RECORD: Bory de Saint-Vincent, Jean Baptiste Georges Marie, ed. 1822-31. Dictionnaire classique d'histoire naturelle. 17 vols. Paris: Rey & Gravier. Volume 3.

REVISION HISTORY: Transcribed by AEL Data 04.2014. RN1

NOTE: This work formed part of the Beagle library. The Beagle Library project has been generously supported by a Singapore Ministry of Education Academic Research Fund Tier 1 grant and Charles Darwin University and the Charles Darwin University Foundation, Northern Territory, Australia.


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DICTIONNAIRE

CLASSIQUE

D'HISTOIRE NATURELLE.

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Liste des lettres initiales adoptées par les auteurs.

MM.

AD. B. Adolphe Brongniart.

A. D. J. Adrien de Jussieu.

A.D.. NS. Antoine Desmoulins.

A. R. Achille Richard.

AUD. Audouin.

B. Bory de Saint-Vincent.

C. P. Constant Prévost.

D. C.. E. De Candolle.

D.. S. Deshaies.

D.. Z. Drapiez.

E. Edwards.

F. Daudebard de Férussac.

FL.. S. Flourens.

G. DEL. Gabriel Delafosse.

GEOF. ST.-H. Geoffroy de St.-Hilairc

G.. N. Guillemin.

ISID. B. Isidor Bourdon.

K. Kunth.

LAM.. X. Lamouroux.

LAT. Latreille.

LUC. Lucas fils.

La grande division à laquelle appartient chaque article, est indiquée par l'une des abréviations suivantes, qu'on trouve immédiatement aprè son titre.

ACAL. Acalèphes.

ANNEL. Annelides.

ARACHN. Arachnides.

BOT. Botanique.

CRUST. Crustacés.

CRYPT. Cryptogamie.

ECHIN. Echinodermes.

FOSS. Fossiles.

GÉOL. Géologie.

INF. Infusoires.

INS. Insectes.

INT. Intestinaux.

MAM. Mammifères.

MIN. Minéralogie.

MOLL. Mollusques.

OIS. Oiseaux.

PHAN. Phanerogamie.

POIS. Poissons.

POLYP. Polypes.

REPT. BAT. Reptiles Batraciens.

—CHEL.—Chéloniens.

—OPH.—Ophidiens.

—SAUR.—Sauriens.

ZOOL. Zoologie.

IMPRIMERIE J. TASTU, RUE DE VAUGIRARD N° 36.

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DICTIONNAIRE

CLASSIQUE.

D'HISTOIRE NATURELLE,

PAR MESSIEURS

AUDOUIN, Isid. BOURDON, Ad. BRONGNIART, DE CANDOLLE, DAUDEBARD DE FÉRUSSAC, DESHAIES, A. DESMOULINS, DRAPIEZ, EDWARDS, FLOURENS, GEOFFROY DE SAINT-HILAIRE, GUILLEMIN, A. DE JUSSIEU, KUNTH, G. DE LAFOSSE, LAMOUROUX, LATREILLE, LUCAS fils, C. PRÉVOST, A. RICHARD, et BORY DE SAINT-VINCENT.

Ouvrage dirigé par ce dernier collaborateur, et dans lequel on a ajouté, pour le porter au niveau de la science, un grand nombre de mots qui n'avaient pu faire partie de la plupart des Dictionnaires antérieurs.

TOME TROISIÈME.

CAD-CHI.

PARIS.

REY ET GRAVIER, LIBRAIRES-ÉDITEURS,

Quai des Augustins, n° 55;

BAUDOUIN FRÈRES, LIBRAIRES-ÉDITEURS,

Rue de Vaugirard, n° 36.

1823.

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DICTIONNAIRE

CLASSIQUE.

D'HISTOIRE NATURELLE.

CAD

CAD. BOT. PHAN L'un des noms du Genevrier en vieux français. Adanson écrit Kad. (B.)

CADABA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Capparidées, établi par Forskahl qui lui a donné ce nom, que Vahl avait changé en celuide Stroemia. Son calice est composé de quatre sépales étalés et caducs; ses pétales, onguiculés et au nombre de quatre, manquent quelquefois; quatre ou cinq étamines, à filets grêles, à anthères dressées, s'insèrent sur le sommet d'un support qui soutient l'ovaire. En bas et sur le côté de ce même support, se présente un appendice tubuleux inférieurement et qui finit supérieurement en languette. L'ovaire, que termine un stigmate obtus et sessile, devient une silique cylindrique, s'ouvrant en deux valves qui se roulent en dehors et contenant dans une seule loge, remplie de pulpe, des graines nombreuses sur un triple rang. A trois espèces originaires de l'Arabie-Heureuse et décrites par Forskahl, savoir les Cadaba rotundifolia, glandulosa et farinosa, on en a réuni une quatrième de l'Inde, le Cleome fruticosa de Linné. Toutes les quatre sont des Arbrisseaux. La première présente des feuilles orbiculaires et glabres; la seconde des feuilles arrondies et recouvertes de poils visqueux. L'une et l'autre sont dépourvues de pétales, tandis qu'on en observe dans le C. farinosa dont les feuilles sont allongées et farineuses, ainsi que dans le C. tetrandra qui doit son nom au nombre de ses étamines, moindre de l'unité que dans les trois premières. Les fleurs sont disposées en grappes à l'extrémité des rameaux. (A. D. J.)

* CADALE. BOT. PHAN. (Léchenault.) Syn. de Cicer arietinum, aux environs de Pondichéry. (B.)

CADALI OU KADALI. BOT. PHAN. (Ray.) Syn. d'Osbeckia zeylanica, L. V. OSBECKIE.

* Les Malabares donnent, selon Adanson, ces noms à un Mélastome. (B.)

* CADALINI. BOT. PHAN. Nom portugais d'une variété de Banane dans l'Inde. (B.)

CADALI-PUA. BOT. PHAN. Syn. malabare de Munchausie. V. ce mot. (B.)

CADAMBA. BOT. PHAN. (Sonnerat.) Syn. de Guettarda speciosa. V. GUETTARDE. (B.)

CADA-NAKU OU KADANACU. Syn. d'Aloe perfoliata à la côte de Malabar. (B.)

TOME III. 1

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CADA-PiLAVA OU CODA-PILAVA. BOT. PHAN. Syn. de Morinda citrifolia à la côte de Malabar. Adanson écrit Kada-Pilava. (B.)

CADAR. BOT. PHAN. Probablement la même chose que Cadare? V. ce mot. (B.)

* CADARE. BOT. PHAN. Syn. d'Aloe vera à la côte de Malabar. (B.)

CADARON. BOT. PHAN. Une espèce d'Hieracium chez les Arabes. V. EPERVIÈRE. (B.)

CADAVANG OU CADAWANG. BOT. PHAN. (Plukenet.) Syn. de Gleditsia inermis à Java. V. GLEDITSIE. (B.)

CADAVRE. ZOOL. V. MORT.

CADDATI OU CATTATI. BOT. PHAN. Syn. de Bauhinia tomentosa à la côte de Coromandel. (B.)

CADDO. OIS. Syn. anglais de Choucas, Corvus Monedula, L. V. CORBEAU. (DR.. Z.)

CADDOU-COULLOU. BOT. PHAN. Et non CADDON-COULLOU. Même chose que Caddati et non Coddati. (B.)

CADE ET CADÉ. BOT. PHAN. Probablement de Cad. V. ce mot. Syn. d'Oxicèdre, Juniperus Oxicedrus, L. en provençal. (B.)

CADE-ÉLÉMICH. BOT. PHAN. Syn. de Ziziphus Œnoplia à la côte de Coromandel. (B.)

CADEJI-INDI. BOT. PHAN. (C. Bauhin.) Syn. de Laurus Malabathrum, Lamk. V. LAURIER. (B.)

CADELAFON. BOT. PHAN. (Scaliger.) Variété de Banane qui est peut-être la même que celle que les Portugais de l'Inde nomment Cadalini. (B.)

CADELARl. BOT. PHAN. De Kadelari, nom malabare sous lequel on désigne, dans quelques ouvrages, le genre Achyranthe V. ce mot. (B.)

CADEL-AVANACU BOT. PHAN. Et non Avanaca. Syn. de Croton Tiglium à la côte de Malabar. (B.)

CADELI-POEA ET SOTULARI. Syn. indou d'Adamboë V. ce mot. Adanson écrit Kadeli-Poea. (B.)

CADELIUM. BOT. PHAN. (Rumph. Amb. 5. pl. 140.) Syn. de Phaseolus Max, appellé Kadelée à Java et à Balis. V. DOLIC. (B.)

CADELLE. INS. Nom sous lequel on a désigné et on désigne encore, dans le midi de la France, une larve d'Insecte Coléoptère qui se nourrit de la substance farineuse du Blé renfermé dans les greniers. Cette Larve a d'abord été décrite par Rozier (Cours d'Agriculture), et ensuite par Dorthe (Mém. de la Soc. d'agriculture de Paris. 1er trimestre, 1787). Ce dernier observateur a suivi ses métamorphoses, et nous a appris que l'Insecte parfait était le Tenebrio mauritanicus de Linné ou le Trogossite mauritanique d'Olivier. V. TROGOSSITE. (AUD.)

CADELPACHI. BOT. PHAN. Plante de la côte de Coromandel que Bosc croit appartenir au genre Scorsonère. (B.)

CADENACO OU KADENAKO. BOT. PHAN. Syn. indou de Sanseviera lanuginosa, Willd. V. SANSEVIÈRE. (B.)

* CADENELLES. BOT. PHAN. On appelle ainsi dans le Languedoc et dans la Provence les fruits du Juniperus Oxicedrus. V. CADE. (B.)

CADIE. Cadia. BOT. PHAN. Forskahl nomme ainsi un Arbrisseau qui croît dans l'Égypte et l'Arabie, et qui par son port ressemble au Tamarin. C'est le même que Piccivoli, botaniste italien, appelait Panciatica et dont Desfontaines, sous le nom de Spaendoncea, a fait un genre consacré à un célèbre peintre de fleurs. Il le plaça parmi les Légumineuses à corolle régulière et à gousse uniloculaire bivalve. Son calice est campanulé et quinquefide; ses pétales égaux entre eux, au nombre de cinq en général, plus rarement de six ou sept, se rapprochent en formant une cloche régulière, qui passe du blanc au rouge et rappelle la corollc de la Mauve. Le nombre des étamines est double de

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celui des pétales, c'est-à-dire varie de dix à quatorze; leurs filets, libres et égaux, s'épaississent vers leur base. Les feuilles sont composées de plusieurs paires de folioles terminées par une impaire, et munies de stipules sétacées. Ses pédoncules axillaires et solitaires portent une ou deux fleurs. (A. D. J.)

CADITE. ÉCHIN. FOSS. Quelques oryctographes ont donné ce nom à des articulations d'Encrines fossiles, rondes et non anguleuses. (LAM.. X.)

CADJAN OU CADJANG. BOT. PHAN. Méme chose que Cajan, V. ce mot. (B.)

CADJOE-COÉ. BOT. PHAN. (Burman fils.) Syn. de Choux de la Chine. (B.)

CADJU. BOT. PHAN. L'un des noms indiens de l'Acajou. V. ce mot. (B.)

CADMIE. MIN. Oxide gris de Zinc, qui, dans le traitement de la Calamine ou de tout Minerai zincifère, s'attache aux parois du fourneau; elle est en masses concrétionnées d'un gris cendré; on l'emploie en pharmacie dans quelques préparations anti-ophtalmiques.—D'anciens minéralogistes appelaient CADMIE NATURELLE ou FOSSILE l'Oxide blanc d'Arsénic, l'arséniate de Cobalt, la Calamine, etc. (DR.. Z.)

* CADMIUM. MIN. Métal découvert en 1818, par Stromeyer, dans divers minerais de Zinc. Il est d'un blanc légèrement bleuâtre, éclatant, mou, flexible, un peu plus dur et plus tenace que l'Etain. Sa pesanteur spécifique est de 8,69; il se fond avant de rougir, et se volatilise à une température plus élevée; il cristallise par décantation en octaèdres; il se combine avec l'oxigène dans les proportions de 100 à 14,352; il forme avec les Acides des sels incolores; il s'allie avec la plupart des autres Métaux. (DR.. Z.)

CADMON OU CATMON. BOT. PHAN. Syn. de Dillenie. V. ce mot. (B.)

CADOCS. BOT. PHAN. Double emploi de Cadoques. V. ce mot. (B.)

* CADOLINI. BOT. PHAN. Même chose que Cadalini. V. ce mot. (B.)

CADOO. BOT. PHAN. (Marsden.) Espèce de Poivre dans l'Inde, peut-être le Betel. (B.)

CADOQUES. BOT. PHAN. Nom vulgaire des graines du Guilandina Bonduc aux îles de France et de Mascareigne, où l'on appelle aussi CADOQUES NOIRES les fruits d'une Légumineuse qui paraît être un Dolic, peut-être la Plante figurée dans Rhéede, T. VIII, pl. 46, sous le nom de Tseria-Cametti-Valli. (B.)

CADOREUX. OIS. Syn. vulgaire du Chardonneret, Fringilla Carduelis, L. V. GROS-BEC. (DR.. Z.)

CADORIJA. BOT. PHAN. Syn. d'Hypecoom procumbens dans les provinces de Grenade et de Murcie en Espagne. (B.)

CADOUCAIE. BOT. PHAN. (Lettres édifiantes, nouv. édit. T. IV, p. 148.) Syn. présumé de Myrobolan. (B.)

CADRAN. OIS. Espèce du genre Merle, figurée par Levaillant, pl. 109 de ses Oiseaux d'Afrique. V. MERLE. (DR..Z.)

CADRAN. MOLL. V. SOLARIUM.

CADRAN OU CADRANURE. BOT. PHAN. Maladie des Arbres très-vieux, où les zônes ligneuses du centre se détachent les unes des autres. (B.)

CADRAN. BOT CRYPT. L'un des noms vulgaires de l'Oronge, espèce d'Agaric. (B.)

CADUC, deciduus. BOT. C'est-à-dire qui tombe. On donne ce nom aux parties des Végétaux qui ne persistent pas pendant le développement des organes, dans la composition desquels ces parties entraient d'abord. Le calice est caduc dans le Pavot. Les stipules sont caduques dans quelques Passionaires. La corolle est caduque dans les fleurs de la Vigne, etc. (B.)

CADUK-DUK. BOT. PHAN. On donne indifféremment à Java ce nom au Melastoma aspera et au Melastoma octandra. V. MÉLASTOME. (B.)

1*

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CADULA ET CADUTAS. BOT. PHAN. Pour Kadula et Kadutas. V. ces mots. (B.)

CADUL-GAHA OU GAHÆ. BOT. PHAN. Syn. de Xylocarpe. V. ce mot. (B.)

CADUTAS. BOT. PHAN. V. CADULA.

CADYTAS. BOT. PHAN. Pour Kadutas. V. KADULA.

CÆCALYPHE. BOT. CRYPT. V. CECALYPHUM.

CÆLACHNE. BOT. PHAN. V. COELACHNE.

CÆLA-DOLO. BOT. PHAN. Syn. indou de Tarenia asiatica, dont Adanson (Fam. Plant. T. II, p. 209) avait formé son genre Kæla. (B.)

* CÆLESTINE. Cœlestina. BOT. PHAN. Genre formé par H. Cassini, dans la tribu des Eupatoriées, famille des Corymbifères, Singénésie Polygamie égale, L. et qui ne renferme jusqu'ici qu'une espèce fort élégante, qui paraît être l'Eupatorium cœlestinum, L., et qu'on cultive dans les serres du Jardin des Plantes, où l'élégance de ses fleurs, d'un bleu sublime, la fait remarquer. Elle avait déjà été figurée dans l'Hortus Elthamensis, t. 114, f. 139. On en trouve un beau dessin dans le Dictionnaire de Levrault. Les caractères du genre sont, selon son auteur: calathide multiflore, flosculeuse, composée de fleurons hermaphrodites; péricline sub-cylindracé, irrégulièrement imbriqué, et formé d'écailles foliacées, inégales, linéaires, lancéolées; le clinanthe nu et conique; la cypsèle pentagone, glabre et surmontée, au lieu d'aigrette, d'une petite couronne formée par une membrane cartilagineuse, continue, dont le bord est irrégulièrement sinué et denticulé. (B.)

CÆLESTINE. MIN. V. CÉLESTINE.

GÆNOMYE. INS. V. COENOMIE.

CÆNOPTÈRE. Cœnopteris. BOT. CRYPT. (Fougères.) Nom donné par Swartz au genre Daréa de Jussieu. V. ce mot et ASPLENIE. (AD. B)

* CÆNOTHALAMES. Cœnothalami. BOT. CRYPT.(Lichens.) Classe seconde de la famille des Lichens dans le système d'Achar, qui renferme tous les Lichens dont les scutelles ou apothécies sont formées en partie par la fronde ou le thallus du Lichen, et en partie par une substance particulière. Cette classe sé divise en trois ordres; les Phymatoïdes qui renferment les genres dont les apothécies sont contenues dans une sorte de verrue, formée par la fronde; les Discoïdes dans lesquels les apothécies sont en forme de scutelles entourées par un rebord produit par la fronde; les Cephaloïdes dont les apothécies sont en forme de têtes ou de globules pédicellées ou sessiles à l'extrémité des rameaux, et ne sont entourés par aucun rebord. V. CÉPHALOIDES, DISCOIDES, PHYMATOIDES. (AD. B.)

* CÆOMA. BOT. CRYPT. (Urédinées.) Link a donné ce nom et ensuite celui d'Hypodermium à un genre dans lequel il réunit les Æcidium et les Uredo des autres auteurs, c'est-à-dire toutes les Urédinées épiphytes à capsule uniloculaire. Il le divise en six sous-genres, sous les noms de Ustilago, Uredo, Cœomurus, Æcidium, Peridermium, Rœstelia; mais nous pensons que malgré la grande analogie qui existe entreles Uredo et les Æcidium, on doit conserver ces deux genres. On doit alors rapporter aux Uredo les trois premiers sous-genres de Link; nous avons déjà indiqué les trois derniers à l'article Æcidium. V. tous ces mots. (AD. B.)

* CÆOMURUS. BOT. CRYPT. (Urédinées.) Sous-genre établi par Link dans le genre Cœoma, et qui doit, si on conserve la division ancienne de ce genre en Æcidium et Uredo, faire partie du genre Uredo; il renferme toutes les Puccinies à une loge de De Candolle qui sont de vrais Uredo à capsules pédicellées, comme cet habile botaniste l'a reconnue dans le Supplément de la Flore français;

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telles sont les Puccinia Trifolii. D. C., Puccinia Phyteumarum, l'Uredo appendiculata, Persoon, etc. Peut-être devra-t-on un jour regarder ce sous-genre comme un genre distinct, intermédiaire aux Uredo et aux Puccinies. V. UREDO. (AD. B.)

CÆSALPINIE. Cœsalpinia, L. BOT. PHAN. Genre de la famille des Légumineuses et de la Décandrie Monogynie, L., ainsi caractérisé: calice urcéolé, quinquéfide, dont le sépale inférieur est plus long; corolle presque régulière à cinq pétales, dont l'inférieur est souvent plus coloré; dix étamines libres et d'une longueur à peu près égale à celle des pétales, à filets laineux; légume oblong, comprimé, bivalve et polysperme, quelquefois tronqué à son sommet, et terminé obliquement en pointe, renfermant deux ou six graines, ovoïdes ou rhomboïdales. Ces caractères donnés par Jussieu et Lamarck diffèrent très-peu de ceux attribués par les mêmes auteurs au genre Poinciana. Aussi ce dernier penche-t-il beaucoup à réunir les deux genres en un seul, et cette opinion a été embrassée sans réserve par Persoon dans son Enchiridium botanicum. En outre, ces genres sont tous les deux composés de Végétaux arborescens, qui habitent entre les tropiques.

Deux espèces du genre Cæsalpinie sont fort intéressantes à connaître, à cause du haut degré d'utilité qu'elles offrent à la teinture. Ce sont les Cœsalpinia echinata, Lamck. et C. Sappan, L.; le premier fournit le bois de Brésil ou Brésillet de Fernambouc, grand Arbre qui croît naturellement dans l'Amérique méridionale, et que l'on reconnaît aisément à ses rameaux longs et divergens, couverts de feuilles deux fois ailées, à folioles ovales et obtuses. Les grappes de ses fleurs, panachées de jaune et de rouge, exhalantune bonne odeur, produisent aussi un effet très-agréable. Quoique son bois reçoive bien le poli, et soit par conséquent très-propre aux ouvrages de tour et d'ébénisterie, on l'emploie rarement à cet usage; mais on en fait un commerce considérable pour la teinture en rouge. Cette couleur, comme tous les autres rouges végétaux, u'a pourtant pas beaucoup de fixité, et il est nécessaire de lui associer d'autres substances tinctoriales, ou de l'aviver par des procédés chimiques.

L'autre espèce a un bois qui se vend dans les Indes-Orientales, où il est indigène, pour les mêmes usages que le bois de Brésil en Europe. Il paraît plus facile à travailler et plus riche en principe colorant, car il donne une plus belle teinte rouge au coton et à la laine. Au reste, c'est un petit Arbre de quatre à cinq mètres de hauteur et de vingt centimètres dans le plus grand diamètre de son tronc, qui porte, ainsi que plusieurs autres espèces, des branches couvertes de piquans, et chargées de feuilles bipinnées à folioles obliques et échancrées. Il est figuré dans Roxburg, (Fl. Coromand. t. 16). On le connaît dans le commerce, sous le nom de Bois de Sappan ou Brésillet des Indes. Lamarck décrit (Encycl. 1. p. 462) une espèce indigène du Malabar, qui a des folioles aussi contractiles, lorsqu'on les touche, que celle de là Sensitive, et qu'il nomme pour cette raison Cœsalpinia mimosoïdes. (G..N.)

CÆSIE. Cœsia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Asphodélées, voisin du Phalangium. R. Brown, quil'a établi, lui donne pour caractères: un calice à six divisions étalées, égales, caduques; six étamines dont les filets sont glabres et latéralement rétrécis, les anthères insérées à ces filets par leur base échancrée; un ovaire à trois loges dispermes; un style filiforme; un seul stigmate; une capsule dont les valves sont à peine sensibles, renflée à son sommet en bosse ou en massue; des graines ventrues, présentant autour de leur ombilic ces appendices calleux que Salisbury nomme strophioles. Ce genre renferme des Plantes herbacées, ordinairement annuelles, glabres, dont la racine se compose de faisceaux de

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fibres assez épaisses, ou de tubercules allongés. Leurs feuilles sont graminées. Les pédicelles solitaires ou réunis plusieurs ensemble s'articulent avec le calice, et se disposent en grappes simples ou composées. Les anthères sont jaunes, les fleurs blanchâtres ou bleues, dressées, plus rarement penchées; le calice se contourne en spirale, après la floraison, et ne tarde pas à tomber. Brown en décrit cinq espèces, recueillies dans la Nouvelle-Hollande. L'une d'elles, le C. lateriflora, s'éloigne de ses congénères par son port, son inflorescence, ses filets un peu hispides, et sa capsule monosperme en forme de massue. (A. D. J.)

CÆSIO. POIS. Genre formé par Commerson, adopté par Lacépède dans son histoire des Poissons (T. III, p. 85 et suiv.), qui le place parmi les Thoraciques en le rapprochant des Scombéroïdes. Cuvier n'a pas même mentionné ce genre auquel Lacépède donne pour caractère; une seule dorsale, point de petites nageoires au-dessus ni au-dessous de la queue; les côtes de celles-ci sont relevées longitudinalement en carène; une petite nageoire, composée de deux aiguillons qu'unissent une membrane, se voit au-devant de l'anale qui est très-prolongée vers la queue; la lèvre supérieure est fort extensible; les dents sont si petites que le tact seul aide à les faire distinguer, elles garnissent les mâchoires. Deux espèces composent le genre Cæsio.

L'AZUROR, Cœsio cœruleus, beau Poisson d'une brillante couleur de bleu de ciel, qui se trouve aux Moluques, dont la chair est fort bonne à manger, et qu'un dessin de Commerson, reproduit dans Levrault, a fait connaître. B. 7, D. 9—15, P. 24, V. 6, A. 2—13, 6, 17.

Le POULAIN, Cœsio Æquulus, Lac. Centrogester Æquula, Gmel. Syst. Nat. T. III, pars 1337. Petit Poisson découvert par Forskahl dans les mers d'Arabie, dont une variété est décrite, d'après le même auteur, sous le nom de Scombre Meillet, par Bonaterre dans les planches de Poissons de l'Encyclopédie par ordre de matières. (B.)

CÆSIOMORE. Cœsiomorus. POIS. Genre fort voisin du Cæsio, ainsi que son nom l'indique, formé par Lacépède (T. III, p. 92), sur deux dessins de Commerson; de l'ordre des Thoraciques, et de la famille des Scombéroïdes. Ses caractères sont une seule dorsale; pas de petite nageoire en avant de l'anale; des aiguillons isolés au-devant de la dorsale. Cuvier n'a même pas mentionné ce genre où Lacépède établit deux espèces, qu'il dédie, l'une à Baillau, l'autre à Bloch. Le genre Cæsiomore doit être examiné de nouveau, aucun détail sur les dents n'accompagnant ce qu'on en a rapporté. (B.)

CÆSION OU CESION. POIS. Même chose que Cæsio. V. ce mot. (B.)

CÆSULIE. Cœsulia. BOT. PHAN. Corymbifères, Juss. Syngénésie Polygamie égale, L. Les fleurs, sessiles et solitaires à l'aisselle des feuilles, sont flosculeuses; l'involucre est composé de trois folioles; le réceptacle, garni de paillettes, qui enveloppent les akènes, dépourvus d'aigrette; les tiges sont rampantes ou grimpantes; les feuilles sont opposées et très-entières dans une espèce observée en Guinée, le C. radicans de Willdenow; alternes et dentées dans une seconde, originaire des Indes, le C. axillaris. Roxb. Corom. tab. 93. (A. D. J.)

CAFAGINA OU KAFAGINA. BOT. PHAN. Syn. de Lychnide. (B.)

CAFAL, CAFIL ET CAFEL. BOT. PHAN. (Daléchamp.) Et non Cafat, Cafit ou Cafet. Syn. arabes d'Agrimonia Eupatoria, L. V. AIGREMOINE. (B.)

CAFÉ OU CAFFÉ. BOT. PHAN. Graine du Cafeier ou Cafier. V. ces mots.

Le nom de Café a été étendu à d'autres substances végétales et à plusieurs Arbrisseaux divers; ainsi l'on a appelé:

CAFÉ BATARD ou MARRON, à la

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Martinique, le Coffea occidentalis, L. qui appartient aujourd'hui au genre Tetramariam. V. ce mot;

CAFÉ DE CHICORÉE, les racines de Scorsonère et de Chicorée qu'on emploie beaucoup en Allemagne, en guise de Café ordinaire;

CAFÉ DIABLE à Cayenne, l'Irancana guianensis d'Aublet;

CAFÉ FRANÇAIS, dans plusieurs provinces, divers fruits et graines indigènes qu'on a essayé de substituer au Café arabique dans l'office, tels que le Cicer arietimum, l'Orge, le Valantia Aparine, l'Hélianthe annuel, le Fragon, l'Iris faux-Acore, le Seigle ou le Hêtre.

CAFÉ MARRON, à Mascareigne, le Coffea mauritiana, Lamk., et les graines du Gaertneria. (B.)

CAFÉ AU LAIT. MOLL. Nom vulgaire et marchand du Ciprœa carneola. V. ClPRÆE. (B.)

CAFEIER OU CAFIER. Coffœa. BOT. PHAN. (Quelquefois écrit Cafeyer et Caffier.) Ce genre intéressant appartient à la famille naturelle des Rubiacées et à la Pentandrie Monogynie, L. et offre pour caractères généraux: des fleurs axillaires, composées d'un calice presque globuleux, adhérent avec l'ovaire infère, et terminé par cinq dents; une corolle monopétale à tube long et grêle et à limbe presque plane, à cinq divisions aiguës, et assez longues; les cinq étamines sont saillantes: le fruit est une baie cérasiforme, globuleuse ou ovoïde, allongée, ombiliquée à son sommet et renfermant deux noyaux cartilagineux et monospermes; chaque graine est convexe du côté externe, plane du côté interne, où elle offre un sillon longitudinal profond. Les espèces de ce genre, au nombre d'une trentaine, sont toutes des Arbres ou des Arbrisseaux, portant des feuilles entières et opposées, avec des stipules intermédiaires, des fleurs axillaires ordinairement blanches. On doit en exclure les espèces décrites par Ruiz et Pavon, dans la Flore du Chili et du Pérou, et qui, ayant les fleurs disposées en corymbes termi-naux, se rapprochent beaucoup plus du genre déjà si nombreux des Psychotries. Toutes les véritables espèces de Cafeier sont originaires des contrées chaudes, soit du nouveau, soit de l'ancien continent. Il en est une entre elles qui, par son importance dans le commerce l'économie domestique et politique, mérite que nous entrions dans quelques détails sur ses caractères et sur son histoire.

Le CAFEIER D'ARABIE, Coffea arabica, L. est un Arbrisseau qui croît; en Arabie, particulièrement dans la province d'Yémen, sur les bords de la mer Rouge et aux environs de la ville de Moka. Son tronc, qui est cylindrique, s'élève à une hauteur de quinze à vingt pieds et se divise en branches opposées, un peu noueuses et grisâtres; ses feuilles, qui forment en tout temps une verdure agréable, sont opposées, presque sessiles, ovales, lancéolées, acuminées, très-entières, un peu onduleuses sur les bords, d'un vert un peu foncé et luisantes à leur face supérieure, entièrement glabres; les deux stipules sont lancéolées entières et glabres; les fleurs sont groupées à l'aisselle des feuilles supérieures; elles sont presque sessiles, blanches, et répandent une odeur extrêmement suave, que l'on compare à celle du Jasmin d'Espagne. Il leur succède des baies ou nuculaires cérasiformes, charnus, d'abord verts, puis rouges, et devenant enfin presque noirs à l'époque de leur maturité. Leur sommet est marqué par un petit ombilic; la pulpe est glaireuse et jaunâtre: les deux noyaux sont minces, cartilagineux, formés par l'endocarpe ou paroi interne du péricarpe et non par une arille, ainsi que plusieurs auteurs l'ont avancé. Les graines, qui sont convexes du côté extérieur, planes et marquées d'un sillon longitudinal du côté interne, ont une consistance dure et cartilagineuse.

Au rapport de Raynal, le Cafeier est primitivement originaire de la Haute-Ethiopie, où il était cultivé

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de temps immémorial, lorsque les Arabes le transportèrent dans leur pays à une époque qui est loin d'être déterminée avec précision. C'est particulièrement sur les bords de la mer Rouge, dans la province d'Yémen et surtout aux environs de la ville de Moka que les plantations de Cafeier ont le mieux prospéré; et encore aujourd'hui le Café le plus estimé est celui que le commerce nous apporte de ces contrées. Pendant long-temps l'usage du Café n'a été connu que des peuples de l'Orient. Les habitans de la Perse, de l'Arabie, de Constantinople en préparaient une boisson qui était pour eux un régal exquis, et l'on voyait, dans les quartiers populeux d'Ispahan et de Constantinople, des lieux publics où l'on se réunissait pour boire du Café. Ce ne fut guère que vers l'année 1669 que l'on commença à Paris à connaître l'usage du Café. Vers cette époque, Soliman Aga, qui résidait à Paris en qualité d'agent diplomatique, fit goûter de cette liqueur à quelques personnes, qui bientôt en répandirent l'usage dans les classes élevées de la société. Le peuple, imitateur servile des usages des grands, ne tarda pas à prendre du goût pour le Café, et bientôt les Parisiens rivalisèrent d'enthousiasme avec les Orientaux pour cette boisson. Des établissemens, semblables à ceux de Constantinople et de la Perse, ne tardèrent point à s'établir à Paris; on leur donna le nom de cafés. Leur nombre, d'abord peu considérable, s'augmenta ensuite d'une manière graduelle.

Les graines du Café devinrent alors une branche importante de commerce, à cause de la grande consommation qui s'en faisait en Europe. On désira connaître et se procurer l'Arbre qui produisait des fruits si délicieux. Le Hollandais Van Horn en acheta quelques pieds à Moka et les transporta à Batavia, en 1690. Ils réussirent assez bien. Il en envoya un pied à Amsterdam, vers l'année 1710. Cet individu, placé dans les serres du Jardin de Botanique, se couvrit bientôt de fleurs et de fruits, dont les graines servirent à le multiplier. Un de ces pieds fut, vers cette époque, envoyé à Louis XIV, et réussit parfaitement dans les serres du Jardin des Plantes de Paris, où l'on ne tarda point à le multiplier. Le gouvernement français conçut alors le grand projet de naturaliser le Cafeier dans ses colonies des Indes-Occidentales, et de cesser ainsi d'être tributaire de l'étranger pour cette denrée devenue si importante dans la balance du commerce. Trois jeunes pieds furent expédiés pour la Martinique, et confiés aux soins du capitaine Duclieux. Deux de ces individus ne purent résister à l'intempérie et surtout à la sécheresse des vents pendant la traversée qui fut longue et périlleuse, et le troisième ne dut sa conservation qu'aux privations que le capitaine s'imposa, en partageant sa ration d'eau avec le jeune Cafeier, qui arriva sain et sauf à sa destination, Le climat de la Martinique fut tellement favorable au jeune Arbrisseau, qu'en peu d'années il devint fort vigoureux, se chargea de fleurs et de fruits et s'y multiplia d'une manière prodigieuse.

Telle fut la source première des plantations immenses de Caféiers qui, depuis cette époque, couvrent la plupart des Antilles et font la branche principale du commerce de ces îles lointaines. Peu de temps après, le Caféier fut également introduit à la Guianne française et aux îles de France et de Mascareigne, où il se naturalisa avec une égale facilité. Les Français reconnurent bientôt la sagesse et l'importance de la mesure adoptée par le gouvernement. Peu à peu le Café recueilli dans les Antilles remplaça celui d'Orient, et aujourd'hui presque tout celui qui se consomme en Europe provient de Plants naturalisés dans les diverses contrées du globe. Cependant on doit avouer que l'espèce la plus recherchée, la plus suave et la plus chère est encore celle que l'on tire des environs de Moka.

On distingue dans le commerce

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plusieurs sortes ou variétés de Café, surtout d'après les pays où il est récolté. Les principales sont: 1° le Café Moka, que l'on tire de l'Arabie Heureuse. Son grain est petit, généralement arrondi, parce qu'une des deux graines renfermées dans la cerise avorte. C'est la sorte la plus chère, la plus estimée; elle réunit à la fois une saveur exquise et un arome délicieux; 2° le Cafè de Cayenne, encore peu répandu dans le commerce où riche fort estimé. C'est, à ce qu'il paraît, une des meilleures; 3° le Café Bourbon. On appelle ainsi celui qu'on récolte dans les îles de France et de Mascareigne. Son grain est gros, jaunâtre, et son arome est fort développé; c'est surtout dans le quartier qu'on appelle le Bois de Nèfle que se récolte la meilleure qualité, qui ne le cède en rien au Café de Moka, et que l'on apprécierait autant, s'il n'était reçu en France de déprécier les richesses qui lui sont propres; 4° le Café Martinique, dont le grain est moyen et d'une teinte verdâtre, est surtout amer et astringent; en sorte que le mélange du Café Bourbon et au Café Martinique, torréfiés séparément et à des degrés différens, forme une boisson des plus délicieuses.

Avant de parler de la culture du Caféier et de la récolte de ses fruits, ajoutons quelques mots sur ses usages. Le hasard révéla, dit-on, les propriétés du Café. Les Arabes remarquèrent que les Chèvres qui broutaient ces fruits étaient plus vives et plus entreprenantes. Le mollach Chadely fut, suivant quelques-uns, le premier Arabe qui en fit usage, afin de se tenir éveillé pendant ses prières nocturnes. Ses derviches voulurent imiter son exemple, et le leur entraîna bientôt ceux même qui n'avaient pas besoin de se tenir éveillés.

L'infusion de Café, convenablement torréfié, est une liqueur exquise qui stimule tous les organes de l'économie animale. Elle a tous les avantages des liqueurs spiritueuses, par la stimulation vive et instantanée qu'elle détermine; mais elle n'est jamais suivie des mêmes accident c'est-à-dire des vertiges et de l'ivresse. Prise chaude, elle fait naître dans l'estomac une sensation de bien-être, qui ne tarde pas à réagir sur tout l'organisme. Le système musculaire et surtout le cerveau en recoivent une influence particulière. De-là la force, l'agilité, dont se sent pénétré celui qui a fait usage de cette boisson. Les facultés sensitives et intellectuelles sont plus vives, plus exaltées; l'imagination est plus riante; la pensée plus rapide, l'elocution plus facile; en un mot tous les travaux de l'esprit sont plus prompts et plus parfaits. Aussi est-ce à juste titre que l'on a nommé le Café une boisson intellectuelle.

Nous ne parlerons point ici de l'emploi du Café dans la thérapeutique. L'action tonique et stimulante qu'il possède, les changemens qu'il détermine dans l'économie animale, rendent assez bien raison de ses bons effets dans certains cas de fièvre ou d'autres maladies compliquées d'un état de faiblesse et de prostration. On l'a employé tantôt après l'avoir torréfié et en en préparant une infusion très-changée, à laquelle on ajoute quelquefois le jus d'un citron; tantôt à l'état de crudité. Le docteur Grindel en a fait usage dans ce dernier état et le considère comme un médicament essentiellement tonique et fébrifuge, que l'on peut opposer avec avantage à l'écorce du Pérou. Ce médecin l'administrait, soit en poudre à la dose d'un serupule, répétée plusieurs fois dans la journée, soit en faisant bouillir une once de ces graines dans dixhuit onces d'eau, jusqu'à réduction des deux tiers. Mais dans tous les cas, on ne peut espérer retirer quelque fruit du Café administré comme médicament, que chez les individus qui n'en font point habituellement usage.

Les graines du Caféier ont été analysées par plusieurs chimistes. Cadet de Gassicourt a trouvé, dans ces graines non torréfiées, un principe aromatique particulier, une huile es-

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sentielle concrète, du mucilage qui résulte probablement de l'action de l'eau chaude sur la fécule, une matière extractive colorante, de la Résine, une très-petite quantité d'Albumine, et enfin un Acide que Cadet de Gassicourt et la plupart des chimistes modernes regardent comme de l'Acide gallique, tandis que le docteur Grindel le considère comme de l'Acide quinique, et Payssé comme un Acide particulier qu'il nomme Acide cafique. La Caféine, que Robiquet a retirée du Café, est un principe immédiat nouveau, cristallisable.

Lorsqu'il n'a point été torréfié, le Café est dur, corné, d'une odeur et d'une saveur herbacées, qui n'ont rien d'agréable. C'est la torréfaction qui y développe l'arome délicieux, qui donne à son infusion tant de suavité. L'action du feu y occasione des changemens très-notables dans sa nature chimique. Elle y développe le tannin et une huile empyreumatique aromatique à laquelle il doit son action éminemment stimulante.

La culture du Caféier a dû être, pour nos colonies américaines, l'objet de soins et de recherches multipliées. Aussi ne manquons-nous point de documens à cet égard. Nous signale-rons ici en peu de mots les règles principales de cette culture, exposée avec beaucoup de détails dans les traités d'agriculture et en particulier de l'agriculture coloniale.

Les lieux qui conviennent le mieux aux plantations de Cafeiers sont en général les terrains substantiels des mornes qui sont médiocrement arrosés par les eaux de la pluie. Elles réussissent très-bien sur le penchant des collines un peu ombragées, pourvu qu'on ne les élève point à une trop grande hauteur; autrement le froid, l'intempérie et surtout les variations trop subites de l'atmosphère nuiraient infailliblement à la végétation du Cafeier. On a remarqué que les limites moyennes de la chaleur la plus favorable à ce genre de plantations, variaient de dix à vingt-cinq degrés du thermomètre de Reaumur. Avec une température plus élevée, la croissance du bois est trop rapide, les sujets ont une apparence magnifique, une vigueur très-grande, mais ils donnent peu de fruits. Il en est de même dans les expositions dont la température descend souvent au-dessous de dix degrés; la végétation en est faible, languissante et la récolte peu productive. La circonstance la plus avantageuse pour former des plantations de Cafeier est celle où l'objet et défriche une portion de bonsent le fond est substantiel et profond. Les terrains vierges sont singulièrement propres à cette culture, et dédommagent amplement le colon des frais que nécessite une pareille entreprise. Le choix du terrain étant fait, et ce terrain convenablement préparé par des labours profonds, on doit choisir pour semences les grains les plus forts, les mieux nourris et qui proviennent des espèces ou variétés reconnues les meilleures et les plus productives. Ces graines germent communément un mois ou six semaines après avoir été confiées à la terre. Ce n'est guère qu'une année ou même quinze mois après, que les jeunes plans sont assez forts pour pouvoir être plantés avec avantage. Il faut alors pratiquer des trous carrés, espacés d'environ dix à douze pieds et disposés en quinconce. On enlève avec soin chaque pied des jeunes plans avec sa motte, et on le place dans le trou que l'on a établi. Ce n'est guère que trois ou quatre années après avoir été plantés, que les Cafeiers commencent à donner du fruit. A cette époque, on est dans l'habitude d'arrêter la croissance verticale des Cafeiers en retranchant leur tête. C'est ordinairement lorsque ces Arbrisseaux ont acquis une hauteur de cinq à six pieds, qu'on leur fait subir l'opération de l'étêtement. Ce procédé a pour usage de faciliter la récolte des fruits, en tenant les sujets à une hauteur convenable, et d'augmenter le nombre des rameaux fructifères, en arrêtant l'accroissement du bourgeon central, qui absorbe une grande quantité de sève.

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Bory de Saint-Vincent a donné, dans son Voyage aux quatre îles des mers d'Afrique, des détails intéressans sur les cafeteries de l'île de Mascareigrne. Nous y renverrons, pour qu'on puisse juger du degré d'utilité que peut avoir l'introduction de l'Arbre à pain pour l'abritage, à la place des Mimeuses qui d'ordinaire y sont employées. Le même auteur a indiqué les raisons qui avaient, durant les premières années de ce siècle, fait descendre dans le commerce le Café de nos colonies, à l'est du cap de Bonne-Espérance, au dessous de sa réputation.

Les Cafeiers fleurissent ordinairement deux fois l'année, au printemps et en automne. Mais il n'y a en quelque sorte aucune interruption entre ces deux époques, en sorte qu'en tont temps ces Arbrisseaux élégans sont ornés de fleurs odorantes et chargées de fruits. Ceux-ci, qu'on nomme Cerises, sont ordinairement mûrs environ quatre mois après la floraison. Ils doivent être recueillis avec soin à mesure de leur maturité, sans endommager ceux qui les avoisinent, et qui ne sont pas encore parvenus à leur parfaite maturité.

Il existe plusieurs procédés pour dépouiller les graines de Café de leur enveloppe charnue; car ce n'est jamais qu'après leur avoir fait subir cette opération, qu'elles sont livrées au commerce. Tantôt on les expose par lits à l'action du soleil, en ayantsoin de les remuer assez fréquemment. Tantôt on les laisse macérer pendant un jour ou deux dans l'eau avant de les exposer aux rayons du soleil; ce Café porte alors le nom de Café trempé. Il est d'une couleur grisâtre et peu estimé. Un troisième procédé consiste à écraser les cerises et à les faire tremper pour en détacher la pulpe. Enfin la dernière méthode, qui est à la fois la meilleure, la plus usitée et celle qui donne la qualité la plus estimée, se pratique en faisant passer les cerises fraîches à un moulin nommé grage, à enlever toute la pulpe, en sorte que les graines restent revêtues seulement de leur endocarpe que l'on appelle vulgairement parchemin. Cette sorte, la plus estimée, est connue dans le commerce sous le nom de Café gragé. (A. R.)

CAFE LALÉ. BOT. PHAN. Nom turc d'une variété de Tulipe. (B.)

CAFETERIE. BOT. PHAN. On appelle ainsi dans les colonies les plantations de Cafeier. V. ce mot. (B.)

CAFFER VISCH. POIS. (Ruysch), C'est-à-dire Poisson Caffre. Deux espèces de Scares indéterminés des Moluques. (B.)

CAFFIER ET CAFIER. BOT. PHAN. V. CAFEIER. (B.)

CAFFRE. OIS. Syn. du Ventourin, Falco vulturinus. L. Levail. Oiseaux d'Afrique, pl. 6. V. GYPAETE. (DR.. Z.)

* CAFURA ET CANFORA. BOT. PHAN. Syn. italiens de Laurus Camphora, L. V. LAURIER. (B.)

CAFUVO. BOT. PHAN. Syn. de Dioscorea bulbifera à Célèbes. (B.)

CAGAO. OIS. Syn. du Calao des Philippines, Buceros bicornis, L. dans l'Inde. V. CALAO. (DR.. Z.)

CAGAREL, CAGARELLE ET CAKAREL. POIS. (Rondelet.) Vieux noms vulgaires de la Mendole à Marseille. On nomme également ce Poisson Cackerel. V. SPARE. (B.)

CAGARELLE. BOT. PHAN. L'un des noms languedociens du Mercurialis annua. V. MERCURIALE. (B.)

CAGARINHAS. BOT. PHAN. Syn. portugais de Scolyme. V. ce mot. (B.)

CAGAROL. MOLL. C'est, selon Bosc, l'un des noms vulgaires des Sabots qui sont nacrés en dedans. (B.)

CAGE. OIS. Syn. de l'Oie hybride. Anas hybrida, Gmel. V. CANARD.

* CAGNAN. OIS. Espèce du genre Turnix, Hemipodius nigricollis, Temm. V. TURNIX. (DR.. Z.)

* CAGNOLU. POIS. (Belon.) Syn. de Marteau. Squalus Zigœna, L. (B.)

CAGNOT. ZOOL. Mot gascon qui signifie un jeune Chien, et donné sur

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les côtes méridionales de la France aux Squales Glauque et Milandre appelés aussi petits Cniens-de-Mer. (B.)

CAGNUELO ET CEGNUELINO. MAM. Diminutifs du nom italien que porte le Chien, et qui désignent dans cette langue le Bichon. (B.)

CAGOSANGA. BOT. PHAN. (Chomel.) Syn. portugais d'Ipécacuanha au Brésil. (B.)

CAGOUARÉ. MAM. V. CAAIGOVARÉ. (B.)

CAGUI. MAM. Qui se prononce Çagui, nom donné par les Brasiliens à diverses espèces de Singes, et qui peut être la racine du mot Saki. (B.)

CAHA. BOT. PHAN. Syn. de Curcuma à Ceylan. (B.)

CAHADE, JIHADE ET GIADE. BOT. PHAN. (Daléchamp.) Syn. arabes de Teucrium Polium, L. V. GERMAN DRÉE. (B.)

CAHOANE OU CAHOUANE. REET. CHEL. Vieux noms qui désignaient des Tortues de mer, et particulièrement le Caret. (B.)

* CAHODINÉES. BOT. CRYPT. Pour peu qu'on ait touché des rochers longtemps mouillés, les pierres polies qui forment le pavé ou le pourtour de certaines fontaines fermées, et la surface de divers corps solides inondés ou exposés à l'humidité, on a dû y reconnaître la présence d'une mucosité particulière, qui ne se manifeste qu'au tact, dont la transparence empêche d'apprécier la forme et la nature, et dans laquelle le microscope n'aide à distinguer aucune organisation. Elle ressemble à une couche d'Albumine étendue avec le pinceau. Cet enduit est ce qui rend souvent si glissantes les dales sur lesquelles coulent les conduits d'eau, et les pierres plates qu'on trouve quelquefois dans les rivières. Cette substance s'exfolie en séchant, et devient, à la fin, visible par la manière dont elle se colore, soit en vert, soit par une teinte de rouille souvent très-foncée. On dirait une création provisoire qui se forme comme pour attendre une organisation, et qui en reçoit de différentes selon la nature descorpuscules qui la pénètrent ou qui s'y développent. On dirait encore l'origine de deux existences bien distinctes, l'une certainement animale, l'autre purement végétale. C'est de cette sorte de création rudimentaire dont nous formerons le genre Chaos, V. ce mot, genre duquel nous n'oserions assigner la place dans la nature, mais que nous signalerons à l'attention des naturelistes. Il deviendra le type de la famille naturelle dont nous proposerons l'établissement sous le nom de Chaodinées.

Les genres que nous établirons dans cette famille, passant du simple au composé, s'éloigneront considérablement les uns des autres à mesure que leur organisation se compliquera, et plusieurs d'entre eux, comparés immédiatement ensemble pourraient paraître au premier coup-d'œil forcément ou arbitrairement rapprochés. Mais, si l'on compare ces genres dans l'ordre de filiation où nous les avons subordonnés les uns aux autres, on verra bientôt que, du plus simple au plus composé, on ne saurait trouver une coupure brusque, et que du Batrachosperme, si avancé dans l'échelle végétale, mais dont toutes les parties sont renfermées dans une mucosité inorganisée, jusqu'au genre Chaos, il existe des nuances qui permettent à peine d'établir les limites de groupes tranchés. C'est donc cette mucosité comme albumineuse, qui forme le caractère de la famille dont il est question. C'est dans l'épaisseur de cette mucosité que nous allons trouver les premiers corpuscules organiques, et ces corpuscules, d'abord isolés, simples et sphériques, se groupant, s'agglomérant ou s'enchaînant les uns aux autres, produiront bientôt, sous nos yeux, seize genres assez naturels, tous reconnaissebles au tact, de telle sorte que nul autre signe n'est nécessaire pour distinguer une Chaodinée de tout autre Végétal. Cette mucosité est très-analogue à celle dont se revêtent les Spongodium, diverses Fu-

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cacées, des Alcyons, ou des Gorgoniées; nous répétons qu'elle mérite la plus sérieuse attention des naturalistes.

Nous diviserons notre nouvelle famille en trois ordres:

† Les CHAODINÉES PROPREMENT DITES, les plus simples de toutes les existences végétales; consistant en une couche muqueuse que ne limite ou ne contient aucune membrane, et que remplissent sans ordre, en nombre plus ou moins considérable, des corpuscules de formes diverses.

Les genres appartenant à cette division sont:

I. CHAOS, Chaos, N. Corpuscules internes disséminés, sphériques, entièrement isolés ou solitaires, épars dans un mucus amorphe étendu.

II. HÉTéROCARPELLE, Heterocarpella, N. Corpuscules internes, indifféremment simples, composés ou aggrégés, et formant dans l'intérieur du mucus amorphe qu'ils colorent des groupes de figures diverses.

III. HELIERELLE, Helierella. Corpuscules internes cunéiformes, composés, se groupant dans l'épaisseur du mucus par leur côté aminci, et figurant comme des faisceaux divergens. Ce genre établit un passage aux Bacillariées par les Navicules et les Styllaires.

Le genre Potarcus de Rafinesque pouvait bien appartenir à cette section des Chaodinées. V. POTARCUS.

Les Chaodinées proprement dites offrent une grande singularité. Quelquefois le mucus qui sert de base, ou comme de matrice, aux corpuscules intérieurs, lorsqu'il trouve dans des eaux abondantes les conditions les plus favorables à son développement, s'allonge, s'épaissit, et finit par former des masses de quelques pouces d'étendue qui ne tardent pas à flotter ou bien à s'accrocher aux Plantes aquatiques. D'abord ces masses ressemblent à du frai de Poissons, et se ternissant, elles ne tardent pas à se colorer en vert à mesure que des corpuscules végétaux intérieurs s'y forment. Mais souvent elles prennent une couleur laiteuse ou ferrugineuse, et, si on les examine dans cet état au microscope, on en trouve la totalité pénétrée de Navicules, de Lunulines, et même les Styllaires qui s'y pressent quelquefois au point de ne pouvoir plus s'y balancer. Alors ces Animalcules deviennent inertes. S'y développent-ils? y accourent-ils? y empêchent-ils le développement des corpuscules verts? Le mucus qu'ils remplissent est-il pour eux comme cette substance albumineuse dans laquelle sont contenus les œufs de tant d'Animaux aquatiques? Nous ne pouvons encore résoudre ces questions.—A la surface des rochers humides où le mucus constitutif des Chaodinées apparaît à l'aide de quelque suintement, la même chose arrive en plus petit, et si l'on voit ce mucus prendre une couleur de rouille souvent très-foncée, en l'examinant méme à l'aide d'une lentille de deux lignes, on le verra pénétré de Navicules rousses qui finissent par le rendre épais, opaque, et si tenace que, pour peu qu'il survienne un dessèchement, il s'écaille, et tombe par plaques souvent de plusieurs pouces d'étendue, et d'une ligne d'épaisseur. Nous avons observé ce phénomène en plusieurs endroits, particulièrement sur les parois des Cryptes de Maestricht et de Kannes, et I'on peut voir, dans la description que nous avons donnée de ces lieux (Voyage souterrain, p. 273 et suivantes, et Ann. gén. des Sciences phys. T. I, p. 270), quelques détails à ce sujet.

C'est ce mucus constitutif des Chaodinées considérablement développé, flottant en masses, qu'arrêtaient des Plantes aquatiques, et pénétrées de Lunulines ou de Styllaires que Lyngbye a pris pour une Plante distincte, confondant ainsi sous le nom d'Echinella olivacea (tab. 70) une substance végétale, et de véritables Animaux qui s'y étaient nichés. Ce savant algologue danois est tombé dans l'erreur où serait l'homme qui prendrait pour un être unique le bois d'un vaisseau rempli des tarets qui l'eussent percé,

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et pour une espèce de roche distincte, la pierre remplie de Pholades.

La presque totalité des Chaodinées replongées dans l'eau, même après une longue dessiccation dans l'Herbier, s'en pénètre, se ramollit, se gonfle, et paraît renaître à la vie. La vie n'y recommence cependant pas, ce n'est qu'une apparence. Mais ces échantillons que l'humidité semble ranimer, se conservent sans se dégrader un temps assez considérable dans le liquide où on les a plongés. Nous avons ainsi laissé dans plusieurs vases des Nostocs, des Batrachospermes ou des Cluzelles, et ces Plantes ne se sont désorganisées qu'à la longue. Dans l'état naturel, la dessiccation ne les eût cependant pas tuées, et c'est à cette faculté de suspension dans la vie, qui ne se conserve qu'à moitié dans la dessiccation artificielle, qu'on doit attribuer l'apparition presque subite des Nostocs dans nos allées de jardins ou sur certaines pelouses, et celle des Draparnaldes dans plusieurs cours d'eau qui n'étant pas permanens, se dessèchent ou arrosent tour à tour les campagnes selon les saisons.

†† TREMELLAIRES. Ici le mucus, s'arrondissant en masses globuleuses, ou s'allongeant en expansions plus ou moins divisées, semble se modifier dans une forme plusarrêtće. Des corpuscules toujours semblables les uns aux autres en pénètrent l'étendue, s'y disposent en filamens, et lors même qu'ils sont épars, ils semblent déjà tendre vers un ordre sérial, pour arriver, par leur emboutement, à la composition de rameaux qui sont très-distincts dans les derniers genres de la section des Tremellaires.

IV. PALMELLE, Palmella, N. Palmellœ Spec., Lyngb. Mucus en masses arrondies, non sinueuses, pénétrées et colorées par des globules homogènes absolument isolés, ou tendant à s'organiser de manière à former des glomerules où ces globules sont disposés de quatre en quatre, ou comme de petites courbes. (Passageaux Ulves.)

V. CLUZELLE, Cluzella, N. Palmellœ spec. Lyngb. Mucus en expansions plus ou moins divisées et rameuses, pénétrées de globules qui paraissent eux-mêmes des agglomérations, et qui semblent chercher à se coordonner dans une disposition sériale. (Passage aux Arthrodiées et aux genres plus composés de la famille des Chaodinées.)

VI. NOSTOC, Nostoc, Vaucher, Tremellœ spec., L. Mucus en masses globuleuses ou sinueuses dans les-quelles les corpuscules se sont déjà disposés en séries comme filamenteuses et articulées. (Passage aux Lichens par les Collema qui ne sont que des Nostocs portant des scutelles.)

VII. CHÆTOPHORE, Chœtophora, Agardh. Mucus en globules dans lesquels se distinguent des filamens divergens, rameux, où la matière colorante est disposée intérieurement en globules dont la disposition rappelle celle d'un collier de perles. (Passage aux Confervées.)

VIII. LINCKIA, Linckia, Lyngbye. Mucus en globules dans lesquels se développent des filamens simples, divergens, ciliaires, dans l'intérieur desquels une matière colorante ne forme point des globules, mais comme des taches carrées ou confuses.

IX. GAILLARDOTELLE, Gaillardotella, N. Linckiœ spec. Lyngb. Mucus en globules dans lesquels se développent des filamens simples, divergens, munis d'une sorte de bulbe ou appendice globuleux à sa base.

X. CLAVATELLE, Clavatella, N. Mucus en globules dans lesquels se développent des filamens divergens, dichotomes, visiblement articulés par sections transverses, et dont l'extrémité se renfle en massue par l'effet du développement des gemmes. (Passage aux Confervées par les Lyngbyelles et les Sphacelaires.)

XI. MESOGLOJE, Mesogloja, Agardh. Mucus en masses allongées, rameuses, du centre à la circonférence desquelles, quand ce n'est pas dans leur longueur, se développent des filamens articulés par sections transverses, subdichotomes ou rameux à leur extré-

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mité, qui produisent des gemmes analogues à celles du genre Ceramium. (Passage aux Céramiaires.)

††† DIPHYSES. Dans cette section, le mucus qui forme d'abord des masses globuleuses ou étendues, absolument semblables à celles où il persévère dans les genres précédens, s'allonge bientôt pour ne constituer qu'un enduit sur les rameaux qui se développant, en divergeant dans son intérieur, acquièrent une physionomie confervoïde très-déliée. On dirait qu'il y a ici complication de Plantes ou deux existences; celle des filamens principaux, et celle des ramules dont les prolongemens ciliformes semblent sécréter le mucus; ramules d'une forme très-différente des filamens principaux ou rachis qu'ils revêtent. On est ici déjà bien éloigné du genre Chaos, dont nous sommes partis en passant par des degrés de complications insensibles.

XII. BATRACHOSPERME, Batrachosperma, N. Rachis filamenteux investis de ramules cilifères, transparentes, muqueuses; ces ramules sont articulées par étranglement; des entrenœuds sphériques ou ovoïdes leur donnent absolument l'aspect des séries filamenteuses de globules qu'on voit dans l'intérieur des Nostocs. On doit observer que ce n'est pas la disposition par verticilles, ou en duvet continu, qui caractérise les Batra-chospermes; mais la forme ovoïde des articles par étranglement, et non par sections transversales de leurs ramules. La fructification des Batra-chospermes, que nous avons eu le bonheur de saisir et de pouvoir bien observer, se compose de glomérules formés par beaucoup de corpuscules obronds et pressés, assez semblables à ceux qu'on découvre dans notre genre Botrytelle.

XIII. DRAPARNALDIE, Draparnaldia, N. Rachis filamenteux très-distinctement articulés par sections transverses; rameux, produisant des houpes ou des faisceaux de ramules cilifères muqueuses, articulées, comme les filamens, par sections transverses.

XIV. CLADOSTEPHE, Cladostephus. Agardh. Rachis filamenteux articulés par sections transverses autour desquelles se réunissent, en verticilles, des ramules simples ou divisées, également articulées par sections qui donnent aux entre-nœuds une forme plus ou moins approchant du carré.

XV. THORÉE, Thorea, N. Rachis filamenteux, obscurément articulés, revêtus de ramules simples qui en couvrent toutes les parties, et sont articulées par sections transverses comme dans le genre précédent.

XVI. LEMANE, Lemanea, N. Rachis filamenteux articulés par sections transverses, que ne paraissent pas séparer de dissepimens, et renflés vers les articulations; intérieurement rempli de séries filamenteuses composées de globules, et qu'on pourrait comparer à celles d'un Nostoc emprisonné dans une enveloppe cornée. On dirait des Batrachospermes retournées. (Passage aux Fucacées, famille à laquelle appartiendra peut-être ce genre quand sa fructification sera connue.) (B.)

* CAHOS. Chaos. BOT. CRYPT. (Chaodinées.) Type de la famille des Chaodinées. V. ce mot. Genre le plus simple et le plus obscur de la botanique, composé d'espèces amorphes, à peine organisées, répandues comme un enduit à la surface des corps pénétrés d'humidilé, et que leur mucosité rend plus sensibles au tact qu'à la vue. Des Animalcules de la famille des Bacillariées y remplacent quelquefois ces corpuscules sphériques sans mouvement et verts, que nous regardons comme la molécule organique de l'existence végétale. Nous connaissons une douzaine d'espèces de ce genre, qui ne sont peut-être que de simples modifications d'une existence d'essai. La plus commune est celle qui colore en vert, souvent de la plus belle teinte, les pierres des villes, d'où sont sorties des transsudations humides, transsudations où les corpuscules colorans du genre Chaos se sont développés en plus ou moins grande quantité, selon leur épaisseur,

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leur étendue et leur permanence. On la retrouve sur la terre, dans l'eau, et probablement c'est encore elle qui, en couches epaissies, venant à se des-sécher et demeurant pulvérulente, a été décrite sous le nom de Byssus botryoides et de Lepra botryoides par les botanistes. Ces globules sphériques et verts, dont l'espèce qui nous occupe est un amas, varient en diamètre, et les plus gros praissent avec une lentille de demi-ligne de foyer du volume de l'un des globules du sang. Nous appellerons cette espèce Chaos primordialis.—Nous citerons encore le Chaos bituminosa, N., dont la couleur brunâtre ou noire, et la consistance visqueuse rappellent l'idée de l'Asphalte sortant des rochers. Cette espèce croît sur les parois des entrées de grottes ou de carrières creusées dans la pierre calcaire; c'est celle que nous avons trouvée si abondamment à Kanne. Ses globules, plus petits que ceux de l'espèce précédente, sont d'un brun verdâtre.—Le Chaos sanguinarius abonde dans les grandes villes, au bas des murs humides, parmi les tapis d'Oscillaria urbica, N., ou sur la terre et les pavés pénétrés d'humidité. On dirait souvent des taches de sang répandues sur le sol et à demi-caillées. Les globules, dans cette espèce, sont plus petits que ceux du sang, de la même couleur, mais dépourvus de globule intérieur. Les Palmella adnata, alpicota et hyalina de Lyngbye rentrent dans ce genre, et peut-être tous les Lepra. (B.)

CAHOUAR OU KEWER. BOT. PHAN. Espèce peu connue et indéterminée de Savonnier, qui croît au Sénégal. (B.)

CAHUA ET CAHUE. BOT. PHAN. Vieux noms du Café dans le Levant. (B.)

CAHUHAU. POIS. Nom donné par les pêcheurs de côtes du département de la Seine-Inférieure aux individus, mâles du Clupea fallax. V. CLUPE. (B.)

CAHUITAHU. OIS. (Lacondamine.) Syn. du Kamichi, Palamedea cornuta, L., dans l'Amérique méridionale. V. KAMICHI. (DR.. Z.)

CAI. MAM. Qu'on prononce Sai. Racine américaine du nom qu'on a donné à un Sapajou. V. ce mot. (A. D.. NS.)

CAIAMA. BOT. PHAN. (Oviédo.) Syn. de Caryota urens. L. V. CARYOTA. (B.)

CAIATA ET CAIA-TIA. BOT. PHAN. Même chose que Caa-cica. V. ce mot. (B.)

* CAIBAT-SIAMBU. BOT. PHAN. (Rhéede. Malab. T. IV. t. 16.) Espèce d'Eugenia. (B.)

CAICA. OIS. Syn. de Perruche à tête noire, Psittacus pileatus, L. Buff. pl enl. 744., Levaill., Hist. des Perr., pl. 133. V. PERROQUET. (DR..Z.)

CAIDA. Pour Kaida. BOT. PHAN. V. KAIDA.

CAIDBEJA. BOT. PHAN. (Forskahl.) Syn. de Forskahlea. V. ce mot. (B.)

CAIEU. BOT. PHAN. V. OIGNON.

CAIGUA. BOT. PHAN. (Feuillée, Pérou, part. I, pl. 41.) Syn. de Momordica pedata. V. MOMORDIQUE. (B.)

CAIHUA. BOT. PHAN. Nom de pays du Dianthera nodiflora (Flor. Pêruv.) (B.)

CAILLE. Coturnix. OIS. Espèce fort connue du genre Perdrix, dont le nom a été étendu à l'une des sections de ce genre. V. PERDRIX. (B.)

* CAILLE AQUATIQUE OU d'EAU. OIS. V. ACOLIN.

CAILLE DU BENGALE. OIS. Syn. de la Brève de Ceylan

Corvus brachyurus, L. V. BRÈVE. (DR.. Z.)

CAILLEBOT. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires de l'Obier, Viburnum Opulus, L. V. VIORNE. (B.)

CAILLELAIT. BOT. PHAN. Nom vulgaire qui répond au Galium des botanistes. V. GAILLET. (B.)

CAILLETEAU ET CAILLETON. OIS La jeune Caille. (B.)

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CAILLETOT. POIS. Nom vulgaire du jeune Turbot en Normandie. V. PLEURONECTE. (B.)

CAILLETTE. MAM. V. ESTOMAC.

CAILLETTE. OIS. Syn. vulgaire de l'Oiseau de tempête, Procellaria pelagica, L. V. PÉTREL. (DR.. Z.)

CAILLEU-TASSART OU SAVALLE. POIS. Syn. de Clupea Trissa, L. Espèce du genre Clupanodon de Lacépède. (B.)

CAILLI. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires du Cresson, Sysimbrium Nasturtium, L. dans quelques cantons de Normandie. (B.)

CAILLOT. ZOOL. Partie du sang composée de la fibrine et de la matière colorante qui se forme par la coagulation. Bory de Saint-Vincent y trouve, par des observations microscopiques très-délicates, une sorte d'organisation analogue à celle de certaines membranes. (A. D.. NS.)

CAILLOU. GÉOL. Silex commun, translucide, à pâte grossière, dont la cassure terne et quelquefois terreuse n'est jamais cireuse, qui ne peut prendre un poli brillant, et n'est par conséquent pas employé comme bijoux ou ornemens. V. SILEX.

Bien que les minéralogistes appliquent spécialement le nom de Caillou aux pierres siliceuses, on comprend cependant assez ordinairement sous la dénomination de Cailloux roulés les fragmens arrondis et usés par le frottement, de toute espèce de Pierre dure qui se rencontrent libres ou agrégés dans les terrains meubles et de transports anciens, comme dans le lit des cours d'eau actuels et sur les bords de la mer. Ainsi il y a pour les géologues des Cailloux roulés de Granit, de Quartz, de Calcaire, etc. Les Cailloux roulés, réunis par un Ciment, forment les Poudingues. V. ce mot. Afin de donner une acception plus rigoureuse aux noms, nous réserverons celui de Caillou pour les Silex, et nous appellerons Galets, d'une manière générale, les fragmens roulés de toute espèce de Pierre, et c'est à ce mot que nous renvoyons leur histoire géologique. V. aussi GÉOLOGIE, TERRAINS, et ROCHES.

Ce mot de Caillou désigne vulgairement, avec quelque épithète, des fragmens de substances diverses; ainsi l'on nomme:

CAILLOU FERRUGINEUX, Eisenkiecel des Allemands, le Quartz rubigineux de Haüy.

CAILLOU DE RENNES, une sorte de Pierre jaspoïde qui se trouve en fragmens isolés dans quelques rivières de la Bretagne, particulièrement aux environs de Rennes; elle a été rangée dans la classe des Poudingues, quoique les noyaux, arrondis et réunis par une pâte de même nature qui les compose, ne paraissent pas avoir été roulés V. POUDINGUE.

CAILLOU D'ANGLETERRE, une espèce de Poudingue. V. ce mot.

CAILLOU D'ALENÇON ou DIAMANS d'ALENÇON, des masses de Cristaux de Quartz qui remplissent des cavités dans le Granit des environs de la ville de ce nom.

CAILLOUX DE BRISTOL et DU RHIN, des fragmens de Quartz roulés.

CAILLOUX D'EGYPTE, des fragmens arrondis ou plutôt orbiculaires d'une espèce de Jaspe qui se rencontrent en Egypte au milieu des sables; ces Cailloux sont formés de couches concentriques de couleurs brune et jaune brillantes, qui figurent, lorsqu'on les casse, des zônes rubanées d'un bel effet. Selon Cordier, les Cailloux d'Egypte auraient fait partie d'une brèche qui, en se décomposant, les a laissés libres.

CAILLOUX FRANCS, nom donné par les ouvriers dans les départemens de l'Yonne et du Cher à celles des couches de Silex pyromaque qui peuvent être employées à la fabrication des Pierres à fusil. (C. P.)

* CAIMAN. REPT. OPH. Nom donné aux Crocodiles par les Nègres de Guinée et par les voyageurs, dans tous les lieux où ils ont rencontré de ces Animaux, de quelque espèce qu'ils fussent. Le Caïman des colons de

TOME III. 2

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Saint-Domingue n'est pas, comme on le sent bien, celui des habitans de l'Afrique ou de l'Inde. Cuvier a restreint le nom de Caïmans aux Crocodiles de son sous-genre Alligator. V. CROCODILE. (B.)

ÇAIMIRI ET CAYMIRI. MAM. Même chose que Saïmiri. V. ce mot. (A. D.. NS.)

* CAIMITE. BOT. PHAN. Fruit du Chrysophyllum Caïnito, L. V. CHRYSOPHYLLE. (B.)

CAIMITIER. BOT. PHAN. Nom vulgaire donné par les Créoles à l'Arbre nommé par les botanistes Chrysophyllum. V. CHRYSOPHYLLE. (B.)

CAI-NGAT. BOT. PHAN. Nom cochinchinois du genre formé par Loureiro sous le nom d'Hexanthus. V. ce mot. (B.)

CAINITO. BOT. PHAN. Par corruption de Caïmite. Nom devenu spécifique d'une espèce de Chrysophylle. V. ce mot. Adanson écrit Kainito. (B.)

CAINO, TURCHESA ET TURCHINA. MIN. Noms italiens de la Turquoise. (LUC.)

CAIOT. OIS. Espèce du genre Héron, division des Crabiers, Ardea Squaiotta, Lath. V. HÉRON. (DR.. Z.)

CAIOUS. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires de la Noix d'Acajou, qui est la graine du Cassuvium pomiferum, Lamk. V. ACAJOU. (B.)

CAIPA-SCHORA. BOT. PHAN (Rhéede, Hort. Mal. tom. 8, pl. 5.) Variété pyriforme de Cucurbitacée de la côte de Malabar dont on mange le fruit. (B.)

* CAIPHA. OIS. C'est-à-dire Poule du ciel, dans le langage des Siamois. Gallinacée peu connue, de la grosseur du Dindon; émaillée de diverses couleurs avec la queue disposée comme celle du Coq. (B.)

CAIPON. BOT. PHAN. V. BOIS DE CAÏPON.

* CAI-QUONG OU CAY-QUONG. BOT. PHAN. Syn. cochinchinois d'Aralia chinensis, selon Loureiro. (B.)

CAIRA OU CAIRAN. BOT. PHAN. Syn. d'Ixora parviflora à la côte de Coromandel. (B.)

CAIRE. BOT. PHAN. ÉCORCE filandreuse du Cocos, dont on fabrique dans l'Inde des cordages et des étoffes grossières. V. COCOTIER. (B.)

CAIRIN ET CHAUM. BOT. PHAN. Nom de l'Ail sur la côte de Barbarie. (B.)

CAIROLI OU KAIROLI. BOT. PHAN. Même chose que Cacuvalli. V. ce mot. (B.)

CAIRTEAL. BOT. PHAN. Syn. de Mentha arvensis au pays de Galles. V. MENTHE. (B.)

* CAISSOTI. POIS. (Risso.) Espèce nouvelle de Spare de la mer de Nice, appartenant au sous-genre Pagre. (B.)

CAITAIA. MAM. Qu'on prononce Saitaia. (Marcgraf.) Syn. de Saimiri et non d'Ouistiti. (A. D.. NS.)

CAITON ET ZAITON. BOT. PHAN. (Daléchamp.) Noms arabes de l'Olivier, d'où viennent évidemment les mots Aceytune, espagnol, et Azeitona, portugais, qui signifient l'un et l'autre Olive. (B.)

CAITU. BOT. PHAN. V. MAROTTI.

CAJAN. Cajanus. BOT. PHAN. Une Plante légumineuse, voisine des Dolic et du Haricot, et dont la graine sert à la nourriture de l'Homme et des Animaux, est cultivée sous le nom de Cajan, dans les Indes-Orientales; en Afrique, sous celui d'Ambrevade, et dans nos colonies d'Amérique, sous celui de Pois d'Angole. Réunie à tort aux Cytises par Linné, elle est devenue, pour les botanistes plus récens, le type d'un genre nouveau, auquel ils ont conservé le premier de ces noms, et qu'ils ont caractérisé de la manière suivante: calice campanulé, à cinq divisions inégales, l'inférieure plus longue que les autres; étendard grand, présentant sur les côtés de sa base deux petites callosités; carêne dressée; étamines diadelphes; gousse allongée, présentant une suite de renflemens qui répon-

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dent aux graines séparées par des cloisons transversales membraneuses; deux feuilles séminales opposées, différentes des vrais cotylédons, qui sont épais et restent enfouis. Les feuilles sont ternées, les fleurs disposées en grappes axillaires et munies de bractées. Au Cytisus Cajan, L., qui a été considéré quelque temps comme la seule espèce de ce genre, Jacquin en a ajouté une dont les caracteres lui paraissent assez tranchés pour former plus qu'une variété, et il l'a figurée tab. 119 du Jardin de Vienne sous le nom de Cytisus pseudo-Cajan. Enfin Du Petit-Thouars pense qu'on doit y rapporter une espèce du genre Dolichos, le D. Scarabœoides, L., dont le nom est dù à la forme de la graine petite et noire qui rappelle celle d'un Scarabée. (A. D. J.)

* CAJAROU ET CARNAROU, OU LIANE A MALINGRES. BOT. PHAN. (Vaillant. in Herb.) Syn. de Convolvulus umbellatus. V. CARIAROU. (B.)

CAJATIA. BOT. PHAN. (Pison.) Plante brasilienne, prise à tort par Brown, dans son Histoire de la Jamaïque, pour le Caa-Cica (V. ce mot) de Rumph, espèce d'Euphorbe mangeable qui croît dans l'Inde. (B.)

CAJENNEAM. ET CAJONI. BOT. PHAN. (Rhéede. Hort. Mal. t. 10. pl. 61.) Syn. d'Eclipta prostrata à la côte de Malabar. (B.)

CAJEPUT. BOT. PHAN. Huile très-volatile, d'une couleur verdâtre, et d'une odeur pénétrante, qui tient du Camphre et de la Térébenthine. On l'obtient par distillation des feuilles du Melaleuca Leucadendrum, et non par incision de son bois, comme on l'avait d'abord pensé. Outre les propriétés médicinales qu'on lui attribue, et qui sont amplement détaillées dans la Matière médicale de Murray, elle en a une très-précieuse aux yeux des naturalistes. Nulle substance ne garantit mieux les Insectes conservés dans les collections, de la destruction et des attaques des larves de Dermestes. Quelques gouttes d'huile de Cajeput, placées dans des boîtes où étaient des Papillons, ont suffi pour préserver ceux-ci de toute atteinte durant plusieurs années. (B.)

* CAJOE-TOCA ET TOLA. BOT. PHAN. Plante de l'Inde, imparfaitementobservée, qui doit être un Cissus, si elle n'est pas un Aquilicia, et qui est peut-être la même que le Caju-Tola. V. ce mot. (B.)

CAJONI. BOT. PHAN. V. CAJENNEAM.

CAJOPOLIN. MAM. Même chose que Cayopollin. V. ce mot. (B.)

CAJOU ET CAJOUS. BOT. PHAN. Chez les Portugais, même chose que Caious. V. ce mot et CAJU. (B.)

CAJU, CAZOU ET CAZE. BOT. PHAN. Ces noms, dit Du Petit-Thouars, signifient dans la langue malaise également les Arbres en général et le bois qu'on en retire; ils se retrouvent dans la langue de Madagascar, où, par l'habituae qu'on a de changer les intonations gutturales en aspirations, on prononce plus souvent Hazou et Haze. On dit aussi quelquefois Cacazou. Ces mois, avec une épithète, servent à désigner un grand nombre d'Arbres du pays de la même manière que nous nous servons dans l'usage commun des mots Arbres et Bois. Les Noirs, transportés dans nos colonies, y ont porté avec eux ces mots qui forment la racine de plusieurs noms vulgaires des Végétaux qu'on y trouve. Ainsi l'on appelle:

CAJU-ADJARAN, à Java, le Bignonia spathacea. V. CAJU-CUDA.

CAJU-AGER, chez les Malais l'Aralia chineusis.

CAJU-API-API, dans l'Inde, l'espèce d'Avicennia désignée à Madagascar sous le nom d'Afe, et dont le Bois brûle si lentement qu'on s'en sert pour conserver et transporter du feu.

CAJU-ARANG-UTAN. Même chose que Caju-Itam. V. ce mot.

CAJU-ARENG (Rumph. Amb. t. 3 pl. 1-3.) Diverses espèces de Bois d'Ebène qui appartiennent au genre Diospyros. V. PLAQUEMINIER.

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CAJU-BARÆDAN, ou ARBRE DES RAPES, Arbor radulifera (Rumph. Amb. t. 3. pl. 129.) Un Arbre imparfaitement connu, ayant des feuilles pinnées avec impaire, et le fruit à cinq loges dont la surface est tellement hérissée qu'on s'en sert pour raper les racines tendres et nourricières. Son bois nourrit la larve mangeable d'un Insecte que l'on a comparée au Vers palmiste. V. ce mot.

CAJU-BAWANG, le même Arbre que nous avons déjà mentionné sous le nom de Bawang.

CAJU-BELO, même chose que Bois de Pieux. V. ce mot.

CAJU-BESAAR, le Morus indica chez les Macassars. V. MURIER.

CAJA-BESSI, c'est-à-dire Bois de fer chez les Malais (Metrosideros amboinensis. Rumph. Amb. t. 3. pl. 10.) Un Arbre de la famille des Légumineuses, dont le Bois est fort dur, et que Loureiro regarde comme son Baryxylum. V. ce mot.

CAJU-BOBA (Rumph. Amb. t. 3. pl. 105.) Un grand Arbre imparfaitement connu, dont les feuilles sont lancéolées-ovales, les fruits réunis en grappes terminales, peu garnies, renfermant une amande d'un goût très-amer, employé en décoction comme topique.

CAJU-CAXOWAY (Arbor spicularum, Rumph. Amb. t. 3. pl. 106.) Un Arbre d'Amboine qui paraît être le Terminalia mauritiana. V. TERMINALIA.

CAJU-CAMBING (Rumph. Amb. t. 2. p. 139.) Un Arbre des Moluques dont la fleur n'a pas été observée, et que la mollesse de son bois blanc ne suffit pas pour faire reconnaître.

CAJU-CAUTEKKA, à Java, l'Avicennia tomentosa.

CAJU-CASTURI, c'est-à-dire Bois da Musc. (Rumph. Amb. t. 2. p. 41.) Un Arbre à peu près inconnu du Pegu, dont la rapure répandue sur des charbons ardens donnc une odeur musquéc, fort agréable.

CAJU-CUDA, chez les Malais, le Bignonia spathacea, et dans l'île de Bali, l'Excœcaria Agallocha.

CAJU-CUNING, c'est-à-dire Arbre de Nuit (Rumph. Amb. t. 3. pl. 54.) Un grand Arbre indéterminé, dont le feuillage est si épais que le jour pénètre rarement jusqu'à son tronc, ce qui lui a valu le nom par lequel on le désigne. Son fruit est de la grosseur d'un œuf de Canard; ayant sa chair blanche et molle comme celle d'une pomme et d'une saveur moins agréable que son parfum.

CAJU-CUTANA, syn. d'Anasser. V. ce mot.

CAJU-GALEDUPA (Rumph. Amb. t. 2. pl. 13.) Même chose que Galedupa. V. ce mot.

CAJU-GORITA, même chose que Caju-Sussu. V. ce mot.

CAJU-HOLLANDA (Rumph. Amb. t. 3. pl. 56.) Le Quercus molucca, L. que Du Petit Thouars croit être un Laurier voisin de celui qu'on appelle Bois-Canelle à l'Ile-de-France.

CAJU-IATI (Rumph. Amb. t. 3. pl. 18), le Tectona grandis ou Bois de Tek.

CAJU-ITAM (Arbor nigra, Rumph. Amb. t. 3. pl. 4-5.) Un Arbre qui paraît appartenir au genre Uvaria.

CAJU-JAPAN, à Java, le Poinciana alata, L.

CAJU-JAWA, chez les Macassars, l'Æschynomene grandiflora.

CAJU-KETAN, même chose que Melaleuca.

CAJU-LANGIT (Arbor cœli, Rumph. Amb. t. 3. pl. 132.) Aylantho des habitans d'Amboine, dont Desfontaines a emprunté le nom d'Aylanthus pour l'imposer au genre dans lequel il a fait entrer le Caju-Langit qu'on avait, jusqu'à lui, pris pour un Rhus. V. AYLANTHE.

CAJU-LAPIA (Lignum muscorum, Rumph. Amb. t. 3. pl. 130.) Un Arbre qu'il est impossible de déterminer.

CAJU-LINGOO (Lingoum, Rumph. Amb. t. 2. pl. 70.) Syn. de Pterocarpus indicus, Willd.

CAJU-LOBÉ (Arbor fucum major, Rumph. Amb. t. 3. pl. 49.) Probablement l'espèce d'Erythroxylum, qu'on nomme Bois de Ronde ou d'Aronde aux Iles-de-France et de Mas-

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careigne, et dont le Bois résineux qui brûle aisément sert à faire des flambeaux.

CAJU-MARIA. Syn. de Calophylle.

CAJU-MAS. V. ANDJURI.

CAJU-MATTA-BUTA. Syn. d'Excœcaria.

CAJU-MERA (Arbor rubra, Rumph. Amb. t. 3. pl. 47-48.) Trois Arbres dont le bois est rouge, et qui paraissent appartenir au genre Eugenia.

CAJU-MONI ou CAY-MONI, chez les Malais, le Murraya qui est le Comemicum japonense de Rumph.

CAJU-NASI, chez les Malais, un Arbrisseau qui croît jusqu'en Cochinchine, où Loureiro en a faitson genre Dartus. V. ce mot.

CAJU—PALACA ou PALACCA (Rumph. Amb. t. 3. pl. 125.) L'un des plus grands Arbres des Indes que les Malais regardent comme le roi des forêts, mais qu'il est impossible de déterminer par ce qu'on eu a dit.

CAJU-PUTI, c'est-à-dire Bois blanc. L'Arbre qui produit la résine de Cajeput. V. ce mot, et qui est le Melaleuca Leucadendrum.

CAJU-RADJA (Arbor regis, Rumph. Amb. t. 2. pl. 84) chez les Malais; il paraît que c'est l'Hernandia sonora, malgré les doutes élevés à l'égard de l'identité. Le Cassia Fistula est aussi désigné quelquefois par le nom de Caja radja.

CAJU-RAPA ou RAPAT. V. RAPA ou RAPAT.

CAJU-SALOWACHO, c'est-à-dire Bois de Bouclier (Clypearia, Rumph. Amb. t. 3. pl. 3.) Syn. d'Adenanthera falcata. V. ADÈNANTHERE.

CAJU-SANGA (Arbor vernicis, Rumph. Amb. t. 2. pl. 86.) Cet Arbre qu'il est impossible de déterminer est regardé comme un Terminalia par Lamarck.

CAJU-SAWO. Syn. de Mimusops Kauki, Willd.

CAJU-SOMMOT, même chose que Caju-Radja. V. ce mot.

CAJU-SONTI. V. COSSIR.

CAJU-SOSSU pour CAJU-SUSSU. V. ce mot.

CAJU-SOULAMOÉ, syn. de Soulamea de Lamarck. V. SOULAMÉE.

CAJU-SUSSU, (Arbor lactaria, Rumph. Amb. t. 2. pl. 81.) Syn. de Cerbera Manghas.

CAJU-TIJAMMARA (Rumph. Amb. t. 3. pl. 57-58.) Deux espèces de Casuarines.

CAJU-TOLA, à Java, un Arbuste qui paraît appartenir au genre Cissus, et qui n'est certainement pas le Sureau du Canada, ainsi que l'avait supposé fort légèrement Burmann fils.

CAJU-ULAR (Lignum colubrinum, Rumph. Amb. t. 2. pl. 38.) Un Arbre de l'Inde que Linné regardait comme le Strychnos colubrina, et de Jussieu, comme le Strychnos potatorum. Ses racines ont la forme de Couleuvres. (B.)

CAKALIA. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Probablement le Cacalia alpina, L. Nom adopté par Linné, avec un léger changement d'orthographe, pour le genre auquel appartient cette Plante V. CACALIE. (B.)

CAKAREL. POIS. V. CAGAREL.

CAKATO ET CAKATOU. OIS. V. CACATOUA.

CAKATOCA ET CAKATOCHA. OIS. Même chose que Kakatoès. V. ce mot. (B.)

CAKATOON ET CAKOTOIE. OIS. Même chose que Kakatoès. V. ce mot. (B.)

CAKENAN. BOT. PHAN. Syn. de Clitoria ternatea sur la côte de Coromandel. (B.)

CAKETAN. BOT. PHAN. Espèce indéterminée de Liseron à la côte de Coromandel. (B.)

CAKILE. BOT. PHAN. Genre de la famille des Crucifères et de la Tétradynamie siliculeuse, L. Linné avait fondu ce genre, établi par Tournefort, dans celui des Bunias, quoiqu'il y eût entre les organes tant principaux qu'accessoires de ces Plantes des différences assez frappantes. Scopoli, dans la Flore de Carniole, rétablit le genre de Tournefort, et son exemple

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fut imité par Desfontaines, Willdenow, Lamarck, De Candolle, Brown et la plupart des botanistes modernes. Enfin De Candolle, par l'examen de la graine de Cakile, a fixé les caractères propres à ce genre, et dans sa nouvelle distribution des Crucifères, l'a placé fort loin des espèces dont on avait fait ses congénères. Il en fait le type de sa sixième tribu qu'il nomme Cakilinées. (V. ce mot) ou Pleurorhizées lomentacées. Au reste, voici les caractères essentiels du genre Cakile: Un calice dressé, à deux bosses à sa base; des pétales dont le limbe est oboval; une silicule lomentacée, comprimée, dont l'articulation inférieure a la forme d'un cône tronqué, renversé, à deux dents, et la supérieure est ensiforme, couronnée par le stigmate sessile. Chaque loge ne renferme qu'une seule graine, qui a ses cotylédons linéaires, accombans. On ne connaît que trois espèces de Cakile; la plus remarquable est abondante dans les sables maritimes de toute l'Europe, tant de l'Océan que de la Méditerranée et de la mer Noire. C'est le Cakile maritima (Bunias Cakile, L.) Plante charnue, à feuilles pinnatifides, et dont les grappes de fleurs blanches ou rougeâtres sont opposées aux feuilles. (G.. N.)

* CAKILINéES. BOT. PHAN. Sous ce nom, De Candolle a désigné sa sixième tribu de la famille des Crucifères, à laquelle il assigne les caractères suivans: Une silicule ou une silique, partagée en deux ou plusieurs articulations, à une ou deux loges, dont les valves sont irrégulières, concaves et la cloison étroite. Les graines sont comprimées et sans appendices; elles ont des cotylédons planes et accombans, c'est-à-dire penchés sur la radicule, de manière que celle-ci soit couchée le long de leur fissure. Ce double caractère du fruit et des cotylédons a fait encore appeler cette tribu par De Candolle Pleurorhizées lomentacées. Elle se compose de quatre genres (Cakile, Rapistrum, Cordylocarpus et Chorispora), qui par la structure de leur péricarpe se rapprochent des Anchoniées et des Raphanées, mais en diffèrent essentiellement par leurs graines comprimées et la position de leurs cotylédons. (A. R.)

CALAB, COLT, CULT ET KULB. BOT. PHAN. (Daléchamp.) Noms arabes du Grémil. V. ce mot. (B.)

CALABA. BOT. PHAN. Nom de pays adopté par Plumier et par quelques botanistes modernes pour désigner le genre Calophylle. V. ce mot. Adanson écrit Kalaba. (B.)

CALABASSA. BOT. PHAN. Syn. espagnol et portugais de Courge et dont le mot Calebasse est une traduction. (B.)

CALABASSEN. BOT. PHAN. Même chose chez les Hollandais de l'Inde que Caipa-Schora. V. ce mot. (B.)

CALABOTIS. BOT. PHAN. Pour Kalabotis. V. ce mot.

CALABRIA. OIS. (Adanson.) Syn. de Grèbe huppé, Colymbus cristatus, L. en Espagne. V. GRÈBE. (DR.. Z.)

CALABRINA. BOT. CRYPT. (Dodoens.) Vieux nom du Blechnum boreale, Swartz. V. BLECHNE et LOMARIA. (B.)

CALABRONE. INS. Syn. de Bourdon chez les Italiens. (B.)

CALABURE. BOT. PHAN. Nom de pays donné par des botanistes français au genre Muntigia. V. ce mot. (B.)

CALAC. BOT. PHAN. Nom de pays donné par quelques botanistes français au genre Carissa. V. ce mot. (B.)

CALADENIE. Caladenia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Orchidées établi par R. Brown, qui le caractérise ainsi: calice extérieurement glanduleux et dont les divisions forment deux lèvres, la supérieure à peu près plane; labellum onguiculé, en capuchon, découpé en trois lobes ou rétréci à son sommet, présentant sur son limbe des rangées de petites glandes; gynostème membraneux et dilaté; anthères terminales, persistantes; ses loges sont rapprochées et

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contiennent chacune deux masses polliniques, comprimées, à demi-bilobées, pulvérulentes. Ce genre renferme de belles Plantes herbacées, chargées de poils glanduleux, entre-mêlés avec des poils simples; leur bulbe est indivise; leur hampe porte, près de la racine, une feuille unique, souvent linéaire, renfermée dans une gaine à sa base, et une bractée outre celles qui accompagnent chacune des fleurs. Celles-ci, au nombre d'une à quatre, sont inodores et de couleurs variées; l'anthère est très-souvent mucronée. Brown distribue quinze espèces, toutes recueillies dans la Nouvelle-Hollande, en deux sections. La première comprend celles dans lesquelles la lèvre inférieure du calice est formée par quatre divisions à peu près égales, et celles-là, au nomore de treize, constituent véritablement le genre. La seconde section, qui pourrait peut-être servir à en établir un distinct sous le nom de Leptoceras, ne renferme que deux espèces dans lesquelles on rencontre la lèvre inférieure bipartie, et les divisions intérieures ascendantes, allongées, rétrécies. (A. D. J.)

CALADION. Caladium. BOT. PHAN. Ventenat a établi ce genre avec quelques espèces exotiques qu'il a retirées du genre Gouet, Arum, et qui s'en distinguent par les caractères suivans: leur spathe est monophylle, roulée en cornet, un peu renflée à sa base; les fleurs sont monoïques, dépourvues d'écailles, recouvrant en totalité le spadice; les fleurs femelles occupent la partie inférieure, tandis que les mâles recouvrent toute la partie supérieure. Dans les fleurs mâles, qui se composent d'une seule étamine, l'anthère est presque sessile, tronquée à son sommet; dans les fleurs femelles, le stigmate est sessile; le fruit est une baie, renfermant plusieurs graines.

Les espèces de ce genre, au nombre d'environ une vingtaine, sont en général des Plantes souvent herbacées et parasites. Leurs feuilles sont quelquefois entières, d'autres fois quinquépartites.

La seule espèce qu'on cultive dans les jardins, est le Caladium bicolor de Ventenat (Jard. de Cels. t. 30), Plante vivace, originaire du Brésil. ses feuilles sont radicales, sagittées, d'un beau rouge, bordées de vert. Elle fleurit en juin et juillet.

Le genre Culcasia, établi par Beauvois dans sa Flore d'Oware et de Benin, doit être réuni à ce genre. (A. R.)

CALÆIATOUE. BOT. CRYPT. Syn. de Polypodium crenatum de Swartz, chez les Caraïbes. (B.)

CALAF OU CHALAF. BOT. PHAN. (Prosper Alpin.) Syn. de Salix Ægyptiaca, Forsk qui est probablement un Eleagnus, et des fleurs odorantes duquel on obtient, par la distillation, une eau employée en médecine sous le nom de Macahalaf. (B.)

CALAFUR ET CARAFUL. BOT. PHAN. Syn. persans, arabes et turcs de Giroflier. V. ce mot. (B.)

CALAGANSA. BOT. PHAN. Syn. malais de Cléome. V. ce mot. (B.)

CALAGERI. BOT. PHAN. Syn. indou de Conyza anthelmentica. V. CONYZE. (B.)

CALAGNONE OU CALOGNONE. MOLL. (Rondelet.) Vieux nom vulgaire sur les côtes de la Méditerranée de l'Archa Noœ, L. V. ARCHE. (B.)

CALAGUALA OU CALAGUELA. BOT. CRYPT. Plante qu'on présume être une Fougère, et même l'Aspidium coriaceum de Swartz; elle croît au Pérou où l'on fait usage de sa racine comme sudorifique. (B.)

CALAI-TCHERI. BOT. PHAN. (Tournefort.) Syn. de Guilandina Bonduc, à la côte de Coromandel. (B.)

GALAK. OIS. Syn. du Corbeau, Corvus Cornix, L. en Perse. V. CORBEAU. (DR..Z.)

CALALOU. BOT. PHAN. C'est la Morelle, Solanum nigrum, L. préparée à Saint-Domingue, à la manière

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des Brèdes, V. ce mot, et à laquelle on ajoute, pour lui donner une certaine viscosité, le Gombo, fruit de l'Hibiscus esculentus. V. Ketmie.—On emploie quelquefois les Amaranthus albus et viridis, dans le Calalou, à la place de la Morelle. V. AMARANTHE. (B.)

CALAMAC. BOT. PHAN. Syn. de Haricot à Madagascar. L'on appelle.

CALAMAC PROPREMENT DIT, le Phaseolus lunatus.

CALAMAC BE, c'est-à-dire petit, un Dolic indéterminé, dont les graines ne sont guère plus grosses qu'une Lentille.

CALAMAC HELIC, ce qui veut également dire petit, le Dolichos scarabosides, L. qui appartient, selon Du Petit-Thouars, au genre Cajan. V. ce mot. (B.)

CALAMAGROSTIS. BOT. PHAN. Roth, dans sa Flora germanica, a établi, après Adanson, ce genre de Graminées sur quelques espèces d'Arundo de Linné; Koeler y a réuni plusieurs Agrostis; De Candolle, dans sa Flore française, l'a adopté tel que ces deux auteurs l'ont constitué, en lui donnant pour caractères: une lépicène bivalve et uniflore, une glume aussi bivalve, mais recouverte, soit à la base, soit sur toute sa surface, de poils longs et soyeux; caractère qui le distingue du genre Agrostis qui a les valves de la glume très-glabres. Le port de ces Plantes est celui des Arundo, mais elles en diffèrent par leurs épillets uniflores, différence qui nous semble très-légère pour la validité du genre Calamagrostis. Palisot-Beauvois a retiré de ce genre les Calamagrostis argentea et lanceolata, D. C., pour en constituer le genre Achnatherum, où il a fondu aussi quelques espèces d'Agrostis et d'Arundo. V. ROSEAU, Au reste, les Calamagrostis sont des Graminées européennes qui se trouvent à des stations très-diverses, les Alpes, les plaines sablonneuses et les bords de la mer. Le Calamagrostis des sables (Arundo arenaria, L.) a des racines tellement longues et traçantes, qu'elles servent à fixer le Sable mobile des dunes, et méme en Hollande on le cultive à cet effet. C'est à l'aide de ce précieux végétal, indiqué comme premier élément de la fertilisation des dunes aquitaniques par Bory de Saint-Vincent et par Bremontier, il y a vingtcinq ans, que les côtes d'Arcachon doivent cette immense étendue de forêts de Pins maritimes, ajoutées pendant la durée du dernier gouvernement à celles qui existaient en petit nombre et de toute antiquité sur quelques points des côtes du golfe de Gascogne. (G.. N.)

CALAMAJO, CALAMARELLI et CALAMARO. MOLL. Noms italiens du Calmar. V. ce mot. (B.)

CALAMANDRIÉ. BOT. PHAN. D'où peut-être CALAMANDRINA des Italiens. Syn. de Teucrium dans le midi de la France. V. GERMANDRÉE. (B.)

CALAMANDRINA. BOT. PHAN. V. CALAMANDRIÉ.

CALAMANSAY. BOT. PHAN. Grand Arbre de charpente des Philippines, dont Camelli n'a mentionné que le nom. (B.)

CALAMARELLI ET CALAMARO. MOLL. V. CALAMAJO.

CALAMARIA. BOT. CRYPT. (Dillen.) Syn. d'Isoetos lacustris, L. V. ISOETE. (B.)

CALAMARY. MOLL. Syn. anglais de Calmar. V. ce mot. (B.)

CALAMBAC. BOT. PHAN. V. BOIS D'AIGLE, D'ALOÈS, etc.

CALAMBAU. BOT. PHAN. Syn. de Piper diffusum. Vahl. Espèce du genre Poivre. (B.)

CALAMBOURG ET CALAM-BOUX. BOT. PHAN. Même chose que Calambac. V. BOIS D'AIGLE, D'ALOÈS, etc. (B.)

* CALAMÉES. Calameœ. BOT. PHAN. Kunth désigne sous ce nom la troisième section de la famille des Palmiers, qui renferme les genres dont l'ovaire est à trois loges monospermes,

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et le fruit recouvert d'écailles imbriquées. Tels sont les genres Mauritia, Sagus, etc. V. PALMIERS. (A. R.)

CALAMENT. BOT. PHAN. Espèce du genre Melissa de Linné, dont Tournefort avait formé un genre particulier sous le nom de Calamintha. V. MÉLISSE. (B.)

CALAMINE. Calamina. BOT. PHAN. Palisot-Beauvois a retiré des genres Anthistiria et Apluda un certain nombre d'espèces dépourvues d'arête, et dont il a fait son genre Calamina. Mais ce genre ne nous paraît point suffisamment distinct de ceux dont on l'a voulu séparer, et son nom, emprunté de la minéralogie, ne saurait être adopté. (A. R.)

CALAMINE OU CALAMITE. MIN. On a donné le nom de Pierres calaminaires ou de Calamines à des masses concrétionnées ou terreuses, souvent cellulaires, spongieuses et comme vermoulues, et qui sont formées d'Oxyde de Zinc uni accidentellement à l'Oxyde de Fer, à l'Argile et à d'autres principes étrangers. On trouve les Calamines en masses immenses presque à la surface du sol en diverses parties de l'Europe; la Silésic en avait long-temps alimenté le commerce presque exclusivement jusqu'à l'époque où des persécutions religieuses, ayant conduit des réformés dans les environs d'Aix-la-Chapelle, ces hommes industrieux tolérés à Stolberg qui n'en est distant que de quelques lieues, s'aperçurent qu'ils étaient entourés de Calamine, et l'exploitèrent pour en faire du laiton. Ils se contentent encore de faire calciner cette substance qui forme presque tout le sol de leur vallon, et après l'avoir réduite en poudre, de la mêler avec de la poussière de Charbon au Cuivre rouge qu'ils tirent de Suède; on stratifie le tout dans de grands creusets, et l'on opère la fusion. La matière d'une grande partie des épingles qui se consomment en Europe vient de Stolberg où la fabrication du laiton est presque encore dans l'enfance.—Des masses de Calamines plus considérables encore se trouvent à l'ouest de cette même ville d'Aix-la-Chapelle sur un espace de terrain indivis entre la Prusse et les Pays-Bas, au bord même de la grande route de la Belgique; des exploitations y ont eu lieu dans les temps les plus reculés; on les a maintenant reprises avec la plus louable activité. La Calamine de cette localité paraît devoir être inépuisable, on la concasse et on la calcine aujourd'hui sur les lieux mêmes, et, transportée à Liége, on en extrait le Zinc qu'on façonne en lames. Le Zinc dans cet état sert aux couvertures des monumens, ainsi qu'au doublage des vaisseaux Une mine d'argent ne répandrait guère plus de richesses dans le pays.—Nous avons remarqué, pendant cette partie du temps de notre exil que nous passâmes sur les lieux, un fait de botanique constaté dans l'excellente Flore de Spa, publiée par le savant et modeste docteur Leieune; c'est que partout la presence de la Calamine est manifestée, sans qu'on s'y puisse jamais tromper, par une végétation constamment la même. Une Pensée jaune, une variété courte de l'Euphraise officinale, le Cucubalus Behen, une jolie Sabline, un Lichen fruticuleux et un Brome particuliers composent cette végétation appauvrie, mais élégante. L'on ne peut nourrir de Gallinacées dans les terrains calaminaires; tous les Oiseaux de basse-cour, habitués à avaler de petits cailloux avec le grain, y meurent; quelle substance dans la Calamine dont ils avaient conséquemment des fragmens leur peut être contraire? V. ZINC. (B.)

CALAMISTRUM. BOT. CRYPT. (Ray.) Syn. d'Isoetes lacustris, L. V. ISOETE. (B.)

CALAMITE. REPT. BATR. Espèce du genre Crapaud. V. ce mot. (B.)

* CALAMITE. POLYP. FOSS. Nom donné par Guettard, dans ses Mémoires, à des Caryophyllées fossiles, semblables à des tuyaux réunis ensemble, telles que le Caryophyllea musicalis et quelques autres. (LAM.. X.)

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CALAMITE. MIN. V. CALAMINE et AMPHIBOLE GLOBULIFORME RADIÉ.

* CALAMITE. Calamites. BOT. FOSS. Ce nom a été donné par Schlotheim et Sternberg à un groupe de Végétaux fossiles, renfermant des tiges simples, articulées et régulièrement striées longitudinalement. Quoique ce nom indique une analogie qui ne nous paraît pas exacte entre ces Fossiles et les tiges des Calamus ou Rotangs, nous avons pensé qu'étant déjà adopté, il fallait le respecter, et nous l'avons conservé dans notre Essai sur la classification des Végétaux fossiles (Mém. Mus. Hist. natur. T. VIII). La plupart des auteurs qui ont écrit sur les Végétaux fossiles ont avancé que ces tiges avaient appartenu à des Bambous, à des Rotangs ou à des Palmiers. Cette opinion ne nous paraît pas probable. En effet, aucun Palmier n'a des tiges articulées, du moins nous ne croyons pas qu'on en ait observé ou figuré de tels. Quelques - uns présentent bien des sortes d'anneaux transversaux produits par la chute des feuilles, mais ces anneaux ne font jamais le tour complet de la tige; en second lieu, ces tiges ne présentent pas ces stries régulières qui couvrent les empreintes des Calamites; les Bambous et les Calamus sont, il est vrai, articulés; mais deux caractères nous semblentles éloigner des Fossiles qui nous occupent: 1°. L'absence des stries régulières qui caractérisent toutes les Calamites, et ces stries méritent de fixer notre attention, car ce ne sont pas de simples lignes couvrant irrégulièrement toute la surface de la tige, mais des lignes parfaitement continues d'une articulation à l'autre, parallèles entre elles, alternant avec celles qui sont au-delà de l'articulation, et par conséquent en même nombre dans toute l'étendue d'une même tige; 2° la présence sur les tiges des Calamus, des Bambous et sur le chaume de presque toutes les Graminées d'une impression unilatérale placée sur l'articulation, et alternativement sur les deux côtés opposés de la tige; ces impressions qui indiquent la position au bourgeon placé à l'aisselle de la feuille, sont surmontées d'une sorte de cannelure qui s'étend à une certaine distance sur la tige: on ne voit jamais rien de semblable sur les tiges de Calamite. Au lieu d'impression unilatérale, on remarque une série de petits points ronds qui font tout le tour de l'articulation, et quelquefois un certain nombre d'impressions plus grandes qui sont placées à des intervalles égaux sur cette articulation. Les petits points se retrouvent sur toutes les Calamites bien conservées; ils sont en nombre égal aux stries et terminent chacune de ces stries.

Cette disposition indique évidemment des organes, rameaux ou feuilles verticillés. C'est en effet parmi des Plantes dans lesquelles cette disposition est un caractère important et constant que nous croyons qu'on peut retrouver les analogues des Calamites, du moins il est probable que si elles n'appartenaient pas au même genre, elles avaient la même structure extérieure.

Ce sont les Equisetum ou Préles qui nous paraissent se rapprocher le plus de ce genre fossile; les tiges principales sont en général simples, articulées et striées; les stries, de même que dans les Calamites, alternent avec celles qui sont au-dessus de l'articulation; enfin si on dépouille une articulation de la gaîne qui l'entoure, on voit que les faisceaux de vaisseaux qui se portaient dans cette gaîne, étant en nombre égal aux dents qui la terminent et par conséquent aux stries de la tige, laissent chacun une marque arrondie à l'extrémité de chaque strie. Dans les espèces où il y a de grandes impressions espacées autour de l'articulation, ces impressions seraient produites par la chute des rameaux. L'organisation des Equisetum nous paraît donc expliquer parfaitement ce qui nous reste des Calamites, nous avons même trouvé dans des échantillons renfermant des Calamites, des dé-

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bris de gaînes dentées qui paraîtraient appartenir à ce genre. La seule différence remarquable consiste donc dans la grandeur; mais on sait que parmi les Végétaux fossiles du terrain de Houille, auquel toutes les espèces de Calamites appartiennent, un grand nombre paraissent les analogues gigantesques de genres ou de familles encore existans, mais dans des proportions réduites. Ainsi les Sagénaires (Lepidodendron, Sternb.) paraissent représenter les Lycopodes, les Sigillaires et les Clathraires appartiendraient aux Fougères en Arbres qui devaient être alors beaucoup plus fréquentes qu'actuellement. V. VÉGÉTAUX FOSSILES. (AD. B.)

CALAMOXENUS. OIS. (Nozmann.) Syn. de la Fauvette grise, Motacilla Sylvia, L., figurée sous le nom de Calamoxène dans l'Encyclopédie par ordre de matières, pl. 178. h° 3. V. BECFIN. (DE.. Z.)

CALAMUS. BOT. PHAN. Ce mot latin, tiré du grec, désignait originairement ce que nous appelons Chaume, genre de tige propre aux Graminées, ainsi qu'à quelques Végétaux qui appartiennent à des familles très-voisines; il est depuis devenu le nom propre de Végétaux différens, tels que des Roseaux ou le Nard, et, avec l'épithète d'aromatique, synonyme d'Acore dans les pharmacies; il est maintenant donné scientifiquement au Rotang. V. ce mot. (B.)

CALAMUS-AROMATICUS. BOT. PHAN. On trouve, sous ces noms latins, dans toutes les pharmacies, une racine odorante qu'on apportait autrefois de l'Inde, et qui n'est que celle de l'Acorus Calamus, L. Dans la Prusse ducale où cette Plante est fort commune, on la mêle avec le grain, et c'est elle qui donne à l'Eau-de-vie de Dantzick ce parfum d'Iris tirant sur la Canelle, qui la particularise. C'est par erreur qu'on a quelquefois confondu le Rotang et le Nard avec le Calamus aromaticus. Une figure imaginaire de Mathiole a causé cette confusion. (B.)

CALANCHOE. BOT. PHAN. V. KALANKOE.

CALANDRE. OIS. Espèce du genre Alouette, Alauda Calandra, L., Buff., pl. enl. 363. Ce nom a été étendu à quelques autres Alouettes exotiques. V. ALOUETTE. (DR.. Z.)

CALANDRE. Calandra. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Tétramères, extrait du grand genre Charanson de Linné, par Clairville (Entom. helvet.) et rangé par Latreille (Règn. Anim. de Cuv.) dans la famille des Rhinchophores avec ces caractères: Antennes insérées à la base de la trompe, coudées, de huit articles, dont le dernier, presque globuleux ou triangulaire, forme la massue. Les Calandres se distinguent sous plusieurs rapports des autres genres de leur famille. Elles ont une tête terminée par une trompe cylindrique, longue, un peu courbée, et sans sillons latéraux; des antennes prenant naissance à la base de la trompe, de huit articles, dont le premier est allongé, les suivans courts, arrondis, et le dernier ovoïde, triangulaire ou conique, offrant quelquefois l'apparence d'une division transversale; une bouche fort petite, munie cependant de mandibules dentelées, de mâchoires velues ou ciliées, de palpes coniques et presque imperceptibles, et d'une lèvre linéaire ou cornée. Les yeux embrassent supérieurement les côtés de la tête; le prothorax est arrondi de la longueur de la trompe, étroit en avant pour recevoir la tête, et plus large postérieurement; les pates sont fortes avec les jambes pointues; les tarses ont leur pénultième article plus grand, velu en dessous et en forme de cœur; l'abdomen, terminé en pointe, est plus long que les élytres; le corps considéré dans son ensemble est allongé, elliptique, très-déprimé en dessus.

Les Calandres ont la démarche lente; elles se nourrissent des Plantes monocotylédones, attaquent principalement les semences, et occasionent souvent des dégats incalcula-

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bles. Leurs larves s'introduisent dans le Blé, le Seigle, le Riz, les Palmiers, et détruisent en fort peu de temps les récoltes amassées dans nos greniers, sans qu'il soit, pour ainsidire, possible d'arrêter le ravage lorsqu'il est commencé. L'espèce, servant de type au genre, est la Calandre raccourcie, Cal. abbreviata d'Olivier (Coléopt. T. v. pl. 16. fig. 195. A. B.) Elle est la plus grande de celles qu'on rencontre en Europe, et atteint quelquefois huit lignes en longueur.

La Calandre du Palmiste, C. palmarum, ou le Charanson palmiste, Curculio palmarum de Linné, figurée par Olivier (loc. cit. pl. 2. fig. 16. A. B), est connue de tous les naturalistes, et se trouve très-communément dans nos collections. Sa larve désignée vulgairement sous le nom de Ver palmiste, a été figurée par mademoiselle Merian (Ins. de Surinam, pl. 48.) Elle vit de la moelle qui remplit le tronc des Palmiers, et se métamorphose dans une coque qu'elle construit avec leurs fibres. Les Indiens et les Créoles la font griller et trouvent ce mets fort délicat. C'est probablement, quoi qu'en ait dit Linne, cette même larve, et non celle du Cossus, dont les Romains étaient si friands, et qu'ils nourrissaient avec de la farine.

La Calandre du Riz, Cal. Oryzœ d'Olivier (loc. cit. pl. 7, fig. 81, A. B) attaque le Riz et les grains de Mil. Mais l'espèce la plus nuisible et malheureusement répandue sur toute la terre, est la Calandre du Blé, Cal. granaria ou le Curculio granarius de Linné, figurée par Olivier (loc. cit., pl. 16. fig. 196, A. B). Son corps est étroit, de couleur brune; ses antennes sont en massue ovale; le prothorax offre des points enfoncés, et a presque la longueur des élytres. Celles-ci sont striées profondément. A cet état, la Calandre n'occasione pas de très-grands dommages dans les tas de Blé, il n'est même pas certain qu'elle vive alors de grains, et si on la rencontre au milieu de ceux-ci, il est probable qu'elle y est plutôt pour déposer ses œufs que pour s'en nourrir. A peine devenue Insecte parfait, et lorsque la température est au-dessus de 8 à 9 degrés du thermomètre de Réaumur, la Calandre se livre à la copulation. S'il faisait plus froid, l'accouplement n'aurait pas lieu; l'Animal pourrait même, à un certain degré, rester engourdi et offrir tous les caractères de la mort apparente. La ponte a lieu plus ou moins long-temps après l'union des sexes. Dans le midi de la France, elle commence au mois d'avril, et se continue jusqu'à l'automne. La femelle s'enfonce dans les tas de Blé, et fait une piqûre à l'enveloppe du grain, probablement à l'aide d'un petit dard caché sous la partie inférieure de la trompe. La peau, soulevée dans cet endroit, forme une élévation peu sensible, au-dessous de laquelle est pratiqué un trou oblique ou même parallèle à la surface du grain. Un seul œuf y est déposé, après quoi l'ouverture du trou est bouchée avec une sorte de gluten de la couleur du Blé. Il devient alors très-difficile de distinguer à la simple vue les grains attaqués, on les reconnaît cependant à leur poids spécifiquement moindre que celui de l'eau, et à leur légèreté, très-sensible lorsqu'on les manie. L'accouplement, la ponte des œufs et toutes les autres fonctions des Calandres n'ont pas lieu à la surface des tas de Blé, mais à la profondeur de quelques pouces; elles n'abandonnent leur retraite que lorsqu'on les inquiète, et quand la saison rigoureuse arrive; à cette époque elles vont chercher un abri contre le froid dans les angles et les crevasses des murs, ou dans les fentes des boiseries. Un grand nombre périt, et celles qui échappent retournent au printemps dans les tas de Blé.

L'œuf, déposé ainsi que nous l'avons dit dans le grain, ne tarde pas à éclore. Il en naît une petite larve blanche, allongée, molle, ayant le corps composé de neuf anneaux, avec une tête arrondie, de consistance cornée, munie de deux fortes mandibules au moyen desquelles elle agrandit journellement sa demeure, faisant

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tourner au profit de son accroissement la substance farineuse dont elle se nourrit. Arrivée au terme de sa grosseur, elle se métamorphose en nymphe, reste dans cet état huit ou dix jours, et se transforme ensuite eu Insecte parfait qui perce l'enveloppe du grain. On conçoit que la durée de toutes ces périodes est toujours liée au degré de température; la chaleur accélérant beaucoup les transformations, et le froid les retardant singulièrement, cette influence est générale dans la classe des Insectes. Les travaux que nous avons entrepris sur cette action permettront de l'apprécier d'une manière bien plus exacte qu'on ne l'a fait jusqu'à ce jour. Quoi qu'il en soit, le terme moyen entre l'accouplement et l'état parfait du nouvel être qui en résulte est de 40 à 45 jours.

—Lorsque les idées de génération spontanée avaient une grande vogue, on pensait que les Calandres étaient engendrées par les grains de Blé imprégnés d'humidité. Plus tard, on crut que ces Insectes déposaient leurs œufs dans l'épi encore vert, et que de-là ils étaient transportés dans les greniers. Des observations fort exactes de Lœuwenhoek (Continuatio Epistolarum, p. 56), en détruisant ces erreurs, ont appris tout ce que nous venons de faire connaître sur l'accouplement, la ponte et les diverses transformations des Charansons du Blé.—Chaque larve consommant à elle seule un grain de Blé, on sent que toujours les ravages seront exactement proportionnels au nombre de ces larves, et on ne se rend compte des grands dégâts dont nous avons parlé que par leur multiplication excessive: c'est aussi ce que l'observation a démontré. D'après un calcul de Degéer, un seul couple de Calandres, y compris plusieurs générations aux-quelles il donne naissance et qui se multiplient entre elles, peut avoir produit au bout de l'année vingt-trois mille six cents individus. D'autres observateurs sont arrivés à ur résultat moins effrayant; ils ont calculé que le nombre des Calandres, provenant d'une seule paire, ne fournissait en dernier total que le nombre six mille quarante-cinq. Sans nous arrêter à cette différence, et en n'admettant que le dernier de ces résultats, on conçoit qu'il est très-important pour les agriculteurs et pour les économistes d'opposer des obstacles à cette multiplication excessive. Le nombre des moyens que l'on a proposés pour détruire ces Insectes est très-grand, mais il n'en est que fort peu dont l'expérience ait constaté l'efficacité. Nous croyons donc pouvoir passer sous silence les fumigations de Plantes odorantes ou de Soufre, l'exposition subite à une chaleur de 19 degrés ou à celle de 70 dans une étuve. Ces procédés, s'ils offrent quelque avantage réel, présentent aussi des incouvéniens incontestables.

Il n'en est pas de même du suivant: lorsqu'on s'aperçoit qu'un tas de Blé est infecté par les Charansons, on dresse à côté un petit monticule de grain auquel on ne touche plus, tandis qu'on remue avec une pelle le monceau de Blé. Les Calandres qui l'habitent étant inquiétées, l'abandonnent et se réfugient presque toutes dans le petit tas qui est placé auprès. On y ramène avec un balai les insectes qui s'en écartent. Cette opération est continuée pendant quelques jours, et à des intervalles assez rapprochés. Lors-qu'on juge qu'un grand nombre d'individus s'est réuni dans le petit tas, on les fait tous périr en jetant dessus celui-ci de l'eau bouillante. Ce procédé, qui détruit les Insectes parfaits, et non les larves qui restent dans les grains, doit être employé aux premières chaleurs du printemps et avant que la ponte n'ait eu lieu. Il réussit bien plus complétement, si on substitue au petit tas de blé une quantité ègale de grains d'Orge, les Calandres ayant une préférence bien marquée pour ces derniers. Un second moyen consiste à entretenir dans les greniers, au moyen d'un ventilateur, une température assez basse pour que les Ca-

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landres soient dans un état d'engour-dissement qui les empêche de s'accoupler, et même de se nourrir. Nous ignorons si ce moyen a été mis en usage; il serait sans doute très-efficace, si on pouvait atteindre un degré de froid assez considérable pour amener l'état de mort apparent et l'entretenir pendant toute la saison chaude.

Des expériences tentées par Clément ont fait encore découvrir que l'air desséché avec la Chaux pouvait devenir un moyen certain de conservation par la propriété qu'il a de faire périr les œufs, les Larves et les Insectes parfaits. Les résultats de ces recherches ont été annoncés par l'auteur dans le courant de l'année 1819 à la Société philomatique de Paris, et ils se trouvent consignés avec quelques détails dans le T. LXXXIX, p. 358 du Journal de physique.

On connaît un grand nombre d'autres espèces appartenant au genre Calandre et qui sont la plupart étrangères à l'Europe. Le général Dejean (Catal. des Coléoptères, p. 99) en possède vingt-trois. (AUD.)

CALANDRELLE. OIS. Nom vulgaire dans le midi de l'Europe de l'Alauda brachydactyla, Temm. V. ALOUETTE. (B.)

CALANDRES. REPT. CHEL. Vieux nom des Tortues de mer, selon Gesner, qui pense que les Calandres que des pêcheurs présentèrent à Christophe Colomb, dans son premier voyage en Amérique, et qu'on qualifia de Poisson, étaient des Tortues. (B.)

CALANDRIA. OIS. (Azara.) Espèce de Merle du Paraguay, qui a beaucoup de ressemblance avec les Moqueurs. (DR.. Z.)

CALANDRINO. OIS. Syn. de la Farlouse, Alauda pratensis, L. en Italie. V. PIPIT. (DR..Z.)

CALANDROTTE. OIS. Nom vulgaire de la Grive Mauvis, Turdus iliacus, L., et de la Litorne, Turdus pilaris, L. V. MERLE. (DR.. Z.)

CALANGARI. BOT. PHAN. L'un des noms de la Pastèque dans l'Indostan. (B.)

CALAO. Buceros, L. OIS. Genre de l'ordre des Omnivores dans la Méthode de Temminck, etc. Caractères: Bec long, très-gros, grand, cellulaire, courbé en faulx, surmonté ou d'un casque ou d'une simple arête lisse; boras des mandibules lisses ou échancrés; narines placées à la surface du bec, près de sa base, dans un sillon, petites, rondes, en partie convertes par une membrane; pieds courts, forts, musculeux, écailleux; trois doigts devant; l'intermédiaire uni à l'externe jusqu'au-delà du milieu, et à l'interne jusqu'à la seconde phalange, ce qui forme au pied une plante épâtée; un doigt derrière large et plat; ailes médiocres, amples; les trois premières rémiges étagées; la quatrième ou la cinquième la plus longue. Queue composée de dix à douze rectrices.

Les Calaos, si remarquables par les formes extraordinaires et bizarres du bec de quelques-uns d'entre eux, paraissent appartenir exclusivement aux Indes et à l'Afrique, du moins ne les a-t-on encore trouvés que sur l'ancien continent et les îles qui en dépendent. Ils s'y nourrissent ae tout ce qui convient aux autres Oiseaux, de Vers, d'Insectes, de petits Quadrupèdes, de charognes, de Graines, et principalement de Fruits. Malgré la force de leurs jambes, ils marchent rarement et paraissent même souffrir de cet exercice, quoique la nature ait tout fait pour les y assujettir en leur donnant, par la conformation de leurs doigts, une base large et épaisse; ils se tiennent presque toujours perchés sur les plus grands Arbres; et de préférence sur ceux qui sont le moins garnis de feuillages. C'est sur ces Arbres ou dans les parties mortes de leur tronc qu'ils construisent leur nid, dans lequel ils se retirent chaque soir, même hors le temps de l'incubation. La ponte consiste en quatre et quelquefois cinq œufs que le mâle et la femelle couvent alternativement avec beaucoup de soin, et l'observation faite sur l'espèce des Philippines porte que les parens ne mettent pas moins de soin dans l'éducation, de

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leurs petits, qui ne les quittent que dans un âge assez avancé. L'on commettrait de grandes erreurs si l'on s'en rapportait à la conformation du bec pour la distinction des espèces, car cet organe, n'acquérant que graduellement ses dimensions, diffère totalement dans le jeune âge et dans l'âge adulte; néanmoins, comme daus tous les âges on aperçoit toujours le casque ou le rudiment qui doit le devenir chez les espèces qui en sont pourvues, on peut diviser les Calaos en deux sections dont l'une comprend tous les Calaos à casque, et l'autre ceux qui ont la mandibule supérieure lisse.

A casques.

CALAO D'ABYSSINIE, Buceros abyssinicus. Calao caronculé et grand Calao. Buff. pl. enlum. 779. Levaill. Oiseaux d'Afrique, pl. 230 et 231. Tout le plumage d'un noir foncé, à l'exception des premières rémiges qui sont d'un blanc fauve. Le bec est très-grand, très-gros, avec le casque à cannelures arrondies en dessus, ouvertes par devant où le bord des cannelures forme un trèfle régulier; des caroncules à la gorge. Longueur, trois pieds et demi environ. Bruce, qui a vu l'Oiseau en vie, assure qu'il est brun: c'était peut-être une femelle. Les jeunes de l'année ont aussi les tectrices ala ires brunes; leur bec est légèrement arqué, aplati et comprimé sur les côtés; les deux mandibules sont creusées en gouttières à l'intérieur; la supérieure est surmontée d'une excroissance cornée, bombée, unie et fléchissant sous la pression du doigt; c'est alors la figure de la pl. 779 de Buff. et 232 de Levaill.

CALAO D'AFRIQUE, Buceros africanus, L., Levaill. Oiseaux rares, p. 17. Noir, abdomen et queue blancs; bec jaune, rouge et noir; la mandibule supérieure surmontée d'une excroissance cornée qui se prolonge antérieurement en corne presque droite, et recouvre postérieurement le dessus de la tête. Longueur, trois pieds et demi. Cette espèce, qui n'a été vue que par le père Labat, paraît à Levaillant n'être que le Calao Rhinocéros qu'une description exagérée a rendu méconnaissable. Cuvier pense qu'il n'en est qu'une variété d'âge.

CALAO A BEC BLANC, Buceros albirostris, Vieill. Levaill. Oiseaux rares, pl. 14. Parties supérieures noires à reflets verdâtres; une huppe de longues plumes effilées à la nuque; une large tache blanche à l'extrémité des rectrices et de la plupart des rémiges; parties inférieures blanches. Bec irrégulièrement dentelé et terminé en pointe mousse; casque de la longueur des deux tiers de la mandibule supérieure, s'étendant sur le sommet de la tête. Longueur, deux pieds; celle du bec est de quatre pouces trois lignes. Ce Calao, que Levaillant juge différent de celui de Malabar, lui a été envoyé de Chandernagor.

CALAO A BEC CISELÉ, Levaill. V. CALAO DE L'ILE-PANAY.

CALAO BICORNE, Calao bicornis, L. Levaill. Oiseaux rares, pl. 7 et 8. Parties supérieures noires; une tache blanche sur les tectrices alaires; parties inférieures et rectrices latérales blanches, pieds verdâtres. Casque concave dans sa partie supérieure, à deux saillies en avant, en forme de double corne; il s'étend en s'arrondissant sur le sommet de la tête. Longueur de l'Oiseau, du haut de la tête à la pointe de la queue, deux pieds huit pouces; celle du bec est de neuf pouces. Il habite les Philippines et la Chine.

CALAO BLANC, Buceros albus, Lath. Tout le plumage blanc; cou long et étroit; bec très-grand, courbé, noir. Grandeur de l'Oie ordinaire. Cette espèce est douteuse; elle a été formée d'après un seul individu pris en mer, près des îles de l'archipel des Larrons.

CALAO BRAC. Même chose que Calao d'Afrique.

CALAO CARONCULÉ. V. CALAO D'ABYSSINIE.

CALAO A CASQUE CONCAVE, Buceros cristatus, Vieill. (V. Planches de ce Dictionnaire.) Parties supérieures noires; une huppe d'un roux fauve ainsi que la moitié du cou; par-

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ties inférieures et rectrices d'un blanc mêlé de fauve; mandibule supérieure jaune, rouge à sa pointe, surmontée d'un casque arrondi sur ses côtés et très-relevé par derrière, creusé en gouttière ouverte par devant. Longueur de l'Oiseau, du sommet de la tête à la pointe de la queue, trois pieds; celle du bec est de sept pouces. Les jeunes et les femelles sont entièrement noirs. De Java. Il est possible que le Buceros cavatus, Cuv. et Levail. pl. 3, 4, 5, 6, ne soit autre chose que le Buceros cristatus.

CALAO A CASQUE EN CROISSANT, Buceros sylvestris, Vieill., Levaill. Oiseaux rares, pl. 13. Buceros niger, Cuv. Buceros diadematus. Parties supérieures noires, irisées; parties inférieures d'un blanc teint de fauve; queue plus longue que le corps, arrondie, noire au milieu, blanchâtre sur les côtés. Bec jaunâtre, long de près d'un pied, et très-fort; la mandibule supérieure garnie d'un casque formant un grand croissant. Longueur, trois pieds quatre pouces du sommet de la tête à l'extrémité de la queue. Cette espèce vit en société à Sumatra et dévore les cadavres.

CALAO A CASQUE FESTONNÉ, Buceros niger, Vieill., Levaill. Oiseaux rares, pl. 20 et 21. Buceros undulatus, Cuv. Buceros annulatus. Parties supérieures noires, irisées de bleuâtre; une plaque d'un brun rougeâtre sur les épaules du mâle; parties inférieures d'un noir brunâtre; queue d'un blanc roussâtre; une peau nue et ridée enveloppe les yeux et descend sur la gorge; les plumes de la nuque sont longues. Le bec est d'un brun jaunâtre, la mandibule supérieure a une espèce de casque qui ne s'élève que de cinq à six lignes; il est coupé transversalement en plusieurs festons. Longueur totale, deux pieds dix pouces; celle du bec de cinq pouces. De Java.

CALAO A CASQUE PLISSÉ, Buceros leucocephalus, Vieill. Le plumage est entièrement noir, le bec est d'un brun jaunâtre; les mandibules d'un noir bleuâtre ont jusqu'aux trois quarts de leur longueur des rainures horizontales; la supérieure est garnie d'un casque haut de deux pouces, long de quatre, en forme de quart de cercle, coupé verticalement sur le devant où il est comme ridé et garni de quatre plis verticaux très-profonds; sa couleur est un rouge brillant. Une peau nue, extensible et d'un beau jaune, couvre la gorge. Longueur totale, deux pieds et demi; celle du bec est de six pouces. Des îles Moluques.

CALAO A CASQUE ROND, Buceros galeatus, L. Buff., pl. enl. 933 (le bec seulement). Cette espèce, d'après la description de Latham qui l'a vue au Muséum britannique, a les parties supérieures noires et les inférieures blanches; la queue cunéiforme, blanche, avec une large bande noire à l'extrémité de chaque rectrice. Le bec est presque droit: la mandibule supérieure porte un casque arrondi, comprimé sur les côtés; haut de trois pouces deux lignes. La longueur de l'Oiseau est de trois pieds huit pouces depuis l'extrémité du bec jusqu'à celle de la queue; la longueur du bec est de sept pouces quatre lignes.

CALAO A CASQUE SILLONNÉ, Buceros suloatus, Temm., pl. coloriée, 69. Parties supérieures d'un noir à reflets bleuâtres; tête et cou d'un blanc jaunâtre tirant au brun sur le haut de la poitrine; de longues plumes brunâtres formant sur le cou une espèce de crête longitudinale; rectrices blanches, terminées de noir; parties inférieures noires. Bec rouge, long de quatre pouces trois lignes; une protubérence osseuse, plissée transversalement, s'élève au-dessus de la moitié de la mandibule supérieure, et se terminé insensiblement près du crâne; la mandibule inférieure a trois stries profondes à sa base; peau nue qui entoure les yeux rouges; iris jaune; pieds noirâtres. Taille, vingt-six pouces. De Mindanao.

CALAO DE CÉRAM, Buceros plicatus, Lath. Cet Oiseau, vu à la Nouvelle-Guinée par Dampierre dans son

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Voyage autour du monde, serait de la grosseur d'une Corneille, noir, avec le cou assez long, d'une couleur de Safran et la queue blanche; le bec ressemblerait à la corne d'un Bélier. Jugeant d'après cette description, Latham est porté à croire que cette espèce serait celle qu'a trouvée Labillardière à l'île de Waigion, l'une des Moluques, et dont le corps est noir, le cou d'un roux assez brillant avec la queue blanche; le casque de couleur jaune est cannelé et aplati; lá longueur de cet Oiseau depuis l'extrémité du bec jusqu'à celle de la queue est de deux pieds huit pouces, et celle du bec de huit pouces.

CALAO DE LA CÔTE DE COROMANDEL est une variété du Calao du Malabar.

CALAO COURONNÉ, Buceros coronatus, Levaill. Oiseaux d'Afrique, pl. 234 et 235. Parties supérieures noires; une ligne blanche partant des yeux entoure la tête dans le mâle; une huppe sur la nuque; parties inférieures blanches ainsi que les rectrices latérales; bec d'un rouge vif; casque petit en forme de crête; pieds bruns.

CALAO A CRINIÈRE, Buceros jubatus, Vieill. Parties supérieures grises; gorge et devant du cou d'un gris blanchâtre; parties inférieures blanches ainsi que l'extrémité de la queue; une crête hérissée sur l'occiput et le long du cou. Bec rouge et noir, la mandibule supérieure garnie dans presque toute sa longueur d'une arête très-relevée. De la Nouvelle-Hollande.

CALAO DE GINGI, Buceros ginginianus, Lath., Levaill. Oiseaux rares, pl. 15. Parties supérieures grises; rémiges noires; parties inférieures blanches; rectrices latérales rayées de noir vers le bout, et terminées de blanc, les deux intermédiaires roussâtres terminées de noir. Bec long, courbé avec une excroissance également recourbée sur la mandibule supérieure. Longueur totale, deux pieds; celle du bec est de trois pouces six lignes. De la côte de Coromandel.

GRAND CALAO. V. CALAO D'ABYSSINIE.

CALAO GRIS, Buceros griseus, Lath. La couleur du plumage est le gris cendré avec les rémiges noires, blanches à l'extrémité; dessus de la tête noir; une peau nue, bleuâtre autour des yeux; rectrices blanches, à l'exception des deux intermédiaires qui sont noires. Bec jaune entouré de soies nombreuses; casque tronqué en arrière, et s'abaissant progressivement vers la pointe. De la Nouvelle-Hollande.

CALAO DE L'ILE-PANAY, Buceros Panayensis, L., Buff., pl. enl. 780 et 781. Levaill. Oiseaux rares, pl. 16, 17 et 18. Parties supérieures noires, irisées de verdâtre; parties inférieures d'un rouge brun; queue d'un jaune roussâtre, noire à l'extrémité. Bec très-long, arqué, sillonné, jaunc nuancé de brun; casque s'élevant à la base, aplati sur les côtés, tranchant en dessus, s'étendant le long du bec; yeux entourés d'une membrane nue et brune. La femelle a la tête et le cou blancs avec une tache triangulaire d'un noir verdâtre. Dans les jeunes, le casque ne s'élève pas à plus d'une ligne et demie; il en atteint huit et neuf chez les adultes. Longueur totale, deux pieds et quelques lignes.

CALAO DES INDES. Même chose que le C. Rhinocéros.

CALAO LONGIBANDE, Buceros melanoleucus, Vieill., Buceros fasciatus, Cuv., Levaill. Oiseaux d'Afrique, pl 233. Parties supérieures noires; parties inférieures et rectrices latérales blanches. Bec rouge, brun et jaune terne, avec un casque festonné peu élevé. Longueur, dix-huit à vingt pouces. De la côte d'Angole.

CALAO DE MALABAR, Buceros melabaricus, L., Buceros monoceros, Sh., Calao unicorne, Buff., pl. enl., n° 873; Levaill. Oiseaux rares, pl. enl. 9, 10, 11 et 12. Parties supérieures noires à reflets violets et verts; parties inférieures, premières rémiges et les trois rectrices extérieures blanches; bec arqué, jaunâtre, noir

TOME III. 3

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à sa base; casque non adhérent au crâne, plat en arrière et recouvert d'une peau noire; il est sillonné, s'élève progressivement, suivant l'âge, se tronque carrément et s'allonge enfin vers l'extrémité du bec en se courbant ainsi que lui. La longueur totale de ce Calao est de deux pieds six pouces; le bec a huit pouces. Latham donne comme variété le Calao figuré par Sonnerat, pl. 121 dans son Voyage aux Indes et à la Chine; le casque s'élève de la base du bec en s'étendant jusque vers la moitié de sa longueur, et en s'arrondissant sur les côtés; il est très-gros ainsi que le bec.

CALAO DE MANILLE, Buceros manillensis, L., Buff., pl. enl. 891. Parties supérieures d'un brun noirâtre; tête et cou d'un blanc brunâtre; parties inférieures d'un blanc sale; queue rayée transversalement d'une bande rousse. Bec tranchant et surmonté d'un léger feston. Longueur totale, vingt pouces. Levaillant pense que c'est une variété de sexe d'une espèce déjà décrite.

CALAO DES MOLUQUES, Buceros Hydrocorax, Lath., Calao roux, Buff, pl. enl. 283. Parties supérieures noires, mélangées de brun et de fauve; côtés de la tête noirs; gorge entourée d'une bande blanche; parties inférieures brunâtres, rectrices d'un gris blanchâtre; bec cendré; casque arrondi en arrière et aplati en devant. Longueur, deux pieds quatre pouces; celle du bec est de cinq pouces. On assure que cette espèce ne se nourrit que de muscades, ce qui donne à sa chair un fumet exquis. Levaillant prétend qu'elle n'est que le Calao à casque concave dans son jeune âge, et l'a figurée pl. 6 de ses Oiseaux rares, sous le nom de Calao roux.

CALAO DE LA NOUVELLE-HOLLANDE, Buceros orientalis, Lath. Tout le corps est noirâtre; le bec est convexe, creusé en gouttière lonîgitudinalement, et relevé en casque sur le front; peau nue des yeux ridée. Longueur, quatorze pouces.

CALAO DES PHILIPPINES. Même chose que le Calao bicorne.

CALAO RHINOCÉROS, Buceros Rhinoceros, L., Buff., pl. enl. 934 (le bec), Levaill. Oiseaux rares, pl. 1 et 2. Le plumage est noir, à l'exception du croupion, de l'abdomen, de la base et de l'extrémité des rectrices qui sont blancs; bec en faulx, surmonté d'un casque énorme, recourbé en haut, imitant la corne du Rhinocéros, d'un beau rouge, et d'une teinte orangée que séparent deux lignes noires. Longueur totale, quatre pieds quatre pouces, celle du bec prend environ un pied. Les jeunes n'ont qu'un rudiment de casque et point de corne. De l'Inde.

CALAO ROUGE, Buceros ruber, Lath. Tête huppée noire, plumage d'un beau rouge avec une bande transversale sur le dos; bec casqué et recourbé. Cette espèce, fort douteuse, a été décrite par Latham sur un dessin trouvé dans les papiers de Smith.

CALAO ROUX. V. CALAO DES MOLUQUES.

CALAO UNICORNE. V. CALAO DU MALABAR.

CALAO VERT, Buceros viridis, Lath. Parties supérieures noires avec des reflets verts; ventre et rectrices latérales blancs; une touffe de plumes effilées de chaque côté de l'abdomen. Bec jaune et noir, surmonté d'un casque tronqué postérieurement. Patrie inconnue.

CALAO VIOLET, Buceros violaceus, Vieill., Levaill. Oiseaux rares, pl. 19. Parties supérieures noires avec des reflets pourprés; parties inférieures blanches ainsi que les trois rectrices latérales. Bec en faulx, échancré avec un casque élevé, aplati et bi-sillonné sur les côtés, coupé brusquement en devant, coloré de rouge et de noir; la mandibule inférieure rayée transversalement de deux bandes noires à la base. Des Indes.

CALAO DE WAYGION, Buceros ruficollis Vieill. Le corps noir; le cou d'un roux brillant; la queue blanche; bec dentelé, surmonté d'un casque jaunâtre, aplati et cannelé. Longueur, deux pieds six pouces; celle

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du bec est de sept pouces et demi. Des Moluques.

†† Bec sans casque.

CALAO DU BENGALE, Buceros Bengalensis, Cuv. Vaill. Cal. 23.

CALAO COURONNÉ, Buceros coronatus. Cuv., Levaill. Oiseaux d'Afrique, pl. 234 et 235. Parties supérieures noires; une ligne blanche, partant des yeux, entoure la tête du mâle; une huppe sur la nuque; parties inférieures et rectrices latérales blanches; bec d'un rouge-vif; mandibule supérieure un peu relevée en crête; pieds bruns.

CALAO GINGALA, Buceros Gingala, Vieill., Levaill. Oiseaux rares, pl. 23. Bec courbé et dentelé, noir et blanc; parties supérieures noires nuancées de gris bleuâtre; tête huppée; gorge et dessous du cou bleus; parties inférieures grises; rectrices anales rousses; queue étagée; rectrir ces pointues terminées de blanc. Longueur, dix-sept pouces; le bec en a trois.

CALAO JAVAN, Calao javanicus, Cuv., Levaill. Oiseaux rares, pl. 22. Il a le bec jaunâtre, brun à sa base avec une espèce de protubérance, point assez élevée pour constituer un casque, coupée de rides transversales profondes, mais point apparentes chez les jeunes; le plumage est noir, irisé, à l'exception du sommet de la tête qui est roux, du cou et de la queue qui sont blancs; la peau nue qui couvre le dessous des yeux et le bas des joues forme sur la gorge une poche profondément ridée. Longueur totale, trois pieds; celle du bec est de neuf pouces.

CALAO NASIQUE, Buceros Nasica, Cuv., Levaill. Oiseaux d'Afrique, pl. 236 et 237. Parties supérieures d'un gris sale, ondé de blanchâtre; parties inférieures blanches, mêlées de gris et de brun; un trait blanc au-dessus de l'œil; une petite huppe à la nuque; queue coupée carrément; les deux rectrices intermédiaires brunes, les autres terminées de blanc. Longueur dix-huit pouces. Du Sénégal.

CALAO TOCK, Buceros nasutus, L. Calao à bec rouge du Sénégal. Buff. pl. enl. 260. Levaill. Oiseaux d'Afrique, pl. 238. Parties supérieures variées de blanc et de noir; une huppe de plumes effilées sur la nuque; parties inférieures blanches; rectrices grises, bordées et terminées de blanc; bec rouge. Longueur, vingt pouces. Du Sénégal. (DR.. Z.)

* CALAOMECOU. BOT. PHAN. Syn. caraïbe d'Ageratum conyzoides. V. AGERATE. (B.)

CALAPIS. OIS. Pour Colaris. V. ce mot.

CALAPITE. BOT. MIN. V. CALAPPITE.

* CALAPITO. BOT. PHAN. Syn. de Teucrium Iva en Provence. (B.)

CALAPPA. BOT. PHAN. Ce nom paraît désigner les Palmiers en général dans l'idiome malais, puisque le Cycas lui-même est appelé dans les îles malaises Sajor-Calappa, ce qui signifie Calappa-Légume. Rumph restreint ce nom aux Cocotiers, dont il mentionne plusieurs espèces ou variétés. V. COCOTIER. (B.)

CALAPPE. Calappa. CRUST. Genre établi par Fabricius (Suppl. entom. Syst. p. 345) aux dépens du grand genre Crabe, et rapporté par Latreille (Règne Anim. de Cuv) à l'ordre des Décapodes, famille des Brachyures, section des Cryptopodes, avec ces caractères: crâne très-bombé; serres comprimées en crête, et s'adaptant parfaitement aux bords extérieurs du test, de manière à couvrir toute la région de la bouche; deuxième article des pieds-mâchoires extérieur terminé en pointe.—Les Calappes, qu'on nomme aussi Migranes, diffèrent de tous les autres genres de la famille des Brachyures par le développement considérable de leur carapace dont les deux angles postérieurs s'épanouissent, et constituent deux avances en forme de voûte qui logent et recouvrent les quatre dernières paires de pates lorsque l'Animal les contracte. Cette particularité caractérise la section des Cryptopodes à laquelle appartient aussi le genre Æthre de Leach. Mais ces Crustacés qui ont

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été omis dans les Dictionnaires à leur ordre alphabétique, parce que les auteurs ont écrit à tort OETHRE; ces Crustacés, dis-je, diffèrent des Calappes par le test très-aplati et par le deuxième article des pieds-mâchoires carrés. Du reste, ils ont avec eux beaucoup de ressemblance par l'ensemble de leurs formes.

Les mains en crêtes bien prononcées ne sont point un caractère moins important des Animaux dont nous traitons. Dans l'état de repos, ces mains sont repliées verticalement sur la bouche, de manière à former devant elle une sorte de bouclier; de-là les noms de Crabe honteux et de Coqde-mer sous lesquels on les a vulgairement désignés. On rencontre les Calappes dans toutes les mers des climats chauds.

Le Calappe Migrane, Calappa Granulata de Fabricius, sert de type au genre. Il a été figuré par Herbst. (Canc. tab. 12, fig. 75, 76). C'est le Crabe honteux ou le Coq-de-mer, la Migrane ou la Migraine des Provençaux et des Languedociens. Belon, et d'après lui Aldrovande, le rapportent au Crabe d'Héraclée ou Héracléotique des anciens. Suivant Rondelet (lib. 18) cette espèce serait le Crabe Ours d'Aristote et d'Athénée. Risso (Hist. Natur. des Crust, de Nice, p. 18), qui a observé cette espèce dans la mer de Nice, dit qu'elle fait habituellement son séjour dans les fentes des rochers, d'où elle plonge à vingt ou trente mètres de profondeur pour se procurer sa nourriture qui consiste en divers Mollusques et Zoophytes. Elle est vorace, et c'est à l'approche du crépuscule qu'elle commence à chasser. Si le mouvement des flots l'oblige d'abandonner plus tôt son réduit, elle contracte la première paire de pates ainsi que les quatre paires postérieures, et se laisse tomber au fond de l'eau. Ces Animaux s'accouplent vers la fin du printemps, et la femelle pond ses œufs en été. Leur chair est fort bonne à manger.—On rapporte encore à ce genre le Calappa fornicata de Fabricius, figuré par Herbst (loc. cit. tab. 12, fig. 73, 74); le Calappa marmorata de Fabricius, représenté par Herbst (loc. cit. tab. 40, fig. 2). Latreille soupçonne qu'il est le Guaja-apara de Pison et de Marcgrave, et le Crabe honteux de Chanvalon (Voyage à la Martinique). Enfin les Crabes désignés sous les noms de Lophos, tuberculatus, inconspectus, Gallus, etc., etc., etc, figurés par Herbst, appartiennent aussi au genre Calappe. (AUD.)

CALAPPITE. BOT. MIN. Et non Calapite. Nom donné par Rumph à la concrétion pierreuse qu'on trouve quelquefois dans le Cocos appelé Calappa, et que les Malais regardent comme fort précieuse. Ils la portent en amulette et lui attribuent de grandes vertus. Ils assurent que pour éprouver son authenticité, il suffit de l'exposer avec quelque grain à l'appétit des Poules qui n'y touchent pas tant que la Calappite s'y trouve. Cette Pierre peu connue n'a pas été analysée. (B.)

* CALARDROTE. OIS. Syn; vulgaire du Mauvis, Turdus iliacus, L. V. MERLE. (DR.. Z.)

CALAROU. BOT. PHAN. (Surian.) Nom caraïbe de Begonia scandens, espèce du genre Bégone. (B.)

* CALATHE. Calathus. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Carnassiers, tribu des Carabiques (Règne Anim. de Cuv.), fondé par Bonelli dans ses Observations entomologiques (Mém. de l'Académie de Turin). Ces Insectes appartiennent, selon Latreille et Dejean (Hist. nat. des Coléopt.), à la division des Thoraciques. V. CARABIQUES.

Les Calathes sont surtout remarquables par les crochets de leurs tarses dentelés en dessous, et ce caractère, qu'ils partagent seulement avec les Læmosthènes et les Taphries, suffit pour les distinguer des autres genres de cette division. Ils se rapprochent des Harpales par la forme de leur corps, et ont quelque analogie avec les Amares et les Pœciles; mais ils s'éloignent des pre-

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miers par l'absence d'une échancrure ou labre; et diffèrent des seconds par leur prothorax aussi long ou plus long que large, presque carré ou en trapèze sans rétrécissement à sa base. Ce genre est assez nombreux en espèces. Le général Dejean (Catal. des Coléopt. p. 11) en mentionne seize parmi lesquelles plusieurs se rencontrent en France et aux environs de Paris. Telles sont entre autres le Calathe melanocéphale, Carabus melanocephalus de Fabricius, figuré par Panzer (Faun. Ins. Germ. Fasc. 30, fig. 19); le Cal. cisteloïde, Car. cisteloïdes d'Illiger, ou le Car. flavipes d'Olivier représenté par Panzer (loc. cit. Fasc. 11, fig. 12).

Dejean en a découvert une espèce nouvelle dans les environs de Paris, il la nomme Cal. rotundicollis. (AUD.)

CALATHIANA. BOT. PHAN. (Daléchamp.) Syn. des Gentianes Pneumonanthe et filiforme. (B.)

CALATHIDE. BOT. PHAN. Dans la vaste famille des Synanthérées ou Plantes à fleurs composées, les fleurs forment un véritable capitule, c'est-à-dire qu'elles sont réunies sur un plateau ou réceptacle commun, et environnées d'un involucre général. C'est à cette inflorescence que Mirbel a proposé de donner le nom de Calathide, et le professeur Richard celui de Céphalanthe. Mais la Calathide est un véritable capitule. Nous renvoyons donc à ce mot. (A. R.)

CALATTI. OIS. (Brisson.) Espèce des Indes du genre Tangara, Tanagara Amboinensis, L. V. TANGARA. (DR.. Z.)

* CALAU. OIS. Syn. de Colymbus minor dans le Bas-Poitou. V. GRÈBE. (B.)

CALAVANCE. BOT. PHAN. (Sloane.) Syn. de Phaseolus sphœrospermus à la Jamaïque. (B.)

* CALAVEZZA. BOT. PHAN. Syn. de Myrtille dans quelques cantons de la Toscane. V. AIRELLE. (B.)

CALAVRIA. OIS. Syn. italien de Lagopède, Tetrao Lagopus, L. V. TÉTRAS. (DR.. Z.)

CALAWEE. BOT. PHAN. (Marsden.) Probablement un Jaquier dont l'écorce est employée à Sumatra pour faire de la toile. (B.)

CALAYCAGAY. BOT. PHAN. Syn. de Poinciana aux Philippines. V. POINCILLADE. (B.)

CALAYIACAY. BOT. PHAN. Syn. d'Hedysarum Gangeticum aux Philippines. (B.)

* CALBET. MAM. V. BOURRET.

CALBOA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Convolvulacées, voisin de l'Ipomæa, dont il ne se distingue que par les quatre loges monospermes de sa capsule. Il a été établi par Gavanilles, qui, tab. 476 de ses Icones, a figuré I'unique espèce connue jusqu'ici, le Calboa vitifolia, Herbe grimpante, dont les fleurs sont disporsées en corymbes axillaires, et dont les feuilles longuement pédonculées rappellent par leurs découpures celles de la Viene. Persoon a substitué au nom de Cavanilles celui de Macrostema, destiné à exprimer la longueur des étamines qui font saillie hors du tube de la corolle. (A. D. J.)

CALBOS. POIS. Bosc dit que les Marseillais désignent sous ce nom une espèce du genre Cotte. (B.)

CALCABOTTO. OIS. Syn. italien de l'Engoulevent ordinaire, Caprimulgus europœus, L. V. ENGOULVENT. (DR.. Z.)

CALCAIRE. GÉOL. Dénomination commune à toutes les masses minérales ou roches qui sont essentiellement composées de Chaux carbonatée soit à l'état cristallin, soit à l'état de sédiment, telles, par exemple, que les Marbres salins ou statuaires, les Marbres ordinaires, la Craie, la Pierre à bâtir des environs de Paris, etc.

Le Calcaire est très-abondant dans la nature; on le rencontre au milieu des terrains primitifs, et son abondance relative augmente depuis les couches le plus anciennement formées jusqu'à celles qui paraissent être les dernières de l'enveloppe terrestre. Les divers Calcaires forment des montagnes et des chaînes entières considérables; ils sont presque toujours disposés en lits ou assises distinctes, soit inclinés soit horizontaux. A l'exception du Cal-

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caire primitif, ils renferment de nombreux débris de corps organisés qui diffèrent dans tel ou tel Calcaire, selon l'ancienneté de formations de chacun d'eux, et qui concourent, avec l'ordre de superposition, à faire distinguer leur âge relatif; c'est par une application trop vague du moyen fourni par l'observation des corps organisés que fréquemment on parle dans les descriptions géognostiques de Calcaire à Gryphées, de C. à Ammonites, de C. à Cérites, etc., expressions qui ne peuvent avoir, dans l'état actuel de la science, une valeur rigoureuse et exclusive. On distingue d'une manière plus exacte les Calcaires en C. marins et C. d'eau douce, d'après les espèces de corps organisés qu'ils renferment et qui indiquent l'origine de leur formation; on peut également, sous le même point de vue, les séparer en C. cristallins et C. de sédiment, les premiers ayant été formés par voie de précipitation chimique ou de cristallisation, et les seconds par dépôt à la suite d'une simple suspension ou d'un délayement.

On verra au mot ROCHE ce que les géologues entendent par Calcaire primitif, de transition, alpin, du Jura, de montagnes, à cavernes, coquillier, siliceux, etc. V. pour l'histoire des Roches calcaires les articles GÉOLOGIE et GÉOGNOSIE. (C. P.)

CALCAMAR. OIS. Quelques voyageurs ont ainsi nommé un Oiseau de la grosseur du Pigeon qu'ils ont vu sur les côtes du Brésil, et que, d'après leur dire, on devrait rapporter au genre MANCHOT. (DR.. Z.)

* CALCANEUM. ZOOL. V. Os et PIED.

CALCANTHE. MIN. C'est-à-dire Fleur de Cuivre, l'un des anciens noms du sulfate de Cuivre. V. CUIVRE. (LUC.)

* CALCAR. MOLL. Genre formé par Denis Montfort aux dépens des Turbo de Linné, et dont les caractères consistent dans la dépression de la coquille non ombiliquée, à spire peu élevée, ayant les bords de l'ouverture continus, tranchans, offrantune gouttière creusée dans un éperon, d'où vient le nom générique, située au milieu du bord droit, et se conservant sur les tours de la spire. Le Turbo Calcar, L. a servi de type à ce petit genre. On voit la figure de cette coquille dans Dargenville (Conch. p. 207. pl. 6. fig. k) et dans Chemnitz (V. CLXIV. l552).

Une espèce de Nautile porte encore le nom de Calcar dans Linné. Syst. Nat. XIII. pars XI. 3370. (B.)

* CALCARAMPHIS. BOT. PHAN. Espèce du genre Amphorchis de Du Petit-Thouars, qui l'a figuré pl. 4 de sa Flore des îles australes de l'Afrique. (B.)

CALCATREPPOLA, CALCATREPPO ET CALCATRIPA. BOT. Noms vulgaires donnés dans certains can tons d'Italie au Delphinium Consolida, L., au Centaurea Calcitrapa, L., et à l'Agaricus Prunulus, Scop. (B.)

CALCE. GÉOL. (De La Méthrie.) Syn. de Chaux. V. ce mot. (LUC.)

* CALCEANGIS. BOT. CRYPT. Nom donné par Du Petit-Thouars à l'une des espèces de son genre Angorchis, et qui était l'Epidendrum Calceolus; il l'a figurée pl. 77 de sa Flore des îles de l'Afrique australe. (B.)

CALCEDOINE. MIN. Variété d'Agate, d'un blanc-laiteux et d'une transparence nébuleuse, que l'on taille pour en faire des objets d'agrément. Le nom de Calcédoine est celui d'une ville de Bithynie dans l'Asie-Mineure, près de laquelle les anciens trouvaient cette Pierre. Les Calcédoines les plus estimées se tirent maintenant de l'Islande et des îles Feroë, où elles se rencontrent en abondance. On donne quelquefois l'épithète d' orientales aux Calcédoines dont la pâte est plus fine, et dont l'intérieur paraît comme pommelé. V. QUARTZ-AGATE. (G. DEL.)

CALCÉOLAIRE. Calceolaria. BOT. PHAN. Genre de Plantes appartenant à la famille des Scrophularinées, et à la Diandrie Monogynie. Linné n'en avait décrit que trois espèces originaires du Pérou; Lamarck en ajouta

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cinq autres rapportées du détroit de Magellan par Commerson; enfin les auteurs de la Flore du Pérou et du Chili, Cavanilles, Humboldt et Bonpland ont considérablement augmenté ce genre, de sorte que le nombre des espèces publiées par ces divers auteurs s élève aujourd'hui à plus de soixante. Voici les caractères de ce genre, tels que les donne Kunth (Nova Genera et Spec. Plant. Amer. Æquin): calice à quatre divisions presque égales entre elles; la supérieure un peu plus large; corolle dont le tube est très-court, le limbe bilabié; la lèvre supérieure, petite, tronquée et entière; l'inférieure très-développée, concave et en forme de sabot; deux étamines insérées à la base du tube, courtes, ayant les loges de leurs anthères écartées; un seul stigmate; capsule conique, biloculaire et à deux valves bifides, et les trophospermes adnés à la cloison; graines sillonnées, anguleuses.

Les Calcéolaires sont des Plantes ligneuses ou herbacées, rarement sans tiges; leurs feuilles sont le plus souvent opposées ou ternées. Leurs fleurs disposées en corymbe, d'une couleur jaune, sont remarquables par l'aspect que leur donne la lèvre inférieure de la corolle, dont la forme rappelle celle du labelle de notre Sabot de Vénus, Cypripedium Calceotus, L. Elles sont toutes indigènes de la partie occidentale du continent de l'Amérique méridionale, et principalement du Pérou et du Chili. (G.. N.)

CALCÉOLE. Calceola. MOLL. FOS. Genre formé par Lamarck, dont l'Anomii sandalium, L., coquille fossile, est la seule espèce. Elle a été figurée par Knorr (T. III. Suppl. pl. 206. f. 5, 6); et cette figure a été reproduite dans les ouvrages d'Histoire naturelle, où il est question du genre Calcéole, dont les caractères sont coquille inéquivalve, turbinée, aplatie sur le dos; la plus grande valve en forme de demi-sandale, ayant à la charnière deux ou trois petites dents; la plus petite valve plane, semi-orbiculaire, en forme d'opercule. On trouve la Calcéole en diverses parties de l'Allemagne, où elle est toujours assez rare. Nous l'avons rencontrée notamment sur les hauteurs de Bisfeld en West-phalie. (B.)

CALCEOLE. Calceolus. BOT. PHAN. (Tournefort.) Syn. de Cypripedium, L. (Petiver.) Même chose que Galanga. (B.)

CALCHANTE. MIN. (Bertrand.) Même chose que Chalcanthe. V. ce mot. (LUC.)

CALCHILE. MIN. Même chose que Colcotar fossile selon Patrin. (LUC.)

CALCHIS. OIS. Pour Chalsis. V. ce mot. (DR.. Z.)

CALCIFRAGE. Calcifraga. BOT. PHAN. (Pline.) Syn. de Globularia Alypum, L. (Lobel.) Vieux nom du Crithmum maritimum, L. V. CRITHME. (B.)

* CALCINATION. MIN. Réduction des Pierres calcaires en Chaux par l'action du feu. On a improprement étendu cette dénomination aux opérations qui soumettaient à une température très-élevée les substances infusibles, mais sensiblement altérables. (DR.. Z.)

CALCINELLA ET CALCINELLE. MOLL. Syn. de Venus dealbata de Gmelin. Coquille que le même auteur a reproduite sous le nom de Mactra piperita. Belon dit que ce nom est surtout en usage dans l'Adriatique. (B.)

* CALCIPHYRE. GÉOL. Brongniart a donné ce nom à une Roche porphyroïde, c'est-à-dire du genre de celles dans la pâte desquelles sont disséminés des Cristaux de forme déterminable et de diverse nature. Ces Cristaux sont ici tantôt du Feldspath, tantôt des Grenats; de la Diallage, du Pyroxène ou de l'Amphibole, du Fer oxidulé et des Pyrites, s'y présentent aussi quelquefois, comme parties, éventuellement disséminées. La structure de la pâte calcaire qui fait la base du Calciphyre est tantôt grenue et presque lamellaire, tantôt compacte,

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mais très-homogène et à grains fins. Sa dureté la rend souvent susceptible d'un beau poli; sa cassure, rarement raboteuse, est généralement conchoïde; la pâte calcaire étant plus destructible que les Cristaux, ceux-ci font souvent saillie sur la surface de la Roche, dont les principales variétés sont:

CALCIPHYRE FELDSPATHIQTJE, qui consiste en Cristaux de Feldspath blanchâtre, disséminé dans un calcaire compacte, presque transparent, d'un blanc jaunâtre. On le trouve en couches inclinées au petit Saint-Bernard.

CALCIPHYRE PYROPIEN. Des Grenats rougeâtres dans un calcaire lamellaire ou grenu, tirant sur le gris verdâtre, le composent. Se trouve dans les Pyrénées moyennes en couches subordonnées au Calcaire saccharoïde.

CALCIPHYRE MÉLANIQUE, formé de Grenats mélanites dans un calcaire compacte et noirâtre. Il a été observé dans les Pyrénées, au pic d'Espade, au Tourmalet, etc.

CALCIPHYRE PYROXENIQUE. Cristaux de Pyroxène verdâtre dans un Calcaire compacte, translucide et roussâtre. Cette belle variété, susceptible d'un beau poli, vient de l'une des îles Hébrides.

Les Calciphyres ne constituent, à ce qu'il paraît, que très-artificiellement une espèce parmi les Roches. V. ce mot. (B.)

CALCITRAPE. Calcitrapa. BOT. PHAN. Linné avait réuni dans son genre Centaurea plusieurs genres des botanistes ses prédécesseurs, et Jussieu les a séparés de nouveau dans son Genera. L'un d'eux est le Calcitrapa, caractérisé par les épines qui terminent les folioles de ses involucres. La Chausse-Trape, cette Plante si commune dans nos champs incultes et sur le bord de nos chemins, lui appartient, et lui a donné son nom, selon Bory-de-Saint-Vincent. Elle est fort amère et jouit d'une propriété si éminemment fébrifuge; que les paysans des Landes guérissent des fièvres tierces en avalant des pilules qu'ils font avec ses feuilles écrasées. Moench, en admettant ce genre, lui réunit le Crocodilium où les folioles sont terminées par une pointe unique, et le Seridia, où elles le sont par des épines palmées. (A. D. J.)

* CALCITRAPOIDES. BOT. PHAN. Genre formé par Vaillant, que Linné avait, avec tant d'autres, confondu parmi ses Centaurées, et qui rentre aujourd'hui dans le genre Calcitrape. V. ce mot. (B.)

* CALCIUM. MIN. Métal blanc, brillant, extrêmement combustible, passant promptement à l'état d'Oxyde ou de Chaux, soit par le contact de l'air, soit par celui de l'eau qu'il décompose. On n'a pu encore obtenir le Calcium qu'à l'aide de la pile; on soumet à son action un Sel calcaire humecté d'eau et entouré de Mercure; le Sel est décomposé, et le Calcium, s'unit au Mercure dont on le sépare ensuite par la distillation. (DR.. Z.)

CALCOCRI. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Probablement le Fumaria officinalis, L., selon Adanson. V. FUMETERRE. (B.)

CALCOPHONE. MIN. V. CHALCOPHONE.

CALCUL. ZOOL. MIN. De Calx. Nom par lequel on désigne des concrétions pierreuses qui se forment dans diverses parties de l'Homme et des autres Animaux. Il ne sera point question ici des Perles ni des yeux d'Écrevisses, qui ne sont pas ordinairement compris dans l'acception générique du mot Calcul, non plus que des Bézoards dont il a déjà été parlé. Les concrétions tophacées de la Goutte ne sont pas non plus appelées ordinairement Calculs, encore qu'elles soient de l'Urate de Soude, et non de la Craie ou du Phosphate de Chaux, comme on l'avait cru jusqu'ici; les principales concrétions désignées par le nom de Calculs sont les:

CALCULS BILIAIRES. Concrétions qui paraissent dues à la séparation de

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la matière jaune que la Soude tenait en dissolution dans la Bile. Ces concrétions dont le nombre varie, ainsi que le volume qui du point imperceptible peut aller jusqu'à celui d'un très-gros Pois, se trouvent dans la vésicule du fiel et dans les canaux biliaires qu'ils obstruent quelquefois au point de désorganiser complètement le système vital. Les Calculs biliaires sont inodores, insipides, d'un jaune orangé, presque insolubles dans l'Eau et dans l'Alcohol, légèrement attaquables par les Alcalis; ils donnent à la distillation de l'Eau, de l'Huile, des substances gazeuses, du sous-Carbonate d'Ammoniaque, du Phosphate de Chaux et du Charbon animal; ils contiennent abondamment une matière particulière que les chimistes ont nommée Cholestérine. V. ce mot.

CALCULS CÉRÉBRAUX. On rencontre quelquefois dans le cerveau des concrétions blanches, insolubles dans l'Eau et dans l'Alcohol, les quelles, examinées chimiquement, ont été trouvées composées de Cholestérine et de Phosphate de Chaux.

CALCULS PULMONAIRES. Concrétions que l'on trouve, mais rarement, dans le poumon, sous forme de petits grains blancs, durs, agglomérés par une matière muqueuse épaissie; elles sont composées de Phosphate et de Carbonate de Chaux.

CALCULS SALIVAIRES. Ils sont de la même nature que les Calculs pulmonaires, et paraissent se former dans les couloirs de la salive.

CALCULS URINAIRES. Concrétions plus ou moins volumineuses qui se forment dans la vessie, dans les reins, et quelquefois, mais rarement, dans les autres voies urinaires. Ils sont composés d'Acide urique, d'Urate d'Ammoniaque, d'Oxyde cystique, d'Oxalate de Chaux, de Silice, de Phosphate ammoniaco-magnésien, de Phosphate de Chaux, et d'une autre matiere que le docteur Marcet n'a rencontrée qu'une seule fois, et qu'il a nommée Oxyde xanthique. Les quantités respectives de ces matières, et quelquefois l'isolement de l'une d'elles, font varier à l'infini la forme, la consistance, l'aspect et la couleur des Calculs, et toute tentative de classification de ces corps a été jusqu'ici, pour ainsi dire, impossible. Les Calculs sont les causes d'affections terribles et douloureuses, qui, le plus souvent, ne se terminent que par l'opération cruelle, mais indispensable, connue vulgairement sous le nom de taille de la pierre. Quelques chimistes ne désespèrent point que leur science, dont lès découvertes journalières présagent les résultats les plus étonnans, ne parvienne un jour à dissoudre les Calculs, et même à en prévenir la formation. Ce sera certainement l'un des plus grands bienfaits que l'humanité recevra de la science. (DR.. Z.)

On appelle encore CALCULS ou DRAGÉES DE TIVOLI une sorte de Pisolithe, V. ce mot, qui se forme dans quelques parties du ruisseau des bains de Saint-Philippe en Toscane. (C. P.)

CALDASIE. Caldasia. BOT. PHAN. Willdenow, ayant donné le nom de Bonplandia trifoliata à l'Arbre qui produit la vraie écorce d'Angustura, nommait Caldasia heterophylla la Plante de la famille des Polémoniacées que Cavanilles avait nommée Bonplandia geminiflora; ce changement n'a point été adopté.

Il existe encore un autre genre Caldasia proposé par Mutis; ce genre rentre dans celui que le professeur Richard père a désigné sous le nom d'Helosis dans son beau Mémoire sur la famille des Balanophorées. V. HÉLOSIS. (A. R.)

CALDERA. BOT. PHAN. (Marsden.) Pandanus indéterminé dont on forme des nattes à Sumatra. V. VAQOI. (B.)

CALDERON. MAM. Quelques voyageurs ont mentionné sous ce nom certains Cétacées qu'on ne peut reconnaître à ce qu'ils en disent. (B.)

CALDERUGIO. OIS. Syn. italien du Chardonneret, Fringilla Carduelis, L. V. GROS-BEC. (DR..Z.)

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CALEA. BOT. PHAN. Corymbifères, Juss. Syngénesie Polygamie égale, L. L'involucre est composé de folioles lâchement imbriquées, le réceptacle paleacé, les fleurs sont flosculeuses, les akènes surmontés d'une aigrette de poils simples; les feuilles alternes ou opposées, les fleurs solitaires ou réunies plusieurs à l'extrémité des rameaux. Douze espèces environ sont rapportées, plusieurs il est vrai avec doute, à ce genre. La Billardière en a recueilli, dans la Nouvelle-Zélande, deux qu'on peut voir figurées tab. 185 et 186 de son ouvrage sur les Plantes de la Nouvelle-Hollande. Loureiro en a observé une à la Cochinchine. Toutes les autres sont originaires de la Jamaïque. (A. D. J.)

CALEANA OU CALEYA. BOT. PHAN. Genre de Plantes de la famille naturelle des Orchidées établi par Rob. Brown pour deux espèces de la Nouvelle-Hollande; elles sont herbacées, glabres; leurs bulbes, au nombre de deux, sont ovoïdes, entiers, terminant le caudex descendant, qui est chargé de fibres simples; une seule feuille radicale, linéaire, accompagne la hampe; celle-ci porte un petit nombre de fleurs d'un brun verdâtre. Leur périanthe est à six divisions, dont cinq sont égales et étroites, le labelle est supérieur et rétréci à sa base; sa lame est peltée et concave. Le gynostème est mince et dilaté, et terminé par une anthère persistante dont les loges sont rapprochées et contiennent chacune deux masses polliniques pulvérulentes. Les deux espèces rapportées à ce genre par R. Brown, et qu'il a nommées Caleya major et Caleya minor, ont été trouvées par lui aux environs de Port-Jackson. (A. R.)

CALEBASSE. BOT. PHAN. Nom Vulgaire et générique donné dans les pays chauds aux fruits de diverses Cucurbitacées, dont les naturels font des ustensiles de ménage. On a étendu cette désignation au fruit du Baobab quelquefois appelé Calebasse du Sénégal. La Calebasse douce est ordinairement le Bela Schora, V. ce mot, et la Calebasse d'herbe, le Cucurbita lagenaria, L. V. COURGE. (B.)

CALEBASSIER. BOT. PHAN. V. CRESCENTIE. On a étendu improprement ce syn. de Cucurbitacées à d'autres Végétaux, tels que le Baobab, qui portent de gros fruits quelquefois appelés Calebasses, ou qu'on a comparés aux Calebasses véritables. (B.)

CALEÇON-ROUGE. OIS. Nom vulgaire à Saint-Domingue du Couroucou à ventre rouge, Trogon Curucui, L. V. COUROUCOU. (DR.. Z.)

CALECTASIE. Calectasia. BOT. PHAN. Robert Brown appelle ainsi un genre de Plantes originaire de la Nouvelle-Hollande, et qu'il rapporte à la famille des Joncées. Ce genre se compose d'une espèce unique, Calectasia cyanea; c'est un petit Arbuste dressé, très-rameux, couvert de feuilles acérées et engaînantes à leur base. Les fleurs naissent solitaires au sommet des rameaux; elles sont bleues; leur calice est pétaloïde, libre, tubuleux et évasé en forme de coupe: son limbe est étalé et à six divisions égales. Les étamines, au nombre de six, sont insérées au haut du tube du calice; leurs anthères sont terminales, étroites, linéaires et rapprochées. L'ovaire est à une seule loge qui contient trois ovules dressés; il se termine par un style simple, au sommet duquel est un stigmate indivis. Le fruit est un akène devenu monosperme par avortement, et revêtu par le tube du calice.

Ce genre ressemble assez par son port à l'Aphyllanthes dont il s'éloigne par sa structure. (A. R.)

CALEEKÉE. BOT. PHAN. Syn. de Papayer à Sumatra. (B.)

CALEGNEIRIS. POIS. Nom vulgaire du Cepola rubescens, L. sur la côte de Nice; on le donne aussi quelquefois à la Donzelle. (B.)

CALEMBEBA. BOT. PHAN. Nom caraïbe des graines du Mimosa scandens, L. espèce d'Acacie. (B.)

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CALENDRE. INS. Méme chose que Calandre. V. ce mot. (B.)

CALENDRELLE. OIS. Espèce du genre Alouette, Alauda brachy dactyla, V. ALOUETTE. (DR.. Z.)

CALENDULA. OIS. (Brisson.) V. ROITELET.

CALENDULACÉES. BOT. PHAN. H. Cassini a formé, sous ce nom, un petit groupe de Plantes dans la grande famille des Synanthérées. Il le place entre ses Hélianthées et ses Arctotidées; il contient les genres Souci, Meteorine et Osteosperme. V. ces mots. (B.)

CALENDROTE. OIS. Syn. de Mauvis en Bourgogne, appliqué improprement à la Litorne dans les planches enluminées de Buffon. (B.)

CALENTURAS. BOT. PHAN. Ce mot espagnol signifie proprement fièvres; joint au mot palo qui veut dire bâton ou bois, il a quelquefois désigné le Quina, ou quelque autre Arbre fébrifuge. (B.)

CALEPINA. BOT. PHAN. Une Plante de la famille des Crucifères, rapportée successivement à un grand nombre de genres différens par différens auteurs, est devenue, pose Adanson, le type d'un genre distinct ainsi nommé, et qui, rétabli par Desvaux dans le Journal de botanique, a été enfin adopté par De Candolle (Syst. Veget. T. II, p. 648) qui le place dans sa tribu des Zillées, et lui assigne les caractères suivans: calice de quatre sépales à demi-étalés; pétales obovales, les extérieurs un peu plus grands; filets des étamines dépourvus d'appendices; quatre glandes cylindriques sur le disque; ovaire ovoïde; style conique, très-court, persistant sur la silicule. Celle-ci, coriace, globuleuse, indéhiscente, renferme pendante au sommet d'une loge unique, une seule graine sphérique et tronquée supérieurement. Les cotylédons forment, en se réfléchissant sur leurs bords, un angle longitudinal qui reçoit la radicule recourbée. On ne connaît qu'une seule espèce de ce genre, le Calepina Corvini, Desv., Bunias Cochlearioides de la Flore française, qui croît dans plusieurs contrées de l'Europe et se rencontre dans les environs de Paris. C'est une Herbe annuelle, glabre, dressée, dont les feuilles radicales sont disposées en rosettes, pétiolées et découpées audelà de leur milieu en cinq ou sept lobes, les latéraux petits, le terminal grand et obtus, tandis que celles de la tige, sessiles et entières, se prolongent à la base en deux auricules sagittées. Les fleurs, dépourvues de bractées, et de couleur blanche, forment des grappes opposées aux feuilles. (A. D. J.)

CALERIA. BOT. PHAN. Pour Kaleria d'Adanson. V. KALERIA. (B.)

CALESAN OU CALESJAM. BOT. PHAN. V. KALESJAM.

CALEYA ET CALEYE. BOT. PHAN. V. CALEANA.

CALF. MAM. Syn. anglais de Veau. (A. D.. NS.)

CALFAT. OIS. Et non Galfat. Espèce du genre Bruant. V. ce mot. (B.)

CALFES-SNOWTE. BOT. PHAN. Syn. anglais de Cymbalaire, Antirrhinum Cymbalaria, L. (B.)

GALHALEITE. BOT. PHAN. Syn. portugais de Galium verum, L. V. GAILLET. (B.)

CALI. BOT. PHAN. Même chose que Kali. V. ce mot. (B.)

* CALIAN-TOUVERAY. BOT. PHAN. (Commerson.) V. CALLANDOULÉ et CALLIAN-ROUVERAI.

CALI-APOCARO. BOT. PHAN. Qu'il ne faut pas confondre avec Calo-Apocaro. V. ce mot. Deux Arbustes de la côte de Malabar, figurés par Rumph, mais qu'il est impossible de déterminer. (B.)

CALIBÉ. OIS. Même chose que Calybé. V. ce mot. (B.)

CALI-CALIC. OIS. Espèce du genre Pie-Grièche, Lanius Madagasca-

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riensis minor, L. V. PIE-GRIÈCHE. (DR.. Z.)

CALICALICHIRI. BOT. PHAN. (Surian.) Syn. caraïbe de Durante. V. ce mot. (B.)

CALICATZOU. OIS. Syn. du petit Pingouin, Alea Pica, L. dans l'île de Crète. V. PINGOUIN. (DR.. Z.)

CALICATZU. OIS. Syn. du petit Plongeon, Colymbus stellatus, L. en Grèce. V. PLONGEON. (DR..Z.)

CALI-CAVALÉ. BOT. PHAN. Nom vulgaire à la côte de Coromandel d'une espèce indéterminée de Galega, qui est peut-être la même que celle qu'on nomme simplement Cavalé. V. ce mot peut-être générique. (B.)

CALICE. Calix. BOT. PHAN. Dans une fleur complète, telle que celle de l'OEillet, de la Campanule, de la Rose, de la Giroflée, etc., on trouve en dehors des organes sexuels, nommés pistils et étamines, qui occupent le centre de la fleur, deux enveloppes florales; l'une plus intérieure, souventornée des couleurs les plus vives, d'un tissu plus mince et plus délicat, qui porte le nom de corolle; l'autre située en dehors de la précédente, ordinairement verte et de nature foliacée, est le Calice proprement dit. Ces deux enveloppes constituent le périanthe, qui dans ce cas est appelé périanthe double. Tous les botanistes sont d'accord sur ce point, et appellent calice l'enveloppe la plus extérieure du périanthe double. Mais lorsqu'il n'y a qu'une seule enveloppe florale autour des organes de la reproduction, comme dans les Daphné, le Lis, l'Iris, l'Oseille, la Rhubarbe; en un mot, quand le périanthe, est simple, c'est alors que l'on peut remarquer la dissidence d'opinion qui partage encore aujourd'hui les botanistes sur ce point. Si vous consultez les ouvrages des Tournefort, des Linné et de leurs nombreux sectateurs, vous verrez qu'ils nomment calice le périanthe simple, lorsqu'il est peu apparent, vert et de nature foliacée; tandis qu'ils lui donnent le nom de corolle, lorsqu'il est grand, mince et coloré à la manière des corolles. Le même organe porte donc deux noms, sans que sa nature intime soit changée, mais seulement parce qu'il offre quelque différence légère dans sa forme et sa coloration. Une semblable distinction ne saurait être admise, et nous pensons avec Jussieu que toutes les fois que le périanthe est simple, on doit le considérer comme un Calice, quelles que soient d'ailleurs et sa forme, et sa consistance, et sa coloration. Plusieurs auteurs, et entre autres De Candolle, avaient proposé de donner le nom particulier de Périgone au périanthe simple, afin d'éviter les noms de Calice et de corolle; mais cette dénomination qui recule la difficulté, sans la résoudre, n'a point été génénéralement approuvée.

Un des faits principaux sur les quels se fondent les auteurs qui considèrent le périanthe simple comme un Calice, c'est que l'on désigne généralement sous le nom d'ovaire infère ou adhérent celui qui fait corps par tous les points de sa périphérie avec le tube du Calice; or il existe un ovaire infère dans les Narcissées, les Iridées, les Orchidées qui n'ont qu'une seule enveloppe finale; cette enveloppe est donc un vestable Calice. En résumé, on appelle Calice l'enveloppe florale la plus extérieure d'un périanthe double, ou le périanthe lui-même lorsqu'il est simple.

Si vous examinez attentivement le Calice de l'OEillet, de la Rose, du Datura, etc., vous verrez qu'il forme une sorte de tube continu, qu'il est d'une seule pièce ou enfin monosépale; tandis que dans la Giroflée, la Renoncule, il se compose de plusieurs petites folioles que l'on peut isoler les unes des autres; en un mot qu'il est polysépale, parce que chacune de ces petites folioles porte le nom de sépale.

Dans le Calice monosépale, on distingue le tube ou partie inférieure et tubuleuse, le limbe ou partie supérieure, ordinairement évasée et découpée plus ou moins profondément

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en un certain nombre de dents, de lobes ou de lanières; de-là les noms de tridenté, quadridenté, que l'on donne au Calice quand il offre trois ou quatre dents; ceux de trifide, quadrifide, quand il présente trois ou quatre lobes peu profonds, et enfin ceux de triparti et quadriparti, lorsque les incisions sont très-profondes, et descendent presque jusqu'à la base du Calice.

Le Calice monosépale peut offrir des formes extrêmement variées, et qui servent de caractères pour distinguer les Végétaux entre eux. Ainsi, dans la Primevère et l'OEillet, il est tubuleux et cylindrique; dans la Pulmonaire, il est tubuleux et prismatique; il peut être renflé en forme d'ampoule, comme dans le Behen blanc: on dit alors qu'il est vésiculeux; il peut être plane, comme dans l'Oranger; en forme de cloche ou campanulé, comme dans la Molucelle; enfin, quelquefois il se termine à sa base par un prolongement creux en forme de corne, qui porte le nom d'éperon, et dans ce cas il est dit éperonné, calcaratus, comme celui des Pieds-d'Alouette, de la Capucine, etc.

Le nombre des pièces qui forment le Calice polysépale est extrêmement variable. Ainsi dans la Fumeterre, le Pavot, on trouve deux sépales; il y en a trois dans la Ficaire; quatre dans le Cresson, la Giroflée et toutes les Crucifères; cinq dans la Renoncule, le Lin, etc. De-là les noms de Calice disépale, trisépale tétrasépale, pentasépale, donnés au Calice, suivant qu'il se compose de deux, trois, quatre ou cinq folioles ou sépales que l'on peut isoler les uns des autres. Les sépales varient singulièrement dans leur figure; ainsi il y en a qui sont arrondis, d'autres qui sont linéaires; ceux-ci sont obtus, ceux-là terminés en pointe; d'autres échancrés en cœur, etc.

Revenons maintenant à quelques considérations générales. Le Calice monosépale ou polysépale peut être régulier ou irrégulier. Il est régulier quand toutes les parties qui le composent sont disposées dans un ordre symétrique, autour de l'axe de la fleur, de manière que chaque moitié de cet organe est absolument semblable à l'autre. On dit au contraire que le Calice est irrégulier, lorsque les parties qui le composent ne sont pas symétriques, c'est-à-dire qu'elles offrent une grandeur, une position ou une forme différentes dans les divers points de leur étendue. Ainsi le Calice de la Rose, de la Campanule, de l'OEillet, est régulier, tandis que celui de l'Aconit, du Pied-d'Alouette, est irrégulier.

Le Calice offre encore une autre disposition bien plus importante à étudier, je veux parler de son adhérence ou de sa non-adhérence avec l'ovaire. Si vous examinez le Calice du Lis, de la Belladone, du Datura, de la Giroflée, etc., vous reconnaîtrez qu'il n'a aucune adhérence avec l'ovaire, c'est-à-dire que ce dernier organe est libre de toutes parts au milieu de la fleur. Mais examinez au contraire le Calice de la Campanule, celui du Narcisse, de l'Iris, et vous verrez que, par sa base, il est entièrement confondu et soudé avec toute la paroi externe de l'ovaire, et que celui-ci, au lieu d'être libre et saillant au fond de la fleur, est, au contraire, caché, en quelque sorte, au-dessous d'elle, où il forme une saillie plus ou moins volumineuse. Cette différence est extrêmement importante à noter. Dans le premier cas, on dit que le Calice est infère, relativement à l'ovaire, au-dessous duquel il est inséré: il est au contraire supère dans le second cas. Mais cette expression étant peu exacte, on lui a substitué celles de Calice libre et de Calice adhérent, ou d'ovaire supère et d'ovaire infère. Nous développerons au mot OVAIRE les principes que l'on peut déduire de cette position relative de l'ovaire et du Calice.

Le plus souvent le Calice est vert, et présente la plus grande ressemblance dans sa texture avec les feuilles. Mais quelquefois cependant il est mince, coloré et semblable à la co-

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rolle, c'est ce que l'on observe assez fréquemment lorsque le périanthe est simple, comme dans les Liliacées, les Iridées, les Daphnées. On dit alors que le Calice est pétaloïde ou corolliforme.

Le Calice présente souvent dans les côtes ou nervures principales qui le parcourent, des vaisseaux en spirale, qu'il est facile de dérouler. Il se compose de plus de parenchyme vert et d'épiderme; en un mot, il offre absolument la même organisation que les feuilles. Et en effet, cet organe ne doit être considéré que comme un assemblage de feuilles modifiées par leur éloignement du foyer de la nutrition. Aussi voyons-nous un grand nombre de Végétaux, dans lesquels le Calice est composé de feuilles presque entièrement semblables aux feuilles supérieures de la tige, comme dans la Pivoine, par exemple. Lorsqu'il est d'une seule pièce, ou monosépale, c'est que les feuilles qui doivent le composer se sont réunies et soudées par leurs parties latérales, de manière à former une sorte de tube.

Le Calice se détache et tombe généralement en même temps que les autres parties de la fleur, c'est-à-dire, peu de temps après la fécondation des ovules contenus dans l'ovaire. Cette chute rapide a surtout lieu lorsque le Calice est polysépale. Mais quand il est d'une seule pièce, il est souvent persistant, c'est-à-dire, qu'il survit à la fécondation et accompagne l'ovaire dans toutes les époques de son accroissement, et que souvent lui-même il se développe d'une manière remarquable, comme dans l'Alkekenge, la Molucelle, etc. Il est nécessairement persistant toutes les fois qu'il est adhérent avec l'ovaire; car, dans ce cas, il fait nécessairement partie du fruit dont il constitue l'épicarpe.

CALICE COMMUN. Pour les auteurs qui considéraient le capitule des Synanthérées comme une seule fleur à laquelle ils donnaient le nom impropre de Fleur composée, l'involucre qui environne chaque capitule était regardé comme un Calice commun. V. CAPITULE et INVOLUCRE. (A. R.)

CALICÈRE. BOT. PHAN. Pour Calycère. V. ce mot. (B.)

CALICHIMATHEIA. BOT. PHAN. (C. Bauhin.) L'un des syn. du Faux-Dictame, Marrubium Pseudo-Dictamus. (B.)

CALICHIRI. BOT. PHAN. (Surian.) Syn. caraïbe d'Ecastaphylle. V. ce mot. (B.)

CALICHIRICHIBOU. BOT. PHAN. Même chose qu'Ayouliba, V. ce mot; mais dans l'Herbier de Surian, syn. caraïbe de Cornutia pyramidata. (B.)

CALICHIROU. BOT. PHAN. Et non Calichiron. Nom donné indifféremment, selon Surian, par les Caraïbes, à l'Indigo teinturier, et au Datura sarmentosa, L., devenu le genre Solandra de Swartz. (B.)

CALICIMATEIA. BOT. PHAN. Pour Calichimatheia, V. ce mot. (B.)

CALICION ET CALICIUM. BOT. CRYPT. Même chose que CALYCIUM. V. ce mot. (AD. B.)

* CALICULE. Caliculus. BOT. PHAN. On appelle ainsi un second Calice qui se trouve en dehors du Calice proprement dit, dans certains Végétaux; ainsi, dans la Mauve, la Guimauve, la Passerose, il existe un Calicule triphylle, pentaphylle ou polyphylle. On dit d'une fleur qu'elle est caliculée, lorsqu'elle est pourvue d'un second calice ou Calicule. (A. R.)

CALIDAY-TOMBAY. BOT. PHAN. Syn. d'Hydrophylax maritima, à la côte de Coromandel. (B.)

CALIDRIS. OIS. (Illiger.) Syn. de Sanderling. Ce nom a été donné à plusieurs autres Oiseaux de rivage. (DR.. Z.)

CALIF. BOT. PHAN. L'un des noms arabes du Saule. (B.)

CALIGE. Caligus. CRUST. Genre établi par Othon-Frédéric Müller, et rangé par Latreille (Règne Anim. des Cuv.) dans l'ordre des Branchiopodes, section des Pœcilopes, avec ces caractères distinctifs: deux soies ou deux

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filets articulés et saillans à l'extrémité postérieure de la queue, qui pourraient être des ovaires; deux sortes de pieds, les uns à crochet et les autres en nageoire. Les Caliges sont des Crustacés encore assez imparfaitement connus. Latreille (Considér. génér. p. 90) les avait placés dans la famille des Clypéacés, en leur donnant pour caractères: tête d'une pièce; point de mâchoire; un bec; queue de deux filets; des pates terminées en crochet; les autres branchiales ou natatoires. Leach, qui a fait une étude assez minutieuse des Animaux de cet ordre (Dict, des sc. nat., article ENTOMOSTRACÉ), les caractérise ainsi: quatorze pates; les six de devant onguiculées; la cinquième paire biside; le dernier article garni de poils en forme de cils. Soies de la queue allongées, cylindriques et simples. A l'aide de ces caractères, on ne confondra les Caliges avec aucun des genres qui les avoisinent. Les développemens qui vont suivre donneront plus de valeur à cette distinction. Leur corps est allongé, déprimé et formé de deux pièces principales, dont l'antérieure plus grande, recouverte par un bouclier membraneux, présente deux antennes très-petites, sétacées; des yeux écartés, situés sur le bord du bouclier, et supportés latéralement par une petite saillie; une bouche, en suçoir ou en bec, placéeinférieurementet en quelque sorte pectorale, enfin toutes les pates ou seulement un certain nombre. La pièce postérieure ou abdominale, moins étendue que la précédente, varie singulièrement dans sa forme; elle est carrée, ovale ou oblongue; nue ou imbriquée d'écailles membraneuses de diverses formes et terminée ordinairement par deux longs filets que Müller a considérés comme des ovaires, et que des auteurs plus anciens avaient cru être les antennes de l'Animal. Ce sont les appendices analogues aux filets abdominaux des Apus, et aucune observation n'autorise à les regarder comme des ovaires.

Les pates, au nombre de dix à quatorze, sont de deux sortes: les premières se terminent par un crochet, et les autres ont ou bien la forme de lames natatoires plus ou moins larges, ou bien celle d'appendices digités et pectinés. Ces deux espèces de pates, fixées en partie au bouclier et en partie à la pièce abdominale, sont toujours branchiales, et se rencontrent quelquefois sur une même espèce.

Les Caliges sont connus depuis fort long-temps, mais les figures et les descriptions que nous en ont laissées les anciens sont trop imparfaites pour qu'il soit utile de les citer. On les désignait vulgairement sous le nom de Pou de Poissons. Linné les a rangés parmi les Lernées et les Monocles, et, dans les ouvrages de Fabricius, ils appartiennent encore à ce dernier genre. Müller a beaucoup éclairci leur histoire; Latreille a fixé la place qu'ils paraissent devoir occuper dans la méthode naturelle (nous reviendrons sur son important travail à l'article CRUSTACÉS); enfin Leach, V. CALIGIDÉES, a tenté de leur découvrir de bons caractères zoologiques; malgré ces travaux, il reste beaucoup à faire sur l'organisation et les mœurs de ces Crustacés. Tout ce que nous savons sur leurs habitudes, c'est qu'ils vivent à la manière des Lernées et autres parasites marins sur divers Poissons cartilagineux. En général, ils sont au nombre d'une vingtaine sur un seul individu, et restent long-temps fixés à la même place; mais lorsque, par une cause quelconque, ils l'abandonnent, on les voit courir avec agilité sur le corps du Poisson aux dépens duquel ils vivent, et se cramponner bientôt à une autre partie de son corps. Quelquefois même ils l'abandonnent et nagent jusqu'à ce qu'ils aient rencontré une nouvelle proie. Nous ne croyons pas que leur mode de reproduction soit connu; Risso (Hist. des Crust, de Nice, p. 161 ) dit seulement que les femelles paraissent renfermer quelques œufs dans un sac qui est placé au bas de l'abdomen.

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Latreille divise de la manière suivante les espèces de Caliges jusqu'à ce jour peu nombreuses:

Point de pieds abdominaux; mais des pieds situés sur la poitrine ou la première partie du corps.

CALIGEDES POISSONS, Caligus piscinus, ou le Calige court, Cal. curtus de Müllier (Entomost., tab. 21, fig. 1, 2), qui est le même que le Monoculus piscinus de Linné et de Fabricius; il sert de type au genre et se distingue des autres espèces par ses pates au nombre de six paires, dont les trois premières à crochets et les suivantes branchiales et pinnées, les deux dernières étant plus composées et plus grandes; la pièce abdominale est étroite, presque carrée et terminée postérieurement par deux longs filets tubulaires séparés par un appendice écliancré. Il habite l'Océan et se rencontre sur le Merlan commun et le Saumon.

Le CALIGE DE MULLER, Cal. Mulleri de Leach (loc. cit. et Encycl. Brit. suppl. 1, p. 405, pl. 20). Il a été trouvé surla Morue, et paraît être une espèce distincte de la précédente.

Basoche a trouvé,à Port-en-Bassin, en Normandie et sur la Raie, un Calige qui appartient peut-être à cette division, et qu'il nomme Calige de la Raie, Cal. Rajœ.

††Abdomen ponant des pieds, soit pinnés, soit en forme de lames larges et membraneuses.

CALIGE PROLONGÉ, Cal. productus de Müller (loc. cit., tab. 21, fig. 3, 4), ou le Monoculus salmoneus de Fabricius. Il se rencontre sur les Saumons et sur les nageoires de certains Squales.

Leach a créé plusieurs genres voisins des Caliges, et que l'on pourrait y réunir. Tels sont ses Pandares, ses Nogaus, ses Riscuies et ses Anthosomes. Cedernier genre peut être classé dans cette seconde division des Caliges, et offre pour caractères, suivant Leach: test arrondi en avant et en arrière; antennes à six articles; abdomen beaucoup plus étroit que le test, muni de deux petites lames foliacées sur le dos, et de six autres sur le ventre, tenant lieu des trois dernières paires de pates: les paires antérieures étendues en avant; leur ongle crochu et rencontrant une petite dent située vers le sommet de l'article qui précède: la seconde paire ayant l'ongle comprimé: le dernier article de la troisième paire trèsépais, denté antérieurement, et terminé par un ongle trèsfort: le bec inséré derrière les pates de devant, et muni à son extrémité de deux mandibules droites et cornées.

Nous y rapportons le Calige imbriqué, C. imbricatus de Risso (loc. cit., p. 162, pl. 3, fig. 13), qui est la même espèce que l'Anthosoma Smithii de Leach (Ene. Brit. suppl. 1, p. 406, tab. 20). Lamarck en fait, a tort, deux espèces. Smith l'a découvert le premier sur la côte méridionale du Devonshire, en Angleterre; il était fixé à un Squale (Squalus cornubiensis, Pennant), et agitait, sans discontinuer, les filamens de l'extrémité postérieure de son corps. Risso l'a trouvé sur les branchies et les lèvres de son Squale féroce. (AUD.)

* CALIGIDÉES. Caligidœ. CRUST. Famille de l'ordre des Branchiopodes et de la section des Pœcilopes, établi par Leach (Dict. des Sc. Nat., art. Entomostracés) avec les Caliges de Müller qu'il subdivise en plusieurs petits genres. Les Caligidées se distinguent de deux nouvelles familles de la même section, les Argulidées et les Limulidées, par ces caractères: bouche en forme de bec; deux antennes. Toutes les espèces qui s'y rapportent ont les antennes insérées à l'angle externe de deux lobes sur la partie externe de leur test; elles ont aussi cela de commun, qu'elles sont parasites et adhèrent à certaines parties du corps des Poissons marins. Leach divise cette famille en quarte races ou sous-familles.

†Douze pates; les six de devant terminées par des crochets ou ongui-

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culées. Elle comprend les genres ANTHOSOME de Leach, et DICHELESTION de Hermann.

II.—Quatorze pates; les six antérieures onguiculées; la quatrième ou cinquième paire biside; la sixième et la septième ayant les hanches et les cuisses très-dilatées et réunies par paires. Le seul genre CECROPS la compose.

III.—Quatorze pates; les six antérieures onguiculées; les troisième, quatrième, cinquième, sixième et septième paires bisides. L'auteur y rapporte ses genres PANDARE et NOGAUS.

IV.—Quatorze pates; les six de devant onguiculées; la cinquième paire bifide; le dernier article garni ae poils en forme de cils. Ici se classent les genres CALIGE et RISCULE. V. tous ces mots. (AUD.)

CALIGNI. BOT. PHAN. Nom vulgaire que porte, à la Guiane, le genre formé par Aublet, sous le nom de Licania. V. ce mot. (B.)

* CALIGULE. Caligula. OIS. Illiger donne ce nom à la peau qui couvre les tarses dans les Oiseaux. (DR.. Z.)

CALIMANDE. POIS. Espèce du Genre Pleuronecte. V. ce mot. Duhamel la nomme Callimande royale. (B.)

CALINEA. MIN. Sorte de préparation de l'Etain, dont on fait en Chine divers ustensiles, et particulièrement des boîtes à Thé. (LUC.)

CALINEA. BOT. PHAN. Espèce du senre Tetracera. V. ce mot, dont Aublet (Guiane, t. 221) avait formé un genre qui n'a pas été adopté. (B.)

CALINEE ET CALINIER. BOT. PHAN. Même chose que Calinea. V. TÉTRACÉRE. (B.)

CALIRIBA. BOT. PHAN. Syn. caraïbe de Lantana involucrata, L., espèce du genre Lantane. (B.)

CALISPERME. Calispermum. BOT. PHAN. Genre établi par Loureiro, dans la Flore de la Cochinchine, placé à la fin de la famille des Berberidées. Il présente un calice très-petit, quinqueside, persistant; cinq pétales concaves, étalés; cinq étamines à anthères arrondies, insérées aux pétales; un ovaire libre; un style filiforme; un stigmate assez épais; une baie globuleuse, ayant une seule loge dont la surface interne est pulpeuse, et dans laquelle sont nichées des graines nombreuses et très-petites. C'est un Arbrisseau grimpant, rameux, inerme, à feuilles alternes, à fleurs disposées en grappes vers l'extrémité des rameaux. (A. D. J.)

CALI-VALLI. BOT. PHAN. Syn. indou de Convolvulus hastatus, espèce du genre Liseron. (B.)

CALIXHYMÈNE. BOT. PHAN. Pour Calyxhimène. V. ce mot. (A. R.)

CALKOENTJE. OIS. Syn. de l'Alouette à cravate jaune, Alauda capensis, L., au cap de Bonne-Espérance. V. ALOUETTE. (DR.. Z.)

CALLA. BOT. PHAN. Vieux nom du brou de Noix. V. ce mot. (DR.. Z.)

CALLADIUM. BOT. PHAN. Pour Caladium. V. ce mot. (A. R.)

CALLADOE. Calladoa. BOT. PHAN. (Cavanilles. Diet, de Déterville.) Syn. d'Anthéphore. V. ce mot. (B.)

CALLÆAS. OIS. (Bechstein, Latham.) Syn. de Glaucope. V. ce mot. (DR.. Z.)

* CALLAIDA. MIN. (Dioscoride.) Probablement la même chose que Callaïs. V. ce mot. (LUC.)

* CALLAINAS. MIN. (Pline.) Variété de couleur trouble de la gemme nommée par les anciens Callaïs. V. ce mot. (LUC.)

CALLAIS, MIN. (Pline.) Les anciens désignaient sous ce nom une gemme qu'on disait imiter le Saphir, mais de couleur plus pâle, avec une teinte d'eau de mer sur les bords. Sa couleur était quelquefois celle de l'Eméraude. On la trouvait dans les rochers inaccessibles des plus hautes régions du Caucase, en Perse et dans la Caramanie. On en faisait des bijoux. On a cru que cette substance

TOME III. 4

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était la Turquoise, l'Aigue-Marine, ou une Chaux fluatée verte. (LUC.)

CALLALLUH. BOT. PHAN. Rumph donne ce nom à une Amaranthe d'un usage journalier dans la cuisine indienne. Le nom de Calalou, appliqué par les Créoles à un mets du même genre, est dérivé de ce mot. (B.)

CALLANDOULÉ. BOT. PHAN. Syn. de Glycine monophylla, L., à la côte de Coromandel. Commerson l'appelait Calian-Touveray. (B.)

* CALLARIAS, POIS. Nom donné par les Romains à une variété du Poisson de la Méditerranée qu'ils appelaient Asellus, et qui conséquemment ne saurait être le Callarias des modernes, lequel est une espèce de Gade de la Baltique. (B.)

CALLE. Calla. BOT. PHAN. C'est à la famille des Aroïdées et à la Monœcie Polyandrie, L. qu'appartient ce genre de Plantes, dont les caractères consistent en des fleurs monoïques, dépourvues d'écailles, portées sur un spadice cylindrique, où elles sont réunies pêle-mêle. La spathe qui les environne est monophylle et roulée. Chaque étamine doit être considérée comme une fleur mâle; l'anthère est à déux loges distinctes qui s'ouvrent chacune par un sillon longitudinal. Les fleurs femelles sont formées d'un ovaire libre, uniloculaire, contenant plusieurs ovules basilaires et dressés. Le stigmate est sessile. Le fruit est une baie ovoïde renfermant un petit nombre de graines qui naissent de sa base; Les espèces de ce genre, au nombre de trois ou quatre, sont des Plantes herbacées qui se plaisent dans les lieux marécageux leurs acines sont vivaces; leurs tiges rampantes; leurs feuilles alterne s, pétiolées, entières. Leurs fleurs, très-petites, réunies en spadices axillaires.

Kunth a retiré de ce genre la plus belle de toutes ses espèces, le Calla œthiopica, pour en former un genre distinct sous le nom de Richardia. V. RICHARDIE.

L'espèce la plus, commune de ce, genre et celle qui lui sert en quelque sorte de type, est le Calla palustris, L., Plante vivace qui croît dans les marais du nord de l'Europe, en Pologne, en Prusse, en Belgique et jusque dans les Vosges. Sa racine, qui est épaisse et charnue, contient une assez grande quantité de fécule; on la mange dans quelques parties de la France. Kunth rapporte encore au genre Calla le Draconiium pertusam de Linné, qui croît dans les marais de l'Amérique méridionale, et qui se fait remarquer par ses feuilles obliques, cordiformes et percées d'un grand nombre de trous y formant une sorte de treillage. (A. R.)

CALLEIRION. BOT. PHAN. (Dioscoride.) C'est-à-dire beau Lis. Probablement le Lis commun, Lilium, candidum. (B.)

CALLESIS. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. présumé de Verveine. (B.)

CALLI. BOT. PHAN. Nom donné dans la langue du Malabar au suc laiteux contenu dans diverses Plantes, et qui entre dans la composition des noms de pays que portent plusieurs Végétaux, tels que Tiru-Calli, espèce' d'Euphorbe, Cali-Valli. V. ce mot. etc., etc. (B.)

* CALLIANASSE. Callianassa. CRUST. Genre de l'ordre des Décapodes, section des Homards (Règne Anim. de Cuv.) fondé par le docteur Leach (Linn. Trans. Societ. T. XI), et très-voisin des Thalassines propres, des Gébies et des Axies, ne différant même de ces deux derniers genres que parce que les deux premières paires de pieds sont munies d'une serre deux doigts très-distincts, et que ceux de la troisième paire se terminent par un onglet qui manque aux quatre derniers. Le Cancer subterraneus de Montagu (loc. cit. T. IX) appartient à ce genre. V. THALASSINE. (AUD.)

CALLIANIRE. Callianira. ACAL. Genre del'ordre des Acalèphes libres, proposé par Péron, qui le regardait comme un Mollusque, placé par de

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Lamarck dans la première section des Radiaires mollasses, et par Cuvier, dans la classe des Acalephes, ainsi que par Sehweigger. Les caractères sont: Animal libre, gélatineux, transparent, à corps cylindracé, tubuleux, obtus à ses extrémités, augmenté sur les côtés de deux nageoires opposées, lamelleuses, ciliées* à leurs bords; bouche terminale supérieure, nue, subtransverse. Le genre Callianire a été d'abord classé par Pérson, parmi les Mollusques ptéropodes, nus, non tentaculés; Lamarck a démontré que l'organisation de ces Animaux les rapproche des Béroës. Il était indispensable de les réunir à ce groupe, et plaçant les Callianires à la suite des Gestes et avant les Béroës, il y réunit le Béroé hexagone de Bruguière à cause de ses caractères.

Les Callianires sont des Animaux libres, gélatineux, mollasses, transparens dans toutes leurs parties. Leur corps est vertical dans l'eau, presque cylindrique, comme tubuleux, obtus aux deux extrémités. Il est muni sur les côtés de deux espèces de nageoires opposées, quise divisent chacune en deux ou trois feuillets membraneux, gélatimeux, verticaux et fort amples. Ces feuillets sont très-contractiles, bordés de cils, et égalent presque, par leur étendue verticale, la longueur du eorps.—On peut dire que les deux nageoires lamellifères et ciliées des Callianires ne sont que les côtes ciliées et longitudinales des Béroës, mais qui, dans les Callianires, sont très-agrandies en volume et réduites en nombre, ou rapprochées et réunies en deux corps opposés. Ces Animaux n'ont point de rapport, par l'organisation, avec les Mollusques ptéropodes.

CALLIANIRE TRIPLOPTÈRE, Callianira triploptera, Lamk., Anim, sans vert., T. II, p. 467. Beroe hexagonus, Brug. Encycl. méth., p. 176, n. 3, pl. fig: 5, 6. La description que Bruguière donne de ce Zoophyte laisse peu de chose à désirer sur le phénomène de sa phosphorescence et de ses mouvemens; il ne dit rien de son organisation. Il offre un corps oblong, marqué de six côtes longitudinales; les intervalles sont un peu convexes et remplis de petites rides longitudinales. La bouche est ronde avec deux tentacules ciliés et branchus, plus courts que le corps. On le rencontre par grandes bandes dans les mers de Madagascar. Cette espèce est beaucoup plus grande que la suivante. Elle en diffère essentiellement par un caractère, et surtout par la présence des tentacules qui nous portent à regarder comme douteux le rapprochement fait par Lamarck.

CALLIANIRE DIPLOPTÈRE, Callianira diploptera, Péron et Lesueur, Ann. du Mus., T. xv, p. 65, pl. 3, fig. 16. Cette Callianire n'a point de tentacules, point d'yeux apparens; elle offre une bouche simple et transversale; trois nageoires, dont deux latérales et une caudale les branchies, en forme de cils, sont distribuées au pourtour extérieur des nageoires latérales. Elle se trouve en troupes nombreuses dans les mers équatoriales voisines de la Nouvelle-Hollande. (LAM.. X.)

CALLIAN-TOUVERAI. BOT. PHAN. Syn. de Glycine nummularia. Espèce de Glycine à la côte de Coromandel. (B.)

CALLIAS. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. d'Anthémis Cota, L. Espèce du genre Camomille. (B.)

* CALLIBIOS. POIS. On n'a d'autres renseignemens sur ce Poisson, mentionné par Diphilus, sinon qu'il le dit bon à manger. (B.)

* CALLIBRYUM. BOT. CRYPT.(Mousses.) Nom donné par Wibel (Primiliœ Florœ Wertheirnensis) au genre Catharinea d'Ehrhart. V. CATHARINEA. (AD. B.)

CALLICARPE. Callicarpa. BOT. PHAN. Genre de la famille des Verbénacées, voisin du Vitex, et caractérisé par un calice quadriside, une corolle découpée supérieurement en quatre parties, quatre étamines saillantes, un seul stigmate et une baie

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uniloculaire renfermant quatre graines. On en compte douze espèces. Ce sont des Arbrisseaux à fleurs en corymbes opposés et axillaires. originaires de pays divers; les uns ont été recueillis en Amérique, tandis que les autres croissent dans les Indes-Orientales, à la Cochinchine, au Japon, et que Brown en décrit deux trouvés dans la Nouvelle-Hollande. C'est à l'aspect agréable de ses fruits que ce genre doit son nom, substitué par Linné à ceux de Burchardia et de Johnsonia que lui donnaient Heister et Miller. Il lui rapporte le Tomex de son Flora Zeylanica, ou Illa d'Adanson. On peut aussi y réunir le Porphyra de Loureiro, qui ne s'en distingue que par son calice tronqué, et sa baie renfermant trois graines seulement, mais peut-être par suite d'avortement. V. Lamk. Enc., tab. 69, fig. et Valh. Symb. t. 53. (A. D. J.)

CALLICÈRE. Callicera. INS. Genre de l'ordre des Diptères, fondé par Meigen, et rangé par Latreille (Règne Anim. de Cuv.) dans la nombreuse famille des Athéricères. Les Callicères ressemblent beaucoup aux Chrysotoxes, dont elles ne diffèrent que par leurs antennes terminées par une massue allongée avec une soie à l'extrémité; elles ont aussi beaucoup d'analogie avec le eenre Cérie, ce qui a engagé Latreille (loc. cit.) à les y réunir. La Callicère bronzée, Call, œnea de Meigen, sert de type au genre: elle a été figurée par Panzer (Fauna Insect. Germ. fasc. 104. tab. 17), et est la même espèce que le Syrphus auratus de Rossi (Fauna Etrusca, T. II, tab. 10, fig. 4).

Gravenhorst (Coleopt. microsc Brunsw. 1802) avait établi sous ce nom un autre genre dans l'ordre des Coléoptères, mais il a été réuni au genre Aléochare. V. ce mol. (AUD.)

CALLICHROME. Callichroma. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Tétrainères, famille des Longicornes, extrait récemment par Latreille (Règn. Anim, de Cuy.) du genre Capricorne, et ayant, suivant lui, pour caractères; tête penchée en avant; palpes terminés par un article plus grand en forme de cône renversé, allongé et comprimé; les maxillaires plus courts que les labiaux, et ne dépassant pas l'extrémitédes mâchoires; corselet épineux.—Les Callichromes ont une très-grande analogie avec les Capricornes, et n'en diffèrent essentiellement que par la longueur relative des palpes maxillaires. Ils ressemblent aussi beaucoup aux Lamies, mais ils s'en distinguent par leur tête penchée en avant et par la forme de leurs palpes. Des caractères semblables tirés des mêmes parties, et auxquels on peut ajouter la présence des épines au corselet, empêchent de les confondre avec les Saperdes.

Les espèces qui appartiennent à ce genre sont ornées de belles couleurs métalliques ou brillantes, et répandent en général une odeur fort agréable. Le Callichrome Rosalie, Call. alpina de Latreille, ou le Cerambix alpinus, L., peut être considéré comme lui servantde type. Il a été figuré par Olivier (Coléopt., T. IV, pl. 9, fig. 58). On le trouve assez communément dans les Alpes et dans les montagnes; quelques individus ont été rencontrés dans les chantiers de Paris.

Le Callichrome musqué, Callichroma moschata ou le Cerambix moschatus de Linné, représenté par Olivier (loc. cit., pl. a, fig. 7), est très-commun sur les Saules des environs de Paris. Il est remarquable par sa belle couleur verte, quelquefois bleuâtre ou cuivreuse, et par l'odeur de rose très-prononcée qu'il exhale. Les Capricornes virens, albitarsus, nitens, micans, ater, festivas, vittatus, velutinus, sericeus, elegans, suturalis, latipes, regius, albicornis, longipes et cyanicornis de Fabricius, appartiennent, suivant Latreille, au genre Callichrome. (AUD.)

CALLICHTE. Callichtys. POIS. C'est-à-dire, Beau Poisson. Genre formé d'abord par Linné, dans ses

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Aménités académiques (1, p. 317, t. 14, f. 1), pour un Poisson qu'il réunit depuis à ses Silures entre lesquels Gmelin (Syst. Nat. T. I, pars III, 1361) l'a laissé sous le même nom, adopté comme spécifique. Il est devenu l'un des sous-genres établis par Cuvier (Règ. Anim., T. II, p. 207). Lacépède, d'après Bloch, en a fait le genre Cataphracte. V. ce mot. (B.)

* CALLICHTYN. POIS. (Gesner.) Syn. de Fiatole chez les Grecs. V. FIATOLE. (B.)

CALLICOME. Callicoma. BOT. PHAN. Andrews a figuré sous le nom de Callicoma serratifolia (Botan. Reposit., t. 166) un petit Arbrisseau originaire de la Nouvelle-Hollande, dont les caractères sont encore trop imparfaitement connus pour pouvoir le rapporter avec certitude à quelqu'une des familles naturelles de Plantes. Cependant il nous semble avoir beaucoup de rapports avec la famille des Cunoniacées dans laquelle il doit être placé. Il a, comme les Brunia, dont il se rapproche beaucoup par le port, les fleurs petites, groupées en un capitule arrondi, environné d'un involucre tétraphylle. Son calice se compose de quatre à cinq folioles, et ses étamines varient de onze à dixneuf. Son ovaire est libre, à une seule loge qui contient un grand nombre d'ovules. Les deux styles se terminent chacun par un stigmate simple. Le fruit n'a pas encore été observé. (A. R.)

CALLICOQUE. Callicocca. BOT. PHAN. Brotero a décrit, sous le nom de Callicocca Ipecacuanha, la Plante qui au. Brésil fournit l'Ipécacuanha apporté en Europe par le commerce. Mais ce genre Callicocca est le même que le Cephaelis de Swartz ou Tapogomœa d'Aublet. Nous avons donc nommé cette Plante Cephaelis Ipecacuanha, dans notre Histoire naturelle et médicale des Ipécacuanha. V. CEPHAELIS. (A. R.)

CALLICORNE. Callicornia. BOT. PHAN. (Burmann.) Méme chose qu'Asteroptère. V. ce mot et LEYSERA. (B.)

CALLICTE. POIS. Pour Callichte. V. ce mot. (B.)

CALLIDIE. Callidium. INS. Genrer de l'ordre des Coléoptères, section des Tétramères, extrait par Fabricius (Entom. System. T. 1, B. p. 318), des deux grands genres Capricorne et Lepture de Linné. Il appartient (Considér. génér., p. 231) à la famille des Cérambycins. Ses caractères sont: antennes insérées dans une échancrure des yeux, le plus souvent de longueur moyenne et filiformes; tête penchée en avant; palpes terminés par un article plus gros, obtrigone ou presque en hache; corselet mutique; orbiculaire ou globuleux; cuisses postérieures en massue. Les Callidies, rangés par Latreille (Règne Anim, de Cuv.) dans la famille des Longicornes, ont, de même que les Capricornes, la tète penchée en avant; mais leurs palpes sont proportionnellement plus courts; leurs, antennes, moins longues, ne dépassent guère celles du corps, et leur prothorax presque toujours sans épines est de forme variable. Fabricius, attachant peutêtre trop d'importance à la forme du corselet, s'en est servi pour fonder, sous le nom de Clyte, Clytus, un. nouveau genre aux dépens de celui des Callidies (Syst. Eleut.) Il comprend toutes les espèces dont le corselet est convexe et presque globuleux; celles qui ont cette partie du thorax déprimée et presque circulaire, appartiennent seules à son genre Callidie. Latreille n'admet pas cette distinction générique.

Les Callidies ont la tête plus étroite que le prothorax, supportant des antennes filiformes, insérées à côté de l'échancrure de l'œil, et non dans le fond de cette échancrure, comme on le remarque dans les Capricornes et les Saperdes; leur bouche est composée d'une lèvre supérieure, petite, arrondie antérieurement, de mandibules courtes, dentelées fort légèrement et recouvertes par la lèvre, de

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mâchoires terminées par deux pièces inégales, membraneuses, dont l'une interne, plus courte, est terminée en pointe, et dont l'autre, externe, étroite a sa base, arrondie et élargie à Son extrémité, donne attache à un palpe de quatre articles; d'une lèvre inférieure, membraneuse et biside, supportant deux palpes composés chacun de trois pièces. Le prothorax est plus ou moins convexe, quelquesois déprimé, toujours arrondi sur ses bords; les élytres sont aussi longues que l'abdomen; les pates, surtout les postéerieures, offrent des cuisses grosses et renflées à leur extrémité amincies vers leur base.

Les Callidies se rencontrent communément au printemps dans les bois, sur des troncs d'Arbres pourris, dans les chantiers et jusque dans nos appartement Quand on les saisit, ou lorsqu'on les inquiète, ils font entendre un bruit particulier qui est dû au frottement de leur corselet sur la base de l'écusson du mésothorax. Ils volent avec assez de facilité. Le mâle est plus petit que la femelle; celle-ci, étant fécondée, perce le bois et y dépose les œufs au moyen d'une sorte de tarière cachée dans son abdomen. Il en naît des larves molles et allongées, ayant treize anneaux au corps, des pates fort petites, un cou renflé et une bouche armée de deux fortes mandibules, au moyen desquelles elles rongent le bois, s'en préparent une nourriture, et pratiquent successivement dans son intérieur de longues sin uosités qui, à mesure que l'Animal avance, se trouvent en partie bouchées par une poussière friable, ligneuse, rejetée par l'anus. La larve change plusieurs fois de peau, et ne se métamorphose ordinairement en nymphe qu'au bout de deux ans. L'Insecte parfait éclot au printemps.

Ce genre est très-nombreux en espèces. Le général Dejean (Catal. des Coléopt., p* 110) en mentionne quarante-six, et ce nombre s'élèverait à quatre-vingts, si on y réunissait les espèces qu'il rance dans les Glythes de Fabricius. La plupart sont exotiques; mais nous en trouvons néanmoins un grand nombre en France.

Le CALLIDIE PORTE-FAIX, Call, Bajulus de Fabricius (Entom. Syst.), ou la Lepture brune, à corselet rhomboïdal, de Geoffroy (Ins. T. x, p. 218, n° 17), sert de type au genre.—Parmi les autres espèces très-communes aux environs de Paris, nous citerons le Callidie sanguin, Call, sanguineum, Fabr. (loc. cit.), ou la Lepture veloutée, couleur de feu, de Geoffroy (loc. cit. T. I, p. 220, n° 21), et le Gallidie arqué, Call, arcuatum, Fabr. (loc. cit.), ou la Lepture à croissant doré de Geoffroy (loc. cit. T. 1, p. 212, n° 10). (AUD.)

CALLIDUNION et KAUROCH. BOT. PHAN. (Daléchamp.) Syn. arabe de Chélidoine. (B.)

CALLIGONE. Calligonum. BOT. PHAN. Ce genre de la famille des Polygonées et de la Dodécandrie Tétragynie, L., avait été constitué par Tournefort, sous le nom de Polygonoides. Il offre les caractères Suivans: un calice à cinq divisions arrondies et inégales; douze étamines; nombre des styles un peu variable (de deux à quatre); stigmates capités; capsule pyramidale à trois ou quatre angles, monosperme et couverte de poils rameux. Outre l'espèce que Tournefort a fait connaître, et qu'il a trouvée, dans l'Orient sur le mont Ararat, Dessontaines et l'Héritier en. ont décrit une autre que le premier a rencontrée en Barbarie, et y ont ajouté le Pallosia caspica, L., que Jussieu avait indiqué déjà comme congénère du Calligone.

Loureiro, dans sa Flore de Cochin-chine (ed. Willd, p. 418) avait postérieurement établi un autre genre Calligonum, auquel ce nom déjà consacré ne pouvait point rester. De Candolle, en adoptant le genre constitué par Loureiro, l'appela Trachytelle. V. ce mot. (G.. N.)

CALLIMORPHE. Callimorpha. INS. Genre de l'ordre des Lépidoptères établi par Latreille, et rungé par

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ce oàvant (Considér. génér. p. 363) dans la section des Nocturnes, famille des Noctuo-Bombycites, arec ces caractères: langue allongée et dont les deux filets sont réunis en un seul; palpes unis ou ne paraissant pas hérissés; antennes simples ou seulement ciliées. Les Insectes qui composent ce genre avaient été consondus avec les Bombyees par Fabricius: mais ils en diffèrent par la présence d'une trompe assez allongée. Ce caractère, joint à celui des antennes plus ou moins ciliées dans les mâles età celui des palpes inférieurs couverts seulement de petites écailles, sert à les distinguer des Arcties avec lesquels ils ont plusieurs points de ressemblance. On ne les confondra pas non plus avec les Noctuelles parce que leurs palmes sont presque cylindriques ou coniques. Les Chenilles des Callimorphes ont seize pates, ce qui les éloigne des Phalènes. Les Insectes qui en naissent portent les ailes en toit; leurs habitudes sont analogues à celles des Bombyces. V. ce mot. L'espèce servant de type au genrè est le Callimorphe du Seneçon, Call. Jacobœœ, ou la Phalène Carmin du Seneçon de Geoffroy (Ins. T. II, p 146), figuré par mademoiselle de Mérian (Ins. d'Europe, tab. 129), et par Rœsel (Ins. Class, 2, Pap. noct., T. I, pl. 44). I1 est commun dans nos jardins, Son vol est lourd. La Chenille se trouve sur les Jacobées et les Seneçons.

Les Bombyces Hera, Dominula, rosea, obscura de Fabricius, peuvent être rapportés au genre Callimorphe. (AUD.)

CALLIMUS. MIN. Nom donné par les anciens aux noyaux des OEtites. V. ce mot. (LUC.)

CALLINUX. BOT. PHAN. (Raffinesque.) Double emploi du Pyrularia de Michaux. V. ce mot. (B.)

* CALLIODON. POIS. Genre formé par Gronou, adopté par Schneider qui le plaçait entre les Holocentres et les Lutjans, mais que les ichtyologistes français n'ont pas conservé. (B.)

CALLIOMORE. Calliomorus, POIS. Genre formé par Lacépède aux dépens du genre Callionyme, V. ce mot, pour l'espèce appelée Callionymus indicus, L. Cuvier, qui ne l'adopte point, n'en a pas même mentionné le nom dans son Règne Animal. (B.)

CALLION. BOT. PHAN. (Pline.) Syn. de Physalis Alkekengis. V. PHYSALIS. (B.)

CALLIONYME. Callionymus. POIS. Genre établi par Linné, et le premier de son ordre des Jugulaires, placé par Cuvier dans la famille des Gobioïdes parmi les Acanthoptérygiens, et dont les caractères consistent: dans leurs ouïes ouvertes seulement par un trou de chaque côté de la nuque; dans leurs ventrales placées sous la gorge et plus larges que les pectorales; leur tête est oblongae et déprimée; leurs yeux rapprochés et regardant en haut, ce qui mérita le nom d'Uranoscope, Regarde-Ciel, à l'une des espèces les plus anciennement connues du genre. Leur inter-maxillaire est très-protractile, et leurs préopercules, allongés en arrière, sont terminés par quelques épines. Le nom de Callionyme indique la beauté et la singularité de ces Poissons, dont la forme est particulière; la peau lisse, les couleurs variées et brillantes. Leur estomac n'est point en cul-de-sac, et ils manquent de cœcum et de vessie aérienne. Cuvier a distingué les Callionymes en trois sous-genres.

† CALLIONYMES proprement dits.

La LYRE, Callionymus Lyra, L. Gmel., Syst. Nat., I, pars 3, 1151. Bloch., pl. 161. Lac. t. 2, p. 329, pl. 19, f. I. Le Lacert. Encyc. Pois., pl. 27, f. 93. Cette espèce, qui parvient à la longueur d'un pied ou quatorze pouces, a la chair délicate et fort estimée. On le trouve principalement dans la Méditerranée où il vit d'Oursins et d'Astéries. B. 6, D. 4-10, p. 18-19, V. 5-6, A. 10, c. 10.

Le DRAGONNEAU cal. Dracunculus, L., Gmel., loc. cit., p. 1132. Bloch.,

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pl. 162, f. 2. Encyc. p. 27, f, 94. Cette espèce, des mêmes mers que la précédente, n'atteint guère que huit pouces de longueur, B. 6, D. 4-10, P. 12-13, V. 6, A. 9, C. 10.

Le PETIT ARGUS, Encyc., Pois., pl. 27, f. 95. Callionymus occellatus, Pall., Spec. Zool., VIII, pl. 4, f. 13. Le Pointillé, Lac., T. II, p. 340. Ce joli Poisson, dont la première dorsale rappelle l'aile d'un Papillon, n'est guère plus lons que le petit doigt, et se trouve dans les mers d'Amboine. B. 5-6, D. 4-8, G. 20, V. 5, A. 7, C. 10.

L'INDIEN, Callionymus indicus, L., Gmel., loc. cit., p. 1153. Platicephalus Spatula, Bloch., pl. 424. C'est cette espèce, avec laquelle Lacépède avait formé son genre Calliomore, dontle principal caractère était fondé sur la disproportion de la tête et du corps. La grosseur de cette première partie et la physionomie générale de l'Animal le faisaient regarder par Linné comme tenant le milieu entre les Uranoscopes, les Trachines ou Vives, et les autres Poissons de son genre. Il se trouve dans les mers d'Asie, B. 7, D. 1-7, 13, P. 20, V. 1-8, A. 13, C. 11.

Les Callionymus orientalis de Schneider, Sagitta de Pallas, Japonicus d'Houttuyn, et Pusillus de Laroche, appartiennent à ce sous-genre, auquel il faut rapporter le Callionyme de Risso, et l'Elégant que Le Sueur nous a fait connaître.

†† TRICHONOTE, Trichonotus de Schneider. Les caractères de ce sousgenre consistent dans leur corps très-allongé où la dorsale unique et l'anale ont une longueur proportionnée. Les deux premiers rayons de la dorsale s'allongent en soies qui représentent l'analogue de la première dorsale qui existe dans les Callionymes proprement dits. Le Trichonotus setigerus est jusqu'ici la seule espèce qui nous soit connue.

††† COMÈPHORE, Comephorus de Lacépède. Les caractères qui particularisent ce sous-genre sont: la première dorsale très-basse, le museau oblong, large, déprimé; les ouïes très-fendues, à sept rayons, et de très-longues pectorales. L'absence de ventrales n'indique-t-elle pas la nécessité de considérer le Coméphore comme un genre très-distinct de celui où Cuvier l'a laissé? La seule espèce qui nous soit connue est un Poisson d'eau douce, Callionymus baïcalensis, Pall. it. 3, p. 707, n° 49, Gmel., loc. cit. 1133. Sa queue est fourchue; il habite les plus grandes profondeurs des eaux, et ne s'en élève qu'aux beaux jours de l'été, B. 6, D. 8-28, P. 13, V. O, A. 32, C. 13.

Le nom de CALLIONYME désigne, dans Aristote et dans Pline, l'Urannoscopus scaber, L., auquel Willughby et Rai l'avaient conservé. V. URANOSCOPE. (B.)

CALLIPÉTALON. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Probablement une Potentille. (B.)

CALLIPTÈRE. Callipteris. BOT. CRYPT. (Fougères.) C'est-à-dire belle Fougère. Genre établi par Bory de Saint-Vincent dans son Voyage aux quatre îles des mers d'Afrique (T. I, p. 282) et ayant pour type l'Asplenium proliferum de Lamarck. Les quatre espèces de Calliptères, dont trois étaient alors nouvelles, C. castaneœfolium, sylvaticum et arborescens, rentrent toutes dans le genre Diplazium établi par Cavanilles, et adopté par Swartz et Willdenow. V. DIPLAZIUM. (AD. B.)

CALLIQUE ou CÉLERIN. POIS. Noms languedociens d'un petit Poisson du genre Clupé. (B.)

CALLIRHOÉ. Callirhoe. ACAL. Genre de l'ordre des Acalèphes libres, établi par Péron et Lesueur dans la première section des Méduses gastriques, adopté par Lamarck, et placé dans la deuxième section de ses Radiaires mollasses. Schweigger le considère comme un sous-genre, et Cuvier comme une Cyanée. Ses caractères sont: corps orbiculaire, transparent, garni de bras en dessous, mais privé de pédoncules, le plus souvent des tentacules au pourtour; bouche unique, inférieure et centrale;

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quatre ovaires chenillés à la base de l'estomac.

Les naturalistes à qui nous devons l'établissement de ce genre ne nous ont donné aucun détail sur l'histoire des Animaux qui le composent. Lamarck n'y ajoute presque rien; il se borne à dire que les Callirhoés, comme tous les genres qui le précèdent, sont dépourvues de pédoncules, mais qu'elles ont des bras sous l'ombrelle, ce qui les distingue éminemment. L'on ne connaît encore que deux Callirhoés.

CALLIRHOÉ MICROMÈNE, Callirhoe micromena, Pér. et Lesueur, Ann. du Mus., T. XIV, pl. 341.—Lamk., Anim. s. vert. T. II, p. 501, n. 1.—Son ombrelle subsphérique offre un grand nombre de lignes simples à son pourtour; ovaires en forme de cœur disposé en un carré; quatre bras très-longs, très-larges, aplatis, subspatuliformes et velus; rebord festonné et garni d'une multitude de tentacules très-courts et comme soyeux; couleur hyaline avec quel-ques légères taches bleues. Grandeur, quatre a cinq centimètres. Des côtes nord-ouest ae la Nouvelle-Hollande.

CALLIRHOÉ BASTÉRIENNE, Callirhoe basteriana, Pér. et Lesueur, An. du Mus., T. XIV, p. 342.—Medusa œquorea, Gmel. Syst. nat., p. 3153, n. 4.—Encycl. méth., pl. 94, fig. 4-5. Ombrelle orbiculaire, aplati, polymorphe; quatre ovaires disposés en forme de croix; quatre bras allongés et pointus; rebord entier garni d'un grand nombre de longs tentacules et marqué d'un cercle rouge; couleur hyaline. Grandeur, quatre à cinq centimètres. Se trouve dans les mers du Nord. (LAM.. X.)

CALLIRHOÉ. Callirhoe. MOLL. FOSS. Genre institué par Montfort (Conch. 1, p. 362) et adopté par Ocken (Lehrb. p. 323) pour la pile d'alvéoles d'une espèce de Bélemnite. V. ce mot. (F.)

CALLIRION. BOT. PHAN. Pour Calleirion. V. ce mot. (B.)

CALLISE. Callisia. BOT. PHAN. Ce genre, établi par Linné, d'après son disciple Lœfling, et placé par ce savant législateur dans la Triandrie Monogynie, avait été rapporté par Jussieu à la famille des Joncées où celui-ci l'avait mis tout à côté des Commelines et des Tradescanties. R. Brown, ayant également senti cette affinité, indique dans ses Observations (Prodrom. Fl. Nov.-Holl.) qu'il doit être compris dans la famille des Commelinées, laquelle se compose des genres précités et de deùx autres indigènes de la Nouvelle-Hollande. Les caractères du genre Callise sont: un périanthe à six divisions dont les trois intérieures sont pétaloïdes; trois étamines composées d'un filet plus long que les divisions intérieures du périanthe, et élargi vers son sommet qui présente deux anthères adnées à la lame du filet; un style surmonté de trois stigmates; capsule biloculaire (par avortement d'une loge?), disperme. L'espèce que Linné a décrite a été reproduite par Jacquin (Pl. amer. 11, p. 12, T. XII) sous un autre nom ae genre: c'est son Hapalanthus repens. On y a ajouté depuis quelques autres espèces qui, ainsi que la première, habitent l'Amérique méridionale, et sont de petites Plantes herbacées, rampantes, ayant leurs fleurs en ombelles ou disposées par trois dans chaque gaîne de feuilles inférieures. (G.. N.)

CALLISTACHYS. BOT. PHAN. Ventenat a figuré, sous le nom de Callistachys lanceolata (Malm., 2, t. 115), un Arbrisseau originaire de la Nouvelle-Hollande, qui est extrêmement voisin des genres Gompholobium et Chorizema. Ses caractères consistent en un calice bilabié; dans une corolle papilionacée, dont l'étendard ou pétale supérieur est relevé, tandis que les ailes et la carène sont déprimées et rabattues; ses dix étamines sont libres; sa gousse ligneuse, polysperme, s'ouvre par son sommet en deux valves. (A. R.)

CALLISTE. Callista, MOLL. Troisième genre de l'ordre des Mollusca

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subsilientia de Poli (Test utriusq. Sicil., T. 1, Introd. p. 30, et T. 11, p. 65 et 84,) ou des Mollusques lamellibranches, auquel il donne pour caractères: deux siphons glabres, tantôt entièrement reunis, tantôt séparés à leur partie supérieure; branchies écartées, quelquefois réunies à leur extrémité supérieure; le bord du manteau ondulé et frangé dans quelques espèces est disjoint; le pied lancéolé. Il y réunit les Mactres et la partie des Venus de Liuné dont Lamarck a fait le genre Cythérée, et donne à leur Coquille le nom de Callistoderme, Callistoderma. Malgré les rapports de l'Animal des Mactres arec celui des Vénus, ces deux genres ne peuvent être réunis; ils présentent des différences caractéristiques, et leur coquille, outre deux ligamens distincts dans les Mactres, offre des charnières diversement conformées. V. MACTRE et CYTHÉBÉE. (F.)

* CALLISTE. Callistus. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, établi par Bonelli dans ses Observations entomologiques, et rangé par Latreille (Règne Anim, de Cuv., et Hist. Natur, des Coléopt. d'Europe) dans la famille des Carnassiers, tribu des Carabiques, division des Thoraciques. Les Insectes qui le composent ont les palpes antérieurs filiformes, avec le dernier article ovalaire, le corps oblong et le prothorax en cœur tronqué. La forme des articles de leurs palpes antérieurs empêche de les confondre avec les Epomis, les Dinodes, les Chlænies, et leur est commune au contraire avec les Oodes; mais ils different de ceux-ci par leur corselet en forme de cœur tronqué; les Callistes mâles sont en core remarquables par les articles dilatés de leurs tarses antérieurs garnis en dessous d'une grosse très-serrée et sans vide. Ce caractère, qu'ils partagent avec les genres précédens, suffit pour les distinguer de Ceux qui portent les noms de Dalique, Platyne, Agone et Anchomède. Quelques espèces de ce dernier sont réunies par Latreille aux Callistes.

Les Carabes lunatus, pallipes, prasinus et tœniatus, figurés par Panzer (Faun. Ins. Germ.), appartiennent au genre dont nous avons exposé les principaux caractères. (AUD.)

CALLISTE. Callista. BOT. PHAN. On trouve dans le Dictionnaire de Déterville que c'est peut-être une belle espèce d'Angree de la Cochinchine. (A. R.)

* CALLISTHÈNE. Callisthenes. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Carnassiers, tribu des Carabiques; fondé par Gotthel Fischer (Entomogr. de la Russie, T. Ier, p. 84) qui le place à côté des Calosomes et lui donne pour caractères: antennes à distance des yeux, insérées dans une fosse particulière, presque filiformes; le premier article très-gros, triangulaire, avec le bord aigu en arrière, le second très-court, et le troisième très-long, également triangulaires; lèvre supérieure très-émarginée, ciliée, et munie de deux dents au milieu portant de longues soies; mandibules allongées, peu arquées, déprimées, bidentées, transversalement sillonnées en haut et ciliées en bas; les cils ou les soies roussâtres se trouvant placées dans un pli longitudinal; mâchoires très-courtes, arquées, terminées en épines intérieurement ciliées, supportant quatre palpes filiformes, les extérieurs très-longs avec le dernier article court, obeonique, tronqué; les intérieurs courts avec le dernier article dilaté en forme de cuiller, coudé et recevant dans son creux l'épine de la mâchoire; lèvre inférieure triangulaire, munie de deux soies avec deux palpes un peu plus courts que les maxillaires externes, et ayant le dernier article long, comprimé, tronqué et obeonique; menton large, à ailes latérales arrondies. L'auteur transcrit ces caractères en latin et en français; mais il est bon de comparer ceux-ci aux premiers parce qu'ils n'en sont pas une traduc-

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tion exacte Les Callisthènes se rapprochent beaucoup des Calosomes par leurs formes extérieures; la tète est proéminente et supportée par un cou long et courbé les yeux sont enfermés dans une orbite particulière; le prothorax est carre, tronqué en avant et en arrière; les bords latéraux sont légèrement réfléchis, et sur le milieu, se trouve une ligne enfoncée; l'écusson du mesothorax est grand, triangulaire et garni de plis; les élytres sont plus larges que le prothorax, sillonnées, crénelées, réunies, eonvexes et fortement rebordées. Il n'existe pas d'ailes au métathorax; quant aux pates, la paire antérieure offre des jambes échancrées très-légèrement, fortement canaliculées à la face interne, et munies de deux épines; l'abdomen est presque orbiculaire, un peu plus long dans les mâles. Fischer rapporte à ce nouveau genre une seule espece qu'il nomme le Callisthène de Pander, Callist. Panderi, l'honneur da docteur Pander, adjoint de l'Académie Impériale des Sciences de Saint-Pétersbourg. Il les représente dans la pl. 7 de son Entomographie. Ette est dans toutes les parties de son corps d'un bleu foncé, et a été trouvée dans les sables des déserts des Kirguises au midid'Orenbourg.

(AUD.)

* CALLISTODERME. Callistoderma. MOLL. Nom donné par Poli aux Coquilles du genre Calliste. V. ce mot (F.)

* CALLITHAMNIE. Callithamnion. BOT. CRYPT. (Céramiatres.) Lyngbye, dans son savant Essai d' Hydrophytologie danoise, forma le genre Callithamnion, et emprunta son nom des mots grecs qui signifient trés-beau petit Arbuste, parce que les Plantes qu'il y renfermait sont remarquables par l'élégance de leur port. La plupart des Callithamnies de cet auteur rentrent dans nos Céramiaires, V. ce mot; mais nous avons conservé la désignation du savant professeur pour l'une de ses espèces, qui formera le genre dont il est ici question, et que Lyngbye avait confondue, on ne sait trop comment, malgré d'énormes différences, avec une autre Plante qu'il a figurée comme l'un des états de celle-ci.—Nous caractérisons ainsi le genre Callitharanie: filamens cylindriques, non noueux comme dans les Borynes, articulés par sections, ayant des entre-nœuds marqués, comme dans les Deliselles et les Lynghyelles, de macules colorantes longitudinales. La fru ctification consiste dans des espèces de follicules ovoïdes, subacuminées, comprimées; sessiles, insérées extérieurement aux rameaux, et commo involucrées par une ou deux ramules plus longues qu'elles. Ces follicules contiennent des gemmes rondes, opaques, et très-distinctes vers leur extrémité. La seule espèce de ce genre qui soit bien constatée, est celle que nous nommons Callithamnion Lyngbyi, qui est celle que Lyngbye a figurée pl. 38, fig. 4, 5 et 6, comme un état de son C. arbuscula. (B.)

CALLITHRIX. MAM. C'est-à-dire Beau poil. Nom quelquefois donné au Simia Sabœa, L., et étendu comme générique, par Erxleben et Geoffroy, à de petits Singes à queue du nouveau continent. (A.D.. NS.)

CALLITRIC. Callitriche. BOT. PHAN. Genre de Plantes phanérogames, composé d'un petit nombre d'espèces de peu d'apparence, et vivant au milieu des eaux douces et courantes. Les affinités naturelles de ce genre n'étant pas encore bien déterminées, nous exposerons ses caractères avec quelques détails, afin de faciliter cette détermination. Les tiges sont dans toutes les espèces grêles et rameuses, et portent des feuilles opposées et sessiles. A l'aisselle de chaque feuille se trouve une fleur unisexuée, mâle ou femelle, sessile. La fleur mâle se compose de deux folioles opposées, rapprochées et concaves, et d'une seule étamine dont le filet est long, grêle, et l'anthère réniforme, terminale, à une seule loge, qui s'ouvre par une suture transversale. Dans

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chaque fleur femelle, on trouve également deux folioles opposées et semblables à celles des fleurs mâles, et un pistil sessile carré, déprimé au sommet, à quatre angles obtus* L'ovaire coupé transversalement présente quatre loges, dans chacune desquelles on voit un seul ovule attaché vers la partie supérieure et interne de la loge. Du sommet de l'ovaire partent deux stigmates, subulés et glanduleux. Le fruit, semblable à. l'ovaire pour sa forme, constitue une capsule indéhiscente, à quatre loges monospermes. Chaque graine se compose d'un tégument propre, trèsmince, et d'un endosperme charnu blanc, qui renferme dans son intérieur un embryon renversé, cylindrique, manifestement dicotylédoné. Sur un seul individu, nous avons observé une fleur hermaphrodite également composée de deux folioles opposées, d'une étamine saillante et d'un pistil.

De Jussieu, dans son Genera Plantarum, avait placé ce genre dans sa famille polymorphe des Nayades. Mais son embryon étant bien manifestement bilobé, ce genre ne peut rester parmi les Monocotylédonées. Les Callitrics nous semblent avoir des rapports assez intimes avec le genre Mercuriale, et devoir être rapprochés des Plantes de la famille des Euphorbiacées, ainsi que l'avait déjà annoncé le professeur Richard dans son Analyse du fruit. En effet, les étamines et les pistils ont une structure entièrement analogue dans ces deux genres, et leurs graines offrent absolument la même organisation.

Linné n'avait déterminé que deux espèces de ce genre, le C. verna et le C. autumnalis, Plantes fort communes aux environs de Paris dans les ruisseaux, et parmi lesquelles les botanistes modernes ont cru distinguer des espèces qui avaient échappé à leurs prédécesseurs. (A. R.)

CALLITRICHE. MAM. Simia Callitrix, L. Espèce du genre Guenon. V. ce mot. (A.D.. NS.)

CALLITRICHE. Callitriche. MOLL. Genre de l'ordre des Molluscœ subsilientia de Poli (Test. utriusque Sic. T. I. Introd. p. 32, et T. II, p. 193), ou des Mollusques lamellibranches, auquel il donne pour caractère un seul siphon, en forme de trou; abdomen comprimé, ovale et proéminent; point de pied, mais un appendice linguiforme ou subulé, à la racine duquel est un byssus. Ce genre de Poli revient aux genres MOULE, MODIOLE et LITHODOME. V. ces mots. (F.)

CALLITRICHE. BOT. PHAN. (Pline.) Syn. d'Hydrocotylet commun. Ce nom est devenu dans Linné celui d'un genre fort différent. V. CALLITRIC. (B.)

CALLITRICHO. BOT. PHAN. Syn. portugais d'Horminum pyrenaicum, L. V. HORMIN. (B.)

* CALLITRICHON. BOT. PHAN. (Pline.) Syn. d'Adianthum Capillus Veneris, L. Ce nom ne vient pas, comme on le croit généralement, de ce que les stipes de cette fougère offrent quelque ressemblance avec des cheveux, mais de ce qu'elle était employée pour les teindre. (B.)

* CALLITRICODERME. Callitricoderma. MOLL. Nom donné par Poli aux Coquilles du genre Callitriche. V. ce mot. (F.)

CALLIXÈNE. BOT PHAN. Commerson a établi ce genre de la famille des Asparaginées, d'après une Plante recueillie par lui vers le détroit de Magellan. Elle présente un calice divisé profondément en six parties égales, dont trois alternes munies intérieurement à leur base de deux petites glandes; six étamines à filets inférieurement élargis et à anthères oscillantes s'y insèrent; le style simple se termine par un stigmate trigone; le fruit est une petite baie à trois loges remplies de pulpe, renfermant chacune de deux à quatre graines. — Le Callixene marginata, Lamk. (Illustr. t. 248), est un sous-

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Arbrissean, sans feuilles inférieurement, mais présentant de distance en distance des nœuds et des écailles qui les engaînent; les feuilles qui se montrent au sommet des rameaux sont alternes, sessiles, renflées sur leur bord, et rappellent celles du Buis. Les pédicelles terminaux, et environnés à leur point de départ de deux squammules, portent une fleur unique. D'après Lamarck, l'Enargea marginata de Gaertner (T. I, t. 59) doit être rapportée au même genre, peut-être à la même espèce, quoiqu'il lui attribue deux cotylédons. Jussieu y réunit aussi le Lusuriaga de la Flore péruvienne (3. t. 298), qui, présentant à peu près les îmes caractères génériques, peut être distingué comme espèce par ses pédicelles axillaires chargés de trois à quatre fleurs. (A. D. J.)

* CALLOGRAPHIS. BOT. PHAN. L'une des cinq espèces du genre Calphorchis de Du Petit-Thouars, qu'il a figuré pl. 43 et 44 de la Flore des îles australes de l'Afrique, et qui était le Limodorum pulchrum. (B.)

CALLOMYIE. Callomyia. INS. Genre de l'ordre des Diptères, créé par Meigen et réuni par Latreille (Règ. Anim, de Cuv.) aux Dolichopes dont il ne diffère que par des antennes notablement plus longues que la tête, avec le dernier article très-allongé et conique. V. DOLICHOPE. (AUD.)

CALLOPILOPHORE. POLYP. Donati, dans son Histoire de la mer Adriatique, a donné ce nom à l'Acétabulaire à bords entiers. V. ACÉTABULAIRE. (LAM.. X.)

CALLORYNQUE. Callorynchus. POIS. Genre formé par Gronou d'après un Poisson du cabinet de Séba, dont la tête, d'une figure bizarre, lui parut mériter un nom qui signifie Beau-Bec. Linné le réunit dans l'ordre des Choudroptérygiens à son genre Chimœra où Lacépède l'avait laissé. Cuvier l'en a séparé de nouveau, et l'a placé à la suite de la famille des Sélaciens, avec laquelle, ainsi que la Chimère proprement dite, les Callorynques présentent de grands rapports. Les caractères du genre consistent dans la manière dont leurs branchies s'ouvrent à l'extérieur par un seul trou apparent de chaque côté; les mâchoires sont en général plus restreintes que dans les Squales, et des plaques dures, non divisibles, s'y distinguent au lieu de dents; le museau est terminé par un lambeau charnu en forme de houe; il y a deux dorsales dont la seconde commence au-dessus de l'anale; la première est armée antérieurement d'un for trayon osseux dont la moitié supérieure est libre.—Les mâles portent en outre sur la tête, au-dessus du prolongement singulier en forme de houe, dont il vient d'ètre question, une autre sorte de tubercule allongé, terminé globuleusement et tuberculeux.

On n'avait jusqu'ici men ionné qu'une espèce de Callorynque que les voyageurs disent avoir trouvé dans la mer Ethiopique, à la Nouvelle-Hollande et au Chili. Il est probable que les Poissons de ce genre, trouvés dans des lieux si éloignés, appartiennent à diverses espèces qu'on a regardées trop légèrement comme identiques, à cause de l'aspect extraordinaire commun à toutes. Nous avons déjà reconnu, comme on va le voir, combien le Callorynque de la Nouvelle-Hollande est différent de l'espèce anciennement décrite.

CALLORYNQUE ÉLÉPHANTIN, Callory nclius elephantinus, Gron. Mus., 59, n° 130, t. 4., Chimœra Callorynchus, Gmel. Syst. Nat. 1, pars III, 1489. Chimère antarctique, Lac. 1, p. 400, pl. 12, fig. 1; Roi des Harengs du Sud, Enc. Pois. pl. 14. Cette espèce est probablement la vraie Paje-Gallo (Poisson-Coq); et Elephants-Fisch (Poisson-Éléphant) de divers auteurs ou voyageurs. Il se trouve sur les côtes du Chili, d'où Dombey en a rapporté une peau fort bien conservée. On y distingue que le dos est lisse et dépourvu de toute sorte d'ai-

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guillon; la figure donnée par Lacépède montre, ainsi que celle de Frezier et de Gronou, que la seconde dorsale est plus près de la caudale que de la première. Cet Animal a la peau argentée avec des reflets grisâtres sur le dos; il a deux à trois pieds de long; il porte au Chili le nom vulgaire d'Achagual ou Achaual. Sa chair se mange, mais n'est point estimée.

Le Callorynque, figuré par Schneider, pl. 68, et dans l'Atlas du Dictionnaire de Levrault comme le précèdent, sous le nom d'Antarctique, ne saurait être le même Animal. Dans celui-ci, la seconde dorsale est à une égale distance de la première et de la caudale. Entre ces nageoires, sur le dos, régnent un ou deux rangs d'aiguillons tournés vers la queue, et qu'on ne retrouve pas dans les figures de l'espèce précédente. La caudale inférieure présente une autre petite nageoire antérieure et les pectorales, beaucoup plus grandes, sont marquées à leur base d'une tache particulière. Enfin le rayon antérieur de la dorsale est muni de dents en arrière, tandis que dans les autres Callorynques, il semble mutique. Cette figure se rapporte donc à une seconde espèce: nous en ajouterons une troisième.

CALLOHYNQUE DE MILIUS, Callorynchus Milii, N. (V. pl. de ce Dict.) Cette espèce, observée par notre ancien ami Milius, aujourd hui gouverneur de Cayenne, a été découverte sur les côtes occidentales de la Nouvelle-Hollande; elle a plus de rapport que celle qu'on a figurée dans l'Atlas de Levrault avec le véritable Elephantina ou la Chimère arctique des mers du Chili. Comme dans ce Poisson, son dos est dépourvud'aiguillons, et l'aiguillon de sa nageoire antérieure paraît être entièrement mutique. La seconde dorsale est voisine de la queue, qui, relevée comme celle de quelques Squales, n'est terminée par aucun appendice nu ou filiforme. Nous l'avons représenté d'après un dessin qui nous a été commun iqué et fait au quart ou au sixième de la grandeur naturelle; sa peau lisse, dépourvue d'écailles, variée de nuances glauques et rougeâtres, est luisante et comme argentée. L'individu dont nous devons la connaissance à Milius, était une femelle. (B.)

CALLOSITÉS. ZOOL. Parties dures, ordinairement dépourvues de poil, recouvertes d'une peau plus épaisse, et quelquefois colorées, qui se voient dans quelques Animaux; l'usage où sont ceux-ci de s'asseoir ou de s'appuyer dessus ces Callosités les rend plus considérables. Les Chameaux en ont à la poitrine ainsi qu'aux genoux; certains Singes ont les fesses calleuses, mais la plante de leurs pieds le devient beaucoup moins par l'usase que celle de l'Homme. (B.)

Dans le; Mollusques, on donne ce nom à des protubérances placées sur diverses parties des coquilles et qui se distinguent des varices palleur forme, celles-ci étant plus allongées dans le sens de la longueur du test; cette dénomination est surtout employée pour désigner les dépôts calcaires, souvent semblables à l'émail qu'on observe sur la Columèlle. V. ce mot et COQUILLE. (F.)

CALLUNE. Calluna. BOT. PHAN. Salisbury a retiré du genre Bruyère la Bruyère commune, Erica vulgaris. L., et en a formé un genre nouveau sous le nom de Calluna Erica. Ce genre se distingue des véritables Bruyères par son double calice et par ce que les cloisons de sa capsule restent adhérentes à l'axe et correspondent non au milieu de chaque valve, mais à leur suture.

La Bruyère commune eroît em abondance dans les bois des environs de Paris. Elle fleurit pendant les mois d'août et de septembre. Il en existe une jolie variété à fleurs tout-à-fait blanches, et une autre toute velue. V. BRUYÈRE. (A. R.)

*CALLYONIMUS. BOT. PHAN.(Gesner.) Syn de Convallaria majalis, L, V. MUGUET. (B.).

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CALMANTIRKA. OIS. Syn. de Bergeronnette en Finlande. V. BERGEKONNETTE. (DR.. Z.)

CALMAR. REPT. OPH. Lacépède a donné ce nom comme spécifique à une Couleuvre américaine. (B.)

CALMAR. Loligo. MOLL. Genre de Mollusques de Mollusques de l'ordre des Céphalopodes Décapodes et de la famille des Seiches, V. ces mots, institué par Lamarck (Mém. de la Soc. d'Hist. nat. de Paris, p. 10, et An. s. vert., prem. édit., p. 60) pour séparer des Seiches les espèces allongées, munies d'ailes ou de nageoires à la partie inférieure du sac seulement, et n'offrant à l'intérieur pour rudiment testacé qu'une lame mince, transparente et cornée, qu'on a comparée à une plume, et que les anciens nommaient Xiphius, Gladiolum, d'où sont venus quelques-uns des noms modernes dounés aux Calmars. De cette ressemblance du test interne des Calmars à une plume, et de l'encre contenue dans ces Mollusques, est venu le Bom de Calmar ou Calamar, dérivé de Theca Calamaria (écritoire), employé dans la basse latinité. Ce nom est même devenu vulgaire sur les côtes du Languedoc où la petite espèce est appelée Calamar ou Glangio; en Saintonge on la nomme Casseron; à Bayonne Corniche, et le grand Calmar Cornet (ou écritoire). En Provence, à Venise, celui-ci est appelé Tothena ou Totena, et Tante à Marseille, noms évidemment corrompus do mot grec Theutos, par lequel Aristote le désigne, tandis qu'il nomme Theutis ou Thetis la petite espèce. En Italie les Calmars sont nommés Calamaro, Calamaio, Glangio, etc. (Rondelet, De Piscib., lib, 17, cap. 4).

Aristote parle avec assez de détails des Calmars (Hist. lib. 1, cap. 6; lib. 4, cap. 1). Les modernes les ont peutêtre moins observés, et la plupart n'ont fait que répéter à leur sujet ce qu'il en a dit ou ce que Pline a pris d'Aristote. Le naturaliste grec en distingue deux espèces, le grand et le petit; toutes deux habitent en pleine mer, djtil, et y pondent leurs œuss qui sont liés ensemble, mais qui forment deux masses distinctes, parce que la matrice de la femelle est divisée en deux parties (De Generat., lib. 5, cap. 8). On n'est point encore fixé sur la ponte de ces Animaux; les uns pensent qu'ils s'approchent des côtes pour déposer leurs œufs sur des bas-fonds; mais comme on a trouvé des œufs de Seiches et méme de Calmars en pleine mer, quelques écrivains croient, comme le dit Aristote, que les Calmars pondent en pleine mer. Cette dernière opinion est très-vraisemblable; car, selon les observations de Lesuenr et de beaucoup de voyageurs naturalistes, plusieurs Calmars vivent habituellement dans les Fucus qui flottent au milieu de l'Océan, et quelques-uns suivent méme le grand courant dit Gulfstrom. Ils vivent peu, dit Aristote; rarement ils arrivent à leur seconde année (Hist., lib. 5, cap. 18); fait difficile à croire, mais qu'on ne peut rejeter, faute d'observations. Ces Mollusques, ceux même de la petite espèce, se rendent maîtres de gros Poissons, ajoute cet auteur (Hist., lib. 8, cap. 2); lorsqu'ils ont peur, ils jettent leur encre (lib. 9, cap. 37). Mais, selon Athénée (Deïpn., lib. 8, p. 326), œtte encre n'est pas aussi noire que celle de la Seiche, elle est plutôt jaunâtre. Ces faits paraissent vrais; quant à la difference de couleur de l'encre des Calmars, elle n'a été constatée que par Montfort. Alistote donne au grand Calmar jusqu'à cinq pieds six pouces de long; Athénée, seulement vingt-trois pouces; Belon (lib. 2, De Piscib.) dit qu'on en a vu de près de cinq pieds. Il fant d'abord observer que, jusque dans ces derniers temps, on a confondu dans le grand et le petit Calmar plusieurs autres espèces distinctes; mais aucun fait connun'a confirmé l'existence de Calmars aussi grands depuis qu'on observe avec exactitude, ce qui ne veut cependant pas dire qu'il n'en existe point de cette taille. Selon Aristote, le grand Calmar, diffère du petit en

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ce que la pointe de son corps est plus large, et que les nageoire environnent la totalité du tronc, ce qui ne convient qu'aux Seiches, et laisse un peu de doute à l'égard de sa classification dans l'un ou l'autre genre. Cependant il distingue les Seiches des Calmars par des différences organiques qui montrent toute sa sagacité. Il y aura toujours beaucoup d'indécision pour rapporter ces deux espèces à celles qui nous sont connues, jusqu'à ce qu'on ait soigneusement observé toutes celles de la Méditerranée. Aristote n'admet pour différence entre le mâle et la femelle des Calmars, que deux corps rouges qui se trouvent dans le ventre de celle-ci. Les petits Calmars, dit-il, ont, comme les autres Mollusques, deux estomacs, ou un jabot et un estomac très-différens l'un de l'autre par leur organisation (De Partit, lib 4, cap. 5). Aristophane (Equites, p. 925) et Athénée (Deïpnos, lib. 7, p. 326, et lib, 14, p. 623) nous apprennent qu'on mangeait de leur temps les Calmars. Apitius donne même la manière de les accommoder (De Re Culin. lib. 9, cap. 3). Mais il paraît, d'après un passage du premier de ces trois écrivains, que cette nourriture était réservée aux gens les plus pauvres. Du temps de Rondelet, on goûtait assez les Calmars; il dit qu'on les préparait avec leur encre, dans une sauce au beurre ou à l'huile, avec des épices et du verjus. Dans l'Archipel et en Italie, cet usage s'est encore conservé; on les mange dans les mois d'hiver, et on les préfère même aux Seiches. En cuisant, les Calmars deviennent rouges comme l'Ecrevisse: on s'en sert en plusieurs contrées comme appât pour attraper les Morues. Les anciens regardaient l'apparition des Calmars sur les côtes comme un présage de la tempête. Plutarque en donne les motifs (De Causis nat., 18). Pline dit qu'ils semblent voler sur l'Eau, eu s'élançant comme une flèche hors de la mer (Hist., lib. 9, cap. 7), chose dont Montfort doute (Moll, de Sonnini; t. 2, p. 16).

Les Latins nommèrent les Calmars Loligo (Pline, Ovide, Varron, etc.); quelques - uns des plus modernes les ont désignés aussi sous le nom de Lollium, Rondelet est le premier qui nous ait donné la figure d'un grand et d'un petit Calmar, qu'il rapporte aux espèces d'Aristote, et du Sépiole, petite espèce dont Leach a fait un genre distinct. Gesner, Aldrovande, Johnston ont commenté les anciens, compilé tout ce qu'ils ont écrit an sujet des Calmars, et copié les figures de Rondelet. Gesner ajoute à celle-ci (De Aquat., p. 494) la figure d'une troisième espèce qu'il donne pour être celle du grand Calmar d'Aristote.

Nous donnerons à l'article SEICHE les détails de l'organisation commune aux Mollusques de cette famille. Nous nous bornerons seulement ici à indiquer les anatomistes qui s'en sont occupés. Swammerdam fut un des premiers qui travailla à compléter ce qu'Aristote en avait dit. Il parle du Calmar dans sa lettre à Rédi, placée vers la fin du Biblia naturœ. Plusieurs années après, A. Monro, dans sa Physiologie des Poissons, donna la première anatomie du Calmar, où il rectifia ce que Swammerdam avait dit d'erroné sur les cœurs, et ajouta plusieurs faits importans à ceux qu'avait fait connaître ce dernier. Tilesius (Mag. anat. d'Isenflamum) a donné des détails sur les Calmars. Dans ses Mémoires sur les Céphalopodes en général, Cuvier, enfin, a traité cette anatomie comparativement à celle des autres Céphalopodes nus, et avec les soins qu'exigent les connaissances actuelles, et nous renvoyons à ce beau travail dont nous donnerons un extrait à l'article SEICHE. Les œufs des Calmars ont été bien observés, décrits et figurés par Bohadsch (Animmarin., cap. 12, pag. 155, pl. XII), qui les prit d'abord pour des œus de Seiches, mais qui reconnut ensuite son erreur. Ils offrent dans leur ensemble une réunion de tubes ou grappes cylindriques partant en rayonnant d'un centre commun Cette

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masse gélatineuse, d'une couleur bleuâtre ou jaunâtre et transparente, forme hors de l'eau une sorte de disque de six à huit pouces de diamètre. Montfort, qui a copié les figures de Bohadsch, dit en avoir vu une de plus de quatre pieds, sur laquelle il a compté près de douze cents grappes, et il avance l'opinion remarquable que les œufs dont sont composées ces grappes, et par conséquent les grappes elles-mêmes et le disque dans son ensemble, prennent un grand développement après la ponte. Ce fait, qui n'est pas impossible, mérite d'être confirmé. Il s'explique d'une manière plausible par l'agrandissement du fœtus auquel, sans doute, la matière de l'œu†sert de nourriture. Alors l'enveloppe gélatineuse, susceptible d'extension, prendrait un développement proportionnel à l'accroissement des petits Calmars. Bohadsch s'est livré à des calculs sur le nombre d'œufs contenus dans une des masses de grappes qu'il a observées, et il a tronvé qu'elle devait en contenir 39,760. Cette prodigieuse multiplication des Calmars finirait par encombrer les mers, si un très-grand nombre de leurs œufs ne devenaient la proie des autres habitans de l'Océan, et celle d'Oiseaux de ces rivages où la marée en rejette beaucoup.

Le test interne des Calmars tient de la figure d'une plume; il est mince, corné et transparent comme du verre, quelquefois long de près d'un pied, ce qui suppose une assez grande taille dans certaines espèces.

Linné (Syst. Nat.) a réuni les Calmars dans son genre Sepia, avec les Poulpes et les véritables Seiches. Il n'en décrit que trois espèces: le Calmar commun, Sepia Loligo; le petit Calmar, Sepia media, et le Sépiole, Sepia Sepiola.

Gmelin a ajouté au genre Sepia trois espèces décrites par Molina, dont l'une est rapportée au genre Calmar par Montfort; mais il n'a point cru devoir en créer de nouvelles pour plusieurs figures de Séba dont Montfort a fait des espèces distinctes, et l'on sait qu'ordinairement Gmelin ne s'est pas montré si timoré. Lamarck; le premier, a ajouté aux trois espèces de Linné un autre Calmar, conservé au Muséum, en y rapportant ces mêmes figures de Séba, érigées par Montfort en espèces distinctes.

Dans l'Extrait de son Cours, p. 123, le savant auteur des Animaux sans vertèbres introduit un nouveau nom générique, celui de Calmaret, dont nous parlerons plus bas; mais ne donnant aucune description de ce genre, nous crûmes qu'il appartenait à la famille des Seiches tandis qu'il appartient à celle des Poulpes.

Tel était l'état de nos connaissances à l'égard des Calmars, lorsque le docteur Leach donna, en 1817. un aperçu de classification pour les Céphalopodes (Miscell. Zool., Tom. III, p. 137, et Journ. de Physique, mai 1818). Il divise, dans ce travail, les Décapodes nus en deux familles, celle des Sépiolidées (Sepiolidea), qui comprend le genre Sépiole, Sepiola, créé pour le Sépiole ae Rondelet, et le genre Crancnie, Cranchia, établi pour deux nouvelles espèces découvertes pendant l'expédition du capitaine Tuckey, destiuée à reconnaître le Zaïre. La seconde famille, celle des Sépiidées (Sepiidea), renferme les deux genres Sepia et Loligo de Lamarck. Dans ce dernier, le docteur Leach fait connaître trois nouvelles espèces recueillies pendant l'expédition du capitaine Tuckey. On trouve la description plus détaillée des unes et des autres, accompagnée de figures, dans la Notice générale des Animaux recueillis par J. Cranch, en tête de l'atlas de la relation de ce voyage (Trad, franç., p. 13, pl. 18). A peu près dans le même temps, le docteur Lichtenstein a publié et figuré (Isis, 1818, p. 1591, tab. 19) une nouvelle espèce de Calmar dent il a fait son genre Onychoteuthe, Onychoteuthis, auquel doivent se rapporter les Calmars du docteur Leach. Enfin Lesueur, à qui l'histoire naturelle doit déjà tant de résul-

TOME III. 5

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tats importans, vient d'ajouter à nos connaissances sur les Céphalopodes nus en général, et les Calmars en particulier, par la description de plusieurs nouvelles espèces observées dans ses voyages (Jour, de l'Acad. des sciences natur. de Philad., t. 2, n° 3, 4, mars et octobre 1821), description qui est accompagnée de beaucoup de remarques précieuses pour leur histoire. Il observe avec raison que Leach n'aurait pas dû placer dans deux familles distinctes le Sépiole et les Calmars en les séparant par les Seiches et les Cranchies. Mais il est tombé lui-même dans une autre erreur en créant pour les Calmars une famille distincte sous le nom de Loligoïdea. Les familles ne doivent s'établir que sur l'examen d'ensemble de tout l'ordre auquel elles appartiennent, et non sur l'observation partielle de quelques genres. Il en est de même de l'établissement des genres dans les familles, et des espèces dans les genres. Il ne faut jamais oublier que les caractères de chaque coupe doivent être, autant que possible, d'une valeur égale et comparative. Ainsi si le docteur Leach. et Lesueur eussent examiné l'ensemble des Décapodes ils n'eussent point créé des familles distinctes pour les Seiches et les Calmars. Lesueur, embarrassé pour rapporter aux divisions admises une nouvelle espèce, qui réunît, à la forme générale du corps, à la proportion des nageoires et au test interne des Calmars, les caractères de l'ordre des Octopodes, car elle manque des deux bras allongés, a cru pouvoir la réunir, comme un genre nouveau, à la famille des Loligoïdea. Ce genre, intermédiaire entre les Calmars et les Poulpes, doit incontestablement entrer parmi les Octoposes; le nombre de bras étant certainement le caractère le plus important à considérer dans l'etat de nos connaissances, pour baser les coupes primordiales dans la classe des Céphalopodes. Cette nouvelle et curieuse espèce, dont Lesueur a fait le genre Leachia, en phonneur du docteur Leach, se trouve appartenir au genre déjà établi par Lamarck sous le nom ae Calmaret, Loligopsis, dont nous venons de parler (An. sans vert, seconde édit. t. 7, p. 659).—Dans le genre Loligo, second genre de la famille Loligoïdea de Lesueur, ce savant décrit cinq nouvelles espèces. Le troisième genre, appelé par lui Onychia, n'en contient qu'une seule,également nouvelle; mais il y donne l'indication d'une seconde espèce sous le nom d'angulatus. Le genre Onychia nous paraît être le même que l'Onycholeuthis de Lichtenstein.

Lamarck (Nouvelle édition des An. sans vert.) n'a rien ajouté à ses premiers travaux, et paraît n'avoir pas eu connaisance de ceux de tieach, de Lichtenstein et de Lesueur. Nous laissons dans la familledes Poulpes ou Octopodes le genre Leachie ou Calmaret de Lamarck. V. ces mots. Nous croyons devoir adopter les genres Sépiole et Cranchie de Leach, V. ces mots, basés sur la forme générale du corps, la forme et la position des nageoires et les brides qui tiennent le col au sac de ces Mollusques, et qui sont des caractères de même ordre et de même valeur que ceux qui distinguent les Seiches des Calmars. Quant au genre Onychoteuthis ou Onychia, nous le laissons avec les Calmars dont il n'est pas différent. Voici les caractères du genre Calmar, tel que nous le limitons, et le tableau de ses espèces. Sa synonymie sera établie de la sorte: Loligo, Lam., Cuvier, Férussac, Schweigger; Sepia, L.; Onychoteuthis, Lichtenst.; Onychia, Lesueur. Corps charnu, contenu dans un sacallongé, cylindracé et ailé inférieurement; ailes et nageoires rhomboïdales ou triangulaires, ordinairement réunies en pointe à leur sommet avec l'extrémité du sac; le col libre; un rudiment tes tastacé formé d'une lame allongée, étroite, mince, transparente et cornée, quelquefois partiellement gélatineux, enchâssé dans l'intérieur du corps vers le dos: bouche terminale, entourée de dix bras ou

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pieds, ordinairement garnis de ventouses avec ou sans onglets, dont deux plus longs que les autres sont pédiculés et terminés en massue. On peut admettre plusieurs coupes dans le genre Calmar, pour ranger les espèces suivantes: les unes ont des ventouses ou suçoirs pédonculés et simples à tous les bras; d'autres ont les tiges des longs bras dépourvues de suçoirs; une 3e coupe présente des suçoirs onguiculés à tous les bras, excepté sur la tige des deux plus longs; enfin dans une quatrième se placent les espèces dans lesquelles tous les bras sont pourvus de suçoirs simples et pédonculés, onguiculés seulementà la partie supérieure de deux bras allongés; mais il est difficile de rapporter avec certitude à ces quatre coupes les figures de plusieurs des espèces connues, qui n'ont point été observées avec assez de soin. Voici le tableau de celles que l'on peut admettre, et dont nous avons fait figurer quelques-unes.

1. Le Calmar ordinaire, Loligo vulgaris, Lamk.; Loligo magna, Rondelet; Sepia Loligo, L. Pennant, Brit. Zool. IV. pl. 27. n° 43. Les tiges des deux longs bras paraissent dépourvues de ventouses; la lame interne a la form e d'une plume. Cette espèce habite les mers d'Europe.—2. L. sagittata, Lamk. (var. 5α); Sepia sagittata, Bosc.; Montfort, Moll. T. 2. p. 56. pl. 12. Vulgairement Calmar Flèche. Lamarck paraît y rapporter, à tort, plusieurs espèces distinctes, figurées par Séba. Leslongs bras n'ont pas de suçoirs sur leurs tiges, et leur longueur égale celle du corps.— 3. L. Harpago, Montfort. p. 65. pl. 14. C. Harpon, C. Javelot, p. 70. Pl. 15. L. sagittata, var. β Lamk. Séba, Mus. 3. pl. IV. f. 3, 4. Encycl. méth., pl. 77. f. 1, 2. Peut-être les deux espèces de Montfort doivent-elles être conservées? Mais on ne peut les confondre avec la précédente à cause de la brièzelé des brask, et les sucoirs qui garnissent la tige des deux plus longs.4.—L. Brasiliens is, Montfort, ibid. p. 61. pl. 13. L. sagittate, Lamk. (var. α); Séba, Mus. 5. pl. 4. f. 1, 2. Cette espèce, si elle se confirme, paraît distincte des deux précédentes, les bras n'étant garnis que de deux rangées de ventouses.—5. L. subulata, Lamk. Sepia media, L. Gmel.; Lollgo parva, Rondelet; Pennant, Brit. Zool. IV. t. 24. f. 45. Encvol. méth., pl. 76. f. 9. Cette espèce habite l'Océan et la Méditerranée. 6.—L. spiralis, Montfort, loc. cit., p. 82. pl. 18. L. Subulata, Lamk. Selon toutes les apparences, cette espèce, dessinée sur un individu du cabinet de Lamarck, est distincte de la précédente.—7. L. pelagicus. Sepia pelagica, Bose, Vers. T. I. p. 46, pl. I. f. 1, 2. Montfort, ibid. pl. 19. Ce Calmar a été découvert et décrit par Bosc; il vient de l'Océan.—8. L. Banksii, Leach. Voyage de Tuckey, Atlas, p. 13. pl. 18. f. a. id. Misc. Zool. sp. 4.—9. L. Leptura, Leach, ibid. p. 14. pl. 18. f. 3. Misc. Zool. sp. 2.—10. L. Smithii, Leach, ibid. p. 14. pl. 18. f. 4. Misc. Zool. sp. 3. (Ces trois espèces appartiennentau genre Onychoteuthis de Lichtenstein, ou Onychia de Lesueur.)—11. L. Bergii, Onychoteuthis Bergii, Lichtenst. Isis 1818. p. 1591. pl. 19.—12. L. Bart ramii, Lesueur, J. of the Acad, of N. Sc. of Philadel. vol. 2. p. 90. pl. 7, f. 1, 2.—13. L. Pealeii, Lesueur, ibid. p. 92. pl. 8. f. 1, 2.—14. L. illecebrosa, Lesueur, ibid. p. 93. pl. fig. du cahier de décembre 1821, n° 6.—15. L. Bartlingii, Lesueur, ibid. p. 95.—16. L. Pavo, Lesueur, ibid. 96. pl. fig. du cahier de décembre 1821, n° 6.—17. L. carribœa, Onychia, Lesueur, ibid. p. 98. pl. 9. f. 1, 2.—18. L. angulatus, Onychia, Lesueur, ibid. p. 100. pl. 9. f. 3. On voit par cet aperçu qu'au lieu des deux espèces rapportées par Linné et des quatre décrites par Lamarck, ce genre contient déjà dix-huit espèces. V., pour plusieurs de ces especes, les punches de ce dictionnaire. (F.)

* CALMARET. Loligopsis. MOLL. Nouveau genre de la famille des Poulpes, de l'ordre des Céphalopodes Dá

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capodes, d'abord indiqué par Lamarck (Extr. de son cours, p. 123), et décrit ensuite par ce savant (Anim, sans vert. 2e édit. T. VII, p. 659) avec plus de détail. Ce nouveau genre diffère des Calmars par le nombre de ses bras, quoiquil s'en rapproche en ce qu'il est pourvu de nageoires à la partie inférieure du sac, et d'un rudiment testacé analogue à ceux de ces Mollusques. Il a été établi pour une petite espèce de la grandeur du Sépiole de Rondelet, découverte par Péron et Lesueur dans leur voyage aux terres Australes. Depuis la publication de l'Extrait du cours de Zoologie, Lesueui a institué ce même genie sous le nom de Leachie, Leachia, en l'honneur du docteur Leach (Journ. of the Acad, of Nat. Sc. et Philad. T. II, p. 89); mais pour une espèce spécifiquement différente, à ce qu'il paraît, d'après les descriptions des deux auteurs.

Voici les caractères de ce curieux et nouveau genre, intermédiaire entre les Calmars et les Poulpes: corps charnu, contenu dans un sac allongé, oblong ou cylindracé et ailé inférieurement; ailes ou nageoires semi rhomboïdales ou orbiculaires, terminales; un rudiment testacé interne; bouche terminale entourée de huit bras tous sessiles. Les deux espèces paraissent n'avoir été décrites que sur des dessins, de sorte qu'on ne sait point si le Calmaret est pourvu ou non d'un test interne, et si les bras ont des suçoirs: l'un et l'autre paraissent probables. Lamarck dit que dans son espèce les bras sont égaux; ils sont inégaux dans celle de Lesueur; la forme de leurs nageoires diffère aussi. Voici l'indication de ces deux espèces: 1° Loligopsis Peronii, Lamk. Anim, sans vert., 2e édit., T. VII, p. 660.—2° L. Cyclurus, Leachia Cyclura, Lesueur, loc. cit. T. II, p. 89, pl. 6. Ces deux espèces sont ae l'océan Pacifique. (F.)

CALMOLEA. BOT. PHAN. Syn. italien de Camelée, Cneorum tricoccum, L. (B.)

CALMOUNY. BOT. PHAN. (Lindet.) Variété très-précoce du Mûrier, cultivée en Syrie. (B.)

CALO-ADULASSA. BOT. PHAN. Syn. indou de Justicia Gandarussa. V. JUSTICIA. (B.)

* CALO-APOCARO BOT. PHAN. (Rumph. Hort. Mal. vol. 2. t. 10.) Syn. d'Uvaria Zeilanica, L. (B.)

CALOBATE. Calobata. INS. Genre de l'ordre des Diptères établi par Fabricius, aux dépens du grand genre Musca de Linne, adopté par Meigen et Latreille. Ce dernier le place (Règn. Anim, de Cuv.) dans la famille des Athéricères. Ses caractères sont: antenues en palette, plus courtes que la tête, dont le troisième article est presque orbiculaire, avec une soie latérale et simple; balanciers découverts; yeux sessiles; corps et pates très-allongées, presque filiformes; tête ovoîde ou presque globuleuse; ailes couchées sur le corps. Les Calobates désignées par Duméril (Zoologie analytique), sous le nom générique de Ceyx, se distinguent des Sépedons, des Lauxaines et des Tétanocères par leurs antennes sensiblement plus courtes que la tête. Elles ressemblent beaucoup aux Micropèzes et aux Téphrites qui en ont été séparés par Meigen et La treille, à cause de leurs ailes vibrantes, et parce qu'ils ont le corps et les pates proportionnellement moins longs qu'aucune des espèces dont est composé le genre Calobate. Celui-ci a pour type la Calobate filiforme, Cal. filiformis de Fabricius, figurée par Schellenberg (Dipt. pl. 6. fig. 1). On la trouve dans les bois aux environs de Paris.

La Calobate Pétronelle ou la Mouche Petronille, Musca Petronella de Linné, pourrait être ordinairement confondue avec la précédente. On la trouve assez communément sur les eaux où elle marche avec beaucoup de vitesse. Celte faculté qui lui est commune avec plusieurs Diptères lui a valu le nom de Mouche de saint Pierre; il rappelle le miracle de cet apôtre qui, comme chacun sait, marchait à la surface des eaux. Fa-

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bricius rapporte à ce geare dix-sept espèces; parmi elles plusieurs appartiennent aux genres Micropèze et Téphrite. V. ces mots. (AUD.)

CALOCHIERNI. BOT. PHAN. V. CALOKHIERNI.

CALOCHILE. Calochilus. BOT. PHAN. Dans son prodrome de la Flore de la Nouvelle-Hollande, R. Brown a donné ce nom à un genre nouveau de la famille des Orchidées, voisin du Neottia, dont il se distingue par les caractères suivans: son calice est en forme de mufle; les deux folioles latérales sont appliquées sur le labelle, qui est plus long, sessile, pointu, barbu sur ses bords. L'anthère est persistante et parallèle au stigmate. Les deux espèces qui composent ce genre sont tout-à-fait glabres; leurs bulbes sont simples et indivis; leurs feuilles sont lancéolées; leurs fleurs sont écartées, et forment un épi terminal. Toutes deux ont été rapportées des environs de Port-Jackson par R. Brown. (A. R.)

CALOCHORTE. Calochortus. BOT. PHAN. Pursh et Nuttal appellent ainsi un genre de Plantes, qui a les plus grands rapports avec l'Hypoxis, et auquel ils donnent pour caractères: un calice coloré, à six divisions étalées, dont les trois intérieures plus larges sont velues sur leur face interne, et marquées à leur base d'une tache ronde el brillante. Les filamens des étamines sont très-courts et insérés à la base des divisions calicinales; les antheres sont dressées et sagittées. Le stigmate est réfléchi, et le fruit est une capsule biloculaire. La seule espèce de ce genre, Calochortus elegans, est une petite Plante à bulbe globuleux et solide, portant une seule feuille radicale et graminiforme. Sa hampe produit trois fleurs. Elle croît dans les lieux montueux de l'Amérique septentrionale. (A. R.)

CALODENDRON. BOT. PHAN. Ce genre établi par Thunberg fait partie de la famille naturelle des Rutacées et de la Pentandrie Monogynie, L. Une seule espèce le compose, c'est le Calodendron capense de Willdenow, ou Dictamnus capensis de Lamarck, Arbrisseau originaire du cap de Bonne Espérance, qui porte des feuilles opposées ou ternées, entières, marquées de points glanduleux, comme la plupart des autres Rutacées, et dont les fleurs, qui forment une sorte de panicule terminale, offrent les caractères suivans: leur calice est étalé, à cinq divisions profondes; leur corolle se compose de cinq pétales onguiculés, onduleux et velus. Les étamines, au nombre de dix sont hypogynes; cinq sont stériles et filamenteuses; les cinq autres sont fertiles et anthérifères. L'ovaire est élevé sur un pédicelle assez long; il offre cinq loges qui contiennent chacune deux ovules. Le style et le stigmate sont simples, et le fruit est une capsule à cinq côtés, hérissée de pointes. Ce genre a des rapports intimes avec les genres Rue et Tribulus. (A. R.)

CALODIUM. BOT. PHAN. Genre établi par Lourciro, mais qui se trouve le même que celui pour lequel le nom de Cassyta a été antérieurement, adopté (B.)

CALO-DOTIRO. BOT. PHAN. Nom, indou d'une Stramoine qui diffère du Datura Metel par ses fruits lisses. (B.)

CALOGYNE. BOT. PHAN. Ce genre, établi et nommé ainsi par R. Brown, renferme une seule espèce, qui présente entièrement le port d'un Goodenia, et n'en diffère qu'en ce que son style est triside et non simple. C'est une Plante herbacée, annuelle, velue, exhalant, lorsqu'elle est sèche, l'odeur de la Flouve, Ses fleurs sont dentées; ses pédoncules axillaires, uniflores, dépourvus de bractées, réfléchis à la maturité du fruit. V. GOODENIA. (A. D. J.)

CALOKHIERNI. BOT. PHAN. (L'Ecluse.) Probablemet un Carthame. (B.)

CALOMBE ET GALOMBRE. BOT. PHAN. (Commerson.) V. CALUMBÉ.

* CALOMEL ou CALOMELAS. MIN. Syn. alchimique et médical du Proto-Chlorurede Mercure. V. MERCUBE DOUX. (DR.. Z.)

CALOMERIE. Calomeria. BOT.

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PHAN. Genre établi par Ventenat (Malm. pl. 73), dans la famille des Corymbifères, Syngénésie Polygamie égale, L. pour une Plante herbacée, bisannuelle, à feuilles alternes, dont l'aspect lui mérita le nom spécifique d'Amaranthoîdes. Ses fleurs nombreuses et très-petites sont disposées en grandes panicules pendantes, accompagnées de bractées, et d'un rouge foncé; elle est originaire de la Nouvelle-Hollande. Toutes les parties de cette Plante, qui s'élève à cinq pieds de hauteur environ, répandent une odeur analogue à celle de notre Sauge officinale. (B.)

CALONNEA. BOT. PHAN. Nom qui ne saurait être adopté en botanique par ladouble raison qu'il fut imposé par Buchoz, et créé en mémoire d'un ministre qui fut aussi inutile à la science que funeste à sa patrie. Il est syn. de Galardia. V. ce mot. (B.)

CALOPE. Calopus. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères et de la section des Hétéromeres, extrait par Fabricius du grand genre Cerambix de Linné, et ayant, selon lui, pour caractères: quatre palpes, les antérieurs en massue, les postérieurs filiformes; mâchoires bindes; lèvre inférieure, membraneuse et biside; antennes filiformes. La treille (Règn. Anim, de CUV.) place ce genre dans la famille des Sténélytres, et le caractérise de la manière suivante: pénultième article des tarses bilobé; mandibules bisides; dernier article des palpes maxillaires en forme de hache; languette profondément échancrée; antennes fortement en scie; corps étroit et allongé, avec la tête et le corselet plus étroits que l'abdomen; les yeux allongés et échancrés. Ces Insectes se distinguent des Capricornes par le nombre des articles des tarses. Ils ont plusieurs points de ressemblance avec les Cistèles, mais en diffèrent essentiellement par l'échancrure du pénultième article de tous les tarses. On ne les confondra pas non plus avec les Lagries, à cause de la lèvre profondément échancrée, ni avec les Nothus dont les antennes sont simples. Les Calopes ont des antennes longues, en scie, posées dans une échancrure au devant des yeux, et formées de onze articles, le premier gros, en massue, le second petit, les autres un peu comprimés; le labre entier, l'extrémité des mandibules bidentées; les mâchoires membraneuses, bisides, avec la division interne moindre et pointue; des palpes maxillaires plus longs que les labiaux; la languette arrondie au sommet et échancrée; les palpes labiaux, terminés par un article en cône renversé. Ce genre se compose jusqu'à présent d'une seule espèce. Le Calope serraticorne, Calopus serraticornis de Fabricius (Entom. Syst.) ou le Capricorne à corselet cylindrique, sans épines, d'un brun grisâtre, à yeux noirs, à antennes médiocres, dentelées, à barbillons longs et à pates déliées de Degéer (Mém. Ins. T. V. p. 79. n° 16.) Cette espèce; longue d'environ neuf lignes, a une forme allongée; sa tête est un peu avancée; son corselet est en carrélong, sans rebords, dilaté en devant, un peu raboteux en dessus. Les élytres sont longues, sans rebords, et présentent à leur surface quelques lignes élevées, à peine distinctes. Les pates sont gréles et ont une longueur moyenne; la couleur de l'Insecte est d'un brun-clair pubescent. Il habite les bois et a été rencontré en Suèdes. (AUD.)

* CALOPHÈNE. Calophœna. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Carnassiers, tribu des Carabiques, établi par Klug (Acta acad. Cœsar-Leopoldinœ natur. Cur. vol. x. p. 295), aux dépens des Odacanthes. Il décrit comme appartenant à ce nouveau genre, les Carabes acuminatus et bifasciatus d'Olivier. Les caractères au'il lui assigne sont: tous les tarses de cina articles; six palpes; mâchoires mobiles à leur sommet; jambes antérieures, échancrées à leur côté interne. La tête est rétrécie à sa partie postérieure; les mandibules sont dentelées, et les palpes filiformes; le corselet est ovoîde; les tarses ont leur

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quatrième article arrondi, et les ongles sont aigus et arqués.

L'ensemble de ces caractères nous autorise à regarder le nouveau genre dont il est iei question comme synonyme de celui qui porte le nom de CORDISTE. V. ce mot. (AUD.)

CALOPHYLLE. Calophyllum. BOT. PHAN. C'est à la famille des Guttifères età la Polyandrie Monogynie, L. qu'appartient ce genre de Plantes, caractérisé par un calice coloré, formé de deux, trois ou quatre sépales caducs, qui quelquefois manque entièrement; par une corolle composée de quatre pétales, et par des étamines fort nombreuses, à anthères allongées. L'ovaire est libre, surmonté d'un style simple, au sommet duquel est un stigmate capitulé. Le fruit est une petite drupe globuleuse ou ovoîde, renfermant un seul noyau, dans lequel est une graine de même forme. Son embryon est droit, dépourvu d'endosperme.

Ce genre se compose d'environ sept espèces, qui toutes sont des Arbres plus ou moins élevés, à feuilles entières et opposées. La structure de ces feuilles est tout-à-fait singulière, et fait facilement reconnaître les Plantes qui appartiennent à ce genre. Ces feuilles sont partagées en deux moitiés égales par une nervure lougitudinale, des parties latérales de laquelle naissent une foule de nervures Parallèles et très-rapprochées, qui se dirigent vers les bords de la feuille. Les fleurs sont groupées à l'aisselle des feuilles supérieures où elles sont portées sur des pédoncules triflores, qui forment par leur réunion une sorte de panicule terminale.

L'espèce la plus intéressante est le Calophyllum lnophyllum de Linné, ou Calophyllum Tacamahaca de Willdenow. C'est un grand Arbre qui croît naturellement dans les lieux stériles et sablonneux des Indes-Orientales et des îles australes d'Afrique. Son tronc, qui est épais et recouvert d'une écorce noirâtre et fendillée, laisse découler, quand on l'entame, une matière visqueuse et résineuse, de couleur verte, qui se solidifie et porte le nom de gomme ou résine de Tacamahaca. Ses jeunes rameaux sont carrés et ornés de feuilles opposées, obovales, obtuses, entières, luisantes, à nervures parallèles et très-serrées. Les fleurs qui sont ordinairement polygames, blanches et odorantes, forment à l'aisselle des feuilles supérieures des espèces de petites grappes opposées. Il leur succède des fruits qui sont globuleux, jaunâtres et charnus. Selon Du Petit-Thouars, le bois de cet Arbre est fort employé aux îles de France et de Bourbon, pour la charpente, les constructions navales et le charronnage. Loureiro désigne cet Arbre sous le nom de Balsamaria lnophyllum, et il le distingue des autres espèces de Calophylles par son calice formé de deux sépales, par sa corolle composée de six pétales, et par ses étamines qui sont groupées en plusieurs faisceaux ou polyadelphes. V. BALSAMARIA. (A. R.)

*CALOPHYLLODENDRON. BOT. PHAN. (Vaillant.) Syn. de Calophylle. V. ce mot. (B.)

* CALOPODIUM. BOT. PHAN. Rumph appelle ainsi le spathe des Aroîdes. (B.)

* CALOPOGON. Calopogon. BOT. PHAN. R. Brown a donné ce nom à un genre nouveau qu'il a établi pour une Plante de la famille des Orchidées, plus généralement connue sous le nom de Limodorum tuberosum, et que Willdenow avait rangée dans le genre Cymbidium. Voici les caractères de ce nouveau genre: les cinq divisions extérieures de son calice sont égales, étalées et non soudées entre elles; le labelle est onguiculéet barbu dans sa partie supérieure; le gynostème est libre et se termine par une anthère qui s'ouvre par une sorte d'opercule; les masses polliniques sont anguleuses. Cette jolie Orchidée qui est originaire de l'Amérique septentrionale, et qui a le port des Aréthuses, fleurit fréquemment dans nos serres. Sa racine est composée d'un gros tubercule charnu et irrégulier, d'où naisseat des feuilles lancéolées,

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plisées et striées longitudinalement, et une hampe nue, rameuse supérieurement, où elle porte des fleurs purpurines assez grandes. (A. R.)

GALOPS, POIS. Les pécheurs appellent ainsi un Labre des côtes de l'Océan. Ce nom a été adopté par les ichthyologistes. V. LABRE. (B.)

* CALOPTILIUM. BOT. PHAN. Ce genre de la famille des Carduacées et de la Syngénésie séparée a été établi par Lagasca qui lui avait d'abord donné le nom de Spatocephalus. Il se compose d'une seule espèce qui est une Plante herbacée fort grêle, couverte de petites feuilles imbriquées. Son involucre est double; l'extérieur est formé de cinq écailles rapprochées en forme de tube. Le réceptacle est plane, nu, et porte cinq fleurs à corolle bilabiée; la lèvre intérieure est biside. Les fleurs sont couronnées par une aigrette sessile et plumeuse.

Selon Lagasca, ce genre offre une très-grande affinité avec le Nassauvia. Ce rapprochement a été également indiqué par Cassini qui place ce genre dans sa tribu des Nassauviées. (A.R.)

CALOPUS. MAM. (Albert-le-Grand.) Probablement le Paseng. Espèce d'Antilope. V. ce mot. (B.)

CALORIQUE. Principe qui n'est guère appréciable que par quelquesunes de ses propriétés; fluide, très-subtil et sans pesanteur, qui pénètre tout le corps, en distend les pores, et, se combinant avec eux, les augmente d'abord, les liquésie ensuite, et finit par les réduire en vapeur. Le Calorique n'est pas toujours perceptible par la vue; quelquefois même il ne l'est pour aucun de nos sens, encore qu'il existe en assez grande quantité dans des corps où nous chercherions vainement à le reconnaître. Ainsi l'expérience nous enseigue que pour faire fondre une livre de glace qui se trouve à la température de zéro, il faut une livre d'eau à la température de soixante degrés, c'est-à-dire qui contienue les trois quarts de Calorique qui rendent l'eau bouillante. Quand la glace est fondue, le liquide se trouve toujours à zéro, et la glace pour passer à l'état liquide, a absorbé soixante degrés de chaleur qui maintiennent sa fluidité, et que le thermomètre lui-même ne saurait cependan aider à reconnaître.

Le Calorique influe sur la vie et sur la végétation: émane-t-il du soleil en rayonnant comme la lumière? est-il indépendant de cette dernière? est-il comme elle réfracté et réfléchi selon les mêmes lois? Un certain frottement est-il nécessaire pour le développer ou pour l'entretenir? est-il une substance réelle? Ces questions sortent du cadre de l'ouvrage que nous publions. V. ATMOSPHÈRE, LUMIÈRE et TEMPÉRATURE. (B.)

CALOROPE. BOT. PHAN. Pour Calorophe. V. ce mot. (B.)

CALOROPHE. Calorophus. BOT. PHAN. La Billardière, sous le nom de Calorophus elongata, décrit et figure (Plantes de la Nouv.-Holl., tab. 228) une Plaute de la famille des Restiacées. Elle a le port d'un Jonc. Ses chaumes grêles etrameux présentent de distance en distance des nodosités, avec des graines terminées supérieur rement par une petite pointe réfléchie et logeant les fleurs à leur aisselle. Celles-ci sont dioîques; leur calice, muni à sa base de deux bractées glumacées, et divisé en six parties égales, de même consistance, dont trois in térieures, renferme trois étamines dans les mâles, et, dans les femelles, un ovaire surmonté de trois styles, environné à sa base d'étamines rudimentaires et contenant trois loges monospermes. Le Calorophus se rapproche par tous ces caractères du Restio, et il lui a même été réuni par R. Brown qui le nomme R. Latetiflorus. Il n en diffère en effet que par le petit nombre de fleurs situées dans chaque gaîne; celui des mâles varie de un à trois, et les femelles, quelquefois géminées, sont le plus souvent solitaires. (A. D. J.)

CALOSOME. Calosoma. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section

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des Pentamères, fondé par Weber (Observ. Entomologicœ, p. 20) aux dépens des Carabes de Linné et de Fabricius, adopté par ce dernier auteur (syst. Eleuth.), et par le plus grand nombre des entomologistes. Latreille (Règn. Anim, de Cuv. et Hist. Natur, des Coléopt. d'Europe) le place dans la famille des Carnassiers, tribu des Carabiques, et lui assigne pour caractères: mandibules sans dents notables; tarses antérieurs dilatés dans les mâles; bord antérieur du labre à deux lobes; second article des antennes beaucoup plus court que le suivant; dernier article des palpes extérieurs à peine plus large que le précédent, en cône renversé; corselet presque orbiculaire; abdomen presque carré. Rangés par Latreille (Considér. génér. p. 165) dans la famille des Carabiques, et placés ensuite par le même auteur (Coléopt. d'Europe ) dans la division des Abdominaux, les Calosomes se distinguent, au moyen des caractères que nous venons d'exposer, de tous les genres de cette famille et de cette division. Ils diffèrent des Pambores, des Cychres et des Scaphinotes par l'absence des dents au côté interne de leurs mandibules. La dilatation des tarses antérieurs dans les mâles empêche de les confondre avec les Tefflus et les Procères; enfin ils s'éloignent des Procrustes et des Carabes proprement dits par le peu de développement du second article des antennes. Ils sont en outre caractérisés par leurs habitudes et la forme générale de leur corps qui est déprimé et oblong. La tête est ovale et grande; elle supporte des yeux globuleux, proéminens et des antennes sétacées à articles comprimés, d'inégale longueur, le premier très-gros, le second très-petit, le troisième aussi étendu que les deux précédens réunis, et tous les autres assez courts et à peu près également développés. Elles sont insérées au devant des yeux. La bouche présente un labre bilobé, des mandibules larges et avancées, des mâchoires donnant insertion à quatre palpes dont les maxillaires sont découverts dans toute leur longueur; enfin une lèvre inférieure à laquelle est attachée une paire de palpes très - saillans. Le prothorax plus large que long a ses bords latéraux arrondis et relevés. Il est tronqué antérieurement et postérieurement. L'écusson du mésothorax est petit, et même ne paraît pas dans quelques espèces. Les élytres sont larges et embrassent un peu sur les côtés l'abdomen; celui-ci est fort étendu dans le sens transversal. Les pates sont longues et cependant très-fortes; la dernière paire est munie d'un trochanter saillant.

Dix espèces ont été décrites par Fabricius comme appartenant à ce genre; celle qui lui sert de type est le Calosome Sycophante, Cal. Sycophanta de Fabricius ou le Bupreste carré, couleur d'or, de Geoffroy (Ins. T. I. p. 144.) Réaumur (Mém. T. 2. p. 457) l'a souvent observé. Il vit sur le Chêne, et attaque les Chenilles qui s'y trouvent. La couleur verdâtre et dorée de ses élytres avec de nombreuses stries longitudinales, et trois rangées de points enfoncés, établissent entre lui et tes autres espèces du même' genre une distinction tranchée. Réaumur a donné l'histoire d'une larve de couleur noire qui paraît bien être la sienne. Elle s'établit dans le nid des Chenilles processionnaires, et les attaque au moyen de ses mandibules écailleuses: une seule Chenille ne paraît pas lui suffire, et elle n'est satisfaite que lorsque sa gloutonnerie l'a mise hors d'état de pouvoir exécuter aucun mouvement; elle court alors les plus grands dangers. De jeunes larves de son espèce la dévorent et la préfèrent même aux Chenilles.

Le Calosome Inquisiteur, Cal. Inquisitor de Fabricius, ou le Bupreste carré, couleur de bronze antique, de Geoffroy (loc. cit. T. 1. p. 145), représenté par Panzer (Faun. Ins. Germ. Fasc. 81. fig 7), vit, ainsi que le précédent, sur le Chêne, et y fait la chasse aux Insectes, et particulièrement aux Chenilles. L'un et l'autre se trouvent

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assez communément aux environs de Paris.

Nous rencontrons dans le midi et dans l'ouest de la France une fort belle espèce, le Calosoma Indagator.

Les Calosomes alternans, retusum, callidum, Scrutator de Fabricius appartiennent à l'Amérique; ceux désignés par cet auteur sous les noms de reticulatum et sericeum se trouvent assez fréquemment dans l'Allemagne. (AUD.)

CALOSTEGA. BOT. PHAN. Pour Calothèque. V. ce mot. (B.)

CALOSTEMMA. BOT. PHAN. Ce genre, établi par Robert Brown, appartient à la famille des Amaryllidées, ou à la seconde section des Narcissées de Jussieu. Le calice, adhérent à Povaire, en forme d'entonnoir, pétaloîde, divisé supérieurement en six parties, est muni à sa gorge d'une couronne tubuleuse et découpée en douze dentelures, qui de deux en deux sont subulées et chargées d'une anthère oscillante. L'ovaire uniloculaire, surmonté d'un style filiforme que termine un stigmate obtus, contient deux ou trois ovules; il devient une baie à une ou deux graines, qui commencent à y germer. R. Brown a recueilli dans la Nouvelle-Hollande deux espèces de ce genre, l'une à fleurs blanches, l'autre à fleurs pourpres. (A. D. J.)

* CALOSTOME. Calostoma. BOT. CRYPT. (Lycoperdacées.) Desvaux a établi ce genre dans le Journal de botanique (vol. 2, p. 94). Il ne renferme que le Scleroderma Calostoma, décritdans le même Journal (vol. 11, p. 5, pl. 11, fig. 2), par Persoon, qui avait déjà pensé que cette espèce pouvait'devenir le type d'un nouveau genre. Il diffère essentiellement des Sclerodermes par son péridium extérieur qui s'ouvre régulièrement au sommet et dont l'orifice estbordé de dents ou de lanières en étoiles, tandis que dans les Sclerodermes il se fend sans régularité, ou même ne donne issue sux séminules que par des trous produits à sa base par les piqûres des Infectes. Le genre Calostoma est ainsi caractérisé: péridium porté sur un pédicule central, coriace, celluleux, formé de deux membranes, l'extérieure coriace, s'ouvrant au sommet par un orifice régulièrement denté, l'interne très-mince, se rompant irrégulièrement; séminules très-nombreuses, entremêlées de filamens.

La seule espèce connue, nommée par Desvaux Calostoma cinnabarinum croît sur la terre, dans l'Amérique septentrionale. C'est un petit Champignon, gros comme une Noix, porté sur un pédicule cylindrique, épais et peu élevé le péridium est globuleux, d'un rouge foncé. (AD. B.)

CALOTHAMNE. Calothamnus. BOT. PHAN. Labillardière a donné ce nom à un genre nouveau de la famille des Myrtinées, voisin des genres Tristania et Beaufortia, et qui, comme eux, se compose d'espèces originaires de la Nouvelle-Hollande, et que l'on reconnaît aux caractères suivans: leur calice est monosépale, turbiné, adhérent avec l'ovaire et à quatre dents; leur corolle est formée de quatre pétales réguliers. Les étamines sont réunies en quatre ou cinq faisceaux opposés aux pétales. Les anthères sont terminales et entières, c'est-à-dire non bisides comme dans le Beau-fortia. La capsule est couronnée parles dents du calice; elle offre trois loges polyspermes. Dans son Histoire des Plantes de la Nouvelle-Hollande, Labillardière en avait décrit une seule espèce qu'il nomma Calothamnus sanguineus, et qu'il figura t. 164. C'est un Arbrisseau dont la hauteur estde sept ou huit pieds, qui porte des feuilles très-nombreuses, roides, subulées,éparses, des fleurs sessiles et solitaires, R. Brown en a découvert trois autres espèces auxquelles il a donné les noms de Calothamnus quadrifida, C. villosa et C. gracilis; il en a tracé les caractères ans la seconde édition du Jardin de Kew. (A. R.)

CALOTHÈQUE. Calotheca. BOT. PHAN. Ce genre de Graminées établi par Desvaux et adopté par Beauvois

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qui cna figuré les caractères dans son Agrostographie, pl. 17, fig. 7, est voir sin des genres Brome et Brize, dont il diffère par les caractères suivans: ses fleurs sont disposées en une panicule presque simple: leur lépicène est bivalve, coriace, mutique, contenant de six à dix fleurs. Leur glume également coriace est bivalve; la valve inférieure est large, ayant son bord membraneux plissé; elle se termine supérieurement par une soie assez longue; la supérieure est très-petite, et porte à son sommet un petit appendice obtus. Les fruits sont presque sphériques et recouverts par les tégumens. On ne compte guere, dans ce genre, que deux espèces, savoir: le Calotheca brizoîdea, Desv., ou Briza erecta de Lamarck, et le Calotheca elegans ou Briza subaristata du même auteur. Ces deux espèces sont exotiques. (A. R.)

CALOTHYRSE. BOT. PHAN. Robert Brown a formé sous ce nom une division dans le genre Grevillea, V. ce mot, et soupconne qu'elle pourrait devenir un genre nouveau dans la femille des Protéacées. (B.)

GALOTROPIS. BOT. PHAN. R. Brown, dans son Mémoire sur les Asclépiadées, a retiré du genre Asclépiade les deux espèces connues sous les noms d'Asclepias procera, Willd. et d'Asclepias gigantea, Willd., pour en former un genre particulier sous le nom de Calotropis. Ce genre diffère des véritables Asclepiades par sa corolle campanulée et non réfléchie; par sa couronne staminale simple, formée de cinq folioles attachées longitudinalement au tube des étamines, non concaves et appendiculées.

La première de ces espèces croît en Perse, et la seconde est originaire des Grandes-Indes. (A. R.)

* CALOTTINS. BOT. CRYPT. Nom sous lequel Paulet désigne divers Champignons dont le chapeau a la forme d'une calotte, et qui doit être rejeté de la science, quelque effort que fassent les amateurs d'une nomenclature ridicule pour y maintenir quelque espèce de Calottins que ce puisse être. (B.)

CALOUASSE OU COLOUASSE. OIS. Syn. vulgaire de la Pie-Grièche grise, Lanius Excubitor, L. V. PIEGRIÈCHE. (DR.. Z.)

CALOUBOULI. BOT. PHAN. (Surian.) Syn. caraîbe de Banistère. (B.)

CALP. MIN. (Kirwan.) Sous-espèce de Chaux carbonatée d'un noir bleuatre dont on bâtit les maisons en Irlande, particulièrement à Dublin. (LUC.)

* CALPA. BOT. CRYPT, Nom donné par Necker à l'urne des Fontinales. V. ce mot. (B.)

* CALPETRO. OIS. Syn. russe de la Spatule, Platelea leucorodia, L. V. SPATULE. (DR.. Z.)

CALPIDIE. Calpidia. BOT. PHAN. Aubert Du Petit-Thouarsa nommé ainsi un Arbre observé par lui à l'lle-dé-France, et qui se place dans la famille des Nyctaginées, auprès du Pisonia, dont il ne diffère pas par des caractères très-tranchés. Son calice est pétaloîde, campanulé et terminé supérieurement par cinq divisions en étoile; vers sa base, s'insèrent les filets de dix étamines, terminés par un connectif auquel sont attachées les deux loges de l'anthère s'ouvrant par une feute longitudinale. Le style, plus court que ces étamines, est surmonté d'un stigmate bilobé et velu. L'ovaire renferme un seul ovule. Le calice persiste et croît avec lui, en formant enveloppe du fruit qui est allongé et prismatique, à cinq angles enduits d'une matière visqueuse. La graine est droite et contient, sous une tunique membraneuse, deux cotylédons foliacés, cordiformes et égaux, roulés autour d'un moule ou corps charnu. La radicule est inférieure et cylindrique. L'Arbre s'élève à peine à une hauteur de huit à neuf pieds, tandis que son tronc en acquiert deux ou trois de diamètre; son bois est mou; ses rameaux forment une tête touffue; ses feuilles, portées sur un pétiole

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court et épais, sont alteraes, lancéolées et entières, d'une substance charnue et d'un vert coloré. Des pédoncules axillaires partent, à angles presque droits, plusieurs pédicelles munis d'une bractée à leur base, et terminés par une ombellule de fleurs roses et d'un parfum agréable, environnée elle-même de plusieurs bractées qui lui forment une sorte d'involucre. V. Voyage dans les îles australes d'Afrique par Aubert Du Petit-Thouars, p. 23, tab. 8. (A. D. J.)

CALPURNE. Calpurnus. MOLL. Genre institué par Montfort (Conchyl. T. 2, p. 638) pour la Bulla verrucosa de Linné, et qui n'a pas été adopté. V. OVULE. (F.)

CALQUIN. OIS. Syn. de Harpie. Espèce de Faucon du sous-genre Aigle. V. ce mot. (DR.. Z.)

CALSCHISTE. GÉOL. Brongniart donne ce nom à une roche mélangée essentiellement et distinctement composée de Schiste argileux et de Calcaire, où cette première substance, souvent dominante, imprime la fracture feuilletée ou du moins fissile qui lui est propre. Le Calcaire y est blanc et, saccnaroîde, quelquefois compacte et grisâtre, et répandu dans la roche en taches allongées ou en lames minces. On y voit du Mica, de la Serpentine et de l'Anthracite. La cassure est super-écailleuse. Ses principales variété sont: 1° le Calschiste veiné, Schistes rubanés de Brochant; 2° Le Granitellin, Grunsteinschiefer des Allemands; 3° Le Sublamellaire. V. ROCHE. (LUC.)

CALTHE. Caltha. BOT. PHAN. Ce genre appartient à la famille des Renonculacées, Polyandrie Polyginie, L. Tournefort avait donnéle nom de Populago à la seule espèce connue de son temps; mais Linné lui a restitué celui que C. Bauhin et d'autres anciens botanistes avaient imposé auparavant à cette Plante, qui se trouve ainsi désignée dans Virgile. Dans son Systema Vegetabilium, De Candolle donne les caractères suivans au Caltha qu'il place en tête des Helléborécs, quatrième, tribu des Renonculacées: calice coloré, cinq sépales, les sépales pétaloîdes; point de corolle; étamines nombreuses; cinq, ou dix ovaires, autant de capsules comprimées, uniloculaires et polys-permes. Ce genre ne renferme que des Herbes vivaces et très-glabres, dont les racines sont fibreuses et les fleurs terminales et d'une couleur jaune très-intense, ce qui les faisait confondre avec les Soucis par les anciens. On a divisé les Caltha en deux sections: la première, nommée Psychrophila par De Candolle, se compose de deux espèces indigènes de l'hémisphère austral, et doit peut-être constituer un nouveau genre à cause de la persistance de son calice et surtout par l'existence de ses appendices foliaires. La seconde Populago a pour type le Caltha palustris vulgairement Souci de Marais, Plante très-commune dans les fossés et les ruisseaux de toute l'Europe, qui a des fleurs trèsâcres, et que les paysans emploient cependant pour donner à leur beurre une belle nuance jaune. Les autres espèces habitent l'Amérique septentrionale, à l'exception d'une seule qui se trouve en Sibérie. (G.. N.)

Le nom de CALTHA désigne dans Pline le Souci des Champs, Calendula arvensis, L., l'Arnica montana dans Tabernæmontanus, et le Verbesina calendulacea dans Burmann. (B.)

CALTHOIDE. Calthoîdes. BOT. PHAN. Vieux nom de l'Othonna cheirifolia. V. OTHONNE. (B.)

CALTROP. BOT. PHAN. Syn. anglais de Centaura Calcitrapa, L. V. CALCITRAPE. (B.)

CALUMBE. BOT. PHAN. Même chose que Calombé et Calombre. V. COLUMBO. (B.)

CALUMET BOT. PHAN Evidemment dérivé de Calamus (Chaume.) Nom donné à plusieurs Végétaux ou plutôt aux tiges de plusieurs Végétaux, dont les Nègres ou les Sauvages se font des tuyaux de pipe. Au Canada, où ce nom

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de Calumet a été évidemment introduit par les Européens, c'est un Roseau: à Saint-Domingue, où l'on le distingue le grand, et le petit Calumet, ou Calumet franc et Calumet bátard, c'est la tige d'un Lygodium, sorte de Fougère autrefois appelée Ophioglossum scandens; à Cayenne, c'est le Mabea Piriri d'Aublet; à Mascareigne, c'est l'espèce de Bambou qui est devenu le type du genre Nastus, et qu'on nomme plus particulièrement Calumet des hauts. parce qu'il ne croît qu'àune grande élévation au-dessus du niveau de la mer. (B.)

* CALUNGEN. BOT. PHAN. L'un des noms arabes du Maranta Galanga, L. (B.)

CALUNGIA, CALUNGIAN, BOT. PHAN. (Avicène.) Syn. de Maranta Galanga. (B.)

CALYEGIA, CALVEGIAM ET CHARSENDAR. BOT. Autres noms arabes du Maranta Galanga. (B.)

CALYIL. BOT. PHAN. Variété du Pommier. Ses fruits dont il existe plusieurs sous-variétés sont appelés Calvilles. V. POMMIER. (B.)

CALYBE. OIS. Espèce du genre Cassican, Barita pi viridis, Temm., que Linné avait placée parmi les Parasidea. V. CASSICAN. (DR.. Z.)

CALYBION. BOT. PHAN. L'espèce de fruit auquel Mirbel donne ce nom dans sa Nomenclature carpologique, est le même que celui que tous les botanistes s'accordent à nommer Gland. V. ce mot. (A.R.)

CALYCANT. BOT. PHAN. Pour Calycanthe. V. ce mot. (A. R.)

CALYCANTHE. Calycanthus. BOT. PHAN. Ce genre de Plantes dont la place n'est point encore positivement déterminée dans la série des ordres naturels, se compose d'environ cinqou six espèces exotiques qui pour la plupart sont originaires de l'Amérique septentrionale. Ce sont des Arbrisseaux à tiges ligneuses et ramifiées, portant àes feuilles opposées et simples, dépourvues de stipules. Leurs fleurs sont hermaphrodites, solitaires, d'une couleur pourpre foncée, et terminent les jeunes rameaux. Le périanthe paraît simple et monosépale, quoique son limbe présente un très-grand nombre de divisions disposées sur plusieurs rangées; mais il est impossible d'établir aucune ligne de démarcation, et de distinguer un calice et une corolle. Le tube du périanthe est turbiné à sa base qui est dure et épaisse. Les divisions du limbe sont extrêmement nombreuses et forment plusieurs rangs. L'ouverture du tube calicinal est singulièrement rétrécie par un épaississement considérable, d'où naissent les étamines Celles-ci sont fort nombreuses (environ 40 à 50), les plus intérieures sont avortées et filamentiformes; les plus extérieures, au nombre de douze ou treize, sont seules fertiles. Leurs anthères sont presque sessiles, allongées et biloculaires, tournées en dehors. Les pistils occupent tout le fond et les parois du tube calicinal, ainsi qu'on l'observe dans les Roses; ils sont sessiles, formés d'un ovaire allongé, uniloculaire, contenant deur ovules superposés, attachés au côté interne de la cavité. Le style qui se confond insensiblement avec le sommet de l'ovaire se termine par un stigmate oblong et glanduleux. Le fruit se compose d'un grand nombre de petits akènes légèrement charnus, renfermés dans l'intérieur du tube calicinal. Le péricarpe est mince et appliqué immédiatement sur une seule graine dressée, contenant un embryon épispermique, dont les cotylédons larges, minces et membraneux sont roulés plusieurs fois sur eux-mêmes, autour de l'axe de la graines.

Ce genre a de grands rapports avec la famille des Rosacées, dont il retrace en plusieurs points la structure. Jussieu l'a rapproché de sa famille des Monimiées, avec laquelle il ne nous paraît avoir que des rapports éloignés. Enfin dans ces derniers temps, John Lindley a proposé d'en faire le type d'un ordre naturel, distinct, auquel il a donné le nom de CALYCANTHÉES.

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Cette nouvelle famille doit être placée auprès des Rosacéeé. Plusieurs espèces de Calycanthes font l'ornement de nos jardins; on cultive surtout:

Le CALYCANTHE POMPADOUR, Calycanthus floridus, L. ou Arbre aux Anemones, Pompadoura, etc., Arbrissean originaire de l'Amérique septentrionale qui peut s'élever à une hauteur de six à huit pieds. Ses rameaux portent des feuilles opposées, ovales, aiguês, d'un vert terne, et ses fleurs d'un rouge foncé répandent une odeur agréable de Pomme de reinette. Il passe l'hiver en pleine terre.

On cultive également le Calycanthe nain, Calycanthus nanus, beaucoup plus petit que le précédent. Le Calycanthe fertile, Calycanlhus ferax, Michx.; et enfin le Calycanthe précoce, Calycanthus prœcox, dont quelques auteurs ont fait un genre distinct sous les noms de Meratia prœcox ou de Chimanthus. Cette dernière espèce est originaire du Japon; elle fleurit en pleine terre et au cœur de l'hiver dans quelques-uns de nos jardins qu'elle parfume. (A. R.)

* CALYCANTHÉES. Calycantheœ. BOT. PHAN. C'est ainsi que John Lindley a proposé de nommer une famille naturelle nouvelle qui se composerait des genres Calycanthus et Chimanthus ou Meratia. Voici les caractères assignés à ce groupe par le botaniste de Londres: les fleurs sont hermaphrodites et composées d'un calice monosépale, turbiné, divisé en un grand nombre de lanières inégales, imbriquées sur plusieurs rangs. Les étamines en grand nombre, mais dont les intérieures sont stériles, sont insérées à la gorge du calice. Les anthères sont presque sessiles et extrorses; les pistus sont en grand nombre attachés aux parois calicinales; leur ovaire est uniloculaire et contient deux ovules superposés et pariétaux; le style et le stigmate sont simples; les fruits sont autant de petits carpelles, légèrement charnus, indéhisoens, monospermes; l'embryon, dépourvu d'endosperme, a les cotylédons planes et roulés sur eux-mêmes. Les Végétaux de cette famille, qui a des rapports avec les Monimiées et avec les Rosacées, sont des Arbrisseaux à feuilles opposées, à fleura solitaires, terminales ou axillaires, qui croissent tous dans l'Amérique septentrionale ou le Japon. (A. R.)

CALYCANTHEMES. Calycanthemœ. BOT. PHAN. Linné désigna sous ce nom, dans ses Fragmenta naturalia, une sorte de famille qui depuis a, été répartie dans les Onagraires, les Mélastomées et les Lythraires. Ventenat, dans son Tableau du Règne Végétal, le restreignit à cette dernière famille qui est la septième de sa quatorzième classe. Il n'est plus d'usage dans la méthode naturelle. (B.)

CALYCÈRE. Calycera. BOT. PHAN. C'est Cavanilles qui a le premier établi ce genre de Plantes, que Jussieu a placé d'abord dans la famille des Synanthérées, mais qui plus récemment est devenu le type d'un ordre particulier sous le nom de Calycérées, lequel tient le milieu entre les Synanthérées et les Dipsacées. V. CALYCRÉES. Voici les caractères qui distinguent le genre Calycera: ses fleurs sont disposées en capitules globuleux, comme dans les Synanthérées, environnés d'un involucre polyphylle ou quinquéparti. Les fleurs sont dissemblables, les unes plus grandes, les autres plus petites; les premières sout toutes hermaphrodites et fertiles, et des secondes, les unes sont hermaphrodites, les autres mâles par imperfection; toutes sont sessiles sur un réceptacle garni d'écailles et non soudées les unes avec les autres, ainsi qu'on l'observe dans le genre Acicarpha. Le limbe du calice est à cinq divisions, qui sont tantôt grandes, épaisses, inégales et en forme de cornes, d'autres fois petites et comme squammiformes. La corolle est infundibulisorme, tubuleuse; son limbe est resserré un peu au-dessous des incisions. Les cinq étamines sont soudées ensemble par leurs filets et leurs an-

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thères ou symphy sandres. Le style est simple, grêle, glabre, terminé par un stigmate très-petit et presque globuleux. Le fruit est un akène couronné tantôt par quatre ou cinq cornes inégales, tantôt par cinq petites écailles.

On ne connaît encore que deux espèces de ce genre. Ce sont deux Plantes herbacées, à feuilles alternes et découpées, offrant à peu près le port des Scabieuses. L'une, Calycera Cava-Rillesii (Rich., Mém. du Mus., t. 6., 40, f. 1) ou Calycera herbacea de Cavanilles, a été trouvée au Chili par Nées. Elle est très-glabre dans toutes ses parties; ses feuilles sont pinnatifides; ses capitules sont terminaux, globuleux et très-gros. La seconde, Calycera balsamitœfolia (Rich.,1. c. t. 10, f. 2), est le Boopis balsamitœfolia de Jussieu. Elle est également originaire du Chili, d'où elle a été rapportée par Dombey. Sa tige est velue; ses feilles sont incisées, dentées ou presque pinnatifides, un peu velues sur les bords.

Le genre Calycera est extrêmement rapproché du Boopis dont il ne diffère essentiellement que par ses fruits couronnés par des cornes roides et simples ou des écailles, et par sa corolle qui est rétrécie au-dessous des incisions de son limbe* (A. R.)

* CALYCÉRÉE. Calycereœ, BOT. PHAN. On appelle ainsi une petite famille, naturelle de Plantes, intermédiaire entre les Dipsacées et les Synanthérées, et qui en a été distinguée, pour la première fois, par H. Cassini, sous le nom de Boopidées. Les genres Calycera, Boopis et Acicarpha, qui composent cette famille, avaient d'abord été rapportés par Jussieu à la grande famille des Synanthérées. Le genre Calycera, décrit en 1797 par Cavanilles, a été le premier genre connu de cette famille. Plus tard, en 1803, Jussieu fit connaître les genres Boopis et Acicarpha, qu'il rapprocha du précédent en les plaçant parmi les Synanthérées. Ce fut le célèbre carpologiste Corréa de Serra qui le premier éleva des doutes sur les affinités de ces trois genres avec les véritables Synanthérées, en faisant voir que, dans le Calycera herbacea de Cavanilles, le fruit renferme une graine pendante, contenant un embryon renversé dans l'intérieur d'un endosperme épais. Enfin les travaux de R. Brown, d'Henri Cassini, et surtout le Mémoire récent du professeur L.—C. Richard, ont établi d'une manière très-exacte et très-positive les caractères de cette famille.

Les Calycérées ressemblent beaucoup pour leur port aux Scabieuses, et surtout à quelques Synanthérées herbacées. Leur tige est ordinairement cylindrique, rameuse, et porte des fauilles alternes, souvent découpées et pinnatifides, plus rarement entières (Acicarpha spatulata.) Les fleurs sont petites et forment des capitules globuleux, munis à leur base d'un involucre simple, dont les folioles sont soudées inférieurement, en sorte qu'il paraît monophylle, ordinairement à cinq divisions. Le phoranthe ou réceptacle, qui porte les fleurs, est garni de squammes foliacées, qui se soudent quelquefois avec les fleurs, de manière à en être peu distinctes. Les fleurs, réunies dans un même capitule, sont ordinairement dissemblables, quelques - unes étant beaucoup plus grandes et paraissant plus parfaites dans leur organisation. Le calice est adhérent avec l'ovaire infère. Son limbe est persistant, à einq divisions, quelquefois épineuses ou en forme de cornes, d'autres fois foliacées ou écailleuses. La corolle est monopétale, tubuleuse et infundibuliforme; son limbe, qui est tantôt campanule, tantôt infundibuliforme, offre cinq divisions égales; l'entrée du tube présente, au-dessous du point d'origine des étamines, cinq glandes nectarées, que l'on observe aussi quelquefois dans certaines Synanthérées. Les cinq étamines, dans tous les genres de cette famille, sont soudées à la fois par les anthères et par les filets, qui constituent un tube plus ou moins cylindrique. Le tube

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anthérifère ou le synème est ordinairement fendu en cinq lobes peu profonds à sa partie supérieure; le tube anthérique est également quinquéfide, en sorte que les cinq anthères ne sont soudées que par leur moitié inférieure.

Chaque anthère s'ouvre par sa face interne. L'ovaire, bien manifestement infère, est à une seule loge du sommet de laquelle pend un ovule renversé, qui n'en remplit qu'une partie. Cet ovaire est couronné par un disque épigyne, glanduleux et jaunâtre, qui se continue, d'une part, avec la base du style, et de l'autre, avec le tube de la corolle. Dans le genre Acicarpha, les ovaires de toutes les fleurs sont entregreflés entre eux, et semblent en quelque sorte nichés dans la substance même du réceptacle. Le style est toujours simple, entièrement glabre, un peu renflé dans sa partie supérieure, et terminé par un stigmate hémisphérique, simple et glanduleux. Le fruit est un akène qui se termine à sa partie supérieure par le limbe calicinal, lequel forme ou cinq arêtes épaisses, inégales et en forme de cornes, ou simplement cinq écailles. La graine qu'il renferme se compose: 1° d'un épisperme ou tégument propre, sur l'un des côtés duquel on voit régner un vasiducte ou raphé, qui s'étend de la base de la graine jusqu'à son sommet; 2° d'un endosperme épais et charnu; 3° et enfin d'un embryon cylindrique renversé, placé au centre de l'endosperme. En comparant ces caractères avec ceux des Plantes de la famille des Synanthérées, il sera facile d'apercevoir l'extrême analogie qui existe en tre ces deux familles. En effet l'on y observe le même port, la même disposition de fleurs et une organisation intérieure presque en tous points analogue. Mais cependant il existe des différences assez tranchées pour justifier la séparation de ces deux familles. Ainsi l'ovule est renversé et non dressé comme dans les Synanthérées; les étamines ont leurs filets mouadelphes et non distincts; le stigmate est simple et non biside. Tels sont les caractères distinctiss entre les Calycérées et les Synanthérées.

La famille qui nous occupe a également les plus grands rapports avec les Dipsacées. Mais ses feuilles alternes et non opposées, ses étamines à la fois synanthères et monadelphes la distinguent suffisamment de ce dernier groupe.

I1 résulte done de ces observations que la famille des Calycérées doit être placée entre les Dipsacées et les Synanthérées, et qu'elle établit en quelque sorte le milieu entre ces deux ordres naturels. (A. R.)

* CALYCIFLORES. (Végétaux.)

BOT. PHAN. De Candolle appelle ainsi la seconde division qu'il établit parmi les Dicotylédones, et dans laquelle il place les Végétaux dicotylédons qui ont la corolle monopétale ou poly pétale insérée sur le calice. Cette division correspond exactement à la neuvième classe de la méthode de de Jussieu, c'est-à-dire aux Dicotylédones monopétales qui ont la corolle périgyne. (A. R.)

* CALYCINAIRES. (Fleurs.) BOT. PHAN. Les fleurs doubles ou pleines doivent cette multiplication extraordinaire des pétales à la transformation d'un ou de plusieurs des autres organes de la fleur. Ainsi ce sont tantôt les étamines, tantôt les pistils; quelquefois ce sont les sépales du calice: dans ce dernier cas, De Candolle donne à ces fleurs le nom de Calycinaires, pour rappeler l'origine de leur multiplication. (A. R.)

CALYCIUM. BOT. CRYPT. (Urèdinées.) L'opinion des divers auteurs est très-divisée sur la famille à laquelle on doit rapporter ce genre. Acharins et Persoon le rangent parmi les Lichens; Link le place dans la famille des Lycoperdacées à côté des genres Craterium, Onygena, etc.; enfin, Nées, dont nous croyons devoir adopter ici la manière de voir, le rapporte à ses Protomyci qui correspondent à la fymille des Urédinées, auprès des

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genres Tubtrtularia, Atractium, etc,, avec lesquels il nous paraît ayoir les plus grands rapports. Quelle que soit l'opinion qu'on admette, on peut caractêriser ce genre ainsi: spor ules globuleuses ou ovales, libres, portées sur un réceptacle fibreux en forme de tête ou de cône renvsrsé, pédicellé, et présentant quelquefois à sa base une croûte licheuoïde. Cette croûte lichenoïde, qui paraîtrait rapprocher ce genre des Lichens, n'existe pas dans toutes les espèces, et il serait même possible qu'elle leur fût toujours étrangère. On connaît une vingtaine d'espèces de ce genre; presque toutes croissent sur les bois pourris; elles sont très-petites et de couleur noire ou brune foncée; on les divise en trois sections suivant que leur réceptacle est sessile, qu'il est pédiculé et en forme de cône renversé, présentant une sorte de calice on de cupule, ou qu'il est pédiculé et arrondi en tête. Achar a donné à ces trois sections les noms d'Acolium, de Phacotium et de Strongylium. Une des espèces les plus communes est le Calycium claviculare, Ach.; il se trouve surtout fréquemment dans les vieux Saules creux. (AD. B.)

CALYCOPTÈRE. Calycopteris. BOT. PHAN. (Lamk., Illust. t. 357.)V. GÉTONIE. (B.)

GALYDERME. Calydermos. BOT. PHAN. Lagasca (Genera et specie.) a proposé ce genre pour deux Plantes de la famille des Corymbifères., Syngénésie Polygamie égale, L., dont les carcatères sont: involucre oblong, composé d'écatlles imbriquées et scarieuses; réceptacle chargé d'écailles et de fleurons qui sont tous égaux, hermaphrodites et à cinq dents; fruits nus et tuibinés. Deux espèces herbacées, mais vivaces, le composent, le Calydermos scaber, qui croît au Mexique, et le Cal longifolius quia été trouvé à la Nouvelle-Espagne. (A. R.)

Le genre CALYDERMOS de la Flore du Pérou, répond au Nicandra de Persoon. V. NICANDRA. (B.)

CALYMÈNE. Calymene, CRUST. FOSS. Genre d'Animaux fossiles de la famille de Trilobites, fondé par Alexandre Brongniart (Hist, natur, des Trilobites in-4°, Paris 1822), et ayant, suivant lui, pour caractères; corps contractile en sphère presque demi-cylindrique; bouclier portant plusieurs tubercules ou plis, et deux tubercules oculiformes réticulés; abdomen et post-abdomen à bords entiers, le premier divisé en douze ou quatorze articles; point de queue prolongée. Ce genre a beaucoup d'analogie avec celui des Asaphes, dont les premières espèces présentent, à peu de choses près, les mêmes caractères; cependant lorsqu'on examine Les extrêmes on trouve entre ces deux genres quelques différences assez tranchées. Les Calymènes au contraire se distinguent essentiellement des Ogygies par la forme de leur corps qui est contractile, par la présence des tubercules oculiformes réticulés, et par le nombre des articulations à l'abdomen qui varie de douze à quatorze. Ces Animaux sont ellipsoïdes, presque demi-cylindriques dans leur épaisseur; leur bouclier est surtout très-reconnaissable: on y voit une sorte de chaperon ou de lèvre supérieure plus ou moins relevée, et offrant un petit sillon, lequel semblerait indiquer une séparation entre la partie supérieure de cette espèce de lèvre et sa partie inférieure, et comme une ouverture entre ces deux portions de la même partie. On y remarque encore un front garni de six tubercules rangés sur deux lignes longitudinales; enfin il existe en dehors de ce front ou vertex deux éminences que l'on pourrait appeler joues, et qui supportent des yeux saillans, cornés, à structure réticulaire. L'abdomen, partagé transversalement en douze ou quatorze anneaux, est aussi divisé dans le sens de la longueur, en trois lobes par deux sillons profonds. Les côtes, ou arcs costaux, ou lobes latéraux, ou flancs, sont aplatis de devant en arrière, et chacun d'eux est divisé, par un léger sillon, en deux

TOME III. 6

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pièces qui correspondent à I'episternum et à l'épimere constituant aussi les flancs dans les Insectes. Le postabdomen présente même ces arcs bifurqués vers leur extrémité, etils semblent avoir soutenu une expansion membraneuse ou coriace. Nous citerons plusieurs espèces; la première peut être considérée comme type du genre.

CALYMÈNE DE BLUMENBACII, Cal. Blumenbachii. Décrit très-anciennement sous le nom de Fossile de Dudley. Cette espèce est la même que l'Entomolithus paradoxus de Blumenbach, et l'Entomobtracites tuberculatus de Vahlenberg. Elle se rencontre principalement en Angleterre, dans le calcaire de transition de Dudley dans le Worcestershire. Elle a encore été trouvée aux Etats-Unis d'Amérique, dans la province d'Ohio, et dans le canton de Genessée, faisant partie de l'Etat de New-Yorck.

LE CALYMÈNE DE TRISTAN, Cal. Tristani. Décrit pour la première fois par Tristan (Jour, des min., V. XXIII, 1° 133, p. 21). Elle a été trouvée dans des roches de Schiste argileux grisâtre ou jaunâtre de la Hunaudière, près de Nantes. On l'a aussi rencontrée à Brenville près de Briquebec dans le Cotentin; à Siouville, dans un Phyllade pailleté presque luisant et un peu carburé, enfin dans plusieurs autres lieux des environs de Valogne et de Cherbourg.

LE CALYMÈNE VARIOLAIRE, Cal. Variolaris. Parkinson (Organies Remains, tab. XVII, fig. 16) a représenté sa partie antérieure. Il a été observé à Dudley.

LE CALYMÈNE MACROPHTHALME, Cal. Macrophthalma. Il a été trouvé dans un Schiste analogue à celui de la Hunaudière, et provenant, à ce qu'il paraît, de ce lieu; à Coal-Brook Dale, en Shorpshire, et aux EtatsUnis d'Amérique. La détermination des deux dernières espèces ayant été faite sur des échantillons en mauvais état, n'a nas le même degré de certitude que les précédentes. (AUD.)

CALYMENIE. Calymenia. BOT. PHAN. Persoon (Syn. I, p. 36.) adopte ce genre établi dans la Flora Peruviana (Prodr. I, p. 45 et 46, t. 75). I1 appartient à le Triandrie Monogynie, L., famille des Nyctaginées. Il est le même, qu 'Oxyhaphus antérieurement établi par L'Héritier. Le Galyxhymenia est encore la même chose. Nuttal (Genera of north American Plants) adopte le même nom pour les Ailionies de l'Amérique septentrionale, que nous avons déjà soupçonné devoir être détachées du genre où Michaux les avait placées. V. OXIBAPHE et ALLIONIA. (B.)

* CALYMPERES. BOT. CRYPT. (Mousses.) Genre de Mousse établi par Swartz dans le Supplément au Species Muscorum d'Hedwig par Schwœgrichen, et qui est aujourd'hui généralement adopté; Hooker, qui a donné une excellente figure du Calymperes Gaertneri dans ses Musci exotici, caractérise ce genre ainsi: péristome simple, formé par une membrane spongieuse horizontale qui couvre d'abord tout l'orifice de la capsule et qui se divise ensuite vers le milieu en seize dents courtes; coiffe très-grande, tronquée à sa base, enveloppant d'abord toute la capsule, se fendant ensuite latéralement.

La capsule est terminale; la tige, simple ou peu rameuse; les feuilles sont allongées, ondulés, crispées par la sécheresse; leur nervure est forte et s'étend jusqu'à l'extrémité de la feuille. Ces Mousses ont le port des Polytrics On n'en connaît encore que trois espèces, toutes trois des régions équinoxiales; deuxont été figurées par Schwœgrichen: l'une a été recueillie au royaume d'Oware par Palisot-Beauvois et porte son nom; l'autre a été découverte par Richard à la Guiane, on la nomme Calymperes lonchophyllum. Enfin, la troisième a été figurée par Hooker sous le nom

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de Calymperea Gaertneri. Elle est du Nepaul. (AD. B.)

CALYPLECTE. Calyplectus. BOT. PHAN. Genre établi dans la Flora Peruviana pour un Arbre qui ne diffère des Muncbausies que par le nombre des pétales qui est double. Ce caractère n'étant pas suffisant pour constituer un genre, Jussieu pense que le Calyplecte doit être rejeté. V. MUNCHAUSIE. (B.)

CALYPSO. Calypso. BOT. PHAN. Du Petit-Thouars avait d'abord donné ce nom à un Arbrisseau observé par lui. à Madagascar, et qu'il croyait former un genre nouveau; mais depuis, ce genre ayant été reconnu être le même que le Tontelea d'Aublet, Salisbury et Richard ont appliqué le nom de Calypso à un genre de la famille des Orchidées, qui offre les caractères suivans: son ovaire est pédicellé et non contourné; son calice est étalé et ses divisions sont presque égales; le labelle est concave et presque en forme de sabot; le gynostème est allongé et membraneux sur les hords; l'anthère est terminale, arrondie; ses loges sont simples; le pollen est en masses solides, ovoïdes, un peu comprimées.

Ce genre ne renferme qu'une seule espèce, c'est le Calypso borealis de Salisbury (Paradis. Lond. t. 89), ou Cypripedium bulbosum de Linné, Limodorum boreale de Willdenow. Cette jolie petite Plante, qui est assez rare, présente une tige renflée à sa base et recouverte de fibrilles, à peu près comme dans le Liparis Loeselii, il en naît une seule feuille ovale, lancéolée, entière, et une hampe terminée par une seule fleur pourpre et assez grande. Elle croît dans les régions septentrionales de l'Europe, en Sibérie, à Terre - Neuve et dans quelques parties de l'Amérique du nord. R. Brown a voulu distinguer celle de cette dernière localité sous le nom de Calypso americana. Mais nous n'avons pu en saisir les caractères distinctifs. (A. B.)

* CALYPTERIA. OIS. (Illiger.) Nom donné aux plumes de la couverture de la queue. (B.)

* CALYPTRACIENS. MOLL. Quatrième famille de l'ordre des Gastéropodes de Lamarck (Anim, sans vert,, T. VI, part, 2, p. 1; et Extr. de son Cours, p. 114), dans laquelle ce savant réunit les genres Parmophore, Emarginule, Fissurelle, Cabochon, Calyptrée et Crépidule, II y ajoute provisoirement le genre Ancyle oublié dans ses traités antérieurs, et donne à cette coupe les caractères suivans: branchies placée dans une cavité particulière sur le dos, dans le voisinage du cou, et saillantes, soit seulement dans cette cavité, soit même au dehors. Elles ne respirent que l'eau. Coquille toujours extérieure, recouvrante.

Nous avons adopté cette même dénomination pour le second sous-ordre des Mollusques Scutibranches, V. ce mot, sous-ordre que nous divisons en deux familles, celle des Cabochons et celle des Patelloïdes. V. ces mots. Notre coupe comprend de plus que la famille créée par Lamarck les genres Septaire (Navicelle, que Lamarck rapproche des Nérites), et Trémésie de Rafinesque, celui-ci encore incertain. Quant aux Ancyles, elles doivent rester dans les Pulmonées. (F.)

CALYPTRANTHE. Calyptranthes. BOT. PHAN. Swartz a nommé ainsi un genre de Plantes de la familles des Myrtinées, et de l'Icosandrie Monogynie, L., qui tient en quelque sorte le milieu entre le Myrte et l'Eucalyptus, et offre pour caractères: un calice turbine, adhérent par sa base avec l'ovaire infère, clos dans sa partie supérieure qui s'ouvre par une sorte d'opercule ou de coiffe, coupée circulairement et d'une manière irrégulière. Les étamines sont nombreuses, insérées aux parois du calice. Celui-ci, lorsque la coiffe est tombée, est presque campanulé et à bord irrégulier. L'ovaire est semi-infère à deux loges, contenant chacune un petit nombre d'ovules; il est surmonté par un style simple,

6*

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dressé, au sommet duquel est un stigmate très-petit et entier. Le fruit est une baie globuleuse couronnée par une partie du calice; elle renferme de deux à six graines.

Ce genre contient des Arbres et des Arbrisseaux à feuilles le plus souvent opposées. Swartz en décrit trois espèces dans sa Flore des Indes-Occidentales, savoir les Calyptranthes Zuzygium, Chytinculia et rigida. Les noms spécifiques des deux premiers méritent d'être remarqués, parce qu'ils sont génériques dans Gaertner et dans Browne. Les C. cumini, caryophyllata et Jambolena croissent dans les Indes-Orientales et à Ceylan. On en connaît encore deux espèces, le C. guineensis et le C. paniculata, ce dernier originaire du Pérou. V. Swartz, Fl. lnd.-Occid., tab. 15, Browne, Jam., tab. 7, fig. 2, et tab. 37, fig. 2. (A. D. J.)

* CALYPTRANTHUS. BOT. PHAN. Du Petit-Thouars établit sous ce nom un genre particulier pour le Capparis panduriformis de Lamarck, qui est le Thilachium africanum de Loureiro. V. THILACHIUM. (A. R.)

* CALYPTRE. Calyptra. MOLL. Dénomination générique employée par Klein (Ostrac. p. 118, § 290) pour désigner le premier genre de sa classe Ansata. V. ce mot. Il y réunit à de véritables Calyptrées, des Patelles et l'Ancylus fluviatilis, et il paraît avoir eu, en établissant ce genre, plutôt en vue la forme générale des Coquilles que la languette intérieure de quelques-unes d'entre elles. La première espèce de Klein, la Patella equestris de L., est devenue pour Humphrey (Mus. Calonnian., p. 5) le type au genre Calyptre, Calyptra, qui est le même que celui que Lamarck a nommé depuis Calyptrée. V. ce mot. (F.)

CALYPTRE. Calyptra. BOT. CRYPT. Syn. de coiffe lorsqu'il est question de Mousses. Les racines des Lenticules sont inférieuremeut terminées par un organe du même genre. V. COIFFE. (B.)

CALYPTRE. Calyptrus. MoLL. Nom donné par Montfort (Conchyl., T. 11, p. 78) au genre Calyptrée de Lam., en eu changeant la terminaison. V. CALYPTRÉE. (F.)

CALYPTRÉE. calyptrœa. MOLL. Genre d'abord indiqué sous un nom analogue par Klein (Ostrac., p. 118) et limité aux vraies Calyptrées par Humphrey (Mus. Calonnian., p. 5); puis définitivement institué par Lamarck (Mém. de la Soc. d'htst. nat. de Paris, p. 54). Ce genre a été confondu dans les Patelles par Linné, et dans ces derniers temps encore par Ocken, malgré les divisions établies à leurs dépens par Lamarck. Plusieurs de ses espèces étaient connues des anciens naturalistes, tels que Buonanni, Rumphius, Petiver, Lister, etc., qui les désignaient sous les noms de Lépas à appendice. Cabochons à languette, Bonnets chinois ou de Dragon, etc. Martini en a fait la troisième division de ses laépas (Lepades vertice adunco semi-concameratœe, sive stilo interno donato. Conch., 1, p. 95 ét 150). Linné, dans les dernières éditions du Systema Naturæ, avait déjà donné cet exemple, suivi depuis par Gmelin. Dillwyn (Descrip. catal.), en le suivant à son tour, a distingué, par une coupe particulière, les Crépidules des Calyptrées. Montfort (Conchyl., 2, p. 78), en adoptant avec de Roissy le genre Calyptrée de Lamarck, en a séparé, sur l'indication du premier (Moll. de Sonnini, T. V, 241), les espèces qui offrent extérieurement une ligne spirale plus ou moins distincte, pour les joindre à son genre Entonnoir, Infundibulum, créé pour un Trochus de Linné. Cuvier (Règne An., T. II, p. 451) présume que ces espèces devront peut-être en effet se rapprocher des Pectinibranches, lorsque leur Animal aura été examiné. Lamarck, d'après ces diverses observations, a cru devoir retirer des Calyptrées les Coquilles dont la cloison, presque horizontale, trace une ligne spirale visible à l'extérieur, mais il n'adopte pas le genre Infundibutum

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de Montfort. II laisse l'espèce qui en est le type dans les Trochus, et y rapporte aussi les Calyptrées à spirale, telle que sa Cal. trochiformis, qu'il nomme Tr. calyptrœfonnis (An. sans vert., 2e édit., T. VII, p. 558), imitant en cela Brander qui a figuré cette Coquille. Nous ne pensons pas que ces conjectures puissent être admises. Le Trochus dont Montfort a fait le genre Infundibulum peut rester dans les Trochus, mais la Cal. troehiformis et les espèces analogues nous panaissent devoir rester dans les Scutibranches et former, soit un genre nouveau, intermédiaire entre les Crépidules et les Calyptrées, soit un sous-genre dans l'un ou l'autre de ces deux genres. La lame septiforme des Calyptrées en question a les plus grands rapports avec celle des Crépidules dont certaines espèces offrent non-seulement un sommet un peu spiral, mais aussi un sommet élevé et éloigné de la circonférence, ce qui établit entre ces Coquilles une grande analogie, tandis que des Calyptrées de cette sorte se rapprochent à leur tour des Crépidules par l'inclinaison de leur sommet rapproché de la base du test. Nous ne serions done pas surpris que l'observation des Animaux fit réunir ces Calyptrées aux Crépidules; nous les conserverons néanmoins jusqu'à nouvel ordre dans le genre Calyptrée, en les séparant de celles qui lui appartiennent réellement. On peut aussi distinguer dans ce genre des espèces intermédiaires par la forme et ta direction de leur languette entre les véritables Calyptrées et celles analogues è la Calyptr, trochiformis; dans ces espèces, la languette est adhérente du haut en bas par un de ses côtés sur une partie de la paroi du test; elle offre un plan peu saillant, plus ou moins oblique, par rapport à cette paroi, et dont la direction longitudinale est aussi perpendiculaire au plan de l'ouverture. Enfin; dans les vrais Calyptrées, cette languette varie également, car elle présente un petit cornet complet, aplati sur un des côtés, ou plus ou moins échancré du sommet à la base du cône. Toutes ces modifications dans les Calyptrées, depuis les Crépidules jusqu'aux Septaires, montrent évidemment que ces Coquilles appartiennent à une même coupe, dont on ne peut séparer quelques membres; pour les porter aux Pectinibranches, Quelquefois la languette intérieure semble dépasser le plan de l'ouverture, ce qui, joint au manque d'épiderme dans ces Coquilles, à leur blancheur, à la transparence de plusieurs d'entre elles, a fait soupçonner à de Roissy et à Montfort que les véritables Calyptrées étaient des Cosquilles en partie recouvertes par le manteau de l'Animal, dont la masse serait plus considérable que la eavité du test. Plusieurs sont couvertes d'épines creuses ou petits tubes qui semblent indiquer que les bords du manteau sont garnis d'une foule de petits filets sur lesquels se moulent ces petits tubes. L'on ne connaît encore l'Animal d'aucune Calyptrée; cependant plusieurs espèces vivent sur nos côtes. Voici les caractères du genre Calyptrée: (Animal inr connu) test conoïde à sommet imperforé plus ou moins élevé ou surbaissé; axe vertical, quelquefois un peu oblique par rapport à la base, celle-ci orbiculaire ou elliptique et souvent irrégulière dans ses contours. Empreinte volutatoire bien marquée chez quelques espèces, quelquefois même un à deux spires; cavité munie d'un appendice vertical, détaché ou adhérent, en demi-tube ou en cône complet, ou d'une languette formée par une saillie oblique sur la partie interne, ou bien pourvue, dans les espèces à spirale plus ou moins distincte, d'un diaphragme en spirale, souvent presque horizontal, soutenu par une columelle torse et solide. Les espèces les plus remarquables de ce genre sont réparties dans trois sections:

† CAMIPANULÉES. Un appendice vertical en cornet ou en demi-tube, sans spire. Genre Calyptrée de Lamarck et Montfort.

1. Calyptrœa equestris, Lamk

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Martini, tab. 13, fig. 119, 120, Gualtieri, t. 9, f. z. Elle habite l'océan Indien. Lamarck a confondu la suivante avec celle-ci. L'equestris se distingue par des bandes circulaires de très-fines stries, qui font paraître sa Coquille comme gravée, et par un sommet mousse, excentrique. Elle varie beaucoup. Vulgairement la Cloche ou la Sonnette.—2. C. Neptuni, Dillw., Davila, Cat., t. 2, B. Martini, t. 13, f. 117, 118, vulgairement le Bonnet de Neptune. Elle habite, à ce qu'on croit, les Antilles. Elle offre des stries ou côtes longitudinales ondulées, subépineuses. La fig. de Favanne offre à tort une sorte de spire.—3. C. Tectum, Dillw. Patella Tectum-Sinense, Chemnitz, t. 168, f. 1630, 1651. Lamk., sp. 4. Elle habite les îles de la Sonde; vulgairement le Toit chinois, la Molette,—4. C. auriculata, Dillw.; Chemn. X, t. 168, f. 1628, 1629. Vulgairement le Bonnet chinois rayé. Cette espèce et la suivante ont leur appendice en demi-cornet aplati sur un de ses côtés.—5. C. tubifera, N. (V. Plànches de ce Dictionnaire). Belle espèce que nous ne trouvons pas indiquée. Elle est fauve et luisante à l'intérieur et couverte extérieurement de petits tubes creux, saillans, en forme d'épines, par rangées circulaires; l'appendice est adhérent par un de ses côtés. Nous ne connaissons aucune espèce fossile de ce groupe.

†† Une languette verticale, plane, oblique et peu saillante sur la paroi interne, sans spire.

6. C. deformis, Lamk., An. sans vert., T. VII. p. 532. Espèce fossile des environs de Bordeaux. On rapporte aussi à cette section une très-petite espèce conique des environs de Dax.

††† TROCHIFORMES. Un diaphragme interne soutenu par une columelle; test offrant une empreinte volutatoire plus ou moins distincte. Infundibulum, Montf., Blainv.; Trochus, Lamk.

7. C. Sinensis, Dillw., Martini, tab. 13, f. 121, 122. Lister, Conchyl. t. 546, f. 39, P. albida, Donovan, t. 129. Peut-être confond-on deux espèces sous ce nom: celle des Indes, figurée par Chemnitz, et celle de nos côtes, figurée par Donovan. Vulgairement le Bonnet chinois.—8. C. Trochiformis Chemnitz, t. 168, f. 1626, 1627. Elle habite les Grandes-Indes.—9. C. trochoides, Dillw., Martini, Conch., t. 13, f. 135. Favanne, t. 4. f. A. 2. Le Bouton de chapeau.—10. C. pilea, Tr. pileus, Lamk., An. sans vert., t. 7, p. 11.—11. C. Lamarckii, Troch. calyptræformis, Lamk., An. s. vert., t. 7, p. 12.—12. C. plicata, Patella, Gmel.—13. C. striata, Patella, Gmel.—14. C. contorta, Patella, Gmel.—15. C. depressa, Patella, Gmel.

Espèces fossiles de cette section.

16. C. muricata, Brocchi, Conch., p. 254, t. 1, f. 2; Cal. depressa, Lamk., An. sans vert., t. 7, d. 532. Se trouve en Italie et aux environs de Bordeaux.—17. C. echinata, Patella, Gmelin, Syst. Nat. p. 3695. Martin, Neuest. Mannig., 1, p. 407, t. 7, f. 7, 8. Trochus apertus et opercularis, Brander; Calyp. trochiformis, Lamk., Ann. du Mus., 1, p. 385, n°1. Trockus calyptrœformis, An. sans vert., t. 7, p. 558. Lamarck mentionne deux variétés qui peut-être doivent faire deux espèces. Il rapporte à cette Coquille, comme en étant l'analogue vivant, la Calypt. Lamarkii, sous le nom de Calyptrœformis que nous avons dû changer. Cette espèce se trouve à l'état fossile en Angleterre, aux environs de Paris et en Champagne.—18. C. crepidularis, Lamk., Annales, n° 2. de Roissy, Moll., T. v, p. 244. Fossile de Grignon, elle se rapproche beaucoup des Crépidules. Elle est rare. (F.)

* CALYPTRÉES. Colyptrati. BOT. CRYPT. Nom sous lequel quelques botanistes ont désigné les Mousses, à cause de la calyptre ou coiffe qui surmonte leurs capsules et les distingue des Hépatiques. V. ce mot. (B.)

* CALYRHOYON. BOT. PHAN. (Ruellius.) Syn. de Gypsophylle, chez les Mages. (B.)

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CALYSTEGE. Calysteaia. BOT. PHAN. Sous ce nom, R. Brown a separé du genre Liseron plusieurs espèces remarquables par les deux grandes bractées qui embrassent leurs fleurs, et par leur ovaire divisé incomplètement en deux loges et contenant quatre graines. Ce nouveau genre renferme des Plantes herbacées, lactescentes, glabres, à tige grimpante ou couchée, à pédoncules uniflores et solitaires, qu'on ne rencontre que hors des tropiques. Deux espèces originaires d'Europe, les Convolvulus Soldanella et Sepium de Linné, lui appartiennent. Cette dernière, qui eroît dans nos environs, se retrouve au Pérou et dans la Nouvelle-Hollande, où R. Brown l'a observée. Il y a découvert de plus deux espèces nouvelles qu'il nomme Calystegia marginata et reniformis. V. LISEBON. (A. D. J.)

CALYTRIPLE. Calytriplex. BOT. PHAN. Ruiz et Pavon ont proposé l'établissement de ce genre nouveau pour une Plante herbacée qui croît au Pérou, dans les lieux marécageux, et qu'ils ont nommée Calytriplex obovata. Les caractères qu'ils en donnent et qu'ils ont figurés T. XIX. de leur Genera, consistent en un calice qui petaît triple (de-là l'étymologie du nom générique), c'est-à-dire qu'en dehors de chaqne fleur on trouve deux petites bractées lancéolées appliquées immédiatement sur le calice; celui-ci est à cinq divisions, trois extérieures plus larges et deux internes lancéolées. La corolle est monopétale, irrégulière, tubuleuse. Son limbe est à cinq divisions, deux supérieures plus larges. Le style se termine par un stigmate capitulé, un peu échancré. Le fruit est une capsule biloculaire, à deux valves bisides à leur sommet; elle contient plusieurs graines striées transversalement, attachées à deux trophospermes qui régnent dé chaque côté de la cloison.

Le Calytriplex obovata présente des feuilles obovales très-entières et dépourvues de nervures. Il doit être placé dans la famille naturelle des Scrophularinées, et paraît, selon Jussieu, avoir des rapports avec le genre Russellia de Jacquin. (A. R.)

CALYTRIX. BOT. PHAN. Labillardière, dans sa Flore de la Nouvelle-Hollande, a établi sous ce nom un. genre nouveau de la famille des Myrtinées et de l'Icosandrie Monogynie, L., auquel il donne pour caractères: un calice turbiné adhérent avec l'ovaire infère, terminé par un limbe tubuleux, à cinq divisions qui finissent en une langue pointe capillaire (de-là l'étymologie du nom de ce genre). La corolle se compose de cinq pétales ovales oblongs, insérés à la partie supérieure du calice; les étamines sont fort nombreuses etattachées au même point que la corolle. L'ovaire est surmonté d'un style simple, au sommet duquel on observe un. stigmate presque capitulé. Le fruit est une petite drupe sèche monosperme. Ce genre ne se compose que d'une seule espèce, Calytrix tetragona, Labillardiqre (Nouv.-Holl., 2, p. 8, t. 146). C'est un petit Arbuste qui ne s'élève guère audelà de quatre à cinq pieds, et qui a le port d'une Bruyère ses rameaux sont velus, ses feuilles éparses, linéaires et presque tétragones, parsemées de points glanduleux. Ses fleurs sont axillaires, solitaires et pédonculées. Il croît à la Nouvelle-Hollande. (A. R.)

* CALYXHYMÈNE. Calyxhymenia. BOT. PHAN. V. CALYMÉNIE.

CAM. MAM. Syn. portugais de Chien. (A. D.. NS.)

CAM BOT. PHAN. Paraît être le Nard dans la langue chinoise. On le nomme plus particulièrement Cam-Sumhiam à la Chine, et Cam-Tunghuong chez les Cochinchinois. (B.)

CAMAA. MAM. Même chose que Caama chez les Hottentots. (B.)

CAMACARI. BOT. PHAN. (Marcgraaff.) Grand Arbre du Brésil, qu'il est impossible de déterminer. Ses feuilles ressemblent à celles du Laurier; son Bois est jaune., et l'on en fait

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des bettes poor conserver le Sucre; il donne une Résine qu'on dit être vermifuge (B.)

* CAMACEES. MOLL. Famille de Mollusques Lamellibranches instituée par Lamarck, d'abord dans ses Mollusques acéphalés testacés dimyaires (Extr. du Cours de Zool., p. 105), et ensuite dans sa classe des Conchyfères (An. sans vert. T. VI, Ire p., p. 89). Il donne à cette (amille pour caractères: une coquille inéquivalve, irrégulière, fixée; une seule dent grossière ou aucune à la charnière, deux impressions musculaires séparées et latérales. Ce naturaliste y réunit les trois genres Dicérate, Came et Ethérie. V. ces mots. Nous avons adopté cette famille (Tabl. syst. des An. moll., p. XIV) avec les mêmes genres. Elle fait partie, dans notre classification, de l'ordre des Cardiacés. V. ce mot. (F.)

CAMACOAN. BOT. PHAN (Rumph.) Syn. de Canarium odoriferum. V. CANARIUM. (B.)

* CAMADIA. MOLL. V. BIVERONE.

CAMADJARA. BOT. PHAN. Syn. javanais d'Andropogon Sckœanthus, L. V. ANDROPOGON. (B.)

CAMADU. BOT. PHAN. (Rumph.) Nom javanais d'une Ortie indéterminée. (B.)

CAMAGNOC. BOT. PHAN. Variété de Manioc, cultivée à Cayenne, dont la racine n'a aucune qualité vénéneuse et peut se manger bouillie ou rôtie, sans que le suc en ait été extrait. (B.)

CAMAIL. OIS. (Buffon.) Espèce du genre Tangara, Tangara atra, L. V. TANGARA. (DR.. Z.)

CAMAJONDURO. BOT. PHAN. Syn. d'Helicteres apetala à Carthagène, dans l'Amérique méridionale. (B.)

CAMALANGA ou COMOLANGA. BOT. PHAN. (Daléchamp.) Cucurbitacée de Sumatra, dont le fruit est oblong, et qui croît sur terre comme les Melons. On en fait d'excellentes confitnres. Il est probable que c'est le Camolenga de Rumph. V. ce mot. (B.)

CAMALEONE ET CAMÉLÉONE. BOT. PHAN, Noms vulgaires donnés par d'anciens botanistes anx racines: de diverses Plantes Cinarocéphales, auxquelles on attribuait des propriétés médicinales et la faculté de changer de forme et de couleur. (B.)

CAMAMILLA BT CAMAMILLINA. BOT. PHAN. Vieux noms de la Camomille et de la Matricaire. (B.)

CAMANBAYA. BOT. PHAN. Nom de pays du Tillandsia usneoides. V. TILLANDSIE. (B.)

CAMANDAG OU GAMANDANG. BOT. PHAN. (Camelli.) Arbre indéterminé des Philippines, dont le suc, appelé Taguc, est fort vénéneux, et sert Dour empoisonner des flèches dont la piqûre cause la mort la plus prompte. (B.)

CAMANGSI. BOT. PHAN. (Camelli.) Espèce de Jacquier indéterminé des Philippines. (B.)

* CAMANIOC. BOT. PHAN. Méme chose que Camagnoc. V. ce mot. (B.)

CAMANTOURAY OU CAMBANTOURA. BOT. PHAN. Syn. de Pharnaceum distichum à la côte de Coromandel, où la racine de cette Plante est réputée fébrifuge. (B.)

CAMARA, BOT. PHAN. Espèce de Lantana, V. ce mot, dont on a quelquelois étendu la signification à tout genre. (B.)

CAMARANBAYA. BOT. PHAN, (Marcgraaff.) Espèce de Jussiœa du Brésil, qui pourrait bien être le Tenella ou peut-être une Ludwige. (B.)

CAMARA-PUGUACU. POIS. Pour Camari-Puguacu. V. ce mot.

CAMARE. Camara. BOT. PHAN. On donne ce nom à un fruit multiple,, plus ou moins membraneux, s'ouvrant en deux valves par son côté interne, et contenant une ou plusieurs graines attachées à la suture intérieure. Les Aconits et la Delphinelle en offrent un exemple.

Il ne faut pas confondre la Camare avec la Samare, qui est un fruit mince, ailé, et restant complètement clos comme celui de l'Orme, des Érables, etc. V. SAMARE. (A. R.)

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* CAMAR-EL-LEILLE. POIS. C'est-à-dire Astre de nuit. Nom que donnent les Arabes à un Saumon du Nil, qui paraît être le Salmo rhombeus, Pall. V. SAUMON. (B.)

CAMARIA. OIS. Syn. de l'Hirondelle acutipenne, Hirundo pelasgia, L., à Cayenne. V. HIRONDELLE. (DR.. Z.)

CAMARILLA, BOT. PHAN. (L'Écluse.) Nom espagnol du Teucrium Polium. V. GERMAWDRÉE. (B.)

CA-MARIN. OIS. Les Plongeons et les Coimorans portent ce nom sur les côtes de Normandie etde Picardie. (B.)

GAMARINE. Empetrum. BOT. PHAN. Les botanistes ne sont pas encore tous d'accord pour déterminer positivement le rang que doit occuper ce genre dans la série des ordres naturels. Jussieu l'avait placé à la suite de la famille des Éricinées, sans toutefois décider s'il y devait être réuni. Cette opinion a ensuite été adoptée par tous les auteurs qui ont eu à parler de ce genre. Mais les différences qu'il offre sont tellement tranchées, qu'il est impossible de le laisser avprès des Ericinées. Nous allons en faire connaître la structure avec quelques détails, parce que cette structure n'a point encore été parfaitement exposée par la plupart des botanistes. C'est principalement la Camarine noire que nous avons en vue, en décrivant l'organisation du genre, dont cette Plante est le type.

Les fleurs sont fort petites, solitaires et sessiles à l'aisselle des feuilles; elles sont presque constamment hermaphrodites dans la Camarine noire, toujours unisexuées et dioïques dans la Camarine blanche. Chaque fleur et environnée d'une sorte de petit involucre formé d'écailles imbriquées, dressées, dont le nombre varie; nous en avons presque toujours compté six dans l'Empetrum nigrum. Le calice est monosépale, à trois divisions égales et très-profondes; il est concave et comme campanulé. La corolle se compose de trois pétales, alternes aveo les lobes du calice, plus longs et plus étroits qu'eux, situés au-dessous de l'ovaire. Dans les fleurs hermaphrodites, on trouve deux et plus souvent trois étamines*, insérées au même point que les pétales, c'est-à-dire à une sorte de petit pédicule très-court, qui soutient l'ovaire. Leurs filets sont grêles, capillaires, deux fois plus longs que la corolle; les anthères sont didymes, à deux loges qui s'ouvrent chacune par un sulon longitudinal. L'ovaire est globuleux et déprimé, lisse profondément ombiliqué à son centre, porté sur un petit pédicule court, étroit, qui constitue une sorte de disque hypogyne, coupé transversalement; il offre sept, huit ou neuf loges, contenant chacune un seul ovule redressé. Le style est court, il naît de l'enfoncement profond qu'on remarque à la partie centrale de l'ovaire et se termine par un stigmate élargi, pelté en forme de disque, partagé en un nombre de rayons égal au nombre des loges de l'ovaire.

Le fruit est une baie globuleuse, déprimée, contenant de sept à neuf graines osseuses, renfermées dans autant de loges. Chaque graine se compose d'un tégument osseux, et d'un endosperme charnu dans lequel on trouve un embryon dressé, ayant la radicule inférieure.

Le genre Camarine ne se compose que de deux espèces, la Camarine noire, Empetrum nigrum, L., petit Arbuste faible, ayant le port d'une Bruyère, des feuilles très-petites, persistantes, éparses, à bords tellement roulés en dessous, au'on n'apercoit à la face inférieure de la feuille qu'une simple fente longitudinale, en sorte que la feuille est creuse. Ses fleurs sont fort petites, en général hermaphrodites, d'un rouge foncé; il leur succède de petites baies pisiformes, déprimées, noirâtres, acidules, contenant de sept à neuf graines osseuses. Cette espèce croît dans les lieux montueux, en Auvergne, dans les Vosges, les Alpes et les Pyrénées.

La seconde espèce ou la Camarine

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blanche, Empetrum album, L., est originaire du Portugal. Elle est dressée et offre à peu près le même port que la précédente; ses fleurs sont constamment dioïques. Selon l'Écluse, ses fruits ne contiennent que trois graines.

Quant à l'Empetrum pinnatum de Lamarck, découvert à Montevideo par Commerson, il fait partie du genre Margaricarpus établi par Ruiz et Pavon.

En comparant les caractères que nous venons de tracer du genre Empetrum, il sera facile de remarquer combien il diffère des véritables É ricinées. En effet sa corolle est manifestement polypétale, et ses étamines sont, ainsi que les pétales, insérées sous l'ovaire. Ces caractères, joints au diclinisme des fleurs, rapprochent ce genre du Ceratiola établi par Richard père dans la Flore de Michaux, ainsi que ce botaniste l'avait déjà indiqué. Ces deux genres constituent un petit groupe distinct que l'on doit éloigner des vrais Éricinées, mais dont les affinités ne sont pas faciles à déterminer. Nous ne saurions à cet égard partager l'opinion de Nuttal (Genera of north Amer. Plants) qui rapproche ces deux genres de la famille des Conifères. Il nous a été impossible de nous rendre compte des motifs qui ont engagé cet auteur à établir ce singulier rapprochement. Nous pensons que la petite famille des Empétracées, que nous proposons d'établir, n'a aucun rapport avec les Conifères. Nous éclaircirons cette question au mot EMPÉTRACEES. (A. R.)

CAMARINHEIRA ET CAMARINNAS. BOT. PHAN. Noms vulgaires de la Camarine en Espagne et en Portugal. (B.)

CAMARI-PUGUACU. POIS. (Marcgraaff.) Syn. de Clupea cyprinoides, espèce du genre Clupe. V. ce mot. (B.)

CAMAROCH ET CHAMAROCH. BOT. PHAN. (Rumph.) Syn. persan d'Averrhoa Carambola, L. V. CARAMBOLIER. (B.)

* CAMARON ou CAMARONE. CRUST. Syn. d'Écrevisse chez les Espagnols, qui ont étendu ce nom aux Langoustes et. Homars appelés Camarones de mar, Écrevisses de mer. Nos Créoles ont adopté ces noms. (B.)

CAMARON ou KAMARON. BOT. PHAN. V. CAMMABUM.

CAMARONUS, SABRA ET XABRA. BOT. PHAN. (Rhazès.) Syn. d'Euphorbia mauritanica, L. V. EUPHORBE. (B.)

CAMARU. BOT. PHAN. Syn. brasilien de Physalis pubescens, dont on mange les fruits, et non de Ph. angulata. (B.)

CAMARUMA. BOT. PHAN. Même chose que Fève de Tonga. (B.)

CAMAWARRY. OIS. (Stedmann.) Grosse espèce de Gallinule de Surinam, encore peu connue et indéterminée. (B.)

CAMAX. BOT. PHAN. (Schreber.) Même chose que Roupourea d'Aublet. V. ROUPOURIER. (B.)

CAMAYAN. BOT. PHAN. Eschelskron, cité par Murray dans sa Matière médicale, nous apprend qu'on nomme ainsi le Benjoin à Sumatra où l'on en distingue trois sortes; le camayan-Poeti, qui est le plus beau, blanc et traversé de lignes rouges; le Camayan-Bamatta, qui est moins blanc et comme marbré; et le Camayan-Itan, qui est impur et le moins estimé. (B.)

* CAMBALA, POIS. Syn. kamschadale de Pleuronectes stellatus. V. PLEURONECTE. (B.)

CAMBANG-CUNING. BOT. PHAN. et non Cuming. Les Malais nomment ainsi une espèce de Casse à grandes fleurs, dont les feuilles se mangent comme des herbes potagères, et qui n'est pas bien connue, encore qu'on la trouve figurée dans Rumph. (B.)

CAMBANG-TSIULANG. BOT. PHAN. Syn. du Camunium sinense de Rumph, à Ceylan. Cet Arbre paraît appartenir au genre Aglaia de Loureiro. (B.)

CAMBANTOURA. BOT. PHAN. V. CAMANTOURAY.

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CAMBARE. BOT. PHAN. Nom malegache de l'Igname, dont on cultive diverses variétés à l'Ile-de-France où le nom de Cambare est passé du langage des Nègres dans celui des Créoles. (B.)

CAMBARLES. BOT. PHAN. On désigne sous ce nom, dans quelques départemens du Midi de la France, les tiges du Maîs qu'on donne aux bestiaux comme fourrage. (B.)

CAMBÉ. BOT. PHAN. Nom du Chanvre dans les dialectes gascons. (B.)

CAMBERY. BOT. PHAN. (Pison.) Syn. de Myrtus Pimenta, L* V. MYRTE. (B.)

CAMBET ET GAMBET. OIS. Syn. provencal de Ghevalier. V. ce mot. (DR.. Z.)

CAMBING. BOT. PHAN. Même chose que Caju-Cambing. V. ce mot. (B.)

* CAMBING-OUTANG. MAM. C'est-à-dire Bouc de bois. (Marsden.) Bouc sauvage de Sumatra encore indéterminé. (B.)

CAMBIUM, BOT. PHAN. Lorsqu'au temps de la végétation on enlève sur fe tronc d'un Arbre dicotylédone une plaque d'écorce, et qu'on abrite la plaie du contact de l'air, on voit bientôt suinter de la surface extérieure de l'Aubier, mis à nu, des gouttelettes d'un liquide limpide et visqueux, qui se rapprochent les unes des autres, se confondent et s'étendent sur toute la surface de la plaie. C'est à ce liquide, observé d'abord par Duhamel, que l'on a donné le nom de Cambium. Lorsque la plaie est bien abritée du contact de l'air, ce liquide s'épaissit graduellement; des filamens déliés s'y montrent, s'anastomosent, se multiplient, et bientôt la couche liquide est remplacée par une couche de tissu cellulaire, dans laquelle se développent de nouveaux vaisseaux, et qui finit par remplacer la plaque d'écorce que l'on a enlevée.—A une époque encore peu reculée, où la plupart des physiologistes attribuaient l'accroissement en diamètre du tronc dans les Végétaux dicotylédones, à la transformation annuelle du liber en aubier, on prêtait au Cambium un rôle beaucoup plus important dans les phénomènes de la végétation. C'était ce liquide, disait-on, qui chaque année se changeait en liber, à mesure que ce dernier organe se transformait en jeune bois. Mais aujourd'hui que l'on convient généralement de la non-transmutation du liber en aubier, le Cambium est seulement regardé comme une sorte de matrice dans laquelle se passent chaque année les phénomènes de l'accroissement en diamètre. Tous les ans il se reproduit une nouvelle couche de Cambium. Ce liquide régénérateur n'est point un fluide spécial sécrété par des organes particuliers. C'est la sève, dépouillée de toutes ses parties étrangères, convenablement élaborée et ayant acquis toutes les qualités qui peuvent la rendre propre à la nutrition de la Plante. Ce n'est one pas sans quelque justesse que l'on peutla comparer au sang des Animaux, qui après s'être en quelque sorte revivifié dans les poumons, est porté dans toutes les parties du corps par le moyen des artères et de leurs innombrables ramifications. (A. R.)

CAMBLI OU CAMBOULI. BOT. PHAN. Espèce de Murier indéterminé de la côte de Coromandel. (B.)

* CAMBO OU SOUMLO. BOT. PHAN. Variété du Thé Bout, qui sent, dit-on, la Violette. (B.)

* CAMBODISCHE PAMPUSVISCH. POIS. Syn. d'Holacanthe Anneau. V. HOLACANTHE.

CAMBOGIE. Cambogia. BOT. PHAN. Ce genre, établi par Linné, a été. détruit par Gaertner, qui le réunit au Mangoustan ou Garcinia, dont il ne diffère en effet que par la figure de son stigmate et le nombre de ses étamines. L'Arbre qui lui servait de type est remarquable par le suc gommo-résineux qu'il contient, suc connu sous le nom de Gomme-Gutte. V. GUTTIER et MANGOUSTAN. (A. D. J.)

* CAMBOH. BOT. PHAN. (Lesche-nault.) Syn. de Holcus spicatus aux

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environs de Pondichéri. V. HOUQUE. (B.)

CAMBONG-SANTAL. BOT. PHAN. (Burmann fils.) Nom de pays du Pavetta indica ou d'une espèce voisine du même genre. (B.)

CAMBOULI. BOT. PHAN. V. CAMBLI.

CAMBROEIRA ET CAMBRONERA. BOT. PHAN. Noms portugais et espagnol de divers buissons, et particulièrement du Lycium europœum dont quelques haies sont composées dans la Péninsule ibérique. (B.)

CAMBROSEL OU CAMBROSEN. BOT. PHAN. Noms italiens du Troëne. (B.)

CAMBROUSE OU CAMBROUZE. BOT. PHAN. Une espèce de Bambou indéterminé des marais de la Guiane. (B.)

CAMBRY. Cimber. MOLL. Dénomination générique substituée sans motif par Montfort (Conchyl., T. II, p. 85) à celle de Septaire, Septaria, donnée par nous en instituant, ce nouveau genre (Essai d'une méthode Conchyl, p. 60) pour la Patella Borbonica de Bory de Saint-Vincent (Vayage aux quatre îles principales de la mer d'Afrique, vol. 1, p. 287, pl. 37, f. 2) rapporté au genre Crépidule), par de Roissy et appellé Navicelle par Lamarck. V. SEPTAIRE. (F.)

CAMBULA. BOT. PHAN. Syn. de Catalpa. V. ce mot. (B.)

CAMBUY. BOT. PHAN. (Pison.) Nom de pays qui convient à diverses espèces d'Eugenia indéterminées du Brésil. (B.)

CAMCHAIN, CAMPKIT et CAMSANH. BOT. PHAN. Espèces d'Orangers cultivées à la Cochinchine. (B.)

CAMDENIE. Camdenia. BOT. PHAN. (Scopoli) Syn. d'Evolvulus alsimoides, L. V. LISERON. (B.)

CAME. Chama. MOLL. Ce mot est l'une des plus anciennes dénominations employées pour désigner certaines eepèces de Coquilles hivalves. C'était, dans l'antiquité, un nom collectif, comme celui de Conques mais il était appliqué plus particulièrement, à ce qu'il paraît, aux espèces dont les valves sont béantes: de mot Chama venant, selon les étymologistes, du grec Chemiaï (id est, ab hiando, Conchœ hiatulœ). Aristote (Hist., lib. 5, cap. 15) mentionne les Cames, mais sans aucun détail; Éien (lib. 15, cap. 12) en distingue de grandes et de petites; Athénée dit (Deïpn., lib. 3) que leur chair provoque le relâchement et excite aux urines; Dioscoride en parle aussi (lib. 2, cap. 9). Pline donne, le premier, à leur sujet (lib. 32, cap. 11) des indications qui cependant ne mettent pas sur la voie pour reconnaître les Coquilles qu'il signale; il distingue quatre espèces de Cames: les Cames striées, les Cames lisses, les Cames Pélorides ou monstrueuses, différentes entre elles par leurs variétés et leur rotondité, et les Cames Glycimérides ou de saveur douce, plus volumineuses que les Pélorides. Les anciens conchyliologistes, Rondelet, Belon, Aldrovande, Gesner, etc., ont longuement dissertépour déterminer ce qu'étaient les Cames d'Aristote et à quelles espèces se rapportaient les dénominations de Pline. Rondelet a pris à tort celles-ci pour spéciales, elles s'appliquaient évidemment à un certain nombre d'espèces auxquelles elles convenaient plus ou moins. Il fait avec les Cames striées une première espèce, sous le nom de Chama trachœa, Came trachée; la figure qu'il en donne (de Testac., lib. 1, p. 14) ressemble un peu à une arche. D'Argenville a cru y reconnaître la Coquille dont Linné a fait depuis la Venus verrucosa. Klein, avec plus de raison, a adopté le nom de Came trachée, comme nom générique. Rondelet a fait une seconde espèce des Cames lisses, sous le nom de Chameleia ou Chamelœ (loc. cit., p. 11), dénomination également adoptée par Klein pour l'un de ses genres. Les Pélorides, ainsi nommées, selon les anciens, parce

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que les meilleures se pressaient près du cap Pelore en Sicile, et que quelques modernes ont confondus à tort avec les Palourdes des côtes de France, ont été mentionnées sous ce nom par Athénée; celle que Rondelet figure avec son Animal (loc. cit., p. 14) paraît être un Solen; Buonanni l'a confondu avec la Chama nigra de Rondelet (loc. cit., p. 14), qui est trèsvraisemblablement le Solen strigillatus de Linné. Enfin les Cames Glycimérides ne sont aussi pour Rondelet qu'une espèce; la figure qu'il en donne, copiée comme les précédentes par Gesner, peut convenir à plusieurs Coquilles de genre différent. Aldrovande a cru reconnaître ces Cames dans la Coquille nommée depuis Mya Glycimeris par Chemnitz; Coquille pour laquelle Menard de la Groye a institué le genre Panopée. II est à remarquer, à ce sujet, que plus anciennement Klein en avait déjà fait un genre distinct sous le nom de Glycimère. V. ce mot. Ainsi des quatre espèces de Rondelet on me reconnaît bien distinctement que le Solen strigillatus, et quant à celles de Pline, il est difficile de rien décider à leur sujet avant d'avoir entrepris un travail critique spécial, en comparant tout ce au'ont dit les anciens sur les Cames. Bellonius leur rapporte des Coquilles différentes de celles de Rondelet. On appelle, dit-il, les Cames eu France, Flammes ou Flammettes, celles du pays d'Aunis sont nommées Avagnons ou Lavignons, et on donne le nom de Palourdes à quelques autres espèces des côtes de France. Il y rapporte aussi les Piperones ou Biverones des Vénitiens; mais il est évident que toutes indications sont arbitres, du moins quant à leur analogieavec les Cames des anciens. Aldrovande a confondu les Cames dans les Conques, il en figure quatorze espèces parmi lesquelles il place la Tuilée ou le Bénitier (tab, 462 et 463). Lister chercha à se rapprocher de Pline en comprenant dans les Cames les Coquil-les bâillantes. Il en fait deux sections; la première,, sous le nom de Chamis, comprend la Glycimère d'Aldrovande, une Mye, des Solens, etc., la seconde section, sous le nom de Cames pholades, Chamœ pholadibus, renferme des Myes, un Lithodom, etc. Rumphius fait avec les Cames trois genres comprenant en général des Vénus de Linné, mais mélangées de Tellines, de Donaoes, et renier* mant la Tridachne et l'Hippope (tab. 42 à 44). Gualtieri (Ind., tab. 75 et 85, 86) a employé, d'après Langius, le nom de Came pour deux genres, l'un Chamaœquilatera, l'autre Chama inœquilatera, tous deux comprennent des Vénus de Linné. D'Argenville a donné à la deuxième famille de ses Conques le nom de famille des Cames, il y rapporte toutes celles de ses devanciers Comme des variétés qu'il réunit, contre toutes les analogies, en cinq espèces; celles qu'il figure comme exemple, sont en général des Vénus. Klein (Ostrac. p. 148) a fait des Cames une classe distincte, divisée en trois genres qui renferment en général des Vénus, mais où figure aussi la Tuilée. Ainsi l'on voit qu'en général la tendance des auteurs de cette époque a été d'appliquer le nom de Cames aux Coquilles nommées depuis Vénus, et par conséquent de s'écarter des indications données par Pline dont lister et Tournefort ensuite ont voulu se rapprocher. Adanson a suivi aussi la marche des premiers conchyliologistes; son genre Came est en général composé de Vénus. Linné vint enfin, et si le genre qu'il a établi sous le nom de Came ne ressemble pas à ceux de ses devanciers, toujours est-il vrai qu'il n'était guère mieux limité, et que par suito aes caractères qu'il lui a assignés le mot Came a pris dans la langue Scientifique une toute autre acception. Ces caractères ne s'appliquaient qu'aux Coquilles auxquelles Bruguière et Lamarck ont conservé ce nom générique, et cependant Linné comprenait avec elles les Cardites, l'Isocarde et les Tridachnes. Bruguière, le premier, réserva le nom de Cames pour les Coquilles irrégulières, adhérentes, dont la charnièren'est compo-

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sée que d'une seule dent, Coquilles confondues avec les Huîtres et les Spondyles par Lister et d'Argenville. Klein (Ostrac., p. 173, 174), outre deux espèces confondues dans les Huitres et les Chamœtrachœa, avait déjà fait avec les vraies Cames les trois genres Globus, Stola et Concha ansata. Gualtieri avait institué pour elles le genre Concha gryphoïdes (Ind., pl. 101), et Adanson le genre Jataron (Sénég., p. 205), en sorte qu'il aurait peut-être mieux valu adopter un de Ces noms que d'employer le mot Came qui n'établit aucune analogie avec les Coquilles nommées ainsi par les Grecs et les Latins, et qui paraissent être des espèces à valves bâillantes, ni avec celles des auteurs antérieurs à Linné qui avaient appliqué ce nom aux Vénus en particulier et qui ont fait mention des Cames de Bruguière, sous le nom de Concha rugata. Le genre de ce dernier auteur a été adopté par Lamarck et les conchyliologistes modernes; c'est celui dont nous allons nous occuper et dont les espèces sont tellement déterminées, qu'on ne peut varier à son sujet. Nous observerons seulement que postérieurement à Bruguière, 1° Humphrey (Mus. Calonn., p. 53) lui a donné le nom de Lacinia (Lisez Gryphus); 2° Poli (Test, utriusq. Sic., t. 2 p. 111) l'a appelé Psilopus, dénomination adoptée par Ocken (Lehrb. der Zool., p. 231) qui laisse le nom générique de Chama aux Tridachnes et aux Hippopes réunies; 3° que Goldfuss (Handb., p. 621) réunit à son genre Came l'Isocarde de Lamarck; 4° que Lamarck a fait avec la Chama bicornis de Bruguière le genre Dicérate, et séparé les Hippopes des Tridachnes; 5° Geoffroy (Traité sur les Coq. des env. de Paris) a donné le nom générique de Came aux Bivalves fluviatiles appelées depuis Cyclades par Lamk.

Le genre Came fait partie de la famille des Camacées, V. ce mot, la première de l'ordre des Lamellibranches cardiacés. Adanson et Poli nous ont donné des détails sur les Animaux des Cames, le premier en dérivant celui du Jataron (Sénég., p 206), le second en expliquant l'anatomie de son genre Psilopus dont il nomme la Coquille Psilopoderma (loc. cit.). Nous renvoyons à ce sujet à ces deux auteurs. Nous dirons seulement ici que les Cames vivent ordinairement à une petite profondeur dans la mer, toujours attachées à d'autres Coquillages, aux rochers ou aux Madrépores, et groupées entre elles d'une manière trés-variée. Rarement elles offrent des couleurs brillantes, et leur valve inférieure est constamment moins colorée que celle de dessus, et souvent blanche ou cendrée. C'est à leur adhérence sur les corps de formes divèrses, adhérence telle qu'on brise souvent la Coquille sans pouvoir l'arracher, qu'on doit attribuer la variété infinie que présentent dans leur configuration les individus d'une méme espèce de Came, ce qui en rend la détermination fort difficile: aussi c'est à l'intérieur qu'il faut chercher les caractères spécifiques. La surface lisse, striée ou pointillée, les bords plissés, striés ou unis, peuvent seuls, avec la proportion des sommets, et combinés avec les caractères extérieurs, donner les moyens de les distinguer. La forme irrégulière des Cames et les feuillets dont leur superficie est garnie, leur donnent au premier coup-d'œil l'aspect des Huîtres ou des Spondyles, mais la charnière les fait aisément distinguer, on y voit une callosité épaisse, inégale sur son contour et dont la superficie est raboteuse et garnie de tubercules ou de crénelures qui sont répétées dans la fossette de l'autre valve. Les valves sont inégales, leurs sommets sont souvent en spirale et fort saillans.

Voici les caractères du genre Came; Animal muni de deux tubes courts et disjoints, bordés à leur orifice de petits filets tentaculaires; les branchies séparées, réunies à leur extrémité; abdomen ovale comprimé; un petit pied en forme de languette coudée de couleur rouge, ou sécuriforme. Coquille irrégulière, inéquivalve, fixée,

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à crochets recourbés, inégaux; chars nière composée d'une seule dent épaisse, oblique, subcrénelée, s'articulant dans une fossette de la valve opposée; deux impressions musculaires, distantes, latérales; ligament extérieur enfoncé. V. pour les espèces vivantes, Bruguière (Enc. méth. au-mot Came) et Lamarck (An. sans vert., deuxième édit., t. 6, I, p. 93). Quant aux espèces fossiles, selon Defrance (Dict. des sc. nat.), toutes appartiennent aux couches du calcaire de sédiment supérieur à la Craie. Outre les espèces signalées par ce savant dans l'ouvrage cité, celles de Brocchi et de Sowerby, V. Schlotheim (Petrefact., p. 210), qui décrit onze espèces de Camites ou Cames fossiles, mais dont on ne peut assigner le genre, cet auteur entendant par Chamitem les espèces fossiles du genre Came de Linné. (F.)

CAMEACTIS. BOT. PHAN. Syn. arabe d'Hièble. V. SUREAU. (B.)

CAMEAN. BOT. PHAN. (Rumph, Amb. T. VII. pl. 8. Suppl.) Espèce d'Euphorbiacée indéterminée de I'lnde. (B.)

CAMEELBLOMSTER. BOT. PHAN. Syn. d'Anthemis nobilis., L. dans quelques dialectes du Nord. V. CAMOMILLE. (B.)

CAMEELLING. BOT. PHAN. (Marsden.) Fruit de Sumatra comparé à la Noix, dont on mange l'amande, et qui provient d'un Arbre indéterminé. (B.)

* CAMEHUJA. MIN. Nom proposé par divers savans d'Allemagne, pour les Agates Onvx, suceptibles, par la disposition de leurs couches colorées, de fournir la matière des bijoux appelés Camées, où l'une des couches forme une figure en relief, et la suivante le fond. (LUC.)

CAMEL. MAM. Syn. anglais de Chameau. (A. D.. NS.)

CAMELAN, BOT. PHAN. (Anisum Moluccanum, Rumph, T. II, pl. 42.) Probablement une espèce du genre Fagara V FAGARIER. (B.)

CAMELANNE, CAMELAUN ET CAMUL. BOT. PHAN. Noms donnés aux Moluques au Piper Malamiri, espèce du genre Poivre. (B.)

CAMELEE. Cneorum. BOT. PHAN. C'est un genre de la famille des Térébinthacées et de la Triandrie Monogynie, L., reconnaissable aux caractères suivans: le calice est persistant et à trois ou quatre dents; la corolle a trois ou quatre pétales égaux; les étamines varient également pour le nombre, de trois à quatre; l'ovaire est surmonté d'un style, surmonté lui-même de trois stigmates; le fruit est une baie sèche à trois coques, chacune ne renfermant qu'uue seule graine. Les Plantes de ce genre ont tout le port des Euphorbiacées; mais leurs graines, dépourvues de périsperme, et autres caractères semblables à ceux des Térébinthacées, les en séparent complètement. Une espèce de Camelée, Cneorum Tricoccon, L., habite les lieux pierreux des départemens méridionaux de la France: c'est un Arbuste rameux, ayant la forme d'un buisson, dont les feuilles alternes, entières et sessiles, sont toujours vertes. Cultivé dans les pays septentrionaux, il exige des soins et des précautions pour le garantir des gelées lorsqu'il est en pleine terre. Il est très-âcre, même caustique, et purge violemment. L'autre espèce, Cneorum pulverulentum (Vent., Jard. deCels, T.77) est indigène de Ténériffe. On la cultive dans les serres comme Plante d'ornement. (G.N.)

CAMÉLÉON. Chamœleon. REPT. SAUR. Genre fort singulier, confondu par Linné dans celui qu'il appelait Lacerta, mais où ce législateur en avait indiqué l'existence par une section, et qui se trouve tellement distinct de tous les autres par plusieurs caractères de première valeur, que, seul, Cuvier l'a jugé capable de constituer une famille particulière dans l'ordre des Sauriens. Laurenti, Bonaterre et Brongniart Pa vaient successivement établi. Les Caméléons ont la peau dépourvue de véritables écailles, mais chagrinée

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par de petits grains presque tuberculeux, susceptibles d'écartement quand l'Animal distend sa peau. Le corps est comprimé le dos tranchant; la queue, ronde prenante par-dessous, à peu près de la longueur du corps; les pieds sont séparés en cinq doigts que réunissent une peau qui s'étend jusqu'aux ongles, et sépares en deux paquets, l'un de deux, l'autre de trois. La langue est charnue, cylindrique, pouvant s'allonger considérablement, et terminée par un bouton visqueux; les dents sont trilobées, les yeux gros, saillans, mobiles indépendamment l'un de l'autre, presque recouverts par la peau, avec un petit trou vis-à-vis la prunelle. Les Caméléons n'ont pas d'oreille externe visible; leur occiput est relevé en pyramide; leurs premières côtes se joignent à un petit sternum; mais les suivantes, s'unissant les unes aux autres, forment un cercle entier autour de poumons tellement vastes qu'ils remplissent la presque totalité de l'Animal; ce grand développement donne à celui-ci la faculté de se gonfler d'une manière prodigieuse, et ce renflement se communique parfois jusqu'aux extrémités qui ensuite ne reviennent que très-lentement à l'état naturel.

Cette singulière manière de doubler son volume, la bizarrerie de sa forme, la lenteur, la gaucherie de ses mouvemens, la vivacité et la mobilité de son regard, la façon merveilleuse dont il darde, pour ainsi dire, sa langue, afin de saisir au vol les Insectes les plus agiles, quand ils passent à sa portée, la possibilité de demeurer plusieurs mois sans manager, et l'habitnde de percher comme des Oiseaux, eussent suffi pour rendre le Caméléon célèbre chez les anciens qui cherchaient le merveilleux dans toutes les productions de la nature, lors méme qu'une plus grande singularité ne lui eût pas attiré l'attention de ces hommes crédules. A ce mot de Caméléon mille idées de versatilité, d'inconstance, d'ingratitude et de basse adulation se réveillent dans notre esprit, plus que jamais surpris de la facilité avec laquelle on pause aujourd'hui d'une opinion à une autre; nous cherchons un terme de comparaison qui exprime d'un seul mot tous les genres d'infidélité et de flatterie. Le Caméléon change, diton, de couleur presque subitement selon les corps qui l'environnent; le Caméléon est donc le portrait de ces hommes qui, changeant aussi de couleur, n'attendent pas pour revêtir celle du jour qu'ils aient complètement dépouillé celle de la veille. Mais ce Caméléon, dont le nom retrace le dernier degré des lâchetés humaines, est, moins que l'Homme lui-même, prompt à changer. De blanc ou de grisâtre qu'il est habituellement, c'est par degrés, et comme en y accoutumant I'œil de l'observateur, que sa peau se bigarre de teintes jaunâtres, purpurines ou rembrunies. La crainte et la colère, les rayons du jour ou l'obscurité sont les causes d'un changement qui, tenant à des causes physiques, n'est jamais aussi considérable ni aussi prompt qu'on le croit, d'après les préjuges reçus. Nous avons observé des Caméléons en liberté, fixés sur les rameaux des Arbustes qu'ils tenaient fortement serrés entre leurs doigts, à peu près comme le font les Perroquets dont le pied présente une certaine analogie avec les leurs; ils étaient aussi immobiles que s'ils eussent été des imitations artificielles. Leurs yenx seulement, dont la prunelle brillait comme une Pierre précieuse au milieu d'un globe blanchâtre percé d'un petit trou étincelant, roulaient en tout sens, et tandis que l'un regardait pardevant, l'autre observait les objets situés en arrière. Quelquefois le mouvement anguleux d'une pate comme disloquée; lentement suivi de celui de la suivante et du déroulement de la queue qui servait de cinquième point d'appui au Caméléon, déterminait un tardif avancement de quelques lignes. Dans cet état de paix, au milieu du feuillage des Lentisques, sa couleur était d'un blanc assez pur, tirant sur le jaunâtre. Saisi, il se gonflait d'a-

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bord et ne faisait nul effort pour éviter le danger; sans doute il en sentait l'inutilité; mais bientôt on voyait circuler sur toutes les parties de son corps des teintes diverses dues au sang, poussé vers la peau par la dilatation de ses vastes poumons. Le Caméléon, rendu à lui-même, ne tardait point à reprendre sa couleur blanchâtre que la mort rembrunit. Du reste, le plus innocent de tous les Animaux, ce Caméléon changeant, qui ne cherche jamais à mordre, vit de Mouches qu'il guette; lorsque celles-ci passent à sa portée, son corps, sa tête, ses membres demeurent immobiles; mais il a calculé la portée de sa langue; il la lance comme un trait, et l'Animal ailé, malgré son agilité et la promptitude de son vol, se trouve collé au bouton visqueux qui le rapporte en un clin-d'œil dans la bouche de son ennemi.

On a imprimé, dans la plupart des livres d'Hist. Nat., qu'on ne trouvait de Caméléons que dans les parties les plus chandes des régions intertropicales. Ces Animaux s'y plaisent sans doute, mais non-seulement ils dépassent les tropiques, ils s'élèvent encore beaucoup au nord dans la zône tempérée, puisque nous en avons trouvé fréquemment dans le midi de l'Espagne. L'espèce de Barbarie y est assez commune autour de la baie de Cadix, où lorsque, pour les opérations du siége, nous faisions abattre des Pins sur la rive gauche du Guadalète, nous en trouvions communément entre les rameaux dont se formaient la cime de ces Arbres. On en voit dans quelques maisons, qui demeurent fort longtemps, sans remuer, suspendus à des ficelles sur lesquelles on les a placés comme objets de curiosité; les Chats en sont assez friands, et ceux qu'on tient en captivité finissent ordinairement par les griffes de ces Tigres domestiques.

Les espèces composant le genre Caméléon dans l'état actuel de nos connaissances, sont les suivantes:

CAMÉLÉON VULGAIRE, Chamœleon vulgaris, N. C. africanus, Laurent. n° 62. Lacerta africana, Gmel., Syst. Nat. XIII. I. part. III, 1069. Ce compilateur nel'avait probablement vu que mort et conservé dans quelque liqueur, puisqu'il le dit noir. C'est celui que nous avons observé en Andalousie où il est au contraire très-blanc. La figure de Lacépède (Ovip. t. 1. pl. 22) est excellente, et lui convient parfaitement. On le trouve communément en Barbarie; il est de moyenne taille, et non de la plus grande, comme on l'a prétendu mal à propos. Le nom d'africanus ne saurait être conservé, puisque l'Animal auquel on l'applique se trouve aussi en Europe, et que deux ou trois autres Caméléons sont également africains.

CAMÉLÉON DU SÉNÉGAL, C. senegalensis, N. C. parisiensium, Laurent. Amph. n° 59. Lacerta Chamœleon, Gmel. loc. cit. 1069. Seba. 1. pl. 82. f. 2. C'est probablement l'espèce qui se trouve représentée dans l'Encyclopédie (Rept. pl. 7. f. 2), mais dont la figure est mauvaise, et qu'on dit être si commune dans les haies, sur les bords du Nil et autour du Caire.

CAMÉLÉON ZÈBRE, C. Zebra, N. Cette belle espèce que nous n'avons point vue, se trouve dans l'Inde, à ce qu'il paraît, dans les contrées arrosées par le Gange. Nous la décrivons d'après une figure qui nous en a été fournie, qui paraît fort exacte, et que nous reproduirons dans les planches de ce Dictionnaire. A peu près de la taille des Caméléons que nous avons étudiés en Espagne, elle en a presque toutes les formes; la carène de sa tête est plus prononcée, et celle-ci porte une sorte de capuchon en arrière du vertex; le dessous de la gorge présente aussi une petite carène formée par des tubercules un peu plus gros que ceux dont le reste de l'Animal est recouvert. Des taches noirâtres en forme de facies se remarquent sur le dos, et descendent jusque sur les flancs; elles deviennent annulaires sur la queue et sur les pates. Cet Animal était représenté sur les rameaux d'une espèce de petit Figuier.

TOME III. 7

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CAMÉLÉON NAIN, C. pumilus. C. Bonœ-Spei. Laurent. Amph. n° 64. Lacerta pumila, Gmel. loc. cit. 1069. Seba. 1. pl. 83. f. 5. La figure de l'Encyclopédie, donnée (pl. 7. f. 3) sous le nom de Caméléon du cap de Bonne-Espérance, représente un dos crénelé, ce qui paraît n'être pas naturel.

CAMÉLÉON FOURCHU, Chamœleon bifurcus, Daudin. Cette espèce étrange avait déjà été mentionnée par Pennant. Il est singulier que, sur cette indication, Lacépède l'eût omise. Dès long-temps nous en possédions un magnifique individu, dont, en l'an v, nous adressâmes une figure fort soignée avec une description minutieuse à la Société philomatique de Paris. N'ayant jamais reçu de nouvelles de cet envoi, notre Caméléon a été déposé, avec le reste des belles collections d'Histoire Naturelle formées dans notre famille depuis trois générations, dans le cabinet de l'académie de Bordeaux où on peut le voir aujourd'hui sous le nom de Caméléon cornu. Cet Animal, d'assez grande taille, a l'occiput plane, le museau divisé de haut en bas, et se prolongeant en deux espèces de protubérances légèrement comprimées, qui lui donnent un air cornu des plus remarquables. Notre individu venait des Moluques; Riche a retrouvé cet Animal dans quelque autre île de l'océan Indien.

Diverses figures de Séba et des individus conservés dans plusieurs musées, soit desséchés, soit dans la liqueur, nous font présumer qu'il existe encore d'autres espèces de Caméléons.

On a donné le nom de CAMÉLÉON, dans quelques parties de l'Amérique méridionale, et particulièrement au Paraguay, àdivers Lézards du genre Agame, qui ont la faculté de changer aussi de couleur. V. AGAME. Il ne se trouve point de véritables Caméléons dans le Nouveau-Monde; et le Chamœleon mexicanus de Laurenti, rapporté comme une variété du Caméléon ordinaire, ne venait certainement pas de la Nouvelle-Espagne, comme l'avait cru Séba qui, en beaucoup de circonstances, a donné des Habitat très-fautifs. (B.)

CAMÈLÈON, BOT. PHAN. V. CHAMÈLÈON.

CAMÈLÈON MINÈRAL, MIN. Combinaison, à une température élevée, du Peroxide de Manganèse avec la Potasse. La dissolution aqueuse de ce composé, abandonnée à elle-même sous l'influence de l'Oxigène atmosphérique, passe successivement du vert au bleu, au violet, au rouge, et se décolore enfin totalement à mesure qu'elle laisse déposer un précipité plus ou moins abondant. Ces mêmes variations de couleurs peuvent aussi être déterminées par une addition d'eau. (DR.. Z.)

CAMÉLÉONIENS. REPT. SAUR. Famille formée par Cuvier dans l'ordre des Sauriens, et qui ne contient que le seul genre Caméléon. V. ce mot. (B.)

CAMÉLÉOPARD. MAM. Traduction des noms donnés par les anciens à la Girafe, et qu'on lui donne encore quelquefois. V. GIRAFE. (B.)

CAMÉLIÉES. BOT. PHAN. Nom proposé, selon Bosc, pour une nouvelle famille de Plantes dont le genre Camellia serait le type. V. CAMELLIE. (B.)

CAMÉLINE. Camelina. BOT. PHAN. Sous ce nom, les botanistes actuels, et notamment De Candolle, comprennent des Plantes de la famille des Crucifères et de la Tétradynamie siliculeuse, qui appartenaient au genre Myagrum de Linné. Elles ont un calice sans bosses, des pétales entiers; les filets des étamines sans appendices; la silicule obovale ou sphérique, obtuse, à valves ventrues, déhiscentes et à deux loges remplies d'un grand nombre de graines non bordées, dont les cotylédons sont incombans; les fleurs de ces Plantes sont jaunes, leurs tiges souvent rameuses, et leurs feuilles amplexicaules ou sagittées. Le genre Caméline se distingue du Myagre par son fruit polysperme; des Cochlearia, Draba et

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Alysson, par ses cotylédons incombans. Quoique le nom de Myagrum, donné par Linné à l'espèce la plus remarquable, eût dû être conservé au genre, De Candolle a cru devoir adopter le nom vulgaire de Caméline, proposé par Crantz, Desvaux et R. Brown, pour ne pas augmenter la confusion des noms déjà trop grande dans cette famille, réservant celui de Myagrum à une espèce qu'il place dans le groupe des Isatidées. Il a divisé le genre Caméline en deux sections: la première, qu'il appelle Chamœlinum, a les silicules obovales; la seconde, Pseudolinum, les a sphériques. Ces Plantes habitent l'Europe et l'Asie. On en cultive une espèce, Camelina sativa, D. C., à cause de ses graines dont on retire une huile fixe par expression. (G.. N.)

* CAMELINÈES. Camelineœ. BOT. PHAN. C'est le nom de la huitième tribu des Crucifères, donné par De Candolle (Syst. Veget. T. II, p. 513 ) au groupe qui comprend les genres Stenopetalum, Camelina et Eudema. Il les appelle aussi Nothorizées latiseptées (Notorhizeœ latiseptœ), parce que la radicule est placée sur le dos des cotylédons, ou, en d'autres termes, parce que ceux-ci sont incombans. Leur silicule biloculaire ou uniloculaire par avortement, à valves plus ou moins concaves, souvent déhiscentes et séparées par une cloison elliptique d'un grand diamètre transversal, caractérise bien cette tribu des Crucifères, et mérite le nom adjectif que M. De Candolle leur a imposé. (G.. N.)

CAMELLIE. Camellia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Théacées, dédié par Linné au jésuite Camelli, qui visita le Japon et les îles Philippines; on le reconnaît aux caractères suivans: les fleurs sont grandes, solitaires ou réunies à l'aisselle des feuilles; leur calice est formé de cinq ou six sépales concaves et coriaces, environné de dix à douze écailles imédiatement imbriquées; la corolle se compose de cinq pétales arrondis, obtus, un peu réunis par leur base et ressemblant à une corolle monopétale profondément quinquépartie. Les étamines sont fort nombreuses; leurs filets sont soudés et monadelphes par leur base, qui est insérée à la partie inférieure des pétales. Les anthères sont globuleuses, à deux loges séparées par un connectif. L'ovaire est turbiné, à trois loges qui contiennent chacune deux ovules. Le style est trifide à son sommet, et se termine par trois stigmates obtus. Le fruit est une capsule globuleuse, à trois côtes, ligneuse, formée de trois coques monospermes par avortement.

Les Camellies dont on connaît aujourd'hui six ou huit espèces ou variétés remarquables, sont de jolis Arbrisseaux qui décorent nos jardins et nos salons. Leurs feuilles persistantes, d'un vert foneé, luisantes, dentées en scie, sont alternes; leurs fleurs sont très-grandes, ordinairement d'un beau rouge, ou blanches, ou enfin panachées; elles doublent avec facilité, et par leur grandeur et leur éclat, elles peuvent, en quelque sorte, rivaliser avec nos belles espèces de Roses; mais elles sont inodores, et, malgré la vogue avec laquelle les Camellia se sont répandus depuis plusieurs années, ils ne l'emporteront jamais sur notre Rose, qui restera toujours la reine des fleurs, par la fraîcheur de son coloris et la suavité de son parfum.

L'espèce la plus répandue dans nos jardins est le Camellia Japonica, L., Jacq., lc. rar., 3, t. 553, Arbrisseau élégant et toujours vert, originaire du Japon. On en voit dans les jardins de Paris qui ont sept à huit pieds de hauteur. Ses fleurs, naturellement d'un beau rouge incarnat et simples, sont quelquefois d'un beau blanc et doubles. Cette dernière variété est beaucoup plus recherchée par les amateurs. Les cultivateurs en distinguent un grand nombre d'autres variétés; tels sont le Camellia Pinck, à fleurs doubles, d'un rose tendre, à feuilles plus arrondies et moins dentées: le Camellia Pompon; les pétales exté-

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rieurs sont blancs, planes, ceux du centre sont roulés en cornets et rouges à leur base. Le Camellia Pivoine; ses pétales sont disposés comme dans la variété précédente, mais d'un beau rose. Le Camellia à fleurs d'Anémone; fleurs rouges, pétales extérieurs très-grands et planes; ceux du centre très-petits et roulés en cornets, etc.

On cultive également, mais plus rarement, une autre espèce qui vient aussi de la Chine et du Japon; c'est le Camellia Sesanqua de Thunberg ou Camellia-Thé. Cette espèce se distingue facilement par ses rameaux plus grêles, ses feuilles plus étroites, ses fleurs blanches, beaucoup plus pêtites, simples et légèrement odorantes. Les Chinois mélangent quelquefois ses fleurs avec le Thé pour lui donner plus de parfum. Ses graines, mais surtout celles de l'espèce précédente, contiennent beaucoup d'huile grasse, que les Japonais en expriment pour les usages domestiques.

Les Camellia sont des Arbrisseaux d'orangerie, mais que l'on pourrait naturaliser en pleine terre. Ils demandent les mêmes soins que l'Oranger, et se multiplient de graines ou de marcottes.

Forskalh avait donné le nom de CAMELLIA à un Végétal fort différent qu'il avait découvert en Arabie, et qui depuis a été placé dans le genre Ruelle, sous le nom de Ruellia grandiflora, L. (A. R.)

CAMELLO. MAM. Qui se prononce Cameillo. Syn. espagnol et portugais de Chameau. Les Italiens disent Camelo. (B.)

CAMELOPARDALIS. MAM. Même chose que Caméléopard. V. GIRAFE. (B.)

CAMELOPODIUM. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. deMarrubium creticum ou peregrinum. V. MARRUBE. (B.)

CAMELSTRO. BOT. PHAN. Vieux nom allemand d'Andropogon Schœnanthus, L. (B.)

CAMERAIRE. Cameraria. BOT. PHAN. Genre de la famille des Apocinées. Ses caractères sont: un calice très-petit, quinquefide; une corolle en entonnoir, dont le tube renflé à sa base et à son sommet se rétrécit dans l'intervalle, et dont le limbe se partage en cinq lobes obliquement contournés dans la perfloraison; les filets des étamines présentent un appendice à leur base, et leurs anthères conniventes, une double soie à leur sommet; le style court est surmonté d'un stigmate en tête et biside; le fruit est formé de deux follicules divariqués et comprimés, renflés de l'un et de l'autre côté à leur base, et contenant un rang de graines aplaties et surmontées d'une expansion membraneuse. On a décrit quatre espèces de ce genre. Ce sont des Arbres ou des Arbrisseaux à fleurs disposées en corymbes axillaires ou terminaux; leurs feuilles opposées sont marquées de nervures parallèles et transversales dans deux espèces: le Cameraria latifolia, L., originaire de l'Amérique méridionale, et le C. zeilanica qui s'en distingue par ses feuilles plus allongées et ses fleurs plus petites; les nervures des feuilles forment un réseau dans le C. lutea, Willd., C. tamaquarina, Aublet (Plantes de la Guiane, t. 102). Elles sont linéaires dans le C. angustifolia. C'est Plumier qui, dans ses nouveaux genres d'Amérique, a établi celui-ci et fait connaître la première et la dernière espèce. Il l'a consacrée à J. Camerarius, médecin et botaniste à Nuremberg, qui vivait dans le seizième, siècle. (A. D. J.)

CAMERI. BOT. PHAN. Euphorbiacée indéterminée de l'Inde, qui n'est peut-être qu'un double emploi de Camean. V. ce mot. (B.)

CAMERIER. BOT. PHAN. Même chose que Caméraire. V. ce mot. (B.)

CAMERINE. Camerina. MOLL. PHAN. V. NUMMULITE.

CAMERINHIERA. BOT. PHAN. Pour Camarinheira. V. ce mot. (B.)

CAMERISIER. Xylosteum. BOT. PHAN. Tournefort avait établi les

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deux genres Chamœcerasus et Xylosteum, que plus tard. Linné avait réunis au genre Chèvrefeuille, en y comprenant également le genre Diervilla du même auteur et le Symphoricarpos de Dillenius. Mais les auteurs modernes ont abandonné l'opinion de Linné pour revenir à celle de Tournefort, et l'on a de nouveau érigé en genre distinct les Camerisiers sous le nom de Xylosteum, en y réunissant les espèces dont il avait formé son genre Chamœcerasus. Ce genre est suffisamment distinct du Caprifolium par ses fleurs constamment géminées au sommet d'un pédoncule commun axillaire; par sa corolle à deux lèvres, dont la supérieure offre quatre divisions, tandis que l'inférieure est simple, et enfin, parce qu'il se compose d'Arbrisseaux non sarmenteux ni grimpans.—Tous les Camerisiers ont les feuilles opposées et entières; leurs fleurs, généralement moins longues que celles des Chèvrefeuilles, sont toujours géminées au sommet d'un pédoncule commun; tantôt leurs ovaires sont simplement contigus; tantôt ils sont soudés par leur côté interne de manière à former un même fruit; au sommet du pédoncule on trouve six bractées; deux plus grandes sont extérieures; et quatre beaucoup plus petites sont appliquées deux à deux de chaque côté des deux ovaires. La structure de l'ovaire, et par conséquent celle du fruit, n'a point encore été exactement décrite jusqu'à présent, puisqu'on lui attribue deux loges, et que l'on donne ce caractère comme propre à distinguer ce genre des Chèvrefeuilles dont l'ovaire est à trois loges. Toutes les espèces de Camerisiers ont toujours l'ovaire à trois loges, et dans chaque loge, de deux à quatre ovules pendans de la partie supérieure et interne. Dans les. espèces dont les deux ovaires sont soudés, les loges sont également distinctes, ainsi qu'on peut le voir par exemple dans le Camerisier des Alpes, Xylosteum alpigenum; mais assez souvent, après la fécondation, quelquesuns des ovules et même des cloisons disparaissent, et le fruit présente tantôt trois, tantôt deux, ou même une seule loge. L'ovaire est toujours couronné par cinq petites dents aiguës; la corolle est monopétale, plus ou moins irrégulière, ordinairement à deux lèvres, dont la supérieure est à quatre divisions profondes et l'inférieure simple; les étamines, au nombre de cinq, sont libres et insérées à la corolle; le style se termine par un stigmate épais, ombiliqué, et légèrement trilobé. Le fruit est une baie globuleuse, ombiliquée, à deux ou à trois loges dans chacune desquelles on trouve une, deux ou trois graines

La plupart des espèces de ce genre sont cultivées en pleine terre dans nos jardins d'agrément. Un grand nombre sont indigènes de l'Europe. On peut les diviser en deux sections, suivant que les deux ovaires sont soudés, ou suivant qu'ils sont distinct:

† Ovaires soudés.

CAMERISIER DES ALPES, Xylosteum alpigenum, Rich. (Cat. hort. med.) Cet Arbrisseau peut s'élever à une hauteur de dix et douze pieds, et se distingue facilement à ses feuilles larges, glabres et luisantes, et à ses fleurs d'un brun rougeâtre. Il croît dans les Alpes et les Pyrénées.

CAMERISIER BLEU, Xylosteum cœruleum; ses feuilles sont beaucoup plus petites que dans l'espèce précédente, elles sont un peu pubescentes; ses fleurs sont jaunâtres, et ses baies, parvenues à leur parfaite maturité, offrent une couleur bleue foncée; cette espèce croît également dans les Alpes.

†† Ovaires non soudés.

CAMERISIER COMMUN, Xylosteum vulgare; il croît naturellement dans les contrées, septentrionales de l'Europe. Ses feuilles sont ovales, arrondies, couvertes d'un duvet blanchâtre; ses fleurs sont d'un rose pâle, et remplacées par des baies rouges.

CAMERISIER DE TARTARIE, Xylosteum tartaricum; cette espèce, l'une des plus jolies du genre, est celle que l'on désigne communément sous le

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nom de Chamœcerasus, ou de Cerisier nain. C'est un Arbrisseau de huit à dix pieds d'élévation, qui porte des feuilles cordiformes, molles, lisses et glabres; des fleurs très-nombreuses, roses, et d'un aspect fort agréable; ses baies sont rouges lorsqu'elles ont acquis leur parfaite maturité. C'est une des espèces le plus fréquemment cultivées dans les bosquets. (A. R.)

CAMESPERME. BOT. PHAN. Pour Comesperme. V. ce mot. (A. R.)

CAMFE. BOT. PHAN. Nom qu'on prétend désigner les Graminées du genre Aira chez les Auvergnats, lesquels probablement, ne les distinguent guère des autres Herbes. (B.)

*CAMHA. BOT. CRYPT. L'un des synonymes de Truffe en langue arabe. (B.)

CAMICHI. OIS. V. KAMICHI. (DR.. Z.)

CAMIFITIUS. BOT. PHAN. Ce mot, évidemment dérivé du latin Chamœpithis, désigne la Germandrée sur les côtes de Barbarie. (B.)

CAMILBLOMMOR. BOT. PHAN. Syn. suédois d'Anthémis nobilis, L. V. CAMOMILLE. (B.)

* CAMILLE. Camillus. MOLL. Denis Montfort a établi ce genre pour une petite Coquille de l'Adriatique, décrite par Soldani (Test. mior. part. 1, p. 24, T. XIX), et qu'il nomme Camillus armatus; elle est globuleuse, à spire peu élevée, à sommet mamelonné, ayant son ouverture arrondie, échancrée, et terminée par un canal droit avec une dent à la base de son bord gauche; sa couleur est verdâtre et transparente. Elle est fort petite. (B.)

CAMILLE OU CHAMILLE. BOT. PHAN. Syn. allemand de Matricaria Chamomilla, L. (B.)

* CAMINE-MALE. MIN. Syn. de Beurre-de-Montagne, V. ce mot, chez les Orientaux. (LUC.)

CAMINYAN. BOT. PHAN. (Marsden.) Nom du Benjoin à Sumatra. V. CAMAYAN. (B.)

CAMIRI ET CAMIREU. BOT. PHAN. (Camirium. Rumph, Amb. T. II, t. 58), probablement le Bancoulier, V. ce mot, à Java et dans les Moluques. (B.)

CAMIRION. BOT. PHAN. Double emploi de Camiri. (B.)

CAMITES. MOLL. FOSS. Nom donné aux Cames fossiles. V. CAME. (B.)

CAMIUM ET CAMUM. Syn. arabe de Cumin. (B.)

* CAMLY. INS. Syn. islandais d'Abeille. (B.)

CAMMARUM. BOT. PHAN. Espèce du genre Aconit, pour laquelle Linné emprunta en le latinisant le nom de Cammaron, qui, dans Dioscoride, désigne un Delphinium ou la Mandragore, et dans Pline, l'Arnica scorpioides, L.

CAMMETTI. BOT. PHAN. (Rhéede, Malab. T. V, p. 45.) Arbre du Malabar imparfaitement connu, et qui paraît voisin de l'Exœcaria. (B.)

CAMMOCK. BOT. PHAN. Syn. anglais d'Ononis arvensis, L. (B.)

CAMOLENGA. BOT. PHAN. Cucurbitacée de l'Inde, dont la description et la figure données par Rumph (Amb. T. v, p. 395, t. 143) ne suffisent pas pour reconnaître l'espèce, mais qui pourrait être la même que le Camalanga, dont, au rapport de Daléchamp, les Espagnols font d'excellentes confitures appelées Carabassadas. (B.)

CAMOLXOCHITL. BOT. PHAN. Espèce indéterminée du genre Cœsalpinia, originaire du Mexique. (B.)

CAMOMELE. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires du Matricaria Chamomilla dans le midi de l'Europe. (B.)

CAMOMILLE. Anthemis. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées de Richard, section des Corymbifères, et de la Syngénésie Polygamie superfloe, L. C'était le Chamamelum des anciens botanistes, ainsi que de Tournefort et d'Allioni, d'où le nom français de Camomille.

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Il est ainsi caractérisé: involucre hémisphérique, composé d'écailles imbriquées presque égales entre elles et scarieuses sur leurs bords; fleurs radiées, à demi-fleurons nombreux, lancéolés, femelles et fertiles; à fleurons hermaphrodites; réceptacle convexe et garni de paillettes; akènes sans aigrettes, mais couronnés par une membrane entière ou dentée. Les Camomilles sont des Plantes herbacées douées d'une odeur pénétrante, due à la présence d'une huile volatile assez abondante et remarquable par sa belle couleur azurée; leurs feuilles sont en général très-découpées, et leurs fleurs, ordinairement terminales, sont discolores, c'est-à-dire, ayant les rayons blancs ou rouges et le centre jaune; quelquefois cependant les rayons sont également jaunes. C'est d'après ce caractère artificiel que les auteurs ont distribué les nombreuses espèces d'Anthemis. La plupart de ces Plantes habitent l'Europe méridionale et le bassin de la Méditerranée. Parmi les Camomilles à rayons discolores, une espèce se fait remarquer parce qu'elle est assez répandue dans les environs de Paris, et que, cultivée dans les jardins, elle double facilement; en cet état elle est très-employée en médecine sous le nom de Camomille romaine (Anth. nobilis, L.), et c'est un des meilleurs stomachiques dont on puisse faire usage. La racine de Pyrèthre, usitée pour exciter la salivation, est celle de l'Anthémis Pyrethrum, L. Selon Desfontaines, cette racine, maniée lorsqu'elle est fraîche, communique à la main une sensation de froid, puis une chaleur assez vive. (Desf. Flor. atlant. 5, p. 287.) Dans la section des Camomilles à fleurs entièrement jaunes, une Plante a des fleurs employées dans la teinture en jaune, Anthemis tinctoria, L.

De Candolle avait réuni au genre Anthémis, le Chrysanthemum indicum, L., Plante d'ornement commune dans les parterres à la fin de l'automne. On n'en avait jamais vu que des fleurs doubles de couleurs très-diverses, et alors le réceptacle était toujours garni, quoique incomplètement, de paillettes; c'était cette circonstance qui avait déterminé De Candolle à placer cette Plante parmi les Camomilles. Cependant on savait qu'en Angleterre, quelques pieds se conservaient toujours avec des Fleurs simples; Gay de la Société d'Histoire naturelle de Paris, en a fait venir au Jardin du Luxembourg et a pu vérifier le caractère donné à cette Plante par Linné, savoir: que les rayons de la fleur sont naturellement jaunes et que le réceptacle est nu comme dans les Chrysanthèmes. (G.. N.)

CAMOMILLE DE PICARDIE. BOT. PHAN. Syn. de Myagrum sativum. V. CAMÉLINE. (B.)

* CAMONA. BOT. PHAN. Nom de pays que porte l'Iriattea de la Flore du Pérou. V. IRIARTÉE. (B.)

CAMOONING. BOT. PHAN. (Marsden.) Grand Arbre indéterminé de Sumatra, dont le bois est élégamment veiné, et qu'on emploie pour divers petits meubles. On le suppose le méme que le Chalcas paniculata. (B.)

CAMORCIA ET CAMOSCIO. MAM. Syn. de Chamois, espèce d'Antilope dans quelques cantons de l'Italie. (B.)

CAMORON. CRUST. Pour CAMARON. V. ce mot.

CAMOSCIO. MAM. V. CAMORCIA.

CAMOTES. BOT. PHAN. Variété fort savoureuse du Convolvulus Batatas cultivée dans la province de Panama en Amérique. V. AMOTES et LISERON. (B.)

CAMOUCHE OU CAMOUCLE. OIS. Syn. du Kamichi, Palamedea cornuta, L. V. KAMICHI. (DR.. Z.)

CAMOULROULOE. BOT. PHAN. Nom caraïbe de Convolvulus brasiliensis, espèce du genre Liseron. (B.)

CAMPAGNOL. Arvicola. MAM. Cuvier a caractérisé ce genre, parmi les Rongeurs à clavicules complètes, par trois molaires partout, dont l'an-

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térieure est ordinairement la plus longue, et dont chacune est formée d'un seul tube vertical d'émail, transversalement comprimé et plissé sur toute la hauteur de ses côtés interne et externe, de manière que les plis représentent autant de prismes triangulaires alternant d'un côté à l'autre. Chaque dent a cinq, six, et même huit prismes par côté. Chaque rangée de prismes, ayant ses bases contiguës à celles de l'autre sur une ligne droite d'avant en arrière de la dent, il en résulte l'apparence illusoire d'une lame centrale d'émail. Les molaires des Lièvres, des Cobaïes, des Cabiais, sont aussi cannelés sur toute la hauteur de leurs flancs, mais il y a toujours pour chaque dent plusieurs tubes inégalement aplatis, de sorte que chaque molaire, dans ces derniers genres, est réellement multiple comme dans les Eléphans.

Avant Cuvier, Pallas (Nov. Sp. Glir.) avait réuni les Campagnols et les Lemmings sous le titre de Mures Cunicularii. C'était la troisième division de son grand genre Murinus. Mais il n'avait pas motivé cette réunion, dans laquelle d'ailleurs n'entraient pas les Ondatras, sur un caractère positif, à l'influence duquel l'organisation entière fût subordonnée. Il n'avait vu d'autre convenance générale parmi ces nombreuses espèces, qu'il a d'ailleurs si bien étudiées en particulier, que la petitesse des incisives et des pieds, leur, activité hivernale et leur instinct voyageur. Le vice des deux premiers caractères, c'est d'être vagues; celui des deux derniers, c'est de n'être pas visibles sur l'animal. Certes, les qualités en question dérivent des organes; mais l'expression seule de la condition mécanique qui engendre ces qualités, pourrait former un caractère.

La loi de la corrélation des formes, par laquelle Cuvier a fait de la place et de la dénomination méthodique d'un animal, l'expression même, de sa nature (V. ANATOMIE), trouve l'une de ses plus heureuses applications dans la convenance d'organisation générale des nombreuses espèces de Campagnols. La diversité en nombre et en développement de certaines parties du squelette, telles que les côtes qui varient de treize à quatorze, et des vertèbres caudales de sept à vingt-sept, laisse subsister l'harmonie réciproque entre la figure des dents et les formes de l'intestin. Et comme des formes déterminées dans un organe en nécessitent ailleurs d'autres qui le sont aussi, il suffira de voir une partie pour en conclure les autres. Ainsi de tous les Rongeurs, moins sans doute les Rats-Taupes, les Campagnols ont l'interpariétal le plus petit, et la vue plus faible, l'arcade interoculaire du frontal plus étroite, et partant la fosse éthmoïdale plus petite, et l'odorat moins actif. Le peroné soutend une arcado du tibia au tiers inférieur duquel il se soude, et augmente ainsi les surfaces d'insertion musculaire, et partant la force d'impulsion des membres postérieurs. Enfin l'arcade zygomatique est plus solide que dans les Rats et les Hamsters, qui sont pourtant plus carnassiers. J'ajoute qu'entre le bord alvéolaire et les apophyses coronoïde et condyloïdienne, fort écartées en dehors, le maxillaire inférieur est excavé longitudinalement pour mettre des alimens en dépôt; qu'enfin la caisse auditive est plus renflée que dans la plupart des autres Rongeurs, indice certain d'une ouïe plus active et plus fine. Excepté deux ou trois espèces qui ne s'écartent pas beaucoup du bord des eaux, la plupart des Campagnols sont doués d'un instinct d'excursion qu'il ne faut pas confondre avec celui d'émigration. Quelque lointaines que soient leurs excursions, ceux qui ont survécu aux périls du voyage, retournent constamment au pays. Les Rats, au contraire, ne trouvent pas de barrières dans leur instinct, quand les mers, les fleuves ou les montagnes ne leur en opposent plus. Ainsi l'invasion de l'Europe par le Rat commun et le Sur-

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mulot, y a été suivie de leur établissement. Aucune espèce de Campagnol, au contraire, n'a encore franchi les limites de sa patrie (V. notre Mémoire sur la géographie des Animaux vertébrés moins les Oiseaux. Journ. de Physiq. février 1822). Excepté le Rat d'eau, répandu depuis le midi de l'Europe jusqu'au nord-est de l'Asie, et resté inaltérable malgré la diversité de ces climats, toutes les autres espèces sont échelonnées en longitude sous les Zônes boréales et tempérées des deux, continens, par régions dont la largeur varie beaucoup dans le sens des méridiens. Le Campagnol vulgaire est de toute l'Europe et de l'Asie, à l'ouest du méridien passant par l'Obi et le bord oriental de la mer Caspienne: le Mussocialis, des contrées entre le Volga et le Jaïck; le Campagnol Économe de toute la Sibérie orientale; les espèces gregalis, rutilus, alliaceus et saxatilis, de la Daourie et de la Mongolie: mais dans une même circonscription géographique chaque espècehabite des sites particuliers, caractérisée, par la hauteur verticale, l'aridité ou l'humidité du sol.

† LES ONDATRAS OU CAMPAGNOLS à PIEDS PALMÉS, Fiber. Cuv., qui ont la queue verticalement comprimée et écailleuse, et dont on ne connaît bien qu'une espèce; du nord de l'Amérique.

1°. ONDATRA ou RAT MUSQUÉ du CANADA, Castor Zibetecus, L. Mus Zibetecus, Gmel. Buff. T. x, pl. 1; Schreb. pl. 176. Encycl. pl. 67, fig. 7. Presque de la grosseur du Lapin, mais plus bas sur jambes; il a cinq doigts fortement onguiculés à tous les pieds, dont la demi-palmure est complétée, sur le bord interne des doigts, par des rangées de poils roides et onctueux, dont les sommets s'entrecroisent comme dans les Musaraignes d'eau. Sa queue, déjà remarquable par son aplatissement vertical sur le milieu de sa longueur, est aussi longue que le corps; elle a vingt-sept vertèbres. Sa plus grande largeur n'excède pas sept lignes. Sa couleur générale est brun-roussâtre nuancée de gris, à cause du double poil de la fourrure: l'un, soyeux et brun, est long de dix à douze lignes; l'autre est un duvet gris très-fin, de cinq à six lignes, qui est traversé et recouvert par l'autre; l'œil presque aussi grand que celui du Castor; l'oreille arrondie est toute velue; il a quatorze côtes comme le Rat d'eau. C'est à tort que Sarrasin, qui en a donné une anatomie complète (Mém. de l'Acad. des Sc. pour 1725), nelui en accorde que douze. L'odeur fortement musquée qu'il exhale, surtout au printemps pendant le rut, et qui faillit, à cette époque, être funeste à Sarrasin, dans plusieurs dissections, provient d'un liquide de la consistance et de la couleur du lait, liquide sécrété par un appareil de glandes volumineuses, situées entre les muscles peaucier et grand oblique en avant du pubis. Les canaux excréteurs de ces glandes contournent le bord postérieur du pubis, longent la verge jusqu'au gland dans le mâle, et l'urètre jusqu'au clitoris dans la femelle: ce ne sont donc pas des prostates. L'intestin est six fois plus long que le corps; le colon est terminé par un intestin spiral comme dans les autres Campagnols. La femelle porte six mamelles ventrales et autant de petits. Sarrasin parle obscurément d'une particularité anatomique, qu'il importerait de vérifier; il dit que pendant l'hivernage, lorsque l'Ondatra ne vit que de racines, la face interne de l'estomac est tapissée d'une membrane blanche, de consistance de crème épaissie qu'il parvint à extraire de plusieurs individus, et remplie d'eau, laquelle finit par suinter etse tamiser au travers: cette membrane n'existerait pas pendant l'été, saison où les membranes de l'estomac sont si minces, qu'il est tranparent comme dans le Castor.

Les Sauvages, frappés de la ressemblance de l'Ondatra avec le Castor pour l'industrie et même pour l'aspect dans le jeune âge de celui-ci, les croient

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du même sang. Ils disent que le Castor est l'aîné et a plus d'esprit. Néan-moins, quoique plus simples, les constructions de l'Ondatra ont encore leur mérite, surtout en considérant que l'Animal ne travaille pas par un instinct aveugle, mais par l'appréciation de la convenance de telle partie du travail avec la nécessité du lieu et du temps. Ainsi il y a ordinairement des galeries souterraines pour aller de la cabane au fond de la rivière; d'autres sont destinées seulement pour les ordures. Ces galeries leur servent à aller en hiver chercher à manger sans être vus. Mais s'ils ont pu élever leur cabane contre une jonchaie assez épaisse pour soutenir en hiver une voûte de glace et de neige, alors ils ne creusent pas de souterrains, et se fraient des routes à travers les joncs.

Leurs cabanes, dont Sarrasin a donné la figure, le plan et l'élévation (pl. 11, loc. cit.), sont établies toujours au-dessus des plus hautes eaux sur le bord des lacs et des rivières dont le lit est plat et l'eau dormante. Elles forment un dôme de deux pieds de diamètre intérieur en tous sens. Quand elles sontfaites pour sept ou huit individus, l'intérieur offre plusieurs étages de gradins pour y monter en cas d'inondation. La voûte, épaisse de quatre pouces, est en bouse pétrie avec de la glaise et des débris de joncs, et maconnée à l'aide des pates et de la queue. La couverture, épaisse de huit pouces, est de joncs nattés fort régulièrement à l'extérieur. La porte de la cabane se ferme en hiver quand ils ont creusé des puits, mais reste ouverte quand la cabane est dans une jonchaie. Avant le dégel ils se retirent dans les hautes terres. C'est le temps de l'amour. Alors, outre les glandes dont nous avons parlé, les prostates et tout l'appareil génital, presque oblitérés auparavant, grossissent énormément, comme dans la plupart des Rongeurs et Insectivores fouisseurs. Quand elles ont conçu, les femelles retournent aux cabanes; mais les mâles continuent de courir la campagne jusqu'à la fin de l'été, qu'ils bâtissent de nouvelles cabanes pour l'hiver. Plus au midi, dans la Louisiane, l'Ondatra Se terre et ne construit pas. En été il se nourrit de toutes sortes d'herbes; en hiver principalement de racines de Nymphæa et d'Acore aromatique. Ses muscles maxillaires sont si forts, qu'en une nuit un seul Ondatra perça, dans une cloison de bois dur, un trou de trois pouces de diamètre et d'un pied de long, pour s'échapper.

†† CAMPAGNOLS PROPREMENT DITS, Arvicola, Lac., Hypudœus, Illiger. Tous ont la queue velue, celle-ci est plus ou moins courte que lé corps; le pouce de devant est caché, et son ongle est en général remplacé par une callosité.

2°. LE RAT D'EAU, Mus amphibius, Lin., Mus marinus, Ælian., Musaquaticus, Rai et Briss., Schreb. pl. 186, Encycl. pl. 68 fig. 9. Un peu plus grand que le Rat, d'un gris brun foncé; queue d'un tiers plus courte que le corps. Il n'y a que l'ongle de visible au pouce de devant. Les quatre pieds nus et squammeux; oreilles nues, presque cachées dans le poil; les incisives plus jaunes que dans ses congénères: il s'en sert plus que de ses ongles pour fouir. Ses trous, parallèles au sol et peu profonds, ont de fréquentes sorties comme ceux de la Taupe. Il vit sur le bord de toutes les eaux, surtout de celles qui abondent en Typha, même quand elles manquent de Poissons dont il ne mange pas. Quand il est surpris, il court se jeter à l'eau et nage mal.

En Sibérie il est plus grand qu'en Europe et d'autan t plus qu'on s'avance dans lenord-est. Vers l'embouchure du Jenisey et de l'Obi, les Rats d'eau sont assez grands pour que l'on emploie en vêtemens leur fourrure qui a deux sortes de poils comme celle de l'Ondatra. Dans tous les climats, les mâles sont plus grands et d'un poil plus foncé que les femelles. Ils ont aussi quelques poils blancs au bout de la queue et à la lèvre d'en bas. Entre l'Obi et le Jenisey, il y en a une va-

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riété d'ailleurs semblable à celle d'Europe, mais avec une grande tache blanche entre les épaules et une raie blanche sous la poitrine.

Le Rat d'eau a vingt-trois vertèbres à la queue; les mamelles sont imperceptibles sur le mâle et la femelle qui n'est pas pleine. Il y en a huit, quatre sur le ventre, et quatre sur la poitrine.

Pallas présume que l'une des deux espèces de Rats aquatiques, décrites outre l'Ondatra par Brickell (Hist. nat. de la Caroline du nord), est le même que le Rat d'eau.

3°. SCHERMAUSS, Mus paludosus, Lin., Buff., sup. 7, pl. 70; Encycl., pl. 68, f. 10. Plus petit, à tête plus ramassée, à queue plus courte, à poil plus noir que le Rat d'eau. La brièveté proportionnelle de la tête est surtout remarquable sur le squelette où l'apophyse orbitaire du frontal est aussi beaucoup plus saillante que chez le Rat d'eau où elle est à peine sensible. Strauss, qui l'a observé, nous a dit qu'il s'éloigne plus de l'eau que le précédent. On ne l'a encore vu que dans les environs de Strasbourg.

4°. CAMPAGNOL ou PETIT RAT DES CHAMPS, Mus arvalis, Lin., Buff., 7, pl. 47; Schreb., 191; Encycl., pl. 69, f. 2. Le corps de trois pouces de long, la queue d'un pouce, l'oreille dégagée du poil; pieds antérieurs à quatre doigts visibles; pelage jaune-brun dessus, et blanc sale sous le ventre. Commun par toute l'Europe et le nord de la Russie jusqu'à l'Obi dans les champs et les jardins. Il n'entre pas dans les habitations, ni même dans les granges: il se creuse plusieurs trous qui aboutissent par des courbes ou des zig-zags à une chambre de trois ou quatre pouces de diamètre en tous sens; la femelle y met bas, deux fois par an sur un lit d'herbe, jusqu'à douze petits, dont huit sont le plus souvent dans la corne utérine droite, quatre dans la gauche. Les trous ont toujours deux ou trois issues. La multiplication de cet Animal, quand elle est favorisée par la sécheresse de l'été, est un fléau pour l'agriculture. Heureusement qu'alors les pluies de l'automne, et surtout la fonte des neiges, les détruisent en nombre aussi prodigieux qu'ils s'étaient multipliés. On ne le trouve plus au-delà de l'Obi. Pallas en a vu qui avaient été pris à l'est de la mer Caspienne et vers l'Irtisch.

5°. LE CAMPAGNOL ÈCONOME, Mus Œconomus, Pallas, Nov. Spec. Glir., pl. 14, A; Schreb. 190; Encycl., pl. 69, f. 1. Ne différant extérieurement du précédent que par sa couleur un peu plus foncée; mais sa structure intérieure l'en distingue spécifiquement autant que ses mœurs. Il a quatorze paires de côtes et l'arc interoculaire du frontal beaucoup plus grand. La molaire postérieure a quatre prismes de chaque côté, la moyenne trois, l'antérieure deux. Deux glandes plus grosses qu'une lentille à l'entrée de la vulve dans la femelle, et un peu plus petites sur le prépuce du mâle, sécrétent une humeur fortement musquée.

Le domicile du Mus Œconomus, le plus intéressant de tous les Campagnols, est une chambre de trois ou quatre pouces de hauteur et d'un pied de diamètre, garnie d'un lit de mousse, plafonnée par le gazon même, et qui, dans les lieux humides, est voûtée dans une motte de terre au-dessus du sol environnant. Tout autour s'étendent des boyaux quelquefois au nombre de trente, ou verts latéralement de distance en distance par des trous du diamètre du doigt. D'autres boyaux plus profonds conduisent de la chambre d'habitation à deux ou trois magasins plus vastes que celle-ci, et où, dès le printemps, l'Èconome apporte des morceaux de racines taillées convenablement pour le transport et l'empilage. Tant de travail est l'œuvre de deux petits Quadrupèdes de trois pouces de long, et quelquefois d'un seul indi vidu qui vit solitaire. Souvent à l'automne, plusieurs se rassemblent, creusent une chambre plus vaste, etminent autour jusqu'à huit ou dix magasins qu'ils remplissent de raci-

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nes. La provision d'un seul couple pèse quelquefois de vingt à trente livres. Elle se compose principalement de racines et de bulbes de Phlomis tuberosa, Polygonum Bistorta, Polygonum viviparum et Poterium Sanguisorba. C'est une bonne fortune pour les nomades de la Daourie que la découverte de tels magasins; ils se servent, en guise de Thé, de la racine de Sanguisorbe, et du reste comme assaisonnemens. Pallas y a trouvé aussi la racine vireuse du Chœrophyllum temulum à demi-rongée. Au Kamtschatka, Steller a vu ces Campagnols s'approvisionner des bulbes du Lilium kamtschaticum, des noix du Pinus Cembra, et, entre autres racines, de celle du Napel et d'une Anémone très-âcre. Les Kamtschadales croient qu'ils n'amassent ces dernières que pour éloigner par leur odeur des Campagnols spoliateurs. Plus reconnaissans que les Mongols, ces peuples indemnisent toujours l'Econome par quelque présent de Caviar sec. Ils ne lui prennent pas non plus toute sa provision, de peur qu'il ne se tue de désespoir, et ne les prive l'année suivante de leur part au fruit de ses travaux. L'emmagasinage se fait par ordre; les racines de même espèce ensemble. Ils ont jusqu'au soin de reporter sécher celles qui menacent de se pourrir. Le Lièvre des Alpes, Lepus alpinus, en fait de même pour, son fourrage.

Les femelles sont au moins un tiers plus grandes que les mâles. Elles sont aussi plus laborieuses. Le rut vient au printemps, même sous le pôle; alors la femelle sent fortement le musc. Elle met bas, au milieu de mai, deux ou trois petits aveugles. Il est probable qu'elle porte plusieurs fois dans la même année.

Les excursions non périodiques de ces animaux sont aussi célèbres dans le nord-est de l'Asie que celle des Lemmings dans le nord de l'Europe. Au Kamtschatka, quand ils doivent émigrer, ils se rassemblent de toutes parts en grandes troupes au printemps, excepté ceux qui trouvent à vivre près des Ostrogs. Dirigés sur le couchant d'hiver, rien ne les arrête: ni lacs, ni rivières, ni bras de mer. Beaucoup se noient, d'autres deviennent la proie des Plongeons et des grandes espèces de Salmones. Ceux qui sont trop fatigués restent couchés sur la rive pour se sécher, se reposer et pouvoir ensuite continuer leur route. Heureux quand ils rencontrent des Kamtschadales qui les réchauffent et les protègent autant qu'ils peuvent. Quand ils ont passé le Penshina qui se jette, à l'extrémité nord, du golfe d'Ochotsk, ils côtoient la mer vers le sud, et, au milieu de juillet, arrivent sur les bords de l'Ochotsk et du Joudoma, après une route de plus de vingt-cinq degrés en longitude. Il y en a des colonnes si nombreuses qu'il leur faut au moins deux heures pour défiler. Au mois d'octobre de la même année, ils reviennent au Kamtschatka. Leur retour est une fête pour le pays. Outre l'escorte de Carnassiers à fourrures dont ils ramènent une chasse abondante, ils présagent une année heureuse pour la pêche et les récoltes. On sait au contraire par expérience que la prolongation de leur absence est un pronostic de pluies et de tempêtes. Comme, dans son voyage en Daourie, Pallasa trouvé aux environs dela Toura, alors inondés, nombre de leurs habitations désertes, quoiqu'on n'en pût trouver un seul dans tout le pays, il en conclut que le motif de leurs émigrations, c'est un sûr pressentiment des saisons.

La variété du Kamtschatka ne diffère de celle de Sibérie que par un peu plus de grandeur, et par une teinte plus brune. La couleur reste la même toute l'année.

On prétend avoir trouvé le Campagnol Econome en Danemarck et en France. Son existence à un si grand éloignement de la patrie que choisit son espèce serait une nouveauté en géographie zoologique (Voir notre Mém. sur la distribr. géogr. des Animaux, Journal de Phys., février 1822). Aussi le fait est-il plus que douteux.

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Le prétendu Mus Œconomus du midi de la France, dont le squelette criste nu Muséum d'anatomie compa n'a douze côtes au lieu de I malorze, l'un des caractères de son me supposé. Ce n'est donc pas le mus Œconomus, mais c'est évidemment une espèce nouvelle, puisque tous ses congénères ont au moins treize côtes.

On n'a que la figuredu prétendu Mus Œconomus d'Allemagne trouvé dans l'île Me de Laland par le conseiller-d'É;tat Müller, qui d'ailleurs n'a rien dit de les mœurs. C'est le Mus Glareolus de Schreb., pl. 190. B. D'après cette figure, le Glareolus diffère plus des autres Campagnols, que ceux-là ne different entre eux. Son anatomie apprendra sans doute que c'est une espèce distincte.

Les sites habités par le Campagnol Économc sont les pâturages et les prés humides, au fond des vallées, et les îles au milieu des fleuves.

6° Le CAMPAGNOL DES HAUTEURS, Mus greguils, Pallas, Nov. SP. Glir. page 238; Scrireb., pl. 189; Encycl.; flascendré, pl. 68, f. 13. Encore plus semblable que le précédent au Campanol ordinaire: même forme du cirme, nombre de côtes; de couleur gris pâle, blanc sale sous le ventre; des mêmes contrées que le précédent, mais n'habitant que les montagnes et les plaines élevées, et jamais les prairies, comme lui. Il ne fait provision que de bulbes de Lis. Aussi ne sort-il pas des limites de leur végétation; il diffère encore plus du Campagnol social, qui n'a que cinq vertèbres lombaires, fort petites, et dont le crâne ressemble à celui de la Souris.

Borné par l'Obi à l'ouest, il ne cesse d'être rare que dans les montagnes depuis l'Irtisch jusqu'aux sources du Jenisey; mais il est surtout commun en Daourie; la nature même des sites montueux le préserve des inondations et de la nécessité d'émigrer. Le plan de son domicile est le même que pour l'Econome. Seulement les ouvertures des boyaux sont couvertes d'un dôme en terre, pour éloigner l'eau. On ne trouve que des bulbes de Liliacées dans ses magasins. surtout du Lilium Pomponium et de l'Allium tenuissimum. Il se trouve jusque sous la latitude de Jeniseisk.

7°. CAMPAGNOL SOCIAL, Mus socialis, Pallas. Nov. Sp. Gl. pl. 13. B. Schreb. pl. 192. Enc., pl. 69. f. 3. Différent de tous les Campagnols par la mollesse de son poil; bord des oreilles, queue et pieds blanchâtres, les reins plus faibles, à cause de la petitesse de leurs cinq vertèbres; ils sont si nombreux dans le désert sablonneux, sec en été, inondé au printemps, qui borde le Jaïck, que l'on ne peut faire un pas sur ses rives élevées sans défoncer leurs trous. Ils ne dépassent pas le cinquantième degré au nord, l'Irstisch à l'est et le Volga à l'ouest. Leur existence est liée, pour ainsi dire, à celle de la Tulipa Gesneriana, dont ils amassent les bulbes: ils ne peuvent souffrir l'eau, bien différens du Campagnol ordinaire qui, dans les mêmes contrées, n'habite que les prairies.

8°. CAMPAGNOL ROUX, Mus rutilus, Pallas., Glir., pl. 14. B. Schreb., pl. 188. Encycl., pl. 68, f. 12. Roux sur le dos et le ventre, la bouche un peu blanchâtre, pieds blancs et plus velus que dans tous les autres. La femelle n'a que deux mamelles à deux tétines chacune. Seul de tous les Campagnols, il entre dans les greniers et les maisons, vit errant et de rapine, habite les forêts de la Sibérie à l'est de l'Obi, dessine toutes sortes de courbes en courant sur la neige, se prend dans les pièges tendus aux Hermines: Pallas en a retrouvé une variété un peu plus petite, mais à queue plus longue, sans avoir plus de seize vertèbres. Cette variété habite aux environs de Gœttingue et dans le pays de Symbirsk et de Casan.

9°. CAMPAGNOL DES ROCHERS, Mus saxatilis, Pall. Gl. pl. 23. B. Schreb. 185. Encycl. 68, f, 8. Très-ressemblant au Mulot. Propre aux rochers de la Mongolie, où il vit principalement de graines d'Astra gale, dans les fissures

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presque verticales que font les gelées et le pivotement des racines.

10°. CAMPAGNOL DES AULX, Mus alliarius, Pall. Gl. pl. 14. 6. Encycl., pl. 68, f. 11. Queue toute velue; deux mamelles pectorales, deux ventrales, deux inguinales; poil gris-cendré, moustaches plus longues qu'à tous les autres; oreilles de la Souris; grand comme le Campagnol; cette espèce est bien distincte; mais est-elle la même que celle dont en Sibérie on défonce les trous pour en prendre les provisions d'Ail? Elle habite la Sibérie et à l'est de l'Obi.

††† LEMMINGS, Cuv., Georychus, Illig. La queue et les oreilles très-courtes, les ongles de devant plus propres à fouir.

11°. LEMMING, Mus Lemmus, L., Pall., Glir. 12. A et B. Schreb. 195. A et B. Encycl. pl. 67, f. 6. Le plus célèbre et le plus agréablement peint de tous les Campagnols. De la taille d'un Rat, à pelage varié de jaune et de noir sur le dos; le ventre et les flancs d'un blanc jaunâtre, ainsi que les pates; cinq ongles à tous les doigts. Ils vivent en peuplades immenses, chacun dans un trou particulier, sur les Alpes de la Laponie; ils émigrent à des époques irrégulières, au plus une fois en dix ans, vers l'Océan et le golfe de Bothnie. Ces excursions précèdent les hivers rigoureux. Les Lemmings en doivent avoir le pressentiment; car, à l'approche de l'hiver de 1742, qui fut extrêmement rigoureux dans le cercle d'Uméa, et beaucoup plus doux dans celui de Lula, pourtant plus boréal, ils émigrèrent du premier et non de l'autre. Quelle que soit la cause de ces expéditions, elles se font par un merveilleux accord de toute la population d'une contrée. Formés en colonnes parallèles, aucun obstacle ne peut suspendre ni détourner leur marche toujours rectiligne; la halte dure tout le jour. L'endroit en estrasé comme si le feu y avait passé. Presque tous ont péri avant d'avoir vu la mer. Il n'en reste pas la centième partie pour retourner au pays, car l'objet du voyage n'était pas d'aller s'établir ailleurs sans cela, l'espèce se serait propage fort loin, puisqu'ils traversent aisdj ment les plus grands fleuves et même des bras ae mer. Or le Lemming des Alpes de la Scandinavie ne se retrouve plus dans la Laponie russe. Le Lemming des régions voisines de la mer Blanche et de la mer Glaciale jusqu'à l'Obi est une variété d'un tiers plus petite, d'une couleur fauve-brun sur le dos, jaunissant sur les flancs et blanchâtre sous le ventre (V. Schreb. pl. 195. B.). Les Lemmings de cette variété, nombreux surtout dans l'extrémité nord des monts Ourals, émigrent aussi tantôt vers la Petzora, tantôt vers l'Obi, toujours escortés comme les autres par toutes sortes de Carnassiers. Ils different aussi par leurs mœurs. Ceux de Norwège n'one qu'une seule chambre dans leur terrier, et ne font pas de provision. La petite variété a toujours plusieurs chambres de réserve sur la longueur d'un boyau, où elle emmagasine du Lichen rangiferinus.

12°. CAMPAGNOL A COLLIER, Mus torquatus, Pall., Glir., pl. 11. B. Schreb. 194. Encycl. pl. 69, f. 5. De l'extrémité polaire de l'Oural, cette espèce émigre aux mêmes époques que les Lemmings; elle n'a pas d'ongles au pouce de devant.

13°. CAMPAGNOL A COURTE QUEUE, Mus lagurus, Pall., Glir., pl. 13 A. Schreb., pl. 193. Encycl. pl. 69, f. 3. Plus petit que le Campagnol ordinaire, n'a que quatre ongles devant et sept vertèbres à la queue. Poil cendré, pâle en dessus avec une ligne noire dorsale depuis l'intervalle des yeux jusqu'à la queue. Habitant des steppes sablouneuses qui s'étendent aux pieds des monts Altaïs, il est surtout nombreux dans le désert de l'Irtisch où croît en abondance l'Iris pumila. C'est le plus belliqueux de tout ce genre. Quoique le plus petit, il attaque, pour les manger, les autres espèces qui pourcette raison n'habitent guère dans son canton. Pallas en a vu d'enfermés se dévorer jusqu'à ce qu'il ne restât plus qu'un mâle pour posséder toutes les femel-

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les. Ils sont aussi lascifs que cruels.

14°. Le LEMMING DE LA BAIED'HUDSON, Mus Hudsonius, Pall. Schreb., pl. 196; Encycl., pl. 69, f. 6. D'un gris perlé, ni la queue ni les oreilles visibles; quatre ongles aux pieds de devant, dont les mitoyens paraissent à double pointe; ceux-ci sont uniformément simples dans les jeunes et les femelles. Grand comme un Rat; il vit sous terre autour de la baie d'Hudson.

15°. CAMPAGNOL TAUPIN, Mus talpinus, Pall., Gl., pl. 11. A. Schreb., pl. 203. Encycl., pl. 71, f. 3. Figure plus mauvaise qu'a l'ordinaire, sous le nom depetit Spalax.—Cinq doigts à tous les pieds; première molaire plus longue; pelage variant du gris-jaune au brun-noir avec l'âge; six mamelles sans vestige dans le mâle. Des bassins méridionaux de l'Oural; on ne le trouve pas à l'est de l'Obi. Fouille près de la surface même du gazon de longs boyaux sur lesquels il élève de distance en distance de petits dômes de terre. Il n'en sort que pour chercher sa femelle ou pour aller s'établir ailleurs. Il s'approvisionne pour l'hiver de racines du Phlomis tuberosa, près duquel on est toujours sûr de le trouver. La femelle porte trois ou quatre petits.

Rafinesque (Annals of nature 1820) décrit, sous le nom générique de Lemmus, trois Rongeurs, sans motiver cette détermination sur la figure et le nombre des dents, seul caractère positif.

1°. Lemmus vittatus. Six mamelles sur la poitrine; cinq raies blanches longitudinales sur le dos. Des champs et des bois de Kentucky.

2°. Lemmus talpoïdes. Gris de fer en dessus, blanchâtre en dessous.

3°. Lemmus Novœboracencis. Long de cinq pouces et demi; pieds courts comme au précédent; queue écailleuse, terminée par un flocon de soie. Des Etats de New-York et de New-Jersey. (A. D.. NS.)

Cuvier a découvert, dans les brèches osseuses du rocher de Cette, des restes de Campagnols fossiles qui ne présentent aucune différence caractéristique avec les Campagnols ordinaires. (C. P.)

CAMPAGNOL VOLANT, MAM. V. NYCTÉRE.

CAMPAGNOLO ET CAMPAGNOLI. MAM. Syn. italien de Campagnol. (A. D.. NS.)

CAMPAGNOUL ET CAMPAGNOULE. BOT. CRYPT. Noms vulgaires de plusieurs Agarics dans quelques cantons du midi de la France. On y ajoute quelques épithètes, telles que vinous, vineux; aurat, doré; mouret, brun, pour désigner des différences qui au reste sont fort vagues, et varient de signification d'un heu à l'autre. (B.)

CAMPAINHAS. BOT. PHAN. Nom portugais du Muguet, Canvallaria majalis, selon les dictionnaires antérieurs. (B.)

CAMPAN (Marbre de). GÉOL. Espèce de Calcaire Marbre de transition qui est exploité principalement au bourg de Campan, dans la vallée de cenom, auprès de Bagnères dans les Pyrénées. Les veines entrelacées que l'on observe à sa surface sont formées par une substance talqueuse, qui s'exfolie et laisse des creux dans les surfaces polies exposées à l'air. On en distingue trois variétés dans les arts: le C. Vert, le C. isabelle, le C. rouge. (C. P.)

CAMPANA ET CAMPANE. BOT. PHAN. Ces mots signifient une cloche dans les dialectes méridionaux. Les gens de la campagne et des herboristes le donnent à diverses Plantes dont les fleurs ont plus ou moins de raport avec la forme d'une cloche, telles que les Liserons des champs et des haies, le Narcissus Pseudo-Narcissus et le Bulbocodium, plusieurs Campanules, etc. Ils ont été étendus jusqu'à l'Inula Helenium. (B.)

CAMPANETTA, CAMPANETTE ET CAMPANELLE. BOT. PHAN. C'est-à-dire petite cloche. On donne plus particulièrement ce nom au

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Convolvulus arvensis dans le midi de l'Europe. (B.)

* CAMPANG-SAPPADOE. BOT. PHAN. (Burmann.) Syn. d'Hibiscus, Rosa-sinensis à Java. V. KETMIE. (B.)

* CAMPANIFORME. Campaniformis. BOT. PHAN. Ce terme s'applique aux calices et aux corolles monopétales régulières dont la forme approche de celle d'une cloche, c'est-à-dire qui, n'ayant pas de tube, vont en s'évasant insensiblement de la base vers le sommet, ainsi qu'on l'observe dans la plupart des espèces des genres Campanule et Liseron. (A. R.)

* CAMPANIFORMES. Campaniformœ. BOT. PHAN. Nom donné par Tournefort aux Plantes qu'il rangeait dans la première classe de son Système, et dont la plupart ont en effet leurs corolles en forme de cloche. Cette classe contenait, répartis dans neuf sections, les genres Mandragore, Belladone, Muguet, Polygonatum. Fragon, Cerinthe, Gentiane, Hydrophylle, Soldanelle, Liseron, Tithymale, Glaux, Oxalide (Oxys), Rubarbe, Cotylet, Apocin, Periploque, Asclépiade, Mauve, Althæa, Alcée, Malacoïde, Abutilon, Ketmie, Coton, Bryone, Tamne, Scicyos, Momordique, Concombre, Melon, Patissons, Courges, Angurie, Calebasse, Campomèle, Raiponce, Garance, Grateron, Gaillet et Croisette. On voit combien de rapports naturels étaient brisés par de tels rapprochemens. (B.)

CAMPANILLA, BOT. PHAN. Syn. espagnol de Campanule. V. ce mot. On a étendu ce nom, dans les possessions d'outre-mer, à divers Liserons et Quamoclits. (B.)

CAMPANIOLA. BOT. CRYPT. (Gouan.) Nom vulgaire d'Agaricus fumetarius, L. en Languedoc.

(AD. B.)

CAMPANULACÈES. Campanulaceœ. BOT. PHAN. C'est ainsi qu'on appelle un groupe naturel de Végétaux dont le genre Campanule peut être considéré comme le type. Jussieu, dans son Genera Plantarum, a placé cette famille parmi celles qui, ayant la corolle monopétale et staminifère, ont cette corolle insérée au calice ou périgynique. Il y a réuni quelques genres qui plus tard en ont été retirés pour former des ordres distincts; tels sont le Gesneria de Plumier qui appartient à la nouvelle famille des Gesnériées, le Lobelia. dont il a fait sa nouvelle famille des Lobéliacées. La première de ces deux familles nous paraît suffisamment distincte des vraies Campanulacées; mais quant au genre Lobelia, il ne nous paraît point offrir des différences assez tranchées pour autoriser sa séparation d'avec les autres genres de la famille des Campanulacées, ainsi qu'il nous sera facile de le prouver quand nous aurons exposé les caractères généraux de cette famille.

Les Campanulacées sont ordinairement des Plantes herbacées ou sous-frutescentes, remplies d'un suc blanc laiteux très-amer. Leurs feuilles sont alternes, entières, dépourvues de stipules; très-rarement elles sont opposées; leurs fleurs, qui sont souvent fort grandes, forment des épis, des thyrses, ou sont rapprochées en capitules. Chacune d'elles offre un calice monosépale adhérent avec l'ovaire infère ou seulement semi-infère; il est à quatre, cinq ou huit divisions égales, qui persistent et couronnent le fruit. La corolle est monopétale, ordinairement régulière, plus rarement irrégulière, ayant son limbe partagé en un nombre de lobes égal aux divisions du calice; quelquefois elle est profondément fendue d'un côté ou semble être à deux lèvres inégales; elle est généralement marcescente. Les étamines sont le plus souvent au nombre de cinq, attachées à la corolle, alternant avec ses lobes. Leurs anthères, qui sont attachées par leur base, et qui offrent deux loges s'ouvrant par un sillon longitudinal, sont tantôt libres et écartées les unes des autres, tantôt rapprochées et soudées en tube. L'o-

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vaire est infère ou semi-infère, ordinairement à deux loges, plus rarement à un grand nombre de loges polyspermes. Le style est simple, terminé par un stigmate diversement lobé et nu, c'est-à-dire sans involncre. Le fruit est une capsule couronnée par le limbe du calice, à deux ou un plus grand nombre de loges, s'ouvrant soit par le moyen de trous qui se forment vers la partie supérieure, soit par des valves qui n'occupent que sa moitié supérieure, et qui entraînent avec elles une partie des cloisons sur leur face interne. Les graines sont fort nombreuses et fort petites; elles renferment, dans un endosperme charnu, un embryon central et dressé.

Tels sont les caractères généraux des Campanulacées lorsque l'on y comprend le genre Lobelia. En effet, l'irrégularité de la corolle et la soudure des anthères ne sauraient être considérées comme des caractères suffisans pour écarter ce genre des Campanulacées auxquelles il appartient par tous les autres points de son organisation. Quant aux genres avec lesquels on a formé les familles des Styliaées et des Goodénoviées, les différences qu'ils présentent ne sont point tellement grandes, que l'on ne puisse les réunir avec les vraies Campanulacées, ainsi que Kunth l'a proposé, et en faire de simples sections d'un même ordre naturel, ou, si l'on veut, les considérer comme des familles appartenant à une même tribu qui retiendrait le nom de Campanulacées. Cette grande tribu, qui aurait pour caractères communs un ovaire infère, ordinairement à deux loges (rarement à une seule loge) multiovulées ou quelquefois uniovulées; une corolle monopétale; des étamines libres ou soudées, en nombre variable, mais toujours déterminé; pour fruit, une capsule ou rarement une drupe; enfin des feuilles alternes, se distingue: 1° des Vacciniées par son fruit sec et ordinairement à deux loges, et par ses étamines dont le nombre excède rarement cinq; 2° des Rubiacées par ses feuilles alternes dépourvues de stipules; 3° des Caprifoliacées par ses feuilles également alternes et son fruit capsulaire. Elle comprendrait cinq familles que l'on pourrait ainsi caractériser;

I. CAMPANULÉES. Corolle régulière; cinq étamines, rarement plus ou moins, distinctes les unes des autres; capsule à deux loges polyspermes, s'ouvrant dans leur partie supérieure par des trous ou des valves incomplètes qui portent une partie des cloisons sur le milieu de leur face interne. Plantes ordinairement herbacées, souvent lactescentes, portant des feuilles alternes.

A cette famille se rapporteraient les genres suivans: Ceratostemma, Juss.; Lightfootia, L'Hérit.; Forgesia, Commers.; Michauxia, L'Hérit.; Canarina, L.; Campanula, L.; Prismatocatpus, L'Hérit.; Trachelium, L.; Roella, L.; Phyteuma, L.; Jasione, L.; Cervicina, Delile.

II. LOBÉLIACÉES. Corolle irrégulière, fendue d'un côté; étamines soudées par les anthères; stigmate environné de poils; capsule à deux loges polyspermes, s'ouvrant par son sommet en deux valves; Plantes ordinairement herbacées, non lactescentes.

A cette famille appartiennent les genres Lobelia de Linné, et Lysipomia de Kunth.

III. GOODÉNOVIÉES. Corolle irrégulière; cinq étamines entièrement libres, ou simplement unies par les anthères; stigmate environné d'une sorte de godet cupuliforme; capsule biloculaire ou noix monosperme. Plantes herbacées ou sous frutescentes, non lactescentes.

On compte dans cette famille les genres: Goodenia, Smith; Calogyne, Brown; Euthales, Brown; Velleia, Smith; Lechenaultia, Brown; Anthotium, Brown; Scœvola, Vahl; Diaspasis, Brown; Dampiera, Brown.

IV. STYLIDIÉES. Corolleirrégulière; deux étamines dont les filets sont soudés et entièrement confondus avec le style, et forment une sorte de colon-

TOME III. 8

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ne centrale stigmate situé les deux anthères; capsule biloculaire bivalve, plantes herbacées, non lactescentes.

Nous plaçons dans cette famille les genres suivans: Stylidium Swartz; Levenhookia, Brown; Forstera Persoon, ou Phyllachne, Forster.

V. GESNÉRIÉES. Corolle irrégulière; étamines distinctes, au nombre de quatre; capsule uniloculaire contenant un grand nombre de graines attachées à deux trophospermes pariétaux.

Richard père, qui a établi cette famille, y rangeait les genres Gesneria, Plumier; Gloxinia, L'Hérit.; Columnea, Willd.

Envisagée sous ce point de vue, la tribu des Campanulacées nous paraît extrêmement naturelle, et l'on a, par cette disposition, le double avantage de conserver, comme familles distinctes, les cinq groupes dont nous avons esqissé les caractères, et cependant de les réunir par des caractères généraux qui leur sont communs. Cette méthode serait également applicable à la plupart des autres familles, qu'on pourrait grouper pour en former des tribus. Voyez pour de plus grands détails les mots GESNÉRIÉES, GOODÉNOVIÉES, LOBÉLIAÉES, LOBÉLIACÉES et STYLIDIÉES. (A. R.)

CAMPANULAIRE. Campanularia. POLYP. Lamarck (Hist. natur. des Anim. sans vert., T. II, p. 112) a donné ce nom à un genre de Sertulariées, que nous avions nommé Clytie dans notre premier Mémoire sur les Polypiers en 1810.—Il y réunit le Sertularia dichotoma de Linné, que nous regardons comme une Laomédée. V.ce mot et CLYTIE. (LAM.. X.)

CAMPANULE. Campanula. BOT. PHAN. Ce genre, qui a donné son nom à la famille des Campanulacées, et qui appartient à la Pentandrie Monogynie, L., se distingue facilement par son calice monophylle, tantôt à cinq, tantôt à dix divisions plus ou moins profondes, dont cinq alors sont réfléchies; par sa corolle en ferme de cloche et à cinq lobes; par ses étamines dont les anthères longues et droites sont posées sur des filets tellement larges à leur base qu'ils recouvrent le sommet de l'ovaire; par son stigmate tripartite, et enfin par sa capsule triloculaire, rarement quinqueloculaire, et de forme très-variée. Les Campanules sont des Piantes herbacées, ou bien rarement de petits Arbrisseaux qui ont des fleurs munies de bractées et disposées en épis en panicules, ou solitaires dans les aisselles des feuilles. Elles forment un groupe très-naturel de Plantes, dont plusieurs sont cultivées et font l'ornement des jardins d'Europe lorsque la saison d'été est avancée. Parmi les espèces les plus remarquables sous ce rapport, nous citerons: la Campanule à larges feuilles, C. latifolia; la C. gantelée, C. Trachelium; la C. à feuilles de pêcher, C. persicifolia, dont les fleurs doublent aisément et varient du blanc au bleu le plus tendre; le Carillon, C. medium; la Pyramidale, C. Pyramidalis; la plupart transportées de nos hois dans nos parterres; et la C. dorée, C. aurea. Cette dernière espèce, qui est originaire de Madère ou des Canaries, a des fleurs jaunes d'un aspect assez particulier; leur structure est aussi assez différente de celles des autres Campanules pour la faire considérer comme un genre distinct. Mais si les Campanules charment la vue par l'agrément de leurs fleurs, elles ne fournissent d'un autre côté aucune Plante utile, si ce n'est peut-être la Raiponce des jardiniers, C. Rapunculus, L. dont on mange les racines en salade. Quoique celles-ci soient un peu dures, leur goût de Noisette les fait rechercher. Presque toutes les autres Campanules ont un suc lactescent très-amer, et par conséquent ne peuvent être comestibles. On a séparé des Campanules la Campanula Speculum, L., pour en constituer un nouvcau genre que L'Héritier et De Can dolle ont nommé Prismatocarpus, V. ce mot. Durande (Flore de Bourgogne) avait déjà fait la même innova-

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tion, et lui avait donné le nom de Legouzia. (G.. N.)

* CAMPANULÉ. Campanulatus. BOT. PHAN. Ce terme a à peu près la même signification que Campaniforme; cependant il se dit plus particulièrement des calices et des corolles formés de plusieurs pièces, dont la disposition générale approche de la forme d'une cloche. (A. R.)

* CAMPARELLE. BOT. PHAN. Syn. d'Agaricus campestris; Champignon commun dans toute la France. (B.)

* CAMPDERIE. Campderia. BOT. PHAN. Le professeur Lagasca, dans son Traité des Ombellifères inséré dans le second numéro de ses Amenitates de las Espanas, a établi un genre sous ce nom pour le Sium siculum de Linné; ce genre se distingue des autres Sium par ses fleurs jaunes, ses pétales entiers et roulés, son fruit allongé et cylindrique. Le Campderiasicula de Lagasca est une Plante vivace qui croît en Orient, en Corse, en Barbarie; ses feuilles pinnées se composent de folioles obliquement cordiformes et dentées en scie; ses ombelles sont terminales, accompagnées d'un involucre polyphylle, ses ombellules sont presque globuleuses, également environnées d'un involucelle polyphylle. Ignorant l'existence de ce genre, nous avions nous-mêmes proposé un genre Campderla pour deux belles Plantes de la famille des Broméliacées qui croissent, l'une au Brésil, et l'autre sur les bords de l'Orénoque. Nous avons depuis changé ce nom en eelui de Radia en l'honneur de Radius, auteur d'une Monographie des genres Pyrola et Chimophila, mais ce genre devra probablement être encore détruit, car il paraît être le même que le Velosia de Vandelli, genre qui n'avait été adopté ni mentionné par aucun autre botapiste, et dont Auguste de Saint-Hilaire promet de nous faire connaître plusieurs espèces nouvelles qu'il a recueillies dans le voyage qu'il vient de faire avec tant de succès, dans l'intérieur du Brésil. (A. R.)

* CAMPE. INS. Ce mot grec désigne les Chenilles dans Aristote et autres auteurs anciens: de-là Hippocampe (Cheval-Chenille), Pithyocampe (Chenille du Pin), etc. (B.)

CAMPÉCHE OU BOIS DE CAMPÉCHE. BOT. PHAN. V. HÉMATOXYLE. (B.)

CAMPECHIA ET CAMPECIA. BOT. PHAN. (Adanson et Scopoli.) Syn. d'Hématoxyle. V. ce mot. (B.)

* CAMPÉCOPÉE. Campecopea. CRUST. Genre dé l'ordre des Isopodes, section des Ptérygibranches, créé par Leach (Linn. Trans. Societ., T. XI), et ayant pour caractères distinctifs: appendices postérieurs du ventre, dont la petite lame extérieure seule est saillante; thorax ayant l'avant-dernier article plus grand que le dernier; appendice ventral postérieur courbé, allongé.—La courbure de l'appendice ventral postérieur distingueles Campécopées des Nésées, qui ont cette partie droite; ils diffèrent des Cymodocées, des Dynamènes, des Zuzares et des Sphéromes par la petite lame extérieure des appendices du ventre, qui seule est saillante, tandis que dans les genres que nous venons de citer, la petite lame intérieure devient apparente; Leach (Diet, des 8e. nat., T. XII, p. 341) classe le genre Campécopée dans la seconde race de sa famille des Cymothoadées. Latreille (Règ. Anim. de Cuv.) le réunit au genre Sphérome.

Deux espèces appartennent au genre que nous décrivons.

CAMPÉCOPÉE VELUE, Camp. hirsuta de Leach ou l'Oniscus hirsutus de Montagu (Act, Soc. Linn.). Elle habite les rochers de la côte méridionale du Devonshire en Angleterre.

CAMPÉCOPÉE DE CRANCH, Camp. Cranchii de Leach, découverte par M.-J. Cranch à Falmouth sur la côte ouest de l'Angleterre. V. CYMOTHOADÉES et SPHÉROME. (AUD.)

* CAMPEE. Campœa. INS. (Lamk. An. sans vert. t. 3. p. 568.) Genre de Lépidoptères, de la division des Phalénides. V. ce mot. (B.)

CAMPELIE. Compelia. BOT. PHAN.

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Ce genre, de la famille naturelle des Commelinées, a été proposé par Richard père, et adopté par Kunth pour le Commelina zanonia de Linné, qui offre les caractères suivans: les lleurs sont sessiles et réunies au nombre de Sept à huit à l'aisselle des deux feuilles supérieures, qui sont très-rapprochées l'une de l'autre; le calice est à six divisions étalées, trois intérieures pétaloïdes, persistantes et charnues; trois extérieures caduques; étamines au nombre de six, à filets grêles et glabres, à anthères dont les deux loges sont écartées par un connectif anguleux et très-large; ovaire sessile trigone, à trois loges, contenant chacun deux ovules; style de la longueur des étamines, renflé vers sa partie supérieure où il se termine par un stigmate concave dont les bords sont glanduleux. Le fruit est une capsule triloculaire, s'ouvrant en trois valves par sa partie supérieure, et environnée par les trois divisions persistantes du calice, qui deviennent épaisses et charnues.

La seule espèce qui forme ce genre Croît communément dans presque toutes les contrées del'Amérique méridionale, aux Antilles, à la Guiane, dans le royaume de la Nouvelle-Grenade, etc. Elle a été figurée par Redouté dans ses Liliacées. vol. 4, t. 192. (A. R.)

CAMPEPHAGA. OIS. (Vieillot.) V. ÈCHENILLEUR. (B.)

* CAMPÈRIEN. POIS. Espèce du genre Scombresoce. V. ce mot. (B.)

CAMPESTRES. OIS. Vingt-sixième famille du quatrième ordre de la Méthode ornithologique d'Illiger, dont les caractères consistent dans un bec médiocre, droit et légèrement crochu; des ailes propres au vol; des pieds tridactyles fendus, ayant les tarses réticulés. Les Outardes sont comprises dans cette famille. (B.)

CAMPHORATA. BOT. PHAN. C'est-à-dire qui sent le Camphre. Nom que la plupart des anciens botanistes donnaient à la Plante que nous appelons Camphrée. V. ce mot. Commelin l'appliquait au Selago corymbosa, L. V. SELAGE. (B.)

* CAMPHORATES. Résultats de la combinaison de l' Acide camphorique avec les bases salifiables. On n'a encore trouvé aucun de ces sels comme production naturélle. (DR.. Z.)

* CAMPHORIQUE. V. ACIDE.

CAMPHRE. BOT. PHAN. Substance particulière, limpide, odorante, amère, solide, onctueuse, fusible, éminemment inflammable, très-peu soluble dans l'eau, facilement dissoluble par l'Alcohol, les Huiles, etc. Le Camphre est un produit immédiat de beaucoup de Végétaux; il abonde dans le Laurus Camphora, L. d'où on l'extrait au Japon, en distillant son bois avec de l'eau dans de grandes cucurbites surmontées de chapiteaux dont l'intérieur est garni de cordes en paille de Riz. On le raffine par une sublimation lente. Soumis à l'action de l'Acide nitrique, aidée d'une douce chaleur, le Camphre se convertit en Acide camphorique. Les usages du Camphre dans la médecine sont très-étendus; il est surtout employé comme topique. On a mis à profit l'aversion que son odeur causait à divers Insectes pour les éloigner, avec son secours, des Collections zoologiques d'Histoire naturelle. On retire du tronc d'une espèce de Laurier qui croît à Sumatra, un Camphre impur dont les propriétés sont beaucoup plus actives que celles que l'on a reconnues au Camphre du commerce.

CAMPHRE ARTIFICIEL. En faisant passer un courant de Chlore à travers les Huiles essentielles, il s'en précipite une substance qui a beaucoup d'analogie avec le Camphre. (DR.. Z.)

CAMPHRÈE. Camphorosma, L. BOT. PHAN. Ce genre est placé dans la famille des Chénopodées, et dans la Tétrandrie Monogynie, L. H a pour caractères: un calice ou périgone simple, urcéolé, à quatre dents dont deux alternes sont plus grandes;

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quatre étamines à filets saillans hors de la fleur; un style à deux stigmates et une capsule monosperme.

On n'en connaît qu'un très-petit nombre d'espèces (quatre à cinq); elles, habitent les lieux stériles et sablonneux des pays méridionaux: la seule remarquable est la Camphrée de Montpellier, Camphorosma Monspeliaca, L., connue de C. Bauhin et des anciens botanistes sous le nom de Camphorata. On lui attribuait autrefois des propriétés médicales, saus doute fort exagérées, mais que ses qualités physiques, et principalement la forte odeur de Camphre qu'elle exhale, doivent empêcher de trouver ridicules. C'est à tort que Willdenow a réuni au genre Camphorosma le Louichea pteranthus décrit par L'Héritier (Stirp. I, p. 135, t. 65). Il a suivi en cela l'exemple de Linné qui en avait déjà fait une espèce de Camphrée; mais l'examen des caractères de cette Plante nous porte à la. considérer comme appartenant à un genre tout-à-fait distinct.

Morison donnait le nom de Camphorosma au Dracocephalum canariense. V. DRACOCÉPHALE. (G.. N.)

CAMPHRIER. BOT. PHAN. Laurus Camphora, L., espèce du genre Laurier. V. ce mot et CAMPHRE. (B.)

CAMPHUR. MAM. Animal fabuleux qui paraît être un double emploi de la Licorne; les Arabes le représentent comme un Ane sauvage qui aurait une seule corne au milieu du front. (B.)

CAMPHUR. BOT. PHAN. Syn. arabe de Camphre. (B.)

* CAMPILOMYZE. Campilomyza. INS. Genre de l'ordre des Diptères, famille des Némocères, établi par Meigen (Descript. Syst. des Diptères d'Europe, T. I, p. 101), qui le range provisoirementà côté des Cécidomyies et lui assigne pour caractères: antennes étendues, cylindriques, de quatorze articles, dont les deux inférieurs plus gros; trois yeux lisses; ailes poilues à trois nervures.—Ce genre se distingue au premier abord des Lasioptères par le nombre des nervures aux ailes, et la présence des yeux lisses; ce dernier caractère est le seul qui l'éloigne des Cécidomyies. Meigen décrit quatre espèces auxquelles il donne les noms de flavipes, bicolor, atra et aceris; il figure la première. (AUD)

* CAMPILOPUS. BOT. CRYPT. (Mousses.) Ce genre a été créé par. Bridel (Methodus Muscorum, p. 71) qui l'a caractérisé ainsi: péristome de seize dents bifides ou perforées, coiffe mitriforme, laminée à la base. Il paraît très-difficile de le distinguer des Grimmia, dont plusieurs ont aussi les dents du péristome perforées, et il faut convenir qu'il est presque impossible de placer dans deux genres différens les Grimmia ovata et Donniana, et quelques autres qui présentent un aspect parfaitement semblable, et dont les unes ont les dents perforées, ou même légèrement bifides au sommet, et les autres les ont entières. Outre plusieurs espèces de Grimmia, Bridel rapporte encore à ce genre plusieurs espèces de Dicranum, dans lesquelles il dit que la coiffe n'est pas fendue latéralement, ce qui serait contraire aux observations de la plupart des botanistes qui ont étudié cette famille: tels sont les Dicranum flexuosum, scottianum, etc. Enfin, en adoptant ces observations, ce genre ne différerait des Trichostomes que par les dents plus larges et moins profondément divisées. Si on voulait distinguer ce genre des Grimmia d'après la forme des dents du péristome, les espèces qui devraient lui servir de type sont le Dicranum saxicola, le Dicranum ovale, le Dicranum pulvinatum, qui ont été rangés successivement parmi les Grimmia et les Trichostomum, ce qui prouve assez que leur position est douteuse; on devrait peut-être aussi y rapporter quelques Trichostomes à dents courtes; tels que les Trichostomum patens, funale, ellipticum, etc. V. GRIMMIA, TRICHOSTOMUM et DICRANUM.

(AD. B.)

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* CAMPINI. BOT. ORYPT. C'est dans la basse latinité le nom qui désigne les Champignons, et d'ou paraît être venu ce mot. (B.)

CAMPKIT. BOT. PHAN. V. CAMCHAIN.

CAMPOIDES. BOT. PHAN. (Rivin.) Syn. de Scorpiurus vermiculata, L. V. CHENILLÈRE. (B.)

CAMPOMANÈSIE. Campomanesia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Myrtacées, établi par Ruiz et Pavon, et dont ils ont donné les détails dans leur Genera, p. 72, t. 13. Ce genre offre, selon Jussieu, de très-grands rapports avec le Decaspermum de Forster; tandis qü Persoon en a fait une espèce du genre Goyavier ou Psidium.

La seule espèce décrite par Ruiz et Pavon, sous le nom de Campomanesia linearifolia (Syst. Fl. Peruv. I, p. 128), est un grand et bel Arbre qui croît dans les forêts les plus chaudes des Andes, et que l'on cultive dans les jardins du Péroü. Ses feuilles sont ovales; ses pédoncules axillaires et unillores. Ses fruits sont jaunes et de la grosseur d'une petite Pomme. On les mange; leur Saveur est fort agréable. (A. R.)

* CAMPOUDI. BOT. PHAN. (Rochon.) Plante indéterminée de Madagascar, qui est peut-être la même que Piripéa. V. ce mot. (B.)

CAMPSIS. (Loureiro.) BOT. PHAN. L'éditeur de la Flore de Cohinchine de Loureiro, Willdenow prétend que la Plante décrite dans cet ouvrage, sons le nom de Campsis adrepens et appelée Lien Sien par les habitans, n'est autre que l'Incarvillœa sinensis, Lamk. (Encycl, T. III, p. 243.) Néanmoins Jussieu, qui a établi ce dernier genre (Genera Plant., p. 158), pense que si ces deux Plantes ne sont pas de genres différens, ils ne constituent pas certainement une seule espèce. Il incline même pour l'admission du genre Campsis, Si toutefois les caracteres suivans donnés par Loureiro sont exacts: calicè à cinq divisions acuminées presque inégales; corolle infundibuliforme, à limbe grand, ouvert et divisé en cinq lobes arrondis et égaux; etamines didynames dont les filets sont courbés; style filiforme plus long que les étamines, terminé par un stigmate spatulé; capsulé bivalve, tétragone, polysperme; semences presque rondes. Dans l'espèce que Loureire a trouvée pràs de Canton en Chine, la tige est grimpante et s'accroche aux troncs des Arbres, les feuilles sont bipinnées, dentées en scie et glabres; les fleurs, d'un rouge vif, sont disposées en corymbe et terminales. Il Suffira d'énoncer quelques caractères de l'Incarvillée pour en faire saisir les différences: dans ce genre, la corolle est irrégulière, le fruit siliquiforme, et les semences membraneuses sur leurs bords; les anthères inférieures offrent encore un caractère remarquable, celui d'avoir deux soles à la base, mais comme elles ne sont pas décrites complétement dans le Campsis, peutêtre cette remarque aura-t-ellé échappé à Loureiro. D'après les échantillons conservés dans les herbiers, cette Plante est ligneuse et n'a pas les feuilles tout-à-fait bipinnées, comme celles du Campsis, mais elles y sont découpées irrégulièrement. Au sur plus, quelle que soit l'opinion qu'on adoptera sur la séparation ou la réunion de ces deux genres, on les placera toujours dans la famille des Bignonlacées. (G.. N.)

CAMPULAIA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Rinanthées, caractérisé par un calice tubuléux, terminé par cinq divisions aiguës; une corolle irrégulière dont le tube allongé se recourbe vers le sommet, et dontle limbe présente deux lèvres, la supérieure à demi-bifide, l'inférieure à trois lobes égaux et arrondis; quatre étamines didynames, insérées vers la courbure du tube, par des filets courts dans les deux supérieurs, presque nuls dans les deux autres; un style de la longueur de la corolle et recourbé comme elle, terminé par un stigmate renfle; une capsule à

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deux valves, sur le milieu desquelles s'insère une cloison qui la divise en deux loges, contenant des graines nombreuses, petites et striées.

Aubert Du Petit-Thouars, auteur de ce genre, en a observé deux espèces, l'une dans l'lle-de-France, où elle se trouvait abondamment vivant parasite sur les racines et remarquable par sa corolle s'carlate; et la seconde dans l'île de Madagascar. Ce sont des Plantes herbacées, vivaces, à racine écailleuse à tige simple, à feuilles apposées en bas, alternes plus haut; à leurs solitaires et arillaires, accompagnees deux bractées linéaires. Leur port est celui du Bartsia. (A. D. J.)

CAMPULOA. BOT. PHAN. V. CAMPULOSE.

CAMPULOSE. Campulosus. BOT. PHAN. Sous ce nom, Desvaux avait établi un genre de la famille des Graminées, et il en avait publié la description dans le bulletin de la Société philomatique. Palisot-Beauvois (Agrostographie, p. 63) l'a adopté sans aucun changement: c'est pourquoi nous donnons ici le nom primitif de ce genre qui a été changé ensuite par Desvaux lui-même en celui de Campuloa (Journ. de Botan., v. 3, p. 69). Ce genre est caractérisé par ses épillets alternes, sessiles et unilatéraux, par sa lépicène inégale, à deux valves, dont la supérieure est bifide et munie sur le dos d'une barbe couchée obliquement sur l'axe; les fleurs sont en outre polygames. On ne connaît encore que deux espèces de Campuloses: la première est le Chloris monostachya, Mich., et la secende le Cynosurus furcatus, Willd. Le facies de ces Graminées, et surtout de la première, est tellement particulier, qu'on ne conçoit pas comment ce genre avait pu échapper à la recherche de ceux qui, avant Desvaux, ont examiné de nouveau cette nombreuse famille. (G.. N.)

CAMPYLUS. MOLL. FOSS. V. MAGILE.

CAMPYLUS. BOT. PHAN. Loureiro déefit, sous ce nom, un Arbrisseau grimpant de la Chine, à feuilles alternes, rares et portées sur de longs pétioles, à fleurs disposées en grappes terminales, flexueuses, munies de bractées trilobées. Le calice est tubuleux, à cinq divisions inégales; la corolle présente un tube et un limbe à deux lèveres, la supérieure subulée, l'inférieure ovale. Cinq étamines inégales s'insèrent à ce tube vers sa base. L'ovaire libre se termine par un style unique, et celui-ci par un stigmate à Cinq lobes. Le fruit est une capsule à cinq leges polyspermes. Ce genre, ainsi caractérisé. n'a pu être rapporté à aucune des familles établies jus-qu'ici. (A. D. J.)

CAMPYNÈMA. BOT. PHAN. Genre etabli par La Billardière (Fl;. Nov.-Holl., I, p. 93, tab. 121), d'après une Plante recureillie au cap de van-Diemen, et qui présente les caractèrés suivans: le calice, adhérent à l'ovaire et pétaloïde, se divise supérieurement en six lobes, au bas desquels s'insèrent autant d'étamities, dont les filets se recourbent en dehors de la fleur et portent des anthères oscilantes. L'ovaire, surmonté de trois styles et de trois stigmates, devient une capsule prismatique, triangulaire, allongée, qui couronne le calice persistant. Elle s'ouvre en trois valves, qui, appliquées contre l'axe central, la divisent en trois loges, contenant chacune plusieurs graines disposées sur un seul rang et attachées sur le bord des valves. On a décrit une seule espèce de ce genre, le Campynema linearis, Plante herbaoée, à racines fusiformes et fasciculées, à tige simple, chargée de quelques feuilles graminées qui l'embrassent à demi, et terminée par une seule fleur le plus souvent, et d'autres fois par deux ou quatre, dont les pédoncules sont munis vers leur milieu d'une foliole qui les dépasse. La Billardière propose de classer ce genre à la suite des Naroissées, où sa place est en effet indiquée, quoiqu'il manque de plusieurs caractères propres à cette famille, dans laquelle on observe un style simple à sa base, des graines attachées le long

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de cloisons qui s'appliquent sur le milieu des valves, et des fleurs munies de spathes. (A. D. J.)

CAM-SANH ET TSEMCAN. BOT. PHAN. Une espèce d'Oranger à la Cochinchine. (B.)

CAMSIA. BOT. PHAN. Syn. chinois de Canne à Sucre. (B.)

CAMUL. BOT. PHAN. V. CAMELANNE.

CAMULA. MAM. L'un des noms italiens du Chamois. V. ANTILOPE. (B.)

CAMUM. BOT. PHAN. Etnon Camun. V. CAMIUM.

CAMUNENG OU CAMUNIUM. BOT. PHAN. (Rumph, Amb., T. v, pl. 17, 18.) Trois Arbres portent ce nom à Amboine, le Chalcas paniculata, le Murraya, et peut-être celui dont Loureiro a fait son genre. Aglaia, si ce troisième Arbre ne doit pas former un genre nouveau auquel Jussieu propose de conserver le nom de Camunium. (B.)

* CAMURI. POIS. (Marcgraaff.) Nom brasilien d'un Poisson qui pourrait bien être voisin de l'Alose, s'il est le même que celui que les Portugais appellent Robalo. (B.)

CAMUS. MAM. L'un des noms vulgaires donné parles marins au Dauphin ordinaire, Delphinus Delphis, L. (B.)

CAMUS. POIS. Bosc donne ce nom comme celui d'un Polynème qui paraît être le Decadactylus. V. POLYNÈME. (B.)

* CAMUSE. REPT. OPH. Nom vulgaire d'une Couleuvre à la Caroline. (B.)

CAMUZA. MAM. L'un des noms espagnols et italiens du Chamois. V. ANTILOPE. (B.)

CAMY-CAMY. OIS. Syn. de l'Agami, Psophia crepitans, L. à Surinam. V. AGAMI. (DR.. Z.)

CAN. MAM. Du latin Canis. Nom du Chien dans les dialectes gascons. (B.)

CAN. OIS. Syn. vulgaire du Mauvis, Turdus iliacus, L. V. MERLE. (DR.. Z.)

* CAN. POIS. C'est-à-dire Chien. Syn. d'Aiguillat, V. ce mot, dans le golfe de Gênes. (B.)

CANA. OIS. Syn. de la Poule en Finlande. V. COQ. (DR.. Z.)

CANA. BOT. PHAN. L'un des noms de l'Arundo Donax, L., dans les dialectes méridionaux. Les Espagnols prononcent Cagna, parce qu'ils écrivent ce mot par un n mouillé.

Rumph dit qu'on appelle Cana en Chine, ce qu'on nomme Cai-Gana chez les Cochinchinois, et qui est le Pimelea alba de Loureiro. On appelle CANA DE LA VIVORA, c'est-à-dire de la Vipère, la Kunthie, dans la Nouvelle-Grenade. (B.)

CANAB. BOT. PHAN. Syn. de Chanyre chez les Arabes, qui vient peut-être du latin, comme Canabou des Languedqciens, Canabiere et canabé des Provençaux, Canamo des Espagnols et Canapé des Italiens. (B.)

CANABÈ. BOT. PHAN. V. CANAB.

CANABERI. OIS. Syn. de l'Alouette Cochevis, Alauda cristata, L. en Grèce. V. ALOUETTE. (DR.. Z.)

CANABIER ET CANABOU. BOT. PHAN. V CANAB.

CANABINASTRUM. BOT. PHAN. (Heister.) Syn. de Galeopsis Galeobdolon, L. V. GALÉOBDOLON. (B.)

CANABRAZ. BOT. PHAN. Syn. portugais d'Heracleum Sphondylium. V. BERCE. (B.)

CANADA. BOT. PHAN. Syn. de Topinamboux. (B.)

CANADE. ZOOL. Il paraît que c'est un nom de pays qui désigne quelque espèce d'Oiseau-Mouche. On appelle aussi de la sorte un Poisson qui appartient au genre Gosterostée. (B.)

CANAFISTOLA OU CANAFISTULA. BOT. PHAN. Syn. de Cassia fistula, L. en espagnol. V. CANÉFICIER. (B.)

CANAHEIA. BOT. PHAN. (L'Ècluse.) Nom appliqué par les Espagnols à diverses grandes Ombellifères, telles que les Férules et les Thapsies. (B.)

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CANAL MÈDULLAIRE, BOT. PHAN. Au centre de, la tige de tous les Végétaux dicotylédons se trouve un canal longitudinal, rempli par un tissu cellulaire très-régulier. Ce canal porte le nom de Canal médullaire, et l'on appelle moelle le tissu cellulaire qu'il contient. Quelques auteurs donnent aux parois de ce canal le nom d'étui médullaire. L'étui médullaire se compose essentiellement de vaisseaux; c'est la seule partie de la tige qui offre des vaisseaux trachées dans sa composition, et la première, où l'on commence à apercevoir des vaisseaux lors du premier développement d'un jeune embryon. La forme du Canal médullaire n'est pas la même dans tous les Végétaux. Palisot de Beauvois a pruvé que cette forme de l'aire du Canal médullaire était généralement en rapport avec la disposition des feuilles sur la tige. C'est ainsi qu'il est allongé dans les Arbres dont les feuilles sont opposées; qu'il forme un triangle dans ceux qui ont les feuilles verticillées par trois, comme par exemple le Laurier-Rose, et qu'enfin il est polygone dans les Végétaux qui ont les feuilles alternes et disposées en hélice ou en quinconce.

Quelquefois le Canal médullaire est tout-à-fait vide, et la moelle n'y existe pas. Cette disposition se remarque dans toutes les Plantes qui ont la tige fistuleuse, comme dans la plupart des Ombellifères. Mais il est important de remarquer que cette particularité ne se rencontre qu'au temps où ces Plantes ont déjà acquis un accroissement considérable, et qu'il y a une époque où ces tiges ont leur Canal médullaire rempli de moelle.

Le Canal médullaire que l'on observe dans les gros troncs ligneux semble généralement beaucoup plus petit que celui des jeunes branches du même Arbre, et fort souvent il est même difficile de l'apercevoir et d'en constater l'existence. Aussi la plupart des physiologistes ont-ils écrit que par les progrès de l'âge, les parois du Canal se resserrent sur elles-mêmes, et que sa cavité finit par disparaître entièrement. Telle n'est pas l'opinion de Du Petit-Thouars. Ce savant botaniste pense qu'une fois solidifiées, les parois du Canal médullaire ne se rapprochent en aucune manière, et que le diamètre de ce Canal reste toujours le même. Mais peu à peu, dit-il, des molécules solides se déposent dans les mailles du tissu cellulaire qui forme la moelle, et il devient alors difficile de la distinguer du bois. C'est cette apparence qui en a imposé aux observateurs peu attentifs.

(A. R.)

* CANALICULAIRE. Canalicularia. BOT. CRYPT. (Lichens.) Section formée par Achar parmi les Parmélies et qui contient celles qui, telles que les furfuracea et ciliaris, ont leurs divisions canaliculées en dessous. La plupart sont devenues des Ramalines. V. ce mot. (B.)

* CANALICULÈ ET CANALICULÈE. BOT. PHAN. On désigne ainsi les parties des Plantes qui sont creusées en figure de canal; des feuilles et particulièrement des pétioles sont Canaliculées et Canaliculées. (A. R.)

CANALITES. ANNEL. V. DENTALES.

CANAMELLE. Nom imposé comme français par quelques botanistes au genre Saccharum. V. ce mot. (B.)

CANAMO OU CANAMON. BOT. PHAN. V. CANAB.

CANANG ET CANANGO. BOT. PHAN. Le premier de ces noms qui désignent l'un et l'autre, dans la langue de Sumatra, l'Uvaria odorata, L., a été étendu par quelques botanistes français à toutes les espèces du genre Uvaria. V. ce mot. (B.)

CANANGA. BOT. PHAN. Rumph, sous ce nom, décrit et figure (Herb. Amboin. t. 65 et 69) trois Arbres de la famille des Anonacées, rapportés au genre Unona. Ce sont les Unona odorata, tripetaloïdea et ligularis de Dunal.—Aublet, regardant comme congénère des Cananga de Rumph un Arbre de la Guiane, lui avait donné le même nom (Pl. de la

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Guian. t. 244); et Jussieu enfin enavait fait un genre auquel il réunissait l'Aberemoa du même auteur. Dunal, dans sa Monographie des Anonacées, et De Candolle, dans son Systema Regni vegetabilis, en adoptantle genre Guatteria de Ruiz et Pavon, lui ont joint le Canonga d'Aublet. V. GUATTERIA. (A. D. J.)

CANANGA est aussi l'un des noms du Convolvulus Balatas chez les Indous. V. LISERON. (B.)

CANAN-POULOU. BOT. PHAN. Nom d'une espèce de Seirpe indéterminé, à la côte de Coromandel. (B.)

CANAOA. BOT. PHAN. (Surian.) Syn. caraïbe de Coeoloba. (B.)

CANAPA. BOT. PHAN. V. CANAPÉ.

CANAPACIA. BOT. PHAN. (Cœsalpin.) Syn. d'Armoise. V. ce mot. (B.)

CANAPÉ. BOT. PHAN. Ét non Canapa. V. CANAB.

CANAPETIÈRE. OIS. Même chose que Ganepetière. V. ce mot. et OUTARDE. (DR.. Z.)

CANAPI. BOT. PHAN. Même chose que Canaoa. V. ce mot. (B.)

CANAPUCCIA. BOT. PHAN. L'un des synonymes de Chanvre. V. ce mot. (B.)

CANARD. MAM. L'un des noms vulgaires du Barbet, race de Chien. (A. D.. NS.)

CANARD. OIS. Anas, L. Genre de l'ordre des Palmipedes. Caractères: bec droit, large, souvent très-élevé à sa base, et garni dans cette partie de caroncules tuberculeux toujours déprimé à la pointe et plus ou moins dans le reste de son étendue, recouvert d'une peau mince, avec l'extrémité arrondie, obtuse et onguiculée; les déux mandibules plates ou dentelées en lames sur leurs bords; narines placées presque à la surface du bec, et près de sa base, ovoïdes, à demi couvertes par la membrane de la fosse nasale; pieds courts, emplumés jusqu'aux genoux, rétirés vers l'abdomen; quatre doigts; troit devant entiérement réunis par une large membrane, un derrière libre ou avec un rudiment de merabrane, aticulé assez haut sur le totse. Ailes médiocres, la première rémige, égale en longueur à la deuxième, ou un peu plus courte qu'elle.

La nature en donnant aux Cinards la double faculté de parcourir l'immensité des airs, et de sillonner les plaines de l'onde, semble les avoir destinés à faire l'ornement des rivières, des fleuves, des lacs et des mers. C'est dans ces humidés demeures qu'ils ne quittent jamais qu'à regret, et lorsqu'une force majeure les y contraint, qu'ils trouvent abondamment la nourriture appropriée à leurs organes, soit qu'elle se compose de Poissons, soit que les Mollusques, les larves, les Vers et même les Fucus ou autres Plantes des eaux en forment la base. Ils recherehent cette nourriture avec avidité, plongent même sans répugnance dans les eaux bourbeuses pour y saisir et avaler leur proie. Il est vrai qu'ils ne craignent point de gâter leur plumage. L'enduit particulier qui le recouvre, le protêge contre les atteintes de l'eau et des matières qui la salissent. C'est aussi parmi les Joncs et les Roseaux, sur les Varecs rejetés par les flots, qu'ils construisent assez négli gemment leur nid. La forme, la couleur et le volume des œufs varient dans chaque espèce. Leur nombre varie également, et non-seulement dans l'espèce, mais encore dans chaque ponte. Les Canards sont presque tous voyageurs; la plupart habitent de préférence les contrées du Nord, et l'élévation de température dans les régions méridionales les en chasse pendant l'été, ce qui détermine les deux passages assez réguliers pour chaque espèce, de printemps vers le Nord et d'automne vers le Sud. Presque tous sont sujets à une double mue annuelle, et le changement de plumage est tel, chez les mâles, qu'ils sont absolument méconnaissable aux deux époques opposées dé l'année. En général, ils prennent leur robe de noces

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sur la fin de l'automne, et ne la quittent qu'après l'accomplissement de l'ineubation.

La facilité avec laquelle divers Canards se sont pliés au joug de la domesticité en à fait pour l'homme une conquête tout à la fois brillante et très-utile. Leur multiplicité dans les bassecours surpasse souvent delle des Gallinacés. Outre une chair délicate et agréable, ils offrent dans leurs plumes un duvet à la mollesse, et à la pensée un instrument de communication qui la répand et la perpétue. L'allure du Canard, dans la basse-cour comme sur la plage des eaux, a quelque chose de fatigant et méme de pénilde. On s'aperçoit que ces Oiseaux sont hors de leur élément; ils ne portent que lentement et difficilement, l'un avant l'autre, leurs larges pieds palmés, et le déplacement des jambes courtes et embarrassées dans l'abdomen, communique au corps un mouvement d'oscillation latérale, qui en se combinant avec le mouvement de progression donne à l'Oiseau une démarche stupide et ridicule; mais à la surface des eaux, la plupart des Canards nagent avec autant de grâce que de facilité.

Le genre Canard, l'un des plus nombreux en espèces, a été divisé par plusieurs ornithologistes qui en ont séparéles Cygnes et les Oies pour en former des genres distincts; mais les caractères assignés à ces deux genres se fondant par des nuances insensibles, on a été, pour ainsi dire, forcé d'en revenir au genre unique établi par Linné, et de ne considérer que comme de simples sections les groupes que l'on avait cru pouvoir présenter sous des caractères gériques particuliers. Cuvier, Outre les sous-genres Cygne, Oie et Canard proprement dit, coupe encore ce dernier, et adopte autant de petites familles qu'il trouve de différences marquantes dans la conformation du bec.

† LES CYONÉS. Cott très-long; narines percées vers le Milieu du bec.

CYGNE A BEC JAUNE OU SAUVAGE, Anas Cygnus, L. Cygne à bec noir, Cuv. Tout le plumage blanc avec la têta et la nuque lavées de jaunâtre; bec noir, couvert à sa base par une membrane jaune qui s'étend jusqu'a la région des yeux; pieds noirs. Longueur de quatre pieds six pouces. La femelle est un peu plus petite. Les jeunes ont le plumage gris, la membrane du bec ainsi que celle des yeux, et les pieds d'un gris rougeâtre; ce n'est qu'après la secondé mue qu'ils prennent leur véritàble robe; communs dans les régions septentrionales des deux hémisphères qu'ils ne quittent que dans les froids les plus rigoureux pour passer quelques instans dans le Sud en prenant pour direction les bords de la mer ou le courant des fleuves.

CYGNE A BEC ROUGE OU DOMESTIQUE, Anas Olor, L. Cygne tuberculé, Tem. Buff. pl. enl. 913. Tout le plumage blanc, bec rouge orangé, avec le bord des mandibules; lé tuberoule charnu qui s'élève à sa base, et l'espace nu qui entoure les yeux d'un noir profond; pieds gris, nuancés dé rougeâtre. Longueur cinq pieds environ. La femelle à én général les dimensions plus petites. Les jeunes sont d'un gris brunâtre, avec le bec et les pieds plombés. Ce magnifique Oiseau paraît être Originaire des grands lacs ou des mers de l'intérieur de l'Europe; sa beauté majestueuse a fait naître l'idée de l'amener à l'état de domesticité, et dans sa douce servitude il s'est embelli sans Se dégrader; il fait l'Ornement des canaux, des bas sins que le luxe creuse à grands frais, à l'entour des habitations de plaisance, et malgré l'habitude que l'on à de les voir, l'œil aime toujours à se reposer sur ce symbole vivant de la grâce, de la candeur et de la propreté. Tous les ans, dés la fin de février, chaque couple, aussi tendre que fîdèle, construit un nid d'un gros amas de roseaux, qu'il place souvent dans un endroit de prédilection. La femelle y pond six ou sept œufs, et les couvependant six, semaines avec une extrême assiduité; les petits ne quittent

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leurs parens que vers le mois de novembre, et vivent réunis jusqu'au moment où l'amour leur fait désirer une société plus intime.—L'éducation des Cygnes est un objet assez important pour la Hollande et la Belgique, d'où l'on en expédie souvent pour des contrées lointaines.

CYGNE BRONZÉ, Anas melanotos, Lath. Buff. pl. enl. 937. Tête et moitié supérieure du cou blancs, mouchetés de noir; parties supérieures noires, à reflets bronzés; parties inférieures et bas du cou d'un blanc pur; rectrices étagées; une large excroissance charnue à la base du bec qui sont l'un et l'autre, ainsi que les pates, noirs. Longueur, trois pieds. Des Indes.

CYGNE A CRAVATE, Anas Canadensis, L. Buff. pl. enl. 346. Oie de Canada. Tout le plumage varié de brun et de gris, à l'exception de la tête et du cou qui sont cendrés, de la queue et de la gorge qui sont noires. Une bande blanche traverse celleci. Longueur, deux pieds dix pouces. De l'Amérique septentrionale. Élevé en domesticité.

CYGNE DE GAMBIE, Anas Gambensis, L. Sommet de la tête blanchâtre; nuque, haut du cou, aréole des yeux roussâtres; un collier roux; parties supérieures d'un noir pourpré; ailes armées de deux gros éperons; rémiges noires; petites tectrices alaires, blanches, traversées d'un trait noir; les grandes d'un vert chatoyant; parties inférieures rayées de gris et de blanc jaunâtre; rectrices noires; jambes très-longues; une petite caroncule noire sur le front. Longueur, trois pieds. La femelle a brun marron, ce qui est noir-pourpré dans le mâle d'Afrique.

CYGNE DE GUINÉE, Anas cygnoides, L. Buff. pl. enl. 374. Parties supérieures d'un gris-brun; tête et cou gris, avec une membrane qui forme une poche sous la gorge; parties inférieures fauves; rémiges et rectrices brunes; un tubercule charnu sur la base du bec. Longueur, trois pieds neuf pouces.

CYGNE NOIR, Anas Plutonia, Shaw. Anas atrata, Lath. Nat. M. pl. 108. Labill. V. pl. 17. Entièrement noir à l'exception des six premières rémiges qui sont blanches, du bec et de l'espace oculaire nu qui sont rouges. Longueur, quatre pieds et demi. Les jeunes sont d'un gris cendré. De la Nouvelle-Hollande.

CYGNE SAUVAGE. V. CYGNE A BEC JAUNE.

CYGNE A TÊTE et COU NOIRS, Anas nigricollis, Lath. Anas melanocephala, Gmel. Blanc à l'exception de la tête et de la partie supérieure du cou qui sont noirâtres, veloutées, du bec qui est rouge. Longueur, trois pieds deux pouces. De la partie la plus méridionale de l'Amérique.

†† LES OIES. Cou de moyenne longueur; bec plus court que la tête, un peu conique, ainsi que les dentelures du bord des mandibules.

OIED'AFRIQUE. V. OIED'ÉGYPTE.

OIE ANTARCTIQUE, Anas Antarctica, Lath. Gmel. Entièrement blanc, avec le bec noir et les pieds jaunes. Longueur, deux pieds quatre pouces. La femelle est tachée de cendré sur la tête, de brun sur le cou et le dos, et de noir aux parties inférieures; les rémiges sont brunes; le bec est jaunâtre. A la Terre-dè-Feu.

OIE DE BERING, Anas Beringii, Lath. Le plumage blanc, à l'exception des ailes qui sout noires, et de la partie supérieure du cou qui est bleuâtre; une tache verdâtre près des oreilles et une caroncule jaune sur la base du bec. Du Kamtschatka.

OIE BERNACHE, Anas leucopsis, Tem, Anas erythropus, Gmel. Buff. pl. enl. 855. Parties supérieures cendrées, avec les plumes terminées de noir et frangées de gris; sommet, côtés de la tête et gorge blancs; nuque, cou, haut de la poitrine, extrémité des rémiges et rectrices noirs; parties inférieures blanches; bec et pieds noirs. Longueur, deux pieds. Les jeunes ont du roussâtre sur le dos et une bande noire entre le bec et l'œil. Du nord de l'Europe.

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OIE BLANCHE, Anas candidus, Ganso blanco, Azara. Entièrement blanche, à l'exception d'une grande tache noire à l'extrémité des rémiges, du bec et des pates qui sont d'un rouge de rose. Longueur, trois pieds. Amérique méridionale.

OIE BORÉALE, Anas borealis, Lath. Tout le plumage blanc, à l'exception de la tête qui est d'un vert chatoyant. Longueur, deux pieds trois pouces. D'Islande.

OIE DE BRENTA. V. OIE CRAVANT.

OIE BRONZÉE. V. CYGNE BRONZÉ.

OIE CAGE, Anas hybrida, Lath. Entièrement blanche, à l'exception du bec et des pieds qui sont jaunes, avec une membrane rouge au premier de ces organes. Longueur, trois pieds. La femelle est noire avec quelques filets blancs sur les plumes, le bec et les pieds rouges. De l'Amérique méridionale.

OIE DU. CANADA. V. CYGNE A CRAVATE.

OIE DU CAP DE BONNE-ESPÉRANCE. Buff. V. OIE D'ÉGYPTE.

OIE CENDRÉE, Anas Anser, Lath. Gmel. Parties supérieures cendrées, brunâtres, avec les plumes lisérées de blanchâtre; tête et cou d'un cendré clair; petites tectrices alaires et bord extérieur des rémiges d'un cendré blanchâtre; les ailes pliées n'atteignant point l'extrémité de la queue; parties inférieures d'un cendré clair, avec l'abdomen et les rectrices inférieures blancs; bec fort et gros, d'un jaune orangé, ainsi ciue la membrane des yeux; l'onglet blanchâtre; pieds couleur de chair. Longueur, deux pieds dix pouces. Des contrées orientales de l'Europe. Elle est la souche de toutes les races que l'on tient en domesticité. Dans quelques provinces de l'Europe, on en élève des quantités prodigieuses qui paissent les champs par bandes comme des troupeaux de Moutons; le nord de l'Allemagne et la Poméranie surtout en nourrissent peut-être plus que le reste du monde. Cet Oiseau forme aussi l'une des richesses des landes aquitaniques, où l'on prépare ses membres d'une façon à l'aide de laquelle ils deviennent un mets délicat capable d'être transporté au-delà des mers. Les foies de l'Oie domestique, ainsi que celui du Canard, fournissent un autre mets plus recherché encore des Sybarites de nos jours; mais la manière dont on martyrise l'Animal pour en obtenir le foie plus gras est l'une des plus grandes méchancetés humaines. L'instinct de l'Oie qui en fit un Oiseau timide en fit aussi un être brutal qu'un regard incommode, et qui va toujours. menaçant, même lorsqu'il fuit, les autres compagnons de son esclavage, sans que souvent on devine les motifs de sa colère ridicule. Les anciens vénéraient cet Oiseau, et tout le monde connaît les Oies du Capitole.

OIE A COIFFE NOIRE, Anas indica, Lath. Parties supérieures grises, avec les plumes bordées de cendré-clair; parties inférieures cendrées, avec les plumes de l'abdomen brunes, bordées de blanc; tête, haut du cou et gorge blancs; un double croissant noir sur la nuque; rectrices grises avec l'extrémité blanche. De l'Inde.

OIE DE COROMANDEL, Anas Coromandeliana, Lath. Sarcelle de Coromandel, Vieill. Buff. pl. enl. 949 et 950. Parties supérieures d'un brun noirâtre changeant faiblement en verdâtre; base du bec entourée de petites plumes blanches; dessus de la tête noirâtre avec un reflet verdâtre; derrière du cou tacheté de cette même couleur sur un fond blanc sale; joues, devant du cou et parties inférieures d'un blanc pur: rémiges noirâtres et blanches vers leur extrémité; rectrices noirâtres; bec noir; dessus des doigts d'un jaunâtre sombre. Longueur, dix pouces six lignes. La femelle est d'un brun sombre où le mâle est irisé en vert; elle a en outre le bas du cou rayé transversalement de noirâtre.

OIE COSCORABA, Anas Coscoroba, Lath. Blanc avec le bec et les pieds rouges. Longueur, deux pieds dix pouces. Cette espèce habite l'Amérique méridionale.

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OIE DE LA CôTE DE COROMANDEL, Buff. V. CYGNE BRONZÈ.

OIE A COU ROUX, Anas rufieollis, L. Pallas. Parties supérieures, gorge et ventre noirs; du blanc entre le bec et l'œil, derrière les yeux et sur les côtés du cou; une ceinture de cette couleur sur la poitrine; devant du cou et poitrine roux, avec une bande noire le long de la partie postérieure du cou; abdomen et tectrices caudales inférieures blancs; bec brun, pieds noirs. Longueur, un pied neuf pouces. Du nord de l'Asie.

OIE CRAVANT, Anas Bernicla, L. Lath. Buff. pl. enl. 362. Parties supérieures grises, avec les plumes terminées de cendré-clair; les parties inférieures de même à l'exeeption de l'abdomen et des tectrices caudales qui sont blancs; tête, cou et poitrine d'un noir terne, avec une tache blanche de chaque côté du cou; rémiges, rectrices, bec et pieds noirs. Longueur, un pied dix pouces. Les jeunes ont le cou entièrement gris et du roux mêlé au cendré du plumage; ils ont aussi les pieds rougeâtres. Du nord de l'Europe et de l'Amérique.

OIE A CRAVATE. V. CYGNE A CRAVATE.

OIE CYGNOIDE. V. CYGNE DE GUINÉE.

OIE A DEMI-PALMÈE, Anas semipalmot, Lath. Parties supérieures grises; téte, cou et jambes d'un brun noirâtre; un collier blanc, ainsi que le croupion et les parties inférieures; bec brun: pieds rouges, avec les doigts unis par les membranes dans une partie de leur longueur. Taille, deux pieds neuf pouces. De la Nouvelle-Hollande.

OIE DOMESTIQUE. C'est l'OIE CENDRÉE dont le plumage est plus ou moins modifié par l'effet de la domesticité.

OIE A DUVET. V. CANARD EIDER.

OIE D'ÈGYPTE, Anas Ægyptiacus, Lath. Anser varius, Mey. Buff. pl. enl. 379, 982 et 983. Parties inférieures d'un cendré-roussâtre, varié de zig-asags bruns; aréole des yeux, devant du cou et quelques rémiges d'un marron-clair; parties inférieures blanches, ainsi que les petites et moyennes tectrices alaires; les grandes sont d'un vert chatoyant; extrémité des rémiges et rectrices noires; bec et pieds rougeâtres; un petit éperon au poignet. Longueur, un pied dix pouces. Cette Oie que l'on trouve sur toute la côte orientale d' Afrique arrive quelquefois acciden tellement en Europe.

OIE EIDER. V. CANARD EIDER.

OIE D'ESPAGNE, Alb. V. CYGNE DE GUINÉE.

OIE DES ESQUIMAUX. V. OIE HYPERBORÉE.

OIE A FRONT BLANC. V. OIE RIBUSE.

OIE GRISE, Anser griseus, Vieil. Parties supérieures grises tachées de noir, les inférieures cendrées; rémiges et rectrices noires; bes bombé, couvert d'une membrane jaunâtre; pieds à demi-palmés avec les ougles très-crochus. Longueur, deux pieds six pouces. De la terre de Diemen.

OIE DE GUINÉE. V. CYGNE DE GUINÉE.

OIE GULAUND. V. OIE BORÉALE.

OIE HYPERBORÉE, Anas hyperborea, Gmel. Tout le. plumage blane, à l'exception du front qui est jaunâtre et très-élevé, de la moitié inférieure des rémiges qui est noire; mandibule supérieure rouge; l'inférieure blachatre; les onglets bleus; partie latérale du bec coupée par dos sillons longitudinaux et des dentelures; aréole des yeux rouges; pieds d'un rouge de sang. Longueur, deux pieds six peuces. Les jeunes ont tout le plumage d'un cendré-bleuâtre. A la seconde mue, ils ont la tête et la partie supérieure du cou blancs; la partie inférieure du cou, la poitrine et le dos d'un brun-cendré-violet, avec les plumes torminées de bleu-clair; les tectrices alaires cendrées; le ventre et l'abdomen blanchâtres, variés de brun. C'est alors Anas cœrulescens, Gmel.; l'Oie des Esquimaux, Buffon. Cette espèce est du nord de l'Europe.

OIE DES ILES MALOUINES, Anas leucoptera, Lath. Brown. Nouv.-Holl.

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pl. 40. Blanche, avec des raies noires sur le haut du dos et les flanes; remiges noires, avec une bande transversale blanche et une large plaque verte: rectriees blanches, les deux intermédiairos noires; un éperon obtus au poingnet. Longueur, deux pieds quatre pouces. La femelle est en général d'une teinte fauve, avec la plaque verte des ailes moins vive.

OIE INDIENNE. V. OIE A COIFFE NOIRE.

OIE JABOTIÈRE. V. CYGNE DE GUINÉE.

OIE DE JAVA, Anas Jevanensis, N. Parties supérieures noires, à brillans reflets verts; front et sommet de la tête d'un brun noirâtre; cou et parties inférieures d'un blanc légèrement tacheté de grisâtre; un grand collier noir sur le haut de la poitrine; les plumes des épaules, des flancs et da croupion finement rayées de noir; une grande tache blanche vers l'extrémité des rémiges qui sont noirâtres ainsi que les rectrices; tectrices caudales inférieures blanches, avec une bande noire; bec et pieds entièrement noirs. Longueur, onze pouces. Celle espèce qui nous a été envoyée comme nouvelle n'est peut-être qu'une variété de l'Anas Coromandeliana.

OIE KASARKA. V. CANARD KASARKA.

OIE DE MADAGASCAR, Anas Madagascariensis, Lath. Sarcelle de Madagascar, Vieill. Buff. pl. enl. 770. Parties supérieures noirâtres, à reflets verts; une large tache vert d'eau, entourée de noir de chaque côté du cou; front, joues, gorge et parties inférieures d'un blanc pur; has du cou et flancs variés de roux et de brun; mandibule supérieure jaunâtre; l'inférieure ainsi que les pieds noirs. Longueur, quatorze pouces. La femelle n'a point de tache verte; le dessus du corps est varié de gris et de brun; le dessous est d'un gris pâle.

OIE DES MOISSONS. V. OIE SAUVAGE.

OIE DE MONTAGNE, Anas montana, Lath. D'un gris cendré, Varié de noirâtre, avee la tête, le cou et les tectrices alaires d'un vert cbatoyant. Longueur, trois pieds. Du Cap.

OIE MOQUEUSE, Edwards. V. OIE SAUVAGE.

OIE DE MOSCOVIE. V. CYGNE DE GWINÉE.

OIE DE NEIGE. V. OIE HYPERBORÉE.

OIE NEWALGANG. V. OIE DEMIPALMÉE

OIE DU NIL. V. OIE D'EGYPTE.

OIE NONETTE. V. OIE BERNACHE.

OIE REINTE, Anas picta, Lath. D'un cendré obscur, rayé transversalement de noir; tête cou, testrices alaives, handes sur les rémiges et milieu du ventre blancs; rémiges, rectrices, bec et pieds noirs; un éperon obtus au poignet. De la Tevre-eo-Feu.

OIE PIE, Anas melanolenea, Lath. Tête, cou, dos supériour, partie des tectrices alaires, rémiges et nectrices noirs; le reste du plumage blanc; pieds longs et jaunes, avec la palmure très-courte. D'Australasie.

OIE DE PLEIN, Anas branchyptera, Lath. Anas cinerea, Gmel Parties supérieures d'un cendré obscur; parties inférieures grises avec le milieu de l'abdomen noir; une bande blanche sur les ailes; rémiges et tectrices noires; un long éperon jaune au poignet; bec orangé avec la base brune; pieds orangés avec la palmure noire. Longueur, un pied dix pouces. Des îles Falkland.

OIE PREMIÉRE. V. OIE CENDRÉE.

OIE RENARD. V. CANARD TADORNE.

OIE RIEUSE, Anas albifrons, IAnas Casarca, Gmel. Edw. Glan. t. 153. Parties supérieures brunes, avec les plumes terminées de roussâtre; tête et cou d'un brun cendré front blanc; rémiges noires; tectrices alaires secondaires terminées de blanc; poitrine et ventre blanchâtres variés de noir; bec orangé, avec l'onglet blanc; pieds d'un jaune orangé Longueur, deux pieds trois pouces.

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La femelle est moins grande; elle a les couleurs plus ternes. Du nord de l'Europe.

OIE SAUVAGE, Anas segetam, Gm. Buff. pl. enl. 985. Parties supérieures d'un cendré brun, liséré de blanchâtre; tête et cou d'un gris bleuâtre; parties inférieures d'un cendré clair avec l'abdomen et les tectrices caudales inférieures blancs; croupion d'un brun noirâtre; bec orangé, noir à sa base et à l'onglet; pieds rougeâtres. Longueur, deux pieds six pouces. Les jeunes ont la tête et le cou d'un roux jaunâtre, et souvent trois petites taches blanches à la naissance du bec. Du nord de l'Europe d'où elle émigre régulièrement chaque automne; en troupes plus ou moins nombreuses; chacune d'elles sur deux files formant un angle aigu, dont le chef de la troupe forme le sommet.

OIE SAUVAGE DE LA BAIE D'HUDSON. V. OIE HYPERBORÉE.

OIE SAUVAGE DU CANADA. V. CYGNE A CRAVATE.

OIE SAUVAGE GRANDE, Anas grandis, Lath. Parties supérieures noirâtres, les inférieures blanches; bec noir brun à sa base; pieds rouges. Longueur, trois pieds dix pouces. Du Kamtschatka.

OIE SAUVAGE DU NORD. V. OIE RIEUSE.

OIE DE SIBÉRIE. V. CYGNE DE GUINÉE, qui a paru en Sibérie.

OIE DES TERRES MAGELLANIQUES, Anas magellanica, Lath. Buff. pl. enl 1006. Parties supérieures, ainsi que le bas du cou et la, poitrine d'un brun roux, avec les plumes bordées de noir; parties inférieures blanchâtres, avec les plumes également bordées de noir; tête et partie du cou d'un roux pourpré; tectrices alaires et deux bandes sur les rémiges blanches; rémiges, rectrices et bec noirs; pieds jaunes. Longueur, trois pieds.

OIE A TÊTE GRISE, Anas cana, Lath. Illust. Zool. pl. 41 et 42. Parties supérieures roussâtres, variées de roux, les inférieures d'une teinte plus terne; tête et cou cendrés; joues blanches; petites tectrices alaires blanches, les moyennes brunes et les grandes noires, ainsi que les rectrices, le bec et les pieds; tectrices caudales inférieures rousses; un éperon au poignet. Longueur, un pied six pouces: La femelle a les coulcurs moins vives et les joues grises.

OIE VARIÉE, Anas variegata, Lath. Tête, partie, du cou et petites tectrices alaires blanches; tectrices moyennes vertes; dos noirâtre, ondulé de blanc: bas du cou, parties inférieures et croupion d'un rouge-bai, avec quelques taches blanches; rémiges, rectrices, bec et pieds noirs; un éperon obtus au poignet. Longueur, deux pieds. De la Nouvelle-Zélande.

OIE VULGAIRE. C'est l'Oie sauvage amenée à l'état de domesticité.

††† LES CANARDS. Bec très-déprimé, large vers la poitrine; les dentelures longues et aplaties; le doigt de derrière libre, sans membrane, ou avec un rudiment libre.

CANARD AUX AILES BLANCHES, Anas peposaca, Vieill. Parties supérieures d'un brun noirâtre; tête et cou noirs, à reflets violets; épaules pointillées de bleu; la plupart des rémiges blanches terminées de bleu; parties inférieures blanches, rayées transversalement et tiquetées de noir; quatorze rectrices. Longueur, vingt pouces six lignes. La femelle a les côtés de la tête blanchâtres, le dessus du corps brun, les flancs roussâtres; le dessous du corps blanchâtre; elle est un peu moins longue que le mâle. De l'Amérique méridionale.

CANARD AUX AILES BLEUES, Anas cyanoptera, Vieill. Parties supérieures noirâtres; tête, cou et parties inférieures rouges; une bande noire angulaire, de chaque côté de la tête tectrices alaires supérieures bleucs les intermédiaires vertes, à reflets douze rectrices noires. Longueur seize pouces. La femelle a la tête elle cou bruns, les parties supérieure noirâtres, les inférieures variées d'blanc et de roux. De l'Amérique mé ridionale.

CANARD AUX AILES EN FAUCILLI

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Anas falcaria, Lath. Partie supérieure d'un gris nuancé; front et sommet de la tête bruns; tour des yeux, occiput et huppe d'un vert brillant, irisé; gorge blanche; cou et poitrine cendrés, ondés de brun; un double collier noir-verdâtre et blanc; abdomen noir; rémiges rayées de blanc et de violet, se relevant en faucille; tectrices alaires supérieures ou miroir d'un vert bleu. Longueur, seize pouces six lignes. De la Chine.

CANARD ARLEQUIN, Cuv. V. CANARD A COLLIER.

CANARD DE BAHAMA, Anas bahamensis, Lath. Parties supérieures brunâtres; sommet de la tête et parties inférieures d'un gris roux tacheté de noir; joues, gorge et devant du cou blancs; grandes tectrices alaires vertes, terminées de noir, les petites noirâtres, les intermédiaires d'un jaune foncé; bec et pieds gris; une tache triangulaire orangée sur le premier. Longueur, quinze pouces six lignes.

CANARD DE LA BAIE D'HUDSON. V. CANARD EIDER.

CANARD DE BARBARIE. V. CANARD MUSQUÉ.

CANARD DE BARBARIE A TÊTE BLANCHE, Anas leucocephala, Lath. Parties supérieures rousses, variées de brun; tête blanche avec le sommet noir; cou blanc, avec un collier noir; poitrine brune, rayée transversalement de noir; ventre gris, tacheté de noir; rémiges et tectrices brunes; queue très-longue, conique; bec bleu, large, sillonné à sa base. Longueur, seize pouces. La femelle a le roux nuancé de cendré; le sommet de la tête est brun. Improprement nommé, car il se trouve dans le nord de l'Europe.

CANARD BARBOTTEUX. V. CANARD DOMESTIQUE.

CANARD (BEAU) HUPPÉ, Anas sponsa, Lath., Buff., pl. enl. 980 et 981. Parties supérieures brunes à reflets dorés; front et joues bronzés; une huppe variée de vert, de blanc et de pourpre; bas du cou et poitrine d'un roux tacheté de blanc, avec deux bandes noires et blanches sur les épaules; ventre blanc; flancs gris, variolés; miroir d'un bronze brillant: seize rémiges étagées d'un vert cuivreux. Longueur, dix-huit pouces. La femelle n'a point de huppe, son plumage est bleuâtre, blanchâtre sur la gorge, varié de bleu et de vert sur les ailes et la queue. Amérique septentrionale.

CANARD A BEC COURBÉ, Anas curvirostra, Lath. Parties supérieures noirâtres, avec des reflets verts sur la tête, le cou et le croupion; une tache blanche, ovale sur la gorge; les cinq premières rémiges blanches; bec retroussé. Longueur, vingt-deux pouces. Le Canard, décrit par Pallas comme trouvé en Belgique, pourrait bien être une variété accidentelle du Canard sauvage.

CANARD A BEC ÉTROIT. V. FOU DE BASSAN. Oiseau qui n'a aucun rapport avec les Canards.

CANARD A BEC JAUNE ET NOIR, Anas flavirostris, Vieill. Parties supérieures brunes; tête et cou rayés de noir et de blanc; bas du cou et épaules bruns, variés de roux; deux bandes rousses et un miroir vert surles ailes; parties inférieures blanchâtres avec des raies et le ventre bruns: douze rectrices brunes; bec jaune, noir à sa base; pieds plombés; quinze pouces. Amérique méridionale.

CANARD A BEC MEMBRANEUX, Anas malacorynchos, L., Lath. Parties supérieures cendrées; sommet de la tête et dessus du cou d'un gris verdâtre; une tache blanche en travers des ailes; parties inférieures cendrées, mêlées de ferrugineux; bec mou d'un cendré pâle avec l'onglet noir. Longueur, dix-sept pouces. De l'Australasie.

CANARDA BEC ROUGE, Anas erythroryncha, Gm. Parties supérieures d'un brun obscur, plus pâle sur la nuque; côtés de la tête et parties inférieures d'un blanc tacheté de brun sur les côtés de la poitrine; deux bandes blanche et jaunâtre sur les ailes; rectrices et pieds noirs; bec rouage. Longueur, quatorze pouces. Du Cap.

TOME III. 9

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CANARD A BEC ROUGE ET PLOMBÉ, Anas rubrirostris, Vieill. Parties supérieures noirâtres, avec le bord des plumes roux; joues et gorge blanches; sommet de la tête noirâtre; cou roux, tacheté de noir; tectrices intermédiaires vertes, avec une bande noire et l'extrémité rousse; seize rectrices blanchâtres, bordées de roux; parties inférieures rousses, tachetées de noir; bec plombé avec les bords orangés. Longueur, vingt pouces. Amérique méridionale.

CANARD A BEC TACHETÉ DE ROUGE, Anas pœkiloryncha, L. Noir avec les joues et le devant du cou cendrés; une raie noire de chaque côté de la tête; miroir vert entouré de noir et de blanc; bec allongé noir, avec la pointe blanche et une tache rouge de chaque côté. Des Indes.

CANARD A BEC TRICOLOR, Anas versicolor, Vieill. Parties supérieures brunes, variées de roussâtre; sommet de la tête noir; nuque brune; joues roussâtres; une bande blanche sur les ailes; rémiges à reflets violets, irisés; les quatorze rectrices et le ventre rayés transversalement de noir et de blanc; parties inférieures roussâtres, tachetées de noir; bec bleu pâle, avec des taches orangées, la base et l'extrémité noires. Longueur, quatorze pouces six lignes. Amérique méridionale.

CANARD DES BOIS, CANARD BRANCHU. V. BEAU CANARD HUPPÉ.

CANARD DU BRÉSIL, Anas brasiliensis, L. Parties supérieures brunes, avec les petites tectrices alaires bordées de blanc, les grandes d'un vert brillant, terminées de noir; une tache d'un blanc jaunâtre entre le bec et l'œil; parties inférieures d'un gris jaunâtre; gorge blanche; rectrices noires; pieds rouges. Longueur, un pied sept pouces.

CANARD BRIDÉ, Anas frenata, Sparm. V. CANARD MILOUINAN, fem.

CANARD BRUN, Anas minuta, L. V. CANARD A COLLIER. Buffon (pl. enl. 1007) a donné sous ce nom le Canard Morillon, jeune.

CANARD BRUN DE NEW-YORK, Anas obscura, Lath. Parties supérieures d'un brun noirâtre; miroir bleu traversé de noir; rectrices étagées, bordées de blanc; parties inférieures brunes, avec les plumes bordées de jaunâtre. Longueur, deux pieds.

CANARD BRUNATRE, Anas fucescens, Lath. Parties supérieures d'un brun pâle, bordées de jaunâtre; tête et cou fauves; ailes cendrées; miroir bleu, bordé de blanc. Longueur, quinze pouces. Amérique septentrionale.

CANARD BUCÉPHALE, Anas Bucephala, Lath. Parties supérieures noires; joues, cou, parties inférieures, scapulaires, une bande sur les ailes, blancs; tête garnie d'une touffe de plumes effilées vertes; rectrices grises. Longueur, quinze pouces. La femelle est brune en dessus, sans huppe, avec une tache blanche derrière l'œil; elle est grise en dessous et à la gorge; c'est l'Anas rustica, Gmel. De l'Amérique septentrionale.

CANARD CARONCULÉ, Anas lobata, Shaw., Anas carunculata, Vieill. Parties supérieures noires, variées de traits et de points blanchâtres; les inférieures ainsi que la gorge et le dessous du cou d'un blanc tacheté de noir; rectrices étagées; bec noir, grand et courbé à l'extrémité; une grande membrane arrondie descend de sa base et pend sur la gorge. Longueur, vingt-deux pouces. De la Nouvelle-Hollande.

CANARD CHEVELU, Anas jubata, Lath. Parties supérieures noires variées de brun; tête et cou bruns; nuque ornée d'une huppe de plumes effilées roussâtres, terminées de noir; parties inférieures d'un gris argentin, varié de roux et de noir sur la poitrine; miroir d'un vert bronzé, encadré de brun. Longueur, vingt pouces six lignes. La femelle a le ventre blanc et le miroir des ailes peu visible. De l'Australasie.

CANARD CHIPEAU, Anas strepera, L., Buff., pl. enl. 958. Parties supérieures grises, écaillées de noir; tête et cou gris, pointillés de noir; miroir blanc; tectrices alaires intermédiaires rousses, les grandes et les tectrices

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caudales inférieures noires; partiés inférieures blanches, rayées de noir sur les flancs. Longueur, dix-neuf pouces. La femelle a les plumes du dos noirâtres, bordées de roux; elle n'a point de raies en zig-zags sur les flancs. En Europe.

CANARD A COLLIER, Anas histrionica, L., Buff., pl. enl. 798. Parties supérieures, tête et cou noirs, à reflets violets et bleus; espace entre le bec et l'œil, tache derrière les yeux, bande longitudinale, sur le cou, collier et partie des scapulaires, blancs; miroir d'un violet foncé; bas du cou et poitrine d'un bleu cendré; ventre brun, flancs roux. Longueur, dix-sept pouces. La femelle a le dessus du corps brun nuancé de cendré, une tache en avant de l'œil, un espace entre le bec et l'oreille blanc; la gorge blanchâtre, la poitrine et le ventre blanchâtres, nuancés de brun, les flancs bruns. Du Nord des deux Continens.

CANARD A COLLIER BLEU, Anas dispar, L. Parties superieures, devant du cou et gorge noirs à reflets violets; un collier d'un bleu éclatant; nuque garnie d'une petite huppe et d'une tache verte; une autre taclie semblable sur le front; œil entouré de plumes soyeuses noires; petites tectrices alaires d'un noir violet, pointues et recourbées à l'extrémité, les moyennes variées de noir, de bleu et de blanc, les grandes brunes; parties inférieures blanches avec la poitrine roussâtre; rectrices brunes, étagées. Longueur, seize pouces. La femelle est variée de brun et de fauve; elle a deux taches blanches sur les tectrices alaires qui sont toutes droites et noirâtres. De l'Amérique septentrionale et du Kamtschatka.

CANARD A COLLIER NOIR, Anas torquata, Vieill. Parties superieures noires; front, côtés de la tête et devant du cou variés de blanc et de brun; sommet de la tête noir avec un collier de même couleur au bas de la nuque; un trait blanc entre ce collier et la nuque; scapulaires rougeâtres; miroir blanc, vert et bleu: parties inférieures blanchâtres, rayées de noir; devant du cou et poitrine rouges, tachetés de noir; douze rectrices noires. Longueur, quatorze pouces. Amérique méridionale.

CANARD A COLLIER DE TERRENEUVE. V. CANARD A COLLIER.

CANARD COURONNÉ. V. CANARD DEBARBARIE A TÊTE BLANCHE.

CANARD DE DAMIETTE, Anas damiatica, Gm., Lath. Plumage gris avec le cou, les scapulaires et la queue noirâtres; un croissant sur la nuque; tectrices alaires et caudale d'un vert noirâtre. Longueur, un pied neuf pouces. En Egypte.

CANARD DU DÉTROIT DE MAGELLAN, V. CANARD DE BAHAMA.

CANARD DOMESTIQUE. V. CANARD SAUVAGE, dont cet Oiseau est la souche.

CANARD DOMINICAIN, Anas dominicana, L. Parties supérieures d'un gris cendré, avec deux bandes transversales plus claires; joues et gorge blanches; une bande de chaque côté de la tête; nuque, cou, poitrine, rémiges et rectrices noirs; parties inférieures d'un gris clair. Longueur, un pied dix pouces. Du Cap.

CANARD EIDER, Anas mollissima, L., Buff., pl. enl. 208 et 209. Parties supérieures blanches; joues, sommet de la tête et occiput d'un blanc verdâtre; une large bande d'un noir violet au-dessus de l'œil; parties inférieures noires; poitrine d'un blanc rougeâtre; bec vert, sa base se prolongeant latéralement sur le front en deux lamelles aplaties; pieds d'un cendré verdâtre. Longueur, vingt-quatre pouces. La femelle est plus petite; elle a le plumage roux rayé transversalement de noir; les tectrices alaires noires, bordées de roux; deux bandes blanches sur l'aile; les parties inférieures brunes avec des bandes noires; le plumage des jeunes varie extrêmement jusqu'à l'âge de trois ans. Cet Oiseau, qui habite les contrées les plus septentrionales de l'Europe, mérite d'être distingué. Son plumage, ou plutôt le duvet qui garnit les parties inférieures de son corps, est devenu un objet considérable de commerce pour le Nord. On

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le recueille soigneusement, sous le nom d'EDREDON, et l'on en fait des couvre-pieds ou autres garnitures de lits fort recherchés par les personnes sensuelles des pays froids.

CANARD D'ÉTÉ. V. BEAU CANARD HUPPÈ

CANARD A FACE BLANCHE, Anas leucopsis, Vieill., Anas viduata, Lath., Buff., pl. enl. 808. Parties supérieures variées de noirâtre et de roux; front, joues, nuque et menton blancs; sommet de la tête et collier noirs; rémiges et rectrices au nombre de quatorze, noirâtres; poitrine d'un rouge fauve; parties inférieures brunes; tachetées de noirâtre; bec noir, pieds bleus. Longueur, dix-huit pouces.

CANARD-FAISAN. V. CANARD PILET.

CANARD FAUVE, Anas fulva, L. Parties supérieures rayées transversalement de fauve et de brun; tête, cou, poitrine et parties inférieures fauves; rémiges brunes; rectrices noires ondulées de blanc; bec et pieds cendrés. Longueur, dix-sept pouces. Du Mexique.

CANARD FERRUGINEUX. V. CANARD A COLLIER BLEU, femelle.

CANARD FRANC. V.CANARD MUSQUÉ.

CANARD FULIGINEUX, Anas cinerascens, Beéhst. D'un brun noirâtre, avec les joues, les côtés et le devant du cou blancs; bec large, élevé à la base, noir en dessus, rougeâtre en dessous; l'onglet courbé et pointu; pieds d'un jaune verdâtre, les palmures noires. Longueur, dix-huit pouces. La femelle est presque cendrée et plus petite. De Sibérie.

CANARD GARROT, Anas Glangula, Gmel., Lath., Buff., pl. enl. 802. Parties supérieures noires; les inférieures, la poitrine et les grandes tectrices alaires blanches; tête et partie supérieure du cou d'un vert pourpré; un espace blanc à la racine du bec qui est noir, très-court et plus large à la base qu'à la pointe; tarses et doigts d'un jaune orangé, avec la palmure noire. Longueur, dix-sept à dix-huit pouces. La femelle et les jeunes ont les parties supérieures noirâtres, bordées de cendré; les inférieures blanches, avec la poitrine et les flancs cendrés, la tête et le haut du cou bruns. Du nord des deux Continens.

CANARD GATTAIR, Anas Gattair, Lath. Parties supérieures brunes, ainsi que la tête et la poitrine, les inférieures blanches; tectrices alaires supérieures noires, les inférieures blanches; rémiges brunes, blanches dans le milieu; douze rectrices étagées et pointues, brunes; bec brun, ridé; pieds bleus. Longueur, quatorze pouces. D'Egypte.

CANARD DE GÉORGIE, Anas georgica, L. Plumage cendré, varié de rougeâtre; miroir vert bordé de blanc; rémiges et rectrices noirâtres; bec légèrement recourbé en haut, jaune, noir à sa base; pieds verdâtres. Longueur, dix-huit pouces.

CANARD GINGEON. V. CANARD SIFFLEUR.

CANARD DES GLACES. V. CANARD A LONGUE QUEUE DE TERRE-NEUVE.

CANARD GLAUCION, Bel., Anas Glaucion, Lath. V. CANARD GARROT, femelle au jeune âge.

CANARD GLOUSSANT, Anas glocitans, L. Parties supérieures ondulées de noir et de brun; sommet de la tête brun; nuque d'un vert irisé; une tache ronde, jaunâtre entre le bec et l'œil; gorge pourprée; poitrine rougeâtre, tachetée de noir; grandes tectrices alaires cendrées: miroir et partie des rémiges d'un beau vert entouré de blanc; les deux rectrices intermédiaires noires, les autres brunes, bordées de blanc; bec gris; pieds jaunes, avec la palmure noirâtre. De Sibérie. Longueur, dix-neuf pouces.

CANARD A GRAND BEC. V. CANARD SOUCHET.

CANARD GRIS-BLEU. V. CANARD A BEC MEMBRANEUX.

CANARD GRIS D'EGYPTE. V. CANARD DE DAMIETTE.

CANARD GRIS DE LA LOUISIANE. V. CANARD JENSEN.

CANARD GRISETTE. V. CANARD-MACREUSE, jeune âge.

CANARD A GROSSE TÊTE. V. CANARD BUCÉPHALE.

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CANARD HÆTURRÉRA, Anas superciliosa, Lath., L. D'un brun cendré avec les plumes bordées de fauve; deux raies blanches au-dessus et audessous de l'œil; menton et devant du cou blanchâtres; miroir d'un vert bleuâtre, entouré de noir; bec et pieds cendrés. Longueur, dix-neuf pouces. De la Nouvelle-Zélande.

CANARD HINA, Anas Hina, Lath. Parties supérieures blanches, tachetées de noir; tête et gorge brunes; miroir vert; pieds cendrés ainsi que le croupion. La femelle a la téte gri sâtre, le dos varié de noir et de rougeâtre, les parties inférieures tachetées de noir. De la Chine.

CANARD HISTRION. V. CANARD A COLLIER.

CANARD D'HIVER. V. CANARD BUCÉPHALE.

CANARD DE HONGRIE. V. CANARD GARROT.

CANARD HUPPÉ D'ISLANDE, Anas islandica, L. Parties supérieures noires, les inférieures blanches; la téte garnie d'une huppe de plumes effilées, noires; pieds orangés.

CANARD HUPPÉ DE LA LOUISIANE. V. BEAU CANARD HUPPÉ.

CANARD HUPPÉ DE LA TERRE DES ÉTATS, Anas cristata, L. Parties supérieures cendrées, les inférieures plus pâles, avec la gorge et le devant au cou jaunes, tachetés de roux; ailes noires avec le miroir bleu et blanc; rectrices, bec et pieds noirs. Longueur, deux pieds.

CANARD D'INDE. V. CANARD MUSQUÉ

CANARD IPÉCUTIRI, Anas Ipecutiri, Viéill. Parties supérieures noires; front roussâtre; sommet de la tête et devant du cou grisâtres; unque noire; du roux sur les ailes et les scapulaires; petites tectrices alaires noires, les autres d'un vert changeant, terminées de blanc et de noir et de bleu-violet; parties inférieures et dessous du cou variés de roussâtre et de rougeâtre; flancs tachetés de noir, quatorze rectrices noires. Longueur, seize pouces six lignes. La femelle est plus petite, plus pâle; elle a deux taches blanches de chaque côté de la tête. Amérique méridionale.

CANARD A IRIS BLANC, Anas leucophthalmos, Bechst, Anas Nyraca, Gmel., Lath., Buff., pl. enl. 1000. Parties supérieures noirâtres, irisées; tête, cou et flancs d'un fauve rougeâtre; un petit collier brun; une tache angulaire blanche dans le bec; miroir blanc et noir; parties inférieures blanches; bec noirâtre; pieds bleus, cendrés; iris blanc. Longueur, quinze pouces. La femelle n'a point de collier, et toutes les plumes rousses sont terminées de fauve, comme les noirâtres le sont de gris-brun. Les jeunes ont en outre le sommet de la tête d'un brun noirâtre, et l'abdomen lavé de brun clair. De l'est de l'Europe.

CANARD D'ISLANDE. V. CANARD HUPPÉ D'ISLANDE.

CANARD JENSEN, Anas Americana, L., Buff., pl. enl. 955. Parties supérieures d'un cendré roussâtre, varié de raies transversales noires; front et sommet de la tête blancs; joues, gorge et cou blancs, variés de noir; une bande d'un noir à reflets verts; derrière l'œil; miroir vert bordé de noir; une large bande blanche sur les ailes; tectrices caudales et les deux rectrices intermédiaires noires, les autres cendrées; parties inférieures blanchâtres avec la poitrine nuancée de brun rougeâtre; bec gris; pieds noirâtres. De l'Amérique septentrionale jusqu'à Cayenne.

CANARD KASARKA, Anas rutila, Pallas, Anas Casarka, Gmel. D'un fauve rougeâtre; tête et moitié du cou gris; un petit collier noirâtre; rémiges noires; miroir blanc et vert fonce, croupion et rectrices d'un noit verdâtre; bec noir; pieds longs d'un brun noirâtre; iris brun. Longueur, vingt pouces. La femelle n'a pas de collier, elle a le front roux, une partie de la tête blanche; le cou varié de bleu et de brun. De l'est de l'Europe.

CANARD KAGOLCA, Anas Kagolca, L. V. CANARD MILOUINAN.

CANARD KEKUSCHKA, Anas Kekuschka, L. Parties supérieures d'un

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jaune obscur, les inférieures blanches, ainsi que l'extrémité de plusieurs rémiges; tectrices caudales et rectrices noires. Longueur, dix-huit pouces. De la Perse.

CANARD A LARGE BEC. V. CANARD MORILLON.

CANARD A LARGE BEC ET PIEDS JAUNES. V. CANARD SOUCHET.

CANARD A LONGUE QUEUE, Anas acuta, L., Buff., pl. enl. 954. Parties supérieures et flancs variés de zig-zags noirs et cendrés; de longues taches noires sur les scapulaires; sommet de la tête varié de brun et de noirâtre; joues, gorge et haut du cou bruns irisés; une bande noire bordée de blanc sur la nuque; miroir d'un vert pourpré, bordé en dessus de roux et en dessous de blanc; parties inférieures et devant du cou blancs; rectrices d'un noir verdâtre, les deux intermédiaires très-longues; bec d'un bleu noirâtre. Longueur, vingt-quatre pouces. La femelle est plus petite; elle a la tête et le cou fauves, parsemés de points noirs, le dos brun, écaillé de roux, le ventre d'un jaune roussâtre nuancé de brun, le miroir roussâtre et la queue simplement conique. Du nord des deux Continens.

CANARD A LONGUE QUEUE DE MICLOU. V. CANARD DE MICLOU.

CANARD A LONGUE QUEUE DE TERRE-NEUVE. V. CANARD DE MICLOU.

CANARD LUPIN. V. CANARD TADORNE.

CANARD MACREUSE, Anas nigra, L., Buff., pl. enl. 978. D'un noir velouté; bec noir avec les narines et une bande orangée, une protubérance sphérique à sa base; tarses et doigts cendrés, membranes noires. Longueur, dix-huit pouces. La femelle a le sommet de la tête et la nuque d'un brun noirâtre; les joues et la gorge d'un cendré clair, taché de brun; les plumes des parties supérieures brunes bordées de roussâtre; celles de la poitrine d'un cendré brunâtre bordées de cendré clair; la base du bec élevée, sans protubérance. Les jeunes mâles ressemblent aux femelles adultes, et les jeunes femelles ont les nuances très-pâles; c'est alors Anas cinerascens, Bechst, Anas cinerea, Gmel., Canard Grisette, Temm. Du nord de l'Europe. Cet Oiseau, dont la superstition et l'ignorance ont fait considérer la chair comme celle du Poisson, et qu'on mange ainsi qu'elle au temps de l'abstinence, a été aussi, comme la Brenache, l'objet de contes ridicules sur sa naissance.

CANARD (DOUBLE) MACREUSE, Anas fusca, L., Buff., pl. enl. 956. D'un noir velouté; un croissant blanc audessous des yeux; un petit miroir blanc sur les ailes; bec élevé à sa base, jaune orangé, avec le bord noir; tarses et doigts rouges avec la palmure noire. Longueur, vingt pouces. La femelle a les parties supérieures brunes, les inférieures blanchâtres, rayées et tachetées de brun; une tache blanche près de l'œil. Du nord des deux Continens.

CANARD MACREUSE A LARGE BEC ou CANARD MARCHAND, Anas perspicillata, L. Noir, un grand espace angulaire blanc sur la nuque et une large bande sur le front; bec élevé à la base et fortement renflé de chaque côté, d'un jaune rougeâtre, marqué de deux taches noires et de gris blanchâtre; pieds et doigts rouges, palmures noires; iris blanc. Longueur, vingt-un pouces. La femelle est d'un brun noirâtre avec les taches de la tête cendrées; les renflemens du bec sont peu marqués. De l'extrême nord des deux Continens.

CANARD MARÉCA. V. CANARD DU BRÉSIL.

CANARD MARIE. V. CANARD DE BAHAMA.

CANARD DE MICLOU, Anas glacialis, L. Parties supérieures brunes; sommet de la tête, nuque, devant du cou, ventre, abdomen et rectrices latérales d'un blanc pur; joues cendrées, un grand espace brun-roux sur les côtés du cou; poitrine et les deux rectrices intermédiaires qui sont très-longues brunes; flancs cendrés; bec noir avec une bande transversale rouge tarses et doigts jaunes. Lon-

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gueur, ving-un pouces. La femelle a les parties supérieures variées de noir et de roux cendré, le front et les sourcils blanchâtres, la nuque, le devant du cou et sa partie inférieure, le ventre et l'abdomen blancs; la queue courte avec les rectrices bordées de blanc: sa taille n'est que de seize pouces; c'est alors la Sarcelle de Féroé, Buff., pl. enl. 999. Du nord des deux Continens.

CANARD MILOUIN, Anas Ferina, L. Anas rufa, Gmel., Buff., pl. enl. 803. Parties supérieures, flancs et abdomen cendrés, rayés de nombreux zig-zags d'un cendré bleuâtre obscur; tête et cou bruns rougeâtres; haut du dos, poitrine et croupion noirs; ventre blanchâtre, finement rayé de noir; rémiges et rectrices grises; bec noir, une large bande transversale bleue; tarses et doigts bleuâtres. Longueur, dix-sept pouces. La femelle est plus petite, elle a les couleurs moins prononcées; la tête, le cou et la poitrine roussâtres, nuancés de fauve; l'espace entre le bec et l'œil, la gorge et le devant du cou blancs, tachetés de roussâtre; le milieu du ventre blanchâtre, les flancs tachetés de brun; les ailes cendrées, pointillées de blanc. Du nord de l'Europe.

CANARD MILOUINAN, Anas marina, L., Buff., pl. enl. 1002. Parties supérieures blanchâtres rayées de zig-zags noirs, très-fins; tête et haut du cou noirs à reflets verdâtres; partie inférieure du cou, poitrine et croupion noirs; tectrices alaires variées de blanc et de noir; un petit miroir blanc; ventre et flancs blancs; abdomen rayé; bec large, bleuâtre; iris jaune. Longueur, dix-huit pouces. La femelle est un peu plus petite; èlle a une bande blanche autour de la base du bec; le reste de la tête et le cou sont d'un brun noirâtre; les zig-zags blancs et noirs des parties supérieures, que l'on retrouve aussi sur les flancs, sont très-rapprochés; c'est alors Anas frenata, Sparm. Les jeunes ressemblent assez aux femelles, mais les zig-zags du dos se confondent souvent avec la nuance brune cendrée qui forme le fond de la couleur. Du nord des deux Continens.

CANARD MOINE, Anas Monacha, L. Plumage varié de noir et de blanc; miroir vert et violet; rémiges et rectrices blanches, terminées de brun; bec jaunâtre, noir à la pointe. Longueur, deux pieds.

CANARD DE MONTAGNE. V. CANARDEIDER.

CANARD DES MONTAGNES DU KAMTSCHATKA. V. CANARD A COLLIER.

CANARD MORILLON, Anas Fuligula, L., Anas Glaucion minus, Briss., Buff. pl. enl. 1001. Parties supérieures d'un brun noirâtre irisé, tiquetées finement de cendré; une huppe de plumes effilées dont la couleur, ainsi que celle de la tête et du cou, est le noir irisé; miroir blanc; poitrine noire avec les plumes du bas, bordées de cendré; parties inférieures blanches, avec l'abdomen noirâtre, bec bleuâtre avec l'onglet noir; pieds cendrés, palmure noire. Longueur, seize pouces. La femelle est également huppée, mais le noir est terne et brunâtre; elle a les flancs et le ventre nuancés de brun. Les jeunes n'ont point de huppe; ils ont une tache blanche de chaque côté du bec, une autre sur le front; ils ont en général toutes les parties du corps plus ou moins variées de brun. C'est alors le Canard brun, Buff. pl. enl. 1007, Anas Scandiaca, Gmel. Du nord des deux Continens.

CANARD MORILLON (PETIT), Anas Glaucion, L. V. CANARD MORILLON.

CANARD DE MOSCOVIE, Albin. V. CANARD MUSQUÉ.

CANARD MULARD. Métis du Canard musqué et du Canard domestique.

CANARD MUSQUÉ, Anas moschatus, L., Buff. Pl. enl. 989. Parties supérieures d'un noir irisé; nuque garnie d'une espèce de huppe de plumes effilées; une large bande blanche sur les ailes; parties inférieures d'un noir brunâtre; une large plaque nue et des papilles d'un rouge vif de chaque côté de la tête; bec, pieds et palmures rouges. Longueur, deux pieds. La femelle est moins grande; elle a

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le plumage d'un brun noirâtre; elle est privée de huppe et de caroncule charnue; les jeunes ne la prennent qu'à l'âge de deux ans. Cet Oiseau se fait aisément à la domesticité; il en résulte une variété de plumage qui va souvent jusqu'au blanc parfait.

CANARD NANKIN. V. SARCELLE DE LA CHINE.

CANARD DU NIL, Anas nilotica, L. Parties, supérieures blanchâtres; tête et cou tachetées de gris; une raie blanche derrière les yeux; parties inférieures blanchâtres, rayées de noir et de gris; bec et pieds rouges. Longueur, vingt-deux pouces.

CANARD NOIR DE SALERNE. V. CANARD DOUBLE MACREUSE.

CANARD NOIR (PETIT) DE SALERNE. V. CANARD MACREUSE.

CANARD NOIR ET BLANC. V. CANARD EIDER.

CANARD NOIRATRE. V. CANARD BRUN DE NEW-YORK.

CANARD DU NORD. V. CANARD MARCHAND.

CANARD DE LA NOUVELLE-ZÉLANDE, Anas Novœ-Zeelandiœ, L. Parties supérieures noirâtres, irisées; tête et cou d'un noir d'acier; premières rémiges grises, les autres rayées transversalement de blanc; rectrices courtes d'un gris verdâtre; bec et pieds d'un cendré bleuâtre; iris jaune. Longueur, quatorze pouces.

CANARD NYROCA. V. CANARD A IRIS BLANC.

CANARD PAILLE EN QUEUE. V. CANARD A LONGUE QUEUE.

CANARD PEINT, Anas picta, Lath. Entièrement varié de noir, de blanc et de brun; une grande tache blanche sur les ailes. Longueur, vingt-deux pouces. La femelle a la tête et le cou blancs. De la Nouvelle-Zélande.

CANARD PEPOSACA. V. CANARD AUX AILES BLANCHES.

CANARD A PETIT BEC, Anas viduata, Lath. Parties supérieures noirâtres, avec les scapulaires bordées de blanc; joues blanches; une bande à reflets verts et violets, partant de l'angle de l'œil, se prolonge vers la partie inférieure du cou, qui est, ainsi que la poitrine et le ventre, rayée de blanc et de noirâtre; ailes brunes; partie des tectrices intermédiaires blanche, les grandes, ainsi que l'extrémité des rémiges et les rectrices noires; bee bleu, pâle en dessus; pieds verdâtres. Longueur, vingt pouces. Amérique méridionale.

CANARD PIE, Anas Labradora, L. Parties supérieures brunes; tête et cou roussâtres, avec la nuque noire; un collier noir et une bande de même couleur sur la poitrine; scapulaires et tectrices alaires moyennes blanches; bec noirâtre entouré à sa base d'un anneau orangé; pieds jaunes; palmures brunes. Longueur, dix-huit pouces. La femelle a les parties supérieures variées de brun, et les inférieures blanchâtres; une lache blanche sur l'aile, et les pieds noirs. De l'Amérique septentrionale.

On nomme en Alsace le Canard Garrot Canard Pie.

CANARD PILET. V. CANARD A LONGUE QUEUE.

CANARD POINTU. V. CANARD A LONGUE QUEUE.

CANARD A POITRINE RAYÉE, Anas lucida, Gmel. V. CANARD DE GMELIN.

CANARD A POITRINE ROUGEATRE, Anas rubens, L. Variété d'âge du Canard Souchet

CANARD A QUEUE ÉPINEUSE. V. CANARD-SARCELLE A QUEUE ÉPINEUSE.

CANARD A QUEUE NOIRE, Anas Melanura, Vieill. V. CANARD A BEC ROUGE.

CANARD A QUEUE POINTUE, Anas spinioauda, Vieill. Parties supérieures brunes nuancées de brunâtre; sommet de la tête varié de noirâtre; nuque, joues et haut du cou blancs, tiquetés de noir; tectrices alaires brunâtres, avec une bande blanche sur les intermédiaires; rémiges noires et blanches; rectrices brunes, blanchâtres sur les bords, étagées au nombre de seize. Longueur, vingt-deux pouces. Amérique septentrionale.

CANARD RENARD, nom vulgaire du Canard Tadorne.

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CANARD RIDENNE. V. CANARDCHIPEAU.

CANARD ROUGE, Anas rubens, Gmel. V. CANARD SOUCHET, jeune âge.

CANARD ROUX. V. CANARD-SARCELLE ROUX A LONGUE QUEUE.

CANARD ROUX ET NOIR, Anas bicolor, Vieill Parties supérieures noires avec les scapulaires bordées de roux; tête rousse, avec une bande noire; cou roussâtre avec un collier blanc; seize rectrices noires; tectrices caudales d'un blanc jaunâtre; tectrices alaires noirâtres, frangées de roux; poitrine et ventre roux; bec bleu; pieds cendrés. Longueur, dix-sept pouces. Amérique méridionale.

CANARD ROYAL, Anas regia, Lath. Parties supérieures bleues; une membrane rouge sur la tête, un large collier blanc; parties inférieures brunes. Longueur, vingt-deux pouces. Amérique méridionale.

CANARD RURAL, Canard sauvage rendu domestique.

CANARD RUSTIQUE, Anas rustica, Gmel. V. CANARD BUCÉPHALE. femelle.

CANARD-SARCELLE DE LA BAIE D'HUDSON. V. CANARD A LONGUE QUEUE, jcune.

CANARD-SARCELLE BALBUL, Anas Balbul. Parties supérieures cendrées, ondulées de blanc; tête brune, marquée de vert, teinte de rouge sur les tempes; une autre tache derrière d'un bleu noirâtre; une plaque blanche sur les ailes; tectrices caudales supérieures d'un noir verdâtre, bordées de rougeâtre; parties inférieures blanches; queue étagée; bec noir; pieds cendrés. Longueur, quinze ponces. En Egypte.

CANARD-SARCELLE A BEO RECOURBÉ, Anas recurvirostra, Vieill. Anas Jamaïcensis, Lath. Parties supérieures noirâtres, ondulées de brun et de jaunâtre; front noir; joues et gorge blanches; dessus du cou brun; dessous du cou et parties inférieures rayés transversalement de noirâtre et de roux; rémiges et rectrices orangées én dessous, sur les narines et les côtés ainsi que les pieds. Longueur, quatorze pouces six lignes. Des Antilles.

CANARD-SARCELLE BLANC ET NOIR, Anas albeola, L., Anas Bucephala, Lath. Sommet de la tête d'un noir irisé; joues, nuque, dessus du cou, poitrine, scapulaires et partie des tectrices alaires intermédiaires d'un blanc pur; dos et partie des tectrices et des rémiges d'un noir velouté; les autres grisâtres variées de brun et de blanc; rectrices cendrées; bec noir en dessus, verdâtre en dessous; pieds frangés: Longueur, seize pouces. Amérique septentrionale.

CANARD-SARCELLE BRUN ET BLANC. V. CANARD A COLLIER, femelle.

CANARD-SARCELLE DE LA CAROLINE, Anas rustica, L. V. CANARD BUCÉPHALE, femelle.

CANARD-SARCELLE DE CAYENNE ou SOUCROUROU, Anas discors, L., Buff. Pl. enl. 966. Parties supérieures variées de zig-zags gris et bruns; sommet de la tête et lorum noirs; tête et haut du cou d'un violet irisé, avec une bande blanche entre le bec et l'œ croupion et tectrices caudales d'un brun noirâtre; une plaque bleue et un trait blanc sur les ailes; miroir vert; premières rémiges brunes, les autres vertes; rectrices brunes; parties inférieures roussâtres, tachetées de brun; bec noir, pieds jaunes. Longueur, seize pouces. La femelle, Buff. Pl. enl. 403, est plus petite; elle est d'un brun bordé de grisâtre avec le milieu du ventre blanchâtre; deux taches bleue et verte, séparées par un trait blanc, près de l'œil; les rectrices lisérées de blanc; le bec teint de rougeâtre sur l'arête.

CANARD-SARCELLE DE LA CHINE, Anas galericulata, L., Buff. Pl. enl. 805 et 806. Parties supérieures d'un brun pourpré; front et sommet de la, tête d'un vert foncé; nuque et derrière du cou garnis de plumes longues, étroites, formant une huppe brune, irisée; gorge et joues blanches; cou d'un marron clair; poitri-

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ne d'un brun pourpré, avec quelques raies transversales noires de chaque côté; grandes tectrices alaires blanches en dehors et terminées de noir et de blanc, ce qui dessine sur l'aile deux larges bandes noires, entourées de blanc; du sein de ces tectrices, s'élève de chaque côté une large et courte plume triangulaire, d'un roux doré, terminée de blanc et de noir, formant panache par la longueur des barbes; rémiges brunâtres, bordées de blanchâtre; parties inférieures blanches, avec les flancs finement rayés de roux et de noir; rectrices brunes; bec et pieds rouges. Longueur, quinze pouces. La femelle a les parties supérieures brunes, la huppe courte, un trait blanc qui entoure l'œil, et se dirige au-delà; la gorge blanche; le devant du cou, la poitrine et les flancs bruns, maillés de roux; les parties inférieures blanches.

CANARD-SARCELLE COMMUN. V. CANARD-SARCELLE D'ÉTÉ et D'HIVER.

CANARD-SARCELLE DE COROMANDEL. V. OIE DE COROMANDEL.

CANARD-SARCELLE D'EGYPTE. V. CANARD A IRIS BLANC.

CANARD-SARCELLE D'ÉTÉ, Anas Querquedula, L., Anas Circia, Gmel. Buff. Pl. enl. 946. Parties supérieures blanchâtres, rayées transversalement de cendré; sommet de la tête noirâtre; une bande blanche entourant les yeux, se dirigeant sur la nuque; gorge noire; tête et cou d'un brun rougeâtre, pointillé de blanc; une bande blanche sur les scapulaires; tectrices alaires d'un cendré bleuâtre; miroir vert bordé de blanc; poitrine maillée de noir; parties inférieures blanchâtres, avec des zig-zags noirs sur les flancs; bec noirâtre; iris brun; pieds cendrés. Longueur, quinze pouces. La femelle est plus petite; elle a les parties supérieures noirâtres, bordées de brun-clair, une bande blanche tachetée de brun de chaque côté de la tête, le miroir verdâtre, les parties inférieures blanches ainsi que la gorge. Les jeunes mâles ressemblent aux femelles; souvent le ventre est tacheté de brun. Dans cet état on l'a regardée comme une variété de l'Anas Crecca, qui est la Sarcelle commune d'hiver.

CANARD-SARCELLE DE FÉROÉ. V. CANARD DE MICLOU, femelle.

CANARD-SARCELLE GMELIN, Anas Gmelini, Lath. Parties supérieures noirâtres; tête rousse, brunâtre; une tache blanche à l'angle du bec; croupion blanc; poitrine rayée transversalement de rouge; ventre blanchâtre tacheté de brun; rectrices noirâtres. Longueur, quatorze pouces six lignes. En Russie.

CANARD-SARCELLE (GRAND). V. CANARD-SARCELLE D'ÉTÉ.

CANARD-SARCELLE DE LA GUADELOUPE, Anas Dominica, L., Buff. Pl. enl. 968. Parties supérieures brunes, bordées de roux; les inférieures d'un gris pâle, roussâtre, pointillé de brun noirâtre; tête noire; miroir blanc rémiges noirâtres, ainsi que les rectrices qui sont longues, larges, roides, étagées et pointues; bec brun, ainsi que les pieds, Longueur, douze pouces. Amérique méridionale.

CANARD-SARCELLE D'HIVER, Anas Crecca, L., Buff. Pl. enl. 947. Parties supérieures rayées de zig-zags blancs et noirs; sommet de la tête, joues et cou d'un roux foncé; une large bande verte de chaque côté de la tête; gorge noire; partie inférieure du cou rayée de zig-zags blancs et noirs; tectrices alaires brunes; miroir vert et noir, bordé de blanc; poitrine d'un blanc roussâtre, tacheté de brun; parties inférieures blanchâtres; bec noirâtre; iris brun; pieds cendrés. Longueur, quatorze pouces. La femelle est plus petite; elle a de chaque côté de la tête une bande roussâtre, tachetée de brun; la gorge blanche; les parties supérieures noirâtres avec les plumes bordées de fauve; le becvarié de brun. Les jeunes, suivant leur âge, ressemblent aux femelles, ou leur plumage tient des deux sexes. La chair de la Sarcelle d'été et de la Sarcelle d'hiver fournit un mets digne des tables les plus délicates.

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CANARD-SARCELLE DE L'ÎLE DB LUÇON, Anas manillensis, Lath. Parties supérieures variées de jaune et de noirâtre; tête et gorge blanches; cou, poitrine et petites tectrices alaires d'un brun rougeâtre; rémiges et rectrices noirâtres; parties inférieures blanches, variées de noirâtre; bec et pieds noirâtres. Longueur, treize pouces.

CANARD-SARCELLE DE LA JAMAÏQUE. V. CANARD-SARCELLE A BEC RECOURBÈ.

CANARD-SARCELLE DE JAVA, Anas falcaria, Var., L., Buff. Pl. enl. 930. Parties supérieures brunâtres; tête verte irisée; gorge blanche; cou, poitrine et parties inférieures variées de noir et de blanchâtre; bec noir; pieds rougeâtres. Longueur, quinze pouces.

CANARD-SARCELLE DU LAC BAIKAL, Anas formosa, Lath. Parties supérieures brunes; sommet de la tête noir, varié de blanc; un croissant blanc de chaque côté de la gorge qui est roussâtre, tachetée de noir; ailes rayées de roux et de noir; miroir noir, entouré de rouge obscur et marqué d'une tache verte; parties inférieures variées de roux et de blanc; noirâtres. Longueur, quinze pouces. De Sibérie.

CANARD-SARCELLE DE LA LOUISIANE. V. CANARD-SARCELLE BRUN et BLANC.

CANARD-SARCELLE DE MADAGASCAR. V. OIE DE MADAGASCAR.

CANARD-SARCELLE DE LA MER CASPIENNE. V. CANARD-SARCELLE DE GMELIN.

CANARD-SARCELLE DU MEXIQUE, Anas Novœ-Hispaniœ, Lath. Parlies supérieures noirâtres, irisées; tête fauve, variée de noirâtre, avec des reflets brillans et une tache blanche de chaque côté; gorge, cou et parties inférieures blanchâtres, pointillés de noir; tectrices alaires noirâtres; miroir bleu; premières rémiges noires; les autres variées de vert et de fauve, ou de blanc et de noir; bec bleu, noir en dessous; pieds rougeâtres. Longueur, quinze pouces. La femelle a le dessus du corps noirâtre, varié de fauve et de blanc, le dessous blanc tacheté de noir, le bec noir, les pieds cendrés.

CANARD-SARCELLE (PETIT). V. CANARD-SARCELLE D'HIVER.

CANARD-SARCELLE A QUEUE ÉPINEUSE, Anas spinosa, L., Buff. Pl. enl. 967. Plumage d'un brun varié de noirâtre avec un peu de blanc sur les tectrices alaires; sommet de la tête noir; deux raies blanches et une noire sur les côtés de la tête; rectrices roides, longues, étagées et pointues; bec bleu; pieds jaunâtres. Longueur, onze pouces. Amérique méridionale.

CANARD-SARCELLE ROUX A LONGUE QUEUE. V. CANARD-SARCELLE DE LA GUADELOUPE.

CANARD-SARCELLE DE SAINT-DO-MINGUE. V. CANARD-SARCELLE DE LA GUADELOUPE.

CANARD-SARCELLE SAN-SARAI, Anas alexandrina, L. Parties supérieures cendrées, maillées de noir et de blanc; ventre noir; abdomen blanchâtre; bec noir; pieds jaunâtres avec les palmures brunes. Longueur, quinze pouces. A la Perse.

CANARD-SARCELLE SCARCHIR, Anas arabica, L. Parties supérieures cendrées, tachetées de noirâtre; les inférieures, ainsi que le croupion, blanchâtres, variées de cendré; miroir noir, bordé de blanc; bec noir, bordé de jaune; pieds jaunâtres avec les palmures noirâtres. Longueur, quatorze pouces. De la Perse et de l'Inde.

CANARD-SARCELLE SIRSAIR, Anas Sirsair, L. Parties supérieures brunes, ainsi que la tête et le cou; miroir vert, bordé de blanc; parties inférieures blanchâtres, tachetées de brun; gorge et ventre blancs; bec et pieds gris. Longueur, quatorze pouces. De la Perse.

CANARD-SARCELLE SOUCROURETTE. V. CANARD-SARCELLE DE CAYENNE, femelle.

CANARD-SARCELLE SOUCROUROU. V. CANARD-SARCELLE DE CAYENNE.

CANARD-SARCELLE A TÊTE BLAN-

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CHE. V. CANABD DE BARBARIE A TÉTE BLANCHE.

CANARD-SARCELLE A TÉTE BRUNE, Anas carolinensis, L. Parties supérieures noirâtres, ondées de blanc; tête et nuque brunes; une large bande verte de chaque côté, et une ligne blanche derrière l'œil; bas du cou et poitrine blancs, tachetés de noir; une lunule blanche sur l'épaule; miroir vert; bec et pieds noirâtres. Longueur, quatorze pouces six lignes. Amérique septentrionale.

CANARD-SARCELLE DE VIRGINIE. V. CANARD-SARCELLE DE CAYENNE.

CANARD SAUKI, Anas Mersa, Lath. Parties supérieures d'un gris jaunâtre finement pointillé de brun; téte et cou blancs; une tache noire sur la unque et une autre sur le cou; ailes petites, courtes et cendrées; dix-huit rectrices étroites, roides et étagées; parties inférieures et croupion cendrés poitrine d'un brun jaunâtre, ondulé de noir; bec large, long, très-renflé à sa base, bleuâtre; pieds blanchâtres, placés fort eu arrière. Longueur, quinze pouces. De Sibérie. Temminck le regarde comme le Canard couronné, jeune âge.

CANARD SAUVAGE, Anas Boscas, L. Buff. Pl. enl. 676 et 677. Parties supérieures rayées de zig-zags très-fins, de brun cendré et de gris blanchâtre; tête et cou d'un vert foncé; un collier blanc; miroir d'un vert irisé, entre deux bandes blanches; les quatre rectrices intermédiaires; recourbées en demi-cercle; parties inférieures blanchâtres, rayées de zig-zags cendrés; poitrine d'un marron foncé; bec d'un jaune verdâtre; iris brun rougeâtre; pieds orangés. Longueur vingt-deux pouces. La femelle est plus petite; elle est grisâtre, variée de brun; une bande blanchâtre, tachetée de brun au-dessus des yeux, et une autre noirâtre derrière; gorge blanche; toutes les rectrices droites. Les jeunes mâles sont semblables aux femelles. On trouve cet Oisean dans le nord des deux Continens; il en émigre des troupes nombreuses qui viennent se reposer surles lacs, dans les marais, et surtout sur les étangs ombragés que l'on dispose à cet effet, et qui sont nommés Canardières. C'est sur les étangs, où l'on place toute espèce de piéges, que s'en font les chasses réglées. Le Canard sauvage, susceptible de diverses modifications de plumage, a été dès long-temps réduit à la domesticité dans nos basse-cours où il est une ressource précieuse dans l'économie rurale, et l'un des Oiseaux les plus répandus.

CANARD SAUVAGE DU BRÉSIL. V. CANARD MUSQUÉ.

CANARD SAUVAGE DU MEXIQUE. Briss. Il a le bec large et les ailes colorées de bleu, de blanc et de noir.

CANARD SAUVAGE DE SAINT-DOMINGUE. V. CANARD MUSQUÉ.

CANARD SAUVAGE A TÉTE ROUSSATRE. V. CANARD MORILLON.

CANARD SCARCHIR. V. CANARD-SARCELLE SCARCHIR.

CANARD SIFFLEUR, Anas Penelope, L. Buff. Pl. enl. 825. Parties supérieures, ainsi que les flancs, rayés de zig-zags noirs et blancs; front jaunâtre; gorge noire; miroir vert, entouré de noir; scapulaires noires, lisérées de blanc poitrine d'un rouge brun; petites tectrices alaires blanches, les caudales inférieures noires; parties inférieures blanches; bec bleu, noir à la pointe; iris brun; pieds cendrés. Longueur, dix-huit pouces. La femelle et les jeunes mâles sont plus petits; ils ont la tête et le cou roux, tachetés de noirs, les plumes du dos brunes, bordées de roux, les tectrices alaires brunes, bordées de blanc, le miroir d'un cendré blanchâtre, la poitrine et les flancs roux. Il est du nord de l'Europe.

CANARD SIFFLEUR DU CAP DE BONNE-ESPÉRANCE, Anas capensis, L. Parties supérieures d'un brun rougeâtre; tête, devant du cou et poitrine d'un bleu cendré, pointillé de noir; miroir d'un bleu verdâtre, entouré de blanc; parties inférieures blanchâtres; bec rouge, noir à la pointe; pieds rougeâtres, avec les palmures noires. Longueur, quatorze pouces.

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CANARD SIFFLANT, A BEC MOU. V. CANARD A BEC MEMBRANEUX.

CANARD SIFFLEUR, A BEC NOIR, Anas arborea, L. Buff. pl. enl. 804. Parties supérieures brunes, avec les plumes bordées de roux; front et occiput roussâtres, nuque garnie de plumes effilées, noirâtres, assez longues pour former une huppe; tectrices alaires d'un roussâtre foncé; tectrices caudales et croupion noirâtres; parties inférieures blanches, tachetées de noir; poitrine roussâtre; rémiges et rectrices noirâtres, ainsi que le bec et les pieds. Longueur, dix-neuf pouces. Amérique septentrionale.

CANARD SIFFLEUR, A BEC ROUGE, Anas autumnalis, L. Buff. Pl. enl.826. Parties supérieures d'un brun marron; tête et cou d'une teinte plus claire; occiput noirâtre; joues, gorge et cou gris; petites tectrices alaires noirâtres, les moyennes fauves, les grandes blanches; croupion et tectrices caudales blanchâtres, tachetées de noir; rémiges et rectrices noirâtres, bordées de gris; bec rouge, avec l'onglet noir; pieds rougeâtres. Longueur, dix-huit pouces. Amérique méridionale.

CANARD SIFFLEUR HUPPÉ, Anas rufina, Pall. Gm. Lat. Buff. Pl. enl. 928. Parties supérieures d'un brun clair; tête, joues, gorge et haut du cou d'un brun rougeâtre; une large huppe sur la nuque; bas du cou, poitrine et parties inférieures noires; poignet, miroir et base des rémiges, une grande tache sur les côtés du dos blancs, ainsi que les flancs; bec rouge avec l'onglet blanc; pieds rouges avec les palmures noires. Longueur, vingt-un pouces. La femelle a la tête et la huppe d'un brun foncé, plus clair aux joues et à la gorge; la poitrine et les flancs d'un brun jaunâtre, point de taches sur les côtés du dos, le miroir grisâtre, etc. Du nord de l'Europe.

CANARD SIFFLEUR, A QUEUE NOIRE, Anas melanura, L. V. CANARD A BEC ROUGE.

CANARD SIFFLEUR DE SAINT-DOMINGUE. V. CANARD SIFFLEUR A BEC NOIR.

CANARD SIRSAIR. V. CANARD-SARCELLE SIRSAIR.

CANARD SKOORA, Anas Scandiaca, Mull. Parties supérieures noires, le miroir, ainsi que les parties inférieures, d'un brun-marron; bec large; longueur vingt-deux pouces; du nord de l'Europe; espèce douteuse.

CANARD SOUCHET, Anas clypeata, L., Buff., Pl. enl. 971 et 972. Parties supérieures d'un brun noirâtre; tête et cou d'un vert foncé, irisé; scapulaires blanches, tiquetées de noir; miroir d'un vert foncé, tectrices alaires d'un bleu pâle; poitrine blanche; parties inférieures rousses; bec large, noir en dessus, jaunâtre en dessous; iris jaune; pieds orangés. Longueur, dix-huit pouces. La femelle at tête d'un roux clair, tiqueté de noir; les plumes du dos d'un brun noirâtre, bordées de roux-blanchâtre; les tectrices alaires d'un bleu sale; les parties inférieures roussâtres, avec de grandes taches brunes. Du nord des deux Continens.

CANARD A SOURCILS BLANCS, Anas Leucophrys, Vieill. Parties supérieures brunes; gorge blanche, ainsi qu'une bande en forme de sourcil qui s'étend jusqu'à la nuque; devant du cou et poitrine blancs, rayés de brun; tectrices alaires d'un gris irisé; quelques rémiges vertes, Bordées de violet; rectrices noirâtres, terminées de roussâtre; bec noirâtre et brun; iris brun; pieds blanchâtres. Longueur, treize pouces. Amérique méridionale.

CANARD DE SPARMANN, Anas Sparmanni, Lath. Parties supérieures variées de noir, de blanc et de roux; scapulaires noires, rayées et bordées de rougeâtre; parties inférieures blanches; rectrices rougeâtres; bec et pieds noirs. Longueur vingt-un pouces. Du nord de l'Europe. Espèce douteuse.

CANARD SPATULE, V. CANARD SOUCHET.

CANARD SPATULE DU PARAGUAY, Anas platelea, Vieill. Parties supé-

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rieures noirâtres, finement rayées de roux; tête et haut du cou blanchâtres, tachetés de noir; bas du cou et flancs roux; tectrices alaires supérieures bleues, variées de cendré et de noirâtre; les intermédiaires d'un vert irisé; parties inférieures noires, variées de rouge-violet; seize rectrices blanchâtres, étagées; bec noir, très-élargi à l'extrémité. Longueur, dix-sept pouces.

CANARD SPIRIT. V. CANARD-SARCELLE BLANC ET NOIR.

CANARD DE STELLER. V. CANARD A COLLIER BLEU.

CANARD SUCCÉ, Anas Jacquini, L. Parties supérieures noirâtres, les inférieures d'un brun-rouge; bec et pieds noirs. Longueur vingt-deux pouces. Des Antilles.

CANARD TADORNE, Anas Tadorna, L., Anas cornuta, Gmel., Buff., pl. enl. 53. Tête et cou d'un vert sombre; bas du cou, dos, tectrices alaires, flancs et croupion blancs; scapulaires, rémiges, extrémité des rectrices, abdomen et une large bande sur le milieu du ventre noirs; miroir vert irisé; tectrices caudales et une large bande qui entoure la poitrine et remonte sur le dos d'un roux vif; bec et sa protubérance charnue rouges; iris brun; pieds rougeâtres. Longueur vingt-deux pouces. La femelle est plus petite; elle a, au lieu de protubérance sur le bec, une tache blanchâtre. Les jeunes ont le front, la face, le cou, le dos et les parties inférieures blancs; la tête, les joues et la nuque brunes, pointillées de blanchâtre; la poitrine roussâtre; les scapulaires cendrées. Du nord et des contrées occidencales de l'Europe. Niche dans les terriers et les brisures de rochers qui bordent la mer.

CANARD TEMPATLAHOAC. V. CANARD SAUVAGE DU MEXIQUE.

CANARD A TÊTE CANELLE, Anas Caryophyllacea, Lath. Parties supérieures brunes; tectrices alaires longues et recourbées; miroir rougeâtre; iris rouge; pieds gris. Longueur dixneuf pouces. De l'Inde.

CANARD A TÊTE GRISE, Anas spectabilis. Le sommet de la tête d'un gris-bleuâtre; joues vertes; cou, parties supérieure du dos, tectrices alaires et deux grands espaces de chaque côté du croupion blancs; une très-étroite bande d'un cuir velouté suit tout le contour de la mandibule supérieure, et se divise vers la partie supérieure du bec en remontant entre deux crêtes charnues qui s'élèvent sur cet organe; une semblable double bande forme sur la gorge un angle en fils de lance; poitrine d'un blanc roussâtre; scapulaires, bas du dos, rémiges, rectrices et parties inférieures noires; bec, crêtes et pieds rouges. Longueur vingt-quatre pouces. De l'extrême nord de l'Europe. Vieillot pense que c'est un jeune mâle du Canard Eider.

CANARD A TÉTE JASPÉE, Anas jaspidea, Vieill. Parties supérieures roussâtres, tachetées de noir; tête, haut du cou jaspés de brun et de noirâtre; parties inférieures roussâtres et d'un roux obscur, tachetées de noir; rectrices noires en dessus, grises en dessous. Longueur, dixneuf-pouces. Amérique méridionale.

CANARD A TÊTE NOIRE, Anas melanocephala, Vieill. Parties supérieures noires, finement pointillées de roussâtre; côté du cou, flancs et croupion pointillés de roux et de noir; tête et haut du cou noirs; parties inférieures d'un blanc soyeux, varié de noir; tectrices caudales inférieures rousses: bec verdâtre, bordé de rouge. Longueur, seize pouces. Amérique méridionale.

CANARD A TÊTE ROUSSE (GRAND.) V. CANARD SIFFLEUR.

CANARD TZITZIHOA, Anas Tzitzihoa, Vieill. Parties supérieures variées de noir et de brun; tête et cou d'un fauve irisé, avec un collier blanchâtre; petites tectrices alaires cendrées, les intermédiaires rougeâtres; les grandes ainsi que les rémiges mélangées de blanc, de cendré, et de vert; miroir d'un vert doré; les deux rectrices intermédiaires fort allongées, parties inférieures blanchâtres; bec bleu, allongé; pieds cen-

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drés. Du Mexique. Quelques auteurs pensent que c'est une variété du Canard à longue queue.

CANARD TZONYAYAUHQUI, Hernandez. Parties supérieures noires avec une large bande brune sur toute la longueur du dos; tête noirâtre irisée; ailes variées de noir, de fauve, de brun et de cendré; poitrine noire; parties inférieures blanchâtres, rectrices traversées de lignes noires; bec large, brun avec deux taches et une autre à l'extrémité de l'onglet. Longueur, vingt pouces. Du Mexique.

CANARD VARIÉ A CALOTTE NOIRE, Anas jamaïcensis, Lath. V. CANARD SARCELLE A BEC RECOURBÉ. Vieillot a fait un double emploi en décrivant la même espèce sous ces deux noms dans le Dictionnaire de Déterville.

CANARD WAFPIS, Anas discors, Var., Lath. Parties supérieures d'un brun noirâtre; sommet de la tête noir; tectrices alaires, poitrine et abdomen bleus; gorge, ventre et partie extérieure des rémiges blancs; rectrices noires; bec noir; pieds bleus. Longueur, treize pouces. Amérique septentrionale. Selon Latham, cette espèce ne serait qu'une variété du Canard-Sarcelle de Cayenne.

CANARD WRONGI, Anas membranacea, Lath. Parties supérieures d'un brun ferrugineux; devant du cou et parties inférieures blanchâtres; sommet de la tête, dessus du cou et tour des yeux d'un brun noirâtre; bec large, membraneux et noir; iris bleu. Longueur, dix-neuf pouces. De la Nouvelle-Galles du sud. Ne serait-ce pas le mâle du Canard à bec membraneux?

CANARD XALCUANI, Anas Xalcuani, Vieillot. Parties supérieures cendrées, variées de brun et de noir; une bande verte qui va de l'occiput aux yeux; ailes et queue variées de verdâtre, de blanc et de brun; parties inférieures blanchâtres; poitrine fauve, rayée transversalement de blanc; pieds brunâtres. Longueur, vingt pouces. Du Mexique.

CANARD AUX YEUX D'OR. V. CANARD GARROT.

CANARD ZINZIN, V. CANARD JENSEN. (DR.. Z.)

CANARD DE PRÈ DE FRANCE. OIS. Syn. vulgaire de Cannepetière, V. OUTARDE. (DR.. Z.)

CANARDEAU. OIS. Nom donné vulgairement aux petits des espèces du genre Canard. (DR.. Z.)

CANARI. OIS. Espèce du genre Gros-Bec, Fringilla Canaria, L. On appelle CANARI DE MONTAGNE, en Catalogne et en Piémont, le Serin, Fringilla Serinus, L. V. GROS-BEC et CANARI SAUVAGE; le Rémiz, Parus Pendulinus, L. V. MÉSANGE. (DR.. Z.)

CANARI. BOT. PHAN. Pour Canarium. V.ce mot. (A. D. J.)

CANARIA. BOT. PHAN. (Pline.) Une Graminée qu'Adanson regarde comme celle que Linné a nommée Dactylis glomerata. V. DACTYLIS. (B.)

CANARI-LAUT. BOT. PHAN. Syn. de Terminalia Catalpa dans la langue malaise. V. TERMINALIA. (B.)

CANARI-MACAQUE. BOT. PHAN. Nom vulgaire du Qualea à Cayenne, où l'on nomme Canari une petite bouilloire, parce que le fruit de cet Arbre a la forme d'une sorte de vase de ce genre. V. LECYTHIS. (B.)

CANARIN-SALVATICO. OIS. Syn. sarde du Loriot, Oriolus Galbula, L. V. LORIOT. (DR.. Z.)

CANARINE. Canarina. BOT. PHAN. Genre de la famille des Campanulacées, voisin des Campanules, auxquelles Linné le réunissait d'abord en donnant à la seule espèce connue le nom de sa patrie, les îles Canaries; son calice est quinquéfide; sa corolle campanulée se partage supérieurement en six lobes; ses six étamines présentent des filets inférieurement élargis et arqués

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qui portent des anthères pendantes; son stigmate est à six découpures, et sa capsule à six loges. C'est par ce nombre qu'on retrouve dans ses différentes parties que le Canarina différe de la Campanule. Le C. campanulata est une Herbe à feuilles opposées, hastées et dentées, à fleurs solitaires portées sur un pédoncule axillaire. V. Lamk. Illust. tab. 259. (A. D. J.)

* CANARIO. OIS. Syn. romain du Gros-Bec des Canaries, Fringilla Canaria, L. V. GROS-BEC. (DR.. Z.)

CANARIUM. BOT. PHAN. Rumph avait décrit et figuré (Herb. Amboin T. II, t. 47 et suivantes), sous les noms de Canarium, Dammara et Nanarium, plusieurs Arbres qui semblaient se rapprocher entre eux par leur port, leur inflorescence en grappes axillaires, leurs feuilles pinnées avec impaire, le suc résineux découlant de leur tronc, la consistance huileuse de leur amande. D'un autre côté, il existait des différences bien marquées dans le nombre des divisions de leurs calices, de leurs pétales, de leurs étamines, des loges de leur fruit, dans la séparation ou la réunion des sexes sur une même fleur. Aussi la plupart des auteurs les avaient-ils séparés, les uns en en laissant plusieurs de côté, les autres en faisant plusieurs genres distincts. Un examen plus approfondi paraît conduire à ce résultat, que ces différences sont la suite d'a vortemens, que quelques-unes de ces Plantes ont déjà disparu, et que sans doute quelques autres disparaîtraient encore par l'inspection de ces Plantes à une époque moins avancée de la floraison; qu'enfin, ces Arbres appartiennent à un seul genre de la famille des Térébinthacées.

En adoptant ce genre unique, nous le caractériserons: par un calice monosépale divisé en trois parties; trois pétales; six étamines réunies par l'extrémité inférieure de leurs filets; un ovaire libre à trois loges dispermes, surmonté d'un style court et épais que ternrine un stigmate à peu près globuleux et sillonné; une drape quelquefois réduite par suite d'avortement à deux ou une seule loge ordinairement monosperme, et portée sur une sorte de cupule qu'on doit regarder comme un disque hypogyne qui a pris de l'accroissement; l'embryon, dépourvu de périsperme, et dont la radicule est supérieure, est remarquable par ses cotylédons profondément tripartis. (V. Gaertner, t. 102 et 103).

Maintenant, si nous examinons les différens genres établis par les auteurs, nous verrons: 1° que les caractères, tels qu'ils viennent d'être exposés, se trouvent dans le Pimela de Loureiro qui en décrit trois espèces, dont deux sont rapportées à des Plantes de Rumph; 2° que dans le Canarium de Linné, les fleurs sont devenues dioïques; le nombre des divisions du calice, deux, et celui des étamines, cinq; mais que dans deux espèces les trois loges du fruit subsistent.—Le Dammara de Gaertner paraît aussi lui appartenir, et par son port et par son fruit qui est biloculaire, mais il en diffère légèrement par son calice quinquéparti. (A. D. J.)

CANARY-GRAS BOT. PHAN. Syn. anglais de Phalaris canariensis, L. V. PHALARIS. (B.)

CANATTE-CORONDE. BOT. PHAN. Arbre indéterminé de Ceylan, qui donne une sorte de Canelle amère. (B.)

* CANA-VALAI. BOT. PHAN. (Commerson.) Nom vulgaire d'une Commeline à la côte de Coromandel. (B.)

CANAVALI. BOT. PHAN. Adanson a adopté ce mot indou pour désigner un genre de la famille des Légumineuses, si voisin des Dolics que la Plante qui a servi à le former y avait été réunie par Valh sous le nom de Dolichos rotundifolius. Malgré le défaut de caractères essentiels, puisque, selon Adanson lui-même, il n'éxiste entre ces deux genres qu'une légère

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différence dans le fruit. Du Petit-Thouars, qui a observé avec attention plusieurs Dolics dans leur lieu natal, pense que le genre Canavali doit être rétabli. Il a exposé (Journal de Botanique, V. III, p. 77), les caractères, de ce genre, et y a rangé trois espèces: les Canavali maxima, C. incurva et C. maritima. Celle-ci paraît être la Plante dont on trouve une figure et une description dans Rhéede (Hort. Malab., VIII, p. 83 et t. 43) sous le nom de Katu-Tsjandi. Cette plante a le port des grandes espèces de Dolics et de Haricots; ses Fleurs exhalent une odeur suave, la gousse renferme une douzaine de graines assez grosses et ovales dont Rhéede ne dit pas les usages économiques. Il ajoute seulement qu'on emploie au Malabar les feuilles comme un topique salutaire pour les tumeurs glanduleuses. Du Petit-Thouars (loc. cit., p. 81) parle d'une quatrième espèce de Canavali, à laquelle il donne le nom spécifique de Cathartica, indigène de l'île de Mascareigne, et qui paraît être le Katubara-Mareca figuré dans Rhéede, T. LV. Cette Plante, dit-il, possède, ainsi que le C. maritima, des propriétés purgatives qui paraissent tenir à un principe particulier des Légumineuses plus ou moins développé selon les espèces. (G.. N.)

CANAVETE OU CABALETTE. INS. Noms vulgaires des Sauterelles dans quelques parties de l'Espagne. (B.)

CANAVROTE. OIS. Syn. de Fauvette chez les Piémontais qui appellent Canavrote d'Bussoun, le Motacilla dumetorum. V. SYLVIE. (DR.. Z.)

CANCA. BOT. PHAN. Espèce américaine du genre Casse. (B.)

CANCAME ET CANCAMUM. BOT. PHAN. Sorte de Gomme-Résine aujour-d'hui peu connue, venant d'Afrique selon les uns, d'Amérique selon d'autres, dont les amas, formés de diverses substances, proviennent d'Arbres ou de Végétaux différens, et sont, à ce qu'on croit, le résultat du travail de quelques Animaux. On employait cette Gomme-Résine comme l'Encens contre les maux de dents, mais on n'en apporte plus en Europe. (B.)

CANCAMON. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Arbre qu'on a mal à propos cru le même que l'Hymœnea Courbaril, lequel, croissant dans l'Amérique méridionale, n'a pu être connu des anciens. (B.)

CANCAN. Syn. de Civette chez les Éthiopiens.

(A. D.. NS.)

CANCELLAIRE. Cicclidotus. BOT. CRYPT. (Mousses.) Genre formé par Palisot de Beauvois dans la section des Entopogones et dont le Trichostomum fontinaloides d'Hedwig est le type. Il lui donne pour caractères une coiffe campaniforme glabre; opercule conique, aigu, presque mamillaire; cils tournés en spirales, réunis en plusieurs paquets inégaux et réticulés. Weber et Mohr avaient prétendu que ces caractères étaient inexacts, mais Beauvois a persisté dans son opinion dans un Mémoire posthume que nous avons de lui (V. le volume des Mémoires de la Société Linnéenne pour 1822, p. 454. pl. 6. f. 3). Hooker admet également ce genre qui, jusqu'ici, ne se compose que d'une seule espèce aquatique dont la tige est rameuse, les feuilles éparses et les fleurs terminales. Cette Mousse se trouve assez communément en Europe. (B.)

CANCELLAIRE. Cancellaria. MOLL. Genre établi par Lamarck, dans la seconde section, les Zoophages, de l'ordre des Trachélipodes, famille des Canalifères, aux dépens des Volutes de Linné. Ses caractères sont: coquille ovale ou turriculée, ouverture subcanaliculée à sa base; le canal court ou presque nul; columelle plicifère, à plis tantôt en petit nombre, tantôt nombreux, la plupart transverses; bord droit sillonné à l'intérieur. Les Cancellaires sont des Coquilles striées, cannelées, réticulées et en général assez âpres au toucher; toutes sont marines. Lamarck en décrit douze espèces vivantes, dont les

TOME III. 10

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plus répandues dans les collections sont: 1° Cancellaria reticulata, An. s. vert., T. VII, p. 112; Voluta Cancellata, L., Syst. Nat., XIII, T. I, p. 5446; Encycl., Coq., pl. 375, f. 3, A, B. Cette Coquille habite l'Océan Atlantique austral.—2° La NASSE, Cancellaria scœlœrina, Lamck., loc. cit., p. 113; Voluta Nassa, Gmel., Syst. Nat., T. I, p. 3493, des mers de l'Ile-de-France, où nous l'avons recueillie nous-mêmes dans la baie du Tombeau.—3° La ROSETTE, Rivet., Adanson, Sénég., p. 123, pl. 8; Cancellaria Cancellata, Lamck, loc. cit., 113; Encycl., Coq., pl. 374, f. 5, A, B. Espèce élégante des côtes d'Afrique, particulièrement de celles de Guinée.—4° la LIME, Cancel. senticosa, Lamck., loc. cit., p. 114; Murex senticosus, L., Gmel., Syst. nat., XIII, T. I p. 3339; Encycl., Coq., pl. 417, f. 3, A, B., dont le Buccinum Lima de Chemnitz est une variété qui se trouve dans les mers de l'Inde, et que sa forme générale nerend pas moins remarquable que les aspérités de ses côtes.

Il existe aussi des Cancellaires à l'état fossile; on en connaît sept espèces, dont l'une, l'Atourelle, a été figurée par Knorr., Petref., T. II, pars. 1, pl. 46, f. 1, et se trouve dans les environs de Florence. On distingue encore entre elles le Cabestan, la Buccinule et la Volutelle que Defrance a découvert à Grignon.

Cuvier (Règne Animal, T. II, p. 433) considère les Cancellaires comme un simple sous-genre de Volutes. (B.)

* CANCELLÉS. Cancellati. BOT. CRYPT. (Lycoperdacées.) Section établie par Nées d'Esenbeck dans sa famille des Gastéromyces, et qui renferme les genres Trichia, Arcyria, Cribraria et Dictydium, V. ces mots et LYCOPERDACÉES.

(AD. B.)

* CANCELLIER. BOT. PHAN. Nom proposé pour l'Hydrogeton fenestralis de Madagascar dont les feuilles sont cancellées. (B.)

CANCER. ZOOL. et BOT. Nom du genre Crabe qui a été quelquefois employé en français. Les anciens ont désigné sous les noms de Cancer petrefactus et de C. lapideus les Crustacés fossiles. Rumph (Amboinsche Rariteit Kamer lib. 2, chap. 84, pl. 60, fig. 3) a nommé Cancer Lapidescens le Cancer macrochelus de Desmarest (Hist. nat. des Crust. Foss., p. 91). Le même Rumph (loc. cit., pl. 60, fig. 1 et 2) a appliqué le nom de Lapidescens à un Crustacé Fossile très-différent, et qui est le Gonoplax incisa de Desmarest (loc. cit., p. 100). Le Cancer perversus de Walch et Knorr (Monum. du déluge, T. I, p. 156, pl. 14, fig. 2) appartient au genre Limule et à l'espèce que Desmarest (loc. cit., pag. 139) nomme L. Walchii. V. CRABE et CRUSTACÉS FOSSILES. (AUD.)

Le nom de CANCER a été étendu a l'une des plus tristes infirmités qui affligent la plus belle moitié de l'espèce humaine; il indique aussi une maladie des Arbres consistant dans une sorte d'ulcère ou de carie. (B.)

* CANCÉRIDES. CRUST. Division établie (An. s. vert, de Lamarck. T. V, p. 262) dans la famille des Nageurs, seconde section, les Brachyures, de l'ordre des Holobranches. Ses caractères consistent dans toutes les pates onguiculées, et dans la forme du test qui est arqué antérieurement. C'est la dernière de la classe des Crustacés; elle embrasse les Arquées de Latreille et quelques autres genres les plus analogues aux Crabes, qui en font également partie. Les Cancérides sont littorales et ne nagent point. Les genres dans lesquels on les a réparties sont les Dromies, les Æthres, les Calappes, les Hépates et les Crabes. V. ces mots. (B.)

CANCERIFORMES. CRUST. Famille établie par Duméril et désignée aussi sous le nom de Carcinoïdes. V. mot. (AUD.)

CANCERILLE. BOT. PHAN. L'un

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des noms vulgaires du Daphne Mezœreum, L. V. DAPHNÉ. (B.)

CANCHA-LAGUA. BOT. PHAN. V. CACHEN-LAGUEN.

CANCHE. Aira. BOT. PHAN. Genre de la famille des Graminées, de la Triandrie Digynie, L. caractérisé par une 1épicéne bivalve contenant deux fleurs, dont la glume est à deux valves, l'externe chargée d'une arête genouillée qui part de sa base, Plusieurs espèces rapportées à ce genre en sont exclues par cette description, pour prendre place dans des genres voisins. I1 lui en reste environ une douzaine, dont quelques unes se rencontrent dans nos environs. Elles sont en général remarquables par l'élégance de leur panicule et la couleur luisante de leurs fleurs. L'Aira cœspitosa à feuilies planes et striées, à panicule étalée, à glumes velues et dont l'arête ne dépsse pas la longueur, se plaît dans les prairies et les bois où elle atteint jusqui trois pieds de hauteur. L'Airafle-uosa moins haute, distinguée par ses pédoncules flexueux et ses feuilles sétacées, couvre les cOtaux sablonneux. L'Aira caryophyllea, beaucoup plus basse encore, se plaît dans les ligux secs et sur le bord des bois; ses feuilles sont aussi menues, et sa panicule peu garnie. Celle de 1 'Aira canescens est resserrée en épis et longuement embrassée par la gaîne de la feuille supérieure; ses arêtes sont un peu épaissies en massue à leur sommet. L'Air precox en diffère par sa taille très-basse, la distance de ses panicules à la première feuille et ses arêtes pointues. (A. D. J.)

Le mot CANCHE est syn. chez les Chinois de Canne à Sucre. V. SACCHAKUM. (B.)

CANCHILAGUA. BOT. PHAN. Syn. aragonais de Linum catharticum, L. Espece du genre Lin. (B.)

* CANCLAU. MOLL. Nom de pays de l'Ampullaire OEil-d'Ammon. V. AMPULLAIRE. (B.)

CANCOELLE. INS. L'un des noms vulgaires du Hanneton commun. V. HANNETON. (B.)

CANCOINE. OIS. Syn. vulgaire de la Litorne, Turdus piluris, L. V. MERLE. (DR.. Z.)

CANCONG ET SAJOR-CANCONG. BOT. PHAN. Syn. malais des Convolvulus medium et reptans, L., especes du genre Liseron. (B.)

* CANCOUDA. OIS. Syn. présumé du Coulavan, Oriolus chinensis, L. dans les Indes. V. LORIOT. (DR.. Z.)

CANCRE. Cancer. CRUST. Mot dont on s'est servi quelquefois pour désigner les Crabes à courte queue ou les Crustacérs Décapodes de la famille des Brachyures.

CANCRE CAVALIER. V. OCYPODE.

CANCRE HÉRACLÉOTIQUE. Les Anciens donnaient ce nom à des Crustacés qu'on rencontrait principalement près de la ville d'Héraclée, sur la Propontide. Belon et Aldrovande rapportent cette espèce au Calappe Migrane, Cal. granulata de Fabricius. Rondelet (de Piscibus, lib. 18, p, 563) a une opinion différente, et figure sous le nom de Cancer heracleoticus un Crustacé du genre Inachus. V. ce mot.

CANCRE JAUNE OU ONDE. V. HOMOLE.

CANCsRE MADRÉ. V. GRAPSE.

CANCRE MICRAINE OU OURS. V. CALAPPE.

CANCRE OURS OU MAJA OURS DE BOSC. V. HOMOLE.

CANCRE A PIEDS LARGES. V, PORTUNE.

CANCRE PEINT. V. GRAPSE et GECARCIN.

CANCRE DE RIVIÉRE. V. POTAMOPHILE.

CANCRE SQUINADO. V. INACHUS et MAÏA. (AUD.)

CANORELAT. INS. Syn. de Blatta americana, L. V. BLATTE. (B.)

CANCRIDE. Cancris. MOLL. Genre établi par Montfort (Conchyl., p. 266) pour une très-petite Nautilacée qu'on trouvc adhérente sur les algues de la Méditerranée. V. NAUTILE. (B.)

10*

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CANCRIFORMES, ZOOL. On donne génériquement ce nom aux Animaux qui paraissent se rapprocher des Crustaoés par leur aspect. (B.)

CANCRITES OU CRUSTACITES. CRUST. FOSS. Nom ordinairement donné aux Crustacés fossiles.V. ce mot. (C. P.)

CANCROMA ET CANCROPHAGE. OIS. Nom donné par quelques auteurs au Savacou. V. ce mot. (DR..Z.)

CANDA. Canda. POLYP. Genre de l'ordre des Cellariées dans la division des Polypiers flexibles celluliféres. C'est un Polypier frondescent, flabelliforme, dichotome, à rameaux réunis par de petites fibres latérales et horizontales; à cellules alternes, placées sur une seule face et point saillantes.—Nous avons donné à ce genre le nom de Canda; c'est celui d'une jeune Malaise citée dans le Voyage de Péron et Lesueur: ces naturalistes ont rapporté cette élégarite Cellariée des côtes de Timor. La description ne peut peindre que d'une manière imparfaite le port agréable de ce Polypier, et l'effet que font les rameaux peu divisés, presque toujours dichotomes, et réunis par des fibres latérales et horizontales qui lient entre elles, toutes les parties de cette jolie production polype use. Dans l'état frais les couleurs doivent être très-vives, la dessiccation leur a enlevé leur éclat et en a fait disparaître plusieurs.

Ce genre différé des Cabérées et des Acamarchis par la forme des cellules et des rameaux; il a beaucoup plus de rapport avec le dernier qu'avec les premiers; cependant il s'en distinguera toujours par la forme des cellules; la substance est membrane use, cornée, un peu crétacée et friable; la grandeur varie de trois à quatre centimètres; par l'élégance de son port, elle peut servirà faire des tableaux pour orner les cabimets des curieux. La seule esèce qui nous soit connue est le Canda arachnoïde, Ganda arachnoides, Lamx. Polyp. p. 5, t. 64, fig. 19-22. Elle croît sures côtes de l'île de Timor. (LAM..X.)

CANDALANG. BOT. PHAN. Même chose que Cadul-Gaha. V. ce mot. (B.)

CANDALO. BOT. PHAN. Syn. indou de Rhizophora. V. MANGLIER. (A. R.)

CANDALU. BOT. PHAN. Syn. indou d'Avicennia tomentosa, L. V. AVICENNLE. (B.)

CANDAN-CATIDY. BOT. PHAN. Syn. présumé de Mélongène. V. ce mot et SOLANUM. (B.)

CANDARET ET CANDARON. BOT. PHAN. (Daléchamp.) Syn. arabes de Chondrille. V. ce mot. (B.)

CANDEK. BOT. PHAN. Noms malabares et indous du Care-Kandal. V. ce mot. (B.)

CANDEL OU KANDEL. BOT. PHAN. Même chose que Candalo. V. ce mot. (B.)

CANDELARIA, CANDELLA ET CANDILERA. BOT. PHAN. Noms que l'on donne dans quelques parties de l'Espagne à des Plantes dont les feuilles épaisses sont, tellement laineuses qu'on peut s'en servir comme de mèches dans la lampe. Telles sontle phlomis Lychnitis, L., les Verbascum Thapsus et Lychnitis. V. PHLOMIDE et MOLÈNE. (B.)

CANDELBERY. BOT. PHAN. Syn. de Myrica cerifera à la Louisiane. V. MYRICA. (B.)

CANDI. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires du Chanvre en Languedoc. (B.)

CANDIDE, INS. (Engramelle.) Espèce de Lépidoptère du genre Coliade. V. ce mot. (B.)

CANDILERA. BOT. PHAN. V. CANDELARIA.

CANDIS. BOT. PHAN. Pour Kandis. V. ce mot. (B.)

CANDI-TUST. BOT. PHAN. Syn. anglais d'Iberis amara et umbellata, V. IBÉRIDE. (B.)

CANDOLINI. BOT. PHAN. Même

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chose que Chincapalone. V. ce mot. (B.)

CANDOLLEA. BOT. PHAN. Genre de Plantes appartenant à la famille des Dilléniacées et à la Polyadelphie Polyandrie, L. Labillardière l'a établi en l'honneur du professeur De Candolle, sur une Plante de la Nouvelle-Hollande, et c'est celui qui a été adopté par le célèbre naturaliste auquel il a été dédié, parmi les nombreux hommages que la plupart des botanistes s'étaient empressés de lui adresser. Tous les autres Candollea ont donc dû recevoir des noms différens; il faut aussi se garder de confondre le Candollea formé par Labillardière lui-même, dans les Annales du Musée, et qui est un genre déjà établi par Swartz, sous le nom de Stylidium, avec le genre qu'il a décrit dans les Plantes de la Nouvelle-Hollande. Voici les caractères des vrais Candollea, tels que les donne De Candolle dans le Systema Vegetabilium, 1, p. 423: calice à cinq sépales ovales, couronnés et persistans; corolle à cinq pétales obovales; plusieurs faisceauxa d'étamines opposés aux pétales; quatre à cinq anthères oblongues pour chaque feisceau; carpelles au nombre de trois à six, ovés, pointus versle style, s'ouvrant intérieurement et contenant chacun deux graines ovées dont l'albumen est charnu et l'embryon trèspetit. L'espèce décrite par Labillardière est un Arbrisseau dont les rameaux sont un peu dressés, cendrés et rugueux; les feuilles ont la forme d'un Coin Candollea cuneiformis, Labill., Nov.-Holl., 2, p. 34, t. 176. Les deux autres espèces que De, Candolle a fait connaître ont été aussi rapportées de la Nouvelle-Hollande par R. Brown. Ce sont des Arbrisseaux qui ont des rapports très-marqués avec les Hibbertia, et surtout avec le dernier grouppe des. Pleurandra, auquel De Candolle a donné le nom de pleur. Candolleanœ

(G.. N.)

CANDOLLEA. BOT. CRYPT. (Hcpatiques.) Raddi dans sa Jungermannografia Etrusca, a séparé sous ce nom quelques espèces de Jungermannes. V. ce mot.

(AD. B.)

CANDOLLEA. BOT. CRYPT. (Fougères.) Genre formé par Mirbel, dans le petit Buffon de Déterville, aux dépens des Acrostics à frondes entières, et dont le nom a été changé par Desvaux en celui de Cyclophore. V. ce mot. (B.)

CANDOLLINE. BOT. PHAN. Pour Candollea. V. ce mot. (B.)

CANE. OIS. C'est ainsi que l'on nomme vulgairement la femelle des espèces du genre Canard, particulièrement celle du Canard domestique: de-là les noms de Cane blanche en Sologne, de Cane du Cap, de Cane à collier, de Cane de Guinée, du Caire et de Lybie, de Cane Pénélope, de Cane de mer et de Cane à grosse tête ou à tête rousse pour désigner le Harle, le Canard musqué, la Bernache, le Cravant, le Siffleur, le Milouin, etc., espèces du genre Canard. V. ce mot. (B.)

CANEBA. BOT. PHAN. L'un des noms du Chanvre dans le midi de la France. (B.)

CANEBAS. BOT. PHAN. Syn. provençal d'Althœa Cannabina, espèce du genre Guimauve. V. ce mot. (B.)

CANEBÉ. BOT. PHAN. Pour Caneba. V. ce mot. (B.)

*CANEBERGE. BOT. PHAN. Pour Canneberge. V. ce mot. (B.)

* CANEFICE. BOT. PHAN. La Gasse des boutiques. (B.)

CANEFICIER. BOT. PHAN, Espèce du genre Cassia, qui donne la Casse des boutiques. On appelle aussi Caneficier bâtard le Cassia bicapsularis et Caneficier sauvage une espèce américaine de Galéga. V. CASSE et GALÉGA. (B.)

* CANEJA, POIS. Syn. portugais de Roussette, Squalus Caniculus, L. (B.)

CANELA DE EMA. BOT. PHAN; (vandelli.) V. VELLOZIA.

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* Les Italiens désignent l'Arunda Phragmites par le même nom. V. ROSEAU. (B.)

CANELLA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Méliacées, rapporté par quelques auteurs aux Guttifères, et plus généralement connu sous le nom de Winterania. V, WINTERANIE.

(A.R.)

CANELLA DO MATTO. BOT. PHAN. L'écorce du Laurus Cassia chez les Portugais des deux Indes, V. LAURIER. (B.)

CANELLE. BOT. PHAN. Pour cannelle. V. ce mot. (B.)

* CANELLI. BOT. CRYPT. L'un des synonymes de Clavaire en Italie. (B.)

CANELON. OIS. Syn. de Kamichi, Palamedea cornuta, L. V. KAMICHI. (DR.. Z)

CANELOS DE QUIXOS. BOT. PHAN. (Joseph de Jussieu.) Arbre indéterminé de l'Amérique méridionale, qui croît dans une région où le goût aromatique et piquant de son écorce l'a fait comparer au Cannellier. V. ce mot. (B.)

CANELSTEIN OU KANELSTEIN. MIN. V. PIERRE DE CANNELLE.

CANEPÉTIÈRE, CANEPETRACE OU CANEPÉTROLE. OIS. Espèce du genre Outarde, Otis Teirax, L. V. OUTARDE. (DR.. Z.)

CANÉPHORE. Canephora. BOT. PHAN. Jussieu a donné ce nom à un genre de la famille naturelle des Rubiacées, auquel il assigne pour caractères: des fleurs aggréées au nombre de trois à six, sur une sorte de réceptacle commun, entouré d'un involucre très-petit et quinquéfide. Ces fleurs sont sessiles et séparées lesunes des autres par des écailles; leur calice est fort petit et marqé de cinq ou six dents; leur corolle est subcampanulée, à cinq ou six lobes dressés; les étamines, en nombre égal aux lobes de la corolle, sont sessiles et incluses; le style est surmonté d'un stigmate bifide; le fruit est pisiforme, couronné par les dents du calice, et contient deux graines.

Deux seules espèces composent ce genre: le Canephora axillaris de Jussieu, figuré par Lamarck (Illustrat., t. 151, f. 1), est un Arbuste originaire de Madagascar, d'où il a été rapporté par Commerson. Ses feuilles opposées sont ovales, et portent à leur aisselle des fleurs axillaires et solitaires. Le Canephora capitata, Lamk., Ill., t. 151, f. 2, a les fleurs capitanées; les feuilles plus longues; il est égalefnent originaire de Madagascar.

(A. R.)

CANET OU CANETON, OIS. Noms vulgaires des petits du Canard domestique. (DR.. Z.)

CANETTE. OIS. Syn. de Sarcelle d'hiver, Anas Crecca, L. V. CANARD. (DR.. Z.)

CANEVAROLE, OIS. (Aldrovande.) Et non Canevorole. Syn. de Fauvette à tête noire, Motacilla atrica pilla, L. V. SYLVIE. (DR.. Z)

CANGAN-GOUPI. BOT. PHAN. Nom de pays du Randia malabarica. V. Randia. (B.)

CANGREJO, CRUST. Mot espagnol et portugais qui désigne les espèces les plus communes d'Ecrevisses. (B.)

CANGUI. OIS. (Azara.) Syn. de Jabiru, Mycteria americana, L. au Paraguay. V. JABIRU. (DR.. Z.)

CANHAYAWL. BOT. PHAN. Nom gallois de la Pariétaire. V. ce Mot (B.)

CANIA. BOT. PHAN. (Pline.) Syn. présumé à d'Urtica pilulifera, L. V. ORTIE (B.)

CANIARD. OIS. Syn. vugaire de Goéland à manteau noir, du jeune âge, Larus Nœvius, L. V. MAUVE. (DR.. Z)

CANIBELLO. OIS. Syn. italien de la Cresserelle, Falco Tinunculus, L. V. FAUCON. (DR.. Z)

CANICA, BOT. PHAN. Petit Arbre aromatique de Cuba, qui paraît être le Myrtus Pimenta. V. MYRTE. (B.)

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CANICHE, BARBET OU CHIENCANARD, MAM. Race de Chien. V. ce mot. (B.)

CANICHON. OIS. Nom par lequel on désigne le jeune Canard avant qu'il soit vêtu de plumes. (DR.. Z.)

CANICULA, POIS. Syn, espagnol de Roussette, Squolus Caniculus, L. (B.)

CANIDAS, CANIDE, CANINDSÉ OU CANIVET. OIS. Syn. de l'Ara bleu, Psittacus Ararauna, L. dans l'Amérique méridionale où on l'appelle aussi Canidé Jouvé. V. ARA. (DR.. Z)

CANIFICIER. BOT. PHAN. Pour Caneficier. V. ce mot. (B.)

CANILLÉE. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires de la Lenticule. V. ce mot. (B.)

CANINA, POIS. La Dorade, espè du genre Spare en Sardaigne. (B.)

* CANINANA. REPT. OPH. (Ruysch.) Petit Serpent fort mal connu d'Amérique, qu'on mange dans le pays encore qu'il passe pour très-venimeux. (B.)

CANINDÉ. OIS. V. CANIDAS.

CANINERO. BOT. PHAN. L'un des noms du Sureau, dans quelques parties de l'Italie et de l'Espagne. (B.)

CANINES. MAM. Dents au nombre de quatre, fortes et coniques, situées, chez les Carnassiers, entre les incisives et les molaires. On les nomme aussi Laniaires et Crochets. V. DENTS. (B.)

CANIOR. BOT. PHAN. Syn. de Curcuma, dans la langue de Java. (B.)

CANI-POUTI. BOT. PHAN. Plante indéterminée de Madagascar, qui ne Peut être une Graminée, comme on l'avait suppoé, puisque son suc caustique sert a une sorte de tannage. (B.)

CANIRAM. BOT. PHAN. Nom malais du Strchnos Nux-Vomica, L., que Du Petit-Thouars, d'après Adanson, Veut substituer à celui qu'ont adoptéles botanists.V. STRYCHNOS. (B.)

CANIRI-UTAM. BOT. PHAN. (Burmann.)Syn. de Rumphia amboinensis, à Java. V. RUMPHIE. (B.)

* CANISTRUM. MOLL. Genre de Coquille formépar Klein, aux dépens des Turbo de Linné, et qui n'a pas été adopté. (B.)

* CANITA. POIS. Ce nom, qu'on trouve dans Plaute, y désigne un Poisson qu'il est impossible de reconnaître. (B.)

CANIVET. OIS. V. CANIDAS.

CANIVETTE. ARACHN. On appelle ainsi la toile d'Araignée, en Bretagne. (B.)

CANJALAT ET CANJALUT. BOT. PHAN. Nom malais d'une Plante encore peu connue de l'Inde, que l'on nomme également Gortia. Cette Plante paraît avoir quelques rapports avec les Ignames. Rumphius la décrit et figure sous le nom d'Ubium Polypoïdes (Herb. Amb, T. v. p. 364, t. 129). Loureiro la rapporte à son genre Stemona. V STEMONE.

(A. R.)

CANJAN-CORAI. BOT. PHAN. Syn. de Basilic, Ocymum, à la côte de Coromandel. (B.)

CANKER-ROSE. BOT. PHAN. L'un des noms de Rosa Cania, en quelques parties de l' Angleterre. V. ROSE. (B.)

CANKONG. BOT. PHAN. Probablement la même chose que Cancoug. Nom donné dans le Dictionnaire de Déterville comme syn. de Convolvulus medium, espèce du genre Liseron.

(A. R.)

CANNA, MAM. Espèce d'Antilope. V. ce mot. (B.)

CANNA. BOT. PHAN. V. BALISIER.

CANNA DE LA VIBORA, BOT. PHAN. V. CANA.

CANNAB. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires du Chanvre. (B.)

CANNABARE. BOT. PHAN. Nom d'une espèce de Commeline, Commeline-,

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lina bengalensis, à la côte de Malabar. (B.)

CANNABINE. Cannabina. BOT. PHAN. Nom spécifique d'un Datisca, d'un Eupatoire, d'un Bident, d'une Guimauve, d'une Ortie, d'une Galéopside et de plusieurs autres Végétaux. Ce nom a été étendu au premier de ces genres dans les dictionnaires précédens. V. DATISCA. (B.)

CANNABION. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. de Chanvre, d'où sont dérivés la grande quantité de noms donnés à ce Végétal depuis si longtemps utilisé. (B.)

CANNA-BOSCH. BOT. PHAN. (Thunberg.) Syn. de Caroxyle au midi de l'Afrique. (B.)

CANNACORUS. BOT. PHAN. Syn. de Basilier, Canna, chez les anciens botanistes. (B.)

CANNACUR. BOT. PHAN. Nom d'une espèce de Poivre, Piper Siriboa, à Banda, selon Rumph. (B.)

CANNAMELLE. BOT. PHAN. Pour Canamelle. V. SACCHARUM. (B.)

CANNAMERA. BOT. PHAN. L'un des noms de la Guimauve, en Espagne. (B.)

* CANNANGOLI OU CAUNANGOLI. OIS. Poule-Sultanede Madras, Fulica maderaspatana, Gmel. V, TALEVE. (DR.. Z.)

CANNA-PONDU. BOT. PHAN. Syn. de Crotalaire à la côte de Coromandel. (B.)

CANNA-POULOE. BOT. PHAN. (Burmann.) Nom d'une espèce de cretelle, Cynosurus lagopoides, à la côte de Coromandel. (B.)

CANNAT, POIS. L'un des noms vulgaires du Mugil Cephalus, chez quelques pîcheurs de la Méditerranée. V. MUGE. (B.)

* CANNA-VIEJA-ROJA. POIS. (Delaroche.)Syn. de Perca pusill, Brunn., aux îles Baléares. V. PERCHE (B.)

CANNE. BOT. PHAN. Ce mot, dérivé de l'un des noms latins du Roseau, a été vulgairement donné à des Plantes dont les tiges sont ordinairement noueuses par intervalles, et dont les feuilles graminées forment des gaines à leur base; ainsi:

CANNE BAMBOCHE désigne quelquefois le Bambou.

CANNE CONGO ou D'INDE, l'espèce de Balisier, le plus anciennement connue, Canna indica, L. V, CANNE DE RIVIERE.

CANNE ÉPINEUSE et CANNE A MAIN, le Rotang, Calamus, L.

CANNE MARRONE, aux Antilles, un Gouet, Arum seguinum; à Mascareigne, notre Scirpus iridfolius; à Cayenne, une Alpinie, Alpinia occidentalis.

CANNE DE RIVIÈRE, à la Martinique, le Costus spicatus qu'on appelle aussi Canne Congo à Cayenne, et qui n'est, selon Jussieu, qu'une Alpinie.

CANNE ROYALE, la variété de l'Arundo Donax, dont les feuilles sont panachées.

CANNE ROSEAU, l'Arundo Donax ordinaire.

CANNE A SUCRE et CANAMELLE, l'espèce la plus utile et la plus connue du genre Saccharum.

CANNE DE TABAGO, aux environs de Carthagène d'Amérique, le Palmier dont Jacquin a formé le genre Bactris.

* CANNE VÈLE, par corruption de Canna vera (vraie Canne), l'Arundo Donax dans divers cantons du midi de la France. (B.)

CANNE BERGE, BOT. PHAN. Syn. de Vaccinium Oxycoccos, L., devenu type du genre Oxycoccus. V. ce mot. (R.)

* CANNÉES. BOT. PHAN. V. AMOMÉES.

CANNEIRA. BOT. PHAN. Syn. portugais d'Arundo Donax, L. V. ROSEAU. (B.)

CANNEL-COAL. MIN. C'est-à-

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dire Charbon Chandelle, syn. anglais de Lignite résiniforme de Brongniart. V. LIGNITE.

(LUC.)

CANNELÉ. REPT. SAUR. (Lacépède.) Espèce du genre Chalcide. V. ce mot (B.)

CANNELLA, CANNELETTO ET CANNULICHI. MOLL. Noms vulgaires du Manche de couteau, Solen, dans quelques parties de l'Europe méridionale, où l'on appelle Cannelle certains robinets en gouttière qu'on emploie pour transvaser des liquides, et dont la forme rappelle celle de la Coquille qu'on leur compare. (B.)

CANNELLE. Cinnamomum. BOT. PHAN. Écorce très-aromatique et fort usitée dans l'office et la pharmacie, qui provient des petits rameaux d'un Arbore du genre Laurier vulgairement appelé Cannellier. On a étendu ce nom à d'autres écorces dont l'odeur et la saveur ont plus ou moins de rapport avec l'odeur et la saveur de la véritable Cannelle. Ainsi l'on a appelé

CANNELLE BLANCHE, l'écorce du Winterania, V. ce mot, qui est le Canella alba de Murray.

CANNELLE DE LA CHINE (Valmont de Bornare), l'écorce, moins aromatique que celle du Laurus Cinnamomum, d'un arbre indéterminé de la Chine, et qui pourrait bien être le Laurus Cassia.

* CANNELLE FAUSSE, l'écorce du Laurus Cassia et quelquefois la Cascarille des boutiques qui vient d'un arbuste du genre Croton.

CANNELLE GIROFLÉE, Canella caryophyllata de l'ancienne droguerie, l'écorce du Myrtus caryophylata.

CANNELLE MATTE, la même chose que Canella do Matto. V. ce mot. Et quelquefois la vieille écorce du vrai Cannellier qui n'a presque plus de saveur.

CANNELLE POIVRÉE, la même chose que Cannelle blanche. V. ce mot.

CANNELLE SAUVAGE, un Laurier de Ceylan qui n'est peut-être que celui

que la culture a perfectionné, et sur lequel se recueille la Cannelle la plus parfaite. (B.)

CANNELLE. BOT. CRYPT. Dans la nomenclature barbare des Champignons que quelques auteurs se sont plu à entasser, et parmi'lesquels excelle Paulet, on a désigné sous ce nom commun des espèces dont la couleur rappelle celle de la Cannelle des boutiques. On les a appelées Cannelle à grain, Cannelle piquée, Cannelle pluchée, etc., selon les accidens qui se joignaient à leur teinte dominante. (B.)

CANNELLIER. BOT. PHAN. Espèce du genre Laurier. V. ce mot. (B.)

* CANNIHERBA. BOT. PHAN.(Adanson.) L'un des vieux noms de la Santoline. V. ce mot. (B.)

CANNON-POUKA. BOT. PHAN. Nom d'une espèce de Tradescante, Tradescantia cristata, à la côte de Coromandel. (B.)

CANNUCCIA. BOT. PHAN. L'un des noms italiens de l'Arundo phragmites. V. ROSEAU. (B.)

CANNUME. POIS. (Forskalh.) Nom arabe d'une espèce de Mormyre. V. ce mot. (B.)

CANO-CANO. BOT. PHAN. Syn. malais d'Aira arundinacea, espèce du genre Canche. V. ce mot. (B.)

CANOCHIA. CRUST. (Scopoli.) Syn. de Cancer Mantis, L. sur les bords de l'Adriatique et dans le golfe de Livourne. (B.)

CANOIRA ET CHIRIVIA. BOT. PHAN. Noms portugais d'une Ombel lifère qui paraît êire l'Athamanta cretensis L. V, ATHAMANTE. (B.)

CANOKERSAIA. BOT. PHAN.(Dioscoride.) Syn. présumé de Pariétaire. V. ce mot. (B.)

* CANOLIRE. Canolira. CRUST. Genre de l'ordre des Isopodes, section des Ptérygibranches de Latreille (Règne Anim. de Cuvier), fondé par le docteur Leach (Dict, des Sc. nat.,

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T. XII, p, 350), qui le range dans la quatrième race de sa famille des Cymothoadées. Les caractères qu'il assigne à cette race sont: corps convexe, abdomen composé de six anneaux distincts, le dernier plus grand que les autres; yeux placés sur les côtés; antennes inférieures n'étant jamais plus longues que la moitié du corps; les ongles des deuxième, troisième et quatrième paires de pates très-arqués, les autres légèrement courbés. Les caractères propres du genre sont: yeux peu granulés, convexes, écartés; abdomen ayant les articles imbriqués sur les côtés; le dernier un peu plus large à son extrémité. Les Canolires ont, de même que les Anilocres et les Olencires, tous les ongles très-recourbés, les huit dernières pates non épineuses, la tête saillante en avaut supportant les yeux et les antennes supérieures presque cylindriques, ayant leur premier article à peu près d'égale largeur. Ils s'éloignent par-là des genres Conilère, Rocinèle et Æga. Ils ne sont distingués des Anilocres et des Olencires que parce qu'ils ont les pates d'égale grosseur et de longueur moyenne, les intérieures étant un peu plus longues. L'abdomen, dont les articles sont imbriqués sur les côtés avec le dernier un peu plus large à son extrémité, peut encore être considéré comme un caractère distinctif. Avouons toutefois que lorsqu'on est obligé de recourir à des différences de cette nature, qui, presque toutes, sont inappréciables, la valeur du genre devient excessivement douteuse: c'est le cas de la plupart de ceux qui viennent d'être cités, et que Leach a beaucoup trop multipliés. Aussi ne leur accordons-nous que très-peu d'importance, et sommes-nous tentés de les réunir tous au genre Cymothoé de Fabricius, aux dépens duquel ils paraissent avoir été formés.

Le genre Canolire se compose d'une seule espèce que Leach désigne sous le nom de Canolire de Risso, Canolira Rissoniana, avec cette description succincte: dernier article de l'abdomen largement arrondi a son extrémité. Sa localité est inconnue; il ne la rapporte à aucune espèce connue, et cite seulement son cabinet. (AUD.)

* CANON. MAM. L'os du métacarpe ou du métatarse dans les Ruminans et les Solipèdes. V. OS. (A. D..NS.)

CANONNIER. INS. Nom vulgaire de quelques espèces d'Insectes de la tribu des Carabiques, qui jouissent de la propriété de lancer, par l'ouverture anale de leur abdomen, une vapeur Caustique dont la sortie est accompagnée d'un léger bruit. Ces espèces ont encore été désignées sous les noms de Bombardier et de Tirailleur; elles appartiennent toutes áu genre Brachine. V. ce mot. (AUD.)

CANOPE. Canopus. INS. Genre de l'ordre des Hémiptères et pouvant être rangé (Règ. Anim, de Cuv.)dans la section des Hétéroptères, famille des Géocorises. Ce genre, fondé par Fabricius et que La treille (loc. Cit. et Considér. génér.) n'a pas adopté, paraît très-voisin de celui des Scutellères, et n'en différé essentiellement que parce qu'il n'a que trois articles aux antennes. Une seule espèce appartient jusqu'à présent à ce genre; elle est originaire de l'Amérique méridionale; Fabricius lui donne le nom de Can. obtectus. Elle paraît se rapprocher beaucoup des Tetyres scarabœoides, globus, cribarius de cet auteur: son corps a la forme de la Coccinelle à deux points. (AUD.)

CANOPE. Canopus. MOLL. Genre formé par Denys Montfort pour une Coquille d'autant plus singulière qu'elle n'offre aucune ouverture. C'est un corps en forme de Poire, d'une transparence parfaite à travers laquelle on distingue des cloisons intérieures un peu arqnées et placées les unes au-dessus des autres. Sa couleur irisée est celle de la Perle, elle a été observée sur les bords de la mer de Java; elle est fort petite. L'Animal auquel elle appartient est inconnu; Cuvier pense que le genre Canope qui a besoin d'être mieux

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examiné appartient à la famille des Nautilacés. (B.)

CANOPICON. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. d'Euphorbia Helioscopia, L. V. EUPHORBE. (B.)

CANORI. OIS. V. CHANTEURS.

CANOT, OIS. Syn. du Hibou, Strix Otus, L. au Canada. V. CHOUETTE. (DR.. Z.)

CANOTA. BOT. PHAN. Syn. de Panicum italicum, L. dans quelques parties de l'Espagne. V. PANIC. (B.)

CANRÉNE. MOLL. Nom vulgaire d'une Nérite de Linné, Nerita Canerena de laquelle Montfort a fait son genre Poliuice. V. ce mot. (B.)

CANRULAR. BOT. PHAN. (Vitis alba indica, Rumph, Amb. 5, t. 165, f. 1.) Espèce peu connue de Bryone chez les Macassars. (B.)

CANSCHENA-POU. BOT. PHAN. Nom malabar d'une espèce du genre Bauhine, Bauhinia tomentosa, L. (B.)

CANSCHI OU CANSCHY. BOT. PHAN. Syn. de Trewia à la côte de Malabar, Adanson s'est empressé d'adopter ce nom barbare. (B.)

CANSCORE. Canscora. BOT. PHAN. Lamaarck, dans l'Encyclopédie, abrège ainsi le nom de Cansjan-Kera donné par Rhéede à une Plante du Malabar. (Hort. Mal., 10, tab. 52. ) Son calice présente un tube renflé et marqué d'angles ailés, rétréci au-dessous du hmbe qui paraît à quatre divisions. Les pétales, dont on ne Gonnaît pas l'insertion, sont au nombre de quatre et inégaux, l'un d'eux plus long que les autres. L'ovaire est libre, le style unique, le stigmate en tête aplatie; la capsule, recouverte par le calice, contient des graines nombreuses et petites. C'est une Herbe d'une consiste prescrue ligneuse, croissant dans la lieux sablonneux; ses feuilles sont opposéesrses pédoncules solitaires, axilaires ou terminaux, portent d'une àtrois fleurs qu'environue un involucre commun d'une seule pièce orbiculaire, plane, entière sur ses bords. Ces caractères incomplets ne permettent que d'indiquer la place de ce genre auprès des Gentianées, dont il diffère cependant par sa corolle polypétale. Si d'une autre part cette considération engage à la rapprocher des Caryophyllées, il s'en éloigne par l'inégalité de ses pétales et de ses étamines, et peut-être aussi par la situation relative de ses parties, qui devrait être connue pour fixer ses rapports. (A. D. J.)

CANSJAN-COURE. BOT. PHAN. pour Causjan-Kera. V. CANSCORE. (B.)

CANSJAVA. BOT. PHAN. Syn. malais de Chanvre: Kalengi-Cansjava est le mâle, Tsjeru-Cansjava est la femelle. (B.)

CANSJERE. Cansjera. BOT. PHAN. Genre de la famille des Thymelées, voisin du Daphné. Son calice en grelot se termine par quatre dents; quatre étamines à antheres arrondies s'insèrent vers sa base, et ne le dépassent pas; son ovaire, entouré de quatre petites écailles, est libre, petit et surmonté d'un style simple et d'un stigmate en tête. Son fruit est une baie monosperme de la grosseur d'un Pois. Les feuilles sont alternes et lancéolées; les fleurs en épis géminés ou ternés à l'aisselle de ces feuilles dans le Cansjera scandens de Roxburgh (Coromand., tab. 103), qui paraît le même qu'un Arbrisseau du Malabar, figuré par Rhéede (Hort. Mal., 7, tab. 2) sous le nom de Tsieirou-Cansjeram, et premier type de ce genre. Le même auteur décrit un autre Arbrisseau du même pays, qu'il nomme Sjeron-valli-Cansjeram (Hort. Mal. 7, tab. 4), et qui paraît congénère de la première espèce, dont il difière par ses épis solitaires. V. aussi Lamck. (Illustr., t. 289). (A. D. J.)

* CANTABRICA. BOT. PHAN.(Pline.) Espèce d'OEil let, selon les uns, de Campanule, selon d'antres, et de Liseron, d'après Linné, qui appelle Convolvulus Cantabrica une des plus

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èlégantes espèces de ce dernier genre. (B.)

* CANTALITE. MIN. (Karsten.) V. QUARZ.

CANTALOU ET CANTALOUP. BOT. PHAN. Variété fort savoureuse de Melons. V. ce mot. (B.)

CANTAPERDRIS. BOT. PHAN. Syn. languedocien de Daphne Gnidium, L. V. DAPHNÉ. (B.)

* CANTARA. POIS. (Delaroche.) Syn. de Sparus Cantharus, L. aux îles Baléares. V. CANTHÉRE. (B.)

* CANTARELLE. INS. Ce nom cité dans plusieurs anciens ouvrages de pharmacie, et employé aussi dans quelques départemens de la France, désigne le Méloë Proscarabée, dont on faisait autre fois usage en médecine comme vésicant. V. MÉLOE. (AUD.)

CANTARILLOS. BOT. PHAN. C'est-à-dire Petites Cruches. Nom espagnol d'une espèce du genre Androsace, Andmsace maxima, L. (B.)

CANTARIS. OIS. Syn. piémontais de Proyer. (DR.. Z.)

CANTARIS. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. de Fumaria officinalis, L. V. FUMETERRE. (B.)

CANTARO, BOT. PHAN. (Copling.) C'est-à-dire Cruche. Nom du Cordia Gerascanthus, L., espèce de Sebestier, chez les Espagnols de Cumana, à cause sans doute du volume et de la forme du fruit de cet arbre. (B.)

CANTE. POIS. Syn. de Sparillon, Sparus annularis. Gmel. V. SPARE. (B.)

CANTE-MORGARO. BOT. PHAN. Nom indou d'une espèce d'Achyranthe, Achyranthes prostrata, L. (B.)

CANTERINHO. MOLL. Syn. portugais de Cassis Urceola, Lamk. V. CASQUE. (B.)

CANTHARE. Canthaus. MOLL. Genre de Coquilles formé par Denys Montfort pour une très-petite Coquille de l' Adriatique qui n'a guère qu'une ligne de longueur; elle est libre, univalve, cloisonnée droite en forme de nacelle, arrondie sur le dos, aplatie sur le ventre, obtuse au sommet, plus large à la base avec un siphon central. (B.)

CANTHARIDE. Cantharis. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Hétéromères, famille des Trachelides (Règn. Anim, de Cuv.), et ayant pour caractères: crochets des tarses profondément bifides, sans dentelures au-dessous; élytres de la longueur de l'abdomen, flexibles, recouvrant deux ailes; antennes filiformes, notablement plus courtes que le corps, avecle troisieme article beaucoup plus long que le précédent; palpes maxillaires un peu plus gros à leur extrémité.

Le nom de Cantbaride est très-ancien, et a recu des acceptions fort différentes. Aristote (Hist. Animal., lié. Iv. cap. 7) ne l'appliquait pas à un Insecte en particulier, mais à plusieurs de ceux qui ont les ailes membraneuses, enveloppées par des étuis. Linné s'en est servi pour désigner un grand genre de l'ordre des Coléoptères, ne renfermant pas notre Cantharide, laquelle était rangée parmi ses Méloës. Geoffroy (Hist. des Ins. T. 1. 169) substitua le nom de Cicindéle déjà employé par Linné à celui de Canthairide, det il comprit sous ce dernier (loc. cit. p. 339) la Cantharide des boutiques, ainsi que plusieurs Insectes qui l'avoisinaient davantage. Degéer opéra aussi quelques réformes dans le genre Cantharide de Linné, et proposa pouf quelques espèces l'expression de Téléphore qui aurait été reçue, si ce mot n'avait été employé pour un genre de Champi gnons. Enfin Fabricius n'adopitant pases changemens apportés par ses prédécesseurs divisa encore les Cantharides de Linné, et établit aux dépens des Méloës de cet auteur un nouveau genre sous le nom de Lytte, qui répondit à celui des Canthariaes de Geoffroy. Cette dernière dénomination a néanmoins prévalu.

Les Cantharides ont un corps al-

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longé et presque cylindrique, une tête forte et cordiforme, supportant des antennes plus longues que le corselet et dont le second article est trèscourt, transversal; les suivans sont cylindracés et le dernier est ovoïde: une bouche composée de mandibules terminées en une pointe entière et de mâchoires de longueur moyenne: un prothorax petit, presque carré, moins large que le ventre: des élytres longues, linéaires, flexibles, atteignant l'extrémité anale de l'abdomen: des tarses à articles entiers. Elles s'éloignent des Ædemères par la terminaison des mandibules et par les articles entiers de leurs tarses. La forme de leurs antennes empêche de les confondre avec les genres Mylabre, Cerocome et Méloë. Enfin, quoique très-voisines des Zonitis, des Nemognates et des Sitaris, elles se distinguent de ces trois genres par la forme de leurs palpes maxillaires. Elles diffèrent ensuite du premier par les antennes, du second par les élytres et du troisième par les mâchoires.

Il existe encore bien des doutes sur les métamorphoses de ces Insectes. Plusieurs observateurs, tels que Degéer et Geoffroy, disent n'avoir jamais rencontré la larve; d'autres prétendent l'avoir vue, et nous apprennent qu'elle se nourrit de diverses racines, et subit dans la terre tous ses changemens, observation qui s'accorde assez bien avec la prompte apparition des insectes parfaits que quelques auteurs avaient pensé, à cause de cela, venir par émigrations des terres australes, pour gagner ensuite les contrées du Nord. Olivier (Encycl. méthod. T. v. p. 272) décrit assez vaguement cette larve. Son corps, formé de treize anneaux, est mou, d'un blanc jaunâtre, et supporte six pates courtes, écailleuses; la lête est arrondie, un peu aplatie, munie de deux antennes courtes et filiformes; deux mâchoires assez solides et quatre palpes composent la bouche.

Personne n'ignpre l'emploitrès-fré quent que l'on fait en médecine d'une espèce de Cantharide, la Cantharide vésicatoire; mais son usage ne remonte pas à des temps fort reculés; la Cantharide des anciens n'était certainement pas la nôtre, et n'appartient même pas au genre que nous décrivons. D'après le témoignage de Pline et de Dioscoride, qui affirment que les meilleures Cantharides sont celles dont les élytres sont marquées de bandes jaunes transversales; il paraît évident que leur espèce était le Mylabre de la Chicorée, qui, à la Chine, sert encore aujourd'hui aux préparations épispastiques. La Cantharide vésicatoire ou des boutiques, Cantharis vesicatoria de Geoffroy ou le Meloë vesicatorius, L. et la Lytta vesicatoria de Fabricius, nommée aussi Mouche d'Espagne, peut être considérée comme le type du genre; elle a été figurée par Olivier (Hist, des Coléopt. T. III. tab. 1. fig. 1. A, B, C) et par Schaeffer (Icon. Ins. tab. 47. fig. 1 et Elementa Entom. tab. 33). Sa couleur est d'un beau vert, doré, brillant, avec les antennes noires. Les mâles sont plus petits que les femelles, et il existe en général une grande variété dans la taille. Les Cantharides se montrent vers les mois de mai et de juin, et presque toujours en grand nombre surles Frênes, les Lilas et les Troènes, dont elles déyorent les feuilles; on les trouve aussi, mais moins communément sur les Sureaux et le Chèvrefeuille; les dégâts qu'elles causent s'étendent même quelquefois sur les blés et les prairies. Leur présence est décelée par l'odeur particulière qu'elles répandent, et qui a quel que analogie avec celle des Souris. Quelque temps après l'accouplement, les mâles périssent, et les femelles s'enfoncent dans la terre pour y pondre de petits œufs allongés, réunis par tas, desquels sortent des larves dont l'histoire n'est pas encore bien connue.

Les Cantharides sont très-communes en France, en Italie et en Espagne. Celles que nous employons, nous viennent presqu� toutes de ces

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derniers pays par la voie du commerce. Leur récolte exige plusieurs précautions, d'abord à cause des personnes qui la font et qui pourraient, par un manque de soin, éprouver de graves accidens; ensuite par rapport à la conservation ultérieure de ce médicament Les moyens dont on se sert se réduisent à ceux-ci: l'emploi du vinaigre en vapeur pour les faire périr, et leur dessiccation complete après qu'elles sont mortes. A cet effet, on met généralement en usage un procédé tort simple. Dans le courant de juin, on étend sous un arbre chargé de Cantharides, plusieurs draps, et on fait tomber dessus les insectes, en secouant alternativement toutes les branches. Lorsqu'on en a obtenu ainsi une assez grande quantité, on les réunit sur un tamis de crin, que l'on expose à la vapeur du vinaigre, ou bien on les rassemble dans une toile assez claire, que l'on trempe plusieurs fois dans un vase contenant du vinaigre étendu d'eau: il s'agit ensuite de les dessécher; alors on les expose à l'ombre dans un grenier ou sous un hangar bien aéré, sur des claies recouvertes par de la toile ou du papier gris non collé, et on les remue soit avec un petit bâton, soit avec la main. Seulement dans ce dernier cas, il faut prendre la précaution de mettre un gand de peau afin d'éviter l'absorption d'un principe vesicant que renferment ces Insectes, et qui, comme nous le verrons plus loin, est excessivement actif. Il est inutile de dire que, dans la récolte, il faut aussi employer les mêmes moyens pour se garantir du contact. Quelques personnes, après avoir étendu des toiles au-dessous des arbres, placent tout autour des terrines remplies de vinaigre, qu'elles entretiennent à l'état d'ebullition, et, après avoir secoué les arbres, elles ramassent promptement les cantharides, les placent aussitôt dans des vases de bois ou dans des bocaux de verre, les y laissent vingt-quatre heures environ, et, après qu'elles sont toutes mortes, les retirent et les font sécher de la manière qui a été indiquée. Cette méthode devient plus embarrassante et plus dispendieuse que la précédente. Quoi qu'il en soit, les Insectes étant bien desséchés, on les place dans des vases de bois, de verre ou de faïence, exactement fermés, et on les met à l'abri de l'humidité. En ne négligeant aucune de ces précautions, les Cantharides conservent très-long-temps leurs propriétés.

L'analyse chimique des Cantharides a été faite par un grand nombre de savans qui se sont attachés exclusivement à l'espèce employée en médecine. S'ils eussent étudie avec le même soin les Méloës, les Mylabres, les Coccinelles, les Carabes, plusieurs Ténébrions, ils auraient probablement trouvé chez ces insectes, qui ont aussi des propriétés vesicantes, un principe analogue, quelquefois moins actif et peut-être susceptible, par cela même, d'etre employé dans quelques cas particuliers. Thouvenel, Fourcroy, Beaupoil, Orfila et surtout Robiquet, sont arrivés à des résultats fort remarquables. Ce dernier a constaté l'existence d'une substance particulière, à laquelle il a donné le nom de Cantharidine, et qui a pour caractères principaux d'être blanche, cristalline, insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcohol bouillant, dans l'éther ainsi que dans les huiles, et dans laquelle réside essentiellement la propriété vèsicante; celle-ci n'appartient par conséquent ni à l'huile verte, ni à la matière noire insoluble, ni à la matière jaune soluble dans l'alcoho et dans l'eau, qui sont les autres principes dont l'analyse a démontre la présence. Cette découverte, quelque importante qu'elle soit pour 1a science, n'a apporté aucun change ment dans la pratique. L'expérience avait appris depuis long-temps qu'appliquées sur la peau, les Can tharides, réduites en poudre et unie à quelques corps eras, produisaien le soulèvement de l'épiderme qui, détachant avec la plus grande faci

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lité, mettait à découvert la surface du derme. On savait aussi que, préparé de diverses manières et employé à l'intérieur, elles produisaient une excitation particulière sur les organes génitaux de l'un et de l'autre sexe, et agissaient sur la vessie en donnant lieu quelquefois à des accidens les plus graves; enfin on n'ignorait pas qu'administrées dans la paralysie et dans plusieurs autres affections nerveuses, ces Insectes n'étaient pas sans effet.

Plusieurs autres espèces de Cantharides ont été décrites par les auteurs. Dejean (Cat. des Coléop. p. 75) en mentionne trente. Les mieux connues parmi elles, sont: la Cantharide syrienne, C. sytiaca d'Olivier, ou le Meloë syriacus de Linné. Elle est assez semblable à la Cantharidé vésicatoire, et se trouve dans le midi de l'Europe et en Syrie; la Cantharide douteuse, C, dubia d'Olivier, ou la Lytta dubia de Fabacius. On la rencontre communément sur la Luzerne, dans les provinces méridionales de la France, en Italie, dans le Levant et dans la Sibérie méridionale. Nous travaillons dans ce moment à une monographie du genre Cantharide. (AUD.)

CANTHARIDE. MOLL. Nom vulgaire et marchand, du Trochus Iris, Gmel. Magnifique Coquille dont Denys Montfort a formé le type de son genre Cantharidus. (B.)

CANTHARIDE. BOT. CRYPT. Nom d'un Champignon verd selon Paulet, qui pourrait bien être l'Agaricus cyanens ou tout autre. (B.)

* CANTHARIDIENS. INS. Lamarck (Anim. sans vert. t. 4, pl. 428) donne ce nom à une division de la famille des Trachelides, et qui comprend la plupart des genres raneés par Latreille dans celle des Cantharidies. V. ce mot. (AUD.)

CANTHARIDIES. Cantharidiœ. INS. Famille de l'ordre des Coléoptères, section des Hétéromères, établie par Latreille (Considér. génér., p. 150 et 213), et comprenant plusieurs genres qui y sont réparlis de cette manière:

† Antennes en massue ou grossissant très-sensiblement vers son extrémité

Genres CÉROCOME et MYLABRE.

†† Antennes de la même grosseur ou plus menues à leur extrémité.

1. Antennes de là longueur du corselet, au plus, composées d'articles courts, plus globuleux que cylindriques ou qu'obconiques.

A. Pénultième article de tous les tarses bifide.

Genre TÉTRAONYX.

B. Tous les articles des tarses entiers.

α Élytres couvrant tout l'abdomen, en carré long, et à suture droite.

Genres HORIE, OENAS.

β Élytres ne couvrant qu'une partie de l'abdomen, courtes, ovales, divergentes à la suture, (point d'ailes; abdomen très-grand et mou; antennes souvent irrégulières dans les mâles).

Genre MELOE.

2. Antennes plus longues que le corselet, formées d'articles cylindra cés ou obeoniques.

Genres CANTHARIDE, ZONITIS, NEMOGNATHE, APALE, SITARIS.

Cette famille correspond assez exactement au grand genre Meloë de Linné et à la cinquième section de la famille des Trachelides de Latreille. (Règne Anim, de Cuv. p. 316.) V. ce mot et tous ces noms de genre. (AUD.)

* CANTHARIDINE. Principe vésicantdes Can tharides. V. ce mot. (AUD.)

CANTHAROS. POIS. V. CANTHÉRE.

CANTHENO. POIS. Nom vulgaire du Canthère commun, Sparus Cantharus, L. que Lacepède par un double emploi dit convenir au vrai Scare, V. ce mot. (B.)

CANTHÈRE. Cantharus. POIS. Genre formé par Cuvier de plusieurs Spares et Labres des auteurs dans la famille des Percoïdes, de l'ordre des

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Acanthoptérygiens, division de ceux qui ont les dents petites et souvent en velours. Ses caractères consistent dans leur bouche étroite, garnie de dents très-nombreuses; dans leur museau peu protractile; dans l'absence de toute épine ou dentelure aux opercules. Le corps est ovale. Ce genre contenail jusqu'ici cinq espèces:

CANTHÈRE ORDINAIRE, Sparus Cantharus, L., Gmel. Syst. nat. XIII, I, 1275. Lac. IV. 97. Sparus Mœna Bloch., pl. 270. C'est l'espèce la plus vulgairement connue; elle a sa queue bifide sans tache; son dos est noirâtre, et le reste de son corps argenté avec des ligues longitudinales jaunâtres. Sa chair est peu estimée. Ce Poisson paraît être celui que les anciens nommaient Cantharos. B. 6, P. 14,. 1/5, A.—c. 17. Les autres Canthères sont: 2° la Brême de mer, Sparus Brama, Bloch. pl. 269, qui a été observée jusqu'au cap de BonneEspérance; 3° le Poisson que Lacepède a décrit sous les deux noms de Labre macroptère et de Labre iris. Il est des mers de l'Inde et même d'Amérique; 4° le Labre sparoïde de Lacepède, III, pl. 24, connu d'après un dessin de Commerson, et quise trouve à l'Ile-de-France et dans l'Inde; 5°enfin le Centrodonte. Ann. Mus. t. 23, pl. 11.

Nous ajouterons provisoirement au genre Canthère deux espèces dont les dessins et la description nous ont été fournis par notre ancien ami Milius, maintenant gouverneur de la Guiane. Cependant, ce n'est qu'avec doute que nous proposons de rapporter ces élégans Poissons au genre qui nous occupe, parce que les caractères de la bouche n'ont pas été suffisamment étudiés.

CANTHÈRE DOUTEUSE, Cantharus dubia N. Son corps est allongé et acquiert de cinq à sept pouces de longueur. Ce Poisson a été pris à l'hamecon dans la baie des Chiens marins à la Nouvelle-Hollande. Il est d'un gris cendré, pâle en dessus; celte couleur passe au bleu céleste lavé sur les flancs, ou se voit une bande d'un brun-clair dont la moitié inférieure est plus foncée, èt qui règne de l'extrémité du museau à la caudale, laquelle est toute entière de la même teinte. Le globe de l'œil qui est assez grand, a l'iris cendré; le ventre est argenté. La nageoire dorsale située à une égale distance de la tête et de la queue, compte seize rayons. Le nombre de ceux des pectorales et de la caudale n'a pas été noté exactement, les ventrales sont fort petites, et l'anale surtout est à peine rudimentairement indiquée par une petite nageoire située au-dessous du point où finit celle du dos. Ce caractere est fort singulier, et semble en indiquer quelque autre qui pourra suffire pour faire de notre Canthère provisoire un genre particulier.

CANTHÈRE DOUTEUSE, Cantharus dubia N. Son corps est allongé et acquiert de cinq à sept pouces de longueur. Ce Poisson a été pris à l'hamecon dans la baie des Chiens marins à la Nouvelle-Hollande. Il est d'un gris cendré, pâle en dessus; celte couleur passe au bleu céleste lavé sur les flancs, ou se voit une bande d'un brun-clair dont la moitié inférieure est plus foncée, et qui règne de l'extrémité du museau à la caudale, laquelle est toute entière de la même teinte. Le globe de l'œil qui est assez grand, a l'iris cendré; le ventre est argenté. La nageoire dorsale située à une égale distance de la tête et de la queue, compte seize rayons. Le nombre de ceux des pectorales et de la caudale n'a pas été noté exactement, les ventrales sont fort petites, et l'anale surtout est à peine rudimentairement indiquée par une petite nageoire située au-dessous du point où finit celle du dos. Ce caractere est fort singulier, et semble en indiquer quelque autre qui pourra suffire pour faire de notre Canthère provisoire un genre particulier.

CanthÈRE DE MILIUS, Cantharus Milii, N. Ce beau Poisson, qui acquiert de six à dix pouces de longueur, a la partie supérieure de la tête, et celle où sur le dos s'insère la dorsale d'un assez beau bleu; la même teinte, du verd et du brun pâle, règne sur le reste de son corps, ainsi qu'une large bande longitudinale brune et jaune; le ventre est argenté. Il habite la baie des Chiens marins à la Nouvelle-Hollande, D. 24-25, P. 12, V. 9, A. II, c. 26. (B.)

CANTHI. Canthium. BOT. PHAN. Et non Canti. C'est à la famille naturelle des Rubiacées et à la Pentandrie Monogynie, L., qu'appartient ce genre de Plantes, dont le calice est quinquéfide; la corolle monopétale, courte, tubuleuse, à cinq divisions étalées. Ses cinq étamines sont renfermées dans l'intérieur du tube de la corolle, et son style se termine par un stigmate simple, entier et capitulé. Le fruit est une baie ordinairement couronnée par les dents du calice et contenant deux graines semblables à celles du Café, c'est-à-dire planes et marquées d'un sillon longitudinal du côté interne, convexes du côté externe. Ce genre se compose de sept à huit espèces, autrefois placées dans les genres Gardenia, Randia,

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Webera, etc. Ce sont en général des Arbustes épineux, dont les feuilles et les épines sont décussées, c'est-àdire opposées en croix. Les fleurs sont sessiles, axillaires ou terminales. De Jussieu présume que l'on devra réunir à ce genre le Damna canthus de Gaertner fils, ainsi aue cet auteur l'avait déjà soupconné luimême. (A. R.)

CANTHROPE. Canthropus. MOLL. L'un des genres établis par Denis Monfort, pour des Coquilles cloisonnées, voisines des Nautiles fossiles, dont il sera question au mot NAUTILE. (B.)

CANTI. BOT. PHAN. V. CANTHI.

CANTILAGUA. BOT. PHAN. L'un des noms espagnols du Linum catharticum, L., espèce du genre Lin. (B.)

CANTSANU. BOT. PHAN. Nom indou d'une espèce du genre Bauliine, Bauhinia tomentosa, L. (B.)

CANTUA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Polémoniacées. Ses caractères sont: un calice dépourvu de bractées à sa base, et terminé supérieurement par trois ou cinq divisions; une corolle en entonnoir, dont le tube cylindrique est allongé, et dont le limbe élargi se partage en cina lobes ouverts; ses cinq étamines, quelquefois saillantes, s'y insèrent par des filets égaux et non dilatés; les graines sont ailées au sommet. De Jussieu, dans un Mémoire sur le Cantua (Annales du Mus. T. III, p. 113, t. 7 et 8), a prouvé que les genres Periphragmos et Gilia de Ruiz et Pavon, et Ipomopsis de Michaux, ainsi que des Plantes rapportées à des genres déjà connus, appartiennent véritablement à celui-ci, et il a ainsi porté le nombre de ses espèces à dix. Sept d'entre elles sont des Arbrisseaux originaires du Pérou. Leurs pédoncules terminaux ou axillaires vers le sommet des rameaux, portent une seule ou plusieurs fleurs, ou se partagent en corymbes plus ou moins fournis; leurs feuilles, ordinairemeutalternes, sont toujours simples, et c'est d'après leur aspect, leur forme, leur surface, les rapports qu'elles ont avec celles de Végétaux bien connus, qu'ont été nommées ces espèces, qui sont les Cantua pyrifolia, quercifolia, ovata, ligustrifolia, buxifolia, tomentosa et cordata. Trois autres sont, des sousArbrisseaux ou des Herbes à feuilles pinnatifides, l'une originaire également du Pérou, c'est le C. breviflora; une seconde de la Carolina, le C. thiyrsoïdea; une troisième du Brésil, le C. glomeriflora. On peut voir la plus grande partie de ces espèces figurées dans les planches jointes au Mémoire indiqué plus haut, t. 121, 131, 132, et 133 de la Flore péruvienne de Ruiz et Pavon; t. 363, 364 et 528 des Icon. de Cavanilles; t. 106, des Illustr. de Lamarck. (A. D. J.)

CANTUELLO ET CANTUESSO. BOT. PHAN. Syn. de Lavandula Stœchas, L. V. LAVANDE. (B.)

CANTUFFA. BOT. PHAN. V. KANTUFFA. (B.)

CANTURINON OU CANTYRION. (Dioscoride.) Syn. présumé de Ballotte. V. ce mot. (B.)

*CANUANEROS. REPT. CHEL.(Valmont de Bomare.) Syn. de Caouane, espèce de Tortue, aux Antilles. V. CHÉLONÉE. (B.)

CANUDE ET CANUS. POIS. Nom vulgaire, sur les bords de la Méditerranée, d'une espèce de Labre, Labrus Cydneus. (B.)

CANUT, OIS. Espèce du genre Bécasseau, la Maubèche grise, Tringa cinerea, L. V. BÉCASSEAU. (DR.. Z.)

* CANVUM. BOT. PHAN. L'un des vieux noms du Chanvre. (B.)

CAN-XU ET CAY-CAM. BOT. PHAN. L'Oranger ordinaire à la Cochinchine. (B.)

CAOBO. BOT. PHAN. Syn. d'Acajou, Cassuvium, aux environs de Garthagène dans l'Amérique méridionale. (B.)

CAOCHAN. MAM. L'un des noms

TOME III. 11

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de la Taupe dans quelques parties de l'Angleterre. (A. D.. NS.)

* CAOCIA. BOT. PHAN. (Surian.) Graine peu connue des Antilles, qu'on dit bonne pour guérir la morsure des Serpens, et qui paraît être celle d'une Euphorbe. (B.)

CAOLACH. OIS. Syn. anglais de Coq. V. ce mot. (DR.. Z.)

* CAO-LEAMKIAM ET CAOLUONG-KUONGE. BOT. PHAN. Syn. de Galanga en Chine et en Cochinchine. (B.)

CAOLIN. MIN. Même chose que Kaolin, espéce d'Argile. V. ce mot. (LUC.)

CAOPIA. BOT. PHAN. Même chose que Caa-Opia. V. ce mot. (B.)

CAOU. OIS. Syn. vulgaire du Moteux, Motacilla Ænanthe L. V. TRAQUET. (DR.. Z.)

CAOU, CAOULE, CAOULET ET CAULET. BOT. PHAN. Noms vulgaires du Chou dans les divers dialectes gascons. (B.)

CAOUA. BOT. PHAN. C'est chez les Arabes la boisson qu'on obtient du Coffea arabica, et qu'en Europe on appelle communément le Café.V. CAFIER. (B.)

CAOUANE. REPT. CHEL. Espéce de Tortue du genre Chélonée. V. ce mot. (B.)

* CAOUIN. OIS. V. CHAT-HUANT.

CAOULÉ et CAOTJLET. BOT. PHAN. V. CAOU.

CAOULICAOU, ET non Caoulichon. BOT, PHAN. Syn. languedocien de Cucubaius Beben, L. V. CARNILLET. (B.)

CAOURET. BOT. PHAN. Ce mot est, dans le Dictionnaire de Déterville, donné comme synonyme de Chou, mais on ne dit ni dans quel lieu, ni dans quelle langue. (B.)

CAOUROUBALI. BOT. PHAN. (Surian.)Syn. caraïbe d'Hymenœa. V. COURBARIL. (B.)

CAOUSSIDA ET CAUSSIDOS, BOT. PHAN. (Garidei.) Syn. provencal de Circium. (B.)

CAOUTCHOUC, BOT. PHAN. Produit immédiat des végétaux, contenu abondamment dans l 'Hevea gui*nensis. d'Aublet, dout on le retire en Amérique. A cet effet on recueille le suc blanc et résineux de l'Hévé, on l'applique par couches sur des moules de terre friable, et on laisse sécher à l'air. Dés que le nombre des couches a donné au Caoutchouc une épaisseur suffisante, on brise le moule et on vide par une ouverture de l'enveloppe, la terre réduite en fragmens. Ainsi qu'on le voit, cette substance doit avoir la forme d'un tissu ou d'une membrane; elle jouit d'une extrême élasticité, ce qui lui a valu le nom de résine élastique; elle est insoluble dans l'eau et dans l'Alcohol, se dissout assez difficilement dans l'éther, les huiles essentielles et les huiles fixes dont on*a élevé la température; elle est peu odorante et jouit d'une saveur particuliére trés-faible; sa pesanteur spécifique est de 0,9335 f elle s'enflamme au feu. On emploie la dissolution de Caoutchouc faite avec des huiles fixes ou volatiles, étendue par couches sur des tissus de soie, à la confection de beaucoup d'instrumens de chirurgie et de physique; on en prépare une vaisselle de voyage. On l'appliquait autrefois sur le taffetas qui sert d'enveloppe imperméable aux gaz des aérostats; mais ce vernis étant Beaucoup trop coûteux, on lui a substitué l'huile de Lin cuite, qui atteint le même but. Des Jacquiers, des Figuiers et autres Arbres analogues, fa plupart de la famille des Urticées, donnent aussi du Caoutchouc. (DR.. Z.)

CAOUTCHOUC MINÉRAL, MIN. Nom donné au Bitume élastique qui se trouve en Angleterre prés de Castleton dans le Derbyshire. V. BITUME. (B.)

CAP. BOT. PHAN. Loupes ou excroissances ligneuses qui viennent sur les trones des Bouleaux dans le

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Nord, ou on les emploie pour faire de petite ustensiles en bois. (B.)

CAP DE COBRA. BOT. PHAN. (Thunberg.) Nom portugais d'une espèce de Croton, Croton acutum. (B.)

CAPARAGOCH. OIS. (Edwards.) Syn. de Strix hudsonica, L. V. CHOUETTE. (DR.. Z.)

CAPARAS. BOT. PHAN.(Dodoens.) Syn. espagnol de Delphinium Staphisagria, espèce de Dauphinelle. (B.)

CAPARRO. MAM. Nom de pays d'un Singe du Rio Guayiare en Amérique, devenu type du genre appelé par Geoffroy-Saint-Huaire Lagotriche. V. ce mot. (A.D.. NS.)

CAPARROZOLO. MOLL. Syn. de Telline dans le golfe de Venise. (B.)

CAPAS, BOT. PHAN. Syn. de Gossypium indicum dans la langue malaise. V. COTONNIER. (B.)

CAPAS-ANTU. BOT. PHAN. C'est-à-dire Coton du diable. Nom malais dune Ketmie peu connue, encore qu'elle ait été décrite et figurée par Rumph (Hort. Mal., T. IV, t. 14). (B.)

GAPASTRA. OIS. Syn. vulgaire de l'Autour, Falco palumbarius, L. V. Faucon. (DR.. Z.)

CAPA-TSJACCA. BOT. PHAN. Syn. d'Ananas à la côte de Malabar. (B.)

CAPAVEELA. BOT. PHAN. Syn. de Cleome pentaphylla.V. CLÉCOME. (B.)

CAPE D'OR OU CAPODORO. OIS. Syn. de Roitelet aux environs de. Verise. V. SYLVIE. (B.)

CAPELA. POIS. Pour Capelan. V. ce mot. (B.)

CAPELAN OU CAPLAN. POIS. Espèce du genre Gade, Gadus Luscus, L. On a quelquefois donné ce nom au Gade blenhoïde. (B.)

CAPELET. BOT. PHAN. (Lémery.) L'un des noms vulgaires d'une espèce de Myrte, Myrtus cariophyllata, dont l'écorce est fort aromatique (B.)

CAPELETA. BOT. PHAN. C'est-à-dire petit Chapeau. Syn. languedocien ae Cotilet ombiliqué. (B.)

CAPE LETS. BOT. PHAN. C'est-àdire petits Chapeaux. Nom languedocien des fruits du Rhamnus Paliums, L. V. PALIURE. (B.)

CAPELLA. OIS. (Gesner.) Syn. du Vanneau, Tringa Vanellus, L.V VANNEAU. (DR.. Z.)

* CAPELLACI. BOT. PHAN. Syn. de Nymphœa Lotus, L. V. NÉNUPHAR. (B.)

* CAPELLAN, POIS. (Delaroche.) C'est-à-dire Chapelain. Syn. d'Ophidium barbatum et de Gadus Luscus, L., aux îles Baléares, V. DÔNZELLE et GADE. (B.)

* CAPELLATA ET GAPELINA. OIS. Noms italiens du Cochevis, Atauda cristata, L. V. ALOUETTE. (DR.. Z.)

* CAPELLONE. BOT, PHAN. Nom Vulgaire italien donné aux Champignons qui ont la forme d'un chapeau, recueilli par Paulet qui a hérissé son Traité d'innombrables noms appartenant à une synonymie barbare. (B.)

* CAPELVENÈRE. BOT. CRYPT. De Capillus Veneris. L'un des noms vulgaires donnés en Italie au Capillaire de Montpellier. V. ADIANTHE. (B.)

CAPENDA. BOT. PHAN. V. CAPENDU.

CAPENDU OU COURT-PENDU. BOT. PHAN. (Liger.) Et non Capenda. Variété de Pommes. (A. R.)

CAPER. POIS. Nom du Balistes Capriscus chez les anciens. V. BALISTE. (B.)

CAPERON. BOT. PHAN. Variété de Fraise qui provient du plan appelé vulgairement Caperonier dans le jarinage. (B.)

*CAPES, BOT. PHAN. Même chose que Capres, d'où Capier que Daléhamp donne comme synonyme de Caprier. V. ce mot. (B.)

*CAPETINO. BOT. CRYPT. Nom italien d'un très-petit Champignon qu'on ne peut rapporter à aucune des espèces déterminées, sur ce qu'en disent ceux qui le citent. (AD. B.)

* CAPEUNA. POIS. (Marcgraaff.) Poisson indéterminé dont la chair est recherchée au Brésil. (B.)

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CAPEY. BOT. CRYPT. Nom malais d'une espèce de Fougère du genre Lygodium, qui est l'Adianthum volu bile de Rumph(T. VI, t.53), et l'Ophioglossum flexuosum de Linné fils. (B.)

CAP-GROS. REPT. BATR. C'est-àdire Grosse-Tête. L'un des synonymes de Têtard dans les dialectes gascons. (B.)

CAPHUR. BOT. PHAN. L'un des noms arabes du Camphre. (B.)

CAPIA. BOT. PHAN. C'est, selon Jussieu, le nom d'un genre de la famille des Asparaginées, recueilli au Pérou par Dombey, et encore inédit dans l'herbier du premier de ces naturalistes. Ce genre paraît avoir de grands rapports avec les Smilax, dont il diffère cependant par l'absence ties vrilles. (A. R.)

CAPIBARA OU CAPYBARA. MAM. (Marcgraaff.) Syn. de Cabiai au Brésil (B.)

CAPI-CATINGA. BOT. PHAN. (Pison.) Nom brésilien d'une Plante qui pourrait bien être l'Acore odorant, lequel se trouverait alors dans les pays les plus opposés. (B.)

CAPIDOLIO. MAM. Le Cétacé mentionné sous cette dénomination par Belon, paraît, ainsi que l'Orque du même naturaliste, être le Dauphin à bec. L'existence de celui auquel Rondelet applique le nom de Capidolio paraît douteuse. (B.)

CAPIGOUARA OU CAPIGOUERA. MAM. Même chose que Capibara. V. ce mot. (B.)

CAPILI-PODI. BOT. PHAN. On donne ce nom dans l'Inde à la poudre qu'on fait avec les fruits du Rotlera tinctoria. V. ROTLÈRE. (B.)

CAPILLAIRE. Capillaria. INTEST. Genre établi par Zeder. Rudolphi l'a adopté, mais en a changé le nom en celui de Trichosoma. V. ce mot. (LAM.. X.)

CAPILLAIRE. Capillaris. BOT. On applique généralement ce nom à tous les organes des Végétaux qui sont grêles, allongés et semblables à des cheveux. Ainsi la racine du Blé est capillaire; les feuilles du Fenouil sont partagées en lobes capilaires. Les filets des étamines, dans les Graminées, sont capillaires, etc. (A. R.)

On donne encore et vulgairement ce nom de CAPILLAIRE, Capillaria, à la plupart des petites Fougères qui croissent sur les murs et dans les fentes des puits ou des rochers.

Le CAPILLAIRE PROPREMENT DIT, est ordinairement l'Applenium Trichomanes, L., autrement appelé Polytric.

Le CAPILLAIRE DU CANADA est l'Adianthum pedatum, L.

Le CAPILLAIRE DE MONTPELLIER ou BLANC, l'Adianthum Capillus Veneris, L.

Le CAPILLAIRE NOIR, l'Asplenium Adianthum nigrum, L.

Roussel avait, dans sa Flore du Calvados, établi un genre d'Hydrophytes sous ce nom, mais il n'a pas été plus adopté que la plupart des créations du même auteur. (B.)

* CAPILLARA. BOT. CRYPT. Impérati donne ce nom à une Plante marine qu'il est impossible de déterminer. Elle appartient probablement à la division des Hydrophytes articulées. (LAM.. X.)

CAPILLARIA. BOT. CRYPT. (Hydrophytes.) Stackhouse, dans la nouvelle édition de la Néréïde Britannique, propose ce genre auquel il donne pour caractères: fronde filiforme, cylindrique, à rameaux irréguliers très-fins, avec une fructification tuberculeuse, sessile ou pédonculée et polymorphe. Ce naturaliste le compose de cinq espèces qui, appartenant à nos genres Glidium, plocamium et Gigartina, nous y paraissent trop bien placées pour que le genre de Stackhouse puisse subsister. (LAM. X)

* CAPILLARIA. BOT. CRYPT. (Mucédinées.) Genre fondé persoon dans sa Mycologie européenne, et placé par lui auprès du genre

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Rhizomorpha. Il lui donne le caractère suivant: fila meus lisses, capillaires, solides, adhérens fortement au corps qui les supporte, d'une couleur brune ou noirâtre.

Il en indique six espèces qui croissent sur les feuilles ou sur les tiges de diverses Plantes. Aucune n'a encore été figurée. (AD. B.)

CAPILLINE. BOT. CRYPT. Nom donné au genre Trichia par quelques botanistes. V. TRICHIE. (AD. B.)

* CAPILLITIUM. BOT. CRYPT. On donne ce nom ou celui de Réseau filamenteux, dans les Plantes de la famille des Lycoperdacées, aux filamens oui sont entremêlés avec les sporules dans l'intérieur du peridium, et qui persistent quelquefois après la destruction de ce peridium, comme on l'observe dans les genres Stemonitis, Arcyria, Cribraria, etc. V. LYCOPERDACÉES. (AD. B.)

CAPINERA. OIS. Syn. italien de la Fauvette à tête noire, Motacilla atricapilla, L. V, BEC-FIN. (DR.. Z.)

* CAPIRAT OU KAPIRAT. POIS. Espèce du genre Notoptère. (B.)

CAPISTRATE. MAM. (Bosc.) Espèceaméricaine du genre Ecureuil. V. ce mot. (B.)

CAPISTRUM. OIS. Partie de la face qui entoure le bec. (DR.. Z.)

CAPITA, OIS. Syn. du Tangara à tête rouge, Tangara gularis, Lath., au Paraguay, V. Tangara. (DR.. Z.)

CAPITAINE, POIS. Syn. de l'Eremophile de Humboldt. On a quelquefois appelé Poisson-Gapitaine le Xiphias Gladius, Capitaine Blanc, une espèce du genre Spare, et Capitaine des Caffres un poisson désigné par Ruysch dans sa collection d'Amboine, et qui paraît appartenir à la famille des Scombéroïdes. (B.)

CAPITAINE, MOLL. Camas capitanus, L. Espèce du genre Came. V. ce mot. (B.)

CAPITAINE DE L'ORÉNOQRUE.

OIS. Syn. du Grenadin, Fringilla brasiliana, L. V. GROS-BEC. (DR.. Z.)

CAPITAN. BOT. PHAN. Nom d'une espèce du genre Aristoloche, Aristolochia maxima, à Carthagène dans l'Amérique méridionale. (B.)

CAPITÉES. Capitatœ. BOT. PHAN. Linné, qui le premier signala, dans ses Fragmenta naturalia, une méthode où les Plantes étaient disposées selon des familles, donna ce nom à l'une d'elles qui répond exactement à celle que Jussieu, et d'après lui Ventenat, ont depuis nomme'e celle des Cynarocéphales. (B.)

CAPITELLE. Capitellum. MOLL. Espèce du genre Volute. V. ce mot. (B.)

CAPITÉS. CRUST. Même chose qu'Arthrocéphales. V. ce mot. (B.)

CAPITO. OIS. (Vieillot.) Même chose que Cabezón. V. ce mot. (B.)

CAPITO. POIS. Syn. de Truite. V. SAUMON. On donne aussi vulgairement ce nom à divers Ables, tels que le Meunier, le Naze et la Chevanne, etc. V. ABLE. (B.)

CAPITON. BOT. PHAN. Pour Caperon. V. ce mot. (B.)

CAPITORZA. OIS. Syn. italien du Torcol, Yunx Torquilia, L. V. TORCOL. (DR. Z.)

CAPITULATRE. Capitularía, BOT. CRYPT. (Lichens.) Flœrke a donné ce nom au genre Scyphophorus de De Candolle. V. ce mot et CENOMYCE. (AD. B.)

CAPITULE. Capitulum. BOT. PHAN. On donne ce nom à un mode d'inflorescence dans lequel les fleurs sout réunies en grand nombre sur le sommet du pédoncule commun dilaté, où elles constituent une tête de fleurs, globuleuse, ovoïde ou allongée, par exemple dans les Scabieuses, le Jasione, le Phyteuma et toutes les Synanthérées. Plusieurs auteurs ont voulu distinguer par une dénomination spéciale le mode d'inflores-

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cence des Synanthérées. Ainsi feu mon père lui donnait le nom de Céphalanthe (Cephalanthium), et Mirbel l'a plus récemment nommée Calathide. Mais nous ne saurions voir de différence essentielle et qui méritât un nom spécial dans cette disposition des fleurs de la famille des Synanthérées, et nous pensons que l'on doit également la comprendre sous la dénomination de Capitule. Nous ferons connaître de la manière suivante la disposition des parties qui composent le Capitule, surtout dans la vaste famille des Synanthérées. Le pédoncule commun qui porte un Capitule de fleurs s'évase, s'élargit à son sommet, et constitue une sorte de plateau charnu, sur lequel les fleurs sont immédiatement appliquées. On a donne à ce plateau le nom de réceptaclecommun, de phoranthe ou de clinanthe commun. Tantôt il est plane, tantôt convexe, tantôt proéminent et en forme de colonne cylindrique, tantôt enfin il est concave. Dans certains genres sa surface est nue, c'est-à-dire qu'il ne porte que les petites fleurs. D'autres fois il est pointillé ou creusé d'alvéoles contenant chacune une seule fleur. Dans quelques cas il porte, outre les fleurs, de petites écailles de forme, de grandeur extrêmement variées, ou dea poils ou des soies.

La partie extérieure du Capitule est formée par un assemblage de folioles ou d'écailles ordinairement vertes et de nature foliacée, auquel on donne les noms d'involucre, de périphoranthe, de péricline, où enfin de calice commun, à l'époque ou cet assemblage de fleurs était considéré comme une fleur composée. La forme générale de l'involucre est sujette à un grand nombre de variations. Ainsi il est globuleux dans la Bardane, hémisphérique dans la Camomille, cylindracé dans le Cercifix, etc. Il est en général composé de plusieurs folioles distinctes; mais dans quelques espèces, ces folioles se soudent par leur base, et il semble alors être monophylle comme dans I'OEillet-d'Inde (Tagetes). Les folioles qui composent l'involucre peuvent être disposées sur un seul rang, comme dans le Cercifix, la Lampsane, etc. On dit alors de l'involucre qu'il est simple. Les écailles peuvent être imbriquées à la manière des tuiles d'un toit, c'est-à-dire se recouvrir mutuellement soit par leur partie supérieure, soit par leurs côtés.

Maintenant le Capitule considéré dans son ensemble peut offrir de glandes différences, suivant la nature des fleurs qui le composent. Ainsi on le dit flosculeux, lorsqu'il est uniquement composé de fleurons, c'est-à-dire de petites fleurs ayant la corolle tubuleuse infundibuliforme à cinq lobes, comme dans les Chardons, l'Artichaut, la Bardane. Ce caractère forme la distinction des Cynarocéphales de Jussieu ou des Flosculeuses de Tournefort. Quand au contraire toutes les fleurs composant un Capitule sont des demi-fleurons, c'est-à-dire que leur corolle est irrégulière déjetée d'un côté en forme de languette, le Capitule est dit sé mi-flosculeux. La Laitue, la Chicorée, le Pissenlit, et en général toutes les Chicoracées de Jussieu, ou sémi-Flos-culeuses de Tournefort, présentent ce caractère. Enfin, dans le plus grand nombre des genres de Synanthérées, chaque Capitiile se compose à la fois de fleurons qui occupent sa partie Centrale, et de demi-fleurons placés à la circonférence. Cette disposition s'observe dans le grand Soleil, la Camomille, les Dalilia, etc., et les Capitules sont alors appelés radiés. La vaste section des Corymbifères de Jussieu, ou Radiées de Tournefort, en offrent de nombreux exemples. (A. R.)

CAPITULÉES (FLEURS). BOT. PHAN. Flores capitai. On applique cette dénomination aux Fleurs qui sont disposées en Capitules. V. CAPITULE. (A. R.)

CAPITULUM. MOLL. V. ANATIFE.

CAPIVARD ET CAPIVERD. MAM. (Froger.) Syn. de Cabiai. (Labat.)

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Même chose que Bomba, V. ces mots. (B.)

CAPIVI. BOT. PHAN. (Stedman.) Syn. de Baume de Copahu à Surinam. (B.)

CAPIYGOUA. MAM. Syn. de Cabiai au Paraguay. (B.)

CAP-JAUNE, OIS. Espèce du genre Troupiale. V. ce mot. (DR.. Z.)

CAPLAN. POIS. V. CAPELAN.

CAPLUA. OIS. Syn. piémontais du Cochevis, Alauda cristata, L. V. ALOUETTE. (DR.. Z.)

CAPMORE. OIS. (Mauduyt.) Espèce du genre Troupiale, Oriolus Textor, L. Du Sénégal. V. TROUPIALE. (DR.. Z.)

CAPNEGHER. OIS. Syn. piémontais de la Fauvette à tête noire, Motacilla atricapilla, L. V. BEC-FIN. (DR.. Z.)

CAP-NÈGHER, OIS. Espèce du genre Bec-Fin, que Vieillot a comprise dans son genre Dyithine. V. SYLVIE. (DR.. Z.)

CAPNLAS. MIN. V. CAPNITE.

CAPNIE. Capnia. BOT. CRYPT. (Lichens.) Ce genre, établi par Ventenat, rentre exactement dans le genre Gyrophore. V. ce mot. (B.)

CAPNION ET CAPNITES. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. de Corydalis. V. ce mot. (B.)

CAPNITE. MIN. Les anciens donnaient ce nom aux roches d'une couleur enfumée, d'où Pline a pris le nom de Capnias qu'il donne à un Jaspe brunâtre. (LUC.)

* CAPNOCYSTE. BOT. PHAN. (Jussien.) V. CYSTICAPNOS.

CAPNOGORGION. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Même chose que Capnion, ou la Fumeterre officinale. (B.)

CAPNOIDES. Capnoides. BOT. PHAN. Genre établi par Tournefort réuni aux Fumeterres par Linné, rétabli par Ventenat, et adopté par les botanistes modernes sous le nom de Corydalis, à l'une des sections duquel De Candolle l'a restreint. V. CORYDALIS. (B.)

CAP-NOIR. OIS. Espèce du genre Philédon, Certhia cucullata, Lath.; Melithreptus cucullatus, Vieill., pl. 60. Oiseau dor. V. PHILÉDON. (DR.. Z.)

CAPNON. BOT. PHAN. Même chose que Capnos. V. ce mot.

(A. R.)

CAPNOPHYLLE. Capnophyllum. BOT. PHAN. Gaertner (tab. 85) a distingué sous oe nom générique une espèce de Ciguë, le Conium africanum de Linné, qui diffère en effet des aur tres Ciguës, en ce que ses fruits sont ovoïdes, allongés, et crue ses ombel lules, autour d'une fleur centrale, sessile, hermaphrodite, en présentent plusieurs pédonculées et stériles. (A. D. J.)

CAPNORCHIS. BOT. PHAN. (Boer haave.) Syn. de Fumaria cucullaria, L. Espèce du genre Corydalis. V. ce mot. (B.)

CAPNOS. BOT. PHAN. Syn. de Fumeterre en grec. (B.)

CAPO-CAPO. BOT. PHAN. V. Co DA-PAIL. (B.)

CAPOCECCIOLA. OIS. Syn. de la Mésanee bleue, Parus cœruleus, L. V. MÉSANGE. (DR.. Z.)

CAPOCIER. OIS. Espèce du genre Bec-Fin. V. SYLVIE. (DR.. Z)

CAPODORO. OIS. V. CAPE D'OR.

* CAPOET OU CAPOETA. POIS. Espèce de Cyprin du sous-genre des Barbeaux. V. CYPRIN. (B.)

CAPOLIN. BOT. PHAN. (Hernandez.) Arbre cultivé au Mexique pour son fruit, et comparé au Cerisier. Il en existe trois variétés. Il est surprenant qu'il ne soit pas plus connu aujour d'hui, d'après les voyages qu'ont faits tant de botanistes au pays oú l'on se nourrit de ses fruits. (B.)

CAPO-MOLAGO. BOT. PHAN. C'est-à-dire Poivre cafre. Nom malabar du Capsicum frutescens, espèce du genre Piment. (B.)

*CAPON OU CAPOUN. OIS. Le

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Chapon dans les dialectes gascons. (B.)

CAPONE. POIS. Syn. de Trigle dans certaines parties des côtes d'Italie. (B.)

CAPO-NEGRA OU CAPO-NERA. OIS. Syn. italien de la Mésange charbonnière, Parus major, L. V. MÉSANGE. (DR.. Z.)

CAPO-NEGRO. OIS. Syn. italien du Morillon, Anas Fuligula, L. V. CANARD. (DR.. Z.)

* CAPO-NERA. OIS. V. CAPONEGRA.

*CAPO-NERA GENTILE. OIS. Syn. romain de la Fauvette à tête noire, Motacilla atricapilla, L. V. BEC-FIN. (DR.. Z.)

CAPONERO. OIS. Même chose que Capo-Negra, V. ce mot, et synonyme de Morillon. Espéce de Canard (B.)

* CAPO-ROSSO. OIS. (Anetra.) Syn. romain du Milouin, Anas Ferina, L. V. CANARD. (DR.. Z.)

CAPO-ROSSO MAGGIORE. OIS. (Villughby.) Syn. du Canard siffleur huppé, Anas rufina, L. V. CANARD. (DR.. Z.)

CAPO-TORTO OIS. Syn. italien du Torcol, Yunx Torquilla, L. V. TORCOL. (DR.. Z.)

* CAPOUN. OIS. V. CAPON.

CAPOUN. POIS. Syn. de Scorpéne à Nice. (B.)

CAPOUNAS. POIS. Syn. piémontais du Butor, Ardea stellaris, L. V. HÉRON. (DR.. Z.)

CAPOUR-BARROOS. BOT. PHAN. Nom malais d'un Arbre trop imparfaitement mentionné par Garcias de Liorta dans son Histoire des Aromates, pour être reconnu, et qui a donné du Camphre en abondance. C'est le Camphre même selon Marsden. (B.)

* CAPO-VERDE. (Anetra.) OIS, Syn. romain du Canard sauvage, Anas Boscas, L. V. CANARD. (DR.. Z.)

CAPPA, MAM. Animal probablement fabuleux auquel Nieremberg, qui le dit trés-féroce, dévorant les Chiens et les troupeaux et tout ce qu'il rencontre, attribue une figure hideuse, un front tout rond, l'ongle du pied semblable pour la forme à un talon, la taille d'un Ane, et une peau trés-velue. On a voulu y reconnaître le Tapir, qui n'est ni carnassier, ni couvert de poils. (B.)

CAPPA. POIS. Nom vulgaire d'un Poisson indéterminé de la Méditerranée, qui paraît être un Labre. (B.)

CAPPA-CORANIA. BOT. PHAN, Syn. de Pyréthre chez les Romains, selon Adanson. (B.)

CAPPA-LONGA. MOLL. Syn. de Solen en Italie. (B.)

CAPPANG ET BIAULAR. MOLL. OU ANNEL. Noms malais des serpula lumbricalis. (B.)

CAPPANG ET KAPPAR. BOT. PHAN. (Daléchamp.) D'ou capparones des Espagnols. Syn. arabe de Caprier. (B.)

CAPPARIDÉES. capparideœ. BOT. PHAN. Le Caprier est le type de cette famille naturelle de Plantes, qui vient se ranger parmi les Dicotylédones polypétales, dont les étamines sont insérées sous l'ovaire ou hypogynes, à côté des Cruciféres et des Sapindacées. Nous allons d'abord donner les caractéres de cette famille, telle qu'elle est aujourd'hui circonscrite; nous indiquerons ensuite les genres qui y avaient été jadis réunis.

Les Capparidées sont des Plantes herbacées ou des Végétaux ligneux qui portent des feuilles alternes, simples ou digitées, accompagnées à leur ase de deux stipules foliacées, épineuses ou glanduliféres; leurs fleurs sont ou terminales et en forme d'épis ou de grappes, ou axilla ires et solitaires; leur calice se compose généralement de quatre sépales caducs, trésrarement soudés par leur base et semblant constituer un calice monosépale, à quatre divisions profondes; la corolle est toujours formée de quatre ou cinq pétales, égaux ou inégaux, alternant avec les sépales; les

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étamines, dont les filamens s'insèrent à la base de l'ovaire, sont en nombre défini 5—8, ou plus généralement très-nombreuses et en nombre indéfini; l'ovaire qui est simple et supére est souvent élevé sur un support plus ou moins long, à la base duquel sont insérés les étamines et les pétales; coupé transversalement, il présente une seule loge, des parois de laquelle s'élèvent plusieurs lames saillantes et longitudinales, qui sont de véritables trophospermes sur lesquels les graines sont attachées, et que plusieurs auteurs ont à tort considérées comme les cloisons d'un fruit pluriloculaire; le style est en général fort court et se termine par un stigmate simple.

Le fruit présente deux modifications principales; il est sec ou charnu. Dans le premier cas, c'est une sorte de silique plus ou moins allongée, uniloculaire, et s'ouvrant en deux valves, comme dans la plupart des Crucifères. Cette disposition existe Surtout dans les especes du genre Cléome. Dans le second cas, il forme une sorte de baie uniloculaire et polysperme dont les graines sont ou pariétales, ou semblent éparses dans la pulpe qui remplit l'intérieur du péricarpe. Ces graines ont ordinairement la forme d'un rein, et s'insèrent au podosperme ou cordon ombilical par le moyen d'une échancrure analogue à celle que l'on observe sur la graine de beaucoup de Légumineuses. Leur tégumeut propre ou épisperme, est sec, fragile et cartilagineux; il recouvre un embryon renversé, un peu recourbé, dans le même sens que la graine, et dépourvu d'endosperme.

Les genres qui appartiennent à cette famille sont les suivans: Cleome, L.; Cratœva, L.; Cadaba, Forskalh; Capparis, L.; Morisonia, Plumier, L.; Durio, Rumph.; Stephania, Willdenow; Podoria, Persoon, ou Boscia de Lamarck, qu'il ne faut pas confondre avec le Boscia de Thunberg, lequel appartient à la famille des Térébinthacées; Thilachium, Loureiro; Othrys, Du Petit-Thouars.

Outre ces genres qui constituent la véritable famille des Capparidées, Jussieu, dans son Genera Plantarum, en avait rapproché plusieurs autres qui sont devenus les types de plusieurs ordres naturels nouveaux. Ainsi la Reseda forme aujourd'hui celui de la famille des RÉsÉDACÉES. V. ce mot. Le Drosera, le Parnassia constituent avec les genres Aldrovanda, Dionœa et probablement le Sauvagesia, la nouvelle famille des DROSERACÉES, V. ce mot; et enfin le Maivgravia et le Norantea, un ordre distinct, sous le nom de MARCGRAVIACÉES. V. ce mot.

La famille des Capparidées est extrêmement voisine des Crucifères, surtout par le genre Cléome, qui offre pour fruit une silique; mais elle en diffère par ses étamines ou très-nombreuses ou jamais au nombre de six et tétradynames, lorsqu'elles sont en nombre défini; elle s'en éloigne aussi par son fruit qui est généralementune baie dans la plus grande partiede ses genres.

(A. R.)

CAPPARONES. BOT. PHAN. V. CAPPAR.

CAPPA-SANTA. MOLL. Syn. de Pecten jacobeus, L. en Italie. V. PEIGNE. (B.)

CAPPA THYA. BOT. PHAN. Nom d'une espèce du genre Croton, Croton lactiferum à Ceylan. (B.)

CAPPIER. BOT. PHAN. V. CAPES.

CAPPIROÉ-CORONDE. BOT, PHAN. Espèce indéterminée de Cannellier de Ceylan, dont l'écorce exhale une légère odeur de Camphre. (B.)

CAPPODOX. POL. FOSS.? Pline désigne sous ce nom une Pierre qui payaît être une Éponge fossile. (LUC.)

CAPPUCIO ET CAPPUCINO. BOT. PHAN. Syn. de Chou-Pomme en italien, d'où Chou-Capus, nom qu'on donne en France à quelques variétés du Chou. (B.)

CAPRA. OIS. (Gesner.) Syn. du Vanneau, Tringa Vanellus, L. V. Vanneau. (DR.. Z.)

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* CAPRA. REPT. OPH. Serpent peu connu d'Ansole du Congo, ou même du Bengale, peut-être fabuleux, et qu'on ait lancer au loin una salive dangereuse qui cause la cécité. (B.)

CAPRA DE MATTO. MAM. D'anciens voyageurs ont donné ce nom portugais comme celui d'une race de Chien de la Côte-d'Or. (B.)

CAPRAGINA ET CAPRAGO. BOT. PHAN. Syn. de Galega (vulgairement Rhue de Chèvre) dans quelques cantons d'Italie. (B.)

CAPRAIRE. MOLL. Pour Caprinus. V. ce mot. (F.)

CAPRAIRE. Capraria. BOT. PHAN. Genre de la famille des Personnées, caractérisé par un calice quinquéparti; une corolle campanulée, à cinq divisions aiguës; quatre étamines presque didynames, avec le rudiment d'une cinquième à peine visible; un stigmate bilobé; une capsule dont les deux valves, quelquefois biparties, viennent, en se réfléchissant, s'appliquer contre le réceptacle central. On a décrit sept espèces de Capraria. La plus anciennement connue est le C. biflora, dont les feuilles sont recherchées par les Chèvres, ce qui a fait donner au genre son nom, et donnent en infusion une boisson agréable, ce qui a fait appeler cette espèce Thé des Antilles. Deux autres especes croissent dans l'Amérique septentrionale; trois au cap de Bonne-Espérance; une aux Indes-Orientales. Leur tige est herbacée ou frutescente; leurs feuilles sont disposées par verticilles de trois, opposées ou alternes, entières ou dentées, ou même profondémentlobées; leurs fleurs axillaires, portées sur des pédoncules nus ou multiflores, ou bien encore en grappes. V. Lamk. Illustr. t. 534, et Gaert. t. 53. (A. D. J.)

CAPRARIA, BOT. PHAN. (Mathiole.) Même chose que Capragina. V. ce mot. (B.)

CAPRAEA. BOT. PHAN. Syn. de Marsault, espèce du genre Saule. V. ce mot. (B.)

CAPREA. MAM. L'un des synonymes de Chevreuil. V. CERF. (B.)

* CAPRELLINES. CRUST. Nom donné par Lamark. (An. sans vert. T. V. p. 171) à une division de l'ordre des Isopodes, renfermant entre autres genres celui des Chevrolles, en latin Caprelia, et correspondant à la section que Latreile nomme Cystibranches. V. ce mot et CHEVROLLE. (AUD.)

* CAPREOLE. Capreolus. MAM. L'un des noms du Chevreuil, espèce du genre Cerf. V. ce mot. (B.)

CAPREOLI. MAM. Illiger désigne sous ce nom la famille dans laquelle il range les genres Cerf et Chevrotain. (B.)

CAPRES. BOT. PHAN. V. CAPRIER.

CAPRETTO. MAM. Le Chevreau en italien. (A. D.. NS.)

* CPRIA OU KAPRIA. BOT. PHAN. L'un des noms du Caprier dans Diosrcoride, selon Adanson. (B.)

CAPRICEVA. MAM. (Kæmpfer.) Syn. de Pasan, Antilopa Orix. V. ANTILOPE. (B.)

CAPRIC0LA. OIS. (Sibbald.) Syn. de l'Eider, Anas mollissima, L. V. CANARD. (DR.. Z.)

CAPRICORNE. MAM. Ce mot qui, dès long-temps, désignait une constellation du zodiaque qu'il ne faut pas Confondre avec la Chèvre, Capella, a été, quelquefois, donné au Pasang, espèce de Chèvre sauvage, Capra Ægargus. V. CHÊVRE. (B.)

CAPRICORNE. Cerambyx INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Tétramères, famille des Lon gicornes (Règn. Anim. de Cuv. p. 337), admis fort anciennement et caractérisé d'une manière précise par Linné. Très-nombreux en espèces dont plusieurs offraient des differences assez tranchées, ce genre a été subdiyisé depuis en ungrand nombre d'autres par Geoffroy, Fabricius, Latreille, etc., detelle sorte qu'il se trouve aujourd hui circonscrit (Règ. Anim. de Cuv. p. 342) aux seuls Insectes qui partagent les caractères suivais: yeux allongés, ré-

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niformes ou en croissani, environnant la base des antennes; celles-ci longues et sétacées; labre très-apparent; palpes terminés par un article plus grand, en cône renversé, allongé et comprimé; les maxillaires plus longs que les labiaux, et dépassant l'extrémité des mâchoires; tête penchée en avant; corselet presque carré ou presque cylindrique, ordinairement épineux ou tuberculé sur les côtés.—Les Capricornes proprement dits de Latreille correspondent au genre Ceratnbyx de Fabricius (Entom. Syst.) et comprennent la plupart des espèces de son genre Stenocorus. Ils Se distinguent des Spoudyles et des Priones par leur labre très-apparent, des Lamies par l'inclinaison de leur tête et la forme du dernier article de leurs palpes, et des Callichromes qui leur ressemblent sous ce double rapport, par les palpes maxillaires plus longs que les labiaux. Enfin ils diffèrent principalement des Callidies et des Clytes par leur prothorax épineux ou tuberculé. Ces Insectes sont remarquables par les couleurs vives et très-variées de leurs corps. Leurs antennes sont toujours longues, mais cependant moins développées dans les femelles que dans les mâles. On les rencoutre l'été dans les bois sur les troncs des Arbres, dans l'intérieur desquels ils vivent à leur état de larve, de nymphe et d'insecte parfait. Ils font souvent usage de leurs ailes, et volent assez bien, surtout si la température est élevée, et si le soleil brille. Lorsqu'on les saisit, ils font entendre un bruit aigu, produit par le frottement du bord postérieur et supérieur de leur corselet sur une pièce du dos du mésothorax, située en avant de l'écusson, confondue avec lui, et à laquelle nous avons donné le nom d'Ecu (Scutum.) La femelle dépose ses œufs dans les Arbres: à cet effet, elle est pourvue d'un long oviductus caché dans l'abdomen, et quel'on fait sortir facilement en opérant la compression.—Les larves ont un corps allongé, composé de treize anneaux peu consistans, avec six pates écailleuses, une tête aussi écailleuse, supportant une bouche à laquelle on distingue deux fortes mandibules destinées à ronger le bois qui paraît leur servir de nourriture. Ce n'est guère qu'au bout de trois ans qu'ayant acquis le maximum de leur accroissement, elles se métamorphosent en nymphes qui bientôt deviennent Insectes parfaits. On peut suivre ces changemens en conservant les larves dans de la sciure de bois, mais il est rare que, par ce moyen, on obtienne le Capricorne à son dernier état; presque toujours il périt à celui de nymphe.

Ce genre nombreux en espèces a pour type le Capricorne Savetier, C. Cerdo de Fabricius, ou le petit Capricorne noir de Geoffroy (Hist. des Ins. T. I. p. 201), figuré par Olivier (Hist. des Coléopt. T. IV. pl. 10. f. 65). On distingue encore: le Capricorne Héros, C. Heros de Fabricius, ou le grand Capricorne noir de Geoffrov (loc. cit. T. I. p. 200), représenté par Olivier (loc. cit. T. IV. pl. I. fig. I.) Ces deux espèces sont très-voirsines et ne diffèrent que par la taille et les élytres plus ou moins chagrinés. Elles se trouvent aux environsde Paris. La dernière vit dans l'intérieur des Chênes, et fait beaucoup de tort à ces Arbres.—Le Capricorne rouge, cerambyx Kœhleri de Linné, se rencontre sur les Saules. Latreille rapporte au genre Callichrome les Cerambyx alpinus et moschatus de Linné, mais il place dans son genre Capricorne les espèces du genre Sténocore de Fabricius, désignées sous les noms de cyaneus, garganicus, festivus, marylandicus, spinicornis, bidens, semipunctatus, irroratus, glabratus, sexmaculatus, quinquemaculatus, quadrimaculatus, maculosus, geminatus, etc. (AUD.)

CAPRIER. Capparis. BOT. PHAN. Ce genre qui a donné son nom à la familie des Capparidées est placé dans la Polyandrie Monogynie, L. Il est reconnaissable aux caractères suivans: calice, 4-phylle ou 4-partite, à sépales concaves, un peu bossus à leur base; corolle à quatre pétales. grands et ou-

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verts; un grand nombre d'étamines, dont les filets sont plus longs que les pétales, insérées sur le réceptacle; ovaire porté sur un pédicelle muni de glandes à l'endroit de la bosselure des sépales; stigmate en tête et sessile; fruit tantôt en baie ovale ou sphérique, tantôt en forme de silique longue, uniloculaire et polysperme; les graines pariétales et nichées dans une sorte de pulpe. Les Câpriers sont pour la plupart des Arbrisseaux à feuilles simples, garnis d'épines à leur base dans une partie des espèces, et portant des glandes au lieu d'épines dans les autres. Leurs fleurs sont ou solitaires et axillaires, ou en corymbe et terminales. Il est à remarquer que tous les Capriers épineux habitent l'ancien continent, et qu'ils ont en même temps pour fruit une baie ovoïde à écorce fort épaisse, tandis que les Câpriers inermes et à feuilles glanduleuses sont indigènes du Nouveau-Monde, et que leur fruit est une sorte de silique. Ceux-ci forment le genre Breynia de Plumier qui pourrait être rétabli, si les différences que nous venons d'exposer étaient assez importantes dans les Capparidées pour en former des caractères. On connaît plus de trente espèces de Câprier dont à peu près moitié sont épineuses. C'est parmi celles-ci qu'on trouve le Caprier commun, Capparis spinosa, L. Arbrisseau sarmenteux, abondant en Provence et dans l'Europe méridionale, dont on cueille les fleurs en boutons pour les faire confire dans du vinaigre salé et les employer comme assaisonnement. Ces boutons de fleurs que Von connaît sous le nom de Capres sont d'autant plus fermes et plus sapides, qu'ils ont été cueillis dans un état moins développé. (G.. N.)

CAPRIFICATION. BOT. PHAN. opération pratiquée. par les anciens sur les Figues pour en hâter la maturité, et qui s'est conservée dans le Levant. Elle consiste à placer sur un Figuier des Figues remplies d'une espèce particulière de Cynips, lesquels en sortent pour se répandre sur les Figues quon veut faire mûrir, y pénètrent, chargés de la poussière fécondante que fournissent les Fleurs mâles à l'entrée du calice commun. Des auteurs prétendent que la piqûre de ces Fruits parles Insectes détermine seule leur maturation, de même que la plupart de nos Fruits mûrissent plus vite et deviennent plus sapides lorsque des larves s'y introduisent. Au reste, on a des doutes sur l'efficacité de ce procédé qui ne se pratique ni en France, ni en Espagne, ni en Italie, ni en Barbarie où l'on mange des Figues excellentes qui mûrissent sans le moyen de la Caprification. (B.)

CAPRIFIGUIER. Caprificus. BOT. PHAN. Le Figuier sauvage. (B.)

CAPRIFOLIA. BOT. PHAN. Syn. de Lonicera Periclymenumen italien. V. CHÈVREFEUILLE. (B.)

CAPRIFOLIACÉES. Caprifoliaceœ. BOT. PHAN. On appelle ainsi une famille naturelle de Végétaux qui se compose du genre Chèvrefeuille et des autres genres qui ont avec lui le plus de rapport dans leur organisation. Cette famille très-rapprochée des Rubiacées est placée parmi les Dicotylédones monopétales, dont la corolle staminifère est portée sur un ovaire infère. Telle qu'elle avait été présentée dans son ensemble par le savant auteur du Genera Plantarum, elle se compose de genres assez dissemblables pour avoir engagé les auteurs modernes à en former des ordres distincts. Nous ne rapporterons donc aux véritables Caprifoliacées que la première et la troisième sections de la famille des Chèvrefeuilles de Jussieu, et nous leur assignerons les caractères suivans:

Leur calice est toujoure monosépale, adhérent avec l'ovaire qui est complètement infère; il offre quatre ou cinq dents. Leur corolle est monopétale et très-variable dans sa forme qui est le plus souvent irrégulière et à cinq lobes. Le nombre des étamines varie de quatre à cinq, et est toujours en rapport avec le nombre des dents calicinales. Ces étamines qui

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sont insérées à la paroi interne de la corolle sont tantôt saillantes et exertes, et tantôt incluses. L'ovaire présente dans le plus grand nombre des genres trois ou quatre loges; rarement il n'en offre qu'une seule, comme dans le Viburnum. Dans chaqu loge, on trouve d'un à quatre ovules, dont plusieurs avortent souvent, après la fécondation. Le style manque quelquefois; daus ce cas, l'ovaire est surmonté de trois stigmates sessiles, très-rapprochés. Lorsque le style existe, on ne trouve à son sommet qu'un seul stigmate élargi, déprimé à son centre et légèrement trilobé. Celui du Symphoricarpos est simplement à deux lobes. Le fruit est une baie couronnée par les dents du calice, présentant une ou plusieurs loges qui renferment chacune une ou plusieurs graines, lesquelles se composent, outre leur tégument propre, d'un endosperme charnu, au centre duquel est un embryon longitudinal et renversé, comme chaque graine.

Les Caprifoliacées sont ou des Végétaux sous-frutescens ou plus généralement des Arbrisseaux ou des Arbres. Leurs feuilles qui sont opposées et dépourvues de stipules sont simles ou rarement pinnées. Les fleurs, d'un aspect en général agréable et d'une odeur suave, offrent plusieurs modes d'inflorescence; elles sont quelquefois géminées au sommet d'un pédoncule commun, et fort souvent leurs ovaires se soudent en un seul. D'autres fois elles forment des sertules ou ombelles simples, ou enfin des cimes ou des corymbes. Le plus souvent chaque fleur est accompagnée de deux petites bractées opposées.

Jussieu avait divisé la famille des Chèvrefeuilles en quatre sections. Dans la première, il plaçait les genres dont le calice est accompagné de deux bractées: la corolle monopétale et l'ovaire surmonté d'un style; tels sont les genres Linnœa, Triosteum, Symphoricarpos, Dieivilla, Xylosteum et Caprifolium. La seconde comprenait les genres Loranthus, Viscum et Rhizophora, qui ont la corolle polypétale, le style simple et le calice caliculé. Il rangeait dans la troisième les genres qui ayant le calice caliculé, la corolle monopétale, sont dépourvus de style, et portent trois stigmates sessiles, comme les genres Viburnum et Sambucus. Enfin les genres Cornus et Hedera, qui ont le calice dépourvu de bractées, le style simple et la corolle polypétale, formaient sa quatrième section. Mais depuis la publication du Genera, Jussieu et le professeur Richard ont séparé les genres de la seconde section pour en former une famille à part sous le nom de Loranthées, V. ce mot; et Robert Brown trouvant dans les genres Rhizophora et Ægiceras des différences remarquables, les a séparés des Loranthées, et a proposé d'en former la famille des RHIZOPHORÉES. V. ce mot. Pour nous, il nous semble que la dernière section, c'est-à-dire les genres Hedera et Cornus ayant la corole manifestement polypétale, les étamines insérées immédiatement sur l'ovaire, les fleurs dépourvues de bractées, les feuilles ordinairement alternes doivent être séparées des véritables Caprifoliacées, et former un ordre nouveau, beaucoup plus voisin des Araliacées, et que nous avons désigné sous le nom d'HÉDÉRACÉES dans notre Botanique médicale. V. HÉDÉRACÉES. Ainsi donc nous ne laissons dans les Caprifoliacées que les genres suivans:

†. CAPRIFOLIÉES. Style surmonté d'un stigmate trilobé.

Linnœa, Gronov. Triosteum, L. Ovieda, L. Symphoricarpos, Dillen. Dieivilla, Tournefort. Xylosteum, Tournefort. Caprifolium, Tournefort.

††. SAMBUCINÉES. Style nul; trois Stigmates sessiles.

Viburnum, Tournefort. Sambucus, L.

Les Caprifoliacées ont une telle ressemblance avec les Rubiacées qu'il est fort difficile de trouver des caractères propres à les en distinguer. Cette analogie est surtout frappante entre les Caprifoliacées et les Rubiacées à fruit charnu. Là seule différence es-

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sentielle qui existe alors entre ces deux ordres naturels, c'est que dans les Rubiacées, les feuilles sont verticillées ou opposées avec des stipules intermédiaires, tandis que ces stipules manquent constammeut dans les véritables Caprifoliacées. (A. R.)

* CAPRIFOLIÉES. BOT. PHAN. Nous désignons sous ce nom la première section de la famille des Caprifoliacées. (A. R.)

CAPRIMULGUS. OIS. Nom scientifique du genre Engoulevent. V. ce mot. Il vient de la fausse idée où l'on était que les Oiseaux qui le composent tétaient les Chèvrés. (DR.. Z.)

CAPRINUS. MOLL. Genre établi par Denis Montfort pour une pelite Coquille du Gange confondue avcc la Caracolle. V. ce mot. (B.)

CAPRIOLA. BOT. PHAN. (Adanson d'après Lonicer.) Syn. de Panicum Dactylon, L., type du genre Cynodon. V. ce mot. (B.)

CAPRTOLO ET CAPRIULO. MAM. Syn. de Chevreuil. V. CERF. (B.)

CAPRISQUE. POIS. Espèce de Baliste. V. ce mot. (B.)

CAPRIUOLA. BOT. PHAN. L'un des noms italiens de la Capucine commune. (B.)

CAPROCHETTA. POLYP. Donati, dans son Histoire de la mer Adriatique, donne ce nom à un genre de production marine qui, dit-il, "ne peut produire qu'un seul rang de baies ovales sur un pédicule qui leur tient lieu de calice." d'après cette description, nous ne doutons point qbe ces êtres n'appartiennent aux Polypiers flexibles celluliféres. (LAM.. X.)

* CAPROMYS. Capromys. MAM. Genre de Mammifères de l'ordre des Rongeurs et de la section des Clavicules, récemment établi par Desmarest, pour placer un Animal qui lui a été apporté de Cuba où il n'avait encore été indiqué clairement que par Oviédo, vers 1520 ou 1525, précisément sous le même nom qu'il porte encore dans cette île, celui d'Utia ou d'Hutia. V. les Mémoiresde la Société d'histoire naturelle de Paris, T. Ier, p. 44, pl. I, et les planches de notre Dictionnaire.

C'est d'après les notes étendues qu'a bien voulu nous communiquer, avec une extrême complaisance, Desmarest lui-même, que nous occuperons nos lecteurs de l'intéressant Animal si bien décrit par ce savant naturaliste.

Les caractères extérieurs du genre Capromys le placent entre les Rats pro prement dits dont il a le nombre de doigts et la queue ronde, conique, écailleuse, et les Marmottes dont il a les membres forts, robustes et assez courts, ainsi que la démarche plantigrade et les incisives inférieures peu comprimées sur les côtés. Il est grimpeur et non fouisseur, nocturne, uniquement herbivore, ce qui semble établir à priori que ses dents molaires, encore inconnues, sont différentes des molaires d'omnivores propres aux deux genres d'Animaux dont il se rap-proche le plus (1): le nombre de ses mamelles est très-restreint. Une seule espèce compose ce genre, et Desmarest en a reçu deux individus mâles, dont il donne la description suivante, en y ajoutant quelques détails sur leurs mœurs dans l'état de captivité.

CAPROMYS DE FOURNIER, Capromys Furnieri, du nom du voyageur zélé auquel la science en est redevable. Hutia d'Oviédo, Utia des habitons de Cuba, et peut-être le Rat appelé Racoon par Browne, Jamaïc. Dans son Mémoire, Desmarest a fait remarquer par quel genre d'erreur le nom d'Hutia ou d'Utia, pris dans Oviédo, avait été appliqué par Aldrovande ou son continuateur Marc-Antoine Bernia à la planche des Œuvres de cet auteur (De Quadrup. digitat.) qui représente la Gerboise d'Égypte.

La taille du Capromys de Fournier est celle d'un Lapin de moyenne

(I) Ce soupçon, conçu par Desmarest, paraîtrait s'être vérifié, si le rongeur que vieut de décrire, sous le nom d'Isodon, M. Say (Journ de l'Acad. des Sc. nat. de Philaldeiphie) appartenait au même groupe. Celui-ci a six molaires composées, comme celles des Campagnols, de cliaque côté des mâchoires.

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grosseur; sa tête est assez longue, conique, un peu comprimée latéralement; le bout du museau est comme troué, et présente un vaste mufle garni d'une peau fine, noire, non muqueuse, mais revêtue de petits poils très-fins. Les narines sont fort ouvertes, obliques, rapprochées l'une de l'autre en enbas, et leur contour est rebordé. La lèvre supérieure offre un sillon médian très-prononcé; la gueule n'a qu'une ouverture médiocre; les incisives (seules dents qu'on puisse voir) sont médiocrement fortes, tronquées en biseau; les supérieures n'ont point de sillon sur leur face antérieure, et les inférieures ne sont que légèrement subulées; la couleur des premières est d'un blanc jaunâtre. Les yeux moyens, un peu plus rapprochés de la base des oreilles que du bout du museau, ont la cornée assez bombée, l'iris de couleur brune, la pupille en fente longitudinale dans le jour, et ronde le soir; les paupières sont bien formées, et la supérieure est garnie de cils très-fins, assez longs et bien rangés. Les oreilles ont à peu près en longueur le tiers He celle de la tête; leur forme est en général celle de l'oreille des Rats; le bord postérieur offre une échancrure peu profonde; leur surface est presque nue et noirâtre. Les moustaches sont nombreuses, très-longues et fort mobiles. Le cou est court. Le corps est beaucoup plus épais postérieurement qu'antérieurement; le dos est fort arqué au-dessous de la région des épaules. La queue, dont la longueur n excède pas la moitié de celle du corps et de la tête ensemble, est droite, conique, très-forte et musculeuse, couverte de cent cinquante anneaux écailleux, entre lesquels sortent des poils rudes, assez rares. Les membres sont très-robustes, et même plus, proportion gardée, que ceux des Marmottes, les postérieurs surtout. La main est formée de quatre doigts bien séparés, armés d'ongles forts et arqués, et d'un rudiment de pouce pourvu d'un ongle tronqué, comme celui de beaucoup de Rongeurs: le doigt le plus long est le médius, et les autres décroissent dans l'ordre suivant; l'annulaire, l'index, l'auriculaire et le pouce. Les pieds de derrière ont cinq oigts de même forme que ceux des mains, mais plus longs et pourvus d'ongles plus robustes; le doigt médius est le plus long; les deux doigts qui viennent ensuite, l'un à droite et l'autre à gauche, sont de bien peu plus courts, et à peu près égaux entre eux; le doigt externe est intermédiaire pour la longueur entre ceux-ci et l'interne, qui est le plus petit de tous. La paume et la plant sont nues et couvertes d'une peau noire, épaisse et chagrinée comme l'écorce d'une Truffe; la première a trois cals ou tubercules principaux à la base des doigts, et deux autres vers le pli du poignet; la seconde très-longue, très-large surtout antérieurement, a quatre tubercules à la base des doigts, un pli transversal au-dessous, et le talon bien marqué et un peu relevé. Les mamelons trèspetits et grisâtres sont au nombre de quatre, deux pectoraux et deux abdominaux: ils sont sit ués tout-à-fait sur les côtés du corps. L'anus placé vers la base de la queue, forme une saillie très-apparente; l'orifice en est circulaire, rebordé et marqué finement de stries conver gentes. Le fourreau de la verge, situé un pouce en avant de l'anus, est conique, pointu et dirigé en arrière; les testicules sont cachés sous la peau, près desa base, et peu apparens même au toucher. Les poils qui couvrent ces Animaux sont généralement rudes; ceux du dessus de la tête sont dirigés en arrière, et forment une sorte de huppe vers l'occiput; ceux des parties supérieures et latérales du corps sont longs et de deux sortes: les intérieurs sontplus fins que les extérieurs, et de couleur grise; les derniers étant la plupart bruns avec un anneau plus ou moins large, jaunâtre vers l'extrémité, et ayant leur petite pointe noire, il résulte de leur ensemble une teinte générale brune-verdâtre, dont la partie jaunâtre est distribuée par

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piquetures, á peu près comme dans le pelage de l'Agouti. Les poils de la croupe sont plus durs que les autres, coucés sur le corps, et passent au brun-roux. Les poils du ventre et de la poitrine assez fins, peu fournis, sont d'un gris-brun sale assez uniforme. Le bas-ventre est presque nu. Le bout du museau et la partie où naissent les moustaches; les mains et les pieds sont noirs. Les poils de la base de la queue sont roux, et ceux du dernier tiers de cette partie bruns.

Les deux individus que possède Desmarest présentent quelques différences sous le rapport des couleurs du pelage. Celui qui paraît le moins âgé a des teintes généralement plus obscures. L'autre, au contraire, dont le corps est plus effilé, a beaucoup de oils gris-blanchâtres sur la tête, et de grands poils blancs sur la face supérieure des mains et des pieds, dont a peau est d'ailleurs noire comme dans le premier.

Les dimensions principales de ces Animaux sont celles-ci: longueur, depuis le bout du nez jusqu'à l'orgine de la queue, un pied trois lignes; de la tête, trois pouces trois lignes; de la queue, six pouces; de la main, depuis le poignet jusqu'au bout des ongles, un pouce six lignes; du pied, depuis le talon jusqu'au bout des ongles, deux pouces onze lignes; sa largeur, un pouce.

Desmarest, en formant pour ces Animaux le nom générique de Capromys de deux mots grecs dont l'un signifie Sanglier et l'autre Rat, a voulu indiquer un certain rapport d'aspect que leurs poils grossiers, leurs couleurs générales, la manière dont ils courent, etc., leur donnent avec les Sangliers. A cause de leur démarche, la désignation d'Actomys leur aurait bien mieux convenu, mais elle est déjà employée depuis longtemps pour désigner la Marmotte.

Dans l'état de nature, les Capromys vivent dans les bois et grimpent aux arbres avec facilité. Ceux que Desmarest a observés lui paraissent avoir un degré d'intelligence égal à celui des Rats et des Écureuisl. Ils sont très-curieux et joueurs, quoique d'âge différent. Lorsqu'ils sont libres, ils se dressent comme del Kanguroos sur les plantes des pieds et sur la queue, et se poussent mutuellement en se tenant par les épaules à l'aide de leurs pieds de devant pendant des heures entières, mais sans chercher à se faire de mal. Ils paraissent n'avoir pas l'ouïe aussi fine que les Lapins; leur vue est bonne, mais ils semblent plus éveillés le soir que durant le jour; leurs narines sont toujours en mouvement, et ils les emploient fréquemment pour reconnaître les objets nouveaux pour eux; leur voix est un petit cri aigu comme celui des Rats, et ils s'en servent pour s'appeler. Ils manifestent leur contentement par un petit grognement très-bas, et le font entendre surtout lorsqu'on les caresse, ou lorsqu'ils s'étendent au soleil, ou bien lorsqu'ils trouvent quelque aliment qui leur convient. Leur nourriture consiste uniquement en substances végétales, et ils en prennent de toutes sortes; ils aiment beaucoup la Chicorée, les Choux, les Plantes aromatiques, les Raisins, les Pommes, le Thé bouilli, etc.: et prennent avec plaisir du pain trempé dans de l'anisette de Bordaux ou de Kirchwaser. Quand ils trouvent des écorces fraîches, ils les rongent avec une espèce de sensualité, etc. Ils peuvent se passer de boire. Lorsqu'ils marchent lentement, leurs pieds de derrière posent à terre presque en entier, et leur allure embarrassée est tout-ti-fait celle de l'Ours; lorsqu'ils courent, ils vont au galop comme les Sangliers et font beaucoup de bruit avec leurs pieds. Dans le repos, ils se tiennent ordinairement accroupis, avec le dos arqué, et laissent pendre les pieds de devant, mais quelquefois ils se relèvent tout-à-fait perpendiculairement. Il leur prend subitement de temps à autre l'envie de sauter, et dans ce mouvement ils se trouvent souvent avoir changé de direction de la tête à la queue. Enfin, ils prenncnt

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ordinairement leur nourriture avec les deux mains, comme la plupart des Rongeurs, mais aussi très-souvent, ce qui est remarquable, ils la saisissent avec une seule. L'urine de ces Animaux, qui est comme laiteuse, tache en rouge le linge blanc; leurs crottes sont noires et oblongues.

Lorsque l'un des Capromys que possède Desmarest mourra, ce savant se propose, dans un second Mémoire, de Taire connaître les principaux traits de son organisation intérieure, et nous a promis la communication de son squelette que nous ferons figurer. (B.)

* CAPRON. POIS. Espèce de Balis te du golfe de Gênes, peut-être le B. Capriscus. (B.)

CAPRON. BOT. PHAN. pour Caperon. V. ce mot. (B.)

CAPROS. POIS. Genre formé par Lacépède pour le Zeus Aper, L. Vul gairement nommé Sanglier dans la Méditerranée. Cuvier ne l'a conservé que comme un sous-genre de Dorée. V. ce mot. (B.)

CAPROUGE. OIS. Syn. de Chardonneret à face rouge. V.GROS-BEC. (DR.. Z.)

* CAPRYGONA. MAM. V. COBAIE.

CAPSA. OIS. (Shaw.) Fringilla Capsa, Gmel.; Dattier ou Moineau des dattes, Buffon. Oiseau d'Afrique qu'une description assez peu exacte fait néanmoins soupçonner être un Gros-Bec. (DR.. Z.)

* CAPSALE. Capsala. CRUST. V. OZOLE. (B.)

CAPSE. Capsa. MOLL. Genre établi par Lamarck aux dépens du genre Vénus de Linné, dans la seconde division des Nymphacccs tellinaires, famille des Nymphacées, section des Ténuipèdes dans l'ordre des Conchiferes Dimyaires, Ses caractères consistent dans leurs coquilles un peu inéquilatérales, ayant leur ligament sur le coté, court, comme dans les Tellines et les Donaces. Elles manquent de dent latérale; elles se rapprochent des Psammobies et de certaines Tellines par les dents de leur charnière, mais elles ne sont point bâillantes sur les côtés, et n'ont pas le pli des Tellines. L'Animal des Capses paraît être pareil à ceux que Poli appelle Callistodermes. Les deux espèces que Lamarck comprend dans son genre Capse, sont le Capsa lœvigata, Donaxy, Gmelin, figurée dans Chemnitz, T. XXV, fig. 249, et le Capsa brasilensis, Donax de l'Encyclopédie, Coq. pl. 261. f. 10. Dans la première édition des An. sans vert., Lamarck avait formé son genre Capsa de la Venus defforata L., figurée dans l'Encyclopédie à la planche 231, fig. 3, 4. Il la nommait Capsa rugosa, et c'est sur cette indication que le genre dont il est question a été adopté par quelques naturalistes. (B.)

CAPSE. Capsus. INS. Genre de l'ordre dés Hémiptères, section des Hétéroptères, établi par Fabricius, et rangé par Latreille (Règn. Anim, de Cuv., p. 391) dans la grande famille des Géocorises ou Punaises terrestres, avec ces caractères: gaîne du suçoir à quatre articles distincts; labre étroit, allongé et strié en dessus; antennes de quatre articles dont les deux derniers, beaucoup plus menus que les suivans, capillaires; corps ovoïde ou arrondi. Les quatre divisions de la gaîne du suçoir visibles, et l'amincissement brusque des deux derniers articles des antennes, sont des caractères suffisans pour distinguer les Capses de tous les autres genres de la famille. Celui des Miris en est très-voisin, et n'en difiere réellement que parce que les antennes sont insensiblement sétacées, et le corps plus long et moins large.

Plusieurs espèces appartenant à ce genre se rencontrent en France et aux environs de Paris. Tel est le Capse spissicorne, C. spissicornis de Fabricius, ou le Miris spissicorne de quelques auteurs. Il se trouve sur les Rosiers; tel est encore le Capse gothique, C. gothicus de Fabricius, figuré par Wolff (cimic., tab. IV, fig. 35.) (AUD.)

* CAPSELLE. Capsella. BOT. PHAN. Genre de la Famille des Crucifères,

TOME III. 12

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Tétradynamie siliculeuse, L., établi par De Candolle. La forme particulière et caractéristi que du fruit de la Plante, connue vulgairement sous le nom de Bourse-à-Pasteur, l'avait fait considérer comme un genre à part par Tournefort. Néanmoins Linné n'avait pas jugé à propos de le séparer du Thlaspi. Reprenant de nouveau l'examen des Crucifères, les auteurs modernes ont adopté l'opinion de Tournefort, et la plupart ont donné au genre le nom qui lui avait été imposé par Cæsalpin. Les caractères du Capsella ont été ainsi fixés par De Candolle: calice égal; pétales entiers; étamines sans appendices; silicule triangulaire, déprimée, dont les valves en forme de carène ne sont pas ailées; cloison membraneuse presque linéaire, séparant la silicule en deux loges polyspermes: cotylédons accumbans.

ce genre est extrêmement voisin des Thlaspis et Hutchinsies, desquels il ne différe que par une modification daus la forme du fruit. Une seule espèce le constitue: c'est le Capsella Bursa Pastoris, Plante excessivement abondante en Europe où elle fleurit pendant presque toute l'année, et maintenant répandue sur la surface du globe entier. Peu de Plantes of-frent autant que celle-ci de si nombreuses variétés de grandeur et de structure, tant dans les tiges que dans les feuilles. (G.. N.)

* CAPSICARPELLE. Capsicarpella. BOT. CRYPT. (Céamiaires.) Les caractères de ce genre que nous établirons aux dépens des nombreuses Céramies de la plupart des auteurs, consistent en des filamens cylindriques sans renflemens aux articulations, que forment des sections transversales, entre lesquelles sont interceptés des entre-nœuds plus longs que larges, marqués par une ou plusieurs macules colorantes. Les Gemmes, nues, opaques, externes et pédicellées, sont solitaires, et d'une forme plus ou moins allongée, soit comme une petite corne, soit comme le fruit d'un Piment. Les organes de la fructification rappelleraient exactement, s'ils étaient environnés d'une membrane translucide, ceux des Spongodium, qui appartiennent cependant à une famille très-distincte de celle dans laquelle se placent naturellement les Capsicarpelles. Le type de ce genre sera la Capsicarpella elongata, N., Ectocarpus silicutosus, Lyngb. Tent., p. 131, f. 43, f. c seulement, la figure B, que cet auteur donne comme un état de la même. Plante, étant une espèce fort différente. La Capsicarpella elongata croît dans la mer où elle forme des touffes de trois à six pouces de longueur, d'un vert brunâtre, dont les filamens trèsflexibles sont fort entremêlés. On la trouve chàrgée de Gemmes au printemps. (B.)

* CAPSIER. MOLL. Nom proposé par Lamarck dans sa première édition des An. sans vert., pour l'Animal du genre Capsa qui lui était inconnu. (B.)

CAPSTONE. ECHIN. et POLTP. FOSS. Les Anglais donnent ce nom au Fossiles des genres Fongite et Clypéastre, l'un appartenant à l'ordre des Polypiers caryophyllaires, et l'autre à l'ordre des Échinodermes pédicellées, famille des Oursins. (LAM.. X.)

CAPSULAIRE. Capsularia. INTEST, et POLYP. Genre proposé par Zeder pour placer quelques Vers Nématoïdes qui se trouvent sous le péritoine de certains Poissons. Rudolphi ne l'a point adopté, et en a les espèces parmi les Filaires et es Ascarides. V. ces mots. Cuvier, dans son Tableau élémentaire de l'histoire naturelle des Animaux, a donné ce nom à un genre de Polypiers flexibles qui n'a point été adopté non plus. Il ne le cite point dans son dernier ouvrage. (LAM.. X.)

CAPSULAIRES. MOLL. Espèce dn genre Térébratule. V. ce mot. (B.)

* CAPSULAIRES (Fruits.) Frutus capsulares, BOT. PHAN. Dans le nombre immense de Végétaux connus, le fruit est loin de présenter toujours la même organisation intérieure, ni la

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même apparence externe. L'une des différences les plus sensibles est sans contredit la distinction établie entre les suivant que leur péricarpe est épais, charnu et succulent, ou suivant quil et dépourvu de matière charnue. Ces derniers offrent en core entre eux une différence très-marquée qui tient à ce que les uns restent toujours complètement clos, même lorsqu'ils sont parvenus à la dernière période de leur maturité, en un mot, qu'ils sont indèhiscens; tandis que autres s'ouvrent d'une manière quel* couque à l'époque où l'embryon renfermé dans leurs graines est devenu apte à peproduire un nouvel être, c'està-dir u'ils sont naturellement déhiscens est aux fruits secs et déhiscens que l'on applique généralement nom de Fruits capsulaires. Cet ordre se compose de plusieurs genres l'on a distingués par des noms propres. Les principaux sont: 1° le follicule que ne se rencontre que dans les Plantes de la famille des Apocynées; 2° la silique et la silicule qui s'observent toujours dans les Plantes crucifères; 3° la gousse ou légume qui est propre aux Légumineuses; 4° la pyxide ou boîte à savonette; 5° l'élatérie dont nous trouvons surtout des exem les ples dans la famille des Euphorbiacé 6° et enfin la capsule. V. ces deifférens mols. (A. R.)

CAPSULE. Capsula. BOT. PHAN. On donne ce nom à tous les fruits secs qui s'ouvrent naturellement en un certain nombre de pièces nommées valves, ou par des trous qui se for ment sur différens points de leur sur face. Les Capsules offrent uniloculaire, biloculaire, trilocuaire, multiloculaire, etc. Elles peuvent s'ouvrir tantôt par de simples trous comme dans le Pavot, etc.; tantô par de simples trous comme dans le grand Mufflier, le pavot, etc.; tantô par des dents qui, d'abord rapproché et conniventes, s'écartent les unes des autres, par laquelle s'échappent les graines. Cette particularite s'observe dans un grand nombre de Caryophyllées. Enfin le plus généralement. les Capsules s'ouvrent en certain nombre de pièces nommées Valves. Tantô on ne compte que deux valves; d'autres fois il en existe trois, quatre ou un grand nombre. C'est dans ce sens que sont employè les mots de Capsule bivalve, trivalve, quadrivalve, multivalve.

La déhiscence par le moyen des valves peut se faire de différentes manières, relativement à la position relative des valves et des cloisons. Delà on a distingué trois espèces de déhiscence valvaire. 1°. Ou bien cette déhiscence se fait par le milieu des loges, c'est-à-dire entre les cloisons qui répondent alors à la partie moyenne des valves. On dit alors que la Capsule est loculicide, comme dans la plupart des Éricinées. 2°. La déhiscence peut avoir lieu vis-à-vis les cloisons qu'elle partage le plus souvent en deux lames. On lui donne alors le nom de déhiscence septicide, ainsi. qu'on le remarque dans les Rhodoracées de Jussieu et les Antirrhinées. 3°. Un troisième mode est celui où la déhiscence se fait en face des cloisons qui restent en place au moment où les valves s'en séparent. On nomme les Capsules qui offrent cette déhiscence septifrages; par exemple dans les Bignoniacées, la Bruyére commune. V. PÉRICARPE. (A. R.)

* CAPUCHINO. POIS. C'est-à-dire Capucin. Espèce de Raie indéterminée sur les côtes méditerranéennes d'Espagne et dans les îles Baléares. (B.)

* CAPUCHON, MOLL. Nom vulgaire et marchand donné à plusieurs Coquilles, telles qu'une Arche et quelques Ptelles de Linné. (B.)

CAPUCHON. BOT. PHAN. On donne quelquefois ce nom aux pétales ou aux sépales qui sont concaves, et dont la forme approche plus ou moins de celle d'un Capuchon, comme par exemple dans certaines espèces d'Aconit.

Linck applique également cette dénómination à la partie supérieure des

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filets staminaux qui dans les Asclépiades recouvrent le pistil. (A. R.)

CAPUCHON NOIR. OIS. Espèce du genre Gobe-Mouche, Muscicapa cucullata, L. De la Nouvelle-Hollande. V. GOBE-MOUCHE. (DR.. Z.)

CAPUCIN. MAM. Nom vulgaire d'une espèce de Singe, Simia Capucina, L. On a appelé CAPUCIN DE L'ORÉNOQUE, le Pithecia chiropote de Geoffroy, et CAPUCIN DU ROI SINU, le Simiaseniculus. (A. D.. NS.)

CAPUCIN. MOLL. Nom vulgaire de Conus Munachus, Gmel. Espèce du genre Cone. Ce nom a été d'abord employé par Rumph (Mas. t. 33, f. c). (B.)

CAPUCIN. INS. Dénomination triviale, appliquée à certains Insectes qui ont sur la tête un prolongement en fome de capuchon; le plus grand nombre appartient au genre Bostriche. V. ce mot. Elle a été aussi donnée à un Papillon, par Walch. (AUD.)

CAPUCINE. Tropœolum. BOT. PHAN. Ce genre placé à la suite des Géraniées présente les caractères sui vans: un calice coloré et divisé profondément en cinq lobes, dont le supérieur se prolonge à sa base en un éperon creux; cinq pétales qui paraissent attachés au calice, alternes avec ses divisions; les deux supérieurs sessiles au-dessus de l'orifice intérieur de la cavité de l'éperon qui les sépare de la base de l'ovaire; les trois autres onguiculés et touchant cette base; huit étamines dont les filets libres, mais rapprochés, portent des anthères oblongues, dressées et biloculaires, et s'insèrent à un disque hypogynique; un ovaire libre, sessile, trigone, à trois loges, contenant chacune un ovule renversé, surmonté d'un style marqué dans sa longueur de trois stries, et terminé par trois stigmates. En mûrissant, il se divise en trois akènes dont la face extérieure est sillonnée, et dont l'intérieure s'applique contre la base du style persistant. L'embryon dépourvu de péris perme, el dont les cotylédons étroitement unis cachent la radicule supérieurement dirigée, paraît au premier coup-d'œil former une masse unique. Mais l'existence de deux cotylédons a été démontrée par les observations de plusieurs botanistes, surtout par celles d'Auguste de Saint-Hilaire, qui a suivi les changemens successifs de l'em bryon, depuis sa première apparition dans l'ovule jusqu'à la fin de la germination. Il a vu les cotylédons, d'abord très-petits, laisser presqu'à nu la gemmule et la radicule, puis les recouvrir par leur développement progressif, et enfin leur fermer le passage. Il ajoute ce fait remarquable, que dans cet embryon la radicule se comporte comme dans un embryon réellement monocotylédoné; qu'elle pousse devant elle une gaîne, et la perce en s'entourant d'un bourrelet; que bientôt il en sort de même quatre radicelles, velues sur toute leur surface, excepté à leur extrémité; en un mot que cet embryon paraît endorhize. (V. Annales du Muséum, 18, page 461, tab. 24.)

On a décrit onze espèces de Capucines, la plupart originaires du Pérou. Leurs fleurs sont solitaires sur de longs pédoncules axillaires, au lieu d'être opposées aux feuilles comme dans les Géraniées. L'absence de stipules est un autre caractère qui semble encore les écarter de Cette famille, mais qui devient moins important, si l'on réfléchit que deux stipules se remarquent à la base les feuilles primordiales de la grande Capucine, Tropœolum majus, L. Cette espèce, maintenant si répaudue dans nos jardins, présente des feuilles peltées, arrondies et entières, et des tiges grimpantes. Il en existe une variété à fleurs doubles fort estimées des curieux. Les tiges des autres espèces sont également grimpantes ou couchées; leurs feuilles lobées de plus en plus profondément finissent par être digitées dans le T. pentaphyllum. Le T. bipelalum est remarquable par l'avortement de trois de ses pétales. V. Lamarck. Ill. tab. 277. On cultive assez

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fréquemment dans le midi de l'Espagne, sous le nom vulsaire de Pajarritos, (pelits Oiseaux), le Tropœolum peregrinum, L., remarquable par ses fleurs jaunes, à pétales frangés et ressemblant à des Serins des Canaries en miniature. (A. D. J.)

CAPULAGA. BOT. PHAN. Syn. malais de Cardamome. (B.)

CAPULI. BOT. PHAN. Nom de pays du Physalis pubescens, espèce du genre Physalis dont le fruit, selon Feuillée, sert au Pérou à faire des conserves assez agréables (B.)

CAPULUS. MOLL. (Denis Montfort.) V. CABOCHON.

CAPURA-CATARI. BOT. PHAN. Syn. indou de Kœmpferia Galanga, L. (B.)

CAPURE. Capara, BOT. PHAN. On trouve dans le Mantissa de Linné un eenre qu'il nomme ainsi, et dont il décrit une espèce, le Capura purpurata. Cet Arbre de l'Inde a été retrouvé dans la Nouvelle-Hollande par R. Brown, suivant lequel il est le même que le Daphne indica de Linné, qui ne diffère pas lui-même du D. fœtida, Linn. Suppl.V. DAPHNÉ (A. D. J.)

* CAPUS. BOT. PHAN. Variété de Choux en tête, particulièrement le Chou-Pomme dans quelques parties de la France. V. CAPPUCIO. (B.)

CAPUSA-CATARI. BOT. PHAN. Pour Capura-Catari. V. ce mot. (B.)

CAPUSILAN-KITSJIL. BOT. PHAN, Nom donné à Java à un Asclépiade indéterminé dont le suc laiteux n'est pas malfaisant, et dont les feuilles se mangent à la manière des Brèdes. (B.)

CAPUSSA. OIS. Syn. vulgaire de la Huppe, Hupupa Epops, L, V. HUPPE. (DR.. Z.)

CAPUSSI. BOT. PHAN. Syn. indou de Gossypium arboreum, Arbuste du genre Cotonnier. V ce mot. (B.)

* CAPUT CHILLYNOCTURNUM. OIS. (Hernandez.) Syn. du Jacana, Parra Jacana, L. V. JACANA. (DR.. Z.)

CAPUT MORTUUM. MIN. Nom emprunté du latin, long-temps employé dans l'enfance de la chimie pour désigner le résidu de toute opération qui restait fixe par l'action du feu, après la distillation. On croyait que ces prétendus Caput mortuum étaient des parties inutiles, une matière inerte qui ne jouait aucun rôle dans la nature. On sait aujourd'hui que ces résidus de la distillation des matières orgàniques sont des substances importantes, telles que des phosphates de Chaux et de Magnésie dont la présence est indispensable dans l'organisation. (B.)

CAPUT MORTUUM. MAM. V. TÊTE-DE-MORT.

CAPU-UPEBA. BOT. PHAN. (Pison.) Syn. d'Andropogon bicorne, Graminée grimpante du Brésil. (B.)

CAPYBARA. MAM. Donné comme spécifique au Cabiai. V. ce mot.. (B.)

CAQUANTOTOTL. OIS. (Hernandez.) Syn. du Jaseur, Ampelis Garrulas, L. V. JASEUR. (DR.. Z.)

CAQUEDRIE. OIS. Syn. vulgaire du Proyer, Emberiza milliaria, L. V. BRUANT. (DR.. Z.)

CAQUENLIT. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires du Mercurialis annua, L., Plante à qui l'on attribue u, ne vertu laxative. V. MERCURIALE. (B.)

CAQUEPIRE SAUVAGE. BOT. PHAN. Syn. de Gardenia thunbergia au cap de Bonne-Espérance. Ce nom de pays, latinisé, à été adopté par Gmelin (Syst. Nat. T. 11) qui avait appelé Caquepiria un genre pour lequel le nom de Gardenia a prévalu. (B.)

CAQUETEUSE. OIS. (Levaillant.) Espèce du genre Bec-Fin, Sylvia Babœcula, Vieill. Ois. d'Afrique. V. SYLVIE. (DR.. Z.)

CAQUILLE ET CAQUILLIÉR. BOT. PHAN. Même chose que Cakile. V. ce mot. (B.)

CARA. BOT. PHAN. Dans Marcgraaff et Pison, c'est une Liane grimpante du Brésil qui appartient évidemment au genre Dioscorea, et qui est l'alata

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de Lamarck. Dans Rumph, c'est une autre Liane des Indes-Orientales qui appartient à la famille des Apocynées. Ce nom ne peut donc convenir à un Liseron africain, et ne désigne certainement nulle part le Convolvulus Batatas, L. (B.)

CARA-ANGOLAM. BOT. PHAN. Pour Kara-Angolam ou Karangolam. V. ces mots. (B.)

CARABA. BOT. PHAN. (Stedman.) Huile qu'on retile à la Guiaue de la noix d'Acajou. (B.)

CARABACCIUM. BOT. PHAN. Bois aromatique de l'Inde, qu'on ne peut reconnaître sur le peu qui en a été dit par Valmont de Bomare. (B.)

CARABE. Carabus. INS. Linné a le premier appliqué ce nom à un grand genre de l'ordre des Coléoptères et de la section des Pentamères, qui depuis a été converti en famille ou en tribu. V. CARABIQUES. Cependant la dénomination de Carabe a été conservée à plusieurs espèces du grand genre primitif de Linné, et dans ces derniers temps, Latreille, Bonelli et Clairville en ont de beaucoup restreint le nombre, en limitant singulièrement l'étendue des caractères génériques. Si on consulte les ouvrages des savans précités et ceux de Weber, Fabricius, Olivier, Duméril, Lamarck et Dejean, on verra qu'en général chacun d'eux y circonscrit le genre Carabe à sa manière. Les bornes assignées à ce Dictionnaire ne nous permettant d'entrer dans aucune discussion, nous nous contenterons d'exposer le sens que lui accorde Latreille dont nous avons d'ailleurs adopté jusqu'ici la méthode. Ses Carabes proprement dits appartiennent (Règ. Anim. de Cuv.) à la sixième division de la tribu des Carabiques; ils font partie (Hist. nat. des Coléoptères d'Europe) de la section des Carabiques abdominaux, et sonl rangés (Genera Crust. et Insect.) dans la sous-famille des Carabiques métalliques. Leurs caractères sont: élytres terminées en pointe ou sans troncature à leur extrémité; point d'échancrure au côté interne des jambes antérieures; languette très-courte, ne dépassant guère l'origine de ses palpes, et dont le bord supérieur s'élève en pointe; dernier article des palpes extérieurs sensiblement plus large que le précédent, presque en forme de triangle ou de cône renversé et comprimé; labre bilobé ou fortement échancré; second article des antenues aussi long au moins que la moitié du suivant; yeux saillans; abdomen ovale; ailes nulles ou rudimentaires.

Les Carabes diffèrent des Pambores, des Cychres et des Scaphinotes par l'absence des dents aux mandibules. Ils partagent ce caractère avec les genres Tefflus et Procère, mais ils s'en distinguent, parce que les tarses antérieurs sont toujours dilatés dans les mâles; ils s'éloignent encore des Leistusjdes Nebries, des Omophrons, des Bléthises, des Pélophiles, des Élaphres, des Notiophiles et des Procrustes par leur labre bilobé à son bord antérieur; enfin, quoique trèsvoisins du genre Calosome, on ne les confondra cependant pas avec lui, parce que, d'une part, la dernière pièce des palpes extérieurs est sensiblement plus large que la précédente, et que, de l'autre, le second article des antennes a pour le moins une longueur égale à la moitié du suivant. Les Carabes ont un corps allongé, tantôt doré ou bronzé, tantôt cuivreux, violet ou noir endessus; la tête, toujours plus étroite que le corselet et en général plus étendue d'avant en arrière que transversalement, est portée presque horizontalement; elle présente deux antennes filiformes situées au devant des yeux et composées d'articles plus étroits à leur base qu'à leur sommet: le premier et le second offrent un développement particulier que nous avons fait connaître; les yeux sont globuleux, et on remarque en arrière d'eux l'occiput développé en manière de col; la bouche est composée d'une lèvre supérieure fortement excavée, de mandibules cornées, fortes, pointues, le plus souvent satis den-

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teluros bien prononcées, et croisées dans l'état de repos; de mâchoires également cornées, ciliées à leur bord interne, terminées on pointe et donnant insertion par leur côtéexterne à deux paires de palpes, dont l'une antérieure est composée de deux pièces, et dont l'autre, moyenne ou extérieure, est conique et formée de quatre artides; enfin d'une lèvre inférieure trèsconsistante, courte, supportant de chaque côté un palpe de trois articles, dont le dernier est en forme de hache ou de cuiller. Le prothorax, plus étroit que l'abdomen, est reborde, plus ou moins en forme de cœur et presque toujours échancré en arrière; sa partie supérieure est plus étendue que l'inférieure et recouvre postérieurement l'écusson du mésothorax qui, naturellement peu développé, ne laisse plus voir que son sommet. Les élytres sont rebordées, et leur surface externe est garnie de stries, de sillons ou de points élevés. Il n'existe pas d'ailes au métathorax; mais on aperçoit leurs rudimens. Les pates sont longues et assez fortes les postérieures se font remarquer par le trochanter de leurs cuisses devenu très-saillant, et les antérieures présentent leurs tarses dilatés dans les mâles avec les quatre premiers articles spongieux a la face inférieure.

Les Carabes sont des Insectes trèsveraces, se nourrissant de Chenilles, de larves et d'Insectes parfaits, s'entredévorant même quelquefois, et poursuivant leur proie avec opiniâtreté. En général ils fuient la lumiére, et restent cachés pendant le jour sous des pierres, sous la mousse ou dans des troncs d'Arbres. On les rencontre assez communément dans les champs, dans les bois et dans les jardins. Quelques espèces sont propres aux montagnes élevées, et ne se trouvent qu'à une certaine hauteur, ils sont d'autant plu nombreux qu'on pénètre davantage dans les pays du Nord. Dans les contrées chaudes, au contraire, ils sont très-rares, et finissent par disparaître à mesure qu'en allant du nord au sud, on se rapproche des tropiques. Leur larve n'a pas encore été observée.

Le corps de l'Insecte parfait exhale une odeur pénétrante et nauséabonde; lorsqu'on les saisit, ils font sortir par l'anus et par la bouche un liquide noirâtre et très-odorant. Les Carabes, désignés par Geoffroy sous le nom de Buprestes, paraissent avoir été connus des anciens qui les regardaient comme un poison pour les Animaux ruminans, et leur attribuaient des effets analogues à ceux que produisent les Cantharides.

Le genre Carabe est très-nombreux en espèces; les unes ont les élytres convexes, tels sont:

Le CARABE DORE, Car. auratus, L., qu'on nomme vulgairement Jardinier et Vinaigrier, ou le Bupreste doré et sillonné à larges bandes de Geoffroy (Hist. des Ins. T. I, p. 142, n° 2). IL a été figuré par Panzer (Faun. Ins. Germ. fasc., 81, fig. 4) et par Olivier (Coléopt., T. III, n° 35, pl. 5 et 11, fig. 51). On le trouve très-communément dans les champs aux environs des Paris; mais au midi de l'Europe, on ne le rencontre plus que dans les montagnes. Il était employé autrefois dans l'art vétérinaire

Le CARABE JARDINIER, Car. hortensis, Fabr., figuré par Panzer (loc. cit., fase. 5, fig. 11), et assez commun en France et aux environs de Paris. Les Carabes purpurescens, catenulatus, scabrosus, cancllatus, arvensis, granulatus, violaceus, marginalis, glabratus, convexus, sylvestris, etc., de Fabricius, appartiennent également à cette division.

Les autres espèces ont les élytres à peine bombées et même planes; elles terminent le genre et conduisent naturellement aux Nébries: telles sont le Carabe déprimé, Car. depressus de Bonelli; le Carabe de Creutzer, Car. Creutzeri de Fabricius, figuré par Panzer (loc. cit., fasc. 119, fig. 1) et les Carabes cœruleus, Linnœi et angustatus de ce dernier entomologiste.

Nous pourrions augmenter considérablement cette liste déjà nombreuse: le général Dejean, qui assigne au gen-

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re Carabe des limites encore plus restreintes que celles fixées par Bonelli, en mentionne (cat. des Coléopt., p. 5) quatre-vingt-trois espèces. Et nous savons que, depuis la publication du Catalogue de sa collection, le nombre s'en est beaucoup accru.

(AUD.)

* CARABIENS. INS. Famille de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, établie par Lamarck (Hist. nat. des Anim, sans vert.), synonyme de Carnassiers. V. ce mot. (AUD.)

CARABIN. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires du Sarrasin, Polygorum Fagopymm. V. RENOUÉE. (B.)

CARABINS. POIS. Nom vulgaire de Poissons noirs et blancs qu'on dit être la nourriture habituelle des pauvres habitans des côtes de Guinée, et qu'on ne saurait déterminer. (B.)

CARABIQUES. Carabici. INS. Famille de l'ordre des Coléoptères et de la section des Pentamères, établie par Latreille (Gen. Crust, et Ins. et Consider. génér.), et convertie ensuite (Règ. Anim, de Cuv.) en une tribu dont les caractères sont: mâchoires terminées simplement en pointe ou en crochet sans articulation; languette saillante au-delà de l'échancrure du menton, ses palpes ne paraissant ordinairement composés que de trois articles: celui de la base, toujours très-court, adossé à cette languette, immobile et servant simplement de support à l'arlicle suivant qui, par son dégagement, devient alors le premier. Cette tribu comprend quelques-unes des Cicindèles de Linné, et son genre Carabe tout entier qui a subi depuis lui bien des changeinens, et a été subdivisé en un très-grand nombre de genres. Geoffroy, Fabricius, Weber, Pay-kull, Illiger, Panzer, et surtout Latreille, Bonelli et clairville, ont principalement contribué par de fort bons travaux à faciliter l'étude de ce groupe important. Ne pouvant exposer ici le tableau de leurs recherches, nous renvoyons à leurs ouvrages, et nous nous bornons à la méthode vraimen naturelle de Latreille, en adoptant les modifications légères qu'il vient d'y apporter dans la premiere livraison de son Histoire naturelle des Insectes Coléoptères, publiée avec le général Dejean.

Les Carabiques que Geoffroy avail désignés sous le nom de Buprestes ont, dans la plupart des cas, la tête plus étroite que le prothorax, ou tout au plus de sa largeur; les mandibules sont en général point ou très-peu dentelées; les mâchoires se terminent en une pointe, le plus souvent arquée au côté interne, et constituant un crochet sans articulation; la languette forme une saillie hors de l'échancrure du menton; le métathorax n'offre quelquefois que des rudmens d'ailes: le plus grand nombre répand une odeur fétide, et laisse échapper par la bouche, en même temps que par l'anus, un liquide âcre et caustique, qui, dans quelquesuns, s'échappe avec bruit, sous forme de fumée fclauchalre. Ils se disfcnr guent essentiellement de la tribu des Cicindelètes par les caractères tirés des mâchoires et de la languette.

Les Carabiques sont presque tous des Insectes carnassiers à leur état parfait et à celui de larve. Ils sont agiles à la course, font rarement usage de leurs ailes, et se cachent pendant Je jour, surtout au moment de la plus grande chaleur, sous les pierres, la mousse, les écorces d'Arbres, ou bien dans la terre. On les rencontre très-communément dans le nord de l'Europe et aussi dans les régions septentrionales de l'Asie et del'Amérique.

Un anatomiste très-distingué, et dont nous nous estimons heureux d'avoir occasion de signaler la supériorité, Léon Dufour, médecin, à Saint-Sever, département des Landes, a fait connaître dans un Mémoire manuscrit offert dernièrement à l'Académie des Sciences, l'organisation interne edes Coléoptères, et en particulier elle des Carabiques. Notre savant ami ayant invité Latreille à nous confier son travail.

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nous croyons prévenir le vœu des entomologistes en en donnant ici l'extrait. Quoique l'auteur ait examiné un grand nombre de Carabiques, le Carabe doré (Carabus auratus, L.) qui est le type de cette tribu, forme la base de son travail, et c'est de lui qu'il entend parler toutes les fois qu'à l'occasion de quelques modifications anatomiques, il n'en signale pas un autre. Léon Dufour étudie successivement et dans autant de chapitres distincts, les organes de la digestion, les organes de la génération, les or ganes des sécrétions excrémemtitieles, les organes de la respiration, le système nerveux, et le tissu adipeux sphlanchnique. Nous parcourrons rapidement chacune de ces divisions pour ce qui concerne la nombreuse tribu des Carabiques.

I. Les organes de la digestion comprenuent le tube alimentaire et les vaisseaux biliaires. 1°. Le tube alimentaire a tout au plus deux fois la longueur du corps de l'Insecte, et offre souvent moins d'étendue; on peut y distinguer 1 'œsophage, le premier estomac ou jabot, le second estomac ou gésier. le troisième estomac ou estomac papillaire, et l'intestin proprement dit qui se divise en grêle et en gros.—§ I. L'œsophage est un tube court, cylindroïde, musculomembraneux, traversante prothorax et présentant ordinairement des rugosités, par la contraction de sa tunique musculeuse.—§II. Le premier estomac ou le jabot est constant dans les Carabiques et se trouve logé en grande partie dans la poitrine du métathorax, il semble n'être qu'un renflement de l'œsophage, et sa texture est essentiellement musculeuse. Sa forme et son volume varient beaucoup selon le degré de plénitude; dans l'état de distension, surtout quand il est uniformément gonflé par l'air, c'est un ballon elliptique parcouru par huit stries longitudinales séparées par des intervalles assez larges, plus ou moins convexes, qui lui donnent une certaine ressemblance avec un Melon à cotes. Il contient souvent un liquid brun fétide et âcre, analogue à celui que les Carabiques vomissent lors qu'on les inquiète.—§III. Le second estomac ou le gésier, tantôt sphérique et tantôt oblong, est dans tous les Carabiques lisse et glabre au dehors, brusquement distinct par un étranglement et du jabot qui le précède et de l'estomac papillaire qui le suit. Il a une consistance presque cartilagineuse, et par la pression il annonce de l'élasticité: Sa configuration est peuvariable. Ses parois internes sont armées d'un appareil admirable de tritu ration qui rappelle celui de l'estotmac des Crustacés.—§IV. Le troisième estomac ou l'estomac papillaire varié dans quelques genres par sa forme et son volume; en général, il est conoïde, tantôt presque droit, tantôt assez allongé pour faire ou une circonvolution sur lui-même comme dans les Scarites et quelques Harpales, ou une anse et même une simple courbure comme dans le Carabe et la Nebrie des sables. Il se termine postérieurement par un bourrelet plus ou moins prononcé autour duquel s'insèrent les vaisseaux hépatiques; sa texture est délicate, molle, expansible, et il se déchire facilement. Dans tous ces Carabiques il est hérissé de nombreuses papilles qui lut forment extérieurement une sorte de villosité et qui sont en général d'autant moins longues qu'elles se rapprochent davantage de l'intestin, en sorte que souvent, comme dans te Carabe l'estomac papillaire est simplement chagriné à sa terminaison. Observées au microscope, les papilles se présentent sous la forme dé boutes conoïdes semblables à des doigts dé gants, et s'abouchant dans la cavité gastrique; elles sont le plus souvent renflées à leur base, et leur extrémité est droite ou flexueuse suivant les genres. Au travers de leurs parois pellucides, on aperçoit des aiômes d'un brun verdâtre qui paraissent analogues à ceux qu'offrent les vaisseaux biliaires. Des trachées d'une ténuité excessive forment un enchevêtrement à la base dé ces papilles, et

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le plus souvent une bordure à chacune d'elles.—§V. L'intestin prend brusquement son origine après le bourrelét; sa longueur présente quelques légères variations suivant les genres. Sa portion grêle est filiforme dans tous les Carabiques, parfaitement glabre à l'extérieur et plus ou moins remplie d'un liquide excrémentitiel. Cet intestin grêle s'abouche à un cœcura qui est un renflement ovoïde ou oblong, semblable au jabot par sa grandeur, sa configuration et sa texture. Comme ce dernier, il est variable pour sa forme suivant son degré de plénitude et parcouru longitudinalement par huit bandelettes musculaires; ses parois présentent inte rieurement des plis, des anfractuosités, en un mot, des valvules destinées au séjour du résidu excrémentitiel. Le rectum est fort court et diffère du cœcum dont il est la continuation, parce que sa panicule charnue n'est point boursouflée.—La texture du tube alimentaire des Carabiques offre, ainsi que dans les Insectes en général, trois tuniques distinctes: l'une externe paraît membraneuse, l'autre intermédiaire est musculeuse, la troi sième ou l'interne est muqueuse; celle-ci adhère faiblement à la seconde.

Voyons maintenant quelles sont les fonctions que Léon Dufour assigne aux organes principaux que nous avons fait connaître. Après avoir, à l'aide de leurs griffes, de leurs mandibules, de leurs mâchoires, divisé, déchiré broyé la matière alimentaire, celle-ci, parvenue dans le jabot, y est soumise, à raison de la texture éminemment musculeuse et contractile de cette première poche gastrique, à une action compressive qui en dissocie les élémens et la réduit en une pulpe liquide. L'organisation intérieure du gésier offre en miniature, l'image de certaines machines destinées à broyer et à moudre, et ce sont effectivement là les fonctions de cet organe: converties en une pâte fine et bien élaborée, les parties nutritives passent à travers la valvule pv lorique dans l'estomac papillaire. Léon Dufour ne partageant pas l'opinion de Cuvier sur les fonctions des villosités ou papilles, les considère comme des valvules bursiformes dans lesquelles les sucs alimentaires éprouvent, par le concours simultané de leur séjour, du mélange de la bile et de l'action vitale, une élaboration qui les rend propres à être absorbés pour la nutrition, et il trouve qu'elles ont une grande analogie de structure et de fonction avec celles bien moins nombreuses, mais infinimen tpi us vastes qui entourent le gésier des Orthoptèrps, et que quelques anatomistes ont considérées commo des estomacs.

2°. Les vaisseaux biliaires ou hépatiques sont, dans les Carabiques, au nombre de deux seulement et non de quatre, ainsi qu'on le croyait généralement. En effet, les quatre insertions isolées qui existent autour de l'organe digestif ne sont pas les extrémités opposées de quatre autres bouts flottans comme dans les Orthoptères, les Névroptères, etc.; mais bien les extrémités de deux arcs singulièrement repliés. Ces vaisseaux sont filiformes, simples, grêles, quatre ou Gina fois plus longs que tout le corps de l'lnsecte. Ils embrassent de leurs fragiles entortillemens le tube digestif, et en particulier le troisième estomac entre les papilles duquel ils rampent et adhèrent par d'imperceptibles trachées; leur couleur varie dans la même espèce depuis le jaune pâle jusqu'au violet et au brun-foncé. Ils s'implantent, avons-nous dit, par quatre insertions à l'organe digestif autour du bourrelet qui termine en arrière l'estomac papillaire. Observés au microscope, ils. paraissent d'une texture homogène et semblent essentiellement constitués par une membrane pellucide d'une extrême ténuité; cette membrane, lorsqu'elle n'est pas très-distendue, offre des pli catures transversales, des espèces de valvules, disposition qui donne à ces vaisseaux un aspect celluleux ou variqueux. A travers leur tunique on aperçoit des atômes biliaires jaunes

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ou bruns qui occupent l'intérieur, et qui les font paraître pointillés.

II. Les organes de la génération sont distingués en organes générateurs mâles, et en organes générateurs femelles. 1°. Les organes générateurs mâles se divisent naturellement en ceux qui préparent, qui conservent le fluide sperraatique, et en ceux qui excrètent, qui émettent ce fluide par la voie de la copulation.

§ I. Les organes préparateurs et conservateurs du sperme sont les testicules et les vésicules séminales.a. Les testicules consistent en deux corps égaux entre eux, assez gros et d'une certaine mollesse, sphéroïdes dans les Carabes, conoïdes ou pyriformes dans le Scarite, le Brachine, les Chlænies; oblongs dans les Sphodres. Ordinairement séparés l'un de l'autre, ils sont quelquefois très-rapprochés, contigus par leur base ou même confondus en un seul et même corps, comme cela paraît avoir lieu dans le Harpale ruficorne. Chacun des testicules est essentiellement formé par les replis agglomérés d'un seul vaisseau spermatique qui a six ou huit fois la longueur de tout le corps de l'Insecte; il est revêtu d'une sorte d'enduit membraniforme qui tient lieu de tunique vaginale, et varie pour son épaisseur, L'extrémité libre du vaisseau spermatique forme, hors de l'enveloppe testiculaire, un appendice flottant, filiforme. Du côté opposé à cet appendice, le vaisseau perce sa tunique vaginale, et se continue en un canal défèrent, qui, après divers replis, s'insère dans la vésicule correspondante. Avant cette insertion, il offre un petit peloton, un véritable épididyme que l'on croirait inextricable, mais qu'avec de la patience on parvient a dévider; cet épididyme, dont l'existence est constante, varie singulièrement pour la forme.—b. Les vésicules séminales ou spermatiques sont au nombre de deux; chacune d'elles est constituée par une bourse filiforme, blanche, un peu plus longue que l'abdomen, souvent d'une roiqeur presque élastique suivant sondegré de plénitude, flottante par un bout, diversement coudée ou fléchie, et remplie d'un sperme plus blanc, plus compacte, mieux élaboré que celui du testicule. Après avoir reçu le canal déférent qui leur correspond, les vésicules se réunissent pour former le conduit spermatique commun ou éjaculateur; celui-ci, bien plus court que chacune d'elles, et souvent plus mince, traverse, avant de s'enfoncer dans l'armure de la verge, une masse musculeuse compacte et comme calleuse dans son centre.

§II. Les organes mâles qui ex crête ut le sperme sont des parties ou bien accessoires, ou bien essentielles. Les premières sont comprises sous le nom a varmure de la verge, et les secondes constituent la verge proprement dite.—a. L'armure de la verge offre une forme et une grandeur très-variables selon les genres et les espèces; en général, c'est un étui allongé, brun, d'une consistance cornée et percée à son extrémité d'une ouverture qui donne issue à la verge. Sa base esc munie de muscles où se fixent diverr ses pièces cornées. Léon Dufour ne donne pas le détail de ces parties que nous avons étudiées d'une manière toute spéciale dans la généralité des Insectes, et auxquelles nous avons assigné des noms qui se correspondent.—b. La verge difficile à mettre en évidence est un corps filiforme qui égale en longueur le tiers de tout l'Insecte, et qui a une contexture élastique. Elle paraît terminée par deux petits mamelons constituant une sorte de gland.

2°. Les organes générateurs femelles offrent à considérer les organes préparateurs ou ovaires, les organes éducateurs, les organes copulateurs et les produits de la génération ou les œufs.

§I. Les organes préparateurs ou ovaires, au nombre de deux parfaitement semblables, renferment les germes ou les produits de la fécondation. On peut y distinguer les tubes ovigères et le calice de l'ovaire.a. Les tubes ovieères forment pour cha-

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que ovaire un faisceau pyramidal couché le long des côtes de la cavité abdominale au-dessous du paquet intestinal. Ce faisceau se compose de tubes plus ou moins nombreux suivant les genres, enveloppés d'une membrane commune diaphane d'une finesse imperceptible qui sert de trame, de soutien à des ramuscules trachéens d'une grande ténuité. Les tubes ovigères, parfaitement séparés les uns des autres dans le sac qui les renferme, sont des boyaux conoîdes qui antérieurement se terminent d'une manière insensible en un filet capillaire. Ils sont essentiellement formés par une membrane pellucide, et offrentd'espace en espace des étrangle mens placés à la file les uns des autres, d'autant plus rapprochés et d'autant moins sensibles qu'ils sont plus antérieurs. Les étranglemens interceptent pers la base des tubes des réceptacles oblongs, destinés à loger les œufs. Les gaines tubuleuses des ovairés varient de sept à douze; leurs sommets effilés convergent entre eux à la base de l'abdomen, pour former par leur réunion, leur soudure, un ligament propre à chaque ovaire. Ce ligament, après avoir traversé la poitrine, pénètre dans le prothorax, s'y unit avec celui du côté opposé, et il en résulte un ligament suspenseur des ovaires qui se fixe entre les masses musculaires destinées aux mouvemens des pates antérieures. L'anse que déters mine le concours des deux ligamens propres des tubes ovigères embrasse le jabot; ces tubes s'abouchent par leurs bases dans le calice de l'ovaire.—b. Le calice de l'ovaire est un réceptacle destiné au séjour momentané des œufs à terme, et qui n'est, à dire vrai, que la base du sac où sont renfermés les tubes ovigères; sa texture, paraît musculo-membraneuse. Dilaté à sa partie an térieure, il dégénère en arrière en un tube court, sorte d'oviducte particulier à chaque ovaire. Léon Dufour n'a pu se convaincre si le point d'insertion des tubes ovigères a lieu sur une paroi en forme de diaphragme qui ferme en devant le calice de l'o vaire; mais tout porte à croire que ce diaphragme existe.

§II. Les organes éducateurs sont destinés, ainsi que l'indique leur nom, à conduire les œufs hors du corps de l'Insecte; ils se composent d'un oviducte et de la glande sébacée de ce dernier canal.—a. L'oviducte est un conduit musculo-membraneux, formé par la réunion des deux tubes courts qui terminent en arrière les calices des ovaires. Il recoit dans son trajet l'insertion de la glande sébacée, et s'engage ensuite dans l'organe copula te ur pour se continuer avec le vagin. Tantôt il est droit, et tantôt il est courbé ou fléchi; d'autres fois il est renflé vers son milieu.—b. L'organe auquel l'auteur assigne la dénomination de glande sébacée est constant non-seulement dans les Carabiques, mais encore dans tous les Insectes; il est très-grand dans le Carabe. On y reconnaît un vaisseau sécréteur qui est un simple tube filiforme et borgne, implanté au bout intérieur d'un réservoirinséré près de l'origine de l'oviducte, et se présentant sous la forme d'un corps ovalaire, compliqué dans son intérieur par un organe particulier, ressemblant à une valve conchoïde, striée et adhérente par un seul point à la paroi interne de ce réservoir. Léon Dufour n'ose encore se prononcer sur la structure et les fonctions de ce petit corps. Cependant il pense que le vaisseau sécréteur est une véritable glande déroulée, puisant par imbibition les matériaux de la sécrétion, et les transmettant au réservoir qui les retient, et dans lequel ils sont peut-être élaborés. Il croit aussi que le fluide sécrété est destiné à lubréfier l'oviductus et les œufs, lors de leur passage, ou bien à fournir à ces derniers une sorte de vernis qui les met à l'abri des influences extérieures.

§III. Les organes copulateurs femelles présentent à considérer les crochets vulvaires, la vulve et le vagin. Tous les Carabiques femelles ont à l'abdomen un demi-segment dorsal de plus que dans les mâles. Cette pla-

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que supplémentaire recouvre dans létat de repos les crochets vulvaires oui sont des appendices palpiformes, de texture coriace, mobiles, se mettant à découvert dans les mouvemens variés qui précèdent on accompagnent l'acte de la copulation, et paraissant favoriser l'entrée de la verge dans la vulve. Celle-ci est placée entre les crochets; le vagin n'est qu'une continuation de l'oviductus.

§ IV. Les œufs des Carabiques sont oblongs, cylindroïdes, blancs ou à peine jaunâtres. Il est rare qu'on en trouve dans un même ovaire plus de six ou sept. Parvenus à un degré de développement complet, ils sont remplis d'une pulpe homogène; leur enveloppe est diaphane, et le microscope y dénote une texture réticu laire.

III. Les organes des sécrétions excrémentitielles forment un des traits les plus caractéristiques, les plus constans de la famille des Coléoptères carnassiers, et notamment de la tribu des Carabiques. Ils constituent un appareil double et commun aux deux sexes, qui se compose d'un organe préparateur, d'un réservoir et d'un conduit excréteur.

§ I. L'organe préparateur est formé par des vésicules sécrétuires et par un on plusieurs canaux déférens.a. Les vésicules sécrétoires constituent essentiellement la glande, ou l'organe destiné à la sécrétion de l'humeur excrémentitielle. Elles sont réunies en une ou plusieurs grappes enfoncées dans le tissu adipeux de la partie postérieure de la cavité abdominale. La figure, le nombre et la disposition de ces vésicules varient singulièrement dans les différens genres. Chez tous, le Brachine excepté, elles sont portées par un pédicule propre, bien distinct.—b. Les canaux déférens, au nombre de trois et de chaque côté dans le Brachine sont réduits à un seul dans tous les autres Carabiques. Ils formen la tige des grappes ou arbuscule glandulaires. Leur grosseur est celle d'un cheveu, et leur longueur est variable suivant les genres. Ils aboutissent chacun au réservoir correspondant.

La texture organique de ces canaux ne varie point; ils sont composés de deux membranes constituant deux tubes dont l'un externe ou enveloppant est d'un tissu contractile, et dont l'autre interne ou inclus est finement strié en travers, et ressemble fort à une trachée.

§ II. Le réservoir est une bourse en général ovoïde, pyriforme ou oblongue, blanchâtre, d'une consistance comme celluleuse et élastique, d'une texture musculo-membraneuse; la grosse extrémité qui est antérieure est libre et généralement arrondie; en arrière le réservoir présente une forme assez variée; il paraît composé d'une tunique épaisse, charnue, contractile, et d'une bourse interne, membraneuse, pellucide, semblable pour son organisation au tube inclus du canal déférent.

§ III. Le conduit excréteur, dans tous les Carabiques que l'auteur a eu occasion d'observer, est tout simplement un conduit filiforme qui sert de col ou de pédicule au réservoir. Il a la texture organique de ce dernier. Il s'engage au-dessous du rectum et va s'ouvrir aux côtés de l'anus. Sa forme et sa structure sont bien différentes dans le Brachine. En effet, le réservoir ne dégénère pas postérieurement en un col; mais près l'insertion des trois canaux déférens, il s'abouche immédiatement dans un corps sphérique creux placé sous le dernier anneau dorsal de l'abdomen. Cette sorte de petite bombe contiguë à celle du côléopposé, offre en arrière un tube membraneux, excessivement court, qui s'ouvre tout près de l'anus par une valvule formée de quatre pièces conniventes, d'une, extrême petitesse. Léon Dufour pense que c'est dans le corps sphérique qui suit le réservoir que se forme la vapeur expulsée par le Brachine.

IV. Les organes de la respiration se composent, dans les Carabiques comme dans les autres Insectes, de stigmates et de trachées.

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§I. Les stigmates sont, dans le Carabe doré, espèce que l'auteur a principalement étudiée sous ce rapport, au nombre de neuf paires disposées le long des côtes du corps. Il n'en a découvert qu'une au thorax, les huit autres sont situées sur l'abdomen.—a. Les stigmates thoraciques sont en arrière de l'articulation de la première paire de pates sur la peau fibreuse et tenace qui joint le prothorax au mésothorax; placés obliquement à l'axe du corps, ils on tune conformation extérieure différente de celle des stigmates abdominaux.—b. Les stigmates abdominaux correspondent aux huit premiers anneaux du ventre. Ce sont de petits boutons saillans, durs, cornés, formés de deux valves ou panneaux dont l'entr'ouverture est creuse et béante. Ces ostéoles pneumatiques, soit du thorax, soit de l'abdomen, offrent entre les deux valves qui les constituent, une scissure des plus éoites, une fente presque imperceptible pour l'inhalation de l'air; le pourtour de cette scissure est garni d'un duvet excessivement fin.

§II. Les trachées n'offrent point des renflemens utriculaires dans la famille des Carabiques; ces Coléoptères n'ont que des trachées tubulaires ou élastiques, c'est-à-dire en forme de tubes divisés et subdivisés à la manière des vaisseaux sanguins. Leurs ramifications nacrées vont s'étaler en élégantes broderies sur tous les viscères, sur toutes les surfaces. Elles débutent à chaque, stigmate par un tronc gros et court, divisé dès son origine et s'abouchant à une trachée latérale d'où partent d'innombrables branches. Les trachées tubulaires se composent de trois tuniques dont l'intermédiaire, d'un blanc argentin, est formé d'un fil élastique roulé en spirale; l'externe, apparente seulement dans les gros troncs, est une membrane d'une ténuité fugace; l'interne est extrèmement fine, et ne se détache que très-difficilement de la tunique intermédiaire.

V. Le système nerveux consiste, dans les Carabiques comme dans tous les Insectes, en un cerveau et un cordon nerveux renflé d'espace en espace en ganglions d'où partent des neifs. Il n'a offert dans le Carabe aucun disposition extraordinaire. Il est seulement à remarquer que les nerfs optiques qui naissent du cerveau son comprimés et remarquables par leu grosseur. Léon Dufour a parfaitement distingué le névrilemme qui envelopp le cordon nerveux sans en excepter les ganglions, et n'est cependant pas visible au cerveau. Les ganglions di prolongement rachidien sont au nombre de huit, variables pour leur grosseur, leur distance respective et les régions du corps qu'ils occupent.

VI. Le tissu adipeux splanchnique sur lequel Léon Dufour a le premiei fixé l'attention, et qu'il avait précédemment classé parmi les dépendances de l'appareil digestif en le désignant sous le nom d'èpiploon consiste, dans la tribu des Carabiques, en lambeaux graisseux, déchiquetés, blanchâtres, comme pulpeux, dont l'abondance varie suivant les espèces et suivant quelques circonstances individuelles. Soutenus par une trame de ramifications trachéennes d'une extréme ténuité, ces lambeaux flottent au milieu des viscères, et sont d'autant plus multipliés qu'ils s'approchent davantage de la partie postérieure de la cavité abdominale. Le tissu splanchnique est plus abondant et plus fourni de graisse dans les Corabiques Aptères, et en général dans tous les Insectes privés d'ailes, que dans ceux qui ont ces appendices développés. Souvent, et cela a surtout été observé en automne, il contient des corps sphéroïdes blancs, bien isolés, en nombre variable de douze à cent. Ces corps sont des espèces de bourses remplies d'une pulpe homogène très-blanche et offrant quelquefois un col tubuleux, dont l'extrémité affilée se perd ou prend naissance dans le tissu graisseux où elles plongent. L'auteur se demande si elles sont le résultatd'une altération pathologique analogue à celle des loupes

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enkystées, ou bien si elles ne seraient pas plutôt des réservoirs de graisse pour les temps de disette?

Ici se terminent les recherches de Léon Dufour pour ce qui concerne les Carabiques. Son travail étant inédit et ne pouvant comme de coutume renvoyer à aucune source, nous nous sommes vus entraînés dans quelques détails qu'on ne trouvera cependant pas inutiles, puisqu'ils étaient indispensables à l'intellisence du sujet. Rappelons-nous d'ailleurs que l'anatomie des Insectes a été traitée d'une manière si accessoire dans la plupart des ouvrages, qu'il est bon d'insister sur les travaux de cette nature qui peuvent servir de modèle, et certes les observations de notre ami doivent, à cause de leur exactitude, être placées dans ce nombré. Nous nous croyons en droit de porter ce jugement, parce qu'ayantaussi étudié plusieurs Carabiques et les mêmes especes qu'il a décrites, nous nous sommes toujours rencontrés ensemble sur tous les points que nous avions l'un et l'autre complètement observés.

Les larves des Carabiques sont assez différentes, suivant les genres; mais, en général, elles ont un corps allongé, presque cylindrique, formé de douze anneaux; la té te offre deux antennes courtes et une bouche composée de deux fortes mandibules, de deux mâchoires portant chacune une division externe en forme de palpe, et d'une languette sur laquelle sont aussi fixés deux palpes moins allongés que ceux des mâchoires: le premier anneau, ou celui qui correspond au prothorax, est recouvert supérieurement d'une pièce écailleuse carrée, ne débordant pas le corps. Les autres anneaux sont mous. Le huitième est dépourvu de mamelons, et le dernier présente deux appendices coniques dont la forme et la consistance varient suivant les genres.

Ces genres, très-nombreux, très-difficiles à grouper dans un ordre naturel, ont été rangés pur Latreille (Hist. des Coléoptères d'Europe) dans cinq sections, de la manière suivante:

Ire SECTION.—LES ÉTUIS TRONQUÉS, Truncatîpennes. Palpes extérieurs non terminés en alêne ou subulés; côté interne des deux jambes antérieures fortement échancré; extrémité postérieure des élytres tronquée.

Dans cette section le corps est oblong; la tête et le prothorax sont ordinairement plus étroits que l'abdomen; le prothorax a presque la forme d'un cœur: il est tronqué postérieurement, étroit, allongé, ou presque cylindrique. Les tarses sont le plus souvent semblables dans les deux sexes; enfin le bout des élytres est simplement sinué dans quei ques-uns.

Crochets des tarses simples ou point dentelés en dessous.

† Point de paraglosses sur les côtés de la languette: cette partie, tantôt entièrement cornée, tantôt cornée au milieu, avec les bords latéraux membraneux, et s'avançant au-delà du bord supérieur dans quelques-uns—Ici le pénultième article des tarses est constamment entier ou point bilobé; la tête, rétrécie immédiatement après les yeux, a toujours une forme triangulaire, et ne tient dans aucun cas au prothorax par un col en forme de petit nœud. Le prothorax n'est jamais long et étroit.

Genres. ANTHIE, GRAPHIFTÈRE, HELLUO, APTINE, BRACHINE.

†† Un paraglosse de chaque côté de la languette.—On trouve maintenant le pénultième article de tous les tarses, ou du moins celui des deux tarses antérieurs, très-distinctement bilobé dans plusieurs. Tantôt, ce qui a lieu dans le plus grand nombre, la tête tient au prothorax par un col en forme de petit nœud; souvent alors elle est ovalaire, et se prolonge en se rétrécissant derrière les yeux; tantôt elle est triangulaire et sans col, en forme de petit nœud; mais, dans ce cas, le prothorax est long et étroit, et le pénultième article des tarses est bilonbé

I. Dernier article des palpes extérieurs en forme de triangle ou de cône renversé et comprimé.

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Genres GALÉRITE, DRYPTE, ZUPHIE, POLISTIQUE.

II. Dernier article des palpes extérieurs ovoïde. (Tête constamment allongée, et rétrécie en arrière des yeux jusqu'au cou.)

Genres CORDISTE (Calophœna, Klüg), CASNONIE (Ophionea, Klüg), ODACANTHE.

crochets des tarses dentelés en dessous.

Les paraglosses sont peu ou point distincts, ainsi que dans les Brachincs et autres genres analogues.

Genres AGRE, CYMINDE, PLOCHIONE, LEBIE, LAMPRIE, DROMIE, DEMETRIAS.

IIe SECTION.—Les BIPARTIS, Bipartiti. Palpes extérieurs non terminés en manière d'alène. Côté intérieur des deux jambes antérieures ordinairement fortement échancré. Elytres entières ou légèrement sinuées à leur extrémité postérieure. Tarses, le plus souvent courts, semblables ou sans différences sensibles dans les deux sexes: leur dessous dépourvu de brosse et simplement garni de poils ou de cils ordinaires.

Les Insectes de cette section sont fouisseurs, terricoles et peu ou point carnassiers, à ce qu'il paraît. Ils ont les antennes souvent coudées; l'abdomen pédiculé, le prothorax grand, lunule dans plusieurs; carré ou presque globuleux dans les autres; les jambes antérieures sont palmées ou digitées dans un grand nombre.

Menton recouvrant presque tout le dessous de la téte jusquau labre, immobile, souvent sans suture à sa base.

Genres ENCELADE, SIAGONE.

Menton laissant à découvert une grande partie de la bouche et les côtés inférieurs de la téte, mobile, toujours distingué par une suture.

† Jambes antérieures Palmées ou digitées.

Genres CARÈNE, SCARITE, PASIMAQUE, CLIVINE. DISCUIRIE.

† † Jambes antérieures simples o de forme ordinaire.

1. Antennes grenues ou presque grenues. Prothorax presque carré.

Genres OZÉNE, MORION.

II. Antennes à articles allongés presque cylindriques. Prothorax pres que lunule ou cordiforme.

Genres ARISTE (Ditóme, Bon.) APOTOME.

IIIe SECTION.—Les THORACTQUES, Thoracici. Palpes extérieurs non ter minés en manière d'alène. Côté interne des deux jambes antérieures fortement échancré. Elytres entières ou légèrement sinuées à leur extrémité postérieure. Les premiers articles des quatre ou deux tarses antérieurs des mâles sensiblement plus larges, garnis en dessous de papilles ou de poils, soit disposés en séries, soit en brosse serrée et sans vide.

Les quatre tarses antérieurs des mâles dilatés.

† Dernier article des palpes maxillaires extérieurs au moins, ovoïde, tronqué ou obtus. Milieu du bord supérieur du menton à dent simple ou nulle.—Les Insectes de cette sousdivision ont les palpes maxillaires internes très-pointus; les paraglosses proportionneliement plus larges que dans les Carabiques suivans; les mandibules courtes; les pieds antérieurs au moins, robustes et à jambes très-épineuses. Ils sont pourvus d'ailes et composent le genre Harpale de Bonelli.

Genres ACINOPE, HARPALE, OPHONE, STÉNOLOPHE, MASORÉE.

†† Dernier article des palpes maxillaires extérieurs au moins, conique, très-pointu et formant avec le précédent un corps ovalaire, allonge et très-acéré au bout. Milieu du boid supérieur du menton ayant une dent bifide.

Ici les tarses intermédiaires sont en général moins sensiblement dilates que dans les précédens. Le dessus de la tête est souvent élevé près du bord

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interne des yeux; enfin une portion desélytres est lisse, et l'autre est striée dans plusieurs. Ces Insectes très-petits, presque tous de couleur roussâtre, avoisinent ceux de la dernière division ou les Subulipalpes.

Genres TRÉCHUS, BLÉMUS.

Les deux tarses antérieurs des mâles uniquement dilatés.

† Extrémité supérieure de la languette atteignant ou dépassant toujours celle de l'article radical de ses palpes. Point d'étranglement ou de dépression hrusque à la partie postérieure et supérieure de la tête immédiatement derrière les yeux.

I. Mandibules toujours terminées en pointe. Bord antérieur de la tête servant d'attache au labre plan, droit, point élevé ni arqué en manière de ceintre. Une ou deux dents dans l'échancrure du menton, au milieu de son bord supérieur. (Labre rarement bilobé ou tres-échancré.)

Les genres des subdivisions suivantes jusqu'à celle ††, opposée à la précédente, composent le genre Féronie (Règ. Anim, de Cuv.). Le milieu du bord supérieur du menton offre toujours une dent qui est ordinairement bifide.

A. Pieds, ou du moins les quatre premiers, le plus souvent robustes; articles dilatés des tarses antérieurs des mâles en forme de cœur ou de triangle renversé, ne formant point de palette carrée ou orbiculaire (toujours garnis en dessous de poils ou de papilles disposés sur deux à quatre lignes divergentes).

* Crochets des tarses simples ou sans dentelures.

a. Pieds robustes: les quatre cuisses antérieures au moins ovalaires et renflées. Corselet aussi large que l'abdomen, mesurés l'un et l'autre dans leur plus grand diamètre transversal. Longueur du troisième article des antennes double au plus de celles du précédent.

I. Mandibules courtes ou moyennes, dépassant le labre de la moitié au plus de leur longueur. (Bord postérieur du corselet s'appliquant ordinairement contre la base des élytres, ou en étant très-rapproché.)

(†) Corps du plus grand nombreailé, ovale ou ovale-oblong, convexe ou arqué en dessus, avec la tête inclinée. Dernier article des palpes extérieurs ovoïde ou presque ovalaire. Antennes non grenues; la plupart des articles toujours presque cylindriques, les derniers un peu plus épais.

Genres ZABRE, PELOR, PANGUS, AMARE, POGONE, TÉTRAGONODÈRE, POECILE, ARGUTOR.

Ils ont tous les mandibules courtes.

(††) Corps ordinairement aptère et droit. Dernier article des palpes extérieurs plutôt cylindrique ou obconique qu ovoïde ou ovalaire. Antennes grenues ou presque grenues, paraissant, vues de profil, comme noueuses et plus grêles au bout: la plupart des articles presque en forme de toupie ou de poire, dans les espèces oÙ ces organes sont allongés.

Les coupes dont se compose cette division passent, par nuances presque insensibles, de l'une à l'autre, et ne semblent devoir former qu'un seul genre renfermant des Insectes qui habitent particulièrement les lieux ombragés et les montagnes, et dont les mandibules sont généralement plus fortes que celles des précédens, la gauche étant un peu plus grande.

Genres ABAX, PTÉROSTIQUE, PLATYSME, COPHOSE, OMASÉE, STÉROPE, MOLOPS, PERCUS.

2. Mandibules très-fortes, nota-blement avancées au-delà du labre. (Abdomen pédicule.)

Genres CÉPHALOTE. (Broscus, Panz. ), STOMIS.

b. Pieds faibles, à cuisses oblon gues. Corseletdans toute son étendue, plus étroit que l'abdomen. Longueur du troisième article des antennes tri-

TOME III. 13

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ple ou presque triple de celle du précédent. (Les antennes menues et linéaires.)

Genre SPHODRE.

** Crochets des tarses dentelés en dessous.

Genres LÆMOSTHÉNE, CALATHE, TAPHRIE (Synuchus, Gyll.).

B. Pieds ordinairement grêles; articles dilatés des tarses antérieurs des mâles, le premier au plus excepté, presque carrés ou orbiculaircs, et Composant ensemble une sorte de palette, garnis inférieurement dans plusieurs d'une brosse serrée et sans vide. Corselet souvent plus étroit dans toute sa longueur que l'abdomen.

Dans les uns, les poils ou papilles lu dessous des articles dilatés des tarses antérieurs des mâles sont disposés par séries longitudinales, ne formant point de brosse serrée et sans vide; les palpes extérieurs sont toujours filiformes, avec le dernier article ordinairement presque ovalaire. Le corselet est toujours orbiculaire ou en forme de cône tronqué.

Genres DOLIQUE, PLATINE, ANCOMÊNE, AGONE.

Dans les autres, le dessous des articles dilatés des tarses antérieurs des mâles est garni d'une brosse très-serrée et sans vide.

Genres CALLISTE, EPOMIS, DINODE, CHLÆNIE, OODE.

II. Mandibules le plus souvent trèsobtuses, ou tronquées et échancrées à leur extrémité. Bord antérieur de la tête servant de base au labre élevé, et arqué en manière de ceintre. Point de dents au milieu du bord supérieur du menton ou dans son échancrure. (Labre toujours fortement échancré ou bilobé.)

Ici les articles dilatés des tarses antérieurs des mâles forment réellement une sorte de palette.

Tantôt les mandiblules sont terminées en pointe.

Genre REMEE.

Tantôt, elles sont très-obtuses et échancrées ou tronquées obliquement à leur extrémité.

Genres DICÆLE, LICINE, BADISTER.

†† Languette de plusieurs très-courte et n'atteignant pas l'extrémité supérieure du premier article de ses palpes: un étranglement ou une dépression brusque à la partie postérieure et supérieure de la tête, immédiatement derrière les yeux.

Genres PATROBE, MICROCÉPHALE, PÉLÉCIE, PANAGÉE, LORICÉRE.

IVe SECTION.—Les ABDOMINAUX, Abdominales. Palpes extérieurs non subulés ou en alêne. Point d'échancrure au côté interne des jambes antérieures, ou cette échancrure ne formant, lorsqu'elle existe, qu'un canal oblique, linéaire, n'avançant point sur la face antérieure de la jambe. Elytres entières ou simplement sinuées à leur extrémité postérieure. Dernier article des palpes extérieurs ordinairement dilaté, soit en forme de triangle ou de hache, soit en forme de cône renversé et plus ou moins oblong. (Yeux saillans. Abdomen très-grand relativement au prothorax.)

Côté interne des mandibules entiérement ou presque entièrement dentédans toute sa longueur. (Labre toujours très-bilobé. Dernier article des palpes extérieurs toujours très-grand; celui des labiaux en forme de hache ou de cuiller.)

Genres PAMBORE, CYCHRUS, SCÀPHINOTE.

Mandibules sans dents notables, ou dentées seulement vers leur base.

† Tous les tarses semblables dans les deux sexes.

Genres TEFFLUS, PROCÊRE.

†† Tarses antérieurs dilatés dans les mâles.

I. Bord antérieur du labre à trois ou deux lobes.

Genres PROCRUSTE, CARABE, CALOSOME.

II. Labre entier.

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A. Dernier article des palpes formant un cône renversé. Antennes grêles et allongées.

Genres LEISTUS, NEBRIE, OMOPHRON.

B. Dernier article des palpes extérieurs presque cylindrique ou ovalaire. Antennes assez épaisses et courtes.

Genres BLETHISE, PÉOPHILE, ELAPHRE, NOTIOPHILE.

Ve SECTION.—Les SUBULIPALPES, Subulipalpi. Palpes extérieurs subulés; l'avant-dernier article grand, renflé, turbiné ou en forme de toupie; le dernier très-petit, aciculaire.

Les Insectes de cette section se rapprochent un peu, par le faciès, des Cicindélètes; ils ont le côté interne des deux jambes antérieures échancré; les élytres entières ou simplement sinuées à leur extrémité postérieure, les yeux saillans, et le milieu du bord supérieur de la languette pointu; on les rencontre sur les nords des eaux ou dans les lieux humides.

Genres TACPHYE, LOPHE, LEJA, PERYPHE, BEMBIDION, NOTACHE, TACHYS.

Latreille (Règ. Anim, de Cuv.) réunit ces différons genres établis sur des caractères peu importans, à celui de BEMBIDION.

V., pour les caractères qui leur sont propres, chacun des genres mentionnés dans ce tableau. (AUD.)

CARABOU OU KARABOU. BOT. phan. Syn. brame de Karibepou. V. ce mot. (B.)

CARACA, BOT. PHAN. Nom de pays qui, dans Rumph, désigne une espèce de Dolic, Dolichos bulbosus, L. (B.)

CARACAL. MAM. Espèce du genre Chat. V. ce mot. (B.)

CARACALLA. BOT. PHAN. Nom trivial, devenu scientitique, d'une espèce de Haricot, vulgairement nommée Caracole. (B.)

*CARACAN. BOT. PHAN. (Knox.) Même chose que Kurrakkan. V. ce mot. (B.)

CARA-CANIRAM. BOT. PHAN. Syn. de Justicia paniculata. Espèce de Carmantine qui, à la côte de Malabar, passe pour spécifique contre la morsure de certains Serpens venimeux. (B.)

CARACARA. Polyborus. OIS. Genre établi par Vieillot dans son ordre des Accipitres, famille des Vautouriens et dans lequel il plaça des espèces rangées par Cuvier à la suite des Aigle pêcheurs, et qui font partie de la septième section des Faucons de Tem minck. Le nom de Caracara est emprunté des Brésiliens qui, au rapport de Marcgraaff, désignaient ainsi ui Oiseau de la taille d'un Milan et qui est grand ennemi des Poules. On trouve aussi Caracara employé comme synonyme d'Agami. (B.)

CARACARAY. OIS. Syn. de Caracara au Paraguay. V. FAUCON. (DR.. Z.)

CARACCA. OIS. Espèce du genre Faucon, Falco cristatus, Lath. La Grande-Harpie selon Cuvier. (DR.. z.)

CARACHER. Carachera. BOT. PHAN. Forskalh avait donné ce nom arabe au genre qu'il avait formé pour une Plante que Yahl a reconnue être une espèce du genre Lantana qu'il appelle Viburnoïdes. (B.)

CARACHUPA. MAM.(Frezier.)Nom vulgaire au Pérou d'un Animal qu'on reconnaît être une espèce de Sarigue. (B.)

CARACK-NASSI. BOT. PHAN. (Burmann.) Syn. de pergularia glabra à Java. V. PERGULAIRE. (B.)

CARACO ou CHARACO. MAM. Espèce du genre Rat. V. ce mot. (B.)

* CARACOL. MOLL. Nom vulgaire et générique sous lequel on désigne les Limaçons en espagnol. (B.)

CARACOL-SOLDADO. CRUST. C'est-à-dire Soldat Limaçon. L'un des noms vulgaires espagnols de Bernard-l'Ermite. V. PAGURE. (B.)

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CARACOLI OU CARACOLY. MIN. Alliage métallique peu connu en Europe, et que forment, selon certains voyageurs, les sauvages dé l'Amérique avec le Cuivre, l'Argent et Or dont il a la couleur, ou avec de l'Argent et de l'Etain. (LUC.)

CARACOLLE. MOLL. Pour Carocolle. V. ce mot. (B.)

CARACOLLE. BOT. PHAN. Nom vulgaire d'un Haricot, Phaseolus Caracalla, L., remarquable par ses fleurs contournées en Limaçon et d'une odeur suave. (B.)

CARACOLY. MIN. V. CARACOLI.

CARACURA. OIS. (Ruysch.) Oiseau du Brésil dont la description est encore trop douteuse pour assigner à cette espèce une place dans la méthode. (DR.. Z.)

CARAF. BOT. PHAN. Syn. arabe d'Arroche. V. ce mot. (B.)

CARAFUL. BOT. PHAN. V. CALAFUR.

CARAGAN. Caragana. BOT. PHAN. Les Arbres et Arbrisseaux qui composent le genre Robinia de Linné se séparent naturellement en deux sections. Dans la première, on observe un calice entier ou découpé en cinq lobes peu profonds, un stigmate antérieurement velu, des gousses comprimées ainsi que les graines, et des feuilles ailées, terminées par une impaire. Dans la seconde, le calice est a cinq dents, la gousse cylindrique, les graines sont globuleuses, et le pétiole, au lieu de porter une foliole impaire à son extrémité, se prolonge en pointe ou en épine. Cette section forme le genre Caragana de Lamarck, auquel se rapporte le Robinia Caragena, L., qui lui a donné son nom, Arbrisseau de Sibérie, à pédoncules uniilores fascicules, ainsi que ses feuilles composées de cinq paires de folioles environ.—Le R. Calodendron, originaire du même pays, à pédoncules triflores, à feuilles composées de deux ou trois paires de folioles argentées.—Les R. jubata, tragacanthoides, Altagana, spinosa, frutescens, pygmœa; qui croissent également en Sibérie et ont été décrites et figurées par Pallas (Nov. Act. petrop., t. 6, 42, 43, 44 et 45).—Le R. marticinensis dont la gousse très-étroite se termine par un style en forme de vrille (V. Lamarck, Illustr. t. 606, fig. a).—Le R. florida à grandes fleurs couleur de pourpre et fasciculées (V. Valh, Symb, t. 70), et le R. polyantha, espèce très-voisine, toutes deux originaires d'Amérique.—Le R. Chamlagu dont les feuilles n'ont que deux paires de folioles glabres, dont le pétiole et les stipules sont épineux, les fleurs grandes et jaunes, portées sur des pédoncules simples, et le R. flava à tige inerme, à feuilles composées de huit paires de folioles, à fleurs blanches, a racines jaunes et amères. Le premier habite la Chine, le second la Cochinchine. V. Lamk. Illustr. t. 607. (A. D. J)

CARAGATE. BOT. PHAN. Nom vulgaire du genre Tillandsia. V. TILLANDSIE. (A. R.)

CARAGNE. MAM. Pour Garague. V. ce mot. (B.)

CARAGNE. Caranna. BOT. THAN. Vulgairement Gomme-Caragne. Substance gommo-résine use oui provient d'un Arbre indéterminé du Mexique, et qu'on employait autrefois dans la médecine où l'on n'en fait plus usage. (B.)

* CARAGUATA ET CARAGUATE. BOT. PHAN. Même chose que Caragate. V. ce mot et TILLANDSIE. (B.)

CARAGUE. MAM. (Laët.)Syn. de Sariaue. V. DIDELPIIE. (B.)

CARAH. OIS. Nom d'une espèce peu connue de Faucon au Bengale. (DR.. Z.)

CARAHSI. BOT. PHAN. Syn. indou de Galedupa. V. ce mot. (B.)

CARAICHE OU CAREICHE. BOT. PHAN. Syn. de Carex. V.LAICHE. (B.)

* CARAI-CODI. BOT. PHAN. Espèce de Bryone indéterminée de la côte de Coromandel. (B.)

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CARAINAL. OIS. Syn. maltais du Guêpier commun, Merops Apiasler, L. V. Guêpier. (DR.. Z.)

CARAIPÉ. Caraipa. BOT. PHAN. Ce genre, établi par Aublet dans les Plantes de la Guiane, nous paraît fort difficile à bien classer dans une des familles naturelles de Plantes déjà connues. Voici les caractères qui le distinguent: ses fleurs constituent des grappes rameuses, axillaires ou terminales; leur calice est petit, à cinq divisions très-profondes; la corolle se compose de cinq pétales réguliers étalés, beaucoup plus grands que le calice, insérés au-dessous du pistil; les étamines sont en très-grand nombre; leurs filamens sont grêles, capillaires, hypogynes; leurs anthères sont biloculaires; le pistil est libre et se compose d'un ovaire globuleux à trois angles obtus, à trois loges contenant chacune un seul ovule; le style est allongé et se termine par un stigmate trilobé. Le fruit est une capsule presque pyramidale à trois angles se terminant en pointe à son sommet; elle est à trois loges qui s'ouvrent en trois valves, dont les bords sont appliqués sur les cloisons qui forment une sorte de colonne à trois angles et comme à trois ailes.

Ce genre se compose d'un petit nombre d'Arbres d'une taille médiocre, dont les feuilles sont alternes, entières, portées sur de courts pétioles; il a quelques rapports avec le genre Vateria. (A. R.)

CARAK. OIS. Syn. de Troglodyte, Motacilla Troglodytes, L. dans le nord de l'Europe. V. SYLVIE. (DR.. Z.)

* CARAKIDIA. POIS. Syn. de Sciœna Umbra chez les Grecs modernes. V. SCIÆNE. (B.)

CARAK-NASSI-FOELA-AROS. BOT. PHAN. Nom malais du Rondeletia asiatica. V. RONDELETIE. (B.)

CARALINE. BOT. PHAN. Nom de pays du Ranunculus glacialis. Espèce de Renoncule qui croît au bord des glaciers. (B.)

CARALOU. BOT. PHAN. Pour Calalou. V. ce mot. (B.)

CARA-MANDYN. BOT. PHAN. Syn. de Melastoma aspera, à Madagascar, appelé Caduc-duc à Java. (B.)

CARAMARO OU CARAMARRO. BOT. PHAN. Même chose que Camaron en quelques cantons du Portugal. (B.)

CARAMASSON. POIS. L'un des noms vulgaires du Cottus Scorpio. vers l'embouchure de la Seine. V. COTTE. (B.)

CARAMBA. BOT. PHAN. Pour Carambu. V. ce mot. (B.)

CARAMBASSE. BOT. PHAN. Boscdit que c'est une espèce de Millet. (B.)

CARAMBOLE. BOT. PHAN. Fruit de l'Averrhoa Carambola. V. Carambolier. (B.)

CARAMBOLIER. Averrhoa. BOT. PHAN. Genre placé par Jussieu à la suite des Térébinthacées, mais qui appartient aux Rhamnées, suivant Correa. Son calice est profondément découpé en cinq parties, avec lesquelles alternent cinq pétales plus longs, comme onguiculés et dont le limbe se réfléchit après la floraison; les filets sont réunis inférieurement en un anneau, cinq extérieurs plus courts, cinq intérieurs alternant avec les premiers et allongés, tous inférieurement élargis; l'anthère, fixée à leur sommet par le milieu de son dos, est ainsi oscillante et introrse; elle a deux loges qui s'ouvrent par une suture longitudinale; l'ovaire libre est à cinq c�tes séparées par autant d'enfoncemens, surmonté de cinq styles et de cinq stigmates, et présente intérieurement cinq loges, dont chacune contient autant de graines pendantes à son angle intérieur; le fruit, à la base duquel persiste le calice, est une baie allongée, marquée de cinq angles saillans, qui correspondent à autant de loges tapissées par une membrane propre. On trouve dans chacune de deux à cinq graines, dont l'embryon, dressé au milieu d'un périsperme charnu, offre une radi-

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cule courte et des cotylédons comprimés. (V. Ann. du Mus., T. VII, P. 73, t. 33.)

On connaît deux espèces de ce genre. Ce sont des Arbustes de l'Inde dont les feuilles sont composées de folioles alternes, les fleurs disposées en panicules à l'aisselle de ces feuilles, à l'extrémité des rameaux ou sur le tronc même, les fruits contenant une pulpe acide. Dans le Bilimbi, Averrhoa Bilimbi, L., les dix filets portent des anthères, les angles du fruit sont arrondis. Dans l'Averrhoa Carambola, L., qui a donné au genre sonnom français, les cinq filets extérieurs sont stériles; le fruit plus grand a des angles aigus, et les graines sont à demi enveloppées dans un arille charnu (Cavaniiles, Disser, tab. 219 et 220, et Lamk. Illust. tab. 385). La Plante décrite par Linné sous le nom d'Averrhoa acida a été rapportée au genre Cicca. V. ce mot. (A. D. J.)

CARAMBU. BOT. PHAN. (Rhéede, Malab. T. II, tab. 49.) L'une des Plantes à laquelle les Indous appliquent le nom de Bula-Vanga, et qui paraît être le Jussiœa caryophylloïdes, Lamk. (B.)

CARAMILLO. BOT. PHAN. L'un des noms espagnols du Salsola Kali, L. V. SOUDE. (B.)

* CARAMOT ET CARAMOTE. CRUST. Noms vulgaires cités par Rondelet (de Piscibus, lib. 18, p. 547 et 549) et sous lesquels on désignait de son temps deux Crustacés marins assez différens. Le premier de ces noms semble appartenir à l'espèce du genre Alphée que Risso (Hist. des Crust. de Nice, p. 90) nomme A. Caramote; l'autre est rapportée par Latreille (Règne Anim. de Cuv., T. 3, p. 36) au genre Penée. (AUD.)

CARAMUJO. MOLL. Syn. espagnol de Nérite. V. ce mot. (F.)

CARANA ET CARAPSOT. BOT. PHAN. La Canneberge chez les Tartares Ostiacks (B.)

CARANA-IBA. BOT. PHAN. (Marcgraaff.) Palmier indéterminé du Brésil, qui paraît appartenir au genre Corypha. (B.)

CARA-NASCI. BOT. PHAN. Nom qui paraît devoir être générique à Amboine, où, avec l'épithète de grand, il désigne le Ruellia antipoda; avec celle de petit, le Capraria Crustacea; avec celle d'Arbre à feuilles étroites, l'Oldenlandia repens. (B.)

CARANCHO OU CARANCRO. OIS. Syn. du Caracara dans l'Amérique méridionale. V. FAUCON. On prétend que le second de ces noms s'applique encore au Vautour Urubu, ainsi qu'au Catharte Aura. On l'a quelquefois écrit Carancros. (DR.. Z.)

* CARANDAS. BOT. PHAN. (Garcias, C. Bauhin et Rumph.) Syn. de Calac. V. ce mot et CARISSA. C'est le nom propre de l'espèce qui sert de type à ce genre. (B.)

CARANDIER. Caranda.BOT. PHAN. Le fruit que Gaertner a décrit et figuré sous le nom de Caranda pedunculata (T. II, p. 7, t. 83) appartient à un Palmier, originaire de Ceylan, dont on ne connaît point encore la fleur, niles organes de la végétation. Gaertner le décrit comme étant formé par un, deux, ou trois ovaires pédonculés, partant du fond d'un calice coriace, ovoïdes, terminés en pointe, composés d'un péricarpe mince, lisse, uni avec le tégument propre de la graine. Celle-ci est en grande partie composée d'un endosperme cartilagineux, de même forme que le fruit, creusée à son centre d'une petite cavité oblongue et contenant l'embryon dans une petite fossette latérale. Cet embryon est conique, sa radicule est tournée du côté extérieur.

(A. R.)

CARANGA. BOT. PHAN. (Vahl.) pour Curanga. V. ce mot. (B.)

* CARANGOLAM. BOT. PHAN. V. CARA ANGOLAM.

CARANG-RÈDE. POLYP. Ce nom malais désigne, selon Desmarest, le Millepore, vulgairement appelé Manchettes de Neptune. (LAM.. X.)

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CARANGUE. POIS. Espèce du sousgenre Caranx. V. ce mot. (B.)

* CARANGUEIRO. CRUST. Même chose que Cangrejo. V. ce mot. (B.)

* CARANNA. BOT. PHAN. Même chose que Caragne. V. ce mot. (B.)

CARA-NOSI. BOT. PHAN. Syn. malabare de Vitex trifolia. V. VITEX. (B.)

CARANOTSCHI. BOT. PHAN. Syn. malais de Justicia Gendarussa, espèce de Carmantine. (B.)

* CARANTO. OIS. Syn. italien du Verdier, Loxia Chloris, L. V. GROSBEC. (DR.. Z.)

CARANX. POIS. Genre indiqué d'abord par Commerson, formé par Lacépède aux dépens des Scombres de Linné, et que Cuvier n'adopte que comme sous-genre parmi ces mêmes Scombres. V. ce mot. (B.)

CARANXOMORE. Caranxomorus. POIS. Genre formé par Lacépède en démembrement des Scombres, mais qui n'a pas été adopté par Cuvier. Les espèces dont il était composé peuvent être réparties dans plusieurs autres, tels que Coryphène, Centronote et Cichle: ce qui prouve qu'il était peu naturel. V. tous ces mots. (B.)

CARANZIA. BOT. PHAN. Syn. italien de Momordica Balsamina, L. V. MOMORDIQUE. (B.)

CARAPA. BOT. PHAN. Genre placé à la suite de la famille des Méliacées, dont il se rapproche en effet par plusieurs caractères, quoiqu'il s'en éloigne par plusieurs autres. Il a été établi par Aublet, d'après un Arbre de la Guiane, puis reproduit par Kœnig et en même temps mieux caractérisé dans la description d'un Arbre des Moluques qu'il appelle Xylocarpus le même que Rumph nommait Granatum (Hort. Amb. T. III. t. 64.)Son calice est à quatre lobes coriaces, ainsi que les pétales qui sont en même nombre, étalés et attachés sous l'ovaire. Intérieurement et vers le même point s'insère un tube qui présente supérieurement huit découpures échancrées, contre lesquelles sont appliquées au dedans huit anthères. L'ovaire libre est surmonté d'un style épais que termine un stigmate tronqué, large, percé dans son milieu, et entouré d'un rebord sillonné. Le fruit est grand et globuleux. Son péricarpe ligneux; à l'intérieur, coriace extérieurement et marqué de quatre ou cinq sillons, se sépare en autant de valves, et renferme une loge unique, peut-être par suite d'avortement, dans laquelle plusieurs noyaux de forme anguleuse, de consistance subéro-ligneuse se touchent par leurs facettes en se groupant diversement. Ils contiennent une graine dépourvue de périsperme.

Les deux espèces dont nous avons déjà parlé sont des Arbres à feuilles alternes et pinnées sans impaire, à fleurs disposées en grappes axillaires, polygames par avortement. Dans celui des Moluques, les feuilles n'ont en général que trois paires de folioles ovales-aiguës; les fruits sont gros comme la tête d'un enfant nouveauné. Ils sont plus petits, les folioles sont lancéolées et beaucoup plus nombreuses dans l'Arbre de la Guiane, dont l'amande fournit, à l'aide de la chaleur ou de la pression, une huile épaisse et amère, employée à divers usages domestiques et précieusepar la propriété qu'elle a d'écarter les Insectes. V. Lamk, Illustr. t. 301, et Aublet, Suppl. t. 387. (A. D. J.)

L'écorce de Carapa est employée avec succès par les Indiens comme fébrifuge. Elle est d'un brun jaunâtre, recouverte d'un épiderme gris et rugueux. Sa saveur fortement amère se rapproche de celle du Quinquina gris. L'examen chimique de cette écorce, fait par Robinet, a encore démontré la plus grande analogie entre elle et le Quinquina. Ce chimiste y reconnut la présence: 1° d'une matière alcaline qui a beaucoup de ressemblance avec la Quinine; 2° d'un acide de la nature du Kinique; 3° d'une matière rouge soluble; 4° d'une matière rouge, insoluble, analogue au rouge-cinchonique de Pelletier; 5°

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d'une matière grasse verte; 60 d'un sel à base calcaire qui pourrait bien être un Kinate. Le Carapa fournit assez abondamment une huile ou graisse végétale, dont la très-grande amertume est due, selon Boullay, à la présence de la même matière alcaline que l'on trouve dans l'écoroe des Cinchona. (DR.. Z.)

CARAPACE. Testa. REPT. CHEL. Partie supérieure de l'enveloppe des Tortues, le plus souvent osseuse et disposée en voûte résistante. V. CHÉLONIENS. (B.)

CARAPAT ET KARAPAT. BOT. PHAN. Syn. de Ricin, d'où vient qu'on donne quelquefois ces noms à l'huile qu'on retire des graines des Plantes de ce genre. (B.)

CARAPATINE. POIS. FOSS. V. GLOSSOPÈTRE.

CARAPE. Carapus. POIS. Sousgenre de Gymnote. V. ce mot. (B.)

* CARAPÉ. OIS. (Azara.) Syn. du Tinamou nain, Tinamus nanus, Temm. V. TINAMOU. (DR.. Z.)

CARAPICHE. Carapichea. BOT. PHAN. Le genre Carapichea d'Aublet fait partie de la famille naturelle des Rubiacées et de la Pentandrie Monogynie, L. Une seule espèce le compose, c'est le Carapichea guianensis (Aubl., Guian. I. p. 168. t. 64). Arbrisseau à feuilles opposées, très-grandes, entières, ovales, allongées, acuminées à leur sommet, ayant une grande stipule entre chaque paire de feuilles. Les fleurs sont petites, réunies en tête sur une sorte de réceptacle. Chaque capitule qui est axillaire et pédonculé est environné à sa base par un involucre formé ordinairement de quatre folioles disposées en croix, et dont les deux plus extérieures sont plus longues. Les fleurs ont chacune une corolle courte, monopétale, régulière, infundibubforme,à cinq divisions, et cinq étamines saillantes. Aublet leur donne pour fruit une capsule anguleuse à deux loges monospermes, s'ouvrant en deux valves. Nous avons, au contraire, trouvé sur des échantillons recueillis à la Guiane par feu mon père, que le fruit est un petit Nuculaire contenant deux noyaux cartilagineux, marqués d'un sillon longitudinal sur leur face interne qui est plane.

Ces différens caractères rappellent, comme il est facile de le voir, le genre Cephœlis de Swartz ou Tapogomœa d'Aublet. Il n'en diffère que par les étamines saillantes, ce qui ne peut constituer un caractère générique. Le Schraderaligularis décrit et figuré par Rudge, t. 45, nous paraît être la même Plante que le Carapichea d'Aublet. (A. R.)

CARA-PICOR. BOT. PHAN. Même chose que Caa-Pomanga. V. ce mot. (B.)

* CARAPO. POIS. Et non Carappo, Espèce de Gymnote du sous-genre Carape. V. GYMNOTE. (B.)

* CARAPOPEBA. REPT. SAUR. (Marcgraaff.) Petit Lézard indéterminé du Brésil qu'on dit venimeux, brun, avec des taches blanches sur la queue, ayant cinq doigts aux pieds de devant et quatre à ceux de derrière. (B.)

CARAPOUCHA. BOT. PHAN. (Feuillée.) Syn. de Bromus catharticus, Graminée du Pérou, dont la graine, même en décoction, cause le vertige et le délire. (B.)

CARAPPO. POIS. V. CARAPO.

CARAPU. BOT. PHAN. Syn. de Smilax indica, que les Indous appellent Kari-Vitandi. (B.)

CARA-PULLI. BOT. PHAN. Syn. indou de Jussiœa villosa, qui est le Cattu Carambu de la côte de Malabar. (B.)

CARAPULLO. BOT. PHAN. (Frezier.) Même chose que Carapo ucha. V. ce mot. (B.)

CARARA. OIS. Syn. d'Anhinga, Plotus Anhinga, L. dans l'Amérique méridionale. V.ANHINGA. (DR.. Z.)

CARARA. BOT. PHAN. La Plante désignée sous ce nom en Toscane, d'après Cœsalpin, ne paraît pas être

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le Cresson alenois ou la Passerage, comme on l'a pensé; mais le Cochlearia Coronopus, devenu le genre Coronopus de De Candolle, auquel Medicus, quil avait aussi formé, avait donné le nom de Carara. (B.)

CARA-RAYADA. MAM. C'est-à-dire face rayée. Nom donné par les Espagnols de l'Amérique méridionale au Sapajou, appelé par Humboldt Simia trivirgata. (B.)

CARARU. BOT. PHAN. (Pison.) Nom brasilien, d'où peut-être Calalou, de l'Amaranthus viridis, qu'on mange en guise d'Epinards. (B.)

CARASCA. BOT. PHAN. Nom espagnol du Quercus coccifera, d'où le nom de Carascal qui est quelquefois donné à des espaces de terrains déserts que couvrent les buissons formés par cette petite espèce de Chêne. (B.)

CARA-SCHULI ET CARASCUL-LI. BOT. PHAN. Syn. de Barreliera buxifolia, à la côte de Malabar. V. BARRELIÈRE. (B.)

CARASSIN. POIS. Espèce de Cyprin du sous-genre Carpe, Cyprinus Carassius. V. CYPRIN. On appelle aussi CARASSIN DE MER le Labrus rupestris qui est un Crénilabre de Cuvier. V. ce mot. (B.)

CARASSUDO. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires du Centaurea colina, L. dans le midi de la France. (B.)

CARATAS ET CARATHAS. BOT. PHAN. V. KARATAS.

CARATÉ. BOT. PHAN. Pour Carati. V. ce mot. (A. R.)

CARATHILLUT. BOT. PHAN. (Surian.) Syn. caraïbe de Malpighia coccifera. V. MALPIGHIE. (B.)

CARATI. BOT. PHAN. Nom indou d'une espèce du genre Momordique, Momordica Charanthia, L. (B.)

CARAU. OIS. (Azara.) Espèce du genre Courlan, décrite par Vieillot, sous le nom de Courliri-Carau. V. COURLAN. (DR..Z.)

* CARAUNA. POIS. (Marcgraaff.) On ne peut reconnaître à quel genre appartient ce Poisson dont la chair, quoique molle, a une saveur agréable. Il se pêche entre les rochers. (B.)

* CARAUZA ET CARAUZIA. BOT. PHAN. La Momordique commune en quelques parties de l'Italie. (B.)

CARAVALA. BOT. PHAN. (Sloane.) Plante parasite de la Jamaïque, qui paraît être une Tillandsie. (B.)

CARAVATA-MIRI. BOT. PHAN. Orchidée de la Guiane, rapportée au genre Sérapias par Aublet. (B.)

CARAVATTI. BOT. PHAN. Et non Caravati. Nom indou d'une espèce de Figuier, Ficus Ampetos. (B.)

* CARAVEA. BOT. PHAN. Syn. espagnol de Carvi. V. ce mot. (B.)

CARAVEELA. BOT. PHAN. V. CAPA-VEELA.

* CARAVELLE. MOLL. L'un des noms vulgaires du Physalis pelagica, Lamk., qui était le Medusa Caravella de Gmelin. (B.)

CARAWAY. BOT. PHAN. Syn. anglais de Carvi. V. ce mot. (B.)

CARAXERON. BOT. PHAN. (Sébast. Vaillant.) Syn. de Gomphrenie. V. ce mot. (B.)

CARAYA. MAM. (Azara.) Nom qu'on donne, auParaguay, à l'Ouarine de Buffon, Simia Beelzebuth, L. (B.)

CARBALLO. BOT. PHAN. L'un des noms espagnols du Chêne Roure. (B.)

* CARBASSUS. BOT. PHAN. Nom d'une espèce de Lin qui, chez les anciens, servait pour les plus beaux tissus. Cependant on l'employait aussi pour les voiles de navire. Le nom de Carbé qu'on attribue au Chanvre dans le midi de la France, ne paraît être que la corruption de Carbassus. (B.)

CARBÉ. BOT. PHAN. V. CARBASSUS.

CARBENGA. BOT. PHAN. Syn. de

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Zérumbet, espèce du genre Amome, dans l'île de Ternate. (B.)

CARBENI. BOT. PHAN. Pour Karbeni. V. ce mot. (B.)

CARBO. OIS. Ce nom spécifique, employé par Linné, pour désigner le Cormoran, est devenu générique pour les auteurs aui ont extrait cet Oiseau du genre Pélican. V. ce mot et CORMORAN. (B.)

* CARBO. POIS. Nom vulgaire du Sciœna Umbra dans les environs de Venise. (B.)

CARBONAJO. POIS. C'est-à-dire Charbonnier, même chose que Colin, espèce du genre Gade. V. ce mot. (B.)

CARBONAJO. BOT. CRYPT. Ce nom désigne, dans Michéli, divers Champignons, soit Bolets, soit Agarics, de couleur brune ou noire, dont plusieurs sont mangeables, mais qui presque tous sont fort mal déterminés. (B.)

CARBONAL OU CARBOUILLE. BOT. PHAN. Syn. de Carie du Froment dans les dialectes méridionaux. (B.)

CARBONATE. MIN. Résultat de la combinaison de l'Acide carbonique avec les bases salifiables. Les Carbonates sont les composés salins que la nature offre en tous lieux le plus abondamment, et leur examen particulier fait une partie essentielle de la minéralogie.

Bournon a donné le nom de CARBONATE DE CHAUX DUR à une variété d'Arragouite. V. CHAUX, BARYTE, STRONTIANE, MAGNÉSIE, SOUDE CARBONATÉE, NICKEL, PLOMB, CUIVRE ET FER CARBONATÉS. (DR.. Z.)

CARBONE. MIN. Substance regardée jusqu'à ce jour comme élémentaire, et que les chimistes ne sont point encore parvenus à obtenir dans un état de pureté absolue; elle forme l'un des corps le plus abondamment répandus dans les trois règnes de la nature, et son état soupçonné le plus voisin de la pureté est le vitreux, constituant le Diamant. Il est alors solide, d'une dureté extrême, inodore, insoluble, inaltérable au feu de fourneau le plus ardent. Cet état naturel du Carbone n'est pas celui que l'on entend le plus communément lorsque l'on parle de ce corps; on est convenu, dans le langage chimique, de considérer le Carbone dans l'état où il se trouve après la plupart des opérations, c'est-à-dire sous forme irrégulière, poreuse, de couleur noire. Le Carbone, dans les matières végétales et animales dont il est la base principale, se trouve combiné avec beaucoup de corps auxquels il adhère plus ou moins fortement; uni à l'oxygène, il entre dans la composition des terrains calcaires et de tous les Carbonates terreux et métalliques; il forme presqu'à lui seul tous ces vastes dépôts souterrains connus sous le, nom de couches de Houille, les mines de Bitume, etc. Le Carbone a une extrême tendance pour l'Oxygène, et il l'enlève à presque tous les corps qui en contiennent, pour se convertir en Oxyde de Carbone ou en Acide carbonique, selon que l'Oxygène est en quantité plus ou moins suffisante pour saturer le Carbone; il s'unit aussi avec quelques substances combustibles et donne naissance à des composés particuliers, les Carbures. (DR. Z.)

CARBONNÉ. OIS. Syn. piëmontais du Mouchet, Motacilla modularis, L. V. ACCENTEUR. (DR. Z.)

CARBONNIER. OIS. Syn. vulgaire du Gobe-Mouche gris, Muscicapa Grisola, L. V. GOBE-MOUCHE. (DR. Z.)

* CARBOU. MAM. Syn. d'Arni à Sumatra. V. BOEUF. (B.)

CARBOUILLE. BOT. PHAN. V. CARBONAL.

CARBURES. MIN. Combinaisons du Carbone avec les substances combustibles et les Oxydes métalliques. Le Graphite est probablement une combinaison naturelle du Carbone avec le Fer. (DR.. Z.)

CARC, CARCADDEN ET KER-

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KODON. MAM. Syn. persans de Rhinocéros. (B.)

ÇARÇA. BOT. PHAN. Qu'on prononce Zarza. Syn. espagnol de Ronce. (A. R.)

CARCABI. OIS. Syn. piémontais de l'Engoulevent ordinaire, Caprimulgus europœus, L. V ENGOULEVENT, L. (DR.. Z.)

CARCADET ET CARCAILLOT. OIS. Syn. vulgaire dela Caille, Tetrao Coturnix, L. V. PERDRIX. (DR.. Z.)

CARCAJOU. MAM. Et non Carcajon. Nom par lequel on désigne un Animal de l'Amérique septentrionale, qu'on dit être carnassier et habiter des tanières. Lahontan, qui le mentionna le premier, le comparait au Blaireau. Une peau bourrée qui parvint à Buffon comme celle d'un Carcajou, fit soupçonner l'identité des deux Animaux; cependant on supposait que celui du Nouveau Monde appartenait au genre Glouton. Le nom de Carcajou appliqué au Cougouar, espèce du genre Chat, par d'autres voyageurs et par Charlevoix entre autres, acheva d'augmenter la confusion qui régnait dans l'histoire du Carcajou. Enfin Frédéric Cuvier ayant reçu du Canada, sous ce nom, un véritable Blaireau, il ne reste plus de doutes à cet égard, et le Carcajou n'est qu'un Blaireau du nouveau Continent, et peutêtre une variété peu distincte dans l'espèce du Blaireau commun. (B.)

CARCAND ET CHARTIS. MAM. Syn. arabes de Rhinocéros. V. ce mot. (B.)

CARCAPULI. BOT. PHAN. Ce nom désigne, dans l'Inde, un Arbre qui produit de la Gomme gutte et qui paraît être le Cambogie. V. ce mot. (B.)

* CARCARIA. POIS. On donne en Sardaigne ce nom à une espèce de Squale qu'on croit être le Requin, appelé scientifiquement CarcharÌas. (B.)

CARCARIODONTES. POIS. FOSS. C'est-à-dire dents de Requins. Syn. de Glossopètres. (B.)

* CARCÉRULAIRES (FRUITS). BOT. PHAN. Dans sa Nomenclature carpologique, Mirbel appelle ainsi le premier ordre des fruits gymnocarpiens c'est-à-dire des fruits qui sont libres et non enveloppés, et en quelque sorte masqués par des organes étrangers. Cet ordre renferme tous les fruits gymnocarpiens, qui ne s'ouvrent point naturellement à l'époque de leur maturité et qui le plus souvent sont secs. Mirbel y place des fruits à une et à plusieurs loges, contenant une ou plusieurs graines; tantôt ils proviennent d'un ovaire libre, tantôt ils succèdent à un ovaire adhérent. Trois genres principaux composent cet ordre, et Mirbel leur donne les noms de Cypsèle, de Cérion et de Carcérule. Le premier de ces genres avait été nommé Akène par le professeur Richard, et ce nom a été généralement adopté par tous les botanistes. Le Cérion de Mirbel est la Cariopse du professeur Richard. V. AKÈNE et CARIOPSE. (A. R.)

CARCÉRULE. Carcerula. BOT. PHAN. C'est, ainsi que nous venons de le dire dans l'article précédent, un genre de fruits indéhiscens établi par Mirbel, et qui nous paraît réunir des fruits d'une organisation trop différente pour pouvoir demeurer dans un, même genre et avoir une dénomination commune. En effet, Mirbel appelle Carcérule tous les fruits indehiscens qui ne sont ni une Cypsèle, ni un Cérion. Ainsi on trouve dans ce genre de véritables Akènes, comme le fruit des Polygonées et des Chépodées; des Samares, tels que les fruits de l'Orme, du Frêne, du Combretum, et enfin le fruit du Grenadier auquel Desvaux a donné le nom de Balauste. V Fruit. (A. R.)

CARCHARHIN. Carcharinhus, POIS. Blainville a établi ce genre dans la famille des Sélaciens. Il rentre en entier dans le sous-genre formé par Cuvier sous le nom de Requins. V. SQUALE. (B.)

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CARCHARIAS, ZOOL. Nom spécifique appliqué au Requin, Poisson de la famille des Squales, étendu à divers Insectes, tels qu'une Saperde et une Dorthésie. Le sous-genre des Requins a été traité à ce mot dans le Dictionnaire de Levrault. (B.)

CARCHEDOINE. Carchedonius. MIN. (Pline.)Probablement une variété du Silex Agathe. Cette pierre venait d'Afrique, du pays des Nasamones; elle se trouvait aussi aux environs de Thèbes en Egypte. On en faisait des vases à boire. (B.)

CARCHICHEC. BOT. PHAN. Nom turc d'une variété de la Primevère ordinaire qui croît aux environs de Constantinople, et dont Cornuti a donné une figure. (B.)

CARCHOFA. BOT. PHAN. D'où Carchofle, Carchouflier, Carchouffzier, Carciofi, Carcuffi, etc. Noms par lesquels les Provençaux et les Languedociens désignent l'Artichaut et même diverses autres Cinarocéphales, telles que le Carduus crispus, L., etc. (B.)

CARCHOFELA. BOT. PHAN. C'est-à-dire petit Artichaut. Syn. provençal de Joubarbe des toits. (B.)

CARCIN. Carcinus. CRUST. Genre de l'ordre des Décapodes et de la famille des Brachyures, fondé par Leach (Linn. Trans. Societ., T XI) aux dépens des Crabes proprement dits, et ayant même pour type le Crabe vulgaire de nos côtes, Cancer Mœnas des auteurs. Ce nouveau genre, fondé sur des caractères très-peu importais, ne nous paraît pas devoir être distingué de celui des Crabes. V. ce mot. (AUD.)

* CARCINETHRON. BOT. PHAN. (Pline.) Probablement le Polygonum aviculare, espèce de Renouée. V. ce mot. (B.)

CARCINITE. Carcinites. CRUST. Dénomination appliquée anciennement à des espèces et des genres très-différens de Crustacés décapodes de la famille des Brachyures à P'état fossile. (AUD.)

CARCINITRON. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Probablement le Sceau de Salomon. V. ce mot. (B.)

CARCINOIDES OU CANCRIFORMES. Carcinoides. CRUST. Famille de l'ordre des Décapodes instituée par Duméril, et qui correspond à celle que Latreille a désiguée sous le nom de Cancérides, dans ses Considérations générales sur l'ordre naturel des Crustacés. Les genres qui la composaient sont rangés maintenant (Règne Anim. de Cuv. T. 3, p. 11) dans la grande famille des Brachyures. V. ce mot. (AUD.)

CARCINOPODE. Carcinopodium. CRUST. Dénomination assignée aux pates des Crustacés, à l'état fossile. (AUD.)

CARCIOFFUS, CARCIOFI, CARCIOFOLO, etc. BOT. PHAN. Syn. italiens d'Artichaut, espèce du genre Cinara. V. ce mot. (B.)

CARCOUADE. POIS. On ne sait rien de ce Poisson, sinon qu'il se trouve en Guinée au pays d'Issini selon La Chesnaye-des-Bois. (B.)

CARCUM. BOT. PHAN. Syn. hébreu de Safran. Caruma, en arabe, a la même signification, d'où est venu probablement Curcuma des Indiens. Amomée dont la racine de couleur safranée s'emploie dans la teinture. (B.)

CARDAIRO. POIS. Syn. de Raya Fullonica, L., sur la côte de Nice. V RAIE. (B.)

CARDALINE. OIS. Syn. provençal du Chardonneret, Fringilla Carduelis L. V GROS-BEC. (DR.. Z.)

CARDAMANTICA. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. présumé de Passerage. (B.)

CARDAMINDUM. BOT. PHAN. Syn. de Capucine. V. ce mot. (B.)

CARDAMINE. Cardamine. BOT. PHAN. Ce genre de la famille des Crucifères et de la Tétradynamie siliqueuse, L. forme un groupe d'espèces

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tellement naturel, que tous les auteurs se sont accordés pour l'adopter tel qu'il fut proposé par Tournefort et Linné. Seulement R. Brown et De Candolle en ont distrait, l'un le C. nivalisde Pallas, dont il a formé le nouveau genre Macropodium, l'autre le C. grœca, qui est aussi un genre nouveau sous le nom de Pteroneurum. Les Cardamines sont comprises dans la tribu des Arabidées ou Pleurorhizées siliqueuses que De Candolle a établie dans sa nouvelle distribution des Crucifères (Syst. Veg. univ. T. II). Cet auteur donne pour caractères au genre Cardamine: un calice fermé ou fort peu ouvert, égal à sa base; des pétales onguiculés à limbe entier; des étamines libres, sans appendices; des siliques sessiles, linéaires, comprimées, à valves sans nervures et s'ouvrant élastiquement; des semences ovées, sans bordures, unisériées, et portées sur des cordons ombilicaux très-grêles, enfin des cotylédons accombans.—La plupart des Cardamines sont des Plantes herbacées, glabres, dont les fleurs sont blanches ou roses, et les feuilles pétiolées, tantôt simples et indivises, tantôt lobées ou pinnées; mais souvent sur les mêmes individus on observe ces deux formes fondamentales. C'est ce qui rend très-artificielle la distribution que De Candolle a faite des espèces de ce genre; il a, en effet, coordonné d'après la forme des feuilles les, cinquante-cinq Cardamines qu'il a décrites. En déduisant de ce nombre onze espèces trop peu connues, il en reste quarante-quatre bien caractérisées, qui habitent en grande partie l'hémisphère boréal. Cependant ou doit remarquer que ce genre est plus répandu sur la surface du globe que les autres Crucifères, car on en trouve au Japon, au cap de Bonne-Espérance, à l'Ile-de-France, aux Terres australes, dans l'Amérique méridionale, etc. Aucune espèce de ce genre ne mérite de fixer l'attention sous le rapport de l'utilité ou de l'agrément; elles participent à un faible degré aux propriétés générales des Crucifères, et leurs fleurs sans odeur, sans éclat, ne peuvent être comparées aux Giroflées, Lunaires et autres Plantes de la même famille. Il n'y a qu'une seule espèce qui pourrait être estimée à cet égard, c'est le Card. pratensis, L.; mais son abondance dans les prés d'Europe empêchera toujours de la rechercher. (G.. N.)

CARDAMINUM. BOT. PHAN. Première section établie par De Candolle (Syst. Veg., 2, p. 188) dans son genre Nasturtium, et qui ne comprend que le Cresson ordinaire. Mœnch en a fait un nom générique pour la même Plante. (B.)

CARDAMOME. BOT. PHAN. Du mot indien Cardamon, passé chez les Grecs, et de-là dans la langue botanique. Espèce du genre Amome, Amomum Cardamomum, L. On a aussi donné quelquefois ce nom à l'Amomum racemosum. L'un et l'autre produisent une graine aromatique autrefois employée dans la pharmacie, mais qui ne l'est guère plus que dans les ragoûts asiatiques, la poudre de Caris, etc. Les anciens ouvrages et le compilateur Bomare distinguaient le grand, le petit, le moyen Cardamome, le commun, le proprement dit, etc. mais il est difficile de reconnaître à quelles espèces ou variétés se rapportent positivement ces dénominations vicieuses. (B.)

CARDAMON, BOT. PHAN. Ce nom qui dans Dioscoride et chez d'anciens botanistes désigna it leCresson alenois, Lepidium sativum, L., a été adopté par De Candolle (Syst. Veg., 2, p. 533) pour désigner la quatrième section qu'il a établie dans le genre Lepidium, dans laquelle ne se trouvent que deux espèces. (B.)

CARDAO. BOT. PHAN. L'un des noms donnés par les Européens du Brésil au Cactus Tuna, L. V NOPAL. (B.)

* CARDARIA. BOT. PHAN. Genre établi par Desvaux (Journ. de bot. 3,

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p. 163) aux dépens des Lepidium de Linné, et que De Candolle n'a point adopté. Ce dernier (Syst. Veget., 2. p. 528) l'a conservé seulement avec le même nom, comme une simple section du même genre, qui se trouve la première et contient cinq espèces. (B.)

CARDARINO, CARDELINE, CARDELLO, CARDELLINO. OIS. Syn. romain de Chardonneret, Fringilla Carduelis, L. V GROS-BEC. (DR.. Z.)

CARDASSE. BOT. PHAN. Même chose que Cardao. V. ce mot. (B.)

CARDEL ET CHARDEL. BOT. PHAN. (Camerarius.) Le Sénevé en Mauritanie. (Daléchamp.) La Moutarde chez les Arabes. (G.. N.)

CARDELA ET CERRERA. BOT. CRYPT. Nom vulgaire d'une espèce d'Agaric dans quelques cantons d'Italie. (AD. B.)

CARDELINE. OIS. V. CARDARINO.

CARDELLO, CARDENIO, CARVELINO. OIS. Syn. vulgaires de Chardonneret, Fringilla Carduelis, L. V. GROS-BEC. (DR.. Z.)

CARDELO. BOT. PHAN. Syn. de Laitron, Sonchus, en provençal. (B.)

* CARDEN, BOT. PHAN. (Rauwolf.) Sortes de gousses venues d'Egypte, qu'on vend sur les marchés d'Alep et qui paraissent être le fruit de quelque Mimeuse ou de quelque Casse. (B.)

* CARDENCHA, BOT. PHAN. Syn. espagnol de Dipsacus fullonum,, L.V CARDÈRE. (B.)

CARDENIO. OIS. V CARDELLO.

* CARDEOLI. BOT. CRYPT. D'anciens botanistes ont donné ce nom à une espèce de Champignon qui n'est peut-être que l'Agaricus Eryngii, ou le Prunulus de Scopoli. (AB. B.)

CARDÈRE. Dipsacus, L. BOT. PHAN. Genre de la fa famille des Dipsacées et de la Tétrandrie Monogynie, L., reconnaissable aux caractères suivans: fleurs réunies en tête, le plus souvent coniques, ceintes à leur base d'un involucre polyphylle, et séparées par des paillettes longues et épineuses; chaque petite fleur a un double calice entier sur les bords et persistant; sa corolle est tubuleuse, à quatre lobes pointus et un peu inégaux; ses étamines, au nombre de quatre, sont saillantes, et son ovaire, qui est adhérent, porte un style surmonté d'un stigmate simple. Les Cardères sont de grandes herbes ayant le port des Chardons. Leurs tiges sont anguleuses et leurs feuilles opposées. Elles se rapprochent infiniment des Scabieuses par les caractères, mais elles en diffèrent absolument par l'aspect On n'en connaît que quatre espèces, qui croissent toutes naturellement en France. La plus commune, le Dipsacus sylvestris, se rencontre dans les lieux incultes, le long des grandes routes, où l'eau du ciel est retenue dans les aisselles de ses feuilles. V. ABREUVOIR. L'une de ces espèces surtout est digne de fixer l'attention sous le rapport de ses usages dans les manufactures d'étoffes de laine. C'est celle qu'on nomme improprement le Chardon à foulon, D. fullonum,, L., que l'on cultive abondamment en Normandie, en Picardie, aux environs d'Aix-la-Chapelle, etc., pour peigner et polir les raps. Ses involucres réfléchis vers le sol, et surtout ses paillettes florales arquées, la distinguent suffisamment dela précédente, avec laquelle Linné et Lamarck l'avaient réunie. (G.. N.)

CARDERINA. BOT. PHAN. (Cœsalpin.) Syn. de Seneçon. (B.)

CARDES. BOT. PHAN. Nom que l'on donne dans le jardinage, et plus particulièrement dans la cuisine, aux côtes des feuilles dont on fait des plats fort estimés. Ainsi l'on nomrod simplement Cardes les côtes d'une espèce du genre Cinara, et Cardel poirées celles du Beta Cicla. V. BETTE. (B.)

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CARDÈTO. BOT. PHAN. Syn. italien de Seneçon vulgaire. (B.)

CARDI, OIS. L'un des noms vulgaires du Chardonneret dans quelques parties des Pyrénées. (B.)

* CARDI. BOT. PHAN. Même chose que Cardao. V. ce mot. (B.)

CARDIACA. BOT. PHAN. Espèce du genre Léonure, Leonurus, L. vulgairement nommée Agripaume. Tournefort en avait fait un genre qu'Adanson n'a pas manqué d'adopter, et que Mœnch a prétendu rétablir. (B.)

* CARDIACÉS. MOLL. Quatrième famille des Acéphalés testacés dans la Méthode de Cuvier (Règ. Anim. T. II, p. 476), à laquelle il donne pour caractère d'avoir le manteau ouvert pardevant, et avec deux ouvertures séparées, l'une pour les excrémens, l'autre pour la respiration, lesquelles se prolongent souvent en tubes, tantôt unis, tantôt distincts; ils ont tous un muscle transverse à chaque extrémité, et un pied qui dans le plus grand nombre sert à ramper.

Dans notre classification des Lamellibranches (Tabl. Syst. des An. Moll.), cette famille est devenue un ordre divisé en sept familles, savoir: les Camacés, Lamk.; les Bucardes, les Cyclades; les Nymphacées, Lamk.; les Vénus, les Lithophages, Lamk.; les Mactracés, Lamk. V. ces mots.

Dans le Système de Lamarck (An. sans vert. T. VI, 1re part. p. 1), les Cardiacés forment aussi une famille à laquelle il donne les caractères suivans: dents cardinales irrégulières, soit dans leur forme, soit dans leur situation, et en général accompagnées d'une ou deux dents latérales. Il y place les genres Bucarde, Isocarde, Cardite, Cypricarde et Hiatelle, dont les trois derniers n'appartiennent point à notre ordre des Cardiacés. (F.)

CARDIAQUE, BOT. PHAN. Nom francisé du Leonurus Cardiaca, L. V. CARDIACA. (B.)

CARDILAGNO. POIS. Syn. de Bécasse, espèce du genre Centrisque, à Marseille. (B.)

CARDILAGO. POIS. Syn. de Mole, espèce du genre Tétrodon, à Marseille, et peut-être aussi double emploi de Cardilagno. (B.)

CARDILLO. BOT. PHAN. C'est-à-dire petit Chardon. Ce nom est donné vulgairement en Espagne, ou dans les anciennes colonies espagnoles, à diverses Cinarocéphales des champs, telles que des Carlines, des Laitrons des Carthames, des Kraméries, etc. (B.)

CARDINA. OIS. Syn. catalan de Chardonneret. (B.)

CARDINAL. ZOOL. Ce nom, comme celui de Capucin, de Moine et autres figuratifs, dérivés de quelque ressemblance de formes, de couleurs ou d'habitudes, a été donné à divers Animaux d'ordres fort différens.—Voici l'indication des véritables noms qui conviennent à ces divers Cardinaux du règne animal:

CARDINAL D'AMÉRIQUE. Syn. de Tangara Rouge-Cap, Tanagra Gularis, L. V. TANGARA.

CARDINAL DU CANADA. Syn. de Tangara rouge et noir, Tanagra rubra, L. V TANGARA.

CARDINAL DU CAP. Syn, de Gros-Bec Orix, Fringilla Orix. V. GROSBEC.

CARDINAL CARLSONIEN. Syn. de Bouvreuil carlsouien, Pyrrhula Carlsonii. V. BOUVREUIL.

CARDINAL A COLLIER. Variété d'âge du Tangara rouge et noir, Tanagra rubra. V. TANGARA.

CARDINAL COMMANDEUR, Syn. de Troupiale Commandeur, Icterus phaœniceus. V. TROUPIALE.

CARDINAL DOMINICAIN HUPPÉ. Syn. de Paroare huppé, Fringilla cucullata. V. GROSBEC.

CARDINAL HUPPÉ. Espèce du genre GrosBec, Fringilla Cardinalis. V. GROSBEC.

CARDINAL DU MEXIQUE. Syn. de Tangara rouge et noir, Tanagra rubra. V. TANGARA.

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CARDINAL NOIR ET ROUGE HUPPÉ. Syn. de Tisserin Malimbe, Ploceus cristatus. V. TISSERIN.

CARDINAL POURPRÉ. Syn. de Tangara pourpré, Tanagra jacapa, L. V. TANGARA.

CARDINAL DE SIBÉRIE. V. BECCROISÉ.

CARDINAL TACHETÉ. Variété d'âge de Tangara rouge et noir, Tanagra rubra. V. TANGARA.

CARDINAL DE VIRGINIE. Variété d'âge de Tangara rouge, Tanagra æstiva. V. TANGARA.

CARDINAL DU VOLGA. Syn. de Bouvreuil érythrin, Pyrrhula erythrina. V. BOUVREUIL. (DR..Z.)

Parmi les Poissons, c'est une espèce du genre Spare; parmi les Mollusques, une espèce du genre Cône; enfin, parmi les Insectes, un Papillon du genre Argyne. V. ces mots. (B.)

CARDINALE. Pyrochroa. INS. Dénomination que Geoffroy a imposée (Hist. des Ins. T. 1, p. 338) à un nouveau genre de l'ordre des Coléoptères, section des Hétéromères, et qu'on a depuis convertie en celle de Pyrochre. V. ce mot. (AUD.)

* CARDINALE. MOLL. Nom d'amateur d'une espèce de Mitre, Mitra Cardinalis, Lamk; Voluta Cardinalis, Gmelin. (B.)

CARDINALE. BOT. PHAN. Espèce du genre Lobélie, V. ce mot, et variété de Pêche. (B.)

CARDINALES. MOLL. V. DENTS.

CARDINE. POIS. Variété ou peutêtre espèce de Sole des côtes de la France septentrionale, particulièrement du département de l'Orne. V. PLEURONECTE. (B.)

CARDIOLITES. MOLL. FOSS. On a quelquefois donné ce nom aux Bucardes fossiles. (B.)

CARDIOSPERME. Cardiospermum. BOT. PHAN. C'est un genre de la famille naturelle des Sapindacées et de l'Octaudrie Trigynie, L. Ses caractères consistent en un calice tétrasépale, irrégulier, coloré et persistant, dont les deux sépales extérieurs sont plus courts. Sa corolle se compose de quatre pétales inégaux, onguiculés, munis d'une lame pétaloïde sur leur face interne. Les étamines, au nombre de huit, sont insérées au stipe qui supporte l'ovaire. On trouve entre elles et les pétales deux glandes quelquefois allongées et filamentiformes, d'autres fois courtes et arrondies. L'ovaire, qui est un peu stipité, offre trois loges dans chacune desquelles existe une seule graine. Le style est court et se termine par trois stigmates.

Le fruit est une capsule vésiculeuse, renflée, trilobée, à parois minces et à trois loges monospermes, et s'ouvrant par le milieu des cloisons en trois valves. Les graines sont blanches, globuleuses, recouvertes en partie par un arille cordiforme. Les Cardiospermes sont des Plantes herbacées, volubiles et grimpantes, à feuilles alternes, biternées ou décomposées. Les fleurs forment des espèces de grappes rameuses et pédonculées, accompagnées à leur base de deux vrilles souvent rameuses.

Linné n'a connu que deux espèces de ce genre, savoir: le Cardiosp. Corindum, qui est annuel et croît dans l'Inde, et le Cardiosp. Halicacabum, également annuel, dont les graines servent à faire des colliers et des chapelets. Sa racine, administrée en décoction, est spécialement recommandée dans les maladies de la vessie; elle est, dans les Antilles, rangée au nombre des médicamens lithontriptiques. Willdenow en a ajouté une troisième, originaire de Guinée, et qu'il nomme Cardiosp. hirsutum. Swartz en décrit deux autres sous les noms de Cardiosp. grandiflorum et de Cardiosp. Moniliferum, qui croissent à la Jamaïque. Enfin, on en trouve six espèces nouvelles dans les Nova Genera de Humboldt, dont une, Cardiospermum elegans est figurée, avec beaucoup de détails, planche 439 de ce magnifique ouvrage rédigé par notre collaborateur Kunth. (A. R.)

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CARDIOSPERMON. BOT. PHAN. Syn. de Souci des jardins, dans quelques anciens ouvrages de Botanique. (B.)

CARDISPERMUM. BOT. PHAN. (Trant.) Syn. de Calendula hybrida, L. Espèce du genre Souci. (B.)

CARDISSA. MOLL. Dénomination générique empruntée à Klein par Megerle de Mulhfeld (Syst. des Schalt.) pour les Coquilles bivalves, auxquelles Cuvier a donné le nom d'Hémicardes, aussi emprunté à Klein. En effet, ce dernier auteur (Ostrac.) appelle Hemicardia le premier genre de sa classe des Diconcha cordiformis, et le divise en deux sections: la première, sous le nom de Cardissa simplex, renferme les Hémicardes de Cuvier: la seconde, sous celui de Cardissa duplex, comprend le Cardium unedo et les espèces analogues. Le genre Cardissa de Megerle a été appelé Bucardium par Ocken, et il a transporté le nom de Cardissa aux Coquilles appelées Vénéricardes par Lamarck. V. BUCARDE, HÉMICARDE et VÉNÉRICARDE. (F.)

CARDITE. Cardita. MOLL. Genre de Lamellibranche de la famille du même nom et de l'ordre des Mytillacées, V. ce mot, institué par Bruguière aux dépens des Cames de Linné, et restreint par Lamarck qui en a séparé les Isocardes et les Cy pricardes, ainsi que par Daudin qui en a retiré les Hyatelles. Ce genre ainsi limité ne renferme plus que des Coquilles fort analogues par leurs caracteres génériques. Il a cependant été de nouveau subdivisé par Megerle en deux genres qui répondent aux deux sections adoptées par Lamarck: le premier, Cardite, a pour type la Cardita sulcata de Bruguière (Chama antiquata, L.); le second, sous le nom de Glans, a pour type la Cardita calyculata (Chama, L.). Ce dernier genre n'a point été adopté. Adanson a placé les Cardites qu'il connaissait parmi ses Jambonneaux et ses Cames. Ocken en a fait son genre Arcinelle. V. ce mot. Enfin Poli les a confondues avec les Anodontes et les Mulettes sous un nom commun, appelant leur Animal Linnœa et leur Coquille Linnœoderma. L'analogie des Animaux qui a guidé Poli et qu'admet Cuvier (Règn. An. T. II, p. 473), est une preuve de plus du peu de fondement des méthodes artificielles et de la nécessité où l'on ést, lorsqu'on les suit, de rompre tous les rapports naturels, car Lamarck a dû, d'après les analogies des Coquilles, placer les Cardites dans la famille des Cardiacées, plus près des Bucardes que des Vénéricardes qui font partie, dans son système, d'une autre famille, quoique leur Animal ne diffère pas sans doute de celui des Cardites, et qu'on ne puisse en séparer leurs Coquilles. En suivant au contraire les analogies des Animaux, nous avons réuni dans une seule famille de l'ordre des Mytillacées, les Cardites, les Vénéricardes et les Cypricardes, tandis que les Bucardes font partie de l'ordre des Cardiacées.

Les Animaux des Cardites offrent cependant des différences qui, quoique légères, suffisent, dans les Lamellibranches, pour séparer les Cardites des Anodontes et des Mulettes, telles que la brièveté, la forme du pied, les sillons dont il est pourvu; la forme et la brièveté des syphons, etc. Poli a décrit et figuré les Animaux des Cardita sulcata et calyculata. C'est donc à tort que le Dictionnaire des Sciences médicales dit l'Animal de ce genre inconnu. Quelques espèces s'attachent, à ce qu'il paraît, aux corps marins par un byssus. Les Cardites sont toutes marines, elles ont un aspect particulier qui les fait aisément reconnaître. Selon toutes les apparences, on devra Téunir les trois genres Cardite, Vénéncarde et Cypricarde.

La coquille des Cardites est libre, régulière, èquivalve, inéquilatérale, ovale, subcordiforme, transverse ou longitudinale. Charnière à dents inégales: l'une courte, droite, située sous les crochets; l'autre oblique, marginale, se prolongeant sous le corselet, Lamk.

Voyez pour les espèces de ce genre

TOME III. 14

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parmi lesquelles il n'en existe aucune de très-remarquable, Lamarck (An. sans vert., seconde édition) et Poli, et pour les espèces fossiles, outre les ouvrages de Lamarck, ceux de Brocchi et de Sowerby, ainsi que le Dict. des Sc. nat., au mot Cardite. (F.)

CARDITES. MOLL. On a donné ce nom aux Cœurs, ainsi qu'aux Bucardes fossiles. (F.)

CARDLIN OU CARLIN, OIS. Syn. piémontais du Chardonneret, Fringilla Carduelis, L. V. GROS-BEC. (DR.. Z.)

CARDO. BOT. PHAN. Syn. espagnol de Chardon. Ce nom est étendu à beaucoup de Plantes épineuses avec diverses épithètes. (B.)

CARDON. BOT. PHAN. Nom vulgaire d'une espèce d'Artichaut, Cinara Carduncellus. V. CINARA. Ce nom a été étendu à d'autres Plantes; au rapport de l'Ecluse, il désignait une espèce de Pitte ou Agave au Mexique. Le Pourretia de la Flore du Pérou, divers Cactes de l'Amérique méridionale, et l'Euphorbia canariensis à Ténériffe, selon Clavijo, sont ainsi appelés par les Espagnols. On appelle encore Cardon cabezudo,, le Mélocacte, et Cardon lechal ou lechar, le Scolyme d'Espagne. (B.)

CARDONCELLE. Carduncellus. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, tribu des Cinarocépha. les, Syngénésie Polygamie égale, L. Adanson fut le premier qui le sépara de celui des Carthames de Linné; Gaertner le fit connaître ensuite sous le nouveau nom d'Onobroma, et Do Candolle, en lui restituant le nom de Cardoncelle, a fixé de la manière suivante les caractères qui lui sont propres: involucre composé de folioles épineuses et imbriquées; fleurons hermaphrodites; filets des étamines hérissés dans leur partie libre; réceptacle garni de paillettes divisées en lanières soyeuses; akènes couronnés d'une aigrette formée de poils simples, roides et inégaux. Les deux espèces dont ce genre se compose, étaient, comme nous l'avons dit, des Carthames de Linné. De même que les Plantes de ce dernier genre, ce sont des Herbes épineuses, le plus souvent acaules, ou quelquefois munies d'une tige courte qui porte des feuilles pinnatifides, dont les lobes sont étroits, incisés sur les côtés et terminés par des épines aiguës. Elles habitent toutes les deux la France: l'une d'elles est le Cardoncelle de Montpellier, C. Mons peliensium, qui croît dans les endroits arides et montagneux des départe mens méridionaux; l'autre le Cardoncelle doux, C. mitissimus, que tous les auteurs des Flores parisiennes admettent comme indigène des environs de la capitale, mais qui y est trèsrare, si toutefois il s'y trouve. Selon H. Cassini, le genre Cardoncelle a des rapports avec l'Atractylis et doit être placé, comme ce dernier, dans la tribu des Carlinées. (G.. N.)

CARDONCELLO. BOT. PHAN. L'un des noms italiens du Seneçon vulgaire. (B.)

CARDONNERET, CARDONNETTE. OIS. Syn. vulgaire du Chardonneret, Fringilla Carduelis, L. V. GROS-BEC. (DR.. Z.)

CARDONNETTE OU CHARDONETTE. BOT. PHAN. Nom vulgaire du Cinara Carduncellus, à l'état sauvage. (B.)

CARDOPAT. Cardopatium,. BOT. PHAN. (Juss.) Famille des Synanthérées, tribu des Cinarocéphales, Syngénésie Polygamie égale, L. Quoique Willdenow eût déjà considéré le Carthamus corymbosus, L. comme le type d'un genre distinct auquel il avait imposé le nom de Brotera, cependant ce n'est pas à lui que nous emprunterons les caractères du genre en question, tant parce que, dans sou ouvrage, ils sont exposés avec inexactitude, que parce que le nom de Brotera ne saurait être admis pour ce genre, puisque Cavanilles l'avait donné antérieurement à une Malvacée. Jussieu dans une note inséreée à la fin d'un de ses Mémoires sur les caractères généraux des familles

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(Annales du Muséum, 6, p. 324), exprime ainsi les signes distinctifs du Cardopat: involucre composé de plusieurs rangs d'écailles dont les intérieures sont aiguës et simples, les autres épineuses et plus ou moins ramifiées; six à huit fleurons portés sur un réceptacle chargé de paillettes étroites et fasciculées; akènes couverts de poils soyeux qui se prolongent en aigrette. Ces caractères combinés suffisent pour le différencier, soit de l'Atractylis auquel Vaillant avait rapporté cette Plante, soit de l'Echinope et du Carthame auxquels elle avait été tour à tour associée par Linné. Le Cardopat en corymbe est abondant dans le Levant où il a été rencontré plusieurs fois par Belon. Nous l'avons reçu de D'Urville qui l'a souvent trouvé dans les îles de Samos et de Lesbos. V. Mém. de la Soc. Linnéenne de Paris, première année. De Jussieu lui a donné le nom de Cardopatium, et non pas Cardopatum, comme l'écrit Persoon, parce que celui de Chamæleon, sous lequel il a été long-temps désigné, appartient déjà à un Animal très-connu, et parce que la dénomination qu'il a proposée était autrefois celle de la Carline à courte tige, Carlina subacaulis, L. (G.. N.)

CARDOUILA. BOT. PHAN. Syn. languedocien de Carlina acaulis, L. V. CARLINE. (B.)

CARDOUNIÉRO. POIS. (Risso.) Nom vulgaire, sur la côte de Nice, d'un Holocentre et d'un Scorpène. (B.)

CARDOUSSÈS BOT. PHAN. Syn. languedocien de Scolyme d'Espagne. (B.)

* CARDUACEES. Carduaceæ. BOT. PHAN. On donne ce nom à une des grandes tribus de la vaste famille des Synanthérées, qui correspond presque exactement aux Cinarocéphales de Jussieu et aux Flosculeuses de Vaillant et de Tournefort. Elle renferme les genres qui ont la corolle tubuleuse, évasée supérieurement, et le plus souvent à cinq lobes égaux ou inégaux. Les étamines ont leurs filamens libres et articulés avec le tube anthérifique: ces filamens sont quelquefois velus; le style est long et grêle, il se renfle un peu dans sa partie supérieure, où il est garni d'une touffe circulaire de poils. Le stigmate est formé de deux lanières étroites, dont la face interne est plane et glabre, dont l'externe est convexe et ordinairement chargée de poils; les glandules stigmatiques existent surtout sur les bords de ces deux lanières. Le fruit est un akène ovoïde, lisse, glabre, à quatre côtes peu marquées; il s'attache au réceptacle ou immédiatement par sa base, ou par un point latéral, ce que l'on observe constamment dans la section des Centauriées. L'aigrette est tantôt sessile, composée de poils simples ou plumeux; plus rarement elle est stipitée; le réceptacle est tantôt plane, tantôt un peu concave; il est toujours chargé d'une grande quantité de soies ou de petites écailles qui sont toujours en plus grand nombre que les fleurs, ou enfin creusé d'alvéoles; I'involucre se compose d'écailles imbriquées, souvent épineuses à leur sommet.

Kunth, dans le quatrième volume des Nova Genera de Humboldt, a divisé sa tribu des Carduacées en six sections, qu'il nomme Onoseridées, Barnadésiées, Carduacées vraies, Echinopsidées, Vernoniacées et Asterées. On voit, par l'énumération de ces six sections, que cet auteur donne aux Carduacées une très grande extension. Cassini, au contraire, ne place dans cette tribu qu'un moins grand nombre de genres, qu'il divise en deux sections sous les noms de Carduacées Prototypes et de Carduacées-centauriées. Les genres qu'il rapporte à cette première section sont les suivans: Alfredia, Cass.; Arctium, Juss.; Carduncellus, Adans.; Carduus, Gaertner; Carthamus, Gaertner; Cestrinus, Cass.; Cinara, Juss.; Cirsium, Tournef.; Galactites, Mœnch; Lappa, Juss.; Leuzea, De Cand.; Onopordon, Lin.; Ptilostemon, Cas-

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sini; Rhaponticum, Lamk.; Serratula, De Cand.; Silybum, Gaertn.; Siemmacantha, Cassini. V. CENTAURlÉES. (A. R.)

CARDUELE. BOT. CRYPT. (Micheli.) Agarics comparés à des Mousserons et qui croissent sur les tiges des Chardons. Peut-être la même chose que Cardeoli. V. ce mot. (B.)

CARDUELINO, CARDUELLO. OIS. Syn. italiens du Chardonneret, Fringilla Carduelis, L. V. GROS-BEC. (DR.. Z.)

CARDULOVIQUE. Cardulovica. BOT. PHAN. Syn. de Salmie selon Bosc. (B.)

CARDUMENI. BOT. PHAN. V. CACALOA.

CARE. BOT. PHAN. Syn. de Webera tetrandra, Willdenow, et de Gmelina cordata, Burmann, à la côte de Coromandel. (B.)

CARE-BOEUF. BOT. PHAN. Même chose qu'Arrête-Bœuf. (B.)

CAREICHE. BOT. PHAN. V. CARAICHE.

* CAREILLADA OU CARELIADO. BOT. PHAN. Syn. languedociens de Jusquiame. (B.)

CARE-KANDEL. BOT. PHAN. (Rhéede, Malab. T. v, t. 13.) Arbrisseau indéterminé de la famille des Myrtes. (B.)

CARELET OU CARRELET. POIS. Espèce du genre Pleuronecte. V. ce mot. (B.)

CARELIA. BOT. PHAN. Nom renouvelé de Pontédera par Adanson, pour désigner un genre qu'il avait formé de l'Ageratum conyzoides, L. aux dépens d'Agérate. V. ce mot. (B.)

CARELIADO. BOT. PHAN. V. CAREILLADA.

CARELLI. BOT. PHAN. Pour Caretti. V. ce mot. (G.. N.)

CARELLON A-CONDI. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires du Convolvulus Pes-Caprœ dans l'Inde. V. LISERON. (B.)

CARELOE-VEGON OU CARELU-VEGON. BOT. PHAN. Nom malabare d'une espèce d'Aristoloche, Aristolochia indica, L. (B.)

CAR-ELU. BOT. PHAN. Espèce du genre Sésame indéterminée, malgré qu'elle soit figurée dans l'Hortus Malabaricus, T. 9, t. 55. (B.)

CARELU-VEGON. BOT. PHAN. V. CARELOE-VEGON.

CAREMOTTI. BOT. PHAN. Syn. malabare de Bengeiri ou Bengiri. V. BEN. (B.)

CARENDANG OU TEUDANG. BOT. PHAN. Syn. de Calac à Java. V. CALAC et CARISSA. (B.)

CARÉNE. POIS. Espèce du genre Silure. V. ce mot. On a quelquefois donné ce nom à diverses Glossopètres ou autres dents fossiles dont la forme en carène rappelait celle d'une cosse de Pois. (B.)

* CARÈNE. Carenum. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, fondé par Bonelli (Obs. entomol., seconde partie) aux dépens du genre Scarite, et offrant, suivant lui, pour caractères: mâchoires droites, obtuses, sans crochet terminal; langue arrondie à son sommet, et prolongée à peine au-delà de l'évasement des paraglosses, terminée par deux soies; palpes maxillaires extérieurs à dernier article renflé et une fois plus long que le précédent; les labiaux à dernier article grand et triangulaire. Le genre Carène, qui appartient à la famille des Carnassiers, tribu des Carabiques (Règn. Anim. de Cuvier), a de l'analogie avec les Encelades, les Siagones, les Ozènes, les Morions, les Aristes et les Apotomes. Il ressemble surtout beaucoup aux Scarites, aux Pasimaques, aux Clivines et aux Dischiries. Comme eux il est rangé dans la section des Bipartis fondée par Latreille (Hist. des Coléopt. d'Europe, prem. livraison, p. 78), et se distingue de tous les autres genres par un grand nombre de caractères. V. CARABI-

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QUES. Son menton mobile, toujours distingué à la base par une suture et laissant à découvert une grande partie de la bouche et les côtés inférieurs de la tête, l'éloigne des genres Encelade et Siagone. Il diffère des Ozènes, des Morions, des Aristes et des Apotomes par les jambes antérieures digitées. Enfin il se distingue, d'une part, des Scarites et des Pasimaques par les palpes extérieurs dilatés à leur extrémité, et, de l'autre, des genres Clivine et Dischirie par un labre crustacé et denté, et par les mandibules au moins aussi longues que la tête. Le Carenum Cyaneum, Scarites Cyaneus de Fabricius et d'Olivier, est, jusqu'à présent, la seule espèce connue. Il est originaire de la Nouvelle-Hollande. (AUD.)

CARÉNE. Carina. BOT. PHAN. On nomme ainsi les deux pétales inférieurs d'une fleur papilionacée. Ces deux pétales sont ordinairement rapprochés l'un contre l'autre et soudés par leur bord inférieur, de manière à offrir quelque ressemblance avec la carène d'un vaisseau. Ce nom s'applique également à l'angle formé sur les différens organes planes des Végétaux, par la direction différente des deux côtés. (A. R.)

CARÉNÉ. Carinatus. BOT. PHAN. Ce nom s'applique à tous les organes qui offrent une crête longitudinale, ce qui leur donne quelque ressemblance avec la carène d'une nacelle. (A. R.)

CARENÉE, REPT. OPH. Espèce indienne du genre Couleuvre, Coluber carinatus, L. (B.)

CARET. REPT. CHEL. Espèce de Tortue du genre Chélone. V. ce mot. (B.)

CARET. BOT. PHAN. L'un des syn. Vulgaires de Carex. V. LAICHE. (B.)

CARETELA. BOT. PHAN. Syn. indou de Corypha umbraculifera, L. V. CORYPHA. (B.)

CARETTA-TSJORI-VALLI. BOT. PHAN. (Rhéede.) Espèce du genre Cisse, Cissus trilobata, Lour. (B.)

CARETTI BOT. PHAN. Syn. de Guillandina Bonducella à la côte de Malabar. V. GUILLANDINA. (B.)

* CAREUM. BOT. PHAN. (Pline.) Syn. de Carvi. V. ce mot. (B.)

CAREX. BOT. PHAN. V. LAICHE.

CAREYA. BOT. PHAN. Roxburg a décrit et figuré sous le nom de Carey a herbacea (Pl. Corom. 3, p. 13, t. 217) une petite Plante herbacée originaire de l'Inde, qui fait partie de la Monadelphie Polyandrie. Ses fleurs sont hermaphrodites, pédonculées, composées d'un calice à quatre divisions profondes; d'une corolle tétrapétale et d'un grand nombre d'étamines monadelphes, dont les extérieures ont les anthères avortées; le fruit est une baie globuleuse et polysperme. (A. R.)

* CAREZZA. BOT. PHAN. (Seguier.) Syn. de Carex dans les environs de Vérone V. LAICHE. (B.)

CARFÆ. BOT. PHAN. Syn. arabe de Tamarix. V. ce mot. (B.)

CARGILLIA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Ebénacées établi par R. Brown. Ses fleurs polygames ont un calice partagé jusqu'à sa moitié en quatre parties, et une corolle dont le limbe se divise en quatre lobes. Dans les mâles, huit étamines, dont les filets sont réunis deux à deux, s'insèrent à la base de la corolle, et entourent le rudiment du pistil. Dans les femelles, on trouve des étamines stériles en plus petit nombre, et un ovaire à quatre loges dispermes, qui devient une baie globuleuse environnée à sa base par le calice appliqué contre elle en forme de cupule. R. Brown a rencontré dans la Nouvelle-Hollande deux espèces de ce genre: l'un qu'il appelle Cargillia laxa, et dont le style se divise en trois ou quatre parties; l'autre, qu'il nomme C. australis, et dont le style est indivis. Ce sont des Arbrisseaux à feuilles allongées. (A. D. J.)

CARGOOS, OIS. (Charleton.) Syn. de Grèbe huppé, Colymbus cristatus, L. V. GRÈBE. (DR.. Z.)

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CARHU MAM. Syn. finlandais d'Ours. (B.)

CARHUMFET. BOT. PHAN. Syn. arabe de Géroflier. (B.)

CARHUN-KAMMEN. BOT. PHAN. Syn. finlandais d'Heracleum Sphondylium, L. V. BERCE. (B.)

* CARIA OU KARIA. INS. Nomvulgaire d'une espèce de Thermite fort redoutable, peut-être le Thermes destructor, L. à l'Ile-de-France où cet Insecte est fort commun. Il forme sur les troncs d'Arbres, dans les forêts, des amas considérables de tan agglutiné dans lesquels sont pratiquées ses sinueuses habitations. Les magasins des ports et les charpentes des maisons ne sont pas à l'abri de ses ravages. (B.)

* CARIA. BOT. PHAN. La Noixdans Pline, selon Adanson. (B.)

CARIACOU OU CARIACU. MAM. Espèce du genre Cerf. V. ce mot.

(A. D.. NS.)

CARIAMA. OIS. Dicholophus, Illig. Microdactylus, Geoff., Lophorhynchus, Vieill. Genre de l'ordre des Alectorides. Caractères: bec plus long que la tête, gros, arrondi ou voûté, déprimé à sa base qui est garnie de plumes assezlongues, à barbes désunies, comprimé à la pointe qui est crochue, fendu jusque sous les yeux; fosse nasale grande; narines placées au milieu du bec, petites, en partie couvertes d'une membrane; pieds longs, grêles; quatre doigts, trois devant, gros, très-courts, unis à la base par une membrane; un derrière, articulésur le tarse, ne posant point à terre; ongles courts et forts; ailes médiocres; la première rémige la plus courte, les cinquième, sixième et septième les plus longues.

Ce genre, établi par Brisson, ne présente encore qu'une seule espèce qui avait été placée par Linné et Latham dans le genre Kamichi; elle est assez rare et paraît habiter de préférence les lisières humides des vastes forêts, peu éloignées des savannes, où abondent les Reptiles et gros Insectes dont elle fait sa nourriture. Les Cariamas se rassemblent ordinairement par petites troupes de cinq à six, et semblent, par l'inquiétude qu'ils manifestent constamment autour d'eux, veiller mutuellement à leur conservation. Malgré ces démonstrations d'une grande défiance et d'un caractère sauvage, les naturels du Paraguay et du Brésil, seules provinces de l'Amérique méridionale où l'on ait encore vu ces Oiseaux, sont parvenus à les soumettre à la domesticité et en obtiennent une ressource agréable dans la délicatesse de leur chair. D'Azara, à qui l'on est redevable du peu de faits connus relativement aux mœurs des Cariamas, se tait sur tout ce qui concerne leur reproduction; il dit seulement qu'il a vu une femelle déposer deux œufs sur le sol sans faire de nid. Ces Oiseaux vont cux-mêmes dans les champs à la recherche de leur nourriture, et reviennent sans guides à la demeure où ils ont été élevés. Les Guaranis ou habitans du Paraguay les nomment Saria.

CARIAMA, Lophorhynchus saurophagus, Vieill., Palamedea cristata, L., Lath., Nouv. Dict. d'hist. nat., 2e édit., pl. B. II, fig. 3; Ann. du Mus., T. XIII, p. 362.— Tête blanche; plumes à la base du bec se relevant en aigrette et formant une sorte de panache; face et cou d'un brun pâle; un trait blanc au-dessus de l'œil; les plumes du cou longues, effilées et à barbes des unies, redescendent en arrière; ailes d'un gris cendré, ondulées de roux rémiges noires avec des lignes transversales noires piquetées de blanc; rectrices intermédiaires brunes, les autres traversées d'une bande noire et blanche à l'extrémité. Partie nue des jambes et tarses orangés; bec rouge. Longueur, trente Pouces. (DR.. Z.)

CARIANA, OIS. Pour Cariama. Vce mot. (DR.. Z.)

* CARIANGAY. BOT. PHAN. Même chose qu'Ababangay. V. ce mot. (B.)

CARIA-POETI. (Burmann.) Syn.

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de Myrte chez les Indous. Peut-être la même chose que Caju-Puti. V. ce mot. (B.)

CARIAROU. BOT. PHAN. (Surian.) Syn. des Convolvulus umbellatus, brasiliensis et repens. Barrère applique ce nom à une quatrième espèce de Liseron. V. ce mot. (B.)

CARIBLANCO. MAM. Nom de pays du Simia kypoleuca de Humboldt. V. SAPAJOU. (A. D.. NS.)

CARIBOU, CARIBOUX OU CARIBU. MAM. Noms du Renne en Amérique. V. CERF. (B.)

CARICA. BOT. PHAN. Nom grec des Figues sèches et d'une variété de Figuier de Carie, devenu spécifique pour le Figuier ordinaire, et générique pour dósigner le Papayer. V. cc mot et FIGUIER. (B.)

CARI-CAPUSI. BOT. PHAN. Syn. malais d'Hibiscus tiliaceus. V. KETMIE. (B.)

* CARICARA. OIS. Syn. vulgaire de l'Ortolan de Roseaux, Emberiza schœniclus,, L. V. BRUANT. C'est aussi le nom qu'au Brésil ou donne à la Frégate, Pelecanus Aquilus, L. V. FRÈGATÉ. (DR.. Z.)

CARICOIDE. Guettard figure et décrit sous ce nom des Polypiers fossiles que nous classons dans la division des Sarcoïdes. Ils sont sphériques avec un trou rond plus ou moins profond à leur partie supérieure. Des oryctographes les ont regardés comme des Madrépores, d'autres comme des Figues pétrifiées ou fossiles. (LAM.. X.)

CARICTÈRE. BOT. PHAN. Pour Carictéria. V. ce mot. (B.)

CARIGTÈRIA. BOT. PHAN. (Scopoli.) Syn. d'Antichorus.V. ce mot. (B.)

* CARIDE. Caris.. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Carnassiers, tribu des Cicindelètes, établi par Gotthelf Fischer (Gener. Insect., vol. I, p. 99), et ayant, selon lui, pour caractères: antennes filiformes, à article de la base très-gros, obconique, le troisième droit, chaperon très-grand; mandibules terminées par un crochet très-fort; mâchoires aussi longues que les mandibules, intérieurement ciliées; palpes inégaux, à quatre articles dont le dernier long et obconique, les maxillaires plus courts, les labiaux plus longs, avec les deux articles de la base gros et courts, tous garnis de soies longues et roides; menton à deux épines, la ligule épineuse. Fischer place dans ce genre la Collyris formicaria de Fabricius (Syst. Eleuth.). Il y rapporte aussi, mais avec doute, la Cicindela aptera d'Olivier. Klug, dans son Specimen de l'Entomologie du Brésil, a formé, sous le nom de Ctenostoma, une coupe qui répond exactement au genre Caride de Fischer. Nous reviendrons sur celui-ci au mot CTENOSTOME. (AUD.)

CARIE. ZOOL et BOT. Maladie des organes animaux dont on a étendu le nom à deux maladies des Arbres, qui pénètrent leur tronc. Ce qu'on appelle vulgairement Carie du Froment est un Végétal particulier dont De Candolle afait son Uredo Caries. V. UREDO. (B.)

CARIEIRO. BOT. PHAN. Syn. languedocien de Rue commune, Ruta graveolens, L. V. RUE. (B.)

CARIGOUE, CARIGUE OU CARIGUYA. MAM. Dont la première lettre se prononce comme un S. Nom de pays du Sarigue. (B.)

CARIGUEIBEJU. MAM. (Marcgraaff.) Et non Cariqueibeju. Même chose que le Taïra de Buffon. V. ce mot (A. D.. NS.)

CARIL. BOT. PHAN. Pour Karil. V. ce mot.

CARILHA. BOT. PHAN. Pour Carilla. V. ce mot.

CARILLA. BOT. PHAN. Nom d'une espèce de Vitex, peut-être le trifoliata, dans les colonies portugaises de la côte de Malabar. (B.)

* CARILLON. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires du Campanula medium, V. CAMPANULE. (B.)

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CARILLONNEUR. OIS. Espèce dugenre Merle, Turdus tintinnabulatus, L. V. MERLE. (DR.. Z.)

CARIM-CURINI. BOT. PHAN. Syn. malais de Justicia Ecbolium, L. Espèce du genre Carmantine. (B.)

CARIM-GOLA. BOT. PHAN. (Rhéede.) Syn. de Pontederiavaginalis, espèce de Pontéderie de la côte de Malabar. (B.)

CARI-MOULLI. BOT. PHAN. Syn. de Solanum ferox à la côte de Coromandel. (B.)

CARIM-PANA. BOT. PHAN. Syn. malais de Borassus flabelliformis. (B.)

CARIM-TUMBA. BOT. PHAN. Syn. malabare de Cacotumba des Indous, qui est le Nepeta malabarica, L., espèce du genre Cataire. (B.)

CARINAIRE. Carinaria. MOLL. Genre formé par Lamarck, dans sa première édition des Animaux sans vertèbres, et qui, adopté par tous les naturalistes, a été conservé dans la seconde édition de cet excellent ouvrage. On l'y trouve rangé dans l'ordre des Hétéropodes. Ses caractères consistent dans un corps allongé, gélatineux, transparent, terminé postérieurement en queue, et muni d'une ou plusieurs nageoires inégales. Le cœur et les branchies saillans hors du corps, réunis vers la queue et renfermés dans une coquille; tête distincte; deux tentacules; deux yeux; une trompe contractile. Coquille univalve, conique, aplatie sur les côtés, uniloculaire, très-mince, hyaline, à sommet contourné en spirale, et à dos muni quelquefois d'une carène dentée, ayant l'ouverture oblongue et entière.

Nous avons, le premier, dans notre Voyage en quatre îles des mers d'Afrique, fait connaître l'Animal d'une espèce de Carinaire; plus tard, dit le savant Lamarck, Péron et Lesueur ont parlé de l'Animal du même genre: ainsi il n'est pas exact d'attribuer, avec le Dictionnaire de Levrault, la connaissance de l'Animal du genre Carinaire à Péron et Lesueur qui n'en parlèrent que long-temps après que nous l'avions fait connaître par une description et par une figure dont nous garantissons la rigoureuse exactitude. Quoi qu'il en soit, habitués à nous voir ravir ou contester des découvertes que nous avons faites avant qui que ce soit, et que nous avons toujours communiquées, sans réserve et dans l'intérêt de la science, à plus d'une personne qui s'en est donné le mérite, nous mentionnerons les espèces connues du singulier genre qui nous occupe.

CARINAIRE VITRÉE, Carinaria vitrea, Lamk., An. s. vert., t. 7, p. 673; Patella cristata, L.; Argonauta vitrea, Gmel., Syst. Nat., t. 1, p. 3368. Cette Coquille est sans contredit la plus rare de toutes celles qui existent dans les collections; on n'en connaît que deux ou trois individus en Europe, dont le prix est porté jusqu'à trois mille francs. Celui du Muséum d'histoire naturelle de Paris est le plus beau et le mieux conservé. La Carinaire vitrée est extrêmement mince et légère, transparente, conformée en bonnet conique, mais aplatie sur les côtés; sillonnée transversalement et bordée, dans toute sa convexité, par une carène simple et dentée; elle acquiert presque trois pouces de long sur à peu près deux de large. Elle a été trouvée dans les mers de l'archipel de l'Inde, vers Amboine. Son Animal n'a pas été observé.

CARINAIRE FRAGILE, Carinaria fragilis, N. Itin., t. 1, p. 145, pl. 6, f. 4; Lamk., ibid., t. 7, p. 674. Nous avons trouvé cette espèce dans l'Océan, fort loin des côtes, nageant à sa surface; sa transparence était extrême; sa tête dure, teinte en violet; son corps allongé, terminé en une queue relevée, qui était entourée d'une sorte de nageoire pointue, enveloppée d'une tunique lâche et comme hérissée d'aspérités. Les branchies, toujours agitées et rougeâtres, étaient contenues dans la Coquille; celle-ci, d'un peu moins d'un pouce, est extrêmement transparente et se casse aisément. Elle diffère de la précédente, non-seulement par son volume, mais en ce qu'elle n'est

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pas carènée, et qu'elle a de petites stries longitudinales disposées du sommet à la circonférence, ce qui est le contraire de la précédente. On a représenté dans l'Encyclopédie (Coq. T. 464, f. 7), sous le nom que nous avons imposé à notre Animal, une figure qui, par les rapports qu'elle offre avec ce que nous avons vu, nous prouve qu'elle doit être exacte, mais en même temps qu'elle n'appartient pas à la Carinaire que nous avons observée; cette figure appartient à quelque espèce nouvelle. En effet, sa coquille offre une carène longitudinale bien distincte, outre des stries circulaires comme dans la première espèce; une queue non relevée dont la nageoire caudale ne fait pas le tour; une nageoire dorsale ou ventrale, comme on voudra la considérer, bien moins longue que celle de l'Animal que nous avons observé, et qui agitait continuellement la sienne avec une sorte de grâce. Nous proposerions de la nommer Carinaire de Lamarck. Nous avons trouvé la Carinaire fragile dans les hautes mers Atlantiques intertropicales, et nageant à la surface des eaux en un jour où elles étaient calmes et couvertes de Mollusques.

CARINAIRE GONDOLE, Carinaria Cymbium, Lamk., ibid. Sup., p.674; Argonauta Cymbium,, Gmel., Syst. Nat., p. 3368. Cette espèce microscopique habite la Méditerranée. (B.)

CARINARIUS. MOLL. (Denis Montfort.) Pour Carinaria. V. CARI-NAIRE. (B.)

CARINDE. OIS. (Thevet.) Syn. de l'Ara bleu, Psittacus Ararauna, L. V. ARA. (DR.. Z.)

CARINJOTI. BOT. PHAN. V. LOKANDI.

CARINTA-KALI. BOT. PHAN. Syn. malabare de Psychotria herbacea, L. (B.)

CARINTI. Nom indou qui désigne indifféremment l'Uvaria zeylanica et une espèce indéterminée de Momordique. (B.)

CARIOCATACTES. OIS. Pour Caryocatactes. V. ce mot.

* CARIOPSE. Cariopsis. BOT. PHAN. On appelle ainsi, d'après le professeur Richard, un genre de fruits secs et indébiscens, qui sont monospermes, ont le péricarpe très-mince, intimement uni et confondu avec le tégu-ment propre de la graine, dont on ne peut le distinguer à l'époque de la maturité de la graine. Ce fruit est propre à toutes les Plantes de la vaste famille des Graminées, tels que le Blé, l'Orge, le Maïs, etc. Sa forme est très-sujette à varier, mais la structure reste toujours la même. La Cariopse est le même fruit que Mirbel a plus récemment appelé Cérion. Elle se distingue de l'Akène par l'union de son péricarpe avec sa graine, tandis que dans l'Akène, le péricarpe est tout-à-fait distinct du tégument propre de la graine. (A. R.)

* CARIOSSO. BOT. PHAN. Syn. d'Ady. V. ce mot. (B.)

CARIOTÆ. BOT. PHAN. V. CARYOTA.

* CARIPA. BOT. PHAN. Nom de pays du Pirigara d'Aublet, Gustavia de Linné fils. V. ces mots. (B.)

CARIPE. POIS. Espèce indienne du genre Pristipome. V. ce mot. (B.)

CARIPIRA. OIS. Même chose que Caricara. V. ce mot. (B.)

CARIQUEIBEIU. MAM. V. CARI GUEIBEJU.

CARIS. MAM. (Thevet.) Probablement l'Agouti. (A. D.. NS.)

CARIS. Caris. ARACHN. Genre de l'ordre des Trachéennes, famille des Holètres, tribu des Acarides, fondé par Latreille, et ayant, suivant lui, pour caractères: six pieds; palpes et suçoir apparens; corps très-plat, revêtu d'une peau écailleuse. On ne connaît qu'une espèce appartenant à ce genre; elle a été trouvée par Latreille sur le corps d'une Chauve-Souris, et porte le nom de Caris de la Chauve-Souris, Caris Vespertilionis. Sa plus grande

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longueur ne dépasse guère deux lignes. (AUD.)

CARISSA. BOT. PHAN. Genre placé à la fin des Apocinées par Jussieu, dans les Jasminées par Correa, vulgairement nommé Calao par quelques botanistes français, et Calac dans les dictionnaires précédens. Son calice court est à cinq découpures plus ou moins profondes; sa corolle beaucoup plus longue, tubuleuse, un peu élargiesupérieurement, à limbe quinquéfide; cinq étamines s'insèrent au tube qu'elles ne dépassent pas. Le style simple est terminé par un stigmate Simple aussi ou légèrement bifide. Le fruit est une baie séparée en deux loges par une cloison épaissie à son milieu et sur laquelle s'insèrent une ou plusieurs graines comprimées, dont le hile est central, l'embryon à radicule supérieure, logé dans un périsperme charnu.—Ce genre renferme des Arbrisseaux à fleurs disposées en pauicules ou en corymbes, à feuilles opposées sur des rameaux ordinairement dichotomes. Ils sont dépourvus d'épines dans deux espèces décrites par Vahl, les Carissa inermis et mitis, Vahl, Symb. tab. 59, tous deux originaires de l'Inde, à feuilles ovales, cordées, mucronées dans la première, lancéolées dans la seconde. Cinq autres espèces présentent des épines; elles sont opposées au-dessus et en sens contraire des feuilles lancéolées dans le C. spinanim; ces feuilles sont plus grandes et ovales dans le C. carandas, lancéolées et étroites dans le C. salicina; elles sont veinées dans les trois Arbrisseaux précédens qui habitent les Indes-Orientales, et dépourvues de veines dans un autre originaire de l'Arabie-Heureuse, le C. Edulis, qui est l'Antura de Forskalh. Enfin, on a réuni à ce genre celui que Linné appelait Arduina, dont les loges sont monospermes, les épines bifides à leur sommet, et qui croît au cap de Bonne-Espérance. V. Lamk. Illust. t. 118. (A. D. J.)

CARIVE. BOT. PHAN. L'un des vieux noms du Piment selon Pomet. V. ce mot. (B.)

CARI-VILLANDI. BOT. PHAN. Syn. de Smilax indica à la côte de Malabar. (B.)

CARJU. MAM. Syn. finlandais de Verrat. V. PORC. (A. D.. NS.)

* CARLET. POIS. (Gesner.) Pour Carrelet. Espèce du genre Pleurouecle. V. ce mot. (B.)

CARLIN. MAM. Syn. de Doguin, race de Chien. V. ce mot. (A. D.. NS.)

CARLIN. OIS. Même chose que Cardarino et Cardello. V. ces mots.

CARLINE.Carlina. T. L. BOT. PHAN. Synanthérées, Cinarocéphales, Juss.; Syngénésie Polygamie égale, L. Ce genre est ainsi caractérisé: involucre composé de deux sortes de folioles; les extérieures épieuses et découpées, de forme et de couleur analogues à celles des feuilles; les intérieures beaucoup plus longues, luisantes, blanches ou colorées, le plus souvent lancéolées, aiguës, ressemblant aux folioles qui forment les rayons des Elychrysum et d'autres Corymbifères; fleurons hermaphrodites; paillettes membraneuses sur le réceptacle; akènes couronnés d'une aigrette plumeuse et hérissés de poils roux qui forment une sorte d'aigrette extérieure. Le nombre des espèces de Carlines est peu considérable; on n'en a décrit que quinze environ qui sont toutes indigènes des pays montueux de l'Europe, de l'Afrique septentrionale et de la Russie d'Asie; car les C. Atractyloïdes, L. et C. Gorterioïdes, Lamk., qui habitent le cap de Bonne-Espérance, appartiennent au genre Stœbea de Thunberg. Ce sont des Plantes vivaces, herbacées, pour la plupart à très-courte tige et à feuilles pinnatifides et épineuses. Dans les montagnes de l'Europe méridionale, on rencontre souvent la Carline à tige courte, C. subacaulis, L., remarquable par les énormes dimensions de ses fleurs, dont les folioles intérieures de l'involucre sont d'un beau blanc satiné. Les paysans

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mangent, en guise d'Artichaut, son réceptacle, ainsi que celui de la Carline à feuilles d'Acanthe, C. acanthifolia, All. Fl. ped. On fait dériver le nom de Carline de celui de Charlemagne, auquel on prétend qu'un ange la montra au passage des Pyrénées, après le désastre de Roncevaux où les preux de ce prince furent taillés en pièces. L'ange la lui donna comme un remède souverain qui devait tout guérir. Il est probable que la Carline de Charlemagne n'est pas celle des botanistes, ou bien qu'elle a beaucoup perdu de ses vertus vulnéraires. (G.. N.)

* CARLINÉES. Carlineœ. BOT. PHAN. Cassini, dans sa distribution des Synanthérées en tribus, en a établi, sous ce nom, une qui est bien peu distincte des véritables Carduacées, ainsi qu'il l'avoue lui-même en disant que, de tous les caractères qui distinguent cette tribu des Centauriées et des Carduacées, le seul qui soit exempt d'exceptions consiste dans la glabréité parfaite des filets des étamines. Nous doutons qu'un semblable caractère puisse servir à l'établissement d'une tribu naturelle. Voici l'énumération des genres qu'il range parmi les Carlinées: Atractylis, L.; Cardopatium, Juss.; Carlina, Tournef.; Carlowizia, Mœnch.; Chardinia, Desf.; Chuquiraga, Juss.; Cirsellium, Gaertn.; Dicoma, Cass.; Saussurea, D. C; Stœhlina, L.; Stœbea, Thunb.; Turpinia, Bonp.;Heranthemum, Gaertner. (A. R.)

CARLO. OIS. (Knox.) Syn. présumé du Cormoran, Pelecanus Carbo, L. V. CORMORAN. (DR.. Z.)

* CARLOTTE. OIS. (Willugbbi.) Syn. du Courlis de terre, Charadrius Ædicnemus, L. V. ÆDICNÈME. (DR.. Z.)

CARLOWITZIE. BOT. PHAN. Pour Carlowizie. V. ce mot. (A. R.)

CARLOWIZIE. Carlowizia. BOT. PHAN. Mœnch a établi, sous ce nom, un genre dans la famille des Carduacées, tribu des Carlinées de Cassini, Syngénésie Polygamie égale, pour le Cartkamus salicifolius de Linné fils, Arbrisseau originaire de l'île de Madère. Sa tige, haute de trois à quatre pieds, est ornée de feuilles alternes, lancéolées, étroites, dentées et épineuses sur les bords, blanchâtres et cotonneuses à leur face inférieure. Les rameaux se terminent par un capitule solitaire, flosculeux, dont l'involucre semble double; l'extérieur est formé d'une rangée circulaire de grandes bractées étalées, analogues aux feuilles; l'intérieur se compose d'écailles imbriquées, épineuses à leur sommet. Le réceptacle, qui est plane, présente un grand nombre d'alvéoles formées par la soudure des soies dont il est garni. Tous les fleurons sont réguliers, hermaphrodites et fertiles. Le fruit est velu, couronné par une aigrette légèrement plumeuse. Necker avait donné à ce genre le nom d'Athamus; mais le nom deCarlowizia a été adopté par De Candolle et Cassini. (A. R.)

* CARLSFOGEL OU CARLS-VO-GEL. OIS. Syn. de la Gorge-Bleue, Motacilla Suecica, L. en Suède. V. BEC-FIN. (DR.. Z.)

CARLUDOVIQUE. Carludovicia. BOT. PHAN. Genre de Plantes établi par Ruiz et Pavon dans la Flore du Chili et du Pérou, et que l'on désigne plus généralement aujourd'hui sous le nom de Ludovie, Ludovia. V. ce mot. (A. R.)

CARLWM. MAM. L'Hermine selon Desmarest, dans quelques cantons de l'Angleterre. V. MARTE. (A. D.. NS.)

CARMANTINE. BOT. PHAN. Nom donné par plusieurs botanistes francais au genre que Linné avait scientifiquemment désigné sous celui de Justicia. V. ce mot. (B.)

CARMAS. BOT. PHAN. (Daléchamp.) Syn. arabe d'Yeuse, Quercus Ilex, L. V. CHÊNE. (B.)

CARMIN. INS. Nom imposé par Geoffroy (Hist. des Ins., T. II, p. 146) à une espèce de Lépidoptère, qui est le Bombyx Jacobeœ, de Fabricius;

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elle fait maintenant partie du genre Callimorphe. V. ce mot. (AUD.)

* On nomme aussi CARMIN une matière colorante d'un pourpre trèséclatant, que l'on obtient de la Cochenille, par sa décoction dans l'Eau de rivière chargée d'un peu de Soude. Vers la fin de l'ébullition, on verse un peu de dissolution de Sulfate d'Alumine; on filtre et on laisse se déposer le Carmin que l'on recueille par la décantation et que l'on fait sécher à l'ombre. Le Carmin est une des couleurs les plus recherchées pour sa vivacité, et celle qui a servi à faire de curieuses expériences sur la divisibilité de la matière. V. ce mot et NOPAL. (DR..Z.)

* CARMON. POIS. (Lachênaye-des-Bois.) Poisson peu connu des rivières de la Côte-d'Or en Afrique, dont la chair est grasse et bonne à manger. (B.)

CARMONE. Carmona. BOT. PHAN. Genre établi parCavanilles, d'après un Arbrisseau des îles Mariannes (Icon. 438), et rapporté à la famille des Borraginées. Son calice est quinquéparti; sa corolle quinquélobée au-dessus d'un tube court, à la base duquel s'insèrent cinq étamines alternes aux lobes; le style est partagé en deux jusque vers sa base, et terminé par deux stigmates; le fruit est une drupe pisiforme, contenant un noyau à six loges monospermes. Les feuilles du Carmona heterophylla, dont la surface est rude et parsemée de points blanchâtres surmontés d'une soie, sont les unes alternes, les autres fasciculées au-dessus d'un tubercule; ses fleurs sont en grappes axillaires. Outre l'espèce précédente, on doit rapporter à ce genre le Cordia retusa de Vahl (Symb. 2. 42) qui croît dans les Indes- Orientales. (A. D. J.)

CARMONEA. BOT. PHAN. (Persoon.) Syn. de Carmona. V. CARMONE. (A. D. J.)

CARNABADIUM. BOT. PHAN. (C. Bauhin.) L'un des noms anciens du Cumin. (B.)

CARNABIOOU OU CORNOBIOOU. BOT. PHAN. Noms vulgaires du Lathyrus Aphaca, L. en Languedoc. V. GESSE. (B.)

CARNASSIERS. MAM. Nom d'un ordre de Mammifères, encore plus caractérisé par la figure de ses organes digestifs que par son genre de vie qui n'est pas exclusivement ni nécessairement carnivore, comme le nom le pourrait faire croire.

Les attributs généraux de la forme d'organisation des Carnassiers sont: l° le raccourcissement de l'intestin; 2° la grandeur et l'acuité des dents canines, et la figure tranchante ou hérissée de pointes des dents molaires; 3° la brièveté des mâchoires et surtout de l'inférieure, dont l'articulation condyloïdienne, serrée en charnière transversale, ne permet que des mouvemens angulaires dans le sens vertical; 4° la double convexité de l'arcade zygomatique du temporal et la dépression du pariétal vers l'axe de la tête, pour donner assez d'espace à l'insertion des muscles temporomaxillaires, dont le volume croît avec la carnivorité. Car, vu le raccourcissement des maxillaires et l'application de la force entre la résistance et le point d'appui, l'énergie musculaire est tout entière employée au serrement des mâchoires qui se croisent comme des branches de ciseaux.

Nous ne mettons pas les ongles parmi les caractères de la carnivorité; car leur force et leur grandeur sont supérieures chez la plupart des Edentés, dont l'organisation est précisément inverse de celle des Carnassiers, surtout sous le rapport de la figure des mâchoires, des dents, etc. Or, d'après la loi de Cuvier sur les co-existences, une forme des principaux organes digestifs en nécessite certaines autres, et en exclut d'également déterminées: l'on voit donc quelles diversités de structure dans l'ensemble de l'Animal entraînent l'absence de l'une ou de toutes les sortes de dents. Il n'y a qu'un genre de Carnassiers où la figure particulière des on-

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gles et des phalanges unguinales devienne un caractère autant physiologique que zoologique. V. CHAT.

Le degré de chacun de ces quatre caractères anatomiques et leur combinaison plus ou moins complète déterminent le degré de carnivorité, lequel répond à celui de la férocité. Il ne faut pas néanmoins attacher à ce mot de férocité l'idée d'une nécessité de meurtre fatale et irrésistible. L'instinct du meurtre naît du sentiment de la faim. On en supprime les effets en en prévenant le besoin d'une manière continue; car la nécessité du meurtre tenant à celle des provisions, si l'approvisionnement attend et devance la faim, l'instinct meurtrier n'a plus de cause et cesse de se produire; et comme à son tour l'habitude d'un état en perpétue la disposition, surtout quand l'influence persévère, l'exemption constante de la faim, l'expérience soutenue des bons traitemens qui dissipent la défiance, la reconnaissance des soins reçus, enfin le goût du repos qui appelle tous les Animaux, finissent par apprivoiser tes plus féroces des Carnassiers, autant que nos Animaux domestiques. Tout ce qu'on a dit de l'indomptable férocité des Tigres, des Hyènes, est imaginaire. Les dents molaires à surfaces hérissées de pointes ou bien tranchantes sur leur longueur, déterminent parmi les Carnassiers la division en Carnassiers ordinaires et en Insectivores.

Parmi les Carnassiers ordinaires, il en est où la figure des molaires ne présente qu'un tranchant obtus et incomplet sur une surface tuberculeuse: ceux-là ont un régime qui, selon la nécessité, est animal ou végétal. Tels soutles Ours, Blaireaux, etc.

Les sens les plus développés des Carnassiers, sont en général l'ouïe et l'odorat, puis la vue. Le goùt paraît ne l'être guère, surtout dans les Chats, dont la langue est hérissée de pointes. Les moustaches de la plupart sont leurs seuls organes de toucher. Les nerfs, qui viennent se terminer dans le bulbe de ces poils, ont une prédominence de volume remarquable dans les Chats, les Phoques, etc.

Il y a des Carnassiers, dont les membres sont organisés pour voler, V. CHEIROPTÈRES; d'autres pour nager et plonger, V. LOUTRES, PHOQUES, etc.; d'autres enfin pour fouir et vivre sous terre, V. TAUPE, SCALOPE, etc.: cette diversité de sphères d'existence ne se retrouve pas chez les Pachydermes et les Ruminans.

La distribution géographique des Carnassiers montre qu'il n'y a aucun rapport entre la carnivorite et le climat. Les diverses espèces des genres les plus carnivores se trouvent depuis l'équateur jusqu'aux Pôles. La chaleur ou le froid n'influent donc pas plus sur le tempérament à l'égard de l'appétit nutritif qu'à l'égard de l'ardeur de l'amour. (A. D.. NS.)

Cuvier (Règne Animal, T. I), qui a fait de l'ordre des Carnassiers le troisième de sa Méthode, les divise en quatre familles, dans lesquelles sont répartis quinze genres, savoir: Ire Famille. CHEIROPTÈRES, Chauve-Souris et Galéopithèques. 2e Famille. INSECTIVORES, Hérisson, Musaraigne, Tenrec et Taupe. 3e Section. CARNIVORES, Ours, Martes, Chiens, Civettes, Hyènes, Chats, Phoques et Morses. 4e Section. MARSUPIAUX, Didelphes. V. tous ces mots. (B.)

CARNASSIERS. Adephagi. INS. Première famille de la section des Pentamères, ordre des Coléoptères (Règn. Anim. de Cuv.), adoptée, soit comme famille, soit comme tribu, par le plus grand nombre des entomologistes. Duméril en fait une famille désignée sous le nom de Carnassiers ou de Créophages. Latreille (Gener. Crust. et Ins. et Consid. génér.) l'érige en tribu qu'il nomme Entomophages. Ses caractères essentiels sont: deux palpes à chaque mâchoire ou six en tout; portion supérieure des mâchoires écailleuse, crochue ou onguiculée à son extrémité. Les Insectes de cette famille naturelle sont essentiellement mangeurs de chair. Ils font la chasse aux autres

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Insectes, et semblent accorder la préférence à une proie vivante. Leurs antennes sont simples et presque toujours filiformes ou sétacées; les mandibules sont fortes; les mâchoires ont leur côté interne garni de cils ou de petites épines; le menton est grand, corné, presque demi-circulaire, profondément échancré, et ayant fort souvent une petite dent au milieu du bord supérieur; il reçoit dans le fond de l'échancrure une languette cornée ou coriace dont l'extrémité supérieure paraît dans le plus grand nombre bifide, ce qui est dû à deux prolongemens ou paraglos, membraneux, petits, étroits, allant en pointe. Les deux pieds antérieurs, insérés sur les côtés d'un sternum étroit et portés sur une grande rotule, offrent des tarses souvent dilatés dans les mâles; les deux pates postérieures ont un fort trochanter; la rotule des hanches du métathorax est, dans la plupart, grande, fixe, et se confond même avec la poitrine par sa soudure avec le bord postérieur du sternum et avec les flancs. Lesélytres, toujours très-consistantes, recouvrent en totalité ou en partie l'abdomen; les ailes membraneuses manquent dans plusieurs; lorsqu'elles existent, on remarque deux cellules ou areoles arrondies près de leur coude.

Les Insectes Carnassiers ont toujours, suivant Cuvier (Règn. Anim. T. III, p. 176), un premier estomac court et charnu, un second allongé, comme velu à l'extérieur à cause des nombreux vaisseaux dont il est garni; un intestin court et grêle; des vaisseaux hépatiques, au nombre de quatre, s'insérant près du pylore. Léon Dufour a beaucoup ajouté à la connaissance anatomique de ces parties. V. les tribus désignées sous les noms de Cicindelètes, Carabiques et Hydrocanthares.

Les larves soul tout aussi voraces que les Insectes parfaits; plusieurs restent sédentaires dans leurs retraites et y attendent leur proie. D'autres, plus agiles, la recherchent activement. On remarque d'ailleurs entre elles de très-grandes différences suivant les genres. En général leur corps est allongé, cylindrique, composé de douze anneaux, non compris la tête: celle-ci, grande et de consistance cornée, supporte deux antennes coniques et très-courtes, et deui yeux lisses, composés de petits grains au nombre de six de chaque côté; la bouche est pourvue de fortes mandibules recourbées à leur sommet, de deux mâchoires supportant chacune un palpe, et d'une sorte de lèvre ou languette munie aussi de deux petits appendices palpiformes; le segment qui suit la tête est recouvert d'une plaque solide, et le dernier se termine souvent par des prolongemens. Les pates, au nombre de six, sont insérées par paires au premier, au second et au troisième anneau du corps.

Cette famille peut être partagée en deux sections, les Carnassiers terrestres et les Carnassiers aquatiques.

Les CARNASSIERS TERRESTRES ont des pieds uniquement propres à la course, rapprochés jusqu'à égale distance les uns des autres à leur origine; les hanches postérieures sont écartées entre elles jusque près de leur naissance avec la rotule beaucoup moins étendue que dans les Carnassiers aquatiques, et très-distincte de la poitrine du métathorax. Le corps est ordinairement oblong avec les yeux saillans et les mandibules très-découvertes; les mâchoires sont encore droites au-delà de la naissance des palpes, et ne sont arquées qu'à leur sommet; le diamètre transversal du prothorax ne surpasse jamais de beaucoup le diamètre longitudinal. D'après Cuvier (loe. cit.), leur intestin se termine par un cloaque élargi, muni de deux petits sacs qui séparent une humeur acre. V. encore les recherches de Léon Dufour au mot CARABIQUES.

Ils se divisent en deux tribus, celle des Cicindelètes et celle des Carabiques. V. ces mots.

Les CARNASSIERS AQUATIQUES ont

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des pieds propres à la course et à la natation; les quatre derniers sont comprimés, ciliés ou en forme de lame; les hanches postérieures ont leur rotule très-étendue, confondue avec la poitrine de l'anneau thoracique qui les supporte; le corps est toujours ovale avec les yeux peu saillans; les mandibules sont presque entièrement recouvertes, et le crochet qui termine les mâchoires est arqué dès sa base; le diamètre transversal du prothorax l'emporte toujours sur le diamètre opposé.

Ils constituent une seule tribu désignée sous le nom d'Hydrocanthares. V. ce mot. (AUD.)

CARNAUBA. BOT. PHAN. Palmier du Brésil peu connu, qui donne de la cire, et pourrait bien être le Céroxyle d'Humboldt et Bonpland. V. CÉROXYLE. (B.)

CARNAVATEPY. BOT. PHAN. Bois de Surinam employé dans la construction. L'Arbre qui le produit n'est pas connu. (B.)

* CARNÉ. BOT. CRYPT. Grand et petit. Nom barbare donné par Paulet à deux Agarics couleur de chair, de sa division des Mamelons carnés? (B.)

* CARNELLA. BOT. CRYPT. L'un des noms du Peziza auricula en Italie. V. PEZIZE. (B.)

* CARNERO. MAM. Nom du Mouton chez les Espagnols qui étendirent quelquefois sa signification jusqu'au Lama, dans l'Amérique meridionale. (B.)

CARNILLET. BOT. PHAN. Nom vulgaire du Cucubalus Behen, L. V. CUCUBALE. (B.)

CARNIVORES. ZOOL. Épithète de tout Animal qui se nourrit principalement de chair. Il y a des Carnivores dans toutes les classes du Règne Animal, excepté peut-être les Radiaires.

Dans les Vertébrés, les Mollusques, les Crustacés et les Insectes, la condition d'organisation la plus générale qui nécessite la carnivorité, c'est la brièveté relative de l'intestin et la prédominance co-existante du foie et des glandes accessoires, qui foùrnissent les humeurs dissolvantes de la chair. Dans toutes les espèces carnivores de Vertébrés, les dents plus ou moins pointues et tranchantes, et parmi les Oiseaux, les becs crochus, ne servent pas à une mastication réelle, mais au meurtre et au déchirement de la proie, dont les lambeaux ou même la masse entière, selon le volume, arrivent tout d'une pièce dans l'estomac. Nous avons trouvé souvent jusqu'à trois Goujons entiers, dont le poli des écailles n'était pas encore altéré, dans l'estomac d'une Lotte ou d'un Brochet. Il est bien évident que, dans ce cas, la digestion est la fonction d'un seul facteur, savoir, la dissolution chimique de ces Poissons par l'estomac qui, comme celui de tous les Carnivores vertébrés, est entièrement membraneux.

Chez les Insectes, la carnivorité n'existe quelquefois que pendant un seul des états amenés par les méta morphoses, et selon que cet état est secondaire ou définitif, l'intestin subit des allongemens ou des raccourcissemens consécutifs, correspondans.

Cuvier (Règne Anim. T. I) restreint le nom de Carnivores à la troisième famille de l'ordre des Carnassiers. Cette famille est encore divisée en trois tribus: celle des Plantigrades où se rangent les Ours, les Ratons, les Caotis, le Kinkajous, les Blaireaux et les Gloutons; celle des Digitigrades qui contient les Martes, les Mouffettes, les Loutres, les Chiens, les Civettes les Hyènes et les Chats; celle des Amphibies qui sont les Phoques et le Morse. V. tous ces mots. (B.)

* CARNUB. BOT. PHAN. L'un des noms orientaux du Caroubier. V. ce mot. (B.)

CARNUMI. MOLL. Syn. D'Ascidio rustique sur quelques côtes d'Italie. (F.)

CARO. BOT. PHAN. Nom indou de l'Arbre qui produit la Noix vomique, Strychnos Nux-vomica, L., et syn italien de Carvi. V. ces mots. (B.)

* CAROBA. BOT. PHAN. Méme

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chose qu'Algarova et Carobe. V. ces mots. (B.)

CAROBARIA. BOT. PHAN. Syn. de Cercis siliquastrum, L. V. GAINIER. (B.)

CAROBE, CAROBO, CAROBOLE, CARRUBIA. BOT. PHAN. Syn. de Caroubier et de Caroube dans divers cantons d'Espagne et d'Italie. (B.)

* CAROBIN. BOT. PHAN. L'un des noms italiens du Carvi. V. ce mot. (B.)

* CAROBO. BOT. PHAN. V. CAROBE.

* CAROBOLA. BOT. PHAN. Même chose que Carobaria. V. ce mot. (B.)

* CAROBOLE. BOT. PHAN. V. CAROBE.

CAROCHUPA. MAM. Syn. de Sarigue. (A. D.. NS.)

CAROCOLLE. Carocollus. MOLL. Genre de Coquille univalve, formé par Denis Montfort et adopté par Lamarck (An. s. vert. éd. 2, T. VI. part 2, p. 94) aux dépens du grand genre Hélice de Linné, devenu, à peu près, cette famille des Colimacées qui, dans la seconde section de l'ordre des Trachélipodes, contient de nombreuses espèces dont beaucoup se trouvent dans nos climats. Les caractères du genre Carocolle sont: coquille orbiculaire, plus ou moins convexe et conoïde en dessus; à pourtours anguleux et tranchans; ouverture plus large que longue, contiguë à l'axe de la coquille; à bord droit subanguleux, souvent denté en dessous. Lamarck convient que ce genre n'est pas aussi tranché que beaucoup d'autres, mais qu'il devient nécessaire pour établir une division de, plus parmi des Coquilles qui se ressemblent, et dont le nombre très-considérable causerait une certaine confusion, si l'on n'y établissait des coupes. Les Helix albella, elegans et Lapicida, L. du midi de la France, la Coquille qu'on nomme vulgairement le Labyrinthe, et la Lampe antique, Helix albilabris, L., des Antilles, sont les principales espèces du genre qui nous occupe. V. HÉLICE.

Le genre Caprinus de Montfort doit y demeurer confondu. (B.)

CAROLI. OIS. Syn, milanais du Courlis, Scolopax arcuata, L. V. COURLIS. (DR.. Z.)

CAROLIN OU CAROLINE. POIS. Trigla Carolina et Argentina Carolina, espèces des genres Trigle et Argentine. V. ces mots. (B.)

CAROLINE. INS. Nom donné par Geoffroy (Hist. des Ins. t. 2. p. 228) à une espèce de Libellule, Libellula forcipata, L., qui a été rangée par Fabricius dans le genre Æshne. V. ce mot. (AUD.)

CAROLINÉE. Carolinea. BOT. PHAN. (Linné fils.)Syn de Pachira. V. ce mot.

* CAROMOELLI. BOT. PHAN. V. COUROU-MOELLI.

CARONCULE. ZOOL. Excroissance charnue et membraneuse, plus ou moins colorée, qui, dans les Oiseaux, entoure ordinairement la base du bec et s'étend plus ou moins au-delà de cet organe. Vieillot a donné le nom de Caronculés à des Oiseaux de sa tribu des Anisodactyles portant une Caroncule à la tête ou à la mandibule inférieure, et qu'il a réunis en famille dans l'ordre des Oiseaux sylvains. Il est dans d'autres Animaux des parties qui portent aussi le nom de Caroncules. Dans la femelle de l'Homme, celles qui sont particulièrement indiquées sous le nom de myrtiformes (en feuilles de myrte) sont les débris d'une membrane dont plusieurs anatomistes ont contesté l'existence. V. GÉNÉRATION (organes de la). (B.)

CARONCULE. BOT. PHAN. On a donné ce nom à un petit corps charnu, de forme et de grandeur variables, situé au contour du hile de certaines graines, comme dans le Ricin, le Cheirostemon, la Fève, etc. Ce corps ne nous paraît pas distinct de l'Arille. V. ce mot. (A. R.)

CARONGULÉ. OIS. (Sonnini.)Syn.

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de Sturnus carunculatus, Lath. V. PHILÉDON. (DR.. Z.)

CARONCULÉS. OIS. V. CARONCULE.

CARONDI. OIS. Syn. de Perroquet dans l'Inde. (DR.. Z.)

CARO-NERVALON OU CARONER-VOLOÉ. BOT. PHAN. Chez les Indous, méme chose qu'Appel. V. ce mot. (B.)

CARONOSI. BOT. PHAN. Nom vulgaire de pays d'une Gratiole de l'Inde. (B.)

CAROPÌ. BOT. PHAN. (Camelli.) Même chose, à ce que l'on croit, que la Plante mentionnée par Dioscoride, sous le nom d'Amomum. (B.)

* CARO-PICOS. BOT. PHAN. Même chose que Caa-Pomanga. V. ce mot. (B.)

* CAROS. BOT. PHAN. Vieux nom du Carvi. V. ce mot. (B.)

CAROSA. MOLL. (Bonnani.) Syn. napolitain de Murex trunculus, Coquille qui appartient au genre Pourpre. (B.)

CAROTIDE. ZOOL. V. CAROTIDIEN.

* CAROTIDES OU CAROTTIDES. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. de Datte. V. ce mot. (B.)

* CAROTIDIEN. MAM. Canal du crâne, par lequel l'artère Carotide interne pénètre vers le cerveau; accompagné du nerf grand sympathique. Il est beaucoup plus court dans ceux des Mammifères qui en sont munis que dans l'Homme et les Singes. Les Rongeurs, l'Hippopotame et les Oiseaux ne présentent pas ce canal. (P. D.)

* CAROTOGO-MONOCENERI. BOT. PHAN. (Aublet.) Syn. de Besleria coccinea à la Guiane. (B.)

* CAROTTA. BOT. PHAN. (Gouan.) Syn. de Panais dans les environs de Montpellier. (B.)

CAROTTE. MOLL. Espèce du genre Cône. (B.)

CAROTTE. Daucus. BOT. PHAN. Ombellifères, Juss. Pentandrie Digynie, L. En adoptant ce genre établi par Tournefort, Linné y avait introduit des Plantes qui ne concordaient pas avec lui par un des caractères principaux; c'est pourquoi Lamarck, dans l'Encyclopédie, a réuni au genre Ammi les Daucus à fruits lisses de Linné, et réciproquement il a placé dans les Daucus les Ammis de Linné, dont les fruits sont hérissés. Sprengel, qui a fait un travail récent sur les Ombellifères (in Rœmer et Schultes, Syst. Veget., v. 6), paraît s'être conformé à cette idée; bien plus, il a beaucoup éloigné les deux genres en question, car il place les Daucus dans sa tribu des Caucalinées, tandis que le genre Ammi est le type des Amminées. Sans nous arrêter à examiner la justesse de la distribution de notre genre d'Ombellifères par Sprengel, nous allons exposer les caractères qu'il lui a assignés, en ajoutant ceux que l'on y observe constamment, et qui servent à mieux le faire connaître collerette générale, pinnatifide, chacune des folioles profondément découpée; fleurs de la circonférence plus grandes que les autres, par suite de l'avortement des organes sexuels; fleurs du centre aussi avortées, mais non grossies et le plus souvent colorées; cinq pétales pliés en cœur et cinq étamines alternes à anthères simples; akène ovale, hérissée de poils ou de piquans assez roides. Lei pédoncules des fleurs extérieures s' allongent après la floraison, tandis que ceux du centre restent les mêmes, ce qui donne à l'Ombelle générale une forme serrée et arrondie. En fixant ainsi les caractères du genre Daucus, nous n'adoptons pas le genre Platyspermum d'Hoffmann, formé seulement D. muricatus, L.—On connaît une quinzaine de Carottes qui habitent presque toutes le bassin de la Méditerranée, et particulièrement les côtes d'Afrique. Elles sont aromatiques, comme la plupart des Ombellifères; mais quelques espèces contiennent le principe odorant en telle quantité qu'on l'extrait par incision, sous forme de gomme-résine; tel est le D. gummifer, Lamk. Une des racines potagères les plus saines et les plus agréables, est celle du D. Carotta, L. Cette Plan-

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te, à l'état sauvage, est tres-commune en France; cultivée, elle donne des racines coniques d'une grosseur considérable, qui sont alors tellement riches en sucre, qu'on a proposé de l'en extraire, à l'instar du sucre de Betterave. (G.. N.)

CAROTTIDES. BOT. PHAN. V. CAROTIDES.

CAROTTOLE. BOT. PHAN. Syn. italien de Betterave. V. BETTE. (A. R.)

CAROUBE. BOT. PHAN Le fruit du Caroubier. V. ce mot. (G.. N.)

CAROUBIER OU CAROUGE. Ceratonia. BOT. PHAN. Une seule espèce, Ceratonia siliqua, L. constitue ce genre de la famille des Légumineuses et de la Diœcie Hexandrie, L. C'est un Arbre assez intéressant, tant sous le rapport de la singulière structure de ses organes reproducteurs, que parce qu'il est indigène du midi de l'Europe, pour mériter ici une courte description: ses rameaux, qui s'élèvent jusqu'à dix mètres, sont disposés en tête arrondie comme ceux du Pommier. Ils portent des feuilles ailées sans impaires, persistantes, composées de six à dix folioles dures, presque rondes, entières, luisantes en dessus, et un peu pâles en dessous. Les fleurs naissent sur de petites branches axilla ires où elles y sont presque sessiles, et forment une grappe simple. Elles ont un calice rouge, très-petit, à cinq divisions inégales, devant lesquelles les étamines, au nombre de cinq à sept, sont insérées; les filets de celles-ci sont distincts et saillans hors de la fleur qui est entièrement dépourvue de corolle. Dans la plupart des fleurs, l'ovaire avorte, ce qui a fait placer ce genre dans la Diœcie du système sexuel. Lorsqu'il n'y a point d'avortement, un disque charnu stamini-fère entoure l'ovaire auquel succède une gousse longue, comprimée, coriace et indéhiscente, renfermant des semences dures et lisses, nichées dans une matière pulpeuse. L'aspect de cet Arbre est très-analogue à celui des Pistachiers et de certaines Térébinthacées; il s'éloigne un peu des Légumineuses ordinaires par la structure de sa fleur, mais l'organisation de son fruit le rapproche beaucoup de quelques Légumineuses exotiques, et notamment du Tamarinier. En Espagne et en Provence ses gousses pulpeuses et douceâtres servent d'aliment aux bestiaux, et quelquefois même aux pauvres dans les temps de disette. Son bois, connu vulgairement sous le nom de Carouge, est employé avec avantage dans les arts à cause de sa dureté. (G.. N.)

* CAROUBIER DE LA GUIANE. BOT. PHAN. (Stedman.) Même chose que Caouroubali. V. ce mot. (B.)

CAROUCHA. INS. Syn. espagnol de Carabe. V. ce mot. (AUD.)

CAROU-COUACA. BOT. PHAN. (Surian.) Syn. de Clusia rosea. V. CLUSIE.

CAROUGE. OIS. Genre établi par Lacépède qui le premier a effectué oette séparation déjà indiquée par Brisson dans le genre Troupiale. Il a depuis été adopté par Vieillot et Cuvier. Le seul caractère qui distingue les deux genres consiste dans la courbure du bec, et comme la limite de cette courbure est quelquefois si peu tranchée qu'il en résulte de grandes incertitudes, il est plus avantageux pour les méthodistes de laisser les Carouges réunis aux Troupiales. V. ce mot. (DR.. Z.)

CAROUGE. BOT. PHAN. V. CAROUBIER.

CAROUGE-A-MIEL. BOT. PHAN. Syn. de Gleditsia triacanthos dans l'Amérique du nord. V. GLEDITSIA. (B.)

* CAROULA. REPT. OPHID. (Lachesnaye-des-Bois.) Petit Serpent de deux pieds de longueur, fort venimeux, et qui se cache dans les toits à Ceylan. On ne peut le déterminer sur de telles indications. (B.)

* CAROUMBOU. BOT. PHAN. (Commerson.) Syn. de Canne à sucre en quelques parties de la côte de Malabar. (B.)

CAROU-MOELLI BOT. PHAN. pour Courou-Mœlli. V. ce mot.

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* CAROU-NETCHOULI. BOT. PHAN. Et non Notchouli. Syn. de Justicia Gandarussa, belle espèce de Carmantine à la côte de Coromandel. (B.)

CAROUSSE. POIS. (Sonnini.) Nom Vulgaire dans la Méditerranée du Perca Labrax, espèce du genre Perche. V. ce mot. (B.)

CAROXILE ET CAROXILON. BOT. PHAN. Pour Caroxylum. V. ce mot. (A. D. J.)

CAROXYLUM. BOT. PHAN. Thunberg nommait ainsi un Arbre du cap de Bonne-Espérance dont la tige atteint la taille d'un homme à peu près, et est presque entièrement dépourvue de feuilles. On l'a réuni au genre Soude, sous le nom de Salsola aphylla V. SOUDE. (A. D. J.)

CARPADÈLE. BOT. PHAN. Desvaux donne ce nom aux fruits des Ombellifères. V. ce mot. (B.)

CARPÆ. BOT. PHAN. De Carpinus latin. Bosc donne ce nom comme syn, de Charme en espagnol et en portugais. (B.)

CARPAIS. ARACHN. Latreille (Précis des caractères génériques des Insectes) avait désigné sous ce nom un genre d'Arachnides trachéennes comprenant plusieurs petits Animaux parasites, et qu'il a depuis remplacé par celui de Gamase. V. ce mot. (AUD.)

* CARPANTHE. Carpanthus. BOT. CRYPT. (Hydropterides ou Rhizospermes.) Raffinesque propose l'établissement de ce genre, dont une Plante voisine des Salvinies, qui croît aux bords des ruisseaux de Pecsylvanic et de New-Jersey, serait le type. Cette Cryptogame, qu'il nomme Carpanthe axillaire, a pour Caractères: nue capsule solitaire, globuleuse, axillaire, uniloculaire, s'ouvrant à la maturité en quatre demi-valves obtuses, et contenant quatre graines lenticulaires. Ses feuilles sont opposées, sessiles, oblongues, et ayant leurs nervures peu saillantes. Raffinesque, prenant son genre nouveau pour type d'une famille, propose de substituer le nom de Carpanthées à ceux par lesquels on a désigné les fausses Fougères Rhizospermes, V. RHIZOSPERMES. (B.)

CARPAS. BOT. PHAN. (Cœsalpin.) Même chose que Capas. V. ce mot. (B.)

* CARPASIUM OU CARPASUM. BOT. PHAN Plante indéterminée mentionnée par les anciens et par leurs: commentateurs comme fort vénéneuse, et qu'on a quelquefois confondue avec le Carpesium. V. ce mot. (B.)

CARPATA. BOT. PHAN. (Lémery.) Espèce de Jatropha. (Adanson.) Syn. de Ricin. V. ces mots. (B.)

CARPATHOS OU CARPATON. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. de Lonicera Periclymenum, L. V. CHÈVREFEUILLE. (B.)

CARPE. ZOOL. V. Os.

CARPE. POIS. Espèce à peu près la plus connue du genre Cyprin. V. ce mot. On a donné ce nom avec diverses épithètes à d'autres espèces du même genre ou de genre différent; ainsi l'on a appelé:

CARPE DE BUGGENHAGEN, une espèce d'Able. V. ce mot.

CARPE A CUIR, le Cyprinus Rex-Cyprinorum.

CARPE DORÉE, le Cyprin doré de la Chine.

CARPE DE MER, la Vieille, Labrus Vetula, L.

CARPE A MIROIR, le Cyprinus Rex-Cyprinorum.

CARPE DU NIL, un Labéon.

CARPE PIQUANTE, le Pigo, Cyprin des lacs d'Italie.

CARPE ROUGEATRE, le Leuciscusrutilus, espèce d'Able.

CARPE SPéCULAIRE ou REINE DES CARPES, le Cyprinus Rex-Cyprinorum.

D'anciens voyageurs appellent Carpes, des Poissons d'eau douce trouvés dans des régions lointaines, et qui peuvent bien être des Cyprins, mais qui ne sont probablement pas la même chose que nos Carpes. (B.)

CARPE DE TERRE. MAM. L'un des noms vicieux du Pangolin, dans quelques vieilles relations. (B.)

CARPEAU, POIS. Ce nom qui désignait originairement une petite Carpe

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jeune, est devenu celui d'une variété accidentelle de ce Poisson qu'on trouve dans le Rhône et dans la Saône, et qui ayant, dans sa jeunesse, éprouvé une castration naturelle, offre aux friands un mets fort délicat. On a encore appelé Carpeau, en Amérique, le Salmo Cyprinoides, L., espèce de Curimate de Cuvier. (B.)

* CARPENTERO. OIS. V. CARPINTERO.

CARPESIUM. BOT. PHAN. Corymbifères, Juss.; tribu des Inulées de Cassini; Syngenesie Polygamie superflue, L. L'involucre est composé de folioles imbriquées, les extérieures foliacées et appendiculées, les intermédiaires acuminées, réfléchies au sommet, les intérieures membraneuses, blanchâtres, obtuses, crénelées. Le réceptacle est nu. Il ne porte que des fleurons quinquefides et hermaphrodites dans le centre, rétrécis, quinquedentés et femelles dans le rayon, tous fertiles. Les akènes sont surmontés d'un pedicelle sans aigrette. —On connaît deux espèces de ce genre: ce sont des Plantes herbacées à feuilles alternes et dentées, à fleurs solitaires, terminales dans le Carpesium cernuum qui croît dans le midi de la France, axillaires dans le C. Abrotanoides, indigène de la Chine. V. Gaert. tab. 164, et Lamarck, Illustr. tab. 696. (A. D. J.)

Les anciens donnaient ce nom de CARPESIUM au Valeriana dioica selon Matthiole, au Valeriana Phu selon C. Bauhin, et même au Piment. Dans Galien, il désigne les fruits d'un Myrte. (B.)

CARPET. POIS. Espèce du genre Baliste imparfaitement observée, qu'on dit être de la forme d'une Carpe et se trouver dans le fleuve de Sénégal. (B.)

* CARPETTE. POIS. L'un des noms vulgaires que portent les jeunes Carpes. (B.)

CARPHA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Cypéracées, établi par Banks et Solander sur une Plante de la Terre-de-Feu, et publié avec les caractères suivans, par R. Brown, dans son Prodrome de la Flore de la Nouvelle- Hollande: épiet uniflore, à écailles presque distiques, les inférieures vides; soies hypogynes égales aux 3–6 écailles florifères, plumeuses ou capillaires; style subulé, non articulé avec l'ovaires 3 ou 2 stigmates. Noix prismatique terminée en pointe à cause de la persistance du style. —R. Brown partage ce genre en deux sections: la première comprend, outre la Plante de Banks et Solander, deux espèces de la Nouvelle-Hollande, elle est caractérisée par sou épiet distique, sa noix a trois angles bien prononcés et ses soies plumeuses. Dans la deuxième section, composée aussi de trois espèces originaires de la Nouvelle-Hollande, on trouve les épiets subulés, le style bifide et la noix cylindracée. Sans le doute qui paraît exister dans l'esprit de R. Brown sur l'existence de ces derniers caractères, il y a tout lieu de croire que la seconde section aurait formé un genre particulier. Les Carpha tiennent le milieu entre les genres Rhynchospora et Chœtospora, dont elles ont entièrement l'aspect. (G..N.)

CARPHALE. Carphalea. BOT. PHAN. Genre de la famille des Rubiacées. Il a pour caractères: un calice turbiné, à quatre divisions oblongues, spatulées, scarieuses; une corolle dont le tube est long et filiforme, la gorge élargie, intérieurement velue, le limbe découpé en quatre lobes étroits; quatre anthères presque sessiles et oblongues insérées vers la gorge; un seul stigmate; une capsule couronnée par les lobes du calice persistant, à deux loges polyspermes, s'ouvrant en dedans en deux valves, auxquelles est opposée la cloison médiane qui se sépare ellemême en deux. On en connaît une seule espèce, le Carphalea corymbosa, Arbrisseau de Madagascar, à feuilles opposées dont la forme rappelle celle des feuilles d'Hyssope, à fleurs disposées en corymbes terminaux. V. Lamk., Illustr. tab. 59. Ne pourraiton pas réunir à ce genre la Plante figurée par Cavanilles (Icon., 572,

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fig. I), sous le nom d'Ægynetia longiflora? (A. D. J.)

* CARPHEOTUM. BOT. PHAN. (Pline.) Encens très-pur et très-blanc qui coulait pendant l'été de l'écorce d'un Arbre inconnu. Celui qu'on recueillaiten hiver se nommait Dathiatum. (B.)

* CARPHOS. BOT. PHAN. (Pline.) Syn. de Trigonella Fœnumgrœcum, L. Espèce du genre Trigonelle. V. ce mot. (B.)

CARPIGNA. BOT. PHAN. La Plante désignée sous ce nom par Cœsalpin serait la Clandestine, espèce du genre Lathræe selon le Dictionnaire de Déterville, et l'Arachide suivant celui de Levrault. (B.)

* CARPILLON. POIS. L'un des noms vulgaires de la jeune Carpe. (B.)

CARPINELLA ET CARPINONERO. BOT. PHAN. Syn. italiens de Carpinus Ostrya, L. V. CHARME. (B.)

CARPINTERO. OIS. Et non Carpentero. Syn. de la plupart des Pics qui ont l'habitude d'entailler et de percer le bois avec leur bec; l'un d'eux désigne particulièrement le Pic noir à bec blanc, Piccus principalis, L. V. PIC. (DR.. Z.)

CARPION. Carpio. POIS. Espèce du genre Saumon. V. ce mot. (B.)

CARPOBALSAME. Carpobalsamum. BOT. PHAN. C'est un fruit et non un Arbre; on le trouve encore dans quelques pharmacies; il paraît être celui d'un Arbre du genre Amyris. V. ce mot au supplément. (B.)

CARPOBLEPTA. BOT. PHAN. (Hydrophytes.) Stackhouse, dans la nouvelle édition de sa Néréïde Britannique, propose ce genre pour le Fucus tuberculatus de Linné: Il constitue la onzième section de notre genre Fucus, et n'a pas été adopté par les naturalistes. (LAM.. X.)

CARPOBOLE. Carpobolus. BOT. CRYPT. (Lycoperdacées.) Ce genre, créé par Micheli qui l'a parfaitement figuré tab. 101 de ses Nova Genera Plantarum, a été ensuite réuni par Linné aux Lycoperdons, dont il diffère cependant beaucoup. Depuis, Tode l'a rétabli comme genre sous le nom de Sphœrobolus. Quoique ce dernier nom ait été adopté par'la plupart des botanistes, nous croyons, comme Willdenow, devoir conserver le nom le plus ancien. Ce genre présente un péridium double, globuleux; l'extérieur coriace se divise en six ou huit dents assez profondes; l'intérieur membraneux forme une sphère lisse qui est lancée au dehors à la maturité; il est rempli de sporules très-serrées sans mélange de filamens, et ne se rompt qu'après être séparé du reste de la Plante.

La seule espèce qu'on connaisse de ce genre est un petit Champignon qui dépasse rarement la grosseur d'un grain de Millet et qui est d'un jaune terreux. Il croît sur les morceaux de bois pourris en automne. (AD. B.)

CARPODET. Carpodetus. BOT. PHAN. Genre placé à la suite de la famille des Rhamnées. Il a été établi par Forster, d'après un Arbre de la Nouvelle-Zélande, dont les tiges et les rameaux sont parsemés de tubercules, les feuilles alternes, les fleurs disposées en grappes solitaires ou géminées, axillaires et terminales. Leur calice turbiné se termine par cinq dents caduques; cinq pétales alternes s'y insèrent, ainsi que cinq étamines courtes. L'ovaire à demi adhérent se termine par un seul style et un stigmate en tête. Il devient une baie séché et sphérique, autour de laquelle le calice forme une sorte de bourrelet après la chute de ses dents. Elle est partagée en cinq loges, dans lesquelles fait saillie un placenta central auquel plusieurs graines sont attachées. V. Lamk. Ill. tab. 143. (A. D. J.)

CARPODONTE. Carpodontos. BOT. PHAN. Genre établi par Labilla rdière, et que Jussieu et Choisy placent dans la famille des Hypéricinées. C'est un grand et bel Arbre qui porte des feuilles elliptiques, oblongues, obtu-

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ses, glutineuses et luisantes en dessus, d'un gris cendré à leur face inférieure, dépourvues de points translucides. Leurs fleurs qui sont axillaires et solitaires ont leurs pédoncules accompagnés à leur base de deux écailles, Le calice est étalé, formé de quatre sépales frangés sur les bords. La corolle se compose de quatre pétales jaunes, obtus, entiers, plus longs que le calice. Les étamines qui sont fort nombreuses sont réunies par leur base. L'ovaire est allongé et surmonté de cinq à neuf styles, et devient une capsule à autant de loges, et s'ouvrant en autant de valves qu'il y a de styles sur l'ovaire. Les graines sont planes et membraneuses. La seule espèce de ce genre, Carpodontos lucida,, a été figurée par Labillardière, dans son Voyage à la recherche de la Peyrouse, t. 18. Elle croît abondamment à l'île de Van-Diémen. (A. R.)

CARPOLEPIDE. carpolepis. BOT. CRYPT. (Hépatiques.) Genre séparé des Jungermannes par Palisot de Beauvois. Il n'est pas adopté. V. JUNGERMANNE. (AD. B.)

CARPOLITHES. BOT. FOSS. On a désigné, depuis long-temps, sous ce nom, les fruits qui se trouvent à l'état fossile dans diverses couches de la terre. Dans notre classification artificielle des Végétaux fossiles, nous avons adopté ce nom pour tous les fruits fossiles qu'on ne peut rapporter à aucun genre connu, et leur nombre est très-considérable. Quelquesuns offrant au contraire des caractères qui permettent de les ranger avec certitude dans des genres encore existans, nous avons cru devoir les décrire sous ces noms génériques; c'est ainsi que dans les terrains tertiaires ou de sédimens supérieurs, on a trouvé des fruits qui appartiennent sans aucun doute aux genres Pin, Noyer, Charagne, Cocos, etc. V. ces mots. Mais on doit observer que ces Fossiles diffèrent toujours spécifiquement des espèces actuellement existantes, auxquelles nous avons pu les comparer. C'est ce que nous avons cherché à établir dans le Mémoire cité ci-dessus en décrivant ces espèces. (Mémoire du Muséum d'Hist. Nat. T. VIII.)

Quant aux fruits fossiles de genres indéterminés, leur nombre est très-considérable, surtout dans les terrains assez nouveaux. La for