RECORD: Bory de Saint-Vincent, Jean Baptiste Georges Marie, ed. 1822-31. Dictionnaire classique d'histoire naturelle. 17 vols. Paris: Rey & Gravier. Volume 2.

REVISION HISTORY: Transcribed by AEL Data 04.2014. RN1

NOTE: This work formed part of the Beagle library. The Beagle Library project has been generously supported by a Singapore Ministry of Education Academic Research Fund Tier 1 grant and Charles Darwin University and the Charles Darwin University Foundation, Northern Territory, Australia.


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DICTIONNAIRE

CLASSIQUE

D'HISTOIRE NATURELLE.

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DE L'IMPRIMERIE DE J. TASTU,

RUE DE VAUGIRARD, No 36.

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DICTIONNAIRE

CLASSIQUE

D'HISTOIRE NATURELLE,

PAR MESSIEURS

AUDOUIN, Isid. BOURDON, Ad. BRONGNLART, DE CANDOLLE, DAUDEBARD DE FÉRUSSAC, A. DESMOULINS, DRAPIEZ, EDWARDS, FLOURENS, GEOFFROY DE SAINT-HILAIRE, A. DE JUSSIEU, KUNTH, G. DE LA-FOSSE, LAMOUROUX, LATREILLE, LUCAS fils, PRESLE-DUPLESSIS, C. PRÉVOST, A. RICHARD, THIÉBAUT DE BERNEAUD, et BORY DE SAINT-VINCENT.

Ouvrage dirigé par ce dernier collaborateur, et dans lequel on a ajouté, pour le porter au niveau de la science, un grand nombre de mots qui n'avaient pu faire partie de la plupart des Dictionnaires antérieurs.

TOME SECOND.

PARIS.

REY ET GRAVIER, LIBRAIRES-ÉDITEURS,

Quai des Augustins, no 55;

BAUDOUIN FRÈRES, LIBRAIRES-ÉDITEURS,

Rue de Vaugirard, no 36.

1822.

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DICTIONNAIRE

CLASSIQUE

D'HISTOIRE NATURELLE.

ASA

*AS. BOT. PHAN. V. Æs.

* ASA-FOETIDA. BOT. PHAN. De quelques livres de matière médicale. Même chose qu'ASSA-FOETIDA. V. ce mot. (DR..Z.)

ASAHASAFRA. BOT. PHAN. (Avicenne cité par Daléchamp.) Plante à racine tubéreuse et palmée qui paraît être un Orchis. (B.)

* AZAKANA. BOT. PHAN: (Le Breton.) Syn. caraïbe de Laurus Borsonia, L. V. LAURIER. (B.)

ASAPHE. Asaphus. CRUST. Genre d'Animaux fossiles de la famille des Trilobites, établi par Alexandre Brongniart (Hist. Nat. des Trilobites, in-4°. Paris, 1822), et ayant selon lui pour caractères: corps large et assez plat, lobe moyen saillant et très-distinct; flancs ou lobes latéraux, ayant chacun le double de la largeur du lobe moyen; des expansions sub-membraneuses dépassant les arcs des lobes latéraux; bouclier demi-circulaire portant deux tubercules oculiformes reticulés; abdomen divisé en huit ou douze articles.—L'auteur a hésité quelque temps sur la fondation de ce genre parce qu'il ne présente pas, à son avis, un ensemble de caractères suffisans pour le circonscrire avec netteté. En effet, il a de très-grands rapports avec les Calymènes et avec les Ogygies, genres qui diffèrent réellement l'un de l'autre, et qui, si l'on n'eût pas distingué l'intermédiaire dont il est ici question, se seraient avoisinés au point de se confondre. Les Asaphes, de même que tous les Trilobites, n'ont encore été vus que sur le dos; on a même ignoré long-temps la forme d'une très-grande portion de leur corps; et on n'a d'abord connu que leur post-abdomen qui en général est détaché de l'abdomen. Celui-ci est composé de huit à douze articulations. Le nombre de celles du post-abdomen est très-variable.

Brongniart décrit cinq espèces appartenant à ce genre. Celle qui lui sert de type est: L'ASAPHE CORNIGÈRE, A.cornigerus, Brong., ou le Trilobites cornigerus de Schlotheim, et l'Entomostracites expansus de Walhenberg. Les individus que Brongniart possède viennent de Koschelewa près St.-Pétersbourg, et sont dans un calcaire compacte grisâtre rempli de petites lamelles cristallines et de petits grains noirs verdâtres. Il le suppose inférieur à la craie. Le Trilobites cornigerus de Schlotheim a été trouvé aux environs de Reval près de Memel.

Les autres espèces rapportées à ce genre, mais assez différentes de la précédente, sont:

L'ASAPHE DE DEBUCH, A. Debuchii, Brong., figurée par Parkinson (Org. remains, vol. 3, pl. 17, fig. 13); elle a été principalement rencontrée dans un psammite calcaire compacte noir et micacé à Dynevors-Park, dans le pays de Galles.

TOME II. 1

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L'ASAPHE DE HAUSMANN, A. Hausmanni, Brong. On ne possède jusqu'à présent que des post-abdomen de cette espèce. Un des échantillons dont la localité est inconnue provient de la collection du marquis de Drée; deux antres appartiennent au cabinet minéralogique particulier du roi; ils sont dans un calcaire de transition des environs de Prague.

L'ASAPHE CAUDIGÈRE, A. caudatus, Brong., ou le Trilobus caudatus de Brunnich (in Kiœb. Selsk. Skrivt. nye., saml. 1, 1781, p. 392, n. 3). Cette espèce est surtout remarquable par la saillie considérable de ses yeux en réseaux. L'individu de Brünnich a été rencontré à un mille de Coal-Brock-Dale en Angleterre; Urdervood, correspondant de la Société d'Histoire Naturelle de Paris, a généreusement donné à Brongniart un échantillon de cette même espèce, très-précieux à cause du volume et de la parfaite conservation des yeux. Il provient de Dudley en Angleterre.

Enfin l'ASAPHE LARGE-QUEUE, A. laticauda, Brong., ou les Entomostracites caudatus et laticauda de Wahlenberg. Cette espèce a été trouvée dans un calcaire blanc dans l'Osmundberg en Dalécarlie. Brongniart figure les cinq espèces précédentes, soit d'après nature, soit d'après les dessins les plus corrects des auteurs lorsqu'il n'a pu voir les individus euxmêmes. Nous renvoyons nécessairement à son ouvrage pour ces objets ainsi que pour leurs descriptions. V. aussi TRILOBITES. (AUD.)

* ASARANDOS. OIS. Syn. d'Emberiza Citrinella, L. Chez les Grecs modernes. V. BRUANT. (B.)

* ASARATH. BOT. PHAN. Espèce de Chanvre chez les Turcs, le même que les Arabes nomment Axis ou Assis. (B.)

* ASARERO OU AZARERO. BOT. PHAN. Syn. portugais de Prunus lusitanica. L. V. CERISIER. (B.)

ASARET. Asarum. BOT. PHAN. L'un des deux genres qui jusqu'ici constituent la famille des Aristoloches, de laquelle il a été proposé dans ce Dictionnaire d'extraire le genre Cytinus; il appartient à la Décandrie Monogynie, L. Ses caractères sont: calice campanulé, profondément trifide, (coloré surtout intérieurement); corolle nulle; douze étamines disposées circulairement sur l'ovaire, ayantleurs anthères oblongues, adnées au milieu des filamens; ovaire inférieur? surmonté d'un style court terminé par un stigmate de six à dix divisions disposées en étoiles; la capsule est coriace à six loges. — Le nom d'Asarum tiré du grec signifie qui n'orne point. En effet les Asarets sont des Plantes peu remarquables, mais qui cependant ne sont pas sans une certaine singularité; l'odeur assez forte et un peu résineuse qui s'exhale de toutes leurs parties, est sans doute la raison qui les faisait proscrire par les anciens des couronnes et de ces autres ornemens tirés de l'empire de Flore dont on faisait usage dans les fêtes des Dieux ou dans les banquets. Cette odeur qui néanmoins n'est pas désagréable, surtout dans l'Asaret de Virginie, dénote des propriétés médicinales. Ces propriétés résident surtout dans les racines qui sont succulentes, traçantes presqu'à la superficie de la terre, et d'une saveur amàre légèrement aromatique. On les administre en poudre ou en infusions comme diurétiques, purgatives, émétiques et éménagogues. Les feuilles réduites en poudre sont sternutatoires; le vin dans lequel on les met infuser a passé pour un assez puissant remède dans les affections des hypocondres.

Les Asarets sont des Plantes humbles, rampant à la surface du sol dans les lieux ombragés, dont les feuilles, d'un verd foncé luisant, ont une forme arrondie approchant plus ou moins de la forme d'une oreille humaine, et persistent pendant l'hiver dans les bois taillis dont elles parent alors le sol. Quatre espèces composent ce genre. L'Asarum europœum, L.; l'A. canadense, L.; virginicum, L., et l'A. arifolium, Mich.

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L'Asaret d'Europe (Flor. Dan., 633, Bul. herb.), assez commun dans tous nos climats, est employé communément en poudre dans l'hippiatique contre le farcin; l'usage qu'on en fait en quelques endroits pour soulager les gens ivres par le vomissement lui a valu le surnom de Cabaret. (B.)

ASARLA-PALA. BOT. PHAN. Même chose qu'Adsaria-Pala. V. ce mot. (B.)

* ASARIFE, ASELOURI ET ASFE. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. d'Atriplex Halimus, L. V. ARROCHE. (B.)

ASARINE. Asarina. BOT. PHAN. Genre formé par Tournefort pour une Plante que Linné a depuis réunie à son genre Antirrhinum sans égard à sa capsule sphérique et non ovale. Rétabli par Moench (Méth. suppl. 172), il est aujourd'hui fondu par Persoon dans son genre Oruntium. V. ANTIRRHINUM. (B.)

ASAROIDES. Asaroideœ. BOT. PHAN. Nom donné par quelques auteurs, par Ventenat entre autres (Tab. du Règne Végét. t. 2. p. 226), à la famille des Aristoloches. V. ce mot. (B.)

ASBECHA. MAM. Syn. de Cheval chez les Persans. (A. D..NS.)

ASBESTE. MIN. Espèce de la classe des substances terreuses que l'on ne peut caractériser dans l'état actuel de la science que d'après son tissu filamenteux, joint à la propriété d'être réductible par la trituration en poussière fibreuse ou pâteuse. On ignore même encore si l'Asbeste constitue par lui-même une espèce distinguée de toutes les autres, ou si ce ne serait pas une variété filamenteuse de quelque autre espèce déja classée dans la méthode. Sa pesanteur spécifique est de 2,5 à 0,68. il est fusible en verre noirâtre; il s'imbibe d'une manière plus ou moins sensible, lorsqu'on le plonge dans l'eau.

Les variétés d'Asbeste sont les suivantes:

ASBESTE FLEXIBLE, Amiant. Wern. C'était aussi l'Amiante des anciens minéralogistes. Il est filamenteux, en filamens plus ou moins souples, semblables à la plus belle soie; ou cotonneux, en filamens déliés comme ceux du coton; ou membraneux, composé de fibres que l'on détache et que l'on sépare comme celles du linge. — Chenevix a trouvé dans l'Asbeste flexible, Silice 59, Magnésie 25, Chaux 9, Alumine 3, Fer 1 à 3.

ASBESTE DUR, Gemeiner Asbest, W. En filamens roides et cassans, droits ou contournés, radiés ou conjoints. Dans cette variété l'Asbeste prend de la dureté, et quelquefois un aspect tout-à-fait compacte.

ASBESTE TRESSÉ, Bergkork, W. Composé de fibres tellement entrelacées les unes dans les autres qu'elles forment un tissu continu; il est mou, à peu près comme le liège; ou ligniforme, Bergholz, W., présentant l'aspect d'un bois desséché, ou coriacé, vulgairement Cuir fossile.

Les couleurs que l'Asbeste affecte le plus ordinairement sont le blanc, le verdâtre et le brunâtre. Il tapisse les fissures de différentes roches, dans lesquelles il est venu se loger comme après coup. Il est mêlé avec les cristaux qui s'y sont formés en même temps que lui. Il adhère à la surface des roches, qu'il revêt de ses filamens. Celles dans lesquelles on le trouve le plus communément sont le Talc stéatite et la Serpentine. Le plus bel Amiante que l'on connaisse est celui des montagnes de la Tarentaise en Savoie. L'Asbeste a été décrit par les anciens. Ils le regardaient comme une espèce de Lin incombustible, produit par une Plante des Indes; ils le filaient, et en faisaient des nappes, des serviettes, etc., que l'on jetait au feu, quand elles étaient sales, et qui en sortaient plus blanches que si on les eût lavées. Une dame italienne semble avoir retrouvé de nos jours le secret des anciens. Elle est parvenue à filer l'Amiante sans le mêler au

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chanvre, et elle en a fait des toiles plus fines que celles qu'on avait obtenues jusqu'alors. On a tenté aussi, mais avec plus de succès, d'imiter avec l'Asbeste le papier à écrire. (G. DEL.)

ASBESTINITE. MIN. (Kirwan.) Variété amorphe de l'Actinote rayonnante commune. V. AMPHIBOLE. (G. DEL.)

ASBESTOIDE. MIN. Même chose qu'Amianthoïde. V. ce mot. (G. DEL.)

ASCAGNE OU BLANC NEZ. MAM. Espèce de Singe, Simia Petaurista, qui appartient maintenant au genre Guenon. V. ce mot. (B.)

* ASCAGNE. INS. Espèce de Papillon. (B.)

* ASCALABOTE OU ASKALABOS. REPT. SAUR. Nom de pays de Lézards américains, qui paraissent être des Agames ou des Cordyles. Selon quel-ques-uns, ce serait le Lophyre à Casque de Duméril. V. AGAME et CORDYLE. (B.)

ASCALAPHE. Ascalaphus. INS. Genre de l'ordre des Névroptères; de la famille des Planipennes et de la section des Fourmilions, établi par Fabricius, et ayant pour caractères, suivant Latreille: antennes longues, et terminées brusquement en bouton, avec l'abdomen ovale-oblong, et guère plus long que le thorax. Ces Insectes ressemblent beaucoup aux Myrméléons, et en différent cependant par leurs antennes longues, droites, terminées brusquement par un bouton; par leurs palpes labiaux à peine plus longs que les maxillaires, filiformes et extérieurs, ayant le dernier article cylindrique; ils s'en distinguent encore par une tête plus grosse, supportant des yeux à facettes, que divise en deux parties un sillon étroit; par un corps plus velu, des ailes plus courtes et un abdomen ovale oblong de la longueur du thorax et de la tête réunis. Pendant que Schœffer, en 1763, distinguait les Ascalaphes des Hémérobes et des Myrméléons, de Linné, Scopoli (Entamol. Carniolica, p. 168) en rangeait une espèce avec les Papillons, sous le nom de Macaronius. Les Ascalaphes ont en effet au premier aspect quelque ressemblance avec les Insectes de cet ordre, mais ils s'en éloignent par un grand nombre de caractères très-importans. Leur vol est rapide et léger; ils habitent les pays méridionaux et s'y rencontrent dans des lieux secs et sablonneux. On n'a du reste aucune observation très-exacte sur leurs mœurs. L'Insecte parfait se pose souvent sur la sommité des Plantes graminées, et s'accouple, dit-on, à lamanière des Libellules, l'abdomen du mâle étant pourvu de pinces à son extrémité. La Nymphe et la Larve ne sont point connues, à moins qu'on ne considère comme cette dernière, celle dont parle Réaumur, et qui a été observée par Bonnet, dans les environs de Genève. Quoi qu'il en soit, les espèces d'Ascalaphes ne sont pas jusqu'à présent très-nombreuses. La plupart proviennent d'Afrique et d'Amérique. Celles qui se rencontrent en France, sont:

L'ASCALAPHE ITALIQUE, Ascalaphus italicus de Fabricius, qu'il ne faut pas confondre, suivant Latreille, avec l' Asc. barbarus du même auteur. On le trouve dans le midi de l'Europe.

L'ASCALAPHE C. noir. Asc. C. nigrum de Latreille (gener. Crust. et Insect. T. 3, p. 194), ou le Myrmeleon longicornis, L. Il se trouve aux environs de Montpellier, à Bordeaux, même à Orléans, et dans la forêt de Fontainebleau. (AUD.)

ASCALAPHOS. OIS. Oiseau mentionné par les Grecs, mais qui est aujourd'hui entièrement inconnu. La ressemblance de ce nom, avec celui d'Ascalaphe qui fut métamorphosé en Hibou pour avoir dénoncé un larcin de Proserpine, pourrait faire soup-conner qu'Ascalaphos désignait un Oiseau de nuit. (B.)

ASCALERON. BOT. PHAN. (Athénée.) Même chose qu'Ascalia. (B.)

* ASCALIA. BOT. PHAN. (Pline.) Partie du calice mangeable dans l'Artichaut. (B.)

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ASCALOPAS OU ASCALOPAX. OIS. Èspèce d'Oiseau que les anciens nous ont dit avoir le bec long et la grosseur d'une Poule, mais qui ne peut être reconnu sur de telles indications. (B.)

* ASCARICIDE. Ascaricidia. BOT. H. Cassini a fait sous ce nom un Genre nouveau du Conyza anthelminthica, L., qui est un Vemonia de Willdenow. Semblable au Vernonia par l'aigrette double qui couronne son fruit, il en diffère par son port et par les folioles de son involucre, qui sont longues, lâches et toutes égales entre elles. C'est une Herbe de la famille des Corymbîfères, à feuilles alternes et à fleurs purpurines, originaire des Indes orientales, où on l'emploie en médecine, principalement comme anthelminthique. (A. D. J.)

ASCARIDE. Ascaris. INTEST. Genre de l'ordre des Nématoïdes de Rudolphi, ou de celui des Cavitaires de Cuvier, ayant pour caractères le corps cylindrique atténué aux deux extrémités, la bouche environnée ou précédée de trois tubercules; un anus en forme de fente, vers l'extrémité de la queue; un seul sexe sur chaque individu; l'organe mâle double sortant par la même fente que l'anus; l'orifice de l'organe femelle se trouve au tiers antérieur du corps. Ce genre est très-nombreux, très-naturel, et les Animaux qui le composent se distinguent facilement de tous les autres; mais il n'est pas rare de confondre les espèces entre elles, tant elles diffèrent peu; beaucoup sont encore douteuses ou peu connues. Zeder a voulu changer le nom de ce genre, et le remplacer par celui de Fusaria qui n'a point été adoptée parce que les Strongles, les Cucullans, etc., ont le corps fusi-forme comme les Ascarides, et mériteraient la même dénomination.

L'on observe à la partie antérieure de presque tous les Ascarides, trois petits corps arrondis, presque réguliers et égaux entre eux, un supérieur et deux inférieurs; ils sont susceptibles de s'écarter et de se rapprocher; ils sont distincts dans quelques espèces et se confondent avec le corps dans les autres; ce sont des papilles charnues pour Cuvier, des valvules pour Lamarck et Rudolphi, des nodules pour Blainville, et des tubercules pour la majeure partie des helminthologistes. Leur grandeur varie suivant les espèces et l'âge des individus. La bouche, en forme de petit tube, est située au centre des trois tubercules, et ne peut s'apercevoir que par leur écartement. Le corps des Ascarides, élastique, cylindrique, se terminant graduellement en deux pointes plus ou moins aiguës, est marqué de stries circulaires ou d'anneaux et de deux sillons, ou de deux membranes latérales et longitudinales. Quelquefois, la surface du corps est parfaitement lisse, ou plissée, ou hérissée de piquans. L'enveloppe externe, ou la peau, est une membrane d'une transparence presque parfaite, élastique, forte, épaisse, sans organisation distincte: au dessous, s'observent des fibres transversales et régulières, recouvrant une couche plus épaisse de fibres longitudinales, d'où partent intérieurement des fibrilles, plus ou moins nombreuses, qui n'affectent aucune direction particulière, et dont la plupart sont fibres et flottantes: plusieurs s'attachent aux organes contenus dans la cavité du corps, et servent à les maintenir en place. Ces fibrilles sont en plus grande quantité vers les deux extrémités que dans la partie moyenne de l'Animal. A. la surface interne des enveloppes, vis-à-vis des sillons ou des lignes blanches que l'on aperçoit à l'extérieur, l'on trouve quatre cordons qui s'étendent de la tête à la queue; deux sont attachés aux extrémités du diamètre transversal, et les deux autres à celles du diamètre vertical. Les premiers seraient-ils des vaisseaux pour une sorte de circulation, et les seconds des nerfs pour l'irritabilité? Le tube intestinal n'est pas tout-à-fait semblable dans les grandes et dans les petites espèces.

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Dans les premières, l'œsophage est très-court, à parois plus épaisses que le reste du canal. Il est d'abord fort petit, il augmente peu à peu de volume, et se rétrécit ensuite subitement. Le canal intestinal, à parois plus minces, à capacité plus grande, commence immédiatement après l'œsophage; il se prolonge jusque vers la queue, avec quelques légères flexuo-sités, et sans augmenter de volume; là, il devient plus ample, et ne se rétrécit qu'à l'anus. Il est formé de deux membranes que l'on peut séparer; l'extérieure est mince, lisse et transparente, l'intérieure est épaisse, ridée et diversement colorée. Dans les petites espèces, l'œsophage est proportionnellement plus long que dans les grandes, et s'offre sous la forme d'un pilon, auquel succèdent une ou deux dilatations globuleuses que l'on appelle souvent premier et second estomac. Le reste du tube intestinal est plus étroit et présente quelques légères sinuosités; en général, sa forme varie suivant les espèces. Les sexes sont distincts et sur des individus différens; les femelles sont beaucoup plus nombreuses et plus grandes que les mâles.

L'organe mâle se compose d'une verge double, susceptible de sortir et de rentrer dans le corps de l'Animal; celui de la femelle présente une ouverture extérieure, un canal qui s'étend de la vulve à l'utérus, un utérus très-court qui se termine par deux canaux très-longs, formés de deux membranes bien distinctes, et remplis d'une prodigieuse quantité d'œufs, d'une forme ovale, à surface rugueuse, et tachés d'un point obscur au milieu. Une ou deux espèces paraissent vivipares.

On n'a point observé d'Ascarides accouplés; ce que dit Goëze à cet égard est trop extraordinaire et surtout trop peu vraisemblable pour être regardé comme certain. Il est probable que l'accouplement a lieu de la même manière que dans les Strongles du Cheval et du Lièvre, et dans le Physaloptère du Singe Marinkina.

Les Ascarides paraissent acquérir leur croissance totale en peu de temps; les uns ont à peine une demi-ligne de longueur, tandis que d'autres parviennent quelquefois à un pied et demi. Ces Vers sont très-communs dans la nature; quelques Animaux en nourrissent plusieurs espèces, les uns sont en grand nombre, les autres sont presque solitaires ou très-rares, et ne s'observent que dans certaines saisons. La plus grande partie de ces Animaux se trouvent dans le canal digestif, quelques-uns sous le péritoine, d'autres dans l'intérieur des poumons ou des branchies, ainsi que dans des tubercules et dans des hydatides.

Il y a plus de cent cinquante espèces d'Ascarides connus; les deux tiers sont certaines, les autres encore douteuses; il en reste sans doute beaucoup à découvrir, peut-être plus qu'il n'y en a de mentionnées dans les auteurs; ceux-ci ont décrit quelquefois la même espèce sous plusieurs noms, à cause des caractères que ces Animaux présentent aux différentes époques de leur vie.

Pour simplifier l'étude des Ascarides, Rudolphi en a fait trois grandes divisions qu'il sous-divise en deux sections, suivant que ces Vers ont la tête nue ou ailée. Dans la première division, le corps est atténué aux deux extrémités; dans la deuxième, la partie antérieure du corps est plus grosse; dans la troisième, cette partie est plus mince. Les espèces principales sont:

L'ASCARIDE LOMBRICOÏDE, Ascaris lumbricoides, L. Encyclopédie vers., tab. 30. fig. 1. 2. 3. (Cette figure appartient à l'Asc. lombric. du Cheval). Corps cylindrique, presqu'également aminci aux deux extrémités; tête petite et distincte; tubercules arrondis et convergens; surface du corps couverte de stries circulaires très-nombreuses. Deux sillons latéraux et profonds règnent de la tête à la queue. Ce Ver parvient quelquefois à une longueur de plus de quinze pouces; ordinairement il est plus pe-

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tit. Sa couleur est d'un blanc sale ou rosâtre, et dépend en général des matières qui remplissent son intestin. Il habite les intestins grêles de l'Homme, du Bœuf, du Cochon, du Cheval et de l'Ane. Il se multiplie quelquefois à l'excès et cause alors des maladies mortelles chez les enfans.

ASCARIDE A MOUSTACHES, Ascaris mystax, Rudolphi. Encyc. vers. tab. 31, fig. 7. 12. Corps long d'un à quatre pouces, grêle, blanc, atténué aux deux extrémités: tête garnie de chaque côté de deux membranes demi-ovales, se prolongeant sur les deux côtés du corps, et s'élargissant de nouveau vers la queue, principalement dans les mâles. Il habite les intestins grêles des Chats sauvages et domestiques, ainsi que ceux du Lynx.

ASCARIDE TACHETÉ, Ascaris maculosa, Rud. Encycl. vers. tab. 30. fig. 10. L'on remarque, sous la peau de cet Ascaride, des corpuscules orbiculaires, transparens, beaucoup plus grands que des œufs; ils le font paraître comme tacheté. La tête est distincte et présente sur ses parties latérales deux membranes semi-elliptiques qui viennent se perdre sur les côtés du corps. La queue, dans les deux sexes, est obtuse, et terminée par une pointe courte et grêle. L'organe mâle est visible à l'extérieur. Il se tient dans les intestins grêles du Pigeon domestique et de la Tourterelle à collier.

ASCARIDE DENTÉ, Ascaris dentata, Rud. Corps long de trois à sept lignes, blanc et très-grêle. Tête très-atténuée, sans membrane latérale; tubercules très-petits et oblongs; queue dans les femelles légèrement courbée, celle des mâles étant roulée en spirale et crénelée. On le trouve dans l'estomac et les intestins du Barbeau commun.

ASCARIDE ÉPINEUX, Ascaris echinata, Rud. Espèce fort singulière, longue à peu près d'une ligne. La tête présente trois tubercules grands et un peu aigus. Le corps est atténué antérieurement et terminé par une queue mucronée, longue, très-grêle, courbée à son extrémité. Toute la surface présente un grand nombre de petits aiguillons dirigés en arrière, situés par rangées transversales. Il vit dans l'intestin du Gecko.

ASCARIDE HOLOPTÈRE, Ascaris holoptera, Rud. Espèce longue de trois à cinq pouces, ayant une tête distincte, à trois tubercules; le corps plus mince en avant qu'en arrière; la queue courbée, terminée par un mamelon court et aigu. La membrane latérale est mince et règne sur toute la longueur du corps. On le trouve dans les intestins de la Tortue grecque.

L'Ascaride vermiculaire, Ascaris vermicularis, L. nous paraît, ainsi qu'à Lamarck, Blainville et Bremser, devoir être rapporté au genre Oxyure, V. ce mot, quoique Rudolphi dise affirmativement avoir observé les trois tubercules de la tête. Nous n'avons jamais pu les voir sur les individus que nous avons examinés avec la plus grande attention. Ainsi l'Animal qui a donné son nom au genre Ascaris s'en trouverait maintenant exclus. (LAM..X.)

ASCARINE. Ascarina. BOT. PHAN. Forster a décrit sous ce nom un genre de Plantes dicotylédones, apétales, qui paraît assez rapproché des Urticées, mais que l'on n'a pas encore pu classer. Il offre des fleurs dioïques; les mâles en longs chatons grêles. Chaque fleur se compose d'une écaille, sur laquelle est attachée une seule étamine. Dans les fleurs femelles, on trouve un ovaire globuleux, monosperme, surmonté d'un stigmate sessile et trilobé.

Selon Jussieu, on peut rapporter à ce genre un Arbrisseau de la Cochin chine, décrit par Loureiro sous le nom de Morella rubra. (A. R.)

* ASCARIS. INS. et INTEST. Nom donné par Aristote à la larve du Cousin, Culex pipiens, L., et qu'il appliquait également à des Vers intestinaux auxquels l'usage l'a conservé. V. COUSIN et ASCARIDE. (B.)

* ASCAVIAS-VAKE. V. ACCA - VIAO.

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* ASCEBRA. BOT. PHAN. (Mésuë.) Syn. arabe d'Euphorbia Characias, L. V. EUPHORBE.

* ASCHÉE OU LESCHE DE MER. ANNEL. Nom vulgaire employé pour désigner le Lumbricus marinus de Linné, ou l'Arénicole des Pêcheurs de Lamarck, Bosc, Cuvier et Savigny. V. ARÉNICOLE. (AUD.)

* ASCHER. POIS. Syn. de Salmo Thymallus. V. SAUMON. (B.)

* ASCHGRANE - REIGER. OIS. (Frisch.) Syn. d'Ardea Nycticorax, L., vulgairement Bihoreau. V. HÉRON. (DR..Z.)

* ASCHIL. BOT. PHAN. V. ALACHIL.

* ASCHILAG. OIS. Espèce d'Oiseau de rivage qui habite, à certaines époques, les rochers de S.-Kilda, mais qu'on ne peut reconnaître par les indications vagues qu'en ont données ceux qui l'ont mentionné. (DR..Z.)

* ASCHION OU ASKION. BOT. CRYPT. Noms antiques de la Truffe. Tuber cibarium. V. TRUFFE. (AD. B.)

* ASCHIRITE. MIN. Nom donné par les minéralogistes russes au Cuivre dioptase. V. ce mot. (LUC.)

ASCIDIE. Ascidia, Ascidium. MOLL. Nom donné par Baster (Opusc. subsec. 11, X, 5) à une espèce de Théthyon d'Aristote, et dérivé d'un mot grec qui signifie outre, parce que les pêcheurs de quelques pays appellent ces Animaux Outres de Mer. Pallas ayant proposé (Miscell. zool.,74) la réunion des Théthyons à l'Ascidium de Baster, Linné l'effectua dans la 12e édition du Systema Naturœ, sous le nom générique d'Ascidie, et depuis lors jusque dans ces derniers temps, ce nom d'Ascidie a été reçu, par tous les naturalistes qui plaçaient les Ascidies parmi les Mollusques acéphalés. Malgré que ces Animaux aient été bien décrits par Aristote, et que divers naturalistes modernes aient fait à leur sujet quelques observations exactes, ces Mollusques n'ont été bien connus que depuis les observations de Cuvier et de Savigny. Ces observations, celles de ce dernier savant sur les Ascidies composées, celles de Lesueur et Desmarest sur les Botrylles et les Pyrosomes, en jetant un jour nouveau sur tous ces Animaux, ou en faisant connaître, pour la première fois, l'organisation d'une partie d'entre eux, ont porté Savigny et Lamarck à les réunir tous en classe distincte; le premier, sous le nom d'Ascidies; le second, sous celui de Tuniciers; et cette classe a été divisée par eux en un grand nombre de genres séparés. Cependant Cuvier n'a point adopté cette classe dans le Règne Animal, quoiqu'il en indique la séparation comme pouvant s'effectuer convenablement. Il ne fait, dans cet ouvrage, avec les Ascidies de Savigny ou les Tuniciers de Lamarck, qu'un ordre à part dans les Acéphalés, sous le nom d'Acéphalés sans coquille, dans lequel il conserve le genre Ascidie à peu près tel que Gmelin l'avait circonscrit. Nous avons suivi l'exemple de Savigny, et nous l'imitons aussi, quant à la place qu'il assigne à cette classe, dans l'embranchement des Mollusques. Lamarck a cru devoir la rapprocher des Polypiers; et Lamouroux va même plus loin, en plaçant avec ceux-ci une partie des genres de cette classe. Nous conservons intact le beau travail de Savigny, justement cité comme un modèle d'observation. Il est résulté des travaux de ce naturaliste que le nom d'Ascidie n'appartient plus à un genre, mais à une classe, celle des Ascidies, Ascidiœ (V. pour tout ce qui la concerne, le mot TUNICIERS); il la divise en deux ordres, les Ascidies Théthydes, V. THÉTHYDES, et les Ascidies Thalides, V. THALIDES. (F.)

* ASCIDIENS OU TUNICIERS LIBRES. MOLL. Deuxième ordre de la classe des Tuniciers de Lamarck, qui comprend les Théthies simples et les Thalides de Savigny. V. TUNICIERS, THÉTHIES et THALIDES. (F.)

* ASCIDIUM OU ASCUS. BOT. CRYPT. Ce nom a été employé par Nées d'Esenbeck, pour désigner les capsules des Champignons hyménothèques ou

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vrais Champignons, tels que les Agarics, les Pezizes, etc. Link leur avait donné le nom de Theca. Nées a encore employé ce nom dans quelques autres genres, tels que les Sphéries, les Hystéries, pour désigner les capsules que renferme l'involucre coriace de ces Plantes, et qui elles-mêmes renferment un nombre plus ou moins considérable de sporules. V. THECA, SPORULE, CHAMPIGNONS.

Le nom d'ASCIDIUM a été aussi donné par Tode au genre qu'il a décrit depuis sous le nom d'Ascophore. V. ce mot. (AD. B.)

ASCIE. Ascia. INS. Nom donné par Scopoli à certaines espèces de Lépidoptères du genre Polyommate de Latreille, lesquelles n'ont ni queue, ni taches aux ailes postérieures. V. POLYOMMATE. (AUD.)

ASCITE. Ascita. POIS. Espèce de Silure de Linné, qui rentre dans le genre Pimelode. V. ce mot. (B.)

ASCLÉPIADE. Asclépias. Ce genre forme en quelque sorte le type de la famille des Asclépiadées; aussi croyons - nous nécessaire d'exposer avec quelques détails la structure singulière de ses différentes parties, d'autant plus que cette organisation compliquée n'a point encore été décrite d'une maniere détaillée.

Les fleurs dans le genre Asclépiade présentent un calice monosépale à cinq divisions profondes, rabattues lorsque la fleur est entièrement ouverte; une corolle monopétale, rotacée, à cinq lobes également réfléchis. En dedans de la corolle, on trouve cinq appendices dressés qui naissent de la partie externe du tube anthérifère; ces appendices qui alternent avec les divisions de la corolle, sont concaves; leur bord externe est plus élevé que l'interne qui est fendu et présente une espèce de corne comprimée et falciforme. En dedans et au-dessus de ces appendices, les cinq anthères sont attachées au tube dont nous venons de parler, et qui est formé par la soudure des filets staminaux. Elles sont opposées aux appendices, contiguës les unes aux autres, et seulement séparées par un sillon longitudinal; elles offrent deux loges et se prolongent à leur sommet en une membrane mince allongée, qui recouvre le stigmate. Au-dessus des anthères, le tube staminifère forme un corps charnu, épais, déprimé, pentagone, uni intimement et confondu avec le sommet des deux ovaires et constituant les stigmates. A chacun des angles de ce corps charnu et à la partie supérieure de chaque sillon qui sépare les anthères, on aperçoit une petite masse globuleuse formée de deux petits corpuscules glanduleux intimement agglutinés. De chacun de ces petits corpuscules, il part un prolongement étroit qui va plonger dans une des loges de chaque anthère: le pollen contenu dans ces loges des anthères est en masses solides, de la même forme que la cavité dans laquelle elles sont contenues. Chaque masse pollinique se continue à son sommet avec un des prolongemens des corpuscules glanduleux, dont chacun donne ainsi attache à deux masses polliniques appartenant à deux anthères différentes. Les anthères s'ouvrent seulement par leur partie supérieure qui devient béante, et les masses polliniques restent en place dans chaque loge qui les contient. Les corpuscules glanduleux, auxquels sont attachées les masses polliniques, sont entièrement analogues aux rétinacles des Orchidées, et établissent, parleur pollen en masses solides, une grande analogie entre les Plantes de cette famille et les Asclépiadées. Au centre de la fleur et au dedans du tube staminifère, on trouve deux ovaires allongés, contigus par leur face interne, amincis en une sorte de prolongement styliforme à leur partie supérieure qui se confond avec le corps charnu stigmatifère. Chacun de ces ovaires est à une seule loge, qui contient un grand nombre d'ovules attachés à un trophosperme longitudinal qui règne sur la paroi interne.

Le fruit est un follicule double, quelquefois simple par l'avortement d'un des ovaires. Les graines sont un peu

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comprimées, portant une aigrette soyeuse et sessile qui naît de leur base.

Les espèces de ce genre sont assez nombreuses. Ce sont des Plantes herbacées ou sous-frutescentes; à feuilles entières et opposées, à fleurs disposées en ombelles simples. Presque toutes sont lactescentes. R. Brown a retiré du genre Asclepias de Linné plusieurs espèces qui sont devenues les types de genres nouveaux ou que cet illustre botaniste a placées dans d'autres genres. Tels sont le Domptevenin Asclepias Vincetoxicum, L.; l'Asclepias nigra, L.; Ascl. sibirica, Ascl. daourica. L., qu'il a réunis au genre Cynanchum; l'Asclepias aphylla de Thunberg, l'Ascl. stipitacea de Forskal, l'Ascl. viminalis de Linné, qui appartiennent à son nouveau genre Sarcostemma, etc., etc.

Parmi les espèces du genre Asclépiade, nous citerons les suivantes comme plus intéressantes:

L'ASCLÉPIADE DE SYRIE, Asclepias syriaca, L. Vulgairement désigné sous le nom d'Herbe à la ouate, à cause des longs filamens soyeux que portent ses graines. Cette espèce est extrêmement traçante; sa racine est vivace, et sa tige herbacée, haute de trois à quatre pieds, pubescente, renfermant un suc blanchâtre très-caustique. Ses feuilles sont opposées, ovales, pubescentes; ses fleurs sont rougeâtres, penchées, en ombelles simples. Elle est originaire d'Orient; on la cultive en pleine terre à Paris.

L'ASCLÉPIADE DE CURAÇAO, Asclepias curassavica, L. Ses tiges sont simples, hautes d'environ deux pieds, portant des feuilles lancéolées, aiguës, glabres; ses fleurs, d'un rouge aurore, sont en ombelles simples.

L'ASCLÉPIADE TUBÉREUSE, Asclepias tuberosa, Michx, est originaire de l'Amérique septentrionale; sa racine est tubéreuse et charnue; ses feuilles sont lancéolées et velues; ses fleurs, d'une couleur rougeâtre safranée, sont également en ombelles simples.

L'ASCLÉPIADE INCARNATE, Asclepias incarnata, Michx, également originaire de l'Amérique septentrionale, se distingue par ses tiges hautes de cinq à six pieds, par ses feuilles lancéolées, velues sur leurs deux faces; par ses fleurs odorantes d'un rouge pourpre, constituant de petites ombelles simples.

Ces quatre espèces et plusieurs autres sont cultivées en pleine terre dans les jardins de Paris. (A. R.)

ASCLÉPIADÉES. Asclepiadeœ. BOT. PHAN. En parlant de la famille des Apocynées, nous avons dit que l'on pouvait ranger les genres nombreux qu'elle renferme, en deux sections, savoir: les Apocynées vraies et les Asclépiadées; voici les caractères qui distinguent ce dernier groupe: le calice et la corolle sont réguliers, à cinq divisions plus ou moins profondes; les étamines au nombre de cinq ont leurs filets soudés en tube et monadelphes; leurs anthères sont biloculaires et renferment dans chaque loge une masse de pollen solide, attachée par sa partie supérieure à un petit corps glanduleux inséré sur le contour du corps stigmatifère; audessous des anthères on trouve cinq appendices ordinairement concaves, dont la forme varie singulièrement dans les différens genres, et qui sont une dépendance des étamines.

Les ovaires sont au nombre de deux, soudés par leur base: le fruit est un follicule simple ou double, contenant un grand nombre de graines attachées à un trophosperme uni d'abord à la suture, mais qui devient libre quand le fruit s'ouvre. Ces graines sont imbriquées, pendantes, insérées latéralement et portant souvent une aigrette soyeuse qui naît de leur base. L'embryon est droit, renfermé dans un endosperme blanc et un peu corné.

Les Asclépiadées sont des Arbustes ou des Herbes volubiles et lactescentes, portant des feuilles opposéés ou verticillées, munies de stipules. Leurs fleurs forment des bouquets ou ombelles simples. Voyez, pour de plus

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grands détails sur la structure de la fleur, le mot ASCLÉPIADE.

Voici les genres nombreux qui appartiennent à ce groupe:

Ceropegia, L. — Huernia, Brown. (Wernern. Trans.) — Piaranthus, Brown. l. c.Stapelia, L. — Caralluma, Brown. l. c.Microstemma, Brown. l. c.Hoya, Brown. l. c.Tylophora, Brown. l. c.Marsdenia, Brown. l. c.Pergularia. L. — Dischidia, Brown. l. c.Gymnema, Brown. l. c.Leptadenia, Brown. l. c.Sarcolobus, Brown. l. c.Gonolobus, Richard. — Matelea, Aublet. (Guyan.) — Asclepias, L. — Gomphocarpus, Brown. l. c.Xysmalobium, Brown. l. c.Calotrophis, Brown. l. c.Kanahia, Brown. l. c.Oxystemma, Brown. l. c.Oxypetalum, Brown. l. c.Lachnostoma. Kunth. (in Humb. nov. Gen.) — Macroscepis, Kunth. l. c.Diplolepis, Brown. l. c.Holostemma, Brown. l. c.Cynanchum, L. — Metaplexis, Brown. l. c.Ditassa, Brown. l. c.Dœmia, Brown. l. c.Sarcostemma, Brown. l. c.Philibertia, Kunth. l. c.Eustegia, Brown. l. c.Metastelma, Brown. l. c.Microloma, Brown. l. c.Astephanus, Brown. l. c.Secamone, Brown. l. c.Hemidesmus, Brown. l. c.Periploca. L. — Gymnanthera, Brown. l. c.

La plupart de ces genres nouveaux établis par le savant botaniste anglais, sont des démembremens des genres anciens. Voyez chacun de ces mots pour en avoir les caractères. (A. R.)

ASCOBOLE. Ascobolus. BOT. CRYPT. (Champignons.) Genre séparé par Persoon des Pezizes, et ayant pour type la Peziza stercoraria (Bull. Champ., p. 256, pl. 376. fig. 1). Il diffère des Pezizes par ses capsules distinctes et saillantes hors de la surface supérieure du réceptacle. Persoon caractérise ainsi ce genre: réceptacle hémisphérique ou en forme de cupule charnue, présentant à sa surface supérieure des capsules (thecœ) proéminantes, distinctes les unes des autres, qui se rompent et renferment en général huit sporules mêlées à un fluide visqueux.

Il en indique quatre espèces qui toutes croissent sur le fumier ou sur les bouses de Vaches. Ce genre a tout-à-fait l'aspect des Pezizes dont il diffère très-peu. (AD. B.)

* ASCOLIMBROS OU ASKOLOMBROS. BOT. PHAN. (Belon.) Syn. de Scolymus dans l'île de Crète. (B.)

ASCOPHORE. Ascophora. BOT. CRYPT. (Mucédinées.) Ce genre d'abord décrit par Tode dans les Mémoires des curieux de la Nature de Berlin (vol. 3. p. 247), sous le nom d'Ascidium, fut ensuite nommé par le même auteur Ascophora (Fungi Mecklenburgenses selecti, fasc. 1, p. 13), parce que le nom d'Ascidia avait déjà été donné à un genre d'Animaux.

Sous ce nom Tode avait confondu trois genres différens, et les auteurs modernes varient encore sur celui auquel on doit conserver le nom d'Ascophora. Les Ascophora limbiflora et disciflora paraissent être des espèces de Puccinies, l'Ascophora Mucedo doit selon Link et Nées d'Esenbeck former le type du genre Ascophora, tandis que Persoon réunit cette espèce au genre Mucor, et réserve le nom d'Ascophora à l'Ascophora ovalis de Tode; les trois autres espèces décrites par Tode sous les noms d'Ascophora fragilis, Stilbum et cylindrica, sont encore peu connues.

De ces deux opinions nous croyons devoir adopter plutôt celle de Persoon, 1o parce que l'Ascophora ovalis est l'espèce décrite la première par Tode; 2° parce qu'elle forme un genre beaucoup mieux caractérisé que l'Ascophora Mucedo qui diffère à peine du genre Mucor; 3° parce que Persoon est le premier qui ait bien défini ce genre.

On doit ainsi caractériser le genre Ascophora: pédicelle filiforme soutenant une sorte de vessie de forme irrégulière couverte de sporules.

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Tode dit que cette Plante a d'abord l'aspect d'une goutte d'eau à l'extrémité du pédicelle; qu'ensuite cette vésicule se colore et se couvre d'une poussière blanche comme de l'argent; elle finit par se rompre et se rider, mais elle peut alors se conserver longtemps dans cet état sans se gâter. Ce petit Champignon croît sur les branches et les troncs de saule en automne.

ASCOPHORA de Link. V. MUCOR. (AD. B.)

* ASCUS. BOT. CRYPT. V. ASCIDIUM.

ASCYRE. Ascyrum. BOT. PHAN. Tournefort désignait ainsi une section du genre Millepertuis, contenant les espèces qui offrent cinq styles au lieu de trois, et dont l'espèce la plus répandue est devenue l'Hypericum Ascyron de Linné; mais la plupart des auteurs modernes appellent de ce nom le genre Hypericoides de Plumier, dont voici les caractères: son calice est formé de quatre sépales disposés en croix, dont deux extérieurs étroits et lancéolés, et deux intérieurs, beaucoup plus larges et obtus: la corolle est tétrapétale: les étamines sont nombreuses et réunies en quatre faisceaux par leur partie inférieure. L'ovaire est surmonté d'un à trois styles. Le fruit est une capsule membraneuse, ayant autant de valves et de loges que de styles.

Ce genre renferme environ cinq espèces qui croissent toutes dans l'Amérique septentrionale. Elles sont herbacées ou sous-frutescentes, leurs feuilles opposées ne sont pas perforées de points glanduleux et transparens, leurs fleurs sont terminales ou axillaires. Choisy, à qui on doit une très-bonne monographie de la famille des Hypéricinées, qu'il vient de publier à Genève, pense qu'il faut retrancher de ce genre les Ascyrum humifusum et Ascyr. involutum décrits par Labillardière, et qui sont de véritables Millepertuis. (A. R.)

* ASCYRON. BOT. PHAN. (Tournefort.) V. ASCYRE; et syn. d'Hyvericum montanum, L., dans Fuchs. V. MILLEPERTUIS. (B.)

ASE OU AZE. MAM. Syn. d'Ane dans les parties méridionales de la France où l'on parle le gascon. (B.)

ASÉBUTCHE. BOT. PHAN. V. AZÉBUCHE.

* ASELLE, ASILE, ÆSTRE DE POISSON OU POU DE MER. CRUST. On a désigné vulgairement sous ces dénominations des Crustacés du genre Cymothoé. V. ce mot. (AUD.)

ASELLE. Asellus. CRUST. Genre de l'ordre des Isopodes et de la section des Ptérygibranches (Règne Animal de Cuvier), fondé par Geoffroy (Hist. des Ins., t. 2, p. 671) aux dépens du genre Oniscus de Linné. Les caractères assignés par l'auteur sont: quatorze pates; quatre antennes brisées, dont deux sont plus longues. Latreille les remplace par ceux-ci: quatre antennes très-distinetes, sétacées et composées d'un grand nombre de petits articles; queue formée d'un seul segment avec deux styles bifides; branchies recouvertes par deux écailles extérieures, arrondies et fixées seulement à leur base.

Les Aselles, confondus pendant long-temps avec les Cloportes, s'en rapprochent sous plusieurs rapports; mais en diffèrent cependant par certains caractères dont le plus important est le développement des quatre antennes. Ils ont encore quelque ressemblance avec les Idotées, les Cymothoés et les Sphæromes; mais l'examen des caractères les plus importans suffit pour les faire distinguer de chacun de ces genres.

Les Aselles ont le corps ovale, un peu allongé et déprimé, composé, 1° d'une tête distincte supportant de petits yeux, des organes pour la manducation et quatre antennes, les unes supérieures plus courtes de quatre articles principaux; les autres inférieures, longues et de cinq pièces; 2° de sept anneaux pourvus chacun d'une paire de pates munies d'un crochet; 3° d'une sorte de queue terminale, étendue, arrondie, pourvue de deux appendices bifides, et offrant

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à la face inférieure six plaques ovales recouvrant les organes de la respiration.

Ce genre comprend plusieurs espèces; une d'elles commune dans les eaux douces est la seule qui ait été étudiée avec soin.

Leach (Linn. Trans. societ., t.XI) en a décrit quelques-unes sous les noms de Janira et Jœra; le premier de ces genres se distingue de celui des Aselles par les crochets bifides des tarses, par les antennes intermédiaires plus courtes que le dernier article des extérieures, et par des yeux plus gros et moins distans. Le second genre en diffère par la présence de deux tubercules qui remplacent les filets bifides de l'extrémité du corps des Aselles et par l'absence de renflemens ou de mains aux pates antérieures. Les in dividus qui composent ces deux genres se rencontrent dans la mer sur les pierres ou sur les fucus. Latreille les réunit aux Aselles. L'espèce caractéristique et que nous pouvons faire connaître est l'Aselle ordinaire, Asellus vulgaris, ou l'Aselle d'eau douce de Geoffroi (loc. cit. T. 2, pl. 22, fig. 2), qui est le même que l'Oniscus aquaticus de Linné, l'Idotea aquatica de Fabricius et la Squille d'eau douce de Degéer. Schœffer (Elem. Ins., tab. 22), Frisch (Ins. 10, tab. 5), et G.-R. Treviranus (Mélanges d'Anatomie, 1er vol., 1re partie, 6e Mémoire), l'ont figurée. Ce dernier a donné plusieurs observations qui, jointes à celles de Degéer, complètent, à peu de chose près, l'histoire anatomique de cette espèce.

L'Aselle vulgaire se nourrit d'animalcules qui vivent dans l'eau; il les saisit avec les crochets renflés de la première paire de pates, et au moyen de cette sorte de main les porte à sa bouche; celle-ci est composée suivant Tréviranus, en comptant d'arrière en avant, d'une lèvre inférieure, de trois paires de mâchoires et d'une paire de mandibules placée entre la deuxième et la troisième paire de mâchoires; mais la position qu'il assigne à ces mandibules doit faire douter que les pièces qu'il regarde comme telles, soient les analogues des parties auxquelles nous appliquons ce nom. Quoi qu'il en soit l'Aselle aurait, selon lui, une paire de mâchoires de plus que les Cloportes, opinion sans doute erronée et qui peut être facilement rectifiée en considérant telle ou telle de ces pièces comme une portion de mâchoire développée outre mesure, et non comme une mâchoire entière et distincte. La cavité buccale communique avec un intestin droit sans renflement considérable et brusque, de la longueur du corps de l'Animal environ, et accompagné dans son court trajet par quatre cordons graisseux placés par paire de chaque côté.—Les organes de la respiration sont situés au-dessous du huitième anneau du corps et en arrière des pates; ils consistent en trois paires de vésicules (vessies à air de Degéer), ou branchies placées chacune sous une plaque cornée qui est peut-être elle-même une branchie. Les plaques cornées et les branchies s'articulent entre elles et avec le corps par une extrémité très-étroite, et sont par conséquent comme pédiculées, libres dans le reste de leur étendue et susceptibles de se mouvoir avec facilité. L'Animal les agite sans cesse, et tout porte à croire qu'elles servent à la respiration branchiale. Cependant Degéer a observé que les espèces qu'il avait dans l'eau grimpaient de temps en temps sur les parois du vase qui la contenait, comme si elles voulaient respirer l'air, mais elles rentraient presque aussitôt dans le liquide. Quant à l'appareil de circulation, Tréviranus pense que les vaisseaux latéraux que l'on a remarqués au cœur des Aselles, ainsi que les deux canaux minces et antérieurs, sont des veines; il croit aussi que le sang qui circule dans les extrémités du corps n'est renfermé dans aucun conduit; ce fait paraît certain pour les pates dans lesquelles il a distingué des courans ascendans et descendans sans la moindre apparence de vaisseaux pour contenir le fluide.—Les organes générateurs con-

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sistent dans le sexe mâle en deux verges placées sous la dernière paire de pates et accompagnées de parties accessoires qui, semblables aux pièces copulatrices des Insectes, les protègent et facilitent leur introduction dans les vulves de la femelle; les organes de celle-ci sont deux petites valves situées au-dessous du septième anneau, recouvrant une petite portion des branchies et bouchant l'ouverture de deux conduits qui aboutissent aux ovaires.

Les Aselles s'accouplent et se reproduisent plusieurs fois pendant la durée de leur vie et avant d'avoir atteint leur entier accroissement; à cet effet le mâle, toujours plus gros que la femelle, s'empare de celle-ci et la place sous son ventre de manière à être à cheval sur son dos; il la retient captive dans cette position pendant six ou huit jours, au moyen de sa quatrième paire de pates. Mais ce n'est là qu'un prélude de l'accouplement, et non l'accouplement lui-même; celui-ci ne saurait s'effectuer dans une telle position, et tout porte à croire qu'il arrive un moment où la femelle ou bien le mâle se retourne pour faciliter le contact des organes copulateurs. Or, cette attitude qui constitue l'accouplement proprement dit, n'a été encore observée par personne. Cependant la femelle abandonnée par le mâle se trouve fécondée; les œufs contenus dans une cavité placée entre les écailles centrales et la membrane des intestins, comme dans les Cloportes, mais dépourvus, selon Tréviranus, de cotylédons, augmentent de volume et deviennent angulaires. Les petits en naissent avec la forme et le nombre des parties qu'ils auront toute leur vie. Ils n'acquièrent en effet aucun organe nouveau et changent seulement plusieurs fois de peau. Ces crustacés perdent souvent leurs antennes et les appendices de leur queue, mais ces parties se reproduisent comme dans la plupart des Animaux de la même classe. — L'Aselle vulgaire se trouve en grande abondance dans les mares dès les premiers jours du printemps et pendant toute l'année, il ne nage pas, mais marche au fond de l'eau sur les pierres et sur les plantes aquatiques; il se cache dans la fange pendant la saison froide. Les Poissons en font leur pature. (AUD.)

* ASELLIDES. CRUST. Nom sous lequel Lamarck (Hist. des Animaux sans vertèb., T. v. p. 149 et 157) désigne une famille de Crustacés isopodes, calquée sur un groupe antérieurement établi par Latreille, sous le nom d'Asellotes. V. ce mot. (AUD.)

ASELLOTES. Asellotœ. CRUST. Famille de l'ordre des Tetracères, établie par Latreille (Gener. Crust, et Insect. et Considér. génér.) et offrant pour caractère essentiel: les quatre antennes très-apparentes ou point distinctes; elle comprend les genres Aselle, Idotée, Cymothoé, Sphærome et Bopyre. Ces genres appartiennent aujourd'hui (Règne Anim. de Cuv.) aux Crustacés isopodes, et se rangent tous dans la troisième section de cet ordre, celle des Ptérygibranches. V. ISOPODES. (AUD.)

* ASELLUS. POIS. (Pline.) Syn. présumé d'Æglefin ou Aigrefin. V. GADE.

* ASELOURI. BOT. PHAN. V. ASARIFE.

* ASEPHANANTHES. BOT. PHAN. C'est-à-dire Fleur sans couronne. Genre proposé par Bory de St.-Vincent (Ann. gén. des sciences physiques. T. 11. p. 138.) dans la famille des Passiflorées, et dont les caractères seraient un calice campanulé, obtusément quinquéfide; corolle nulle, point de nectaire. Le Passiflora bilobata de Jussieu est le type de ce genre. V. PASSIFLORE. (A. D. J.)

ASEROE. BOT. CRYPT. (Champignons.) Genre établi par Labillardière (Voyage à la recherche de La Pérouse, vol. 1. p. 145. tab. XII. fig. 1. 2. 3) pour un Champignon qu'il a découvert à la terre de Diemen, près la baie d'Entrecasteaux, où il pousse dans les bois au milieu de la mousse. Il pré-

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sente à sa base un tubercule fongueux, d'où naissent quelques racines, et qui supporte une volva globuleuse, blanchâtre, gélatineuse, marquée en dehors et en dedans de sept stries; du milieu de cette volva sort un pédicule rougeâtre, presque cylindrique, creux dans toute sa longueur et ouvert à son extrémité supérieure. Il se termine en s'évasant en une sorte de chapeau divisé en sept rayons bifurqués à leur extrémité; la partie supérieure du pédicule est d'un beau rouge, et l'extrémité des rayons est jaunâtre; toute la surface de ce Champignon est lisse. Labillardière pense que ce genre doit être placé à côté du Phallus dont il présente en effet la volva; mais il diffère de l'ordre qui renferme le Phallus (Lytothecii Persoon), en ce que ses graines ne paraissent pas renfermées dans une matière gélatineuse comme celles des Phallus et du Clathrus: du moins la figure que Labillardière en a donnée dans l'Atlas du Voyage à la recherche de La Pérouse n'indique pas cette structure. (AD. B.)

* ASFE. BOT. PHAN. V. ASARIFE.

* ASFOS. BOT. PHAN. Syn. de Ballote chez les Egyptiens, selon Adanson. (B.)

* ASFUR. POIS. (Forskalh.) Nom arabe d'une espèce de Chétodon, rapporté par Lacépède au genre Pomacanthe. V. ce mot. (B.)

* ASHILAG. OIS. Même chose qu'Aschilag. V. ce mot.

ASHKOKO. MAM. (Bruce.) Même chose que Daman. V. ce mot. (B.)

ASIDE. Asida. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Hétéromères, et de la famille des Melasomes (Règne Animal de Cuvier), fondé par Latreille qui lui assigne pour caractères: étuis soudés; palpes maxillaires, terminés par un article sensiblement plus grand, triangulaire; menton large, recouvrant la base des mâchoires; les deux derniers articles des antennes réunis en un bouton, le terminal plus petit.

Les Asides ou les Machles d'Herbst ont plusieurs points de ressemblance avec les Opatres, les Blaps, les Pedines, etc. Leur corps est plus ou moins ovale; les côtés de leur prothorax sont arqués, rebordés, rétrécis en avant; ils habitent les lieux secs, chauds et sablonneux. L'espèce qui sert de type au genre est l'Aside gris, As. grisea, ou l'Opatrum griseum, et le Platynotus variolosus de Fabricius, figuré par Olivier (Col. T. III. no 56. pl. 1. fig. 1). Il se trouve dans le midi de la France et aux environs de Paris.

On peut rapporter aussi à ce genre les Opatres sericeum, rugosum et villosum d'Olivier; les Machles carinata? villosa, nodulosa d'Herbst; les Platynotes morbillosus, serratus, lœvigatus, undatus, rugosus de Fabricius. Le général Dejean possède quatorze espèces de ce genre, tant indigènes qu'exotiques (Catalogue des Coléoptères). (AUD.)

* ASIGRUM. BOT. PHAN. (C. Bauhin.) Syn. d'Hypericum montanum, L. V. MILLEPERTUIS. (B.)

ASILE. OIS. (Aristote.) Nom sous lequel plusieurs ornithologistes, d'après Aristote, ont décrit le Pouillot. Motacilla Trochilus, L. V. BEC-FIN. (DR..Z.)

ASILE. Asilus. INS. Grand genre de l'ordre des Diptères, établi par Linné, et répondant à la famille des Asiliques (V. ce mot). Le genre des Asiles propres, c'est-à-dire considérablement restreint, est rangé par Latreille (Genera Crust. et Ins.) dans la famille qui lui a emprunté son nom, et appartient ailleurs (Règne Anim. de Cuv.) à celle des Tanystomes. Ses caractères sont: Antennes de la longueur de la tête, séparées jusqu'à leur base, dont le premier article est plus long que le second, et le troisième ou dernier en cône allongé, avec un stylet en forme de soie au bout. Meigen (Description syst. des Dipt. d'Europe) caractérise ainsi ce genre: antennes avancées, rapprochées à leur base, dirigées en dehors, à trois articles, le premier cylindrique, le second en

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cône renversé, le troisième sans anneaux, subulé, comprimé, avec un stylet terminal sétiforme; trompe dirigée en avant, droite, horizontale et courte; les jambes plates, droites et épineuses; pieds avec deux éperons. Par ce dernier caractère, les Asiles s'éloignent des Leptogastres. On les a aussi distingués des Laphries, lesquels ont le troisième article des antennes presque ovale, sans stylet saillant, et des Dasypogons qui offrent ce même article presque cylindrique, avec un petit stylet en forme d'article: du reste leur corps est allongé; leur tête, convexe antérieurement, plane et même concave postérieurement, supporte trois yeux lisses; les ailes sont placées horizontalement et dépourvues de cuillerons; il existe des balanciers minces, terminés brusquement par un bouton, et des pates allongées, assez fortes, épineuses, munies de deux crochets forts et de deux grosses pelottes; l'abdomen est allongé, et se termine en pointe dans les femelles.

L'organisation interne des Asiles est connue par quelques observations de Degéer (Mém. sur les Ins. T. VI) et de Marcel de Serres (Mém. sur le vaisseau dorsal dans les Ann. du Mus. d'Hist. nat. T. IV, p. 361). Nous renvoyons à ces principales sources. Frisch dès l'année 1730, et plus tard le même Degéer ont aussi observé les métamorphoses de plusieurs espèces. A l'état de larve, ces Insectes se présentent sous forme d'un Ver apode, à corps allongé, divisé en douze anneaux; la tête est écailleuse, munie de deux crochets mobiles, au moyen desquels elle opère sa progression en se cramponnant; on aperçoit aussi de chaque côté les stigmates au nombre de quatre. Ces larves vivent dans la terre, et s'y transforment en nymphes sans s'être construit de coque et après avoir changé entièrement de peau.

Les Asiles sont des Insectes carnassiers qui se nourrissent de plusieurs Diptères, et font même la chasse aux Hyménoptères-etaux Coléoptères; leur vol est rapide et accompagné d'un bourdonnement assez fort. On les rencontre, vers la fin de l'été et en automne, dans les bois, dans les lieux secs, et aussi dans des plaines humides. Plusieurs espèces se trouvent en France; une des plus communes, et qui sert de type au genre, porte le nom d'Asile-Frelon, Asilus crabroniformis, L. C'est l'Asile brun à ventre de deux couleurs de Geoffroy (Ins. T. 2. pag. 468. pl. 17. fig. 3. k). Elle a été figurée par Frisch (Ins. T. 3. pl. 3. tab. 8); par Schæffer (Icon. tab. 8. fig. 15), et par Schellenberg (Genr. de Mouch. tab. 29. fig. 1). La ressemblance qu'elle offre au premier aspect avec le Frélon, lui a valu son nom. — Meigen (loc. cit.) en décrit cinquante-six espèces, dont plusieurs nouvelles. Nous citerons parmi elles pour éclaircir la synonymie: l'A.forcipatus de Linné, quiest la même que l'A. cinereus de Degéer (Ins. T. VI. 98. 8. tab. 14. fig. 5—9); l'A. œstivus, Schr., ou l'A. niger de Degéer (loc. cit. 99. 9. tab. 14. fig. 12); l'A. germanicus de Linné, et de Fabricius, qui (Ent. Syst. T. IV. 383. 31) donne ce nom à l'individu mâle, et fait une espèce nouvelle de la femelle, sous le nom d'A. tibialis; ailleurs (Syst. antl.) il rapporte cette espèce au genre Dasypogon. Elle a été figurée par Schæffer (loc. cit. t. 48. fig. 9 et 10). (AUD.)

ASILIQUES. Asilici, INS. Famille de l'ordre, des Diptères, section des Proboscidés, établie par Latreille (Genera Crust. et Insect., et Considér. génér.), qui lui assigne pour caractères: antennes presque cylindriques, de trois articles, dont le dernier sans anneau, avec un stylet ou une soie au bout dans la plupart; trompe écailleuse, presque conique, avancée en forme de bec, sans lèvres saillantes, renfermant un suçoir de quatre soies; palpes extérieurs et relevés; corps allongé; balanciers nus; ailes couchées sur le corps; tête transverse. Cette famille répond au grand genre Asile de Linné, qui a depuis été subdivisé en plusieurs genres; les plus remarquables sont les suivans: LAPHRIE, ASILE proprement dit, DA-

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SYPOGON, dont les tarses sont terminés par deux crochets et deux pelottes, et les antennes, guère plus longues que la tête, sans pédicule commun; DIOCTRIE qui ont les antennes beaucoup plus longues que la tête et supportées par un pédicule commun; GONYPE dans lesquels les tarses n'ont pas de pelottes et sont terminés par trois crochets. V.ces mots et en particulier le genre Asile, dans lequel nous avons donné, sur les mœurs et les métamorphoses, des indications communies, à peu de chose près, à tous les individus de cette famille. Meigen (Descript. syst. des Ins. Diptères, 1820, T. 11) donne à la famille des Asiliques les mêmes caractères que Latreille, et elle se compose pour lui des genres Dioctria, Dasypogon, Laphria, Asilus, qui ont les tarses munis de deux éperons, et Leptogaster dont les tarses en sont privés. (AUD.)

* ASIMENA. BOT. PHAN. Syn. malegache de Volkameria. V. ce mot. (B.)

* ASIMINA. BOT. PHAN. Genre de la seconde section de la famille des Anonacées, formé par Adanson (Fam. des Plant. II, 365), adopté par Dunal (Monog. Anon. 81), et par Jussieu (Ann. Mus. 16, p. 339); il n'est qu'un démembrement du genre Anona de Linné. De Candolle (Syst. Veget. I, 478 et suiv.) en mentionne quatre espèces qui sont toutes frutescentes et de l'Amérique septentrionale, Asimina parviflora, triloba, pygmœa et grandiflora. V. ANONE. (B.)

* ASINA. BOT. PHAN. Syn. du Peuplier blanc, Populus alba. L. chez les Russes. (B.)

ASINDULE. Asindulum. INS. Genre de l'ordre des Diptères et de la grande famille des Némocères (Règne Animal de Cuv.) ou Tipulaires (Genera Crust. et Insect, et Considér. Génér.), établi par Latreille, qui le distingue par les caractères suivans: de petits yeux lisses; trompe en forme de bec, longue, dirigée en arrière sous la poitrine, et terminée par deux lèvres allongées qui la font paraître bifide. Il réunit à ce genre (Règne Anim. de Cuv.) les Rhyphes qui en diffèrent par une trompe de la longueur de la tête, et avancée. — Les Asindules appartiennent à la section des Tipulaires fungivores, et ont des caractères communs avec les Mycétophiles et les Céroplates; mais ils diffèrent de ces deux genres par la forme de la trompe. Latreille considère, mais avec quelque doute, comme synonyme du genre Asindule, celui des Platyures de Meigen, caractérisé ainsi qu'il suit par cet auteur: antennes étendues, comprimées, de seize articles dont les deux premiers sont distincts (par leur forme et leur volume); yeux à réseaux arrondis; trois yeux lisses, rapprochés, inégaux, placés en triangle sur le front; jambes sans épines sur le côté; abdomen déprimé postérieurement.—Le genre Gnoriste de Meigen paraît avoir des rapports plus grands avec les Asindules. L'entomologiste français regarde comme type de ce genre l'Asindule fascié, A. fasciata, ou le Platyura fasciata de Meigen. Celui-ci rapporte à son genre Platyure vingt espèces, parmi lesquelles on en remarque plusieurs appartenant aux genres Ceroplatus, Rhagio et Sciara des Auteurs. Latreille (Genera Crust. et Insect. T. 1, tab. 15, fig. 1, et T. IV, p. 261) décrit et figure une espèce sous le nom d'Asindule noir, Asindulum nigrum; il l'a trouvée aux environs de Paris, dans les lieux humides: elle y est rare. V. PLATYURE et GNORISTE. (AUD.)

* ASINUS. OIS. Syn. de Butor, Ardea stellaris, L. V. HÉRON. (B.)

* ASIO. OIS. Syn. de Duc, mal à propos appliqué anciennement à l'Ardea virgo, L. (B.)

* ASION. BOT. CRYPT. Même chose qu'Aschion. V. ce mot. (AD. B.)

ASIRAQUE. Asiraca. INS. Genre, de l'ordre des Hémiptères et de la section des Homoptères, fondé par Latreille et désigné plus tard par Fabri-

TOME II. 2

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cius sous le nom de Delphax. Ses caractères distinctifs sont: antennes de trois articles insérées dans une échancrure des yeux, aussi longues au moins que la tête et le corselet, le premier article n'étant pas plus court que le second. Latreille ayant remarqué que, dans plusieurs espèces du genre Delphax de Fabricius, le premier article était notablement plus court que le second, a cru pouvoir former avec ces individus une coupe générique distincte, à laquelle on conservera le nom de Delphax. V. ce mot.

Les Asiraques qui appartiennent à la famille des Cicadaires sont des Insectes petits, assez semblables aux Fulgores, ayant les antennes insérées immédiatement au-dessous des yeux, deux petits yeux lisses, et étant privés d'organes sonores. Ils vivent sur les Végétaux. L'Asiraque clavicorne, A. clavicornis ou le Delphax clavicornis de Fabricius, figuré par Coquebert (Illustr. icon. insect. dec. 1, tab. 8, fig. 7), sert de type à ce genre. On le rencontre en France, en Allemagne, etc. (AUD.)

ASJAGAN OU ASJOGAM. BOT. PHAN. (Rhéede, Hort. Malab. 5, tab. 59.) Arbre de l'Inde qui appartient probablement à la famille des Légumineuses, et dont Roxburg a formé, sous le nom de Jonesia, un genre adopté par Willdenow. V. JONESIA. (B.)

ASK. REPT. BATR. Syn. de Salamandre aquatique chez les Écossais. V. TRITON. (B.)

ASKALABOS. REPT. SAUR. (Séba.) V. ASCALABOTE.

* ASKIDA. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. de Veratrum album, L. V. VÉRATRE. (B.)

* ASKOKAN. BOT. PHAN. Syn. africain de Pastinaca, selon Adanson. V. PANAIS. (B.)

* ASKOLAME. BOT. PHAN. Syn. arabe d'Asphodèle. V. ce mot. (B.)

ASMENI. BOT. PHAN. (Daléchamp.) Syn. arabe d'Iris. (B.)

ASMODÉE. REPT. SAUR. Belle espèce innocente de serpent du Japon, encore trop peu connue pour qu'on puisse la rapporter à aucun des genres établis jusqu'à ce jour. (B.)

ASMONICH. BOT. PHAN. Syn. péruvien de Chincona rosea, Ruiz et Pav. V. CHINCONA. (B.)

ASNE. MAM. d'Asinus latin. Vieux nom français de l'Ane. V. CHEVAL. (B.)

ASONATOU. BOT. PHAN. Même chose qu'ASOUATOU. V. ce mot. (B.)

ASOTAS. BOT. PHAN. (Adanson.) Même chose que Courondi. V. ce mot. (B.)

ASOTE. Asotus. POIS. Espèce du genre Silure. V. ce mot. (B.)

ASOUATOU. BOT. PHAN. Et non Asonatou. Syn. indou de Ficus indíca, L. V. FIGUIER. (B.)

ASP ou ATT. MAM. Syn. de Cheval chez les Persans. (B.)

ASPALAT. Aspalathus. BOT. PHAN. Ce nom, d'abord donné au Cytise par Dioscoride, à des Genets épineux, à des Arbrisseaux à bois odorant, au Lignum rhodium, espèce de Liseron, est maintenant celui d'un genre établi par Linné, qui est l'Achyronia de Vanroyen, le Scaligera d'Adanson. Il appartient à la famille des légumineuses, où il se place assez près des Genets dont il diffère plutôt par le port que par ses caractères botaniques, qui sont: un calice à cinq divisions aiguës, la supérieure plus grande; une corolle papillonacée dont l'étendard est réfléchi, les ailes plus petites, la carêne bifide; dix étamines monadelphes; une gousse contenant deux à trois graines, souvent terminée en pointe. — Quarante espèces environ se trouvaient décrites par Lamarck dans l'Encyclopédie méthodique; ce nombre déjà fort grand est porté à soixante-neuf dans le Synopsis de Persoon. Ce sont des Arbrisseaux originaires, à très-peu d'exceptions près, du cap de Bonne-Espérance. Leurs feuilles sont fasciculées

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et linéaires dans le plus grand nombre d'espèces, planes, ternées dans les autres, dont Necker a fait son genre Eriocy lax. Les fleurs sont tantôt sessiles et latérales, tantôt portées à l'extrémité des rameaux où elles forment un épi ou une tête. Nous n'entrerons pas dans le détail de ces espèces, dont aucune ne se distingue de celles qui sont voisines par des caractères bien tranchés. Les principales différences tirées de l'inflorescence, de la longueur et de la disposition des feuilles, de l'état de la tige inerme ou épineuse, etc., se trouvent indiqués tab. 620 des Illustr. de Lamarck, où quatre espèces sont figurées. Gaertner aussi représente dans sa tab. 144, l'analyse du fruit de l'Aspalathus spinosus. — Lamarck rapportait à ce genre le Dory cnium de Tournefort, Lotus Dory cnium de Linné, qui forme maintenant un genre séparé. L'Aspalathus chenus, L., a été placé dans les Amerimnon. V. ce mot. (A. D. J.)

ASPALAX. MAM. Genre de Rongeurs de la première division; c'est-à-dire du nombre de ceux qui sont munis de clavicules complètes. Ce genre, après avoir subi divers changemens sous différens noms, a été récemment, et selon nous fort bien circonscrit, par Desmarest au mot RAT-TAUPE du Dictionnaire de Déterville et dans la Mammalogie de l'Encyclopédie, par ordre de matières. Ses caractères sont: molaires simples, à tubercules mousses au nombre de trois de chaque côté des deux mâchoires; incisives inférieures en forme de coin comme les supérieures, et non subulées; corps cylindrique; pieds courts, les antérieurs propres à fouir; yeux excessivement petits et entièrement cachés sous la peau; queue nulle ou presque nulle.

Les Aspalax furent d'abord placés avec les Rats par Pallas et par Linné. Guldenstaedt en sépara, sous le nom générique de Spalax adopté par Erxleben, Illiger et Cuvier, l'espèce principale, à laquelle plus tard Lacépède réunit d'autres Rongeurs pour former le genre Talpoïde. Ce dernier genre n'a point été adopté; Illiger l'a démembré pour en ex traire son Bathyergus adopté par Cuvier, et son Georychus que Cuvier confond avec les Lemmings.

Les Aspalax, essentiellement sonterrains comme la Taupe, n'avaient guère besoin de voir; aussi la nature les a-t-elle privés de la vue. Ce n'est pas qu'elle leur ait entièrement refusé des yeux. Ces organes existent; et même Aristote, qui connut fort bien l'espèce type du genre, avait remarqué qu'ils sont parfaitement constitués, quoique dans de petites proportions; il n'ignorait pas qu'en ecorchant la tête, on trouve sous une expansion tendineuse qui couvre les orbites et que revêt encore la peau, un corps glanduleux, oblong, un peu aplati, au centre duquel se voit un point noir qui est le globe de l'œil; en coupant transversalement ce globule on y reconnaît la choroïde, la rétine, et le cristallin; mais tout cet appareil ne subsiste que comme une preuve de la fidélité avec laquelle la nature, qui ne supprime pas brusquement un organe important, suit les lois créatrices qu'elle s'est tracées. Profondément caché, ainsi que dans le Prolœus Anguinus, Animal déjà bien éloigné de l'Aspalax dans l'échelle des êtres, mais également destiné à fair la lumière, cet œil rudimentaire et sans emploi ne procure aucune perfection à des créatures de ténèbres qui ne peuvent deviner quelle vaste sphère d'idées développerait en eux un seul rayon du jour. Mais comme l'appauvrissement ou la privation d'un sens détermine presque toujours, dans les Animaux d'une certaine complication, le plus grand développement de quelque autre, le perfectionnement de l'ouïe dans les Aspalax paraït les dédommager de la privation de la vue. Encore que l'oreille externe soit peu sensible chez eux, on s'aperçoit à leur démarche que les moindres bruits attirent leur attention, et déterminent toutes leurs démarches. Du reste, la forme de leur corps, des-

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tiné à se glisser dans les trous qu'ils creusent à la manière des Taupes, est cylindrique et allongée; leur tête est aplatie; leurs incisives sont puissantes et tronquées carrément, tant en haut qu'en bas; les pates sont courtes, et leurs doigts au nombre de cinq à tous les pieds. Tous vivent de racines et en font un tel dégat que la végétation est bientôt détruite aux environs de leurs demeures. Les espèces que Desmarest renferme dans ce genre sont au nombre de trois, dont les deux premièrement connues habitent l'ancien monde, et la plus récemment découverte l'Amérique septentrionale.

ASPALAX ZEMNI, Mus Typhlus, Lin. Gmel. Syst. Nat. XIII. 1. 141; Pall. Glir. 154. tab. VIII; Spalax microphthalmus, Guldenst. Nov. Com. Petr. XIV. tab. 8–9; Spalax major, Erxleb. Mam. 377; grand Spalax, Encycl. mam. pl. 72, en dessus et en dessous. Vulgairement Slepez, Zemmi ou Zemni, Rat-Taupe et Taupe aveugle.

Cet Animal fut connu des Grecs. Olivier qui, dans son voyage dans l'empire ottoman, l'a soigneusement décrit, a prouvé (Bullet. Soc. phil. n° 38) que ce fut leur Aspalax, nom qu'on a mal à propos regardé comme celui de la Taupe, parce que les Latins qui ne connurent pas l'Animal qui l'avait porté, et induits en erreur par une sorte de ressemblance, traduisirent Aspalax par Talpa. L'Aspalax Zemni habite la Russie australe jusqu'au nord de la mer Caspienne, l'Asie mineure et la Perse. Il se plaît dans la terre humide où chaque individu de son espèce se creuse une galerie. Il préfère à toute autre racine celle du Cherophyllum bulbosum, L. On ne lui trouve pas le moindre vestige de queue. Il acquiert jusqu'à huit pouces de longueur et un poids de trois livres; se défend vaillamment avec ses dents quand il est attaqué; marche aussi facilement à reculons qu'en avant, toujours avec inquiétude quand il est surpris hors de terre; la tête haute et s'arrêtant à chaque instant pour écouter. Son poil est fin et serré; sa couleur d'un gris cendré ou ferrugineux. La femelle fait deux ou quatre petits qu'elle nourrit à l'aide de deux mamelles; le temps des amours est le printemps, et se prolonge jusqu'en été.

ASPALAX ZOCOR, Mus Aspalax, Gmel. loc. cit. p. 140; Pall. Glir. 168. T. X; le Zokor, Encyc. mam. pl. 72. Cet Animal n'ayant pas été connu des anciens, le nom spécifique d'Aspalax ne pouvait lui convenir. Plus petit que le précédent, il est d'un brun cendré en dessus, blanchâtre en dessous. Sa nourriture de prédilection consiste dans les bulbes du Lilium Pomponium et de l'Erythronium Dens-Canis, L. Il a une petite queue, jette un cri aigu quand il est pris ou menacé, et se trouve plus particulièrement dans la Daourie.

ASPALAX DE RAFFINESQUE, Spalax trivittata, Raffin. An. month. mag. oct. 1818. Petit Quadrupède découvert par le savant dont nous proposons de lui donner le nom, long de sept pouces, muni de petites oreilles, fauve sur le dos et marqué de trois grandes raies brunes; blanchâtre en dessous, et entièrement dépourvu de queue. Il a été trouvé dans les Etats de l'ouest des Etats-Unis de l'Amérique.

Le Mus talpinus, Lin. Gmel. loc. cit.; Pall. Glir. tab. XI; Spalax minor, Erxleb.; appartient peut-être aussi au genre dont il vient d'être question. Cet Animal qui se trouve encore dans le midi de la Russie, a les habitudes du Zemni et du Zokor. Les racines qu'il préfère sont celles du Lathyrus et du Phlomis tuberosus, avec les bulbes des Tulipes. Il a une petite queue, répand une odeur musquée au temps des amours, et n'atteint guère que trois pouces de longueur. (B.)

* ASPARAGINE. BOT. PHAN. et MIN. Substance découverte dans le suc de l'Asperge par Vauquelin et Robiquet, qui se cristallise en prismes

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droits rhomboïdaux, dont le grand angle de la base est d'environ 17 degrés. Les bords de cette base et les deux angles situés à l'extrémité de sa grande diagonale sont remplacés par facettes. Cette substance est insoluble dans l'Alcohol, très-soluble dans l'eau chaude, peu dans l'eau froide; elle est convertie par l'Acide nitrique en Amarine ou en tanin artificiel; chauffée, elle donne un premier produit acide et un second ammoniacal; saveur fraîche et un peu nauséabonde. Selon Vauquelin et Robiquet, elle serait formée d'Hydrogène, d'Oxygène, de Carbone et d'Azote. (B.)

ASPARAGINÉES. Asparagineœ. BOT. PHAN. Cette famille naturelle appartient au groupe des Monocotylédonées, dont les étamines sont périgyniques. Les botanistes modernes n'ont pas tous adopté cette famille telle qu'elle avait été présentée par l'illustre auteur du Genera Plantarum. Ainsi Ventenat (Tableau du Règne Végétal) divise les Asparaginées en deux familles, savoir: les Asparagoïdes qui renferment tous les genres dont les fleurs sont hermaphrodites, et les Smilacées où se trouvent réunis les genres à fleurs unisexuées. Cette distinction, uniquement fondée sur la différence des fleurs hermaphrodites et unisexuées, nous paraît trop peu importante et trop variable pour devoir être adoptée. En effet, dans l'Asperge commune qui forme le type des Asparagoïdes de Ventenat, les fleurs sont pres que constamment unisexuées et dioïques. Robert Brown (Prodromus Nov.-Holl.) distingue d'abord les Asparaginées en deux groupes, suivant que leur ovaire est libre ou infère. Les genres qui sont dans ce dernier cas constituent sa nouvelle famille des Dioscorées, dont nous traiterons à ce mot. Quant à ceux qui offrent un ovaire libre et supère, il les réunit presque tous aux Asphodèles, dont il sépare seulement ceux qui ont le style trifide ou trois stigmates, sous le nom de Smilacèes. Il ne faut pas confondre ce dernier groupe avec celui établi précédemment par Ventenat sous le même nom, qui comprend à la fois des genres à ovaire libre et à ovaire adhérent, mais dont les fleurs sont toujours munies d'un seul sexe.

Nous adoptons entièrement l'opinion du savant botaniste anglais quant à la séparation des Dioscorées d'avec les véritables Asparaginées, mais nous ne saurions nous ranger de son avis, lorsqu'il place, parmi les Asphodèles, un grand nombre de genres appartenant réellement aux Asparaginées; tout en convenant cependant que la distinction entre ces deux familles est extrêmement difficile à établir. Nous comprendrons donc dans cette famille celle des Smilacées de Robert Brown, et les genres à ovaire supère que de Jussieu y avait d'abord rapportés. Voici les caractères de cette famille:

Les fleurs sont hermaphrodites ou unisexuées, monoïques ou dioïques. Leur calice, souvent coloré et pétaloïde, offre six ou huit divisions plus ou moins profondes, étalées ou dressées; les étamines sont en nombre égal à celui des divisions du calice auquel elles sont attachées; leurs filets sont libres, très-rarement soudés en un urcéole (Ruscus). L'ovaire est supère, à trois loges, contenant chacune un ou plusieurs ovules, insérés à l'angle interne; le style est simple et terminé par un stigmate trilobé, ou bien il est profondément divisé, ou enfin il en existe trois ou quatre, terminés par autant de stigmates.

Le fruit est une capsule ou une baie globuleuse, quelquefois à une seule loge et à une seule graine par l'avortement des autres. La capsule s'ouvre en trois valves, dont chacune entraîne avec elle une partie des cloisons appliquées sur sa partie moyenne. Les graines se composent d'un endosperme charnu ou corné, contenant dans une cavité quelquefois assez grande, placée dans le voisinage de leur hile, un embryon monocotylédon très-petit.

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Les Plantes de la famille des Asparaginées sont herbacées, vivaces, ou sous-frutescentes. Leurs feuilles sont alternes, quelquefois opposées ou verticillées, rarement engainantes à leur base. Leur racine est fibreuse et vivace.

Les genres contenus dans cette famille sont assez nombreux. On peut les disposer en deux sections, selon que le stigmate est simplement trilobé, ou suivant qu'il existe plusieurs stigmates distincts.

Stigmate simple ou trilobé.

ASPARAGINÉES VRAIES.

Dracœna, L. — Cordyline, Commerson. — Dianella, Lamarck. — Asparagus, L. — Callixene, Commers. — Pageria, Ruiz et Pavon. — Philesia, Commers. — Convallaria, Tournef. — Polygonatum, Tournef. — Smilacina, Desfontaines.—Maianthemum, Roth. — Ophiopogon, Aiton. — Tupistra. — Eustrephus. R. Brown. — Streptopus, Richard (in Michx.). — Flagellaria, L. — Sanseviera, Thuub. — Ruscus. L. — Smilax, L. — Drymophila, R. Brown. — Ripogonum, Forster.

Trois ou quatre stigmates distincts.

PARIDÉES.

Paris, L. — Trillium, L. — Medeola, L. — Demidowia? Hoffman. — Roxburgia? Willd. — Stemona? Loureiro. (A. R.)

ASPARAGOIDES. BOT. PHAN. (Ventenat.) V. ASPARAGINÉES.

ASPARAGOLITHE. MIN. Vulgairement Pierre d'Asperge. Abildgaard. Sparglestein, Werner. V. CHAUX PHOSPHATÉE. (G. DEL.)

ASPE. POIS. Espèce d'Able. V. ce mot. (B.)

ASPERCETTE OU ESPARCETTE. BOT. PHAN. Noms vulgaires de l'Hedysarum Onobrychis, L., dans quelques provinces de France. V. SAINFOIN. (B.)

ASPERELE ET ASPERELLE. BOT. V. ASPRÈLE et ASPRELLE.

ASPERGE. Asparagus. BOT. PHAN. Ce genre, qui a donné son nom à la famille des Asparaginées, est caractérisé par un calice connivent à la base, partagé supérieurement en six parties égales, dont trois intérieures réfléchies au sommet; un style; un stigmate trigone; une capsule à trois loges dispermes; et, suivant Gaertner, un embryon recourbé, allongé, éloigné du style et situé sur la partie dorsale du périsperme. On en compte plus de vingt espèces originaires de diverses contrées, quelques - unes d'Europe, quelques-unes du cap de Bonne-Espérance, d'autres de Ceylan et des Indes-Orientales, etc., etc. Leur tige est rameuse, herbacée ou ligneuse, dressée, humble ou quelquefois grimpante, inerme ou armée d'épines; les feuilles sont en général réunies en faisceaux, sétacées, ou subulées, ou lancéolées, ou ensiformes, nulles dans deux espèces épineuses; les fleurs sont le plus généralement solitaires à l'aisselle des feuilles, quelquefois dioïques, hermaphrodites dans le plus grand nombre.

L'espèce la plus connue, l'Asparagus officinalis, L., qu'on cultive dans nos potagers pour manger ses jeunes pousses, est originaire de l'Europe; elle se distingue par une tige herbacée, haute de deux à trois pieds, à rameaux écartés; par des feuilles fines et fasciculées, enfermées d'abord au nombre de trois ou quatre dans trois stipules dont une plus grande; par des fleurs dioïques, campanuliformes, verdâtres, pendantes à l'extrémité de pédoncules articulés à leur milieu. Elle a été représentée un grand nombre de fois, particulièrement dans le Dict. des sc. naturelles, et l'analyse de son fruit est figurée tab. 16 de Gaertner. (A. D. J.)

L'Asperge forme l'un des principaux revenus des jardiniers qui approvisionnent les marchés de Paris, où l'on en consomme considérablement. Elle est très-apéritive, communique aux urines une odeur fétide particulière, qu'on peut métamorphoser en odeur de violette des plus

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suaves, en y jetant quelques gouttes de Térébenthine.

Pour cultiver avantageusement cette Plante, on compose un mélange de sable ou terre calcaire et de terre franche, ou d'un fumier consommé en terreau; on plante des graines qui produisent des racines appelées griffes ou pates; on relève ces griffes pour les planter dans des fosses en planches séparées. Celles de Hollande sont estimées; dans ce pays on veut que les Asperges qui en proviennent soient entièrement blanches. Ailleurs on les préfère un peu vertes, parce qu'elles ont alors un goût plus décidé. Entre les Insectes nuisibles aux Asperges, un jardinier soigneux doit faire la guerre aux larves de Hauneton, à la Courtillière, à diverses Chenilles et aux larves du Crioceris asparagi. (T. D. B.)

ASPERGILLUS. BOT. CRYPT. (Mucèdinées.) Ce genre, d'abord créé par Micheli (Nova Genera, p. 212. tab. 91), avait été ensuite réuni aux Monilia, par Persoon, et a depuis été rétabli par Link (Berlin. Mag., 1809. p. 16), qui lui a donné le caractère suivant: filamens droits, réunis en touffes, articulés, simples ou rameux, renflés au sommet et présentant à l'extrémité de chacun d'eux un groupe de sporules globuleuses. Dans un supplément à ce Mémoire (Berlin. Mag. 1815 p. 36), il y a réuni avec raison le genre Poly actis qui en diffère à peine. Toutes ces Plantes sont de petits Champignons byssoïdes, très-délicats, blanchâtres, qui croissent sur les corps en putréfaction; leurs sporules sont souvent réunies plusieurs à la suite les unes des autres, et forment des filamens moniliformes comme dans les Monilia, mais qui sont réunis plusieurs en têtes arrondies, à Pextrémité des rameaux, et dont la couleur, d'abord blanche, devient quelquefois ensuite jaune ou verdâtre. (AD. B.)

ASPEROCOQUE. Asperococcus. BOT. CRYPT. (Hydrophytes.) Genre de l'ordre des Ulvacées parmi les Plantes marines; il se rapproche des Dictyotées par les fructifications, un peu plus saillantes que dans les Ulves, et présente la même organisation que ces dernières. Ce genre a pour caractères: les graines isolées, éparses, d'abord innées et devenant plus ou moins saillantes avec l'âge. Les tiges ou plutôt les frondes sont toujours fistuleuses. Leur couleur est moins vive, moins brillante que celle des Ulves; elle ne change presque point par la dessication, ni par l'influence de l'air ou de la lumière. Ces Plantes ne jouissent pas d'une longue vie, et semblent particulières à la zone tempérée. Les espèces principales sont:

ASPEROCOQUE RUGUEUX, Asperococcus rugosus. Lamx. C'est l'Ulva rugosa de la Flore française, mais non celle de Linné. Cette espèce que l'on confond quelquefois avec notre Delesseria rugosa, est simple, cylindrique, l'étrécie à sa base, longue d'un à six pouces, sur une à deux lignes de diamètre, et couverte de graines nombreuses, un peu saillantes. Elle est commune sur les côtes de Normandie et de Bretagne; elle est rare dans le golfe de Gascogne, où Bory de Saint-Vincent l'avait cependant rencontrée anciennement; nous ne l'avons point encore reçue de la Méditerranée.

ASPEROCOQUE BULBEUX, Asperococcus bulbosus. Lamx. Essai. p. 62. tab. 6. fig. 5. Se trouve dans la Méditerranée et dans l'Océan; il diffère du précédent par son pédicelle beaucoup plus marqué; par le diamètre des frondes de trois à huit lignes et par les graines toujours moins saillantes.

Les Asperococcus lanceolatus et vermicularis se trouvent sur les côtes de France: nous n'en connaissons point encore d'exotiques. (LAM..X.)

* ASPEROPORE. POLYP. Ce genre de Polypiers foraminés, proposé par Lamarck dans son Extrait du Cours de zoologie, ne se retrouve plus dans son système des Animaux sans vertèbres. (LAM..X.)

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* ASPERUGO. BOT. PHAN. V. RAPETTE.

ASPÉRULE. POIS. V. ASPRE.

ASPÉRULE. Asperula. BOT. PHAN. Ce genre appartient à la première section des Rubiacées; il a pour caractères: une corolle en entonnoir, à trois ou presque toujours quatre divisions; quelquefois trois, le plus souvent quatre étamines; un fruit formé par la soudure de deux baies sèches, non couronnées par les débris du calice.

On en compte douze espèces, presque toutes originaires d'Europe. Ce sont des Plantes herbacées, à tiges tétragones, à feuilles verticillées aux nœuds de la tige, à fleurs axillaires ou terminales.

On connaît, sous le nom de Muguet des bois, l'Asperula odorata, qui, verte et à demi-fanée, exhale une odeur agréable; ses feuilles, au nombre de huit par verticilles, sont lancéolées; ses fleurs en faisceaux pédonculés; ses fruits hispides. Elle croît dans nos bois, à l'ombre et sur les pentes.—L'Asperula arvensis croît dans les champs, a des feuilles verticillées par six, et des fleurs terminales, sessiles et rapprochées. — L'Asperula tinctoria à feuilles linéaires, verticillées six à six dans le bas de la Plante, quaternées vers le milieu et opposées vers le sommet, à fleurs blanches, presque toutes à trois lobes, doit son nom à la teinture rouge que fournit sa racine, propriété au reste qui lui est commune, non-seulement avec plusieurs de ses congénères, mais avec beaucoup de Plantes de la famille. — L'Asperula cynanchica, à peine distincte de la précédente par les verticilles inférieures de quatre feuilles, et ses fleurs couleur de chair, à quatre lobes, est connue communément sous le nom d'Herbe à l'esquinancie, à cause des propriétés médicales qu'on lui attribue. — On trouve encore en France les Asperula hirta, hexaphylla, taurina, laevigata. (A. D. J.)

* ASPHÆA. POLYP. V. ASPRÉE. (LAM..X.)

ASPHALTE OU BITUME DE JUDÉE. MIN. V. BITUME.

* ASPHALTION. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. de Psoralea bituminosa. L. V. PSORALE. (B.)

* ASPHENDANNOS. BOT. PHAN. (Belon.) Espèce d'Erable indéterminée des montagnes du Levant. (A. R.)

* ASPHETAMOS. BOT. PHAN. (Pockocke.) Espèce d'Erable du Levant, que jussieu soupçonne être la même chose qu'Asphendannos. V. ce mot. (B.)

ASPHODÉLE. Asphodelus. BOT PHAN. Ce genre, de la famille des Asphodèlées, qui lui doit son nom, présente: un calice à six divisions profondes, étalées, et six étamines alternant avec elles, insérées à leur base par un filet inférieurement élargi; un ovaire libre avec un seul style et un seul stigmate, à trois loges, contenant un petit nombre de graines; celles-ci sont anguleuses, et, lors de la germination, leur cotylédon développé se prolonge en un filet recourbé, charnu à son extrémité; la racine est fibreuse ou fasciculée; les fleurs sont disposées en épi. — Cet épi est rameux dans l'Asphodelus ramosus qui croît dans le midi de l'Europe, et est cultivé dans nos jardins. V., pour son analyse, Gaertn., pag. 68. tab. 17. — On cultive aussi l'A. luteus à racine et à calice jaunes, à stipules grandes, à feuilles trigones, striées, éparses sur la tige, connu vulgairement sous le nom de Verge de Jacob. — Dans l'A. fistulosus, qui forme le genre Asphodeloides de Moench, et qui est figuré tab. 202 des Icones de Cavanilles, les feuilles sont un peu fistuleuses; des six étamines, trois sont alternativement plus courtes; le stigmate est triparti, et les loges ne contiennent que deux graines. — La tige manque dans l'A. acaulis, figuré tab. 89 de la Flore atlantique de Desfontaines.—On en connaît encore plusieurs espèces: les A. creticus, albus, liburnicus, habitant les contrées méridionales de l'Europe; l'A. altaicus, qui croît aux pieds des monts Al-

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taïques; l'A. indercensis, espèce trèsvoisine, et l'A. taurinus de Pallas, à longues bractées blanches, scarieuses et à feuilles linéaires. (A. D. J.)

ASPHODÈLÉES. Asphodeleœ. BOT. PHAN. Famille de Plantes qui appartient au groupe des Monocotylédonées, dont les étamines sont insérées à un calice périgynique. Le genre Asphodèle, précédemment décrit, en forme le type. En examinant avec soin dans le Genera Plantarum de Jussieu, et les autres ouvrages qui traitent de cette famille, les caractères qu'on lui assigne, il est difficile de concevoir qu'on ait pu séparer les Asphodèles des véritables Liliacées. J'avoue que, malgré l'examen le plus attentif de la plupart des genres qui appartiennent à ces deux groupes, je n'ai pu saisir dans la structure de leurs divers organes des différences même assez légères, qui puissent autoriser leur séparation. Je n'ignore pas cependant que pour une personne versée dans l'étude des familles naturelles, il y a dans le port des Plantes qui constituent ces deux ordres, une différence que l'on sent mieux qu'on ne peut l'exprimer; mais cette différence ne peut être appréciée que par un homme déjà exercé. Nous pensons donc que la famille des Asphodèlées devrait être réunie à celle des Liliacées, famille qui comprendrait également une partie des genres de la famille des Asparaginées. Nous renvoyons donc au mot LILIACÉES, où nous traiterons à la fois des Asphodèlées de Jussieu, qui, selon nous, ne doivent en être considérées que comme une section.

Robert Brown, dans son Prodrome, a réuni à sa famille des Asphodèlées tous les genres de l'ordre des Asparaginées qui ont l'ovaire libre, le style simple et le stigmate trilobé. V. As-PARAGINÉES, LILIACÉES. (A. R.)

ASPHODELOIDES. BOT. PHAN. Même chose qu'Asphodèlées. V: ce mot. (A. R.)

ASPIC. REPT. OPH. Espèce de Serpent du genre Couleuvre. Coluber Haje de Forskalh et d'Hasselquist, mais non, comme l'ont cru les modernes, les Coluber Vipera et Aspis de Linné. V. COULEUVRE.

On donne improprement ce nom à la Vipère commune, dans quelques parties de la France.

On appelle ASPIC CORNU, dans quelques apothicaireries d'Allemagne, où cet Animal est employé avec la Vipère commune, le Coluber Ammodytes, L. dont le nez est terminé par une verrue droite qui rappelle l'idée d'une corne. (B.)

ASPIC ou SPIC. BOT. PHAN. Noms vulgaires de la Lavande, Lavandula Spica, tirés probablement de la disposition de ses fleurs en épi, car on trouve Espic dans quelques anciens manuscrits.

On appelle aussi ASPIC, le Phalaris canariensis, L. Peut-être par la même raison, ou par corruption d'Alpiste. V. LAVANDE et PHALARIS. (B.)

ASPICARPE. Aspicarpa. BOT. PHAN. Feu Richard a décrit et figuré dans les Mémoires du Muséum, 2. p. 396. t. 13, sous le nom d'Aspicarpa hirtella, une petite Plante qui constitue un genre nouveau de la famille des Malpighiacées, dans la Monandrie Monogynie, et qui présente pour caractères: un calice à cinq divisions rapprochées et conniventes au sommet; point de corolle; une seule étamine incluse, dressée, attachée au-dessus de l'ovaire, ayant un filet subulé et une anthère subcordiforme à deux loges. L'ovaire est libre, fendu à sa partie supérieure en deux moitiés obtuses et comme tronquées obliquement; le style est court, il part d'un des côtés de la fente qui partage l'ovaire; le stigmate est bilobé. L'ovaire offre deux loges, et dans chacune d'elles un seul ovule fixé du côté intérieur. Le fruit est uniloculaire et monosperme par avortement, il forme un akène renfermant une graine, et composé d'un embryon recourbé en fer à cheval.

L'Aspicarpa hirtella, Rich. offre une tige sarmenteuse, des feuilles opposées, sans stipules, recouvertes de

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poils en forme de navette; ses fleurs sont axillaires et très-petites. Cette Plante a été cultivée dans les serres du Muséum d'Histoire naturelle. On la croit originaire du Mexique. (A.R.)

ASPICARPON. Même chose qu'Aspicarpe. V. ce mot.

* ASPIDALIS. BOT. PHAN. Nom appliqué au genre Cuspidia de Gaertner dans la figure même qu'en donne cet auteur. (A.D.J.)

ASPIDIE. Aspidium. BOT. CRYPT. (Fougères.) Ce genre a été séparé par Swartz du genre Polypodium de Linné. Cet auteur, et ensuite Willdeuow, y avaient placé toutes les espèces de Polypodes, dont les capsules sont entourees d'un anneau élastique, et forment des groupes arrondis recouverts par un tégument de forme variable. Mais depuis, Cavanilles, Roth, Richard, Desvaux, et Rob. Brown ont encore subdivisé ce genre d'après la forme de ce tégument. On peut, en adoptant les principales divisions de ces auteurs, distinguer dans les Aspidium de Swartz quatre genres dont nous allons indiquer ici les principaux caractères.

1°. Les ATHYRIUM de Roth, dont le tégument naît latéralement d'une nervure secondaire et s'ouvre eu dedans.

2°. Les CYSTOPTERIS de Desvaux, ou ASPIDIUM de De Candolle, dont le tégument plus long que large s'insère à la partie inférieure du groupe de capsules, et s'étend jusqu'au-delà de ce groupe vers le sommet de la pinnule.

3°. Les NEPHRODIUM de Richard et de Rob. Brown, qui présentent un tégument réniforme, inséré par le fond de son sinus à la base des groupes de capsules.

4°. Les ASPIDIUM de Rob. Brown ou HYPOPELTIS de Richard, dont le tégument est arrondi, inséré par son centre au milieu du groupe de capsules, et libre dans toute sa circonférence.

Ces deux derniers genres réunis formaient le genre Polystichum de Roth et de De Candolle. Peut-être devrait-on aussi réunir en un seul les Athyrium et les Cystopteris dont les caractères diffèrent très-peu; on obtiendrait ainsi deux groupes bien caractérisés et très-faciles à reconnaître, tandis que les Nephrodium sont souvent très-difficiles à distinguer des Aspidium, et que les Athyrium diffèrent à peine des Cystopteris; nous ne chercherons pourtant pas à décider ici cette question; ce n'est que dans un travail général sur cette famille qu'on peut évaluer l'importance des différens caractères qu'on a employés pour distinguer les genres qui la composent.

Les Aspidium proprement dits, tels que Rob. Brown les a définis, sont donc caractérisés par des groupes de capsules arrondis, recouverts par un tégument circulaire, pelté, inséré par son centre au milieu du groupe de capsules; mais ce tégument présente pourtant deux formes assez différentes suivant les espèces, et indique deux sections également caractérisées par leur port.

Les unes offrent des groupes de capsules assez gros, recouverts par un large tégument plat en forme de disque, légèrement ombiliqué dans son centre et entier sur ses bords.

Tels sont les Aspidium rhizophyllum, Willd. semicordatum, Willd. ooriaceum, Rob. Brown. trifoliatum, Willd. macrophyllum, Willd. etc. Leur fronde est trifoliée ou pinnée, presque toujours entière, ou ne présente que des dents obtuses et peu profondes.

Les autres ont un tégument trèsmince, presque infundibuliforme, qui ne couvre qu'en partie les capsules au moins dans leur développement complet, et dont le bord est-souvent frangé ou lacinié. On peut donner pour exemple de cette section, les Aspidium Lonchitis, Willd. aculeatum, Willd. truncatulum, Willd. proliferum, Rob. Brown. La fronde de ces espèces est pinnée ou bipinnée à pinnules souvent lunulées, profondément dentelées à dents aiguës, et presque toujours terminées par un poil.

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A l'exception de quatre ou cinq espèces, toutes les Plantes qui appartiennent à ce genre sont exotiques et habitent les parties chaudes des deux continens. Il serait difficile d'en fixer le nombre, aucun auteur ne les ayant énumérées, après en avoir séparé les espèces qui appartiennent aux autres genres que nous en avons distingués, et les caractères sur lesquels les genres sont fondés n'étant pas indiqués dans la plupart de ces auteurs. Mais il paraît que ces Plantes ne forment pas la moitié du genre Aspidium, tel que Swartz et Willdenow l'avaient établi, et que le genre Aspidium, ainsi défini, comprendrait au plus une soixantaine d'espèces. (AD. B.)

* ASPIDION. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. d'Alisson, selon Adanson. (B.)

ASPIDIOTES. Aspidiota. CRUST. Nom appliqué par Latreille dans ses premiers ouvrages, à un groupe de Crustacés, comprenant tous les individus dont le corps mou est couvert d'un test en forme de bouclier, tels sont les Limules, les Apus, les Caliges, qui appartiennent à l'ordre des Entomostracés (Considér. génér.), ou à celuides Branchiopodes (Règne Anim. de Cuv.) V. ces mots. (AUD.)

* ASPIDOBRANCHIATA. MOLL. Dénomination latine employée par Schweigger (Handb der Naturges, p. 720) pour distinguer la section de l'ordre des Gastéropodes, qui répond aux Scutibranches de Cuvier, dans laquelle il fait aussi entrer le genre Ombrelle de Lamarck, Gastroplax de Blainville, qui dépend de l'ordre des Inférobranches. V. SCUTIBRANCHES. (F.)

ASPIDOPHORE. POIS. Genre formé par Lacépède, et dont le Cottus cataphractus, L., est le type. C'est l'Agonus de Schneider. Cuvier en a formé le simple sous-genre COTTE. V. ce mot. (B.)

ASPIDOPHOROIDE. POIS. Genre formé par Lacépède aux dépens des Cottus de Linné, que Cuvier (Règne Anim. T. II. 307) n'a pas même séparé, comme sous-genre, parmi les Cottes, et qu'il a entièrement confondu avec les Apidophores. Les Aspidophoroïdes forment cependant une telle exception dans la famille dont ils font partie, par la privation absolue d'une dorsale antérieure, qu'il n'est guère possible, malgré leurs grands rapports avec les Aspidophores, de n'en pas former un genre distinct. Nous proposerons donc de conserver leur genre parmiles Thoraciques, à la suite des Percoïdes de Cuvier, dans son ordre des Acanthoptérygiens.—Les caractères des Aspidophoroïdes sont, outre ceux de la plupart des Cottes: corps et queue couverts d'une sorte de cuirasse écailleuse; peu de rayons à toutes les nageoires, moins de quatre aux thoraciques; une seule dorsale. Une seule espèce rentre encore dans le genre dont il est question.

ASPIDOPHOROÏDE DE TRANQUEBAR. Lac. III. 228. Cottus monopterygius, Bloch. pl. 178. f. 1–2. Gmel. Syst. nat. XIII. 1213. Chabot de l'Inde. Encyc. Pois. pl. 87. f. 367. Corps long, étroit, cuirassé de plaques dures octogones, devenant hexagones vers la queue dont la nageoire est arrondie, brun en dessus, cendré sur les côtés, varié de blanc en dessous. Cet Animal, qui se trouve sur les côtes de la presqu'île de l'Inde et que nous avons retrouvé sur celles de l'Ile-de-France, vit de petits Mollusques, et présente un peu l'aspect d'un Syngnathe, B. 6. D. 5. P. 14. V. 2. A. 5. C. 6. (B.)

ASPILIE. Aspilia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Corymbifères, établi par Du Petit-Thouars, d'après une Plante de Madagascar. L'involucre est cylindrique, composé de deux rangs de bractées, dont l'extérieur de cinq. Les fleurs sont radiées; les demi-flcurons, au nombre de cinq ou six, terminés par deux dents. Le réceptacle est garni de paillettes colorées au sommet; les akènes sont comprimés, élargis et velus vers le haut, et couronnés par dix petites dents, ce qui distingue ce genre de plusieurs autres avec lesquels il a

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beaucoup d'affinité, le Spilanthus, l'Eclipta, le Bidens, etc. C'est une petite Plante herbacée, couchée, à feuilles opposées et sessiles, à fleurs solitaires et terminales. (A. D. J.)

* ASPILION. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. d'ALYSSON. V. ce mot. (B.)

ASPINALSACH. BOT. PHAN. (Daléchamp.) Syn. de Cachrys Libanotis. L. V. CACHRYDE. (B.)

* ASPISTE. Aspites. INS. Genre de l'ordre des Diptères, établi par Hoffmansegg, et décrit par Meigen (Descript. Syst. des Diptères d'Europe, T. I, p. 319), qui lui assigne pour caractères: antennes étendues, de huit articles, le dernier plus gros, ovoïde; trois yeux lisses; jambes antérieures terminées par une épine. — Ce nouveau genre est surtout remarquable par la forme de ses antennes, qui, écartées à leur base, augmentent insensiblement de volume, et finissent brusquement en une sorte de bouton. Meigen le place entre les Bibions et les Rhyphes; mais l'individu quile compose en diffère par un facies tout particulier: il n'a qu'une ligne de long, et a été nommé Asp. berolinensis par Hoffmansegg. L'individu observé est une femelle. Meigen (loc. cit. tab. 2. fig. 16) l'a représenté dans une trèsgrande dimension. Ce Diptère ne paraît avoir été mentionné antérieurement par aucun auteur. (AUD.)

ASPISURES. POIS. (Duméril.) C'est-à-dire dont tes côtés de la queue sont munis de boucliers. V. ACANTHURE. (B.)

* ASPITERIA. BOT. CRYPT. (Lichens.) Nom donné par Achar à une des sections qu'il avait établies dans le genre Urceolaria (Lichenographia universalis, p. 331), et qui renfermait les espèces dont les scutelles étaient entourées par un rebord formé entièrement par le thallus, tandis qu'il avait formé sous le nom d'Amphiloma une seconde section de celles dont le rebord était formé également par le thallus et par le disque de la scutelle. Depuis (Synopsis Lichenum, p. 137), il n'a plus admis ces deux sections, qui étaient très-difficiles à reconnaître. V. URCEOLARIA. (AD. B.)

ASPLENIE. Asplenium. BOT. CRYPT. (Fougères.) Ce genre fut établi d'abord par Linné; mais, comme dans la plupart des genres de la famille des Fougères, les auteurs modernes y ont admis avec raison plusieurs groupes très-distincts, tels que les genres Scolopendrium, Diplazium et Grammitis, que Linné avait confondus avec ses Asplenium, et que Swartz en distingua le premier. Ce genre, que la structure de ses capsules rapporte à la tribu des Polypodiacées, peut être ainsi caractérisé: groupes de capsules linéaires, parallèles aux nervures secondaires, et recouverts par un tégument qui naît latéralement de cette nervure, et s'ouvre en dedans par rapport à la nervure principale. Jussieu et Willdenow avaient en outre séparé des Asplenium, sous le nom de Darea, et Swartz, sous celui de Cœnopteris, quelques espèces auxquelles ils attribuaient des groupes de capsules solitaires dans chaque pinnule, et un tégument s'ouvrant en dehors; mais R. Brown a fait observer que ce genre ne diffère des Asplenium que par ses pinnules plus profondément lobées; chacun de ces lobes ne porte alors qu'un seul groupe de capsules dont le tégument s'ouvre, il est vrai, en dehors par rapport à ce lobe, mais en dedans quand on considère sa position par rapport à la nervure principale à laquelle ce lobe s'insère; structure parfaitement semblable à celle des vrais Asplenium.—Ces considérations nous engagent à réunir, comme l'ont fait R. Brown et Kunth, les deux genres Asplenium et Darea, dont les caractères sont, comme on le voit, à peine différens, et passent insensiblement de l'un à l'autre, et dont le port présente la plus grande analogie; on remarque seulement que les espèces rapportées au genre Darea ont en général la fronde plus finement découpée.

Deux espèces de ce genre, les Darea

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vivipara et prolifera de Willdenow, présentent un phénomène assez curieux; ce sont des feuilles d'une forme fort différente des autres, et naissant de bourgeons écailleux placés à la partie inférieure du rachis ou de la nervure moyenne de la fronde; ces petites feuilles, presque entières ou tout au plus dentelées à leur extrémité, sont d'une structure plus délicate, d'une couleur plus pâle que le reste de la Plante; elles ne présentent que des nervures à peine marquées, et se trouvent placées hors du plan général de la feuille. Bory de St.-Vincent a remarqué, sur plusieurs de ces petites frondes particulières, des paquets de fructification absolument dépourvus de tégument, et en tout semblables à ceux des Polypodes. Ces deux singulières espèces habitent les lieux ombragés de l'île de Bourbon.

On connaît maintenant cent vingt à cent trente espèces dans le genre Asplenium; près de la moitié habitent les régions équinoxiales de l'Amérique, huit se trouvent dans l'Amérique septentrionale; dix espèces seulement croissent en Europe, le reste est propre aux parties chaudes de l'ancien continent, à la Nouvelle-Hollande et aux îles de la mer du Sud. Les espèces les plus remarquables de ce genre parmi les indigènes, sont:

Le POLYTRIC, Asplenium Trichomanes, L. Bull. herb. T 185. Commun sur les murs humides, employé comme pectoral en guise des Capillaires de Montpellier ou du Canada, espèces d'Adianthe. V. ce mot.

La RHUE DES MURS, Asplenium Ruta muraria, L. Bull. herb. T. 195. qui couvre les rochers et les murailles assez sèches des environs de Paris, et varie beaucoup dans sa forme.

La DORADILLE MARINE, Asplenium marinum, L. Pluk. T. 253. f. 5. qui croît sur les rochers maritimes de Bretagne, de Belle-Ile-en-Mer et de Biaritz.

L'ADIANTHE NOIRE, Asplenium Adianthum-nigrum, L. Flor. dan. T. 250. commune dans les haies obscures, où l'abondance de sa fructification lui donne souvent l'aspect d'un Acrostic. V. ce mot.

Nous citerons parmi les espèces exotiques:

L'Asplenium Nidus, L. dont les feuilles simples, épaisses, coriaces, longues de plus de deux pieds, larges de quatre à cinq pouces, sont réunies en touffes, au milieu desquelles des Oiseaux établissent leurs nids. Elle croît sur les détritus de Végétaux et sur les vieux Arbres, dans l'Inde, dans les îles de la mer du Sud, à Madagascar et à l'Ile-de-France.

L'Asplenium rhizophyllum, L. dont les frondes sont également simples et lancéolées, et se terminent par un appendice linéaire qui s'insinue en terre et y prend racine. Il habite les Etats-Unis.

L'Asplenium arboreum, Willdenow, dont la tige s'élève à près de huit pieds, et porte des frondes de deux pieds environ, pinnées, à pinnules lancéolées, dentelées au sommet. Il croît à Caracas.

Les anciens, entre autres Dioscoride, appelaient plus particulièrement ASPLENION, le Céterach. (AD.B.)

* ASPOROTRICHUM. BOT. CRYPT. (Mucédinées.) Ce genre établi par Link (Berlin. natur. Magasin. 1809, p. 22), et qu'il avait distingué des Sporotrichum par le caractère suivant: filamens rameux, décumbans, rapprochés en groupes, tous articulés sans sporules, a été depuis (Berl. Mag. 1815, p. 34) réuni par le même auteur aux Sporotrichum; il s'est assuré en effet que l'absence des sporules n'était pas réelle, mais que ces parties étaient seulement plus petites et moins nombreuses que dans les autres espèces. V. SPOROTRICHUM. (AD B.)

* ASPRE, ASPER OU ASPERULE. POIS. Vieux noms de Dipterodon asper, Lac. V. DIPTERODON. Il a aussi été étendu au Zingel qui appartient au même genre. (B.)

ASPRÈDE. Aspredo. POIS. Genre de l'ordre des Malacoptérygiens abdominaux, famille des Siluroïdes

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formé d'abord par Linné (dans ses éditions de 4 à 6 et Amœn., acad. 1, t. 14. f. 5), dans son ordre des Abdominaux pour un Poisson qu'il réunit depuis aux Silures sous le nom de Silurus Aspredo. Rétabli par Bloch qui lui réunit les Plotoses, sous le nom de Platystacus, et adopté par Cuvier (Règn. An. 2, 208), qui lui a rendu son premier nom linnéen. Ses caractères consistent dans un grand aplatissement de la tête et dans l'élargissement du tronc, dans la longueur de la queue, et surtout en ce que les Asprèdes sont les seuls Poissons osseux connus qui n'aient rien de mobile à l'opercule, attendu que les pièces qui devraient le composer sont soudées à la caisse et ne peuvent se mouvoir qu'avec elle. Le premier rayon des pectorales est armé de dents plus grosses que dans tous les autres Siluroïdes; il n'y a qu'une dorsale sur le devant et dont le premier rayon est faible; l'anale est très-longue et règne dans toute la queue. — Ce genre est peu nombreux en espèces. La principale est:

L'ASPRÈDE PROPREMENT DIT. Silurus Aspredo. L. Syst. nat. XIII, 1, 1352. Aspredo, Amœn. ac. loc. cit. Asprède Encyc. Pois. pl. 62, f. 246, Platystacus lœvis, Bloch., Poisson des fleuves de L'Inde, muni de huit barbillons dont les deux plus grands latéraux sont élargis à leur base; son dos est cariné; sa tête énorme; sa couleur générale d'un brun tirant sur le violet obscur. B. 4. D. 5. P. 8. V. 6. A. 55. C. 11. — Lacépède a fait de cet Animal un simple Silure. (B.)

* ASPRÉE. POLYP. Genre de Zoophytes proposé par Donati; il doit appartenir à quelque Polypier foraminé ou Escharoïde; ce genre a été nommé Asphœa dans l'un des suppl. du Dictionnaire des Sciences naturelles. (LAM..X.)

ASPRÈLE. BOT. CRYPT. L'un des synonymes de Prêle. V. ce mot. (B.)

ASPRELLE. Asprella. BOT. PHAN. Schreber a donné ce nom au genre de la famille des Graminées, que Swartz avait appelé Leersia. V. LEERSIE. (A. R.)

* ASPRILLA. BOT. PHAN. Syn. de Paronychia hispanica, dans le pays de Murcie. (B.)

* ASPRIS. BOT. PHAN. Ce nom désigne dans Théophraste une Graminée qui paraît voisine des Avoines. (B.)

* ASPROCOLOS. OIS. Syn. de Loxia Pyrrula. L., chez les Grecs modernes. (DR..Z.)

* ASSA. BOT. PHAN. (C. Bauhin.) Syn. de Tamarin. V. ce mot. Houttuyn (Pflarz. syst. 4. p. 40. t. 26. f. 1) a donné ce nom à un genre conservé par le compilateur Gmelin (Syst. nat. II. 839), mais que De Candolle (Syst. veget., t. 1. p. 402) a fondu dans son genre Tétracera, sous le nom de Tetracera Assa. V. TÉTRACÈRE. (B.)

ASSAD. MAM. Syn. de Lion chez les Arabes. (B.)

ASSA-DOUX. BOT. PHAN. L'un des vieux noms du Benjoin. V. ce mot. (DR..Z.)

ASSA FOETIDA. BOT. PHAN. Substance résineuse compacte, susceptible de se ramollir, d'un jaune rougeâtre, amère, d'une odeur forte et très-désagréable. On obtient l'Assafœtida sous forme d'un suc assez épais qui transsude des racines d'une espèce de férule, qui croît en Perse. Ces racines grosses comme la cuisse sont coupées transversalement, et tous les jours on en enlève une petite tranche pour faciliter l'écoulement jusqu'à ce que tout le suc, qu'ensuite l'on fait épaissir au feu ou au soleil, soit épuisé. L'Assafœtida est employée en médecine comme anti-spasmodique; les vétérinaires l'administrent aux bestiaux pour leur rendre l'appétit. L'odeur désagréable de cette résine dont les Romains faisaient cependant un objet d'assaisonnement pour leurs mets,

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lui a valu le surnom trivial de Stercus diaboli. (DR..Z.)

* ASSA-FOETIDA. BOT. CRYPT. L'Agaricus maculatus, Schœff, t. 39. Verucosus, Willd. a quelquefois reçu ce nom, motivé par l'odeur désagréable que répand son chapeau. (AD. B.)

* ASSAM. BOT. PHAN. (Marsden.) Syn. de Tamarin à Sumatra. (B.)

ASSAPAN ET ASSAPANICK. MAM. (Laët.) Syn. de Polatouche dans la langue des sauvages de Virginie. V. POLATOUCHE. (B.)

ASSASI. POIS. (Forskalh.) Espèce de Baliste de la Mer-Rouge. V. BALISTE. (B.)

ASSAZOÉ. BOT. PHAN. Plante probablement fabuleuse qui, au dire de certains voyageurs, croîtrait en Abyssinie où son ombrage aurait la propriété d'engourdir les Serpens. (B.)

ASSEE. OIS. V. ACÉE.

ASSI OU ASSY. BOT. PHAN. Syn. de Dracaena umbraclifera à Madagascar. V. DRAGONIER. (B.)

ASSIENNE. Assius Lapis. MIN. C'est-à-dire Pierre d'Assos. Sarcophagus, Pline. Substance minérale aujourd' hui inconnue, que les anciens trouvaient aux environs d'Assos, ville de la Troade; ils la décrivent spongieuse, friable, légère et produisant une efflorescence à laquelle on attribuait la propriété de consumer un cadavre, à l'exception des dents seulement, en quarante jours. On prétendait encore qu'elle pétrifiait les objets que l'on plaçait dans les tombeaux. Sonnini pense que ce pourrait bien être une Ponce, et Lucas un Alun de Plume. Nous ne prononcerons point sur ces deux opinions. (B.)

* ASSIETTE. POIS. (Labat.) Poisson des Antilles, rond, aplati, de six à huit pouces de diamêtre, argenté, dont la chair est excellente, mais dont on ne peut reconnaître le genre sur de telles indications. (B.)

ASSILIS. BOT. PHAN. (Daléchamp.) Syn. de Selinum sylvestre, L. chez les Arabes. V. SÉLIN. (B.)

* ASSIMILATION. ZOOL. V. NUTRITION.

ASSIMILATION. MIN. C'est, selon Patrin, la propriété que possèdent les Minéraux, dans le sein de la terre, de se rendre semblables aux substances avec lesquelles ils se trouvent réunis dans les circonstances favorables. Patrin, qui n'admet point de matière morte, voit, dans l'Assimilation telle qu'il la conçoit, une preuve que les molécules qui composent les substances minérales, sont animées par un principe actif, lequel ne saurait être aveugle; toute application qui tendrait à refuser à ces molécules toute espèce de perception ou de volonté semblerait, selon le même géologue, supposer des effets sans cause. "Et pourquoi, ajoute-t-il, refuserait-on d'admettre dans les molécules de la matière une sorte d'instinct?" Peut-être serait-on autorisé à supposer cet instinct aux molécules d'une matière active qu'il faudra nécessairement admettre parce que le microscope le démontre; mais d'autres lois peuvent déterminer l'Assimilation minéralogique, sans qu'on soit obligé de recourir à des suppositions qu'aucune observation n'autorise. Il n'est pas plus probable que des effets qui peuvent résulter de simples règles, qu'observent entre elles les molécules homogènes, soient une preuve d'instinct, qu'il n'est démontré que l'attraction soit une preuve de vie ou de volonté dans la matière que nous appellerons inerte. V. ATTRACTION, CRISTALLISATION et MATIÈRE. (B.)

ASSIMINE. BOT. PHAN. (Devaux.) V. FRUIT.

ASSIMINIER. BOT. PHAN. D'où peut-être Asimina, d'Adanson. V. ce mot. L'un des noms de pays de l'Anona triloba, L. V. ANONE. (B.)

* ASSIS. BOT. PHAN. V. ASARATH.

* ASSITRA. BOT. PHAN. (Zanoni.) Syn. arabe de Bauhinia variegata. V. BAUHINIE. (B.)

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ASSONIA. BOT. PHAN. Genre décrit sous ce nom par Cavanilles et sous celui de Kœnigia dans les manuscrits de Commerson, voisin du Dombeya et faisant par conséquent partie des Malvacées de Jussieu. Il présente: un calice profondément quinqueparti, muni à sa base d'une bractée trilobée, persistant; cinq pétales recourbés obliquement en faulx; vingt étamines plus courtes que les pétales, réunies en un urcéole par la base de leurs filets, dont quinze fertiles séparées de trois en trois par une stérile et plus courte; cinq styles, autant de stigmates; un fruit globuleux, marqué de cinq lignes, composé de cinq capsules qui se séparent à sa maturité, et dont chacune contient deux graines dans une seule loge.

L'Assonia populnea décrite par Cavanilles et figurée tab. 42, fig. 1, de ses Diss., est un Arbrisseau de l'île de Mascareigne, où il porte vulgairement le nom de Bois de senteur bleu. Il a ses feuilles éparses, longuement pétiolées, ovales, lancéolées; ses fleurs sont blanches, disposées en corymbes axillaires et terminaux. (A. D. J.)

ASSOUROU. BOT. PHAN. Nom d'un Arbuste à la Jamaïque, que les uns croient être le Myrtus Pimenta de Linné, et d'autres le citrifolia. (B.)

ASSY. BOT. PHAN. V. ASSI.

ASTACITES. CRUST. V. ASTACOLITHES.

ASTACOIDES. Astacoidea. CRUST. Nom appliqué par Dumeril à un ordre de la classe des Crustacés, comprenant toutes les espèces qui ont un test calcaire. Cette division répond au grand genre Cancer de Linné, et embrasse les ordres des Décapodes, des Stomapodes et des Amphipodes de Latreille (Règne Anim. de Cuv.), ou celui des Malacostracés (Genera Crust. et Insect. et Considér. génér.) V. ces mots. (AUD.)

ASTACOLE. Astacolus. MOLL. Montfort (Conchyl. t. 1. p. 262) a établi, sous ce nom, un genre de Coquilles microscopiques de la famille des Discorbes, V. ce mot, pour une espèce vivant sur les bords de l'Adriatique, qu'il a appelée Astacole crépidulée, Astacolus cropidulatus. Cette espèce, copiée de Fichtel et Moll. (Test. microsc. p. 107. t. 19. f. g. h. i.) est le Nautilus Crepidulus de ces auteurs. Nous la rapportons au genre Cristellaire, où elle forme, avec quelques espèces analogues, un groupe distinct. V. CRISTELLAIRE. (F.)

ASTACOLITHES OU ASTACITES. CRUST. FOSS. Noms sous lesquels quelques auteurs déjà anciens ont décrit plusieurs Fossiles qu'ils rapportent principalement au genre Écrevisse. Nous indiquerons à chaque genre de Crustacés les espèces qui se trouvent enfouies dans quelques-unes des couches du globe. V. CRUSTACÉS FOSSILES. (AUD.)

ASTACOPODIUM. CRUST. FOSS. Fragmens d'Astacites dans lesquels on ne retrouve que des pates de Crustacés fossiles. V. ASTACOLITHES. (B.)

ASTAQUE. CRUST. D'Astacus latin. Vieux nom français de l'Écrevisse. V. ce mot. (B.)

* ASTARACH. BOT. PHAN. D'où Estoraque des Espagnols, et Stirace des Italiens. Syn. arabe de Styrax. officinale, L. V. STYRAX (B.)

* ASTARTE. Astarte. MOLL. Genre de Lamellibranches établi par Sowerby (Min. conch. t. 1. no XXIV.p.85) pour plusieurs espèces de nouvelles Coquilles bivalves, fossiles de l'Angleterre, qui se rapprochent de certaines Vénus de Linné et de Lamarck, mais auquel cet auteur rapporte aussi plusieurs Vénus vivantes déjà connues. Voici les caractères que Sowerby assigne à ce nouveau genre: "Coquille suborbiculaire ou transverse; ligament externe; une lunule (lunette?) au côté postérieur; deux dents divergentes près des crochets. Les Coquilles de ce genre, ajoute Sowerby, ont trois impressions musculaires; le Ligament d'un côté et la lunule (lunette?) de l'autre, réunis à la forme générale, leur don-

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nent de la ressemblance avec la Vénus de Linné. L'extérieur des valves a des ondulations transverses, ou des côtes réfléchies et déprimées, qui donnent à cette surface un aspect qui les fait distinguer à la première inspection. Leurs bords sont pour la plupart crénelés en dedans. Il y a une dent de moins à la charnière que dans les Vénus. Les crochets sont généralement pleins, et non creux au-dessous des dents. Ces Coquilles ont communément une dent obscure, allongée, à quelque distance du crochet dessous la lunule." — Plusieurs espèces de ce genre, qui se trouvent en Angleterre, et beaucoup d'autres exotiques, ont été classées dans les Vénus. Parmi les premières, se trouvent la Venus scotica, type du genre selon Sowerby; les V. sulcata, Danmonia, Paphia, fasciata et subcordata. Nous observerons qu'en ne considérant que la charnière, ce qui ne peut suffire, dans tous les cas, pour établir un genre avec quelque certitude, plusieurs de ces espèces citées par Sowerby, offrent des différences assez marquées sous ce rapport. Il nous paraît, par exemple, que les Venus Paphia et fasciata, ayant trois dents bien distinctes, un facies différent, s'éloignent des autres espèces citées, qui se reconnaissent au premier coup-d'œil, par la couleur et la nature de leur épiderme. La Venus scotica, que Lamarck a cru devoir laisser parmi les Vénus, ne nous paraît pas devoir être séparée de la Venus Danmonia dont ce savant célèbre a fait un genre particulier, sous le nom de Crassine (Anim. s. vert. 2e édit. t. 5, p. 355). Il nous paraît qu'il en est de même à l'égard de la Venus sulcata et peut-être de la Venus subcordata? S'il en est ainsi, comme nous le présumons, le genre Crassine de Lamarck ne serait que le genre Astarte de Sowerby, dont le nom serait changé et qu'il faudrait lui restituer comme ayant l'antériorité. A l'égard de ce genre, il est à désirer qu'on observe son Animal dont la connaissance fixera peut-être la famille à laquelle il doit appartenir.

Nous croyons avoir eu tort de le rapprocher, dans nos tableaux systématiques des Mollusques, du genre Crassatelle: il doit vraisemblablement faire partie de la famille des Vénus, dans laquelle nous le placerons dorénavant.

Ne connaissant point les espèces fossiles que Sowerby rapporte à ce nouveau genre, nous ne pouvons rien décider à leur sujet; nous nous bornerons à les citer en renvoyant à l'ouvrage même de ce savant, pour les descriptions et les figures; mais il nous paraît qu'elles conviennent toutes au genre Crassine de Lamarck.

D'après les observations précédentes, nous établirons ainsi les caractères de ce genre: Coquillé suborbiculaire ou transverse, équivalve, subinéquilatérale; valves exactement closes; bords internes souvent crénelés; charnière composée de deux dents fortes, divergentes, et d'une dent latérale obscure, située sous la lunule, sur la valve droite, et de deux dents inégales sur la gauche, avec une fossette peu marquée pour la dent latérale; ligament (extérieur) sur le côté le plus long.

Les espèces les plus certaines sont: — 1. Astarte scotica, Maton et Rakett (in Linn. Trans. T. VIII, p. 81, t. 2, f. 3); Montagu (Test. suppl. p. 44); Dillwyn (Descript. cat. p. 167); Venus scotica, Lamarck (An. s. vert. 2e édit., T. V, p. 600). Cette espèce habite les côtes d'Ecosse. — 2. Ast. sulcata, Montagu (p. 131); Maton et Rakett (loc. cit. T. II. f. 2.); Dillwyn (p. 166). Pectunculus truncatus, Dacosta (p. 195); des côtes d'Ecosse. — 3. Ast. Danmonia, Montagu (Suppl. p. 45, t. 29, f. 4); Dillwyn (p. 167). Crassina danmoniensis, Lamarck (loc. cit. p. 554); des côtes du Devonshire. — 4. Ast. Montagui, Dillwyn (p. 167). Venus compressa, Montagu (Suppl. p. 43. t. 26. f. 1); des côtes d'Ecosse. — 5. Ast. triangularis, Montagu (Test. t. 17. f. 3). Ve-

TOME II. 3

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nus triangularis, Dillwyn (p. 173). Des côtes du Devonshire et du Yorkshire.

Les espèces fossiles sont:

Astarte lucida, Sowerby (Min. conch. T. II, t. 137, f. 1). — cuneata (id. f. 2). — elegans (id. f. 3). — lineata (t. 179, f. 1.).—plana (id. f. 2). — obliquata (id. f. 3.). excavata (t. 233). — planata (t. 257). — rugosa (t. 316), toutes de l'Angleterre. La dernière a beaucoup d'analogie avec les Ast. scotica et Danmonia. (F.)

* ASTARTIFE. BOT. PHAN. Syn. de Camomille en Afrique selon Adanson. (B.)

ASTATE. Astatus. INS. (Klüg.) V. CÉPHUS.

ASTATE. Astata. INS. Genre de l'ordre des Hyménoptères, section des Porte-Aiguillons, établi par Latreille qui le place (Considér. génér.) dans la famille des Larrates, et ailleurs (Règne Animal de Cuv.) dans celle des Fouisseurs. Jurine (Classif. des Hyménoptères) donne au même genre le nom de Dimorphe, Dimorpha, et lui assigne pour caractères: une cellule radiale, largement appendicée; trois cellules cubitales presque égales; la deuxième recevant les deux nervures récurrentes, et la troisième étant bien éloignée du bout de l'aile (on voit le commencement de la quatrième cellule); mandibules grandes, bifides; antennes sétiformes, de douze articles dans les femelles, et de treize dans les mâles.

Ces Insectes ressemblent aux Larres par la forme générale de leur corps, par la brièveté de leur abdomen, et par le nombre des cellules radiales et cubitales des ailes du mésothorax; ils s'en distinguent cependant, ainsi que des autres genres de la même famille, par leurs antennes à articles cylindriques et égaux, à l'exception du premier qui est gros, et du deuxième fort petit; par leurs mandibules; par la languette large, offrant trois divisions ou lobes presque égaux; par les palpes maxillaires, dont le troisième article est plus gros que les autres; enfin, par leurs yeux à réseau qui, très-développés, sont contigus sur le front dans les mâles, et distans l'un de l'autre dans les femelles. Les Astates sont très-agiles, changeant continuellement de place, ainsi que l'indique leur nom. On les rencontre dans les endroits secs et sablonneux, en France et dans le midi de l'Europe. — L'espèce, servant de type au genre, et la seule que nous connaissions, est l'Astate abdominale, Astata abdominalis de Latreille, figurée par Panzer (Faun. Insect. germ. fasc. 53. tab. 5) sous le nom de Tiphia abdominalis; c'est la Dimorpha abdominalis de Jurine (loc. cit. p. 147). Cet entomologiste a figuré (pl. 9. fig. 10), sous le nom de Dimorpha oculata, une espèce qu'il soupçonne être le mâle de l'abdominalis, mais sur laquelle nous n'avons aucun renseignement. (AUD.)

ASTELIE. Astelia. BOT. PHAN. Genre intermédiaire entre les Joncées et les Asphodèlées, suivant R. Brown qui lui assigne les caractères suivans: les fleurs sont polygames dioïques; le calice à six divisions demi-glumacées. Les mâles présentent six étamines insérées à son fond, avec le rudiment du pistil; les femelles, le rudiment des étamines et un ovaire à trois stigmates obtus, ayant tantôt trois loges, tantôt une seule avec trois placentas pariétaux; le fruit est une baie à une ou trois loges polyspermes. Les espèces de ce genre sont des Plantes herbacées, ayant à peu près le port d'un Tillandsia, et parasites de même sur le tronc des Arbres; leurs racines sont fibreuses; leurs feuilles radicales, imbriquées sur trois rangs, lancéolées, linéaires ou cunéiformes, carinées, garnies sur leurs deux faces de poils couchés et de soies laineuses à leur base. La tige manque, ou bien est courte et garnie de peu de feuilles. Les fleurs sont en grappes ou en panicules, portées sur des pédicelles inarticulés, munies d'une bractée à leur base, petites, soyeuses extérieurement.

Banks et Solander, auteurs de ce

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genre, en ont trouvé à la Nouvelle-Zélande, et décrit plusieurs espèces: ce sont celles dont l'ovaire est triloculaire. Il est uniloculaire dans la seule que décrit Robert Brown, l'A. alpina, recueillie par lui dans l'île de Van Diemen. Il croit devoir y rapporter le Melanthium pumilum de Forster; et c'est pourquoi Jussieu les place ensemble dans la famille des Colchicées. (A. D. J.)

ASTERE. Aster. BOT. PHAN. Corymbifères, Juss. Syngénésie Polygamie superflue, L. Le genre Aster, tel que l'établit Linné, présente les caractères suivans: un involucre presque hémisphérique, composé de plusieurs rangs de folioles imbriquées, les inférieures souvent étalées; un réceptacle plane, parsemé de petits points déprimés; des fleurs radiées, les fleurons du centre très - nombreux, tubuleux, hermaphrodites; les demi-fleurons de la circonférence femelles, au nombre de plus de dix; une aigrette de poils simples et sessile.

On a décrit près de cent trente espèces de ce genre, qu'on peut diviser en sous-Arbrisseaux et en Plantes herbacées; la tige de ces dernières tantôt porte une ou deux fleurs seulement, tantôt se ramifie pour former des panicules et des corymbes. Dans ces derniers cas les feuilles sont entières ou dentées, linéaires ou lancéolées ou ovales. On établit ainsi plusieurs sections, dans lesquelles se groupent les nombreuses espèces du genre Aster.

L'espace dans lequel nous sommes forcés de nous renfermer, ne nous permet d'en citer dans chaque section qu'un ou deux exemples.

A. Espèces ligneuses.

La plupart sont originaires du cap de Bonne-Espérance, quelques-unes de la Nouvelle-Hollande, quelquesunes de l'Amérique septentrionale. Telles sont: — L'Aster fruticulosus, L. Commel. Hort. 2, tab. 27. — L'A. argophyllus, La Billardière. Pl. de la Nouv.-Hort., tab. 201. — L'A. sericeus, Ventenat. Hort. Gels., tab. 33. — L'A. rupestris, Humboldt et Bonp. Nov. Gen., tab. 334.

B. Espèces herbacées.

†. Tiges uniflores ou biflores. Tels sont:

L'Aster alpinus, L. Jacq. Austr. tab. 88, qui croît dans les Alpes, les Pyrénées, les Cévennes. — L'A. crocifolius, Humb. et Bonp. Nov. Gen., tab. 332, 1.

‡. Tiges rameuses.

A. Feuilles entières.

α. — Linéaires ou lancéolées.

L'Aster acris, L., qui habite la France méridionale.—L'A. Amellus, L. Jacq. Aust. tab. 435, qui fait aussi partie de la Flore française. — L'A. caricifolius, Humb. et Bonp. Nov. Gen., tab. 333.

β.—Ovales.

L'Aster cornifolius, Willd.

B. Feuilles dentées.

γ. — Lancéolées.

L'Aster Tripolium, L. Flor. dan.tab. 605. Cette espèce est commune au bord de la mer sur les côtes d'Europe. — L'A. pyrenœus. Desf.

δ. — Ovales ou cordées.

L'Aster macrophyllus, L.—A. sinensis, L. C'est cette dernière espèce qui est connue dans nos jardins sous le nom de Reine-Marguerite. Elle est originaire de la Chine et du Japon, d'où elle fut envoyée en Europe vers 1730 ou 1732: du moins à cette époque futelle figurée par Dillen (Hort. Elth., tab. 34, f. 38). Thouin (Encyc. mét. Dict. d'Agr. 1, p. 710 et 711) pense qu'elle était cultivée au Jardin des Plantes dès 1728; qu'elle y était originairement à fleurs simples et blanches assez ressemblantes aux Chrysanthèmes de nos champs, mais qu'ayant bientôt produit des graines dont parurent les plus belles variétés de couleurs, particulièrement la rouge, cette dernière nuance, nouvelle parmi les fleurs analogues, fixa l'attention des amateurs qui la nommèrent Reine-Marguerite. C'est en 1734 qu'on obtint des variétés violettes. Depuis cette époque le nombre de ces variétés s'est fort augmenté, mais ce n'est que trèsrécemment qu'on a obtenu celle qu'on nomme à tuyaux et dont les fleurs paraissent hémisphériques.

3*

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On cite encore trois espèces d'Aster à feuilles pinnées, dont deux à rayons jaunes; l'Aster pinnatus de Cavanilles, II tab. 212, est de ce nombre; mais on doute qu'elles appartiennent réellement à ce genre. Dans toutes les autres, les feuilles sont simples et alternes, les demi-fleurons violets, rouges et blancs.

Le genre Aster de Linné a été divisé en plusieurs autres par divers auteurs. L'Aster Amellus, L. a formé l'Amellus d'Adanson dans lequel l'involucre est lâche et entièrement squarieux. Henri Cassini a depuis établi les suivans: Callistemma, formé d'une seule espèce, l'Aster sinensis, dans lequel la fleur est extrêmement grande ainsi que son involucre, et où une rangée extérieure de petites écailles simule une double aigrette sur le fruit. — Eurybia, où les folioles de l'involucre sont conniventes, et auquel se rapportent les Aster Tripolium et corymbosus. — Il en est de même dans les genres Felicia, où les poils de l'aigrette sont denticulés et auquel se rapporte l'Aster tenellus, L., et Galatea composé des Aster Dracunculoïdes, trinervis, punctatus, L., où les demi-fleurons sont neutres.

Les jardiniers appellent Aster d'Afrique le Cineraria Amelloïdes, L., Agathœa cœlestis de Cassini. V. AGATHÆA. (A. D. J.)

* ASTÉRÉES. BOT. H. Cassini nomme ainsi la sixième des tribus qu'il a établies dans la famille des Synanthérées, et il lui assigne pour caractère distinctif la disposition de deux branches du style qui se courbent l'une vers l'autre comme celles d'une pince, c'est-à-dire en présentant une convexité externe et une concavité interne, et qui, hérissées tout autour de papilles glanduleuses et filiformes dans leur moitié supérieure, offrent inférieurement et en dedans deux bourrelets stigmatiques, saillans, non-confluens, séparés par un large intervalle: disposition qu'on peut voir représentée dans la pl. du Dict. des Sc. natur. où sont figurés les détails anatomiques des tribus de Synanthérées (A. D. J.)

ASTERELLE. Asterella. BOT. CRYPT. (Palisot de Beauvois.) Genre démembré des Marchantia de Linné et qui n'a point été adopté. Il renfermait deux espèces dont l'une, l'A. tenella, est représentée par Dillen, tab. 75 fig. 4, et l'autre, le Marchantia conica, est figurée par le même auteur, pl. 75. fig. 2. V. MARCHANTIE. (B.)

* ASTERGIR. BOT. PHAN. (Rhasez.) L'un des noms de'l'Azedarach. V. ce mot. (B.)

ASTERIAS ET ASTOR. OIS. (Aldrovande.) Syn. de l'Autour, Falco palumbarius, L. en Italie. V. FAUCON. Ces noms ont aussi été donnés au Butor, Ardea stellaris. V. HÉRON. (DR..Z.)

* ASTERIAS. POIS. (Aristote.) Syn. de Chat Rochier, Squalus stellaris, L. V. SQUALE. (B.)

* ASTERIAS. BOT. PHAN. (Daléchamp.) Syn. d'Arenaria, V. SABLINE, et dans quelques auteurs, nom donné au Gentiana lutea, L. V. GENTIANE. (B.)

ASTÉRIE. Asterias. ÉCHIN. Genre établi par les anciens auteurs pour les Etoiles de mer, classé parmi les Mollusques par Linné et par beaucoup d'autres naturalistes; placé par Bruguière dans un ordre particulier, celui des Vers Echinodermes, entre les Mollusques nus et les Testacés; enfin restreint par Lamarck dans ses véritables limites. Il en a fait, sous le nom des Stellérides, la première section de ses Radiaires Echinodermes, et l'a divisée en quatre genres. Cuvier a adopté ces genres et a mis les Astéries à la tête de ses Echinodermes pédicellés: il commence par ces Animaux le tableau méthodique de ses Zoophytes. Il est impossible de ne pas suivre l'opinion de ces naturalistes célèbres; ainsi l'on ne traitera dans cet article que des Astéries proprement dites. V. les mots COMATULE, EURYALE et OPHIURE,

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pour les autres Etoiles de mer. Les Astéries ont pour caractères: un corps suborbiculaire, déprimé, divisé dans sa circonférence en angles, lobes ou rayons disposés en étoile; la face inférieure des lobes ou des rayons est munie d'une gouttière longitudinale, bordée de chaque côté d'épines mobiles et de trous pour le passage de pieds tubuleux et rétractiles; leur bouche est inférieure, centrale et placée au point de réunion des sillons inférieurs. Elles sont appelées vulgairement Etoiles de mer, et doivent ce nom à la forme de leur corps, divisé en rayons divergens de la même manière que ceux que l'on emploie pour figurer une étoile. Ces rayons sont en général au nombre de cinq; leur surface, principalement la supérieure, présente une multitude de tubes contractiles, beaucoup plus petits que les pieds; ils paraissent destinés à absorber et à rejeter l'eau après qu'elle a été introduite dans la cavité générale du corps, sans doute pour une sorte de respiration. La bouche est constamment située au centre de la face inférieure de l'Animal; elle sert d'anus, et communique à un estomac court et large d'où partent, pour chaque rayon, deux cœcums ramifiés comme des Arbres. La charpente osseuse de ces Animaux, que l'on a comparée quelquefois, mais à tort, à une colonne vertébrale, est composée de rouelles ou disques pierreux, articulés ensemble, et d'où partent les branches cartilagineuses qui soutiennent l'enveloppe extérieure; cette sorte de colonne ne produit jamais de côtes, et ne sert point d'enveloppe à un tronc nerveux; elle a plus de rapport avec une tige d'Encrine qu'avec tout autre objet.

Les Astéries présentent un appareil de vaisseaux assez compliqués: les uns semblent destinés à transporter la matière nutritive dans toutes les parties du corps; certains se dirigent vers l'organe respiratoire et se rapprochent ensuite du centre, etc. On ne peut cependant pas dire qu'il y ait une véritable circulation. Elles ont une puissance de reproduction difficile à concevoir; non-seulement elles reproduisent dans trois ou quatre jours les rayons qui leur sont enlevés isolément, mais un seul rayon, laissé entier autour du centre, lui conserve la faculté de reproduire tous les autres. — Ces Animaux, quoique privés d'organes particuliers pour la vue, l'odorat et l'ouïe, sont sensibles à la lumière, aux odeurs et au bruit. Dirat-on que ce n'est qu'un effet de leur irritabilité? Quelques auteurs les regardent comme hermaphrodites; je ne partage pas cette opinion, malgré les observations du docteur Spix qui prétend avoir découvert leurs organes sexuels: il leur a trouvé de véritables ovaires en forme de grappe de raisin, situés dans chaque rayon, ainsi qu'un système nerveux assez compliqué, que Cuvier avait indiqué dans ses leçons d'anatomie comparée. — Marchant très-difficilement, les Astéries nagent aussi avec peine, et ne peuvent s'élever du fond de l'eau qu'en grimpant contre les rochers: quand elles veulent descendre, elles se laissent tomber sans faire le moindre mouvement.

Les Astéries varient beaucoup dans leur grandeur; il en existe de microscopiques et de plus d'un pied et demi de diamètre. Leur couleur varie de même suivant les espèces, et l'on en trouve de toutes les nuances; presque toujours la partie inférieure de leur corps est blanchâtre, caractère qui indique la station habituelle de ces Animaux. Elles sont très-voraces, et se nourrissent uniquement de Vers, de Mollusques, etc., jamais de Plantes marines. Elles se plaisent sur le sable, sous les pierres, sur les rochers; elles s'attachent sur leurs pentes verticales, et adhèrent aux voûtes des grottes sous-marines.

Aucune Astérie ne peut servir à la nourriture de l'homme; dans beaucoup de pays on les regarde même comme vénéneuses et donnant quelquefois aux Moules leur qualité malfaisante. Estce une erreur? L'on n'en fait aucun usage, si ce n'est pour fumer les ter-

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res; c'est un engrais excellent, dont les habitans des bords de la mer, principalement ceux de la Normandie, connaissent tout le prix.

Les Astéries fossiles sont assez communes dans les terrains de dépôts; on les trouve rarement entières. C'est des carrières de la Thuringe, des schistes de Solenhofen et de Pappenheim, des carrières de Pirna, de Chassay-sur-Saône, de Malesmes, des environs de Cobourg et de Rotembourg-sur-la-Tauber, que l'on a retiré les Astéries fossiles les mieux caractérisées; l'on croit qu'il en existe des débris dans le terrain coquillier des environs de Paris, à Grignon, à Valognes, à Caen, dans le Jura, en Italie, etc.

Lamarck a divisé les Astéries en deux sections: la première renferme les Astéries scutellées; la deuxième, les Astéries rayonnées. — Les principales espèces de ce grand genre sont.

L'ASTÉRIE PARQUETÉE, Asterias tessellata, Encycl. tab. 96—97. fig. 1. 2. — 98. fig. 1. 2. Plane, pentagone, sans épines, granulée en mosaïque des deux côtés; le bord articulé. Cette espèce est remarquable par sa forme simple, par ses angles courts, par le bourrelet articulé de ses bords, et par les nombreuses variétés qu'elle présente. Elle est indiquée dans les mers d'Europe, d'Amérique et des Grandes-Indes. La même espèce peut-elle se trouver dans des localités si différentes? La chose est possible; mais nous en doutons, surtout en comparant les figures citées par les auteurs.

L'ASTÉRIE DISCOÏDE, Asterias discoidea, Encycl. tab. 97. fig. 3. tab. 98. fig. 3. et tab. 99. fig. 1. Espèce singulière, presque orbiculaire, pentagone et très-épaisse. Ses angles sont bifides au sommet par le prolongement des gouttières inférieures jusque sur une partie du dos, presque lisse et convexe; la face inférieure est parquetée de pièces finement granuleuses, chargée d'autres grains plus gros Cette Astérie a quatre à cinq pouces de diamètre: l'on ne connaît point son habitation.

L'ASTÉRIE A AIGRETTES, Asterias papposa, Encycl. tab. 107. fig. 4 et 5, 6 et 7. La partie supérieure et les bords sont hérissés de tubercules soyeux; les rayons, au nombre de douze à quinze, sont lancéolés et moins longs que le diamètre du disque; la couleur est ro ssâtre ou ferrugineuse. Lamarck distingue deux variétés dans cette espèce, en général assez commune: la première, dessinée dans les figures 4 et 5; la deuxième, dans les figures 6 et 7. Les différences entre ces deux variétés ne seraient-elles pas assez grandes pour établir deux espèces, d autant que l'une se trouve dans l'Océan européen, et l'autre dans la mer des Indes?

L'ASTÉRIE ROUGEATRE, Asterias rubens, Encycl. tab. 112. fig. 3. 4. tab. 113. fig. 1. 2. Cette espèce est tellement commune sur une partie des côtes de France, qu'on la répand sur la terre au lieu de fumier; ses rayons, au nombre de cinq, rarement de quatre ou de six, sont lancéolés et couverts de tubercules épineux.

L'ASTÉRIE ORANGÉE, Asterias aurantiaca, Encycl. tab. 110. fig. 1—5. et tab. 111. fig. 1—6. Son disque assez large est un peu moins déprimé en dessous qu'en dessus, et se divise en cinq rayons lancéolés, marginés et frangés; les bords semblent articulés par le produit des sillons transverses qui les divisent. Cette espèce se trouve dans les mers d'Europe: elle est grande, belle et remarquable par ses caractères; elle varie tellement que l'on est quelquefois tenté de croire que l'on a réuni plusieurs espèces sous le même nom.

Lamarck a encore décrit plus de quarante espèces de ce genre. Dans ce nombre, quinze sont indiquées des mers d'Europe, seize des mers des Indes ou de l'Océanique, cinq de l'Amérique, une d'Afrique; l'habitation des autres est inconnue. Combien doit être considérable le nombre des Astéries que nous ne connaissons pas, puisque ces Animaux, de même que la plus grande partie des Rayonnés, sont plus nombreux dans les pays chauds que dans les pays froids. Quel-

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ques autres espèces d'Astéries ont été décrites ou figurées par les auteurs modernes. Lamarck n'en fait point mention; elles n'ont d'ailleurs rien de remarquable. (LAM..X.)

ASTÉRIE. MIN. Les anciens désignaient sous ce nom une Pierre susceptible de poli, et qui faisait voir, lorsqu'on la présentait au soleil, l'image d'une étoile à six rayons changeant de place selon l'inclinaison que l'on donnait à la Pierre. Selon Delaunay (Minéral. des Anciens, 1. p. 114), cette Astérie serait une variété chatoyante de Feldspath; mais on pense qu'elle était plutôt ce que l'on nomme aujourd'hui Girasol, variété de Corindon hyalin. V. GIRASOL, et CORINDON. (B.)

* ASTERION. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. de Chanvre. V. ce mot. (B.)

* ASTERIOPHIURE. Asteriophiura. ECHIN. Genre que nous avions proposé entre les Astéries et les Ophiures dans notre Mémoire sur l'Ophiure à six rayons (Ann. du Mus. tom. 20). Il est remplacé par le genre Euryale de Lamarck. (LAM..X.)

* ASTERIPHOLIS. BOT. PHAN. (Pontédera.) Syn. d'Aster Novœ-Angliœ, L. (B.)

ASTERISQUE. Asteriscus. BOT. PHAN. Genre de Tournefort réuni au Buphthalmum par Linné. V. BUPHTHALME. Ce nom a été donné par d'autres botanistes anciens à diverses Syngénèses ou Synanthérées. (B.)

ASTERITES. ECHIN. FOSS. et POLYP. Qu'il ne faut pas confondre avec ASTÉRIE, Pierre citée par les anciens. C'est-à-dire en forme d'étoiles. Pétrifications qu'on a d'abord cru des Astéries fossiles, mais qu'on a découvert depuis n'être que des articulations d'Encrine. V. ce mot et ENCRINITE. Le nom d'Astérite a été en outre appliqué à des Isis. V. ce mot. (B.)

* ASTERKILLOS. BOT. PHAN. L'un des noms africains de la Millefeuille, Achillea Millefolium, L. selon Adanson. V. MILLEFEUILLE. (B.)

* ASTEROCEPHALUS. BOT. PHAN. Sébastien Vaillant (dans les Mém. de l'Acad. de Paris, an 1712) a formé sous ce nom un genre qui depuis est rentré parmi les Scabieuses, V. ce mot. Le Scabiosa argentea, L. en faisait partie, (B.)

* ASTEROIDE. Asteroidea. BOT. PHAN. Genre formé par Tournefort (Coroll. I. R. H. p. 51), pour deux Plantes que Linné a confondues dans le genre Buphthalmum, et dont l'une est le B. grandiflorum. V. BUPHTHALME. (B.)

ASTÉROME. Asteroma. BOT. CRYPT. (Hypoxylons.) De Candolle a établi ce genre dans le supplément de la Flore française; il en a donné depuis une description plus détaillée et de très-bonnes figures dans les Mémoires du Muséum d'histoire naturelle, tome III, p. 329. Toutes les Plantes de ce genre sont parasites sur les feuilles vivantes; elles sont composées de filamens byssoïdes, dichotomes, rayonnans d'un même centre, et formant des taches irrégulièrement arrondies. Ces filamens sont évidemment placés dessous l'épiderme, dont le tissu se continue d'une manière très-visible pardessus; ils représentent, sur plusieurs de leurs points, des tubercules arrondis, ressemblant à de petites Sphæries, et qui, comme elles, m'ont paru présenter un orifice arrondi. Ces tubercules sont si petits qu'on n'a pas encore pu s'assurer si c'était de vraies loges remplies, comme celles des Sphæries, d'un fluide mucilagineux, même de sporules; mais la manière dont ces tubercules s'affaissent dans les échantillons conservés en herbier, paraît prouver qu'à l'état frais ils étaient remplis par une matière fluide.

De Candolle, dans le Mémoire que nous venons de citer, a décrit six espèces de ce genre; cinq sont noires et croissent sur les feuilles de la Raiponce, Phyteuma spicatum; de la Dentaire, Dentaria pinnata; du Sceau de Salomon, Polygonatum vulgare; de la Violette à deux fleurs, Viola biflora,

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et du Frêne. Une autre est rouge, et pousse sur les feuilles du Cerisier à grappes, Cerasus Padus; on leur a donné les noms de ces diverses Plantes. La plupart habitent également sur la surface inférieure et supérieure des feuilles. Nous en avons observé une autre espèce sur les feuilles de la Campanule à feuilles de Pêcher, Campanula persicifolia, qui diffère très-peu de celle du Phyteuma; ce qui confirme l'analogie qu'on a observée en général entre les Cryptogames parasites qui croissent sur des Plantes de la même famille. Ces Plantes ne paraissent pas nuire beaucoup aux Végétaux sur lesquels on les trouve, car elles ne les empêchent ni de fleurir, ni de donner des graines mûres. (AD.B.)

ASTEROPE. Asteropeia. BOT. PHAN. Du Petit-Thouars nomme ainsi un petit Arbrisseau observé par lui à Madagascar, qu'il décrit pag. 51, et figure tab. 15 de son Histoire des Végétaux recueillis dans les îles australes d'Afrique. Son calice est quinquefide. Ses pétales, au nombre de cinq, s'insèrent au calice, alternent avec ses divisions et sont caduques. Il y a dix étamines, dont une alternativement plus courte; leurs filets se réunissent inférieurement en un urcéole adné à la base du calice. L'ovaire est libre, à trois angles obtus, et se termine par un style court divisé en trois branches qui portent trois stigmates capités. Le fruit, autour duquel le calice persiste et s'agrandit en formant une expansion stelliforme, est une capsule à trois loges, dont chacune contient trois ou quatre graines attachées au réceptacle central. Les feuilles sont alternes, entières, courtement pétiolées, d'une substance ferme et grasse au toucher. Les fleurs sont disposées en panicules terminales.—Du Petit-Thouars croit que ce genre peut être placé convenablement à côté du Blackwellia, et former avec lui et quelques autres une famille distincte des Rosacées. Il a aussi des rapports avec la Macarisia, Plante classée avec doute parmi les Rhamnées. Il se contente d'indiquer ces rapprochemens, sans en assurer la certitude, n'ayant pu observer la graine dans son état de perfection. (A. D. J.)

* ASTÉROPHORE. Asterophora. BOT. CRYPT. (Lycoperdacées.) Ce genre fut d'abord établi par Ditmar dans le Journal de Schrader (vol. III. p. 56). Le même auteur en a donné une bonne figure dans la Flore d'Allemagne de Sturm (tab. 26), et Link, dans ses Observations sur les Champignons (Natur. Berlin. Mag. 1809. p. 31), avait déjà décrit ce même genre d'après Ditmar qui le caractérise ainsi: péridium hémisphérique, stipité, présentant à sa face inférieure des lamelles, se rompant et finissant par se détruire entièrement, renfermant des sporules anguleuses, étoilées. Nées d'Esenbeck, malgré la grande différence qui existe entre cette Plante et les autres Agarics, persiste à ne la regarder que comme formant une section de ce genre, à laquelle il donne le nom d'Asterophora (Nées, Systema Fungorum, pars 2, p. 53). La présence d'un vrai péridium, la disposition des sporules nous paraissent devoir faire ranger évidemment cette Plante parmi les Lycoperdacées.

L'espèce la plus anciennement connue de ce genre, Asterophora Lycoperdoides, Dit., est l'Agaricus Lyperdoides de Bulliard, tab. 166 et 516, fig. 1, et de Persoon (Synopsis Fungorum, p. 325). Le premier de ces auteurs avait déjà bien senti les caractères qui distinguent entièrement ce Champignon des autres Agarics. Il dit en effet, tab. 166: "Au premier coup-d'œil on croirait voir la Vesse-Loup pédiculée; mais lorsqu'on l'examine avec attention, même à l'œil nu, on y découvre des feuillets très-distincts, qui ne ressemblent pas à la vérité aux feuillets des Agarics, et qui ne paraissent pas non plus destinés à remplir les mêmes fonctions. Ces feuillets sont entiers, rares, très-épais, noirâtres, peu saillans." Dans la planche 516, il a parfaitement figuré les sporules étoilées de cette Plante. Ce petit Champi-

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gnon a ordinairement un à deux pouces de haut; il est d'une couleur brune; sa surface est pelucheuse ou un peu velue. Il croît sur les Agarics qui commencent à se décomposer, et particulièrement sur l'Agaricus adustus, Pers. et sur l'Agaricus fusipes de Bulliard.

Fries, dans ses observations mycologiques, en a distingué quatre espèces; une, à laquelle il donne le nom d'Asterophora Agaricoides, est celle que nous venons de décrire; une autre, qu'il nomme Asterophora Lycoperdoides, est l'Agaricus Lycoperdoides de Sowerby (Champignons d'Angleterre, tab. 383): une troisième, qu'il désigne par le nom d'Asterophora Physaroides, a été figurée par Micheli, Nova Genera, tab. 82, fig. 1. Cet auteur avait aussi remarqué la forme étoilée des graines. La quatrième, qu'il appelle Asterophora Trichioides, a été découverte par lui en Suède. Toutes croissent sur les Agarics pourris. (AD. B.)

* ASTEROPHYLLITE. Asterophyllites. BOT. FOSS. Nous avons établi ce genre dans un Mémoire sur les Végétaux fossiles, inséré dans les Mémoires du Muséum d'Histoire naturelle, vol. VIII. Nous lui avons donné le caractère suivant: Plantes à feuilles verticillées, linéaires ou lancéolées, traversées par une seule nervure médiane. Ces feuilles sont en général réunies de 12 à 20 par verticille; la tige est presque toujours rameuse, à rameaux opposés. Ce même genre avait été nommé par Schlotheim Casuarinites: mais ce nom indique un rapprochement si évidemment faux, qu'il a paru nécessaire de le changer. Sternberg, dans le second cahier de son ouvrage sur les Plantes fossiles, que nous ne connaissions pas à l'époque de la publication du Mémoire cité ci-dessus, a formé, de ce genre, ses deux genres Schlotheimia et Rotularia; mais les caractères qui les distinguent ne nous paraissent pas assez importans pour autoriser cette division, et d'ailleurs le nom de Schlotheimia est déjà donné à un genre de Mousses. Les Plantes qui appartiennent au genre Asterophyllites ne semblent jusqu'à présent pouvoir se rapporter à aucun genre connu. Les auteurs anciens, tels que Walch, Scheuchzer, etc., rapprochaient ces Plantes des Galium, des Hippuris et des Equisetum. On les a depuis comparées à des Chara; mais ces deux dernières analogies sont évidemment fausses; car dans les Equisetum et les Chara, ce sont des rameaux articulés, et non des feuilles, qui sont réunis par verticilles. — Les Astérophyllites diffèrent des Galium et de toutes les Rubiacées à feuilles verticillées connues, par leurs feuilles réunies en beaucoup plus grand nombre à chaque verticille que dans aucune espèce de Rubiacées. Elles se distinguent par ce même caractère de toutes les Plantes à feuilles verticillées auxquelles on les a comparées. Les Hippuris qui s'en rapprochent par ce caractère en diffèrent par leur tige simple. Il est probable que ces Plantes qui appartiennent toutes au terrain houiller faisaient partie d'un genre qui n'existe plus actuellement.

Nous avons pourtant placé dans ce genre, sous le nom d'Asterophyllites Faujasii, une Plante fossile trouvée par Faujas à Roche-Sauve dans le Vivarais, et figurée dans les Annales du Muséum (tom. II. pl. 57. fig. 7). Mais il est probable que, si on en possédait de meilleurs échantillons, on pourrait rapporter cette Plante à un genre connu, et nous avons déjà indiqué son analogie avec le genre Ceratophyllum. (AD. B.)

* ASTÉROPLATYCARPOS. BOT. PHAN. (Commelin.) Syn. d'Othonna abrotanifolia, L. V. OTHONNE. (B.)

ASTÉROPTÈRE. Asteropterus. BOT. PHAN. Parmi les espèces du genre Leysera, L., qui appartient à la famille des Corymbifères, les unes avaient un réceptacle paléacé, et tous leurs akènes couronnés par une sorte de petit tube scarieux, les autres un réceptacle n'offrant de paillettes qu'à sa périphérie, et des aigrettes sim-

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ples pour les akènes de la circonférence, et composées pour ceux du milieu. Ces dernières espèces appartenaient au genre Asteropterus établi antérieurement par Vaillant. Il a été adopté par Adanson et par Gaertner qui en donne les caractères, et le figure, tab. 173. fig. 6. V. LEYSÉRA. (A. D. J.)

* ASTEROSPORIUM. BOT. CRYPT. (Urédinées.) Ce genre a été sépare par Kunze (Journal de Botanique de Ratisbonne, 1819, p. 225) des Stilbospora de Persoon. Il est caractérisé ainsi: capsules étoilées, cloisonnées, réunies en groupes, renfermant des sporules ovales et placées sur une base filamenteuse et granuleuse. Le type de ce genre est le Stilbospora asterosperma (Hoffmann, Flore d'Allemagne; Persoon, Synopsis Fungorum) que Link avait déjà présumé devoir former un genre particulier. Kunze lui donne le nom d'Asterosporium Hoffmanni. Il se développe dans la substance même du bois, soulève l'écorce et la rompt irrégulièrement. Il sort par cette fente une base granuleuse, noire, entièrement couverte de capsules étoilées de la même couleur, contenant des sporules allongées. Ces capsules sont à trois cornes, rarement à quatre ou à cinq. Tous ces caractères ne peuvent se voir qu'avec le secours d'un microscope composé; à l'œil nu les groupes de capsules ne forment qu'une petite tache noire sur l'écorce.

Ce genre diffère des Stilbospora et des Melanconium par la forme étoilée de ses capsules. Il se distingue du genre Prostenium de Kunze par l'absence de péridium. (AD. B.)

* ASTICOT. ZOOL. Même chose qu'Achée. V. ce mot. (B.)

* ASTISCHE. CRUST. (Scopoli.) Syn. de Cancer Gammarus, L. sur les bords de l'Adriatique. (B.)

* ASTOCHADOS. BOT. PHAN. Syn. de Lavandula Stœchas, L. chez les Arabes. V. LAVANDE. (B.)

ASTOME. Astoma. ARACHN. Genre de l'ordre des Trachéennes, établi par Latreille qui lui assigne pour caractères: six pieds; point de siphon ni de palpes apparens; bouche ne consistant qu'en une petite ouverture pectorale. Ces Animaux qui appartiennent (Considér. génér.) à la famille des Microphtires ou (Règne Anim. de Cuv.) à celle des Holètres, tribu des Acarides, ont le corps mou, ovoïde, d'une belle couleur rouge, de la grosseur d'une graine de pavot, et muni de six pates très-courtes. Ils vivent parasites sur plusieurs Insectes, et de préférence sur les Diptères. L'espèce servant de type au genre est l'Astome parasite, A.parasitica, ou la Mitte parasite, Acarus parasiticus de Degéer (Ins. t. 7). Elle a été décrite et représentée par Hermann (Mém. aptérologique) qui la range dans sa division des Trombidies hexapodes, et lui impose le nom de Trombidium parasiticum. Elle est très-commune sur les Mouches. (AUD.)

ASTOMELLE. Astomella. INS. Genre de l'ordre des Diptères fondé par Léon Dufour. Ses caractères sont: antennes un peu plus longues que la tête, formées de trois articles, le dernier en bouton allongé, comprimé et sans soie; point de trompe apparente. Latreille (Règne Anim. de Cuv.) place les Astomelles dans la famille des Tanystomes en les réunissant au grand genre Cyrte qui correspond à la famille des Vésiculeux, des Considérations générales.—Ce genre a pour type une espèce trouvée en Espagne, qui porte le nom d'Astomelle clavicorne, A. clavicornis.—Elle est d'un brun noirâtre avec des bandes transversales de couleur jaune sur l'abdomen. Latreille en possède une seconde des environs de Montpellier; enfin Vander Linden, entomologiste distingué de Bruxelles, nous en a communiqué une troisième qu'il nomme Astomelle fauve, Ast-Vaxelii. Elle paraît être la même que l'Henops Vaxelii décrit par Klug (Magazin. Berlin. 1807. 4e cah. p. 263. tab. VII. fig. 6). Elle a été trouvée en

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Italie, dans les environs de Bologne. Voyez-en la description dans le Bulletin des sciences, par la Société philomatique, année 1822. (AUD.)

* ASTOMES. Astomi. BOT. CRYPT. (Mousses.) Sous ce nom, Bridel a désigné une des divisions de la famille des Mousses, qui renferme les genres dont la capsule est dépourvue d'ouverture. Il n'y place que les genres Phascum et Pleuridium; ce dernier n'est qu'un démembrement du genre Phascum de la plupart des botanistes. On doit y ajouter le genre Voitia de Hornschuch. Peut-être doit-on aussi y placer le genre Andrea qui se rapproche des Phascum par son opercule persistant, quoiqu'il en diffère par plusieurs caractères qui rendent difficile de le ranger dans aucune des sections de la famille des Mousses. V. les mots cités dans cet article. (AD.B.)

ASTORE. OIS. Syn. d'Autour en Italie. V. FAUCON. (DR..Z.)

ASTOURES. BOT. PHAN. Graines qui ont la propriété d'enivrer les Poissons, et que Bosc dit être celles de deux espèces de Verbascum. V. MOLÈNE. (B.)

ASTOURON. BOT. PHAN. (Bosc.) Syn. en langage caraïbe de Myrtus Pimenta, L. V. MYRTE. (B.)

* ASTRAGALE. ZOOL. V. Os.

ASTRAGALE. Astragalus. BOT. PHAN. Ce genre des Légumineuses, qui comprend des espèces si nombreuses, a été le sujet de deux belles Monographies, l'une publiée par Pallas sous le titre de Species Astragalorum descripte et Icon. illustr., in-fol., Leipsick, 1800; l'autre par De Candolle, sous le titre d'Astragalogia, in-4 et in-fol. Paris, 1802, avec 50 planches. C'est ce dernier travail que nous suivrons ici.

Parmi les Légumineuses, un certain nombre présente un légume à deux loges plus ou moins complètes, résultant de l'introflexion des deux valves qui se portent en formant une cloison d'une suture à l'autre. Ce sont ces Légumineuses complètement biloculaires que Linné connaissait sous le nom d'Astragale, reléguant dans le genre Phaca celles où les deux loges sont incomplètes, et où les valves se réfléchissent de la suture supérieure vers l'inférieure, et dans le genre Biserrula celles où le légume plane présente sur son bord autant de sinuosités qu'il contient intérieurement de graines; mais Linné lui-même n'a pas eu toujours égard à ces caractères dans la distribution des espèces.

Pallas fait un seul genre du Phaca et de l'Astragalus de Linné, et de l'Astragaloïde de Tournefort.—De Candolle, enfin, admet trois genres, Biserrula, Astragalus, Oxytropis, ce dernier formé de plusieurs espèces d'Astragales des auteurs, et caractérisé par la pointe qui termine sa carène et sa cloison formée par l'intro flexion de la suture supérieure V. OXYTROPIDE.

L'Astragale qui doit seul nous occuper ici, est distingué par les caractères suivans: son calice est à cinq dents ou cinq divisions plus profondes, plus court en général que la corolle. Celle-ci est papilionacée, à étendard oblong, ovale ou arrondi, souvent échancré au sommet, quelquefois réfléchi sur ses côtés, plus long que les ailes qui l'égalent cependant quelquefois; à ailes stipitées, dont le limbe est oblong et muni d'une oreillette à sa base; à carène obtuse, plus courte que les ailes, ou presque égale, portée sur un double onglet. Des dix étamines, neuf sont réunies par leurs filets presque jusqu'au sommet; la dixième est libre. L'ovaire est sessile, ou plus rarement stipité, de forme variable; le style infléchi à sa base ou à son milieu; le stigmate simple ou en tête. Le fruit est un légume sessile ou stipité, mais rarement, sans dents sinueuses sur son bord, présentant intérieurement deux loges complètes ou incomplètes que forment les valves en se réfléchissant de la suture inférieure. Les graines sont réniformes, en nombre égal dans chacune des deux loges. De Candolle en décrit cent quarantedeux espèces. La plupart habitent la partie occidentale de l'Asie; deux la

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Chine; deux le Canada; trois l'Amérique méridionale. On trouve les autres dans la Sibérie, la Perse, la Judée, l'Asie mineure, la Barbarie et les contrées méridionales de l'Europe. Le même botaniste abandonne la division de Linné établie sur l'absence ou la présence d'une tige herbacée ou ligneuse, parce que, suivant les terrains, la même espèce peut avoir ou n'avoir pas de tige, et devenir de ligneuse herbacée, et parce que d'ailleurs elle éloigne des espèces évidemment voisines. On pourrait tirer de bons caractères des fruits qui offrent une grande variété; mais comme ils manquent souvent dans les jardins ou les herbiers, il a mieux aimé baser sur une autre partie qu'on y retrouve constamment, la division des espèces; et c'est à peu près la même qu'a suivie Persoon qui, dans son Synopsis, en compte cent soixante-neuf.—Les stipules s'insèrent tantôt sur la tige, tantôt sur les pétioles. Parmi les espèces dont les stipules sont caulinaires, les unes ont des corolles pourpres ou d'un blanc rose, et dans celles-ci, les tiges sont tantôt étalées à terre, tantôt dressées ou presque nulles; les autres ont des corolles jaunâtres, et la même différence peut s'observer dans leurs tiges. — Parmi les espèces à stipules pétiolaires, il y en a dont le pétiole se prolonge en épine, et leurs fleurs sont sessiles ou pédonculées; il y en a d'autres dont le pétiole est inerme, et leur corolle tire sur le jaune ou sur le rouge. De-là huit sections dans lesquelles toutes les espèces viennent se placer.

Les feuilles des Astragales sont pinnées avec ou sans impaire; leurs fleurs ramassées ou en épi, axillaires ou terminales. De l'écorce de quelques espèces découlent des sucs gommeux. C'est l'Astragalus creticus qui fournit, suivant Tournefort, l'Adragant du commerce; il suinte des A. gummifer et verus, des gommes de même nature V. ADRAGANT et GOMME. (A. D. J.)

* ASTRAGALLINUS. OIS. Syn. vulgaire du Chardonneret, Fringilla Carduelis, L. V. GROS-BEC. (DR..Z.)

ASTRAGALOIDES. BOT. PHAN. Genre établi par Tournefort dans sa classe des Papillonacées, adopté par Adanson et conservé par Linné qui lui a donné le nom de Phaca sous lequel il est aujourd'hui connu. V. PHACA. (B.)

* ASTRAIRES OU ASTRÉES. POLYP. Ordre des Lamellifères dans la division des Polypiers entièrement pierreux, composé des genres Echinopore, Explanaire et Astrée, V. ces mots: des lamelles rayonnantes divisent leurs nombreuses cellules, presque semblables à de petites étoiles, d'où leur est venu le nom d'Astrées ou Astraires. Ces étoiles sont placées en général sur la surface supérieure du Polypier, souvent elles le couvrent en entier; elles sont limitées dans certaines espèces; dans quelques-unes les lames se croisent ou s'imbriquent; dans plusieurs, elles semblent se confondre; malgré ces différences, les Polypes paraissent toujours distincts quoique liés ensemble par une membrane non interrompue. (LAM..X.)

* ASTRALE. MOLL. V. ASTROLE. (F.)

* ASTRALOS. OIS. Syn. d'Etourneau. Sturnus vulgaris, L. en grec. (B.)

ASTRANCE. Astrantia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Ombellifères. Le calice est à cinq dents; les pétales recourbés et à deux lobes; le fruit ovale, allongé, couronné par le calice et formé par la soudure de deux akènes relevés chacun sur leur face extérieure de cinq côtes spongieuses que traversent des rugosités transversales. L'ombelle est à trois ou quatre rayons qu'environne un involucre de trois ou quatre feuilles semblables à celles de la tige; l'ombellule a un involucelle de plusieurs folioles coloriées simulant une corolle, et contient des fleurs nombreuses plus courtes que ces folioles, les unes hermaphrodites,

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les autres mâles en plus grand nombre et à pédoncules plus longs. Les feuilles sont palmées.

De six espèces décrites, une habite la Sibérie, une le cap de Bonne-Espérance, et quatre l'Europe. Celles-ci sont: l'Astrantia major dont les feuilles sont à cinq lobes trifides, aigus et dentés, grandes et assez semblables à celles de l'Hellébore noir; les folioles de l'involucelle longues, pointues et à trois nervures, semblant former au premier coup-d'œil, avec l'ombellule qu'elles entourent, une belle fleur rougeâtre. — L'Astrantia minor, plus petite dans toutes ses parties, dont les feuilles sont d'ailleurs composées de sept à neuf folioles tout-à-fait distinctes. Ces deux espèces sont figurées t. 191, des Illustr. de Lamarck. — L'Astrantia Epipactis de Scopoli, dont les feuilles sont découpées jusqu'à la base en trois lobes, dont les deux latéraux profondément bilobés, incisés et dentés en scie ainsi que les folioles de l'involucre qui sont obtuses, larges et bèaucoup plus longues que les fleurs. Celles-ci sont jaunes. — L'A. carniolica, W., dont les feuilles radicales sont à cinq lobes oblongs et aigus, et les folioles de l'involucre entières. (A. D. J.)

ASTRANTHE. Astranthus. BOT. PHAN. Arbre de la Cochinchine, observé et décrit par Loureiro, d'après lequel il paraît offrir les caractères suivans: le calice, qu'il appelle corolle, présente un tube court et un limbe à quatorze divisions lancéolées, linéaires, alternativement plus longues et plus courtes, figurant une sorte d'étoile qui a donné son nom au genre. Ce nombre n'est pas constant, mais peut être de douze ou de seize, double toujours de celui des étamines, qui est le plus souvent sept, mais quelquefois aussi six ou huit. Les filets de celles-ci sont filiformes, dressés, leurs anthères arrondies et triloculaires. L'ovaire est libre, surmonté de quatre styles terminés chacun par un stigmate. Le fruit, suivant Loureiro, ne consiste qu'en une graine petite et ovoïde qui n'a d'autre enveloppe que le tube desséché du calice. Les feuilles sont alternes, les fleurs en épis axillaires, la hauteur de l'Arbre peu considérable. Ce genre doit être placé à la suite des Rosacées, entre le Surindia etle Blackwellia; peut-être appartient-il à l'un des deux. (A. D. J.)

* ASTRAPÆA. Astrapæa. BOT. PHAN. Famille des Malvacées, Monadelphie Polyandrie. Dans le 3e numéro des Collectanea botanica publiés à Londres par John Lindley, on trouve décrite sous le nom d'Astrapœa Wallichii, t. 14, une superbe Plante originaire de l'Inde, remarquable par des feuilles cordiformes très-grandes, des fleurs d'un rouge éclatant, disposées en capitule serré, environné d'un involucre composé de plusieurs folioles cordiformes sessiles. Ce genre se distingue par les caractères suivans: fleurs disposées en ombelle simple, entourées d'un involucre double, l'extérieur diphylle, l'intérieur polyphylle; calice simple, pentaphylle; corolle de cinq pétales dressés et roulés; étamines, environ vingt-cinq, monadelphes, dont cinq stériles; ovaire à cinq loges, renfermant plusieurs graines, terminé par un style et cinq stigmates. Ce genre est voisin des Dombeya et des Pentapetes. (A. R.)

* ASTRAPÉE. Astrapœus. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, de la section des Pentamères, établi par Gravenhorst (Coleoptera microptera Brunsvicensia, p. 199) aux dépens du genre Staphylin, supprimé ensuite par le même auteur (Monographia Coleopterorum micropterorum), et adopté cependant par Latreille qui lui assigne pour caractère distinctif, d'avoir les quatre palpes terminés par un article plus grand et presque sécuriforme. Ce genre (Considér. génér.) appartient à la famille des Staphyliniens, ou (Règne Anim. de Cuv.) à celle des Brachélytres.

Les Astrapées ont la même forme de corps que les Staphylins; leurs mœurs sont aussi semblables. L'espèce servant de type au genre et qui,

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pendant long-temps, a été la seule connue, est l'Astrapée de l'Orme, Astr. ulmi ou le Staphylinus ulmi de Rossi (Faun. Etrusc. no 611. t. 5, fig. 6), et d'Olivier (Entom. no 17, pl. IV, fig. 37). Fabricius la nommait Staphyl. ulmineus. Elle est figurée dans Panzer (Faun. Insect. Germ. fasc. 88, tab. 4). On la trouve au printemps sous les écorces des Ormes, en France et dans le midi de l'Europe.

Latreille a découvert une autre espèce aux environs de Paris; elle a voisine le Staphylinus brunnipes de Fabricius. Dejean (Catal. des Coléopt.) en mentionne une troisième, originaire de Styrie. (AUD.)

ASTRAPIE. OIS. Genre établi par Vieillot pour y placer un Oiseau de la Nouvelle-Guinée, dont Latham a fait son Paradisea gularis, et Cuvier un Merle. V. STOURNE. (DR..Z.)

ASTRÉE. Astrea. POLYP. Genre de la division des Polypiers pierreux, qui a donné son nom à l'ordre des Astrées ou Astraires; il offre pour caractère: des masses pierreuses, épaisses, ordinairement planes, hémisphériques, ou globuleuses, quelquefois lobées, bien rarement dendroïdes ou rameuses; encroûtant le plus souvent les corps solides marins, et ne se trouvant presque jamais isolés: Leur surface est couverte d'étoiles toujours lamelleuses, rondes ou anguleuses, saillantes, unies ou enfoncées, limitées ou confuses. Le Sueur est le seul qui ait observé les Animaux de trois espèces d'Astrées; Astrea Ananas, galaxea et siderea. Ses descriptions, un peu trop courtes, ne nous ont pas permis d'y trouver un caractère générique; nous nous bornerons en conséquence à les faire connaître en traitant des espèces.

Le genre Astrée a été établi par Browne suivant les auteurs du Dictionnaire des sciences naturelles; Lamarck, dans son Histoire des Animaux sans vertèbres, l'a adopté et a fixé ses caractères; nous l'avons un peu modifié, parce que nous possédons des Astrées ayant l'apparence d'une tige tronquée et cylindrique. Lamarck divise ce genre en deux sections suivant que les étoiles sont séparées ou contiguës; d'après nos observations, cette division ne peut être conservée; les étoiles des Astrées se touchant toutes par le prolongement de leurs lames, elles se joignent et se croisent les unes avec les autres sans se mêler, sans se confondre; et comme le Polype couvre toujours l'intervalle entier des lames de chaque cellule, et que tous les Polypes se touchent, il en résulte que toutes les cellules doivent être contiguës. Les lamelles se fixent souvent autour d'un axe cylindrique, plein et très-petit; si son diamètre augmente, il devient fistuleux, et semble quelquefois remplacer la cellule; les lamelles entrent ou pénètrent dans son intérieur, mais ne s'étendent pas jusqu'au centre. Cet axe est enfoncé, uni ou saillant suivant les espèces.

Les ouvertures des étoiles sont plus ou moins éloignées; ce caractère n'a pas encore été assez observé pour servir à établir des sections dans ce genre nombreux principalement en espèces fossiles. — Les Astrées vivantes ne se plaisent que dans les régions chaudes et tempérées des trois Mondes; nous n'en connaissons point audelà du 40e degré de latitude dans l'hémisphère boréal. Nous citerons ici trois espèces comme exemple.

ASTRÉE RAYONNANTE, Astrea radiata, Lamx. Genre Polyp. p. 57, t. 47, fig. 8. Les étoiles sont grandes, orbiculaires, très-concaves, à bord arrondi et très-saillant; les lamelles intérieures des cellules sont étroites, les extérieures sont rayonnantes; elle habite l'Océan américain Atlantique.

ASTRÉE ANANAS, Astrea Ananas, Lamx. Genre Polyp. p. 59, t. 47, fig. 6. Le Sueur, Mém. du Mus. T. VI, p. 285, t. 16, fig. 12, a. b. c. Polypier subhémisphérique, à étoiles très-irrégulières, rondes, oblongues ou presque anguleuses; les lamelles libres au sommet, imbriquées avec celle de l'étoile voisine, sont tuberculées sur les deux surfaces. L'Animal

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est gélatineux, sans tentacules, à ouverture centrale, ronde et petite avec un disque charnu élevé en cône. Il se compose de rayons plissés qui se prolongent et s'étendent en une membrane gélatineuse, découpée autant de fois qu'il y a de lames à l'étoile; et remplit tous les intervalles sans couvrir le sommet des lamelles, dont la blancheur contraste avec la couleur d'un beau rouge, nuancé de violet, de l'Animal.

Le Sueur a trouvé ce Polypier à la Guadeloupe; il divise les Astrées en deux sections suivant que les Polypes ont ou n'ont pas de tentacules.

ASTRÉE GALAXÉE, Astrea galaxea, Lamx. Genre Polyp. p. 60, t. 47, fig. 7. Le Sueur, Mém. du Mus. T. VI, p. 285, t. 16, fig. 13. a. b. c. d. Ce Polypier encroûtant, presque globuleux, offre des étoiles contiguës, un peu enfoncées, dont les lamelles, au nombre de vingt-cinq ou trente, sont crénelées, arrondies, libres au sommet et de grandeur inégale; les intermédiaires sont plus étroites. L'Animal est gélatineux, pentagone ou hexagone comme ses cellules; le disque rayonnant des cellules s'élève en cône et présente une ouverture centrale et oblongue; de petits tubercules ou des plis, formant un ou deux cercles, s'observent sur les bifurcations de l'expansion membraneuse qui remplit l'intervalle qui sépare les lames. La couleur de ce Polype est d'un rouge mêlé de violet. Le Sueur l'a trouvé à la Guadeloupe, nous l'avons reçu de la Martinique et de la Havane. Lamarck l'indique dans l'Océan indien.

ASTRÉE ÉTOILÉE, Astrea siderea, Lamx. Genre Polyp. p. 60, t. 49, fig. 2. Le Sueur, Mém. du Mus. T. VI, p. 286, t. 16, fig. 14. a. b. c. Polypier presque globuleux, avec des étoiles irrégulières, proéminentes, hémisphériques, dont le centre très-petit est un peu enfoncé. Les lamelles sont crénelées, arrondies et libres au sommet. L'Animal est gélatineux, à disque très-petit: l'ouverture centrale est ovale et entourée de deux rangs de courts tentacules. Le corps est un peu proéminent, et ses côtés remplissent les intervalles qui sont entre les lamelles. La couleur de ce Polype est violette, pointillée de blanc au sommet, et d'un violet plus foncé à la base. Il se trouve dans les Antilles.

Un assez grand nombre d'autres espèces de ce genre ont été décrites par Lamarck dans son Système des Animaux sans vertèbres, et ce nombre pourrait facilement être plus que doublé. (LAM..X.)

* ASTRÉES. POYP. V. ASTRAIRES.

ASTRÉES FOSSILES. POLYP. FOS. V. ASTROÏTES.

ASTREPHIE. Astrephia. BOT. PHAN. Genre qui, selon Bosc, a été formé aux dépens du genre Valeriana, mais qui n'a pas été adopté. (B.)

ASTRILD. OIS. Espèce du genre Gros-Bec., Loxia Astrild, L. Elle habite l'Afrique et l'Ile-de-France. V. GROS-BEC. (DR..Z.)

* ASTRINGENT, ASTRINGENTE. V. NOIX DE GALLE.

* ASTRION. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. de Plantago coronopifolia, L. V. PLANTAIN. (B.)

* ASTRIOS. MIN. (Pline.) Pierre précieuse qui, selon les anciens, réfléchissait seulement la lumière des astres, tandis que l'Astérie réfléchissait aussi celle du soleil. Il paraît que c'était une variété de Corindon hyalin. V. ASTÉRIE. (B.)

ASTROBLÈPE. Astroblepus. POIS. Genre formé dans l'ordre des Apodes de Linné, par Humboldt qui a découvert la seule espèce dont il se compose dans les eaux d'une petite rivière américaine peu éloignée de Popayan. Ses caractères sont: corps déprimé, s'amincissant vers la queue; quatre rayons à la membrane branchiostège; ni dents, ni langue; deux barbillons implantés vers la commissure des lèvres; deux rayons dentés à toutes les nageoires; narines grandes, à bords membraneux; yeux petits, situés au-dessus de la tête, et dont la

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position a déterminé le nom d'Astroblèpe.

L'ASTROBLÈPE DE GRIXALVA, Astroblepus Grixalvii, Humb. (Obs. zool. fasc. T. 1, p. 37), dont on retrouve une bonne figure dans le Dictionnaire des sciences naturelles, est un Poisson dont la chair délicate est très-estimée, et qui acquiert jusqu'à quatorze pouces de longueur. (B.)

* ASTROCARYUM. BOT. PHAN. Famille des Palmiers, Monoëcie Hexandrie. Mayer, dans sa Flore d'Essequebo, décrit, sous le nom d'Astrocaryum aculeatum, un genre nouveau de Palmiers, dont le stipe cylindrique, très-élevé, est hérissé de nombreux aiguillons; les feuilles pinnées, les spadices simples et portés sur de longs pédoncules, et qui offre pour caractères distinctifs: des fleurs monoïques sur le même spadice; les fleurs mâles constituent des chatons péicellés au-dessus des fleurs femelles; celles-ci sont sessiles; leur calice est double, urcéolé, à six divisions; leur drupe est uniloculaire, arrondie, charnue; leur endocarpe est osseux, perforé de trois trous à sa partie supérieure, renfermant une graine dont l'embryon est très-petit, situé horizontalement vers le hile.

Ce palmier croît dans les environs de la rivière Arowapisch-Kreek, dans la colonie d'Essequebo. L'auteur soupçonne que c'est son fruit que Gaertner a figuré pl. 139. f. 5, sous le nom de Bactris minima. (A. R.)

* ASTROCYTUM. BOT. CRYPT. V. ASTRYCUM.

ASTROIN. BOT. PHAN. Même chose qu'Astronie, Astronium, Jacq. V. ASTRONIE. (B.)

ASTROITES OU ASTRÉES FOSSILES. POLYP. Les Astroïtes sont peut-être, de tous les Fossiles, les plus anciens et les plus généralement répandus. On les trouve dans tous les terrains, depuis ceux de transition jusqu'à ceux d'attérissement, et dans tous les états. Les uns, changés en Quartz ou en Agathe, sont susceptibles de prendre le plus beau poli; les autres, composés de chaux carbonatée, plus ou moins pure, ont subi dans leur substance des modifications ou des changemens dont on ignore la cause. Certains sont d'une intégrité parfaite; plusieurs n'ont laissé que l'empreinte de leurs étoiles, et ressemblent alors à des monticulaires à petits cônes. Quelques-uns se présentent comme des rameaux cylindriques et simples, réunis en masse, sillonnés et presque parallèles entre eux. Cette métamorphose est due à la matière pierreuse qui a rempli les cellules et qui a résisté aux causes qui ont détruit la substance calcaire du Polypier. Les Astroïtes, dans cet état, ont été considérées par quelques naturalistes comme des genres nouveaux et très-singuliers, voisins des Tubipores. Enfin, il existe des Astroïtes en masses considérables, homogènes et cristallisées confusément; on ne les reconnaît qu'aux étoiles de la surface et à quelques lignes que l'on observe dans la cassure de ces masses, lorsqu'elle a lieu dans le sens de leur longueur. — Les formes si nombreuses et si variées de ces Fossiles, les caractères singuliers que plusieurs possèdent, me portent à croire que des Polypiers charnus et irritables ont été réunis aux Astroïtes; leurs cellules ne pénètrent point dans l'intérieur de la masse; quand ils seront mieux connus, on les placera peut-être avec les Polypiers sarcoïdes, de l'ordre des Actiniaires. Nous croyons inutile de mentionner les nombreuses localités où l'on trouve des Astroïtes: en France, il y en a partout où il existe des Fossiles marins. (LAM..X.)

ASTROLE. MOLL. Et non Astrale. Dénomination française adoptée par Lamarck (An. s. vert., seconde édit. T. 3. p. 103) pour le genre Polyclinum de Savigny. V. POLYCLINE. (F.)

* ASTROLÉPAS. MOLL. Deuxième classe des Niduli Testacei de Klein (Ostrac., p. 177), qui ne comprend qu'une seule espèce qu'il appelle Pediculus testidunarius, et dont il

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donne la figure, copiée de celle de Rumph., tab XL. f. K. Cette espèce est le Lepas testudinaria, L. Coronula testudinaria, Lamarck. Ainsi le genre Astrolépas de Klein correspond au genre Coronule. V. ce mot.

On a aussi donné le nom d'ASTROLÉPAS aux Patelles rayonnées, et plus spécialement à la Patella saccharina, L.; vulgairement l'Etoile. V. PATELLE. (F.)

ASTROLOBIUM. BOT. PHAN. Genre proposé par Desvaux, dans son Journal de Botanique, pour les espèces d'Ornithopus, qui ont les gousses cylindriques. (A. R.)

ASTROLOGUE. POIS. (Bonnaterre.) Syn. d'Uranoscopus japonicus. V. URANOSCOPE. (B.)

ASTROLOME. Astroloma. BOT. PHAN. Famille naturelle des Epacridées. Ce genre, établi par Robert Brown, est très-voisin des Styphélies, dont il diffère surtout par sa corolle dont le tube est très-renllé, et offre cinq bouquets de poils à sa base; par ses étamines incluses et non-saillantes hors du tube de la corolle. Ce genre, qui contient environ cinq à six espèces, est uniquement composé d'Arbustes à feuilles éparses et ciliées, à fleurs axillaires et dressées, tous originaires de la Nouvelle-Hollande. Brown y réunit le Ventenatia humifusa de Cavanilles. (A. R.)

* ASTRONIE. Astronium. BOT. PHAN. Jacquin décrit, dans son Histoire des Plantes d'Amérique, sous le nom d'Astronium graveolens, un Arbre qui croît dans les forêts aux environs de Carthagène. Ses fleurs sont unisexuelles, et présentent un calice de cinq sépales colorés et cinq pétales, étalés les uns et les autres dans les mâles où se trouvent cinq étamines et autant de petites glandes, connivens et persistans dans les femelles qui ont un ovaire libre, trois styles réfléchis avec trois stigmates; le fruit, monosperme, ést couvert par le calice, dont les sépales grandissent et s'étalent plus tard en étoiles, d'où vient le nom du genre; la graine contient un suc laiteux. Le tronc s'élève de douze à trente pieds; les feuilles sont pinnées, composées de six paires de folioles et d'une impaire; les fleurs petites et rouges sont disposées à l'extrémité des rameaux en panicules lâches, longues d'un demi-pied dans les mâles, d'un pied et demi dans les femelles. Tout l'Arbre est rempli d'un suc légèrement glutincux, incolore, analogue à la Térébenthine, d'une odeur nauséabonde. Classé dans la Dioëcie Pentandrie, ce genre ne l'a pas été jusqu'ici dans les familles naturelles. (A. D. J.)

ASTROPHYTE. ECHIN. Nom donné aux articulations des tiges de quelques espèces d'Encrines fossiles. V. ENCRINE. (LAM..X.)

ASTROPHYTON. ECHIN. Genre proposé par Linck pour un groupe d'Astéries que Lamarck a nommé Euryale, V. ce mot, dénomination généralement adoptée. (LAM..X.)

ASTROPODE. Astropodium. ECHIN. et POLYP. FOSS. On a donné ce nom à des Polypiers madréporiques fossiles, ainsi qu'à des Encrines. (LAM..X.)

ASTRYCUM. BOT. CRYPT. (Lycoperdacées.) Genre proposé par Rafinesque d'abord sous le nom d'Astrocytum pour de petits Champignons de l'Amérique septentrionale, et qui ne diffère guère de l'Actigea du même auteur, que parce que les Plantes qui le composent ont leurs graines dispersées dans l'intérieur même de leur substance, et ne s'ouvrent pas. V. ACTIGEA. (B.)

ASTUR. OIS. L'un des vieux noms de l'Autour, Falco Palumbarius, L. V. FAUCON. (DR..Z.)

ASTURINE. Asturina. OIS. Genre formé par Vieillot, dans l'ordre des Accipitres, pour deux ou trois espèces, dont l'une est le petit Autour de Cayenne (Buff. pl. enlum. 473), Falco cayennensis, L. et que nous ne croyons pas devoir être séparées du genre Faucon. V. ce mot. (B.)

TOME II. 4

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* ASUNTROPHON. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. de Ronce. V. ce mot. (B.)

* ASURIK. BOT. PHAN. (Adanson.) Syn. africain de Roquette, Brassica Eruca, L. (B.)

ASWANA. BOT. PHAN. A Ceylan. Syn. de Spermacoce hispida, L. V. SPERMACOCE. (B.)

ATA. BOT. PHAN. Nom générique des Cistes dans quelques parties de l'Espagne, où ces Arbustes couvrent de vastes espaces de terrains incultes. (B.)

ATACAMITE. MIN. (J. Banks.) Cuivre muriaté, pulvérulent d'Atacama dans l'Amérique méridionale. V. CUIVRE MURIATÉ. (B.)

* ATACE. ARACHN. V. HYDRACHNE.

* ATACLIN. BOT. PHAN. Syn. africain de Nerprun, Rhamnus, selon Adanson. (B.)

ATAGAS OU ATAGO. OIS. Même chose qu'Attagas et Attago. V. ATTAGAS. (DR..Z.)

ATAGEN. OIS. (Moerhing.) Syn. de Frégate, Pelecanus Aquilus, L. V. FRÉGATE. (DR..Z.)

ATAJA. POIS. (Forskalh.) Nom arabe d'un Holacanthe. V. ce mot. (B.)

ATAK. MAM. Syn. de Phoca groenlandica, dans les langues du nord. V. PHOQUE. (B.)

ATALANTE. INS. Belle espèce de Papillon européen, connu vulgairement sous le nom de Vulcain, et qui fait aujourd'hui partie du genre Vanesse. V. ce mot. (B.)

ATALAPHE. MAM. Genre formé par Rafinesque pour deux espèces de Chauve-Souris, dont l'une sicilienne, et l'autre de l'Amérique septentrionale. Ce genre mérite un nouvel examen. V. CHAUVE-SOURIS. (B.)

ATALEPH. OIS. Syn. d'Upupa Epops, L., Oiseau impur chez les Juifs. V. HUPPE. (B.)

ATALERRIE. BOT. PHAN. (Burmann.) Syn. d'Hydrolea zeylanica, Vahl. Nama de Linné, dans sa Flora Zeylanica, devenu le Steris du Mantissa. V. HYDROLE. (B.)

ATAMARAM. BOT. PHAN. (Rhéed. Malab. 3. T. 29.) Syn. d'Annonasquamosa, L. V. ANONE. (B.)

* ATAMOSCO OU ATAMOSKO. BOT. PHAN. Nom formé par corruption d'Atamasco, écrit quelquefois par erreur Aramasco, donné par quelques jardiniers à l'Amaryllis Atamasco, L. Liliacée de l'Amérique septentrionale, figurée par plusieurs botanistes, entre autres par Catesby (Car. 3. T. 12), sous le nom de Lilio-Narcissus virginiensis. Adanson, en adoptant le nom d'Atamosko, a formé de la Plante de Catesby un genre (Fam. des Plantes, T. II, p. 57) qui n'a point été adopté. (B.)

ATAPALCATL. OIS. (Hernandez.) Espèce de Sarcelle indéterminée du Mexique. (DR..Z.)

ATAS OU ATÉ. BOT. PHAN. Même chose qu'Atte. V. ce mot. (B.)

ATAX. ARACHN. Même chose qu'ATACE. V. HYDRACHNE. (B.)

ATCEBARA. BOT. PHAN. (Quer.) Syn. catalan d'Agave americana, L., presque naturalisé dans les régions méditerranéennes et bétiques de l'Espagne. (B.)

ATCHAR. V. ACHAR.

ATÉ. BOT. PHAN. V. ATAS.

ATEGOCUDO OU ATEG-KUDO. BOT. PHAN. Syn. brame de Nerium antidysentericum, L. V. NÉRION. (B.)

ATEIRA. BOT. PHAN. Nom d'un fruit de l'Inde, dans quelques relations de voyages, probablement la même chose qu'Atas, Até, ou Atte. V. ce dernier mot. (B.)

* ATEL. BOT. PHAN. (Sérapion.) Syn. arabe de Genévrier. (B.)

ATÉLÉCYCLE. Atelecyclus. CRUST. Genre établi par Leach (Trans. Linn. Societ. T. XI. p. 312), et appartenant à l'ordre des Décapodes. Latreille (Règn. Anim. de Cuv.) le place dans la famille des Brachyures, section des

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Orbiculaires. Ses caractères sont, suivant cet auteur, d'avoir un test presque orbiculaire, des antennes extérieures avancées, grosses et velues; la seconde paire de pieds aussi longue que la troisième; enfin le second article des pieds-mâchoires extérieurs rétréci et prolongé en pointe au-dessus de l'échancrure, servant d'insertion à l'article suivant.

Ces Crustacés sont voisins des Crabes par la forme générale de leur corps. Latreille (loc. cit.) les range à côté des Thies. Leach leur assigne des caractères très-étendus, dont les plus importans sont: l'existence des dentelures sur les bords du test, des yeux plus étroits que le pédoncule qui les supporte, et écartés; la première paire de pieds très-forte, comprimée, velue, plus longue que le corps dans le mâle, mais de la même longueur dans la femelle; un abdomen formé par des anneaux déprimés, au nombre de sept pour la femelle, et de cinq seulement pour l'autre sexe. — Les Atélécycles connus habitent les mers, et ne se trouvent qu'à de grandes profondeurs. L'espèce servant de type au genre est l'Atélécycle à sept dents, Atel. septemdentatus, décrite et représentée par Leach (loc. cit. et Malac. Podoph. brit. no 6. tab. II). Elle avait été observée antérieurement par Montagu, qui l'a figurée sous le nom de Cancer Hippa septemdentatus, dans un Mémoire sur plusieurs Animaux nouveaux trouvés sur la côte sud du Devonshire (Trans. Linn. Societ. T. XI. p. 1. fig. 1). Elle se rencontre sur les côtes d'Angleterre. — Une autre espèce a été découverte dans l'île de Noirmoutier, en France, par d'Orbigny; elle porte le nom d'Atélécycle ensanglanté, Atel. cruentatus. Latreille soupçonne qu'elle ne diffère pas du Cancer rotundatus d'Oliv. (Zool. adriat. tab. 2. fig. 2). Desmarest a fait connaître dans ces derniers temps (Hist. Nat. des Crust. foss. p. 111, et pl. 9. fig. 9) un petit Crustacé fossile qu'il rapporte au genre que nous décrivons; il le nomme Atélécycle rugueux, Atel. rugosus. On le rencontre dans un calcaire grossier, au Boutonnet, carrière voisine de Montpellier. (AUD.)

ATÉLÉOPODES. OIS. C'est-à-dire à pied privé de pouce. Vieillot donne ce nom à la seconde tribu de ses Nageurs, qui ont trois doigts dirigés en avant et point de doigt postérieur. (B.)

ATÈLES. MAM. (Geoffroy-St.-Hilaire.) Ce nom a été donné à la division des Singes américains, caractérisée par l'absence de pouces aux mains antérieures. Leurs membres sont plus grêles et plus alongés que dans tous les autres quadrumanes. V. SAPAIOUS. (A. D..NS.)

* ATERAMNUS. BOT. PHAN. Adanson regarde l'Arbrisseau décrit sous ce nom, dans l'Histoire de la Jamaïque par Browne, comme congénère de l'Argytamne. V. ce mot. (B.)

ATÉRINE. POIS. Même chose qu'Athérine. V. ce mot. (B.)

ATERLUSI. BOT. PHAN. Syn. d'Aristolochia indica, L., chez les Portugais de la côte du Malabar. (B.)

ATETERÉ. BOT. PHAN. Ce nom caraïbe paraît appartenir à une espèce d'Eupatoire. (B.)

ATEUCHE. Ateuchus. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, fondé par Weber (Observ. entomologicœ, p. 10) aux dépens des genres Scarabé de Linné et Bousier de Geoffroy, Fabricius, Olivier, Illiger, etc., etc., adopté ensuite par plusieurs entomologistes, Latreille en particulier qui, dans ses Considérations générales, le place dans la famille des Coprophages et le range ailleurs (Règne Anim. de Cuv.) dans celle des Lamellicornes, tribu des Scarabeïdes. Il a été désigné aussi sous le nom d'Actinophore par Sturm. Ses caractères sont: antennes de neuf articles; corps déprimé; élytres formant par leur réunion un carré; pates postérieures longues, grêles, presque cylindriques, et peu ou point dilatées à l'extrémité; des tarses à chacune d'elles. Ce dernier caractère les éloigne des Onitis; ils se distinguent

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aussi des Bousiers par la forme des jambes postérieures, et des Sisyphes par le nombre des articles constituant les antennes. Ces Insectes ont cependant plusieurs points de ressemblance avec chacun de ces genres, principalement avec les Bousiers: ils ont une marche lente, mais volent assez bien; leur tête n'offre que de légers tubercules au lieu de cornes; de-là le nom générique que Weber leur a imposé, qui signifie sans armes. Leur chaperon est dentelé ou échancré à son bord antérieur; l'écusson ne fait pas saillie entre les élytres, et cette particularité a fait penser, mais à tort, qu'il n'existait réellement pas.—Les Ateuches vivent dans les excrémens des Animaux, et ont surtout ceci de remarquable, qu'ils rassemblent une certaine quantité de la matière dont ils se nourrissent pour en former une boulette dans laquelle sont déposés leurs œufs. Cette sorte de pilule est roulée par un ou plusieurs de ces Insectes, et le procédé en est curieux: l'Animal marche à reculon, et, tandis qu'il prend un point d'appui avec les pates postérieures, il saisit la boule avec celles de devant, puis fait un pas en arrière et l'entraîne avec lui. S'il y a deux, trois, quatre et même cinq Ateuches occupés au même ouvrage, une semblable manœuvre a lieu pour tous; mais la besogne ne va pas beaucoup plus vite: ils se gênent mutuellement, plusieurs sont renversés sur le dos; on voit alors que ceux auxquels cet accident arrive, se relèvent difficilement de leur chute, et ne retrouvent plus leurs compagnons. Souvent l'individu qui a le premier construit la pilule, est ainsi frustré de sa propriété, et il n'a d'autre ressource que de se donner la peine d'en former une nouvelle, ou bien de prêter ses services aux individus qui, occupés au même travail, se présentent à lui. Enfin, après un plus ou moins long trajet, la pilule est placée dans un trou que l'Insecte pratique dans la terre pour la recevoir. Ces observations peuvent être faites au printemps; elles n'avaient pas échappé à Aristote, qui, à cause de cette particularité, nomme cet Insecte Pilulaire. Il croyait que ces boules renfermaient une larve; mais il est certain, par des observations ultérieures, qu'elle contient d'abord un œuf qui se métamorphose en larve. Celle-ci a le corps mou et gros, replié sur lui-même; la tête écailleuse; la bouche munie de mandibules et de mâchoires distinctes; enfin six pates courtes, cornées et terminées par un seul crochet. Elle se nourrit de la fiente qui l'enveloppe. — Ces Insectes, suivant Latreille, ne se rencontrent guère en Europe au-delà du 50e degré de latitude; ils se trouvent en grande abondance dans les pays chauds. L'Afrique en fournit un très-grand nombre, parmi lesquels nous citerons l'Ateuche sacré, At. sacer., ou le Bousier sacré, décrit et figuré par Degéer (Ins. T. VII. pl. 47. fig. 8. pag. 268. no 36) et par Olivier (Col. T. 1. no 3. pl. 8. fig. 59). Il était adoré par les Egyptiens, suivant Pline (liv. XXX. ch. 2), et on le voit, en effet, parfaitement représenté, quant à la forme du chaperon, du prothorax et des pates antérieures, sur les monumens égyptiens. On le rencontre en Afrique, en France et dans le midi de l'Europe.

Il en existe plusieurs autres espèces. Dejean (Catal. des Coléopt.) en possède quarante-quatre, parmi lesquelles les deux suivantes se rencontrent aux environs de Paris; l'Ateuche pilulaire, At. Pilularius, décrit et figuré par Olivier (loc. cit. pl. 10. fig. 91); il y est rare. L'Ateuche flagellé, At. flagellatus, décrit et figuré aussi par Olivier (loc. cit. pl. 7. fig. 51). Il a été trouvé dans la plaine de Grenelle, vers le mois de mai, presque toujours sous les excrémens humains. (AUD.)

ATHAD. BOT. PHAN. Syn. de Lycium afrum, L. chez les Hébreux. (B.)

ATHALAMES. Athalami. BOT. CRYPT. C'est-à-dire sans lit. Nom donné par Achar aux Lichens dépourvus de conceptacles, et chez lesquels il suppose les séminules éparses ou diversement agglomérées à la surface

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des croûtes. Tels sont les Lepraria de cet auteur, anciennement les Bysses pulvérens de Linné et de tous ses copistes. Ces Athalames sont-ils des Lichens? Placés sur les limites de plusieurs familles obscures, chacune de celles-ci semble avoir le droit de les réclamer. V. CONIOCARPE. (B.)

* ATHALIE. Athalia. INS. Genre de l'ordre des Hyménoptères, fondé par Leach (Zool. miscell. T. III. p. 126) avec quelques Tenthrèdes des auteurs. Telles sont les espèces portant les noms de spinarum, rosœ, annulata dans le travail de Klug. Nous ne distinguons pas encore ce nouveau genre de celui des Tenthrèdes. V. ce mot. (AUD.)

ATHAMANTE. Athamanta. BOT. PHAN. Genre de la famille des Ombellifères. Le calice est entier; les pétales courbés au sommet, échancrés, légèrement inégaux; le fruit ovale-oblong, pubescent et strié; les ombelles sont entourées d'un involucre, et les ombellules d'un involucelle, à folioles simples. — De huit à neuf espèces que renferme ce genre, trois habitent la France. Ce sont: l'A.Libanotis dans laquelle les lobes des folioles sont ovales ou oblongs; l'A. cretensis et l'A. Matthioli, dont les folioles, velues dans la première, glabres dans la seconde, présentent des lobes linéaires et très-menus. — Diverses espèces, rapportées à ce genre par Linné, ont été postérieurement placées dans d'autres, à cause de leur fruit glabre ou ailé. V. SELIN et MÉUM. (A. D. J.)

ATHAME. Athamus. BOT. PHAN. (Necker.) V. CARLOWIZE.

ATHAMOS. BOT. PHAN. Syn. arabe de Cicer arietinum, L., vulgairement Pois-Chiche. V. CICER. (B.)

ATHANAS. Athanas. CRUST. Genre de l'ordre des Décapodes, établi par Leach (Linn. Soc. Trans. T. XI), et rangé par Latreille dans la famille des Macroures, section des Salicoques. Ce genre avoisine les Palémons, dont il ne diffère réellement que par les deux pieds antérieurs plus développés que les suivans, et par le dernier article des pieds-mâchoires extérieurs plus grand que le pénultième. L'espèce, servant de type au genre et le constituant jusqu'à présent à elle seule, est l'Athanas nitescens de Leach (Loc. cit. p. 349). Montagu l'a découvert sur les côtes d'Angleterre. Ce genre peut être réuni provisoirement aux Palémons. V. ce mot. (AUD.)

ATHANASIE. Athanasia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Corymbifères, placé par H. Cassini dans la tribu des Anthémidées de ses Synanthérées, appartenant à la Syngénésie égale de Linné; il offre les plus grands rapports avec les Santolines, et s'en distingue par un calice ovale ou cylindrique, imbriqué, composé de petites écailles un peu roides et serrées; par le réceptacle chargé de paillettes et ses graines couvertes d'une aigrette de paillettes très-courtes. Il a éprouvé plusieurs changemens depuis sa formation; ainsi l'Athanasia maritima, L., qui était le Gnaphalion de Tournefort, en a été d'abord détaché par Lamarck pour être réuni aux Santolines. Desfontaines en a formé plus tard son genre Diotis, V. ce mot; et l'Athanasia annua, L., qu'on avait rapportée aux Millefeuilles, Achillea, a servi de type au genre Lonas d'Adanson, confirmé par Gaertner. V. LONAS.

Tel qu'il est circonscrit aujourd'hui, le genre Athanasie renferme vingt et quelques espèces qui sont toutes de fort petits Arbustes ou des Plantes ligneuses, rameuses, grêles, ayant leurs feuilles linéaires ou multifides; leurs fleurs, ordinairement terminales jaunes, réunies en corymbes très-rapprochés ou rarement solitaires. Ces espèces sont toutes africaines. Elles diffèrent des Relhanies, V. ce mot, par l'absence des demi-fleurons; du Diotis et des Santolines, par leur aigrette; du Lonas, parce que leurs graines n'ont point un rebord membraneux, tronqué obliquement et denté. (B.)

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ATHECIE. Athecia. BOT. PHAN. Gaertner décrit sous ce nom (T. I. p. 241), et figure, tab. 28, sous celui de Forstera glabra, un fruit communiqué par Forster. Comme il n'a pas vu d'autres parties de la Plante à laquelle appartenait ce fruit, les caractères qu'il donne ne suffisent pas pour la rapporter à un genre connu. C'est une baie semblable pour la forme à celle du Triosteum, couronnée à son sommet par un calice persistant, à cinq divisions lancéolées, linéaires. Au fond d'une loge unique, s'implante une graine grande, ovoïde, marquée d'une dépression longitudinale, et prolongée à sa base en une pointe conique et recourbée à deux cotylédons allongés, planes et foliacés, à radicule courte et infère. Gaertner insiste sur la situation de l'embryon placé hors du centre d'un périsperme dur et cartilagineux, qui l'entoure incomplètement. (A. D. J.)

* ATHÉLIE. Athelia. BOT. CRYPT. (Mucédinées.) Genre indiqué par Persoon dans son Traité des Champignons comestibles, et décrit dans sa Mycologie européenne. Il lui donne le caractère suivant: filamens fins, entrecroisés, formant une sorte de membrane unie qui porte des sporules. Ce genre appartient à la tribu des Byssoïdes, et paraît surtout voisin des Himantia; il réunit le port des Théléphores aux caractères des Byssus, c'est-à-dire, qu'il forme, comme dans la première de ces tribus, des membranes molles et lâches, mais dépourvues d'hymenium ou membrane fructifère. Les Athélies se trouvent sur les bois secs, les feuilles ou même sur la terre, au pied des vieilles souches d'Arbre. Persoon en indique douze espèces, parmi lesquelles nous remarquerons: l'Athelia citrina, qui est d'un beau jaune de Soufre ou de Citron; l'Athelia pallida qui forme une membrane plus serrée et plus étendue; l'Athelia epiphylla qui est très-fugace et croît sur les feuilles mortes. Quelques espèces avaient été rapportées d'abord au genre Thelephora: ainsi l'Athelia velutina est le Thelephora velutina de De Candolle, et l'Athelia sericea est le Thelephora sulphurea du Synopsis fungorum de Persoon. (AD. B.)

ATHENÆA. BOT. PHAN. (Schreber.) V. CASEARIA.

Genre formé par Adanson (Fam. Plant. p. 121) dans ses composées, section des Tanaisies, pour le Struchium de Brown, qui est l'Ethulia Sparganophora, L. V. ETHULIE. (B.)

* ATHERICÈRE. Athericera. INS. Grande famille de l'ordre des Diptères, établie par Latreille (Règne An. de Cuv. T. III. p. 625), et embrassant celles des Syrphies, des Conopsaires et des Muscides de ses précédens ouvrages. Tous les insectes qui la composent ont les antennes formées par deux ou trois articles; le dernier est en forme de palette ou de massue, sans divisions, mais accompagné, le plus souvent, d'une sorte de stylet. La trompe supporte assez constamment les deux palpes, et se termine ordinairement par deux grandes lèvres; elle est, ou bien cachée totalement dans la cavité de la bouche, ou bien saillante et en forme de siphon. Dans ce dernier cas, son suçoir ne paraît composé que de deux pièces. Il n'en offre, d'ailleurs, jamais plus de quatre. Toutes les larves connues des Insectes de ce genre ont le corps mou, annelé, contractile, prolongé et plus étroit à la partie antérieure. La tête ne s'en distingue guère que par les parties de la bouche, consistant en un ou deux crochets séparés par une lèvre, et précédés quelquefois par deux petits mamelons. Les stigmates sont généralement au nombre de quatre, dont deux situés sur le premier anneau, et les deux autres à l'extrémité postérieure du corps. Souvent il n'existe que ce dernier ordre de stigmates, et alors on observe deux plaques cornées, percées par un grand nombre d'ouvertures qu'on pourrait considérer comme autant de stigmates distincts, avec

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cette différence qu'ils aboutissent immédiatement à deux troncs communs de trachées, parcourant chaque côté du corps, et jetant un grand nombre de rameaux. Le canal digestif est muni de vaisseaux biliaires; on a observé aussi, dans certains genres, des vaisseaux salivaires très-développés. La larve ne change pas de peau; celle qu'elle avait lors de sa naissance se durcit à l'époque de sa métamorphose en nymphe, et constitue une enveloppe cornée plus ou moins solide, de laquelle sort l'Insecte parfait qui, au moyen de sa tête, détache l'extrémité antérieure de la coque. Le plus grand nombre d'Athéricères n'est pas carnassier à l'état parfait; on les rencontre sur les feuilles, les fleurs, quelquefois sur les excrémens d'Animaux; à l'état de larve, au contraire, ils vivent dans les substances animales privées de vie; quelques-unes sont parasites; on en rencontre dans l'abdomen de plusieurs Insectes.

Les genres compris dans cette famille sont très-nombreux, et peuvent être classés dans deux sections:

La première se compose de ceux dont la trompe est saillante, en forme de siphon écailleux, soit cylindrique, soit conique, ou même en forme de filet, et le suçoir formé de deux pièces. Ils ont été nommés Conops, Zodion, Stomoxe, Myope et Bucente.

La deuxième comprend les genres dont la trompe est membraneuse, entièrement retirée dans la cavité ovale lors de sa contraction, et terminée par deux grandes lèvres, susceptibles de gonflement, et renfermant un suçoir de deux à quatre pièces. On les désigne sous les noms de Rhingie, Cérie, Volucelle, Eristale, Elophile, Syrphe, Milésie, Achias, Cutérèbre, Céphénémyie, OEdemagène, Hypoderme, Céphalemyie, OEstre, Echinomyie, Ocyptère, Mouche, Lispe, Phasie, Mélanophore, Ochthère, Scénopine, Piponcule, Phore, Sépedon, Loxocère, Lauxanie, Tetanocère, Colohate, Téphrite, Oscine, Scatophage, Thyréophore, Diopsis. V. ces mots.

Plusieurs de ces genres ont été partagés en un grand nombre d'autres par des auteurs modernes. Nous indiquerons à chacun des articles respectifs les divisions secondaires qu'on a cru devoir établir. (AUD.)

ATHÉRINE. Atherina. POIS. Genre de l'ordre des Acanthoptérigiens, famille des Percoïdes, qui faisait partie des Abdominaux de Linné, voisin des Sphyrènes et dont les caractères consistent: en un corps oblong; les intermaxillaires extensibles comme dans les Picarels, garnis de trèspetites dents; la mâchoire inférieure et la langue lisses; six rayons aux ouies (cinq selon Cuvier); la joue et l'opercule écailleux; point de dentelures ni d'épines; deux petites dorsales bien séparées; l'estomac ample, et se continuant avec un intestin sans cœcum. — Les Athérines sont de fort petits Poissons, décorés d'une bande argentée longitudinale sur chaque côté, et dont la forme générale rappelle celle des Harengs; leur corps est comprimé et couvert d'écailles transparentes; deux sillons et une sorte de crète se voient entre les deux yeux, en avant desquels se trouvent deux pores. On trouve encore deux pores pareils sur la nuque qui est aplatie; huit nageoires constituent l'appareil natatoire. Ces Poissons habitent les mers; ils fournissent partout un bon aliment.

De cinq espèces mentionnées dans Gmelin (Syst. nat. XIII. T. I pars, III 1396), deux, les A. japonica et Brownii n'ayant qu'une dorsale, ne peuvent demeurer dans un genre, duquel deux nageoires au dos forment l'un des caractères; il en est de même de l'A. australis de White (Voyage à Botany-Bay) qui doit être mieux observée qu'on ne l'a fait, pour qu'on puisse fixer définitivement la place qu'occupe ce Poisson. Risso ayant fait connaître trois Athérines nouvelles qui habitent les mers de Nice, ce genre se compose de six espèces.

Le JOÈL, Atherina Hepsetus, L. Gmel. loc. cit. Encyc. Pois. pl. 73. f. 502, vulgairement Haspet ou

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Hespet, Prêstra et Prêtre, Roserè et Gras-d'Eau, sur les côtes de la Manche; Sauclet et Melet, sur celles de la Méditerranée. Long de trois à quatre pouces, avec la ligne latérale double, et fort transparent, surtout postérieurement. D. 6. 8. — 12. P. 12. 13. V. 116. A. 10. 16. C. 17. 20.

La MÉNIDIE, Atherina Menidia, L., Gmel. loc. cit. C'est le Poisson d'argent de l'Encyclopédie par ordre de matières, p. 179; mais c'est mal à propos qu'on y a figuré comme tel pl. 73. fig. 303, d'après Browne, un Poisson qui est l'Atherina Brownii de Gmelin, et qui, n'ayant qu'une nageoire dorsale, ne saurait demeurer dans le genre dont il est ici question. Il n'existe donc réellement point de figure de la Ménidie qui, d'ailleurs, diffère très - peu de l'espèce précédente, et se trouve dans les eaux douces de la Caroline. D. 5. — 10. P. 13. V. 6. A. 1724. C. 22.

Le SIHAME, Atherina Sihama, L., Gmel. loc. cit. Forsk., Faune arab. no 102, qui atteint jusqu'à sept pouces de long, est entièrement transparent, à l'exception de la bande blanche longitudinale, et se pêche dans la Mer-Rouge.

La NAINE, Atherina nana, Risso Icht. Nic., qui est le plus petit des Poissons connus, et que caractérise l'exiguïté de sa taille qui n'excède pas trois ou quatre centimètres.

Les Athérines rayée et marbrée sont les autres espèces que Risso a fait connaître. (B.)

ATHÉRIX. Atherix. INS. Genre de l'ordre des Diptères et de la grande famille des Tanystomes (Règne Anim. de Cuv.), établi par Meigen et adopté par Latreille, qui le range ailleurs (Considér. génér., p. 387). dans la famille des Rhagionides. Ses caractères sont d'avoir les antennes moniliformes, courtes, de trois articles, le dernier ovoïde, muni d'une soie latérale; les palpes extérieurs relevés. — Les Athérix réunis aux Leptis par Latreille (Règne Anim. de Cuv.), s'en distinguent néanmoins par l'insertion de la soie du dernier article qui, dans ceux-ci, est terminale; ils ressemblent aussi, sous plusieurs rapports, aux Rhagions, mais en diffèrent par la direction de leurs palpes. — Meigen (Description systématique des Diptères d'Europe, T. II. p. 104) décrit douze espèces appartenant à ce genre. L'une d'elles, très-remarquable, est l'Athérix Ibis, ou l'Atherix maculatus de Latreille (Gener. Crust. et Ins., T. IV. p. 289). Fabricius (Entom. Syst. suppl. p. 556) a regardé chaque sexe comme une espèce distincte appartenant à un genre différent; il nomme le mâle Rhagio Ibis, et la femelle (p. 554) Anthrax Titanus. Cette espèce a été figurée par Schæffer (Icones. tab. 107. fig. 5 et 6).

Nous citerons encore l'Atherix marginata, ou le Bibio marginata de Fabricius, figuré par Meigen (loc. cit. tab. 15. fig. 27), qui est le Rhagio nebulosus du même Fabricius (Entom. Syst. suppl. p. 556). L'Ath. immaculata, Fabr. (Syst. antl. p. 74. 10). Enfin l'Atherix clavicornis de Latreille, représentée par Panzer (Faun. Ins. Germ. Fasc. CV. 10), et par Meigen (tab. 15. fig. 39). (AUD.)

ATHÉROPOGON. BOT. PHAN. Muhlenberg a donné ce nom à un genre de Plantes adopté par Willdenow dans la famille des Graminées. Il rentre dans le genre Bouteloua de Lagasca. V. BOUTELOUE. (A. R.)

ATHÉROSPERME. Atherosperma. BOT. PHAN. Genre établi par Labillardière, d'après un Arbre de la terre de Diémen, qu'il figure, tabl. 224 de ses Plantes de la Nouvelle-Hollande. Il s'élève à plus de vingt-quatre pieds, et exhale de presque toutes ses parties une odeur de muscade. Ses feuilles sont opposées, simples, ovales-oblongues, entières ou légèrement dentées; courtement pétiolées et sans stipules, de leurs aisselles naissent des pédoncules solitaires et uniflores. Le même pied porte des fleurs mâles et des fleurs femelles; les unes et les autres ont un calice monosépale, accompagné de deux bractées qui l'enveloppent avant

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la floraison, et à huit divisions, dont quatre plus extérieures et plus grandes; il n'y a pas de corolle. Dans les mâles, on trouve de dix à vingt étamines ou plus; celles qui sont fertiles présentent des anthères allongées, appliquées contre les filets, plus courts que le calice et partant de son centre; quelques autres avortent et prennent la forme d'écailles. Dans les femelles, le calice est garni intérieurement et à son sommet d'un grand nombre de folioles imbriquées; il renferme de quarante à cinquante ovaires, munis chacun d'un style et d'un stigmate; ces ovaires deviennent autant de capsules coriaces et monospermes, velues et conservant leur style long et plumeux, entourées par le calice qui se renfle en capsule et reste couronné à son limbe par les folioles dont nous avons parlé, réfléchies alors et rayonnantes. Enfin, Labillardière ajoute que la graine consiste en un périsperme charnu, logeant à sa base un petit embryon à lobes courts et à radicule inférieure. Il pensait qu'on devait rapporter ce genre aux Ranonculacées; et Poiret, adoptant cette opinion, le classait près de la Clématite, peut-être à cause de son style plumeux. De Jussieu ne l'a pas partagée, et en établissant la famille des Monimiées (Annales du Muséum, T. XIV. p. 116), il y a placé l'Athérosperme à côté du Pavonia ou Laurelia, avec lequel Labillardière avait luimême indiqué son analogie. Mais, dit-il, "dans la supposition d'une affinité complète, il faudrait, d'une part, supposer dans les anthères la même manière de s'ouvrir, qui établirait un rapport entre l'Atherosperma et les Laurinées; de l'autre part, ce rapport serait détruit par la présence d'un périsperme refusé aux Laurinées, et la direction opposée de la radicule de l'embryon, qui est toujours supérieure dans ces derniers." Ces considérations, celle de l'insertion des graines et de la texture du périsperme, ont engagé Robert Brown (dans ses general Remarks) à porter ces deux genres dans une famille nouvelle, établie par lui sous le nom d'Athérospermées. V. ce mot. (A. D. J.)

ATHÉROSPERMÉES. BOT. PHAN. Famille établie par R. Brown, dans ses general Remarks on the botany of Terra australis, p. 21, et qu'il distingue par les caractères suivans: des fleurs diclines ou hermaphrodites; un calice monosépale, présentant des divisions disposées souvent sur un double rang, les intérieures seulement, ou toutes, à demi-pétaloïdes, et muni à sa gorge, dans les fleurs mâles et hermaphrodites, de petites écailles; pas de corolle; des étamines qui sont, dans les mâles, nombreuses, insérées au fond du calice, entremêlées de squammules, et, dans les hermaphrodites, en moindre nombre, insérées à la gorge; leurs anthères, adnées aux filets, sont à deux loges, s'ouvrant par une valvule longitudinale de la base au sommet. Les ovaires, dont le nombre surpasse toujours un, et est le plus souvent indéfini, contiennent un seul ovule dressé; les styles sont simples, latéraux ou basilaires; les stigmates indivis. Les fruits, qui simulent des graines, accompagnés par les styles persistans et plumeux, sont renfermés dans le tube du calice dont les dimensions s'augmentent. L'embryon est court et droit, logé à la base d'un périsperme mou et charnu.

Cette famille comprend des Arbres à feuilles opposées, simples et sans stipules, à pédoncules axillaires et uniflores. Elle se compose des genres Laurelia, Juss., ou Pavonia, Ruiz et Pav., Atherosperma, Labill., et de deux autres à fleurs hermaphrodites, recueillies dans la Nouvelle-Hollande, et que R. Brown annonce devoir y être rapportées avec certitude. (A. D. J.)

ATHIN. BOT. PHAN. Syn. arabe d'Antirrhinum Elatine, L. V. ELATINE. (B.)

ATHON. POIS. L'un des noms vulgaires du Thon, Scomber Thynnus, dans le midi de la France. (B.)

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ATHRODACTYLE. BOT. PHAN. (Forster.) Syn. de Pandanus odoratissimus. V. VAQUOI. (A. R.)

ATHRUPHYLLE. BOT. PHAN. Grand Arbre de la Cochinchine, dont le bois sert dans les constructions, et qui est bien certainement une Ardisie, V. ce mot, encore que Loureiro en ait fait un genre particulier. (B.)

ATHYRIUM. Athyrium. BOT. CRYPT. (Fougères.) Ce genre appartient à la tribu des Polypodiacées; il a été établi par Roth (Tentamen Florœ Germanicœ. T. III. p. 61), et adopté depuis par De Candolle. La forme du tégument qui recouvre ses capsules, le distingue parfaitement des Aspidium, avec lesquels Swartz l'avait confondu. On peut le caractériser ainsi; capsules réunies en groupes arrondis ou ovales, recouvertes par un tégument presque quadrilatère ou demicirculaire, qui naît latéralement d'une nervure secondaire et s'ouvre en dedans.

Ce caractère rapproche davantage ce genre des Asplenium que des Aspidium; il ne diffère en effet des premiers que par ses groupes de capsules arrondis et non pas linéaires; mais la structure du tégument est absolument la même. Le type de ce genre est la Fougère femelle, Athyrium Filix fœmina de Roth, ou Aspidium Filix fœmina de Willdenow, qui est commune dans les bois de toute l'Europe. On doit aussi y rapporter l'Asplenium Halleri de De Candolle, Aspidium Halleri de Willdenow, que De Candolle avait d'abord rapporté à ce genre sous le nom d'Athyrium fontanum, et qui nous paraît en présenter tous les caractères. Il est abondant dans les montagnes calcaires, telles que le Jura. Quelques espèces exotiques paraissent aussi devoir se rapporter à ce genre; mais elles sont peu nombreuses. (AD. B.)

ATIK OU ATICK. OIS. Espèce du genre Gros-Bec qui se trouve à la baie d'Hudson. Loxia hudsonica, Lath. et Daudin. V. GROS-BEC. (DR..Z.)

ATIMOUTA. BOT. PHAN. V. AOUTIMOUTA.

ATINGA OU ATINGUE. POIS. Espèce de Diodon. V. ce mot. (B.)

ATINGACU OU CAMUCU. OIS. (Marcgrave.) Syn. de Coucou cornu du Brésil, Cuculus cornutus, Linné. V. COUCOU. (DR..Z.)

* ATINIA. BOT. PHAN. C'est, selon Adanson, l'Orme dans Pline, et le Charme, selon Daléchamp. (B.)

ATIPOLO, BOT. PHAN. (Camelli.) Grand Arbre laiteux des Philippines, qui atteint jusqu'à quinze pieds de diamètre, qui a ses feuilles sinueuses, et ses fruits rougeâtres, assez petits. Ce doit être un Artocarpe. V. JAQUIER. (B.)

* ATIRBESIA. BOT. PHAN. Selon Adanson, l'un des noms africains du Marrube. V. ce mot. (B.)

* ATIRSITA, BOT. PHAN. Syn. de Plantago Coronopus, L. V. PLANTAIN. (B.)

ATITARA. BOT. PHAN. (Marcgrave.) Arbrisseau du Brésil, couvert d'aspérités ou de petites épines, qui pourrait bien être le Fagara heterophylla. V. FAGARIER. Adanson croit que c'est le Rotang. V. ce mot. (B.)

* ATLANTE. Atlanta. MOLL. Genre fort curieux, de la classe des Ptéropodes et de la famille des Limacines, dont on doit la découverte à Lesueur, qui l'a décrit et figuré dans le Journal de Physique, T. LXXXV, novembre 1817, p. 390, et qui établit ainsi ses caractères génériques: corps renfermé dans une coquille diaphane, spirale et carénée; yeux grands, supportés chacun par un tentacule en forme de cuiller; une trompe; deux nageoires en forme d'ailes. Lesueur décrit de la manière suivante les deux seules espèces connues, qu'il a rencontrées, par un temps calme, en assez petit nombre, le 5 septembre 1815, par la latitude de 19° 45 min., et 32° 42 min. de longitude.

ATLANTE DE PÉRON, At. Peronii. (Journal de Phys., loc. cit., p. 390.

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pl. 2. fig. 1). Cette espèce a sa spire séparée par la carène jusqu'au centre; l'ouverture est échancrée en avant, et la nageoire gauche est pourvue d'une petite cupule sur son bord postérieur. Le corps contracté rentre entièrement dans la coquille, au fond de laquelle est le foie, d'une couleur jaune foncée. On distingue les pulsations du cœur; l'estomac communique avec le foie par un canal très-apparent; une membrane granuleuse et transparente enveloppe la cavité, où flottent les intestins et l'estomac. On a perçoit un point blanc, ou ganglion nerveux, à la base de chaque pédoncule des yeux; ceux-ci sont oblongs, oviformes, très-brillans, diaphanes, enveloppés d'une large bande noire, divisée en avant, dont il est assez difficile de deviner l'usage. Quand l'Animal est étendu, ses deux ailes natatoires développées et la trompe allongée, on a perçoit dans l'échancrure antérieure de la coquille deux organes; l'un cylindrique, étranglé à son extrémité et terminé par une petite rosette; l'autre, plus étroit et vermiforme, qui est plus allongé. Le premier est peutêtre la terminaison du canal intestinal; et en effet, il semble se rattacher au canal qui, de l'extrémité de la trompe, va à l'estomac; et le second peut appartenir à l'appareil de la génération. La trompe, qui est placée à la base des yeux et des nageoires, est longue, cylindrique, très-mobile, et se développe à son extrémité comme dans les Firoles.

ATLANTE DE KERAUDREN, At. Keraudrenii, Lesueur, loc. cit. Dans celle-ci, la spire est roulée sur ellemême, et non séparée par la carène; il n'y a pas de cupule à la nageoire gauche; du reste l'Animal est le même a quelques légères différences près; le foie, par exemple, est d'une couleur plus foncée; il est en outre plus court ou moins étendu dans le dernier tour de spire.

Ces Mollusques sont fort petits, puisque leur plus grand diamètre n'excède pas une ligne et demie, presque entièrement diaphanes, si ce n'est le fole et la membrane des yeux, qui sont très-noirs, à peu près comme dans les Firoles. Ils sont d'une grande activité, et nagent la coquille en dessus. La longueur de leur trompe leur permet de la porter sur tous les points de leur enveloppe, et il est curieux de voir avec quelle adresse ils s'en servent pour se débarrasser des corps étrangers qui les gênent, et les mouvemens d'impatience que la résistance semble leur faire éprouver.

Une espèce plus petite encore, presque microscopique, ou peut-être un jeune individu de l'une de celles décrites par Lesueur, a été observée par les naturalistes de l'expédition autour du monde, commandée par le capitaine Freycinet. Le croquis que nous en avons vu ressemble, en général, à la figure de Lesueur; mais il montre des différences de détail, et l'extrémité de l'un des appendices, sans doute des ailes, était rose; c'est peut-être aussi une troisième espèce que l'observation confirmera.

Ces Mollusques, comme beaucoup d'autres, habitent la pleine mer. Il ne paraît pas probable qu'ils puissent se laisser couler au fond de l'eau; ils auraient donc des moyens de se soutenir, même étant contractés, dans une certaine zone rapprochée de la surface où ils ne paraîtraient que dans les temps calmes. Toutes ces questions intéressantes appellent l'attention et le zèle des observateurs qui pourraient étudier les Mollusques en pleine mer.

Blainville signale les rapports de ce nouveau genre avec le Clio helicina de Gmelin, dont Cuvier a fait le genre Limacine, et Blainville le genre Spiratelle, dans un ouvrage qui n'est point encore publié. Nous avons adopté cette opinion en les réunissant dans la même coupe, à laquelle nous avons donné le nom de famille des Limacines, malgré le peu d'analogie des Mollusques dont il s'agit avec les Limaces, mais auquel on pourrait, avec plus de convenances, donner le nom de famille des Spiratelles.

De nouvelles observations nous

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portent à présumer que l'Argonaute cornu pourrait bien appartenir à un Mollusque de cette famille. (F.)

* ATLAS. ZOOL. Nom de la première vertèbre du cou, parce qu'elle supporte la tête, comme les poëtes disent qu'Atlas supportait la sphère céleste.—C'est un arc osseux, presque immobile sur la tête, très - mobile au contraire sur la deuxième vertèbre cervicale, et d'où dépendent presque en entier les mouvemens de rotation de la tête.

L'Atlas du Crocodile conserve jusqu'à la mort la séparation et la mobilité des quatre pièces osseuses qui forment le trou de la vertèbre dans le jeune âge. Ce qui semble dû au jeu continuel de ces pièces, que l'extrême voracité de l'Animal met sans cesse en mouvement. V. Os. (PR. D.)

* ATLAS. Atlas. MOLL. Ou Porte-Globe. C'est à Lesueur que l'on doit la découverte de ce singulier Mollusque. Il l'a décrit et figuré avec le genre Altante (Journ. de Phys. nov. 1817. p. 391. pl. 11. f. 1, 2, 3), et voici les caractères génériques qu'il lui assigne: "Corps globuleux, formé de deux parties séparées par un étranglement. L'antérieure déprimée, circulaire, pourvue antérieurement d'un pied ou disque pour ramper, et bordée par des cils branchifères; l'autre ovalaire, sacciforme, postérieure, contenant les Viscères." Le corps de cet Animal singulier est, comme l'indiquent les caractères génériques, composé de deux parties; l'antérieure, qui comprend la tête, le pied, le manteau et les branchies; et la postérieure, formée de tous les Viscères de la digestion et de la génération. La tête, qui paraît peu distincte et obtuse, est pourvue en-dessus de deux tentacules fort courts, ou mieux, de deux tubercules seulement; les yeux ne sont pas apparens; au-dessous de cette tête et de la portion antérieure du corps est une petite langue musculaire assez étroite, terminée en pointe libre en arrière, un peu bilobée en avant, et qui est tout-à-fait analogue à ce qu'on nomme pied dans les Mollusques gastéropodes; enfin, au-dessus se trouve une large expansion discoïde, ou un véritable manteau circulaire, dont toute la circonférence est garnie de cils qui, très - probablement, ne sont autre chose que les branchies. Vient ensuite un étranglement très-marqué que suit immédiatement la masse viscérale qui est ordinairement ovalaire, garnie de fibres musculaires longitudinales, entièrement nue, et au côté droit de laquelle se voit un orifice qui est la terminaison du canal intestinal. Celui-ci commence, comme on le pense bien, tout-à-fait antérieurement par un petit tube filiforme qui se renfle bientôt en un estomac ovalaire, situé dans l'expansion discoïde, et qui, après s'être de nouveau considérablement aminci, fait deux ou trois circonvolutions entourées du foie, dans la poche abdominale, et se termine comme il vient d'être dit.

Cet Animal, qui a au plus une demi-ligne de diamètre, est presque entièrement diaphane, de couleur irisée sur les cils branchiaux, et sur les faisceaux musculaires de l'enveloppe abdominale. Il a la facilité de changer considérablement de forme, et de rentrer successivement sa tête et son pied dans l'expansion discoïde; et enfin le tout dans le sac abdominal qui semble lui servir de corps protecteur ou de Coquille.

Blainville termine le Mémoire de Lesueur, dont nous avons copié les expressions, par des réflexions sur les rapports de ce nouveau et singulier Mollusque, et sur son emplacement dans le système; nous croyons devoir ajouter les réflexions en question.

Il est assez difficile de placer convenablement ce genre dans le système des Animaux mollusques; pour les zoologistes qui, comme Poli et Cuvier, prennent en première considération les organes de la locomotion, il est évident que c'est parmi les Repentia du premier, ou Gastéropodes du se-

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cond, qu'il devra être placé; mais dans quelle famille? Il est probable que ce devra être parmi les Inférobranches, à cause de la disposition des branchies; et cependant il offre des différences bien considérables avec les Animaux qu'on désigne sous ce nom. Pour les personnes qui, comme nous, établissent leurs coupes secondaires sur la disposition des organes de la respiration, il est évident qu'il devra former le type d'un nouvel ordre, qui, en supposant que les cils qui bordent le manteau soient de véritables branchies, appartiendra à la section qui a les organes de la respiration symétriques, et dont les branchies, en forme de cils, bordent le manteau; on pourrait nommer cet ordre Ciliobranches. Il se pourrait cependant que cet Animal, mieux connu, dût appartenir à la famille des Aplysies ou Monopleurobranches. Ce qui me le fait présumer, c'est qu'outre que le corps est partagé en deux parties, une sorte de thorax et un abdomen, la tête est peu ou point distincte; les tentacules ne méritent guère ce nom; le pied est extrêmement petit, ce qui fait supposer qu'ordinairement l'Animal se sert des bords de son manteau, comme les Aplysies, pour nager; enfin, la terminaison du canal intestinal milite encore pour cette hypothèse, mais elle sera toujours, sans doute, fort difficilement convertie en certitude, à cause de l'extrême petitesse de l'Animal qui ne permettra guère de rien voir de bien certain dans son organisation.

N'ayant d'autres documens que le Mémoire de Lesueur, puisque personne que ce naturaliste n'a eu occasion d'observer le genre Atlas, nous suivons les idées de Blainville, en en faisant un nouvel ordre, encore incertain, dans la classe des Gastéropodes, entre les Inférobranches et les Tectibranches, V. MOLLUSQUES, et nous lui donnons le nom proposé par cet habile observateur, celui de Ciliobranches, en invitant les naturalistes, qui auront occasion de l'observer, à l'étudier encore; sa forme s'éloignant entièrement de celle des Mollusques connus jusqu'à ce jour. On ignore sa patrie. (F.)

ATLAS. INS. Grande et belle espèce exotique de Bombix. V. ce mot. (AUD.)

ATLÉ. BOT. PHAN. Nom arabe du Tamarix orientalis qui, dans certaines parties de l'Egypte, est le seul bois à brûler qu'on rencontre. V. TAMARISC. (B.)

ATMOSPHÈRE. En général on donne ce nom aux masses de fluides élastiques, que l'on spécifie suivant leur nature intime et d'après l'influence qu'elles exercent sur les corps qu'elles touchent. En physique, ce mot s'applique plus particulièrement à l'énorme couche d'air qui enveloppe notre planète et la presse sur tous ses points; dans cette dernière acception et suivant l'opinion de la plupart des physiciens, chacun des corps planétaires serait enveloppé d'une atmosphère qui lui serait propre. En traitant particulièrement de l'air, nous avons donné la composition du fluide qui entoure le globe terrestre; ce fluide, qui occupe un espace très-étendu, diminue de densité à mesure qu'il s'éloigne davantage de la surface du globe, et à l'aide du baromètre, instrument dont la découverte date à peine de deux siècles, on a pu mesurer d'une manière passablement exacte cette dégradation a toutes les hauteurs où l'homme a pu parvenir, soit en gravissant les pics, soit en se traçant un sillon dans l'Atmosphère même au moyen d'un fluide plus léger, ingénieusement renfermé dans un aërostat. L'on s'est assuré que, à quelques modifications près dont il était d'ailleurs facile de tenir compte, la dégradation du poids de l'Atmosphère était constante à toutes les hauteurs et sous tous les climats. D'après cela, il a été permis de penser que la densité plus grande du fluide astmosphérique dans ses couches inférieures est le résultat d'une compression, d'un rapprochement de molécules, déterminé par la

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pesanteur progressive qu'exercent les unes sur les autres les couches accumulées qui constituent l'Atmosphère.

L'instrument qui sert à mesurer la pesanteur de l'Atmosphère a été très-expressivement nommé baromètre. Avant l'époque où il fut inventé par Toricelli, qui hérita des connaissances profondes de Galilée son maître, on éludait par des mots vagues ou absurdes les explications qui eussent provoqué le développement des facultés humaines, ce qui n'entrait pas dans les vues de la politique ombrageuse de ces temps d'intolérance: on attribuait à une horreur que la nature avait pour le vide, l'ascension de l'eau dans les corps de pompe au moyen du piston; mais cette horreur du vide devait trouver un terme chaque fois que le cylindre ou le corps de pompe dans lequel l'eau devait s'élever, avait une hauteur qui surpassait trente-deux pieds (dix mètres quatre centimètres). Ce système de l'horreur du vide, comme plus tard ceux du phlogistique, des quatre élémens, etc. etc., devait disparaître à mesure que la science des faits remplacerait celle des mots; Toricelli, par une expérience aussi simple qu'ingénieuse, prouva que cette prétendue horreur du vide n'était qu'une suite nécessaire du mécanisme admirable qui maintient tous les corps de la nature dans un équilibre parfait; il développa sa belle théorie de la pesanteur des fluides, que l'on s'efforçait à regarder comme affranchis des lois de la gravité, et déclara que si l'on ne pouvait, dans les cylindres de pompe, élever l'eau au-dessus de trente-deux pieds, c'est qu'à cette hauteur le poids de la colonne d'eau faisait équilibre avec l'Atmosphère, et que l'on ne pouvait rompre cet équilibre qu'avec des moyens surnaturels. Il appuya sa théorie d'expériences les plus convaincantes, au nombre desquelles se trouva celle qui détermina d'abord l'invention du baromètre, puis son application à la mesure des nauteurs, ce qui a rendu ce genre d'opération beaucoup plus expéditif et plus facile. Il prit pour cette expérience un tube de verre de trois pieds (un mètre environ) de longueur, il en scella une des extrémités, puis le remplit de mercure; il boucha l'autre extrémité avec le doigt, et dans cet état il éleva perpendiculairement son appareil sur une cuvette pleine de mercure, en ayant soin de tenir plongée dans le mercure l'ouverture que bouchait son doigt. Dès qu'il eut retiré le doigt, le mercure contenu dans le tube descendit jusqu'à la hauteur de vingt-huit pouces (soixante-seize cent.), où il établit fixément son niveau, en laissant vide le reste de la hauteur du tube, ou plutôt en n'y laissant que quelques molécules atmosphériques dans leur plus grand degré d'écartement. Cette expérience est absolument la même que celle du corps de pompe où l'on ne peut élever l'eau à plus de trente-deux pieds; car si l'on établit la différence de pesanteur spécifique entre l'eau et le mercure, on trouvera que dans le premier de ces liquides elle est au second: 1:: 13, 6 environ: conséquemment la colonne d'eau de trente-deux pieds fait équilibre à une colonne de mercure de vingt-huit pouces.

Ce fut Pascal qui bientôt après, réfléchissant à la pression graduée des couches atmosphériques, crut pouvoir faire l'application de l'instrument de Toricelli à l'estimation des hauteurs d'après les degrés de cette pression; aidé d'un autre physicien et munis tous deux de baromètres semblables, ils firent des observations comparatives du niveau du Mercure dans le tube, à des points connus de la surface ou du sol ou de la mer, en même temps qu'au sommet de diverses montagnes dont l'élévation était géométriquement déterminée; ils reconnurent que dans des circonstances semblables, le Mercure prenait constamment le même niveau à des hauteurs égales, et que lorsqu'il éprouvait des variations, elles se trouvaient parfaitement en rapport avec les différences d'élévation. Depuis cette brillante découverte, le baromètre est l'instrument que l'on

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préfère pour mesurer les hauteurs auxquelles l'on peut atteindre.

En disant que les indications barométriques sont constamment les mêmes à des hauteurs égales, il est inutile de remarquer que c'est déduction faite des variations accidentelles auxquelles le baromètre est irrégulièrement assujetti et dont on n'a pu encore assigner les véritables causes. Ces variations parcourent dans nos climats environ huit centièmes de la colonne barométrique, c'est - à - dire que le niveau du Mercure dont on a établi le terme moyen à soixante-seize centimètres, peut en un laps de temps assez court s'élever à soixante-dix-huit c. et descendre jusqu'à soixante-douze c. et même plus. Ces variations journalières du baromètre sont devenues, après de longues séries d'observations, des pronostics assez vrais de pluie et de beau temps; on a cru d'abord pouvoir donner l'explication de ce phénomène en disant que lorsque le temps était à la pluie, l'atmosphère se chargeant de vapeurs, exercait sur le niveau du Mercure une plus grande pression, que l'effet contraire arrivait lorsque l'atmosphère, se dépouillant d'une partie de son humidité, se disposait au beau temps; mais plus tard l'expérience a fait reconnaître que cette explication manquait de justesse, elle a prouvé que l'air de l'atmosphère ne contient jamais plus de vapeur d'eau, que lorsqu'il est le plus chaud: or, cette vapeur d'eau étant, à force égale d'élasticité, de plus d'un tiers moins pesante que l'air de l'atmosphère, il en résulterait que plus le temps serait disposé à la pluie, moins la colonne atmosphérique devrait peser sur le Mercure. Il a donc fallu renoncer à une hypothèse dont les bases étaient fausses; et comme l'on n'a encore rien trouvé d'exact pour les remplacer, on est encore à rechercher les véritables causes de probabilités de beau et de mauvais temps dans les indications barométriques.

L'élasticité des molécules atmosphériques et conséquemment leur compressibilité restreignent à des mains habiles l'usage du baromètre, pour l'estimation des hauteurs; sans ces propriétés qui rendent l'air atmosphérique susceptible d'acquérir des gradations extrêmement variables de pesanteur sous un volume constant, l'on se fût servi du baromètre comme l'on se sert de toutes les mesures de longueur. La seule difficulté eût consisté dans l'application du rapport de pesanteur spécifique entre l'Air et le Mercure; on eût d'après cela établi une échelle invariable sur le tube du baromètre: ainsi à la pression ordinaire de la couche dans laquelle nous vivons, qui est de soixante-seize c. et à la température d'un millimètre d'abaissement de niveau dans le tube, répondant à dix mètres cinq décimètres d'élévation dans l'air, il en est résulté que les soixante-seize c. de longueur que présente la colonne de Mercure eussent été réduits à trente c. environ au sommet du Mont-Blanc dont l'élévation connue est de quatre mille sept cent soixante - quinze mètres, et cependant à ce même sommet le niveau du Mercure offrit à Saussure un abaissement moindre.

La différence de pression dans les couches atmosphériques doit nécessairement produire des variations dans la température de ces couches. On pourrait en trouver la raison dans l'état de compression des molécules élastiques de l'air; car l'expérience prouve que lorsque l'on rapproche fortement les molécules d'un corps, une partie du calorique qui les tenait écartées, passe à l'état de chaleur et devient sensible pour les corps organiques. Ainsi, l'on pourrait ne plus s'étonner autant que la température fût constamment au-dessous du point de congélation dans les régions supérieures de l'atmosphère où les molécules du fluide sont toujours très-éloignées les unes des autres, alors même que des chaleurs insupportables se feraient ressentir dans les régions inférieures où ces mêmes molé-

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cules sont constamment sollicitées à se rapprocher, à se comprimer mutuellement. L'on pourrait même attribuer à cette différence de pression la présence exclusive de certains animaux, dans une certaine zône d'élévation: le Papillon Apollon et d'autres espèces du genre Parnassien, ne se trouvent qu'à une hauteur déterminée des Alpes et de quelques autres chaînes semblables; à cent mètres au-dessus ou au-dessous, on n'en rencontre plus quoique ces beaux Lépidoptères abondent à leur point d'habitation. Il en est de même d'un grand nombre de plantes telles que des Gentianes, des Saxifrages, des Primevères, des Androsacées ou de certaines Mousses qui ne prospèrent que près des glaciers.

La colonne atmosphérique qui pèse à la surface de la terre et sur tous les êtres qui la peuplent, étant égale à la pression d'une colonne d'eau de trente - deux pieds, cette pression, qui équivaut à celle de plus de seize mille kilogrammes, serait certainement insupportable pour nous si elle ne s'exerçait que sur un seul point; mais comme son influence agit dans toutes les directions à l'intérieur comme à l'extérieur de nos organes, cette unité de pression nous fait paraître celle-ci insensible: aucun de nos mouvemens n'en est gêné, aucune fonction de nos organes internes n'en est contrariée. S'il était possible que cet accord de pression vînt à se rompre, si tout-à-coup une partie de notre corps cessait d'être soumise à l'équilibre de pression, on verrait aussitôt cette partie paralysée, écrasée sous le poids de la colonne qui chercherait en vain la résistance qui lui aurait été enlevée. On peut produire en partie cet effet surnaturel à l'aide des instrumens de physique. Par exemple, si sur le plateau d'une machine pneumatique l'on établissait une cloche ouver te dans sa partie supérieure, et si tenant fermée avec la paume de la main l'ouverture supérieure de la cloche on y supprimait intérieurement la colonne d'air, dès le premier coup de piston on sentirait l'effet de la pression atmosphérique sur le dessus de la main; et cet effet, s'il était continué, deviendrait assez violent pour écraser la main et la mettre en pièces, ainsi que cela arrive quand à la main on substitue sur l'ouverture de la cloche un diaphragme membraneux, un plan de verre, et que l'on continue à supprimer l'air contenu dans la cloche et à laisser pour unique point d'appui à la colonne atmosphérique le faible obstacle dont on aura recouvert l'ouverture de la cloche.

Quoique le fluide atmosphérique paraisse jouir d'une transparence parfaite, tout porte à croire que cette propriété n'est qu'apparente: on la voit s'affaiblir insensiblement et se perdre tout-à-fait par les accumulations successives des couches de l'atmosphère. Il paraît que ce fluide, soit par sa nature même, soit par l'effet des molécules de vapeur, interposées entre ses molécules propres, se trouve soumis aux mêmes lois que tous les autres corps et que comme eux il réfléchit la lumière. Il en réfléchit surtout les rayons bleus; car tous les corps entre lesques l'air atmosphérique s'interpose et qui viennent s'offrir au rayon visuel, prennent une teinte bleuâtre plus ou moins intense, en raison de la distance plus ou moins grande de ce corps à l'œil. Cette masse atmosphérique ressemble à un voile immense d'azur qui s'étend au-dessus de la terre et la ceint de toute part. La teinte céleste est assez souvent altérée par la présence de vapeurs très-condensées, prêtes à se résoudre en pluie; alors elle semble, pour ainsi dire, cachée derrière un rideau d'une teinte grise plus ou moins sombre, et cette dernière est aussi celle qu'offre constamment l'atmosphère dans les régions les plus élevées où jusqu'ici il ait été permis de l'observer. Dans ces régions, où il règne éternellement un froid excessif, les vapeurs se trouvant dans un état tellement voisin de la condensation que ceux qui y pénètrent se sentent vivement incommo-

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dés de l'humidité, il n'est pas étonnant que l'Atmosphère ne puisse pas y réfléchir cette belle couleur bleue qui est naturellement devenue l'emblème de la sérénité. On doit encore attribuer à la réflexion des rayons de lumière par les couches atmosphériques les changemens gradués lumineux qui forment le passage du jour à la nuit et de la nuit au jour; s'il n'existait pas d'Atmosphère, les transitions seraient brusques, on ne pourrait distinguer d'objets que lorsque les vapeurs solaires pourraient arriver directement à l'œil, et par le même motif l'obscurité des nuits serait complète. Déjà même sur les hautes montagnes, où l'Atmosphère beaucoup moins dense réfracte moins fortement la lumière, ce phénomène commence à paraître plausible, la clarté répandue sur ces points est bien loin d'équivaloir à celle qui brille au niveau des mers: on peut même y distinguer en tous temps, à l'œil nu, les astres qui, dans les plaines, ne sont visibles qu'après le coucher du soleil. Un autre motif encore tend à rendre les effets de la réfraction moins sensibles sur les points les plus élevés, c'est que là les couches atmosphériques sont moins chargées de vapeur d'eau, et l'on sait que cette vapeur réfléchit bien plus de lumière que l'air sec. Les vapeurs, dans certaines circonstances de condensation, ont une tendance plus marquée à réfléchir les rayons rouges: lorsque leurs masses sont frappées des premiers rayons du soleil, elles se colorent en rouge tendre et communiquent même cette teinte aux sommets qu'elles enveloppent; le soir, quand elles rencontrent les derniers reflets de l'astre lumineux, elles prennent un éclat quelquefois si vif que l'incarnat le plus brillant ne saurait en rendre l'effet.

Les phénomènes de la dessication des corps humides sont dus à la grande attraction que les molécules atmosphériques exercent sur les molécnles aqueuses et à leur tendance presque continuelle à les enlever à tous les corps qui en sont pourvus: c'est une autre propriété de l'Atmosphère qui est susceptible d'autant de modifications que sa température et sa pression, dont elle n'est probablement que le résultat. Cette attraction est quelquefois si prompte et si considérable, que non-seulement on voit dans certaines saisons la surface du sol se dessécher en très-peu de temps, mais encore les sources les plus fécondes en apparence tarir momentanément, le niveau des fleuves baisser d'une hauteur incroyable, des lacs, des rivières, des ruisseaux disparaître complètement. L'Atmosphère enlève ces masses prodigieuses, elle les tient suspendues jusqu'à ce qu'une cause étrangère quelconque, venant à comprimer les molécules propres de l'Atmosphère, ne leur permettent plus de conserver plus long-temps entre elles les torrens qui, sous forme gazeuse, ont été enlevés insensiblement à la terre; alors ces torrens sont restitués, non pas à l'état de vapeur, mais avec toutes les conditions d'une parfaite condensation, tantôt sous la forme habituelle de l'eau, tantôt sous sa forme naturelle, c'est-à-dire à l'état solide et constituant la grèle, la neige, etc. Dans ces momens de débacles atmosphériques, les masses terrestres n'absorbent pas toujours l'eau avec assez de promptitude pour éviter qu'elle ne glisse à leurs surfaces; l'on serait même tenté alors de penser que les masses d'eau vomies par l'Atmosphère sont bien plus considérables que celles précédemment humées par le fluide: le niveau des fleuves s'élève d'une manière effrayante, bien des fois il dépasse les limites entre lesquelles il se maintient ordinairement; les eaux débordant de tous côtés, se rassemblent dans les plaines basses, après y avoir charrié tout ce qui, dans leur passage, ne leur avait offert que des obstacles impuissans, et il en résulte, outre des ravages occasionés par d'immenses inondations, des déplacemens de lits de rivières qui, avec d'autres causes encore, dépendantes des météores at-

TOME II. 5

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mosphériques, n'ont pas peu contribué sans doute à augmenter les difficultés que l'on rencontre dans la recherche de points géographiques anciennement constatés. Dans l'état actuel des connaissances, il ne pouvait échapper aux physiciens (que l'explication des phénomènes de déliquescence avait déjà mis sur les voies) de s'occuper des moyens d'apprécier comparativement la quantité d'eau tenue en suspension dans l'Atmosphère; on savait depuis long-temps que si la plupart des corps cédaient plus ou moins facilement à l'air une partie de leur eau surabondante, lorsque ce fluide semblait ouvrir pour la pomper une énorme quantité de bouches, en revanche, grand nombre de ces corps montraient une tendance naturelle à reprendre l'humidité dont ils s'étaient momentanément dessaisis, à mesure que l'Atmosphère, trop surchargée de vapeurs, montrait des dispositions à les laisser se condenser sous forme de pluie. Les petits instrumens que les gens de la campagne nomment improprement Baromètres, et qu'ils construisent eux-mêmes avec une Barbe de graminée, ceux que l'on fabriquait autrefois avec un morceau de corde à boyau, adapté à un mécanisme qui faisait sortir de sa loge une petite figure ou qui l'y faisait rentrer, selon que ce morceau de corde, cédant ou reprenant à l'Atmosphère quelques molécules aqueuses, acquérait ou perdait successivement de sa longueur, ont fait naître l'idée d'appliquer ces cordes ou toute autre matière analogue à l'évaluation de l'humidité contenue dans l'Atmosphère. Saussure entreprit à ces fins un grand nombre d'expériences, et l'hygromètre qu'il inventa est encore le meilleur instrument que l'on puisse employer dans ces sortes d'observations. L'hygromètre consiste dans un cheveu bien dégraissé, d'une longueur déterminée, et fixé par une de ses extrémités à la poulie supérieure d'un petit, appareil en cuivre; dans le milieu de sa longueur le cheveu s'enroule autour d'une poulie et porte à son autre extrémité un petit poids qui dépasse la poulie, et sert à tenir le cheveu dans un état de tension convenable. A la poulie est adaptée une aiguille qui parcourt les divisions graduées d'une portion de cercle. Lorsque le cheveu, par l'effet de l'humidité ou des molécules aqueuses interposées entre les siennes propres, augmente ou diminue de longueur, cet effet détermine aussitôt l'aiguille adaptée à la poulie sur laquelle est enroulé le cheveu, à un mouvement que font aussitôt apprécier les divisions du cercle.

L'extrême mobilité des molécules de l'Atmosphère, et par suite le facile déplacement des couches qui la composent, paraissent être l'origine de tous les phénomènes météoriques. Des causes qui peuvent n'être, pour ainsi dire, rien au point où elles naissent, produisent, par le contact de proche en proche, des effets trop souvent terribles, surtout lorsque l'électricité, ce puissant auxiliaire qui paraît étendre son pouvoir magique d'un point de l'Atmosphère à l'autre, s'avise de s'emparer du rôle principal; et si l'on prend pour exemple la simple boule de neige qui roulant du haut de la montagne, ramène à la base une avalanche épouvantable, de même dans les hautes régions de l'Atmosphère, le moindre choc entre quelques molécules peut décider les ouragans, les tempêtes qui, après avoir tout renversé, tout entraîné sur leur passage, viennent épuiser leur violence contre la masse inamovible du globe.

L'Atmosphère est encore l'immense réservoir où tous les êtres puisent la vie; c'est dans son sein que se rassemblent les divers fluides qui, après avoir contribué à l'accroissement des corps organisés, sont élaborés par eux; c'est de - là que ces mêmes fluides ayant subi des modifications nécessaires, retournent au siége de la vie pour y exercer, par une succession admirablement ordonnée, une reproduction perpétuelle, (DR..Z.)

* ATNON. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. d'Ivraie (B.)

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ATOA. BOT. PHAN. Nom brame d'une espèce d'Anone. (A. R.)

ATOCA. BOT. PHAN. Syn. canadien de Vaccinium Oxycoccos, vulgairement Canneberge. V. ce mot. (B.)

ATOCALT. ARACHN. Nom sous lequel on a désigné une Araignée du Mexique qui, dit-on, habite des lieux aquatiques, n'est pas venimeuse, et forme une toile irisée. On ignore, d'après ces vagues renseignemens, à quel genre cet Animal appartient. (AUD.)

* ATOCHA. BOT. PHAN. Qu'on prononce Atotcha, d'où par corruption Toja. Syn. de Landier, Ulex. en Espagne. V. AJONC. (B.)

ATOCHADOS. BOT. PHAN. L'un des noms du Lavaudula Stœchas, L. (B.)

* ATOCION OU ATOKION. BOT. PHAN. Genre formé par Adanson (Fam. des Pl. T. II. p. 254) dans la première section de ses Alcines, pour les espèces de Silènes, dont les fleurs sont disposées en corymbe. Il ne saurait être adopté. (B.)

ATOCIRA. BOT. PHAN. L'un des noms portugais d'Annona squamosa, L. dans l'Inde. (B.)

ATOK. MAM. Nom de pays d'un animal du Pérou qui pourrait bien appartenir au genre Glouton. V. ce mot. (B.)

ATOLLI. Hernandez rapporte que les anciens Mexicains nommaient ainsi une bouillie faite avec de la farine de Maïs dont ils se nourrissaient. V. GOFIO. (B.)

ATOMAIRE. Atomaria. BOT. CRYPT. (Hydrophytes.) Genre proposé par Stackhouse et conservé dans la dernière édition de sa Nereis Britannica, formé aux dépens des Fucus de Linné et dont les caractères consisteraient en des frondes membraneuses, grêles et rameuses, à rameaux alternes, à découpures courtes, dentées vers leur extrémité; ayant leur fructification en grappes et de forme diverse. Ce genre paraît au moins douteux si l'on considère que son inventeur a figuré comme l'une des deux espèces qu'il y admet deux Plantes d'ordres différens, sous le nom de Fucus dentatus, pl. 15. fig. a, le vrai Fuous atomarius, Gmel. Dictyota dentata, Lamx., et même planche, fig. b c. le vrai Fucus dentatus dégradé, La fructification est d'ailleurs figurée d'une manière assez inexacte. (LAM..X.)

ATOME. C'est-à-dire qui ne peut être divisé. On a donné ce nom aux molécules insécables que plusieurs philosophes anciens ont admises comme parties élémentaires des corps. V. MATIÈRE. (B.)

ATOME. ARACHN. V. ASTOME.

ATOMON. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. de Jusquiame. V. ce mot. (B.)

* ATON. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn de Bunium Bulbocastanum, L. V. BUNIUM. (B.)

ATOPE. Atopa. INS. Paykull nomme ainsi un genre de l'ordre des Coléoptères, qui avait été antérieurement distingué par Latreille sous le nom de Dascille. Fabricius et Duméril ont admis la dénomination d'Atope; nous conserverons celle imposée par Latreille, comme étant la plus ancienne. V. DASCILLE. (AUD.)

ATORGA. BOT. PHAN. Syn. d'Erica ciliaris, L. en Portugal. (B.)

ATOTO. BOT. PHAN. Et non Atopo. Espèce du genre Euphorbia à laquelle Forster a conservé le nom qu'elle porte dans les îles de la Société. V. EUPHORBE. (B.)

ATOTOTL. OIS. Syn. de Pélican blanc, Pelecanus Onocrotalus, L., au Mexique. V. PÉLICAN. Séba a appliqué ce nom à un Grimpereau, Certhia purpurea, L. (DR..Z.)

ATOTOTLOQUICHITL. OIS. Même chose qu'Acotoloquichitl. V. ce mot. (B.)

ATOULLY. POIS. Nom de pays du Muge Plumier de Bloch. V. MUGE. (B.)

ATOUMA. OIS. Syn. kamschadale de Cormoran. (B.)

* ATRACTIUM. BOT. CRYPT. (Urédinées?) Genre fondé par Link

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(Berlin. natur. magazin. 1809. p. 10. — 1815, p. 32) qui l'a caractérisé ainsi: capsules fusiformes sans cloisons, translucides, réunies sur le sommet d'un support filamenteux arrondi en tête et porté sur un cou plus étroit.

Link en indique trois espèces, Atractium stilbaster, pulvinatum et ciliatum. La dernière avait été décrite et figurée par Albertini et Schweinitz sous le nom de Tubercularia ciliata.

Ce genre ne différant des Calicium que par ses capsules fusiformes, doiton donner autant d'importance à un caractère si minutieux, et ne feraiton pas mieux de les réunir? (AD. B.)

ATRACTOBOLE. Atractobolus. BOT. CRYPT. (Lycoperdacées.) Genre décrit par Tode (Fungi Mecklenburgenses selecti, fasc. 1. p. 45. t. 7. fig. 59), et qui depuis n'a été indiqué par aucun des auteurs modernes qui ont écrit sur les Champignons. Il paraît pourtant, si la description de Tode est exacte, former un genrebien caractérisé à côté des Sphœrobolus dans la tribu des Sclérotiées. Tode donne à ce genre le caractère suivant: Champignon en forme de cupule sessile, recouverte d'un opercule, et renfermant une vésicule fusiforme remplie de sporules qu'il lance au dehors.

Ces Champignons sont si petits, dit Tode, qu'ils paraissent à l'œil nu comme de la poussière de farine répandue sur les bois ou les pierres humides. Examiné à la loupe on aperçoit cependant de petites cupules blanches à bord évasé, recouvertes par un opercule bombé dans le milieu. Sous cet opercule, se trouve une vésicule fusiforme ou ovale, translucide, rougeâtre, remplie d'un liquide de même couleur mêlé de sporules. Cette vésicule, en se développant, soulève l'opercule, le fait bomber dans son milieu, finit par le détacher, et la vésicule elle-même s'échappe avec force au dehors.

Ces Cryptogames remarquables se développent après les pluies d'orage sur les pierres, les os et les morceaux de bois tombés sur la terre, et surtout dans les fentes où l'eau de pluie a séjourné.

On ne conçoit pas, après avoir vu avec quel détail Tode a décrit ce genre, comment les auteurs plus modernes, tels que Persoon, Link, Nées, ont pu le passer sous silence ou révoquer son existence en doute. (AD. B.)

ATRACTOCÈRE. Atractocera. INS. Meigen, dans son Histoire des Diptères, avait formé sous ce nom un genre qui répondait à celui des Simulies et qu'il a réuni à ce dernier dans un ouvrage plus récent (Classif. des Diptères d'Europe, T. 1). V. SIMULIE. (AUD.)

ATRACTOCÈRE. Atractocerus. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères et de la section des Pentamères, fondé par Palisot de Beauvois (Magas. Encycl.) sur une espèce originaire d'Afrique qui paraît avoir été décrite par Linné sous le nom de Necydalis brevicornis, et par Fabricius (Entom. syst.) sous celui de Lymexylon abbreviatum. Latreille adopte ce genre et le rapporte, dans ses Considérations générales (p. 173), à la famille des Malacodermes, et ailleurs (Règne anim. de Cuv.) à celle des Serricornes, tribu des Lime-bois; ses caractères sont: antennes simples, presque en fuseau; palpes maxillaires très-grands; élytres fort courtes. Les Atractocères avoisinent les Lymexylons, mais en diffèrent par la forme des antennes et l'état rudimentaire des élytres. Ils se distinguent aussi des Nécydales dont ils ont le facies, par le nombre des articles des tarses, les antennes et les parties de la bouche. La forme de ces parties empêche encore de les réunir aux Staphylins. — Il résulte de l'examen détaillé qu'a fait Palisot de Beauvois de tous les organes extérieurs, 1° que la tête est ovale; 2° que les antennes sont en fuseau, un peu arquées, insérées devant les yeux, formées de onze articles; le premier et le second perfoliés, distans, inégaux; les autres très-

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serrés, rapprochés, diminuant insensiblement de volume jusqu'au dernier qui est aigu à son sommet; 3° que sa bouche se compose d'un labre três-court, à peine visible, de mandibules peu allongées, cornées, bifides à leur sommet, un peu arquées en dedans; de mâchoires coriaces, très-courtes, terminées par un lobe arrondi, velu, et donnant attache aux palpes maxillaires qui sont longs, de quatre articles inégaux, pectinés et barbus à leur côté interne; d'une lèvre entièrement découverte à laquelle s'insèrent les palpes labiaux plus courts que les maxillaires, et formés seulement de trois articles inégaux dont les deux premiers simples, presque d'égale longueur, et le dernier très-grand, ovale, arqué, velu à son bord interne. — Le même observateur nous a appris que les yeux sont ovales et occupent presque toute la tête; que le prothorax est oblong, un peu convexe; que les élytres sont plus courts que lui, échancrées à leur bord postérieur et séparées à leur base par un écusson divisé en deux parties (sans doute notre scutum et notre scutellum); que les ailes du métathorax sont déployées et plissées en éventail comme dans les Nécydales; que les tarses ont cinq articles simples, filiformes, sans houpes ni pelottes, avec deux petits crochets simples terminant le dernier; que l'abdomen enfin est allongé, linéaire, et formé de neuf anneaux visibles. L'espèce servant de type au genre, celle qui a fourni les observations précédentes, est l'Atractocère Nécydaloïde, Atractocerus Necydaloides; elle est roussâtre avec une ligne enfoncée jaunâtre sur le prothorax. Cet Insecte, figuré avec soin par l'auteur, a été rencontré par lui dans le royaume d'Oware en Afrique. Il vit dans le bois qu'il ronge. — Dejean (Catal. des Coléopt.) en mentionne une autre qu'il désigne sous le nom de brasiliensis. Desmarest en signale une troisième, qu'il a observée dans le succin ou Ambre jaune (Dict. de Déterville, art. Insectes fossiles.) (AUD.)

ATRACTOSOMES. POIS. C'est-à-dire ayant le corps en fuseau. Quatorzième famille de l'ordre des Holobranches, dans la méthode de Duméril (Zool. Anal. p. 124 et 125), qui correspond aux Scombéroïdes de Cuvier, et formée d'un démembrement des Thoraciques de Linné. Elle comprend les Poissons osseux à branchies complètes, à nageoires paires dont les inférieures sont situées sous les thoraciques, avec de fausses nageoires entre la dernière dorsale, l'anale et la caudale. Tous ces Poissons ont le corps épais vers le milieu, et aminci aux deux extrémités.

Les genres dont se compose la famille des Atractosomes sont les suivans: Scombéroïde, Scombéromore, Trachinote, Scombre, Gasterostée, Centronote, Cœsiomore, Lépisacanthe, Céphalacanthe, Cœsion, Caranxomore, Pomatome, Centropode, Caranx, Istiphore. V. tous ces mots. (B.)

ATRACTYLIDE. Atractylis. BOT. PHAN. Genre de la famille des Cinarocéphales, de la tribu des Carlinées de Cassini. L'involucre est composé de folioles imbriquées, conniventes, entières et acuminées, entouré extérieurement par un rang de feuilles à découpures épineuses qui simule un second involucre. Il ne renferme que des fleurs hermaphrodites portées sur un réceptacle paléacé. L'aigrette qui couronne leurs akènes est plumeuse. — Les espèces qui sont au nombre de sept ou huit, présentent la plupart une tige garnie de feuilles alternes, quelques-unes des feuilles radicales d'où part une hampe; ces feuilles sont souvent épineuses sur leur bord. Deux sont originaires du Japon; les autres, du nord de l'Afrique et du midi de l'Europe; celles-ci sont décrites dans la Flore atlantique de Desfontaines, qui en a fait connaître et en figure deux, t. 225 et 226. On en rencontre une dans le midi de la France, c'est l'Atractylis cancellata, figurée sous le nom de Cirsellium dans Gaertner, t. 163, et Lam. illustr. t. 662.

Ce genre Cirsellium renferme des espèces à fleurs radiées, et c'est là tout

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ce qui le distinguerait des Atractylis. L'espèce à laquelle Gaertner a donné ce dernier nom, et qu'il a décrite et figurée comme type sous le nom d'A. Fusus-agrestis (t. 161. fig. 2), le Carthamus lanatus, présente conséquemment des caractères différens de notre genre Atractylis, et ne doit pas être confondue avec lui. Tel que nous l'avons décrit, il devient synonyme de l'Acarna de Willdenow. (A. D. J.)

ATRAGÈNE. Atragene. BOT. PHAN. Linné a nommé ainsi un groupe des Plantes du genre Clématite, qu'il a érigé en genre distinct. Il y réunit toutes les espèces dont les étamines extérieures avortent et se changent en filamens planes et stériles, qu'il considérait comme les élémens d'une corolle polypétale. Les espèces rapportées à ce genre ont été de nouveau réunies aux Clématites par la plupart des auteurs modernes, et en particulier par De Candolle qui en a formé une simple section de son genre Clématite. V. ce mot. (A. R.)

ATRAKIOS. MAM. L'un des noms grecs de l'Ane. (A. D..NS.)

ATRAPHACE. Atraphaxis. BOT. PHAN. Genre de la famille des Polygonées. Le calice est composé de quatre folioles, dont deux extérieures petites, deux intérieures (que plusieurs auteurs ont nommées pétales) plus grandes, croissant et cachant le fruit à sa maturité. Il y a six étamines, et un ovaire libre surmonté de deux stigmates sessiles et globuleux. Cet ovaire simule plus tard une graine nue. On en décrit deux espèces. Ce sont des Arbrisseaux à fleurs axillaires ou terminales, l'un originaire du cap de Bonne-Espérance, merme et à feuilles ondulées, c'est l'Atraphaxis undulata; l'autre, qui croît dans le nord de l'Asie, et dont les rameaux se terminent en épine, c'est l'A. spinosa, figuré t. 14. des Stirp. nov. de l'Héritier. V. aussi Lam. illustr. t. 265, où ces deux espèces sont représentées. Adanson fait un genre de la première sous le nom de Tephis, et un autre genre de la seconde sous celui de Pedalium. Il attribue à ce dernier trois stigmates, huit étamines et un calice à cinq divisions. On en trouve en effet ce nombre dans quelques fleurs. (A.D.J.)

ATRICAPILLA. OIS. Syn. de Bouvreuil. V. MELANCHORYNCHOS. (B.)

ATRICHIUM. BOT. CRYPT. (Mousses.) Palisot de Beauvois a donné ce nom au genre déjà créé, sous le nom de Catharinea, par Mohr. V. CATHARINEA. (AD. B.)

ATRIPLETTE OU ATRIPLOTE. OIS. Syn. vulgaire de la petite Fauvette rousse, Motacilla rufa, L. V. SYLVIE. (DR.. Z.)

ATRIPLEX. BOT. PHAN. V. ARROCHE.

ATRIPLICÉES. BOT. PHAN. V. CHÉNOPODÉES.

ATRIVOLO. BOT. PHAN. (Belon.) Syn. de Tribulus terrestris, L. (B.)

* ATROCE. REPT. OPH. Espèce de Vipère. V. ce mot. (B.)

ATROPA. V. BELLADONE, MANDRAGORE et NICANDRA.

ATROPE. Atropus. POIS. Genre formé par Cuvier dans la famille des Scomberoïdes, ordre des Acanthoptérygiens, et qui rentre dans les Atractosomes de Duméril. Ses caractères sont: la compression du corps, un museau très-court dépassé par la mâchoire inférieure; une seule dorsale à trois épines, dont une partie des rayons mous, sont prolongés en fils; la ligne latérale crénelée vers l'extrémité, et deux épines libres avant la dorsale comme dans les Caranx. V. ce mot. — Le Brama Atropus de Schneider (p. 93. pl. 23), seule espèce de ce genre, est un Poisson long de neuf à dix pouces, large de quatre, aplati, argenté, ayant les pectorales en forme de faulx, et que l'on pêche dans les mers de l'Inde, particulièrement à Tranquebar. (B.)

ATROPOS. REPT. OPH. Espèce de Vipère. V. ce mot. (B.)

ATROPOS. INS. Espèce du genre Sphinx, vulgairement nommée Tête-de-mort, parce qu'elle porte sur le corcelet l'empreinte assez ressemblante de la face d'un squelette humain.

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Sa chenille, assez commune en France sur la Pomme-de-terre, se nourrit ordinairement des feuilles de Solanées et semble se plaire partout où croissent les Plantes de cette nombreuse famille. Nous avons retrouvé cet insecte dans l'état parfait, à Ténériffe, aux îles de France, de Mascareigne, et de Sainte-Hélène. Nous en avons vu qui venaient de l'Amérique méridionale. Palisot de Beauvois nous assurait en avoir observé dans les environs de New - York. Leschenault vient de rapporter quelques individus des Grandes-Indes qui paraissent identiques. V. SPHINX. (B.)

ATSCHI. V. ACHAR. On donne quelquefois ce nom au Piment dans certaines parties de l'Inde. (B.)

ATT. MAM. V. ASP.

* ATTACHES OU POINTS D'ATTACHES DES MUSCLES DANS LES MOLLUSQUES TESTACÉS. Ce sont les points où les muscles, ou les ligamens adducteurs du corps de l'Animal s'attachent à sa Coquille. Les points d'attache, dans les Bivalves, sont plus connus sous le nom d'impressions musculaires, V. ce mot, et varient par leur nombre. Chez les Univalves spirales, le point d'attache est sur la columelle, peu enfoncé dans le test, et il est l'unique endroit par lequel la Coquille tient à son habitant. Dans les Patelles et autres genres dont la Coquille n'est point spirale ou l'est très-peu, la figure, la grandeur et la position de l'impression musculaire varient. Dans les Cabochons de Montfort ou Hipponix de Defrance, cette impression est très-remarquable. Elle figure un fer à cheval dont les extrémités sont dilatées. Dans les Patelles, elle est circulaire. Ces impressions se reconnaissent en général assez facilement par un aspect particulier, et qui contraste avec le reste de l'intérieur de la Coquille. Tantôt elles sont lisses, brillantes et couvertes de très-fines stries concentriques; d'autres fois elles sont couvertes de petites éminences, de stries élevées et irrégulières et fort raboteuses; cela s'observe surtout dans les Bivalves.

Les points d'attache se déplacent à mesure que l'Animal grandit; de nouvelles couches de fibres musculaires s'implantent en avant des anciennes dans le sens de la direction d'accroissement, tandis que les plus anciennes, situées à l'opposé, s'oblitèrent; mais il n'y a cependant pas égalité dans cette opération; car en grandissant, les muscles d'attache augmentent de volume, et par-là les impressions grandissent avec eux. Voilà les idées les plus probables et les plus reçues, mais il y a toujours quelque difficulté à concevoir l'oblitération d'une partie de ces muscles. Que devient la partie oblitérée? Il n'est pas impossible qu'il y ait dans ces muscles un déplacement successif et partiel en même temps qu'ils augmentent de volume. (F.)

ATTAGAS OU ATTAGEN. OIS. Nom ancien d'un Oiseau qui paraît devoir être rapporté, d'après Picot-Lapeyrouse, au Lagopède, Tetrao Lagopus. V. TÉTRAS. (B.)

ATTAGÈNE. Attagenus. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, de la section des Pentamères et de la famille des Clavicornes, établi par Latreille aux dépens du genre Dermeste des auteurs, et s'en distinguant, selon lui, par les caractères suivans: antennes en massue allongée, avec le dernier article fort long dans les mâles; palpes maxillaires grêles et allongés; point de dent cornée au côté interne des mâchoires. Les Dermestes décrits par Fabricius sous les noms de vigintipunctatus, undatus, pellio, trifasciatus, macellarius, appartiennent à ce nouveau genre; l'Attagène ondé, Att. undatus, peut en être considéré comme le type; il a été figuré par Olivier (Coléopt. T. II. no 11. t. 1. fig. 2). On le trouve communément sur les Arbres aux environs de Paris. Le général Dejean (Catal. des Coléopt.) en possède quinze espèces dont plusieurs exotiques. (AUD.)

ATTAGO, ATTAGOS OU AT-

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TAGUI. OIS. Par corruption du mot Attagas; ces noms désignent la même chose. V. ATTAGAS. (DR.. Z.)

ATTALEA. BOT. PHAN. Nous avons (in Humb. et Bonpl. 1. p. 309) donné ce nom à un petit Palmier de l'Amérique méridionale, connu dans le pays sous le nom de Palma Almendron. Il a des feuilles pennées; des spadices rameux; une spathe monophylle; des fleurs mâles et femelles sur le même régime; un calice à six divisions dont les trois extérieures très-petites; des étamines nombreuses à filets libres; un ovaire triloculaire; un style trifide. Son fruit est un drupe fibreux à trois loges monospermes. Par ces caractères, le genre Attalea diffère de l'Elais et du Ceroxylon avec lesquels il a, du reste, beaucoup d'affinités. Le nom d'Almendron (Amandier) fait allusion à l'usage que font les indigènes de ses fruits en forme d'amande. (K.)

ATTALÉRIE. BOT. PHAN. V. ATALERRIE.

ATTARAK ET ATTARSOAK. MAM. Noms groënlandais du Phoque à croissant à sa première et à sa cinquième année. (B.)

ATTAVILLE. POIS. Espèce de Raie. V. ce mot. (B.)

ATTCHAR. V. ACHAR.

* ATTE. Atta. INS. Genre de l'ordre des Hyménoptères, section des Porte-Aiguillons, séparé par Fabricius du genre Fourmi de Linné, et rangé par Latreille (Considér. génér.) dans la famille des Formicaires. Les caractères distinctifs qu'il lui assigne sont: pédicule de l'abdomen formé de deux nœuds; antennes entièrement découvertes à leur base; tous les palpes très-courts, les maxillaires ayant moins de six articles distincts; tête très-grosse dans les neutres; ceux-ci, de même que les femelles, pourvus d'un aiguillon. — Les Attes se distinguent des Fourmis, des Polyergues et des Ponères par les deux nœuds de leur abdomen; ce caractère leur est commun avec les Myrmices et les Cryptocères, mais ils diffèrent des premiers par la brièveté et le nombre de leurs palpes maxillaires, et des seconds par leurs antennes à nu au point de leur insertion.

Latreille (Règne Anim. de Cuv.) place ce genre dans la grande famille des Hétérogynes. Jurine adopte aussi le genre Atte, mais lui assigne des caractères qui ne sont plus en rapport avec ceux de Fabricius; il serait donc très-possible que le genre de l'un ne correspondît pas à celui de l'autre. Ces caractères consistent en une cellule radiale, deux cellules cubitales, des mandibules et des antennes à peu près semblables à celles des Fourmis. La figure des cellules est seulement différente, la radiale et la première cubitale étant fort étroites et extrêmement allongées; tandis que dans les Fourmis cette dernière est à peu près ovale, et la radiale seule allongée. Ajoutez à ces différences que le point de l'aile manque ici tandis qu'il existe dans toutes les Fourmis. — L'espèce servant de type au genre dans les trois Méthodes de Fabricius, de Jurine et de Latreille, est l'Atte de visite, Atta cephalotes, ou la Fourmi de visite. Elle est exotique et est probablement la même que celle figurée par Mérian dans ses Insectes de Surinam (édit. de 1726, p. 18. tab. 18;). Ces Fourmis pratiquent dans la terre des excavations de plus de huit pieds de hauteur, et les abandonnent une fois l'année pour parcourir les maisons qu'elles purgent de tous les Animaux incommodes qui s'y rencontrent. Lorsque, dans leurs excursions, ces Insectes trouvent un intervalle à franchir, l'un d'eux se fixe à un corps quelconque, une branche d'arbre, par exemple; un second s'attache au premier Atte, un troisième au second, ainsi de suite jusqu'à ce qu'ils aient formé une chaîne plus ou moins longue, qui, étant poussée par le vent, permet au dernier chaînon de prendre un autre point fixe opposé au précédent. Alors existe un véritable pont sur lequel passent des milliers d'individus qui continuent leur marche jusqu'à ce qu'étant arrêtés par un

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obstacle du même genre, ils emploient une manœuvre semblable pour le surmonter. (AUD.)

ATTE. Attus. ARACHN. Dénomination appliquée par Walckenaer, (Tableau des Arachnides, p. 22) à un genre d'Arachnides pulmonaires correspondant à celui des Saltiques de Latreille et connu généralement sous le nom d'Araignées sauteuses. V. SALTIQUE. (AUD.)

* ATTE. BOT. PHAN. Fruit exquis de l'Anone écailleux Annona squamosa, L., Arbre appelé Attier dans quelques colonies françaises. Il se mange à la cuiller, et se nomme aussi Pomme Canelle. V. ANONE. (B.)

ATTEIKSIAK. MAM. Nom groënlandais du Phoque à croissant dans sa seconde année. (B.)

ATTELABE. Attelabus. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères et de la section des Tétramères établi originairement et d'une manière trop générale par Linné qui en avait emprunté le nom à Aristote. Des classificateurs plus modernes ont considérablement restreint le nombre des espèces que renfermait cette grande division. Geoffroy en élagua plusieurs qu'il réunit sous le nom générique de Rhinomacer, en français Becmare. Fabrieius adopta ce groupe, mais il substitua à la dénomination employée par Geoffroy celle dont Linné s'était le premier servi. Herbst, Clairville et Olivier subdivisèrent encore le genre Attelabe de telle sorte qu'il ne contient plus aujourd'hui que le petit nombre d'espèces offrant les caractères suivans: point de labre apparent; palpes très-petits, coniques; antennes droites, de onze articles, dont les trois derniers forment une massue perfoliée; trompe courte, large, dilatée au bout; point de cou apparent; mandibules fendues à leur extrémité; jambes terminées par deux forts crochets.

Latreille, dans un de ses ouvrages (Considér. génér., p. 219) place les Attelabes dans la famille des Charansonides, et les range ailleurs (Règne Anim. de Cuv.) dans celle des Rhinchophores ou Porte-becs. Ils offrent plusieurs points de ressemblance avec les autres genres qui la constituent, mais ils diffèrent cependant de chacun d'eux par des caractères tranchés. C'est ainsi que leurs antennes droites et filiformes de onze articles, terminées en une massue de trois articles, les éloignent des Brentes, des Cylas, des Charansons proprement dits, des Brachycères, des Lixes, etc., etc., et que l'insertion de ces appendices, l'absence d'un cou apparent, ainsi que les deux forts éperons des jambes empêchent de les confondre avec les Apodères, les Rhynchites et les Apions.

Les Attelabes ont le corps plus ou moins ovale, très-corné; le prothorax est sans rebords, plus large que la tête et moins que les élytres; celles-ci sont convexes et recouvrentles ailes membraneuses du métathorax; les pates ont une longueur moyenne, l'abdomen est court et a plus de largeur que de longueur.

Les larves ressemblent beaucoup à celles des Charansons, elles sont apodes, blanchâtres, formées par douze anneaux, ayant à leur face inférieure certaines éminences lubréfiées par une substance visquèuse qui paraît favoriser leur marche; la partie antérieure du corps offre une tête écailleuse munie de deux mandibules cornées au moyen desquelles elles semblent opérer la progression en se cramponnant aux parties qui les environnent. Ces parties sont assez souvent des pulpes de fruits qu'elles rongent à l'intérieur sans qu'on puisse soupçonner leur présence. Elles vivent encore dans l'intérieur des tiges et se nourrissent aussi de fleurs, et surtout de feuilles qu'elles enroulent pour en ronger à l'abri le parenchyme. Lorsqu'elles sont réunies en grand nombre, leurs ravages sont très-sensibles. Parvenues à un entier développement, ce qui a lieu après plusieurs mues, ces larves se transforment en nymphe et se construisent à cet effet une co-

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que de soie ou bien se font une enveloppe avec une sorte de matière résineuse. Elles ne tardent pas ensuite à devenir Insectes parfaits. Les Attelabes habitent sous cet état les feuilles et les fleurs des végétaux, mais ils sont peu voraces et très-timides; au moindre danger, ils retirent leurs pates contre leur corps et se laissent tomber. Ces Insectes sont généralement très-petits, on les rencontre abondamment aux environs de Paris. L'espèce servant de type au genre et qui est très-commune sur le Chêne, a reçu de Linné le nom d'Attelabus curculioniodes, c'est le Becmare Laque de Geoffroy (Ins. tom. 1. p. 273. n. 10). Olivier (Col. pl. 1. fig. 1) l'a figurée. — L'Attelabe fémoral, Att. femoralis, Oliv. (loc. cit. pl. 1. fig. 12) n'est pas rare dans les environs de Paris, sur le Bouleau. (AUD.)

ATTERISSEMENT. GÉOL. Dépôt de limon, de sable et de pierres roulées, formé par les fleuves à leur embouchure et dans toutes les parties de leur cours où le mouvement de leurs eaux se ralentit, et même par la mer sur ses rivages.

Les Attérissemens composent les Terrains d'Alluvion modernes, V. ce mot, et s'entendent plus spécialement des accumulations successives de débris d'autres terrains au moyen des cours d'eau qui existent encore sur la surface de la terre ou qui ne différaient tout au plus, dans les temps reculés, que par leur plus grand volume. — Le sol de la Basse-Égypte, celui de la Hollande, celui de Pétersbourg, de la vallée du Pô, etc., sont des Attérissemens de fleuves. — Les Attérissemens tendent à niveler continuellement la surface de la terre puisqu'ils sont le résultat du transport dans les parties basses des parties brisées qui formaient les sommités ou montagnes. V. TERRAIN et ALLUVION. (C. P.)

ATTHIS. OIS. Nom ancien d'un Oiseau que l'on a successivement rapporté à diverses espèces de différens genres, Gracula Atthis, Gmel. Lath; Corvus Atthis, Hasselq, Sturnus Atthis, Daudin, et qui en définitive paraît être notre Martin-Pêcheur, Alcedo Ispida, L. Buff. pl. enlum. 77. (DR.. Z.)

ATTI-ALU. BOT. PHAN. Syn. de Ficus racemosa, L. à la côte de Malabar. (B.)

ATTICUS. POIS. L'un des noms de l'Esturgeon. V. ce mot. (B.)

ATTIER. BOT. PHAN. V. ATTE.

ATTIGBRO. MAM Syn de Raton chez les Iroquois, selon Desmarest. (A. D..NS.)

* ATTILOS. MOLL. Selon Gesner (de Aquat. p. 109), Hesychius désigne, sous ce nom, une espèce de Gonque qui n'a pas été reconnue. (F.)

ATTI-MEER-ALON. BOT. PHAN-Espèce de Figuier de l'Inde, selon Bosc. (A. R.)

ATTINGACU. OIS. Même chose qu'Atingacu - Camucu. V. ce mot. (B.)

ATTOLE. BOT. PHAN. V. ANATE.

ATTRACTION. V. PESANTEUR.

ATTRAPE-MOUCHE. OIS. Même chose que Gobe-Mouche. V. ce mot. (B.)

ATTRAPE-MOUCHE. BOT. PHAN. Nom vulgaire donné à diverses Plantes, funestes aux petits Insectes ailés qui s'y reposent. Quelques-unes, telles que l'Apocynum and rosœmifolium, et deux ou trois Lychnides, ont leur tige enduite d'une sorte de visquosité à laquelle les Mouches se prennent par les pates; elles ont peut-être donné à l'Homme l'idée des gluaux. — Le Dionea Muscipula est un Attrape-Mouche d'un autre genre et purement mécanique. Les espèces de palettes ciliées, qui terminent ses feuilles, se ferment comme à ressort sur la Mouche qui s'y abat. Les étamines du Nerium Oleander sont aussi des Attrapes - Mouches par la disposition desquels les petits Insectes, qui s'insinuent dans les corolles, n'en peuvent plus sortir. (B.)

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ATUCO. MAM. (Gusmilla.) Et non Aruco. Syn. de Cachicame, chez les Sauvages de l'Orénoque. V. TATOU. (B.)

ATUN. BOT. PHAN. (Rumph. Amb. T. III. t. 63.) Arbre à très-grandes feuilles des îles Moluques, encore peu connu, dont les fleurs sont disposées en bouquets. Ses fruits ovales, et assez gros, sont employés comme épice. Il pourrait peut-être appartenir au genre Heriteria. (B.)

* ATURION. BOT. CRYPT. (Dioscoride.) Syn. grec de Cétérac, d'où Atyrium et Athyrium, noms imposés par les modernes à un genre de Fougères, dans lequel le Cétérac n'est pas compris. V. CÉTÉRACH et ATHYRION. (B.)

ATY. BOT. PHAN. L'un des noms du Piment dans les Antilles. (B.)

ATYA. CRUST. Du dictionnaire des Sciences naturelles (T. III. suppl.). Même chose qu'Atye. V. ce mot et ATYÉE. (AUD.)

ATYCHIE. Atychia. INS. Genre de l'ordre des Lépidoptères, section ou famille des Crépusculaires, établi par Hoffmansegg aux dépens du genre Sphinx. Il appartient, suivant Latreille (Consid. gén.), à la famille des Zygénides, et a pour caractères: antennes bipectinées dans les mâles, et simples dans les femelles; palpes extérieurs ou labiaux très-velus, s'élevant notablement au-delà du chaperon; ailes courtes; des épines fortes à l'extrémité des jambes postérieures. Le même auteur réunit ailleurs (Règ. Anim. de Cuv.) ce genre à celui des Glaucopides. L'espèce, sur laquelle il est fondé, est le Sphinx Chimera d'Hübner (Lepid. Sphinx. T. 1, fig. 1) ou le Sphinx appendiculata d'Esper (Lepid. T. II. tab. 35. fig. 5, 6). (AUD.)

ATYE. Atya. CRUST. Genre de l'ordre des Décapodes, établi par Leach, et ayant pour caractères: les deux paires antérieures de pates égales, avec le dernier article fendu; la troisième paire plus grande, inégale, sans doigt, terminée par un crochet, ainsi que celles qui suivent; antennes extérieures insérées au - dessous des intérieures; celles-ci munies de deux soies; queue large, avec le feuillet extérieur, à deux divisions, le moyen terminé un peu en pointe et arrondi. Latreille (Règue Animal de Cuvier) place ce genre dans la famille des Macroures, section des Salicoques. L'espèce qui lui sert de type est l'Atye raboteuse, Atya scabra de Leach (Linn. Societ. Trans. T. XI. p. 345). Sa patrie est inconnue, et elle fait partie de la collection du Musée britannique. (AUD.)

* ATYÉE. CRUST. Leach (Dict. des Sciences nat., T. XII. p. 74) cite ce nom dans la liste qu'il donne de tous les genres de Crustacés publiés jusqu'à l'année 1818. Ce mot français nous paraît être la traduction incorrecte du nom Atya, en français Atye V. ce mot. (AUD.)

ATYLE. Atylus. CRUST. Genre de l'ordre des Amphipodes, fondé par Leach (Trans. Linn. Societ. T. XI), et placé par lui entre les Orchestries et les Dexamines; il avoisine aussi les Talitres, et offre pour caractères: des antennes de quatre articles, les supérieures un peu plus courtes que les inférieures; des yeux insérés de chaque côté près d'un avancement antérieur du test en forme de bec. Leach décrit, sous le nom d'Atylus carinatus, une espèce qui paraît servir de type à ce nouveau genre; il la figure dans les Mélanges zoologiques, faisant suite à ceux de Shaw (tab. 69). On ne sait rien sur les mœurs de cette espèce, non plus que sur le pays qu'elle habite.

Latreille présume que le Gammarus fugax de Fabricius, figuré par Phipps (Voyage au Pôle boréal. pl. 12. fig. 2) appartient au genre Atyle. (AUD.)

ATYOUARAGLE. BOT. PHAN. Syn. de Farthenium hysterophorus, L. chez les Caraibes. (B.)

ATYPE. Atypus. ARACHN. Genre

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fondé par Latreille, appartenant (Règ. Anim. de Cuv.) à l'ordre des Pulmonaires et à la grande famille des Fileuses, section des Territèles. Ses caractères sont, suivant l'auteur: lèvre très-petite, recouverte par la base des mâchoires; palpes insérés sur une dilatation inférieure du bord extérieur de ces dernières. Ces Arachnides avoisinent les Mygales, dont elles diffèrent cependant par l'origine des palpes, et par l'insertion, ainsi que par la forme des organes sexuels dans les mâles; elles s'éloignent encore des Eriodons par l'état rudimentaire et par la forme de la lèvre. Walckenaer (Tabl. des Aranéides. p. 7) a remplacé le nom d'Atype par celui d'Olétère, Oletera. Les Atypes de Latreille sont des Animaux très-curieux, tant à cause de leur organisation extérieure, assez différente de celles des autres genres, qu'à cause de leurs mœurs très-singulières. Pour ce qui regarde la première, nous en ferons ici, d'après nature, une description assez complète. Les mandibules sont allongées, droites dans la direction de l'axe du corps, un peu arquées supérieurement, plus étendues que le thorax, et munies d'un long crochet replié obliquement sur elles le long d'une rangée de petites épines; les mâchoires font un angle presque droit entre elles, et finissent en pointe mousse; la base de chacune d'elles est très-dilatée extérieurement, et forme une expansion sur laquelle s'insère le palpe; cette insertion est située à peu près dans le milieu de la longueur de la mâchoire; le palpe, composé de cinq articles, s'avance un peu au-delà des mandibules; il est terminé par un crochet pectiné dans les femelles; mais dans le mâle, le dernier article présente audessous, près de la base, deux autres pièces cornées qui constituent l'organe copulateur de ce sexe; la lèvre est très-petite, arrondie à son bord libre. Le thorax est d'une forme assez singulière; il est très-plat en arrière; mais en devant il offre une éminence au sommet de laquelle on aperçoit les yeux; ceux-ci, presque égaux entre eux, sont au nombre de huit, quatre placés à peu près sur une même ligne transversale et antérieure, et deux de chaque côté plus petits, plus allongés, groupés ensemble, et touchant l'œil extérieur de la première rangée; en arrière de la protubérance du thorax, on remarque un enfoncement central auquel arrivent en convergeant des lignes qui se dirigent entre les hanches, et marquent les limites des pièces du flanc qui, ainsi que nous l'établirons au mot THORAX, remplacent chez les Arachnides le tergum des Insectes ou la carapace des Crustacés; le sternum est presque carré. Les pates, proportionnellement au corps, ne sont pas très - allongées; la quatrième paire est la plus longue; la première vient ensuite, puis la deuxième et la troisième; l'abdomen est petit, ovale dans les mâles; il a, à sa partie antérieure et supérieure, un disque coriace, derrière lequel se font distinguer, par autant de lignes transversés, les anneaux de cette partie; son extrémité postérieure présente les filières au nombre de quatre, inégales; les supérieures, beaucoup plus longues, se dirigent en l'air; les inférieures sont très-petites et ressemblent à des mamelons. — Les habitudes de ces Animaux sont fort curieuses. On les rencontre sur des plouses de gazons entremêlés de mousse; ils se construisent dans ces lieux un fourreau soyeux, dans la composition duquel entre un assez grand nombre de brins de mousse qui servent à le fortifier. Ce tuyau, de la longueur de huit à dix pouces, et d'abord dirigé horizontalement sur la surface du sol, s'enfonce ensuite dans la terre. L'Atype y établit sa demeure, et dépose dans le fond ses œufs qu'il enveloppe encore d'une toile blanche.

Le genre, que nous avons décrit, ne se compose jusqu'à présent que d'une espèce: l'Atype de Sulzer, A. Sulzeri, ou l'Olétère difforme de Walckenaer (loc. cit. et Hist. des Aran. fig. 2. tab. 6, le mâle); elle est la même que les Araignées subterranea de

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Roemer (pl. 30. fig. 2), et picea de Sulzer (Abgekurzte Geschichte der Insecten. pl. 50. fig. 2) qui, le premier, l'a découvert en Suisse. Depuis, Bosc, Latreille et Auguste Odier l'ont rencontrée aux environs de Paris. Ce dernier l'a souvent observée sur le revers nord-nord-est du côteau de Bellevue à Sèvres. L'Atype de Sulzer a la démarche lente; il est commun vers le mois de juillet dans le lieu que nous venons de citer. On le trouve aussi dans le bois de Meudon. Basoche, naturaliste distingué, a découvert aux environs de Séez, en Normandie, une Arachnide de ce même genre qui, si elle n'est pas une espèce, est au moins une variété remarquable. (AUD.)

ATYRION. BOT. CRYPT. Ce nom est un double emploi d'ATHYRION. V. ce mot. (B.)

ATYS. MAM. (Audebert.) Espèce de Singe du genre Guenon. V. ce mot. (A. D..NS.)

ATYS. Atys. MOLL. Genre établi par Montfort (Conchyl. T. 11. p. 342) aux dépens des Bulles de Linné, et spécialement pour la Bulla Naucum, vulgairement la Gondole papyracée qu'il appelle Atys Gondole, A. Cymbulus, et dont il fait le type de ce nouveau genre qui n'a point été adopté. Ne connaissant point encore l'Animal de cette espèce, dont la Coquille, comparée à celles des autres Bulles, ne fournit pas des caractères assez particuliers pour qu'on puisse admettre le genre de Montfort, nous renvoyons à l'article BULLE pour parler de cette Coquille; mais il est cependant une circonstance remarquable qui la distingue; c'est sa couleur blanche, opaque, sans épiderme. La Bulla solida de Bruguière et quelques autres sont dans le même cas; cependant ces deux especes ne sont apparemment point, comme la Bullœa aperta, contenues dans le lobe postérieur du corps ou bouclier; mais elles en sont vraisemblablement recouvertes, ainsi que par les lobes latéraux, comme cela a lieu chez la Bulla Hydatis, dont, à la vérité, la Coquille a un épiderme fauve, trèsdistinct. On ne peut donc se rendre bien raison de l'Anomalie qu'offrent les Bulla Naucum et solida qu'en observant leurs Animaux, et selon toutes les apparences, malgré quelques modifications dans l'organisation, ils ne présenteront pas des différences assez tranchées pour en faire un genre à part. V. BULLE et GONDOLE.

Le nom d'ATYS a été employé dans le Dictionnaire des Sciences naturelles comme appartenant à une espèce de Patelle, la Patella Astrolepas; aucune citation n'accompagnant cette indication, nous n'avons pu, malgré nos recherches, découvrir l'auteur qui a ainsi appelé la Patella Astrolepas, ni cette Patelle elle-même. A la vérité, Bruguière (Encycl. méth.) indique sous ce nom une Patelle; mais, comme il n'a pas décrit ce genre, on ne connaît pas l'espèce qu'il avait en vue, quoiqu'on puisse présumer que c'est la Patella saccharina. V. ASTROLEPAS. (F.)

ATZEL. ois. Syn. de la Pie, Corvus Pica, L. en Allemagne. V. CORBEAU. (DR..Z.)

AUAK ou AUEK. MAM. Syn. de Morse au Groënland. (A. D..NS.)

AUBE ou AUBO. BOT. PHAN. V. AOUBA.

AUBEPIN ou AUBÉPINE. BOT. PHAN. V. ALISIER.

AUBEREAU. OIS. V. HOBEREAU.

AUBERGINE. BOT. PHAN. Syn. de Mélongène dans le midi de la France. V. SOLANUM. (B.)

AUBERTIA. BOT. CRYPT. (Mousses.) Genre cité par Bridel, comme établi par Palisot de Beauvois, et synonyme de Racopilum. V. ce mot. (AD. B.)

AUBERTIE. Aubertia. BOT. PHAN. Genre qui parait appartenir à la famille des Térébinthacées et formé par Bory de St.- Vincent dans son Voyage aux quatre îles principales des mets d'Afrique (T.1. p. 356. pl. 18) en l'hon-

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description qu'en donne ce savant, on voit que le calice est monosépale, quinqueparti, persistant; qu'il n'y a pas de corolle; qu'à la base du calice, s'insère un tube que l'auteur nomme nectaire, surmonté de dix dents qui portent les anthères; quel'ovaire est libre, a un seul style et un seul stigmate; que le fruit est une capsule un peu charnue, marquée de dix stries, composée de dix loges qui s'ouvrent en autant de valves, et contiennent plusieurs graines revêtues d'une tunique blanche. L'espèce qu'il décrit est l'Augea capensis, Plante herbacée, dont la tige se divise au-dessus de la terre en rameaux alternes, dont les feuilles opposées se soudent par leurs bases, et dont les fleurs sont solitaires sur des pédoncules qui naissent entre les feuilles au nombre d'un, de deux ou de trois. Toute la plante est succulente. Sa place est auprès du Samyda, comme Thunberg l'a indiqué lui-même, et par conséquent elle fait partie de la famille des Samydées, établie par Ventenat. (A. D. J.)

AUGIA. BOT. PHAN. Loureiro nomme Augia sinensis un Arbrisseau qui croît dans les bois de la Chine, de la Cochinchine, des royaumes de Siam et de Camboge, et dont on extrait, suivant lui, le suc résineux connu sous le nom de vernis de la Chine. Son écorce est rude; ses feuilles sont composées en général de cinq paires de folioles entières, terminées par une impaire; ses fleurs disposées en panicules lâches, terminales ou axillaires à l'extrémité des rameaux. Leur calice est monosépale, tronqué au sommet, très-petit; les pétales, au nombre le cinq, s'attachent à un réceptacle ou s'insèrent auprès d'eux les étamines, à anthères arrondies, dont le nombre va jusqu'à cent à peu près; l'ovaire est libre, le style filiforme, le stigmate simple; le fruit est une petite drupe comprimée de haut en bas, et contenant une noix monosperme de même forme. De Jussieu a indiqué la place de ce genre parmi les Guttifères, à la suite du Calophy llum, dans un Mémoire publié dans les Annales du Muséum, T. XIV, p. 397. (A. D. J.)

* AUGION. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. d'Isatis. V. PASTEL. (B.)

AUGITE. MIN. Pierre mentionnée par les anciens qui la disaient verte; aussi en a-t-on fait une Turquoise ou une Emeraude. Werner applique ce nom à ce que Haüy a reconnu n'être qu'une variété laminaire d'Amphibole. V. ce mot. (LUC.)

AUGUENILLA. BOT. PHAN. Nom de pays de l'une des Jovellanes de la Flore Péruvienne. (B.)

AUGUO. BOT. PHAN. Syn. de Zostera oceanica, L. sur les côtes de Provence. V. ZOSTÈRE. (B.)

AUGURE. INS. Nom vulgaire d'une espèce d'Insectes qui, suivant Duméril, appartient au genre Réduve. V. ce mot. (AUD.)

AUGURE DE LIN. BOT. PHAN. Même chose qu'Agourre de Lin. V. ce mot. (B.)

AUJON. BOT. PHAN. Même chose qu'Ajonc. V. ce mot. (B.)

AUK. OIS. Syn. du Pingouin, Alca torda, L. en Angleterre. V. PINGOUIN. (DR..Z.)

AUKEB. OIS. Syn. de l'Aigle impérial, Falco Chrysaëtos, L. en Arabie. V. AIGLE. (DR..Z.)

AUKOH. OIS. Syn. du Héron cendré, Ardea cinerea, L. en Perse. V. HÉRON. (DR..Z.)

AUKPALLARTOLIK. OIS. Nom du Coq au Groënland où cet Oiseau a été introduit, et ne se trouvait point avant que les Européens y eussent pénétré. (B.)

AULACIE. Aulacia. BOT. PHAN. Ce genre, établi par Loureiro, ne diffère du Cookia, V. ce mot, que par son calice divisé moins profondément, ses pétales ponctués en dehors et à quatre sillons intérieurement; sa baie a cinq loges dispermes, et ses feuilles simples. C'est un Arbre haut de huit pieds environ, qui croît dans les forêts de

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la Cochinchine, à feuilles alternes, a fleurs d'un blanc verd, disposées en grappes lâches et terminales, et dont le fruit ne se mange pas. (A. D. J.)

AULAQUE. Aulacus. INS. Genre de l'ordre des Hyménoptères, section des Porte-tarières, établi par Jurine (Classif. des Hyménoptères, pag. 89), qui lui assigne pour caractères: une cellule radiale, grande; trois cellules cubitales, la première et la seconde recevant les deux nervures récurrentes, la troisième atteignant l'extrémité de l'aile: mandibules petites, émarginées; antennes filiformes, composées de quatorze articles. Latreille (Règne Anim. de Cuv.) range ce genre dans la famille des Pupivores, tribu des Ichneumonides, entre les Fœnes et les Ichneumons qu'il lie entre eux. Ses caractères sont, suivant lui: antennes sétacées, de treize articles dans les mâles, et de quatorze dans les femelles; abdomen ellipsoïde, comprimé, aminci insensiblement vers sa base en forme de pédicule, et inséré à l'extrémité d'une élévation pyramidale du bout postérieur du corselet; pates grêles. Ces Insectes, outre les caractères que nous venons d'énumérer, en offrent encore quelques-uns assez remarquables: leur tête est arrondie, supportée par une sorte de cou étroit; les palpes maxillaires sont sétacés, de six articles, beaucoup plus longs que les labiaux; ceux-ci n'ont que quatre articles, dont le dernier est un peu plus gros et presque triangulaire; la languette est entière; le prothorax et le mésothorax sont sillonnés d'une manière très-singulière par des stries transversales; les pates sont grêles comme dans les Ichneumons; l'abdomen est formé de six à sept anneaux distincts, et muni chez les femelles d'une longue tarière à filets égaux.—Jurine a établi ce genre sur l'inspection de la femelle d'une espèce qu'il nomme Aulaque strié, Aul striotue (los. cit. pl. 7. genre 3). Elle a été trouvée dans les forêts de Pins du midi de la France par Léon Dufour, et aux environs de Génes par Spinola. On ne sait encore rien sur ses môurs. (AUD.)

AULAUD. OIS. Vieux nom de l'Alouette des champs, Alauda arvensis. V. ALOUETTE. (DR..Z.)

AULAX. BOT. PHAN. Genre de la famille des Protéacées établi par Bergius et adopté par R. Brown, qui lui donne les caractères suivans: fleurs dioïques par avortement; dans les mâles, un calice de quatre sépales, portant chacun sur son milieu une étamine; dans les femelles, un stigmate oblique, en massue, hispide et échancré. Le fruit est une noix ventrue et velue. Quatre espèces de Protea de Linné ou de ses éditeurs, savoir les P. pinifolia, aulacea, bracteata et umbellata, se trouvent être, les deux premières les fleurs mâles, et les deux autres les fleurs femelles de deux espèces auxquelles le genre Aulax se trouve ainsi réduit. Ce sont des Arbrisseaux originaires du cap de Bonnes-Espérance, glabres, à feuilles entières, à fleurs terminales disposées dans les mâles en épis conglomérés, dans les femelles en une tête solitaire qu'environnent des folioles munies intérieurement d'un appendice multifide. (A. D. J.)

* AULAXANTHE. Aulaxanthus. BOT. PHAN. Ce genre de la famille des Graminées, établi par Elliot dans son esquisse de la Flore de Géorgie, a ensuite été nommé Aulaxie par Nuttal. V. AULAXIE. (A. R.)

* AULAXIE. Aulaxia. BOT. PHAN. Ce genre, établi par Nuttal dans la famille des graminées, offre, d'après cet auteur, les caractères suivans: lépicène bivalve, uniflore avec le rudiment d'une seconde fleur; valves égales, sillonnées à sillons velus; glume à deux valves égales. Les fleurs sont disposées en une panicule extrêmemtent serrée, qui forme une sorte d'épi; la glume et la lépiaène sont à peu près egales entre elles.

Nuttal rapporte à ce genre deux espèces de l'Amérique septentrionele, dont l'une est le Phalaris uillesq de

TOME II. 6

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Michaux. Le genre Aulaxie paraît trèsvoisin des genres Panicum et Milium; il a surtout une grande affinité avec le Milium amphicarpon décrit par Pursch. (A. R.)

AULIQUE. REPT. OPH. Espèce de Couleuvre. V. ce mot. (B.)

* AULNE ET AULNÉE. Du latin Alnus, vieux noms français d'Aune et d'Aunée. V. ces mots. (B.)

AULOPE. Aulopus. POIS. Sousgenre formé par Cuvier dans le genre Salmo si nombreux en espèces. V. SAUMON. (B.)

AULOSTOMES. POIS. Genre formé par Lacépède aux dépens du Fistularia de Linné, auquel Cuvier l'a restitué comme simple sous-genre. V. FISTULAIRE. (B.)

* AULUS. MOLL. Dénomination générique latine employée par Ocken (Lehrbuch der Zool. tab. p. 8), pour un nouveau genre que propose ce savant et qu'il forme aux dépens des Solens de Linné. Il paraît que les espèces qu'il y rapporte ne formaient d'abord qu'une division de ses Tellines (voyez page 224 de l'ouvrage cité); ces especes, type du genre Aulus, sont les Solen strigilatus, radiatus et Diphos (rostratus, Lam.), que Lamarck conserve dans les Solens, et le sanguinolentus dont ce dernier savant fait une Sanguinolaire (Sanguinolaria rosea).

Avant Ocken, Megerle de Muhlfeld avait essayé de diviser les Solens en plusieurs genres, savoir: Vagina qui répond à la première division des Solens de Lamarck, Siliqua dont le type est le Solen radiatus et qui semble, par conséquent, correspondre au genre Aulus d'Ocken, et enfin Solen qui ne paraît comprendre aucun des Solens de Linné; car Megerle cite pour type une Telline du genre Psammobie de Lamarck et la Venus deflorata qui est la Sanguinolaria rugosa de Lam. Ainsi cette dénomination générique n'a plus de rapport avec celle de Linné, ce qui est fâcheux, puisque cela tend à établir la confusion là ou il faudrait faciliter l'étude. Ocken circonscrit convenablement le genre Solen en y comprenant toutes les espèces dont la charnière est terminale ou médiane, et qui ont une figure allongée très-cylindrique. Il a voulu en séparer les espèces élargies, à charnière médiane, dont la figure est bien différente; mais il reste encore à appuyer ce genre sur des caractères qui le distinguent nettement des Solens. Lamarck n'a pas cro pouvoir établir cette séparation. En effet, les coquilles distinguées dans quelques espèces extrêmes, sont liées entre elles par des transitions successives, et les Animaux sont de même genre, d'après les belles observations que Poli a faites sur les Solens strigilatus et Vagina.

Le genre Vagina de Megerle peut être considéré comme correspondant aux Solens d'Ocken, et le genre Siliqua du premier aux Aulus du second. Nous faisons de ces derniers un sous-genre des Solens. V. SANGUINOLAIRE, SOLEN, SILIQUE et GAINE. (F.)

AULX. BOT. PHAN. Pluriel d'Ail. V. ce mot. (B.)

AUMAILLE. MAM. Syn. de jeune Vache en quelques parties du nord de la France. (A. D..NS.)

AUMARINO. BOT. PHAN. V. AMARINE.

AUMUSSE. MOLL. C'est le nom vulgaire d'une espèce de Cône, Conus Vexillum, de Martini, et qui en est devenule nom scientifique français. Favanne en donne deux variétés, l'Aumusse simple et l'Aumusse marbrée. V. CONE. (F.)

AUNE. Alnus. BOT. PHAN. Genre de la famille des Amentacées de Jussieu, des Bétulinées de Richard. Distingué du Bouleau, Betula, par Tournefort, réuni à lui par Linné, il en fut de nouveau séparé par Gaertner, dont l'opinion a été adoptée par la plupart des auteurs qui assignent en conséquence à l'Aune les caractères botaniques suivans: les fleurs sont monoïques; les mâles disposées

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en chatons pendans, cylindriques et allongés; de l'axe central partent des pédicelles rapprochés, à quatre écailles, l'une terminale, plus grande et plus épaisse, les trois autres plus petites et ayant chacune à sa base un calice à quatre lobes, au-dedans duquel sont quatre étamities; les fleurs femelles, en chatons ovoïdes arrondis, présentent des écailles imbriquées, obtuses, cunéiformes, quadrifides, dont chacune porte sous elle deux fleurs composées d'un ovaire comprimé, surmonté de deux styles, qui devient un fruit coriace, à deux loges monospermes, sans rebord membraneux à l'époque de la maturité, époque à laquelle les écailles ligneuses et épaisses s'écartent les unes des autres sans se détacher de l'axe. V. Gaert. tom. 2. pag. 54. tab. 90.

On en compte cinq espèces. Ce sont des Arbres qui se plaisent le long des rivières et dans les terrains marécageux.—Les feuilles sont obovales, acuminées et dentées en scie, avec leurs stipules elliptiques et obtuses, dans l'Alnus serrulata qui croît en Pensylvanie.—Les feuilles sont allongées, aiguës, arrondies à la base, munies de stipules ovales-oblongues, dans l'Alnus undulata originaire du Canada;—elles sont elliptiques, un peu obtuses et glutineuses dans l'Alnus oblongata;—oblongues, aiguës, inférieurement pubescentes et blanchâtres, munies de stipules lancéolées, dans l'Alnus incana; ces deux dernières espèces habitent la France. On tire encore un bon caractère spécifique des nervures qui parcourent la surface inférieure des feuilles et dont les aisselles, nues dans les trois dernières espèces citées, présentent dans la première des touffes de poils. Ce dernier caractère se retrouve dans celle qui est la plus commune en France, l'Alnus glutinosa, Gaert., A. communis, Duham., Betula Alnus, L. qu'on appelle Verne dans le midi de la France, Arbre qui peut atteindre de quarante à cinquante pieds de hauteur, mais se rencontre le plus souvent dans nos campagnes sous la forme de taillis bien moins élevé, à cause des coupes régulières auxquelles il est soumis en totalité. Ses feuilles ovales, obtuses et comme tronquées au sommet, crénelées sur les bords, sont gluantes et pubescentes dans leur jeunesse. Son écorce épaisse et gercée sert au tannage. Son bors est estimé soit pour le chauffage des fours, à cause de sa combustion rapide et de sa flamme claire; soit pour les travaux d'ébénisterie, comme susceptible d'un assez beau poli et prenant bien le noir; soit pour le pilotis, les corps de pompes, les conduits d'eau souterrains et les étais des galeries des mines, à cause de la propriété qu'il a de se conserver dans l'eau, sans s'altérer, durant des siècles entiers, propriété qui fut connue et le fit employer au même usage dans l'antiquité, ainsi que l'établit ce passage de Pline: Alni ad aquarum ductus in tubos cavagur: obrute terrâ plurimis durant ann. On cultive encore dans les jardins une élégante variété de l'Aune commun, à feuilles profondément découpées, Betula laciniata de quelques auteurs. (A. D. J.)

AUNE NOIR. BOT. PHAN. Nom qu'on donne dans quelques pays à la Bourdène, Rhamnus Frangula. V. NERPRUN. (A. D. J.)

AUNÉE. BOT. PHAN. Syn. d'Inula Helenium, L. V. INULE. (B.)

AUQUE. OIS. Même chose que Aouco. V. ce mot. (B.)

AURA OU OUROUA. OIS. Vautour de l'Amérique méridionale, qui fait partie du genre Catharte, Cathartes Aura, Temm. V. CATHARTE. (DR..Z.)

AURADA. POIS. (Delaroche.) C'est-à-dire Dorée. Syn. de Sparus auratus, L. aux îles Baléares. V. SPARE.

AURADE et AURADO, qui signifient la même chose, sont aussi des noms donnés au même Poisson en d'autres lieux. (B.)

AURANNE OU AURAUNE. POIS. Syn. d'Acara-Una. Espèce d'Holacanthe. V. ce mot et ACARA. (B).

AURANTIACÉES OU ORANGERS.

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BOT. PHAN. Même chose qu'Hespéridées. V. ce mot. (B.)

* AURE. OIS. Syn. de Roi des Vautours, Vultur Papa, L. V. CATHARTE. (DR..Z.)

AUREILLETOS. BOT. PHAN. Syn. de Ranunculus Ficaria, L. V. FICAIRE. (B.)

AURELIA. BOT. PHAN. H. Cassini a établi sous ce nom un genre qui appartient à sa tribu des Astérées. L'involucre est demi-sphérique, à folioles inégales, imbriquées, lancéolées, linéaires;le réceptacle plane et nu; les fleurs sontradiées, à demi-fleurons femelles; l'akène est comprimé, glabre, couronné par une aigrette de poils rares et plumeux. Il renferme deux espèces: I'une, originaire du Mexique, décrite et figurée par Cavanilles (Icon. tab. 168) sous le nom d'Aster glutinosus, et Partée ensuite dans d'autres genres pavers botanistes; l'autre, qu'on croit venir de l'Amérique septentrionale, signalée dans le Botanical magazine sous celui de Donia squarrosa. En effet, R. Brown a établi de son côté ce même genre en le nommant Donia. (A. D. J.)

* AURELIANA. BOT. PHAN. Syn. de Panax. V. ce mot. (B.)

AURÉLIE. Aurelia. ACAL. Ce genre, établi par Péron et Lesueur, a été adopté par Lamarck, qui l'a placé dans la seconde section de ses Médusaires; il appartient aux Cyanées de Cuvier dans l'ordre des Acalèphes libres, et offre pour caractères: un corps orbiculaire, transparent; une ombrelle sans pédoncule, à quatre bras et à huit auricules, dont la circonférence est garnie de tentacules; quatre bouches, quatre estomacs et quatre ovaires. Les Aurélies sont assez nombreuses en espèces dont les principales sont:

AURÉLIE SURIRAY. Aurelia Suriray, Ann. mus. p. 357. Cette espèce, dédiée au docteur Suriray, médecin et naturaliste au Hâvre, présente une ombrelle hémisphérique, un réseau vasculaire rouge à sa face inférieure, un rebord étroit, denticulé, garni de nombreux tentacules courts et bleuâtres; sa couleur est hyalino-bleuâtre; son diamètre varie de trois à quatre pouces sur environ deux pouces d'épaisseur. Elle est très-commune sur les côtes de la Normandie et dans toute la Manche.

AURÉLIE ROSE. Aurelia rosea; Medusa aurita, Müll et Encycl. tab. 94. fig. 1–3. Son ombrelle est presque hémisphérique et déprimée; son réseau vaseulaire d'un rose très-pàle sou rebord simple, garni de tentacules très-nombreux, courts et roussâtres; ses ovaires sont semi-lunaires, de couleur rose. Elle a environ trois pouces de diamètre, et se trouve dans les mers du Nord. Péron et Lesueur ont décrit dans leur Mémoire les Aur. campanula, melanospila, phospkorico, amaranthea, flavidula, purpurea, rubescens et lineolata, toutes originaires des mers d'Europe. (LAM..X.)

AURÉLIE OU FÈVE DORÉE. Aurelia, INS. La plupart des auteurs anciens donnaient ce nom aux nymphes d'un grand nombre d'Insectes très-différens, et particulièrement à celles des Papillons, lorsqu'elles offraient des couleurs métalliques. V. CHRYSALIDE et NYMPHE. (AUD.)

* AURÉLIÈRE. INS. Syn. de Forficule. V. ce mot. (AUD.)

AURÉOLE, OIS. Espèce du genre Bruant, Emberiza aureola, Gmel. Cet Oiseau habite la Sibérie et la Kamtechatka, et fait entendre, dans le branchage des Saules et des Peupliers qu'il habite, un cri pareil à celui de l'Ortolan des Roseaux. V. BRUANT. (E.)

AURÉOLES. OIS. Troisième famille de l'ordre des Oiseaux sylvains, et de la tribu des Zygodactyles, formée pour le seul genre Jacamar dans la Méthode ornithologique de Vieillot. V. JACAMAR, ou tous les caractères de la famille des Auréoles seront exposés. (B.)

AURICULAIRE .

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Nom donné à une Gryphite par Luid (Lith. Brit. no 514), selon le Dictionnaire des Sciences naturelles. Mercati (Metall. p. 342) donne aussi ce nom à une Huître qui a quelque ressemblance avec la figure d'une oreille humaine. Nous avons examiné la citation de Mercati; la figure qu'il donne et la description qu'il en fait nous font douter qu'il soit question d'une Huître plutôt que de toute autre chose. —C'est sans doute la première de ces Coquilles qui a été nommée Auriculite. V. ce mot. (F.)

AURICULAIRE. Auricularia. BOT. CRYPT. (Champignons.) Les botanistes ont désigné sous ce nom deux genres différens; l'un, que Bulliard avait nommé Auriculaire, avait reçu dans le même temps le nom de Théléphore, qu'on lui a conservé; l'autre, auquel Link a donné depuis ce nom, est aussi très-voisin des Théléphores dont il diffère cependant par l'absence de papilles, ce qui avait d'abord engagé Link à le rapprocher plutôt des Tremelles que des Théléphores; mais son port est tellement semblable à celui de ce dernier genre, qu'on ne peut pas les éloigner l'un de l'autre. Les Auriculaires se présentent sous la forme d'une membrane épaisse, charnue, un peu glutineuse, qui est appliquée par une grande partie de sa surface postérieure sur les troncs des Arbres; cette surface est hérissée de poils; la surface antérieure est lisse, et présente des veines irrégulières, mais sans papilles; les sporules, selon Link, ne sont pas à la surface, mais renfermés dans la substance même du Champignon, sous la membrane extérieure, ce qui distingue ces Plantes des Théléphores.

Le type de ce genre est la Peziza Auricula, Bull. T. 427. fig. 11; Tremella Auricula, Pers., qui croît principalement sur les trones des Sureaux. On doit aussi y rapporter l'Auricularia tremelloides de Bulliard, T. 290, et la Tremelle glanduleuse du même auteur. Bory-de-St.-Vincent a découvert plusieurs espèces de ce genre dans les îles des mers d'Afrique; l'une d'elles, très-remarquable par sa forme et par ses couleurs, appelée Oreillede-Chat dans l'île de Mascareigne, y croît sur les vieux troncs du Ravenzara, Agathophyllum, qui y a été transporté de Madagascar. V. THÉLÉPHORE. (AD. B.)

* AURICULARIA. BOT. PHAN. (Daléchamp). Syn. d'Hedyotis, L. V. ce mot. (E.)

AURICULARIA. MOLL. Dénomination latine appliquée par Blainville (Dict. des sc. nat. T. 3) aux espèces du genre Peigne, Pecten, qui ont une échancrure denticulée à la naissance de l'oreille de la valve droite, pour le passage d'un byssus. V. PEIGNE. (F.)

AURICULE. Auricula. BOT. PHAN. genre formé par Tournefort pour la Fleur d'ornement vulgairement appelée OREILLE-D'OURS, réuni par Linné à son genre Primula. V. PRIMEVÈRE. Adanson l'avait aussi établi sous le nom d'Auricula-Ursi. (B.)

AURICULE. Auricula. MOLL. Genre de Gastéropodes de l'ordre des Pulmonés géhydrophiles et de la famille des Auricules, V. ce mot, à laquelle il a donné son nom. D'abord établi par Klein (Ostrac. p. 37), et adopté par Martini (Conch. cab. T. 11. p. 119) sous le nom d'Oreille de Midas, V. ce met, Aures Midœ, ou Auricula; nommé ensuite Otis par Humphrey (Mus. Calonnianum), il fut depuis proposé sous le nom d'Auricule, emprunté à Martini, par Lamarck (Mém. de la Soc. d'Hist. nat. de Paris, et Anim. s. vert. 1re édit. p. 9), et enfin limité par nous aux seules espèces qui paraissent avoir une organisation et des habitudes analogues (V. notre Prodrome: famille des Auricules p. 106). Depuis, notre travail, Lamarck a fait paraître la description de ce genre (Anim. s. vert. 2e édit. t. VI, 2e partie, p. 136).—Bosc a été induit en erreur quant au nom de Mélanopside qu'il pense qu'on lui a appliqué (Nouv. Diet.

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d'Hist. Nat.). Il en est de même de Blainville à l'égard de l'Auricula Myosotis de Draparnaud, qui n'appartient pas au genre Carychium de Müller; mais qui est une véritable Auricule. (V. Dict. des sc. nat.)

Avant Linné, plusieurs Auricules étaient connues par les figures des anciens iconographes. Ce savant a compris ces espèces, d'abord dans son genre Bulla, et ensuite dans les Volutes ou les laissent encore tous les naturalistes qui suivent religieusement le Systema naturœ. —Müller en a fait des Hélices, erreur excusable à l'époque ou écrivait cet habile zoologiste. Malgré l'exemple de Klein et de Martini, Bruguiere les plaça dans son genre Bulime, réunion indigeste d'espèces disparates et d'Animaux tellement opposés, qu'on a peine à la concevoir de la part d'un aussi bon observateur. Dans le principe, Lamarck paraît avoir conçu la même coupe que Klein et Martini; car bien qu'en établissant le genre Auricule, il ne cite qu'une seule espèce comme type du genre, l'A. Midœ, il a fait connaître dans le préambule de la description des Auricules fossiles (Ann. du Mus. T. IV, p. 429) les espèces qu'il y rapportait. Ces espèces sont: les Voluta Auris Midœ, Auris Judœ, tornatilis de Linné, son Helix Scarabœus, et les Bulimus Auris Sileni, pedipes, Auricula, Auris Felis, coniformis, otahietanus, etc., etc., de Bruguière. Montfort ayant, depuis cette indication, formé avec l'Helix Scarabœus le genre Scarabe (Conchyl. T. II), qui n'a point été adopté par Lamarck; ayant pris l'Auricula Midœ pour type du genre Auricule (Auriculus), et séparé la Voluta tornatilis pour faire le genre Actéon (loc. cit. p. 313), dont deux ans après Lamarck a fait le genre Tornatelle; ayant enfin proposé le genre Mélampe pour le Bul. coniformis, genre qui a été adopté par Lamarck sous le nom de Conovule, il s'ensuit que le genre Auricule s'est trouvé restreint dans les ouvrages postéricurement publiés par Lamarck à la 1re section des Aures Midœ de Martini. Ainsi, dans les planches de l'Encyclopédie méthodique, publiées par Lamarck en 1816, les Tornatelles et les Conovules forment des genres distincts, genres qu'il avait indiqués dans l'extrait de son cours de Zoologie publié en 1812, deux ans après la publication de l'ouvrage de Montfort. Dans le préambule cité ci-dessus, qui précède la description des Auricules fossiles, Lamarck manifeste l'intention de réunir à ce genre les Pyramidelles, et il en décrit, en effet, deux espèces qu'il y rapporte; mais il a, depuis, abandonné cette idée, puisqu'elles sont conservées en genre distinct dans des ouvrages plus récens (Extrait du cours de zoologie et nouv. édit. des Animaux sans vertèbres). —Ocken, en adoptant ce genre, voulut enrichir la science d'un mot nouveau, et a changé celui d'Auricule en Marsyas. Il y rapporte, avec doute, l'Helix Scarabœus; mais il conserve avec raison le Carychium de Müller en genre distinct, genre que Lamarck, en suivant les faux erremens de Draparnaud, a réuni au genre Auricule. Schweigger paraît avoir imité cet exemple.

Dans la nouvelle édition des Animaux sans vertèbre (T. VI. 2e partie. p. 136), Lamarck, d'après des observations communiquées par Valenciennes, et qui lui ont appris que les Conovules sont terrestres, a supprimé ce genre dont il réunit les espèces aux Auricules. Nous avions déjà, dans notre Prodrome, effectué cette réunion, mais sur d'autres motifs que ceux qui ont déterminé le célèbre auteur de l'Hist. des An. s.vert. Nous sommes assurés que Valenciennes a été trompé, et que les Conovules sont des Coquilles marines. Il en est de même de quelques autres Auricules qu'il ne plaçait pas parmi les Conovules, et qui sont réellement marines; une espèce est positivement fluviatile, le Bul. Dombeianus dont on ne connaît pas l'Animal, qui pourrait être d'un autre genre. Les espèçes que Lamarck

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place dans ce genre et qui sont positivement terrestres sont des Hélix de notre sous-genre Cochlogène, V. ce mot, et des groupes de ce sous-genre que nous avons appelés Stomoteïdes et Odontostomes.

On ne connaît point encore les Animaux des grosses Auricules; mais quelques petites espèces, abondantes sur nos côtes, ont été observées par nous; l'Animal de l'une d'elles, l'Auricula Myosotis, a déjà été décrit par Draparnaud, et il ne peut y avoir aucun doute sur l'analogie de son habitant avec celui de l'Auricula Midœ. Il serait cependant à désirer que les naturalistes hollandais pussent observer l'Animal de cette belle Coquille, et en faire une description et un dessin sur le vivant, chose qui ne doit pas être difficile, puisqu au rapport de Rumphius, elle vit dans les marais salins de l'île de Céram, l'une des Moluques, et que nous savons qu'elle n'y est pas rare.—Les habitudes des Auricules sont fort remarquables en ce que, bien qu'elles soient presque toutes positivement marines, elles vivent en quelque sorte plus sur la terre que dans l'eau. Ce sont des Pulmonés qui habitent les flasques, les mares d'eau peu salées, et qui peuvent même vivre nors de l'eau, mais qui y reviennent souvent, qui ne peuvent s'en éloigner sans danger, ou du moins qui ont toujours besoin de l'humidité et de l'air marin. Elles montent sur les Plantes marines et pullulent beaucoup.

Plusieurs des espèces fossiles rapportées à ce genre sont fort incertaines comme lui appartenant; il se pourrait qu'elles dussent être placées dans d'autres; rectifications qu'on n'est pas encore en état d'effectuer.

Les caractères génériques des Auricules sont: Animal muni de deux tentacules articulés, contractiles, courts, cylindriques, en forme de gland au sommet; yeux situés à leur base interne, un peu en arrière; mufle proboscidiforme; test cochliforme, ovale, plus ou moins pointu et allongé, rarement cylindrique ou coniforme; spire souvent enveloppante, de cinq ou six tours contigus, quelquefois peu distincts, le dernier formant presque tout le test; ouverture longitudinale en forme d'oreille, souvent très-étroite; péristome épaissi; bord extérieur simple ou denté; columelle torse, solide, communément sans indicede fente ombilicale, garnie d'une, deux ou trois côtes saillantes, tournant avec elle dans l'intérieur.

Les espèces les plus remarquables de ce beau genre que nous avons subdivisé en plusieurs groupes, d'après les rapports qu'elles offrent, sont les suivantes:

† Les VRAIES AURICULES. Auriculœ; Auricula, Lamk., Montfort, Cuvier, Leach; Marsyas, Ocken.

1. AURICULE DE MIDAS. Auricula Midœ, N., Prodr. pag. 106. no 1: Voluta Auris-Midœ, Linné; Hélix, Müller; Bulimus, Bruguière; Marsyas, Ocken; Auricula Midœ, Lamk. Anim. s. vert. 2e édit. T. VI. 2e part. p. 136.—Martini, Conch. 2. t. 43. f. 436.—438. Vulg. l'Oreille de Midas. Cette belle Coquille, rare et très-recherchée, est en même temps une des plus remarquables par sa forme, sa solidité et sa taille, qui, quelquefois, est de près de six pouces de longueur. Elle habite les marais salins de Céram, l'une des Moluques, comme la petite Auricula Myosotis de nos côtes.

2. AURICULE DE SINGE. A. Auris Simiœ, N., loc. cit., no 2. Grande et belle espèce fort rare et bien distincte, que nous possédons dans notre collection.

3. AURICULE DE JUDA. A. Judœ, N., loc. cit., no 3. Voluta Auris Judœ, Linné; Helix, Müller; Bulimus, Bruguière; Auricula Judœ, Lamarck, loc. cit., p. 137, no 2. Martini, Conch., tom. 2., t. 44. fig. 449–451. Vulg. l'Oreille de Judas. Cette espèce, bien distincte des précédentes et plus petite, varie beaucoup par la forme et l'épaisseur. Peut-être l'espèce suivante n'en est-elle qu'une forte variété? Elle est rare et recher-

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chée. Elle habite les Indes orientales dans les terrains marécageux. A Malaca, selon Humphrey.

Les autres espèces de cette division sont:—4. Auricula ponderosa, N., loc. cit., no 4. Buonanni, Récréat. supplém., f. 3, et Mus. Kircher, f. 412. Elle habite vraisemblablement les Grandes-Indes.—5. A. Auricella, N., loc. cit., p. 107, no 5; Bulimus Auricula, Bruguière, Encyclop. méthod., no 75. Lister, Synops. tab. 577, f. 326. Elle se trouve dans les Grandes-Indes?—6. A. Dominicensis, N., loc. cit., no 6. Elle habite Saint-Domingue. Amphibie comme les précédentes.—7. A. Dombeiana, N., Prodr. no 7. Bulimus Dombeianus, Bruguière, Encyclop. méth. no 66. Lamarck, An. s. Vert., loc. cit. p. 140, no 11. Auricula Dombeiana; Encycl. méth., pl. 459, f. 7, a, b. Conovulus bulimoides. Celleci est fluviatile, selon le témoignage positif de Dombey, et elle en a tous les caractères.—8. A. Myosotis, N. p. 107, no 8. Auricula Myosotis, Draparn., Hist., p. 56, pl. III, f. 16, 17. Voluta denticulata, Montagu, Maton et Rackett, etc. Lamarck, loc. cit., p. 140. Cette jolie espèce offre plusieurs variétés remarquables. Elle est très-abondante sur les côtes de l'Océan et de la Méditerranée. Elle habite les étangs saumâtres, et sort de l'eau. Nous en avons reçu de la Rochelle, dans des Plantes marines, par l'obligeance du docteur d'Orbigny, qui ont vécu pendant quinze jours à Paris. Voyez encore A. alba et ornata de notre Prodrome.

Espèces fossiles.

A. Myosotis, Marcel de Serres, note sur le gisement de quelques Fossiles; Bullet. des sciences, 1814, p. 17, pl. 1. f. 9. Dans une marne bleuâtre, a 5 ou 6 pieds de profondeur, près de Boisvieil, département des Bouches-du-Rhône.—A. ovata, Lamarck, Ann. Mus., VIII, pl. 60. f. 8. Defrance, Dict. des sc. naturelles, sp. no 2. Trouvée à Grignon, etc.—A. edentula, N., Prodr. p. 108, no 14. De Valognes.—A. Pisum, Defrance, loc. cit., sp. no 7; Férussac, no 15. Voluta Pisum, Brocchi, tab. 15. f. 10. Italie.—crassa, Defrance, Férussac; Prodr. sp. no 16. Trouvée près Valognes.—conoidea, N., sp. 17. 17. Brocchi. Turbo conoideus, tab. 16. f. 2. Fossile en Italie.—Hordeola, Lamarck, Ann. sp. no 5; Férussac, sp. 18. De Grignon et de Bordeaux.—Miliola? Lamarck, loc. cit., sp. 4. Defrance, Dict. sp. no 4. Des environs de Versailles.—simulata, Brander, Foss. naut. Bulla, no 61. pl. IV. Férussac, sp. no 20. D'Angleterre. Peutêtre celle-ci est-elle une Tornatelle?

†† Les CONOVULES, Conovulœ. Conovulus, Lamarck, Goldfuss; Melampus, Montfort, Cuvier, Sweigger.

9. A. ovula, N., sp. 21. Bulimus ovulus, Brug.; Melampa ovulum, Sweigger; Voluta pusilla, Gmelin; Voluta triplicata, Donovan, Brit. shells, IV, tab. 138. Auricula nitens, Lamarck, loc. cit. p. 141. Espèce trèsvraisemblablement marine, comme celle de ce groupe. On la trouve sur nos côtes et sur celles d'Angleterre, où, peut-être, elle est apportée par le grand courant marin. Très-commune aux Antilles.—10. A. Monile, N. sp. 22. Bulimus Monile, Brug.; Voluta flava, Gmelin. Lamarck. p. 141. no 14. Elle habite les Antilles.—11. A. coniformis, N, sp. 23; Bulimus, Bruguière; Voluta Coffea, Linné; Voluta minuta, Gmelin; Conovulus coniformis, Lamarck, Encycl. méth., pl. 459. f. 2. Elle habite les Antilles. Voyez encore A. (Conov.) Fabula, N, Prodr. sp. 24.

††† Les CASSIDULES, Cassidulœ, N. 12. A. Felis, N., sp. no 25; Bulimus Auris Felis, Brug.; Voluta Coffea Linnei, Chemnitz; Auricula Felis, Lamarck. Elle habite les Grandes-Indes ou la mer du Sud. On ignore si elle est terrestre ou marine.—13. A. Nucleus, N., sp. 26; Helix Nucleus, Gmelin. Charmante Coquille qui habite Otahiti, à ce que l'on croit. Nous terminerons cet exposé sommaire par quelques éclaircissemens sur les espèces mentionnées par Lamarck (Anim. s. vert., seconde édit.

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T. VI. seconde partie.) Les Auricules Midœ, Judœ, Myosotis, Dombeiana, coniformis, nitens, Monile, sont seules des Auricules, selon nous, c'est-à-dire des Pulmonés bitentaculés, dépourvus de collier, à tentacules non oculifères, etc, Les Auricules Sileni, Leporis, bovina, caprella, sont des espèces terrestres, des Limacons à quatre tentacules, de vraies Hélix. V. le mot COCHLOGÈNE. L'Auricula Scarabœus est un Scarabe, genre distinct de l'Auricule, positivement terrestre et non amphibie. V. SCARABE. Enfin l'Auricula minima est une Carychie. V. ce mot.

Quant aux Auricules fossiles décrites par Lamarck, dans les Annales du Muséum, T. IV, p. 429, et dont ce savant n'a pas fait mention dans la nouvelle édit. des Anim. s. vert., en voici l'état avec les observations que nous avons faites à leur sujet. A. sulcata. C'est une Tornatelle.—A. ovata, une Auricule.—A. ringens, un genre incertain.—A. miliola, une Auricule.—A. hordeola, une Auricule.—Var. ß peut être une espèce distincte.—A. acicula, une Pyramidelle.—A. terebellata, id.

Ces observations s'appliquent à l'article Auricules fossiles de Defiance (Dict. des Sc. nat.). Nous ajouterons pour l'A. marginata, Voluta myotis de Brocchi, que nous rapporterons cette espèce au genre SCARABE. V. ce mot. L'Auricula ringens de Lamarck demande aussi quelque attention. Cette petite Coquille, abondante à Grignon, en Champagne, à Valognes, en Touraine, à Bordeaux, à Dax et en Italie, se trouve aussi en Angleterre, dans les dépôts meubles situés audessus de l'Argile plastique. Son genre est très-incertain (V. notre Prodrome, p. 113). C'est l'analogue fossile de la Marginella auriculata de Ménard de la Groie (Ann. Mus. T. VIII. p. 331), que ce naturaliste a trouvée vivante dans le golfe de Tarente. La Voluta buccinea de Brocchi, et l'Auricula turgida de Sowerby n'en sont que des variétés à l'état fossile.—Ajoutez l'A. incrassata de ce dernier auteur, espèoe distincte qui paraît être du même genre. V. Sowerby, Min. conch. T. II. pl. 163. (F.)

* AURICULES. Auriculœ. MOLL. Dénomination empruntée du genre Auricule, et appliquée par nous à une famille des plus remarquables parmi les Mollusques, famille qui compose à elle seule le second sous-ordre des Gastéropodes pulmorés, les Géhydrophiles. V. ce mot, où nous donnerons les généralités connues sur ces Animaux. Malheureusement l'observation des Mollusques de cette famille a été très-négligée, de sorte qu'on connaît très-peu les Animaux des espèces qui la composent. Celles de nos cîtes, en général assez petites, quoique connues depuis long-temps des observateurs anglais, n'ont été recueillies que fort tard par les naturalistes de notre patrie; ainsi l'Auricula Myosotis de Draparnaud, donnée comme nouvelle, était décrite et figurée bien antérieurement sous le nom de Voluta denticulata, par Pulteney et Montagu. Quant aux grosses espèces exotiques du genre Auricule, on ne connaît pas, à la vérité, leurs habitans; mais les rapports deleurs Coquilles avec l'Auricula Myosotis ne laissent aucun doute sur leur identité générique.—On connaît depuis long-temps le genre Carychium. Nous avons donné les caractères de l'Animal du Scarabe, dont Blainville a fait depuis une description anatomique plus détaillée. Enfin, Adanson a décrit depuis long-temps celui du Piétin; de sorte qu'il n'y a plus d'indécision qu'à l'égard des genres Pyramidelle et Tornatelle, que l'analogie a fait réunir à ceux de cette famille.—Le genre Carychium est le premier qui ait été observé. Il a été établi par Müller (Hist. Verm. p. 125) pour une petite Coquille presque myeroscopique, assez commune dans toute l'Europe, sous les feuilles mortes et humides. Ce genre a été oublié par Lamarck, dans la première édit. des Anim. s. vert.) et négligé par Cuvier dans le Règne Animal. Draparnaud, et ensuite Lamarck (Anim. s. vert, seconde édit.), l'ont confondu à tort

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avec les Auricules; Ocken, Leach, Studer, Pfeiffer, etc., ainsi que nous. l'ont conservé. Jusqu'à présent, il n'est composé que de deux ou trois espèces dont le nombre augmentera peut-être lorsqu'on aura observé les Animaux de quelques Coquilles douteuses des genres Hélix et Vertigo. Ces espèces sont le Carych. minimum de Müller, et l'Odostomia corticaria de Say. Selon les observations du docteur Verdat de Délémont, qui nous ont été communiquées par notre respectable ami le professeur Studer, l'Animal du Carych. lineatum serait operculé, et devrait, par conséquent, être placé parmi les Cyclostomes. Nous l'avions déjà signalé comme anomal parmi les Carychies. Le docteur Leach a rapporté à tort à ce genre, selon toutes les apparences, l'Auris Sileni de Von Born, dont il a fait une nouvelle espèce sous le nom de Carychium undulatum (Miscell.).

Le Carychium Menkeanum de Pfeiffer (Conch. p. 70) est notre Helix (Cochlodonta) Goodalli, le Turbo tridens des auteurs anglais, qui, d'après les observations du docteur Goodall et de Sowerby, a quatre tentacules, dont les deux supérieurs supportent les yeux.

Nous avons vu, à l'art. Auricule, que Klein peut être considéré comme l'auteur de ce dernier genre, adopté par Martini, circonscrit par Lamarck, et augmenté par lui de quelques espèces étrangères à ce genre, nommé Otis par Humphrey, Marsyas par Ocken, et enfin limité par nous aux seules Auricules d'une organisation analogue.—Les Aures Midœ de Klein, ou Auris Midœ de Martini, comprenaient, outre les véritables Auricules, les Tornatelles et les Conovules. Le dernier de ces auteurs forme une section à part pour les vraies Auricules, et une autre pour ces deux derniers genres; et c'est à la première de ces deux coupes que se rapporte le genre Auricula de Lamarck.

Le genre Scarabe a été institué par Montfort (Conch. T. 2. p. 307), mais sans motifs légitimes, puisque la Coquille, considérée isolément, devait rester dans les Auricules, et qu'il n'a pu appuyer cette distinction sur l'Animal qui n'est connu que depuis la description que nous en avons donnée dans notre Prodrome, p. 103, complétée par celle de Blainville (Journal de Phys., octobre 1821, p. 304). Au sujet de ce genre, nous observerons que les notes communiquées à Blainville semblent faire croire qu'il est marin, puisque ce savant le compare, sous ce rapport, au Piétin d'Adanson, et que le docteur Marion assure avoir pris le Scarabus imbrium sur les roches humides délaissées par la mer, et même, à ce qu'il croit, sur celles qu'elle recouvrait encore. D'un autre côté, les naturalistes de l'expédition du capitaine Freycinet l'ont trouvé en abondance sur les montagnes des îles Mariannes, loin de la mer, et à une assez grande élévation au-dessus de son niveau. Rumph dit positivement "qu'on le trouve au bord de la mer, sous l'herbe, les feuillages et les morceaux de bois pourri, tout près de la mer, et aussi dans les terres; et qu'il y en a même sur les montagnes non fréquentées par les hommes." Et les contes populaires qui lui ont valu le nom d'imbrium, attestent qu'il est terrestre, les habitans d'Amboine croyant que les vents et les pluies les portaient sur les montagnes. Ainsi, selon toutes les apparences, le docteur Marion ne l'a pas trouvé sous les eaux de la mer, à moins que ce ne fût accidentellement; et cette espèce peut être regardée comme étant véritablement terrestre, quoique pouvant vivre aussi sur les bords de la mer. On ne connaît encore que deux especes bien certaines dans ce genre, le Sc. imbrium et le plicatus; le Petiverianus est encore douteux, ainsi que les espèces figurées par Perry.

Le genre Pyramidelle a été établi par Lamarck (Actes de la Soc. d'Hist. nat. de Paris); réuni ensuite aux Auricules par ce savant (Ann. Mus. T. IV), et depuis définitivement séparé de ces Mollusques (Anim. s. vert seconde édit.). Jusqu'à présent on n'a

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pu savoir si les Pyramidelles sont terrestres ou marines. Elles ont quelques rapports de conformation avec nos Hélices Cochlitomes du groupe des Rubans (Liguus, Montf.; Achatina, Lamarck). Les espèces à columelle solide ont l'air de Cochlitomes dentés; d'un autre côté, elles offrent des différences remarquables dans la dureté de leur test et leur construction générale qui les rapprochent des Auricules du groupe des Conovules. Nous sommes, au sujet des Pyramidelles, dans une indécision complète. Nous les laissons parmi les Auricules jusqu à ce que nous ayons des observations décisives à leur sujet; mais nous ne serions point étonnés qu'il fallût les restituer aux Pectinibranches operculés. Il en est de même des Tornatelles, genre d'abord établir par Montfort, sous le nom d'Actéon (Conch. T. II, p. 315), pour la Voluta tornatilis de Linné, et les espèces analogues décrites par Chemnitz et Bruguière.

Les observations du docteur d'Orbigny nous avaient portés à croire que ces derniers Mollusques vivaient en pleine mer, ainsi que nous l'avons dit, p. III de notre Prodrome; de nouveaux renseignemens, que nous devons à l'amitié du docteur Goodall, n'ont pas confirmé cette opinion. Ce savant a eu souvent occasion de les observer à quatre milles de Teaby, dans le sud du pays de Galles, où on les trouve rampant sur le sable, un peu au-dessus de la ligne de la basse mer, dans les marées du printemps, faisant dans leur route un long sillon régulier. Il ne serait pas impossible que ce genre appartînt aux Tectibranches, et dût se placer très-près des Bulles. Nous penchons fortement pour cette hypothèse, qui, du reste, doit être bientôt éclairée; car une des espèces de ce genre est assez commune sur nos côtes, la T. fasciata, Voluta tornatilis, Linné. Lamarck (Extr. du Cours de Zool.) a fait avec ces deux genres, Tornatelle et Pyramidelle, une famille distincte de ses Trachélipodes, celle des Plicacés, placée au milieu des genres appartenant aux Pectinibranches. Cette famille est conservée dans la seconde édit. des Anim. s. vert.

Quant au genre Conovule, établi d'abord sous le nom de Mélampe par Montfort (Conch. T. II. p. 319), nous avons dit que Lamarck ne le sépare plus des Auricules, réunion que nous avions déjà effectuée dans notre Prodrome.

Le genre Piétin qui termine la famille des Auricules est dû à Adanson (Sénég. p. II); il est très-remarquable par ses habitudes et la construction de son pied. Nous l'avons augmenté de plusieurs espèces curieuses, et il nous paraît bien distinct de tous ses congénères. Nous ferons connaître, en décrivant ce genre, la singulière structure du pied de ce curieux Mollusque, avec lequel la configuration de la bouche de la Coquille est en rapport.

D'après l'exposé ci-dessus, nous voyons que les genres Carychie et Scarabe sont entièrement terrestres; que les Auricules comprennent des espèces marines; d'autres fluviatiles, et que le plus grand nombre sont des espèces amphibies; que le Piétin et les Tornatelles sont des genres marins, et que les Pyramidelles sont encore incertaines, quant à l'élément qu'elles habitent.

L'établissement de la famille des Auricules avait été senti nécessaire par Blainville, et, à ce qu'il paraît, depuis très-long-temps, comme on peut le voir dans son beau Mémoire cité plus haut. Nous l'avons trouvée indiquée nominativement dans le tableau de sa Méthode, qu'il a bien voulu nous communiquer dans le temps. Voici les caractères de la famille des Auricules:—Forme générale et couverture, comme chez les Limaçons hélicoïdes.—Tentacules: deux, cylindriformes, quelquefois renflés au sommet, non oculifères, généralement contractiles.—Yeux: non pédonculés, placés à la base ou près de la base des tentacules.—Cavité pulmonaire: comme chez les Limaçons.—Organes de la génération: séparés ou réunis, sur le même individu.—Test: co-

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chliforme, assez variable, ovale, elliptique ou turriculé.—Cône spiral: incomplet.—Spire: souvent enveloppante, tours assez nombreux, formant généralement un sommet peu saillant.—Ouverture: latérale, par rapport à l'axe du cône, le plus souventétroite, longue et dentée; peristome non réfléchi, mais tranchant, quoiqu'un peu évasé quelquefois.—Columelle: généralement torse, solide et garnie de lames saillantes, obliques et tournant avec elle.

Voyez, pour les divers genres de cette famille, CARYCHIE, SCARABE, AURICULE, PYRAMIDELLE, TORNATELLE et PIÉTIN. (F.)

AURICULITE. MOLL. FOSS. C'est le nom vulgaire d'une Gryphite selon Bosc (nouv. Dict. d'Hist. natur.); mais cette indication n'étant accompagnée d'aucune citation, nous ne pouvons donner le nom de l'auteur qui a employé ce mot. (F.)

AURIFERE. Aurifera. MOLL. Nom donné par Blainville (Dict. des Sc. nat.) au genre Brante d'Ocken, Otion de Leach. V. BRANTE. (F.)

* AURIFLAMME. FOIS. Espèce du genre Mulle. V. ce mot. (B.)

* AURINIE. Aurinia. BOT. PHAN. Dans son travail sur les Crucifères siliculeuses, Desvaux avait formé sous ce nom un genre de quelques espèces d'Alysson, dont les caractères n'ont pas paru suffisans à De Candolle pour autoriser cette séparation; en sorte que ces espèces ont de nouveau été replacées parmi les Alyssons. (A. R.)

* AURIO OU AURO. BOT. PHAN. Deux des noms vulgaires d'Atriplex Halimus, L. V. ARROCHE. (B.)

AURIOL, AURION OU AURIOU. ZOOL. Noms vulgaires du Loriot commun, Oriolus Galbula, qui viennent probablement de la couleur jaune doré du plumage de cet Oiseau, L. V. LORIOT.

On donne les mêmes noms au Maquereau, Scomber Scomber, L. sur quelques côtes de France. (B.)

AURIOLE. BOT. PHAN. Syn. de Lauréole. V. ce mot. (B.)

AURIS. MOLL. Dénomination latine, à laquelle on a ajouté nombre d'épithètes, et pour laquelle nous renvoyons au mot français OREILLE. Cependant plusieurs Dictionnaires, quoiqu'écrits en français, ayant adopté ces dénominations latines, nous allons en parler sommairement. Ces dénominations sont fort anciennes dans la science; la ressemblance plus ou moins vraie de certaines Coquilles avec l'oreille de l'Homme ou celle de certains Animaux, ayant frappé depuis long-temps les observateurs, et même le vulgaire.

AURIS-MARINA. Aristote (L. IV, ch. 4) dit, en parlant du Lépas sauvage, que quelques-uns l'appellent Auris marina, Oreille de mer (c'est l'Ormier, Haliotis de Linné); et depuis lui, cette Coquille a été nommée de cette manière. V. Rondelet, Gesner, etc. Depuis ces derniers auteurs, les écrivains méthodistes ont fait des Aures marinœ des coupes distinctes. Klein en a fait le premier genre de sa quatrième classe, sous le nom d'Auris ou Auris marina, exemple suivi par Martini, qui, sous le nom d'Aures marinœ, decrit plusieurs espèces de ce genre. Quelques auteurs ont aussi classé le Sigaret sous le nom d'Auris marina. Petiver (Gaz. V. 1. cat. 587) désigne cette Coquille sous le nom d'Auris bahamica non perforata. V. HALIOTIDE et SIGARET.

AURIS MUSTELLA. Humphrey (Mus. Calonn. p. 22) nomme ainsi un nouveau genre qui répond au genre Tornatelle de Lamarck. Humphrey paraît avair changé ce mot en celui de Myosota. V. OREILLE DE SOURIS, MYOSOTE et TORNATELLE.

AURIS VENERIS. Genre proposé par Humphey (Mus. Calonn. p. 20) et qui répond au genre Sigaret. V. OREILLE DE VÉNUS et SIGARET. (F.)

AURISCALPIUM. MOLL. Dénomination générique proposée par Megerle (Syst. der Schalt in Berlin. Magaz. 1811. p. 46) pour carac-

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tériser le genre formé depuis par Lamarck, sous le nom d'Anatine. V. ce mot. (F.)

AURITE. POIS. (Daubenton.) Syn. de Labrus auritus, L. V. LABRE. (B.)

AURIVITTIS. OIS. Syn. de Chardonneret.

AUROCHS OU URUS. MAM. V. BOEUF.

AURON. REPT. OPH. Probablement pour AURORE, espèce de Couleuvre. V. ce mot. (B.)

AURONE. Abrotanum. BOT. PHAN. Genre des anciens botanistes que Linné a réuni à l'Artemisia. V. ARMOISE. On nommait:

AURONE DES CHAMPS, l'Artemisia eampestris, L.

AURONE DES JARDINS, l'Artemisia Abrotonum, L.

AURONE MALE, la même Plante.

AURONE FEMELLE, le Santolina cupressiformis, L. V. SANTOLINE. (B.)

AURORAS. BOT. PHAN. Nom péruvien de l'Ipomea glandulifera, dont les fleurs s'épanouissent exactement au lever de l'Aurore. (B.)

AURORE OU CRÉPUSCULE DU MATIN ET AURORES BORÉALES ET AUSTRALES. V. LUMIÈRE.

AURORE. REPT. OPH. Nom spécifique d'une Couleuvre. V. ce mot. (B.)

AURORE. INS. Nom vulgaire donné par Geoffroy (Ins. T. II. p. 71) à un Lépidoptère diurne qui est le Papilio cardamines, L. C'est aujourd'hui une Piéride. V. ce mot. (AUD.)

AUNUELO. BOT. PHAN. Syn. de Centeurea solsticialis, L. en Provence. V. CHAUSSETRAPPE. (B.)

AURUOU. OIS. Syn. de Loriot en Provence. (DR..Z.)

AUSERDA. BOT. PHAN. Syn. de Luzerne dans le Roussillon. (B.)

AUSQUOY. MAM. Nom du Caribou ou du Renne chez les Hurons. V. CHIF. (A.D..HS.)

AUSTRALITE OU AUSTRALSAND. MIN. Sable grisâtre des côtes du nouveau pays de Galles méridional, à Sidney-Cove, où l'on a cru reconnaître une substance terreuse d'une nature particulière que De Lamétherie appela Terre Sidnéienne, mais où Klaproth n'a trouvé que de l'Alumine, de la Silice et un peu de Fer. (LUC.)

* AUTARCITE. BOT. CRYPT. Nom proposé par Leclere dans son excellent Mémoire sur les Prolifères de Vaucher (Mém. mus. T. III. p. 470) pour remplacer la dénomination vicieuse de Prolifère. Ayant depuis long-temps appelé ce genre Vaucheria, nous indiquerons, quand il en sera question, les motifs qui nous ont déterminés à ne point adopter le nom d'Autarcite. V. VAUCHERIE. (B.)

* AUTOGERUS. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. de Narcisse. (B.)

AUTOMALITE. MIN. Probablement même chose qu'Automolite. V. ce mot. (G. DEL.)

AUTOMNAL. OIS. Espèce de Gros-Bec de l'Amérique méridionale, Fringilla autumnalis, Gmel. V. GROSBEC. (DR..Z.)

* AUTOMNAL, AUTOMNALE. BOT. et ZOOL. Adjectif employé pour désigner les Végétaux qui fleurissent dans l'arrière-saison, et devenu le nom spécifique de plusieurs Plantes, ainsi que de quelques Oiseaux, Poissons et Insectes. (B.)

AUTOMOLITE OU FAHLUNIT. MIN. Minéral dont l'espèce n'est pas encore déterminée, découvert par Eckeberg à Falhun en Suède, et que Berzelius regarde comme offrant les plus grands rapports avec le Spinelle V. ce mot et ZINC. (G.DEL.)

AUTOUR. OIS. (Duméril.) Genrede la famille des Cruphodères, de la Zoologie analytique, dont les caractères principaux consistent dans la tête entièrement garnie de plumes, dans une cire à la base du bec qui a l'extrémité crochue, dans une queue

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égale, et dans la longueur des ailes qui est fort considérable. Les Autours qui forment aussi un sous-genre particulier dans le Règne Animal de Cuvier, réunis à l'Epervier sous le nom de Dœdalion, par Savigny, sont une section du genre Faucon dans la Méthode de Temminck.

Le nom d'AUTOUR est donné comme spécifique à une espèce d'Oiseau de proie qui était autrefois l'un de ceux qu'on employait dans la chasse du vol. C'est le Falco palumbarius, L. V. FAUCON. (DR..Z.)

AUTOUR. BOT. PHAN. Ecorce du Levant, spongieuse et légère, employée en poudre dans la préparation du Carmin, sans qu'on sache de quel Arbre elle provient. (B.)

AUTRUCHE. OIS. Struthio, L. Genre de l'ordre des Coureurs dont les caractères sont: bec médiocre, droit, obtus déprimé à la pointe qui est arrondie et onguiculée; mandibules égales; narines oblongues, ouvertes, placées un peu à la surface et vers le milieu du bec; tête chauve, calleuse en dessus; pieds très-longs, très-forts, musculeux; deux doigts gros, robustes et dirigés en avant: l'interne, qui a quatre phalanges avec un ongle large et obtus, plus court que l'externe qui a cinq phalanges, mais point d'ongle; jambes charnues jusqu'au genou; ailes impropres au vol, composées de plumes longues, molles et flexibles, ayant un double éperon.

Ce genre ne renferme qu'une seule espèce qui habite les plaines ardentes de l'Afrique, et que l'on peut appeler le géant des Oiseaux. L'Autruche Struthio Camelus, L. Lath. Buff. pl. enlum. 457., a la partie inférieure du cou, la poitrine, le ventre et le dos noirs, mêlés de blanc et de gris; les grandes plumes des ailes et de la queue d'un beau blanc ont leurs barbes toutes effilées. Un poil assez ferme tient lieu de duvet et recouvre les parties nues que néanmoins l'on aperçoit encore malgré les plumes. Le bec est gris, noir à l'extrémité; l'iris est d'un brun fauve. Sa hauteur est de sept à huit pieds; son poids ordinaire de quatre-vingts livres.

Les Autruches n'ont des organes du vol que le simulacre; des plumes flexibles, déliées et d'une excessive finesse, au lieu de remiges et de rectrices capables de soutenir dans les airs une masse aussi grande, condamnent ces Oiseaux à courir sur la terre comme un Quadrupède; ils s'en acquittent à merveille, car aucun être ne peut les surpasser à la course. Leur force, dont un caractère doux et pacifique les dispense de faire usage, est, dit-on, tres-grande: Thevenot en a vu renverser d'un seul coup de pied des chiens d'une assez grande taille; c'est toujours avec les pieds et le bec qu'on voit l'Autruche repousser les agressions qui lui sont faites, jamais elle n'attaque. Son appétit, quoique assez vil, n'est point de la voracité elle mange indistinctement toute espèce d'herbes et même jusqu'à des pierres, du fer, du cuivre, enfin, tout ce qu'elle ramasse avec le bec: ce qui prouve que chez elle, le sens du goût n'est guère développé; du reste elle en est quitte pour rendre avec les excrémens les matières non susceptibles de digestion qu'elle a avalées. Son cri a quelque ressemblance avec le rugissement du Lion lorsque le mâle recherche la femelle; dans toute autre circonstance, c'est plutôt des sons plaintifs que l'un et l'autre font entendre.

De tous les Oiseaux l'Autruche est peut-être le seal qui s'accouple d'une manière positive et qui se rapproche par-là des Quadrupèdes; cela tient sans doute à ce que ses organes générateurs ont plus d'analogie avec ceux de ces derniers Animaux. La ponte s'opère dans un trou que la femelle se creuse au milieu des sables; elle y pond successivement une quinzaine d'œufs et en dépose un nombre à peu près pareil dans un trou voisin; ceux-ci sont, à ce que l'on assure, destinés à la nourriture des petits qui doivent sortir des œufs du premier nid, les seuls que les parens couvent. Les œufs, plus arrondis que ceux de

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Poule, ont ordinairement cinq pouces sur six et quelques lignes diamètre; leur couleur est le blanc de crème, tiqueté de points ou petites taches d'un fauve-grisâtre.—A cause de l'élévation de température des climats habités par ces Oiseaux, l'incubation n'est rigoureuse que pendant la nuit. Les petits naissent au bout de six semaines et marchent peu après leur sortie de la coquille. A force de soins on est parvenu à vaincre l'humeur sauvage des Autruches, et à les soumettre en quelque sorte à la domesticité; on les fait parquer en troupeaux, afin de s'assurer la récolte de leurs plumes qui est un objet considérable de commerce; l'épaisseur de leur peau fournit aux naturels, qui savent l'apprêter avec beaucoup d'intelligence, un cuir épais dont ils se font des boucliers et des cuirasses pour les jours de bataille.

On connaît les avantages que la coquetterie ou la vanité ont su tirer, chez tous les peuples, des plumes magnifiques de l'Autruche; le voyageur en trouve de plus réels dans les œufs de cet Oiseau, qui lui fournissent un aliment solide et agreable lorsque l'incubation n'est pas trop avancée. Moïse avait proscrit la chair de l'Autruche comme impure. Des tribus entières ne s'en nourrissent pas moins en Afrique, ce qui leur mérita, chez les anciens, le nom de Struthiophages.

AUTRUCHE D'AMÉRIQUE. C'est le Touyou de Brisson; Nandou de Vieillot. V. RHÉA.

AUTRUCHE BATARDE. Même chose que Rhéa V. ce mot.

AUTRUCHE CAPUCHONNÉE OU A CAPUCHON. Syn. de Dronte. V. ce mot.

AUTRUCHE DE LA GUYANE. Nom impropre donné au Rhéa qui, n'habitant que les contrées les plus froides de l'Amérique méridionale, n'a pu être trouvé dans les régions équinoxiales.

AUTRUCHE DE MAGELLAN et AUTRUCHE D'OCCIDENT. Syn. de Rhéa. V. ce mot.

AUTRUCHE VOLANTE. Syn. d'Outarde, Otis Tarda, L. V. OUTARDE. (DR..Z.)

AU-VOGEL. OIS. Syn. du Rossignol, Sylvia Luscinia, en Autriche. V. SYLVIE. (DR..Z.)

AUZUBA. BOT. PHAN. Arbre d'Amérique qu'il est impossible de déterminer sur le peu qu'en dit Oviédo dans son Histoire des Indes-Occidentales. Plumier, dans ses manuscrits non publiés, décrit sous le même nom un Arbre, encore imparfaitement connu, qu'il dit être l'Acomat du pays, et que la figure qu'en donne ce botaniste approche du genre Syderoxylon. V. ce mot. (B.)

AVA. BOT. PHAN. Liqueur enivrante que les naturels de quelques îles de la mer du Sud préparent avec les feuilles macé ées du Piper methysticum. V. POIVRE. (B.)

AVACARI. BOT. PHAN. (J. Bauhin). Espèce de Myrte de l'Inde, à peu près inconnue. (B.)

AVAGNON OU LAVIGNON. MOLL. Noms vulgaires usités en France, sur une partie des côtes de L'Océan, pour distinguer des Coquillages bivalves que l'on mange comme les Moules, quoiqu'ils soient, pour la plupart, d'un goût plus fade. C'est avec ces Coquilles que Megerle a fait le genre Arénaire, et Cuvier un sousgenre des Mactres, Montagu les a placées, avec assez de raison, dans son genre Ligule, établi antérieurement. Nous avons adopté le genre Lavignon, Lavignonus (Tabl. des Mollusq. p. 44); puis nous avons cru devoir, à l'exemple de Montagu, le réunir aux Ligules. V. ARÉNAIRE. Si cependant, à l'exemple de Turton (Conchl. Brit. p. 50), on veut en faire un genre distinct des Ligules, il convient de luirendre le nom d'Arénaire qui a l'antériorité sui celui de Lavignon et sur celui de Listera, que vient de lui donner le docteur Turton. V. ARÉNAIRE, LAVIGNON, LIGULE et LISTERA. (F.)

AVALANCHES LAVANGES OU LAUVINES. GÉOL. Masses plus ou moins considérables de neige ou de

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glace, qui, accidentellement et à certaines époques de l'année, se détachent des parties hautes des montagnes et se précipitent avec une vitesse et un bruit effroyable dans le fond des vallées. Diverses causes donnent lieu à ce phénomène dont les effets sont à craindre pour le voyageur et l'habitant dans les pays de montagnes. En hiver, lorsque la neige tombe et que le vent est très-fort, celui-ci chasse des pelotons de neige qui, d'abord peu volumineux, roulent sur les pentes, grossissent en peu de temps, entraînent des pierres et des terres, et renversent tout ce qu'ils rencontrent dans leur chute accélérée. Ces Avalanches d'hiver sont connues sous le nom d'Avalanches froides ou venteuses. Les Avalanches de printemps sont encore plus dangereuses à cause de leur densité et de leur volume souvent énorme; ce sont des amas de neige et d'eau gelée qui, pendant la froide saison, ont rempli des vallons élevés dont la pente est fortement inclinée; lorsque les rayons du soleil commencent à s'échauffer, la neige fond à son point de contact avec la terre; son adhérence diminue, et lorsque celle-ci ne peut plus balancer l'action de la pesanteur de la masse de neige, l'Avalanche se détache; elle glisse d'abord avec un bruit très-grand, et, accélérant sa chute, elle arrive bientôt au pied de la montagne en entraînant avec elle des portions de rochers, des forêts entières, et engloutissant souvent des hommes et des habitations. Certaines dispositions locales occasionent des Avalanches annuelles. On a soin de garantir par des forêts ou des murs les villages ou les maisons qui y sont-exposés. La densité des Avalanches de printemps est souvent telle que la neige reste plusieurs années sans fondre, quoique les vallées dans lesquelles elle se trouve éprouvent pendant l'été des chaleurs très-fortes, Nous avons vu à Cautcres, dans les Pyrénées, une Avalanche qui avait renversé plusieurs maisons du village, et qui, depuis trois ans, encombrait la route et y formait une colline sur laquelle passaient les plus lourdes voitures. (C. P.)

* AVALETTE. POIS. Nom indiqué par Lacépède comme l'un de ceux du Thon, Scomber Thynnus, L. V. SCOMBRE. (B.)

AVALEUR D'OS. OIS. Syn. d'Ardea gigantea, Gmel. chez les Anglais de l'Inde. V. HÉRON. (B.)

* AVANACOE OU CITAVANACU. BOT. PHAN. (Rhéede.) Syn. de Ricin à la côte du Malabar. (B.)

AVANACU. BOT. PHAN. Même chose qu'Avanacoe. (B.)

AVANCARÉ. BOT. PHAN. (Suriarn.) Liane des Antilles qui paraît appartenir au genre Phaseolus V. HARICOT. (B.)

* AVANÈSE. BOT. PHAN. Syn. de Galéga en Italie. (B.)

AVANGOULE. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires de la Lentille dans quelques départemens de la France, suivant Bosc. (B.)

AVAOU. POIS. Même chose qu' Awaou. V. ce mot. (B.)

AVAOUSSES OU AVAUX. BOT. PHAN. Syn. de Quercus coocifera, L. En Languedoc. V. CHÊNE. (B.)

AVARAMO. BOT. PHAN. (Pison. Bras. p. 168). Petit Arbre du Brésil qui paraît appartenir au genre Acacia, V. ce mot; on l'emploie contre divers ulcères, et l'on dit qu'il guérit le cancer. (B.)

AVARA-PALU. BOT. PHAN. Haricot de Ceylan, dont l'espèce est encore inconnue aux botanistes. (B.)

AVARI. V. AVATI.

AVARU. BOT. PHAN. Syn. indien d'Indigo. V. ce mot. (B.)

AVATI. BOT. PHAN. Syn. de Maïs. V. ce mot. (B.)

AVAUX. BOT. PHAN. V. AVAOUSÉS.

AVAZ. OIS, Syn. de l'Oie vulgaire, Anas segetum, L. en Arabie. V. CANARD. (DR..Z.)

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AVE DE VERANO. OIS. C'est-à-dire Oiseau d'été, et non Ave verano qui ne signifie rien. V. AVERANO. (DR..Z.)

AVEJURUJO. OIS. V. ABEJARUJO.

AVEKONG. OIS. Syn. de Tadorne, Anas Tadorna, L. au Groënland. V. CANARD. (DR..Z.)

AVELANEDE. BOT. PHAN. Nom de la capsule de diverses espèces de Glands, particulièrement de ceux que produit le Quercus Ægilops, L., et qu'on emploie en Espagne dans le tannage des cuirs. V. CHÈNE. (B.)

AVELINE, SCARABÉ OU GUEULE-DE-LOUP. MOLL. Noms vulgaires, usités par les marchands et les amateurs, de l'Helix Scarabœus de Linné, Helix Pythia, Müller, dont Montfort a fait le genre Scarabe. V. ce mot. Cette Coquille, remarquable par sa forme, est nommée Cochlœa imbrium par Rumphius. Les habitans d'Amboine, étonnés de la trouver en grand nombre après les pluies, croient qu'elle tombe du ciel.

Davila a donné aussi le nom d'AVELINE à la Voluta tornatilis, L. Tornatella fasciata, Lamarck. V. SCARABE et TORNATELLE. (F.)

AVELINE. BOT. PHAN. OU Avellana des Espagnols. Grosse variéte de Noisettes. V. NOISETIER. (B.)

AVELINIER OU AVELLANIER. BOT. PHAN. Variété du Corylus Avellana, L. qui porte les plus grosses Noisettes. V. NOISETIER. (B.)

* AVELLANO. BOT. PHAN. Arbre du Chili, comparé au Corylus Avellana, et qui est le Gevuina de Molina, Quadria de Ruiz et Pavon. V. QUADRIA. (B.)

AVENAT. BOT. PHAN. L'un des noms vieillis de l'Avoine, dans quelques parties de la France. (B.)

AVENERON OU AVERON. BOT. PHAN. Syn. d'Avena fatua, L. et nom donné dans le midi de la France aux Graminées qui ont quelque rapport de facies avec les Avoines. (B.)

AVENKA OU AVENQUA. BOT. CRYPT. (Rhéed. Hort. Mal. 12. t. 40). Fougère mal connue dont Burmann a fait son Adianthum lunulatum. Margraff donne le même nom à une autre Fougère du Brésil qui paraît être un Acrostic. (B.)

AVENTURINE. MIN. Masse vitreuse plus ou moins colorée dans laquelle on a mêlé, lorsqu'elle était en fusion, des parcelles métalliques, aplaties, faites avec l'alliage de Tombac. On prétend qu'un ouvrier, ayant laissé tomber par aventure de la limaille de laiton dans un creuset contenant du verre fondu, fut agréablement surpris du résultat de ce mélange auquel il donna le nom d'Aventurine; depuis, les minéralogistes ont étendu ce nom à certaines variétés de Quartz et de Feld-Spath. Ces variétés offrent sur un fond coloré et demitransparent une multitude de points brillans, ordinairement de couleur jaune ou argentés, qui sont dus à des paillettes du Mica ou autre substance lamelleuse. V. QUARTZ, FELD-SPATH ET GRÈS AVENTURINÉ.

Il existe donc de l'Aventurine naturelle et de l'Aventurine artificielle. Celle-ci est rouge ou composée de ces parcelles laminées de Tombac jaune ou blanc; on en fait des ornemens, en l'incrustant dans les vernis, ou en le mettant dans les Laques, les Cires à cacheter, etc. etc. (DR..Z.)

* AVERANO. Casmarhynchos. OIS. Genre formé par Temmink, dans son ordre des Insectivores. Caractères: bec large, très-déprimé et flexible à la base, comprimé et corné à la pointe; fosse nasale très-ample; pointe de la mandibule supérieure échancrée; celle de l'inférieure cornée, le reste de la mandibule, surtout les bords, minces et flexibles. Narines grandes, ovoïdes, ouvertes, placées vers la pointe du bec; membrane qui recouvre la fosse nasale garnie de petites plumes rares; tarse plus long que le doigt du milieu; doigts soudés à la base, les latéraux égaux; les deux premières rémiges étagées, la troisième et la quatrième les plus longues.

TOME II. 7

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Les Averanos sont des Oiseaux de l'Amérique méridionale. Aussi longtemps que leur nombre s'est borné a une ou deux espèces, ils ont fait partie du genre Cotinga. Illiger les en sépara pour former son genre Procnias; depuis, Temminck, ayant mieux étudié les espèces réunies par Illiger dans ce dernier genre, les trouva encore susceptibles d'être partagés, et de cette division est provenue le genre dont les espèces suivantes sont encore les seules bien connues:

AVERANO TACHETÉ, Casmarhynchos variegata, Tem. (pl. color. 51); Ampelis variegata, Lath.Cotinga Averano, Vieil.-Tête rousse; ailes noires; le reste du plumage d'un gris blanchâtre. La gorge est nue et garnie d'un grand nombre de caroncules, aplaties, larges d'une ligne et longues d'un pouce; elles sont d'une teinte bleuâtre, susceptibles de prendre du rouge lorsque l'Oiseau, comme le Dindon, est animé de quelque passion. Le plumage de la femelle est beaucoup plus sombre, et toutes les teintes tirent sur le brun.

AVERANO CARONCULÉ, C. Carunculatus, N. Ampelis carunculata, Lath. Cotinga blanc de Cayenne ou Guirapanga, Buff pl. enlum. 793 et 794. Le plumage entièrement blanc, les pieds noirs ainsi que le bec; au-dessus de celui-ci une caroncule flasque et tombante, qui se relève, se gonfle et s'allonge lorsque l'Oiseau s'anime; cette caroncule est couverte de petites plumes blanches. Le jeune mâle a le manteau gris qui jaunit insensiblement et finit par blanchir. La femelle a le dessus de la tête, celui du cou et du corps, le dos et une partie de la queue olivâtres; elle est privée de caroncule.

AVERANO A GORGE NUE, C. nudicollis, N. Ampelis nudicollis, du prince Maximilien de Neuwied dans son Voyage au Brésil. Entièrement blanc avec la gorge nue, le bec et les pieds noirs. Femelle: gorge emplumée; parties supérieures d'une teinte verte, les inférieures tachetées de jaunâtre.

A VERANO TÊTE-NOIRE, Casmarhynchos melanocephalus. Espèce nouvelle rapportée, comme la précédente, par le prince Maximilien et décrite par lui dans son Voyage.

Les mœurs et les habitudes des Averanos sont encore peu connues; on présume qu'elles diffèrent peu de celles des Cotingas. Leur nom, dérivé de Ave de verano, Oiseau d'été, vient, dit-on, de ce qu'ils ne chantent que pendant les plus fortes chaleurs des climats intertropicaux. (DR..Z.)

AVERNE. GÉOL. V. GROTTE.

AVERNO. BOT. PHAN. Syn. d'Aune, Alnus, en Provence. (E.)

AVERON. BOT. PHAN. V. AVENERON.

AVERRHOA. BOT. PHAN. Nom scientifique donné au Carambolier, V. ce mot, en l'honneur d'Averrhoës, célèbre médecin arabe. (B.)

AVESTRUZ. OIS. Qui se prononce Abestrus. Syn. de l'Autruche, Struthio Camelus, L. en espagnol et en portugais. V. AUTRUCHE. (B.)

AVET OU AVETTE. BOT. PHAN. qu'on prononce Abet ou Abette. Syn. de Mélèze et même de Sapin dans quelques cantons de la France. (B.)

AVETTE. INS. V. APETTE.

AVEUGLE. REPT. OPH. Espèce d'Acontias. V. ce mot. On donne aussi ce nom dans quelques provinces de la France à l'Orvet commun. V. ORVET. On le donne à la Guiane aux Amphisbènes que l'on suppose privés d'yeux. V. AMPHISBÈNE. (B.)

AVEUGLE. POIS. Syn. de Gastrobranche, V. ce mot; de Bib, espèce de Gade, V. ce mot, et de Petromyzon ruber. V. LAMPROIE. (B.)

AVICENNIA. BOT. PHAN. Jussieu, qui avait classé ce genre parmi les Verbénacées, croit devoir l'en séparer, et n'est pas encore décidé sur la place qu'il lui fera occuper; Brown l'a rangé d'abord, mais avec doute, dans la famille des Myoporinées, Prodr. Fl. Nouv.-Holl., et l'a restitué ensuite aux Verbénacées (Gen. re-

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marks). Il présente un calice à cinq divisions égales, munies extérieurement de trois bractées écailleuses; une corolle monopétale dont le tube est court et campanulé, le limbe à quatre divisions étalées et légèrement inégales. Il y a quatre étamines inégales, ou quelquefois cinq, suivant Adanson qui nomme ce genre Upata. L'ovaire à deux loges, contenant chacune deux ovules pendans, est surmonté d'un style court que terminent deux stigmates aigus. Il se change en une capsule bivalve, renfermant une seule graine. Celle-ci se redresse après la fécondation, et commence à germer dans son intérieur; elle est destituée de périsperme; ses cotylédons à deux lobes sont repliés sur eux-mêmes, ce que Jacquin et les auteurs qui l'ont suivi exprimaient par un embryon composé de quatre lamelles charnues; sa radicule est infère et barbue.

L'Avicennia comprend trois espèces d'Arbres, et Jussieu croit devoir y rapporter de plus le Guapira d'Aublet et l'Halodendron d'Aubert Du Petit-Thouars. V. ces mots. La plus anciennement et plus généralement connue est l'Avicennia tomentosa, L.; A. africana, Beauv. Fl. d'Ow. t. 47; A. resinifera, Forst. Willd.; Racua torrida, Gmel.; Rack de Bruce qui l'a figuré dans son Voyage en Abyssinie pl. 44; Sceura marina Forskahl, etc.... Cette synonymie compliquée vient sans doute de la diversité des pays où l'on retrouve ces Arbres qui croissent sur les rivages et à demi dans l'eau, comme les Mangliers, de sorte que leurs graines, tombant dans la mer, sont portées au loin et disséminées par elle. Leurs racines s'étendent à l'entour, à la distance de six pieds environ, avant de s'enfoncer dans le limon, d'où sortent ensuite de jeunes pousses nombreuses, dressées, nues, à la manière des Asperges. Les feuilles sont opposées, très-entières et persistantes; les fleurs petites, ramassées sur des pédoncules ternés à l'extrémité des rameaux ou à l'aisselle des feuilles supérieures. (A. D. J.)

AVICEPTOLOGIE. OIS. On réunit sous cette dénomination tous les ouvrages qui ont pour but d'enseigner l'art de tendre des piéges aux Oiseaux auxquels on veut faire la chasse, soit qu'on les prenne vivans, soit qu'ils succombent aux divers moyens employés contre eux. Le recueil le plus étendu en ce genre, est, sans contredit, le Dictionnaire économique de Chomel en 2 vol. in-fol., auquel Roger a ajouté un supplément non moins volumineux. Comme il n'entre pas dans le plan de ce Dictionnaire d'y comprendre des détails qui cessent d'appartenir à l'histoire naturelle, il n'a dû qu'indiquer aux naturalistes qui veulent se procurer des Oiseaux en les chassant eux-mêmes, le Dictionnaire de Chomel comme la source la plus abondante de toutes celles où ils pourraient puiser. (DR..Z.)

AVICULARIA. BOT. PHAN. (Gesner.) Syn. de Campanula Speculum, L. (B.)

AVICULE. OIS. Nom proposé dans le Dictionnaire des sciences naturelles pour désigner l'Oiseau-Mouche. (B.)

AVICULE. Avicula. MOLL. Genre de Lamellibranches, de l'ordre des Ostracés dimyaires et de la famille des Aviculés, V. ces mots, institué par Klein (Ostrac. p. 120. § 304). C'est le premier genre de la classe des Diconchœ figuratœ de cet auteur, dans laquelle il plaçait les Coquilles bivalves qui ont plus ou moins de ressemblance avec un autre objet naturel ou artificiel.—La comparaison des Avicules avec l'Hirondelle avait déjà été faite par quelques naturalistes, entre autres par Rumph et par Petiver qui le premier a employé le nom d'Avicule comme dénomination spécifique. Buonanni, Langius et Gualtieri ont désigné ces Coquilles par l'épithète de Conchœ aliformes.—Klein établit ainsi les caractères du genre Avicule: "Cette Conque, étant fermée, dit-il, est semblable aux ailes étendues d'un Oiseau: une omoplate saillante sort du corps qui est oblong

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et rostré. Une autre partie s'étend droit comme une queue large et arrondie. Il sort du sommet un byssus avec lequel l'Animal s'attache, etc."

Ainsi l'on peut trouver aux Avicules une ressemblance avec un Oiseau sous plus d'un aspect. "Sur une base transverse, longue et droite dit Lamarck (An. s. vert. 2e édition), la principale partie de la Coquille s'élève obliquement sous une forme qui approche de celle d'une aile d'Oiseau, et les deux extrémités de cette base se trouvent souvent prolongées, mais inégales, de manière que l'une d'elles semble représenter une queue. Il en résulte qu'en ouvrant les valves sans les écarter, la Coquille offre une ressemblance grossière avec un Oiseau volant. C'est d'après cette considération que j'ai donné le nom d'Avicule aux Coquilles de ce genre, etc."

On voit, par les espèces que Klein rapporte à ce genre, qu'il le circonscrit comme Lamarck, n'y plaçant point les Coquilles dont ce savant a fait depuis les genres Marteau et Pintadine. Toutes ces Coquilles réunies composent le genre Hironde, Avicula de Bruguière (Encyclop. méth. pl. 77) ainsi adopté par Cuvier (Tabl. élem. p. 422), qui changea le nom français en celui d'Aronde. Il fut de nouveau considéré sous le même point de vue que Bruguière par Duvernoy (Dict. des sc. nat. art. Aronde) qui le partagea en deux sous-genres, le premier pour les Avicules et les Pintadines; le second pour les Marteaux. On voit que les noms d'HIRONDE et d'ARONDE, V. ces mots, tiraient aussi leur origine de l'analogie des Coquilles avec l'Hirondelle, nom vulgaire donné à une des espèces de ce genre. — Lamarck, en adoptant l'ancien nom d'Avicule, donné par Klein, sépara d'abord des Hirondes de Bruguière les Marteaux (V. Mém. de la soc. d'Hist. nat. de Paris). Postérieurement il en a distrait les Pintadines (Anim. s. vert., 2e édit.). C'est ainsi limité, que Blainville a décrit oe genre (Dict. des sc. nat.).

Linné a confondu toutes les Avicules de Lamarck, qu'il connaissait, en une seule espèce de son genre Mytilus, le Mytilus Hirundo. Dillwyn en a fait à peu près autant. Megerle ne paraît pas avoir distinguéles Avicules du genre Mytilus, ou de son genre Margaritiphora (Pintadine de Lamarck); mais Ocken en a fait le genre Anonica (Lehrb. der zool. p. 830), dans lequel il paraît ne comprendre que les Avicules de Lamarck, dont il aurait bien fait d'adopter le nom plutôt que d'en créer un nouveau.

Nous devons examiner, avant d'aller plus loin, les raisons de la divergence qui règne chez les naturalistes, au sujet des Aviçules et des genres qu'on y réunit ou qu'on en a séparés. Généralement on voit que les observateurs modernes, depuis Linné, se sont accordés à les séparer des Mytilus. Les belles anatomies de Poli ne laissent aucun doute au sujet de la nécessité de cette séparation, et ces deux genres ne font même pas partie du même ordre, les Moules étant rangées dans l'ordre des Mytilacés. Quant à la séparation des Marteaux, Malleus, l'exemple de Cuvier, Lamarck, Blainville et Ocken, est une autorité que nous évoquons d'abord; ensuite nous observerons que ces deux genres nous ont paru assez distincts pour être placés dans des familles séparées, les Marteaux faisant partie des Ostraces monomyaires, et les Avicules des Ostracés dimyaires, le muscle transverse antérieur, quoique très-petit, étant déjà visible. Mais Cuvier, ainsi que Lamarck l'a fait long-temps, laisse les Pintadines avec les Avicules, et, en effet, nous ne voyons aucune raison un peu plausible pour les séparer. Une différence de forme générale, assez prononcée dans quelques espèces, est le seul motifque Lamarck apporte pour cette séparation effectuée depuis long-temps, comme nous l'avons dit, par Megerle, sous le nom de Margaritiphora et sous celui de Margarita par Leach. — C'est avec

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doute, d'après les raisons précédentes, que nous avons porté le genre Pintadine dans nos Tableaux de la classification des Lamellibranches, et nous croyons qu'il convient de réunir ces deux genres ainsi que nous allons le faire.

Poli a donné une belle description anatomique d'une Avicule, accompagnée de figures (Test. T. II. p. 221. pl. 32), à laquelle nous renvoyons. Il place l'èspèce qu'il a observée dans son genre Glaucus dont il appelle la Coquille Glaucoderma, avec les Ostrea Lima et glacialis de Linné, qui forment actuellement le genre Lime. Dans le principe, Poli avait laissé cette Avicule parmi les Mytilus, Callitrichoderma (V. T. II. p. 222); depuis, il l'a réuni aux Limes pour former le genre Glaucus. Nous imitons Cuvier en n'adoptant pas cette réunion, les Limes étant, sous les rapports naturels, plus rapprochées des Peignes qui font partie des Ostracés monomyaires. V. OSTRACÉS et AVICULÉS.

Les Avicules ont un petit pied que Poli a décrit sous le nom de trachée abdominale, n'en reconnaissant pas l'analogie avec le pied des autres Lamellibranches. Ce pied est creusé en gouttière, comme celui de tous les Byssifères. A la base se trouve l'origine du byssus qui est grossier et robuste, et avec lequel elles s'attachent aux autres corps marins.

Les Avicules, proprement dites sont communes dans la Méditerranée et dans les mers des Indes et de la Nouvelle-Hollande. On les mange comme les Moules. Les Coquilles de ce genre sont fort remarquables, comme on a pu le voir dans ce que nous avons dit, par leur forme bizarre. Elles ressemblent singulièrement aux Hyries, Coquilles d'eau douce, voisines des Mulettes. Leur contour est irrégulier, leurs valves sont généralement mal closes et un peu bâillantes vers les crochets. Plusieurs sont belles et ornées de couleurs brillantes en dehors. Toutes sont d'un nacré magnifique en dedans. Parmi les Pintadines dont nous ne faisons qu'un sous-genre des Avicules, se trouve la Coquille célèbre, connue sous le nom de Mère-Perle, dont on travaille la Nacre, et qui fournit ces Perles orientales si recherchées et si précieuses, dont la pêche se fait par des plongeurs, surtout à Ceylan, au cap Comorin et dans le golfe Persique. V. le mot PERLE où nous parlerons de cette riche production qui, n'étant pas particulière à cette espèce, nous fournira des considérations plus générales.

Voici les caractères génériques des Avicules: Coquille inéquivalve, inéquilatérale, bâillant souvent sur ses bords, généralement mince et fragile, souvent écailleuse au dehors; bord cardinal rectiligne, souvent allongé en ailes par ses extrémités; une échancrure ou un sinus à la valve gauche ou à la base des crochets pour le passage du byssus; crochets obliques, petits, non saillans; charnière linéaire, munie le plus souvent d'une dent peu saillante sur chaque valve, sous les crochets; ligament étroit, allongé, inséré dans une facette marginale, souvent étroite, et formant un canal.

Ier Sous-genre. AVICULE, Avicula, Klein, Lamarck, Blainville; Hironde, Avicula, Bruguière; Aronde, Avicula, Cuvier, Duvernoy; Anonica, Ocken; Glaucus, Glocoderma, Poli; Mytilus, Linné.

Les espèces de ce sous-genre ont une dent à la charnière, quelquefois deux sur la valve gauche; une forme irrégulière par le grand prolongement du bord cardinal, au côté postérieur, et l'obliquité des crochets; l'échancrure, pour le passage du byssus, a lieu aux dépens de la valve gauche. — 1. A. macroptera, Lam. An. s. vert., 2e édit. t. 6. 2e part. p. 147. sp. 1. hab.? — 2. A. lotorium, Lam. loc. cit. sp. 2. ? Ce n'est peut-être qu'une variété de la précédente, vulg. la Baignoire cuivrée, le Pinguin, etc. hab.? — 3. A. crocea, Lam. loc. cit. sp. 6. Av. sinensis, Leach., Miscel.

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zool. 2. pl. 38 f. 1? hab. les Grandes-Indes. — 4. A. costellata, Lam. sp. II. vulg. Aile de Corbeau pendante, Mytilus Ala Corvi, Chemnitz et Dillwyn. Hab. les îles de la mer du Sud. Voyez, pour les autres espèces, Lamarck, loc. cit. et Chemnitz, t. VIII. tab. 80, 720, 721; tab. 81; tab. 171. f. 1672; tab 205, f. 2018, 2019, 2025, 2026. Leach, Misc. zool. tom. 1, p. 86 et 98, et Poli, loc. cit. Le Mytilus Hirundo était vulgairement connu sous le nom de l'Ailée par les marchands; mais ce nom s'applique actuellement à plusieurs espèces distinctes.

Espèces fossiles. Av. fragilis, Defrance (Dict. des Sc. nat., t. 3; p. 141). De Grignon. — Av. antiqua, Defrance, loc. cit. Trouvée avec des Bélemnites et des Gryphites dans le Cotentin.—Av. media, Sowerby, Min. conch. tom. 1. tab. 2. D'Highgate, en Angleterre.

IIe Sous-genre. PINTADINE, Meleagrina, Lamarck; Margaritiphora, Megerle; Margarita, Leach, Blainville; Avicula, Cuvier, Duvernoy, Mytilus, Linné.

Les Pintadines se distinguent par une forme plus régulière, sans prolongement ailé. Elles sont très-écailleuses à l'extérieur. La valve gauche a plutôt un sinus qu'une échancrure pour le passage du byssus. Nous n'en connaissons encore complétement que deux espèces, et la plus célèbre est l'Avicula margaritifera, Lam. Mytilus margaritiferus, Linné, Chemnitz, Conch. 8. t. 80 f. 717—719, à laquelle Lamarck rapporte les Av. sinensis et radiata de Leach, Misc. zool. 1. pl. 43 et 48, qui nous paraissent un peu différentes.

Cette importante Coquille, connue vulgairement sous le nom de Mère-Perle, Mater unionum des anciens, ou Concha indica margaritifera, était appelée par les pêcheurs indiens Berberi, au rapport d'Athénée. Une variété de cette Coquille a été nommée Pintade par les amateurs.

Selon Aldrovande, on en mange l'Animal cuit ou même cru dans les Indes. Les Chinois, comme l'on sait, gravent sur les valves de cette Coquille, des fleurs ou d'autres figures, et elles sont employées par les tablettiers, les éventaillistes et pour la bijouterie. V. NACRE DE PERLE. Elle habite Ceylan, le golfe Persique, le cap Comorin, les mers de la Nouvelle-Hollande, et, à ce que l'on dit, le golfe du Mexique. Ainsi, par sa Nacre et les Perles qu'elle produit, cette Coquille peut être mise au rang des productions précieuses de la nature.

Plusieurs belles espèces de ce genre sont gravées dans la Description de l'Egypte, pl. 11; mais le texte n'ayant pas paru, nous ne pouvons encore les citer. (F.)

AVICULÉS. MOLL. Cinquième famille de l'ordre des Ostracés, la première des Ostracés Dimyaires, dans laquelle nous réunissons les genres CRENATULE, AVICULE, JAMBONNEAU, V. ces mots et OSTRACÉS, où nous donnons les caractères de cette famille, comparés à ceux des autres familles de cet ordre. Le dernier de ces genres, le Jambonueau, fait partie de la famille des Mytilacés dans le système de Lamarck; les deux premiers, Crénatule et Avicule, sont placés, par ce savant célèbre, dans celle des Malléacés. (F.)

AVIGNON. MOLL. V. AVAGNON.

AVI-HI-AVI. BOT. PHAN. (Commerson.) Nom de pays d'une espèce de Dillenia de Madagascar. (B.)

AVILA. BOT. PHAN. Syn. de Feuillea scandens, L. chez les Caraïbes. V. NHANDIROBE. (B.)

AVILLONS. OIS. Vieux noms des doigts postérieurs des Oiseaux de proie. (B.)

AVINGURSAK. OIS. (Othon Fabricius.) Syn. groënlandais de Parus bicolor, L. V. MÉSANGE. (B.)

AVIOSA. REPT. OPH. Syn de Boa Devin. V. BOA. (B.)

AVIRONS. INS. Nom sous lequel on a désigné les pates aplaties de

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certains Coléoptères nageurs. V. PATES. (AUD.)

AVOCAT. BOT. PHAN. Fruit de l'Avocatier. (B.)

AVOCATIER. BOT. PHAN. V. LAURIER. (B.)

AVOCETTE. OIS. Recurvirostra, Linn. Genre de l'ordre des Gralles qui ont un doigt en arrière. Caractères: bec très-long, grêle, faible, déprimé dans toute sa longueur, la pointe flexible, se recourbant en haut; mandibule supérieure sillonnée à sa surface; mandibule inférieure sillonnée latéralement; narines linéaires, longues, placées à la base du bec; pieds grêles, longs; trois doigts devant réunis jusqu'à la seconde articulation par une membrane découpée; un presque derrière s'articulant très-haut sur le tarse; cuisses à demi-nues; ailes acuminées; la première rémige la plus longue.

La conformation du bec, toute particulière dans les Avocettes, suffit pour empêcher que l'on ne confonde ces Oiseaux avec ceux d'aucun autre genre; car bien que quelques Barges ayent aussi cet organe recourbé dans le même sens que l'Avocette, la courbure est à peine sensible, tandis que, dans celle-ci, elle décrit, de la pointe à la base, une espèce de croissant, dont les deux extrémités sont tournées vers le ciel. Ce bec a si peu de consistance versla pointe qu'il ressemble à une fine languette membraneuse; et, néanmoins, l'Oiseau l'enfonce assez profondément dans la vase pour y aller chercher les Vers et les Larves, dont, ainsi que du frai de Poisson, il forme sa nourriture. Son humeur est assez sauvage; il ne se laisse approcher que par surprise; et alors il s'échappe aussi en frappant l'air d'un petit cri de terreur. On a vu des Avocettes, quoique blessées par le chasseur, se dérober à ses poursuites, en nageant avec beaucoup de vitesse et de légèreté. Elle fait sa ponte dans le sable ou la vase durcie du rivage; elle choisit un endroit creux, et y dépose deux ou trois œufs verdâtres tachetés, sur quelques brins d'herbe dont elle a préalablement garni le trou. Ces œufs sont recherchés par les riverains comme un mets agréable; on les préfère même aux œufs du Vanneau. On ne connaît encore que quatre espèces d'Avocettes.

L'AVOCETTE A NUQUE NOIRE, Buff. pl. enlum. 353; Recurvirostra Avocetta, Gmel., Lath., a tout le plumage d'un blanc parfait, à l'exception du haut de la tête, de la partie postérieure du cou, des scapulaires, des moyennes tectrices alaires et des rémiges qui sont noires; le bec est noir; l'iris brun et les pieds couleur de plomb: sa longueur est de dix-sept pouces et demi. Les jeunes ont le noir nuancé de brun. Elle habite de préférence les parties septentrionales de l'Europe; on en a pris en Egypte et au cap de Bonne - Espérance.

L'AVOCETTE ISABELLE, Recurvirostra americana, Lath. Tête, cou, dos et poitrine d'un fauve-isabelle; face blanchâtre; milieu du dos et scapulaires noirs; rectrices et quelques rémiges cendrées; même taille que la précédente. Elle habite l'Amérique septentrionale.

L'AVOCETTE A COU MARRON, Recurvirostra rubricollis, Temm.; Avocette de la Nouvelle-Hollande, Vieill. Face, tête et partie supérieure du cou de couleur marron; parties inférieures, dos et queue d'un blanc pur; une large bande noire sur les scapulaires, dernières rémiges de cette couleur, un peu moins grandes que les précédentes. De l'Australasie.

L'AVOCETTE ORIENTALE, Recurvirostra orientalis, Cuv. D'un blanc pur avec les ailes et les scapulaires noires; la queue cendrée; les pieds jaunes et le bec noir; taille des précédentes. Des Indes.

L'Avocette blanche de la baie d'Hudson, Recurvirostra alba, Lin., Lath. est une Barge. V. ce mot. (DR..Z.)

AVOINE. Avena. BOT. PHAN. Genre

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de la famille des Graminées, de la Triandrie Digynie, L. Les différens agrostographes modernes ont successivement modifié les caractères du genre Avena de Linné, auquel ils ont tour à tour ajouté des espèces, d'abord placées dans d'autres genres, ou dont ils ont distrait quelques autres espèces qui sont devenues les types de plusicurs genres nouveaux. Ainsi, Persoon (Synopsis Plantarum) a fait un genre Trisetum de toutes les espèces dont la lépicène n'est pas plus longue que les fleurs, dont la valve inférieure est terminée à son sommet par deux petites soies, et qui offre sur son dos, un peu au-dessus de son milieu, une arète herbacée et flexueuse. Beauvois, dans son Agrostographie, a adopté le genre établi par Persoon, et en a créé deux nouveaux, savoir: Arrhenathetum qui contient les espèces à fleurs polygames et à épillets biflores, et Gaudinia pour les espèces dont l'axe est simple, et dont les épillets sont distiques; enfin Trinius (Fundam. agrost.) adopte le genre Arrhenatherum de Beauvois, et réunit, sous le nom d'Avena, les genres Gaudinia, Trisetum et toutes les espèces d'Aïra de Linné, conservées sous ce nom par les auteurs modernes, restituant le nom d'Aïra aux espèces dont Persoon a fait son genre Kœleria. Nous ne partageons point entièrement l'opinion du savant agrostographe de Vienne; et au nom de chacun des genres que nous venons de citer, nous ferons connaître les motifs qui nous ont engagés à les adopter ou à les rejeter.

Nous réunirons dans le genre Avena toutes les espèces ayant la lépicène bivalve, renfermant deux ou un plus grand nombre de fleurs, dont la glume porte, sur le dos de sa valve externe, une arète tordue et roulée en spirale. Ainsi caractérisé, le genre Avoine comprendra comme sections les genres: 1° Arrhénathère de Beauvois où nous placerons, comme lui, l'Avena elatior ou fromentale, et la variété de cette Plante dont Thuillier a fait son Avena prœcatoria;Trisetum de Persoon, composé d'un grand nombre d'espèces; entre autres de l'Av. flavescens, Avena Lœfflingii, A. nitida, etc., etc.; 3° Gaudinia renfermant l'Avena fragilis et l'Avena planiculmis.

Parmi les véritables espèces d'Avoines nous mentionnerons:

L'AVOINE CULTIVÉE, A. sativa, L., qui présente un grand nombre de variétés intéressantes pour le cultivateur et l'agronome. Ainsi, on distingue les Avoines en celles d'hiver et celles de printemps, suivant l'époque où on les sème. La première est généralement plus productive, mais ne réussit bien que dans les provinces où l'hiver n'est pas très-rigoureux.

L'AVOINE NUE, Avena nuda, L., qui se distingue principalement de la première par ses fruits nus et non-enveloppés dans les valves de la glume.

L'AVOINE D'ORIENT, Avena orientalis, Willd. Différente des deux espèces précédentes par ses fleurs disposées en panicule unilatérale.

Ces trois espèces servent indistinctement à la nourriture des chevaux dans presque toute l'Europe tempérée; dans les pays méridionaux on lui substitue l'orge. Le peuple des campagnes se nourrit également avec cette Plante céréale. Le gruau d'Avoine, dont on fait un si fréquent usage en médecine, et avec lequel on prépare de très-bons potages, se fait en écrasant entre deux meules un peu écartées les graines de l'Avoine, et surtout de l'Avoine nue. Par ce procédé, on les dépouille de leur enveloppe extérieure.

LA FOLLE AVOINE ou AVÉRON, A. fatua, L., se distingue par sa panicule écartée et par ses fruits très-velus à leur base. Elle nuit beaucoup aux moissons en étouffant toutes les Plantes qui croissent dans son voisinage. On la détruit, soit en labourant de nouveau avant qu'elle ait fleuri, soit en transformant le champ en une prairie artificielle. Comme elle est annuelle et qu'il lui faut une terre meuble pour se développer, elle ne se reproduit plus. (A. R.)

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On appelle:

AVOINE DES CHIENS, à la Guyane; le Pharus lappulaceus. V. PHARUS.

AVOENE FOLLETTE, dans quelques provinces de la France, l'Avena fatua, L. V. AVOINE.

AVOINE FROMENTALE, l'Avena elatior, L., une des espèces d'Avoines sauvages les plus communes dans nos champs.

AVOINE BULBEUSE, l'Avena prœcatoria de Thuillier, qui avait été considérée par Linné comme une variété de la précédente, et que la forme de ses racines rend si remarquable.

On nomme encore Avoine nue d'automne et de printemps, blanche, de Hongrie, du nord ou unilatérale, brune, noire, rouge, anglaise ou potate-oast, diverses variétés cultivées de l'Avena sativa, L. (B.)

AVOIRA. BOT. PHAN. Même chose qu'Aouara. V ELAIS. (B.)

AVONG-AVONG. BOT. PHAN. Bel Arbre de Madagascar, à tronc simple comme celui d'un Palmier, et qui paraît appartenir au genre Gastonia. V. ce mot. (B.)

* AVORTEMENT. ZOOL. Ce terme n'est exactement applicable qu'aux Mammifères dont les petits, restant plus ou moins long-temps dans la matrice, y passent par l'état de fœtus. Il signifie que le produit de la génération sort du sein de la mère avant l'époque fixée par la nature pour son développement complet. On l'a, par extension, donné au développement incomplet de quelques parties d'un être vivant. C'est ainsi que l'on dit qu'une fleur, un fruit, une graine avortent. V. l'article suivant. On appelle encore quelquefois avortés ou hardés les œufs qui sont pondus sans être revêtus de matière calcaire, et qui n'ont pour enveloppes que leurs seules membranes. Nous ne parlerons ici que du part prématuré. Les causes de ce genre d'avortement sont nombreuses. On compte parmi les plus fréquentes, un développement trop rapide ou trop lent du fœtus, un plus grand nombre de produits que d'ordinaire, ou l'existence avec le fœtus d'une mole, d'un paquet d'Hydatides, le développement irrégulier du fœtus, ce qui donne la classe nombreuse des Acéphales (V. ce mot), de fréquentes hémorragies, des coups, des chutes, des exercices forcés, de violentes commotions, de grands changemens atmosphériques, le repos prolongé ou une position fatigante gardée pendant long-temps, les chagrins, les passions vives. C'est sur la femme surtout qu'agissent ces causes, ce qu'elle doit à son extrême sensibilité: aussi offre-t-elle à elle seule plus d'Avortemens que toutes les femelles des autres espèces de Mammifères ensemble. Après la femme, ce sont les Animaux domestiques qui sont le plus sujets à l'avortement. On l'observe assez souvent chez la Vache, rarement chez la Truie et la Brebis, plus rarement encore chez les Chiennes.

La mère se délivre bien quelquefois sans éprouver d'accident ni de suites fâcheuses, mais souvent aussi ce n'est pas sans danger pour sa vie, ou au moins sans altération dans sa santé, qu'elle met prématurément au jour le produit de la génération. Un abattement général, la chute du ventre, l'affaissement des mamelles et la sécrétion d'une matière séreuse analogue au colostrum, annoncent l'Avortement. Les femmes qui peuvent rendre compte de leur état indiquent de plus un malaise général, elles ressentent des pesanteurs dans les lombes, éprouvent des faiblesses, la face devient pâle, les yeux sont caves et cernés, elles ne sentent plus leur enfant remuer, et elles ont de fréquentes envies d'uriner, ce qui est dû à la pression qu'exerce la matrice affaissée sur le rectum et la vessie. Les douleurs de l'accouchement ne tardent pas à se faire sentir, et le produit est expulsé avec d'autant plus de facilité qu'il est plus près du moment de la conception. L'Avortement est aussi d'autant plus fréquent et d'autant moins dangereux que la mère est moins éloignée des

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premiers jours de la gestation. (PR. D.)

AVORTEMENT. BOT. On désigne en général sous le nom d'Avortement l'acte par lequel un être ou une portion d'être organisé, qui a déjà commencé à prendre quelque accroissement, vient à mourir avant le temps, ou cesse de prendre les développemens que sa nature ordinaire aurait comportés. Dès que ce phénomène est purement accidentel ou déterminé par des causes externes et qui n'ont aucune liaison avec l'organisation générale de l'être sur lequel il s'exerce, l'Avortement offre peu d'intérêt pour l'étude raisonnée des formes organiques: mais il en est tout autrement lorsque le phénomène est déterminé par des causes internes et constantes, et qu'il est par conséquent lié jusqu'à un certain point à un système donné d'organisation; alors il devient partie essentielle de l'étude raisonnée des organes; il détermine et sert à expliquer une partie des anomalies ou des monstruosités; il offre un moyen de démêler des analogies réelles au milieu des disparates quelquefois les plus prononcées. Avant d'établir les conséquences qu'on peut déduire de l'étude théorique des Avortemens, il convient d'abord d'établir les faits par des exemples faciles à vérifier; dans tout cet exposé, nous suivrons les principes que nous avons indiqués dans la Théorie élémentaire de la Botanique (Ed. 2, p. 90 et suiv.), ouvrage dans lequel nous avons traité toute cette partie de la science avec un développement que ne comportent pas les bornes fixées à ce Dictionnaire. Nous n'aurons nullement besoin d'établir que tous les organes des Végétaux ne prennent pas l'accroissement qui leur était destiné dans le plan primitif; ainsi toutes les feuilles, toutes les branches, toutes les graines d'un Arbre ne se développent pas complètement; tant que cet Avortement est accidentel, il n'entre pas dans la série des recherches qui nous occupent ici. Mais il est des cas fréquens où il est évident que l'accident est soumis à des lois fixes: ainsi, par exemple, tout le monde connaît le Marronier d'Inde; qu'on prenne sa fleur, qu'on coupe son ovaire en travers, on y trouvera trois loges et deux ovules, ou jeunes graines, dans chaque loge; qu'on prenne maintenant le fruit de ce même Marronier, on y trouvera au plus trois graines, quelquefois deux, quelquefois une seule; donc, sur les six graines qui existaient dans son ovaire, au moins trois d'entre elles n'ont pas pris de développement. Il est facile de suivre les périodes de cet Avortement de manière à n'avoir aucun doute sur la vérité et la constance du fait. On peut faire la même observation sur le Chêne; tous les ovaires renferment six jeunes graines, et chacun sait assez que le gland n'en contient jamais qu'une seule.

Il en est de même de tous les autres organes des Plantes; ainsi, par exemple, dans presque tous les Arbres il naît un bourgeon à l'aisselle de chaque feuille et un à l'extrémité de chaque branche. Parmi les Arbres à feuilles opposées, tantôt les deux bourgeons axillaires supérieurs grossissent assez pour étouffer le bourgeon latéral, et il en résulte des rameaux bifurqués, comme dans le Lilas, tantôt le bourgeon terminal se développe, et les latéraux avortent, comme dans l'Olivier; parmi les Arbres à feuilles alternes, tantôt le bourgeon axillaire supérieur étouffe le terminal, comme dans le Coudrier, tantôt le terminal se développe seul, comme dans le Chêne.

Si nous observons de la même manière les parties de la fleur, nous voyons l'un des sexes avorter dans le Lychnis dioica et un grand nombre d'autres Plantes, une partie des anthères avorter dans les Albuca, les Pelargonium, etc.

Il résulte de ces faits, qui se présentent très-fréquemment aux observateurs attentifs, que, si l'on s'en tenait strictement à l'examen des organes parvenus à leur maturité ab-

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solue, on n'aurait qu'une idée trèsinexacte du nombre réel de leurs parties; ainsi, pour revenir aux exemples cités plus haut, on comparerait le Chêne aux Arbres qui n'ont qu'une graine, et le Marronier d'Inde à ceux qui en ont deux, tandis qu'il est évident que ces nombres sont accidentels, que l'état primitif de ces fruits est d'avoir trois loges et six graines, et que, par conséquent, c'est avec les Végétaux dont les fruits sont triloculaires et hexaspermes, que le Chêne ou le Marronier doivent être comparés; on tomberait dans la même erreur si l'on voulait assimiler l'Albuca aux Plantes qui n'ont que trois étamines, ou le Pélargonium à celles qui en ont sept, tandis que leurs vraies analogies sont avec celles à six et dix étamines.

L'observation des avortemens est facile lorsque les organes ont déjà pris avant cette époque assez de développemèns pour qu'on puisse les reconnaître d'une manière positive; mais il n'en est pas toujours ainsi, et, dans plusieurs cas, l'Avortement a lieu de si bonne heure que l'organe est encore peu reconnaissable, quelquefois même il s'opère avant que cet organe soit visible pour nos sens. Comment, dans ces derniers cas, pouvoir distinguer si l'organe qu'on examine manque par suite d'un Avortement trèsprécoce ou par la nature propre de l'être dont il s'agit? Nous avons deux caractères pour décider cette question, savoir l'analogie des formes et l'observation des monstruosités.

L'analogie est la méthode la moins sûre, mais la plus générale; elle consiste à comparer l'état dans lequel on soupçonne un Avortement avec ceux qui appartiennent à la même famille ou au même système d'organisation; lorsque ces rapprochemens sont faits avec exactitude, on ne tarde pas à démêler la vraie nature des organes restés en rudiment, ou même à deviner l'existence primitive de ceux qui ne sont pas développés; ainsi, par exemple, sil'on compare l'Albuca avec les Ornithogales et les autres Asphodélées, nous ne tardons pas à reconnaître par la force de l'analogie que les trois filets qui ne portent point d'anthères sont de nature analogue à ceux qui en portent. Si nous comparons une fleur d'Antirrhinum ou de Celsia avec une fleur de Verbascum, nous sommes de même conduits à penser que le filet stérile qui se trouve dans leur fleur est une étamine avortée. Ces raisonnemens d'analogie sont toujours guidés par la considération de l'insertion des organes qu'on étudie: c'est la place d'un organe qui, dans le Règne Végétal, nous fait presque toujours reconnaître sa véritable nature; ainsi, pour ne pas quitter les exemples que nous avons choisis, nous reconnaissons la nature des étamines stériles des Albuca ou de l'Antirrhinum non-seulement parce que ces organes sont analogues à ceux des Plantes analogues où ils n'ont pas avorté, mais encore parce qu'ils sont placés dans la fleur même que nous étudions, comme le sont les étamines entièrement développées. Ainsi dans l'Albuca les filets stériles sont situés devant les pièces de la fleur et adhérens à leur base comme les étamines fertiles.

L'analogie nous guide encore sous un troisième rapport assez essentiel, c'est qu'elle nous apprend que presque toutes, peut-être toutes les Plantes ont une sorte de symétrie ou de régularité, de sorte que lorsque cette symétrie est dérangée par le non-développement d'un organe, sa place, en restant vacante, nous indique qu'il avait existé dans le plan primitif; ainsi les Géraniées ont en général deux fois plus d'étamines que de pétales, et par conséquent, quand nous n'en comptons que sept dans le Pelargonium, nous pouvons supposer qu'il y en a trois avortées. Les Légumineuses ont autant de pétales que de pièces aù calice; et quand nous n'en trouvons que trois ou quatre dans l'Erythryna, nous devons supposer qu'un ou deux pétales ont avorté.

Enfin, nous pouvons encore être conduits à la découverte des Avorte-

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mens par des analogies d'un ordre plus relevé; ainsi nous voyons en général que toutes les parties des fleurs sont disposées en rangées symétriques autour d'un axe, soit réel, soit idéal: lorsqu'il manque quelques parties d'une rangée, la disposition des parties restantes est altérée de manière à faire apercevoir l'aberration; ainsi par exemple, la position un peu excentrique et latérale de certains fruits prouve qu'il y a eu Avortement, et que ce que nous prenions à la première vue pour un fruit complet est en réalité un carpelle restant seul après l'avortement des autres; ainsi le fruit du Delphinium Consolida est réduit à l'unité par l'Avortement des autres qu'on voit encore dans la plupart des espèces du genre: ainsi les gousses de presque toutes les Légumineuses indiquent par leur position l'Avortement habituel d'un et peut - être de plusieurs autres carpelles.

Mais les diverses classes d'analogie que je viens d'indiquer, ne peuvent elles-mêmes conduire à des démonstrations rigoureuses que par des idées théoriques peut-être encore un peu contestables; la vérification de chacune des lois fondées sur l'analogie s'établit graduellement par l'étude des monstruosités; sous ce nom nous confondons en général tout ce quis sort de l'état habituel des êtres; sur le nombre des cas, il en est plusieurs qui ne sont que des retours de la nature vers l'ordre symétrique; ainsi, pour suivre les mêmes exemples dont je me suis servi, si les six ovules du Marronier ou du Chêne venaient à se développer à la fois, nous dirions que le marron ou le glandi à six graines est une monstruosité, tandis, qùe-ce sont réellement les marrons ou les glands monospermes qui mériteraient ce nom. Dans ce que nous appelons donc l'état monstrueux ou anomal, il arrive que certains organes ordinairement avortés se développent au point de revêtir leur forme réelle; ainsi, par exemple, le cinquième filet stérile de l'Antirrhinum se développe en une véritable étamine fertile dans l'accident connu sous le nom de Péloria; ainsi les cornets pétaloïdes des Ancolies et de quelques autres Renonculacées ont été reconnus pour des développemens des anthères, parce qu'on a trouvé des anthères à moitié changées en cornets; ainsi la manière dont se composent les fleurs qui doublent dans les jardins prouve que les pétales sont des filets d'étamines dilatés; ainsi l'exemple de quelques composées où l'aigrette se transforme en folioles, confirme l'opinion que cet organe est réellement le limbe du calice; ainsi l'exemple de quelques Gleditsía et d'autres Légumineuses à deux gousses, confirme l'opinion déjà soupçonnée d'après leur structure, que ces fleurs ne sont réduites à un seul carpelle que par l'avortement des autres. L'étude des monstruosités bien dirigée confirme donc les lois déduites de l'analogie, et il est difficile de ne pas donner chaque jour plus d'importance à ces dernières, lorsqu'on les voit chaque jour aussi vérifiées par des faits inattendus, qui semblaient sortir des lois communes, et qui en deviennent, au contraire, les confirmations les plus précieuses.

Les avortemens produisent des effets très-divers en apparence, selon qu'on examine ou l'organe sur lequel ils s'exercent, ou les organes voisins. L'organe avorté ou rudimentaire peut ou être complètement absent, au moins à l'époque du développement complet, et alors il semble qu'il manque dans la symétrie générale; ou bien il en existe encore un rudiment plus ou moins développé qui en occupe la place et en indique l'existence. Ce rudiment peut encore se présenter sous des formes diverses: tantôt, en effet, il diffère peu de la forme naturelle à l'organe; mais il est seulement réduit à de très-petites dimensions, c'est ce qui a lieu, par exemple, pour la cinquième étamine avortée des Antirrhinums. D'autres fois l'organe, en avortant, prend une

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forme si différente de sa forme ordinaire, qu'on a peine à le reconnaître, quand on n'est pas guidé par une longue série d'observations analogues. Nous traiterons à part ce phénomène au mot dégénérescences des organes; nous nous bornons ici à ce qui est plus particulier aux avortemens proprement dits.

Si nous considérons leur influence sur les organes voisins, nous verrons qu'elle est aussi de quelque importance; ces organes voisins prennent dans presque tous les cas un accroissement d'autant plus grand que l'avortement des autres a été plus complet. Ainsi, dans les cas purement accidentels, l'avortement ou l'enlèvement des fruits ou des branches fait grossir les fruits ou les rameaux restans. De même, dans les avortemens organiques, nous voyons les pétales grandir quand les étamines avortent, les étamines fertiles se développer beaucoup quand quelques-unes d'entre elles ont avorté, les pétioles des Acacies hétérophylles grandir et s'élargir quand les folioles manquent, etc. On conçoit assez bien que dans ces divers cas les organes restans profitent des sucs qui auraient dû se distribuer aux organes avortés, et prennent un accroissement proportionné à cette augmentation de nourriture; il est vrai qu'on pourrait dire avec la même apparence de raison que l'accroissement exagéré d'un organe, enlevant les sucs aux organes voisins, les fait avorter en tout ou partie. Quelle que soit celle de ces deux opinions qui, dans chaque cas particulier, est véritable, il n'est pas moins digne de remarque que les deux faits sont habituellement concomitans.

Les causes des avortemens accidentels sont simples à concevoir, et tellement variées qu'elles ne valent guère la peine d'être énumérées. Celles des avortemens permanens sont plus obscures sans doute, mais quelques-unes sont déjà assez évidentes pour faire comprendre qu'il sera possible de les analyser un jour plus complètement. Ainsi, par exemple, dans l'avortement des graines et des loges des fruits, il est probable que l'une des causes qui le détermine est la diversité de l'époque de la fécondation; les divers stigmates ne reçoivent pas en même temps l'action de la poussière fécondante. Les graines qui sont douées les premières du mouvement vital, grossissent et étouffent leurs voisines; les avortemens doivent être fréquens dans les Plantes où l'accroissement de la graine commence immédiatement après la fécondation. Ils doivent être d'autant plus rares que l'accroissement de la graine fécondée s'opère plus lentement, ou que la fécondation a lieu à la fois sur toutes les orifices béantes du stigmate.

Certaines parties des Fleurs sont naturellement placées de manière que les vaisseaux qui doivent les nourrir sont obstrués par la pression que les parties voisines exercent sur eux: ainsi, nous voyons que dans les fleurs situées latéralement par rapport à la tige ou branche qui les porte, c'est toujours du côté le plus voisin de l'axe que l'avortement a lieu, et du côté extérieur que le plus grand développement s'opère; ainsi, dans les Labiées et les Personées, l'étamine qui avorte est celle qui est du côté de la tige, c'est-à-dire qui, dans la position naturelle de la fleur, est à son côté supérieur. Dans les Légumineuses, l'ovaire qui subsiste est celui qui, dans la position naturelle, est au côté inférieur ou extérieur de la fleur. Cette observation peut, dans quelques cas, aider à reconnaître quelle est la véritable situation naturelle des fleurs, et s'il y a eu torsion du pédicelle ou de la Fleur elle-même. Nous voyons, par opposition à la loi que je viens d'indiquer, qu'il n'y a presque jamais d'avortemens ni d'irrégularités de grandeur dans les fleurs qui sont droites, terminales et solitaires, et où par conséquent les parties sont toutes également disposées relativement à l'axe.

La théorie des avortemens prédisposés ou habituels est une des bases

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fondamentales de l'étude raisonnée des rapports naturels; et, en changeant les exemples cités plus haut, elle s'applique aussi à l'étude de la classification naturelle du Règne Animal. C'est au moyen de cette théorie qu'on peut se rendre raison de la ressemblance réelle d'un grand nombre d'êtres qui diffèrent cependant entre eux par la présence ou l'absence de certains organes importans; aussi voyons-nous que ceux même qui ont paru l'attaquer dans sa généralité sont perpétuellement obligés de l'adopter dès qu'ils veulent décrire avec exactitude ou classer une Plante dans sa famille naturelle. Sans doute elle a besoin, comme toutes les théories qui sont fondées, non sur une loi unique, mais sur un ensemble de faits, d'être appliquée avec prudence et circonspection; sans doute, il ne faut pas avoir la prétention de tirer des conséquences d'après des faits trop peu nombreux ou d'après des comparaisons déduites de familles trop éloignées; mais lorsqu'elle est employée par de vrais naturalistes, c'est-à-dire par des hommes accoutumés à se servir des lois de l'analogie, nous ne craignons pas n'avancer qu'elle est la base de la classification naturelle et l'un des meilleurs moyens de guider l'observateur dans la recherche de la symétrie des Plantes et dans la découverte de leurs organes les plus minutieux. (D. C..E.)

AWAOU. POIS. Syn. de Gobius ocellaris, Gmel. V. GOBIE. (B.)

AWATCHA. OIS. Espèce de Fauvette du Kamtschatka, Motacilla Awatcha. Gmel. (DR..Z.)

AWAVU. POIS. Broussonnet, Dec. ichthyol. Double emploi d'Awaou. V. ce mot. (B.)

AXE. MOLL. V. COQUILLE.

AXE. BOT. PHAN. Allongement du pédoncule qui supporte les fleurs. Ce nom devrait être réservé pour l'Epi. Il est simple ou divisé, droit ou flexueux, continu ou articulé, linéaire, membraneux, charnu dans l'Ananas, et se remarque le plus souvent dans l'inflorescence des Graminées et des Cypéroïdes. L'Axe se nomme quelquefois RACHIS, particulièrement dans les Palmiers et dans toutes sortes de panicules. Willdenow emploie ce mot de Rachis pour désigner le pétiole ou stipe des Fougères.

On a encore employé le mot AXE pour désigner une ligne idéale qui est censée aller de la base au sommet du fruit, et le long de laquelle seraient les points d'attache des graines. C'est la Columelle de Mirbel, Columen de Tournefort. (B.)

AXE. MIN. V. CRISTALLISATION.

AXERAS. BOT. PHAN. (Daléchamp.) Syn. d'Asphodèle chez les Arabes. (B.)

* AXI. BOT. PHAN. (Pomet.) L'un des anciens noms du Piment. (B.)

AXIA. BOT. PHAN. Arbrisseau de la Cochinchine, dont la tige rameuse et noueuse s'élève à deux pieds, dont les feuilles sont opposées et inégales, les fleurs petites et disposées en grappes terminales. Ces fleurs présentent un involucre de trois folioles courtes, inégales et caduques; un calice monosépale, campanulé, dont le limbe se divise en dix lobes arrondis et égaux. Les étamines sont au nombre de trois, à filets menus aussi longs que le calice, à anthères didymes. L'ovaire, infère ou couvert par le calice, est surmonté d'un style filiforme de la longueur des étamines, que termine un stigmate légèrement renflé. Le fruit, dont la surface est sillonnée et velue, est pseudosperme, c'est-à-dire, simule une graine nue. Tels sont les caractères qu'on peut assigner à ce genre, d'après la description de Loureiro qui l'a établi. Cet auteur a indiqué son affinité d'une part avec les Valérianes, de l'autre avec le Boerhaavia. L'Axia doit se rapprocher des premières, si son calice est supère en effet; mais s'il est infère, il doit prendre place dans les Nyctaginées auprès du second de ces genres, analogie que confirme l'existence d'un fruit pseudosperme sillonné, d'une

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tige ligneuse et de feuilles inégales. — Son nom est dû à ses vertus qui le rendent aussi précieux aux médecins cochinchinois, que l'est à la Chine la fameuse racine de Gin-seng. (A. D. J.)

AXIE. Axius. CRUST. Genre de l'ordre des Décapodes établi par Leach (Trans. Linn. Soc. T. XI), et offrant pour caractère principal: les quatre pieds antérieurs terminés en pince didactyle, et les suivans onguiculés. Latreille (Règne Anim. de Cuv. p. 34) réunit ce genre à celui des Thalassines, lequel appartient à la famille des Décapodes Macroures, section des Homards. Une espèce nommée par Leach Axius Stirynchus, et décrite par lui, (loc. cit. p. 343) sert de type à ce nouveau genre. Elle a été trouvée sur les côtes d'Angleterre. V. THALASSINE. (AUD.)

* AXIMÈDE. Aximedia. MOLL. Rafinesque, dont les découvertes dans la vallée de l'Ohio, ont prodigieusement augmenté le nombre connu des Coquilles bivalves fluviatiles, a publié, dans les Annales générales des Sciences physiques (T. V. p. 257), une monographie de ces Coquilles, dans laquelle il les divise en coupes nombreuses. Le genre Mulette, tel que Rafinesque le limite, est partagé, dans cette monographie, en plusieurs sous-genres, dont le troisième porte le nom d'Aximède, Aximedia, et auquel il donne les caractères suivans: "Dent lamellaire un peu courbe; axe presque médian; valves presque équilatérales."

N'ayant pu trouver dans les Mulettes, telles qu'elles ont été considérées par Lamarck, aucun caractère suffisant, pour les diviser en plusieurs genres, ainsi que le fait Rafinesque, il s'ensuit que le genre Mulette de ce dernier auteur, n'est pour nous, dans son entier, qu'un sous-genre des Unio, et que par conséquent, si le sous-genre Aximède doit faire une coupe, elle ne serait que d'un degré inférieur au sous-genre. Rafinesque indique, dans les Aximèdes, trois espèces, Unio elliptica, lœvigata et zonalis. Ces espèces sont rares et toutes trois du bassin de l'Ohio. V. MULETTE et PÉDIDIFÈRES. (F.)

* AXIN. Axinus. MOLL. FOSS. Genre établi par Sowerby (Min. Conchol. no 55. p. 11. tab. 314 et 315) pour des Coquilles bivalves à I'état de pétrification, et dont il ne paraît connaître que les Moules. Aussi ce savant propose-t-il ce nouveau genre avec doute. Voici les caractères qu'il lui assigne: "Coquille bivalve, équivalve, transverse; côté antérieur très-court, côté postérieur allongé et tronqué: lunule située près des crochets; charnière composée d'un ligament allongé, implanté dans un sillon."

Sowerby n'espère pas qu'on puisse découvrir l'organisation de la charnière, mais il croit avoir lieu de présumer qu'elle est dépourvue de dents, et que la Coquille était fort mince. Il fait connaître deux espèces, l'Axinus angulatus et l'Axinus obscurus, figurés pl. 315 et 316. — On voit, par ce qui précède, combien ce genre est encore encertain. (F.)

AXINÆA. BOT. PHAN. Genre établi (Prodr. Fl. peruv. p. 57. tab. 12) par Ruiz et Pavon, qui lui assignent les caractères suivans: un calice cyathiforme à cinq dents ou entier au sommet; cinq pétales en forme de doloires insérés au sommet du calice; dix étamines insérées au même point, alternativement plus courtes et plus longues, à anthères oblongues, recourbées, biloculaires, munies d'un éperon et s'ouvrant au sommet par deux pores; un ovaire libre, pentagone, tronqué, surmonté par un style long, subulé et courbe, que termine un stigmate simple et obtus; une capsule entourée par le calice persistant, couronnée par dix petits appendices rayonnans, cinq loges polyspermes qu'indiquent cinq angles, par lesquels elle s'ouvre en autant de valves. — Ce genre comprend deux Arbres du Pérou dont l'un, l'A. purpurea, a des feuilles cordées, à sept nervures, et s'élève à deux toises de hauteur; l'autre,

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l'A. lanceolata, beaucoup plus grand, présente des feuilles ovales lancéolées et quinquenervées. Il arrive souvent que le nombre des différentes parties de la fructification est six ou double de six au lieu de cinq et de dix, et c'est pourquoi les auteurs qui ont suivi le système de Linné l'ont placé dans la Dodécandrie Monogynie, pour ne pas l'éloigner du Blakea avec lequel il a beaucoup d'affinité, n'en différant du reste que par son ovaire libre, ses étamines inégales, non rapprochées, et les appendices de sa capsule. Il appartient à la famille des MELASTOMÉES. V. ce mot. (A. D. J.)

* AXINE. Axina. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, établi par Kirby dans son travail sur la tribu des Clairides (Lin. Soc. trans. T. XII. p. 389), et ayant, selon lui, pour caractères: labre émarginé; lèvre bifide? tous les palpes terminés par un article en forme de hache, les maxillaires de trois articles, les labiaux de deux seulement; antennes en scie; thorax cylindrique; corps un peu déprimé. Ce genre, dans la Méthode de Latreille (Règne Anim. de Cuv.) appartiendrait aux Tilles qui sont raugés dans la grande famille des Clavicornes Kirby pense qu'il doit en être distingué à cause de son labre émarginé, de sa lèvre inférieure bifide, et de ses quatre palpes terminés par un article en forme de hache. Il décrit et figure une espèce (loc. cit. tab. XXI. fig. 6) sous le nom de Axina analis. Elle est originaire du Brésil. V. CLAIRIDES et TILLE. (AUD.)

AXINÉE. Axinœa. MOLL. Dénomination générique adoptée par Poli, (Test. utriusq. Siciliœ. Introd. p. 32) pour distinguer les Mollusques lamellibranches de la famille des Arcacés dont Lamarck a fait depuis (Mém. de la Soc. d'Hist. nat. de Paris) le genre PÉTONCLE. V. ce mot. Le nom d'Axinée s'applique aux Animaux seulement, les Coquilles étant nommées Axinodermes dans la Méthode de nomenclature adoptée par Poli. Cette dénomination vient d'un substantif grec qui signifie hache, et a été appliquée à ces Mollusques à cause de la figure sécuriforme de leurs pieds. Le genre Axinée est l'unique de la cinquième famille des Mollusca subsilientia de Poli. Il lui donne les caractères suivans: point de trachée ou siphon; un pied sécuriforme muni d'une fente transversale; les branchies séparées et libres dans leur partie supérieure. Poli est ainsi le premier qui ait séparé les Pétoncles des Arches. Celles-ci composent le genre Daphné, Daphnoderme de la neuvième famille. V. le mot ARCACÉS où nous donnons l'Histoire de la famille des Arches. Poli cite pour exemple du genre Axinée, les Arca pilosa et Glycimeris de Linné, dont il donne une magnifique anatomie (V. T. II. p. 138. et suiv. et tab. XXV et XXVI), ainsi que l'Arca bimaculata qu'il a fait connaître le premier. V. ARCHE, ARCACÉS et PÉTONCLE. (F.)

* AXING. BOT. PHAN. Syn. de Triticum repens, L. en Suède; on prononce Efsing en Madelpadie. (B.)

AXINITE. MIN. Axinit. Thumerstein. W. Espèce de la classe des substances terreuses, dont le nom signifie corps aminci en forme de tranchant de hache, et fait allusion à l'aspect que présentent ordinairement ses cristaux. Ceux-ci dérivent d'un prisme droit dont la base est un parallélogramme obliquangle de cent un dégrés et demi et soixante-dix-huit degrés et demi. Le rapport des côtés de cette base à la hauteur du prisme est à peu près celui des nombres 5, 4 à 10. La pesanteur spécifique de l'Axinite est d'environ 3, 2. Elle raye le verre. Sa réfraction est simple, du moins à travers une des bases et une face oblique. Brard a observé que certaines des cristaux de cette substance jouissaient de la propriété d'être électriques par la chaleur. Au chalumeau, elle se transforme par une fusion facile, accompagnée de boursouflement, en un verre vert sombre qui noircit à la flamme extérieure. (Berzé-

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lius). L'analyse de l'Axinite de l'Oisans, par Vauquelin, a donné. Silice 44: Chaux 19; Alumine 18; Oxyde de fer 14; Oxyde de Manganèse 45 perte 1; total 100.

Entre les formes régulières déterminées par Haüy, nous citerons les deux suivantes: l'AXINITE ÉQUIVALENTE, qui présente l'aspect d'un prisme hexaèdre à base oblique, dont toutes les faces latérales sont secondaires; et l'AXINITE AMPHIHEXAÈDRE, qui ne diffère de la précédente que par l'addition de deux petites facettes qui naissent sur deux des angles opposés de la forme primitive. Les cristaux de cette dernière variété sont comprimés transversalement, ce qui rétrécit sensiblement les bases.

Les autres variétés de cette substance sont l'Axinite laminiforme allongée, que l'on trouve près de Thum en Saxe, d'oà lui est venu le nom de Thumerstein, et l'Axinite laminaire, de Blankenburg au Hartz. Les cristaux d'Axinite sont les uns verts, et les autres violets, quelques-uns sont mi-partis de vert et de violet. La couleur de l'Axinite violette qui est la plus commune, est due au Manganèse; celle de l'Axinite verte provient d'un mélange de Chlorite. Haüy a remarqué que les cristaux verts avaient en général leur forme exempte de stries et mieux prononcée que celle des violets.

L'Axinite a été trouvée d'abord dans l'Oisans, département de l'Isère, sur un Dïorite abondant en Feldspath, et en partie altéré, qui sert aussi de gangue à des Cristaux de Feldspath, de Quartz, d'Epidote, de Prehnite, et à de l'Asbeste flexible. On l'a découverte également aux Pyrénées, près de Barrèges, dans une roche qui a de l'analogie avec celle de l'Oisans. La même substance se trouve en Saxe, près de Thum, où elle est accompagnée de Fer arsénical; à Blanckenburg, dans le Hartz, où elle est engagée dans une Chaux carbonatée laminaire avec du Talc nacré; et à Konsberg, en Norwège, où elle repose également sur la Chaux carbonatée, à laquelle sont associés le Plomb sulfuré, l'Argent natif et l'Anthracite. (G. DEL.)

* AXINODERME. Axinoderma. MOLL. Dénomination adoptée par Poli pour les Coquilles des Mollusques du genre AXINÉE. V. ce mot. (F.)

AXIRIS. BOT. PHAN. V. AXYRIS.

AXIS. BOT. PHAN. V. ASARATH.

AXIS. MAM. Espèce de Cerf, vulgairement Cerf du Gange, Cervus Axis, L. V. CERF. (B.)

AXNEC. BOT. CRYPT. Syn. de Mousses en arabe. V. USNEC. (B.)

AXOLOTE, AXOLOTL OU AXOLOTT. REPT. BATR. V. TRITON.

AXONGE. ZOOL. Partie la plus blanche et la plus solide de la graisse des Mammifères, qui s'extrait de l'épiploon et de l'abdomen pour les usages domestiques. On nomme plus particulièrement cette graisse Sain-doux, quand elle vient du Porc, et Suif, quand elle vient du Mouton. (DR..Z.)

AXONOPE. BOT. PHAN. Genre de Graminées formé par Palisot de Beauvois (Agrost. p. 12), pour quelques Paspales, mais qui ne diffère point du genre Paspalum par des caractères assez importans pour devoir être maintenu. V. PASPALE. (B.)

AXOQUEN. OIS. (Hernandez.) Espèce de Héron du Mexique, dont on n'a eu jusqu'ici que des descriptions très-inexactes. (DR..Z.)

AXOYATOTOTL. OIS. (Hernandez.) Espèce de Chardonneret du Mexique. (DR..Z.)

AXYRIS. BOT. PHAN. Genre de la famille des Atriplicées. Ses fleurs sont monoïques; les mâles, disposées en chatons, présentent un calice triparti et trois étamines; les femelles, éparses, un calice persistant, à cinq divisions, ou seulement trois, suivant Gmelin, et un ovaire monosperme à deux styles. Ce genre contient trois espèces originaires des contrées septentrionales de l'Asie, à tiges frutescentes ou herbacées, à fleurs axillaires ou terminales. Une quatrième, l'Axyris cera-

TOME II. 8

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toides de Linné, a servi de type à un nouveau genre, l'Eurotia d'Adanson, Ceratospermum de Persoon. V. ce mot. (A. D. J.)

AYA. POIS. (Maregrave.) Espèce brasilienne de Bodian. V. ce mot. (B.)

AYACA. OIS. (Laët.) Syn. de la Spatule rose, Platalea Ajaja, L. V. SPATULE. (DR..Z.)

AYALLA. BOT. PHAN. Arbor versicolor. (Rumph. Amb. T. LXXX.) Arbre peu connu des Moluques, dont la fleur ressemble à celle du Giroflier, dont les feuilles sont opposées et lancéolées, et dont l'écorce, diaprée de riches couleurs, réfléchit, dit-on, les couleurs de l'arc-en-ciel. (B.)

AYALLY. BOT. PHAN. (Nicholson.) Graminée fort commune à Saint-Domingue, mais qu'on ne peut reconnaître sur les vagues indications qui nous en ont été données. (B.)

AYAM. OIS. V. COQ.

AYAMACA OU AYAMAKA. REPT. SAUR. (Barrère.) Nom que porte à Cayenne un grand Lézard qui atteint jusqu'à huit pieds de long, dont la chair est bonne à manger, et qui paraît être une IGUANE. V. ce mot. (B.)

AYAMALA OU AYAMALAR. OIS. Syn. de Coq sauvage, Phasianus Gallus, L. à Java. V. COQ. (DR..Z.)

* AYAM-HAN. OIS. (Temminck.) Perdrix des Moluques. V. PERDRIX. (DR..Z.)

AYA-PANA. BOT. PHAN. Espèce d'Eupatoire, originaire du Brésil, apportée à l'Ile-de-France vers 1800, par le frère du capitaine Baudin; à laquelle le charlatanisme de ce marin et la crédulité de quelques ignorans donnèrent une célébrité ridicule que nous avons attaquée le premier dans notre Voyage aux quatre îles principales de la mer d'Afrique. V. EUPATOIRE. (B.)

AYCURABA. REPT. SAUR. (Ruysch.) Espèce de Lézard indéterminé, qu'on dit avoir la queue triangulaire, originaire du Brésil, et qui pourrait bien être un Ameiva V. ce mot et LÉZARD. (B.)

AYE-AYE. MAM. Sciurus madagascariensis, Gmel. Daubentonia, Geoff. Cheiromys, Cuv., Buff. Sup. t. 7. pl. 68. Schreb. pl. 38. Encycl pl. 22. Genre de Quadrupèdes de l'ordre des Rongeurs. Il est séparé de l'ordre des Quadrumanes, dont on a voulu le rapprocher par plusieurs caractères de première valeur: 1° par la forme du condyle maxillaire dirigé d'arrière en avant, et glissant sur une surface qui n'est terminée, dans aucun de ses sens, par le moindre rebord osseux. (V. la fig. 1re de la 2e pl. T. IV du Règne Animal. de Cuvier.) Cette structure est particulière aux Rongeurs et aux Edentés. 2°. L'existence dans l'Animal adulte d'un interpariétal séparé, qui ne se trouve chez aucun Quadrumane adulte. 3°. L'articulation trèsgrande dé l'intermaxillaire et du frontal qui ne se rencontrent pas chez les Quadrumanes. 4°. L'étendue demicirculaire de l'alvéole de l'incisive inférieure surpassant l'amptitude de cette alvéole dans aucun autre Rongeur, et dont la concavité, comme celle de l'incisive supérieure, contourne le sommet des alvéoles des molaires. 5°. Par l'excessive longueur de la partie post-astragalienne du calcanéum, laquelle forme les deux tiers de la longueur de l'os. Cette disproportion de la partie postérieure du calcanéum à la partie astragalienne est propre aux Rongeurs et aux Édentés coureurs ou sauteurs; les Lièvres, les Écureuils et les Kanguroos. Le rapport de cette proportion dans l'Aye-Aye surpasse le même rapport dans le Kanguroo où il est plus grand que dans tous les autres Mammifères. Cette disposition du calcanéum est précisément l'inverse de celle qui s'observe dans les Makis et les Tarsiers, où c'est au contraire l'apophyse antérieure ou cuboïdienne qui est la plus longue. Le rapport entre l'aire de la section du crâne et l'aire de la section de la face, n'est pas supérieure dans l'Aye-Aye, comme on l'a dit, à ce qu'il est dans la plupart des Sciurus auxquels il ressemble bien plus qu'à aucun Lémurien, par la grandeur de

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l'ethmoïde et de la fosse ethmoïdale. Nous avons fait cette énumération des caractères anatomiques pour faire voir la différence de leur certitude et de celle des caractères extérieurs, et non pas pour contredire certaines vues de classification.

A tête plus sphérique, à museau plus pointu qu'aucun autre Rongeur, l'Aye-Aye se distingue encore des genres voisins par ses grands yeux dirigés en avant; ses oreilles grandes, nues et transparentes, sont larges à leur ouverture et rondes en haut; deux incisives, très-fortes et comprimées en soc de charrue existent à chaque mâchoire, et sont séparées par une barre, en haut de quatre, et en bas de trois molaires à peu près cylindriques; figure étrangère aux dents des Quadrumanes, toujours quadrilatères, mais qui se retrouve dans les Paresseux et dans plusieurs Édentés. On ne connaît pas encore la figure de la surface de ces molaires.

Les membres de devant sont plus courts que les postérieurs; il y a cinq doigts à tous les pieds; le médius de la main, très-grêle, est surpassé en longueur par le quatrième. Cette particularité, unique dans les Mammifères, a été oubliée dans les figures de cet Animal. Au pied de derrière, le pouce opposable a un ongle plat comme dans les Singes.

Découvert par Sonnerat sur la côte occidentale de Madagascar, le nom d'Aye-Aye vient à cet Animal de l'exclamation d'étonnement des habitans de la côte de l'Est, quand ils le virent pour la première fois. Ce fait du cantonnement dans une région circonscrite de cette île, d'un être qui lui est particulier, comme la plupart de ses autres Mammifères, est, en géographie zoologique, l'une des preuves péremptoires que la terre ne s'est point peuplée par la dispersion, à partir d'un point central, d'un petit nombre d'Animaux dont les goûts, d'abord errans, seraient depuis devenus sédentaires.

L'Aye-Aye, dit Sonnerat, ne voit pas le jour; son œil est roussâtre, et fixe comme celui du Chat-Huant. Il est très-paresseux, par conséquent très-doux. Nous avons possédé le mâle et la femelle; ils n'ont vécu que deux mois. Nous les nourrissions avec du riz cuit, et ils se servaient, pour le manger, de leur doigt grêle, comme les Chinois se servent de baguettes. L'Aye-Aye ne porte point sa queue droite, mais traînante; tous les poils en sont roides comme du crin; elle est aussi longue que le corps; le reste du pelage est un lainage fauveclair, traversé sur le dos par de longues soies rudes, brunes, et quelquefois blanches au bout. La femelle a deux mamelles inguinales. (A. D..NS.)

AYENIE. Ayenia. BOT. PHAN. Genre de Plantes qui fait partie de la nouvelle famille des Buttneriacées, établie par R. Brown, et que l'on a jusqu'à présent incomplètement décrit. Son calice est simple, à cinq divisions trèsprofondes, ovales, lancéolées, persistantes; sa covolle se compose de cinq pétales irrégulièrement conformés, et terminés inférieurement par un onglet très-long et très-gréle, qui porte à son sommet une lame plane, horizontale, élargie, presque triangulaire, entièrement soudée par son sommet avec le bord du tube staminal, de manière à ce que leur réunion forme une sorte d'étoile à cinq branches obtuses. La face supérieure de ces pétales est creusée d'une petite fossette longitudinale, au sommet de laquelle on trouve une glande ovoïde, noire et pédicellée; les étamines, au nombre de dix, sont monadelphes; leur tube est long, grêle, entièrement confondu avec le pédicule qui élève l'ovaire, un peu évasé supérieurement. Des dix étamines, cinq sont fertiles, situées à I'extérieur du tube, au-dessous de chacun des pétales, vers le milieu desquels elles semblent insérées; leur filet est court, leur anthère est globuleuse, didyme, à deux loges, s'ouvrant par un sillon longitudinal: les cinq autres sont stériles, et se montrent sous la forme de glandes bilobées, sessiles

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au sommet du tube, alternant avec les pétales. L'ovaire, qui est longuement pédicellé et déprimé, offre cinq côtes obtuses, chargées d'aspérités; il est à cinq loges, qui contiennent chacune deux ovules, attachés latéralement vers leur base. Le style est simple, à peu près de la longueur du tube staminal, et se termine par un stigmate à cinq lobes peu profonds. Le fruit est une capsule déprimée à cinq côtes, hérissée, s'ouvrant en cinq coques bivalves et ordinairement monospermes.

On connaît environ quatre espèces de ce genre, qui toutes sont originaires de l'Amérique méridionale.

Très-rapproché du genre Commersonia, l'Ayenie s'en distingue par ses pétales longuement onguiculés et portant une glande, par ses étamines stériles qui sont sessiles, par son style simple et par son stigmate à cinq lobes. (A. R.)

AYER. BOT. PHAN. Funis Murœnarum latifolius, Rumph (Amb. T. V, t. 36). Liane d'Amboine, dont on ignore le genre, qui s'élève sur les plus grands Arbres, dont les fruits sont mangeables, et dont on obtient, par incision, une eau abondante dont le voyageur peut se désaltérer. Ce Végétal peut-il être voisin des Lierres que les botanistes regardent comme suspects? ou ne se rapporte-t-il pas aux Passiflorées? (B.)

AYEZ. BOT. PHAN. Syn. d'Ail selon Bosc. (B.)

* AYGULA. POIS. Espèce du genre Coris de Lapécède. V. CORIS. (B.)

AYIRAMPO. BOT. PHAN. (Joseph de Jussieu.) Espèce de Cactus encore indéterminée des environs de Cusco, au Perou. (B.)

AYLANTHE. Aylanthus. BOT. PHAN. Genre de la famille des Térébinthacées, établi par Desfontaines, (Mém. de l'Académie, 1786), d'après un Arbre de la Chine que les auteurs avaient jusque-là pris à tort pour le Rhus succedasea ou grand Vernis de Japon. Ses fleurs sont dioïques ou polygames; elles présentent un calice à cinq dents et cinq pétales creusés en gouttières; on trouve intérieurement dans les mâles dix étamines: dans les femelles et les hermaphrodites cinq ovaires libres, ayant chacun un style latéral et un stigmate évasé, et plus tard cinq capsules membraneuses, aplaties, allongées, rétrécies aux deux bouts, échancrées d'un côté, renfermant au milieu une graine osseuse, lenticulaire. Cet Arbre (figuré Mém. de l'Acad., 1786, pag. 270, tab. 8 et tab. 84 des Stirp. de l'Her.), fut nommé Aylanthus glandulosa, à cause des glandes qu'on observe sous chaque dent aux folioles de ses feuilles pinnées avec impaire. Il est aujourd'hui très-commun dans les parcs et les jardins d'agrément. On en a depuis fait connaître une autre espèce, à feuilles pinnées, sans impaire, originaire de l'Inde. C'est l'Aylanthus excelsa, Roxburgh, Corom. tab. 23. (A. D. J.)

* AYLOPON. POIS. Genre formé par Rafinesque, dans son Ichthyologie sicilienne, de l'Anthias barbier de Bloch, Labrus Anthias, L. Il nous paraît trop peu différer des Lutjans de Lacépède pour n'y devoir pas demeurer confondu. V. LUTJAN. (B.)

AYMARA - POSOGUERI. BOT. PHAN. Syn. de Posogueria d'Aublet. V. SOLENA. (B.)

AYMIRI OU AYMIRI-MITI. BOT. PHAN. V. AMIRI.

AYMOUTABOU. BOT. PHAN. Syn. de Moutabea guianensis, Aubl. V. MOUTABÉE. (B.)

AYNITU. BOT. PHAN. (Rumph, Amb. T. IV, t. 64.) Petit Arbre des Moluques, peu connu, dont les feuilles alternes, dentées, longuement pétiolées, sont couvertes en - dessous d'une poussière blanche épaisse, et dont le fruit à trois coques fait présumer que l'Aynitu est voisin du genre Croton, s'il n'en fait partie. (B.)

AYOQUANTOTOTL. OIS. (Her-

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nandez.) Syn. présumé du Loriot à cu jaune, Oriolus Xanthornus, L. (DR..Z.)

AYOUALALI. BOT. PHAN. Par erreur Ayonalali au mot de notre premier volume auquel nous renvoyons. Même chose qu'Agoualaly. V. ce mot. (B.)

AYOUINITOBOU. BOT. PHAN. (Surian.) A la Guiane. Même chose qu'Agnanthe. V. ce mot. (B.)

AYOULIBA. BOT. PHAN. Syn. d'Eupatorium calthidifolium, Lamk. à la Guiane. V. EUPATOIRE. (B.)

AYPARHU. BOT. PHAN. (Rumph, Amb. T. III, t. 104). Arbre indéterminé des Moluques, qui présente cette singularité, qu'il perd ses feuilles tous les ans dans un climat où les espèces indigènes ne se dépouillent point. (B.)

AYPI. BOT. PHAN. Plante peu connue, appartenant au genre Cynanque, V. ce mot, originaire des Antilles, selon le Dictionnaire des Sciences naturelles, et du Brésil, selon celui de Déterville. (B.)

AYRA. MAM. Animal de la Guiane du genre GLOUTON. V. ce mot. (B.)

AYRI. BOT. PHAN. V. AIRI.

AYRIMIXIZA. POIS. (Marcgrave et Pison.) Syn. de Bodian, Bloch. V. BODIAN. (B.)

AYTIMUL. BOT. PHAN. (Rumph, Amb. T. III, t. 43.) Arbre indéterminé des Moluques, dont les naturels emploient le bois pour faire des peignes et de petites boîtes. (B.)

AYTONIA. BOT. CRYPT. (Hypoxylons.) Forster (Genera Plantarum, p. 147) a donné ce nom à un genre qu'il a rapporté aux Algues de Linné, mais qui nous paraît appartenir à la famille des Hypoxylons, et être très - voisin des Sphæria. Sa description est trop incomplète pour qu'on puisse décider de l'identité des deux genres.

L'Aytonia forme des tubercules de la grosseur d'une Lentille sur les rochers. Ces tubercules sont couverts de poils roides plus ou moins longs, et sont remplis de graines pulvérulentes. Quel est le mode de déhiscence de ces tubercules? Forster n'en dit rien. On ne saurait donc décider si ce sont des Sphæria, ou peut-être quelque Sclerotium. L'Aytonia de Forster est désignée sous le nom de Rupinie dans le Dictionnaire de Déterville. (AD. B.)

AYULAN. BOT. PHAN. (Rumph.) Syn. de Sandoricum indicum. V. SANDORIC. (B.)

AYUN OU AYUNE. BOT. PHAN. (Rumph, Amb. T. III, t. 49.) Petit Arbre indéterminé des Moluques, dont les fruits, semblables à des Prunes, sont assez agréables à manger, mais teignent la bouche en violet. Son écorce est si fine et si unie que le tronc en paraît être privé. (B.)

AYVAL. BOT. PHAN. (Rumph, Amb. T. IV, t. 36.) Arbre des Moluques, indéterminé, dioïque, qui donne un suc laiteux, et dont les pousses peuvent se manger en guise de légumes. (B.)

AZABACHE. MIN. Syn. de Jayet en espagnol. (B.)

* AZADARACHENI. BOT. PHAN. (J. Bauhin.) Syn. d'Azédarac. V. ce mot. (B.)

AZADARACHT. BOT. PHAN. Même chose qu'Azédarac. V. ce mot. (B.)

AZADIRACHTA. BOT. PHAN. Espèce d'Azédarac. V. ce mot. (B.)

AZAFRAN. BOT. PHAN. Syn. de Safran en espagnol. On étend ce nom à plusieurs Plantes, dont quelques parties teignent en jaune, telles que l'Escobedia scabrifolia de la Flore du Pérou. V. ESCOBEDIA. (B.)

AZALA. BOT. PHAN. Syn. de Garance chez les Turcs. (B.)

AZALÉE. Azalea. BOT. PHAN. Ce genre, de la famille des Rhodoracées de Jussieu, contenait plusieurs espèces exotiques et une seule indigène, dont le port est très-disparate et le carac-

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tère un peu différent. C'est ce qui a engagé Desvaux (Journ. de Bot.) à en séparer cette dernière et à en faire un genre nouveau sous le nom de Loiseleuria. Sil'on adopte cette division, on aura donc deux genres au lieu d'un seul, et caractérisés de la manière suivante:

LOISELEURIA: calice à cinq divisions égales; corolle à peu près en forme de cloche et régulièrement quinquefide; cinq étamines insérées par leurs filets au bas de la corolle, dressées et incluses, dont les anthères s'ouvrent longitudinalement; style droit; capsule à deux loges, quelquefois à trois, suivant Gaertner, et déhiscente au sommet. Il ne comprend qu'une espèce, l'Azalea procumbens de Linné, sous-Arbrisseau des Alpes, dont les tiges sont couchées, les feuilles opposées et contractées en leur bord; les fleurs en cimes terminales (V. Lamarck, Ill. tab. 110. f. 1).

AZALEA: calice à cinq divisions inégales; corolle infundibuliforme, irrégulièrement quinquefide; cinq étamines insérées sous le pistil, saillantes, dont les filets sont arqués, et dont les anthères s'ouvrent par deux pores au sommet; style recourbé; capsule à cinq loges. Dans ce genre seront conservées les espèces d'Azalea exotiques. Ce sont des Arbrisseaux ou des sous-Arbrisseaux à fleurs le plus souvent solitaires aux aisselles de feuilles alternes. On en connaît une de Laponie, une du Japon, une de l'Inde, plusieurs de l'Amérique septentrionale. Ce sont celles-ci qu'on a pris soin particulièrement de multiplier dans les jardins, à cause de la beauté de leurs fleurs et de leur odeur agréable. Telles sont les Azalea viscosa, glauca, nudiflora, etc. Nous citerons encore l'A. pontica, qui croît dans l'Asie-Mineure, et dont la corolle, d'un beau jaune, exhale une odeur que l'on compare à celle du Chèvrefeuille, mais qui est plus pénétrante. (A. D. J.)

AZAMICOS. OIS. (Avicenne.) Syn. de Chardonneret, Fringilla Carduelis, L. V. GROS-BEC. (DR..Z.)

AZARA. BOT. PHAN. Genre établi par Ruiz et Pavon (Ft. Per. Pr. p. 68. t. 36), et dédié à un savant Espagnol, Don Joseph de Azara. Ruiz et Pavon en donnent les caractères suivans: le calice monosépale présente de quatre à six divisions ovales et aiguës, qui, réfléchies dans la fleur, se redressent et persistent autour du fruit. On ne trouve pas de corolle; elle paraît remplacée par un grand nombre de filets fins et courts, que les auteurs nomment nectaires. Ceux des étamines s'insèrent au même réceptacle sur un cercle concentrique, au nombre de vingt-deux à trente-six; ils sont plus longs du double à peu près, et portent des anthères arrondies, didymes, à deux loges, s'ouvrant par une fente longitudinale. L'ovaire est libre, à cinq angles peu marqués; le style subulé, les stigmates sont obtus. Il se change en une capsule uniloculaire, surmontée par le style, pulpeuse et contenant au-dedans une seule loge dont la surface interne est parcourue dans sa longueur par trois placentas où s'attachent des graines nombreuses. On en a décrit, d'après Ruiz et Pavon, trois espèces originaires du Pérou et du Chili, à tiges ligneuses, à feuilles géminées, inégales, entières ou dentée, d'une saveur amère; à fleurs odorantes, disposées en corymbe dans une espèce, en épi dans une autre, en ombelle dans la troisième.

Ce genre, d'après la description et les figures qu'en donnent ceux qui l'ont établi, est très-voisin de l'Abatia dont il diffère par la couleur verte du calice, la forme arrondie des anthères didymes, la substance charnue du fruit et l'absence de stries sur les graines. Ces deux genres n'ont pas été classés jusqu'ici avec certitude dans une famille naturelle. Ventenat penche à les ranger dans celle des Samydées qu'il a établie, et ne paraît arrêté que par l'opinion de Ruiz et Pavon même, concernant leur analogie avec le Prockia. "La connaissance de l'organisation des graines de ces genres et des Chœtocrates, ajoute-t-il, pourra seule déterminer s'ila

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ont une plus grande affinité avec les Rosacées qu'avec les Samydées." Mais il y place sans aucun doute l'Anavinga ou Casearia, et L.-C. Richard regardait celui-ci comme étant peutêtre congénère de l'Azara. Voisin de l'Abatia et des Prockia, il devrait sans doute prendre place avec ces genres dans la nouvelle famille des Bixinées de Kunth. (A. D. J.)

AZARERO. BOT. PHAN. V. ASARERO.

AZAVAR. BOT. PHAN. (C. Bauhin.) Syn. d'Aloës aux Indes-Orientales. (B.)

AZE. MAM. Syn. d'Ane dans le dialecte gascon. V. CHEVAL. (A.D..NS.)

AZEA-COJOLT. MAM. (Nieremberg.) Probablement syn. de Myrme-cophaga jubata. V. FOURMILIER. (B.)

AZEBRE. MAM. Syn. de Zèbre dans quelques anciens voyageurs. V. CHEVAL. (A.D..NS.)

* AZEBUCHE. BOT. PHAN. Qu'on prononce Asébutche. Syn. d'Olivier sauvage dans les parties méridionales de l'Espagne où cet Arbre croît naturellement. Il y forme des buissons épais: ses feuilles, plus vertes que dans l'Arbre cultivé, sont fort petites; le fruit est aussi très-peu considérable. L'huile qu'on a essayé d'en extraire a, dit-on, été amere. V. OLIVIER. (B.)

AZÉDARAC. Melia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Méliacées, qui lui doit son nom. Il renferme des Arbres à feuilles pinnées avec impaire ou bipinnées, à fleurs disposées en panicules axillaires: leur calice est très-petit et quinquefide; leur corolle composée de cinq pétales oblongs; leurs filets sont réunis en un tube cylindrique terminé par dix petites dents, à la base intérieure desquelles sont attachées autant d'anthères, petites, disposées sur deux cercles, l'un plus élevé, l'autre plus bas; il y a un seul style terminé par un stigmate capité. Le fruit est une drupe sphérique renfermant une noix sillonnée, à cinq loges monospermes.

Le Melia Azedarach, L. Cavan. Diss. tab. 107; Lamk. Ill. tab. 352, croît dans le midi de l'Europe. Il acquiert de vingt à trente pieds d'élévation. Ses feuilles sont bipinnées; ses fleurs, de couleur lilas, exhalent une odeur agréable; ses fruits sont ronds, charnus et jaunes.—Le Melia sempervirens de Swartz, regardé par plusieurs comme une variété du précédent, en diffère par sa tige moins élevée, ses rameaux plus grêles, ses fleurs et ses fruits plus petits, ses folioles au nombre de sept et ridées. On le trouve aux Indes et aux Antilles.—Le Mella Azadirachta, L. Cavan. Dissert. tab. 108; Gaert. tab. 183, habite l'Inde. C'est un Arbre, toujours vert comme les précédens, à fleurs petites et pâles, à feuilles une seule fois pinnées.—Le Melia composita, qui croît dans l'Inde, se fait remarquer par la couleur de ses rameaux qui tire sur le noir, et par le duvet de ses fleurs. (A. D. J.)

Les fruits du Melia Azedarach paraissent avoir une qualité vénéneuse, et doivent faire périr le Poisson ainsi que la coque du Levant, du moins c'est ce que nous autorise à croire l'anecdote suivante dont nous garantissons l'authenticité. Il existe dans la ville de Santa-Maria-del-Puerto, vis-à-vis Cadix, une fontaine dont l'eau contenue dans d'assez grandes auges de pierre, qu'on avait soin de laisser toujours remplies, devint sensiblement malsaine durant le séjour que fit l'armée française en Andalousie pendant la guerre de 1808 à 1813. Ces troupes conquérantes, qui embellissaient les lieux même où elles ne comptaient pas s'établir, avaient planté les environs de la fontaine de Santa-Maria, d'Azedarachs assez grands, destinés à lui donner de l'ombrage et à parfumer ses environs. Un apothicaire du pays trèsinstruit et fort habile botaniste, Don F. Guttierez, attribua la mauvaise qualité de l'eau aux fruits du Melia, qui tombaient en abondance dans les auges, et conseilla d'arracher les Arbres qui les produisaient, ce qui arriva précisément à l'époque de l'éva-

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cuation de l'Andalousie par les Français. La suppression des Azedarachs rendit à l'eau toute sa pureté; et le clergé, profitant de la circonstance, venant exorciser la fontaine en grande pompe, comme on la nettoyait, proclama cet événement comme un miracle qui signalait la délivrance de l'Espagne. (B.)

AZEDARACHS. BOT. PHAN. Même chose que Méliacées. V. ce mot.

AZÉDAS. BOT. PHAN. Syn. d'Oseille en Portugal. (B.)

AZERBES. BOT. PHAN. (Poncet.) Nom d'une espèce de Muscade sauvage, oblongue et sans saveur, dans le commerce et particulièrement chez les Hollandais. (B.)

AZERBO. MAM. (Dapper.) Syn. de Zèbre en Guinée. V. CHEVAL. (B.)

AZEROLE ET AZEROLIER. BOT. PHAN. Même chose qu'Aserole et Aserolier. V. ALISIER.

AZEZ-ALSACMEL. BOT. CRYPT. Syn. de Marchantia polymorpha, L. chez les Arabes. V. MARCHANTE. (B.)

AZIER. BOT. PHAN. Nom donné dans les colonies aux buissons ainsi qu'aux Broussailles, et appliqué par quelques auteurs au genre Nonatelia d'Aublet. V. NONATÉLIE. (B.)

AZIER-MACAQUE. BOT. PHAN. Syn. de Melastoma racemosa. V. MÉLASTOME. (B.)

AZIMA. BOT. PHAN. Lamarck a figuré sous ce nom (Ill. tab. 807), et l'Héritier sous celui de Monetia Barlerioides (tab. 1 des Stirp. novœ), un Arbrisseau qui croît aux Indes et au cap de Bonne-Espérance. Il est très-rameux; ses feuilles sont toujours vertes, opposées, aiguës et piquantes à leur extiémité, et à leur aisselle se trouvent une ou plus souvent deux épines, qui sont ainsi opposées ou verticillées par quatre. Les fleurs sont axillaires, sessiles, solitaires et petites; elles présentent un calice monosépale, dont le tube est ventru, et dont le limbe se réfléchit en trois ou quatre divisions aiguës et inégales, avec lesquelles alternent quatre pétales plus longs qu'elles, également étalés et linéaires-lancéolés; quatre étamines, dont les filets dressés, recourbés au sommet, épaissis à la base, insérés au réceptacle, égalent la longueur des pétales, et dont les anthères sont sagittées et incumbantes; un ovaire libre, de forme à peu près conique, terminé par un style court, un stigmate simple et aigu. Le fruit est, selon Lamarck, une capsule globuleuse, à une seule loge, contenant deux graines orbiculaires et comprimées, dont une avorte souvent; et, selon Gaertnerfils (pag. 247, tab. 225), une baie à deux loges, dont chacune renferme une graine unique, à périsperme blanc et charnu, logeant à son centre un embryon de même couleur, dont les lobes sont orbiculaires; la radicule infère et courte.

Cette Plante, classée dans la Tétrandrie Monogynie de Linné, ne peut l'être encore avec certitude dans aucune des familles établies. De Jussieu indique son affinité avec les genres Strychnos et Carissa, dont elle s'éloigne d'une autre part en ce qu'elle est polypétale. Willdenow cite comme congénères, sois le nom de Monetia diacantha, les Arbrisseaux décrits et figurés dans les planches 30 et 37 de l'Hortus malabaricus sous les noms de Kanden-Kara et Tsjeru-Kara, rapportés par Jussieu au genre Canthium de la famille des Rubiacées. (A. D. J.)

AZIMÈNE. BOT. PHAN. C'est-à-dire, en langue malgache, Bois-Rouge. Espèce de Volkameria, selon, Jussieu. (B.)

AZINGANO. BOT. PHAN. Syn. d'Artédie, V. ce mot, dans quelques cantons du Levant. (B.)

AZIO. POIS. Syn. d'Aiguillat Squalus Spinax, L. V. SQUALE. (B.)

AZOLLE. Azolla. BOT. CRYPT. (Marsiléacées.) Genre établi dans l'Encyclopédie méthodique par Lamarck, qui en a décrit une seule es-

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pèce sans fructification, sous le nom d'Azolla filiculoides. Willdenow, qui paraît n'avoir vu que des fructifications en mauvais état, lui a donné un caractère vague qui s'appliquerait également au gen e Salvinia; c'est à R. Brown que nous devous la connaissance exacte de la structure de cette Plante; il en a donné une description et une figure excellente dans ses Remarques sur la botanique des terres australes (tab. 10), mais qui laisse encore pourtant quelques doutes sur les fonctions des divers organes de cette Plante.

On trouve aux aisselles des feuilles supérieures, et le long de la tige principale des involucres de deux sortes, mais également composés d'une membrane mince, translucide. Les uns renferment deux capsules biloculaires, qui s'ouvrent chacune transversalement au moyen d'une sorte de coiffe analogue à celle des Mousses. La loge supérieure contient de six à neuf corps anguleux, solides, dont l'usage est tout-à-fait inconnu. Ces corps sont fixés à un axe central, creux, frangé à son extrémité supérieure, qui sert peut-être d'orifice à la loge inférieure.

Cette loge inférieure paraît fermée de toute part, et est remplie d'un liquide laitcux qui se change ensuite en une matière pulvérulente. R. Brown regarde ces sortes de capsules comme remplissant des fonctions analogues à celles des étamines.

Les autres involucres sont composés d'une membrane double, et renferment un nombre considérable de capsules sphériques, pédicellées et attachées au fond de l'involucre interne.—Les capsules contiennent six à neuf graines anguleuses, qui ne semblent adhérer à elles par aucun point, et dont les radicules font saillie au dehors.

Les Plantes de ce genre flottent sur les eaux stagnantes, et ont l'aspect de Jungermannes; elles forment de petites rosette, à rameaux rayonnans ou pinnés, à feuilles arrondies ou obovales, souvent membraneuses sur les bords, imbriquées plus ou moins exactement autour de la tige. De l'aisselle de ces feuilles partent de longues radicules, qui, comme celles des Salvinies et des Lemna, sont libres dans l'eau. On connaît quatre espèces de ce genre: deux habitent la Nouvelle-Hollande, ce sont les Azolla pinnata (V. planches de ce Dictionnaire, Marsiléacées, f. 1) et Azolla rubra de R. Brown; il n'y a que ces espèces, dont la fructification soit connue exactement. Une troisième se trouve aux Etats-Unis; c'est l'Azolla caroliniana de Willdenow, et une autre croît dans différens points de l'Amérique méridionale; mais il est probable que, sous le nom d'Azolla magellanica, qu'on a donné à cette dernière espèce, on en a confondu plusieurs. Ainsi, les échantillons, rapportés de Santa-Fé-de-Bogota par Bonpland, paraissent assez différens de ceux qui ont été trouvés par Commerson à Monte-Video. (AD.B.)

AZOLOTL. REPT. BATR. V. AXOLOTE.

* AZONOROUTS. BOT. PHAN. Arbre indéterminé de Madagascar, dont le bois fort beau et fort dur sert, selon Flacourt, à faire des peignes et autres ustensiles. (B.)

* AZON-PASSECH. BOT. PHAN. (Flacourt.) Arbre indéterminé de Madagascar, qui pourrait bien être un Palmier du genre Phœnix. V. DATIER. (B.)

* AZONUALALA. BOT. PHAN. Petit fruit rouge de Madagascar, comparé par Flacourt à la Groseille. (B.)

AZORELLE. Azorella. BOT. PHAN. Genre de la famille des Ombellifères, à la fin de laquelle il se place naturellement près d'Hydrocotyle, dans la Pentandrie Digynie, L., formé par Lamarck (Encyc. Bot. Illustr. t. 189, f. 1). Les détails de la fructification ont été soigneusement représentés par Achille Richard (Ann. génér. des Scienc. phys. T. IV, pl. 2), comparativement avec ceux des genres Bolax, Fragosa, Bowlesia et Spananthe, qui

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n'en sont pas moins rapprochés qu'Hydrocotyle. Ses caractères sont: fleurs polygames, ayant les styles beaucoup plus longs que les pétales; le fruit rugueux, presqu'à trois côtes, couronné par les dents du calice, ovale et comprimé; l'ombelle simple, imparfaite et composée d'un trèspetit nombre de fleurs. L'espèce fort humble, qui sert de type au genre, a été rapportée par Commerson des rives du détroit de Magellan. Gaertner en avait formé avec les Bolax le genre Chamisis; mais Achille Richard (loc. cit.) a bien démontré que le genre, dont il est question, devait être conservé. (B.)

AZOTE. V. AIR et GAZ.

AZOU. BOT. PHAN. Et tous ses dérivés en langue malgache. V. HAZOU. (B.)

AZOUFA. MAM. (Vincent-Leblanc.) Syn. d'Hyène aux pays de Fez et de Maroc. (B.)

AZTATL. OIS. Syn. du Héron blanc, Ardea alba, au Mexique. V. HÉRON. (DR..Z.)

AZUCHE. BOT. PHAN. (L'Écluse.) Même chose qu'Azébuche. V. ce mot. (B.)

AZULAM OU AZULAN. OIS. Espèce du genre Gros-Bec, Coccothraustes cyanea, Vieill. (Oiseaux chant. pl. 64.) V. GROS-BEC. (DR..Z.)

AZULHINA. OIS. Nom portugais d'une espèce de Bengali. (DR..Z.)

AZUL-LEXOS. OIS. (Calesby.) Syn. du Ministre, Buff., Emberiza cyanea, L. V. BRUANT. (DR..Z.)

AZUR. OIS. Espèce de Gobe-Mouche des Philippines, Muscicapa cœrulea, Lath. V. GOBE-MOUCHE. (DR..Z.)

AZUR. BOT. CRYPT. (Champignons.) Syn. d'Agaricus cyaneus, Bull. (B.)

AZUR. MIN. Verre coloré en bleu par le Cobalt, et réduit en poudre, dont le degré de finesse est déterminé par la décantation. Le Verre, broyé au moulin avec de l'eau, est versé dans un tonneau percé de quatre trous à des hauteurs réglées, et garnis de robinets. Après un instant de repos, on ouvre les robinets, et on recueille, dans des vases séparés, ce qui s'en écoule; on laisse reposer, on décante l'eau, et l'on fait sécher les poudres qui prennent le nom d'Azur de premier, deuxième, troisième et quatrième feux, suivant qu'elles sont sorties des premier, deuxième, troisième ou quatrième robinets.—Cet Azur est employé à donner l'œil au linge. L'Azur de Cuivre ou Cendres bleues artificielles est un mélange de Chaux avec du sous-Nitrate de Cuivre, duquel il résulte une combinaison de Nitrate de Calcium avec de l'Hydrate de Cuivre. Cet Azur sert à peindre les papiers de tentures, etc. (DR..Z.)

AZUR DE CUIVRE. MIN. Nom que l'on donne vulgairement au Cuivre carbonaté bleu. V. CUIVRE CARBONATÉ. (G. DEL.)

AZUR (PIERRE D'). MIN. V. LAZULITE.

AZURÉ. REPT. SAUR. et POIS. Espèces de Stellion et de Cyprin. V. ces mots. (B.)

AZURI. OIS. Syn. de l'Etourneau, Sturnus vulgaris, L. V.. ÉTOURNEAU. (DR..Z.)

AZURIN. OIS. Espèce du genre Brève, Turdus cyanurus, L. V. BRÈVE. (DR..Z.)

AZUROR. POIS. Espèce du genre Cœsio de Lacépède. (B.)

AZUROUGE. OIS. Espèce du genre Gros-Bec, Fringilla bicolor, Vieill. (Ois. chant. pl. 19.) V. GROS-BEC. (DR..Z.)

AZUROUX. OIS. Espèce du genre Bruant, Emberiza cœrulea, L. V. BRUANT. (DR..Z.)

AZUVERT. OIS. Espèce du genre Gros-Bec, Fringilla tricolor, Vieill. (Ois. chant. pl. 20.) V. GROS-BEC.

Azara donne ce nom à un Ara, Macrocercus glaucus, Vieill. V. ARA. (DR..Z.)

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* AZUZENA. BOT. PHAN. Syn. de Lis, Lilium candidum, L. chez les Arabes. Mot qui est passé dans l'espagnol, pour désigner la même fleur, et duquel est dérivé chez les Juifs, Arabes d'origine, le nom propre de Suzanne, significatif de candeur. (B.)

AZUZENO. BOT. PHAN. Syn. de Cinchona grandiflora au Pérou. (B.)

AZYGOS. Veine impaire située dans la poitrine, au côté gauche de la colonne vertébrale, communiquant d'une part avec la veine cave inférieure, soit immédiatement, soit au moyen de la veine rénale ou de toute autre veine, et s'ouvrant dans la veine cave supérieure, près de l'oreillette droite du cœur: elle est formée surtout par la réunion de la plupart des veines intercostales. Comme toutes les veines, elle offre quelques variétés dans la disposition de ses rameaux; elle est quelquefois double, comme dans les Sauriens. On pense qu'elle est un moyen de communication entre les deux veines caves, comme une seconde route pour le sang de la veine cave inférieure, qui pourrait être gêné dans son cours par les fréquentes inflammations des organes qu'il traverse. Jusqu'à quel point peut - on attribuer à la nature de pareilles prévisions? (B.)

B.

BAAK-ROOSEN. BOT. PHAN. Même chose qu'Adambe ou Adamboé. V. ces mots et LAGESTROEMIA. (B.)

BAALA-PALETI. BOT. PHAN. Syn. d'Uvaria zeylanica. V. UVARIA. (B.)

* BAANDWORM. INT. C'est-àdire Ver ruban. Syn. danois de Tænia. V. ce mot. (LAM..X.)

BAARDINAN. POIS. Poisson indéterminé des Indes-Orientales, qui, selon les Hollandais, a sa mâchoire inférieure garnie de filets fort longs. C'est peut-être un Pimélode. (B.)

BAARS. POIS. Syn de Perche en Hollande. (B.)

BAARSCH. POIS. Syn. de Perche dans la Poméranie prussienne. (B.)

BAART-MANNETJE. POIS. Selon les Dictionnaires antérieurs; Syn. hollandais de Surmulet, espèce du genre Mule. V. ce mot. (B.)

BABA. OIS. Syn. du Pélican blanc en Sibérie, Pelecanus Onocrotalus, L. V. PÉLICAN. (DR..Z.)

BABAN. INS. Nom donné sur les côtes de Gênes et de Nice à un Insecte funeste aux Oliviers, qui paraît être celui dont Geoffroy a fait le genre Thrips. V. ce mot. (B.)

BABATAMBI OU BABATEMBI BOT. PHAN. (Surian.) Syn. de Triopteris jamaicensis. V. TRIOPTÈRE. (B.)

* BABATU. BOT. PHAN. Syn. de Ciguë selon Adanson. (B.)

BABELA. BOT. PHAN. (Cossigny.) Acacie indéterminée de l'Inde, qui nourrit l'un des Insectes producteurs de la Laque. (B.)

* BABEURRE OU LAIT-DE-BEURRE. V. BEURRE.

BABGACH. OIS. Syn. de Héron. Ardea cinerea, L. chez les Arabes. V. HÉRON. (B.)

BABIANA. BOT. PHAN. On trouve sous ce nom, dans le Botanical Magazin, un genre nouveau formé de quelques espèces de Glayeuls et d'Ixia. Ce genre n'a point été adopté. (A. R.)

* BABIBIRON. BOT. PHAN. L'un des noms arabes qui répondent à Carotte. (B.)

BABILLARD. OIS. Syn. de Muscicapa viridis, L., Merle verd de la Caroline, de Buffon. (DR..Z.)

BABILLARD. POIS. Espèce du genre Pleuronecte qui, selon le Dic-

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tionnaire de Déterville, "fait continuellement un bruit qu'on peut comparer à une personne qui parle vite." Nous ne connaissons pas ce Poisson. (B.)

BABILLARDE. OIS. Espèce du genre Bec-Fin, Motacilla Curruca, L. Fauvette babillarde, Buff. pl. enlum. 580. Europe. V. SYLVIE. (DR..Z.)

BABIROUSSA. MAM. Qui se trouve quelquefois écrit par erreur, Babironsa, Babirosa, Babirosea, Baby-roussa ou Babyrussa. Espèce du genre Cochon. V. ce mot. (B.)

BABOON. MAM. Syn. anglais de Babouin, selon Desmarest. (B.)

BABORA. BOT. PHAN. (Nicholson). Syn. caraïbe de Cucurbitacées. V. ce mot. (B.)

BABOSA-QUINADO: BOT. PHAN. Syn. de Cissus quadrangularis selon Lamarck, chez les Portugais de la côte de Malabar. V. CISSUS. (B.)

BABOUCARD. OIS. (Buff.) Alcedo Ispida, L., Ispida senegalensis, Briss. On applique en général ce nom à plusieurs espèces du genre Martin-Pêcheur. V. ce mot. (DR..Z.)

BABOUIN OU PAPION. MAM. V. CYNOCÉPHALE.

*BABOUL. OIS. Espèce de Canard-Sarcelle d'Egypte, mentionnée par Forster; c'est l'Anas Balbul, L. V. CANARD. (DR..Z.)

BABOULI-CANTI. BOT. PHAN. Syn. de Flacourtiœ sepiaria, Roxb. Corom. tab. 68. V. FLACOURTIE. (B.)

BABUK. MAM. Syn. de Gerboise chez les Russes. (B.)

BABY-ROUSSA ET BABYRUSSA. MAM. V. BABIROUSSA. (B.)

BACA. BOT. PHAN. Même chose que Bæa. V. ce mot. (B.)

* BACALADO OU BACHALADO. POIS. Qu'on prononce Bacalaou. Syn. de Morue salée en espagnol. (B.)

BACAU OU BACAUVAN. BOT. PHAN. (Camelli.) Espèce de Manglier des Philippines dont l'Héritier avait formé un genre sous le nom de Bruguiera. V. ce mot et MANGLIER. (B.)

BACAZIE. Bacazia. BOT. PHAN. Ce genre proposé par Ruiz et Pavon appartient au groupe des Labiatiflores établi par De Candolle dans la famille des Synanthérées, et fait partie de la Syngénésie Polygamie égale, L. Voici les caractères qu'on lui assigne: involucre ovoïde, formé d'écailles imbriquées et scarieuses; phorante garni de soies; un seul fleuron central tubuleux, très-grand et stérile; environ huit demi-fleurons situés extérieurement, bermaphrodites et fertiles, plus longs que l'involucre, à quatre dents. Leurs fruits, qui sont anguleux, sont couronnés par une aigrette plumeuse.

Ce genre, encore fort mal connu, renferme deux espèces qui sont de petits Arbustes originaires des Andes du Pérou. (A. R.)

BACBAKIRI. OIS. Nom africain du Gonolek à plastron noir, Turdus zeylonus, L. Emprunté du cri bac-ba-kiri qu'il fait entendre. V. PIE-GRIÉCHE. (DR..Z.)

BACCALE. POIS. Espèce de Poisson que Thevet dit se pêcher dans les îles d'Amérique, mais qui demeure entièrement inconnu. Ce nom est peut-être une altération de l'espagnol Bacalado. V. ce mot. (B.)

BACCANTE. BOT. PHAN. Pour Bacchante. V. BACCHARIDE. (B.)

BACCAREO. MAM. Dont Baccareos est le pluriel. (Gemelli Carreri,) Animal de l'Indoustan, que l'on dit avoir de la ressemblance avec le Daim, dont la chair a du rapport avec celle du Porc, et qui, conséquemment, pourrait bien être l'Axis. V. CERF. (B.)

BACCAULAIRE. BOT. PHAN. (Desvaux.) V. FRUIT.

BACCAURÉE. Baccaurea. BOT. PHAN. Loureiro a décrit sous ce nom un genre de Plantes qui contient trois Arbrisseaux originaires de la Cochinchine, et qui se distinguent par les caractères suivans: leurs fleurs

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sont apétales, dioïques et en épis allongés; les mâles ont un calice profondément quinqueparti, six à huit étamines, et un pistil rudimentaire; dans les fleurs femelles, le calice se compose de cinq sépales distincts; l'ovaire est arrondi et à trois loges; le stigmate est sessile et lenticulaire. Le fruit est une baie allongée ou arrondie, d'une belle couleur jaune dorée. (De-là le nom de Baccaurea qui a été imposé à ce genre.) Les trois espèces décrites par Loureiro ont les feuilles éparses, ovales, lancéolées. On les cultive dans les jardins. Leurs fruits ont une saveur aigrelette assez agréable. (A. R.)

BACCHA. INS. Genre de l'ordre des Diptères, établi par Fabricius (Syst. Antl.), et répondant à celui que Latreille nomme SÉPÉDON. V. ce mot. (AUD.)

BACCHANTE. INS. (Geoffroy.) Syn. de Papilio Dejanira, L. Lépidoptère aujourd'hui placé dans le genre Satyre. V. ce mot. (B.)

BACCHANTE. BOT. PHAN. Même chose que Baccharide. V. ce mot. (A. R.)

BACCHARIDE OU BACCHANTE. Baccharis. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées corymbifères, placé par H. Cassini dans sa tribu des Astérées. Il présente des fleurs ordinairement dioïques, surtout dans les espèces frutescentes; un involucre ovoïde, allongé, formé d'écailles imbriquées; le phoranthe est nu ou garni de quelques squammules; les fleurs mâles sont infundibuliformes, à cinq lobes, régulières; le tube anthérifère est saillant; les fleurs femelles sont tubuleuses, non évasées au sommet qui présente quatre à cinq petites dents rapprochées; le fruit est couronné par une aigrette simple sessile, dont les poils sont légèrement barbus.—Le genre Baccharis est trèsvoisin du genre Conyza avec lequel plusieurs auteurs, et, entre autres, Desfontaines, l'ont réuni. Mais il s'en distingue surtout par ses fleurs dioïques, tandis qu'elles sont hermaphrodites et femelles dans un même involucre, dans les Conyzes qui ont de plus l'aigrette formée de poils entièrement simples. On doit réunir aux Baccharis les espèces du genre Molina de Ruiz et Pavon, qui n'en diffèrent aucunement.

On compte aujourd'hui plus de quatre-vingts espèces du genre qui nous occupe; elles sont dispersées dans presque toutes les régions du globe, à l'exception de l'Europe; le plus grand nombre est originaire de l'Amérique australe.

On cultive dans les jardins la Baccharide de Virginie ou Seneçon en Arbre, Baccharis halimifolia, Arbrisseau dioïque, de dix à douze pieds d'élévation, dont les feuilles sont persistantes, ovales, dentées, blanchâtres, et dont les fleurs, d'un blanc rosé, forment un corymbe terminal. Il est originaire de l'Amérique septentrionale, et passe l'hiver en pleine terre à Paris.—On cultive également la Baccharide à feuilles de Laurier rose, Baccharis neriifolia, originaire des mêmes contrées, moins élevé que le précédent, et en différant surtout par ses feuilles étroites, lancéolées, aiguës, légèrement ferrugineuses. Ses fleurs blanches forment des espèces de grappes terminales. Il demande à être abrité dans l'orangerie pendant les grands froids. (A. R.)

BACCHAROIDES. BOT. PHAN. La Plante désignée d'abord sous ce nom par Linné dans sa Flora zcylanica, qu'il a ensuite nommée Conyza anthelmintica, et que Willdenow a placée dans le genre Vernonia, forme le genre Ascaricida de Cassini. V. ASCARICIDE. (A.R.)

BACCHUS. INS. Becmare de Geoffroy. V. ATTELABE. (AUD.)

BACCHUS. POIS. Espèce de Poisson, mentionnée par Pline comme voisine de son Asellus qui paraît être l'Æglefin ou Aigrefin, espèce de Gade. V. ce mot. (B.)

BACCIENS. BOT. PHAN. (Mirbel.) V. FRUIT.

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BACCIFER. BOT. CRYPT. (Hydrophytes.) Genre proposé par Roussel dans la Flore du Calvados, pour le Fucus baccatus; il n'a pas été adopté par les algologues. (B.)

BACCILLAIRE, des Dictionnaires précédens. ZOOL. V. BACILLAIRE, et dans Goëze une espèce de Tænia. V. ce mot. (B.)

BACCIVORES. OIS. Vieillot a donné ce nom à sa seizième famille des Oiseaux Sylvains, de la tribu des Anisodactyles, qu'il suppose se nourrir tous également de baies. (DR..Z.)

BACCOUCOUHAKECHA OU BACOUCOU. BOT. PHAN. Syn. caraïbes de Bananier. V. ce mot. (B.)

BACEIQ. OIS. Syn. arabe de l'Épervier, Falco Nisus, L. V. FAUCON. (DR..Z.)

BACELLO. OIS. Syn. de Hobereau en Italie. V. FAUCON. (B.)

BACHA. OIS. Aigle d'Afrique, qui doit appartenir à la cinquième division (les Buses) du genre Faucon, Falco Bacha, Lath. Daud. Levail. Orn. d'Afrique. pl. 15. V. AIGLE. (DR..Z.)

BACHA DE MER. POIS. (Commerson.) Syn. du Triure Bougainville, de Lacépède. V. TRIURE. (B.)

BACHALA. BOT. PHAN. Nomarabe d'Amaranthus oleraceus, L. Espèce d'Amaranthe fort commune dans presque toutes les parties du globe. V. AMARANTHE. (B.)

* BACHALADO. POIS. V. BACALADO.

* BACH-AMSEL. OIS. Syn. allemand de Sturnus Cinclus, L. V. CINCLE. (B.)

BACHAO, BACHAS OU BUCHO. BOT. PHAN. Même chose que Bacau. V. ce mot. (B.)

BACHE. BOT. PHAN. Grande et précieuse espèce de Palmier encore insuffisamment connue, et qui croît à la Guyane, sur le bord des rivières et des ruisseaux, dans les cantons marécageux. On n'en sait que ce qu'en a dit Aublet (Observ. sur les Palm. Guyan. p. 103). "La Bache, dit ce botaniste, est le seul Palmier que j'aie rencontré de son espèce: sou tronc est fort dur, ses fibres longitudinales sont noires et solides; il s'élève à trente pieds et plus, sur deux et plus de diamètre. Il est comme triangulane. Ses feuilles, en éventail, ont cinq pieds de largeur. Les fruits, portés sur un régime très-branchu et fort grand, sont de la grosseur d'une pomme moyenne; leur coque est lisse, vernissée et comme couverte d'écailles." Une pareille description, toute incompletequ'elle est, autoriserait à regarder la Bache comme appartenant au même genre que le Raphia de Madagascar; mais Kunth (in Humb. et Bonp.) la rapproche du Macaricia. Le fruit fournit à la nation des Maïes un aliment qu'Aublet compare au pain. Son tronc sert à la construction des carbets; le pédicule ou stipe des feuilles, à border les bateaux. Le fil qu'on tire des folioles est très-fort; on en fait des hamacs et des pagnes. Les Perroquets sont friands de son fruit, et c'est sur cet arbre qu'on leur tend ordinairement des piéges. (B.)

BACHEBO. OIS. Syn. vulgaire du Pivert, Picus viridis, L. V. PIC. (DR..Z.)

* BACHENIN. BOT. PHAN. (Savigny.) Syn. de Nymphœa cœrulea chez les Arabes. (B.)

BACHFORE. POIS. Syn. de Truite dans quelques parties de l'Allemagne. V. SAUMA. (B.)

BACHI-BACHA OU BACHI-BACHI. BOT. PHAN. Arbre de Madagascar qui paraît être une espèce de Muscadier. (B.)

* BACH-STETZE. OIS. Syn. allemand de Motacilla fulva, L. V. BERGERONETTE. (B.)

BACILE. Crithmum. BOT. PHAN. Famille des Ombellifères, Pentandrie Digynie, L. Ce genre présente les caractères suivans: son involucre et ses involucelles sont composés de plusieurs folioles; les pétales sont d'un

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blanc jaunâtre, un peu roulés; le fruit est ovoïde, couronné par les dents du calice; il est spongieux et strié. Ses fleurs forment des ombelles hémisphériques, composées d'un grand nombre de rayons.

La BACILE MARITIME, Crithmum maritimum, L., vulgairement appelée Perce-Pierre ou Passe-Pierre, croît sur les rochers aux bords de la mer; on la cultive quelquefois dans les jardins. Ses feuilles sont épaisses, charnues et profondément découpées: on les confit au vinaigre avec l'Estragon.

Les trois ou quatre espèces dont ce genre se compose ont été dispersées par Sprengel dans plusieurs autres genres. Ainsi le Crithmum latifolium, L. Suppl., ou Crithmum canariense, Cav., est placé parmi les Tenoria. Le Crithmum pyrenaicum de Forskalh est rapporté à l'Athamanta, et enfin le Crithmum maritimum est, pour le célèbre professeur de Hall, une espèce du genre Cachrys. V. ces mots. (A. R.)

BACILLAIRE. Bacillaria. INF. Genre très-ambigu, formé d'abord par Müller, et que cet habile observateur réunit par la suite aux Vibrions, sans qu'on en puisse trop expliquer la cause, puisqu'il n'existe aucun rapport naturel entre ces êtres. Les Vibrions sont certainement et uniquement Animaux; le genre Bacillaire paraît d'une animalité douteuse, et nous avons long-temps hésité à le confondre entre nos Arthrodiées, parmi les Nématoplates, les Diatomes ou les Achnantes. V. tous ces mots. L'autorité de Müller nous détermine à laisser le genre dont il est question dans les dernières limites d'un règne dont il est comme l'une des plus imparfaites ébauches, mais où il deviendra le type d'une petite famille. V. BACILLARIÉES.

Les caractères du genre Bacillaria sont: Animalcules mycroscopiques, dont le corps linéaire, simple, cylindrique et égal dans toute sa longueur, s'adapte, dans les espèces sociales, à celui de l'individu voisin, soit dans toute sa longueur, soit par l'une de ses extrémités seulement, de manière à présenter dans leur réunion, une figure carrée, une longue ligne articulée ou diversement brisée, enfin toute autre disposition intermédiaire. Ce genre est assez nombreux en espèces; une seule était jusqu'ici connue; Müller l'observa le premier en grande abondance sur l'Ulva latissima des rives de Dancmarck; nous l'avons revue sur la même Plante ainsi que sur d'autres Hydrophy tes dans l'île de Sud-Beweland en Zélande.

BACILLAIRE PARADOXALE, Bacillaria paradoxa, Müll., Kleine, Skriffen. Nov. act. Stock. T. I. tab. 1. f. 1–8. Gmel. Syst. nat. XIII. T. 1. part. 4. 3903; Vibrio (paxillifer) flavescens, paleis gregariis multifariam ordinatis, Müll. Inf. p. 54. t. 7. fig. 3–7. Vibrion Porte-pieu Encyc. Vers. illustr. p. 11. pl. 5. f. 16–20, d'après Müller. (V. pl. de ce Dic. Bacillariées, fig. 1.) C'est avec la lentille d'une ligne de foyer que l'on commence à bien reconnaître toute la singularité de cette production, dont nous n'avons pas vu plus que Müller des individus séparés de leur série, et exercant séparément les mouvemens à l'aide desquels ils raccourcissent, allongent et brisent les figures qu'ils se donnent en commun. Le Baccillari communis, N., est l'espèce la plus commune dans les eaux douces des environs de Paris.

Le genre Bacillaire est facile à distinguer des Echinelles qui sont coniques ou amincies par un bout, ainsi que des Lunulaires et des Navicules qui sont amincies par les deux extrémités. Il n'offre aucune espèce de rapport avec l'Arthrodie de Rafinesque. V. tous ces mots. (B.)

* BACILLARIÉES. INF. Famille obscure dont nous proposons l'établissement dans les dernières limites du Règne Animal, parmi les êtres mycroscopiques, improprement et provisoirement nommés Infusoires; elle se composera d'Animalcules, dont les uns sont doués de mouve-

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mens individuels très-décidés, et les autres de mouvemens qui ne s'exercent que dans une sorte de réunion sociale d'individus diversement groupés. La plupart des Bacillariées ont de tels rapports d'apparence avec la première division de nos Arthrodiées, les Fragillaires, qu'il est, au premier coup-d'œil, difficile de les en distinguer; mais un plus grand développement de vie animale nous paraît légitimer la séparation. Leurs caractères consistent dans leur corps transparent, roide et ne pouvant jamais se donner de mouvement anguin, mais nageant et agissant par balancement et par glissement. Ce corps est cylindrique ou comprimé sur un seul côté ou sur les deux, égal ou aminci aux extrémités, linéaire, cunéiforme, aigu, tronqué ou obtus, en général marqué de points globuleux ou de teintes jaunâtres. Les genres qui composent notre famille des Bacullariées, et à l'article desquels on trouvera de plus amples détails, seront répartis dans les deux ordres suivans:

Corps de chaque individu parfaitement simple.

α Vivant souvent en société.

I. BACILLAIRE, Bacillaria. Mull. (V. pl. de ce Dictionnaire, Bacillariées, fig. 1.). Corps linéaire, cylindrique, égal dans toute sa longueur, adapté à celui de l'individu voisin, soit dans cette longueur, soit par l'une des extrémités seulement. Le Vibrio paxillifer de Müller, Inf. p. 54. t. 7. f. 3—7, est le type de ce genre, dont les espèces sont indifféremment d'eau douce ou marines.

II. ECHINELLE, Echinella, (V. pl. de ce Dict., Bacillariées, f. 2). Lyngbye a donné ce nom au dernier genre qu'il établit dans son excellent ouvrage sur les Algues aquatiques du Danemarck comme une sorte de Chaos où cet auteur semblait confondre des êtres dont la véritable organisation lui échappait. Nous l'avons restreint à l'un des genres de notre famille des Bacillariées, dont les caractères consistent: en un corps cunéiforme, transparent, nageant isolément, ou se collant à d'autres individus de manière à paraître doubles, triples ou en forme d'éventail; les Echinelles se fixent par l'une de leurs extrémités sur quelque corps étranger, quand l'animal, ne nageant plus, devient immobile; fixées sur des Conferves elles ont causé l'erreur des auteurs de la Flore danoise, qui ont figuré comme des espèces nouvelles du genre Conferve, dans plusieurs planches de leur belle collection, des individus figurés ailleurs sans Echinelles parasites et sous d'autres noms. L'Echinella cuneata, de Lyngbye est le type de ce genre.

β Espèces vivant toujours isolées.

III. NAVICULE, Navicula, N. (V. pl. de ce Dict., Bacillariées, fig. 3). Ce nom est emprunté de la forme des Animalcules auxquels nous l'appliquons, et dont le corps ressemble à une navette de tisserand; ce corps linéaire, comprimé, au moins sur un côté, est aminci aux deux extrémités. Le Vibrio tripunctatus de Müller est le type de ce genre, dans lequel rentre l'Echinella acuta de Lyngbye, et l'Animalcule que Gaillon, observateur exact de Dieppe, a reconnu être la cause de ce qu'il appelle Viridité des Huîtres. V. ce mot.

IV. LUNULINE, Lunulina, N. (V. pl. de ce Dict., Bacillariées, fig. 4). La figure qu'affectent les Animalcules de ce genre leur a mérité le nom par lequel nous les désignerons désormais. Moins agiles que ceux du genre précédent, ils doivent peut-être l'immobilité qui leur est le plus ordinaire à cette courbure par laquelle leurs mouvemens sont gênés; ils sont simples, amincis aux extrémités, comprimés et contournés en forme de croissant. Quelques espèces de ce genre sont vertes, et ce sont les seules de cette couleur parmi les Bacillaires. Le Vibrio Lunula de Müller est le type de ce genre dans lequel rentrent les individus représentés par Lyngbye, dans le bas de sa fig. C, pl. 70, sous le nom d'Echinella olivacea.

†† Corps de chaque animalcule co-

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nique, et porté sur un stype simple ou rameux dont il se détache parfois.

Un seul genre rentre jusqu'ici dans cette section.

V. STYLLAIRE, Styllaria, N. (V. pl. de ce Dict. Bacillariées, f. 5). Draparnaud avait donné ce nom, dans la correspondance que nous entretenions, à une multitude d'Infusoires qu'il découvrait en répétant les observations que nous lui communiquions, et qui toutes étaient des Bacillariées. En divisant cette famille en groupes, nous avons restreint le nom de Styllaires à l'un de ses genres, dont les caractères consistent en un stipe translucide, inarticulé, simple, ou divisé en deux ou trois branches, à l'extrémité desquelles se développent des corps cylindriques, cunéiformes ou semblables aux urnes d'un Splachnum; corps qui, se détachant à une certaine époque, nagent avec plus ou moins de vélocité. On pourrait considérer les Styllaires comme, des Echinelles stipitées. Les Echinella geminata, paradoxa et cuneata de Lyngbye rentrent dans ce genre que nous eussions placé dans la division des Zoocarpées de notre famille des Arthrodiées, à côté d'Anthophysis, si les Styllaires n'étaient entièrement dépourvues d'articulations dans toutes leurs parties. (B.)

BACINET OU BASSINET. BOT. PHAN. Syn. de Ranunculus bulbosus, L. V. RENONCULE. (B.)

* BACIUCCO ET BATICULA. (Cœsalpin.) Syn. de Crithmum maritimum, L. V. BACILE. (B.)

BACKELYS OU BAKELEYS. MAM. Nom que donnent les Hottentots à des Bœufs d'une race particulière, que Kolbe dit être employés à la garde des troupeaux, comme les Chiens le sont dans la plupart des autres contrées du globe. V. BŒUF. (B.)

BACKER. OIS. C'est-à-dire Béqueteur. Syn. suédois d'une espèce d'Hirondelle de mer. V. STERNE. (DR..Z.)

BACKLAN OU BACKLANI. OIS. Syn. de Cormoran, Pelecanus Carbo, L. en Tartarie. V. CORMORAN. (DR..Z.)

BACKRA. POIS. Syn. suédois de Truite. V. SAUMON. (B.)

BACONE. Baconia. BOT. PHAN. Genre établi par De Candolle (Annales du Mus. 9. p. 220) dans la famille des Rubiacées, Tétrandrie Monogynie, L. pour un Arbrisseau originaire de Sierra-Leone, dont les feuilles sont opposées, les stipules réunies en gaîne à leur base, et dont les fleurs forment une sorte de corymbe terminal, composé de pédoncules trichotomes. Ses caractères distinctifs sont: un calice urcéolé à quatre lobes, soudé avec l'ovaire qui est infère; une corolle régulière infundibuliforme, à limbe ouvert et quadriparti, ayant l'entrée du tube garnie de poils assez longs. Les quatre étamines sont presque sessiles; leurs anthères sont longues et saillantes; l'ovaire est surmonté d'un style et d'un stigmate simples; le fruit est une baie presque sèche, renfermant deux graines convexes du côté externe, planes du côté interne.

Ce genre a du rapport avec les genres Faramœa d'Aublet, Ixora, L. et Pavetta, L. V. ces mots. (A. R.)

BACOPE. Bacopa. BOT. PHAN. Aubleta décrit et figuré (Guyan. 1. p. 129. t. 49), sous le nom de Bacopa aquatica, une petite Plante originaire de la Guyane, où elle croît sur le bord des ruisseaux, et dontles tiges sont herbacées, les feuilles opposées en croix et amplexicaules, les fleurs pédonculées, solitaires aux aisselles des feuilles. Cette Plante constitue un genre distinct dans la famille naturelle des Portulacées. Le genre Bacope offre pour caractères: un calice à cinq divisions inégales, dont la supérieure est plus grande; une corolle monopétale régulière, à cinq lobes, portant cinq étamines, dont les anthères sont sagittées; l'ovaire est à une seule loge, et surmonté d'un style et d'un stigmate simples. Le fruit est une capsule globuleuse, uniloculaire, renfermantun assez grand nombre de graines. (A. R.)

TOME II. 9

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BACOVE. BOT. PHAN. Variété de Banane. V. ce mot. (B.)

* BACTRIDIUM. BOT. CRYPT. (Mucédinées.) Genre établi par Kunze qui lui donne le caractère suivant: sporidies nues, agrégées, oblongues, transparentes aux deux extrémités, remplies de sporules réunies en masse, grumeleuses vers le centre, insérées sur des filamens rameux, articulés, rampans, tronqués au sommet, devenant ensuite libres et épars à leur surface. Kunze n'en décrit qu'une espèce à laquelle il donne le nom de Bactridium flavum. Elle forme sur les vieux troncs d'Arbres des taches jaunes, irrégulières, souvent presque globuleuses, compactes; les sporidies sont oblongues, ovales, obtuses; les filamens sont peu rameux, à articulations assez éloignées.—Kunze en a donné une figure dans son Fascicule d'observations mycologiques, tab. 1. fig. 2. (AD. B.)

BACTRIS. BOT. PHAN. Genre établi par Jacquin dans la famille des Palmiers, qui se compose de trois à quatre espèces dont les caractères génériques sont les suivans: fleurs monoïques, réunies dans un même spadice, les fleurs mâles ayant un calice double, chacun à trois divisions profondes, et six étamines attachées au plus intérieur des deux calices. Dans les fleurs femelles, le calice intérieur est à trois dents; l'extérieur, beaucoup plus petit, est également tridenté; l'ovaire est à trois loges, et se termine supérieurement par un style très-court, trifide à son sommet. Le fruit est une drupe à une seule loge, par l'avortement des deux autres; l'endocarpe osseux est percé de trois trous à sa partie supérieure.

Toutes les espèces de ce genre ont les frondes pennées et le régime ramifié, enveloppé dans une spathe monophylle. Ces espèces sont le Bactris major et le Bactris minor décrits par Jacquin; le Bactris minima de Gaertner, dont Mayer a fait son genre Astrocaryum, V. ce mot, et le Bactris gasipaes, décrit récemment par Humboldt et Bonpland. Ces quatre espèces sont originaires de l'Amérique méridionale. (A. R.)

BACTYRILOBIUM. BOT. PHAN. Genre formé par Willdenow aux dépens des Casses pour les espèces dont le fruit est rempli d'une substance pulpeuse, ou divisé par des articulations que séparent des cloisons transversales. La Casse des boutiques, Cassia Fistula, en fait partie. Il n'a pas été adopté. V. CASSE. (B.)

BACULITE. Baculites, MOLL. FOSS. Genre de Céphalopodes de la famille des Ammonées, V. ce mot, institué par Lamarck (Mém. de la Soc. d'Hist. natur. de Paris et An. s. vert. 1re édit. p. 103), pour des moules intérieurs de Coquilles multiloculaires, à cloisons feuilletées, observés depuis très-long-temps par les naturalistes, et qui ont les plus grands rapports avec les Ammonites. Ces Fossiles, singuliers par leur forme cylindrico-conique et par leur longueur, furent long-temps un sujet d'énigme, et ils ont reçu différens noms d'après les idées d'analogie qu'ils ont fait naître aux premiers observateurs.

Scheuchzer (Lithogr. helv., p. 39, f. 82, et Oryctogr. helv., p. 329, f. 163) nomme la Baculite Ceratoides articulatus. Klein (Oryctogr. gedanensis) l'appelle Ammonites cylindricus: il la désignait aussi quelquefois par l'épithète de Lapis Sphingis (d'après le baron de Zorn, cité par Walch, Pétrif. de Knorr). Languis a figuré, pl. 21, des articulations d'une assez grosse Baculite; ses figures ont été copiées par Bourguet (Tr. des Pétrif., tab. 49. f. 313 à 315), qui y a ajouté le dessin d'un autre individu plus petit, offrant plusieurs articulations réunies, du cabinet de Stadler de Neufchâtel. Langius et Bourguet appellent ces Fossiles Spondylolites ou Vertèbres fossiles, dénominations déjà employées avant eux; ils les regardent comme des Pierres formées ou moulées dans des cellules de Cornesd'Ammon.—Knorr et Walch les placent avec les Orthoeératites, ainsi que le Catalogue de Davila, dans lequel, d'ailleurs, l'analo-

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gie des Baculites avec les Ammonites est bien reconnue, et où l'on trouve une figure assez correcte d'un grand individu qui venait de la Normandie (Cat. de Davila, tom. III. p. 66, art. 90, pl. 11. f. D. d).—De Hupsch crut cependant, après tous les naturalistes que nous venons de citer, et dont il indique lui-même une partie, avoir fait une importante découverte qu'il célèbre avec emphase (Nouv. Découverte de quelques Testacés, etc., sect. II, p. 75 et suiv., tab. IV). La figure qu'il donne de la Baculite est assez passable. Il l'avait trouvée à Saint-Salvador sur la Louisberg, près d'Aix-la-Chapelle, et en avait recu de Saint-Pierre près Maëstricht. Il l'appelle Homalocératite, Tubulite cloisonnée et foliacée, Tuyau chambré, conique et feuilleté, et aussi Ammonite droit (Ammonites rectus).

Tel était l'état de nos connaissances sur les Baculites, lorsque Faujas, en ayant rencontré dans les Cryptes du plateau de Saint-Pierre, en remit quelques exemplaires à Lamarck qui en fit, sous ce nom, un nouveau genre (Mém. de la Soc. d'Hist. natur.); puis il la décrivit et la fit figurer dans son grand ouvrage sur l'histoire naturelle de cette montagne (p. 100, pl. 21). Faujas rapporte dans cet ouvrage les observations de quelques naturalistes sur les Baculites, et surtout celles du baron de Hupsch: il paraît penser qu'on ne doit pas en faire un genre distinct des Ammonites.

Le genre qui nous occupe a été adopté, depuis Lamarck, par de Roissy, Montfort, Bosc, Duvernoy, etc. Montfort a reconnu, je crois, le premier, l'existence d'un siphon, mais il le dit être central, quand il est, au contraire, latéral. Il forme (Conchyl. tom. 1, p. 347) un genre distinct sous le nom de Tiranite pour une pétrification déjà figurée par Knorr, et qu'il a trouvée dans la montagne Sainte-Catherine près Rouen. Ce genre ne nous paraît pas assez distinct des Baculites pour en être séparé; il est d'ailleurs peu connu encore, nous ne l'avons même jamais vu. Les individus de Knorr et de Klein venaient des environs de Dantzick, et il n'est pas certain que, malgré son assertion, Montfort l'ait trouvée à la montagne de Sainte-Catherine, en sorte que l'on ne peut que placer ce genre avec doute, comme sous-genre des Baculites. Nous suivons, en les réunissant ainsi, l'exemple d'Ocken et de Desmarest.

Le premier de ces auteurs place les Baculites dans la famille des Lituites, très-loin des Ammonites, et n'en fait qu'un seul genre avec les Batolites, de la famille des Hippurites, les Raphanistres, de celle des Orthocères, et la Tiranite (Lehrb der Zool., p. 323). Le second, dans un très-beau Mémoire inséré dans le journal de Physique (juillet 1817), montre que les Baculites ont un siphon latéral; il rectifie les caractères génériques imposés à ce genre par Lamarck, et fait connaître de nouvelles espèces dont il donne de bonnes figures.—Schweigger (Handb. der Naturg., p. 752) ne fait des Baculites qu'une des nombreuses divisions de son genre Argonaute. Goldfuss (Handb. der Zool., p. 678) en fait, d'après Cuvier (Règn. An., t. 2. p. 374), une coupe du genre Ammonite, ce qui est beaucoup plus rationel. Si aux indications précédentes, on ajoute l'article Baculite du Dict. des Sc. natur., on aura l'ensemble des renseignemens à consulter sur ce genre de Fossiles. On ne connaît que leurs moules, jusqu'ici on n'en a point rencontré qui eussent conservé leur test, pas même en partie, comme cela arrive chez les Ammonites. Les articulations de ces moules, plus ou moins sinueuses sur leurs bords, sont le plus souvent profondément lobées, comme dans les Cornes d'Ammon, et leurs lobes sont découpés en feuilles de persil; l'engrenage qui en résulte maintient ordinairement seul la réunion de ces articulations qui, n'étant point soudées les unes aux autres, sont mobiles et se séparent avec facilité. Cette construction pouvait, en effet, les faire prendre pour des Vertèbres fossiles, dans un temps où l'observation était moins

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éclairée qu'aujourd'hui. On trouve des morceaux de Baculites qui présentent trente ou quarante articulations mobiles, et qui ont jusqu'à 3 et 4 pouces de longueur. On juge alors par la progression nécessaire du cône, toujours plus ou moins tronqué, ce qui lui manque, et l'on est frappé de trouver que quelques Baculites vertébrales pouvaient avoir jusqu'à 2 pieds de longueur sur un diamètre de 18 lignes à la base du cône. D'autres espèces plus grosses font présumer une longueur de près d'un mètre. Si l'on fait attention alors qu'en admettant la seule supposition que l'analogie avec la spirule puisse faire admettre, savoir, que le test des Baculites était en partie ou peut-être entièrement contenu dans la portion postérieure du corps du Mollusque, celui-ci devait avoir, y compris sa tête, une longueur considérable, peut-être de 6 à 8 pieds pour les grosses espèces de ce genre, dont la race paraît être anéantie, comme celle de toutes les Ammonées.

Desmarest, dans le Mémoire cité plus haut, décrit plusieurs espèces de Baculites: l'une d'elles, la B. gigantea, doit être reportée au genre Hamite, selon Defrance, qui a observé des individus chez lesquels la courbure est sensible, et qui, d'abord, l'avait décrite sous le nom de B. Cylyndracea; cette espèce devait avoir plus d'un mètre de long. V. HAMITE. La B. Knorriana de Desmarest forme le genre Tiranite de Montfort; enfin ses B. dissimilis et vertebralis paraissent avoir été considérées par Lamarck et Defrance comme une seule et même espèce.

Les caractères du genre Baculite sont; test droit, cylindrico-conique, toujours comprimé; articulations lobées ou simplement sinueuses; siphon latéral situé à l'une des extrémités du grand diamètre de la coupe transversale.

Cloisons lobées, feuilletées et imbriquées sur leurs bords.

Ier sous-genre. BACULITE, Baculites, Lamarck, Montfort, etc. Homalocératite, Hupsch.

B. VERTÉBRALE, B. vertebralis, Lam., Mém. de la Soc. d'Hist. natur. et An. s. vert., 1re édit. p. 103; Faujas, Hist. nat. de la montagne de Saint-Pierre, p. 100. pl. 21. f. 2, 3; Desmarest, loc. cit. Bac. de Faujas, B. vertebralis, pl. 2. f. 7 et 8; Davila, Catal. tom. 3. p. 66 art. 90. pl. 11. f. D. d. —Cette espèce est la plus commune. Sa forme est cylindrico-conique; mais le cylindre est aplati, et la dépression étant plus forte latéralement, versl'extrémité de l'axe où se trouve le siphon, il s'ensuit que le côté de ce siphon offre une carène aiguë, tandis que le côté opposé est arrondi. On y trouve, dit Defrance, comme dans les Ammonites et les Nautiles, une dernière loge sans cloisons. Le test a dû être originairement très-mince, vu le peu d'intervalle qui reste entre les cloisons. On trouve sept lobes aux bords des articulations, trois de chaque côté, et un plus petit, presque partagé lui-même en deux, et situé à l'extrémité de l'axe où est le siphon.

On ne peut rapporter qu'avec doute à cette espèce les figures de Scheuchzer, dont les originaux ont été trouvés en Suisse, et celles de Langius, de Bourguet et du baron de Hupsch.

Les individus que nous possédons des environs d'Aix-la-Chapelle sont beaucoup plus gros. Ils appartiennent à un terrain plus ancien que celui de la montagne de Saint-Pierre, et pourraient, comme ceux de Langius et de Bourguet, appartenir à une espèce distincte.

BACULITE DISSEMBLABLE, B. dissimilis, Desmarest, loc. cit., p. 7. pl. II. f. 4, 5, 6. Celle-ci ne diffère peut-être pas de la précédente, et c'est l'opinion de Defrance. Les deux côtés, n'étant peut-être pas également bien conservés, ont pu présenter des différences dans la forme des articulations, comme nous l'avons vu souvent dans l'espèce précédente. En placant le siphon devant soi, dit Desmarest, on voit que les sutures de la partie de droite sont très-ramifiées, en forme de feuille de persil, tandis que celles de la partie gauche consis-

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tent dans de simples lobes, dont les intervalles sont munis d'une très-légère pointe, qui rend comme bilobée la partie correspondante de l'articulation inférieure à celle qu'on observe.—On ignore sa patrie; mais Desmarest croit qu'elle vient des environs de Vérone.

†† Cloisons seulement sinueuses sur leurs bords.

IIe sous-genre. TIRANITE, Tiranites, Montfort (Conchyl. t. 1. p. 346); Baculite, Desmarest, Ocken.

B. DE KNORR, B. Knorriana, Desmarest, loc. cit., pl. 11. f. 3. Klein, Oryctogr. pl. III. f. 2 et 3. Walch, Petrif. de Knorr, t. IV, suppl. p. 201. pl. XII. f. 1 à 5. Tiranites gigas, Montfort, loc. cit. Celle-ci est fort rare. Klein et Walch la citent aux environs de Dantzick, et Montfort à la montagne Sainte-Catherine près de Rouen. Elle est très-remarquable par sa taille et sa compression excessive. Son grand diamètre transversal, dit Desmarest, a om, 067, et le petit om, 023 seulement. Walch croit avoir trouvé un vestige de siphon dans l'individu figuré par Klein, et il est à croire qu'il n'est pas central, ainsi que Montfort l'avance avec aussi peu de fondement, sans doute, que pour les Baculites. Les sutures sont peu apparentes, parce que, selon Desmarest, le test semble exister. Nous ne connaissons pas cette espèce sur laquelle il est à désirer qu'on obtienne des renseignemens plus précis.

Les Baculites appartiennent à des couches assez anciennes des terrains intermédiaires situés au-dessus de la craie, avec des Ammonites, des Térébratules, des Trigonies, des Dents de Squale, etc. Un Banc puissant, où les Baculites dominent, a été observé et étudié par M. de Gerville aux environs de Valognes; ce banc s'étend dans les communes de Sainte-Colombe, Anfreville, Rainville, Galleville, etc. (F.)

BADA OU BADAS. MAM. Même chose qu'Abada. V. ce mot. (B.)

BADALWANASSA. BOT. CRYPT. Nom donné par les habitans de Ceylan à un Lycopode qu'on ne spécifie pas. (B.)

* BADAMIA. BOT. PHAN. Gaertner décrit et figure sous ce nom (T. 11. p. 90. tab. 97. fig. 1) un genre qui paraît devoir être rapporté au Myrobolanus. Il le distingue seulement par les caractères de son fruit qui est une drupe sèche, contenant, sous une chair fongueuse, un noyau uniloculaire, à six angles bien marqués; la graine, qui présente la même forme, est destituée de périsperme; sa radicule est supérieure, et ses cotylédons sont foliacés, contournés en spirale. (A. D. J.)

BADAMIER. BOT. PHAN. Nom par lequel on désigne, dans les îles Maurice et de Mascareigne, le Terminalia Catalpa, L. et étendu dans les Dictionnaires d'Histoire naturelle à tout le genre; il pourrait cependant ne pas convenir, puisqu'il caractérise la manière étagée dont croissent les rameaux d'une espèce, comparée à une pièce du jeu d'échec, d'où a été formé le nom de bois de damier, devenu par corruption Badamier. V. TERMINALIA. (B.)

BADARINGI. BOT. PHAN. Syn. arabe de Melissa fruticosa, L. V. MÉLISSE. (B.)

BADASE. BOT. PHAN. Syn. de Lavandula Spica., L. en Languedoc. V. LAVANDE. (B.)

BADASSO. BOT. PHAN. Syn. de Plantago Cynops., L. en Provence. V. PLANTAIN. (B.)

BADE. POIS. Syn. de Pleuronectes Argus, dans l'île de Rotterdam ou Anamoka. V. PLEURONECTE. (B.)

BADELGIAN, BADINGIAN OU BADINGHIAN. BOT. PHAN. (D'Herbelot.) Syn. persans et arabes de Solanum pomiferum, L. V. MORELLE. (B.)

BADGER. MAM. Syn. de Blaireau en anglais. (A. D. NS.)

* BADHAAMU. BOT. PHAN. (Hermann. Zeyl. 55.) Bodhaamu dans Adanson. Légumineuse peu connue,

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dont les habitans de Ceylan mangent la graine comme du Riz, peut-être le Cajan. V. CYTISE. (B.)

BADHAMU. BOT. PHAN. (Hermann, Zeyl. 61.) Graminée dont on mange le grain à Ceylan en guise de Riz, et qui, selon Barmann, peut être un Coix. V. ce mot. (B.)

BADHUMU. BOT. PHAN. (Hermann. Zeyl. 66.) Graminée indéterminée de Ceylan, comparée au Mill par Burmann. (B.)

BADIAN OU BADIANE. Illicium. BOT. PHAN. Ce genre fait partie de la famille naturelle des Magnoliacées, et se distingue par un calice formé de cinq ou six sépales; par une corolle composée d'un grand nombre de pétales étroits, disposés sur plusieurs rangées; par ses étamines, au nombre devingt à trente, qui sont plus courtes que la corolle, et dont les anthères sont adnées à la face interne des filets; les ovaires, au nombre de six à dixhuit, disposés en étoile et soudés par leur côté interne, sont à une seule loge qui contient une seule graine; le fruit se compose de six à douze capsules monospermes, s'ouvrant par la partie supérieure et disposées en étoile.

On connaît trois espèces de Badiane, qui sont toutes des Arbres toujours verts, très-aromatiques, ayant des feuilles alternes, des fleurs pédonculées, solitaires à l'aisselle des feuilles. L'une est originaire des contrées orientales de l'Asie, de la Chine et du Japon. C'est l'Illicium anisatum ou Anis étoilé, qui se distingue par ses feuilles lancéolées, ses fleurs jaunes. Ses capsules ont une odeur aromatique très-développée et très-suave, et qui rappelle celle de l'Anis. Elles sont connues sous les noms d'Anis étoilé ou de Badiane. On les emploie pour donner à l'Anisette de Bordeaux le parfum délicat qui distingue cette liqueur. Les deux autres sont originaires de la partie sud de l'Amérique septentrionale. On cultive dans nos serres la Badiane des Florides, Illicium floridanum, L., qui offre des feuilles plus larges et des fleurs d'un rouge très-foncé, dont les ovaires sont plus nombreux que dans l'espèce précédente. Ses capsules sont moins aromatiques. On cultive aussi, quoique moins communément, la Badiane à petites fleurs, Illicium parviflorum, Michaux, qui croît aussi dans les Florides, et se distingue par ses feuilles plus courtes, par ses fleurs jaunes et très-petites. (A. R.)

BADINDJAN. BOT. PHAN. (Forskalh.) Syn. arabe de Solanum Melongena, L. V. MORELLE. (B.)

BADINGHIAN OU BADINGIAN. BOT. PHAN. V. BADELGIAN.

BADISTE. Badister. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères section des Pentamères, fondé par Clairville, aux dépens des Lnes de Latreille, et rapporté par ce dernier (Règne Anim. de Cuv.) à la grande famille des Carnassiers, tribu des Carabiques, avec ces caractères: palpes maxillaires filiformes; les labiaux terminés par un article plus gros, en ovoïde court. Les Badistes se rapprochent beaucoup des Licines par leurs mandibules tronquées ou très-obtuses, et par le bord antérieur de leur tête qui est ceintré. Ils s'en distinguent néanmoins par la forme du dernier article de leurs palpes. Ce sont de petits Insectes assez communs sous les pierres.

Le Badiste bipustulé, Bad. bipustulatus, ou le Carabus bipustulatus de Fabricius, sert de type au genre. Il a été figuré par Clairville (Entom. helv. T. II. p. 92. tab. 13. fig. A, B.), et par Panzer (Faun. Ins. XVI. 3). On place dans ce même genre le Carabus peltatus d'Illiger (Kug. Kaf. Pr. 1. no 80. p. 197), et de Panzer (loc. cit. T. XXXVII. p. 20), ainsi que le Badister unipustulatus de Bonelli (Observ. entom., seconde partie, premier Mémoire). Dejean (Cat. des Coléopt.) possède deux autres espèces originaires d'Allemagne; l'une d'elles a été nommée Carabus lacertosus par Illiger, et l'autre a été décrite par Bonelli sous le nom de Badister humeralis. Dejean croit que celle-ci est

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la même que le Dorsiger de Megerle et le Sadalis de Sturm. (AUD.)

BADJARKITA. MAM. C'est-à-dire Reptile de pierre. Syn. de Pangolin au Bengale. (B.)

BADJE. POIS. Même chose que Bade. V. ce mot. (B.)

BADOCHE OU BADOCU. POIS. Vieux noms vulgaires de la Morue salée. (B.)

BADOK - BANKON. BOT. PHAN. Nom donné à Ceylan au Ballota disticha, espèce du genre Ballote. V. ce mot. (B.)

BADOUA. POIS. (Risso.) Syn. de Blennius cornutus, L. sur la côte de Nice, qu'habite ce Poisson, et non la Chine, comme l'avait cru Linné. V. BLENNIE. (B.)

BADOVA. POIS. (Risso.) Syn. de Blennius Pholis, sur la côte de Nice. V. BLENNIE. (B.)

* BADULA. BOT. PHAN. L'Arbuste auquel avait été donné ce nom générique, a été depuis rapporté au genre Ardisie, V. ce mot, dont il doit être considéré comme une espèce. (A. D. J.)

BADULAIN OU BADULAM. BOT. PHAN. Syn. d'Ardisia humilis à Ceylan. Ce mot est probablement la racine de celui par lequel Jussieu avait désigné le genre, V. Badula, qui a été réuni à l'Ardisie. V. ce mot. (B.)

BADURA OU BANDURA. (Hermann, Zeyl. 16. 37). BOT. PHAN. Syn. de Népenthe. V. ce mot. (B.)

BAD-ZENGE OU BAI-SONGE. Syn. de Puceron. V. ce mot. (AUD.)

BÆA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Personées, de la Diandrie Monogynie de Linné. Il présente un calice quinqueparti; une corolle dont le tube est court et le limbe ouvert, à deux lèvres, la supérieure trilobée, l'inférieure bipartie; deux étamines à filets épaissis et arqués, à anthères conniventes; un stigmate; une capsule allongée à deux loges et à quatre valves qui se contournent après l'émission des graines.—Commerson, d'après les manuscrits duquel ce genre fut établi, en avait recueilli une espèce sur les côtes du détroit de Magellan. C'est une Herbe dont les feuilles sont radicales et dont les hampes portent une seule fleur ou plusieurs, disposées à peu près en ombelle. Elle ressemble par le port à une Calceolaire (Lamarck, illustr. tab. 15). Persoon rapporte à ce genre plusieurs espèces de Jovellanes. V. ce mot. (A.D.J.)

* BÆCKEA. Beckea. BOT. PHAN. Ce genre présente un calice turbiné, à cinq dents, cinq pétales et huit étamines, dont deux solitaires et beaucoup plus courtes que les six autres qui sont égales. Le stigmate est simple, et l'ovaire à demi adhérent. Le fruit est une capsule couronnée par les dents du calice, qui persistent en s'élargissant. Ses loges sont au nombre de trois ou quatre, ainsi que ses valves du milieu desquelles partent les cloisons. Les graines sont petites et en petit nombre. Le Bæckea a été placé dans les Onagraires, parmi les genres de cette famille qui se rapprochent des Myrtées, mais en different par le nombre défini de leurs étamines; il offre surtout de l'affinité avec le Leptospermum.

On en a décrit deux espèces. La plus anciennement connue est un Arbrisseau à rameaux et à feuilles alternes, à fleurs solitaires, axillaires et petites, observé par Osbeck dans la Chine où il porte le nom de Tsjongina que lui a conservé Adanson (V. Lamk. Ill. tab. 285, et Gaert. tab. 31). L'autre espèce est le B. densifolia, Arbrisseau originaire du port Jackson. (A. D. J.)

* BÆDELWORM. INTEST. L'un des noms vulgaires du Tœnia en Danemarck. (LAM.. X.)

BÆKER-KÆRÆS. OIS. Corneille de Bruyn compare les Oiseaux qu'il désigne sous ce nom à des Perdrix grises; il en dit la chair exquise. On les trouve en Perse. (B.)

BÆLAMA. POIS. (Forskalh.) Et

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non Balam ou Bélame. Nom arabe du Clupea setirostris. V. CLUPÉ. (B.)

BÆNAK. POIS. Espèce japonaise du genre Bodian. V. ce mot. (B.)

* BÆOBOTRYS. BOT. PHAN. Ce genre, de la famille des Bruyères, établi par Forster, est le même que le Mæsa de Forskalh. V. MÆSA. (A. R.)

BÆOMICES. BOT. CRYPT. Même chose que Beomices. V. ce mot. (AD. B.)

BÆR. MAM. Syn. allemand d'Ours. V. ce mot. (A. D..NS.)

BÆTŒN. REPT. OPH. Couleuvre d'Arabie, très-imparfaitement décrite par Forskalh, et qui est tellement venimeuse que sa morsure fait périr en peu d'instans. (B.)

BÆVILLA. BOT. PHAN. Nom qu'on donne à Ceylan à une sorte de Guimauve que l'on ne spécifie pas. (B.)

BAF ET BIF. MAM. Syn. de Jumar. V. ce mot. (B.)

* BAFIAR, BŒFFIARD ET BORRE-FIÆRT. OIS. Syn. présumé du petit Guillemot de Buffon, Colymbus Grille, L., en Norwège. V. GUILLEMOT. (DR..Z.)

BAGABATE. BOT. PHAN. Même chose que Bagatpat. V. ce mot. (B.)

* BAGAÇA. BOT. PHAN. Nom par lequel on désigne en Provence l'espèce de marc qui résulte des Raisins pressés pour faire du vin, et des Olives après qu'on en a extrait de l'Huile. (B.)

BAGADAIS. Prionops. OIS. Nom donné par Vieillot à un genre qu'il a créé pour placer dans sa Méthode un Oiseau, Lanius plumatus, Sh., rapporté du Sénégal par Geoffroy de Villeneuve, et auquel Levaillant, qui l'a figuré pl. 80 et 81 de son Ornithologie d'Afrique, a donné le nom de ce savant. Cuvier et Temminck ont laissé cet Oiseau parmi les Pie-Grièches. V. ce mot.

On appelle aussi BAGADAIS, et non Bagadai, l'une des variétés de Pigeons domestiques, Columba domestica, L. (DR..Z.)

* BAGALATTA. BOT. PHAN. Nom donné par Roxburgh au Cissampelos acuminatus. V. CISSAMPELOS. (A. R.)

BAGASSA. BOT. PHAN. Aublet, sous ce nom, a observé à la Guyane, décrit et figuré tab. 376, un grand Arbre laiteux dont les feuilles trilobées et entières sont accompagnées de deux stipules caduques et opposées ainsi que les rameaux. Quant aux parties de la fructification, il ne parle que du fruit qu'il représente comme bon à manger et de la forme d'une Orange. C'est une baie sphérique dont la surface externe est granuleuse, et dont la chair, dure à son milieu, est pulpeuse plus extérieurement, où sont logées beaucoup de graines ovoïdes et acuminées. Ces caractères insuffisans ne peuvent que faire présumer sa place dans la famille des Urticées. (A.D.J.)

BAGASSE OU BAGAU. BOT. PHAN. Probablement dérivé du Bagaça (V. ce mot), résidu de la Canne à sucre et de l'Indigotier, quand la première a passé au moulin, et le second au rouissoir. La Bagasse de Canne est une bonne nourriture pour les Bestiaux; celle de l'Indigotier un excellent engrais pour les terres. (B.)

BAGASSIER. BOT. PHAN. Même chose que Bagassa. V. ce mot. (B.)

BAGATBAT OU BAGATPAT. BOT. PHAN. (Camelli.) Dont Sonnerat avait fait Pagapate. Syn. de Sonneratie. V. ce mot. (B.)

* BAGATTO. BOT. PHAN. (Cœsalpin.) Syn. de Celtis. V. MICOCOULIER. (B.)

BAGLAFECHT. OIS. Espèce du genre Tisserin, Loxia philippina, Lath. V. TISSERIN. (DR..Z.)

BAGLAN OU BAGLANE. OIS. Même chose que Backlau. V. ce mot. (B.)

BAGNAUDIER. BOT. PHAN. Même chose que Baguenaudier. V. ce mot. (B.)

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BAGOLA. BOT. PHAN. (Cœsalpin.) Syn de Vaccinium Myrtillus, L. V. AIRELLE. (B.)

BAGOLARUS. BOT. PHAN. Syn. tyrolien de Celtis australis. V. MICOCOULIER. (B.)

* BAGOUS. Bagous. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Tétramères, établi par Germar dans le grand genre Charanson de Linné, et adopté par Dejean (Catal. des Coléopt. p. 89) qui en possède huit espèces; plusieurs sont originaires d'Allemagne; deux se rencontrent aux environs de Paris. (AUD.)

BAGRE. POIS. Espèce de Silure de Linné, Silurus Bagre, devenu type d'un sous-genre de Pimélodes, dans la Méthode de Cuvier. V. PIMÉLODE. Ce nom désigne dans Marcgrave divers autres Siluroïdes du Brésil, imparfaitement connus. (B.)

BAGUARI. OIS. (Azara) Espèce du genre Cigogne. Cigogne Maguari, Buff. Ciconia americana, Briss. V. CIGOGNE. (DR..Z.)

BAGUE. POIS. Syn. de Sparus Boops, L., devenu type du genre Bogue. V. ce mot. (B.)

BAGUE. INS. Les campagnards donnent ce nom, dans quelques parties de la France, à ces anneaux que forment, autour des petites branches des Arbres fruitiers, les œufs de la livrée Bombix Neustria, L. V. BOMBIX. (B.)

BAGUENAUDIER. Colutea. BOT. PHAN. Et non Bagnaudier. Genre de la famille des Légumineuses, de la Diadelphie Décandrie, L. qui se distingue par un calice à cinq dents dont les deux supérieures sont un peu plus courtes; par une corolle papilionacée, ayant l'étendard très-large, redressé; les deux ailes étroites, courtes, non écartées; la carène très-convexe, formée de deux pétales soudés; des étamines diadelphes; un style comprimé, redressé, velu sur son côté interne et à sa partie supérieure, et surtout par son fruit qui est une gousse vésiculeuse très-renflée, ovoïde, allongée, terminée en pointe, contenant un grand nombre de graines attachées à la suture supérieure; cette gousse, dont les parois sont minces et comme papiracées, finit par s'ouvrir en deux valves.

Ce genre renferme un petit nombre d'espèces qui toutes sont des Arbrisseaux à feuilles imparipennées, ayant les stipules très-petites et non soudées avec le pétiole; les fleurs forment des espèces d'épis très-lâches ou de grappes axillaires. On en cultive plusieurs dans les jardins, dont les plus remarquables sont:

Le BAGUENAUDIER COMMUN, Colutea arborescens, L., Arbrisseau qui acquiert dix à douze pieds de hauteur, dont le tronc est rameux; ses feuilles, imparipennées, sont ordinairement composées de onze folioles obovales, entières, très-obtuses, émarginées et glabres; ses fleurs disposées en de petites grappes simples à l'aisselle des feuilles supérieures; elles sont jaunes, et des gousses d'un vert rougeâtre, renflées, très-vésiculeuses, leur succèdent. Cellesci sont remplies d'air qui se dégage avec bruit quand on les presse assez fortement entre les doigts et qu'on les faire crever en baguenaudant; de-là l'étymologie du nom donné au genre qui nous occupe. Le Baguenaudier commun naturel à diverses contrées de l'Europe, et qui fleurit aux mois de mai et juin, se cultive dans les bosquets d'agrément. Cet Arbrisseau est encore connu sous le nom de faux Séné, parce que ses feuilles, administrées en décoction, sont purgatives.

Le BACUENAUDIER D'ETHIOPIE, Colutea frutescens, L. Joli Arbuste qui se fait surtout remarquer par ses fleurs d'une belle couleur rouge, dont l'éclat se détache brillamment sur son feuillage d'un vert foncé en dessus et d'un vert blanchâtre inférieurement. Cette espèce veut être rentrée dans l'orangerie pendant l'hiver.

On cultive encore le Baguenaudier d'Alep, Colutea alepica, et le Baguenaudier d'Orient, Colutea orientalis,

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qui s'élèvent à peine à quatre ou cinq pieds. Le premier a des fleurs rougeâtres; dans le second, elles sont jaunes et toujours élégantes. (A. R.)

BAGUETTE. BOT. PHAN. V. BOIS-BAGUETTE.

BAGUETTE-D'OR. BOT. PHAN. Variété double et très-fournie du Cheiranthus Cheiri cultivé. V. GIROFLÉE. (B.)

* BAGUETTES. BOT. PHAN. Les amateurs de Tulipes donnent ce nom aux tiges de celles qu'on laisse monter en graine, ou des variétés vulgaires qui sont élevées sur de trop longs pédoncules. (B.)

BAGUNTKEN. POIS. Syn. de Surmulet. V. MULLE. (B.)

BAHACOCEA. BOT. PHAN. Variété d'Abricotier selon Bosc. (B.)

BAHASE. OIS. Syn. de la Mouette-Rieuse, Larus cinerarius, L., en Turquie. V. MOUETTE. (DR...Z.)

* BAHEL. BOT. PHAN. Genre formé par Adanson (Fam. Plant. p. 210) pour la Plante figurée dans l'Hortus malabaricus, 9. t. 87, sous le nom de Bahel-Tsjulli. C'est le Columnea longifolia, L., que Vahl rapporte au genre Achimènes. Sa corolle présente seulement quatre lobes inégaux; les filets de ses étamines sont arqués vers la gorge; la capsule, entourée à sa base par le calice persistant et étalé, se sépare complètement en deux valves; les graines sont nichées sur la surface spongieuse d'un réceptacle de même forme, et les fleurs en épi sont accompagnées chacune d'une bractée. V. ACHIMÈNES. (A. D. J.)

BAHEL-SCHULLI. BOT. PHAN. Syn. de Barreleria longifolia, L. V. BARRELIÈRE. (B.).

BAHEL-TSJULLI. BOT. PHAN. V. BAHEL.

* BAHIA. BOT. PHAN. Genre établi par Lagasca, et qui, selon Sprengel, est le même que le Bellium. V. ce mot. (A.R.)

BAHO. BOT. PHAN. (Camelli.) Variété de Manguier des Philippines. V. MANGUIER. (B.)

BAHOBAB. BOT. PHAN. Même chose que Baobab. V. ce mot. (B.)

BAHOO OU BAIO. BOT. PHAN. Syn. de Cassia Fistula à la côte de Malabar. V. CASSE. (B.)

BAIAPUA. REPT. OPH. (Séba, T. II, t. 82, no 2.) Couleuvre d'Afrique qui paraît être la même que le Coluber Ahœtulla. V. COULEUVRE. (B.)

BAIBAI OU BAI-BAIRA. BOT.PHAN. Syn. caraïbe de Malpighia spicata. V. MALPIGHIE. (B.)

BAICALITE. MIN. V. BAIKALITE.

BAIE. Bacca. BOT. PHAN. Les botanistes désignent sous ce nom les fruits charnus qui contiennent une ou plusieurs graines éparses dans la pulpe, ou renfermées dans une ou plusieurs loges. Presque toujours les baies sont globuleuses, comme dans le Raisin, les Groseilles, etc.; plus rarement elles sont allongées comme dans l'Epine-Vinette, le Jasminoïde; tantôt la baie provient d'un ovaire libre et supère, comme dans la Vigne, la Pomme-de-Terre; tantôt elle succède à un ovaire adhérent ou infère comme dans les Groseilles déjà citées; dans ce dernier cas, on trouve toujours au sommet du fruit un petit ombilic formé par les dents du limbe calicinal; enfin, la baie peut être nue ou enveloppée à sa base par le calice, ou enfin entièrement cachée dans l'intérieur du calice devenu vésiculeux comme dans le genre Alkekenge Physalis. (A. R.)

BAIE A ONDES. BOT. PHAN. (Tussac.) Espèce d'Acacie. (A. R.)

BAIGNOIRE. MOLL. Nom vulgaire donné par Montfort (Conchyl. T. 11, p. 583) au Murex Lotorium de Linné, dont cet auteur fait un genre particulier sous le nom de Lotoire. V. ce mot.

BAIGNOIRE CUIVRÉE est le nom vulgaire d'une Avicule nommée aussi le Pinguin. V. AVICULE. (F.)

BAIKAL. POIS. Sous-genre formé par Cuvier dans le genre Callio-

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nyme, pour un Poisson du lac Baïkal, découvert par Pallas. V. CALLIONYME. (B.)

BAIKALITE. MIN. On a fait circuler autrefois sous ce nom, dans le commerce, une variété d'Amphibole aciculaire blanc-jaunâtre (Tremolith, W.), trouvée en Sibérie près du lac Baïkal; mais la véritable Baïkalite des minéralogistes allemands est un Pyroxène provenant de la même localité, dont la forme est celle de la variété Séno-bisunitaire (Haüy), et dont la gangue est une Chaux carbonatée laminaire, renfermant aussi des Emeraudes bleuâtres dites Béryls. V. PYROXÈNE. (G. DEL.)

BAILLARD, BAILLARGE ET BAILLORGE. BOT. PHAN. C'est-à-dire qui rend beaucoup, du vieux mot bâiller. Variété de l'Orge trèsproductive, dont on fait, dans le midi de la France particulièrement, un pain fort grossier. (B.)

BAILLIÈRA. BOT. PHAN. (Aublet.) V. BALLIERIA.

BAILLON. POIS. Espèce de Cœsiomore de Lacépède. V. ce mot. (B.)

BAILLOUVIANA. BOT. CRYPT. (Hydrophytes.) Adanson (T. II, p. 13) a établi un genre sous ce nom, pour placer le Fucus Baillouviana de Gmelin; il n'a pas été adopté par les botanistes. L'espèce citée est peu connue; ne l'ayant jamais vue, nous ignorons si elle appartient à quelqu'un des genres actuellement établis. (LAM..X.)

* BAIN DE VENUS, BOT. PHAN. On a quelquefois donné ce nom à la Cardère commune, Dipsacus sylvestris, parce que ses feuilles, réunies en entonnoir autour de la tige, retiennent l'eau du ciel, souvent en assez grande quantité pour que les petits Oiseaux, qui viennent se désaltérer dans ces abreuvoirs naturels, s'y puissent aussi baigner. (B.)

BAIO. BOT. PHAN. V. BAHOO.

BAI-SONGE. V. BAD-ZENGE.

BAITARIA. BOT. PHAN. Ruiz et Pavon ont fait connaître imparfaitement, sous le nom de Baitaria acaulis, une petite Plante sans tige, ayant les feuilles toutes radicales, linéaires, lancéolées, qui croît dans les lieux pierreux du Pérou. Les caractères du genre Baitaria consistent en un calice à quatre divisions très-profondes, dont deux sont plus longues, très-étroites et écartées des autres; la corolle est monopétale, tubeuse, à cinq lobes; les cinq étamines sont incluses; la capsule est triangulaire et à trois loges contenant plusieurs graines attachées à des trophospermes pariétaux. Ce genre est encore trop imparfaitement connu pour pouvoir être définitivement classé dans la série des ordres naturels. (A. R.)

BAITRE OU BERTHE. OIS. Syn. vulgaire du Grêbe huppé, Colymbus cristatus, L. V. GRÊBE. (DR..Z.)

BAJA OU BAJASAJO. BOT. PHAN. Même chose que Kudici-Valli. V. ce mot. (B.)

BAJAD. POIS. (Forskalh.) Espèce de Pimélode. V. ce mot. (B.)

BAJAJASO. BOT. PHAN. V. BAJA.

* BAJAM-LOHOR. BOT. PHAN. (Burmann.) Syn. de Rhus Cobbe à Java. V. SUMACH. (B.)

* BAJAN. BOT. PHAN. (Adanson.) V. BAJANG.

BAJANG. BOT. PHAN. Rumph décrit sous ce nom (Amboin. T. v, tab. 83) deux espèces d'Amaranthes dont les pétioles sont munis de deux épines à leur base, et dont les étamines, ainsi que les sépales, sont au nombre de cinq. Les Amaranthes qui présentent ces caractères forment le genre Bajan d'Adanson, qui place dans le genre Blitum les espèces où ces mêmes parties offrent le nombre de trois. (A. D. J.)

* BAJANG-BALY. BOT. PHAN. (Burmann.) Syn. javanais d'Ocymum tenuiflorum, petite espèce de Basilic. V. ce mot. (B.)

BAJET. MOLL. Dénomination spécifique employée par Adanson (Sénégal, p. 201. tab. 14. f. 14) pour distinguer une espèce d'Huître que La-

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marck rapporte à l'Ostrea cristata. V. HUÎTRE. (F.)

BAJU-CHINA. BOT. PHAN. (Burmann.) Syn. malais de Ruellia repanda. V. RUELLIE. (B.)

BAK. OIS. Syn. polonais de la Buse commune, Falco Buteo, L. V. FAUCON. Ce nom se donne aussi parfois au Butor. V. HÉRON. (DR..Z.)

BAKACZ. OIS. Syn. de Butor, Ardea stellaris, L. en Illyrie. (B.)

BAK-CUDZOZIEMSKI. OIS. Syn. de Pélican blanc, Pelecanus Onocrotalus, L. en Pologne. V. PÉLICAN. (DR..Z.)

BAKELEYS OU BAKKELEYERS. MAM. V. BACKELYS.

BAKKA. BOT. PHAN. Espece de Chanvre qu'on cultive dans l'Inde pour en fumer les feuilles, et qui est peut-être la même chose que l'Asarath ou que la Bangue. V. ces mots. (B.)

BAKKAMUNA. OIS. Espèce du genre Chouette, de Ceylan, Strix Bakkamuna, Lath., Forster (Zool. ind. pl. 3). V. CHOUETTE. (DR..Z.)

* BAKKAR. BOT. PHAN. (Dioscoride.) D'où Baccara de Cœsalpin, selon Adanson. Syn. d'Asaret. V. ce mot. (B.)

BAKRANG. BOT. PHAN. (Rochon.) Liane indéterminée de Madagascar. (B.)

BALA. BOT. PHAN. (Rhéed. Mal. T. 1. p. 17.) L'un des noms du Bananier à la côte de Malabar. (B.)

BALAAU. POIS. Qui se prononce Balao, et non Balaon ou Balaou. Nom donné aux Antilles à une espèce du sous-genre Orphie. V. ÉSOCE. (B.)

BALADOR. BOT. PHAN. Syn. arabe d'Anacarde des boutiques. V. ce mot. (B.)

BALAI OU BALAI DOUX. V. HERBE-A-BALAIS et SCOPAIRE.

C'est aussi le nom vulgaire du Clavaria coralloides, L. dans quelques cantons de la France où l'on mange ce Champignon. (B.)

BALAIS. MIN. V. RUBIS et SPINELLE.

BALAKZEL. OIS. Syn. du Héron cendré, Ardea cinerea, L. en Turquie. V. HÉRON. (DR..Z.)

BALAM-PULLI. BOT. PHAN. V BOLOM-PULLI.

BALANA-BONE. BOT. PHAN. (Nicholson.) Syn. caraïbe de Sensitive. (B.)

BALANCE-FISH. POIS. Syn. de Squalus Zygœna, L. chez les Anglais. V. CESTRORHINE. (B.)

BALANCEUR. OIS. Gros-Bec de l'Amérique méridionale, selon Azara. V. GROS-BEC. (B.)

BALANCIERS. Halteres, Libramenta. INS. On donne ce nom à deux appendices mobiles et grêles, articulés au métathorax des Insectes Diptères, ne se rencontrant dans aucun autre ordre, et étant regardés depuis longtemps comme les analogues, ou du moins comme les remplacans de la seconde paire d'ailes, qui, lorsqu'ils existent, manque constamment.—Les Balanciers, tantôt recouverts par les ailerons des ailes, tantôt à nu, et, dans tous les cas, développés en raison inverse de cette portion des premières ailes, se composent de deux parties: le filet ou style (stylus), ordinairement allongé; et le sommet ou bouton (capitulus), arrondi, ovale ou tronqué, le plus souvent très-comprimé. La forme de chacune de ces parties varie beaucoup, ainsi que leur longueur totale. Tantôt ils sont très-allongés comme dans les Tipules; tantôt de longueur moyenne comme dans les Taons; d'autres fois excessivement petits, ainsi qu'on l'observe dans les Œstres et les Hippobosques. Fabricius regardait ces appendices comme les analogues des ailes postérieures; c'est ce qu'il a exprimé clairement dans sa Philosophie entomologique par ces mots: Halteres rudimenta alarum posticarum, etc. etc.; mais cette opinion était fondée sur la place que ces parties ont par rapport aux ailes antérieu-

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res, plutôt que sur leurs connexions avec le métathorax et les différentes pièces qui le composent. Cependant, cet examen, qui n'avait jamais été entrepris, était le seul qui pût fournir des preuves incontestables pour établir une pareille manière de voir; et, pour l'établir, il fallait reconnaître, à la base du Balancier, les mêmes pièces articulaires que dans l'aile inférieure, ou au moins les rudimens de ces pièces; il fallait retrouver des muscles, quelque petits qu'ils fussent; il fallait enfin s'assurer que l'appendice mobile s'articulait sur le métathorax à la même place que les ailes lorsqu'elles existent. Cette recherche, très-difficile, et, pour ainsi dire, mycroscopique, n'avait point été faite, nous l'avons tentée, et nous croyons avoir prouvé, dans notre travail sur le thorax, lu à l'Académie des Sciences le 20 mai 1820, que les Balanciers n'étaient autre chose que la deuxième paire d'ailes, dont la ténuité était en rapport avec celle du métathorax qui, dans les Diptères, est exactement rudimentaire. Ce résultat, qui changeait en certitude une simple présomption, n'est cependant pas généralement admis aujourd'hui. En effet, Latreille, dans un Mémoire trèscurieux sur quelques appendices particuliers du thorax des divers Insectes (lu à l'Académie dans la séance du 3 juillet 1820, et imprimé dans le T. VII des Mémoires du Muséum d'Histoire naturelle), établit que les Balanciers ne répondent pas à la seconde paire d'ailes, mais que ce sont des appendices vésiculeux, paraissant dépendre des deux trachées postérieures du thorax, et pouvant être assimilés, en quelque sorte, aux appendices qui accompagnent les organes respiratoires des Aphrodites, ou bien à des parties analogues que l'on rencontre dans les Machiles, les Forbicines et quelques larves aquatiques, telles que celles des Ephémères, des Gyrins, etc., etc; il base son opinion sur ce que les ailes inférieures naissent toujours des sommités latérales et antérieures du troisième anneau thorachique et à une très-courte distance des ailes supérieures, toujours en avant des deux stigmates postérieurs du thorax, tandis que les Balanciers partent beaucoup plus bas, de l'extrémité interne de ces ouvertures aériennes, ou du voisinage de celle-ci. Cet illustre savant revient ailleurs sur le même sujet (Observations nouvelles sur l'organisation extérieure et générale des Animaux articulés; Mémoire du Muséum d'Histoire naturelle, T. VIII), et ajoute quelques nouveaux faits à l'appui de sa manière de voir. Cette opinion formelle d'un naturaliste qui, en appliquant le premier à l'étude des Insectes la méthode naturelle, a deviné en quelque sorte les rapports fournis par l'examen anatomique, et a su les retracer au-dehors par des caractères non-équivoques; cette opinion formelle, disons-nous, oblige de revoir avec soin tout ce qui a été avancé sur le même sujet, avant de prononcer; nous y reviendrons au mot THORAX. Quoi qu'il en soit de l'analogie des Balanciers avec telle ou telle autre partie du corps des Insectes, il n'en est pas moins vrai que ces Balanciers sont des organes très-mobiles, et paraissent être de quelque usage dans le vol, sans qu'on puisse cependant déterminer quelles sont leurs véritables fonctions. Plusieurs auteurs qui, au lieu de raisonner sur des faits, ont tenté de tout expliquer sans le secours de l'observation, ont pensé que, semblables aux balanciers de nos danseurs de cordes, les Balanciers des Insectes servaient de contre-poids à ces Animaux dans l'action du vol, et c'est d'une pareille supposition, au moins gratuite, qu'est provenu ce nom de Balancier; c'était en particulier l'opinion de Fabricius. D'autres les ont comparés à des baguettes qui, venant à frapper sans cesse les ailerons des ailes antérieures, déterminaient cette sorte de son, nommé bourdonnement; il est certain que leurs fonctions ne sont pas encore déterminées par l'expérience, et que tout ce qu'on sait à

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leur égard est à peu de chose près hypothétique. (AUD.)

BALANE ET BALANES. Balanus et Balanœ. MOLL. Genre et famille de la classe des Cirrhopodes. V. ce mot. Le genre Balane fut établi par Bruguière (Encycl. méthod.) aux dépens des Lepas de Linné, qu'il a divisés en deux, Anatife et Balanite. Nous enavons fait, avec quelques genres voisins, une famille naturelle, l'unique de l'ordre des Cirrhopodes sessiles.

Les Balanes étaient connus des anciens; les Grecs les nommaient Balanoi à cause de leur ressemblance grossière avec le fruit du Chêne, d'où les Latins ont fait Balanus, et d'où est venu le nom de Glands de mer, donné vulgairement à ces Mollusques. Aristote ne fait pour ainsi dire que les nommer, et paraît les avoir peu étudiés (Hist., Liv. IV, chap. 8. liv. V, chap. 15); mais Athénée en parle avec plus de détail. Il en distingue de grands et de petits (Deïpnos, liv. III. p. 88 et suiv.), et il résulte de son récit qu'on les mangeait de son temps, et que ceux d'Egypte étaient les plus estimés. Macrobe dit aussi que dans le festin que Lentulus fit servir quand il fut reçu parmi les prêtres de Mars, il y avait des Balanes blancs et des noirs. Il ne paraît pas qu'on puisse avoir de doute au sujet de l'usage qu'en faisaient les anciens malgré qu'ils paraissent avoir compris les Anatifes sous la même dénomination; car aux Balanes seuls peut s'appliquer leur croyance qu'ils se cramponnent plus fortement aux rochers lorsqu'ils sentent qu'on veut les en arracher, ce qui suppose une difficulté à les détacher que n'offrent pas les Anatifes. On les mange sur plusieurs côtes malgré le peu de nourriture qu'ils peuvent offrir.

Nous avons vu, en parlant des Anatifes, que les premiers auteurs des temps modernes, Bellon, Rondelet, Gesner, etc., tout en confondant ceux-ci dans les Balanes, les en distinguaient sous le nom de Pouce-pied. Rondelet (de Testaceis, lib. I. cap. 27) se sert déjà du mot Glandes pour distinguer les Balanes, d'où les premiers auteurs méthodistes ont désigné sous le nom de Glands de mer, Glandes marinœ, les coupes plus ou moins régulières qu'ils ont établies. Lister (Ann. angl. tit. 49. p. 196) les considéra d'abord comme étant des Coquilles univalves. Il en fit ensuite une section de ses Multivalves (Synops. tab. 441). Buonanni et Rumphius ont suivi la première de ces opinions. Dargenville (Conchyl. 1e édit.) a adopté la seconde, et les Glands de mer forment la troisième famille de la classe des Multivalves de cet auteur. Gualtieri (Test. tab. 106) fait, avec les Balanes, la deuxième section de ses Testœ marinœ polythomœ, et il la divise en deux coupes, Balanus cylindraceus et Balanus compressus. La première de ces deux coupes correspond au genre Balane de Lamarck; la deuxième, au genre Coronule du même auteur. Klein (Ostrac, p. 175) comprend, sous la désignation de Niduli testacei, tous les Balanes de Gualtieri. Il divise cette grande coupe en trois classes. La première, sous le nom de Balanus, comprend deux genres, Monolopos, ce sont les Balanes de Lamarck, et Polylopos, qui renferme le Lepas Tintinnabutum de Linné, qu'on devait s'attendre à trouver dans le premier genre, et la Coronula balœnaris. Ces deux genres portent, comme on voit, sur l'unité ou la pluralité des pièces du test, sur lesquelles on n'avait pas à cette époque des idées justes. La seconde classe comprend un seul genre, l'Astrolepas, V. ce mot, formé pour la Coronula testidunaria; enfin la troisième, Capitulum, est créée pour l'Anatifa mitella. On voit par cet aperçu que depuis long-temps on a voulu séparer les Coronules des véritables Balanes. Linné ne tint aucun compte de la division déjà admise entre les Anatifes et les Balanes, et de la subdivision des uns et des autres. Il réunit tous ces Mollusques pour former son genre

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Lepas qui compose, avec les Oscabrions et les Pholades, ses Testacea multivalvia. Ce nom de Lepas a été malheureusement choisi par Linné, ayant été appliqué aux Patelles par les anciens; cependant il fut adopté, et il est encore usité par les naturalistes qui, ne marchant pas avec la science, s'en tiennent à la lettre du Systema Naturœ. Parmi nos contemporains, Bruguière revint le premier aux idées de Lister, de Gualtieri, d'Argenville et de Klein, en séparant les Anatifes des Balanes, et en formant un genre distinct avec ceux-ci, sous le nom de Balanite, Balanus. Mais Bruguière n'en sépare pas, comme Klein, les Coronules, et il y comprend les Acastes et les Creusies de Lamarck. Humphrey (Mus. Calon. p. 56), qui le premier, chez les Anglais, s'est soustrait à l'autorité linnéenne, a suivi l'exemple de Bruguière, mais en conservant le nom de Lepas aux Anatifes. Peu après Bruguière, parut le bel ouvrage de Poli, où ce célèbre anatomiste donna la première bonne anatomie des Balanes. Il ne distingue cependant point ceux-ci des Anatifes; considérant essentiellement leurs Animaux et ne leur trouvant pas de différences assez marquées, il désigne le genre de ces Mollusques réunis sous le nom de Tritonis, par lequel Linné avait voulu distinguer un genre particulier qui n'était autre que l'Animal de la Balanite mis à nu. Il conserve à leur Coquille le nom de Lepas, imposé par Linné.

Cuvier a fait voir, dans son Mémoire sur les Animaux des Anatifes et des Balanes (Mém. du Mus an. 1816) que Poli n'a point parlé, dans son beau travail, du système nerveux de ces Mollusques, et qu'il n'a pas distingué les branchies des Anatifes. Les Tritons de Poli forment, avec les Céphalopodes et quelques Annelides, ses Molluscorum brachiatum (Test. utriusq. Sicil. T. I. Introd. part. II. cap. 11. et p. II). Avant Poli, Bosc (Buffon de Déterville) avait le premier donné une description détaillée de l'Animal du Balane. Plus anciennement, Leevenhoeck, Lister, Ellis, d'Argenville et Baster avaient donné des observations plus ou moins incomplètes à son sujet; le dernier cependant mérite d'être cité particulièrement

Lamarck, dans sa première classification, adopta les genres Anatife et Balane de Bruguière, en les plaçant, comme lui, dans les Coquilles multivalves (Mém. de la Soc. d'Hist. nat.); mais dans la première édition des Animaux sans vertèbres, ces deux genres font partie des Mollusques acéphalés conchifères. Cependant, les travaux de Poli et de Cuvier ayant fait sentir la nécessité d'établir des coupes générales fondées sur les grandes différences d'organisation, Duméril établit l'ordre des Branchiopodes, en y plaçant, avec la Lingule, l'Orbicule et les Térébratules, les deux genres Anatife et Balane de Bruguière (V. Zool. analyt.). De Roissy a suivi la première édit. des Anim. S. vert.; Megerle, la première classification de Lamarck. Ce dernier savant publia enfin le résultat de ses nouvelles observations dans l'Extrait de son Cours de Zool., et l'on y voit les Anatifes et les Balanes démembrés des Brachiopodes de Duméril, et former une classe distincte sous le nom de CIRRHIPÈDES: les Balanes y sont divisés en trois genres, Balane, Coronule et Tubicinelle, V. ces deux derniers mots. Ce fut deux ans après que Blainville publia ses premiers essais d'une nouvelle distribution du Règne Animal, bientôt suivis d'un Tableau synoptique de cette distribution. Les Cirrhipèdes, appelés par lui Cirrhipodes, forment aussi une classe à part et composent un sous-type de ses Malakentomozoaires ou Molluscarticulés. Bellermann (der Gesells. Naturg. 7e an. 1815, p. 83) fait avec le genre Lepas de Linné un ordre de sa classe des Plurivalves, puis il le divise en deux genres, les Sessiles et les Pédonculés qui reviennent aux genres Balane et Anatife de ses devanciers, et qui offrent précisément les caractères des deux ordres formés de-

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puis, dans la classe des Cirrhipèdes, par Lamarck. Ocken (Lehrb. der Zool. p. 359) restreint le genre Balane, comme Lamarck, en séparant les Coronules. Il adopte le genre Tubicinelle, déjà décrit dans les Annales du Muséum, et ces trois genres forment pour lui une famille de sa tribu des Vers à bras, celle des Balanes, Balanen, dans laquelle il propose un quatrième genre pour l'Animal décrit et figuré par Hills pour l'Alcyonum Bursa (Obs. mycrosc. T. IX. 157, dans le Hamb. Magaz. 14. 51), et qu'il suppose être un Balane nu vivant dans cet Alcyon d'une manière analogue à la Tubicinelle dans la peau de la Baleine. Ocken place, d'ailleurs, ces Mollusques, ainsi que les Anatifes, avec des Crustacés et très-près des Radiaires. Le Règne Animal de Cuvier montre les Cirrhipèdes ou Cirrhipodes composant, comme chez Lamarck, une classe à part sous le nom de Cirrhopodes, et la dénomination de Brachiopodes proposée d'abord par Duméril qui l'avait empruntée, peut-être, des Brachiata de Poli, est affectée aux genres Lingule, Térébratule et Orbicule. Du reste, Cuvier ne paraît considérer les Coronules et les Tubicinelles que comme des sous-genres des Balanes. Dans la deuxième édition des Animaux sans vertèbres, Lamarck n'a fait qu'ajouter trois nouveaux genres à ceux qu'il avait indiqués dans l'Extrait de son Cours, dont l'un est dû à Savigny: le genre Pyrgome formé pour un Balane nouvellement observé, et les deux autres institués pour des Lepas déjà décrits, le genre Acaste pour le Lepas spongiosa de Montagu, le genre Creusie pour le Lepas Verruca de Chemnitz (Balanus Verruca, Bruguière. Schweigger (Handb. der Naturg. p. 611) conserve le genre Balanus de Bruguière, et n'admet les genres de Lamarck que pour des divisions secondaires.) Goldfuss (Handb. der Zool. p. 597) ne fait pas mention des nouveaux genres Pyrgome, Acaste et Creusie.

Tel est l'ensemble des changemens de rapports et d'ordonnance que le genre Balane a subis; tantôt réuni avec les Anatifes, tantôt séparc de ces Mollusques, ce genre a servi à former des divisions de tous les ordres. La Coquille a été alternativement considérée comme univalve ou comme plurivalve, et l'Animal, tantôt comme un Mollusque, ou d'autres fois comme étant plus rapproché des Crustacés. On a pu voir que la séparation des Coronules a été effectuée depuis long-temps. Celle des Acastes et des Creusies a été faite par le docteur Leach. Enfin, nous proposons aujourd'hui deux nouveaux genres dans la famille des Balanes, l'un pour le Lepas porosa de Chemnitz (Balanus squammosus de Bruguière), l'autre pour la Balanite des Madrépores de Bosc.

Ces genres forment, avec les Balanes proprement dits et les genres Pyrgone et Tubicinelle, l'ensemble de cette famille, la seule de l'ordre des Cirrhopodes sessiles, V. CIRRHOPODES, et dont voici les divisions méthodiques.

Opercule quadrivalve.

α Point de base testacée.

1. Des anneaux réunis en un tube obconique; des rayons longitudinaux.

I. TUBICINELLE, Tubicinella, Dufresne, Lamarck, Ocken, Goldfuss; Balanus, Schweigger.

2. Un cône épais et celluleux, trèsobtus, à six valves articulées, à rayons bien distincts; lames de l'opercule divisées en deux séries opposées.

II. CORONULE, Coronula, Lamarck, Ocken, Goldfuss; Balanus compressus, Gualtieri; Polylopos et Astolepas, Klein; Lepas, Linné; Balanus, Bruguière, Cuvier, Schweigger.

3. Un cône épais et tubuleux, composé de quatre valves étroitement soudées; communément sans rayons distincts; opercule en cône obtus.

III. POLYTREME, Polytrema, Férussac; Lepas, Chemnitz, Gmelin, Dillwyn; Balanus, Bruguière, Lamarck.

β Généralement une base testacée.

1. Un cône mince, à parois généralement formées de tubes capillaires

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chambrés, à six valves articulées; des rayons bien distincts; lames de l'opercule formant une pyramide oblique par leur réunion.

IV. BALANE, Balanus, Lamarck, Ocken, Goldfuss; Balanus cylindraceus, Gualtieri; Monolopos, Polylopos, Klein; Lepas, Linné; Balanus, Bruguière, Cuvier, Schweigger; Tritonis, Poli.

2. Un test ovale subconique de six pièces séparables; base du cône en forme de godet ou de patelle.

V. ACASTE, Acasta, Leach, Lamarck; Tritonis, Poli; Lepas, Montagu; Balanus, Schweigger.

3. Test univalve en cône très-sur-baissé, à parois tubuleuses; articulé avec la base. Celle-ci, plus grande, en forme de godet ou de cupule.

VI. BOSCIE, Boscia, N.; Balanite, Bosc.

†† Opercule bivalve.

1. Test convexo-conique de quatre valves distinctes et articulées.

VII. CREUSIE, Creusia, Leach, Lamarck; Lepas, Müller, Gmelin, Chemnitz; Balanus, Bruguière, Ocken, Schweigger.

2. Test subglobuleux, univalve?

VIII. PYRGOME, Pyrgoma, Savigny, Leach, Lamarck.

Nous ne faisons point mention ici du genre proposé par Ocken, dont nous avons parlé plus haut. Il est peut-être analogue aux Creusies ou aux Pyrgomes, et vit dans l'Alcyonum Bursa, comme ceux-là dans les Madrépores.

La plupart des Balanes vivent en société, groupés et réunis souvent en quantité innombrable et superposés les uns aux autres. Ils tapissent les rochers, les pierres, les Coquilles, les Crustacés, les tiges de Plantes marines, les bois flottans et les vaisseaux, de sorte qu'il est souvent difficile de déterminer les espèces réellement indigènes à telles côtes; car il s'établit un échange général des Mollusques de ce genre, entre toutes les parties du monde, au moyen des mouvemens variés et infinis de la navigation. Ces observations s'appliquent surtout aux Balanes proprement dits et aux Creusies. Les Tubicinelles, les Coronules, les Acastes, les Pyrgomes, les Boscies, habitant dans la peau des grands Animaux marins, tels que les Baleines, les Cachalots, ou sur les écailles des Tortues, dans des Éponges ou des Polypiers, sont souvent isolés et ne sont pas transportés dans tous les pays comme les vrais Balanes; il en est de même des espèces de ce dernier genre, qui vivent dans les Madrépores.

Tous ces Mollusques sont attachés, par leur base, sur ces divers corps, lorsqu'ils ne font qu'adhérer à leur surface; quelquefois même les espèces qui sont implantées dans d'autres corps, telles que les Acastes et les Boscies, ont aussi une base testacée; mais communément, dans ce dernier cas qui est celui des Tubicinelles et des Coronules, le test est ouvert aux deux bouts, et la partie opposée à l'opercule est fermée par une simple membrane.

Le genre Balane offre beaucoup d'espèces. Les autres genres de cette famille n'en ont encore qu'un petit nombre. Le test des Balanes et des Creusies varie beaucoup dans la forme. Assujetti dans son accroissement à la position plus ou moins gênée où il se trouve, il est obligé de se modeler par sa base sur les corps où il a été d'abord déposé; resserrée par ses voisins, sa Coquille doit subir leur influence et porte le plus souvent leur empreinte et les preuves de leur pression; aussi est-il assez rare d'en rencontrer qui, n'ayant point été gênés, montrent leur forme naturelle. Souvent forcés de s'établir sur une base oblique, leur tendance à s'élever perpendiculairement se montre dans la forme du cône qui se recourbe un peu, ou fait un angle plus ou moins considérable avec sa base.

Nous renvoyons à l'article Cirrhopodes, pour tous les détails de l'organisation des Animaux des Balanes. Nous nous bornerons à dire ici que leur Mollusque ressemble beaucoup à celui des Anatifes; leur corps est sem-

TOME II. 10

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blable, ils ont les mêmes pieds et en même nombre, la même bouche; mais ils diffèrent principalement par les branchies et le pédoncule qui soutient les Anatifes. On peut consulter à ce sujet les travaux de Poli et de Cuvier cités plus haut. On trouve des Balanes dans toutes les mers, vers le pôle comme sous la ligne, et, comme chez les Anatifes, les mêmes espèces se rencontrent souvent dans des mers très-éloignées. Leur fécondité est prodigieuse. Ils pondent leurs œufs en été, et les petits qui en sortent sont remplis, au bout de quatre mois, suivant Poli, de semblables œufs prêts à éclore. Dans l'eau, ils font continuellement agir leurs pieds ou bras. Les plus grands se meuvent en spirale et servent à faire affluer l'eau vers l'ouverture et à y entrainer les petits Animaux dont ils se nourrissent, étant garnis de cils qui aident à cette manœuvre; les petits servent à retenir leur proie. Leurs mouvemens s'exécutent avec une grande vitesse; ils rentrent ces pieds et resserrent leur opercule au moindre danger.

La Coquille des Balanes varie suivant les genres, comme nous l'avons vu. Chez la Tubicinelle, chaque époque d'accroissement forme un anneau terminé par un bourrelet circulaire; et la base du test n'est qu'une simple membrane. La Coquille de la Coronule offre aussi cette dernière circonstance, mais elle est composée de six valves articulées. Quelques Balanes sont cylindriques ou coniques, rarement très-allongés en tube, comme dans le Lepas elongata de Chemnitz; d'autres fois, le cône est très-surbaissé. La lame testacée de la base manque dans certaines espèces, comme dans les Lepas depressa et stellata de Poli, et le L. Balanus de Wood, lesquels, sous ce rapport, se rapprochent des Coronules; et quoique les tests soient ordinairement tubuleux, ces espèces, où la base manque, ont le plus souvent une Coquille entièrement solide. Cette base, ordinairement plate, est quelquefois un peu concave. Dans la Balanite des Madrépores de Bosc, elle forme la partie principale et ressemble à une petite calotte. Dans cette même espèce, cette base est entièrement enfoncée dans la substance du Madrépore, et la partie qui répond au cône des autres Balanes est très-aplatie, et paraît être univalve: le nombreseul des pièces de l'opercule distingue essentiellement cette espèce du genre Pyrgome. Enfin, il est encore d'autres Balanes dépourvus de base, comme le Balanus stalactiferus de Lamarck, ou squamosus de Bruguière, où le cône, réellement quadrivalve, semble être univalve, n'ayant point de rayons extérieurs. Il s'éloigne aussi de ses congénères par l'épaisseur de ses parois composées de gros tubes allant du sommet à la base, construction tout-à-fait anomale dans le genre Balane, où les rayons offrent, au lieu de tubulures perpendiculaires, de petites galeries horizontales; considérations qui nous ont déterminés à en faire un nouveau genre. Dans les Coronules, l'opercule est fort différent de celui des Balanes, les quatre valves sont opposées sur deux lignes; celui des Creusies offre deux valves inégales. Nous ne connaissons pas celui des Pyrgomes.

Après ces détails généraux sur les genres de la famille des Balanes, nous dirons comment est composé le test des Balanes proprement dits, 4e genre de cette famille.—En général, tous ont une pièce testacée qui forme la base du cône, et par laquelle ils adhèrent aux corps marins. Cette pièce est articulée avec celles qui composent le cône, lesquelles sont jointes et soudées les unes aux autres, de sorte que le test semble être univalve, en faisant toutefois abstraction de l'opercule. Ce test forme un cône tronqué, fermé dans son fond par la plaque testacée, et à sa partie supérieure (à la troncature du cône qui forme l'ouverture) par cette espèce d'opercule quadrivalve dont les pièces testacées sont mobiles entre elles. Les pièces de l'opercule sont articulées les unes avec les autres par deux

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sillons à languette et deux sutures crénelées intercalées; elles se resserrent et s'écartent à volonté pour laisser sortir les organes cirrheux du Balane, et pour qu'il puisse prendre sa nourriture. Ces pièces étant fixées contre les parois internes du test par un ligament circulaire qui se prête à leur mouvement, et qui s'attache vers le milieu ou à la base de ces parois, elles forment en se réunissant un autre cône intérieur, ou mieux une pyramide oblique et plus ou moins pointue, qui protège et cache l'Animal en fermant exactement l'ouverture du cône.

Dans tous les Balanes, le cône est composé de six pièces à peu près d'égale hauteur, mais inégales pour leur forme et leur largeur. Généralement les trois antérieures et celle de derrière sont les plus larges, les deux latérales sont beaucoup plus étroites. Ces valves ne sont pas triangulaires, comme on le croit au premier coup-d'œil, et comme Bruguière le dit. On voit, à la vérité, à la première inspection, six sections triangulaires réunies ou du moins très-rapprochées par leur base, qui est celle du cône, et qui s'élèvent en s'écartant jusqu'à son sommet; leurs intervalles paraissent remplis par d'autres sections également triangulaires, ayant leurs sommets opposés à ceux des premières et un peu plus enfoncés qu'elles, en sorte que celles-ci les dominent légèrement en relief. Ce sont ces sections opposées aux premières, et ayant leur base au sommet du cône, que Bruguière a appelées rayons. En voyant ainsi les choses, on peut comparer le test d'un Balane à un cylindre ou à un cône tronqué, formé par douze triangles à sommets opposés et intercalés les uns avec les autres. C'est cette apparence qui a fait admettre à quelques auteurs douze valves, sans comprendre celles de l'opercule et celle du fond. Mais les choses ne sont point ainsi; il n'y a réellement que six valves de forme à peu près quadrilatère, plus ou moins triangulaires à leur extrémité supérieure. Les rayons que nous venons de caractériser ne sont que le complément des premières sections triangulaires et en saillies; la structure différente de ces rayons, surtout leurs stries horizontales et leur enfoncement, font seules illusion: ces rayons sont d'ailleurs diversement réunis ou superposés. Les rayons à droite et à gauche de la valve antérieure ne sont que les bords de cette valve, sur le milieu de laquelle un triangle règne eu saillie, lequel est complété par ces deux rayons pour former le premier quadrilatère ou la première valve; ces rayons ou bords recouvrent les côtés contigus des deux valves suivantes, et cachent ainsi l'un des rayons complémentaires des deuxième et troisième valves; les bords postérieurs de cellesci sont deux autres rayons complémentaires qui recouvrent et cachent à leur tour les bords antérieurs des quatrième et cinquième, et enfin les bords de la sixième ou ses complémens sont couverts par les bords ou rayons de ces deux dernières. Si l'on examine l'intérieur du cône vers la base, on voit distinctement la véritable forme de ces valves, parce que les sutures n'y sont pas recouvertes, et qu'elles correspondent à peu près à celles du dehors; on voit leurs articulations recouvertes, sur une partie de leur longueur, par un feuillet testacé qui est collé sur le bord des valves dans un sens contraire à cel ui de la face externe du cône. Le milieu, triangulaire et en saillie des valves, est composé d'un tissu tubuleux généralement très-serré, de petits cônes ou de petites pyramides contigus, à côtés communs, s'élevant perpendiculairement de la base vers le sommet du cône, et chaque tube est communément divisé sur sa hauteur en un grand nombre de petites loges, ce qui exclut toute idée de circulation capillaire. Les rayons ont une autre construction; ils sont composés de lames parallèles à la base du cône, et empilées les unes sur les autres; ces lames sont unies par les parois interne et externe du test, de manière qu'elles laissent entre elles de petites galeries parallèles. Ces petites

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galeries paraissent sur le bord latéral de chaque rayon qui est taillé en biseau, et c'est dans les rainures qui en résultent que s'engrainent de petites stries saillantes du côté contigu de la valve suivante. Voilà le mode d'articulation qui unit les six valves. Il paraît que, dans l'accroissement en diamètre du cône, les valves qui se recouvrent, comme nous l'avons dit, glissent les unes sur les autres, sans que les stries saillantes sortent de leur engrénage, et que l'Animal allonge, par la transsudation de son manteau, les plaques internes qui servent de doublures aux sutures dans une partie de leur longueur. Nous pouvons maintenant concevoir l'accroissement singulier des Balancs qui, malgré les excellentes dissertations de Bruguière (Encycl. méth. art. Balanite), de Cuvier (Mém. sur les Anatifes et les Balanes), de Lamarck (genre Balane, An. s. vert.), n'a point encore été bien expliqué. Les pièces de l'opercule n'étant point soudées, leur accroissement s'explique facilement, ainsi que chez les Anatifes dont on peut considérer les valves comme analogues à l'opercule des Balanes. Chez les Anatifes, les valves s'accroissent dans toutes les directions, sur tous leurs côtés. Au contraire, celles de l'opercule des Balanes ne s'accroissent que par leur base qui s'élargit à mesure par des débords latéraux: quant au cône de ces Mollusques, à leur test, toutes ses parties étant soudées et ce cône étant fermé à sa base, l'accroissement est bien plus compliqué; mais il n'est pas uniforme chez tous. Pour le très-grand nombre, il faut nécessairement admettre, à de certaines époques, une désunion des sutures et une extension des côtés qu'elles unissent, analogue à ce que l'on observe dans les Oursins. C'est en effet ce qui a lieu, et l'accroissement se fait dans deux directions, en largeur et en hauteur. Celui dans le sens du diamètre a lieu de la manière suivante: les lames testacées qui recouvrent les sutures vers le haut et à l'intérieur, ne sont autre chose que la partie supérieure des valves recouverte par les rayons extérieurs; entre cette doublure règne un espace libre dans lequel pénètre un double rebord du manteau. Des pores du manteau communiquent, du haut en bas, avec les issues des petites galeries, qui composent le tissu des rayons, et ce manteau est organisé pour allonger les stries saillantes qui composent l'engrénage de la même manière que d'autres Mollusques forment les stries élevées et les dents de leur ouverture. Il s'opère à l'extérieur de ces petites galeries une juxta-position qui forme accroissement dans le temps où l'Animal sent la nécessité de faire glisser les valves les unes sur les autres, dans l'engrénage qui les unit, afin d'effectuer cet accroissement. Ainsi, ce sont les bords libres des rayons qui sont élargis latéralement et du haut en bas, pendant un certain temps de l'époque où l'Animal peut encore agrandir sa maison. Pendant le même temps, s'opère l'accroissement en hauteur, par des procédés semblables, et sans doute simultanément. La suture, qui unit les valves par leur base à la plaque testacée, et qui est marquée au dedans du cône par une ligne circulaire de pores assez gros, se désunit, et les Balanes accroissent cette base des valves en débordant sur les côtés de la même manière que pour celles de leur opercule. Mais il vient une époque où l'accroissement latéral des rayons ne peut plus avoir lieu, et où ceux-ci demeurent soudés d'une manière fixe; alors le Balane peut encore, et à ce qu'il paraît assez long-temps, augmenter la hauteur de son tube. C'est la plaque testacée dont le diamètre augmente, en même temps que celui du cône, par des crues circulaires sur ses bords, qui lui en fournit le moyen. Ces bords s'élèvent et acquièrent souvent une hauteur égale à celle du cône lui-même; mais alors, on ne voit plus sur cette base ainsi élevée les rayons du cône; on n'aperçoit que des anneaux circulaires, des cercles super-

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posés, traces des accroissemens successifs. On voit tout cela très-distinctement sur les vieux individus des grosses espèces.

Dans d'autres Balanes, l'accroissement est plus simple. Dans la Balanite des Madrépores, qui forme notre genre Boscie, il paraît que les bords seuls des deux calottes opposées s'élargissent en s'élevant. Dans le B. stalactiferus de Lamarck, l'accrois sement, comme dans les Coronules, doit avoir lieu par la formation de nouvelles pyramides et l'allongement de la base des anciennes, et, comme le dit Cuvier, au moyen des productions qui garnissent les cellules ou les tubes; mais dans les Coronules il y a désunion des valves comme dans les Balanes ordinaires, tandis que, dans le B. stalactiferus, cette désunion n'a pas l'air aussi simple, car l'on n'aperçoit pas de suture à l'extérieur. Dans les Coronules et le Balane que nous citons, les productions du manteau peuvent remplir en partie les tubulures; mais dans les Balanes à tuyaux presque capillaires, elles n'entrent que fort peu puisque les petits tubes sont divisés en chambres sur leur hauteur. Du reste, l'explication que donne Bruguière de la formation des tubulures est seule admissible. On peut consulter, au sujet de l'organisation des Balanes, les pl. IV et V de Poli, ainsi que les discours qui s'y rapportent.

Les caractères génériques du genre Balane sont: corps sessile, enfermé dans une Coquille operculée; bras nombreux, sur deux rangs, inégaux, articulés, ciliés, composés chacun de deux cirrhes soutenues par un pédicule, et exertiles hors de l'opercule; bouche sans saillie, ayant quatre mâchoires transverses, dentées, et en outre quatre appendices velus, ressemblant à des palpes (Lamarck); Coquille sessile, fixée, composée de six valves généralement articulée entre elles et formant par leur réunion un cône tronqué à son sommet, ou un cylindre communément fermé au fond par une plaque testacée adhérente; ouverture subtrigone ou elliptique; opercule intérieur quadrivalve, à valves mobiles, formant par leur réunion une pyramide oblique.

Il serait difficile ici d'énumérer les espèces vivantes de ce genre; la confusion la plus complète règne encore entre elles, par le défaut de critique et de bonne synonymie qu'on rencontre dans tous les ouvages descriptifs sur ces Mollusques. Les espèces les plus communes même sont incertaines, telles que le Tintinnabulum; car les uns ont fait des espèces nouvelles pour de simples variétés de cette Coquille, et les autres ont donné son nom à des espèces fort distinctes.

On peut diviser les Balanes en deux sections, ceux qui ont une base testacée et ceux qui en sont privés. Peut être quelques espèces de la première section devront-elles entrer dans le genre Coronule.

Ire SECTION.—Pas de base testacée

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1. B. depressus, Lepas depressa, Poli, Test. utr. Sicil. tab. 5. f. 12. 13. Des mers de Naples.—2. B. stellatus, Poli, loc. cit. tab. 6. f. 18. 19. 20. Des mers de Naples.—3. B. crenatus, Bruguière, no 10, Lepas cornubiensis, Pennant, Zool. IV. p. 75. t. 37. f. 6. Lepas Balanus, Wood, Conchyl. tab. 7. f. 3.; Chemnitz, Conch. tab. 97. f. 826. De l'Océan sur nos côtes.—4. B. punctatus, Maton et Rackett, Montagu, Test. t. 1. f. 5. De nos côtes.—5. B. fistulosus, Bruguière, no 6; B. clavatus, Ellis et Solander, Zooph. t. 15. f. 78; Lepas elongata, Chemnitz, tab. 98. f. 838. Cette curieuse espèce est très-remarquable par sa forme allongée et fistuleuse. Les valves tiennent si peu entre elles, que, pour peu qu'on la touche, elles se séparent. Elle paraît dépourvue de base testacée. Elle se trouve sur nos côtes. Il ne faut pas la confondre avec le Lepas fistulosus de Poli, qui en est bien distinct.

IIe SECTION.—Une base testacée.

6. B. perforatus, Bruguière, no 9; Chemnitz, Conchyl. tab. 98. fig. 835.

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B. fistulosus, Poli, Test. utriusq. Sic. tab. 6. f. 1. 2. De la Méditerranée.—7. B. spinosus, Bruguière, no 8; Lamarck, sp. no 13. Lepas spinosa, Gmelin, Chemnitz, tab; 98. f. 840 et t. 99. f. 841. Cette espèce est rare et recherchée.—8. B. Tintinnabulum, Linné, Lamarck, An. S. vert. 2e édit. no 3; Wood, Conchyl. tab. 6. f. 1 et 2; Chemnitz, t. 97. f. 828 à 830. vulg. la Tulipe épanouie, le Turban, le Gland de mer, Tulipe, etc. Rumphius rapporte que les Chinois font de son Animal un mets délicat apprêté avec du sel et du vinaigre. Il blanchit par la coction. Son goût est semblable à celui de nos Ecrevisses. Cette espèce s'attache quelquefois en si grand nombre aux navires qu'elle ralentit leur marche. V. pour les autres espèces, Lamarck, Bruguière, Wood, Dillwyn, Poli, Chemnitz, etc. Quant aux espèces fossiles du genre Balane, auxquelles doit s'appliquer la dénomination de Balanites, Balanites, nous observerons, avec Defrance (Dict. des Sc. nat.), que les anciens oryctographes les regardaient comme extrêmement rares, et que Dargenville croyait même qu'il n'en existait pas. Bajerus est le premier qui en ait parlé dans son Oryotographia norica. Aujourd'hui on en connaît dans un très-grand nombre de localités. On en trouve assez fréquemment dans le calcaire grossier des environs de Paris, et surtout en Italie, dans le val d'Andonne, le Plaisantin, à Ronca, etc.; la Suisse, le Dauphiné, les environs de Marseille, de Bordeaux et ceux de Valognes en fournissent aussi diverses espèces; enfin Defrance en cite encore à Malte, en Silésie et en Pologue, et Sowerby en décrit deux espèces d'Angleterre. Schlottheim (der Petrefact. p. 170) cite des Balanites qu'il appelle Lepadites, dans des terrains anciens, inférieurs à la Craie; mais plus communément ces Fossiles se trouvent dans les couches superposées à la Craie. Voici les espèces principales qui ont été reconnues: 1. B. Delphinus, Defrance, Dict. des sc. nat. sp. no 1. Knorr. vol. II. tab. K. De Saint-Paul-Trois-Châteaux en Dauphiné.—2. B. squamosus, id. sp. no 2. Du Plaisantin, du Dauphiné, de Doue en Anjou.—3. B. virgatus, Defrance, sp. no 3. voisin du B. Balanoïdes. De l'Anjou.—4. B. dentiformis, Defrance, sp. no 4, Knorr. vol. II, tab. k. 1, fig. 4. Des environs de Marseille.—5. B. striatus, Defrance, sp. no 5. Du Plaisantin.—6. B. crispus, Defrance, sp. no 6. ou Lepas stellaris, Brocchi, Test. tab. 14. f. 17. De Saint-Paul-Trois-Châteaux en Dauphiné.— 7. B. circinnatus, Defrance, sp. no 7. De Hauteville, département de la Manche.—8. B. communis, Defrance, sp. no 8. Trouvé sur les huîtres du banc superposé au Gypse dans les environs de Paris— 9. B. Pustula, Defrance, sp. no 9. Localité?—10. B. tesselatus, Sowerby, Min. Conchol. tab. 84. f. 1.—11. B. crassus, Sowerby, loc. cit. f. 1. Ces deux espèces sont d'Angleterre.—12. Lepadites plicatus, Schlottheim, Petrefact., p. 170. no 5. Il a les plus grands rapports avec le Bal. Balanoides, var. Plicata. De Hidesheim et Piétra en Piémont.—13. Lep. tintinnabuliformis, Schlottheim, loc. cit. sp. no 4. Il a beaucoup de rapport avec le B. Tintinnabulum. De Suède.—14. Lep. sulcatus, id. sp. no 5. Trouvé avec le précédent.—15. Lep. lineatus, id. sp. no 6. du Calcaire du Jura.—16. Lep. radiatus, id. sp. 7. du Calcaire du Jura. Brocchi (Conchyl. t. II. p. 597) cite en outre les Bal. Tintinnabulum, sulcatus, Lam.; Balanoides et Stellaris, Poli, comme étant fossiles dans le Plaisantin. Lamarck ajoute quelques autres espèces ayant des analogues vivans. (F.)

BALANGHAS. BOT. PHAN. Espèce du genre Sterculia. V. STERCULIER. (B.)

BALANGUE. Balanga. BOT. PHAN. Fruit de Madagascar, décrit par Gaertner (de Fruct. et de Sem. II. t. 183), et qui appartient à un Végétal encore inconnu. C'est une baie

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globuleuse, charnue, à une ou deux loges, contenant deux semences en cœur renversé, attachées au fond de la baie, environnées entièrement d'un arille sec; l'embryon est muni d'un périsperme charnu; les cotylédons sont foliacés; la radicule est courte, droite et cylindrique. (B.)

* BALANINE. Balaninus. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Tétramères, établi par Germar, et adopté par Dejean (Catal. des Coléopt., p. 86) qui en possède dix espèces, la plupart originaires d'Europe, mais étrangères à la France. On en trouve cependant aux environs de Paris des espèces décrites par Fabricius. Ce genre appartient à la famille des Rhinchophores, et constitue une des subdivisions nombreuses du grand genre Curculio de Linné. (AUD.)

BALANITE. MOLL. FOS. Nom français donné par Bruguière au Gland-de-Mer, quand il institua le genre Balane; mais, d'après la terminaison adoptée pour les espèces fossiles de chaque genre, l'on doit entendre par Balanites, Balanites, les espèces fossiles du genre Balane. V. ce mot. (F.)

BALANITE. Balanites. BOT. PHAN. Dans le troisième volume des Mémoires de l'Institut d'Egypte, Delille a décrit, sous le nom de Balanites œgyptiaca, l'Agihalid de Prosper Alpin, ou Ximenia œgyptica de Linné et de Willdenow. Ce genre Balanites, distinct des véritables Ximenia, doit étre placé dans la famille des Térébenthacées, près des genres Spondias et Connarus. Voici ses caractères: calice à cinq divisions profondes et étalées; corolle de cinq pétales étalés, velus intérieurement; étamines, au nombre de dix, insérées chacune dans une petite fossette que l'on remarque à la base d'un disque charnu, formant une espèce de tube conique, qui recouvre l'ovaire dans ses deux tiers inférieurs: celui-ci est ovoïde, allongé, presque pentagone, à cinq loges, contenant chacune un seul ovule suspendu; le style est court, gros, terminé par un stigmate à peine distinct, légèrement quinquelobé. Le fruit est une drupe ovoïde, à cinq angles arrondis, renfermant un seul noyau, uniloculaire et monosperme.

Le BALANITE D'EGYPTE, Balanites œgyptiaca, Del. (Egypte, t. 28), est un Arbre épineux, haut de dix-huit à vingt pieds, ayant à peu près le port du Ziziphus, Spina Chrisli; il croît en Egypte où il est maintenant fort rare, et dans l'intérieur de l'Afrique. Les Nègres en ont transporté les graines jusque dans les Antilles, où l'on en trouve maintenant quelques individus, particulièrement à St.-Domingue. Ses feuilles sont courtement pétiolées, unijuguées, c'est-à-dire, composées d'une seule paire de folioles, sessiles au sommet du pétiole commun, et irrégulièrement ovales. Les épines, qui sont très-acérées, naissent à l'aisselle des feuilles, et sont plus courtes qu'elles. Les fleurs sont assez petites, verdâtres, et forment des espèces de bouquets à l'aisselle des feuilles supérieures. Les fruits, qui leur succèdent, sont presque ovoïdes; de la grosseur d'une Noix, jaunâtres. Leur chair est un peu visqueuse, molle; leur noyau est de la grosseur d'une moyenne Olive.

On a cru pendant long-temps que cet Arbre fournissait les Mirobolans Chebules; mais on sait positivement aujourd'hui que cette drogue est produite par le Terminalia Chebula.

Le nom de BALANITES désigne dans Pline le Châtaignier. (A. R.)

BALANOIDE. ECHIN. FOSS. Quelques auteurs ont donné ce nom aux pointes d'Oursins fossiles. (LAM..X.)

BALANOPHORE. Balanophora. BOT. PHAN. Ce genre, qui a été établi par Forster pour une Plante observée par lui, dans les forêts de Tanna, l'une des Nouvelles-Hébrides, est devenu le type d'une famille nouvelle, établie par feu Richard sous le nom de Balanophorées. V. ce mot. Le Balanophora fungosa, la seule espèce connue de ce genre, est une Plante parasite, ayant l'apparence d'un

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Champignon, d'une couleur blanchâtre, attachée sur la racine des Plantes voisines. Elle forme à sa base une espèce de gros tubercule charnu, qui, quelquefois, acquiert le volume du poing, et que l'on peut considérer comme sa racine; ses tiges, quelquefois solitaires, naissent du tubercule charnu dont nous venons de parler; elles sont cylindriques, de la longueur du doigt; recouvertes d'écailles imbriquées, et se terminent supérieurement par un capitule de fleurs, à moitié recouvert par les écailles de la tige, et composé de fleurs mâles et femelles. Les fleurs mâles, moins nombreuses et plus grandes, pédicellées, occupent la partie inférieure du capitule; leur calice est à trois ou quatre divisions lancéolées, ouvertes; leurs étamines, au nombre de trois, sont soudées en un tube cylindrique par leurs filets et leurs anthères. Les fleurs femelles, incomparablement plus nombreuses et plus petites, occupent les trois quarts supérieurs du capitule; elles se composent d'un ovaire infère, allongé et presque filiforme, couronné par le limbe du calice, qui est inégal; cet ovaire, à une seule loge et à une seule graine, est surmonté par un style capillaire que termine un stigmate peu apparent. Le fruit est inconnu. (A. R.)

* BALANOPHORÉES. Balanophoreœ. BOT. PHAN. Cette famille nouvelle se compose des genres Balanophora et Cynomorium, auxquels il faut ajouter deux genres nouveaux, savoir le Langsdorffia de Martius et l'Helosis de Richard père. De Jussieu, dans son Genera Plantarum, avait placé les deux genres Balanophora et Cynomorium parmi les Incertœ sedis, comme étant trop imparfaitement connus dans leur organisation pour pouvoir être rapportés à aucune famille naturelle. L.-C. Richard, après avoir soigneusement analysé ces différens genres, les a réunis dans un même ordre naturel, auquel il a donné le nom de Balanophorées; en voici les caractères: Plantes ordinairement parasites, d'un aspect particulier, ayant quelque ressemblance avec des Champignons ou plutôt avec les Clandestines et les Orobanches, s'élevant peu au-dessus de la surface du sol. Leurs racines forment une sorte de tubercule charnu, ou sont rameuses et s'étendent horizontalement, en s'enlaçant à celles des Plantes voisines, ou s'y implantant entièrement. Leurs tiges sont épaisses, charnues, simples, cylindriques, nues, ou recouvertes d'écailles de forme variée, que l'on peut en quelque sorte considérer comme leurs feuilles.

Les fleurs sont constamment unisexuées, monoïques, très-petites, serrées les unes contre les autres et disposées en capitules ovoïdes, plus ou moins allongés. Ordinairement les fleurs mâles et les fleurs femelles sont réunies sur un même capitule, comme dans les genres Cynomorium et Helosis; d'autres fois les capitules sont uniquement composés de fleurs mâles ou de fleurs femelles, ainsi qu'on le remarque dans le Langsdorffia. Ces fleurs sont rassemblées sur un axe ou réceptacle commun, garni de soies ou de petites écailles entremêlées avec les fleurs.

Les fleurs mâles sont ordinairement pédicellées; leur calice est à trois divisions profondes. Le nombre des étamiues est généralement de trois; elles sont soudées ensemble par leurs filets et leurs anthères, de manière à former au centre de la fleur une espèce de tube cylindrique; tantôt les anthères s'ouvrent par leur face interne, tantôt par leur face externe. Le genre Cynomorium ne présente manifestement qu'une seule étamine.

Les fleurs femelles sont tantôt sessiles, tantôt pédicellées, etc. Leur ovaire est constamment infère, allongé ou presque globuleux, à une seule loge qui renferme un seul ovule attaché au sommet de la loge et renversé. Le limbe du calice forme un rebord inégal et sinueux, ou se compose de trois à quatre lanières minces, comme dans le Cynomorium. Cet ovaire est communément surmonté d'un seul

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style filiforme; on en trouve deux dans le genre Helosis.

Le fruit est une petite cariopse couronnée par le limbe du calice, et dont le péricarpe est sec et assez épais. La graine remplit exactement toute la cavité intérieure du péricarpe avec lequel elle est intimement soudée. Elle se compose d'un endsperme épais et charnu, quelquefois celluleux, uni à un embryon très-petit, presque imperceptible, entièrement simple, indivis, et par conséquent monocotylédon. Il est situé dans une petite fossette, sur l'un des côtés de la surface externe de l'endosperme.

La famille des Balanophorées doit donc être rangée parmi les familles de Plantes monocotylédonées; celle dont elle se rapproche le plus est la famille des Hydrocharidées, mais elle s'en distingue surtout par son port et son fruit uniloculaire et monosperme. Par leur port et leurs caractères, les Aroïdées se rapprochent beaucoup plus de notre famille, bien que leur ovaire soit libre et supère. Enfin, les Aristolochiées, et particulièrement le genre Cytinus, ont une grande analogie avec les Balanophorées, en sorte que leur place nous paraît indiquée entre les Hydrocharidées qui terminent le groupe des Monocotylédons, et les Aristolochiées qui sont placées en tête des Dicotylédons.

On peut disposer de la manière suivante les quatre genres qui forment la famille des Balanophorées:

† Trois étamines symphysandres.

α. Anthères introrses. Helosis, Richard.

β. Anthères extrorses. Langsdorffia, Martius; Balanophora, Forster.

†† Une seule étamine, Cynomorium, Micheli. (A. R.)

BALANOPTERIS. BOT. PHAN. On trouve décrit et figuré sous ce nom, dans Gaertner (T. II. p. 94. t. 99), le Molavi des Philippines, précédemment nommé Heritiera littoralis par Aiton. V. HERITIERA. (A. R.)

* BALANOS. BOT. PHAN. V. BALANUS.

* BALA-N'POUTOU. BOT. PHAN. (Proyart.) C'est-à-dire Racine d'Europe. Paraît être, sur les côtes d'Afrique au nord du Zaïre, le Convolvulus Batatas, L., plutôt que la Pomme-de-Terre, Solanumtuberosum, L., comme l'ont dit quelques voyageurs. (B.)

BALANTANA. BOT. PHAN. Nom caraïbe de la Banane. V. ce mot. (B.)

BALANTI. BOT. PHAN. (Camelli.) Petit Arbre indéterminé des Philippines, dont les feuilles ombiliquées et les graines comparées à celles du Ricin, autorisent les rapprochemens qu'on peut en faire avec ce genre. (B.)

BALANTIA. MAM. (Illiger.) Syn. de Phalanger. V. ce mot. (B.)

* BALANTINE. BOT. PHAN. (Petiver.) Syn. d'Hernandia sonora. V. HERNANDIE. (A. R.)

BALANUS. MOLL. V. BALANE.

BALANUS OU BALANOS. BOT. PHAN. Vieux nom du Guilandina Moringa, L., qui constitue aujourd'hui le genre Moringa. V. ce mot. On l'a quelquefois appliqué au Quercus œsculus. V. CHÈNE. (B.)

BALAOBOUCOUVOU. BOT. PHAN. Syn. caraïbe de Mancenilier. V. HIPPOMANE. (B.)

BALAON OU BALAOU. POIS. Même chose que Balaau. V. ce mot. (B.)

BALARINA. OIS. C'est-à-dire Danseuse. Syn. piémontais, des Bergeronnettes jaune et printanière, Motacillœ Boarula et flava, L. V. BERGERONNETTE. (DR..Z.)

BALARINA DEL COULAR. OIS. Syn. piémontais de la Lavandière, Motacilla alba, L. V. BERGERONNETTE. (DR..Z.)

BALASBAS, BOT. PHAN. Même chose qu'Antolang. V. ce mot. (B.)

BALASSEN OU BALESSAN. BOT. PHAN. (Prosper Alpin.) Syn. de Baume de Judée. V. ce mot. (B.)

BALATANA. BOT. PHAN. Proba-

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blement la même chose que Balantana. V. ce mot. (B.)

BALATAS. BOT. PHAN. Nom de pays d'Arbres divers dont on ne peut guère reconnaître le genre sur les indications imparfaites données par les divers auteurs qui en font mention, et qui fournissent un bois utile dans les constructions.

Le BALATAS BLANC de Préfontaine, dans sa Maison rustique de Cayenne, est probablement le Couratari des naturels de la Guyane. Il a son écorce filamenteuse, susceptible d'être tressée en cordes excellentes, et a été figuré par Aublet, pl. 290.

Le BALATAS BOUGE est, selon Nicholson, connu à Saint-Domingue sous le nom de Sapotilier Marron.

Le BALATAS BOIS DE NATTE d'Aublet paraît être un Achras. V. SAPOTILIER et COURATARI. (B.)

BALATE. ECHIN. L'on donne ce nom à une espèce de Zoophytes, que l'on croit appartenir au genre Holothurie. Elle se pêche dans la mer des Philippines, et se porte en immense quantité à la Chine. Les habitans de ce vaste empire en font une grande consommation pour leur table, et la recherchent comme un mets des plus délicats. Cuite, elle ressemble à un pied de cochon désossé. Ce Zoophyte, objet d'un commerce considérable, n'est pas connu d'une manière exacte. Il en est de même de beaucoup d'Animaux et de Plantes dont on fait un usage habituel, et que les naturalistes n'ont encore pu étudier. La Balate est peut-être la même chose que le Tripan. V. ce mot. (LAM..X.)

* BALATONASSO. BOT. PHAN. Arbrisseau imparfaitement connu des Philippines, qui paraît appartenir à la famille des Euphorbiacées, et qui, sur ce qu'en dit Ray ou d'après la figure de Camelli, paraît voisin des Ricins. V. ce mot. (B.)

BALAUSTE. BOT. PHAN. Nom sous lequel on désigne dans les pharmacies les fleurs desséchées du Grenadier à fleurs doubles.

Desvaux a étendu ce nom à une espèce de fruit pareil à la Grenade. V. GRENADIER et FRUIT. (B.)

BALAUSTIER. BOT. PHAN. Syn. de Punica Granatum sauvage. V. GRENADIER. (B.)

BALAYEUR. BOT. CRYPT. Nom très-impropre par lequel Paulet désigne deux Champignons du genre Agaric. V. ce mot. (B.)

BALBISIE. Balbisia. BOT. PHAN. Corymbifères, Juss. Syngénésie superflue, L. Genre dont l'involucre est simple, composé de huit folioles, cylindrique; le réceptacle paléacé. Il porte des fleurs radiées, à fleurons hermaphrodites, à demi-fleurons femelles, trifides. Leurs akènes sont couronnés par une aigrette plumeuse et sessile.—C'est d'après une espèce d'Amellus, l'A. pedunculatus d'Ortega, que ce genre a été établi. C'est une Plante herbacée, a tige couchée et presque simple, à feuilles opposées, à pédoncules terminaux, solitaires et uniflores, originaire du Mexique. Richard en a observé, dans l'Amérique septentrionale, une seconde espèce, le Balbisia canescens, Pers., à tige droite, rameuse, velue et blanchâtre, et à pédoncules latéraux. (A. D. J.)

BALBOUL. OIS. Forskahl. Syn. de Sarcelle d'été, espèce de Canard. V. ce mot. (DR..Z.)

BALBUL. OIS. Syn. de l'Oie vulgaire, Anas segetum, L. en Arabie. V. CANARD. (DR..Z.)

BALBUZARD. OIS. Espèce du genre Faucon, division des Aigles. Buff. pl. enlum. 414. Falco Haliœtus, L. Lath. Cuvier, Savigny et Vieillot ont séparé le Balbuzard des Faucons pour en faire le type d'un genre nouveau.

On a désigné sous le nom de BALBUZARD DE LA CAROLINE l'Aigle pêcheur, Vieill., Ois. de l'Amér. sept., pl. 49. Cet Oiseau a beaucoup de ressemblance avec le Balbuzard d'Europe. V. AIGLE. (DR..Z.)

BALDINGERA. BOT. PHAN. Le Phalaris arundinacea de Linné a ser-

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vi de type à un nouveau genre établi sous ce nom dans la Flore Wetteravienne. (A. D. J.)

* BALDINGERIA. BOT. PHAN. Necker, sous ce nom générique, distingue les espèces de Cotula qui ont un calice à plusieurs folioles imbriquées, et les fleurons du centre hermaphrodites, avec des akènes nus, tandis qu'ils sont marginés, c'est-à-dire surmontés d'un rebord annulaire membraneux dans les autres fleurons femelles. (A.D.J.)

BALDOGÉE OU TERRE VERTE DE MONTE-BALDO. MIN. Grunerde, Werner. Variété de Tale-chlorite, ainsi nommée par Saussure, et trouvée par lui dans des roches porphyriques, aux environs de Minelle, sur la route de Nice à Fréjus. V. TALC-CHLORITE. (G. DEL.)

* BALDUINA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, voisin des genres Galardia, Actinella, Helenium; avec lesquels il forme un petit groupe très-naturel. Ce genre, décrit par Nuttal, Genera of North. American Plants, se distingue par son involucre composé d'écailles imbriquées, squarrieuses sur les bords; les fleurons de la circonférence sont neutres et trifides; le phoranthe est hémisphérique, creusé d'alvéoles dans lesquelles la base des fruits est plongée; l'aigrette est formée d'environ dix paillettes dressées.—Ce genre renferme deux espèces, le Balduina uniflora et le Balduina multiflora. Ces deux Plantes sont herbacées, ont leurs feuilles alternes très-entières, et croissent dans l'Amérique septentrionale. (A. R.)

BALE. Tegmen. Gluma, L. BOT. PHAN. Quelques botanistes appellent ainsi l'enveloppe la plus extérieure des épillets dans la famille des Graminées. C'est cette enveloppe, ordinairement formée de deux valves, que nous désignons dans le courant de cet ouvrage sous le nom de Lépicène. V. GRAMINÉES. (A. R.)

BALEINAS OU BALÈNAS. MAM. Ancien nom donné au pénis des Cétacés. (B.)

BALEINE. Balœna. MAM. Genre de Cétacés caractérisé par des fanons ou lames de corne qui bordent, en place de dents, la mâchoire supérieure, et des évents à double ouverture, placés sur le milieu de la longueur du front.

Nous parlerons de l'organisation intérieure des Baleines à l'article Cétacés, où nous montrerons par quels avortemens et quels développemens réciproques de parties un Mammifère a été, mécaniquement parlant, transformé en Poisson.

Seules, parmi les Cétacés ordinaires, les Baleines sont douées du sens de l'odorat, comme Hunter et Albers avaient eu raison de le dire. En voici la disposition osseuse dans le Nord-Caper austral, l'une des conquêtes scientifiques de l'infatigable Delalande: le canal de l'évent, dans ses deux tiers postérieurs, est divisé en deux étages par une plaque osseuse, prolongée en arrière jusque sous le bord du trou occipital, et qui représente les cornets nasal et de bertin réunis; cette plaque en dehors double le maxillaire, et, en arrière, le sphénoïde et le basilaire; son bord libre se trouve contigu à la ligne médiane; le pourtour des deux canaux qu'elle sépare est complété par des membranes; le canal supérieur, voûté par le frontal, débouche dans les sinus ethmoïdaux formés par trois cornets, dont le postérieur n'a pas moins de trois pouces de haut. C'est dans le sinus posterieur que s'ouvre le canal ethmoïdal creusé dans le corps de l'ethmoïde épais de cinq à six pouces; le canal ethmoïdal a un pouce de diamètre à son extrémité cérébrale, quatre lignes à son milieu, et se divise vers la cavité ethmoïdale en deux branches, dont l'une a cinq ou six lignes de diamètre. La cavité commune des sinnss'ouvre inférieurement dans la partie gutturale de l'évent par un conduit long de deux pouces et demi. La Baleine respire donc parle canal supérieur; l'évent proprement dit ne sert qu'au passage de l'eau. Par le ca-

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libre du canal ethmoïdal on peut d'ailleurs juger du volume du nerf olfactif. Il n'est donc plus nécessaire de transporter le sens olfactif des Baleines dans les cavités ptérigo-palatines, où on suppose qu'il existe chez les Dauphins, cavités qui d'ailleurs n'existent pas dans les Baleines; encore moins doit-on, comme on le prétendait contrairement à l'observation, refuser l'odorat à ces Ânimaux. Lacépède avait donc grandement raison d'insister sur les preuves de son existence; nous citerons après lui l'expérience réitérée faite par le vice-amiral Pléville-le-Peley. Cet officier étant dans un bateau de pêche rempli de Morues, des Baleines parurent; pour porter la voile nécessaire, il fit jeter à la mer l'eau infecte répandue par le poisson; bientôt les Baleines s'éloignèrent. Il ordonna de conserver cette eau désormais pour s'en servir en pareille occasion. Plusieurs essais réussirent successivement.

La direction de l'évent, relativement à l'axe du corps, est bien plus inclinée dans les Baleines que dans les autres Cétacés ordinaires; l'obliquité n'en est que de sept à huit degrés. Dans les Dauphins, la direction de l'évent est, au contraire, presque perpendiculaire à l'axe, et même un peu inclinée en arrière. Il résulte de cette obliquité en avant de l'évent, dans les Baleines, que leur ouverture est bien moins reculée que ne le représente la presque totalité des figures publiées. Au lieu que cet orifice se trouve très-près ou sur la verticale qui passe par l'œil, il est presque à demi-distance du plan inter-orbitaire et du bout du museau (Ad. Camper, Obs. anat. sur les Cétacés, 1820, l'a déjà remarqué). Cette obliquité et l'extrême longueur du canal osseux de l'évent donnent un caractère important pour la détermination des espèces fossiles. La distance des yeux à l'axe du crâne est bien plus grande dans les Baleines, à cause de l'énorme écartement des condyles de la mâchoire inférieure et de l'excessif développement des maxillaires supérieurs qui nécessite pour eux, sur le frontal, une largeur de base suffisante. Les deux frontaux, ainsi comprimés transversalement par les maxillaires en avant et par l'occipital en arrière, qui les écarte comme un coin, sont projetés en dehors de manière à déborder un peu les maxillaires et les temporaux sur lesquels ils appuient dans ce seul genre où le temporal entre ainsi dans le cadre de l'orbite. Malgré cette distance de l'œil au cerveau, le sens de la vue n'est pas aussi faible dans ces Cétacés qu'on l'avait supposé; l'on avait d'ailleurs exagéré sa petitesse. Dans un Baleinoptère museau-pointu, écheué à la baie française des îles Malouines pendant le séjour du capitaine Freycinet et long de cinquante-trois pieds, l'œil était gros comme un boulet de six; son plus grand diamètre longitudinal était de quatre pouces et demi, le vertical de quatre pouces; son axe de deux pouces neuf lignes; le diamètre de la capacité de la sclérotique était longitudinalement de deux pouces dix lignes, le vertical de deux pouces cinq lignes; l'axe de huit à neuf lignes et demie. Par la différence de la capacité au volume de l'œil, on voit quelle est l'épaisseur de la sclérotique. A son entrée dans cette enveloppe, le nerf optique est entouré de vingt-six vaisseaux sanguins qui pénètrent dans l'œil. D'après cette quantité de vaisseaux, nous pensons que ce que l'on a pris pour un muscle dans l'œil de la Baleine n'est que le même organe dont nous avons décrit la nature et l'usage dans les Poissons. Ces observations ont été faites par Quoi et Gaimard. Ajoutons que, dans des préparations d'yeux de Baleine conservées au Cabinet d'anatomie comparée, le nerf optique paraît composé de filets parallèles; or nous avons fait voir dans notre Mémoire couronné à l'Institut sur le Système nerveux des Poissons, que l'activité d'un sens était proportionnelle à l'étendue des surfaces nerveuses et à la quantité de sang qui y aborde (V. notre Mémoire et l'Extrait qu'en a publié Magendie, Journal de

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Physiologie, avril 1822). Scoresby (Tableau des régions arctiq.) a constamment observé que les Baleines voient dans l'eau à de très-grandes distances; qu'au contraire, l'ouïe paraît trèsdure chez elles: aussi les approchet-on hien plus aisément dans l'eau verte, dont la diaphanéité est presque nulle, que dans une eau plus transparente. Or, il n'y a pas de raison pour qu'elles entendent moins bien dans l'une que dans l'autre; l'oure est donc inférieure à la vue chez les Baleines. Jusqu'ici on avait dit le contraire. Rondelet avait déjà remarqué cependant que la petitesse de l'ouverture des paupières trompe sur le volume réel de l'œil, et que c'était à tort que l'on disait l'œil de la Baleine pas plus grand que celui d'un bœuf.

La fixité de la langue et sa composition adipeuse ne permettent pas d'y supposer de sensibilité. Nous avons disséqué la langue du Crocodile qui lui ressemble, d'après Delalande, et le petit volume des nerfs qui se perdent dans son épaisseur, et non à sa surface, exclut la possibilité de l'existence du goût, qui d'ailleurs ne coïncide jamais qu'avec une mastication. Or, quoi qu'on en ait dit, ces Baleines et les Baleinoptères avalent leur proie sans la broyer.

Quant au toucher, nous n'avons aucun renseignement. Il paraît qu'il ne réside que sous l'aisselle où les mères serrent lèurs petits.

En mesurant l'intelligence sur la capacité du crâne, le rapport est bien inférieur à ce qu'il est dans les autres Cétacés. Dans le Nord-Caper rapporté par Delalande, long de soixantequinze pieds, le plus grand diamètre de la cavité cérébrale est de douze à treize pouces d'un temporal à l'autre; l'occipito-ethmoïdal a trois ou quatre pouces de moins. Cuvier a fait voir que le volume extérieur du crâne dépendait de la triple épaisseur de l'occipital, du pariétal et du frontal; ce dernier os ne forme qu'un étroit bandeau à l'extérieur, entre les maxillaires et l'occipital qui recouvre tout le crâne; sous le bandeau frontal, l'épaisseur du crâne est à peu près d'un mètre. En arrière de ce bandeau, et sur tout le bouclier que représente l'occipital s'insèrent les muscles cervicaux.

Une substance ligamento-membraneuse sert à l'insertion de chaque batterie de fanons dans la fosse alvéolaire de l'os maxillaire; cette même substance déborde extérieurement les fanons qu'elle couvre comme une gencive. Les lames sont fortement serrées l'une contre l'autre; la section de leur bord interne varie d'une espèce à l'autre pour la direction, mais de telle sorte que la totalité des fibres est comprise dans la coupe; l'extrémité coupée est effilée en soies plus ou moins longues et fines, suivant les espèces; le bord inférieur de la batterie est enclavé dans une rainure de la mâchoire inférieure, entre la langue immobile en dedans et la lèvre inférieure en dehors; cette lèvre arrive au contact de la gencive supérieure. L'on voit donc qu'il ne peut y avoir aucune mastication, attendu l'immobilité de la langue, le défaut de point d'appui pour la trituration, et la mollesse des surfaces qui représentent les dents: l'effilé des fanons n'a pas non plus pour objet de ménager la langue. Voici le mécanisme de tout cet appareil: la bouche étant ouverte, l'eau s'y précipite par son poids et l'aspiration de l'Animal; par le rapprochement des mâchoires, l'eau comprimée s'échappe en se tamisant d'abord à travers le chevelu des fanons et puis entre leurs lames: ce chevelu est d'autant plus fin et plus abondant que l'Animal se nourrit de plus petite proie. Telles sont les Baleines. Le reste de l'eau est soufflé par l'évent, et la proie seule est avalée. Les jets d'eau ne correspondent donc qu'aux mouvemens de déglutition. Comme l'ont remarqué Scoresby, Quoi et Gaimard, il ne sort pas d'eau dans l'expiration; c'est un mélange de vapeurs et de mucosités, qui, de loin, ressemble à de la fumée. Quoi a observé que c'est aux 'approches et pendant la durée du mauvais temps que les Baleines et les autres

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Cétacés font jaillir l'eau plus abondamment et plus fréquemment; c'est qu'alors l'agitation de la mer mélange les flots de plusieurs couches d'eau et amène à la surface un plus grand nombre de Méduses, de Mollusques et même de Poissons: c'est ainsi qu'on voit les Requins et les Oiseaux pélagiens suivre le sillage d'un vaisseau, où, par le mélange de plusieurs couches d'eau, ils découvrent plus facilement leur proie ainsi rassemblée en plus grande quantité.

Dans toutes les Baleines, la mâchoire supérieure étant arquée, les fanons qui représentent les sinus de l'arc maxillaire sont nécessairement plus longs au milieu; leur décroissement est plus rapide du côté des yeux que du côté du museau: les intermaxillaires n'en portent pas. On a eu tort de dire que les fanons sont posés sur l'os du palais; le palatin, plus rudimentaire dans les Baleines que dans les autres Cétacés, ne correspond à aucun point de la batterie de fanons; tout l'espace compris entre les deux batteries est rempli par les maxillaires juxta-posés sur la ligne médiane.

La grandeur du pharynx et de l'œsophage varie d'une espèce à l'autre. Il est fort étroit, d'après Scoresby, dans la Baleine franche; Schneider lui donne neuf pieds de large, sans doute dans l'une des espèces qui vivent de Poissons L'estomac est divisé en plusieurs cavités, à peu près comme dans les Ruminans. Dans un fœtus disséqué par Camper, aucun étranglement ne divisait encore le ventricule; les intestins d'ailleurs faisaient de nombreuses circonvolutions; le foie était relativement très-grand; les reins, volumineux, étaient formés de beaucoup de petits globes agglomérés; la vessie urinaire avait beaucoup d'amplitude.

Le nombre des côtes paraît fort inégal dans les diverses espèces. Camper n'a trouvé que douze côtes à son fœtus, il n'aura pas vu la treizième; car Giesecke, cité par Scoresby, compte treize paires de côtes dans la Baleine franche. Or, dans un nouveau-né de Nord-Caper, rapporté par Delalande, les côtes sont déjà complètement ossifiées, quoique la colonne vertébrale ait encore ses points d'ossification distincts et cartilagineux dans chaque vertèbre; il n'est donc pas probable qu'il y ait erreur dans cette détermination que Camper dit avoir déjà été faite sur d'autres Baleines franches. D'après Hunter. le Museau-Pointu, et d'après Albers, la Jubarte, n'auraient que douze côtes; le dernier, d'après le même Albers, aurait aussi toutes les vertèbres cervicales mobiles. Dans les espèces à douze côtes, la première paire seulement s'articule avec le sternum; dans le Nord-Caper austral, qui en a quinze, les deux premières paires s'y rendent. Comme les caractères tirés du squelette sont beaucoup plus certains que les autres, et comme les squelettes, si complets et si bien conservés que l'on doit au voyageur Delalande, nous permettent de fixer des séparations positives, nous nous en servirons pour établir les espèces jusqu'ici déterminées si vaguement, faute d'observations.

Selon Bochart, le nom de Baleine dérive du phénicien baal nun, roi de la mer; d'où il conclut que la pêche en était faite par les Tyriens. Les livres hébreux parlent aussi de Baleines; mais quel était l'Animalainsi nommé? Cuvier pense que le Mysticetus, qu'Aristote caractérise par des soies dans la bouche, est une des petites Baleines de la Méditerranée, appelées Musculus par Pline, et qui seraient le Rorqual. Si l'en en croyait Ælien, on aurait, de son temps, pêché la Baleine dans les eaux de Cythère; mais, chez les anciens, le nom de Kète se donnait à tous les grands Animaux marins, comme celui de Whal chez les nations du nord de l'Europe.

Plusieurs Sagas norwégiennes prouvent qu'avant les premières pêches des Basques, les nations Scandinaves chassaient les Baleines, et qu'on s'en nourrissait en Islande. Dans le périple entrepris autour de la Scandinavie, au neuvième siècle, le navi-

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gateur norwégien, Other, dit avoir assisté à la pêche des Baleines près du Cap-Nord. D'après les recherches de Noël de la Morinière, dans les Chroniques du moyen âge, les Norwégiens et les Islandais distinguaient, au treizième siècle, vingt-trois espèces de Baleines, parmi lesquelles on reconnaît la plupart de celles qui se voient aujourd hui dans les mêmes mers. Les auteurs contemporains de France et d'Allemagne, Albert-le-Grand, Vincent de Beauvais, Ste-Hildegardès, ont décrit cette pêche fort exactement, d'après les renseignemens qu'ils s'étaient procurés: à cette époque, on harponnait de deux manières, à la main et par la projection d'une forte baliste. Ce dernier procédé a été renouvelé dans le dix-huitième siècle avec la poudre; aujourd'hui les Anglais harponnent avec des fusées à la congrève.

On a beaucoup parlé de la retraite des Baleines vers le nord, et par-là on entendait les Baleines franches; cependant tous les écrits du moyen âge font voir que les pêches régulières des Baleines étaient établies, comme aujour d'hui, sur les côtes pôlaires. Other dit avoir été jusqu'aux terres les plus reculées du nord, où se rendent les pêcheurs de Baleines, et en avoir tué lusqu'à soixante en deux jeurs. Dans le neuvième siècle, comme aujourd'hui, les Baleines se tenaient donc sous le pôle; si les Baleines avaient été à cette époque plus abondantes sur nos côtes que sur celles d'Islande, du Groënland et du Spitzberg, les Scandinaves, qui déjà avaient fait des descentes sur nos rivages, y seraient venus pêcher les Baleines. Les actes du moyen âge parlent beaucoup de Baleines; mais il ne faut pas toujours y prendre ce mot à la lettre. Les noms de Whal, de Hval, de Cète, de Balœna, s'appliquaient à toutes les espèces de Cétacés à lard; il paraît néanmoins que, dans le golfe de Gascogne, il y a eu, avant le dixième siècle, des pêches régulières faites par les Basques; les Baleines y paraissaient depuis l'équinoxe de mars jusqu'en septembre; Dès 999, d'après Cerqueyra, les Baleines effarouchées ne venant plus en aussi grande abondance dans golfe, les Basques établirent leurs pêches sur les côtes de Portugal. D'après la rareté dans nos mers des Clios et des autres petits Animaux marins qui servent à la nourriture des Baleines, d'après l'époque de l'année où les Cétacés en question se rendaient sur ces côtes, et qui est la même que celle des voyages de plusieurs espèces de Poissons que poursuivent encore aujourd'hui divers Cétacé, excepté les Baleines, il n'est pas probable que la Baleine franche se soit jamais plus qu'aujourd'hui éloignée du pôle. Si la Baleine franche avait été l'objet de ces pêches, on eût utilisé ses fanons. En 1202, d'après plusieurs passages de la Philippide de Guillaume-le-Breton, les casques étaient, au lieu de plumets, ornés de panaches en fanons de Baleines, effilés; mais leur rareté fait présumer la difficulté de se les procurer: il en eûtété autrement si on les eût pêchées sur nos côtes. La présence des Cétacés au cap de Bonne-Espérance n'est pas une présomption pour que les Baleines franches du pôle nord soient autrefois descendues vers nos latitudes; car les Baleines qui s'y pêchent sont d'une espèce différente, comme nous l'allons prouver. Tous ces Animaux ont le sang d'une température supérieure à celle des Mammifères terrestres; elle va jusqu'à quarante degrés. Une heure et demic après sa mort, le sang d'un Narvhal marquait trente-six à trente-sept degrés, et celui d'une Baleine, après un temps un peu moindre, trente-huit à trente-neuf. Ce n'est pas trop que de supposer dans un pareil intervalle, lorsque la température de la mer n'excède pas moins à plus 1 ou 2 degrés, un abaissement de trois ou quatre degrés dans la température du sang.

Est-ce à cette température que tient la grande susceptibilité qu'ont leurs tissus de s'enflammer, et la promptitude avec laquelle l'inflammation y parcourt ses périodes et devient mortelle? La plus petite blessure suffit pour

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les faire mourir. Péron a fait la même observation sur les Phoques à trompe.

Ce n'est point de l'eau, mais un mélange de vapeurs et de mucosités que rejette la Baleine par l'évent dans l'expiration; le froid de l'air, en condensant ces vapeurs, les a fait prendre pour de l'eau: l'Animal ne rejette l'eau qu'après la déglutition ou dans des momens de colère. On a exagéré la vitesse des Baleines comme tout le reste de leur histoire: celle de la Baleine franche n'excède pas trois lieues à l'heure; celle du Physalis ou Gibbar, quatre.

La séparation des Baleinoptères, comme genre, d'avec les Baleines proprement dites, ne reposant que sur la considération des nageoires adipeuses des premières, caractère qui ne nous paraît pas de plus grande valeur que celui des plis abdominaux qui sous-divisent les Baleinoplères elles-mêmes, nous réunissons dans un même genre, à l'exemple de Cuvier, tous les Cétacés à fanons et à double évent. Les espèces en seront réparties dans les sous-genres suivans:

† BALEINES proprement dites, pas de nageoires sur le dos.

1. BALEINEFRANCHE, Balœna Mysticetus, L. Lacép. Cét. pl. 1. Scor. pl. 12. f. 1. t. 2. Scoresby, qui a contribué à la prise de 322 individus de cette espèce, n'en a vu aucune excéder 60 pieds de long, et il n'est pas à sa connaissance que depuis une trentaine d'années on en ait pêché qui excédassent 65 pieds. Les mesures assignées par Anderson sont les mêmes. On la désigne cependant partout comme le plus grand des Cétacés; la grande courbure de l'arc de la mâchoire supérieure donne une longueur proportionnée aux fanons du milieu; il s'ensuit que la lèvre inférieure s'élève en cet endroit de manière à remplir le vide de cet arc. Mais elle ne dessine pas la figure d'une S, comme l'indiquent les dessins qui en ont été gravés. Cet arc n'existe pas dans le fœtus où les mâchoires sont presque parallèles. Mais il s'excave rapidement après la naissa sance. On peut avoir une idée de la rapidité de ce progrès, en comparant la figure de fœtus dans Ad. Camper, pl. 8, fig. 1 et 2, à celle du nouveau-né dans Scoresby, pl. 12. f. 2. A mesure que cette courbure se prononce, l'ouverture de l'évent doit se reculer un peu au lieu de s'avancer, comme le dit Camper, mais il ne peut reculer sur le même plan que les yeux comme l'indiquent la plupart des figures. Une autre erreur de ces figures, c'est de donner trop de saillie aux bourrelets des ouvertures de l'évent. La partie plus proéminente de la tête, c'est le bandeau du frontal derrière les os du nez que prolonge en avant un long cartilage conservé sur l'un des squelettes du Muséum: cette proéminence de la partie frontale, sous laquelle se trouve une épaisseur d'es de plusieurs mètres passant audevant du cerveau par l'occipital, le frontal, l'ethmoïde et le sphénoïde, forme la tête de l'immense marteau que représente la Baleine, en brisant ou soulevant les voûtes de glaces. Dans tous les autres Cétacés, la partie la plus proéminente de la tête correspond à des parties molles, comme dans les Cachalots, ou à une assez petite épaisseur de la suture occipito-frontale, dont le plan vertical passe par le cerveau; ce qui rend ces deux genres d'Animaux incapables de vivre sous les glaces. L'eauverte, dans laquelle on approche plus facilement la Baleine à cause de sa faible diaphanéité, a fourni une autre observation à Scoresby. On y rencontre plus de Baleines que dans les autres parages. Cette couleur verte paraît dépendre de l'agglomération en grands bancs, de petites Méduses d'un 20e à un 30e de pouce de diamètre, distantes l'une de l'autre d'un quart de pouce environ, ce qui en donne 64 pan pouce cube. Ces deux faits de l'agglomération des Méduses et de la couleur verte de l'eau sont liés par un rapport, sinon de dépendance, au moins de coïncidence constante. Ces petites Méduses semblent la nourriture des petits Crustacés, et

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surtoat des Clios, pâture de la Baleine. Zorgdrager avait déjà remarqué que ces bancs de Clios sont quelquefois épais comme une purée. L'existence des grandes légions de Clios paraît donc liée avec ces petites Méduses, comme l'existence des Baleines avec celle des Clios eux-mêmes. Dans les latitudes moms boréales, les Clios sont trop rares pour alimenter les Baleines. Ces inductions confirment nos doutes sur l'ancienne habitation des Baleines dans nos mers. Colnett a yu, à la vérité, des Baleines franches sous les zones tropicales de l'Océan pacifique. Mais, leur extrême maigreur prouvait bien qu'elles y étaient égarées et par accident.

La Baleine n'est point attaquée par les Glands-de-mer, comme la plupart des autres Cétacés à fanons. Scoresby dit qu'on n'en a jamais rencontré dans les mers d'Allemagne et à moins de deux cents lieues des côtes d'Angleterre. D'après la figure de Scoresby, toutes celles que l'on a données de la Baleine sont inexactes. La figure du Nord-Caper, donnée par Lacépède, pl. 3, y ressemble plus qu'aucune autre.

2. NORD-CAPER, Balœnaglacialis, Klein. Lacépède, pl. 2 et 3. Plus allongé proportionnellement, mais de la même forme que la Baleine. D'une taille inférieure, il en diffère encore par l'obliquité du plus grand diamètre de l'œil. La queue et les nageoires sont aussi plus grandes à proportion. Comme dans la Baleine, la courbe de l'arc maxillaire est fort grande, de sorte que les fanons moyens des batteries ont une grande longueur. Sacouleur est d'un gris clair. Cette espèce est plus rapide que la Baleine: elle chasse les bancs de Harengs, de Maquereaux et de Merlans avec a utant d'ardeur que de ruse. Elle les poursuit vers les anses étroites où elle les enferme pour mieux s'en emparer. Quoique plus rapide que la Baleine, sa vitesse, suivant Scoresby, n'excède pas quatre lieues par heure; elle est attaquée par les Balanes qui ne s'attachent pas sur la Baleine franche. En poursuivant les bancs de poissons, elle descend quelquefois dans les mers tempérées de l'Europe. On a trouvé jusqu'à six cents Gades et une grande quantité de Sardines dans l'estomac de Nord-Capers échoués en poursuivant des bancs de Poissons. On ne connaît pas son squelette.

3. NORD-CAPER-AUSTRAL, Balœna australis, Klein. Observé par Delalande. Plus grand que la Baleine, et partant que le précédent. Il diffère de la Baleine franche du pole boréalavec qui on l'a cru identique par la soudure des sept vertèbres cervicales dont les cinq postérieures sont mobiles dans la Baleine, par deux paires de côtes de plus, par la disproportion du nombre des mâles à celui des femelles qui est inverse dans ces deux espèces. Delalande n'a vu que deux ou trois mâles sur cinquante individus, et les pêcheurs lui ont confirmé que cette disproportion est constante. Au contrane, Scoresby dit que dans la Baleine franche, le nombre des mâles excède celui des femelles. En comparant les figures de deux individus de même taille et sans doute de même âge, l'un de dix-sept pieds, de la Baleine franche, Scoresby, pl. 12, fig. 2; l'autre du Nord-Caper-Austral par Delalande (V. les planches de ce Dictionnaire), la différence extérieure n'est pas moindre que l'intérieure. Dans la jeune Baleine, la courbe de la mâchoire est déjà développée, et la lèvre inférieure s'y encadre parfaitement. Dans le jeune Nord-Caper, la courbe maxillaire autant prononcée dans l'adulte que chez la Baleine, n'est pas encore formée; la lèvre inférieure reste écartée de la gencive supérieure vers ses deux extrémités; le chanfrein est presque droit depuis les évents jusque vers le museau où il y a une sorte de bourrelet, et les évents sont bornés en dehors par une grosse saillie qui dépasse en arrière la pointe du front, plus proéminente que cette saillie; dans la jeune Baleine, le chanfrein est un plan incliné depuis l'évent jusqu'au museau, de près de 40 degrés: enfin

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l'on voit dans notre figure un caractère de physionomie bien décidé dont la fidélité de Delalande atteste l'exactitude et confirme tous les caractères qui font de cet Animal une espèce particulière.

Delalande nous a dit que ces Baleines arrivent du 10 au 20 juin dans les baies d'Algoa, du Cap et de. Simons, où elles sont chassées par la violence du vent du nord-ouest; qu'elles en partent à la fin d'août et au milieu de septembre, après avoir mis bas un petit de 12 à 15 pieds de long. Il prend de suite la tetine; l'estomac est très-grand et toujours vide; le Nord-Caper-Boréal l'a au contraire ordinairement plein de Poisson. Comme dans la Baleine (Anderson) les intestins sont remplis d'un liquide d'un beau rouge qu'il a vu aussi dans le Poeskop. La peau est toute noire, même dans le petit; le grand diamètre de l'œil est horizontal; la figure de Bachstrom donnée par Lacépède donne au contraire une grande obliquité à ce diamètre dans le Nord-Caper-Boréal.

4. BALEINE JAPONAISE, Lac. (Mém. du Mus.). Cette espèce et la suivante ont été établies d'après des peintures japonaises; elle est caractérisée par trois bosses garnies de tubérosités, et placées longitudmalement sur le museau; la queue est grande; la couleur noire sur le dos; d'un blanc éclatant sous le ventre, festonné sur son contour.

5. BALEINE LUNULÉE, Lac-Balœna lunulata. Les deux mâchoires sont hérissées à l'extérieur de poils ou petits piquans noirs; un grand nombre de taches en forme de croissans sur la tête, le corps et les nageoires; couleur générale verdâtre. Comme l'évent est marqué en arrière des yeux, il se pourrait que ce fût un Dauphin.

Indépendamment de ces deux dernières espèces qui semblent propres à la partie boréale de l'Océan pacifique, les Baleines du Spitzberg et du Groënland se trouvent dans les mêmes parages, car on a tué dans la mer de Tartarie des Baleines portant des harpons dont la marque appartenait aux pêcheurs du Spiteberg. Ce fait, qui prouve la communication des deux mers boréales, est une nouvelle présomption en faveur de l'opinion que les Baleines franches ne sortent pas des mers Boréales.

6. BALEINE NOUEUSE, Balœna nodosa. Dudley, Trans. phil. no 387, dit qu'elle a sur le dos, près de la queue, une bosse penchée en arrière et grosse comme la tête d'un homme. Son principal caractère serait dans les nageoires, longues de 18 pieds, blanches et situées presque au milieu du corps. On ne la trouve que dans les méditerranées de l'Amérique-Nord et dans les parages qui en sont voisins.

7. BALEINE A BOSSES, Balœna gibbosa. Gibbis vel nodis Sex. Dudley, ibid. Suivant Anderson, elle est aussi riche en huile que la Baleine franche. Selon Klein, au contraire, elle est maigre. Il n'y a donc rien de certain à l'égard de ces deux espèces. Des mêmes parages que la précédente.

†† Les BALEINOPTÉRES ont sur le dos une nageoire dépourvue de supports ou rayons osseux, dont la position varie suivant les espèces qui se distinguent aussi, selon qu'elles ont le ventre lisse ou plissé.

8. BALEINOPTÈRE A VENTRE LISSE ou le GIBBAR DES BASQUES, Finnfisch des Hollandais, Martens. Voy. au Spitzberg, Balœna Physalus. Lin., Lacép. pl. 1, fig. 2, Encycl. pl 2, fig. 2. Le plus grand des Cétacés; il atteint jusqu'au-delà de cent pieds; la courbe maxillaire est fort petite; il en résulte que les lames des fanons sont très-courtes, leur plus grande longueur n'excédant pas un pied, quoique assez large proportionnellement. Le Gibbar est beaucoup plus mince et plus allongé que la Baleine. Sa tête forme le tiers de la longueur; le dessus de la tête est d'un brun luisant, comparable à la couleur de la Tanche; le ventre est blanc; la nageoire dorsale est triangulaire, courbée en arrière à son sommet, elle répond au-dessus de l'amus.

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Il souffle l'eau avec plus de force que la Baleine franche qu'il surpasse aussi en vigueur et en vitesse; il poursuit les bancs de Poissons jusque sous le Tropique; il habite les mêrs boréales; on ne le chasse qu'à défaut de Baleines, parce que son lard, étant moins riche en huile, sa pêche est moins productive et plus dangereuse. Adrien Camper dit, p. 57, qu'il a douze côtes.

†††. BALEINOPTÈRES A VENTRE PLISSÉ. Les Baleines de cette section ont la peau sous le devant du corps plissée longitudinalement depuis la pointe de la mâchoire inférieure jusqu'à 3 ou 4 pieds en avant du nombril. Ces rides se dilatent quand l'Animal abaisse la mâchoire inférieure, mais on n'en connaît pas bien l'usage.

9. JUBARTE DES BASQUES, Balœna Boops, Lin.; et Klein, Lacép., pl. 4, fig. 1; Encycl. p. 3, fig. 2; la nageoire dorsale est presqu'à demi-distance de la queue et de la verge, par conséquent plus reculée que dans les autres Baleinoptères; les évents s'ouvrent sur le milieu de la longueur du front, derrière trois rangées de protubérances arrondies; les orifices des évents, recouverts par une espèce d'opercule commun, ont l'air de se confondre en un seul; les fanons ont à peine un pied de long; les deux batteries ne se joignent pas en avant; les sillons abdominaux sont concentriquement elliptiques, de sorte qu'ils se joiguent en avant et en arrière; les extérieurs sont donc les plus longs, et les plus concentriques les plus courts; le fond de ces sillons est couleur de sang; les bords saillans des plis sont noirs avec un double liseré blanc, de sorte que le ventre paraît marbré quand les rides sont fermés, et de plus sillonné de rouge vif quand l'animal se prépare à avaler. Les femelles ne portent pas tous les ans; elles mettent bas, au printemps, un seul petit qui suit sa mère jusqu'à une nouvelle mise bas. Elle lance l'eau par ses évents avec moins de force que les autres Cétacés de sa taille.

Albers a donné dans ses Icones ad illust. Anat. comp. le dessin d'un squelette de Jubarte conservé à Brcmen; toutes les vertèbres cervicales sont séparées. Il y a 12 vertèbres thorachiques et 34 lombaires et coccygiennes.

10. Le RORQUAL, Balœna Musculus, Lin. Lacép. pl. 5. f. 1. Encycl. pl. 3. f. 1. Quoique l'on ne possède aucun caractère ostéologique du Rorqual, il paraît pourtant assez bien déterminé par sa forme résultante de deux cônes réunis au milieu du dos, la dépression de son museau, la position de l'œil au-dessus de l'angle des lèvres, de manière qu'en nageant il dépasse la ligne d'affleurement, l'origine au-dessous de l'anus, de la dorsale, qui est un peu échancrée et se prolonge souvent par une petite saillie jusqu'à la caudale, dont chaque lobe est échancré sur son bord postérieur. Un seul Rorqual peut donner plus de cinquante tonnes d'huile. Le pharynx est fort rétréci par un muscle circulaire dont l'ouverture ne pourrait pas admettre de Poissons un peu gros. L'ouverture de la bouche est immense. Il se nourrit de Clupées, avec lesquelles il voyage sans doute, puisqu'il paraît et disparaît avec leurs colonnes. Il s'avance jusqu'au trentequatrième degré, et pénètre dans la Méditerranée. C'est sans doute, selon Cuvier, le Musculus de Pline, le Mysticetus d'Aristote, et, selon nous, l'un des Cétacés pêchés sur leurs côtes par les Basques. D'après la figure de vertèbres cervicales donnée par Lacépède, pl. 7, il paraît que l'atlas est libre, et que les six autres vertèbres sont soudées ensemble. Si ce caractère est authentique, il sépare le Rorqual de la Jubarte.

11. BALEINE MUSEAU-POINTU, Balœna rostrata, Lin., Lacép., pl. 8. fig. 1 et 2. Baleine à bec, Encyclop. pl. 4. f. 1. Scoresby, pl. 13. fig. 2.

La moins grande de toutes les Baleines, suivant Lacépède et Scoresby; elle n'excède pas huit à neuf mètres. La forme de ses mâchoires terminées

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en pointe, l'inférieure surtout plus longue que l'autre, ont fourni le nom distinctif de cette espèce. Les fanons sont blanchâtres; mais un caractère plus remarquable, s'il est vrai que cet organe ne soit pas commun à tous les Baleinoptères à ventre plissé, c'est une. grande poche ou vessie située entre les branches de la mâchoire inférieure et sons l'œsophage, et dont la largeur égale au moins celle du corps.

Il paraît que l'Animal peut gonfler à volonté cette poche dont la structure et les rapports anatomiques sont encore ignorés. Cette poche se tuméfie après la mort jusqu'à sortir de la bouche. Dans l'Animal vivant, la dilatation de cette poche nécessite l'extension des plis abdominaux. La dorsale est au-dessus de l'anus.

12. BALEINE A MUSEAU POINTU AUSTRALE, Balœna rostrata australis. Pendant le séjour du capitaine Freycinet à la baie française des Malouines, Quoy a observé un Baleinoptère tout-à-fait pareil, suivant lui, au Museau-Pointu. Il échoua sur le rivage; mais sa longueur était de cinquante-trois pieds quatre pouces, double par conséquent de l'espèce analogue boréale. La mâchoire inférieure avait neuf pieds six pouces de la commissure au museau; son rapport n'est donc guère que du sixième. Dans un individu boréal pris à Cherbourg, sur quatre mètres deux tiers la mâchoire supérieure était d'un mètre, celle d'en has d'un mètre un septième. Hunter en a disséqué un où la tête avait un quart de la longueur; dans l'Austral, en outre, la figure des fanons est un trapèze dont les bords parallèles sont horizontaux, elle est triangulaire dans le Boréal. (V. Lacépède, pl. 8. f. 4.) Ces fanons sont aussi plus longs proportionnellement, dans l'Austral, ou ils ontjusqu'à deux pieds six pouces. L'envergurede la queue était de treize pieds; les pectorales longues de six pieds trois pouces; la dorsale en croissant audessus de la verge; l'œil à peine apparent. Or, sur un Museau-Pointu boréal de cinq mètres, il avait près d'un décimètre de fente: l'œil est donc beaucoup plus petit dans l'austral. Quoy a observé que tous les plis n'étaient pas rectilignes; il y en a qui se bifurquent: ils sont d'ailleurs comme dans les autres Baleinoptères. Blessé sur le sable où il était échoué, il put se rejeter à la mer; beaucoup de jeunes s'approchèrent comme pour le secourir. Chez eux, la nageoire dorsale paraît plus grande à proportion. Le lendemain de sa mort, la mâchoire était fermée; le surlendemain elle était entr'ouverte par le gonflement de la poche aérienne. Par sa taille, par la proportion de longueur de sa mâchoire, et surtout par la figure de ses fanons, unique entre les Baleines, cette espèce paraît devoir être distinguée de la précédente. Ce sera un second exemple dans ce genre, de la différence des espèces boréales et australes crues identiques.

13. BALEINOPTÉRE POESKOP. Ce nom de Poeskop est donné par les Hollandais à une espèce nouvelle australe, observée récemment par Delalande au cap de Bonne-Espérance; il lui vient d'une bosse qui se voit sur son occiput. Elle est fort rare, puisqu'on n'y en voit pas plus de deux ou trois par an, et quelquefois pas du tout. Sa dorsale se trouve à peu près au-dessus des pectorales, position qui ne se retrouve dans aucun autre Baleinoptère. Les caractères ostéologiques de sa tête sont à peu près les mêmes que dans la Jubarte, dont elle diffère seulement par le bombement de l'occipital, déprimé en deux fosses chez ce dernier; il n'y a de soudé au cou que l'axis et la vertèbre suivante, encore la soudure est-elle imparfaite, et le fibro-cartilage existe entre les deux corps de vertèbres; la colonne vertébrale a cinquante-trois vertèbres, dont trente-six concourent au canal rachidien; il y a treize paires de côtes. De toutes les Baleines c'est celle dont la nageoire pectorale a la plus grande longueur. De ses quatre doigts, les deux moyens ont huit et neuf phalanges: il en résulte que la largeur est proportionnellement fort petite. Les pêcheurs en prennent fort peu

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à cause de leur rareté, de la difficulté de les attaquer, de leur vitesse bien supérieure à celle du Nord-Caper, et du peu d'huile qu'elles produisent. Le dessus du corps est noir, la gorge rose marbrée, et le reste du dessous du corps blanc. Delalande a trouvé dans ses intestins, comme dans ceux du Nord-Caper, cette matière liquide d'un si beau rouge, que l'on a signalée depuis long-temps dans les autres Baleines et dans les Cachalots. Par ses caractères, tant extérieurs qu'ostéologiques, cette Baleine est évidemment distincte des autres Baleinoptères; c'est donc une espèce nouvelle.

Des douze ou treize espèces présomptives de Baleines, trois bien déterminées sont des mers australes; les autres des mers boréales, dont deux seraient particulières au nord de l'Océan Pacifique.

BALEINES FOSSILES. Il existe au Muséum deux têtes de Baleines fossiles: l'une, que nous désignerons sous le nom de Macrocephale, jusqu'à ce que Cuvier ait déterminé sa place zoologique et son nom, diffère des Baleines connues par la courbure de son bec dont la convexité est inférieure; l'évent y est presque vertical. Comme dans les Cachalots, les maxillaires, fort élargis à leur base, après avoir doublé le frontal, se repliaient en voûte en avant et en dedans. Trouvée sur la plage de Sos, département des Bouches-du-Rhône.

L'autre a le bec si arqué, à la manière ordinaire, que les inter-maxillaires font presque un angle droit sur le plan des fiontaux; le canal osseux de l'évent est parallèle à ce plan; les os du nez saillent entre les deux évents. Trouvée en creusant le bassin d'Anvers.

Cortesi (Saggi geologici, piacenza 1819.) a décrit et figuré deux squelettes de Baleines fossiles. Nous croyons ces Baleines non identiques entre elles, et elles sont évidemment différentes des deux précédentes, ainsi que des espèces vivantes dont le squelette est bien connu et desquelles, comme les deux précédentes, elles sont d'ailleurs séparées par la petitesse de leur taille.

Cortesi n'ayant pas donné de nom à l'espèce dont il a trouvé un squelette si bien conservé à Monte-Pulgnasco (pl. 3. f. 1), nous proposerons de lui donner celui de Cuvier, en l'honneur de l'illustre créateur de la zoologie souterraine. Elle est caractérisée par la dépression de la tête haute seulement de 10 pouces 4 lignes au-dessus du plan inférieur des condyles; la grandeur de ses fosses temporales, le sillon et la crête occipitale; la grande obliquité du canal de l'évent dont la direction est presque horizontale, le peu de courbure des branches maxilaires d'où résulte une ellipse d'un cinquième plus excentrique que dans la Baleine museau-pointu; celle des Baleines vivantes où l'arc maxillaire est le moins convexe. Toutes les vertèbres cervicales sont libres. Leur corps a proportionnellement plus d'épaisseur et le cou plus de longueur que dans aucune des espèces vivantes. Enfin, il n'y a que 24 côtes. La longueur totale est de 21 pieds. Des Huîtres étaient adhérentes en divers points de ce squelette, elles s'y étaient donc fixées pendant leur vie. Ce squelette avait donc été longtemps gisant sur le fond d'une mer tranquille.

Nous appellerons BALEINE de CORTESI l'espèce trouvée à Montezago dans le Plaisantin, et décrite par cet auteur (pl. 5. f. 1). La tête et le squelette étaient moins complets que dans la précédente. Nous la croyons une espèce distincte en ce qu'elle n'a que douze pieds et demi de long. Or, tous les caractères du squelette indiquent l'état adulte, entre autres la parfaite consolidation des cartilages intervertébraux, et la saillie des apophyses épineuses cervicales. D'ailleurs, l'arc maxillaire aussi peu courbé que dans la précédente. Ces squelettes ont été trouvés entre 6 et 800 pieds au-dessus du lit des ruisseaux voisins dans des couches de Marne bleue sur lesquelles repose le sol du Plaisantin. (A. D.. NS.)

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BALEINON ou BALEINEAU. MAM. Noms des jeunes Baleines. (B.)

BALEINOPTÈRE. MAM. Genre de Cétacés formé par Lacépède aux dépens des Baleines, et qui n'a été adopté que comme sous-genre. V. BALEINE. (B.)

* BALEMCANDA - SCHULARMANDI. BOT. PHAN. (Rhéed. Malab. T. II. t. 37.) Syn. d'Ixie de la Chine. (B.)

BALÉNAS. MAM. V. BALEINAS.

BALÉNEAU. MAM. V. BALEINON.

BALERI. OIS. L'un des noms vulgaires de la Cresserelle, Falco Tinnunculus, L. V. FAUCON. (DR..Z.)

BALFOUR OU BALFOURIE. Balfouria. BOT. PHAN. Nouveau genre de la famille naturelle des Apocynées, de la Pentandrie Digynie, L. établi par R. Brown (Wern. Trans.) pour un petit Arbre de la Nouvelle-Hollande, dont les feuilles sont opposées, linéaires, lancéolées; les fleurs disposées en cîmes trifides, la térales ou terminales. Il se distingue par sa corolle infundibuliforme, dont la gorge est couronnée par un petit tube crénelé, et dont le limbe offre cinq lanières dressées, équilatérales. Les cinq étamines sont un peu saillantes; les anthères sont sagiltées, aiguës, soudées à la partie moyennedu stigmate; les deux ovaires sont totalement unis par leur côté interne; le style est simple, dilaté à son sommet qui porte un stigmate anguleux. Dix squamules sont insérées à la base du calice et en dehors de la corolle.

On ne compte encore dans ce genre qu'une seule espèce, désignée par Brown sous le nom de Balfouria saligna. (A. R.)

BALGONERA. OIS. Espèce de Grimpereau de la Nouvelle-Galles du Sud. (DR..Z.)

BALI (Daubenton) OU BALI-SALAN - BOEKIT. (Valentin.) REPT. OPH. Serpent peu connu qui se trouve à Ternate, dans les montagnes, et qui paraît être le Coluber plicatilis. V. COULEUVRE. (B.)

BALICASSE. OIS. Espèce du genre Drongo. Choucas des Philippines. (Briss.) Corvus Balicassius, L. V. DRONGO. (DR..Z.)

BALICUS. BOT. PHAN. (Rumph.) Syn. de Cytisus Cajan. (A. R.)

BALIGARAB OU BUYONG. BOT. PHAN. (Camelli.) Arbrisseau des Philippines, qui paraît appartenir au genre Mussenda, V. ce mot, et qui pourrait bien être le même que celui qu'on nomme Bélilla à la côte de Malabar. (B.)

BALIGOULE, BOULIGOULE ET BRIGOULE. BOT. CRYPT. Syn. d'Agaricus Eryngii de De Candolle. Champignon comestible qui croît communément sur les vieilles tiges de l'Eringium. V. PANICAUT. (B.)

BALIMBA OU BOLIMBA. BOT. PHAN. Même chose que Bilimbi. V. ce mot. (B.)

BALIMBAGO. BOT. PHAN. (Camelli.) Petit Arbre des Moluques, qui paraît être l'Hibiscus populneus. V. KETMIE. (B.)

* BALIN OU BARIN. BOT. PHAN. (Camelli.) Pandanus indéterminé des Philippines. V. VAQUOI. (B.)

BALINGASAN. BOT. PHAN. Arbre de l'Inde, figuré par Camelli (Ic. 38), et décrit par Rai. Hist. 3. p. 61. Il paraît devoir être rapporté au genre Stavadium. (A. D. J.)

* BALIS. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. de Momordica Elaterium, selon Adanson. V. MOMORDIQUE. (B.)

BALISE. MOLL. L'un des noms marchands du Trochius Telescopium, L. V. TÉLESCOPE. (B.)

BALISIER. Canna. BOT. PHAN. Ce genre a donné son nom à la famille des Balisiers ou Cannées. V. ce mot. Il se compose de Plantes herbacées, à racine vivace, rampante et charnue,

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à tiges dressées, simples, portant des feuilles alternes et engaînantes, dont toutes les nervures, partant de la côte médiane, sont obliques et parallèles. Les fleurs constituent un épi à la partie supérieure des tiges. Ces fleurs, d'une organisation très-compliquée, présentent la structure suivante: leur calice est double; l'extérieur très-court, ayant le tube soudé avec l'ovaire infère, a le limbe divisé en trois segmens ovales; le calice intérieur coloré et pétaloïde, tubuleux à sa base, présente un limbe à six divisions, trois extérieures plus courtes, ovales, lancéolées, aiguës, égales entre elles, et trois intérieures plus longues, obovales, obtuses, commé spathulées; deux de celles-ci formant une sorte de lèvre supérieure sont dressées, et la troisième constituant la lèvre inférieure est réfléchie. De la partie moyenne du tube formé par le calice intérieur part un appendice pétaloïde, plus court que les deux divisions supérieures, un peu roulé en gouttière, et portant à la partie supérieure d'un de ses côtés une anthère allongée, uniloculaire; cet appendice est le filet staminal. L'ovaire qui est infère présente trois loges, contenant chacune un assez grand nombre de graines, disposées dans l'angle interne sur deux rangées longitudinales; le style est plane et tranchant, caché inférieurement dans le canal formé par le filet de l'étamine, tronqué obliquement à son sommet; le stigmate se présente sous l'aspect d'une ligne glanduleuse. Le fruit est une capsule ovoïde, couronnée par les trois segmens du calice extérieur; il offre trois loges qui contiennent plusieurs graines globuleuses, pyriformes, et s'ouvre naturellement en trois valves par le milieu de chacune de ses loges. L'embryon est renfermé dans l'intérieur d'un endosperme farineux.

Placé en tête de la Monandrie Monogynie de Linné, le genre Balisier est la Plante par laquelle commencent tous les catalogues et Species où l'on a suivi le système sexuel; il se compose d'environ une douzaine d'espèces, qui toutes sont originaires des Indes-Orientales; quelques-unes croissent également en Amérique. On cultive dans nos jardins le Balisier de l'Inde, Canna indica, L., remarquable par ses feuilles ovales très-larges, d'un vert tendre, par ses fleurs d'un rouge pourpre et éclatant. Elle peut résister en pleine terre lorsque l'hiver n'est pas trop rigoureux. Le Balisier à fleurs jaunes ou Balisier à feuilles étroites, Canna angustifolia, L. Cette espèce, distincte de la précédente par ses feuilles plus étroites et ses fleurs mélangées de jaune et de rouge, est originaire de l'Amérique méridionale. On trouve encore dans nos serres et nos orangeries plusieurs autres espèces, telles que le Balisier gigantesque, Canna gigantea, le Balisier glauque, Canna glauca, etc. (A. R.)

BALISIERS. BOT. PHAN. Famille de Plantes plus généralement désignée aujourd'hui sous les noms de Cannées ou de Scitaminées. V. CANNÉES. (A. R.)

BALISOIDES. BOT. PHAN. Même chose qu'Amomées. V. ce mot. (B.)

BALISTA. BOIS. (Belon.) Syn. de Squalus Zygœna, L., sur quelques côtes de l'Italie. V. CESTRORHINE.

BALISTE. Balistes. POIS. Genre nombreux de l'ordre des Branchiostèges de Linné, rangé par Cuvier dans celui des Plectognathes, famille des Sclérodermes, entre les Poissons osseux, et le troisième de la famille des Chismopnés dans le troisième ordre des Cartilagineux de Duméril. Des Poissons généralement ornés d'assez belles couleurs, et remarquables par la bizarrerie de leur figure le composent; tous ont de commun la compression de leur corps, qui est ordinairement tranchant et caréné, soit sur le ventre, soit sur le dos; celle de leur tête qui est terminée par une sorte de bec; la dureté et l'épaisseur de leur peau rugueuse qu'il est fort difficilde percer, et qui les met, ainsi qu'une sorte de cuirasse, à l'abri de la more sure des autres Poissons; huit dents

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tranchantes et assez semblables à des incisives disposées sur une seule rangée; l'absence apparente d'opercule et de rayons aux ouies qui, cachées sous une peau épaisse, ne laissent voir à l'extérieur qu'une petite fente branchiale; des nageoires dorsales, dont la première, armée de forts aiguillons, est quelquefois réduite à un seul de ces aiguillons rudimentaires lequel s'abaissant ou s'élevant avec vivacité et comme par ressort, est caché quand l'Animal le couche dans une fente particulière. C'est la propriété que possèdent les Balistes de redresser une telle arme qui les fit comparer à une arbalète ou autre antique machine de guerre, et qui leur mérita le nom par lequel Artédi les désigna le premier. Outre leurs dorsales, la caudale, l'anale, et deux petites pectorales, quelques Balistes ont encore une ventrale unique que représente, quand elle manque, un aiguilon plus ou moins hostile, qui paraît n'être qu'un prolongement des rudimens de leur bassin.

Les Poissons de ce genre ont en général la chair médiocre, quelques rapports de physionomie avec les Chætodons, et habitent les mers de tout le globe, surtout dans les pays chauds, où ils se plaisent parmi les rochers; ils y nagent à fleur d'eau, se nourrissent de Coquilles, passent pour vénéneux dans certains parages, et craignent peu d'ennemis, doués qu'ils sont par la nature d'armes offensives et défensives qui les font respecter; leur allure est assez lourde et embarrassée; ils se rendent plus légers au moyen d'une grosse vessie natatoire située près du dos, et de la faculté qu'ils ont de distendre considérablement leur ventre.

Gmelin, dans la treizième édition du Systema naturœ, a décrit dixhuit espèces de Balistes, portées au nombre de vingt-six par Lacépède; Schneider, dans son édition de Bloch, on a encore ajouté de nouvelles; Bosc, deux dans le Dictionnaire de Déterville. Avec celles que nous ajouterons ici et quelques autres mentionnées et figurées par Cuvier, ou conservées dans les galeries du Muséum, on pourra porter à quarante environ le nombre des Balistes qu'on doit réputer connus. On peut les répartir dans les quatre sous-genres suivans:

† BALISTES proprement dits. Les espèces de ce sous-genre ont leur corps entièrement revêtu de grandes écailles très-dures, rhomboïdales, qui n'empiètent pas les unes sur les autres; ces écailles ont l'air de compartimens. La première dorsale a trois aiguillons dont le premier est très-fort, et le troisième ou dernier fort petit; quand la ventrale n'existe pas, elle estremplacée par quelques aiguillons.

α Queue nue ou du moins dégarnie de tout aiguillon ou armure particulier.

BALISTE CAPRISQUE OU PORC, Balistes Capriscus, L., Séba. Mus. 3. T. XXIV, f. 16. C'est le Caper des anciens, le Pesce balestra de la Méditerranée; on le trouve jusque dans les mers d'Amérique; ses couleurs varient selon les climats qu'il habite; elles sont nuancées de violet, de bleu et d'or. Aucun auteur n'a donné d'une manière exacte le nombre des rayons de ses nageoires.

BALISTE VIEILLE, Balistes Vetula, L. Turdus oculo radiato, Catesh. Carol, 2, T. XXII. La fig. 33, pl. 10, donnée dans l'Encyclopédie pour celle de ce Poisson, ne nous paraît pas présenter la moindre analogie; mais la description est exacte; le fond de cette espèce est brun, les lèvres, les nageoires, une grande bande en travers de la tête, et quelques lignes divergentes autour des yeux en manière de rayons, sont d'un beau bleu; quand on le prend, il fait entendre un petit bruit qui a été comparé aux plaintes d'une voix affaiblie par l'âge, et de-là le nom donné à ce Baliste; le précédent présente la même singularité.

Les Balistes maculatus, Bloch. Encycl. Pois. T. II. f. 37, Buniva, stellaris, Schn.; forcipatus, punctatus, Gmel; fuscus, Schn.; Grande-Tache, américain et Noir, de Lacépède, appartiennent à cette section.

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β Les côtés de la queue armés d'un certain nombre de rangées d'aiguillons ou épines recourbés en avant avec de grandes écailles derrière les cuïes.

1. A Deux rangées d'aiguillons.

Le Balistes lineatus, Schn. 87.

2. A trois rangées.

Les Balistes: cendré. Encyc. Pois. T. 6. f. 353. et Praslin de Lacépède. arcuatus et viridis de Schneider; aculeatus Encycl. Pois. pl. 11. f. 35, et verrucosus, L. le Noir de l'Encyclopédie, pl. 85. fig. 352, qui n'est pas celui auquel Lacépède a donné le même nom.

3. A quatre rangées.

L'Echarpe de Lacépède; Balistes rectangulus, Conspicillum et virescens de Schneider.

4. A six ou sept rangées.

Le Baliste armé de Lacépède, qui n'est pas l'armatus de Schneider et le Balistes ringens de Bloch. Encycl. Pois. T. XII. f. 39.

5. A douze ou quinze rangées.

Le Baliste bourse de Lacépède.

γ. Des tubercules sur les côtés de la queue au lieu d'aiguillons.

Le Baliste bridé de Lacépède est probablement l'Assasi de la Mer-Rouge.

†† MONACANTHES. Les espèces de ce sous-genre n'ont que de très-petites écailles ou sont simplement hérissées des scabrosités roides et serrées. L'extrémité du bassin, saillante et épineuse comme dans les Balistes proprement dits, y devient quelquefois une nageoire assez étendue. La première dorsale n'est plus représentée que par un aiguillon recourbé fort remarquable, plus ou moins fort et muni d'un, deux, ou même quatre rangs de dents en scie, fort aiguës; la disposition et la figure de cette arme ont quelquefois mérité le nom de Licorne ou Monocéros aux Poissons qui en sont porteurs.

α L'os du bassin très-mobile et tenant à l'abdomen par une sorte de fanon extensible.

Le CHINOIS, Balistes sinensis. L., Encycl. Pois. tab. 12. f. 31. C'est le Pira-aca des Brasiliens. Ce Poisson, en dépit d'un nom qu'il tient de sa forme bizarre, n'est pas des mers de la Chine, mais des côtes de Siam, et de celles du Nouveau-Monde. Sa nageoire ventrale assez grande et dont les rayons sont dentés, le rend remarquable.

BALISTE TAUPE, Balistes talpina, N. (V. pl. de ce Dict.) Cette singulière espèce qui acquiert de trois à sept pouces de long, est d'une forme assez allongée, et comme bossue; sa caudale est fort considérable; l'aiguillon antérieur fort long, aigu, et profondément denté. Sa nageoire ventrale, ou plutôt le fanon qui représente cette nageoire, paraît devoir être fort extensible, et produit sous la gorge de l'Animal, quand il la gonfle, un véritable goître non aiguillonné; toute la couleur de l'Animal est d'un noir lavé, qui présente cependant quelques teintes plus foncées sur le dos; l'iris seul tire sur le jaunâtre; la peau dure, qui semble luisante, ne présente ni écailles ni tubercules. Le contre-amiral Mylius a découvert cette espèce dans la baie des Chiens-marins à la Nouvelle-Hollande; il a bien voulu nous communiquer le dessin qu'il en a fait.

BALISTE DE MYLIUS, Balistes Mylii, N. (V. pl. de ce Dict.) C'est encore à notre ancien ami le contre-amiral Mylius, qui fut gouverneur de Mascareigne, que nous devons la connaissance de cette espèce à laquelle nous imposerons son nom; elle est ici représentée de moitié de grandeur naturelle, et a été prise à la Nouvelle-Hollande dans la baie des Chiens-marins; sa forme est à peu près ovale, un peu bossue sur le dos; l'aiguillon antérieur est armé en arrière de treize dents; sa queue est fort grande, avec vingt-quatre rayons fourchus, en éventail, ayant le bord d'un jaune serin assez vif qui s'affaiblit vers la base, et qu'interrompent deux bandes parallèles noirâ tres qui traversent cette queue du haut en bas. La dorsale et l'anale sont également jaunes avec quelques petite; taches; une ven-

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trale plus considérable que n'en présentent les autres Balistes, et dont les rayons ne sont ni dentés ni épineux, caractérise cet Animal, qui est d'une couleur brune tirant sur le bleuâtre; la couleur générale du corps est d'un gris noirâtre, marqué de quelques teintes jaunâtres; des verrues de cette dernière couleur forment derrière les yeux dont l'iris est jaune, et sous le corps, vers l'anale, des taches irrégulières, outre deux bandes diagonales qui, partant de l'insertion postérieure de la dorsale pour arriver à l'insertion de la ventrale, laissent entre elles un espace uni; deux rangs de tubercules ou d'aiguillons se voient aux côtés de la queue.

Le Balistes tomentosus de Bloch, qui n'est pas celui de Linné, appartient encore à cette division ainsi que l'espèce que Cuvier a figurée sous le nom de geographicus.

β Ayant les côtés de la queue hérissés de soies rudes, et point de fanon.

Le Balistes tomentosus, qui est le Poisson Monocéros des anciens auteurs, particulièrement de Lécluse, Exot. 143, et le Baliste à brosse de Lacépède, appartiennent à cette division.

γ N'ayant ni nageoire ventrale ou fanon, ni poils à aiguillons sur les côtés de la queue.

Les Balistes hispidus et papillosus de Linné, le villosus, le guttatus et le penicilligerus de Cuvier, le Varié et le Cuivré de Posc, appartiennent à cette division. La dernière espèce a l'aiguillon dorsal quadrangulaire denté sur chaque angle.

††† ALEUTÉRE. Les espèces de ce sous-genre ont le corps allongé, couvert de petits grains serrés à peine visibles, une seule épine à la première dorsale, et le bassin étant entièrement caché sous la peau. Non-sculement il n'existe sur le ventre ni fanon, ni rudiment de nageoires, mais pas même d'aiguillons ou rayons osseux.

Le Monccéros de Linné et sa variété, B. scriptus. L. Unicornu de Catesbi. Carol. 19. Le Monoceros de Bloch, Encycl. Pois. T. 10. f. 34 différant du précédent, le lœvis et le Kleinii avec le poisson figuré par Marcgrave sous le nom d'Acaramucu, constituent ce sous-genre.

†††† TRIACANTHE. Une seule espèce est jusqu'ici comprise dans ce sousgenre: ses caractères consistent en quatre épines à la dorsale antérieure, dont la première est très-forte comme dans tous les autres Balistes, et dont les deux forts rayons épineux, qui, adhérant à un bassin non - saillant, forment deux espèces de nageoires ventrales, où se voient deux ou trois petits rayons. La peau est garnie de petites écailles serrées.

BALISTE DOUBLE-AIGUILLON, Balistes biaculeatus, L: Bloch. pl. 142. f. 2. Baliste à deux piquans. Encycl. Pois. pl. 11. f. 36. Ce Poisson de l'Inde est d'une forme assez allongée: deux sillons lui servent à cacher les deux aiguillons dentés de ses nageoires ventrales; ses couleurs sont tristes.

On pourrait peut-être former encore un cinquième sous-genre pour y comprendre les espèces dont la première dorsale est formée ou représentée par deux aiguillons; on y comprendrait sous le nom commun de DIACANTHE les Balistes Curassavien, Kleinien, Pralin, tacheté, mamelonné et velu, qui seraient extraits des sous-genres précédens.

La plupart des espèces du genre dont il vient d'être question ayant été établies sur des individus conservés dans les collections, d'une manière plus ou moins parfaite, et la synonymie établie, communément fondée sur des figures souvent médiocres, il règne une certaine confusion parmi les Balistes, dont une bonne monographie serait un service rendu à l'Histoire naturelle. (B.)

BALIVEAUX. BOT. (Agriculture.) Arbres de la plus belle venue, et réservés dans la coupe des taillis pour devenir de haute futaie. (T. D. B.)

BALIVIS. OIS. Syn. du Canard sauvage, Anas Boschas, L. à l'île de Luçon. V. CANARD. (DR..Z.)

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BALLAN. POIS. Espèce du nombreux genre des Labres. V. ce mot. (B.)

* BALLARIA ET BALLARION. BOT. PHAN. Même chose que Lichens chez les anciens, selon Adanson. (B.)

* BALLARIS. BOT. CRYPT. (Dioscoride.) Syn. de Conferve. V. ce mot. (B.)

BALLE. BOT. PHAN. Même chose que Bâle. V. ce mot. (B.)

BALLEL. BOT. PHAN. (Rhéed, Malab. T. 11. t. 52.) Syn. de Convolvulus repens, L. Espèce de Liseron. V. ce mot. (B.)

BALLERUS. POIS. Espèce du genre Cyprin. V. ce mot. (B.)

* BALLEXSERDIA. BOT. PHAN. Commerson, dans ses manuscrits, avait établi ce genre d'après une petite plante herbacée du détroit de Magellan. On le trouve publié par Banks et par Gaertner fils, sous le nom de Nanodea. V. ce mot. (A. D. J.)

BALLIERIA. BOT. PHAN. (Jussieu.) Ce genre, appartenant à la famille des Corymbifères, présente un involucre composé de quatre à cinq folioles, et un réceptacle paléacé, qui porte des fleurons mâles à la circonférence, et femelles au centre. Les corolles des premiers sont plus étroites à leur base; les akènes des seconds sont ovoïdes, comprimés et surmontés de deux petites cornes. Aublet, auteur de ce genre sous le nom de Baillieria (Guyan. t. 317), en a rencontré dans la Guyane deux petites espèces; l'une, le Ballieria aspera, plante herbacée, à fleurs paniculées, à feuilles ovales, acuminées au sommet, dentées à leur contour, et âpres à la surface, appelée vulgairement par les habitans Conami franc ou Herbe à enivrer le Poisson, parce que telle est en effet la propriété dont elle jouit, et qu'on met à profit pour se procurer une pêche facile et abondante: l'autre, qui ne produit pas les mêmes effets, c'est le B. sylvestris ou Conami bâtard, qui n'est peutêtre au reste qu'une variété de la première.

Swaitz, Willdenow et Persoon, qui font de ce genre leur Trixis, en décrivent trois autres espèces originaires de la Guyane également ou des îles de l'Amérique septentrionale. H. Cassini lui trouve beaucoup d'analogie avec le Parthenium, et le place avec lui dans sa tribu des Hélianthées. (A. D. J.)

BALLOTE. Ballota. BOT. PRAN. Famille naturelle des Labiées, Didynamie Gymnospermie, L. Ce genre, rapproché des Marrubes, s'en distingue par son calice évasé, strié, terminé par cinq dents aiguës et divergentes; par sa corolle dont le tube est plus long que le calice; la lèvre supérieure concave et en forme de voûte; la lèvre inférieure trilobée, le lobe moyen étant plus grand et échancré; les quatre étamines sont réunies sous la lèvre supérieure; les fleurs forment des verticilles serrés, munis de bractées linéaires. Nous ferons remarquer parmi les espèces nombreuses de ce genre:

La BALLOTE FÉTIDE, Ballota nigra, L., vulgairement appelée Marrube noir. Elle croît en abondance dans les lieux incultes et stériles, sur le bord des chemins et des grandes routes, où elle fleurit pendant tout l'été: sa tige est rameuse, carrée; ses feuilles sont ovales, subcordiformes et crénelées, d'une couleur verte très-foncée; ses fleurs sont rougeâtres. Elle répand une odeur aromatique mais peu agréable.

La BALLOTE LAINEUSE, Ballota lanata, L. Cette espèce, qui se distingue par les longs poils blancs dont toutes ses parties sont recouvertes et par ses fleurs blanches, croît en Sibérie. On la cultive quelquefois dans les jardins. (A. R.)

On a récemment, et d'après Desfontaines, donné le nom de BALLOTE, Ballota, à un Chêne. V. BALLOTE. (B.)

BALLOTUNA. MAM. Syn. de Belette en Italie. V. MARTE. (B.)

* BALLUM. OIS. (Marsden.) Espèce de Pigeon de couleur brunâtre à Sumatra. Elle n'est pas suffisamment connue pour être déterminée. (B.)

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* BALMISIA. BOT. PHAN. (Lagasca.) Syn. d'Arum Arisarum, L. V. ARISARUM. (B.)

* BALO. BOT. PHAN. Nom vulgaire donné à Ténériffe au Placoma pendulum, qui abonde sur les côtes de cette île. V. PLACOMA. (B.)

BALOM-PULLI. BOT. PHAN. (Rhéed. Malab. T. 1, p. 39) et non Balani-Pulli. Syn. de Tamarindus indica à la côte de Malabar. (B.)

BALONOPHORE. BOT. PHAN. Probablement même chose que Balanophore. V. ce mot. (B.)

BALOTA. OIS. Syn. de la Guignette, Buff. pl. enl. 850, Tringa hypoleucos, L., en Piémont. V. CHEVALIER. (DR..Z.)

BALOUANES. MIN. On donne ce nom, dans les mines de Wieliczka, à des masses de Sel gemme du poids de cinq à six quintaux, taillées en forme ovoïde. (B.)

BALOULOU. BOT. PHAN. Syn. caraïbe de la Figue-Banane. V. BANANE. (B.)

BALOURINA. BOT. PHAN. Nom d'un Sida chez les Caraïbes. (B.)

BALSAMARIA. BOT. PHAN. Loureiro a séparé le Calophyllum Inophyllum, L., distinct de ses congénères par son calice composé de deux folioles, par le nombre de ses pétales qui est six, parses étamines réunies en cinq ou six paquets; et il l'a dénommé ainsi à cause du suc que fournissent son tronc, ses rameaux et ses feuilles, et qui est connu vulgairement sous le nom de Balsamum Mariœ. Il croît dans les Indes-Orientales. (A. D. J.)

BALSAMIER. BOT. PHAN. V. BAUMIER.

BALSAMINE. Balsamina. BOT. PHAN. Ainsi nommé par Tournefort et Jussieu, ce genre a été appelé Impatiens par Linné et par la plupart des auteurs systématiques. Cependant, le premier de ces noms étant antérieur, nous croyons devoir, à l'exemple de Jussieu, l'adopter. Les affinités el la place du genre Balsamine, dans la série des ordres naturels, ne sont point encore fixés d'une manière bien positive. Placé par Jussieu à la suite des Géraniacées, rapproché par Bernard de Jussieu des Papavéracées, et des Violettes par Lamarck, il se distingue, de ces trois ordres, par quelques caractères importans qui nous paraissent suffisans pour faire du genre Balsamina le type d'une famille nouvelle que nous désignons sous le nom de Balsasaminées. V. ce mot. Nous allons donner, avec quelques détails, la description du genre Balsamine, qui formera, en quelque sorte, les caractères de notre nouvelle famille des Balsaminées.

Toutes les espèces de Balsamines, au nombre d'une douzaine environ, sont des Plantes herbacées, annuelles ou vivaces, portant des feuilles alternes, rarement opposées, simples, dépourvues de stipules; des fleurs pédonculées et axillaires. Leur callce se compose de quatre sépales irréguliers et inégaux; deux extérieurs et latéraux, beaucoup plus petits, ovales, aigus, égaux entre eux; un supérieur plus grand, très-convexe; un inférieur, le plus grand de tous, terminé à sa base par un éperon plus ou moins allongé; la corolle, plus longue que le calice, est formée de quatre pétales inégaux, réunis et soudés deux à deux par la base, où ils se terminent en onglet. Dans chaque paire de pétales, il y en a un constamment plus petit, en sorte, qu'au premier abord, la corolle semble dipétalée. Les étamines, au nombre de cinq, sont un peu obliques, rapprochées sur le pistil qu'elles recouvrent entièrement; leurs filets, qui sont courts et inégaux, sont en partie soudés entre eux et en partie libres; les cinq anthères soudées dans toute leur longueur, sont à deux loges qui s'ouvrent chacune par un sillon longitudinal. Le pistil est libre; l'ovaire est ovoïde, très-allongé, marqué de cinq sillons longitudinaux: coupé transversalement, il offre cinq loges, et dans chacune d'elles environ

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six ovules attachés à l'angle rentrant. Le style est court et très-épais, à peine distinct du sommet de l'ovaire; il se termine par un petit stigmate qui offre cinq dents rapprochées. Le fruit est une capsule ovoïde, oblongue, quelquefois étroite et allongée, marquée de cinq sillons longitudinaux; elle présente cinq loges qui renferment chacune de trois à six graines ovoïdes, attachées à l'axe, et redressées vers le sommet de la loge. A l'époque de la maturité, cette capsule s'ouvre avec élasticité en cinq valves qui se roulent en spirale vers le pédoncule, et s'en détachent presque aussitôt. La graine contient un embryon très-gros, dépourvu d'endosperme, ayant la radicule très-courte et inférieure, les deux cotylédons épais et charnus.—Nous citerons les espèces suivantes de ce genre comme plus dignes d'être remarquées:

La BALSAMINE DES JARDINS, Balsamina hortensis on Impatiens Balsamina, L. Plante annuelle, originaire de l'Inde, que l'on cultive aujourd'hui dans tous les jardins, et qui se fait distinguer par sa tige dressée, rameuse, charnue, rougeâtre inférieurement; par ses feuilles alternes et sessiles, lancéolées, dentées en scie; par ses fleurs ordinairement rouges, pédonculées, réunies au nombre de trois à six dans l'aisselle des feuilles supérieures.

La BALSAMINE DES BOIS, Balsamina impatien sou ImpatiensNoli-tangere, L. Remarquable par sa racine vivace, par ses tiges plus grêles et glauques; par ses feuilles courtement pétiolées, ovales, aiguës, dentées en scie; par ses fleurs jaunes réunies au nombre de trois à quatre, au sommet d'un pédoncule commun et axillaire. Cette espèce croît naturellement dans les bois ombragés de l'Europe septentrionale et même de l'Amérique du Nord. (A. R.)

BALSAMINE MALE. BOT. PHAN. Syn. de Momordica Balsamina, L. V. MOMORDIQUE. (B.)

* BALSAMINÉES. Balsamineœ. BOT. PHAN. Nous proposons d'établir cette nouvelle famille de Plantes, dont le genre Balsamine est le type et le modèle. Ses caractères sont les mêmes que ceux dont nous venons de faire l'exposition détaillée dans l'article précédent. En les comparant attentivement avec ceux des autres ordres, dont on a rapproché des Balsaminées, tels que les Géraniacées et les Violettes, il sera facile de voir qu'elles forment un groupe tout-à-fait distinct. En effet, dans les Géraniacées, l'ovaire est à cinq loges, ne contenant jamais que deux ovules; les étamines, au nombre de dix (dont trois ou cinq avortent quelquefois), sont libres et non soudées entre elles; l'embryon est dépourvu d'endosperme, et les feuilles sont accompagnées de stipules. Notre famille se rapprocherait davantage des Violariées; mais dans ces dernières, l'ovaire est uniloculaire; et les ovules sont attachés à trois trophospermes pariétaux; la capsule s'ouvre en trois valves, et les feuilles sont accompagnées de stipules. Ces différences nous paraissent suffisantes pour établir, comme groupe distinct, la famille des Balsaminées, que nous plaçons auprès des Géraniacées, dont cependant elles diffèrent par plusieurs caractères très-importans. Cette nouvelle famille ne se compose encore que du seul genre Balsamina; mais plusieurs autres groupes, établis par les auteurs modernes, ne sont également composés que d'un seul genre, ainsi qu'on le voit pour les Globulariées, les Violariées, les Résédacées, les Calycanthées et plusieurs autres. (A. R.)

BALSAMITE. Balsamita. BOT. PHAN. Desfontaines a retiré du genre Tanacetum quelques espèces dont il a fait, à l'exemple de Vaillant, le genre Balsamite. Il se distingue par son involucre composé d'écailles imbriquées très-nombreuses, par son phoranthe nu, par ses fleurons tubuleux tous hermaphrodites et quinquefides, par ses fruits couronnés par un rebord membraneux incomplet.

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Une des espèces les plus remarquables de ce genre est la grande Balsamite, Balsamita suaveolens, Desf. ou Tanacetum Balsamita, L. vulgairement nommée Menthe-Coq, Grand-Baume, Baume des jardins. Elle est vivace; sa tige est droite, rameuse; ses feuilles, elliptiques dentées, les supérieures sessiles, les inférieures pétiolées; les fleurs jaunes et disposées en corymbes. Cette Plante, extrêmement aromatique, croît dâns les départemens méridionaux de la France. On la cultive dans les jardins. (A. R.)

* BALSAMODOS. BOT. PHAN. (Pline.) L'un des noms du Laurier. (B.)

* BALSAMON. BOT. PHAN. (Théophraste.) Syn. de Pistachier. Ce mot latinisé a été appliqué à plusieurs Végétaux odorans. Ainsi:

BALSAMUM est quelquefois le Baumier ou le Tanacetum Balsamita, L. V. BAUMIER et BALSAMITE.

BALSAMUM ALPINUM est dans Lobel le Rhododendrum hirsutum. V. ROSAGE.

BALSAMUM TOLUTANUM deGaspard Bauhin, le Tolu. V. ce mot. (B.)

BALSAMONA. BOT. PHAN. La Plante décrite sous ce nom par Vandelli appartient au Cuphea de Jacquin. V. CUPHEA. (A. D. J.)

BALSANNES OU BALZANNES. MAM. Marques blanches et annulaires qu'ont souvent les Chevaux près du sabot. (A. D..NS.)

BALSEM. BOT. PHAN. Syn. arabe de Baumier. V. ce mot. (B.)

BALTIMORE. OIS. Espèce du genre Troupiale, Buff. pl. enl. 506. fig. 1; Oriolus Baltimora, Lath. Vieillot a formé un genre Baltimore, Yphantes, dans lequel il place cette espèce avec une autre qu'il a observée dans l'Amérique septentrionale, et à laquelle il a donné le nom de Solitaire. Celleci paraît avoir été prise par Buffon pour la femelle de la première. V. TROUPIALE. (DR..Z.)

BALTIMORE. Baltimora. BOT. PHAN. Genre de Linné, appartenant à la famille des Corymbifères de Jussieu, et la tribu des Hélianthées de Cassini. Son involucre est cylindrique, à plusieurs folioles disposées sur un seul rang; son réceptacle garni de paillettes; ses fleurs sout radiées; les fleurons au nombre de dix ou douze et mâles; les demi-fleurons au nombre de cinq et femelles; les akènes sont dépourvus d'aigrette et triangulaires. Ce genre doit son nom à la ville de Baltimore, près de laquelle on a rencontré l'espèce qui lui sert de type. C'est une petite Plante herbacée dont la tige est tétragone, les feuilles opposées, âpres et marquées de trois nervures; les fleurs disposées en panicules terminales, peu garnies. (V. pour sa figure la tab. 709 des Ill. Lamk., et pour l'analyse de son fruit, Gaertner. T. 2. p. 443. t. 169.) Persoon en décrit une seconde espèce à fleurs presque sessile conservée dans l'herbier de Richard, et qu'on cultivait dans le jardin de Trianon sous le nom de Milleria alba de Linné. (A. D. J.)

BALTRACAN. BOT. PHAN. (L'Écluse, et, d'après lui, Valmont de Bomare.) Végétal ressemblant à une Rave, dont le fruit répand l'odeur de l'Orange, dont les graines sont semblables à celles du Fenouil, et qui croît en Tartarie. Il est impossible de décider sur de telles indications ce que ce peut étre. (B.)

BALUCANAD. BOT. PHAN. (Camelli.) Grand Arbre des Philippines qui pourrait être un Bancoul. V. ce mot. (B.)

BALUCBALUC. BOT. PHAN. (Camelli.) Grand Arbre des Philippines qui pourrait bien être un Andira. V. ANGELIN. (B.)

BALUNA. POIS. Syn. indou de Mugil Cephalus. V. MUGE. (B.)

* BALUTTA. BOT. PHAN. (Rhéed. Mol. T. 3. t. 53.) Syn. de Mèsna. V. MESNÉE. (B.)

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BALYRY. BOT. PHAN. Syn. caraibe de Balisier. V. ce mot. (B.)

BALZANNES. MAM. V. BALSANNES.

BAMATA. BOT. PHAN. Syn. caraïbe de Bignonia pentaphylla, L. (B.)

BAMBAGE OU BAMBAGIA. BOT. PHAN. (Cœsalpin.) Syn. de Gossypium. V. COTON. (B.)

BAMBAGIO DES INDES (Pona.) BOT. PHAN. Syn. de Bombax. V. ce mot. (B.)

BAMBÈLE. POIS. Syn. de Véron, espèce d'Able. V. ce mot. (B.)

BAMBIAYA. OIS. Nom donné par Laël à un Oiseau encore peu connu, de l'île de Cuba, et que Brisson croyait être le Kamichi, Palamedea cornuta, L. Nous avons reçu de la Havane la tête d'une grande espèce de Gallinacé, qui pourrait bien être le Bambiaya de Laët; l'Oiseau que l'on cherche en ce moment à nous procurer dans son intégrité avait été tué audelà des montagnes Bleues. Du reste, cette tête n'a aucune ressemblance avec celle du Kamichi. (DR..Z.)

BAMBLA. OIS. (Buff. pl. enl. 703.) Espèce du genre Fourmilier, Turdus Bambla, L., de l'Amérique méridionale. V. FOURMILIER. (DR..Z.)

BAMBOCHES. BOT. PHAN. Nom donné dans plusieurs Dictionnaires, comme désignant les jeunes pousses de Bambou dont on fait des cannes. (B.)

* BAMBOS. BOT. PHAN. V. BAMBOU.

BAMBOU. Bambusa. BOT. PHAN. Famille des Graminées. L'on devra aux notes communiquées par notre savant collaborateur Kunth et qui nous ont servi de base dans la rédaction de cet article, l'avantage de bien connaître dans sa véritable circonscription un genre que Retz (Obs. bot. T. 5. p. 24) forma le premier quand il établit que l'Arundo Bambos de Linné devait être séparé des Roseaux; ce botaniste le désigna sous le nom de Bambos, que Schreber changea en celui de Bambusa. Le caractère exposé par Schreber dans son Genera, publié en 1789, ne laisse, quant à la précision, presque rien à désirer, et, à la même époque, Jussieu constitua, avec une Graminée arborescente de Mascareigne, vulgairement nommée dans cette île le Calumet des hauts, son genre Nastus. On n'a qu'à comparer les caractères génériques donnés par ces deux botanistes, pour se convaincre qu'ils avaient sous les yeux deux Plantes tout-à-fait différentes. Le genre Bambusa de Schreber présente des épillets à plusieurs fleurs, dont les inférieures hermaphrodites et les supérieures mâles. Chaque fleur consiste en un ovaire surmonté d'un style bifide, de six étamines, de trois écailles hypogynes, et de deux paillettes, dont l'intérieure enveloppe d'abord la fleur, et dans la suite le fruit. A la base des épillets, on observe plusieurs écailles semblables aux glumes des autres Graminées, mais plus nombreuses. Dans le Nastus, au contraire, l'épillet est composé d'un grand nombre de glumes, dont seulement la terminale renferme une fleur nue, c'est-à-dire trois écailles nectarines, six étamines, un style à trois divisions profondes et point de paillettes. Cette structure présente quelque analogie avec celle de certaines espèces de Schœnus. On trouve en outre à la base de la glume qui enveloppe la fleur, un pédicelle couché dans le sillon dorsal de cette même glume, et portant à son extrémité une petite fleur stérile. Malgré ces différences bien sensibles, plusieurs botanistes ont réuni le Nastus au Bambusa, ils ont même confondu, sous le nom de Bambusa arundinacea, le Nastus de Jussieu, avec la Plante de Rhéede et de Rumph, que Linné désigna sous le nom d'Arundo Bambos. Palisot de Beauvois, en conservant les deux noms, mais en les appliquant mal à propos à d'autres Plantes, a augmenté la confusion. Le caractère et la figure du genre Bambusa qu'il a donnés dans son Agrostographie, ne répondent pas à la description de Schreber. Son Nastus, formé avec une nouvelle espèce de Bambusa, le Bambusa Thouarsii, (Kunth), qui lui a été communiqué par Aubert du Petit-Thouars, doit être

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supprimé, et la dénomination de Nastus préférée, comme plus ancienne, que celle de Stemmatospermum, qui désigne chez lui le même genre.

Humboldt et Bonpland ont fait connaître, dans leur Histoire des Plantes équinoxiales, deux autres Graminées arborescentes de l'Amérique méridionale, sous les noms de Bambusa Guadua et Bambusa latifolia. Kunth a partagé d'abord (Nova Genera et spec. Pl. T. 1.) leur opinion en rapportant également ces Végétaux au genre Bambusa; mais ce savant a reconnu depuis qu'ils présentent des différences suffisantes pour en former un genre distinct, quojque, très-voisin de celui qui fait le fond de cet article. Le Guadua, c'est le nom générique sous lequel Kunth réunit les deux espèces de Humboldt et de Bonpland, a un style profondément tripartite; dans le Bambusa, au contraire, il est, d'après le témoignage de Retz, de Schreber et de Roxburg, seulement bifide. Le Bambusa a les fleurs inférieures hermaphrodites, tandis que, dans le Guadua, celles-ci occupent la partie supérieure de l'épillet. Kunth se trouve encore dans la nécessité de former du Bambusa baccifera de Roxburg un genre particulier, auquel il conserve le nom de Beesha, sous lequel il a été décrit par Rhéede dans son Hortus Malabaricus. Son gros fruit charnu et quelques différences dans la structure des parties florales suffisent sans doute pour autoriser cette séparation. Le Chusque, Graminée grimpante de l'Amérique équinoxiale, ne fut placé par Kunth que provisoirement dans le genre Nastus, dont il diffère par le nombre de ses étamines et des stigmates; il propose maintenant d'en former un genre à part, qui renfermera deux espèces, le Nastus Chusque (Nov. Gen. et spec. Plant. Amer. œquinox.), et l'Arundo Quila de Poiret, très-différent de la Plante de Molina. Il resterait à exposer les caractères des cinq genres dont il vient d'être question, en y rapportant les diverses espèces connues qui s'y doivent répartir. Nous bornant ici à décrire le genre auquel Kunth réserve le nom de Bambusá, nous renverrons, pour les autres, à leurs articles respectifs. V. NASTUS, GUADUA, BEESHA et CHUSQUEA.

Telles sont les observations de Kunth, qui a établi avec toute la précision latine, en botaniste profond, les caractères du genre dont il est question, nous en donnerons ici un aperçu: ils consistent en épillets oblongs, comprimés, distiques et multiflores; dont une à trois fleurs inférieures sont hermaphrodites, les deux autres supérieures sont mâles, etc.; le style est allongé, bifide, selon Retz, Schreber et Roxburg, mais quelque fois trifide dans une espèce nouvelle de ce genre, communiquée par le savant Du Petit-Thouars, et les stigmates plumeux, etc... Les Bambous sont de véritables Graminées dont les chaumes nombreux, très - élevés, noueux, émettant des rameaux par leurs nœuds, finissent par former des massifs d'une verdure gracieusement balancée dans les airs en panaches ondoyans. Peu de Végétaux présentent un port à la fois plus élégant et plus majestueux. Les Bambous ne contribuent pas moins que les Palmiers à donner aux paysages équinoxiaux une physionomie particulière. Dans l'Inde, qu'ils habitent et d'où ils ont été transportés dans toutes les colonies européennes des deux mondes, on les cultive en haies gigantesques autour des grandes habitations. Ces haies immenses sont ce que l'on appelle, dans les établissemens français, des balisages; il est difficile de s'en former une idée quand on n'en a point vu. Le frottement des grands chaumes qui se confondent dans leur épaisseur divergente et qui, tout gros qu'ils sont, n'en demeurent pas moins flexibles, produit, quand le vent agite le balisage, un bruit très-fort, singulier et capable d'effrayer qui ne l'eût jamais entendu. Des personnes dignes de foi assurent que ce frottement de surfaces polies a quelquefois produit un feu dont est résulté plus d'un incendie considérable. Les Bambous ont leurs

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rameaux piquans dans leur jeunesse; leurs feuilles sont du plus beau vert, et très-mobiles sur leur insertion, ce qui contribue à donner tant de jeu à leur verdure quand les vents s'y jouent. Leurs fleurs forment une sorte de panicule impat faite, composéed épillets interrompus et sans otdre; elles se montrent rarement, et jamais sur les individus vigoureux qui sont en pleine végétation. Après en avoir cherché vainement pour en enrichir notre herbier, nous avions en quelque sorte renoncé à de nouvelles investigations, quand l'incendie d'un balisage ayant en lieu dans une habitation de la rivière de l'Est ce l'île de Mascareigne, nous pûmes nous en procurer. Les nouvelles pousses de certains vieux trones qui avaient résisté aux flammes se chargèrent de fleurs, dont le nombre alla toujours en diminuant quelques années après, et, lorsque les Bamhous eurent repris leur ancienne viguer, on n'en retrouva plus. On verra à l'article des genres américains détachés de Bambou, que le même fait s'observe chez eux. Hubert l'aîné, que nous avons si souvent c té dans notre Voyage aux quatre îles d'Afrique, a fait, sur l'air contenu dans les entre-nœuds des Bambous, des expériences curieuses.

Le bois des Bambous est d'une extrême dureté; il est fort employé dans les pays que pare ce précieux végétal pour construue des meubles, des entourages en palissades, des parois de maisons, des supports de charpentes légères, et des barres de palanquin. Les Indiens font des nattes et des corbeilles de sa surface coupée en lanières très-miuces; mais de tels ustensiles ont l'inconvénient de remplir les doigts d'échardes. Les Bambous dont on fait des cannes sont les très-jeunes tiges de ces graminées gigantesques. Une liqueur douce et miellée découle spontanément de leurs nœuds dans l'intérieur desquels on trouve une concrétion siliceuse, connue sous le nom de Tabaxir, cèlèbre dans quelques parties de l'Asie par les propriétés merveilleuses qu'on lui attribue. (B.)

BAMBOURS. INS. D'où vient peut-être Bombarde. V. ce mot. Nom de l'Abeille dans quelques parties de l'Inde, particulièrement à Ceylan. (B.)

BAMBUSA. BOT. PHAN. (Schreber.) V. BAMBOU.

BAMIA. BOT. PHAN. (J. Bauhin.) Svn. d'Hibiscus esculentus, L. V. KETMIE. (B.)

BAN. BOT. PHAN. Même chose que Calaf. V. ce mot. (B.)

BANABA. BOT. PHAN. V. BANAVA.

BANANA OU BONANA. OIS. (Catesby.) Syn. du Troupiale vulgaire, Oriolus Icterus, L. V. TROUPIALE. Sloane et Brisson donnent lè nom de Banana au Gros-Bec de la Jamaïque, Fringilla jamaica, L. V. GROS-BEC. (DR..Z.)

BANANE OU BANANÉ. rois. On appelle Poissons Bananes ou Bananés dans plusieuis colonies françaises des espèces mangeables, dont la chair très-molle a quelque chose de la consistance du beurre ou de la pulpe de la Banane, et peu ou point d'ai ètes. V. BUTYRIN et CLUPÉ. (B.)

BANANE. BOT. PHAN. Fruit du Bananier. V. ce mot. On appelle Figue Banane une petite variété dont la pulpe est la plus savoureuse. (B.)

BANANE-SERPENT. BOT. PHAN. Variété de Banane longue dont l'écorce est rouge de sang. (B.)

BANANIER. Musa. BOT. PHAN. Les Plantes qui forment ce genre appartiennent à la famille naturelle des Musacées, à l'Hexandrie Monogynie, L. On distingue le genre Bananier par les caractères suivans: Son ovaire est infère, très-grand, et comme triangulaire; coupé en travers, il offre ti ois loges, et dans chacune d'elles un grand nombre d'ovules attachés vers leur angle rentrant; le style est terminé par un stigmate concave, dont le bord offre six dents. Les étamines, au nombre de six, sont insérées sur le sommet de l'ovaire; leurs anthères sont lancéolées, portées sur des filamens

TOME II. 12

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un peu planes. Le périanthe se compose de deux folioles formant comme une corolle bilabiée: la lèvre supérieure est plus longue, plus en dehors que l'inférieure qu'elle embrasse entièrement à sa base; son sommet, qui est relevé, offre cinq lanières étroites; la lèvre inférieure est intérieure et plus courte, très-concave, d'abord entièrement renfermée dans la supérieure, puis étant très écartée. Le fruit est une sorte de baie triangulaire, contenant un très-grand nombre de graines.—Les Bananiers se font distinguer par un port extrêmement élégant, et tout-à-fait particulier. Leur racine se compose d'un grand nombre de fibres allongées, cylindriques et simples, qui donnent naissance à une espèce de tige d'une organisation particulière, tout-à-fait semblable à celle des bulbes des Plantes Liliacées. En effet, on trouve à sa base une sorte de plateau charnu, dont la face inférieure donne naissance aux fibres qui constituent la racine. De la face supérieure s'élève cette espèce de colonne que l'on regarde généralement comme la tige; elle se compose d'un grand nombre de gaînes foliacées, étroitement emboîtées les unes dans les autres, dont les plus intérieures se terminent à leur sommet par une longue feuille elliptique, dont les nervures secondaires, parallèles entre elles, partent toutes des côtés de la nervure médiane; les plus extérieures, au contraire, sont nues à leur sommet, soit que les feuilles s'en soient déjà détachées, soit qu'elles aient entièrement avorté tout-à-fait au centre de l'assemblage de feuilles qui couronne cette espèce particulière de bulbe, on voit sortir une hampe recourbée et pendante, et qui occupe l'axe du bulbe depuis sa base jusqu'à sa partie supérieure. Les fleurs, qui sont très-grandes, sont disposées en demi-verticilles, distincts les uns des autres à la partie supérieure de la hampe; chacun de ces demi-verticilles, composé de dix à douze fleurs sessiles, est accompagné à sa base d'une grande bractée vivement colorée. Les fleurs qui occupent la partie inférieure de cette sorte de régime sont femelles et les seules qui donnent des fruits; leur ovaire est beaucoup plus gros et beaucoup plus allongé; leurs étamines, qui sont stériles, sont moitié plus courtes que la division supérieure du calice. Celles, au contraire, qui naissent à la partie supérieure sont mâles et stériles par l'imperfection de leur pistil, dont l'ovaire est beaucoup plus petit, tandis que leurs six étamines sont saillantes au-dessus du calice.

On trouve décrites dans les auteurs environ dix à douze espèces du genre Bananier. Toutes croissent dans les contrées les plus chaudes du nouveau et de l'ancien continent; mais deux de ces espèces méritent surtout de fixer notre attention, à cause de leurs usages et des services qu'elles rendent aux habitans des contiées où elles croissent naturellement, et de celles où on les cultive en grand: ce sont le Musa paradisiaca et le Musa sapientum de Linné.

Le BANANIER DU PARADIS, Muso paradisiaca, L. Nous ne nous engagerons peist ici dans une discussion aussi difficile que peu importante pour déterminer si le Bananier est, ainsi que plusieurs auteurs le p étendirent, l'Arbre dont le fruit tenta nos premiers parens, et dont les feuilles servirent à cacher leur nudité lors qu'ils curent succombé à la tentation. Il suffit de dire que c'est par allusion à ce fait que le nom de paradisiaca lui a été douné. En Afrique et dans les deux Indes, le Bananier est une Plante vivace dont la tige pé it dès qu'elle a donné des fruits. Chaque année il neît de son plateau de nouvelles tiges qui éprouvent les mêmes développemens. Mais dans nos climats, et surto it dans nos serres, ce Végétal se conserve pendant plusieurs années, jusqu'au moment où il fleurit, époque marquée pour sa destruction. Croissant en général dans les lieux bas et humides, sa végétation est rapide et vigoureuse. Son bulbe ou sa tige acquiert jusqu'à douze pieds d'élévation, sur un dia-

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mètre de six à huit pouces; il se termine par un faisceau de belles feuilles redressées, elliptiques, allongées, très-entières, longues de quatre à cinq pieds, d'un vert clair et agréable, très-obtuses à leur sommet. Ses fleurs sont jaunâtres, portées sur la partie supérieure d'une hampe qui dépasse le sommet de la tige de trois à quatre pieds; chaque groupe de fleurs est enveloppé dans une grande bractée rougeâtre, qui tombe très - peu de temps après leur épanouissement; cette hampe se termine à son sommet par une espèce de bouton composé d'un grand nombre d'écailles colorées, très-serrées les unes contre les autres. Les fruits qui succèdent aux fleurs inférieures, les seules qui soient fertiles, sont presque triangulaires, jaunàtres, longs de six à huit pouces, terminés en pointe irrégulière à leur sommet. Leur chair est épaisse, un peu pâteuse; leurs graines avortent presque constamment dans les espèces cultivées. On les connaît sous le nom de Bananes.

Le BANANIER DES SAGES, Musa sapientum, L. Semblable au précédent par son port et sa taille, il s'en distingue par ses feuilles plus arguës, et surtout par ses fruits beaucoup plus courts, ayant la chair plus fondante.

Ce sont ces deux espèces qui forment l'objet d'une culture très-soignée en Afrique, en Asie et en Amérique, pour obtenir leurs fruits, dont les peuples de ces contrées font une trèsgrande consommation. Les Bananes ont quelque ressemblance extérieure avec les Concombres, mais leur goût en est bien différent. Celles que l'on recueille sur le Bananier des Sages sont beaucoup plus sucrées et plus fondantes; aussi ne les mange-t-on qu'au dessert. Les fruits du Bananier du Paradis, quoique moins délicats, sont cependant beaucoup plus employés. Leur pulpe fondante, jaune fauve, pourrait être comparée pour la consistance à une pâte fondante, composée de beurre et de fécule, d'un goût légèrement sucré et parfumé, un peu sèche quelquefois. On mange les Bananes crues, ou cuites, apprêtées de diverses manières. Aux Antilles, en Afrique et dans l'Inde, elles forment la principale nourriture du peuple; le colon en nourrit ses nègres. On en retire une sorte de liqueur d'un goût assez agréable, et que l'on désigne dans nos colonies sous le nom de Banane; cette liqueur s'aigrit facilement et demande à être préparée en petite quantité. En écrasant des Bananes bien mûres, et les faisant passer au travers d'un tamis pour en retirer la partie fibreuse, on forme une pâte avec laquelle on prépare un pain fort nourrissant. Cette pâte, presqu'entièrement compo ée d'amidon, peut, lorsqu'elle est sèche, se conserver pendant long-temps. Délayée dans de l'eau ou du bouillon elle forme un aliment sain. Les fibres retirées des gaînes qui constituent la tige sont dures et résistantes; on les emploie pour faire des cordages ou des fils avec lesquels on fabrique différentes espèces de toiles. Cette tige contient une grande quantité de mucilage et d'amidon, et, lorsqu'elle est encore jeune, elle peut servir avec avantage à la nourriture de l'homme et des bestiaux. Quant aux feuilles, elles sont employées, quoique très-fragiles, soit à couvrir le toit des habitations, soit à former différens ustensiles de ménage.

On cultive communément dans nos serres le Bananier du Paradis et le Bananier des Sages. Ces deux Plantes y demandent beaucoup de chaleur, et ne doivent pas sortir de la serre chaude lorsqu on veut qu'elles flurissent, ce qui arrive assez souvent lorsque les sujets sont forts, bien exposés et d'une hauteur de huit à dix pieds. Il faut, lorsqu'ils ont fleuri, avoir soin de couper la tige par sa base, afin de faciliter l'évolution des nouvelles pousses qui doivent s'élever de la racine. Cette chaleur constante que nécessite le Bananier pour fleurir dans nos serres, ferait d'abord supposer qu'une température très-élevée lui serait toujours indispensable; cependant cet Arbre croît et fructifie dans l'île de Madère. Bory de Saint-Vincent l'a re-

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trouvé croissant en pleine terre dans beaucoup de jardins d'Andalousie, particulièrement à Séville et dans les environs de Malaga, déjà à une si grande distance dés climats équinoxiaux. (A. R.)

L'idée que nous donne Humboldt (Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, T. III, p. 20) de l'utilité du Bananier n'est point exagérée; elle est conforme aux observations qui nous furent communiquées par Hubert, agriculteur habile de Mascareigne, que nous avons eu plusieurs fois occasion de citer dans notre Voyage aux quatre îles d'Afrique. Ce planteur s'était occupé soigneusement du Bananier, et le regardait comme de tous les Végé:aux celui qui produit le plus de substance nourricière. Humboldt évalue qu'un terrain de cent mètres carrés, dans lequel on aurait planté quarante touffes de Bananiers, rapporterait dans un an quatre mille livres d'aliment en pesanteur; un même terrain, semé de froment, n'eût guère donné que trente livres pesant. Le produit des Bananes est donc à celui du Froment comme 133 est à 1. Par rapport à la Pomme-de-Terre, il est comme de 44 à 1. (B.)

BANANIERS. BOT. PHAN. On a aussi donné ce nom à la famille pour laquelle nous adopterons celui des Musacées. V. ce mot. (A. R.)

BANANISTE. OIS. Espèce du genre Bec-Fin, Motacilla bananivora, L. Latham paraît avoir décrit deux fois cet Oiseau dans deux genres différens: le Sylvia bananivora et le Certhia flaveola. Vieillot l'a figuré pl. 51 de ses Oiseaux dorés. V. SYLVIE. DR..Z.)

BANANIVORE. OIS. Selon Vieillot, on donne ce nom aux Oiseaux qui se nourrissent de Bananes. (B.)

BANARA. BOT. PHAN. Genre établi par Aublet d'après un Arbre de la Guyane. (V. Pl. Guy. tab. 217). De Jussieu l'avait placé à la fin des Tiliacées, et, d'après Kunth, dans un Mémoire récemment publié, il fait partie de sa famille des Bixinées. Ses caractères sont: un calice à six divisions; six pétales insérés à un disque hypogyne, ainsi que les étamines qui sont en nombre indéfini. Porté sur ce disque, l'ovaire est surmonté d'un seul style que termine un stignate en tête. Il devient une haie petite, globuleuse, à une seule loge polysperme. Les rameaux sont flexibles, garnis de feuilles alternes, lisses supérieurement et légèrement velues en dessous, dentelées, ovales aiguës, accompagnées de deux stipules caduques. Les fleurs disposées en grappes axillaires et terminales offrent chacune à la base de son pédicelle, ainsi que le pédoncule général, une petite bractée. (A. D. J.)

BANARABECK. OIS. (Stedman.) Syn. du Toucan à gorge jaune de Cayenne, Ramphastos dicolorus, L., à Surinam. V. TOUCAN. (DR..Z.)

BANAVA. BOT. PHAN. Camelli a figuré sous ce nom (lc. 42) une Plante que Raï, dans son texte, représente comme un fort grand Arbre à feuilles alternes, à belles fleurs disposées en grappes à l'extrémité des rameaux. Elles ont un calice à six divisions rayonnées; autant de pétales alternant avec elles, des étamines nombreuses, un style allongé. D'après sa description et sa figure incomplètes, on ne peut assigner la place de cette Plante rapportée avec doute au Munchausia par de Jussieu.

Sous ce même nom de Banava, on a trouvé dans un Herbier des Philippines un Arbre qui est le Cavanillæa de Lamarck. (A. D. J.)

BANAWILL-WILL. OIS. Espèce du genre Merle, Turdus muscicola, Lath., de la Nouvelle-Galles méridionale. V. MERLE. (DR..Z.)

BANC. POIS. Syn. de Thon selon Bosc. V. SCOMBRE. (B.)

BANCA. BOT. PHAN. Selon Bosc, espèce de Palmier des Philippines, qui ressemble au Dattier, probablement la même chose que Bange. V. ce mot. (B.)

BANCALUS. BOT. PHAN. Syn.

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malais de Nauclea. V. ce mot. (B.)

BANCHE. INS. Même chose que Banchus. V. ce mot. (AUD.)

BANCHE. GÉOL. C'est selon Patrin, d'après Réaumur, le nom qu'on donne quelquefois à des couches de glaise ou de marne qui se trouvent au bord de la mer et qui alternativement mouillées par les vagues, ou desséchées par le soleil, prennent à la longue la consistance d'une pierre feuilletée. (C. P.)

BANCHEM. OIS. Syn. hébraïque du Coucou gris, Cuculus canor, L. V. COUCOU. (DR..Z.)

BANCHROFT. OIS. Espèce d'Oiseau-Mouche, à laquelle on a donné le nom de celui qui en a parlé le premier. V. OISEAU-MOUCHE. (DR..Z.)

BANCHUS. Banchus. INS. Genre de l'ordre des Hyménoptères, section des Térébrans, établi par Fabricius (Supplementum entomologiœ systematicœ, p. 209 et 233), qui le rangeait dans son ordre des Piezates et lui assignait pour caractères: quatre palpes allongés, à articles cylindriques; lèvre inférieure cylindrique et cornée à sa base, membraneuse, arrondie, et entière à son sommet; antennes sétacées. Ces caractères sont loin d'être tranchés et propres aux Branchus; le seul qui, suivant Latreille, les distingue des Ichneumons, existe dans le dernier article des palpes maxillaires qui, dans toutes les espèces du genre que nous décrivons, est court et dilaté.

Ce genre, rangé par Latreille (Règne Anim. de Cuv.) dans la grande famille des Pupivores et dans la tribu des Ichneumonides, a plusieurs rapports avec celui des Ophions, et s'en distingue cependant parce que l'abdomen aplati de droite à gauche est sessile à sa base ou n'a qu'un pédicule fort court avec l'extrémité anale pointue ou bien obtuse, non tronquée obliquement, et pourvue d'une tarière, n'étant pas ordinairement saillante. Les Banchus diffèrent encore des Fœnes, des Evanies et des Aulaques par les antennes sétacées, composées toujours de plus de quatorze articles, d'une vingtaine environ. Les Banchus se trouvent l'été dans des lieux humides, tels que les prairies. Fabricius en décrit neuf espèces parmi lesquelles nous citerons comme propres à notre climat: le Banchus chasseur, Banch. venator, ou l'Ichneumon venator de Linné. — Le Banchus peint, Banch. pictus. — Le Banchus hastateur, Banch. hastator.

Les autres espèces se rencontrent en Allemagne, en Suède, en Italie, etc. On ne sait rien de positif sur les mœurs de ces Hyménoptères; on croit qu'ils déposent leurs œufs dans le corps des Insectes, et que les larves qui en naissent y vivent à la manière des Ichneumons. (AUD.)

BANCOC. BOT. PHAN. Syn. d'Indigofera argentata à Madagascar. V. INDIGO. (B.)

BANCOUL. BOT. PHAN. V. BANCOULIER.

BANCOULIER. Aleurites. BOT. PHAN. Commerson, dans ses manuscrits, nomme Noix de Bancoul ou Ambinux le fruit d'une Euphorbiacée qu'il avait observéà l'Ile-de-France où il a été porté de l'Inde, et qui présente les caractères suivans: la tige est arborescente; les feuilles sont éparses, grandes, à trois ou cinq lobes; les fleurs monoïques, en panicules composées, les mâles beaucoup plus nombreuses au sommet des panicules partielles, les femelles rares à leur base. On trouve dans les premières un calice extérieur à deux ou trois divisions, et un calice intérieur formé de cinq sépales pétaloïdes, beaucoup plus longs et velus intérieurement à la base; les filets des étamines sont réunis inférieurement en une colonne qu'environnent à sa base cinq squammules alternes avec les sépales; ils sont courts et velus sur leur face interne; les anthères sont biloculaires et introrses. Dans les fleurs femelles le pédoncule est très-dilaté le calice simple enveloppe l'ovaire et

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s'ouvre supérieurement pour le passage des stigmates; l'ovaire, ceint à sa base par une couronne glanduleuse à six lobes, présente extérieurement une surface velue marquée de six sillons, et intérieurement deux loges contenant chacune une seule graine. Il est surmonté par deux stigmates bifides. Tels sont les caractères que nous a offerts la Noix de Bancoul de Commerson, lequel, dans ses manuscrits, représente le fruit comme composé de deux Noix de la forme d'une Châtaigne, accolées sous un péricarpe commun et charnu, ayant chacune en outre une enveloppe coriace et contenant une graine couverte d'un tégument dur et ligneux, graine qui est très-sapide, aphrodisiaque et indigeste. On a rapporté cet Arbre au genre Aleurites qui présente les mêmes caractères, si ce n'est que les auteurs décrivent le calice de la fleur femelle comme double et semblable à celui de la fleur mâle. Or, dans un grand nombre de fleurs, nous n'avons jamais trouvé un tel calice, soit qu'il n'existe pas en effet, soit qu'il soit caduc, et que ce qui nous a paru être un calice, fût une enveloppe particulière de l'ovaire, qui l'environnerait sans le toucher et s'ouvrirait pour le passage des stigmates comme l'urcéole des Carex, caractère qui mériterait d'être noté. Quoi qu'il en soit, le genre Aleurites contient, outre le Bancoul qui lui a été réuni sous le nom spécifique d'Ambinux, deux autres espèces, savoir: l'A. moluccana, qui était un Jatropha pour Linné, et qui croît dans les Moluques et à Ceylan, et l'A. triloba, originaire des îles de la Société où il a été trouvé par Forster qui en a formé ce genre. (A. D. J.)

BANCS. ZOOL. On appelle ainsi, quand il est question d'Animaux aquatiques, ces associations, souvent très-nombreuses, que forment les individus d'espèces qui vivent en société et qui voyagent par troupes. Les Bancs que forment les Thons et les Harengs sont prodigieux par le grand nombre de Poissons dont ils sont composés; les Maquereaux voyagent aussi par Bancs. Un voyageur, Henri Salt, rapporte avoir rencontré non loin des côtes d'Afrique, vers le cap Baxas, un Banc de Spares, de Labres et de Tétrodons morts, dont l'étendue avait plus d'une lieue. L'association par Bancs n'est pas seulement propre aux Poissons, nous l'avons observée dans les Animaux du genre que nous appelons Monophores, et auquel Peron a si improprement donné celui de Pyrosome qui conviendrait à plus de cinq cents Animaux marins lumineux. Notre Hyale papilionacée forme aussi des Bancs. Enfin, nous avons récemment découvert, notamment dans les eaux du bassin au Palais-Royal, que certains Infusoires ou Animaux microscopiques vivent en sociétés immenses et voyagent comme certains Poissons par Bancs très-visibles à l'œil nu, auquel ils présentent l'apparence d'un petit nuage blanchâtre. (B.)

BANCS. GÉOL. La plupart des substances minérales mélangées ou Roches, dont se compose l'enveloppe solide du globe, sont disposées en couches qui se revêtent dans un ordre constant d'après l'époque plus ou moins ancienne de la formation de chacune; les couches sont elles-mêmes divisées en couches secondaires qui prennent le nom de bancs ou de lits, selon la consistance de la substance dont ils sont formés et leur épaisseur. En général le nom de banc s'applique plutôt aux substances solides et pierreuses qui sous-divisent une couche de même nature. C'est aux mots Géologie et Stratification que l'on verra ce que l'on doit entendre exactement par Couches, Bancs et Lits.

BANC DE SABLE. Amas plus ou moins considérables de Sable et de Gravier qui se rencontrent dans la mer, dans les fleuves et les lacs, et qui sont produits par un mouvement constant dans la masse des eaux au milieu des quelles ils se trouvent.—Les Bancs de Sable changent quelquefois de place lorsque les courans varient

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dans leur direction et dans leur force; les Bancs de Sable se forment par une cause analogue à celle qui produit les attérissemens et les alluvions. V. ces mots.

BANCS DE GLACE. Ce sont les vastes espaces d'eau gelée des régions circompolaires. (C. P.)

BANCUDUS. BOT. PHAN. Syn. malais de Morinda citrifolia, L. (B.)

BANDA, BANDASCHE, BANDASCHE-CACATOCHA ET ICANBANDA. POIS. Syn. d'Hémiptéronote à cinq taches, de Lacépède. V. CORYPHÆNE. (B.)

* BANDAGAT. MIN. Nom. sous lequel, en allemand, on désigne l'Agathe rubané et l'Agathe Onyx. (O. P.)

BANDE. ZOOL. Ce nom a été donné avec quelque épithète à des Animaux de diverses classes, décorés de quelques marques en forme de bande. Ainsi, on a appelé:

BANDE D'ARGENT parmi les Poissons, le Clupea atherinoides, V. CLUPÉ, et un HOLOCENTRE. V. ce mot.

BANDE BLANCHE, parmi les Reptiles Chéloniens, le Testudo pusilla. L. V. TORTUE.

BANDE NOIRE, parmi les Serpens, le Coluber Æsculapii, L. V. COULEUVRE.

BANDE A L'ENVERS, —— ESQUISSÉE, —— INÉGALE, —— MARGINALE, —— A POINTS, —— ROUGE, etc., divers Insectes Lépidoptères.

Ce nom de BANDE est encore synonyme de Fascie, Ruban, Zone, Raie, et dans quelques cas, de Cordon, V. ces mots qui indiquent les cercles plus ou moins larges ou colorés, mais sans saillie, qui entourent la surface de certaines Coquilles. (B.)

BANDELETTE. POIS. Syn. de Cépole Tænia. V. CÉPOLE. (B.)

BANDELETTES. Strigœ. OIS. Zones capilliformes qui se voient dans diverses parties de l'Oiseau et différentes de la ligne ou fascie par leur moins de largeur. (DR..Z.)

BANDFARRN. BOT. CRYPD. (Willdenow.) Syn. allemand de Tænitis. V. ce mot. (B.)

BANDINA. BOT. PHAN. Syn. languedocien de Polygonum Fagopyrum V. RENOUÉE. (B.)

BANDOULIÈRE. POIS. Nom donné avec quelque épithète tirée de la forme ou de la couleur des bandes dont sont marqués les Poissons qui les portent, à diverses espèces de Labres et de Chétodons. V. ces mots. (B.)

BAND-RIRE. OIS. Syn. norwégien du Râle d'eau, Rallus aquaticus. L. V. RALE. (DR..Z.)

BANDUKKA. BOT. PHAN. Nom de pays d'un Caprier, Capparis Baduca, L. V. CAPRIER. (B.)

BANDURA. BOT. PHAN. Syn. de Népenthe. V. ce mot. (B.)

* BAND-WURM. INTEST. C'est-à-dire Vers en ruban. L'un des noms du Tœnia en Allemagne, (LAM..X.)

BANÉ. POIS. Nom arabe d'une espèce de Mormyre. (B.)

BANETTE. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires d'une variété de Dolic. V. ce mot. (A. R.)

BANGADA VALLI BOT. PHAN. Syn. indou de Convolvulus Pes-Caprœ, L. V. LISERON. (B.)

* BANGA-N'POUTOU. BOT. (Proyart.) C'est-à-dire Noyau d'Europe. Syn. de Cocotier sur les côtes d'Afrique au nord du Zaïre, où cet Arbre n'est point indigène; il doit y avoir été porté par les Portugais. (B.)

* BANGE. BOT. PHAN. C'est-à-dire Noy au par excellence. Nom qui, dans diverses langues de l'Inde et de l'Afrique, s'applique particulièrement à des Arbres de la famille des Palmiers. Caméli le donne à une espèce des Philippines qui ressemble au Datier. (B.)

BANGHETS. BOT. PHAN. (Flacourt.) Syn. d'Indigo à Madagascar. (B.)

BANGI. BOT. PHAN. Arbrisseau laiteux des Philippines, dont les fruits

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sont mangeables et les graines vénéneuses. Il pourrait bien être voisin des Strychnos, ou plusieurs espèces présentent la même particularité. (B.)

* BANGIE. Bangia. BOT. CHYPT. (Hydrophytes.) Genre établi par Lynghie dans son Tentamen hydrophytologiœ danicœ, pour des Plantes regardées comme des Conferves par les anciens botanistes, et comme des Oscillaires ou des Scytonema par Agardh. Il est consacré à Hoffmann Bang, naturaliste danois, distingué par la variété et l'étendue de ses connaissances. Il offre pour caractères des filamens capillaires et continus; c'est-à-dire sans cloisons ou diaphragmes et sans articulations, renfermant des seminules agglomérées en petites masses; ces dernières sont elliptiques, allongées ou globuleuses, rarement éparses, situées ordinairement en lignes transversales ou circulaires imitant une articulation. Il appartient à la seconde section de la classification de Lyngbie, et se divise en deux groupes, le premier à filamens simples, le second à filamens rameux; les espèces les plus remarquables sont:

Les Bangia crispa, Lyngb. loc. cit. p. 82. tab. 24. — fuscopurpurea, p. 83. tab. 24, et le Conferva atropurpurœa de Dillwyn. Cette dernière, que nous avions trouvée sur les côtes de France, a été revue dans les eaux douces par Bory de St.-Vincent qui la prétend articulée et d'un ordre tout différent de celui dans lequel doit demeurer le genre dont il est question.

Les Bangiœ laminariœ, — rutilans (Conferva rutilans Roth.), — Micans, — atrovirens, Conf. atrovirens Dillw.), — mamillosa, — quadripunctata (Ulva fœtida, Vauch.), complètent dans Lyngbie un genre ou cet auteur a réuni des Hydrophytes de mer et d'eau douce. Nous ne voyons pas plus que Bory de Saint-Vincent qui a fait une étude scrupuleuse de toutes les Conferves, qu'on puisse l'adopter tel qu'il a été proposé; il faudra en exclure plusieurs espèces pour les réunir à d'autres genres ou en établir de nouveaux. (LAM..X.)

BANGLE. BOT. PHAN. (Rumph. Amb. 5, t. 6b.) Amanée indéterminée des Moluques. (B.)

* BANGO. BOT. PHAN. (Camelli.) Plante des Philippines, qui paraît appartenir au genre Pavetta. (B.)

BANGUE. BOT. PHAN. C'est une espèce de Chanvre de l'Inde, peutêtre la même chose qu'Asarath, V. ce mot, ou simplement une variété du nôtre; elle s'élève à une beaucoup plus grande hauteur. Ses propriétés narcotiques paraissent résider dans sa feuille que les Indiens emploient, jointe à diverses autres substances, pour mâcher et fumer, à peu près dans le même but que les Turcs font usage de l'opium. (A. D. J.)

BANGUILING. BOT. PHAN. (Camelli.) Syn. de Cicca disticha, L. V. CICCA. (B.)

BANIAHBOU. OIS. Espèce chinoise du genre Merle, Turdus canorus, Lath. V. MERLE. (DR..Z.)

BANISTERIA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Malpighiacées. Son caractère est d'avoir un calice à cinq divisions, cinq pétales à onglets, dix étamines monadelphes, trois ovaires surmontés par autant de styles, trois capsules non dehiscentes, réunies entre elles el prolongées en dehors en autant d'ailes membraneuses. Les Banisteria sont des Arbustes exotiques, à tige sarmenteuse ou volubile, à feuilles opposées, à fleurs terminales ou axillanes, disposées en ombelle, en grappe, en coymbe ou en panicule. Nous regardons comme un genre particulier que nous nommons Héteropteris, les espèces qui ont le bord épaissi des ailes dirigé endehors. Le centraire a lieu dans les vraies Banisteria. (K.)

BANITAN. BOT. PHAN. (Camelli.) Arbre indéterminé des Philippines, dont la racine est employée comme

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médicament par les naturels du pays. (B.)

BANKARETTI. BOT. PHAN. Syn. malabare de Guilandina axillaris. Lamk. V. BONDUC. (B.)

BANK-MARTIN. OIS. Syn. américain de l'Hirondelle bicolore, Vieill., Hist. Nat. des Ois. de l'Amér. septent. pl. 31. V. HIRONDELLE. (DR..Z.)

* BANKSEA. BOT. PHAN. Kœnig appelait Banksea speciosa une Plante que Swartz regarde comme la même que son Costus glabratus et le Tsjana-Kua de l'Hortus malabaricus, 11. tab. 8. V. COSTUS. (A. D. J.)

BANKSIE. Banksia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Proteacées, établi par Linné fils en l'honneur de Joseph Banks, président de la société Linnéenne de Londres. Les Banksies appartiennent toutes à la Nouvelle-Hollande. Ce sont des Arbrisseaux ou des Arbres peu élevés, dont les feuilles persistantes et coriaces sont éparses, entières, dentées ou pinnatifides. Les fleurs constituent des chatons, accompagnés à leur base de quelques folioles courtes et étroites. Chaque fleur est environnée par trois bractées persistantes, d'inégale grandeur, et présente un calice à quatre divisions plus ou moins profondes, concaves surtout à leur partie supérieure. Les étamines sont au nombre de quatre, et ont leurs anthères engagées dans la concavité des lobes du calice. L'ovaire, environné de quatre écailles hypogynes, offre deux loges monospermes. Le fruit est une capsule à parois épaisses et ligneuses, se séparant en deux valves. Les graines sont souvent ailées et membraneuses.

Le nombre des espèces de Banksies s'est considérablement accrû par les recherches des botanistes modernes qui ont exploré l'Australasie. Linné fils en décrivit quatre, Willdenow huit, Persoon en mentionne douze, et enfin Robert Brown, dans son Mémoire sur la famille des Proteacées, donne les caractères de trente-une espèces, toutes originaires des diverses parties de la Nouvelle-Hollande. Quelques-unes ont été transportées et sont aujourd'hui cultivées dans nos orangeries: telles sont le Banksie à feuilles en scie, Banksia serrata, L. Arbuste de huit à dix pieds, à rameaux cotonneux, à feuilles lancéolées, tronquées au sommet qui se termine par une petite épine; dont les fleurs sont ja nâtres et forment des cônes assez gros; le Banksie à petits cônes, Banksia microstachya, Cav., le Banksie à feuilles de bruyères, Banksia ericœfolia, Smith, etc. (A. R.)

BANKSIENNE. POIS. Nom donné par Lacépède à une espèce de Raie découverte par Banks. (B.)

BANNISTEROIDE. BOT. PHAN. V. PELLA.

BANSLICKLE. POIS. Syn. d'Epinoche en divers cantons de l'Angleterre. V. GASTEROSTÉE. (B.)

BANTAJAM. MAM. Syn. de Guenon Nasique. (A. D..NS.)

BANTAM OU BANTAME. OIS. Nom d'une variété de Coq, originaire de l'île de Java, et qui s'est naturalisée dans les basse-cours européennes. C'est la Poule aux os noirs des colonies françaises. V. COQ. (DR..Z.)

BANTIALE. BOT. PHAN. Rumph (Amb. 6. t. 55) décrit imparfaitement sous ce nom deux Plantes parasites dont la première, la Bantiale noire, paraît être un Gui, et la seconde, la Bantiale rouge, une sorte d'Epidendre. Des Fourmis noires ou des Fourmis rouges habitent dans les bulbes souvent considérables, d'où sortent les feuilles des deux Bantiales; elles s'y creusent des galeries et en font extravaser le suc, sans que les Plantes percées paraissent en souffrir ou même cesser de végéter. (B.)

BANU-CURUNDU. BOT. PHAN. L'un des noms du Canellier à Ceylan. (B.)

BANULAC. BOT. PHAN. (Camelli.) Plante peu connue des Philippines, qu'on a rapportée au genre Pavetta. (B.)

BANWAL. BOT. PHAN. Liane in-

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déterminée de Ceylan dont les rameaux servent de cordes pour attacher les Animaux. (B.)

BANYO. BOT. PHAN. Nom donné comme celui d'un Pavetta et qui n'est peut-être qu'un double emploi de Bango. V. ce mot. (B.)

BAOBAB. Adansonia. BOT. PHAN. Adanson, à son retour du Sénégal, a le premier décrit et fait connaître la structure de ce genre, que le célèbre Bernard de Jussieu désigna sous le nom d'Adansonia. Il fait partie de la nouvelle famille des Bombacées, établie récemment par Kunth, laquelle est un démembrement des Malvacées de Jussieu. Voici les caractères du genre Baobab: calice simple, coriace, quinquéfide, corolle formée de cinq pétales réfléchis, ainsi que le calice, au moment de la floraison; étamines extrêmement nombreuses, réunies par leurs filets en un tube cylindrique, qui occupe la partie centrale de la fleur et se termine supérieurement en un grand nombre de filets grêles et distincts qui sont réfléchis; l'ovaire est simple, à dix loges, contenant chacune plusieurs graines; le style est simple, cylindrique, creux, plus long que le tube staminal, terminé par des stigmates prismatiques dont le nombre varie de dix à dixhuit, le fruit est une grande capsule indéhiscente, ovoïde, allongée, velue et dure à l'extérieur, renfermant un nombre assez considérable de graines entourées d'une pulpe a bondante.

On ne connaît qu'une seule espèce de ce genre, c'est le Baobab d'Adanson, Adansonia digitata, L. Cav. Dissert. tab. 157. Encycl. illust. pl. 588. célèbre par les dimensions énormes qu'il peut acquérir. Cet Arbre croît sur le littoral de l'Afrique, depuis les bords de la Gambie jusqu'au royaume d'Oware et de Benin, et même au Congo où le capitaine Tucklay le mentionne comme l'un des principaux Arbres des bords du Zaïre; il se plaît de préférence sur les plages sablonneuses et arides. Son tronc, dont la hauteur excède rarement douze ou quinze pieds, présente un développement de quatre-vingts à quatre-vingt-dix pieds en circonférence; il se couronne par un énorme faisceau de branches, atteignant quelquefois soixante à soixante-dix pieds de longueur, et dont chacune pourrait être considérée comme un Arbre d'une proportion remarquable. Les plus extérieures de ces branches s'inclinent souvent presque jusqu'à terre, en sorte que l'Arbre tout entier semble former un vaste dôme de verdure. Les racines n'ont point des dimensions moins gigantesques; le pivot, qui s'enfonce perpendiculairement dans le sol, est la continuation de la base du tronc; les ramifications latérales, d'une énorme grosseur s'étendent quelquefois à plus de cent pieds de distance de la tige. Les feuilles ne se développent qu'à la partie supérieure des jeunes rameaux, qui sout un peu tomentenx; elles sont éparses, pétiolées, digitees, composées de cinq ou sept, plus rarement de trois folioles obovales, très-obtuses, rétrécies vers la base, marquées de quelques dentelure; irrégulières vers leur partie supévieure, et longues d'environ quatie à cinq pouces; le pétiole est long de deux à quatre pouces, canaliculé et accompagué à sa base de deux petites stipules triangulaires qui tombent presqu'en même temps que les feuilles se développent. Les fleurs ne sont pas moins remarquables par leur grandeur; elles sont solitaires, portées sur des pédoncules d'environ un pied de longueur, recour bés et pendans vers la terre, naissant seuls à seuls à l'aisselle des feuilles inférieures; leur calice est monosépale, coriace, subcampanulé, long de près de trois pouces, ayant le limbe partagé en cinq dents à son sommet; il se rompt irrégulièrement à l'époque de l'épanouissement de la fleur, se rabat sur le pédoncule, mais ne tombe qu'après que toutes les autres parties se sont détachées. Les cinq pétales, qui composent la corolle, sont ovales, un peu obtus, épais, d'abord étalés, puis rabattus en des-

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sous, ils sont blancs et un peu plus longs que le calice, marqués de nervures très-apparentes; le tube staminal est long d'environ deux pouces, cylindrique, mais cependant un peu plus étroit vers la partie supérieure, où il se divise en un nombre prodigieux de filamens grêles et distincts, portant chacun une anthère à son sommet. L'ovaire est libre et comme pyramidal, un peu tronqué à son sommet; très-velu extérieurement, il se termine par un style épais, recourbé, plus long que les étamines, et au sommet duquel sont de douze à dix-huit stigmates glanduleux, étalés. Le fruit est une sorte de capsule, à parois ligneuses, charnue et pulpeuse intérieurement, où elle est partagée en dix loges par autant de cloisons membraneuses. Sa structure intérieure a la plus grande analogie avec le fruit des Cucurbitacées. Les graines sont réniformes, nichées dans une espèce de pulpe charnue, rougeâtre. Les fruits sont ovoïdes, allongés, de la grosseur d'une courge; leur surface est verte et tomenteuse. Ils sont connus dans le pays sous le nom de Pain de Singe.

Le Baobab a été transporté d'Afrique dans plusieurs parties du Nouveau-Monde. Ainsi il existe à St.-Domingue, à la Martinique et dans plusieurs autres îles du golfe du Mexique. On en voit quelques jeunes pieds à l'Ile-de-France. Bory de St.-Vincent en a vu un à Sainte-Hélène. On le cultive aussi dans nos jardins. Mais, exigeant toujours un haut degré de température, il ne s'élève jamais à une hauteur remarquable, et ne donne aucune idée de la taille gigantesque qu'il acquiert dans son pays natal. On doit le considérer, non-seulement comme le Végétal qui peut présenter les dimensions les plus grandes, mais encore comme celui à qui la nature a accordé la durée la plus longue. S'appuyant sur des calculs plus ingénieux que solides, Adanson pense que les Baobabs qu'il a observés en Afrique ne devaient pas avoir moins de six mille ans. Il est à regretter que cet infatigable observateur n'ait point été assez bien servi par les circonstances pour pouvoir compter le nombre des couches ligneuses; le résultat de ses observations en eût acquis un haut degré de certitude.

De même que tous les Végétaux du groupe auquel appartient le Baobab, cet Arbre se distingue par des propriétés adoucissantes et émollientes. Les feuilles et surtout l'écorce des jeunes rameaux, contiennent une grande quantité de mucilage; elles peuvent être employées en décoction pour faire des tisanes adoucissantes, utiles dans la dyssenterie et les différentes fièvres inflammatoires. Ces feuilles, séchées avec soin et réduites en poudre, constituent le Lato des Nègres, qu'ils mêlent à leurs alimens. La pulpe renfermée dans le fruit du Baobab a une saveur aigrelette et agréable. On en fait des espèces de limonades, très-utiles dans les régions brûlantes où croît le Baobab. Les fruits, lorsqu'ils commencen à se gâter, sont employés par les Nègres pour faire un excellent savon. Enfin, on raconte que les. Nègres creusent le tronc des Baobabs, y pratiquent des excavations profondes dans lesquelles ils suspendent les cadavres des individus que la superstition et l'ignorance leur fait juger indignes des honneurs de la sépulture. (A. R.)

BAPTISIE. Baptisia. BOT. PHAN. Aiton et Ventenat ont décrit, sous le nom de Baptisia perfoliata, le Crotalaria perfoliata de Linné, que Willdenow rapporte au genre Rafnia, Michaux au Podalyra, et Walther au Sophora. (A. R.)

BAQUEBO, BECQUABO ET BICQUEBO. OIS. Syn. de Pics et particulièrement de Pic-vert en diverses parties de l'Europe. (B.)

BAQUOIS OU VAQUOIS. BOT. PHAN. V. PANDANUS.

BAQUOUC. OIS. Syn. vulgaire de la Lavandière, Motacilla alba, L. V. BERGERONNETTE. (DR..Z.)

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BAR. POIS. Syn. de Sciœna punctata, Bloch. sur les côtes océanes de France, depuis la Loire jusqu'à la Garonne. V. PERCHE. (B.)

BARACHOUAS. POIS. Syn. de Maquereau. V. SCOMBRE. (B.)

BARACOCEA. BOT. PHAN. (Cæsalpin.) Syn. d'Abricotier dont l'amande est douce. (B.)

BARACOOTO. BOT. PHAN. Nom de pays de deux Poissons indéterminés de l'île de Tabago, dont la chair de l'un est, dit-on, bonne à manger, et celle de l'autre vénéneuse. (B.)

BARADA. OIS. Syn. du Traquet, Motacilla Rubetra en Italie, L. V. TRAQUET. (DR..Z.)

BARAICE. BOT. PHAN. Syn. de Veratrum album dans quelques cantons de la France centrale. V. VERATRE. (B.)

BARALOU. BOT. PHAN. Syn. caraïbe de Balisier. (B.)

BARAMARECA. BOT. PHAN. (Rheed. Malab. 8. f. 44.) Syn. de Dolichos ènsiformis. V. DOLIC. (B.)

BARANEK. OIS. Syn. de la Bécassine, Scolopax Gallinago, L., en Pologne. V. BÉCASSE. (DR..Z.)

* BARANN. MAM. Syn. d'Argali ou Mouflon chez les Russes. V. MOUTON. (B.)

BARASSA. OIS. Syn. piémontais de l'Engoulevent, Caprimulgus europœus, L. V. ENGOULEVENT. (DR..Z.)

* BARATRON. BOT. PHAN. (Dioscoride). Syn. de Genévrier. (B.)

* BARAULTIA. BOT. PHAN. V. BARRALDEIA.

BARBACARIC. OIS. Nom que, suivant Levaillant, l'on devrait donner au Grand Barbu, Bucco grandis, L., pour exprimer ses rapports avec les Aracaris. (DR..Z.)

BARBACENIA. BOT. PHAN. Genre établi par Vandelli d'après une Plante qu'il figure dans sa Flore du Brésil. T. 1. fig. 9. Il la décrit comme présentant un calice monosépale et quinquélobé, renflé et couvert extérieurement de poils glanduleux; six pétales et autant d'étamines à filets élargis, supérieurement dentés et portant les anthères latéralement appliquées. Leur insertion commune paraît se faire au sommet du calice; l'ovaire, surmonté d'un style et d'un stigmate, devient une capsule allongée, trivalve, polysperme. Mais il ne parle pas de sa situation qui, infère ou supère, indiquerait son analogie avec les Onagraires dans le premier cas, ou avec les Salicaires dans le second. Il passe également sous silence la tige et les feuilles, de sorte que cette Plante est encore bien peu connue. (A. D. J.)

BARBACOU. OIS. Levaillaut et Cuvier ont formé ce sous-genre où se trouvent placés les Cuculus tranquillus et tenebrosus, L., V. TAMATIA. (DR.. Z.)

BARBAGIANI. OIS. Syn. du Grand-Duc, Strix-Bubo, L., en Italie. V. CHOUETTE. (DR..Z.)

BARBAIAN. OIS. Syn. vulgaire du Grand-Duc, Strix Bubo, L. V. CHOUETTE. (DR..Z.)

BARBAJOU. BOT. PHAN. Syn. de Sempervivum tectorum en quelques parties du Languedoc. (B.)

BARBAN. INS. Nom vulgaire d'une espèce du genre Thrips qui nuit aux Olives dans les environs de Nice. (B.)

BARBAREA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Crucifères établi par Brown dans l'édition qu'il a donnée de l'Hortus kewensis et adopté par De Candolle dans son Systema Vegetabilium. Les caractères qu'il lui assigne sont les suivans: les quatre sépales du calice dressés, à peu près égaux à leur base; les pétales onguiculés et à limbe entier; des étamines dont les filets sont libres et dépourvus d'appendice; de petites bosses glanduleuses entre les filets les plus courts et le pistil; une silique à quatre angles, dont deux plus aigus, et à valves pliées en carène; des graines disposées dans chaque loge sur une seule série verticale; des cotylédons

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accombans, c'est-à-dire à radicule latérale. Ce dernier caractère éloigne beaucoup, dans le système de De Candolle, le Barbarea des genres Erysimum et Sisymbrium, dont plusieurs espèces ont servi à le former, mais dont les graines présentent des cotylédons incombans, c'est-à-dire à radicule dorsale. — Ce genre, tel qu'il vient d'être caractérisé, contient six espèces. Ce sont des Plantes herbacées, vivaces, glabres, à racines fibreuses, à tiges dressées et cylindriques, à feuilles en lyre, pinnatifides ou dentées; à fleurs disposées en grappes terminales et dressées et présentant des pédicules filiformes dépourvus de bractées; des pétales jaunes et des calices souvent colorés. Quatre croissent dans l'Orient ou dans le Midi, et deux se rencontrent en France. La plus commune est le Barbarea vulgaris, De Cand., Erysimum Barbarea, L., connue vulgairement sous le nom d'Herbe de Sainte-Barbe. (A. D. J.)

BARBARESQUE. MAM. Petite espèce d'Écureuil. V. ce mot. (B.)

BARBARIN. POIS. Nom donné en divers pays à des Poissons qui ont des barbillons aux mâchoires: ainsi il a été appliqué au Silurus Clarias, L., au Rouget et au Surmulet. V. PIMÉLODE et MULLE. (B.)

BARBARINE. BOT. PHAN. Nom de diverses variétés de Cucurbitacées cultivées dans les potagers, et originaires de Barbarie. (B.)

BARBARO. OIS. Syn. du. Guêpier vulgaire, Merops Ápiaster, L. en Italie. V. GUÊPIER. (DR..Z.)

BARBAROTTI. OIS. Syn. italien du Martinet noir, Hirundo Apus, L., V. MARTINET. (DR..Z.)

BARBASCO. BOT. PHAN. Nom que les Espagnols donnent sur la côte de Guyaquil à une Plante dont le suc enivre les Poissons. On la regarde comme une Molène; dans ce cas ce nom serait évidemment une corruption de Verbascum. V. MOLÈNE. (B.)

BARBASTELLE. MAM. De l'italien Barbastello. Espèce de Chauve-Souris V. ce mot. (A. D.. NS.)

BARBATULE. POIS. Vieux nom du Barbeau. V. CYPRIN. (B.)

BARBE. ZOOL. C'est le poil qui croît au menton de l'Homme et de quelques autres Animaux tels que les Boucs et certains Singes. V. POIL. On en a étendu le nom à diverses choses analogues. Ainsi dans les Mammifères Cétacés, on appelle Barbes ces espèces de crins qui garnissent les fanons ou les gencives des Baleines; et dans les Oiseaux, un faisceau de petites plumes qui garnit, chez quelques-uns, la partie inférieure du bec.

On appelle BARBES DES PLUMES les filamens barbus qui s'étendent presque horizontalement de chaque côté de la tige.

Ce mot est devenu spécifique dans quelques cas. Par exemple, on nomme BARBE, une race de Cheval de Barbarie et une espèce de Syngnathe. V. ce mot et CHEVAL. (B.)

BARBE. Arista. BOT. PHAN. Quelques agrostographes appellent ainsi l'arète que l'on observe dans plusieurs genres de la famille des Graminées. V. ARÈTE. (A. R.)

Ce mot de BARBE est devenu nom spécifique ou vulgaire en botanique comme en zoologie, ainsi l'on a appelé:

BARBE DE BOUC, Barba Hirci, le Salsifis sauvage, Tragopogon L., nom qui signifie également Barbe de Bouc; on appelle encore Barbe de Bouc, de Biche ou Terrestre, la Clavaire coralloïde.

BARBE DE CAPUCIN, une variété de Chicorée sauvage, étiolée, par un procédé de culture particulière, pour la manger en salade. Le même nom a été donné aux Usnées qui pendent en Barbes des vieux Arbres.

BARBE DE CHÈVRE, Barba Caprœ. Tourn. le Spirœa Aruncus. V. SPIRÉE. Barba caprina Ster. le Clavaria coralloides. L.

BARBE DE DIEU, des Graminées du genre Andropogon.

BARBE ESPAGNOLE, le Tillandsia

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usneoides, L., dont des touffes, tombées dans la mer, et s'y étant altérées, ont été prises pour des Hydrophytes par Esper, qui les a figurées (Icon. fucorum, T. XXI) comme le Fucus Fïlum, L. V. CHORDA.

BARBE DE JUPITER, Barba Jovis, une Anthillide devenue l'Anthillis Barba Jovis, L., et la Joubarbe des toits.

BARBE DE MOINE, le Cusçuta europœa. V. CUSCUTE.

BARBE DE RENARD, deux ou trois espèces d'Astragales, etc. (B.)

BARBEAU. POIS. Espèce de Cyprin devenu type d'un sous-genre de Cuvier. V. CYPRIN. On le nomme aussi Barbet, Barbiaux, Barblo et Barbot.

On a appelé BARBEAU DE MER, le Rouget, qui est le Barbeel des Hollandais et le Barbell des Anglais. (B.)

BARBEAU. BOT. PHAN. L'un des noms les plus répandus du Bleuet des champs, Centaurea Cyanus. On l'a étendu à d'autres Centaurées, et l'on appelle:

BARBEAU JAUNE, plusieurs de celles dont la fleur est dorée, particulièrement le Centaurea suaveolens, Willd.

BARBEAU MUSQUÉ, le Centaurea moschata, Willd.

BARBEAU DE MONTAGNE ou VIVACE, le Centaurea montana, L. (B.)

BARBEBON. BOT. PHAN. Syn. de Salsifis dans quelques départemens méridionaux. (B.)

* BARBELLE. Barbala. MOLL. Genre de Coquilles bivalves fluviatiles, établi par Humphrey (Mus. Calonn. p. 59. no 1080) pour une espèce rare et précieuse, nommée par Solander dans ses manuscrits Mytilus plicatus d'après l'exemplaire venu de la Chine, qui se trouvait dans le cabinet de la duchesse de Portland (V. p. 183. lot no 3910, du Cat. de ce célèbre cabinet). Il paraît que Solander rapportait à cette Coquille que nous ne connaissons pas, le Mutel d'Adanson (Sénégal, p. 234. T. XVII. f. 21), Coquille des lacs d'eau douce de l'intérieur du Sénégal, qui nous est également inconnue, dont Schroter a parlé (Einleit. III. p. 471) et dont Gmelin a fait son Mytilus dubius (Syst. nat. p. 3363).

Nous ne pouvons décider jusqu'à quel point ce rapprochement de Solander entre son Mytilus plicatus et le Mutel d'Adanson est juste; mais nous présumons que ce Mytilus est la Coquille appelée depuis, Iridine par Lamarck; alors le genre de cet illustre savant aurait déjà été institué par Humphrey sous le nom de Barbelle. C'est aux naturalistes auglais à nous éclairer sur ce point. Le Mytilus plicatus du cabinet de la duchesse de Portland contenait plusieurs Perles. C'est le Mytilus dubius de Dillwyn (Descript. cat. p. 318). (F.)

BARBENIA. BOT. PHAN. Genre consacré à Barben-du-Bourg par Du Petit-Thouars, dans ses Plantes de Madagascar. Il présente un calice monosépale, à cinq divisions profondes, concaves, membrane uses; pas de corolle; des étamines nombreuses insérées au fond du calice par des filets courts et aplatis qui portent des anthères oblongues et sagittées; un ovaire libre; deux styles courts, épais, velus; une capsule bilobée à deux loges, contenant chacune une graine fixée à son fond et munie d'un arille qui la recouvre à demi. C'est un Arbrisseau faible, sarmenteux, grimpant; à feuilles alternes, simples, pétiolées, glabres, ovales, oblong es; à fleurs fasciculées. Toute la Plante noireit par la dessication.

Du Petit-Thouars, inoertain sur la place que doit occuper cet te Plante, se contente d'indiquer l'affinité qu'elle pourrait avoir avec la Prockia. (A. D. J.)

BARBERIN POIS. Espèce de Mulet, V. ce mot. (B.)

BARBES ET CERMAS. BOT. PHAN. (Daléchamp.) Syn. arabes de Quercus Ilex. V. CHÈNE. (B.)

BARBET. ZOOL. Parmi les Mammifères, c'est une race de Chiens. V.

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ce mot. Parmi les Poissons, le Rouget et le Mulet portent ce nom en quelques pays. (B.)

BARBIAUX. POIS. V. BARBEAU.

BARBICAN. Pogonias. OIS. (Illiger.) Genre de l'ordre des Zygodactyles. Caractères: bec court, gros, fort: arète proéminente, arquée; bord tranchant de la mandibule supérieure, armé d'une ou de deux fortes dents; la mandibule inférieure moins haute que la supérieure; narines percées dans la masse de la corne du bec, pres de sa base, latérales, recouvertes à claire-voie par des poils; tarse de la longueur du doigt extérieur; les deux doigts antérieurs réunis jusqu'à la seconde articulation; première rémige très - courte; seconde, troisième et quatrième étagées, la cinquième la plus longue.

Les Barbicans qu Illiger a séparés des Barbus, appartiennent tous à l'Afrique. Tristes, silencieux et même en quelque sorte stupides, ces Oiseaux offrent encore, joints aux désagrémens d'une conformation massive et pesante, des embarras dans le vol, dépendans de cette conformation, où les leviers de la locomotion paraissent trop rapprochés des parties antérieures. Conséquemment leur vol n'est ni élové ni soutenu, et ils éprouvent beaucoup de difficultés à s'y livrer, ce qui leur donne des habitudes stationnaires. Ils fuient la société, même celle de leurs congénères; cependant Levaillant rapporte d'eux un trait (p. 71. Hist. des Barbus) qui prouverait plus que de l'instinct chez ces Oiseaux: il trouva dans les forêts désertes du pays des Namaquois un Arbre creux qui servait de retraite à plusieurs Barbicans; il en tira du trou cinq Oiseaux, dont un dans l'extrême vieillesse, qui paraissait, par différens indices, devoir aux quatre autres une nourriture qu'il était hors d'état d'aller lui-même chercher. Les conjectures de Levaillant se changèrent en réalité, lorsqu'il eut tenu pendant quelque temps les cinq Oiseaux en eage. Les Barbicans se nourrissent de fruits et d'insectes; la plupart d'entre eux restent constamment fidèles à leur compagne; ils nichent dans de vieux troncs ou dans des nids couverts abandonnés; ils y déposent, sur un peu de duvet négligemment rassemblé, deux à quatre œufs, et gardent assez longtemps près d'eux la famille qui en provient, et qui chaque jour revient coucher avec les parens dans le berceau même.

BARBICAN A GORGE NOIRE, Bucco niger, Lath. Levail. Ois. Parad. des numéros 29, 30 et 31. — Tête noire, front rouge, une ligne jaune au-dessus des yeux, terminée par une tache blanche; quelques taches jaunes et blanches sur les tectrices alaires qui sont noires; rectrices et rémiges brunes, frangées de jaunâtre; gorge noire; une large bande blanche qui descend de chaque côté de l'angle du bec sur la poitrine et les parties inférieures, qui sont également d'un blanc quelquefois grisâtre. La femelle n'a point de rouge au front. Longueur cinq pouces trois lignes.

BARBICAN DE LEVAILLANT, Pogonias minor. Cuv. Petit Barbican, Levail. Ois. Par. pl. A. Parties supérieures brunes, d'une teinte plus claire vers le cou; parties inférieures d'un blane sale; front d'un rouge vif; croupion, tectrices caudales supérieures et rectrices noires; partie de la poitrine et abdomen d'un rouge pâle et terne; d'Afrique.

BARBICAN SULCIROSTRE, Pogonias sulcirostris, Leach. Bucco dublus, Linn. Buff. pl. enl. 602. Levail. Ois. Parad. du no 19. Pogonias major. Cuv. — Parties supérieures d'un noirbleuâtre, à l'exception d'une plaque blanche sur le milieu du dos; rémiges et rectrices inféricures d'un noir mat; aréole des yeux d'un rouge-orangé; devant du cou et poitrine d'un rouge vif; une bande de la même couleur sur le ventre; les flancs blancs; tectrices caudales inférieures rouges; longueur neuf pouces. Le Poguias lœvirostris de Leach, Bucco leuconotus, Vieill, n'est qu'une variété du Bar-

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bican sulcirostre, d'une taille un peu moindre.

BARBICAN DE VIEILLOT, Pogonias Vieilloti, Leach. Miscel. Hist. Nat. pl. 97, Bucco fuscescens, Vieill. — Parties supérieures brunâtres; parties inférieures blanchâtres; gorge d'un rouge-orangé; des taches de cette couleur sur la poitrine, et quelques nuances semblables sur la tête et les tectrices. (DR..Z.)

BARBICHE. BOT. PHAN. Syn. de Nigella damascena, L. V. NIGELLE. (B.)

BARBICHON. OIS. Espèce du genre Gobe-Mouche, Muscicapa barbata, L. Buff. pl. enl. 830. fig. 1, des Indes. V. GOBE-MOUCHE. Et d'une autre espèce du genre Barbu, Bucco Barbiculus, Cuv., Levaill. Ois. de Paradis, etc., pl. 56. Ce dernier habite les Moluques. V. BARBU. (DR..Z.)

BARBIER. POIS. Nom vulgaire du Labrus Anthias, L. V. ANTHIAS.

BARBIFÈRE. BOT. CRYPT. Syn. de Barbula, selon Palisot-Beauvois. V. BARBULA. (B.)

BARBILANIER. OIS. Même chose que Bec-de-Fer. V. BEC. (DR..Z.)

BARBILLON. POIS. Espèce de Squale. On donne aussi ce nom aux jeunes Barbeaux. (B.)

BARBILLONS. ZOOL. Ce nom désigne, dans les Poissons, des filamens qu'on trouve autour de la bouche de certaines espèces, et dans lesquels semble restreinte la perception du tact. Les Poissons munis de ces Barbillons sont en général des Animaux rusés, qui se cachent dans la vase, agitent à sa surface ces espèces de tentacules sur lesquelles se jette leur proie, trompée par l'apparence de ver qu'ont ces organes. (B.)

Dans les Animaux articulés, Barbillon est synonyme d'Antennules ou Palpes. V. ce dernier mot. (AUD.)

BARBIO. POIS. Syn. de Barbeau en Espagne. V. BARBEAU, POIS. (B.)

BARBION. OIS. Espèce du genre Barbu, Bucco pusillus, Levaill. Ois de Paradis, pl. 32. V. BARBU. (DR..Z.)

BARBISA. OIS. Syn. piémontais du Bruant Fou, Emberiza Cia, L. V. BRUANT. (DR..Z.)

BARBLAU. POIS. Barbre des Allemands, suivant Aldrovande. V. BARBEAU. (B.)

BARBO. BOT. CRYPT. Nom provençal d'un Bolet mangeable. (AD. B.)

BARBON. BOT. PHAN. Syn. d'Andropogon. V. ce mot. (B.)

BARBOT. POIS. V. BARBEAU, POIS. Syn. de Cobite chez les Anglais. V. COBITE. (B.)

BARBOTA. POIS. Syn. d'Acipenser Huso, L. V. ESTURGEON. (B.)

BARBOTE OU BARBOTTE. L'un des noms vulgaires de la Gade Lotte, Gadus Lotta, L. V. GADE. (B.)

BARBOTEAU. POIS. Syn. de Jesse, espèce d'Able, et de Cobite. V. ABLE et COBITE. (B.)

BARBOTEUR OU BARBOTEUX. OIS. Syn. vulgaire du Chipeau, Anas strepera, L. V. CANARD. (DR..Z.)

BARBOTINE. BOT. PHAN. V. ARMOISE.

BARBOTTE. BOT. PHAN. Syn. de Vesce, Vicia, L., dans quelques cantons de la France. (B.)

BARBOUQUINE. BOT. PHAN. Nom vulgaire d'une variété de Salsifis. (B.)

BARBOUTOUBA. BOT. PHAN. Syn. caraïbe d'Epidendrum bifidum. (A. R.)

BARBU. Bucco. OIS. L. Genre de Zygodactyles. Caractères: bec lisse, dur, gros, large, peu arqué, déprimé dans toute sa longueur; mandibules presque égales, la supérieure dentée vers le milieu et fléchie à la pointe, l'inférieure retroussée à l'extrémité; narines situées vers la base, latérales, percées dans la masse cornée et recouvertes par des soies dirigées en avant, qui dépassent souvent la pointe du bec; tarse plus court que le doigt extérieur; les deux doigts antérieurs ou de devant réunis jusqu'à la seconde

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articulation; première rémige trèscourte, les deuxième, troisième et quatrième étagées, la cinquième la plus longue.

Les contrées les plus chaudes des deux continens sont habitées par les Barbus, dont plusieurs espèces, revêtues d'une magnifique livrée, semblent vouloir dérober, sous le luxe éblouissant des plus riches couleurs, l'ingratitude de formes qui donne à ces Oiseaux un air pesant, gêné et en quelque sorte stupide. Leurs habitudes tiennent beaucoup de l'imperfection de leurs formes: on les voit rarement réunis; jamais ils n'égaient les bocages, soit par leurs chants, soit par cette pétulance que l'on admire dans presque tous les Oiseaux des régions tempérées. Posés sur la branche la plus basse d'un arbre bien touffu, ils restent des heures entières, affaissés pour ainsi dire sous le poids d'un corps épais qui laisse à peine apercevoir une tête ordinairement retirée entre de larges épaules. S'ils sont découverts dans leur obscure station, ils s'éloignent lentement et paraissent alors craindre d'être incommodes, plutôt que chercher leur salut dans la fuite. Les Insectes, les fruits et les graines leur convenant indistinctement, ils sont toujours certains d'une nourriture abondante. Leur indolence naturelle se retrouve encore dans la construction de leur nid qu'ils placent dans le creux d'un arbre, et où ils pondent de deux à quatre et six œufs, selon les espèces.

BARBU BARBICHON, Bucco Barbiculus, Cuv. Levaill. Ois. par. pl. 56. Tout le plumage d'un vert foncé, à l'exception du front, de l'aréole de l'œil et du menton qui sont rouges, d'une large moustache qui est bleue de ciel, et des rémiges externes qui sont brunes; le bec est bleu d'ardoise, entouré de longs poils nombreux. Longueur, 4 pouces 3 lignes. Des Moluques.

BARBU BARBION, Bucco pusillus, Dum. Bucco rubrifrons, Vieill. Bucco parvus mas. Cuv. Levail. Ois. par. pl. 32. Parties supérieures obscures, marquées de taches allongées jaunes; rectrices, rémiges et tectrices bordées d'une teinte jaune; parties inférieures d'un gris jaunâtre; front rouge; moustaches blanches; gorge jaune; bec noir; pieds bruns. Longueur, 4 pouces 3 lignes. De l'intérieur de l'Afrique où sa manière de vivre est à peu près celle des Mésanges d'Europe. Buffon a figuré la femelle dans la pl. 746, fi. 2 des Oiseaux enluminés.

BARBU BUSSEN-BUDDOO, Bucco indicus, L. Parties supérieures d'un vert sombre; parties inférieures d'un jaune verdâtre avec des traits longitudinaux verts; front, moustaches et menton rouges; un triple collier noir, rouge et jaune; nuque d'un noir verdâtre; rémiges noires bordées de vert. Longueur, cinq pouces. De l'île de Java. On a pensé que cette espèce pouvait n'être qu'une variété des Barbus à couronne rouge et à collier rouge; mais il suffit d'examiner comparativement les trois espèces, pour être convaincu de l'impossibilité de la réunion; la différence est encore plus grande avec le Barbu Kottoréa.

BARBU A CEINTURE ROUGE, Bucco torquatus, Cuv. Levail. Ois. par. pl. 37. Parties supérieures et rectrices d'un beau vert; parties inférieures blanches avec des traits longitudinaux noirâtres; front rouge; une bande de la même couleur qui traverse l'abdomen; sommet de la tête brun; croupion jaune; bec et pieds noirâtres. Longueur, 5 pouces 9 lignes. Patrie inconnue.

BARBU A COLLIER ROUGE, Bucco rubricollis, Cuv. Levail. Ois. par. pl. 35. Cabezon à gorge jaune, Vieill. — Bucco philippensis, Lin. Bufl. pl. enl. 331. Parties supérieures d'un vert foncé, avec la plupart des plumes bordées de jaunâtre; parties inférieures jaunes tachées de vert; sommet de la tête et collier rouges; menton d'un brun clair; aréole de l'œil jaune. Longueur, 7 pouces. Des Indes et des Moluques.

BARBU A COURONNE ROUGE, Bucco rubricapillus, L. Cuv. Brown. Ill. 14. Parties supérieures vertes; les inférieures jaunâtres avec l'abdomen

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blanc; sommet de la tête écarlate, de même que la gorge; joues blanches; un trait de cette couleur sur les tectrices alaires; rémiges et rectrices brunes. Longueur, 5 pouces. Des Indes. Levaillant regarde cette espèce comme une variété de la précédente.

BARBU A DOS ROUGE, Bucco erythronotos, Cuv. Levaill. Ois. par. 57. Parties supérieures noirâtres, avec quatre lignes irrégulières sur la tête, les bords des tectrices alaires, des rémiges et rectrices jaunes; parties inférieures d'un blanc jaunâtre; croupion et tectrices caudales supérieures d'un rouge vif. Longueur, 3 pouces 9 lignes. D'Afrique.

BARBU ÉLÉGANT, Bucco maynahensis, Lath. Buff. pl. enl. 330. Levaill. Ois. par. pl. 34. Parties supérieures vertes, sommet de la tête, menton et gorge rouges bordés de bleu; poitrine jaune avec une plaque d'un rose sale qui descend sur l'abdomen, dont la couleur ainsi que celle des cuisses est le verdâtre rayé de vert; rectrices vertes. Longueur, 5 pouces 3 lignes. De l'Amérique méridionale.

BARBU A GORGE BLEUE, Bucco gularis, Temm. pl. color. 89. f. 2. Parties supérieures d'un vert foncé; parties inférieures d'un vert plus clair; sommet de la tête et menton bleus; moustaches noires avec une tache jaune en dessous de l'œil; un plastron noir, bordé de jaune doré sur la gorge; rectrices inférieures d'un bleu transparent. Longueur, 6 pouces environ. De Java. Nous avons reçu plusieurs de ces Barbus avec divers autres congénères de l'Inde.

BARBU A FRONT D'OR, Bucco flavifrons, Cuv. Levaill. Ois. par. 55. Parties supérieures vertes, avec le bord des plumes jaunâtre; parties inférieures d'un vert pâle; poitrine maillée; front d'un beau jaune d'or; une tache de cette couleur à la base du bec; aréoles et menton bleus ainsi que les rectrices inférieures. Longueur, 6 pouces. De Ceylan. Cette espèce a de grands rapports avec la précédente.

BARBU A GORGE BLEUE, Bucco cyanops, Cuv. Bucco cyanicollis, Vieill. Bucco cœruleus, Dum., Levaill. Ois. par., pl. 21 et 22. Parties supérieures vertes, avec quelques taches bleues aux tectrices alaires extérieures; parties inférieures d'un vert plus clair; sommet de la tête brun-noir, avec le front et l'occiput rouges; joues, menton, gorge et tectrices inférieures d'un beau bleu de ciel; deux taches rouges sur la poitrine du mâle seulement. Longueur, 6 pouces 6 lignes. Des régions équatoriales de l'ancien continent.

BARBU A GORGE JAUNE. V BARBU A COLLIER ROUGE.

BARBU A GORGE NOIRE. V. BARBICAN A GORGE NOIRE.

BARBU A GORGE ROSE, Bucco roseus, Cuv. Levaill. Ois. par. pl. 33. Parties supérieures vertes, passant au brun de chaque côté du cou; parties inférieures d'un blanc verdâtre moucheté longitudinalement de noirâtre; front, moustaches, menton et gorge d'une couleur de rose assez foncée; rectrices bordées de brun. Longueur, 6 pouces. De l'Inde.

GRAND BARBU, Bucco grandis, L. Buff., pl. enl. 871, Levaill. Ois. par. pl. 20. Tête et cou d'un vert obscur, avec des reflets bleus, le haut du dos d'un brun chatoyant, ainsi que le bord des tectrices supérieures: le reste des parties supérieures vert; parties inférieures d'un vert clair; tectrices caudales inférieures rouges; bec d'un blanc jaunâtre, noir à la pointe. Longueur, 11 pouces. De la Chine.

BARBU KOTTOREA, Bucco zey lanicus, L. Levaill. Ois. par. pl. 38. Tête et cou bruns, nuancés de teintes plus pâles; tout le reste du plumage vert, un peu plus clair en dessous, avec les rémiges brunes et les tectrices alaires supérieures bordées de brun. Le bec rouge, ainsi qu'un espace nu qui entoure les yeux. Longueur, 7 pouces 3 lignes. De Ceylan.

BARBU AMASQUE ROUX, Bucco Lathami, Gmel. Parties supérieures d'un vert-olive, plus clair inférieurement; front, joues et menton bruns, mélangés de roux; rémiges et rectrices noi-

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râtres, bordées de verdâtre. Bec blanchâtre; pieds jaunes. Longueur, 5 pouces 6 lignes. Patrie inconnue. Levaillant considère cette espèce comme une variété du Barbu Kottorea.

BARBU ORANGÉ, Bucco peruvianus, Cuv. Levaill. Ois. par. pl. 27. Front d'un jaune orangé; occiput et partie du dos jaune, varié de noir bleuâtre, qui est la couleur la plus dominante dans les parties supérieures; parties inférieures d'un jaune olivâtre, parsemé de petites taches noirâtres; gorge et poitrine d'un jaune orangé. Bec et pieds noirs. Longueur, 6 pouces. De l'Amérique méridionale.

PETIT BARBU. V. BARBU BARBICHON.

BARBU A PLASTRON NOIR, Bucco nigrothorax, Cuv. Levaill. Ois. par. pl. 28. Parties supérieures brunes; parties inférieures d'un blanc jaunâtre; front et menton d'un beau rouge; sommet de la tête, cou et gorge d'un noir bleuâtre; rectrices noirâtres: leurs bords ainsi que ceux des rémiges jaunes. Longueur, 6 pouces 6 lignes. Du Brésil.

BARBU APLASTRON ROUGE, Levaill, Ois. par., pl. 36. Parties supérieures vertes; parties inférieures d'un jaune verdâtre, parsemé de taches vertes; front et poitrine rouges; aréole de l'œil jaune, à l'exception d'un petit trait noir; bec noir; pieds rougeâtres. Longueur, 4 pouces 9 lignes. De l'Inde. Cette espèce a été donnée par Brisson comme le Barbu des Philippines.

BARBU RAYÉ, Bucco lineatus, Vieill. Parties supérieures d'un vert clair; tête, cou et poitrine d'un gris pâle rayé longitudinalement de brun; abdomen verdâtre; rectrices inférieures bleuâtres; bec jaune; pieds couleur de chair. Longueur, 8 pouces. De Sumatra.

BARBU A TÊTE ET GORGE ROUGES, Bucco cayennensis, L. Buff. pl. enl. 206. Levaill. Ois. par. pl. 23, 24, 25 et 26. Parties supérieures noires, mélangées de jaune; parties inférieures jaunes, tachées de noirâtre; sommet de la tête jaune; front, menton et gorge rouges. La femelle a le dos plus clair et la poitrine entièrement jaune. Il varie un peu selon les âges. Longueur, 6 pouces. De la Guyane.

BARBU A TÈTE BRUNE, Bucco fuscicapillus. Parties supérieures vertes; parties inférieures d'un vert gai; des sus de la tête et cou bruns; plumes de l'occiput bordées de jaune doré; une plaque nue et jaunâtre entourant les yeux; rémiges internes noirâtres; rectrices inférieures bleuâtres. Bec et pieds couleur de corne. Longueur, 11 pouces. De Java. Sept individus absolument semblables, et qui faisaient partie du même envoi, ne permettent pas de croire que cette espèce soit la femelle du Grand Barbu, avec lequel le Barbu à tête brune a cependant de grands rapports.

BARBU SOUCI - COL, Bucco armillaris, Temm. pl. color. p. 89. f. 1. Tout le plumage d'un beau vert, avec les parties inférieures plus pâles; front et collier orangés; sommet de la tête bleu de ciel; un trait noir qui, de chaque côté, à partir des narines, s'étend au-delà des yeux. Bec et pieds noirs. Longueur, 7 pouces 9 lignes. De Java.

BARBU TRISTE, Bucco tristis. Parties supérieures vertes, les inférieures plus pâles; front et sommet de la tête jaunes; une tache de cette même couleur à la base des mandibules; couvertures des narines et menton rouges; sourcils, moustaches et demicollier noirs; ce demi-collier étant encore garni extérieurement de quelques plumes rouges; rémiges internes noirâtres; bec et pieds couleur de corne. Longueur, 9 pouces. De Java. Cette espèce nous a été envoyée sous le nom spécifique, déjà employé, de flavifrons.

BARBU VERT, Bucco viridis, L. Buff. pl. enl. 870. Parties supérieures vertes; parties inférieures d'une teinte plus pâte; tête et cou d'un gris-brun, nuancé de blanchâtre; une tache blanche derrière l'œil; rémiges brunes. Bec blanchâtre. Longueur, 6 pouces 6 lignes. Des Indes. (DR..Z.)

BARBU. POIS. Nom donné comme spécifique à un Achire, à un Cyclop-

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tère, à un Pimélode, à un Squale ainsi qu'à une Ophidie. V. ces mots. (B.)

* BARBU. BOT. PHAN. Variété aristée du froment cultivé. V. BLÉ. (B.)

BARBUE. OIS. Syn. vulgaire de la Mésange Moustache, Parus biarmicus, L. V. MÉSANGE. (DR..Z.)

BARBUE. POIS. Nom donné à divers Poissons aussi désignés par celui de Barbu; mais plus particulièrement à divers Pleuronectes, dont l'un est le Carrelet, V. PLEURONECTE. On l'applique également à une Scorpène et à un Pimélode. V. ces mots. (B.)

BARBULA. BOT. PHAN. Loureiro nomme ainsi un Arbrisseau de la Cochinchine, appartenant à la famille des Labiées. Il lui donne pour caractères: un calice à cinq divisions égales, une corolle tubuleuse à deux lèvres, la supérieure composée de quatre lobes égaux, l'inférieure plus grande, ouverte, recourbée, frangée et barbue, d'où vient le nom du genre; quatre étamines fertiles. Les fleurs, disposées en verticilles axillaires, exhalent une odeur agréable. (A. D. J.)

BARBULA. BOT. CRYPT. (Mousses.) Hedwig avait distingué ce genre des Tortula, parce qu'il lui attribuait des fleurs mâles en tête et placées sur des pieds différens des fleurs femelles; mais la plupart des muscologistes modernes n'adoptant pas ces distinctions fondées sur un système d'organes qui n'est pas généralement admis, ont réuni ce genre au Tortula. Bridel, dans son Methodus Muscorum, p. 87, confond également ces deux genres en un seul, auquel il conserve le nom de Barbula, parce qu'il existe déjà, dit-il, un genre Tortula parmi les Phanérogames; mais le genre Tortula de Willdenow est le même que le genre Priva, tandis qu'il existe un vrai genre Barbula dans Loureiro, ce qui doit faire préférer de réserver au genre de Mousses le nom de Tortula, qui est généralement adopté. Les espèces principales que Hedwig rangeait dans le genre Barbula, sont les Tortula rigida, ruralis, unguiculata, nervosa, fallax et convoluta. V. TORTULA. (AD. B.)

* BARBULE. BOT. PHAN. L'un des syn. d'Anémone dans Dioscoride selon Adanson. (B.)

BARBUS. POIS. L'un des noms vulgaires du Barbeau. V. ce mot. (B.)

BARBUS. Barbati. INS. Nom appliqué par Latreille à une division de la famille ou tribu des Carabiques, comprenant les genres NEBRIE, POGONOPHORE, LORICÈRE et OMOPHRON, les quels offrent pour caractère commun, d'avoir la côte externe des mâchoires dilatée et ciliée à sa base. V. la grande tribu désignée sous ce nom: CARABIQUES, famille des CARNASSIERS. (Règne anim. de Cuv.) (AUD.)

BARBYLUS. BOT. PHAN. Browne décrit sous ce nom un Arbre de la Jamaïque dont les feuilles sont alternes et pinnées, les fleurs disposées en grappes. Leur calice campanulé présente quatre ou cinq divisions; leurs pétales, en même nombre, s'insèrent au bord intérieur du calice, du fond duquel naissent huit ou dix étamines à filets comprimés et à anthères ovoïdes. L'ovaire est libre, le style et le stigmate sont simples; le fruit est une capsule à trois loges dispermes. Jussieu a placé ce genre à la suite des Rhamnées Adanson, qui lui a donné le nom de Barola, le rapportait aux Térébinthacées, près du Ptelæa. (A. D. J.)

BARCA. BOT. PHAN. (L'Ecluse.) Nom malabare d'une variété de Jacquier. V. ce mot. (B.)

BARCAMAN. BOT. PHAN. (L'Ecluse.) Syn. de Turbith dans la presqu'île de Guzarate. (B.)

BARCINO. OIS. (Noseda.) Syn. présumé de l'Aigle couronné femelle, Falco coronatus, L. V. AIGLES. (DR..Z.)

BARCKAUSIE. Barckausia. BOT. PHAN. Mœnch a réuni sous ce nom, comme genre distinct, les espèces de Crepis qui ont l'aigrette stipitée et

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non sessile. Telles sont le Crepis alpina, C. rubra, C. taraxacifolia et quelques autres. Lamarck avait réuni ces espèces au genre Picris. V. CREPIDE et PICRIDE. (A. R.)

BARDANE. Arctium, L. BOT. PHAN. Lappa, Juss. Lamck. Famille naturelle des Carduacées, Syngénésie Polygamie égale, L. Ce genre se distingue des Chardons par son involucre presque globuleux formé d'écailles allongées, étroites, terminées à leur sommet pàr une pointe recourbée en crochet. Son réceptacle est presque plane, garni de soies courtes; tous ses fleurons sont hermaphrodites et fertiles; leur corolle est tubuleuse, peu évasée dans sa partie supérieure; les fruits sont anguleux, couronnés par une aigrette courte, sessile et poilue.

Ce genre renferme un très-petit nombre d'espèces vivaces originaires de l'Europe. La Bardane officinale Arctium Lappa, L. est extrêmement commune dans les lieux incultes et sur les bords des chemins, dans presque toutes les parties du centre et du nord de la France. Sa racine est vivace, noirâtre, rameuse, et employée fréquemment en médecine, principalement dans les maladies chroniques de la peau. Cette Plante est l'une de celles qu'on désigne sous les noms vulgaires de Glouteron ou Grateron. (A.R.)

On a quelquefois appelé Petite Bardane le Xantium strumarium, L. V. LAMPOURDE. (B.)

BARDEAU OU BARDOT. MAM. Métis provenu du Cheval et de l'Anesse. V. CHEVAL. (B.)

BARDEAUT OU BARDEAULT. OIS. L'un des noms vulgaires, en Gascogne, du Bruant jaune, Emberiza Citrinella, L. V. BRUANT. (DR..Z.)

BARDHVALIR. MAM. Syn. norwégien de Cachalot macrocéphale. V. CACHALOT. (B.)

BARDIGLIONE. MIN. (Bournon.) Syn. de Chaux sulfatée enhydre. V. CHAUX SULFATÉE. (A. DEL.)

BARDOT. MAM. V. BARDEAU.

BARDOTTIER. BOT. PHAN. Syn. d'Imbricaria. V. ce mot. (A. R.)

* BARENCOCO ou LITIN - BARENCOCO. BOT. PHAN. (Flacourt.) Sorte de Gomme résine qui ressemble au Sang-Dragon à Madagascar. (B.)

BARERIA. BOT. PHAN. Mêmechose que Barreria. V. ce mot. (B.)

BARETIA. BOT. PHAN. Commerson avait ainsi nommé un genre de la famille des Meliacées, le Quivisia de Jussieu. V. QUIVIS. (A. D. J.)

BARETINO. OIS. Syn. de Geai. Corvus glandarius, L. V. CORBEAU. (DR..Z.)

BARGE. OIS. Limosa, Briss. Limicula, Vieillot. Genre de la seconde famille de l'ordre des Gralles, démembré de celui que Linné appelait Scolopax. Caractères: bec trèslong, mou et flexible dans toute sa longueur, recourbé en haut, déprimé, aplati vers la pointe; les deux mandibules sillonnées latéralement, la supérieure plus longue que l'inférieure, terminée par une dilatation ou sorte de bourrelet interne; narines latérales percées de part en part dans le sillon; pieds longs, grêles, avec un grand espace nu au-dessus du genou; trois doigts devant, celui du milieu réuni à l'extérieur par une membrane qui s'étend jusqu'à la première articulation; un doigt derrière, articulé sur le tarse; ailes médiocres: la première rémige la plus longue.

Les marais et les rives limoneuses forment l'unique habitation des Barges; elles y séjournent aussi longtemps qu'une température trop froide ou trop élevée ne les force pas à chercher un climat plus approprié à leur existence, et c'est le motif pour lequel on les voit, dans beaucoup de pays, effectuer deux passages réguliers fondés sur le retour des saisons. Leur constitution physique commande ces migrations; car leur bec long et membraneux n'est aucunement propre ou à briser les glaces, ou à s'enfoncer sous une croûte desséchée pour aller chercher, dans une

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vase très-molle, les larves, les vers et les petits mollusques qui font la nourriture des Barges, que celles-ci ramassent pour ainsi dire; car l'extrémité de leur bec étant presque toute musculaire, il est très - probable qu'elle est douée d'une sorte de tact. Ces Oiseaux, qu'une timidité naturelle engage à vivre en société, se tiennent, pendant toute la journée, cachés dans les roseaux, d'où ils fuient au moindre bruit. Ce n'est que le matin et vers le soir, qu'au moyen de leurs longues jambes, ils s'enfoncent dans la vase et y cherchent leurs petites proies; ils sont tristes et assez silencieux; la crainte, plus que toute autre sensation, leur arrache des sons glapissans et entrecoupés; ils courent très-vite. Leur vol, assez rapide d'abord, se ralentit bientôt et paraît même assez lourd et difficile: ils tiennent leurs longues pates étendues sous la queue, afin de remplacer celle-ci dont les rémiges sont extrêmement courtes. Dans les contrées où ils pondent, on trouve leur nid dans les hautes herbes riveraines, contenant trois ou quatre œufs assez arrondis.

Baillon a observé que, chez les Barges, les femelles étaient sensiblement plus petites que les mâles. Du reste on s'est assuré que la double mue qui s'opère dans les deux sexes arrive beaucoup plus tard chez les femelles: quelquefois elles sont encore dans la livrée complète de la saison passée, lorsque les mâles en ont totalement changé. En général, les jeunes individus, quoique très-faciles à distinguer, diffèrent peu des vieux dans leur plumage d'hiver.

BARGE ABOYEUSE. V. BARGE ROUSSE.

BARGE BELGE, Scolopax belgica. Gmel. V. BARGE A QUEUE NOIRE.

BARGE BLANCHATRE, Scolopax canescens, Lath. Le bec de cette espèce est assez épais; la tête, le cou et le dos sont variés de cendré et de blanc; la gorge est blanche, la queue rayée de gris, et les pieds sont gris.

BARGE BLANCHE, Recurvirostra alba, L. Bec orangé et noir à l'extrémité; tout le corps blanc, jaunâtre sur les ailes et la queue. De la baie d'Hudson.

BARGE BRUNE, Scolopax fusca, L. V. CHEVALIER ARLEQUIN.

BARGE DE CAMBRIDGE, Scolopax cantabrigiensis, Lat. V. CHEVALIER ARLEQUIN en plumage d'hiver.

BARGE COMMUNE, Scolopax limosa, L. V. BARGE A QUEUE NOIRE.

BARGE ÆGOCÉPHALE, Scolopax œgocephala, L. V. BARGE A QUEUE NOIRE.

BARGE FÉDOA, Scolopax Fedoa, Lath. Edw. pl. 137. Sourcils blancs; une bande brune entre le bec et l'œil; parties supérieures roussâtres, rayées transversalement de noir; gorge blanche; poitrine roussâtre, rayée de noir et de brun; abdomen roux; queue rousse, traversée de noir; pieds noirs. De l'Amérique septentrionale.

BARGE GRIÈNE. V. CHEVALIER ARLEQUIN.

BARGE GRISE, Brisson. V. BARGE VARIÉE, Scolopax glottis, Lath. V. CHEVALIER ABOYEUR.

BARGE GRISE, Buffon. Scolopax Totanus, L. Le petit Chevalier aux pieds verts, Cuvier. V. CHEVALIER STAGNATILE.

BARGE GRISE (GRANDE.) Brisson. Scolopax leucophœa, Lath. V. BARGE ROUSSE.

BARGE MARBRÉE, Scolopax marmorata, Lath. Limicula marmorata, Vieill. Parties supérieures brunes, striées et tachetées de roussâtre; tectrices alaires supérieures brunes, les inférieures plus claires; poitrine blanchâtre, rayée transversalement de noirâtre; milieu du ventre roux. — Elle est présumée n'être qu'une variété de sexe de la Barge Fédoa en plumage d'hiver. De l'Amérique septentrionale.

BARGE DE MEYER, Limicula Meyeri, Vieill. V. BARGE ROUSSE.

BARGE AUX PIEDS ROUGES, Ger. V. CHEVALIER ARLEQUIN.

BARGE A QUEUE NOIRE, Temm. Scolopax limosa, L. Limosa melanura, Leister. Barge commune, Buff. pl. enl. 874. Bec presque droit. Tou-

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tes les parties supérieures brunes avec les baguettes plus foncées; gorge, devant du cou et poitrine d'un gris clair; abdomen, partie supérieure des rémiges et des rectrices blancs, le reste des rectrices noir à l'exception des intermédiaires; bec noir avec la base orangée; pieds bruns. Longueur, 15 pouces et demi. Les jeunes, avant leur première mue, ont les moustaches, la gorge, la base des rectrices et des rémiges, l'abdomen blancs; les plumes du haut de la tête brunes, bordées de roux clair; le cou et la poitrine d'un roux cendré clair; les scapulaires noirâtres, entourées par une bande rousse; les tectrices alaires cendrées, bordées de blanc roussâtre; l'extrémité des rectrices blanche. Nauman en a figuré un, t. 2, f. 11, sous le nom de Totanus rufus. Dans le plumage de noces, la moustache est d'un roux blanchâtre; l'espace entre l'œil et le bec brun; les plumes du sommet de la tête sont noires, bordées de roux; la gorge et le cou d'un roux vif, parsemé de très-petits points bruns; la poitrine et les flancs roux, avec des zig-zags noirs; le haut du dos et les scapulaires noirs, avec chaque plume bordée de roux; les tectrices alaires cendrées; la partie inférieure du dos et la queue noires; le milieu du ventre, la base des rémiges et des rectrices blancs: c'est alors la grande Barge rousse, Buff. pl. enl. 916. Scolopax œgocephala, Gmel. Scolopax belgica, Lath.

BARGE A QUEUE NOIRE ET BLANCHE, Limicula Hudsoniœ, Vieill. Scolopax hudsonica, Lath. V. BARGE FÉDOA.

BARGE ROUSSE, Limosa rufa; Limosa grisea major, Briss. Barge aboyeuse ou à queue rayée, Cuvier. Bec recourbé en haut; sommet de la tête, espace entre l'œil et le bec, joues d'un cendré clair strié longitudinalement de brun foncé; sourcils, gorge, poitrine et parties inférieures d'un blane pur; parties supérieures d'un gris cendré avec la tige des plumes noire; croupion et tectrices caudales inférieures blancs, variés de quelques taches noirâtres; tectrices alaires noirâtres, liserées de blanc; rectrices rayées sur les barbes intérieures de bandes noirâtres et blanches, presque blanches sur les barbes extérieures; bec noir avec la base rougeâtre; iris brun, pieds noirs. Longueur, 13 pouces 4 lignes. Les jeunes ont les plumes de la tête, du dos, et les scapulaires d'un brun foncé, bordés de couleur isabelle, les tectrices alaires entourées de blanc; le cou, la poitrine et les flancs cendrés avec de petits traits bruns longitudinaux; les sourcils, la gorge et le ventre blancs; le croupion et les tectrices caudales inférieures blancs, avec des taches lancéolées noirâtres; la queue rayée de larges zig-zags bruns sur un fond roussâtre et terminé de blanc; la base du bec cendrée. A cet âge, c'est le Scolopax leucophœa, Lath., le Totanus leucophœus, Bechst, et le Totanus glottis, Meyer. Pour le plumage de noces, le sommet de la tête et la nuque sont d'un roux clair, rayé longitudinalement de brun; les sourcils, la gorge, les côtés du cou et toutes les parties inférieures rousses avec quelques traits noirs; les parties supérieures noires, marquées sur les barbes des grandes plumes de taches rousses; les tectrices alaires cendrées, bordées de blanc; le croupion blanc avec quelques grandes taches brunes; les rémiges noires, marbrées intérieurement de blanc; les rectrices rayées de blanc et de brun. Les femelles n'ont point les couleurs aussi vives, et les parties inférieures sont d'un jaune roussâtre. On reconnaît alors la Barge rousse, Buff. pl. enl. 900. Scolopax laponica, L. Limosa rufa, Briss. Limosa rufa et Meyeri, Leisl.

BARGE ROUSSE A QUEUE RAYÉE. V. BARGE ROUSSE.

BARGE ROUSSE DE LA BAIE D'HUDSON. V. BARGE FÉDOA.

GRANDE BARGE ROUSSE. V. BARGE A QUEUE NOIRE.

BARGE VARIÉE. V. CHEVALIER AUX PIEDS VERTS. (DR.. Z.)

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BARGE. POIS. Syn. de Carrelet. V. PLEURONECTE. (B.)

BARGELACH. OIS. Ramasio (Syn. av. 105) signale sous ce nom un Oiseau de Tartarie, qu'il est impossible de reconnaître d'après les pieds de Perroquet et la queue d'Hirondelle qu'il lui attribue. (B.)

BARGIEL. OIS. Syn. de la Mésange bleue, Parus cœruleus, L. en Pologne. V. MÉSANGE. (DR..Z.)

BARHARA. BOT. PHAN. Les habitans de Madagascar nomment ainsi un grand et bel Arbre de leur île, au rapport de Du Petit - Thouars, qui en avait fait son genre Lenidia, placé parmi les Magnoliacées. C'est le Wormia madascariensis de Poiret et de De Candolle, famille des Dilleniacées, figuré tab. 82 des Icon. Select. de Delessert. Commerson, dans ses manuscrits, le nommait Clugnia volupis. (A.D.J.)

BARILLE. BOT. PHAN. Barilla des Espagnols. Syn. de Soude considérée sous les rapports économiques et résultats de l'incinération des Plantes du genre Salsola, ou de ses analogues. V. SOUDE.

On donne, dans l'ancienne Amérique espagnole, le même nom au Batis maritima. V. BATIS. (B.)

BARILLET. MOLL. Nom donné par Geoffroy (Tr. des Coq. des env. de Paris, p. 56 et 58) à deux petites Coquilles terrestres du genre Maillot, Pupa de Lamarck. Il a appelé l'une de ces Coquilles le GRAND BARILLET, et l'autre le PETIT BARILLET; la première est le Pupa Doliolum de Draparnaud; la seconde le Turbo muscorum de Linné, Pupa marginata de Draparnaud. V. HÉLICE et COCHLODONTE. (F.)

BARILLETS. ECHIN. Nom employé par Desbois pour traduire le mot Spatangi imposé par Klein à un genre de la famille des Oursins, que Cuvier, de Lamarck, etc., ont adopté sous le nom de Spatangue. V. ce mot. L'on y a réuni les petits Barillets de Desbois, Spatangoides de Klein. (LAM..X.)

BARIN. BOT. PHAN. V. BALIN.

BARIOSME. BOT. PHAN. Même chose que Baryosma. V. ce mot. (B.)

* BARIS. Baris. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Tétramères, établi par Germar (Travaux manuscrits), et adopté par Dejean (Catal. des Coléopt., p. 98) qui les place entre les Rhines de Latreille et les Calandres de Fabricius. Les espèces qu'il possède s'élèvent à 37. Plusieurs se trouvent en France et aux environs de Paris. Nous ignorons encore les caractères propres à ce nouveau genre. (AUD.)

BARISTUS. OIS. (Brown.) Syn. de Sitelle. V. ce mot. (DR..Z.)

BARITE. OIS. Espèce d'Oiseau placé par Linné dans le genre Mainate, dont Vieillot a fait ensuite un Quisale et Cuvier un Troupiale. V. TROUPIALE. (DR..Z.)

BARIUM. MIN. Métal dont la découverte très-récente est due à Davy. Ce chimiste l'a obtenu de la Baryte par un alliage avec le Mercure, effectué au moyen de la Pile galvanique; il a ensuité distillé cet alliage dans une petite cornue; le Mercure s'est volatilisé et le Barium est resté pur. Ce Métal, dont on assure que l'éclat a de l'analogie avec celui du Plomb, a une telle affinité pour l'Oxygène qu'il passe à l'état de Protoxide ou de Baryte, tout aussitôt qu'il en a le contact; il l'enlève à presque tous les corps qui l'admettent comme principe constituant. C'est assez dire qu'il ne peut exister dans la nature qu'à l'état de combinaison, et jusqu'ici on ne l'a guère trouvé uni qu'avec les Acides sulfurique et carbonique. (DR..Z.)

BARKER. OIS. Syn. anglais du Chevalier aboyeur, Limosa glottis, L. V. CHEVALIER. (DR..Z.)

BARKHAUSIA. BOT. PHAN. Même chose que Barckausie. V. ce mot. (B.)

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BARLEY BIRD. OIS. (Albin.) Syn. du Tarin, Fringilla Spinus, L. V. GROS-BEC. (DR..Z.)

BARM et BARME. POIS. Syn. hollandais et allemand de Barbeau. V. ce mot. (B.)

BARNACLE OU BARNICLE. OIS. Syn. de Bernache, Anas erythropus. V. CANARD. (DR..Z.)

BARNADESIA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Composées, proposé par Mutis et publié par Linné fils dans son supplément. Voici son caractère: involucre imbriqué; réceptacle velu; fleurs nombreuses, toutes hermaphrodites, composées d'une corolle bilabiée, de cinq étamines à filets et anthères réunis; fruit couronné par un grand nombre de rayons velus; arbres ou arbustes épineux; feuilles alternes, simples; fleurs terminales, solitaires ou en grappe. Ce genre a la plus grande affinité avec le Chuquiraga, le Dasyphyllum, le Gochnatia et le Vernonia. Il en diffère principalement par les filets des étamines réunis. L'Amérique méridionale est la patrie des deux espèces connues. (K.)

BARNET. MOLL. Dénomination spécifique donnée par Adanson (Sénégal, p. 146. tab. 10. f. 1) à une espèce assez petite de Coquille marine, dont il a fait le type de son genre Buccin, qui n'est pas celui de Linné, de Bruguière ni de Lamarck. Adanson décrit le Barnet avec tous les détails désirables; ses figures sont passables, et, malgré l'intérêt que les caractères de son Animal devaient offrir aux naturalistes, tous, jusqu'ici, ont négligé cette espèce, et elle n'est mentionnée dans aucun auteur. Bruguière (Encycl. méth. p. 173) renvoie pour ce mot à l'article Buccin oculé dont il ne parle point dans la description de ce genre. Les auteurs des divers Dictionnaires d'histoire naturelle copient Adanson ou renvoient à cet auteur. Aucun ne donne la synonymie et ne la rapporte aux nouvelles classifications reçues. Cette espèce se trouve cependant dans plusieurs collections de la capitale, Adanson l'ayant donnée à beaucoup de naturalistes. Il paraît que la synonymie de Lister (Synops. tab. 929. f. 24) n'est pas exacte, à ne comparer que les deux figures. C'est autour de cette petite Coquille, selon Adanson, que s'établit une espèce de Millepore tuberculeux, à taches brunes sur unfond blanc, dont Lister a donné la fig. tab. 585. Il paraît que ce Millepore s'établit aussi sur le Buccinum macula de Linné. Murray seul nous paraît avoir parlé du Barnet, dans sa Table synonymique, et il le rapporte avec doute au Buccinum lœvigatum, qui n'est pas cette espèce, puisque c'est la Pourpre Biquy d'Adanson. V. BUCCIN. (F.)

BARNFIARD. OIS. (Oviédo.) Syn. que, d'après la description donnée par l'auteur cité, on ne peut appliquer à aucune espèce connue d'Oiseau. (DR..Z.)

BARNICLE. OIS. V. BARNACLE.

BARNOUG. BOT. CRYPT. (Delisle.) Syn. arabe de Lycoperdon pedunculatum, L., V. TULOSTOMA. (B.)

BARNUF. BOT. PHAN. (Forskalh.) Syn. arabe de Conyse odorante. (B.)

BARO. POIS. (Renard.) Espèce indéterminée de Chétodon d'Amboine où l'on mange sa chair après l'avoir fumée. (B.)

BAROLA. BOT. PHAN. Adanson, dans ses familles naturelles, nomme ainsi le Barbylus de Browne, V. ce mot, et il le classe auprès du Ptelæa. (A. D. J.)

BAROLITHE. MIN. Baryte carbonatée. V. BARYTE. (LUC.)

BAROLLEA. BOT. PHAN. Necker a changé en ce nom celui du genre Pekea d'Aublet. V. PEKEA. (A. D. J.)

BAROMETRE. V. ATMOSPHÈRE et MONTAGNES (Mesure de leur hauteur).

On appelle BAROMÈTRE et HYGRO-

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MÈTRE ANIMAL ou VÉGÉTAL, des Animaux ou des Plantes dont quelques habitudes peuvent indiquer l'état et les variations de l'Atmosphère. Les Sangsues, les Tritons et la Rainette verte servent de Baromètre dans les vases où on les renferme, vases où ils s'élèvent ou s'enfoncent selon le beau ou le mauvais temps.

Le Cobitis fossilis, Poisson des fossés bourbeux de l'Europe, nourri dans des bocaux, en agite le fond et en trouble l'eau dès qu'il doit pleuvoir.

L'abbé Dicquemare observa que les Actinies qu'il nommait Anémones de mer, devançaient les indications des Baromètres artificiels. Contractées, elles indiquent la tempête ou l'orage; simplement fermées, le vent la pluie et le brouillard; s'ouvrant et se fermant indifféremment, un temps variable; bien épanouies un beau jour; très-ouvertes et allongées, le beau fixe.

Divers Fucus, particulièrement le loreus, L., et les Laminaires de Lamouroux, s'allongent ou se contractent sensiblement, selon que le temps sera humide ou sec. Une Mousse, qui a mérité le nom d'hygrométrique par excellence, est encore un très-bon Baromètre naturel (Funaria hygrometrica).—Enfin, la Rose de Jéricho, Anastatica hyerochuntica, présente la même propriété dans un ordre de Végétaux plus élevé, et, encore que depuis long-temps desséchée, s'étend d'une manière remarquable quand sa racine est plongée dans un vase plein d'eau. (B.)

BAROMETZ. BOT. CRYPT. (Fougères.) Espèce de Polypode de Linné. V. AGNEAU DE SCYTHIE. (B.)

BAROSELÉNITE. MIN. Syn. de Baryte sulfatée. V. BARYTE. (LUC.)

BAROSMA. BOT. PHAN. V. DIOSMA.

BAROTE. MIN. Vieux nom de la Baryte. (DR..Z.)

BAROTSO. REPT. SAUR. (Barbot.) Syn. de Caméléon en quelques cantons de l'Afrique. (B.)

BAROULOU. BOT. PHAN. Syn. caraïbe d'Héliconie Bihai. V. ce mot. (B.)

BAROUTOUS. OIS. Syn de Tourterelle à Cayenne. (DR..Z.)

BAROUTOUTOBANNA. BOT. PHAN. (Surian.) Syn. caraïbe de Polygala paniculata. V. POLYGALE. (B.)

BARRACOL. POIS. Syn. de Miraillet, espèce de Raie. V. DASYBATE. (B.)

BARRALDEIA. BOT. PHAN. Du Petit-Thouars, auteur de ce genre qu'il rapporte à la famille des Rhamnées, l'a consacré à un médecin botaniste de l'Ile-de-France, Barrault; et, pour mieux indiquer l'origine du nom, Jussieu pense qu'il serait à propos de le changer en celui de Baraultia. Quel que soit celui qu'on adopte définitivement, les caractères sont les suivans: calice urcéolé, quinquefide: cinq pétales très-petits, bifides, onguiculés, insérés dans les intervalles des divisions du calice; dix étamines, dont les filets, élargis à leur base, présentent une insertion périgyne, et dont les cinq opposées aux pétales sont plus allongées; un cercle glanduleux s'élève autour de l'ovaire caché au fond du calice et surmonté d'un seul style plus long que les étamiues. Le fruit n'a pas été observé. C'est un Arbrisseau de Madagascar, dressé, à rameaux opposés et articulés, à feuilles opposées, très-glabres, parsemées de points transparens, légèrement dentées. Les pédoncules axillaires se divisent bientôt en deux, et ces deux divisions en trois, portant chacune une fleur petite et globuleuse. (A. D. J.)

BARRALET. BOT. PHAN. Syn. provençal d'Hyacinthus comosus, L. V. JACINTHE. (B.)

BARRAS. BOT. PHAN. C'est ainsi que l'on nomme le suc résineux qui, après avoir découlé des incisions faites à dessein au Pin maritime, s'est desséché spontanément. (DR..Z.)

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BARRE. MAM. L'un des noms indiens de l'Eléphant. (B.)

BARRE. POIS. Espèce de Silure. V. ce mot. (B.)

BARRE. GÉOL. Amas de sable et de gravier qui forme un bas-fond souvent très-dangereux pour les navigateurs à l'embouchure de certains fleuves; l'accumulation des matériaux que ceux-ci roulent avec eux, est causée par l'action contrariée du courant du fleuve et des eaux de la mer; elle prépare les deltas et l'encombrement des embouchures. (C. F.)

BARRÉ. POIS. Syn. de Silurus fasciatus, Bloch. V. PIMÉLODE. (B.)

BARREAUX. INS. Nom spécifique imposé par Geoffroy (Hist. des Ins. 62) à la Phalène barrée. (AUD.)

BARRELIERE. Barreliera. BOT. PHAN. Acanthacées, Jussieu; Didynamie Angiospermie, L.; un calice à quatre ou cinq divisions inégales, aiguës, accompagné de deux bractées, souvent veinées, quelquefois en forme d'épines; une corolle infundibuliforme, à quatre lobes, dont un assez profondément échancré, de manière à présenter en effet l'apparence de cinq lobes inégaux; quatre étamines, dont deux beaucoup plus courtes; un stigmate bifide ou plus rarement simple; une capsule présentant extérieurement quatre angles et intérieurement deux loges dont chacune contient une ou deux graines: tels sont les caractères de ce genre consacré à Barrelier par le père Plumier dans ses Plantes d'Amérique. Ajoutons-en un autre tiré du mode d'attache des graines, au moyen d'une sorte de petit crochet ou languette solide naissant du bord intérieur de la cloison et soustendant ces graines. Ce caractère, qu'on observe dans quelques genres voisins de la même famille, comme le Ruellia et l'Acanthus, manque dans celui-ci, selon la plupart des auteurs, et s'y retrouve suivant Gaertner (de Fruct. 1. pag. 263. tab. 54). Les espèces de Barleria sont des Plantes herbacées ou frutescentes, décrites, au nombre de quinze environ, dans les auteurs. On peut les diviser d'après l'absence ou la présence d'épines à l'aisselle de leurs feuilles; le B. longiflora. figuré tab. 16. des Symb bot. de Vahl, est un exemple de la première manière d'être. Dans celles où l'on rencontre des épines axillaires, ces épines peuvent être simples, comme dans le B. buxifolia, ou géminées, comme dans le B. Hystrix, ou ternées, comme dans le B. trispinosa, ou quaternées, comme dans le B. Prionitis, ou rameuses, comme dans le B. noctiflora. Le B. cristata, L., où des quatre divisions du calice, deux sont alternativement plus grandes, à dentelures épineuses, et où la capsule comprimée offre des valves naviculaires, a été séparé par Necker, sous le nom générique de Soubeyrania.

La patrie du plus grand nombre de ces espèces est l'Asie, l'Inde principalement. Une se rencontre au cap de Bonne-Espérance, et deux en Amérique. C'est d'après celles-ci même que le genre a été établi, comme on l'a vu plus haut. (A. D. J.)

BARRERIA. BOT. PHAN. Scopoli, et plusieurs auteurs après lui, ont changé en ce nom celui du genre Poraqueiba d'Aublet. V. ce mot. (A.D.J.)

BARRES. MAM. Espace qui, dans la mâchoire du Cheval, est dépourvu de dents entre les canines et les molaires, et sur lequel porte le mors. Les Ruminans et les Rongeurs ont aussi des Barres. (B.)

BARRI. MAM. On désigne sous ce nom le jeune Vérat dans quelques départemens méridionaux. (B.)

BARRICADO. POIS. Poisson des côtes d'Afrique, duquel on dit que la chair est malsaine ou bonne à manger selon qu'il a le palais noir ou de couleur ordinaire. De pareilles indications sont au moins insuffisantes pour reconnaître ce que c'est que le Barricado. (B.)

* BARRINGTONIA. BOT. PHAN. Ce nom a été donné par Forster et par

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Linné fils, et il est conservé par Persoon au genre que, d'après Rumph, Lamarck et Jussieu nomment Butonica, V. ce mot. (B.)

BARRIS. MAM. Grand Singe de Guinée, qu'on croit être, sur ce qu'en disent d'anciens voyageurs, le Mandrill ou le Chimpanzé. V. CYNOCÉPHALE et ORANG. (B.)

BARROS. GÉOL. Qui n'est pas la même chose que Bujaro, prononcé Boucaro; nom par lequel on désigne généralement en Espagne une terre profonde, grasse et fertile, provenue de dépôts de fleuves, mais non de nature particulière. On distingue dans quelques provinces, sous le nom de terre de Barros, des cantons plus féraces et mieux cultivés. V. BUJARO. (B.)

BARRUS. MAM. L'un des noms latins de l'Eléphant, que Desmarest présume avec raison venir de l'indien Barre. V. ce mot. (B.)

BARS OU BARCH. POIS. Syn. allemand de Perche. B.)

BARTALAI. BOT. PHAN. Syn. provençal de Cnicus ferox, L. V. CNICUS. (B.)

BARTAVELLE. OIS. Espèce du genre Perdrix, Perdix Grœca, Briss. V. PERDRIX. (DR..Z.)

* BARTHELIUM. BOT. CRYPT. (Lichens.) Ce genre établi par Achar (Methodus Lichenum, p. 111.) a été réuni depuis par lui au genre Trypethelium. V. ce mot. (AD. B.)

BARTHOLINIE. Bartholinia. BOT. PHAN. Un des genres établis par R. Brown. (Hort. kew. ed. 2.) dans la famille des Orchidées. Ce genre ne contient qu'une seule espèce qui est l'Orchis pectinata de Willdenow, originaire du cap de Bonne-Espérance. V. ORCHIS. (A. R.)

BARTMÆNNCHEN. OIS. Syn. de la Mésange moustache, Parus biarmicus, L., en Allemagne. V. MÉSANGE. (DR..Z.)

BARTMOOS. BOT. CRYPT. (Bridel.) Syn. allemand de BARTRAMIA. V. ce mot. (AD. B.)

* BARTOLINA. BOT. PHAN. Genre formé par Adanson (Fam. Plant. p. 124) dans la section des Jacobées parmi ses Radiaires, voisin des Doronic, et qui est devenu le Tridax de Linné. V. TRIDAX. (B.)

BARTONIA. BOT. PHAN. Ce genre, de la famille des Gentianées, présente un calice quadriparti, une corolle à quatre divisions plus longues, quatre étamines, un ovaire ovoïde oblong, et un stigmate glanduleux quise divise en deux parties décurrentes sur un style court. La capsule, environnée par le calice et la corolle qui persistent, est à une seule loge et à deux valves, le long de la suture desquelles régnent deux placentas épais, où s'attachent des graines nombreuses et petites.—Ce genre, tel que nous le présentons, se trouve décrit sous le nom de Centaurella dans Michaux qui en a observé deux espèces en Caroline: l'une, qu'il appelle Centaurella verna, dans laquelle la tige se divise supérieurement en plusieurs pédoncules, portant chacun une seule fleur, dont les lobes de la corolle sont allongés et le style plus long que l'ovaire; l'autre, le C. paniculata, dont l'inflorescence est telle qu'indique son nom, dont la corolle est à lobes ovales et le style beaucoup plus court que l'ovaire. V. Michaux, Flora Boreali americana, tab. 12. — Persoon, qui appelle ce même genre Centaurium, réserve le nom de Bartonia pour un autre de la même famille et même très-voisin, puisque, si l'on compare ses deux descriptions génériques, on ne trouve de caractère différentiel que l'existence d'un calice à quatre sépales dans son Bartonia, tandis qu'il est d'une seule pièce et quadrifide dans son Centaurium. Il en indique une seule espèce, le Bartonia tenella, originaire de Philadelphie, semblable à l'extérieur au Bufonia tenuifolia. V. BUFFONE. (A.D.J.)

BARTRAMIA. BOT. PHAN. Salisbury (Prodr. stirp. in hort. ad

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Chapel Allerton vigentium), donne ce nom au genre Pentstemon de Mitchel. Ce Pentstemon a été réuni par Linné au Chélone. V. ce mot. (A. D. J.)

BARTRAMIA. BOT. CRYPT. (Mousses.) Ce genre fut fondé par Hedwig qui le dédia à Bartram, botaniste de la Pensylvanie, souvent cité par Dillen. Depuis cette époque, il n'a éprouvé aucune modification; on peut le caractériser ainsi: capsule terminale presque globuleuse; péristome double, l'extérieur formé de seize dents simples, l'intérieur composé d'une membrane plissée et divisée en seize laciniures bifides; sa coiffe est fendue latéralement. On voit que ce caractère ne diffère de celui du genre Bryum que par les dents du péristome interne bifides. Ce genre est cependant un des plus naturels. Sa capsule, presque sphérique, souvent recourbée obliquement, sillonnée longitudinalement à sa maturité dans toutes les espèces, excepté dans le Bartramia arcuata; les feuilles longues et d'un beau vert, nombreuses et insérées tout autour de la tige, leur donnent un port très-caractérisé. Leur capsule globuleuse et sillonnée est donc le principal caractère qui les distingue, au premier aspect, du Bryum. Ce caractère se retrouve dans toutes, excepté dans la Bartramia arcuata dont la capsule est lisse; on doit même remarquer à cet égard que le Mnium tomentosum de Swartz, que Schwægrichen avait réuni à cette espèce, et que Bridel et Hooker en ont distingué sous le nom de Bartramia tomentosa, en diffère surtout par sa capsule sillonnée comme celle des autres espèces du genre.

On distingue dans ce genre deux sections; l'une renferme les espèces à pédicelles très-longs, droits, dépassant de beaucoup la tige; tels sont les Bartramia pomiformis, Œderi, fontana, crispa, ethyphylla, etc. L'autre comprend les espèces dont les pédicelles sont plus courts que la tige et recourbés latéralement; telles sont, parmi les espèces européennes, les Bartramia Halleria et arcuata.

Les espèces de ce genre, au nombre environ de 25 à 30, paraissent assez également répandues sur toute la surface de la terre: on les observe en Europe, dans l'Amérique septentrionale et équinoxiale, jusqu'au détroit de Magellan, au cap de Bonne-Espérance et à la Nouvelle-Hollande. Elles croissent généralement sur la terre ou les rochers humides, et entre les racines des Arbres. Bory de Saint-Vincent en a rapporté une belle espèce de Mascareigne, Bartramia gigantea. Elle croît dans les vieux cratères dont abondent les hautes régions de cette île. (AD. B.)

BARTRAVELLE. OIS. Syn. de Tetrao rufus, L. selon Dumont. V. TETRAS. (DR..Z.)

BARTSIE. Bartsia. BOT. PHAN. Ce genre est placé dans la famille naturelle des Pédiculaires ou Rhinanthacées, et dans la Didynamie Angiospermie, L. Composé d'un petit nombre d'espèces herbacées à feuilles alternes, à fleurs axillaires et disposées en épis, il se distingue par les caractères suivans: son calice est tubuleux, à cinq dents profondes et un peu inégales; la corolle est tubuleuse et bilabiée, la lèvre supérieure est convexe et presque carênée, entière; l'inférieure est trilobée; les quatre étàmines sont didynames et incluses; le style est saillant et terminé par un stigmate bilobé; la capsule, recouverte par le calice, est un peu comprimée, à deux loges.

Ce genre est bien voisin des Pédiculaires et des Castileia; ses espèces pourraient, sans nul inconvénient, être réparties dans ces deux genres. On en trouve en France cinq, savoir: Bartsia viscosa, alpina, spicata, Trixago, et versicolor. (A. R.)

BARTUMBER. POIS. Syn. allemand de l'Umbre. V. PERSÈGUE. (B.)

* BART-VOGEL. OIS. Syn. allemand de Barbu, Bucco. V. BARBU.

BARU OU DAUN - BARU. BOT. PHAN. Noms malais de l'Hibiscus tiliaceus, L. V. KETMIE. (B.)

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BARUCE. BOT. PHAN. (L'Écluse.) Fruit du Hura crepitans, L. V. SABLIER. (B.)

BARU-LAUT. BOT. PHAN. Syn. malais d'Hibiscus populneus, L. V. KETMIE. (B.)

BARUTIN. BOT. PHAN. Nom qu'on donne en Syrie à une espèce ou variété indéterminée de Mûrier. (B.)

* BARUTOU. BOT. PHAN. Syn. de Juniperus sabina dans Dioscoride, suivant Adanson. (B.)

* BAR-VARO. BOT. PHAN. Syn. madecasse d'Hibiscus tiliaceus V. KETMIE. (B.)

BARVASCO. BOT. PHAN. Syn. de Jacquinia armillaris, L. dans les Antilles. V. JACQUINIE. (B.)

BARYLL. POISS. (Aldrovande.) L'un des noms du Barbeau en Angleterre. (B.)

BARYOSMA. BOT. PHAN. Le fruit nommé ainsi par Gaertner (Fruct. T. II. p. 73, t. 93), à cause de l'odeur forte de sa graine, appartient au Coumarou de la Guyane, Coumarouna d'Aublet. V. ce mot. C'est cel ui qu'on nomme vulgairement Fève de Tonka, et quelquefois mal à propos Fève de Tonkin. (A. D. J.)

BARYPHONUS. OIS. (Vieillot.) Syn. de Momot. V. ce mot. (DR.. Z.)

BARYTE. MIN. Oxyde de Barium des chimistes. L'une des anciennes terres que la chimie moderne considère comme des Oxydes métalliques. D'après sa capacité de saturation, Berzélius a trouvé qu'elle devait contenir 10,45 sur 100 d'Oxygène, et 89, 55 de Barium. Elle est la base d'un genre minéralogique composé de deux espèces, la Baryte carbonatée et la Baryte sulfatée.

BARYTR CARBONATÉE, Witherit, W. Substance découverte à Anglesarck, dans le Lancashire en Angleterre, par le docteur Withering, d'où lui est venu le nom de Witherit, sous lequel elle est connue dans la minéralogie allemande. Elle a pour forme primitive un rhomboïde légèrement obtus, dans lequel l'incidence de deux faces voisines vers un même sommet est de 91 deg. 54 minutes. La structure de ce rhomboïde, ainsi que celle de la Strontiane carbonatée et du Quartz, se trouve dans un cas particulier, en ce qu'elle conduit à une molécule intégrante d'une forme différente, qui est le tétraèdre. Si l'on suppose le rhomboïde primitif divisé par des plans qui, en partant des sommets, passent par les milieux des bords inférieurs, ces sections le transformeront en un dodécaèdre composé de deux pyramides droites, appliquées base à base. Ce dodécaèdre étant divisé à son tour par des plans qui, en partant des sommets, passent par les arètes qui leur sont contiguës, se résoudra en six tétraèdres qui représenteront les molécules intégrantes. Tel est le mode de sous-division du rhomboïde primitif de la Baryte carbonatée. Ce Minéral est formé, suivant Berzélius, de 22,34 d'acide carbonique, et de 77,66 de Baryte. Pesanteur spécifique 4,3. Il raye la Chaux carbonatée, et non la Chaux fluatée. Sa poussière, mise sur des charbons allumés, devient phosphorescente. Il se dissout avec effervescence dans l'acide nitrique, pourvu que cet acide ne soit pas trop concentré; et fond très-aisément au chalumeau, en se convertissant en un verre transparent qui, par le refroidissement, prend l'aspect d'un émail blanc.

Les Cristaux réguliers de Baryte carbonatée sont extrêmement rares; ils présentent la forme d'un prisme hexaèdre, terminé par une ou plusieurs rangées de facettes disposées en anneau. Les variétés indéterminables sont la laminaire, composée de lames allongées et divergentes; l'aciculaire radiée; la subfibreuse, qui laisse apercevoir une tendance à la texture fibreuse, et la compacte. — La Baryte carbonatée d'Angleterre appartient à la formation des terrains secondaires; elle est située dans un filon de Plomb sulfuré, qui traverse des couches de Charbon de terre, et de Grès des houillères. Le même Minéral

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a été retrouvé dans des couches de Fer oxydé aux environs de Neuberg dans la Haute-Styrie. La Baryte carbonatée, quoique sans saveur, agit comme poison sur l'économie animale: aussi a-t-elle été employée en Angleterre pour faire périr les Rats, et de-là vient le nom de Pierre aux Rats qu'on lui a donné dans ce pays.

BARYTESULFATÉE, Schwerspath, W. vulgairement Spath pesant. Ainsi nommée à cause de sa grande pesanteur spécifique. Cette espèce est caractérisée par sa forme primitive, qui est un prisme droit, rhomboïdal, dont les angles sont de 101 deg. 32 min. et 78 deg. 28 min., c'est-à-dire que sa base est semblable aux faces du rhomboïde de la Chaux carbonatée. Le côté de cette base est à la hauteur du prisme, à peu près comme 45 est à 46, d'où il résulte que les pans sont presque des carrés. Le prisme se sousdivise parallèlement aux plans qui passent par les diagonales des bases, en sorte que la molécule intégrante est un prisme droit, à base triangulaire rectangle. Pesanteur spécifique, 4, 3; réfraction, double. La Baryte sulfatée raie la Chaux carbonatée; elle est plus tendre que la Chaux fluatée. Exposée à l'action du chalumeau, elle décrépite avec violence; s'arrondit vers les bords, ou fond avec une difficulté extrême. Mise sur la langue après le refroidissement, elle y produit un goût semblable à celui des œufs gâtés. Son analyse a donné à Berthier (Journal des Mines, no 124) 66 parties sur 100 de Baryte, et 34 d'acide sulfurique. — La Baryte sulfatée est, après la Chaux carbonatée, l'espèce la plus féconde en cristaux déterminables. Haüy en a décrit près de quatre-vingts. Parmi toutes ces formes régulières, nous citerons quelques-unes des plus simples et des plus communes: 1° la Baryte sulfatée primitive, en prisme rhomboïdal ordinairement très - court, que l'on trouve à Schemnitz en Hongrie, et à Kapnick en Transylvanie; 2° la variété unitaire, ainsi nommée parce qu'elle résulte d'un décroissement par une rangée sur les angles aigus des bases de la forme primitive: sa forme peut être considérée comme un assemblage de deux coins réunis base à base; 3° la variété dodécaèdre, produite par deux décroissemens qui ont lieu simultanément, l'un par une rangée sur les angles aigus, et l'autre par deux rangées sur les angles obtus des bases du prisme primitif. Les Cristaux de cette variété, que l'on trouve à Coude, département du Puy-de-Dôme, ont leurs sommets recouverts d'une couche jaunâtre de la même substance, dont la structure est la même que celle de la matière du Cristal, comme si le tout avait été produit d'un seul jet. Le plus grand nombre des Cristaux de Baryte présentent ces formes aplaties que les Allemands désignent par la dénomination de Cristaux en tables: ils sont assez généralement d'un volume sensible. Les plus beaux viennent des comtés de Cumberland et de Durham en Angleterre. On en a trouvé au Derbyshire qui étarent sans couleur; mais le plus ordinairement ils ont une teinte de jaunâtre, surtout ceux de l'Auvergne: quelques-uns sont d'un rouge de chair ou d'un bleu tendre, comme ceux que l'on a découverts à Riechelsdorf en Westphalie, et à Offenbanya en Transylvanie. Les cristaux du Palatinat sont souvent pénétrés de Mercure sulfuré, qui leur communique une teinte de rouge de rubis.

Les variétés de formes indéterminables composent la série suivante: 1° la Baryte sulfatée crêtée, vulgairement Spath pesant en crêtes de coq. Cette variété dérive d'un des Cristaux en tables, dont les bords et les angles ont subi des arrondissemens. 2°. La Baryte sulfatée laminaire ou lamellaire. 3°. La bacillaire, c'est-à-dire en baguettes (Strangenspath, Wern.) ou le Spath pesant en barres, que l'on trouve aux environs de Freyberg. 4°. La globuleuse-radiée ou la Pierre de Bologne, dont on s'est servi de préférence pour la préparation du phosphore dit de Bologne. Pour obtenir ce phosphore, on calcinait forte-

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ment la Pierre, puis on agglutinait sa poussière à l'aide d'une dissolution gommeuse, et on en formait des espèces de gâteaux que l'on présentait à la lumière pendant quelques secondes; en les portant ensuite dans l'obscurité, on les voyait luire comme des charbons allumés. 5°. La Baryte sulfatée concrétionnée, dont une modification a reçu le nom de Pierre de tripes, parce que sa forme imite à peu pres celle des intestins. 6°. La concrétionnée fibreuse, que l'on trouve à Chaud - Fontaine près de Liège. 7°. Enfin, la variété compacte, qui est quelquefois noirâtre et bituminifère. Il existe à Konsberg en Norwège des masses laminaires de Baryte sulfatée qui rendent une odeur fétide par le frottement: elles accompagnent l'Argent natif.

La Baryte sulfatée se rencontre quelquefois dans les terrains anciens: témoin le Granite de Wittichen qui sert de gangue à la Chaux arséniatée, et qui renferme de la Baryte sulfatée d'un rouge de chair; mais plus ordinairement ce Minéral forme des filons qui traversent les terrains primitifs et secondaires, comme en Auvergne, ou bien accompagne les filons de matières métalliques, en particulier ceux d'Antimoine sulfuré en Hongrie, de Plomb sulfuré à Pesey, d'Argent natif à Konsberg, et de Mercure sulfuré dans le Palatinat. — La Baryte sulfatée n'est, parmi nous, d'aucun usage dans les arts. Les Chinois, dit-on, l'emploient dans la composition de leur Porcelaine. (G. DEL.)

BARYTILE. MIN. (Lamétherie.) V. BARYTE SULFATÉE.

BARYTO-CALCITE. MIN. (Kirwan.) Variété de Baryte carbonatée. V. BARYTE. (Schumacher.) Variété de Strontiane carbonatée. V. ce mot. (G. DEL.)

BARYXYLUM. BOT. PHAN. Loureiro a établi ce genre d'après un grand Arbre qui croît sur les revers septentrionaux des montagnes de la Cochinchine. Il appartient aux Légumineuses, dont la corolle est régulière, la gousse uniloculaire, et dont les dix étamines sont distinctes. Sa tige est dépourvue d'épines, son bois dur et pesant, d'où lui vient son nom; ses feuilles sont composées de quelques paires de folioles petites, oblongues, entières et glabres; ses fleurs jaunes, disposées en grappes lâches, terminales. Elles présentent un calice à cinq divisions égales; cinq pétales arrondis, presque égaux, à peine onguiculés; dix étamines inégales, à anthères oblongues; un style; un stigmate allongé et concave; un légume long, épais, contenant plusieurs graines, huit environ. Loureiro soupconne que cet Arbre est le Metrosideros amboinensis figuré dans Rumph, tom. 3, tabl. 10. Il paraît se rapprocher des espèces à tige inerme de Cœsalpinia. V. ce mot. (A. D. J.)

BASAAL OU BASAL. BOT. PHAN. Rhéede a figuré sous ce nom commun, dans son Hortus malabaricus (T. V, tab. 11 et 12), deux Arbustes de l'Inde, toujours verts, ayant leurs fleurs odorantes, disposées en grappes latérales, un calice à cinq divisions, cinq divisions profondes à la corolle, cinq étamines, un seul style central auquel succède une petite baie pisiforme, monosperme. Lamarck, dans l'Encyclopédie par ordre de matières, a formé sous le même nom un genre de ces Arbrisseaux imparfaitement connus; mais Jussieu pense que l'un d'eux pourrait bien n'être qu'une Ardisie, et l'autre une Thymélée. V. ces mots. Adanson avait formé le même genre sous le nom indien de Pattara. (B.)

BASAALE - MARAVARA. BOT. PHAN. (Rhéede.) Syn. malabare de Malaxis Rhedii, Willd. V. MALAXIDE. (B.)

BASAL. BOT. PHAN. V. BASAAL.

BASALTE. GÉOL. Sous ce nom employé par Pline pour désigner une Pierre noire très-dure que les anciens Egyptiens tiraient de l'Ethiopie pour en faire des vases, des statues, et construire des monumens impérissables,

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on a long-temps confondu toutes les masses minérales, homogènes en apparence, noires ou d'un brun foncé, difficiles à casser, et qui présentent dans leur structure, en grand, une division colomnaire prismatique. Comme parmi les Pierres auxquelles ces caractères peuvent convenir, les unes se lient par des passages insensibles, soit dans leur composition géologique, aux Roches le plus généralement regardées comme primitives, telles que le Granit, les Schistes, et que les autres se rapprochent d'une manière peut-être encore moins contestable des produits volcaniques les plus récens; de longues discussions ont existé entre les géologues de divers pays, et notamment entre ceux de l'Allemagne et ceux de l'Italie, sur l'origine des Roches qu'ils appelaient Basaltes. Les belles recherches de Cordier sur la composition des Basaltes, comparée à celle des Roches évidemment volcaniques, ont jeté un grand jour sur cette matière, et de nombreuses observations paraissent aujourd'hui décider la question en faveur de l'origine ignée, non-seulement des Basaltes, mais de plusieurs des Roches auxquelles ils se lient, et que, jusqu'à ces derniers temps, on rangeait dans les substances primitives.

On s'accorde donc presque généralement aujourd'hui pour appeler Basaltes les masses minérales qui ont pour base le Pyroxène et le Feldspath intimement unis, dont la couleur est d'un brun ou d'un bleu d'ardoise plus ou moins foncé, qui sont dures à casser, qui constituent à elles seules des monts arrondis, ou qui couronnent des montagnes d'une nature tout-à-fait différente de la leur, ou qui enfin se divisent en colonnes prismatiques.

Quoiqu'homogène en apparence, le Basalte, examiné au microscope, laisse voir dans sa composition des cristaux de substances différentes que l'on reconnaît pour être du Pyroène, de l'Amphibole, du Péridot-olivine, du Feldspath, du Fer titané. Laleur foncée du Basalte passe au gris, au verdâtre, au rouge; sa cassure est terreuse; presque toujours il agit sur l'aiguille aimantée, et en fondant (ce qui arrive facilement avec le chalumeau), il donne un émail noir. Sa pesanteur spécifique, lorsqu'il est compacte, est trois fois plus grande que celle de l'eau. Soumises à l'analyse chimique, les différentes variétés de cette Pierre ont donné des résultats qui ne s'éloignent pas beaucoup de celui que nous allons rapporter d'après Bergmann.

Silice 50; Alumine 15; Chaux 8; Magnésie 2; Oxyde de Fer 25. Total 100.

Le Basalte n'est pas toujours compacte; il offre quelquefois, dans l'intérieur des masses qu'il forme, des vacuoles vides ou remplis par des substances minérales étrangères, telles que l'Aragonite, la Calcédoine, la Stéatite, la Chaux carbonatée, les Zéolites, le Fer carbonaté, le Soufre, et même l'Eau; quelquefois aussi des cristaux très-visibles de Feldspath lui donnent une apparence porphyritique.

Le Basalte se rencontre dans la nature en masses puissantes, qui, comme nous l'avons dit, constituent des montagnes, des plateaux et des pays très-étendus; ces masses ont le plus souvent l'apparence de couches continues ou interrompues, et souvent elles sont de véritables coulées comparables en tout à celles des laves des volcans actuellement en activité. Les Basaltes se divisent généralement en prismes dont le nombre des pans varie de trois à six, et rarement à neuf; les plus fréquens sont à cinq. Ces prismes, qui diffèrent beaucoup entre eux par leur grosseur et leur longueur, ont quelquefois jusqu'à 20 mètres de hauteur. Dans une même montagne isolée, ils peuvent avoir des inclinaisons très - opposées; ils sont verticaux ou horizontaux; souvent ils divergent en partant d'un point, ou bien ils sont courbés (Rocher de Murat). L'aspect des colonnes basaltiques et des faisceaux entrelacés

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qu'elles présentent, est aussi remarquable qu'il est difficile d'expliquer leur formation. On ne peut les regarder comme un effet de la cristallisation, et le retrait produit par un refroidissement prompt ne semble pas non plus être la cause unique de ces formes régulières; car beaucoup de coulées volcaniques ne sont point ainsi divisées, et, d'une autre part, des substances minérales d'une toute autre nature, telles que le Grunstein, le Porphyre (Kreutznach), le Gypse à ossemens (Mont-Martre), offrent aussi la division colomnaire prismatique. Les prismes d'une grande longueur sont presque toujours formés de tronçons placés bout à bout et comme articulés; la face que l'on peut regarder comme l'inférieure de chacun de ces tronçons, s'emboîte dans la face légèrement concave et supérieure de celui qui est contigu; les arètes des pans du prisme se prolongent en pointes qui découpent le bord de chaque tronçon. On remarque que, dans un faisceau de prismes, les articulations sont au même niveau; c'est à cette dernière disposition que sont dues ces grandes mosaïques naturelles sur lesquelles on marche lorsque l'on est au-dessus d'une masse basaltique, et que l'on connaît dans plusieurs localités sous les noms de pavés et de chaussées des géans.

Presque toutes les contrées connues du globe ont offert aux observateurs des Basaltes qui leur ont présenté en grand les mêmes caractères de structure. En Ecosse, en Irlande, en Allemagne, en Italie, en France, en Amérique, à Ténériffe, à l'île de Mascareigne, on les rencontre au milieu des terrains et des produits évidemment volcaniques. La côte septentrionale d'Irlande est depuis longtemps célèbre par la beauté et la dimension des prismes basaltiques que l'on y rencontre. Ils ont quelquefois jusqu'à 40 pieds de haut, et leur réunion forme au cap de Fairhead un promontoire qui s'avance beaucoup dans la mer, au-dessus de laquelle il est élevé de plus de 300 mètres. C'est dans cet endroit que l'on aperçoit, sur une assez grande étendue, le plan des prismes basaltiques coupés à une même hauteur, et représentant une chaussée de pavés hexagones que l'on désigne sous le nom de chaussée des géans. La grotte de Fingal dans l'île de Staffa, à l'ouest de l'Ecosse, n'est pas moins célèbre; les murs de cette grotte, dans laquelle l'eau de la mer pénètre à plus de 46 mètres de profondeur, sont formés de prismes réguliers, perpendiculaires, dont la hauteur est de 19 mètres, et qui soutiennent une voûte composée de petits prismes couchés dans toutes sortes de directions. Dans le Vicentin, dans le Vivarais, en Auvergne, on rencontre des dispositions basaltiques non moins remarquables, et qui toutes s'accordent entre elles. Bory de St.-Vincent, dans son Voyage aux quatre îles de la mer d'Afrique, nous a fait connaître à ce sujet un grand nombre de faits très-intéressans pour le géologue, par les rapports qu'ils établissent entre des localités très-éloignées les unes des autres, comme entre les phénomènes volcaniques actuels et ceux que nous présentent les Basaltes d'origine douteuse.

D'après tout ce que nous avons dit jusqu'a présent sur les Basaltes, il est évident que nous les regardons comme des produits du feu, qui, à une époque plus ou moins reculée, ont été répandus sur des terrains d'une origine plus ou moins différente de la leur, ou vomis par les bouches de volcans dont les uns existent encore quoiqu'éteints, et dont les autres ont entièrement disparu. Les irruptions dont les Basaltes sont les produits ontelles été faites à l'air ou sous les eaux? C'est une question que nous traiterons plus en son lieu aux articles Géologie, Terrains basaltiques et Terrains volcaniques.

Nous dirons encore que les Basaltes se rencontrent en filons qui suivent une même direction sur une grande étendue, et qui donnent lieu,

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lorsque les substances au milieu desquelles ils se trouvaient viennent à se décomposer avant eux, à ce que l'on appelle Dikes en Angleterre et en Ecosse. Ces filons paraissent, dans beaucoup de cas, avoir été remplis du bas en haut.

Quoique le Basalte, très-compacte et très-dur, ne se décompose pas à l'air, ou au moins ne se décompose que très difficilement, cependant plusieurs variétés de cette roche subissent des altérations par l'influence de l'atmosphère; elles passent quelquefois à l'état d'une terre grasse argileuse qui est trèspropre à la végétation; d'autres fois les couches extérieures de la roche se laissent diviser par le choc en une multitude de grains grisâtres dont la grosseur varie depuis celle d'un pois jusqu'à celle de la tête et plus. Les boules basaltiques, qui paraissent comme composées de feuillets concentriques, semblent être, ainsi que les Basaltes en tables, un produit de la décomposition.

On a cité des Fossiles ayant appartenu à des corps organisés qui se seraient trouvés dans des Basaltes; mais ces faits n'ont pas été constatés, ou sont controuvés. Ce qui est certain, c'est que, dans beaucoup de cas, de vrais Basaltes reposent sur des cailloux roulés, sur des couches de sédiment qui renferment des Coquilles marines, et sur des dépôts de Lignite. Les circonstances de cette dernière position, loin d'être favorables à l'opinion des neptuniens allemands, semblent même plus qu'aucun autre fait prouver en faveur de l'état igné du Basalte lors de son dépôt sur le Lignite; nous avons vu au Meisner le point de contact de ces deux substances: immédiatement sous le Basalte, on aperçoit un petit lit d'Argile durcie et colorée en rouge, puis un charbon à l'état de Coke et privé de toute matière bitumineuse, ensuite l'Anthracite bacillaire, audessous le Lignite à l'état de charbon de terre et comme imprégné de tout le bitume provenant de la distillation de celui des couches supérieures, et qui, ne pouvant s'évaporer, s'est infiltré; enfin, à mesure que l'on s'éloigne du Basalte, le Lignite paraît moins altéré, et, dans les couches inférieures, il a tout l'aspect du bois avec une couleur seulement brune. On connaît beaucoup d'autres localités où le Basalte, en couches ou en filons, a produit, sur les roches avec lesquelles il s'est trouvé en contact immédiat, des altérations analogues à celles que le feu aurait produites.

Le Basalte, à cause de sa dureté et du poli qu'il reçoit, peut être employé dans les arts. Si la Pierre noire que les Egyptiens employaient, est plutôt un Granite à grain fin qu'un véritable produit du feu, il est certain que les roches dont nous venons de faire l'histoire peuvent être employées aux mêmes usages qu'elle, puisque les monumens égyptiens, transportés à Rome, ont été restaurés par les artistes italiens avec les produits volcaniques de leur pays. C'est même à cause de cette ressemblance entre les deux substances que le nom de Basalte, employé par Pline, comme nous l'avons dit, pour désigner la Roche éthiopienne, a été appliqué aux produits des volcans. On fait avec les Basaltes d'Europe des pilons, des mortiers, des enclumes pour les batteurs d'or, etc.

C'est au Basalte d'Italie, employé pour réparer les monumens antiques, que l'on donne, dans le pays, le nom de Basalte Pidocchioso. V. TERRAINS VOLCANIQUES et VOLCANS. (C. P.)

BASALTINE. MIN. Amphibole et Pyroxène auxquels Kirwan, qui a confondu les deux espèces à l'état de cristaux noirs, a donné ce nom. (C. P.)

BASALTIQUE ET BASALTIQUES. GÉOL. V. ROCHE BASALTIQUE et TERRAINS BASALTIQUES. (C. P.)

BASANITE. GÉOL. Ce nom a été employé quelquefois par Pline pour désigner une substance minérale qu'il dit servir de Pierre de touche et être employée pour faire des mortiers. Quelques minéralogistes ont voulu reconnaître sur cette légère indication,

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soit notre Pierre de touche ordinaire, soit la même roche que le Basalte antique, tandis que d'autres ont pensé que c'était un marbre. Sans vouloir lever l'incertitude qui règne à cet égard, Brongniart a proposé, dans sa Classification minéralogique des Roches, de donner le nom de Basanite aux masses minérales mélangées qui ont pour base le Basalte considéré comme substance simple.

Il considère alors comme Basanite les Roches à base de Pyroxène et de Feldspath compacte, qui renferment essentiellement des cristaux de Pyroxène, apparens et comme parties accessoires des cristaux d'Amphibole, d'Olivine et du Fer titané. Le Mica, les Feldspaths compacte et vitreux, l'Hyacinthe s'y rencontrent aussi disséminés, et paraissent avoir une origine contemporaine avec la pâte, tandis que la Lithomarge, la Stéatite, la Mésotype, la Chaux carbonatée, la Calcédoine, etc., ont rempli, après coup et par infiltration, des cavités préexistantes. Le Basanite passe au Mimose ou Dolérite. Quoiqu'il ressemble beaucoup dans certains cas, au premier aspect, au Grunstein des Allemands, il s'en distingue par sa composition, celui-ci ayant pour base l'Amphibole et non le Pyroxène.

V., pour l'histoire du Basanite qui est le Basalte mélangé, ce que nous avons dit à ce dernier mot. (C. P.)

BASAR. BOT. PHAN. Désignation commune des Plantes bulbeuses chez les Arabes. (B.)

BASCARAGUAN. OIS. Espèce de Troglodyte, imparfaitement décrite dans l'Histoire des Oiseaux du Paraguay par Azara. V. SYLVIE. (DR..Z.)

BASCONETTE. OIS. V. BASCOUETTE.

BASCOUETTE. OIS. Et non Basconette. Syn. vulgaire de la Mésange à longue queue, Parus caudatus, L. V. MÉSANGE. (DR..Z.)

BASE. POIS. Syn. anglais de Sargue. V. SPARE. (B.)

* BASE. Basis. MOLL. Il a été nécessaire, pour décrire les diverses Coquilles, d'adopter des noms auxquels on donnait une définition positive, pour désigner leurs différentes parties comparées dans des espèces de même genre ou d'un genre à un autre. Mais ce qui est arrivé dans toutes les sciences, a eu lieu aussi pour la conchyliologie, c'est-à-dire que la confusion s'est établie dans la langue scientifique. Des naturalistes, après avoir fixé le sens d'une acception, l'ont étendue d'ure autre manière; d'autres ont appliqué les noms reçus et consacrés à des parties qui étaient opposées à celles qu'on avait eues d'abord en vue. Le mot qui nous occupe est un exemple de ces réflexions, et nous allons le montrer en considérant la base des Coquilles dans les Univalves et les Bivalves. Il faut d'abord observer que Linné et tous ses disciples ont adopté une position fixe pour les Coquilles univalves, d'où découlaient toutes les dénominations de sommet, de base, de côté droit et de côté gauche, etc. Cette position, c'est celle de la Coquille placée sur son axe perpendiculaire, la bouche en bas, tournée vers l'observateur, et le sommet ou pointe de la spire en haut; d'où Linné a considéré, comme étant la base de la Coquille, la portion du dernier tour de la spire, qui avoisine son ouverture, et qui, dans la portion de la Coquille que nous venons d'indiquer, repose sur le plan horizontal sur lequel on la place. Dans les Cônes et les Volutes, la base se trouve ainsi, selon Linné, le point où les deux côté; de l'ouverture se réunissent. Linné a distingué les Coquilles dont la base est échancrée, emarginata, de celles qui l'ont entière, integra. Blainville a entendu la base d'une autre manière que Linné; pour lui, la base d'une Coquille est toute cette partie qui appuie plus ou moins obliquement sur le dos de l'Animal. Aussi, pour ce savant, sa direction est ordinairement celle de l'ouverture. Bruguière définit ainsi la base: la partie la plus saillante de la Coquille, qui est opposée à la

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spire. Il admet les différences principales suivantes: échancrée, basis emarginata, lorsqu'elle est accompagnée d'une échancrure qui est visible, même par le dos de la Coquille, comme dans la Volute. — Simple ou entière, basis simplex aut integra, lorsqu'elle n'a ni tube ni échancrure, comme dans les Natices, etc. — Tubuleuse, tubulosa seu caudata, lorsqu'elle est formée par un tube plus ou moins saillant, comme dans les Murex. — Versante, effusa, lorsqu'elle est terminée par une tubulure droite, trèscourte, non échancrée et peu saillante, comme dans les Porcelaines et les Cônes. Nous renvoyons au mot COQUILLE, où nous expliquerons au paragraphe axe, d'une manière générale, ce qu'on doit entendre par le mot BASE chez les Univalves et les Bivalves. Nous prenons ce mot, pour les premières, dans l'acception de Linné et de Bruguière, mais en définissant la Base d'une manière plus rigoureuse, toute la partie de la Coquille, qui repose sur un plan parallèle à celui dans lequel se trouve l'extrémité de l'axe opposée au sommet. — Dans les Coquilles bivalves, chaque valve isolée rentre dans ce principe général; mais, en considérant les deux valves comme formant une seule Coquille, Linné a cru pouvoir considérer comme sa base, latus inferius seu margo inferior, les sommets même des valves, et c'est la position qu'il a adoptée pour la description des Bivalves, position admise par Bruguière et Lamarck. Blainville prend pour position la situation contraire. Il pose la Coquille sur les bords des battans opposés aux sommets. A le bien prendre, le mot BASE ne doit point s'appliquer aux Bivalves. V. COTÉ. (F.)

BASELLE. Basella. BOT. PHAN. Genre de la famille des Atriplicées, et qui a pour caractères: un calice urcéolé, à sept divisions, dont deux extérieures plus larges; cinq étamines; un ovaire surmonté de trois styles, auxquels sont adnés autant de stigmates; le calice persiste et forme une enveloppe charnue autour du fruit. Il comprend quatre ou cinq espèces dont la plus généralement connue est la Basella rubra, L. Ses fleurs sont disposées en épis axillaires, et sa tige grimpe en spirale de droite à gauche. Rumph, sous le nom de Gandola, en décrit deux dont l'une est figurée dans son ouvrage sur Amboine (T. V, tab. 154), île dont ces Plantes sont originaires. Deux autres croissent dans l'Inde. V. Lamk. Ill. tab. 215. Les Baselles sont des Plantes charnues dont on peut se nourrir en préparant leurs feuilles à la manière des Epinards. V. BRÉDES. (A. D. J.)

BASES. MIN. Nom imposé à toute substance susceptible de devenir l'élément principal et distinctif d'un composé. Ainsi l'on appelle bases acidifiables les corps qui, en s'unissant à l'un ou l'autre principe acidifiant, donnent naissance à une combinaison qui jouisse de toutes les propriétés caractéristiques des acides; bases salifiables les corps qui, en se combinant aux acides, produisent des sels; bases métalliques les corps qui présentent toutes les propriétés des Métaux, etc. (DR..Z.)

BAS-FOND. GÉOL. Lieux où la mer a peu de profondeur, communément syn. de Banc de Sable. On rencontre les Bas-Fonds aux attérissemens des côtes adoucies auxquelles ils semblent destinés à se joindre. On en trouve rarement près des côtes Açores, ou coupées brusquement. (C.P.)

BASIATRAHAGI. BOT. PHAN. (Daléchamp.) Syn. arabe de Polygonum aviculare. V. RENOUÉE. (B.)

BASIGYNDE OU BASIGYNE. Basigyndum. BOT. PHAN. (L.-C. Richard.) V. PISTIL.

BASILÁIRE. BOT. PHAN. (Daubenton.) Syn. d'Araucaria. V. ce mot.

Gaertner a le premier employé ce nom pour indiquer la situation des parties d'un Végétal, qui s'implantent à la base de quelque autre partie.

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Ainsi l'arète est basilaire dans les Graminées, lorsqu'au lieu de partir du sommet ou du dos de l'écaille qui la supporte, elle sort du point inférieur de son insertion. L'embryon est basilaire dans les Ombellifères, les Joncs, etc. (B.)

BASILÉE. Basilea. BOT. PHAN. (Jussieu.) V. EUCOMIDE.

BASILEOS. OIS. Nom grec du Roitelet, Motacilla Regulus, L. V. SYLVIE. (DR..Z.)

BASILIC. Basilicus. REPT. SAUR. Genre indiqué par Laurenti, formé par Daudin de l'un des démembremens du grand genre Lacerta de Linné, adopté par Cuvier qui l'a placé dans la famille des Iguaniens, et dont les caractères sont: une queue longue et comprimée; le corps couvert de petites écailles qui, sous cette queue et sous le ventre, approchent de la forme carrée; des dents fortes, comprimées, sans dentelures; une rangée de pores sur les cuisses; la peau de la gorge lâche sans former un fanon, et des crètes écailleuses régnant sur les parties supérieures, comme des nageoires ou comme les ailes des Dragons et des Ptérodactyles; ces crètes sont sontenues par de véritables arètes qui sont les prolongemens des apophyses épineuses des vertèbres. Les mœurs des Basilics sont peu ou point connues; on croit que ces Animaux habitent le bord des eaux dans lesquelles leurs appendices membraneux pourraient faciliter la natation. Deux espèces constituent ce genre dans l'état actuel de nos connaissances.

BASILIC A CAPUCHON, B. mitratus, Daudin, T. III. pl. 42.; B. americanus, Laur., Amph. 50. no 75; Basilic, Séba, Mus. T. I. t. 100. f.1, dont la figure est reproduite dans l'Encyclopédie, Rept. pl. 5. f.1; Lacerta Basilicus, L. La tête de cet Animal singulier est surmontée d'un capuchon qui lui donne l'aspect le plus extraordinaire, et qui a sans doute donné l'idée de l'appeler du nom de ce Lézard fabuleux que les anciens supposaient porter une petite couronne qui lui avait mérité le titre de Royal, dont Basilic est la traduction. Ce Basilic imaginaire fut long-temps célèbre, et le vulgaire ignorant attache encore à son seul nom une idée de puissance nuisible que l'étude seule des faits suffit pour effacer. C'était une sorte de Dragon en miniature, dont la piqûre causait un trépas inévitable; mais qui, plus à craindre encore par le feu de ses regards que par le venin de son dard, lançait la mort d'un coup-d'œil. Malheur au voyageur qui en était aperçu, et dont la prunelle rencontrait celle du monstre: il se sentait aussitôt dévoré d'un feu soudain; si l'homme, au contraire, apercevait le Basilic avant qu'il en eût été vu, il n'avait rien à redouter de sa puissance, et les chasseurs se servaient pour le prendre d'un miroir, où, dès que l'Animal s'était regardé, l'effet du poison agissait sur lui-même. Des charlatans, façonnant de petites Raies en forme de Dragons, les vendaient aux gens crédules pour des Basilics desséchés. On voyait autrefois dans tous les cabinets de curiosités de semblables préparations frauduleuses, dont Aldrovande et Séba donnèrent des figures. Aujourd'hui de telles puérilités sont repoussées des temples élevés à la nature, c'est-à-dire des collections scientifiques. Le Basilic réel est un Lézard innocent, voisin par ses rapports organiques des Dragons plus innocens encore et des Iguanes; ses couleurs sont assez tristes; sa crète dorsale, ou plutôt la longue nageoire qui règne sur son corps et sur sa queue, est tout ce qu'il présente d'étrange. Séba croyait qu'elle lui servait pour une sorte de vol.

BASILIC PORTE-CRÈTE, Basilicus cristatus, N.; Lacerta amboinensis, Gmel. Syst. nat. T. XIII. t. 1. part. 3. 264. D'après Schlosser, cet Animal, plus grand que le précédent, acquiert jusqu'à trois ou quatre pieds de long; il est varié de diverses couleurs; il n'a de nageoires que sur la queue; son dos est hérissé de den-

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telures, et sa chair exquise. Il paraît se nourrir de feuilles et d'Insectes; du moins, Cuvier en a-t-il trouvé dans son estomac.

Le Lacerta javanicus d'Hornstedt (Nov. Act. Stock. 1787. T. V. f. 1—2), donné par Gmelin comme une variété du Basilic porte-crète, pourrait bien être une troisième espèce de ce genre. (B.)

BASILIC. Ocymum. BOT. PHAN. Ce genre, composé d'un petit nombre d'espèces herbacées, très-odorantes, presque toutes originaires des contrées chaudes de l'Inde, est placé dans la famille naturelle des Labiées et dans la Didynamie Gymnospermie, L. Son calice est à deux lèvres; la supérieure est large et entière; l'inférieure plus longue est à quatre dents subulées; la corolle est renversée, c'est-à-dire que la lèvre supérieure devient inférieure et vice versâ; la lèvre supérieure, qui est réellement l'inférieure, est dressée, à quatre lobes peu profonds et presque égaux; la lèvre inférieure est concave et entière; les quatre étamines sont déclinées vers la partie inférieure de la fleur, caractère qui, dans les Plantes de la famille des Labiées, est toujours l'indice d'une corolle renversée. Plusieurs des espèces sont cultivées dans les jardins: telles sont le Basilic commun, Ocymum Basilicum, L., Plante annuelle qui nous vient originairement de l'Inde et de la Chine. Sa tige, haute d'environ un pied, est carrée, rameuse, rougeâtre; ses feuilles sont opposées, pétiolées, ovales, lancéolées; ses fleurs, de couleur purpurine, forment des épis verticillés à la partie supérieure des ramifications de la tige. Cette espèce est très-abondamment cultivée, à cause de l'odeur forte et aromatique que répandent toutes ses parties. Cet arome est encore plus développé dans le petit Basilic, Ocymum minimum, et dans le Basilic de Ceylan, Ocymum gratissimum, que l'on voit moins fréquemment dans nos jardins.

Le grand Basilic, Ocymum grandiflorum, est un petit Arbuste remarquable par ses fleurs beaucoup plus grandes et blanches, écartées les unes des autres. Il est originaire d'Afrique: son odeur est moins agréable. (A. R.)

On appelle vulgairement BASILIC SAUVAGE plusieurs Plantes odorantes de la famille des Labiées; telles que des Clinopodes et des Thyms, etc. (B.)

BASKAK. OIS. Syn. de Cygne, Anas Cygnus, L. en Arabie. V. CANARD. (DR..Z.)

BASNAGILLI. BOT. PHAN. Syn. de Bryonia laciniosa, L. à Ceylan. V. BRYONE. (B.)

* BASO. BOT. PHAN. Syn. japonais de Bananier. V. ce mot. (B.)

BASOURA. BOT. PHAN. (Pison.) Plante employée par les Brésiliens pour faire des balais, et qui paraît être le Scoparia dulcis, Willd. V. SCOPAIRE. (B.)

BASOURINHA. BOT. PHAN. (Pison.) Syn. de Vandellia pratensis, Vahl. V. VANDELLIE. (B.)

BASSAL OU BASSIL. BOT. PHAN. (Hornmann.) Syn. arabe d'Ognon. V. AIL. (B.)

BASSÉ. POIS. Syn. de Perca ocellata, L. sur les côtes de l'Amérique septentrionale. V. PERCHE. (B.)

BASSETS. MAM. A jambes droites et à jambes torses. Races de Chiens domestiqués. V. CHIEN. (B.)

BASSETS. BOT. CRYPT. Nom vulgaire donné à quelques Champignons stipités, dont le pédicule est court, et le chapeau conséquemment bas sur terre. — Ce sont particulièrement des Agarics. V. ce mot. (B.)

* BASSIE. Bassia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Sapotées. Il renferme des Arbres originaires des Indes où ils sont nommés Illipé, nom qui a été transporté en français. Le calice est formé de quatre sépales; la corolle campanulacée présente supérieurement huit divisions; les étamines, au nombre de seize, sont dis-

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posées sur un double rang. Le fruit est une drupe à chair laiteuse, contenant d'une à cinq graines trigones et allongées. Les fleurs sont ramassées à l'extrémité des pédoncules terminaux ou axillaires. On peut voir le B. longifolia, figuré t. 398, Lamk. illustr; le B. latifolia, tab. 19 de Roxburgh. Forster en a fait connaître une troisième espèce, le B. obovata.

Allioni a décrit et figuré (Misc. Taur. T. III. 177. tab. 4. fig. 2), sous le nom de Bassia muricata, une Plante des contrées méridionales, considérée maintenant comme une espèce du genre Salsola. V. SOUDE. (A. D. J.)

BASSIN. ZOOL. Le système osseux, réduit à sa plus simple expression, se compose d'une série de vertèbres qui, par suite de développemens, d'extensions et des dispositions variables de leurs élémens, donnent les autres pièces osseuses qui composent la tête, le tronc et les membres. V. SQUELETTE. Nous n'anticiperons sur cette idée que pour pouvoir faire apprécier ce qu'est le bassin en anatomie philosophique. Cette ceinture osseuse, qui occupe une place variable dans l'étendue de la colonne vertébrale, selon les classes d'Animaux, n'est point un sur-ajouté aux vertèbres au niveau desquelles il se trouve; mais c'est réellement une partie des élémens formateurs de ces mêmes vertèbres qui se sont élargies, développées pour former une ceinture osseuse, comme, plus haut, les mêmes pièces se sont allongées pour former les côtes. Si nous pouvions développer cette idée, ce serait dans le squelette le plus simple, celui du Serpent, ou dans ceux de quelques Poissons, que nous irions étudier la vertèbre pour la voir former à elle seule toutè la charpente osseuse du tronc de l'Animal; nous l'y verrions fournir les côtes, et nous donner ainsi la clef de la composition du tronc. Mais nous ne pouvons ici qu'indiquer les questions; il n'entre pas dans le cadre de notre Dictionnaire d'en présenter le développement. Le principal usage du bassin est de servir d'articulation aux membres abdominaux, et de point d'insertion aux muscles qui circonscrivent la cavité abdominale.

Il existe chez tous les Vertébrés à l'exception des Serpens et de quelques Poissons qui alors n'ont pas de nageoires ventrales.

Chez tous les Animanx qui ont un bassin, l'abdomen s'y termine. Les excrémens, les produits de la génération et de la sécrétion urinaire le traversent. La Taupe présente une exception remarquable: les os de son bassin sont si serrés les uns contre les autres, que la cavité qu'ils forment ne pourrait donner issue aux produits de la génération; aussi la matrice s'ouvre-t-elle au-dessus du pubis, disposition qui n'est connue que dans ce seul Animal. L'Homme est, de tous les Animaux, celui qui, proportionnellement à sa grandeur, a le bassin le plus large et le plus évasé, ce que nécessitait la grosseur de la tête de l'enfant naissant. Le bassin des Singes s'en rapproche beaucoup; il est aussi celui qui, après le bassin de l'Homme, forme un angle moins ouvert avec la colonne vertébrale, ce qui détermine en grande partie la station des uns et des autres.

Le bassin ne forme pas une ceinture osseuse chez tous les Animaux; il ne se compose, dans les Cétacés, que de deux os suspendus dans les chairs. Dans le Cochon-d'Inde, les pubis sont aussi séparés l'un de l'autre, et les pièces du bassin sont mobiles sur la colonne vertébrale, ce qui doit rendre l'accouchement très - facile chez ces Animaux. Cet écartement des os du bassin est aussi un caractère de la classe entière des Oiseaux, tant il est vrai que chaque fois qu'un Animal sort des conditions naturelles à saclasse, c'est toujours pour retomber dans celles d'une autre. Le bassin des Didelphes offre une disposition qu'on leur a long-temps crue particulière; leur pubis est surmonté de deux grands os que l'on a nommés marsupiaux, du nom de la famille où on les a observés pour la première fois. Ils sont mobiles, et donnent

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attache à des muscles qui ouvrent et ferment la poche qui renferme et leurs mamelles et leurs petits. Mais c'est surtout dans les Oiseaux que ces os se trouvent au maximum de développement; ils appartiennent, comme Serre l'a montré, à la classe tout entière, et font partie essentielle de leur bassin; ils forment le stylet que l'on avait jusqu'ici pris pour le pubis. On les retrouve aussi dans des Mammifères, autres que les marsupiaux. Le fœtus humain les présente souvent; mais il faut les chercher dans le très-jeune âge: leur présence est liée à celle des muscles pyramidaux. Dans les Oiseaux, les os coxaux et le sacrum font, avec les vertèbres des lombes, un seul et même os qui forme une large cavité évasée, dont les pubis se portent en arrière au lieu de se réunir pour former ceinture.

L'Autruche, qui touche les Mammifères par nombre de points, s'en rapproche encore par son bassin; dans cet Oiseau les pubis s'élargissent beaucoup et se réunissent pour former une ceinture osseuse.

Il est des Poissons où l'on ne trouve point de bassin, et qui alors manquent aussi de nageoires ventrales; quand il existe, ou il se borne à une simple plaque qui soutient ces nageoires, ou il se compose d'un plus grand nombre de pièces dont la disposition varie singulièrement: il n'est chez aucun attaché à la colonne épinière, et il est plus ou moins rapproché de la tête.

Le Bassin est, dans l'Homme et la plupart des Vertébrés, formé, en arrière, par le sacrum, série de corps vertébraux qui fait évidemment suite à la colonne épinière, et qui se continue en coccyx ou en une queue plus ou moins allongée. Il est, sur les côtés et en devant, formé par quatre os, ordinairement soudés en un seul dans l'âge adulte; l'un est l'iléon attenant au sacrum; un autre, le pubis qui s'unit avec celui du côté opposé pour former la saillie et l'arcade de ce nom; le troisième est l'os marsupial qui, chez l'Oiseau, concourt à former la cavité du Bassin, et passe chez les Didelphes à des usages plus spéciaux, ceux de servir de point d'insertion aux muscles de la poche de ces Animaux; le quatrième enfin est l'ischion qui, chez les Mammifères, offre une large tubeérosité qui porte sur le sol dans la situation assise: aussi la peau qui recouvre cette tubérosité est-elle dure et calleuse chez plusieurs Singes pour qui cette position est la plus ordinaire. (PR. D.)

BASSINET. BOT. PHAN. V. BACINET.

BASSINS. GÉOL. Grands lits des fleuves, surfaces de terrains plus ou moins étendues dont les eaux, suivant des versans divers, finissent par se réunir en un seul canal qui les conduit en un réservoir commun, soit l'Océan, soit une mer intérieure ou quelque lac. De tels Bassins généraux se composent de Bassins partiels, et les vallées des hautes montagnes par lesquelles des torrens portent aux fleuves un premier tribut, ne sont que de petits Bassins plus étroits et plus encaissés; leur nombre concourt à l'ensemble d'un Bassin général. Les crètes des monts sont donc des partages de Bassins; ces partages existent partout où les eaux pluviales prennent, en tombant sur les pentes de la terre, une direction différente: on en trouve sur des plateaux où l'œil saisit à peine l'aspect d'une différence de niveau; aussi les géologues et les savans qui s'occupent de géographie physique, ontils reconnu combien le système des anciens dessinateurs de cartes, qui environnaient les Bassins naturels de grandes chaînes, est faux et erroné. Si de grands cours d'eaux descendent de sommets imposans, si des séries de montagnes en accompagnent ou limtent quelque étendue, et séparent ses versans de ceux d'un cours contigu, il ne faut pas en conclure que tous les grands cours d'eau soient nécessairement encaissés et séparés de leurs voisins comme par une barrière insurmontable que posa primordiale-

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ment la nature. Depuis qu'on ne trace plus au hasard et sur de fausses données des élévations en pain de sucre, ou comme des colliers de perles enfilées, dans la topographie on s'est aperçu que les cours d'eaux les plus connus n'avaient pas toujours des Bassins positivement circonscrits, et que plusieurs, comme pour donner un démenti aux anciens systèmes, semblaient se plaire à couper successivement des chaînes de monts considérables, qu'au premier coupd'œil on supposerait qu'il leur eût été plus facile de tourner; il suffit d'avoir voyagé le long de quelque grand fleuve pour se convaincre de cette vérité. Qu'on examine le Danube, par exemple; son cours se compose de quatre ou cinq Bassins successifs, qui probablement furent des lacs, comme le cours du fleuve Saint-Laurent en offre encore dans l'Amérique septentrionale. Ces lacs étaient interceptés par des chaînes de monts plus ou moins élevés, et recevaient le tribut d'un système particulier de versans; leurs eaux ayant communiqué par quelque canal, qu'elles approfondirent à mesure que la pente générale favorisait l'écoulement vers la mer, ces lacs ont diminué et sont devenus enfin des plaines dont le terrain d'alluvion indique le premier état; ils ont même disparu, et le lit des ruisseaux, des rivières et d'un fleuve serpente tortueusement dans des canaux restreints, au fond de ces espaces mis à sec. La Méditerranée, la Baltique, la mer Rouge, la mer Blanche, la mer Vermeille et la plupart de ces golfes enfoncés dans les terres, dont l'orifice se rétrécit, peuvent encore être considérés comme des Bassins qui, tôt ou tard, n'offriront plus que des lits de rivière arrosant la partie la plus basse de vastes vallées. La Méditerranée, par exemple, ne prend-elle pas déjà une forme analogue à celle du cours de ce fleuve Saint-Laurent que nous avons déjà cité? La mer d'Azof et la mer Noire ne sont-elles pas déjà des lacs qu'on peut comparer aux lacs supérieurs Huron et Michigan? Un jour les îles de l'Archipel en intercepteront d'autres. L'Adriatique, devenue la continuation du Bassin secondaire de l'Eridan; l'espace contenu entre les côtes de Syrie, de Libye, et une ligne tirée par la Calabre, la Sicile, Malte et la pointe Punique, seront d'autres lacs, auxquels succédera un lac plus vaste, où les îles Baléares, de Corse et de Sardaigne, diversement unies par leur augmentation, en prépareront d'autres; et toutes ces successions de lacs alimenteront, par le détroit de Calpé et d'Abila, l'embouchure d'un grand fleuve dont le Nil, l'Oronte, le Don, le Danube, le Pô, le Tibre, le Rhône et l'Ebre ne seront que des affluens. La Baltiqué, dont les eaux sont tellement adoucies et la diminution si sensible qu'elle subira la première une métamorphose analogue, est presque déjà réduite à la condition géographique de cette Gironde, reste du vaste golfe dont le sol aquitanique demeure le monument, et qui n'est plus que la simple embouchure de la Garonne et de la Dordogne.

Un exemple partiel que le voyageur géologue et géographe pourra étendre à beaucoup d'autres contrées du monde, même dans les derniers détails de terrain, suffira pour prouver la non-existence, comme règle générale, de ces chaînes de monts, et même de collines sensibles dont on a si longtemps établi la présence tout autour des grands cours d'eaux. Nous le prendrons en Espagne; dans cette presqu'île intéressante et si peu connué, existent de grands cours d'eaux qui s'échappent vers l'Océan en coulant à l'ouest, ou vers la Méditerranée par des pentes qui regardent l'orient. Les faiseurs de cartes crurent donc qu'il était indispensable de ramifier les Pyrénées sur toute la surface du pays, afin d'établir entre les sources de ces divers cours d'eau les murailles que leur imagination supposait isoler jusqu'aux moindres ruisseaux. C'est particulièrement pour séparer les versans méditerranéens des versans océaniques, qu'ils multiplièrent les crètes,

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les pics, les anastomoses, les contreforts, et tout ce que le burin peut imaginer de noir pour rendre sur le cuivre la physionomie alpine. Cependant de vastes plaines où les gouttes de pluie, comme indécises du choix de leur route, coulent vers la Méditerranée par le Xijar, et vers l'Océan par le Guadalquivir, s'étendent précisément où devraient se voir des chaînes imaginaires. Nous avions depuis long-temps signalé cet exemple, sans qu'aucun géographe en eût tenu compte, si ce n'est enfin un M. Brué qui a profité de nos avis et même des dessins que nous lui avons communiqués, sans faire mention de l'autorité sur laquelle il avait établi un si grand changement dans la carte de l'Espagne qu'il a récemment publiée. (B.)

BASSOMBE. BOT. PHAN. Syn. d'Acoc selon Bosc. (B.)

BASSON. OIS. Syn. vulgaire de la Foulque Macroule, Fulica atra, L. V. FOULQUE. (DR..Z.)

BASSORE. Bassoria. BOT. PHAN. Aublet, sous le nom de Bassoria sylvatica, a décrit et figuré (Pl. de la Guy. tab.85) une Plante herbacée que L.-C. Richard regardait comme congénère des Solanum. Ses caractères sont: un calice quinqueparti; une corolle monopétale, hypogyne, dont le tube est court et le limbe ouvert, à cinq divisions aiguës; cinq étamines insérées à la base de ces divisions, à filets courts et à anthères libres; un ovaire porté sur un disque; un style court et un stigmate obtus. Le fruit est une baie ovoïde, pulpeuse au-dedans, bosselée à sa surface par la saillie de graines petites, nombreuses, réniformes, bordées d'un feuillet membraneux. Les tiges sont nombreuses, les feuilles alternes et grandes, les fleurs en corymbes axillaires peu garnis. (A. R.)

BASSORINE. BOT. PHAN. Matière particulière de la nature des Gommes, observée pour la première fois par Vauquelin dans ce qu'on nomme vulgairement Gomme de Bagdad, et que J. Pelletier a reconnue dans la plupart des Gommes-Résines dont on l'obtient en traitant successivement ces Gommes-Résines par l'eau, l'Alcohol et l'Éther. La Bassorine est insoluble dans l'eau, quelle que soit la température; elle s'y gonfle considérablement, et se dissout à chaud dans l'eau chargée d'un peu d'acide nitrique ou hydro-chlorique. La dissolution évaporée et édulcorée par l'Alcohol abandonne un précipité floconneux, lequel desséché offre tous les caractères de la Gomme arabique. Ce qui resté en dissolution paraît être un principe nouveau qui doit attirer l'attention des chimistes. (DR..Z.)

BASSUS. Bassus. INS. Genre de l'ordre des Hyménoptères, section des Térébrans, établi par Fabricius aux dépens du genre Ichneumon de Linné, et comprenant tous ceux dont le ventre est à peine pétiolé et cylindrique. Latreille n'adopte pas ce groupe, et réunit les espèces qu'il contient aux genres Ichneumon et Crypte. V. ces mots. (AUD.)

BASTA MARINA. POLYP. (Rumph, *Amb., tab. 89.) Syn. de Spongia Basta, Pall. Eponge panache noir de Lamarck. V. EPONGE. (LAM..X.)

* BASTAN. BOT. PHAN. L'un des noms de l'OEillet chez les Portugais. (B.)

BASTANGO. POIS. L'un des noms vulgaires de la Pastenague. V. TRYGONOBATE. (B.)

* BASTARDIA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Malvacées, que nous avons établi, et très-voisin du genre Sida dont il diffère seulement par une capsule unique, à cinq ou plusieurs loges monospermes. Ce genre ne renferme jusqu'à présent que deux espèces originaires de l'Amérique, dont une était déjà anciennement connue sous le nom de Sida vinosa. (K.)

BASTERA. BOT. PHAN. (Houttuyn.) Syn. de Rohria. V. ce mot. (A. D. J.)

BASTERIA. BOT. PHAN. Et non

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Bastera. Miller, et Adanson à son exemple, nommaient ainsi le Calycanthus de Linné; Ehret lui donne le nom de Beureria, et Duhamel de Butneria. (A. D. J.)

BASTONAGO. POIS. Même chose que Bastango. V. ce mot. (B.)

BAT. MAM. Syn. anglais de Chauve-souris. V. ce mot. (B.)

* BAT. Clitellum. ANNEL. Quelques auteurs, Lamarck en particulier (Hist. nat. des Anim. sans vert., T. v. p. 298) nomment ainsi, dans les Lombrics terrestres, l'espèce de ceinture que l'on observe à la partie antérieure et supérieure du corps, et qui résulte de la réunion de six à neuf anneaux. V. LOMBRIC. (AUD.)

* BATA. BOT. PHAN. (Rhéede, Hort. Mal. 1. t. 12–14.) L'un des noms du Musa paradisiaca. V. BANANIER. (B.)

BATAJASSE OU BATTAJASSE ET BATTE-LESSIVE. OIS. Noms vulgaires de la Lavandière. V. BERGERONNETTE. (DR..Z.)

BATAN. BOT. PHAN. (Linscot.) Arbre de l'Inde, peu connu, dont on appelle la fleur Buaa, et le fruit Duryaen. Est-ce un Jacquier, est-ce un Durion? V. ces mots. (B.)

* BATANUTA. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. de Tamus communis, L. V. TAMUS. (B.)

BATARA. Thamnophilus. OIS. Genre de l'ordre des Insectivores, dont les caractères sont: bec épais, court, un peu bombé, élargi à sa base, dilaté sur les côtés, comprimé vers la pointe qui est obtuse, courbée et échancrée, dépassant la mandibule inférieure: celle-ci est bombée en dessous et pointue; narines latérales, un peu distinctes de la base, percées dans la masse cornée du bec, arrondies ou ovoïdes, totalement ouvertes; pieds longs, grêles; tarse beaucoup plus long que le doigt intermédiaire; l'externe réuni jusqu'à la première articulation, l'interne divisé; ailes très-courtes, arrondies; les trois premières rémiges également étagées: les quatrième, cinquième et sixième les plus longues. — Le genre Batara, indiqué par d'Azara et formé par Vieillot, se compose, quant à présent, d'espèces presque toutes de l'Amérique méridionale, et d'un petit nombre d'Afrique. Leurs mœurs et leurs habitudes sont encore peu connues. Selon d'Azara qui a pu observer plus particulièrement ces Oiseaux au Paraguay, on ne les rencontre que dans les broussailles des fourrées obscures où ils se tiennet silencieusement avec leur seule compagne; ils n'en sortent que le matin et le soir pour aller à la chasse des petits Insectes dont ils font leur principale nourriture; ils évitent la grande chaleur, ce qui ferait croire que ces Oiseaux se trouveraient beaucoup mieux dans des climats plus tempérés; leur chant, ou plutôt le cri qu'ils ne font entendre qu'à l'époque des amours, se borne à la syllabe tu, assez vivement répétée. C'est aussi dans les buissons épais que les Bataras font avec soin leur nid fortement enlacé, et où ils pondent ordinairement deux ou trois œufs blancs dans la plupart des espèces, et picotés ou rayés de brun ou de rougeâtre dans quelques-unes.

Les Bataras se rapprochent beaucoup des Fourmiliers; on pourrait les diviser en deux tribus, d'après la force du bec.

Bec robuste plus ou moins renflé en dessous.

BATARA AGRIPENNE, Thamnaphilus caudatus, Vieill. D'un roux verdâtre, plus clair sur le cou; rectrices d'un brun noirâtre avec la tige aiguë, presque usée; longueur, sept pouces et demi. De la Guyane.

BATARA A AILES VERTES, Thamchloropterus, Vieill. Parties supérieures rousses; tectrices alaires roussâtres avec une zône noire vers le haut; rémiges vertes en dehors; parties inférieures rayées transversalement de brun et de noir; queue longue, arrondie et rayée de noir, de blanc et de gris; pieds bleus; longueur, huit pouces. De Cayenne.

BATARA BLEUATRE, Tham. cœru-

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lescens, Vieill. Parties supérieures d'un gris plombé; sommet de la tête noir, ainsi que lés ailes et la queue qui sont en outre bordées et terminées de blanc; une tache de la même couleur sur le haut du dos; parties inférieures d'un blanc bleuâtre; bec noir et bleu; longueur, cinq pouces huit lignes. Du Paraguay.

BATARA DORÉ, Tham. auratus, Vieill. Parties supérieures d'un brun plombé nuancé de jaune doré; sommet de la tête mordoré; tectrices alaires brunes, terminées de blanc vers la pointe; gorge d'un blanc bleuâtre; devant du cou mordoré; dessous du corps d'un roux mêlé de jaune doré; longueur, cinq pouces huit lignes. Du Paraguay.

BATARA FERRUGINEUX, Lanius rubiginosus, Lath. Parties supérieures d'un jaune de rouille avec la nuque garnie d'une huppe; parties inférieures d'un jaune rougeâtre. De Cayenne.

GRAND BATARA, Tham. major, Vieill. Parties supérieures noires avec les tectrices alaires bordées de blanc; parties inférieures blanches; cinq bandes transversales blanches sur les deux rectrices extérieures, et quelques points de la même couleur sur les trois suivantes; longueur, huit pouces deux lignes. Du Paraguay.

BATARA HUPPÉ, Turdus cirrhatus, Lath. Parties supérieures d'un brun noirâtre; tectrices alaires noires; une huppe de cette couleur sur la nuque; gorge noire et blanche; poitrine noire; rectrices bordées de blanc; longueur, six pouces. De Cayenne.

†† Bec presque grêle.

BATARA ALAPI, Tham. Alapi, Vieill.; Turdus Alapi, Lath., Buff. pl. enl. 701. fig. 2. Parties supérieures brunes, piquetées de blanc; tête, cou et dos olivâtres; une tache blanche sur le dernier; parties inférieures cendrées, gorge, devant du cou et poitrine noirs; rectrices noirâtres, un peu étagées; la femelle est sans tache sur le dos; elle a la poitrine blanche et le ventre roussâtre; longueur, six pouces. Cette espèce se distingue de ses congénères par une vie plus sociale. De la Guyane.

BATARA A CALOTTE NOIRE, Tham. atricapillus, Vieill.; Lanius ater, Lath., Merren. pl. 10. Parties supérieures d'un gris foncé; sommet de la tête noir; tectrices alaires bordées de blanc; parties inférieures d'un cendré bleuâtre; rectrices noires, terminées deblanc; la femelle est brune en dessus avec le sommet de la tête roux; elle a de petites taches blanches sur les scapulaires; les parties inférieures sont d'un blanc sale; longueur, cinq pouces. De la Guyane.

BATARA CORAYA, Tham. Coraya, Vieill.; Turdus Coraya, Lath., Buff. pl. enl. 701. fig. 1. Parties supérieures brunes; tête noire; gorge et devantdu cou d'un blanc qui pi end une teinte cendrée roussâtre sur la poitrine et le ventre; queue rayée transversalement de noirâtre; longueur, cinq pouces six lignes. De la Guyane.

BATARA A CRAVATTE NOIRE, Tham. cinnamomeus, Vieill.; Turdus cinnamomeus, Lath., Buff. pl. enl. 560. fig. 2. Parties supérieures d'un roux foncé; moustaches blanches; gorge d'un noir velouté; tectrices alaires supérieures noires, avec une tache blanche; les inférieures blanches; parties inférieures roussâtres; rémiges et rectrices noires, bordées de blanc; longueur, cinq pouces. De Cayenne.

BATARA A FRONT ROUX, Tham. rufifrons, Vieill.; Turdus rufifrons, Lath., Buff. pl. enl. 644. f. Parties supérieures brunes; gorge, côtés de la tête, front, devant du cou et ventre roux; tectrices alaires noires, bordées de jaune; tectrices caudales inférieures blanches; rectrices cendrées; longueur, huit pouces six lignes. De l'Amérique méridionale.

BATARA GRISIN, T. griseus, Vieill.; Sylvia grisea, Lath., Buff. pl. enl. 643. fig. 1 et 2. Parties supérieures d'un gris cendré; tectrices alaires supérieures terminées de blanc; rémiges noirâtres, bordées de gris clair; sommet de la tête noirâtre; moustaches blanches; parties inférieures blanches, à l'exception de la gorge et de la poitrine

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qui sont noires; la femelle diffère du mâle en ce que tout ce qui est noir chez celui-ci est gris chez elle; longueur, quatre pouces six lignes. De l'Amérique méridionale.

BATARA A LONGUE QUEUE, Tham. longicaudus, Vieill. Noir avec de petites mouchetures blanches sur la gorge et les rectrices; longueur, sept pouces. De l'Amérique méridionale.

BATARA MOUCHETÉ, Tham. guttatus, Vieill. Blanc avec des taches noires, en forme de larmes, sur les parties supérieures; longueur, sept pouces. De l'Amérique méridionale.

BATARA RAYÉ DE CAYENNE, Lanius doliatus, Lath. (Pie-Grièche rayée), Buff. pl. enl. 297. fig. 1. Entièrement rayé de noir et de blanc, avec une petite huppe rayée longitudinalement sur la nuque; longueur, six pouces six lignes.

BATARA RAYÉ DU PARAGUAY, Tham. radiatus, Vieill. Parties supérieures rayées de blanc et de noir; ces deux couleurs se mêlant irrégulièrement sur la tête et le cou; rémiges noires, tachetées de blanc; parties inférieures blanchâtres, rayées de noir; rectrices rayées de noir; une huppe noire sur la nuque; la femelle a roux tout ce qui est noir dans le mâle; longueur, six pouces six lignes.

BATARA RAYÉ A TÊTE ROUSSE, Tham. lineatus, Vieill. Entièrement rayé de noir et de blanc roussâtre, avec la tête rousse; longueur, six pouces. De l'Amérique méridionale.

BATARA ROUGEATRE, Tham. rubicus, Vieill. Dessus de la tête d'un gris cendré; joues blanches et tachetées de brun; parties supérieures rousses; parties inférieures rougeâtres; ailes et queue noirâtres; les rectrices bordées de blanc; longueur, neuf pouces. De l'Amérique méridionale.

BATARA ROUX, Tham. rufus, Vieill.; Batara roxo, Azar. Parties supérieures rousses; tectrices alaires noires; parties inférieures d'un blanc sale et jaunâtre; longueur, sept pouces. Du Paraguay.

BATARA TACHETÉ, Tham. nœvius, Vieill. Lanius nœvius, Lath. Parties supérieures noires, terminées de blanc; rectrices noires avec une tache oblongue à l'extérieur de chacune; parties inférieures cendrées; longueur, six pouces trois lignes. Du Brésil.

BATARA SCHET-BÉ, Tham. rutilus, Vieill.; Lanius rufus, Lath. Tête, gorge et cou d'un noir verdâtre; parties supérieures rousses de même que la queue; parties inférieures d'un gris blanchâtre; longueur, sept pouces neuf lignes. De Madagascar.

BATARA TCHAGRA, Tham. Tchagra, Vieill.; Lanius senegalus, Lath., Buff. pl. enl. 479. f. 1; Levail. Ois. d'Afrique. pl. 70. Parties supérieures d'un brun foncé nuque d'un noir olivâtre; gorge blanchâtre; parties inférieures cendrées; moustaches blanches; les deux rectrices intermédiaires rayées finement par une teinte grise, plus intense que le fond; les autres noirâtres, terminées de blanc; longueur, neuf pouces.

BATARA A TÊTE BLEUE, Tham. cyanocephalus, Vieill. Tête d'un bleu turquin, traversée sur le milieu du sommet par une raie blanche; parties supérieures noires; tectrices alaires avec quelques taches et les bordures blanches; rectrices noires avec l'extrémité blanche, à l'exception des intermédiaires; la femelle est d'un noir verdâtre, et n'a point la raie blanche occipitale; longueur, six pouces quatre lignes. Du Paraguay.

BATARA A TÊTE ROUSSE, Tham. ruficapillus, Vieill.; Batane acanelado, Azar. Sommet de la tête d'un brun roux, plus clair sur les côtés; dos d'un brun mêlé de bleuâtre; tectrices supérieures et bordures des rémiges mordorées; devant du cou et poitrine blanchâtres, rayés transversalement de noir; rectrices intermédiaires entièrement noires, les autres bordées de blanc; longueur, six pouces trois lignes. Du Paraguay.

BATARA VARIÉ, Tham. varius, Vieill.; Lanius varius, Lath. Parties supérieures d'un brun cendré; sca-

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pulaires blanches; parties inférieures d'un blanc jaunâtre; ailes et queue brunes. Du Brésil.

BATARA VERDATRE, Tham. virescens, Vieill. Parties supérieures verdâtres avec la tête tachetée de noir; tectrices alaires noires, tachetées de blanc; parties inférieures grises et roussâtres dans le mâle; queue noire terminée de blanc. De l'Amérique méridionale.

BATARA VERT, Tham. viridis, Vieill. Parties supérieures vertes; parties inférieures, front et tectrices caudales rayés transversalement de noir et de blanc; longueur, six pouces dix lignes. De l'Amérique méridionale. (DR..Z.)

BATARD. ANNEL. Nom par lequel les pêcheurs désignent de petits Vers rouges qu'ils recherchent entre les rochers pour amorcer leurs lignes. (B.)

BATATE. Batatas. BOT. PHAN. D'où Patate. Espèce de Liseron. V. ce mot. (B.)

BATAULE. BOT. PHAN. Même chose que Beurre de Bambouc. V. ce mot. (B.)

BATAVIA. POIS. (Bosmann.) Nom donné à un Poisson de la Côte-d'Or en Afrique, qu'il est impossible de rapporter à aucun genre connu sur le peu qu'on en sait. (B.)

BATEAU. MOLL. Nom vulgaire d'une espèce de Patelle, Patella compressa de Lamarck. V. PATELLE. (F.)

BATECH, BATIE OU BATIEC. BOT. PHAN. Synonymes de Pastèque ou Melon d'eau. (A. D. J.)

BATELÉ. BOT. PHAN. (Nicholson.) Nom caraïbe d'une espèce d'Eupatoire indéterminée. (B.)

BATELEUR. OIS. Levaillant, Ois. d'Af. pl. 7 et 8. Syn. de Pygargue. V. AIGLE. (B.)

BATHAENDA. BOT. PHAN. Probablement la même chose que Bathoenda. V. ce mot. (B.)

BATHELIUM. BOT. CRYPT. (Lichens.) Genre établi par Achar dans l'ouvrage intitulé: Methodus Lichenum, mais qu'il n'a pas conservé dans ses autres ouvrages. Il l'a réuni au genre Tripethelium dont il ne diffère presque pas. La seule espèce que ce genre renfermait, le Bathelium mastoideum, croît sur l'écorce des Arbres en Guinée. V. TRIPETHELIUM. (AD. B.)

BATHOENDA. BOT. PHAN. Linné soupçonne que l'Arbre dont le bois sert à Ceylan pour faire divers ustensiles, et qui porte ce nom, est un Hibiscus. V. KETMIE. (B.)

* BATHOS. OIS. Syn. grec d'Etourneau, Sturnus vulgaris, L. V. ETOURNEAU. (DR..Z.)

BATHYERGUS. MAM. (Illiger.) V. ORYCTÈRES.

BATI. BOT. PHAN. V. BATIS.

* BATICULA. BOT. PHAN. V. BACIUCCO.

BATIE OU BATIEC. BOT. PHAN. V. BATECH.

BATIS. OIS. Syn. du Traquet, Motacilla rûbetra, L. V. TRAQUET, (DR..Z.)

BATIS. POIS. Grande espèce de Raie du genre Dasybate. V. ce mot. (B.)

BATIS. BOT. PHAN. On nomme ainsi un Arbuste de la Jamaïque, assez remarquable par la structure de ses fleurs, et qui n'a jamais été rapporté par les auteurs à aucune famille connue. On le rencontre sur les rivages de la mer et dans les terrains salins. Aussi renferme-t-il beaucoup de particules salines. Il s'élève à la hauteur de quatre pieds; ses rameaux nombreux sont à quatre angles et opposés, ainsi que ses feuilles charnues, à l'aisselle desquelles naissent des chatons de fleurs, mâles sur un pied, femelles sur un autre. Les premières consistent en quatre étamines situées à la base d'une écaille un peu plus courte qu'elles, accompagnée, suivant Browne, d'une petite gaîne membraneuse. Ces écailles, imbriquées sur quatre rangs, constituent une pyramide quadrangulaire et ses-

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sile. Les fleurs femelles, réunies en un chaton oblong, un peu pédicellé et ceint de deux écailles à sa base, sont formées chacune par une squammule à laquelle tient un ovaire surmonté d'un stigmate sessile et bilobé, et qui devient une baie contenant dans une seule loge de deux à quatre graines. Ces baies, fixées à un axe commun et charnu, finissent par se souder entre elles et former ainsi un fruit composé. V. Lamk. Illust. tab. 806. (A. D. J.)

* BATIS, et non BATI, dans Pline, désigne, selon Adanson, la Peice-Pierre, Crithmum maritimum, L. V. BACILLE. (B.)

* BATITURES. MIN. Ecailles qui se détachent d'une surface métallique lorsqu'on la bat après avoir été fortemen chauffée. Les Batitures sont ordinairement du Métal au premier degré d'oxydation ou des Protoxydes. (DR..Z.)

BATLESCHAIAN OU BADINDJAN. BOT. PHAN. (Sloane.) Syn. de Solanum Melongena, L. V. MORELLE. (B.)

BATO OU BATU. BOT. PHAN. V. VATO LELA.

BATOLITE. Batolites. MOLL. FOSS. Dénomination générique créée par Montfort (Conchyl. T. I. p. 334) pour distinguer un corps pétrifié fort singulier qu'il appelle Batolite Tuyau d'Orgue, B. organisans. Ce Fossile a été compris, par Picot de La Peyrouse, dans ses Orthocératites (V. Monogr. des Orthocér.). Quant à la figure citée par Knorr (Diluv. Test. éd. Valch. pl. 1. a. f. 13), on peut douter si elle se rapporte au même corps représenté par Montfort. Voici la description générique que cet auteur donne des Batolites: "Coquille libre, adhérente ou vivanten famille, univalve, cloisonnée, droite et fistuleuse; bouche arrondie, peu profonde, ouverte, horizontale; cloisons criblées et percées latéralement de deux grands stigmates, répondant à deux arètes parallèles ou divergentes qui percent toutes les cloisons jusqu'au sommet de la Coquille."

Montfort et Blainville comparent, avec raison, les Batolites aux Hippurites. Ce que le premier appelle des stigmates et des arètes parallèles, se retrouve en effet dans les Hippurites dont les Batolites sont bien distinguées par leur forme fistuleuse ou cylindrico-conique; car chaque tuyau montre une diminution progressive dans son diamètre, de sorte qu'on peut croire que ces corps acquéraient une assez grande longueur. Montfort dit en avoir vu de plus de trois pieds de long, n'ayant qu'un pouce de diamètre à leur base, et à peine deux lignes du côté du sommet qui était tronqué. Il conclut d'un Batolite du cabinet du marquis de Drée, qui a au moins trois pouces à son grand diamètre, qu'il a dû avoir cinquante-quatre pieds de longueur. Ces corps paraissent avoir été groupés. On voit à l'extérieur les traces de l'accroissement successif, et ils ressemblent beaucoup à des Polypiers. Selon Montfort, ces corps constituent à eux seuls des masses de rochers dans les hautes Alpes: ils doivent, d'après cela, être regardés comme très-anciens parm i les Fossiles organisés. Nous avons réuni les Batolites et les Hippurites (V. ce mot) dans une même famille de la classe des Céphalopodes décapodes; mais il est évident qu'on ne conçoit point encore assez bien ces deux corps singuliers pour en avoir une idée juste. (F.)

BATON. BOT. PHAN. Nom vulgairement appliqué avec quelque épithète, par les jardiniers, à des Plantes dont les fleurs sont disposées en une sorte d'épi plus ou moins serré, long et cylindrique. Ainsi l'on nomme:

BATON DE JACOB, l'Asphodelus luteus, L.

BATON DE SAINT JEAN, le Polygonum orientale.

* BATON D'OR, le Cheiranthus Cheiri, L. à fleurs doubles.

BATON ROYAL, l'Asphodelus albus. (B.)

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BATONNET. MOLL. Nom vulgaire d'une espèce du genre Cône, c'est le Conus tendineus de Bruguière, de Lamarck et de Dillwyn. V. CÔNE. (F.)

BATOS. BOT. PHAN. (Hippocrate.) Syn. de Ronce. (B.)

* BATRACHIE. Batrachium. BOT. PHAN. Première section formée par De Candolle (Syst. végét. 1. p. 133) dans le genre nombreux des Renoncules; elle répond aux Renonculoides de Vaillant, et comprend les espèces aquatiques hétérophylles, vulgairement nommées Grenouillettes, et qui toutes avaient été antérieurement confondues comme de simples variétés des Ranunculus aquatilis et hederaceus de Linné V. RENONCULE. (B.)

BATRACHION. BOT. PHAN. Dont Grenouillette n'est que la traduction. Vieux nom des Ranunculus bulbosus, L., et aquatilis, L. V. BATRACHIUM et RENONCULE. (B.)

BATRACHITE OU BROFTIAS. MIN. (Pline.) On croit reconnaître dans la Pierre que les anciens nommaient ainsi et qu'ils supposaient le résultat de quelque coup de tonnerre, une Pyrite globuleuse striée du centre à la circonférence. V. PYRITE. On supposait aussi que la Batrachite se trouvait dans la tête des Grenouilles, et on lui attribuait des propriétés merveilleuses contre le venin des Serpens. (LUC.)

BATRACHOIDE. Batrachus. POIS. Genre de l'ordre des Acanthoptérygiens, famille des Percoïdes de la Méthode de Cuvier, établi par Lacépède, parmi les Jugulaires de Linné, aux dépens des Gades et des Blennies de ce dernier. Ses caractères sont: tête horizontalement aplatie, plus large que le corps; gueule et ouïes trèsfendues avec les opercules épineux; ventrales étroites attachées sous la gorge; première dorsale courte, soutenue de trois rayons épineux; seconde, molle et longue, ainsi que l'anale qui lui répond. Les intestins courts manquent de cæcum dans les espèces qu'on a disséquées. La vessie natatoire est profondément fourchue en avant. Ces Poissons voraces et pêcheurs se tiennent cachés dans la vase où ils tendent des embûches aux autres habitans des eaux; leur piqûre passe pour dangereuse. Le peu d'espèces qui constituent ce genre peuvent se répartir dans les deux divisions suivantes:

† Espèces dont la bouche est pourvue de barbillons en assez grand nombre.

Le TAU, Batrachus Tau, Bloch., T. VI. f. 2–3. Encycl. Pois. pl. 30. f. 109. Gadus Tau, L.; Gmel. Syst. nat. XIII. 1. part. III. 1172. Poisson dont la tête grande et large est marquée entre les yeux et jusque vers la nuque d'une tache qui rappelle le Tau grec; les opercules munis de trois aiguillons. Son corps est couvert d'une mucosité remarquable; il habite les côtes de la Caroline. B. 6. D. 3. 20. 26. P. 20. J. 1/6. A. 13. 15. 22. C. 12. 16.

La GRENOUILLÈRE, Batrachus blennoides; Blennius raninus, Gmel. Syst. nat. XIII. 1. p. III. p. 1183. Poisson vorace des lacs de la Suède, dont la chair n'est pas bonne à manger, et qui, de même que le précédent, laisse échapper de toute la surface de son corps une abondante mucosité. Les deux premiers rayons de chaque nageoire jugulaire sont terminés par un long filament. B. 7. D. 3–56 P. 22. J. 2/6. A. 6. C. 30.

Le GROGNIARD, Batrachus grunniens, Bloch., 2. t. Cottus grunniens, L.; Gmel. Syst. nat. XIII. part. III. 1208; Séba. III. t. 23. f. 4. Poisson des mers australes, soit de l'Inde, soit de l'Amérique; dont la tête est grande, avec les yeux petits; dont l'iris est rouge, et qui a quatre aiguillons à l'opercule. Sa chair est excellente, mais son foie est fort amer. Il fait entendre un grognement. B. 6. D. 3 — 20. P. 22. J. 4. A. 16. C. 11.

†† Espèces dont la bouche est dépourvue de barbillons.

Le NIGUI, Batrachus surinamensis, Schn. pl. 7. Ce Poisson, mentionné par Marcgrave (Bras. p. 78) a été con-

TOME II. 15

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fondu par Gmelin (loc. cit.) avec l'espèce précédente. Le Gallus grunniens de Willughby, qui a été également confondu, pourrait bien, s'il n'est pas le même Poisson, former une nouvelle espèce dans la seconde division du genre dont il vient d'être question. (B.)

BATRACHOSPERME. Batrachosperma. BOT. CRYPT. (Cahodinées; section des Diphytes.) Les Plantes de ce genre forment dans la nature un groupe si remarquable, qu'on a lieu d'être surpris que Dillen, et Linné après lui, n'en aient point formé au moins une section particuliere, dès qu'ils entreprirent de débrouiller la cryptogamie. L'on n'a pas besoin d'emprunter le secours du microscope pour remarquer combien la forme, la consistance, l'extrême flexibilité, et surtout la mucosité de ces élégans Végétaux, les éloignent de tous ceux dont on les avait rapprochés. Dillen avait, sous le nom de Conferves lubriques, désigné plusieurs variétés ou espèces de Batrachospermes; Linné les confondit toutes sous le nom de Conferva gelatinosa. A son exemple, la plupart des botanistes réunirent sous ce même nom tout ce qui leur parut des Conferves muqueuses au toucher. Weiss, le premier sans doute, ayant soumis au microscope le Conferva fontana nodosa spermatis Ranarum instar lubrica de Dillen, sentit combien un tel rapprochement était peu fondé, et rangea cette Plante parmi les Charagnes sous le nom de Chara Batrachosperma; ce nom de Batrachosperma désigne l'espèce de ressemblance que Weiss trouva entre ce qu'il avait examiné, et les séries de globules gélatineux dans lesquels sont contenus les œufs de plusieurs Batraciens. Depuis long-temps, cette ressemblance avait frappé les botanistes, comme nous le voyons par la phrase citée de Dillen. On a reconnu, depuis Weiss, que le Confervagelatinosa, L., ne pouvait guère non plus demeurer parmi les Charagnes, et l'on s'est accordé unanimement pour en faire un nouveau genre. Dès l'an III, nous l'avions établi dans notre collection et communiqué à notre savant ami Draparnaud qui l'avait adopté. Plus tard Roth, et après lui, Vaucher et De Candolle l'ont consacré en lui appliquant le nom trivial de Weiss comme générique; ces auteurs ont seulement changé, sans motifs, sa terminaison féminine que nous conservons, parce que l'usage et l'antériorité sont en sa faveur. Nous avons enfin publié, en 1808, dans les Annales du Muséum d'Histoire naturelle, T. XII, p. 303, une monographie de ce genre dont les caractères sont établis ainsi qu'il suit: filamens très-flexibles, dont les rameaux cylindriques et articulés sont chargés de ramules microscopiques, simples ou divisées à leur tour, formées d'articles ovoïdes moniliformes, et terminées par un prolongement capillaire tellement fin, que la plus forte lentille n'y découvre aucune organisation. Ce sont de tels prolongemens dont paraît se composer la mucosité, qui enveloppent, non-seulement les Batrachospermes, mais encore les autres Chaodinées diphytes et plusieurs Trémellaires. V. ces mots. Nous avions dans l'origine soupçonné quelque animalité dans les Batrachospermes; la souplesse de leurs mouvemens, la manière dont les élégantes touffes qu'elles forment fuient sous la main qui les veut saisir, nous avaient fait illusion. Nous n'y avons reconnu depuis que de simples Plantes, et nous avons saisi jusqu'à leur fructification; cette fructification consiste en gemmes formées de corpuscules agrégés, supportées par une sorte de pédicule articulé, environnées de ramules dans quelques espèces, et paraissant même à l'œil nu, comme des points noirs dans la masse, en apparence, homogène des petits verticilles, quand ceuxci existent. Ornement des Eaux pures, toutes les espèces de Batrachospermes qui nous sont connues habitent les fontaines froides et sombres, ou des ruisseaux et des trous de tourbières qu'ombragent des Phanérogames aquatiques. Elles sup-

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portent quelquefois un courant trèsfort sans se plaire cependant dans les lieux où le mouvement serait trop rapide. Il en est de marines, indépendamment de certaines espèces d'Hydrophytes de l'Océan, qui en ont l'aspect, mais qui appartiennent à d'autres genres plus ou moins voisins. Nous n'avons pas considéré comme des Batrachospermes toutes les Plantes que Roth, Vaucher et De Candolle avaient confondues sous ce nom. Il n'est qu'une ou deux des espèces de ces auteurs, qui, selon nous, doivent demeurer dans ce genre, auquel nous avons apporté quelque changement depuis ce que nous en avions publié. L'organisation des Batrachospermes est non-seulement déjà assez compliquée, mais encore difficile à détruire; ces Plantes se conservent fort long-temps, quoique mortes, dans de l'eau où le microscope peut prouver qu'elles n'ont subi que des altérations de couleur. Elles adhèrent fortement au papier sur lequel on les prépare, et paraissent revenir à la vie lorsqu'on les humecte, même après des années de dessication. Nous en connaissons dix-neuf espèces qui se rangent naturellement dans les sous-genres suivans:

† LÉMANINES, filamens opaques ayant leurs articulations renflées; des ramules simples ou à peu près, beaucoup plus rares, et dont plusieurs ne sont pas seulement disposées en verticilles, mais répandues sur toutes les Plantes. Le microscope seul dénote l'existence de ces ramules transparens qui n'ont souvent que trois ou quatre articles, ce qui nous les avait d'abord fait méconnaître. Nous avions rapporté les trois espèces dont se forme cette section au genre Lemanée. V. ce mot. Les Lémanines sont beaucoup moins muqueuses au toucher que leurs congénères; le savant algologue Agardh nous dit les regarder comme des états de son Batraehosperme en collier qui est notre B. ludibunda. Nous pouvons répondre qu'il est complètement dans l'erreur.

Les Batrachospermes Lémanines qui nous sont connues sont: 1°. Batrachosperma sertularina, N. Lemanea sertularina, Ann. Mus. f. XII. fig. 1. — 2°. B. Dillenii, N. Lemanea Dillenii, Ann. Mus. loc. cit. fig. 2. — 3°. B. tenuissima, N. α et β Lemanea Batrachospermosa, Ann. Mus. loc. cit. fig. 3 et 4. Conferva, Roth. cat. III. 306. Cand, Flor. fr. 2. 120.; Dillw. Conf. brit. pl. 2. Ces trois espèces habitent la France où la dernière, la plus élégante de toutes, est aussi plus généralement répandue.

†† THORINIES, filamens pellucides ayant leurs articulations à peu près égales ou peu distinctes; les ramules simples on divisées, répandues et plus ou moins serrées sur toute la surface de la Plante, comme dans les Thorées, et ne formant de verticilles que d'une manière obscure et généralement incomplète. Le genre du Dudresnaya, récemment établi par Bonnemaison, rentre parmi les Thorinies.

A. Especes marines.

4°. B. zostericola, N. A filamens simples, flexueux, brunâtres, émettant à peine quelques rudimens de rameaux; parasite des Zostères et des Fucus, ainsi que la suivante. — 5°. B. alcyonidca, N. Alcyonidium vermiculatum, Lamx.—6°. B. aestivalis, N. Très-rameuse, avec une teinte rose. Commune en été sur les Fucus, à Belle-Ile en mer, — 7°. B. spongodioides, N. Rivularia multifida, Web. et Morh. — 8°. B. miniata, N. Espèce singulière qui ressemble à une gelée albumineuse légèrement teinte de pourpre, mais où l'on distingue aisément au microscope l'organisation des Batrachospermes Thorinies. — 9°. B. rivularioides, N. Rivutaria verticillata Engl. Bot. — 10°. B. crassiuscula, N. Ceramium tuberculosum, Roth. —

Le Seytosiphon paradoxus de Lyngbye, examine, pourrait bien rentrer dans cette division. Cette Plante ne peut en aucun cas, si la figure donnée est exacte, demeurer confondue dans un même genre avec les Ulva latissima et compressa, L.

15*

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B. Espèces d'eau douce.

11°. Batrachospermaturfosa, N. Ann. Mus. T. IIX. tab. 31. f. 1. Batr. moniliforme, α vagum, Roth. cat. II. 187. Batr. vagum, Lyngbie? Tent. 188. t. 64. f. 2. Nous ne rapportons qu'avec doute le synonyme de Lyngbye, parce que nous ne voyons pas sur le rameau principal de la figure les ramules que nous avons cités comme les devant revêtir. Cette espèce, du plus beau vert tendre et de l'aspect le plus gracieux, vit dans les eaux profondes des tourbières. Thore, le premier, la découvrit aux environs de Dax; Mougeot nous l'a depuis envoyée des Vosges qu'il explore d'une manière si utile pour la Flore française. Persoon a cru voir, dans les échantillons envoyés par cet excellent botaniste, une espèce distincte qu'il proposait de nommer cœrulœa; ce nom eût été certainement un double emploi.-12°. Batrachosperma bambusina, N. Ann. Mus. loc. cit. t. 29. f. 1. Espèce fort élégante des îles de France et de Mascareigne dans l'hémisphère austral; ses. verticilles sont fort distincts, mais des ramules se voient sur les tiges.—13°. Batrachosperma hybrida, N. Espèce encore inédite qui forme sur la vase ou les Plantes aquatiques de quelques étangs, des touffes d'un brun jaunâtre, présentant l'aspect des Batrachospermes de la section suivante, mais qui, vues au microscope, offrent des ramules simples, épars sur toute l'étendue des tiges. Les ramules des verticilles sont pressées, dichotomes, et leurs articulations sont un peu opontioïdes. C'est dans l'étang de Saint-Gratien, vallée de Montmorency, que nous avons, pour la première fois, observé ce Végétal dont la figure n'a point encore été gravée.

††† MONILINES, filamens nus dans leur étendue, n'offrant de ramules qu'aux verticilles par lesquels l'articulation est entourée. Le Conferva gelatinosa de Linné convient à toutes les Plantes de cette section, la plus nombreuse en espèces d'un port élégant. Ces espèces sont:

14°. Batrachosperma helmentosa, N. loc. cit. t. 29, f. 2. Corallina pinguis, ramosa, viridis, Vaillant. Paris, T. VI. (Médiocre.)—15°. Batr. ludibunda: α confusa, N. loc. cit. t. 39. fig. 3. — β moniliforma, N. t. 30. fig. 1. Batr. moniliforma.) Roth. cat. III. 160. Vaucher. Conf. T. XI. f. 4. Cand. Flor. fr. 11. 59. Lyngbie. Tent. 187. t. 64. 1. (Médiocre.) La plus commune de toutes. — γ pulcherrima, N. t. 30. fig. 3, d'une couleur qui passe facilement au violet, et rend les échantillons de cette variété fort remarquables dans les herbiers. — δ viridis, N. pl. 30, f. 4. — ε stagnalis, N. pl. 30. f. 5.—16°. Batrachosperma œquinoxialis, N. loc. cit. pl. 29. Nous avions pris cette espèce, trouvée dans les îles de France et de Mascareigne, pour une variété de la précédente, et l'avions mentionnée sous le signe β. La disposition de ses rameaux, mieux examinée, ne permet plus de confondre ces Plantes sous un même nom. — 17°. Batrachosperma cœrulescens, N. loc. cit. pl. 30. fig. 3. Nous avions également confondu cette charmante espèce avec les variétés du ludibunda sous le signe ε. Des observations ultérieures nous l'en ont fait séparer. — 18°. Batr. Keratophyta, N. loc. cit. t. 31. fig. 2. Espèce très-voisine du Batr. turfosa, no 4, mais dont la tige, cornée à sa base surtout, est constamment nue.

†††† DRAPARNALDINES, filamens vagues, hyalins, entièrement nus, cylindriques, aux articulations peu sensibles desquels les ramules forment des verticilles qui ne sont pas toujours complets. On voit ici l'une des nombreuses preuves que la nature ne procède jamais par bonds. Déjà une section des Batrachospermes indique un passage aux Thorées; celle-ci en forme un avec les Draparnaldies. Une seule espèce y fut observée jusqu'ici.

19°. Batrachosperma tristis, N. loc. cit. pl. 31, qui renferme deux variétés, la pâle, chlora, fig. 3. et la colorée, corolata, fig. 4, d'un verdâtre peu apparent, ou devenant brune dans quelques circonstances. A peine

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