à l'épidème désigné sous le nom de petit numéral; il fait exécuter à l'Aile des mouvemens de bascule et en abaisse le bord interne. Enfin le troisième muscle s'insère également, d'une part, dans la cavité thoracique, et se fixe, de l'autre, à l'épiaème, petit cubital; il agit de concert avec le précédent. — L'articulation de l'Aile, avec les épidèmes, se fait directement au moyen du grand radial, du petit radial, du grand cubital et du petit cubital; les deux premiers s'unissent au radius, le troisième s'insère au cubitus, et le dernier aboutit à la nervure humérale. — Les petites pièces, qui s'articulent avec le thorax, sont le grand huméral, qui est uni aux prolongemens latéraux de l'écusson et qui conserve aussi des rapports avec le grand cubital et le grand radial, au moyen d'un épidème articulaire, nommé petit huméral; enfin, le naviculaire présente deux cavités, dont l'une reçoit l'extrémité de l'os corné (Poscutellum), et l'autre la tête de l'humerus qu'on peut considérer comme une autre pièce de l'Aile, munie d'un muscle à son extrémité libre.

Nous avons dit que les osselets de la petite Aile ou Aile du métathorax étaient seulement au nombre de cinq. Ils se nomment l'Echancré, le Scutellaire, le Diademal, le Fourchu, la Massue. Il nous serait aisé de prouver que ces épidèmes sont les mêmes que ceux de la grande Aile, et qu'on ne doit pas leur assigner des noms différens; mais, pour établir cette vérité et la présenter avec clarté, il faudrait entrer dans de longs développemens que n'admet pas la nature de cet ouvrage: il nous suffira d'observer que ces pièces s'articulent d'une part avec les nervures de l'Aile, et de l'autre avec le métathorax; qu'elles sont unies ensemble par une membrane commune, et que trois d'entre elles, savoir l'échancré, le diademal et le fourchu, sont pourvues de muscles fixés dans la cavité thoracique.

Aux dénominations que nous avons données de plusieurs parties de l'Aile, nous devons en ajouter quelques-unes, fondées sur leurs proportions et leurs formes. — Tantôt elles sont égales, œquales, c'est-à-dire, toutes les quatre de même grandeur; tantôt inégales, inœquales, quand deux d'entre elles sont plus grandes que les deux autres; —lancéolées, lanceolatœ, lorsqu'elles sont amincies à leur base et à leur sommet;—en forme de faulx, falcatœ, lorsque le sommet est courbé comme une faulx;—linéaires, Lineares, quand elles sont étroites et à bords parallèles; — en massue, clavatœ, lorsqu'étant linéaires elles sont un peu plus grosses à leur sommet; —arrondies, rotundatœ, lorsqu'elles se rapprochent de la forme d'un cercle;—oblongues, oblongœ, lorsqu'elles sont plus longues que larges et figurent une ellipse très-allongée, obtuse aux deux extrémités; — rhomboïdes, rhomboidales, quand elles approchent de la forme d'un rhombe, ce qui a lieu lorsqu'elles ont plus de longueur de l'angle postérieur au sommet, que de cet angle à la base;—deltoïdes, deltoideœ, en forme d'une lettre grecque nommée delta; elles sont alors très-obtuses et comme coupées postérieurement; — découvertes, exsertœ, lorsque les Ailes postérieures dépassent les élytres; — couvertes, tectœ, lorsqu'elles sont tout-à-fait cachées sous les élytres;—pliées, plicatœ, lorsqu'elles sont pliées longitudinalement quelquefois à la manière d'un éventail; —repliées, replicatœ, lorsqu'étant pliées longitudinalement elles sont ensuite repliées sur elles-mêmes; — en recouvrement, incumbentes, lorsque le bord postérieur de l'une recouvre celui de l'autre; — croisées, cruciatœ, quand le sommet de l'une recouvre entièrement le sommet de l'autre; —

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étendues, patentes, patulæ, lorsque dans le repos elles sont ouvertes, et laissent l'abdomen à découvert; — droites, erectœ, quand dans le repos elles sont relevées perpendiculairement à la surface du corps; —conniventes, conniventes, lorsqu'étant relevées elles se touchent par un sommet ou un point quelconque de leur face supérieure; — penchées, inclinées, deflexæ, lorsque le sommet est comme pendant, c'est-à-dire, sur un plan moins élevé que la base; — striées, striatæ, lorsqu'il y a des lignes élevées formant de très-petits sillons parallèles et longitudinaux; — réticulées, reticulatœ, lorsque ces lignes sont disposées en réseaux, comme de la dentelle;— veinées, venosœ, quand elles offrent des nervures longitudinales très-prononcées, se divisant en rameaux plus déliés; — membraneuses, membranaceœ, lorsqu'elles sont minces, flexibles, transparentes ou opaques, et ressemblent à une membrane; — écailleuses, squammatœ, lorsqu'elles sont recouvertes d'une poussière, dont tous les grains vus à la loupe, représentent autant d'écailles imbriquées; — farineuses, farinosæ, quand elles paraissent comme saupoudrées d'une poussière ressemblant à de la farine, et qui s'enlève avec la plus grande facilité; — poilues, piiosœ, lorsqu'on voit sur leurs surfaces de petits poils plus ou moins nombreux; — nues, nudæ, lorsqu'elles en sont privées; —de même couleur, concolores, lorsqu'elles sont de même couleur en dessus et en dessous, et que les deux paires ne diffèrent pas l'une de l'autre sous ce rapport; — vitrées, fenestratæ, lorsque les Ailes étant opaques, on remarque des taches tout-à-fait transparentes; — oculées, oculatœ, quand elles présentent des taches circulaires de différentes couleurs, figurant assez bien un œil; — à prunelle, pupillatæ, lorsqu'étant oculées, il existe au centre du cercle un point coloré;—aveugles, cœcoe, quand on ne remarque point d'œil; — à bandes ou fasciées, fasoiatœ, lorsqu'il y a plusieurs lignes assez larges et colorées; ces bandes sont transverses ou transversales, longitudinales, obliques, lancéolées, linéaires, réniformes, c'est-à-dire en forme de rein ou de graine de Haricot, maculaires, lorsqu'elles résultent de l'addition successive d'un plus ou moins grand nombre de taches; bifides, trifides, lorsque ces bandes sont fendues en deux ou en trois, plus ou moins profondément; —avec des raies, strigatæ, lorsque ces lignes sont très-étroites et ne figurent plus des bandes ou rubans.

Les bords des Ailes ont fourni aussi à la méthode plusieurs caractères et quelques dénominations à ajouter aux précédentes: —Les Ailes sont crénelées, crenatœ, quand leurs bords présentent alternativement de légères incisions et des dents, et que celles-ci sont obtuses et non dirigées vers le sommet ni vers la base; —dentelées, dentatœ, lorsque, les incisions étant plus profondes, les dents sont aiguës; —frangées, Jimbriatæ, quand elles sont bordées de dents allongées, pointues et très-serrées; —laciniées, laciniatœ, lorsqu'elles sont comme déchiquetées, les découpures paraissant alors irrégulières, chacuned'elles ayant à peu près la même étendue; — déchirées, erosœ, lorsque les incisions étant irrégulières, elles ne gardent entre elles aucun ordre, n'ont aucune proportion semblable, et paraissent enfin comme déchirées;—fendues fissæ, quand les divisions sont très-profondes; —digitées, digitatæ, lorsque les divisions sont profondes, et qu'il en résulte des espèces de lanières figurant les doigts de la main; —échancrées, emarginatœ, quand il y a une incision, ordinairement peu profonde, et qui ne divise pas l'Aile, mais paraît lui enlever une petite portion de sa substance; — en queue, caudatæ, lorsque le bord postérieur présente un appendice le dépassant plus ou moins; — ciliees, ciliatæ, lorsqu'elles sont terminées par des poils tres-serrés en forme de cils.

Sous le rapport de leur som-

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et, le; Ailes sont: obtuses, obtusœ, lorsqu'elles se terminent par un bord arrondi; — coupées ou tronquées, truncatœ, lorsque le sommet paraît avoir été coupé; —pointues, acutoe, lorsqu'elles finissent en pointe; — acuminatæ, quand cette pointe est aiguë et prolongée.

Nous nous sommes étendus sur plusieurs dénominations appliquées aux Ailes, parce que c'est surtout dans un ouvrage comme celui-ci qu'on doit trouver la définition des termes qui se rencontrent à chaque page dans les ouvrages d'Entomologie. Les Ailes, d'ailleurs, ont fourni à plusieurs auteurs des caractères pour la division des Insectes en plusieurs ordres, désignés sous les noms de Coléoptères ou Ailes en étui; d'Orthoptères, ou Ailes droites; d'Hémiptères ou demi-Aile, c'est-à-dire, Ailes demi-coriaces; de Névroptères, ou Ailes à nervure; d'Hyménoptères, ou Ailes en membrane; de Lépidoptères, ou Ailes en écailles: de Strépsiptères, ou Ailes torses; de Diptères, ou deux Ailes. — Le développement des Ailes est toujours en rapport avec le développement de l'arceau supérieur qui les supporte. C'est un l'ait constant, et sur lequel nous reviendrons au mot Thorax. — Dans les Coléoptères, les Ailes antérieures ont éprouvé une modification très - remarquable: elles sont très-semblables, quant à la consistance, aux différentes pièces qui forment la charpente du corps; on les nomme Elytres. V. ce mot. Latreille et moi avons observé, à la base des élytres des Dytiques, et sur le segment qui les supporte, une petite lame membraneuse assez étendue: nous avons, dans des Mémoires ad hoc, apprécié ce fait à sa juste valeur. Déjà Degéer avait aperçu cette membrane au-dessous des élytres du grand Hydrophile. Elle n'est autre chose que la portion la plus reculée de l'Aile, et répond à l'aileron des Diptères. Les élytres recouvrent une seconde paire d'Ailes membraneuses, fixée au metathorax, ordinairement très-développée, quelquefois, au contraire, réduite à des rudimens presque imperceptibles qui disparaissent tout-à-fait dans certains cas. — Chez plusieurs Hémiptères, les premières Ailes sont des demiélytres, c'est-à-dire, solides dans une portion de leur étendue, et membraneuses dans l'autre; la forme et la consistance des Ailes antérieures d'un grand nombre d'Orthoptères, rappellent encore les élytres des Coléoptères; les premières Ailes des Névroptères ne diffèrent pas essentiellement des secondes; elles sont réticulées; celles des Lépidoptères offrent plusieurs particularités fort curieuses. Les nervures qui bornent latéralement la cellule discoïdale présentent, à leur sortie du thorax, chez lous les individus du genre Satyre, deux renflemens que Godart, qui s'occupe avec autant de zèle que de succès de la classe des Papillons, et qui possède un grand nombre de faits relatifs à leur histoire, a eu la bonté de nous faire connaître. — Les Ailes de tous les Lépidoptères sont revêtues d'une poussière dont chaque grain est une petite écaille de forme très-variable, le plus souvent dentée au sommet; la base de chacune d'elles est un pédicule fixe sur l'Aile membraneuse qui offre des stries transversales plus prononcées auprès des nervures. L'Aile postérieure ou la petite Aile des Lépidoptères crépusculaires et nocturnes présente auprès de sa base, suivant l'observation de Latreille, une sorte d'épine ou de crochet corné, grêle, aigu, roide, un peu arqué, (qui la fait adhérer à la grande en le fixant à une petite saillie existant à la face inférieure de celle-ci. Latreille désigne cette épine sous le nom de crochet a laire ou de frein , frenum. L'Aile antérieure des Insectes de cet ordre est enveloppée à sa base par une pièce observée la première fois par Degéer, et qui, d'apres Latreille, est l'analogue de ce que Kirby a appelé élyte dans les Strépsiptères; cette pièce est, selon nous, l'hypoptère devenu libre. V. ce mot.

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Les Hyménoptères offrent aussi çette même pièce qui a reçu chez eux le nom d'Epaulette. (Cuilleron, Jurine.) Leurs Ailes présentent des nervures nombreuses que nous avons décrites précédemment. Les inférieures ont, en outre, une portion de leur bord antérieur garnie de petits crochets contournés en S, qui s'accrochent au bord postérieur des Ailes du mésothorax, et unissent ces deux appendices entre eux. Enfin, les Dipteres nepiésentent plus que la paire d'Ailes antérieures, dont l'Aileron, V. ce mot, est une dépendance. Les Ailes postérieures manquent complètement chez les uns, et ne consistent plus chez les autres qu'en une tige grêle et mobile, nommée Balancier, V. ce mot. Latreille ne regarde pas cet appendice comme l'analogue des Ailes inférieures.

Les Ailes, considérées dans la série des Insectes hexapodes, ont une forme, une consistance, un développement, des usages très-variés. Les différences qui dépendent de la forme, et surtout de la consistance, sont assez graduées, et on n'apercoit pas, en général, entre des individus d'un même genre, et surtout d'une même espèce, de très-grandes anomalies. Il n'en est pas de même lorsqu'on étudie leur développement et leurs usages: quelles dissemblances n'observetion pas sous ce rapport entre des individus, d'ordres, de familles, de genres, d'espèces, et même de sexes difterens! En nous attachant seulement à celles que présentent ces derniers, ne voyons-nous pas une foule d'individus femelles de tous les ordres privés d'Ailes, tandis que les mâles en sont pourvus; et pour ce qui concerne leurs usages, quelles variétés ne nous offrent-elles pas ! Ici, ce sont des enveloppes coriaces, recouvrant les Ailes inférieures, et agissant de concert dans l'action du vol. Là, les élytres ne jouissent plus de cette faculté, niais protègent l'abdomen, et se soudent entre elles par leur bord postérieur; dans ce cas, les Ailes inférieures disparaissent entièrement; ailleurs, elles ont une fonction très-singulière, elles se convertissent en un organe musical. Souvent enfin, quoique membraneuses, elles ne sont jamais d'aucun usage pour le vol, et, dans certaines circonstances, elles tombent après l'accouplement. Considérée sous ces divers points de vue, l'étude des Ailes devient très-intéressante, et conduit à des résultats qu'on était loin d'entrevoir. On se demande alors ce qu'elles peuvent être: sont-ce des organes accordés aux seuls Insectes ? Les rencontre-t-on chez des Animaux inférieurs ou plus élevés dans l'échelle des êtres ? N'auraient-elles pas, enfin, leurs analogues dans quelques autres parties du corps de l'Insecte? Jurine les a trouvées semblables aux Ailes des Oiseaux, sous un double rapport, celui de leurs fonctions et celui de leur composition. De-là, les noms d'Humérus, de Radius, de Cubitus, de Carpe, assignés aux différentes pièces, et que nous adoptons en leur donnant une acception autre que celle qu'on leur accorde, dans l'anatomie des Auimaux vertébrés. Latreille, dans un Mémoire ayant pour titre de la formation des Ailes des Insectes, lu à l'Académie des Sciences dans la séance du 27 décembre 1819, a envisagé la question sous un point de vue moins élevé, et par cela même plus voisin de l'observation. Sa manière de voir est que, malgré la disparate énorme qui paraît exister entre les Ailes des Insectes et leurs membres inférieurs, on peut rapporter les premières à ces derniers; il trouve que les Ailes ressemblent beaucoup aux pates branchiales de l'abdomen de certains Crustacés, et surtout à celles des Caliges qui ne diffèrent guère des Ailes des Insectes nommés Ptèrophores; il aperçoit encore une très grande ressemblance entre les Ailes et les nageoires trachéales des larves d'Ephémèrès. Se fondant sur ces analogies et sur plusieurs autres de même valeur, l'auteur se demande si les Ailes des Insectes ne seraient pas des pates trachéales; il explique le sens

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de sa pensée, en comparant les membranes, comprises entre les nervures, aux trachées contournées en spirale; et en retrouvant l'analogue de la hanche, de la cuisse et de la jambe dans les épidèmes articulaires de l'Aile. Déjà Blainville avait avancé que les Ailes n'étaient autre chose que des trachées renversées, remplaçant les stigmates des deux segmens alifères; mais si, dans plusieurs Chenilles, les anneaux, qui correspondent au mésothorax et au metathorax, sont privés d'ouvertures trachéales, ainsi qu'il l'ayance à l'appui de son opinion, il est bien certain que ces ouvertures existent dans les Insectes parfaits, indépendamment des Ailes, et que, par conséquent, ces dernières ne peuvent les représenter. Enfin, La treille a complété toutes ces preuves, en faisant voir l'analogie frappante qui existe entre les pieds nageoires des Gyrins et certaines Ailes.

Le Mémoire de Latreille tendait à inférer que les Ailes étaient de véritables pates; ce résultat, déduit en partie de l'observation, paraissait si extraordinaire à l'auteur lui-même, qu'il crut devoir y réfléchir de nouveau, et que, dans un second Mémoire aussi curieux que le précédent et accompagné d'un grand nombre de faits, il abandonna en partie son opinion. Cependant, nous avions été frappés de l'analogie qui existe entre la composition des pates et celle des Ailes; et si nous ne partagions pas, sur l'origine de ces dernières, l'opinion de Latreille, c'est parce que leur position sur le dos et sur un segment pourvu déjà de pates, ne nous permettait pas de les considérer comme les analogues dé celles-ci. Le fait de la ressemblance, sous tous les autres rapports, n'en existait pas moins; il nous sembla même qu'il pouvait très-bien être expliqué, en envisageant la question sous un nouveau point de vue. Cet examen devint le sujet d'un Mémoire offert à l'Académie des Sciences, et dont nous n'exposerons ici que les principaux résultats. Nous y avons établi: 1° qu'un anneau quelconque du corps d'un Animal articulé n'est pas simple, mais composé de deux demi-arceaux joints, le plus souvent, par les deux points de leur section;

2°. Que l'arceau supérieur constitue le dos, et l'inférieur la poitrine; et que chacun d'eux est formé essentiellement d'un même nombre de pièces, trois pour l'arceau inférieur, le sternum sur fa ligne moyenne, et un épimère de chaque côté; et trois pour l'arceau supérieur, le tergum sur la ligne moyenne, et un épisternum de chaque côté;

3°. Que si l'arceau inférieur donné attache entre le sternum et l'épi— mère à une paire d'appendices appelée pates, l'arceau supérieur fournit de même insertion à une paire d'appendices nommée Ailes, fixée au même point correspondant, c'est-à-dire, entre le sternum et l'épisternum;

4°. Qu'on ne peut tirer d'autre conclusion de ces faits positifs, si ce n'est que les Ailes sont, à l'arceau supérieur ou au dos, ce que les pates sont à l'arceau inférieur ou à la poitrine; mais qu'elles ne doivent jamais être confondues en un seul et même organe, car les Ailes ne deviendront jamais des pates, et vice versâ;

5°. Que le dos ayant la même composition que la poitrine, les appendices de ces parties peuvent se ressembler au point de s y méprendre,, ainsi qu'on le remarque dans les filets terminaux de l'abdomen d'un grand nombre d'insectes, celui des Blattes par exemple, dont deux appartiennent évidemment à l'arceau supérieur, et deux à l'arceau inférieur; qu'à cette cause, enfin, est due l'analogie de forme, de composition, de structure, etc., etc., que Latreille a dit exister, et qui existe réellement entre les Ailes et les pates;

6°. Que, de même qu'on voit les appendices inférieurs affecter des formes très-variées, qui souvent les font méconnaître au premier abord, de même les appendices supérieurs peuvent éprouver des modifications très-grandes, suivant qu'ils sont placés

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sur la tête, le thorax ou l'abdomen de l'Insecte. Dans le premier cas, ils constituent les mandibules et les antennes; dans le second, les Ailes modifiées en élytres, en balanciers ou en ailerons; et dans le dernier, plusieurs filets qui, lorsqu'ils sont réunis, constituent l'étui de la tarière ou de l'aiguillon chez la femelle, et d'autres parties chez le mâle;

7°. Enfin, que si, en ne nous écartant en aucune manière de l'observation, nous avons sait voir que les mandibules, les antennes, les Ailes, plusieurs filets, et autres appendices de l'abdomen, sont des dépendances de l'arceau supérieur, de même que les pates, etc., etc., appartiennent à l'arceau inférieur, nous ne prétendons pas disputer ensuite sur la nature de chacune de ces parties, et dire que les antennes soient des Ailes, ou celles-ci des antennes, car les preuves à l'appui de cette opinion ne pourraient tomber sous les sens, et il nous semble que nous avons simplement exposé les faits fournis par la dissection, et énoncé les conséquences qui en découlent immédiatement.

On voit, par l'exposé de ces résultats, que l'existence des Ailes, qui sera it une chose très-anomale si on considérait l'anneau du corps d'un Animal articulé comme un cylindre, n'ayanu d'autre appendice que les pates, devient un fait très-intelligible, lorsqu'on sait que chaque segment est composé de deux demi-arceaux ayant une composition analogue; et que les Ailes sont au supérieur ce que les pates sont à l'insérieur, c'està-dire, des appendices susceptibles d'être employés, chacun de leur côté, à des usages extrêmement variés, mais semblables jusqu'à un certain point sur un même segment, puisque, tandis que les pates servent à la locomotion terrestre ou aquatique, les appendices de l'arceau supérieur ou les Ailes exécutent la locomotion aërienne. — Il nous resterait encore beaucoup de choses à dire sur les Ailes, envisagées sous tous ces rapports: nous y reviendrons aux mots ELYTRES, BALANCIERS, THORAX, BOURDONNEMENT, VOL. (AUD.)

AILES. Alœ. BOT. On donne ce nom, en botanique, aux appendices minces et membraneux, étendus sous forme d'Ailes, et que l'on observe sur certains organes des Végétaux que l'on dit alors être Ailés. Ainsi, la tige est Ailée toutes les fois que les feuilles sont décurrentes, comme dans le Bouillon blanc, la Consoude, etc. Les graines des Pins, les fruits de l'Orme, de l'Erable, etc., sont Ailés.

On désigne encore, sous le nom d'Ailes, les deux pétales latéraux dans les corolles polypétales, irrégulières, papilionacées, comme dans le Haricot, le Pois, etc. (A. R.)

AILLAME. BOT. PHAN. Syn. de Sorbier des Oiseaux, Sorbus Aucuparia, L. en quelques cantons de la France. (B.)

AILLEFER. BOT.PHAN. Syn. d'Allium sphœrocephalum, L. et d'Allicum carinatum, espèces d'Aulx, dans quelques parties de la France méridionale. (B.)

*AILLERS. BOT. CRYPT. (Champignons.) Nom collectis employé par quelques auteurs pour désigner des Agarics remar quables par une odeur d'Ail. (B.)

*AIMAGOGON. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. dePivoine, (B.).

AIMANTOUPIERRED'AIMANT. MIN. Substance du genre Fer qui jouit de la double propriété d'attirer ce métal, et de lui communiquer la faculté d'attirer d'autre Fer, en même temps que l'une de ses extrémités se dirige vers le nord et l'autre vers le sud. Les anciens connaissaient déjà la première de ces propriétés; quant à la seconde, elle paraît n'avoir été connue qu'à l'époque du douzième siècle. On n'en fit d'abord qu'un simple objet de curiosité; mais son application à la navigation, par suite de l'invention de la boussole, dont plusieurs nations se disputent encore aujourd'hui la gloire, nous offre une nouvelle preuve, dit Haüy, que les objets qui ne semblent devoir

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conduire qu à des spéeulations curieuses ont un but d'utilité cachée. C'est ce qui est démontré presque chaque jour par les applications que reçoivent dans les ateliers des arts les observations et les recherches saites dans les laboratoires des physiciens et des chimistes. Quant aux caractères de ce Minéral, V. FER OXYDULÉ et MAGNÉTISME. (LUC.)

AIMANT DE CEYLAN. C'est un des noms de la Tourmaline, que l'on a encore appelée Aimant de cendres.(LUC.)

*AIMIR, AIMIT OU HAGMMIT. BOT. PHAN. Arbre indéterminé des Iles de l'Inde orientale, dont les fruits peuvent se manger, et qui pourrait bien être un Figuier. (B.)

*AIMORRA. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Probablement l'Anthemis tinctoria, L. (B.)

*AIMOS. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. de Ronce. (B.)

*AIMOSTARIS. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn de Nérion. (B.)

AIMOU. OIS. Syn. de grand Tétras, Tetrao major, L. à la Guyane. V. Tétras. (DR..Z.)

AIN-PARITI. BOT. PHAN.(Rhéede.) Ketmie indéterminée, encore qu'elle ait été figurée dans l'Hortus malabaricus. VI. tab. 43. Elle est cultivée dans l'Inde comme Plante d'ornement. (B.)

*AIOLÉ. POIS. (Daubenton.) Syn. du Scare Kakatoi de Lacépède. V. SCARE. (B.)

*AIOLOS. POIS. (Rondelet.) Espèce de Spare. V. ce mot. (B.)

*AIONION. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn.de Sedum. (B.)

AIOTOCHTLI. MAM. (Hernandez.) Syn. de Dasypus octucinctus, L. espèce de Tatou. V. DASYPE. (B.)

*AlOUROUR OU AIOUROUS. OIS. Noms de quelques Perroquets d'Amérique qui paraissent dérivés d'Aiuru, V. ce mot, et rapportés par divers auteurs qui n'ont pas suffisamment sait connaître les Oiseaux auxquels ils les ont appliqués. (B.)

*AlPHANES. BOT. PHAN. Genre de Palmiers de l'Amérique méridiornale, établi par Willdenow et caractérisé de la manière suivante: fleurs hermaphrodites; calice double, l'intérieur et l'extérieur tripartites; six étamines libres; style trifide; drupe sphérique, charnu, monosperme; seuilles pennées; spadices rameux; spathe d'une seule feuille. Ce genre, paraît avoir beaucoup d'affinité avec le genre Bactris de Jacq. (Willd. in Act. soc. Berol. 1801. Kunth in Humb. et Bonp. Nov. Gen. et Sp. 1. p. 305). (K.)

AIPI. BOT. PHAN. Espèce indéteriminée de Cynanque des Antilles, (B.)

* AIPYSURE. Aipysurus. REPT. OPH. (Lacépède.) V. HYDROPHIS.

AIR. Qualification générale donnée à tout fluide élastique et invisible. On désigne ordinairement par ce seul mot la masse atmosphérique qui enveloppe le globe; elle est inodore, insipide, pesante, douée d'une extrême mobilité, susceptible de dilatation et de condensation, etc., etc. Les premières expériences qui prouvèrent la pesanteur de l'Air sont dues à Galilée qui, ayant pesé un vase, y introduisit le plus d'Air possible, à l'aide d'une pompe foulante; il le pesa de nouveau et constata le poids du nouvel Air qu'il y avait introduit. Bientôt après, l'invention de la machine pneumatique permit de constater le même phénomène par l'expérience contraire, c'est-à-dire par la soustraction de l'Air contenu dans un vase semblable. Enfin li tait réservé à Toricelli de déterminer exactement cette pesanteur et d'en suivre toutes les variations, à l'aide du baromètre qu'il inventa, et auquel Pascal donna le plus haut degré d'utilité en le saisant concourir à la mesure de la hauteur des liéux sur lesquels une différence de hauteur, dans la colonne d'Air, doit nécessairement produiredes pressions différentes. —La vessie à demi pleine d'Air, exposée à Faction de la chaleur, ou placée sous le récipient de la machine pneumatique en activité, se gonfle spontanément, ce qui prouve la dilatabilité et l'élasticité du fluide; on sait corn-

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ien aussi il peut être comprimé et condensé dans le réservoir du fusil à vent. — L'Air contient entre ses molécules une grande quantité de calorique qui se condense au point d'occasioner l'ignition, lorsqu'on comprime vivement ces molécules; c'est ce que démontre l'étincelle du briquet ordinaire, l'expérience d'un briquet pneumatique.—L'Air dissout de très-grandes masses d'eau et surtout de vapeurs aqueuses, et c'est cette propriété dissolvante, augmentée ou diminuée par le mouvement accéléré ou ralenti des molécules du fluide et par la présence d'une plus ou moins grande quantité de calorique, qui devient la cause principale des météores aqueux.

L'Air contient, dans un état de modification convenable, le principe essentiel à la vie; long-temps on l'avait regardé comme un corps simple, comme une substance élémentaire; mais les immortels travaux de Lavoisier ont fixé l'opinion, depuis longtemps incertaine, sur les quatre élémens que l'antique école avait admis comme générateurs de toutes choses. Le philosophe français avait observé que, dans le phénomène de la vie comme dans celui de la combustion, les trois quarts environ du fluide étaient refusés et n'y concouraientoint. Il pensa d'abord que, dans une et l'autre opération, il se formait un ou plusieurs produits nouveaux qui masquaient les véritables propriétés de l'Air; et en effet il constata quelque chose de semblable: mais une longue série d'expériences, toutes plus ingénieuses les unes que les autres, ayant perfectionné tous ses moyens d'analyse, il sut enfin conduit au but glorieux de ses belles recherches. A l'aide de la doctrine pneumatique, dont il fut le fondateur, il prouva qu'à tou es les températures, comme à toutes les hauteurs connues, l'Air atmosphérique, débarrassé de toute humidité qui n'est qu'accidentelle, offre dans sa composition 21 parties de Gaz oxygène et environ 79 de Gaz azote, plus une très-petite quantité de gaz acide carbonique.

On estime de 15 à 16 lieues la puissance de la couche d'Air atmosphérique qui ceint de toutes parts le globe terrestre. V. ATMOSPHÉRE, BAROMÉTRE, COMBUTION, RESPIRATION, VÉGÉTATION, GAZ OXYGÉNE, etc., etc.

AIR DÉPHLOGISTIQUÉ. En admettant, avec les partisans du système de Stahl, que le Phlogistique était un corps qui s'opposait à la combustion, les réformateurs de l'ancien langage chimique, qui avaient reconnu dans le Gaz oxygène des propriétés éminemment comburantes, ont dû le regarder d'abord comme totalement dépouillé de Phlogistique; aussi lui outils donné ce nom que bientôt après Lavoisier fit oublier. V. GAZ OXYGÉNE.

AIR FIXE. V. ACIDE CARBONIQUE.

AIR INFLAMMABLE. Nom que l'on donna primitivement au Gaz hydrogène; il exprime la propriété qu'a ce fluide de brûler avec flamme, lorsqu'il y a concours d'Oxygène.

AIR MÉPHITIQUE.. Ancien nom, devenu vulgaire, de l'Acide carbonique. V. ce mot.

AIR PHLOGISTIQUÉ. C'est ainsi que l'on appela le Gaz hydrogène à l'époque de sa découverte, avant qu'une nomenclature philosophique eut entièrement remplacé l'ingénieux sysrème auquel Stahl dut avoir recours dans l'état où, de son temps, se trouvait la chimie dont il prépara la brillante époque. V. GAZ AZOTE.

AIR VITAL. C'est le premier nom qui fut imposé au Gaz oxygène, découvert en 1774 par Priestley. Condorcet l'employa dans les Mémoires de l'Académie. V. GAZ OXYGÉNE.(DR..Z.)

AÏRA. BOT. PHAN. V. CANCHE.

AIRAIN OU BRONZE, MIN. Alliage de Cuivre et d'Etaim dont les proportions varient suivant les usages. Pour les pièces d'artillerie M. Dussaussoy a prouvé, par de belles expériences faites en grand, que les proportions les plus convenables sont 100 p. de Cuivre et 11 d'Etaim. Les armes et les outils en Bronze, dont se servaient

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les anciens, contenaient 100 de Cuivre et 14à 15 d'Etaim; on leur donnait de la dureté au moyen de l'écrouissage et non par la trempe, qui rend au contraire les Bronzes malléables et fragiles. L'Airain sonore, dont on fabrique les cloches, est un alliage de 75 p. de Cuivre et de 25 d'Etaim. (DR..Z.)

AIRE. OIS. Nom donné aux nids des grands Oiseaux de proie. L'Aire de l'Aigle, construite sur les rocs les plus élevés, est soutenue par des morceaux de bois qui souvent n'ont pas moins de cinq ou six pieds; des mousses et des feuilles sèches en tapissent l'intérieur. On prétend y avoir trouvé jusqu'à des ossemens d'enfans, apportés par cet Oiseau pour la nourriture de ses Aiglons. On dit encore que les Aigles qui sont monogames ne changent jamais d'Aire, et que celle que chaque couple édifie, pour ses premières amours, demeure son lit conjugal pendant toute la vie des deux époux. (B.)

AIRELLE. V actinium, L. BOT. PHAN. Famille des Bruyères de Jussieu, Décandrie Monog nie, L. Dans ce genre l'ovaire est infère, à quatre ou cinq loges polyspermes, couronné par le limbe du calice qui présente quatre ou cinq dents; la corolle est monopatale, subcampanulée, à quatre ou cinq lobes réfléchi, à huit ou dix étamines incluses, dont les anthères allongées offrent deux loges et sont bifides à leur sommet, tantôt munies, tantôt dépourvues d'appendices en forme de cornes. Le fruit est une petite baie globuleuse, couronnée par le limbe du calice. Elle offre quàtre ou cinq loges polyspermes.— Les Airelles sont des Arbustes, trèsrarement des Arbrisseaux, à feuilles alternes ou éparses, ordinairement entières, et dont les fleurs sont axillaires ou en épis. — On connaît à peu près une quarantaine d'espèces de ce genre, toutes d'un port élégant; environ les deux tiers sont originaires des différentes contrées de l'Amérique septentrionale: les autres croissent dans l'Amérique méridionale, le Japon et l'Europe, Aucune espèce n'a encore été trouvée en Afrique.

Le Myrtille, Vaccinium Myrtillus, L., est un petit Arbuste rampant, très-commun dans les bois sombres des régions septentrionales de l'Europe. Ses baies sont noires, d'un goût aigrelet assez agréable; on les mange dans certaines provinces de l'Allemagne; elles teignent, pour quelques heures, les lèvres et les dents en violet foncé. (A.R.)

AIRES, BOT. PHAN. Syn. de Vaccinium Myrtillus, L. dans le midi de la France. F. AIRELLE. (B.)

* AIRI OU AYRI. BOT. PHAN. (Pison.) Espèce de Palmier épineux du Brésil, et qui peut être un Etaïs. ou un Bactris. V. ces mots. Thévet paraît désigner le même Arbre sous le nom d'Hairi. On dit que ses épines servent de clous aux naturels du pays, et qu'ils en arment leurs flèches. (B.)

AIRIS OU AIRISSOU. MAM. c'està-dire, hérissé. Syn. de Hérisson, dans le midi de la France. (B.)

AIRON-NIGRO ou plutôt AIROU-NIGROU. OIS. Syn. de l'Ibis fascineile, Tantalus fascinellus, L. Courlis vert, de Buffon. En Italie. V. IBIS. (DR..Z.)

AIRONE OU AIROUN. OIS. Syn. de Héron commun, Ardea major, L. en Italie. V. HÉRON. (DR...Z.)

AIROPSIS. BOT. PHAN. Famille des Graminées, Triandrie Digynie, L. Ce genre, proposé par Des vaux, renferme trois ou quatre espèces de Poa et de Canche, Aïra, qui s'éloignent de ces genres par les caractères suivans: la lépicène se compose de deux valves grandes et égales; la paillette inférieure de la glume est trifide; la supérieure est entière: le style est biparti. Les fleurs sont en panicule; les épillets sont biflores.

On doit rapporter entr'autres à ce genre le Poa agrostidea (D. C. Icon. gall. t. j), l' Aïra globosa de Thore, et l'AÏra involucrata de Gava-

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niliès. Ces trois Plantes, d'un port élégant, croissent en France, (A.R.)

* AISAMARA. BOT. PHAN. Syn. de Casuarine, dans l'île d'Amboine. (B.)

• AISELLE. BOT. PHAN. Variété de la Betterave, qui donne peu de sucre. V. BETTERAVE. (B.)

AISSELLE. Axilla. BOT. PHAN. On donne ce nom, en Botanique, à l'angle rentrant, formé par la réunion d'un rameau sur la tige ou d'une feuille sur le rameau; de là, l'épithète d'axillaires donnée aux organes situés à l'Aisselle des rameaux ou des feuilles. Ainsi, les fleurs de la Pervenche sont axillaires; tandis que celles des Solanum sont extra-axillaires, parce qu'elles naissent en-debors de l'Aisselle des feuilles. (A. R.)

AITACUPI. BOT. PHAN. Syn. péruvien de Tafalia. V. ce mot. (B.)

AITIOPIS. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. de Sauge, et conservé comme spécifique pour le Salvia Ætiopis, L. V. SAUGE. (B.)

AITONE. Aitonia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Méliacées, ainsi nommé du botaniste Aïton, auquel Linné fils Ta dédié. Il est caractérisé par un calice monosépale, à quatre divisions profondes, quatre pétales, huit étamines saillantes, dont tes filets se réunissent inférieurement en Un tube inséré sous l'ovaire; celuici, surmonté par un style filiforme que termine un stigmate obtus, devient, suivant Linné fils, une baie membraneuse, quadrangulaire, à une seule loge contenant plusieurs graines attachées à un réceptacle central, cylindrique. Quelquefois on trouve le nombre des divisions du calice ainsi que des pétales porté à cinq, et celui des étamines à dix.

On n'en connaît jusqu'ici qu'une seule espèce, l'Aitonia capensis, L. Sappl. Arbrisseau à feuilles rassemblées en faisceaux alternes, à fleurs solitaires, pédonculées et axillaires. On peut le voir figuré tab. 571 des lllustr, de Lamk ou tab. 159 des Dissert. de Cavanilles sur la Monadelpbie. (A. D. J.)

AIURU. OIS. (Margrav.) Syn. de Perroquet, au Brésil, où l'on nomme:

AIURU-APARA, le Crik à tête bleue de Buffon, Psittacus autumnalis, L.

AIURU-CATINGA, le Crik de Cayenne, Buff., Psittacus agilis, L.

AIURU-CUBAU, l'Aourou-Couraou, de Buffon, Psittacus œstivus, L.

AIURU-CURACA, la Perruche à tête bleue, Psittacus cyanochephalus, de Brisson. V. PERROQUET. (B.)

*AIVENOU. BOT. PHAN. (Commerson.) Syn. de Lawsonia, sur la côte de Coromandel. V. HENNÉ, (B.)

AIZOON. BOT. PHAN. Genre de la famille des Ficoïdes, le même que le Ficoïdea de Nissole, et que le Veslingia de Keister. Il est caractérisé par un calice monosépale, quinquéparti, persistant; l'absence de corolle, la pluralité des étamines, au nombre de quinze environ, disposées par groupes de trois dans les angles du calice; cinq styles; une capsule pentagone, à cinq loges, et s'ouvrant par autant de valves. On en compte environ dix espèces. Ce sont des Plantes grasses, originaires des pays chauds. L'une d'elles se trouve déjà en Espagne; leurs cendres donnent beaucoup de Potasse, et sont un objet de revenu à Lanzérotte, l'une des Canaries, (A. D. J.)

*AIZOPSIS. BOT. PHAN. Nom donné à la première section formée par De Candolle (Syst. végét. 11. p. 332) dans le genre Draba. Cette section contient onze espèces, et le Draba Aizoïdes en est le type. V. DRAVE.(B.)

*AIZZO. MAM. Syn. de Hérisson, en Italie. (B.)

AJACE OU AJACE-BOISSELIERE. OIS. V. AGASSE-CRUEULE.

AJACIS. BOT. PHAN. Espèce de Delphinium, dans la corolle duquel on a cru trouver écrit le nom d'Ajax. V. DELPHINELLE. (B.)

*AJAJA. OIS. V. AJAJA.

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AJAME.BOT. PHAN. Syn, d'lris versicolor y L. au Japon. (B.)

AJAR. MOLL. Nom donné par Adanson (Hist, natur. du Sénégal, p. 222) à une espèce de Cardite, la Cardite Ajar de Bruguière, chama antiquota, L. V. CARDITE. (F.)

* AJAROBA. POIS, V. AIEBEBA.

AJJCUBA. BOT. PHAN. (Prévost, Hist. gén. des Voyages.) Arbre indéterminé du Japon, dont le fruit est mangeable. (B.)

AJOLE. POIS. Espèce de Labre, Labrus cretensis, L. V. LABRE, (B.)

AJONC. Ulex, L. BOT. PHAN. Légumineuses de Jussieu; Diadelphie Décandrie, L. Ce genre est très-rap proché des Genets; son calice est à deux lèvres, la supérieure bidentée, l'inférieure à trois dents; sa corolle est papillionacée, et sa carène formée de deux pétales distincts; scs étamines sont diadelphes; sa gousse est renflée, courte, à une seule loge, et renferme un petit nombre de graines. Les Ajoncs sont des Arbustes très-rameux, dont les feuilles sont simples, roides, spinescentes, persistantes; les fleurs jaunes, axillaires, et formant des épis allongés à la partie supérieure des rameaux.

L'Ajonc ordinaire, Ulex europœus, L., que l'on désigne sous lés noms de Genet épineux, de Landier, de Joncmarin ou Jomarîn, etc., est trèscommun dans certaines provinces de la France, par exemple, entre Bordeaux et Bayonne; où il couvre une partie du sol; il y devient trèsgrand dans les vallons des dunes de sable mobile qu'il peut servir à fixer. Dans les parties septentrionales et occidentales de l'Espagne, en Galice particulièrement où il couvre de vastes espaces de terrain désert, on en fait des espèces de coupes régulières; et son bois, qui s'élève jusqu'à dix pieds, sert pour chauffer les fours. En Bretagne, en Normandie, il croît aussi très-abondamment. Ses jeunes pousses servent de nourriture et même de litière aux bestiaux; on y brûle aussi son bois qui est jaune, et apsezdur.

Il en existe une seconde espèce beaucoup plus petite dans toutes ses parties, Ulex nanus, Smith. Elle croît dans les bois aux enviions de Paris, et se mêle à la précédente dans toutes les landes du sud et de l'ouest de la France. Bory a retrouvé l'espèce du cap, Ulex capensis, L. dans l'île de St.-Hélène. (A.R.)

AJOU-HOU-HA. BOT. PHAN. Syn. d'Ocotea. V. ce mot. (B.)

AJOUVE. Ajovea. BOT. PHAN, Aublet a nommé ainsi un Arbre de la Guyane dunom d'Aïouvé que lui donnent les Caraïbes. Il le figure t. 120, et le décrit à peu près de la manière suivante: sa hauteur est de quatre à cinq pieds; son diamètre de six à sept pouces; ses feuilles sont alternes, lancéolées, toujours vertes; ses fleurs disposées en panicules, terminales ou axillaires, rougeâtres. En dedans d'un calice turbiné, divisé en six parties à son sommet, s'insèrent six étamines d'une structure assez singulière. Leur, filet, muni à sa base de deux corps glanduleux, poilus, s'élargit bientôt en un ovale que terminent supérieurement deux autres petites glandes concaves en dedans, convexes en dehors. Sur la face interne de cet élargissement du filet sont de petites bourses assez nombreuses, s'ouvrant de bas en haut par une valve, et répandant une poussière jaune; sur sa face externe sont deux longues cavités; le style est surmonté d'un stigmate à six divisions rayonnées. L'ovaire devient une baie noir âtre, ovoïde, contenant une noix fragile, monosperme.—Cette Plante est delà famille des La urinées; elle serait même congénère du Laurus, suivant Swartz, quoiqu'appartenant à l'Hexandrie Des auteurs varient, au reste, au sujet des étamines. Schreber, qui en fait son genre Douglassia, nommant les filets d'Aublet nectaires, et regar dant les bourses jaunâtres comme autant d'étamines, les range dans la Polyadelphie Polyandrie. Soopoli change

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le nom d'Ajovea en celui d'Ehrhardia, et admet (peut-être par une faute d'impression) dix étamines à anthères umiloculaires. (A.D.J.)

*AKÆMIBI. BOT. THAN. Syn. d'Anone réticulée, chez les Caraïbes. V. ANONE. (B.)

AKAIE-AROA. OIS. Espèce du genre Héorotaire de Vieillot (Ois. dorés, pl. 53), Certhia obscura, Lath., Gmel. Cet Oiseau habite les îles Sandwich. V. HÉOROTAIRJE. (DR.. Z.)

*AKAIRON. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. grec de Pelit-Houx. V. FRAGON. (B.)

AKARA-PUDA. BOT. PHAN. Syn. de Drosera indica, L. V. DROSERE. (B.)

*AKAKIA. BOT. PHAN.(Adanson.) Syn. d'Aeacia. V. ce mot. (B.)

AKANNI. BOT. PHAN. Nom qui, au Japon, paraît désigner diverses espèces de Rubiacées: telles que le Rubia cordifolia et le Galium rotundfolium. V. GARANCE et GAILLET. (B.)

*AKANOS. BOT. PHAN. Ancien nom employé par Théophraste, syn. d'Onoperdum, L., et qu'Adanson a conservé à ce genre, P. ONOPORDE. (B.)

AKANTICONE, AKANTICONITE OU ARENDALITE. Variété d'Epidote, d'Arendal en Norwège, d'un vertr-noirâtre donnant, par la trituration. ou l'a raclure, une poussière d'un jaune-verdâtré, comme le plumage de certains Serins Akanticone signifie Pierre de Serin V. ÉPLDOTE. (LUC.)

* AKASA. BOT. PHAN. Syn. de Chénopode blanc, Chenpodium album, L. au Japon. (B.)

*AKBAR. OIS. Syn. du Moineau, Fringilla domestica, L. en Arabie. (DR..Z.)

AK-DSHILAN. REPT. OPH. Syn. de Couleuvre Dione, en Russie. V. COULEUVRE.(B.)

AKECACOUA. BOT. PHAN. Syn. de Cocoloba uvifera. L. chez les Caraïbes., V. COOOLOBA. (B.)

AKEESIE. Akeesia. BOT. PHAN. Famille des Savoniers, Octandrie Monogynie, L. Genre établi par Tussac dans sa Flore des Antilles, pour un Arbre originaire d'Afrique, cultivé et naturalisé à la Jamaïque, où l'on mange ses fruits, et dont les caractères consistent dans un calice à cinq folioles, une corolle à cinq pétales unguiculés, un ovaire supérieur terminé par trois stigmates, et dans une capsule trigone a trois loges monospermes; les semences sont arillées. (B.)

AKEIRSER. OIS. Syn. du Tetrao Lagopus, L. au Groënland. V. TETRAS. (DR.Z.)

* AKÈNE. Akenium. BOT. PHAN. Espèce de fruit, établie par feu Richard, comprenant les fruits secs, monospermes, indéhiscens, dans lesquels le tégument propre de la graine est tout-à-fait distinct de la paroi interne du péricarpe. Cette espèce de fruit se rencontre particulièrement dans les Plantes de la famille des Synanthèrées, tels que lés Chardons, le grand Soleil, etc. La forme et même la grosseur de l'Akène sont èxtremement variables. Tantôt il est couronné à son sommet par une Aigrette, V. cemot; tantôt il est nud, ou simplement. terminé par un petit rebord membraneux. ll nous semble que c'est à cette: espèce de fruit que I on doit rapporter celui de l'Anacarde et de l'Acajou à pommes. (A. R.)

AKERA. MOLL. V. ACERES.

AKERLA. OU AKERLOE. OIS. Syn. du Pluvier doré en plùmage d'eté, Charadrius Apricarius, L. en Norwège. V. PLUVIER. (DR..Z.)

AKERRINE. OIS. Syn. de la Gallinule de Genet, Rallus Crex, L. en Norwège. V. GALLINULE. (DR..Z.)

AKIDE. Akis. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, d'abord établi par Herbst aux dépens des Pimélies qui, elles-mêmes, étaient un démembrement du grand genre Ténébirion de Linné, et augmenté depuis d'un grand nombre d'espèces par Fabricius. Ses caractères sont: antennes de onze articles, le troisième plus long que les autres; les trois derniers plus

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courts, presque globuleux; lâbre apparent; menton cachant la base des mâchoires; palpes filiformes; corselet cordiforme, aussi long ou plus long que large, rétréci et tronqué postérieurement, ordinairement échancré en devant; élytres soudées. — Par ces caractères, ce genre se distingue des Pimélies, des Blaps et surtout des Eurychores, avec lesquels il a les plus grands rapports. Il ne faut pas non plus le confondre, comme l'a fait Fabricius, avec les Tagénies et les Tentyries, dont il diffère réellement.—Duméril n'adopte pas ce genre et regarde toutes les espèces qu'il contient comme des Eurychores et des Pimélies. — Latreille, au contraire, le conserve dans toute son intégrité, et le range (Considér. génér.) dans la famille des Piméliairés. Ailleurs (Règne Animal) il le rapporte au grand genre Ténébrion de Linné, qui est placé dans la première grande famille des Hétéromères, celle des Melasomes.

Le même auteur admet trois divisions dans ce genre:

†. Corselet transversal, aussi large que l'abdomen, profondément échancré en devant; élytres formant un ovale carré et trèsobtus, ou arrondis postérieurement; telles sont: l'Alis planata de Fabricius, et la Pimelie grosse (d'OIivier, toutes deux étrangères à l'Europe.

††. Mêmes caractères, à l'exception du corselet, qui est aussi long ou presqu'aussi long que large; élytres terminées en pointes.—Ici, se rangent les Aktis spinosa, acuminata et reflexa de Fabricius, et ainsi que l'Akide plissée de Latreille ou l'Akis reflexa d'Herbst (Coléopt. VIII. T. 125 8), qui a nommé hispida, le vrai Akis reflexa de Fabricius (Coléopt. VIII. T. 126. 9). Ces deux espèces se trouvent fréquemment dans le midi de la France.

†††. Corselet plus étroit que l'abdomen, sans échancrure; tel est l'Akide collaire, Akis collaris de Fabricius, figurée par Herbst (ibid. t. 125. 3); elle se trouve dans le midi de la France méridionale, et diffère déjà beaucoup des précédentes, ainsi que l'observe Latreille. — Megerle s'est cru autorisé à en faire un genre nouveau, qu'il nomme Elenophorus.

Les habitudes des Akides ressemblent à celles de plusieurs Ténébrions; elles fuient, comme eux, la lumière. (AUD.)

AKIKI. OIS. Syn. vulgaire du Pipit Farlouse, Alauda pratensis, L. V. PIPIT. (DR..Z)

AKIS. INS. V. AKIDE.

*AKKIM-ALBO OU AKOIM. MAM. Syn. de Saiga, espèce d'Antilope. V. ce mot. (B.)

*AKKUSETON. BOT. PHAN. V. ADUSETON.

*AKNESTIS OU AKNESTOS. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. de Cnéorum. V. ce mot. (B.)

AKOIM. MAM. V. AKKIM-ALBO.

*AKOPON. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. d'Anagyris. (B.)

AKOUCHI. MAM. V. CABIAI.

*AKPA. OIS. (Othon Fabricius.) Svn. du petit Pingouin, Alca Pica, L. chez les Groënlandais. V. PINGOUIN. (DR..Z.)

AKPALIK. OIS. Syn. du Guillemot nain, Alca Alie, L. au Groenland. F. GUILLEMOT. (DR..Z.)

*AKULONION. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. de Lychnis. (B.)

*AKURON. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. d'Alisma. V. ce mot. (B.)

*AKWA BOT. PHAN. Syn. japonais de Concombre cultivé. (B.)

*AL. POIS. Syn. d'Anguille commune, en Suède. (B.)

ALA OU ALER. OIS. Syn. d'Anas acuta. V. CANARD. (B.)

ALABANDlNE. Alabandinus. MIN. (Pline.) Pierre précieuse d'un rouge foncé, et dure, que les anciens tiraient des mines d'Alabanda dans l'Asie mineure. On ne peut déterminer exactement, d'après les vagues descriptions qui nous en sont parvenues, ce que c était que cette gemme qui nous parait devoir être une espèce de Grenat; on l'a aussi appelée Almandine. (B.)

ALABASTRITE, MIN. Nom donné par les anciens à différentes variétés

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d'Albâtre, soit calcaire, soit gypseux, dont ils fabriquaient des vases difficiles à saisir, parce qu'ils n'avaient point d'anses. V. ALBÂTRE GYPSEUX. (LUC.)

ALABE. POIS. (Athenee.) Syn. de Silure Anguillard. V. SILURE, (B.)

ALABES. POIS. Petite espèce anguiforme de l'ordre des Malacoptèrygiens apodes? originaire des mers de l'Inde, et dont Cuvier (Règne Animal, T. II. p. 235) a formé un genre placé après les Synbranches, avec lesquels il a beaucoup de rapport; comme ceux-ci, les Alabès n'ont d'organe respiratoire extérieur, qu'un seul trou percé sous la gorge pour les ouvertures des branchies, et communiquant aux deux côtés, mais on leur voit des pectorales bien marquées entre lesquelles est un disque concave. On distingue au travers de la peau un petit opercule à trois rayons; les dents sont pointues; les intestins sont comme dans les Synbranches, c'est-à-dire, que l'estomac ne se distingue du canal intestinal, qui est tout droit, que par un peu plus d'ampleur et une valvule au pylore. On ne trouve point de cœcuin. (B.)

ALABUGA. POIS. Syn. tartare de Diptèrodon. V. ce mot. (B.)

ALACALIAOUA OU ALACALYONA. BOT. PHAN. Syn. de Corosolier, Anona, L. chez les Caraïbes, (B.)

*ALACAMITE du Dictionnaire des Sciences naturelles, V. ATACAMITE.

ALACDAGA, ALAKTAGA OU ALAK-DAAGHA. MAM. C'est-à-dire, Poulain varié, chez les Tartares, qui ont étendu ce uom au Mus Jaculus, Pall. espèce de Gerboise, à cause des couleurs de son pelage, V. GERBOISE. (B.)

*ALACHIL OU ASCHlL. BOT.PHAN. Syn. de Scille maritime, Scilla maritima, L. chez les Arabes. V. SCILLE.(B.)

ALACOALY. BOT. PHAN. Syn. caraïbe, de Bois Chandelle, qui n'est que la tige d'un Agave, V. BOIS CHANDELLE. (B.)

ALACU OU ALCACU. BOT. PHAN. Syn. caraïbe de Cassia glandulusa, L. V. CASSE. (B.)

ALADER. BOT. PHAN. Syn., en Languedoc, d'Alaterne eide Phillyrea. V. ces mots. (B.)

ALADY. BOT. PHAN.Syn. brame du Curcuma longa, L. V. CURCUMA, (B.)

ALAFIA. BOT. PHAN. Un Arbrisseau de Madagascar y reçoit des indigènes ce nom, que lui a conservé Aubert Du Petit-Thouars, qui en a fait un genre nouveau de la famille des Apocynées. Son calice est à cinq lobes; sa corolle tubuléc, Ventrue, divisée par le haut en cinq parties; il y a cinq étamines dont les anthères sont conniventes mais distinctes, et dont les filets courts présentent à leur sommet des appendices filiformes qui vont s'attacher au style sous le stigmate, qui est en tête. On n'est pas d'accord sur la nature de ces appendices, caractère distinctif du genre. Doit-on les comparer au pollen concrété des Asclépiades, et conséqucmment en rapprocher l'Alafia? Ou plutôt, comme le soupçonnait Richard père, ne résultentils pas de la couche glutineuse qui couvrait la face interne de la corolle, et que les anthères, en s'éloignant, ont entraînée et comme tirée en fil après elles? L'Alafia est un Arbrisseau grimpant et laiteux, couvert de fleurs nombreuses d'un rouge éclatant. On ne connaît pas encore son fruit. ((A. D. J.)

ALAGAO, ADGAO, ARAGO OU TANGAY. BOT. PHAN. (Camelli.) Arbustes des Philippines, regardes comme des Sureaux, mais qui paraissent appartenir au genre Premna. V. ce mot. (B.)

ALAG-DAAGHA OU ALAK-DAAGHA. MAM. V. ALACDAGA.

* ALAGI. BOT. PHAN. Même chose qu'Agul. V. ce mot. (B.)

ALAGUILAN. BOT. PHAN. (Sonnerat.) Syn. d'Uvaria odorant. V.. UVABIA.(B.)

ALAIPY. OIS. Syn. du Bruant de Neige, Emberiza nivalis, L., en Laponie. V. BRUANT,(DR.Z.)

ALAIS, ALEPS, ALÈTHES OU ALETTE, OIS. Espèce indéterminée

TOME I. 13

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d'Oisçau dè proie, qu'on emploie dans l'Inde pour la chasse au vol. (B.)

*ALALATA du Dictionnaire des Sciences naturelles, MOLL. V. ALATTA LATA. (B.)

ALALITE. MIN. Variété du Pyroxène blanc-verdâtre de la vallée d'Ala en Piémont, prise d'abord pour une nouvelle substance appelée Diopsidé, par Haüy. (LUC.)

ALALOUATTE OU ALAOUATTE. MAM. V. ALOUATE.

ALALUNGA, ALALOUGA OU ALOLONGA. POIS. Noms donnés, dans la Méditerranée, à une espèce de Scombre, du sous-genre Germon, Scomber Alalunga, L. V. SCOMBRE. (B.)

ALAMOTOU OU ALAMOUTOU. BOT. PHAN. et non Alamatou. (Flacourt.) Arbrisseau de Madagascar qui paraît être un Rhamnier fort voisin du Jujuba, ou bien un Flacurtia de L'Héritier. Son fruit est mangeable, (B.)

*ALAMOUTOU-ISSAYE. BOT. PHAN. (Flacourt.) Syn. de Ficus pirifolia, Lamk., chez les habitans de Madagascar. (B)

ALAN. MAM. Variété du Dogue. V. CHIEN. (A. D..NS.)

ALANGI OU ALANGUI. BOT. PHAN. Syn. d'Alangium, à la côte de Malabar. V. ALANGIUM. (B.)

ALANGIUM. BOT. PHAN. Ce genre, placé dans la famille des Myrtées, mais avec doute, à cause de là présence d'un périsperme, renferme de grands Arbres du Malabar, à feuilles alternes, aux aisselles desquelles sont les fleurs au nombre d'une à trois. Ces fleurs présentent un calice à six ou dix dents; autant de pétales linéaires; des étamines au nombre de dix ou douze, de vingt-trois, suivant) Wahl. Le fruit, est une baie, couronnée par les dents du calice, au-dessous desquelles, elle forme, en se rétrécissant, une sorte de pédicule; elle renferme, dans une pulpe succulente, une à trois graines enveloppées d'une coquille osseuse, dont l'embryon à lobes planes, à radicule ascendante, est logé dans un périsperme charnu, comme l'a montré Corréa (Ann. du Muséum, T. x. p. 161. t. 8. fig. 2).

Ce genre est l'Angolamia de Scopoil; c'est à lui que se rapportent l'Angolam et le Karar-Angolam, de l'Hortus Malabaricus, T. IV. t. 17 et 26, et peut-être aussi le Câtu-Naregam, du même ouvrage, même tome, t.13. L'Angolam de Rhéede ou Alangium decapetalum de Lamarck, n'est autre, suivant Wabl, que lé Grewia salvifolia, L. Suppl. (A.D. J.)

ALAPA OU ALAPAS. BOT. PHAN, Syn. languedocien d'Arctium Lappa, L. V. BARDANE. (B.)

ALAPI. OIS. (Buffon, pl. enl. 701. f. 2.) Espèce de Batara de l'Amérique méridionale, Turdus Alapi, Lath. (DR.. Z.)

ALAQUECA. MIN. Fer sulfuré, auquel on attribue au Bengale, selon l'ancienne Encyclopédie, la vertu d'arrêter le sang dans les hémorragies, (B.)

*ALARIE. Alaria. INTEST. Genre établi par Scbrank pour placer une espèce de Douve qui se trouve dans les intestins du Renard et du Loup. Elle se distingue des autres espèces par deux expansions membraneuses qui régnent des deux côtés de son corps. Quelque temps après, ce même auteur a rapporté son Alaria Vulpis au genre Festucaire, et l'a nommé Festucaria alat, mais à tort, puisque les Animaux du genre Festucaria, Monostoma de Zeder et de Rudolphi, n'ont qu'un seul pore, et que l'AIarie du Renard en offre deux bien visibles. — Nitzsch a fait un nouveau genre, sous le nom de Holostomum, de ce Vers et du Distoma excavatum. —Rudolphi n'a adopté aucun de ces deux genres, et a donné le nom de Distoma alatumk à l'Alarie de Scbrank. (LAM..X.)

ALAS. BOT. PHAN. V. s.

*ALASMIDES. Alasmidia. MOLL IVe sous-famille des Pédifères, V. ce mot, de Raffinesque (Monogr. des Coq. de l'Ohio, dans les Ann. gén. des sc. phys., tom. V, p. 317), à laquelle il donne pour caractères: coquille transverse, une dent primaire

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antérieure, point de dents lamellaires. — Cette sous-famille ne comprend que le genre Alasmidonte, V. ce mot, qui lui-même n'est composé que de trois espèces, intermédiaires entre les Mulettes et les Anodontes, et qu'il nous paraît difficile de séparer nettement des premières. (F.)

* ALASMIDONTE. Alasmidonta. MOLL. Genre unique de la sous-famille des Alasmides de Raffinesque, V. ce mot, institué par Say (Journ. de l'Acad. des sc. nat. de Philadel., vol. I. p. 459) et Nicholson's (Encyc. 3e édit., art. Conchol), sous le nom d'Alasmodonte. Say avait précédemment décrit une de ses espèces dans les premières éditions de l'Encyclopédie de Nicholson, en la laissant dans les Mulettes, sous le nom d'Unio undulata, mais proposant dès-lors d'en faire un nouveau genre, sous le nom de Monodon te, qu'il a abandonné depuis. En publiant définitivement ce nouveau genre, il en a décrit une seconde, l'Alasmodonta marginata. Raffinesque vient d'en faire connaître une troisième qui, avec les deux premières, compose jusqu'à présent tout le genre. Ne connaissant aucune de ces Coquilles, nous n'émettrons pas d'opinion positive sur la valeur de ce nouveau genre; nous nous bornerons à observer qu'elles ont les plus grands rapports avec les Mulettes, dont elles ne devront peut-être former qu'un sous-genre. Parmi celles-ci même, il en est qui manquent de dents ou lames latérales, et qu'on ne peut cependant séparer de leurs congénères. De ce nombre sont l'Unio varicosa de Lamarck, et l'Unio margaritifera de Linné, dont la lame latérale est tellement émoussée, même dans les jeunes individus, qu'elle est comme nulle. — Nous placerons ce nouveau genre, que nous adoptons provisoirement, entre les Mulettes et les Dipsas de Leach, dans la famille des Nayades, V. ce mot; et nous nous bornerons à extraire des ouvrages de Say et de Raffinesque la description des espèces qu'il renferme, et ses caractères génériques qui sont: coquille équivalve, inéquilatérale, transverse, ovale ou elliptique; axe extra-médial; trois impressions musculaires; ligament droit, imbriqué; charnière ayant une dent primaire antérieure sur chaque valve et point de dent lamellaire.

ALASMIDONTE MARGINÉE. Al. marginala, Say, lot. cit. et Raffinesque (dans les Annales Gén. des Sc. Phys. Monogr. T. v. p. 317.sp. 60) Ovale elliptique, en talus postérieurement, et à. rides obliques-obtuses; épidémie brun olivâtre, radié de vert et ridé en zones; nacre blanche bleuâtre; contours intérieurs blancs: dent simple, comprimée, oblique; long. moitié de la largeur; largeur 2 pouces 6 ligues. Habite les Etats-Unis.

A. ONDULEE. A. unduiata, Say, Nicholson's (Encjclop., tabl. 3, f. 5). Mince, convexe, subovale, verdâtre ou olivâtre; des rides obtuses concentriques; radiée de vert; sommets saillans, aigus, rapprochés, dépouillés, avec quatre ou cinq grosses rides obtuses, éloignées; d'un blanc bleuâtre à l'intérieur; dent épaisse: celle de la valve gauche crénelée, celle de la droite presque bifide; long. trois cinquièmes de pouce; larg. neuf dixièmes. Cette Coquille se trouve dans la Delaware et le Schuy tkill; elle est rare.

A. ACOTES. A, costata, Raffinesque, (Monogr., loc. cit. p. 318. pl. 82. f. 15 et 16). Test mince, elliptique, légèrement bombé, un peu sinueux antérieurement, ondulé et à larges côtes courbées postérieurement; épiderme presque lisse, olivâtre antérieurement, noir postérieurement; naere blanche, lavée d'incarnat; dent bilobée, comprimée, oblique, crénelée. Sa largeur est de près cinq pouces; elle habite la rivière de Kentuky. (F.)

*ALASMODONTE. Alasmodonta. MOLL. V. ALASMIDONTE.

*ALATA. MOLL. Nom latin donné à la quatrième classe des Cochlis composite, par Kiein (Ostract, p. 97), et dixième genre de Martini (Conchyl Cabin. T. III. p. 91), qui comprend (13

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les Strombes et les Ptèrocères. V, AILEES. (F.)

*ALATA LATA. MOLL. Genre sixième de la classe Alata de Klein (Ostrac. p. 100), qui comprend les Strombes à aile très-étendue et non digitée. V. AILEES. (F.)

ALATERNE. BOT. PHAN. Syn. de Rhamnus Alaternus. L. V. NERPRUN. (B.)

ALATIER. BOT. PHAN. Fruit de Viorne; dans quelques cantons de la France. (B.)

ALATION. Alatio. INS. Mot aujourd'hui inusité, et par lequel quelques entomologistes ont désigné les différentes configurations ou dispositions des Ailes par rapport au corps. V. AILES. (AUD.)

*ALATITES. Alatites. MOLL. FOSS. Walch (Die naturgeschichte veisteinerungen, etc.) a ainsi nommé les Fossiles appartenant à la classe Alata de Klein ou au genre de ce nom dans Martini. Schlotheim les appelle Strombites, Strombiten (die Petrefacten Kunde, etc. p. 153). V. STROMBE et PTÉROCERE, pour les espèces Fossiles de ces deux genres. (F.)

ALATLI. OIS. (Buffon.) Nom barbare formé par contraction d'Achalalactli, mot mexicain, V. ACHALALACTLI. (DR..Z.)

ALATUNGA. POIS. Même chose qu'Alalunga. V, ce mot. (B.)

* ALAUNITES. MIN. (Lamétherie.) Schistes qui contiennent de l'Alun ou desquels on en peut retirer. (B.)

ALAVETTE. OIS. Syn. de l'Alouette commune, Alauda arvensis, dans le midi de la France, V. ALOUETTE. (DR..Z.)

ALBACIGA, ALVAQILLA OU CULON. BOT. PHAN. Syn. au Chili de Psoraleaglandulosa. V. PSORALEA. Albaciga dérive de Vessie. (B.)

ALBACORE OU ALBICORE. POIS. Espèce de Scombre. V. ce mot. Les voyageurs ont appelé ainsi plusieurs autres Poissons au même genre, (B.)

ALBARA. INS. et BOT. PHAN. Syn. d'Abeille, chez les Arabes, et de Balisier, chez les Brésiliens. (B.)

*ALBARDEOLA. OIS. Syn. de Héron blanc, Ardea alba, L., et de Spatule, Platalea leucorodia, L. (B.)

*ALBARE. BOT. PHAN. Syn. de Peuplier, en quelques cantons d'Italie. (B.)

*ALBARELLE. BOT. CRYPT. (Champignons.) Espèce de Bolet qui paraît être le Boletus bovinus, L. et qu'on mange en ltalie. ll croît sur les troncs du Châtaignier et du Peuplier, d'où lui vient peut-être le nom vulgaire qu'il porte. (B.)

ALBATRE CALCAIRE ou proprement dit. MIN. La plupart des ouvrages d'Albâtre, que nous ont laissés les anciens, appartiennent à l'Albâtre calcaire, qui n'est qu'une variété de la Chaux carbonatée concrétionnée. V. ce mot. Il est rarement blane, et le plus souvent de couleur jaunâtre, ou tirant sur le rouge, et veiné de blanchâtre. L'expression de blanc comme neige, pour caractériser cette substance, s'applique mieux à l'Albâtre gypseux qui est ordinairement de cette couleur.

On distingue différentes sortes d'Albâtre, selon que ses couleurs sont plus ou moins vives, et qu'il est susceptible d'un plus beau poli; il y en a d'oriental, de fleuri, d'Onyx, etc. Les artistes anciens ont tiré d'Egypte celui qu'ils employaient; mais il s en trouve également en Espagne, en Sardaigne et en France. Celui qui a été trouvé à Montmartre, près de Paris, est d'un beau jaune de miel, tirant au brun. V. CHAUX CARBONATÉE CONCRÉTIONNÉE.(LUC.)

ALBATRE GYPSEUX. MIN. C'est l'Albâtre que l'on travaille aujourd'hui le plus communément, l'Alabastrite des anciens. V. ce mot. Celui de Volterra, en Toscane, est particulièrement remarquable par la finesse de son grain et sa belle couleur blanche, jointe à un certain degré de translucidité. L'on en

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fabrique des vases, des figures et même des statues d'une assez grande proportion. IL en existe plusieurs dépôts a Paris, et dans d'autres grandes villes de l'Europe. Il a sur l'Albâtre calcaire l'avantage de ne pas être atlaqué par les Acides; mais il n'a pas sa dureté et son vif éclat. V. CHAUX SULFATÉE COMPACTE. (LUC.)

ALBATROS. Diomedea. OIS. Genre de l'ordre des Palmipèdes; ses caractères sont: un bec très-fort, long, dur, tranchant, comprimé sur les côtés, droit, subitement courbé; la mandibule supérieure paraissant composée de plusieurs pièces articulées, sillonnée sur les côtés, très-crochue à sa pointe; l'inférieure lisse, tronquée; narines latérales, placées en forme de petits rouleaux dans le sillon de la mandibule, ouvertes en devant; des pieds courts; trois doigts très-longs, entièrement palmés; les latéraux bordés par un prolongement de la membrane; ongles obtus, courts; ailes très-longues, trèsétroites; rémiges courtes; les secondaires les plus longues.

Les Albatros habitent les mers australes et leurs côtes; quoique d'une corpulence, dont aucun autre Oiseau aquatique n'approche, ils parcourent avec beaucoup de promptitude de très-grandes distances, et effleurent avec beaucoup de légèreté la surface des ondes pour saisir le Poisson qui s'y montre et qu'ils savent apercevoir de très-loin, lisse nourrissent également de tousles autres Animaux marins, qu'ils avalent avec une extrême gloutonnerie. Lorsqu'ils se sentent fatigués de leurs excursions démesurées, ils se perchent sur les agrès des bâtimens qu'ils, rencontrent, ou se reposent sur l'eau ou souvent ils s'endorment. Leur voix est forte, criarde et désagréable; ils s'apparient vers la fin de septembre, et s'occupent aussitôt de construire, avec de l'argile, un nid large et élevé de quelques pieds au-dessus de la rive déserte qu'ils ont choisie, et la femelle y pond, en assez grand nombre, des œufs blancs, tachés de noir vers le gros bout, de quatre pouces et demi dans leur plus grand diamètre. Il est à regretter que la chair de ces Oiseaux, que la taile a fait comparer à un Mouton, soit dure et de mauvais goût; elle eût été une ressource précieuse pour les navigateurs entre les Tropiques où les Albatros sont très-communs.

Parmi les trois espèces bien déterminées d'Albatros, qui sont: l'Albatros de la Chine ou gris brun, Diomedea fuliginosa, Lath. Buff. pl. enlum. 963; l'Albatros à bec jaune et noir, Diomedea chlororhynchos, Lath.; et l'Albatros commun, Diomedea exulans, L. Lath. Diomedea padicea, Lath, (variété, jeune âge) Buff. pl. eulum. 237, le dernier est celui que l'on rencontre très-fréquemment dans les parages de l'Afrique méridionale ou les marins, à cause de sa grosseur et de sa couleur, l'ont appelé Mouton du Cap: nom conservé par la plupart des voyageurs. L'Albatros ordinaire est long de trois à quatre pieds; le sommet de la tête est d'un gris roussâtre; le reste du plumage est blanc, à l'exception de plusieurs hachures transversales noires sur le dos, et les plumes scapulaires des petites tectrices alaires, des rémiges secondaires et de l'extrémité des rectrices qui sont aussi noires. Les pieds et leur membrane sont de couleur de chair foncée; le bec est d'un jaune fort pâle; sa chair est dure et de mauvais goût. (DR..Z.)

ALBÈLE, ALBELEN OU ALBULEN. POIS. (Gesner.) Syn. de Lavaret, de Truites et de Saumons dans quelques parties de l'Allemagne, (B.)

*ALBEN. MIN. (Petzl, mem. de l'Académie de Munich. T. 1.) Nom donné à un tuf calcaire incrustant et de formation récente, dont on rencontre des couches considérables près d'Erding en Bavière. (LUC.)

ALBÉOGE. MOL. Espèce de Seiche, selon le Dictionnaire de Déterville. Le Dictionnaire des Sciences naturelles écrit Albioge. Aucune indication ne faisant connaître l'origine de cette dénomination, nous ne pouvons er

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dire davantage, assigner la véritable orthographe de ce mot, ni dire à quelle espèce il convient. (F.)

ALBERAG OU ALBERAS. BOT. PHAN. Syn, arabe de Staphysaigre. V. ce mot. (B.)

ALBERÈSE. GEOL. Pierre de Florence, ou marbre ruiniforme. V. CHAUX CARBONATEE. (LUC.)

ALBERGAINE, ALBERGAME OU ALBERGINE. BOT. PHAN. V. AUBERGINE.

ALBERGAME DE MER. ZOOPH. Rondelet donne ce nom à un Zoophyte que plusieurs auteurs regardent Comme une Vérétille; Bosc en fait une Holothurie; nous croyons devoir le considérer, à cause de sa forme et des étoiles allongées qui le couvrent, comme une Polyclinée de la division des Polypiers sarcoïdes. (LAM..X.)

ALBERGE. BOT. PHAN. Variété précoce de Pêcher et d'Abricotier; les fruits de ces Arbres sont fort estimés. (B.)

*ALBERICOQUE ET ALBRICOQUE. BOT. PHAN. Syn. d'Abricotier, on Espagne et en Portugal. (B.)

*ALBERINI. BOT. CRYPT. (Champignons.) On désigne par ce nom, en Italie, divers Champignons mangeables et qui se vendent dans les marchés de Florence. Ils croissent, dit-on, sur les vieux troncs de Peupliers et ne sont peut-être que ce qu'on appelle aussi Albavellê. V. ce mot. (B.)

*ALBERTINIE. Albertinia. BOT. PHAN. Sprengel, dans le second volume de ses nouvelles découvertes en botanique, a proposé ce genre nouveau, qu'il a ainsi nommé en l'honneur de J.-B. de Albertini, profond mycologiste. Ce genre, qui fait partie de la famille des, Synanthèrées, section des Eupatoriêes et de la Syngénésie Polygamie égale, renferme un Arbuste, Albertinia brasiliensis, Sprengel, origirnaire du Brésil, qui offre les caractères suivans: ses radeaux sont cylindriques, étalés, tomenteux; ses feuilles pétiolées, alternes, oblongues, rudes sur leur face supérieure, hispides inférieurement, amincies en pointe à leurs deux extrémités; les fleurs ou capitules forment un corymbe à la partie supérieure des rameaux; l'involucre est Hémisphérique, monophylle, tomenteux, formé d'un double rang d'écailles réfléchies, mais soudées inférieurement; le phoranthe est chargé de poils roux; tous les fleurons sont hermaphrodites, fertiles, à cinq divisions: l'aigrette est rousse et soyeuse.

Le silence de l'auteur, sur la structure des étamines, du style et du stigmate, ne nous permet pas de juger nettement des rapports naturels de ce genre.(A.R.)

* ALBIN OU ALBINE. MIN. Substance minérale d'une belle couleur blanche, d'où lui est venu son nom, et qui a été trouvée à Marienberg, près d'Eaussig en Bohème, dans les cavités d'une Phonoiithe (Klingstein des Allemands). Haüy s'est assuré que les cristaux de ce Minéral présentaient les caractères et avaient la même forme que celle de la variété de Mésotype, qu'il a nommée Epointée, et qu'ils doivent être, ainsi que ces derniers, rapportés à l'espèce de I'APOPHYLLITE.

Ce sont des prismes droits à quatre faces, terminés par des pyramides épointées d'un même nombre de côtés, et dont les faces prennent naissance sur les arêtes au prisme, V. APOPHYLLITE. (LUC.)

ALBINOS, MAM. Nom, venu de l'espagnol, donné à des hommes à peau d'un blanc mat, à cheveux, sourcils, cils et autres poils blancs; à pupille rose, et ne pouvant supporter une lumière éclatante; on les nomme aussi Chacrelas, Dondos et Bedos. V. HOMME. Cette couleur d'un blanc blafard de la peau et des poils, est une existence maladive de toute l'économie, qui se peint surtout sur le derme et ses dépendances, et qui très-souvent est transmissible de générations en générations; ce qui

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l'a fait regarder, à tort, comme le caractère aune race distincte. Certains Mammifères, le plus communément parmi les Souris, les Martes, le Lièvre, le Lapin, ainsi que plusieurs Oiseaux, tels que des Corbeaux, des Merles, des Choucas et une infinité d'autres, offrent cette altération momentanément ou pendant toute leur vie (PR. D.)

*ALBINUM. BOT. PHAN. Syn. d'Athanase maritime, Athanasia maritima, L. chez les Romains. (B.)

ALBIOGE. MOLL. V. ALBEOGE.

*ALBITE. MIN. Ce minéral, que nous ne connaissons que depuis peu d'années, est de couleur blanche et à tissu lamelleux ou plutôt écailleux et quelquefois fibreux; il y en a aussi d'incarnat; on le trouve en Finlande avec certaines variétés d'Emeraude, le Pyrophysalite, le Mica et l'Orthite; la plupart de ses caractères conviennent au Feldspath; il fond comme lui, mais au heu de Potasse, il renferme de la Soude, comme Arfwidson, savant élève du célèbre Berzelius, s'en est assuré par l'analyse.

Sa pesanteur spécifique est 2, 410. C'est avec le Feldspath qu'il faudra le comparer. (LUC.)

ALBORO. POIS. Syn. de Pagel, parmi les pêcheurs vénitiens. (B.)

ALBOTIN. BOT. PHAN. Syn. de Térébinthe, chez les Arabes. (B.)

ALBOUCOR. BOT. PHAN. (Daléchamp.) Liqueur parfumée, que les Arabes obtiennent par incision de l'Arbre qui produit l'Encens, V, ce mot. (B.)

ALBOUR OU AUBOUR.BOT.PHAN. Syn. de faux Ebénier, Cytisus Laburnum, L. V. CYTISE. (B.)

*ALBRAKIM. BOT. PHAN. (Mésué.) Syn. de Genet. (B.)

ALBRAND, ALEBRENT OU HALEBRAND. OIS. Nom du jeune Canard sauvage. (DR..Z.)

ALBUCA, L, BOT. PHAN. Asphodelées de Jussiéu, Hexandrie Monogynie, L. Ce genre a du rapport avec les Ornithogales et les Scilles; il offre un calice composé de six sépales distincts, dont trois inférieurs sont dressés et connivens, renflés et plus épais au sommet, tandis que les trois extérieurs sont étalés; les étamines, au nombre de six, sont très-rarement toutes fertiles; ordinairement il n'y a que les trois filets opposés aux divisions inférieures, qui portent des anthères. Le style est triangulaire, élargi vers son sommet qui se termine par trois points; la capsule est à trois loges et renferme des graines planes.

Les espèces du genre Albuca sont toutes originaires du cap de Bonne-Espérance. Ce sont des riantes bulbeuses, vivaces, dont les fleurs sont disposées en épi, à la partie supérieure d'une hampe nue.

Plusieurs espèces sont cultivées dans nos serres. (A.R.)

ALBULE. Albula, et Albulus. POIS, ET MOLL. Nom donné comme spécifique à des Poissons de divers genres, tels que Salmo Albula et Mugil Albula; au Lavaret par Willughby, à l'Able par Belon, etc. Il paraît venir de la couleur blanche métallique qui particularise ces Animaux, V. ABLE, MUGIL et SAUMON. —Ce nom d'Alobule désigne aussi une petite Coquille du genre Turbo qui habite les profondeurs de la mer du Groënland (O. Fabr. Faun. groënl. n° 392). (B.)

*ALBUMEN. ZOOL. Nom latin, devenu français, du blanc d'œuf, V. ALBUMINE. (DR..Z.)

*ALBUMEN, BOT. Gaertner appelle ainsi le corps, de nature très-variée, que l'on trouve dans l'intérieur de certaines graines où il accompagne l'embryon. Jussieu l'a nommé Périsperme, feu Richard lui a donné le nom d'Endosperme. V. ce mot. (A. R.)

*ALBUMINE. ZOOL. Substance particulière, presque généralement disséminée dans toutes les parties des Animaux; elle abonde dans toutes les humeurs, dans le sang, la synovie; dissoute dans l'eau et unite à quelques matières

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salines, elle constitue le blanc d'œuf qui enveloppe la nratière jaune destinée à la nourriture de l'embryon, lequel doit provenir du développement du germe, après les circonstances favorables à la fécondation. L'Albumine séparée de l'eau, à laquelle elle était naturellement unie, ne s'y redissout plus; elle est alors sous forme de flocons bleus, insipides, inodores; l'Albumine. du blanc d'œuf, exposée à l'action de la chaleur, se durcit, devient opaque et forme plusieurs couches concentriques autour du jaune, lorsque tous deux ont été cuits dans la coquille; exposée à une plus forte chaleur, elle se décompose et donne environ 52, 5 de Carbone, 23, 5 d'Oxygène, 7, 5 d'Hydrogène, 15, 7 d'Azote et 1 de Soufre. L'Albumine est employée dans quelques arts pour donner des vernis légers, pour clarifier des liquides visqueux; et dans l'économie de la nature, on prétend que l'Albumine concourt à la nourriture de l'embryon lorsque le jaune est tout-à-fait épuisé: peut-être aussi no sert-elle, comme dans toutes les autres parties internes, qu'à lubrifier les organes solides et favoriser leur développement progressif; ce qu'il y a de bien certain, c'est qu'elle estabsorbée; mais l'est-elle par évaporation ou par assimilation ? c'est encore une question à résoudre. (DR..Z.)

ALBUNEE. ALBÙNEA. CRUST. Genre de Crustacés, de l'ordre des Décapodes, établi par Fabricius, et rangé par lui, avec les Exochnates qui répondent à la fâmille des Décapodes macroures du Règne Animal. Latreille (Consid. gén.) le place dans la famille des Paguriens. Ses caractères sont: pates antérieures finissant en une serre triangulaire avec un doigt immobile trèscourt; celles de la seconde paire et les deux suivantes terminées par une lame eu forme de faulx; les deux derniers pieds filiformes, repliés; antennes internes beaucoup plus longues que les externes; pédoncules des.yeux squammiformes contigus sur le milieu du front. — La forme du test, qui est ovale, légèrement convexe, tronqué antérieurement, et un peu plus étroit en arrière, n'établit pas une différence bien tranchée, entre les Albunées et les Hippes qui les avoisinent. Le caractère distinctif le plus important est l'existence du doigt qu'on ne rencontre plus à la première paire de pates de ces derniers. —Fabricius avait placé, dans ce genre, plusieurs Crustacés qu'on en a distingués depuis. Ceux qui, suivant Latreille, le composent aujourd'hui, se réduisent à deux seules espèces: L'Albunée Symniste, Albunea Symnista, Fabr. (Suppl. p. 397), ou le Cancer Symnista de Linné. Elle est figurée par Herbst (tab. 22. fig. 2.); on la trouve dans la mer des Indes. — La seconde espèce est l'Albunée écusson, Albunea scutellata, Fabr. (Suppl.). Sa patrie est inconnue. Les autres espèces du genre Albunea de Fabricius se rapportent aux genres Ranine et Coryste. V. ces mots. (AUD.)

*ALBURE, qui se prononce Alboure. POIS. Syn. espagnol de Vaudoise ou Vandoise, espèce d'Able. V. ce mot. (B.)

ALBURNE. Alburnus ou Alburnum. POIS, ET POLYP. Nom donné, comme spécifique, à deux Poissons de genre différent, Perca Alburnus, L. et a l'Able, Cyptinus Alburnus, L. Il désigne aussi un Alcyon des mers de l'lnde, que sa blancheur rend remarquable. V. CENTROPOME, ABLE ET ALCYON. (B.)

*ALCACAS. BOT. PHAN. Syn. de Réglisse, chez les Portugais. (B.)

ALCACU. BOT. PHAN, V. ALACU.

ALCALI, MIN. V. ALKALI.

ALCANA OU ALCANNA, BOT. PHAN. Les Arabes désignent sous ce nom plusieurs Végétaux, dont certaines parties sont employées dans la teinture, telles que le Henné, Lawsonia inermis, L.; le Filaria, Phillyrea angustifolia, L., et l'Orcanette,

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Anchusa tinctoria, L. V. HENNÉ, PHILLYBEA et BUGLOSE. (B.)

*ALCANABIR. OIS. Syn. de l'Alouette Cochevis, Alauda cristata, L. en Syrie. V. ALOUETTE. (DR..Z.)

*ALCAPARRA. BOT. PHAN. Syn. arabe de Câprier ordinaire, demeuré le nom espagnol et portugais du même Végétal. (B.)

ALCARAD OU ALCHARAD. BOT. PHAN. (Prosper Alpin.) Espèce d'Acacic d'Egypte, qui pourrait bien être le Mimosa Senegal., L. ou le Mimosa nilotica, L., que Forskahl désigne sous le nom de Karad qui n'est que le même mot dépouillé du pronom al, le. (B.)

*ALCARDEG. BOT. PHAN. Syn. arabe de Gundélia. V. ce mot. (B.)

*ALCARON. ARACHN. (Dapper.) Syn. de Scorpion africain. (B.)

*ALCAROVIA. BOT. PHAN. Syn. arabe de Carvi, demeuré le nom espagnol et portugais de cette Ombellilère. V. CARUM. (B.)

ALCATRAZ, OIS. (Faber.) Syn. du Pélican à bec dentelé, Pelecanus Thagus, Gmel. au Mexique. Hernandez donne sous ce nom le Pélican ordinaire, Pelecanus Onocrotalus, L., et d'autres auteurs le petit Cormoran, Pelecanus Graculus, L. (DR..Z.)

*ALCAVIAK. OIS. Même chose que Accaviac. V. ce mot. (B.)

ALCE OU ALCES. MAM. Vieux noms de l'Elan, V. ce mot. (B.)

ALCEE. Alcœa, L. BOT. PHAN. Genre de Plantes de la famille des Malvacées, Monadelphie Polyandrie, L., que, d'après Cavanilles, Jussieu a réuni avec raison au genre Althæa de Linné. V. GUIMAUVE. (A. R.)

ALCELAPHE. Nom donné par Blainville à son IVe sous-genre des Antilopes, V. ce mot. (B.)

ALCHACHENGE. BOT. PHAN. D'ou Alkekenge des Arabes. Vieux nom du Cardiospermum Halicacabum, L., et du Physalis Alkekengi, L. V. CARDIOSPEKMUM et PHYSALIS,. (B.)

ALCHAMECH. BOT. CRYPT. Syn. arabe de Truffe. (B.)

ALCHARAD. BOT. PHAN. V. ALCARAD.

ALCHAT. BOT. PHAN. L'un des syn. de Pastel, Isatis tinctoria, L., chez les Arabes. Ce nom s'est perpétué dans quelques parties de l'Espagne. (B.)

ALCHATA OU ALFIJACHAT, OIS. Syn. arabe d'un Oiseau que Buffon rapporte à l'OEnas, Columba (Enas, L. (DR..Z.)

ALCHIMELEGH. BOT. PHAN. (Prosper Alpin.) Syn. d'une espèce deFénugrec, Trigonella hamosa, L., en Egypte. (B.)

ALCHIMILLE. Alchemilla. BOT. PHAN. Vulgairement Pied de Lion. Genre de la famille des Rosacées, de la section des Agrimoniées, Tétrandrie Monogynie, L. Le calice est tubuleux; son limbe ouvert, à huit découpures, dont quatre extérieures, plus petites, alternant avec quatre internes; la corolle manque; les étamines, au nombre de quatre, sont trèscourtes; l'ovaire est solitaire, et de sa base part latéralement le style que termine un seul stigmate; le calice persistant le recouvre à la maturité.

On en a décrit six espèces. Deux sont exotiques; quatre croissent dans les terrains montagneux de l'Europe. Ce sont des Herbes, à fleurs verdâtres en général, et disposées en corymbes terminaux et axillaires. Leurs feuilles palmées ou digitées sont trèsélégantes, soyeuses et argentées en dessous dans I'Alchemilla alpina, qui du sommet des plus hautes montagnes est descendue dans nos jardins de botanique ou elle prospère; ces feuilles sont divisées jusqu'au milieu dans l'Avulgaris, très-fréquente dans certains pâturages; et jusqu'au pétiole dans l'Apentaphylla. (A. D. J.)

ALCHIMINIER. BOT. PHAN. Vieux nom français du Néflier. (B.)

* ALCHIMISTE. INS. Nom vulgaire, employé par Géoffroy, pour désigner

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un Lépidoptère, Noctua leu cornel a. V. NOCTUELLE. (AUD.)

ALCHORNÉE. Alchornea. BOT. PHAN.On nomme ainsi une Plante dioïque qu'on a placée dans la famille des Êuphorbiacées. Ses fleurs mâles ont un calice à trois ou cinq divisions et huit étamines dont les filets sont réunis inferieurement; les femelles, un calice à trois ou cinq dents, un ovaire didyme, un style court, divisé en deux ou trois parties, autant de stigmates très-longs. La capsule est pisiforme, a deux ou trois coques monospermes, et se sépare en autant de valves.

On en connaît une seule espèce, originaire des hautes montagnes de la Jamaïque, l'Alchornea latifolia de Swartz. C'est un Arbre de vingt pieds d'élévation environ; ses feuilles sont alternes; ses fleurs axillaires et terminales, les mâles en plus grande quantité, ramassées en groupes alternes, les femelles disposées en grappes. Le nombre ternaire des diverses parties de la fructification est celui qui se rencontre le plus rarement. (A. D. J.)

ALCIBIADIUM OU ALCIBION. BOT. PHAN. Syn. d'Echium vulgare, L. V. VIPERINE. (B.)

* ALCFDE. INS. Espèce de Géotrupe de Fabricius. V. ce mot. (AUD.)

ALCINE. Alcina. BOT. PHAN. Genre formé par Cavanilles pour une, Plante mexicaine de la famille des Corymbifères (tab. 15 de ses Icones), et qu'il a nommé Alcina perfoliata. Suivaut Willdenow, elle est congénère du Wedelia, V. ce mot, quoique son aigrette ne soit qu'à quatre dents. (A. D.J.)

ALCION. OIS. V. ALCYONS.

ALCK, ALKA OU ALKER. OIS. Syn. du Pingouin, Alca Torla, L., en Norwège. V. PINGOUIN. (DR..Z)

ALCO. MAM. Nom que donnaient une race de chiens domestiques, dont la tête était fort petite, les anciens américains, quand les espagnols firent la découverte de leur continent. on ne sait point si cette raoe s'est perpétuée, ou si son mélange avec les races venues d'europe ne la point fait disparatre. (B.)

ALCOHOL. Produit de la fermentation à laquelle peuvent être soumises toutes les substances végétales qui contiennent du sucre ou de la matière sucrée. Les conditions indispensables pour établir la fermentation alcoholique sont: 1° la présence d'un ferment quelconque; 2° celle de l'Eau dans les proportions des quatre cinquièmes environ; 3° une élévation de température de 20 à 25 degrés. Cent parties de sucre, par exemple, mêlées a douze ou quinze parties de ferment frais et délayées dans quatre cents parties d'Eau, ne tarderont pas à entrer en fermentation; de petites bulles d'Air se formeront à la surface du ferment, traverseront la masse du liquide, en entraînant avec elles des atomes de ce ferment, et viendront crever au contact de l'Air, en y laissant une écume dont la couche s'épaissira insensiblement. La fermentation, très-vive dans les dix ou douze premières heures, se ralentira ensuite, et sera totalement apaisée au bout de quelques jours. La liqueur se clarifiera, et on en obtiendra par la distillation environ quatre-vingts parties d'Alcohol. Il est très-probable que dans cette opération le ferment, qui est très-avide d'Alcohol, rompt l'équilibre des principes constituans du sucre, s'empare de l'Oxygène, se transforme en Acide carbonique, tandis que l'Hydrogène et le Carbone, restés plus intimement combinés entre eux, constituent le corps nouveau qui est l'Alcohol. ‘— On opère la fabrication en grand de l'Alcohol en soumettant à un mode de fermentation, à peu près semblable à celui qui vient d'etre décrit, le sucre naturellement contenu dans certains fruits à l'époque de leur maturation; alors le mélange d'Eau et de ferment est tout fait, l'on n'a plus besoin que du secours de la chaleur. —On fait aussi concourir à une opération semblable la fécule amilacée des graines céréales ou des raci-

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és tubéreuses, que l'on a précédemment convertie en matière sucrée par une germination forcée au par la cuisson; on forme le mélange avec le ferment et l'Eau, dont les proportions doivent être plus élevées que pour le sucre; on l'abandonne à la fermentation, puis on distille.

L'Alcohol est liquide, transparent, sapide, âcre, odorant, volatil; il entre en ébullition au cinquante-huitième degré de Réaumur; il s'enflamme très-facilement, et brûle en produisant de l'Eau par la combinaison de son Hydrogène avec l'Oxygène de l'Air, et de l'Acide carbonique par une autre combinaison de son Carbone avec ce même Oxygène. Il dissout certaines substances acides ou salines, et en respecte rigoureusement d'autres, ce qui en fait un bon réactif en chimie; il dissout aussi les matières résineuses, les baumes, les essences, etc.

L'Alcohol obtenu du sucre et coupé d'environ moitié de son volume d'Eau porte le nom de Rhum; celui obtenu au Raisin, également délayé, s'appelle Eau-de-vie; celui que l'on tire du grain, et que l'on aromatise avec la baie de Genièvre, a conservé ce dernier nom; ceux obtenus du Riz, du Lait, etc., se nomment Rack, Koumiss, etc. A ces liqueurs, dont on fait un grand usage dans l'économie domestique, viennent se joindre les boissons journalières, qui toutes contiennent de l'Acohol uni à diverses matières extractives et aromatiques, et délayées dans une grande masse d'Eau; tels sont le Vin, le Cidre, la Bière, V. ces mots.(DR..Z.)

ALCORNOQUE. BOT. PHAN. Nom espagnol du Liège, Quercus Suber, L. On a aussi appelé Alcornoque, à cause d'une sorte de ressemblance grossière, l'écorce d'un Arbre de la Guyane encore indéterminé, qui passe pour être d'un excellent usage dans les phthisies pulmonaires, et qu'on croit appartenir à une Apocynée ou à quelque espèce du genre Alcbornea de Swartz. V. AUCHORNÉE, dans la famille des Euphorbiacées. De telles affinités indiqueraient bien moins un Arbre salutaire qu'un Végétal malfaisant. (B.)

* ALCUBIGI. OIS. (Gesner.) Syn. de l'Alouette Cochevis, Alauda cristata, L. V. ALOUETTE. (DR..Z.)

ALCYON. Alcyonium. POLYP. Genre de l'ordre auquel il a donné son nom. V. ALCYONEES, dans la division des Polypiers sarcoïdes. —Pallas est un des premiers naturalistes qui se soit occupé de l'étude des Alcyons; Bruguière a en partie Iraduit Pallas, et Bosc a copié Bruguière. Ellis, Olivi, Forskahl, Müller, Schlosser, Gærtner, Lamarck, De France, etc., ont fait d'excellentes observations sur ces Animaux; celles du docteur Spix ne se rapportent en rien à ce que la nature nous présente. Desmarest et Le Sueur ont étudié les Polypes de quelques espèces et les ont classés parmi des Ascidies agrégées. C'est à Savigny que l'on doit ce que nous savons de plus précis sur l'organisation des Alcyons; il les a considérés comme des Téthyes composées et les a divisés en plusieurs genres adoptés par Cuvier et Lamarck, etc. Ayant observé les Animaux de beaucoup d'autres Polypiers dans différens états, nous croyons devoir les regarder comme très-voisins des Mollusques; ainsi les Polypes à Polypiers appartiennent tous à cette classe, ou bien iis forment un ordre particulier d'êtres beaucoup plus compliqués dans leur organisation qu'on ne l'a cru jusqu'à ce jour; en attendant, nous avons réuni les Alcyons de Linné dans une division de la classe des Polypiers, celle des Sarcoïdes. V. ce mot. Cette classe est composée de trois ordres ou familles comprenant les genres établis par Pallas, Gærtner, Savigny, etc. — La genre Alcyon appartient au premier; nous y plaçons les Polyp'iers sarcoïdes dont les Animaux n'ont pas encoreété observés et dont la forme ou l'organisation n'offre point de caractère saillant et tranché. A mesure que les naturalistes étudieront ces Polypiers, ils en décriront les Animaux; ils les

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placeront dans leurs genres respectifs, ou bien ils en feront de nouveaux. Maintenant le genre Alcyon ne peut être considéré que comme un groupe provisoire d'êtres plus ou moins différens, et peu ou point connus.

Les Alcyons varient dans leur forme encore plus que dans leur grandeur: les auteurs ne font mention d'aucune espèce au-dessus d'un mètre de hauteur, tandis que la figure de ces êtres singuliers présente mille différences souvent impossibles à définir; quelquefois, dans la même espèce, les uns couvrent les productions marines d'une couche gélatineuse, épaisse tout au plus d'un millimètre, tandis que d'autres s élèvent, se ramifient comme de petits Arbres, ou s'arrondissent en masses polymorphes, pédicellées comme des Champignons; ils se trouvent rarement dans les lieux que les marées couvrent et découvrent deux fois par vingtquatre heures; on commence à les voir sur les rochers que les eaux n'abandonnent que pendant quelques instans à l'époque des Syzygies; ils deviennent plus nombreux dans les grandes profondeurs. C'est sous les rochers, à l'abri des courans et du choc des vagues, loin d'une lumière trop vive, que ces petits Animaux se plaisent; ils y établissent leurs nombreuses colonies, ils s'y multiplient à l'infini, et étalent leurs couleurs brillantes et transparentes que l'air ternit et fait disparaître souvent dans quelques minutes.—Les Alcyons sont répandus dans tontes les mers, croissent dans toutes les profondeurs, et sous toutes les latitudes; nous les croyons beaucoup plus nombreux dans les pays chauds que dans les pays froids. On les trouve fossiles dans divers terrains, depuis ceux de transition, jusqu'à ceux d'attérissement; ils y sont dans tous les états, quelquefois même en si énorme quantité que certains auteurs regardent comme des Alcyons pétrifiés, les couches et les rognons de quartz des formations de craie: cependant le nombre des espèces décrites, soit vivantes, soit fossiles, est déjà très-considérable; il n'y en a pas moins de quatre-vingts, non compris, il est vrai, celles qui appartiennent aux différens genres que Savigny, Lamarck, etc., ont établis à leurs dépens. —Plus de vingt vivantes se trouvent dans les mers d'Europe, quinze environ sont fossiles dans nos terrains, et chaque jour l'on en découvre de nouvelles.

ALCYON ARBORESCENT. Alcyonium arboreum, Lamx., Hist. Polyp. p. 335. n. 462. Il offre une tige arborescente, à rameaux obtus, couverts de cellules placées sur de gros mamelons. Plusieurs auteurs indiquent ce Polypier comme originaire des côtes de Norwège; Koelreuter l'a trouvé dans la Méditerranée, et Pallas dit qu'il en a vu de l'Océan indien. Nous doutons que ce soit la même espèce, malgré la ressemblance des descriptions.

ALCYON CRIBLE. Alcyonium cribrarium, Lamx., Hist. Polyp, p. 341. n. 474. — Ce Polypier décrit, pour la première fois, par Lamarck qui en ignorait l'habitation, doit former un genre particulier; il se trouve sur les côtes du Calvados par huit brasses de profondeur et au-delà; il se présente en masse demi-ovoïde ou grossièrement sphérique enveloppant des Huîtres ou des galets, criblée d'oscules et de cellules, les premières deux ou trois fois plus larges que les secondes: il a quelquefois un pied de diamètre sur cinq à six pouces de hauteur; quoique peu irritable, ce Polypier est animé dans toute sa masse; lorsqu'il sort des filets des pêcheurs, sa couleur est un beau jaune citron, qui se change, quelques heures après, en gris-cendré plus ou moins foncé. C'est un des Polypiers les plus rares et les plus singuliers de nos parages; jamais nous n'en avons pu observer les Animaux.

ALCYON ORANGE DE MER. Alcyonium lyncurium, Lamx., Hist. Polyp, p. 332. n. 478. —Il est semblable á une petite Orange par la forme, la couleur et par les tubercules dont il est entièrement couvert; lorsqu'on le coupe transversalement, il paraît for-

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mé d'une membrane épaisse d'environ une ligne et demie, percée de cellules polypifères. Au centre est un petit globule sur lequel s'appliquent des fibres, roides, simples et rayonnantes, et toute la masse est animée. Nous avons trouvé ce joli Polypier sur les côtes du Calvados. Est-il le même que ceux que les auteurs indiquent dans les mers du Nord, dans la Méditerranée et au cap de Bonne-Espérance? nous en doutons; nous ne pouvons cependant affirmer le contraire, faute de bonnes descriptions d'êtres provenant de localités si différentes les unes des autres.

ALCYON PLEXAUREE. Alcyonium plexaureum, Lamx., Gen. Polyp, p. 68. T. 76. fig. 2, 3, 4. Ce Polypier, semblable à une Plexaure sans axe, présente des rameaux obtus, très-allongés, couverts de cellules arrondies, écartées et profondes, et composés d'une substance qui se divise en petits corps ve us et fusiformes ou aciculés. Sa couleur est un violet clair et vif. ll nous a été rapporté de la Havane. Nous regardons cet Alcyon comme très-voisin de la Gorgone Briarée d'Ellis et Solander.

ALCYON CONCOMBRE. Alcyonium cucumiforme, Lamx., Gen. Polyp.p.68. T. 79. fig. 1. Espèce fossile; elle est semblable à un Concombre et couverte de pores épars, peu distincts, et n'est pas rare dans le terrain à Polypiers des environs de Caen.

Les autres espèces les plus remarquables de ce genre sont les Alcyonium rubrum, Phalloïdes, pyramidale, pulmonarium, alburnum, Manus dimboli, Sceptrum, purpureum, boletus, favosum, Gigas, infundibulum, etc. — V. Lamarck, Hist, des anim. sans vert. T. 2. — De France, Dict, des sciences nat. art Alcyon.—Lamx, Hist. Polyp., etc. — Dans la longue liste des espèces, que le cadre de notre travail ne permet pas de rapporter, il peut y avoir quelques doubles emplois; il est impossible de les éviter, lorsqu'on ne peut consulter que des ouvrages sans figures et ne contenant que de courtes descriptions, ou qu'on ne peut établir ces espèces que sur des échantillons défigurés par la conservation. (LAM..X.)

* ALCYONÉES. Alcyonœ. POLYP. Ordre de la division des Polypiers sarcoïdes qui renferme les genres Alcyon, Lobulaire, Ammothée, Xénie, Anthélie, Palythoé, Alcyonidie, Alcyonelle, Hallirhoé. V. ces mots. Les Polypes de ces Polypiers sont peu ou point connus; ils ont huit tentacules ou davantage, souvent pectinés et presque toujours garnis de papilles de deux sortes; leur contractilité varie dans les genres, les espèces et même dans les individus, suivant l'âge, la saison, l'exposition à l'air, etc. Le caractère tiré de cette faculté ne doit être employé que lorsque tous les autres viennent à manquer, et pour des êtres que l'on n'a pu long-temps observer, et dans différens états. (LAM..X.)

ALCYONELLE. Alcyonella. POLYP. Genre de Polypiers, de l'ordre des Alcyonées dans la division des Polypiers sarcoïdes. C'est une masse encroûtante, épaisse, convexe et irrégulière, composée d'une seule sorte de substance, formée par l'aggrégation de tubes verticaux ouverts à leur sommet; elle est couverte de Polypes allongés, cylindriques, offrant à leur extrémité supérieure quinze à vingt tentacules droits, disposés autour de la bouche en un cercle incomplet d'un côté. Ce genre ne renferme encore qu'une seule espèce.

L'ALCYONELLE DES ETANGS. Alcyonella stagnorum, Lamx., Gen. p. 71, Tab. 76. fig. 5, 6, 7, 8, que Bruguière et Bosc ont trouvée dans les étangs et les fontaines des environs de Paris, principalement à Bagnolet. Fixée sur les Plantes aquatiques, comme plusieurs Alcyons sur les Thalassiophytes, elle ressemble à ceux-ci par tant de rapports, que nous avons cru devoir placer ce singulier Polypier dans l'ordre des Alcyonées, et non à côté des Eponges d'eau douce, ainsi que l'avait fait Lamarck. Nous faisons figurer ce singulier Animal

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dans les planches de ce Dictionnaire. (LAM..X.)

*ALCYONIDIE. Alcyonidium. POLYP. Genre de l'ordre des Alcyonées dans la division des Polypiers sarcoïdes, présentant une masse arrondie, lobée, allongée, encroûtante, quelquefois pédiculée et rameuse, polypifere sur toute sa surface; les Polypes, armés de douze tentacules égaux, longs et filiformes, sont transparens, à corps infundibuliforme avec le bord écbancré. Ce genre ne renferme encore qu'un très-petit nombre d'espèces, classées tantôt entre les Varecs, tantôt entre les Ulves, tantôt enfin entre les Eponges parles anciens auteurs; Müller en a le premier découvert les Animaux; ils sont très-difficiles à apercevoir, mais leur forme ne laisse aucun doute sur la classification de ces productions singulières que nous avions d'abord considérées comme un genre particulier de la classe des Hydrophytes; il faut maintenant décomposer ce genre, renvoyer aux Dumonties, V. ce mot, les Alcyonidium vermiculatum, fucicola, etc., et ne conserver dans le genre Alcyonidie que les Alcyonidium Nostoch, bullatum et diaphanum.

ALCYONIDIE NOSTOCH. Alcyonidium Nostoch, N. Semblable au Nostoch commun par la forme extérieure, mais entièrement différent par son organisation; il se trouve sur les rochers des côtes de Bretagne et de Normandie qui ne découvrent que dans les grandes marées,

ALCYONIDIE BULLE. Alcyonidium bullatum, N. Diffère du premier en ce qu'il n'est jamais solide et qu'il est toujours parasite sur les Plantes marrines. Aucune de ces deux espèces n'a été figurée.

ALCYONIDIE GELATINEUSE. Alcyonidium gelatinosum, Lamx., Gen. Polyp. p. 71. Gen. Thal. Tab. 7. fig. 4. C'est un Polypier irrégulièrement rameux et polymorphe, épais, à ramifications obtuses, se fixant sur les sables solides et sur les rochers par un empatement d'où s'élève un pédicule court et cylindrique, de la grosseur environ d'une plume de Corbeau. Quelquefois ce Polypier forme une petite masse presque globuleuse; d'autres fois il s'élève à un pied de hàurteur. Cette masse, quoique animée, ne donne aucun signe d irritabilité; les Polypes même n'ont que peu demouvement, et sont d'une lenteur extrême. Ce Polypier est phosphorescent à certaines époques de l'année, et ne se trouve jamais que dans les filets des pêcheurs.

Les Alcyonidium diaphanum et flovescens que Lyngbye regarde à tort comme deux Hydrophytes, appartiennent à notre Polypier. Nous ne connaissons aucune autre espèce de ce genre singulier d'Alcyonée, quoiqu'il doive en exister un plus grand nombre dans les différentes mers du globe. (LAM..X.)

ALCYONIDIĖES. Alcyonidiœ. BOT. CRYPT. et POLYP. Cet ordre, de la famille des Thalassiophytes non articulées, n'a pas été conservé; il n'était composé que d'un seul genre (Alcyonid ion du Dictionnaire de Déterville). Une partie des espèces a été reconnue pour des Dumonties, V. ce mot, et l'antre pour de véritables Polypiers, dont nous avons fait le genre Alcyonidie. V. ce mot. (LAM..X.)

ALCYONIDION. POLYP, V. ALCYONIDIÉES.

ALCYONITES. POLYP, FOSSIL. Les naturalistes ont donné ce nom à beaucoup de Fossiles, principalement à ceux des différens genres qui composât la division des Polypiers sarcoïdes. Le nombre des Alcyonites décrites et figurées est très-peu considérable, eu égard à celui des espèces que l'on découvre chaque jour et que l'on ne sait comment caractériser, V. les mots ALCYON, HALLIRHOÉ, CHENEUDOPORE, HYPALIME, LYMNOREE, PELAGIE, etc.(LAM.. X.)

*ALCYONS. Alcyones. OIS. Septième ordre de la Méthode ornithologique de Temminck. Caractères bec médiocre ou long, pointu, presque quadrangulaire, peu arqué ou droit; pieds à

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tarse très-court; trois doigts devant réunis, un derrière. Cet ordre comprend les genres Guêpier, Martin-Pêcheur et Martin-Chasseur, V. ces mots.

Les Alcyons volent avec une grande rapidité; leurs mouvemens sont prompts et brusques; ils ne peuvent ni marcher, ni grimper; ils saisissent leur nourriture en plein vol, souvent à fleur d'eau, après l'avoir guettée avec une patience extrême. Ils nichent dans des trous pratiqués en terre je long des rives. La mue n'a lieu qu'une fois l'année; le plumage des sexes et des âges diffère peu.

Le nom d'Alcyon a aussi été donné plus particulièrement au Martin-Pêcheur d'Europe, Acedo Ispida, L., à la Frégate, au Paille-en-Queue et à certains Petrels, ou autres Oiseaux de rivage et de la haute mer, que n'épouvantent point les tempêles, par allusion à la fable qui métamorphose en Oiseau l'épouse infortunée de Ceyx — On ignore absolument ce qu'était l'Alcyon vocal d'Aristote et des anciens. (DR..Z.)

ALDEA. BOT. PHAN. Ruiz et Pavon ont nommé ainsi et figuré, tab. 114 de leur Flore Péruvienne, une Plante à laquelle ils assignent pour caractères: un calice infère, à cinq divisions profondes, linéaires, dressées; une corolle monopétale, campanulée, quinquefide, de la longueur du calice; cinq étamines, dont les filets tubulés et velus sont deux fois longs comme la corolle, à la base de laquelle ils s'insèrent; un style filiforme, bifide; une capsule libre, ovoïde, uniloculaire, s'ouvrant en deux valves, contenant deux graines et environnée par le calice persistant.

La seule espèce connue, l'AIdea pinnata, est une Herbe qui croît au Pérou et an Chili. Ses feuilles sont simples supérieurement, pinnées plus bas; ses fleurs disposées en épis, sur un seul coté des pédoncules dichbtomes et contournées en crosse. — L'Aldea, placé dans la famille des Borraginées entre les genres Hydrophyllum et Phaoelia,. n'est il pas cengénère du premier ou du second, comme le pense Robert Brown ? (A. D. J.)

ALDINA. BOT. Adanson a fait sous ce nom un genre de l'Aspalathus Ebenus, de Linné, Arbre de la Jamaïque, connu sous celui d'Ebony et figuré par Browne, t. 31. fig. 2. de l'Hist. Jamaïque. Il a été réuni par Swartz à l'Amerimnon. V. ce mot. Ce nom d'Aldina avait encore été donné par Scopoli au Vadakoki de Rhéede (Hort. mal. 9, tab. 42) qu'on a reconnu plus tard pour une espèce de Carmentine. V.

JUSTICIA. (A. D. J.)

ALDROYANDE. Aldrovanda, J. BOT. PHAN. Genre de la famille des Droséracées de De Candolle, Pentandrie Pentagynie, L., qui a beaucoup d'affinité avec les Rossolis, tant sous le rapport de son habitus que par ses caractères essentiels. Une seule espèce le constitue, c'est l'Aldrovanda vesiculosa, L.; petite Plante qui nage dans l'eau et se Soutient à sa surface au moyen de ses feuilles verticillées, cilicées, renflées et comme vésiculeuses. Ses fleurs sont axillaires, solitaires, très-petites; elles, offrent un calicè à cinq divisions profondes, une Corolle de cinq pétales et autant d'étamines. L'ovaire qui est libre est couronné par cinq styles et cinq stigmates. Le fruit est une capsule unilorculaire, renfermant dix graines attachées à ses parois, et s ouvrant eu cinq valves.

L'Aldrovande croît aux environs d'Arles en Provence, ou nous l'avons observée en 1818, dans les étangs près fie Montmajour. On la trouve assez fréquemment en Italie; elle a été retrouvée par Bory dè Saint-Vincent, et plus tard par Thore, dans quelques lagunes des Laudes aquitaniques. (A. R.)

*ALDURAGI. OIS. Syn. arabe de Lagopède. Tëtrao Lagopus, L. (DR.Z.).

*ALEA OU ALE. BOT. PHAN. (Rhumph.) Syn. indous de Gingembre. V. ce mot. (B.)

*ALEANTRIS. POIS. (Athénée.)

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Il est impossible de déterminer quel était, chez les anciens, ce Poisson qui se péchait dans le Nil. (B.)

ALEBRANDE OU ALDEBRANDE. OIS. Vieux nom de la Sarcelle. Anas Querquedula, L. (DR..Z.)

ALEBRENNE OU ALEBRUNE. REPT. BATR. Syn. de Salamandre, en plusieurs cantons de la France (B.)

ALEGTISCAK. MAM. Syn. groënlandais de Phoque à croissant, V PHOQUE. (A. D..NS.)

ALECTO. POLYP. Genre de Polypiers fossiles de l'ordre des Cellariées dans la division des Polypiers flexibles, ayant pour caractères d'être filiforme, rameux, articulé, formé par des cellules situées les unes à la suite des autres, d'un diamètre presque égal dans toute leur longueur, avec une ouverture un peu saillante placée près de l'extrémité de la cellule et sur sa surface supérieure; il est adhérent par toute la surface inférieure. Nous avons donné à ce genre le nom d'Alecto, parce que celui que le docteur Leach avait établi sous cette dénomination, aux dépens des Astéries, n'a été adopté ni par Lamarck, ni par Cuvier. Il nest encore compose que d'une seule espèce que l'on trouve sur les Térébra-tules et sur les Polypiers fossiles des environs de Caen; cette espèce unique est assez rare.

ALECTO DICHOTOME. Alecto dichotoma, Lamx., Gen. Polyp, p. 84. tab.. 81. fig. 12.. 13. 14. Rameaux constamment dichotomes. (LAM-.X.)

ALECTOR. OIS. Synon. du Coq, Phasianus Gallus, L., en Grèce. Gmelin et Latham ont donné ce nom au Hocco de la Guyane, et Cuvier à une subdivision des Gallinacées. (DR..Z.)

* ALECTORIDES. Alectorides. OIS. Onzième ordre de la Méthode ornithologique de Temminck. Caractères: bec plus court que la tête ou de la même longueur, robuste, fort, dur; mandibule supérieure courbée, convexe, voûtée, souvent crochue à la pointe; pieds à tarse long, grêlé; trois doigts devant, un derrière; celui-ci articulé plus haut sur le tarse. Cet ordre comprend 1° les genres Agami et Cariama, V. ces mots, dont les espèces habitent les déserts, où elles sont continuellement à la poursuite des Lézards et autres Reptiles; 20 les genres Glaréole, Kamichi et Chavana, V. ces mots, composés d'espèces que l'on trouve dans les marécages et sur les bords des rivières, occupées à la recherche de Vers, de Larves, d'insectes aquatiques et de petits Poissons, dont quelques-unes font une assez grande consommation. Illiger avait aussi donné le même nom à la même famille d'Oiseaux. (DR..Z.)

ALECTORIE. Alectoria. BOT. CRYPT. (Lichens.) Achar a donné ce nom à un genre qu'il avait d'abord réuni aux Parmelies, et que Hoffman et De Candolle avaient placé parmi les Usnées. — Sa tige est très-rameuse -, cylindrùque, à divisions souvent presque capillaires, cartilagineuses. Les scutelles sont sessiles, ce qui distingue ce genre des Usnées, des Corniculaires et des Ramalines, arrondies, d'abord creuses, ensuite convexes, placées latéralement sur les rameaux, de. même nature qu'eux et sans rebord particulier.—On en connaît environ huit espèces, qui toutes croissent sur les branches des Ambrés, d'où leurs tiges longues et flexibles pendent comme des sortes de Stalactites. Une des espècesles plus remarquables et la plus commune est l'Alectoria jubata, : qui couvre quelquefois presque entierement les branches des, vieux Arbres et surtout des Sapins, et leur donné un aspect tout particulier, (AD..B.)

ALECTOROLOPHE Alectorolophus. BOT. PHAN. Genre établi par Haller, aux dépensdes Rhinanthes(Stirpes Helveticæ), adopté par Allioni et par quelques autres Botanistes, et dont laj Cocnste glabre, Rhinanthus CristaGalli, L. est le type. V. RHINANTHE.

Ce nom avait été donné par les anciens à l'Alliaire, Erysimum Alliaria,

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L, ainsi qu'à la Sauge des prés, Salvia pratensis, L. (B.)

ALECTRE. Alectra. BOT. PHAN. C'est un genre établi par Thunberg dans sa quatrième Dissertation académique. Le calice offre deux lèvres; la supérieure à deux et l'inférieure à trois lobes; la corolle est plus longue que le calice, campanulée; son tube inséré sous l'ovaire, évasé insensiblement et terminé supérieurement par cinq divisions ouvertes et obtuses, soutient quatre étamines presque didynames, dont les filets sont velus et les anthères didymes. Un seul style filiforme porte un seul stigmate recourbé et strié sur les côtés. Le fruit est une capsule glabre, à deux loges, contenant deux graines, et s'ouvrant en deux valves. On voit donc que ce genre doit être placé parmi les Monopétales à insertion hypogyne; mais on n'a pas déterminé sa famille. La seule espèce connue, l'Alectra capensis, originaire du cap de Bonne-Espérance, est une Plante annuelle, à feuilles alternes, à fleurs en épis terminaux, offrant, suivant l'auteur, le port des Orobanches. (A. D. J.)

ALECTRIDES. OIS. Trentième famille de l'ordre des Sylvains, dans la Méthode ornithologique de Vieillot, dont les caractères généraux consistent dans un bec grêle et un peu voûté, dont la mandibule supérieure couvre les bords de l'inférieure; dans la nudité des joues et de la gorge, qui quelquefois est caronculée, et dans la membrane qui réunit à leur base les doigts antérieurs. Elle est composée du seul genre Pénélope, V. ce mot. Cuvier a étendu cette dénomination, dans son Tableau de la classification des Oiseaux joint au Tome 1 de son Anatomie comparée, aux Gallinacés dont les ailes sont propres au vol. (DR..Z.)

ALECTRION. Alectrion. MOLL. Genre formé par Montfort (Conchyl. t. 11. p. 567) pour le Buccinum papillosum L., et qui n'a point été. adopté. Il se rapproche de certaines Nasses de Lamarck, et beaucoup des Eburnes du même auteur. Nous en faisons un sous-genre des Buccins, V. ce mot. (F.)

ALECTRION. BOT. PHAN. Genre établi par Gærtner (T. 1. p. 216. tab. 46), dans la famille des Saponacées, sur une baie dégagée de calice, globuleuse, coriace, garnie supérieurement d'une crête marginale, ne contenant qu'une graine sphérique, entourée de la moitié d'une arille; la radicule de l'embryon dépourvue de périsperme est recourbée sur les lobes contournés en spirale. On voit par ces caractères que le genre Alectrion n'est pas encore irrévocablement fixé. (B.)

*ALECTRURUS. OIS. (Vieillot.) V. GALLITE.

ALENBOCH. OIS. Syn. de la petite Mouette cendrée, Larus cinerascens, L., en Suisse. (DR..Z.)

ALÊNE, POIS, et MOLL. L'Alène de savetier, le Clou, la Vis à caractères, noms marchands du Buccinum maculatum, L. Terebra maculât a, Lamk. V. Vis et aussi Oxyrhynque au mot RAIE. (F.)

ALEOCHARE. Aleochara. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères établi par Gravenhorst et placé par Latreille (Règne Animal de Cuvier) dans la grande famille des Brachélytres. Ses caractères sont: antennes insérées à nu entre les yeux, et près de leur bord intérieur, les trois premiers articles sensiblement plus longs que les suivans; ceux-ci perfoliés, le dernier allongé et conique; palpes terminés en alêne; les maxillaires avancés, avec l'avant-dernier article grand, et le dernier très-petit; corselet presque ovale ou en carré arrondi aux angles. Gravenhorst, dans son premier travail (Coleoptera microptera, Brunsvicensia, 1802) avait rangé dans le genre Aléochare plusieurs espèces qu'il en a distinguées depuis (Monographia, Coleopterorum micropterorum, Gottingæ, 1806) sous le nom de Loméchuse. V. ce mot. —Latreille, en adoptant ces deux genres, n'applique ni à l'un ni à l'autre les mêmes ca-

TOME I. 14

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ractères, il rapporte aux Aléochares les trois premieres familles ainsi que la sixième de Gravenhorst; mais la quatrième et la cinquième sont réunies, par lui, aux Loméchuses qu'il caractérise aussi différemment.

Les Aléochares appartiennent à la troisième section de la famille des Brachélytrès, celle des Aplatis, c'est à-dire, qu'elles ont la tête entièrement découverte, le labre entier, les palpes maxillaires beaucoup plus courts que la tête, avec le quatrième article distinct; le premier de ces caractères empêche de les confondre avec les espèces du genre Loméchuse, qui, suivant Latreille, ont toutes la tête enfoncée postérieurement, jusque près des yeux, dans le corselet; les Aléochares se distinguent aussi des Oxytèles, des Omalies, des Protéines et des Lestèves, par l'insertion de leurs antennes.—-Ces Insectes sont fort agiles et se rencontrent ordinairement sous les pierres, et dans les bolets plus ou moins putréfiés. Les espèces connues jusqu'à présent, sont assez nombreuses. Gravenhorst, dans sa Monographie, en a décrit soixante-seize. — Gyllenhal, Dalh, Knoch et Dejean en ont augmenté le nombre; ce dernier en possède quatre-vingt-deux. Nous en rencontrons plusieurs en France et aux environs de Paris. Nous citerons l'Aléochare cannelée, A. canaliculata, Grav. Elle est figurée par Panzer (Faun. Insect. Germ. Fasc. 27.t.13) et par Olivier (Col. 3.n° 42. T. 3. fig. 31). Le Staphylinus bipustulatus de Linné sert de type au genre; on doit y rapporter aussi les espèces suivantes: Staphylinus impressus, Olivier (loc. cit. T. 5. fig. 41); — Staphylinus boleti, Linné, Olivier (loc. cit. T. 5. fig 33), ainsi que les Staphylinus minutus, collaris, socialis, etc., etc. (AUD.)

ALÉPÉLÉCOU. BOT. PHAN. Syn. caraïbe de Capparîs. (A. R.)

ALÉPIDE. Alepidea. BOT. PHAN. C'est le nom d'un genre nouveau établi dans la famille des Ombelliferes par Delaroche (Hist. Eryngior.), qui comprend l'Astrantia cilia ris de Linné fils ou Jasione capensis de Bergius. Ce genre très-rapproché du Panicaut, avec lequel on doit le réunir, s'en distingue seulement par ses fleurs nues, c'est-à-dire, non accompagnées d'écailles à leur base. V. ERYNGIUM. (A. R.)

ALEPIDOTE. POIS. C'est-à-dire, dont la peau est dépourvue d'écailles. Les Ichthyologistes ont employé quelquefois ce mot pour désigner des Poissons dont la peau est nue et lisse; il a été donné, comme spécifique, à un Rhombe de Lacépède, Chetodon alepidotus, L. (B.)

ALEPS. OIS. V. ALAIS.

*ALEPYRON. Alepyrum. BOT. PHAN. Dans son Prodrome de la Nouvelle-Hollande, R. Brown établit sous ce nom un genre nouveau dans la famille des Restiacées, à côté des Eriocaulon, et dont il donne ainsi les caractères: spathe bivalve, renfermant une seule ou quelquefois plusieurs fleurs, qui consistent seulement dans une étamine dont l'anthère est simple; dans plusieurs pistils unilatéraux, attaches à un axe commun, qui se changent en autant de petits fruits s'ouvrant longitudinalement.

Les trois espèces rapportées à ce genre sont originaires de la Nouvelle-Hollande; ce sont de petites Plantes qui ont la plus grande analogie avec le genre Desvauxia établi aussi par cet illustre botaniste, et qui ne s'en distinguent que par des fleurs sans écailles glumacées, et par des spathes souvent uni flores. Ces deux genres nous paraissent devoir être réunis, (A. R.)

ALÉRION. OIS. Syn. du Martinet noir, Hirundo Apus, L., en quelques cantons de la France, V. MARTINET. (DR..Z.)

*ALITES, MIN. (Forster.) Syn. de Trass, sorte de tuf volcanique. V. TRASS. (LUC.)

ALÈTHES OU ALETTE, OIS. V. ALAIS.

ALETRIS. BOT. PHAN. Famille des Asphodélées, Hexandrie Monogynie, L. Les espèces de ce genre, établi

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par Linné, ont été partagées parles auteurs modernes en quatre genres, qui sont: Aletris proprement dit, Weltheimia, Tritoma et Sanseviera. Voy. ces trois derniers mots. On n'a laissé dans le genre Aletris què les espèces qui présentent un calice monosépale, coloré, infundibuliforme, ridé; six étamines attachées à la base des six divisions du limbe calicinal; un style terminé par un stigmate trifide; une capsule trigone, à trois loges polyspermes. Deux espèces seulement appartiennent à ce genre, ainsi restreint, savoir, l'Aletris fragrans, L. et l'Aletris farinosa, L. Ces deux Plantes sont vivaces; leurs racines sont composées d'un faisceau de fibres simples. Leurs fleurs forment un épi dense, à la partie supérieure de la hampe. La première est or ginaire d'Afrique, la seconde croît dans l'Amérique septentrionale, et se cultive facilement dans nos orangeries. (A. R.)

*ALEURIE. Aleuria. BOT. CRYPT. (Champignons.) Fries a donné ce nom à une section du genre Pézize que Persoon avait désignée sous celui d'Helvelr loideœ. Toutes les espèces de cette division sont grandes, charnues, trèsfragiles, et ont leur surface interne couverte d'une poussière glauque. La plupart croissent sur la terre, dans les bois; quelques-unes poussent sur les troncs d'Arbres, V. PÉZIZE. (AD. B.)

*ALEURISMA. BOT. CRYPT. (MucédinĖes).. Genre établi par Link (Magaz. natur. Berlin. 1809. t. 1, fig. 25), et auquel il donne le caractère suivant; thallus composé de filamens rameux, cloisonnés, entrecroisés; sporules éparses, petites et globuleuses. Ces petits Champignons ressemblent, au premier aspect, à la base encore non développée de quelques Bolets, mais la présence des sporules prouve que cê sont des Champignons parfaits; le thallus est formé de filamens entrecroisés, assez solides et, comme feutrés. Link, dans le Mémoire cité et dans un supplément publié dans lemême Journal, en 1815, en a fait connaître sept espèces qui croissent sur les branches mortes, les autres Champignons, et les fruits qui commencent à se décomposer. Divers auteurs ont depuis ajouté encore quelques espèces à celles de Link. (AD. B.)

ALEURIT OU ALEURITES, BOT. PHAN. et non Alevrite. V. BANCOUL.

ALEUTÈRE. POIS. Sous-genre de Balistes, établi par Cuvier, V. BALISTE. (B.)

* ALEVO, ELVO, d'où ALVIES. BOT. PHAN. (Belon) Syn. de Pinus Cembra, L. V. PIN. (B.)

ALEYRODE. Aleyrodes. INS. Genre de l'ordre des Hémiptères établi par Latreille, et qui, avant que ce savant l'ait formé, se trouvait rangé parmi les Lépidoptères. Il appartient aujourd'hui à la famille des Aphidiens, et se recommît aux caractères suivans: bec très-distinct; tarses terminés par deux crochets; élytres et ailes en toit, de la même grandeur, et n'étant pas linéaires; antennes courtes, de six articles; yeux échancrés.

La seule espèce qui compose ce genre est l'Aleyrode de l'Eclaire, A. Chelidonii, Latr., ou la Tinea Proletella de Linné et la Phalène culiciforme de l'Eclaire, de Géoffroy (Hist. des Ins. T. 11.p. 172). A peine longue d'une ligne, son corps est d'un rouge jaunâtre, recouvert d'une poussière blanche; ses ailes sont presque ovales et farineuses. On remarque vers leur milieu une nervure principale formant saillie, et un petit point de Couleur cendrée; les yeux sont noirs et divisés par un Irait blanchâtre formé par la méme poudre qui recouvre tout le corps. Réaumur regardait cet Insecte commé une Phalène; il nous a fait connaître dans le 7e Mémoire du T. 11 de ses Observations, plusieurs particularités assez intéressantes. Latreille, dans un Mémoire faisant partie du Magazin encyclopédique, a beaucoup ajouté à nos connaissances sur cette espèce; il a surtout déterminé, d'une manière très-précise, et en puisant ses

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preuves dans l'organisation et les mœurs, qu'elle appartenait à l'ordre des Hémiptères, et qu'elle avoisinait les Psylles et les Pucerons. Sa trompe, suivant' Réaumur, diffère essentiellement de celle des Papillons, dont elle s'éloigne encore par ses antennes et la. poussière de ses ailes. Ses habitudes sont aussi très-singulières. Elle subit toutes ses métamorphoses, s'accouple et se reproduit presque à la même place oh elle a pris naissance. A l'état parfait, cet Insecte pompe au moyen de son bec le suc des feuilles de l'Eclaire, Chelidonium majus, L. Les mâles recherehent les femelles, et celles-ci pondent, sur les feuilles dont elles se sont nourries, dés œufs oblongs, blancs et lisses, disposés circulairement. Réaumur n'en a jamais compté plus de quatorze; mais Latreille porte leur nombre à trente. Après huit jours environ, la larve éclot, et est si petite qu'on n'aperçoit ses pates qu'avec une forte loupe. Elle est aplatie, ovale, transparente, ne grossit pas sensiblement, et paraît toujours immobile. Cependant, huit jours après sa naissance, on remarque quelques changemens; son corps d'ovale qu'il était devient triangulaire; un des bouts s'allonge et se termine en une pointe fine, tandis que l'autre s'arrondit davantage. Quelques jours plus tard, cette forme change encore, et l'Animal en acquiert une semblable à celle qu'il avait d'abord, sauf le volume qui est plus considérable. Sous celte dernière forme, l'Insecte est réellement chrysalide. Latreille, dans un rapport fait à l'Académie des Sciences, séance du 13 août 1821, dit qu'avant de passer à cet état, les larves se renferment dans une coque, dont il serait d'autant plus curieux de bien étudier l'origine, qu'elles semblent dépoarvues de filières (Archives de l'Académie). Une liqueur visqueuse la fait alors adhérer à la feuille, et forme une frange à chaque bout de son corps. Réaumur ne parle pas de ce fait; mais il a vu les Nymphes devenir Insectes parfaits, quatre jours après leur transformation. Leur peau, dans cette circonstance, se fend sur le dos, comme cela a lieu chez beaucoup d'autres Insectes.—Les Aleyrodes se rencontrent en grande quantité, à toutes les époques de l'année, sur les feuilles de l'Eclaire. On en trouve aussi sur celles des Choux et des Chênes, mais en plus petit nombre. (AUD.)

ALFASAFAT. BOT. PHAN. d'ou Alfasa des Espagnols. Syn. arabe de Luzerne, Medicago officinalis, L. (B.)

ALFEREZ DE JAVA. POIS. (Valentin.) Chétodon cornu de Lacépède. V. CHÉTODON. (B.)

ALFESCERA OU ALFESSIRE. BOT. PHAN. Syn. de Bryone blanche, chez les Arabes. (B.)

* ALFONSIA. BOT. PHAN. Ce genre, que nous avons établi dans la famille des Palmiers (dans Humb. et Bonp. Nov. gen. et spec. i.p. 307), a pour caractère essentiel: des fleurs monoïques; un calice à six divisions profondes, presque égales, dont trois intérieures, et trois extérieures; six étamines à filets réunis à la base; un ovaire simple; trois styles; une drupe ovoïde, fibreuse et monosperme.

L'Alfonsia oleifera, la seule espèce connue de ce genre, est originaire de l'Amérique méridionale. Humboldt et Bonpland l'ont trouvée sauvage dans la Nouvelle - Grenade sur les bords de Rio-Sinu, où il porte le nom de Corozo. C'est un petit Palmier dont le tronc, à peine haut de quatre à six pieds, est couronné d'une touffe de feuilles pennées. Les fleurs mâles et femelles se trouvent sur des spadices distincts du même individu, elles sont sessiles et plongées dans la substance des rameaux du spadice. Les fruits de ce Palmier fournissent le fameux Manteca del Corozo, espèce d'huile que l'on brûle dans les églises et les maisons particulières. Il est probable que le Corozo de Carthagène, dont Jacquin (Stirp. Am. p. 282) ne donne que des notions très incomplètes, est, la même Plante que l'Alfonsia oleifera. Rob. Brown s est refusé (Bot. of Congo, p. 32) d'adopter

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ce nouveau genre qu'il croit être le même; que l'Elaïs de Linné et de Jacquin. ll soupçonne même quel l'Alfonsia oleifera pourrait être l'Elais guineensis. Loin de partager soit opinion, nous observerons que le nombre des divisions du calice est de 6 dans l'Alfonsia, de 12 dans l'Elaïs; que l'Alfonsia est indigène de l'Amérique, qu'il y croît sauvage et sans culture, au lieu que l'Elaïs se trouve partout, hors de l'Afrique, seulement cultivé. Du reste, si le Corozo de Jacquin est la même Plante que le Corozo du Rio-Sinu, comme nous aimons à le croire, il en résulterait pour les deux genres une autre différence essentielle, et dont Brown paraît faire grand cas. Jacquin, en décrivant le fruit de son Corozo, dit que les trous se trouvent à la base de la Noix; Brown, au contraire, les a vus terminaux dans l'Elaïs, observation qui mérite la plus gronde confiance quoiqu'elle soit en opposition avec la description et la figure de Gærtner (Fruct, et Sem. 1. p. 17. T. 6. fig. 2). (K.)

ALFREDIE. Alfredia. BOT. PHAN. Sous ce nom, Henri Cassini propose d'établir un genre nouveau avec le Cnicus cernuus L. Cette belle Plante, originaire de la Sibérie, qui appartient à la famille des Carduacées, Syngénésie Polygamie égale, a d'abord été placée dans les Cnicus par Linné, et par Gærtner, Mœnèh et De Candolle dans le genre Silybium de V aillant. Le genre Alfredia diffère des Cnicus par ses aigrettes doubles, du Silybium par les filets de ses étamines qui sont libres, glabres, et par la forme de la corolle. (A.R.)

ALFDACHAT. OIS. V. ALCHATA.

ALGARDAIGNE OU ALGARDAIONE. OIS.Noms vulgaires de l'Hirondelle, en quelques cantons, (DR.Z.)

ALGAROYA OU ALGOROBA. BOT. PHAN. Syn. de Caroubier, Ceratonia siliqua, L. chez les Espagnols, qui ont donné ce nom à quelques Acacies du Nouveau-Monde, parce que les gousses de celles-ci sont une nourriture fort saine pour les bestiaux, comme le sont les fruits du Caroubier. (B.)

ALGATROS. OIS. (Flacourt et Dampier.) Nom corrompu de l'Albatros. V. ce mot. (B.)

ALGAZELLE. MAM. (Fréd. Cuvier.) Syn. d'Antilope Gazella, Gmel. V. ANTILOPE. (A.D..NS.)

*ALGÉRIENNE OU MOULE D'ALGER. MOLL. Nom marchand du Mytilus ungulatus, L. V. MOULE. (F.)

ALGIRE. REPT. SAUR. Lacerta Algira, L. Espèce de Scinque. V. ce mot. (B.)

ALGODAMO OU ALGODONE. BOT. PHAN. et non Algodano. Syn. portugais de Bombax, parce que les Bombax ou Fromagers, donnent une sorte de coton.. V. BOMBAX. (B.) ALGODON. BOT. PHAN. Syn. de Coton, dans l'acception générique, chez les Espagnols et les Portugais. (B.)

ALGOÏDES. BOT. PHAN. (Vaillant.) Syn. de Zannichellie. V. ce mot. (B.)

ALGOROBA. BOT. PHAN. V. ALGAROVA.

ALGUE, ALGUES, BOT. CRYPT. Un grand nombre d'êtres sont confondus sous le nom général d'Algue ou d'Algues. Tournefort, le père de la botanique française, est le premier qui ait réuni sous cette dénomination des objets auxquels il trouvait quelque air de ressemblance; il en avait formé une section de sa 17e classe: des Plantes et des Polypiers la composaient. Linné a donné le nom d'Algues au 3e ordre de sa Cryptogamie, après en avoir ôté toutes les productions animales. Jussieu a restreint le nombre des Algues de Linné; mais cet ordre renfermait encore, dans le Genera de cet auteur, des Plantes trop différentes les unes des autres, et qui doivent former des familles dans une nouvelle édition de son excellent ouvrage; de sorte que l'on se demande encore à quel groupe de Végétaux on doit proprement conserver le nom d'Algues; main tenant l'on dit la famille des Hydrophytes ou Thalassiophytes. les Conferves, les Lichens, les patiques, etc. V. ces mots. Le mot

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Algue doit done probablement disparaître des ouvrages de botanique, et ne sera plus appliqué qu'à ces débris rejetés par la mer, roulés par les vagues, et dont la bande variable indique la force des tempêtes et la hauteur croissante et décroissante des marées. De pareils débris sont un excellent engrais, qui doit intéresser beaucoup plus l'agriculteur riverain que le botaniste. On les apprécie principalement depuis quelques années pour la culture, et de nos jours l'on ne dirait plus de ces débris ce que l'empereur Julien éarivait à un de ses amis, en le félicitant d'habiter les belles plaines de l'Italie: «Là, vous n'êtes point au milieu de l'Algue et de ces Plantes auxquelles on ne daigne pas même donner de nom, aussi désagréables à l'odorat qu'à la vue, dont la mer couvre ses bords.» (LAM.X.)

*ALGUE DES VITRIERS, BOT. PHAN. V. ZOSTÈRE.

ALGUE-LÂGUEN. BOT. PHAN. Et non Laquen. Arbrisseau indéterminé du Chili, qui paraît voisin des Digitales et que Feuillée (T. IV. p. 4. pl. 1) compare au Sideritis de C. Bauhin. Sa saveur est très-piquante, et son nom signifie, peut-être à cause de cette raison, Herbe du Diable, (B.)

*ALGUES SUBMERGÉES, BOT. CRYPT. Ce nom a été employé par Corréa de Serra et par quelques autres botanistes, pour désigner la famille des Hydrophytes. V. ce mot.(LAM.X.)

ALGUETTE. BOT. PHAN. c'est-à-dire, petite Algue. Syn. de Zannichellie. V, ce mot. (B.)

ALHAGE OU ALHAGI. BOT. PHAN. V. AOUL.

ALHARMÉL. BOT. PHAN. Et non Alhamel. Syn. de Peganum Harmala, L. en arabe et probablemént racine d'Harmala. V. PEGANUM. (B.)

ALHASSER. BOT. PHAN. Syn d'Apocyn en Syrie.(B.)

ALIIAUSAL. OIS. Syn. du Pélican, Pelecanus Onocrotalus, L. en Arabie.

V. PÉLICAN. (DR..Z.)

ALHEDUD OU ALHUDUD. OIS. Syn. de la Huppe, Upvpa Epops, L. en Arabie, V. HUPPE. (DR,.Z.)

ALHENNA. BOT.PHAN. V. HENNÉ.

ALIBOUFIER OU ALIGOUFIER. BOT, PHAN. V. STYRAX.

ALICKUYK du Dictionnaire de Déterville. MOLL. V. ALYKRUIK. (F.)

ALICORNE. MAM. Syn. de Rhinocéros. V. ce mot. (A. D..NS.)

ALIDRE. REPT. OPH. Espèce de Couleuvre, Coluber Alidras, L. (B.)

ALIEKRUK. V. ALYKRUIK.

ALIMENS. ZOOL. et BOT. Tout ce qui a vie s'accroît, se développe, a besoin d'Alimens. Ce mot désigne une substance qui, introduite dans les corps vivans, peut, en partie, s'identifier avec leurs organes, les nourrir, les accroître, et les réparer.—Les Alimens varient selon les corps organisés qui les consomment et les absorbent. Les Plantes se nourrissent d'air et d'eau. L'air, pour servir à la végétation, doit contenir du gaz acide carbonique; l'eau doit être chargée de débris de corps organisés. Telle est la nourriture ordinaire des Végétaux: mais il est rigoureusement possible d'en faire croître avec de l'eau seule, avec de l'eau parfaitement pure, par l'intervention de l'air et de la chaleur: les expériences de Halles en sont la preuve.— Ces Végétaux que l'eau seule a nourris, servent à leur tour à nourrir line partie des Animaux, et celle-là fournit des alimens à l'autre. C'est ainsi que tout se lie. et s'enchaîne dans la nature. Sans eau point de Plantes ni d'Animaux herbivores; sans herbivores point d'Animaux carnassiers; sans eau, point de vie. — Ainsi l'on voit les trois règnes se prêter d'utiles et de mutuels secours: l'inorganique fournit les premiers et les plus simples matériaux de la vie; les corps organisés, en revanche, se détruisent et se décomposent; ils agrandissent le règne inorganique qu'ils avaient momentanément abandonné; ils retournent Vers leur source; ils redeviennent élémens. Voilà comme la matière

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se transforme perpétuellement, comme elle revêt la vie pour la quitter, la reprendre et la perdre: voilà le cercle éternel de l'univers.—En étudiant les divers Alimens, on peut s'apercevoir qu'à l'exception de l'air et de l'eau, ils sont tous fournis par des corps organisés, de sorte que les débris de la vie servent de nouveau à l'allumer et à l'entretenir. On observe aussi que les corps organisés les plus simples en alimentent de plus complexes, et qu'il existe une série continue entre les substances alimentaires comme entre les corps qui s'en nourrissent. C'est dans ce sens, et dans ce sens seulement, que pourrait s'entendre le système de Lamarck, lequel fait naître les Animaux les Uns des autres, selon l'ordre de leur complication organique.

Ainsi les Alimens commencent à l'air et à l'eau, ils finissent aux Animaux herbivores. Au-delà de ces limites, les corps sont incapables de servir d'Alimens. Les carnassiers (et cette règle générale souffre bien peu d'exceptions), les carnassiers sont les seuls êtres vivans qui soient impropres à en nourrir d'autres. Leurs chairs sont trop putrescibles, leur décomposition est trop rapide. La matière va toujours s'animant et s'organisant depuis les Plantes jusqu'agrave; ces Animaux; arrivée là, il semble qu'elle ne puisse aller plus loin: mais elle passe brusquement d'une extrémité à l'autre; elle se décompose par la putréfaction; elle Se dépouille de la vie et redevient simple et brute comme auparavant. C'est ainsi que les extrêmes se touchent et se confondent.

Les Minéraux sont également impropres à servir à la nutrition. Ils fournissent beaucoup de médicamens et de poisons, mais jamais d'Alimens. —Voici quelle est la différence des objets que ces mots désignent: les Alimens sont des substances altérables par l'action des organes qui se les approprient et s'en imprègnent; les médicamens agissent sur les organes dont ils changent ou modifient l'action; les poisons attaquent la vie elle-même et l'eacute;teignent. Mais, selon chaque espèce d'Animaux et diverses autres circonstances, telle substance alimentaire peut devenir poison, et tel poison un Aliment. Ainsi l'Opium, qui pour nous est un médicament et quelquefois même un poison, est devenu pour quelques Orientaux une substance presque alimentaire. L'Aos n'est qu'un purgatif pour les Hommes, il est un véritable poison pour plusieurs carnassiers. Pallas assure que les Hérissons mangent abondamment des Cantharides sans qu'ils en paraissent incommodés. Souvent les Abeilles se nourrissent et composent leur miel avec les sucs de Plantes vénéneuses et malfaisantes. La Chenille d'un Sphinx se délecte avec le lait âcre et vénéneux d'une Tithymale, etc. V. POISON.

Plus les Animaux sont jeunes, forts et actifs, plus ils s'accroissent et se développent, et plus ils éprouvent le besoin d'Alimens. De plusieurs individus exposés à une abstinence absolue, les plus jeunes périssent les premiers. L histoire de la navigation et de la guerre en offre de douloureux exemples. On se souvient des détails horribles du siège de Jérusalem par Titus encore jeune, qui alors était la terreur des Juifs, qui depuis devint l'amour du genre humain.

Les Alimens sont toujours appropriés au degré de vie et d'organisation: à la graine placée dans le sein de la terre, il suffit d'un peu d'humidité pour germer et devenir Plante. Le fœtus des Vivipares renfermé dans la matrice, y puise le premier Aliment qui le fait s'accrotre; il y trouve du sang tout préparé. Après la naissance, au lieu de sang c'est du lait, espèce de chyle ou d'Aliment pur, qui n'exige que de légères modifications pour se convertir en la substance du nouvel être.

Le besoin d'Alimens se fait moins vivement sentir pendant le sommeil et le repos prolongés. On connat des Animaux qui emploient six mois d'abstinence et d'assoupissement pour

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dépenser un embonpoint, fruit de six autres mois de travail et d'intempérance. Je veux parler des Animaux qui hivernent, des Loirs, des Marmottes, des Ours et des Blaireaux. Il est des Hommes oisifs qui divisent leurs jours comme les Marmottes leurs années.

Si les Alimens doivent être appropriés au degré et à l'espèce d'organisation, l'organisation, à son tour, varie selon les Alimens dont elle est le produit. On peut, jusqu'agrave; un certain point, juger de l'organisation par les Alimens, comme des Alimens par l'organisation. Cuvier, qui a fait de ce principe les plus heureuses applications, lui a aussi donné les plus judicieux développemens. V. NUTRITION, CARNASSIERS, ANIMAL, HERBIVORES. (ISID. B.)

ALIMOCHE. OIS. Espèce du genre Catharte. Vautour de Norwège. Buff. Pl. enl. 449. Vultur Percnopterus, Lath. V. CATHARTE. (DR... Z.)

*ALINA. BOT. PHAN. Famille des Onagres., Genre fort obscur, établi par Adanson, et auquel il donne pour caractères: des fleurs disposées en épis axillaires; un calice disépale; une corolle dipétale; une capsule bivalve, renfermant une seule graine sphérique: les feuilles sont alternes, (A. R.)

ALIOTOCHTLI. MAM. Syn. mexicain de Cachicane. V. TATOU. (A. D..NS.)

* ALIPATA. BOT. PHAN. (Camelli.) Arbre des Philippines, réputé très-vénéneux qui croit aux bords de la mer, dont le suc est laiteux, et qui pourrait bien être l'Excœcaria. V. ce mot. Encore que ce suc et même la fumée du bois brlé de l'Alipata, causent, dit-on, une prompte cécité, les Abeilles ne laissent pas que de recueillir du miel sur ses petites fleurs très - odorantes, mais ce miel est amer. (B.)

ALIPÈDES. MAM. Dénomination des Chëiroptères dans la Zoologie analytique de Duméril. V. CHEIROPTÈRES.(A D..NS.)

* ALISE OU ALYZE. BOT. PHAN. Fruit de l'Alisier, que l'on mange dans quelques cantons de l'Europe. V. ALISIER. (B.)

ALISIER OU ALIZIER. Cratœgus. BOT. PHAN. Divers Arbres et Arbrisseaux appartenant à la première section de la famille des Rosacées, Pomacées de Richard père, forment ce genre, dont les limites ne sont pas jusqu'ici précises; les espèces qui en font partie, suivant quelques auteurs, étant portées par d'autres dans les genres voisins Mespylus, Sorbus, etc., nous suivrons ici un travail récent et recommandable, celui de J. Lindley, qui a publié (vol. XIII des Trans. de la Soc. Lin.) des observations sur le groupe des Pomacées, où il a fixé les limites des genres qui la composent en en admettant quelques nouveaux. — Le genre Cratœgus de Linné, de Thunberg et de quelques autres botanistes est séparé en plusieurs, savoir: Photinia, Chamœmeles, Raphiolepis. V. ces mots. Le genre Alisier, qui renferme plusieurs espèces de Mespylus de Smith et de Willdenow, de Pyrus même et de Hahnia de Médicus, a pour caractères: un calice à cinq dents, cinq pétales étalés et arrondis, un oyaire creusé de deux à cinq loges, des styles glabres; le fruit est une pomme ou mélonide, selon Richard, charnue, oblongue, fermée supérieurement par les dents du calice persistant ou un disque épaissi. Les Alisiers ainsi caractérisés sont des Arbrisseaux épineux habitant l'Europe, l'Amérique septentrionale, le nord de l'Afrique et les régions tempérées de l'Asie. Leurs fleurs, disposées en cîmes terminales étalées, sont accompagnées de bractées subulées et caduques. Les feuilles, toujours vertes et presque entières dans quelques espèces, sont, dans les autres, caduques et à contours anguleux. De-là, deux sections dans lesquelles on peut distribuer toutes ces espèces, dont le nombre doit être porté a vingt-quatre environ. Quelques-unes, indigènes, doivent principalement attirer notre attention.

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L'ALISIER ANTI-DYSSENTÉRIQUE, Cratœgus torminalis, L. qui croît dans nos forêts, dont l'écorce astringente était autrefois employée en médecine; le bois l'est encore en menuiserie.

L'AZEROLIER, Cratœgus Azarolus, L. qui atteint trente pieds de hauteur, et dont les fruits gros, arrondis, de couleur rouge ou jaunâtre, pulpeux et d'une saveur agréable, connus sous le nom d'azeroles, se mangent dans nos provinces méridionales. L'Azerolier est assez généralement cultivé.

L'AUBE ÉPINE. Cratœgus Oxyacantha, L. Cet Arbrisseau si connu sous les noms d'Aube épine, d'Epine de Mai, d'Epine blanche, ou simplement de Mai, est l'ornement printanier de nos baies, qu'il parfume; ses rameaux sont nombreux, diffus, armés de fortes épines; ses feuilles alternes, lisses, vertes des deux côtés, à lobes profonds, un peu pointus et divergens, et dont les fleurs blanches, roses dans une variété, exhalent une odeur suave.

LE BUISSON ARDENT, Mespylus Pyracantha, L. ainsi nommé à cause de la couleur écarlate de ses fruits, qui sont petits, ovoïdes et en nombre considérable, doit être rapporté à la première section des Cratœgus, quoiqu'en différant à quelques égards. (A. D. J.)

ALISMA. BOT. PHAN. Les caractères de ce genre qui forme le type de là nouvelle famille des Alismacées, et que Linné a rangé dans l'Hexandrie Polygynie, sont les suivans: calice à six divisions profondes, trois intérieures pétaloïdes, trois extérieures vertes et caliciformes; ordinairement six étamines, rarement plus; pistils très-nombreux, réunis en tête au centre de la fleur, se changeant en autant de petites capsules uniloculaires renfermant une ou deux graines. Ce genre se compose d'une dixaine d'espèces dont cinq habitent la France ou les différentes contrées de l'Europe; deux croissent dans l'Amérique septentrionale, une dans l'Amérique méridionale, et une autre en Guinée.

LE PLANTIN D'EAU, Alisma Plantago, L., vulgairement appelé Fluteau, est une belle Plante qui croît abondamment sur les bords des étangs, des ruisseaux et dans les fossés. On a récemment proposé sa racine, réduite en poudre, comme un remède infaillible contre la rage; mais ce remède, tiré d'un Végétal sans odeur et sans saveur, ne paraît pas aussi efficace qu'on l'avait d abord prétendu.

L'Alisma Damasonium, L. forme aujourd'hui le genre Damasonium. V. ce mot. (A. R.)

D'anciens botanistes, tels que Mathiole et Jean Bauhin, avaient appliqué le nom d'Alisma à des Plantes fort différentes de celles qui le portent aujourd'hui, telles que l'Arnica montana, L. et le Senecio Doria, L. (B.)

* ALISMACÉES. BOT. PHAN. Dans son Genera Plantarum, Jussieu avait réuni, dans sa famille des Jonce, un grand nombre de genres de Plantes Monocotylédones, fort différens les uns des autres, plusieurs sont devenus les types de diverses familles distinctes. Richard père en a formé d'abord une nouvelle sous le nom d'Alismacées, dans laquelle demeurent les genres Alisma, Damasonium et Sagittaria. V. ces mots. Voici les caractères de cette famille: le oaliee est à six divisions profondes, dont trois intérieures pétaloïdes et caduques; les étamines, au nombre de six, ou quelquefois plus, sont insérées au calice: le nombre des pistils varie de six à trente; ils sont uniloculaires, et renferment un ou deux ovules dressés et pariétaux; les fruits sont autant de petites capsules indéhiscentes; les graines renferment, un embryon dépourvu d'endosperme, souvent recourbé en forme de fer à cheval.—Les Alismacées sont des Plantes herbacées, vivaces, qui se plaisent sur le bord des ruisseaux et des étangs; leurs feuilles sont simples, (A. R.)

ALISMOIDES. BOT. PHAN. Famille de Plantes établie par Ventenat dans son Tableau du Règne Végétal (T. II.

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p. 157), et dans laquelle il a placé, d'après les observations de Gœrtner, tous les genres de la famille des Joncs de Jussieu, dépourvus d'endosperme. Depuis, Richard père a de nouveau partagé la famille des Alismoïdes de Ventenat en trois familles, les ALISMACÉES, les BUTOMÉES et les JUNCAGINÉES. V. ces mots. (A. R.)

ALISMORKIS. BOT. PHAN. Genre d'Orchidées, formé par Du Petit-Thouars, dans le travail important qu'il promet sur cette famille, et dont les caractères n'ont pas encore été publiés. (B.)

ALISSE. BOT. PHAN. V. ALYSSON.

ALIUMEIZ, OU MUMEIZ. BOT. PHAN. Syn. de Sycomore, chez les Arabes, peut-être parce que le bois de cet Arbre était, au rapport d'Hérodote, celui dont on formait ordinairement les cercueils des Momies ou Mumies. V. FIGUIER (B.)

ALK. OIS. V. ALCK.

* ALKALESCENCE. ZOOL. et BOT. Passage d'une substance animale et végétale à l'état Alkalin, par l'effet d'une altération spontanée ou de la fermentation. V. ALKALI. (DR.. Z.)

ALKALI. Nom donné, en chimie, à une série de corps jouissant de la propriété de verdir les couleurs bleues végé ales, de s'unir aux Acides, et de former, avec eux, des sels; de se combiner avec les huiles pour former des composés mixtes appelés Savons; de dissoudre et désorganiser les matières animales, etc., etc. Ils ont, en général, une saveur urineuse, âcre, brûlante, caustique; ils sont plus ou moins solubles dans l'Eau, dans l'Alcohol, etc.

Les anciens chimistes n'admettaient que trois Alkalis: la Soude, la Potasse et l'Ammoniaque; on leur a successivement adjoint la Chaux, la Strontiane et la Baryte qui, pendant long-temps, avaient été regardées comme des Terres. Les belles découvertes de Davy et de Gay-Lussac ont prouvé que la Soude, la Potasse, la Chaux, la Strontiane et la Baryte, V. ces mots, n'étaient que des états particuliers d'autant de bases métalliques, et Berthollet avait-démontré précédemment que l'Ammoniaque était un composé d'Hydrogène et d'Azote. Conséquemment de ces six substances, considérées autrefois comme bases Alkalines élémentaires, cinq ont dû prendre un rang nouveau dans la classification méthodique des corps; en revanche elles ont été remplacées par un assez grand nombre de substances nouvelles que, jusqu'à présent, tout fait présumer être de véritables Alkalis; elles sont presque toutes extraites des matières végétales; et même, à mesure que quelqu'une d'entre elles, jouissant d'une propriété particulière bien tranchante, est soumise à l'analyse, on est certain d'y découvrir un principe Alkalin particulier. C'est ainsi que des chimistes, d'une grande réputation, ont fait successivement connaître la Morphine, la Strychnine, la Brucine, l'Atropine, la Daturine, la Vératrine, la Delphinine, l'Hyoscyamine, la Pipérine, l'Emétine, la Cinchonine, la Quinine, etc. Toutes ces bases sont-elles destinées à grossir la liste déjà trop nombreuse des corps particuliers résultant des découvertes récentes, ou bien ne sont-elles que des modifications d'un principe unique? C'est un problème dont les travaux de nos chimistes pourront donner vraisemblablement bientôt la solution. (DR..Z.)

ALKALI VÉGÉTAL. Syn. de Potasse qui, de tous les Alkalis, est le plus abondant dans les Végétaux. V. POTASSE. (DR..Z.)

ALKALI VOLATIL. Syn. d'Ammoniaque. V. ce mot. (DR..Z.)

* ALKANA. BOT. PHAN. L'un des noms arabes du Henné. V. ce mot. (B.)

ALKANET. BOT. PHAN. Syn. d'Orcanette, Anchusa tinctori, L.V.BUGLOSSE. (B.)

ALKAST. OIS. Espèce indéterminée et presque inconnue d'Oiseau, que, sur le rapport des anciens voyageurs, on dit être deux fois plus grosse

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que la Poule, et se trouver aux pays d'Angole et de Congo. (B.)

ALKEKENGE des Arabes, OU ALKEKENGÈRE en français, BOT. PHAN. Syn. de Physalis. V. ce mot. (B.)

ALKER. OIS. V. ALCK.

ALKERMÈS. INS. V. KERMES.

* ALKIBIADION. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. de Buglosse. V. ce mot. (B.)

* ALKIBIAS. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. de Stæchas. V. GNAPHALIUM. (B.)

ALKITRAN OU KITRAN. Résine tirée du Cèdre par incision ou par l'enlèvement de l'ècorce, chez les Arabes. C'est le Cedria de Pline. (B.)

ALKOOL. mot arabe qui signifie subtil, appliqué, par les alchimistes, aux poudres impalpables. — Alkool estaussi l'Esprit-ardent par excellence. V. ALCHOHOL. (DR..Z.)

* ALLAGOPTERE Allagoptera. BOT. PHAN. C'est le nom d'un nouveau genre de la famille des Palmiers, Monœcie Monadelphie, L. qui vient d'être récemment proposé par Nees d'Essenbeck, dans une notice sur les Plantes rapportées par le prince de Neuwied, et insérée dans le Journal de Botanique, de Ratisbonne, cahier de mai 1821. Voici les caractères assignés à ce genre: les fleurs sont monoïques; les mâles ont un calice trisépale, une corolle tripétaie; les étamines, au nombre de quatorze, ont les filamens soudés, et les anthères libres; dans les fleurs femelles, les enveloppes florales sont plus grandes; l'ovaire est surmonté a un stigmate cunéiforme trifide; le fruit est une drupe monosperme.

La seule espèce connue de ce genre porte le nom de Allagoptera pumila. Dans la relation du prince de Neuwied, Vol. 1., p. 667, on la désigne sous le nom de Cocos de Guriri; ses feuilles sont pinnées, avec leurs folioles rapprochées, (A. R.)

ALLAHONDA. BOT. PHAN. Végétal grimpant de Ceylan que, d'après l'examen de ses graines, Gærtner soupçonne être une Grenadille 02. Passionnaire. On sait que, excepté le Passiflora mauritiana, on ne connaissait encore aucune Plante de ce genre dans l'ancien monde, et que les Modecca de Rhéede (Hort. Malabar), également indiennes, pouvaient seules convenir en Asie à la nouvelle famille des Passiflorées. V. ce mot. (B.)

ALLAITEMENT. Les Mammifères naissant, de même que l'Oiseau qui sort de sa coque, ne sont ni assez, forts ni assez développés pour pouvoir se passer des soins de leur mère; les uns et les autres ont besoin d'êtreré chauffés et nourris; et soit que la mère leur présente la mamelle, leur apporte la béquée ou les mène à la curée, ils ne peuvent se passer de ses soins. Les Mammifères seuls pourvus de mamelles, seuls aussi allaitent leurs petits. La Femme et les Singes, qui portent leurs mamelles sur la poitrine, sont obligées de saisir leur nourrisson et de l'élever jusqu'à leur sein. Chez les autres Mammifères, les petits vont eux-mêmes chercher l'organe nourricier.

Quelque temps avant l'accouchement, la nature se prépare à fournit à l'entretien du nouvel être; Les mamelles de la mère se gonflent; les fluides y affluent, et déjà souvent il Se fait un commencement de sécrétion, d'abord limpide et séreuse, puis totalement lactescente, et qui dure encore quelque temps après l'accouchement. Il existe, sur cette première sécrétion, un préjugé dont on a peine encore à s affranchir. Plusieurs personnes croient que ce premier lait, connu sous le nom de Colostrum, est nuisible au jeune Animal, qu'on se garde, en conséquence, de laisser approcher de sa mère tant que dure cette sécrétion: méthode qui ne peut être que nuisible à la mère et à l'enfant, en déterminant souvent l'engorgement des mamelles dans la première, et en retendant la sortie du Meconium dans le second.

La durée de l'Allaitement varie se Ion Chaque éspèce; elle est, en géné-

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ral, en raison de la lenteur de l'accroissement, comme de la durée de la vie et de la gestation; et, sous ce triple rapport, celle de la Femme est une des plus longues. Tant-que dure l'allaitement, la Femme, à quelques exceptions près, ne voit pas ses menstrues, et les Animaux n'entrent ni en chaleur ni en rut; si, durant cette sécrétion, ils sont fécondés, leur lait diminue de quantité, s'altère et devient' souvent nuisible au nourrisson: ce qui fait un devoir, et devient de l'intérêt et de la mère et de sa progéniture, de ne pas permettre l'approche du mâle à celles qui allaitent encore. Les travaux: forcés comme les peines morales suppriment, diminuent ou altèrent la sécrétion laiteuse; tandis qu'une nourriture saine et abondante, la tranquillité d'ame et la gaieté la rendent abondante et placent la mère et le nourrisson dans les conditions les plus favorables.

Les Sarigues, les Kanguroos nous offrent une particularité bien remarquable. Peu de temps après la conception, le produit de l'accouplement sort du sein de sa mère sous la forme d'un corps à peine visible, passe dans la bourse que cette mère porte sous le ventre, s'unit à un des mamelons que renferme cette bourse, y croît et se développe, embrassant, avec sa langue, le mamelon qu'il n'abandonne que lorsqu'il est assez fort pour sortir de cette bourse hospitalière, où il se réfugie au moindre danger, et où il trouve, pendant long-temps encore, la seule nourriture qui convienne à sa faiblesse.

L'Allaitement étant commun à tous les Mammifères, est un caractère par lequel Linné fut averti que les. Cétacés étaient déplacés parmi les Poissons, où leur figure extérieure les avait fait comprendre par l'antiquité superficielle; il replaça à leur rang, dans l'ordre de la nature, ces Mammifères aquatiques, où le vulgaire, entraîné par une vieille autorité, voit encore des Poissons. Les Cétacés, qui sont munis de mains en forme de nageoires pectorales, allaitent leurs petits au milieu des mers, en les portant et les tenant embrassés contre leur sein. (PR. D.)

ALLAMANDE. Allamanda. BOT. PHAN. Genre de la famille des Apocynées proprement dites, très-voisin du genre Echites dont il