RECORD: Bory de Saint-Vincent, Jean Baptiste Georges Marie, ed. 1822-31. Dictionnaire classique d'histoire naturelle. 17 vols. Paris: Rey & Gravier. Volume 6.

REVISION HISTORY: Transcribed by AEL Data 04.2014. RN1

NOTE: This work formed part of the Beagle library. The Beagle Library project has been generously supported by a Singapore Ministry of Education Academic Research Fund Tier 1 grant and Charles Darwin University and the Charles Darwin University Foundation, Northern Territory, Australia.


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DICTIONNAIRE

CLASSIQUE

D'HISTOIRE NATURELLE.

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Liste des lettres initiales adoptées par les auteurs.

MM.

AD. B. Adolphe Brongniart.

A. D. J. Adrien de Jussieu.

A. D. NS. Antoine Desmoulins.

A. R. Achille Richard.

AUD. Audouin.

B. Bory de Saint-Vincent.

C. P. Constant Prévost.

D. Dumas.

D. C. E. De Candolle.

D. H. Deshayes.

DR. Z. Drapiez.

E. Edwards.

F. Daudebard de Férussac.

FL. S. Flourens.

G. Guérin.

G. DEL. Gabriel Delafosse.

GEOF. ST. -H. Geoffroy de St. -Hilaire.

G.. N. Guillemin.

ISLD. B. Isidore Bourdon.

K. Kunth.

LAM.. X. Lamouroux.

LAM. X. Latreille.

LUC. Lucas.

La grande division à laquelle appartient chaque article, est indiquée par l'une des abréviations suivantes, qu'on trouve immédiatement après son titre.

ACAL. Acalèphes.

ANNEL. Annelides.

ARACHN. Arachnides.

BOT. CRYPT. Botanique. Cryptogamie.

BOT. PHAN. Botanique. Phanerogamie.

CRUST. Crustacés.

ECHIN. Echinodermes.

FOSS. Fossiles.

GÉOL. Géologie.

INF. Infusoires.

INS. Insectes.

INT. Intestinaux.

MAM. Mammifères.

MIN. Minéralogie.

MOLL. Mollusques.

OIS. Oiseaux.

POIS. Poissons.

POLYP. Polypes.

REPT. BAT. Reptiles Batraciens.

— CHEL. — Chéloniens.

— OPH. — Ophidiens.

— SAUR. — Sauriens.

ZOOL. Zoologie.

IMPRIMERIE DE J. TASTU, RUE DE VAUGIHARD, N° 36.

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DICTIONNAIRE

CLASSIQUE

D'HISTOIRE NATURELLE,

PAR MESSIEURS

AUDOUIN, Isid. BOURDON, Ad. BRONGNIART, DE CANDOLLE, DAUDEBARD DE FÉRUSSAC, DESHAYES, A. DESMOULINS, DRAPIEZ, DUMAS, EDWARDS, FLOURENS, GEOFFROY DE SAINT-HILAIRE, GUÉRIN, GUILLEMIN, A. DE JUSSIEU, KUNTH, G. DE LAFOSSE, LAMOUROUX, LATREILLE, LUCAS, C. PRÉVOST, A. RICHARD, et BORY DE SAINT-VINCENT.

Ouvrage dirigé par ce dernier collaborateur, et dans lequel on a ajouté, pour le porter au niveau de la science, un grand nombre de mots qui n'avaient pu faire partie de la plupart des Dictionnaires antérieurs.

TOME SIXIÈME.

E-FOUQ.

PARIS.

REY ET GRAVIER, LIBRAIRES-ÉDITEURS,

Quai des Augustins, n° 55;

BAUDOUIN FRÈRES, LIBRAIRES-ÉDITEURS,

Rue de Vaugirard, n° 36.

SEPTEMBRE 1824.

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DICTIONNAIRE

CLASSIQUE

D'HISTOIRE NATURELLE.

E.

EALE. MAM. Le crédule Plines, dans sa vaste compilation, donne ce nom à un Animal fabuleux qu'il y a une sorte de puérilité à reconnaître dans le Rhinocéros à deux cornes. Il le disait d'Éthiopie, grand comme l'Hippopotame, avec une mâchoire de Sanglier, une queue d'Eléphaut et des cornes mobiles qu'il dirigeait à volonté, à droite, à gauche, en avant et en arrière. Des naturalistes, à la renaissance de la science, ont donné, d'après cette extravagante description, une figure de l'Eale combattant contre le Lion. (B.)

EAU. MIN. ZOOL. BOT. Les propriétés particulières, soit physiques soit chimiques, de cette substance, le rôle important qu'elle joue dans l'économie de la nature, les usages multipliés auxquels on l'a soumise, son immense quantité et sa distribution à la surface du globe terrestre; tels sont les différens points de vue sous lesquels il convient ici de la considérer.

L'Eau est le corps dont l'état physique est loplus susceptible de se modifier par l'action du calorique, puisque, a divers degrés de température peu éloignés, elle est solide, ou liquide, ou gazeuse. Sa congélation, opérée naturellement ou artificiellement, est le point de départ des thermomètres les plus usités. Au-dessous de ce terme, l'Heu acquiert une solidité de plus en plus considérable, et présente quelquefois des Cristaux assez nets pour qu'on ait cherché à en déterminer les formes; mais les observations, pour ainsi dire contradictoires, des physiciens à ce sujet, n'ont pas encore donné de résultats satisfaisans sur la forme primitive, à laquelle les Cristaux de glace peuvent être rapportés. D'apres les observations de Romé de Lisle, Bose et Haüy, cette forme primitive est l'octaèdre regulier. Le premier avait fait remarquer que les aiguilles de glace, soit dans l'Eau qui se gèle, soit sur les vitres, se croisent sous les angles de soixante et cent vingt degrés. Des grêlons, tombés près de Paris en juillet 1788, furent étudiés par Bosc: ils présentaient à leur intérieur des sortes de, géodes hérissées de petites pyramides à quatre faces, qui faisaient partie d'octaèdres allongés; mais d'un autre côté, Hassenfratz et Cordier ont parlé de Cristaux de glace en prismes hexaèdres réguliers très-nets, et cette forme est incompatible avec l'octaèdre régulier, considéré comme forme primitive. Ce qui démontre encore plus l'incer-

TOME VI. 1

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titude dans laquelle nous flottons à cet égard, c'est la propriété que Malus a reconnue à la glace de présenter la double réfraction. Or, on sait que les corps dont le noyau primitit est le cube ou l'octaèdre régulier, ne jouissent pas de cotte propriété. Mais elle existe d'une manière très-prononcée dans les Cristaux de Soufre octaédriques, à triangles scalènes; et, selon le professeur Alex. Brongniart, il paraîtrait que les Cristaux de glace observés par Bosc ont de grands rapports avec ceuxci, en sorte que cette observation, si elle se représentait de nouveau et qu'on la répétât avec soin, pourrait jeter quelque jour sur la forme cristalline de l'Eau. Tel est l'état de la question: sa solution ne peut dépendre que d'une observation dont l'occasion se reproduira rarement, car on ne pourra y arriver par le moyen du clivage, pursque la cassure de la glaoe est toujours vitreuse.

La structure de l'Eau solide est analogue à celle du Quartz: le plus souvent elle est compacte et vitreuse; mais quelquefois elle est un peu grenue, dans les glaciers par exemple, saccharoïde dans les masses de neige accumulée et endurcie par le froid ou par son propre poids; enfin les sphéroïdes de grêle ont une structure fibreuse à fibres divergentes.

Un phénomène curieux que présente l'Eau en se solidifiant, c'est la dilatation qu elle éprouve depuis † 4° jusqu'au terme de la congélation, dilatation que l'on a évaluée à un quatorzième. Pour expliquer cette augmentation de volume, qûi est cause que la glace surnage l'Eau, on admet généralement aujourd'hui que l'Eau à † 4° offre une tendance à la cristallisation, et que ses molécules prennent des dispositions régulières et symétriques, d'aprés le quelles elles occupent de plus grands espaces dans leur assemblage. La force expansive de l'Eau qui se solidifie est tellement considérable, qu'elle brise les tubes et les sphères métalliques les plus épaisses, dans lesquelles on l'a introduite. C'est à cette dilatation que l'on attribue la désagrégation et l'éboulement de certaines roches, ainsi que les accidens qui surviennent aux organes des Végétaux lorsqu'un froid vif les surprend, dans le moment de la circulation de la sève.

Après avoir jeté un coup-d'œil sur l'Eau à son état solide, et, par conséquent, après l'avoir considérée plutôt comme une espèce minérale dont les formes sont appréciables et commensurables, mais sans étudier autrement ses propriétés physiques et chimiques; il nous importe de faire cette étude, en considerant l'Eau telle qu'elle se présente le plus ordinairement à nos sens et dont nous eu concevons naturellement l'idée, en un mot d'étudier l'Eau à l'état liquide.

Elle est transparente, incolore, inodore, insipide, élastique, compressible, mais à un degré extrêmement faible, d'une pesanteur spécifique qui a servi de type à celles des autres corps, et que l'on représente par l'unité. La compressibilité de l'Eau fut révoquée en doute après la famouse expérience des académiciens de Florence, qui ayant diminué la capacité d'une sphère d'or, dont la cavité était remplie d'Eau, virent suinter celle-ci à travers ses pores. D'un autre côté, si on met de l'Eau dans la branche la plus courte du tube de Boyle et Mariotte, et du Mercure dans la plus longue, on ne trouve point de changement appréciable dans le volume de l'Eau. Vers le milieu du siècle dernier, Canton, physicien anglais, non-seulement prouva que ce liquide est légèrement compressible, mais essaya en outre d'évaluer les mesures de cette propriété. C'est ici le lieu d'admirer l'exactitude de ce savant qui, n'ayant pas à sa disposition des moyens et des instrumens parfaits, comme nous les possédons aujourd'hui, a obtenu néanmoise des résultats qui se rapprochent extrêmement de la vérité. Canton évalua la compressibilité del l'Eau à 0,000044, et dans une autre expérience à 0,000049 à + 1° de température par une pression égale

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à celle d'une atmosphère. Dans ces derniers temps, le professeur OErsledt de Copenhague a mis hors de doute, et mesuré de nouveau cette compressibilité de l'Eau, à l'aide d'un nouvel appareil de compression; il a trouvé que ce fluide est compressible d'un 0,0000045 par un poids équivalent à une atmosphère. D'après les expériences de Parkins, qui a opéré avec des pressions de plusieurs certaines d'atmosphères, la compressibilité serait de 0,000048, mais OErstedt attribue cette légère différence à la compression qu a dû éprouver dans ses expériences la substance des parois (Ann. de Chimie et de Physique, février 1823 ).

Depuis long-temps, les physiciens évaluaient les densités des corps relativement à celle de l'Eau. Cette comparaison, d ailleurs si commode et si naturelle, a reçu une grande sanction, de la part des savans français, qui admirent pour unité de poids le gramme, c'est-à-dire le poids absolu d'un centimètre cube d'Eau liquide pureau maximum de sa densité ou à † 4° de température. Ce terme de comparaison est placé de manière qu'il existe un nombre presque égal de substances dont les densités sont au-dessus et au-dessous, c'est-à-dire que la densité de l'Eau est à peu près moyenue entre celle de tous les corps naturels. En général, les corps solides sont plus pesans et les fluides plus légers; cependant il y a quelques exceptions: ainsi le Bois, et même quelques Métaux, tels que le Potassium, le Sodium, etc., sont plus légers, tandis que des liquides, certains acides concentrés par exemple, ont une plus grande densité. Les deux extrêmes del échelle des densités sont le Platine pour le plus haut degré, et le gaz hydrogène pour le plus inférieur; de sorte que les densités de ces corps, celle de l'Eau étant l'uuité intermédiaire, sont représentées par ces nombres:

Platine: 20,98
Eau: 1,00
G. hydrogène: 0,0000937

L'Eau liquide pure conduit imparsaitement le fluide électrique; elle réfracte considérablement la lumière, et c'est cette propriété qui avait fait conjecturer à Newton qu'elle devait contenir un principe inflammable.

De même que tous les liquides, elle est très-mauvais conducteur du calorique Dans le phénomène de l'ébullition, ce sont les portions en contact immédiat avec le calorique, qui forment un courant ascendant d'Eau chande, et sont remplacées par les portions supérieures froides, et conséquemment plus pesantes. Selon Rumford, le calorique ne se propage pas chez celles-ci par conductibilité; mais il paraît se répandre dans l'Eau au moyen de la condensation d'une partie de la vapeur. L'Eau bouillante, sous la pression barométrique de soixante-seize centimètres, conserve toujours la même température, c'est- à-dire cent degrés du thermomètre centigrade; tant que cetle pression ne varie pas, les vapeurs s'échappent uniformément, et entraînent avec elles la quantité entière de calorique appliquée et employée à les former. Si on augmente cette pression, soit par des poids, soit par la dissolution de certains sels, l'Eau, pour bouillir, a besoin d'une température qui excède 100°; quand au contraire la pression est diminuée, comme cela arrive naturellement lorsqu'on s'élève sur de hautes montagnes, l'Eau entre en ébullition à une température bien inférieure. La vapeur d'Eau occupe un volume seize cent quatre-vingt-dix-huit fois plus considérable que celui de l'Eau liquide, et sa tension est proportion nellement inverse de sa densité. Il y a une si grande quantité de calorique rendue latente et employée à distendre ainsi ses molécules, que si on met un kilogramme de cette vapeur à 100°, en contact avec 5 kil., 66 d'Eau à 0°, la température des 6 kil., 66 résultans du mélange, s'élève aussi à 100°, par le dégagement du calorique contenu dans le seul kilogramme de vapeur.

Aucune substance n'a excite l'inté

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rêt des chimistes et des physiciens, relativement à sa nature, autant que l'Eau; et il n'en est point dont l'analyse bien démontrée ait eu une aussi grande influence sur les progrès des sciences. Ce simple fait chimique a fait beaucoup plus avancer nos connaissances physiques, que tous les efforts des hommes de génie qui, pendant plusieurs siècles, ont médité sur les phénomènes de la nature. Dès qu'il fut permis de ne point croire aux quatre élémens d'Aristote, l'esprit humain ne fut plus enchaîné dans les liens d'une science étroite et presque toute hypothétique, et la révolution qui s'opéra dans les idées des chimistes, lors de la décomposition de l'Eau, fut aussi l'époque à laquelle les ténèbres qui obscurcissaient toutes les idées scientifiques se dissipèrent. Il est remarquable que la décomposition de l'Eau, de même que la loi de dilatation des Gaz et plusieurs autres grandes découvertes, ait été trouvée presque simultanément par plusieurs savans de nations différentes. Cela tient à ce que les grandes découvertes ne sont pas toujours l'effet d'un hasard heureux, comme on le croit communément, mais bien souvent le fruit de combinaisons de l'esprit excitées parla connaissance approsondie de certains faits contradictoires avec les fausses idées depuis long-temps dominantes. Cependant il est juste d'attribuer à Cavendish le plus grand honneur de la découverte; car bien que Macquer et Sigaud-Lafond eussent, dès 1776, annoncé qu'il se déposait de l'Eau sur les parois des vases, au-dessous desquels on faisait brûler du gaz hydrogène, et qu'au commencement de l'année 1781, Priestley ait vu de l'Eau ruisseler dans l'intérieur du vase où il avait fait détoner un mélange de gaz oxigène et de gaz hydrogène; Cavendish fut le premier qui, dans l'été de la même année 1781, s'étant procuré plusieurs grammes d'Eau en répétant l'expérience de Priestley, osa en tirer cette conséquence: que l'Eau est un composé des deux Gaz précités. En avril 1784, Lavoisier, Laplace et Meusnier, à Paris, lurent à l'Académie des sciences un Mémoire, dans lequel ils prouvèrent aussi, par deux expériences, la composition de l'Eau. L'une de ces expériences consistait à placer sous une petite cloche à mercure, de l'Eau distillée pure et de la limaille de fer. Celle-ci avait augmenté de poids par l'addition de l'Oxigène, tandis qa'un fluide élastique et inflammable s'était dégagé et occupait la partie supérieure de la cloche. Dans l'autre expérience, ou avait fait passer de l'Eau goutte à goutte, à travers un canon de fusil incandescent; à mesure qu'elle, avait touché le fer rouge, elle lui avait cédé son oxigéne; et l'hydrogène s'était rendu sous forme de gaz dans des cloches placées à l'extrémité du canon. Ces faits si concluans étaient observés et mis hors de doute à peu près dans le même temps par l'illustre Monge, daus le laboratoire de l'Ecole de Mézières.

Cependant, tel fut l'aveugle attachement pour d'antiques erreurs, qu'on vit encore des savàns d'un grand mérite écrire en favour de l'Eau comme élément, nier sa décomposition, et tâcher d'expliquer les nouveaux phénomènes qui la produisent à l'aide de leurs théories surannées; mais dans ce cas-ci, comme dans tout ce qui a pour base la vérité palpable et mise en évidence par des faits matériels, l'universalité des physiciens se rangea du côté de la nouvelle doctrine. La synthèse de l'Eau fut une réponse victorieuse aux sophismes des partisans du phlogistique. Lefèvre-Gineau d'une part, Fourcroy, Vauquelin et Seguin de l'autre, obtinrent une assez grande quantité d'Eau, en la formant de toutes pièces à l'aide de gazomètres et d'un grand ballon de verre, pour que sa composition pût être regardée comme une des vérités les mieux démontrées. D'après les résultats les plus exacts que les chimistes aient obtenus, l'Eau est formée de 88, 94 parties d'Oxigène, et de 11,06 parties d'Hydrogène en

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poids, ou d'un volume de gaz oxigène et de deux volumes de gaz hydrogène.

L'Eau a une action très-marquée sur plusieurs Gaz; elle en dissout d'autant plus que la température est plus basse et que la pression est plus grande. Ainsi on la sature de gaz acide carbonique, de chlore, de gaz acide hydrochlorique, etc. On sait que toutes les Eaux naturelles sont aérées, et que c'est l'air qu'elles contiennent qui les rend plus sapides et qui sert à la respiration de leurs nombreux habitans pourvus de branchies. Mais ce que cet air offre de remarquable, c'est qu'il est plus riche en oxigéne que celui de l'atmosphère, puisqu on obtient d'autant plus de ce gaz dans celui qu'on retire de l'Eau, que ce dernier a été recueilli plus tard. Cet effet est dû à une affinité plus puissante entre l'Eau et l'Oxigène qu'entre l'Eau et l'Azote. Dans ces dernières années, le professeur Thénard est parvenu, par des moyens très-ingénieux et prenant l'Oxigéne à l'état de gaz naissant, à en charger l'Eau de 616 fois son volume, de manière à obtenir un composé nouveau jouissant de propriétés très-singulières, auquel il avait d'abord donne le nom d'Eau oxigènée, et qu'il considère maintenant comme un second Oxide d'Hydrogène contenant une quantité d'Oxigene double de celle de l'Eau. La densité du Péroxide d'Hydrogène est de 4,452, ce qui fait qu'il coule comme un sirop et ne se mêle pas d'abord à l'Eau. Comme cette substance est toujours un produit de l'art, nous ne devons pas nous étendre sur l'examen de ses intéressantes propriétés. Nous rappellerons seulement ici, pour montrer combien les découvertes, en apparence les moins immédiatement utiles et qui semblent uniquement destinées à ajouter de nouveaux faits à la science, peuvent néanmoins recevoir des applications importantes; nous rappellerons, disons-nous, l'utilité de l'Eau oxigénée pour la restauration des tableaux gâtés par l'altération du blanc de Plomb employé dans leurs couleurs. Elle convertit instantanément le sulfure de Plomb en sulfate qui est blanc et ne ternit aucunement les teintes délicates que le noir du sulfure obscurcissait totalement.

L'Eau ne dissout qu'un petit nombre de combustibles simples. Les substances métalliques, à l'exception de quelques Oxides, y sont insolubles. Une série de Métaux en opèrent la décomposition à la température ordinaire; tels sont les Métaux des Alcalis et de certaines Terres qui s'emparent de son Oxigéne avec une si grande avidité, qu'ils dégagent une quantité de calorique capable de les rendre incandescens et d'enflammer l'Hydrogène. D'autres substances métalliques ne peuvent décomposer l'Eau qu'à une naute température. C'est sur cette propriété et ses modifications que Thénard a fondé sa classification des corps métalliques.

Enfin l'Eau forme, avec certains Oxides, des combinaisons en proportions déterminées et que Proust a nommées Hydrates. Une foule de Sels s'y dissolvent facilement, tandis que d'autres paraissent n'avoir aucune affinité avec elle. Ces propriétés positives ou négatives des Sels relativement à leur solubilité, sont des caractères saillans et fréquemment employés par les chimistes. Le grand nombre de substances solides que l'Eau dissout et l'immense quantité de ce fluide lui avaient fait donner par les anciens le litre pompeux de grand dissolvant de la nature. La solubilité d'un grand nombre de substances dans l'Eau nous amène naturellement à parler de la composition chimique des Eaux minérales. On nomme ainsi celles qui contiennent assez de matières étrangères pour avoir de la saveur et une action trèsprononcée sur l'économie animale. Les Eaux dont la température est constamment plus élevée que celle de l'atmosphère (et il en est qui sont presque aussi chaudes que l'Eau bouillante), ont reçu le nom d'Eaux

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thermales; tandis qu'on désigne par celui d'Eaux froides celles dont la chaleur est en équilibre avec celle de l'air ambiant, Ce serait outrepasser les bornes que nous nous sommes posées dans cet ouvrage que de vouloir faire connaître les Eaux minérales dont l'analyse a été faite avec spirr. Nous renvoyons d'ailleurs au mot SOURCES MINÉRALES où ce sujet sera traité convenablement. Il noussuffira pour le moment de donner une idée générale des substances soit gazeuses, soit solides, qu'on y a rencontrées. Parmi les Gaz, on y trouves l'Oxigène, l'Azote, l'Acide carbonique, l'Acide hydro-sulfurique et l'Acide sulfureux. Les deux premiers existent dans quelques Eaux dont la température est assez basse; les Acides carbonique et hydro-sulfurique y sont très-communs a l'état de liberté. Les substances solides dissoutes dans les Eaux minérales sont très-nombreuses. Contentons nous d'une simple énumération: l'Acide borique existe dans les Eaux de certains lacs en Italie. La Silice, ce corps si peu soluble, a été trouvée en quantité notable dans les sources nommées Geyzer de Rikum en Islande, ainsi que dans quelques Eaux thermales d'Allemagne. Une foule de Sels déterminent les propriétés médicamenteuses des Eaux minérales. Les plus communs sont les sulfates, les hydrochlorates et les carbonates de Soude, de Chaux et de Magnésie. C'est à la laveur d'un excès d'Acide carbonique que les carbonates de Chaux et de Magnésie, ainsi que celui de Fer, y sont tenus en dissolution. On y rencontre plus rarement l'hydrochlorate d'Ammoniaque, les sulfates d'Ammoniaque, de Fer, de Cui vre, d'Alumine et de Potasse, les nitrates de Potasse et de Chaux, et le borate de Soude. Enfin, plus raremènt encore, les Eaux tiennent en dissolution le nitrate de Magnésie, l'hydrochlorate de Potasse, le carbonate de Potasse et le carbonate a'Ammoniaque.

Ayant considéré l'Eau d'abord comme substance isolée et ensuite dans ses rapports avec les autres corps de la nature, il nous resterait à parler, d'après le plan que nous nous sommes tracé, des usages de l'Eau dans l'economie de la nature, de l'utilité que l'Homme a su en tirer pour ses besoins, et de sa distribution à la surface de notre globe. Cedernier point de vue étant entièrement du domaine de la géologie, sera exposé plus bas et séparément. V. EAUX. Quant à l'emploi que la nature en fait dans la production et la succession des phénomènes qui constituent la vie organique, il est immense. Loin d'avoir la témérité de vouloir tracer ici le tableau de ses usages divers, à peine oserons-nous en esquisser quelques traits, abandonnant aux personnes qui réfléchiront sur la composition des organes, un sujet si fertile en applications.

Tout être organique est composé de solides et de fluides; les seconds concourant à la formation des premiers et ensuite à leur entretien, doivent être aussi plus répandus et d'uné importance majcure. Nous ne connaissons aucun organe qui primordialement n'air été plus ou moins mou, et par çonséquent plus rapproché de la forme fluide. Eh bien, la base de tout corps liquide organique, le véhicule de toute substance assimilable, c'est l'Eau; elle peutêtrè extraite et isolée du sang et des humeurs variées des Animaux, aussi bien que de la sève et d'une multitude de sues des Végétaux. C'est elle qui lubréfie et facilite le jeu de toutes les parties solides; c'est elle qui, sans cesse pompée et exhalée au moven des phénomènes continuels de l'absorption et de la transpiration, établit un admirable équilibre entre les proportions de certaines substances inertes existantes dans les êtres organisés, qui en introduit continuellement de nouvelles, et entraîne audeliors celles que les sécrétions ont élaborées ou que le changement de nature a rendues inutiles et même nuisibles aux organes. C'est elle enfin

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qui dissout ou charrie toutes les substances alimentaires des êtres organisés, mais avec cette différence que les Animaux, prenant une nourriture intermittente, ont besoin d'aliméns plus substantiels et par conséquent plus solides, tandis que les Plantes, puisant continuellement leurs alimens dans les milieux où ils sont irrémissiblement plongés et fixés, n'absorbent à la fois que peu de matières nutritives délayées dans une quantité d'Eau extrêmement considérable; d'ailleurs, la nature, la disposition et la ténuité de leurs vaisseaux nourriciers ne permettraient pas aux Végétaux un autre mode de nutrition. Mais gardons-nous d'exagérer l'importance de l'Eau comme substance alimentaire; ne prétendons pas vainement avec certaines personnes que seule elle soit suffisante pour la nourriture et l'accroissement des Plantes. Les expériences de Th. De Saussure et de Lassaigne ne laisent aucun doute sur sa nullité quant à la nutrition des Végétaus, dans la stricte acception du mot, puisqu elle n'en augmente point la quantité des parties solides.

L'Eau elle même, indépendamment de son usage comme menstrue, entre comme élément organique de certains tissus. C'est ainsi que les tendons, la gélatine, l'albumine, ont besoin d'une quantité déterminée d'Eau pour jouir des propriétés et des fonctions qui les caractérisent. Enfin, s'il n'est pas démontré que l'Eau soit une partie constituante d'une foule de corps liquides ou solides, et provenant de substances organiques; du moins exiate-t-il un rapport simple entre la quantité des principes qui la composent et celles de ces mêmes principes qui font aussi partie des corps organiques. Ceux-ci, selon Gay-Lussac et Thénard, sont composés d'Oxigéne, d'Hydrogène, de Carbone et d'Azote; les deux premiers, tantôt dans les proportions nécessaires pour constituer l'Eau, tantôt avec un excès d'Oxigène, et tantôt avec un excès d'Hydrogène, circonstances qui déterminent l'état chimique de ces corps. On peut même, selon Gay-Lussac, considérer quelques liquides comme formés par la combinaison de deux ou plusieurs composés binaires au nombre desquels l'Eau doit être comptée. Ainsi, pour nous borner à un seul exemple, l'Alcohol est formé par la combinaison d'un volume de vapour d'Eau et d'unvolume d'Hydrogène percar boné.

Par sa combinaison chimique avec certains Minéraux, l'Eau est réellement solidifiée, mais elle leur donne des apparences variées et qui semblent dépendre de la nature de sa combinaison. Tantôt elle s'unit, en proportions variables, avec telle substance qui ordinanement n'en contient pas du tout, et, sans en altérer la forme, elle change souvent sa texture ou sa cassure, et paraît lui ôter la propriété de cristalliser. L'aspect de ces Minéraux est gélatineux, leur cassure est résineuse et ils ont moins de dureté et de pesanteur que ceux qui ne contiennent pas d'Eau combinée. Tels sont entre autres le Quartz ou Silex résinite, les Opales, les Hydrophanes, etc., dont l'Eau peut être chassée par l'action d'une chaleur assez faible. D'autres fois, l'Eau se combine aux Minéraux dans des proportions constances, et leur imprime une structure laminaire, une transparence vitreuse et des formes régulières; en un mot, ces Minéraux sont spécifiquement différens de ceux qui ont la même composition, sauf la présence de l'Eau. L'Alumine fluatée, la Chaux sulfatée-hydratée, la Mésotype, l'Analcime, la Stilbite, la Chabasie, le Talc, le Manganèse hydraté, le Fer arséniaté, le Cuivre muriaté, et une foule d'autres Sels, Pierres ou Oxides métalliques, sont dans ce cas. L'Eau, dans ces corps, adhère avec une telle force que la chaleur n'est souvent pas assez énergique pour l'en dégager complètement, et qu'il faut alors avoir recours à une action chimique plus puissante. Sa présence eat démontrée par la perte en poids des Minéraux et la manifestation des vapeurs aqueuses lorsqu'on les chauffe. Elle est indi-

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quée par l'aspect résineux, par le boursoufflement pendant la fusion et par la décrépitation au feu. Le premier de ces lndices est celui qui souffre le moins d'exceptions.

Lorsque les Sels solubles dans l'Eau cristallisent, ils retiennent une quantité du dissolvant sans pour cela paraître humides. Si l'Eau n'est qu'interposée entre les particules du Sel, elle s'échappe facilement à l'aide de la chaleur, en projetant par son expansion instantanée ces particules dont la transparence n'est point troublée; mais quand elle se trouve répandue entre toutes les molécules intégrantes du Sel, on lui donne le nom d'Eau de cristallisation. Berzelius a prouvé que l'Eau, dans ce cas, était chimiquement combinée, et qu'elle faisait partie constituante de chaque molécule saline. La constance, en effet, de sa quantité, le rapport simple qui existe entre la quantité de son Oxigéne et celle de l'Oxîgéné que contiennent les principes saligènes, sont des preuves décisives en faveur de cette théorie. L'Eau de cristallisation est tellement privée de sa qualité humide, que le Sel pulvérisé reste parfaitement sec; mais son adhérence y est extrêmement faible, puisqu'il suffit d'une chaleur modérée pour la faire disparaître. C'est en cela que se distinguent les Sels qui contiennent de l'Eau de cristallisation, de quelques autres dont les caractères extérieurs sont semblables, mais qui cependant ne renferment pas d'Eau qui soit propre à leur état de combinaison. Cette Eau est nécessaire à l'existence d'un de leurs principes constituans, et ne peut être dissipée par la chaleur. Ainsi le nitrate de Potasse et d'autres combinaisons n'ont pas d'Eau de cristallisation; celle qu'ils contiennent appartient à leurs Acides ou Oxides hydratés.

Nous avons parlé de l'indispensable nécessité de l'Eau comme aliment ou comme véhicule des alimens; maintenant nous dirons un mot des usages principaux auxquels l'Homme l'a soumise et qui ont puissamment contribué aux progrès de son industrie. Il n'est peut-être aucun art qui n'emploie ce liquide, soit comme moyen de lavage, soit comme dissolvant. Dans la purification des Minerais, elle sert surtout à séparer les corps dont la pesanteur spécifique est différente. L'extraction du Nitre, de l'Alun, du sulfate de Fer, du Sel marin; celle du Sucre, de la Gomme, des couleurs, de la colle forte; l'art de préparer le bleu de Prusse et une foule de composés chimiques; celui du blanchîment etc., sont fondée sur la propriété dissolvante de l'Eau. Elle est un des moyens de thérapeutique les plus puissans dont la médecine puisse faire usage contre une foule d'affections, et à ce titre, on doit la considérer, sinon comme un medicament trèsactif, du moins comme le plus efficace pour la majorité des cas où l'on ne peut réellement voir le mal même et y porter le remède spécifique.

Enfin la plus grande utilité que les peuples civilisés ont su tirer de l'Eau, c'est sans contredit son emploi comme moteur inanimé. Les machines qui ont pour force motrice l'impulsion naturelle et impétueuse des Eaux, étaient connues dès la plus haute antiquité: mais il était réservé à ces derniers temps de connaître la puissance et les avantages de la vapeur. C'est à l'emploi des machines à vapeur que l'Angleterre est redevable de son étonnante prospérite manufacturière; c'est par l'application de cette force à la navigation et aux arts que le commencement de notre siècle a vu s'effectuer tant de merveilles au profit de notre utilitè ou de nos jouissances. (G.. N.)

* EAU DE L'AMNIOS. Humeur séreuse sécrétée par la membrane que les anatomistes ont nommée amnios. C'est au milieu de ce liquide, qui est ordinairement limpide ou blanchâtre, que reste plongé le fœtus jusqu'au moment de la naissance. Les fonctions de cette humeur paraissent se borner à amortir les effets des percussions extérieures, à en garantir le fœtus, et à faciliter la sortie de celui-

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ci au terme de la délivrance. L'Eau de l'amnios paraît varier de nature et de composition, suivant l'espèce d'Animal qui le produit. Celle de la Femme a donné à Vauquelin de l'Albumine, de la Soude, du chlorure de Sodium, et du phosphate de Chaux. Le même chimiste a reconnu dans celle de la Vache un Acide particulier qu'il a nommé amniotique, une matière extractiforme azotée, du sulfate de Soude, du phosphate de Magnésie et du phosphate de Chaux. Nous avons été a portée de constater la présence de l'Acide amniotique dans l'Eau de l'amnios de la Jument et de la Chienne.

* EAU DE CRISTALLISATION. V. EAU.

* EAU DES HYDROPIQUES. Liquide sécrété par les membranes séreuses, et qui se rassemble dans l'abdomen. Sa couleur est re jaune citrin; son odeur, est légèrement fétide; sa saveur amère; elle contient de l'Albumine, des matières animales muco-extractives, des hydro-chlorate, phosphate et sous-carbonate de Soude dans des proportions très-variables.

EAU DES PIERREBIES. Expression que l'on emploie vulgairement pour donner l'idée de la transparence des pierres fines. On dit qu'elle sont d'une belle Eau, on que leur Eau est nébuleuse, etc. (DR.. Z.)

* EAUBURON. BOT. CRYPT. (Champignons.) Syn. vulgaire de Poivrés-Laiteux, famille de Champignons du docteur Paulet, et qui répond aux Agarics dont le suc est caustique. L'Agaricus lactifluus acris, L., en est le type. (B.)

EAUX. GÉOL. Pour peu que, l'on examine avec quelqu attention la structure intime des couches solides dont se compose l'écorce de la terre, et que l'on étudie la forme et la nature des inégalités qui partagent la surface de celle ci en montagnes, collines, vallées, plaines, etc.; on ne peut se refuser à considérer l'Eau ou les Eaux comme un des agens les plus puissans employés aux différentes époques de la formation de cette écorce terrestre, des changemens lents et subits qu'elle a successivement éprouvés depuis sa formation jusqu'à l'époque actuelle.

Si, sous nos yeux, les Eaux n'exercent plus une action comparable à celle que l'histoire du monde ancien doit leur attribuer, cependant, soit par leur abondance, soit par les déplacemens qu'elles éprouvent, les changemens d'état qu'elles subissent et par les effets qui en résultent, les Eaux considérées dans leur ensemble jouent encore un rôle des plus importans à la surface du globe.

Disséminées dans toutes les parties de l'atmosphère sous forme de vapeur, les particules aqueuses se rapprochent lorsque le calorique qui les tenait suspendues vient à leur être enlevé. D'invisibles qu'elles étaient elles deviennent sensibles à nos yeux; elles humectent d'une rosée bienfaisante la terre qui les recueille; elles l'environnent d'épais brouillards ou bieu elles se groupent dans des régions plus ou moins élevées de l'air pour produire des nuages.

Ceux-ci, portés par les vents dans des climats plus froids ou condensés par les causes nombreuses qui font varier la température dans l'atmosphère, se résolvent bientôt en pluie, en neige, en grêle, suivant que le refroidissement qu'ils éprouvent est plus ou moins grand et subit. D'autres nuages, attirés par les montagnes, couvrent de neiges perpétuelles leurs cimes élevées et remplissent de glaciers immenses les hautes cavités que les cimes laissent entre elles.

Se renouvelant, pour ainsi dire, d'une manière continue par leur surface extérieure, aux dépens des nuages, les naiges et les glaces des hautes montagnes perdent dans te même temps une quantité presque égale de leur volume au point de leur contact avec la terre qu'elles recouvrent; elles se liquéfiant, et l'Eau, sous ce nouvel état, s'infiltre en partie dans les fissures du sol, pour donner naissance, après un trajet caché plus ou moins long, à des sources qui se fout

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jour dans les montagnes elles-mêmes ou plus rarement dans les pays plats qui en sont peu éloignés.

Les Eaux qui proviennent de la fonte des neiges et des glaces, descendent en torrens rapides sur les flancs des montagnes qu'elles sillonment de ravins profonds. Arrivées à leur pied, leur cours se ralentit, des torrens ne sont plus que des ruisseaux tranquilles qui fertilisent et embellissent d'heureux vallons; plusieurs ruisseaux se joignent, ils augmentent de volume en recevant sur leur route les Eaux des sources qu'ils rencontrent et celles retombées sur la terre sous forme de pluie, de neige et de grêle; ils deviennent de larges rivières navigables qui parcourent les longues vallées, et serpentent dans les plaines jusqu'à ce qu'elles rencontrent d'autres rivières avec lesquelles, véunies sous le nom de fleuve, elles vont verser leurs Eaux dans la mer, réceptacle immense qui réçoit ainsi en définitive la plus grande partie des Eaux qui ont été enlevées a l'atmosphère par la série des phénomènes que nous venons d'analyser, et qui est aussi le réservoir principal où cette même atmosphère vient puiser, au moyen de l'évaporation, les vapeurs aqueuses qui lui sont nécessaires pour réparer les pertes qu'elle éprouve.

Admirable circulation! image de la vie qu'elle crés et entretient sur la terre! Sans elle, sans ces transformations successives de l'Eau en vapeur et de celle-ci en Eau, les riches continens, les îles fécondes que couvre une végétation si nombreuse, que peuplent tant d'êtres vivans, ne seraient que d'arides et d'affreuxdéserts.

En traçant la marche la plus ordinaire des Eaux à la surface de la terre, nous avons omis de parler de quelques circonstances particulières sur lesquelles nous devons revenir: souvent les cours d'Eau que nous avons appelés sources, torrens, ruisseaux, rivières, etc., au lieu de retourner directement à la mer, comme nous l'avons supposé, ou se perdent daus des cavernes et sous des sables, ou bien ils s'arrêtent dans des bassins plus ou moins vastes qui prennent le nom de lacs; de ces lacs, les uns n'ont pas d'issue, au moins apparente; d'autres, au contraire, alimentent des fleuves qui se rendent au réservoir commun. Dans quelques lieux, les Eaux des sources et des pluies sejournent sur des parties basses ou dans des dépressions peu profondes; elles y forment des marais et des mares (V. tous les mots qui ont été distingués par des italiques).

Telles que nous les considérons, les Eaux ne se rencontrent à peu près pures qu'à l'état gazeux ou solide; devenues liquides, elles contiennent presque toujours des principes qui leur sont étrangers et qui leur donnent des propriétés particulières; les Eaux de pluie et celles qui proviennent immédiatement de la fonte des glaces sont les plus pures; les Eaux courantes, qui pendant un certain temps ont circulé à la surface des terres, non-seulement charrient avec elles des matières insolubles, mais tiennent encore en dissolution différens Sels terroux ou alkalins dout la présence est facilement reconnue par les moyens chimiques lorsqu'elle n'est pas appréciable par nos sens. Très-souvent les Eaux qui ont pénétré plus ou moins profondément dans les fissures ou les intervalles des couches terrestres, n'en sortent que chargées de substances minérales gazeuses et solubles, après avoir acquis quelquefois aussi une température beaucoup plus élevée que celle de l'atmosphère: telles sont les diverses sources minérales et thermales Enfin les Eaux qui remplissent les bassins des mers et ceux de presque tous les lacs sans issue sont de véritables dissolutions salines qui ont une densité bien supérieure à celle de l'Eau pure, et dont la saveur est très-prononcée.

Sous le rapport de leur composition ou plutôt de la nature et de la proportion des principes étrangers qu'elles renferment, les Eaux liquides qui existent libres sur le globe peuvent donc être distinguées:

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1°. En EAUX DOUCES. Telles sont celles de presque tous les cours d'Eau qui, des parties élevées des contineus et des îles, descendent par mille canaux dans les parties les plus basses; telles sont aussi celles d'un grand nombre de lacs, de marais et de mares; leur saveur est presque nulle; leur température est rarement plus élevée que celle de l'air; elles nourrissent dans leur sein des Végétaux et des Animaux particuliers que l'on désigne par l'épithète de fluviatiles et de lacustres pour indiquer le lieu de leur séjour, mais qui en général diffèrent assez des Plantes et des Animaux marins, pour que les géologues aient été condusts par la connaissance de ce fait et par l'analogie, en étudiant les débris de corps organisés que renferment les couches de la terre, à distinguer d'une manière presque certaine celles de ces couches qui ont été formées dans le sein des Eaux douces, de celles qui ont été déposées sous les Eaux salées. Les Eaux douces sont ou stagnantes, comme dans les lacs, les marais et les mares, ou courantes, comme dans les terrens, les rivières et les fleuves; c'est principalement à la vitesse de leur marche progressive, à leur volume et sux chutes, cascades et cataractes auxquelles elles donnent lieu, qu'est due l'action qu'exercent ces Eaux à la surface des continens. Cette action se borne à transporter dans les plaines, dans les lacs ou à, la mer, les matériaux désagrégés qu'elles rencontrent dans leur route et qu'elles enlèvent à leurs rives. Quelquefois cependant les torrens et les rivières, dans leurs débordemens, creusent et sillonnent le sol sur lequel ils courent; ils peuvent détacher et rouler des pierres. Mais ces effets sont bien restreints, et loin de creuser leur lit, on pent plus généralement soutenir que les Eaux coutantes comblent et élèvent aux dépens des parties ténues qu'elles charrient le sol sur lequel elles coulent. V. TERRE, TORRENS, RIVIÉRES.

2°. En EAUX MINÉRALES. Nous ne parlerons ici ni de leur composition, ni de leur gissement; nous renvoyons pour ces détails au mot SOURCES MINÉRALES. Nous dirons seulement que, comparées aux Eaux douces, elles ont une saveur particulière, soit saline, soit aside, soit ferruginouse, soit d'hydrogène sulfuré, qui les fait reconnaître au goût; que leur température est souvent plus élevée que celle de l'air, et quelauefois de plus de cent degrés; qu'elles sortent du sein de la terre avec un volume peu considérable, et qu'elles ne donnent jamais lieu à des cours d'Eaux puissans comme sont les rivières et les fleuves; que les Plantes et les Animaux ne se rencontrent ordinairement que dans celles qui se rapprochent des Eaux douces par la faible proportion des principes étrangers qu'elles contiennent, et que ces étres alors ressemblent à ceux des Eaux douces. Les Eaux minérales sont presque toutes courantes, mais l'effet produit par leur mouvement progressif est proportionné à leur peu de volume; elles exercent quelquefois dans le sein de la terre et à sa surface une action chimique décomposante et reproductive qui est plus sensible; ainsi celles de ces Eaux qui contiennent un Acide, l'Acide carbonique par exemple, peuvent dissoudre et elles dissolvent en effet une quantité plus ou moins grande des substances minérales solubles dans cet Acide, sur lesquelles elles passent; si à leur sortie de terre la pression à laquelle elles étaient sounfises devient moins forte, si leur température diminue, si elles s'évaporent, les molécules dont elles étaient chargées se déposent, elles forment des couches quelquefois très puissantes et incrustent les corps qu'elles touchent.

3°. En EAUX SALÉES. La saveur salée, amère et nauséabonde qui les caractérise, ne les distinguerait pas des Eaux minérales, si on ne les considérait que sous le rapport de leur composition; mais elles en diffèrent sous un assez grand nombre d'autres pour mériter d'être étudiées à part. Leur abondance est extrême, puisqu'elles

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recouvrent près des trois quarts de la surface du globe; leur température est à peu près égale à celle de l'air environnant, sauf les différences qui sont dues à la propriété inégale de conductibilité du calorique. Les Eaux salées, qu'il vaudrait mieux appeler Eaux marines, si les Eaux de grands lacs sans issue ne jouissaient pas de toutes les propriétés des Eaux de la mer, sont l'habitation obligée d'un grand nombre d'êtres vivans et de Plantes; les uns et les autres sont, comme nous l'avons déjà dit, différens de ceux des Eaux douces. L'action qu'exercent les Eaux salées et celle qu'elles ont pu exercer sur les continens tient à leur nature, à leur volume et aux mouvemens généraux et particuliers dont elles sont douées. Nous ne saurions entrer ici dans des détails qui trouveront plus rigoureusement leur place aux mots MER, LACS SALÉS et TERRE. (C. P)

* EAUX ACIDULES ou AÉRÉES. Nom que l'on donne vulgairement à l'Eau imprégnée naturellement ou artificiellement d'Acide carbonique. Une Eau acidulée est celle que l'on a chargée d'un Acide quelconque, autre que le carbonique.

* EAUX ALCALINES. Eaux qui tiennent naturellement en dissolution un ou plusieurs Alcalis.

* EAUX CRUES. Eaux chargées naturellement de sulfate et de carbonate de Chaux; elles sont peu favorables au lessivage en ce qu'elles décomposent une grande partie du savon; elles s'opposent aussi à la facile cuisson des Légumes que d'ailleurs elles rendent croquans et durs, en déposant dans leurs pores des molécules calcaires.

* EAUX FERRUGINEUSES. On donne ce nom aux Eaux qui tiennent naturellement en dissolution un ou plusieurs Sels ferrugineux.

EAUX GAZEUSES. Eaux qui tiennent en dissolution un fluide élastique quelconque, mais qui ordinairement est l'Acide carbonique.

EAUX HÉPATIQUES ou HÉPATISÉES. Même chose qu'Eaux sulfureuses.

EAUX MINÉRALES. On a vu plus haut que l'on distinguait sous la dénomination vulgaire de minérales, les Eaux qui tenaient en dissolution ou même en suspension, à l'état de simple mélange, des substances minérales. Sous cette dénomination assez impropre, pulsqu'elle peut el doit s'appliquer à la masse entière qui s'offre aux recherches de l'Homme, on n'a cependant voulu comprendre que les Eaux dont l'usage avait paru apporter quelques changemens dans l'économie animale, celles dont la médecipe avait su faire une application heureuse au traitement de certaines maladies jueées, pour la plupart, incurables par d'autres moyens. On a cherché à diviser méthodiquement et d'après la nature des principes qui y étaient contenus, les Eaux minérales auxquelles on a jusqu'ici accordé des propriétés médicales; on les a rangées dans quatre grandes classes susceptibles d'un plus grand nombre de sous-divisions. Ces classes comprennent: 1° les Eaux sulfureuses, 2° les Eaux ferrugineuses, 3° les Eaux acidules, 4° les Eaux salines. Les Eaux minérales sulfureuses qu'anciennement l'on nommait aussi hépatiques, exhelent une odeur fétide, semblable à celle des œufs pourris; une lame d'argent que l'on y plonge noircit et perd plus ou moins promptement son éclat métallique. Par leur exposition aucontact del air, ces Eaux se recouvrent d'une pellieule irisée et laissent déposer un précipité presque entièrement composé du soufre que le gaz hydrogène y tenait en dissolution et qu'll abandonne au moment de sa volatilisation; elles perdent en peu de temps leurs propriétés principales. Les Eaux minérales ferrugineuses ou martiales se reconnaissent assez aisément à leur saveur stiptique plus ou moins prononcée, suivant la quantité de Fer qu'elles contiennent et l'état de combinaison dans lequel il s'y trouve; elles noircissent promptement l'infusion de noix de galle que l'on y verse ou les copeaux de Chêne,

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d'Aulne, etc., que l'on y trempe; elles sont, moins que les précédentes, sujettes à s'altérer par leur exposition à l'air; cependant elles ne tardent point à se décomposer et se recouvrent aussi d'une pellicule irisée. Les Eaux minérales acidules sont généralement portées à cet état par le gaz acide carbonique qui s'en sépare à la moindre élévation de température; aussi doiton les conserver dans des vases llermétiquement fermés et dans des lieux abrites de toute chaleur; elles ont une saveur agréable, fraîche et légèrement piquante. Les Eaux minérales calines sont les moins altérables en ce que les principes qu'elles contiennent sont peu volatils et difficilement décomposables; leur saveur, en général amère et nauséeuse, est plus ou moins modifiée, selon la nature et la quantité des Sels contenus dans ces Eaux, qui constituent les sources les plus communes et les plus abondamment répandues à la surface du globe. Les propriétés médicamenteuses des Eaux minérales, que l'on a peut-être trop vantées, sont aussi variées que leur nature et leur composition. Les exemples ou leur administration a produit les cures les plus extraordinaires dans des genres de maladie tout-à-fait opposés, ne son point rares, ce qui tendrait à faire croire que le déplacement des malades ou d'autres circonstances analogues entrent pour beaucoup dans le succès de ces moyens curatifs; du reste, quelles qu'en soient les causes, les effets parlent en faveur du remède; c'est au médecin habile à saisir l'instant le plus favorable à son application, en attendant que la science nous en ait dévoilé l'action. L'art est parvenu à imiter la nature dans la production des Eaux minérales, et chaque ville un peu populeuse voit maintenant, lorsque le cas l'exige, sourdir des Eaux minérales du sein des laboratoires de pharmacie.

Nous présenterons au mot SOURCES MINÉRALERS des tableaux qui indiqueront les résultats bien connus de l'analyse chimique des Eaux minérales les plus importantes.

* EAUX SULFUREUSES. Eaux qui tiennent en dissolution du gaz acide hydrosulfuriqué.

EAUX THERMALES. V. EAUX et SOURCES THERMALES. (CR.. Z.)

ÉBALIE. Ebalia. CRUST. Genre de l'ordre des Décapodes, section des Orbiculaires, établi par Leach qui le place dans la famille des Leucosidea, et lui assigne pour caractères: tige externe des pieds-mâchoires extérieurs linéaire; bras des serres un peu anguleux; mains assez renflées, à doigts un peu inclinés en dedans; pieds des quatre dernières paires médiocres, diminuant graduellement de longueur depuis la seconde jusqu'à la cinquième; carapace légèrement avancée en forme de rostre, tuberculeuse à sa surface, entière sur ses bords; dernier article de l'abdomen des mâles armé d'une pêtite pointe près de sa base. Leach en décrit plusieurs espèces:

L'ÉBALIE DE PENNANT, Eb. Pennantii, Leach (Zool. Misc. T. III, p. 19, et Malac. Brit., tab. 25, fig. 1-6). Elle est la même que le Cancer tuberosus de Pennant. On la trouve sur les côtes de l'Angleterre.

L'ECALIE DE CRANCH, Eb. Cranchii, Leach (Zool. Misc. T. III, p. 20, et Malac. Brit., tab. 25, fig. 7-11). Elle se trouve à des profondeurs assez considérables sur les côtes occidentales de l'Angleterre.

L'EBALIE DE BRYER, Eb. Bryerii, Leach (Zool. Misc. T. III, p. 20, et Malac. Brit., tab. 25, fig. 12, 13), ou le Cancer tuberosa de Montagu. Elle habite les mêmes lieux que l'espèce précédente. (AUD.)

* EBANOS. BOT. PHAN. (Acosta.) Bois précieux de l'île de Cuba que C. Bauhin regardait comme le même que le bois de Santal. De ce mot ancien est peut-être venu celui d'Ebène qui n'a pas le moindre rapport avec l'Arbre qui produit le bois asiatique cité par l'auteur du Pinax. (B.)

EBÉNACÉES. Ebenaceœ. BOT. PHAN. Famille naturelle de Plantes, ainsi nommée parce que bois

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d'Ebène est produit par plusieurs des Arbres qui la constituent. Jussieu a substitué le nom d'Ebénacées à celui de Guayacanées par lequel il avait désigné sette famille dans son Genera. Mais les Ebénacécs, telles que les ont entendues Richard, Brown et Kunth, ne correspondent pas exactement aux Guayacanées de l'illustre auteur du Genera Plantarum. Le premier de ces auteurs, dans son Analyse du fruit, a indiqué une famille des Styracées qui se compose des genres Halesia, Styrax, Symplocos, etc., qu'il sépare des véritables Ebénacées. Cetti division a ensuite été adoptée par Jussieu, Robert Brown et Kunth. Nous allons exposer les caractères de la famille des Ebénacées. Les fleurs sont rarement hermaphrodites; le plus souvent elles sont unisexuées. tantôt polygames, tantôt dioïques; leur calice est monosépale, à trois ou six divisions égales et persistantes; la corolle est monopétale régulière, assez épaisse, fréquemment pubescente en dehors, glabie à sa face interne; son limbe est à trois ou six lobes imbriqués; cette corolle est caduque; Jussieu dit qu'elle est périgyne; Robert Brown, au contraire, l'a décrite comme hypogyne, ce qui est conforme à ce que nous avons nous-mêmes observé dans plusieurs des genres de cette famille; les étamines sont en nombre défini, généralement insérées sur la corolle, mais quelquefois immédiatement hypogynes, circonstance qui est fort rare dans les Plantes pourvues d'une corolle monopétale, laquelle porte constamment les étamines; le nombre des filets est tantôt double, tantôt quadruple de celui des divisions de la corolle; quelquefois cependant les étamines sont en nombre égal à celui des divisions de la corolle; dans ce cas elles alternent avec ces dernières; quand les fleurs sont hermaphrodites, les filets sont simples, tandis qu'ils sont en général bipartis dans les fleurs unisexuées; la plus intérieure des deux divisions des filets est plus courte, et chacune d'elles porte une anthère à son sommet; les anthères sont lancéolées, fixées par la base à deux loges s'ouvraut par un sillon longitudinal; l'ovaire est libre, sessile, à plusieurs loges, contenant chacune d'un à deux ovules pendans; le style est divisé, plus rarement simple; les stigmates sont simples ou bindes; le fruit est une bale globulense ou ovoïde, s'ouvrant quelquefois d'une manière presque régulière, et contenant un petit nombre de graines par suite d'avortement; les graines sont lecouverles d'un tégument propre, mince et membraneux; l'endosperme est blanc et cartilagineux; l'embryon est droit, moitié plus court que l'endosperme, au centre duquel il est placé quelquefois un peu obliquement; la radicule est tournée vers le hile.

Cette famille se compose d'Arbres ou d'Arbustes non lactescens, dont le bois est très-dur et souvent d'une tointe noirâtre; feurs feuilles sont alternes, très-entières, souvent coriaces et luisantes; les fleurs sont tantôt solitaires, tantôt réunies à l'aisselle des feuilles.

Les Ebénacées forment un groupe assez naturel, voisin à la fois des Olacinées, des Sapotées et des Styracées dont les genres leur étaient autrefois associés. Ce groupe se rapproche surtout des Olacinées par la position et la structure de ses graines, et s'en distingue par ses feuilles alternes, son inflorescence axillaire, ses fleurs généralement diclines, et ayant les étamines en nombre double des divisions de la corolle, tandis qu'elles sont hermaphrodites et en nombre égal aux lobes de la corolle dans les genres de la famille des Oliccinées. Les Ebénacées ont aussi beaucoup de rapports avec les Sapotées par leur port, leurs feuilles alternes et entières, leur inflorescence axillaire; mais dans les Sapotées les fleurs sont hermaphrodites; les étamines sont toujours en nombre égal aux divisions de la corolle auxquelles elles sont opposées; le style est simple; chaque loge de l'ovaire contient un seul ovule dres-

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sé. Quant aux Styracées, elles different principalement des Ebénacées par leur insertion périgynique, par leur ovaire quelquefois infère (Halesia, Symplocos), par les loges de leur oshire contenant ordinairement quatre ovules dont deux sont ascendans et deux renversés. V. STYRACÉES.

Dans sou Genera Plantarum, Jussieu avait divisé en deux sections les genres de la famille des Plaquemimers ou Ebénacées: la première comprenait les genres Diospyros, Royena, Pontersh, Styrax et Halesia, qui ont les étamines en nombre défini; la seconde le genres Alstonia, Symplocos, Ciponima, Paralea et Hopea, qui ont les étamines en nombre indéfini. Plus tard le même botaniste a autrement défini cette famille et y a rapporté les genres Embryopteris de Gaertner, auquel il pense qu'on doit réunir le Cavanillea de Lamarck et le Paralea d'Aublet; le Diospyros dont les genres Dacty lus de Forskahl et Ebenoxylum de Loureiro sont congénères; le Visnea de Linné fils, auparavant placé dans la famille des Onagraires, et qui doit faire partie de celle de Elæocarpées; le Maba de Forster. le Ponteria d'Aublet, dont le Labatia de Swartz n'est pas différent, et l'Andreusia de Ventenat ou Pogonia du même auteur Quant aux genres Styrax, Halesia, Symplocos, Alstonia; Ciponima et Hopea, il en fait, à l'exemple du professeur Richard, un groupe distinct sous le nom de Styracées. Robert Brown, dans son Prodrome, a adopté cette division, et a ajouté un genre nouveau qu'il nomme Cargillia à la famille des Ebénacées. (A. R.)

ÉRENASTER. BOT. PHAN. Espèce du genre Plaqueminier, et nom quelquefois employé pour désigner le cytise des Alpes, vulgairement Eaux-Ebénier ou Ebénier sauvage. (B.)

* ÉBÈNE. MOLL. Espèce du genue Cérithe. V. ce mot. (B.)

ÉBÈNE. BOT. PHAN. On désigne plus particulièrement par ce nom la partie centrale et très-noire du trone d'un Arbçe appartenant au genre Plaqueminier, dont le bois dur et précieux est fort employé par les ébenistes. On l'a étendu à divers autres bois tels que ceux dinne Bignone, du Cytise des Alpes, de l'Amérimnon, en y ajoutant les épithètes de jaune, de vert, etc. On en a enfin formé la racine du nom du genre Ebénoxyle. V. ce mot et PLAQUEMINIER. (B.)

ÉBÈNE FOSSILE, MIN. Syn. de Jayet et de Lignite. V. ces mots. (B.)

ÉBÉNIER. BOT. PHAN. Espèce du genre Plaqueminier. V. ce mot. On a encore appelé Ebénier sauvage, des Alpes ou Faux-Ebénier, le Cytisus Laburnum; Ebenier de montagne, le Bauhinia acuminata; Ebénier d'Orient, le Mimosa Lebbeck, etc. (B.)

ÉBÉNOXYLE. Ebenoxylum. BOT. PHAN. Genre établi par Loureiro (Flor. Cochinchin., 2, p. 751) et placé dans la Diœcie Triandrie, L., mais dont les caractères empruntés à Rumph n'offrent pas assez de certitude pour qu'on puisse l'admettre positivement. L'Arbre que Loureiro décrit sous le nom d'Ebenoxylum verum est elevé, à rameaux ascendans. Son écorce est rude et verdâtre; l'aubien de son bois est d'un blanc uniforme, landis que le cœur est du plus heau noir et trés-lourd. Ses feuilles sont lancéolées, très-entières, glabres, luisantes, petites, pétiolées et ovales. Ses fleurs sont nombreuses, terminales, pédonculées et blanches. La corolle est composée de trois pétales aigus et presque étalés, Il n'y a qu'un style court. Le fruit est une petite baie d'un rouge jaunâtre, ovee, uniloculaire, à trois graines oblongues et anguleuses. Cet Arbre habite les vastes forêts de la Cochinchine, ou Loureiro l'a observé jusqu'au onzième degré de latitude boreale. Loureiro cite comme synonyme de cette Plante le Caju Arang de Rumph (Herb. Amb. lib. 4, t. i); il pretend que le bois de cet Arbre est regardé le vrai bois d'Ebène tant par les indigènes que par

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les Européens, et qu'il n'est pas fourni par le Diospyros Ebenus, L. f. (Suppl., p. 440), quoique celui-ci ait quelquefois le cœur noir comme celui de l'Ebénoxyle. Contre cette assertion, Jussieu a fait remarquer que l'Ebénoxyle n'est peut-être qu'une espèce du genre Diospyros, et que si les auteurs cités et copiés par Loureiro ont observé un nombre moindre dans toutes les parties et une corolle de plusieurs pieces, c'est qu'ils n'auront pas tenu compte de l'avortement de certaines parties et de la division profonde de la corolle. (G.. N.)

EBENUS. BOT. PHAN. La Plante nommée Ebenus Cretica par Prosper Alpin et L'Ecluse, fut le type d'un genre que Linné constitua sous ce même nom, mais qui a été réuni à l'Anthyllis par Lamarck et ensuite par Willdenow. V. ANTHYLLIDE. (G.. N.)

ÉBONY, BOT. PHAN. V. ALDINA.

ÉBOURGEONNEUR. OIS. L'un des noms vulgaires du Bouvreuil et de quelques Gros-Becs. V. ces mots. (DR.. Z.)

EBULUS. BOT. PHAN. V. SUREAU.

* EBURNANGIS. BOT. PHAN. Ce nom a été proposé par Du Petit-Thouars, dans son Histoire des Orchidées des îles australes d'Afrique pour remplacer celui d'Angrœcum eburneum. Cette Plante figurée (loc. cit., t. 65) est indigène de Mascareigne. (G.. N.)

EBURNE. Eburna. MOLL. Ce genre, institué par Lamarck dans le Système des Animaux sans vertèbres (1801) pour quelques Coquilles que les auteurs avant lui rangeaient parmi les Buccins, repose sur des caractères peu tranchés, et qui seront détruits probablement lorsqu'on connaîtra l'Animal de l'Eburne. Cependant Cuvier (Règne Animal) l'admet comme sous-genre, ce que font également Férussac (Tableaux systém. des Moll.) et quelques autres auteurs. Voici sur quels caractères ce genre repose coquille ovale ou allongée, à bord droit très-simple; ouverture longitudinale, échancrée à sa base; columelle ombiliquée dans la partie supérieure et canaliculée sous l'ombilic. Animal inconnu.—Ce genre est encore peu nombreux en espèces. Lamarck (Anima sans vert. T. VII, p. 281) en décrit cinq, mais il y en a deux de plus dans la belle collection de Duclos. Quelques-unes sont fort communes dans les collections; ce sont:

L'EBURNE ALLONGÉE, Eburna glabrata, Lamk., loc. cit. T. VII, p. 280, n. 1; Buccinum glabratum, L. et Brug., figuré dans Lister, Concli., tab 974, fig. 29, et dans l'Encyclopédie, pl. 401, fig. 1, A, B. C'est une coquille lîsse, allongée, d'un jaune orangé clair, dont les sutures sont couvertes, comme dans les Ancillaires, par la matière que dépose l'Animal à l'angle Postérieur etsupérieur de l'ouverture. Elle vient de l'océan Américain.

EBURNE DE CEYLAN, Eburna Ceylanica, Lamk., loc. cit. T. VII, p. 281, n. 2; Buccinum Ceylanicum, Brug., Encycl., n. 27, pl. 401, fig. 3, A, B. Cette espèce est allongée, ovale, lisse, blanche, tachetée de fauve brun; les taches qui sont près des sutures sont plus grandes et plus anguleuses; la suture n'est point cachée comme dans l'espèce précédente; elle se reconnaît surtout par son ombilic ouvert, violet, dans l'intérieur duquel se voient des écailles relevées de la même couleur. Elle a jusqu'à trois pouces de longueur. (D.. H.)

ÉCAILLAIRE. BOT. CRYPT. (De Candolle.) V. SQUAMAIRE.

ÉCAILLÉ, OIS. Espèce du genre Colibri, Trochilus squamosus, Temm., pl. 203, fig. 1. V. COLIBRI QISEAU-MOUCHE. (DR.. Z.)

ECAILLE. Squama, tegmentum. ZOOL. BOT. C'est, dans les Animaux, une matière dure, mars cependant flexible, cornée, qui paraît d'une nature analogue à celle des poils et qui revêt une partie ou la totalité de leur corps. L'Ecaille est ordinairement disposee en

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plaques plus ou moins solides, dont les molécules se groupest en tubercules, en aiguillons, etc., et qui, transparentes ou opaques, présentent une grande similitude avec les ongles, la corne surtout, les piquans da Porc-Epic ou du Hérisson, et les plumes des Oiseaux. La matière qui en constitue les parties est à peu près identique dans tous les Animaux; elle est, selon Vauquelin, formée d'un mucus durci, et d'une substance huileuse à laquelle elle doit sa flexibilité, la propriété de se ramollir, même de se fondre par la chaleur, et'de dégager en brûlant une grande flamme. Hatchett la eroit composée d'Albumine coagulée, de Phosphate de Chaux, de Phosphate de Soude et d'un peu d'Oxide de Fer. Elle répand, en brûlant, cette odeur si remarquable dans les cornes et dans les cheveux mis au feu.

Parmi les Mammifères, les Phatagins et les Pangolins sont recouverts d'Ecailles disposées à peu près comme celles des involucres des Cinarocéphales; celles des Tatous sont adhérentes à la peau dans toute leur étendue et deviennent osseuses. La queue des Rats, des Capromys, des Castors, des Sarigues et de quelques Singes présente des lames écailleuses.

Dans les Oiseaux, les lames écailleuses dont se recouvrent les pates sont assez semblables à celles que nous venons de mentionner comme existant sur la queue de certains Mammifères. Les petites les des Manchots sont également revêtues de sortes d'Ecailles.

Dans les Réptiles, les Batraciens seuls sont entièrement dépourvus d'Ecailles, et la Grenouille, que Schroter croyait en être recouverte, s'est trouvée un Animal altéré, dont l'espèce n'existe pas dans la nature. L'Ecaille des Tortues est célèbre, et la seule dont les arts tirent un grand parti; elle recouvre en général la carapace de ces Animaux, par plaques plus ou moins épaisses, et imbriquées dans le Caret comme le sont les tuiles d'un toil. Plusieurs Tortues en sont cependant privées. Celle qui est répandue daus le commerce et dont on fait divers meubles ou ustensiles de luxe, tels que coffrets, boîtes, tabatières ou éventails, se recueille particulièrement dans les mers d'Afrique, on la tourne, on la ramolli, on la fond même, et par cc moyen on peut en joindre différentes pièces pour en former des plaques assez etendues. Chez les Sauriens et les Ophidiens, les Ecailles sont disposées par lames bien plus petites et souvent comme par tubercules. Elles y sont plus grandes sur la tête ou leur forme et leur disposition peuvent fournir d'excellens caractères d'espèces; leur nombre, sous le ventre, ajoute d'excellens moyens de compléter les déterminations génériques. L'extrémité de la queue des Crotales est de la nature des Ecailles. Dans les plaques nuchales et dorsales des Crocodiles, ces écailles deviennent ossease comme chez les Tatous, imbriquées ou juxtaposées sur le corps; elles se disposent en anneaux circulaires autour de la queue; et le corps des Amphisbènes, parmi les Serpens, est enveloppé d'anneaux pareils. Les Ecailles s'éparpillent d'autres fois comme de petits tubercules distans à la surface de la peau. Les Acrochordes en fournissent un exemple.

Dans les Poissons, les Ecailles sont pour ainsi dire caractéristiques et indispensables. Les espèces qu'on a cru en être entièrement dépourvues ont, mieux examinées, présenté sur leur peau, après le dessèchement de celleci, une poussitre brillante qui ne paraît être formée que d'une multitude d'Ecailles microscopiques. Dans l'Anguille, la substance squammeuse est même cachée dans l'épaisseur de la peau à laquelle on la voit communiquer son brillant, et quelques Clupes présentent la même particularité. C'est à ces Ecailles que le Poisson doit presque toujours l'éclat de sa parure; tant qu'il est ploneé lans le fluide où il habite, elles réfléchissent, comme des miroirs, mille teintes brillantes qui s'altèrent, ou même disparaissent tout-à-fait dès que l'Animal meurt hors de son élément. Selon leur possition, les Ecailles des Poissons sont

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extérieures et imbriquées, contiguës ou éloignées, et occultes ou cachées sous l'épiderme. Elles s'étendent souvent sur les nageoires, d'ou le nom de Squammipeune, imposé par Cuvier à l'une des familles de son Système ichthyologique. Selon leur forme, elles sont ovales, arrondies, rhomboïdales, anguleuses, crénelées, dentées, serrées, ciliées, lancéolées, aculéiformes et granulées. D'après leur taille, elles sont grandes, petites, larges, par plaques, insensibles, ou diversifiées par leuz étendue sur un même individu. En raison de leur surface, elles sont unies, striées, rudes, carenées, épineuses, veloutées, ou polies et brillantes. D'après leur consistance, elles sont molles, flexibles, coriaces, cornées, osseuses, ou cassantes. Enfin, d'après lour adhérence, elles sont caduques, ou fixes et persistantes. Vues à la loupe, elles peuvent fourmi par leurs stries et les accidens qui régnent, soit à leur surface, soit à leur pourtour, d'excellens caractères spécifiques.

Dans les Insectes, les Arachnides, ou autres Invertébrés, on trouve encore des Ecailles; telles sont celles des Lépidoptères el les Lépismes.

ECAILLE est devenu souvent un nom spécifique; ainsi, on a appelé vulgairement, parmi les Insectes:

ECAILLE BRUNE, le Bomby aulique.

ECAILLE ROSE, le Bombyx Hébé.

ECAILLE MARTRE ou HÉRISSONNE, le Bombyx Caja, etc.

Duméril avait même imposé ce nom d'ECAILLE au sous-genre de Bombyx qu'il caractérisait par des couleurs vives disposées par taches plus ou moins semblables à celles que présente l'Ecaille des Tortues.

Parmi les Mollusques, on nomme ECAILLE, le Patella testidunaria, et généralement la plupart des Patelles. V. ce mot.

Parmi les Poissons, ECAILLE GRANDE ou GRANDE ECAILLE, un Chétodon, un Labre, un Pleuronecte et l'Esoce Caïman. (B.)

Dans les Végétaux, on nomme ECAILLES de petites lames foliacées, qui, par leur disposition, ont quelque ressemblance avec les Ecailles des Poissous, et qui se rencontrent sur différentes parties des Végétaux. Les Ecailles ne sont généralement que des feuilles avortées, restées à l'état rudimentaire; ainsi, dans le bour geon des Arbres, les Ecailles qui enveloppent la jeune pousse ne sont que les feuilles les plus extérieures qui n'ont pas reçu assez de nourriture pour se développer entièrement. La tige d'un grand nombre de Végétaux poite, au lieu de feuilles, de simples Ecailles qui en sont les rudimens; c'est ce qu on observe, par exemple, dans les Orobanches, l'Hypociste, les Lathrœa, quelques Orchidées, el en général dans un grand nombre de Plantes parasites.

On a aussi donné le nom d'Ecailles à des organes qui ne proviennent pas des feuilles, mais qui ont de l'analogie avec les Ecailles propremenbdites. Tels sont certains appendices qui existent dans un grand nombre de fleurs. Dans les Graminées et les Cyperacées, on appelle assez généralement Ecailles florales l'ensemble des folioles qui constituent la lépicène, la glume, etc. V. ces différens mots. Des Fougères ou plusieurs des parties de ces Plantes sont couvertes d'Ecailles particulières, très-remarquables dans l'Acrostichum splendens. (A. R.)

ECAILLEUX. ZOOL. BOT. Qui est recouvert d'écailles ou qui en est muni. On applique le plus communément ce nom en botanique à divers calices et à des fruits. V. ces mois.

Il est devenu spécifique parmi les Poissons pour désigner des espèces des genres Clupe et Squale. V. ces mots. (B.)

ÉCAILLEUX VIOLET, INS. (Geoffroy.) Syn. de Mélolonthe farineuse. V. HOPLIE. (B.)

* ECAPANI ET UNDIRI. BOT. PHAN. Noms brames, cités par Rhéede, de l'Hydrocotyle asiatica. (B.)

* ECAPATLIS. BOT. PHAN. (Hernandez.) Espèce de Casse mexicaine voisine du Cassia occidentalis, L. (B.)

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ECARDONNEUX. OIS. Syn. vulgaire du Chardonneret, Fringilla Carduelis, L. V. GROS-BEC. (DR.. Z.)

ECARLATE (GRAINES D'). INS. Nom sous lequel on désigne vulgairement, à cause de l'origine qu'on lui a supposée et de ses propriétés, un Insecte précieux dans l'art de la teinture. V. COCHENILLE. (AUD.)

* ECARLATE-JAUNE. BOT. CRYPT. Paulet donne ce nom à deux espèces d'Agarics. (B.)

ECASTAPHYLLE. Ecastaphyllum. BOT. PHAN. Genre de la famille des Légumineuses, et de la Diadelphie Décandrie, L., établi par Patrick Browne (Hist. Jamaïc.), réuni par Linné au genre Ptérocarpe, et rétabli de nouveau par le professeur Richard (in Pers. Syn., pl. 2, p. 277). Ce geare, qui se compose de quatre ou cinq espèces originaires de l'Amérique méridionale, est voisin des Ptérocarpes. Voici les caractères qui le distinguent: son calice est monosépale, campanulé, à deux lèvres, la supérieure plus grande et émargineé, l'inférieure tridentée la corolle est papilionacée; l'étendard est ordinairement appliqué contre les autres pétales; il est large, émarginé et obcordiforme; les deux ailes à peu près de la longueur de l'étendard sont étroites et rapprochées; la carène est courte, obtuse, formée de deux pétales qui adhèrent légèrement entre eux par leur côté interne. Les étamines sont au nombre de dix, et présentent une disposition fort singulière et dont nous ne connaissons aucun autre exemple dans la famille des Légumineuses; elles sont diadelphes, et les deux faisceaux qu'elles forment sont égaux, c'est-à-dire composés chacun de cinq filets; l'ovaire est ovoïde, allongé, comprimé, longuement pédicellé, terminé brusquement à son sommet par un style grêle, redressé, surmonté d'un stigmate très-petit et glanduleux; le fruit est une gousse très-comprimée, ovale, arrondie, monosperme et indéhiscente. Les espèces qui constituentce genre sont en général des Arbrisseaux sarmenteux et grimpans, tous originaires du continent de l'Amérique méridionale ou des îles du golfe du Mexique. Leurs feuilles sont alternes, simples, entières, ovales, acuminées; leurs stipules sont lancéolées, trèscaduques; les fleurs sont réunies en faisceaux à l'aisselle des feuilles.

Le professeur Richard plaçait dans ce genre, sous le nom, 1° d'Ecastaphyllum Brownii, le Pterocarpus Ecastaphyllum de Linné, ou Ecastaphyllum frutescens, Browne, Jam. p, 299, t. 32, f. 1; 2° Ecastaphyllum Monetaria, le Dalbergia Monetaria de Linné fils; enfin deux espèces nouvelles, Ecastaphyllum Plumierii et Ecastaphyllum Richardi. (A. R.)

ECATOTOTL. OIS. (Hernandez.) Syn. de Harle huppé de Virginie, V. HARLE. (DR.. Z.)

ECBALLION. Ecballium. BOT. PHAN. Genre de la famille des Cucurbitacées, et de la Monœcie Polyadelphie, L., préposé par le professeur Richard pour le Momordica Elaterium de Linné, et qui se distingue des autres Momordiques, dont le fruit s'ouvre avec élasticité en plusieurs valves irrégulières, par son fruit qui reste indéhiscent et dont les graines sortent avec rapidité par le trou formé par la base du pédoncule, au moment où il s'en détache. L'Ecballium Elaterium, Rich., est une Plante vivace, très-commune dans les lieux incultes, sur le bord des chemins dans les provinces méridionales de la Franos; sa tige est charnue, couchée, rameuse, hispide, ainsi que toutes les autres parties de la Plante, longue de trois à quatre pieds, dépourvue de vrilles; ses feuilles sont alternes, à pétioles redressés, cylindriques; leur disque est subcordiforme, ondulé sur ses bords; les fleurs forment à l'aisselle des feuilles des épis solitaires, composés d'un petit nombre de tleurs pédonculées, jaunâtres; le calice est campanulé à quatre ou cinq divisions; la corolle est également campanulée, très-évasée, divi-

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sée en quatre on cinq lobes assez profonds; le fruit est ovoïde, très-allongé, obtus, de la grosseur du pouce, très-hispide. A l'époque de sa maturité, lorsqu'on le détache du pédoncule qui le supporte, ses grainés sortent rapidement en formant un jet qui est lencé à une assez grande distance. Dans le midi de la France, cette Plante est connue sous les noms de Concombre d'Ane, Concombre sauvage. (A. R.)

ECBOLIUM. BOT. PHAN. Linné a donné ce nom à une espèce de Justicia, indigène de Ceylan, qui n'est pas la même Plante que celle désignée par Rivin sous cette seule dénomination. L'Ecbolium de ce dernier auteur est le Justicia Adhatoda, L. (G.. N.)

* ECCOPTE. Eccoptus. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Tétramères, fondé par Dejean (Catal. des Col., p. 86) aux dépens du genre Charanson. Les caractères de ce petit genre sont inédits, et ne nous sont pas encore connus. Il renferme cinq espèces qui sont originaires du Brésil ou de Cayenne. (AUD.)

ECCRÉMOCARPE. Eccremocarpus. BOT. PHAN. Genre établi par Ruiz et Pavon, adopté par Humboldt, Bonpland et Kunth, très-rapproché du Cobœa et faisant partie de la famille des Bignoniacées. Voici ses caractères distinctifs: son calice est très-grand, lâche, campanulé, persistant, à cinq divisions profondes; la corolle est monopétale, longuement tubuleuse; son limbe est peu dilaté, à cinq lobes obtus; les étamines sont au nombre de quatre à poine inégales et didynames avec le rudiment d'une cinquième; les filets sont longs et grêles, les anthères aliongées et à deux loges; l'ovaire est ovoïde, allongé; à deux loges contenant un grand nombre d'ovules insérés sur la partie moyenne de la cloison; cet ovaire est accompagné à sa base par un disque hypogyne plus large que lui et à cinq angles saillans; le style est long et grêle, terminé par un stigmate bilobé; le fruit est une capsule tétragone, à deux loges et à deux valves, qui emportent chacune avec elles la moitié de la cloison qui leur est opposée; les graines sont imbriquées, membraneuses et en forme d'ailes sur leurs bords.

Les espèces de ce genre sont des Arbustes sarmenteux et grimpans, portant des feuilles opposées, décomposées en un très-grand nombre de folioles, et dont les pétioles communs se terminent à leur sommet en vrilles rameuses et roulées en spirale; les pédoncules sont opposés aux feuilles, très-longs, rameux et portant des fleurs très-grandes et pendantes. Ce genre diffère du Cobœa par sa longue corolle tubuleuse, par ses quatre étamines, par sa capsule à deux loges et à deux valves.

Dans leur ouvrage intitulé: Plantes équinoxiales, Humboldt et Bonpland ont donné la description et la figure (1, pag. 229, tab. 65) d'une belle espèce de ce genre, à la quelle its ont donné le nom d'Eccremocarpus longiflorus. Elle croît dans les bois au Pérou. Ses feuilles sont tripinnées, composées de loholes ovales, entières, ou quelquefois trifides; ses corolles sont longues de trois à quatre pouces. (A. R.)

* EcCLISSA. INF. Oeken, en établissant ce genre parmi les Microscopiques, lui attribue pour caractères: deux rangs de fins tentacules en forme de roue, situés à l'ouverture de la petite cloche qu'ils forment. Les Vorticella viridis et nasuta de Müller sont les espèces qu'il y range; mais ces deux Animaux qui nous sont parfaitement connus, nous ont paru, même à l'aide des plus forts grossissomens, dépourvus d'organes cirreux, et ne pourraient conséquemment faire partie d'un genre caractérisé par des cirres. Ils font partie de nos Convallarines. V. ce mot. Le genre Ecclissa, si l'on en juge par ses caractères, doit rentrer parmi les véritables Vorticelles ou parmi les Synanthérines. V. ces mots. (B.)

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ECHALOTE. BOT. PHAN. Et non Echalotte. Espèce du genre Ail. V. ce mot. On appelle quelquefois la Rocambolle, Échalote d'Espagne. (B.)

ÉCHANCRÉ, ÉCHANCRÉE. BOT. PHAN. V. ÈMARGINÉ.

ECHARA, POLYP. Ce nom a quelquefois été donné aux Polypiers du genre Eschare. V. ce mot. (LAM.. X.)

ECHARBOT. BOT. PHAN. Et non Echardon. L'un des noms vulgaires de la Macre. V. ce mot. (B.)

ECHARDE, POIS. L'un des noms vulgaires de l'Epinoche. V. GASTÉROSTÉE. (B.)

ECHARDON. BOT. PHAN. Pour Echarbot. V. ce mot. (B.)

ECHARPE. POIS. Espèce des genres Baliste et Chetoden. V. ces mots. (B.)

ECHASSE. Himantopus. OIS. (Brisson.) Genre de l'ordre des Gralles. Garactères: bec cylindrique, grêle, long, effeté; un sillon de chaque côté des mandibules qui s'étend jusqu'à la moitié de leur longueur; narines linéaires occupant ane grande partie du sillon de la mandibule supérieure; pieds grèles; tarses très-allongés; trois doigls en avant; l'intermédiaire réuni à l'extérieur par une membrane assez large, et à l'intérieur par une semblable membrane, mais beaucoup plus étroite; point de doigt postériour; ongles très-petits et assez plats; ailes longues, la première rémige dépassant toutes les autres.

La conformation particulière qu offre l'Echasse, dans la hauteur démesurée de son tarse, a excité l'étonnement et piqué la curiosité de presque tous tes naturalistes qui se sont occupés de cet Oiseau; en effet, un petit corps que semblent soutenir avec peine des jambes très-longues et très-frêles, était un beau sujet de méditations pour ceux qui cherchent constamment à pénétrer le but et les motife de la création. Malheureusement, en cette circonstance comme en beaucoup d'autres, le raisonnement, poussé trop loin, u'a fait que rendre les conséquences plus incertaines. Quoi qu'il en soit, ces Oiseaux, dont on ne connaît encore qu'un très-petit nombre d'espèces, sont rares dans tous les pays qu'ils habitent; cela tient peut-être à ce qu'ils ne rencontrent que difficilement les terrains sauvages et bourbeux convenables à leur structure, où ils puissent tranquillement s'enfoncer dans la vase et diminuer ainsi la longueur des jambes, afin que le bec, par un mouvement naturel de bascule du corps, puisse à son tour atteindre cette même vase dans laquelle se trouvent les larves et petits Mollusques dont ces Oiseaux se nourrissent. On pourrait d'autant mieux attribuer la rareté des Echasses à la difficulté de pourvoir à leur subsistance, que l'on sait qu'en général cette difficulté entraîne chez tous les Animaux celle de se reproduire. Ces Oiseaux paraissent avoir l'habitude des voyages, car la seule espèce européenne connue a été retrouvée sur différens points des deux hémisphères. Ils ont le vol trèsrapide et ils l'exécutent en reportant en arrière les jambes tendues de manière qu'elles suppléent, pour la direction, à la brièveté de la queue; à terre, la faiblesse de ces organes rend chancelante et incertaine la dé marcha de l'Echasse; elle l'expose à des culbutes assez fréquentes, ce qui fait qu'elle ne se livre que très-rarement à la course. Il existe peu d'observations relatives à l'incubation des Echasses; on sait seulement qu'elles prennent peu de soins pour la construction du nid qui consiste en menus débris de Végétaux déposés sans art entre quelques mottes élevées. La ponte est de cinq à six seuls jaunâtres, tachetés de roux, et de la grosseur de ceux de Perdrix. Les Echasses sont d'un caractère fort silencieux et défiant; on ne peut les approcher qu'avec beaucoup de précautions.

ECHASSE A MANTEAU NOIR, Himantopus melanopterus, Meyer; Him. citropterus, Him. rusipes Bechst; Him. mexicanus, Briss.; Charadrius Himantopus, L.; l'Echasse, Buff., pl.

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enlum. 878. Parties supérieures noires, à reflets verdâtres, les inférieures blanches, légèrement lavées de rosé; cou blanc avec l'occiput noirâtre; rectrices cendrées; bec noir; iris et pieds rouges. Taille, dix-neuf pouces. La femelle n'a point de reflets verdâtres; elle a, de même que les jeunes, les teintes noires moins décidées. En Europe et au Sénégal.

Les ECHASSES A COU BLANC ET NOIR, Himantopus nigricollis, Vieil.; A QUEUE BLANCHE, Him. leucurus, Vieill.; et A QUEUE NOIRE, toutes trois de l'Amérique méridionale, n'offrent que de très-faibles différences avec l'Echasse d'Europe et n'en sont vraisemblablement que des variétés.

L'Echasse décuite et figurée par Wilson, Americ. Sept. Ornit., pl. 58, fig. 2, paraît être une espèce distincte propre aux États-Unis. (CR.. Z.)

ECHASSIERS, OIS. Vieillot et plusieurs autres ornithologistes ont établi sous ce nom un ordre qui renferme, en une multitude de genres, tous les Oiseaux dont los tarses, fort élevés, rappellent les échasses sur lesquelles ont l'habitude de monter presque tous les pâtres des Landes aquitaniques. La formation de cet ordre a paru vicieuse, en ce qu'elle nécessiterait une réunion incohérente de genres dont les espèces offrent les anomalies les plus frappantes, non-seulement dans les mœurs et les habitudes, mais encore dans les caractères los plus saillans. Les Echassiers de Vieillot se trouvent disséminés parmi nos Rapaces, nos Gallinacés, nos Gralles et nos Pinnatipèdes. V. tous ces mots. (DR.. Z.)

ECHEANDIA. BOT. PHAN. Ce genre établi par Ortéga (Decad., pl. 90) a été réuni au Conanthera. V. CONAN THÉRE. (G.. N.)

* ECHEBANNA. BOT. PHAN. (Surian.) Syn caraibe de Besleria melittifolia, L. (B.)

* ECHELET. Climacteris. OIS. (Temminck.) Genre de l'ordre des Anisodactyles Caractères: bec court, faible, subulé, très-comprimé dans toute sa longueur, faiblement arqué; les deux mandibules égales; naçines placées à la base et de chaque côté du bec, recouvertes par une membrane nue; pieds robustes; quatre doigts en avant, l'extérieur réuni à l'intermédiaire jusqu'à la seconde articulation, et l'intérieur seulement jusqu'à la première; un derrière qui surpasse, ainsi que l'intermédiaire, les autres en longueur; ongles très-grands et très-courbés, sillonnés sur les côtés; ailes médiocres; première rémige courte, la deuxième moins longue que la troisième, qui avec la quatrième surpasse toutes les autres. Ce genre nouveau est composé de deux espèces qui vraisemblablement ne se trouvent encore réunies que dans le Musée royal des Pays-Bas, et dont la connaissance est due à Temminck. Ce naturaliste avait observé l'une d'elles dans le cabinet de Berlin où Illiger l'avait placée parmi les Grimpereaux sous le nom de Certhia Picumnus; mais les anomalies de caractères écartant cette espèce du genre Grimpereau, il en a créé un auquel il a appliqué le nom d'Echelet. Il est à regretter que Temminck n'ait pas réfléechi à l'erreur dans laquelle ce nom pouvait entraîner par sa ressemblance avec celui d'Echelette, que l'on donne vulgairement au Tichodrome de muraille, et que Cuvier a même étéhdu au sous-genre; il en eût choisi un autre qui, en exprimant également des habitudes résultantes de la conformation de l'Oiseau, l'eût isolé davantage d'une espèce déjà connue qui, seule, constitue un genre très-voisin. Les mœurs et les habitudes des Echelets originaires de l'Océanie, sont encore ignorées; on doit leur soupçonner, d'après la conformation des organes principaux des deux espèces connues, de l'analogie avec tous les Anysodactyles grimpeurs, et penser que, comme eux, ils cherchent leur nourriture sur les troncs des Arbres, et qu'il déposent dans les chancres poudreux qu'ils y rencon-

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trent l'espoir d'une progéniture qui les perpétue.

ECHELET PICUMNE, Climacteris Picumnus, Temm., Ois color., pl. 281, f. 1. Parties supérieures d'un brun cendré; sommet de la tête d'un gris fonce; nuque et cou d'un gris clair; rémiges brunes traversées dans le milieu par une large bande d'un fauvo jaunâtre: rectrices noires, brunes à l'origine et à l'extrémité; parlies inférieures blanches, finement striées de brun avec la poitrine grise, les joues et la gorge blanches; tectrices caudales inferieures jaunâtres, rayées de brun. Taille, six pouces et demi. De Timor et de la Nouvelle-Hollande.

ECHELET GRIMPEUR, Climacteris scandens, Temm. Ois. color, pl. 281, f. 2. Parties supérieures d'un brun foncé; plumes de la tête bordées de noir; deux bandes transversales sur les ailes, l'une d'un fauve jaunâtre, l'autre noirâtre; croupion, base et extrémité des rectrices, les deux intermédiaires d'un cendré bleuâtre; une tache rousse de chaque côté de la tête; parties inférieures d'un fauve pâle, avec les flanes rayés et tachetés de brun; gorge et devant du cou blancs. Taille, cinq pouces et demi. De la Nouvelle-Hollande. La femelle n'a point de taches rousses de chaque côté du cou. (DR.. Z.)

ECHELETTE. OIS. Ce nom vulgaire, imposé, dans quelques parties de la France; au Grimpereau de muraille, devend pour Cuvier celui d'un sous-genre, a servi de racine à celui que Temminck vient d'imposer à son Climacteris. V. ECHELET. (B.)

ÉCHELLE DE JACOB. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires du Polemonium cœruleum, L. V. POLÉMOINE. (B.)

ECHENAIDE. Echenaïs. BOT. PHAN. Famille des Synanthérées, Cinarocéphales de Jussieu, et Syngénésie égale, L. Ce genre, établi par H. Cassini (Bullet. de la société philomat., mars 1818), offre les caracteres suivans: calathide sans rayons, composée d'un grand nombre de fleurons égaux et hermaphrodites; corolle divisée en lanières longues et linéaires; filets des étamines hérissés; involucre moins long que les fleurs, formé d'écailles imbriquées coriaces; les extérieures ovales, lancéolées et munies sur leurs bords de longs cils spini-formes; les intermédiaires ayant au sommet un appendice blanc, scarieux, découpé en plusieurs lanières subulées, enfin, les intérieures linéaires, surmontées aussi d'un appeudice scarieux, spinescent au sommet et à une seule nervure; réceptacle garni de longues paillettes inégales et filiformes; ovaire glabre, que surmonte une longue aigrette composée de petites écailles disposées sur deux rangs, inégales, filiformes et barbées. Ce genre, que son auteur place dans sa tribu des Carduinées, a pour type le Carlina Echinus de Marschall Bieberstein (Flor. Taurico-Caucas.). Il la nomme Echenais carlinoïdes. Sa tige est rameuse; ses feuilles sont altérnes, sessiles, oblongues et échancrées à la base, sinuées, dentées, épineuses sur les bords, cotonneuses et blanches en dessous ses capitules sont nombreux, composés de fleurs jaunâtres, et solitaires au sommet de la tige et des rameaux. Elle croît sur les bords des torrens du Caucase, ainsi que dans les forêts de la Géorgie; mais la variété qui habite cette dernière localité est plus rameuse, moins cotonneuse et épineuse. C'est sans doute celle-ci que Cassini a élevée au rang d'espèces, en la nommant Echenais nutans; elle est du moins cultivée sous ce nom, au Jardin des Plantes de Paris. (G.. N.)

ECHENE OU ÉCHÉNÉIDE. Echenois. POIS. V. RÉMORA.

ÉCHENILLEUR. Campephaga. OIS. Ceblephyris, Cuvier. Genre de l'ordre des Insectivores. Garactères: bec gros, court, fort, un peu bombé, élargi à la base, comprimé vers l'extrémité; mandibule supérieure échancrée et courbée à la pointe, avec l'arête peu sensible; l'inférieure droite, presque égale eu longueur

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avec la supérieure; narises placées à la base et latéralement, presque rondes, ouvertes et en partie cachées sous les petits poils du front; pieds faibles, courts; quatre doigts inégaux, trois devant réunis à leur base, un derrièré; ailés médiocres; la premièrere remige très-courte, les deux suivantes étagées, la quatrième ou la cinquième la plus longue; queue très-large, étagée; croupion très-garni de plumes à tiges roides, souvent acérées. La création de ce genre doit être attribuée à Levaillant, dont les voyages à travers les contrées arides et désertes du sud de l'Afriaue, nous ont velu la connaissance des trois principales espèces d'Échenilleurs. Avant lui le petit nombre d'espèces connues, appartenant bien à ce genre, se trouvaient dissé minées parmi les Corbeaux et les Gobe-Mouches. Cuvier et Vieillot, en adoptant le genre Échenilleur, l'ont à peu près borné aux espèces de Levaillant. Le premier a formé des C. Papuensis, melanops et Novœ-Guiueœ, un sous-genre sous le nom de Choucaris; le second les a placés dans son genre Coracine. Levaillant a donné à ces Oiseaux le nom générique d'Échonilleurs, tiré de l'habitude qu'ils ont de faire leur unique nourriture de Chenilles; cette observation est fondée sur l'inspection de l'estomac de cent soixante-dix individus des trois genres, qui ont été ouverts par lui; elle pourra peut-être paraître insuffisante pour avoir déterminé une qualification qui peut devenir commune â un très-grand nombre d'Oiseaux étrangers à ce genre; mais si l'on réfléchit à la quantité d'épithètes arbitraires introduites dans les nomenclatures, on conviendra qu'il vaut encore mieux avoir saisi ce trait quoiqu'il ne fût pas éxclusivement caractéristique, plutôt que de s'étre arrêté au hasard sur un mot qui ne présenterait aucune idée, ou en donnerait une fausse. Au reste les mœurs de ces Oiseaux sont encore presque complètement ignorées; on neles a jamais surpris sur leur nid, pas même occupés des soins de sa construction. On ne sait s'ils ont un chant d'amour; la seule expression que l'on ait entendue est un cri plaintif extrêmement faible, qui n'échappe qu'à de longs intervalles. L'Échenilleur recherche de préférence les fouèrées les plus épaisses où il se tient à des hauteurs assez grandes; il chasse sa petite proie aux deux extrémités du jour, et paraît ordinairement accompagné d'un petit groupe que l'on soupçonne être sa jeune famille.

ÉCHENILLEUR CHOUCARI, Corvus Papuensis, Lath., Buff., pl. enl. 650. Parties supérieures grises, les inférieures plus pâles, avec le ventre et l'abdomen presque blancs; base du bec entouré d'une bande noire; grandes rémiges brunes; bec noir, narines cachees sous des petites plumes dirigées en avant; pieds pélits et noirs. Longueur, onze pouces. De la terre des Papous.

ECHENILLEUR FERRUGINEUX, Tanagra Capènsis, Gmel. Parties supérieures d'un brun ferrugineux, les inférieures variées de ferrugineux et de blanc; rectrices noirâtres, les latérales d'un brun rougeâtre; bec jaunâtre; pieds noirs. Du Cap.

ECHENILLEUR GRIS, Campephaga cana, Vieill., Levaill. Ois. d'Alr., pl. 162 et 163. Parties supérieures d'un gris hleu ardoise, plus pale sur les inférieures; aréole du bec, joues et front noirs; premiéres rémiges brunâtres, finement bordées de blanc à l'extérieur; bec el pieds noirs. Longueur, huit pouces. La femelle n'a point de noir a la face; sa rémige latérale est bordée de blanc. D'Afrique. Le Kinkimanos de Madagascar, Buff., pl. enl. 541, Muscicapa cana, Gmel., paraît être une variété de cette espèce; il a la tête entièrement noire, les rémiges noirâtres, bordées de cendré; les rectrices, à l'exception des intermédiaires, noires, terminées de gris, etc.

ÉCHÉNILLEUR JAUNE, Campephaga flava, Vieill., Levaill., Ois. d'Alr., pl. 164. Parties supérieures d'un gris verdâtre rayées de noirâtre; sommet

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de la téte et dessus du con d'un gris varié d'olivâtre; capulaires jaunâtres; croupion grisâtre; gerge et parties infémeures brunâtres, tachetées de noir et de jaune; rectrices intermédiaires d'un vert olive, les trois latérales noirâtres, les autres d'un brun olivâtre et toutes bordées de jaune pâle; bec, pieds et ongles bruns. Longueur, sept pouces. D'Afrique.

ECHENILLEUR KAILORA, Corous melaaops, Lath. Parties supérieures d'un cendré bleuâtre, les inférieures d'une telnte plus pâle; face et gorge noires; rémiges noires, bordées de gris; recirices noirâtres, terminées de blanc, a l'exception des deux intermédiaires; bec noir; pieds d'un bleu obscur. Inngueur, treize pouces. Levaillan of a figuré sous le nom de Collier à masque noir, pl. 30 des Oiseaux d'Afnique. La femelle est rayée de brun sur les parties inférieures.

ECHENILLEUR NOIR, Campephaga nigra, Vieill, Lovaill., Ois. d'e fr., pl. 165. Entièrement d'un noir luisant, irisé; tectrices alaires inférieures verdâtres; bec et pieds noirs; iris brun. Longueur, sept pouces.

ECHENILLEUR. OCHARACÉ, Campephaga ochracea, Vieill., Muscicapa ochracea, Lath. Parties supérioures d'un brun ferrugineux; région des oreilles couverte d'une touffe de plumes allongées et étroites; plumes du cou et de la poitrine également étroites, pointes et d'un cendré brunâre; teotrioes; rémiges et rectrices blanches en dehors, noires intérieurement et à l'extrémité; parties inférieures d'un brun jaunâtra; bec et ongles jaunâtress pieds noirs. Longueur, huit pouce.

ÉCHENlLLEUR A VENTRE RATÉ, Corvus Novu Quimeœ, Lath., Buff., pl. enl. 629. Parties supérieures d'un cendré bleuâtre foncé, ainsi que le haut de la poitrine; un trait noir à l'aeil; ailes et tectrices caudales blanchâtres traversées de noir. Longueur, douze pouces. La femelle a les teintes plus claires; elle n'a point de trait noir à l'œil; tout ce qui est noir dans le mile est chez elle d'un gris bleuâtre. (DR.. Z.)

* ÉCHETROSIS. BOT. PHAN. (Mentzel.) Syn. de Bryone. (B.)

* ÉCHIDNA OU ÉCHIS. REPT. OPH. Belon désigne sous ce nom un Serpent de l'île de Lemnos, et Séba un autre Serpent des Antilles. Ces Animaux, qui ne peuvent être identiques, ne sont pas suffisamment connus. (B.)

ECHIDNE. Echidnis. MOLL. Montfort, dans sa Conchyliologie systématique (T. 1, p. 354), a proposé sous ce nom un genre qui paraît fort incertain. Il le caractérise de la manière suivante: coquille libre, univalve, cloisonnée, droite, conique, fistuleuse; bouche arrondie, horizontale; sommet aigu; cloisons plissées sur les bords seulement; siphon continu et central. Montfort n'avait jamais vu entier le corps qu'il décrivit sous le nom d'Echidnis diluvianus; des fragmens étaient épars dans une misse de Marbre de la vallée d'Os dans les Pyrénées; quelques autres exemplaires non moins incomplets furent envoyés d'Angleterre. Cest avec ces matériaux que le genre fut composé, ce qui doit laisser quelques doutes à son égard. (D.. H.)

ÉCHIDNE. MIN. La Pierre précieuse désignée sous ce nom dans l'antiquité, et dont les petites taches étaient comparées à celles d'un Serpent, paraît avoir été une Agathe. V. ce mot. (B.)

ECHIDNé. POIS. Espèce du grand Murène, Gymnothorax de Bloch, dont on propose de former un genre particulier. V. MURéNE. (B.)

ECHIDNÉS. MAM. ? Genre de Quadrupèdes (nous ne pouvons dire de Mammifères, puisqu'il pareit constant qu'ils n'ont pas de manielles) formant, avec les Ornithoryn ques aussi anomaux qu'eux, la tribu des Monotremes dans l'ordre des Edentés (T. I, p. 115 du Régne Animal de Cuvier). Malgré lés détails publiés par Everard Home sur l'anato-

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mie de ces Animaux, on ne pouvait encore se faire d'idées fixes sur leur organisation. Cuvier vient de remplir une partie de ce vide en publiant, dans la première partie du tome cinquième de son ouvrage sur les Os fossiles, leur description ostéologique complète: "Avec les formes extérieures et le poil des Mammifères, dit-il; avec leur circulation, leur cerveau, leurs organes des sens, et une grande partie de leurs organes du mouvement; avec le bassin des Didelphes, les Monotrèmes ressemblent, à beaucoup d'égards, aux Oiseaux et aux Reptiles par leur épaule et par les organes de la génération; ils manquent de mamelles, et paraissent assez vraisemblablement produire des œufs ou quelque chose d'équivalent, au lieu de mettre au jour des petits vivans. Ils semblent, continue te savent professeur, vouloir échapper à nos classifications par, leur ostéologie comme par leurs autres rapports. On ne peut comparer celle de leur tête à celle d'aucun des ordres de Mammifères: cependant c'est une vraie tête de Mammifère, et non d'Ovipare d'aucune classe."

La tête, qui ressemble à la moitié d'une poire, a le crâne bombé et arrondi de toutes parts. Ce crâne s'amincit en avant pour donner naissance à un museau grêle, pointu; le dessous est plane; les arcades zygomatiques et molaires sont rectilignes; les orbites, à peine marquées sur le crâne, sont bien cernées en arrière par la forme de lame que prend l'apophyse zygomatique dont la voûte recouvre ainsi toute la tempe et ses muscles; les sutures, comme dans les Oiseaux, disparaissent de très-bonne heure. L'ouverture antérieure des narines est tout entière encadrée par les intermaxillaires qui forment une voûte en arrière jusqu'à la rencontre des os propres du nez, lesquels recouvrent le museau jusqu'entre les orbites; le jugal forme un très-petit filet entre deux proéminences zygomatiques du maxillaire et du temposel. Le trou optique est séparé, comme à l'ordinaire, du trou sphéno-orbitaire; un peu plus en arrière est le trou ovale pour le nerf maxillaire inférieur. Il n'y a point de sinus frontaux: la selle turcique est peu profonde comme dans les Oiseaux. On sait que le développement de cette fosse osseuse correspond à celui de la glande et de la tige pituitaire dont nous avons fait voir la correspondance avec le sens de l'odorat. Le crible ethmoïdal est très-considérable, et n'est point séparé en deux moitiés par une lame verticale (crista Galli).

Au contraire de tous les Mammifères, la face externe de l'omoplate est concave; au lieu d'être terminé par une seule surface articulaire destinée à l'humérus, le col de l'omoplate se renfle de manière à fournir trois autres surfaces séparées chacune par des arêtes, pour l'articulation de trois pièces osseuses qui forment la partie antérieure de la quille sternale. La prenière de ces pièces, en forme de T, comparable pour la position à la fourchette des Oiseaux, se compose, dans les jeunes individus, de trois pièces: l'une impaire, elle même en forme d'Y, les deux autres transversales qui complétant les bronches et vont s'articuler avec une facette artioulaire de l'omoplate située sur le milieu de la longueur de son bord externe. Ces deux pièces transverses sont les clavicules, selon Cuvier, et la partie de l'omoplate qui, après avoir concouru à la formation de la fosse humérale, vient s'appuyer sur la quille sternale, serait l'analogue du bec coracoïde; le manche de l'espèce de Tyet deux pièces qui le flanquent en dessus sons correspondre à aucune paire de côtes, et qui prolongent le sternum en avant, sont donc des pièces exclusivement propres à ces Animaux. Toutes ces pièces se retrouvent dans l'épaule des Lézards; l'épaule des Monotrèmes estdonc bien plutôt formée sur le modèle des Lézards que sur celui des Mammifères. L'humérus, aplati dans un sens à sa partie supérieure, et dans un autre sens à l'inférieure, rappelle pour

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l'ensemble de son mécanisme celui des Taupes, des Chrysochlores et autres Animaux fouisseurs; mais le cubitus n'a pas, à proportion, la même solidité que dans ces Animaux; son articulation avec le radius qui est grêle et renflé aux deux bouts permet quelque rotation; le carpe rappelle celui des Carnassiers; les métacarpiens et les deux premiers rangs de phalanges sont singulièrement courts et gros, en quoi ils diffèrent sensiblement de ceux de l'Ornithorynque et de tous les Mammifères extrèmement allongés, ce qui donne à l'Echidné une main large et arrondie; les ongles très-grands sont déprimés et mousses; ces ongles emboîtent la phalange jusqu'à la tête articulaire, comme dans les Tatous, Pangolins et autres Edentés. Les os marsupiaux, autant et même plus prononcés que dans aucun Didelphe, sont les même que chez ces Animaux: leur basé y occupe même plus de largeur; le fémur est concave en avant sur sa longueur. De son grand trochanter descend une crête seillante qui annonce des muscles abducteurs très-puissans, indication qui correspond avec la grande sphéricité de la tête du fémur, et avec une grande apophyse large et comprimée qui dépasse la tête supérieure du péroné, comme le crâne dépasse celle du cubitus; le tarse, composé comme celui des Mammifères, a de plus deux os surnuméraires dont l'un, articulé sur l'astragale, porte dans les mâles l'éperon venimeux dont nous avons, au mot CORNE, signalé la structure; l'autre os surnuméraire est articulé entre l'astragale et le scaphoïde. Le mécanisme des doigts est le même qu'aux pieds de devant. Leur nombre est partout de cinq, augmentant en grandeur du petit doigt à l'index; le pouce est de la même grandeur que le petit doigt. La moitié sternale des côtes est ossifiée comme chez les Oiseaux, excepté pour les cinq ou six premières fausses côtes ou elle est plus dilatée qu'aux autres. Il y a quinze paires de côtes et trois vertèbres lombaires, avec sept cervicales plates en dessous, et douze caudales rapidement réduites en cônes; l'hyoïde, semblable en somme à celui des Mammifères, se lie d'une manière particulière avec le thyroïde divisé lui-même en quatre lobes.

Si l'on ajoute à cet aperçu de leur ostéologie que leurs mâchoires n'ont aucune dent, que leur palais est hérissé de petites pointes ou lames cornées, comme chez plusieurs Oiseaux palmipèdes; qu'ils manquent d'oreille externe; que leur langue est extensible comme celle des Fourmiliers; que leur peau est couverte, soit d'épines seulement, soit d'épines entremêlées de soies, suivant les espèces: que les voies urinaires, digestive et génitale, aboutissent à un cloaque commun; que leur verge, terminée par quatre tubercules, n'est pas perforée par un canal central, ni même creusée d'un sillon comme chçz les Reptiles et les Oiseaux; qu'ils n'ont pas de mamelles, et que par conséquent le mode de leur génération ne peut être déterminé à priori, l'on voit qu'il y a plus de motifs pour séparer ces Animaux en une classe distincte, que pour les réunir soit avec les Mammifères soit avec les Reptiles.

Shaw (Gen. Zool., vol. 1, p. 1) décrivit l'Echidné épineux sous le nom de Myrmecophaga aculeata, et Pennant l'a reproduit sous ce nom dans la troisième édition de ses Quadrupèdes. Ces Animaux appartiennent à ces extraordinaires créations de la Nouvelle-Hollande dont nous exposerons les contrastes avec celles des autres continens au mot GÉOGRAPHIE ZOOLOGIQUE, contrastes dont il a été parlé à l'article CRÉATION. Chacune de ces espèces est cantonnée dans des régions différentes; l'une n'a encore été vue que dans la Nouvelle-Galles, et l'autre à la terre de Diémen et dans quelques îles du détroit de Bass; mais on n'a encore observé ni l'une ni l'autre sur la côte occidentale du continent Australasien. Les Echidnés vivent d'Insectes, et sur-

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tout de Fourmis qu'ils engluent comme les Fourmiliers avec une langue visqueuse très-longue; leur taille est à peu près celle du Hérisson. Ils fouissent avec beaucoup de facilité et de vitesse. On ne sait rien sur leurs mœurs, leur nourriture, leur accouplement, le mode de leur génération.

ECHIDNé éPINEUX, Echidna Hystrix, Cuv.; Ornithoryncus Hystrix, Home, Trans. Phil. 1802. Tout couvert en dessus de fortes épines coniques d'un pouce et demi de long à peu près, noires à la pointe, et blanchâtres sur leur longueur; celles de la queue seules sont verticales, les antres sont couchées en arrière; ces épines sont entourées à leur base de petits poils roux; des poils courts et roides couvrent aussi la tête et le dessous du corps. Cette espèce est des environs du port Jackson.

ECHIDNÉ SOYEUX, Echidna selosa, Geoff.; alter Ornithoryncus Hystrix, Home, ibid. Un peu plus grande que l'autre; les ongles un peu moins longs, plus arqués et plus pointus; tout le corps couvert de poils longs, doux et soyenx, de couleur marron, enveloppant les épines dans leur presque totalité; la tele est couverte de poils jusqu'aux yeux; le museau est noir et nu; tout le dessous du corps et les pates n'ont que des poils durs blanchâtres, semblables à des soies de Porc. Cette espece habite la terre de Van-Diémen et les îles du détroit de Bass. (A. D.. NS.)

ECHIMYS. Echimys. MAM. Genre de Rongeurs qui se rapproche des Rats proprement dits par la forme oblongue de sa tête. Ils ont, dit Cuvier (Ossem. Foss. T. v, p. 18), quatre dents parlout, à lignes transversales comme les Loirs, et qui sont à peu près égales (pl. 1, fig. 14 et 15, ibid.). Les caracteres distinctifs de la tête tiennent au grand élargissement du trou sous-orbitaire qui est cependant bien moindre que dans les Gerboises, et à ce que le frontal se dilate de cheque côte en continuation de la crête temporale pour fournir un plafond à l'orbite. Il n'y a pas de trou au temporal. Une chose très-particulière aus Echimys, c'est que l'occipital, en descendant latéralement vers l'oreille, se bifurque de manière à enclaver la partie montante de la caisse et du rocher, et à former à lui seul les deux tubercules dont le postérieur ou le mastoïde lui appartient seul ordinairement. A la mâchoire supérieure, les molaires sont sensiblement égales et partagées en deux parties égales par un sillon assez large; chacune de ces parties est echancrée jusqu'à son milieu par un sillon de l'émail. La première molaire de la mâchoire inférieure est plus grande que les trois autres; elle est échancrée profondément sur son bord interne; la seconde a deux échancrures internes et une externe; la troisième et la quatrième sont séparées en deux parties par un sillon transverse; la première de ces deux parties est simple; la seconde a une échancrure à sa face interne. En comparant cette configuration des dents â celles des autres Rongeurs, et en réfléchissant que la dent se forme sur un moule pulpeux qui en représente d'avance tous les creux et tous les reliefs, on voit que ce genre est aussi bien séparé de tous les autres genres de l'ordre des Rongenrs, par les limites de son organisation, qu'il l'est de la plupart de ces mêmes genres par les limites géographiques de son existence. Tous ces Animaux sont de l'Amérique méridionale. Leur corps est allongé comme celui des Rats. La longueur de la queue varie selon les espèces; elle est toujours ronde, quelquefois écailleuse, et, dans une espèce seulement, couverte de poils très-fins. Il y a aux pates de devant quatre doigts et un moignon de pouce, cinq à colles de derrière, tous armés d'ongles plus ou moins crochus. Ils vivent de fruits et de racines.

Le nom d'Echimys, imposé par Geoffroy Saint-Hilaire, signifie Rat épineux. En effet, chez la plupart des espèces du genre qui nous occupe, des epines dont le nombre et

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la force varient, et qui ne sont autre chose que des poils très-gros, aplatis et carenés sur une de leurs faces, tandis qu'ils sont creusés en gouttière sur l'autre, et terminés par une soie trés-fine, recouvrent le dos et la croupe. On sait qu'il y a un genre tout entier de Rongeurs, les Pores-Epics, ou presque tous les poils sont transformés en épines. On en retrouve aussi dans quelques espèces de Rats proprement dits.

1. ECHIMYS HUPPÉ, Echimys cristatus, Geoff.; le Rat à queue dorée, Buff, Supp. 7, pl. 72. Voici le précis de la description qu'Allamand a donnée de cet Animal: Il ressemble au Rat pour la taille, la figure et la forme de la queue; il en differe par la coulear du pelage et pur la forme des orçilles; le corps est de couleur marron tirant sur le pourpre, plus foncé aux côtés de la téte et sur le dos, plus clair sous le ventre. Cette couleur s'étend sur la queue à une petite distance de son origine; les poils fins et courts qur la couvrent deviennent tout-à-fait noirs jusqu'à la moitié de sa longueur où ils sont plus longs et où ils prennent, sans aucune nuance intermédiaire, une couleur orangée qui règne jusqu'à l'extrémité de la queue; une longue tache de même couleur jaune orne aussi le front. La téte est fort grosse à proportion du corps; le museau et le front sont étroits; les yeux petits; les oreilles, à large ouverture, ne s'élèvent pas au-dessus de la tête; aux deux côtés de la lèvre supérieure qui est fendue il y a une touffe de poils d'un brun sombre dont la longueur surpasse celle de la tête; derrière celle-ci, et tout le long du dos, parmi les poils dont l'Animal est couvert, il y en a de plats et de la longueur d'un pouce qui dépassent les antres, et qui sont plus roides et plus resistans; ils semblent sortir de petits étuis transparens; ils diminuent de nombre et de grandeur sur les flancs et manquent sous le ventre; ils sont d'abord cylindriques et fort minces; ensuite ils deviennent plats et ont presqu'une demi-ligne de largeur, après quoi ils se terminent en une pointe très-fine. La femelle a huit mamelles. Il existe au Muséum d'histoire naturelle un individu un peu plus grand, de neuf pouces et demi de long; les poils épineux sont bruns en dessus et entremêlés de poils roux; le ventre est doux et fauve. On conjecture que cet Animal vit sur les Arbres ou il se nourrit de fruits.

2. ECHIMYS DACTYLIN, Echimys dacty linus, Geoff. G'est une des plus grandes espèces du genre. Elle est longue du museau à l'anus d'un peu plus de dix pouces, et la queue en a quatorze et demi; son poil est sec et roide, mais non épineux; les poils du front se forment en épi, et comme les postérieurs sont plus longs et fort roides, ils proéminent sur le cou en ferme de huppe. Les doigts intermédiaires des pales de devant sont beaucoup plus longs que les autres; les ongles y sont plats et rappellent ceux de quelques Sapajous; les cinq doigts des pieds de derrière sont armes d'ongles forts et crochus; toute la queue est nue et écaillouse.

3. ECHIMYS ÉPINEUX, Echimys spinosus; Rat épineux d'Azzara (Quadrup. du Parag. T. II, p. 73), le premier des Animaux qu'il donne sous le nom de Rat; Angouya-y-Bigoin des Guaranis. Plus massif que le Rat ordinaire, il est haut de trois pouces trois quarts en avant, de quatre pouces en arrière, long de dix pouces; la queue n'a pas tout-a-fait trois pouces; elle est couverte d'un poil épais et lisse, assez long pour masquer entièrement les écailles; l'œil, qui n'est pas saillant, a trois lignes dans sa plus grande ouverture, et est également distant du museau et de l'oreille; le nez est tronqué verticalement; la plus grande longueur des moustaches n'excède pas quinze lignes; l'oreille s'élève seulement de quatre lignes au-dessus du vertex; son bord se double en avant; sa plus grande longueur horizontale est de neuf lignes; elle est très-flexible et pelée; il a un pouce muni d'ongle au pied de

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devant; le doigt extérieur est de la grosseur des autres, mais son onglese termine où naît celui du doigt suivant; des trois intermédiaires, celui du milieu excède-d'une ligne les collatéraux; le plus grand des ongles a quatre lignes. L'Animal est couvert de deux sortes de poils très-mélangés; les uns sont blancs et fins, les autres sont de vraies épines dont les plus longues ont neuf lignes; elles sont blanchâtres sur les trois quarts de leur longueur, puis obscures, puis rougeâtres à la pointe d'où sortent de petits poils qui empêchent qu'elles ne piquent, et qui tombent à poignée comme le poil de l'Agouti; un pinceau de ces épines ombrage le devant de l'oreille.

Cet Animal se creuse des trous à des niveaux supérieurs aux inondations; ces trous sont ordinairement si rapprochés que l'on ne peut en parcourir le terrain sans précaution; ils ont huit pouces de profondeur et environ quatre pieds de long. Du Paraguay dans la province de l'Assomption.

4. ECHIMYS A AIGUILLON, Echimys hispidus, Geoff. Long de sept pouces au corps et à la queue, de quatorze pouces en tout; d'un brun roux qui est moins foncé en dessous; beaucoup de poils épineux très-roides sur le dos: la queue est nue, écailleuse, annelée. On sait, sans désignation de contrée, qu'il est de l'Amérique méridionale.

5. ECHIMYS DIDELPHOÏDE, Echimys didelphoïdes, Geoff. D'environ dix pouces de long en tout, cinq au corps, cinq à la queue; celle-ci couverte de poils â sa base sur la longueur d'un pouce seulement, et nue d'ailleurs où elle est écailleuse et verticillée comme aux Rats ordinaires; les poils épineux n'existent qu'au dos et surtout à la croupe; le ventre est jaunâtre; les flancs d'un brun plus clair que le dos; le pouce est à peine visible aux pieds de devant.

6. ECHIMYS DE CAYENNE, Echimys Cayennensis, Geoff Long d'environ six pouces du museau à l'origine de la queue dont la mutilation a laisse la longueur indéterminée daus l'individu que possède le Muséum; d'un brun roux sur le dos et les flancs; tout le dessous du corps d'un beau blanc; les poils du dos, aplatis et transformés en piquans, sont bruns à la pointe, gris vers la racine, et entremêlés de poils bruns, annelés de roux et de fauve, et de brun à la pointe; il n'y a que de ces derniers poils sur la tête. Dans cette espèce comme dans la suivante, les tarses des pieds de derrière sont fort allongés ainsi que les trois doigts intermédiaires égaux entre eux. Cette structure annonce une supériorité de ces espèces pour le saut et la course.

7. ECHIMYS SOYEUX, Echimys setosus, Geoff. Long de six pouces environ au corps et de sept à la queue; il est d'une teinte plus rousse que le précédent, et son poil semble encore plus soyeux et moins mêlé d'épines; le ventre est d'un blanc moins pur; les pieds sont blancs au bout. Cette espèce est aussi d'Amérique, sans designation de contrée. (A. D.. NS.)

ECHINACEA. BOT. PHAN. Mœnch a cru nécessaire de constituer un genre sous ce nouveau nom, avec le Rudbeckia purpurea. Voici ses caractères essentiels: demi-fleurons non jaunes, comme dans les autres espèces de Rudbeckies, mais purpurins, longs et réfléchis; involucre formé de folioles disposés sur trois rangs; paillettes plus longues que les fleurons; akènes couronnés d'un rebord membraneux et multifide. De tous ces caractères, le plus réel, selon Jussieu, serait la couleur des demi-fleurons; mais il n'est d'aucune valeur pour motiver l'établissement d'un genre. (G.. N.)

ECHINAIRE. Echinaria. BOT. PHAN. Genre de la Famille des Graminées, de la Triandrie Digynie, L., établi par le professeur Desfontaines (Flor. Atlant., 2, p. 385) pour le Cenchrus capitatus de Linné, ou Echinaria capitata, petite Plante annuelle qui croît dans les provinces

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méridionales de la France, en Italie, en Barbarie, etc. Ses tiges sont simples, hautes de quatre à six pouces; ses feuilles, réunies en touffe à la base de la tige, sont étroites et courtes: ses fleurs forment un épi globuleux qui termine la tige; ses épillets contiennent de trois à quatre fleurs; la lépicène se compose de deux valves un peu inégales, carenées et mucronées à leur sommet; les deux paillettes de la glume sont inégales et dissemblables; l'externe est plus grande, convexe, et se termine a sou sommet par cinq soies roides et inégales; l'interne est moins longue, plus étroite, et ne porte que deux soies à son sommet; le fruit ne reste pas enveloppé dans les glumes. (A. R.)

ÉCHINANTHE. Echinanthus. ÉCHIN. Genre de l'ordre des Echinodermes pédicellés, proposé d'abord par Breynius, le même que le genre Scutum de Klein, adopté par Van-Phelsum, et établi définitivement par Ocken dans son Système général d'histoire naturelle. Lamarck ne l'a point conservé, et en a formé ses genres Clypéastre et Scutelle adoptés par Cuvier et par tous les naturalistes modernes. V. CLYPÉASTRE et SCUTELLE. (LAM.. X.)

* ECHINANTHUS. BOT. PHAN. (Necker.) Syn. d'Echinops. (B.)

* ECHINANTITES. Echinantitœ. ÉCHIN. Ce nom a été donné par des oryctographes et des naturalistes à des Oursins fossiles des genres Cassidule, Spatangue, Clypéastre, etc., de Lamarck, ayant sur la partie superieure du corps des ambulacres pétaliformes plus ou moins étendus. (LAM.. X.)

* ECHINARACHNIUS. ÉCHIN. Genre peu nombreux de l'ordre des Echinodermes pédicellés, établi pas Klein. Aucun naturaliste ne l'a adopté; les espèces dont il est composé appartiennent aux Clypéastres de Lamarck. (LAM.. X.)

ECHINARIA. BOT. PHAN. V. ECHIRATRE.

ECHINASTRUM. BOT. PHAN. Selon Adanson, les Romains nommaient ainsi les Géranions. Dodœns applique plus particulièrement ce nom au G. tuberosum. (B.)

ÉCHINÉENS. MAM. Le savant et modeste Desmarest a vait établi sous ce nom, dans la première édition du Dictionnaire de Déterville, une petite famille d'Insectivores plantigrades, composée des genres Hérisson et Tanrec. Ces genres différant essentiellement par la forme, le nombre et la disposition des dents, n'ont pu rester ainsi rapprochés. (B.)

* ECHINELLE. Echinella. BOT. CRYPT. Genre de la famille que nous avons établie parmi les Microscopiques sous le nom de Bacillariées, V. ce mot, et dont les caractères consistent, ainsi que nous l'avons dit: dans un corps simple, laminaire, aminci par l'une de ses extrémités, conséquemment plus ou moins conique, tronqué et même crénelé du côté élargi, s'associant en feisceaux par le côté aminci. Le nom d'Echinella avait été précédemment employé par le savant Lyngbye qui désignait ainsi un gerne de l'Algologie danoise, dans lequel étaient confondus un grand nombre d'êtres totalement disparates. Nous l'avons adopté pour celui du genre que nous reformons ici, et dont nous citerons les trois espèces assez communément répandues dans les caux de l'Europe.

ÉCHINELLE ROIDE, Echinella (stricta) sublinearis penè dilatata, ore fimbriato, N. Cette espèce est représentée, dans la Flore Danoise (tab. 945) recouvrant les filamens d'une Conferve qui n'est que le Rivularis, encore que l'on ait pris dans l'ouvrage cite ces Echinelles parasites pour un caractère d'espèce, et qu'on ait appelé Conferva pennatula un mélange de deux êtres fort différens. Elle est parfaitement hyaline et presque linéaire, ce qui lui donne un peul'aspect d'une Bacillaire, et qui l'a fait confondre par Lyngbye avec-son Echinella fascicu-

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lata, qui appartient à un autre genre.

ECHINELLE ÉVENTAIL, Eckinella (ventilatoria) elongata, dilatata, ore crenulato, maculâ corticali instructa, N. Cette espèce remarquable se réunit en faisceaux étalés qui présentent la figure d'un éventail plus ou moins ouvert. On la trouve sur diverses Plantes marines, ainsi que sur les Sertulaires et sur les Batrachospermes dont Bonnemaison de Quimper a proposé de faire un genie sous le nom de Dudresnaya. V. ce mot.

ECHINELLE EN COIN, Echinella (cuneata) conica, ore quadridentato, corpusculis fuscis in centro repleta, N.; Echinella cuneata, Lyngb., Tent. Hydr. Dan., p. 211, pl. 70, fig. F. Salargeur, la régularité des quatre dents arrondies de son orifice, sa taille bien plus courte, sa figure parfaitement cunéiforme, et les corpuscules de couleur ferrugineuse qui se voient vers son milieu, distinguent cotte espèce de toutes les autres. On la trouve sur les Céramiaires et sur divers Fucus, depuis la baie de Cadix et Ténériffe où nous l'avons découverte, jusques en Norwège où Lyngbye l'a observée: (B.)

ECHINIDES. Echinideœ. ÉCHEN. Section de la division des Radiaires Echinodermes établie par Lamarek dans son Histoire des Animaux sans vertèbres, et renfermant toutes les espèces réunies par Linné et par un très-grand nombre de naturalistes dans leur seul genre Oursin (Echinus), vulgairement Hérissons de mer. Le savant professeur donne à cette section le caractère suivant: «Peau intérieure immobile et solide; corps subglobuleux ou déprimé, sans lobes rayonnans, non contractile; un anus distinct de la bouche; les tubercules spinifères sont immobiles comme le test solide de la peau, mais leurs épines peuvent se mouvoir.» Cuvier, dans sa distribution du règne animal, n'a point conservé le nom d'Echinides; il a préféré celui d Oursin, plus généralement connu et adopté par la trèeg rande majorité des naturalistes français. Nous croyons donc devoir renvoyer au mot OURSIN les généralités de cette famille d'Animaux rayonnans que des caractères tranchés séparent de toutes les autres, malgré quelques rapports qui les rapprochent de plusieurs Mollusques. Les Oursins ou Echinides forment un groupe bien distinct que l'on nommera famille, ordre ou section, etc., suivant la classification zoologique que l'on emploiera. V. OURSIN. (LAM.. X.)

ÉCHINIER. BOT. PHAN. V. ECHINUS.

ÉCHINITES. éHIN. Genre d'Oursin formé par Van-Phelsum, et dont les caractères consistent dans le corps qui est presque arrondi ou pentagonal avec des ambulacres doubles et larges. Leske l'a adopté, et l'a composé des Conules de Klein. Les espèces peu nombreuses de ce groupe sont disséminées dans plusieurs genres de la première division des Eghinides de Lamarck. V. GALÉRITE, CLYPÉASTRE, etc.

On a encore appelé Echinites les Oursins fossiles qui se trouvent en si grande abondance dans les terrains secondaires, tertiaires et même d'alluvion. Les uns ont conservé leurs formes primitives, les autres ont été comprimés ou brisée presque tous ont perdu les piquans qui leur servent de défenses et d'organes de mouvemens. Ils se trouvent mêlés avec les Ammonites, les Térébratules, les Bélemnites, les Polypiers des terrains, les plus anciens, ainsi qu'avecles Coquilles fossiles des dernières formations; quelquefois ils sont rares; d'autres fois leur nombre est si considérable, qu'ils forment des collines tout entières; il y en a de changés en une masse de Silex solide ou vide dans son intérieur, ou bien en Pierres calcaires extérieurement, tapissés dans leur intérieur de beaux Cristaux de carbonate de Chaux ou de Silice; souvent le terrain qui les renferme présente le corps et les piquans dont il était couvert; d'autres

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fois ces piquans ont entièrement disparu; enfin les Echinites ou les Oursins fossiles varient sous tous les rapports d'états autant que les autres Animaux de l'ancien monde dont les débris remplissent l'écorce solide de notre globe. (LAM.. X.)

* ECHINO-AGARIC. Echino-Agaricus. BOT. CRYPT. (Haller.) Syn. d'Hydne. V. ce mot. (B.)

* ECHINOBRISSE. Echinobrissus. ÉCHIN. Genre d'Echinodermes pédicellés, proposé par Breynius pour un groupe d'Oursins dont la bouche occupe presque le milieu sur la face inférieure, et dont l'anus, un peu éloigné du sommet, se trouve dans une espèce de sinus opposé obliquement à la bouche. Il est compose des Brisses et des Brissoïdes de Klein, et correspond en grande partie aux genres Spatangue et Nucléolite de Lamarck. V. ces deux mots. (LAM.. X.)

* ECHINOCARDIE. Echinocardium. ÉCHIN. Van-Phelsum a donné ce nom à un groupe d'Echinodermes pédicellés, divisés par Klein en Spatangues et Spatangoïdes; ils appartiennent aux Spatangues de Leske et de Lamarck. V. SPATANGUE. (LAM.. X.)

ECHINOCHLOA. BOT. PHAN. Ce genre, de la famille des Graminées, proposé par Palisot de Beauvois (Agrost., p. 53, t. 11, f. 2) pour quelques espèces de Panicum, tels que les Panicum Crus Galli, setigerum, etc., n'offre pas de différences assez tranchées pour être adopté. V. PANIS. (A. R.)

ECHINOCONE. Echinoconus. ÉCHIN. Ce nom été donné par Breynius à un groupe d'Oursins appartenant aux genres Conule et Discoïde de Klein, Echinonée et Echinite de Leske; ils rentrent dans les Echinonées et dans les Galérites de Lamarck. Ils offrent deux ouvertures inférieures; la bouche placée au centre, et l'anus dans le bord, ou près du bord. (LAM.. X.)

* ECHINOCOQUE. Echinococcus. INTEST. Genre de l'ordre des Vésiculaires, ayant pour caractères: une vésicule simple ou double, renfermant dans son intérieur de très-petits Animaux, libres de toute espèce d'adhérence, et dont le corps est obovale, la tête armée d'une couronne de crochets, et munie de suçoirs. Zeder l'avait nommé Polycephalus. Les Echinocoques ont les plus grands rapports avec les Acéphalocystes. V. cemot. Ils se rencontrent dans les mêmes organes et avec les mêmes circonstances. La principale différence qui existe entre eux, vient de la présence de petits Animaux, à la vérité à peine ébauchés, mais dont l'organisation ne peut être méconnue, puisqu'ils ont des crochets et des suçoirs.

Zeder a réuni sous le nom de Polycéphales, les Cœnures et les Echinocoques. Cette association n'est nullement naturelle; en effet, les Animaux des Cœnures font corps avec leur vésicule; lorsqu'ils sont rétractés à l'intérieur, leurs suçoirs et leur couronne de crochets sont cachés dans leur corps, ce n'est que par leur développement à l'extérieur que ces organes deviennent visibles. Les Echinocoques, au contraire, sont renfermés dans leur vésicule, et ne peuvent en aucune manière faire saillie à l'extérieur; d'ailleurs, ils sont complètement isolés de cette vésicule et ne font point corps avec elle. Son organisation est analogue à celle des Acéphalocystes, elle contient de même un liquide transparent, légèrement albumineux; elle est quelquefois formée de deux membranes juxtaposees l'une contre l'autre. Les Echinocoques sont trop rares et trop peu connus, pour que leurs caracteres spécifiques puissent être clairement énoncés. Rudolphi en distingue trois espèces:

ECHINOCOQUE DE L'HOMME, Echinococcus Hominis, Rudolph., Syn p. 183, n° 1. Ce sont des vésicules au moins de la grosseur d'une noix renfermant des Animaux plus petits que des grains de sable; elles n'ont été vues qu'une fois par Meckel; il les avait trouvées dans un cadavre et

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les avait communiquées à Goëze, sans indiquer dans quel organe ce Ver s'était développé. Zeder a avancé sans preuve que c'était dans le cerveau; Rudolphi présume que c'était dans le foie.

ECHINOCOQUE DU SINGE, Echinococcus Simiœ, Rudolph., Syn., pag. 183, n° 2. Vésicules de grosseur variable, formées d'une seule membrane transparente, et trouvées dans les viscères thoraciques et abdominaux du Magot et du Macaque.

L'ECHINOCOQUE COMMUN, Echinococcus veterinorum, Rudolph., Syn., pag. 183, n° 3; Encycl. méth., tab. 40, fig. 9-14; regardé comme un Tœnia par Goëze et par Gmelin, comme une Hydatide par Batsch, etc.—On le trouve dans le Bœuf, le Mouton, le Mouflon, le Chameau, le Dromadaire, le Cochon, etc. (LAM.. X)

* ECHINOCORYS. Echinocorys. ÉCHIN. Ce nom a été donné par Breynius à un genre d'Oursins adopté par Leske, et composant la section des Cassides de Klein, ou ses genres Galea et Galeola. Ils appartiennent en grande partie aux Ananchites de Lamarck, et se distinguent par la situation de la bouche, entre le bord et le milieu de la surface inférieure, et par l'anus très-éloigné situé dans l'autre bord. V. ANANCHITE. (LAM.. X.)

ECHINOCORYTE. Echinocorytes. ÉCHIN. Leske donne ce nom aux Echinocorys de Breynius, genre d'Echinodermes pédicellés, vulgairement Oursins; il rentre dans les Gallérites et les Ananchites de Lamarck, ou dans les Cassidules de Cuvier.—Le genre Echinocoryte n'a pas été adópté. (LAM.. X)

ECHINOCYAME. Echinocyamus. ÉCHIN. Genre d'Echinodermes pédicellés ou des Oursins, proposé par Van-Phelsum, adopté par Leske, ayant pour caractères: la bouche et l'anus inférieurs et très-voisins l'un de l'autre; les ambulacres sont pétaliformes et bornés. Ces Echinodermes appartiennent au genre Fibulaire de Lamarck. Cuvier l'a conservé. V. FIBULAIRE. (LAM.. X.)

ECHINODACTYLES. ÉCHIN. L'on donne souvent ce nom aux pointes d'Oursins fossiles. (LAM.. X.)

ECHINODERMA. MOLL. Cette dénomination a été employée par Poli (Test. des Deux-Siciles) pour désigner la coquille de son genre Echion (V. ce mot) qui correspond aux Anomies des auteurs. (D.. H)

ECHINODERMAIRES, ÉCHIN. (Blainville.) V. ACTIONORPHES et ECHINODERMES. (B.)

ÉCHINODERMES. Echinodermata. ZOOL. Première classe des Animaux rayonnes ou Zoophytes, établie par Cuvier dans le Règne Animal distribué d'après son organisation. Les êtres qui la composent ont pour caractères: la peau bien organisée, soutenue souvent par une sorte de squelette, armée de pointes ou d'épines articulées et mobiles avec une cavité intérieure où flottent des viscères. Le système vasculaire ne s'étend pas à tout le corps, mais entretient une communication avec diverses parties de l'intestin et avec les organes de la respiration, en général très-distincts, ainsi que les viscères. Le système nerveux, très-incomplet, et sous forme de filets, ne s'observe même pas dans tous les genres.—Le nom d'Echinoderme a été créé par Klein, en 1734, pour les Animaux connus généralement sous le nom vulgaire d'Oursins ou Hérissons de mer. Bruguière, dans l'Encyclopédie, l'a appliqué à une division zoologique composée uniquement des Oursins et des Astéries; le docteur Leach l'avait appelée Gorgonocéphale. Lamarck, dans son grand ouvrage des Animaux sans vertèbres, en a formé le second ordre de ses Radiaires, sous la dénomination de Radiaires Echinodermes; il a ajouté les Fistulides aux Astéries et aux Oursins de Bruguière qu'il nomme Stellérides et Echinides. Ses Fistulides sont partagées en Tentacu-

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lées, Actinie, Holoturie, Fistulaire, et en Fistulides nues, Priapule et Siponele.—Cuvier a adopté le nom d'Echinodermes pour la première classe de ses Animaux rayonnés, qu'il nomme Zoophytes à cause de la disposition rayonnante de leurs organes qui rappellent les pétales des fleurs (définition que Blainville applique à ses Actinomorphes). Il l'a divisée en deux ordres, sous les noms d'Echinodermes pédicellés et d'Echinodermes sans pieds. Blainville, dans le Dictionnaire des Sciences naturelles, critique avec raison le mot Echinodermes, qui ne peut s'appliquer exactement qu'aux seuls Oursins, et propose de le remplacer par Polycérodermaires qui nous semble avoir le défaut d'être un peu long, et de rappeler cette ancienne nomenclature ou l'on voulait définir tous les caractères d'une Plante dans un seul mot tiré du grec.—Comme les autres naturalistes, il fait une classe des Oursins, des Astéries et des Holoturies, qu'il divise en trois ordres désignés par la forme de leur corps. Ce sont les Cylindroïdes, les Sphéroïdes et les Stelleroïdes. Pour avoir de l'uniformité dans sa nomenclature, il a changé le nom d'Echinodermos en celui d'Echinodermaires.

Aristote, Pline, et la plupart des zoologistes, ont considéré les Echinodermes comme des Mollusques testacés. Rondelet les a réunis, le premier, aux Zelphites, et Jonstohn aux Crustacés. Linné les a placés parmi les Vers mollusques voisins des Testacés, et le premier, il a rapproché les. Astéries des Oursins. Quant à nous, ayant adopté la classification de Cuvier, nous ne croyons pas devoir la changer: néanmoins si jamais l'on divise les Animaux en Symétriques et non Symétriques ou Asimémétriques, ainsi que nous l'avons proposé dans notre Mémoire sur le Polype du Tubipore Musique, la classe des Échinodermes, telle que Cuvier l'a établie, sera placée entre les Polypes à Polypiers et les Aualèphes; nous ne pouvons maintenant mous écarter de cette distribution.—Les Echinodermes ont des organes particuliers assez nombreux; des muscles très-distincts leur servent à exécuter des mouvemens, compliqués et souvent trés-rapides. Un système norveux se distribue dans toutes les parties du corps; quoique peu apparent, il n'en existe pas moins; on peut l'observer avec facilité dans un grand nombre d'Echinodermes, sous forme de quelques gaulions asses gros et de filets nombreux, très-divisés, qui semblent se diriger en rayonnant du centre à la circonférence; il n'y a point de cerveau. Le système vasculaire n'offre point la complication de celui des Animaux vertébrés; il est beaucoup plus simple et semble se borner à entretenir des communications entre le tube digestif et les différentes parties du corps, principalement avec les organes de la respiration très-distincts dans plusieurs groupes. Ces Animaux, dans ce cas, n'offrent jamais les mouvemens isochrones de contraction et de dilatation que l'on observe dans un grand nombre d'Acalèphes et d'autres Zoophytes; ces mouvemens semblent être remplacés par ceux de l'appareil destine à la respiration, que l'on observe toujours dans les classes supérieures.—Les Echinodermes ont-ils des sexes séparés, sont-ils hermaphrodites, ou bien encore chacun d'eux possèdet-il la faculté de se reproduire sans le concours des deux organes sexuels? Il est plus facile de répondre à cette dernière question qu'aux deux premières, car personne n'a encore décrit, du moins à notre connaissanco, l'organe mâle et l'organe femelle des Echinodermes. Dans ces Animaux, tous les individus offrent des ovaires qui se remplissent d'un grand nombre d'œufe ou de corps reproductifs. Leur figure, leur grosseur, leur couleur varie amsi que celle de leur enveloppe; rien minlique une fécondation quelconque, ni aucun phénomène analogue.—Les Echinodermes ont une grande puissance

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de reproduction, et dans plusieurs genres, une seule de leurs parties, isolée du reste du corps, continue à jouir de la vie, et s'environne bientôt de tout ce qui constitue l'Animal parfait.—L'organe digestif est en général fort simple dans ces Animaux; quelquefois c'est un canal intestinal à deux ouvertures, la bouche et l'anus; d'autres fois cet organe est en forme de sac, à une seule ouverture qui sert tout à la fois de bouche et d'anus. Cette sorte d'estomac se prolonge souvent, dans les différentes parties du corps, en cœcums rameux comme les divisions d'un grand Arbre. La longueur de l'intestin varie dans les Echinodermes qui en sont pourvus; en général il s'attache aux parties solides au moyen d'un mésentère bien conforme.—La bouche diffère dans chaque groupe; ordinairement elle est garnie de parties dures et circulaires que l'on pourrait regarder comme des espèces de dents qui se durcissent vers leur racine, à mesure qu'elles s'usent par leur pointe; plusieurs genres manquent de ces parties que rien ne remplace, si ce n'est quelquefois des corps tentaculaires.—Dans ces Animaux, les organes du mouvement sont répandus sur une grande partie de la surface du corps, et comme Cuvier a employé ce caractère pour les désigner, nous croyons ne pouvoir mieux faire que de copier ce grand naturaliste, en traitant de ces organes, "Leur enveloppe, celle des Echinodermes pédicellés, est percée d'un grand nombre de petits trous, placés en séries très-régulières, au travers desquels passent des tentacules membraneux, cylindriques, terminés chacun par un petit disque qui fait l'office de ventouse. La pattie de ces tentacules qui reste à l'intéricur du corps est vésiculaire; une liqueur est épanchée dans toute leur cavité, et se porte au gré de l'Animal dans la partie cylindrique extérieure qu'elle étend, ou bien elle rentre dans la partie vésiculatre intérieure, et alors la partie extérieure s'affaisse. C'est en allongeant, ou en raccourcissant ainsi leurs centaines de petits pieds ou de tentacules, et en les fixant par les ventouses qui les terminent, que ces Animaux exécutant leurs mouvemens progressifs. Des vaisseaux partant de ces petits pieds se rendent dans des troncs qui répondent à leurs rangées et qui aboutissent vers labouche. Ils forment un système distinct de celui des vaisseaux intestinaux qui s'observent dans quelques espèces."—Tels sont, d'après Cuvier, les caractères des Echinodermes pédicellés ou du premier ordre: il a placé dans le deuxième les Echinodermes sans pieds, ainsi nommés parce qu'ils manquent de pieds vésiculeux; ils ont de grands rapports avec les Holoturies: leur corps est revêtu d'une peau coriace, et leur organisation intérieure est peu connue. Les Echinodermes ne se réunissent jamais pour former des Animaux composés: aucun d'eux ne jouit de facultés phosphorescentes ou lumineuses. Enfin, ils sont répandus dans toutes les mers; en géneral plus grands, plus variés et plus nombreux en espèces entre les deux tropiques ou dans leur voisinage, que dans les zônes froides et tempérées.

L'on trouve des Echinodermes fossiles dans lous les états et dans tous les terrains, depuis ceux de transition jusque dans les alluvions les plus modernes.

Ier Ordre.—ECHINODERMES PÉDICELLÉS. Les genres qui composent, cet ordre sont:

Astérie, Encrine, Oursin, Holoturie.

IIe Ordre.—ECHINODERMES SANS PIEDS. Les genres qui composent cet ordre sont:

Monpadie, Miniade, Priapule, Siponcle, Bonellier. V. ces mots. (LAM.. X.)

* ECHINODISQUE. Echinodiscus. ÉCHIN. Genre établi par Breynius pour des Oursins comprimés dont la bouche est à peu près au centre de la face inférieure, et l'anus entre le mi-

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lieu et le bord ou dans le bord. Il correspond aux Placenta et aux Arachnoïdes de Klein. Il forme le antième genre de Leske. Lamarck en a placé les espèces dans ses Scutelles et dans ses Clypéastres. V. ces deux mots. (LAM.. X.)

* ECHINOGLYCUS. ÉCHIN. Genre établi par Van-Phelsum pour les Oursins à têt très-comprimé, percé d'oscules ovales d'outre en outre. Ils appartiennent aux genres Mellita de Klein, Echinodiscus de Breynius et de Leske, aux Scutelles de Lamarck. V. SCUTELLE. (LAM.. X.)

ECHINOLOENA. BOT. PHAN. Desvaux (Journal de botanique, février 1815) a décrit sous ce nom un nouveau genre de la famille des Graminées très-voisin des Panicum et des Paspalum, et auquel il donne pour caractères: des fleurs disposées en épis unilatéraux, ayant leur axe plane; les épillets sont alternes et forment deux rangées; ils sont uniflores et constamment dépourvus d'aucun rudiment de seconde fleur, selon Desvaux, caractère qui éloigne ce genre des Panicum, et qui le rapproche des Paspalum; la lépicène est unipaléacée, lancéolée, aiguë, couverte de petits poils bulbeux à leur base; la glume est herbacée à deux valves aiguës; l'inférieure est velue dans sa partie supérieure; la seconde valve est tout-à-fait glabre; la glumelle se compose de deux paléoles obtuses et coriaces. Tels sont les caractères indiqués par Desvaux. Kunth (in Humboldt Nov. Gen., 1, p. 118) adopte le genre Echinolœna de Desvaux, mais les caractères qu'il en donne sont tellement différens de ceux indiqués par le botaniste qui l'a établi, qu'il nous paraît douteux que le genre de Kunth soit le même que celui de Desvaux. En effet Kunth dit que les épillets sont bilores et nus; que la lépicène se compose de deux valves coriaces; que la glume de la fleur hermaphrodite offre deux paillettes coriaces et mutiques; que celles de la fleur mâle sont membraneuses; d'où il résulte que non-seulement la lépicène est hivalve, mais que chaque fleur offre deux paillettes, caractère qui distigue ce genre du Panicum. Pour peu que l'on compare attentivement les caractères donnés par les deux botanistes que nous venons de citer, on reconnaîtra que les deux genres qu'ils ont décrits sont tout-à-fait différens. (A. R.)

ÉCHINOLOBE. Echinolobium. BOT. PHAN. Desvaux a proposé d'établir sous ce nom un genre nouveau dans la famille des Légumineuses, qui comprendrait plusieurs espèces du genre Sainfoin. Mais ce genre n'a pas été adopté. V. SAINFOIN. (A. R.)

ÉCHINOLYTRE. Echinolytrum. BOT. PHAN. Desvaux a établi sous ce nom un genre pour le Scirpus Dipsacus de Rottboël, lequel genre n'a pas été adopté. (A. R.)

ECHINOMELOCACTE. Echinomelocactus. BOT. PHAN. L'Ecluse ayant donné ce nom, tiré de leur figure, aux Cactes arrondis et épineux, il avait été adopté des botanistes jusqu'à l'époque où Linné réforma la nomenclature. (B.)

ECHINOMÈTRE. Echinometra. ÉCHIN. Rumph, Gualtiéri et Séba, ont donné ce nom à des Oursins classés par Lamarck dans ses genres Oursin et Cidarite. Breynius l'avait restreint à ceux dont la bouche est opposée à l'anus. Ils correspondent aux Cidaris de Klein. (LAM.. X.)

* ECHINOMITRA. ÉCHIN. Genre établi par Van-Phelsum pour les Cidaris variolata et mammillaris de Klein, dont la bouche est placée au centre de la surface inférieure, l'anus sur le bord et dirigé en haut, avec des ambulacres étroits et complets. Ce genre diffère du précédent. (LAM.. X.)

ECHINOMYIE. Echinomyia. INS. Genre de l'ordre des Diptères, famille des Athéricères, tribu des Muscides, établi par Daméril, et se composant suivant lui d'espèces qui offrent pour caractères propres antennes à

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article intermédiaire plus long que le troisième, à poil latéral simple, cachées dans l'état de repos. Les Echinomyres diffèrent des Mouches et des Cénogastres par la simplicité du poil latéral de leurs antennes; des Syrphes, des Sagres, des Mulions, etc., par la longueur de l'article intermédiaire des antennes. Elles partagent ce caractère avec les Tétanocèrès; mais elles s'en éloignent par les antennes cachées dans une cavité du front. Au reste, les Echinomyies, qui ressemblent pour la forme aux Mouchés domestiques, sont remarquables par la grosseur de leur corps qui est hérissé de poils longs, rares, gros et comme articulés à leur base; leurs ailes sont écartées et leur abdomen est très-large relativement à sa longueur. Les mœurs de plusieurs espèces sont assez bien connues; l'Insecte parfait vit peu de temps et se rencontre sur les fleurs, principalement sur tes Ombellifères. La femelle dépose ses œufs dans les larves et les nymphes des Lépidoptères et de certains Coléoptères; elles s'y développent et font périr l'Animal aux dépens duquel elles ont vécu. Dans le nombre des espèces, nous citerons:

L'ÉCHINOMYIE GÉANTE, Echin. gigas ou la Musca grossa de Linné. Elle se trouve en France, et a été décrite et figurée par Degéer (Mém. sur les Ins. T. VI) et par Réaumur (Mém. sur les Ins. T. IV). Ce dernier observateur dit que la larve de cette espèce vit dans les bouses de Vaches.

L'ÉCHINOMYIE DES LARVES, Echin. larvarum ou l'Eriotrix gentilis de Meigen. Elle a été figurée et décrite par Degéer (loc. cit. T. 1, pl. XI, fig. 23, et T. VI, pl. I, fig. 7, p. 24) On la trouve aux environs de Paris. La larve vit dans le corps de plusieurs chenilles et nymphes de Bombyces, principalement des Bombyx dominula, Caju, Hera.

On doit ranger dans ce genre le Tachina fera de Fabrigius. (AUD.)

ECHINONÉE. Echinoneus. ÉCHIN. Genre d'Echinodermes pédicellés, ayant le corps ovoïde ou orbiculaire, convexe, un peu déprimé; ambulacres complets formés de dix sillonsqui rayonnent du sommet à la base; bache presque centrale; anus inférieur, oblong, situé près de la bouche. Ce genre a été établi par Van-Phelsum pour des Oursins de forme ovoïde ou orbiculaire avec des ambulacres complets formés par deux bandes étroites en forme de stries disposées par paires, ayant la bouche presque centrale et l'anus à côté. Ces caractères ne diffèrent point de ceux que Lamarck a donnés à ce genre. Leske l'avait adopté d'après Vau-Phelsum. Les Echinonées, dit Lamarck, constituent évidemment un genre particulier voisin des Fibulaires et des Galérites. On les distingue des premières par leurs ambulacres complets qui rayonnent du sommet à la base, et des Galérites parce qu'elles ont l'anus voisin de la bouche. Le genre Echinonée est peu nombreux en espèces; Leske en décrit troise Les deux premières sont citées par Lamarck qui en a ajouté une troisième inédite avant lui; M. Cuvier, en adoptant ce groupe, le compose de six espèces; les trois premières d'après Leske, et les trois dernières figurées dans l'Encyclopédie appartiennent aux Galérites de Lamarck.

ECHINONÉE CYCLOSTOME, Echinoneus Cyclostomus, Leske, Encycl. méth., pl. 153, f. 19, 20. A corps ovale-oblong, un peu déprimé, couvert d'un grand nombre de petits tubercules égaux; la bouche est ronde, l'anus ovale. On le croit originaire des mers asiatiques.

L'ECHINONÉE SEMI-LUNAIRE, Encyclopédie méthodique, pl. 153, fig. 21, 22, et l'Echinonee gibbense, l'une et l'autre des mers d'Amérique, sont les autres espèces de ce genre décrites par Lamarck. (LAM.. X.)

ECHINOPE. Echinope. BOT. PHAN. Genre de la femille des Synanthérées et de la Syngénésie Polygamie séparée, L., formant le type de la

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tribu des Echinopsidées du professeur Richard. La structure de ce genre étant encore aujourd'hui l'objet de contestations entre plusieurs botanistes, nous croyons devoir l'exdoser avec quelques détails. Les capitules sont globuleux et terminent la tige ét ses ramifications; ils sont dépourvus d'involucre commun, ou cet involucre se compose d'écailles avortées et rabattues; le réceptacle est ovoïde ou globuleux, nu, glabre, chargé d'un grand nombre de fleurs ayant chacune leur involucre propre, et pouvant être considérées comme autant de capitules uniflores; l'involucelle ou involucre propre à chaque fleur est comme fusiforme, allongé, composé à sa partie externe et inférieure d'un nombre très-considérable d'écailles subulées, étroitement appliquées les unes contre les autres, et intérieurement d'écailles plus longues rapprochées et soudées entre elles latéralement; cet involucre qui est légèrement pédicellé à sa base, embrasse étroitement une seule fleur, mais n'a aucune espèce d'adhérence avec la face externe de celle-ci, malgré l'assertion contraire émise par H. Cassini, qui, par suite d'une observation erronée, considère cet involucre comme une aigrette. V., pour plus de détails, le mot ECHINOPSIDÉES. Le Calice est cylindracé, velu, adhérent par toute sa face interne avec l'ovaire infère, excepté à son limbe qui est court et tronqué; la corolle est subinfundibuliforme; son tube un peu dilaté à sa base est dressé, cylindrique; il s'évase supérieurement en un limbe divisé profondément en cinq lanières étroites, égales et étalées; les anthères ont leurs cinq filets libres; le tube anthérifère est cylindrique, à cinq dents; chaque anthère est souvent velue à sa base; l'ovaire a la même forme que le calice avec lequel il est adhérent; il porte à son sommet un tubercule charnu qui est un veritable disque épigyne confondu dans sa partie inférieure et externe avec la base de la corolle, et terminé à son sommet par une petite excavation d'ou naît le style; celui-ci est filiforme, cylindrique, glabre, légèrement renflé à son sommet qui est couvert de poils. Le stigmate se compose de deux branches recourbées eu dehors. Le fruit est cylindracé, velu, couronné par une aigrette marginale, membraneuse et fimbriée.

Ce genre se compose d'environ une dixaine d'espèces qui sont toutes herbacées, annuelles ou vivaces. Parmi ces espèces, nous distinguerons les deux suivantes:

ECHINOPE A TÉTE RONDE, Echinops sphœrocephalus, L. Sp., Lamk., III., t. 719, f. 1. Ses tiges s'élèvent à une hauteur de trois à quatre pieds; elles sont dressées, rameuses, velues, cannelées, portant des feuilles alternes très-grandes, profondément pinnatifides, à lobes élargis, sinueux et épineux sur les bords; ses fleurs forment au sommet des ramifications de la tige des capitules violacés et globuleux. Cette espèce croît dans les fieux stériles.

ECHINOPE RITRO, Echinops Ritro, L. Sp. Cette espèce, qui est très-commune dans les lieux iucultes, sur le bords des chemins, dans les provinces méridionales de la France, est toujours moitié plus petite que la précédente; les lobes de ses feuilles sont plus étroits, plus allongés, glabres en dessus, blanchâtres et cotonneux à leur face inférieure; les fleurs, d'une couleur bleue tendre, forment des capitules globuleux moitié plus petits que dans l'espèce précédente, et composés d'un bien moins grand nombre de fleurs. (A. R.)

ECHINOPÉES. Echinopeœ. BOT. PHAN. Dans son premier Mémoire sur les Composées (Annales du Muséum, vol. 16, p. 152), le professeur De Candolle a ainsi nommé la première division des Cinarocéphales. Elle était caractérisée par ses fleurons solitaires ou plutôt par ses calathides uniflores réunies en tête dans un involucre. Outre le genre Echinops, cette section renfermait encore le Boopis, Juss., et le Rolandra, Rottb.; mais le

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Boopis est le type de la nouvelle famille des Calycérées, et le Rolandra appartient, selon Cassini, à une autre division de la famille, de sorte que cette section des Cinarocéphales ne se composerait plus que du genre Echinops, et correspondrait à la tribu établie par Cassini sous le nom d'Echinopsées (V. ce mot ). (G.. N.)

ECHINOPHORE. MOLL. On donne vulgairement ce nom au Buccinum Echinophorum de Linné, qui correspond au Cassidaria Echinophora de Lamarck et des auteurs modernes. (D.. H.)

ECHINOPHORE. Echinophora. BOT. PHAN. Famille des Ombellifères, Pentandrie Digynie, L. Ce genre, établi par Tournefort et adopté par Linné, Jussieu, Lamarck et De Candolle qui l'ont placé parmi les Ombellifères anomales, est ainsi caractérisé: ombelle à une collerette générale de trois à quatre folioles, et composée de cinq a quinze rayons; chaque om bellule munie d'une collerette monophylle turbinée et à six lobes inégaux; fleurs marginales de chaque ombellule pédicellées, mâles, et ayant un calice à cinq dents et des pétales étalés inégaux; fleurs centrales sessiles, femelles, avec des pétales échancrés. Dans le fruit un des akènes avorte le plus souvent; l'autre est couvert par la collerette partielle qui s'est endurcie et par les pédicelles des fleurs mâles qui dégénèrent en épines.

On ne connaît que deux espèces de ce genre; elles sont indigènes des contrées méridionales de notre hémisphère; leurs feuilles sont ailées et leurs fleurs blanches. La plus remarquable est l'ECHINOPHORE ÉPINEUSE, Echinophora spinosa, L.; Lamk., Illustrat, tab. 190, fig. 1, Plante dont la tige est épalsse, cannelée, haute de deux décimètres et rameuse supérieurement; ses feuilles sont presque bipinnées, d'un vert blanchâtre et à découpures étroites, aiguës et spinescentes. Elle croît dans les lieux maritimes de l'Europe méridionale. Indépendamment de sa station sur les côtes de la Méditerranée, on la retrouve en France le long de l'Océan jusqu'à Nantes.

L'autre espèce, Echinophora lenuifolia, L.; Lamk., Illust., t. 190, f. 2, croît sur les bords de la mer, dans le royaume de Naples. Ses feuilles radicales sont très-grandes et trois fois ailées. (G.. N.)

* ECHINOPLACOS. ÉCHIN. Van-Phelsum a donné ce nom à un genre d'Echinodermes dans lesquels la bouche est centrale sur la surface inférieure, et dont la circonférence est irrégulière, arrondie ou anguleuse; les ambulacres sont bornés et pétaliformes. Ce genre correspond aux Mellita de Klein et aux Clypéastres de Lamarck. (LAM.. X.)

* ECHINOPODA. BOT. PHAN. La Plante mentionnée sous ce nom par l'Ecluse d'après Belli, médecin de l'île de Crète, et déjà citée chez-les anciens, pourrait être rapportée, soit à une Asperge épineuse, soit à un Genêt ou à l'Anthyllis erinacea. (B.)

ÉCHINOPOGON. Echinopogon. BOT. PHAN. L'Agrostis ovata de Labillardière et de R. Brown est devenue pour Palisot de Beauvois (Agrost., p. 42, t. 9, f. 5) le type d'un nouveau genre auquel il attribue les caractères suivans: ses fleurs sont disposées en panicule simple, resserrée en forme de capitule; la lépicène est subbiflore à deux valves aiguës, plus courtes que les fleurettes; la fleur inférieure est hermaphrodite fertile, sa paillette inférieure porte une soie qui naît audessous de son sommet; la supérieure est bifide. La fleur neutre est pédicellée, à l'état radimentaire et velue. Ces caractères suffisent pour distinguer ce genre des Agrostis ou on l'avait placé. (A. R.)

ECHINOPORE. Echinopora. POLYP. Genre de l'ordre des Astrairées dans la division des Polypiers entièrement pierreux, à cellules lamelleuses étoilées. Ses caractères sont: Polypier pierreux, aplati et étendu en membrane libre, arrondie,

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foliiforme, finement striée des deux côtés; surface supérieure chargée de petites papilles ainsi que d'orbicules rosacés, convexes, très-hérissés de papilles, percés d'un ou de deux trous, recouvrant chacun une étoile lamelleuse; étoiles éparses, orbiculaires, couvertes; la mes inégales, presque confuses, saillantes des parois et du fond, obstruant en partie la cavité. Lamarck a établi ce genre dans son Histoire des Animaux sans vertèbres pour des Polypiers singuliers rapportés des mers de l'Australasie par Péron et Lesueur. Leurs cellules sont lamellifères et en étoiles, remplies de lames inégales, en partie coales-centes, presque confuses, constituant des étoiles à peine reconnaissables à cause d'une lame pierreuse qui les recouvre, et qui forme sur chacune d'elles une bosselette orbiculaire, convexe, très-hérissée, percée d'un ou de deux petits trous inégaux. Sans la présence de ces étoiles bien déterminées, quoique très-remarquables par leur singularité, les Echinopores auraient été réunies aux Explamires. Lamarck (Anim, sans vert. II, p. 253, n. 1) n'en connaît qu'une seule espèce qu'il nomme Echinopore à rosettes, Echinopora rosularia, à cause de ses expansions ondées et larges; elles ne paraissent attachées que vers le centre de son disque inférieur. Ce Polypier habite les côtes de la Nouvelle-Hollande. (LAM.. X.)

ECHINOPS. BOT. PHAN. V. ECHINOPE.

ECHINOPSÉES. Echinopseœ. BOT. PHAN. Henri Cassini appelle ainsi un groupe de Végétaux dans la famille des Synanthérées, que le professeur Richard avait précédemment nommé Echinopsidées, avec cette différence que le premier de ces botanistes fait consister sa tribu des Echinopsées dans le seul genre Echinops, tandis que le second y réunit plusieurs autres genres. V. ECHINOPSIDÉES. (A. R.)

ECHINOPSIDÉES. Echinopsideœ. BOT. PHAN. Ce groupe naturel, établi dans la famille des Carduacées, comprend le petit nombre de genres qui ont chacun de leurs fleurons entouré d'un involucelle propre, monophylle ou polyphylle, et tous ces fleurons réunis en forme de capitule, avec ou sans involucre commun. Nous allons énumérer avec détails les caractères fournis par chacun des organes du petit nombre de genres qui constituent les Echinopsidées du professeur Richard: les fleurons forment des capitules globuleux ou ovoïdes, généralement entourés d'un involucre formé de plusieurs écailles inégales; le réceptacle est plus ou raoins globuleux, ordinairement nu, c'est-à-dire dépourvu d'écailles; chaque fleuron, qui est en général hermaphrodite et fertile, est environné d'un involucelle propre; cet involucelle est tantôt tabuleux, à cinq divisions plus ou moins régulières (Lagasca, Gundelia), tantôt formé d'écailles inégales, imbriquées et soudées. Dans tous les cas, il est entièrement distinct, et n'a aucune espèce de connexion avec la paroi externe du calice, sur laquelle il est simplement appliqué. Dans le genre Gundelia, les fleurons sont groupés ensemble par petits fascicules au nombre de quatre à cinq, et leurs involucelles sont soudé et intimement confondus. Le calice est adhérent avec l'ovaire; il est cylindracé, allongé, surmonté par un limbe tronqué, à bord irrégulièrement denticulé; la corolle est tubuleuse, infundibuliforme, régulière, à cinq divisions réfléchies ou simplement étalées, égales entre elles; les cinq étamines ont leurs filets libres; le tube anthérifère est généralement saillant, terminé à son sommet par une membrane à cinq dents; le style est cylindrique, grêle, un peu renfle vers son sommet ou il est chargé de poils glaneux; le stigmote est à deux lanières planes et glanduleuses du côté interne, velues extérieurement et plus ou moins roulées: l'ovaire est immédiatement attaché par sa base; il est fréquemment surmonté d'un petit disque epigyne, du centre duquel naît

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le style; le fruit est un akène ordinairement cylindracé, quelquefois renflé dans sa partie moyenne (Gundelia), et se terminant à son sommet par un petit rebord membraneux trouqué, irrégulièrement denticulé, et formant une sorte d'aigrette marginale.

Les genres principaux qui appartiennent à ce groupe sont: Echinops, Rolandra, Lagasca et Gundelia. Leurs caractères communs consistent en des fleurons hermaphrodites réguliers, accompagnés chacun d'un involucelle particulier ayant le style renflé au sommet et velu, et le fruit couronné par une aigrette, marginale fimbriée.

Maintenant examinons rapidement le groupe des Echinopsées de H. Cassini. L'auteur commence par prier ses lecteurs de ne pas confondre sa tribu des Echinopsées avec celle des Echinopsidées du professeur Richard. Pour lui cette tribu ne se compose que du seul genre Echinops. Les autres genres qui lui ont été mal à propos associés n'ont aucune affinité avec ce genre, et appartiennent à la tribu des Vernoniées. Certes il deviendra difficile pour ceux qui auront un peu étudié la structure des quatre genres que nous avons dit appartenir aux Echinopsidées, de partager l'opinion de H. Cassini, et nous allons démontrer que cette opinion est tout-à-fait erronée. En effet, l'auteur que nous combattons ici n'admet pas d'involucelle propre dans le genre Echinops, et ce que nous avons décrit comme tel, il le considère comme une aigrette. Une semblable opinion paraîtra fort extraordinaire à ceux qui croient, et nous sommes du nombre, que l'aigrette, dans toutes les Synanthérées, est toujours formée par le limbe du calice. Aussi a-t-il fallu que H. Cosini se fondât sur une erreur materielle d'observation pour arriver à un pareil résultat. Et voici comment l'auteur dit que sa prétendue aigrette naît de toute la surface externe du calice, en sorte qu'elle en est une dépendance. Ce fait est faux: l'aigrette de Cassini ou notre involucelle n'a, nous le répétons, aucune espèce d'adhérence avec le colice; elle est parfaitement libre et distincte, et nous avons peine à concevoir comment un observateur aussi habile, qui s'est exclusivement occupé des Synanthérées, a pu commettre une semblable erreur dans un genre dont les fleurs sont tellement grandes proportionnellement aux autres genres de la même famille, que leur structure peut être facilement étudiée à l'œil nu et sans le secours de loupe. Nous croyons donc que la tribu des Echinopsées de H. Cassini ne doit point être adoptée, et qu'au contraire celle des Echinopsidées, se composant de genres qui ont entre eux tant de caractères communs, forme un groupe très-naturel. (A. R.)

ECHINOPUS. BOT. PHAN. C'est-à-dire pied de Hérisson (Plutarque). Probablement l'Anthyllis erinacea, L. (Tournefort.) Syn. d'Echinope. V. ce mot. (B.)

ECHINORHIN. Echinorhinus. POIS. Sous-genre formé par Blainville parmi les Squales. V. ce mot. (B.)

ECHINORHYNQUE. Echinorhynchus. INTEST. Genre unique de l'ordre des Acanthocéphales; les Animaux qui le composent ont un corps un peu allongé et arrondi, otriculaire, élastique avec une trompe rétractile, garnie de crochets cornés, disposés régulièrement sur plusieurs rangs. Les sexes sont séparés sur des individus différens. Ce genre, établi par Zoega, adopté par tous les auteurs, a été nommé Acanthocephalum par Kœlreuter, et Acanthrum par Achar.—Le docteur Deslongchamps, qui s'occupe constamment de l'étude des Vers intestinaux, a bien voulu nous communiquer l'article suivant, auquel nous avons cru ne devoir rien changer à cause des observations intéressantes qu'il renferme.

Les Echinorbynques se distinguent aisément de tous les autres Vers intestinaux, par un prolongement antérieur, rétractile, garni de crochets,

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auquel on a donné le nom de trompe; et, si le corps ridé de quelques-uns de ces êtres parasites a pu induire en erreur des naturalistes habiles et les leur faire regarder comme des Tœnias, un examen plus approlondi dissipe bientôt toute espèce de doute. Ces Animaux sont des Vers en général allongés, cylindroïdes, plus ou moins ridés, que l'on trouve adhérens, au moyen de leur trompe, à la membrane muqueuse des intestins. Il n'est pas rare de les rencontrer libres de toute adhérence et, pour ainsi dire, flottans dans le canal intestinal. Mis dans l'eau, ils ne tardent pas à y opéier une absorption qui se manifeste par l'augmentation en longueur et en largeur du corps; ses rides s'effacent, et la trompe, si elle n'est point développée avant l'immersion, ne tarde pas à se dérouler au-dehors.

Considérés à l'extérieur, les Echinorhynques offrent à l'examen, la trompe, le col et le corpe.

La Trompe.—Ellen termine antérieurement le Ver, lui sert à se fixer à l'intestin, et très-probablement aussi de moyen de progression. Sa forme varie singulièrement suivant les espèces; elle est subglobuleuse, ovale, fusiforme, conique, en massue, ou égale dans toute sa longueur; sa surface est couverte de crochets cornés, aigus, recourbés en arrière, et disposés très-régulièrement en quinconce; ils sont plus ou moins nombreux, plus ou moins forts suivant les espèces. Il est des Echinorhynques dont la trompe n'est armée que de deux ou trois rangs de crochets, et d'autres sur la trompe desquels on eu compte soxiante ou quatre-vingts rangées. Dans un petit nombre d'espèces, onvoit, entre le col et la trompe, une bulle sphéroïde, beaucoup plus volumineuse que la trompe et le col, elle est lisse; son volume n'est pas constant dans tous les individus, elle manque quelquefois entièrement. L'extrémité antérieure de la trompe paraît fermée dans plusieurs espèces; dans d'autres, elle est visiblement perforée. Rudolphi a décrit une espèce (Ech. tuba) trouvée dans l'intestin de l'Effraie, dont la trompe présente à son extrémité extérieure une expansion membraneuse plissée, ressemblant au pavillon d'une trompette; nous avons trouvé en abondance cet Echinorhynque dans le même Oiseau, mais aucun des Vers trouvés par nous n'offre ce caractère; la description donnée par Rudolphi leur convient d'ailleurs parfaitement bien. Nous sommes convaincus que cette expansion membraneuse ne vient que de la protrusion accidentelle du canal musculeux, situé dans l'épaisseur de la trompe, et destiné à faire rentrer cette dernière, en la retournant comme un doigt de gant (V. plus bas la description de l'organisation interne des Echinorhynques). L'extrémité postérieure de la trompe est continue avec le col ou avec le corps, lorsque le premier n'existe pas. I'l est une espèce d'Eçhinorhynque dont la trompe diffère entièrement des autres, et qu'on serait tenté de regarder comme devant former un genre particulier, si l'on ne trouvait quelques espèces qui s'en rapprochent, et si l'organisation interne n'était tout-à-fait analogue; nous voulons parler de l'Echinorhynque à col filiforme.—Le col de ce singulier Animalcule est terminé par une bulle ou ampoule sphérique, remplie d'un liquide transparent, et à la place d'une trompe, on n'aperçoit, au sommet de la bulle, qu'un petit disque sur lequel, au lieu de crochets, se voient de petits tubercules cornés, ovalaires, disposés en rayons au nombre de dix-huit ou vingt, et convergens de la circonférence vers le centre ou se trouve une petite ouverture. Rudolphi suppose à tort que la trompe de l'Echinorhynque à col filiforme est toujours rétractée et renfermée dans la bulle; il n'y a d'autre trompe que le disque. Ayant disséqué plusieurs fois cet Animal, nous avons mis un soin extrême à nous assurer de l'organisation de la bulle, en la déchirant par petites portions au moyen d'aiguilles, sur le porte-objet

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du microscope, et en examinant chaque portion avec cet instrument; nous avons étudié cet Animal sur des sujets très-développés et sur d'autres qui l'étaient à peine, nous avons toujours vu une bulle, un disque, et rien autre chose. Nous sommes entrés dans ces développemens, qui paraîtront un peu minutieux et que nous aurions volontiers supprimés, si nous eussions pu omettre de parler d'une discussion qui s'est élevée entre Bremser et Rudolphi. Le premier de ces helminthologistes a prétendu que les Echinorhynques des Oiseaux aquatiques, dont la surface du corps est armée d'aiguillons, deviennent inermes avec l'âge; que leur trompe, garnie d'abord de crochets, se change aussi, avec le temps, en une bulle lisse; en un mot, il regarde tous les Echinorhynques armés et à bulle des Oiseaux aquatiques, comme une seule et même espèce qu'il a nommée Ech. polymorphus. Il a même dressé une table où les dégradations d'une forme à l'autre sont nuancées. Rudolphi s'opposa d'abord avec force à ce système; il s'est depuis rangé à l'opinion de son ami, lorsque celui-ci lui a fait voir un Echinorhynque (Ech. sphœrocephalus trouvé dans une espèce d'Huître et de Goéland du Brésil), dont les jeunes individus sont munis d'une trompe subglobuleuse armée de crochets; les adultes n'ont plus de trompe, mais une bulle armée encore de quelques crochets; enfin les plus gres et les plus vieux ont leur bulle tout-à-fait inerme. Ces faits sont positifs et on ne peut les contester; cependant nous pouvons affirmer qu'il n'en est point ainsi pour l'Echinorhynque à col filiforme. Nous avons observé cet Animal dans tous ses degrés de développement; et, nous le répétons, nous avons toujours vu la bulle et jamais d'autre trompe que le disque qui la termine. Au surplus, ce fait infirme, sans la détruire, la loi de Bremser; it prouve seulement que ce qui est vrai pour une espèce, ne l'est pas toujours pour une autre. La trompe exécute plusieurs mouvemens: d'abord, elle est susceptible de rentrer dans sa propre cavité et de se développer ensuite en se déroulant absolument comme les tentacules des Limaces; de plus, elle peut rentrer et sortir en masse et toute développée, dans la partie antérieure du corps de l'Animal; ces deux sortes dé mouvemens se combinent de diverses manières, et l'on peut dire que la trompe est doublement rétractile.

Col.—On nomme ainsi la partie placée entre l'extrémité postérieure de la trompe et le devant du corps; le col se distingue ordinairement de ces deux parties par une rainure plus ou moins marquée; sa longueur varie suivant les espèces; il est quelquefois tellement court, qu'il se trouve réduit à une simple rainure; dans quelques espèces, il est plus long d'un côté que de l'autre; de sorte que la trompe se trouve, à cause de cela, avoir une direction plus ou moins oblique sur le corps. Le col est toujours inerme à suit les mouvemens de la tre, et rentre avec elle dans le corps.

Le Col—Tout le reste de l'Animal qui viént après le col porte le nom de corps. Presque toujours aplati et ridé quand on vient de rencontrer l'Echinorhynque dans l'intestin d'un Animal, il ne tarde pas à se gonfler; ses rides disparais ent lorsqu'on le laisse séjourner quelques momens dans l'eau. Sa forme est plus ou moins allongée, il est quelquefois tout-à-fait séliforme et très-long. Sa surface, lisse dans la plupart des espèces, est hérissée dans quelques autres, en totalité ou partiellement, d'aiguillons plus ou moins volumineux, plus ou moins serrés. L'extrémité postérieure du corps ne paraît pas distinctement perforée dans les femelles; mais dans les mâles, lorsque la vésicule séminale n'est pas saillante au-dehors, on y'voit une ouverture bien inanifeste.

Les Echinorhynques présentent intérieurement une cavité assez spacieuse destinée presque uniquement à renfermer les organes génitaux et

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les muscles qui meuvent la trompe. Les parois de cette cavité sont formées de la peau et de deux plans musculaires. La peau, assez résistante, est percée d'une infinité de pores invisibles même aux instrumens d'optique, mais démontrés par l'absorption rapide de l'eau que présentent ces Animaux; elle est intimement unie au premier plan musculaire dont la direction est transversale. C'est à la face interne de la peau, ou peutêtre même dans son épaisseur, que se trouve une infinité de vaisseaux dont les principaux troncs ont une direction longitudinale et qui s'anastomosent entre eux de mille manières. Ces vaisseaux, destinés sans doute à absorber les fluides qui servent à la nourriture de l'Animal, n'ont point d'aboutissant connu; il est probable qu'ils naissent des pores de la peau et qu'ils se terminent dans les tissus. Ils sont très-visibles ét colorés en rouge dans l'Echinorhyncus vasculosus. Dans les autres ils ne se voient qu'après une légèré préparation qui consiste à laisser macérer pendans quelques jours un Echinorhynque dans de l'eau, à le plonger ensuite et le laisser pareillement pendant quelques jours dans de l'esprit-de-vin affaibli; alors la peau se détache facilement du plan musculeux externe; et, en l'étendant sur un morceau de verre et la plaçant entre la lumière et I'œil, on peut voir très-facilement la distribution des vaisseaux. Au-dessous de la peau, un plan musculeux à fibres transversales règne depuis la base du cou jusqu'à l'extrémité postérieure de l'Animal. Il est assez épais; ses fibres paraissent former un anneau complet, mais non un plan continu; c'est plutôt une suite d'anneaux placés les uns derrière les autres et séparés par un léger intervalle. Cette disposition est constante et très-marquée dans toutes les espèces d'Echinorhyn-ques que nous avons pu examiner. A la face interne du premier plan s'en trouve un autre à fibres longitudinales. Celui-ci n'est point aussi épais que le premier, et n'est pap uniformêment réparti partout, ses fibres sont plus nombreuses aux deux côtes de l'Animal, où ils forment deux larges faisceaux entre lesquels se voit une portion du plan transversal. Les fibres longitudinales sont luisantes comme de la soie, elles adhèrent assez intimement aux transversales dans plusieurs points, au lieu d'être llèles; elles s'écartent, puis se rapprochant en formant des espèces de mailles au travers desquelles se voient les fibres du plan extérieur; elles règnent depuis l'extrémité antérieure du corps.

On vient de voir que les fibres du plan longitudinal sont spécialement accumulées de chaque côté du Ver; de ces deux faisceaux se détachent deux fortes bandelettes qui, libres de toute espèce d'adhérence, viennent se fixer en dedans de la rainure qui sépare le corps d'avec le col. Ces bandelettes se détachent de leurs places à une distance qui varie suivant les espèces, mais toujours assez voisine de l'extrémité antérieure; elles sont destinées à faire rentrer la trompe en masse, en produisant son invagination dans le corps; elles existent dans toutes les espèces. On voit souvent quelques fibres se détacher de ces bandelettes, et venir se fixer, à quelques points musculeux. Intérieurement et à la base du col est attachée par son extrémité antérieure une galne musculeuse à fibres annsversales, plus ou moins forte et longue, suivant le volume de la trompe qu'elle est destinée à loger quand celle-ci est rétractée. Cette gaîne est creuse; sa cavité est parcourue, de même que celle de la trompe, par un tube musculeux, très-mince, à fibres longitudinales, qui s'attache d'une part en dedans de l'extrémité libre ou antérieure de la trompe, et de l'autre à l'extrémité postérieure de la gaîne. C'est ce tube musculeux qui fait rentrer la trompe dans sa propre cavité, en la retournant comme un doigt de gant ou comme le tentacule d'une Limace. L'Echinorhynque à col filiforme, qui n'a point de trompe, mais seulement un disque, n'a point aussi de gaîne

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nausculeuse, tandis que les autres Echinorhynques, qui ont une ampoule et une trompe en même lemps, tel que l'Echinorhynque à col cylindrique, ont une gaine très-manifeste; nous nous sommes assurés plusieurs fois de ces différences. L'extrémité libre ou postérieure de la gaîne, flottant dans la addlié de l'Animal, donne atmain, deas la femelle, à une des extrémités de l'ovaire, et dans le mâle, à l'une des extrémités du conduit séminal; dans l'Echinorhynque à colfiliforme, qui n'a point de gaîne, l'extrémilé de l'ovaire nous a parn se continuer avec un petit canal musculeux qui aboutit à l'ouverture centrale du disque de la bulle. N'ayant point disséqué de mâle de cette espèce, nous ignorons où s'attache l'origine du conduit séminal. A côté de l'insertion de l'ovaire ou de l'organe mâle, adhèrent pareillement deux bandelettes musculeuses très-grêles et très-longues, qui viennent se terminer et se fixer dans le voisinage de l'extrémité postérieure du corps. Dans quelques espèces, au lieu de deux bandelettes, il y en a quatre: deux s'attachent alors un peu plus haut sur le corps de la gaîne et se fixent par l'autre extrémité un peu moins en arrière que les deux premières. Les bandelettes sont flottanies dans la cavité de l'Animal, et retenues seulement en avant par, quelques filamens déliés qui se fixent d'autre part à la face interne des parois de la cavité.

Sur les côtés de la gaîne de la tiompe, se trouvent deux corps assez volumineux, le plus souvent allongés, cylindriques, légèrement ridés, un peu renflés à leur partie moyenne, quelquefois aplatis; ils sont fixés par une de leurs extrémités à la face interne de la base du col, l'autre est libre et flottante. Dans l'Echinorhynque à col cylindrique (qui se trouve dans quelques Poissons), ils sont très-courts, larges et réniformes. Leurs usages ne sont pas entièrement connus; Cuvier les regarde comme des cœcums et Blainville comme des ovaires ou des glandes salivaires. Les organes de l'Echinorhynque géans sont très volumineux selon Rudolphi; nous renverrons à l'ouvrage de ce savanspour de plus amples détails.

Les Echinorhynques ont les deux sexes sur des individus différens; les mâles sont plus petits et plus rares que les femelles.

L'appareil génital de celles-ci nous a présenté, dans les Echinorhynques à col cylindrique et à col filiforme, un conduit transverse en forme de trompette, grêle à la vérité, qui s'étendait depuis l'extrémité postérieure de l'Animal jusqu'à la gaîne de la trompe, et qui très-probablement traversait cette dernière et venait se terminer à l'ouverture extérieure de la trompe. Ce conduit, renflé vers sa partie postérieure, contenait une assez grande quantité d'œufs. Nous avons pu suivre ce canal en arrière jusqu'à la peau, où il se rétrécit un peu; mais nous n'avons pu voir distinctement s'il s'ouvrait à l'extérieur. Nous serious néanmoins portés à le croire, ayant souvent vu une sorte l'orifice à l'extrémité postérieure du corps. Il paraît, d'après les observations de Goëze, de Zeder et de Rudolphi, que l'Echinorhynque géant ne présente point d'ovaires, mais que ses œufs sont seulement flottans dans l'abdomen. Il est constant que toutes les femelles d'Echinorhynques, quoique moins d'ovaires semblables à ceux que nous avons décrits, ont néanmoins une grande quantité d'œufs dans leur abdomen, et nous présumons que si ces auteurs célèbres u'ont point vu d'ovaire dans l'Echinorhynque géant, c'est qu'il s'était rompu dans la dissection et qu'ilavait échappé aux recherches par sa ténuité. Les œufs des Echinorhynques sont très-nombreux, d'une forme elliptique, très-allongée; ceux qui ont acquis leur maturité offrent une tache obscure à leur partie moyenne. On trouve parmi les œufs, dans la cavité abdominale, des corps blanchâtres, arrondis, beaucoup plus gros que des œufs, tantôt libres, tantôt légèrement adhérens aux parois de la cavité. Ces

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corps sont formés d'une infinité de petits grains agglomérés. Hudolphi les regarde comme des placentas ou cotylédonsauxquels les œufs auraientd'abord été attachés. Peut-étre aussi sontce des œufs non cncore développés. Ainsi les femelles des Echinorhynques nous présentent des œufs contenus dans leur abdomen, et qui sont sans doute transmis au-dehors après leur maturité, au moyen d'un ovaire ou plus exactement d'un oviducte; mais comment entrent-ils dans ce canal? Nous n'avons pu y apercevoir aucune odvertùre, aucun appareil destiné à cette transmission. Par quelle voie l'Animal jette-t-il ses œufs au-dehors? Nous présumons que c'est par l'extrémité postérieure d'aprés l'espéce de renflement ou de réservoir que présente l'ovaire en arrière. Cependant Goëze, Zeder et Rudolphi ont pe faire sortir, en pressant l'Ehinorhynquegéant, des œufs par sa trompe, et la dissection semble démontrer que l'ovaire se prolonge jusgu'à l'orifice de ceite trompe, en passant au travers de sa gaine.

Les Echinorhyoques mâles présentent souvent à l'extrémité postérieure de leur corps une ampoule en général arrondie, distincte de celui-ci par un rétrécissement profond, et accompagnée quelquefois de deux ou d'un plus grand nombre de petits appendices arrondis. Tous les mâles cependant ne présentent point cette ampoule; il paraît qu'elle ne devientsaillante que vers l'époque de la fécondation; passé ce temps, il est très-difficile de distinguer le mâle d'avec la femelle, à moins qu'on ne le dissèque ou que sa transparence ne permette de voir, dans sa cavité, les testicules et la vésicule seminale. Rudolphi donne (Syn., p. 186), d'après Nitszch, la description des organes génitaux mâles de l'Echinorhynque géant. Blainville (Dict. des Sc. Nat., art. Echinorhynque) a décrit ceux de l'Echinorhynque de la Baleine (sans doute l'Echinorhynque Porrigène, Rud.), mais en les prenant pour un intestin avec des renflemens. Nous avons disséqué deux mâles de l'Echinorhynque transverse du Merle; les deux descriptions que nous venons de citer et que nous avons remarquées s'acerdent très-bien pour l'ensemble a disposition des parties. De l'extrémité postérieure de la gaîne de la trompe naît ou s'attache un cordon très-grete (nous ignorons s'il est creux) qui bientôt s'unit avec deux corps ovalaires (testicules) placés l'un derrière l'autre, et séparés par un étranglement. Ces deux corps communiquent, par un canal étroit et de peu de longueur, avecun autre canal (la vésicule séminale) beaucoup plus large et plus long, qui vient se terminer á l'extrémité postérieure du corps, en s'ouvrant sans doute dans l'ampoule extérieure. Dans la description rapportée par Rudolphi, au lieu d'un seul canal qui communique des testicules avec la yésicule séminale, il y en a plusieurs, et la vésicule présente de chaque côté quatre lobes creux ou diverticulum. L'ampoule qui se développe à Fextérieur à l'instant de la fécondation n'était point encore sortie; renfermée dans la cavité abdominale, elle communiquait avec la vésicule séminale par un canal court et étroit. Toutes ces parties sont maintenues dans la cavité abdominale par des filamens très-minces qui s'attachent à ses parois. On ignore comment s'accomplit la fécondation des Echinorhynques: il est probable qu'il n'y a point d'accouplement, mais que la liqueur séminale da mâle, répandue parmi les mucosités intestinales où les œufs out été déposés, les féconde ainsi par un contact immédiat.

On ne sait rien de positif sur le temps que ces Animaux mettent à se développer. Ils sont trés-peu vivaces; leurs mouvemens sont très-lents, au moins dans ceux que nous avons observés; ils consistent en un raccourcissementet un allongement alternatif du corps, et un mouvement presque continul de saillie et de rétaction de la trompe. Lorsqu'un Echinorhynque veut se fixer dans un point quelconque de l'intestin, il enfonce sa trompe dans

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la muqueuse en la déroulant, comme se déroulent les tentacules des Limaces. Par ce moyen, il traverse quelquefois l'épaisseur de l'intestin, et vient tomber dans l'abdomen. Lorsqu'il veut se détacher, il fait rentrer sa trompe dans sa propre cavité alors les crochets de la trompe, dont la pointe cesse ainsi d'être dirigée en arrière, ne retiennent plus l'Animal. Quand on veut enlever de vive force un Echinorhynque fixé par sa trompe, on ne peut y parvenir qu'en arrachant une portion de la membrane muqueuse, ou en laissant la trompe qui reste implantée.

L'Echinorhynque à col filiforme paraît ne pouvoir se déplacer, il passe sa vie dans le heu où l'œuf qui le contenait s'est développé. Son col, trèsmince, traverse les membranes muqueuses et musculeuses par un conduit trés-étroit; sa vésicule, qui remplace la trompe, forme une grosse saillie arrondie sous le péritoine qui recouvre la membrane musculeuse, et le corps de ce parasite est saillant dans le canal intestinal. Il nous semble impossible que la vesicule puisse passer, sans se déchirer, au travers de l'ouverture qui donne passage au col. D'ailleurs, on ne trouve jamais cette espèce libre dans l'intestin.

Les Echinorhynques sont trés-nombreux en espèces, la plupart ont des formes très-élégantes; ils habitent les voies digestives, et spécialement l'intestin des Mammifères, des Oiseaux, des Reptiles et des Poissons. On les trouve quelquefois accidentellement dans la cavité abdominale.

Rudolphi a formé deux groupes principaux des Echinorhynques: le premier renferme ceux dont le col et le corps sont inermes; le second, ceux dont le corps ou le col sont armés. Au premier groupe, se rattachent les Echinorhynques dont le col est court ou nul, et les Echinorhynques dont le col est allongé; la première subdivision comprend, 1° les Echinorhynques à trompe subglobuleuse; 2° à trompe ovale; 3° à trompe oblongue renflée dans sa partie moyenne; 4° à trompe renflée dans la portion antérieure; 5° à trompe renflée à sa base; 6° à trompe cylindrique ou linéaire. Les autres divisions ne sont point subdivisées; enfin les espèces qui ne sont point assez bien connues, sont mentionnées comme douteuses. Ces divisions, peu naturelles à la vérité, sont néanmoins nécessaires pour favoriser la recherche et la connaissance des espéces.

Deslongchamps fait mention de cent cinq espèces d'Echinorhynques, d'aprés Rudolphi, dont plus de la moitié sont douteuses. Parmi les premières, nous remarquerons les espéces suivantes:

ECHINORHYNQUE GÉANT, Echinorhynchus gigas, Goëze, Encycl. méth. pl. 37, fig. 2-7.—Long d'un a cinq décimétres, à corps cylindrique, décroissant postérieurement, de couleur blanche; la trompe courte, presque globuleuse, armée de six rangs de crochets assez forts placés en quinconce. Habite en tout temps les intestins grêles du Cochon domestique et du Sanglier.

ECHINORHYNQUE GLOBULEUX, Echinorhynchus globulosus, Rudolphi, Encycl. méth., pl. 38, fig. 16-18.—Long d'un centimétre au plus (deux à quatre lignes); de couleur blanche, a trompe ovale, armée de six à huit rangs de crochets, à corps oblong, atténué en arriére. Habite les inteslius de l'Anguille commune et de plusieurs autres Poissons.

ECHINORHYNQUE BACCILLAIRE, Echinorhynchus baccillaris, Zeder, Encycl. méth., pl. 38, fig. 2. A-C.—Long de trois a quatre centimètres (environ dix-huit lignes), de couleur blanche, à trompe cylindrique, renflée en avant, armée d'environ trente rangs de crochets trés-serrés. Habite les intestins da Harle vulgaire.

ECHINORHYNQUE RÉTRÉCI, Echinorhynchus angustatus, Rud., Eucycl. méth., pl. 38, fig. 3-5. B-c.—Long de deux à trois centimètres, à trompe cylindrique armée de crochets disposés sur plusieurs rangs, dont le nombre varie de huit é vingt; corps cy-

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lindrique atténué aux deux extrémités. Habite les intestins de plusieurs Poissons d'eau douce.

ECHINORHYNQUE CYLINDRACÉ, Echinorhynchus cylindraceus, Encycl. méth., pl. 37, fig. 8-12. Longueur, trois centimètres (environ un pouce); à trompe linéaire et longue, armée de onze rangs de crochets dentelés sur leurs bords; corps cylindrique courbé aux deux bouts. Habite les intestins du Pic vert et du Pie varié.

ECHINORHYNQUE TROMPETTE, Echinorhynchus Tuba, Rud., Müll., Zool. Dan. vol. II, p. 39, tab. 69, fig. 7-11. Longueur, cinq à six centimètres (environ deux pouces), sur un millimètre environ de largeur; à trompe linéaire droite, armée de plusieurs rangs de crochets très-petits, munie à son extrémitélibre d'un tube membraneux plissé longitudinalement, élargi en avant, et d'une longueur égale à la sienne. Habite les intestins du grand Duc et de quelques autres Oiseaux de nuit.

ECHINORHYNQUE A COL CYLINDRIQUE, Echinorhynchus tereticollis, Rudol., Müll., Zool. Dan. vol. I, p. 45, tab. 37, fig. 1-3. Longueur, cinq à huit centimètres (six lignes au plus), de couleur blanche, jaune ou orangée; à trompe linéaire, obtuse, armée de seize à vingt rangs seriés de petits crochets. Habite les intestins de plusieurs Poissons de mer et de rivière.

ECHINORHYNQUE STRIÉ, Echinorhynchus striatus, Goëze, Encycl. méth., pl. 37, fig. 13-14. Longueur, dix à douze centimètres; trompe courte, cylindrique, un peu èlargie en avant, armée de douze rangs de crochets médiocres; corps d'une forme bizarre, couvert de quelques stries longitudinales. Habite l'intestin du Héron commun, du Cygne, du Pygargue, etc.

ECHINORHYNQUE A COULEURS VARIABLES, Echinorhynchus versicolor, Rud., Encycl. méth., pl. 38, fig. 1. A-B. Longueur, cinq à sept centimètres (deux à trois lignes); tantôt blanc, tantôt rouge, ou de ces deux couleurs; à trompe oblongue, linéaire ou ovale, armée de huit a douze rangs de crochets à corps oblong, souvent partagé en deux parties par un étranglement. Habite les intestins des Canards domestique et sauvage, de l'Oie et de plusieurs autres Animaux aquatiques.

ECHINORHYNQUE SCIE, Echinorhynchus pristis, Rudolphi. Longueur, deux à neuf centimètres (trois a six lignes); de couleur de sang; à trompe linéaire, droite, blanche, armée d'environ quarante rangs de forts crochets; corps cylindrique, presque filiforme, d'un millimètre au plus de largeur, armé de crochets à sa partie antérieure, obtus à son extrémité postérieure. Habite les intestins des Maquereaux, de l'Orphie. (LAM.. X.)

* ECHINORODUM. ÉCHIN. Genre établi par Van-Phelsum pour des Oursins à surface inférieure concave, avec l'anus près du bord ou même dans le bord, et dont les cinq ambulacres sont pétaliformes et aigus; il correspond au genre Scutum de Klein, ou bien aux Scutelles de Lamarck. (LAM.. X.)

* ECHINORYS. ÉCHIN. V. ECHINOCORYS et ECHINOCORYTES.

* ECHINOSINUS. ÉCHIN. Genre établi par Van-Phelsum pour des Oursins dont le têt, quoiqu'à peu près circulaire, est en quelque sorte irrégulier. Ce sont des Clypei de Klein et de Leske, et des Galérites de Lamarck. (LAM.. X.)

* ECHINOSPATAGUS. ÉCHIN. Cenom a été donné par Breynius à un genre de la famille des Oursins, dans lequel la bouche est placée entre le centre et le bord, et dont l'anus est au bord de la partie supéneure, opposée à la bouche un peu obliquement. Bruguière l'a composé des Spatangues et des Spatangoïdes de Klein, que Leske a réunis dans son genre Spatangus, adopté par Lamarck qui l'a modifié et augmenté. (LAM.. X.)

TOME VI. 4

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ECHINOSPERME. Echinospermum. BOT. PHAN. Genre de la famille des Borraginées et de la Pentandrie Monogynie, L., proposé en 1794 par Mœnch sous le nom de Lappula, et admis sous le nouveau nom d'Echinospermum par Lehmann (Plantœ è famil. Asperifoliarum, etc.) et par Reichenbach. C'est un démembrement du genre Myosotis de Linné, dont il ne differe essentiellement que par les akènes hérissés, non perforés à la base, et attachés à un réceptacle central; dans les autres Myosotis, au contraire, les akènes sont glabres, perforés et attachés au fond du calice; d'ailleurs c'est le même port et la même structure dans toutes les autres parties. Il est done plus naturel de ne considérer le groupe des Echinospermum ou Lappula que comme unesection du genre Myosotis. Cependant R. Brown et Swartz sont d'avis de le distinguer génériquement. Cette distinction admise, le genre Echinospermum se composerait d'une quinzaine d'espèces partagesé en aeux groupes dont le premier a les fruits droits et les grappes accompagnées de bractées. Ici se trouve l'Echinospermum Lappula, Lehm., ou Myosotis Lappula, L., que l'on rencontre en France et dans presque toute l'Europe, au milieu des décombres et dans les lieux stériles. Le Myosotis gracilis, Ruiz et Pavon, Plante qui croît au Chili; les Echinospermum Condylophorum, E. Redouskii, Lehm., et le Myosotis Echinophora de Pallas, espèces indigènes de l'empire russe, appartiennent encore à cette division. Dans la seconde sous-section caractérisée par ses fruits inclinés et ses grappes presque dépourvaes de bractées, se trouvent trois Plantes des climats chauds de l'Orient, savoir: l'Echinospermum Zeylanicum, l'E. Javanicum et l'E. Borbonicum. On y a joint le Myosotis Virginica, L., et le Myosotis deflexa, Wahlenb. Il est douteux que des Plantes de patries aussi diverses (puisque ces deux dernières habitent l'Amerique septentrionale, la Laponie et la Norwège) appartiennent au même groupe. Le méme genree été constitué sous le nouveau nom de Rochelia par Rœmer et Schultes (Syst. Veget. vol. IV, p. 12); mais la publication du genre proposé par Lehmann ayant l'antériorité, celui-ci doit seul subsister.—V., pour plus de renseignemens, le mot MYOSOTIS. (G.. N.)

* ECHINOTES. BOT. PHAN. (L'Ecluse.) Syn. de Bonduc. V. GUILLAN-DINA. (B.)

ECHINUS. MAM. V. HÉRISSON.

ECHINUS. ÉCHIN. V. OURSIN.

* ECHINUS, BOT. PHAN. On trouve décrit sous ce nom, dans la Flore de la Cochinchine, un Arbuste à feuilles eparses, tiès-entières, ovales ou divisées en trois lobes aigus, et marquées d'un réseau de vaisseaux légèrement saillans. Ses fleurs, portées en petit nombre sur des pédoncules latéraux, sont dioïques; dans les màles on observe un calice squamiforme découpé supérieurement en plusieurs parties inégales; pas de corolle; environ trente étamiues plus courtes que le calice, à filets capillaires, à anthéres globuleuses très-petites. Dans les fleurs femelles le calice se partage en cinq ou six divisions inégales; il n'y a pas non plus de corolle; deux styles courts et velus partent d'un ovaire bilobé; la capsule, hérissée de poils globulés et monospermes. Loureiro rapporte avec doute à ce genre l'Olassium de Rumph, décrit et figuré dans l'Hortus Amboinensis (T. III, pag. 42, tab. 23), grand Arbre à feuilles opposées et disposées par verticilles de quatre, ou dont le fruit pisiforme renferme une graine unique. (A. D. J.)

Le nom d'Echinus a encore été donné à une espèce de Statice; il désigne l'Allamanda cathartica dans Barrère, et les Hydnes dans Haller. (B.)

ECHIOCHILON. BOT. PHAN. Genre de la famille des Borragicées et de la Pentandrie Monogynie, L., établi par Desfontaines (Flor. Atlant. 1, p. 167) quil'a ainsi caractérisé corolle tubu-

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lée irréguliére, à deux lérres dont la supérieure est à deux lobes, l'inférieure à trois; tube grêle, un peu arqué; cinq étamines incluses, insérées au-dessons de l'orifice de la corolle; un style et un stigmate bilobé; quatre akènes tuberculeux placés au fond du calice. Ce genre est fort rapproché des Vipériues dont il ne se distingue que par sa corolle divisée en deux lévres. Plusieurs de nos Echium, offrant une modification de cette structure, doivent encore affaiblir beaucoup son caractère. La seule espèce dont il se compose est l'Echiochilon fruticosum, Desf., loc. cit., t. 47, Plante dont les tiges sont ligneuses, droites, rameuses et hautes d'environ six décimètres; ses feuilles sont éparses, linéaires, subulées, alternes et hérissées; les fleurs sont bleues et jaunâtres à l'entrée du tube de la corolle, sessiles, solitaires et axillaires. Elle a été découverte par Desfontaines aux environs de Kérouan, dans le royaume de Tunis. (G.. N.)

ECHIOIDE. Echioides. BOT. PHAN. Quelques Plantes de la famille des Borraginées, qui pour la plupart appartenaient au genre Lycopsis de Linné, ont été réunies en un genre que le professeur Desfontaines a nommé Echioides dans sa Flore Atlantique. Mais l'antériorité étant acquise au nom de Nomea proposé par Medicus et Mœnch pour le même genre, la majorité des botanistas, et entre autres le professeur De Candolle dans la Flore Francaise, ont adopté cette dénomination. Nous conformant aux principes qui doivent régirla nomenclature et sans lesquels elle ne saurait avoir de fixité, nous renvoyons au mot NONEA pour la description de ce genre. (G.. N.)

ECHION. MOLL. (Poli.) V. ANOMIE.

ECHIQUIER. INS. (Geoffroy.) Syn. de Panisque, espèce de Papilon du genre Hespérie. V. ce mot. (B.)

* ECHIS. REPT. OPH. V. ECHIDNA.

ECHISACHYS. BOT. PHAN. Necker appelait ainsi le genre Tragus de Haller ou le Lappago de. Schreber. V. TRAGUS. (A. R.)

ECHITE. Echim. BOT. PHAN. Ce genre fait partie de la famille naturelle des Apocynées, et de ta Pentandrie Monogynie, L.; il se compose d'Arbustes volubiles, ayant des feuilles opposées entières, munies à leur base de poils, simulant des stipules; les fleurs, qui sont souvent très-grandes et fort éclatantes, d'une couleur blanche, rose, jaune, ou pourpre, offrent différens modes d'inflorescence; elles sont pédonculées et forment tantôt des sertules ou ombelles simples, tantôt des grappes plus ou moins ramifiées; leur calice est court, à cinq divisions profondes et étroites; la corolle est monopétale, réguliére, tubuleuse, tantôt infundibuliforme, tantôt hypocratériforme; son limbe est à cinq lobes inéquilatéraux, étroits et aigus, ou larges et arrondis; les étamines, au nombre de cinq, sont tantôt incluses, tantôt saillantes hors de la corolle; les anthères sont sagitées, à deux loges; l'ovaire est double, surmonté d'un seul style filiforme, que couronne un stigmate discoïde bilobé; cet ovaire est environné par un disque hypogyne qui se compose de cinq lames glanduleuses, redressées. Le fruit est un double follicule, très-rarement un follicule simple, allongé, trés-grêle et quelquefois presque filiforme. Les graines portent une sorte d'aigrette à leur extrémité inférieure.

Les espéces de ce genre sont fort nombreuses. Une grande partie croît en Amérique et dans l'Inde. Robert Brown, dans son travail sur la famille des Apocynées (Wern. Soc. Trans. I), a séparé du genre Echite quelques espèces pour en former un genre particulier avec le nom de Parsonsia. L'auteur place dans ce genre toutes les espèces d'Echites qui ont la corolle infundibuliforme et les étamines saillantes, ne laissant dans ce dernier genre que celles dont la corolle est hypocratériforme et les éta-

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mines incluses. Ces deux genres nous paraissent avoir de trop grands rapports entre eux pour ne pas devoir rester réunis.

Parmi les espèces d'Echites, nous dirons quelques mots des deux suivantes:

ECHITE A DEUX FLEURS, Echites biflora, Jacq. Am., t. 21. C'est un Arbuste sarmenteux, qui croît dans l'Amérique méridionale et les Antilles. Il peut s'élever, en se tordant autour des Arbres voisins, jusqu'à une hauteur de quinze à vingt pieds. Toutes ses parties renferment un suc âcre, laiteux et blanchâtre, que l'on retrouve dans toutes les autres esèpeces du méme genre; ses femilles sont opposées, courtement pétiolées, oblongues, aiguës, longues de deux à trois pouces, coriaces, glabres en dessus, glauques à leur face inférieure; les fleurs sont blanches, trés-grandes, réunies au nombre d'une à trois au sommet d'un pédoncule axillaire; leur corolle est infundibuliforme, à cinq lobes trés-larges; les anthéres sont velues à leur sommet; les fruits sont longs de trois à quatre pouces, dressés et de la grosseur d'un plume.

ECHITE A CORYMBES, Echites corymbosa, Jacq. Am., t. 30. Cette belle espèce, qui est originaire de Saint-Domingue, est également sarmenteuse et grimpante; ses feuilles sont ovales, lancéolées; ses fleurs, rougës, ont leur corolle presque rotacée, à cinq divisions étroites, aiguës et réfléchies; les cinq étamines sont sallantes au-dessus de la corolle.

Dans le troisième volume des Nova Genera et Species Amer. Æquin., notre collaborateur, le professeur C. Kunth, a décrit dix-sept espèces de ce genre, et qui, presque toutes, sont nouvelles. Il en a figuré une belle espèce sous le nom d'Echites Bogotensis, loc. cit., 3, p. 215, t. 243. (A. R.)

ECHITES. ÉCHIN. Mercati, dans son Metallotheca; p. 233, a donnéce nom à un Oursin fossile da genre Clypéastre. (LAM.. X.)

ECHIUM. BOT. PHAN. V. VIPÉRINE.

* ECHIURES. Echiuri. ANNEL. Famille de l'ordre des Andelides lombricines, établie par Savigny (Syst. des Annel., p. 100) et ayant, suivant lui, pour caractères: branchies nulles; l'organe de la respiration s'arrête à la surface de sa peau; bouche non rétractile, tentaculée, ou du moins pourvue extérieurement d'un appendicé charnu et extensible, qui paraît constituer un véritable tentacule; pieds ou appendices latéraux remplacés par des rangs circulaires de soies métalliques distribuées sur certains anneaux du corps soies complétement rétractiles, la plupart trés-simples; point de soies à crochets; la présence de soies rétractiles distribuées par rangs circulaires, distingue la famille des Echiures de celle des Lombrics; leur intestin trèsgerêle et trés-long fait: plusieurs replis flottant dans la cavité abdominale; il est dépourvu de cœcums. Cette famille ne comprend que le genre Thalassème. V. ce mot. (AUD.)

ECHMÉE. BOT. PHAN. V. ÆCHMÉE.

ECHTRUS. BOT. PHAN. Loureiro nomme ainsi une Plante commune dans l'Inde, à tige herbacée qui s'élève en s'étalant et est armée d'épines nombreuses, à feuillesoblongues, grandes, sinuées, découpées en lobes pennés épineuses et demi-embrassantes; à fleurs jaunes, solitaires et terminales. Elles n'offrent pas de calice, mais seulement une corolle de six pétales arrondis, concaves, étalés; des étamines en nombre indéfini, à filets capillaires plus courts que la corolle, à anthères oblongues et dressées; un ovaire libre, allongé, velu, marqué de quatre sillons; quatre stigmates sessiles, intimement unis entre eux; une capsule oblongue, épineuse, à quatre lobes et autant de valves, et contenant des graines nombreuses dans une loge unique. Willdenow est porté à croire qu'il existe un calice que Loureiro n'aurait pas aperçu, parce qu'il serait cadue et qu'alois sa Plante ventrerait dians le genre Arge-

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mone avec lequel elle a des rapports évidens, et même appartiendrait à l'espèce d'Argemone qu'on a nommée Mexicana. En admettant en partie l'opinion de Willdenow, doit-ou l'adopter tout entière et regarder comme conspécifiques deux Végétaux venant de localités si diffiérentes? (A. D. J.)

ECHYMIS. MAM. V. ECHIMYS.

ECIDIE. BOT. CRYPT. V, ÆCIDIE.

ECITON. Æciton. INS. Genre de l'ordre des Hyménoptères, tribu des Formicaires, établi par Latreille (Hist. satur. des Crust. et des Ins.) qui a réuni (Gen, Crust. et Ins.) les espèces qui le composaient au genre Atta de Fabricius, et s'est vu obligé ensuite de le supprimer. V. OECODOME, Po NÈRE et MYRMICE. (AUD.)

ÉCLAIR. MOLL. Les marins donnent ordinairement ce nom à l'Anomia Ephippium, vulgairement la Pelure d'Oignon, parce qu'elle est phosphorescente. C'est à La Rochelle surtout que ce nom est en usage. (D.. H.)

ECLAIRE. BOT. PHAN. V. CHÉLIDOINE.

ECLAIRETTE OU PETITE ECLAIRE. BOT. PHAN. Noms vulgaires du Ranunculus Ficaria, L. V. FICAIRE. (B.)

ECLATANT. OIS. Nom donné à des espèces des genres Coucou, Colibri, Merle, etc. V. ces mots. (B.)

ECLIPTE. Eclipta. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, voisin du Bellium, et offrant pour signes distinctifs: un involucre composé de folioles disposées sur deux rangs; le réceptacle est convexe ou conique, chargé d'écailles sétacées; les fleurons du centre sont tubuleux et hermaphrodites; les demi-fleurons de la circonférence sont femelles; les fruits sont des akénes anguleux, comprimés, par des dents fort petites.

Huit ou dix espèces composent ce genre. Ce sont des Herbes rameuses, portant généralement des feuilles, opposées, entières; leurs fleurs offrent différens modes d'inflorescence; elles sont terminales ou axillaires. L'une des espèces les plus communes de ce genre, est l'Eclipta erecta, L., qui est annuelle et croît en Amérique et dans l'Inde; sa tige est dressée, rude; ses feuilles sessiles, oblongues, lancéolées, avec quelques dents sur leurs bords. Le professeur Kunth (in Humb. Nov. Gen. 4, p. 264, t. 394) en a décrit et figuré une petite espèce, à laquelle il a donné le nom d'Eclipta humilis. Elle est annuelle et croît à la Nouvelle Espagne. (A. R.)

* ECLIPTICA. BOT. PHAN. (Rumph.) Syn. de Veibésine biflore. (B.)

ECLOGITE. MIN. Nom donné par l'illustre Haüy à une roche composée essentiellement de Disthène et de Diallage, et que l'on n'a troavée que dans une seule localité, dans le Sau-Alpe en Styrie. (A. R.)

ÉCLOPES. BOT. PHAN. Le genre nommé ainsi par Gaertner est le Relhania de l'Héritier, qui paraît congénère du Leysera. (A. R.)

ECLUSEAU ET ECLUSETTE. BOT. CRYPT. Syn. de Coulemelle. V. ce mot. (B.)

ECOBUSE. BOT. PHAN. L'Aira cespitosa, L., porte ce nom dans quelques departemens de l'Ouest ou il est employé pour fixer les dunes de sable. (B.)

ECONOME. MAM. Espèce du genre Campagnol. V. ce mot. (B.)

ECORCE. MOLL. Ce mot est devenu quelquefois spécifique quand il est accompagné d'épithès. Aiu'si l'on a appelé ECORCE DE CITRON et ECORCE d'ORANGE, deux espèces du genre Cône. V. ce mot. (B.)

ECORCE. Cortex. BOT. Dans tous les. Végétaux dicotylédons, la tige est composée de deux systèmes: un système central formé du canal médullaire et des couches ligneuses, et qui s'accroît à l'extérieur, et un système extérieur s'accroissant par sa face in-

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terne, et constituant l'Ecorce; l'Ecerce est formée de plusieurs parties superposées qui ont recu des noms particuliers. En procédant de l'extérieur vers l'intérieur, l'Ecorce se compose: 1° de l'épiderme, 2° de l'enveloppe herbacée, 3° des couches corticales, 4° du liber.

1° L'épiderme est, suivant quelques auteurs, une membrane distincte, mince, transparente, résistante, placée sur les parties sousjacentes. D'autres, au contraire, le considèrent comme simplement formé par la paroi externe des cellules du tissu aréolaire, qui constitue l'énveloppe herbacée. L'épiderme présente un grand nombre de petites porosités, sur tout quand on l'observe sur les jeunes branches. Ces pores corticaux, dont plusieurs physiologistes ont nié l'existence, servent à l'absorption des fluides répandus dans l'atmosphère et qui doivent servir à l'alimentation de la Plante. V. EPIDERME.

2° L'enveloppe herbacée. Mirbel a donné ce nom à une couche de tissu cellulaire immédiatement plaée sous l'épiderme et qui l'unit aux couches corticales. Elle paraî analogue à la moelle et porte aussi le nom de médulle externe. Sa couleur est généralement verte, surtout quand on l'observe dans les jeunes pousses. Elle, recouvre toutes les parties extérieures de la tige, les branches et leurs ramifications, et remplit les intervalles qui existent entre les nervures des feuilles. Elle paraît de nature glandulaire, et renferme souvent les vaisseaux dans lesquels sont contenus les sucs propres. C'est l'enveloppe herbacée, qui ayant acquis upe épaisseur considérable et des qualités particulières, forme, dans le Quercus suber, la partie connue sous le nom de Liége. L'enveloppe herbacée est le siége d'un des phenomènes chimiques les plus remarquables que présente la vie végétale; c'est dans son intéieur que s'opére la décomposition de l'Acide carbonique absorbé dans l'air. Quand la Plante est exposée à l'influence de l'air et de la lumière, le Carbone rete dans l'interieur du Végétal, et l'Oxigène est rejeté è l'extérieur.

3°. Les couches corticales sont immédiatement situées sous l'enveloppe herbacée. Elles ne se rencontrent pas dans tous les Végétaux, ou sont parfois tellement confondue avec le liber, qu'il est fort difficile de les en distinguer. Aucun végétal ne les offre plus apparentes que le bois Dentelle ou Lagetto. Elles forment plusieurs couches superposées, qui lorsqu'elles vienneut à être étendues, ressemblént parfaitement à un tissu léger, à une sorte de dentelle.

4°. Entre les couches corticales qui sont à l'extérieur et les couches ligneuses qui sont plus intérieures, se trouve le liber. Cet organe se compose d'un réseau vasculaire, dont les aréoles allongées sont remplies pardu tissu cellulaire. Il est rare que, comme l'indique son nom, on puisse separer le fiber en feuillets distincts, que l'on a comparés à ceux d'un livre. Mais en laissant macérer l'Ecorce dans l'eau pendant un certain temps, on parvient presque toujours à ce réesultat. De même que les autres parties de l'Ecorce, le liber peut se reproduire lorsqu'il a été enlevé. Cependant, pour que cette régénération ait lieu, il faut que la place d'où on l'a détaché soit garantie du contact de l'air, ainsi que Duhamel l'a prouvé. Cet habile naturaliste enleva une portion d'Ecorce sur un Arbre vigoureux et en pleine végetation, il garantit la plaie du contact de l'air el vit bientôt suinter de la surface externe du corps ligneux et des bords de l'Ecorce un liquide visqueux qui, s'étendant sur toute la plaie, forma une couche d'abord inorgauique. Bientôt des traces d'organisation s'y manifestèrent; elle prit de la consistance, devint celluleuse et remplaça bientôt la portion de liber qui avait été enlevée. C'est à cette substance visqueuse que Grew et Duhamel donnèrent le nom de Cambium. V. ce mot.

Telles sont les différentes parties

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qui forment l'Ecorce dans les Végétaux dicotylédons. Cet organe est essentiel à la vie et au développement du Végétal. Si on l'enlève en totalité, la Plante ne peut vivre, elle ne tarde poiont à périr, parce que c'est principalement par l'Ecorce qu'a lieu la marche de la sève descendante, c'est-à-dire de celle qui a été élaborée dans les feuilles et a acquis les qualités nécessaires pour servir à la nutrition de la Plante.

Les Végétaux monocotylédons paraissent privés d'Ecorce, ou du moins, si elle existe chez eux, elle est tellement adhérente avec le bois, qu'on ne l'en distingue pas. Cependant le docteur Lestiboudois fils, professeur de botanique à Lille, a émis dans ces derniers temps une opinion ingénieuse sur l'organisation anatomique de la tige ligneuse des Monocotylédons. Remarquant que dans le stipe des Palmiers, il n'existe qu'un seul système d'accroissement, et que cet accroissement se fait à l'intérieur, il en tire cette conséquence que les Monocotylédons ne sont formés que du système cortical, lequel a pour caractère de s'accroître à l'intérieur, tandis que le système central se développe toujours à l'extérieur. (A. R.)

Les Hydrophytes ou Plantes marines ont-elles une Ecorce? La réponse à cette question est la même que celle que fera un botaniste à qui l'on demandera: Les Géophytes ou Plantes terrestres ont-elles une Ecorce? Il dira: Les Acotylédonées et les Monocotylédonées n'en ont point, on ne l'observe que dans les Polycotylédonées. Il en est de même des Hydrophytes, que nous avons divisées en quatre grandes classes, les Ulvacées, les Dictyotées, les Floridées et les Fucacées; les Plantes des trois premières n'ont jamais d'Ecorce, il n'y en a que dans les dernières, et de même que cet organe n'est bien visible que dans les Polycotylédonées ligneuses et dans quelques Herbacées, et que parmi ces dernières, il en existe beaucoup où l'Ecorce est peu sensible à cause de son peu d'épaisseur ou de la petitesse des tiges ou des rameaux; de même il y a beaucoup de Fucacées dans lesquelles l'Ecorce est difficile à bien reconnaître. Cette enveloppe n'offre jamais dans ces végétaux les caractères particaliers de l'Ecorce des Géophytes; la différence est en rapport avec le milieu dans lequel ces êtres vivent, et surtout avec leux rang dans l'échelle des êtres. Exiger une ressemblance parfaite entre l'Ecorce des Plantes terrestres et celles de la mer serait aussi ridicule que de dire que la peau des Poissons doit être absolument la même que celle des Quadrupèdes; les rapports généraux existent, les différences tiennent à l'organisation des êtres, au milieu qu'ils habitent, au but pour lequel Dieu les a crés. Ainsi dans l'Ecorce des Hydrophytes l'on trouve, comme dans les Plantes terrestres, un épiderme et le tissu cellulaire. Ce dernier office un réseau mince à mailles irrégulieres dont les couches forment la masse de l'Ecorce dans les Géophytes. Le tissu cellulaire s'allonge et compose une masse homogèue plus dense à la circonférence dans les Hydrophytes; elle présente de vastes lacunes qui partent de la racine et qui se perdent dans les expansions des tiges ou des rameaux, que nous regardons comme des feuilles. Par la macération, l'épiderme se détache de l'Ecorce, l'Ecorce du corps ligneux, et chacune de ces parties offre une organisation et une couleur différente. Beaucoup de Fucacées, desséchées à l'air, présentent, dans leurs tiges, une Ecorce tellement distincte qu'il est facile de les confondre avec des branches d' Arbres fraîches, jouissant de la plénitude de la vie, ou bien encore remises dans l'eau; tout se confond, et ce n'est qu'au moyen d'un lame coupée bien mince et soumise à l'examen mioroscopique, que l'on distingue la différence d'organisation; elle prouve de la manière la plus évidente l'existence de plusieurs organes. Done, les Plantes marines, considérées en général, ne difrent

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point des Plantes terrestres, elles ont une Ecorce dont la composition est subordonnée à leur organisation et au milieu qu'elles habitent. L'on observe dans l'Ecorce des unes et des autres les mémes caractères généraux. Ainsi la puissance crea trice, dans sa toute-puissance, modifie les caractères, des êtres, selon des lois immuables imprimées à la matière, et plus la science de la nature fait de progrès, plus l'on est forcé de reconnaître cette grande vérité. V. CRÉATION. (LAM.. X.)

Un grand nombre d'Ecorces sont employées dans les arts, l'economie domestique et la thérapeutique. Nous allons citer ici celles qui portent des noms particuliers.

ECORCE D'ANGUSTURE. On en connaît deux espèces, la vraie et la fausse. V. ANGUSTURE.

ECORCE DE BÉ-LAHÉ ou BELA-AYE. Ecorce astringente, provenant d'un Arbre de Madagascar, qui n'est point encore connu.

ECORCE CARYOCOSTINE. C'est la même que la Cannelle blanche. V. ce mot.

ECORCE DE CHINA. V. QUINQUINA.

ECORCE ÉLUTÉRLENNE. On appelle ainsi la Casoarille, que l'on a cru être produite par une espèce du genre Eleuteria. V. CASCARILLE.

ECORCE DE GIROFLÉE. Nom donné quelquefois à la Cannelle Giroflée. V. CANNELLE.

ECORCE DES JÉSUITES. L'un des noms vulgaires du Quinquina.

ECORCE DE JUBABA. C'est, selon Murrai, l'Ecoroe d'un Arbre inconnu des Grandes-Indes, qui est amère et efficace contre les maladies nerveuses: elle est inusitée aujourd'hui.

ECORCE DE LAVOLA. Elle a l'odeur et la saveur de l'Anis étoilé, et provient probablement de l'Illticium anisatum. V. BADIANE.

ECORCE DE MAGELLAN. C'est l'Ecorce de Winter, découverte par ce Voyageur au détroit de Magellan.

ECORCE DE MASSOY. Ecorce venant de la Nouvelle-Guinée, avant l'odeur aromatique de la Cannelle: elle est inusitée et l'on ignore l'Arbre qui la produit

ECORCE DE PÉROU. L'un des noms Vulgaires du Quinquina.

ECORCE DE POCGEREBA. Ecorce venant d'Amérique, n'ayant pas de saveur bien marquée, employée contre la diarrhée. On ignore l'Aibre qui la produit.

ECORCE SANS PAREILLE. Nom vulgaire de l'Ecorce de Winter. V. DRYMIDE.

ECORCHE DE WINTER. Ainsi nommée parce qu'elle a été découverte par le navigateur Winter: elle provient du Drymis Winteri. V. DRYMIDE. (A. R.)

ECORCHE. MOLL. Nom vulgaire et marchand du Conus striatus, l'une des espèces les plus élégantes du genre Cône et qui plus fournit plusieurs variétés remarquables. (B.)

ECORCHEE. INS. V. TÉTE-ÉCORCHÉE.

ECORCHEUR. OIS. Espèce du genre Pie-Grièche. V. ce mot. (DR.. Z.)

ECOSSONNEUX. OIS. Syn. vulgaire du Bouvreuil. On donne aussi ce nom au Pic vert. V BOUVREUIL et PIC. (DR.. Z.)

ECOUFLE OU ESCOUFLE. OIS. Syn. vulgaire de Milan. V. FAUCON. (DR.. Z.)

ECOURGEON OU ESCOURGEON. BOT. PHAN. variété d'Orge. (B.)

ECRECELLE. OIS. Syn. de Cresserelle. V. FAUCON. (B.)

ECREVISSE. Astacus. CRUST. Genre de l'ordre des Décapodes, famille des Macroures, tribu des Homards, ayant pour caractères, suivant Latreille: quatre antennes insérées presque sur la même ligne; les intermédiaires terminées par deux filets; pédoncule des latérales nu avec des saillies en forme d'écailles ou de dents; les six pieds antérieurs terminés par une pince à deux doigts; pièce extérieure des appendices nata-

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toires du bout de la quene divisée en deux parties. Ce genre, établi par Gronovius, aux dépens des Cancer de Linne, embrassait d'abord tous les Crustacés Décapodes Brachyures, à l'exception des Hippes; mais il a subi depuis lors d'importans changemens; d'abord Fabricius le décomposa pour en extraire les genres Pagure, Galathée et Scyllare. Daldorff fit ensuite plusieurs travaux sur les Crustacés Fabricius en tira parti et restreignit davantage les Ecrevisses en établissant de nouveaux genres sous les noms de Palinure, Palæmon, Alphée, Penée et Crangon. Enfin, dans ces derniers temps, Leach retira encore des Ecrevisses le genre Nephrops. Ainsi réduit le genré que nous décrivons ne comprend plus qu'untrès petit nombre d'espèces, les unes fluviatiles et les autres marines. G. Cuvier a publié (Ann. duMus. d'Hist. Nat. T. II, p. 368) une dissertation critique, très-curieuse, sur les espèces d'Ecrevisses connues des anciens, et sur les noms qu'ils leur ont dones. Parmi elles, on remarque surtout l'Ecrevisse de rivière dont tous les auteurs ont parlé depuis Aristote. C'est aussi cette espèce qui a fourni le sujet de diverses observations qu'on peut, jusqu'à un certain point, rapporter aux caractères du genre, mais qu'il est plus exact de présenter a l'histoire de l'espèce.

L'ECREVISSE DE RIVIÈRE, Astacus fluviatilis ou le Cancer Astacus de Linné et le Cancer fluviatilis de Rondelet, a été décrite avec beaucoup de soin et figurée par Roësel (Ins. T. III, tab. 54-61). Son corselet est uni, son rostre est denté latéralement avec une double dent à sa base supérieure. Les deux serres antérieures sont inégales, chagrinées, et n'ont au côté interne que des dentelures très-fines; la couleur varie, suivant les localités, du brun verdâtre à un brun clair ou plus ou moins obscur. On la trouve dans un grand nombre de rivières de l'Europe et du nord de l'Asie. Elle se tient ordinairement sous les pierres dans les cavités des berges, et n'en sort guére que pour chercher sa nourriture qui consiste en Mollusques, en Poissons, en larves d'Insectes et en matières animales corrompues.

Passons en revue les particularités les plus remarquables de l'organisation de l'Ecrevisse. Le corps peut Se diviser en tête, corselet ou carapace, et abdomen ou queue. La téte n'est distincte de la carapace que par une rainure transversale tracée en demicercle dont la convexité regarde en arriére. La partie antérieure de la tête est prolongée en une sorte de bec aplati, horizontal, garni sur son milieu d'une série longitudinale de petites épines. On voit de chaque côté deux paires d'antennes; les intermédiaires sont avancées, courtes, formées par deux filets sétacés, divisées en un grand nombre de petits articles, et portées sur un pédoncule commun beaucoup plus gros et cylindrique, divisé en trois piéces et garui de longs poils touffus. Les antennes extérieures consistent en de longs filets trés-déliés, égalant en longueur le corps de l'Animal et composés d'une infinité de petits articles placés bout à bout les uns des autres et diminuant graduellement de bas en haut. Chaque filet prend naissance sur une base mobile composée de trois parties grosses et cylindriques, au-dessus et sur le côté desquelles on remarque une grande piéce aplatie, triangulaire, termiaée en pointe et garnie au bord interne d'une série de longs poils. Au-dessous de cette pièce mobile, on trouve encore une pièce écailleuse, convexe, et plus bas, enfin, une dernière plaque pourvue d'épines et d'éminences. Les yeux sont aussi placés de chaque côte du rostre; ces deux organes sont portés à l'extrémité d'un pédicule qui, étant très-mobile, peut les diriger dans tous les sens, et les faire sortir ou rentrer à volonté dans la cavité qui les contient. Les parties de la bouche ne diffèrent de celle des autres Crustacés que par quelques particularités de formes et non par l'exis-

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tence ou l'absence des parties essentielles observées ailleurs. Les mandibules sont dentées, les mâchoires de la seconde paire sont découpées eu lanières au nombre de six, et de même que dans les autres Macroures, les pieds-mâchoires extérieurs sont proportionnellement plus longs et plus étroits que chez les Crabes.

La carapace des Ecrevisses laisse très-bien apercevoir, ainsi que nous l'avons exposé à l'article CRUSTACÉS, les régions stomaeale, cordiale, moyenne, hépatique postérieure et branchiale. Cette pièce se prolonge sur les côtés, protège les flancs et va gagner inférieurement les pates au point de leur insertion avec le sternum. Les parties inférieures du corselet constituent la poitrine proprement dite. Celle-ci consiste en une série de segmens transversaux en même nombre que les paires de pates. La poitrine de l'Ecrevisse est done formée par cinq segmens; ces segmens se composent cnacun d'un sternum et des flancs étant tous unis entre eux et ne laissant apercevoir que des sutures qui indiquent les traces de leur réunion. Les sternums sont très-étroits; ils s'articulent sur les côtés aux cinq paires de pates, et servent de point d'appui aux flancs, qui se perdent sous la carapace; de la soudure des flancs avec le sternum et de chacune de ces pièces entre elles, il naît à l'intérieur du corps des lames crustacées dirigées en plusieurs sens et formant, par les points d'adhérence qu'elles contractent les unes avec les autres, des espèces de cloisons verticales ou obliques qui servent à l'attache des muscles, et protègent eu même temps les organes les plus essentiels à la vie: le système nerveux, les vaisseaux, le canal intestinal, etc. Ces lames ne sont autre chose que les analogues très-développés des apodèmes d'insertion de l'intérieur du thorax des Insectes. Les pates different entre elles par leurs formes et leur volume. La plus remarquable, celle qui diffère le plus des autres, est la première paire, autrement dite la pince ou la serre. Cinq pièces entrent dans sa composition: la premiere, attachée au corps, est grosse et courte; la seconde est plus longue et compriméè sur les côtés; la troisième présente encore plus de longueur; au contraire, la quatrième est courte, grosse et angulaire; enfin la cinquième, ou la main, est une grande pièce ovale et convexe des deux côtés, munie antérieurement de deux parties coniques désignées sous le nom de doigts; l'un d'eux, extérieur et immobile, peut être considéré comme un prolongement de la main; l'autre, interieur, constitue une piece distincte, articulée avec la main et se mouvant sur le prolongement qu'elle fournit. Des muscles très-forts sont contenus dans toute la longueur de ce membre robuste, à l'aide duquel l'Ecrevisse saisit sa proie et se défend. Les pates qui suivent sont longues, menues et formées par six articles. La deuxième et la troisième paires se terminent ainsi que la première par une pince, à cette différence près qu'elle est très-petite, et que c'est le doigt extérieur qui jouit seul de quelque mouvement. Les pates qu'on observe ensuite sont munies d'un ongle simple, pointu et crochu. Le premier article de la base de la dernière paire de pates des mâles est remarquable par une ouverture arrondie qui livre passage à l'extrémité des organes fécondateurs chez la femelle. La troisième paire de pates offre pour les organes de la génération une particularité semblable, c'est-à-dire qu'on y trouve une ouverture ovale, grande, à laquelle aboutissent les oviductes, et qui livre passage aux œufs.

L'abdomen de l'Ecrevisse, qu'on nomme improprement sa queue, est très-développé et formé par six anneaux trés-convcxes en. dessus et Légèrement voûtés en dessous. Des muscles nombreax et puissans lui impriment des mouvemens robustes; ces muscles forment deux masses distinctes, l'une supérieure et l'autre inférieure. L'abdomen est pourvu en dessous de parties remarquables qu'on

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retrouve dans la plupart des Crustacés; ce sont des filets, sortes de pates rudimentaires qui varient en nombre et en figure dans les deux sexes. Ils sont mobiles à leur base; l'Ecrevisse les fait flotter dans l'eau en les agitant d'avant en arrière comme des petites nageoires. La femelle en a quatre paires placées sur le second, le troisième, le quatrième et le cinquième anueaux. Ils se ressemblent tous, et sont composés chacun d'une tige aplatie, cartilagineuse, qui jette deux branches dont la postérieure est divisée en deux portions par une articulation mobile; les deux branches sont également mobiles sur la tige à laquelle elles sont unies, de sorte que ces filets se meuvent avec la plus grande facilité. Ces branches sont garnies de longs poils barbus auxquels l'Ecrevisse attache ses œufs. Le mâle offre aussi des filets abdominaux; mais ceux du second anneau different sensiblement des mêmes ilets chez la femelle. Les mâles portent encore audessous du premier anneau de l'abdonmen deux autres parties qu'on ne voit point sur la femelle, et qui mobiles à leur base et présentant là une articulation, s'appliquent, dans l'inaction, sur le sternund entre les pates, et ressemblent à des tiges un peu aplaties, droites, d'un blanc un peu bleuâtre et de substance cartilagineuse; leur moitié antérieure est courbée et roulée sur elle-même longitudinalement, de manière à former une sorte de tuyau. Ces appendices singuliers, sur l'usage desquels l'observation n'a encore rien appris, pourraient bien être des organes copulateurs. L'abdomen est terminé par cinq pièces plates, minces et ovales en forme de feuilles un peu convexes en dessus et concaves en dessous. La pièce interraédiaire ou impaire n'est autre chose que le dernier anneau abdominal, et les deux prolongemens latéraux sont les appendices de l'anneau qui précède. Ces parties sont un véritable appareil de natation au moyen duquel I'Ecrevisse donne, en les dirigeant vers la tête, des coups réitérés dans l'eau. Il en résulte naturellement une natation en arrière ou à reculons. L'abdomen est percé postérieurement et à sa face inférieure par l'anus.

L'anatomie interne des Ecrevisses offre quelques traits d'organisation assez curieux et que nous allons parcourir en empruntant à Roesel et à Cuvier les principaux détails. L'estomac, situé en quelque sorte dans la tête, immédiatement au-dessous de la calotte calcaire qui la recouvre, est formé de membranes fortes et assez épaisses; il est muni intérieurement de trois dents écailleuses, pointues, supportées par un appareil remarquable que Geoffroy Saint-Hilaire a décrit et représenté avec soin dans un travail encore inédit. Ce savant anatomisté retrouve dans l'estomac des pièces analogues à celles qui composent la téte des Animaux vertébrés, el il ramène ainsi à un type connu une organisation aussi anomale en apparence. C'est principalement sur l'Ecrevisse de mer ou le Homard qu'il a fait ses diverses recherches. Le grand intestin part de l'estomac; il est situé dans l'abdomen et s'ouvre à l'anus. Cuvier, dans un Mémoire sur la nutrition des Insectes (Mém. de la Soc. d'Hist. Nat. de Paris, an 7), donne une description exacte de la structure et des fouctions du foie de l'Ecrevisse; suivantlui, les vaisseaux biliaires ou le foie sont très-développès et leur fonction n'est point équivoque: on sait qu'en général le foie est plus volumineux dans les Animaux aquatiques à sang rouge que dans les terrestres, et il paraît que la même loi existe pour ceux à sang blanc. Les vaisseaux biliaires des Ecrevisses sont donc trés-gros, au nombre de plusieurs centaines et disposés en deux grosses grappes dont les vaisseaux excréteurs communs forment les tiges. Ils s'insèrent tous contre le pylore et y versent une liqueur épaisse, brune et amère. Leurs parois sont colorées d'un jaune foncé, et paraissent d'une texture très-spongieuse. Ce sont eux qui forment la plus grande partie de'ce qu'on nomme la farce

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dans les Etrilles, les Homards et les autres grandes espèces que l'on mange communément, el l'humeur qu'ils produisent communique à cette farce l'amertume plus ou moins forte qu'on y remarque. Cuvier (loc. cit.) s'énonce de la manière suivante à propos de la respiration et de la circulation: "Les Ecrevisses et les Monocles n'ont aucune trachée, et ce sont précisément ceux chez lesquels on trouve un cœur ou du moïns un organe de structure semblable. Il faut pourtant observer qu'il n'existe peutêtre pas entre eux et les autres Insectes une différence aussi grande qu'on le croirait d'abord; ils ont, à chaque côté du corselet, des paquets de vaisseaux capillaires rangés d'une maniere trés-régulière sur deux des faces de certains corps en forme de pyramides triangulaires; toutes ces pyramides sont comprimées et dilatées alternativement par le moyen de quelques feuillets membraneux que l'Ecrevisse meut à volonté.

« Mes essais d'injection, poursuit Cuvier, m'ont bien permis de porter la liqueur de ces branchies vers le cœur; mais jamais je n'ai pu la diriger en sens contraire; tandis que du cœur on peut la faire parvenir partout le corps, au moyen de vaisseaux nombreux et très-visibles dans certaines espèces, notamment dans le Bernard-l'Hermite, où ils sont colorés en un blanc opaque. S'il se trouvait, par des recherches ultérieures, qu'il n'y eût ni second cœur, ni trou commun veineux, qui, devenant artériel, portât le sang aux branchies par une opération à peu près inverse de celle qui a lieu dans les Poissons, alors on pourrait croire que les branchies ne font autre chose qu'absorber une partie du fluide aqueux et le porter au cœur, qui le transmettrait à tout le corps. Ce prétendu cœur et ces vaisseaux ne seraient donc, en dernière analyse, qu'un appareil respiratoire, qui ne différerait de celui des Insectes ordinaires que par cetorgane musculaire qu'il aurait reçu de plus. Et on concevrait aisément la raison de cette différence, attendu que la substance respirée étant sous forme liquide, et ne pouvant se précipiter, comme l'air le fait, dans les trachées par l'effet de son élasticité, il lui fallait un mobile étranger, qui est cet organe qu'on à pris pour un cœur. Quant à la nutrition proprement dite, elle se ferait exactement comme dans les Insectes ordinaires et dans les Zoophytes, c'est-à-dire par une simple imbibition.»

Les organes générateurs mâles de l'Ecrevisse, situés dans le thorax, se composent des testicules divisés en trois parties, deux en avant et une plus grosse en arrière. D'autres vaisseaux blancs, tortueux, très-développés et turgescens à l'époque de l'accouplement, ont été regardés comme les vaisseaux séminifères; ils remplissent un assez grand espace, occupent les côtés et la partie postérieure du cœur; l'appareil de ia femelle consiste en deux ovaires occupant les côtés du corps et divisés comme le testicule en trois portions. A l'époque de la ponte, ils sont allongés et trés-distendus par les œufs. Ils aboutissent au premier article de la troisième paire de pates. L'accouplement des Homards, et, par analogie, celui des Ecrevisses, se fait, à ce qu'il paraît, à la manière de quelques Monocles, c'est-à-dire ventre à ventre. Le màle attaque la femelle, qui se renverse sur le dos, et le couple amoureux s'enlace alors étroitement à l'aide des pates. La ponte à lieu deux mois aprés; elle est assez abondante, et l'on comple quelquefois vingt, trente œufs et même davantage. Ceux-ci sont fixés aux filets mobiles qui garnissent la queue, à l'aide d'un pédicule, sorte de tuyau membraneux, flexible, élargi è sa base et qui paraît étre la continuation de l'enveloppe la plus extérieure de l'œuf. Les femelles portent ces espèces de grappes jusqu'à la naissance des petits, qui, d'abord trèes-mous, trouvent sous le ventre de leur mère un refuge assuré contre les dangers, et n'abandonnent cet abri que lorsque

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leur têt, plus consistant, peut les protéger. Les Ecrevisses renouvellent leur enveloppe extérieure tous les ans entre le mois de mai et le mois de septembre. Réaumur a décrit avec soin cette espèce de mue. On trouve un extrait de ses observations dans l'Encyclopedie Méthodique, et cet extrait nous a paru assez exact pour mériter d'étre cité en grande partie. Quelques joursavant le dépouillement de leur peau, les Ecrevisses cessent de prendre de la nourriture; alors, si on appuie le doigt sur l'écaille, elle plie, ce qui prouve qu'elle n'est plus soutenue par les chairs. Quelque temps avant l'instant de la mue, l'Ecrevisse frotte ses pates les unes contre les autres, se renverse sur le dos, replie et étend sa queue à différentes fois, agite ses antennes et fait d'autres mouvemens dans le but sans doute de détacher sa peau pour la quitter; elle gonfle son corps, et il se fait entre le premier anneau de l'abdomen et la carapace qui s'étend depuis elle jus qu'à la tête, une ouverture qui met à découvert le corps de l'Ecrevisse. Il est d'un brun foncé, tandis que la vieille écailie est d'un brun verdâtre. Après cette rupture, l'Animal reste quelque temps en repos; ensuite il fait différens mouvemens et gonfle les parties qui sont sous la carapace. La partie postérieure de celle-ci est bientôt soulevée, el l'antérieure ne reste attachée qu'à l'endroit de la bouche; alors il ne faut plus qu'un demi-quart d'heure ou un quart d'heure pour que l'Ecrevisse soit entiérement dépouillée; elle tire sa tête en arrière, dégage ses yeux, ses antennes, ses bras et successivement toutes ses pates. Les deux premières, ou les serres, paraissent les plus difficiles à dégaîuer, parce que la dernière des cinq parties dont elles sont composées est beaucoup plus grosse que l'avant-dernière; mais on conçoit aisément cette opération, quand on sait que chacun des articles écailleux qui forme chaqué partie est divisé en deux pièces longitudinales qui s'écartent l'une de l'autre, dans le temps de la mué, lorsque l'Animal leur fait violence. Enfin l'Ecrevisse se retire de dessous sa carapace, etaussitôt elle se donne brusquement un mouvement en avant, étend la queue et se dépouille de ses anneaux. C'est ainsi que finit l'opération de la mue, qui est si violente que plusieurs Ecrevisses en meurent, surtout les plus jeunes; celles qui y résistent sont très-faibles. Après la mue les pates sont molles, et l'Animal n'est recouvert que d'une membrane; mais en deux ou trois jours, et quelquefois en vingtquatre heures, cette membrane devient une nouvelle enveloppe aussi dure que l'ancienne. Il est important à l'Ecrevisse que la nouvelle peau se durcisse bientôt, car, si elle était rencontrée par d'autres Ecrevisses, n'étant plus défendue par son écaille, elle ne manquerait pas de devenir leur proie; c'est pourquoi aussi, lorsqu';elle est prête à muer, elle cherche une retraite dans les trous et d'autres endroits ou elle puisse étre à l'abri du danger. Dans la suite, le nouveau tét ne devient ni plus dur, ni plus épais, ni plus grand, de sorte que l'Ecrevisse, qui augmente de volume chaque annee, étant gênée dans son enveloppe, est contrainte d'en sortir; aussi Réaumur a-t-il remarqué que chaque partie d'une Ecrevisse qui à mué depuis peu est considérablement plus grande en tous sens que le fourreau qu'elle a quitté; cette différencecependant ne doit pas étre bien considérable, si l'on s'en rapporte à certains pêcheurs qui assurent qu'une Ecrevisse de six à sept ans n'a encore qu'une grosseur médiocre, la vie moyenne de ces Animaux étant, dit-on, de vingt ans. Ce qu'il y a de plus remarquable, c'est qu'à chaque mue il se forme un nouvel estomac dans le corps de l'Animal; et cet estomac enveloppe l'ancien qui est bientôt détruit par l'autre. L'Ecrevisse renouvelle peut-être bien aussi toutes les autres parties internes.

Dans les Ecrevisses prôtes à muer, on trouve constamment sur les côtés de l'ettomac deux corps cal calcaires connus vulgairement sous le nom d'yeux

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d'Ecrevissés, à cause de'leur figure arrondie. Ces deux pièces disparaissent pendant la mue, et on ne les trouve plus dans les espèces qui ont éprouvé ce changement. L'opinion des auteurs a beaucoup varié sur l'usage de ces parties. Geoffroy a cru qu'elles servaient, ainsi que la membrane du vieil estomac, pour nourrir l'Ecrevisse durant la mue. Mounsey (Trans. Philosoph.) présente une observation analogue, et il pense avec Réaumur, qu'étant dissoutes dans l'éstomac, elles servent à la formation ou au durcissement de la nouvelle enveloppe. Au contraire Roësel, n'admettant pas l'opinion de Réaumur, croit que l'Ecrevisse se décharge de ces pièces en entier dans le temps qu'elle se dépouille de son test, et qu'elles ne se dissolvent ni ne diminuent dans son corps en aucune manière. Quant à ce dernier fait, il paraît cependant constant, et l'opinion de Réaumur, quoiqu'elle soit susceptible d'objections, est encore plus admissible que celle de Roësel qui pense que les yeux d'Ecrevises pourraient bien être l'assemblage ou le résidu des dépouilles de différentes parties internes de l'Ecrevisse.

Les Ecrevisses présentent un autre fait nou moins remarquable que celui de la mue, c'est la faculté qu'ont les pates, les antennes et les mâchoires de repousser après leur amputation, sans qu'on puisse, dans. l'état actuel de la science, expliquer convenablement ce phénomène. Réaumur a le premier ténté des expériences sur cet objet. Il nous a appris que si l'on casse, dans la jointure d'une articulation, la pate d'une Ecrevisse, on aperçoit, un ou deux jours après, une espèce de membrane légèrement rouge, qui recouvre les chairs. Cinq jours plus tard, cette membrane fait shillie et paraît renflée, puis elle devient conique, s'allonge de plus en plus, se déchire et laisse voir une jambe molle qui croît en grosseur et en longueur et se recouvre d'une enveloppe solide. Un fait bien digne de fixer l'attention, c'est qu'il ne naît à chaque jambe ce qu'il faut précisémentpour la compléter. Nous le répétons, on n'a encore présenté aucune explication bien satisfaisante de cette reproduction analogue sans doute à celles des pates des Salamandres, de la tête des Limacons et des Polypes; ce n'est pas ici le lieu de traiter cette grande question.

Tout le monde connaît l'usage alimentaire des Ecrevisses. On employait autrefois en médecine les pièces calcaires connues sous le nom d'yeux d'Ecrevisses; mais la raison a fait justice de ce médicament ridicule. On pêche les Ecrevisses de diverses manières: d'abord avec un filet que l'on suspend le soir au-dessous d'un morceau de chair putréfiée. Les Ecrevisses sont attiréea quelquefois en grand nombre par cet appât. On met aussi quelquefois de la viande dans un fagot menu que l'on retire lorsque les Ecrevisses ont pénétré de toutes parts entre les branches du bois. Plusieurs personnes emploient des baguettes fendues; on met dans la fente un appât; et on les place dans les lieux oú les Ecrevisses sont abondantes. Cellesci ne tardent pas à s'attacher à l'appât; ou retire ensuite les baguettes avec beaucoup de précaution, et on glisse sous chacune d'elles un panier. A peine sortie de l'eau, l'Ecrevisse abandonne le corps qu'elle dévorait, et tombe dans le panier. On prend aussi les Ecrevisses à la main, dans leurs trous, et on emploie encore quelques autres moyens pour se les procurer.

On trouve souvent sur les branchies de l'Ecrevisse un pètit Animal vermiforme, figuré par Roësel, que notre ami Auguste Odier a décrit avec beaucoup de soin; cet Animal forme un genre nouveau dans la classe des Annelides, et appartient à la famille des Hirudinées. V. BRANCHIOBDELLE.

Le genre Ecrevisse renferme quelques autres espèces, parmi lesquelles on doit distinguer:

L'ECREVISSE HOMARD, Astacus marinus, Fabr., ou le Cancer macrourus Gammarus de Linné, et le

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Cancer Gammarus de Scopoli. Elle a été figurée par Séba (Mus. T. III, tab. 17, fig. 3), par Pennant (Zool. Brit. T. IV, tab. 10, fig. 21) et par Herbst (tab. 25). Elle est connue en France sous le nom de Homard. Sa taille est souvent gigantesque. La carapace estlisse, munie d'un sillon longitudinal, et d'un autre transversal irrégulier. Lereste est avancé, pointu, avec une double dent à sa base supérieure. Son corps est bleuâtre et taché de blanc. Il rougit au feu. On le trouve communément dans la Méditerranée et dans l'Océan.

L'ECREVISSE DE BARTON, Astacus Bartonii, Fabr. Sa carapace est unie, son rostre est court et aigu. On en trouve une figure dans l'Histoire des Crustacés, faisant suite à Buffon (édit de Déterviiie, pl. 11, fig. 1). Elle est propreaax eaux douces del'Amérique septentrionale, ressemble beaucoup à l'Ecrevisse fluviatile et se mange.

L'ECREVISSE NORWÉGIENNE, Ast. Norwegicus, Fabr. Elle a la carapace épineuse en avant, les pinces sont prismatiques avec les angles épineux. Les anneaux de la queue sont ciselés. Degéer (Ins. T. VII, pl. 24) l'a décrite el figurée. Herbst (tab. 26, fig 3) l'a aussi représentée. Leach a cru devoir faire un nouveau genre de cette espèce sous le nom de NEPHROPS. (AUD.)

ECRITURE OU ECRIVAIN. POIS. Espéce de Perche. V. ce mot. (B.)

ECRITURE. MOLL. On donne vulgairement ce nom, ou celui de Coquilles écites, à un grand nombre de Coquilies de genres différens: ainsi la Venus scripta, la Cytherea castrensis, l'Oliva scripta, elc., ont reçu ce nom. On nomme Ecriture hébraïque le Conus ebreus. D'Argen ville donne le nom d'Ecrite à une des nombreuses variétés de l'Olive hispidule. (D.. H.)

ECRIVAIN. POIS. V. ECRITURE. POIS.

ECROUELLE. CRUST. L'un des noms vulgaires du Cancer Pulex, L. V. CREVETTE. (B.)

ECSTOMON. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. d'Hellébore. V. ce mot. (B.)

* ECTOCARPE. Ectocarpus. BOT. CRYPT. (Céramiaires.) Genre établi par Lyngbye (Hydr. Dan., p. 150) et dont les caractères réformés dans le troisième volume de ce Dictionnaire, V. CÉRAMIAIRES, sont: capsules subsessiles, solitaires, non revétues d'une membrane qui les fasse paraître annelées. Voisin des Deliselles, il en differe en ce que celles ei ont leurs capsules comme revêtues d'un anneau transparent. La forme allongée des capsules des Capsicarpelles les distingue facilement du genre dont il est question; la même forme de capsule des Audouinelles et le pédicule qui les supporte sert encore à distinguer ces Plantes des Ectocarpes. Les espèces bien constatées de ce genre habitent la mer, oú elles sont parasites des autres Hydrophytes, peu nombreuses, mais d'une certaine élégance; elles concourent à l'ornement des herbiers où elles s'ppliquent assez étroitement au papier sur lequel on les prépare. Les principales sont: Ectocarpus littoralis, Lyngbye, loc. cit, tab. 42, dont il faut soigneusement distinguer les variétés α et β du même auteur; la seconde est une Pylayelle. V. ce mot.—Ectocarpus elongatus, N,; Ect. littoralis, Lyngb., tab. 42, B.—Ectocarpus densus, Lyngb., loc. cit., tab. 44, B. (B.)

ECTOPOGONES. BOT. CRYPT. (Mousses.) Palisot de Beauvois appelle ainsi la seconde tribu qu'il avait établie dans la famille des Mousses. Elle comprend les genres qui sont privés de péristome interne. V. MOUSSES. (A. R.)

* ECTOSPERME. Ectosperma. BOT. CRYPT. (Characées?) Genre fort naturel, trés-tranché et parfaitement décrit par Vaucher (Hist. des Conf., p. 9). Ce savant lui imposa un nom qui donne une idée exacte de la fructification caractéristique, laquelle consiste dans des capsules extérieures.

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En adoptant ce genre, De Candolle (Flor. Fr. T. II, p. 61) crut devoir changer ce nom cependant si expressif et conforme aux règles établies, pour lui imposer celui de Vaucheria, Nulles raisons valables n'autorisant cette mutation qu'adoptèrent la plupart des algologues, nous avons cru devoir la regarder comme non avenue, et en faisant droit à l'antériorité, nous réserverons le nom de Vaucherie pour un autre genre, hommage plus digne, dans une famille qu'il a si bien observée, d'être offert au savant Genevois dont l'ouvrage est encore le meilleur sur les Confervées. V. VAUCHERIE. Les Ectospermes consistent dans des filamens simples ou rameux, tubuleux, absolument inarticulés, plus ou moins transparens, remplis, quand l'âge, ou quelque agent extérieur n'altère pas leur organisation, d'une substance verte analogue à celle qui colore les Charagues et la plupart des Plantes aquatiques; des capsules arrondies, ovales, ou tant soit peu oblongues, extéricures au tube, sessiles ou pedicellées, solitaires, didymes ou réunies en plus ou moins grand nombre, opaques et remplies de corpuscules graniformes, constituent la fructification.

On a jusqu'ici confondu les Ectospermes avec les Conferves, mais ce rapprochement est absolument désavoué par la nature. L'absence totale d'articulations ne saurait le permettre. Nous avions d'abord pensé, avant de connaître leur fructification, que l'on pouvait les rapporter aux Ulvacées tubuleuses, encore que leur tissu ne fût pas le même; mais ayant vérifié les observations de Vaucher, et cherché dans les Végétaux aquatiques quelque capsule dont la conformation se rapproche de celle des Ectospermes, nous nous sommes convaincus que les Charagnes ont d'étroites analogies avec eux. En effet, on déjà vu (T. III, p. 477) que les Charagnes sont des Plantes aquatiques croissant dans les mares et les fossés stagnans, qui ne s'élèvent jamais à la surface, demeurent constamment submergées et fructifient sous l'eau. Comme chez les Ectospermes, leurs tiges tubuleuses et inarticulées sont généralement rigides quoiqu'assez flexibles, rameuses, et dont les ramules portent des capsules munies d'autres petites ramules où l'on a vu des bractées avortées, et qui se retrouvent dans la plupart des Ectospermes à capsules pédicellées. Comme dans les Charagnes, on observe ici un tégument dont l'externe est trés-mince, membraneux et transparent, contenant un véritable péricarpe où se trouve un fluide rempli de corpuscules qu'on serait tenté de prendie pour des graines, si la germination de ces Plantes, fort bien observée el figurée par Vauchcr (pl. 11, fig. 1 et 4, et tab. 11, f. 8), ne prouvait que c'est de l'intégrité du fruit que sort le filament destiné à devenir la tige de l'Ectosperme. Outre la fructification de ces Végétaux, on trouve assez communément à la surface de leurs filamens d'autres corpuscules plus ou moins considérables et transparens, au centre desquels on distingue un point noirâtre qui ne trade pas à s'agiter sous les yeux de l'observateur. On serait d'abord tenté d'y voir un indice de Zoosperme, mais pour peu qu'il y porte de l'attention, le naturaliste circonspect ne tardera pas à reconnaître que l'objet qui s'agite sous la lentille est un petit Crustacé du genre Cyclope, Cyclops lupula, Müll., et provenant d'œufs probablement déposés à la suite d'une piqûre d'où résulte une sorte de galle; celleci demeure transparente comme du verre quand le Cyclope en est sorti. Les Ectospermes plus ou moins rudes au toucher, disposés soit en gazons adhérens aux corps inondés, soit en touffes arrondies où les filamens divergent du centre à la circonférence, soit enfin en grandes masses nuageuses au fond des eaux, sont d'un vert généralement assez foncé; ils remplissent les bassins alimentés par des eaux vives. Presque tous furent confondus par les botanistes sous les noms de

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Conferva canalicularis, spongiosa, et même d'amphibia, encore que le véritable Conferva amphibia de Linné soit une Céramiaire, fort voisine du C. glomerata de ce même auteur. Il est des espèces qui continuent de végéter quand l'cau dans laquelle on les a vues se développer vient à s'évaporer; celles-ci forment alors sur la vase, contre les parois des fossés sombres ou sur les rochers humides, des couches pressées, d'un vert soyeux, molles et compactes, qui présentent assez hien léaspect d'une éponge du plus beau vert. Quelquefois les extrémités de leurs filamens se réunissent en faisceaux poignans qui font paraître comme hérissée et rendent assez rude la surface de ces conssinets a uparavant soyeux au toucher. C'est vers la fin de l'automne, dans les hivers tempérés et humides ou dans les premiers jours du printemps, que l'on trouve les Ectospermes en fructification. En adoptant ce genre avec le nom que lui imposa Vaucher, on doit encore y former, avec cet auteur, diverses coupes pour distribuer environ dix-huit à vingt espèces. Ces coupes, auxquelles nous en ajouterons de nouvelles, deviendront peutêtre susceptibles de former des genres distincts.

†Capsules solitaires, sessiles ou subsessiles, obovales, laterales, épaisses, nues, c'est-à-dire dépourvues de tout appendice qu'on puisse considérer comme des bractées avortées.

ECTOSPERME DICHOTOME, Ectosperma dichotoma, N.; Conferva dichotoma, L., Vaucheria dichotoma, Lyngb., loc. cit., 75, t. 19, c. On ne conçoit guère comment Roth (Catal. III, pag. 119) avait pu comprendre cette Plante essentiellement inarticulée parmi ses Ceramium. L'une des plus communes de son genre; la grosseur de ses filamens dichotomes fit comparer ceuxci, à cause de leur volume, à des soies de Porc (Conferva dichotoma setis porcinis similis, Dill., Musc. 17, tab. 3, fig. 19). Elle abonde dans toutes les eaux où elle devient fort grande. Ses extrémités sont très-obtuses.

ECTOSPERME TRICHOCOME, Ectosperma trichotoma, N. Bien que nous n'ayons pas observé la fructification de cette espèce, elle présente trop d'analogie avec la précédente pour que nous l'en puissions éloigner; elle en a la couleur, l'aspect et la consistance; mais ses rameaux, au lieu de se fourcher, se partagent toujours en trois. Nous présumons qu'elle est originaire des canaux de l'Egypte, du moins l'avons-nous découverte dans de grands pots de terre où l'on cultivait, toujours inondée dans les serres de Bruxelles, le Nymphœa cœrulea, provenue de plants en racines qu'un officier belge avait rapportés dans son pays de la glorieuse expédition que firent les Francais en Afrique sous le général Bonaparte.

Le véritable Conferva canalicularis de Linné appartient encore à cette section, ainsi que l'Ectosperma littoralis, N., Vaucheria dichotoma b, Lyngb., loc. cit., p. 76, t. 20, A, qu'on trouve dans les fosses saumâtres, le long de certaines côtes.—Ectosperma sericea, N.; Vaucheria, Lyngb., t. 21; B, qui est le Conferva spongiosa de plusieurs botanistes.—Ectosperma Dillwynii, N.; Vaucheria, Lyngb., t. 21, c; Ectosperma salinarum, N.; Ectosperma appendiculata, Vaucher, p. 35, pl. 3, 11, qui croît dans l'eau muriatée des bassins de Lons-le-Saulnier et autres salines du même genre.—Ectosperma marina, N.; Vaucheria, Lyngb., pl. 22.

†† Capsules sessiles, rondes, latérales, solitaires ou géminées, accompagnées d'un appendice bractéiforme.

ECTOSPERME HÉTÉROCLITE, Ectosperma heteroclita, N.; Ect. sessilis, Vauch., loc. cit. 31, pl. 2, f. 9, 7; Vaucheria sessilis, Lyngb., p. 80, pl. 22, 0. Cette espèce, qui n'est pas rare dans nos mares, est remarquable en ce que ses capsules solitaires ou géminées sont fixées à la base d'un appendice qui manque parfois, mais qui ressemble à une petite corne lorsqu'il existe.

††† Capsules solitaires, pédicellées. Les espèces de cette-section ont.

TOME VI. 5

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le pedicule qui supporte leur fructification simple, fourchu ou accompagné d'une ou deux de ces ramules bractéiformes regardées à tort comme des anthères. Nous citerons comme les principales: Ectosperma ovata, Vauch., p. 25, pl. 1, fig. 1; Vaucheria, Lyngb., loc. cit., p. 76, pl. 20, B.—Ectosperma hamata, Vauch., p. 26, pl. 2, fig. 2; Vaucheria, Lyngb., p. 77, pl. 20, C.—Ectosperma terrestris, Vauch., p. 27, pl. 2, fig. 5, qui n'est certainement pas le Byssus velutina de Linné, comme le croit Vaucher; ce prétendu Byssus est une véritable Conserve; le Vaucheria terrestris de Lyngb., p. 77, t. 21, A, est bien un Ectosperme, mais non celui de Vaucher. Il doit être considéré comme une espèce trésdifferente que nous nommerons repens.

†††† Capsules ses iles, géminées, opposées vers l'extrémité de l'appendice bractéiforme qui les supporte. Trois espèces remarquables composent cette section: Ectosperma geminata, Vauch., loc. cit., p. 29, pl. 2, f. h; Vaucheria, Lyngb., loc. cit., p. 80, t. 25, A.—Ectosperma cœspilosa, Vauch., p. 28, pl. 2, fig. 4; Vaucheria, Lyngb., 81, t. 23, B.—Ectosperma cruciata, Vauch., p. 30, pl. 2, fig 6.

††††† Capsules groupées en certain nombre sur les appendices bractéiformes, soit sessiles, soit stipitées. Les espèces qui composent cette section sont les suivantes: Ectosperma racemosa, Vauch., loc. cit., pl. 32, pl. 3, fig. 8; Vaucheria, Lyngb., loc. cit., p. 81, t. 23, c.—Ectosperma multicornis, Vauch., p. 33, pl. 3, fig. 9 (bona).—Ectosperma multicapsularis, Vaucheria, Lyngb., p. 82 (absque icone); Coferva, Dill., t. 71.

†††††† Capsules ovoïdes, terminales, et donnant aux rameaux, à l'extrémité desquels on les voit, l'aspect d'une petite massue. Nous ne connaissons qu'une espèce dans cette section qui pourrait rentrer dans la troisième, si l'on venait à lui découvrir des capsules latérales. C'est l'Ectosperma Clevatela. Vauch., loc. cit., p. 34, pl. 3, f. 10; Vaucheria, Lyngb., loc. cit., p. 78, t. 21, D. C'est à tort qu'on a rapporté à cette espèce le Coferva vesicata de Müller (Nov. Act. Petr. III, p. 95, l. 2, f. 6-9) qui est bien certainement une Prolifere de Vaucher et de Leclerc, c'est-à-dire une de nos Vaucheries. V. ce mot. (B.)

ECTROSIE. Ectrosia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Graminées et de la Triandrie Digynie, établi par R. Brown (Prodr. Flor. Nov.-Holl., p. 185) qui l'a ainsi caractérisé: lépicène multiflore, à deux valves presque égales et mutiques; épillet composé de fleurs. distiques, l'inferieure hermaphrodite, les autres mâles ou neutres. Chaque fleur hermaphrodite est munie d'une glume à deux valves, dont l'extérieure est terminée par une barbe simple; les fleurs mâles et neutres ont des barbes plus longues. Ce genre est voisin des Chloris, dont il se distingue surtout par son inflorescence en panicule: il se compose de deux espèces, nommées par R. Brown Ectrovsia leporina et Ectr. spadicea, qui croissent l'une et l'autre dans la partie de la Nouvelle-Hollande située entre les tropiques. (G.. N.)

* ECU. Scutum, INS. Nom qu'on avait employé assez vaguement pour désigner certaines parties dures du corps des Insectes, et que nous avons applqué d'une maniére rigoureuse et invariable à une piée de leur dos; nous avons donne le nom d'ECU ANTÉRIEUR, Prœscutum, à une autre pièce du thorux située au-devant de l'Ecu. V. sa description au mot THORAX. (AUD.)

ECU DE BRATTENSBOURG. MOLL. FOSS. Cranie ainsi nommée à cause de sa forme et d'un canton de Laponie où elle se trouve communément. (B.)

ECUELLE. Scutella, POIS. (Gouan.) Disque formé par la jonction des

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ventrales daus les Lépadogastres. V. ce mot. (B.)

ECUELLE DEAU. BOT. PHAN. Syn. vulgaire d'Hydrocolyle vulgaris, L. (B.)

ECULA. POIS. Pour Equula. V. ce mot. (B.)

ECUME DE MER. ZOOL. et BOT. Les matelots, les habitans des côtes et quelques voyageurs appellent Ecume de mer ce que les vagues jettent sur le rivage; c'est un composé en général de Plantes marines, de Polypiers, ou de leurs débris, ayant souvent un commencement de décomposition. Quelques Hydrophytes capillacées, articulées et trés-gélatineuses, sont également nommées Ecume de mer par les marines, pour les distinguer des Plantes marines plus grandes ou plus fortes dans leur tissu. (LAM.. X.)

ECUME DE MER. MIN. Meerschaum de Werner. On appel le ainsi une Terre magnésienne fort tendre, blanche, dont on fait des pipes trèsrecherchées. Brougniart l'a nommée Magnésite, nom sous lequel elle sera décrite dans ce Dictionnaire. V. MAGNÉSITE. (A. R.)

ECUME PRINTANIERE. INS. V. CERCOPE.

ECUREUIL. Sciurus. MAM. Genre de Rongeurs à clavicules, caractérisé par des incisives inférieures, trés-comprimées, par une queue longue, garnie de poils longs et presque toujours divergens en dessous comme des barbes en plume. Les Ecureuils ont quatre doigts devant et cinq derrière; quelquefois le pouce de devant est marqué par un tubercule; ils portent partout quatre mâcheliéres tuberculeuses, et en haut une cinquième trés-petite, antérieure, qui tombe de trés-boune heure; leurs ongles sont aigus et recourbés pour pouvoir s'accrocher aux écorces des Arbres en y grimpant.

Ce sont tous des Animaux agiles, propres, animés d'un instinct de grimper qui n'est pas, comme on l'adit, un simple résultat mécanique de leur conformation, car ils courent aussi légèrement à terre qu'ils grimpent et sautent sur les Arbres. Cette course est une suite de bonds qui tient le milieu entre la course des Liévres et les sauts des Gerboises. Ni la direction des os des membres, ni la disposition de leurs articulations ne nécessitent chez ces Animaux cette gêne à marcher à terre, qu'on observe chez les Bradypes et les Chauve-Souris, ni l'obligation de grimper comme chez ces mêmes Bradypes et les Orangs. L'habitude de grimper est pour eux l'effet nécessaire d'une influence particulière du système nerveux. De petits Ecureuils auxquels Magendie enlevait les lobes du cerveau et les corps striés, au lieu d'être entraîés irrésistiblement dans une course en avant, comme il arrive en pareil cas aux Lapins et aux autres Mammifères, se mettaient à exécuter les mouvemens dc grimper, en fléchissant en dedans, avec une grande agilité, les pieds de devant et ceux de derrière comme ils font quand ils grimpent à une branche d'un plus petit diamètre que leur corps. La prédominance de leurs membres postérieurs sur les antérieurs n'est point non plus, comme on l'a dit aussi, la cause de leurs habitudes grimpantes, car cette longueur est bien supérieure encore dans les Gerboises qui sont précisément des Animaux terriers. L'expérience de Magendire prouve d'une manière directe que les habitudes de ce genré ont uniquement leur cause dans l'organisation particulière du système nerveuv. Leur œil, trés-grand relativement à leur taille, n'a point de couleur réfléchissante à la choroïde; la pupille, plutôt ovale que ronde, a son grand diamètre horizontal; leurs oreilles sont bien développées et souvent terminées par des bouquets de poils; ils se nourrissent de fruits secs qu'ils portent à la bouche des deux mains à la fois. Dans quelques pays, ils vivent aussi, selon les contrées, de la séve sucrée des Graminées, et Kalm (Voyage, T II, p. 245) dit qu'ils se sont mul-

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tipliés davantage en Pensylvanie et en Virginie depuis que l'on y cultive le Maîs dont ils font une consommation ruineuse pour le cultivateur. Ils y fourragent par troupes de plusieurs centaines; il paraît même que, dans le Nord, ils se rabattent sur la chair, car Gmelin (Voyag. en Sibérie, T. 11) dit qu'en les prend avec des espèces de trapes faites à peu près comme un quatre de chiffre, dans lesquelles on met pour appât un morceau de Poisson fumé et qu'on tend ces trapes sur les Arbres. Ils habitent les grandes forêts des deux continens, vivant en société ou solitaires, selon les espèces; mais dans ce dernier cas, ils vivent ordinairement mariés. Leur nid est une sorte de petite cabane sphérique, ouverte par en haut, et construite avec des buchettes sur la cime des Arbres les plus élevés. Quelques espèces font pourtant exception et habitent des terriers sous la souche des Arbres. Les espèces qu'on a examinées out huit mamelles: six sous le ventre, deux à la poitrine; ils font quatre ou cinq petits. On ne connaît aucune espèce voyageuse dans ce genre.

Buffon croyait à tort que les Ecureuils étaient des Animaux propres aux contrées tempérées et froides des deux continens. Le plus grand nombre des espèces d'Ecureuils appartiennent au contraire aux contrées chaudes, soit continentales, soit insulaires de l'Asie. En outre F. Cuvier (Mamm. lith.) vient de prouver que l'Europe possède au moins deux espèces de ce genre, en publiant l'espèce alpine dont les caractères différentiels, comme on le verra, sont plus prononcés qu'entre des espèces sur la diversité desquelles on ne fait aucun doute.

L'Australasie seule paraît n'voir pas d'Ecureuils; l'Amérique du nord, toute l'Asie, l'Europe et l'Afrique sont remplies, soit des nombreuses espèces du genre, soit des populations nombreuses de quelqu une de ses espèces.

La divergence ou la non divergence des poils de la queue, l'absence ou l'existence d'abajoues, caractères existant ensemble ou séparément, ont fait diviser ce genre en trois sections.

ECUREUILS PROPREMENT DITS: queue distique; point d'abajoues.

1. ECUREUIL COMMUN, Sciurus vulgaris; Eikhorn des Germains; Ikorn des Scandinaves; Gwiwair des Celtes; Arda des Espagnols, Bjelka des Russes; Wewerka des Illyriens, Slaves et Bohémiens; Mokus, Evet des Hongrois; Uluk des Tungouses; Ur des Permiens et des Tcheremisses; Orawas des Finnois; Orre des Lapons; Kerma des Kalmouks; Line des Mogols; Tijin des Tatares. Cette espèce est répandue dans toutes les zônes tempérées et froides de l'ancien continent. Aussi est-elle susceptible, suivant les climats, et dans chaque climat suivant les saisons, d'une assez grande diversité dans la couleur ou seulement dans la nuance de la fourrure. En France et dans l'Allemagne méridionale, sa couleur est toujours en dessus d'un roux plus ou moins vif; le ventre d'un beau blanc; la queue est en dessus de la couleur du dos, mais en dessous ses poils sont annelés sur leur longueur de blanc, de brun, et ne sont roux qu'à la pointe; ses oreilles sont surmontées d'un pinceau de poils roux; quelques individus sont d'un roux uniforme. Sa taille ordinaire est de sept é huit pouces du museau à l'origine de la queue toujours redressée en panache jusque sur la tête de l'Animal quand il est en action. Sa couleur ne change pas sensiblement ni par les saisons ni par l'âge. En Scandinavie et dans le nordouest de l'Asie, l'Ecureuil, en conservant la même taille et les mêmes pinceaux des oreilles que dans nos contrées, prend en hiver un pelage gris d'ardoise piqueté de blanchâtre, chaqué poil étant marqué d'anneaux alternativement gris de souris et gris blanchâtres. C'est en cet état qu'on le connaît sous le nom de Petit-Gris dont les fourrures sont si répandues. L'E-

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cureuil, à compter des bords de l'Obijusqu'au Jénisei, acquiert une taille plus considérable, phénomène que nous avons déjà remarqué en parlant des Loups et des Renards de cette région de la Sibérie. Son pelage y devient aussi d'un gris plus argenté; la fourrure redevient moins épaisse et prend une teinte plus obscure depuis le jénisei jusqn'à l'Angara.

Suivant Pallas et Gmelin, il y aurait des Ecureuils tout noirs dans la région âpre et montagneuse qui entoure le lac Baïkal: il estdouteux que cet Ecureuil noir soit spécifiquement identique avec celui dont nous parlons.

L'Ecureuil ne s'engourdit pas en hiver comme les Loirs et d'autres Rongeurs; aussi s'approvisionne-t-il pour cette saison de noisettes, de noix, d'amandes, de glands, de fèves, de semences de Pins, etc.; il fait ses magasins dans des trous d'Arbres au voisinage de son domicile. Il est aussi rusé que prévoyant: de branche en branche. et par les branches, d'Arbre en Arbre, il a toujours l'adresse de mettre les branches entre lui et l'ennemi ou le chasseur qui le poursuit. Quand son élan est d'une certaine longueur, sa queue, étalée au-dessus de son corps, lui sert de parachute. Mais il serait impossible qu'elle lui servît de gouvernail en nageant comme on l'a prétendu: les poils mouillés se coucheraient, et d'ailleurs l'axe de cette queue étant très-grêle serait incapable d'imprimer à l'eau le moindre choc et de réfléchir sur l'Animal là moindre impulsion. Les récits de Linné, de Klein, de Schœffer, de Begnard sont bien plus vraisemblables. Ils ont vu des troupes de Petits-Gris embarqués sur des morceaux d'écorce qui leur servaient de radeaux, les gouverner en travers du courant, et passer des rivières en opposant au vent leur queue étalée comme une voile. Tout le monde connaît les attitudies, la démarche, l'exquise propreté de ce joli Animal; nous n'en parlerons donc pas. La chair est bonne à manger. On dit qu'il ne produit jamais en captivité.

2. ECUREUIL DES PYRÉNÉES, Sciurus alpinus pyrenaicus, F. Cuvier (Mamm. lithog., 2° douz.). Les jeunes apportent en naissant, et les adultes conservent toute la vie les caractères que nous allons exposer, et qui le séparent de l'Ecureuil ordinaire auquel on ne l'avait sans doute réuni qu'à cause de l'identité de leurs régions natales. Et en effet lorsque dans d'autres contrées du même continent on trouve tant d'espèces différentes, pourquoi l'Europe n'auraitelle qu'une espèce unique, lorsque la hauteur et la direction de ses montagnes, son découpement par des mers intérieures, y réalisent toutes les causes qui coïncident ordinairement avec la diversité zoologique? D'un brun très-foncé, tiquete de blanc jaunâtre en dessus; d'un blanc trés-pur à toutes les parties inférieures; face interne des membres grise; le bord des lévres blanc; les quatre pieds d'un fauve assez pur; ane bande de cette même couleur sépare le blanc et le gris des parties inférieures du brun des parties supérieures; la queue, vue de profil, est toute noire; vue en dessus elle est brunâtre, parce que, sur leur longueur, les poils sont annelés de noir et de fauve clair, et de noir pur seulement à la pointe; ces poils divergent comme dans l'Ecureuil ordinaire; les oreilles out des pinceaux, et les moustaches sont noires. Pour les proportions et la taille, cette espèce ressemble à l'Ecureuil commun, mais la tête est plus petite. Le mâle et la femelle ont long-temps vécu à la Ménagerie; ils ont mué plusieurs fois, et leur pelage n'a pas changé. Dans l'été les parties brunes avaient plus de noir que pendant l'hiver, saison pendant laquelle la queue grisonnait. F. Cuvier en a vu de tout semblables venant des Alpes.

3. ECUREUIL GRIS DELA CAROLINE, Sciurus cinereus, L., ou plutôt son Sciurus Carolinensis. Mamm. lith. de F. Cuvier, prem. douzaine. C'est le Petit-Gris de Buffon, Quadr. T. x,

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pl. 25 Un peu plus grand que l'Ecureuil roux d'Europe, ses couleurs sont très-variables; on en a eu à la Ménagerie du Jardin des Plantes qui étaient tout entiers d;un gris blanchâtre, et d'autres ou le fauve se mélangeait à tout le pelage et dominait sur les flanes. Cette espèce offre l'exemple des plus grandes différences de couleur dans une espèce libre et sauvage habitant une même contrée; les oreilles n'ont pas de pinceaux; les poils soyeux et laineux sont en égale proportion; il a de fortes moustaches aux lévres supérieures, il en a aussi à la face intérieure des jambes de devant. Par sa taille, il eat très-probablement d'une autre espéce que le grand Ecureuil gris de Catesby qui habite la même contrée. Cet Animal est d'une pétulance, d'une brusquerie extraordinaire; cependant il s'apprivoise aisément, mais sans s'attacher à personne. Il ne se couche qu'près avoir construit au fond de sa cage un nid sphérique de paille ou de foin, dans lequel il dort jusqu'au jour. Cette espèce est indigène des Carolines. Bosc l'avait déjà décrit et figuré (Journal d'Hist. Nat. T. II, p. 96). Catesby (Hist. Natur, de la Caroline. T. II, p. 74) a fait connaître un Ecureuil aussi grand qu'un jeune Lapin, plus épais, plus trapu que l'Ecuréuil ordinaire d'Europe; sa tête et ses oreilles sont plus courles; sa queue lui couvre tout le corps. C'est cette espèce qui est décrite dans le Dictionnaire de Déterville sous le nom d'Ecureuil gris, trois fois plus grand que celui d'Europe. Est-ce le Sciurus cinereus, L.?

4. ÉCUREUIL CAPISTRATE, Sciurus Capistratus, Mamm. lith., 3° douz. Entiérement noir, à l'exception des oreilles, du museau, des doigts et du bout de la queue qui sont blancs. Les poils laineux sont en très-grande proportion; tous sont noirs à la pointe, gris à l'origine dans les parties noires, et blancs sur toute la longueur dans les parties blanches. Il est de beaucoup plus grand que l'Ecureuil vulgaire. Il a deux pieds du muscau au bout de la queue. Il habite les terrains sees plantés de Pins et d'Erables dont il mange les semences; il entre en chaleur au mois de janvier; les petits quittent la bauge vers le mois de mars. Il ne fuit pas le chasseur, mais cherche à se dérober à sa vue eu se cachant à plat ventre sur quelque grosse branche d'où il ne bouge plus avec quelque opiniâtreté qu'on le fusille. Les Renards, les Serpens à sonnette et les Oîseaux de proie en détruisent beaucoup.

5. ÉCUREUIL COQUALLIN, Sciurus variegatus, L., Buff. T. XIII, pl. 13; Schreb., pl. 218, Quauhtecallotl-Qua-pachtli des Mexicains. Hernandez, cap. 28, le dit presque double de celui d'Europe: c'est une des raisons de Buffon pourn n'en point faire un Ecureuil, dont il dit qu'il différe d'ailleurs par plusieurs caractères extérieurs aussi bien que par le naturel et les mœurs. Cette espèce a le dessus du corps varié de roux, de noir et de brun; son ventre est d'un roux orangé; sa queue de la couleur du dessus du corps, légérement mêlée de blanc vers la pointe et sans pinceaux aux oreilles; il ne monte pas sur les Arbres, habite, comme l'Ecureuil de terre, dans des trous et sous les racines des Arbres; il y fait sa bauge et y élève ses petits; il remplit aussi son habitatation de grains et de fruits pour l'hiver. On ne le connaît encore qu'au Mexique.

6. ECUREUIL A VENTRE ROUX, Sciurus rufiventer, Geoff. Il existe dans le Muséum de Paris. De la taille dc celui d'Europe, mais sans pinceaux aux oreilles; son pelage est d'un brun roussâtre piqueté de noir en dessus, couleur qui s'étend sur la tête, les flancs et les pates; tout le dessous du corps et les faces intérieures des membres sont d'un roux assez pur. Moustaches noires aussi longues que la tête; pates d'un brun foncé sans inélange de fauve: queue touffue, brune à la base, fauve à l'extrémité. De l'Amérique du nord, sans désignation de contrée. Est-ce le même que l'Ecureuil cendré?

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7. ECUREUIL A BANDES ROUGES, Sciurus rubro-lineatus, Mammal; Ecureuil rouge de Warden (Descrip. des Etats-Unis, T. v).—Plus petit que l'Ecureuil gris, à pelage grisâtre sur les flancs; une ligne rouge sur l'échine; ventre blanc. Il vit de semences de Pins, d'où lui est venu le nom d'Ecureuil des Pins. Il niche dans des creux de rocher on dans des trous d'Arbres morts. Rafinesque (Ann. of natur. n° 1, p. 12) donne ce nom d'Ecureuil rouge à un espèce qu'il dit entiérement rouge de brique en dessus, blanche sons le ventre et sans aucun pinceau aux oreilles. Il différerait beaucoup de l'espèce à bandes rouges par sa taille de deux pieds du museau au bout de la queue. Il est du Haut-Missouri où on le nomme Ecureuil-Renard.

8. ECUREUIL NOIR, Sciurus niger, L., Quauhtecallotl-Thiltlie des Mexicains, Hernand., Mex., p. 582; the black Squirrel, Catesby, T. II, p. 73, et Bartram, T. II. A peu près semblable pour les couleurs et leur répartition à l'Ecureuil Capis trate, mais presque moitié plus petit, n'étant que de la taille de l'Ecureuil vulgaire. Des individus de cette espèce, dit Catesby (loc. cit.), n'ont que le nez de blanc; d'autres les pieds, d'autres le bout de la queue, d'autres seulement un collier sur le cou. La queue n'est ni aussi touffue ni aussi longue à proportion qu'à son grand Ecureuil gris (Sup. 3). Selon Desmarest (Dict. d'Hist. nat. de Déterville) les oreilles et le bout du nez seraient constamment noirs, comme le reste de la tête, et ce caractère distinguerait cette espèce de la variété noire du Capistrate dans lequel ces parties seraient constamment blanches. Le pelage est formé d'un feutre brun et serré, traversé par les poils soyeux, seuls apparens au dehors. Il est des Etats-Unis d'Amérique et probablement aussi du Mexique. Suivant Catesby, sa chair est délicate, et il différerait de l'espèce grise du même auteur par ses mœurs sociales et sa manitère d'élever ses petits.

9. ECUREUIL DU MALABAR, Sciurus maximus, Gmel., Sonnerat, Voy. T. II, pl. 87; Buff., Supp. VII, pl. 72. Le plus grand de tout le genre et de la taille d'un Chat; le dessus de la tête, une bande derrière la joue, les oreilles, la nuque, les flancs et le milieu du dos sont d'un roux brun trésvif: les épaules, la croupe, les cuisses et la queue d'un beau noir; le ventre, la partie intérieure des jambes de derrière, presque toutes les jambes de devant, la poitrine, le dessus du cou et le bout da museau d'un assez beau jaune. Suivant Sonnerat, il habite sur les Palmiers, et aime beaucoup le lait des noix de Cocos.

9. ECUREUIL DE CEYLAN, Sciurus Ceylanensis, Mammal; Encycl., pl. 75, f. 4; sous le nom d'Ecureuil à longue queue; Long tailed Squirrel, Penn., Indian Zool., tab. 1; schreb., t. 217; Daudoleana à Ceylan, Rakea au Malabar.—Trois fois plus grand que l'Ecureuil d'Europe, noir sur toutes les parties supérieures, jaune aux parties inférieures; à queue grise; bout du nez de couleur de chair; deux petites bandes noires sur chaque joue; une lache fauve entre les deux oreilles. On ne sait rien sur ses habitudes. Desmarest propose de le séparer de l'espèce précédente, à laquelle il a été réuni par Cuvier, uniquement parce qu'll est de l'île de Ceylan. Mais comme la distance de Ceylan au continent indien est infiniment petite, et comme la plupart des Animaux de Ceylan lui sont communs avec le Décan, par exemple l'Eléphant asiâtique et le Chevrotain Mémina (qu'on avait cru essentiellement insulaire), on voit que la raison alléguée par Desmarest n'est pas concluante.

10. ECUREUIL DE MADAGASCAR, Sciurus Madagascariensis, Shaw, Buff., Suppl. VII, pl. 63. D'un noir foncé en dessus; joues et dessous du cou d'un blanc jaunâtre; ventre brun jaunâtre; queue noire; oreilleb sans pinceau. Au moins double en grosseur de l'Ecureuil d'Europe. Il est Irès-voisin du précédent; comme

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lui, il a la queue plus longue que le corps.

11. ÉCUREUIL DE PRÉVOST, Sciurus Prevostii. Grand comme l'Eoureuil d'Europe, à pelage noir en dessus, jaune sur les flancs et maron en dessous; queue brune; les oreilles sans pinceaux; la queue presque ronde et médiocrement velue; le jaune des parties latérales tranche fort nettement avec le noir des parties supérieures et le marron des inférieures. Ses mœurs sont inconnues; on sait seulement qu'il est de l'Inde, sans désignation de contrée.

12. ÉCUREUIL A TÉTE BLANCHE ou de LESCHENAULT, Sciurus albiceps, Geoff. D'environ un pied de long; il a le pelage brun en dessus avec l'extrémité des poils jaunâtre; la queue, longue d'un pied, est brune en dessus, jaunâtre en dessous, à poils bien divergens; tête, gorge, ventre, partie antérieure et interne des jambes de devant d'un blanc jaunâtre; jambes postérieures et partie externe des antérieures brunes, ainsi que les pieds de devant. Il est de Java.

13. EOUREUIL BICOLOR, Sciurus bicolor, Sparmann, Act. Soc. Goth. Sciurus Javanensis, Schreb., pl. 216. Corps roux; la queue fauve ainsi que le dessous du tronc et de la tête; tour des yeux noir; oreilles sans pinceaux.

14. ÉCUREUIL A DEUX RAIES, Sciurus bilineatus, Geoff. De sept pouces environ longueur; queue un peu plus courte; dos et flancs d'un brun gris piqueté de jaunâtre; sur chaque flanc, une bande blanche, étroite, depuis l'épaule jusqu'à la hanche; dessous du ventre et dedans des quatre pales d'un brun jaunâtre. Il est de Java où Leschenault l'a découvert.

15. ÉCUREUIL BARBARESQUE, Sciurus Getulus, Lin., Buff. T. x, pl. 27. D'un tiers plus petit que l'Ecureuil d'Europe; il a le dessus du corps brun avec quatre lignes longitudinales blanches, dont deux de chaque côté depuis l'épaule jusqu'à la naissance de la queue; le ventre blanc; la queue d'un cendré roussâtre varié de noir; les oreilles sans pinceaux et très-courtes. Il habite les contrées adjacentes aux chaînes de l'Atlas; on l'a aussi indiqué en Asie.

16. ÉCUREUIL PALMISTE, Sciurus Palmarum, L., ECUREUIL A QUEUE EN PINCEAU de Leach, Mustela africana, Clusius, Exotic.; Buff. T. x, pl. 26. De cinq pouces de long au corps et six pouces à la queue; d'ailleurs fort semblable au précédent, ayant, comme lui, deux ou trois bandes blanches de chaque côté du dos et sur les flancs, le dessus du corps brun ou roux mêlé de gris; le ventre d'un blanc jaunâtre; la queue roussâtre en dessus, blanchâtre et bordée de noir en dessous; les oreilles sans pinceaux. Du Sénégal et des îles du cap Vert. Il est douteux qu'il se trouve en Asie, où on l'a indiqué comme le précédent.

†† GUERLINGUETS: point d'abajoues; queue entièrement ronde ou dystique à l'extrémité seulement.

17. ÉCUREUIL DE LA GUIANE, Sciurus œstuans, L. Grand Guerlinguet de Buffon, Suppl. VII, pl. 65; Myoxus Guerlingeus, Shaw. A peu près de la même grosseur et de la même forme que l'Écureuil d'Europe; le dessus du corps d'un brun marron; ventre et poitrine roussâtres: queue de la couleur du corps, annelée de brun et de fauve peu nettement séparés, noire au bout; oreilles sans pinceaux; moustaches noires, et quelques longues soies de la même couleur à la face interne des avant-bras. Il habite la Guiane, où il se nourrit principalement de fruits de Palmier. Mais il ne vit pas exclusivement sur les Arbres; on le voit souvent à terre.

18. ÉCUREUIL NAIN, Sciurus pusilus, Geoff. Petit Guerlinguet, Buff. Suppl. VII, pl. 46. Découvert à la Guiane par Sonnini; il n'a guère plus de trois pouces de long au corps et autant à la queue; le dessus du corps est brun mêlé de jaunâtre et de cendré; la poitrine d'un gris de Souris; le ventre fauve; queue de la couleur du dos; oreilles sans pinceaux, mais garnies en dedans de petits poils du

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même fauve foncé que le ventre et la face interne des cuisses; les moustaches noires. A Cayenne on nomme Rat de bois ce petit Ecureuil.

19. ÉCUREUIL A BANDES BLANCHES, Sciurus albo-vittatus, Desmarest. Dessus du corps roussâtre, avec une ligne blanche de chaque côté; queue noire, brune ou roussâtre à sa base et noire à l'extrémité; oreilles sans pinceaux. Desmarest rapporte à cette espèce, qui est des Indes-Orientales, 1° l'Ecureuil de Guigi de Sonnerat, un peu plus grand que celui d'Europe, d'un gris terreux en dessus, gris plus clair en dessous et sur le dedans des membres, avec une bande de blanc sur les flancs et du blanc aussi autour de l'œil; 2° l'Ecureuil fossoyeur, Sciurus erythopus, de la Collection du Muséum; grand à peu près comme le Sciurus vulgaris, à dessus du corps et queue mélangés de jaunâtre et de brun; ventre blanc sale; oreilles trés-courtes et bandes blanches sur les flancs.

20. ÉCUREUIL A QUEUE ANNELÉE, Sciurus annulatus, Mammal. (V. planches de ce Diction.) Grand comme l'Ecureuil palmiste, à pelage d'un gris verdâtre clair en dessus, sans bandes blanches latérales, blanc en dessous; queue plus longue que le corps, toute ronde, annelée transversalemnt de blanc et de noir. Ses mœurs et sa patrie sont inconnues.

††† TAMLAS, avec abajoues et queue dystique.

21. ÉCUREUIL SUISSE, Sciurus striatus, L. Burunduk des Russes; Ulbuki des Tungouses; Wartha des Mogols; Dsjulalà des Baskirs; Dschyrœki des Mongols; schepek des Ostiaks; Kugerük des Tatares. Ecureuil de terre de Catesby, Hist. de la Carol., p. 15; Buff. T. x, pl. 208. On en distingue deux variétes: l'asiatique et l'américaine. La variété américaine, figurée par Catesby, est moitie plus petite que l'Ecureuil ordinaire, et de la même couleur, mais il a de plus sur chaqué flanc une bande d'un blanc jaunâtre, bordèe elle-même de deux raies noires; une autre raie noire impaire s'étend le long de l'échine; les poils de la queue sont beaucoup plus courts que dans les autres Ecureuils.—La variété asiatique a environ cinq pouces de long, et sa queue seulement trois; il a le dessus du corps d'un brun fauve avec les mêmes rayures que la variété américaine: l'intervalle de la raie spinale à la première raie des flancs est d'un gris brun; les épaules et les pates de devant sont d'un fauve obscur; la croupe, sur laquelle ne s'étendent pas les rayures longitudinales, le dehors des cuisses, l'extrémité des pates de derrière et la base de la queue d'un roux vif. Cette espèce est indigène depuis la Kama jusqu'à l'autre extrémité de la Sibérie; en Amérique elle s'étend probablement depuis le détroit de Behring jusqu'à la Caroline où Catesby l'a observé le premier. Cet Ecureuil monte rarement sur les Arbres: il se creuse entre leurs racines un terrier à double sortie avec autant de chambrées qu'il lui en faut pour les provisions d'hiver, qui consistent en semences d'Arbres de toute espèce; il les transporte à la manière des Hamsters et autres Rongeurs, au moyen de ses abajoues.

22. ÉCUREUIL DE LA FÉDÉRATlON, Sciurus tridecemlineatus, Mitchell, Medic. Reposit, janvier 1821, vol. 6, n. 2. Grand comme l'Ecureuil Suisse; à queue longue de trois pouces; à corps mince; à museau pointu; le pelage est châtain foncé en dessus, avec une ligne moyenne blanchâtre, moitié continue et moitié formée de petites taches; de chaque côté de cette ligne en sont trois non interrompues, alternant avec trois séries de taches blanchâtres; dessous du corps d'un jaune blanchâtre. Il est de la région des sources du Meschasabé. On ne sait rien sur ses habitudes.

23. ECUREUIL DE HUDSON, Sciurus Hudsonius, L., Siksik des Eskimaux. Pallas, Nov. Sp. Glir. Un peu plus petit que l'Ecureuil commun; il est brun roussâtre sur le dos

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et sur la tête; sa queue, plus courte que le corps est d'un brun roussâtre et bordée de noir; les moustaches sont noires et très-longues. Il n'habite que les contrées les plus froides de l'Amérique, el ne s 'avance pas autant au sud que l'Ecureuil Suisse.

Parmi les espèces dont on n'a pas de figures ni d'originaux, mais qui sont mentionnées, soit par les nomeclateurs, soit même par quelques naturalistes plus exacts que des nomenclateurs, entre autres par Pallas et Guldœnstædt, on doit rappeler:

1. l'ECUREUIL DE PERSE, Sciurus Persicus, Gmel. Syst. Nat.; de couleur gris obscur en dessus, jaunâtre en dessous; tour des yeux et oreiiles noirs; membres postérieurs roux. Il serait des montagnes du Ghilan et du Mazenderan.

2. ÉCUREUIL ANOMAL, Sciurus anomalus, Gmel., Encycl. pl. 75, f. 2, et Schreb., tab. 215, c; d'près Guldœnstædt, un peu plus grand que l'Ecureuil ordinaire; le dessus du corpa et la face externe des membres et la queue de couleur ferrugineuse, foncée sous le ventre, plus pàle sous la gorge; oreilles petites, effilées à la pointe; joues fauves; tour de la bouche blanc. Il est des montagnes de la Géorgie.

3. ECUREUIL ROUGE, Sciurus erythrœus, Gmel. et Pall. Nov. Sp. p 377; d'un jaune mêlé de brun en dessus, fauve sanguin en dessous; queue ronde et très-velue, aussi d'un fauve sanguin, avec une ligne noire; un peu plus grand que l'Écureuil ordinaire. Il est des Indes-Orientales.

4. ÉCUREUIL D'ABYSSINIE, Sciurus Abyssinicus, Gmel.; d'après Théve not. Noir ferrugineux en dessus, cendré en dessous; queue grise, longue d'un pied etdemi; oreilles noires, triples de celles de l'Ecureuil vulgaire. C'est à plus juste titre, à cause de la distance de leur patrie, qu'on séparerait cette espèce de l'Ecureuil de Ceylan à qui elle a été réunie par Shaw.

5. ÉCUREUIL INDIEN, Sciurus Indicus, Gmel., Sc, Bombayus, Penn. et Shaw. Long de seize pouces au corps, de dix-sept à; 1a queue; des pinceaux aux oreilles; tout le dessus du corps et les flancs, ainsi que la queue, d'un pourpre obscur; ventre et dedans des cuisses jaunes; bout de la queue orangé. Des environs de Bombay; il est probablement identique avec l'Ecureuil du Malabar, littoral qui ne forme qu'une seule région au bas des Gattes.

6. ÉCUREUIL DES BANANIERS, Sciurus notatus, Boddaert, Elench.; Animal Platane Squirrel, Penn., Quadr. T. II, p. 151. D'une couleur un peu plus pâle que l'Ecureuil commun, avec une ligne jaune sur les flancs. Il est des îles de la Sonde, où il vit sur les Tamarins et les Bananiers. Shaw le regarde comme une variété de l'Ecureuil de Guigi de Sonnerat, ou bien est-ce le même que l'Ecureuil à deux raies, trouvé à Java par Leschenault?

7. ÉCUREUIL DU MEXIQUE, Sciurus mexicanus, Séba, Thes. T. I, p. 76, fig. 2. Long de cinq pouces au corps et un peu plus à la queue; à oreilles grandes et nues; à poils d'un brun cendré avec sept bandes blanchâtres le long du dos des mâles, et cinq sur celui des femelles. Séba a dessiné une queue termainée par quatre embranchemens évidemment factices.

8. ÉCUREUIL JAUNE, Sciurus flavus, L. Moitié plus petit que celui d'Europe et sans pinceau aux oreilles. Linné le dit des environs de Carthagéne en Colombie, et Pennant du Guzurate dans l'Inde? Ou il s'agit de deux Animaux, ou il n'est que de l'une de ces contrées. Est-ce le même que le Sc. annulatus? (A. D.. NS.)

On appelle ECUREUILS VOLANS les Polatouches. V. ce mot.

ECUREUIL. POIS. Nom vulgaire du Perca formosa, L., devenu le Lutjanus Sciurus de Lacépède et un Anthias de Bloch. V. ces mots. (B.)

ECUREUIL. INS. Nom vulgaire du Bombix fagi, L. (B.)

* ECUSSON. OIS. Nom que l'on donne quelquefois aux pièces cornées qui recouvrent les pieds et les

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doigts d'un grand nombre d'Oiseaux. V. ECAlLLE. (DR.. Z.)

ECUSSON. MOLL. On doit entendre par ce mot deux choses différentes, selon son application dans les Conchiferes. Dans ceux composés de deux parties, et qui sont réguliers, c'est un petit espace pris dans le corselet, et qui en est séparé ordinairement par une ligne enfoncée ou colorée (V. COQUILLE). Dans ceux qui, comme les Pholades, ont plusieurs pièces accessoires, on doit nommer Ecusson celle de ces pièces qui occupe la place de l'Ecusson dans les autres Conchiferes réguliers. V. PHOLADE. (D.. H.)

ECUSSON. Scutellum. INS. Déomination employée très-souvent en entomologie pour désigner une partie du thorax des Insectes, qu'on reconnaît plutôt à sa forme triangulaire qu'à tout autre signe. Nous avons montré dans notre travail sur le thorax les nombreuses méprises que cette manière de voir avait fait commettre. L'Ecusson est pour nous une pièce existant chez tous les Insectes, variant beaucoup par sa forme et son volume, mais conservant toujours les mêmes rapports avec les parties voisines. Il est situé entre l'ECU, Scutum, et l'ECUSSON POSTÉRIEUR, Post scutellum. Cette dernière pièce est aussi très-distincle, et se cache le plus souvent en entier dans la cavité thoracique où elle constitue une sorte de cloison verticale ou oblique. Nous reviendrons sur sa description ainsi que sur celle de l'Ecusson, à l'article THORAX. V. ce mot. (AUD.)

ECUSSON FOSSILE. ÉCHIN. Les oryctograpes ont ainsi nommé des fragmens d'Echinites ou d'Oursins fossiles, qui appartenaient au test de ces Echinodermes. (LAM.. X.)

* ECUSSONS. POIS. Plaques de substance calcaire, retenues dans l'épaisseur de la peau de certains Poissons, et qui, prenant parfois une forme régulière en mosaïque, recouvrent tout le corps et contribuent à former l'appareil défensif de l'Animal qui s'en trouve muni. Les Coffres et l'Estur geon présentent des Ecussons très-remarquables. (B.)

EDDER. OIS. Syn. d'Eider. V. ce mot et CANARD. (B.)

* EDECHIE. Edechia. BOT. PHAN. La Plante ainsi nommée par Lœffling est le Laugeria odorata de Jacquin ou Matthiola parviflora de Vahl. (A. R.)

EDEMIAS. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Et non Edinias. L'un des synonymes de Conyze. (B.)

EDENTÉ. POIS. Nom spécifique d'un Scombre, d'un Squale, d'une Blennie, d'un Saumon, etc. V. ces mots. (B.)

EDENTÉS. MAM. Cinquième ordre des Mammifères, dans le Règne Animal de Cuvier. Ce mot Edenté ne doit pas être pris littéralement; les seules dents constamment absentes dans ces Animaux sont les incisives, car les Paresseux ont réellement des canines et des molaires; ces dernières sont même si nombreuses dans quelques Tatous, qu'il n'y a que quelques Dauphins qui en aient davantage. L'ostéologie des Edentés est la seule partie bien connue de leur organisation depuis les belles monographies récemmment publiées dans le cinquième volume des Ossemens Fossiles. On sait avec quelle singulière fidélité le squelette, essentiellement inerte, représente pourtant par ses formes et par l'amalgame de ses parties les modifications survenues dans les organes actifs des Animaux, c'est-à-dire dans leur système nerveux, sensitif et digestif. Relativement à toutes les actions qui dérivent de ces systèmes, l'ordre des Edentés est celui qui s'écarte le plus des autres Mammifères, et celui dans lequel les genres s'écartentle plus les uns desautres. Cesgeures, que plusieurs caractères hétéro clites communs rattachent ensemble, malgré toutes leurs anomalies, et qui semblent l'œuvre d'une conception particulière, n'ont pourtant pas une patrie commune, mais chaque genre

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btone de quelque grande division du globe. Voici l'espécese qu'en a donnée Cuvier (Oss. Foss.).

1°. La première tribu, celle des Tardigrades à tête courte et ronde, dont la bouche ne manque que d'incisives et auxquels leurs longs bras et les autres singularités de leur structure impriment une lenteur et une gêne de mouvemens qui semblent en faire des êtres disgraciés de la nature. V. BRADYPE.

2°. Les Fouisseurs à tête conique, manquant d'incisives et de canines, mais encore pourvus de molaires, et dont les uns (les Tatous), à langue courte, couverts de cuirasses solides et articulées, vivent de fruits et de la chair des cadavres; les autres (les Oryctéropes) couverts de poils et à langue susceptible d'un grand prolongement, mais à molaires creusées de petits canaux parallèles, vivent déjà de Fourmis. V. TATOUS et ORYCTÉROPES

3°. Les Myrmécophages, absolument dépourvus de dents, à bouche prolongée en tube, terminée par une petite ouverture contenant une langue filiforme, et susceptible de plus grand prolongement, ne vivent aussi que de Fourmis et de Termites. Ils comprennent deux genres: les Fourmiliers couverts de poils, et les Pangolins couvérts d'écailles imbriquées et tranchantes. V. FOURMILIERS et PANGOLINS.

4°. Les Monotrèmes, si extraordinaires par l'absence de mamelles, par leurs organes de la génération, infiniment plus voisins de ceux des Ovipares que de ceux des Mammifères, par un squelette tenant en partie de celui des Reptiles, en partie de celui des Mammitères à bourse. Un des genres de cette tribu, l'Echidné, couvert d'épines, à langue extensible, vit de Fourmis; l'autre genre, le plus hétéroclite de tous les Quadrupèdes, couvert de poils, à langues plates, à museau comparable au hec d'un Canard, à dents vasculeuses comme celles de l'Oryctérope, semble. offrir l'assemblage de tous les contraires.

5°. Les Edentés fossiles, dont deux espèces gigantesques, le Mégatherium du Paraguay et le Mégalonix des Alleganys, forment certainement un genre dans l' ordre. Les analogies de ce genre le rapprochent de divers genres de la famille des Edentés. Il a la tête et l'épaule d'un Paresseux, et les jambes et les pieds offrent un singulier mélange de caractères propres aux Fourmiliers et aux Tatous. Il paraît même, par quelques débris trouvés dans la province de Monte-Video, que le Mégatherium était, comme les Tatous, revêtu de cuirasses écailleuses. (V. MÉGALONIX et MÉGATHERIUM).

Cuvier vient de découvrir (loc. cit., p. 193) une troisième espèce d'Edenté; gigantesque qui, d'après les proportions de l'os unguéal, seule pièce qui lui ait servi à la détermination de ce Fossile, aurait eu une longueur totale de vingt-quatre pieds; il se rapporte au genre des Pangolins. V. PANGOLINS. (A. D. NS.)

EDER. OIS. Pour Eider. V. CANARD. (B.)

EDER. BOT. PHAN. Pour OEdera. V. ce mot. (B.)

EDESSE. Edessa. INS. Genre de l'ordre des Hémiptères, section des Hétéroptères, famille des Géocorises, établi par Fabricius et réuni par Latreille (Régn. Anim. de cuvier) aux Pentatomes dont il ne diffère que par des caractères d'une valeur très-secondaire tirés de la briéveté du troisième article des antennes, relativement au second, et d'une largeur assez notable de la tête. Ce genre ne comprend que des espèces exotiques. V. PENTATOME. (AUD.)

EDICNÉME. OIS. V. ÆDICNÉME.

ÉDINIAS. BOT. PHAN. V. ÉDEMIAS.

* EDINITE. MIN. Nom donné à un Minéral associé à la Prehnite dans les Basaltes d'Édimbourg, et qui a été décrit et analysé par Kennedy. Il contient: Silice, 51, 50; Chaux, 32;

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Soude, 8, 5; Alumine, 0, 5; Oxide d'Etain, 0, 5; Acide carbonique avec traces de Magnésie et d'Acide muriatique, 5. On l'a comparé à la Mésotype et à l'Amphibole fibreux ou Trémolite. (G. DEL.)

* EDMONDIE. Edmondia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées et de la Syngénésie égale, L., établi par H. Cassini (Bulletin de la Société Philomat., mai 1818) qui l'a ainsi caractérisé: calathide sans rayons, composée de fleurons nombreux, égaux, réguliers et hermaphrodites; anthères munies d'appendices basilaires longs et membraneux; involucre dont les folioles sont imbriquées, appliquées, très-petites, linéaires, surmontées d'un trés-grand appendice, lancéolé, scarieux et coloré. Ceux qui terminent les folioles de la rangée la plus intérieure sont très-petits et ordinairement bilobés; réceptacle plane, couvert de paillettes plus ou moins longues; ovaires grêles, cylindracés, quelquefois comprimés et bordés d'une membrane; aigrette longue, caduque, composée de poils disposés sur un seul rang, et dont la partie supérieure est légèrement plumeuse. Ce dernier caractère distingue principalement le genre en question de l'Anaxeton de Gaertner, près duquel H. Cassini le place dans la tribu des Inulées, section des Gnaphaliées. L'Edmondia se compose de trois espèces observées dans l'herbier de Jussieu, et que la plupart des botanistes rapportaient, comme de simples variétés, au Keranthemum sesa-moïdes de Linné. Ces trois Plantes sont des Arbustes africains qui ont reçu les nouveaux noms d'Edmondia splendens, E. bicolor, E. bracteata. (G.. N.)

EDOLÉO OU EDOLIO. Espèce du genre Coucou. V. ce mot. (B.)

EDOLIUS. OIS. V. DRONGO.

EDOUARDE. BOT. PHAN. V. EDWARDSIE.

EDREDON. OIS. Nom donné au duvet produit par le Canard Eider, et dont on compose des couvertures de lit fort recherchées. (DR.. Z.)

EDRIOPHTHALMES. Edriophthalma. CRUST. Nom sous lequel Leach (Trans. of the Linn. Societ. T. XI) désigne la seconde légion de sa sous-classe des Malacostracés, et à laquelle il assigne pour caractères: yeux sessiles, ordinairement composès, mais quelquefois simples, situés sur les côtés de la tête; des mandibules souvent munies d'un palpe; tête presque toujours distincte du corps. Cette légion comprend plusieurs sections dont les deux premières correspondent à l'ordre des Amphipodes de Latreille, et elle renferme un grand nombre de genres. (AUD.)

* EDRITA. POIS. Les anciens désignaient l'Alose sous ce nom. V. CLUPE. (B.)

EDWARDSIE. Edwardsia. BOT. PHAN. Genre de de la famille des Légumineuses caractérisé de la manière suivante: calice oblique présentant une fente supérieurement, et cinq dents rejectées de l'autre côté; corolle papilionacée dont la carène est formée de deux pièces distinctes et allongées, et dont les pétales, aussi au nombre de cinq, sont connivens; dix étamines dont les filets, insérés au calice au-dessous de la moitié de sa hauteur, se prolongent jusqu'à sa base, de manière que cette base représente une sorte de coupe relevée de côtes, et humectée en général d'un liquide mielleux; une gousse polysperme, remarquable par une suite de renflemens et d'étranglemens, et dont la surface se prolonge en quatre ailes. Ce genre se compose de quelques Arbustes placés d'abord parmi les Sophora. Leurs feuilles pennées sont soyeuses dans les jeunes pousses; leurs fleurs disposées en grappes ou en épis à l'aisselle de ces feuilles, accompagnées de bractées persistantes. Deux espèces sont originaires de la Nouvelle-Zélande, d'ou Banks les a rapportées et introduites en Europe, où elles font maintenant l'ornement

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de nos orangeries; ce sont l'Edwardsia grandiflora ou Sophora tetraptera de Lamarck, et l'E. microphylla. L'E. chrysophylla est une troisième espèce du même genre, à fleurs plus petites, et qui croît aux îles Sandwich. V. Lamarck, Illust. tab. 305. (A. D. J.)

EDWARSIA. BOT. PHAN. Le genre établi sous ce nom dans la famille des Synanthérées par Necker, ne différe du Bidens aux dépens duquel il a été formé, que par la présence de bractées formant un involucre extérieur. Ce caractère est trop léger pour la distinction d'un genre nouveau. (G.. N.)

* EENI. BOT. PHAN. (Marsden.) Probablement la même chose que le Hennè. V. LAWSONIA. (B.)

EFFARVATTE. OIS. Syn. de la Sylvie des roseaux,Sylvia arundinacea, Meyer. Plusieurs auteurs en avaient fait une espèce distincte, mais l'Observation of prouvé que ce n'était pas même une variété. V. SYLVIE. (DR.. Z.)

EFFERVESCENCE. Dégagement, ordinairement rapide, d'un fluide gazeux, qui, traversant une couche plus ou moins épaisse de liquide, s'y forme une enveloppe de ce même liquide dont il cherche à s'affranchir lorsqu'il est est arrivé au contact de l'atmosphère. (DR.. Z.)

EFFLORESCENCE, MIN. Croûte pulvérulente qui se forme à la surface, des matières salines, et qui n'est autre chose que ces mêmes matières auxquelles l'atmosphère a enlevé l'eau de cristallisation. (DR.. Z.)

EFFODIENTIA. MAM. (Illiger.) V. FOUISSEURS.

EFFRAIE. OIS. Espèce du genre Chouette. V. CHOUETTE. (DR.. Z.)

EGAGROPILE. ZOOL. Concrétion qui se forme dans l'estomac et les intestins (de divers Mammifères par l'acc mulation des poils que ces Animaux avalent en se léchant. Ces poils se feutrent, se pelotonnent, et il en résulte des concrétions susceptibles, par le volume qu'elles acquièrent quelquefois, de causer la mort de l'Animal qui les porte. Lorsque les Egagropiles sont anciennes, leur surface s'use et se polit par'le frottement. Elles ressemblent alprs à d'énormes calculs enveloppés d'une substance qui présente quelques rapports avec de la bile durcie. (DR.. Z.)

EGAGROPILE DE MER. BOT. On trouve fort communément sur certains rivages, particulièrement sur ceux de la Méditerranée, des corps globuleux ou aplatis qui ressemblent parfaitement, au premier coup-d'œil, à un feutre formé de poils d'Animaux, et qu'Imperatus soupçonna être d'origine végétale et non animale, comme l'avait fait penser la simililtude de ces corps avec les Egagropiles qu'on trouve dans l'estomac des Ruminans. Draparnaud appela de nouveau l'attention des naturalistes sur ce point, dans le Journal d'Histoire naturelle due rédigeaient à Bordeaux, vers la fin du dernier siècle, Capelle et Villers. Il a prouvé que ces prétendus Egagro piles de mer n'étaient que la fibre de la partie inférieure des Zostères, feutrée autour de quelque fragment de leurs tiges, à l'aide d'un certain mouvement de la mer. Il croyait ce mécanisme propre à la Méditerranée. La savante dissertation de ce naturaliste donna lieu à une grande controverse où se trouvèrent impliqués des botanistes qui avaient pris le Conferva amphibia de certains rocs humides pour le Conferva Ægagropila des grands lacs du Nord, et celle-ci pour la même chose que l'Egagropile demer. Nous avons depuis retrouvé les Egagropilés d'Imperatus sur d'autres rivages, particulièrement ceux du Pas-de-Calais, devant Ambleteuse, et en plusieurs endroits de la baie de Cadix. Partout nous y avons reconnu, comme feu notre savant ami, la base des touffes de Zostere, et dans leur centre des restes de racines de cette Plante. Cependant nous trouvions aussi en assez grande abondance d'autres Egagropiles dépourvues

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de tout ce qui pouvait indiquer les Zostères. Ceux-ci étaient des Egagropiles véritables qui provenaient sans doute soit de quelques Ruminans noyés, soit de ceux qu'on tue dans plusieurs vaisseaux où l'on prend quelques-uns de ces Animaux pour les besoins des passagers, soit enfin des Bêtes à cornes que l'on tuait alors en grande quantité dans le voisinage de la mer pour le service (d'armées nombreuses. De pareils, Egagropiles veritables, qui ont pu être trouvés dans des circonstances analogues, justifient en quelque sorte l'obstination avec laquelle quelques personnes, même depuis les observations de Draparnaud, ont prétendu que les Egagropiles de mer étaient d'origine animale. (B.)

* EGALADE ET GANIAUDE. BOT. PHAN. De Candolle cite ces mots dans sa Flore Française comme désignant une fort grosse variété de Châtaignes dans le midi de la France. (B.)

EGEON. Egeon. CRUST. Genre de l'ordre des Décapodes, famille des Macroures, section des Salicoques (Règn. Anim. de Cuv.), fondé par Risso (Hist. Nat. des Crust, des environs de Nice, p. 99) qui lui assigne pourcaractères: anténnes intérieures terminées par trois filets; corps couvert d'un têt solide, aiguillonné point de rostre; les pates de la première paire monodactyles. Ce nouveau genre, que Latreille croit avoisiner, dans l'ordre naturel, les Pénées et les Crangons, a beaucoup d'analogie suivant Risso avec certains Palémons, dont il differe cependant par l'absence de tout rostre, par la forme particulière de la première paire de pates qui est monodactyle; par les plaques de l'extrémité de la queue qui ne sont point réunies; enfin, par les espèces de cuirasses solides qui couvrent le corps. Risso décrit une seule espéce:

L'EGEON CUIRASSÉ, Eg. loricatus, Risso, ou le Cancer, tab. 5, fig. d'Olivi (Zool. Adriat.). Ce Crustacé confondu avec plusieurs espèces qui en different beaucoup, est remarquable, suivant Risso, par les particularités suivantes: son corps est allongé, un peu araué, recouvert d'un tèt fort dur et solide, d'un blanc rougeâtre finement pointillé de pourpre. Le corselet est traversé longitudinalement par sept rangs de piquans, courbés en devant, placés les uns au-dessus des autres, et formant une espèce de cuirasse; les yeux sont petits, grisâtres, rapprochés, presque sessiles. Les pièces latérales sont triangulaires et ciliées; les antennes intérieures sont courtes et poilues, les extérieures trés-longues; les palpes sont allongés et garnis de poils: la première paire de pates est monodactyle, la seconde didactyle, la troisième longue et grêle; les deux derniéres sont épaisses, garnies de quelques poils et terminées, par des crochets aigus; l'abdomen est composé de six segmens chargés de proéminences raboteuses, et de cavités flexueuses et irrégulières, qui semblent représenter diverses figures sculptées en relief; le dernier segment est recouvert d'épines. Les écailles natatoires sont ovales, oblongues, ciliées, non adhérentes à la plaque intermédiaire qui se termine en pointe. Cet Egéon habite la Méditerranée et l'Adriatique, il se tient à une profondeur de deux à trois cents mètres sur des fonds rocailleux, et ne s'approche ordinairement des côtes que pendant l'été. On le prend difficilement, et sa chair n'est pas aussi eslimée que celle des Palémons. La femelle dépose ses œufs, qui sont rougeâtres, pendant le mois ae juin; elle choisit, pour s'en débarrasser, les endroits couverts de Plantes marines. (AUD.)

EGÉONE. Egeon. MOLL. Montfort, dans sa Conchyliologie systématique (T. I, p. 166), donne ce nom à une petite Coquille fossile multiloculaire, lenticuliforme, qui se trouve en très-grande abondance à Claudiopolis en Transylvanie. Elle y est même répandue à un tel point, qu'elle rend sté-

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riles de vastes plaines, et que parfois remplie de Fer, elle est en exploitation pour l'oxide de ce Métal. Elle a été figurée sous le nom de Nautilus lenticularis par Von-Fichtel (Testac. microscop., pag. 57, tab. 7, fig. H), et Montfort l'a considéréc comme type d'un nouveau genre qu'il a caractérisé de la manière suivante: coquills libre, univalve cloisonnée et cellulée, lenticulaire; test extérieurement strié et tuberculé ou criblé en rayons, recouvrant la spire intérieure; bouche inconnue; dos ou marge carené; centres bombés et relevés. D'après ces caractère, ce genre rentrerait assez bien dans les Nummulites ou les Rotalites qui en sont voisines, et qui en présentent les traits principaux: aussi ce, genre, comme la plupart de ceux de Montfort, n'a point été admis. Il a cité comme espèce servant de type l'Egéone perforé, Egeon perforatus, qui est petit, diaphane, criblé de trous et hérissé de côtes opaques. Il n'a que deux lignes de diamètre. (D.. H.)

ÉGERAN. MIN. Nom donné par Werner à un Minéral du pays d'Eger en Bobême, dont il a fait une espèce particulière, mais que les chimistes et les cristallographes s'accordent à regarder comme une variété cylindroïde ou bacillaire d'Idocrase. V. ce dernier mot. (G. DEL.)

ÉGÉRIE. Egeria. MOLL. Félix de Roissy, dans le Buffon de Sonnini, a proposé ce nom pour la Galathée (V. ce mot) que Bruguière avait séparée comme genre dans les planches de l'Encyclopédie, et qui avait été admise par Lamarck et presque tous les autres conchyliologues. Pour opérer ce changement, l'auteur se fondait sur ce qu'un genre de Crustacés portait déjà le même nom, ce qui introduisait une sorte de confusion dans la nomenclature. (D.. H.)

ÉGÉRIE. Egeria. CRUST. Genre de l'ordre des Décapodes, famille des Brachyures, section des Triangulaires (Rèn. Anim. de Cuv.), établi par Leach, et ayant pour caractères: antennes extérieurés courtes, insérées sur les côtès du rostre, ayant leur second article beaucoup plus court que le premier; pieds-mâchoires extérieurs ayant leur troisième article droit sur son bord interne, et terminé par une pointe; serres minces, linéaires, double du corps en longueur chez les mâles, à peu prés égales dans les femelles, beaucoup plus courtes dans les deux sexes que les autres pates qui sont très-grêles, celles de la seconde paire ayant cinq fois la longueur du corps; carapace triangulaire bosselée et épineuse, terminée par un rostre assez court, bifide, à pointes divergentes; yeux beaucoup plus gros que leurs pédoncules: orbites ayant une double fissure à leur bord supérieur. Ce genre qui ne paraît pas être fondé sur des caractères d'une grande importance, a été réuni par Latreille à celui des Doclées. V. ce mot. Il renferme une espèce:

L'EGERIE DE L'INDE, Eg. Indica de Leach (Zool. Misc. T. II, tab. 73), a été figurée sous le nom de Cancer par Herbst (tab. 16, fig. 93). Elle habite les mers de l'Inde. (AUD.)

EGÉRITE. BOT. CRYPT. V. ÆGÉRITE.

ÉGIALITE. Ægialitis. BOT. PHAN. Genre de la famille des Plumbaginées et de la Pentandrie Pentagynie, L., établi par R. Brown (Prodr. Flor. Nov.-Holl, p. 426) qui l'a ainsi caractérisé: calice marqué de plis saillans, à cinq dents, et coriace; corolle à cinq pétales dont les onglets sont réunis; cinq étamines insérées sur les pétales; cinq styles; stigmates en tête; conceptacle anguleux, presque cylindrique, sans valves et coriace; graine unique, germant sans albumen, à plumule visible. La seule espèce connue est l'Ægialitis annulata, Br., loc. cit., Arbrisseau trés-glabre, et qui croît parmi les Rhizophores dans la Nouvelle-Hollande. Ses rameaux sont fragiles, marqués d'empreintes annelées, formées par les cicatrices des pétioles. Les feuilles sont

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alternes, sans stipules, planes, coriaces, ovales, trés-entières; leur pétiole est bordé et forme une gaîne dilatée à la base. Les fleurs, disposées en épis paniculés, sont blanches et accompagnées de trois bractées. (G.. N.)

EGILOPE. BOT. PHAN. V, ÆGILOPE.

ÉGINÉTIE. BOT. PHAN. V. ÆGINÉTIE.

ÉGIPPIA. OIS. Syn. d'Outarde, Otis Tarda, L. V. OUTARDE. (DR.. Z.)

ÉGITE. OIS. Syn. de Linotte. V. GROS-BEC. (DR.. Z.)

* ÉGLANTIER. POIS. Espèce du genre Raie. V. ce mot. (B.)

ÉGLANTIER. BOT. PHAN. Espèce du genre Rosier, Rosa Eglanteria, L. Ce nom est quelquefois, mais à tort, étendu à tous les Rosiers sauvages. (B.)

ÉGLÉ. Ægle. BOT. PHAN. Une Plante que Linné avait placée dans le genre Cratœva, et qu'il désignait sous le nom de Cr. Marmelos, fut de nouveau examinée par Correa de Sena qui, dans le cinquième volume des Transactions de la Société Linnéenne de Londres, p. 222, reconnut ses affinités avec les Aurantiacées, et en forma le type d'un nouveau genre. Mais jamais il n'a été nommé Correa, comme Poiret l'a dit et répété dans ses ouvrages. Interprétant mal une citation, et n'ayant pu la vérifier, ce botaniste aura sans doute pris le nom de l'auteur cité pour celui du genre; au reste, une semblable erreur aété commise pour le genre Doryanthes établi également par Correa. Le professeur De Candolle (Prodrom. Regn. Veget. T. 1, p. 538) admet aussi le genre Eglé au nombre des Aurantiacées, en lui donnant pour synonyme le genre Belou d'Adanson, et il eu exprime les caractères de la manière suivante: fleurs dont toutes les parties sont en nombre ternaire ou quinaire; calice à trois ou àcinq dents; trois à cinq pétales; trente à trente six étamines libres, ayant de longues anthères linéaires et mucronées; stigmate presque sessile; fruit bacciforme devenant ligneux par la maturité, conoïde, à plusieurs loges polyspermes; spermoderme charnu, couvert de mucus; oreillettes des cotylé;dons très-courtes. Les espèces de ce genre sont des Arbres épineux,à feuilles trifoliées et denticulées. De Candolle (loc. cit.) en mentionne deux, dont la suivante est la plus remarquable:

ÉGLÉ. Ægle. BOT. PHAN. Une Plante que Linné avait placée dans le genre Cratœva, et qu'il désignait sous le nom de Cr. Marmelos, fut de nouveau examinée par Correa de Sena qui, dans le cinquième volume des Transactions de la Société Linnéenne de Londres, p. 222, reconnut ses affinités avec les Aurantiacées, et en forma le type d'un nouveau genre. Mais jamais il n'a été nommé Correa, comme Poiret l'a dit et répété dans ses ouvrages. Interprétant mal une citation, et n'ayant pu la vérifier, ce botaniste aura sans doute pris le nom de l'auteur cité pour celui du genre; au reste, une semblable erreur aété commise pour le genre Doryanthes établi également par Correa. Le professeur De Candolle (Prodrom. Regn. Veget. T. 1, p. 538) admet aussi le genre Eglé au nombre des Aurantiacées, en lui donnant pour synonyme le genre Belou d'Adanson, et il eu exprime les caractères de la manière suivante: fleurs dont toutes les parties sont en nombre ternaire ou quinaire; calice à trois ou àcinq dents; trois à cinq pétales; trente à trente six étamines libres, ayant de longues anthères linéaires et mucronées; stigmate presque sessile; fruit bacciforme devenant ligneux par la maturité, conoïde, à plusieurs loges polyspermes; spermoderme charnu, couvert de mucus; oreillettes des cotylé;dons très-courtes. Les espèces de ce genre sont des Arbres épineux,à feuilles trifoliées et denticulées. De Candolle (loc. cit.) en mentionne deux, dont la suivante est la plus remarquable:

ÉGLÉ. Ægle. BOT. PHAN. Une Plante que Linné avait placée dans le genre Cratœva, et qu'il désignait sous le nom de Cr. Marmelos, fut de nouveau examinée par Correa de Sena qui, dans le cinquième volume des Transactions de la Société Linnéenne de Londres, p. 222, reconnut ses affinités avec les Aurantiacées, et en forma le type d'un nouveau genre. Mais jamais il n'a été nommé Correa, comme Poiret l'a dit et répété dans ses ouvrages. Interprétant mal une citation, et n'ayant pu la vérifier, ce botaniste aura sans doute pris le nom de l'auteur cité pour celui du genre; au reste, une semblable erreur aété commise pour le genre Doryanthes établi également par Correa. Le professeur De Candolle (Prodrom. Regn. Veget. T. I, p. 538) admet aussi le genre Eglé au nombre des Aurantiacées, en lui donnant pour synonyme le genre Belou d'Adanson, et il eu exprime les caractères de la manière suivante: fleurs dont toutes les parties sont en nombre ternaire ou quinaire; calice à trois ou à cinq dents; trois à cinq pétales; trente à trente six étamines libres, ayant de longues anthères linéaires et mucronées; stigmate presque sessile; fruit bacciforme devenant ligneux par la maturité, conoïde, à plusieurs loges polyspermes; spermoderme charnu, couvert de mucus; oreillettes des cotylé;dons très-courtes. Les espèces de ce genre sont des Arbres épineux,à feuilles trifoliées et denticulées. De Candolle (loc. cit.) en mentionne deux, dont la suivante est la plus remarquable:

ÉGLÉ MARMELOS, Ægle Marmelos, Corr., Cratœva Marmelos, L., figurée dans Roxburgh (Plantes du Coromandel, tab. 143) et dans Rhéede (Hort. Malab. 3, t. 37) sous le nom de Covalam. Cet Arbre croît dans les Indes-Orientales; il s'élève à une grande hauteur el a un tronc fort épais, garni au sommet de branches nombreuses; les feuilles sont alternes et ternées; la foliole du milieu est pétiolée et le fruit est à douze loges; il contient une pulpe visqueuse trés-agréable aux Indiens, tandis que les Européens la rejettent è cause de son odeur trop forte et de sa saveur assez fade. Cependant, après qu'on a fait cuire ces fruits sous la cendre, qu'ils ont été apprêtés avec du sucre, et qu'on en a rejeté les noyaux qui, selon Rumph, sont extrêmement amers, ils forment un mets agréable. La seconde espèce rapportéeà ce genre, avec doute, par De Candolle, est nommée Ægle sepiaria. Elle se distingue par sa foliole médiane sessile, et son fruit à sept loges. Elle est indigène du Japon. C'est le Citrus trifoliata de Linné, et le Ssi de Kœmpfer (Amœnit., 801, t. 802). (G.. N.)

ÉGLEDUN. OIS. L'un des synonymes d'Edredon. V. ce mot. (DR.. Z.)

ÉGLEFIN. POIS. Pour Æglefin. V. ce mot. (B.)

* ÉGLÉTES. Egletes. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, Corymbifères de Jussicu, et de la Syngénésie superflue, L., établipar H. Cassini (Bulletin de la Société Philomatique, oct. 1817) qui l'a ainsi caractérisé: calathide globuleuse et

TOME VI. 6

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radiée; fleurons du centre nombreux, réguliers et hermaphrodites; anthères dépourvues d'appendices basilaires; demi-fleurons de la circonférence ligués et femelles; la languette de ces demi-fleurons est large et tridentée au sommet; involucre hémisphérique, composé de folioles imbriquées, lancéolées, foliaoées et charnues à leur base; réceptacle hémisphérique et nu; akènes courts, anguleux, comprimés, surmontés d'un bourrelet coroniforme, très-épais, oblique, denticulé et presque cartilagineux. Ce genre qui, selon son auteur, a de l'affinité avec les genres Buphtalmum, Ceruana et Grangea, appartient à la tribu des Inulées. Il ne renferme encore qu'une seule espèce, Egletes Domingensis, H. Cass.; Plante herbacée, rameuse, à feuilles alternes, subspatulées et dentées supérieurement; à fleurs jaunes réunies en capitules solitaires, au sommet de longs pédoncules nus est opposés aux feuilles. Sa patrie est Saint-Domingue où elle a été recueillie par Poiteau. (G.. N.)

ÉGOPODE. Ægopodium. BOT. PHAN. Vulgairement Podagraire. Genre de la famille des Ombellifères et de la Pentandrie Digynie, établi par Linné, et ainsi caractérisé: calice dont le bord est entier; pétales entiers, inégaux, fléchis et échancrés au sommet; fruit ovale-oblong, marqué de trois à cinq cô;tes longitudinales sur chacun des akènes; involucre nul; fleurs blanches et feuilles deux fois ternées. Par son port, ce genre se rapproche des Angéliques; il a le fruit des Livêches ou plutôt des Boucages près desquels on l'a placé, et dont il se distingue à peine, vu l'absence d'involucre dans les deux genres. Empruntant, pour ainsi dire, ses caractères à plusieurs autres Ombellifères, l'Egopode a été transporté par les botanistes dans divers autres genres, selon qu'ils lui trouvaient avec ceux-ci des affinités plus ou moins prononcées. Ainsi Crantz (Flor. Austr, p. 200) l'a réuni aux Ligusticum; Scopoli (Flor. Carn., éd. 2, n. 359) en a fait une espèce de Seseli; Lamarck (Encyclop. Méth.) l'a joint aux Pimpinella, quoique dans la première édition de la Flore Française, adoptant sa distinction générique, il lui eût déjà imposé le nom de Tragoselinum. A l'imitation de Haller, Mœnch lui a donné celui de Podagraria, que Linné n'avait admis que pour désigner l'espèce.

L'EGOPODE DES GOUTTEUX, Ægopodium Podagraria, est une Plante que l'on trouve dans les vergers et le long des haies de toute l'Europe. Sa tige droite, glabre, un peu rameuse, est haute de six à neuf décimètres. Ses feuilles inférieures sont composées de trois folioles ovales, pointues et dentées; les supérieures sont simplement ternées, et leurs folioles sont plus étroites. L'ombelle des fleurs est lâche et composée d'une vingtaine de rayons. Le nom spécifique de cette Plante, par lequel uniquement les anciens la désignaient, indique qu'on lui attribuait autrefois des vertus anti arthritiques, mais qui, de même que celles d'une foule de Plantessi préconisées, sont purement imaginaires. (G.. N.)

ÉGOPOGON. BOT. PHAN. V. ÆGOPOGON.

ÉGOU. BOT. PHAN. On donne ce nom à l'Hièble dans quelques parties méridionales de la France, ou l'on emploie quelquefois la décoction de cette Plante pour mettre les appartemens en couleur avant de les frotter â la cire. (B.)

ÉGOUEN. MOLL. Nom vulgaire des Voluta pallida et marginata. V. VOLUTE., (B.)

ÉGREFIN. POIS. V. ÆGLEFIN.

ÉGRIE. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. de Pastel. Quelques-uns ont écrit Egné. (B.)

ÉGRISÉ OU ÉGRISÉE. MIN. Poussière du Diamant dont on se sert pour polir ce corps et pour la gravure en pierres fines. V. DIAMANT. (A. R.)

ÉGUILLE ET ÉGUILLETTE.

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ZOOL. et BOT. Pour Aiguille et Aiguillette. V. ces mois. (B.)

EHRETIE. Ehretia. BOT. PHAN. Vulgairement Cabrillet. Famille des Borraginées, Pentandrie Monogynie, L. Ce genre, établi par Linné, fut adopté par Jussieu, Lamarck et R. Brown. Ce dernier en ayant modifié les. caractères dans son Prodrome de la Flore de la Nouvelle-Hollande, p. 497, nous ne pourrions mieux faire que de suivre un auteur aussi exact dans l'exposition des différences génériques. Calice profondément divisé en cinq découpures; corolle infundibuliforme dont la gorge est nue et le limbe à cinq lobes; étamines saillanles; style à moitié bifide; stigmates obtus; baie à deux noyaux et à osselets biloculaires renfermant deux graines. Les Ehréties sont des Arbres ou des Arbrisseaux à feuilles entières ou dentées en scie, et à fleurs disposées en panicules terminales. Trente espèces environ ont été décrites par les auteurs, sans compter celles qui ont servi à former le genre Beurreria. Elles habitent les contrées équinoxiales du globe. L'Ehrétie à feuilles de Tin est indigène des Antilles. C'est un Arbre que l'on cultive dans les jardins de botanique, mais seulement comme Plante de curiosité. R. Brown en a fait connaître trois nouvelles espèces de la Nouvelle-Hollande. Salt en a rapporté plusieurs de l'Abyssinie, et Roxburgh en a décrit et figuré un certain nombre dans sa belle Flore du Coromandel. Kunth (in Humboldt et Bonpl. Nov. Gener, et Spec. Plant, œquinoct., vol. 3, p. 51) a donné les descriptions très-circonstanciées de trois nouvelles espèces. Deux de ces Plantes, E. tomentosa et E. tinifolia (loc. cit., tab. 208 et 209), pourraient ensemble constituer un nouveau genre dont le caractère résiderait principalement dans le style indivis, le stigmate bifide ou bipartite, les fleurs en corymbes axillaires, et les feuilles opposées ou ternées. La troisième espèce (Ehretia fasciculata) formerait aussi un nouveau genre caractérisé par ses deux styles, ses stigmates en tête, et ses feuilles réunies en faisceaux. Kunth ne fait qu'indiquer la formation de ces genres qui se réalisera peut-être quand la connaissance du fruit complétera les excellentes descriptions de cet auteur.

Si l'on regarde l'Ehretia tinifolia, L., comme type du genre, on remarque des différences essentielles dans l'organisation des autres Plantes qu'on lui a associées. Aussi R. Brown (loc. cit.) fait-il observer que parmi les anciennes espèces, l'E. tinifolia et une autre des Indes-Orientales sont les seules qui appartiennent légitimement au genre en question. Dans l'E. buxifolia de Roxburgh l'inflorescence est différente, le style est bipartite; le noyau du fruit est formé de deux osselets étroitement réunis qui le rendent quadriloculaire, outre huit cellules vides. Vahl réunissait cette Plante au genre Cordia, et Cavanilles en a fait son genre Carmonea. Dans les Ehretia aspera et E. lœvis, Roxb., ainsi que dans une quatrième espèce de l'Afrique équinoxiale, la baie contient quatre osselets dont chacun est biloculaire; la plus grande loge vide et ouverte d'un côté; l'embryon est inverse, à peine arqué, et le calice est à cinq parties plus profondément divisées que dans les autres espèces. Le calice de l'E. Beurreria est tubuleux, et, selon Gaertner fils, la baie est à quatre osselets dont chacun est disperme et l'embryon droit, mais la situation de cet embryon doit être déterminée par des observations ultérieures. Les différences que présente cette Plante ont déterminé Jacquin (Amer., 45, tab. 173) à en constituer le genre Beurreria qui a été adopté par Gaertner. fils et par Kunth. Celui-ci (in Humboldt et Bonpland Nov. Gen. et Spec. Plant, œquinoct., vol. 3, p. 58) en a décrit une nouvelle espèce sous le nom de B. revoluta, voisine du B. succulenta, autre espèce qui complétait le genre de Jacquin. (G.. N.)

EHRHARTE. Ehrharta. BOT.

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PHAN. Genre de la famille des Graminées et que l'on place dans l'lIexandrie Digynie, L., quoique plusieurs espèces aient trois et quatre étamines. Les fleurs sont généralement disposées en une panicule tantôt simple, tantôt rameuse et étalée; la lépicène est triflore, à deux valves minces, carenées, plus courtes que les fleurettes, inégales et terminées en pointe à leur extrémité supérieure; les deux fleurettes extérieures sont neutres, unipaléacées; la paillette qui les forme est carenée ou même roulée, munie d'une touffe de poils à sa base, obtuse, émarginée au sommet, qui se termine par une soie courte et roide; on y remarque dans plusieurs espèces des stries transversales; le fleuron terminal ou central est hermaphrodite; sa glume est à deux valves membraneuses, carenées, mutiques; la glumelle se compose de deux paléoles très-minces et comme frangées; les étamines sont au nombre de trois à six; l'ovaire est surmonté de deux styles terminés chacun par un stigmate en forme de pinceau.

Les espèces de ce genre sont assez nombreuses. On en doit à Swartz une monographie insérée dans les Transactions de la Société Linnéenne de Londres. Ces espèces croissent toutes au cap de Bonne-Espérance.

On doit réunir à ce genre le Trochera spicata de Richard (Journal de Physique, 1779, vol. 13, pag. 213, tab. 3).

Robert Brown, dans son Prodrome, a retiré de ce genre deux espèces originaires de la Nouvelle-Hollande, décrites par Labillardière sous les noms de Ehrharta stipoïdes et Ehrharta distichophylla. La première forme son genre Microlœna, et la seconde son genre Tetrarrhœna. L'un et l'autre se distinguent surtout des Ehrhartes par leur lépicène uniflore. Néanmoins cette différence n'est point aussi tranchée qu'elle le paraît au premier abord, lorsque l'on observe que le célèbre auteur du Prodromus Florœ Nov.-Holland. décrit chaque épillet comme muni d'un périanthe double à deux valves chacun. Dans ce cas le périanthe externe de Brown est la même chose que les deux fleurons neutres et univalves de la fleur des Ehrhartes. Nous persistons dans notre manière de voir relativement à ce dernier genre, parce que ces deux valves, que nous décrivons comme des fleurons stériles, sont manifestement écartées l'une de l'autre et placées sur des plans différens, et que, par conséquent, elles appartiennent à des fleurs différentes. V. MICROLÉNE et TÉTRARHÉNE. (A. R.)

EIDER, OIS. Espèce du genre Canard. V. ce mot. (B.)

EINHORN. MAM. (Martens.) Syn. de Narwhal. V. ce mot. (B.)

EISSPATH. MIN. Nom donné par Werner à un Minéral cristallisé qui accompagne la Méionite et la Néphéline au mont Somma, et qui, présentant tous les caractères pyrognostiques du Feldspath, a été considéré comme n'étant qu'une variété de cette espèce ou comme appartenant à une espèce très-voisine, l'Albite ou le Kieselspath de Hausmann. (G. DEL.)

* ÉJARD. BOT. PHAN. (Desvaux.) Nom vulgaire de l'Erable de Montpellier dans quelques départemens de l'ouest de la France. (B.)

* ÉJOO. BOT. PHAN. La tige et la base des feuilles de certains Palmiers sont garnies d'une sorte de crins épais dont on ramasse à Sumatra une quantité suffisante pour couvrir des cabanes, et qu'on nomme Ejoo. Cette espèce de chaume dure, dit-on, fort long-temps et ne se décompose pas à l'air. (B.)

EKEBERGIA. BOT. PHAN. Ce genre, réuni par quelques auteurs au Trichilia, en est distingué par d'autres. On lui donne pour caractères: un calice quadrifide; quatre pétales; dix étamines à filets courts et réunis inférieurement en un anneau dans lequel est un ovaire libre, surmonté d'un style court qui porte un stigmate en tete; une baie globuleuse ren-

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fermant de deux à cinq graines. Dans les fleurs, que nous avons nous-mêmes observées, il y avait cinq divisions au calice et autant de pétales, et l'ovaire présentait trois ou quatre loges dans chacune desquelles se trouvaient deux ovules suspendus à un placentaire central. Il s'ensuivrait que l'Ekebergia ne différerait du Trichilia que par la structure de son fruit bacciforme et non capsulaire; et si l'on réfléchit combien sont vagues ces mots de baie, de capsule, de capsula baccata et de baie sèche qu'on rencontre, à chaque instant dans les descriptions, on sera porté sans doute à réunir ces genres, comme l'ont fait plusieurs botanistes. On n'a décrit qu'une seule espèce d'Ekebergia; c'est un Arbre du cap de Bonne-Espérance, dont les feuilles sont composées de cinq paires de folioles terminées par une impaire, et les fleurs blanches disposées en panicules axillaires. V. TRICHILIA. (A. D. J.)

ÉKEBERGITE. MIN. Berzelius emploie ce nom comme synonyme de Natrolithe de Hesselkulla en Suède. (G. DEL.)

EKKOPTOGASTER. INS. Nom générique sous lequel Herbst a désigné plusieurs espèces de Scolytes de Geoffroy, et qui correspond au genre Hylésine de Fabricius. V. ce mot. (AUD.)

* ELABATHU. BOT. PHAN. (Hermann.) Plante de Ceylan qui paraît être le Solanum sodomœum, L. V. MORELLE. (B.)

ELA-CALLI. BOT. PHAN. (Rhéede.) Syn. d'Euphorbia neriifolia, L. V. EUPHORBE. (B.)

* ELACATÈNE. POIS. Les anciens paraissent avoir désigné quelquefois le Thon sous ce nom qui était plus particulièrement appliqué à une salaison faite avec les entrailles de cet Animal. (B.)

* ELÆAGNÉES. Elœagneœ. BOT. PHAN. Telle qu'elle a été présentée par Jussieu dans son Genera, cette famille se compose d'un grand nombre de genres qui, mieux étudiés, ont offert des différences assez grandes pour être groupés en plusieurs ordres naturels. Gaertner et le professeur Richard, en observant que dans i'Hippophaë l'ovaire n'était pas infère ainsi qu'on l'avait cru jusqu'alors, ont les premiers indiqué la véritable structure de la famille des Elæagnées. Jussieu (Ann. Mus. v, p. 222) a retiré de ses Elæagnées un certain nombre de genres pour en former une famille nouvelle sous le nom de Mirobalanées. Plus tard R. Brown a fait voir que le genre Elœagnus avait également l'ovaire libre, et qu'il consetituait, avec l'Hippophaë, les véritables Elæagnées. Quant aux autres genres qui leur avaient été associés, il en forme deux familles qu'il nomme Combrétacées et Santalacées. V. ces mots. Enfin, dans un mémoire lu récemment à l'Académie royale des Sciences de l'Institut, et imprimé dans le premier volume des Mémoires de la Société d'Histoire naturelle, nous avons présenté une monographie des quatre genres qui forment aujourd'hui les Elæagnées et des espèces qui leur appartiennent. Ces quatre genres sont Elœagnus, L.; Hippophae, L.; Shepherdia, Nuttal; et Conuleum, Richard.

Voici les caractères qui distinguent la famille des Elæagnées, telle qu'elle est circonscrite aujourd'hui:

Les fleurs sont unisexuées et dioïques, hermaphrodites dans le seul genre Elœagnus. Dans les hermaphrodites, le calice est infundibuliforme; son limbe est campanulé, à quatre ou cinq lobes. Dans les fleurs mâles, le calice se compose de trois à quatre écailles, se recouvrant latéralement; le nombre des étamines varie de trois à huit; elles sont presque sessiles, introrses et à deux loges, s'ouvrant par un sillon longitudinal; les fleurs femelles ont leur calice monosépale, persistant, tubuleux à la base où il est appliqué contre l'ovaire sans y adhérer; le limbe est régulier, à deux, quatre ou cinq divisions, dressées ou étalées. A la gorge du calice,

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on trouve un disque annulaire, simple ou diversement lobé, qui manque dans le seul genre Hippophaë; l 'ovaire est libre, immédiatement recouvert par le tube calicinal, à une seule loge contenant un ovule pédicellé et ascendant; le style est trèscourt, terminé par un stigmate simple, allongé, épais, linguiforme et glanduleux.

Le fruit se compose du tube du calice qui s'est épaissi et est devenu charnu, et qui recouvre un akène ovoïde-oblong on obovoïde; son péricarpe est mince, crustacé, indéhiscent, renfermant une seule graine ascendante, qui se compose d'un tégument propre membraneux ou crustacé, d'un endosperme charnu, mince, plus épais vers la partie inférieure, et renfermant un embryon dressé dont la radicule est conique et les cotylédons planes et charnus.

Les Elæagnées sont des Arbrisseaux ou de petits Arbres à rameaux sonvent épineux dans les individus sauvages, portant des feuilles simples, alternes ou opposées, entières ou dentées, recouvertes, ainsi que les autres parties de la Plante, de petites écailles blanchâtres, sèches, et comme micacées; les fleurs sont petites, solitaires ou diversement réunies à l'aisselle des feuilles.

La famille des Elæagnées, qui appartient à la classe des Dicotylédones apétales et périgynes, a des rapports avec plusieurs familles et entre autres avec les Thymelées et les Protéacées; mais dans les Thymelées, les fleurs sont hermaphrodites el l'ovule est renversé, tandis que les fleurs sont généralement unisexuées, et l'ovule ascendant dans les Elæagnées; le péricarpe est charnu dans la première de ces familles, tandis qu'il est sec dans la seconde, puisque la partie charnue qui le recouvre est formée par le tube du calice épaissi. Quant aux Protéacées, elles offrent aussi des différences tranchées qui les distinguent des Elæagnées. Leurs fleurs hermaphrodites; leur calice formé généralement de quatre pièces distinctes, portant chacune une étamine; leur ovaire qui présente fréquemment deux ovules; leur fruit déhiscent, et enfin leur embryon dépourvu d'endosperme, sont les caractères qui les distinguent des Elæagnées.

Les deux familles des Santalacées et des Combrétacées, établies par R. Brown pour placer les genres autrefois réunis aux Elæagnées, en diffèrent spécialement par leur ovaire qui est constamment infère et contenant toujours plus d'un ovule. (A. R.)

ELÆAGNOIDES. BOT. PHAN. V. ELÆAGNÉESées.

ELÆAGNUS. BOT. PHAN. V. CHALEF.

* ELÆOCARPE. Elœocarpus. BOT. PHAN. Genre de Plantes placé par Jussieu à la suite de la famille des Guttifères, mais que plus tard il a Considéré comme le type d'un nouvel ordre naturel, voisin des Tiliacées. Les Elæocarpes sont des Arbres à feuilles alternes, souvent dentées. Leurs fleurs sont hermaphrodites, disposées en corymbes ou en paniculos terminales; leur calice est formé de cinq sépales caducs; la corolle de cinq pétales déchiquetés et frangés à leur sommet; les étamines sont en général en nombre triple ou quadruple des pétales, disposées sur deux rangs, insérées sous l'ovaire, en dedans d'un disque hypogyne, annulaire, saillant et ondulé les filets sont courts, les antennes très-allongées, étroites, surmontées d'une pointe assez longue, à deux loges s'ouvrant par leur sommet au moyen d'un petit panneau commun aux deux loges; l'ovaire est surmonté d'un style simple et d'un stigmate très-petit, à peine distinct du sommet du style; le fruit est une drupe contenant un noyau à cinq loges.

On connaît aujourd'hui environ une dixaine d'espèces de ce genre qui pour la plupart croissent dans l'Inde, a la Cochinchine. Une vient de l'Ile-de-France et une autre de la Nouvelle-Hollande.

Jussieu, dans le onzième volume

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des Annales du Muséum, a publié des observations importantes sur le genre Elæocarpe, qu'il considère comme type d'un nouvel ordre naturel. Il y réunit le genre Adenodus de Loureiro. Il en distingue le Ganitrus de Rumph que De Candolle y a réuni dans le premier volume de son Synopsis. Jussieu sépare encore du genre Elæocarpe le genre Vateria de Linné, qui y avait été réuni par Retz, Vahl et Willdenow. Ce genre en effet a un fruit capsulaire qui s'ouvre en trois valves, et, selon Gaertner, sa graine serait sans endosperme, et sa radicule supérieure, caractère qui ne s'observe pas dans les autres Elæocarpées.

L'Elœocarpus peduncularis de Labillardière forme le genre Friesia de De Candolle, qu'il ne faut pas confondre avec le Friesia de Sprengel, qui est le Crotonopsis de Richard. V. ce mot. (A. R.)

* ELÆOCARPÉES. Elœocarpeœ. BOT. PHAN. Famille naturelle de Plantes très-voisines des Tiliacées, indiquée par l'illustre Jussieu dans ses Observations sur le genre Elæocarpe, et adoptée par Kunth (in Humb. Nov. Gen.) et par De Candolle (prodrom. Syst. univ. I). Voici les caractères de ce groupe: les fleurs sont hermaphrodites; le calice est simple, sans calicule, formé de quatre a cinq sépales, à prétleuraison valvaire; les pétales sont au nombre de quatre à cinq, sessiles, découpés à leur extrémité supérieure en lanières étroites; ces pétales sont insérés en dehors d'un disque hypogyne, annulaire et saillant; les étamines varient de quinze à vingt-cinq; elles sont en général disposées sur plusieurs rangées, et placées en dedans du disque hypogyne, caractère fort remarquable, et qui, s'il est général dans toute cette famille, la distingue fort nettement; les filets sont courts et terminés par une anthère étroite, linéaire, tétragone, à deux loges s'ouvrant supérieurement par un petit opercule, souvent terminé un petit appendice filiforme; l'ovaire est ordinairement ovoïde, ayant de deux à cinq loges contenant deux ou plusieurs ovules attachés à l'axe interne; le style et le stigmate sont simples; le fruit est tantôt une drupe charnue dont le noyau offre de deux à cinq loges, tantôt il est capsulaire et s'ouvre en trois ou cinq valves; les graines contiennent un endosperme charnu, dans lequel est un embryon dressé.

Les Elæocarpées sont ou des Arbustes ou même des Arbres, dont les feuilles sont simples et alternes: les fleurs forment souvent des grappes axillaires.

Les genres qui forment ce groupe sont fort rapprochés des Tiliacées, dont ils diffèrent par leur disque hypogyne, leurs anthères s'ouvrant seulement par le sommet, par leurs pétales lobés au sommet et leur fruit généralement charnu. Les principaux sont: Elœocarpus, L., Juss.; Aceratium, D. C.; Dicera, Forst.; Friesia, D. C., non Sprengel; Vallea, Mutis; Tricuspidaria, Ruiz et Pavon, et Decadia, Lour?

Jussieu en rapproche les genres Vatica, L.; Sloanea, Plumier; Apeiba, Aublet; Oncoba, Forskahl, et Heptaca de Loureiro. Cette famille demande de nouvelles observations pour être mieux connue, et pour qu'on sache si elle doit être considérée comme un groupe distinct ou simplement comme une section de la famille des Tiliacées. (A. R.)

ELÆOCOCCA. BOT. PHAN. Commerson appelle ainsi, dans ses manuscrits, un genre de la famille des Euphorbiacées, qui est le même que le Dryandra de Thunberg. R. Brown, le regardant comme congénère de l'Aleurites, transporta ce nom à un genre de Protéacées; aussi, en croyant devoir rétablir celui de Thunberg, avons-nous adopté le nom proposé par Commerson. L'Elœococca a pour caractères: des fleurs monoïques ou dioïques; un calice à deux ou trois divisions; cinq pétales deux fois plus longs; dans les fleurs mâles, dix ou douze étamines à filets soudés infé-

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rieurement, dont cinq extérieurs plus courts, à anthères a dnées au sommet du filet et dirigées du côté interne; dans les femelles, trois à cinq stigmates presque sessiles, simples ou bifides; un ovaire à trois ou cinq loges, contenant chacune un ovule. Le fruit possède autant de coques enveloppées d'une chair fibreuse. Ce genre comprend des Arbres à feuilles alternes, longuement pétiolées, munies de deux glandes à leur base, entières ou lobées vers le bas des branches. Les fleurs, portées sur des pédoncules articulés, sont disposées en panicules terminales. De deux espèces, l'une croît au Japon et aux Indes, l'autre à la Chine et à la Cochinchine; celle-ci, où les stigmates sont, ainsi que les loges, au nombre de trois, forme, dans la Flore de Loureiro, le genre Vernicia. La première porte aussi le nom d'Arbre d'huile et la seconde celui d'Arbre de vernis, noms dus à l'usage de leurs graines, assez grosses pour qu'on cherche à tirer parti de l'huile abondante dont leur périsperme est pénétré. V. Thunberg, tab. 27, et Adr. de Juss., Euph., tab. 11, n° 35. (A. D. J.)

ELÆODENDRON. Eleodendrum. BOT. PHAN. Genre établi par Jacquin, adopté par Jussieu qui l'a nommé Rubentia, d'après Commerson, et l'a placé dans la seconde section des Rhamnées, celle où les pétales alternent avec les divisions du calice. Ses caractères sont: un calice très-petit, quinquéparti; cinq pétales étalés, à onglet élargi; cinq étamines, dont les filets courts portent des anthères arrondies; un style très-court et un stigmate unique; une drupe qui présente la forme d'une Olive, et renferme un noyau biloculaire et disperme. Mais Gaertner y a observé trois loges, et dans chacune d'elles deux graines dont une avorte ordinairement. Les espèces de ce genre sont des Arbres, dont les feuilles opposées,' très-longues et étroites sur les jeunes 1ameaux, se raccourcissent ct s'élargissent peu après, de manière à offrir une forme différente plus tard; les pédoncules portant tantôt une fleur unique, tantôt plusieurs fleurs après s'être régulicrement divisés. L'Eleodendrum orientale, connu vulgairement sous le nom de Bois rouge et Bois d'Olive à Mascareigne, croît aussi à Madagascar. L'E. Argan, abondant en Barbarie, est devenu pour Rœmer et Schultes le type du genre Argania. L'E. glaucum, Arbre de Ceylan et de l'Inde, a reçu un grand nombre de noms, puisque c'est le Schrebera albens de Ruiz, le Senacia glauca de Lamarck, le Celastrus glaucus de Vahl, le Mangifera glauca de Rottboell, le Loureira albens de Rœusch. Ventenat, dans le Jardin de Malmaison (117), décrit un Elœodendron australe, cultivé aussi au Jardin des Plantes, et dans lequel on observe quatre divisions du calice, autant de pétales, d'étamines et de loges. C'est le Portenschlagia de Trattinick, qui en fait connaître une autre espèce sous le nom d'integrifolia. Enfin Steudel indique encore deux espèces d'Elæodendron. Si nous sommes entrés dans ces détails de synonymie, que nous aurions pu encore multiplier, c'est seulement pour en conclure l'utilité de revoir avec soin les espèces de ce genre, ou plutôt les caractères des genres que nous avons eu occasion de citer. Car une synonymie confuse n'indique-t-elle pas en général le même défaut dans les caractères génériques? (A. D. J.)

ÉLÆOLITHE. MIN. Fettstein, Werner; Pierre grasse des minéralogistes francais; Lithrodes de Karsten. Ce Minéral paraît se diviser parallèlement aux pans d'un parallélipipède rectangle. Sa cassure a un éclat gras, joint à un léger chatoiement; elle raye le verre, et étincelle sous le briquet; sa pesanteur spécifique est de 2, 6. Sa couleur est d'un gris verdâtre obscur, ou d'un brun rougeâtre. Sa texture est sublaminaire ou compacte. Elle se fond au chalumeau en email blanc; sa poussière fait gelée

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dans les Acides. Elle est composée, suivant Vanquelin, de Silice, 34; Alumine, 44; Potasse et Soude, 16, 50; Chaux, 0, 12; Oxide de Fer, 4; total 98, 62. Une analyse plus récente de Gmelin a fourni les résultats suivans: Silice, 44, 190; Alumine, 34, 424; Soude, 16, 879; Potasse, 4, 733; Chaux, 0, 519; Magnésie et Oxide de Fer, 1,339. On a regardé cette substance comme n'étant qu'une variété du Wernérite; mais sa place dans la Méthode n'est pas encore rigoureusement fixée. On la trouve engagée dans la Siénite avec le Titanite et le Zircon, à Laurvig et à Friedrichswarn en Norwège. (G. DEL.)

ELAIAGNON. BOT. PHAN. (Théophraste.) Syn. de Vitex Agnus-castus. (B.)

* ELAINE. ZOOL. L'un des matériaux immédiats de la graisse des Animaux où il se trouve dans des proportions extrêmement variables, et dont on le sépare au moyen de l'Alcohol. L'Elaïne est d'une consistance huileuse. Elle est transparente, incolore, inodore et presqu'insipide; elle est insoluble dans l'Eau, se dissout dans l'Alcohool très-rectifié et bouillant, puis s'eu sépare à mesure qu'il se refroidit; elle est entièrement soluble dans l'Ether: elle se coagule par un abaissement de température 4 0; elle se saponifie avec les deux tiers de son poids de Potasse, et se décompose, après cette opération, en Acide oléique et magarique et en principe doux. Ses principes constituans sont: Carbone, 75; Oxigène, 13, 5; Hydrogène, 11, 5. (DR.. Z.)

ELAIS OU ELÆIS. BOT. PHAN. Genre la famille des Palmiers, établi par Jacquin (Histor. Stirp. Amer. p. 281. tab. 172) et adopté par Linné, Lamarck et Jussieu qui l'ont ainsi caractérisé: fleurs monoïques (sur le même spadix?); spathe monophylle; calice double; l'extérieur à six partics, l'intérieur divisé en six lobes plus profonds; fleurs mâles à six étamines et contenant un ovaire rudimentaire; fleurs femelles renfermant un ovaire surmonté d'un style épais, terminé par trois stigmates; drupe coriace, fibreuse, presque anguleuse, contenant une noix à trois valves (d'après Jacquin), sans valves, selon Gaertner, uniloculaire et percée de trois trous dont deux ne pénètrent pas dans l'intérieur. Gaertner (de Fruct. p. 17, tab. 6) a donné une description très-étendue et une bonne figure du fruit de deux espèces d'Elaïs, mais R. Brown (Botany of Congo, p. 37) observe que cet auteur s'est trompé sur la structure de ce fruit, en plaçant les trous à la base, quoiqu'en réalité ils soient situés au sommet. Le savant botaniste anglais critique encore Gaertner sur ce qu'il a décrit ce Palmier comme dioïque, opinion qu'ont adoptée sans examen Schreber, Willdenow et Persoon. L'Elaïs est bien monoïque, ainsi que Jacquin l'a avancé, et rien n'a pu autoriser Gaertner à changer le caractère, puisque les échantillons de la collection de Banks, et qui ont été communiqués à ce célèbre carpologiste, ne portent pas à présumer que l'Arbre en question soit dioïque. Enfin, R. Brown ajoute que l'Alfonsia oleifera de Kunth est probablement un Elaïs, et qu'il est même possible que cet Arbre soit la même espèce que l'Elaïs Guineensis. Cette remarque a été combattue par Kunth dans le premier volume du Synopsis Plantarum orbis novi, ainsi qu'au mot ALFONSIA de ce Dictionnaire.

L'ELAÏIS DE GUINéE, Elais sive Elœis Guineensis, Jacq. et Linné, est un beau Palmier dont le tronc est hérissé des bases persistantes des pétioles et garni d'épines sur ses bords. Son sommet est couronné de feuilles ailées et composées de deux rangs de folioles ensiformes, rapprochées, longues d'un demi-mètre, et portées sur une côte longue de cinq mètres environ, et bordées inférieurement de dents épineuses. Ce Palmier croît naturellement sur toute la côte équinoxiale et occidentale d'Afrique, où les naturels donnent à son fruit le nom de Maba. C'est l'Arbre qui four-

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nit le corps gras que les pharmaciens européens ont nommé Huile de Palme ou Beurre de Galam; ce beurre est fort adoucissant comme toutes les substances onctueuses, mais il est permis de révoquer en doute l'efficacité qu'on lui a attribuée contre les douleurs rhumatismales.

A la suite de l'Histoire des Plantes de la Guiane, Aublet a imprimé un mémoire sur les Palmiers, oà il parle de plusieurs de ces Arbres qu'il nomme, avec les habitans de Cayenne, Avoira, sans les rapporter aux genres déjà décrits, mais que Lamarck (Encycl. Méthod.) croit appartenir au genre Elais. Il y donne des renseignemens très-étendus sur le fruit de la principale espèce qui serait, selon Lamarck, l'Elais Guineensis, ainsi que Sur la préparation et les usages de son beurre, nommé par les indigènes Quioquio ou Thio-Thio. Les autres espèces dàAvoira auxquelles Aublet n'a point imposé de noms scientifiques, sont sauvagés dans les forêts et les lieux montagneux de la Guiane. S'il était démontré que ces Arbres fussent de véritables Elais, devraiton raisonnablement admettre que l'Elaïs Guineensis y ait été importé d'Afrique, comme l'affirment plusieurs auteurs; et pourquoi ce Palmier, qui est si répandu dans ces contrées, n'y serait-il pas aussi-bien spontané que ses congénères?

Deux autres espèces d'Elais ont été décrites, l'une par Gaertner sous le nom spécifique de melanococca, et l'autre par Swartz, sous celui d'Elais occidentalis Les anciens désignaient, sous ce nom d'Elaïs qui leur a été emprunté, l'Olivier commun. (G.. N.)

ELAMPE. Elampus. INS. Genre de l'ordre des Hyménoptères établi par Maximilien Spinola, et rangé par Latreille (Règn. Anim. de Cuv.) dans la section des Térébrans, famille des Pupivores, tribu des Chrysides, tout près des Hédychres dont il ne diffère que par la languette entière et arronie a son extrémité. Les Elampes sont encore remarquables par des mandibules, avec deux dents au côté interne, et par un prolongement en forme d'épine, plane en dessus, naissant, selon Latreille, de l'espace supérieur de l'arrière-tronc, situé au dessous de l'écusson. Les ailes du mésothorax diffèrent de celles des Hédychres, mais très-légèrement. L'espèce qui sert de type à ce petit genre porte le nom d'Elampe de Panzer, El. Panzeri ou le Chrysis Panzeri, Fabr., figuré par Panzer (Fauna Ins. Germ., fasc. 51, t. II); elle est la même que l'Hedychrum Spina de Pelletier de Saint-Fargeau (Monogr. des Chrysis). Cette espèce se trouve rarement aux environs de Paris. Elle est fort petite, bleuo, luisante, avec l'abdomen vert. (AUD.)

ELAN. MAM. Espèce du genre Cerf. V. ce mot. On a étendu ce nom à d'autres Animaux voisins par leurs rapports naturels; ainsi l'on a appelé Elan d'Afrique le Bubale, Elan du Cap et Elan gazellé le Condous et le Canna. V. ANTILOPE. (B.)

ELANCEUR. OIS. Nom donné à une espèce d'Oiseau africain qui paraît appartenir aux Accipitres, et qui se fait remarquer par sa manière particulière de s'élancer sur sa proie; on assure que son plumage est blanc, tacheté de noir. (DR.. Z.)

* ELANGIS. BOT. PHAN. Dénomination proposée par Du Petit-Thouars (Histoire des Orchidées des îles australes d'Afrique) pour une espèce du genre Angorchis ou Angrœcum des auteurs. Elle est indigène des îles Maurice et Mascareigne. Son caractère est d'avoir les fleurs réunies en panicules, les divisions du périgone découpées et lobées, et le labelle plane. L'Elangis ou Angrœcum elatum est figuré (loc. cit., t 79.) (G.. N.)

ELANOIDE ET ELANUS. OIS. V. COUHIEK.

ELAPHICON. BOT. PHAN. (Dioscoride. Syn. de Panais selon Adanson. (B.)

ELAPHION. BOT. PHAN. (Diosco-

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ride.) Syn. d'Antirrhinum majus, L. (B.)

* ELAPHIS. REPT. OPH. V. ELAPS.

* ELAPHIS, OIS. Syn. de Barge à queue noire? V. BARGE. (DR.. Z.)

ELAPHOBOSCUM. BOT. PHAN. Les uns ont vu dans l'Elaphoboscum de Dioscoride son Elaphicon, V. ce mot, et d'autres l'Athamante du Liban, divers Buplèvres, la Livêche et jusqu'à l'Allium ursinum, L. (B.)

ELAPHO-CAMELUS. MAM. C'est-à-dire Cerf-Chameau. Ce nom, donné quelquefois par les anciens à la Girafe, avait été étendu par Mathiole au Llama. (B.)

ELAPHOCÈRATITE. POLYP. Mercati (Métall., pag, 324) a donné le nom d'Elaphocératite à un corps organisé fossile qu'il regarde comme une corne de Cerf pétrifiée, et que Bertrand considère comme un Polypier coralloïde branchu. L'auteur italien fait remonter l'histoire de ce Fossile et de ses propriétés à Orphée qui l'a chanté dans ses vers. Aristote en fait également mention. La description un peu vague de Mercati me porte à croire que Bertrand a eu raison de classer cette production de l'ancien monde parmi les Polypiers fossiles. (LAM.. X.)

ELAPHOS. MAM. D'où Elophis des Latins. Ce nom grec, qui désignait le Cerf, est devenu chez les naturalistes la racine du nom de divers Animaux plus ou moins voisins du genre Cerf. V. ce mot. (B.)

ELAPHRE. Elaphrus. INS. Genre de l'ordre des Coléoptéres, section des Pentamères, famille des Carnassiers, tribu des Carabiques (Règn. Anim. de Cuv.), établi par Fabricius, et ayant pour caractères, suivant Latreille: élytres entières ou sans troncature; jambes antérieures faiblement échancrées au côté interne; échancrure linéaire et inférieure; languette saillante, membraneuse Ou légèrement coriace, à trois divisions dont les latérales plus petites et enforme d'oreillettes ou de dents; le milieu des bords supérieurs de l'intermédiaire pointu; mâchoires peu ou point ciliées extérieurement; antennes grossissant insensiblement vers leur extrémité, composées d'articles courts, en forme de cônes renversés; yeux gros et sàillans. Les Elaphres ont le port des Cicindèles, mais ils s'en éloignent par des caractères importans qui les rangent dans la sixième division des Carabiques, et les rapprochent beaucoup des Hydrocanthares. Quant à leurs habitudes; on remarque qu'ils ont toujours la démarche vive, qu'ils vivent aux dépens de petits Insectes, et qu'ils se trouvent sur les bords des mares et des rivières, dans des lieux par conséquent fort humides. On ne sait rien sur leur état de larve et de nymphe. Parmi les espèces propres à la France, nous citerons:

L'ELAPRHE RIVERAIN, El. ripariâs, Fabr., ou la Cicindela riparia de Linné. Il est le même que le Bupreste à mamelons de Geoffroy (Histoire des Insectes, T. I, p. 156, n° 30). Schæffer (Icon. Ins., tab. 86, fig. 4) en a donné une mauvaise figure; Duméril (Considér. génér. sur les Ins., pl. 2, fig. 6) l'a beaucoup mieux reptésenté. Cette espèce est commune en Europe.

L'ELAPHRE ULIGINEUX, El. utiginosus, Fabr., qui est la même espèce que l'Elaptire riverin d'Olivier (Hist. des Coléopt. T. I, n 34, pl. 1, fig. 1, B, D.). Il est moins commun que l'espèce précédente. Quelques Insectes rangés parmi les Elaphres appartiennent aux genres Notiophile et Pélophilé. V. ces mots. (AUD.)

ELAPHRIE. Elaphrium. BOT. PHAN. Ce genre, établi par Jacquin, est caractérisé par un calice quadriparti, caduc, quatre pétales, huit étamines de la longueur du calice, un style court, un stigmate bifide; une capsule presque globuleuse contenant dans une seule loge une graine unique entourée de pulpe. Kunth le regarde comme à peine distinct de

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l'Amyris; plusieurs autres botanistes le réunissent au Fagara, et De Candolle l'a placé avec doute dans les Rutacées, et en a décrit quatre espèces. Ce sont des Arbres de l'Amérique, dont les feuilles sont pinnées avec impaire, les fleurs en grappes fasciculées à l'extrémité des rameaux. (A. D. J.)

ELAPHRIENS. Elaphrii. INS. Division établie par Latreille (Gener. Crust. et Insect. T. I, p. 181 dans la famille des Carabiques, et qui comprenait les genres Elaphre et Bembidion. Cette division a été supprimée dans les Considérations générales du même auteur. V. CARABIQUES. (AUD.)

ELAPS. Elaps. REPT. OPH. Genre de Serpens à crochets venimeux, établi par Schneider, et rapporté comme sous-genre parmi les Vipères de Cuvier. V. VIPÉRE. Ce nom d'Elaps est emprunté des anciens qui appelaient Elaphis un Serpent auquel ils attribuaient la vélocité du Cerf, mais qu'ils disaient ne pas être venimeux. (B.)

* ELASA OU ELEA. Syn. d'Ortolan des Roseaux. V. BRUANT. (DR.. Z.)

ELASMOTHERIUM. MAM. Parmi les présens faits au cabinet de l'université de Moscou par la princesse DaschkofF, alors présidente de l'Académie des Sciences de Pétersbourg, existait une portion de mâchoire inférieure ressemblant à celle du Rhinocéros fossile. La partie antérieure de cette mâchoire ne porte pas de dents, mais est à proportion moins longue que dans les Rhinocéros; son bord intérieur est tout entier d'une courbe elliptique presque uniforme; l'apophyse coronoïde est aussi moins élevée, ou même manque tout-à-fait, et la branche montante est plus oblique en arrière. La face articulaire du condyle est d'ailleurs transverse et un peu cylindrique.

A l'âge où périt l'Animal, il existait quatre dents molaires augmentant de grandeur depuis la première jusqu'à la quatrième, où l'on voit l'alvéole d'une cinquième. C'est surtout la figure de ces dents qui déterminele genre de l'Elasmothenum. Elles sont prismatiques, et le bas de leur fût n'est pas encore divisé en racines. La longueur de la couronne est le double de sa largeur. Il paraît que toutes les sections sur la hauteur donneraient des figures pareilles. Ces figures résultent de la coupe d'une lame verticale montant le long de la face extérieure de la dent et donnant trois bandes transverses obliques, lesquelles vont gagner la face interne; une en suivant le bord antérieur de la dent, une en traversant son milieu, et la troisième au bord postérieur. Ces bandes résultent, comme celles des dents d'Eléphans, de doubles lames d'émail, interceptant la substance osseuse, unies entre elles par un cément. Mais ce qui différencie l'Elasmotherium des autres Animaux, c'est, 1° que les lames forment un fût très-élevé qui croît, comme celui du Cheval, en conservant long-temps la forme prismatique, et qu'elles descendent verticalement dans toute la hauteur de ce fût, ne se divisant en racines qu'après un long trajet, tandis qu'ailleurs ces lames s'unissent promptement en un seul corps osseux qui lui-même se divise bientôt en racines; 2° que les lames d'émail sont cannelées sur toute leur hauteur, de sorte que leur coupe a ses bords festonnés comme ceux des bandes transversales des molaires de l'Eléphant indien. Ces deux caractères déterminent l'essentialité du genre, et même fixent un régime plus complètement granivore que celui du Rhinocéros, et plus rapproché des Chevaux. Peut-être leur était-il intermédiaire. Le fragment unique que l'on possède est figuré sous trois faces par Cuvier (Oss. Foss. T. II, pag. 98). On y voit aussi la troisième dent représentée à part sous trois aspects. Son fût est haut de neuf cent,; la couronne est longue d'avant en arrière de six, et en travers de quatre.—On ne sait de quel canton de la Sibérie provient ce fragment. (A. D.. NS.)

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ÉLATE. BOT. PHAN. Famille des Palmiers, Monœcie Hexandrie, L. Genre constitué par Linné qui l'a ainsi caractérisé: fleurs monoïques; les mâles et les femelles enveloppées dans une même spathe bivalve; fleurs mâles munies de trois pétales et de trois étamines; fleurs femelles ayant aussi trois pétales, un ovaire surmonté d'un style et d'un stigmate; fruit drupacé, ovoïde, pointu et n'ayant qu'une seule graine munie d'un sillon. Ce genre est, selon Lamarck, très-voisin du Dattier; il s'en distingue cependant par ses fleurs monoïques. On n'en connaît qu'une seule espèce qui, en raison de sa beauté et de sa fréquente citation dans les ouvrages des botanistes qui ont écrit sur les Plantes indiennes, mérite une courte description.

L'ÉLATE DES FORÉTS, Elate sy lvestris, L., Indel asiatique, Lamk., Encycl.; Katou-Indel, Rhéede (Hort. Malab., 2, t. 22-25), etc., etc., croît dans l'Inde, sur la côte de Malabar et à Ceylan. Ce Palmier, d'une stature en général peu élevée, émet à son sommet un faisceau de feuilles pinnées, assez grandes et épineuses sur leurs bords; leurs folioles sont opposées ou disposées par paires, selon Linné, ensiformes et pliées longitudinalement. Les régimes ou spadix sont rameux et saillans hors des spathes qui naissent dans les aisselles des feuilles ou pendent sous leurs faisceaux. Ils se composent d'une grande quantité de petites fleurs verdâtres et sessiles auxquelles succèdent des fruits de la grosseur de ceux du Prunier épineux, d'un rouge brun ou noirâtre à leur maturité. Sous l'écorce de ces fruits, qui est lisse et cassante, on rencontre une chair farineuse et douce, environnant un noyau oblong, sillonné latéralement, et dans l'intérieur duquel se trouve une semence amère et blanchâtre. (G.. N.)

ELATER. INS. V. TAUPIN.

ELATERIDES. INS. Tribu de la famille des Serricornes, section des Pentamères, ordre des Coléoptères, ainsi nommée du genre Elater de Linné et instituée par Latreille (Règne Anim. de Cuv. T. III, p. 230) qui lui assigne les caractères suivans: le stylet postérieur de l'avant-sternum s'enfonce à la volonté de l'Animal dans une Cavité de la poitrine située immédiatement au-dessus de la naissance de la seconde paire de pieds; les mandibules sont échancrées ou fendues à leur extrémité, et terminées par deux dents; le dernier article des palpes est, le plus souvent, en forme de triangle ou de hache; les pieds sont en partie contractiles. Cette tribu ne comprend que le genre Taupin. V. ce mot. (AUD.)

ELATERIE. BOT. PHAN. Nom don né par le professeur Richard à une espèce de fruit relevé de côtes et qui se compose d'un grand nombre de coques s'ouvrant avec élasticité. Tel est le fruit de la plupart des genres de la famille des Euphorbiacées. (A. R.)

ELATÉRIT. MIN. Syn. de Bitume élastique. V. BITUME. (G. DEL.)

ELATERIUM. BOT. PHAN. V. ECBALLION.

ÉLATINE. Elatine, BOT. PHAN. Genre de la famille des Caryophyllées et de l'Octandrie Tétragynie, L., composé de quatre espèces qui sont de très-petites Plantes croissant dans les lieux humides et inondés, et offrant pour caractères communs: un calice persistant à quatre ou seulement à trois divisions profondes; unc corolle de quatre ou trois pétales; des étamines en nombre double des pétales; un ovaire arrondi surmonté de trois à quatre styles, et pour fruit une capsule globuleuse, déprimée, à quatre loges polyspermes et à quatre valves.

Les quatre espèces qui forment ce genre croissent en Europe. Trois existent aux environs de Paris; savoir: 1° Elatine alsinastrum, L., Vaill., Bot. par., t. I, f. 6, ou Elatine verticillata, Lamk., Flor. Fr. Elle ressemble beaucoup, par Son port, à l'Hippuris vulgaris, et

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croît comme elle sur le bord des étangs et des ruisseaux. Sa tige est simple; ses feuilles linéaires, verticillées; ses fleurs sessiles et placées à l'aisselle des feuilles.—2° Elatine hydropiper, L., D. C., Icon. Rar. Gall., t. 43, f. 2. Petite Plante à tige étalée, rameuse, ayant ses feuilles opposées, obtuses; ses fleurs pédicellees, solitaires, à l'aisselle des feuilles. Toutes ses parties sont au nombre de quatre; les étamines sont en nombre double.—3° Elatine hexandra, D. C., Icon. Gall. Rar., t. 43, f. I. Cette espèce, fort voisine de la précédente, s'en distingue par son port; elle est beaucoup plus petite; par ses fleurs roses, ayant leurs parties en nombre ternaire. C'est cette Plante qui a été décrite par Bellardi (Mém. Acad. Tur. 1808) sous le nom de Birolia paludosa. (A. R.)

ELATITE. MIN. Pline nommait ainsi une variété d'Hématite à tissu fibreux et élastique.V. HÉMATITE. (A. R.)

ELATOSTÊME. Elatostema. BOT. PHAN. Genre établi par Forster qui l'a plus tard réuni au Dorstenia. V. DORSTÉNIE. (A. R.)

ELCAJA. BOT. PHAN. Le genre ainsi nommé par Forskahl est, selon Jussieu, le même que le Trichilia. V. TRICHILIE. (A. R.)

* ELCATHORAX. OIS. (Bechstein.) Syn. latin du Zizi. V. BRUANT. (DR.. Z.)

ÉLÉagnÉes. BOT. PHAN. Pour ELÆAGNÉES. V. co mot.

ELECTRE. Electra. POLYP. Genre de l'ordre des Flustrées, dans la division des Polypiers flexibles et cellifères, regardè comme une Flustre par la plupart des auteurs, et comme une Sertulaire par Esper. Il offre les caractères suivans: Polypier rameux, dichotome, comprimé; a. cellules campanulées, ciliées en leurs bords et verticillées.

Une seule espèce compose ce genre qui diffère essentiellement des Flustrées par la forme des cellules qui ne sont plus isolées comme dans ce dernier ordre, mais qui communiquent entre elles, de manière que les Polypes semblent avoir une vie commune; il diffère également par la situation des cellules qui sont verticillées autour d'un axe fistuleux ou adhérentes à quelque Thalassiophyte ordinairement cylindrique. Les verticilles sont en général assez rapprochées pour faire paraître les cellules imbriquées. Ces caractères ne pouvant appartenir aux Flustrées, encore moins aux Sertulariées, qui offrent toujours une tige cornée, fistuleuse, remplie, d'une substance molle, irritable, constituent un genre particulier bien distinct de tous les autres. Cet Animal est très-commun dans les mers d'Europe; sa couleur, lorsque les Polypes jouissent de la vie, est un rouge violet plus ou moins briliant, qui se change en blanc terreux par l'exposition à l'air et à la lumière. On l'a nommé ELECTRE VERTICILLÉE, Electra verticillata, Lamx., Genres Polyp., p. 4, t. 4, fig. a, A. Elle ne dépasse jamais deux pouces de hauteur, à moins qu'elle ne soit parasite. Les Electies, par leur forme singulière, embellissent les tableaux que les naturalistes composent avec les Polypiers; c'est encote le seul usage auquel on puisse les employer. (LAM.. X.)

* ELECTRE. ZOOL.? BOT.? (Arthrodièes.) Espèce du genre Tendaridée. V. ce mot. (B.)

ÉLECTRICITÉ. Dans les écrits des anciens philosophes de la Grèce, l'observation du succin ou Ambre jaune, attirant les corps légers apiès avoir été frotté, se trouve clairement exprimée. Une propriété si singulière dans un corps merte avait tellement frappé Thales, que ce philosophe le rangeait parmi les êtres animés. C'est du mot Electron, sous lequel on désignait cette substance, qu'est dérivé celui d'Electricité donné aujourd'hui à l'ensemble de certains phénomènes qui se développent passagèrement dans les corps, sans y

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ajouter aucun principe tangible et pondérable, mais qui cependant y manifestent des forces assez puissantes pour que leur influence mécanique puisse ensuite mettre en mouvement des corps matériels. Bien des siècles s'écoulèrent depuis la première observation que nous venons de citer, sans qu'aucun fait nouveau ne vînt éclairer les physiciens sur la nature de cette propriété nouvelle que le frottement fait acquérir aux corps. Aujourd'hui même que le nombre des substances qui exercent une action semblable à celle du Succin frotté est augmenté considérablement, que plusieurs ordres de phénomènes ont été découverts, que l'on a même mesuré leur intensité et exposé les lois ou conditions suivant lesquelles ils se développent, nous ne sommes pas plus avancés sur la nature du principe qui produit les phénomènes électriques; nous ignorons comment il existe dans les corps et comment son action est développée par le frottement. Réduits ainsi à nous abstenir de toute théorie sur la nature de l'Electricité et à ne donner que l'exposition des faits, nous allons parler des résultats principaux obtenus par les physiciens depuis la renaissance des sciences et des lettres, c'est-à-dire depuis le commencement du dix-septième siècle.

Gilbert de Glocester, dans son Traité de Magnete, rassemblant les faits connus de son temps, ou ceux qui lui étaient propres, donna les moyens d'augmenter considérablement, dans les expériences, l'énergie des phénomènes électriques. Il apprit qu'un grand nombre de substances, et principalement le verre et les corps résineux, jouissaient de la même propriété que le Succin. Mais lorsque Boyle et Othon-Guéricke eurent annoncé qu'un tube de verre ou un bâton de cire d'Espagne frottés assez long-temps avec une étoffe de laine, non-seulement attiraient les corps légers, mais ensuite les repoussaieut rapidement, les savans portèrent leur attention avec ardeur sur ce sujet et préludèrent aux découvertes intéressantes dont nous allons entretenir nos lecteurs, par une foule de tentatives qu'il serait hors de propos d énumérer ici.

Si l'on soumet au frottement un cylindre de verre, de soufre ou de cire d'Espagne d'un volume un peu considérable, les corps légers qui l'avoisinent s'élancent avec rapidité sur lui, y adhèrent, ou, après l'avoir touché, en sont vivement repoussés. Il fait alors éprouver aux parties nerveuses des Animaux une sensation très-marquée, et si on le met en contact avec le doigt ou avec une boule métallique, un pétillement se fait entendre et l'on aperçoit une étincelle très-apparente, surtout dans l'obscurité. Nous verrons bientôt quel a été l'appareil imaginé par les physiciens pour augmenter l'intensité de ces phénomènes que produisent toutes les substances vitrées ou résineuses, mais qui sont nuls lorsqu'on tient d'une main un métal quelconque et que de l'autre on le frotte avec une étoffe de laine ou une peau d'Animal garnie de ses poils.

Ces propriétés opposées des corps résineux et vitrés d'une part, et des substances métalliques de l'autre, avaient fait donner aux premiers le nom d'Idioèlectriques, tandis qu'on nommait les secondes Anèlectriques, Ces dénominations reposaient sur une erreur, puisqu'on croyait que les substances résineuses et vitrées pouvaient seules être électrisées par frottement. Cependant les métaux peuvent être àussi électrisés par le même moyen; mais ils possèdent une faculté qui les prive a l'instant même de la première, et cette faculté consiste à laisser écouler le principe de l'Electrité, ou, si l'on veut, à perdre promptement les propriétés électriques qui leur sont transmises. On dit alors que ces corps sont conducteurs de l'Electricité, et, par opposition, ceux qui conservent facilement les propriétés électriques sont appelés non-conducteurs. On nomme encore ceux-ci corps isolans, parce que,

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employés comme supports, ils isolent les corps conducteurs ou interceptent toute communication entre eux et d'autres conducteurs qui pourraient leur enlever l'Electricité. G'est après avoir isolé ainsi les métaux et en les frappant avec une peau de Chat, qu'on leur fait acquérir facilement les propriétés électriques.

Puisqu'un tube de verre on de résine frotté conserve ses propriétés électriques pendant un temps assez considérable, quoiqu'il soit environné d'air, il s'ensuit que ce dernier fait partie de la classe des non-conducteurs. Indépendamment de cette propriété isolante, l'air ainsi que les gaz secs retiennent par leur pression l'Electricité à la surface des corps. Placez, en effet, sous le récipient de la machine pneumatique un conducteur électrisé ou bien un bâton de cire d'Espagne frotté, et vous verrez que l'Electricité s'en échappera facilement. Il est vrai que la déperdition sera beaucoup plus rapide dans le premier cas que dans le second où, en outre, elle ne sera pas accompagnée d'une lueur bleuâtre. L'eau se comporte, relativement à l'Electricité, d'une manière tout-à-fait opposée à l'air; elle est un si bon conducteur, que sa vapeur répandue dans l'atmoshphère, altère les propriétés isolantes de celle-ci et nuit beaucoup à la réussite des expériences électriques. Quoique les gaz soient, en général, mauvais conducteurs, et que l'eau jouisse d'une propriété contraire, il n'y a pourtant point de relation constante entre l'état des corps et leur faculté conductrice. Ainsi les substances solides nous offrent dans les métaux des conducteurs presque parfaits, et dans les gommes et les résines sèches de mauvais conducteurs. La cire froide et le suif conduisent mal l'Electricité; fondus, ils la transmettent facilement. L'huile liquide ne la conduit que très-imparfaitement. La différence de conductibilité entre certaines huiles a été employée en ces derniers temps par Rousseau, comme un moyen de reconnaître la pureté de l'huile d'Olive. Celle-ci, au contraire des autres huiles, a une faculté conductrice très-développée, que Rousseau a mesurée à l'aide d'un instrument auquel il donne le nom de diagomètre.

Une classe entière de corps naturels offrant de bons conducteurs de l'Electricité, lorsque d'autres ne sont pas conducteurs, on se sert avec avantage, en histoire naturelle, de ces qualités diverses pour caractériser les êtres. Mais il en est de cette distinction comme de beaucoup d'autres que nous établissons pour la commodité de nos études, c'est qu'elle n'est pas absolument tranchée. En effet, les corps isolans ne le sont pas, rigourensement parlant; ils apportent seulement des difficultés infiniment plus grandes dans la transmission de l'Electricité.

Après avoir attaché deux petites boules d'une substance fort légère et éminemment conductrice, comme par exemple de la moelle de Sureau, aux deux extrémités d'un fil de lin qui transmet librement l'Electricité; si l'on suspend ce fil par son milieu à un autre fil de soie (qui est de la classe des corps isolans), et si l'on touche les boules avec un tube de verre électrisé, elles fuiront d'abord le tube, puis se partageront son Electricité, se fuiront entre elles et présenteront un écartement plus ou moins considérable. En changeant la nature du tube, c'est-à-dire en présentant aux petites boules électrisées par le verre un tube de résine ou de soufre frotté, loin de fuir celui-ci, elles s'éclancent au contraire sur lui. Cette expérience indique que l'Electricité n'est pas identique dans les corps de nature diverse, ou qu'elle ne s y comporte pas de la même manière. On a conc distingué deux sortes d'Electricité, l'une analogue à celle que développe le verre par le frottement, et qui pour cette raison a été nommée Electricité vitrée, et l'autre semblable à celle produite par la résine pareillement frottée, et désignée sous le nom d'Electricité résineuse. Plusieurs physi-

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ciensse servent des dénominations d'Electricité positive et d'Electricité négative correspondantes aux précédentes, et qui présentent l'idée assez juste de fluides jouissant de propriétés opposées qui se neutralisent par leur combinaison; quoique ceux qui ont les premiers employé ces expressions aient admis l'existence d'un seul fluide répandu dans tous les corps et constituant par son excés l'Electricité positive, et, par son défaut, l'Electricité négative. En effet, la neutralisation s'opére, lorsqu'on fait communiquer deux cylindres métalliques isolés, recevant, l'un de l'Electricité d'une surface vitrée, l'autre d'une surface résineuse d'une égale énergie; il n'y a, dans ce cas, aucune manifestation d'Electricité, tandis qu'elle aurait été trés-sensible si les deux cylindres eussent été mis en contact avec deux plateaux de substance semblable, soit de verre, soit de résine. Admettant la distinction des deux sortes d'Electricités et observant l'action mutuelle de l'une sur l'autre, on est arrivé à cette loi trés-simple: «que les corps chargés d'Electricité de même nature ou plutôt de même nom se repoussent, et que ceux dont l'Electricité est de nature contraire ou de noms différens, s'attirent.»

L'air n'est pas le seul des corps non conducteurs qui permette l'exercice de ces attractions et répulsions; elles se font également sentir à travers le verre et les résines, ainsi qu'à travers les corps conducteurs. La nature de l'Electricité développée dans un corps, se reconnaît en le mettant en contact avec un pendule électrique chargé d'uue Electricité connue; appareil dont la sensibilité doit être extrême. On se sert, à cet effet, d'une boule de Sureau du plus petit diamétre suspendue à un fil de soie le plus délié possible.

La nature de l'Electricité développée par le frottement n'a rien d'absolu; elle dépend autant de l'espéce du corps frottant que de celle du corps frotté. Ainsi le même corps, le verre poli par exemple, frotté avec une étoffe de laine, acquiert l'Electricité vitrée; frotté avec une peau de Chat, il prend, au contraire, l'Electricité résineuse. La seule loi générale à laquelle on soit arrivé d'après l'observation des phénomènes, c'est que «le corps frottant et le corps frotté acquièrent toujours des Electricités diverses, l'une résineuse, l'autre vitrée.»

De toutes les substances employées à développer l'Electricité, la peau de Chat est celle qui offre le plus d'avantages. Chacun a vu, par un temps sec et froid, les poils se hérisser et être attirés par la main qu'on passait sur le dos d'un Chat vivant. Les cheveux fins et souples, lorsqu'ils sont privés d'enduit graisseux, s'électrisent aussi avec beaucoup de facilité.

Le frottement des liquides et des gaz contre les corps solides développe aussi de l'Electricité; mais celle-ci se produit encore par d'autres moyens, par la fusion des corps, par l'augmentation de température des substances minérales cristallisées, par la simple pression (V. ELECTRICITÉ DES MINÉRAUX), par le contact de deux corps hétérogènes, et par la combinaison chimique. Les expériences entreprises pour constater le développement de l'Electricité par ce dernier moyen, n'ont été exécutées avec toute la rigueur que l'on exige maintenant dans ces sortes d'opérations, qu'autant que l'on a pu avoir à sa disposition des appareils aussi délicats que précis Becquerel a, dans le cours de ces dernières années, réussi à donner une grande extension à cette partie des phénomènes électriques; il a découvert plusieurs faits nouveaux et les a liés avec beaucoup de sagacité aux ingénieuses théories d'Ampère. (V. Ann. de chimie et de physique, 1822 et 1823.)

L'accumulation de l'Electricité s'obtient au moyen des appareils connus sous le nom de machines électriques. Ils sont formés de cylindres métalliques isolés par des supports en verre et placés près de corps vitrés ou résineux, dont la surface est très-grande et qui produisent par le frottement une

TOME VI. 7

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Electricité très-énergique. Celle-ci se répand dans les cylindres métalliques auxquels elle adhère plus ou moins, et les quitte aussitôt qu'on les touche ou qu'on les fait communiquer avec le globe terrestre, qui est désigné souvent sous le nom de réservoir commun de l'Electricité, parce qu'en raison de ses immenses dimensions relativement à celles des petits corps sur lesquels on exprérimente, il leur soutire en apparence toute l'Electricité qu'ils contiennent.

Ayant donné un aperçu rapide des phénomènes d'attractions et de répulsions qu'offrent les substances électrisées, il s'agirait maintenant d'exposer les lois suivant lesquelles ils s'exercent à diverses distances, et celles de la déperdition lente de l'Electricité par le contact de l'air et par les supports qui la retiennent imparfaitement. Les bornes de l'ouvrage que nous publions ne permettent pas de nous étendre sur ce sujet, qui, pour devenir clairement intelligible, demanderait une exposition assez longue d'expériences et de raisonnemens. C'est dans les traités de physique qu'on pourra l'approfondir, et, à cet effet, nous indiquerons celui du professeur Biot, ouvrage qui a été un de nos guides dans la rédaction de cet article, et qui renferme toutes les connaissances acquises sur la mesure des forces électriques. Nous renvoyons aussi aux deux Mémoires de Poisson (Mém. de l'Institut, année 1811), où cet illustre mathématicien a soumis au calcul l'hypothèse des deux fluides électriques, et a obtenu, par rapport à la communication, à la distribution de l'Electricité sur les corps et à sa tension, des résultats qui s'accordent d'une manière très-satisfaisante avec les expériences.

Nous dirons seulement ici que la mesure de l'Electricité s'obtient au moyen d'instrumens nommés électromètres, dont le plus parfait est, sans contredit, la balance électrigue inventée par Coulomb, avec laquelle les plus petites forces peuvent être appréciées, en les comparant à la torsion d'un fil métallique très-délié.

Les autres instrumens sont plutôt déstinés à démontrer l'état électrique des corps qu'à mesurer son énergie; ils ne sont réellement que des electroscopes. Le plus communément usité est composé de deux longs brins de paille, ou de deux lames minces d'or battu, suspendues parallélement et très-près l'une de l'autre par de petite fils de métal dont l'extrémité supérieure s'accroche à deux anneaux pratiqués dans une tige commune et pareillement métallique. Le moindre degré d'Electricité communiqué à la tige passe aux fils de métal, et de-là aux pailles et aux lames qui la manifestent aussitôt par leur écartement. Schweigger, profitant de l'influence de l'Electricité sur l'aiguille aimantée découverte par OErstedt, a imaginé aussi un appareil d'un excessive sensibilité, et qu'il a nommé galvanomètre C'est à l'aide de celui-ci que Becquerel a fait ses intéressantes expériences sur le développement de l'Electricité dans les combinaisons chimiques.

Lorsqu'on a voulu examiner la manière dont l'Electricité se distribue entre les diverses parties d'un même corps, l'expériences a rendu très-vraisemblable cette opinion: «que l'Electricité se porte tout entière à la surface des corps conducteurs sans que leurs particules la retiennent en aucune manière.» On a été ensuite conduit à reconnaître que dans tous les corps conducteurs, les principes des deux Electricités existent naturellement dans un état de combinaison qui les neutralise. C'est ce qu'on a nommé l'état électrique naturel des corps; de sorte que le frottement, qui d'abord semblait un moyen de donner naissance à l'une des deux Electricités, sert seulement à les désunir et à rendre l'une sensible en absorbant l'autre. Nous venons de parler des principes des deux Electricités, quoique nous ayons dit plus haut que toute théorie sur la nature de l'Electricité devait être une simple

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hypothèse. Mais il en est une qui a toute la vraisemblance nécessaire pour lier entre eux et soumettre an calcul les phénomènes, et que, pour cette raison, nous ne saurions passer sous silence; c'est celle qui fait regarder les principes de l'Electricité comme deux fluides dont les molécules sont douées de facultés attractives et répulsives qui se disposent en équilibre dans les corps, en vertu de loutes les forces intérieures ou extérieures qui agissent sur eux.

Plusieurs physiciens ont admis un systéme tout différent, qui a été soutenu par Franklin et Æpinus. Ce systéme explique, il est vrai, la plupart des phénomènes, quand on se borne à leurs circonstances les plus générales; mais il est insuffisant pour l'équilibre, et il exige une multiplicité d'hypothèses contraires aux analogies les plus vraisemblables. Il consistait dans la supposition d'un seul fluide existant naturellement dans tous les corps, et dont l'excès ou le défaut produit l'Electricité vitrée ou l'Electricité résineuse, d'ou résultent deux états des corps que l'on a désignés par les dénominations de positif et de négatif.

L'observation démontrant que les attractions et répulsions s'affaiblissent à mesure que la distance augmente, on en a tiré la conséquence suivante qui s'accorde avec tous les phénomènes: «Les particules de chacun des fluides se repoussent mutuellement et attirent celles de l'autre fluide avec des forces qui sont dans le rapport inverse du carré de la distance. De plus, à distance égale, le pouvoir attractif est égal au pouvoir répulsif,» égalité dont on a la preuve par l'expérience et qui est nécessaire pour que dans un corps à l'état naturel, les deux Electricités combinées n'exercent aucune action à distance.

En donnant un simple énoncé des machines électriques, nous avons fait connaître le meilleur moyen imaginé pour accumuler dans les corps conducteurs une dose considérable d'Electricité; nous devons à présent dire un mot des instrumens qui la rendent plus énergique et plus durable, soit en attirant dans un seul point toute celle d'un systéme de conducteurs par l'influence d'une Electricité de nature contraire, soit en faisant servir l'influence permanente d'une même quantité d'Electricité à la séparation successive des Electricités combinées de divers conducteurs présentés à distance. Ces appareils sont: le Condensateur, l'Electrophore, la Bouteille de Leyde et les Batteries électriques.

L'invention du condensateur est due à Æpinus, mais c'est Volta qui en a, pour ainsi dire, créé l'utilité, en le joignant à l'électroscope pour découvrir et rendre sensibles les doses d'Electricité les plus faibles. Il se compose de deux pièces principales; l'une est un plateau métallique surmonté d'une tige à crochet pour pouvoir être transporté au moyen d'un tube isolant; l'autre est un pareil plateau communiquant par un support métallique avec le reservoir commun. Ces deux plateaux sont recouverts, par leurs faces correspondantes, d'une couche de vernis très-mince faisant fonction de lame isolaute. Pour se servir de l'instrument, on fait toucher le crochet de la tige du premier plateau aux grands conducteurs d'une machine chargeée d'une faible Electricité dont une petite quantité se distribue dans le plateau, et on place celui-ci, qu'on nomme plateau collecteur, sur le second. On l'enlève ensuite parallèlement aux deux surfaces, et on renouvelle son contact avec les conducteurs de la machine, jusqu'à ce qu'il soit chargé d'une quantité déterminée de fluide. Il est facile de se rendre raison du phénomène qui se passe dans cette expérience: l'Electricité répandue dans le premier plateau agit sur les Electricités combinées du second, et refoule dans le sol celle de même nature, tan tis qu'elle attire celle de nom contraire; en sorte que l'équilibre est rompu dans le système des conduc-

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teurs auquel communique le premier plateau, qu'il se répand sur celui-ci une nouvelle quantité de fluide libre qui s'accumule jusqu'à ce qu'il se trouve en équilibre entre la répulsion qu'il exerce sur lui-même et l'attraction du fluide du second plateau pour le retenir. Avant d'employer le vernis comme lame isolante, on s'est servi de plaques de marbre blanc, de verre, ou d'un morceau de taffetas verni; mais ces moyens offraient tous plus ou moins d'incommodités pour les expériences. Avec la couche de vernis résineux, on peut diminuer à volonté la distance des deux plateaux.

L'électrophore est de même que le condensateur fondé sur l'action électrique exercée à distance. Mais, dans cet appareil, l'accumulation de l'Electricité est déterminée par la présence d'un corps isolé et électrisé, tandis que nous avons vu que dans le condensateur, c'était l'influence d'un corps non isolé qui augmentait la charge d'un corps isolé. A l'aide de l'électrophore, on produit facilement de l'Electricité, lorsqu'on n'a pas besoin qu'elle ait une grande energie. Pour construire et mettre en action cet appareil électrique, on coule un gâteau de résine dans une enveloppe métalique, et on électrise sa surface en la frappant avec une peau de Chat bien sèche. On prend un plateau métallique dont la face inférieure est très-polie, et auquel est adapté un manche isolant; on le place sur le gâteau électrisé résineusement, et il éprouve l'influence électrique de celui-ci, c'est-à-dire que sa face supérieure acquiert une Electricité de même nature; alors si on touche cette face et qu'on la mette en communication avec le sol, et qu'en prenant le plateau par son manche isolant on l'enlève, il manifestera de l'Electricité positive. Celle-ci pourra être soutirée par la bouteille de Leyde, instrument dont nous allons bientôt parler; et en répétant la même expérience plusieurs fois de suite, on parviendra à charger considéreblement la bouteille.

Avant l'invention du condensateur, de l'électrophore et de toute théorie de l'Electricité, une expérience, qui, pour ses auteurs, fut un sujet de surprise et d'épouvante, avait fourni le moyen le plus puissant d'accumuler les forces électriques et de donner naissance à une foule de phénomènes qui exigent cette accumulation. Voici en quoi consiste cette expérience exécutée pour la première fois à Leyde, en 1746, par Cuneus et Muschenbroeck: On tient à la main un vase de verre en partie rempli d'eau, dans laquelle plonge un conducteur métallique communiquant à la machine. Après quelques tours du plateau, si on essaie d'ôter le conducteur d'une main en tenant toujours le vase de l'autre, on reçoit une commotion d'autant plus violente que le vase est plus grand, la machine plus forte, et qu'elle a été plus long-tempe en action. Ce phénomène, malgré tout l'effroi que ses dangereuses conséquences inspirèrent d'abord, ne ful pas un fait stérile pour la science. Les physiciens se familiarisérent avec lui, en méditèrent l'action, et perfectionnèrent l'instrument en substituant à l'eau des substances metalliques réduites en lames minces, collées ou simplement disséminées dans l'intérieur de la bouteille. A l'extérieur de celle-ci, on applique aussi des feuilles métalliques, ou, mieux encore, on l'étame jusqu'à quelque distance du goulot. Une tige métallique, terminée en dehors par une boule, passe dans le bouchou que l'on a soin d'enduire de cire d'Espagne ou de tout autre corps isolant. La substitution des lames métalliques à l'eau de l'intérieur de la bouteille et à la main qui la fixait extérieurement, augmente considérablement le jeu de l'Electricité, parce que la faculté conductrice des premiers est plus parfaite que dans celles-ci, D'ailleurs, la théorie de la bouteille de Leyde est exactement conforme à celle du condensateur, et les mêmes expressions s'y appliquent presque littéralement.

Une série de bouteilles de Leyde

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formées avec de grandes jarres de verres que l'on revêt de feuilles métalliques sur leurs deux surfaces, et dont on fait communiquer toutes les tiges à un même conducteur métallique constitue ce qu'on appelle une batterie électrique. Lorsqu'on les touche, ou en produit la décharge simultanée; mais cette circonstance est dangereuse, pour peu que la batterie soit forte; la commotion est capable de tuer de grands Animaux, de fondre des fils métalliques, et de briser ou de réduire en poudre des corps solides.

Les ingénieuses conjectures que la similitude de ces effets avec ceux de le foudre suggérèrent à Franklin et à Nollet en même temps, se changèrent en certitudes, lorsque le premier de ces physiciens eut imaginé un appareil propre à saisir l'Electricité accumulée dans les nuages, et à la soumettre aux mêmes épreuves que celles de nos machines. Ce fut le 10 mai 1752 que l'Homme osa tirer volontairement les premières étincelles de la foudre, et cet honneur est dû à Dalibard, savant français, qui construisit à Marly, près Paris, un appareil presque semblable à ceuli que Franklin avait indiqué, et qui consistait en une cabane au-dessus de laquelle était fixée une barre de fer de quarante pieds de longueur et isolée dans sa partie inférieure. Cette expérience connue, on voulut la répéter; on crut qu'il n'était pas absolument indispensable de ne point communiquer directement à la barre, quelle que fût l'intensité de l'Electricité des nuages, et Richmann fut victime à Pétersbourg de cette erreur de physique. L'inexactitude de la théorie faillit aussi enlever à la science, à la philosophie et à la liberté, celui dont le génie semblait créer des prodiges, et qui, par une sublime application des connaissances physiques, nous apprit à braver le plus redoutable des phénomènes de la nature; Franklin, en Amérique, imagina de tirer l'Electricité des nuages, au moyen d'un cerf-volant dont il tenait la corde en ses mains. Sa joie fut extrême, quand; après une légère pluie, cette corde ayant acquis une faculté conductrice, il réussit à en tirer des étincelles; mais le danger eût été imminent, si la corde eût été mouillée davantage et s'il se fût développé une plus forte dose d'Electricité. Romas, en France, exécutant la même expérience, mais en donnant à son appareil toute la perfection que suggère une prudence éclairée, réussit à faire jaillir, pendant des heures entières, des jets de feu de plus de trois mètres de longueur. Sa lettre à Nollet contient les détails d'un spectacle terrible et majestueux dont il fut témoin dans ses expériences.

Dés qu'il fut constaté que la foudre et l'explosion électrique produite par nos machines ne diffèrent que par les dimensions des appareils, que les nuages sont chargés, les uns d'Electricité vitrée et les autres d'Electricité résineuse, on ne douta plus que, dans un nuage orageux, l'Electricité ne pût être considérablement affaiblie par l'action des pointes. Franklin avait démontré le pouvoir des pointes sur les décharges électriques, en faisant voir que les conducteurs pointus dispersent l'Electricité sans bruit et à des distances considérables. Cette observation remarquable fut la source de l'invention des paratonnerres, dont l'économie publique est encore redevable au savant Américain. On appelle ainsi des verges métalliques pointues que l'on place sur le sommet des édifices, et dont l'une des extrémités s'élève dans l'atmosphère, tandis que l'autre communique avec le sol. L'effet de ces appareils est de soutirer avec lenteur l'Electricité des nuages et de la conduire sans explosion jusque dans l'intérieur de la terre. Personne ne conteste plus leur utilité, quoique certains accidens, arrivés dans les premiers temps de leur in vention, eussent prouvé qu'ils exigeaient des perfectionnemens. C'est ainsi que les plus belles applications des découvertes scientifiques, telles que l'éclairage par le gaz, les machines à vapeur, ont

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pu; dans l'origine, inspirer des craintes aux personnes timides ou qui ne peuvent apercevoir que d'un mal partiel résulte sonvent un bien général. Mais les paratonnerres construits d'après les instructions des physiciens modernes, doivent nous laisser dans une parfaite sécurité relativement aux effets terribles de la foudre.

L'éclair qui accompagne toujours le bruit du tonnerre, et l'étincelle qui se produit dans la décharge électrique ont donné lieu à diverses théories sur leur nature ou sur les causes de leur production. Plusieurs physiciens ont pensé que l'éclair n'est qu'une modification de l'Electricité qui devient lumineuse à un certain degré d'accumulation. D'après l'observation de la lumière qui se dégage de l'air par une forte compression, Biot a cru qu'elle peut de même être simplement l'effet de la compression opérée sur l'air par l'explosion de l'Electricité. Berzelius n'admet pas cette explication, puisque, dit-il, elle devrait être applicable aux phénomènes de lumière et de calorique opérés dans le vide et dans les liquides. Il pense que l'union des Electricités opposées est la cause de l'ignition, soit dans la décharge électrique, soit dans la combinaison chimique. Le feu électrique est en tout semblable à celui que produisent les combinaisons chimiques; il allume l'Hydrogène, l'Ether, et, en général, tous les combustibles. Sa force et son éclat dépendent de l'intensité de l'Electricité et aussi de l'état plus ou moins sec de l'air atmosphérique. L'étincelle prend diverses teintes proportionnelles à l'intensité de la charge; mais, dans les expériences, elle est plus généralement violâtre. Elle répand une odeur analogue à celle de l'Ail ou du Phosphore, et la sensation qu'un corps électrisé fait éprouver à la peau a été comparée à celle que produit le contact d'une toile d'Araignéec.

Il nous reste à décrire un ordre de phénomènes dout la découverte est encore très-récente, mais qui a été déjà en quelque sorte épuisée par les nombreuses expériences faites à ce sujet, et par les inductions rigoureuses que les savans en ont tirées. Pour peu que l'on ait parcouru les annales des sciences, on doit s'apercevoir que nous allons parler de l'Electricité développée par le simple contact. Dès 1767, Sultzer, dans un ouvrage intitulé: De la Nature du plaisir, avait appris qu'en plaçant la langue entre deux pièces de Métaux différens et les faisant toucher d'un côté par leurs bords, on éprouvait une saveur astringente analogue à celle du sulfate de Fer, et que pendant cette expérience faite dans l'obscurité, on voyait une sorte de lueur passer devant les yeux. On avait oublié ce fait curieux, ou plutôt il n'avait donné lieu à aucune conséquence, lorsque vers l'année 1789, cette ère de toutes les révolutions dans les idées scientifiques, Galvani, professeur à Bologne, faisant des recherches sur l'excitabilité des oranges musculaires par l'Electricité, fut conduit à une découverte extraordinaire. Il vit les parties postérieures de plusieurs Grenouilles entrer d'elles-mêmes en convulsions, quand elles étaient suspendues par un fil de Cuivre attaché à leur colonne dorsale et que ce Cuivre touchait à un autre Métal. Galvani crut que ce phénomène dépendait du développement d'une Electricité animale existante naturellement dans les muscles et dans les nerfs.

Aussitôt que les physiciens eurent connaissance d'une annonce aussi importante, ils tentèrent une foule d'essais pour expliquer et multiplier les phénomènes. Le célèbre A. de Humboldt alla même jusqu'à se faire poser des vésicatoires sur les épaules, atin d'appliquer aux plaies un are excitateur formé d'une substance métallique homogène. De cette manière, il se plaça dans les mêmes circonstances que les Grenouilles de Galvani, et il voulut juger par-là des différences dans les effets produits par le galvanisme (c'était ainsi qu'on désignait le nouvel ordre de phénomènes) d'avec ceux qui avalent pour

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cause l'Electricité. Il ne fut pas pourtant permis d'en conclure absolument qu'il y avait une parfaite identité entre les causes de l'un et de l'autre. Volta fut le premier qui l'affirma, après avoir soutenu contre Galvani une dispute sur la théorie des nouveaux phénoménes, dispute qui se prolongea fort long-temps, et qui, par les expériences nombreuses qu'elle fit entreprendre pour découvrir la vérité, tourna tout entière au profit de la science. Ce physicien, fortement pénétré de l'idée que le contact de deux Métaux différens suffisait pour développer de l'Electricité, tenta de la vérifier par une expérience directe, et il réussit pleinement dans le but de ses recherches. De tous les corps propres à développer l'Electricité par contact, le Zinc et le Cuivre parurent à Volta les meilleurs pour ce genre d'action. Deux plaques de ces deux Métaux, pouvant être isolées par un manche de verre adapté à chacune, et appliquées l'une contre l'autre, manifestaient des Electricités différentes, la vitrée dans le Zinc, et la résineuse dans le Cuivre, Electricités dont on pouvait charger le condensateur, soit qu'on ne voulût y faire entrer que la première en le touchant avec la plaque de Zinc, soit qu'on se proposàt d'y accumuler la seconde par le contact de la plaque de Cuivre. Volta imagina de placer un grand nombre de pareilles paires de plaques métalliques à la suite les unes des autres en les séparant par un carton humide ou imbibé d'une dissolution saline qui eut pour effet de conduire lentement l'Electricité. Il forma de cette manière un appareil qu'il nomma électro-moteur, mais que l'on connaît plus généralement sous la dénomination de Pile vollaïque. Les deux extrémités de cette pile sont appelées Pôles; de sorte qu'il y a un pôle vitré ou positif, qui est l'extrémité formée par la derniere plaque de Zinc, et un pôle résineux ou négatif, formé à l'autre bout par la dernière plaque de Cuivre. Nous venous de dire que le corps humide interposé entre chaque paire ou élément de la pile, faisait fonction de conducteur; il transmet en effet les Electricités développées par le contact des deux Métaux dans chaque couple, Electricités qui éprouvent une suite de décompositions et de recompositions, jusqu'à ce que chacune, partant du couple du milieu et allant en sens opposé, se trouve accumulée à son pôle respectif. Dans la paire du milieu, la tension de chacune des Electricités peut être considérée comme égale à zéro; elle augmente, en progression régulière, d'un élément à un autre et jusqu'à chaque pôle. La différence constante entre les deux tensions des piéces qui forment un même couple résulte du calcul appliqué par Biot à une simple hypothèse, et elle a été vérifiée au moyen de la balance électrique de Coulomb.

Par la communication des deux pôles de la pile au moyen d'un fil conducteur, on forme le circuit voltaïque dans lequel les sommes d'Electricités accumulées se combinent et rechargent la pile. Si l'on ne fait que rapprocher très-près les fils métalliques adaptés aux pôles, et si on les place dans un liquide ou dans tout autre conducteur imparfait, les Electricités exercent leur action mutuelle dans le petit intervalle qui sépare ces fils, et tout ce qui est soumis à leur influence éprouve des effets variables, selon la nature des corps. C'est ainsi que la plupart des substances sont décomposées, et que d'autres sont portées à l'incandescence la plus vive. On a vu les phénomènes d'ignition, produits par la pile, portés à un tel degré que les corps les plus réfractaires, le Platine, par exemple, soumis à son action, et aprèe même qu'on a fait le vide, ont été fondus. Quelques-uns laissent jaillir une lumière dont l'éclat le dispute à celui du soleil. Aussi c'est un spectacle admirable que celui de l'incandescence d'un morceau de Charbou qui ne brùle pas puisqu'il est dans le vide, mais rayonne de toutes parts des gerbes d'une flamme étincelante.

Le circuit électrique dans les Mé-

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taux peut être établi sans l'interposition d'aucun liquide; mais on ne reconnaît son action que par l'influence très-sensible qu'il exerce sur l'aiguille aimantée. C'est à Séebeck, de l'Académie de Berlin, qu'on en doit la découverte; ce savant compose son appareil de deux arcs de Métaux différens soudés ensemble aux deux bouts, en sorte qu'ils forment un cercle ou un anneau continu d'une figure quelconque. Pour établir le courant, on chauffe l'anneau à l'un des deux endroits où se touchent les deux Métaux. Si le circuit est composé de Cuivre et de Bismuth, l'Electricité positive prendra, dans la partie qui n'est pas échauffée, la direction du Cuivre vers le Bismuth; mais si le circuit est formé de Cuivre et d'Antimoine, la direction du courant ira de l'Antimoine vers le Cuivre. On voit que, par ce nouveau moyen d'établir le circuit, les courans électriques agissent d'une manière différente qu'elles n'agissent par le circuit qui s'opère à l'aide d'un liquide interposé. Ainsi, dans ces circuits qu'OErstedt a nommés thermo-électriques, pour les différencier des autres auxquels il a donné le nom d'hydro-électriques, le Bismuth et l'Antimoine forment les deux extrémités de la série des conducteurs, tandis que dans les circuits hydro-électriques, ces Métaux sont placés assez loin des extrémités de la série; l'Argent, au contraire, qui est à l'extrémité négative de celle-ci, est bien éloigné des limites de la première. Le courant thermo-électrique a été aussi obtenu par Séebeck dans un même Métal, mais dans un Métal d'une texture bien cristalline, de manière que les divers cristaux paraissent jouer alors le rôle de Métaux différens. Deux morceaux d'Acier, l'un doux et l'autre trempé, constituent ensemble un circuit thermo-électrique; mais quoi-qu'il y ait d'autres exemples où la différence de cohésion donne lieu à des courans, on n'a pu établir de loi à cet égard, puisque d'autres Métaux, très-rapprochés par leur cohésion, se trouvent très-éloignés dans la série des conducteurs, et réciproquement. (V. Ann. de physique et de chimie, février 1823.) Enfin, OErstedt et Fourrier, après avoir formé un circuit thermo-électrique par la réunion de plusieurs lames métalliques (alterativement Bismuth et Antimoine), et lui avoir dooné la forme d'un polygone régulier, ont beaucoup augmenté l'intensité des phénomènes en chauffant certains angles, tandis que, par des mélanges frigoriques, on refroidissait considérablement les angles qui alternaient avec les premiers.

La chimie a tiré le plus grand parti de la pile voltaïque; la nature d'une foule de corps qui avaient résisté aux moyens ordinaires de décomposition a été reconnue à l'aide de celui-ci, et, pour nous borner à un seul exemple important, nous signalerons ici la découverte des Métaux des Alcalis, par Humphry Davy.

L'usage de la pile voltaïque en chimie, et la connaissance approfondie de plusieurs phénoménes ont amené divers perfectionnemens dans cet appareil. Thénard et Gay-Lussac (Recherches physico-chimiques), ayant reconnu que l'énergie de la pile augmentait en raison des surfaces des plaques, en ont fait construire une dont l'action est supérieure à celui des anciennes piles; mais il paraît que, pour augmenter l'intensité des effets d'ignition, il ne faut pas la même construction que pour les décompositions chimiques.

Si, dans le cours de cet article, nous avons tâché d'apporter le plus de concision possible dans l'exposition sommaire des faits principaux de l'Electricité, ainsi que de leur mode d'action; si, par conséquent, nous n'avons voulu que donner un aperçu de cette belle partie de la physique, on peut juger par-là de l'étendue qu'elle a acquise depuis le milieu du dernier siécle, lorsque tant d'illustres savans de toutes les nations ont, chacun de leur côté, concouru à ses progrès. Nous ne nous occuperons pas en ce moment de l'extension que

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les phénomènes électriques ont prise en ces derniers temps, par leur liaison avec ceux du magnétisme, depuis que l'action des courans électriques sur l'aiguille aimantée a été découverte par OErstedt de Copenhague. C'est au mot MAGNÉTISME qu'il est plus convenable d'examiner ce nouvel ordre de phénomènes.

Les connaissances acquises sur l'Electricité n'ont pas été stériles dans leur application, et les autres sciences en ont retiré souvent de très-grands avantages. Cependant les faits n'ont pas encore répondu d'une mamière pleinement satisfaisante aux conjectures si brillantes qu'il était bien permis de former lorsqu'on réfléchissait à la manière dont l'Electricité agit sur les nerfs par la commotion et même par la simple communication, lorsqu'on examinait la continuité qu'elle imprime à l'écoulement des fluides dans les tuyaux capillaires, etc., etc. De ces circonstances, on pouvait raisonnablement tirer cette induction, que l'électricités joue le plus grand rôle dans les phénomènes de la vie animale el de la végétation (V. plus bas les applications de l'Electricité à la physiologie), et que son emploi bien dirigé pouvait accélérer le développement de ces phénomènes ou en rétablir l'ordre quand il serait troublé par les maladies. Il est à regretter néanmoins que la médecine et l'agriculture soient les sciences auxquelles l'Electricité a été le moins utile, et peut-être oseronsnous dire le plus funeste, si nous faisons souvenir que certains expérimentateurs imprudeas ont soumis à ses effets des malades dont ils n'ont fait qu'aggraver la position. Ainsi on a fait éprouver de fortes commotions à des paralytiques, lorsqu'on ignorait quel était l'organe malade ou celui qui présidait aux fonctions lésées. N'est-il pas évident que dans ce cas l'irritation d'un système d'organes où ne résidait pas la cause du mal devenait une nouvelle complication de la maladie?

Mais si l'Electricité est restée un agent inutile entre les mains du médecin, la science de la vie est parvenue par son moyen à trouver la solution de plusieurs problémes du plus haut intérêt. Prévost et Dumas sont les physiologistes qui se sont occupés avec le plus de succés de ce genre de recherches. Ils en ont consigné les résultats dans l'ouvrage que vient de mettre au jour le docteur W. Edwards (De l'Influence des agens physiques sur la vie, Paris 1824). Nous allons en parler succinctement, renvoyant, pour les développemens, à l'ouvrage précité et aux Mémoires sur le sang que ces savans ont publiés dans la Bibliothéque universelle, ainsi qu'à celui sur les Animalcules spermatiques qui a paru dans les Mémories de la Société de Physique de Genève, 1re partie.

Les phénomènes électriques, considérés dans leurs rapports avec l'économie animale, peuvent se partager en deux classes, dont l'une comprend les réactions du fluide extérieur sur le corps de l'Animal, et l'autre embrasse les influences électriques que les élémens de ce corps exercent entre eux. Parmi les phénomènes de la premiére classe, les premiers qui se présentent à examiner sont ceux produits par la tension. On sait qu'un Aaimal, placé sur un tabouret isolant et mis en communication avec un corps chargé d'Electricité libre, accuse la présence de celle-ci par des signes trés-marqués. Quand cette expérience fut faite pour la première fois, ce fut avec la plus grande surprise qu'on vit les poils ou les cheveux de l'individu se hérisser et son corps jaillir des étincelles par l'approche d'un conducteur. Il faut avouer qu'on connaît peu les effets qu'une tension plus ou moins violente serait capable d'amener dans l'état physique de l'individu soumis à l'expérience. Mais si, au lieu d'accumuler l'Electricité dans un corps vivant isolé, ou le place de telle sorte qu'il soil le conducteur d'une seule espèce d'Electricité entre la source qui la fournit et le réservoir commun, alors les molé-

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cules dont il est composé tendront à se séparer, à cause de l'action répulsive qu'elles acquiérent en se chargeant d'une Electricité de même nature. Que l'influence soit assez énergique pour surmonter la force d'aggrégation qui maintenait les molécules réunies, le corps conducteur pourra même être divisé jusqu'à la pulvérisation. Une étincelle électrique fait prendre aux globules de sang à l'instant même un aspect framboisé qui indique la séparation partielle de leurs globules élémentaires; elle détruit le mouvement spontané dont étaient doués les Animalcules spermatiques et infusoires, et, dans ce cas, la désorganisation semble consister simplement dans l'écartement forcé qu éprouvent les globules organiques. D'autres effets auront lieu lorsque la commotion électrique sera transmise aux corps composés de tissus hétérogènes. Parmi ces derniers, ceux qui sont les meilleurs conducteurs recevront une action plus forte. Ainsi, dans un Animal vertébré, ce sera le tissu nerveux qui souffrira le plus dans la commotion; les globules qui composent ses fibres tendront à se désunir, toutes ses fonctions seront abolies et la vie se dissipera sans retour. C'est ainsi que la foudre agit sur les Animaux; si l'on n'a pas constaté la nature de la désorganisation de leur encéphale et de ses dépendances après qu'ils ont été foudroyés, on sait du moins que toute irritabilité musculaire a complétement disparu. Or, comme le fluide nerveux et le courant électrique sont les agens connus de l'irritabilité, l'abolition de celle-ci suffit pour prouver que le tissu nerveux, par suite de l'action de la foudre, est devenu incapable de transmettre le fluide; il est donc naturel de supposer que les fibres nerveuses ont perdu cette propriété par la séparation de leurs molécules et par l'introduction accidentelle entre ces mêmes molécules du corps gras qui sert, dans l'état de santé, à isoler les fibres nerveuses les unes des autres. La fluidité permanente du sang, observée dans les Animaux frappés de la foudre, indique aussi que les globules de ce système circulatoire ont éprouvé une répulsion entre elles par l'action électrique, en admettant que la coagulation du sang résulte d'une attraction moléculaire entre ses globules.

Il est un autre genre d'influence qu'exerce l'Electricité sur l'économie animale, influence digne de toute notre attention, puisque c'est à elle que l'on peut comparer les réactions que le corps d'un Animal est capable d'exercer sur lui-même; nous voulons parler de la contractilité musculaire mise en jeu par le fluide électrique. Les expériences de Haller avaient appris qu'en pinçant, brûlant ou traitant par un agent corrosif chimique le nerf qui va se distribuer dans tel ou tel muscle, on excitait des convulsions chez ce dernier; mais la désorganisation qui accompagnait ces phénomènes suffisait pour leur explication. Galvani fit plus tard l'importante découverte que la contraction musculaire était produite instantanément par l'action d'un are métallique formé de deux Métaux hétérogènes, et mis en communication d'une part avec les muscles et de l'autre avec les nerfs. On ne put bien se rendre raison de ce phénomène qu'après que Volta cut donné l'explication physique du développement de l'Electricité par le contact de deux Métaux hétérogènes, et il devint évident que le courant électrique détermine la convulsion lorsque c'est le nerf qui sert de conducteur, et la sensation, lorsqu'on fait usage d'un nerf qui va se distribuer dans l'encéphale. Prévost et Dumas, observant au microscope un muscle frais et mince (le fascia lata de la Grenouille ou son sterno-pubien) et le soumettant, pendant l'observation, à l'action de la pile, out vu que les fibres droites et parallèles qui composent le muscle se fléchissent tout-à-coupen zig-zag, que ces flexions ont lieu dans des points déterminés, et ne changent point de position. Ayant donné une grande attention à la route que prennent les ramifica-

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tions du nerf dans le muscle, ils ont remarqué que plusieurs des filets du trone nerveux se dirigent perpendiculairement aux fibres musculaires, que tantôt deux troncs nerveux se dirigent parallèlement à celles-ci, mais traversent le muscle en le coupant à angle droit, et que tantôt le trone nerveux déjà perpendiculaire au muscle fournit des filets dont la direction est la même, mais qui reviennent sur eux-mêmes en forme d'anse. Mais deux conditions ont paru constantes aux physiologistes qui ont découvert le phénomène en question: la première c'est que les extrêmes ramifications nerveuses se dirigent parallèlement entre elles et perpendiculairement aux fibres du muscle; la seconde, qu'elles retournent dans le trone qui les a fournies ou qu'elles vont s'anastomoser avec un tronc voisin. Ils observèrent aussi que, dans la contraction, les sommets des angles de flexions correspondent précisément au passage des petits filets nerveux.

Pour apprécier le mode d'action de l'Electricité dans cette observation ingénieuse, il est nécessaire de parler d'un autre ordre de faits découvert récemment par Ampère, et qui ont avec ceux-ci une grande connexion. Dans ses recherches sur l'Electromagnétisme, ce savant physicien est parvenu à établir comme loi générale que deux courans électriques qui vont dans le même sens s'attirent, et se repoussent lorsqu'ils vont en sens contraire. Prévost et Dumas ont fait l'application de cette loi au cas présent de la contraction musculaire, ils ont conclu que les nerfs se rapprochent par suite des courans électriques qui se disposent parallélement entre eux, lorsqu'ils arriveut dans les extrêmes ramifications nerveuses, et déterminent ainsi la flexion de la fibre et le raccourcissement du muscle. D'après cette opinion, le muscle vivant se trouve être un véritable galvanomètre dont la sensibilité est extrême à cause de la ténuité et de la petite distance qui sépare les branches conductrices. D'un autre côté, Prévost et Dumas s'étant assurés que lorsqu'on brûle, pince ou désorganise un nerf au moyen d'un agent chimique puissant, il y a toujours développement d'Electricité, il s'ensuit que la contraction musculaire observée dans tous ces cas rentre évidemment dans la condition des contractions galvaniques.

Enfin c'est à l'action de la pile voltaïque que les physiologistes ci-dessus mentionnés ont comparé l'action des oranges sécréteurs. Parmi les produits sécrétés du sang, les uns, tels que la bile, la salive, sont alcalins ainsi que lui, mais contiennent une quantité de Soude libre plus considérable; les autres, le lait, le chyme, par exemple, sont au contraire toujours acides. Ces substances diffèrent donc du liquide dont elles sont extraites par leur alcalinité ou leur acidité, et cette différence est constante. Les sécrétions acides ne peuvent se manifester sans qu'il n'en résulte en même temps une sécrétion alcaline correspondante, et les causes qui augmentent ou diminuent les unes doivent aussi produire des effets analogues sur les autres. Si l'on ajoute à ces faits que l'analyse chimique a démontrés d'une manière incontestable, qu'il paraît possible d'imiter artficiellement les conditions principales des sécrétions, et de séparer du sang, au moyen de la pile, un liquide analogue au lait, et des alimens eux-mêmes une matière semblable au chyme, on admettra facilement que l'emploi des forces électriques explique d'une manière satisfaisante les proprietés qui caractérisent les diverses sécrétions.

La Torpille, le Gymnote et d'autres Poissons possèdent de véritables apparcils electromoteurs analogues à la pile voltaïque. On a parfaitement constaté l'identité de leur fluide avec celui de l'Electricité ordinaire, en mettant ces Poissons en commnunication avec la bouteille de Leyde que l'on parvenait à charger comme avec une machine électrique, et en saisissant l'Animal avec des corps isolans qui mettaient à l'abri de toute commotion. V., pour la description de

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ces ornages électromoteurs, les mots GYMNOTE, TORPILLE, RHINOBATE, TÉTRODON, etc. (G.. N.)

ÉLECTRICITÉ DES MINÉRAUX. Les Minéraux manifestent des propriétés électriques lorsqu'on agit sur eux par frottement, ou par pression, ou par la chaleur. De ces propriétés se déduisent des caractères qui sont rarement d'une grande importance pour le le naturaliste, à cause des variations qu'ils éprouvent dans la même espèce, sans qu'il soit souvent possible d'en apprécier les causes. Le plus léger changement dans la composition de la substance, dans la texture ou même le simple poli des surfaces suffit pour amener des différences dans les résultats des épreuves relatives à ces caractères. Néanmoins en cherchant à rendre semblables toutes les circonstances des opérations; en ne soumettant à l'expérience que des variétés cristallisées, choisies parmi celles que l'on peut regarder comme les plus pures, on obtient souvent dans les Minéraux que l'on compare des diversités d'effets qui indiquent assez nettement une différence de nature. Ces effets se rapportent: 1° à la nature de l'Electricité acquise à l'aide du frottement; 2° à la faculté isolante ou conductrice des substances; 3° à leur faculté conservatrice de l'électricité. Les substances pierreuses, transparentes et incolores, qui, par leur texture, se rapprochent de la nature du verre, ont comme lui la faculté isolante, et acquièrent, à l'aide du frottement, l'Electricité vitrée. Les substances inflammables non métalliques, douées d'une couleur propre, telles que le Soufre, les Bitumes, le Succin, le Mellite, partagent les propriétés de la Résine. Les substances opaques et douées de l'éclat métallique sont conductrices; elles acquièrent, lorsqu'elles sont isolées et frottées, les unes l'Electricité vitrée, les autres l'Electricité résineuse. Dans ces sortes d'expériences, on emploie pour frottoir une étoffe de laine ou un morceau de drap, et pour isoloir un bâton de gomme laque ou de cire d'Espagne. Pour reconnaître l'espèce d'Electricité acquise par ce moyen, on présente successivement le corps à deux petits appareils mobiles dans lesquels on a eu soin de développer d'avance les deux Electricités. Le premier, qu'on nomme électroscope vitré, est formé d'une aiguille de métal mobile sur un pivot, comme les aigulles magnétiques, et terminée d'un côté par une petite lame de Spath d'Islande; il suffit de presser cette petite lame entre les doigts pour communiquer à l'appareil l'Electricité vitrée. C'est une des propriétés de cette substance remarquée par Haüy, d'acquérir par la simple pression une forte Electricité vitrée qu'elle conserve ensuite très-long-temps. Le second appareil, qu'on nomme électroscope résineaux, semblable au précédent, n'en diffère qu'en ce que l'aiguille est entièrement métallique. On le met à l'état résineux en le touchant avec un morceau de Succin électrisé par frottement, et qui lui communique une portion de son fluide. Les substances minérales diffèrent beaucoup entre elles sous le rapport du temps pendant lequel elles conservent leur vertu électrique. Il en est qui la perdent en un instant, et d'autres qui la gardent pendant des heures et même des journées entières. La Topaze est une de celles qui se distinguent ainsi par leur faculté conservatrice.

C'est dans le nombre des Minéraux isolans qu'on en trouve plusieurs qui ont la singulière propriété de s'électriser par l'action de la chaleur. Cette propriété, bornée jusqu'à présent aux substances minérales et resserrée dans un petit nombre d'espèces, n'en est que plus caractéristique; cepepdant elle ne se soutient pas dans l'ensemble des variétés d'une même espèce, comme on aurait pu le désirer. Elle est done plus intéressante sous le point de vue de la physique, et par l'analogie qu'elle présente avec les phénomènes da magnélisme polaire. Cette propriété est surtout sensible dans les longs prismes de Tourmaline, qui, par la

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chaleur, semblent se transformer en aimans électriques. En effet, ils acquièrent deux pôles, l'un vitré et l'autre résineux, sités vers les deux sommets. La partie moyenne de la Tourmaline est dans l'état naturel. Lorsqu'on chauffe fortement une Tourmaline de manière à dépasser le point où le corps donne des signes d'Electricité, elle revient bientôt par le refroidissement à la température convenable, pour qu'elle manifeste des pôles; elle les perd ensuite si le refroidissement continue. Mais ce qui est digne de remarque, c'est qu'audelà de ce terme la vertu électrique reparaît avec des caractères différens; les pôles ont des positions renversées. Le point neutre qui fait la séparation des deux phénomènes électriques varie avec la température de l' atmosphère et la nature des substances. Il en est une, l'oxide de Zinc, qui est habituellement dans un état electrique. Haüy a remarqué qu'il existait une corrélation remarquable entre les formes des Cristaux électriques par la chaleur et les forces contraires de leurs pôles. Ces formes en général dérogent à la symétrie ordinaire des Cristaux. Les sommets dans lesquels résident les pôles diffèrent par leur configuration, de manière que le pôle vitré est toujours du côté où se montre le plus grand nombre de facettes. La Tourmaline appartenant au système rhomboédrique n'a qu'un seul axe électrique confondu avec son axe de cristallisation; mais le Borate de Magnésie qui est pareillement électrique par la chaleur, et dont la forme est an cube, possède quatre axes différens, et par conséquent huit pôles électriques situés aux huit angles du cube. Tous ces faits intéressans sont les résultats des recherches délicates de l'abbé Haüy, et c'est dans les écrits de ce savant qu'il faut en étudier les développemens. (G. DEL.)

ELECTRUM. MIN. V. SUCCIN.

ELEDON. MOLL. Cuvier (Règn. Anim. T. II, p. 363 ) et Leach ont consacré ce mot à une coupe du genre Poulpe qui, au lieu d'avoir deux rangs de ventouses sur les bras, n'en ont qu'un seul, et ils ont conservé à ce sous-genre les caractères par lesquels Aristote lui-même les distinguait comme espèce. V. CÉPHALOPODES et POULPE. (D.. H.)

ELÉDONE. Eledona. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Héteromères, famille des Taxicornes (Régn. Anim. de Cuv.), établi par Latreille aux dépens des Opatres, et ayant suivant lui pour caractères: antennes arquées et terminées par quelques articles plus grands presque triangulaires, formant une massue oblongue et comprimée; lèvre supérieure petite; dernier article des palpes cylindrique, allongé. Les Elédones ont beaucoup d'analogie, par leur organisation et par leurs habitudes, avec les Diapères. Ce sont des Insectes petits, offrant des couleurs obscures; leur corps est ovalaire, convexe et arrondi supérieurement; la tête est inclinée; le prothorax est grand et gibbeux; les élytres sont dures, voûtées, de la longueur de l'abdomen; les jambes antérieures sont cylindriques et menues. On ne connaît pas les larves, mais on trouve l'Insecte parfait dans les Champignons pourris.

Parmi les espèces propres à ce genre nous citerons:

L'ELÉDUNE AGARICICOLE. El. agaricicola, improprement nommée Agricota ou le Boletophagus agaricicola d'Illiger et de Fabricius, Il est petit. On le trouvé dans les Bolets, aux environs de Paris.

Illiger a désigné le genre Elédone de Latreille sous le nom ds Bolétophage qui a été adopté généralement en Allemagne. L'antériorité appartient à l'entomologiste français. (AUD.)

ELEGANTE STRIÈE. MOLL. (Geoffroy.) Syn. de Cyclostomus striatus. V. CYCLOSTOME. (B.)

ÉLÉGIE. Elegia, BOT. PHAN. Genre de la famille des Restiacées et de la Diœcie, Triandrie, L., établi par

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Thunberg et Linné (Mantiss. Plant., p. 162 et 276), réuni au genre Restio par Rottboël (Descript. et Icon. Plant., p. 8) et dans l'Encyclopédie Méthodique, puis rétabli par Willdenow et Persoon, qui l'ont ainsi caractérisé: fleurs dioïques; les mâles ont un calice glumacé à six divisions inégales renfermant trois étamines; les femelles, dont les enveloppes florales sont pareilles à celles des mâles, possèdent un ovaire à trois styles qui devient une capsule à six loges; étamines renfermant une seule graine. Les trois espèces d'Elégies mentionnées par Persoon croissent au cap de Boune-Espérance. Ce sont des Plantes herbacéés remarquables par l'amplitude de leurs spathes ou bractées. Les Elegia thyrsifera et El. racemosa sont figurées, sous le nom de Restio, par Lamarck (Illustr., tab. 804, f. 3 et 4). (G.. N.)

ELEITIS. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. de Pariétaire? (B)

* ELELISPHACOS. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. de Sauge? (B.)

ELEMENS. Les anciens philosophes qui paraissent ne s'être pas bien accordés sur la véritable signification de ce mot, en admettaient quatre: la Terre, l'Eau, l'Air et le Feu. Les modernes, en rectifiant le langage de la science, lorsqu'ils le dégagèrent de toute interprétation inexacte, durent admettre autant d'Elémens qu'ils reconnaissaient de substances encore indécomposées; le nombre des Elémens est beaucoup plus considérable qu'on ne le croyait autrefois et s'accroât même encore à mesure que les travaux des chimistes s'étendent et se complétent. (DR.. Z.)

ÉLÉMI (RÉSINE). BOT. PHAN. On distingue dans le commerce deux espèces de Résine Elémi: l'une, qui vient d'Ethiopie, est en masses assez volumineuses, enveloppées de feuilles de Roseau; elle est seche,. jaunâtre, très-peu répandue aujourd hui; on ignore quel est l'Arbre qui la produit. L'autre, qui est ahondante dans le commerce, nous arrive de l'Amérique méridionale, et en particulier de la Nouvelle-Espagne. On l'obtient en pratiquant des incisions au tronc de l'Amyris Elemifera, Arbre de la famille des Térébinthacées. Elle forme des masses un pen molles et onctueuses, se desséchant par le froid ou par vétusté. Elle est d'un jaune pâle mêlé de points verdâtres, demi-transparente, d'une odeur forte, agréable, semblable à celle du Fenouil, et d'une saveur âcre. Elle donne par la distillation une huile volatile abondante, qui en est la partie active et odorante. Elle est presque complétement soluble dans l'Alcohol. On l'emploie surtout à l'extérieur. Elle entre dans la composition du baume de Fioraventi, dans les onguens styrax et d'Arcœus. (A. R.)

ELEMIFERA. BOT. PHAN. Espèce du genre Amyris, que l'on croit généralement l'Arbre qui fournit la Résine Elémi. V. AMYRIS au Supplément qui terminera ce Dictionnaire. (A. R.)

ELENGI. BOT. PHAN. Espèce du genre Mimusops dont Adanson avait emprunté le nom pour désigner le genre. (B.)

* ELENI. BOT. PHAN. (L'Ecluse.) Le fruit du Cocotier encore vert, à la côte de Malabar. (B.)

* ELENOPHORE. Elenophorus. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Hétéromères, famille des Ténébrionites, établi par Megerle aux dépens du genre Akis de Fabricius, mais dont il n'a pas encore fait connaître les caractères, et adopté par Dejean (Catal. des Col., p. 64). La seule espèce qui compose ce genre est l'Akis collaris de Fabricius. Cet Insecte se trouve dans le midi de la France. (G.)

ÉLÉOCHARIS. Eleocharis. BOT. PHAN. Dans la division qui a été faite par R. Brown (Prodr. Flor. Nov.-Holl.) du genre Scirpus de Linné en plusieurs autres groupes génériques, il en a établi un sous le nom d'Eleo-

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charis, dans lequel il range toutes les espèces de Scirpes qui ont leurs épis formés d'écailles imbriquées en tous sens et semblables entre elles; quel-ques-unes des plus inférieures sont vides et stériles. L'ovaire est environné de quatre à douze soies hypogynes, denticulées, qui manquent très-rarement. Le style est renflé à sa base, qui est articulée avec le sommet de l'ovaire. Le fruit est généralement lenticulaire, surmonté par la base persistante du style. Toutes les espèces de ce genre sont des Plantes aquatiques, dont les chaumes sont simples, dépourvus de feuilles et seulement embrassés à leur base de quelques gaînes. Les fleurs sont hermaphrodites et forment un épi simple et terminal. A ce genre appartiennent les Scirpus palustris, L., geniculatus, L., maculosus, Vahl, capitatus, L., acicularis, L., etc., et plusieurs espèces nouvelles recueillies par Brown à la Nouvelle-Hollande. V. SCIRPE. (A. R.)

ÉLEODON. MOLL. Pour Elédon. V. ce mot. (D.. H.)

ELEOLITHE. MIN. V. ELÆOLITHE.

ELEOMELI. BOT. PHAN. Baume fort épais, venant d'Arabie et dont on ignore l'origine. (B.)

* ELEONORE. INS. (Geoffroy.) Syn. de Libellula flaveola. V. LIBELLULE. (B.)

ELEOSELINON. BOT. PHAN. Syn. de Céleri. V. ACHE. (B.)

ELEOTRIS. POIS. Ce nom, employé par Athénée pour désigner un Poisson du Nil que l'on ne saurait aujourd'hui reconnaître, fut employé par Gronou pour désigner un genre qu'adopta Cuvier comme sous-genre parmi les Gobies. V. ce mot. On trouve dans l'édition de Bloch donnée par Schneider un genre Eleatris qu'il ne faut pas confondre avec celui de Gronou, quoiqu'il soit, comme lui, formé aux dépens des Gobies. Ce dernier, dont les caractères ne sont pas exacts, a été totalement rejeté par le savant auteur de l'Histoire du règne animal. (B.)

ÉLÉPHANT. Elephas. MAM. Genre de la famille des Proboscidiens, dans l'ordre des Pachydermes, caractérisé par des dents mâchelières, dont le corps se compose d'un nombre déterminé de lames verticales formées chacune de substance osseuse et d'émail, et liées ensemble par une troisième substance appelée corticale (V. DENT); par cinq doigts bien complets à tous les pieds, mais tellement engagés dans la peau rugueuse et calleuse du pied, qu'ils ne se dessinent au-dehors que par les ongles attachés sur le bord d'une sorte de sabot; par des incisives coniques, recourbées en haut, et saillantes au-devant de la tête; enfin par la trompe la plus longue et la plus mobile qui existe chez les Mammifères.

Ce genre, comme l'observe Cuvier, est l'un des plus extraordinaires de tout le règne animal. Sa structure est telle qu'il ne se rapproche complétement d'aucun autre; et, bien que les naturalistes l'aienl classé parmi les Pachydermes, avec les Rhinocéros, les Hippopotames et les Cochons, il diffère beaucoup plus de tous ces Quadrupèdes qu'ils ne diffèrent entre eux. On peut dire même qu'à beaucoup d'ègards, ce gigantesque Animal offre des traits frappans de ressemblance avec l'ordre des Rongeurs, de tous les ordres de Mammifères, l'un des plus restreints pour la taille.

Voici d'abord ces ressemblances: 1° la grandeur des alvéoles, des incisives supérieures, ou des défenses, correspondant à la grandeur même de ces dents, ne se retrouve à un degré proportionnel que dans les Rongeurs. A la vérité ce nom d'incisives ne convient pas aux défenses de l'Eléphant, qui ne sont point tranchantes et croissent indéfiniment. Mais leur accroissement indéfini tient à ce que, saillantes hors de la bouche et recourbées en haut, elles ne sont point arrêtées par la rencontre de dents opposées contre lesquelles elles

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s'useraient, comme dans les Rongeurs. Car on sait que quand ces derniers Animaux perdent une incisive par accident, l'incisive opposée se prolonge autant en proportion que les défenses des Eléphans, mais dans une direction contraire, c'est-à-dire se recourbe en dedans, ce qui entraîne enfin la mort de l'Animal, à cause de l'obstacle que la proéminence de cette dent demi-circulaire met à la rencontre des autres, ce qui par conséquent empêche l'Animal de prendre de la nourriture. Quant au défaut de tranchant de ces défenses, cela ne dépend pas évidemment de ce que leur émail les enveloppe également de toute part, comme le dit Cuvier. Car les incisives de l'Homme, par exemple, sont aussi pourvues d'une enveloppe uniforme d'émail, et cela n'empêche pas qu'elles ne soient tranchantes dés l'origine. La forme conique et la direction courbe de la défense de l'Eléphant tient simplement à la forme conique et à la courbure de son germe; de même que chez le Narvalh, la même forme conique de sa défense rectiligne tient aussi à la figure du germe de cette dent qui, chez ce dernier Animal, est une canine par sa position dans l'os maxillaire.

2°. La structure de leurs mâchelières, toutes semblables à celles des Cabiais, excepté que le cément déborde les arêtes verticales des lames et les enveloppe dans les Eléphans, tandis que chez les Cabiais ces arêtes dépassent le cément sur toute la hauteur de la dent.

3°. Le trou sous-orbitaire par sa grandeur rappelle celui des Rongeurs sans clavicule, chez qui les ongles sont presque aussi peu développés que ceux de l'Eléphant, entre autres les Cabiais, les Porc-Epics où le mulle est si développé. Cette grandeur du trou sous-orbitaire correspond, dans les Rongeurs, au volume du nerf excitateur de la sensibilité de cette partie de la face. Elle répond aussi dans l'Eléphant à l'excès de développement de la branche de la cinquieme paire qui donne à la trompe de l'Eléphant cette finesse de tact qui le caractérise, et peut-être aussi la supériorité de son odorat, comme on peut le conclure des expériences de Magendie. Néanmoins cette grandeur du trou sous-orbitaire et ce volume des nerfs qu'il transmet se retrouvent aussi dans d'autres Mammifères; par exemple dans le Desman, également pourvu d'une trompe.

4°. L'arcade zygomatique est dirigée et formée dans l'Eléphant comme dans les Rongeurs. L'os jugal se trouve dans tous ces Animaux suspendu au milieu de l'arcade; mais cette ressemblance dans les têtes n'en implique pas autant qu'on pourrait le croire dans les autres parties du corps.

Et d'abord, quant à la tête ellemême, voici des différences majeures: 1° l'élévation et la direction presque verticale des alvéoles des défenses et la hauteur qui en résulte pour les os intermaxillaires; 2° l'elévation correspondante des maxillaires: 3° la briéveté des os du nez nécessitée par l'implantation des muscles de la trompe, et 4° l'énorme renflement produit à la partie supérieure, temporale et postérieure du crâne par d'immenses cellules qui êcartent les deux tables des os de ces parties, renflement qui augmente avec l'âge. Ces quatre causes donnent à la tête de l'Eléphant plus de hauteur verticale, à proportion de sa longueur horizontale, qu'à aucune autre tête, sans excepter celle de l'Homme. Il en résulte encore que l'aire de la cavité cérébrale n'est guère que le tiers de l'aire totale de la coupe du crâne; que par conséquent le volume du cerveau est au moins neuf fois plus petit que celui du crâne. Et cependant c'est sur le volume et les reliefs de ce crâne que la plupart des naturalistes avaient évalué l'intelligence de l'Eléphant, sans se soucier de vérifier cette évaluation par les faits. L'on peut voir (Oss. Foss., 2e édit. T. I, pl. 4 des Eléph., fig. 5) cette disproportion du volume de la tête à celui du cerveau, et combien sont fausses toutes ces

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prétendues indications de facultéts intellectuelles par les reliefs de la surface du crâne. Nous avons déjà réfuté ces prétendues règles au mot CRANE, où nous avons établi quelles sont les vraies mesures proportionnelles des facultés intellectuelles.

A la mâchoire inférieure, la branche montante est presque aussi haute que la branche dentaire est longue. L'apophyse coronoïde est moins élevée que la condyloïdienne dont la tête articulaire est un segment sphérique reçu dans une cavité peu profonde, d'où résulte une facilité de mouvement horizontal en avant et de côté, comme dans les Ruminans. Ce mécanisme des mâchoires dont nous avons déjà parlé au mot DENT, répond merveilleusement à la structure particulière des dents, au mode de leur implantation, au déplacement qu'elles subissent avec le temps d'avant en arrière, et enfin à leur succession et au remplacement qui en résulte. Ce mécanisme de l'appareil masticateur n'existant que dans l'Eléphant et peut-être dans les Phacochœres, mérile d'être exposé ici. En voici la description d'après Cuvier.

La dent, par sa forme rhomboîdale dans le sens vertical et par sa position très-oblique, présente beaucoup plus tôt partie antérieure à la mastication que sa partie postérieure. Le plan ou la table produite par la mastication fait donc avec la surface commune des sommets de toutes les lames uu angle ouvert en arrière. Il arrive de-là que, lorsque les lames de devaut sont entamées profondément et forment des rubans entiers, les lames intermédiaires n'offrent encore que des rangées transversales de cercles ou d'ovales, et que celles de derrière sout tout-à-fait intactes et présentent les sommets de leur dentelure en forme de mamclons arrondis. Les lames autérieures sont même tout-à-fait détruites avant que les postérieures soient entamées fort avant. D'où il suit que la dent diminue de longueur et de hauteur à la fois.

Pendant que la partie extérieure de la dent s'use et diminue, la portion de racine qui lui correspond s'use d'une autre manière plus difficile à concevoir. En examinant ce qui en reste, on la trouve comme rongée. Elle a à sa surface de petites fossettes irrégulières, comme si elle eût été dissoute par un Acide qu'on y aurait jeté par gouttes. C'est une sorte de carie, comme aux dents de l'Homme privées de leur émail. Il en résulte que, dans diverses parties de un longueur, la dent est diminuée de plusieurs tranches ou segmens qui en occupaient toute la hauteur. Et comme la partie antérieure de la màchoire doit toujours rester remplie, la dent se meut d'arrière en avant dans le sens horizontal, en même temps qu'elle se porte dans le sens vertical de haut en bas ou de bas en haut, selon qu'elle appartient à la màchoire supérieure ou inférieure. Voilà comment chaque dent, au moment où elle tombe, se trouve très-petite, quelque grande qu'elle ait pu être auparavant. La détermination de ce fait était fort importante, puisqu'il prouve que le volume marque l'âge des dents elles-mêmes, et non pas l'âge et la grandeur de l'Animal qui les portait; et l'on verra à l'article de l'ELÈPHANT FOSSILE que cette détermination a préservé Cuvier de l'illusion qu'avaient causée à d'autres zoologistes ces diversités de grandeur, sur la multiplicité apparente des espèces fossiles d'Eléphant.

Ce mouvement de la dent active fait de la place pour celle qui se forme dans l'arrière-mâchoire, et qui doit lui succéder. Voilà pourquoi la partie angulaire de cette mâchoire est si grande, parce que toute la vie elle contient une dent entière. Cette secande dent aide, par son développement, à pousser la première en avant. Si done la construction des molaires d'Eléphant ressemble à celle des molaires de quelques Rongeurs, le développement et le mécanisme de ces dents en diffère beaucoup. Car les dents molaires du Cabiai et autres

TOME VI. 8

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Rongeurs croissent presque toute la vie, et ne se renouvellent pas. V. notre article DENT.

Le nombre des molaires des Eléphans fut long-temps indéterminé; il varie d'une à deux de chaque côté. Pallas montra le premier (Nov. Comm. Petrop. T. XIII) que l'Eléphant a d'abord une seule dent de chaque côté; qu'une seconde, en se développant, pousse la première, de façon que pendant un certain temps il y en a deux; puis la chute de la premiere fait que de nouveau il n'y en a plus qu'une. Corse (Trans. phil., 1799) a vu cette succession d'alternatives se répéter jusqu'à huit fois dans l'Eléphant des Indes. Il y a par conséquent trente-deux dents qui occupent les différentes parties de ses mâchoires. Cuvier l'avait déjà conclu pour avoir observé à la fois constamment trois dents sur huit Eléphans; savoir: une molaire usée plus ou moins prête à tomber, une molaire entière et en pleine activité et un germe plus ou moins développé occupant la partie angulaire de la mâchoire. Les premières dents paraissent huit ou dix jours après la naissance, sont bien formées à six semaines et complétement sorties à trois mois. Les secondes sont bien sorties à deux ans, et chassées à six ans par les troisièmes qui sont à leur tour poussées en dehors par les quatrièmes à neuf ans. On juge aisément, à la profondeur de la détrition, de la position qu'avait dans la mâchoire une dent trouvée isolée. Le nombre des lames qui composent chaque dent va en croissant de manière que chacune en a plus que celle qui l'aimmédiatement précédée. Suivant Corse (loc. cit.), les premiéres ont quatre lames; les secondes, huit ou neuf; les troisièmes, douze ou treize, et ainsi de suite jusqu'aux septièmes et huitièmes qui en ont vingt-deux ou vingt-trois. Les lames sont en outre plus minces dans les premières dents que dans les dernièles; d'où il suit que le nombre des lames de service est à peu près le même à tous les âges, c'est-à-dire de dix ou douze. Et comme il faut le même temps pour user le même nombre de lames, les dernières dents, qui en ont beaucoup plus, durent plus que les premières; il en résulte que les intervalles des remplacemens s'allongent avec l'âge.

Les dents des deux mâchoires de l'Eléphant se distinguent par leur forme. A la mâchoire supérieure, les lames sont disposées de manière que leurs sommets sont tous dans une surface convexe; et la table produite par leur détrition est aussi convexe. C'est le contraire aux dents d'en bas. On distingue enfin les dents de droite de celles de gauche, parce qu'elles sont convexes à leur surface interne et un peu concaves à l'exterue. Enfin on reconnaît l'arrière d'avec l'avant. La trituration entamant bien plus en avant qu'en arrière, le bout le plus usé est toujours l'antérieur. Nous renvoyons à notre article DENT pour ce qui concerne la structure et la production de ces dents molaires et des défenses.

Les Eléphans ont vingt paires de côtes, trois vertèbres lombaires, quatre sacrées et vingt-quatre ou vingt-cinq coccygiennes. Il n'y avait donc pas lieu, pour des observateurs un pas attentifs, en considérant seulement ces nombres, de tomber dans les illusions qui firent prendre autrefois des squelettes d'Eléphans fossiles pour des squelettes humains. Mais l'imagination s'arrêtait plus aux ressemblances qu'aux différences, et d'ailleurs on fermait les yeux sur ce qu'on ne voulait pas voir. A la vérité, sauf la différence des proportions, la figure des os des memores, depuis les phalanges jusqu'aux épaules et au bassin, peut en imposer à des observateurs superficiels. Ce qui produisait encore une cause d'erreur, c'était la ressemblance beaucoup plus grande des deux premières vertèbres cervicales et de toutes les dorsales avec celles de l'Homme; ressemblance qui est réellement plus grande dans l'Eléphant que dans aucun

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autre Quadrupède. Néanmoins il n'est pas une de ces parties osseuses qui ne présente des caractères fixes et différentiels. Ces différences sont bien plus prononcées encore aux os des membres, et il n'est pas un seul d'entre eux qu'un anatomiste un peu exercé pût confondre aujourd'huiavec ceux de l'Homme. Mais il est certain néanmoins que leur ensemble, pour tout anatomiste qui ne connaît que le squelette humain, présente une ressemblance très-apparente avec les formes humaines. On doit donc moins s'étonner que des anatomistes de profession, qui n'avaient pas vu de squelettes d'Eléphans, aient pris quelquefois des os fossiles de ce genre pour des os humains et par conséquent pour des os de géans. C'est sans doute sur la rencontre de squelettes d'Eléphans fossiles, nécessairement plus fréquente au commencement de l'état actuel du globe qu'elle ne l'est aujourd'hui, que dut s'établir l'opinion de l'existence d'une race de géans dans l'âge précédent de la terre, opinion que l'on retrouve en effet dans toutes les théogonies.

La trompe, qui fait le trait principal de sa physionomie, est creusée intérieurement d'un double tuyau revétu d'une membrane fibro-tendineuse, dont la souplesse et l'humidité sont entretenues par une exhalation abondante que fournissent de petits cryptes ouverts à sa surface. Ces tuyaux, qui ne sont que les prolongemens des narines, remontent jusqu'aux parois osseuses de ces cavités. Mais avant d'y arriver, its se recourbent deux fois, et leur communication avec elles est formée par une valvule cartilagineuse et élastique, que l'Animal ouvre à volonté, et qui retombe, par son propre ressort, dans le relâchement de ses muscles. L'intervalle des parois de ces tuyaux à la peau qui enveloppe la trompe est rempli par des faisceaux charnus, longitudinaux, se rapportant à quatre grands muscles, confondus dans la longueur de la trompe, mais bien distincts à leur attache supérieure. Les deux antérieurs tiennent à toute la largeur du frontal au-dessus des os du nez; les deux latéraux aux os maxillaires en avant et au-dessous de l'œil. Ces deux premiers faisceaux n'ont donc pas d'analogues pour l'insertion, ni dans le Desman, ni dans les Mammifères à boutoir, ni même dans le Tapir dont la structure osseuse des narines ressemble le plus à celles de l'Eléphant, pnisqu'il n'y a chez le Tapir que les deux faisceaux sous-orbitaires. (V. DESMAN, COCHON, COATI, etc.) Chaque paire de faisceaux musculaires est composée de deux sortes de fibres. Les unes, transversales sur une coupe longitudinale, et rayonnantes sur une coupe transversale de la trompe, rapprochent la peau externe de la membrane des tuyaux, et déterminent ainsi l'allongement de cet organe, sans comprimer ses tuyaux, comme l'auraient fait des fibres circulaires à la manière de ce qui existe dans beaucoup de Mollusques et d'Annelides, compression qu'il était bien important d'empêcher dans l'Eléphant, où l'axe de la trompe doit livrer passage à l'air. Les autres fibres sent longitudinales, et forment des faisceaux arqués fixés par leurs extrémités à la membrane des tuyaux, et par leur sommet convexe à la face interne du derme. Il y a de ces faisceaux tout du long et tout autour de la trompe. De sorte que les flexions et les raccourcissemens peuvent se faire partiellement ou en totalité, et dans telle partie qu'il plaît à l'Animal; ce qui n'aurait pu se faire par des faisceaux continus depuis la trompe jusqu'aux os de la face. Deux sortes de nerfs animent cette trompe: l'un est une branche du nerf facial, et lui doune les mouvemens respiratoires et physionomiques; l'autre est une brauche de la cinquième paire, et lui donne la sénsibilité et les mouvemens purement volontaires.

La projection de l'eau par cette trompe dépourvne de fibres circulaires est assez difficile à expliquer, puisque les tuyaux en sont incompressi-

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bles. L'Animal ne pourrait que la pousser en soufflant; mais comment souffler en avalant, ce qui arriverait à l'Eléphant quand il boit?

Les Eléphans sont essentiellement herbivores, aussi leur estomac est très-ample quoique simple; leurs intestins sont très-volumineaux, et leur cœcum est énorme. Les mamelles, au nombre de deux seulement, sont situées sous la poitrine; le petit téte avec sa bouche et non avec sa trompe comme Buffon l'avait imaginé, sans s'inquiéter beaucoup des observations anciennes et de la remarque d'Aristole.

Malgré les observations des anciens sur plusieurs différences morales et physiques, qui distinguent les Eléphans d'Afriaue des Eléphans d'Asic, Buffon, Linné et tous les nomenclateurs, n'avaient reconnu dans ce genre comme dans celui de l'Homme qu'une seule espèce. Et cependant quelques-uns des caractères distinctifs allégués par les anciens étaient bien positifs. Ainsi, suivant un Scholiaste de Pindare, cité par Gesner, Amintianus (Traité des Eléphans) avait remarqué que les mâles seuls ont des défenses dans l'espèce des Indes, et que les deux sexes en portent dans celle de Lybie et d'Ethiopie. Et Cosmas Indicopleustes (Montfaucon, Collect, Nov. Petr T. II, p. 339) observe aussi que les Eléphans des Indes n'ont pas de longues défenses; qu'au contraire ceux d'Ethiopie en ont de fort longues qu'on exporte sur des vaisseaux aux Indes, en Perse, dans le pays des Homérites, et par tout l'Empire romain. Enfin, Camper, sans doute guidé par cette érudition judicieuse à laquelle nous devons le premier bon travail d'antiquités en zoologie, établit la première distinction péremptoire d'espéces parmi les Eléphans, sur la structure intime de leurs dents molaires. Cette différence consiste dans la forme et dans le nombre des lames verticales qui constituent chaque dent, forme qu'on observe dans le germe même qui sert de moule à tous les reliefs, à tous les détails de configuration que doit offrir la dent achevee ainsi que nous l'avons montré pour toutes les classes de Vertébrés à notre article DENT.

Sur les germes des molaires de l'Eléphant des Indes, les lames ont leurs deux surfaces à peu près parallèles et simplement sillonnées sur leur longueur. Dans l'Eléphant d'Afrique, l'une des surfaces, et souvent toutes les deux, sont relevées par le milieu dans toute leur hauteur par une saillie ou arête anguleuse. Du reste, les sillons sont moins nombreux et moins profonds, d'où il suit que par l'usure, la coupe des lames, dans l'Eléphant Indien, dessine des rubans transversaux, étroits, d'une largeur uniforme, et dont les bords formés par l'émail sont très-festonnés et recutilignes. Et comme à cause de ce renflement au milieu de leur travers, les lames de l'Eléphant d'Afrique sont plus épaisses, il suit qu'il y en a moins pour une dent de même longueur. La différence est du tiers à la moitié. Cuvier n'a pas vu de dent d'Afrique avoir plus de dix lames. Celles des Indes en ont jusqu'à vingt-trois, et los fossiles vingt-quatre à vingt-cinq. En outre, les bords d'émail sont plus minces et moins festonnés dans les dents fossiles que dans les dents indiennes. Dans les dents fossiles, toutes les lames, ou presque toutes les lames étaient en activité à la fois, tandis qu'il n'y en a jamais plus de dix ou douze dans celles de l'Inde; enfin les dents fossiles sont absolument et proportionnellement plus larges que celles de l'Inde. Ces largeurs sont comme 0m, 08 ou 0m, 09: à 0m, 06 ou 0m, 07.

Le tissu des défenses n'offre pas de différences sensibles d'une espèce à l'autre, mais leur grandeur et leur direction varient suivant les remarques déjà citées de quelques anciens. Cosmas avait déjà remarqué que c'était l'Afrique qui approvisionnait d'ivoire l'Inde et la Perse. La petitesse des défenses de l'Eléphant d'Asie est, une considération d'autant plus im-

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portante que tous les auteurs anciens, sans exception, parlent de la supériorité de taille de cette espèce sur celle d'Afrique qui a de grandes défenses dans les deux sexes. La femelle africaine, que possède le Muséum de Paris, en porte de plus grandes que pas un des Eléphans mâles des Indes vus par Cuvier. Suivant Corse (Trans. Philos. 1799), aucune femelle asiatique n'a de longues défenses: elles sont toutes petites et droites en bas, selon la remarque bien exacte d'Aristote (lib. II, cap. 5, Hist. Anim.); et souvent elles sont si courtes qu'on ne peut les apercevoir qu'en soulevant les lèvres, ce qui explique l'expression d'Amintianus. De plus, continue Cuvier, il s'en faut bien que tous les mâles en aient de grandes. Suivant Tavernier (T. II, p. 75) dans l'île de Ceylan, le premier né de chaque femelle en aurait seul. Et sur le continent, on distingue les Dauntelah à longues défenses des Mookna, qui les ont très-courtes et toujours droites. Wolfs (Voy. à Ceylan) dit même que, dans cette île, beaucoup de mâles n'en ont pas du tout, et se nomment Majanis. Les plus grandes défenses asiatiques sont de l'Indochine où sont les plus grands Eléphans de cette espèce. A la côte de Malabar il n'y a pas de défenses de plus de quatre pieds de long, mesure d'Angleterre, suivant Pennant qui assigne dix pieds aux grandes défenses de Mozambique. On ne peut pas conclure le poids, des dimensions, parce que la cavité de la base peut être plus ou moins remplie. On ne peut non plus conclure la grandeur de l'Animal de celle des défenses, dans la même espèce, parce que celles-ci croissent pendant toute la vie Et nous avons vu qu'a égalité de taille, les défenses d'Afrique sont tonjours plus grandes que celles d'Asie.

On ne peut savoir s'il y avait entre les sexes de l'Eléphant fossile les mêmes différences de grandeur pour les défenses que dans l'espèce de l'Inde. On ignore aussi leurs limites en petitesse. Leurs limites en grandeur dépassent beaucoup celles des dents d'Afrique. La plus grande défense trouvée en Sibérie, et conservée dans le cabinet de Pétersbourg, tronquée aux deux bouts, a huit pieds de longueur, six pouces six lignes à un bout, et six pouces quatre lignes. Par cette petite différence de diamètre sur une telle longueur, on peut admettre que la longueur était au moins double; enfin une défense observée à Yakutsk par Adams avait quinze pieds de long et huit pouces huit lignes de diametre à l'extrémité alvéolaire.

La courbure est constamment plus grande dans les dents d'Afrique que dans celles d'Asie. Quelquefois cette courbure n'est pas régulière; il y en a en spirale, en forme d'S. Dans la plupart des défenses fossiles, la courbure est beaucoup plus forte que dans ceux des Eléphans d'Afrique. Elle approche d'un demi-cercle ou d'une ellipse partagée par son petit axe. Telles sont, par exemple, les quatre défenses fossiles les plus entières que l'on connaisse: celle de Messerschmidt (Trans. Phil. T. LX), celle de la cathédrale de Strasbourg, celle de l'église de Halle en Souabe et celle du cabinet de Stuttgard. Enfin, dans le squelette observé par Adams, déposé à Pétersbourg et figuré par Cuvier (loc. cit., pl. 12), la courbure est encore plus forte. Les défenses font presque le cercle ou l'ellipse entière. La pointe revient en arrière et même redescend un peu en se dirigeant en même temps en dehors. Ces excés de courbure forment-ils un caractère spécifique ou dépendent-ils seulement du grand âge des individus? Plusieurs squelettes entiers, conservant des éplphyses malgré la grandeur des courbures, pourraient seuls décider cette question. Il y a aussi des défenses fossiles contournées en spirale.

La longueur des alvéoles des défenses est triple dans un crâne fossile de ce qu'elle serait dans un crâne d'Asie ou d'Afrique, et la face triturante des molaires prolongées, au lieu de rencontrer le bord alvéolaire, couperait le tube de l'alvéole au tiers de sa lon-

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gueur; à quoi correspondent les longueurs inverses de la mâchoire inférieure. Dans les Eléphans vivans, elle se prolonge en pointe; dans le fossile, au contraire, la mâchoire, vu le prolongement des tubes alvéolaires, a dû être tronquée en avant; sans quoi elle n'eût pu se fermer. Ces différences dans les proportions des crânes et de la mâchoire en nécessitaient une correspondante dans la trompe du fossile. Car, dit Cuvier, ou les attaches des muscles de la trompe étaient les mêmos, et alors la base de cet organe était trois fois plus grosse à proportion; ou ces attaches étaient différentes, et alors à plus forte raison la trompe était encore différente. Une occasion nouvelle d'observer un Animal entier pourrait seule déterminer la forme positive. L'on voit donc que la différence du fossile avec l'Eléphant asiatique était beaucoup plus grande que celle de cette dernière espèce avec l'Eléphant d'Afrique. On verra dans leur description que les différences extérieures n'étaient pas moins prononcées que ne le sont celles des squelettes. Enfin, dans l'Eléphant fossile, les deux condyles du fémur ne sont séparés que par une ligne étroite, au lieu d'un large enfoncement qui se voit dans les deux espèces vivantes.

Il n'est donc pas besoin d'être anatomiste pour reconnaître que les espèces vivantes actuelles ne descendent pas de l'Eléphant fossile, et que ces deux espèces n'ent pu être primitivement une seule et unique espèce. Il est ainsi bien démontré qu'il existe trois espèces dans le genre Eléphant. Leur séparation est aussi bien établie par leurs limites géographiques que par celles de leur organisation. L'Eléphant fossile, comme on va voir, n'habitait que le nord des deux continens. L'Eléphant Indien ne paraît pas avoir jamais existé à l'est du fleuve Indus, et l'Eléphant africain hors de l'Afrique.

1°. ELÉPHANT FOSSILE, Elephas primigenius, Blumenb., Mammouth des Russes; Cuv. (Ossemens Fossiles, T. v, p. 199, pl. 11). A crâne allongé, à front concave, à très-longues alvéoles des défenses, à mâchoire inférieure obtuse, à mâchelières plus larges, parallèles, et marquées de rubans plus serrés. Cette espèce n'existe qu'à l'état fossile.

Dans tout le nord de l'Asie, les excavations faites par l'Homme, les éboulemens, les érosions causés par le cours et le débordement des eaux, découvrent tant d'ossemens et même de squelettes de cette espèce, que les habitans de la Sibérie, de la Mantchourie et de la Chine ont forgé des fables pour expliquer ce singulier phénomène. Les Sibériens croient que tous ces débris proviennent d'un Animal souterrain qui ne peut voir impunément la lumière du jour, et qu'ils nomment Mammouth, du mot Mamma qui signifie Terre. Les Chinois rapportent la même fable de leur prétendu Tien-Schu, et les Mantchous de leur Fin-Schtu. Il ne se trouve, disent-ils, que dans les régions froides, aux bords du fleuve Tai-Tunn-Gian, et plus au nord, jusqu'à la mer Boréale: il ressemble à une Souris, mais est aussi grand qu'un Eléphant; il craint la lumière, et se tient sous terre dans les grottes obscures. Pour que tous ces peuples se soient accordés dans l'invention de cette fable, il faut que les faits qui en ont fourni le sujet soient bien multipliés et aient été connus dès la plus haute antiquité, puisque cette fable se trouve dans un livre chinois du cinquième siècle avant J. C. (V. Klaproth, Mém.) Aussi n'est-il, dit Pallas (loc. cit.), dans toute la Russie asiatique, depuis le Don jusqu'à l'extrémité du cap des Tchutchis, aucun fleuve, aucune rivière, surtout de ceux qui coulent dans les plaines, sur les rives ou dans le lit duquel on n'ait trouvé quelques os d'Eléphant. Les contrées élevées, les chaînes primitives et schisteuses en manquent au contraire aussi bien que de pétrifications marines, tandis que les pentes inférieures et les grandes plaines limoneuses et sablonneuses en fournissent par-

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tout aux endroits où elles sont rongées par les ruisseaux et les fleuves; ce qui implique qu'on n'en trouverait pas moins dans le reste de leur étendue. Les os sont généralement dispersés, et ce n'est que dans un petit nombre de lieux qu'on a trouvé des squelettes complets. Les couches où ils se trouvent sont remplies de corps marins, tels que des Coquilles, des dents de Squales, etc. Mais ce qui est beaucoup plus frappant, c'est qu'on a assez fréquemment trouvé des ossemens où tenaient encore des parties molles, des lambeaux de chair. Isbrand-Ides (dans Corneille Le Bruyn, in-folio) parle d'une tête dont la chair était corrompue, et d'un pied gelé, et Müller parle d'une défense dont la cavité était encore remplie de son germe dans un état semblable à du sane caillé. Enfin, et ce qui décide de l'habitation ancienne de cette espèce dans les lieux où on en trouve les débris, deux Eléphans entiers ont été trouvés près de la mer Glaciale. A quoi il faut ajouter que partout où l'on trouve des ossemens, ils ont conservé parfaitement leurs arêtes, leurs saillies, les moindres reliefs de leurs contours, et même leurs épiphyses pour ceux dont l'ossification n'était pas terminée, quoique la moindre secousse sur un squelette frais suffise pour détacher ces epiphyses. Tout cela nécessite l'enterrement de ces débris de cadavres ou de squelettes sur le lieu même ou à une très-petite distance du lieu où mourut l'Animal. Car si les eaux, comme on l'a supposé (et l'imagination n'a su concevoir d'autre cause de déplacement) avaient entraîné ces cadavres, ces squelettes, ces ossemens d'Eléphans entiers ou en débris, ils eussent été roulés, usés par les frottemens qui ont si promptement arrondi les cailloux quartzeux de nos rivières. A plus forte raison les cadavres eussent-ils été démembrés et bientôt putréfiés. Or, l'Eléphant trouvé glacé à l'embouchure de la Léna, avait dû être saisi par la glace au moment même de la mort on très-peu après, comme on va le voir par le récit de la découverte de ce cadavre entier.

En 1799, un pêcheur tungouse remarqua sur les bords de la mer Glaciale, dans une masse de glace, un bloc informe. L'année suivante, ce bloc n'était pas encore assez dégagé pour qu'il en reconnût la nature. L'été d'après, le flanc tout entier de l'Animal et une de ses défenses étaient à découvert. Enfin, au bout de cinq ans, le bloc débarrassé par une fonte des glaces plus rapide que de coutume, vint échouer à la côte. En 1806 seulement, Adams, alors à Yakutsk, apprit cette découverte, et se rendit sur les lieux où il trouva l'Animal déjà fort mutilé. Les Yakoutes du voisinage en avaient dépécé les chairs pour nourrir leurs Chiens, et les Bêtes féroces en avaient aussi mangé. Néanmoins le squelette était encore entier, à l'exception d'un pied de devant. L'épine du dos, un omoplate, le bassin et trois membres étaient encore réunis par leurs ligamens et des portions de peau. La tête était couverte d'une peau sèche. Une des oreilles, bien conservée, était garnie d'une touffe de crins. On distinguait encore la prunelle de l'œil; le cerveau desséché existait dans le crâne. Le cou était garni d'une longue crinière; la peau était couverte de crins noirs et d'une laine ou bourre rougeâtre; ce qui en restait était si lourd, que dix personnes eurent peine à le transporter. On retira en outre plus de trente livres pesant de poils et de crins que les Ours blancs avaient enfoncés dans le sol humide en dévorant les chairs. Les parties génitales mâles existaient encore. La tête, sans les défenses, pesait plus de quatre cents livres. Tous ces débris et les dents incisives, achetés à Yakutsk par Adams, ont été rapportés, et existent au Muséum de Pétersbourg. Des faits aussi bien constatés, dit Cuvier, ne permettent plus de douter de témoignages antérieurs et subséquens sur des restes de parties molles de Mammouth, ou même sur d'autres cadavres entiers conservés, soit dans la glace,

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soit dans la terre gelée. Sur les bords du Vilhoui, un phénomène du même genre a été observé. Près de son confluent dans la Léna, un Rhinocéros également entier a été découvert, en 1771, gelé dans le sable, avec ses chairs, sa peau et son poil. Sur les bords de l'Alaseia qui se jette dans la mer Glaciale, à l'est de l'Indigirska, un autre Eléphant tout entier fut découvert par Sarytschew (Voyage au nord-est de la Sibérie). Il était debout et couvert de sa peau encore pourvue de longs poils. Une érosion du fleuve l'avait dégagé. Enfin on possède au Muséum de Paris un morceau de peau et des mêches de crins avec des flocons de laine d'un troisième Eléphant trouvé entier sur les bords de la mer Glaciale (Tilesius, Mém. de l'Ac. des Scienc. de Pétersbourg, T. v).

L'existence de ces cadavres sur les bords de la mer Glaciale n'est pas le seul témoignage de l'antique habitation de cette espèce sur les plages sibériennes. Quelques îles de cette mer situées vis-à-vis les rivages où gissaient ces cadavres sont si remplies de leurs débris, que le rédacteur du Voyage de Billings, en parlant de l'une d'elles de trente-six lieues de long, s'exprime ainsi: Le sol est un mélange de sable, de glace et d'ossemens de Mammouth, de cornes et de crânes de Buffle (V. BOEUF) et de quelques cornes de Rhinocéros.

A peu près sous la même latitude, dans l'entrée découverte par Kotzebue au nord-est du détroit de Bering et par-delà le cercle polaire, il y a une pareille île de glace et de sable également pétrie d'os d'Eléphans. Aussi l'ivoire fossile y est-il commun, et les naturels l'emploient à divers ouvrages aussi bien que les dents de Morse et de Cachalot (Kotzebue, Voyag. T. III, p. 171).

On n'a pas encore trouvé d'os fossiles d'Eléphans en Asie plus au sud que la mer d'Aral et les bords du Jaxartes. En Amérique, sur les bords de la rivière de Cuivre, de l'Ohio, de la Susquehannah, et dans la Caroline, on a trouvé des défenses, des molaires et des ossemens de cette espèce. Dans le nord-est de l'Amérique, ces débris accompagnent ceux de Mastodonte. Il y en a un immense dépôt entre autres dans le Kentukey, à trente-six milles du confluent de l'Ohio, et à quatre milles du fleuve. Les os s'y trouvent dans la vase et dans les bords du marais au plus à quatre pieds de profondeur. On en a trouvé aussi en Virginie dans des gissemens pareils. On les retrouve avec ceux de Mastodontes jusque sur les bords du golfe da Mexique, et Humboldt a rapporté de Hue-Huetoca, près de Mexico, des lames séparées de molaires très-grandes, entièrement semblables à celles de l'Eléphant de Sibérie. Si l'on ajoute à ces observations que la France et l'Italie en possèdent aussi dans les mêmes terrains d'alluvion où se retrouvent les Buffles, les Hippopotames, etc.; qu'en Angleterre la caverne de Kirkdale, remplie d'ossemens d'Hyènes, d'Hippopotames, de Buffles, renferme aussi des restes d'Eléphans, on verra clairement que cette espèce a peuplé tout le nord du globe, qu'elle y était contem poraine des Hippopotames, des Rhinocéros, des Buffles fossiles, des Hyènes, des Mastodontes, etc. (V. ces mots); qu'elle habitait des sites analogues à ceux qu'habitent aujourd'hui les espèces vivantes, c'est-à-dire les forêts unies des plaines et le bord des fleuves, et point les montagnes ni les plateaux élevés; qu'enfin elle était plus nombreuse dans les grandes plaines qui s'inclinent vers la mer Glaciale, et que le climat de ces régions n'était guère différent de ce qu'il est aujourd'hui, puisque cet Eléphant était pourvu d'une fourrure aussi capable de le protéger contre le froid que pas un Animal actuel de ces mêmes contrées; on en conclura qu'une cause subite a éteint sa race par la même grande et universelle révolution qui détruisit toutes les espèces contemporaines.

2°. ELÉPHANT INDIEN, Elephas Indicus, Cuvier, Ossem. Foss. T. I, p.

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198, crâne, pl. 2, Fig. 2.—Phil en indoustani, en chaldéen, en syrien, en arabe, en persan, en égyptien, d'où Morphil dans l'Inde pour désigner l'ivoire, c'est-à-dire dent d'Eléphant; d'Elphil, les Grecs d'Egypte firent Elphinos, puis Delphinos; Bosare dans l'Yémen d'où Barrus employé chez les Latins depuis Horace jusqu'à Sidoine Apollinaire.—A crâne allongé, à front concave, à petites oreilles, à mâchelières marquées de rubans ondoyans. Cuvier a le premier, en 1795, signalé les caractères distinctifs des deux espèces vivantes, caractères d'autant plus importans qu'on peut les comparer sur des individus vivans, sans être obligé d'examiner leurs mâchelières. Le sommet de la tête s'élève en une sorte de double pyramide dans l'Eléphant Indien, et est presqu'arrondi dans celui d'Afrique. Ce sommet répond à l'occipital de l'Homme. Son relèvement, si considérable dans les Eléphans, tient à la nécessité de surfaces suffisantes pour l'implantation presque perpendiculaire des muscles cervicaux, lesquels s'insèrent par leur autre extrémité aux apophyses dorsales dont la grande saillie contraste avec la briéveté ou même le défaut de celles des vertèbres cervicales dont le corps est en outre extrêmement mince. De cette minceur du corps des vertèbres cervicales, il suit que leur série forme un levier trèscourt qui diminue d'autant la pesanteur de latête. Aux caractères différentiels des espèces que nous avons déjà donnés dans les généralités de cet article, nous ajouterons que la médiocrité des oreilles de l'Eléphant Indien le distingue encore mieux par son contraste avec leur énorme grandeur dans l'Eléphant d'Afrique. C'est à cette ampleur des oreilles que Cuvier a reconnu pour africains presque tous les Eléphans représentés sur les médailles romaines.

Dès la plus haute antiquité, cette espèce a été employée au service domestique et militaire par les peuples du continent indien et de ses îles. Justin et Diodore parlent des corps nombreux de ces Animaux dont Sémiramis redoutait l'impression sur ses troupes dans ses campagnes contre les Indiens. Elle y avait cru pourvoir, comme nous l'avons déjà remarqué (Mémoire sur la patrie du Chameau à une bosse, Mém. du Muséum, T. x) en faisant construire des simulacres d'Eléphans portés sur des Chameaux. Au temps d'Alexandre, leur limite occidentale était au moins à l'est de l'Indus, car Strabon (liv. 15, chap. 2) dit que Seleucus Nicanor en reçut cinq cents du roi Sandrocottus, par convention matrimoniale, en échange d'une province entière située entre les monts Paro Pamise et l'Indus jusqu'à son embouchure. Si Seleucus eût pu s'en procurer dans cette partie la plus orientale de son empire, il n'eût pas cédé une vaste province à si bon marché, lui surtout qui devait être informé de tout ce qui concernait ces Animaux, puisqu'il avait commandé en chef ceux de l'armée d'Alexandre. A l'est elle paraît habiter toute l'Indochine, les îles de la Sonde et des Célèbes. Elle existe aussi à Ceylan. Suivant ces contrées elle offre des variétés qui paraissent assez constantes pour la taille, la grandeur et la courbure des défenses. Selon Corse qui fut long-temps conservateur des Eléphans de la compagnie des Indes anglaises, la hauteur des femelles domestiques est communément de sept à huit pieds anglais, celle des mâles de huit à dix. Sur cent cinquante Eléphans employés dans la guerre contre Tippoo, il n'y en avait pas un de dix pieds anglais. Cependant on a vu des Eléphans-Indiens beaucoup plus grands. L'Eléphant du Muséum de Pétersbourg a seize pieds et demi de haut. Il avait été donné à Pierre Ier par le roi de Perse. On a déjà vu plus haut, par la proportion des défenses, que ceux de l'Indochine sont plus grands que ceux de l'Iudostan. La peau est ordinairement d'un gris tacheté de brun. Il y en a des individus tout blancs. Ces Albinos sont regardés comme les

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rois de leur espèce par les Siamois et les Péguans, et honorés en conséquence.

Tout le monde connaît les récits que l'on a faits sur l'intelligence et la moralité de cet Animal. On connaît aussi les diverses manières de le chasser, de l'apprivoiser et de le dresser aux différens exercices. Nous ne parlerons que d'un seul fait relatif à ses mœurs. On avait dit qu'il ne produis sait pas et même ne s'accouplait pas en domesticité; et cette opinion, déjà ancienne, sur laquelle on avait fait à cet Animal une réputation de pudeur et de décence presque ou plus qu'humaines, avait surtout été accueillie par Buffon. Cependant, Elien, liv. 2, chap, II, et Columelle, liv. 3, chap. 8, dans des passades cités par Cuvier, affirment que l'Eléphant reproduisait à Rome de leur temps; et qu'entre autres la plupart de ceux qui parurent dans les jeux de Germanicus, sous Tibère, étaient nés à Rome. Ces faits viennent d'être vérifiés par Corse qui a réussi récemment à faire produire l'Eléphant dans l'Inde.

3°. ELÉPHANT D'AFRIQUE, Elephas Africanus, Cuvier, Oss. Foss., p. 198, crâne, pl. 4, f. 10; Naghe des Abyssins; Manzao, Manzo au Congo.—A crâne arrondi, à larges oreilles couvrant toute l'épaule, à mâchelières marquées de losanges sur leur couronne.—Cette espèce habite aujourd'hui l'Afrique, depuis le Cap jusqu'au Niger et au Sénégal. Autrefois, et encore du temps de Pline, il habitait les forêts des plaines adjacentes à l'Atlas. Il en mentionne entre autres, liv. 6, aux environs de la ville et du fleuve de Sala et au sud des Syrtes. Strabon, liv. 17, en place aussi dans la Maurusie. Il était donc bien plus à la portée des Carthaginois de se procurer des Eléphans de leur pays que d'aller chercher des Eléphans indiens, comme quelques personnes l'avaient imaginé par le seul motif que les Nègres ne dressent pas d'Eléphans, comme si l'incapacité des Nègres dans cet art prouvait celle des Eléphans de leur pays à être instruits. Et cependant on savait déjà, et Cuvier l'a démontré par le rapprochement de plusieurs passages de Polybe, d'Appien, et par l'inscription de Ptolémée-Evergèle à Adulis, que les Eléphans dont se servirent les rois d'Egypte dans leurs guerres contre les Séleucides étaient africains, puisqu'ils venaient d'Ethiopie et du pays des Troglodytes. Agatharchides, cité par Photius, dit que Ptolémée-Philadelphe établit des chasses régulières d'Eléphans en Ethiopie. A ces preuves nous ajoutons que saint Jérôme, daus ses Commentaires sur Daniel, fixe à quatre cents le nombre que le troisième Ptolémée en entretenait, et dit que ce fut pour servir d'entrepôt et de quartier-général aux troupes employées à leur chasse qu'il bâtit Ptolémaïs Theron.

A ces résultats de critique historique, déjà établis par l'illustre Cuvier dans son histoire des ossemens fossiles, nous ajouterons qu'avant l'exemple des Ptolémées dont le chef de la dynastie en rapporta l'usage des expéditions d'Alexandre, les Carthaginois paraissent ne s'en être pas servis. Car Polybe, si attentif observateur de tout ce qui concerne les ressources industrielles et militaires des pays dont il fait l'histoire, n'en parle pas dans les guerres qu'ils soutinrent contre Timoléon et Agathocle, tandis qu'il les mentionne dans la première guerre de Sicile contre Hiéron successeur d'Agathocle. Enfin nous pouvons prouver que les Carthaginois dressaient eux-mêmes leurs Eléphans. Par un passage d'Appien (Bell. punic.) surla commission donnée à Asdrubal d'en aller prendre, lorsque Scipion l'Africain était à la veille de descendre en Afrique, et sur la rapidité avec laquelle Asdrubal exécuta cette chasse, Cuvier avait déjà établi que les Eléphans des Carthaginois étaient africains et qu'ils n'allaient pas les chercher si loin que l'Ethiopie. A quoi nous ajoutons que Polybe (liv. 15) et Tite-Live (liv. 30) citent, parmi les

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articles du traité de paix qui termina la seconde guerre punique, la condition que les Carthaginois ne dresseraient plus d'Eléphans. Les Carthaginois ne les recevaient donc pas tout dressés.

Suivant Végèce, liv. 3, leur usage dans les armées romaines, où ils furent employés contre les rois de Macédoine et de Syrie, cessa presque entièrement après la guerre de Jugurtha. Polyœnus, liv. 4, dit que les Eléphans des Romains, dans la guerre contre Persée, étaient moitié africains, moitié asiatiques. Les guerres contre les Perses en firent sans doute reprendre l'usage, car au temps de Sévère (Valère-Maxime, liv. 9, chap. 3) les armées impériales en avaient encore trois ceçts. Il ne paraît pas que leur usage ait continué en Occident après le troisième siècle. Il cessa aussi un peu plus tard en Orient. Sous Justinien, suivant Cosmas Indicopleustes (loc. cit.), on ne savait même plus les dresser en Abyssinie, Or, d'après ce que nous a dit Caillaud, il paraît que l'Eléphant d'Afrique avait. été dressé, par les Ethiopiens, au service domestique et militaire avant l'époque des Lagides: car il a vu sur les temples et les monumens du Sennaar et de l'Ethiopie, que tout indique antérieurs de beaucoup à cette époque, des représentations de cet Animal, équipé de harnois, monté par des hommes, et chargé de fardeaux.

Nous avons vu plus haut, d'après un passage de Cosmas, que de son temps c'était d'Ethiopie que l'on exportait l'ivoire employé par les arts et le commerce, dans l'Inde, en Perse et dans l'empire romain. Telle était l'abondance de l'ivoire à Jérusalem, au temps du prophète Amos, que les maisons et les meubles des particuliers en étaient décorés (Amos, chap. 3, vers. 15, et chap. 16, vers. 4). Or il n'est pas parlé d'ivoire dans la Bible avant Salomon (Reg., lib. 1, cap. 10, vers. 28, et Psalm., 45, vers. 9). Cette profusion de l'ivoire chéz les Juifs après Salomon, lorsqu'il est bien certain que la plus grande partie de l'ivoire employé dans les arts est toujours venue d'Afrique même aux Indes, est une nouvelle preuve de la position en Afrique, de cet Ophir où Salomon commerçait. D'après le grand nombre d'Eléphans africains représentés sur les médailles romaines, il paraît que la plupart de ceux que Rome employait étaient d'Afrique. Il était en effet plus commode de les tirer d'Afrique, surtout sous les empereurs, vu les difficultés que les guerres avec la Perse auraient mises à ce qu'on en pût tirer de l'Inde. Ce fut avec des Eléphans africains que Suetonius Paulinus avait ramenés de son expédition vers le Sénégal, qu'Aulus Plautius acheva, sous Claude, la conquête de la Bretagne.

On vient de voir l'histoire de l'Eléphant fossile se lier à l'histoire des révolutions de la terre et leur servir de monument, et les Eléphans d'Afrique et d'Asie prendre part aux révolutions des empires. Ces grands traits de leur histoire frappent au moins autant l'imagination que tous ces contes exagérés sur le caractère, les mœurs et l'industrie des Eléphans domestiques ou sauvages. Tout le monde connaît ces contes ou ces exagérations qu'il est au moins inutile de copier ici. Observons seulement que tout ce que Buffon a dit en outre du mode extraordinaire de leur accouplement et du mécanisme plus extraordinaire encore par lequel le petit Eléphant aurait été forcé de teter, n'a pas le moindre fondement; qu'enfin la prétendue impossibilité de produire en domesticité, admise par le même écrivain, ne porte que sur des essais mal faits, récemment démentis par les succès qu'a obtenus Corse dans l'Inde, et qu'obtinrent autrefois les Romains. (A. D.. NS.)

ELEPHANT, POIS. L'un des noms vulgaires du Centriscus Scolopax. V. CENTRISQUE. (B.)

ELEPHANT DE MER. MAM. Nom impropre et vulgaire donné au Phoque

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à museau ridé et au Morse. V. ces mots. (B.)

* ELEPHANTIS. BOT. PHAN. (Daléchamp.) Syn. de Cocotier. (B.)

ELEPHANTOPE. Elephantopus. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, Corymbifères de Jussieu, et de la Syngénésie séparée, établi par Vaillant, et adopté par Linné et par tous les botanistes modernes. H. Cassini en a séparé plusieurs espèces, pour en former le genre Distreptus (V. ce mot) dont il difière par l'aigrette et par l'inflorescence. Les caractères qu'il assigne au genre Elephantopus sont à peu pràs les suivans: calathide sans rayons, composée de fleurons égaux au nombre de quatre, réguliers et hermaphrodites; involucre cylindracé, composé de huit écailles lancéolées, acuminées, appliquées, coriaces, membraneuses, opposées par paires disposées sur quatre rangs; réceptacle nu; ovaires oblongs, comprimés, hérissés, marqués de dix côtes, et surmontés d'aigrettes composées de cinq petites écailles filiformes soyeuses, et dont la base est élargie, laminée, ovale et frangée. Dans ce genre, les calathides sont réunies en capitules solitaires à l'extrémité de longs pédoncules; elles ne s'y développent que successivement, et sont sessiles sur une sorte de réceptacle (Calatiphore de Cassini) hérissé de poils et entouré de trois grandes bractées foliacées et cordiformes. La place que Cassini assigne à ce genre au milieu de la vaste famille des Synanthérées, est la tribu des Vernoniées. Au moyen de la distinction du genre Distreptus qui, à la vérité, n'est pas admis par d'autres auteurs, les Elephantopus sont réduits à un petit nombre d'espàces. L'Elep. scaber, L., est la seule que décrive Cassini. Cette Plante habite les Indes-Orientales où on la nomme Anoschovadi. Elle est herbacée, à tige dressée, rameuse, hérissée, et à feuilles sessiles alternes amplexicaules, ovales et oblougues. L'Elephantopus tomentosus de Linné n'est regardé par Lamarck que comme une variété de la précédente espèce. Willdenow en a décrit une autre espèce sous le nom de Carolinianus, que Swartz et Michaux ont confondue avec l'Eleph. scaber de Linné. (G.. N.)

ELEPHANTUSIA. BOT. PHAN. Nom substitué par Willdenow à celui de Phytelephas, créé par Ruiz et Pavon. Les botanistes ayant admis celui qui avait la priorité, nous y renvoyons. V. PHYTELEPHAS. (G.. N.)

ELEPHAS. MAM. V. ELÉPHANT.

ELEPHAS. BOT. PHAN. Le genre que Columna nommait ainsi et que Tournefort avait adopté a été réuni par Linné au Rhinanthus. V. RHINANTHE. (A. R.)

ELETTARI. BOT. PHAN. (Rhéede.) Syn. malabare de l'Amomum grana Paradisi, L. V. AMOME. (G.. N.)

ELEUSINE. Eleusine. BOT. PHAN. Famille des Graminées, section des Chloridées, Triandrie Digynie, L. Genre composé d'un petit nombre d'espèces autrefois placées parmi les Cynosurus, et offrant des épis digités et terminaux dont tous les épillets sont unilatéraux. La lépicène est à deux valves inégales, carenées, mutiques, contenant de trois à sept fleurs. La glume se compose de deux paillettes mutiques, l'extérieure plus grande, embrassant la seconde, fortement carenée sur son dos, terminée en pointe mousse à son sommet; l'intérieure un peu plus étroite, plus mince, offrant souvent une crête longitudinale saillante sur chacun de ses côtés, et roulée autour du pistil et des étamines. La glumelle est formée de deux paléoles oblongues, obtuses, minces et membraneuses. Les étamines, au nombre de trois, ne présentent rien de remarquable. L'ovaire est ovoïde surmonté de deux styles distincts que terminent chacun un stigmate en forme de pinceau. Le fruit est plus ou moins globuleux, enveloppé dans les écailles florales. Ce genre est assez voisin des Cynosurus et des Chloris. Il se distingue du premier par l'ab-

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sence de cette réunion de bractées qui accompagne chaque épillet, et du second par ses fleurs toutes hermaphrodites, ses épillets multiflores et mutiques.

L'une des espèces les plus remarquables de ce genre est le CORACAN, Eleusine Coracana, Lamk., Ill. t. 48, f. 1, Cynosurus Coracanus, L. Cette Graminée est originaire de l'Inde où elle est cultivée. Son chaume s'élève à la hauteur de deux à trois pieds, il est noueux et un peu comprimé. Ses feuilles sont allongées, assez larges, pubescentes à leur face inférieure, assez roides; leur gaîne est comprimée et poilue sur ses bords. Les épis, réunis au nombre de trois à cinq, sont digités au sommet de la tige, leur axe est comprimé, plane. Tous les épillets sont unilatéraux, contenant souvent jusqu'à huit fleurs. Les fruits sont presque globuleux, de la grosseur d'un grain de Millet. Dans l'Inde ils servent de nourriture à la classe indigente et sont d'une très-grande ressource quand la récolte du Riz a manqué. Les autres espèces de ce genre croissent en Amérique, dans l'Inde et à la Nouvelle-Hollande. (A. R.)

ELEUTHERANTHÈRE. Eleutheranthera. BOT. PHAN. Poiteau a établi sous ce nom un nouveau genre de la famille des Corymbifères, auquel il donne pour caractères distinctifs: un involucre simple, composé de cinq folioles; un réceptacle couvert d'écailles minces ciliées au sommet, et portant de quatre à neuf fleurons hermaphrodites dont les anthères sont distinctes, caractère fort extraordinaire dans une Synanthérée. Les fruits sont hérissés de glandes et couronnés. Une seule espèce compose ce genre, c'est l'Eleutheranthera ovalifolia qui est originaire de Saint-Domingue. Ce genre est encore fort imparfaitement connu. (A. R.)

ELEUTHERATES. Eleutherata. INS. Fabricius, dont le système entomologique était spécialement basé sur les modifications des parties de la bouche, a appliqué ce nom tiré du grec, et qui signifie je rends libre, à une grande division d'Insectes (les Coléoptères) qui ont tous les mâchoires libres en dehors, et n'étant pas recouverte d'une galette comme dans ses Ulonates (Orthoptères des auteurs). Les Eleutherates ont pour caractères: bouche munie de mâchoires et d'antennes; antennules articulées, cornées, souvent au nombre de quatre; les antérieures insérées au dos des mâchoires, et les postérieures à la lèvre; quelquefois six antennules; les deux antérieures plus courtes, appuyées sur la mâchoire; les intermédiaires insérées au dos des mâchoires et les postérieures à la lèvre; chaperon horizontal, corné, arrondi, couvrant supérieurement la bouche; deux maudibules transversales, cornées, mobiles, renfermant supérieurement les côtés de la bouche; deux mâchoires libres, transversales, souvent membraneuses, comprimées, renfermant inférieurement les côtés de la bouche; lèvre inférieure libre, cornée ou membraneuse, renfermant la bouche en dessous; antennes insérées entre les yeux.

Fabricius établit six grandes coupes comprenant cent quatre-vingt-un genres, et qui sont basées sur les modifications suivantes des antennes: 1° en masse lamellée; 2° en masse perfoliée; 3° en masse solide; 4° moniliformes; 5° filiformes; 6° sétacés. V. COLÉOPTÈRES. (AUD.)

ELEUTHERIE. Eleutheria. BOT. CRYPT. (Mousses.) Le genre ainsi nommé par Beauvois est le même que le Neckera. V. NECKÈRE. (A. R.)

ELEUTHEROPODES. POIS. C'est-à-dire pied libre. Famille formée par Duméril daus sa Zoologie analytique, et qui comprend les genres Echénéide, Gobiomoroïde et Gobiomore. V. RÉMORA et GOBIE. (B.)

ELEUTHEROPOMES. POIS. C'est-à-dire opercule libre. Ordre et famille établis par Duméi il dans sa Zoologie analytique, et qui répondent à peu près aux Stritioniens de Cuvier.

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Les genres Pégase, Esturgeon et Polyodon viennent conséquemment s'y ranger. V. ces mots. (B.)

* ELFE OU ELFT. POIS. (La Chesnaye-des-Bois.) Poisson comparé au Hareng, long de deux pieds environ, ayant le dos noirâtre, le ventre blanc tachete de noir, avec une ligne longitudinale noire. Sa chair est médiocre et remplie d'arêtes; ses œufs sont fort recherchés. Il se pêche dans la baie de la Table. On ne sait à quel genre il faut le rapporter. (B.)

EUCHRYSE. Elichrysum. BOT. PHAN. Pour Hélichryse. V. ce mot. (B.)

ELIDE. Elis. INS. Genre de l'ordre des Hyménoptères, fondé par Fabricius (Syst. piezat., p. 24), comprenant plusieurs mâles de Myzines et de Scolies. V. ces mots. Le corps des individus de ce sexe est très-étroit, ce qui les avait fait regarder par Fabricius comme un genre distinct. L'erreur dans laquelle il est tombé est une nouvelle preuve de l'importance qu'on doit donner à l'étude des mœurs et à celle des sexes. (AUD.)

ELIDE. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. de Smilax. V. ce mot. (B.)

ELIOCARMOS. BOT. PHAN. (Reneaulme.) Syn. d'Ornitogale ombellé. (B.)

ELIONURE. Elionurus. BOT. PHAN. Willdenow, ayant eu en communication une partie des Plantes rapportées de l'Amérique par Humboldt et Bonpland, avait constitué un genre de la famille des Graminées et de la Triandrie Digynie, L., sur une Plante indigène de la province de Caraccas, et à laquelle il avait donné le nom d'Elyonurus tripsacoïdes. Réformant la description et l'orthographe du nom de cette Plante, Kunth (Nov. Gener, et Spec. Plant, œquinoct. I, p. 192) établit ainsi les caractères du genre Elionurus: deux épillets uniflores, dont l'un est hermaphrodite et sessile, l'autre mâle et pédicellé; l'epillet hermaphrodite a les deux valves extérieures coriaces, les deux paillettes intérieures (Glumes, Rich.) membraneuses et mutiques, deux écailles hypogynes, trois étamines, deux styles, des stigmates en forme de peignes. Ce genre, selon Sprengel, est le même que l'Anatherum de Beauvois; ses paillettes mutiques le distinguent de l'Andropogon dont il est d'ailleurs très-rapproché. Ses espèces sont au nombre de deux, décrites et figurées avec soin par Kunth (loc. cit. tab. 62 et 63) sous le noms d'Elionurus tripsacoïdes et E. ciliaris. Elles croissent dans la république de Colombie, cidevant royaume de la Nouvelle-Grenade, près de Mariquita, et dans les forêts qui avoisinent l'Orénoque, près d'Emeralda. Ce sont des Graminées touffues, rameuses, et exhalant une odeur aromatique qui ressemble à celle de la Térébenthine. Leurs feuilles sont linéaires, planes; leurs épis solitaires au sommet du chaume et articulés. (G.. N.)

* ELITIS. BOT. V. HELZINE.

* ELLEBORASTER. BOT. V. HELLEBORASTER.

ELLÉBORE, BOT. PHAN. Pour Hellébore. V. ce mot. (B.)

ELLÉBORINE. BOT. PHAN. V. HELLÉBORINE. (B.)

* ELLESCUS. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Tétramères, famille des Charansonites, établi par Megerle aux dépens du grand genre Charanson, et dont les caractères ne sont pas encore publiés. Les principales espèces sont le Curculio scaninus, Fabr.; C. Carpini, Fabr.; l'Ellescus sericeus, Meg. Les deux premières sont de Suède et la troisième propre à l'Autriche. Le baron Dejean (Catal. des Col.) en mentionne huit espèces, toutes propres à l'Europe. (G.)

* ELLIOTTIA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Ericinées et de l'Octandrie Monogynie, L., établi par Muhlenberg et adopté par Nuttal (Gener. of North Amer. Plants, 1er vol. addit.) qui l'a ainsi caractérisé:

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calice infère, à quatre dents; corolle à quatre divisions profondes; stigmates en massue; capsule quadriloculaire. Ce genre est très-voisin du Clethra dont il diffère surtout par le nombre des parties.

La Plante qui le constitue est un Arbrisseau de l'Amérique du nord, dont les branches effilées sont garnies de feuilles alternes et entières. Ses fleurs sont disposées en grappes terminales. (G.. N.)

ELLIPSOLITHE. Ellipsolithes. MOLL. Ce genre proposé par Montfort est un démembrement des Ammonites; il en présente tous les caractères, si ce n'est qu'il s'enroule sur un plan ovale au lieu de le faire sur un plan circulaire. On avait cru d'abord que c'était une véritable Ammonite qui, ayant été pressée dans les couches de la terre, avait pris accidentellement cette forme; mais comme il y en a plusieurs espèces distinctes, ce que Brongniart a mis hors de doute dans la Géologie des environs de Paris (pl. 7, fig. 1, 2), il est possible de les regaider comme une des anomalies nombreuses qui se remarquent dans la famille des Ammonées, et non comme un accident propre à des espèces indéterminées. Comme ce genre ne repose que sur ce seul caractère de la forme elliptique, nous pensons qu'il n'est point suffisant pour constituer un genre, et que celui-ci devra rentrer parmi les Ammonites dont elles feront une petite section. (D.. H.)

* ELLIPSOSTOMES. Ellipsostomata. MOLL. Dans le tableau conchyliologique inséré à la suite de l'article CONCHYLIOLOGIE du Dictionnaire des sciences naturelles par Blainville, nous voyons cette expression appliquée à toutes les espèces de Coquilles qui ont une bouche ou ouverture entière ovale dans un sens ou dans l'autre. (D.. H.)

ELLISIE. Ellisia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Borraginées et de la Pentandrie Monogynie, institué par Linné et adopté par Jussieu, Lamarck et Gaertner fils, qui l'ont ainsi caractérisé: calice à cinq divisions profondes, ovales, aiguës et étalées; corolle infundibuliforme, presque campanulée, plus petite que le calice, à cinq divisions obtuses; cinq étamines non saillantes, insérées à la base de la corolle; stigmate bifide; fruit capsulaire, enveloppé par le calice qui s'est accru, coriace, rempli d'une pulpe dans laquelle sont logées les graines, uniloculaire et bivalve (d'après Gaertner fils), quadriloculaire avant la maturité, ensuite simplement biloculaire ou même presque uniloculaire par l'effet du dessèchement et du retrait d'une partie de ses cloisons (Lamk. Dict. Encycl.). Cette pulpe ou conceptacle séminifère est produite par l'accroissement du réceptacle après la maturité. Les graines sont au nombre de deux dans chaque loge et placées l'une sur l'autre. Gaertner fils (Carpologia, p. 33) ajoute qu'il y a une identité presque parfaite entre le fruit de l'Ellisia et celui de l'Hydrophyllum, autre genre de Borraginées près duquel Jussieu l'avait placé. La Plante qui a servi de type au genre Ellisia avait d'abord été placée dans le genre Polemonium par Linné qui lui conserva le nom spécifique de Nyctelea, quand il l'en eut séparé (Mantiss. 536, Nov. Act. Upsal. T. I, p. 97, t. 5). Elle a une tige herbacée, fragile, dicholome, très-rameuse et couchée; des feuilles alternes, pétiolées, pinnatifides, à découpures aiguës et marquées d'une dent de chaque côté, en un mot presque semblables à celles de l'Hydrophyllum. Les fleurs dont la corolle est blanche, tachetée de petits points pourprés, sont penchées et solitaires au sommet de longs pédoncules. Cette Plante est indigéne du nord de l'Amérique, et principalement de la Virginie. Nuttal (Genera of North Amer. Plant. T. I, p. 118) en décrit une seconde espèce qui croît sur les bords du Missouri et à laquelle il donne le nom d'Ellisia ambigua.

Quant à l'Ellisia acuta de Linné (Amœn. Acad. 5, f. 400) et de P. Brow-

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ne (Jam., 262), elle a été avec raison réunie au genre Duranta par Jacquin et Willdenow. V. DURANTE. (G.. N.)

* ELMINS. INS. V. HELMINS.

ELMIS. Elmis. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Clavicornes, tribu des Byrrhiens, établi par Latreille, et dont les caractères sont: antennes aussi longues que le corselet, presque de la même grosseur dans toute leur étendue, et se terminant par un article à peine plus grand; palpes presque filiformes, très-courts, avec le dernier article un peu plus grand, ovale, cylindrique; les maxillaires un peu plus longs; pates imparfaitement contractiles, grêles; tarses presqu'aussi longs qu'elles, point appliqués contre les jambes, avec leur dernier article et ses crochets allongés.

Ces Insectes ont le corps ovalaire, convexe en dessus, plat en dessous; la tête est petite, enfoncée jusqu'aux yeux dans le corselet, et la bouche se renferme dans une mentonnière formée par le sternum; le corselet est presque carré et rebordé; les élytres sont voûtées, embrassent l'abdomen et recouvrent deux ailes; les pates sont assez grandes, avec les cuisses oblongues et renflées et les jambes allongées, presque cylindriques et sans épines. Ce genre se distingue des Nosodendres en ce que ceux-ci ont les antennes en massue brusque, perfoliée, de trois articles; et des Dryops, parce qu'ils ont les antennes proliferes, et se logeant dans des cavités sous les yeux.

Illiger, dans le Magasin entomologique (1806) a reproduit ce même genre sous le nom de Limnius. Panzer l'avait confondu avec les Dytiques, et Marsham avec les Chrysomèles.

Ces Insectes sont tous de très-petite taille; ils vivent dans les ruisseaux sous les pierres auxquelles on les trouve attachés par les pates. Carcel, jeune entomologiste très-zélé, nous a dit en avoir trouvé grimpant contre la tige de Plantes aquatiques. Ce genre n'est pas très-nombreux; Dejean (Catal. des Col.) en mentionne huit espèces, toutes propres à l'Europe; les principales sont:

L'ELMIS DE MAUGÉ, Elmis Maugetii, Latr., Hist. Nat. des Fourmis, et Mém., p. 396, pl. 12, f. 6; Hist. Nat. des Crust, et des Insect. T. IX, p. 299; Limnius œneus? Müll. (Ill. Mag., 1806, p. 202). Maugé a trouvé cette espèce à Fontainebleau dans un ruisseau.

ELMIS DE DARGELAS, Elmis Dargelasii, Latr., Gen. Crust. et Insect. T. II, p. 51; Limnius pigmœus, Müller (Illig. Mag., 1801). Cette espèce se trouve à Paris. (G.)

ELODE. Elodes. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Serricornes, tribu des Cébrionites, établi par Latreille, et dont les caractères sont d'avoir les mandibules cachées en grande partie sous le labre; les palpes maxillaires pointus à leur extrémité, les labiaux fourchus; le corps presque rond, les pieds postérieurs presque semblables aux autres, et non propres à sauter; et le pénultième article des tarses bilobé. Ces Insectes sont en général de petite taille; ils sont très-agiles et se tiennent sur les Plantes des bords des étangs et des mares.

Fabricius et ensuite Paykull avaient connu et distingué ces Insectes sous le nom générique de Cyphon, mais Latreille a jugé convenable de changer ce nom en celui d'Elode. Les principales espèces de ce genre sont:

L'ELODE PALE, E. pallidus, Latr., Cyphon pallidus, Fabr., Payk. Cette espèce est assez commune dans le nord de la France.

L'ELODE GRIS, E. griseus, Latr., Cyphon griseus, Fabr. Petite espèce très-commune à Paris. Dejean (Catal. de Coléopt. p. 35) en mentionne dix espèces dont neuf se trouvent à Paris et une en Dalmatie. (G.)

ELODEE. Elodea. BOT. PHAN. Genre établi par le professeur Richard

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(in Michx. Flor. Bor. Am.), et faisant partie de la famille naturelle des Hydrocharidées. Il se compose de trois espèces américaines dont deux croissent dans l'Amérique méridionale, et la troisième aux Etats-Unis. Voici les caractères qui distinguent le genre Elodea: ses fleurs sont très-petites et hermaphrodites, renfermées dans une spathe tubuleuse, allongée, étroite, s'ouvraut latéralement. Le calice est étalé, à six divisions ovales, dont trois intérieures sont un peu plus étroites et plus minces. Les étamines, au nombre de trois, alternent avec les divisions internes du calice; leurs anthères sont terminales, cordiformes, arrondies. L'ovaire est linéaire, aliongé, terminé en une longue pointe à son sommet; les trois stigmates sont oblongs, cunéiformes et bifides. Le fruit est une péponide allongée, trigone, contenant un petit nombre de graines dans une cavité unique. Les graines sont presque cylindriques, obtuses à leurs deux extrémités. Les trois espèces qui formeut ce genre sont de petites Plantes herbacées, vivant au milieu des eaux ou sur le bord des lacs et des ruisseaux. Leur tige est rameuse; leurs feuilles verticillées et leurs fleurs solitaires à l'aisselle des feuilles. Une espèce nouvelle a été parfaitement décrite et figurée par le professeur Richard, dans son Mémoire sur la famille des Hydrocharidées (Mém. Inst. des Sciences phys. 1811). C'est l'Elodea Guyannensis, Rich., loc. cit. T. I, petite Herbe annuelle, croissant dans l'eau comme les Callitriches. Sa tige longue de quatre à neuf pouces, presque simple ou peu ramifiée, est cylindrique, filiforme et striée. Les feuilles sont verticillées, et chaque verticille se compose de trois à neuf feuilles sessiles, linéaires, lancéolées, très-aiguës, planes, diaphanes, marquées de stries longitudinales et bordées de dents d'une extrême ténuité. Les fleurs sont fort petites, axillaires, solitaires, éloignées les unes des autres, d'abord sessiles, puis s'élevant insensiblement lorsqu'elles sont sorties de la spathe qui les renfermait. Cette Plante a été découverte par le professeur Richard dans l'eau des fossés et des ruisseaux du continent de la Guiane française. Humboldt et Bonpland en ont trouvé une seconde espèce sur les bords de l'Orénoque; c'est l'Elodea Orinocensis. Enfin la troisième espèce, qui croît au Canada d'où elle a été rapportée par André Michaux, est nommée Elodea Canadensis. (A. R.)

ÈLODÉS. BOT. PHAN. Adanson appelait ainsi un genre formé aux dépens des Millepertuis, et dont l'Hypericum Elodes était le type. Ce genre n'a pas été adopté. V. MILLEPERATUIS. (B.)

ELODIE. MOLL. Nom donné par quelques auteurs au genre Serpicule. V. ce mot. (D.. H)

ELOPE. Elops. POIS. Genre formé par Linné dans l'ordre des Abdominaux, et adopté par tous les naturalistes. Cuvier place les Elopes parmi les Malacoptérygiens abdominaux dans la famille des Clupes, et le caractérise de la manière suivante: leurs mâchoires sont exactement constituées comme celles des Harengs proprement dits, auxquels ils ressemblent par la disposition des nageoires; mais on leur compte trente rayons ou plus à la membrane des branchies, et leur ventre n'est point tranchant et dentelé. Ils ont des dents en velours; une épine plate arme les bords supérieur et inférieur de la caudale. Selon Forskahl ils n'auraient pas de cœcum, et leur vessie natatoire règnerait tout le long de l'abdomen.

Linné ne mentionna qu'une seule espèce d'Elope, Elops Saurus, pour laquelle il adopta comme synonyme le Saurus maximus de Sloane (Jam., II, p. 284, t. 241), dont la figure a été reproduite dans l'Encyclopédie (pl. 72, f. 299). Cuvier (Règn. Anim. T. II, not. 2, p. 177) repousse ce rapprochement, parce que le Poisson de Sloane est l'Esox synodus du même Linné, et appartient à un tout autre

TOME VI. 9

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genre. V. SAUMON. Il pense que l'Argentina Carolina présente de grands rapports avec ce Poisson, et que c'est a tort que Catesby n'a pas marqué de nageoire dorsale dans la figure qu'il en a donnée (Cor. II, tab. 24) et qu'a encore reproduite Bonnaterre (pl. 72, fig. 300). La figure de Catesby nous paraît devoir être assez bonne, et nous ne voyons pas comment on eût pu y omettre un trait aussi caractéristique qu'une dorsale. Quoi qu'il en soit, l'Argentina machnata, L., des mers d'Afrique, qui est le Lak des Nègres de Guinée, et qu'Adanson regardait comme le même Poisson que l'Elops Saurus, paraît être une seconde espèce du même genre. On ne connaît rien des mœurs de ces Poissons, entre les figures, les descriptions et la synonymie desquels règne encore quelque obscurité. (B.)

ELOPHILE. Elophilus ou Helophilus. INS. Genre de l'ordre des Diptères, fondé par Meigen et rangé par Latreille (Règn. Anim. de Cuv.) dans la famille des Athéricères, division des Syrphies, avec ces caractères: antennes sensiblement plus courtes que la tête; une éminence en forme de tubercule sur le museau; antennes écartées, ayant leur palette ou dernier article aussi longue ou plus longue que large, avec la soie insérée au-dessus de la jointure de cet article avec le précédent. Ces Insectes ressemblent beaucoup aux Eristales et n'en diffèrent essentiellement que par la palette des antennes et par un corps généralement moins velu. Plusieurs, ont le facies de l'Abeille domestique et se rapprochent de plusieurs autres Hyménoptères par la disposition des couleurs. Leurs larves, qui ont été appelées Vers à queue de Rat par. Réaumur (Mém. sur les Ins. T. IV, p. 442), sont remarquables par une queue très-longué et dont les usages sont fort singuliers. En effet, elle est l'organe respiratoire de l'Animal. Celui-ci habite le fond des eaux stagnantes ou corrompues, et il prolonge sa queue jusqu'à la surface. Réaumur ayant place ces larves dans un vase, et y ayant successivement ajouté de l'eau, s'est assuré que les tuyaux respiratoires ne pouvaient guère s'allonger au-delà de cinq pouces; passé ce terme, les larves abandonnaient le fond du vase et s'attachaient à ses parois, de manière à tenir toujours l'extrémité de leur queue en contact avec l'air, et par conséquent au niveau de la surface du liquide; la queue est composée de deux tuyaux, dont l'un, comme ceux de nos lunettes, peut rentrer entièrement dans l'autre. Ils sont composés de fibres annulaires, et lorsque ces fibres sont réduites à avoir moins de diamètre, chaque tuyau gagne en longueur ce qu'il a peidu en largeur; aussi quand la queue a été portée à une longueur excessive, elle paraît beaucoup plus déliée que lorsqu'elle était raccourcie, et elle ressemble alors à un gros filet. Le tuyau de la respiration est terminé par un petit mamelon brun dans lequel Réaumur a cru voir deux trous destinés à donner entrée à l'air. Le mamelon qui reçoit celui-ci est élevé au-dessus de la surface de l'eau, et c'est apparemment pour aider à l'y tenir en équilibre, que cinq petits corps terminés en pointe et qui ressemblent à autant de pinceaux de poils, partant de son origine, sont étendus et flottent sur l'eau. L'intérieur du corps des larves contient deux grosses trachées qui se prolongent dans la queue et aboutissent aux deux orifices dont il vient d'être question.

Les larves abandonnent l'eau au moment de leur transformation en nymphe, et s'enfoncent dans la terre; la queue se raccourcit; le corps devient plus gros et l'enveloppe ou la coque de cette nymphe présente quatre éminences, sortes de cornes qui ne sont autre chose que des organes respiratoires. Huit ou dix jours après cette métamorphose, on voit paraître l'Insecte parfait.

Latreille place dans le genre Elophile les Eristales pendulus, florens, arbustorum, glaucus et ru-

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ficornis de Fabricius. L'espèce la mieux connue et la plus commune est:

L'ELOPHILE ABEILLIFORME, Elophilus apiformis, Latr., ou la Musca tenax de Linné; figurée par Réaumur (loc. cit. T. IV, pl. 20, fig. 7). On la trouve communément aux environs de Paris. La larve vit dans les eaux bourbeuses, les égoûts et les latrines. (AUD.)

ELOPHORE. Elophorus. INS. Genre de l'ordre de Coléoptères, section des Pentamères, famille des Palpicornes, tribu des Hydrophiliens, établi par Fabricius aux dépens du genre Silpha de Linné, et dont les caractères sout: mandibules sans dents à leur extrémité; palpes maxillaires un peu plus courts que les antennes, avec le dernier article plus gros et ovale; massue des antennes ne commençant qu'au sixième article. Ces Insectes diffèrent des Boucliers par les antennes, des Dermestes par les mandibules et les mâchoires, et des Hydrophiles par les mandibules, les mâchoires, les palpes et les tarses. Ce sont de petits Insectes qui vivent dans l'eau et nagent ordinairement à sa surface où ils se tiennent sur la Lentille d'eau, la Conferve, et autres Plantes aquatiques. Selon Schrank, ils se nourrissent des larves d'autres Insectes et des dépouilles des Grenouilles. Quand cet Insecte se trouve dans l'eau, il cache toujours ses antennes au-dessous de sa tête, et de fait paraître que les palpes qu'il tient dans un mouvement continuel; mais quand il marche sur le sec, il avance les antennes. La larve est entièrement inconnue.

Ce genre est peu nombreux en espèces: Dejean (Catal. des Coléopt., p. 50) en mentionne sept, toutes propres à l'Europe. Les principales sont:

L'ELOPHORE AQUATIQUE, Elophorus aquaticus, Fabr., Oliv., Latr.—Silpha aquatica, Linn., Syst. Nat., ed. 13, T. I, p. 573.—Faun. Suec., ed. 2, n. 461.

Le DERMESTE BRONZÉ, Deg., Mém. sur les Ins., p. 379, pl. 18, f. 5, 6. Il est très-commun dans toute l'Europe, dans les eaux douces et stagnantes. (G.)

ELOPS. POIS. V. ÉLOPE.

* ÉLORIODE. OIS. Espèce de Bécasseau. V. ce mot. (B.)

* ELPHÉGÉE. Elphegea. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, Corymbifères de Jussieu, et de la Syngénésie nécessaire, L., établi par Cassini qui l'a placé dans la tribu des Astérées auprès du Baccharis et du nouveau genre Sarcanthemum. Voici les caractères qu'il lui a assignés: calathide radiée, formée de plusieurs fleurs mâles et régulières au centre, et d'une seule série de fleurs en languettes femelles à la circonférence; involucre presque hémisphérique composé d'écailles imbriquées, appliquées, ovales, coriaces et bordées d'une membrane; réceptacle nu et plane; ovaires des fleurs de la circonférence oblongs, hérissés, pourvus d'un bourrelet basilaire, surmontés d'aigrettes irrégulières composées de petites écailles filiformes, laminées, un peu soyeuses, inégales et entregreffées à la base; faux ovaires du disque réduits au seul bourrelet basilaire, portant une aigrette semblable à celles des fleurs marginales.

H. Cassini a décrit sept espèces de ce genre, auxquelles il a donné les noms d'Elphegea crenata, E. latifolia, E. lanceolata, E. quinquenervia, E. dentata, E. minor, E. hirta. Ces deux dernières avaient déjà été décrites par Lamarck dans l'Encyclopédie, l'une sous le nom de Baccharis viscosa, l'autre sous celui de Conyza lithospermifolia. Ce sont des Arbrisseaux à feuilles alternes pétiolées et à fleurs jaunes nombreuses, qui habitent tous les îles de France et de Bourbon. (G.. N.)

ELPHIDE. Elphidium. MOLL. Ce genre, établi par Montfort (Conchyl. Syst. T. I, p. 14) pour an petit corps microscopique qu l'on trouve assez souvent dans les sables et les Eponges.

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de la Méditerranée, a été caractérisé ainsi par son auteur: coquille libre, univalve, cloisonnée, en disque, et contournée en spirale aplatie, sans ombilic; le dernier tour renfermant tous les autres; ouverture triangulaire fermée par la dernière cloison, qui est percée à la partie supérieure d'un seul trou qui se répète sur toutes les autres; cloisons simples. Montfort avait rapproché ce petit corps des véritables Nautiles avec lesquels il a des rapports; mais Férussac, dans ses Tableaux Systématiques, l'a placé comme quatrième groupe du genre Lenticuline, les Rondelles, qui renferment les Phonèmes et le genre qui nous occupe. Ce rapprochement nous semble assez juste pour qu'on doive le conserver. Montfort n'a cité qu'une seule espèce dans ce genre, l'ELPHIDE DE SOUFFLÉ, qui a été figuré sous le nom de Nautilus macellus par Fichtel et Moll, pag. 68, tab. 10, fig. h, i, k, dans leur Testacea Microscopica. (D.. H.)

ELSHOLTZIE. Elsholtzia. BOT. PHAN Genre de la famille des Labiées et de la Didynamie Gymnospermie, L., établi par Willdenow aux dépens de quelques Hyssopus de Lamarck. Il est ainsi caractérisé: calice tubuleux à cinq dents; corolle bilabiée; lèvre supérieure quadridentée, l'inférieure plus longue que celle-ci, indivise et légèrement crénelée; étamines écartées. L'auteur de ce genre n'en a décrit que deux espèces, savoir: 1° Elsholtzia cristata, Willd., Hyssopus cristatus, Lamk., Encycl., Plante des bords du lac Baîkal en Sibérie, et qui a été décrite par Pallas sous le nom de Mentha Patrini; 2° E. paniculata, Willd., Hyssopus paniculatus, Lamk., Encycl., espèce des Indes-Orientales, figurée dans Rhéede (Hort. Malab., 10, p. 127, t. 65). Persoon (Enchirid. T. II, p. 114) y a joint la Mentha ocymoides de Lamarck, qui est indigène de Pondichéry. Enfin Poinst (Encycl., second Supplément, p. 665 a prétendu que le genre Colebrookea de Smith, ainsi que le Barbula de Loureiro, étaient identiques avec celui qui fait le sujet de cet article. Mais comme cette identité ne pourrait être prouvée qu'en voyant les Plantes elles-mêmes, et que d'ailleurs le Barbula n'est autre, selon R. Brown (Nov. Holl., p. 506), que le Plectranthus de l'Héritier, nous ne saurious admettre la fusion de ces genres. Il a existé un autre genre Elsholtzia ou Elzholtzia formé par Necker, aux dépens des Lecythis ou avec le Couroupita d'Aublet, mais qui n'a pas été adopté. (G.. N.)

ELSOTA. BOT. PHAN (Adanson.) Syn. de Securidaca, L. V. ce mot. (B.)

ELVASIA. BOT. PHAN Ce genre, décrit par De Caudolle dans son Mémoire sur les Ochnacées (Ann. du Muséum, T. XVII, p. 422), est rapporté par lui avec doute à cette famille. Ses caractères sont: un calice à quatre divisions profondes avec lesquelles alternent quatre pétales; huit étamines à filets assez longs et à anthères ovoïdes, s'ouvrant par deux fentes; un péricarpe à quatre loges. Le fruit n'est pas connu. L'espèce unique de ce genre, E. calophyllea, est ainsi nommée, parce que ses feuilles alternes et oblongues ont leurs nervures pennées régulièrement comme dans les Calophyllum (V. loc. cit., tab. 31). C'est un Arbrisseau du Brésil. (A. D. J.)

ELVÈLE. BOT. CRYPT. (Scopoli.) V. NOSTOC. (B.)

ELVELLE. BOT. CRYPT. Pour Helvelle. V. ce mot. (B.)

ELWANDOU. MAM. (Knox.) D'ou probablement Ouanderou. Nom par lequel on désigne à Ceylan le Singe, que certains naturalistes ont ainsi appelé, V. MACAQUE. (B.)

ELYMAGROSTIS. BOT. PHAN. Plusieurs botanistes ont désigné sous ce nom diverses Graminées. (B.)

ÉLYME. Elymus. BOT. PHAN Genre de Graminées, très-voisin

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des Triticum et des Hordeum dont il diffère par les caractères suivans: ses fleurs forment un épi simple, dont les épillets sont sessiles et réunis au nombre de deux à cinq sur chaque dent de l'axe. Chaque épillet contient de trois à neuf fleurs. La lépicène se compose de deux valves presque égales, aiguës, mutiques, qui manquent dans une espèce (Elymus hystrix; L.). Ces deux valves appartenant à chaque épillet, forment à chaque dent de l'axe une sorte d'involucre, comme on l'observe dans le genre Hordeum. La glume offre deux paillettes, dont l'extérieure est entière et se termine à son sommet par une soie quelquefois très-courte; la supérieure ou interne est émarginée supérieurement et bifide. Les deux paleoles de la glumelle sont ovales, entières et poilues. L'orvaire est surmonté d'un style profondément biparti portant deux stigmates plumeux; le fruit offre un sillon longitudinal, et est enveloppé dans les écailles florales. Le genre se rapproche de l'Orge par ses épillets réunis plusieurs ensemble à chaque dent de l'axe; mais il s'en distingue par ces mêmes épillets multiflores, tandis qu'ils sont uniflores dans toutes les espèces d'Hordeum. Il a aussi beaucoup de ressemblance avec les Fromens, par son port et la structure de ses fleurs. Mais dans les Fromens, les épillets sont solitaires à chaque dent de l'axe, tandis qu'ils sont réunis plusieurs ensemble dans le genre qui nous occupe. On en compte environ une vingtaine d'espèces, qui sont en général des Graminées vivaces, à racine rampante, d'un aspect roide tout particulier. L'Elymus arenarius, qui croît en France, est cultivé dans les endroits sablonneux pour fixer les sables mouvans par ses racines longues et rampantes. V. DUNES. Du reste, les espèces de ce genre sont peu intéressantes. (A. R.)

ÉLYNE. Elyna. BOT. PHAN. Famille des Cypéracées et Triandrie Monogynie, L. Schrader (Flor. Germanica, 1, p. 155) a séparé sous ce nom générique le Carex Bellardi d'Allioniou Kobresia scirpina, Willd., en lui assignant les caractères suivans: glumes du calice univalves, uniflores et imbriquées le long de l'axe de l'épi. L'enveloppe florale intérieure, que Schrader nomme corolle, est double; l'extérieure, plus grande, appliquée contre le rachis; l'intérieure, plus étroite, latérale et enveloppant les organes sexuels; il y a trois stigmates, et la cariopse n'est pas ornée de soies. Ce genre ne se compose que d'une seule espèce; mais cette espèce a reçu huit noms différens. Placée d'abord parmi les Carex, elle a été nommée C. Bellardi par Allioni, C. myosuroides par Villars, C. dioica par Lamarck et C. hermaphrodila par Gmelin. Wahlenberg en fit une espèce de Scirpe, sous le nom de Scirpus Bellardi. Wulfen a proposé pour elle le nom générique de Frœlichia, qui n'a pas été admis; enfin Willdenow l'ayant comprise dans son genre Kobresia, la nomma K. scirpina, et c'est sous cette dernière dénomination qu'elle est décrite dans la Flore Française. L'Elyna spicata, Schrad., est une petite Plante dont les feuilles sont filiformes, l'épi simple, très-grêle, formé de petites fleurs à double écaille. Elle croît dans les Alpes de Laponie, et dans celles de l'Europe tempérée depuis la Styrie et la Bavière jusque sur les frontières de la France. (G.. N.)

ÉLYONURE. BOT. PHAN V. ELIONURE.

ÉLYTRAIRE. Elytraria. BOT. PHAN. Genre de la famille des Acanthacées, établi par le professeur Richard (in Michx. Fl. Bor. Am.) et adopté par Vahl, Kunth et tous les botanistes modernes. Son calice est à quatre divisions profondes et un peu inégales, dressées; l'antérieure est bidentée à son sommet et un peu plus large que les autres. La corolle est tubuleuse, infundibuliforme; son limbe est à cinq divisions obtuses et un peu inégales. Les étamines sont au nombre de quatre dont deux restent ru-

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dimentaires; elles sont incluses; les anthères sont biloculaires et portées sur des filamens très-courts. L'ovaire est ovoïde-allongé, entouré d'un disque hypogyne, annulaire, marqué de deux sillons longitudinaux, opposés; le style est allongé, terminé par un stigmate formé de deux lamelles fort inégales, la plus grande est arrondie et recourbée. Le fruit est une capsule ovoïde, recouverte par le calice, à deux loges, contenant chacune un petit nombre de graines sans crochets.

Les espèces de ce genre sont au nombre de six à huit, croissant toutes dans les deux Amériques ou dans l'Inde. Ce sont des Plantes herbacées, généralement sans tiges ou pourvues quelquefois d'une tige simple et feuillée. Les pédoncules naissent du centre des feuilles radicales; ils sont entièrement recouverts d'écailles, et se terminent par un ou plusieurs épis de fleurs assez souvent bleues, accompagnées chacune de trois bractées inégales, étroitement imbriquées les unes sur les autres et cachant en partie les fleurs.

Michaux en a rapporté une espèce de la Caroline inférieure, Elle est décrite et figurée dans la Flora Bor. Am. 1, p. 8, t. 1, sous le nom d'Elytraria virgata. C'est le Tubiflora Caroliniensis de Gmelin (Syst.). Vahl (Enumer. Plant. 1, p. 106) en décrit cinq espèces, savoir: celle de Michaux, deux nouvelles, Elytraria lyrata et Elytr. marginata, et deux autres qui sont les Justicia acaulis et Just. purpurea, L. Kunth (in Humb. Nov. Gen. 2, p. 234) a fait connaître trois espèces nouvelles de ce genre qu'il nomme Elytraria frondosa, Elytr. fasciculata et Elytr. ramosa. (A. R.)

* ELYTRES. Elytra. ZOOL. Ce mot est emprunté de celui qui signifie en grec un étui. Savigny (Système des Annelides, pag. 9) l'applique à des appendices remarquables, sorte d'écailles dorsales qu'on observe quelquefois à certaines paires de pieds dans la famille des Aphrodites. Ces Elytres, quand elles existent, sont au nombre de douze paires au moins et de treize au plus, pour les vingt-trois ou vingt-cinq segmens qui paraissent composer essentiellement le corps; elles sont suivies ou non suivies d'une ou plusieurs autres paires d'Elytres surnuméraires: les unes et les autres sont formées de deux membranes susceptibles de s'écarter et de laisser un vide entre elles; la membrane supérieure est épaisse, quelquefois cornée; l'inférieure est mince, prolongée, sous son côté externe, en un pédicule tubuleux qui s'attache sur la base des rames sans branchies, presque au même point où serait insérée la branchie elle-même. Savigny (loc. cit., p. 27) donne les éclaircissemens qui suivent sur les Elytres: "Il y a, sans aucun doute, analogie entre les écailles dorsales de certaines Annelides et les Elytres ou ailes de certains Insectes, et cela suffit pour justifier la préférence que nous donnons au mot Elytres sur celui d'écailles; mais il s'en faut qu'il y ait identité parfaite. Il y a analogie dans l'insertion, dans la position dorsale; dans la substance tantôt cornée, tantôt membraneuse; dans la forme plus ou moins déprimée; dans la structure qui résulte également de l'union de deux membranes; car les Elytres des Annelides sont des espèces d'utricules qui communiquent par leur pédicule tubuleux avec l'intérieur du corps, et qui même, dans la saison de la ponte, se gonflent et se remplissent d'œufs. Mais si elles partagent l'organisation vésiculaire aes ailes des Insectes, elles n'en ont ni la transparence ordinaire, ni la sécheresse, ni la fragilité; elles n'en-ont point les nervures ou les vaisseaux aériens. D'ailleurs les ailes des Insectes possèdent bien d'autres caractères qui leur sont exclusivement propres: leur nombre est très-limité; elles sont articulées à leur segment; elles ont de puissans muscles pour les mouvoir; elles ne sont totalement développées que dans l'âge adulte, après la dernière mue." Ce rapprochement de

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Savigny est très-juste en tant que l'on considère ces Elytres comme les appendices de l'arceau supérieur de l'Animal; et dans ce sens, il y a analogie parfaite avec les mêmes parties chez les Insectes. L'organisation, le nombre et les usages ne sont pas des caractères suffisans pour détruire cette analogie remarquable. Nous serons mieux compris en renvoyant aux considérations que nous avons présentées à la fin de notre article AILE.

On désigne sous ce nom d'Elytres, les premières ailes chez les Insectes, lorsqu'elles sont cornées. L'ordre entier des Coléoptères est caractérisé par la présence des Elytres. Dans presque tous, elles sont fort dures et recouvrent la seconde paire d'ailes. Elles abritent aussi la partie supérieure du corps qui, toujours coriace quand elle est à nu, roste plus ou moins molle lorsqu'elle est protégée par cette sorte de bouclier. Les Elytres nommées aussi étuis, vaginœ alarum, alœ vaginantes, présentent plusieurs parties: la base, fixée au mésothorax à l'aide de diverses petites pièces; l'extrémité ou le sommet opposé à la base, un bord antérieur et un bord postérieur ou interne nommé aussi suture; enfin, deux faces, l'une supérieure et l'autre inférieure. Ces mêmes appendices ont des formes, des proportions, une texture, etc., assez variées, et qui leur ont valu plusieurs dénominations importantes à connaître pour la classification.—Quant à leurs proportions, elles sont allongées, elongata, c'est-à-dire plus longues que l'abdomen; moyennement longues, mediocria, si elles ont une longueur qui lui est égale; courtes, abbreviata, abdomine breviora, lorsqu'elles sont plus courtes que lui; très-courtes, brevissima, quand elles ne paraissent plus que comme de simples moignons.—Quant à leur consistance, on observe qu'elles sont membraneuses, membranacea, ou presque aussi peu consistantes que les ailes; à moitié crustacées, semicrustacea, c'est-à-dire en partie coriaces et en partie membraneuses, comme chez un grand nombre d'Hémiptères; coriaces, coriacea, ou de consistance du parchemin; crustacées, crustacea, dures et cornées; flexibles, flexilia, cédant à la pression et revenant sur elles-mêmes; molles, mollia, cédant à la pression et revenant difficilement sur elles-mêmes.—Quant à la forme, les Elytres sont linéaires, linearia, c'est-à-dire étroites et d'égale largeur: croisées, cruciata, lorsque l'une passe obliquement sur l'autre en croisant sa direction; en recouvrement, recouvertes, incumbentes, lorsque le bord interne de l'une recouvre seulement le bord interne de l'autre; penchées, inclinées, deflexa, lorsqu'un des bords, l'interne, est plus élevé que le bord externe; dilatées, dilatata, quand elles s'étendent en une sorte d'expansion plus ou moins large; amincies, attenuata, lorsqu'elles diminuent en largeur de la base au sommet; bossues, gibba, quand elles sont arrondies en uno demi-sphère; convexes, convexa, lorsqu'elles sont moyennement élevées; planes, plana, quand elles sont partout horizontales.—La surface des Elytres présente plusieurs accidens remarquables; elles sont: lisses, lœvia, ou à surface parfaite, unie; chagrinées, scabriuscula, ou parsemées de petits points élevés; pointillées punctala, lorsqu'elles sont parsemées de petits points enfoncés et distincts; tuberculées, tuberculata, quand elles ont des élévations distinctes et inégales; raboteuses, scabra, quand les élévations sont inégales et distantes; verruqueuses, verrucosa, lorsque les élévations sont grandes, cicatrisées, et ressemblent plus ou moins à des verrues; striées, striata, si elles ont des lignes longitudinales enfoncées et régulières; striées et pointillées, striato-punctata, lorsque, dans chaque strie, existent des points enfoncés; pointillées en stries, punctato-striata, lorsque les stries sont elles-mêmes formées par une suite de points enfoncés; sillonnées, sulcata, quand elles ont des enfoncemens

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profonds et larges; à côtes. costata, lorsqu'au milieu du sillon s'élève une ligne ou des points oblongs: rugueuses, rugosa, si l'on voit des lignes irrégulières et élevées se diviser en tous sens; réticulées, reticulata, lorsque les lignes élevées sont divisées assez régulièrement pour former une sorte de réseau; crénelées, crenata, lorsque les lignes élevées présentent des ondulations ou bien des élévations régulières à la suite les unes des autres; glabres, glabra, lorsqu'elles n'ont ni poils ni graines; tomenteuses, cotonneuses, tomentosa, quand elles sont recouvertes d'un duvet cotonneux; poileuses, pilosa; velues, villosa; hispides, hispida; hérissées, hirta, lorsqu'elles sont garnies de poils distincts ou bien serrés et doux au toucher, ou bien roides et épars, ou bien encore serrés, longs et roides; fasciculées fasciculata, lorsque les poils sont réunis en faisceaux ou en espèce de houppes; muriquées, muricata, quand elles sont couvertes de poils élevés, longs, et presque épineux; épineuses, spinosa, lorsque les poils sont de véritables épines pointues et élevées; écailleuses, squammata, c'est-à-dire couvertes de petites lames écailleuses, imbriquées.—Examinées sur leurs bords, les Elytres sont: rebordées, marginata, quand les côtes sont élevées; sinuées, sinuata, lorsqu'elles offrent des échancrures bien marquées; en scie, serrata, lorsqu'on y observe des petites dents rapprochées, rangées en série comme dans une scie; dentées, dentata, quand les petites dents sont pointues et distantes.—Enfin, sous le rapport de leur extrémité ou sommet, les Elytres sont: pointues, acuta, ou terminées en pointe; aiguës, acuminata, lorsque la pointe terminale est forte et ronde; fastigiées, fastigiata, lorsqu'elles sont amincies, rapprochées et échancrées; mucronées, mucronata, lorsque le sommet est tronqué et muni au milieu d'un aiguillon; bidentees, bidentata, c'est-à-dire ayant à leur extrémité deux dents plus ou moins aiguës; obtuses, obtusa, quand leur pointe est émoussée. Elles peuvent être encore: arrondies, rotundata; même tronquées, truncata.

Les Elytres sont quelquefois soudées intimement entre elles par leur bord postérieur; elles protègent alers très-efficacement le corps de l'Insecte. Dans ce cas, les ailes postérieures manquent ou n'offrent plus que des rudimens. Lorsqu'elles sont libres, on les voit s'ouvrir quand l'Insecte prend son vol, et elles favorisent la locomotion aérienne. (AUD.)

ELYTRES. Elytrœ. BOT. PHAN Quelques auteurs nomment ainsi les conceptacles dans lesquels se développent les sporules de Plantes agames. (A. R.)

ELYTRIGIA. BOT. PHAN. Desvaux avait proposé de séparer du genre Froment (Triticum) toutes les espèces dont les épillets contiennent de huit à douze fleurs, pour en former un genre distinct sous le nom d'Elytrigia; mais ce genre n'a pas été adopté. V. FROMENT. (A. R.)

ELYTROPAPPE. Elytropappus. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, Corymbifères de Jussieu et de la Syngénésie égale, L., établi par H. Cassini (Bull. de la Soc. Philom., décembre 1816) qui l'a caractérisé de la manière suivante: calathide sans rayons, composée de fleurons nombreux, égaux, réguliers et hermaphrodites; involucre formé d'écailles sur un seul rang, oblongues et aiguës; réceptacle nu; divisions de la corolle hérissées de papilles à leur face interne; anthères munies de longs appendices; ovaires grêles, pourvus d'un gros bourrelet basilaire; aigrette double; l'extérieure courte, membraneuse, en forme de calice campanulé, embrassant l'intérieure qui est longue, composée de filets soyeux, disposés en une seule série et soudés par leur base. La forme de cette aigrette est remarquable, et constitue, selon Cassini, un caractère fort tranché pour le genre

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Elytropappus. Il l'a placé dans la tribu des Inulées, section des Gnaphaliées, auprès du genre Metalasia de R. Brown. L'Elytropappus spinellosus, H. Cass., est un petit Arbuste originaire du cap de Bonne-Espérance. Ses rameaux supérieurs sont couverts de feuilles très-rapprochées, sessiles, linéaires, mucronées, roulées en dessus par les bords, laineuses, épaisses et coriaces. Les fleurs sont rassemblées au sommet de la tige et des branches en capitules formés chacun d'une douzaine de calathides séparées par des feuilles florales. Dans l'Herbier de Jussieu, Vahl a nommé cette Plante Gnaphalium hispidum, mais la description de cette espèce par Willdenow assigne des écailles obtuses à son involucre, tandis que dans l'Elytropappus spinellosus, ces écailles sont aiguës. (G.. N.)

ÉLYTROPHORE. Elytrophorus. BOT. PHAN. Palisot de Beauvois appelle ainsi (Agrost., p. 67, t. 14, f. 2) un genre nouveau de la famille des Graminées, ayant des rapports avec les Cynosures, et qui offre des fleurs disposées en épis. Chaque épi se compose d'épillets sessiles réunis en globules éloignés; chaque groupe d'épillets est environné d'un involucre polyphylle, dont les écailles sont linéaires lancéolées. La lépicène est à deux valves aiguës et contient de trois à six fleurs. La glume est à deux paillettes inégales, l'inférieure est renflée, naviculaire, subulée; la supérieure est biside et porte une petite pointe mucronée entre ses deux dents. Le style est court et biparti. Ce genre, encore fort imparfaitement connu, se compose d'une seule espèce: Elytrophorus articulatus, Beauv., loc. cit., Plante originaire des grandes Indes, qui a été figurée par Plucknet (Alm., t. 190, f. 16) sous le nom de Gramen Alopecuroïdes Maderaspatanum, etc. (A. R.)

ELZERINE. Elzerina. POLYP. Genre de l'ordre des Flustrées dans la division des Polypiers flexibles et cellulifères. Ses caractéres sont: Polypier frondescent, dichotome, cylindrique, non articulé, à cellules éparses, grandes, très-peu ou point saillantes, avec l'ouverture ovale. Nous avons donné à ce genre le nom d'Elzerine, parce que celle qui le portait, fille de Neas, roi de l'île de Timor oè se trouve ce Polypier, est citée honorablement dans le Voyage aux terres australes de Péron et Lesueur. La seule espèce dont ce genre se compose, ressemble à un petit Fucus cylindrique, rameux ou dichotome; elle se place naturellement dans l'ordre des Flustrées par la forme des cellules, leur situation, et par le facies général de ce petit Polypier. Sa substance est presque membraneuse; sa couleur un peu plus ou moins foncée. Sa grandeur ne dépasse jamais quatre centimètres; le diamètre des rameaux varie d'un à deux millimètres; les supérieurs sont quelquefois en forme de massue.—Il n'existe encore qu'une seule espèce d'Elzerine de connue; nous l'avons dédiée à Blainville, l'un des naturalistes les plus distingués dont la France s'honore, en lui donnant le nom d'Elzerina Blainvillii, Lamx., Gen. Polyp., p. 3, tab. 64, fig. 15, 16. Nous l'avons trouvée sur des Hydrophytes de l'île de Timor et de l'Australasie. (LAM.. X.)

ELZHOLTZIA. BOT. PHAN. Necker appelait ainsi le genre Couroupita d'Aublet. V. COUROUPITE. (A. R.)

EMAIL. MIN. Nom que l'on donne aux substances vitreuses, quelie que soit leur couleur, qui ne jouissent point d'une transparence parfaite; quelques-unes de ces substances sont des produits naturels des volcans. V. OBSIDIENNE et VOLCANS. (DR.. Z.)

EMAIL DES DENTS. ZOOL. V. DENTS.

* EMARGINE. Emarginatus. ZOOL. et BOT. Un organe quelconque est dit Emarginé lorsqu'il présente un sinus arrondi, peu profond à son sommet. Cette expression s'applique plus particulièrement en botanique aux feuilles, aux pétales, aux fruits planes, etc. (A. R.)

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EMARGINATIROSTRES. OIS. Syn. de Crénirostres. V. ce mot. (B.)

EMARGINULE. Emarginula. MOLL. Ce genre fut établi par Lamarck aux dépens des Patelles de Linné, et ce fut surtout la Patella fissura de cet auteur qui servit de type. Ces Coquilles se distinguent en effet d'une manière fort remarquable des autres Patelles, et quoique Lamarck, lorsqu'il le proposa, n'en connût point l'Animal, il le plaça néanmoins dans l'ordre le plus convenable des rapports, et en traça les caractères aussi bien que la connaissance seule de la coquille pouvait le permettre. Depuis que l'on a eu occasion d'observer l'Animal, on a ajouté aux anciens caractères, mais on n'a pu changer la place du genre. L'opinion de Blainville est que l'Animal des Emarginules diffère très-peu de celui des Parmophores d'un côté, et de celui des Fissurelles de l'autre; il croit que les Parmophores commencent un ordre de choses qui se termine aux Fissurelles en passant par des intermédiaires; ainsi, dans le Parmophore, on voit une large échancrure presqu'effacée qui indique le passage des ouvertures anales et branchiales; dans les Emarginules on voit quelques espèces dont la fente est très-courte, et se terminant à un sillon interne; dans d'autres la fissure remonte davantage, mais aboutit encore au bord inférieur. L'Emarginula dubia de Defrance montre cette fente entre le sommet et le bord; et enfin les Fissurelles ont cette ouverture tout-à-fait au sommet. Ainsi ces trois genres se trouvent liés par des rapports intimes parce que les rapports qu'ils présentent sont le résultat des changemens de position d'un seul organe qui s'ouvre une communication extérieure tantôt à la marge, tantôt au milieu, et tantôt au sommet de coquilles patelliformes.

Voici les caractères que l'on donne à ce genre: corps ovale, conique, pourvu d'un large pied, occupant tout l'abdomen, et débordé par le manteau qui a une fente antérieure correspondante à celle de la coquille pour la communication avec la cavité branchiale. Tête pourvue de deux tentacules coniques, oculés à leur base externe; branchies parfaitement symétriques; coquille recouvrante, symétrique, conique, à sommet bien distinct et dirigé en arrière; fendue à son bord antérieur pour la communication avec la cavité branchiale ou n'offrant qu'une légère échancrure à l'extrémité d'un sillon interne. Le nombre des espèces est encore peu considérable. Voici, parmi les vivantes et les fossiles, celles qui sont le plus connues.

EMARGINULE TREILLISSÉE, Emarginula fissura, Lamk., Anim, sans vert T. VI, seconde partie, p. 7, n. 1; Patella fissura, L., p. 3728, n. 192; Lister, Conchyl., tab. 543, fig. 28, Martini, Conchyl. T. I, tab. 12, f. 109 et 110. Elle est blanche ou jaunâtre, ovale, conique, convexe, élégamment treillissée par des stries longitudinales et transversales; son sommet est obtus, recourbé; son bord est crénelé; la fente est profonde; elle se trouve dans les mers d'Europe et fossile en Angleterre et à Hauteville. Sowerby (Mineral Conchyl., t. 33) l'a désignée sous le nom d'Emarginula reticulata. Nous avons l'une et l'autre sous les yeux, et nous n'apercevons point la moindre différence, ce qui nous porte à regarder ces deux espèces comme identiques. L'espèce vivante se trouve dans la Manche; elle a cinq lignes de long et quatre de large.

EMARGINULE SUBÉMARGINÉE, Emarginula subemarginata, Blainville. L'espèce que Blainville désigne sous ce nom est une petite coquille qu'on a généralement confondue avec les Patelles, et que l'on n'a point reconnue parce que la fissure est peu profonde, marginale, et se continue avec un sillon intérieur qui aboutit jusqu'au sommet; elle est ovale, allongée; son sommet est incliné postérieurement et chargé de neuf à dix grosses côtes rayonnantes entre

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lesquelles il y en a une ou deux plus petites; elles sont coupées par des stries longitudinales plus fines qui forment un réseau à mailles assez grossières sur toute la surface. L'individu de notre collection a quatorze millimètres de longueur.

On connaît maintenant cinq espèces d'Emarginules fossiles aux environs de Paris. Nous en avons fait la description dans la seconde livraison de notre ouvrage sur les Coquilles fossiles des environs de Paris que l'on peut consulter à cet égard. Voici pourtant les principales:

EMARGINULE A CÔTES, Emarginula costata, Lamk., Ann. du Mus., tab. 1, p. 384. n. 3, et T. VI, pl, 43, fig. 6, A. B. C. D. Lamk., Anim, sans vert., tab. 6, 2e partie, n. 1. Cette Coquille est obliquement conique, munie de treize à quatorze côtes saillantes et rayonnant du sommet à la base entre les côtes. On y observe des stries longitudinales, relevées, serrées et sublamelleuses; la fissure est profonde et bordée de chaque côté par une lame en arête qui se prolonge jusqu'au sommet. Cette espèce se trouve surtout à Grignon; ou la rencontre aussi dans les sables de Mouchy. Elle est longue de quatre à cinq millimètres.

EMARGINULE EN BOUCLIER, Emarginula clypeata, Lamk., Ann. du Mus., tab. 1, pag. 384, n. 2, et T. VI, pl. 43, fig. 5, A. B. C. D. E.; Emarginula clypeata, Lamk., Anim. sans vert., tab. 6, 2e partie, n. 2. Il paraît que cette espèce est propre à Grignon, car nous ne savons pas qu'on l'ait jamais trouvée ailleurs, et elle y est fort rare. Cette Coquille est très-mince, très-fragile, déprimée et élégamment treillissée à sa surface; son bord est frangé; la fissure antérieure peu profonde, assez large, bordée latéralement par une crête tranchante qui se continue depuis le bord jusqu'au sommet, et forme le long du dos de la Coquille une sorte de rigole. Elle est longue de quinze millimètres et large de dix à onze. (D.. H.)

* EMBAMBI. REPT. OPH. Ce Serpent d'Angole, s'il n'est pas un être fabuleux, et que La Chesnaye-des-Bois prétend donner la mort en piquant desa queue, paraît être le même Animal que l'Embamma de Dapper. V. ce mot. (B.)

* EMBAMMA. REPT. OPH. Enorme Serpent africain qui appartient probablement au genre Python, et que Dapper dit assez grand pour pouvoir avaler un Cerf entier. Merolla ajoute qu'il est muni d'un aiguillon dangereux au bout de la queue, ce qui paraît être peu probable. (B.)

EMBELIA. BOT. PHAN. On trouve décrit et figuré sous le nom d'Embelia ribes, dans la Flore des Indes de Burmann, un Arbre à feuilles alternes, et dont les fleurs disposées en panicules axillaires et terminales présentent un petit calice quinquéfide, cinq pétales, cinq étamines et un ovaire simple qui devient une baie. Retzius en rapproche un autre Arbre qu'il nomme E. grossularioïdes, différent du premier par le nombre des lobes de son calice et de ses étamines, qui est de quatre, et dans lequel il décrit d'ailleurs un ovaire libre, surmonté d'un stigmate en tête et sessile, des rameaux opposés, des feuilles trèsentières, des grappes rameuses. Nous ne chercherons pas à indiquer les affinités de ces Plantes, d'après de pareilles descriptions qui peuvent s'appliquer également bien à des Végétaux d'ailleurs tout-à-fait divers entre eux. Gaertner, il est vrai, pense que le fruit qu'il représente sous le nom de Pella pourrait bien appartenir à l'Embelia de Retzius; mais il existe entre eux une différence matérielle, savoir, que la base du Pella fait corps avec le calice. Elle renferme des graines petites et nombreuses, nichées sans ordre dans une pulpe, et contenant sous une enveloppe de forme anguleuse et de consistance osseuse, un périsperme globuleux qui entoure un embryon dicotylédoné à peu près de même forme. (A. D. J.)

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* EMBELIER. BOT. PHAN. Pour Embelia. V. ce mot. (G.. N.)

EMBERIZA. OIS. V. BRUANT.

* EMBIRA-PINDAIBA. BOT. PHAN. Pison a cité sous ce nom un Arbre du Brésil, qu'Aublet a rapporté à son Xylopia frutescens. Cette opinion a été admise par Dunal, dans sa Monographie des Anonacées, quoique Wildenow l'eût rejetée, en donnant seulement comme synonyme de cette Plante l'Hira de Marcgraaff. Jussieu pense que ces auteurs ont écrit sur des Plantes dont l'identité est douteuse. (G.. N.)

EMBLIC. Emblica. BOT. PHAN. Genre de la famille des Euphorbiacées. Ses caractères sont: des fleurs monoïques; un calice à six divisions profondes; dans les mâles, trois filets réunis en un seul, chargé à son sommet de trois anthères et entouré à sa base de six glandes qui alternent avec les divisions du calice et manquent quelquefois; dans les femelles, trois styles dichotomes, allongés, réfléchis; un ovaire enveloppé d'un tube membraneux, quinquéfide, inégal ou porté sur un disque charnu. Le fruit, sous une enveloppe charnue, renferme un noyau qui se sépare en trois coques bivalves et dispermes. Ce genre est composé d'Arbres ou d'Arbustes. Leurs feuilles, qu'accompagnent des stipules petites et placées alternativement sur des rameaux articulés avec la branche, simulent tout-à-fait les folioles de feuilles pennées. Les fleurs disposées à leur aisselle en faisceaux où les mâles tantôt se trouvent seuls, tantôt se groupent autour de femelles en moindre nombre, sont accompagnées de bractées persistantes. Deux espèces de ce genre sont originaires des Indes; leur fruit, long temps employé en médecine parmi ceux qu'on confondait sous le nom de Myrobolans, est maintenant sans usage. On y avait encore rapporté deux autres espèces: l'E. grandis de Gaertner et l'E. Palasis d'Hamilton, que leurs coques monospermes doivent cependant en éloigner.

L'Emblica a été séparé par Gaertner des Phyllanthus de Linné, avec lesquels il a les plus grands rapports. Lequel de ces deux auteurs doit-on suivre? Nous avons conservé le genre de Gaertner, parce qu'il faudrait, pour être conséquent avec soi-même, si on le réunissait au Phyllanthus, y fondre également cinq ou six genres voisins; fusion qui multiplierait les espèces d'un genre où l'on en compte déjè un très-grand nombre, qui compliquerait les caractères génériques et la synonymie, mais serait peut-être du reste plus d'accord avec les principes de la méthode naturelle. (A. D. J.)

EMBOLE. Embolus. BOT. CRYPT. (Lycoperdacées.) Batsch et Hoffmann avaient donné ce nom à quelques petites Cryptogames qui rentrent en partie dans le genre Stemonitis et en partie dans le genre Calicium d'Achar. V. ces mots. (AD. B.)

EMBOLINE. BOT. PHAN. La Plante désignée sous ce nom, dans la compilation de Pline, paraît être une Heléborine. V. ce mot. (B.)

EMBOTHRION. Embothrium. BOT. PHAN Genre de la famille des Protéacées, établi par Forster (Gen. 15, tab. 8), mais dont les caractères ont été singulièrement modifiés par Rob. Brown qui n'y a laissé que deux espèces, et qui fait des autres, plusieurs genres distincts, tels que Hakea, Grevillea, Oreacallis, Telopea, Lomatia, Stenocarpus, etc. V. ces mots. Voici les caractères du genre Embothrium tels qu'ils ont été exposés par R. Brown dans son excellent memoire sur les Protéacées (Trans. Soc. Linn., vol. x): le calice est irrégulier, fendu longitudinalement d'un côté, divisé en quatre lobes concaves du côté oppose. Les quatre étamines sont placées en face de chaque lobe du calice et en partie recouvertes par eux. L'ovaire est pédicellé, appliqué sur un disque hypogyne semi-annulaire. Cet ovaire est à une seule loge polysperme, surmonté d'un style persis-

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tant, au sommet duquel est un stigmate renflé en forme de massue. Le fruit est allongé et contient des graines qui sont ailées à leur sommet.

Ce genre, ainsi caractérisé, ne contient plus que deux espèces, l'une et l'autre originaires de l'Amérique méridionale. Ce sont des Arbustes ou des Arbrisseaux glabres, ayant leurs rameaux couverts d'écailles provenant des bourgeons. Les feuilles sont éparses et très-entières; les fleurs rouges, glabres, formant des grappes terminales, sans involucre commun.

L'une est l'Embothrium coccineum, Forst., loc. cit. Illust., tab. 55, fig. 2, qui croît sur les bords du détroit de Magellan et à la Terre-de-Feu. Ses feuilles ovales, oblongues, sont obtuses et mucronées à leur sommet; leurs deux faces sont discolores, les rameaux sont écailleux. L'autre, Embothrium lanceolatum, Fl. Péruv. et Chil., I, p. 62, tab. 96, croît sur les montagnes du Chili. Ses feuilles sont linéaires, lancéolées; ses rameaux dépourvus d'écailles. (A. R.)

EMBRICAIRE. BOT. V. IMBRICAIRE.

EMBRYON. Embryo. ZOOL. L'acception de ce mot n'a pas encore été exactement déterminée. On dit, en parlant de l'Homme, Embryon de trois mois et Embryon de trois semaines. L'Embryon de trois mois est un fœtus, car il y a une continuité de circulation entre lui et sa mère. Dans l'Embryon de trois semaines cette continuité n'existe pas. L'état durant lequel le petit Animal se trouve sans communication de fluides avec sa mère, et aussi sans communication actuelle avec l'atmosphère, est celui d'Embryon. La durée de cet état varie beaucoup chez les différens Vertébrés. Cet état peut n'être pas suivi de l'état fœtal, c'est-à-dire de l'état pendant lequel le petit Animal est en communication de fluides avec sa mère. Tel est le cas des Ovipares. Chez les Vivipares ou Mammifères, excepté la famille des Marsupiaux où l'Embryon passe immédiatement à l'existence aérienne, l'état d'Embryon est constamment suivi de l'état de fœtus. Tous les Vertébrés ovipares sont donc dans l'œuf à l'état d'Embryons.

Les idées abstraites de la préexistence des germes avaient fait imaginer que l'Embryon était, en infiniment petit, le modèle de l'Animal parfait, et que tous ses changemens n'auraient été qu'un accroissement. Et comme l'Embryon est ce quelque chose, ce germe maternel fécondé par le mâle; comme les spermes des mâles contiennent des Animalcules microscopiques ayant un corps globuleux ou discoïde parfaitement distinct terminé par une queue, on alla jusqu'à imaginer que l'être primitif était cet Animalcule introduit dans le germe ou ovule de la femelle. Or Bory de Saint-Vincent a bien nettement observé que cette queue est essentiellement inarticulée, et ne peut être l'ébauche de la colonne vertébrale; à plus forte raison ne peut-elle être l'ébauche de la moelle épinière, puisque, sur un fœtus de trois mois et demi, cette moelle n'est pas plus d'è moitié formée, el qu'à six semaines il n'y a encore aucune couche de matière nerveuse déposée soit dans le renflement céphalique de l'Embryon, soit dans la carène ou prolongement de son corps. Tiedemann dit positivement qu'ayant examiné soigneusement trois Embryons de cet âge (Anat. du cerv., p. 14), il trouva immédiatement au-dessous des tégumens un canal ou tube dont les parois étaient fort dures (c'étaient les rudimens de la colonne vertébrale et du crâne) et contenaient un fluide blanchâtre et presque diaphane. Le système cérébro-spinal n'existe donc pas encore à cet âge: or le cœur est déjè bien formé depuis long-temps. Le système nerveux ne paraît donc pas le premier entre tous les organes, ainsi que l'ont dit la plupart des anatomistes, trompés sans doute par l'opacité du fluide contenu dans le tube

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membraneux, ébauche de la colonne vertébrale et du crâne.

Quoi qu'il en soit, voici l'état constitutif de tout Embryon: 1° l'amnios, qui n'est autre chose qu'un prolongement de son épiderme ou surpeau, se réfléchit autour de lui; 2° par le canal du pédicule de cet amnios sort la vésicule ombilicale, continue avec l'intestin que son rétrécissement longitudinal et cylindrique doit former dans les Oiseaux, et y communiquant seulement par des vaisseaux dit omphalo-mésentétiques chez les Mammifères; 3° l'allantoïde, autre poche dont le degré de développement est réciproque et successif à celui de la vésicule ombilicale, et qui n'est autre chose que le prolongement extérieur de ce qui doit être plus tard la vessie urinaire. Enfin l'Embryon est contenu, après les premières phases seulement de son développement chez les Mammifères, dans une enveloppe générale à double repli, qui dans les Oiseaux porte le nom de membrane de la coque, et dans les Mammifères celui de chorion. L'Embryon ne s'entoure de cette enveloppe que dans la matrice qui est déjè tapissée de cette membrane dont l'Embryou s'enfonce comme la téte dans un bonnet de nuit.

Or, les premiers développemens du petit Animal se font avant qu'il ait contracté aucune adhérence vasculaire avec sa mère. Les vaisseaux de la vésicule ombilicale absorbent d'abord dans les fluides de l'oviducte ou de la matrice les premières molécules de son développement. A deux mois de la conception on peut encore observer sur l'Homme la vésicule ombilicale dans le pédicule de l'amnios qui enveloppe le cordon ombilical. Elle est alors de la grosseur d'un petit pois. D'après ce que nous allons dire des Oiseaux, et d'après le défaut d'allantoïde dans la première période du développement, il paraît que les vaisseaux de la vésicule sont les organes et de l'absorption moléculaire et de la respiration. Quand la vésicule ombilicale cesse son action chez les Mammifères, et cette époque varie suivant les genres, l'allantoïde en remplit les usages respiratoires. Elle est très-développée et libre dans l'œuf des Ruminans et du Cochon; elle est aussi très-développée, mais adhérente aux surfaces correspondantes du chorion et de l'amnios dans le Cheval et le Chien, ainsi que dans l'Homme où l'adhérence a fait douter de son existence; et alors ses vaisseaux se confondent avec ceux du chorion. Les matériaux de l'accroissement sont dès-lors absorbés par les villosités de la surface du chorion plongé dans l'humidité de la matrice. Enfin à trois mois, chez l'Homme, ces villosités accumulées sur l'un des points de l'œufcontractent adhérence et communication avec les vaisseaux de la matrice; le placenta est formé, et l'Embryon étant en communication avec la circulation de la mère, devient un fœtus.

Dans les œufs des Oiseaux, la fonction de la vésicule ombilicale dure presque tout le temps de l'incubation. Dans les quatre premiers jours, la matière qu'elle contient sert à la formation et à l'accroissement de l'Embryon, et ses vaisseaux à sa respiration. Le quatrième jour l'allantoïde par l'effet de cette nutrition se développe; le huitième jour, elle occupe la moitié de la surface du jaune, et alors elle en recouvre les vaisseaux dont elle remplit les fonctions respiratoires. Ces mêmes vaisseaux, pendant ce temps, absorbent l'albumine du blanc, et entretiennent ainsi la plénitude relative de la membrane du jaune ou de la vésicule ombilicale, qui, en s'allongeant sous forme de cylindre, devient l'intestin. Dans les Oiseaux, les vaisseaux ombilicaux se distribuent uniquement à cette allantoïde. Pendant toute l'incubation, le Poulet se développe donc comme le module ou Embryon du Mammifère avant qu'il se soit mis en communication avec la circulation de la mère par ses vaisseaux ombilicaux. Le petit de l'Oiseau est donc un Embryon pendant tout son séjour dans l'œuf.

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La vésicule ombilicale du Mammifère ne rentre pâs dans l'abdomen; elle n'était pas continue avec la cavité de l'intestin; elle n'est donc l'analogue de la membrane du jaune qui est l'intestin même, que par l'office qu'elle remplit.

L'Embryon des Mammifères pendant toutes ses phases est donc ouvert à la face abdominale par une fente médiane. Cette fente se rétrécit de plus en plus chez le fœtus. Il paraît que chez les Marsupiaux il n'y a point d'état fœtal. L'Embryon formé et développé par la seule absorption de la vésicule ombilicale, et peut-être de l'allantoïde durant son court séjour dans l'oviducte, vient se coller sur la tetine où il paraît se nourrir par une véritable digestion intestinale et par une respiration pulmonaire. V. FOETUS et OEUF. (A. D.. NS.)

EMBRYON. Embryo, Corculum. BOT. PHAN. L'Embryon est un des organes les plus importans et celui qui fournit les meilleurs caractères dans la classification des genres en familles naturelles et de celles-ci en classes. Aussi son organisation mérite-t-elle d'être étudiée avec le plus grand soin. On peut definir l'Embryon végétal, ce corps organisé, existant dans une graine parfaite et fécondée, et qui est le rudiment d'une nouvelle Plante. C'est la partie essentielle de la graine, puisque c'est lui qui, placé dans des circonstances favorables à son développement, devient, par suite de la germination, un Végétal en tous points semblable à celui dont il tire son origine. Tantôt l'Embryon forme à lui seul toute la masse de l'amande, et est recouvert immédiatement par le tégument propre de la graine ou épisperme, comme dans le Marronnier d'Inde, le Haricot, la Fève, l'Abricotier, etc. On le nomme alors Embry on épispermique. Lorsqu'aucontraire il est accompagné d'un endosperme, on dit qu'il est endospermique, comme on en a des exemples dans le Blé, et toutes les Graminées, les Cypéracées, les Euphorbiacées, etc. La position de l'Embryon endospermique mérite encore d'être distinguée, suivant qu'il est placé à l'extérieur de l'endosperme, sur un des points de sa surface externe, ou suivant qu'il est renfermé dans l'intérieur même de ce corps; dans le premier cas, c'est un Embryon extraire; il est intraire au contraire dans le second cas.

La position de l'Embryon relativement à la graine doit être soigneusement examinée, et donne des caractères d'une haute importance pour la formation des familles naturelles. Cette position respective est le résultat de la comparaison entre la base de la graine qui est représentée par son point d'attache que l'on nomme hile, et la base de l'Embryon qui est son extrémité inférieure ou radiculaire. Ainsi l'Embryon peut offrir la même direction que la graine, c'est-à-dire que son extrémité inférieure correspond exactement à la base de la graine. On dit alors qu'il est homotrope, comme dans la plupart des Légumineuses, des Rubiacées, des Solanées, etc. Il est au contraire antitrope quand sa direction est opposée à celle de la graine, c'est-à-dire que sa base correspond au sommet de celle-ci comme dans le Melampyrum, le Potamogeton, le Tradescantia, etc. Si l'Embryon est placé obliquement ou transversalement par rapport à l'axe de la graine, de manière qu'aucune de ses deux extrémités ne soit tournée vers la base ou le sommet de celle-ci, l'Embryon est alors appelé hètérotrope, comme dans la plupart des genres qui forment la famille des Primulacées. Enfin il arrive quelquefois que l'Embryon est plus ou moins recourbé de manière que ses deux extrémités se rapprochent et correspondent au même point de la graine, caractère qui distingue l'Embryon amphitrope, que l'on observe dans les Alismacées, beaucoup d'Atriplicées, de Crucifères et de Caryophyllées.

L'Embryon présente deux extrémités, une inférieure ou radiculaire,

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et une supérieure ou cotylédonaire. Il est composé de quatre parties, savoir: le corps radiculaire, le corps cotylédonaire, la tigelle et la gemmule. Examinons rapidement chacune d'elles.

1°. Le corps radiculaire ou extrémité inférieure de l'Embryon constitue la radicule, c'est-à-dire cette partie qui, par l'effet de la germination, doit devenir la racine de la Plante ou lui donner naissance. Dans l'Embryon à l'état de repos, c'est-à-dire avant la germination, l'extrémité radiculaire est toujours simple et indivise. Lorsqu'elle se développe, elle pousse souvent plusieurs petits mamelons qui constituent autant de filets radiculaires et qui finissent par former la véritable racine. Dans un certain nombre de Végétaux, le corps radiculaire s'allonge et devient la racine, par suite du développement que la germination lui fait éprouver. C'est ce que l'on observe dans toutes les Plantes dicotylédones. Dans ce cas la radicule est extérieure, et les Plantes qui offrent cette organisation sont appelées Exorhizes. Dans d'autres, au contraire, la radicule est recouverte et cachée par une enveloppe particulière, une sorte de petit sac qui est un prolongement de la partie externe ou corticale de l'Embryon et qu'on nomme Coléorhize. Cette enveloppe s'allonge à l'époque de la germination, puis ne tarde pas à se déchirer pour laisser sortir la radicule qui est intérieure ou colèorhizée. On nomme Endorhizes les Plantes qui offrent cette particularité, et ce groupe correspond aux Monocotylédonés; enfin, ce qui est plus rare, la radicule est quelquefois soudée avec l'endosperme, comme dans les Conifères et les Cycadées, ce qui forme le groupe que le professeur Richard a nommé Synorhizes.

Avant la germination il est quel-quefois difficile de distinguer et de reconnaître dans l'Embryon quelle est l'extrémité radiculaire. En effet certains Embryons sont tout-à-fait cylindriques, et leurs deux extrémités sont parfaiteimént semblables. La germination fait disparaître tous les doutes. L'extrémité radiculaire est le premier point de l'Embryon qui commence à se développer. Elle tend continuellement à se diriger vers le centre de la terre; quels que soient les obstacles qu'on cherche à lui opposer, elle les surmonte toujours pour prendre cette direction.

2°. Le corps cotylédonaire est l'extrémité de l'Embryon opposée à la radicule. Il peut être simple et parfaitement indivis; dans ce cas il est formé par un seul cotylédon, et l'Embryon est appelé monocotylédoné, comme dans le Maïs, le Blé, le Lis, l'Asperge, etc. D'autres fois il est formé de deux corps réunis base à base, appliqués généralement l'un contre l'autre par leur face interne et formant deux cotylédons; l'Embryon est alors dicotylèdonè, comme dans le Haricot, la Fève, le Hêtre, etc. D'après cette structure du corps cotylédonaire, on a divisé tous les Végétaux phanérogames en deux embranchemens, savoir: les MONOCOTYLÉDONS qui ont l'Embryon à un seul cotylédon, et les DICOTYLÉDONS dont l'Embryon présente deux cotylédons ou lobes séminaux. Cependant il est un certain nombre de Plantes phanérogames qui ne peuvent entrer dans aucun de ces deux groupes; ce sont ceux qui ont plus de deux cotylédons. Néanmoins, on est généralement convenu de les placer parmi les Dicotylédons. V. COTYLÉDONS.

3°. On nomme gemmule ou plumule, un petit bourgeon formé de feuilles diversement groupées, placé entre les deux cotylédons dans les Plantes dicotylédonées, ou dans l'intérieur même du cotylédon unique dans les Végétaux à un seul cotylédon. C'est la gemmule, qui, par son développement, doit donner naissance aux parties de la Plante qui végètent au-dessus du sol.

4°. La tigelle est le rudiment de la tige. C'est l'entre-nœud placé entre la base de la gemmule et le point d'insertion des cotylédons. Elle

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n'existe pas constamment. Ainsi on ne la trouve pas généralement dans toutes les Plantes monocotylédones.

Après avoir étudié en particulier tous les organes qui composent l'Embryon, présentons ses caractères généraux, suivant qu'il offre deux cotylédons ou seulement un seul.

Dans l'Embryon dicotylédoné, la radicule est cylindrique, plus ou moins conique, saillante, s'allongeant lors de la germination pour devenir la racine; les deux cotylédons, en général attachés à la même hauteur sur la tigelle, ont une épaisseur d'autant plus grande, que l'endosperme est plus mince, ou même qu'il n'existe pas du tout. La gemmule est renfermée entre les deux cotylédons qui la recouvrent et la cachent en grande partie. La tigelle est fréquemment visible. Dans l'Embryon monocotylédoné, au contraire, les diverses parties qui le composent ne sont ni aussi bien dessinées, ni aussi faciles à distinguer. Le corps radiculaire occupe une des extrémités, c'est toujours celle qui est la plus voisine de l'extérieur de l'endosperme, quand l'Embryon est endospermique. Il est plus ou moins arrondi, souvent très-peu saillant, quelquefois très-large et aplati. La radicule est renfermée dans une coléorhize qu'elle allonge et déchire à l'époque de la germination; le corps cotylédonaire est simple et ne présente aucune incision ni fente. Sa forme est très-variable. Le plus souvent il renferme la gemmule et lui forme une sorte d'enveloppe que l'on a nommée coléoptile. Cette gemmule se compose de feuilles emboîtées, et enfin la tigelle manque presque constamment. V. GERMINATION. (A. R.)

EMBRYOPTÈRE. Embryopteris. BOT. PHAN. Roxburgh et Gaertner décrivent sous ce nom un genre que plusieurs auteurs réunissent au Plaqueminier. Nous en parlerons donc dans le même article, pour que leurs rapports et leurs diffèrences soient plus facilement aperçues, et qu'on puisse mieux conclure de cette comparaison, laquelle on doit préférer de la réunion ou de la distinction de ces deux genres. V. PLAQUEMINIER. (A. D. J.)

ÉMERAUDE. MIN. Smaragd et Beryl, Wern.; Béril Emeraudé et Béril Aigue-Marine, Brongn. Espèce de la famille des doubles Silicates, qui, pendant long-temps, a été partagée en deux groupes, à la réunion desquels ont concouru les résultats de la chimie et ceux de la cristallographie. L'un de ces groupes auquel le nom d'Emeraude s'appliquait alois exclusivement, contenait ces belles variétés d'un vert pur, si vantées par les anciens, et si recherchées dans les arts d'ornement pour le charme de leur couleur. L'autre groupe était formé de ces pierres d'un vert bleuâtre ou jaunâtre, beaucoup moins estimées que les premières, et auxquelles on a donné les noms de Béril et d'Aigue-Marine. Le Béril et l'Emeraude proprement dite doivent leurs qualités distinctives aux principes accidentels qui les colorent. Dans le premier, c'est l'Oxide de Fer qui remplit cette fonction. Dans l'Emeraude, c'est l'Oxide de Chrome. Mais à part cette différence d'aspect due à deux ou trois centièmes de matière étrangère, les deux substances s'accordent parfaitement dans tous les caractères tirés de leur composition et de leur structure; aussi ne forment elles plus aujourd'hui qu'une seule espèce dans tous les systèmes de minéralogie, où elles sont réunies sous l'un ou l'autre des noms qui servaient à les distinguer. Cette espèce est formée d'un atôme de quadrisilicate de Glucine combiné avec deux atômes de bisilicate d'Alumine, ou en poids de Silice 67, 98 d., Alumine 18, 30, et Glucine 13, 72, d'après les analyses de Vauquelin. Sa forme primitive est, suivant Haüy, un prisme hexaèdre régulier, dont les faces latérales sont des carrés. Les clivages sont ordinairement plus sensibles dans les variétés connues sous le nom de Béril que dans celles que l'on a appelées Emeraudes. La cassure est ondulée et bril-

TOME VI. 10

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lante; les longs prismes d'Aigue-Marine se séparent dans le sens transversal eu tronçons terminés d'un côté par une saillie, de l'autre par un enfoncement, comme dans les Basaltes articulés. La dureté est moyenne entre celle du Quartz et de la Topaze. La réfraction est double à un degré médiocre, et ses effets se rapportent à un seul axe parallèle à celui de la forme primitive. La pesanteur spécifique est de 2, 7. L'Emeraude est fusible au chalumeau en un verre blanc un peu écumant.—Les formes secondaires de cette substance sont peu variées: elles portent toutes l'empreinte du prisme hexaèdre régulier, lequel se modifie légèrement sur ses arêtes et sur ses angles. La forme primitive existe aussi sans modification, et c'est le ces le plus ordinaire; on la trouve ainsi dans toutes les localités où le minéral a été observé; au Pérou, en Sibérie, en France, etc. Cette même forme produit la variété épointée d'Haüy, lorsqu'elle est modifiée sur ses angles par des facettes, résultant d'un décroissement par deux rangées; la variété bino-annulaire, lorsqu'un semblable décroissement agit sur les arêtes des bases; la péridodécaèdre, lorsque les bords longitudinaux sont remplacés par une seule face; l'unibinaire, lorsqu'un décroissement simple sur les arêtes des bases se combine avec celui qui a lieu sur les angles dans la première variété; la rhombifère, lorsque les facettes de l'épointée se réunissent avec celles de l'annulaire, etc. Les pans des prismes, d'une couleur verte, sont lisses, tandis que les bases sont hérissées de très-petites aspérités. Les Aigues-Marines, au contraire, ont en général leurs pans chargés de stries longitudinales, et leurs bases sout unies. Ces stries sont dues à une cristallisation accélérée, qui souvent arrondit entièrement le prisme, et le transforme en cette modification qu'on nomme cylindroïde. On ne connaît point d'autres variétés de l'Emeraude, qui n'a encore été observée qu'è l'état de cristaux. Ces cristaux sont transparens ou opaques. La teinte de ceux au Pérou est le vert pur, qu'on appelle vert d'Emeraude; les Bérils de Sibérie sont d'un jaune de miel et d'un bleu verdâtre; les Bérils de Bavière et de France sont blancs, blancs-jaunâtres ou gris-brunâtres.

L'Emeraude a son gissement dans les roches primitives, telles que les Granites, les Pegmalites et les Micaschistes. Les Bérils de Sibérie sont disséminés ou implantés dans la Pegmalite ou dans les filons qui traversent les terrains formés de cette roche. Suivant Patrin, il en existe trois mines différentes dans la montagne d'Odon-Tehelon, près du fleuve Amour, en Daourie. Le même auteur cite un second gîte d'Emeraudes dans les monts Altaï, à cinq cents lieues d'Odon-Tchelon, et un troisième dans les monts Qurals. Les Bérils de France, aux environs de Nantes et à Chantelub près de Limoges, ceux des Etats-Unis, sont pareillement engagés dans des roches granitoïdes. Dans ces diverses localités, ils s'associent à des substances pierreuses de différentes natures, telles que le Quartz, la Topaze, le Feldspath, la Tourmaline, etc. L'Emeraude, dite du Pérou, vient de la vallée de Tunca, et de la juridiction de Santa-Fé, entre les montagnes de la Nouvelle-Grenade et celles de Popayan. Humboldt l'a observée dans un filon qui traverse un Schiste amphibolique (Hornblendt Schiefer) où elle est accompagnée de Chaux carbonatée et de Fer sulfuré. Les Emeraudes vertes des environs de Salzbourg sont implantées dans un Micaschiste d'un gris foncé. Celles d'Egypte, connues des anciens, ont leur gissement dans une roche parfaitement analogue. Pendant longtemps, on n'a eu aucune donnée sur le lieu précis de ce gissement; mais Caillaud, voyageur français, est parvenu récemment à retrouver ces anciennes mines d'Emeraude, au mont Zabara, dans la Haute-Egypte, à sept lieues de la mer Rouge.—Les plus gros cristaux d'Emeraude du

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Pérou qui soient connus, ont environ six pouces de longueur, sur deux pouces d'epaisseur; les Bérils presentent souvent des dimensions beaucoup plus considerables. Les anciens ont eu connaissance de l'Emeraude, surtout de la variété verte; mais on voit qu'ils réunissaient sous le nom de Smaragdus des pierres trés-differentes qui posédaient la même couleur. Au rapport de Pline, les Romains avaient une si haute estime pour cette gemme, qu'il n'était pas permis à leurs graveurs d'y porter le burin. Ceux-ci, pour soulager leurs yeux fatigués pendant leur travail, regardaient à travers une plaque d'Emeraude. On prétend que Néron s'amusait à considérer ainsi les jeux sanglans de l'Arène. Les Romains ont eu moins de respect pour le Béril. Parmi les pierres gravees que l'on admire dans la collection de la Bibliothèque du roi, on voit une Aigue-Marine qui représente en grand relief Julie, fille do l'empereur Titus. C'est l'une des plus belles pierres de cette espèce, et des plus volumineuses que l'on connaisse; elle est de forme ovale, et a près de deux pouces dans sa plus grande largeur. Elle se distingue encore par sa couleur, sa pureté et le mérite de la gravure. Une des Emeraudes vertes les plus célèbres, est celle qui orne le sommet de la tiare du souverain pontife. Sa forme est celled'un cylindre court, arrondi à l'une de ses extrémités. Elle a deux pouces de longueur, sur quinze lignes de diamétre.

L'Emeraude est encore de nos jours an premier rang des pierres précieuses, et si elle est inférieure en dureté à la gemme orientale, elle se dédommage souvent de ce qui lui manque à cet égard par le charme de sa couleur pure et comme veloutée. Les belles Emeraudes du Pérou se vendent au carat; mais comme leur perfection est souvent altérée par des glaces, le prix du carat varie depuis cinquante centimes jusqu'à cent francs. Quant aux Bérils et Aigues-Marines, leur valeur n'approche point de celle de l'Emeraude verte. lls ont cependant un assez grand prix quand ils, sont purs, d'un ton de couleur assez élevé, et d'un beau volume. Ceux que l'on taille le plus communément sont d'un vert bleuâtre ou d'un bleu verdâtre. On imite l'Emeraude dans les manufactures d'émaux et de pierres fausses, avec des verres colorés par l'Oxide de Chrome.

EMERAUDE DE CARTHAGÈNE. V. CHAUX FLUATÉE VERTE.

EMERAUDE MORILLON. V. CHAUX FLUATÉE VERTE.

EMERAUDE ORIENTALE. V. CORIN- DON- HYALIN VERT.

EMERAUDE DE BOMÈME. V. CHAUX FLUATÉE VERTE.

EMERAUDINE (Delaméthcrie.) V. CUIVRE DIOPTASE.

EMERAUDITE (Daubenton.) V. DIALLAGE VERTE. (G. DEL.)

EMERAUDINE. INS. (Geoffroy.) Syn. de Cétoine dorée. V. CÉTOINE. (B.)

EMERIL. MIN. Ou Corindon granulaire. V. CORINDON. (B.)

EMERILLON. OIS. Ce nom vulgaire a été donné à deux espèces du genre Faucon en Europe. Il désigne le Falco Æsalon, L., en Amérique, et particuliérement à Cayenne et Saint-Domingue; en Caroline, c'est le nom du Falco Malfini. V. FAUCON. (DR.. Z.)

EMERITE. Emerita. CRUST. Genre de l'ordre des Décapodes, famille des Macroures, fondé par Gronou et comprenant deux espéces; la première appartient au genre Hippe de Fabricius, et la seconde au genre Rémipède de Latreille. V. ces mots. (AUD.)

EMERUS. BOT. PHAN. Sous ce nom Tournefort avait formé un genre particulier que Linné a réuni au Coronilla. Müller adoptant le genre de Tournefort, a décrit les deux variétés du C. Emerus de Linné, comme deux espéces distinctes qu'il a nommées E. major et E. minor. Son E. herbacea est le Sesbania occidentalis de

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Willdenow. V. CORONILLE et SESBANIE. (G.. N.)

EMESE. Emesa. INS. Genre de l'ordre des Hémiptéres, fondé par Fabricius et ayant pour caractére essentiel: les antennes filiformes, tréslongues et formées de deux articles seulement. Ce genre, composé d'espèces exotiques dont une se trouve décrite et figurée dans l'ouvrage de Degéer (Mém. sur les Ins. T. III, p. 352, pl. 55), correspond au genre Ploïere. V. ce mot. (AUD.)

*EMÉTINE, BOT. CHIM. Cette substance alcaline a été découverte dans l'Ipécacuanha annelé et l'Ipécacuanha strié par Pelletier et Magendie. Pour l'obtenir, on traite la poudre d'Ipécacuanha par l'Ether sulfurique pour lui enlever sa matiére grasse. On la fait ensuite bouillir dans l'Alcohol; on filtre et on évapore jusqu'à siccité. On reprend le résidu que l'on fait bouillir dans l'eau pour en séparer la cire. Alors on filtre la liqueur, on y ajoute de la Magnésie, et il se forme un précipité de gallete de Magnésie, d'Emétine et de matière colorante; on lave le précipité pour enlever une partie de cetté dernére. On traite de nouveau par l'Alcohol qui redissout l'Emétine; on évapore à siccité; on dissout l'Emétine dans de l'eau acidulée; on décolore la liqueur par le charbon animal purifié, et on précipite l'Emétine par un Alcali.

*EMÉTINE, BOT. CHIM. Cette substance alcaline a été découverte dans l'Ipécacuanha annelé et l'Ipécacuanha strié par Pelletier et Magendie. Pour l'obtenir, on traite la poudre d'Ipécacuanha par l'Ether sulfurique pour lui enlever sa matiére grasse. On la fait ensuite bouillir dans l'Alcohol; on filtre et on évapore jusqu'à siccité. On reprend le résidu que l'on fait bouillir dans l'eau pour en séparer la cire. Alors on filtre la liqueur, on y ajoute de la Magnésie, et il se forme un précipité pour enlever une partie de cetté dernére. On traite de nouveau par l'Alcohol qui redissout l'Emétine; on évapore à siccité; on dissout l'Emétine dans de l'eau acidulée; on décolore la liqueur par le charbon animal purifié, et on précipite l'Emétine par un Alcali.

Cette substance ainsi purifiée est, sous forme d'une poudre blanche, inaltérable à l' air, peu soluble dans l'eau, trés-soluble dans l'Alcohol et l'Ether, d'une saveur légèrement amére, se combinant avec les Acides pour former des Scls acides.

Nous avons, dans notre Dissertation sur les Ipécacuanha du commerce, indiqué un procédé plus prompt et moins dispendieux. It consiste à trailer la poudre d'Ipécacuanha d'abord par l'eau qui s'empare de l'Emétine et de la gomme, de faire évaporer, de redissoudre le résidu dans l'Alcohol qui sépare la gommee en s'emparant de l'Emétine que l'on purifie par les procédès indiqués cidessus. (A. R.)

EMEU. OIS. Barrére donnait ce nom an Touyou ou Thoujou qui est le Jabiru. On a, par erreur, renvoyé à cet article au mot DROMAIUS. C'est Emou qu'il faut lire. V. EMOU et RHÉA. (B.)

EMEX. BOT. PHAN. Genre établi par Necker et récemment adopté par Campdera (Monogr. des Rumex, p. 55) qui lui donne pour caractères essentiels: un embryon périphérique et un calice triquètre. Il ne se compose que du Rumex spinosus, L. V. RUMEX (G.. N.)

EMIAULE (GRAND, OIS. Syn. de la Mouette aux pieds bleus. V. MAUVE. (DR.. Z.)

EMIDE. REPT. CHÉL. Pour Emyde. V. ce mot.

*EMIDHO. BOT. PHAN. Nom vulgaire d'Hibiscus populeus, L., à Otahiti, ou cette Plante est employée avec des circonstances superstitieuses dans diverses maladies. (B.)

EMIDO-SAURIENS. REPT. SAUR. V. EMYDO-SAURIENS.

EMIGRATIONS. OIS. V. MIGRATIONS.

*EMIL1E. Emilia, BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, Corymbifères de Jussieu, et de la Syngénésie égale, établi aux dépens du genre Cacalia de Linné par H. Cassini (Bulletin de la Soc. Philom., avril 1817) qui l'a ainsi caractérisé: calathide sans rayons composée de fleurons nombreux, égaux, réguliers et hermaphrodites; involucre ovoïdecylindracé, formé d'éailles contiguës, égales, linéaires et disposées sur un seul rang sans addition à la base d'aucune écaille surnuméaire; réceptacle plane et nu; divisions de la corolle longues et linéaires; style à deux branches surmontées chacune d'un appendice subulé, hispide, mais que l'auteur regarde comme indépendant du stigmale; ovaires ob-

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longs à cinq angles saillans, hérissés de papilles, munis d'un bourrelet apicilaire et d'une aigrette dont les poils sont inégaux et soyeux. Si l'on compare cette description avec tous les caractéres que présentent les Cacalies, on trouve quelques diffrénces dans les branches du style, dans la forme de l'ovaire, de la corolle, etc. Un port assez singulier sert aussi à distinguer le genre Emilie qui au surplus ne coutient qu'une seule espèce, Emilia flammea, H. Cassini, ou Cacalia sagitata, Willd. Cette Plante herbacée et annuelle est indigéne de Java. Sa tige, haute de sept à huit décimètres, est dressée, peu rameuse et pubescente à la base; ses feuilles sont alternes, demi-amplexicaules, cordiformes-sagittées à la base, glabres, glauques et molles. Mais ce qui rend cette Plante fort remarquable, c'est la belle couleur de feu de ses fleurs portées sur de longs pédoncules, et disposées en une panicule lâche et terminale. (G.. N.)

EMISSOLE. POIS. Espéce de Squale qui forme le type d'un sous-genre établi par Cuvier. V SQUALE. (B.)

* EMMESOSTOMES. Emmesoslomi. ÉCHIN. Klein, dans son ouvrage sur les Oursins, donne ce nom à ceux dont la bouche est centrale; il nomme Apomésostomes, Apomesostomi, les espèces à bouche non centrale. (LAM.. X.)

EMOI. POIS. Espéce du genre Polyméne. V. ce mot. (B.)

EMOSSE ET EMOSSE-BERROY. BOT. PHAN. (Aublet.) Nom de pays du Besleria violacea. (B.)

EMOU. Dromaius. OIS. Nom d'un genre établi par Vieillot pour y placer le Casoarius Novœ-Hollandiœ de Latham. V RHÈA. (DR.. Z.)

EMOUCHET. OIS. Nom vulgaire des Oiseaux de proie de la taille de l'Epervier. V. FAUCON. (DR.. Z.)

EMPABUNGO. MAM. Buffon, sans citer d'autorité, donne ce nom comme celui que porte le Bubale au Congo, Quelques voyagenrs ont écrit Empacassa. V. ANTILOPE. (B.)

EMPAILLAGE. ZOOL. V, TAXI-DERMIE.

EMPEREUR. OIS. Syn. vulgaire du Roitelet. V, SYLVIE. (DR.. Z.)

EMPEREUR. REPT. 0PH. Syn. de Boa Devin. V. BOA. (B.)

EMPEREUR. POIS. Ce nom a été donné à un Holacanthe, ainsi qu'à l'Espadon. V. ces mots. (B.)

EMPEREUR. INS. L'un des noms vulgaires du. Tabac d'Espagne de Geoffroy, Papilio Paphia, L. V. ARGYNE. (B.)

EMPEREUR. Imperator. MOLL. Montfort a proposé sous ce nom un genre pour une section des Trochus, qui renfermerait tous ceux qui ont le bord frangé ou armé de pointes. La Coquille dont il s'est servi comme de type est trés-rare, et magnifique quand elle est bien conservée. Elle est figurée dans le superbe ouvragc de Martyns, pl. 30, fig. Q. Cette coupe ne peut être admise comme genre, tout au plus même comme section dans ce genre fort douteux lui-même. V. TROCHUS. (D.. H.)

EMPETRUM. BOT. PHAN. V. CAMARINE.

EMPIDES. Empides. INS. Famille de l'ordre des Diptéres établie par Latreille (Gener. Crust. et Ins.) et ayant, suivant lui, pour caractéres: antennes de deux ou hois articles, dont le dernier sans divisions; trompe saillante, en forme de bee, cylindrique ou conique, renfermant un suçoir de plusieurs soies; corps allongé; balanciers nus; ailes couchées sur le corps; tête arrondie ou presque globuleuse, dont une grande partie est occupée par les yeux; trompe perpendiculaire ou dirigée en arriére. Cette famille correspond à la tribu établie sous le nom d'Empis ou d'Empides. Dans le Régne Animal de Cuvier, elle comprend des Diptères assez petits, à antennes courtes, toujours terminées par uue soie, à trompe souvent lon-

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gue, et qui sont presque tous carnassiers. Latreille la divise de la manière suivante:

† Antennes composées de trois articles distincts; palpes relevés.

Genre: EMPIS.

†† Antennes de deux articles; palpes avancés.

Genre: SIQUE (Tachydromyies, Meig.) V. ces mots. (AUD.)

EMPIS. Empis. INS. Genre de l'ordre des Diptères, fondé par Linné et adopté par les entomologistes. Latreilie le place (Règn. Anim. de Cuv.) dans la famille des Tanystomes, tribu des Empides, et lui assigne pour caractéres: trompe saillante presque cylindrique et perpendiculaire; suçoir de quatre soies; antennes de trois pièces principales, dont la dernière conique, subulée, surmontée d'une petite pièce finissant en pointe roide; tête petite, arrondie, séparée du corselet par un cou mince; yeux grands occupant une partie de la tête; point d'yeux lisses; corselet arrondi, bossu; ailes ovales, ordinairement plus grandes que l'abdomen, croisées et couchées; balanciers allongés, terminés par un bouton arrondi; abdomen cylindrique ou conique; pates longues; tarses à deux crochets et à deux pelotes. Les Empis ont le port des Asiles et leur ressemblent par la position des ailes. Its sont assez petits, carnassiers, se nourrissent de Mouches et d'autres Insectes qu'ils saisissent avec leurs pates. On ne connaît pus leur larve. Parmi une vingtaine d'espéces propres à ce genre, nous distinguerons:

L'EMPIS AUX PIENS EMPLUMÉS, E. pennipes, Fabr., décrite par Scopoli (Faun. Carn., p. 368, n° 994) et représentée par Panzer (Faun. Ins. Germ. Fasc. 74, n° 18). Elle varie pour la grandeur,

L'EMPIS BORÉALE, E. borealis, L., Fabr. Cette espéce, propre au nord de l'Europe, a été figurée par Meigen qui en avait d'abord fait un genre particulier sous lenom de Platyptére. Elle vole le soir, dans les temps sereins, et forme des groupes qui se meuvent en tourbillons.

L'EMPIS LIVIDE, E. livida, L., ou l'Asile à ailes réticulées de Geoffroy; elle a été figurée et décrite par Degéer (Mém. sur les Ins. T. VI, p. 254 et pl. 14, fig. 14).

L'EMPIS MAURE, E. maura, ou l'Asile noir à pieds de devant en massue de Geoffroy. On la trouve sur les fleurs et elle voltige sur les eaux. stagnantes. (AUD.)

EMPLEVRE. Empleorum. BOT. PHAN. Genre de la famille des Rutacées, remarquable par son défaut de pétales. Le calice présente quatre lobes peu profonds; quatre étamines à filets étroits, à anthères grosses, attachées par la base de leur face externe et munies d'un point glanduleux à leur sommet, s'insèrent au-dessous de l'ovaire qui avorte assez fréquemment. Cet ovaire est le plus souvent unique, surmonté à l'extérieur d'un appendice oblique, aplatf, aussi long que lui, et à l'intérieur d'un style cylindrique et recoutbé; quelquefois on observe un second ovaire accolé au premier et symétrique; il renferme deux ovules juxtaposés et suspendus vers le haut de la paroi interne, c'est-à-dire au-dessous de l'insertion du style; le fruit est une capsule léguminiforme, terminée par l'appendice qui n'a pas pris de developpement; s'ouvrant du côté interne, et monosperme par avortement; l'endocarpe mince et bivalve présente la forme caractéristique dans cette famille; l'embryon, suivant Gaertner fils (tab. 211), renfermé dans un périsperme charnu, offre une radicule supére et deux cotylédons inégaux dont l'un se contourne autour de l'autre. On n'en connaît qu'une seule espéce réunie autrofois au genre Diosma sous le nom de D. unicapsularis. C'est maintenant l'Emplevrum serrulatum, petit Arbrisseau du cap du cap de Bonne-Espérance, à feuilles linéaires lancéolées, glabres, et dont toutes les parties sont parsemées de points glandaleux, (A. D. J.)

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EMPONDRE. BOT. PHAN. Pour Ampondre. V. ce mot. (B.)

EMPRENITES OU TYPOLITHES. V. FOSSILES.

EMPUSE. Empusa. INS. Genre de l'ordre des Orthoptéres, établi par Illiger, et pouvant étre caracterise de la manière suivante: antennes pectinées dans les mâles; front prolongé dans les deux sexes en forme de pointe ou de corne. Fabricius a décrit comme propres à ce genre, les Mantis mendica, flabellicornis, pectinicoruis, gongyloides pauperata, etc., quitoutes sont exotiques, à l'exception d'une espèce qu'il a confondue avec la Mantis pauperata, et qu'on trouve eu Europe. Les Empuses sont remarquables par leur corselet ordinairement grêle en arrière, par les cuisses des quatre pieds postérieurs terminées inférieurement en un lobe membraneux figurant une sorte de manchette. V. MANTE. (AUD.)

EMYDE. Emys. REPT. CHÈL. Sousgenre de Tortues. V, ce mot. (B.)

EMYDO-SAURIENS. REPT. SAUR. Ordre établi par Blainville, et qui répond exactement à celui des Crocodiliens de Cuvier. V. ce mot et SAURIENS. (B.)

* ENALC1DE. Enalcida. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, Corymbiféres de Jussien, et de la Syngénesie superflue, établi par H. Cassini (Bulletin dela Soc. Philom., février 1819) qui l'a ainsi caractérise: calathide dont le disque est for mé de fleurons nombreux, réguliers, hermaphrodites, et dont les rayons ne composent qu'un seul rang de fleurs anomales et femelles; involucre oblong, cylindracé, composéde cinq écailles sur un seul rang, soudées par leur base et libres par leur sommet qui forme un lobe triangulaire; réceptacle un peu conique, alvéolé à cloisons légèrement frangées; corolle courte dont le limbe presqu'avorté est cochléariforme; style divisé en deux branches longues et divergentes; ovaires trés-longs, grêles, linéaires, anguleux, surmontés d'une aigrette formée de plusieurs paillettes soudées, à l'exception d'une seule située sur le côté extérieur, plus longue, lancéolée et libre. Dans l'aigrette des fleurs marginales; les petites écailles paléacées sont égales, oblongues, tronquées et soudées entre elles. Le genre Enalcida appartient à la tribu des Tagétinées de Cassini; il est trés-voisin du Diglossus de cet auteur ainsi que du Tagetes. Le Tagetes fœniculacea, cultivé dans le Jardin des Plantes de Paris, et le Tagetes clandestina de Lagasca (Genera et Species Plantarum, Madrid, 1815) semblent identiques, selon Cassini, avec l'Enalcida; cependant la dernière de ces Plantes pourrait bien être le Diglossus variabilis. L'Enalcida fœeniculacea, H. Cass., nommée d'abord E. pilifera par le méme auteur, est une Plante herbaée, glabre, dont la tige est rameuse, munie de côtes saillantes; les feuilles sessiles, pinnatifides, linéaires, glanduleuses; les fleurs jaunes, formant de peits bouquets irréguliers par l'assemblage des calathides au sommet de'la tige et des branches. (G.. N.)

ENARGEA. BOT. PHAN. Gaertner a établi sous ce nom un genre qui, malgré son embryon dicotylédon observé par cet auteur, paraît n'être, selon Jussieu, qu'une espéce de Callixène. Les détails floraux de ce genre ont été donnés par Banks. (G.. N.)

ENARTHROCARPE. Enarthro-carpus. BOT. PHAN. Genre de la famille des Cruciféres et de la Tétradynamie siliqueuse, établi par Labillardiére (Syr, decad. 5, p. 4, t. 2 ) et adopté par De Candolle (Regn. Veg. Syst. Natur. T. II, p. 660), qui l'a placé dans sa tribu des Raphanées ou Orthoplocées Lomentacées, en lui assignant les caractères suivans: calice dressé, égal à sa base; pétales onguiculés dont le limbe est entier; étamines libres, sans petites dents; silique à deux articulations, cylindrique ou légèrement comprimée; l'article

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inférieur obonique, court, persistant, à une ou trois graines; le supérieur long, étranglé et présentant neuf ou dix renflemens (isthmes, D. C.) monospermes et séparés par des lacuncs celluleuses; graines ovoîdes, un peu comprimées, dressées dans l'article supérieur; celles de l'article inférieur sont, au contraire, pendantes; cotylédons condoublés. Ce genre, confondu dans l'origine avec le Raphanus par Forskahl, Persoon et Delile, s'en distingue par l'organisation du fruit, ou plutôt par la manière dont les graines y sont disposées. Sous ce rapport, il se rapproche du Cakile et du Rapistrum; mais, dans ces genres, chaque article est monospermé. Le fruit du Cordylocarpus a aussi une structure semblable, si ce n'est que dans celui ci l'article inférieur est monosperme, et le supérieur polysperme; c'est à peu prés le contraire dans le genre qui nous occupe.

Les espèces d'Enarthrocarpe sont des Plantes herbacées, annuelles, dressées, rameuses, légàrement hérissées, et ayant le port des Raphanus. Leurs feuilles inférieures sont pétiolées et lyrées, les supérieures sessiles et grossièrement dentées. Les fleurs sont jaunes ou couleur de chair, marquées de veines et disposées en grappes allongées. Elles sont accompagnées de braclées et portées sur des pédicelles filiformes qui grossissent aprés l'anthése.

De Candolle (loc. cit.) ne décrit que trois espéces de ce genre, savoir: Enarthrocarpus arcuatus, Labill., qui croît en Crète et sur le mont Liban; E. lyratus, D. C., Raphanus lyratus, Forsk., R. recurvatus, Pers. et Delile (Ill. Fl. Ægypt. p. 19, Flor., p. 105, t. 36, f. 1), espèce que l'on trouve dans les moissons d'Orge et dans les déserts sablonneux des ïles du Nil, près d'Alexandrie; et l'E. pterocarpus, D. C., Raph. pterocarpus, Pers. et Delile, dont l'Egypte est aussi la patrie. Une belle figure de cette Plante vient d'être publiée récemment par le baron B. Delessert (icones selectœ, 2° vol., tab. 93). (G.. N.)

* ENARTHROS. POLYP. Mercati, dans son Metallotheca, a donné ce nom à des articulations de tiges de Crinoïdes a cinq angles ayant sur une face une étoile à cinq rayons ovales. (LAM.. X.)

* ENARTHRUS. POLYP. Nom donné par Bertrand à des Astraires fossiles. (LAM.. X.)

ENCALYPTE. Encalypta. BOT. CRYPT. (Mousses.) Ce genre, d'abord fondé par Hedwig sous le nom de Leersia, a été ensuite admis sous celui d'Encalypta, parce qu'il existe déjà dans la famille des Graminées un genre nommé Leersia; il est un des plus naturels de la famille des Mousses, et prouve que la coiffe est un des organes les plus susceptibles de fournir de bons caractéres génériques de cette famille; dans toutes les Plantes de ce genre, la capsule est terminate; le péristome simple a seize dents lancéolées ou filiformes, droites; l'opercule est, en général, trés-allongé, et la coiffe trés-grande, presque cylindrique, tronquée ou divisée en plusieurs dentelures à la base, enveloppe toute la capsule. Quelques espèces, d'abord rapportées à ce genre, doivent en être éloignées à cause de la forme différente de leur coiffe; tel est l'Encalypta lanceolata, qui appartient au genre Weissia; l'Encalypta cirrhata Sw., qui se rapporte également à ce genre. Les Plantes de ce genre viennent, en général, sur les vieux bois pourris ou sur les berges humides. La plus commune est l'Encalypta vulgaris, qui est assez fréquente aux environs de Paris; elle se reconnaît à sa coiffe tronquée, entiére à sa base, et à sa capsule striée longitudinalement; les autres espèces, qui ne se trouvent que dans les Alpes ou dans les autres moutagnes de l'Europe, ont la coiffe ciliée ou dentelée à la base. (AD. B.)

* ENCAPHYLLUM. BOT. CRYPT. (Lobel.) Syn. d'Ophioglossum vulgatum et de Botrychium Lunaria. V. BOTRYCHIUM et OPHIOGLOSSE. (B.)

ENCARDITE. MOLL. FOSS. Syn. de

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Bucardes fossiles. V. BUCARDE. (B.)

* ENCASTE. INS. Genre de l'ordre des Hyménoptéres, section des Térébrans, famille des Pupivores, tribu des Chalcidites, établi par Latreille (Règn. Anim. de Cuv. T. III, Suppl., p. 658) qui lui assigne pour caractères: antennes composées de plus de sept articles, élargies, comprimées, tronquées ou trés-obtuses à eur extrémité, insérées à une distance notable de la bouche vers l'entredeux des yeux; tête très-concave postérieurement avec le bord supérieur aigu. Ce genre a été créé aux dépens de celui des Eulophes. V. ce mot. (AUD.)

ENCELADE. Enceladus. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Carnassiers, tribu des Carabiques, fondé par Bonelli, dans la deuxième partie de ses Observations entomologiques (Mém. de l'Acad. de Turin). Latreille avait établi, sous le nom de Siagone, Siagona, un nouveau genre pour y placer quelques Carabiques différant des autres par l'immobilité du menton qui était soudé par sa base avec le restant de la tête, et qui, dans le type du genre (le Cucujus rufipes, Fabr.), ne laissait pas même apercevoir de suture. Bonelli ayant examiné des espèces du même genre et s'étaut apercu que, chez plusieurs, la lévre, tout en conservant son immobilité, se réunissait et se soudait avec la tête en laissant visibles les sutures, et que ces espèces offraient ensuite quelques autres différences, crut devoir etablir pour elles le genre Encelade, que Latreille a réuni (Régn. Anim. de Cuv.) à celui des Siagones. Il a pour caractères essentiels, suivant l'entomologiste italien: palpes labiaux à dernier article tronqué transversalement; langue proéminent te au milieu, et arrondie; lèvre soudée, se rétrecissant à sa basé, et se prolongeant entre les côtés de la gorge jusqu'à l'ouverture postérieure de la tête; antennes à premier article court, de la longueur du suivant. Bonelli observe qu'on peut encore ajouter à ces caractères ceux non moins importans de la lèvre supérieure, qui est terminée en deux lobes arrondis; ceux des palpes maxillaires extérieurs à dernier article tronqué très-obliquement, et ceux des jambes antérieures sans échancrure interne; celle-ci étant portée tout-à-fait à l'extrémité de la jambe. Bonelli ne connaît qu'une espèce propre à ce nouveau genre': l'ENCELADE GÉANT, Enc. gigas. V. SIAGONE. (AUD.)

ENCÉLIE. Encelia. BOT. PHAN. Geure de la famille des Corymbifères, section des Hélianthées, qui offre pour caractères: un involucre composé d'un grand nombre de folioles imbriquées, un réceptacle conique, chargé de paillettes; au centre les fleurous sont tubuleux et hermaphrodites, et à la circonférence les demifleurons sout neutres. Les fruits sont obovoïdes, comprimés, velus sur leurs bords, èmarginés à leur sommet et dépourvus d'aigrette.

On compte deux ou trois espèces de ce genre, qui sont de petits Arbustes rameux, portant des feuilles alternes, entières, à trois nervures, et des capitules terminaux, longuement pédonculés et jaunes. L'une des espèces les plus communes est l'Encelia canescens, Cav., Icon., 1, t. 61; Coreopsis Limensis, Jacq., Icon.1, t. 594, ou Pallasia halimifolia, WiHd. Elle croît au Pérou sur les bords de la mer. Ses rameaux sont velus, ainsi que ses feuilles qui sont ovales, obtuses, arrondies à leur base. Ses fleurs sont jaunes et forment des corymbes. (A. R.)

ENCENS. BOT. Nom que l'on donne vulgairement à toute matière résineuse qui répand une odeur, agréable lorsqu'on la brûle. On désigne particulierement en pharmacie l'Oliban sous le nom d'Encens mâle. V. OLIBAN. (DR.. Z.)

On appelle vulgairement ENGENS ou ENCENSIER le Romarin officinal, et ENCENS D'EAU le Selinum palustre. (B.)

ENCÉPHALE. Mot employé jus-

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qu'ici en anatomie pour désigner les parties du système cérébro-spinal contenues dans la cavité du crâne. Mais comme les fibres de la plupart des parties de cet Encéphale sont continues avec le prolongement postérieur du système, on voit que cette dénomination est vicieuse, puisqu'elle porte sur une fausse détermination. D'ailleurs les deux ou trois premières vertèbres cervicales contribuent quelquefois à la cavité du crâne, et alors les segmens correspondans du système cérébro-spinal deviennent parties intégrantes de l'Encéphale. Autant valait doue conserver le mot cerveau, qui n'était pas plus inexact. V. CÉRÉBRO-SPINAL. (A. D.. NS.)

* ENCEPHALIUM. BOT. CRYPT. (Champignons.) Ce genre a été établi à la même époque par Fries, sous le nomde Nœmatelia. V. ce mot. (AD. B.)

ENCÉPHALOIDES. POLYP. Nom donné par les anciens oryetographes aux Polypiers fossiles, appartenant aux Méandrines de Lamarck, aux Madrépores de Linné. Ce nom n'est plis employé par les naturalistes modernês. (LAM.. X.)

ENCHELIDE. Enchelis. INF. Genre fort naturel de la classe des Microscopiques et de l'ordre oú nul appendice, cirres ou organes n'altèrent la simplicité du corps. Il a été formé par Müller, adopté par Bruguière et par Lamarck. Ses caractères sont: la plus grande simplicité jet une figure à peu près pyriforme et cylindracée. Les Enchelides different donc des Cyclides, qui sont également pyriformes, mais: qui sont aplaties et comme membraneuses. Les Cyclides, d'ailleurs, ordinairement beaucoup plus petites et d'une contexture encore moins compliquée, paraissent homogènes et aussi transparentes que du cristal, tandis que les Enchelides, même celles qui sont le moins colorées, sont toujours composées de molécules distinctes, agglomérées, et auxquelles semêlent des corpuscules hyalins, tels qu'on en voit dans les filamens des Conferves. Müller décrivit vingt-sept espèces d'Enchelides; mais ce savant ayant trop souvent intercalé dans ses genres des êtres qui n'en avaient pas les caractères, nous avons renvoyé plusieurs de ses Enchelides à leur véritable place, et en joignant quelques espèces nouvelles à celles que nous conservons, nous restreignons le genre à dix-sept, dont nous avons constaté l'existence par nos propres observations. Il est probable que plusieurs des Animalcules pyriformes représentés par nos prédécesseurs, et particulièrement pur Gleichen, sont des Enchelides; mais pour le décider, il faudrait les avoirvus et pouvoir juger s'ils sont cylindriques ou aplatis. Les Animaux du genre qui nous occupe vivent dans les eaux pures, dans la mer, on dans les infusions; c'est parmi eux que nous avons reconnu les premiers Zoocarpes, c'est-à-dire ces propagules de Conferves véritablement vivans, semences animées destinées à reproduire un Végétal, et qui effacent a jamais toute limite positive entre deux règnes qu'on ne peut plus désormais adopter que pour des divisions purement artificielles.

Espèces ovoïdes, très-obtuses aux deux extrémités et obscures dans toutes les parties de leur étendu

ENCHELIDE TARDIVE, Encycl. Vers-Ill., p. 6, pl. 2, f. 6, Lamk., Anim. sans vert. T. 1, p. 418, n° 6; Enehelis serotina, Müll., Inf., p. 26, pl. 4, f. 7. Animalculeovale, cylindraé, peu rétréci à son extrémité antérieure, noirâtre, rempli de molécules grises. On trouve cette espèce dans l'eau croupissante des marais. Müller prétend l'avoir obtenue d'une infusion de Mouches.

ENCHELIDE NÉBULEUSE, Encyclop. Vers. Ill., p. 6, pl. 2, fig 7, Lamk., Anim, sans vert. T. I, p. 418, n° 7; Enchelis nebulosa, Müll., Inf., p. 27, t. 24, f. 8, Gleichen, tab. 16, A. 11, 17, D.11, C. 20, E. 11. (V. planches de ce Dictionnaire, MICROSCOPIQUES.) Cette espèce, un peu moins ronde que la précédente, est aussi

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plus grosse et remplie de molécules qui paraissent s'agiter dans son obscure épaisseur. Elle nage en élevant sa partie antéricure, comme si elle s'en servait pour tâter les objets. On la trouve assez fréquemment dans les eaux croupies et dans diverses infusions de Céréales.

†† Espèces vertes s'allongeant un peu en poires.

Nous n'hésitons pas à regarder toutes les Enchelides de cette division comme de vérbles Zoocarpes. L'une d'elles mêrue, le Tirésias, nous a présente ses singulières métamorphoses, et nous avons pu la suivre dans tous ses états. Quant aux autres, qui nous sont fort bien connues, nous en jugeons par analogie, parce que leur organisation, leur forme et leur couleur, présentent les plus grpnds rapports.

ENCHELIDE MONADINE, Enchelis Monadina, N., Monas Pulvisculus, Müll., Inf., p. 7, tab. 1, f. 56; Monade Poussière, Encycl. Vers. III., p. 2, pl. 1, fig. 9, Lamk., Anim. sans vert. T. I, p. 412, n° 8; Monas Ovulum, Goëze, Annot Willamb, Magas, 2, p. 2, 1783. On pourait, au premier coup-d'œil, confondre cette espèce avec les Monades, mais sa couleur verdâtre la fait d'abord distinguer, et, en l'observant avec soin, on voit qu'elle: prend un peu d'allongement dans la natation. La plus petite de toutes, elle est presque ronde et ne paraît pas, à la lentilie d'une demi-ligne ete foyer, plus grosse qu'un grain de Tabac. Transparente, sa teinte est plus sensible au pourtour. On distingue au centre un point agité qui indique un, rudiment d'organisation. Elle affecte trois sortes de mouvemens, celui, de gyration sur elle-même, celui de progression, soit en avant, soit en arrière, et celui que Müller rend par le mot vacillatoire. Ce savant Danois a observé cet Animal, principalement au mois de mars, par myriades dans une goutte d'eau de marais; nous l'avons vu durant tout l'été, non-seulement dans les marais, mais dans les vases où nous élevions des Conferves; il y formait, comme l'E. amœna, par son mélange avec cette dernière, des lisérés verts aux bords de l'eau. Se pressant par milliards les individus dont la réunion formait ces lisérés semblaient se disputer à qui, atteignant les premiers les limites du petit océan qui les contenait, mourraient les premiers par l'effet de l'évaporation. Müller, a observé que l'espece dont il est question se groupait par paquet de deux à sept individus, à la manière de nos Ulvelles; cette disposition n'est qu'accidentelle, ainsi que les lignes vertes qu'il a distinguées sur la surface et qu'il regarde comme l'indication des sections par le moyen desquelles l'Animal se divise pour se multiplier.

ENCHELIDE POUSSIER, Enchelis Pubviculus Müll., Inf., p. 32, tab. 4, fig. 18, 19; Encycl. Vers. III., p. 7, pl. 2, f. 14. Cette espèce ressemble beaucoup à la précédente, mais elle est du double plus grosse, plus foncée et sensiblement plus ovoïde. Elle se trouve fréquemment dans l'eau des marais, surtout dans ceux oú croît la Lenticule. On la voit aussi s'accumuler au bord des vases oú l'on élève des Conferves, ou former à la surfbee de l'eau de petiles pellicules d'un vert tendre qui ont certainement été sonvent prises pour le Byssus flos aquœ de Linné par plusieurs bolanistes qui ont mentionné cette production dans diverses Flores, sans l'avoir jamais bien connue. En monrant, elle s'allonge, devient pellucide, et ne conserve de vert qu'une tache centrale.

ENCHELIDE INERTE, Enchelis (inerta) virescens, subovata, N. Deux, trois et quatre fois plus grosse que la précédente, et plus alongée en forme ovoïde; elle est d'un vert pâle, et contient deux ou trois et jusqwà quatre globules by hyalins internes. Ses mouvemens sont trés-lents. La différence de taille assez considérable entreles individus tient-elle à divers degrés de développement? Nous l'avons trouvée assez fréquemment dans les eaux stagnantea ou elle se tient éparse.

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ENCHBLIDE AIMABLE, Enchelis amœna, N. (V. planches de ce Dict., MICROSCOPIQUES.) Cette jolie espèce est du vert le plus gai, et paraît beaucoup plus diaphane que les espéces suivantes; on la dirait composée de molécules de matière verte oil se confondent ces points hyalins dont les tubes des Conserves sont tous remplis. C'est absolument la même organisation que celle de ces Plantes. Elle s'allonge un peu en nageant, et se dirige dans le sens de la pointe; son allure est grave; elle contourne légèrement la partie antérieure amincie, mais non pointue, comme pour tâter les obiets. On en voit des individus s'appliquer l'un contre l'autre et former alors un corps parfaitement sphérique qui ressemble entièrement à un Volvoce. Quand l'Enchelide aimable se dessèche sur le porte-objet par l'évaporation, elle conserve sa forme en fruit de Coing, ou devient ovale en s'aplatissant; sa couleur est alors d'un vert homogène par la disparution des corpuscules hyalins que, dans notre travail sur la matière, nous avons considérés comme gazeux; mais il se développe souvent au centre un point blond parfaitement transparent. Nous avons souvent observé cette espèce dans des vases où nous élevions des Conserves ou plutôt des Arthrodiées; au bout d'un ou deux jours, elle formait, sur le bord du liquide, un cercle du plus beau vert, quiavait une odeur sensible de marécage, par la réunion de millions d'individus pressés.

ENCHELIDE TIRÉSIAS, Enchelis Tiresias, N. (V, planches de ce Dictionnaire, ARTHBODIÉ, f. 13, d, e, f, g.) C'est sur cette espèce que nous times, pour la première fois, la déouverte qui nous a conduits à la théorie des Zoocarpes. Nous l'avons vue se former dans les articles d'une véritable Conserve, les briser, s'essayer d'abord à la vie par un mouvement de gyration que lui permettait sa forme globuleuse; bientôt produisant antérieurement un prolongement translucide, et commençant à nager dans le sens de ce nouvelorgane, elle s'allongeasous nos yeux, ainsi que son espèce de bee, et acquit la forme de l'Enchelide paresscuse. Mais, comme la précédente, elle nageait en tenant la partie amincie en avant, tandis que les suivantes se dirigent dans le sens de la partie obtuse. Nous renvoyons au mot ZOOCARPES pour de plus amples détails sur l'Animal dont il est question, Animal extraordinaire qui n'est certainement que la graine vivante d'un Végetal. Depuis que nous l'avons signalé, le fait a été verifié par les observateurs les plus soigneux, entre lesquels nous nous énorgueillissons de compter notre confrère Dutrochet.

ENCHELIDE PUNCTIFÈRE, Enchelis punctifera, N.; Ench. punctata, Müll., Inf., p. 24, pl. 23; Ench. ponctuée, Encycl. Vers. III., p. 4, pl. 2, fig. 2; Lamk., Anim. sans vert. T. I, p. 418, n. 2. Sa forme est celle d'une Poire un peu allongée; sa partie antérieure, celle dans le sens de laquelle on la voit nager, est la plus épaisse; elle est trèsobtuse, et lorsque l'Animal est en repos, on y remarque un espace urrondi transparent, sur le milieu duquel se distnguent deux très-petits points noirs, disparaissant pendant le mouvement de l'Animal, qui alors semble être opaque et entierement d'un vert foncé, si ce n'est à la pointe de la partie postérieure, où se distingue toujours une certaine transparence. On trouve assez fréquemment cette Enchelide dans l'eau des marais, nageant isolée, mais souvent en assez grand nombre dans chaque goutte d'eau qu'on observe, ce qui fait qu'on la rencontre assez communément dans les vases où l'on éléve des Conserves ramassées à la campagne dès que l'on veut étudier ces Plantes au microscope.

ENCHELIDE PARESSEUSE, Enchelis deses, Müll., Inf., p. 25, pl. 4, fig. 4. 5; Enchelide paresseuse, Encycl. Vers. III., p. 5, pl. 2, fig. 4. Cette espèce est, comme la précédente, d'une couleur vert obscur, surtout

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par le milieu où elle est entièrement opaque, moins épaisse; elle est beaucoup plus allongée, mais nage aussi le côté le plus obtus toujours en avant. Celui-ci paraît comme tronqué dans certains aspects, et en examinant attentivement cette sorte de troncature, on la reconnaît formée par un cercle en forme de disque moins foncé que le restc de l'Animal. La pointe postérieure est parfaitement hyaline. Dans la pensée ou nous sommes que les Enchelides vertes ne sont que des Zoocarpes, ou propagules animés de quelques genres d'Arthrodiées, nous croyons, que le disque obscurément transparent de la partie antérieure, n'est aue la marque du point sur lequel doit se développer l'article par lequel doit s'allonger en filament conservoïde, le Zoocarpe, lorsque, arrivé au terme de sa carrière animale, il doit se fixer et prendre racine par le point hyalin de la partie posténeure. L'Enchelide paresseuse a été observée par Müller dans l'eau où il avait conservé des Lenticules; nous l'avons aussi trouvée, dans la même saison, plus fréquemment que lui, dans des vases où nous avions auparavant trouvé l'espèce precédente, et qui rentermaient le Conserva rivularis, L.

††† Espèces pyriformes, grisdtre, avec une extrémité transparente.

ENCHELIDE SÉMINULE, Enchelis Seminula, Müll., Inf., p. 27, tab. 4, fig. 13, 14; Enchelide semence, Encycl. Vers. III., p. 6, pl. 2, fig. 8, Lamk., Anim. sans vert. T. 1, p. 418, n. 8. La forme ovoïde, un peu allongée, un peu amincie par la partie antérieure de cette espèce, est intermédiaire entre celle du deses et du punctifera, d'un gris brunâtre obscur par sa partie postérieure la plus obtuse; elle est plus transparente et quelquefois totalement transucide à son extrémité antérieure; à la couleur prés, on dirait alors la Tiresias, quand celle-ci commence à s'allonger. On la trouve dans toutes les eaux gardées quelques jours, même quan l ces eaux ne sont pas exposées à la lumière, et pour peu que des queues de bouquet y plongent; elle nage en allant, venant, montant et descendant, avec assez d'agilité.

ENCHELIDE POUPÉE, Enchelis Pupa, Müll., Inf., p. 42, tab. 25, fig. 25, 26; Encbelide Poupée, Encycl. Vers. III., p. 9, pl. 2, fig. 31. Cette espèce, la plus grosse de toutes, surpasse les précédentes de huit ou dix fois en longueur et en épaisseur; sa forme est cependant à peu près la même; il n'y a guére de différence que dans la couleur grisâtre et les proportions. On la trouve fréquemment dans l'eau des marais où elle nage avec leuteur et comme apec une certaine timidité, vaguement, d'un lieu à un autre. Elle estcomposée de molécules grisâtres à travers lesquelles on distingue quelques corpuscules hyalins, épars et généralement immobiles.

ENCHELIDE LAGÉNULE, Enchelis Lagenula, N.; Enchelis Pirum, Müll., Inf., p. 30, pl. 4, fig. 12: Gmel., Syst. Nat., 12, T. I, part. 6, p. 3904; Enchelide Poire, Encycl. Vers. III., p. 6, pl. 2, fig. 11; Lamk., Anim. sans vert. T. I, p. 418, n. 9. Cette petite espèce, extrêmement agile, s'observe fréquemment, parmi les Lenticules, dans l'eau des marais. Elle nage avec une vivacité surprenante et un air d'inquiétude particulier, la partie la plus épaisse en avant. Celle-ci est formée de corpuscules grisâtres, tandis que l'extrémité postérieure amincie est absolument transparente et comme vide. Sa forme est absolument celle du fruit du Cucurbita Lagenaria.

ENCHELIDE PYRIFORME, Enchelis pyriformis, N.; KolpodaPirum, Müll., Inf., p. 108, tab. 16, fig. 1, 5; Kolpode Poire, Encycl. Vers. III., p. 21; pl. 7, fig. 23-27; Gleichen, p. 210, pl. 27, fig. 18, 19, 20. Cette espèce se trouve dans l'eau des marais, et Gleichen l'observa dans de l'eau de neige qui s'était fondue au milieu d'un appartement chauffé. Ce fait mérite une attention particulière.

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Nous avons aussi trouvé des Microscopiques plusieurs fois dans l'eau de neige et dans des gouttes d'eau de pluie, parce qu'il en est d'assez petits pour vivre aans les globules d'eau dissoute dans l'atmodphère. Quoi qu'il en soit, l'Enchelide pyriforme s'étend plus que les précédentes, et sa forme variable est, dans tout le developpement possible, celle de cette variété de Poire vulgairement appelée Verte-Longue. Sa partie postérieure est toujours arrondie et un peu plus obscure que l'antérieure, qui, en s'amincissant, devient un peu membraneuse, et munie d'une macule plus transparente vers l'extrémité

†††† Espèces presque entiàement transparentes ou qui le sont totalement.

Celles-ci, quand même elles seraient un peu colorées du côté le plus renflé, une présentent point, du côté aminci, une sorte de bee diaphane. Elles sont aussi un peu moins épaises et s'aplatissent légèrement par le côté inférieur pendant la natation, lorsqu'elles passent comme en rampant sur les corps solides.

ENCHELIDE CYCLIOÏDE, N., Enchelis Cyclioides, N.; Kolpoda Nucleus, Inf., p. 98, tab. 13, fig. 18; Kolpode Noyau, Encycl. Vers. III., p. 19, pl. 6, fig. 16; Lamk., Anim. sans vert. Cette espèce, particulièrement un peu moins épaisse que ses congénères, et que Müller avait à tort cru membraneuse, avait d'abord été confondue, par ce grand observateur, avec le Kolpoda Cuculio. Plus tard, il reconnut son erreur, mais ne la laissa pas moins dans un genre auquel sa convexité ne saurait couvenir. Elle est formée ou comme remplie de molécules hyalines, lente dans ses mouvemens, et nage avec une sorte de prudence dans les infusions de Chanvre. C'est l'Animalcule mentionné par Spallanzani, p. 128, tab. 1, fig. 1.

ENCHELIDE OVULE, Enchelis Ovulum, Müll., Inf., p. 29, tab. 4, fig. 9-11; Gmel, Syst. Nat., XII, T. I, part. 6, p. 3094, n. 5; Enchelide Ovule, Encycl. Vers. III. p. 5, pl. 2, fig. 3; Lamk., Anim. sans vert. T. 1, p. 418, n. 3; Larme, Joblot, part. 2, P. 77, pl. 10 fig. 15. Ce dernier synonyme est mal à propos rapporté, par Müller, à son Kolpoda Pirum qui est pour nous un Enchelis, et qui, conséquemment, n'est pas cylindrique et épais comme l'Animal dont il est ici question, et que nous avons été souvent à portée d'observer. Cette espéce ovoïde, mais légèrement contournée sur un côté, fort obtuse même du côte aminci, est d'une grande transparence. Quand elle est très-grossie à la lentille, d'un quart de ligne, on distingue, dans toute sa longueur, de petites lignes ou stries longitudinales et parallèles avec quelques globules intérieurs et vaguement répartis dans la partie la plus épaisse de l'Animal. Ils sont encore plus transparens que le reste du corps. On trouve communément l'Enchelide Ovule dans l'Eau des fumiers, confondue avec d'innombrables Monades. Nous l'avons aussi rencentrée dans diverses infusions d'écerces et dans celle des Lenticules.

ENCHELIDE GALLINULE, Enchelis Gallinula, N.; Kolpoda Gallinula, Müll., Inf., p. 94, tab. 12, fig. 6; Kolpode Poulette, Eneycl. Vers. Ill. pl. 6, fig. 4; Lamk., Anim. sans vert. T. I, p. 429, n. 2. (V. planches de ce Dictionnaire, INFUSOIRES.) Cette espèce, beaucoup plus allongée que les précédentes, est une sorte de cylindre un peu aminci et légèrement déjeté en bec vers la droite à son extrémité antérieure, où elle est en outre aplatie, presque membraneuse, et d'une grande translucidité; on distingue, à travers cette partie, les moindres obiets; sur la partie postérieure renflée et légèrement colorée, on distingue, comme dans la précédente, quelques traces de stries longitudinales, à l'aide du plus fort grossissement, et des corpuscules hyalins répandus dans la masse du corps. On trouve cette espèce dans l'eau de mer devenue très-fétide.

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ENCHELIDE RAPHANELLE, Enchelis Raphanella, N. Ver trouvé dans l'eau d'Huître, Jobl., part. 2, p. 26, pl 4, M. N. O. Nous avons observé. dans la même eau que Joblot, cette espèce qui présente, dans sa grande transparence, la figure d'une petite Rave, et qui se contracte ou s'allonge, de maniére à présenter diverses figures. Elle est l'une des plus grandes espéces du genre, et l'on voit souvent deux individus se joignaut par leur extrémité la plus épaisse, se confondre en un seul individu aigu aux deux extremités.

L'Animal figuré par Joblot, sous le nom de Massue, et trouvé par lui dans une infusion d'écorce de Chêne (part, 2, p. 74, pl. 10, fig. 6), pourrait bien etre une Enchelide. (B.)

ENCHELYOPE. POIS. Ce nom, que Gronou a vait imposé à la Blennie vivipare, devint, pour Schneider, celui d'un genre que n'a point adopté Cuvier, et qui doit être réparti parmi les Gades, aux dépens desquelles il fut établi. (B.)

* ENCHICOULEHUE. BOT. PHAN. (Surian.) Syn. caraïbe de Zanthoxylum ternatum, Swartz. (B.)

ENCHYLÈNE. Enchylœna. BOT. PHAN. Genre de la famille des Chénopodées et de la Pentandrie Digynie, établi par R. Brown (Prodr. Flor. Nov.-Holland., p. 407) qui l'a ainsi caractérisé: périanthe divisé en cinq découpures qui atteignent le milieu du tube, persistant après la floraison, formant l'enveloppe du fruit qui est bacciforme; cinq étamines insérées au fond du périanthe; deux à trois stigmates filiformes; semence déprimée, pourvue d'un tégument simple, d'un albumen central et d'un embryon circulaire. Ce genre se compose de sous-Arbris-seaux très-rameux et couchés; leurs feuilles sont alternes et charnues; leurs fleurs axillaires, sans bractées, solitaires et sessiles. L'Enchylœna tomentosa, type du genre, a été trouvé au port Jackson de la Nouvelle-Hollande par R. Brown. Ce savant botaniste a ajouté une seconde espéce trouvée par Joseph Banks dans les contrées intropicales de la Nonvelle-Hollande, et lui a donné le nom d'Enchylœena paradoxa. Elle est remarquable par ses fruits utriculaires laineux à leur base. (G.. M.)

ENCHYLIUM. BOT. CRYPT. V. COLLEMA.

ENCOUBERT. MAM. V. TATOU.

ENCRASICOLUS. POIS. Nom scientifique de l'Anchois proprement dit. V. CLUPE. (B.)

* ENCRE DE LA CHINE. MOLL. Tout porte à croire que cette préparation précieuse pour le dessin au lavis, qui nous est apportée de la Chine, n'est autre chose que la matière évaporée fournie par la Sèche et mise en pâte a l'aide du mucilage de la colle ae Poisson. (DR.. Z.)

ENCRIERS. BOT. CRYPT. Nom vulgaire de l'Agaric atramnentaire, que Paulet n'a pas laissé échapper pour désigner, avec des épithèles bizarrement assorties, les Champignons déiquescens qu'il nomme Encriers à pleurs, à bourse, farineux, à fleurs, secs, solitaires, en famille, etc. (B.)

ENCRINE. Encrinus. POLYP. Müller, dans son bel ouvrage sur ces Animaux, a proposé la dénomination de Crinoïde pour remplacer celle d'Encrine qu'Ellis avait employée le premier pour désigner des Zoophytes très-communs dans la nature à l'état fossile et que l'on n'a encore trouvés que deux ou trois fois à l'état vivant.—Ayant adopté le nom de Crinoïde, c'est la que nous renverrons le leoteur. (LAM.. X.)

ENCRINITES. POLYP. FOSS. Nom donné par quelques naturalistes aux Encrines ou Crinoïdes. V. ce mot. (LAM.. X.)

* ENCRINOS. ZOOPH. Nom donné par Mercati, dans son Metalloheca, p. 230, à des articulations fossiles de tiges de Crinoïdes ou Encrines. (LAM.. X.)

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ENCYRTE. Encyrtus. INS. Genre de l'ordre des Hyménoptères, section des Térébrans, famille des Pupivores, tribu des Chalcidites, établi par Latreille qui lui assigne pour caractères: antennes coudées, composées de neuf à dix articles serrés, et dont les derniers comprimés, plus larges, celui du bout très-obtus; têle très-concave à son point d'insertion, bord supérieur aigu; mandibules sans dentelures au côté interne; écusson grand; abdomen très-court, triangulaire. Latroille rapporte à ce nouveau genre l'lchneumon infidus de Rossi, que Schellenberg paraît avoir pris pour un Diptère et qu'il a figuié (pl. 14) sous le nom de Mira mucora. Cet Insecte est peu connu; Latreille nous apprend que Brebisson, naturaliste distingué de Falaise, a découvert quelques autres espèces du même genre. (AUD.)

ENDACINUS. BOT. CRYPT. (Lycoperdacées.) Ce genre, établi par Rafinésque, est décrit si incomplétement par cet auteur, qu'on ne peut être certain s'il est réellement nouveau ou s'il rentre, comme Desvaux le présume, dans le Polysaccum de De Candolle ou Pisocarpium de Kunth. La seule espèce connue croît en Sicile et a été figurée par Boccone, Pl. Sic., t. 12, et dans Cupani, Panph. Sic., t. 43. C'est un Champignon arrondi, brun, assez semblable aux Scleroderma, tuberculeux, rempli d'une pulpe bleuâtre et de gongyles jaunes. Ces gongyles sont-ils des amas de sporules on des péridioles, comme dens le Pisocarpium. C'est ce qu'on ne peut établir d'après la description de Rafinesque. (AD. B.)

* ENDÉELOO. BOT. PHAN. (Marsden.) Arbrisseau indéterminé dont l'écorce produit un fil fort employé par les habitans de Sumatra. (B.)

* ENDELLIONE. MIN. (Bournon, Cat. minéral., p. 409.) Nom sous lequel ce savani a décrit le triple Sulfure d'Anrimoine, de plomb el de Cuivre, aujourd'hui désigné sous celui de Bournonite. V. ANTIMOINÉ SULFURÉ. (G. DEL.)

ENDIANDRE. Endiandra. BOT. PHAN. Genre de la famille des Laurinées, et de la Triandrie Monogynie, établi par R. Brown (Prodm. Flor. Nov.-Holland., p. 402) qui l'a ainsi caractérisé: fleurs hermaphrodites; périanthe à six divisions égales; l'entré du tube munie de glandes placées en dehors des étamines; trois étamines à anthères biloculaires et extrorses. Ce genre est, selon son auteur, extrêmement rapproché de celui qu'il a nommé Cryptocarya (V. ce mot) et du Cinnamomum, formé aux dépens des Laurus de Linné. It diflere du premier par ses étamines fertiles au nombre de trois seulement, et par son fruit non entièrement recouvert; sa différeuce d'avec le Cinnamomum consiste principalement dans ses glandes réunies ou distinctes qui ne sont autre chose que les six étamines extérieures transformées, et dans ses étamines intérieures biloculaires.

L'Endiandra glauca, seule espèce du geare, a été trouvée par J. Banks, dans la partie de la Nouvelle-Hollande située entre les tropiques. C'est un Arbre à feuilles alternes elliptiques, oblongues, glabres el glauques en dessous, à fleurs en panicules axillaires. R. Brown pense que le Laurus triandra de Swartz (Flor. Ind.-Occid.) lui paraît congénere, et qu'il ne difiere de l'E. glauca que par les glandes du périanthe distinctes presque jusqu à leur base, et par ses étamines presqu'adhérentes eutre elles. (G.. N.)

ENDIVE. Endivia. BOT. PHAN. Espéce du genre Chicorée. V. ce mot. (B.)

* ENDIVEMARINE, BOT. CRYPT.(Hydrophytes,) Marsilli, dans son Histoire physique de la mer, a donné ce nom à une Plante marine du genre Ulva qui nous paraît devoir être l'Ulva lactiuca des auteurs. (LAM.. X.)

ENDOBRANCHES. ANNEL. Famil-

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le établie par Duméril (Zool. anal.) et comprenant les Annelides qui n'offrent pas de branchies à l'extérieur du corps; tels sont les genres NAYADE, LOMBRIC, THALASSÈME, DRAGONNEAU, SANGSUE et PLANAIRE. V. ces mots et ANNELIDES. (AUD.)

ENDOCARPE. Endocarpium. BOT. PHAN. On nomme ainsi la membrane pariétale qui revêt la paroi interne du fruit. Cette membrane est quelquefois d'une extrême ténuité; d'autres fois elle est dure, résistante et assez semblable à du parchemin; enfin elle peut être tout-à-fait osseuse, comme dans les fruits à noyau. Mais il est important de remarquer que, dans ce cas, la partie osseuse est formée à la fois par l'Endocarpe et par la partie voisine du sarcocarpe qui s'est endurcie. Généralement l'Endocarpe reste uni, même à l'époque de la maturité, avec les autres parties du fruit. Néan moins dans quelques fruits à noyaux, dans ceux du Noyer par exemple, l'Endocarpe se détache du sarcocarpe et s'ouvre naturellement en deux ou trois valves, V. FRUIT et PÉRICARPE. (A. R.)

ENDOCARPON. BOT. CRYPT. (Lichens.) Genre de Cry plogames dont les expansions foliacées sont cartilagineuses et attachées par le centre; les réceptacles enchâssés dans la substance même du thallus proéminent à la surface supérieure, sous forme de protubérances terminées par un orifice peu distinct. Ce mode de fructification est trè-ressemblant à celui de certaines Sphéries et Pezizes; d'un autre côté, le genre Endocarpon a des rapports avec le Riccia, qui appartient à la famile des Hépatiques; et comme les protubérances noires de son thallus se retrouvent aussi dans plusieurs genres de Lichens, tels que le Cladonia, le Lobaria, le Scyphphorus, etc., il s'ensuit que les Endocarpons se trouvent avoir des rapports avec des Végétaux de trois familes difiéentes. Cependanl leur place à la fin des Lichens paraît la plus naturelle. L'expansion foliacée de ces Lichens a été regardée par Achar comme un réceptacle universel contenant de petits conceptacles globuleux, membraneux et diaphanes. Les protubérances noires de certains Lichens, auxquellcs on a comparé celles des Endocarpon, existent indépendamment d'autres conceptacles particuliers; doù l'on a conclu qu'elles sont dues, soit à une maladie orgañique, soit à une Sphérie parasite. Villars, qui a embrassé cette dernière opinion, a décrit ces taches sous le nom de Sphœnia Lichenum (Dauphin. T. IV, p. 1059).

Plus de vingt espéces ont été décrites par les cryptogamistes. Quelquesunes ont été trouvées sur les rochers au cap de Bonne-Espérance, en Amérique et en Asie. Les autres croissent en Europe sur les pierres, comme les Lichens, ou sur la terre humide et mêmeme submergée, à la manière des Riccia; il y en a aussi de parasites sur les Mousses. Leur couleur est tantôt grisâ;tre, tantôt verdâtre, brune ou jaunâtre en dessus, noire ou rousse en dessous. On a détaché plusieurs espéces de Lobaria, Platisma et Umbilicaria d'Hoffmann, pour les réunir au genre dont il s'agit ici. Les Endocarpon qui croissent en France sont: 1° l'Endocarpon Hedwigii, type du genre; commune, mais difficile à apercevoir parmi les Mousses, sur la terre, les rochers et les vieilles murailles; 2° E. miniatum, sur les rochers à Fontainebleau, dans les Alpes et les Pyrénées; 3° E, complicatum, croissant sur les rochers, surtout ceux de la mer. De même que la précédente espèce, elle ne change pas de couleur lorsqu'on l'humecte; 4° E. fluuiatile, attachée aux pierres submergées des riyières et ruisseaux dans les départemens de l'Ouest. (G.. N.)

* ENDOCHROME. BOT. CRYPT. (Hydrophytes.) Sous ce nom est désignée, par Gaillon de Dieppe, la partie de tissu continu ou homogène qui forme, dans un grand nombre de Confervées et de Céramiaires, les intervalles colorés ou hyalins que l'on

TOME VI 11

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apercoit entre les lignes transversales de séparation de ces Plantes. L'Endochrome est cette partie du tissu des Hydrophytes que l'on appelait article, dénomination impropre par la nature même de la chose, et que l'on confondait avec articulation. Bonnemaison avait proposé le mot Locule, mais cette expression, employée dans la langue française comme synonyme de bourse et de coffre, manque ici de justesse. Le nom de segment que le même naturaliste emploie concurremment avec le précédent est encore moins approprié, puisqu'il le détourne du sens qu'on lui donne en géométrie. Les Endochromes sont l'Utriculis matricatus et le Sporangium de Roth. Les lignes transversales opaques ou transparentes qui limitent de distance en distance les Endochromes sont les Endophragmes de Gailion(V. ce mot). Les Endochromes sont simples ou multiples. Dans le premier cas, vues au microscope, elles forment une série linéaire de cases tubulaires, comme chez les Ceramium Linum, rupestre et penicillatum de De Candolle; dans le second cas, chaque Endochrome présente des cases tubulaires ou elliptiques réunies et comme soudées et groupées autour d'un axe; ces cases ont été appelées stries par divers auteurs; elles renferment, comme les précédentes, une matière pulvérulcnte colorée; elles sont tantôt allongées comme dans les Ceramium fucoides et bissoides de De Candolle, tantôt déprimées, comme dans le Ceramium polymorphum; d'autres fois ces cases tubulaires revétent extérieurement un tissu cellulaire ténu et dense, comme les Endochromes des Ceramium incurvum et elongatum. Les cellules de ce tissu dans d'autres Endochromes sont dilatées, arrondies, très-visibles vers les Endophragmes; les Endochromes sont alors simples et dilatées au centre, comme dans le Conferva rubra, Dill., et dans les Ceram. axillare et diaphanum de De Candolle. C'est d'après ces diverses modifications des Endoehromes combinées avec les aspects de la fructification, que Gaillon établit sa division systématique des Hydrophtes diaphysistées. Il a retiré de ces dernières des productions qu'il croit avoir prouvé être des agrégations d'Animalcules en filameos phytoïdes muqueux. De ce nombre sont le Conf. comoides, Dillw., et le Rivularia fœtida, De Cand. Il appelle ces productions Némazoones (V. ce mot). Il en fait une classe clans laquelle il place en entier le genre Vaucheria de De Candolle, et les Arthrodiées de Bory de Saint-Vincent. Cette classe est déjà indiquée depuis long-temps par ce dernier, sous le nom de Psychodiées. V, ce mot. (LAM.. X)

* ENDOGÈNES, BOT. PHAN. Dans les Dicotyledons, l'accroissement de la tige en épaisseur se fait à l'extérieur par l'addition successive de nouvelles couches de bois; daus les Monocotylédons, au contraire, ect accroissement a lieu à l'intérieur, par le centre même de la tige. Le professeur De Candolle a proposé de substituer aux noms de Dicotylédons et de Monocotylédons, tirés de la structure de l'embryon, ceux d'Exogènes et d'Endogènes, tirés de leur mode d'accroissement. (A. R.)

ENDOGONE. BOT. CRYPT. (Lycoperdacées.) Link a établi sous ce nom un genre trés-voisin des Truffes dout il ne differe que par sa surface externe tomeateuse et par l'absence des veines qui parcourent l'intérieur du péridium des Truffes; l'intérieur de celui de l'Endogone est simplement grumeleux et parsemé de vésicules ou péridioles remplies de sporules.

On ne connaît qu'une espéce de ce genre. Elle croît sur les racines des Mousses sur lesquelles elle forme de petits tubercules jaunàtres de la grosseur d'un pois. (AD. B.)

* ENDOLEUQUE. Endoleuca. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, Corymbiféres de Jussieu, et de la Syngénésie séparée, L., établi par H. Cassini (Bulletin de la Soc. Philom., mars 1819) qui l'a ainsi caractérisé: calathide composée de

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cinq fleurons égaux, réguliers et hermaphrodites; anthéres pourvues d'appendices basilaires, subulés el harbus; involucre cylindracé formé de deux rangs d'éailles dont les extérieures, au nombre de cinq, sont plus courtes, persistante, égales, appliquées, oblongues, laineuses en dehors, et surmontées d'une arête spinescente et recourbée; les écailles du rang intérieur sont plus longues, caduques, appliquées et surmontées d'un appendice étalé, lancéolé, pétaloïde et trés-blanc; réceptacle nu et planiuscule; ovaires glabres, oblongs, terminés par une aigrette longue, composée de fils soyeux, égaux, libres, blancs et disposés en une seule série. Ce genre, dont les calathides sont réunies en capitules dépourvus de bractées, a été formé aux dépens de certains Gnaphalium de Lamarck. Cassini le place dans sa tribu des Inulées, section des Gnaphaliées, à côté de son genre Petalolepis, dont il diffêre par l'involucre et l'aigrette, et du Metalasia de R. Brown, avec lequel il a surtout de si grands rapports que nous ne voyons guère quelle peut être leur différence, car le caractère tiré de l'involucre, et qui a été employé par Cassini pour les différencier, est en vérité d'une trop faible valeur. Les deux espèces que cet auteur fait entrer dans le genre Endoleuca sont; l'Endoleuca pulchella et l'Esphœrocephala, décrits par Lamarck dans l'Encyclopédie, sous le nom de Gnaphalium capitatum, et qu'il ne considérait que comme de simples variétés l'une de l'autre. Ce sont de petits Arbustes ayant le port des Bruyéres, et originaires du cap de Bonne-Espérance. La seconde espèce n'ayant que trois fleurons à chaque calathide, et les écailles extérieures de son involucre étant absolument conformes aux intérieures, doivent faire modifer les caractères génériques énoncés plus haut. (G.. N.)

ENDOMYQUE. Endomycus. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Trimères, famille des Fungicoles, établi par Paykull, et adopté par tous les entomologistes. Ses caractères sont: palpes maxillaires plus gros vers leur extrémité; troisième article des anteanes de la longueur du suivant ou simplement un peu plus long. Le corps est de forme ovalaire; la bouche est avancée: les yeux sont un peu allongés; les antennes sont de la longueur de la moitié du corps, et composées d'articles pour la plupart courts et cylindriques; le corselet est presque carré, plane et plus étroit que l'abdomen, qui est de forme arrondie et recouvert par des élytres durs qui le dépassent à son extrémité. Cette espèce est l'Endomyque écarlate, E. Coccineus, Payk., Fabr. Elle est d'un rouge sanguin, avec une tache noire sur le corselet, et deux autres de la même couleur sur chaque élytre. On la trouve sur le Bouleau, le Coudrier, etc. (G.)

* ENDOPHORE. BOT. PHAN. Nom proposé par De Candolle pour la membrane pariétale interne du tégument propre de la graine. V. EPISPERME. (A. R.)

* ENDOPHRAGME. BOT. CRYPT. (Hydrophytes.) Sorte de cloison et de renforcement transversal, cellulaire ou membraneux, qui se trouve intérieurement de distance en distance dans certaines Thalassiophytes et Hydrophytes filamenteuses. Ce nom a été substitué par Benjamin Gaillon à celui d'articulation qui avait été appliqué à ces sortes de lignes transversales, tantôt opaques, tantôt transparentes, que présentent plusieurs Confervées et Céramiaires quand on les place entre l'œil et la lumiére. Les Endophragmes que Bory de Saint Vincent considère avec raison comme de simples valvules, limitent de di tance en distance les intervalles colorés. tubuliformes, simples ou multiples, appelés par Gaillon Endochromes. V. ce mot. Les Endophragmes et les Endochromes sont les parties coustituantes des Hydrophytes diaphysistées se-

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lon le naturalis te de Dieppe. (LAM.. X.)

* ENDORHIZES. BOT. PHAN. Daus un grand nombre de Végétaux, l'extrémité inférieure ou radiculaire de l'embryon est recouverte par un petit étui sacciforme, que la radicule ou germe de la racine est obligée de percer pour pouvoir se développer à l'extérieur; dans ce cas, la radicule est intérieure. Le professeur Richard, observant que dans tous les Végétaux phanérogames la radicule est ainsi ainsi intérieurc ou renfermée, ou bien extérieure ou nue, les a divisés en deux grandes sections: les Endorhizes et les Exorhizes. Les premières correspondent aux Plantes monocotylédonées et les secondes comprennent les dicotylédonées. (A. R.)

ENDORMEUR. OIS. Nom vulgaire de la Cresserelle. V. FAUCON. On l'a aussi appliqué à quelques Poissons électriques, et particulièrement à la Torpille. (DR.. Z.)

* ENDOSPERME. Endospermium. BOT. PHAN. L'embryon est quelquefois accompagné d'un corps de nature diverse, souvent charnu ou farineux, quelquefois corné ou presqu'osseux, qui, loin de prendre comme lui du développement à l'époque de la germination, diminue de volume, et paraît fournir au jeune embryon les premiers matériaux de son accroissement. Ce corps est l'Endosperme que Jussieu nomme Périsperme et Gaertner Albumen. La position de l'embryon, relativement à l'Endosperme, mérite d'être soigneusement étudiée. Ainsi, il peut être placé sur un des points de sa surface externe ou être renfermé dans son intérieur. V. EMBRYON. Il en est de même de la nature de l'Endosperme, qui peut être charnu, comme dans les Euphorbiacées; farineux, comme dans les Graminées; corné, comme dans un grand nombre de Palmiers, etc. Ces différences présentent souvent des caractères de families. V GRAINE. (A. R.)

* ENDOSPERME. Endospermum. BOT. CRYPT. (Hydrophytes.) Genre de l'ordre des Ulvacées, ayant les caractères suivans d'après Rafinesque qui l'a établi: corps de forme régulière et simple, solitaire ou agglomérée, de substance charnue ou gélatineuse et homogènc, recouvert par une tunique libre, charnue ou membraneuse; séminules éparses dans l'intérieur de la substance, mais libres, molles, solitaires, eaveloppées par une membrane.

Rafinesque en décrit deux espèces, l'Endosperme globuleux, solitaire, verdâtre, etc., el l'Endosperme agrégé, ainsi nommé parce qu'il est toujours formé de plusieurs individus réunis ensemble. Ces deux Plantes s'attachent sur les corps marins des côtes de Sioile. Suivant Rafinesque, elles appartiennent à la section des Nostocs, composée de beaucoup de genres, soit marins, soit d'eau douce, et dont ceux qui n'appartiennent pas à la famille des Chaodinées devraient être rangés, pour la plupart, dans le règne animal plutôt que dans le règne végétal. (LAM.. X.)

* ENDOTRICHÉES. Endotrichœ. BOT. PHAN. C'est le nom de la troisième section que Frœlich (de Gentiand Dissertatio, p. 86) a établie dans le genre Gentiane. Elle se compose des espèces qui ont la corolle à quatre ou le plus souvent à cinq lobes, et la gorge de cette corolle garnie d'écailies filiformes et très-nombreuses. Les Gentiana amarella, L.; G. pratensis, Frœl.; G. auriculata, Pallas; G. campestris, L.; G;. tenella, OEder.; G. glacialis, Villars; G. dichotoma, Pall.; G. nana, Wulf., sont les Plantes que Frœlich a fait entrer dans cette section. Il y a aussi rapporté, mais selon nous à tort, les Swertia Carinthiaca, Jacq., et Sw. rotata, L., que, d'après la structure florale, nous croyons ne pouvoir être éloigoées du genre Swertia. V. SWERTIE et GENTIANE. (G.. N.)

ENDRACH. Endrachium. BOT. PHAN. Un Arbre de Madagascar décrit et figuré par Flacourt (Hist. Mad., p. 137, E 100), et qui y est counu sous la dénomination vulgaire

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d'Arbre immortel, forme ce genre qui paraît appartenir à la famille des Convolvulacées el à la Pentandrie Monogynie. Ce grand Arbre, Endrachium Madagascariense, Lamk., Ill., t. 108, a son bois trés-dur et odorant. Ses rameaux sout ornés de feuilles presque sessiles, fasciculées, ovales, oblongues, obtuses et même un peu émarginées à leur sommet. Ces feuilles sont glabres et entières. Les fleurs sont assez grandes, pédonculées, placées à l'aisselle des feuiles, d'abord dressées, puis recourbées, munies chacune de deux petites bractées qui naissent du milieu de leur pédoncule. Le calice est persistant, à cinq divisions profondes et obtuses. La corolle est monopétale, régulière, un peu renflée et campanulée, à cinq lobes arrondis, obtus, peu profonds, soyeuse en dehors. Les étamines au nombre de cinq, insérées à la face interne de la corolle, sont très-saillantes et un peu déclinées. L'ovaire est libre, hérissé de poils; il se termine par un très-long style recourbé, au sommet duquel est un stigmate échrancré. Le fruit est une capsule ovoïde, presque ligneuse, environnée à sa base par le calice, à deux loges contenant chacune deux graines et s'ouvrant incomplètement en deux valves. (A. R.)

* ENDURE. Endurus. POLYP. Genre établi par Rafinesque, offrant, d'aprés ce naturaliste, les caractères suivans: corps nageant, gélatineux; bouche nue, située à une pointe anguleuse et suivie d'un viscére interne coloré, en forme de queue (J. de Ph. 1819, t. 89, p. 153). A quella division, à quella famille doit-on rapporter ce genre composé d'une seule espèce dont l'auteur n'indique point l'habitation? Il lui donne l'épithète de trigone et les caractères suivans: hyalin; viscère bleu; bouche et partie antérieure trigone; forme conique, obtuse. Comme presque tout ce que décrivit ou mentionna Rafinesque, l'Endure doit être examinée de nouveau. (LAM.. X.)

* ENÉE. INS. Espéce de Papillon de la division des Chevaliers Troyens de Linné. (B.)

ENEMION. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. d'Auémone.V ce mot. (B.)

ENFANT. MAM. V. HOMME.

ENFANT DU DIABLE. MAM. L'Animal ainsi nommé par Charlevoix paraît être le Chinche. V. ce mot. (B.)

ENFANT AU MAILLOT, MOLL. V MAILLOT.

ENFERMÉS. MOLL. Cuvier (Règn. Anim. T. II, p. 287) a formé sous ce nom une nombreuse famille parmi les Acéphales testacés, dans laquelle il a réuni tous les Coquillages de cette elasse qui ont l'habitude de s'enfoncer dans le sable, le bois ou les pierres, ou de s'envelopper d'un tube. Ce groupe renferme un grand nombre de genres avec lesquels Lamarck a formé plusieurs familles. Telles sont celles des Tubicolées, des Pholadaires, des Solénacées et des Myaires. V, ces mots et MOLLUSQUES. (D.. H.)

ENFLÉ. Inflatus. BOT. PHAN. Ce mots emploie pour les calices et les corolles qui sont manifestement dilatés et resserrés à leur sommet. Tels sont les calices de beaucoup de Cucubales, de l'Alkckenge, la corolle d'un grand nombre de Bruyères, etc. (A. R.)

ENFLE-BOEUF. INS. Nom sous lequel on désigne vulgairement, dans quelques contrées de la France, le Carabe doré, à cause de la propriété qu'on lui suppose de faire enfler les Bestiaux qui en ont avalé. Les anciens nommaient Bupreste, c'est-à-dire Enfle-Boauf, un Insecte auquel ils attribuaient des effets analogues, et que Latreille croit être un Méloë. (AUD.)

ENFUMÉ. REPT. OPH. Espèce d'Amphisbène. V. ce mot. (B.)

ENFUMÉ. POIS. L'un des noms vulgaires du Chœtodon Faber. V. CHOETODON. (B.)

* ENGAINANT. Vaginans. BOT. PHAN. Les feuilles d'un grand nom-

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bre de Plantes, des Graminées, des Cypéracées, par exemple, sont Engaînantes à leur base, c'est-à-dire qu'elles forment une sorte de tube ou de gaîne qui embrassela tige dans une étendue plus ou moins considérable. Tantôt cette gaine, que l'on pourrait considérer comme une sorte de pétiole dilaté et tubuleux, est entlère; tantôt elle est fendue dans toute sa longueur. Ainsi dans les Graminées, la gaîne est généralement fendue longitudinalement; elle est, au contraire, entière dans les Cypéracées, et ce seul caractère peut suffire, à très-peu d'exceptions près, pour distinguer les Plantes de ces deux families. (A. R.)

ENGIANTHE. BOT. PHAN. Pour Angianthus, V. ce mot. (A. R.)

ENGIS. Engis. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Nécrophages, établi par Payku11 dans la Faune de Suède, adopté par Fabricius, et auquel Latreille, dans ses Considérations générales sur l'ordre naturel des Crustacés et des Insectes, a donné le nom de Dacne. V ce mot. (G.)

ENGOULEVENT. Caprimulgus. OIS. Genre de l'ordre des Chélidons. Caractères: bec court, déprimé, flexible, légèrement courbé; angles des mandibules s'étendant au-delà des yeux; extrémité de la mandibule supérieure échancrée et crochue; sa base garnic de soies roides, dirigées en avant; narines larges, placées à la base du bec., fermées par une membrane que recouvrenl en grande par tie les plumes du front. Trois doigts devant et un derrière, grêle et susceptible de se porter en avant; tarse court, en partie garni de plumes; ailes longues, la première rémige assez courte, la deuxième la plus allongée. L'Engoulevent est un de ces Oiseaux dont l'ignorante crédulité s'est emparée pour en faire le sujet des narrations les plus ridicules. Tantôt ou a voulu le faire passer pour le type d'une race issue d'un Reptile, et dont le corps se scrait insensiblement couvert de plumes: de-là le nom de Crapaud volant, sous lequel on a souvent désigné ces Oiseaux: d'autres fois on a prétendu qu'ayant été jadis nourris par une Chèvre, ils avaient conservé l'habitude de disputer au Chevreau sa première nourriture: en conséquence on les a qualifiés de l'épithète de Tète-Chèvres, que l'on trouve jointe à leur vrai nom dans la plupart des ouvrages d'ornithologie. Il est assez probable que toutes ces absurdités proviennent de ce que les diverses espèces d'Engoulcvens, assez peu répandues sur les deux continens et ne s'y montrant qu'aux deux extrémités du jour, ont offert beaucoup de difficultés à quiconque a voulu entreprendre leur histoire, et qu'insensiblement on se sera laissé entraîner vers le merveilleux qui tend toujours à se glisser partout. L'Engoulevent est done un Oisean crépusculaire; une grande sensibilité dans l'organe de la vue le force au repos pendant le jour qu'il évite, soit dans les retraites caverneuses, soit au plus sombre de la forêt, tapi et presque conché contre la pierre ou sur une branche épaise. Son vol est rapide, soutenu et accompagné d'un léger bourdonnement. Il se nourrit d'Insectes qu'il chasse en volant et qui viennent s'engouffrer contre les parois visqueuses de son énorme bouche qu'à dessein il tient constamment ouverte. Il vit isolé et ne recherche sa femelle qu'à l'époque des amours, qui est pour lui de trés-courte durée, car à peine a-t-il satisfait à ce besoin périodique, qu'il retourne à ses habitudes solitaires, sans prendre la moindre part aux douceurs de l'incubation, et comme si les soins qui occupent les époux dans la construction de leur nid étaient proportionnés à leur tendresse réciproque, la femelle se contente, pour y déposor ses deux ou trois œufs, d'un trou de rocher très-obscur où elle arrange sans art quelques brins de mousse. Cependant elle les couve avec une tenaresse à laquelle on pourrait ne pas s'attendre, et soigne ses petits jusqu'à ce qu'ils puissent pourvoir eux-mêmés à leur nour-

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riture. Ceux-ci restent unis dans leur jeunesse; le goût de la solitude semble ne se développer chez eux qu'avec l' âge. Les diverses espèces qui composent ce genre ont une grande analogie dans le plumage; aussi les a-ton souvent confondues, et mêine ne pourrait-on encore répondre qu'il n'y ait aucune des espèces distinctes dans ce que l'on regarde encore comme de simples variétés. Vieillot a établi aux dépens des Engoulevens le genre lbisan, qui se compose du Caprimulgus grandis; Cuvier en a aussi séparé plusieurs autres espèces qu'il a réunies sous le nom de Podarges: nous avons adopté ce dernier genre.

ENGOULEVENT ACUTIPENNE, Caprimulgus acutus, L., Buff., pl. enl. 732. Parties supérieures grises rayées de noir, les inférieures rousses rayées aussi de noir; sommet de la tête et cou rayés transversalement de roux, de brun et de noir; queue plus courte que les ailes, rousse, traversée de raies brunes et terminée de blanc et de noir; les rémiges terminées en pointe; bec et pieds noirs. Taille, sept pouces six lignes. De la Guiane.

ENGOULEVENT A BANDES NOIRES, Caprimulgus vittatus Lath. Parties supérieures d'un bleu obacur tacheté de noirâtre; les inférieures rousses, rayées en zig-zags et pointillées de noir; tête d'une couleur de chair avec le sommet noir qui forme une espèce de croissant divisé en deux branches, dont l'une s'avance vers les yeux et l'autre descend sur le côté du cou; rémiges noires, tachetées de roux; bec noir, pieds rougeâtres. Taille, dix pouces. De la Nouvelle-Hollande.

ENGOULEVENT AUX AILES JAUNES, Caprimulgus icteropterus, Vieill. Parties supérieures grises, tachetées de roussâtre et rayées longitudnalement de noir; les inférieures plus pâles et rayées transversalement; rémiges noirâtres, marquées de taches circulaires jaunes qui impriment sur l'aile pliée des raies alternatives jaunes et noires. Taille, onze pouces. De la Chine.

ENGOULEVENT AUX AILES ET QUEUE BLANCHES, caprimulgus Cayanus, Lath., C. leucurus, Vieill., Buff., pl. enl. 760. Parties supérieures noirâtres, rayées de roux; les inférieures roussâtres, rayées de noir, avec quelques taches blanches; tête et cou d'un gris roussâtre, finement rayés de noir; côtés de la tête roux avec cinq bandes parallèles noires; tectrices alaires variées de noir et de roux, terminées de blanc qui forme une bande transversale sur l'aile; rémiges noires; gorge et devant du con blancs; rectrices d'un gris noirâtre, traversées de raies noires, les latérales bordées de blanc; bec noir; pieds rougeâtres. Taille, huit pouces. De Cayenne.

ENGOULEVENT BIR-REAGEL, Caprimulgus strigoides, Lath. Parties supérieures d'un hrun ferrugineux, marquées de taches plus foncées, les inférieures plus pâles; tête brune rayée de noirâtre; tectrices alaires brunes avec trois bandes obliques plus pâles; rémiges noirâtres, tachetées extérieurement de roussátre; queue légèrement fourchue, ferrugineuse, variée de brun; bec et pieds jaunâtres. Taille, dix à onze pouces. De la Nouvelle-Hollande.

ENGOULEVENT DE BOMBAY, Caprimulgus Asiaticus, Lath., C. pectoralis, Cuv., Levaill., Ois. d'Afr., pl. 49. Parties supérieures variées de cendré, de brun et de ferrugineux; sommet de la tête plus pâle avec de grandes taches noires; tectrices alaires en grande partie noires, et terminées par une tache blanchâtre; rémiges d'un brun noirâtre avec une grande tache blanche sur le milieu des quatre premières; queue brune en partie traversée par des raies ferrugineuses; les deux latérales terminées par une grande tache blanche; gorge blanche; abdomen fauve, raye transversalement de noirâtre; bec noirâtre; pieds jaunes. Taille, neuf pouces. De l'Afriqiie et de l'Inde.

ENGOULEVENT DE LA CAROLINE, Caprimulgus Carolinensis, Gmel., Ois. de l'Amér. sept., pl. 24. Parties supérieures d'un brun noirâtre, tachetées de blanc et de roussâtre; les inférieures de la même teinte, mais

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plus pâles et rayées transversalement de noirâtre; rémiges noires avec une grande tache blanche sur les troisième, quatrième et cinquième; queue fourchue; rectrices latérales noires, rayées de roussâtre; bec noir; pieds bruns. Taille, neuf à dix pouces. Vieillot croit que cette espèce et l'Engoulevent Popetué ne font qu'un.

ENGOULEVENT CENDRÉ, RAYÉ DE NOIR., Caprimulgus Indicus, Lath. C. cinerascens, vieill. Parties supérieures noirâtres finement rayées de noir; des taches ferrugineuses sur les tectrices alaires, la poitrine et les côtés de la tête; rémiges noires; rectrices cendrées, traversées de quelques bandes noires; les extérieures variées de ferrugineux; bec noirâtre; pieds jaunâtres. Taille, dix à onze pouces. De l'Inde.

ENGOULEVENT A COLLIER. V. ENGOULEVENT DE BOMBAY.

ENGOULEVENT A COU BLANC, Caprimulgus albicollis, Lath. Parties supérieures roussâtres variées de noirâtre; tête brune avec quelques plumes noires, bordées de roux sur le sommet, et les côtés roux; tectrices alaires variées de brun et de roussâtre rayées de noirâtre extérieurement et terminées de roux; rémiges noirâtres rayées de roussâtre avec une bande blanche sur les extérieures; rectrice intermédiaires rousses pointillées de noirâtre, l'extérieure presque noire, la seconde blanche bordée de noir, la troisième toute blanche; gorge blanche; parties inférieures rousses rayées transversalement de noirâtre; queue cunéiforme; bec et pieds bruns. Taille, douze à treize pouces. De l'Améri que méridionale.

ENGOULEVENT A CRÊTE, Caprimulgus Nouœ-Hollandiœ, Lath. Parties supéneures brunes, variées de bandes blanches; devant du cou et poitrine brunâtres, rayés transversalement de noirâtre; rémiges brunes avec une tache blanchâtre sur la partie inférieure des quatre ou cinq premières; queue arrondie, brune, marquée de douze raies blanchâtres; bec noir; ongles jaunes, garnis de soies qui se relèvent en une espèce de crêle; pieds jaunes; doigt postérieur long et faible; ongle intermédiaire non dentelé. Taille, neuf pouces.

ENGOULEVENT CRIARD, Caprimulgus Virginianus, Lath., C. clamator, vieill., Ois. de l'Am. sept., pl. 23. Parties supèrieures d'un gris noirâtre mélangé de taches noires, les inférieures variées de noirâtre, de gris, de blanchâtre et de roux; tête d'un fauve grisâtre, mêlé de noir et de blanc sur le sommet; gorge blanche ou variée de raies blanches et noires; rémiges brunes, les cinq premières parsemées de grandes taches noires; rectrices de même avec les extérieures blanches dans le tiers de leur longueur; bec noirâtre; pieds jaunes. Taille, neuf pouces.

ENGOULEVENT ENICURE, Caprimulgus Enicurus, Vieill. Parties supérieures brunes avec quelques taches noires; sommet de la tête blanchàtre, tiqueté de noir; une moustache brune tachetée de noir; un hausse-colblanc; rémiges brunes, rayées de roux; parties inférieures d'un roux clair, striées transversalement de noirâtre; rectrices iuégales, la troisième dépassant la première de quatre ligues, el de dix les quatrième et cinquième, brunes, rayées de noirâtre et de blanc; bec et ongles noirs; tarse presque entièrement emplumé. Taille, huit pouces. De l'Amérique méridionale.

ENGOULEVENT D'EUROPE, Caprimulgus Europœus, L., Buff., pl. enl. 193. Tout le plumage agréablement varié de lignes en zig-zags alternativement noires et blanchâtres; joues et gorge rayées de lignes plus étroites et d'une teinte roussâtre; une bande blanche qui s'étend depuis l'angle du bec jusqu'à l'occiput; rémiges d'un brun noirâtre, variées sur les deux côtés de taches roussâtres; une tache blanche au côté intéricur des trois premières; rectrices extérieures terminées de blanc, les intermédiaires traversées de bandes noirâtres; bec et ongles noirâtres; liris orangé; tarse presque entièrement emplu-

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mé Taille, dix pouces six lignes.

ENOOULEVENT GRAND, Caprimulgus grandis, L., Buff., pl. enl. 325. Plumage varié de brun, de noir, de fauve et de blanc; des raies transversales et étroites sur la tête et les parties inférieures; rémiges noirâtres, rayées obliquement de fauve, excédant la longueur de la queue; rectrices un peu étagées, brunes, variées de roussâtre; ouverture du bec extrêmement large, environnée par les soies de la mandibule supérieure; ongles crochus, creux inférieurement en gouttière. Taille, vingt-un pouces. De l'Amérique méridionale.

ENGOULEVEPT GRIS, Caprimulgus griseus, L. Le plumage presque entièrement gris; rémiges rayées, d'une teinte plus claire; rectrices rayées de brun, un peu plus longues que les rémiges lorsque les ailes sont pliées; bec brun en dessus, jaune en dessous. Taille, treize pouces. De Cayenne. Espèce douteuse.

ENGOULEVENT GUIRA-QUERCA, Caprimulgus torquatus, Lath. Plumage d'un brun cendré, varié de jaune et de blanchátre autour du cou; un collier d'un jauné doré; les deux rectrices intermédiaires dépassant les autres; bec et pieds noirâtres, la base du premier entourée de longs poils noirs hérissés. Taille, sept à huit pouces. Du Brésil.

ENGOULEVENT DE LA JAMAÏQUE, Caprimulgus Jamaïcensis, Lath. Le plumage varié de stries alternativement rousses et noires; rémiges d'un brun noirâtre avec des taches blanches sur leur bord extérieur, rectrices cendrées, traversées de bandes noirâtres; bec et ongles noirs; tarse couvert de plumes jaunes. Taille, dix pouces.

ENGOULEVENT JASPÉ, Caprimulgus variegatus Vieill. Parties supérieures noirâtres, variées de blanc et de roux, les inférieures rayées transversalement de blanc et de noir; sommet de la tête noir, tacheté de roux et de blanc; les côtés variés de roux et de brun; les trois premières rémiges brunes, les antres noirâtres, veinées de blanc, une grande tache blanche sur les cinq extérieures; les trois rectrices latérales brunes, rayées et terminées de blanc; gorge blanche; le devant du cou noirâtre, tacheté de roussátre; bec et pieds noirs. Taille, huit pouces. De l'Amérique méridionale.

ENGOULEVENT LATICAUDE, Caprimulgus laticaudus. Parties supérieures d'un gris cendré, finement striées de brun avec quelques traits longitudinaux noirâtres, bordés de fauve, et plus larges sur le sommet de la tête; joues d'un roux vif nuancé de fuuve; tectrices alaires variées de cendré, de brun et de roux, avec de grandes taches noires, encadrées de fauve; rémiges noires avec une grande tache blanche vers les deux tiers de la longueur des cinq premières; rectrices intermédiaires, mélangées de brun, de cendré et de roux, avec des bandes noirâtres, l'extérieure plus courte, noire, en partie bordée de blanc en dedans; la seconde blanche, bordée de noirâtre en dehors; la troisième également blanche, mais lisérée de fauve; gorge rousse, maculée de noirâtre; un large hausse-col blanc; poitrine cendrée, striée de brun et de noirâtre; parties inférieures fauves avec des raies transversales ou stries noires; queue dépassant les ailes de trois pouces et demi; bec et pieds bruns. Taille, douze pouces. Du Brésil.

ENGOULEVENT LONGICAUDE, Caprimulgus longicaudus. Parties supérieures cendrées, variées de brun, de fauve et de noirâtre de larges taches noires, rangées en deux lignes sur la tête; tectrices alaires terminées de fauve; rémiges brunes; une tache blanche vers le milieu interne de la première, les quatre suivantes également tachées, mais sur les deux côtés des barbes et avec une nuance roussâtre; rectrices intermédiaires très-longues et d'un cendré plus clair que les suivantes qui sont étagées, les latérales les plus courtes bordées et marquées de lignes transversales, très-rapprochées, d'un blanc fauve;

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ligne oculaire obscure; joues d'un roux fauve, striées de brun de même que la gorge et la poitrine; un haus-se-col blanc; parties inférieures fauves, transversalement striées de brun; bec et pieds bruns. Taille, douze pouces; grosseur très-mediocre. Du Sénégal.

ENGOULEVENT A LONGUES PENNES, Caprimulgus longipennis, Shaw; C. macrodipterus, Lath. Plumage varié de gris, de brun et de noir; un filet deux fois long comme le corps et terminé par une plume en forme de palette, s'échappe, de chaqué côté, du fouet de l'aile; rectrices rayées transversalement de noir et de gris marbré. Taille, onze pouces. D'Afrique.

ENGOULEVENT A LUNETTES, Caprimulgus Americanus, Lath. Plumage varié de gris, de noir et de brun, avec les teintes plus claires sur les ailes et la queue; narines saillantes, dessinant des espèces de lunettes sur le bec. Taille, sept pouces. De la Guiane.

ENGOULEVENT MANURE, Caprimulgus Manurus, vieill. Plumage d'un gris brillant avec quelques taches noires; des points blancs sur les ailes; première rectrice latérnle dépassant de cinq pouces les deux intermédiaires que sont elles-mêmes plus longues que les autres dont les troisième et quatrième sont très-courtes, blanche vers l'extrémité d'une de ses faccs, et noire dans le reste. Grosseur de l'Alouette, avec une taille de treize pouces. Du Brésil.

ENGOULEVENT MÉGACÉPHALE, Ca primulgus megacephalus, Lath. Plumage d'un brun noirâtre varié de jaunâtre et de blanchâtre; rémiges et rectrices traversées par des bandes et des taches noires et blanches; bec fauve, convert à sa base de plumes assez longues qui s'élèvent en crête; iris orangé pieds jaunâtres. Taille, vingt-huit pouces. De la Nouvelle-Galles du sud.

ENGOULEVENT MONT-VOYAU, Caprimulgus Guianensis, L., Buff., pl. enlum. 733. Plumage fauve, varié de gris, et régulièrement strié de roux; rémiges noirâtres avec une tache blanche sur les cinq ou six premières; une bande blanche s'étendant depuis l'angle du bec jusque sous la gorge; bec et pieds noirâtres; tarse nu. Taille, neuf pouces. De l'Amérique méridionale.

ENGOULEVENT MUSICIEN. V. ENGOULEVENT DE BOMBAY.

ENGOULEVENT NACUNDA, Caprimulgus Nacunda, Vieill. Parties supérieures brunes, tiquetées de roux et de noir, les inférieures blanches avec quelques points roux et bruns sur le cou et la poitrine: partie des rémiges noire avec une bande blanche au milieu des sept premiéres; moyennes tectrices alaires blanches, les autres lignées de brun et de blanchâtre; rectrices brunes avec des bandes transversales plus foncées; un hausse-col blanc allant d'un angle à l'autre de la bouche. Taille, dix pouces six lignes. De l'Amérique méridionale.

ENGOULEVENT NATTERER, Caprimulgus Nattererii, Temm., pl. color. 107. Parties supérieures d'un brun foncé, variées de taches en fer à cheval, ou arrondies d'un bran ferrugineux, les inférieures de la même nuance, mais oraées de stries transversales; moyennes tectrices alaires bordées de blanc à l'extérieur; rémges brunes, rayées en dehors de brun fauve; rectrices intermédiaires variées de bandes nébuleuses roussâtres sur un fond brun, les latérales rayées de brun; un large hausse-col blanc; les ailes dépassant de beaucoup la queue; bec noirâtre; tarse brun emplumé; doigts jaunes. Taille, sept pouces. Du Brésil.

ENGOULEVENT NOITIBO, Caprimulgus Brasilianus, Lath. Parties supérieures noirâtres, tachetées de blanc et de jaune, les inférieures blanches, striées transversalement de noir; bec et ongles noirâtres; tarse blanchátre. Taille, sept pouces. Du Brésil.

ENGOULEVENT PODARGE. V. PODARGE.

ENGOULEVENT POO-BOOK, Caprimulgus gracilis, Lath. Parties supérieu-

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res variées de cendré, de brun et de blanc; les inférieures blanchâtres, tachetées et rayées de jaune ferrugineax; queue allongée; bec robuste, brun; pieds jaunes. Taille, vingtquatre à vingt-six pouces. De la Nouvelle-Galles du sud.

ENGOULEVENT POPETUÉ, Caprimulgus Popetue, Vieill. Ois. de l'Amérique septentrionale, pl. 24. Parties supérieures d'un brun noirâtre, tacheté de blanc et de roussâtre; rémiges noires avec une grande tache blanche sur le milieu des troisième, quatrième et cinquième; rectrices rayées de noir et de blanc roussâtre; les extérieures plus longues, ce qui rend la queue fourchue; parties inférieures roussâtres, rayées transversalement de brun; bec et pieds bruns. Taille, huit à neuf pouces.

ENGOULEVENT A QUEUE BLANCHE. V. ENGOULEVENT AUX AILES ET QUEUE BLANCHES.

ENGOULEVENT A QUEUE EN CISEAUX, Caprimulgus furcifer, Vieill.; Cap. psalurus, Azzara, Temm., pl. color. l57 et 158. Parties supérieures cendrées, mouchetées de brun et de noir; les inférieures d'un cendré obscur, striées transversalement de noir; côté de la tête et sourcils blanchâtres, nuancés de gris; gorge et poitrine d'un blanc roussâtre, rayées de roux et de noirâtre; une large bande d'un jaune foncé au bas de la nuque; tectrices alaires brunes avec des taches élégantes cendrées, noires et d'un roux clair; bord antérieur de la première rémige roux, celui des autres est gris et s'étend plus ou moins; rectrices intermédiaires gristâtres, variolées de noir avec des bandes de cette couleur, plus longues que les suivantes qui sont étagées, et rendent la queue fourchue; rectrices latérales dépassant toutes les autres en longneur, de quelques pouces, et souvent beaucoup plus, d'un gris blanchâtre, avec le milieu noir; bec brun, avec sa base entourée de longues soics dirigées en avant; tarse à demi-emplumé. Taille, quatorze à seize pouces. La femelle a toutes les nuances beaucoup moins vives, et les longues rectrices ne dépassent ordinairement les autres que de cinq à six lignes; les couleurs de ces dernières sont aussi beaucoup plus variées. Du Brésil.

ENGOULEVENT A QUEUE ÉTAGÉE, Caprimulgus Sphœnurus, Vieill. Plumage vanè de noir, de brun, de roux et de blanc, avec le milieu des plumes de la tête et du dos d'un noir velouté; celles de la nuque tiquetées de blanc et de roussâtre; rectrices brunes, rayées de noirâtre, l'extérieure un peu plus courte que la suivante, et ainsi ae suite, ce qui rend la queue légèrement étagée; gorge d'un blanc roussâtre, ponctué de noir; bec et pieds noirâtres. Taille, huit pouces. De l'Amérique méridionale.

ENGOULEVENT A QUEUE FOURCHUE, Caprimulgus furcatus, Lath., Levail., Ois. d'Afrique, pl, 47 et 48. Un mélange de noir, brun, de blanc et de roux forme toutes les conleurs du plumage; gorge roussâtre, traversée par des lignes noires; rémiges de la longueur des rectrices dont l'extérieure est la plus longue, et les intermédiaires plus courtes de près de moitié; bec noirâtre; pieds jaunes. Taille, vingt-six pouces.

ENGOULEVENT A QUEUE SINGULIÈRE. V. ENGOULEVENT ENICURE.

ENGOULEVENT ROUX, Caprimulgus rufus, L., Buff. pl.enlum. 735. Fond; du plumage roux avec des taches noires, brunes et blanches, disposées d'une manière assez régulière, surtout sur les ailes où elles forment une sorte d'élechiquier; rectrices intermédiaires égales ou presque égales en longueur avec les latérales dont la nuance est un peu plus claire; bec et pieds bruns. Taille, dix à onze pouces. Des deux Amériques.

ENGOULEVENT DE SIERRA-LEONA, Caprimulgus macrodipterus, Lath. V. ENGOULEVENT A LONGUES PENNES.

ENGOULEVENT TACHETÉ, Caprimulgus semi-torquatus. Lath., Buff., pl. enlum. 734. Plumage noirâtre tacheté de roux, de gris et de hrun, un peu plus foncé aux parties inférieures;

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une espèce de collier blane sur la partie antérieure du cou; bec et pieds bruns. Taille, huit pouces. De Cayenne.

ENGOULEVENT VRUTAU, Caprimulgus cornutus, vieill. Parties supérieures brunes, variées de roux, les inférieures d'une teinte un peu plus claire, surtout vers l'abdomen qui devient même blanchâtre; rémiges et rectrices brunes, rayées de blanchâtre; gorge, devant du cou, poitrine et flanes roussâtres; les plumes de ces dernières parties sont terminées de noir; tarse court, non écailleux et rougeâtre; ongle intermédiaire simple; des petites plumes courtes et roides au-dessus de l'œil, formant une espèce de petite aigrette. Taille, quatorze pouces. De l'Amérique méridionale.

ENGOULEVENT variÉ. V. ENGOULEVENT A QUEUB BLANCHE. (DR.. Z.)

* ENGOURDISSEMENT. ZOOL. V, ANIMAUX HIBERNANS.

ENGRAULIS. POIS. Traduit dans le Dictionnaire de Levrault par Engraule, nom scientifique des Anchois. V. CLUPE. (B.)

ENGRI OU ENGOI. MAM. Le Léopard au Congo. Dapper attribue à cet Animal des qualités fabuleuses. (B.)

* ENGUI. BOT. PHAN. (Rochon.) L'Indigo à Madagascar. (B.)

ENGULO. MAM. Le Sanglier au Congo, selon divers voyageurs. (B.)

ENCHALE. Enhalus. BOT. PHAN. Dans son Mémoire sur la famille des Hydrocharidées (Mém. Inst. Sc. phys. 1811), le professeur Richard a proposé de former un genre nouveau qu'il nomme Enhalus pour le Stratiotes acoroides de Linné fils. Cette Plante qui croît dans la mer auprés de Ceylan, a des feuilles étroites, linéaires et engaînantes à leur base. Ses fleurs sont dioïques. On ne connaît pas encore les mâles. Les fleurs femelles sont renfermées dans une sapathe pédonculée, à deux folioles linéaires oblongues; les divisions intérieures de son calice sont longues et linéaires. Les étamines sont au nombre de douze sous forme de filamens allongés. Le fruit est drupacé, ovoïde, comprimé et polysperme.

Ce genre est encore très-imparfaitement connu. Néanmoins ce que l'on en sait le différencie très-bien du genre Stratiotes. (A. R.)

ENHYDRE. REPT. Le genre établi sous ce nom par Daudin pour l'Anguis Xiphara de Hermann, rentre dans les Hydres de Schneider, que Latreille avait également appelées Enhydres dans le Buffon de Sonnini. V HYDRE. (B.)

ENHYDRE. MIN. Nom donné à certaines Géodes quartzeuses, translucides, et contenant de l'eau dans leur intérieur. On voit celles-ci aller et revenir lorsqu'on fait mouvoir la pierre entre l'œil et la lumiêre. Ces Géodes sont en général très-petites; elles ont des fissures par lesquelles l'eau finit toujours par s'échapper. On les trouve principalement dans une colline du Vicentin appelée le Maïn. (G. DEL.)

ENHYDRE. BOT. PHAN. Pour Enydre. V. ce mot. (G.. N.)

* ENICURE. Enicurus. OIS. (Temminck.) Genre de l'ordre des Insectivores. Caractères: bec allongé, assez robuste, presque droit; mandibule supérieure triangulaire, à vive-arête, dilatée à sa base, légèrement échancrée à sa pointe qui est inclinée; l'inférieure droite, renflée vers le milieu, retroussée à la poiote; la base du bec entourée de poils roides, plus courts vers les angles; narines ovoïdes, placées sur les côtés et assez loin de la base du bec, ouvertes et garnies à leur partle supérieure d'un rebord proéminent; fosse nasale grande, couverte d'une peau à moitié garnie de plumes, mais nue vers les orifices; quatre doigts, trois en avant et un en arrière; l'intermédiaire plus court que le tarse, et uni à l'externe jusqu'à la première articulation; l'ongle posterieur le plus fort; les quatre premières rémiges trés-étagées; les

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cinquiéme et sixiéme les plus longues; queue longue et très-fourchue; les deux rectrices intermédiaires très-courtes.

Les mœurs et les habitudes des Oiseaux qui composent ce genre dont la création est due à Temminck, sont encore très-peu connues; on sait seulement qu'elles se rapprochent beaucoup de celles des Bergeronnettes, parmi lesquelles Horsfield avait placé l'Enicure couronné qu'il publia, le premier, sous le nom de Motacilla speciosa. De même que les Bergeronnettes, les Enicures fréquentent les bords des ruisseaux, des sources rocailleuses qui descendent par torrens des montagnes; ils y vivent solitaires, et paraissent constamment occupés de la poursuite des petites proies dont ils font leur nourriture; ils les chassent souvent à la surface des eaux ou dans le gravier qu'elles baignent, en sautillant pour ainsi dire de pierre en pierre, et en élevant et abaissant successivement la queue à chaque pose. Ils sont susceptibles d'un vol plus soutenu, mais néanmoins toujours irrégulier. On ne sait encore rien des soins qu'ils apporten à leur reproduction. Les deux seules espèces que, jusqu'à ce jour, l'on puisse compter parmi les Enicures, n'ont encore été obserées que dans l'île de Java.

ENICURE COURONNÉ, Enicurus coronatus, Temm., pl. color. 113; Motacilla speciosa, Horsfield, Zool. Reohearch. n. 1. Sommet de la tête, parties supérieures et inférieures, petites tectrices alaires, ainsi que l'extrémité des grandes d'un blanc assez pur; gorge, dessus et dessous du cou, poitrine et rémiges noirs; rectrices noires, terminées de blanc; les extérieures bordées de blanc; bec cendré; iris et pieds jaunes. Taille, neuf à dix pouces. De Java.

ENICURE VOLLÉ, Enicurus velatus, Temm., pl. color. 160. Tête, cou, gorge et partie supérieure du dos d'un noir ardoisé; un bandeau blanc sur le front, entre les yeux; poitrine, croupion et parties inférieures d'un blanc teinté d'ardoisé vers les flanes; rémiges noires, ainsi que les grandes tectrices alaires dont la base seule est blanche; tectrices inféneures d'un blanc pur; rectrices noires à l'exception de leur base, des deux latérales, et de l'extrémité des deux intermédiaires, qui sont blanches; bec noir; pieds jaunes. Taille, six pouces. De Java. La femelle n'a point ae bandeau blanc; elle a la tête brune el les couleurs en général moins vives et d'une teinte plus sale.

Une espéce du genre Engoulevent, V. ce mot, porte aussi le nom d'Enicure. (DR.. Z.)

ENKIANTHE. Enkianthus, BOT. PHAN. Dans la Flore de la Cochin-chine, p. 339, Loureiro a décrit, sous ce nouveau nom géaérique, deux Plantes de la Chine auxquelles il a donné des caractères si anomaux et si éloignés de ceux des Plantes que nous connabssons, qu'il est très-difficile de les classer. Ces caractères consistent dans un calice commun à six folioles presque rondes, concaves, acuminées et colorées, et dans ce que Loureiro appelle une corolle commune composée de huit parties oblongues, planes et étalées, contenant cinq fleurons pédonculés. Chacun de ces fleurons a un calice à cinq sépales aigus, colorés, petits et persistans; une corolle monopétale campanulée, dont le tube est grand, le limbe court, à cinq lobes arrondis; dix étamines doat les filets sont insérés au fond de la corolle, et plus courts que le limbe de celle-ci; le pistil se compose d'un ovaire à cinq angles, supère, surmonté d'un style épais et d'un stigmate simple et coloré; il lui succède une baie oblongue à cinq loges et polysperme. D'après cette description le genre Enkianthus, placé par Loureiro dans la Décaodrie Monogynie, offrait beaucoup d'incertitudes quant à la place qu'il devait occuper parmi les ordres naturels. Les organes appendiculaires des fleurs, auxquels Loureiro appliquait les dénominations de calice

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commun et de corolle commune, ne sont que des bractées en forme d'involucre el disposées sur deux rangs. On a rapproché ce genre de celui des Kalmia, et on l'a par conséquent placé dans la famille des Rhodoracées. Les deux espèces décrites par Loureiro portent les noms d'Enkianthus quinqueflora et E. biflora. Ce sont des Arbrisseaux cultivés dans les environs de Canton comme Plantes d'omement. La première a été figurée dans Curtis (Botanical Magaz, t. 1649). (G.. N.)

* ENNEACANTHE. POIS. (Lacépède d'après Commerson.) Espèce de Labre. V. ce mot. (B.)

* ENNÉADACTYLE. POIS. (Lacépède.) Espèce du genre Pomacentre. (B.)

ENNEADYNAMIS. BOT. PHAN. (Gesner.) Syn. de Parnassia palustris. V. PARNASSIE. (B.)

ENNEANDRE. BOT. PHAN. On dit d'une fleur ou d'une Plante qu'elle est Ennéandre, quand elle offre constamment neuf étamines: telles sont les fleurs des Lauriers, du Butomus, etc. (A. R.)

ENNÉANDRIE. Enneandria. BOT. PHAN. Neuvième classe du système sexuel de L.inné, contenant toutes les Plantes qui offrent neuf étamines. Les genres qu'elle renferme sont très-peu nombreux. Néanmoins on les a divisés en trois ordres, savoir: 1° Enn. Monogynie, ou l'on place les genres Laurus, Cassytha, Anacardium; 2° Enn. Trigynie, qui comprend le genre Rheum; et 3° Enn. Hexagynie, où se place le genre Butomus. (A. R.)

ENNÉAPHYLLON. BOT. PHAN. (Pline.) Syn. de Dentaria Enneaphylla, L. V. DENTAIRE. D'autres y voient l'Hellébore fétide, et jusqu'à l'Ophioglosse vulgaire. (B.)

ENNÉAPOGON. Enneapogon. BOT. PHAN. Desvaux a séparé du genre Pappophore quatre espèces originaires de la Nouvelle-Hollande, décrites par Robert Brown, et en a formé un nouvean genre sous le nom d'Ennéapogon. Ce genre differe des autres Pappophores par sa valve inférieure qui est entière, terminée par neuf soies barbues, tandis que, dans le genre Pappophorum, cette valve offre de quatre à six édiancrures garnies de soies glabres et inégales. Dans le premier de ces deux genres la valve supérieure est entiére et mutique, tandis qu'elle est terminée par une soie dans le second. A ce genre, qui a été adopté par Palisot-Beauvois, Agrost., t. 16, fig. 11, se rapporte les Pappophorum gracile, nigricans, pallidum et purpurascens de Robert Brown. V. PAPPOPHORE. (A. R.)

* ENNEAPTERYGIENS. POIS. Troisième classe de la Méthode ichthyologique de Schneider, caractérisée par le nombre des nageoires; le genre Scombre, étant leseul qui en ait neuf, rentre dans cette division. (B.)

* ENNEAX. POIS. Elien rapporte que ce Poisson des Indes que nous ne pouvons reconnaître, s'égare dans les campagnes durant les débordemens des fleuves, et que les naturels le prennent ensuite aisément. (B.)

* ENNIR. BOT. PHAN. La Plante ainsi nommée à Malte, selon Burchard, et que Parmentier appelait un Indigo européen, doit être l'Isatis tinctoria. V. ISATIS. (B.)

ENODRON OU ENOTRON. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. de Datura fastuosa. (B.)

ENOPLIE. Enoplium. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Clavicornes, tribu des Clairones, établi par Latreille et dont les caractères sont: palpes maxillaires très-avancés, aussi longs que la tête; les labiaux aussi longs ou plus saillans que les précédens, terminés par un article beaucoup plus grand que les inférieurs et tronqué; les trois derniers articles des antennes forment une mas-

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sue en scie dont le dernier article est allongé et ovale; tarses vus en dessous, n'ayant que quatre articles apparens; tête et corselet plus étroits que l'abdomen.

Ces Insectes different des Tilles par les antennes qui n'ont que trois articles en scie, tandis que ces derniers les ont presque entièrement dentés, et par les tarses qui, vus des deux faces, ont cinq articles apparens. Ils diffèrent des Clairons par les antennes qui, dans ceux-ci, forment une massue presque triangulaire. La principale espèce qui sert de type à ce genre est l'Enoplie serraticorne, E. serraticornis, Lat.; Tillus serraticornis, Oliv., Col. T. II, n° 22, pl. I, fig. I. Il se trouve en été sur les fleurs et sur les bois au midi de la France et en Italie. Latreille rapporte au même genre les Tillus Weberi, damicornis, le Corynetes sanguinicollis de Fabricius, et le Tillus dermestoides (Schœff., Elém. Entom. 138). (G.)

ENOPLOSE. POIS. Le genre établi sous ce nom par Lacépède n'a été conservé par Cuvier que comme sousgenre parmi les Perches. V. ce mot. (B.)

* ENOPS. Enops. INTEST. Nom générique donné par Oken à quelques espèces de Lernées, dont Lamarck a fait depuis son genre Entomode. V. ce mot et LERNÉE. (AUD.)

ENOUROU. Enourea. BOT. PHAN. Genre de la famille des Sapindacées et de la Polyandrie Trigynie, établi par Aublet (Pl. Guian. 587, t. 235) pour un Arbrisseau sarmenteux, qu'il nomme Enourea Guianensis. Sa tige est haute de trois à quatre pieds, contenant un sue laiteux; elle se divise en un grand nombre de rameaux sarmenteux qui portent des feuiles alternes composées de cinq folioles ovales acuminées, entières, roussâtres à leur face inférieure. Les arilles sont roulées en spirales. Les fleurs sont blanches, et constituent à l'aisselle des feuilles des épis solitaires d'environ six pouces de longueur; leur calice est à quatre divisions profondes et inégales dont deux opposées sont plus glandes; la corofle se compose de quatre pétales onguiculés et dont deux sont plus grands; sur chaque onglet on aperçoit une petite écailie concave et vesue, et à la base des deux plus grands pétales deux grosses glandes; les étamines sont au nombre de treize, inégales entre elles, attachées sous le disque hypogyne, et les plus peties au côte; des pélales; l'ovaire est arrondi, surmonté de trois stigmates sessiles; le fruit est une capsule uniloculaire, trivalve et monosperme; la graine est dressée et enveloppée d'une pulpe farineuse.

Ce genre est encore très-imparfaitement connu. (A. R.)

ENSETE. BOT. PHAN. (Bruce.) Végétal des environs de Gondar, en Abyssinie, qui sur le peu qu'on en a dit paraît être un Banauier. V. ce mot. (B.)

* ENSIFORMES (FEUILLES.) BOT. PHAN. Les feuilies de l'Iris de Florence, de l'Iris d'Allemagne, etc., sont allongées, comprimées latéralement, de manière que les bords deviennent les faces, et qu'elles ont quelque ressemblance de forme avec une épée. De-là le nom d'Ensiformes qui leur a été donné. (A. R)

ENSIS. BOT. PHAN. (Dodœns.) Le Glayeul commun. (B.)

* ENSLENIE. Enslenia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Asclépiadées et de la Pentandrie Digynie, établi par Nuttall (Gen. of North. Amer. Plant. prem. vol., p. 164) qui l'a ainsi caractérisé: calice court, à cinq parties persistantes; corolle divisée en cinq segmens dressés et connivens; lépanthe (couronne staminale de R. Brown, nectaire pétaloïde de Linné) simple, pétaloïde, divisé jusqu'à la base en cinq segmens troqnués, terminés chacun par deux filets centraux; étamines comme dans le genre Asclepias; masses polliniques presque cylindriques et stipitées latérale-

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ment; style nul; stimate conique à deux lames; follicules au nombre de deux et courtes? Ce genre est voisin du Cynanchum et de l'Asclepias. Nuttall ne parle que d'une seule espèce qu'il nomme Enslenia albida, et qui croît aux environs de Shepherdstown en Virginie. Elle croît aussi abondamment sur les bords de la rivière Scioto et sur ceux de l'Ohio; mais elle ne dépasse pas les monts Alleghanys, car le revers occidental de ces montagnes en forme les limites. Elle a une tige herbacée, des feuilles opposées, des fleurs jaunâtres axillaires et disposées eu corymbes. (G.. N.)

* ENS MARTIS. MIN. Syn. ancien du Fer. V. ce mot. (DR.. Z.)

* ENS VENERIS. MIN. Syn. ancien du Cuivre. V. ce mot. (DR.. Z.)

ENTAILLE. MOLL. Syn. vulgaire d'Emarginule. V. ce mot. (B.)

ENTADA. BOT. PHAN. Espèce de Mimosa. V. MIMEUSE. (A. R.)

ENTALE. Entalium. MOLL.? ANNEL.? Les anciens, sous cette dénomination générale, rangeaient tous les corps tubuleux, réguiiers ou peu arqués, que depuis on a désignés sous le nom de Dentale. (V. ce mot.) On n'a conservé le nom d'Entale qu'à un corps fort singulier, que l'on n'a encore rencontré que fossile, et surtout dans la formation crayeuse de la montagne Saint-Pierre, près Maëstricht. Defrance, dans le Dictionnaire des Sciences Naturelles, l'a caractérisé de la manière suivante: tube testacé, conique, droit, ouvert aine deux bouts, chargé de rides circulaires, à base un peu rétrécie, portant dans son inténear un second tuyau un peu arqué et ouvert aux deux bouts, et moins long que celui dans lequel il est contenu. On ne connaît encore qu'une seule espèce de ce genre, qu'il est d'autant plus difficile d'expliquer, que les deux tubes sont constans, et qu'on ne peut guère se figurer de quelle manière l'Animal y était contenu. Cette espèce a été nommée par Defrance ENTALE RIDÉE, Entalium rugosum, à laquelle s'appliquent les caractères que nous venons d'énoncer. Ce corps est figuré dans l'ouvrage de Knorr sar les Fossiles, Supplément, pl; 5a, fig. 3. (D.. H.)

ENTALITE. FOSS. V. DENTALE.

* ENTALOPHORE. Entalophora. POLYP. Genre de l'ordre des Sertulariées dans la division des Polypiers flexibles et celluliféres. Il offre pour caractères: Polypier fossile, peu rameux, cylindrique, non articulé, couvert, dans toute son ètendue, d'appendices très-longs, èpars, tronqué, semblables par leur forme et leur légère courbure, à la coquille du Dentale Entale. Ce genre est très-singulier par les caractères qu'il présente, et qui le placent, quoique fossile, dans la division des Polypiers flexibles de la famille des Sertulariées; les appendices nombreux qui le couvrent ne peuvent être regardés que comme un prolongement des tiges, et, vuleur forme, on doit les considérer comme de véritables cellules polypeuses. Leurs directions, extrêmement variées, ne peuvent être que le résultat d'une extrême flexibilité; enfin ces appendices paraissent fistuleax lorsqu'on les observe avec une forte loupe; ainsi tout porte à croire que des Polypiers très-voisns des Sertulaires ont été pétrifiés comme des Coquilles, des Madrépores, etc.; et pourquoi se refuserait-on à cette hypothèse, puisque les Fossiles marins sont très-souvent encroûtés de Flustrées, d'Eponges et d'Alcyons?

Les Entalophores, par leurs caractères, se placent naturellement entre les genres Glytia et Idia. Il n'existe encore qu'une seule espèce d'Entalo-phore; nous l'avons nommée Cellarioïde, à cause de sa ressemblance avec les Gellaires (Entalop. cellarioïdes, Lamx. (Gen. Polyp; p. 81, tab. 80, f. 9, 10, 11). Le seul individu que l'on ait trouvé jusqu'à ce moment a été dècouvert, par notre ami Deslongchamps, dans un frag-

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ment très-dur du Calcaire à Polypiers des environs de Paris. (LAM.. X.)

* ENTELEA. Entelea. BOT. PHAN. Sous le nom d'Entelea arborescens, R. Brown a décrit, dans le Botanical Magazine, n° 447 (2480), une Plante formant un nouveau geure qui présente les caractères suivans: calice à quatre ou cinq sépales; corolle divisée en un même nombre de pétales; étamines en nombre indefini, uniformes, à anthères arrondies et incumbantes; stigmate denticulé; capsule sphéroïde, hérissèe, polsperme, à six loges, à six valves dont les sutures ne se continuent pas jusqu'à la base. Ce genre appartient à la Polyandrie Monogynie, et occupe une place parmi les Tiliacécs tout a côté du Sparmannia avec lequel il a les plus grands rapports; mais il en differe par ses filets qui sont tous fertiles, à peine marquès de petites papilles; par ses capsules indivises à la base, et ne s'ouvraut pas longitudinalement; par ses loges polyspermes, taudis qu'elles sont dispermes dans le Sparmannia, selon Thunberg (mais ce caractère est infirmé par l'observation des loges de son ovaire, lesquelles sont certainement polyspermes); enfin par les sépales aristés et non mutiques. L'Entelea arborescens est un Arbre de médiocre grandeur, découvert en 1769, dans la Nouvelle-Zélande, par Banks et Solander. Cultivé en Angleterre, il a fleuri pour la première fois dans le mois de mai 1825. Ses feuilles sont cordiformes, anguleuses, crénelées, à cinq nervures, et munies de stipules persistantes et foliacées. Les fleurs sont blanches, disposées en ombelles simples, terminales et pédonculées. (G.. N.)

ENTELLE. MAM. Espèce de Guenon. V. ce mot. (B.)

* ENTERION. Enterion. ANNEL. Genre de l'ordre des Annelides lombricines, famille des Lombrics, établi par Savigny (Syst. des Annelides, p. 100, 103) qui lai assigne pour caractères distinctifs: bouche à deux lèvres rétractiles; la lèvre supérieure avancée; soies disposées sur huit rangs rapprochés de chaqué côté par paires. Ce genre correspond exactement à celui de Lombric des auteurs, et ne differe des Hypogæons que par le nombre des rangs sur lesquels ces soies sont disposées. La bouche est petite, un peu renflée, munie de deux lèvres; la lèvre supérieure est avancée en trompe, obtusément lancéolée et fendue en dessous; la lèvre inférieure est liès-courte. Les soies sont âpres, courtes, comme onguiculées; on en compte huit à tous les segmens, e'est-à-dire quatre de chaque; côté, réunies par paires, formant par leur distribution sur le corps huit rangs longitudinaux, savoir: quatre latéraux et quatre inférieurs. La paire de soies supérieure correspond èvidemment dans ce genre, suivant Savighy, à la rame dorsale des Néréides, et la paire inféricure à leur rame ventrale. Le corps des Enterions est cyliodrique, obtus à son bout postérieur, allongé, composé de segmens courts et nombreux, plus distinets vers la bouche que vers l'anus; six à neuf des segmens compris entre le vingt-sixième et le trete-septième sont rentlés, et forment à la partie antéieure et supérieure du corps une sorte de ceinture; ce dernier segment est pourva d'un anus longitudinal. Savigny en décrit une espèce:

L'ENTERION TERRESTRE, Ent. terrestre, ou le Lombric terrestre, Lumbricus terrestris de tous les auteurs. Cette espèce ayant été étudièe avec soin par Savigny depuis la publication de son ouvrage, ce savant zoologiste a reconnu que, sous le nom de Luumbricus terrestris, les naturalistes confondaient des espèces dont l'organisation était fort dilférente, et dont le nombre était tellement considérable, qu'en se bornant à celles des environs de Paris, on pouvait en compter jusqu'à vingt-deux. Plusieurs auteurs ont aussi décrit sous le nom générique de Lombrics des Animaux qui s'en éloignent sous plusieurs rapports. Le Lumbricus arenarius d'Othon Fabricius (Faun. Groënl. n°

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264), son Lumbricus minutus (loc. cit n° 265, fig. 4) n'ont que deux rangs de soies. Savigny a pensé que ce caratè;re devait suffire pour les faire distinguer génériquement sous le nom de Clitellio. Il leur adjoint provisoirement, quoiqu'ils manquent de ceinture, le Lumbricus vermicularis d'Othon Fabricius (loc, cit. n° 259). La plupart des autres espèces sont prises pour des Lombrics par cet auteur ou par Müller, comme le Lumbricus armiger, le Lumbricus cirratus dont Lamark (Hist. des Anim, sans vert. T. v, p. 300) fait un genre sous le nom de Cirratulus. Les Lombrics fragilis, squamatus, etc., paraissent bien être des Annelides, mais elles sont étrangères à l'ordre des Lombricines. (AUD.)

* ENTEROIDES. BOT. CRYPT, (Vaillant.) Syn. d'Ulva intestinalis. V. ULVE. (B.)

ENTHYSCUS. OIS. Nom ancien d'un Hibou que l'on présume être le Grand-Due. V. CHOUETTE. (DR.. Z.)

ENTIENGIE ET EMBIS. MAM.? OIS.? INS.? Dapper, d'après quelques voyageurs, mentionne, comme existant au Congo sous le nom d'Entiengie, un petit Animal brillant des plus belles couleurs, se tenant sur les Arbres, environné d'autres Animaux plus petits appelés Embis et bourdonnant par troupes comme sous les ordres d'un chef autour des fleurs. Les uns ont cru y voir une sorte d'Oiseau analogue aux Colibris, d'autres quelque petite espèce d'Ecureuil ou même quelques grosses espèces de Sphinx. (B.)

* ENTIME. Entimus. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Tétramères, famille des Charansonites, établi par Germar et adopté par Dejean (Catal. des Coléopt., p. 92). Ce genre, dont les caractères ne sont pas publiés, comprend les Curculio splendidus, imperialis et sumptuosus de Fabr., et le Curculio nobilis d'Olivier. (G.)

ENTOBELLE. ANNEL.? (Blainville.) Syn. de Phylline. V. ce mot. (B.)

ENTOGANUM. BOT. PHAN. L'Entoganum lœvigatum de Banks, dont le nom a été adopté et le fruit figuré par Gaertner (1, 331, tab. 68), est le Mélicope de Forster. V. MELICOPE. (A. D. J.)

* ENTOMES. Entoma, Nom que Látreille (Nouv. Diction. d'Hist. Nat. 2eédit. T. X, p. 273) propose d'appliquer à la grande division des Insectes de Linné, comprenant les Crustacés, les Arachnides et les Insectes proprement dits. V. ces mots et ENTOMOLOGIE. (AUD.)

ENTOMODE. Entomoda. INTEST. Genre établi par Lamarck (Hist. des Anim, sans vert. T. III, p. 232) aux dépens du grand genre Lernée de Linné, et ayant suivant lui pour caractères: corps mou ou un peu dur, oblong, susdéprimé, ayant latéralement des bras symétriques, inarticulés; bouche en suçoir, située sous le sommet de l'extrémité antérieure; point de tentacules; quelquefois deux cornes anticales; deux sacs externes, pendans à l'extrémité postérieure; anus terminal. Ce genre, que l'auteur avoue être très-voisin des Lernées proprement dites, avait d;éjà été distingué par Oken, sous le nom générique d'Enops, Il comprend les Lernées Salmonea de Linné, et cornuta, Gobina, radita de Müller. Blainville ne distingue pas ce nouveau genre de celui des Lernées. V. ce mot. (AUD.)

ENTOMOLITHE. Entomolithus. CRUST. Nom sous lequel Linné avait désigné un genre dans lequel étaient réunis et confondus un grand nombre d'Animaux fossiles assez différens. V. TRILOBITE et PABADOXIDE. (AUD.)

ENTOMOLOGIE. ZOOL. On désigne sous ce nom la science qui traite plus particulièrement des Insectes; mais il est mieux de lui accorder un sens plus étendu et de l'appliquer à l'embranchement des Animaux articulés. L'Entomologie serait alors une vaste science, qui aurait pour objet la connaissance exacte des Annelides, des Crustacés, des Arachnides et des Insectes. Les dénominations proposées par

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quelques auteurs, telles que celle de Gammarologie pour les Cruslacés a d'Arachnologie pour les Arachnides, d'Insectologie (nom composé contre les règles et généralement abandonnné pour les Insectes, pourraient ensuite être appliquées d'une manière plus spéciale à l'étude de chacune de ces classes, mais seulement comme autant de divisions de l'Entomologie. L'histoire complète de cette dernière devrait tracer un tableau bien coordonné de tout ce que l'on sait de général sur l'organisation, les fonctions et les mœurs des Animaux articulés, en même temps qu'elle offrirait la série de tous ces êtres établie sur les rapports qui existent entre eux, ce qui constitue la classification. C'était aussi la tâche que nous nous serions imposée, si l'état actuel de l'Entomologie nous eût permis d'entrevoir la possibilité de la remplir. Malheureusement les diverses branches que nous devrions passer en revue sont, è l'exception d'une seule, très-loin du but qu'elles doivent atteindre. La physiologie des Animaux articulés ne présente encore qu'un très-petit nombre de faits. L'anatomie est plus riche en observations, et les mœurs sont, dans quelques espèces, assez bien connues; mais on ne peut encore tirer de tout cela qu'un petit nombre de règles générales. Cet état artiéré de l'Entomologie est dû à plusieurs causes: et d'abord les anatomistes n'ont pas envisagé, à beaucoap près, tout ce qui constitue le domaine de leur science. L'anatomie des Animaux articulaés dervait être en même temps comparative et spéciale. La première considère les organes d'une manière abstraite et dans ce qu'ils ont de commun; elle les réunit dans un même cadre, les embrasse par la même pensée, saisit leurs points de contact, observe les liens qui les unissent et détermine les lois qui président à leur arrangement et à leurs fonctions. La seconde, qu'on pourrait aussi appeler anatomie indiviauelle, comprend aussi tous les organes; mais elle les offre dans une Série de cadres particuliers, où chaque objet, représenté avec les caractères qui lui sont propres, est envisagé sous toutes ses faces et considéré quelquefois dans ses moindres détails. Chacun de ces genres d'étude présente, sous deux aspects très-différens, l'organisation des êtres; l'un est le complément nécessaire de l'autre, et leur liaison est si intime qu'il est presque toujours dangereux de les isoler, Cependant c'est vers cette anatomic individuelle et de détails que la plupart des observateurs ont dirigé presque exclusivement leur attention.

L'étude des mœurs n'a pas été plus féconde en résultals généraux, et on le comprendra aisément, si on réfléchit qu'il n'existe qu'un bien petit nombre d'espèces dont l'histoire ne laisse rien à désirer, et que la plupart des observations sont restées incomplètes faute de circonstances favorables. Tel Insecte bien connu à l'état parfait, n'a jamais été étudié à celui de larve; telle larve, au contraire, dont les habitudes ont été obseryées dans les moindres détails, n'a pu étre vue à l'état de nymphe; enfin, telle nymphe, exactement décrite, provient on ne sait de quelle larve, et produira on ne sail quel Insecte.

La classification, pour laquelle il ne faut qu'un examen attentif des caractères extérieurs et qui n'a pas contre elle les difficultés des recherches anatomiaues ou les chances hasardeuses de l'étude des mœurs, a dû faire et a fait réelement de rapides progrès. A peine a-t-on senti la nécessité d'assigner une place à chaqué espèce afin de la retrouver au besoin, qu'on a vu s'élever des systèmes qui embrassaient tous les êtres et qui les présentaient dans un ordre basé sur certains caractères conventionnels. Les systèmes ont été remplacés par les méthodes, c'est-à-dire par un irrangement dans lequel la place de chaque espèce se trouve uniquement fixée par le plus grand nombre de rapports ou de points de contact qu'elle a dans toutes les parties de

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son organisation avec une ou plusieurs espèces voisines. Quand on jette un coup-d'œil sur l'ensemble offert par ces dernières, quand on examine la composition de chacun des cadres et leur liaison entre eux, et lorsaue l'on compare ensuite ce vaste tableau aux connaissances éparses et incomplètes que l'on possède sur l'anatomie, la physiologie ou les mœurs des Auimaux arliculés, on ne peut mécoanaître que l'Eutomologie ue consiste encore tout entière dans la classification. Nous ne saurions par conséquent nous occuper d'autre chose, dans cet article essentiellement général, que de la classification. Tout ce qui intéresse l'organisation ou les habitudes, et que l'on peut rapporter à quelques règles genérales, trouvera sa place aux mots ANNELIDES, CRUSTACÉS, ARACHNIDES et INSECTES. Nous renverrons aussi au mot ARTICULÉS de ce Dictionnaire, dans lequel Latreille a présenté d'une manière claire et concise tout ce que l'on sait de général sur l'organisalion de ces Animaux.

Les distributions méthodiques d'Aristote et des ancieus naturalistes jusqu'à Swammerdam, étaient fort simples. lls divisaient les Animaux articulés d'après les milieux qu'ils habitaient, la présence ou l'absence des ailes et des pates, leur consistance et leur nombre, Ainsi, ils étaient aquatiques ou terrestres; et ces derniers étaient divisés en deux classes selon qu'ils étaient pourvus ou dépourvus d'ailes. L'ouvrage de Swammerdam, publié en 1757 et 1738 à Leyde, sous le titre dc Biblia naturœ, sive His toria Insectorum in classes certas redacta, etc.; accedit prœfatio, in qud vitam auctoris descripsit Herm. Boërrhaave, latinam versionem adscripsit Hier. David Gaubius, créa une nouvelle époque dans la science. Cet auteur illustre, dont les premiers travaux datent de l'année 1669, nyant dévoilé les phénomènes admirables des métamorphoses, tira parti de cette découverte pour la classification; il rangea les Animaux articulés dans quatre ordres: le premier comprend tous les Insectes qui sortent de leur œuf parfaitement formés et pourvus de tous leurs membres; qui croissent ensuite par degrés et qui deviennent nymphes en arrivant à leur dernier degré d'accroissenient; dans cet état, ils n'ont plus aucune transformation à subir, mais seulement un simple changement de peau. Il place ici les Araignées, les Poux, les Tiques, les Cloportes, les Entomostracés, les Scorpions, les vers terrestres, les Sangsues, etc.

Le second ordre se compose des Insectes sortant de leurs œuls, munis de six pieds, et arrivant à l'état de nymphe lorsque les ailes ont pris tout leur accroissement dans les gaînes ou elles sont renfermées. Ce sont les Demoiselles, les Nèpes, les Ephéraères, ou les Insectes nommés depuis Névroptères, Orthoptères et Hémiptéres.

Au troisième ordre appartiennent les Hyménoptères, les Coléoptères et les Lépidoptères, c'est-à-dire les Insectes qui sortent de l'œuf, ayant six pieds ou plus. ou n'en ayant point du, tout, et qui, lorsque les membres ont pris tout leur accroisssement sous la peau qui les cache, se dépouillent de cette peau et paraissent sous forme de chrysalide ou de nymphe.

Enfin le quatrième ordre comprend les Insectes qui sortent aussi de leur œuf sous la forme de Vers sans pieds ou pourvus de six pieds ou plus, dont les membres croissent de même cachés sous la peau de la larve, mais qui passent à l'état de nymphe sous cette même peau: tel est l'ordre des Diptères.

Nous ne dirons rien de la méthode de John Rai publiée en 1705 (Methodus Insectorum, seu Insecta in methodum aliqualem digesta). Elle n'est autre chose qu'une extension de la classification adoptée par Swammerdam. Nous ne parlerons pas non plus de quelques autres entomologistes de la même époque, qui n'ont produit aucune révolulion sensible dans l'Entomologie; nous passetions même sous silence l'immortel ouvrage de

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Réaumur, dans lequel l'arrangement méthodique a été complétement négligé, s'il n'était juste d'observer qu'il a beaucoup contribué au perfectionnement de la classification, en présentant sur ce sujet des vues très-remarquables, et en fournissant surtout de curieux détails sur les mœurs et sur l'organisation des Insectes. Nous arrivons enfin à la méthode de Linné établie sur la présence ou l'absence des ailes, leur nombre, leur consistance, leur situation respective dans le repos, la nature de leur surface et la présence ou l'absence d'un aiguillon. Cette classification a servi de base à toutes celles qu'on a établies depuis, et son illustre auteur l'a modiffée dans les diverses éditions qu'il a données de ses ouvrages. En dernier lieu, il divise les Insectes en sept ordres: les cinq premiers comprennent les Insectes à quatre ailes: dans les uns, les ailes supérieures sont crustacées ou demi-crustacécs; tels sont, 1° les Coléoptères, ayant les ailes crustacées à suture droite; 2° les Hémiptéres, à ailes demi-crustacées et couchées l'une sur l'autre; 3° les Lépidoptères, qui ont les quatre ailes couvertes d'écailles; dans les autres, les ailes sont de même consistance; tels sont les Névroptères, à ailes membraneuses, sans aiguillon à l'anus, et les Hyménoptères, dont les ailes sont également membraneuses, mais qui ont un aiguillon à l'anus. Le sixième ordre est constitué par les Diptères, ayant deux ailes seulement et pourvus de blanciers à la place des inférieures. Le septième et dernier ordre, les Aptères ou les Insectes privés d'ailes, se divise en Aptères à six pieds avec la téte distincte du thorax: les genres Lepisma, Podura, Termes, Pediculus, Pulex; en Aptères qui ont huit à quatorze pieds avec la téte et le thorax confondus: les genres Acarus, Hydrachna, Aranea, Phalangium, Scorpio, Cancer, Monoculus, Oniscus; et en Aptères à pieds nombreux et à t;ête distincte du thorax: les genres Scolopendra et Julus.

Dans la méthode de Linné, les Annelides appartiennent àla classe des Vers.

En 1764, un entomologiste francais, Geoffroy, publia, sous le titre d'Histoire abrégée des Insecles (2 vol. in-4° avec fig.), une description des espèces propres aux environs de Paris, et il donna, dans cef ouvrage, une méthode analogue à celle de Linné, mais dans laquelle il existe des modifications assez importantes; parmi elles, on remarque la division des Coléoplères en cinq sections basées sur le nombre des articles des tarses, qui tantôt sont au nombre de cinq à toutes les pates, tantôt au nombre de quatre; d'autres fois au nombre de trois, et qui, dans certains cas, en offre cinq aux deux premières paires et quatre seulement à la dernière. Plusieurs années après, Degéer, l'émule de Réaumur, et qui avait commencé en 1752 la publication de ses Mémoires sur les insectes, donna, dans le septième volume de ses œuvres, imprimé à Stockholm en 1778, un arrangement méthodique des insectes. Cette méthode, comme on va le voir, n'est qu'un perfectionnement de celle de Linné. Les Insectes y sont divisés en ceux qui ont des ailes et en ceux qui n'en ont point. Les premiers comprennent trois ordres el les seconds deux seulement. Ces cinq ordres sont eux-mémes divisés en quatorze classes. Le premier ordre, ou les Insectes à quatre ailes découvertes, comprend cinq classes: 1° Ailes farineuses; une trompe roulée en spirale (Lépidoplères). 2° Ailes nues; bouche sans trompe ni dents (les Névroptères sans mandibules, ou les Agnathes de Cuvier). 3° Ailes nues, de la même grandeur, réticulées; bouche à dents (les autres Névroptères). 4° Ailes nues, les inférieures plus courtes, la plupart des nervures longitudinales; bouche à dents; un aiguillon ou une tarière dans les femelles (les Hyménoptères). 5° Ailes nues; une trompe rocourbée sous la poitrine (les Hémiptères Homopterès de Latreille, à l'exception des Gallinsectes). Le se-

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cond ordre, ou les Insectes à deux ailes couvertes par deux étuis coriaces ou écailleux, se compose de trois classes: 1° Etuis moitié coriaces et moitiémembraneux; une trompe recourbée sous la poitrine (les Hémiptères Hétéroptères de Latreille). 2° Etuis coriaces ou demi-écailleux; bouche à dents (les Dermaptères ou les Orthoptères d'Olivier). 3° Etuis durs et écailleux; bouche à dents (les Coléoptéres). Le troisième ordre, ou les Insectes à deux ailes découvertes, comprend deux classes: 12 des balanciers sous les ailes; une trompe sans dents (les Diptères). 2° Point de balanciers; màles ayant seuls des ailes et dépourvus de trompe et de dents (les Galliusectes de Latreille). Vient ensuite la division des Insectes sans ailes, composée de deux ordres: le premier embrasse les Insectes aptères à métamorphoses, et contient une seule classe: six pates; bouche à trompe, sans dents (les Suceurs de Latreille). Le second renferme les Insectcs aptères saus métamorphoses, et il se partage en trois classes: 1° six pates; tête séparée du corselet par un étranglement (ordre des Parasites et des Thysanoures de Latreille). 2° Huit ou dix pates; tête confondue avec le corselet (les Arachnides et les Crustacés Décapodes et Branchioppdes de Latreille). 3° Quatorze pates ou plus; tête distinete du corselet (les autres Crustacés de Latreille et les Insectes myriapodes.) Ces quatorze families sont elles-mêmes divisées en cent genres auxquels sont rapportées quatorze cent quarante-six espèces que Degéer a décrites. Retzius a donné en un petit volume (Genera et Species Insectorum,, etc., Leipsick 1783), un extrait de la méthode de Degéer, sur laquelle nous nous sommes étendus, parce qu'elle est fondée sur de très-bonnes bases, et qu'on y trouveétabli des distinctions qui ont été adoptées depuis. Vers la même époque (en 1777), Scopoli, professeur à Pavie, fit paraître, sous le titre d'Introductio ad Hisioriam naturalem, un système assez neuf et dans lequel il prit en considération les organes de la bouche, pour la classe des Hyménoptères et pour celle des Diptères. Nous verrons bientôt quel parti on sut tirer ensuite de ce genre d'observations. Cet auteur partage la classe des Insectes de Linoé en cinq grandes divisions, qu'il considère comme autant de tribus. La première, ou Les Lucifuges (Aptères de Linné), comprend les crustacés et les Pédiculaires. La seconde, les Gymnoptéres à ailes membraneuses et nues, renferme, 1° les Porte-Balanciers (Halterata), ou les Diptères; 2° les Porte-Aiguillons (Aculeata), ou les Hyménoptères; 3° les Porte-Queues (Caudata) ou les Névroptères. La troisième tribu se compose des Lépidoptères, divisés en plusieurs grandes coupes, les Sphinx, les Phalènes et les Papillons. La quatrième tribu, les Proboscidés ou les Héraiptères, se partage en terrestres et en aquatiques. Enfin la cinouième tribu, ou les Coléoptères, se divise aussi en terrestres et en aquatiques, et elle est terminée par les Orthoptères.

Quand on examine les détails de ces diverses classifications, on voit qu'elles s'étaient déjà singulièrement perfectionaées depuis Linné, et que plusieurs hommes distingués en avaient fait l'objet principal de leurs études; mais personne ne s'en était occupé avec autant de suite que Fabricius, auteur d'un système célèbre en entomologie, basé entièrement sur le nombre, les proportions, la forme et la situation des piàces constituant la, bouche. Il établit, en 1775, les fondemens de ce nouveau système dans un ouvrage ayant pour titre: Systema Entomologiœ sisten Insectorum classes, ordines, genera et species, un vol. in-8°. Quelque temps après, en 1776, il publia un autre volume sur les genres des Insectes (Genera Insectorum), et deux ans plus tard, il fit paraître sa Philosophia entomologica. En 1781, parut son Species Insectrum, auquel il ajouta, comme une sorte de supplément, son Mantissa Insectorum sistens eorum species nu-

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per detectas; son Entomologia systematica in-8°, dont un volume de supplément parut de 1792 à 1798; et depuis 1801 jusqu'en 1806, il publia successivement ses divers systèmes sous les noms de Syst. Eleu theratorum, Rhyngotorum, Piezatorum, Antliatorum, et, en dernier lieu, son Systema Glossatorum. Un si grand nombre d'ouvrages entrepris dans le but de perfectionner toujours ses précédens travaux, prouvent, dans leur auteur, une constance à toute épreuve et un grand amour pour l'avancement de la science. Cet amour alla même trop loin; car il le porta souvent à remplacer la distinction des choses par la distinction des mots, et à signaler des différences là où il n'en existait aucune, ou de fort légères. Les inconvéniens de la classification de Fabricius, connus des entomologistes, sont les mêmes que ceux qui découlent nécessairement de toute espèce de système, et ils paraissent encore plus sensibles par la petitesse des objets sur lesquels les caractères sont fondés, et par la difficulté de leur emploi. Voici une exposition abrégée de ce système: les Insectes ont ou n'ont point de mâchoires, ce qui constitue deux grandes divisions. Parmi les Insectes à mâchoires, les uns n'en ont que deux, et les autres en ont davantage; de-làdeux sections. La première comprend, 12 les Eleuthérates, Eleutherata (Coléoptères): mâchoires nues, libres, palpigères; 28 les Ulonates, Ulonata (Orthoptères): mâchoires simples, découvertes, palpigères, surmontées d'une galette: 38 les Synistates, Synistata (la plupart des Névroptères): mâchoires coudées, découvertes, mais réunies par leur base à la lèvre inférieure; 4° les Piezates, Piezata (Hyménoptères): mâchoires comprimées, allongées, engainant une gaîne palpigère; 5° les Odonates, Odonata (Névroptères renfermant seulement la famill des Libellules); mâchoires cachées, simples; lèvres sans palpes; 6° Ves Mitosates, Mitosata (Myriapodes ou mille pieds): deux mandibules composées, deux mâchoires et deux palpes distincts soudés ou réunis avec la lèvre; 7° les Unogates, Unogata (plusieurs Arachnides): deux mandibules en pinces sans lèvre supérieure; 8° les Polygonates, Polygonata (les Crustacés Isopodes Ptérygibranches): 9° les Kleistagnathcs, Kleistagnatha (les Crustacés décapodes, Brachyures de Latreille): plusieurs mâchoires hors du labre, fermant la bouche; 10° les Exochnates, Exochnata (les Crustacés décapodes, Macroures de Latreille): plusieurs mâchoires hors du labre, recouvertes par les palpes. La seconde section des Insectes ou ceux qui n'ont que deux mâchoires comprend les dernières familles; 11° les Glossates, Glossata (les Lépidoptères): langue en spirale; 12° les Rhyngotes, Rhyngota (les Hémiptères): un bec articulé; 13° les Antliates, Antliata (les Diptères): une trompe ou sucoir.

Moins systématique que Fabricius, et préoccupé de l'idée qu'on pourrait un jour arriver à une méthode naturelle, Olivier fit paraître, dans le premier volume de l'Encyclopédie Méthodique, une distribution des a Insectes dans laquelle on apercoit quelques perfectionnemens aux méthodes combinées de Linné, Geoffroy, Degéer et Schæffer. I1 tire les. principaux caractères de ses classes du nombre, de la consistance des ailes et des ély tres; puis il se sert des ailes, des parties de la bouche et des tarses, pour subdiviser les classes un peu nombreuses. I1 adopte et range de la manière suivante les ordres désignés sous les noms de Lépidoptères, Névroptères, Hyménoptères, Hémiptères, Orthoptères (dénomination qu'il substitue à celle de Dermaptère de Degéer), Coléoptères, Diptères et Aptères; chacun d'eux est partagé en plusieurs sections. La dernière comprend les Insectes dont la bouche est variable, mais qui n'ont point d'ailes dans les deux sexes. Les uns ont six pates (les Poux), les autres en ont huit (les Araignées;, et

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un grand nombre en présentent dix ou davantage (les Crabes et les Jules).

Le premier ouvrage de Latreille date de l'an v (1796). Il fut publié à Brives sous ce titre: Précis des caractères génériques des Insectes disposés dans un ordre naturel. Cet auteur, auquel la classification doit ses principales améliorations, divise les Insectes de Linné en quatorze classes. Les sept premières comprennent ceux qui sont ailés, rangés dans l'ordre suivant: les Coléoptères, les Orthoptères, les Hémiptères, les Hyménoptères, les Lépidoptères et les Diptères. Les autres Insectes sont aptères, et les changemens qu'il a introduits dans leur arrangement nous paraissent déjà d'une haute importance. Il les divise en sept autres classes dont nous exposerons les cacactères: 1° les Suceurs, Suctoria (Rhyngotes, Fabr.): tête distincte, antennifère; trompe articulée, renfermant un sucoir de deux soies; deux écailles à la base; six pates; 2° les Thysanoures, Thysanoura (Synistates, Fabr.): tête distincte, antennifère; bouche munie de mandibules, de deux mâchoires, de deux lèvres et d'antennules sensibles; six pates: les Lépismes, les Forbicines, les Podures; 3° les Parasites, Parasiti (Antliates, Fabr.): tête distincte, antennifère, un tube très-court, renfermant un sucoir; légère apparence de mandibules ou de mâchoires dans d'autres; six pates: les Ricins et les Poux; 4° les Acéphales, Acephala (Unogates et Autliates, Fabr.): organes de la bouche ou quelques-uns tenant lieu de tête; point d'antennts; six à huit pates (la classe distinguée depuis sous le nom d'Arachnides); 5° les Entomostracés, Entomostraca, Müll. (Synistates et Agonates, Fabr.): tête confondue avec le corps renfermé sous un têt d'une ou deux pièces; antennes souvent rameuses; mandibules sans antennules; deux rangs au plus de feuillets maxillaires; lèvre inferieure nulle, six à huit pates plus communément: les Monocles, les Cypris, les Cythérées, les Daphnies, les Argules, les Limules, etc.; 6° les Crustacés, Crustacea (Agonates, Fabr.): tête confondue avec le corps renfermé ordinairement sous une carapace; quatre antennes: plusieurs rangs de feuillets maxillaires dont deux insérées et couchées sur les mandibules; point de lèvres, dix pates communément; 7° les Myriapodes, Myriapoda (Synistates, Mitosates, Unogates, Fabr.): téter distinguée du corps, antennifère; mandibules ayant un avancement conique à leur base; des dents écailleuses implantées sur le contour de l'ex trémité; deux rangs de mâchoires au plus; une lèvre inférieure, quatorze pates et plus: les Aselles, les Cyames, les Cloportes, les Jules, les Scolopendres. Latreille ne comprend pas dans cet ouvrage la classe établie sous le nom d'Annelides.

Un an aprèsla publication de la classification de Latreille, Cuvier fit connaître (Tableau élémentaire de l'Histoire naturelle des Animaux, an VI) une méthode qu'il déclare être une combinaison des systèmes de Swammerdam, de Linné et de Fabricius, mais dans laquelle on trouve d'heureux perfectionnemens. L'auteur établit divers ordres qu'il partage en familles naturelles, lesquelles comprennent plusieurs coupes ou grands genres qui sont ensuite subdivisés en petits genres. Les Crustacés et les Arachnides sont encore placés avec les Insectes, mais ils occupent la tête de la série et constituent le premier ordre en comprenant quatre familles: 1° les Crustacés qui ont plusieurs paires de mâchoires. Il y rapporte les grands genres Monocle, Ecrevisse, Cloporte; 2° les Millepieds qui ont le corps composé de beaucoup de segmens, portant des pieds, mais qui n'ont pas plusieurs mâchoires: les Jules, les Scolopendres; 3° les Aranéides: une seule pièce pour la tête et le corselet portant huit pieds; l'abdomen sans pieds: les Scorpions, les Araignées, les Faucheurs; 4° les Phtyréides, à tête distincte, corselet portant

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six pieds; abdomen sans pieds: les Podures, les Forbicines, les Ricins. Le second ordre est celui des Névroptèrès divisé en trois familles 1° les Libelles, à quatre grandes ailes non ployées; à mâchoires pourvues d'un palpe non articulé; à lèvre enveloppant toute la bouche, sans palpes: le grand genre des Demoiselles, Libellula; 2° les Perles à ailes, se rejetant sur le dos dans l'état de repos; à mâchoires et lèvres pourvues de palpes articulés; à bouche pourvue de mandibules: les Termites, les Hémérobes, les Panorpes; les Raphidies; 3° les Agnathes, à mâchoires et lèvres pourvues de palpes articulés, sans aucune mandibule: les Friganes et les Ephémères. Le troisième ordre, celui des Hyménoptères, est partagé simplement en grands genres: les Abeilles, les Guêpes, les Sphex, les Chrysides, les Ichneumons, les Urocères, les Cynips, les Fourmis et les Mutilles, Le quatrième ordre, celui des Coléoptères, est divisé en plusieurs, coupes auxquelles appartienment des grands genres servant de type 1° Coléoptères dont les antennes sont terminées par une massue feuilletée, C'est-à-dire composée de feuillets attachés par un bout et libres de l'autre; cinq articles à tous les tarses. Tels sont les Lucanes, les Scarabées; 2° Coléoptères dont les antennes sont portées sur un bec qui n'est qu'un prolongement de la tête, et au bout duquel est la bouche; quatre articles à tous les doigts: les Charansons et les Bruches; 3° Coléoptères dont les antennes sont en forme de massue, et qui n'ont que trois articles aux doigts: les Coccinelles; 4° Coléoptères dont les antennes sont terminées en forme de massue, et qui ont cinq articles à tous les doigts; les Sylphes, les Hydrophiles, les Sphéridies, les Scaphidies, les Escarbots, les Byrrhes, les Dermestes 5° Coléoptères dont les antennes sont terminées en forme de massue et qui ont quatre articles à tous les doigts: les Bostriches; 6° Coléoptères à quatre palpes, dont les antennes sont en forme de fils et qui ont cinq articles à tous les doigts, et les élytres durs: les Plines, les Taupins, les Richards, es Lampyres, les Cantharides, les Meloés; 7° Coléoptères à quatre palpes, à antennes en forme de fil ou de chapelet, qui ont cinq articles aux quatre doigts de devant, et quatre seulement à ceux de derrière, et des élytres durs: les Ténébrions, les Mordelles; 8°. Coléoptères à quatre palpes dont les antennes sont en forme de fil ou de chapelet, se renflant quelquefois au bout, et qui ont quatre articles à tous les doigts: les Cassides, les Chrysomèles, les Hispes; 9° Coléoptères dont les antennes sont en forme de soie, composées le plus souvent d'articles allongés, et qui ont quatre palpes à la bouche, et quatre articles à tous les doigts: les Capricornes, les Leptures, les Nécydales; 10° Coléoptères dont les antennes sont en forme de fils ou de soies, et qui ont six palpes à la bouche et cinq articles à tous les doigts: les Dytiqucs, les Gyrins, les Carabes, les Cicindèles; 11° Coléoptères dont les élytres sont beaucoup plus courts que l'abdomen, et recouvrent néanmoins entièrement les ailes lorsqu'elles sont repliées: les Staphylins. Le cinquième ordre, les Orthoptères, est divisé eu quatre grands genres: les Perce-Oreilles, les Blattes, les Mantes et les Sauterelles; le sixième ordre, les Hémiptères, comprend huit divisions les Punaises, les Nèpes, les Nolonectes, les Cigales, les Thrips, les Pucerons, les Psylles et les Gaflinsectes. Le septième ordre, celui des Lépidoptères, renferme les genres Papillon, Sphinx et Phalène. Le huitième ordre, les Diptères, se partage aussi en plusieurs grands genres: fes-Tipules, les Cousins, les Mouches, les Taons, les Empis, les Bombyees, les Conops, les Asiles, les Hyppobosques et les OEstres: enfin, le neuvième et dernier ordre contient les Puces, les Poux et les Miles. A l'exemple de ses prédécesseurs. Cuvier n'a pas distingué les Annelides d'avec les Vers; mais il les

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a séparés distinctement des Vers intestinaux. Plus tard il en a formé la classe des Vers à sang rouge, que Lamarck a désignée le premier sous le nom d'Annelides.V. ce mot. Nous avons présenté avec détails le plan de la méthode adoptée par Cuvier parce qu'elle constitue une date essentielle dans l'histoire de la science. On ne peut en dire autant d'un assez grand nombre d'ouvrages qui ont paru plus tard, ou vers la même époque, et dans lesquels on voit se reproduire des classifications analogues à celles de Linné, de Latreille et de Cuvier. On peut ranger dans ce nombre l'ouvrage de Clairville (Entomologie helvétique, 2 vol. in-8°, 1798 et 1806), remarquable sous plusieurs autres rapports, mais dans lequel l'auteur s'est attaché à changer tous les noms d'ordre et à les remplacer par des dénominations souvent barbares. Il divise les Insectes en Ailés ou Ptérophores, et en Aptères. Les Insectes de la première division sont mandibulés ou haustellés; les mandibulés se divisent en quatre sections: 1° les Elytroptères: ailes crustacées; 2° les Deratontères: ailes coriacées; 3° les Dictyoptères: ailes reticulées; 4° les Phléboptères: ailes veinées. Les Insectes haustellés, c'est- à-dire munis du sucoir, comprennent trois autres sections: 5° les Haltériptères: ailes avec balanciers; 6° les Lépidiptères: ailes pulvérulentes; 7° les Hémiméroptères: ailes mixtes.

Les Insectes de la seconde section ou les Aptères se divisent également en haustellés et en mandibulés: les premiers embrassent une section: 8° les Rophoptères qui piquent en sucant, et les seconds se composent également d'une seule section: 9* deg; les Pododunères, qui sont coureurs.

Cuvier ne s en tint pas à ses premiers essais qui avaient été si heureux, il fit paraître en l'an VIII (1799), dans son premier volume de l' Anatomie comparée, une division des Animaux articulés. La classe des Vers est parfaitement bien caractérisée; il ne lui manque que le nom d'Annelides. Elle comprend deux grandes divisions; la première renferme ceux qui ont des organes extérieurs pour la respiration et des soies aux côtés du corps, tels sont les genres Aphrodita, Terebella, Nereis, Serpula, Penicillus, Siliquaria, Amphitrite, Dentalium. La seconde division se compose des Vers qui n'ont point d'organes extérieurs pour la respiration, et elle se partage en ceux qui ont des soies aux côtés du corps, tels sont les genres Nais, Lumbricus, Thalassema, et en ceux qui n'ont point de soies aux côtés du corps, comme les genres Hirudo, Fasciola, Planaria et Gordius. Dans le même ouvrage, Cuvier distingue les Crustacés comme une classe nouvelle; déjà il en avait établi les fondemens dans son Tableau élémentaire des Animaux articulés. Il les divise en Monocles; ce sont les Limules, les Caliges, les Apus, les Cyclopes, les Polyphêmes; et en Ecrevisses, tels que les Crabes, les Inachus, les Pagures, les Ecrevisses proprement dites, les Langoustes, les Scyllares, les Squilles. Le tableau qu'il donne des Insectes présente l'établissement d'un assez grand nombre de familles, que Duméril, associé alors aux travaux de de l'auteur, a presque toutes conservées.V. la Zoologie analytique de ce savant.

Lamarck, qui, par des circonstances particulières, s'était vu enlevé à la botanique et transporté sur le champ encore neuf de la zoologie, fit connaître en 1801 (Système des Animaux sans vertèbres) un nouvel arrangement des Animaux articulés. Les Annelides ne constituent pas encore une classe à part; ils sont rangés parmi les Vers; mais ils appartiennent à une grande section, désignée sous le nom de Vers externes. Les Insectes de Linné sont partagés en trois classes: les Crustacés, les Arachnides et les Insectes. Les Crustacés se composent de deux ordres: les Pédiocles ou ceux pourvus d'yeux distincts élevés sur des pédicules mobiles, et les Sessiliocles ou ceux qui

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Ont deux yeux distinets ou réunis en un seul, mais constamment fixes et sessiles. Chacun de ces ordres se partage en deux sections, de la manière suivante:

CRUSTACÉS PÉDIOCLES. † Corps court, ayant une queue nue, sans feuillets, sans appendices latéraux, et appliquée sous l'abdomen. Genres: Crabe, Calappe, Ocypode, Grapse, Doripe, Portune, Podophtalme, Matute, Porcellane, Leucosie, Maja, Arctopsis. †† Corps oblong, ayant une queue allongée, garnie d'appendices ou de feuillets, ou de crochets. Genres: Albunée, Hippe, Ranine, Scyllare, Ecrevisse, Pagure. Galathée, Palinure, Crangon, Palémon, Squille, Branchiopode.

CRUSTACÉS SESSULIOCLES. † Corps couvert de pièces crustacées nombreuses. Genres: Crevette, Aselle, Chevrolle, Cyame, Ligie, Cloporte, Forbicine, Cyclope. †† Corps couvert par un bouclier crustacé d'une seule ou de deux pièces. Genres: Polyphême, Limule, Daphnie, Amymone, Céphalocle.

Les Arachnides sont, pour la première fois, séparées des autres Apteres pour former une classe nouvelle. Lamarck y établit deux ordres: les Arachnides palpistes et les Arachnides antennistes. Ils sont caractérisés et se divisent de la manière suivante.

ARACHNIDES PALPISTES. Point d'antennes, mais seulement des palpes ou antennules; tète confondue avec le corselet; corps muni de huit pates, † Bouche munie de mandibules et de mâchoires. Genres: Scorpion, Araignée, Phryne, Galéode, Faucheur, Pince, Elaïs, Trombidion. †† Bouche munie d'une trompe ou d'un sucoir. Geàres: Hydracne, Bdelle, Mitte, Pycnogonon, Nymphon.

ARACHNIDES ANTBNNISTES. Deux antennes et tête distinctes; vingt pates ou davantage dans les unes; constamment six pates dans les autres, † Vingt pates ou davantage. Genres: Scolopendre, Sentigère, Jule. †† Six pates. Genres, Pou, Ricin, Podure.

Les Insectes sont broyeurs ou suceurs; les uns ont des mandibules, des mâchoires et d'autres organes manducaleurs. Les autres ont une bouche plus ou moins tubulaire ou en forme de sucoir. La première division se compose des ordres suivans: Coléoptères, Orthoptères, Névroptères et Hyménoptères. La seconde est formée par les Lépidoptères, les Hémiptères, les Diptères et les Aptères. Lamarck (Histoire naturelle des Animaux sans vertèbres, 1815-1822) ne change rien au plan général de sa méthode, seulement il établit la série en sens inverse, c'est-à-dire en allant des êtres les plus simples aux plus composés, et il consacre le nom d'Annelides aux Animaux qu'il avait précédemment rangés dans la section des Vers externes.

Ces divers travaux, qui contribuèrent d'une manière si efficace aux progrès de la science en même temps qu'ils en répandaient le goût, firent sentir de plus en plus la nécessité d'amener à la perfection un édifice dont les bases étaient déjà établies. L'on vit paraître successivement et en fort peu de temps, un grand nombre de travaux destinés à perfectionner l'œuvre des prédécesseurs. La plupart des ouvrages que nous citerons nous paraissent avoir marché vers ce but.

Duméril a publié en 1804, sous le titre de Traité d'Histoire naturelle, des tableaux dans lesquels il présente les diverses classes d Animaux, depuis les plus composés jusqu'aux plus simples. Les Animaux articulés y sont traités avec soin, et on voit, par diverses publications antérieures de l'auteur, qu'il avait depuis longtemps médité le plan ingénieux qu il présente et qui se trouve parfaitement bien développé dans sa Zoologie analytique publiée en 1805, ainsi que dans ses Considérations générales sur la classe des Insectes. Le but de l'auteur a été d'appliouer à l'étude des Insectes la methode analytique qui, suivant ses propres expressions, est une sorte de système appliqué à un

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mode d'arrangement tel que les espèces sont autant rapprochées qu'il est possible par leur analogie, afin de pouvoir plus facilement généraliser ce qui les concerne et les comparer entre elles. Cette matche, ne laissant de choix qu'entre deux propositions, facilite et abrège considérablement les recherches. Duméril s'est occupé principalement de la classe des Insectes. Il y établit huit ordres: les Coléoptères, les Orthoptères, les Névroptères, les Hyménoptères, les Hémiptères, les Lépidoptères, les Diptères et les Aptères. Ce dernier ordre comprend six familles: 1°les Parasites ou Rhinoptères; les genres Puce, Pou, Smaride, Tique, Lepte et Sarcopte. 2° Les Ricins ou Ornithomozyns; le genre Ricin. 3° Les Séticaudes ou Nématoures; les genres Forbicine, Machile et Podure. 4° Les Aranéides ou Acères; genres Araignée, Mygale, Pince, Galéode, Faucheur, Trombidie. 5° Les Millepieds ou Myriapodes; genres Scololopendre, Lithobie, Scutigère, Polyxène, Polydesme, Jule, Gloméride. 6° Les Quadricornes ou Polygnathes; genres Armadille, Cloporte, Physode. On voit, par l'exposé de ce dernierordre, que Duméril comprend dans ses Aptères plusieurs Animaux qui constituent ailleurs des ordres et même des classes distinctes. Les Arachnides sont dans ce dernier cas. Il admet cependant la classe des Crustacés. Les Annelides sont rangées par lui (Zool. analyt.) dans la classe des Vers, et nous ne croyons pas qu'il ait depuis étendu les recherches sur ce groupe intéressant.

Latreille a développé en 1806, avec tout le talent qui caractérise ce grand naturaliste, sa méthode naturelle, dans un ouvrage ayant pour titre Genera Crustacearum et Insectorum (4 vol. in-8°, 1806-1809). Et plus tard il a fait paraître, sous le titre de Considérations générales sur l'ordre naturel des Animaux composant les classes des Crustacés, des Arachnides et des Insectes (I vol. in-8°, Paris, 1810), un ouvrage qui change fort peu de chose ou premier, mais dont les coupes sont moins nombreuses et fondées sur des caractères souvent plus rigoureux. Les Annelides ne font pas partie de ce travail, mais les Insectes de Linné y sont divisés en trois classes: les Crustacés, les Arachnides et les Insectes. Ces classes sont elles-mêmes subdivisées en ordres, les ordres en familles et celles-ci en genres. Nous donnerons ici une idée sommaire des principales coupes jusqu'aux familles, en renvoyant à chacune d'elles toute espèce de détails.

Les Crustacés se partagent en deux ordres: les Entomostracés et les Malacostracés. Le premier embrasse trois familles: les Clypéacés, les Ostracodes, les Gymnotes. Le second ordre, les Malacostracés, comprend sept familles: Cancérides, Oxyrinques, Paguriens, Langoustines, Homardiens, Squillares, Crevettines.

La classe des Arachnides est divisée en six ordres: 1° les Tétracères, deux familles: Asellotes et Cloportides; 2° les Myriapodes, deux familles: Chilognathes et Syngnathes; 3° les Thysanoures, deux familles: Lépismènes et PodureHes; 4° les Parasites, deux genres: Pou et Ricin; 5° les Pycnogonides, trois genres: Nymphon, Phoxichile et Pycnogonon; 6° les Acèves, huit familles: Scorpionides, Pédipalpes, Aranéides, Phalangites, Acaridies, Tiques, Hydrachnelles, Microphthires.

La classe des Insectes a été partagée en huit ordres: les Coléopteres, les Orthoptères, les Hémiptères, les Névroptères, les Hyménoptères, les Lépidoptères, les Diptères et les Suceurs.

1°. Les Coléoptères sont divisés en cinq sections: les Pentamères, les Hétéromères, les Tétramères, les Trimères et les Dimères.—Les Coléoptères Pentamères comprennent dix-neuf familles, Cicindelètes, Cara biques, Hydrocanthares, Tourniquets, Sternoxes, Malacodermes, clairones, Nécrophages, Staphyliniens, Palpeurs, Dermestins, Byrrhiens, Hydrophiliens, Sphéridiotes,

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Coprophages, Géotropins, Searabéi des et Lucanides.— Les Coléoptères Hétéromères embrassent six familles: Piméliaires, Ténébrionites, Pyrochroïdes, Mordellones, Cantharidies et OEdémérites.—Les Coléoptères Tétramères se composent de dix familles: Bruchèles, Charansonites, Bostrichins, Paussiles, Xylophages, Cucujipes, Cérambycins, Criocérides, Chrysomélines, Erotylènes.—Les Coléoptères Trimères comprennent une seule famille: les Coccinellides. —Il en est de même de la dernière section, des Coléoptères Dimères, qui sont constitués par la famille des Psélaphiens.

2°. Les Orthoptères renferment six familles: Forficulaires, Blattaires, Mantides, Gryllones, Locustaires et Acridiens.

3°. Les Hémiptères sont groupés en deux sections: les Hétéroplères et les Homoptères. Dans les Hétéroptères on compte trois familles: Corisies, Cimicides et Hydrocorises. Il en existe quatre dans la section des Homoptères: Cicadaires, Psyllides, Aphidiens, Gallinsectes.

4°. Les Névroptères ont été partagés en deux sections: les Subulicornes et les Silicornes. La première se compose de deux familles: Libellulines et Ephémérides. La seconde en offre neuf: Pauorpates, Fourmilions, Hémérobiens, Mégaloptères, Raphidiens, Termitines, Psoquiiles, perlaires, Friganites.

5°. Les Hyménoptères sont classés dans deux sections: les Porte-Tarières et les Porte-Aiguillons. Les Porte-Tarières comprennent huit families: Tenthredines, Urocérates, Evaniales, Ichneumonides, Diplolépaires, Cynipsères, Proctotrupiens et Chrysidides. Les Porte-Aiguillons en renferment treize: Formica ires, Mutillaires, Scolièles, Sapygites, Pompiliens, Sphégimes, Bembecides, Larra tes, Crabronites, Guêpiaires, Masarides, Andrenètes et Apiaires.

6°. Les Lépidoptères se divisent en Diurnes, en Crépusculaires et en Nocturnes. La section des Diurnes contient deux familles: Papillonides et Hespérides. Celle des Crépusculaires en renferme deux autres: Sphingides et Zygenides. La section des Nocturnes se compose de huit familles: Bombycites, Noctuo-Bombycites, Tinéites, Noctuélites, Phalénites, Crambites et Ptérophorites.

7°. Les Diptères sont coupés en trois sections: les Proboscidés, les Eproboscidés et les Phthiromyies. La première présente quatorze familles: Tipulaires, Stratiomydes, Taoniens, Rhagionides, Dolichopodes, Mydasiens, Asiliques, Empides, Anthraciens, Bombyliens, Vésiculeux, Syrphies et Muscides. La seconde section se compose d'une seule famille. Coriaces. Et la dernière section n'offre qu'un genre, celui des Nyctéribies.

8°. Les Suceurs sout formés par le seul genre Puce.

Enfin Blainvillea publié, en 1816, dans le Bulletin de la Société philomatique, des tableaux méthodiques sur l'arrangement de tous les Animaux; il vient de les reproduire dans un ouvrage ayant pour titre: de l'Organisalion des Animaux ou principes d'Anatomie comparé, T. 1er, Paris, 1822). Il désigne dans son dernier travail, sous le nom d'Entomozoaires, les Insectes et les Vers de Linné ou la classe des Animaux articulés, et basant sa classification sur la présence ou l'absence des appendices du corps, sur leur nombre et sur les modifications qu'ils présentent, il établit que les Entomozoaires ont le corps pourvu ou non d'appendices: les premiers qui nous occuperont d'abord ont les appendices articulés ou non articulés. De ces deux grandes coupes, la première se partage en six classes: 1° les Hexapodes (pieds au nombre de six) se subdivisent en Tétraptères, en Diptères et en Aptères; les Tétraptères eux-mêmes comprennent six ordres: les Coléoptères, les Orthoptères, les Hémiptères, les Lépidoptères, les Névroptères et les Hyménoptères; 2° les Octopodes (huit pieds) ou les Arachnidemde Latreille; 5° les Décapodes (dix pieds) qui sont

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Acères ou Tétracères. Les Acérés se composent des Limuliens, et les Tétracères sont subdivisés en Thoraciques et en Athoraciques; les premiers embrassent plusieurs groupes ou familles désignés sous les noms de Cancroïdes, Cancrustacoïdes et Astacoïdes; 4° les Hétéropodes (pieds en nombre variable) se partagent en deux classes, les Normaux qui sont formés par les Squillacés, les Branchioptères, les Entomostracés, et les Anomaux, renfermant les Epizoaires; 5° les Tétradécapodes (quatorze pieds) divisés en Gammariens, Aselliens et Onisciens; 6° les Myriapodes (pieds en nombre égal à celui des articulations du corps), tels sont les Jules et les Scolopendres.—La seconde coupe des Entomozoaires à appendices, se compose de ceux chez lesquels ils ne sont plus articulés, et elle comprend une seule classe; 7° les Chétopodes divisés eux-mêmes en Chétopodes à anneaux du corps dissemblables, ou les Anhomomères (les Serpulides, les Amphytridés) à anneaux du corps subsemblables ou les Subhomomères (les Arénicolés); enfin à anneaux du corps semblables ou les Homomères (les Néréidés et les Lombricines.)

La seconde grande division des Entomozoaires, ceux qui n'ont plus d'appendices au corps, constitue une classe: les Apodes divisés en Sanguisugaires, Paruncinaires, Ascaridaires. Blainville a su mettre à profit les travaux de ses prédécesseurs en les adaptant à son idée ingénieuse de classification. On regrettera peut-être qu'il se soit presque constamment éloigné d'eux dans la partie technologique de son travail.

Un an après (1817) cette publication de Blainville, parut le Règne Animal de Cuvier, ouvrage fondamental et dans lequel les Animaux articulés qui forment la troisième grande division du Règne Animal sont partagés en quatre classes: les Annelides, les Crustacés, les Arachnides et les Insectes. Nous ne développerons pas la méthode suivie par Latreille dans le troisième volume de cet ouvrage, puisqu'elle est adoptée dans ce Dictionnaire, et que nous offrons ici un tableau de la distribution de chacune des classes.

Nous n'avons encore parlé que des auteurs qui ont embrassé dans leurs méthodes la série tout entière des Animaux articulés, ou pour le moins quelques-unes des classes dont elle se compose; toutefois on connaît un grand nombre de travaux, tant sur les espèces que sur les genres, les familles et les ordres. Il en existe même sur certaines classes en particulier, et on rencontre tel auteur qui s'est attaché exclusivement aux Annelides, tel autre aux Crustacés, un troisième aux Arachnides: nous signalerons à l'attention des entomologistes quelques-uns des travaux des ce genre. Les Annelides ont été étudiées avec beaucoup de soin par Savigny; nous avons adopté sa méthode, et nous en offrons ici le tableau: elle diffère essentiellement de celle présentée par Cuvier qui (Règn. Anim. T. II, p. 515) établit dans cette classe trois ordres: les Tubicoles, les Dorsibranches, les Abranches, subdivisés en plusieurs grands genres; 1° les Tubicoles, vulgairement Pinceaux de mer, ou bien Céphalobranches de Latreille, ont pour caractères: branchies en forme de panaches ou d'arbuscules, attachées à la tête ou sur la partie antérieure du corps; habitant presque tous dans les tuyaux. Genres: Serpule, Sabelle, Terebelle, Amphitrite, Arrosoir, Dentale; 2° les Dorsibranches sont caractérisés ainsi: branchies en forme d'Arbres ou de lames sur la partie moyenne du corps ou tout le long de ses côtés; la plupart vivant dans la vase ou nageant librement dans la mer; un trèspetit nombre pourvu de tuyaux. Genres: Néréide, Spio, Aphrodite, Amphinome, Arénicole; 3° les Abranches offrent les caractères suivans: aucune branchie apparente; fonction respiratoire ayantlieu soit par la peau, soit par quelque cavité inférieure; la plupart vivant librement dans l'eau ou dans la vase; quelques-uns seule-

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ment dans la terre humide. Genres: Lombric, Thalassème, Naïade, Sangsue, Dragonneau.

La classe des Crustacés a spécialement été étudiée par Leach dans plusieurs ouvrages. Voici le tableau méthodique pris dans l'Encydopédie d'Edimbourg (T. VII, année 1813 et 1814): la classe des Crustacés se divise en trois ordres: Entomostraca, Malacostraca et Myriapoda. Chacun se divise en plusieurs tribus qui renferment plusieurs familles, lesquelles se subdivisent en un grand nombre de genres. Nous ferons observer que cet arrangement se rapproche, sous plusieurs rapports, de celui proposé par Latreille (Gener. Crust, et Ins.), mais qu'il renferme les Insectes Myriapodes et que des noms differens sont imposés aux tribus et aux familles. Quant aux genres, ils sont plus nombreux; nous les avons relevés à leur ordre alphabétique.

La classe des Arachnides, ou plutôt une portion de cette classe, les Arachnides pulmonaires, fileuses, ou le grand genre Araignée, a fourni le sujet d'un travail très-remarquable de Walckenaer, qui a publié en 1805 (Tableau des Aranéides) une méthode de classification qu'on a depuis généralement adoptée. Ce savant auteur divise les Aranéides en deux tribus: les Théraphoses et les Araignées. La première tribu embrasse trois sousgenres: 1° les Egorgeuses, genre Mygale; 2° les Tueuses, genre Olètre; et 3° les Ravageuses, genre Missulène. La seconde tribu, ou les Araignées, comprend vingt-quatre sections renfermant chacune un genre et rangées dans l'ordre suivant: les Chasseuses, genre Lycose: les Coureuses, genre Dolomèae; les Marcheuses, genre Ctène; les Arpenteuses, genre Sphase; les Chercheuses, genre Erèse; les Voyageuses, genre Atte; les Latébricoles, genre Thomise; les Grotticoles, genre Sparasse; les Caméricoles, genre Clubione; les Cellulicoles, genre Drasse; les Claustralicoles, genre Dysdère; les Tubicoles, genre Ségestrie; les Tapitèles, genre Tégénéraire; les Labyrinthitèles, genre Agelène; les Lintéolitèles, genre Nysse; les Orbitèles, genre Epière; les Spiralitèles, genre Télragnathe; les Napitèles, genre Linypnie; les Rétitèles, genre Théridion; les Réticulitèles, genre Scytode; les Filitèles, genre Pholcus; les Noditèles, genre Latrodecte; le genre Storène (il n'est précédé d'aucun nom de section); les Naïades, genre Argyronète. Chacun de ces genres est lui-même partagé en plusieurs petites coupes basées ordinairement sur la forme extérieure du corps, et dans lesquelles sont rangées les espèces.

Nous avons adopté, dans ce Dictionnaire, la méthode des Annelides de Savigny, et la méthode de Latreille (Règn. Anim.de Cuv.) pour les Crustacés, les Arachnides et les Insectes.V. les tableaux ci-joints et les divers noms de familles ou de genres cités dans cet article. (AUD.)

ENTOMON. Entomon. CRUST. Nem proposé par Klein (Remarques sur les Crustacés) pour un genre de Crustacés qui comprenait les Scorpions, la Squille-Manle, les Aselles et les Pagures. Latreille avait d abord adopté ce genre (Précis des Caractères génér. des Ins., p. 197), en lui assignant des caractères précis et en le circonscrivant dans des limites plus étroites. Depuis, il n'a pas jugé utile de le conserver. (AUD.)

ENTOMOPHAGES. OIS.V. INSECTIVORES.

ENTOMOPHAGES. INS. Latreille, dans son Genera Crustacearum et Insectorum, a donné ce nom à une division de Coléoptères Pentamères, qui répond à celle des Coléoptères carnassiers de Cuvier. (B.)

ENTOMOSTRACÉS. Entormostraca. CRUST. Dénomination appliquée par Otho-Frédéric Müller à un groupe de Crustacés dont Linné n'avait formé qu'un genre sous le nom de Monoculus. Latreille (Gener. Crust, et Ins.) a considéré les En tomostracés comme un ordre de la classe des Crustacés; et, plus tard, il a remplacé ce nom par celui de Bran-

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chiopodes. Leach (Diet, des Sc. Nat. T. XIV, p. 524) accorde à la dénomination d'Entomostracés un sens très-étendu, et il les divise (loc. cit., p. 528) en plusieurs ordres et familles, de la manière suivante:

Ier ordre, les POECILOPES; ils comprennent trois familles: les Argulidées, les Caligidées et les Limulidées.

IIe ordre, les PHYLLOPODES; il renferme les genres Binocle et Lépidure.

IIIe ordre, les LOPHYRODES, contenant deux familles: les Cyclopidées et les Cypridées.

IVe ordre, les BRANCHIOPODES, composés des gemes Branchipe et Arternie.V. ces mots et BRANCHIOPODES. (AUD.)

* ENTOMOSTRACITES. Entomostracites, CRUST. Wahlenberg a donné ce nom général à plusieurs espèces de Trilobites appartenant, suivant Brongniart, à des genres différens. Les Entomostracites caudatus, crassicauda, expansus, laticauda, sont des espèces du genre Asaphe. Les Entomostracites gibbosus, lacini atus, paradoxissimus, scaraboides et spinulosus font partie du genre Paradoxide. L'Entomostracites pisiformis est un Agnoste, et l'Entomostracites tuberuculatus un Calymène. Quelques autres Entomostraciles ne sont pas assez reconnaissables pour qu'on puisse assigner leur place avec certitude. (AUD.)

ENTOMOTILLES OU INSECTIRODES. INS. Famille de l'ordre des Hyménoptères, section des Térébrans, etablie par Duméril qui lui assigne pour caractères: abdomen pédiculé, non concave en dessous; lèvre inférieure de la longueur des mandibules; antennes non brisées, de dix-sept à trente articles. Elle comprend les genres Ichneumon, Fœne, Evanie, Ophion, Banche, et peut être rapportée à la famille des Pupivoros de Latreille et à la tribu des Ichneumonides (Règn. Anim, de Cuv.) V. PUPIVORES. (AUD.)

ENTOMOZOAIRES. Entomozoaria. ZOOL. Nom proposé par Blainville, dans son Prodrome d'une nouvelle classification du règne animal (Bullet, des Sc. parla Soc. Philomat., 1814), pour désigner la classe des Insectes de Linné et celle des Vers réunies. Il assigne pour caractères à cette grande division, d'avoir le système nerveux de la locomotion audessous du canal intestinal: la fibre musculaire contractile, soutenue par une peau plus ou moins endurcie, et par suite, le corps et les appendices, quand il y en a, fracturés et articulés d'une manière visible à l'extérieur. Blainville fonde ses divisions sur la présence ou l'absence desappendices, leur nature, leurs usages et leur nombre. Il arrive ainsi à l'établissement de huit classes: les Hexapodes, les Octopodes, les Décapodes, les Hétéropoades, les Tétradécapodes, les Myriapodes, les Chélopodes et les Apodes. V. ARTICULÉS. (AUD.)

ENTOMOZOOLOGIE. Entomozoologia. ZOOL. Blainville substitue ce nom à celui d'Entomologie, aussi bon sans doute et beaucoup plus ancien. (AUD)

ENTONNOIR. Infundibulum. MOLL. Montfort (Conchyl. Syst. T. II, p. 166) a proposé sous ce nom un genre composé, d'après notre manière de penser, d'elémens hétérogènes. En effet il y réunit des Calyptrées avec de véritable Trochus. Il est pourtant bien facile à la première inspection de distinguer ces deux genres, quelle que soit a ailleurs la forme de la lame intérieure qui s'y remarque. Si quelques Calyptrées ont une lame décurrente, spirale, complète, correspondant à des tours ae spire plus ou moins sensibles, on y est amené par les rudimens de ces lames que l'on retrouve dans d'autres avoisinantes et qui prennent peu à peu cette forme. Mais ce qui caractérisera toujours les Calyptrées, et ce qui les séparera, jusqu'à ce qu'on en connaisse l'Animal, de, tou te espèce de Trochus, c'est l'irrégularité de la coquille qui, comme nous l'avons déjà fait remarquer (V. CALYPTRACIENS et CRÉPIDULE),

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indique d'une manière certaine que les Calyptrées, comme tous les Mollusques des Calyptraciens, vivent fixées sur les corps sous-marins; les Trochus, au contraire, sont libres et présentent constamment, quel que soit d'ailleurs le plus ou moins de concavité inférieure de leur coquille, une régularité, une épaisseur et une nacre qui sont propres à cette famille; et ils sont pourvus de deux couches testacées dont l'extérieure est colorée, ce qui ne se trouve jamais dans les Calyptrées. Tous ces motifs nous portent à penser, même contre l'opinion de Lamarck, que les Calyptrées, qu'il avait placées daus le genre Trochus dans la dernière édition des Animaux sans vertèbres, devront se replacer où elles étaient d'abord, et l'Entonnoir Type, Infundibulum Typus de Montfort, restera dans le genre Trochus ou il est à sa véritable place.

Les marchands donnent le nom d'Entonnoir au Trochus concavas, Lamk., ainsi qu'au Patella fusca, L. (D.. H.)

ENTONNOIR. BOT. CRYPT. Nom imposé par Paulet à divers Champignons entre lesquels on remarque l'Entonnoir pied de Chèvre??? et les Entonnoirs mous? (B.)

ENTOPHYTES. BOT. CRYPT. Nom donné par Link aux Champignons qui se développent dans le tissu même des Végétaux et particulièrement des plantes vivantes, telles que les Uredo, Œcidium, Stilbospora, etc. Ces genres forment la famille désignée sous le nom d'Urédinées. V. ce mot et CHAMPIGNONS. (AD. B.)

ENTOPOGONES. BOT. CRYPT. (Mousses.) Section dans laquelle Pulisot-Beauvois rangeait toutes les Mousses ne possédant qu'un seul péristome, qui lui paraissait analogue au péristome interne des Mousses à peristome double. Les genres qu'il rapportait à cette section, étaient; Tortula, Barbula, Cinclidotus et Hymœnopogum ou Diphylium des autres auteurs. (AD. B.)

* ENTOTHORAX. Entothorax. INS. Nous avons désigné sous ce nom, dans nos Recherches sur le thorax (Ann. des Se. Nat. T. I, p. 124) une pièce du squelette des Animaux articulés, remarquable par l'importance de ses usages et quelquefois par son volume. Elle occupe la ligne moyenne du corps, et est située audessus du sternum et à sa face interne, c'est-à-dire au-dedans du corps de l'Animal. Elle naît ordinairement de l'extrémité postérieure du sternum, affecte des formes secondaires assez variées et paraît généralement divisée en deux branches. Cuvier l'appelle la pièce en forme d'Y, parce qu'il l'a observée dans un cas où elle figurait cette lettre. L'Entothorax se rencontre constamment dans chaque segment du thorax, et semble être en quelque sorte une dépendance du sternum. Ses usages sont extrêmement importans; il protège, en l'emboîtant plus ou moins, le système nerveux et il l'isole de l'appareil digestif du vaisseau dorsal, etc. En ce sens, il a de grands rapports avec les vertèbres des Animaux supérieurs. L'Entothorax n'existe pas seulement dans le thorax, on le retrouve dans la tête. Il pourrait, dans ce cas, porter le nom d Entocé phale. On l'observe enfin dans le premier anneau de l'abdomen de la Cigale, et la pièce nommee par Réaumur Triangle écailleux est sans aucun doute son analogue. Nous proposons de l'appeler alors Entogastre. V. THORAX. (AUD.)

ENTOZOAIRES. Entozoa. Nom substitué par Rudolphi à la dénomination de Vers intestinaux, Vetmes intestinales, et comprenant tous les ètres qui vivent dans une partie quelconque du corps d'un Animal. Cette division correspond à la deuxième classe des Zoophytes de Cuvier (Règn. Anim.), les Intestinaux.V. ce mot et VERS. (AUD.)

* ENTRENOEUD. Intemodium, BOT. PHAN. On nomme ainsi l'intervalle situé entre deux nœuds, c'est-à-dire entre les parties du Végétal où les fibres s'entrecroisent et où le ti-

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su cellulaire se tuméfie. Les tiges des Graminées, celles des OEillets et de plusieurs autres Caryophyllées, étant noueuses et articulées, possedent con séquemment des Entrenœuds. Dans les Plantes à feuilles opposées, mais qui n'ont pas de véritables nœuds ni d'articulations, on a, par extension, donné quelquefois le nom d'Entre-nœud à l'espace compris entre les deux paires ou les deux verticilles de feuilles. (G.. N.)

ENTROCHITES OU ENTROQUES. POLYP. FOSS. Les oryctographes ont donné ce nom a des portions de Crinoïdes. V. ce mot. (LAM.. X.)

ENUCLEATOR. OIS. Syn. de DurBec. V. ce mot et BOUVREUIL (B.)

ENULA-CAMPANA. BOT. PHAN. Syn. d'Aunée, espèce d'Inule. V ce mot. (B.)

* ENVELOPPES. ZOOL. BOT. On donne généralement ce nom à des membranes qui recouvrent et protègent certains organes. Ainsi on appelle enveloppes cérébrales les meninges qui recouvrent le cerveau et ses dépendances; enveloppes fétales, celles qui constituent l'œuf à l'extérieur dans les Mammifères, etc. En botanique, ce mot est aussi employé dans le même sens; ainsi l'Enveloppe herbacée de la tige est cette couche de tissu cellulaire vert, placé immédiatement au-dessous de l'épiderme, recouvrant les tiges et ses ramifications et pénétrant dans les feuilles où elle remplit les intervalles que laissent entre elles les ramifications et les anastomoses successives des vaisseaux. C'est dans l'enveloppe herbacée qu'a lieu la décomposition de l'Acide carbonique absorbé dans l'air. V. ECORCE.

ENVELOPPES FLORALES. On donne souvent ce nom au calice et à la corolle.

ENVELOPPES SÉMINALES. On les distingue en enveloppes séminales propres et enveloppes séminales accessoires. Les premières sont constituées uniquement par l'épisperme. V. ce mot. Les autres sont toutes les parties placées en dehors de l'épisperme, tels que l'arille, les caroncules, et quelquefois l'endocarpe que l'on a considéré comme un arille et une dépendance de la graine.V. ARILLE, CARONCULE et ENDOCARPE. (A. R.)

ENVERGURE, OIS. Se dit de la distance qu'il y a de l'extrémité d'une aile à l'extrémité de l'aile opposée, lorsque toutes deux sont étendues. (DR.. Z.)

ENYDRE. Enydra ou Enhydra BOT. PHAN Dans la Flore de Cochin-chine, Loureiro a décrit une Syngénèse formant un nouveau genre, auquel il a donné le nom d'Enydra. Les caractères tracés par ce botaniste, se sont trouvés parfaitement concordans avec ceux observés par Cassini sur une Plante que Willdenow rapportait au genre Cœsulia, et dont Palisot de Beauvois avait fait d'un autre côté son Cryphiospermum. R. Brown, auquel on devait l'indication de ce rapprochement, avait aussi avancé que es genres Meyera de Schreber, sobreyra de Ruiz et Pavon, et Hingstha de Roxburgh, n'en forment qu'un seul identique avec celui dont nous parlons ici; de sorte qu'en admettant cette opinion, qui d'aillcurs a été vérifiée et adoptée par Cassini et Kunth, le nom à préférer devrait être le plus ancien, c'est-à-dire le Meyera crééen 1789; c'est, en effet, ce que R. Brown et Kunth ont décidé. Mais si l'on considère avec Cassini, que le genre Enydra n'est postérieur au Meyera que d'une année, et que la description de Loureiro est parfaitement exacte, tandis que celle de Schreber est très-fautive; peut-être sera-t-on excusable de déroger, en cette occasion, aux règles de la nomenclature. Nous donnerons ici l'abrégé des caractères assignés à l'Enhydra par Cassini (Bulletin de la Société philomatique, décembre 1817): calathide discoïde, dont le disque est formé d'un grand nombre de fleurs régulières hermaphrodites ou mâles; fleurons de la circonférence femelles

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et tubuleux; involucre composé de deux, trois, ou quatre écailles disposées sur un seul rang, à peu près égales, foliacées, membraneuses et appliquées; réceptacle conique, garni de paillettes coriaces, parsemées de glandes, et hérissées supérieurement de poils articulés; akènes allongés, arqués en dedans, glabres, dépourvus d'aigrettes, ou quelquefois munis d'une paillette très-grande, regardée par Cassini corame une monstruosité.

Ce genre fait partie de la famille dee Synanthérées, Corymbifères de Jussieu, et de la Syngénésie superflue, L. Il appartient en outre à la tribu des Hélianthées de Cassini. L'espèce la plus remarquable est l'Euydra Cœsulioides, Cass.; Cœesulia radicans, Willd.; Cryphiospermum repens, Beauv., Flor. d'Owar. C'est une Plante herbacée, dont la tige est rampante et sarmenteuse, à feuilles opposées, longues, sessiles, lancéolées, aiguës et entières. Elle croît sur la côte orientale et intratropicale d'Afrique. Palisot de Beauvois, qui l'a recueillie sur les bords du fleuve Formose, dit que les indigènes l'emploient à la guérison des plaies.

Parmi les auteurs qui ont admis le genre Enydre, sous le nom de Meyera, Kunth est celui qui en a fait connaître une nouvelle espèce à laquelle il a donné le nom de Meyera maritima. Cette Plante a été trouvée par Humboldt et Bonpland sur les bords de la mer Pacifique, près de Callao dans le Pérou.

Le genre Cœsulia, dont le Cœsulia axillaris, Roxb., est le type, ne diffère, selon Kunth (Synopsis Plantar. orbis novi, 2, p. 499), du Meyera ou de l'Enydra, que par l'absence des rayons. (G.. N.)

ENYDRIS. MAM. Ce nom désignait la Loutre dans l'antiquité. (B.)

* ENZAUDA. BOT. PHAN. On trouve mentionné sous ce nom dans les anciens recueils de voyages un figuier du Congo, dont la seconde écorce fournit les matériaux d'une toile qui, après avoir été battue et lavée, est très-propre à faire des vêtemens. Cet Arbre précieux et encore mal déterminé se multiplie, comme le Figuier des Pagodes, par des filets qui, partant des rameaux, se dirigent vers la terre. (B.)

EOLIDE. Eolis. MOLL. Cuvier sépara, sous le nom d'Eolidia, des Doris institués par ses prédécesseurs, quelques espèces qui présentaient des caractères différens, pour en former le genre qui nous occupe, dans lequel il a fallu confondre les Cavolines de Bruguière. Ce genre, que Cuvier a placé parmi les Nudibrancbes et Blainville parmi les Polybranches, fait partie des Gastéropodes des auteurs modernes, et quoiqu'il n'ait point été mentionné par Lamarck, dans ses premiers travaux, ce dernier l'a adopté dans son Histoire des Animaux sans vertèbres, en l'appelant Eolis. Blainville et Férussac l'ont également admis; le premier pense même que nonseulement on pourrait conserver le genre de Cuvier, maisencore rétablir, en y changeant quelque chose, le genre Cavoline de Bruguière. Lamarck, sans présenter des changemens aussi positifs, dit que la forme des branchies pourra servir plus tard à former deux genres avec les Eolides. EfFectivement, les Eolides présentent des différences notables entre les espèces quant aux organes de la respiration, et les opinions que nous venons de rapporter nous semblent d'autant plus justes, que c'est sur de pareils motifs que le genre qui nous occupe a été séparé des Doris. Quoi qu'il en soit, voici sur quels caractères ce genre repose: corps oblongs, rampant, terminé en pointe postérieurement, un peu convexe en dessus, plane ou canaliculé en dessous; à mantea nul; tête courte, ayant quatre ou six tentacules; branchies saillantes, en lames écailleuses; papilles ou cirres disposées sur le dos par rangées; orifices de la génération et de l'anus sur le côté droit.

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Les Eolides se distinguent particulièrement des Glauques, en ce qu'elles sont dépourvues de manteau et par la singulière disposition des branchies. On ne peut les confondre avec les Doris, par cette même disposition et par la situation de l'anus et de l'orifice pour la génération. On sait que dans les Doris, l'une de ces ouvetures, l'anus, est placée à la partie postérieure du dos, et qu'elle est environnée par les branchies; l'organe de la génération en est séparé, il est du côté droit; ici, au contraire, les deux orifices sont du même côté; ce qui les distingue encore des autres genres, c'est le nombre et la disposition des tentacules; d'ailleurs les branchies en forme d'écailles ou de papilles et de cirres les caractérisent parfaitement. Blainville (Diction. des Scienc. natur.) a proposé de conserver le nom d'Eolide à toutes les espèces dont les branchies sont en écailles ou en papilles, et de former le genre Cavoline avec celles qui ont ces organes cirrcux. Férussac (Tableaux syst. des Anim. moll.) sépare le genre Eolide en deux groupes: les Cavolines et les Eolides. Sans être obligés de multiplier les genres, nous croyons que la manière de penser de Férussac est la meilleure; c'est celle que nous avons adoptée. Nous diviserons done les espèces en deux sections.

1°. Eolides à branchies squammiformes.

EOLIDEDE CUVIER, Eolis Cuvierii, Lamk.; Eolide, Cuv., Ann. du Mus. T. VI, p. 433, pl. 61, fig. 12, 13; Limax papillosus, L., Syst. Nat., pag. 1082; Doris papillosa, Gmel., pag. 3104; Doris, Brug., Encycl., pl. 82, fig. 12. Cette espèce se reconnaît à sa forme ovale, allongée, à ses six tentacules et surtout à la disposition des lamelles ou des écailles qui sont en séries sur le dos, se recouvrant comme des tuiles. Elle habite dans nos mers.

EOLIDE GRISATRE, Eolis minima, Limaxminima, Forsk., Descr. anal., p. 100, et Icon., tab. 26, fig. H; Doris, Brug., Encycl., pl. 82, fig. 10, 11. Celle-ci est de couleur cendrée pâle; elle est petite et n'a que quatre rangées de papilles dorsales; elle n'a que quatre tentacules, et vit dans la Méditerranée.

2°. Eolides à branchies cirriformes.

EOLIDE PÉLERINE, Eolis peregrina, Doris peregrina, Gmel., p. 3105, n° 16. Cavolina, Brug., Encycl., pl. 85, fig. 4. Au premier aspect, on reconnaît cette espèce par sa couleur blanche, par ses dix séries de cirres dorsales d'un fauve rougeâtre. Elle vit dans la Méditerranée.

EOLIDE POURPRÉE, Eolis affinis, Doris affinis, Gmel., p. 3106, n° 17. Cavolina, Brug., Encycl., p. 85, fig. 5. Rien n'est plus facile que de distinguer l'espèce qui nous occupe; outre qu'elle est d'une couleur pourprée, elle a sept rangées de cirres qui sont comme fasciculés, partant de trois tubercules principaux pour chaque série, et de chaque côté du corps: il y a six tentaculcs. On trouve cette espèce avec la précédénte dans la Méditerranée. (D.. H.)

EOLIDES. Eolides. MOLL. Une petite Coquille multiloculaire figurée par Soldani (Testaceographia microscopica, tab. 167, W.) a servi à Montfort comme type d'un nouveau genre qu'il caractérisa de la manière suivante: coquille libre, univalve, cloisonnée, à spire relevée et à base aplatie; bouche ronde, placée au centre de la base; dos ou marge carcné et armé; cloisons unies. Cette Coquille, qui a la forme d'une très-petite Haliotide ou d'un Sigaret, pourrait bien, d'après l'opinion de Blainville, rentrer dans l'un de ces genres, parce qu'il ne croit qu'avec doute qu'elle soil cloisonnée, cependant la figure de Soldani ne laisse aucun doute à cet égard, et la description que Montfort en fait paraît assez exacte pour que l'on ne doive pas balancer à mettre ce corps parmi les Polythalames. Depuis Montfort, on n'avait point placé ce genre dans les méthodes; Férussac, dans ses Tableaux systématiques, en a for-

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mé un des sous-genres des Rotalies; mais il ne l'y a placé qu'avec doute, et après s'être demanési ce corps n'était point fixé. Il faut done attendre, pour décider la place et le genre de l'Eolide écaillée, que l'on ait de nouvelles observations à ajouter aux premières. (D.. H.)

EOROO. BOT. PHAN. (Parkinson.) Le fruit à pain à Otaïti. (B.)

* EPACRIDÉES. Epacrideœ. BOT. PHAN. Famille naturelle de Plantes dicotylédones, monopétales, à étamines hypogynes, composée d'un grand nombre de genres, tous originaires de la Nouvelle-Hollande ou des îles de l'océan Pacifique austral. Le genre Epacris, qui en forme le type, avait été placé par Jussieu dans la famille des Bruyères, et avec beaucoup de raison; car si l'on en excepte le port, et surtout les anthères simples et à une seule loge, les Epacridées, érigées en famille par R. Brown, deviendront une simple section de la famille des Bruyères. Voici les caractères que présente ce groupe: ce sont des Arbustes ou des Arbrisseaux d'un aspect agréable et élégant, conservant en tous temps leurs feuilles, qui sont généralement roides, entières, petites, alternes ou opposées, quelquefois très-rapprochées et comme imbriquées. Les fleurs, qui sont quel-quefois peintes des plus vives couleurs, offrent une inflorescence trèsvariée, elles sont tantôt solitaires et axillaires, tantôt diversement groupées, et forment des épis ou des grappes terminales. Chaque fleur, qui est accompagnée de plusieurs écailles imbriquées, offre un calice à cinq, très-rarement à quatre divisions profondes et persistantes. La corolle est monopétale, régulière et hypogyne. Dans un petit nombre de genres, elle paraît formée de cinq pétales distincts, rapprochés latéralement par leur base. Le limbe est à quatre ou plus souvent à cinq divisions égales, quelquefois rapprochées entre elles, de manière à fermer supérieurement la corolle qui s'ouvre en travers. La préfleuraison est valvaire ou imbriquée. Les étamines sont en même nombre que les lobes de la corolle, avec lesquels elles alternent. Les filamens sont attachés sur la corolle ou immédiatement placés sous l'ovaire, ce qui arrive surtout quand la corolle est polypétale. Les anthères sont simples, introrses, à une seule loge, s'ouvrant par un sillon longitudinal. L'ovaire est globuleux, sessile, environné d'un disque hypogyne qui se compose de cinq écailles redressées, quelquefois soudées entre elles. Cet ovaire est ordinairement à plusieurs loges, rarement à une seule, contenant un ou plusieurs ovules attachés à l'angle interne. Le style est simple, terminé par un stigmate simple ou diversement denté. Le fruit est tantôt une baie, tantôt une drupe ou enfin une capsule. Le nombre des loges qu'il présente dans ces trois états varie d'une à cinq. Il en est de même du nombre des graines que contient chaque loge. Ces graines renferment dans un endosperme charnu, un embryon cylindrique, dressé, axillaire, moitié plus court que l'endosperme.

R. Brown, auteur de cette famille, et à qui nous en avons emprunté les caractères, en dispose les genres en deux sections. Dans la première, il range ceux qui ont les loges de leur ovaire monosperme; leur péricarpe indéhiscent, rarement sec et capsulaire. A cette première section, il rapporte les genres suivans:

Styphelia, Smith; Astroloma, R. Brown; Stenanthera, R. Brown; Melichrus, R. Brown; Cyathodes, Labillardière; Lissanthe, R. Brown; Leucopogon, R. Brown; Monotoca, R. Brown; Acrotriche, R. Brown; Trochocarpa, R. Brown; Decaspora, R. Brown; Pentachondra, R. Brown; Needhamia, R. Brown; Oligarrhena, R. Brown.

La seconde section renferme les genres dont le fruit a ses loges polyspermes et son péricarpe capsulaire; tels sont:

Epacris, Smith; Lysinema, R.

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Brown; Prionotes, R. Brown; Cosmelia, R. Brown; Andersonia, R. Brown; Ponceletia, R. Brown; Sprengelia, Smith; Cissanthe, R. Brown; Richea, R. Brown; Dracophyllum, Labillardière. (A. R.)

EPACRIS. Epacris. BOT. PHAN. Type de la famille des Epacridées, ce genre, tel qu'il a été limité par Smith, Labillardière et R. Brown, offre les caractères suivans: son calice est à cinq divisions très-profondes, colorées, accompagnées extérieurement d'un grand nombre de bractées imbriquées. Sa corolle est tubuleuse, hypogynique; le limbe est à cinq divisions égales et étalées, dépourvues de poils à leur face interne. Les cinq étamines sont iucluses et épipétales. Les anthères sont uniloculaires, attachées par le milieu de leur face interne. Le disque se compose de cinq écailles glanduleuses, appliquées contre les parois de l'ovaire. Celui-ci est à cinq loges et à cinq côtes. Il devient une capsule à cinq loges, dont les graines sont attachées à l'axe central.

On connaît environ une vingtaine d'espèces de ce genre, qui toutes sont originaires des côtes de la Nouvelle-Hollande. Ce sont de petits Arbustes d'un port élégant, très-rameux, généralement glabres, ayant les feuilles éparses, quelquefois très-rapprochées et comme imbriquées. Les fleurs sont blanches ou rougeâtres, placées à l'aisselle des feuilles, et forment ainsi des espèces d'épis.

Un grand nombre de ces espèces sont cultivécs dans les jardins; parmi elles, nous citerons les suivantes:

EPACRIS ROUGEATRE, Epacris purpurascens, Brown, Prod. I, p. 550; Epac. pungens, Sims, Bot. Mag., 844. Cette jolie espèce est un Arbrisseau à rameaux effilés, un peu pubescens, ayant les feuilles roides, entières, cordiformes, terminées par une longue pointe, très-aiguës, en forme de gouttière, rapprochées les unes des autres. Les fleurs sont rougeâtres, solitaires à l'aisselle des feuilles supérieures et formant une sorte d'épi foliacé par leur réunion. Les folioles de son calice sont acuminées, à peu près de la longueur du tube de la corolle; il en est de même des écailles qui accompagnent le calice. On la cultive assez fréquemment dans les jardins.

EPACRIS A GRANDES FLEURS, Epacris grandiflora, Smith, Exot. Bot. 75, tab. 39; Epac. longiflora, Cavan., Ic. 4, p. 25, tab. 344. C'est un Arbuste rameux, légèrement tomenteux, ayant ses feuilles ovales, planes, légèrement cordiformes à leur base, terminées à leur sommet par une longue pointe. Les fleurs sont d'un rouge pourpre, très-grandes, légèrement pédonculées et pendantes à l'aisselle aes feuilles. Leur corolle est tubuleuse, cylindrique, quatre fois plus longue que le calice. Elle croît au port Jackson.

EPACRIS ÉLÉGANTE, Epacris pulchella, Cavan., Ic. 4, p. 26, t. 345; Sims, Bot. Mag., 1170. Arbuste rameux, de quatre pieds d'élévation, portant des feuilles sessiles, cordiformes, terminées par une longue pointe, légèrement concaves. Fleurs d'une odeur agréable, d'un blanc nuancé de rouge, placées à l'aisselle des feuilles. Les folioles du calice sont acuminées, de la longueur du tube de la corolle. Cette espèce a également été recueillie aux environs du port Jackson. Un grand nombre d'autres espèces mériteraient également d'être mentionnées ici, telles sont: l'Epacris impressa, Labill., Nov.-Holl., I, p. 43, tab. 58; l'Epacris obtusifolia, Smith, Exot. Bot., 77, tab. 40; l'Epacris heteronema, Labill., loc. cit., tab. 56; l'Epacris lanuginosa, Labill., loc. cit., tab. 57; l'Epacris myrtifolia, Labill., tab. 55, etc.

Toutes ces espèces sont faciles à cultiver. On doit les placer dans des pots remplis de terre de bruyère, et les abriter dans une serre chaude ou simplement dans la serre tempérée pendant l'hiver. On les multiplie de marcottes et de boutures. (A. R.)

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EPAGNEUL, MAM. Race de Chiens. V. ce mot. (B.)

* ÉPALANCO. MAM. L'Animal du pays de Siam, que certains voyageurs disent avoir une figure humaine, et n'errer que de nuit en jetant des cris effrayans, paraît devoir être quelque Singe analogue à l'Aote. V. SAPAJOU. (B.)

* EPALTÈS. Epaltes. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, Corymbifères de Jussieu, et de la Syngénésie nécessaire, établi par Cassini (Bullet. de la Soc. Philom., septembre 1818) qui l'a ainsi caractérisé: calathide globuleuse, composée d'un disque de fleurons nombreux, réguliers, mâles, et d'une couronne de fleurs femelles, nombreuses, disposées sur plusieurs rangs, et dont les corolles ont le tube filiforme et le limbe denticulé au sommet; iovolucre égal aux fleurs, formé d'écailles imbriquées, ovales, aiguës, scarieuses sur les bords; réceptacle plane et nu; akènes dépourvus d'aigrettes. L'auteur de ce genre le fait entrer dans sa tribu des Vernoniées. Il l'a établi sur une espèce que Linné rapportait à son genre Ethulia, mais qui n'offre pas les caractères génériques de l'Ethulia conyzoides, véritable type du genre, et qui s'en éloigne surtout par sa calathide couronnée. V. ETHULIE. Gaertner, ne connaissant pas sans doute cette dernière espèce, avait regardé l'Ethulia divaricata, L., dont Cassini a formé l'Epaltès, comme une vraie Ethulie. Les affinités de cette Plante avec le Grangea, avaient été observées et indiquées par Jussieu qui était tenté d'en constituer une espèce de ce dernier genre; mais Cassini le regarde comme suffisamment distinct, et signale en outre son analogie avec le Sphœranthus.

L'EPALTÈS DIVERGENT, Epaltes divaricata, Cass.; Ethulia divaricata, L., est une petite Plante annuelle, haute d'un à deux décimètres, à tiges très-rameuses, ailées, et è rameaux divergens. Ses feuilles sont alternes, linéaires, lancéolées, dentées et décurrentes. Les calathides sont solitaires au sommet des pédoncules terminaux et latéraux. On la trouve dans les champs, sur les côtes de Malabar et du Coromandel. (G.. N.)

ÉPANOUISSEMENT, BOT. PHAN. Ensemble des phénomènes accompagnant le développement des diverses parties de la fleur qui forment le bouton. V. ANTHÈSE. (A. R.)

ÉPARETTE OU ESPARCETTE. BOT. PHAN. Syn. vulgaires de Sainfoin. V. ce mot. (B.)

ÉPARGNE, BOT. PHAN. Variété de Poires. (B.)

* ÉPARSES (FEUILLES). Folia sparsa. BOT. PHAN. Ce sont des feuilles très-rapprochées les unes des autres, et qui n'offrent pas une disposition régulière. Telles sont celles du Lis blanc, par exemple. On dit, dans le même sens, des rameaux épars. (A. R.)

ÉPATORION. BOT. PHAN. (Dios-coride.) Syn. d'Eupatorium, L., d'où quelques botanistes français ont écrit Epatoire. V. EUPATOIRE. (B.)

ÉPAULARD ET ÉPAULARD VENTRU. MAM. V. DAUPHIN.

ÉPAULE ARMÉE. REPT. BATR. Espèce du genre Crapaud. V. ce mot.

ÉPAULEE. MOLL. Nom vulgaire et marchand du Tellina angulata, L. (D.. H.)

ÉPAUTRE. BOT. PHAN. Triticum spelta, L., espèce de Blé. V. FROMENT. (B.).

ÉPAVES DE MER. ZOOF. BOT. CRYPT. Les auteurs anciens ont quelquefois donné ce nom à des Polypiers, à des Hydrophytes et autres productions marines que la mer rejette sur ses bords. (LAM.. X.)

* ÉPAZOTL. BOT. PHAN. (Hernandez.) La Plante balsamique dès longtemps cultivée sous ce nom dans quelques jardins au Mexique, paraît être le Chenopodium Ambrosioides. V. CHÉNOPODE. (B.)

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ÉPEC. OIS. Syn. vulgaire du Pic varié ou Epêche. V. PIC. (DR.. Z.)

EPÉCHE, EPEICHE OU EPEISCHE. OIS. Espèce du genre Pic, Picus major, L. Plusieurs Oiseaux exotiques du même genre, tels que les Picus varius et Picus carolinus, ont reçu le même nom. V. PIC. (DR.. Z.)

ÉPÉE DE MER. MAM. (Anderson.) V. DAUPHIN GLADIATEUP..

ÉPÉE DE MER. POIS. Nom vulgaire donné indifféremment par les marins à l'Espadon, Xiphias Gladius, et à la Scie, Squalus Pristis, L. V. ESPADON et SQUALE. (B.)

* EPEICHETTE. OIS. Espèce du genre Pic, Picus minor, L. V. PIC. (DR.. Z.)

EPEIRE. Epeira, ARACHN. Genre établi par Walckenaer et rangé par Latreille (Régn. Anim. de Cuv.) dans l'ordre des Pulmonaires, famille des Fileuses et section des Orbitèles ou Araignées tendeuses. Ses caractères sont: crochets des mandibules repliés le long de leur côté interne; filières extérieures presque coniques, peu saillantes, disposées en rosette; a première paire de pieds, et ensuite la seconde les plus longues de toutes, la troisième la plus courte; huit yeux dont quatre intermédiaires, formant un carré, et les autres rapprochés par paires, une de chaque côté; mâchoires droites, dilatées dès leur base, en forme de palette ovale ou arrondie lèvre presque demi-circulaire ou triangulaire.

Les Epeïres sont des Araignées sédentaires qui forment une toile à réseaux réguliers, composée spirales ou de cercles concentriques croisés par des rayons droits qui partent d'un centre où l'Araignéc se tient ordinairement immobile, le corps renversé ou la tête en bas. Les toiles de quelques espèces exotiques sont composées de fils si forts qu'elles arrêtent de petits Oiseaux, celles de notre pays n'arrêtent que des Insectes petits et légers; à cet effet, elles sont suspendues verticalement entre les branches d'Arbres, ou dans les encoignures des murailles, plusieurs ont une position oblique, il en est même qui sont horizontales. Quelques espèces construisent auprès de leur toile une demeure cintrée de toute part ou en forme de tuyau soyeux, ou bien ouverte par le haut et figurant un nid d'Oiseau. Des feuilles réunies entre elles par des fils, constituent les parois de ces habitations. Elles filent un cocon le plus souvent globuleux et rempli d'une boune de soie plus épaisse et qui contient un très-grand nombre d'œufs agglutinés entre eux. La ponte a lieu vers la fin de l'été ou au commencement de l'automne. Walckenaer (loc. cit.) a distribué le grand genre Epeïre en dix familles, dont plusieurs sont divisées en races. Latreille range toutes les espèces dans plusieurs sections, de la manière suivante:

I. Corselet bombé et peu rétréci à son extrémité antérieure, plutôt carré ou en ovale tronqué qu'en forme de cœur.

† Derme de l'abdomen coriace ou corné, épineux.

A cette division appartiennent les Epeïres épineuses, telles que les Araignées militaris. taurus, cancriformis, tetracantha, hexacantha, etc., de Fabricius, l'Epeira gracilis de Walckenaer (Hist. des Aranéides, fasc. 3, tab. 5) dont la toile est très-gluante, et que Bosc a rapportée de la Caroline. Ici vient aussi se ranger l'EPEÏRE A QUEUES COURBES, E. Curvicauda, décrite par Vauthier (Ann. des Sc. Nat., mars 1824, T. I, p. 261 et pl. 18), et figurée dans la cinquième livraison de ce Dictionnaire. En voici la description: corps de forme à peu près triangulaire, long de quinze lignes, du crochet terminal des mandibules à l'extrémité des cornes caudales; tête munie de deux mandibules cornées, noires, lisses, terminées par un crochet écailleux, de couleur brune claire, sinué en dehors auprès de son articulation; chaque mandibule armée d'une double rangée de

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dents inégales, au nombre de quatre, dont la dernière est la plus grande. L'intervalle que laissent les dents entre elles est garni de poils noirs, roides, comparables à des cils assez longs, dépassant le contour intérieur des mandibules, et se confondant à leur base, près le bord supérieur du corselet; deux palpes velus d'un brun foncé, s'attachant sur les côtés des mâchoires, composés de cinq articles, dont le premier court, le second le double plus long, le troisième recourbé, plus court que le premier, les deux suivans à peu pres égaux en longueur, le dernier terminé par un petit ongle noir; mâchoires brunes, beaucoup plus courtes que les mandibules, arrondies antérieurement; lèvre brune, courte, arrondie à son bord antérieur; le corselet est noir, très-bombé, le double plus large que long, de forme à peu près trapézoïdale, ayant son bord antérieur sinué, légèrement arrondi sur les côtés, et hérissé entièrement de poils blancs assez roides; au milieu et vers le bord antérieur, sur un tubercule noir, saillant et dépourvu de poils, sont placés quatre yeux lisses, très-brillans, dont les deux antérieurs plus petits et plus rapprochés entre eux. De chaque côté, à la même hauteur, sont deux tubercules de même couleur, encore plus élevés, à l'extrémité desquels se trouve un œil double. Les pates sont velues, de couleur testacée, au nombre de huit, composées chacune de cinq articles, dont le dernier brun, terminé par un crochet bifide, de même couleur, si petit qu'il est presque confondu avec les poils qui l'entourent. La première paire est la plus longue, ensuite la seconde; la troisième beaucoup plus courte, la quatrième de la longueur de la seconde; l'abdomen est d'un jaune rougeâtre, de forme triangulaire; son angle antérieur tronqué est légèrement sinué et donne attache au corselet; les côtés sont sinués et portent, à la partie postérieure, un petite épine noire, près de laquelle s'attache une grande corne rugueuse, garnie de poils noirâtres, recourbée en dedans, de couleur rouge brique à sa base, noirâtre à son extrémité; le bord postérieur est légèrement courbé en dehors; au-dessus de ce bord se trouve un fort pli aux extrémités duquel sont placées, dans un enfoncement, deux taches noires tuberculeuses; sur deux éminences de ce même pli, sont attachées deux épines brunes, plus longues que celles des parties latérales, et dépassant le rebord. L'abdomen est en outre rebordé généralement, concave, ayant au milieu une éminence arrondie; il porte à sa surface vingt-trois taches noires, luisantes, de forme à peu près ovale, dont le bord est saillant, et ayant au centre un petit tubercule élevé. Ces taches sont ainsi disposées: quatre à la partie antérieure, trois sur chacun des côtés, neuf sur le bord postérieur, et quatre sur l'éminence du milieu. Vauthier suppose qu'elles pourraient bien être les stigmates. Le dessous de l'abdomen est nuancé de brun, de rouge et de jaune, plissé, et ayant l'anus noir et saillant. La figure première (V. cinquième livraison de l'Atlas) représente l'Epeïre grossie du double.—Fig. 2: parties de la bouche vues en dessous; aa, mandibules; bb, mâchoires (l'auteur a omis l'insertion des palpes); c, l'èvre.—Fig. 3: l'une des queues très-grossie.—Fig. 4: mandibules, palpes, corselet, pates et portion antérieure de l'abdomen très-grossis, vus en dessus; aa, mandibules; bb, palpes; cc, tubercules portant les yeux extérieurs; ddd, pates; e, taches noires de l'abdomen.—Fig. 5: partie postérieure de l'abdomen très-grossie vue en dessous, montrant le pli qui porte les deux épines et les deux taches noires qui sont dans son enfoncement; a, anus. — Fig. 6: l'un des tubercules latéraux du corselet très-grossi, portant le double œil.

†† Abdomen mou et sans épines.

1. Palpes et pieds moins comprimés; extrémité antérieure du corselet non couronnée de tubercules ou de

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pointes; abdomen allongé, cylindrique.

Les Epeïres de cette division sont encore exotiques; elles font des toiles d'un fil très-fort. Leur corps est trèsallongé; elles ont le thorax ordinairement garni en dessus d'un duvet soyeux doré ou argenté, et sa partie moyenne offre, dans plusieurs espèces, deux éminences assez petites que quelques auteurs ont prises à tort pour des yeux. Telles sont les Araignées esuriens et clavipes de Fabricius. La première est commune à l'Ile-de-France; la seconde a été observée par Sloane qui assure que sa toile est formée par une soie jaune tellement forte et visqueuse, qu'elle arrête les Oiseaux et embarrasse même l'Homme lorsqu'il s'y trouve engagé. Labillardière (Voyage à la recherche de La Peyrouse) a décrit, sous le nom spécifique d'Edulis, une Epeïre de la Nouvelle-Calédonie, qui est un mets recherché par les habitans de cette contrée. On la mange après l'avoir fait griller. Elle habite les bois, et sa toile est trèsforte.

2. Palpes et pates comprimés; extrémité antérieure du corselet couronnée de tubercules aigus.

Cette section comprend la dixième famille du genre Epeïre de Walckenaer et ne renferme qu'une espèce, l'EPEÏRE IMPÉRIALE, Walck., Ep. sexcuspidata de Fabricius. On la trouve au cap de Bonne-Espérance.

II. Corselet peu ou point élevé à son extrémité antérieure et presque en forme de cœur tronqué à sa pointe.

† Yeux latéraux plus éloignés des intermédiaires que ceux-ci ne le sont entre eux; corselet fortemcnt tronqué à son extrémité antérieure.

1. Abdomen n'ayant point à sa base de saillie angulaire ni d'élévations charnues en forme de tubercules.

Cette section comprend plusieurs espèces propres à notre pays; l'EPEÏRE A CICATRICES, E. cicatricosa, Aranea cicatricosa, Deg., Oliv., ou Aranea umbratica de Villers et de Walckenaer, qui est la même que l'Aranea impressa de Fabricius. Elle est nocturne; elle file sa toile contre les murailles et se cache daus un nid de soie blanche placé près de sa toile; elle est principalement friande de Phalènes et autres Papillons nocturnes. Clerck et Lister l'ont observée; c'est une des plus grandes espèces de la France.

L'EPEÏRE QUADRILLE, E. quadrata, Walck., décrite et figurée par Degéer (Mém. sur les Ins. T. VII, p. 223, n° 3, pl. 12, fig. 16) et représentée aussi par Panzer, suivant Walckenaer (Faun. Ins. Germ., fasc. 40, tab. 21), se trouve dans les bois humides et file aux mois d'août et de septembre une grande toile verticale qu'elle place à l'extrémité des buissons, des Arbustes et des jeunes Pins. Elle se pratique un nid entre des feuilles et le fait communiquer avec sa toile au moyen d'un simple fil qui lui sert de route pour y arriver. Cette espèce se nourrit de divers Insectes; Léon Dufour en a donné une bonne description et une excellente figure (Ann. des Sc. Nat. Ire année, T. II). Il la croit différente de l'Aranea regalis de Panzer.

L'EPEÏRE APOCLISE, E. apoclisa, Walck. (Hist. des Aran., fasc. 5, t. I, fig. 1 mâle, fig. 2, femelle). était connue de Geoffroy qui l'a décrite sous le n° 9. Elle est presque aussi grosse que l'Araignée Diadème et habite les mêmes lieux que la précédente. Son nid, formé par une sorte de soie blanche, n'offre qu'une petite ouverture. L'Animal y passe orainairement l'hiver en le consolidant avec des parcelles de Végétaux. Lister a reconnu que la femelle faisait trois ou quatre pontes dans l'espace de deux à trois mois.

L'EPEÏRE CUCURBITINE, E. cucurbitina, Walck. (Hist, des Aran., fasc, 2, pl. 3), ou l'Aranea cucurbitina, L., et l'Aranea senoculata, Fabr., a été décrite et figurée par Degéer (loc. cit. T. VII, p. 233, n° 8, pl. 14, fig. 12). Elle est remarquable par la position horizontale qu'elle donne le plus souvent à son réseau. Celui-ci est filé

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entre les tiges et les feuilles de plusieurs Herbes; l'Animal nous paraît préférer le Saule et l'Aune. La cavité d'une feuille suffit quelquefois à la construction de la toile; il se tient au centre. La ponte a lieu dans le courant de l'été; les œufs sont réunis en une masse de la grosseur d'un pois; la femelle les tient fixés à l'aide de plusieurs fils sur la feuille dont elle relève les bords.

2. Abdomen ayant de chaque côté, près de sa base, une saillie angulaire ou une élévation charnue en forme de tubercule.

L'EPEÏRE DIADÈME, E. Diadema, Walck., ou l'Aranea Diadema de Linné, peut être considérée comme le type du genre Epeïre. Elle est très-commune, en automne, dans les jardins, sur les murs et contre les fenêtres. Elle construit une grande toile, et se tient au centre; l'accouplement a lieu à la fin de l'été. Les œufs sont nombreux et contenus dans une bourre renfermée dans un cocon arrondi, déprimé, d'un tissu soyeux et très-serré. Tréviranus a donné (Mélanges d'Anatomie, T. I, 1er mém.) des détails assez circonstanciés sur l'anatomie de cette espèce. Le cœur présente un caractère qu'on ne retrouve pas dans celui des autres espèces. On remarque inférieurement et à la partie antérieure deux muscles qui, se fixant vers ce point et d'abord peu distincts, s'écartent bientôt l'un de l'autre et gagnent, en divergeant, la partie postérieure de l'abdomen. Le cœur offre plusieurs branches; les deux antérieures vont se rendre aux branchies qui, suivant l'auteur, ont pour fonction d'absorber l'humidité de l'atmosphère pour la conduire dans le système de la circulation. Les véritables organes respiratoires se retrouveraient dans des espèces de stigmates situés sur le corselet et l'abdomen. Ces stigmates, il est vrai, ne sont pas percés; mais on voit des vaisseaux se répandre sur leurs bords. Tréviranus a reconnu le foie; mais il le considère comme une masse graisseuse; il lui donne même ce nom, et pense qu'il est destiné à préparer le fluide nourricier. Dans des essais qu'il a tentés sur la liqueur qu'il fournit, il l'a trouvée alcaline, et il y a reconnu la présence d'une grande quantité d'Albumine. Cet organe diminue quand la femelle est sur le point de pondre. Celle-ci est pourvue d'ovaires a plusieurs compartimens, c'est-à-dire renfermés dans des espèces de chambres séparées par des cloisons; il a vu une de ces chambres pleine d'œufs. Les organes sécréteurs de la soie consistent en six grands canaux et en un grand nombre de petites vésicules ayant le même usage. Enfinles côtés du ventre sont recouverts intérieurement d'une membrane formée de fibres rayonnées, sortes de lanières ou de franges qui naissent d'une plaque cartilagineuse occupant la partie inférieure du corps.

A cette division appartiennent encore l'EPEÏRE ANGULEUSE, E. angulata, Walck. (Hist. des Aran., fasc. 4, tab. 6, fem.), très-bien décrite par Degéer (loc. cit;. T. VII, p. 221, n° 2, pl. 12, fig. 1-12), et l'EPEÏRE CORNUE, E. cornuta, Walck. (Hist des Aran., fasc. 4, tab. 7), qui diffère de l'Ar. cornuta de Clerck, et qui est une des plus grandes espèces d'Europe. On la trouve en Piémont.

†† Intervalle compris entre les yeux ou ceux qui forment un quadrilatère, égal ou presque égal à celui qui les sépare des yeux latéraux; troncature antérieure du corselet très-courte ou de la longueur au plus du tiers du plus grand diamètre de ce corselet.

1. Abdomen des unes chargé d'éminences charnues en forme de tubercules; celui des autres terminé en pointe en forme de corne avec une saillie anale.

Ici se placent: l'EPEÏRE TUBERCULÉE, E. tuberculata, Deg., remarquable par son cocon figurant un petit sac ovoïde, porté sur un pédicule allongé qui s'épanouit en forme d'entonnoir a son point d'attache. On le trouve suspendu aux poutres des greniers à foin.

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L'EPEÏRE OCULÉE, E. oculata, Walck. (Hist. des Aran., fasc, I, tab. 7), rare aux environs de Paris.

L'EPEÏRE CONIQUE, E. conica, Walck. (Hist. des Aran., fasc. 3, tab. 3), décrite et figurée par Degéer (loc. cit. T. VII, p. 231, n° 7, pl 13, fig. 16). Elle construit une toile entre les branches d'Arbres dans les lieux ombragés, et elle se tient au centre. Si on l'inquiète, elle ne prend pas la fuite; mais elle se laisse tomber à terre en restant accrochée avec un fil à l'aide duquel elle remonte sur sa toile. Elle se nourrit particulièrement de Teignes, et attache tous les Insectes qu'elle pend aux mailles de la toile, en les rangeant sur une ligne droite.

2. Abdomen sans éminences charnues ni saillie postérieure.

a. Corselet très-plat, couvert en dessus d'un duvet soyeux argenté.

On peut ranger ici l'EPEÏRE SOYEUSE, E. sericea de Walckenaer (Hist. des Aran., fase. 3, tab. 2), ou l'Aranea sericea d'Olivier. Elle est originaire du midi de la France, et habite aussi, à ce qu'il paraît, le Sénégal.

L'EPEÏRE AUSTRALE, E. australis, Walck. (Tableau des Aran., p. 56), ou l'Aranea lobata de Fabricius et de Pallas, suivant Latreille. Elle a été rapportée par Péron et Lesueur de l'Ile-de-France et du cap de Bonne Espérance.

L'EPEÏRE FASCIÉE, E. fasciata, Walck. (Hist. des Aran.. fasc. 3, tab. 1, fem., ou l'Aranea fasciata, Fabr., et l'Aranea speciosa de Pallas (Voyage trad. par de La Peyronie, T. II, p. 543). Elle est commune dans le midi de la France et très-rare aux environs de Paris. Son cocon ressemble à un ballon; son extrémité supérieure est tronquée et fermée par un couvercle aplati. Sa couleur genérale est le gris pâle avec des lignes noires longitudinales. On le trouve sur les Joncs. L'Animal habite le bord des ruisseaux, et construit entre les Plantes des toiles verticales.

L'EPEÏRE LATREILLENE, E. Latreillana, Walck. (Hist. des Aran., fasc. 2, tab. 4), originaire de l'Ile-de-France.

b. Corselet convexe, du moins à son extrémité antérieure qui n'est point couverte de duvet argenté.

L'EPEÏRE CALOPHYLLE, E. calophylla, Walck., représentée par Schæffer (pl. 42, fig. 13) et par Lister (p. 47, tit. 10, fig. 10). On la trouve très-communément dans les maisons.

Plusieurs autres espèces appartiennent à cette division et au genre Epeïre; il serait trop long de les énumérer. Nous renvoyons au Tableau des Aranéides de Walckenaer, ouvrage classique et qui a produit de grands et utiles changemens dans la science. Parmi les auteurs qui ont décrit, dans ces derniers temps, des Epeïres, nous citerons Léon Dufour, qui les a publiées et représentées, dans les Annales des Sciences naturelles de Paris. (AUD.)

ÉPÉOLE. Epeolus. INS. Genre de l'ordre des Hyménoptères, section des Porte-Aiguillons, établi par Latreille qui le place (Règn. Anim, de Cuv.) dans la famille des Mellifères, tribu des Apiaires. Ce genre, très-voisin des Nomades dont il a été distrait, ne s'en distingue que par les palpes maxillaires d'un ou de deux articles au plus, presque obsolètes, par les mandibules unidentées et par la forme des cellules des ailes. Il existe une seule cellule radiale, ovale, arrondie; et on compte trois cellules cubitales; la deuxième, petite, resserrée antérieurement, reçoit la première nervure récurrente; la troisième, petite, presque carrée et fort éloignée du bout de l'aile, reçoit la seconde nervure. Du reste la forme du corps est exactement la même dans les deux genres. Les espèces décrites ne sont encore qu'au nombre de deux.

L'ÉPÉOLE BIGARRÉ, E. variegatus, Fabr. et Latr., ou la Nomada crucigera de Panzer, représentée par Ju-

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rine (Class. des Hyménoplères, pl. 14 suppl.). On la trouve dans les endroits sablonneux exposés au soleil.

L'EPÉOLE ACHETÉ, E. mercatus, Fabr. Bosc l'a recueillie à la Caroline.

On doit rapporter au genre Philerème (V. ce mot) l'Epéole Kirbyen du Dictionnaire d'Histoire Naturelle de Déterville (1re édit.). (AUD.)

EPERLAN. Osmerus. POIS. Sousgenre formé par Cuvier parmi les Salmones, V. ce mot, et dont le Salmo Eperlanus, L., espèce fort connue, est le type. (B.)

EPERMOLOGOS, OIS. Pour Spermologos. V. ce mot. (B.)

EPERON. ZOOL. Protubérance osseuse et cornée, ordinairement allongée et pointue, que l'on observe sur le tarse et au fouet de l'aile de quelques espèces d'Oiseaux, et principalement chez les mâles; il en est où l'Eperon est double. (DR.. Z.)

Le mot Eperon est quelquefois devenu nom propre, et comme tel il a été donné à un Scombre. V. ce mot. (B.)

EPERON. Calcar. MOLL. Montfort, dans sa Conchyliologie systématique, a proposé, sous ce nom, un nouveau genre pris dans les Trochus. Tous ceux qui ont une carène armée doivent y rentrer, mais ce caractère a trop peu de valeur pour qu'il puisse servir à établir un genre. Il serait à peine suffisant pour en faire une section. V. TROCHUS et TURBO. (D.. H.)

EPERON. Calcar. BOT. PHAN. Sorte d'appendice creux qui fait tantôt partie du calice, tantôt de la corolle. Ainsi dans la Capucine (Tropœolum majus, L.) le calice se prolonge à sa base en un long Eperon. Dans le genre Orchis, le labelle se termine également par un Eperon. Dans le genre Satyrium, l'Eperon est double. Dans les Delphinium, le sépale supérieur et les deux pétales qui lui correspondent sont éperonnés à leur base. Dans les Valérianes l'Eperon naît de la base du tube de la corolle, etc. (A. R.)

On appelle vulgairement EPERON DE CHEVALIER ou DE LA VIERGE, les Dauphinelles. (B.)

EPERONNÉ. POIS. Syn. de Porte-Epine, espèce du genre Spare. V. ce mot. (B.)

* EPERONNÉ. Calcaratus. BOT. PHAN. Se dit d'un organe muni d'un éperon. (A. R.)

EPERONELLE. BOT. PHAN. Ce nom vulgaire s'applique, selon les provinces où il est en usage, au Valantia cruciat a, L., aux Dauphinelles et aux Lampourdes. V. ces mots. (B.)

EPERONNIER. Polyplectron. OIS. Genre de l'ordre des Gallinacés. Caractères: bec médiocre, grêle, droit, comprimé, couvert de plumes à sa base; mandibule supérieure courbée vers la pointe; narines latérales placées vers le milieu du bec, ouvertes en devant et à moitié couvertes par une membrane nue; pieds longs, grêles, armés de plusieurs éperons, trois doigts en avant, unis à leur base par une petite membrane, un en arrière ne portant point à terre; ongles petits, surtout celui du pouce; queue longue, arrondie; ailes courtes, les quatre premières rémiges étagées, les cinquième et sixième les plus longues.

Séduits par l'éclat et la beauté du plumage, les ornithologistes avaient placé parmi les Paons la seule espèce qui constitue le genre Eperonnier; divers caractères, tirés principalement de la disposition des tectrices caudales, joints au nombre des éperons, qui surpasse assez souvent deux, ont décidé Temminck à isoler cette espècc et à en faire le type d'un genre qui, par la suite, pourra peutêtre devenir plus nombreux. L'Eperonnier est originaire de la Chine d'ou il paraît s'être répandu dans l'Inde et les contrées circonvoisines; ses mœurs n'ont rien de sauvage, et il s'habituerait à la domesticité, de même qu'ont fait le Paon, le Faisan, la Pintade, etc., etc., si l'on voulait se donner la peine d'en acclimater la race dans nos volières. L'on n'a encore aucune notion

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bien exacte sur les soins qu'apporte l'Eperonnier pour se reproduire. Plusieurs auteurs ont fait deux espèces de l'Eperonnier et du Chinquis; on ne sait trop à quoi attribuer cette erreur ou ce double emploi.

EPERONNIER CHINQUIS, Polyplectron Chinquis, Temm.; Pavo bicalcaratus, L. Parties supérieures d'un brun jaunâtre, variées sur le dos de petites bandes brunes, et parsemées de taches oculaires d'un vert irisé et doré entouré de noir, qui termine chaque plume, dont en outre l'extrémité est d'un blanc jaunâtre; parties inférieures d'un brun terne, traversées de bandes ondulées noirâtres; rémiges brunes, tachetées de gris; rectrices brunes, tachetées de jaune ferrugineux; tectrices caudales supérieures terminées par un double œil que sépare la tige de la plume; mandibule supérieure rougeâtre avec la pointe noire, l'inférieure jaune à la base et brune à l'extrémité; pieds noirs; ongles gris. Taille, vingt-deux pouces. La femelle différe du mâle par des couleurs moins vives et l'absence des ergots. Les jeunes ont le plumage d'un gris sale, tacheté et strié de brun; la vivacité des teintes se produit graduellement, elle n'est complète qu'aprèsla deuxième année. De l'Inde. (DR.. Z.)

EPERONNIÈRE. BOT. PHAN. Les Dauphineiles, les Ancolies et les Linaires, reçoivent indifféremment ce nom vulgaire. (B.)

EPERU. Eperua. BOT. PHAN. Genre établi par Aublet (Guian, I, p. 369, lab. 142) et qui fait partie de la famille des Légumineuses, section des Césalpinées, et de la Décandrie Monogynie. Ce genre est voisin du Parivoa; il se compose d'une seule espèce, Eperua falcata, Aublet (loc. cit.). C'est un grand Arbre qui croît dans les forêts de la Guiane, sur le bord des rivières. Son tronc peut s'élever jusqu'à une hauteur de soixante pieds. Ses feuilles sont alternes et paripinnées, composées en général de deux à trois paires de folioles coriaces, luisantes, glabres, obovales, allongées, acuminées, très-entières, longues de trois à cinq pouces et larges d'un pouce et demi à deux pouces. Les fleurs sont grandes et violettes, formant une sorte d'épi porté sur un pédoncule axillaire ou terminal, long quelquefois de trois à quatre pieds, nu dans presque toute sa longueur, excepté vers son sommet où il porte un assez grand nombre de fleurs rapprochées et pédicellées. Le calice est monosépale, tubuleux et turbiné à sa base, profondément partagé en quatre lobes obtus, arrondis, se recouvrant latéralement entre eux. Toute la face externe du calice, ainsi que les pédicelles, sont recouverts d'un duvet très-court et comme ferrugineux. La corolle se compose d'un seul pétale, très-grand, onduleux, recouvrant les étamines. Celles-ci, au nombre de dix, sont diadelphes par leur base, où leurs filets sont très-velus; elles sont saillantes au-dessus de la corolle. Le fruit est une gousse roussâtre, sèche, ligneuse, falciforme, s'ouvrant avec élasticité en deux valves, et contenant d'une à quatre graines aplaties et de forme irrégulière. Cet Arbre est nommé Vouapa-Tabaca par les Galibis, et Pois-Sabre ou Pois-Serpe par les Créoles. (A. R)

EPERVIER. OIS. Espèce du genre Faucon. Vieillot en a'fait, sous le nom scientifique de Sparvius, le type d'un genre dans lequel il a placé, comme espèces, tous les Oiseaux auxquels, en divers pays, on a donné le nom d'Epervier. De ce nombre est la Cresserelle qu'on nomme quelquefois Epervier des Alouettes. V. FAUCON. (DR.. Z.)

EPERVIÈRE. OIS. Syn. vulgaire de la Sylvie rayée. V. SYLVIE et CHOUETTE. (DR.. Z.)

EPERVIÈRE. Hieracium. BOT. PHAN. Famille des Synanthérées, tribu des Chicoracées, Syngénésie égale, L. Ce genre a pour caractères essentiels: un involucre formé de folioles imbriquées, appliquées et souvent hé-

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rissées de poils noirs; un réceptacle marqué d'alvéoles dont les bords sont légèrement membraneux, et quelquefois dégénèrent en lanières soyeuses plus courtes que les akènes. Ceux-ci sont couronnés d'une aigrette sessile composée de poils peu nombreux, souvent d'un brun foncé ou roussâtres, simples ou légèrement plumeux.

Tournefort avait compris sous la commune dénomination d'Hieracium plusieurs genres que l'on a séparés depuis. Ainsi, les Drepania, Helminthia, Urospermum, Hypochœris, et une portion des Crepis, étaient des Hieracium pour Tournefort qui, d'un autre côté, avait distrait du groupe dont nous nous occupons quelques espèces avec lesquelles il avait formé son genre Dens leonis. En créant le Leontodon qui correspond à ce dernier, Linné s'était aussi mépris sur la distinction de certains Hieracium dont le facies est bien celui des Leontodon, mais qui en diffèrent essentiellement par les caractères. Depuis ces illustres fondateurs de la botanique, quelques auteurs ont voulu établir de nouveaux genres aux dépens des Hieracium, mais ces innovations ont été généralement rejetées. Nous ne citerons done ici que pour mémoire les Catonia et Hieracioides, formés par Mœnch avec l'Hieracium amplexicaule et l'H. sabaudum, L.; le Pilosella de Hoppe, et le Lepicaune de La Peyrouse. Plusieure espèces d'Epervières ont aussi été transportées dans les genres voisins; c'est surtout avec les Crepis, les Andryala et les Picris qu'on les a confondus. Les caractères de ces genres, quoique faibles, étant néanmoins assez bien définis, ne laissent guère de doute à ce sujet.

En ce qui concerne la classification et la détermination des espèces de ce genre, les botanistes ont été et sont encore en dissidence continuelle. Les variations que certaines espèces voisines et même certains individus de la même espèce subissent dans ls forme de leurs feuilles, de leurs tiges, dans la superficie plus ou moins velue de ces organes; ces variations, disons-nous, laissent tellement d'ambiguités, que la distinction des Epervières, spécifiquement parlant, est un des points les plus difficiles de la botanique européenne. Souvent la même Plante a été désignée sous un grand nombre de noms différens. Plusieurs espèces, essentiellement distinctes, ont reçu et conservent encore la même dénomination; de sorte qu'il reste encore beaucoup à faire pour débrouiller la synonymie de la plupart des espèces.

A l'exception de l'Hieracium Canadense, Michx., et de quelques autres, qui croissent dans l'Amérique septentrionale, les Epervières dont le nombre excède cent cinquante, sont pour la plupart indigènes de l'Europe; on les rencontre dans presque toutes les stations et localités, sur les montagnes, dans les plaines boisées et jusque dans les endroits marécageux; mais le plus grand nombre habite les contrées montueuses qu'elles embellissent par leurs fleurs jaunes, en général grandes et nombreuses. Parmi les espèces de la Flore Française, nous citerons comme les plus remarquables celles qui suivent, rangées selon l'ordre adopté par le professeur De Candolle:

1°. Epervières analogues aux Lion-Dents, remarquables par leurs feuilles radicales peu ou point velues, et leurs hampes le plus souvent nues et uniflores. Exemples: Hieracium aureum, Villars, Lamk. et D. C.; H. aurantiacum, L.; et H. prœmorsum. Les deux premières soat de très-jolies Plantes dont les fleurs ont des couleurs vives, jaunes ou orangées, et qui croissent en abondance dans les prairies fertiles des Hautes-Alpes. La beauté du Hieracium aurantiacum lui a mérité d'être cultivé dans quelques jardins d'agrément. Quant à la dernière espèce, elle habite les prairies des Alpes, du Piémont, du Jura, et quelques sites de la France méridionale. Le rang exté-

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rieur des folioles de son involucre beaucoup plus court que l'intérieur est un caractère qui rapproche cette Plante des Prenanthes.

2°. Epervières fausses Andryales; espèces couvertes de longs poils blancs et mous qui, vus à la loupe, paraissent plumeux. Nous citerons dans ce groupe, les Hieracium villosum, Hier. lanatum, Hier. andryaloides, Plantes des Alpes, ornées de fleurs jaunes très-élégantes, et couvertes d'un duvet blanc dont la plus ou moins grande abondance, ainsi que les formes plus ou moins allongées des feuilles, déterminent les nombreuses variétés. C'est à cette section qu'appartient encore le Hieracium eriophorum, St. -Amans, Bull. Philom. n. 52, p. 26, t. 2, fig. 1, découverte par Bory de Saint-Vincent, et dont toutes les parties sont si abondamment couvertes de poils blancs et laineux, qu'elle rappelle le port des Végétaux africains. Cette espèce, la plus belle du genre, croît dans les dunes de sable mobile près la tête de Buch.

3°. Epervières Piloselles; caractérisées par leur couleur un peu glauque, leur consistance ferme, et leur superficie quelquefois glabre ou simplement hérissée surtout vers le bord des feuilles, de poils longs, blancs et roides. Tels sont, entre autres, les Hieracium Pilosella, L.; Hier. auricula, L.; Hier. staticefolium. Villars; et Hier. glaucum, L. Les deux premières sont communes sur les pelouses, les murs, et dans les terrains secs. La troisième est remarquable en ce que ses fleurs verdissent nt par la dessiccation, caractère qui la distingue facilement des autres Epervières, ses voisines. La quatrième, sujette à beaucoup de variations, partage, avec beaucoup d'autres espèces très-rapprochées d'elle, la couleur glauque d'où elle a tiré son nom.

4°. Epervières vraies ou fausses Pulmonaires; Plantes vertes, à tiges feuillées, et dont les involuçres sont souvent hérissés de poils nous. Dans cette section, sont placés les Hier. umbellatum et sylvaticum communs dans les bois des environs de Paris; les Hier. amplexicaule, Hier. grandiflorum et Hier. blattarioides, qui couvrent les rochers des Alpes ou des pays montueux de la France méridionale; et l'Hier. paludosum que l'on trouve dans les prés marécageux des contrées élevées des départemens de l'est et du sud de la France. (G.. N.)

EPERVIERS. INS. Ce nom a été donné à plusieurs Lépidoptères qui appartenaient au genre Sphinx et qui font aujourd'hui partie des Sésies. V. ce mot. (B.)

EPETIT. BOT. PHAN. Bosc rapporte dans le Dictionnaire de Déterville que cette Plante, encore indéterminée et de Cayenne, passe dans le pays pour provoquer l'amour de toutes les femmes quand on en porte sur soi. On en frotte le nez des Chiens de chasse afin de rendie leur odorat plus fin. (B.)

EPHEDRA. Ephedra. BOT. PHAN. (Rich., Conif. tab. 4 et tab. 29.) Genre de Plantes dicotylédones de la famille des Conifères, composé d'Arbustes ayant un port tout particulier, qui leur donne quelque ressemblance avec les Equisetum ou Pièles, c'està-dire que leurs tiges sont grêles, divisées en un très-grand nombre de ramifications cylindriques, noueuses, articulées, ayant pour feuilles de petites écailles formant des gaînes très-courtes qui naissent de chaque articulation. Les fleurs sont dioïques; les mâles constituent des espèces de capitules ou chatons écailleux très-petits, ordinairement: réunis et groupés un grand nombre ensemble. Chacun de ces petits capitules se compose de six à dix écailles opposées en croix, connées par leur base, obtuses et imbriquées sur quatre rangs. De l'aisselle de chaque écaille naît un involucre propre, un peu plus long qu'elle, comprimé, obtus, fendu et entr'ouvert par sa partie supérieure pour laisser sortir les étamines. Cet involucre paraît formé de deux écailles réunies et semblables à celles décrites précédemment. Du fond de cet

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involuere s'élève un filament linéaire, comprimé, terminé par un groupe d'anthères uniloculaires, réunies deux à deux, quelquefois isolées les unes des autres, et groupées au nombre de quatre. Ces antheres sont ordinairement arrondies ou cunéiformes, plus renflées dans leur partie supérieure, où elles s'ouvrent au moyen d'une fente transversale. On peut aussi considérer ce groupe d'anthères comme plusieurs étamines monadelphes, constituant une même fleur. Les fleurs femelles sont également placées dans un involucre renfermant une ou deux fleurs, composé ordinairement de six écailles, absolument semblables à celles de l'involucre des fleurs mâles, c'est-à-dire qu'elles sont opposées en croix et connées par leur base, de manière à former trois paires imbriquées, dont la plus intérieure est la plus longue et semble former un involucre particulier dans lequel on trouve une ou deux fleurs munies chacune d'un involucelle qui leur est propre. Cet involucelle est ovoïde, oblong, percé dans sa partie supérieure d'un trou, par lequel passe le tube qui termine le calice à son sommet. Le calice est étroitement renfermé dans cet involucelle dont il remplit en totalité la cavité. Il se termine brusquement à son sommet par un tube presque capillaire saillant au-dessus de l'involucelle. L'ovaire est renfermé dans le calice qu'il remplit exactement. Il adhère avec lui soit par sa moitié inférieure, soit seulement par une petite partie. Il porte à son sommet un tubercule très-court que l'on peut considérer comme le stigmate. Les écailles qui environnent l'involucelle prennent un très-grand accroissement, deviennent épaisses, charnues, succulentes, comme l'involucre de l'If, dont elles offrent en général la couleur rouge et la saveur visqueuse et sucrée, de manière que les fruits des Ephedra ressemblent à des baies. Les involucelles conservent à peu près la même forme qu'ils offraient dans la fleur; ils recouvrent le véritable fruit qui se compose du calice formant le péricarpe, qui est fort mince. La graine présente un tégument propre qui est très-fin, un endosperme blanchâtre, charnu, renfermant un embryon axillaire, cylindrique, renversé, ayant sa radicule supérieure et soudée intimement avec l'endosperme, ses cotylédons, au nombre de deux, obtus et épais.

Les espèces de ce genre sont peu nombreuses. On en compte environ six dont une croît en France. Ephedra distachya, L.; une en Sibérie et en Hongrie, Eph. monostochya, L.; deux en Barbarie, Eph. altissima et Eph. fragilis, Desf.; une en Arabie, Eph. aphylla, Forsk.; et enfin une dans l'Amérique méridionale, Eph. americana, Kunth in Humb.

L'Ephedra distachya, L., est connu sous le nom vulgaire de Raisin de mer, à cause de ses fruits qui sont rougeâtres et charnus. Par son port, il ressemble beaucoup à une Prêle rameuse. C'est un Arbuste d'environ trois à quatre pieds de hauteur, portant des rameaux nombreux, grêles et cylindriques, articulés, opposés ou verticillés. A chaque articulation on trouve une gaîne membraneuse, bidentée. C'est de l'aisselle de ces gaînes que sortent les fleurs qui sont très-petiles, dioïques ct jaunâtres. Cette espèce, ainsi que les autres du même genre, croît dans les lieux sablonneux et maritimes. On la trouve dans la France méridionale, sur les bords de la Méditerranée et en Espagne. (A. R.)

ÉPHÉMÈRE. Ephemera. INS. Genre de l'ordre des Névroptères, fondé par Linné, et rangé par Latrcille (Règn. Anim. de Cuv.) dans la famille des Subulicornes, avec ces caractères: antennes très-courtes, terminées par une soie; lèvre supérieure couvrant la bouche; mandibules nulles ou très-petites; palpes fort courts, peu distincts; tarses à cinq articles. Les Ephémères, nommés ainsi à cause de la durée très-courte

TOME VI. 14

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de leur existence, sont des Insectes assez petits, dont le corps est allongé et d'une consistance molle. La tête est assez large, mais plus étroite que le corselet; elle supporte des yeux à réseaux saillans et arrondis; plusieurs yeux lisses, ordinairement au nombre de trois et souvent très-gros; enfin des antennes sétacées insérées un peu au-dessous des yeux, et une bouche très-petite dans laquelle on n'a pas découvert de mandibules, mais qui se compose d'une lèvre supérieure, de mâchoires très-petites, courtes, obtuses, à peine distinctes, supportant chacune un palpe de quatre articles, et d'une lèvre inférieure petite, courte, membraneuse, arrondie, entière, fort petite et munie aussi d'une paire de palpes de trois articles. Le corselet est très-distinct. Les ailes, au nombre de quatre, sont triangulaires, réticulées et portées horizontalement; les antérieures sont grandes, et les postérieures quelquefois si petites, qu'il devient difficile de les apercevoir; les pates sont assez longues, surtout la première paire qui paraît dirigée en avant comme le seraient de véritables antennes; l'abdomen est long, cylindroïde, et terminé chez les femelles par de longs filets.—Les habitudes des Ephémères, étudiées par Swammerdam, Réaumur, Degéer, et quelques autres observateurs, présentent des faits dignes de remarque, soit à l'état parfait, soit à l'état de larve et de nymphe. A l'état parfait, ces Insectes ne vivent ordinairement que quelques heures, et n'ont d'autres fonctions à remplir que de perpétuer leur espèce. A peine sont-ils sortis de l'enveloppe de la nymphe, qu'ils se mettent à voltiger et forment des rassemblemens composés d'un grand nombre d'individus, qui tous appartiennent au sexe mâle. On ne rencontre dans ces groupes aucune femelle; dès qu'il s'en présente une, tous les mâles fondent sur elle, et un seul d'entre eux parvient à s'en rendre maître; alcrs le couple amoureux va se fixer sur un Arbre ou contre une muraille, ufin d'achever tranquillement l'œuvre de la génération. Tel est le fait énoncé par Degéer, contradictoirement à l'opinion de Swammerdam qui pensait que les Ephémères ne s'accouplaient pas, et que leurs œafs étaient fécondés à la manière des Poissous, c'est-à-dire après avoir été pondus. Quoi qu'il en soit, tous les observateurs s'accordent à dire que la femelle, pressée de pondre, vole à la surface de l'eau, rediesse l'extrémité de son corps, et fait sortir, par deux ouvertures situées au-dessous de la jonction du sixième anneau, deux grappes d'œufs agglutinés entre eux, qu'elle laisse ensuite tomber dans l'eau en prenant un point d'appui sur le liquide à l'aide des filets dont son abdomen est muni. De ces œufs naissent des larves qui se métamorphosent en nymphe, et ces deux états sont plus longs que dans beaucoup d'autres Insectes. Swammerdam prétend que certaines espèces vivent trois ans sous l'eau avant de prendre la forme d'Insecte parfait, et Réaumur a vu d'autres espèces y demeurer deux années ou seulement un an.

La larve des Ephémères est très-allongée et assez étroite; on lui remarque une tête triangulaire un peu déprimée, supportant deux yeux audevant desquels sont deux antennes très-déliées, moniliformes, et une bouche munie de mandibules. Le thorax, divisé en deux ou trois segmens, supporte six pates écailleuses, garnies de poils sur leurs bords. L'abdomen présente dix anneaux diminuant graduellement de diamètre jusqu'au dernier qui donne insertion à trois filets remarquables. Les larves des difféerentes espèces d'Ephémères varient dans leurs habitudes. Les unes passent leur vie, suivant Réaumur, dans des habitations fixes; chacune a la sienne, qui consiste en un trou creusé au-dessous de la surface de l'eau, dans la terre qui forme le bassin d'une rivière ou d'une autre eau moins courante: elles quittent bien rarement leur demeure pour nager, et ne le font guère que lors-

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qu'il s'agit de se creuser un nouveau logement. Les autres larves sont pour ainsi dire errantes; tantôt elles nagent, tantôt elles marchent sur les corps placés au fond de l'eau, d'autres fois elles se cachcnt sous les pierres ou sous des morceaux de bois, ou bien elles restent tranquilles sur ces mêmes corps. L'organisation de la première espèce de larves, de celles qui restent immobiles, est fort curieuse. Chaque anneau de leur corps est muni d'appendices, de filets déliés, quelquefois composés, qui se meuvent avec une grande vitesse, et qui paraissent être de véritables branchies. On aperçoit dans leur intérieur des trachées rameuses aboutissant quelquefois à deux vaisseaux aériens qui communiquent au système respiratoire de l'intérieur du corps de l'Animal. Ces larves, avons-nous dit, ont chacune leur demeure. Réaumur a décrit avec soin l'habitation d'une espèce très-commune dans la Marne et dans la Seine, à l'est de Paris. Lorsque ces rivières ne sont pas hautes, on voit depuis le niveau de l'eau jusqu'à deux ou trois pieds, les berges criblées de trous, dont les ouvertures ont environ deux ou trois lignes de diamétre; chacun d'eux a contenu une larve d'Ephémère, qui l'a quitté lorsque les eaux ont baissé, et est descendu plus bas, afin de se creuser un nouveau logement. Si on enlève des mottes de la terre baignée par l'eau, on les trouve percées d'une infinité de trous dans lesquels l'Insecte est contenu. En examinant toutes ces ouvertures, on ne tarde pas à remarquer qu'elles sont placées deux à deux sur une même ligne horizontale, qu'il y en a toujours deux très-proches l'une de l'autre; qu'enfin elles appartiennent à une seule et même demeure, de manière que cette habitation n'est pas un simple tube horizontal, mais bien un conduit coudé et recourbé parallèlement à lui-même. L'usage de cette double porte se devine; elle sert d'entrée et de sortie à l'Animal sans qu'il soit contraint d'aller à reculons, ou de se retourner bout pour bout, ainsi que le font en pareil cas plusieurs Insectes. Les trous sont pratiqués dans une terre compacte et argileuse, et leur étendue est toujours proportionnée à la grandeur de l'individu qui l'habite. Les jeunes larves en ont de très-petits, et ceux des nymphes sont les plus grands. Les larves d'Ephémères se trouvent ainsi en sûreté contre la voracité des Poissons, qui en sont très-friands. De plus, elles sont entourées d'eau, doublement nécessaire, en ce qu'elle baigne tout leur corps, principalement leurs branchies, et parce qu'elle leur apporte une nourriture qui paraît consister en molécules terreuses imprégnées de matières végétales ou animales. Ces mêmes larves sont transparentes et très-molles. Leur tête est munie d'une bouche qui présente antérieurement deux crochets ou mandibules destinés à creuser la terre. Leurs jambes antérieures ont aussi cet usage, et sont, à cause de cela, très-courtes et robustes. Réaumur pense qu'elles passent sous l'eau deux années avant de se métamorphoser en nymphes; celles-ci sont en tout semblables, sous le rapport de l'organisation et des mœurs, avec les larves, à cette seule différence près, qu'elles présentent des rudimens d'ailes. On doit rapporter à la nymphe du mâle, et non à l'Insecte parfait, l'anatomie que Swammerdam a donnée d'un Ephémère de la Hollande; les muscles du ventre ayant été enlevés, il trouva une membrane déliée qui leur est adhérente, et qu'il compare au péritoine; autour et au-dessous de cette membrane sont répandues de petites vésicules qui contiennent une graisse fluide comme de l'huile, et qui ont toutes la même grosseur. Plus l'Insecte est jeune, et mieux on distingue ces vésicules graisseuses, car elles sont alors dispersées, au lieu qu'elles se rassemblent et se réunissent dans les Vers plus âgés. En continuant cette dissection, ou trouve le canal intestinal. L'œsophage est comme un fil fin qui vient de la bou-

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che; il descend le long du dos et du corselet, puis il diminue de diamètre à l'eutrée de l'estomac; celui-ci (jabot), renflé et ovoïde, est composé de diverses parties, et ne paraît, toutefois, avoir qu'une seule membrane molle et déliée, remplie intérieurement de rugosités disposées en forme de réseau, la surface extérieurement lisse; le reste du conduit intestinal qui suit l'estomac est composé de trois sortes d'intestins, savoir: l'intestin grêle (estomac proprement dit), le colon (cœcum ) et le rectum. Dans la cavité de l'iutestin grêle, ajoute Swammerdam, on voit quelques rugosité en forme de croissant, assez semblables aux valvules annulaires des intestins grêles de l'Homme. Un peu plus bas, à la naissance du colon, paraissent dans la cavité de cet intestin, des stries semblables à de longues fibres musculaires qui lui donnent quelque analogie avec cette partie de l'estomac des Ruminans qu'on nomme la panse. Enfin le rectum a des cannelures transversales presque jusqu'à son extiémité qui est terminée par un orifice extérieur assez ample, lequel donne issue aux excrémens. L'estomac est placé dans les quatrième et cinquième anneaux du corps. Ce viscère et l'intestin grêle occupent toute la région intérieure du ventre, savoir: les sixième, septième, huitième, neuvième, dixième et onzième anneaux du corps; les trois derniers anneaux, c'est-à-dire les, douzième, treizième et quatorzième, renferment le colon et le rectum. Les diverses parties du canal alimentaire sont parsemées de trachées. On trouve en tout temps de l'Argile dans l'estomac et dans les intestins de cette larve, on la voit même à travers tout le corps, et principalement à travers le dos. Quand elle est prête à se transformer, on ne trouve plus d'Argile dans ses intestins, ils deviennent transparens comme le cristal. Deux trachées considérables parcourent de chaque côté le corps dans toute sa longueur; elles paraissent communiquer avec les stigmates du thorax, et elles se prolongent manifestement dans les appendices membraneux qui sont fixés à chaque anneau du corps. Le vaisseau dorsal n'offre rien de particulier; il est alternativement étranglé ou renflé. La moelle épinière présente onze ganglions de forme ovale, éloignés à peu près à même distance les uns des autres. Le premier nœud qui tient lieu de cerveau donne naissance aux nerfs optiques, lesquels sont fort distincts. Les dix autres ganglions fournissent les différens nerfs du corps; mais les antérieurs en donnent davantage que ceux qui suivent. Chacun de ces ganglions est uni au suivant par deux gros nerfs longitudinaux, distincts comme cela a lieu dans tous les Insectes. Les organes de la génération du Ver mâle, lorsqu'il est à la veille de sa transformation, sont aussi apparens, selon Swammerdam, que dans l'Ephémère mâle déjà transformée. Les réservoirs spermatiques règnent de chaque côté de l'estomac et des intestins, ils paraissent fort semblables à la laite des Poissons; cependant ils ont des sinuosités et sont faits en forme de tuyaux. Leur forme est allongée et ils s'étendent tout le long du ventre. La liqueur séminale qu'ils contiennent est blanche et semblable à du lait; ces vaisseaux sont aussi très-blancs et ccmposés d'un tissu membraneux, mince et parsemé de trachées au-dedans et au-dehors. Swammerdam dit que l'on trouve encore dans les derniers anneaux de l'abdomen des parties qui semblent être des dépendances des réservoirs spermatiques, et avoir une issue commune avec ces réservoirs et ces intestins; mais il ne les a pas vues clairement. L'ovaire de la femelle est double et placé comme celui des Poissons; il renferme des œufs d'une extrème petitesse et de forme oblongue et planoconvexe.

Ce n'est que vers le milieu du mois d'août qu'on voit paraître aux environs de Paris et près de la rivière des

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nuées d'Ephémères, tellement abondantes que la terre et le pavé sont quelquefois jonchés de leurs corps. Les particularités de cette derniere métamorphose ne sont pas dénuées d'intérêt; elle a lieu le soir à une époque très-fixe du jour, à huit heures un quart. Le changement de température, la pluie ou le beau temps ne sauraient accélérer ou retarder cette apparition. Voici la manière dont Réaumur décrit le changement de l'état de nymphe en celui d'Insecte parfait: α Aucun des Insectes que je connais n'exécute une opération si grande, qui semble devoir être si laborieuse et qui l'est réellement pour la plupart d'eux, avec tant d'aisance et de célérité. Le baquet dont j'ai parlé et d'autres que j'ai de même tenus pleins de mottes de terre bien peuplées de nymphes, m'ont mis à portée d'observer ce que je n'eusse pas pu voir dans la rivière. Nous ne tirons guère nos bras plus vite d'un habit que l'Ephémère ne tire son corps, ses ailes, ses jambes, les longs filets qui lui font une queue, du vêtement très-composé qui fournit un fourreau à chaque partie, et un fourreau dans lequel elle est plissée ou au moins très-gênée. Les Ephémères qui voulaient se transformer étaient souvent sur des mottes de terre que l'eau ne couvrait pas, et quelquefois à la surface de l'eau même. Dés qu'il s'était fait une fente au corselet, dès qu'une portion du corselet avait commencé à paraître par cette fente, le reste était achevé presque dans un instant. On ne s'attendrait pas qu'une Mouche qui, quand elle peut faire le plus d'usage de ses ailes, est faible et délicate, eût toute la force qu'a celle-ci pour finir une pareille opération: j'ai souvent tâché d'en arrêter les progrès pour mieux voir comment chaque partie était logée dans l'étui d'où elle était prête à sortir; j'ai saisi une Mouche qui ne commençait qu'à dégager sa tête; j'ai pressé la tête dans l'instant même où elle venait de se montrer; j'ai poussé la cruauté quelquefois jusqu'à l'aplatir et l'écraser entre mes doigts: la métamorphose que je voulais suspendre s'accomplissait malgré moi. J'ai jeté dans de l'esprit-de-vin des Ephémères qui ne s'étaient tirées qu'en partie de leur fourreau: elles ont achevé de se dépouiller dans cette liqueur si redoutable et y ont péri sur-le-champ. Trois filets ou deux au moins qu'elles portent au derrière, plus longs que le corps, le corselet et la tête pris ensemble, et plus longs que les étuis dans lesquels ils étaient logés, sont ce qu'il y a de plus difficile à dégager. Lorsque l'Ephémère veut les retirer trop brusquement de leurs étuis, elle les casse quelquefois; plus souvent l'Ephémère qui a fait sortir les parties antérieures de leurs fourreaux particuliers, et dont les ailes se sont développées dans l'instant, est impatiente de faire usage de celles-ci: avant que de s'être défaite de sa dépouille, elle s'élève dans les airs et s'y transporte. Le plus souvent alors la dépouille ne tient qu'aux filets de la queue; l'Ephémère qui la traîne après elle paraît alors du double plus grande qu'elle n'est réellement. Dans le premier quart d'heure où elles commencent à paraître, on en voit beaucoup aux filets desquels la dépouille est pendue; mais dans la suite il n'en paraît plus ou presque plus à qui elle soit restée: il est apparemment plus ordinaire à celles qui naissent les premières de l'emporter; elles s'en défont pendant qu'elles volent."

On sait qu'après être sortis de l'enveloppe de la nymphe, les insectes n'ont plus d'autre changement à subir. Il n'en est pas ainsi des Ephémères. Arrivées à l'état parfait, elles volent à une petite distance, se fixent au premier corps solide qu'elles rencontrent et changent une dernière fois de peau sans changer de forme. Swammerdam, qui parle de cette sorte de mue, pense que les mâles seuls y sont soumis.

On connaît un grand nombro d'espèces propres au genre dont il s'agit; mais elles n'ont pas encore été con-

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venablement distinguées entre elles. Nous citerons:

L'EPHÉMÈRE COMMUNE, E. vulgata, L., Fabr., ou l'Ephémère à trois filets et à ailes tachetées de Geoffroy (Hist. des Ins. T. II, p. 238), décrite par Réaumur (Hist. des Ins. T. VI, p. 466) et par Degéer (Mém. sur l'Hist. des Ins. T. II, p. 621, n° 1, pl. 16, fig. 1). On la trouve abondamment en Europe, sur le bord des lacs etdes rivières.

L'EPHÉMÈRE MARGINÉE, E. marginata, Fabr., ou l'Ephémère à trois filets, à ailes brunes, de Geoffroy (loc. cit., p. 239, n° 3) figurée par Roësel (Ins. T. II, Aquat. cl. II, tab. 12, fig. 1, 2). Elle est plus petite que l'espèce précédente et se trouve dans les mêmes lieux.

L'EPHÉMÈRE DIPTÈRE, E. diptera. Linné prétend que les alles postérieures sont très-petites; mais Degéer assure qu'elles manquent. (AUD.)

ÉPHÉMÈRE. BOT. PHAN. Nom vulgaire du genre de Plantes dédiè à Tradescant, et dont quelques botanistes français ont composé le mot EPHÉMÉRINE qu'ils substituaient à celui que nous croyons devoir maintenir. V. TRADESCANTIE. La Plante que Dioscoride appelait Ephemerum est le Colchique selon quelques-uns, un Iris selon d'autres, et une petite Lysimachie selon Linné (B.)

ÉPHÉMÈRES(FLEURS). BOT. PHAN. Les fleurs de certains Végétaux ne durant que l'espace d'un jour ont reçu le nom de fleurs éphémères. Telles sont celles des Cistes, qui s'épanouissent au lever du soleil et qui, suivant cet astre dans sa course, s'effeuillent avec la fin du jour. Dans quelques Plantes même les fleurs ne durent qu'un petit nombre d'heures; ainsi le Cactus grandiflorus commence à épanouir ses fleurs vers la chute du jour, et, cinq ou six heures après, ces fleurs se referment pour ne plus se rouvrir. (A. R.)

EPHIELIS. BOT. PHAN. Schreber a changé enjce nom, et Necker en celui d'Ernstringia, le nom de Matayba qu'Aublet avait donné à une Plante rapportée avec doute à la famille des Sapindacées. Adopté par Jussieu, rétabli par De Candolle, le mot d'Aublet doit être conservé, et c'est à lui que nous renvoyons. (A. D. J.)

EPHIPPIE. Ephippium. INS. Genre de l'ordre des Diptères, fondé par Latreille et correspondant au genre Clitellaria de Meigen. Il appartient à la famille de Notacanthes (Règn. Anim. de Cuv.), et a pour caractères: anteunes à peine plus longues que la tête, de trois articles, dont le dernier presque conique, allongé, à six anneaux et terminé par un long stylet; ailes couchées sur le corps; deux épines à l'écusson et une dent de chaque côté du corselet. Ce genre ne comprend qu'une espèce: l'EPHIPPIE THORACIQUE, E. thoracicum; Latr., ou le Statyomis Ephippium de Fabricius, figuré par Panzer (Faun. Ins. Germ. fasc. 8, tab. 23, le mâle). Elle a six lignes en longueur, son corps est noir et ses ailes de même couleur; son thorax est recouvert d'un duvet rouge brillant, et présente de chaque côté une dent très-aiguë; l'écusson est terminé par deux épines. On le trouve en France, dans les bois, sur le tronc des vieux Arbres et sur les charmilles. (AUD.)

* EPHIPPIUM. MOLL. Espèce d'Anomie. V. ce mot. (B.)

* EPHIPPUS. POIS. (Cuvier.) Sousgenre de Chœtodons. V. ce mot. (B.)

EPHONSKICA. OIS. Quelques-uns écrivent Ephonskika. Syn. de Courlis criard dans les Florides. V. COURLIS. (B.)

EPHYDATIE. Ephydatia. POLYP. Genre de l'ordre des Spongiées, dans la division des Polypiers flexibles et corticifères. On lui donne pour caractères: Polypier fluviatile, spongiforme, verdâtre, en masse allongée, lobée ou glomérulée. Les Eponges d'eau douce que nous avons nommées Ephydaties, confondues avec les Eponges marines par les auteurs an-

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ciens et modernes, en ont été séparées pour la première fois par Lamarck qui les regardait comme le produit et l'habitation de certains Polypes décrits et figurés par Roësel (Insect, vol. III, p. 91), et que Cuvier avait appelés Cristatelles. V. ce mot. Lamarck avait adopté cette opinion, d'après le célèbre naturaliste danois, Vahl. Les observations de Bosc, et celles que nous avons eu occasion de faire sur ces productions singulières, prouvent que les Polypes, nommés Cristatelles, se retirent indifféremment dans les Lentilles d'eau, et au milieu des filamens des Conferves. L'on voit souvent les Ephydaties sans les Polypes, et les Polypes sans les Ephydaties. Lamarck, après avoir appelé ce genre Cristatelle, lui a donné le nom de Spongille dans ses derniers ouvrages. Linné regardait les Eponges d'eau douce comme des Plantes, et dans sa Flore de Suède, il dit qu'en automne, l'on voit des semences dans l'Eponge fluviatile. Kalm semble avoir copié le naturaliste suédois. Beaucoup d'auteurs ont suivi leur opinion. Les Ephydaties doivent-elles être classées parmi les productions animales ou bien parmi les Végétaux? D'après les observations nouvelles que nous avons faites depuis la publication de notre histoire générale des Polypiers flexibles, nous sommes plus portés que jamais à les regarder comme des Plantes analogues aux Charagnes. Bory de Saint Vincent, qui a distinctement retrouvé en elles les corps que Linné appelait semences, paraît les considérer comme des Chaodinées, mais n'a encore rien imprimé à cet égard. L'odeur, la couleur qui varie selon l'action de l'air, de la chaleur, de l'humidité et de la lumière, l'absence totale d'encroûtement gélatineux et fugace, analogue à celui des Eponges, mais seulement la présence d'une substance onctueuse semblable à celle qui recouvre les Plantes qui vivent dans l'eau; enfin l'existence de grains opaques à certaines époques de l'année, et dont la nature est encore inconnue: tous ces caractères réunis éloignent les Ephydaties de la nombreuse famille des Eponges marines, mais les rapprochent beaucoup des Ectospermes et conséquemment des Charagnes. V. ces mots. Quoi qu'il en soit, nous avons placé provisoirement les Ephydaties dans le même ordre que les Eponges marines, parce que leur nature, étant encore douteuse, nous avons dû suivre l'opinion du célèbre professeur du Jardin des Plantes, Lamarck, adoptée par de savans zoologistes.— Les Ephydaties répandent une odeur extrêmement fétide, en se décomposant ou lorsqu'on les brûle, et l'on retire de leurs cendres une quantité de Chaux dont le poids dépasse quelquefois la moitié de celui du Polypier sec. Ces deux caractères les rapprochent du règne animal.—Ces êtres siuguliers sont encore peu connus; les collections n'en renferment point d'exotiques. Nous croyons cependant que les fontaines, les ruisseaux et les rivières des autres parties du monde en contiennent comme les eaux de la France, d'Angleterre, d'Allemagne, de Russie, etc., mais ils ne sont pas assez remarquables pour avoir fixé l'attention des voyageurs occupés d'objets plus importans et dont les regards étaient attirés par des formes plus élégantes ou des couleurs plus brillantes. Les Ephydaties offrent rarement des formes constantes; leur couleur est un vert plus ou moin, foncé qui semble varier suivant la nature du corps auquel elles adhèrent. Bory de Saint-Vincent pense que cette couleur est due à l'introduction de la matière verte, parce qu'elle n'est pas constante, et que tous les individus sont d'un gris jaunâtre ou brun partout où la matière verte ne s'est pas développêe, et surtout du côté opposé à la lumière.—Elles habitent les eaux douces, fraiches et limpides, couvrent quelquefois les pierres, les racines, et presque tous les corps qui se trouvent à leur portée; elles acquièrent souvent une grandeur très-considérable et alors

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elles se ramifient. Elles deviennent grises et très-friables per la dessiccation.

On n'en fait usage ni en médecine, ni dans les arts. Jusqu'à ce moment l'on en connaît quatre espèces nommées: Ephydatie fluviatile, Eph. des lacs, Eph. friable, Eph. des canaux. La première est bien figurée dans Esper sous le nom de Spongia lacustris, tab. 25, et tab. 23 A.—La troisième est bien caractérisée; la dernière est douteuse même d'après Gmelin. Elles se trouvent dans diffèrentes parties de l'Europe. (LAM.. X.)

ÉPHYRE. Ephyra. ACAL. Genre de l'ordre des Acalèphes libres dans la classe des Acalèphes, vulgairement Orties de mer de Cuvier, ayant pour caractères: un corps orbiculaire, transparent, sans pédoncule, sans bras, sans tentacules; quatre bouches ou davantage au disque inférieur. Péron et Lesueur ont proposé ce genre dans leur beau Mémoire sur les Méduses; Lamarck l'a conservé en y ajoutant le genre Euryale. Cuvier ne le cite point dans son grand ouvrage sur le règne animal. Les Ephyres sont peu nombreuses en espèces; en général, leur volume est considérable; elles ont quelques rapports de forme avec les Eudores, et sont pareillement dépourvues de pédoncules, de bras et de tentacules. Elles ont plusieurs bouches et l'estomac plus composé. Les unes sont aplatics comme des pièces de monnaie; les autres sont plus ou moins convexes, à peu prés comme les Phorignies. On les trouve dans des lieux très-éloignés les uns des autres, ce qui porte à croire qu'il doit cn exister dans la nature un grand nombre d'espèces que l'on découvrira par la suite; maintenant il y en a peu de connues.—Ce sont: I'EPHYRE SIMPLE (Borl. Hist. of Cornw., p. 257, tab. 25, fig. 13, 14), à ombrelle suborbiculaire, discoïde, légèrement convexe, sans tubercules et à rebord nu. Elle se trouve sur les côtes de Cornouailles.—L'EPHYRE TUBERCULÉE, de la terre de Witt dans l'Australasie, rapportée et décrite par Péron et Lesueur.—Et l'EURYALE ANTARCTIQUE des mêmes auteurs, nommée Ephyre par Lamarck, trouvée près des îles Furneaux. (LAM.. X.)

ÉPI. Spica. BOT. PHAN. Mode particulier d'inflorescence dans lequel des fleurs sessiles ou pédonculées sont portées sur un axe commun, simple et non ramifié, dressé ou penché. Les diverses espèces de Blé, de Seigle, d'Orge, le Groseillier rouge, noir, des Alpes, etc., offrent une inflorescence en Epis. (A. R.)

Ce mot d'Epi, accompagné de quelque épithète, est devenu le nom vulgaire et spécifique de quelques Plantes; ainsi l'on a appele:

ÉPI D'EAU, les Potamots.

ÉPI FLEURI, les Stachides et le Melanthium sibiricum, L.

ÉPI DE LAIT OU DE LA VIERGE, l'Ornithogalle pyramidal.

ÉPI DU VENT, diverses Graminées à panicules plus ou moins développées, et particulièrement l'Agrostis Spica venti, L.

ÉPI-NARD, le Nard, divers Andropogons et même des Valérianes.

EPI SAUVAGE, l'Asarum Europœum, on ne sait trop pourquoi. (B.)

* ÉPI DE BLÉ. POLYP. FOSS. Defrance, dans le Dictionnaire des Sciences Naturelles, donne ce nom à une production fossile figurée dans Scheuchzer (Herb. Diluvianum, p. 8, tab. 1, fig. 1). Il dit qu'elle se rapporte à un épi de Graminée, ou bien à une tête d'Encrine à panache, d'après les nombreuses articulations dont chacune des barbes paraît formée. (LAM.. X.)

ÉPIAIRE. BOT. PHAN. Quelques auteurs français ont proposé ce nom pour remplacer celui de Stachide. V. ce mot. (B.)

EPIBATERIE. Epibaterium. BOT. PHAN. Forster avait établi ce genre (tab. 54), dont il décrivait une seule espèce, à tige grimpante, originaire

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d'une des îles de la mer du Sud. Persoon en ajouta avec doute une seconde du Pérou. De Candolle, qui les fait rentrer toutes deux dans son genre Cocculus, ne paraît néanmoins pas éloigné de croire que la première, dont les fleurs sont monoïques, doive former un genre distinct, avec le Nephroia de Loureiro qui présente la même particularité. V. COCCULUS. (A. D. J.)

EPIBLÈME. Epiblema, BOT. PHAN. Genre de la famille des Orchidées et de la Gynandrie Monogynie, établi par R. Brown (Prodrom. Flor. Nov-Holland. p. 315) qui l'a ainsi caractérisé: périanthe à cinq folioles égales et étalées; labelle onguiculé, ayant son limbe (lamina) entier, muni à la base de processus filiformes fasciculés; appendice de la base de la colonne (gynostème, Rich.) adné au bas de l'onglet du labelle; anthère parallèle au stigmate, portée de chaque côté par un lobe pétaloïde. L'Epiblema grandiflorum, unique espèce du genre, est une Plante du sud de la Nouvelle-Hollande, qui a le port des Thelymitra dont elle est d'ailleurs très-rapprochée par son organisation. Ses fleurs sont élégantes et d'une belle couleur bleue. (G.. N.)

EPIBULUS. POIS. V. LABRE du sous-genre Filou. (B.)

ÉPICARPE. Epicarpium. BOT. PHAN. On nomme ainsi la membrane externe du péricarpe. Elle est, en général, formée par l'épiderme qui recouvre les autres parties de la Plante; mais toutes les fois que l'ovaire est infère, l'Epicarpe est formé par le calice lui-même. V. FRUIT. (A. R.)

EPICEA OU EPICIA. BOT. PHAN. Espèce de Sapin. V. ce mot. (B.)

EPICEROS. BOT. PHAN. (Hippocrate.) Syn. de Fenu-grec. (B.)

ÉPICES OU ÉPICERIES. BOT. PHAN. On comprend, en général, sous ce nom les parties les plus aromatiques de certains Végétaux exotiques, qui, desséchées et préparées convenablement, sont employées dans l'art culinaire et l'office pour relever le goût des mets ou de quelques liqueurs. L'écorce des Cannelliers, le calice des Girofliers, la graine de plusieurs Poivriers et celle du Muscadier, avec l'enveloppe qui lui est propre et qu'on appelle Macis, sont les Epiceries les plus usitées. On emploie quelquefois sous le nom de GRAINE DES QUATRE ÉPICES, la superficie du Ravensara, qui est le fruit d'un Arbre de Madagascar. V. AGATOPHYLLUM.

L'usage des Epiceries est fort tombé, quoiqu'on en emploie des quantités considérables et que leur commerce soit toujours un objet fort important et l'une des bases de la prospérité des nations marchandes. On en fit long-temps une sorte d'abus, et la Muscade qu'on mêlait à toute sauce mérita même que le judicieux régulateur du Parnasse français la signalât dans l'une de ses satires. Les Epiceries n'avaient d'abord été qu'imparfaitement connues en Europe, et les premiers peuples de cette partie du monde qui avaient peu de rapports avec l'Inde, en employaient à peine; le Genièvre, le Cumin, l'Ail et le Thym en tenaient lieu. Les Romains en adoptèrent les premiers l'usage, et le commerce au Levant le répandait peu à peu, quand le retour des croisés et l'industrie vénitienne généralisèrent un goût long-temps concentré parmi les riches seuls. Les Epiceries étaient d'abord fort précieuses, et tellement recherchées, que les juges et gens de loi, incorruptibles, dit-on, par l'appât de toute autre séduction, en acceptaient sans difficulté, et finirent par en regarder l'offrande comme un de leurs droits, et de-là le nom d'Epices que portent certains frais de procédure. Le commerce des Epices procurait des bénéfices énormes à la république de Venise, quand les Portugais, en doublant le cap de Bonne-Espérance, leur ravirent cette source de grandeur; les Hollandais, à leur tour, ôtèrent aux Portugais ce qu'ils n'avaient su que conquérir et qu'ils ne pouvaient conserver sous le

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déplorable régime qui les gouvernait. Le génie de la liberté et de l'égalité enfantait, chez les Bataves, tous les élémeus de grandeur; ils tentèrent de concentrer un monopole immense dans leurs mains, et prirent des précautions inouies pour en cacher l'origine au reste de l'Europe. Il faut lire dans Raynal l'histoire de la compagnie indienne de la république marchande, et l'on se fera une idée des efforts de la Hollande pour s'approprier exclusivement une branche de commerce à l'aide de laquelle une petite république put lutter contre Louis XIV, et humilier même ce superbe dominateur des autres rois. Enfin Poivre naquit, et, devenu intendant des colonies françaises à l'ouest du cap de Bonne-Espérance, il forma le projet de rendre les sources de la richesse hollandaise communes à sa patrie. Il y réussit; c'est à ses nobles efforts que nos colonies doivent la Cannelle, la Muscade et le Girofle. On peut consulter, pour les détails de cette entreprise et du succès qui la couronna, notre Voyage aux quatre îles d'Afrique, T. I1, pl. 46 et suivantes. (B.)

ÉPICHARIS. Epicharis. INS. Genre de l'ordre des Hyménoptères, section des Porte-Aiguillons, famille des Mellifères, tribu des Apiaires, établi par Klüg aux dépens des Centris de Fabricius, et ayant pour caractères suivant Latreille: premier article des tarses postérieurs des femelles, en palette, dilaté à l'angle extérieur et très-velu; mandibules tridentées; palpes labiaux en forme de soies et terminés en pointe aiguë; les maxillaires très-petits et composés d'un seul article. Fabricius avait confondu les Epicharis avec les Centris auxquels ils ressemblent par leurs antennes et par leurs ailes; les antennes sont courtes, filiformes, coudées avec le troisième article aminci à sa base, beaucoup plus long que les suivans. Les ailes supérieures ont une cellule radiale allongée, et trois cellules cubitales; la première est coupée par une petite nervure descendant du point de l'aile; la seconde est plus grande que la troisième, et celle-ci offre une forme presque triangulaire. Ces deux cellules reçoivent chacune une nervure récurrente. Les Epicharis diffèrent encore des Centris par leur labre en carré long et arrondi au bout, par l'article unique des palpes maxillaires et par les petits yeux lisses situés sur une ligne transversale. Ils ont beaucoup d'analogie avec les Euglosses et les Brèmes; mais ils s'en éloignent par leurs pieds postérieurs. On ne connaît encore qu'une espèce propre à ce genre,

L'EPICHARIS DASYPE, E. Dasyous, Klüg., ou l'Apis rustica d'Olivier (Enc. Méthod.) et le Centris hirtipes de Fabricius. Son corps est noir; ses ailes sont d'un bleu foncé; la face externe des jambes et le premier article des tarses des pates postérieures sont garnis de poils jaunes, nombreux et très-serrés. Il partage ce caractère avec le plus grand nombre des autres Apiaires solitaires, et principalement avec les Lasies de Jurine. Cette espèce est longue de neuf lignes et originaire du Brésil et de Cayenne. Latreille avait d'abord réuni aux Epicharis les Acanthopes de Klüg; mais il s'est depuis convaincu qu'ils formaient réellement un genre nouveau qu'on pouvait caractériser ainsi: point de palpes maxillaires distincts; mandibules (des mâles) sans dentelure au côté interne et terminées simplement en pointe; labre petit et presque triangulaire; troisième cellule cubitale recevant les deux nervures récurrentes; jambes intermédiaires terminées par une épine très-forte, fourchue et dont une des branches est plus grande et dentelée; premier article des tarses postérieurs fort long, très-comprimé et très-cilié. Les Acanthopes se distinguent donc des Epicharis par de certaines particularités assez importantes. On ne connaît encore qu'une espèce: l'ACANTHOPE SPLENDIDE, A. splendidus, Klüg, ou le Xilocopa splendida

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de Fabricius. Elle a été figurée par Ant. Coquebert (Illust. Icon Ins. Dec. 1, tab. 6, fig. 6, le mâle). Il se trouve à Cayenne et au Brésil. (AUD.)

* EPICHYSIUM BOT. CRYPT. (Champignons.) Tode appelle ainsi un petit Champignon, voisin des Myriothecium, qui ne paraît pas distinct des Nidulaires. V. ce mot. (A. R.)

EPICIA. BOT. PHAN. V. EPICEA.

* ÉPICILICODE. POLYP. Donati, dans son Histoire naturelle de la mer Adriatique, a donné ce nom à des productions marines qu'il regarde comme des Plantes ayant plusieurs capsules à bord épineux et dont une capsule est attachée au bord de l'autre; nous croyons que ce sont des Polypiers flexibles de l'ordre des Sertulariées, mais de quel genre? (LAM.. X.)

* EPICLINE (NECTAIRE). BOT. PHAN. Mirbel dit que le disque qu'il nomme nectaire est Epicline quand il est placé sur le réceptacle. Cette expression correspond à celle de disque hypogyne. V. DISQUE. (A. R.)

* EPICOCCUM. BOT. CRYPT. (Champignons.) Ce genre, établi par Link, tient le milieu entre les Dermosporium et les Tubercularia. Il se compose d'une seule espèce, Epicoccum nigrum, Link, Berol. Mag. p. 32, t. 5. Il forme des taches noires sur la tige des Plantes sèches. (A. R.)

EPICORALLUM. POLYP. Nom générique donné par Petiver à des Gorgoniées. Pallas le cite parmi les synonymes des Gorgonia Flabellum, anceps et muricala. V. ces mots. (LAM.. X.)

EPICURE, OIS. Nom donné au lieu d'Enicure par Vieillot comme synonyme de l'Engoulevent à queue singulière, Caprimulgus Enicurus. V. ENGOULEVENT. (DR.. Z.)

* EPIDÈMES. INS. Nous avons imposé ce nom, dans nos Recherches anatomiques sur le thorax (Ann. des Sc. Nat. T. I, p. 132), à des pièces mobiles du squelette des Animaux articulés, qui se remarquent très-souvent dans l'intérieur de leur thorax. Ce sont quelquefois des lamelles aplaties, comprimées et tranchantes; évasées à une de leurs extrémités, pédiculées à l'autre, et ressemblant assez bien au chapeau de certains Champignons; de cette nature, par exemple, sont les deux pièces que Réaumur a reconnues dans le premier segment de l'abdomen de la Cigale, et qu'il nomme ou plutôt qu'il définit les plaques cartilagineuses; plusieurs autres observateurs les ont signalées à l'intérieur du thorax. Tantôt les Epidèmes donnent attache aux muscles, nous les nommons alors Epidèmes d'insertion; tantôt elles servent à l'articulation de l'aile et constituent autant d'osselets à chacun desquels on donnera plus tard un nom; on pourrait les désigner collectivement sous le nom d'Epidèmes articulaires ou d'articulation. V. THORAX. (AUD.)

EPIDENDRE. Epidendrum. BOT. PHAN. Linné a donné ce nom à un genre d'Orchidées très-nombreux en espèces, appelé précédemment Helléborine par Tournefort, et qui se composait de cette foule d'espèces exotiques qui vivent en parasites sur le tronc des grands Arbres. Plumier avait dejà séparé la Vanille comme un genre distinct, mais Linné crut devoir le réunir à ses Epidendres. L'illustre auteur du Genera, Ant. Laur. de Jussieu, adopta le genre Epidendre de Linné dont il sépara néanmoins le genre Vanilla de Plumier. Mais ce genre Epidendre renfermait des Plantes dont l'organisation était trop différente pour devoir rester dans un même genre. Swartz, soit dans sa Flore des Indes Occidentales, soit dans son excellent travail sur la famille des Orchidées, a porté le premier le flambeau de l'observation dans cette intéressante famille, et divisé les espèces d'Epidendre en plusieurs genres fort distincts les uns des autres. De-là les genres Cymbidium, Oncidium, Aerides, Vanilla, Dendrobium, etc. V. ces différens mots. De toutes les nombreuses espèces d'abord rapportées au genre qui

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nous occupe, il n'y a laissé que celles qui, étant parasites, ont leur labelle dépourvu d'éperon et soudé avec toute la face antérieure du style ou gynostème, de telle sorte que le labelle semble naître du sommet du gynostème. Ce caractère a depuis été adopté par tous les botanistes, malgré les travaux et les changemens multipliés dont la famille des Orchidées a été le sujet depuis quelque temps. On peut donc caractériser de la manière suivante le genre Epidendre: les trois divisions externes du calice et les deux internes et supérieures sont étalées, égales entre elles. Le labelle est dépourvu d'éperon, offrant à sa base un long onglet qui est soudé, et forme un tube avec la face antérieure du gynostème. L'anthère est terminale, s'ouvrant par un opercule, et contenant quatre masses polliniques solides.

Les espèces de ce genre ainsi limité sont encore assez nombreuses; elles croissent dans les différentes contrées de l'Amérique méridionale et aux grandes Indes. Le plus souvent ce sont des Plantes parasites, croissant sur le tronc des autres Végétaux; quelques-unes cependant sont terrestres; leur tige est simple ou quelquefois rameuse; dans quelques espèces, elle se renfle à la base et devient bulbiforme; les feuilles sont simples et entières, terminées inférieurement par une gaîne plus ou moins longue. Quelques espèces se cultivent dans les serres. Nous citerons les suivantes:

EPIDENDRE ALLONGÉ, Epidendrum elongatum, Jacq. Cette espèce est originaire d'Amérique. Sa tige est cylindrique, simple, effilée, longue de trois à quatre pieds; ses feuilles sont alternes, épaisses, coriaces, très-glabres, elliptiques, aiguës, terminées à leur base par une gaîne courte et entière. La partie supérieure de la tige en est dépourvue, et porte en place de petites écailles allongées; les fleurs sont d'une teinte purpurine très-agréable, pédonculées, et disposées au sommet de la tige en un épi corymbiforme; les cinq divisions du calice sont étalées, obovales, aiguës; le labelle est à trois lobes obtus, et frangés sur les bords.

EPIDENDRE EN COQUILLE, Epidendrum cochleatum, L. Sa tige est renflée, bulbiforme à sa base; ses feuilles longues de huit à dix pouces, et naissant du sommet de la partie renflée, sont ovales, lancéolées, aiguës; elles sont généralement au nombre de deux: la tige est cylindrique, haute d'environ deux pieds, écailleuse, terminée supérieurement par huit ou dix fleurs pédonculées, d'un brun rougeâtre. Les divisions extérieures et internes du calice sont linéaires, etroites, aiguës, rabattues, un peu tordues sur elles-mêmes. Le labelle est dressé, cordiforme, extrêmement concave et terminé en pointe à son sommet. Cette espèce est également originaire de l'Amérique méridionale. (A. R.)

ÉPIDERME. ZOOL. et BOT. Nom de la couche la plus superficielle de la peau des Animaux.—Comme toutes les membranes, le derme est le siège d'une exhalation dont le produit se dépose à la surface, et dont la production est d'autant plus abondante, en général, que les frottemens, les chocs, les contacts y sont plus multipliés ou plus considérables. Le produit de cette exhalation solidifié sous forme membraneuse est l'Epiderme. L'humeur de cette exhalation est très-semblable au mucus. Cependant, loin que sa composition soit constamment identique avec celle du mucus, il est très-probable que sa composition chimique n'est pas uniforme dans tous les Animaux. Car, sous les mêmes influences, cette humeur se comporte très-différemment. Ainsi, par exemple, dans le même milieu d'existence, les Batraciens et les Lamproies à peau presque nue et essentiellement muqueuse, susceptible d'une imbibition et d'une exhalation presque continuelle, offrent un contraste bien remarquable avec les Poissons écailleux, et surtout avec les Raies, les Squales, où l'Epiderme,

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endurci et très-probablement pénétré de plusieurs sels terreux, paraît former à l'Animal une couche parfaitement isolante. D'un autre côté, quoique les Batraciens terrestres aient la peau réellement moins muqueuse et gluante que les Aquatiques, quel contraste n'offrent pas encore les Batraciens terrestres avec les Reptiles écailleux, les Serpens, les Lézards, ou bien encore avec les Pangolins à grandes et fortes écailles imbriquées et avec les Tatous aux boucliers si épais! Tous ces Animaux sont entourés d'une enveloppe également imperméable, et pour les liquides contenus dans l'Animal, et pour ceux où il peut se trouver plongé. L'épaisseur ou la minceur et presque l'absence de l'Epiderme ne dépendent donc pas de l'action desséchante de l'air, ni de l'action dissolvante et ramollissante des eaux pour les différens Animaux qui habitent ces milieux. Il y a donc une autre cause de ces états inverses de la peau que l'action physique des milieux ambians, comme nous l'avons déjà fait observer aux mots ANATOMIE et CARTILAGES. Il y a une réciprocité d'endurcissement et de flaccidité humide et de mollesse entre certains tissus. Le jeu réciproque des humeurs et des solides, le mécanisme de la vie en général, engendre une certaine quantité de résidus qui doivent être expulsés de l'organisation. Ou ils sont immédiatement rejetés, ou ils sont provisoirement déposés dans certains tissus d'où ils sont finalement rejetés. Les reins, le système osseux et la peau paraissent les principaux siéges de cette dépuration de l'économie animale, qui s'opère suivant les classes, et même dans chaque genre suivant les classes, par l'un ou par l'autre de ces émonctoires. Les formes variées qu'elles prennent à la peau se diversifient à l'infini depuis l'Epiderme nu et mince de l'Homme et des Reptiles jusqu'à l'Epiderme nu aussi, mais épais, rugueux, gercé et presque cortical des grands Pachydermes, entre autres les Eléphans et les Rhinocéros.— En général, chezles Mammifères comme chezles Oiseaux, l'épaisseur de l'Epiderme est en raison inverse de la quantité des poils et des plumes. Les Mammifères très-velus ont un Epiderme mince, et les Eléphans, déjà cités, ont un Epiderme qui est presque une écorce. Partout, sans exception, et ces Epidermes nus, et ces poils, et ces plumes, et ces enveloppes d'écailles, se renouvellent soit à des périodes marquées, soit par des remplacemens non interrompus. Quand les périodes sont bien prononcées, la rupture d'équilibre qui en résulte dans les humeurs de l'Animal altère sa santé. Telle est la mue de tous les Oiseaux, Reptiles et Mammifères, Crustacés et Insectes. A cette époque, privés de leur enveloppe isolante, les Animaux sont plus susceptibles d'être affectés par les influences environnantes. Et si cette mue arrivait brusquement, sans qu'une seconde enveloppe fût déjà prête à suppléer, au moins en partie, celle qui vient de tomber, l'Animal mourrait épuisé d'humeurs par une véritable évaporation. C'est là ce qui rend mortels ces accidens malheureusement trop fréquens, où, par l'action d'une trop forte chaleur, appliquée, soit immédiatement, soit par l'eau, la totalité ou une grande étendue de l'Epiderme se détache sur le corps de l'Homme. Un bain d'huile permanent serait peut-être la seule ressource contre cette inévitable évaporation.

L'action isolante, quant aux fluides extérieurs au corps et qui tendent à s'y introduire, n'est pas moins manifestée par la susceptibilité inverse du gland à se laisser pénétrer par le virus vénérien, suivant qu'il est ou non pourvu d'Epiderme. Cette imperméabilité de l'Epiderme ne lui est pourtant pas une propriété essentielle. Elle tient presque exclusivement à un enduit gras et huileux qui transsude de la peau, ou qui, suivant les Animaux, a des sources et des réservoirs particuliers. Tels sont, dans les Poissons écailleux, les cryptes mu-

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queuses rangées le long des flancs sur deux lignes parallèles appelées latérales; dans les Squales et les Raies, les canaux sécréteurs et excréteurs de la mucosité: deux rangées analogues de cryptes à la queue écailleuse et en forme de rame du Desman moscovite, etc.

L'Epiderme est transparent, à moins d'une grande épaisseur, et laisse apercevoir les couleurs de la peau. C'est son épaisseur qui le rend un peu opaque à la paume des mains et à la plante des pieds chez les nègres, et qui empêche d'apercevoir le noir tout aussi intense dans cette partie qu'ailleurs, ainsi qu'on peut s'en assurer dans la main d'une petite maîtresse noire.

Les plumes, les poils, les ongles, les écailles saillans en dehors du corps, entraînent devant eux une gaîne d'Epiderme; il est probable aussi que c'est plutôt par sa porosité et non par de véritables ouvertures que la sueur, la graisse, etc., transsudent à la peau. Au moins la mue des Serpens montre que l'Epiderme forme à tout le corps une enveloppe continue, ouverte seulement à la bouche et à la fente anogénitale. Nous avons, par la macération, dans le mois d'octobre, enlevé jusqu' à trois de ces enveloppes sur des Vipères ordinaires. V. CORNES, ARMES, ECAILLES, ONGLES, POILS, PLUMES, etc. (A.D.. NS.)

La couche mince brunâtre et de substance comme cornée, qui revêt la plupart des Coquilles, au sortir de la mer, se nomme improprement Epiderme. Cette couche est produite d'une manière toute différente de l'Epiderme des autres Animaux et ne peut nullement se comparer avec lui. Lamarck a parfaitement senti cette différence, et a substitué le mot d'Epiphlose à celui d'Epiderme. V. MOLLUSQUE. (D.. H.)

Les Végétaux sont, comme les Animaux, recouverts d'Epiderme. Cette membrane paraît chez eux formée par les parois des cellules les plus extérieures de l'enveloppe herbacée ou du tissu cellulaire sous-jacent. V. ECORCE. (A. R.)

Dans les Hydrophytes, l'Epiderme est d'autant plus sensible que l'organisation de ces Végétaux est plus compliquée; par la macération on peut l'isoler. Lorsque cette séparation devient impossible par la ténuité de la Plante, l'existence de cet Epiderme est prouvée au moyen du microscope. Il varie moins dans ces êtres que dans les Géophytes, à cause, sans doute, de la nature du milieu dont les élémens agissent avec moins d'énergie, et dont les variations sont moins grandes et moins subites. V. HYDROPHYTES. (LAM.. X.)

* EPIDIDYME. ZOOL. Canal plusieurs fois contourné et pelotonné sur lui-même, étendu entre la partie supérieure et postérieure du testi cule et le canal déférent qui en est la continuation. C'est dans cet organe que paraissent se développer les Zoospermes. V. ce mot et GENÉRATION. (A.D.. NS.)

* EPIDORCHIS. BOT. PHAN. Nom proposé par Du Petit-Thouars (Histoire des Orchidées des îles australes d'Afrique) pour désigner un groupe de la section des Epidendres, caractérisé principalement par son labelle en cornet. Il paraît correspondre au genre Epidendrum de Swartz, car en composant le nouveau mot, Du Petit-Thouars a voulu rappeler, par les deux premières syllabes, le nom du genre admis par les auteurs, et au moyen des dernières, le nom de la famille. Les espèces