RECORD: Bory de Saint-Vincent, Jean Baptiste Georges Marie, ed. 1822-31. Dictionnaire classique d'histoire naturelle. 17 vols. Paris: Rey & Gravier. Volume 8.

REVISION HISTORY: OCRed by AEL Data 04.2014. RN1

NOTE: This work formed part of the Beagle library. The Beagle Library project has been generously supported by a Singapore Ministry of Education Academic Research Fund Tier 1 grant and Charles Darwin University and the Charles Darwin University Foundation, Northern Territory, Australia.


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DICTIONNAIRE

CLASSIQUE

D'HISTOIRE NATURELLE.

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Liste des lettres initiales adoptées par les auteurs.

MM.

AD. B. Adolphe Brongniart.

A. D. J. Adrieu de Jussieu.

A.D..NS. Antoinc Desmoulins.

A. F. Apollinaire Fée.

A. R. Achille Richard.

AUD. Audouin.

B. Bory de Saint-Vincent.

C. P. Constant Prévost.

D. Dumas.

D. C..E. De Candolle.

D..H. Deshayes.

DR..Z. Drapiez.

E. Edwards.

E. D..L. Eudes Deslonchamps.

F. D'Audebard de Férussac.

FL..S. Flourens.

G. Guérin.

G. DEL. Gabriel Delafosse.

GEOF.ST.-H. Geoffroy St.-Hilaire.

G..N. Guillemin.

ISID. B. Isidore Bourdon.

IS. G. ST.-H. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire.

K. Kunth.

LAM..X. Lamouroux.

LAT. Latreille.

La grande division à laquelle appartient chaque article, est indiquce par l'une des abréviations suivantes, qu'on trouve immédiatement après son titre.

ACAL. Acalèphes.

ANNEL. Annclides.

ARACHN. Arachnides.

BOT. CRYPT. Botanique. Cryptogamie.

BOT.PHAN. Botanique. Phanérogamie.

CHIM. Chimie.

CONCH. Conchifères.

CRUST. Crustacés.

ECHIN. Echinodermes.

FOSS. Fossiles.

GÉOL. Géologie.

INF. Infusoires.

INS. Insectes.

INT. Intestinaux.

MAM. Mammifères.

MIN. Minéralogie.

MOLL. Mollusques.

OIS. Oiseaux.

POIS. Poissons.

POLYP. Polypes.

REPT. BAT. Reptiles Batraciens.

— CHEL. — Chéloniens.

— OPH. — Ophidiens.

— SAUR. — Sauriens.

ZOOL. Zoologie.

IMPRIMERIE DE J. TASTU, RUE DE VAUGIRARD, No 36.

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DICTIONNAIRE

CLASSIQUE

D'HISTOIRE NATURELLE,

PAR MESSIEURS

AUDOUIN, Isid. BOURDON, Ad. BRONGNIART, DE CANDOLLR, D'AUDEBARD DE FÉRUSSAC, DESHAYES, E. DESLONCHAMPS, A. DESMOULINS, DRAPIEZ, DUMAS, EDWARDS, A. FÉE, FLOURENS, GEOFFROY SAINT-HILAIRE, Isid. GEOFFROY SAINT-HILAIRE, GUÉRIN, GUILLEMIN, A. DE JUSSIEU, KUNTH, G. DELAFOSSE, LAMOUROUX, LATREILLE, C.. PRÉVOST, A. RICHARD, et BORY DE SAINT-VINCENT.

Ouvrage dirigé par ce dernier collaborateur, et dans lequel on a ajouté, pour le porter au niveau de la science, un grand nombre de mots qui n'avaient pu faire partie de la plupart des Dictionnaires antérieurs.

TOME HUITIÈME.

H-INV.

PARIS.

REY ET GRAVIER, LIBRAIRES- ĖDITEURS,

Quai des Augustins, n° 55;

BAUDOUIN FRÈRES, LIBRAIRES-ÉDITEURS,

Rue de Vaugirard, n° 36.

SEPTEMBRE l825.

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AVERTISSEMENT.

APRÈS avoir conçu le projet de ce Dictionnaire, nous nous étions appliqué à réunir pour sa rédaction l'élite des jeunes Naturalistes de la France; nous savions que, pour être entrés récemment dans la carrière, de tels Collaborateurs n'en étaient pas moins capables de la parcourir brillamment, et, tandis que nos espérances se réalisaient, nous éprouvions encore la douce satisfaction de voir une association scientifique, dont la plupart des membres avaient été mis en rapport sans s'être auparavant beaucoup connus, devenir un faisceau d'amis, en quelque sorte une famille. Tel est l'effet du rapprochement des cœurs généreux et des esprits éclairés, que, ne tardant pas à se comprendre, ils s'unissent à jamais dans un sentiment que celui-là seul, qui est capable de l'éprouver, est digne de faire naître.

Mais comme si rien d'humain ne pouvait être sans larmes, quand la discorde ne pouvait trouver accès parmi nous, le trépas vint, au temps où se terminait le premier volume de l'ouvrage, frapper le plus jeune de ses auteurs, et lorsque nous dûmes consacrer une notice à la mémoire de NUMA PRESLE-DUPLESSIS (1), nous étions loin de penser que la mort ne tarderait pas à nous décimer encore.

(1) Voyez l'Avertissement en tête du Tome Ier, p. xiv.

a

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Parvenus à la moitié de notre tâche, deux collaborateurs nous sont ravis et, presqu'ensemble, descendent au tombeau. Ils nous sont ravis brusquement, dans la plénitude de la vie, et lorsque dans leur virilité ils recueillaient en réputation le prix des travaux scientifiques par lesquels se signala leur jeunesse.

J.-H. LUCAS naquit en 1780, dans le temple même de la Nature, c'est-à-dire dans l'enceinte de ce Muséum d'Histoire naturelle auquel rien, dans le reste de l'Europe, ne saurait être comparé, soit par la richesse des collections de tout genre qu'on y réunit à grands frais, soit sous le rapport du profond savoir des professeurs chargés d'en expliquer les merveilles. Un atmosphère de science environnait donc le berceau de notre collaborateur sur lequel semblait veiller l'ombre du grand Buffon, protecteur particulier du père de Lucas, et qui avait confié à celui-ci le poste de conservateur des galeries de l'Etablissement royal. Ses premiers regards passèrent en revue la presque totalité des richesses de la création; ses premières paroles furent le nom des êtres qui la composent; ses premières idées celles qui devaient naître de la magnificence du spectacle, et Lucas, dès l'enfance, devint ainsi Naturaliste sans le moindre effort; il sentit de bonne heure que, dans l'état actuel de la science, il est à peu près impossible d'en saisir toutes les branches, et quand il eut acquis, par l'habitude de voir, des connaissances générales, sans lesquelles on ne peut espérer que des succès bornés quelle que soit la partie à laquelle on se restreint, il se détermina pour la Minéralogie. Attaché au Muséum sous son père, dès qu'il fut en état de s'y rendre utile, ses premiers ans s'y écoulèrent doucement, et l'on peut dire que le Jardin des Plantes fut sa véritable patrie. Il contribua surtout à faire disposer avec goût et d'une manière plus avantageuse pour l'étude, qu'elles ne l'avaient encore été, les galeries où sont exposés les Minéraux. Alors florissait l'illustre Haüy qui se plut à rendre sous ce rapport à notre collaborateur le plus éclatant témoignage de justice et de satisfaction.

Mais ce n'était point assez pour Lucas, d'avoir contribué

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à placer d'une manière à la fois instructive et élégante, les échantillons dont l'arrangement était confié à ses soins; il voulut ajouter au plan qu'il avait exécuté avec sagacité une légende qui aidât jusqu'aux moins attentifs à s'y reconnaître en l'étudiant selon la méthode de son vénérable maître. Lucas publia donc en 1806 un TABLEAU MÉTHODIQUE DBS ESPÈCES MINÉRALES dont Haüy disait: « Je l'ai trouvé exact, il m'a paru réunir dans le moins de volume possible, tous les avantages que l'on peut se promettre d'un travail qui met le lecteur à portée, soit de parcourir avec fruit nos collections d'étude, soit de pouvoir ranger facilement sa propre collection, soit enfin de reconnaître les Minéraux qu'il pourrait rencontrer dans ses voyages au moyen des caractères cités en tête des espèces.... Ce travail doit contribuer à l'avancement de la Minéralogie; il prouve également l'intelligence de l'auteur et les progrès que lui-même a déjà faits dans cette science. » L'assemblée des professeurs déclara qu'elle recevrait l'hommage de ce livre avec l'intérêt que lui devait inspirer la première production littéraire d'un enfant du Muséum; et engagea l'auteur à lui donner une suite. Lucas ne la fit point attendre, et marchant avec la science, il publia, en 1813, un second volume où l'on trouve l'exposé de toutes les counaissances relatives à l'état de la Minéralogie recueilli dans les cours publics et dans les ouvrages les plus récens. « Dans ce dernier volume, rédigé avec autant d'exactitude que de soins, dit le rapport des examinateurs, on trouve l'indication des Minéraux qui composent les collections du Jardin des Plantes et les moyens de suivre avec fruit l'ordre qui s'y trouve définitivement établi.

S'étant fait connaître par les deux volumes dont il vient d'être parlé, Lucas ne tarda pas à se voir appelé à la collaboration des grandes entreprises de librairie, dont l'Histoire naturelle était alors la base. Il se décida pour le Dictionnaire de Déterville, ouvrage dont l'utilité avait été si bien sentie et qui méritait les honneurs d'une seconde édition. Chargé d'y remplacer un rédacteur dont l'esprit systématique nuisait au jugement, il corrigea en partie et

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porta au niveau des connaissances de l'époque ce que Patrin en avait laissé trop eu arrière. Ce travail terminé, il voulut se délasser de ses occupations sédentaires en visitant les régions volcaniques de l'Italie, et rapporta de son voyage les trésors minéralogiques du Vésuve et de l'Etna. C'est encore tout charge de ces richesses, et à mesure qu'il y établissait l'ordre, qu'il désira s'associer à nos travaux, et sans que nulle considération le pût arrêter dans les circonstances délicates où nous préparions ce Dictionnaire, il y vint généreusement contribuer.

Ami constant et sincère, tendre époux, fils soumis, mais trop profondément impressionnable, des chagrins de plus d'un genre avaient dans ces derniers temps légèrement altéré sa santé; des peines de cœur le rendaient moins soigneux dans sa part de collaboration, mais ne produisaient guère d'autre altération dans ses habitudes qui pussent faire présumer que sa fin approchait; cependant il nous fut enlevé presque subitement le 6 février de cette année; et telle est la fatalité de cette perte que, son vénérable père, inconsolable, n'y a pas long-temps survécu; la famille de Lucas est éteinte pour l'Histoire naturelle, son nom n'y subsistera plus que dans les bibliothèques.

J.-V.-F. LAMOUROUX vit le jour le 3 mai 1779, à Agen, où naquirent aussi Sealiger, Lacépède et plusieurs autres personnages justement célèbres. Il ne semblait pas destiné, comme Lucas, à parcourir la carrièré des Sciences naturelles. Son père, citoyen respectable par sa probité et ses vertus antiques, avait établi des fabriques de toiles peintes, qui contribuèrent puissamment à développer l'industrie manufacturière dans un pays où l'on ne se doutait guère auparavant qu'il existât d'autre source de prospérité nationale que la culture du sol. Ce tendre père destinait son fils aîné à la direction des vastes ateliers qu'il avait créés comme par enchantement, et Lamouroux dut s'adonner d'abord à la Chimie afin de chercher dans cette science les moyens de perfectionnement qu'elle commençait à prodiguer aux arts. Les progrès qu'il y fit furent rapides, et il demeura depuis fort au courant de cette science dont il parlait ce-

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pendant très-peu, et sur laquelle nous ne savons pas qu'il ait jamais rien écrit.

L'idée ingénieuse de bannir de sa manufacture les dessins baroques et fantastiques que le mauvais goût des temps de la fin de Louis XV avait introduits partout, et jusque dans nos moindres étoffes, un penchant à chercher dans l'inépuisable et riante nature des modèles plus élégans, jetèrent Lamouroux dans la Botanique; il voulait étudier les fleurs et le feuillage pour les imiter en guirlandes et sur les fonds de ses indiennes, il n'en vit bientôt plus que les caractères, et dès sa première excursion dans l'empire de Flore il s'y trouva sur son terrain. Un professeur distingué, Saint-Amans, auteur d'une flore Agenaise, facilita le développement des plus heureuses dispositions dans son élève, lequel devint bientôt son suppléant dans les cours publics. Une visite qu'il nous fit à Bordeaux peu de temps avant notre départ sur la corvette le Naturaliste, et dans laquelle nous lui abandonnâmes la collection des Plantes marines formée sur nos rivages, décida de son goût et le porta vers la Cryptogamie aquatique. Riche alors, il ne pensait point que l'Histoire naturelle à laquelle il s'adonnait comme noble délassement de ses entreprises commerciales, deviendrait pour lui le plus solide comme le plus honorable moyen d'existence. Il se fit d'abord connaître par un ouvrage devenu fort rare, intitulé DISSERTATION SUR PLUSIEURS ESPÈCES DE FUCUS ( 1807, in-4° avec planches).

Vers cette époque la concurrence des fabriques de toiles peintes des départemens du Nord et de celles des provinces Méridionales, devint favorable aux premières. Le père de Lamouroux, répugnant à laisser sans pain les nombreuses familles qui trouvaient à vivre dans ses ateliers, ne suspendit point ses travaux, et sa brillante fortune fut consommée par ce grand acte d'humanité. Chacun de ses enfans, il en avait cinq, choisit avec courage un parti dans l'adversité; l'aîné vint à Paris où, sur sa réputation naissante, il fut nommé, vers 1808, l'un des professeurs de l'Université de Caen. Lamouroux alors consacra sans partage tous ses instans à sa passion pour l'Histoire naturelle, et le voisinage des côtes lui en procurant la facilité, il conçut, nons a-t-il

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dit souvent, le vaste projet de faire une Histoire de la Mer. Il y débutait, en 1813, par un excellent ouvrage, modestement intitulé ESSAI SUR LES GENRES DES THALASSIOPHYTES INARTICULÉS, et qu'on trouve dans les Annales du Muséum. C'est un véritable Genera enrichi du catalogue des espèces alors connues, méthodiquement distribuées, avec d'excellentes figures. Cet Essai doit être considéré comme le point de départ des progrès en Hydrophytologie, devenue une science par le mouvement qu'imprima Lamouroux à son étude. Il fut la base des travaux qu'on a faits depuis dans ce genre, et quelques soins que certains auteurs aient mis en pays étranger à déguiser les choses qu'ils y puisèrent, de tels emprunts frappent au premier coup-d'œil dans leurs traités (1).

En 1816, parut L'HISTOIRE GÉNÉRALE DES POLYPIERS CORALLIGÈNES FLEXIBLES (in-8° avec planches). C'était le premier pas vers la Zoologie océanique; L'EXPOSITION MÉTHODIQUE DES GENRES DE L'ORDRE DES POLYPIERS (in-4° avec planches), fut le second.

Il est difficile de s'occuper de l'Histoire des êtres qui jouent un si grand rôle dans la composition de la croûte du globe où leurs dépouilles se rencontrent en mille différens lieux, sans entrer dans la Géologie; Lamouroux y fit des progrès, et observa tous les fossiles de la riche contrée où un heureux hasard l'avait placé; il y decouvrit des Crocodiles, des Ichthyosaures, et de-là passant à la Géographie physique, il en fit imprimer un excellent traité (in-8°, chez Verdière), qui n'est pas aussi connu qu'il mérite de l'être, parce que peu de feuilles publiques en ont rendu compte, et qu'aujourd'hui la vogue des livres n'est plus guère déterminée par leur mérite intrinsèque, mais par le bien qu'on a l'art d'en dire soi-même, ou d'en faire dire dans les journaux. Lamouroux dédaignait de tels moyens d'arriver à la célébrité.

Lorsque le libraire Verdière forma le projet de publier une édition des œuvres de Buffon, qui l'emportàt sur toutes les autres en exactitude, et qui reproduisît le grand

(1) Voyez l'articlc HYDROPHYTES de ce Dictionnaire.

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écrivain lui-même purgé des additions incohérentes dont certains spéculateurs le défiguraient, c'est encore Lamouroux qui fut choisi pour conduire cette belle entreprise, dont il a soigneusement surveillé les douze premiers volumes. Desmarest, l'un de nos plus habiles Zoologistes, s'est, heureusement pour les nombreux souscripteurs de l'excellente édition de Verdière, chargé de remplir les engagemens contractés par l'ami que nous pleurons.

Ne dans la même ville, du même àge à bien peu de jours près, nous fûmes dès nos premiers ans uni à Lamouroux par les nœuds de cette tendre enfance que consolide chaque jour écoulé, et souvent associés aux mêmes travaux par le rapport de nos goûts, la continuation de la partie helmentologique de l'Encyclopédie par ordre de matière nous fut confiée, conjointement avec lui; Lamouroux y traitait les Zoophytes avec sa supériorité accoutumée: on lui doit la plus grande partie d'un demi-volume sur cette importante classe, et ses travaux dans ce Dictionnaire classique indiquent les vues dans lesquelles devait ėtre composée l'Histoire générale des animaux rayonnés qu'il méditait, lorsque dans la plénitude de la vie, dans un état de santé qui semblait promettre de longs jours, il fut enlevé à la science, à ses nombreux amis, à la plus intéressante épouse, au jeune fils qu'il destinait à perpétuer son nom dans les Sciences naturelles, comme s'y transmettent dignement ceux des Richard, des Jussieu, des Brongniart, des De Candolle et des Geoffroi Saint-Hilaire. Le docteur Jeannin, beau-frère du collaborateur que nous venons de perdre, botaniste aussi distingué que médecin habile, est heureusement capable de diriger son neveu dans la carrière qui lui fut si glorieusement ouverte. C'est dans la matinée au 26 mars que Lamouroux a cessé d'être. Nous regardons comme un devoir de publier une Monographie des Laminaires dont ce savant nous avait souvent entretenu, et dont il nous communiqua le plan peu de jours avant sa mort; ce sera le monument le plus digne que nous puissions élever à sa mémoire.

G. Delafosse réunira à la part de collaboration, dont il est

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déjà chargé dans ce Dictionnaire, celle qui appartenait à Lucas; E. Deslongchamps, notre collaborateur dans l'Encyclopédie de la veuve Agasse, partagera désormais avec l'auteur de cette Notice, la tache qui avait été confiée à Lamouroux; puissent nos lecteurs n'en point éprouver de regrets! (B.)

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DICTIONNAIRE

CLASSIQUE

D'HISTOIRE NATURELLE.

HAA-HIRNINGUR. MAM. (Olafsen.) Syn. de Dauphin Gladiateur. (B.)

* HAAVELLA. OIS. (Fabricius.) Syn. de Canard à longue queue. V. ce mot. (DR..Z.)

* HABAN-KUKELLA. OIS. Syn. de Francolin de Ceylan, Lath. V. PERDRIX. (DR.Z.)

HABARA ET HABARALA. BOT. PHAN. (Hermann.) Noms de pays donnés à Ceylan à l'Arum macrorhizum. Espèce du genre Gouet. V. ce mot. (B.)

HABASCON. BOT. PHAN. Ou plutôt Habascos, du mot espagnol Habas, qui signifie Fèves. On ne sait à quelle Plante appartient la racine mentionnée sous ce nom par d'anciens auteurs qui la comparent à celle d'un petit Panais, et disent que les naturels de l'Amérique s'en nourrissaient. (B.)

HABBURES. BOT. PHAN. (Camerarius.) Syn. de Plantago cretica. (B.)

HAB-EL-AZIS ou HALTSIS. BOT. PHAN. (Rauwolf.) Syn. de Cyperus esculentus à Tripoli. C'est le Hab-el-Zélim de Sérapion, auteur arabe. V. SOUCHET. (B.)

HABĖNAIRE. Habenaria. BOT. PHAN. Genre de la famille des Orchidées et de la Gynandrie Diandrie, L., établi aux dépens des Orchis de Linné par Willdenow, adopté et réformé par R. Brown (Prodr. Flor. Nov. - Holl., I, p. 312) qui l'a ainsi caractérisé: périanthe oblique, formé de trois ou cinq segmens réunis en casque, et d'un labelle muni d'un éperon à la base; anthère terminale possédant deux loges distinctes, accolées longitudinalement, quelquefois séparées à leur base; masses polliniques pédicellées; chaque pédicelle (caudicule, Richard) inséré sur la base correspondante de la glande nue. Ce genre se compose de Plantes herbacées et croissant sur la terre. Elles ont des racines tubéreuses et des fleurs en épis. Les espèces sur les-quelles Willdenow a constitué ce genre sont: l'Orchis Habenaria, L., Swartz, Observ., p. 319, tab. 9, et l'Orchis monorhiza, Swartz; Plantes indigènes de la Jamaïque. L'Orchis ciliaris, L., belle espèce, remarquable par ses fleurs d'un beau jaune d'or et par son labelle divisé en un grand nombre de filets capillaires, a été réunie au genre Habenaria, ainsi que plusieurs autres Orchidées de l'Amérique septentrionale. — R. Brown (loc. cit.) a proposé de distri-

TOME VIII. 1

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buer toutes les Habénaires en deux sections. Dans la première, qui est caractérisée par les loges de l'anthère adnées longitudinalement, il a placé les Orchis bifolia, hyperborea, aphylla, flava, cordata, cubitalis, albida, viridis, funbriata, secunda, hispidula, Burmanniana, etc. La seconde section, dans laquelle les loges de l'anthère sont séparées à leur base et le plus souvent très-allongées, renferme les Orchis Suzannœ, ciliaris, cristata, Mich., Habenaria, monorhiza, lacera, Mich., Roxburghii, Sw., viridiflora, fissa, Willd., et d'autres qui croissent dans l'Amérique du nord, les Indes-Orientales et la Nouvelle-Hollande. Quoique les espèces du cap de Bonne - Espérance diffèrent des autres par leur port, elles ne peuvent en être éloignées, attendu qu'on ne peut leur trouver aucun caractère particulier dans la fructification. Quelques espèces de la première section sont les types de genres nouveaux établis par Richard père (De Orchideis Europœis, p. 35). Ainsi l'Orchis bifolia constitue le genre Platanthera, les Orchis albida et viridis font partie du Gymnadenia, etc. V. ces mots. En excluant ces Plantes des Habénaires, Richard ajoute qu'aucune de celles-ci n'habite l'Europe. (G..N.)

* HABENORCHIS. BOT. PHAN. Du Petit-Thouars (Histoire des Orchidées des îles australes d'Afrique) donne ce nom à un groupe d'Orchidées des îles de Madagascar et de Mascareigne, qui correspond au genre Habenariade Willdenow. V. HABÉNAIRE. (G..N.)

HABESCH DE SYRIE, OIS. Espèce du genre Gros-Bec. V. ce mot. (B.)

* HABET. BOT. PHAN. Syn. arabe de Curcuma. Quelques-uns écrivent Habban ou Habbal, et rapportent ce synonyme au Cordamome. (B.)

HABHAB. BOT. PHAN. Nom du fruit de l'Adansonia digitata au Caire où on l'apporte de l'intérieur de l'Afrique. (B.)

HABIA. Saltator. OIS. Nom donné par Azzara à quatre espèces de Tangaras du Paraguay. Vieillot a adopté cette dénomination et l'a étendue à plusieurs autres Oiseaux de l'Amérique méridionale, pour en former un genre dont les caractères ne nous ont point paru suffisamment distincts. V. TANGARA. (DR..Z.)

HABILLA. BOT. PHAN. Dans quelques Dictionnaires, ce nom est donné comme celui des graines d'un Arbre du genre Hippocratea en Amérique. Habilla, diminutif du mot espagnol Haba, Fève, signifie simplement petite Fève, d'où Habichuela, syn. d'Haricot. (B.)

* HABITAT. ZOOL. et BOT. Ce mot latin est passé dans notre langue pour désigner la patrie d'un Animal ou d'une Plante. (B.)

HABIT-UNI. OIS. (Montbeillard.) Espèce du genre Sylvie. V. ce mot. (DR.. Z.)

*HABITUS. ZOOL. et BOT. V. FACIÈS et PORT.

* HABLITZ. ZOOL. Le Hamster est représenté sous ce nom dans les planches de l'Encyclopédie par ordre de matières. On l'applique aussi en Perse à un Oiseau, Motacilla alpina, L. (B.)

* HABRANTHE. Habranthus. BOT. PHAN. Sous ce nom, a été décrit dans le Botanical Magazine, n. 445, un genre nouveau de l'Hexandrie Monogynie, L., qui ne paraît être qu'une subdivision des Amaryllis; il diffère du genre Zephyranthes, qui a été aussi établi aux dépens de ce dernier, par ses étamines inégales dont deux courtes, deux très-longues et les deux autres inégales et d'une longueur intermédiaire. L'Habranthus gracilifolius est une Plante originaire de Maldonado dans l'Amérique méridionale. Elle possède une spathe biflore, entière; chaque fleur est régulière, campanulée, d'un beau rose, à divisions toutes égales et semblables; le style et les filamens sont inclinés latéralement; l'ovaire est infère comme dans les Amaryllidées. Ses feuilles sont lon-

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gues, étroites et presque linéaires. (G..N.)

HABZELI. BOT. PHAN. La Plante désignée sous ce nom, par Sérapion, paraît être le Poivre noir. On a appliqué ce nom à d'autres Végétaux, même au Souchet comestible, par contraction de Hab-el-Zélim. (B.)

HACH. OIS. (Flacourt.) Nom donné à Madagascar à une espèce de Canard imparfaitement connue. (DR..Z.)

HACHAL-INDI. BOT. PHAN. (Pison.) Syn. brésilien de Belle-de-Nuit. V. NYCTAGE. (B.)

HACHE. BOT. PHAN. Même chose que Hache d'eau ou de mer, qui est la Berle. V. ce mot. On donne aussi le nom de HACHE ou BATON ROYAL, à l'Asphodelus ramosus, L. (B.)

* HACHETTE. INS. (Engramèle.) Syn. de Bombix Tau, l'une des plus jolies espèces européennes de Lépidoptères nocturnes. (B.)

HACHIC. BOT. PHAN. (L'Ėcluse.) Syn. d'Acacia Catechu, Arbre dont on retire le Cachou. (B.)

HACHOAC. OIS. Syn. vulgaire de Corbine. V. CORBEAU. (DR..Z.)

* HACOSAN. BOT. PHAN. Syn. de Zizyphus Jujuba, Willd., dans les Philippines. V. JUJUBIER. (B.)

* HACQUETIA. BOT. PHAN. L'Astrantia Epipactis de Scopoli a été séparé sous ce nom générique par Necker (Element. bot., n. 306). (G..N.)

HAC-LON. BOT. PHAN. Nom que porte le Limodorum Tankervilleœ chez les Cochinchinois qui cultivent cette belle Plante comme un ornement de leurs jardins. (B.)

HACUB. BOT. PHAN. Ce nom, emprunté de l'Arabe Sérapion, a été conservé par Levaillant, dans les Mémoires de l'Académie, au Gundelia de Tournefort. V. ce mot. (B)

HADAGZ ou HEDAH. OIS. Syn. arabe de Milan Parasite. V. FAUCON. (DR..Z.)

* HADDA-DAS. OIS. Nom africain d'une espèce du genre Tantale, indiquée par Barrow, mais dont ce voyageur ne donne qu'une description très-imparfaite. (DR..Z.)

* HADDOK. POIS. (Stedman.) Espèce de Gade de Surinam qui paraît fort voisine de l'Æglefin. V. ce mot. (B.)

HADELDE. OIS. Syn. d'Hagedash au cap de Bonne-Espérance. V. ce mot.(DR..Z.)

HADES. BOT. PHAN. La Lentille chez les Arabes. Delile écrit Hads. (B.)

HADGINN ou ADJIN. MAM. Ces noms désignent chez les Arabes une race de Dromadaires, plus prompte à la course que les autres, et qui, selon Sonnini, franchit très-rapidement les déserts. (B.)

* HADOU. POIS. Même chose que Badoche. V. ce mot. (B.)

* HÆBACH ou RIHAN. BOT. PHAN. (Forskahl.) Syn. d'Ocimum Basilicum, L. V. BASILIC (bot. phan).(B.)

HÆGNO. MAM. (Azzara.) Nom de pays du Coati. V. ce mot. (B.)

* HAEHER. OIS. (Aldrovande.) Syn. ancien de Geai. V. CORBEAU. (DR..Z.)

HÆMACATE. REPT. OPH. Espèce du genre Vipère. V. ce mot. (B.)

HÆMACHATĖS. MIN. La Pierre ainsi nommée par Pline, était une Agate avec des taches couleur de sang. (B.)

HÆMAGOGUM. BOT. PHAN. Syn. ancien de Pivoine. (B.)

HÆMANTHE.Hœmanthus. BOT. PHAN. Genre de la famille des Amarylliaées de Brown et de l'Hexandrie Monogynie, établi par Linné et ainsi caractérisé: périanthe corolloïde, dout le tube est court et le limbe à six divisions profondes, égales et dressées; six étamines libres; ovaire inférieur surmonté d'un style et d'un stigmate simple; baie triloculaire, chaque loge monosperme. Le nom de ce genre, formé de deux mots grecs qui signifient fleurs de sang, indique

1*

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la belle couleur rouge purpurine des fleurs, dans la plupart des espèces. Ce sont des Plantes à racines bulbeuses, à feuilles radicales le plus souvent au nombre de deux et opposées; leur hampe est multiflore et leui spathe divisée en plusieurs segmens colorés. Elles sout originaires du cap de Bonne-Espérance, et on en cultive plusieurs dans les jardins de botanique. Elles exigent une terre franche, mais légère, une exposition en plein air durant l'été, et l'orangerie ou la serre chaude pendant l'hiver. On doit les arroser fréquemment lorsqu'elles sont en végétation, et très-rarement après la chute de leurs feuilles. On les multiplie au moyen de cayeux qu'on sépare pendant l'automne. Un grand nombre d'Hœmanthus sont figurés dans les ouvrages de luxe, tels que les Liliacées de Redouté, l'Hortus Schœnbrunnensis, etc. Nous mentionnerons seulement ici quelquesunes des espèces cultivées au Jardin des Plantes de Paris.

L'HÆMANTHE ÉCARLATE, Hœmanthus coccineus, L., Redouté, Liliacées, tab. 29. Cette Plante, vulgairement nommée la Tulipe du Cap, est remarquable par le bel involucre d'un rouge écarlate qui offre l'aspect d'une grosse Tulipe, et renferme vingt à trente fleurs d'un rouge vif, disposées en ombelles. Sa racine est un bulbe très-gros, d'où sortent deux feuilles larges, épaisses et en forme de langues, Vers le mois d'août, paraît une hampe haute de deux décimètres et parsemée de taches purpurines. L' Hœmanthus puniceus, L., Dillen., Holl. Elth., tab. 140, est une espèce voisine. De son bulbe sortent trois ou quatre feuilles lancéolées, ondulées et canaliculées. Sa hampe est tachetée comme une peau de Serpent, et son involucre est médiocrement colore, presque herbacé et à folioles inégales.

L'HÆMANTHE A TIGE ROUGE, Hœmanthus sanguineus, Jacq., Hort. Schœbrunn. T. IV, tab. 407. Son involucre est composė d'environ sept folioles rougeâtres, plus courtes que les fleurs; ses tiges, d'un rouge de sang, sortent d'entre deux feuilles très-glabres, étalées, larges et elliptiques.

L'HÆMANTHE A FEUILLES EN LANCE, Hœmanthus lanceœfolius, Jacq., loc. cit., 1, tab. 60. L'involucre est compose de quatre folioles purpurines, lancéolées, aiguës, renfermant des fleurs dont les pédoncules sont plus longs que cet involucre et disposés en ombelles. Ses bulbes ovales, de la grosseur d'une noix, produisent des feuilles lancéolées, rétrécies à leur base, ciliées sur les bords, du milieu desquelles s'élèvent des tiges grêles, comprimées, à deux angles.

Lemagnifique ouvrage que Jacquin a publié sous le titre d'Hortus Schœnbrunnensis, contient les figures et les descriptions de plusieurs autres espèces de ce beau genre. Tels sont les Hœmanthus coarctatus, tigrinus, quadrivalvis, albiflos, heliocarpus, crassipes, moschatus, amarylloides, pumilio et humilis.

L'Hœmanthus dubius de Kunth (Nov. Gener. et Spec. Plant. œquin., I, p. 281) n'est rapporté à ce genre qu'avec doute par son auteur, parce que, selon les notes de Bonpland, la capsule de cette Plante est triloculaire et à loges polyspermes. (G..N.)

* HÆMATINE. OIS. Espèce du genre Gros-Bec. V. ce mot. (B.)

HÆMATITE OU SANGUINE. MIN. Nom donné par les anciens minéralogistes à une variété de Fer oxidé rouge, en stalactite ou en concrétion mamelonnée à tissu fibreux, que l'on trouve dans un grand nombre d'endroits, et en particulier à l'île d'Elbe, où elle forme des masses considérables. Elle porte, lorsqu'elle est polie, le nom de Pierre à brunir, et on s'en sert pour donner de l'éclat aux métaux dont la surface a été préalablement adoucie. La même dénomination d'Hœmatite a été appliquée à une variété analogue d'Hydroxide de Fer, qui est brune ou noirâtre, et l'on a distingué les deux espèces, en appelant Hæmatite rouge, celle qui

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provenait du peroxide, et Hæmatite brune, celle qui appartenait au Fer hydrocidé. V. FER. (G. DEL.)

HÆMATOPOTE. Hœmatopota. INS. Genre de l'ordre des Diptères, famille des Tanystomes, fondé par Fabricius aux dépens des Taons, et adopté par Meigeu et par le plus grand nombre des entomologistes. Latreille lui assigne pour caractères: antennes sensiblement plus longues que la tête de trois pièces; la première un peu plus courte seulement que la troisième, renflée, ovale, cylindrique; la seconde très-courte, en forme de coupe; la dernière en cône allongé ou en alène. Ce petit genre se trouve exactement décrit par Meigen (Descript. syst. des Dipt. d'Europe, T. II), qui en décrit quatre espèces, dont une très-commune sert de type au genre, et porte le nom de:

HÆMATOPOTE PLUVIALE, H. pluvialis, Fabr., ou le Tabanus pluvialis L., qui est la même espèce que le Taon à ailes brunes piquées de blanc de Geoffroy (Hist. des Ins. T. II, p. 461), figurée par Réaumur (Mém. sur les Ins. T. IV, pl. 18, fig. 1), et par Meigen (loc. cit., tab. 14, fig. 16). On la trouve en automne dans les prairies. Elle incommode les bestiaux. (AUD.)

HÆMATOPUS. OIS. V. HUITRIER.

HÆMATOXYLE. Hœmatoxylum. BOT. PHAN. Vulgairement Campêche. Genre de la famille des Légumineuses, et de la Décandrie Monogynie, L., dont les principaux caractères sont: calice turbiné, rougeâtre extérieurement, à cinq divisions profondes et réfléchies; cinq pétales égaux, rétrécis à leur base, deux fois plus longs que les lobes du calice; dix étamines dont les filets sont libres à la base, et légèrement velus intérieurement; stigmate échancré; légume capsulaire lancėolé, très-comprimé, unilocolaire, à deux valves naviculaires, relevées d'une crête sur sa suture dorsale, et contenant deux ou trois graines oblongues et comprimées. Ce genre ne renferme qu'une seule espèce, que son emploi dans la teinture rend trop importante pour que nous ne nous arrêtions pas à son histoire.

L'HÆMATOXYLE DE CAMPêCHE, Hœmatoxylum Campechianum, L. et Lamk. (Illustr., tab. 340), est un Arbre qui s'élève à la hauteur de quinze à vingt mètres; son écorce est rugueuse, son aubier est jaunâtre; tandis que les couches ligneuses sont d'un rouge foncé. On remarque sur ses branches des épines formées par de jeunes rameaux avortés. Ses feuilles sont alternes, pinnées, sans impaire, composées ordinairement de quatre ou cinq paires de folioles opposées, petites, obovales, presque cordiformes, luisantes, coriaces et à nervures parallèles. Les fleurs, de couleur jaune, sont disposées en épis ou en grappes simples à l'aisselle des feuilles; elles répandent une odeur analogue à celle de la Jonquille. Cet Arbre croît sur les côtes du Mexique, près de Campêche, d'où lui vient son nom de Bois de Campêche sous lequel il est connu dans le commerce. Il est maintenant naturalisé dans les Antilles où on le plante autour des propriétés pour en former des haies. Le bois de Campêche est apporté d'Amérique en grosses bûches dépouillées de leur aubier; il est très-dur et susceptible d'un beau poli. Son principe colorant est très-soluble dans l'Alcohol, l'Ether et l'eau bouillante, et la solution concentrée passe du rouge orangé au rouge vif par les Acides versés en grande quantité. Les Alcalis forment avec lui des combinaisons bleues qui peuvent être conservées pendant très-long-temps sans altération. La découverte de ce principe est due à Chevreul, qui l'a faite en 1810, et lui a donné le nom d'Hématine. Lorsque cette substance a cristallisé lentement, elle est d'un blanc rosé, ayant un reflet argentin; vue à la loupe et éclairée par un rayon du soleil, elle paraît formée de petites écailles ou de petits globules d'un gris métallique brillant.

C'est dans la teinture qu'on fait le

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plus grand usage du bois de Campêche. On l'a employé en médecine contre la diarrhée chronique, à cause de sa saveur douce et astringente. Cette qualité physique, jointe à une odeur particulière, fait aisément reconnaître les liqueurs colorées par son moyen. Aussi n'est-il pas nécessaire de recourir aux réactifs chimiques pour reconnaître si les vins ont été colorés artificiellement par le bois de Campêche. (G..N.)

HÆMOCARPUS. BOT. PHAN. (Noronha.)Syn. de Harongane. V. ce mot. (G..N.)

* HÆMOCHARIS. Hœmocharis. ANNEL. Genre de l'ordre des Hirudinées, famille des Sangsues, fondé par Savigny (Syst. des Annel., p. 106 et 111) qui lui donne pour caractères distinctifs: ventouse orale peu concave; mâchoires réduites à trois points saillans; huit yeux réunis par paires disposées en trapèze; ventouse anale obliquement terminale. Ce genre est voisin des Albiones par l'absence des branchies et par la ventouse orale d'une seule pièce; mais il en diffère essentiellement par le peu de concavité de cette ventouse et par le nombre plus grand des yeux.

Les Hæmocharis, regardés par les auteurs comme des espèces de Sangsues, constituent, dans la Méthode de Blainville, le genre Piscicola adopté par Lamarck (Hist. Nat. des Anim. sans vert. T. v, p. 294. Savigny les a décrits avec soin. Leur corps est cylindrique, légèrement aminci vers la ventouse antérieure, composé d'anneaux point saillans, peu distincts, qui paraissent assez nombreux; le dix-septième segment? et le vingtième? présentent les orifices des organes générateurs. Les yeux, au nombre de huit, sont réunis par paires, deux antérieurs et deux postérieurs. La bouche est très-petite et située dans le fond de la ventouse orale, plus puès du bord inférieur. La ventouse orale est formée par un seul segment et séparée par un fort étranglement; elle est peu concave, en forme de coupe; son ouverture est oblique, elliptique, avec un léger rebord. La ventouse anale est assez concave, sous-elliptique, non bordėe, obliquement terminale.

On ne connaît encore qu'une seule espèce qui vit dans les eaux douces de l'Europe, et qui paraît s'attacher de préférence à certains Poissons du genre Cyprin; elles se dėplacent assez souvent et marchent à la manière des Chenilles arpenteuses.

L HÆMOCHARIS DES POISSONS, Hœmocharis Piscium, Sav., ou l'Hirudo geometra, L.; l'Hir. Piscium de Müller et de Roësel; et la Piscicola Piscium de Lamarck. Suivant Savigny, son corps est long de dix à douze lignes, grêle, lisse, terminé par des ventouses inégales, la postérieure étant double de l'antérieure et légèrement crénelée. Les yeux sont noirs; ceux de chaque paire sont confondus ensemble par une tache brune, et ces quatre taches représentent en quelque sorte, par leur disposition, les quatre angles tronques d'un trapèze converti en octaèdre. Sa couleur générale est d'un blanc jaunâtre, finement pointillé de brun, avec trois chaînes dorsales chacune de dix-huit à vingt taches elliptiques plus claires que le fond et non pointillées; la chaîne intermédiaire est mieux marquée que les latérales. On voit deux lignes de gros points bruns sur les côtés du ventre, alternant avec les taches claires du dos. La ventouse anale est rayonnée de brun et marquée entre les rayons de huit mouchetures noirâtres. Cette espèce se trouve figurée dans l'Encyclopédie Méthodique (Vers, pl. 51, fig. 12-19). (AUD.)

* HÆMODORACÉES. Hœmondoraceœ. BOT. PHAN. Famille de Plantes Monocotylédones, établie par Rob. Brown (Prodr. Flor. Nov. Holl., 1, p. 299) qui l'a ainsi caractérisée: périanthe supère, rarement infère, à six divisions; six étomines insérées sur le périanthe, ou trois seulement

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opposées aux divisions inférieures de celui-ci; anthères introrses; loges de l'ovaire renfermant une, deux ou plusieurs graines; style simple et stigmate indivis; péricarpe capsulaire, à plusieurs valves, quelquefois sans valves, et d'une consistance de noyau; graines définies et peltées, ou indéfinies. Cette famille se distingue suffisamment des Iridées par le port très-différent des Plantes qu'elle renferme, par le nombre de ses étamines et la structure des anthères. R. Brown l'a partagėe en trois sections, et y a fait entrer les genres suivans:

1re section. Graines définies, peltées; trois étamines: Hœmondorum, Smith.

2e section. Graines indéfinies; six étamines: Conostylis, R. Br.; Anigozanthos, Labill.

3e section. Graines définies; six étamines: Phlebocarya, R. Br.

Outre ces genres de la Nouvelle-Hollande, les Hæmodoracées comprennent encore les Dilatris, Berg.; Lanaria, Pers., ou Argolasia, Juss.; Heritiera, Gmel. et Michx., et le Wachendorfia, L. Nées et Martius ont récemment rapporté à cette famille le nouveau genre Hagenbachia. Malgré son ovaire infère, le Xyphidium fait probablement partie des Hæmodoracées, vu son affinité avec le Wachendorfia; mais R. Brown, ne connaissant pas la structure de son fruit, a hésité de l'y rapporter. Le Phylidrum que. Salisbury a rapproché des Hæmodoracées en est très-éloigné. Les graines en nombre indėfini du Conostylis et de l'Anigosanthos distinguent ces deux genres. Le Phlebocarya est particularisé par son ovaire uniloculaire et son péricarpe osseux. (G..N.)

HÆMODORE. Hœmodorum. BOT. PHAN. Ce genre, qui a donné son nom à la famille des Hæmodoracées, et qui appartient à la Triandrie Monogynie, L., a été établi par Smith (Trans. of the Linn. Societ., 4, p. </illegibleŴ13). Dans son Prodrome de la Flore de la Nouvelle-Hollande, 1, p. 299, R. Brown en a ainsi exposé les caractères: périanthe supère à six divisions persistantes, glabres; trois étamines insérées à la base des folioles intérieures du périanthe; ovaire triloculaire à loges dispermes; style filiforme, surmonté d'un stigmate; capsule semisupère, trilobée, triloculaire, à loges dispermes; graines peltées, comprimées et bordées. Ce genre se compose de cinq espèces qui habitent la partie de la Nouvelle-Hollande située entre les Tropiques et aux environs du port Jackson. Ce sont des Plantes herbacées, glabres, à racines tubéreuses, fusiformes et rouges de sang. Leurs tiges sont simples, garnies de feuilles planes ou légèrement cylindriques, engaînantes à la base. Leurs fleurs sont disposées en corymbe, rarement en épi. (G..N.)

Le nom d'Hæmodore a été emprunté de l'Ecluse qui l'avait appliqué à l'Orobanche. (B.)

* HÆMONIE. Hœmonia. INS. Petit genre de l'ordre des Coléoptères, section des Tétramères, famille des Eupodes, établi par Megerle aux dépens des Donacies et adopté par Dejean (Catal. des Coléopt., p. 114.) qui en possède une espèce, l'Hœmonia Equiseti ou la Donacia Equiseti de Fabricius. Elle est originaire d'Allemagne. (AUD.)

* HÆMOPIS. Hœmopis. ANNEL Genre de l'ordre des Hirudinées famille des Sangsues, établi par Savigny (Syst. des Annel., p. 107 et 116.) qui lui assigne pour caractères distinctifs: ventouse orale peu concave, à lèvre supérieure très-avancée, presque lancéolée; mâchoires grandes, ovales, non comprimées, à deux rangs peu nombreux de denticules; dix yeux disposés sur une ligne courbe, les quatre postérieurs plus isolés; ventouse anale obliquement terminale. Les Hæmopis offrent plusieurs points de ressemblance avec les Bdelles, les Sangsues proprement dites, les Néphélies et les Clepsines; mais ils en diffèrent par plusieurs caractères

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assez tranchés, tirés de la venteuse orale, des mâchoires, des yeux et de la ventouse anale. Ce genre, fondé aux dépens de celui des Sangsues, s'en éloigne essentiellement par les mâchoires non comprimées et munies de denticules peu nombreux. Le corps des Hæmopis est cylindrico-conique, peu déprimé, allongé, composé de segmens nombreux, courts, égaux, très- distincts; le vingt-septième ou vingthuitième, et trente-deuxième ou trente-troisième portant les orifices des organes générateurs; il n'existe point de branchies; la bouche est grande relativement à la ventouse orale; celle-ci est composée de plusieurs segmens, elle n'est pas séparée du corps; son ouverture est transverse et à deux lèvres; la lèvre supérieure est très-avancée, presque lancéolée et formée par les trois premiers segmens, le terminal plus grand et obtus; la lèvre inférieure est rétuse; la ventouse anale est de moyenne grandeur et simple. Ce petit genre a pour type:

L'HÆMOPIS SANGSUE DE CHEVAL, Hœmopis Sanguisorba, Sav., ou l'Hirudo Sanguisuga de Linné et de Lamarck, qui est le même que l'H. Sanguisuga de quelques auteurs. Cette espèce, plus grande que la Sangsue médicinale, se trouve communément dans les étangs; sa morsure produit des plaies douloureuses et quelquefois de mauvaise nature. Savigny a déorit trois nouvelles espèces plus petites et qu'il a recueillies dans les étangs des environs de Paris.

L'HÆMOPIS NOIRE, H. nigra, Sav.; son corps est grêle, presque cylindrique dans son état habituel de dilatation, et composé de quatre-vingt dixhuit segmens; la ventouse orale a sa lèvre supérieure lisse en dessous, demi-transparente et laissant apercevoir dans l'Animal vivant les yeux qui sont noirs et très-distincts; la ventouse anale a son disque très-lisse; les mâchoires ont, dans quelques individus, outre leurs denticules, un petit crochet mobile; leur couleur est noire en dessus, cendré-noirâtre en dessous et sans taches; elle est d'une taille moyenne.

L'HÆMOPIS EN DEUIL, H. luctuosa, Sav.; cette petite espèce a le corps long de douze à quinze lignes, cylindrique, formé de quatre-vingt-dixhuit segmens; la ventouse orale a sa lèvre pellucide; les yeux sont noirs et très-distincts; la ventouse anale est lisse en dedans; la couleur est noire en dessus, avec quatre rangées de points plus obscurs; elle est noirâtre en dessous.

L'HÆMOPIS LACERTINE, H.lacertina, Sav.; cette autre petite espèce a le corps long de douze à quinze lignes, un peu déprimé et formé de quatre-vingt-dix-huit segmens; les yeux sont noirs, très-distincts; les mâchoires sont fortes; la ventouse anale est lisse; la couleur est brune sur le dos avec deux rangées flexueuses de points noirs, inégaux; deux plus gins et plus intérieurs alternent régulièrement avec trois petits plus extérieurs; il existe deux autres rangées latérales de points peu visibles: le ventre est d'un brun clair. (AUD.)

HÆNCKEA. BOT. PHAN. Ruiz et Pavon, dans le Prodrome de leur Flore du Pérou et du Chili, p. 65, avaient donné ce nom générique à une Plante qu'ils ont rapportée ensuite (Flor. Peruv., 3, p. 8, t. 230) au genre Celastrus; c'est leur C. macrocarpa. Ils ont ensuite décrit et figuré, sous le nom de Hœnckea flexuosa (loc. cit., p. 8, tab. 231), une espèce qui a été rapportée au genre Schœpfia de Schreber, ou Codonium de Vahl. V. SCHÆPFIE. (G..N.)

* HÆNSLERA. BOT. PHAN. Lagasca (Nov. Gener. et Spec. Diagnos. p. 13) a décrit, sous le nom de Hœnslera danaeformis, une Plante que Linné confondait avec les Ligusticum, et qui est devenue le type du genre Danaa d'Allioni. V. ce mot. Sprengel (Prod. Umbellif., p. 19) a rétabli aussi ce genre en lui appliquant la dénomination de Physospermum, anciennement proposée par Cusson. (G..N.)

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* HÆPFNÉRITE. MIN. Syn. de Grammatitc. (B.)

* HÆRATULES. MOLL. (Luid.) Syn. d'Huîtres fossiles. (B.)

* HÆRBA. MAM. Le Hérisson d'Egypte porte ce nom dans le pays. (B.)

* HÆRNIA. BOT. PHAN. (Sérapion.) Syn. de Vitex trifoliata, L. (B.)

* HÆRUCULA. INT. Linné a le premier décrit cet Animal sous le nom de Fasciola barbata. Pallas, dans son Elenchus Zoophytorum, p. 415, en donne une nouvelle description, sons le nom de Tœnia Hœrnia; il en avait fait auparavant un genre particulier sous le nom d'Hœrucula dans sa Dissertation; Rudolphi l'a réuni aux Echynorhynques sous le nom d'Echynorhyncus Hœruca. V. ECHYNORHYNQUE. (LAM..X.)

HÆRUQUE. Hœruca. INT. Genre établi par Gmelin, adopté par plusieurs auteurs. Goëze l'avait nommé Pseudo-Echynorhynchus. Rudolphi considère l'Animal qui a servi de type à ce genre, comme un Echynorhynque mal observé, mal décrit et mal figuré; il l'a relégué parmi les espèces douteuses. V. ECHYNORHYNQUE. (LAM..X.)

HAFFARA. POIS. Espèce du sousgenre Sargue dans le genre Spare. V. ce mot. (B.)

HAFLE. POIS. L'un des noms vulgaires de l'Hyppure, espèce du genre Coryphœne. V. ce mot. (B.)

* HAFSULA. OIS. (Olafsen.) Syn. de Fou de Bassan. V. Fou. (DR..Z.)

HAGARD. OIS. Nom denné au Faucon commun, très-vieux, dont certains auteurs firent mal à propos une espèce. V. FAUCON. (DR..Z.)

* HAGARRERO. OIS. (Temminck.) Espèce du genre Pigeon. V. ce mot. (DR..Z.)

HAGEDASH. OIS. (Sparrmann.) Espèce du genre Tantale. V. ce mot. (DR..Z.)

HAGÉE. Hagea. BOT. PHAN. Genre de la famille des Paronychiées d'Aug. Saint-Hilaire, et de la Pentandrie Monogynie, L., établi par Lamarck (Journ. d'Hist. nat., vol. 2, p. 3, tab. 25). Cet auteur lui avait donné le nom de Polycarpea qui, enraison de sa ressemblance avec celui de Polycarpon, imposé par Linné à un genre voisin, a été changé par Ventenat en celui de Hagea, adopté par les botanistes. D'un autre côté, Willdenow (Enumer. Plant. Hort. Berol., 1, 269) a décrit une de ses espèces sous le nom générique de Mollia. Voici les caractères de ce genre: calice à cinq folioles; cinq pétales échancrés; cinq étamines; style simple; capsule supérieure, trigone, uniloculaire et renfermant un grand nombre de graines.

L'HAGÉE DE TÉNERIFFE, Hagea Teneriffœ, Venten., peut être considérée comme l'espèce type du genre. C'est une petite Plante dont les tiges ramifiées et articulées sont étalées sur la terre et couvertes de feuilles vertes, opposées, inégales, spathulées et un peu mucronées au sommet. Elles sont accompagnées de petites stipules scarieuses et verticillées. Les fleurs sont petites, panachées de vert et de blanc argenté, disposées en panicules terminales, rameuses et dichotomes. On cultive au Jardin botanique de Paris celte Plante qui a été découverte sur le pic de Ténériffe. Dans cette localité croît une espèce très-voisine de la précédente, et que Willdenow a décrite sous le nom de Mollia latifolia. Les autres Plantes rapportées à ce genre sont: 1° l'Achyranthes corymbosa, L., ou Hagea indica, Vent., indigène de l'île de Ceylan; 2° Polycarpea microphylla, Cav., ou Hagea gnaphalodes, Pers., découverte dans le royaume de Maroc par Schousboë qui l'avait nommée Illecebrum gnaphalodes. (G.. N.)

* HAGENIA. BOT. CRYPT. (Lichens.) Ce genre, fondé par Eschweiler dans son Systema Lichenum (Munich, 1824), est formė aux dépens du genre Borrera d'Achar. Les caractères sur lesquels il est établi

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sont: thallus foliacé, rameux, lacinié, fibrilleux, cilié au-dessous ou vers la marge, inférieurement tomenteux, blanchâtre; apothécions orbiculaires, réniformes, terminaux, sous-pédicellés, situés obliquement; à lame proligère, marginée par le thallus. Ce genre sépare un groupe fort naturel sur une considération trop légère, puisque la principale est fondée sur la présence des cils qui se trouvent près de la marge du thallus. Partant de-là, Eschweiler range les, Solenaria, tenella, furfuracea, kamtschadalis, villosa, Ephebea, atlantica, etc., parmi les Parmelia, le Borrera pubera, parmi les Usnées, et regarde seulement les Borrera ciliaris et leucomela comme des Hagenia. L'espèce que nous avons dessinée dans notre méthode, pl. 2, fig. 23, sous le nom de Borrera Boryi, serait un Hagenia. Ce nom d'Hagenia n'eût pas pu être conservé, puisque Lamarck a créé depuis long-temps pour les Phanérogames un genre Hagenia adopté par les botanistes. Mœnch avait aussi créé un genre consacré à Hagen, ce qui permet de s'étonner de la phrase ou Eschweiler se plaint de l'oubli dans lequel est tombée la mémoire de Hagen. Les naturalistes, prompts à reconnaître le mérite, sont également prompts à l'honorer. Le genre Borrera de Meyer, qui est un Spermacoce (V. ce mot), est d'une création postérieure à celle du Borrera d'Achar qui doit être maintenu. (A. F.)

HAGENIE. Hagenia. BOT. PHAN. Sous ce nom Lamarck a établi un genre de l'Octandrie Monogynie, L., et il a en même temps indiqué ses rapports avec les Méliacées. Voici la description abrégée de l'Hagenia Abyssinica, unique espèce du genre: ses tiges se divisent en rameaux glabres, couverts supérieurement de feuilles en touffes, ailées avec impaire, composées d'environ treize à quinze folioles ovales, lancéolées, aiguës, dentées à leur contour, échancrées et inégales à leur base; les pétioles dilatés en gaîne à leur partie inférieure laissent, après leur chute, une membrane qui se présente comme une stipule annulaire; les fleurs sont accompagnées de petites bractées lancéolées, entières, et sont disposées en panicules terminales, pendantes, étalées et ramifiées; elles ont un calice partagé en deux folioles concaves; cinq pétales planes, elliptiques, obtus; un très-court appendice, à cinq découpures profondes, ovales, dans lequel sont renfermées dix étamines très-courtes; le fruit est capsulaire. Le voyageur Bruce, qui a découvert cet Arbre dans l'Abyssinie, l'a mentionné sous le nom de Cusso. Comme il n'est fait aucune mention de ce genre dans la famille des Méliacées, dont le professeur De Candolle a publié le tableau dans son Prodromus, nous pensons que ce genre, pour être adopté, exige des renseignemens ultérieurs. C'est pourquoi il ne nous a pas paru convenable d'en donner à part le caractère générique, qui d'ailleurs pourra être facilement extrait de la description précédente. Mœnch avait aussi constitué un genre Hagenia avec le Saponaria porrigens, L., mais il n'a pas été adopté. V. SAPONAIRE. (G..N.)

* HAGUIMIT. BOT. PHAN. V. AIMIRI ou AIMIT.

* HAGUR. OIS. Syn. d'Hirondelle de fenêtre. V. ce mot. (DR..Z.)

* HAIALHALEZ. BOT. PHAN. (Daléchamp.) L'un des noms arabes de la Joubarbe des toits. (B.)

* HAIAS OU HAJAS. BOT. PHAN. On trouve mentionnée sous ce nom, dans quelques voyageurs, une racine cultivée en Amérique, qui est l'AIES de Bauhin et de l'Ecluse. Cette prétendue racine nous paraît être l'Arachide, et ces mots d'Haias ou d'Hajas pourraient bien être un double emploi de Habascos. V. HABASCON. (B.)

* HAINGHA. OIS. Nom que l'on donne, suivant Labillardière, dans

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les îles des Amis, à une petite espèce de Perruche. (G.)

HAIRI. BOT. PHAN. (Thevet.) V. AIRI.

* HAIRON. BOT. PHAN. (Rauwolf.) Variété du Dattier dont les fruits sont plus allongés que les Dattes ordinaires. (B.)

* HAI-YU. BOT. PHAN. L'un des noms de pays de l'Arum esculentum. V. GOUET. (B.)

HAJAS. BOT. PHAN. V. HAIAS.

HAJE. REPT. OPH. Espèce égyptienne du genre Vipère. V. ce mot. (B.)

HAKĖE. Hakea. BOT. PHAN. Ce genre de la famille des Protéacées et de la Tétrandrie Monogynie, L., a été établi par Schrader (Sert. Hanov., 27, tab. 7) et adopté par Cavanilles, Labillardière et R. Brown. Ce dernier auteur, dans son Mémoire sur les Protéacées (Transact. of the Linn, Societ. T. x, p. 178), en a ainsi exposé les caractères: périanthe à quatre divisions irrégulières, placées du même côté; étamines nichées dans les sommets concaves des divisions du périanthe; glande hypogynique unique, presque partagée en deux (rarement entièrement bilobée); ovaire pédicellé disperme; stigmate presque oblique, dilaté à la base et terminé en pointe; follicule ligneux, à une seule loge excentrique, et ayant l'apparence d'avoir deux valves; graines munies au sommet d'une aile plus longue que le noyau. Plusieurs espèces de Hakea ont été décrites sous le nom générique de Conchium par Smith (Transact. Linn. T. IV, p. 215), Ventenat (Malmaison, 110) et Gaertner (Carpolog. 3, p. 216); d'autres ont été réunies aux Banksia par Salisbury, Smith et Gaertner. Il se compose d'Arbrisseaux roides, ou d'Arbres médiocres, couverts quelquefois de poils en navette; leurs feuilles sont éparses, souvent de formes diverses sur le même individu. Aux aisselles des feuilles, on voit de petites grappes ou fascicules enveloppés par des écailles imbriquées, scarieuses, caduques, renfermant quelquefois les rudimens des rameaux, et pouvant, par cette raison, être regardés comme des bourgeons. Cette circonstance s'observe dans toutes les espèces du genre, excepté une seule, et le distingue beaucoup mieux de ses voisins, que les autres caractères qui sont sujets à varier. Les fleurs sont petites, blanches ou jaunâtres, portées sur des pédicelles colorés géminés et accompagnés d'une bractée; le pistil est très-glabre, à style caduc; la capsule a ses parois fort épaisses, et les graines sont noires ou cendrées;

Toutes les Hakées sont indigènes de la Nouvelle-Hollande, principalement de la partie australe de la terre de Diémen, et des environs du port Jackson. Une seule espèce (H. arborescens) croît entre les Tropiques, et cette espèce est aussi la seule dont les bourgeons floraux soient nus. On en cultive quelques-unes comme Plantes de curiosité, dans les serres tempérées des jardins de l'Europe. Les trentecinq espèces décrites par R. Brown ont été distribuées en trois sections: dans la première, sont celles à feuilles filiformes; dans la seconde, les unes ont des feuilles filiformes ou disposées sur la même Plante; et dans la troisième, sont placées les espèces à feuilles planes.

Nous nous bornerons à mentionner les suivantes: 1° Hakea pugioniformis de Cavanilles (Icon. 6, p. 24, tab. 533), qui a reçu sept autres dénominations. Schrader l'a figurée sous le nom d'Hakea glabra; et c'est une de celles dont il a formé le type du genre. 2° H. epiglottis, Labillardière (Nov.-Holland. 1, p. 30, tab. 40). 3° H. gibbosa, Cav. (loc. cit., tab. 534). C'est l'Hakea pubescens de Schrader, le Banksia pinifolia de Salisbury, le Banksia gibbosa de Willdenow, et le Conchium gibbosum de Smith. 4° H. acicularis de Knight et Salisbury (Proteac. 107), ou H. sericea de Schrader, Conchium aciculare de Ventenat (Jardin de la Malmaison, tab. 3). 5° H. saligna, Kn.

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et Salisb.; Conchium salignum de Smith, et Embothrium salignum d'Andrews (Reposit., tab. 215). 6° H. ruscifolia, Labill. (loc. cit., 1, p. 30, tab. 39). 7° H. dactyloides, Cavan. (loc. cit., tab. 535), Banksia dactyloides, Gaertner (Carpol. 1, p. 221, tab. 47, f. 2), et Conchium dactyloides, Ventenat (loc. cit., tab. 110). (G..N.)

HAKIK. OIS. Syn. de Pélican. V. ce mot. (DR..Z.)

HALACHIA ET HALACHO. POIS. Noms vulgaires de l'Alose. V. CLUPE. (B.)

HALADROMA. OIS. (Illiger.) Syn. de Pélécanoïde. V. ce mot. (DR..Z.)

HALÆTUS. OIS. Pour Haliætus. V. ce mot. (B.)

* HALALAVIE. OIS. (Flacourt.) Nom d'une Perruche indéterminėe à Madagascar. (DR..Z.)

HALANDAL, HELANDEL OU HANDEL. BOT. PHAN. Syn. arabes de Coloquinte. (B.)

HALBOPAL. MIN. Syn. de Quartz résinite. (B.)

HALBOURG. POIS. Le Hareng plus gros que les Harengs communs, qu'on pêche solitaire sur nos côtes après le départ des grands bancs, et désigné vulgairement sous ce nom, pourrait bien être une espèce particulière de Clupe. V. ce mot. (B.)

* HALBRAN. OIS. V. ALBRAND.

HALCEDO. OIS. Pour Alcedo. V. ALCYON. (B.)

HALCON. OIS. Syn. de Faucon. V. ce mot. (DR..Z.)

HALCYON. OIS. Pour Alcyon. Cette orthographe éminemment vicieuse n'eût pas même été relevée dans ce Dictionnaire si on ne la voyait avec surprise se perpétuer dans tous les autres. Alcyon est un de ces noms mythologiques tellement consacrés, qu'on n'y saurait ajouter ou retrancher une lettre quelconque non plus qu'à ses dérivés. (B.)

HALE. POIS. Espèce égyptienne du sous-genre Hétérobranche. V. ce mot. (B.)

HALEBRAND. OIS. Pour Albrand, jeune Canard. V. ce mot. (B.)

* HALEC. POIS. Vieux syn. de Hareng. V. CLUPE. (B.)

* HALECIUM. POLYP. Ocken a réuni sous ce nom plusieurs Polypiers qui appartiennent à nos genres Thoa, Laomédée et Clytie. Nous ne croyons pas devoir adopter le genre Halecium ainsi que l'a fait A. F. Schweigger dans son Manuel des Animaux invertébrés, à cause des caractères nombreux qui séparent les espèces que l'auteur allemand a rassemblées dans le même groupe. (LAM..X.)

* HALECULA. POIS. (Belon.) Syn. d'Anchois. V. CLUPE. (B.)

HALEINE DE JUPITER. BOT. PHAN. Quelques jardiniers ont désigné sous ce nom les espèces odorantes du genre Diosma. V. ce mot. (B.)

* HALEKY. BOT. PHAN. D'où Halecus de Rumph (Amb., tab. 5, pl. 126). Nom de pays du Croton aromaticum, Plante d'Amboine. (B.)

* HALĖNIE. Halenia BOT. PHAN. Le Swertia corniculata, L., Plante de la famille des Gentianées et de la Pentandrie Digynie, L., a été érigé, sous le nom d'Halenia, en un genre distinct par Borckhausen (in Rœmer Archiv. für die Botanik, 1, p. 25), à cause des prolongemens cornus qui se trouvent à la base de la corolle, et qui représentent les points glandulaires des vraies Swerties. Les six espèces de Swertia rapportées de l'Amérique méridionale et du Mexique par Humboldt et Bonpland, et décrites avec beaucoup de soin par Kunth (Nov. Genera et Spec. Plant. œquinoct. T. III, p. 135, édit. in-fol.), devront être rapportées au genre Halenia, si son admission paraît nécessaire. Elles ont d'abord toutes leurs corolles munies d'appendices extérieurs plus ou moins prolongés en forme d'éperons ou de tubercules, et Kunth, en proposant avec doute leur

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différence générique, exprime ainsi le caractère de ce nouveau genre: calice à quatre divisions profondes; corolle presque campanulée, quadrifide, munie de quatre éperons et de quatre tubercules; quatre étamines; le reste comme dans les Swerties. Si, comme nous le pensons, on doit unir aux Plantes décrites par Kunth, le Swerlia corniculata, L., il sera convenable d'adopter le nom d'Halenia, et de modifier le caractère ci-dessus exposé en ne fixant pas le nombre des parties de la fleur, attendu qu'il est sujet à variations. (G..N.)

HALESIER. Halesia. BOT. PHAN. Ce genre, établi par Ellis et Linné, a été dédié au célèbre Hales, auteur de la Statique des Végétaux. Il appartient à la famille des Styracinées de Richard et de Kunth, à la Dodécandrie Monogynie, L., et il est ainsi caractérisé: calice très-petit à quatre dents; corolle grande, renflée et campanulée, à limbe divisé en quatre lobes peu prononcés; douze à seize étamines dont les filets sont réunis en tube et adnés à la corolle, et dont les anthères sont oblongues et dressées; ovaire infere surmonté d'un style et d'un stigmate; noix recouverte d'une écorce, oblongue, à quatre angles saillans, acuminés par le style persistant, à quatre loges monospermes; deux des loges souvent avortées. Les Plantes de ce genre sont des Arbrisseaux indigènes de l'Amérique méridionale, à feuilles simples, alternes, imitant celles des Merisiers, et à fleurs blanches, latérales, pendantes et axillaires. On en compte trois espèces dont la culture réussit assez bien dans notre climat. Une d'elles étant un Arbuste d'ornement qui fait un joli effet au milieu des Cytises et des Gaîniers qui décorent les bosquets d'Europe, nous nous bornerons à sa description.

L'HALESIER A QUATRE AILES, Halesia tetraptera, L. et Ellis, Act. Angl., vol. 51, p. 331, tab. 22, s'élève à la hauteur de cinq à six mètres, chargé de rameaux étalés et de feuilles alternes, oblongues, aiguës, légèrement dentées sur les bords, vertes en dessus, légèrement cotonneuses en dessous, et dont les pétioles sont pubescens et assez souvent pourvus de quelques glandes tuberculeuses; les fleurs, d'un blanc de neige, sont latérales, pendantes, réunies trois ou quatre ensemble par petits bouquets sur les vieux bois. Cet Arbrisseau se multiplie par marcottes qui ne sont bien enracinées qu'après deux ou trois mois. Les graines qu'elles donnent en France, ne lèvent souvent que la seconde année.

Un autre genre Halesia, établi par P. Browne, dans son Histoire des Plantes de la Jamaïque, est identique avec le Guettarda de Linné. Lœfling (Iter Hispan., 188) a employé le même nom comme spécifique, pour le Trichilia trifoliata, L. V. GUETTARDE et TRICHILIE. (G..N.)

* HALEUR. OIS. Écrit Haluer certainement par erreur typographique dans Barrère. Syn. d'Engoulevent à lunettes. V. ENGOULEVENT. (DR..Z.)

HALEX. POIS. Dans les manuscrits de Plumier, ce nom désigne le Cailleu-Tassart. Commerson l'a aussi employé pour une espèce de Clupe à laquelle Lacépède donna le nom de Jussieu. Les anciens donnaient ce nom à certaine préparation des Anchois dans de la saumure. (B.)

* HALFE. BOT. PHAN. (Forskahl.) Nom d'une Graminée en Arabie. C'est le Lagurus cylindricus de Linné ou le Saccharum cylindricum de Lamarck. (G.)

HALHAMAS. BOT. PHAN. L'un des noms arabes de Cicer Arietinum. V. CHICHE. (B.)

HALI. OIS. Syn. de Poule à la Nouvelle-Calédonie. V. COQ. (DR..Z.)

HALIAETOS. OIS. Syn. de Balbuzard. V. FAUCON. (DR..Z.)

* HALIÆTUS. OIS. (Savigny.) D'Haliœtos des Grecs. V. PYGARGUE. (DR..Z.)

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HALICACABUM. BOT. PHAN. Ce mot, qui chez d'anciens botanistes était l'un de ceux par lesquels on désignait des Alkékenges, est aujourd'hui le nom spécifique d'un Cardiosperme, et l'on appelle une Bruyère Erica Halicacaba. (B.)

HALICORE. MAM. (Illiger.) C'est- à-dire Fille marine. Syn. de Dugong. V. ce mot. (A. D..NS.)

HALICTE. Halictus. INS. Genre de l'ordre des Hyménoptères, section des Porte - Aiguillons, famille des Mellifères, tribu des Andrenètes, établi par Latreille aux dépens du genre Andrène, et ayant pour caractères: division intermédiaire de la lèvre courbée, beaucoup plus longue que les latérales, surpassant, sa gaîne comprise, d'une fois au moins la longueur de la tête, lancéolée, peu soyeuse; pates postérieures différant peu des autres dans les deux sexes; une fente longitudinale à l'anus dans les femelles. Ces Insectes ne formaient d'abord, dans la Méthode de Latreille (division des Abeilles à la suite de son Hist. nat. des Fourmis, et Hist. nat. des Crust. et des Ins. T. III), que la première division des Andrenètes. Plus tard ce célèbre naturaraliste convertit cette division en un genre propre (Nouv. Dict. d'hist. nat. T. XXIV). Jurine, d'après sa Méthode, a placé les espèces du genre Halicte dans son genre Andrène; il les a distinguées des autres espèces et les a placées dans la seconde division de ses Andrènes. Kirby (Monogr. Ap. Angl. les place dans sa division ** b des Mellites. Enfin, llliger (Magas. Insect., 1806) les considère comme des Hylées de Fabricius. Les Halictes diffèrent des Collètes et des Prosopes de Fabricius ou des Hylées de Latreille par la forme lancéolée de leur languette; des Andrènes en ce que la même partie ne se replie pas dans le repos sur le dessus de la gaîne ou dans son canal supérieur, mais qu'elle se courbe en dessous et qu'elle est plus allongée, sa longueur, la gaîne comprise, étant au moins le double de celle de la tête. Les femelles des Halictes présentent à l'extrémité dorsale du dernier anneau de l'abdomen un enfoncement longitudinal et linéaire, ressemblant à une fente, mais qui n'est que superficiel. Cette particularité a été observée par Kirby, et elle distingue exclusivement ces Insectes de tous les autres de la même famille. Ils sont, en général, plus allongés et moins velus que les Andrènes; leur languette est trifide, c'est-à-dire qu'on observe de chaque côté de sa base une petite oreillette ou division; le labre est court, entier, transversal, arrondi latéralement, cilié en devant, mais épaissi en dessus à sa base, et comme carené dans les femelles; les mandibules sont cornées, étroites, terminées en pointe et un peu arquées. Cette pointe est simple dans les mâles et accompagnée d'une dent intérieure dans l'autre sexe; l'aile est formée d'une cellule radiale et de trois cellules cubitales complètes dont la seconde, plus petite, et la suivante reçoivent chacune vers leur extrémité postérieure une nervure récurrente. Les mâles des Halictes ont le corps allongé, étroit, comme linéaire; leurs antennes sont grêles et arquées en dehors; leur longueur égale, dans plusieurs espèces, la moitié de celle du corps. L'abdomen est très-oblong et courbé à son extrémité postérieure. Les pates paraissent courtes relativement au corps. Les femelles ont les antennes très-coudées, l'abdomen ovale, et les pates, les postérieures principalement, garnies de poils courts, nombreux et serrés, avec lesquels elles ramassent le pollen des fleurs: ces poils forment sur le dessus des cuisses postérieures un petit flocon ou une sorte de boucle. Le dernier anneau de l'abdomen présente, comme nous l'avons déjà dit, une apparence de fente. Dans l'un et l'autre sexe, le dessus de l'abdomen présente souvent des taches ou des bandes transverses dont la couleur contraste avec le fond, et qui sont formées par un duvet très-court, placé au bord posté-

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rieur des anneaux ou à leur base. Les yeux sont elliptiques et entiers. Les trois yeux listes sont disposés en un triangle évasé. La manière de vivre des Halictes est à peu près semblable à celle des Andrènes. Les femelles creusent dans la terre des trous obliques qui ont quelquefois plus d'un pied de profondeur; elles y transportent les alimens destinés à la larve qui doit éclore, et qui sont composés du pollen des fleurs mélangé avec un peu de miel, y pondent un œuf et ferment sa retraite avec de la terre. Elles construisent ensuite successivement des nids semblables pour chacun de leurs petils, et ces habitations réunies en une masse et composées de molécules de terre agglutinées ferment autant de tuyaux très-lisses en dedans. Les Halictes ont des ennemis qui leur font une guerre cruelle. Les plus redoutables sont l'Araignée agrétique et l'Araignée andrénivore. Ces Insectes fondent sur les Halictes lorsqu'ils sont posés à terre et les emportent avec rapidité pour les dévorer. Les Fourmis ne leur sont pas moins redoutables; elles se saisissent surtout de ceux que le Cercère orné, un des ennemis des Halictes, a blessés et qu'il dépose à terre à côté de son trou, afin de les reprendre et de les introduire plus à loisir. Walkenaer a trouvé dans les nids vides de Cercères et dans ceux des Halictes perceurs de petites Fourmis rouges dont le miel est noir. D'autres ennemis de nos Halictes, qui ne sont posmoios redoutables pour eux, sont: la Chrysis lucidula, plusieurs espèces de Crabrons, trois espèces des genres Sphécode, Thyphie et Mellites, qui cherchent sans cesse à entrer dans les nids de Halictes pour y déposer leurs œufs; enfin le Cercère orné dont nous avons parlé plus haut. Cet Insecte voltige cà et là au-dessus de la demeure des Halictes, et lorsqu'elles se préparent à entrer dans leur trou et que leur vol est stationnaire, le Cercère fond sur une Abeille, la saisit par le dus et l'enlève; il va se poser à terre, s'accole contra quelque petite pierre ou quelque motte de terre, et lui enfonce son aiguillon immédiatement au-dessous de la tête; il porte ensuite sa victime dans son nid pour servir de nourriture à sa postérité. Walkenaer a décrit les mœurs de deux espèces de ce genre d'une manière très-étendue dans plusieurs mémoires intitulés: Mémoires pour servir à l'histoire naturelle des Abeilles solitaires qui composent le genre Halicte; Paris, 1817. Nous citerons deux espèces dont il a étudié les mœurs et nous rapporterons les observations intéressantes que ce savant a faites sur ces Insectes. La première de ces espèces est:

L'HALICTE MINEUR, Halictus thecaphorus, Walk., H. quadristrigatus, Latr., Hyleus grandis, Illig., figuré par Walkenaer. Cette espèce se livre à ses travaux en plein jour et durant la grande chaleur. Elle mine la terre et la soulève peu à peu à la manière des Taupes, et perce un trou dont l'entrée a environ quatre lignes de diamètre. Le conduit qui aboutit à l'habitation et qui a environ quatre pouces de profondeur, va en pente; à son extrémité se trouve le nid commun de la petite société. « Qu'on se figure, dit Walkenaer, une cavité ronde ou l'intérieur d'un dôme de deux pouces et demi de diamètre et de trois pouces de hauteur; que l'on remplisse ensuite ce dôme d'une masse de terre irrégulièrement pétrie, mais offrant partout des vides qui se détachent des parois du dôme et qui présentent des coques en terre liées ensemble avec les parois du dôme par de petites traverses dont les différentes sinuosités forment un labyrinthe qui semble inextricable, on aura une idée de l'habitation de nos grandes Abeilles. On voit ainsi qu'elles vivent réunies dans un lieu commun ou habitation commune; mais qu'elles ont toutes une cellule particulière qu'elles occupent séparément. » Lorsque Walkenaer examina un de ces nids, il se composait de dix-huit à vingt coques de terre ayant la ferme de cornues al-

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longées de huit lignes de long sur quatre de large au gros bout; ces coques sont unies ensemble et ne forment qu'une seule masse. Les larves sont renfermées dans ces coques; elles ont sept à huit lignes de long, sont sans pates et plus grosses vers la tête; leur couleur est jaunâtre; elles sont composées de douze anneaux en n'y comprenant pas la tête et un petit tubercule qui termine le dernier anneau; leur tête présente deux très-petites mandibules cornées, pointues, recouvertes par une lèvre ou chaperon ovale. La nymphe est nue, couchée sur le dos dans sa coque; toutes les parties de l'Insecte parfait s'y distinguent parfaitement, mais elles sont blanches et molles. C'est au commencement d'août que Walkenaer a ouvert ce nid: ainsi l'on voit que les Halictes doiven: éclore dans le courant de ce mois.

L'HALICTE PERCEUR, H. terebrator, Walk., Mellita fulvocincta, Kirby, Hyleus fulvocinctus, Illig., Apis, n. </illegibleŴ, Geoff., Apis bicincta, Gmel., ne travaille que la nuit; son habitation consiste en un trou d'abord unique et perpendiculaire qui se partage, à partir de cinq pouces de profondeur, en sept ou huit trous différens, peu écartés les uns des autres, à l'extrémité desquels se trouve, à environ huit pouces de distance au-dessous du sol, l'habitation de chacune des Abeilles et l'alvéole en terre où elle dépose et nourrit sa postérité; sous la courbure de ce nid, du côté le moins bombé, se trouve attachée une boule de cire mielleuse de la grosseur d'un pois, mais qui n'est pas parfaitement ronde: c'est cette boule qui doit servir à la nourriture de la larve, quand l'œuf que l'Halicte dépose dessus sera éclos; cette larve ne présente d'abord aucun anneau, c'est un ver blanc, cylindrique, d'une ligne de long; parvenue au terme de son accroissement, elle a quatre ou cinq lignes de long; elle est renflée au milieu et divisée en treize segmens sans compter la tête qui est petite, distincte, munie de deux mandibules pointues par le moyen desquelles elle mord et divise la boule de cire sur laquelle elle est couchée; lorsque cette larve a consommé la boule de cire contenue dans le nid, elle se métamorphose en nymphe sans se filer de coque; cette métamorphose a lieu un mois ou cinq semaines après que les Abeilles ont commencé à percer leurs trous; ces nymphes présentent à nu toutes les parties de l'insecte parfait, mais ramollies et ramassées; la tête est d'abord entièrement blanche. Les yeux commencent les premiers à se colorer en rouge brun, ensuite les pates; on voit après brunir le dessus du corselet, peu à peu le bord des anneaux, dont la base est encore blanchâtre; enfin l'Insecte se trouve revêtu de toutes ses couleurs et dans son état parfait, mais trop mou pour pouvoir se remuer; ce n'est qu'un jour ou deux après sa métamorphose complète qu'il soulève le petit bouchon de terre qui ferme son alvéole, atteint les parties supérieures de sa demeure et s'envole. Ces Halictes ne se posent que très-rarement avant d'entrer dans leur trou. Walkenaer suppose que c'est pour éviter d'être surprises par des ennemis redoutables qui les guettent continuellement; il a observé que lorsqu'une d'elles se présentait pour entrer, on en voyait une autre s'élever subitement jusqu'à l'entrée du trou dont l'ouverture était bouchée exactement par sa tête; que la première se retirait un instant comme pour attendre la permission d'entrer, et qu'ensuite celle qui avait paru au trou reparaissait de nouveau comme pour venir annoncer l'ordre d'admission; alors elles rentraient l'une et l'autre dans le trou: le même manège avait lieu toutes les fois qu'une Abeille voulait entrer: si cependant aucune sentinelle ne se présentait lorsqu'une Abeille se disposait à entrer, il semblait que celle qui s'était introduite sans permission était bientôt chassée, et on la voyait immédiatement sortir.

Nous regrettons que l'étendue de cet ouvrage ne nous permette pas

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d'entrer dans de plus grands détails, et nous renvoyons aux Mémoires du savant que nous avons cité plus haut. Le nombre des espèces du genre Halicte, qui se trouvent en Angleterre et qui ont été décrites par Kirby, est de vingt-quatre; la collection de Latreille en renferme plus de quarante, tant exotiques qu'indigènes. (G.)

HALIDRE. Halidrys. BOT. CRYPT. (Hydrophytes.) Et non Halidris. Genre établi par Stackhouse dans la deuxième édition de sa Néréide Britannique, pour les Hydrophytes auxquelles nous avons cru devoir conserver le nom générique de Fucus. Il y réunit à tort des Dictyoptères et d'autres Plantes marines. Le genre Halidrys de Lyngbye ne ressemble en aucune manière à celui de Stackhouse, il se compose des Fucus nodosus et siliquosus de Linné, que nous distinguons sous les noms génériques de Nodularia et de Siliquaria; le premier diffère des Fistulaires de Stackhouse qui a placé à tort le Fucus fibrosus de Linné après le Fucus nodosus. Ainsi le genre Halidrys de Stackhouse, et celui de Lyngbye ne peuvent être adoptés selon nous. (LAM..X.)

HALIEUS. OIS. (Illiger.) Nom donné à un genre où seraient compris des Cormorans et les Frégates. (DR..Z.)

HALILIG. BOT. PHAN. (L'Ėcluse.) Syn. arabe de Mirobolan, par corruption de Délégi et Delilig, employés par Avicenne et Sérapion. (B.)

* HALIMATIA. BOT. PHAN. Ce nom, qui paraît être formé par corruption d'Halimos, espèce du genre Arroche chez les anciens, est employé par Belon, pour désigner un Arbuste dont on forme des haies dans le Levant, et dont les sommités sont mangeables. Ce voyageur entendait peut-être parler de l'Atriplex Halimus, L. (B.)

HALIMÈDE. Halimeda. POLYP. Genre de l'ordre des Corallinées dans la division des Polypiers flexibles ou non entièrement pierreux, à substance calcaire mêlée avec la substance animale ou la recouvrant, apparente dans tous les états, ayant pour caractères: de présenter un Polypier phytoïde, articulé, avec des articulations planes ou comprimées, très- rarement cylindriques, presque toujours un peu flabelliformes; l'axe fibreux, recouvert d'une écorce crétacée en général peu épaisse. Linné, Pallas, Ellis et les auteurs modernes ont réuni ce genre aux Corallines, malgré les nombreux caractères qui l'en éloignent; les Halimèdes, presque semblables à quelques Plantes de la famille des Opuntiacées; par leurs articulations planes, larges, éparses on prolifères, ne peuvent être réunies aux Corallines divisions trichotomes, et dont les articulations sont tout au plus comprimées. Elles diffèrent par des caractères bien tranchés des Amphiroës à articulations séparées, des Janies filiformes et des Galaxaures fistuleuses; ainsi les Halimèdes forment un genre distinct dans l'ordre des Corallinées, auxquelles elles appartiennent par la nature des deux substances tant internes qu'externes. Un auteur Célèbre leur trouve quelque rapport avec les Alcyons; cela peut être entre quelques individus desséchés et décolorés; mais au sortir de la mer il n'existe aucune analogie entre ces êtres. Lamarck, dans son Mémoire sur les Polypiers empâtés, a fait Un genre sous le nom de Flabellaire dans lequel il réunit les Udotées aux Halimèdes; nous n'avons pas cru devoir l'adopter de préférence à la division que nous proposâmes - en 1810, longtemps avant que le savant professeur du Jardin des Plantes s'occupât d'un travail spécial sur cette partie intéressante de l'histoire naturelle. La principale différence qui existe entra les Udotées et les Halimèdes consiste dans les articulations qui sont toujours très-apparentes dans les dernières, et qui n'existent jamais dans les premières, car on ne peut regarder, même comme des rudimens d'articulations, les zônes concentriques et transversales que l'on observe sur les

TOME VIII. 2

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Udotées. Ces lignes zonaires dounent quelquefois à ce Polypier tant de ressemblance avec certaines variétés du Padina Pavonia (Ulva Pavonia, L.), que l'on ne doit, pas s'étonner que plusieurs, naturalistes les aient confondus les uns avec les autres. Ellis a figuré d'une manière très-exacte les pores ou cellules polypiferes de l'Halimède Raquetle et leur moyen de communication avec l'intérieur du Polypier; ne l'ayant point observé vivant, il, n'a pu en découvrir les Animaux, Il paraît que cette figure n'a passatisfait un zoologiste qui nous écrivit, en 1815, que c'était à tort que l'on regardait l'Halimeda Tuna comme un Polypier; que c'était une véritable Plante dont il se proposait de faire un genre nouveau sous le nom d'Opuntioides. Nous ignorons les raisons qui ont engagé ce naturaliste à émettre pelle opinion; mais, sans parler des deux, substances semblables à celles des Corallines, de la couleur verte analogue par sa nuance et sa fugacité à celle des Nésées, des Acétabulaires, etc., l'organisation seule met un grand intervalle entre ces Polypiers et les Végétaux. Dans ces derniers on observe toujours un tissu cellulaire pins ou moins régulier, et il n'existé rien de semblable dans les premiers. Leur croissance n'est pas la même que celle des Hydrophytes qui ne diffère point de celle des Végétaux terrestres, tandis que dans les Halimèdes les articulations se développent les unes à la suite des autres comme les cellules des Flustrées, de sorte que les inférieures semblent privées de la vie, et ont perdu, leurs couleurs vertes, tandis que de nouvelles articulations s'élèvent sur les disques des extrémités des rameaux. On pourrait presque compter l'âge de ces Polypiers par le nombre de leurs articulations. En outre, les Halimèdes se lient par tant de caractères aux autres Corallinées, qu'adopter l'opinion du zoologiste italien, ce serait placer tous ces Polypiers parmi les Végétaux et renverser les idées que nous avons sur ces êtres encore peu connus. Les Halimèdes ne se trouvent que dans les mers des latitudes chaudes ou tempérées; rares dans les parties septentrionales de la Méditerranée, elles deviennent plus communes à mesure, que l'on s approche des régions équatoriales. Elles sont abondantes aux Antilles. Nous n'en connaissons qu'une espèce de la mer des Indes; elles paraissent très-rares dans cette partie au monde. Quelques espèces sont communes à la Méditerranée, et aux Antilles sans présenter aucune différence bien sensible, soit dans la forme, soit dans la grandeur. Leur couleur n'offre jamais les nuances brillantes des Corallines; verte dans le sein des mers, elle devient blanchâtre par l'action de l'air ou de la lumière. La grandeur dépasse rarement un décimètre, et n'est jamais au-dessous de cinq centimètres. Les Halimèdes, quelquefois parasites sur les Thalassiophytes, adhèrent ordinairement aux rochers ou aux sables solides par des fibres nombreuses plus ou moins Longues. On les trouve mêlées dans la Coralline de Corse des pharmaciens, et elles ne paraissent point altérer les propriétés anthelmintiques ou absorbautes de ce Polypier. Les Halimèdes sont peu nombreuses en espèces; nous connaissons les Halimeda monile, incrassata, multicaulis, irregularis, Tidens, Opuntia la plus commune de toutes, Tuna et dioscoidea les plus grandes, avec des articulations presque orbiculaires. (LAM..X.)

HALIMOS ET HALIMUS. BOT. PHAN. V. HALIMATIA et ARROCHE.

HALINATRON. MIN. Ce mot a été quelquefois employé pour désigner le carbonate de Soude impur que l'on rapporte d'Egypte sous le nom plus connu de Natron, mais non moins impropre. (B)

HALIOTIDE. Haliotis MOLL. Vulgairement Oreille de mer. Genre de la famille des Macrostomes de Lamarck et des Scutibranches non symétriques de Cuvier. Blainville les

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a placés dans le même ordre des Scutibranches, dans la famille des Otidées qu'il a créée nouvellement. Plusieurs espèces de ce genre, abondamment répandues dans nos mers, ont été connues des anciens, et pour la plupart figurées par eux. Ils les ont presque tous rapprochées des Patelles, et les en ont séparées avec facilité, car il est peu de genres qui soient plus faciles à distinguer au premier abord. Klein (Méth. Ostr., p. 18) paraît être le premier à en avoir fait ce que nous nommons un genre sous le nom d'Auris, puisé dans les écrivains antérieurs à son époque, tels que Lister, Rumph, etc. Linné forma ensuite ce genre sous le nom d'Haliotis, et il a été adopté depuis sous la même dénomination par Adanson et par tous les conchyliologues modernes. Jamais les auteurs n'ont varié sur la nécessité et sur la valeur de ce genre, mais il en est peu qui aient autant changé de place. Nous voyons, en effet, Linné terminer sa première division des Coquilles régulières et à spire par les Haliotides, et commencer la section des Coquilles sans spire par les Patelles. Ce rapprochement avait été senti et indiqué par les anciens. Adanson lui-même mit ce genre dans un même ordre de rapports. Bruguière sépara beaucoup dans son cadre méthodique les Patelles des Haliotides; il mit les premières dans la première division des Coquilles sans spire régulière, avec les Dentales et les Serpules; les secondes à la fin de la seconde division entre les Nérites et les Argonautes, ce qui est loin, comme il est facile de le sentir, de présenter un ordre naturel Lamarck, dans les Animaux sans vertèbres, 1801, avait mis ce genre dans la seconde section, celle qui réunit toutes les Coquilles qui n'ont ni canal ni échancrure à la base. Il se trouve évidemment à faux entre la Testacelle et le Vermet. Dans sa Philosophie zoologique, on le trouve faisant partie d'une famille particulière avec les Stomates et les Stomatelles. Cette famille, à laquelle il donna d'abord le nom de Stomatacées, fut conservée plus tard par lui (Extr. du Cours, 1811) sous le nom de Macrostomes, mais il en sépara alors les Haliotides, pour les réunir avec doute aux Patelles, aux Ombrelles et aux Oscabrions, dans la seconde division des Phyllidiens; enfin, dans son dernier ouvrage, le même auteur réunit de nouveau les Haliotides aux Stomates et Stomatelles, comme dans la Philosophie zoologique, en conservant le nom de Macrostome pour la famille à laquelle il a ajouté sans séparation le genre Sigaret. Cuvier, dans ses divers travaux, n'a guère moins varié que Lamarck à l'égard des rapports de ce genre. Dans la première édition du Règne Animal, nous le trouvons, selon le système linnéen, entre les Nérites et les Patelles, et à peu près dans les mêmes rapports dans le Cours d'anatomie comparée; mais, dans la seconde édition du Règne Animal, Cuvier réunit les Haliotides aux Stomates, aux Cabochons et aux Crépidules dans sa famille des Scuti- branches, et dans la sous-division des non symétriques. Férussac, dans ses Tableaux systématiques, a conservé à ce genre les mêmes rapports que Cuvier; seulement il a divisé les Scutibranches en trois sous-ordres qui comprennent plusieurs familles; les Haliotides sont dans la première avec les Padolles de Montfort et les Stomates de Lamarck. Blainville, dans son article Mollusque du Dictionnaire des Sciences naturelles, a rapproché aussi les Haliotides des Calyptraciens. Il a fait, avec ce genre et les Ancyles, sa famille des Otidées. Quoique Blainville ait parfaitement connu l'Animal de l'Haliotide, il est facile de s'apercevoir, par la séparation qu'il a faite et surtout par l'association avec les Ancyles, qu'il n'a point résolu la question qui est d'autant plus difficile à décider d'une manière satisfaisante sans rompre les rapports des Coquilles et des Animaux, que ces Animaux eux-mêmes présentent un plus grand nombre d'anomalies. Voici, au reste, de quelle manière ce genre a été caractérisé: corps ovalaire, très-dépri-

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mé, à peine spiral en arrière, pourvu d'un large pied doublement frangé dans la circonférence; tête déprimée; tentacules un peu aplatis, connés à la base; yeux portés au sommet de pédoncules prismatiques situés au côté externe des tentacules; manteau fort mince, profondément fendu au côté gauche; les deux lobes pointus, formant, par leur réunion, une sorte de canal pour conduire l'eau dans la cavité branchiale située à gauche; et renfermant deux très-longs peignes branchiaux inégaux. Coquille nacrée recouvrante, très-déprimée, plus ou moins ovale, à spire très-petite, fort basse, presque postérieure et latérale; ouverture aussi grande que la coquille, à bords continus; le droit mince, tranchant; le gauche aplati, élargi et tranchant aussi; une série de trous complets ou incomplets, parallèles au bord gauche, servant au passage des deux lobes pointus du manteau; une seule large impression musculaire, médiane et ovale.

Il résulte des observations faites nouvellement sur ce genre qu'il a d'un côté beaucoup de rapports avec les Patelles et surtout avec les Fissurelles, étant cependant moins conique, et avec les Conchifères dont il a à peu près le manteau et surtout l'impression musculaire médiane, ce qui conduit à la disposition des adducteurs des Animaux de cette classe. La tête, large et déprimée, est pourvue de deux tentacules assez longs, triangulaires, un peu déprimés, à côté desquels se voient extérieurement deux appendices gros, courts, qui portent l'œil à leur sommet. La cavité branchiale, située à gauche de l'Animal, est fort grande; elle contient deux branchies pectinées qui en occupent toute la longueur. La droite est un peu plus courte que la gauche. Ces branchies sont formées d'un grand nombre de lames régulières qui portent les artères et les veines branchiales. Il paraîtrait, d'après les observations de Blainville, que l'Haliotide ne serait pourvue que des organes femelles consistant en un très-grand ovaire qui embrasse tout le foie, remplit la spire et se prolonge même en avant du côté droit où il se termine par un oviducte simple, à ce qu'il semble, car il n'a point été bien vu. Les organes de la digestion se composent d'un œsophage long et étroit qui se renfle en un estomac assez grand, membraneux, couvert par le foie, et qui se termine par un intestin très-court qui est le rectum, lequel fait saillie dans la cavité branchiale où il s'ouvre et se termine. Le pied est très-grand, discoïde, ovalaire, très-charnu, débordant de toute part la coquille, comme le dit Adanson, lorsque l'Animal marche, et présentant dans son pourtour deux rangs de franges qu'Adanson nomme fraises. L'inférieure est composée de petits tubercules charnus, placés irrégulièrement sur plusieurs rangs; la supérieure n'en a qu'un seul, il est surmonté d'une rangée d'appendices tentaculaires assez longs placés à des distances égales. —Le genre Haliotide n'est point encore très-nombreux en espèces; quelques-unes, comme celles qui habitent nos côtes, se voient sur tout le littoral depuis le Sénégal jusque dans les mers du Nord, ce qui prouve, dans ces Animaux, une grande aptitude à supporter des températures différentes. Elles vivent, comme les Patelles, fixées en grand nombre sur les rochers, où elles s'attachent d'une manière très-solide au moyen de leur vaste pied. Quelques espèces prennent de fort grandes dimensions; elles sont alors recherchées des amateurs de Coquilles, à cause de la beauté de la nacre intérieure qui est souvent colorée de la manière la plus brillante de toutes les teintes de l'iris. La surface extérieure, couverte d'une croûte non nacrée, est rarement intacte, le plus souvent rongée par différens Vers marins. Elle est aussi chargée de Serpules, de Balanes et de Madrépores.

Il paraît assez constant qu'on n'a point encore trouvé ce genre à l'état fossile, même dans les terrains les

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plus modernes, comme ceux du Plaisantin, ou dans le Crag d'Angleterre. Parmi les espèces, nous citerons les suivantes comme les plus remarquables:

HALIOTIDE COMMUNE, Haliotis tuberculata, Lamk., Ann. du Mus. T. VI, p. 215, n. 6; ibid., Linné, p. 3687, n. 2. L'Ormier. Adanson, Voyag au Sénég., pl. 2, fig. 1; Martini, Conch. T. I, pl. 16, fig. 146 à 149. Coquille extrèmement commune en certaines parties de nos côtes, assez grande, striée extérieurement en long; les stries coupées transversalement par des plis qui indiquent ses accroissamens. Ces plis sont souvent tuberculeux; toute la coquille est ovale, assez déprimée, quelquefois d'une couleur verdâtre, le plus souvent d'un louge ocracé, disposé par taches triangulaires sur un fond moins foncé. Elle n'a jamais moins de cinq trous et jamais plus de huit.

HALIOTIDE MAGNIFIQUE, Haliotis pulcherrima, Martini, Conchil., fig. 62, b. b. Nous l'avons fait représenter dans les planches de ce Dictionnaire. Espèce très jolie, petite, ovale, arrondie, chargée extérieurement de côtes sub-rayonnantes, tuberculeuses, qui aboutissent plus ou moins régulièrement à la côte que forme la série de trous. De chacun de ceux-ci part une côte oblique qui descend jusqu'au bord gauche, eu dehors. Elle est d'un jaune-orangé blanchâtre vers le sommet. En dedans, la nacre présente les plus belles nuances. La spire columellaire est grande et bien visible dans toute son étendue. Cette Coquille très-rare vient de la rade Saint-George.

HALIOTIDE GÉANTE. L'espèce la plus grande du genre est aussi celle dont la spire est la plus aplatie. On la recherche dans les collections. Elle est fort commune en certaines parties des côtes de la Nouvelle-Hollande. (D..H.)

HALIOTIDIER. MOLL. On a désigné sous ce nom l'Animal de l'Haliotide. V. ce mot. (G.)

HALIOTITES. MOLL. Quelques naturalistes ont nommé ainsi des corps fossiles qu'on a comparés aux Haliotides; mais rien n'est moins certain que cette analogie. (G.)

* HALIOUTS OU HARAFETS. OIS. Flacourt désigne sous ce nom un Oiseau de Madagascar encore indéterminé. (B.)

HALIPHLEOS. BOT. PHAN. (Daléchamp.) Syn. de Quercus Cerris, espèce du genre Chêne. V. ce mot. (B.)

HALIPLE. Haliplus. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Carnassiers, tribu des Hydrocanthares (Règn. Anim. de Cuv.), établi par Latreille, et ayant suivant lui pour caractères: antennes de dix articles distincts; palpes externes terminés en alène ou par un article plus grêle et allant en pointe; corps bombé en dessous et ovoïde; point d'écusson apparent; base des pieds postérieurs recouverte d'une grande lame en forme de bouclier; tarses filiformes à cinq articles distincts, presque cylindriques et à peu près de même forme dans les deux sexes. Ce petit genre, créé aux dépens des Dytiques, correspond à celui de Cnemidotus d'Illiger et au genre Hoplitus de Clairville (Entom. Helv. T. II). Il est voisin des Colymbètes, des Hygrobies, des Hydropores et des Notères. Il se compose de plusieurs espèces de petite taille et dont plusieurs sont propres à nos environs. Elles se trouvent dans les étangs et les eaux stagnantes, et nagent avec agilité; elles volent aussi très-bien et se trouvent fréquemment hors de l'eau. Dejean (Catal. des Coléopt., p. 20) en mentionne sept; parmi elles nous citerons: L'HALIPLE ENFONCÉ, H, impressus, ou le Dytique strié à corselet jaune de Geoffroy; le Dytiscus impressus, Fabr., figuré par Panzer (Faun. Ins. Germ. Fasc. 14, tab. 7. et 10). Il est long d'une ligne environ.

On peut citer encore les Haliples elevatus, obliquus, ferruginosus, varie gatus, cœsius, bi-striolatus; plusieurs de ces espèces ont été rapportées par

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les auteurs au genre Dytique; elles sont toutes propres à la France. (AUD.)

* HALISERIS. BOT. CRYPT. (Hydrophytes.) Genre que nous avions établi depuis long-temps sous le nom de Dictyopteris dans la famille des Dictyotées. Agardh, dans son Species Algarum, propose celui d'Haliseris comme le plus ancien, parce qu'il est mentionné dans les manuscrits de Targioni Tozetti suivant Bertoloni, et qu'il est plus propre à définir la nature de ces Plantes semblables à des Chicorées de mer. Nous ne croyons pas devoir adopter l'opinion d'Agardh, d'autant que le nom de Dictyoptère est non-seulement en rapport avec l'organisation, mais encore avec le caractère de la famille dans laquelle nous avons placé les Dictyoptères que le botaniste suédois classe parmi les Fucoïdes, dénomination qu'il propose pour remplacer celle des Fucacées que le célèbre Richard avait employée dans son riche herbier, et que nous tenons de lui. V. DICTYOPTÈRE. (LAM..X.)

* HALITHĖE. Halithea. ANNEL. Genre de l'ordre des Néréidées, famille des Aphrodites, établi par Savigny (Syst. des Annelides, p. 11 et 18) qui lui donne pour caractères distinctifs: trompe pourvue de mâchoires cartilagineuses, couronnée, à son orifice, de tentacules composés et en forme de houppe; branchies cessant d'alterner après la vingt-cinquième paire de pieds; des élytres ou écailles couchées sur le dos. Ce genre prend place entre les Palmyres et les Polynoés, et appartenait originairement à celui des Aphrodites. Les Halithées ont un corps ovale ou elliptique, formé d'anneaux peu nombreux. Leurs pieds ont deux rames séparées: la rame dorsale est pourvue de deux grands faisceaux ou rangs de soies roides, inclinées en arrière; la rame ventrale n'a qu'un faisceau de deux à trois rangs de soies simples ou fourchues. Les cirres, tant supérieurs qu'inférieurs, sont coniques et terminés insensiblement en pointe; les cirres supérieurs sont insérés derrière la base du second faisceau de soies roides des rames dorsales. La première paire de pieds est garnie de quelques soies; la dernière est semblable aux autres. Quant aux branchies, elles sont facilement visibles et dentelées. Les élytres sont au nombre de treize paires, pour le corps proprement dit; la treizième paire, qui correspond nécessairement a la vingt-cinquieme paire de pieds, est ordinairement suivie de quelques autres paires d'élytres surnuméraires, maintenues, ainsi que les précédentes, par les soies des rames dorsales. La tête est convexe en dessus, à front comprimé et saillant, sous forme de feuillet entre les antennes; elle supporte les yeux qui sont distincts et au nombre de deux, et des antennes incomplètes; les moyennes sont nulles ou habituellement rentrées et point visibles. L'impaire est petite, subulée. Les extérieures sont grandes. L'anatomie a fait voir que ces Annelides sont pourvus de cœcums divisés profondément ou très-légèrement. Ce genre ne renferme encore que trois espèces qui diffèrent assez entre elles our former deux tribus. Savigny donne à la première le nom d'Halitheœ simplices, et il lui assigne pour caractères: antennes mitoyennes nulles; rames dorsales ayant toutes des rangs de soies roides semblables; la base inférieure de ces mêmes rames portant de plus deux faisceaux, et la supérieure, mais sur les segmens squammifères seulement, un troisième faisceau de soies longues excessivement fines et flexibles; ces soies, celles du faisceau le plus inférieur exceptées, s'unissent en partie aux soies correspondantes du côté opposé, pour former sur le dos une voûte épaisse et feutrée qui recouvre entièrement les élytres. Rames ventrales portant trois rangs de soies simplement pointues. Cette tribu comprend deux espèces:

L'HALITHÉE HÉRISSÉE, H. aculeata ou l'Aphrodita aculeata de Linné,

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Pallas et Cuvier. Elle a été décrite et représentée par Swammerdam (Bibl Natur., tab. 10, fig. 8) sous le nom de Physalus, et par Redi (Opusc., III, pag. 276, fig. 25) sous celui d'em>Hystrix marina. Elle est commune dans l'Océ an et dans la Méditerranee.

L'HALITHÉE SOYEUSE, H. sericea, Sav. Cetteespèce nouvelle, qui est conservée dans les galeries du Muséum d'histoire naturelle de Puris, est assez voisine de la précédente, mais plus petite des deux tiers. Son corps est plus ovale et plus brun en dessous. Les pieds sont en même nombre et ont la même disposition; il en est de même des écailles: celles-ci sont blanches et sans taches. Les soies du rang inférieur des rames ventrales sont plus fines et plus nombreuses. Les longues soies des rames dorsales sont d'un vert éclatant au-dessus du dos; mais celles qui forment une frange flottante autour du corps sont de couleur blonde.

La seconde tribu est désignée sous le nom d'Halitheœ hermionœ, et a pour caractères, suivant Savigny: antennes miloyennes habituellement rentrées? rames dorsales n'ayant pas toutes les mêmes rangs de soies roides; celles qui correspondent aux élytres ont des rangs plus étendus et plus éloignés des rames ventrales; aucune de ces rames ne portant de soies fines et flottantes, ni de soies feutrées sur le dos; élytrès découvertes; rames ventrales portant deux rangs de soies fourchues. Cette tribu ne renferme qu'une espèce encore inédite et qui est assez commune dans la Méditerranée; c'est l'HALITHÉE HISPIDE, H. histrix, Sav. Son corps est long de deux à trois pouces, oblong, déprimé, formé de trente-trois segmens et très-exactement recouvert par quinze paires d'élytres, les vingt-huitième et trente-unième segmens portant les deux paires surnuméraires. Elytres souples, minces, lisses, échancrées obliquement, un peu transverses, croisées dans leur jonction sur le dos; antennes extérieures et cirres, tant les supérieurs que les tentaculaires, très-longs, très-déliés à la pointe, d'un brun foncé; rames dorsales à soies plates, longues, très-aiguës; le faisceau supérieur épanoui en palme voûtée; l'inférieur droit beaucoup plus grand et plus brun. Ces deux faisceaux; très-serrés sur les segmens sans élytres, s'y composent aussi de soies plus minces, d'un jaune plus clair. Rames ventrales à soies un peu courbées vers la pointe, avec une épine en dessous; acicules d'un jaune doré. La couleur du ventre est d'un brun clair avec des reflets; celle des élytres est cendrée, lavée de brun ferrugineux. (AUD.)

HALIVE. OIS. (Flacourt.) Nom d'une petite espèce de Canard de Madagascar, mentionné par Dapper sous le même nom. (DR..Z.)

* HALLA-JIN. REPT. OPH. (Russel.) Nom de pays de l'Ibiboca de Daudin. V. COULEUVRE. (B.)

HALLEBARDE. MOLL. L'un des noms vulgaires et marchands du Strombus Pes-Pelecani. V. STROMBE. (B.)

HALLEBRAN. OIS. V. ALBRAND.

HALLERIE. Halleria. BOT. PHAN. Ce genre, qui rappelle aux botanistes le nom du grand Haller, appartient à la famille des Scrophulariees et à la Didynamie Angiospermie de Linné. Ce dernier naturaliste lui a donné les caractères suivans: calice très-petit, à trois lobes inégaux persistans; corolle grande, infundibuliforme, dont la gorge est renflée, le limbe dressé, oblique, à quatre lobes inégaux; le superieur plus grand, echancré; quatre étamines didynames; un seul stigmate; capsule presque bacciforme, arrondie, acuminée par le style, biloculaire et polysperme.

L'HALLÉRIE LUISANTE, Halleria lucida, L., est un élégant Arbrisseau qui s'élève à la hauteur de trois à quatre mètres, portant des rameaux grêles, opposés, et des feuilles persistantes, petites, opposées, ovales, d'un vert luisant, et dentées en scie sur les bords; les fleurs, d'un rouge

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vif, naissent ordinairement deux à deux le long des rameaux dans les aisselles des feuilles. Cette Plante, originaire des forêts du cap de Bonne-Espérance, est cultivée au Jardin du Roi à Paris. On lui donne une terre forte, de l'ombre et des arrosemens fréquens pendant les chaleurs de l'été; en hiver, on la conserve dans la serre tempérée. Thunberg (Nov. Act. Upsal., 6, p. 30) a considéré comme une espèce distincte, sous le nom de Halleria elliptica, une Plante qui croît sur la montagne de la Table, près du Cap, et que Linné, ainsi que Burmann (Afr., tab. 89, f.. 1), ne regardaient que comme une variété de la précédente. Cette nouvelle espèce a été adoptée par Willdenow et par Persoon. (G..N.)

HALLIE. Hallia, BOT. PHAN. Ce genre, de la famille des Légumineuses, et de la Diadelphie Décandrie, L., a été constitué par Thunberg (Prodr., p. 131) qui l'a ainsi caractérisé: calice à cinq divisions regulières, profondes; corolle papilonacée; dix étamines diadelphes; gousse monosperme, non articulée, à deux valves. Ce genre est en outre caractérisé par ses feuilles simples. Les espèces dont il se compose, au nombre d'une dixaine, habitent toutes le cap de Bonne-Espérance. Quelques-unes ont été decrites par divers auteurs, comme appartenant aux genres Glycine, Hedysarum et Crotalaria. Ainsi, l'Hallia cordata, Willd., était le Glycine monophylla, L., Mantiss. 101, ou Hedysarum cordatum, Jacq., Hort Schœnbr., 3, tab. 269; le H. asarina, Willd., a été décrit par Bergius (Plant. Cap., 194), sous le nom de Crotalaria asarina; et le Hallia sororia, Willd., se rapporte a l'Hedysarum sororium, L., et au Glycine monophyllos de Burmann (Flor. Indica, 161, tab. 50).

Le genre qui a été proposé sous le nom de Hallia, par Jaume Saint- Hilaire, dans le Journal de botanique (février 1813, p. 60), formé uniquement aux dépens du genre Hedy sarum, n'est pas le même que le Hallia de Thunberg. C'est le genre Alysicarpus de Necker et de Desvaux. V, ALYSICARPE. (G..N.)

* HALLIRHOÉ. Hallirhoa. POLYP. Genre de l'ordre des Alcyonaires dans la division des Polypiers Sarcoïdes plus ou moins irritables et sans axe central, offrant pour caractères, savoir: un polypier fossile simple ou pédicellé en forme de sphéroïde plus ou moins aplati, à surface unie ou garnie de côtes latérales; un oscule rond et profond au sommet et au centre; cellules éparses sur toute la surface du polypier. Les zoophytes du genre Hallirhoé n'ont pas encore offert d'analogues dans la nature vivante; ils appartiennent à la division des Polypiers Sarcoïdes par leurs caractères généraux, Leur surface couverte en entier de cellules éparses les rapproche de la section des Alcyonées, mais ils diffèrent de tous les Alcyons et des autres genres de ce groupe par un oscule rond et profond à bords tranchés qui se trouve constamment placé au sommet et au centre organique du polypier, comme dans quelques Eponges, et qui forme le caractère essentiel de ce genre. La plus grande des deux espèces connues a de grands rapports avec les Lobulaires. Dans ces dernieres, des lobes polymorphes, en nombre variable, composent la masse du polypier. Les Hallirhoés ont également des lobes, mais toujours latéraux et en forme de côtes verticales et saillantes, dont le nombre varie de trois à dix; nous n'en connaissons point au-delà. Leur grandeur ainsi que leur grosseur diffèrent sur le même individu. La masse entière de ce Zoophyte étant animée, les lobes ont des mouvemens obscurs et lents comme ceux des Lobulaires, ce qui explique les légères irrégularités dans la forme de la partie la plus saillante des lobes, Il ne paraît pas que l'âge influe sur le nombre de ces éminences. Nous possédons des individus très-volumineux ayant quatre lobes et d'autres plus

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petits à six et à sept. Le pédicelle qui soutient la masse lobée est en forme de cône renversé et tronqué d'un à trois pouces de longueur sur un pouce environ de diamètre. Le genre Hallirhoé n'est encore composé que de deux espèces. La plus grande, l'Hallirhoa costata, se trouve dans le terrain à Oolithes, dans l'Argile qui le recouvre quelquefois et dans la Craie chloritéc, presque toujours à l'état siliceux. Guettard l'a figurée sous le nom de Caricoïde. La seconde espèce, nommée Hallirhoa lycoperdoides à cause de sa ressemblance avec de petits Champignons globuleux et pedicellés, n'a d'autres rapports avec la première que l'oscule terminal et le faciès des cellules. Elle se trouve dans le terrain à Polypiers des environs de Caen. (LAM..X.)

HALLITE. MIN. (Delamétherie.) Syn. de l'Alumine native qui fut trouvée pour la première fois à Halle en Saxe. (B.)

HALLOMENE. Hallomenus. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Hétéromères, famille des Sténélytres, tribu des Hélopiens (Règn. Anim. de Cuv.), établi par Hellwig, et adopté par Latreille qui lui donne pour caractères: antennes filiformes, courtes, insérées près d'une échancrure des yeux; insertion nue; tous les articles des tarses entiers; mandibules échancrées à leur extrémité; palpes maxillaires plus grands que les labiaux, un peu plus gros près de leur extrémité, amincis à leur pointe, le dernier article presque cylindrique; palpes labiaux filiformes. Ce genre, réuni par Illiger à celui des Serropalpes, a été adopté par Paykull, qui cependant paraît avoir changé à dessein son nom en celui d'Hallominus. Les Hallomènes faisaient précédemment partie du genre Dircée de Fabricius (Syst. Eleuth.); on doit considérer comme type du genre:

L'HALLOMÈNE HUMÉRALE, H. humeralis de Latreille (Gener. Crust. et Insect. T. II, p. 194, et T. I, tab. 10, fig. 11), figurée par Panzer (Faun. Insect. Germ. Fasc. 16, tab. 17), et décrite par Paykull sous le nom d'H. bi-punctatus. On la trouve en Allemagne et en Suède, sous les écorces des vieux Arbres et dans les Bolets. On peut citer encore les Hallomènes juscus de Gyllenhal ou axillaris d'Illiger; affinis de Paykull et flexuosus du même, qui paraît être la même espèce que l'H. undatus de Panzer (loc. cit., Fasc. 68, tab. 23).L'Hallomenus micans d'Hellwig, Paykull et Duftschmid, ou Megatoma micans d'Herbst, est devenu le type du genre Orchésie. V. ce mot. (AUD.)

HALLORAGIS. BOT. PHAN. Pour Haloragis. V. ce mot et CERCODÉE. (B.)

HALMATURUS. MAM. (Illiger.) Syn. de Kanguroo. V. ce mot. (B.)

* HALOCNEME. Halocnemum.BOT. PHAN. Genre de la famille des Atriplicées et de la Monandrie Digynie, L., établi par Marschall-Bieberstein(Flor. Taurico-Caucas., Supplément, vol. 3, p. 3) qui l'a ainsi caractérisé: calice commun du chaton squammiforme; calice partiliculier de chaque fleur triphylle et fermé; corolle nulle; une graine recouverte par le calice persistant. Ce genre a été formé aux dépens du Salicornia de Linné. Le port de ces deux genres est semblable a l'inflorescence près, qui dans l'Halocnemum est vraiment amentacée; ce qui n'existe pas dans le Salicornia. En outre, dans ce dernier genre, après la chute des calices fructifères, les branches persistent et sont marquées de fossettes dans lesquelles étaient nichées les petites fleurs; dans l'Halocnemum, au contraire, il ne reste qu'un rachis filiforme, lorsque les écailles du chaton sont tombées. Mais la principale différence consiste dans la structure diverse du périgone. L'auteur de ce genre y place d'abord le Salicornia strobilacea de Pallas (Illustr., 1, p. 9, tab. 4) et le Salicornia Caspica, Pal

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las (loc. cit., 1, p. 12). Ces deux Plantes sont indigènes des contrées voisines du Caucase et de la mer Caspienne.Marschall indique en outre comme congénère le Salicornia foliata, qui a beaucoup d'affinité avec le S. strobilacea. (G..N.)

HALODENDRON. Halodendrum. BOT. PHAN. Du Petit-Thouars décrit sous ce nom un Arbuste de Madagascar, qui croît sur les bords de la mer. Son port est celui d'un Saule. Ses caractères lui assignent sa place dans la famille des Verbénacées, près de l'Avicennia, auquel Jussieu pense devoir le réunir. Il en diffère par son calice composé de quatre folioles, et par son fruit à deux loges, dont chacune renferme deux graines attachées au sommet. (A. D. J.)

HALOPHILA. BOT. PHAN. Du Petit-Thouars décrit, sous ce nom générique, une petite Herbe qui croît à Madagascar sur les rivages de la mer, et qui appartient à la famille des Podostemées, Diœcie Monandrie, L. Ses racines sont rampantes; ses feuilles radicales, pétiolées, transparentes, accompagnées de stipules arrondies et transparentes également. Ses fleurs solitaires et axillaires sont dioïques.Leur calice est une gaîne en forme de spathe conique. Il renferme dans les mâles une étamine unique, dont l'anthère allongée ainsi que le filet, est pleine d'un pollen visqueux à graines agglutinées; dans les femelles, un ovaire simple, libre, surmonté d'un style long et grêle, divisé à son sommet en trois parties qui s'écartent l'une de l'autre. La capsule uniloculaire s'ouvre en trois valves, et contient des graines nombreuses et menues, fixées à ses parois. (A. D. J.)

* HALORAGÉES. BOT. PHAN. R. Brown donne ce nom à la famille de Plantes que Jussieu nomme Cercodianées, et Richard Hygrobiées. V. ce mot. (A. D. J.)

HALORAGIS. BOT. PHAN. C'est le nom que Forster, et après lui Labil lardière et Brown, ont donné au genre Cercodée. V. ce mot. (A. D. J.)

HALOS, HALOS-ANTHOS ET HALOS-ACHNE. MIN. V. SALCES et SOUDE MURIATÉE.

HALOTESSERA. MIN. (Lhuyd.) Syn. de Muriacite. V. ce mot. (B.)

HALOTRICUM. MIN. Nom donné par Scopoli à une variété de Magnésie sulfatée en fibres capillaires, qui, d'après Klaproth, est un mélange de sulfate pur de Magnésie et d'un peu de sulfate de Fer. V. MAGNÉSIE SULFATÉE. (G. DEL.)

HALTER. INS. V. BALANCIER.

HALTÉRIPTÈRES. INS. Nom proposé par Clairville pour désigner l'ordre des Diptères. V. ce mot. (AUD.)

HALTICHELLE. Haltichella. INS. Genre de l'ordre des Hyménoptères, famille des Chalcidites de Latreille (Règn. Anim. de Cuv.), établi par Max. Spinola (Essai sur la classif. des Diplolépaires) aux dépens des Chalcis, et ayant suivant lui pour caractères: antennes de douze articles, insérées au bord inférieur de la tête, près de la bouche; abdomen attaché à l'extrémité postérieure et inférieure du métathorax, de sept anneaux dans les mâles et de six dans les femelles; tarière de ces dernières horizontale; coude des antennes logé dans une fosse frontale; cuisses postérieures rentlées. L'écusson de quel-ques espèces offre des variétés de forme assez remarquables; il est quel-quefois renflé outre mesure et dans d'autres cas il est aplati et très-court. Spinola rapporte à ce genre plusieurs espèces et entre autres les Chalcis pusilla et bispinosa de Fabricius, le Ch. Dargelasii, Latr. (AUD.)

HALTICOPTÈRE. Halticoptera. INS. Genre de l'ordre des Hyménoptères, famille des Chalcidites de Latreille (Règn. Anim. de Cuv.), établi par Max. Spinola (Essai sur la classif. des Diplolépaires) et assez voisin de celui qu'il nomme Haltichelle; il en diffère essentiellement par les anten

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nes inserées au milieu du front, libres dans toute leur longueur, et dont le coude n'est pas reçu dans une fossette frontale. Du reste le nombre des anneaux de l'abdomen paraît le même, il est déprimé, et suivant les espèces il est plus long que large ou pins large que long; la tarière dépasse rarement l'extrémité du ventre. Spinola décrit plusieurs espèces sous les noms de varians, cupreola, bimac ulata, rotundata, flavicornis, etc. Il rapporte aussi à ce nouveau genre les Cleptes minuta et coccorum. (AUD.)

HALUER. OIS. V. HALEUR.

HALYDE. INS. Pour Halys. V. ce mot. (AUD.)

* HALYMENIE. Halymenia. BOT.CRYPT. (Hydrophytes.) Agardh, dans son Synopsis Algarum Scandinaviœ, dans son Species et dans son Systema Algarum, a proposé sous ce nom un genre d'Hydrophytes, dans lequel il reunit des Delesseries, des Dumonties, des Gigartines et des Conferves, c'est-à-dire des Plantes marines à véritables feuilles planes, avec des espèces à expansions fistuleuses ou pleines, cilyndriques ou anguleuses; les unes ayant des fructifications gigartines et saillantes et les autres des tubercules plongés, innés dans la substance même de la Plante; enfin une espèce d'Halyménie était une Conferve de Linné. D'après ce mélange, on ne doit pas être étonné que ce genre ne peut être adopté ni par Lyngbye, ni par aucun auteur moderne. (LAM..X.)

HALYS. Halys. INS. Genre de l'ordre des Hémiptères, établi par Fabricius aux dépens des Pentatomes, et réuni par Latreille à ce dernier genre. (AUD.)

HAMADRYADE. Hamadryas. MAM. Espèce de Singe. V. CYNOCÉPHALE. (A. D..NS.)

HAMADRYADE. Hamadryas. BOT. PHAN. Genre de la famille des Renoneulacées et de la par Commerson dans le L., établi par Commerson dans le Genera de Jussieu, et adopté par De Càndolle (Syst. Veget. univ., 1, p. 226) avec les caractères suivans: fleurs dioïques par avortement; calice à cinq ou six sépales; corolle à dix, douze pétales linéaires longs; étamines nombreuses et courtes dans les fleurs mâles; ovaires nombreux dans les femelles, réunis en tête, et couronnés d'autant de stigmates sessiles; carpelles monospermes ovés. Les notions imparfaites que l'on possède sur les fruits de ce genre, rendent très-incertaine la place qu'il doit occuper dans la famille. Néanmoins, De Candolle l'a placé à la suite des Anémones, avec lesquelles il a quelque ressemblance. Il en a décrit deux espèces, savoir: Hamadryas Magellanica, Lamk. et Commers.; et H. tomentosa, D. C. La première est une petite Plante découverte par Commerson sur le sommet des montagnes boisées, au détroit de Magellan. Une très- belle figure de cette espèce a été donnée par B. Delessert (Icones Selectœ, 1, tab. 22). L'Hamadryas tomentosa est une Herbe entièrement couverte d'un duvet épais. Elle croît dans les gorges des montagnes de l'Amérique du Sud, non loin de la patrie de la première espèce. (G..N.)

* HAMAGOGUM. BOT. PHAN. Pour Hæmagogum. V. ce mot. (B.)

* HAMAH. OIS. Syn. arabe d'Effraie. V. CHOUETTE.

HAMAM. OIS. (Forskahl.) Syn. arabe de Pigeon. (DR..Z.)

* HAMAMALIGRA. BOT. CRYPT. (Plumier.) Nom caraïbe de l'Acrostichum aureum, l'une des espèces du genre qui se trouve répandu dans les deux hémisphères. (B.)

HAMAMELIDE. Hamamelis. BOT. PHAN. Ce genre de la Tétrandrie Monogynie, L., sert de type à la famille des Hamamelidees de R. Brown. Il a pour caractères: un calice à quatre divisions plus ou moins profondes, accompagné quelquefois à sa base de plusieurs écailles; quatre pétales alternes avec ces divisions, beaucoup plus longs qu'elles, allongés en for

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me de rubans et insérés au calice; à ces pétales, sont opposés quatre filets plus ou moins courts, attachés à leur onglet, et quatre autres filets alternes, de longueur à peu près égale, portent des anthères adnées à leur extremité. Ces anthères ont deux loges, dont chacune s'ouvre sur le côté par une valve presque orbiculaire, qui tombe entièrement ou bien y reste attachée par un de ses bords. L'ovaire, qui fait inférieurement corps avec le calice, est bilobé supérieurement et terminé par deux styles. Il contient deux loges, renfermant chacune un ovule unique, suspendu à son sommet. Les graines, allongées et luisantes, présentent un embryon plane à radicule supérieure, entouré d'un périsperme charnu.

Ce genre comprend des Arbrisseaux à feuilles alternes et stipulées, à fleurs ramassées en petits paquets, soit aux aisselles des feuilles, soit à l'extrémité des rameaux. L'espèce la plus anciennement connue, est originaire de la Virginie, dont elle a tiré son nom spécifique; et on la cultive dans les jardins. Elle a le port et le feuillage du Noisetier. Pursh en a fait connaître une seconde de la Nouvelle-Géorgie, distincte par ses feuilles beaucoup plus petites et en cœur. R. Brown, eufin, en a décrit et figuré une troisième rapportée de Chine (Three spec. of Plants found in China, p. 3), qui, suivant lui, pourrait peut-être, sous le nom de Loropetalum, former un genre distinct et par son port un peu différent, et par la déhiscence de ses anthères, dont la valve se détache tout-à-fait au lieu de persister, attachée par un de ses bords. (A. D. J.)

*HAMAMELIDĖES. BOT. PHAN. R. Brown, dans la description de plusieurs Plantes nouvelles trouvées en Chine, a proposé l'établissement de cette famille qu'il caractérise ainsi: fleur complète; calice demi-adhérent; quatre pétales; quatre filets alternant avec ces pétales, et portant des anthères à deux loges, dont chacune s'ouvre latéralement par une valvule qui tantôt se détache entièrement, et tantôt reste attachée par l'un de ses bords; un ovaire à deux loges, qui contiennent chacun un ovule suspendu; deux styles; fruit semi-infère, capsulaire;embryon à radicule supérieure, dans un périsperme dont il égale presque la longueur.

A cette famille, l'auteur rapporte avec l'Hamamelis, qui lui sert de type, les genres Dicoryphe de Du Petit-Thouars et Dahlia de Thunberg.Il y ajoute avec doute et comme devant faire partie d'une section distincte, le Fothergilla. Il indique l'affinité de cette famille d'une part, avec celle des Bruniacées établie par lui; de l'autre, avec le Cornus et les Araliacées. De Jussieu est porté à croire que les Hamamélidées doivent plutôt rentrer dans les Cercodianées ou Hygrobiées. V. ce mot. (A. D. J)

* HAMARGON. BOT. PHAN. L'Arbre des Philippines cité par Cameli, sous ce nom qui est peut-être formé par corruption du mot espagnol amargo (amer), ne saurait être déterminé sur ce qu'en dit cet auteur. On emploie pour les tumeurs un suc huileux qu'on en obtient. (B.)

HAMBERGERA. BOT. PHAN. Scopoli a substitué ce nom au Cacucia d'Aublet. V. CACOUCIER (G..N.)

HAMBURGE. POIS. V. CYPRIN.

HAMEÇON DE MER. POIS. Espèce du genre Leptocéphale. V. ce mot. (B.)

* HAMEFITHEOS. BOT. PHAN. Pour Comifitius. V. ce mot. (B.)

HAMELIA. BOT. PHAN. Genre de la Pentandrie Monogynie, L., établi par Jacquin (Stirp. Amer., 72) et dont Kunth a fait le type de la septième section qu'il a établie dans la famille des Rubiacées. Voici les caractères qui lui ont été assignés: calice à cinq dents, persistant; corolle tubuleuse, pentagone, dont le limbe est à cinq lobes; cinq étamines incluses; un seul style portant un stigmate linéaire et à çinq angles; baie

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globuleuse, elliptique, à cinq lobes polyspermes; graines légèrement comprimées. Lamarck et Willdenow avaient réuni à ce genre l'Amaiova d'Aublet, qui a été rétabli par Desfontaines et Kunth. Le nom de Duhamelia a été par quelques auteurs substitué à celui de Hamelia; mais quoiqu'il fût plus conforme au nom ou personnage auquel le genre a été dédié, on n'a pas jugé convenable de surcharger la nomenclature en adoptant cette nouvelle dénomination. Les Hamelia sont des Arbrisseaux ou Arbustes à feuilles opposées, ternées ou quaternées. Leurs fleurs sont disposées en épis, de couleur rouge, jaune ou orangée. On en compte une dixaine d'espèces qui croissent dans l'Amérique méridionale et les Antilles. Plusieurs sont cultivées en Europe dans les jardins de botanique, où on les tient en serre chaude pendant l'hiver, et on leur donne une terre substantielle et des arrosemens fréquens en été.Parmi celles-ci on distingue surtout la Hamelia a feuilles velues, Hamelia patens, L. et Smith, Exot. Bot., tab. 24, vulgairement Mort-aux-Rats. C'est un Arbrisseau d'un mètre environ de hauteur, à rameaux anguleux, garnis de feuilles ternées, molles, cotonneuses en dessous, et à fleurs rouges, pédicellées, disposées eu panicules terminales et rameuses. Il croît dans les forêts de l'Amérique méridionale, au Mexique et dans l'île de Cuba. On le cultive dans les jardins botaniques de l'Europe. (G..N.)

* HAMELXACÉES. Hameiaceœ. BOT. PHAN. Nom de la septième section établie par Kunth (Nov. Gener. et Spec. œquin. T. III, p. 412) dans la famille des Rubiacées, et qu'il a ainsi caractérisée: fruit bacciforme ou drupacé, à cinq, quatre ou six loges polyspermes. (G..N.)

* HAMELLUS. MOLL. D'anciens oryctographes, particulièrement le théologien Scheuchzer, ont désigné sous ce nom des Huîtres ou des Peigues fossiles. (B.)

HAMILTONIE. Hamiltonia. BOT. PHAN. Ce nom a été donné à deux genres différens, par Roxburgh à une Rubiacée le Spermadictyon suaveolens, et par Mühlenberg à une Plante de la famille des Osyridées, qui est le Pyrularia de Michaux. V. ces mots. (A. D. J)

*HAMIOTA. OIS. (Klein.) Dénomination d'un genre qui comprend les Hérons et les Cigognes de la Méthode ornithologique que nous avons adoptée. V. ces mots. (DR..Z.)

HAMITE. Hamites. MOLL. FOSS. Genre établi par Parkinson pour des Coquilles cloisonnées, voisines des Baculites, et dont quelques-unes furent confondues avec elles. Elles présentent un caractère remarquable qui n'est appréciable dans certaines espèces que lorsqu'on les trouve entières ou presque entières. Ce caractère est pris de la courbure de la sorte de crosse que fait la Coquille lorsqu'elle est arrivée à une certaine période de son accroissement. Quelques autres espèces paraissent uniformément courbées en portion de cercle, et ont en cela de l'analogie avec le corps pétrifié auquel on a donné le nom d'Ichthyosarcolithe. Ce genre a été adopté par Sowerby dans son Mineral Conchology qui en a fait connaître un assez grand nombre d'espèces dont plusieurs sont fort curieuses, et jusqu à présent il n'a été adopté ni par Cuvier ni par Lamarck. Férussac, dans ses Tabeaux systématiques, a placé les Hamites dans la famille des Ammonées, entre les Scaphites et les Baculites, servant ainsi d'un échelon dans la série les rapports qui lient toutes les Ammonées dans leurs diverses formes, depuis celle tout-à-fait droite, saus aucune spire, la Baculite, jusqu'à celle d'une Coquille enroulée, soit dans le plan vertical, la Turrilite, soit dans le plan horizontal, les Ammonites, les Orbulites. Sowerby, dans l'ouvrage que nous venons de citer, a donné les caractères génériques suivans à ces singuliers corps: coquille cloi-

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sonnée, fusiforme, recourbée ou pliée sur elle-même, ayant le bord de ses cloisons ondé, le syphon placé près du bord extérieur. A ces caractères on aurait pu ajouter que la forme est plutôt en pyramide très-allongée et courbée vers son milieu, que fusiforme qui indique ordinairement un renflement. On aurait pu dire que les cloisons sont non-seulement ondées, mais le plus souvent articulées par des anfractuosités profondes, semblables à celles des Ammonites. Les Hamites ne se sont trouvées jusqu'aujourd'hui que dans les terrains anciens, au-dessous de la Craie, ou dans la partie inférieure de cette formation. C'est ordinairement le moule plus ou moins complet et depourvu du test que l'on rencontre; quand le test existe, et cela dépend, à ce qu'il paraît, de circonstances locales, il a une belle couleur nacrée, et on s'aperçoit qu'il devait être extrêmement curieux. On observe aussi le peu d'épaisseur que devaient avoir les cloisons elles-mêmes qui, après avoir disparu, ne semblent avoir laissé aucun espace. Parmi les espèces les plus remarquables, nous citerons de préférence la suivante.

HAMITE ARMÉE, Hamites armatus, Sow., Mineral Conchol., pl. 168. Espèce fort grande et fort remarquable par le double rang d'épines qui sont sur un des côtés de la coquille. Elle est ployée en deux par un coude arrondi. Les deux parties droites sont à peu près d'égale longueur. Elles sont sillonnées régulièrement par de grosses et de petites côtes; les grosses sont régulièrement distantes. Il y en a entre elles deux ou trois petites; ces grosses côtes portent sur la double crête, d'un côté de gros tubercules arrondis, et de l'autre le double rang d'épines assez longues que nous venons de mentionner. Ces grosses côtes présentent encore vers la partie interne une série de tubercules arrondis qui se voient également des deux côtés. La Coquille est aplatie, comprimée, subquadrilatère, ce qui la distingue fortement de toutes les autres espèces connues. C'est en Angleterre, au rivage de Boak, près de Benson, en Oxfordshire, que cette rare et très-belle espèce a été trouvée. Pour les autres espèces du genre, nous renvoyons particulièrement au bel ouvrage Org. Rem. de Parkinson, ainsi qu'à celui de Sowerby, le Mineral Conchol., et, pour l'espèce de Maëstricht, à l'ouvrage de Faujas et au Mémoire de Desmarest. (D..H.)

* HAMMAR. OIS. (Shaw.) Syn. vulgaire de Bécasse. V. ce mot. (DR..Z.)

HAMMITES. GÉOL. Globules de Chaux carbonatée qui ont reçu divers noms particuliers selon leur grosseur et leur ressemblance avec des graines de Pavot, de Millet, d'Orobe, de Pois, et des œufs de Poissons; ainsi on les a nommés: Méconites, Cenchrites, Orobites, Pisolites, Oolites. Ce dernier nom est le plus généralement employé, et celui de Pisolite est maintenant réservé pour désigner ceux de ces globules qui sont visiblement composés de couches concentriques. Les Miliosites, qui paraissent être des corps organisés fossiles, ont été quelquefois confondus avec les Hammites. La Chaux carbonatée globuliforme constitue dans la nature des couches très-puissantes et qui se montrent sur une grande étendue; les grains sont assez généralement de même grosseur dans les mêmes bancs et ils sont réunis d'une manière très-intime par un ciment plus ou moins apparent. Ce ciment est le plus souvent calcaire, mais quelquefois il est quartzeux ou sablonneux.On écrit presque toujours Ammites ou Amites. V. ces mots et OOLITES. (C.P.)

HAMMONIE. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, établi par Latreille, et qui avait pour type un Insecte qu'on a depuis reconnu pour être la femelle du Cébrion. V. ce mot. (AUD.)

HAMMONITES. Hammonita. MOLL. FOSS. On doit regarder comme des fautes d'orthographe grossières, et cesser de citer dans des dictionnai-

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res français tous synonymes où les Ammonites sont ainsi appelées. L'étymologie de Corne-d'Ammon prouve que ceux qui ont fait précéder de la lettre H les mots qui peuvent y avoir rapport étaient au moins fort inattentifs. (F.)

* HAMONI. OIS. (Aldrovande.) Syn. de l'Aigle Pygargue. V. AIGLE. (DR..Z.)

HAMPE. Scapus. BOT. PHAN. On donne ce nom au pédoncule floral ou à la tige qui, partant immédiatement du collet de la racine, se termine par les fleurs sans donner naissance aux feuilles. Cette modification de la tige, qui mérite à peine d'en être distinguée, est particulière aux Plantes monocotylédones, comme la Jacinthe, les Phalangium, etc. La tige des Bananiers est une véritable Hampe d'une très-grande dimension. Ce sont les gaînes dés feuilles qui toutes partent de la racine, qui en s'enroulant autour du pédoncule floral, qui naît également de la racine, constitue cette sorte de tige qui au premier aspect ressemble au stipe d'un Palmier. Il ne faut pas confondre avec la véritable Hampe, qui naît toujours du centre d'un assemblage de feuilles radicales, et qui appartient exclusivement aux Monocotylédones, le pédoncule radical, qui part simplement de l'aisselle d'une feuille radicale et qu'on observe dans les Dicotylédons. Plusieurs espèces de Plantain, le Pissenlit ou Dent-de-Lion, etc., en offrent des exemples. V. TIGE et PÉDONCULE. (A. R.)

HAMRUR. POIS. et BOT. Une espèce du genre Lutjan parmi les Poissons et une espèce du genre Phyllante parmi les Plantes portent ce nom.

HAMSCHED. BOT. PHAN. Syn. de Forskahlea tenacissima dans quelques contrées de l'Arabie (B.)

HAMSTER, Cricetus. MAM. Genre de la deuxième tribu des Rongeurs à clavicules, tribu dont le caractère général est d'avoir des molaires tuberculeuses (V. notre Tableau des Mammifères, Physiologie de Magendie, 2e édition).—Pallas (Nov. Spec. Quadrup. in- 4°., second, éd. Erlang, 1784.), dans ses Considérations générales de Genere Murino in universum, fait de tous les Animaux rapprochés des Hamsters pour la brièveté du corps, des membres et de la queue, pour la forme pointue de la tête, l'existence d'abajoues (promptuaria) et pour la susceptibilité de ne tomber en léthargie que par des froids extrêmes, la quatrième section de son genre Murinum, sous le nom de Mures Buccati; il compose cette section de six espèces encore aujourd'hui mieux connues que toutes celles qui depuis y ont été réunies sous le nom de Hamster. Quoique Pallas ne donne pas le plus important des caractères, savoir le nombre et la forme des dents, néanmoins, comme il a donné du Hamster ordinaire dont il a fait le type de cette section une description excellente, surtout pour l'anatomie des organes génitaux, presque passés sous silence par Daubenton; comme il a surtout reconnu entre toutes les espèces dont il parle, deux caractères anatomiques d'une grande influence, savoir: 1° la division de l'estomac en deux poches tout-à-fait distinctes par un rétrécissement tel que les alimens ne passent dans la droite qu'après avoir achevé d'être élaborés dans la gauche, et 2° l'existence, d'abajoues, c'est-à-dire de poches creusées dans l'épaisseur des joues a partir de l'angle des lèvres et prolongées jusqu'au-devant des épaules; et comme ces deux modifications de l'appareil digestif ne se retrouvent point ensemble dans d'autres Rongeurs, il y a toute probabilité, d'après ce que l'on sait de la corrélation des formes organiques, que ces espèces se ressemblent aussi pour les dents. D'ailleurs, ainsi qu'on l'a déjà vu chez les Campagnols parmi les Rongeurs, chez les Bœufs parmi les Ruminans, etc., le nombre des côtes et des vertèbres lombaires varie là où d'autres caractères sont fixes et constans. Et

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c'est sur ce motif que nous avons fait du nombre des côtes et des vertèbres, des caractères spécifiques. Ainsi dans les espèces de ce genre le nombre des côtes varie de douze à treize, et celui des vertèbres lombaires de six à sept. Le squelette du Hamster ordinaire offre plusieurs particularités qui le distinguent surtout beaucoup du Rat d'eau et d'autres Campagnols auxquels Daubenton l'a comparé sans s'apercevoir de la différence de la forme de leurs dents, et auxquels il ne ressemble guère que pour la grandeur du quatrième segment ou segment ethmoïdal du crâne, lequel forme aux orbites une épaisse cloison et contient une grande cavité pour les lobes olfactifs. D'ailleurs cette large excavation qui dans les Campagnols sépare l'alvéole de la lame osseuse extérieure servant de base à l'apophyse coronoïde et au condyle de la mâchoire inférieure, n'existe pas dans les Hamsters, où cette lame s'élève, au contraire, tout contre l'alvéole, comme dans les Rats, etc. Ensuite, dans les Hamsters, le condyle, au lieu d'être presque vertical, comme chez les Campagnols, est presque horizontal ou plutôt dans le prolongement de la courbure de la mâchoire, ce qui rend plus perpendiculaire à ce levier la puissance des muscles temporaux. Cette disposition existe à un moindre degré dans les Rats. Enfin, dans les Campagnols, la partie du palais correspondante aux palatins est excavée en une voûte à part et plus élevée, où s'ouvrent des trous beaucoup plus nombreux et plus grands que dans les Hamsters, les Rats, etc., où le plafond du palais est d'une courbure uniforme sur toute sa longueur. Une particularité de la construction de l'avant-bras, c'est le large aplatissement du cubitus et du radius dans un même plan oblique d'arrière en avant et de dehors en dedans, aplatissement tel que les bords internes de ces deux os sont contigus sur toute leur longueur, ce qui donne aux insertions des muscles pronateurs et supinateurs une solidité bien supérieure à ce que pourrait offrir un ligament interosseux, comme dans l'Homme, les Singes et les autres Rongeurs à clavicules. Cette particularité de la construction du bras explique les habitudes de fouir plus profondément et plus loin que les Campagnols.—Dans tous ces Animaux l'œsophage s'insère à l'estomac sur le contour de son rétrécissement; mais Pallas s'est assuré chez le Hamster des sables que les alimens se rendent d'abord dans la poche gauche, la droite ou pylorique restant contractée pendant qu'ils y séjournent; et sur des individus qui n'avaient pas mangé depuis la veille, que la gauche était vide et contractée, quand réciproquement la pylorique était distendue par le chyme. En rapprochant la figure de l'estomac du Hamster ordinaire donnée par Daubenton (Buff. T. XIII, pl. 15, fig. 1), de celles du même organe dans le M. Songatus, fig. 30, dans le M. Accedula, fig. 26 et 27 de la pl. 17 de Pallas, on voit que le mécanisme de la digestion stomacale doit être le même dans toutes ces espèces. Cette séparation de l'estomac en deux poches se retrouve aussi dans les Campagnols et autres Rongeurs, mais les Hamsters en diffèrent par le plissement des parois intérieures des ces poches, et par les franges du bord de ces plis; structure qui porta Pallas (loc. cit.) à se demander si ces Animaux ne rumineraient pas. — Les Hamsters anatomisés par Pallas manquent de vésicule biliaire. Comme dans tous les Rongeurs, les hémisphères du cerveau sont lisses et sans le moindre pli. Daubenton observe qu'ils sont dans le Hamster aussi larges que longs. Daubenton (in Buff., loc. cit., pl. 18, fig. 2) a représenté sur place les abajoues du Hamster, dont la coupe montre les plis par lesquels se fronce la membrane musculeuse de cette poche quand elle est vide.

Les Hamsters ont cinq doigts à tous les pieds; mais le pouce de ceux de devant, ordinairement rudimentaire,

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est même chez la plupart dénué d'ongles; celui des pieds de derrière serait même aussi sans ongle dans le Hamster de Songarie.

Le plus grand nombre des Hamsters habite le nord de l'ancien continent, où le Rhin paraît former leur limite oocidentale; car le Hamster commun est nombreux depuis la rive orientale du Rhin jusqu'au Jenisei. On ne l'a jamais rencontré à l'ouest du premier de ces fleuves. Nous donnerons la notice de plusieurs Rongeurs américains que leurs des-cripteurs ont rattachés au genre Hamster; mais l'organisation d'aucun d'eux n'est assez bien connue pour qu'on puisse faire ce rapprochement avec une certitude suffisante. Il nest donc pas démontré encore qu'il existe de vrais Hamsters en Amérique.

† HAMSTERS proprement dits. — Les espèces qui composent cette première division, et qui ont toutes été décrites par Pallas, se trouvent dans la zône de l'ancien continent que nous venons d'indiquer.

1. Le HAMSTER, Mus cricetus, L.; Skrzeczieck des Slaves illyriens: Chomik-Skrzeczk des Slaves polonais. Schreber, pl. 198. A. et pl. 198. B. La variété noire de l'Ural, F. Cuv., Mam. lith. et Encyc., pl. 70, fig. 3.— Des trois molaires qui garnissent chaque côté des mâchoires, la première supérieure a trois paires de racines et trois paires de tubercules formées par des sillons transverses. Des deux suivantes, l'antérieure a deux paires de racines et deux paires de tubercules; la postérieure n'a que trois racines et trois tubercules. La première d'en bes n'a que cinq racines et cinq tubercules; et les deux dernières, tout-à-fait semblables, ont chacune quatre racines et quatre tubercules. Lorsque l'âge, dit F. Cuvier, en efface les sillons et que les tubercules en sont usés, elles sont encore reconnaissables par le feston de leur contour dont les enfoncemens et les saillies correspondent aux sillons et aux rangs de tubercules. Les yeux, assez petits et globuleux, sont saillans, à pupille ronde; les oreilles sont grandes, arrondies et en partie nues; les narines ouvertes à côté d'un petit mufle que divise un sillon vertical prolongé sur la lèvre supérieure; la lèvre inférieure, très-petite, couvre à peine les incisives.—Le Hamster, dit Daubenton, est grand comme un Rat, dont il ne semble différer qu'en ce que la tête est plus grande, les yeux plus petits et la queue beaucoup plus courte. Le front, le dessus de la tête, le haut de la croupe et des côtés du corps sont de couleur fauve terne, mêlée de cendré, parce que les poils sont annelés de cendré, de fauve et puis de noirâtre à la pointe. Les côtés de la tête et du con, le bes des flancs, le dehors de la cuisse et de la jambe, les fesses et le bas de la croupe sont roussâtres; le bout du museau, le bas des joues, le dehors du bras et les pieds sont d'un jaunâtre très-pâle. Cette couleur forme trois grandes taches de chaque côté de l'Animal. Enfin la gorge, l'avant-bras, le dessous de la poitrine, le ventre, la face interne des cuisses, le devant et le dedans de la jambe sont de couleur marron très-foncé, passant au noirâtre. Pallas a décrit et figuré très-exactement les parties génitales mâles du Hamster (loc. cit., pl. 17, f. 1 et 2, et non pl. 25, comme le texte l'indique à tort). C'est celui de tous les Rongeurs dont les moyens de reproduction sout le plus parfaitement développés; le gland, couvert de petites soies piquantes, visibles seulement dans l'état d'érection, rappelle la forme de celui du Castor. Les épiploons lombaires, si développés dans la Marmotte et autres Rongeurs hybernans, sont tout-à-fait nuls dans le Hamster, mais un large amas de graisse enveloppe les reins qu'il surpasse huit fois en volume, et chaque testicule est recouvert d'une sorte d'épiploon particulier. Chose fort remarquable, cette graisse est, pour ainsi dire, plus abondante au printemps qu'en automne, ce qui contredit encore l'idée de l'engourdissement hivernal du Hamster. Pallas, en Sibérie, dans le mois de mars et

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par une température encore très-froide, a trouvé à des Hamsters qu'on venait d'extraire de leurs terriers une chaleur de 103 degrés Farenheit, et à d'autres, en plein hiver et renfermés dans un lieu froid, 91 à 99 degrés Farenheit. Jamais il n'a pu en assoupir par le froid. Tous ces faits rendent plus que douteux l'engourdissement du Hamster.

Le Hamster paraît étranger à l'Europe, à l'ouest du Rhin. On ne l'y a encore trouvé que dans la Basse-Alsace; mais il occupe toute la zône comprise entre ce fleuve et le Danube au sud-ouest et le Jenisei au nord-est. Il vit isolé, mais en très-grand nombre, dans les champs cultivés et même dans les steppes de la Russie méridionale et de la Sibérie. Il aime surtout les terrains où la Réglisse croît en abondance, à cause des approvisionnemens qu'il se fait des graines de cette Plante. Il évite les terrains sablonneux et ceux qui sont trop arrosés. Sa taille varie selon la nature du pâturage, l'âge et le sexe. Les mâles pèsent quelquefois jusqu'à seize onces, et les femelles surpassent rarement de quatre à six onces. Pallas (loc. cit., p. 83) en a vu le long du Volga, surtout dans le gouvernement de Kasan, autour des croupes les plus méridionales de l'Ural, une variété toute noire, abondante surtout autour de Simbirsk et d'Ufa. Cette variété représentée par Schreber (loc. cit.) s'accouple avec la variété ordinaire. Mais alors les portées donnent constamment des individus noirs. Elle est remarquable, parce que le tour de la bouche et du nez, le bord des oreilles, les quatre pates et même le bout de la queue sont tout blancs. Dans quelques individus, tout le museau est blanc, le front grisonné, et le blanc de la mâchoire inférieure s'étend le long du cou. Il y en a même dans la chaîne de l'Ural qui sont marqués sur le dos de grandes taches blanches irrégulières. Dans toutes les variétés, même lorsque la fourrure est dans le meilleur état, il y a toujours sur chaque côté des reins une place nue que l'on n'apercoit qu'en soufflant sur le poil quand il est bien touffu. Il est probable que cette partie nue correspond à quelque sinus graisseux, comme chez les Musaraignes; d'autant mieux que l'aréole de l'ombilic forme également toujours un sinus où s'exhale un fluide sébacé.

2. Le HAGRI, Mus Accedula, Pall., Nov. Spec. Glir., pl. 18, A; Schreber, pl. 197. — Bien plus petite que le Hamster, cette espèce a le nez arrondi et un peu velu, fendu en deux par un sillon qui divise aussi la lèvre supérieure. La lèvre inférieure et les angles de la bouche sont extrêmement renflés. Les abajoues très-grandes occupent tout le côté du cou jusqu'aux épaules. Les incisives supérieures, plus courtes, sont jaunes; les inférieures sont plus blanches, plus longues et subulées. Les moustaches sont disposées sur cinq rangs, les soies de devant en sont blanches, les plus longues sont noires. Il y a deux longues soies noires au sourcil. Il y a une verrue avec environ six soies blanches à l'avant-bras près du carpe. Le rudiment du pouce antérieur n'est pas onguiculé. Il y a cinq tubercules à la plante des pieds antérieurs, six à celle des pieds de derrière. Le tour de la bouche, du nez et le dessus des abajoues sont blancs. Le reste du corps est d'un gris jaune, mêlé de brun en dessus, et d'un blanc gris en dessous. Les pates sont blanches; la queue brune en dessus est blanche en dessous. Les aréoles du mamelon sont nues; il y a six mamelles: deux pectorales, quatre inguinales. Pallas n'en a pas trouvé à l'ouest du Jaïk, et il pense, malgré les récits des cosaques de cette contrée qui disent qu'il émigre la nuit en troupes escortées de Renards, que cela ne peut s'entendre que du Campagnol social. Et réellement c'est un fait contradictoire avec les habitudes solitaires et féroces des Hamsters. — Cette espèce a trois pouces du nez à la base de la queue qui n'a que huit lignes.

3. Le PHÉ, Mus phæus, Pall., loc. cit., pl. 15 A; Schreber; pl. 200,

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Encycl., pl. 70, fig. 6.—Le nez est nu, et un sillon, dont le bord supérieur est velu, circonscrit les narines. Cinq rangs de moustaches plus longues que la tête, noires sur la plus grande longueur et blanches a la pointe, garnissent la lèvre supérieure. Le rang voisin de la bouche est aussi tout blanc. Les oreilles, ovales et velues à la pointe, sont brunes. La couleur générale est d'un cendré blanchâtre, légèrement brune en dessus et blanchâtre en dessous. Le front et le museau blanchissent aussi. Le tour de la bouche et les quatre pieds sont blancs. Cette espèce a trois pouces cinq lignes de long, sans la queue qui est blanchâtre et longue de neuf lignes. Pallas ne l'a pas rencontrée plus aunord que la steppe d'Astracan, d'où elle s'étend à travers le Karism et le Korasan jusqu'eu Perse et en Bucharie. Gmelin dit qu'en Perse, où il est très-nombreux durant l'hiver, il s'établit dans les habitations dont il pille les provisions de Riz. Pallas en ayant pris plusieurs au milieu de décembre près d'Astracan, avec l'estomac plein, en conclut avec raison que cette espèce ne subit pas de léthargie hivernale. Le Phé a treize côtes, six vertèbres lombaires et deux sacrées.

4.Le HAMSTER DES SABLES, Mus arenarius, Pall., loc. cit., pl. 16, A; Schreb., pl. 199.— A tête oblongue, à museau pointu; nez rougeâtre et pubescent; moustaches blanches, très-fournies et plus longues que la tête. Trois longues soies au sourcil; les lèvres sont petites; les oreilles grandes, ovales et jaunâtres; le pouce de devant est onguiculé. Tout le dessus du corps est d'un gris perlé, et le dessous, le bas des flancs, les quatre pates et la queue sont d'un beau blanc ainsi que les ongles. Il a trois pouces huit lignes de longueur et la queue dix lignes. Cet Animal a deux grosses glandes autour du cou, et de petites au-dessous des épaules au fond de l'abajoue. L'intestin a onze pouces de longueur. Il y a treize paires de côtes. Pallas l'a découvert dans les plaines sablonneuses adjacentes à l'Irtisch, et jamais ailleurs. Le mâle habite un terrier de plusieurs aunes de long, au fond duquel est un nid fait avec les racines fibreuses de I'Elymus arenarius et des restes de gousses de l'Astragalus Tragacantha. Une autre fois, dans le mois de mai, il déterra le nid d'une femelle contenant cinq petits qui s'élevèrent bien, mais ils étaient très-méchans, menaçaient de mordre en se mettant sur le dos, et faisaient entendre un cri assez grave, semblable à celui de l'Hermine. Renfermés dans la même boîte avec de plus jeunes individus du Mus Songarus, ils vivaient en assez bonne intelligence, mais faisaient lit à part; et tandis que ces derniers devenaient très-familiers, ils restaient sauvages et menaçans. Ils préféraient à tout les cosses de l'Astragalus tragacanthoides. Ils ne se mettaient en mouvement que la nuit, et restaient couchés durant le jour. Ils étaient bien plus agiles que le Mus Songarus. Palas observe que pour la finesse et la couleur de la fourrure, le Hamster des sables ressemble beaucoup au Phé. Lichteinstein, dans la rédaction des observations zoologiques d'Eversman (Voy. de Meyendorf), dit que le Phæus a réellement le pouce de devant onguiculé, et que le Hamster des sables de Pallas n'en est qu'un individu plus jeune. Mais comme Pallas a observé dans chaque espèce plusieurs individus de différens âges, tandis que Lichteinstein convient n'avoir vu qu'un seul individu, nous croyons que l'Animal donné par ce dernier naturaliste sous le nom de Mus Phæus n'est qu'un individu de l'espèce dont nous parlons. Eversman l'a rencontré dans la Bucharie, près de la rivière Kuwandschur, contrée bien moins isolée du bassin de l'Irtisch que du Karism et de la Perse, dont la séparent les grands monts de Belur.

5. Le HAMSTER DE SONGARIE, Mus Songarus, Pall., loc. cit., pl. 16, B; Schreber, pl. 201 — Un peu plus petit que les deux précédens, ce Hamster a la tête plus ra-

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massée le museau plus obtus que le Hamster des sables et presque semblable au Phé. Les moustaches plus courtes que la tête sont très-fournies; les lèvres épaisses offrent à leur commissure lâche et pendante l'orifice de l'abajoue. Les oreilles sont ovales, susceptibles de se plisser, dépassent le pelage antérieurement et sont plus molles et plus membraneuses que dans le précédent. Le pouce de devant n'a pas d'ongle. La plante des pieds est enveloppée de poils qui en cachent les callosités. La fourrure molle et allongée est de couleur gris-cendré eu dessus avec une raie noire de chaque côté de l'échine depuis la nuque jusqu'à la queue. Sur chaque côté, se détachent quatre taches blanchâtres, encadrées de roux dans la moitié supérieure de leur contour; l'une sur le cou, l'autre derrière l'épaule, la troisième triangulaire au-devant de la cuisse, et la quatrième sur le bas de la croupe. Les pieds et tout le dessous du corps et de la queue, ainsi que l'extrémité de celle-ci, sont blancs. Les paupières sont bordées de brun. — Cette espèce, qui a trois pouces de long du museau à la queue, a douze paires de côtes, six vertèbres lombaires, trois sacrées et dix caudales. L'intestin a onze pouces un quart de long. De larges glandes bordent le cou jusqu'aux épaules; il y en a use petite auprès du sinus ombilical. Le Hamster de Songarie, comme le précédent, n'a été trouvé par Pallas que dans la steppe de Barabensk, près de l'Irtisch. Le site qu'il préfère le plus est un terrain aride, sablonneux et salin. Au milieu de juin, Pallas découvrit le terrier d'une femelle avec sept petits encore aveugles. Un boyau oblique, après quelques spithames, conduisait à une chambre ronde, tapissée de filamens de racines et d'Herbes où se tenaient les petits avec un approvisionnement de siliques d'Alyssummontanum et de graines d'Elymusarenarius. De cette chambre, un autre boyau s'enfonçait profondément, sans doute, vers une chambre plus inférieure où la mère se retira, et que la dureté de l'Argile empêcha de découvrir. Quoiqu'aveugles, les petits étaient déjà grands. Ils ouvrirent les yeux le lendemain. Ils vécurent trois mois de pain et de toutes sortes de graines, surtout de celles d'Atraphaxis et d'Elymus dont ils remplissaient leurs abajoues jusqu'à un dragme pesant. Ils étaient si familiers qu'ils mangeaient dans la main. Ils s'occupaient le jour à fouir le sable de leur boite avec une grande agilité qu'ils ne mettaient pas à tout autre exercice. Ils passaient toute la cuit à dormir. Leur voix était rare, et quand on les tourmentait, ils ne faisaient que piper comme une Chauve-Souris. Ils rendaient fréquemment une urine très-fétide. Us moururent d'embonpoint à la fin d'août.

6. L'OROZO, Mus furunculus, Pall., loc. cit., pl. 15, B; Schreb., pl. 202. — Cette espèce dont l'illustre naturaliste, que nous aimons tant à citer, a constaté l'existence depuis les plaines de l'Irtisch et de l'Oby jusqu'à celles de l'Onon et de l'Argun autour du lac Melassatu, paraît aussi exister en Daourie, autour du lac de Dalaï, où Messerchmidt l'avait décrite sous le nom de Furunculus Semblable, pour la forme, au Hamster des sables, il est plus petit, gris jaunâtre ou cendré en dessus, avec une raie noire dorsale qui ne va pas jusqu'à la queue. La nuance pâlit sur les flancs, et le dessous du corps est blanchâtre et même tout-à-fait blanc, ainsi que le bord des oreilles, les joues et les pieds de devant dans celui de Daourie. Dans celui de l'Oby, la nuance est plus sombre et plus obscure, et le dessus des pieds est gris-brun. C'est la variété de Daourie qu'a représentée Pallas. La queue, plus longue à proportion que dans les autres, est très-menue, blanche en dessous et noirâtre en dessus. Le pouce de devant est onguiculé; les incisives étroites sont brunes en haut, nuancées de brun et de blanchâtre en bas. Les moustaches plus longues

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que la tête sont brunes et blanches.

Ici commence une série de Rongeurs sur lesquels ou n'a que quelques probabilités de détermination résultant des idées que se sont faites de leurs affinités, d'après la physionomie de chaque Animal, quelques naturalistes accoutumés à ne juger, comme Buffon, des rapports zoologiques des êtres que par quelques traits superficiels. Quoiqu'il paraisse bien constaté que la plupart des Animaux dont nous allons parler aient des abajoues, néanmoins cette particularité de structure pourrait coïncider avec des maxillaires différentes de celles des Hamsters, et avec telle structure des membres ou de la tête, par exemple le défaut de clavicules, etc., qui les rattacheraient à des types de genres particuliers et sans doute nouveaux.

7. Le HAMSTER A BOURSE, Mus Bursarius de Shaw, ZOOL, fig. 138. N'aurait pas d'oreilles externes; ses incisives supérieures sont cannelées; il n'a que quatre doigts devant et cinq derrière où les ongles sont petits et courts; ceux de devant étant plus courts, les deux du milieu sortent plus longs et plus recourbés. Sa couleur est d'un brun jaune, plus pâle en dessous ainsi qu'aux extrémités et à la queue. Les abajoues sont pendantes et entourées en dessus d'une sorte de fraise.— Il est du Canada.

8. Le CHINCHILLA., Mus laniger, Molina, Stor. Nat. del Chil.—Corps couvert de poils longs et soyeux, dont tout le monde connaît la mollesse et la nuance veloutée de gris, de blanc et de noir. Le ventre et les pates sont blancs. Les oreilles, assez grandes, sont arrondies et membraneuses. Molina lui donne quatre doigts devant et cinq derrière. On ne sait même pas s'il a des abajoues. Il vit sons terre en sociétés; il habite surtout la partie boréale du Chili. La femelle produit deux fois par an cinq ou six petits à chaque portée.—Très-doux et caressant, il s'apprivoise si aisément qu'on le pourrait rendre domestique. Les anciens Péruviens faisaient plusieures étoffes avec sa laine.

9. Le GUANQUE, Mus cyanus, Mol. (loc. cit.). La queue courte et demi-velue, à quatre doigts devant et cinq derrière, bleuâtre en dessus, blanchâtre en dessous; ses oreilles sont plus rondes que celles du Mulot dont il a les formes. Très-timide, il se creuse un terrier formant une galerie de dix pieds de longueur, le long de laquelle régnent, de chaque côté, sept chambres où le Guanque approvisionne une sorte de racine bulbeuse grosse comme une noix. Dans la saison des pluies, il ne se nourrit que de ses magasins, en commençant soigneusement par les premiers faits, et ainsi de suite. Chaque terrier contient une famille avec les six petits de la dernière portée nés en automne; ceux de la première, nés au printemps, quittent leurs parens au bout de cinq à six mois.

10.Le HAMSTER ANOMAL, Mus anomalus, Thomson, Trans. Linn. Aurait des abajoues, cinq doigts onguiculés à tous les pieds, le pouce très-court; la queue longue, presque une et écailleuse, et des épines lancéolées, mêlées dans la fourrure comme aux Echymis. Les abajoues seraient intérieurement tapissées de poils rares et blancs. Tout le dessus du corps brun marron; le dessous et le dedans des membres sont blancs, ainsi que le dessous de la queue qui est noirâtre en dessus. Il est de l'Ile de la Trinité. Desmarest propose de le nommer Hétéromys, au cas où ce Rongeur à queue de Rat, à abajoues de Hamster, à épines d'Echymis, serait le type d'un genre particulier, selon Desmarest. Le port de cet Animal est celui du Rat ordinaire; son museau est plus pointu, ses oreilles nues et arrondies sont médiocres. Sa bouche très-petite contraste avec la grandeur de ses abajoues, dirigées, à partir des incisives supérieures, jusque vers le gosier, d'où elles remontent sur les côtés de la tête à la hauteur des oreilles et des yeux. Sur toute leur pro-

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fondent, des poils rares et blancs les tapissent. Les plantes des pieds ont six callosités, et cinq doigts partout, dont l'intérieur est très-petit. Les ongles des doigts extrêmes sont les plus petits. La queuecylindrique et écailleuse porte quelques poils épars. Les épines sont lancéolées et plus fortes sur le dos qu'ailleurs; ce ne sont plus que des poils assez gros et roides sons le gosier et sous le rentre: là où régnent lés épines des poils fins leur sont mêlés.

11. Le HAMSTER A BANDES, cricetus fasciatus, Rafinesque, Annals of nature, 1820. —Roux, avec environ dix bandes transverses noires sur le dos; les jambes sont aussi marquées de quelques rayures noires. La queue, un peu plus courte que le corps, est mince et annelée de noir. Le corps est trapu, les yeux fort petits, les oreilles courtes, ovales et un peu pointues. Lés abajoues sont pendantes. C'est le Hamster des prairies du Kentukey.

Desmarest(Mammalogie de l'Encyclopédie) a décrit en même temps que les Hamsters et d'après Rafinesque plusieurs Rongeurs classés en trois genres par ce dernier naturaliste qui malheureusement ne dit rien ni de leurs dents ni de leurs clavicules. Voici l'extrait de la note de Desmarest.

†† GEOMYS, Mag. Monthl. Amer. 1817. A cinq doigts onguiculés à tous les pieds ces ongles sont très-longs aux pieds de devant; les abajoues sont extérieures, c'est-à-dire ouvrant suc la commissure; la queue est ronde et nue. Ces Animaux souterrains ne différeraient des Hamsters que par leur queue de Rat. Les pieds ressemblent assez à ceux des Taupes. Or, par la seule construction de son pied, et par conséquent par la construction de son bras et de son épaule, la Taupe formerait un geure bien distinct. (V. ce mot et CHRYSOCHLORE.) Il est donc probable que les Geomys ne sont pas des Hamsters, si le fait indiqué par Rafinesque est exact.

1. GEOMYS DES PINS, Pinctis. D'un gris de Souris; à queue toute nue, plus courte que le corps, et grand comme un Rat. Anderson, Meares, Mitchill le nomment Hamster de Géorgie, où il se trouve dans la région des Pins. il élève de petits monticules.

2. GEOMYS CENDRÉ, G. cinereus D'une teinte grise comme l'écorce de Fresne; queue très-courte et presque nue.

†††CYNOMYS, Rafin., ibid. Avec des abajoues, des dents ressemblant à celles des Ecureuils; cinq doigts à tous les pieds où les deux extérieurs sont les plus courts, et la queue couverte de poils divergens. Ils sont très-voisins des Ecureuils de terre que Rafinesque nomme, Tenotus Tamia d'Illiger; mais ils vivent en société, instinct qui les sépare à la fois et des Ecureuils et des Hamsters solitaires.

1. CYNOMYS SOCIAL, Cyn. socialis. Téte grosse; jambes courtes, de couleur do brique, rouge en dessus, gris en dessous; queue du quart de la longueur de l'Animal qui a dixsept pouces anglais.—Lewis et Clarke le nomment Ecurenil jappant. Dupratz, Dumont, etc., l'avaient seulement indiqué. Il habite les plaines. du Missouri où il creuse d'immenses souterrains. Il imite le jappement d'un petit Chien, se nourrit d'herbes et de racines. C'est la Marmotte du Missouri, Arctomys Missouriensis, Warden; Wistouwisch des Indiens.

2. CYNOMYS GRIS, Cynomis griseus. Tout entier de cette couleur et a pelage très-fin, à ongles allongés. Il a dix pouces quatre lignes de longueur et la queue est trois fois plus courte; comme Lewis et Clarke ne parlent pas d'abajoues, s'il en manquait réellement, Rafinesque propose de le comprendre dans son genre Anglonix. Il vit en troupes moins nombreuses que le précédent. Son cri est un sifflement. Il habite aussi les bords du Missouri.

†††† DIPLOSTOME, Diplostoma, Rufin., ibid. De grandes abajoues ouvertes aux commissures près des

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dents incisives, qui, aux deux mâchoires, sont sillonnées sur leur longueur. Les abajoues se prolongent jusqu'aux épaules. Les molaires sont an nombre de quatre de chaque côté à chaque mâchoire. Le corps est cylindrique, sans queue ni oreilles extérieures. Les yeux sont cachés par le poil (et sans doute très-petits). Quatre doigts à chaque pied. Ils représentent les Rats-Taupes en Amérique.

Brundbury a découvert dans les plaines du Missouri deux espèces de ce genre vivant sous terre et se nourrissant de racines. Les Français qui les observèrent les premiers les appelèrent Gauffres.

1. DIPLOSTOME BRUN, Diplostoma fusca. Long de douze pouces.

2. DIPLOSTOME BLANC, Diplostoma alba. Long de six pouces. (A.D.NS.)

* HAMULAIRE. Hamularia. INT. Genre de l'ordre des Nématoïdes, établi par Treutler; Schranck l'avait nommé Linguatule, et Zeder Tentaculaire; Rudolphi l'avait d'abord adopté dans son Histoire des Entozoaires; mais, éclairé par de nouvelles observations, il a reconnu que les Hamulaires n'étaient que des individus mâles de Vers, dont deux espèces appartiennent aux Filaires et la troisième aux Trichosomes. V. ces mots. (LAM..X.)

HAMULIUM, BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, Corymbifères de Jussieu et de la Syngénésie superflue, L., établi par Cassini(Dict. des Sc. natur. T. XX) aux dépens du genre Verbesina de Linné. Voici ses principaux caractères: involucre orbiculaire, dont les folioles sont appliquées, excepté dans leur partie supérieure, et disposées sur un ou plusieurs rangs; calathide dont le disque est composé de fleurons nombreux et hermaphrodites; la circonférence de demi-fleurons nombreux, femelles, à languette un peu bidentée au sommet, et disposés irrégulièrement sur un ou deux rangs; réceptacle conique, couvert de paillettes irrégulières; ovaires légèrement hérissés, très-comprimés des deux côtés, et présentant après la floraison une large bordure sur chacune des deux arêtes; aigrette composée de deux barbes subulées, cornées, parfaitement nues, l'extérieure courte et droite, l'intérieure longue et courbée au sommet, en forme de crochet. Ce dernier caractère distingue surtout le genre L'auteur pense que la nature a destiné l'aigrette en crochet à la dissémination des akènes par les Animaux qui passent auprès de la Plante, cause finale dont on retrouve les mêmes moyens dans beaucoup d'autres Plantes. Linné (Spec. Plant., édit. 3, p. 1270) avait autrefois indiqué la différence du port et de la structure du Verbesina alata, dont Cassini a formé le type de son genre; mais comme une autre espèce (V.discoidea, Michx.), très-voisine de la première, n'offre pas le caractère assigné à l'Hamuliurn, puisque ses deux barbes sont égales et droites, Kunth pense qu'il n'y a pas lieu de distinguer comme genre particulier le Perbesina alata. L'Hamulium alatum, Cass., est une Plante herbacée, haute de près d'un mètre, dont les feuilles, assez longues, sont décurrentes sur les tiges, et les fleurs de couleur jaune orangée sont solitaires au sommet de longs rameaux nus, dressés et pubescens. Elle croît en Amérique, dans l'île de Cuba, et sur les côtes occidentales et chaudes du continent américain. On la cultive au Jardin des Plantes de Paris. (G..N.)

* HAN ET HANTHI. MAM. (Thevet.) Syn. d'Aï. (B.)

HANCHE, ZOOL. On désigne sous ce nom, dans les Crustacés, les Arachnides et les Insectes, une partie de la pate, celle qui est articulée avec le thorax. V. ce mot et PATE. (AUD.)

HANCHOAN. OIS. Syn. de Busard, des marais. V.FAUCON. (DR..Z.)

* HANGHATSMAH.BOT.PHAN.Encore que la figure faite au hasard et que Flacourt donne de cette Plante

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de Madagascar n'offre pas le moindre rapport avec ce qu'en dit ce voyageur. Il est certain, comme, l'avait fort bien deviné Séb. Vaillant, que Flacourt, a entendu désigner par ce nom de pays le Lycopodium cernuum, qui passe même aujourd'hui comme de son temps pour une Plante souveraine contre les brûlures, propriété que nova ne garantissons pas. (B.)

HANIPON. OIS. (Salerne.) Syn. vulgaire de Bécassine. V. ce mot. (DR..Z.)

* HANNEBANE. BOT. PHAN. Vieux nom français de la Jusquiame noire, encore employé dans quelques cantons. (B.)

* HANNEQUAW. OIS. (Bancrost.) Syn. du Katraka. V. PÉNÉLOPE. (DR..Z.)

HANNETON. Melolontha. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, famille des Lamellicornes, tribu des Scarabéides, établi par Fabricius aux dépens du grand genre Scarabée de Linné, de Geoffroy et de quelques autres naturalistes. Degéer les avait déjà distingués des Scarabées, en en faisant une division qu'il désigne sous le nom de Scarabées des Arbres. Fabricius et Olivier avaient placé parmi les Hannetons des espèces qui eu ont été séparées par Latreille, et dont il a fait plusieurs genres distincts. Le genre Hanneton, tel qu'il est adopté par ce savant naturaliste (Règn. Anim. T, III), est ainsi caractérisé: antennes terminées en massue lamellée; mâchoires cornées, dentées à leur extrémité intérieure; mandibules cornées, renfermées entre le labre et les mâchoires; dernier article des palpes, maxillaires ovalaire; base des élytres nom dilatée extérieurement; une épine très-apparente près de l'extrémité interne des jambes antérieures; corps généralement épais et convexe avec le corselet court et l'abdomen allongé. — Les Hannetons se distinguent des Géotropes, des Scarabées proprement dits, des Hexodons et des Rutèles, par la position des mandibules qui, dans tous ces genres, sont plus saillantes et moins recouvertes par les mâchoires et les parties de la tête. Ils s'éloignent des Hoplies par la forme de leur corps. Enfin ils diffèrent des Anoplognathes de Leach, des Glaphires, des Amphicomes et des Anisomyx de Latreille, par plusieurs caractères tirés des parties de la bouche. — L'étymologie du mot Hanneton nous est inconnue; quant au mot Melolanthe, dont s'est servi Fabricius, il était employé par les anciens; les Grecs nommaient Melonthe, Melolonthe, Melontha, Melolantha, des Insectes qui se nourrissaient avec les feuilles des Arbres. Le corps des Hannetons est oblong, gibbeux et souvent velu; le chaperon est arrondi ou échancré, plus ou moins rebordé, et quelquefois très-avancé; les yeux sont arrondis, un peu saillans; leurs antennes sont composées de neuf à dix articles, dont le premier est gros et assez long; le second petit, presque conique; le troisième un peu plus allongé, et les suivans un peu comprimés par les bouts; les trois, quatre et meme les sept derniers sont en massue ovale, allongée, feuilletée, souvent longue et arquée; le nombre des feuillets varie selon les sexes, et ils sont en général plus développés dans les mâles; le prothorax est un peu convexe et très-peu rebordé; l'écusson est ordinairement en cœur; les élytres sont, dans, presque toutes, les espèces, un peu plus courtes que l'abdomen; elles ont un léger rebord de chaque côté et recouvrent deux ailes membraneuses, repliées; les pates sont de longueur moyenne; les cuisses sont simples; les jambes antérieures ont deux ou trois dents latérales moins fortes que celles des Scarabées; le dernies article des tarses est terminé par deux ongles, dont la forme varie beaucoup suivant lea espèces.—Ces Insectes font de grands dégâts dans les campagnes sous leurs deux étais de larves et d'Insectes parfaits; dans le premier, ils dévorent les racines des Arbres et des Plantes potagères,

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et dans le second, ils rongent les feuilles des Arbres et les dépouillent quelquefois entièrement. Les larves des Hannetons vivent deux, trois et même quatre ans dans la terre et au pied des Arbres et des autres Plantes. Devenus Insectes parfaits, les Hannetons abandonnent leurs demeures souterraines et se répandent quelquefois on si grand nombre sur les Arbres d'une forêt, qu'en peu de temps ils sont dépouillés de leur verdure; ils passent presque toute la journée immobiles et cachés sous des feuilles et ne prennent leur essor qu'après le coucher du soleil. Leur vol est lourd et inconsidéré, et ils heurtent tous les objets qui se trouvent sur leur passage; on les surprend souvent dans l'acte de la génération. On voit les mâles poursuivre les femelles avec beaucoup d'activité, mais aussitôt que la jonetion a eu lieu, ils tombens dans une sorte d'anéantissement et restent attachés à la femelle; enfin ils s'en détachent et meurent bien tôt après. Chaque individu vit à peine une semaine, et l'espèce ne se montre guère que pendant un mois. La femelle vit un peu plus long-temps que le mâle, creuse en terre, à l'aide de ses pates do devant qui sont, armées de dents fortes et peu crochues, un trou d'un demi-pied de profondeur, y pond ses œufs qu'elle abandonne et revient sur les Arbres où elle ne tarde pas à périr.— Les œufs des Hannetons éclosent au bout d'environ six semaines; les larves qui en proviennent et qui ont été très-bien observées dans le Hanneton vulgaire, sont connues dans toute la France sons le nom de Vers blance ou mans; elles sont molles, allongées, ridées et d'un blanc sale un peu jaunâtre. L'extrémité postérieure de leur corps est courbée en dessous, et les excrémens dont celle-ci est remplie leur donnent une tainte violette ou cendrée. Ces larves ont une tête grosse et écailleuse, deux antennes composées de cinq pièces et neuf stigmates de chaque côte; les yeux qu'elles auront un jour sont cachés sous les enveloppes dont elles doivent se débarrasser. Elles ont six pates écailleuses et leur corps est composé de treize anneaux; Elles muent et changent de peau une fois par année, au commencement du printemps; quand elles ont pris tout leur accroissement, elles s'enfoncent à la profondeur d'un ou deux pieds, cessent de manger, se construisent une loge très-unie qu'elles tapissent de leurs excrémens et de quelques fils de soie, se raccourcissent, se gonflent, et se changent en nymphes, dans lesquelles toutes les parties de l'Insecte parfait se dessinent exactement sous l'enveloppe générale qui les recouvre. C'est en février et mars que les Hannetons quittent leur enveloppe; ils percent alors leur coque et en sortent sous leur dernière forme, mais extrêmement mous et faibles, ils restent encore quelques jours sous terre, s'approchent peu à peu de la surface et finissent par sortir quand ils y sont invités par un beau temps.

L'anatomie du Hanneton peut fournir au zootomiste des faits assez curieux. Leur organisation a été observée dans les moindres détails par Straus qui a présenté à l'Académie des sciences une dissection minutieuse de l'espèce la plus commune. Ce travail, sur le point d'être publié, pourra être comparé à celui au patient Lyonnet sur l'anatomie de la Chenille du Soule. Déjà Léon Dufour, dans ses Recherches anatomiques (V. Ann. des Sc. natur., année 1824 et suiv.) offertes aussi à l'Institut, avait décrit avec beaucop de soin l'organisation du Hanneton. Nous exposerons ici ces faits que nous avons aussi observés et dont nous pouvons garantir l'exactitude. Dans les Melolantha vulgaris et vitis le tube alimentaire a six à sept fois la longeur du corps. L'œsophage se dilate aussitôt en un jabot conico-cylindrique qui pénètre jusqu'au tiers antérieur du corselet. Le ventricule chylifique, replié en trois ou quatre circonvolutions, est tout-à-fait dépourvu de papilles. Les élégantes franges des vaisseaux hépatiques

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rampent et adhèrent à sa surface. Il est assez souvent d'une couleur sombre due à la pulpe alimentaire dont il est rempli; il est plus gros, plus dilatable à sa partie antérieure. Lorsque celle-ci n'est pas distendue par des alimens, on y voit des rubans musculeux très-prononcés qui, dans la condition contraire, s'effacent presque entièrement. L'intestin grêle est excessivement court; il est muni d'une portion intestinale très-renflée dont la texture épaisse et charnue annonce par ses anfractuosités l'existence de nombreuses valvules intérieures; c'est une espèce de colon. Ces valvules, soumises à un examen spécial, se présentent sous la forme de petites poches triangulaires imbriquées et disposées sur six séries longitudinales séparées par autant de cordons musculeux. Cette portion celluleuse dégénère en un intestin cylindroïde qui, avant sa terminaison à l'anus, offre une dilatation cœcale. L'appareil biliaire mérite surtout de fixer l'attention des anatomistes; il a line configuration bien singulière, et qui paraît lui être propre; les canaux ont, dans le Hanneton vulgaire, une si grande délicatesse de structure et des replis si multipliés, qu'il est très-difficile de les dérouler dans leur intégrité. On les croirait, au premier coup-d'œil, formés de deux ordres différens de vaisseaux. La portion de ceux-ci qui, de l'insertion ventriculaire, se dirige en avant jusqu'à l'oesophage, est munie à gauche et à droite d'une rangée de barbillons courts, simples et inégaux, qui, vus au microscope, ne sont que des prolongemens latéraux de très-petites bourses qui communiquent par une ouverture béante dans le tronc qui leur sert d'axe. Ces vaisseaux, à cause de cette disposition distique, ressemblent à d'élégantes franges: Celles-ci sont diaphanes, collées sur les parois du ventricule et étalées de manière à simuler de légères rides transversales. Parvenus à l'œsophage, ces canaux biliaires rebroussent chemin, perdent insensiblement leurs rameaux latéraux, deviennent simples et s'enfoncent profondément dans la partie postérieure de l'abdomen où ils s'entortillent de mille manières autour de l'intestin. Ils deviennent, dans cette région, d'une telle fragilité, qu'ils se crèvent au moindre contact et laissent échapper une bile d'un blanc mat analogue à celui de la Chaux ou de l'Amidon. Les canaux biliaires du Melol. vitis ont aussi, dans leur portion qui gagne le ventricule, des prolongemens latéraux, mais infiniment plus courts que ceux du Melol. vulgaris.

L'appareil générateur mâle est très-développé. Léon Dufour l'a parfaitement décrit; suivant lui, il existe deux testicules, et chacun d'eux consiste en une agglomération de six capsules spermatiques, orbiculaires, comme ombiliquées, plus ou moins grandes, suivant la quantité de sperme qui les remplit. Ces capsules, assez semblables pour leur forme à certaines graines de Plantes malvacées, sont munies chacune d'un conduit propre, tubuleux, assez long, qui s'insère dans leur centre de la même manière que le pétiole des feuilles désignées en botanique sous la dénomination de peltées ou ombiliquées. Ces pédicelles confluent à l'extrémité du canal déférent; celui-ci est filiforme, flexueux, replié, long de deux pouces environ, et paraît souvent moucheté à cause du sperme floconneux qu'il renferme. Il va s'aboucher dans la vésicule séminale correspondante à l'endroit où celle-ci s'unit à sa voisine pour la formation du conduit éjaculateur. Il n'y a qu'une paire de vésicules séminales; chacune d'elles est formée par les innombrables replis d'un vaisseau fort grêle, aggloméré en un ou deux pelotons qui ressemblent aux testicules des Coléoptères carnassiers. Si l'on parvient à dérouler ce vaisseau, on se convainc que sa longueur surpasse de huit à dix fois celle de tous le corps de l'Insecte. Léon Dufour dit lui avoir trouvé onze pouces

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de longueur; dans un individu chez lequel nous l'avons déroulé, il en avait près de treize. En s'approchant du conduit éjaculateur, il se renfle d'une manière remarquable, et forme une anse cylindroïde remplie d'une pulpe spermatique blanche et opaque. Le conduit éjaculateur, fort court comparativement aux organes qui viennent d'être décrits, est à peu près droit, et reçoit prèsqu'au même point, et les vésicules séminales, et les canaux déférens. Ce conduit pénètre daus l'appareil copulateur qui est d'une structure assez simple, et il constitue dans l'intérieur de cette enveloppe consistante un véritable pénis charnu, lequel en sort au moment de l'accouplement et lorsque ces pièces cornées, ayant pris un point d'appui sur les organes de la femelle et ayant distendu l'ouverture du vagin, lui ont frayé un libre passage.

L'appareil générateur femelle consiste en plusieurs gaînes ovigères maintenues en faisceaux par de rares trachées; il n'y en a que six pour chaque ovaire, et elles sont en général quadriloculaires. Leur article terminal est allongé, conoïde, surmonté d'un filet suspenseur. Les œufs sont gros, oblongs, blancs. Le calice des ovaires est petit, arrondi, placé au centre des gaînes ovigères. L'oviducte est allongé; il a les parois assez épaisses, plissées longitudinalement a l'intérieur. Le vaisseau sécréteur de la glande sébacée est semidiaphàne, d'une médiocre longueur, et renflé en massue. Il s'insère à la base d'un petit réservoir ovoïdeoblong. Indépendamment de celui-ci, il y a un autre réservoir bien plus grand et dégénérant en un col ou pédicule qui s'ouvre dans l'oviducte plus en arrière que le précédent. Cette vésicule singulière, qui est un caractère propre aux Insectes femelles, était connue depuis fort long-temps; déjà Jonston en avait donné une figure, et il la désignait par cette phrase: Sacculus pyriformis qui in vaginam uteri aperitur; mais il était important d'en déterminer l'usage, et c'est ce que l'observation nous a bientôt appris. Déjà (en 1821, et 1822) nous avions communiqué nos résultats à plusieurs anatomistes distingués de nos amis (Edwards, Dumas, Geoffroy Saint-Hilaire, Béclard, Breschet, Serres ), lorsque la masse des faits nous a engagé à les rendre publics en adressant au président de l'Académie des sciences; une lettre qui retraçait succinctement les principales circonstances de notre découverte (Ann. des Sc. natur. T. II, p. 281). Pour ce qui concerne le Hanneton, il est certain que cette vésicule de l'oviducte n'est, autre chose qu'une poche destinée à recevoir le pénis charnu du mâle, et par suite, la liqueur fécondante qu'il éjacule; mais il est curieux de noter que cet Insecte perd constamment son pénis dans l'acte de l'accouplement, et qu'il reste engagé dans la vésicule et dans le canal étroit de l'oviducte. C'est ce qu'il est facile d'observer en disséquant avec beaucoup de soin un Hanneton dans l'acte de l'accouplement après avoir eu soin de fixer les organes copulateure à l'aide d'une épingle qui les traverse de part en part. V. GÉNÉRATION.

Tous les moyens qui ont été proposés jusqu'à présent pour détruire ces Insectes, ou au moins pour en diminuer le nombre, ont été infructueux ou impraticables. Nous allons citer les principaux et ceux qui approchent le plus du but qu'on s'est proposé. Pour faire périr beaucoup de Hannetons à l'êtat d'Insectes parfaits, on fait des mèches bien soufrées, entourées de poix résine et d'une légère couche de cire; on les allume et on les promène sous les Arbres et autour des haies où ces Insectes existent: il faut choisir les heures où ils sont en repos, et c'est ordinairement entre neuf heures du matin et trois heures après midi; la fumée de ces flambeaux les suffoque, et il suffit de quelques légères secousses pour les faire tous tomber; alors il est facile de les rassembler en tas et de les brûler. — Pour se préserver des ravages des

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larves, on a proposé de faire suivre la charrue par des enfans pour ramasser celles que le soc découvre, mais ce moyen n'est bon que pour les terrains qui ne sont pas plantés en bois. D'aileurs on ne pourrait mettre en usage ce procédé que vers le printemps, quand les larves ne sont pas enfoncées profondément sous terre, car dans d'autres saisons il serait impossible au soc d'arriver jusqu'à elles.— On a proposé encore plusieurs méthodes plus ou moins praticables pour se défaire de ces Insectes. On peut consulter à ce sujet le Cours d'Agriculture de Rosier, à l'article HANNETON, et les Mémoires de la Société d'agriculture de Paris pour 1787 et 1791, dans lesquels il y a de très-bonnes observations du marquis de Gouffier et de Lefébure. Les Oiseaux de basse-cour, les Oiseaux nocturnes, l'Engoulevent et plusieurs Quadrupèdes, tels que les Rats, les Blaireaux, les Belettes, les Fouines, etc., font périr beaucoup de Hannetons sous leurs deux états. Les Carabes dorés, connus vulgairement sous le nom de Vinaigriers, dévorent aussi une grande quantité de femelles qu'ils surprennent au moment ou elles cherchent à s'enfoncer en terre pour y déposer leurs œufs.

Knoch (Neue Beytrage zur Insectenkunde, Leipzig 1802) décrit plusieurs espèces de Hannetons. Dejean, Megerle et Macleay ont divisé le genre Hanneton en plusieurs sous-gonres dont les caractères ne sont pas encore publiés. Nous allons présenter les divisions que Latreille a établies.

I. Labre épaissi et échancré inférieurement à sa partie antérieure; mandibules entièrement cornées; leur extrémité soit fortement tronquée, soit échancrée et à dents obtuses.

A. Antennes de dix articles.

† Massue des antennes de sept feuillets dans les mâles et de six dans les femelles.

Les espèces de cette division ont le corps oblong, convexe; les crochets de leurs tarses sont égaux, unidentés en dessous. Les principales sont:

Le HANNETON FOULON, M. fallu, Fabr.; Scarabœus fullo, L.; le Foulon, Geoffr.

Cette espèce est la plus grande des indigènes; elle a jusqu'à seize lignes de long. On la trouve en France, en Hollande, en Angleterre, etc., au bord de la mer, sur les dunes; on la rencontre aussi, mais plus rarement, dans l'intérieur des terres.

Le HANNETON VULGAIRE, M. vulgaris, Fabr., Rœsel., Ins. T. II, Scar. T. I, tab. 1. — Commun dans toute l'Europe.

†† Massue des antennes de cinq feuillets dans les mâles et de quatre dans les femelles.

HANNETON COTONNEUX, M. viliosa, Oliv., Col. T. I, n. 5, pl. 1, fig. 4. — Se trouve aux environs de Paris, au midi de la France et en Italie.

††† Massue des antennes de trois feuillets dans les deux sexes.

HANNETON ESTIVAL, M. œstiva, Oliv., ibid., pl. 2, fig. I. — Commun aux environs de Paris.

B. Antennes de neuf articles dont les trois derniers forment la massue dans les deux sexes.

HANNETON SOLSTICIAL, M. solsticialis, Fabr., Oliv., ibid., pl. 2, fig. 8. —Commun dans toute l'Europe. Toutes ces espèces appartiennent au genre Hanneton de Dejean (Cal. des Col., p. 57).

II. Labre mince, plat, presque en forme de membrane; antennes de neuf articles, dont les trois derniers forment une massue dans les deux sexes.

A. Mandibules entièrement cornées, sensiblement dentelées à leur extrémité.

Les espèces de cette division ont les crochets des quatre tarses antérieurs très-inégaux, l'un d'eux plus robuste ou bifide; ceux des tarses posté-

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rieurs égaux ou presque égaux et entiers; leur corps est plus ou moins ovoïde et peu allongé, et il a souvent des couleurs brillantes.

HANNETON DE LA VIGNE, M. vitis. Fabr., Oliv., ibid., pl. a, fig. 12. Il ronge les feuilles de Vigne; il est assez commun aux environs de Paris. — Cette espèce appartient au genre Anomala de Megerle, Dej., loc. cit.

B. Mandibules membraneuses ou moins solides le long de leur bord interne, sans dentelures apparentes à leur extrémité.

† Crochets des tarses égaux, bifides; division inférieure plus courte, plus large, obtuse ou tronquée; corps bombé ou convexe.

* Corselet plus large que long, presque en trapèze.

HANNETON VARIABLE, M. variabilis, Fabr., Oliv., ibid., pl.4, f. 37.— Scarabée couleur de suie, Geoffr. G. Omalophia de Megerle, Dej., loc. cit. —Se trouve dans toute la France.

†† Crochets des quatre tarses antérieurs très-inégaux, l'un d'eux plus fort et bifide; ceux des tarses postérieurs presque égaux, entiers; corps plan ou peu convexe en dessus.

HANNETON CHAMPÈTRE, M. campestris, Latr., Hist. nat. des Crust. et des Ins. T: x, p. 194. Cette espèce a le chaperon en forme de carré transversal. Il est des Alpes. Les autres ont le chaperon avancé, rétréci près de la pointe, dilaté, ensuite relevé et tronqué à son extrémité, en forme de museau. Ce sont les, floricola, fructicola de Fabricius. Toutes ces espèces et la précédente appartiennent au genre Anisoplia de Megerle, Dej., loc. cit. Ils se trouvent à Paris.

** Corselet allongé en ovale tronqué, rétréci postérieurement; tous les crochets des tarses égaux et bifides à leur extrémité.

HANNETON SUB-ÈPINEUX, M. subspinosa, Fabr., M. angustatus, Palis.-Beauv. — Il se trouve à Saint-Domingue, et appartient an genre Macrodactylus de Latr., Dej., loc. cit. V., pour les autres espèces, Knoch (loc. cit.), Dejean (Catalog. des Coléoptères, p. 57), Schoenheer (Synop. Insect.), Kirby (Linn. Soc. Trans. T. XII), etc.—Bertrand (Vict. Oryct.) dit avoir vu des Hannetons fossiles dans le Calcaire feuilleté de Glaris, analogue à celui d'OEningen en Franconie. Dans ce dernier Calcaire on rencontre souvent des larves ou des nymphes de Libellules, mais il serait important de vérifier cette détermination.

HANNETON ÈCAILLEUX. V. HOPLIE.

HANNETON DU POITOU. V. HANNETON FOULON.

HANNETON DU ROSIER OU HANNETON DORÈ. V. CÈTOINE. (AUD. et G.)

HANNONS. MOLL. L'un des syn. vulgaires de Pétoncle. (B.)

HANSEL. OIS. Espèce du genre Sterne. V. ce mot. (DR..Z.)

* HANTHI. MAM. V. HAN.

HANTOL. BOT. PHAN. Nom de pays du Sandoricum indicum, que des botanistes ont adopté pour designer en français le genre Sandoric. V. ce mot. (B.)

HAPALANTHUS. BOT. PHAN. Jacquin (Plant. Amer. II, p. 12, tab. l2) a décrit et figuré sous ce nouveau nom générique une espèce de Callisia de Linné. V. CALLISE. (G..N.)

HAPALE.MAM.(llliger.)V. OUISTITI.

HAPAYE. OIS. V. HARPAYE.

HAPLAIRE. Haplaria. BOT. CRYPT. (Mucédinées.) Ce genre, établi par Link, devrait être réuni, à ce que nous pensons, avec les genres Virgaria et Acladium, dont il diffère à peine par les caractères spécifiques. Link le caractérise ainsi: filamens simples ou peu rameux, droits, épars, cloisonnés, transparens; sporules globuleuses, réunies par groupes çà et là à la surface des filamens. Le genre Virgaria n'en diffère que par ses rameaux plus divisés, et le genre

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Acladium par les sporules ovales ou oblongues réunies vers les extrémités des filamens. Ce genre, qui appartient à la tribu des véritables Mucédinées et à la section des Botrytidées, croît sur les feuilles mortes et humides. (AD. B.)

HAPLOPHYLLON. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Probablement l'Alyssum calycinum des modernes qui peut bien n'être pas celui de Pline, de Galien et d'autres botanistes de même force. (B.)

* HAPLOTRICHUM. BOT. CRYPT. (Mucédinées.) Ce genre, encore assez imparfaitement connu, a été observé par Eschweiler sur les feuilles du Casselia brasiliensis. Il parîat voisin des Byssus et autres genres de Mucédinées à filamens continus. Il est ainsi caractérisé: filamens très-simples, continus, presque opaques, décombans, entrecroisés; sporules globuleuses, éparses. Les sporules paraissent, suivant Eschweiler, sortir de l'intérieur des filamens. Il nous paraîtrait assez probable que ce genre ne serait qu'une autre époque de développement du genre Gliotrichum du même auteur, observé également sur les feuilles du Casselia brasiliensis. Le genre Gliotrichum en diffère seulement par ses filamens mucilagineux, rampans et se réunissant ensuite en faisceaux redressés. (AD. B.)

* HAPPIA. BOT. PHAN. C'est ainsi que Necker (Elem. Bot., n. 807) a changé sans motifs le nom du Tococa, genre formé par Aublet dans la famille des Mélastomacées. V. ce mot. (G..N.)

* HAPSER. BOT. PHAN. C'est l'un des noms que l'Ecluse rapporte à un Végétal lactescent produisant une ouate et qui paraît être l'Asclepias syriaca. (B.)

* HARACHA. BOT. PHAN. Le Ruellia infundibuliformis d'Andrews a été décrit sous le nom d'Haracha speciosa par Jacquin fils. V. RUELLIE. (G..N.)

HARACHE. POIS. La Clupée, à qui l'on donne vulgairement ce nom dans quelques cantons et qui n'a pas été suffisamment observée, pourrait bien être une espèce particulière. (B.)

HARACONEM. BOT. PHAN. V. HARCOMAN.

* HARAFETS. OIS. V. HALIOUTS.

* HARAFORAS. MAM. Syn. de Papous, espèce du genre Homme. V. ce mot. (B.)

* HARAM. BOT. PHAN. L'Arbre de Madagascar mentionné sous ce nom par Flacourt et Rochon, paraît avoir beaucoup d'affinité avec le Poupartia; on en tire par incision une résine balsamique, dont les femmes malégaches font un cosmétique avec lequel elles se frottent le visage pour conserver la fraîcheur de la peau. V. POUPARTIE. (G..N.)

HARCOMAN. BOT. PHAN. Et non Haraconem. Syn. arabe de Sorgo, Holchus Sorgum, L. (B.)

HARDEAU. BOT. PHAN. L'un des syn. vulgaires de Viorne. V. ce mot. (B.)

* HARDERIE. MIN. L'un des noms vulgaires du Fer oxidé, Hæmatite. V. ces mots. (B.)

* HARDES. INS. On donne en plusieurs cantons de la France ce nom vulgaire aux petits Lépidoptères du genre Teigne, dont les larves piquent les draperies et les hardes. (B.)

* HARDOUCKIA. BOT. PHAN. Pour Hardwickie. V. ce mot. (B.)

* HARDWICKIE. Hardwickia. BOT. PHAN. Sous le nom d'Hardwickiabinata, Roxburgh (Plant. Coromand. T. III, p. 6, tab. 209) a décrit et figuré un Arbre qui appartient à la famille des Légumineuses et à la Décandrie Monogynie, L. Ses branches nombreuses portent des feuilles alternes, sur deux rangs, pétiolées, géminées avec une pointe courte entre les deux, ou plutôt partagées en deux jusqu'aux pétioles, comme dans certaines Bauhinies; chaque foliole est réniforme, entière, marquée de trois ou quatre nervures; les pétioles sont accompagnés de très-petites sti-

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pules caduques. Les fleurs sont disposées en panicules terminales et axillaires. Chacune des fleurs n'offre qu'une seule enveloppe florale composée de cinq parties colorées, obovales, concaves et plus longues que les étamines. Celles-ci, au nombre de dix, alternativement plus courtes, sont libres et insérées à la base de l'ovaire qui a un style ascendant et un stigmate pelté. La gousse est lancéolée, à deux valves, striée longitudinalement, contenant une graine solitaire et placée au sommet. Cet Arbre croît dans les contrées montueuses de la côte de Coromandel. Son bois est d'une excellente qualité pour divers usages. Malgré l'absence du calice et l'unité de graine, le genre Hardwickia ne semble pas bien distinct du Bauhinia. (G..N.)

HAREIS OU HAREIZ. OIS. Syn. d'Ibis noir. V. IBIS. (DR..Z.)

HARENG. Harengus. POIS. Espèce des plus importantes et des plus connues du genre Clupe dont on a étendu le nom à divers autres Poissons de ce même genre, et même à la Chimère antique qu'on a quelque-fois appelée Hareng du Nord. On en a formé le nom d'Harengades, que dans certaines parties du midi de la France, et particulièrement à Marseille, on donne aux plus grosses Sardines. V. CLUPE. (B.)

HARETAC. OIS. Flacourt mentionne sons ce nom de pays une petite Sarcelle indéterminée de Madagascar ayant une huppe rouge, le plumage et les pieds noirs. (B.)

HARFANG. OIS. Espèce du genre Chouette. V. ce mot. (B.)

HARGHILOIS, HARGILAS. OIS. Syn. de Jabiru Argala. V. CIGOGNE. (DR..Z.)

HARICOT. Phaseolus. BOT. PHAN. Genre de la famille des Légumincuses et de la Diadelphie Décandrie, L. Tournefort confondait dans son genre Phaseolus les espèces dont Linné a formé depuis le Dolichos et le Glycine. Voici les caractères du genre dont il est ici question: calice campanulé-urcéolé, accompagné à sa base de deux bractées, divisé en deux lèvres dont la supérieure est émarginée ou entière, l'inférieure tridentée ou trifide; corolle papilionacée, ayant l'étendard orbiculaire émarginé, réfléchi, muni vers l'onglet d'un double lobule; les ailes égales à l'étendard ou un peu plus grandes, adhérentes à la carène qui est roulée en spirale avec les organes de la reproduction; dix étamines diadelphes; ovaire presque sessile, surmonté d'un style barbu à l'intérieur et au-dessous du sommet, et d'un stigmate oblique; disque urcéolé, entier; légume allongé, droit ou falciforme, un peu comprimé, renflé dans les parties où sont situées les graines, bivalve, à trois ou un plus grand nombre de graines séparées quelquefois par des cloisons membraneuses, transversales; ces graines sont réniformes, marquées d'un bile petit, oblong ou arrondi. Les Haricots sont des Plantes herbacées, dressées, le plus souvent volubiles. très-rarement munies de vrilles; leurs feuilles sont ternées, à folioles le plus souvent à trois nervures, quelquefois lobées, la terminale éloignée des latérales; chaque pétiole muni de stipules. Les fleurs sont portées sur un pédoncule commun axillaire, disposées en grappes, offrant pour ainsi dire toutes les nuances de couleur depuis le blanc jusqu'au rouge-écarlate. Les pédicellcs solitaires sont accompagnés d'une à trois bractées, dont l'extérieure est la plus grande. Dans un Mémoire publié récemment sur les genres Phaseolus et Dolichos, le professeur Savi (Nuov. Giorn. de Letterati, décembre 1822, p. 301) a observé que, dans plusieurs espèces du premier genre, la carène, les étamines et le style ne sont pas contournés en spirale, comme le caractère donné par Linné et Jussieu l'indique, mais que ces organes présentent la forme d'une faux ou a un hameçon; en sorte que le caractère générique doit être modifié d'après cette observation.

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Les espèces de Haricots, au nombre de quarante et plus, sont toutes indigènes des climats chauds de l'Amérique et des Indes-Orieutales. Plusieurs sont cultivées dans les jardins de l'Europe comme Plantes potagères et d'ornement. Nous ne pouvons nous dispenser de parler ici des espèces qui sous l'un ou l'autre de ces rapports ont acquis une grande importance.

Parmi les espèces grimpantes et volubiles, on distingue:

Le HARICOT COMMUN, Phaseolus vulgaris, L. Sa tige rameuse s'élève à la hauteur d'un mètre, garnie de feuilles alternes, composée de folioles ovales, pubescentes. Les fleurs sont blanches ou un peu jaunâtres, et les gousses qui leur succèdent contiennent des graines dont les diverses formes et les couleurs constituent un grand nombre de variétés qu'il n'est pas de notre devoir d'énumérer ici. Ces graines portent, dans certains départemens de la France, les noms de Phaséoles, Favioles, Féveroles, etc., mots qui dérivent du nom donné par les Latins.

LE HARICOT MULTIFLORE, Phaseolus multiflorus, Lamk. Une tige herbacée, rameuse, et qui s'élève à plus de cinq mètres, porte des feuilles composées de trois folioles ovales, à pétiole canaliculé en dessus. Les fleurs sont disposées en grappes, sur des pédoncules fort longs et axillaires. Ces fleurs sont ordinairement d'un rouge écarlate très-vif; elles sont blanches dans une variété. Il leur succède des gousses pendantes, très-grosses, renfermant des graines roses-violettes, marbrées de taches noires lorsque les fleurs sont écarlates. Cette espèce est originaire de l'Amérique méridionale; elle a été introduite en Europe par la voie d'Espagne, d'où le nom de HARICOT D'ESPAGNE, sous lequel elle est le plus connue. Comme cette Plante se cultive avec facilité et qu'elle fleurit pendant tout l'été et même une partie de l'automne, elle est répandue maintenant presque partout; elle est surtout employée pour couvrir les murs et pour en garnir les treillages. Miller et Rosier ont fait remarquer que sa graine était aussi bonne à manger que celle des autres Haricots, et que par conséquent on ne devrait pas se borner, dans nos provinces du Nord, à sa culture comme Plante d'agrément. Cependant, il faut dire aussi que, pour la cultiver en grand, ses tiges seraient difficiles à soutenir, vu leur grande extension; d'ailleurs la plupart de leurs fleurs ne produisent point de gousses sous notre climat.

Les Phaseolus vexillarus, L.; Ph. Caracalla, L.; Ph. semiereclus, L.; et Ph. paniculatus, Michx., sont les autres espèces principales, à tiges volubiles, originaires de l'Amérique, et qui sont fréquemment cultivées dans les jardins d'Europe.

La seule des espèces à tiges droites non grimpantes qui mérite de fixer l'attention, est la suivante:

Le HARICOT NAIN, Phaseolus nanus, L. Les plus grands rapports unissent cette Plante avec le Haricot commun, car elle n'en diffère essentiellement que par ses tiges qui ne s'élèvent presque jamais au-delà de trois à quatre décimètres, et qui ne sont point volubiles. Originaire des Indes-Orientales, on la cultive depuis un temps immémorial en Europe, où elle a produit plusieurs variétés qui, en raison de leurs usages alimentaires, forment une branche de culture et de commerce très-considérable.

Les Haricots ayant pour patrie primitive les contrées chaudes du globe, redoutent les froids assez vifs qui régnent en certains temps dans nos régions tempérées. On ne les sème donc chez nous qu'après l'hiver, et ils prospèrent d'autant plus que le pays est plus méridional et mieux exposé. Il leur faut une terre fraîche, légère, et pourtant substantielle, plutôt sèche qu'humide, car les lieux marécageux ne leur conviennent aucunement.

Les semis des Haricots se font de deux manières: 1° en échiquier; 2° par raies, entre chacune desquelles

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on laisse un sillon vide pour pouvoir disposer les rames, lorsque c'est l'espèce grimpante qu'on cultive. C'est en échiquier qu'on sème les Haricots dans les champs des environs de Paris. La culture en grand des Haricots est pratiquée dans les départemens de la Côte-d'Or et de Saône-et-Loire, conjointement avec celles du Maïs et des Pommes-de-terre, et l'agriculteur en retire des bénéfices énormes, lorsque la température est favorable.

Il nous semble inutile de nous étendre sur les usages économiques des Haricots. C'est le plus vulgaire des mets chez tous les peuples de l'Europe; non-seulement on mange leurs graines, mais encore leurs gousses vertes, apprêtées de diverses manières. (G..N.)

* HARIOTA. BOT. PHAN. Ce genre fondé par Adanson sur le Cactus parasiticus, L., Opuntia de Plumier, n'a pas été adopté. (G..N.)

HARISH. MAM. V. ARSHAN.

*HARISSONA. BOT. CRYPT. (Mousses.) Adanson a désigné sous ce nom un genre qui renfermait des Plantes maintenant réparties parmi les genres Hedwigia, Fissidens et Neckera. V. ces mots. (AD.B.)

HARLE. Mergus. OIS. Genre de l'ordre des Palmipèdes. Caractères: bec droit, grêle, assez allongé, cylindrico-conique, plus ou moins élargi à sa base; bords des deux mandibules serratiformes; les dents très-aiguës et dirigées en arrière, l'extrémité de la supérieure très-crochue et onguiculée; narines elliptiques, percées de part en part et longitudinalement vers le milieu des deux côtés du bec; pieds courts, retirés dans l'abdomen; quatre doigts, trois devant, entièrement palmés, l'externe plus long que les autres, un derrière, libre, articulé sur le tarse et portant à terre sur l'extrémité; ailes médiocres; la première rémige égale à la deuxième ou seulement un peu plus courte.

Retirés pendant la belle saison vers les régions polaires, les Harles ne les quittent, d'habitude, qu'aux approches des frimals; aussi lorsque, dans les derniers jours de novembre, on les voit arriver et se répandre sur nos étangs, on est assuré qu'un froid rigoureux suivra immédiatemeut leur apparition. Ils séjournent dans nos climats aussi long-temps qu'ils y trouvent des eaux vives; quand la surface de ces eaux se glace et interdit aux Harles une pêche extrêmement destructive, ils disparaissent jusqu'au printemps, alors que la cessation des gelées les décide à regagner leurs retraites septentrionales, où l'abondance des Poissons leur permet de contenter journellement un appétit vorace. Tous les auteurs attestent, saus doute d'après une observation commune, que les Harles, en nageant, se tiennent le corps entièrement submergé, et la tête seule hors de l'eau. Nous avons été à même, plusieurs fois, d'observer ces Oiseaux, sous différens climats, et dans des circonstances variées; toujours nous les avons vus parcourir, à la manière des autres Palmipèdes, la surface des étangs et des rivières; il est possible que quelquefois, dans l'intention de plonger, et pour se trouver plus à portée du Poisson, par eux constamment poursuivi, ils nagent pendant quelque temps entre deux eaux, mais ce n'est pas une habitude; du reste, cette habitude ne serait point particulière aux Harles, car nous avons souvent remarqué que des Gallinules et des Plongeons parcouraient ainsi des étendues considérables de leurs liquides domaines. Les Harles ne s'occupent des soins de la propagation que dans leurs résidences chéries; aussi les a-t-on peu observés livrés à leurs amours. Le petit nombre de faits qui nous sont parvenus relativement à la durée de l'incubation, sont probablement cause qu'un observateur, d'ailleurs fort instruit, l'a portée à soixante jours, c'est-à-dire à un tiers en sus de celle des plus grands Oiseaux; or, comme il est bien prouvé que chez les Oiseaux, cette durée est toujours en proportion de la taille des

TOME VIII. 4

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espèces, on doit croire que Manduyt a été induit en erreur en rapportant une observation qui, vraisemblablement n'avait pas été faite. C'est ordinairement dans les broussailles, dans les vieux troncs qui bordent les étangs et les fleuves, ou parmi les cailloux roulés qui forment assez souvent leurs rives, que l'on trouve les nids des Harles; ils contiennent de dix à douze œufs, et quelquefois plus; ils sont pour toutes les espèces, d'un cendré blanchâtre, presque également pointus aux deux bouts. Lépoque de la mue, chez ces Oiseaux, varie suivant l'âge et le sexe; elle arrive au printemps pour les mâles adultes, et à l'automne pour les jeunes et les femelles. Les jeunes mâles, avant leur première et même leur seconde mue, ressemblent aux femelles dont le plumage diffère en tout de celui des mâles adultes; elles ont, dans toutes les espèces, la tète et la majeure partie du cou d'un roux plus ou moins intense. La chair des Harles est mauvaise et infecte; on n'en use que par nécessité.

HARLE BLANC. V. GRAND HARLE.

HARLE BLANC ET NOIR. V. HARLE HUPPÉ

HARLE BRUN, Mergus fuscus, Lath. V. HARLE COURONNÉ, femelle.

HARLE CENDRÉ V. GRAND HARLE, femelle.

HARLE A CRÉTE. V. HARLE COURONNÉ

HARLE COURONNÉ, Mergus cucullatus, Lath., Buff., pl. enlum. 935 et 936. Parties supérieures, face et cou noirs; tête ornée d'une huppe, composée de plumes relevées en rayons partout d'un cendré peu éten du, blanc; la circonférence du disque est noire; rémiges brunes, les intérieures lisérées de blanc; rectrices d'un brun foncé; parties inférieures blanches avec les flancs bruns rayés de noir; bec et pieds noirs. Taille, seize à dix-sept pouces. La femelle est presque entièrement brune; sa huppe, également brune, est plus petite que celle du mâle. De l'Amérique septentrionale.

HARLE ÉTOILÉ. V. HARLE PIETTE, femelle.

GRAND HARLE, Mergus Merganser, L., Mergus Castor, Gmel., Mergus rubricapillus, Gmel., Buff., pl. enlum. 951 et 953. Parties supérieures noires, avec les tectrices alaires blanches, lisérées de noirâtre; tête et parties supérieures du cou d'un noir irisé; huppe grosse, courte et touffue; dos et queue cendrés; miroir blanc; parties inférieures blanches, lavées de jaunâtre-rosé; mandibule supérieure noire, l'inférieure d'un brun rouge ainsi que l'iris; pieds rouges. Taille, vingt-six à vingt-huit pouces. La femelle a les parties supérieures cendrées, la tête et le dessus du cou d'un brun roussâtre; la huppe longue et effilée; la gorge blanche; la poitrine, les flancs et les cuisses d'un cendré blanchâtre; les parties inférieures d'un blanc jaunâtre; le bec et les pieds d'un rouge cendré. Vingt-quatre à vingt-cinq pouces au plus. D'Europe.

HARLE HUPPÉ, Mergus serrator, L., Buff., pl enlum. 207. Parties supérieures noires; tête, huppe et dessus du cou d'un noir irisé; un collier blanc; épaules tachetées de blanc; miroir blanc, coupé par deux bandes transversales noires; poitrine d'un brun roussâtre, tachetée de noir; parties inférieures blanches; croupion et cuisses rayés en zig-zags de cendré; bec et iris rouges; pieds d'un jaune orangé; la huppe assez longue et effilée dans les vieux mâles. Taille, vingt-un à vingt-deux pouces. La femelle est un peu moins grande; elle a la tête, la huppe et le cou bruns; la gorge blanche; les parties supérieures et les flancs d'un cendré noirâtre; le miroir blanc, coupé par une bande cendrée, les parties inférieures blanches; le bec et les pieds d'un rouge jaunâtre; l'iris brun. D'Europe.

HARLE HUPPÉ DE VIRGINIE. V. HARLE COURONNÉ.

HARLE A HUIT BRINS, Mergus octosetaceus, Vieill. Parties supérieures ardoisées; huppe composée de huit

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plumes désunies, assez longues, couchées sur la nuque et descendant sur le cou; parties inférieures blanches, tachetées de cendré sur les flancs; bec et pieds noirâtres. Taille, seize à dix-sept pouces. Du Brésil. Espèce douteuse.

HARLE IMPÉRIAL, Mergus imperialis, Lath. V. HARLE PIETTE, femelle.

HARLE A MANTEAU NOIR. V. HARLE HUPPÉ, adulte.

HARLE NOIR, Mergus niger, Mergus serratus, Gmel. V. HARLE HUPPÉ, jeune.

PETIT HARLE HUPPÉ. V. HARLE PIETTE.

HARLE PIETTE, Mergus albellus, L., Mergus minutus, Gmel.; Mergus stellatus, Brun.; Mergus asiaticus, Gmel.; Mergus pannonicus, Scopoli, Buff., pl. enlum. 449. Parties supérieures blanches, avec le haut du dos; deux portions de cercle qui se dirigent vers la poitrine et le bord des scapulaires d'un noir pur; une grande tache d'un noir verdâtre de chaque côté du bec, et une autre sur l'occiput; huppe blanche; parties inférieures blanches, avec les flancs et les cuisses variés de cendré; bec, pieds et doigts bleuâtres; membrane noire. Taille, quinze à seize pouces. La femelle est un peu plus petite, elle a le sommet de la tête, les joues et l'occiput d'un roux brun; les parties supérieures et la queue d'un cendré foncé; les ailes variées de blanc, de cendré et de noir; les parties inférieures blanches, avec la poitrine, les flanes et le croupion d'un gris cendré. Les jeunes ont le plumage intermédiaire de ceux du mâle et de la femelle. D'Europe.

HARLE A QUEUE FOURCHUE, Mergus furcifer, Lath. Parties supérieures noires; point de huppe; front et joues brunâtres; une bandelette noire de chaque côté du cou; parties inférieures blanches, de même que les rectrices latérales; bec noir, avec le milieu rougeâtre. Espèce douteuse. (DR..Z.)

HARLOSSIER. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires du Sorbier sauvage dans certains cantonade la France, et particulièrement de l'ancienne Lorraine. (B.)

HARMALA. BOT. PHAN. Du mot arabe Harmel, qui désigne la même chose; nom spécifique de la principale espèce du genre Péganum, V. ce mot, et que des botanistes français ont voulu substituer à la désignation scientifiquement adoptée. (B.)

HARMOTOME, MIN. Hyacinthe blanche cruciforme de Romé de l'Isle; Pierre cruciforme; Kreuzstein, W.; Substance blanche, cristallisant en prisme droit rectangulaire, et dont la forme primitive est, suivant Haüy. un octaèdre symétrique. Les faces de l'une des pyramides s'inclinent sur celles de l'autre pyramide, en faisant avec elles un angle de 86° 36′. Cet octaèdre se sous-divise par des plans qui passent par le centre et les arêtes obliques. C'est ce que rappelle le mot Harmotome, dont le sens est; qui se divise sur les jointures. L'Harmotome est toujours blanchâtre, et ordinairement translucide. Il est assez dur pour rayer le verre; pèse spécifiquement 2, 33; fond au chalumeau, sur le charbon, en un verre diaphane et sans bulles. Il est composé de huit atomes de bisilicate d'Alumine, d'un atome de quadrisilicate de Baryte, et de quarante-deux atomes d'Eau; ou, en poids, de Silice 48; Alumine, 17; Baryte, 19; Eau, 16. Celte composition atomistique est parfaitement d'accord avec les résultats de l'analyse, que Klaproth a faite de l'Harmotome d'Audreasberg. Les formes cristallines de l'Harmotome sont peu variées: la plus commune est la dodécaèdre provenant d'une modification simple sur les angles latéraux de l'octaèdre primitif. Souvent deux cristaux de cette formé, mais plus larges dans un sens que dans l'autre, se réunissent deux à deux sur leur longueur, et donnent ainsi naissance à la variété nommée cruciforme. L'Harmotoine se reucontre quelquefois dans les roches amyg-

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dalaires, comme dans celles d'Oberstein et du Kaiserstuhl; mais son gissement le plus ordinaire est dans les filons, où elle s'associe souvent à la Stilbite. Tels sont ceux d'Andreasberg au Hartz, de Strontian en Écosse, et de Kongsberg en Norwège. (G. DEL.)

HARMOU. BOT. PHAN. (Garidel.) L'un des noms vulgaires de l'Atriplex hortensis dans le midi de la France. (B.)

HAROB. INS. On ne peut point déterminer le genre auquel appartenaient les Insectes qui causèrent la quatrième plaie d'Egypte, et que les Hébreux ont désigné par ce nom. La prodigieuse et subite multiplication de tels Animaux serait un puissant argument en faveur des générations spontanées. Nous n'avons cependant pas cru devoir, par respect pour la verge d'Aaron, l'appeler au secours de nos opinions dans notre travail sur la matière considérée dans ses rapports avec l'histoire naturelle, (B.)

HARONGA. BOT. PHAN. V. HARONGANA.

HARONGANA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Hypéricinées et de la Polyadelphie Polyandrie, L., établi par Lamarck (Illustr., tab. 645), et ainsi caractérisé: calice à cinq folioles persistantes; corolle à cinq pétales; quinze étamines réunies en cinq faisceaux avec lesquels alternent cinq petites écailles; cinq styles et cinq stigmates; baie drupaçée à cinq loges contenant chacune deux ou trois graines. Nous empruntons ces caractères à Du Petit-Thouars (Gener. Nov. Madagasc., n. 49) et à Choisy (Prodr. Hyperic., 33) qui ont décrit ce genre sous le nom de Haronga. Persoou a fait un peu varier l'ortbographe du nom, en écrivant Arongana. Les espèces, au nombre de cinq, sont toutes indigènes de l'île de Madagascar. Elles ont une tige rameuse et des fleurs disposées en panicules tantôt très- denses, tantôt, au contraire, ne portant que peu de fleurs. Dans le Prodromus du professeur De Candolle, elles forment deux sections: 1a première renferme celles qui ont les feuilles entières. C'est ici que se place l' Harongana Madagascariensis, qui a été le type du genre. Choisy a décrit deux autres espèces à feuilles entières sous le nom d'H. lanceolata et d'H. revoluta. La deuxième section se compose des espèces à feuilles crénelées: ce sont les H.mollusca et H. crenata de Persoon. Quant à l'Harongana pubescens de Poiret (Encycl. méthod.), c'est simplement une variété de l'H. Madagascariensis. (G..N.)

*HARPACANTHA. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. d'Acanthe. V. ce mot. (B.)

HARPACTICUM ET HARPACTIUM. BOT. PHAN. On ignore quelle était l'espèce de Gomme ainsi appelée chez les anciens. (B.)

*HARPAGO. POIS. (Ruysch.) Méme chose que Bootshaac. V. ce mot. (B.)

HARPAGO. MOLL. (Rumph.) Syn. de Strombus Chiragra, L. V. PTÉROCÉRE. (B.)

HARPALE. Harpalus. INS. Geure de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Carnassiers, tribu des Carabiques, division des Thoraciques (Latr. et Dej., Col. d'Eur., Ire livr., p. 79), établi par Latreille aux dépens du grand genre Carabe de Fabricius, et adopté par Bonelli, Clairville et tous les auteurs. Ses caractères sont: palpes extérieurs non terminés en manière d'alène, et ayant leur dernier article ovoïde; milieu du bord supérieur du menton à dent simple ou nulle; çôté interne des deux jambes antérieures fortement échancré; élytres entières ou légèrement sinuées à leur extrémité postérieure; les premiers articles des quatre tarses antérieurs des mâles sensiblement plus larges, garnis en dessous de brosses ou de poils; palpes maxillaires internes très-pointus paraglosses proportionnellement plus larges que dans

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les Féronies dè Latr. (Règn. Anim. T. III); mandibules courtes; pieds antérieurs robustes, à jambes très-épineuses; des ailes. Les deux tarses antérieurs seulement, dilatés dans les mâles, éloignent les Féronies de Latreille du genre Harpale qui se distingue des Acinopcs, Ophones, Sténolophes et Masorées, V. ces mots, par les caractères qui lui sont propres et qui sont présentés à chacun de ces mots. Les Harpales ont le corps ovale; le corselet presque en carré transversal, sa grande largeur égalant celle des étuis réunis. Ils vivent à terre dans les lieux secs ou peu humides, et se tiennent le plus souvent sous les pierres ou dans des trous qu'ils se creusent à l'aide des nombreuses épines dont leurs jambes antérieures sont pourvues. Ils courent assez vite et ne craignent pas la lumière du soleil; leur vol est très-vif. C'est surtout l'Harpate bronzé que l'on rencontre souvent volant à l'ardeur du soleil.

Les larves des Harpales habitent dans la terre; elles ont uné forme conico-cylindrîqne; leur tête est grosse, armée de deux mandibules fortes et presque semblables à celles de l'Insecte parfait; l'extrémité postérieure de leur corps offre un tube membraneux terminé par un prolongement de la région anale, deux appendices charnus, articulés et assez longs; toutes leurs métamorphoses se font dans les mêmes lieux. Dejean (Cat. des Col., p. 14) mentionne quatre-vingt-douze espèces du genre Harpale tel qu'il est adopté par lui et Latreille (loc. cit.). Les plus communs à Paris sont:

L'HARPALE RUFICORNE, H. ruficornis; Carabus ruficornis, Lin., Fabr., Panz., Faun. Ins. Germ., fasc. 3o, T. II, fasc. 38, T. I. Cette espèce est très-commune dans toute l'Europe, ainsi que l'HARPALEBRONZÉ, H. œneus, Fabr., Latr.; Carabus azureus, C. Proteus, Payk. Cette espèce varie beaucoup, et Duftsmid a fait les H. distinguendus et smaragdinus, de deux de ses variétés. (G.)

* HARPALIUM. BOT. PHAN. H. Cassini a proposé (Bullet. de la Soc. Philom., sept. 1818) de désigner sous ce nom un sous-genre des Helianthus, caractérisé par l'aigrette composée de plusieurs paillettes disposées sur un seul rang, membraneuses, caduques, dont deux grandes, l'une antérieure, l'autre postérieure, et les autres petites, latérales; par l'involucre formé de folioles régulièrement imbriquées, entièrement appliquée, coriaces et sans appendices; enfin par les paillettes du réceptacle arrondies au sommet. L'Harpatium rigidum, H. Cass., est une Plante herbacée, très-élevée, à feuilles opposées, presque sessiles, lancéolées, et dont tes calathides de fleurs jaunes sont grandes et solitaires au sommet des rameaux nus et pédonculiformes. On cultive cette espèce au Jardin des Plantes de Paris. Elle est originaire de l'Amérique septentrionale; c'est peut-être l'Helianthus diffusus, décrit dans le Botanical Magazine. (G..N.)

*HARPALUS. MAM. (Illiger, ) Syn. de Sagouin, genre de Singes. (A. D..NS.)

*HARPAX OIS. (Müller.) Syn. de Pie-Grièche grise. V PIE-GRIĖOHE.(DR..Z.)

* HARPAX. CONCH. FOSS. Genre, établi à tort par Parkinson pour une Coquille bivalve fossile que Lamarck a placée parmi les Placunes, sous le nom de Placuna pectinoides, dont il n'avait probablement pas vu la charnière, car elle doit indubitablement appartenir aux Plicatules. V. ce mot. (D..H.)

HARPAX. MIN. (Pline.) On donne ce mot comme l'un les synonymes de Succin. (B.)

HARPAYE. OIS. Espèce du genre Faucon. Temminck regarde ce Busard comme une variété de celui des marais. V. FAUCON. (DR..Z.)

HARPE. OIS. (Gesner.) Nom donné à l'Aigle Pygargue jeune. V. AIGLE. (DR..Z.)

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HARPE. POIS. L'un des noms vulgaires de la Lyre. Espèce du genre Trigle.V. ce mot. (B.)

HARPE. Harpa. MOLL. Genre de la famille des Purpuriféres à échancrure à la base, de Lamarck, considéré comme sous-genre des Buccins par Cuvier, et comme sous-genre des Pourpres par Férussac. Ce genre, établi par Lamarck aux dépens des Buccins de Linné, a été généralement adopté, soit comme genre, soit comme sous-genre. Il a effectivement un faciès particulier qui le fera conserver, quelqu'artificiel qu'il paraisse, jusqu'à ce que l'on en ait mieux étudié l'Animal pour bien juger de ses véritables rapports Cependant il est présumable que l'accord qui existe entre les auteurs sur ce genre confirme assez bien l'opinion qu'on en a. Blainville, à l'exemple de Cuvier, en a fait un des nombreux sous-genres des Buccins. Ila compris celui-ci dans la troisième division qui renferme toutes les Coquilles ampullacées, en le plaçant, comme Lamarck, près des Casques, des Tonnes, etc. Voici les caractères qu'il convient de donner à ce genre: coquille ovale, plus ou moins bombée, munie de côtes longitudinales, parallèles, inclinées et tranchantes; spire courte; ouverture échancrée intérieurement et sans canal; columellelisse, aplatie et pointue à sa base. L'Animal est inconnu; on ne sait même pas s'il est pourvu d'un petit opercule corné. La plupart des Harpes communes dans nos collections viennent des mers chaudes, et notamment des mers des Indes et de l'Amérique; on les trouve aussi dans la mer Rouge. Linné, sous la dénomination de Buccinum Harpa, avait réuni comme variété d'une même espèce presque toutes les Harpes connues alors. Il est cependant constant qu'il en existe plusieurs espèces; on ne peut nier, par exemple, qu'il y ait une très-grande différence entre la Harpa minor, Lamk., et la H. ventricosa ou nobilis. Il n'en est sans doute pas de même des différences qui peuvent exister entre les Harpes nobles, ventrues, roses, etc., lesquelles ne sont point aussi faciles à apprécier et que l'on peut considérer comme des variétés d'une même espèce. Cependant Lamarck, dans ses Observations sur les Harpes (Anim. sans vert. T. VII, p. 254), dit qu'elles sont constamment distinctes, et qu'elles offrent autant d'espèces éminemment caractérisées. Elles se réunissent toutes, il est vrai, sous le caractère commun des côtes longitudinales, acuminées au sommet, comprimées, tranchantes, inclinées, ce qui leur donne une grande ressemblance; mais nous croyons, avec le célèbre auteur de l'Histoire des Animaux sans vertèbres, qu'il en existe des espèces bien distinctes, faciles même a apprécier.

HARPE VENTRUE, Harpa ventricosa, Lamk., Anim. sans vert. T. Vll, p. 225, n. 2; Buccinum Harpa, L., p. 3482, n. 47; Brug., Encycl., pl. 404, fig. 1, a, b; Martini, Conch. T. III, t. 119, fig. 1090. Cette belle Coquille ovale, ventrue, assez grand, est certainement une des plus belles du genre. Elle présente de larges côtes comprimées, très-lisses, tranchantes, ornées de belles taches quadrangulaires d'un rose pourpré, séparées par des taches moins foncées. La côte est supérieurement très-aiguë, et au-dessous de cette pointe on en voit une autre moins saillante et quelquefois une troisième qui est indiquée par un angle peu saillant; l'intervalle des côtes est strié longitudinalement; il est d'un blanc violacé, et présente constamment des taches roussâtres en festons bien réguliers. La columelle est teinte de pourpre et de noir brillant.

HARPE ALLONGÉE, Harpa, minor, Lamk., Anim. sans vert., loc. cit., n. 7; Martini, Conch. T. III,.tab, 119, fig. 1097; Lister, Conch., tab. 994, fig. 57. Coquille bien distincte de toutes les autres espèces, constamment beaucoup plus petite, à spire plus allongée, moins ventrue, à côtes plus étroites; elles sont au nombre de

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treize ou quatorze, lisses, blanches ou grisâtres et marquées ré gulièrement et à de petites distances; siliques noires, tres-fines, deux à deux; l'intervalle des côtes est gris cendré, lisse, présentant quelquefois des traces d'accroissement; il est marqué de petites taches arquées qui quelquefois se rejoignent et se dessinent en doubles festons d'un brun foncé. Le sommet de la spire est rosâtre jusque vers le troisième tour; la base de la coquille présente constamment des stries transverses, légèrement onduleuses. On ne connaît encore que deux espèces de Harpes fossiles; elles se trouvent aux en virons de Paris et à Valogne. La plus remarquable est la HARPE MUTIQUE, Harpa mutica, que nous avons fait dessiner dans l'Atlas de ce Dictiounaire; c'est une espèce bien distincte et qui n'a pas son analogue vivant. Elle est plus petite qu'aucune des espèces vivantes. Elle est très-ventrue, et ses côtes étroites non mucronées prés de la spire la distinguent très- bien; Lamarck l'a décrite dans les Annales du Muséum, T. II, p. 167, n. 1, et figurée T. VI, pl. 44, fig. 14. Dans l'intervalle des côtes on voit des stries longitudinales assez fortes, coupées à angle droit dans quelques individus par des stries transverses, à peine apparentes. La seconde espèce fossile, nommée par Defrance Harpa altavillensis n'est probablement, comme le dit Defrance lui-même, qu'une variété de la Harpa mutica. EIle n'en différé, eu effet, que par les intervalles des côtes qui, au lieu de présenter des stries croisées, n'en pré sentent que de longitudinales. Nous avons trouvé cette variété aux environs de Paris, dans les mêmes lieux que la précédente. (D..H.)

HARPÉ. Harpe, POIS. Le genre formé sous ce nom pour un Poisson qui n'était connu que par un dessin de Plumier, rentre dans le genre Dentex où nous avons cité le Harpé bleu d'or. V. DENTÉ. (B.)

HARPIE, OIS. (Qui devrait être écrit Harpye, par allusion aux Harpyes de l'antiquité, animaux célèbres mais fabuleux, moitié femme et moitié lion, ou dragons, volans dont les poëtes firent la réputation.) Espèce du genre Faucon, division des Aigles. Vieillot en a fait le type d'un genre nouveau dont les caractères ont paru trop peu marqués pour établir nettement les limites qui séparent les Harpies des autres Aigles. V. ce mot. (DR..Z.)

* HARPON, MOLL. Nom vulgaire d'une espèce du genre Calmar.V ce mot. (B.)

HARPONIER. BOT. PHAN. Ce nom significatif donné dans quelques parties de la France aux Rosiers des haies, s'est étendu, dans plusieurs colonies françaises, à d'autres Arbustes accrochans. (B.)

HARPONIERS. OIS. (Klein.) Nom donné à une petite famille de Hérons qui comprend tous les Crabiers. V. HÉRON. (DR..Z.)

HARPURUS. POIS. (Forskahl) Syn. d'Acanthure. V. ce mot. (B.)

HARPYA. MAM. (Illiger.) Syn. de Céphalote. V. ce mot.. (B.)

HARRACHIE. Harrachia. BOT. PHAN. Bosc dit dans le Dictionnaire de Déterville que c'est un genre établi aux dépens du V. ce mot. (B.)

HARRISONIA. BOT. PHAN. Necker (Element. Bot., n. 151) a donné ce nom générique à une division du genre Xeranthemum de Linné. Célte division a été également séparée de ce dernier par Gaertner, et considérée comme un genre distinct sous l'ancien nom de Xeranthemum quia été adopté par les botanistes modernes.V. XĖRANTHÈME. (G..N.)

HARUNGAN. BOT. PHAN. Pour Harongana. V. ce mot. (G..N.)

HARTOGIA. BOT. PHAN. Bergiua (Descript. Plant, cap. Bon.-Spei, p. 73) et Linné (Mautissa Plant., p. 342) avaient constitué sous, ce nom un genre de la Pentaudrie Mo-

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nogynie, auquel ils assignaient pour caractère essentiel: un nectaire composé de cinq filets linéaires, pétaliformes, colorés, plus courts que la corolle, insérés sur le réceptacle et dont les sommets sont bossus concaves. Ce genre était composé de plusieurs éspeces primitivement décrites par Linné, sous le nom générique de Diosma. Ce genre a été fondu dans l'Adenandra, le Barosma et l'Agathosma de Willdenow, dont le professeur De Candolle (Prodr. System. univ. Veget. I, p. 73) a fait de simples sections du Diosma. (G..N.)

* HASE. MAM. Ce nom, venu de l'allemand, désigne en francais, et non pas seulement en terme ne chas se, la femelle du Lièvre. On le donne aussi quelquefois à celle du Lapin. (B.)

* HASÈLE. POIS. L'un des noms vulgaires du Leuciscus Dobula. V.ABLE. (B.)

* HAS. L. OIS. Syn. de Labbe. V. STERCORAlRE. (DR..Z.)

*HASPET. POIS. V. JOEL au mot ATHĖRINE.

HASSELQUISTIA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Ombellifères et de la Pentaudrie Digynie, L., établi par Linné en l'honneur de son disciple Hasselquist, qui périt de la peste pendant un voyage en Orient. Voici ses caractères essentiels: fleurs de la circonférence hermaphrodites, celles du centre mâles; calice à cinq dents, cinq pétales bifides; ceux des fleurs centrales égaux entre eux; çeux des fleurs marginales inégaux; les extérieurs plus grands; akènes des fleurs extérieures ovales, comprimés, avec un rebord épais et crénelé; akènes du centre avortés, semblables à une membrane vésiculeuse; chacun d'eux accompagné d'une petite écaille qui semble être la seconde partie du fruit entièrement transformé. Cet avortement des fruits intérieurs de l'ombelle est le seul caractère qui distingue le genre Hassel quistia du Tordylium; aussi Lamarck n'a-t-il pas hésité à le réunir à ce dernier. On n'en connaît que deux espèces, savoir: Hasselquistia œgyptiaea, L., et H. cordata, L. fils, Suppl. La première de ces Plantes croit dans l'Egypte et l'Arabie. Quant à la secoude, sa patrie est ignorée. On cultive l'une et l'antre dans les jardins de botanique de l'Europe. (G..N.)

* HASSING-BE. BOT. PHAN. Même chose qu'Assi. V. ce mot. (B.)

HASTINGIA. BOT. PHAN. L'Hastingia coccinea décrite et figurée par Smith (Exotic.Botany, p. 41, f. 80) est la même Plante que l'Holmsliohdia sanguinea de Retz ou Platunium rubrum de Jussieu (Annales du Muséum, T, VII, p. 76). V. HOLMSKIOLDIE. (G..N.)

HATI. OIS. Syn. au Paraguay de Sterne. V.ce mot. (DR..Z.)

HATIVEAU. BOT. PHAN. Petite variété de Poire turbinée et brunâtre qui mûrit en été. (B.)

* HATSCHE. OIS. (Schwenckfeld.) L'un des noms de pays du Canard domestique. V.ce mot. (DR..Z.)

* HATTAB-ACHMAR. BOT. PHAN. (Forskahl.) Syn. arabe de Tamarix galica. On a aussi écrit Hatab-Ahmar, ce qui signifie bois rouge. V. TAMARIX. (B.)

* HATTAB-HADADE. BOT. PHAN. L'un des noms arabes de la Salicorne. (B.).

* HATYSIS. INT. Zeder, dans son Histoire des Vers intestinaux, a proposé cette dénomination en remplacement de celle de Tœnia; elle n'a pas été adoptée. (LAM..X.)

* HAUGE-HILDE. OIS. (Müller.) Syn. de Pipit des buissons. V. PIPIT. (DR..Z.)

* HAUHTOTOTL. OIS. Syn. de Tangara écarlate. V. TANGARA. (DR..Z.)

* HAUKEB. OIS. Syn. arabe de l'Aigle royal. V. AIGLE. (DR..z.)

HAUME. Morio. MOLL. Et non Heaulme, comme l'écrit Montfort, par une faute d'orthographe qui s'est

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répétée dans la plupart des ouvragés où se trouve mentionné ce genre qui au reste, est le même que le Callidaire de Lamarck plus généralement adopté. V. ce mot. (D..H.)

HAUMIER. BOT. PHAN. Pour Heaumier. V. ce mot. (G.)

HAUSEN. POIS. Syn. d'Huso, espèce d'Esturgeon. (B.)

HAUSSE-COL. OIS. Ce nom a été donné à une espèce du genre Four milier. On a désigné aussi sous les noms dé:

HAUSSE-COL DORÉ, une espèce du genre Colibri. V. ce mot.

HAUSSE-COL NOIR, uhe espèce du genre Alouette et un Guêpier dit Sénégal, V. ALOUETTE et GUêPIER; une espèce de Merle d'Afrique, V. MERLE; enfin une espèce du genre Pie. V.ce mot.. (DR..Z.)

HAUSSE-QUEUE, OIS. Syn. vulgaire de Bergeronnette. V. ce mot. (DR..Z.)

HAUSSE - QUEUE, MOLL. Nom vulgaire donné par les marchands au Casque tuberculé, Cassida echinophora. V. CASQUE. (G.)

HAUSTATOR. MOLL. (Montfort.) V. TIREFONDS.

HAUSTELLÉS OU SCLEROSTOMES. INS. Grande famille de l'ordre des Diptères, établie par Duméril, et comprenant les genres Cousin, Bombyle, Hippobosque, Taon, Asile, etc., dont le suçoir, sortant de la gaîne, est saillant, allongé et sou vent coudé dans l'état de repos. (G.)

*HAUSTELLUM. INS. Nom sous lequel Fabricius a désigné la gaîne cornée du suçoir. V. ce mot et BOUCHE. (G.)

HAUTE-BONTĖ. BOT. PHAN. Variété de Poire maintenant peu connue. (B.)

HAUTE-BRUYÈRE. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires de l'Ericascoparia. V. BRUYÈRE. (B.)

HAUTE-GRIVE. OIS. Syn. vulgairede la Draine. V. MERLE. (DR..Z.)

HAUTIN OU HOUTING. POIS. V. SAUMON, sous-genre OMBRE, et synonyme de Sphiræne. V. ARGENTINE. (B.)

HAUYNE. MIN. Latialite de Qismondi, Saphirine de Nose. Substance vitreuse de couleur bleue, à laquelle Neergaard a donné le nom du savant minéralogiste français, et qui est généralement regardée comme une nouvelle espèce minérale. Elle a pour forme primitive le dodécaèdre rbomboïdal. Quelques fragmeus montrent des indices sensibles de clivage parallèlement aux faces de ce solide. Sa cassure est inégale et peu éclatante. Sa pesanteur spécifique est de 3, 53. Elle est fragile et raye sensiblement le verre. Elle se dissout en gelée blanche dans les Acides. Exposée sur le charbon au feu du chalumeau, elle perd sa couleur, et fond en un verre bulleux. Traitée avec le Borax, elle se dissout avec effervescence, en donnant lieu à un verre transparent qui jaunit par le refroidissement. Elle est composée de deux atomes de silicate d'Alumine et d'un atome de trisilicate de Potasse. L'analyse directe a donné à Gmelin; Silice, 35, 48; Alumine, 18, 87; Potasse, 15, 45; Oxide de Fer, 1, 16; Chaux, 12, 00; Acide sulfurique, 12, 39; Eau, 1, 20.

La Haüyne a été trouvée sous la forme de petits cristaux ou de grains, disséminés dans des roches d'origine ignée; aux environs de Nemi, dans les montagnes du Latium; au Vésuve, dans les roches rejetées par ce volcan; dans la lave des volcans éteints d'Andernach et de Closterlach; dans un Phonolite porphyrique du département du Cantal; et dans une roche des bords du lac de Laach, composée principalement de grains et de petits cristaux de Feldspath vitreux. Nose a fait de cette dernière variété une espèce particulière à la quelle il a donné le nom de Saphirine emprunté de sa couleur, (G. DEL.)

* HAVĖTIE. Havetia BOT. PHAN.

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désigner la première section de ce genre, caractérisée par ses drupes aptères et ceintes d'aucun rebord. V. MONNINE. (G..N.)

* HĖBÉDĖ. POIS. Syn. arabe de Bayad. V. ce mot. (B.)

* HĖBEINE. BOT. PHAN. Vieille orthographe d'Ebène, employée par Flacourt dans son Histoire de Madagascar. (B.)

HEBEL. BOT. PHAN. (Avicenne.) Syn.de Sabine. V. GENEVRIER. (B.)

HEBELIA. BOT. PHAN. Ce nom générique a été donné par Carol.-Christ. Gmelin (Flora Badensis Alsatica) aux Plantes que Hudson et Smith avaient déjà placées dans leur Tofieldia adopté par Persoon et De Candolle. V. TOFIELDIE. (G..N.)

HEBENSTREITIE. Hebenstreitia. BOT. PHAN. Genre de la Didynamie Angiospermie, L., et séparé de la famille des Verbénacées où Jussieu l'avait placé, par Choisy (Mém. de la Soc. d'Hist. nat. de Genève, Ier vol., 2e, part.) qui eu a fait un genre de sa nouvelle famille des Sélaginées, et qui l'a ainsi caractérisé: calice en forme de spathe, d'une seule pièce, fendu au sommet, et embrassant le côté supérieur de la corolle; celle-ci est en tube allongé à sa base et se prolonge en un limbe presqu'unilabié et divisé en quelques dents obtuses; quatre étamines dont les filets sont un peu plus longs que la corolle; capsule à deux loges ovées-cylindroïdes non renflées et indéhiscentes spontanément. Ces caractères restreignent le genre Hebenstreitia à un petit nombre d'espèces. Dans la Monographie citée plus haut, Choisy n'en a décrit que trois, savoir: H. dentata, L., H. scabra, Thunb., et H. cordata, L.: ce sont des sous-Arbrisseaux originaires du cap de Bonne-Espérance, à feuilles alternes ou éparses; à fleurs en épis, accompagnées de bractées entières et glabres. On a confondu dans les herbiers, avec l'Hebenstreitia dentata, une Plante dont Choisy fait le type de son genre Polycenia. V. ce mot. Les autres espèces de Linné, de Lamarck et de Thunberg, constituent un autre genre nouveau que Choisy a nommé Dischisma et qui diffère principalement de l'Hebenstreitla par son calice séparé en deux pièces linéaires placées à droite, et à gauche de la corolle. V. DISCHISMA au Supplément. (G..N.)

HEBERDENIA. BOT. PHAN. (Banks.) Syn. d'Ardisie. V. ce mot. (B.)

HEBI OU HEIL. BOT. PHAN. (Avicenne.) Syn. de Cardamome. C. Bauhin écrit Helbane. (B.)

HEBRAIQUE, ZOOL. Ce nom qui signifie que les Animaux à qui des naturalistes l'imposèrent, portent sur leur robe quelques marques dont la figure rappelle celle des lettres de l'alphabet hébreu, est appliqué au Coluber severus, L., espèce du genre Vipère; à un Labre, et à l'une des plus belles espèces du genre Cône, remarquable par ses nombreuses variétés. (B.)

HĖCATE. REPT CHEL.(Dampier.) Syn. de Terrapène, espèce de Tortue. V. ce mot. (B.)

HECATEA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Euphorbiacées, établi par Du Petit-Thouars. Extrêmement voisin de l'Omphalea, dont il présente le pistil et les étamines si remarquables par leur structure, il doit vraisembiablement lui être réuni; il s'en distingue cependant par son calice quinquélobé et non quadriparti, ainsi que par la disposition de ses fleur Les pédoncules sont divisés par une ou plusieurs dichotomies entre chaque division est une fleur femelle unique; à l'extrémité des pédoncules sont plusieurs fleurs mâles. Deux Arbres de l'île dé Madagascar se rapportent à ce genre. Leurs feuilles al ternes ou opposées sont munies de deux glandes à la base; les bractées qui offrent également une double glande sont opposées deux à deux sous chaque dichotomie.V. Du Petit-Thouars, Voy dans les lles austr.

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d'Afr., p. 13 et 30, tab. 3; V. aussi le mot OMPHALEA. (A.D.J.)

* HÉCATHOLITHE. MIN.V. CHATOYANTE.

HECATONIA. BOT.PHAN. La Plante que Loureivo (Flor. Cochinch p. 371) a décrite sous ce nouveau nom générique, n'est autre chose que notre Ranunculus sceleratus L., Plante commune en Europe et qui croît jusqu'au fond des Indes.V. RENONCULE. (G..N.)

* HECTOCÈRE. Hectocerus. BOT. CRYPT. (Champignons.) Ce nom avait été donné d'abord par Rafinesque-Schmaltz au genre Cérophore. V. ce mot. (A.F.)

* HEDAH. OIS. V. HADAGZ.

* HEDEMIAS. BOT. PHAN. (Ruell.) Syn. ancien de Conyze. (B.)

* HEDENBERGITE. MIN. Nom donné par Berzelius à une substance d'un vert noirâtre, divisible en pris me rhomboïdal et en prisme rectangulaire à base oblique, et qui a été analysée pour la première fois par Hedenberg. Elle est formée d'un atome de bisilicate de Chaux, combiné avec un atome de bisilicate de Fer; et on la regarde maintenant comme un Pyroxène calcaréo-ferrugineux; elles'identifie en effet avec les différens corps de la nombreuse famille des Pyroxènes par l'analogie de sa forme cristalline et de sa composition atomistique. On la trouve dans la mine de Mormors à Tunaberg, en Sudermanie, où elle s'associe au Spath calcaire, au Quartz et au Mica. (G. DEL.)

HEDEOME. Hedeoma. BOT. PHAN. Genre de la famille des Labiées et de la Didynamie Gymnospermie, L., établi par Persoon (Synops. Enchirid, II, p. 131) aux dépens des Cunila de Linné et adopté par Nuttal (Genera of North Amer. plants, 1, p., 16) avec les caractères suivans: calice à deux lèvres, ayant une gibbosité à sa base; corolle labiée, la lèvre supérieure droite, plane, un peu échancrée, l'inférieure trilobée; deux des étamines stériles; stigmate bifide. Ce genre ne diffère du Cunila que par la structure de son calice; mais cette légère différence a paru suffisante pour caractériser un genre dans un groupe aussi vaste et aussi naturel que celui des Labiées. Les trois espèces qui lui ont été rapportées par Persoon étaient les Cunila thymoides, L., C. pulegioides, L., et C.glabra, Michx. La première croît dans le midi de la France, et les deux autres dans l'Amérique septentrionale. Nuttall et Pursh ont encore décrit deux autres espèces de cette dernière partie du monde et principalement de la Virginie, sous les noms de Hedeoma, bracteolata, Nutt., et de H. glabra, Pursh. Celle-ci différé de l'H. glabra Michx., non-seulement par sa pubescence, mais encore par d'autres caractères importans. (G..N.)

HEDEONA. BOT.THAN. Double emploi du mot Hedeoma dans le Dictionnaire des Sciences naturelles. (G.)

HEDERA. BOT.PHAN. V. LIERRE. Ce nom fut appliqué par beaucoup d'auteurs et lorsque la nomenclature ne suivait aucune règle, à diverses Plantés qui n'ont de rapports avec le Lierre ou le véritable Hedera que l'habitude de ramper. (B.)

HEDERALIS. BOT. PHAN. (Ruell.) L'Asclépiade dompte-venin. Ce nom a été étendu à des Millepertuis. (B.)

HÉDÈRE OU HÉDĖRĖE. BOT. PHAN. On trouvait dans les anciennes pharmacies, sous ces noms et sous celui de GOMME HÉDÉRE, une sorte de résine d'assez agréable odeur qui découle du Lierre. (B.)

HEDERORCHIS. BOT.PHAN. Et non Hederorkis. Le genre auquel Du Petit-Thouars (Histoire des Orchidées des îles australes d'Afrique) donne ce nom, paraît correspondre au Neottia de Swartz, Il fait partie de la section des Epidendres (parasites), et il se distingue par son labelle replié sur les côtés, plane l'extrémité et dépourvu d'éperon. La seule es-

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meaux; à ses capsules oblongues et surmontées d'un opercule conique et oblique. V. ANICTANGIE, GYMNOSTOME, HOOKERIE et SCHISTIDIE. (A. F.)

HÉDYCAIRE. Hedycaria. BOT. PHAN. Genre de la famille des Urticées et de la Diœcie Polyandrie, L., établi par Forster (Charact. Gener., t. 64) et ainsi caractérisé: Plante dioïque; périanthe à huit et dix découpures peu profondes. Les fleurs mâles renferment environ cinquante étamines sessiles, oblongues, velues à leur sommet et couvrant tout le fond du périanthe. Les fleurs femelles contiennent plusieurs ovaires laineux, placés sur le réceptacle et stipités; styles nuls. Le fruit est multiple, composé seulement par suite de l'avortement de plusieurs ovaires, de six à dix noix presqu'osseuses, stipitées et monospermes. Ce genre n'est pas encore assez parfaitement connu pour que ses affinités soient bien déterminées. Jussieu, en effet, dans son Genera Plantarum, indique quelques rapports de l'Hedycaria avec les Anonacées ou les Renonculacées. L'Hedycaria arbosa, Forst. et Lamk., Illustr., tab. 827, est un Aibrisseau de la Nouvelle-Zélande, à feuilles alternes, très-glabres, et à fleurs disposées en grappes axillaires. (G..N.)

HEDYCHIUM. BOT. PHAN. Ce genre, de la famille des Scitaminées et de la Monandrie Monogynie, L., a été fondé par Kœnig (in Retz Fasoic., 111, p. 73). Il offre les caractères suivans: périanthe extérieur (calice) monopbylle, fendu longitudinalement, une fois plus court que le périanthe intérieur (corolle). Celui-ci a un tube long, grêle, un peu courbé, se terminant par un limbe à six divisions dont les trois extérieures plus étroites; une des autres divisions (labelle) plus large, échancrée et colorée en jaune: anthère double, supportée par un filet charnu, géniculé, qui ne se prolonge pas autour de l'anthère; style filiforme, du double plus long que le filet, très-tenace et reçu dans une cavité tubuleuse, formée per les deux lobes de l'anthère. L'auteur de ce genre en a rapproché le Kœmpferia. Quelques auteurs ont ensuite réuni les deux genres; mais, selon Roscoë (Transact. of the Societ. Linn. T. VIII, p. 342), le Kœmpferia est pourtant très-distinct. Indépendamnent des longs segmens linéaires du limbe extérieur de la corolle qui particularisent le Kœmpferia, dans celuici ce filet s'étend au-delà de l'anthère, et diverge en deux lobes foliacés, tandis que dans l'Hedychium l'anthère est terminale et comme articulée au sommet du filet. Le genre qui nous occupe a plus de rapports avec l'Alpinia, mais il s'en distingue suffisemment par la longueur de sou tube et les trois segmens intérieurs de sa corolle.

Pendant long-temps on n'a connu que l'Hedychium coronarium de Kœnig, la seule espèce qui va fixer notre attention; mais depuis quelques années, Link (Hort. Berol.) en a distingué une nouvelle sous le nom d'H.coccineum. Roxburgh (Plant. Coromand., n. 251) a ajouté les H. angustifolium et gracile, mais cette dernière Plante ne peut être considérée que comme une variété de la précédente; et le docteur Wallich de Calcutta a décrit de son côté (in Florâ Indicâ D. Carey, p. 12, Sérampore, 1820) deux nouvelles espèces sous les noms d'Hedychium villosum et d'H. speciosum. Toutes ces Plantes sont originaires des Indes-Orientales.

L'HEDYCHIUM A BOUQUET, H.coronarium, Kœuig, a été figuré par Rumph (Herb. Amboin., v, tab. 69, f. 3) sous le nom de Gandasuli, qui a été admis par quelques botanistes. Celte belle Plante est cultivée depuis quelque temps en Europe dans les jardins de botanique. (G..N.)

HEDYCRE. Hedychrum. INS. Genre de l'ordre des Hyménoptères, section des Térébrans, famille des Pupivores, tribu des Chrysides (Règn. Anim. de Cuv.), établi par Latreille qui lui assigne pas caractères: abdo-

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men n'ayant que trois segmens extérieurs, demi-circulaire, voûté, uni et sans dentelures au bout; mandibules dentelées au côté interne; languette échancrée; palpes maxillaires beaucoup plus longs queles labiaux; écusson simple ou sans saillie, en forme de pointe. Les Hédycres s'éloignent des Stilbes et des Euchrées par la longueur relative des palpes; ils partagent ce caractère avec les Elampes et les Chrysis; mais ils en diffèrent essentiellement par la languette. Le corselet des Hédycres n'est point rétréci antérieurement, et leur abdomen est voûté et à trois segmens, ce qui les distingue des Cleptes, Fabrielus et Jarine n'ont point adopté le genre Hédycre; mais ce dernier auteur en fait une section dans son genre Chrysis. Les Hédycres ont été étudiés avec soin par 'Lepelletier de Saint-Fargeau, dans un Mémoire sur quelques espèces nouvelles d'Insectes de la section des Hyménoptères Porte-Tuyaux (Mém.du Mus. d'Hist. nat. T. VII, p. 115); il en a décrit treize espèces recueillies pour la plupart aux environs de Paris. Leurs couleurs brillantes et métalliques ne le cèdent en rien à celles dès Chrysis. On peut considérer comme type du genre:

L'HÉDYCRE LUCIDULE, H. lucidulum Latr., ou la Chrysis lucidula de Fabricius, quiest la même espèce que la Guêpe dorée à corselet mi-parti de ronge et de vert de Geoffroy. Elle est très-commune aux environs de Paris. Les autres espèces décrites par Lepelletier portent les noms de Spina(loc. cit., pl. 7, fig. 2 et 3), auratum, bidentulum (fig. 4), regium, alterum (fig. 8) minutum, (fig. 9), fervidum, maculatum, cœrulescens (fig. 10), lucidum (fig. 6), nitidum (fig. 5) et roseum (fig. 7); Le même auteur rapporte avec doute au genre Hédycre les Chrysis cœrulipes, parvula et Panzeri, Fabr., qu'il n'a pu voir dans les collections. La dernière a quelque rapport de conformation avec l'Hedychrum Spina. (AUD.)

HEDYCREA. BOT.PHAN. Le genre Licanià d'Aublet a été ainsi nommé par Schreber et Wahl. V. LICANIE.. (G..N.)

HEDYOSMUM. BOT. PHAN. Genre de la famille des Amentacées, fondé par Swartz (Flor. Ind-Occid., II, p. 959) qui l'a placé dans la Mouœcie Polyandrie, L, et lui a donné les caractères suivans: fleurs monoïques; les mâles, disposées en chatons, sans calice ni corolle, possèdent des an thères sessiles, oblongues imbriquées, conniventes, placées sur un réceptacle linéaire. Les fleurs femelles ont un calice d'une seule pièce, à trois petites dents; un ovaire trigone, oblong, surmonté d'un style triangulaire, très-court, et d'un stigmate simple et obtus; fruit drupacé, un peu arrondi, monosperme, entouré par le calice qui fait corps avec lui. Les deux espèces décrites par l'auteur de ce genre croissent sur les hautes montagnes de la Jamaïque. L'une d'elles (Hedyosmum nutans) est un Arbrisseau qui répand une odeur aromatique très-agréable. L'autre (H. arborescens) est un Arbre de quatre ou cinq mètres de hauteur dont les branches sont garnies de feuilles opposées, ovales, lancéolées, luisantes et d'un vert brun. (G..N.)

HÉDYOTIDE. Hedyotis. BOT. PHAN. Ce genre, de la famille des Rubiacées et de la Tétrandrie Monogynie, établi par Linné, a été ainsi caractérisé par Kunth (Nov. Gener. et Spec. Plant, œquinoct, T. III, p, 389): calice supère ou semi-supère, rarement presque infère, à quatre divisions profondes; corolle infundibuliforme ou rarement bypocratériforme, dont le limbe est étalé et à quatre divisions profondes; quatre étamines, le plus souvent exsertes; un style et un stigmate bifide; capsule didyme, couronnée par le calice persistant, biloculaire, s'ouvrant par le sommet en deux valves loculicides; graines peu nombreuses, lentiloculaires, comprimées et non bordées. A ce genre ainsi défini et caractérisé, doivent se rapporter, d'après Richard

TOME VIII. 5

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(in Michx. Flor. Boreal. Am.), toutes les espèces de Houstonia de Linné qui ont un fruit infère et polyspermé dans chaque loge. Le Peplis tetrandra de Jacquin, qui a les divisions calicinales bifides, et dont les loges contiennent deux graines, doit aussi rentrer dans ce genre. Les Hédyotides sont des Arbrisseaux ou dessous-Arbrisseaux, le plus souvent couchés et rampans, munis de stipules interpétiolaires connées et engaînantes. Leurs fleurs sont terminales, axillaires, quelquefois solitaires ou géminées, ternées ou disposées en corymbes. On en a décrit plus de trente espèces qui se trouvent en grande partie dans les climats chauds de l'Amérique. Quelques-unes habitent les Indes-Orientaies; telles sont entre autres les Hedyotis fruticosa, L.; H. nervosa, Lamk.; et H. herbacea, L., ou Oldenlandia tenuifolia de Burmann (Flor. Indica, tab. 14, f. I). Ruiz et Pavon, dans leur Flore du Pérou et du Chili,. ont fait connaître quelques espèces nouvelles d'Amérique, et Kunth(loc. cit.) en a encore ajouté sept des mêmes régions, parmi lesquelles se trouvent quelques espèces qui ont été décrites sous le nom générique de Houstonia par Willdenow, et publiées dans le Systema Vegetabilium de Rœmer et Schultes. (G..N.)

* HÉDYOTIDÉES. Hedyotideœ. BOT. PHAN. Nom donné par Kunth à un petit groupe de la famille des Rubiacées, lequel fait partie de la cinquième section que cet auteur y a établie et qu'il a ainsi caractérisée: capsule biloculaire, à loges polyspeimes. Les Hédyotidées ont quatre étamines, en quoi elles different des Ciuchonées, autre groupe de la même section, qui en ont cinq. (G..N.)

HÉDYPNOIDE. Hedypnois. BOT. PHAN. Ce genre de la famille des Synanlhérées, tribu des Chicoracées et de la Syngénésie égale, L., a été constitué par Tournefort et réuni par Linné, Lamarck et De Candolle avec le genre Hyoseris. Jussieu (Genera Plantarum) sépara de nouveau le genre Hedypnois de ceux avec les quels on l'avait encadré. Mais Gaertner et Necker paraissent avoir interverti l'emploi des noms génériques créés par leurs prédécesseurs. En effet, leur Hyoseris est l'Hedypnois de Tournefort, et d'un autre côté, l'Hedypnois de Gaertner correspond au genre Hyoseris de Jussieu. Hudson et Smith, dans la Flore d'Angleterre, ont augmenté la confusion de cétte synonymie, en transportant le nom d 'Hedypnois au genre Leontodon. Au surplus, les genres Hedypnois et Hyoseris différent peu l'un de l'autre. Voici les caractères du premier: involucre à plusieurs folioles disposées sur un seul rang, ceint d'un calicule très-court dont les écailles sont gibbeuses, tantôt formant une boule par leur réunion, tantôt étalées; calathide composée d'un grand nombre de fleurons hermaphrodites; réceptacle nu; akènes de la circonférence ciliés ou presque nus au sommet, ceux du centre couronnés par une aigrette dont la partie inférieure est paléiforme, laminée, et la partie supérieure filiforme et plumeuse. Jussieu indique comme congénère le Lampsana Zacintha, L., dont on a formé depuis un genre particulier sous le nom de Zacintha. Les espèces de ce genre, en petit nombre, sont indigènes du bassin de la Méditerranée. Deux d'entre elles croissent dans le midi de la France: ce sont les Hedypnois monspeliensis, willd., et Hedypnois rhagadioloides ou Hyoseris rhiagadiolaides, D. C. (G..N.)

HEDYSARUM. BOT.PHAN.V SAINFOIN.

HÈGÈTRE. Hegeter. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Hetéromères, famille des Mélasomes (Règn. Anim. de Cuv.), établi par Latreille aux dépens du genre Blaps, et ayant suivant lui pour caractères propres: corps ovale avec le corselet parfaitement carré, plane et sans rebords. Ces Insectes présentent dans leurs divers organes d'autres

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particularités propres à les faire distinguer; les antennes sont filiformes, courtes, de onze articles, avec les deux premiers presque égaux; le troisième est allongé; les trois derniers sont presque grenus et plus courts que les précédens; les palpes maxillaires sont presque filiformes, ou à peine plus gros vers leur extrémité et terminés par un article dont la forme se rapproche de celle d'un cône renversé; le menton est grand, presque demi-orbiculaire, mais pas assez large cependant pour couvrir la base des mâchoires; les élytres, soudées l'une à l'autre, se prolongent en pointe à la partie postérieure et recouvrent complètement l'abdomen. Il n'existe pas d'ailes membraneuses; les pates sont grêles, assez allongées; leurs tarses sont simples. L'abdomen est de forme ovale et plus large que le corselet.

L'HÉGÉTRE STRIÉ, Heg. striatus de Latreille (Gener.Crust. et lnsect. T I, pl. 9, fig. 11, et T. II p. 157), originaire de l'île de Madère, doit être considéré comme le type du genre. Le Blaps allongé d'Olivier (Entomol. T. III, n. 60, pl. 1, fig. 7) paraît être la même espèce. Ainsi que le Blaps buprestoides, Fabr., Dejean (Catal. dés Coléopt., p. 64) mentionne cinq autres espèces originaires de la Grèce, de Cayenne et de la Guinée ou des Indes-Orientales. Ce sont les Hegeter caraboides, pedinoides, rugifrons, Dej, atratus et unicolor de Megerle. (AUD.)

HEGLIG. BOT. PHAN. On ne connaît point suffisamment l'Arbre au quel est donné ce nom au pays de Dar-Four. Son fruit est agréable à manger; on en fait une sorte de conserve qui passe chez les Arabes pour très-salutaire. (B.)

* HÉGRAT. MAM. L'Animal américain désigné sous ce nom par Ruysch (Theatr. Anim., p. 102) paraît être un Blaireau. (B.)

* HEHOC. OIS. Flacourt dit que c'est une Poule des bois de Madagascar, dont les plumes sont violettes avec les extrémités rouges. (B.)

* HEINZELMANNIA. BOT. PHAN. (Necker.) Syn. de Moutira d'Aublet. V. ce mot. (B.)

* HEIRAN. MAM. Nom donné par les Turcs à l'Animal que les Persans appellent Ahu. V. ce mot. (B.)

HEISTÈRIE. Heisteria. BOT. PHAN. Genre de la Diandrie Monogynie, L., établi par Jacquin (Amer., 126, tab. 81), et ainsi caractérisé: calice très-petit dont le limbe à cinq dents acquiert beaucoup d'extension et prend la forme d'une cupule; cinq pétales distincts; dix étamines dont les filets sont planes et les anthères arrondies; ovaire à trois loges charnues renfermant un ovule surmonté d'un style court et d'un stigmate trifide; drupe en forme d'olive, monosperme, á demi-enveloppée par le calice. Ce genre, qui était autrefois rangé parmi les Auran iacées, a été réuni aux Olacinées de Mirbel par De Candolle (Prodr. Syst. Regn. Veget., I, p. 532). La principale espèce et pendant long-temps la seule connue de ce genre, est l'Heisteria coccinea, Jacq., Arbre de moyenne grandeur qui a l'aspect d'un Laurier et qui croît dans les forêts épaisses de la Martinique et de la Guadeloupe. Les créoles le nomment Bois de Perdrix, parce que les Tourterelles (connues aux Antilles sous le nom de Perdrix) recherchent son fruit avec avidité. Le calice qui enveloppe la base de ce fruit, acquiert, par la maturité, une couleur rouge éclatante. Smith (in Rees Cyclopœd.) et a décrit deux autres espèces auxquelles il a donné les noms spécifiques de H. cauliflora et de parvifolia. La première croît dans la Guiane hollandaise, et la seconde dans la Sierra-Leone en Afrique.

Un autre genre Heisteria avait été créé par Bergius (Descript. Plant. Cap, 185); mais Linné le réunit au Polygala, quoiqu'il présentât des différences suffisantes pour en néces-

5*

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siter la séparation. Necker (Elem. Bot., n. 1382) le rétablit sons le nouveau nom de Muraltia qui a été admis par les botanistes modernes. V. MUBALTIE. (G.N.)

* HÈLACATÈNE. POIS Même chose qu'Élactène.V.ce mot. (B.)

HELAMYS. MAM Sous-genre de Gerboise. V. ce mot. (AUD.)

HELBANE. BOT. PHAN. (C. Bauhin.) V. HEBI.

HELBEH. BOT. PHAN. Syn. de Fenu-grec en Egypte où l'on mange les pousses jeunes de la Plante et ses graines à demi-germées. V. TRIGONELLE. (B.)

HELCION. Helcion. MOLL. Parmi les Patelles, il en est un certain nombre qui, quoique régulières et symétriques, ont le sommet incliné en arrière comme les Cabochons. C'est avec cette coupe des Patelles que Montfort proposa son genre. Il aurait été admissible comme sousgenre ou mieux comme coupe secondaire, si par un rapprochement très- peu fondé il n'eût mis avec ces Coquilles marines celles dont Geoffroy et Draparnaud avaient fait le genre Ancyle, qui sont fluviatiles et qui doivent appartenir évidemment. à une autre famille. V. PATELLE et ANCYLE. (D..H..)

HÉLÉE. Heleus. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Hétéromères, famille des Taxicornes (Règn. Anim. de Cuv.), établi par Latreille (Nouv. Dict d'Hist. Nat. T. XXIV, p. 153) qui lui assigne pour caractères: antennes grossissant insensiblement; tête découverte et reçue dans une échancrure de l'extrémité antérieure du prothorax. Ce genre a beaucoup d'analogie avec ce lui de Cossyphe; la forme du corps est la même, il est ovale, en forme de bouclier et très-aplati Latreille en connaît six espèces, et celle qu'il décrit sous le nom d'Hélée perforée, Hel.perforatus, Latr. (loe. cit., p. 33, 7), peut être considérée comme le type du genre. Elle est originaire, ainsi que les autres espèces, de la Nouvelle-Hollande, et a été recueillie par Péron et Lesueur dans l'île des Kanguroos. (AUD.)

HÉLÈNE. ZOOL. Espèce des genres Murène et Couleuvre. V. ces mots. C'est aussi un Papillon de la division des Troyens de Linné. (B.)

HELENIA. BOT.PHAN. (Gaertner.) V. HELENIASTRUM.

HELENIASTRUM. BOT.PHAN. (Ce nom, donné anciennement par Vaillant, n'a pas prévalu sur celui d'Helenium que lui a substitué Linné. Il en est de même de l'Helenia de Gaertner, et du Brasavola d'Adanson, qui désignent le même genre. V. HÈLÈNIE. (G..N.)

HÉLÉNIDE. Helenis.. MOLL. Genre établi par Montfort dans le tome premier de sa Conchyliologie systématique (p. 194) pour un petit corps crétacé qu'il caractérise de la maniére suivante: coquille libre, univalve, cloisonnée et cellulée, contournée en disqueaplati; spire apparente, excentrique sur les deux flancs; dos caréné; bouche très-allongée, recouverte par un diaphragme criblé de pores; cloisons criblées et unies. Le type de ce genre, décrit et figuré sous le nom de Nautilus aduncus par Von-Fichtel et Moll, p. 115, tab. 23, fig. A, a été nommé par Montfort HÉLÉNIDE ÉPANOUI, Helenis spatosus: c'est une petite Coquille blanche, de deux lignes de diamètre, striée dans le sens des cloisons; les stries sont assez nombreuses, fines et croisées par d'autres plus fines dans le sens des pores; le dernier tour est très-grand, enveloppant et cachant tous les autres. Ce que Montfort nomme ouverture de la coquille est une longue fente qui en occupe tout le dos; elle est barrée par une cloison toute criblée de pores qui viennent s'y terminer. Montfort pensait que chacun de ces pores était occupé par autant de

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Mollusqnes distinets vivant en famille, mais cette opinion, qui n'est fondée sur aucun fait ni sur aucune analogie, est sans doute hypothétique, surtout si l'on pense que ce corps devait être intérieur, placé sans doute comme celui des Seiches avec lequel il paraît avoir de l'analogie. (D..H.)

HÉLĖNIE. Helenium. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, Corymbifères de Jussieu, et de la Syngénésie superflue, L., établi par vaillant sous le nom d'Heleniastrum. Linné changea cette dénomination en celle d'Helenium, quoiqu'il y eût déjà un genre de ce dernier nom également fondé par Vaillant d'après G. Bauhin et qui est devenu le genre Inula. Voici les caractères qui lui ont été assignés: involucre double, l'extérieur orbicnlaire, dont les folioles sont disposées sur un seul rang, bractéiformes, sondées à leur base, linéaires et subulées; l'intérieur beaucoup plus court, dont les folioles sont inégales, libres et appliqnées; rêceptacle un, globuleux ou cylindracé; calathide radiée, dont le disque est composé de fleurons nombreux et hermaphrodites, et la circonférence de demi fleurons femelles, ayant la languette large, cunéiforme, tri ou quadridentée au sommet; ovaires cylindriques munis de douze bandes longitudinales, les unes parsemées de globules jaunâtres, les autres alternes avec les précédentes, hérissées de longues soies loides'; leur aigrette est composée de six paillettes membraneuses, correspondantes aux six bandes velues. H.Cassini a placé ce genre dans la tribu des Hélianthées, et en a formé le type d'une section. V. HÉLENIÉIS.

Les deux espèces qui constituent ce genre sont originaires de l'Amérique septentrionale, et se cultivent très-facilement dans les jardins botaniques de l'Europe. Ce sont les Helenium automnale, L., et Hel. quadridentatum, Labillardière (Act. de l'ancienne Soc. d'Hist. Nat. de Paris, p. 22, tab. 4). Kunth (Nov. Gener.et Spee. Plant, œquinoct. T. IV, p. 299) en a décrit une troisième espèce, Hel. mexicanum, que l'on cultive dans les jardins, du Mexique. Ces Plantes sont herbacées, à feuilles alternes, décurrentes, et à fleurs jaunes terminales, disposées en corymbes.

Le nom d'Helenittm avait été don né par les anciens à des Plantes très-différentes les unes des autres. Il pâraît que l'Helenium de Théophraste était une espèce de Thym, et les commentateurs ne peuvent reconnaitre les deux Helenium de Dioscoride. Le nom de cette Plante se rattache aux souvenirs mythologiques dés anciens, poisque, selon Pline, ils croyaient qu'elle, était née des pleurs versés par la belle Hélène. (G. N.)

* HÉLÉNIĖES. Helenieœ. BOT. PHAN. Section formée par H. Cassini, dans la tribu des Hélianthées, de la famille des Synanthérées, Elle est caractérisée par un ovaine. presque cyliodracé; souvent velu muni deplusieurs côtes ou arêtes qui divisent sa surface en autant dé bandes longitudinales, et poranlt une aigrelle composée de poils paléiformes, membraneux, quelquefois plumeux, Le groupe proposé par Nuttall sous le nom de Galardiœ, fait partie de cette section, dans laquelle H. Cassini fait entrer les vingt-six genres suivans rangés par ordre alphabétique; Achyrocarpus, Kunth; Actinea, Jussieu; Allocarpus, Kunth; Bahia, Lagasc.) Balbisia, Willdenow; Balduina; Nuttall; Calea, Rob. Brown; Cephalophora, Cavanilles; Dimerostemma, H. Cassini, Eriophyllnm, Lagasca; Florestina, Cassini; Galardia, Fouger.; Galinsoga, Cavan.; Helenium, L.; Hymenopappus, l'Hérit.; Leontophtalmum, Willd.; Leptopoda, Nutt.; Marshallia, Schreber; Mocinna, Lag.; Polypteris, Nutt.; Ptilostephium, Kunth;, Schkuria, Roth.; Sogalgina, H. Cass.; Tithonia, Desf.; Trickophyllum, Nutt. V. chacun de ces mots. (G..N.)

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HELEOCHLOA. BOT. PHAN. (Host.) Syn. de Crypside. V. ce mot. (B.)

* HELEONOSTES. BOT. PHAN. Espèce du genre Laiche. (B.)

*HELEOS. OIS. Syn. d'Effraie, V. CHOUETTE, (DR..Z.)

* HELIACA. OIS. (Savigny.) Syn. de l'Aigle impérial. V. AIGLE. (DR..Z.)

HÉLIANTHE. Helianthus. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, Corymbiferes de Jussieu, et de la Syngénésie frustranée, L., établisous le nom de Corvna - Solis par Tournefort qui y confondait le Coreopsis et d'autres genres voisins. H. Cassini et Kunth en ont fait le type d'une tribu très-naturelle de la famille des Synanthérées, tribu qu'ils ont nommée Hélianthées. V. ce mot. Voici les caractères de ce genre: involucre composé de folioles imbriquées, ordinairement linéaires, aiguës, étalées; celles des rangs intérieurs progressivement plus courtes que celles des rangs extérieurs; calathide radiée dont le disque est formé de plusieurs fleurons réguliers, hermaphrodites, et la circonférence de demi-fleurons, stériles; réceptacle convexe, gains de paillettes demi- embrassantes, oblongues et aiguës; ovaires oblongs des deux côtés, couronnés par une aigrette formée de deux paillettes opposées, articulées, caduques, l'une antérieure et l'autre postérieure. De toutes les Synanthérées, les Hélianthées sont, sans contredit, les Plantes les plus remarquables par leur beauté. L'amplitude et les couleurs vives des calathides de la plupart des espèces leur ont mérité de la part des botanistes des comparaisons emphatiques avec l'astre du jour. En effet, le mot Hélianthe est la signification grecque du nom pompeux de fleur du soleil, sous lequel, ainsi que sous celui de couronne du soleil, on a toujours désigné ces Plantes. — Les espèces d'Héliatithes, au nombre de quarante et plus, sont toutes indigènes de l'Amérique, soit méridionale, soit septentrionale. Ce sont des Plantes ordinairement herbacées et très - grandes rarement ligneuses. Leurs feuilles sont opposées ou alternes, entières, le plus souvent munies de nervures, plus ou moins roides et hérissées. Leurs fleurs sont terminales, et ordinairement disposées en corymbes. Toutes sont d'une culture facile dans les jardins de l'Europe. On doit distinguer, dans ce beau genre, les espèces suivantes:

HÉLIANTHE TOURNESOL, Helianthus annuus, L. Vulgairement Grand Soleil. La tige de cette Plante, quoique herbacée et annuelle, acquiert jusqu'à cinq mètres d'élévation; ses feuilles sont alternes, pétiolées, grandes, presque cordiformes, acuminées, rudes ainsi que la tige. La calathide a quelquefois trois décimètres et plus de diamètre, et probablement par l'effet de son poids le pédoncule qui la soutient, se courbe de manière que la calathide inclinée présente son disque vertical et tourné le plus souvent du côté du soleil. Cette magnifique espèce est originaire du Pérou. On la cultive maintenant presque par tout, à cause de sa beauté et de la facilité avec laquelle elle se développe, car n'exigeant qu'une bonne terre et de lachaleur, elle trouvechez nous, dans le cours de l'été, un temps suffsant pour qu'elle puisse entièrement parcourir les phases de sa vie. Mais l'éclat et la beauté ne sont pas les seuls avantages de l'Héliantheannuel; ses diverses parties sont employées avec utilité à des usages économiques. Ainsi, les akènes de cette Plante sont mangés avec avidité par la volaille; ils contiennent une amande blanche et une grande quantité d'huile grasse que l'on extrait par expression. En certaines. contrées on les torréfie pour s'en servir en guise de Café, et les habitans de la Virginie en font une sorte de pàin et de la boullie pour les enfans. Eufin l'écorce de cette espèce est formée de fibres ténues qui la rendraient susceptible d'être filée comme du Chanvre, et ses tiges contiennent beaucoup de nitrate de Potasse.

HÉLIANTHE TOPINAMBOUR., He-

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liaathus tuberous, L. Vulgairement Poire de terre. Ses racines sont de gros tubercules vivaces, charnus, oblongs, rougeâtres en dehors, blancs intérieurement et assez semblables à ceux de la Pomme-de-terre. Il s'en élève des tiges dressées, simples, herbacées, hautes de près d'un métre et portant des feuilles tantôt alternes, tantôt opposées et même ternées, pétiolées, très- grandes, ovales, atténuées aux deux extrémités, décurrentes sur le pétiole, marquées sur leurs bords de petites dentelures et un peu rudes au toucher. Les calathides de fleurs sont solitaires, terminales et jaunes, non inclinées et d'une petite dimension relativement à celles de l'Hélianthe annuel. Leur involucre est formé d'écailles foliacées, imbriquées et ciliées sur les bords. Cette Plante, originaire du Brésil, fleurit chee nous dans le mois de septembre. Les tubercules charnus du Topinambour sont un aliment assez agréable lorsqu'on les a fait ouire et apprêter de diverses manières. Ils fournissent une bonne nourriture pendant l'hiver aux Moutons et aux autres bestiaux qui en sont très-friands. L'analyse chimique de cette racine a été faite récemment par Payen qui y a rencontré en grande abondance la Dahlme, principe immédiat qui paraît être identique avec l'Inudine. Ce chimiste a également démontré que les tubercules du Topinambour, soumis à la fermentation, donnreraient beaucoup de liqueur vineuse analogue à la bière, et que sous ce rapport cette Plante pourrait derenir très-importante. (G..N.)

HÉLIANTHÉES. Heliantheœ BOT. PHAN. Tous les auteurs qui se sont occupés de l'étude des Synanthérées ont admis un groupe très-naturel de Plantes qu'ils ont nommé Hélian hées. En effet, Jussieu, De Candolle, Kunth. et Cassini ont peconnu cette tribu et lui ent assigné des caractères plus ou moins développés. Le dernier de ces botanistes, considérant que le nombre dés genres qui composent les Hélianthées est extrêmement considérable, a proposé de les subdiviser en cinq sections qu'il a désignées par les noms suivans: 1° Hélianthées Héléniées, 2° H. Coréopsidées, 3° H. Prototypes. 4° H. Rudbeckiées, et 5° H. Millériées. Nous n'exposerons ici que les caractères succinçts de la troisième section, et nous renverrons aux mots CORÉOPSIDÉES, HÉLÉNIÉES, MILLÉRIÉES et RUDBECKIÉES pour ceux des autres sections. Les Hélianthées Prototypes ont l'ovaire ordinairement tétragone et comprimé des deux côtés, de manière que son plus grand diamètre est de devant en arrière; leur aigrette est composée de paillettes adhérentes ou caduques, filiformes ettriquètres. Le genre Hélianthe est le type de cette section, dont les limites ne sont pas tranchées et qui se compose de Plantes presque toutes américaines. Quelques-unes se trouvent en Asie; l'Europe et les terres australes en paraissent dépourvues. (G..N.)

HÉLIANTHÈME. Heliantkemum. BOT. PHAN. C'est - à - dire Fleur du Soleil. Ce genre de lé famille des Cistinéës, et de la Polyandrié Monogynie, L., avait été constitué par Tournefort; Linné le réunit au Cistus, mais il. en a été de nouveau séparé par Gaertner et De Candolle. Voici ses caractères principaux: calice à trois sépales égaux, ou à cinq sépales disposés sur deux rangs, les deux sépales extérieurs ordinairement plus petits; cinq pétales extrêmement caducs, quelquefois dentelés irrégulièrement au sommet; stigmate en tête, tantôt presque sessile, tantôt supporté par un style droit ou oblique; capsule à trois valves qui portent sur leur milieu les placentas des graines ou les cloisons séminifères; graines anguleuses glabres, pourvues d'un albumen blanc et charnu, et d'un embryon dont les cotylédons sont tantôt filiformes et courbés, tantôt orbiéulsires et appliqués l'un contre l'autre. Les Hélianthèmes sont des Herbes ou des Ar-

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brisseaux à feuilles opposées on alternes, quelquefois stipulées; leurs fleurs, le plus souvent munies de bractées, sont portées sur des pédicelles opposés aux feuilles; elles offrent des dispositions très-variées, car elles sont tantôt solitaires, tantôt eu ombelles, en grappes penchées du même côté, en corymbes ou en panicules. Quand le genre Helianthemum fut rétabli, on lui assigua comme caractère différentiel d'avec le Cistus, une capsule uniloculaire, à valves portant les placentas sur le milieu de leurs parois internes; mais ce caractère fut infirmé par l'observation de plusieurs espèces où non-seulement la capsule mais encore l'ovaire étaient évidemment triloculaires. Dans un Mémoire lu en juillet, 1823, devant la Société Philomatique de Paris, nous avons démontré que les cloisons du fruit de l'Helianthemum étaient produites par la saillie interne et plus ou moins grande des placentas qui, dans quelques espèces, ne formaient qu'une simple ligue longitudinale sur les parois, dans d'autres proéminaient de manière à se réunir et à diviser la capsule en trois loges. Le caractère de l'unité ou de la pluralité des loges du fruit, qui est excellent pour distinguer telle espèce d'une autre, ne doit donc pas être génériquement employé, puisqu'on trouve dans le même genre des capsules uniloculaires, et d'autres qui sont divisées plus ou moins complétement par de fausses cloisons. Mais en étudiant l'organisation de plusieurs espèces d'Hélianthèmes, nous vîmes que ces différences dans la structure des capsules correspondaient presque toujours avec d'autres différences dans les autres organes. Ainsi, par exemple, toutes les espèces de la section où les fleurs sont en ombelles (Hel. umbellatum, Libanotis, etc.) ont des capsules triloculaires, un calice à trois sépales, et les cotylédons linéaires et infléchis; tous les Hélianthèmes à feuilles larges, à fleurs en panicules (Hel. vulgare, etc.), ont des capsules unilocuplaires, un calice à cinq sépales, et des cotylédons discoïdes, etc. Il faut pourtant convenir que le genre Helianthemum étant très-naturel, on nu peut pas le partager en sections dont les caractères soient bien tranchés.

Le Prodromus Regni Venget. Nat. du professeur De Candolle contient i'énumération de cent vingt-quatre espèces qui ont été décrites par Dunal de Montpellier et réparties en neuf sections. Ces sections forment trois séries principales caractérisées d'après le style plus ou moins long que les étamiues, dressé ou. infléchi à la base.

La première section (Halimium) est composée d'Arbustes ou d'Arbrisseaux à feuilles opposées, à trois nervures, sans stipules, velus ou cotonneux. Les pédoncules portent d'une à trois fleurs axillaires, solitaires, disposées en ombelles ou en panicule. Elle renferme treize espèces indigènes, pour la plupart, du, bassin de la Méditerranée. Nous citerous seulement ici, comme les plus remarquables: l'H. umbellatum, qui abonde sur les rochers de la forêt de Fontainebleau; l'H. Libanotis de la Barbarie et du Portugal; l'H. alysloides qui croît en Espagne et dans la France occidentale; et l'H. halimifolium que l'on rencontre abondamment dans les contrées maritimes du midi de l'Europe et du nord de l'Afrique.

La seconde section (Lecheodies) est composée desept espèces qui croissent en Amérique et particulièrement dans le nord. Ce sont des Plantes à tiges vivaces, dressées et souvent dichotomes. Les fouilles inférieures sont opposées, les. supérieurres alternes, presque sessiles et sans stipules.

Dans la troisième section (Tuberaria) sont comprises neuf espèces, presque toutes indigènes de la France méridionale, de l'Espagne et de l'Italie. Quelques-unes de ces Plantes ont des racines ligneuses, et vivaces. Leurs tiges; sont dressées ou ascendantes; leurs feuiles inférieures à

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trois nérvures opposées, sans stipules, les supérieures quelquefois alternes et munies de stipules longues et linéaires. Les fleurs sont disposées en panicules ou en grappes, L'Helianthemum Tuberaria, jolie Plante que l'on trouve sur les côtes de la Méditerranée, peut être considéré comme le type de cette section, à laquelle on a aussi rapporté l'H. guttatum, espèce très-abondante dans la forêt de Fontainebleau, le bois de Boulogne et dans quelques autres Lieux des environs de Paris.

La quatrième section (Masularia) ne renferme que deu espèces, dont l'une (H.lunulatum) croît dans les Alpes du Piémont, et l'autre (H. petiolatum, Pers.) se trouve en Espagne. Ce sont des Plantes sous-frulescentes, à feuilles pétiolées, étroites, sans stipules, à fleurs terminales, solitaires on en grappes, les pédicelles tournés d'un même côté et aocompagnés à leur base de pelites bractées subulées.

Les espèces de la cinquième section (Brachypetalum); au nombre de huit, habitent les bords de la Méditerranée, principalement l'Espagne et l'Egypte. Ce sont des Herbes annuelles, à feuilles pétiolées, larges, munies de stipules oblongues, linéaires; les supérieures longées. Les pédoncules sont uniflores, courts, solitaries, rarement axillaires, le plus souvent opposés aux feuilles ou aux bractées; dressés ou étalés horizontalement. C'est à ce groupe qu'appartiennent les Helianthemum niloricum, œgyptiacum et salicifolium; daus ces Plantes, la capsule est d'une consistance ligneuse et très-fragile.

La sixième section (Eriocarpum) se compose de sous-Arbrisseaux dont les jeunes branches sont pubescentes, cendrées, les feuilles opposées, ou alternes, accompagnées de stipules linéaires plus courtes que le pétiole. Les fleurs sont petites, rassemblées et sessiles, ou grandes et portées sur de courts pétioles. Le nom de la section a été tiré de la villosite de l'ovaire et de la capsule. Les sept espèces de cette section habitent l'Egypte, l'Afrique boréale et les Canaries. Les H. Lippii et H. Canariense en sont les plus remarquables.

La septième section (Fumana) est bien caractérisée par ses tiges presque ligneuses, ses feuilles linéaires, très-étroites, sessiles ou presque sessiles, ainsi que par les pédicelles uniflores, penchés avant l 'anthèse et réfléchis après la floraison. L'H. Fumana, qui croît abondamment en certaines localités de la forêt de Fontainebleau, est l'espèce principale de ce groupe, dans lequel se placent encore les H. lœvipes, arabicum, thymifolium, glutinosum, et quatre ou cinq autres espèces nouvelles, indigènes comme celles-ci du bassin de la Méditerranée.

Dans la huitième section(Pesudocistus) sont groupées des Plantes vivaces ou sous-ligneuses, à feuilles opposées, pétiolées, rarement stipulées au sommet des rameaux. Les fleurs, tournées du même-côté, sont en grappes ou en panicules accompagnées de bractées linéaires, lancéolées. Cette section se compose de dixsept espèces, qui, pour la plupart, croissent dans le bassin de la Méditerranée. Quelques-unes, telles que l'H. alpestre et l'H. marifolium, croissent sur les montagnes du midi de l'Europe qu'elles ornent de leurs fleurs jaunes et nombreuses.

Enfin, la neuvième section (Euhelianthemum) est la plus nombreusè en espèces. Elle renferme plus de trente espèces parmi lesquelles on remarque l'H.vulgare et l'H. apenninum qui croissent dans les environs de Paris. Les autres espèces sont toutes indigènes du midi de l'Europe, , et principalement de l'Espagne. Ce sont des Plantes à tiges couchées, sous-ligneuses, rameuses à la base, à feuilles opposées, les inférieures plus, petites, munies de stipules linéaires, lancéolées. Leurs fleurs sont accompagnées de bractées tournées du même côté, et disposées en grappes.

Outre les cent vingt-quatre espèces d'Hélianthemes bien déterminées,

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il y en i encore une douzaine décrites par les auteurs, mais dont les caractères sont trop incertains pour qu'on ait pu les classer dans les sections précédentes. Parmi ces sections, il en est deux qui nous semblent très- naturelles: ce sont celles des Halimium et des Fumana. Dans les Halimium, le calice est le plus souvent à trois sépales, les fleurs en ombelles, la capsule triloculaive et les cotylédons linéaires courbés en hameçon. Dans les Fumana, le calice est toujours accompagné de deux petites bractéoles, et les fleurs en grappes comme celles de l'H. vulgare. Du reste, la capsule est aussi triloculaire et les cotylédons sont linéaires et courbés. Les Helianthemum vulgare, apenninum, etc., ont au contraire les cotylédons orbiculaires, appliqués, et la radicule est couchée sur leur fente.. (G..N.)

HĖLIANTHÉMOIDES. BOT. PHAN. (Boerhaave.) Syn. de Turnère cistoïde. V. TURNÉRE. (B.)

*HÉLIANTHES, BOT. PHAN. Le professeur de Jussieu a proposé ce nom pour une tribu dé la famille des Synanthérées, dont il n'a point expose les caractères ni indiqué les genres qui doivent la composer. Elle paraît correspondre à la tribu des Hélianthées, admise par tous les auteurs qui se sont occupés récemment de la famille des Synanihérées. V. HÉLIANTIlÉES. (G..N)

HELIAS. OIS. V. CAURALE.

* HÉLIAS. INS. Genre de l'ordre des Lépidoptères, famille des Diurnes; tribu des Hespérides, établi par Fabricius aux dépens des Papillons plébéiens, Urbicoles de Linné, et que Latreille réunit au genre Hespérie. V. ce mot.. (G.)

* HELICANTHERA. BOT. PHAN. (Rœmer et Schultes.) Pour Helixanthera. V. ce mot. (G..N.)

HÉLICE. Helix. MOLL. Les Auimanx terrestres, habitant les même régions que l'Homme, ont été les premiers à être soumis à son observation, et parmi eux, ceux dont la marche est la plus lente, et surtout qui se montrent partout en grand nombre, ont dû être les premiers à le frapper. Les Hélices, et en général tous les Mollusques terrestres, sont de ce nombre; il n'est donc point étonnant que les auteurs les plus anciens en aient parlé de manière à reconnaître les espèces qu'ils ont mentionnées, et comme l'observe Férussac, dans le texte de la septième livraison de l'Histoire des Mollusques terrestres et fluviatiles, que les mots employés par la plupart des peuples, soient le résultat de quelques idées simples, qui font voir la haute antiquité de la connaissance, même assez détaillée, de quelques espèces d'Hélices, et que ce petit nombre d'idées ait été rendu dans les différens langages par des mots différens, mais équivalens. Ce n'est pas ici que nous devons examiner ces étymologies; bornés, dans ce Dictionnaire, à ne dire que ce que la science a de plus essentiel, nous ne rapporterons pas et nous ne chercherons pas à discuter ce que les anciens ont écrit des Hélices; il nous suffit de savoir que Pline, Varron, Dioscoride, Aristote, les ont mentionnées d'une manière toute particulière, ce qui tient surtout:, pour les auteurs latins, à ce que les anciens en faisaient usage comme nourriture, et chérchnient les espèces les plus délicates et les plus faciles à propager ou à élever près d'eux: aussi nous voyons, par différens passages de ces auteurs, qu'on les rapportait de Lybie,.des îles de la Méditerranée surtout, et beaucoup d'Afrique; la Sicile leur en fournissait aussi eu grand nombre. La manière dont les anciens ont désigné ces coquillages, a rendu plus facile la détermination des espèces qu'ils ont connues; l'usagé qu'ils en faisaient a pu servir aussi à faire présumer celles qu'ls recherchaient, et connaissant aujourd'hui cellesdes pays où ils aillaieut les recueillir, on a puavancer avec quelque certitude que le Limaçon terrestre d' Aristote, et les

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grands Limaçons d'Illyrie, dé Pline, pouvaient convenir à l'Hélix cincta, et peut-être à l'Helix lucorum de Müller, comme le Pomatia de Dioscoride et de Pline, et probablement le Cocalia d'Aristote, étaient l'Helix nalicoides, très-commune en Italie, et non notre Pomatia que quelques auteurs ont cru avoir été désignée par les anciens. Depuis Aristote jusqu'aux écrivains du renouvellement des sciences, nous ne trouvons presque rien de plus que ce que les anciens avaient écrit. Les premiers travaux anatomiques sur les Limaçons ou Hélices, sont ceux de Harder et deRedi, prédécesseurs de Lister qui ne fit que répéter leurs travaux, Swammerdam et quelques autres auteurs parlèrent aussi de l'anatomie des Hélices; nous ne donnons pas dans ce moment l'analyse de leurs travaux, devant un peu plus tard les mentionner d'une manière particulière. Tournefort, dans sa Méthode oonchyliologique, a confondu sous le nom de Cochlea, une partie des Hélices avec des Coquilles mariées qui leur ressemblent plus ou moins, et a pourtant établi sous la dénomination de Cochlea terrestris, un genre qui s'applique aux Hélices, et un autre encore, les Cératites, qui peuvent être des Planorbes ou les espèces d'Hélices planorbiques. Nous ne eiterons pas, l'ouvrage dé Dargenville, qui a confondu les Hélices, tantôt avec une famille, tantôt avec une autre, ce que fit aussi Favone dans la troisième édition du livre de Dargenville; cependant ces auteurs eurrent le mérite de donner plusieurs espèces nouvelles qui n'ont point été retrouvées depuis eux. Linné qui confondit dans ses Hélices un grand nombre de Coquilles qui sontétrangères à ce genre, y avait placé desespèces terrestres, fluviatiles, et même des marines; on doit donc regretter que l'auteur du Systema naturæ n'aît pas profité des genres de Müller, et d'Adanson, qui présentaient des coupes bien naturelles, on peut même dire essentielles, d'après la manière dont elles étaient caractérisées. Nous voyons en effet, dans Adanson, le genre Limaçon bien séparé, d'après de bons caractères, ainsi que dans l'ouvrage de Müller, où on trouve en outre les genres Carichium et Vertigo. Le seul changement que Bruguière ait fait dans les Hélices de Linné, est la création de son genre Bulime, qui est presque aussi défectueux que le genre linnéen, puisqu'il contient aussi, il est vrai un peu mieux séparées, des Coquilles terrestres, fluviatiles et marines. Lamarck commença à: réformer ces genres, et créa d'abord à leurs dépens les Cyclostomes, les Maillots, les Agathines, les Lymnées, les Mélanies; les Auricules, les Ampullaires, les Hélicines et les Testaoelles. Draparnaud, dans son Histoire des Mollusques terrestres et fluviatiles do France, a encore ajouté plusieurs nouveaux genres, qu'il démembra aussi des Hélices de Linné ou des Bulimes de Bruguière, à ceux que Lamarck azait proposés: ce sont les genres Ambrette, Clausilie, Vitriue et Physe. Montfort, dirigé seulement par les formes extérieures des Coquilles, a poussé, bien plus loin encore que Lamarck et Draparnaud, les divisions génériques, et cela ne doit pas étonner en faisant attention d'une part au système adopté par l'auteur et de l'autre à l'extrême variabilité des formes des coquilles des Hélices. Outre les genres que nous avons mentionnés dans les deux auteurs précédemment cités, nous trouvons de plus dans celui ci les suivans: Cyclophore, Vivipare, Radix, Scarabe, Ruban, Polyphême, Ibère, Zonite, Cerocolle, Acave, Capraire, Polyodonte; Cépole et Tomogère. Lamarck, dans l'Extrait du Cours, créa encore une nouvelle coupe sous le nom d'Héllcélle, mais il ne l'a point conservée. Cuvier, dans le Règne Animal, a formé de plus son petit genre Granaille; Léach a proposé, il y a peu de temps, un nouveau genre démembré des Bolimes, sous la dénomination de Bulimule. En résumant tous les

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genres créés aux dépens des Hélices de Linné, nous en trouvons trentedeux, parmi lesquels se distribuent plus ou moins bien les deux cents espèces d'Hélices de la treizième edition du Systema naturæ. Si toutes ces divisions reposaient sur de bons caractères, pus aussi bien des Animaux que des Coquilles, ce nombre dé genres, quelqu'exagéré qu'il paraisse, ne serait pourtant point trop considérable pour séparer nettement, ét bien grouper tant d'objets différens. Néanmoins un grand service que la plupart de ces coupés ont rendu à la science, a été d'abord de débarrasser les Hélices des genres marins et fluviatiles, avec lesquels il était impossible de les laisser, et dé plus, d'avoit indiqué des groupemens d'espèces analogues, qui, sans être conservées comme genres, peuvent Pêtre au moins comme sections génériques.

Férussac est le premier qui, après une étude soignée des Hélices, ait proposé un système d'ensemble pour ce genre dans son ouvrage général des Mollusques terrestres et fluviatiles. Après avoir éloigné des Hélices de Linné, les genres marins ou terrestres qui ont été formés par les auteurs précédens, à leurs dépens, il réunit tout le reste en une seule faimille. Les Limaçons, au lieu d'une vingtaine de genres précédemment établis comme nous l'avons vu n'en renferment plus que six, qui sont: l'Hélixarion, nouveau genre créé par Férussac; l'Hélicolimace, nouvelle dénomination des Vitriues de Draparnaud, ; l'Hélice, le Polyphême de Montfort, le Vertigo de Müller, et un nouveau genre qui est vivipare, et auquel Férussac a donné le nom de Partule. De ces genres, le plus nombreux, et conséquemment celui qui présente le plus de difficultés pour reconnaître les espèces, est le genre Hélice, circonscrit comme nous l'avons dit précédemment, c'est-à-dire contenant tous les Animaux de ce groupe, qui ont quatre tentapules, dont les deux supérieurs sont oculés au sommet. Tous les genres des auteurs, qui offrent ce caractère, ont dû rentrer dans le genre Hélice de Férussac. C'est ainsi que les Ambrettes, les Acaves, les Anostomes, les Carocolles, les Rubans, les Agathines, les Polyphêmes, les Maillets, les Clausilies, les Bulimes, les Bulimules, les Grènailles, les Capraires, les Cépoles, les Polyodontes, les Tomogères., les Ibères, les Zonites et les Hélicelles en font maintenant partie. Férussac, en réunissant tous ces genres; et ayant eu connaissance par de grandes relations d'un très-grand nombre d'espèces nouvelles, ce qui les porte à cinq cent soixante-deux, a bien pensé qu'il serait impossible d'arriver sûrement et promptement à la détermination des espèces, sans des coupes reposant sur des caractères plus ou moins bien fondés. Il anrait fallu, avant tout, un principe nouvean qui aurait pu servir de point de départ, et en même temps de base fondamentale à tout le système. Détruisant ceux qui avaient servi à ses deyanciers, Férussac se trouvait dans l'alternative de les remplacer par de nouveaux earactères déduits dé ses observations, ou de les employer en les mo lifiant et les couvrant du voile de la nouveauté. Les Coquilles seules qui servirent à Montfort pour établir ses genres sont aussi les moyens employés par Férussac pour créér les sous-genres, avec cette différence, il faut le dire, que cé dernier auteur, ayant à sa disposition un nombre d'espèces bien plus considérable, a pu faire des groupes plus naturels, des rapprochemens heureux dans lesquels plusieurs des anciens genres viennent se confondre insensiblement au moyen de formes ou d'autres caractères intermédiaires que l'on né connaissait pas avant lui. Pour étabhir les grandes divisions du genre, un caractère naturel s'est offert à Férussac; certaines Hêlices ont une coquille trop petite pour contenir l'Animal entièrement; il en a fait une première section, et lui a appliqué l'épithète de Redundantes. D'autres Hé-

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lices, et c'est le plus grand nombre, peuvent rentrer entièrement dans leur coquille, et même elle est plus grande qu'il ce le fau pour qu'ils la remplissent; ce sont celles-là qui forment la seconde section intitulés Inclusœ. Pour établir daus ces deux sections des coupes d'un ordre inférieur, Férussac a employé le mode d'enroulement de la spire; il a nommé Volutatœ les Coquilles dont les tours sont enroulés les uns sur les autres dans, un plan horizontal, qui ont une forme planorbique ou subdissoïde; et il a nommé Evolutatœ celles qui sont enroulées dans le plan vertical, et qui sont allongées ou turriculées. Chacune de ces sous-divisions est employée, et dans la section des Redundantes, et dans celle des Inclusœ. Se servant ensuite des deux mots Helicos et Cochlos, comme d'une racine, il en forme les mots Hélicoïde et Cochloïde qui lui. servent à désigner chacune des sous-sèctions II applique la première aux Volutatœ, et la seconde aux Evolutatœ. Ces deux racines lui servent encore à former, dans chacune de ces quatre sections, tous les sousgenres qui y sont contenus. Pour les uns, c'est la racine Cochlos qui les commence, pour les autres c'est Helicos avec une terminaison qui leur sert d'épithète caractéristique. Voici de quelle manière ce système est distribué:

I. REDUNDANTES.

Volutatæ. — HÉLICOÏDES, Hélicoides.

Semi-nudœ, coquille perforée ou ombiliquée.

HÉLICOPHANTE, Helicophanta, divisé en Vitrinoïdes et en Vessies.

†† Evolutatæ. — COCHLOÏDES, Cochloides.

Subnudœ, columelle en filet solide.

COCHLOHYDBE, Cochlohydra, contenant les Ambrettes et les Amphibulines dans une seule section.

II INCLUSÆ.

Volutatœ. HÉLICOÏDES, Helicoides.

Ombilic masqué ou couvert; quelquefois une columèlle solide; coquille globuleuse ou surbaissée; péristome non bordé.

HÉLICOGÈNE, Helicogena divisé en quatre groupes: les Columellées, les Perforées, les Acaves, les Surbaissées.

Bouche dentée, ombilic couvert ou visible.

HÉLICODONTE, Helicodonta, contenant cinq groupes: les Grimaces, les Lamellées, les Maxillées, les Anostomes, les Impressionnées.

Coquille carenée, quelquefois conique; ombilic couvert ou visible.

HÉLICIGONE, Helicigona, divisé en Carocolles et en Tourbillons..

Ombilic découvert; coquille surbaissée ou aplatie; péristome réfléchi, simple ou bordé; ombilic rarement masqué ou couvert, mais alors le péristome étant simple ou bordé.

HÉLICELLE, Helicella, contenant quatre groupes: les Lomastormes, les Aplostomes, les Hygromanes et les Héliomanes.

Une columelle solide; coquille surbaissée ou trochiforme, quelquefois des lames ou des dents.

HÉLICOSTYLE, Helicostyla, il renferme également quatre sous-divisions: les Aplostomes, les Lamellées, les Canaliculées et les Marginées.

†† Evolutatæ. — COCHLOIDES, Cochloides.

*Bouche généralement sans dents.

1. Une columelle solide.

α. Un filet non tronqué.

COCHLOSTYLE, Cochlosiyla, divisé en Lomastomes et en Aplostomes.

β. Plate, tronquée.

Ouverture élargie; coquille conique ou ventrue.

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COCHLITOME, Cochlitoma, il comprend les Rubans et les Agathinas.

Ouverture étroite; coquille ovoïde ou turriculée.

COCHLICOPE, Cochlicopa, divisé en deux groupes: les Polyphêmcs et les Styloïdes.

2. Coquille perforée ou ombiliquée.

α. Dernier tour de spire moins long que les autres réunis.

COCHTLICELLE , Cochlicella, contenant une seule sous-division: les Tourelles.

β. Dernier tour généralement renflé et plus long que les autres réunis; rarement des dents.

COCHLOGÈNE, Cochlogena, divisé en six groupés, 'savoir: les Ombiliquées, les Perfo ées, les Bulimes, les Héliclères, les Stomotoïdes et les Dontostomes.

** Bouche généralement garnie de lames.

1. Sans gouttières; péristome généralement non continu.

COCHLODONTE, Cochlodonta, il renferme les Maillots et les Grenailles.

2. Une ou deux gouttières; péristome généralement continu.

COCHLODINE, Cochlodina, il est divisé en Pupoïdes, eu Trachéloïdés, en Anomales et en Clausilies.

Tel est l'ensemble du système de Férussac pour les Hélices; divisées en quatorze sous genres, elles sont distribuées en quarante-un groupes. On a dû s'apercevoir que dans l'énonciation des ciractères des sous-genres il y avait quelquefois des choses mutiles ou contradictoires, et c'est surtout dans la sous-division des Inclusœ Volutatœ Helicoides, car il faut nécessairement ces trois mots pour la désigner, que nous avons remarqué cela plus particulièrement pour le quatrième sous-genre des Hélicodontes; les caractères sont: bouche dentée; ombilic couvert ou visible; toutes les Coquilles en général et les Hélices conséquemment qui ont le même mode d'accroissement, ne penvént être que dans ces deux circonstances, d'un ombilic ouvert ou d'un ombilic fermé ou non existant; si c'est une règle générale, elle ne peut s'appliquer particulièrement à une sous-division d'une manière aussi vague. Il reste donc pour véritable caractère à ce sons-genre d'avoir la bouche dentée. Montfort a établi aussi plusieurs genres d'après ce seul caractère essentiel; tels sont les Capraires, les Polyedontes, les Cépoles. Nous avons donc quelque raison de dire que Férussac a employé les mêmes maoyens de division que ses prédécesseurs. Eu voilà déjà un exemple. Dans le sous-genre suivant, nous trouvons pour caractères: coquille carenée, quelquefois conique;. ombilic couvert et visible. Cedernier caractère est aussi peu essentiel pour ce sous-genre que pour le pécédent, et d'après les mêmes motifs, la véritable distinction du groupe est donc dans ceci: coquille carenée, quelquefois conique. Ces caractères ont été également employés par Montfort pour son genre Carocolle. Voilà un second exemple de ce que nous avons dit précédemment Passons au sous-genre suivant qui est le sixième, et pour en examiner la phrase caractéristique, nous la rappellerons dans son entier: ombilic découvert; coquille surbaissée ou aplatie; péristome réfléchi, simple ou bordé; ombilic rarement masqué ou couvert, mais alors le péristome étant simple ou bordé. Nous trouvons en tête de la phrase: ombilic découvert, et dans le milieu, ombilic rarement masqué ou couvert, ce qui fait deux membres de phrases en contradiction, car s'il est essentiel au sous-genre de renfermer des Coquilles ombiliquées, il lui est donc essentiel aussi d'en contenir qui ne le sont pas; il aurait été plus simple de dire, ombilic découvert ou rarement couvert; mais on aurait senti plus facilement le vague et l'insuffisance de ce caractère, qui déjà se trouve aux deux sous-genres précédons; cette même phrase montre encore une par-

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tie entièrement inutile. Nous trouvons: péristome réfléchi, simple ou bordé; et plus bas: le péristome étant simple ou bordé; il nous semble que la première partie de la phrase contenant la seconde tout entière, celle-ci devenait inutile; en ôtant tout ce qui n'est pas nécessaire à cette phrase, on réduit les caractères à use plus simple expression que voici: ombilic couvert ou découvert; coquille surbaissée ou aplatie: péristome réfléchi, simple ou bordé. Nous retrouvons à peu près les mêmes caractères pour le genre Zonite de Montfort, ou Hélicelle de Lamarck. Nous ne voulons pas pousser plus loin l'examen de ce système, ce que nous venons de dire devant suffire, à ce qu'il nous semble, pour le faire apprécier à sa juste valeur, et surtout pour prouver ce que nous avons avancé précédemment, que Férussac avait employé les mêmes moyens que ses prédécesseurs pour arriver à des coupes, si ce n'est entièrement semblables, tout au moins fort analogues. Aussi nous oroyous qu'il y aura fort peu de savans, s'occupant de la science pour son avancement, qui adoptent entièrement et de bonne foi cette méthode, après l'avoir soumise à un examen rigoureux et impartial; il n'en restera pas moins à l'auteur le mérite d'avoir donné, dans son ouvrage, un grand nombre d'espèces nouvelles; d'avoir montré des rapports jusque-là inconnus, et surtout d'avoir confié à des artistes très-habiles, la confection des planches qui seront toujours citées comme les plus belles qui aient encore été publiées dans ce genre.

Les Hélices, que nous trouvons partout autour de nous, ont été, avec quelques autres Mollusques non moins faciles à observer, les premiers à être soumis aux recherches des anatomistes. Sévérinus, Murait et Harderus les premiers ont cherché à donner quelques notions sur l'organisation intérieure de ces Animaux, mais leurs travaux se ressentent, et de l'imperfection des moyens qu'ils purent mettre en usage, et du peu de connaissances que l'on avait alors eu anatomie comparée.

Rai ajouta quelques notions aux connaissances acquises sur ces Mollusques; il remarqua surtout le mode de régénération de ces Animaux, leur accouplement réciproque, en un mot, leur hermaphroditisme complet; ce mode extraordinaire d'accouplement avait été, à ce qu'il paraît, observé depuis long-temps par les Persans, car le mot Nermadech, employé pour les Hélices, veut dire Homme et Femme, ou, pour mieux dire, exprime que chaque individu porte les deux sexes (V. la 7e livraison des Mollusques terrestres et fluviatiles, par Férussac). Redi mit ce fait hors de doute par les figures qu'il donna des organes de la génération auxquels il en ajouta quelques autres; mais ces figures incomplètes, et d'ailleurs trop grossières pour donner une idée satisfaisante des parties, ne méritent pas de nous arrêter pour discuter ce qu'elles renferment. Swammerdam, dans sou Biblia naturœ, publia aussi une anatomie des Hélices; il y commit quelques erreurs, mais son travail est bien plus complet que ceux qui l'avaient précédé, et même que celui de Lister qui le suivit. On peut dire qu'avant les travaux de Cuvier et des anatomistes modernes, le travail de Swammerdam était le seul que l'on pût étudier avec fruit. Lister donna, daus sou Synopsis conchyliorum, deux planches avec leur explication sur l'anatomie des Hélices; on voit, comme l'observe Cuvier, qu'il prit les glandes salivaires pour un épiploon, la vessie pour un testicule, et la langue pour une trachée artère.

Cuvier, auquel presque toutes les parties de la zoologie sont redevables d'excellens travaux, donna aussi sur les Mollusques une suite de précieux Mémoires, parmi lesquels il s'en trouve un consacré à l'anatomie de la Limace et du Limaçon. Des

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procédés anatomiques plus parfaits que ceux employés par les anciens, dé vastes connaissances en anatomie comparée, mettaient Cuvier à même de faire un travail fondamental; on peut dire qu'il est aussi parfait qu'on peut le désirer, puisqu'il a fait connaître l'organisation des Hélices dans les plus petits détails; aussi ce sera d'après lui et d'après les travaux de Blainville que nous décrirons les parties principales de l'organisation de ces Animaux.

Des expériences nombreuses ont été faites sur les Hélices. Les plus curieuses, et qui ont èu les résultats les plus extraordinaires, sont celles des sections totales de plusieurs parties qui se sont reproduites ou régénérées àprès un certain espace de temps. C'est Spallanzani le premier qui a avancé qu'on pouvait couper la tête aux Hélices et qu'elles en reproduisaient une nouvelle; ce fait annoncé d'une manière positive par un expérimentateur aussi habile, n été contredit par Adanson qui répéta ces expériences sur plus de quinze cents individus; il prétendit que cela ne réussissait qu'autant qu'on n'enlevait que les lèvres ou la partie supérieure de la tête. L'opinion d'Adanson fut confirmée par Cotte, dans un article inséré dans le Journal de Physique, 1774, T..III Ses expériences eurent pour résultat que les Hélices ne reproduisaient pas leur tête tranchée tout entière, et elles servirent à démontrer que ces Animaux peuvent rester très-long-temps sans manger. Valmont de Bomare, après plus de cinquante expériences infructueuses, prétendit, comme Adanson, que la reproduction de la tête ne se faisait pas. Cependant Bonnet, un peu plus tard, publia aussi le résultat de ses expériences qui furent plus heureuses et qui ne laissèrent plus le moindre doute sur la véracité de celles de Spallanzani. Ce Mémoire de Bonnet fut publié dans le Journal de Physique, T. X; il l'accompagna de figures qui représentent et les parties amputées, et les parties reproduites. On voit par cela seul que, dirigeant son incision d'arrière en avant, il détachait les tentacules, la masse buccale et une petite portion du pied; il est fort curieux de suivre les progrès de cette reproduction qui se fait par une sorte de végétation, laquelle n'arrive à son terme qu'après un temps plus ou moins long, et surtout lorsque l'Animal a été placé dans des circonstances favorables conditions sur lesquelles Bonnet insiste beaucoup avec raison, car d'elles seules dépend la réussite des expériences.

Un petit traité de Cochliopérie, par George Tarenne, a été publié en 1808. On trouve, dans ce petit ouvrage, des expériences qui confirment complètement celles de Spallanzani et de Bonnet, et qui sont même plus concluantes, en ce que la partie retranchée est plus considérable et mieux connue dans son anatomie. Nous allons les examiner un peu plus en détail. Tarenne, après avoir insisté d'une manière particulière sur l'indication des circonstances favorables où il fallait placer les Hélices mutilées, circonstances qui doivent faciliter la nutrition de l'Animal, ce que Spallanzani et Bonnet ne disent pas quoiqu'ils aient obtenu des résultats analogues, indique de quelle manière il pratiquait l'excision de la tête; armé de ciseaux bien tranchans, il les plaçait perpendiculairement derrière les grands tentacules, et sous le pied, et les fermant subitement, il enlevait d'un même coup les quatre tentacules la masse buccale tout entière, et ce qui est plus étonnant, le ganglion cérébral. Cette opération faite sur deux cents individus, il les plaça dans un lieu ombragé et humide tu fond d'un jardin; toutes celles qu'il retrouva à la fin de la saison avaient reproduit une petite tête, assez semblable, dit-il, à un grain de Café; cette tête avait quatre tentacules fort petits, des lèvres et la mâchoire; l'année suivante il les vit avec la tête entiêrement reproduite, aussi grosse qu'elle l'était

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avant l'amputation, revêtu cependant d'une peau lisse, évidemment cicatrisée; dans quelques individus, on pouvait facilement voirle lieu dé l'excision qui se trouvait marqué par une ligne enfoncée. Ces expériences, qui confirment celles de Bonnet, et qui sont plus étonnantes encore par la masse considérable de parties enlevées, manquent d'une dernière preuve, l'anatomie des parties reproduites qu'il faudrait faire comparativement avec celle de la tête amputée. On doit néanmoins être convaincu que la tête des Hélices a l'étonnante propriété de se régénérer tout entière et dans toutes ses parties. Cependant Blainville conserve quelques doutes qu'il expose de la manière suivante: « Nous concevons difficilement comment il se peut que les filets nerveux, les muscles, les vaisseaux qui ont été coupés dans le milieu de leur longueur, se raccordent avec les portions qui poussent de la tête, devenue une sorte de bourgeon, on bien, en admettant que la régénération partirait des filets nerveux et musculaires eux-mêmes, comment les filets nerveux, par exemple, pousseraient et donneraient naissance au cerveau ? » Il est bien certain qu'on ne peut répondre à ees questions d'une manière satisfaisante; on ne le fera, comme nous le disions précédemment, qu'en montrant des anatomies bien faites et comparatives des parties.

Nous allons maintenant examiner l'organisation des Hélices et d'abord en décrire les formes extérieures: pour s'en faire une idée juste, dit Cuvier dans le Mémoire que nous avons cité, il faut se figurer une Limace dont le manteau a été fortement distendu et aminci, dont les viscères ont été chassés en partie hors du corps dans cette espèce de me, et que ce sac est revêtu d'une coquille turbinée: on aura presque changé la Limace en Hélice.

Dans les Hélices, nous avons trois choses à eonsidérer, la tête et le pied ou ce que l'on nomme le corps, le collier et la masse viscérale; le corps est démi-cylindrique en dessus, plus épais dans son milieu et antérieurement, plus large et plus aminci postérieurement, où il se termine par un prolongement charnu en forme de languè; c'est la partie postérieure du pied; en dessous, il est plat partout, essentiellement musculeux, et surtout à sa face inférieure où les fibres confondues avec la peau sont destinées à opérer la progression. Le plan musculeux a reçu le nom de pied; il s'étend depuis l'extrémité postérieure jusque sous la tête, dont il est séparé cependant par un sillon profond; il est lisse en dessous, rugueux en dessus, et surtout à la partie antérieure où on voit un grand nombre de tubercules saillans dont on remarque sur le dos une rangée moyenne; sur les parties latérales du pied, ainsi qu'à sa portion postérieure, ils sont moins saillans; la partie antérieure ou la tête est arrondie, séparée du pied par un sillon, mais confondue avec le col; elle porte quatre tentacules dont les deux supérieurs sont les plus grands; ils ont la propriété d être complétement rétractiles, en quoi ils diffèrent de ceux de beaucoup de Mollusques; ces tentacules sont terminés par un léger renflement arrondi, lequel offre dans son milieu un point noir quiest l'œil; les tentacules inférieurs plus courts et plus grêles ont la même forme, sans avoir le point oculaire. Quelques personnes pensent qu'ils sont destinés à l'organe de l'olfaction. Entre les deux tentacules inférieurs, on voit un enfoncement un peu froncé, sub-triangulaire; il indique l'orifice de la bouche; en dessous et de chaque côté, il y a un appendice aplati, ce sont les appendices buccaux. Quelquefois, à la partie externe de la base du tentacule droit, on voit, avec assez de facilité, une petite fente indiquée par un léger renflement; c'est là que se terminent les appareils de la génération.

La masse des viscères contenus dans une coquille spirale est spirale

TOME VIII. 6

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elle-meme; cette coquille la couvre et la protège, car la peru extrêmement mince qui la recouvre aurait été insuffisante pour la garautir des chocs extérieurs; un pédicule plus ou moins long, selon les espèces, mais ordinairement assez court, lui sert de support et de lien avec le corps proprement dit; ce pédicule naît vers la partie moyenne et antérieure du dos. Ce pédicule est de toute part entouré d'un anneau charnu dont une partie est intérieure; c'est au milieu de cet anneau qui porte, dans les Hélices, le nom de collier et celui de manteau dans tous les autres Mollusques, que passe le corps, lorsque l'Animal veut rentrer dans sa coquille. C'est aussi ce collier qui borde l'ouverture de la coquille et même qui en fait la sécrétion. C'est dans le collier latéralement et à droite que se trouve l'ouverture pulmonaire, et un peu en arrière de celle-ci, l'orifice extérieur de l'anus qui a la forme d'une fente verticale.

Si, comme Férussac le propose, on réunit dans un seul et même genre, toutes les Coquilles terrestres dont les Animaux sont, du moins à ce que l'on pense, absolument semblables ou peu dissemblables, on trouvera dans les coquilles presque toutes les formes des autres Mollusques, depuis la plus surbaissée ou planorbique jusqu'à la plus élancée ou turriculée; mais débarrassées des genres qu'on veut y joindre et telles que nous les considérons, les Hélices présentent des coquilles planorbiques, plus généralement globuleuses et quelquefois trochiformes, ayant l'ombilic ouvert ou fermé, des dents à la columelle ou sans dents; un péristome bordé ou simple, armé de dents ou de lames, ou lisse dans son contour. L'accroissement des coquilles des Hélices se fait de la même manière que dans tous les Mollusques; c'est au moyen du manteau que les lames s'ajoutent de dedans en dehors, les unes aux autres, jusqu'à ce que la coquille soit arrivée à son état complet; alors l'Animal ne fait plus que l'épaissir. Lorsque l'on a discuté la question du mode d'accroissement des coquilles, il y a eu deux opinions: la plus généralement admise fut celle de Réaumur, qui démontra, par une suite d'expériences failes sur les Hélices, que la coquille se formait par superposition de couches: l'autre, qui était celle de Klein, mais qui avait peu de sectateurs, était fondée sur des hypothèses ou sur des rapports fort éloignés entre la coquille et les os des Vertébrés. Dans cette opinion, on croyait que la coquille prenait ses accroissemens comme un os, par des vaisseaux qui s'y distribuaient; mais cette opinion est évidemment fausse, tandis que la première, celle de Réaumur, est restée la seule conforme aux faits et conséquemment à la vérité. Cette opinion de Réaumur est aujourd'hui hors de discussion, et nous ne l'aurions même pas mentionnée, si les Hélices n'avaient servi dans ce temps à argumenter pour et contre. Nous aurons occasion, à l'article MOLLUSQUES, de revenir sur cette question.

La peau des Hélices est rugueuse; les tubercules qui la couvrent sont séparés entre eux par des sillons plus, ou moins profonds, qui probablement sont destinés à répandre à la surface le mucus qui doit la lubréfier. Cette peau, constamment humide, est molle, extrêmement sensible dans toutes les parties qui peuvent sortir de la coquille, et essentiellement musculeuse comme celle de tous les Mollusques. La peau des tentacules paraît plus sensible encore que celle du reste du corps; elle est plus fine et reçoit des filets nerveux assez considérables. La paire supérieure, comme nous l'avons dit, porte le point oculaire à leur extrémité. Swammerdam, qui a fait l'anatomie de ces yeux, prétend y avoir trouvé toutes les parties nécessaires à la vision; cependant on sait que l'Animal ne se gare des corps envirounans, que quand il les a touchés avec ses tentacules. La démarche des Hélices, la manière dont elles portent leurs tentacules en

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avant pour explorer les corps environnans, fait penser que si elles ne sont point aveugles, elles ne reçoivent que faiblement les impressions de la lumière. Les tentacules inférieurs paraissent plus particulièrement destinés au tact. Blainville pen se que ce sont des organes olfactifs; et il s'appuie, pour rendre cette opinion probable, de ce que les Hélices, aussi bien que les Limaces, sont attirées par l'odeur de certaines Plantes qui leur plaisent. On n'a pas la preuve directe que ces parties servent à cette fonction. D'autres personnes ont pensé qu'une peau muqueuse et molle comme celle de ces Mollusques pouvait tout entière servir d'organe de l'odorat, ce qui n'est encore qu'une conjecture. Les Hélices sont insensibles au bruit, ce qui prouve qu'elles n'ont aucun or gane destiné à l'audition.

Le système musculaire peut être divisé en général et en spécial; le général est distribué à la peau et est si intimement confondu avec elle qu'on ne le reconnaît guère qu'à la faculté contractive de cette enveloppe; les fibres du plan locomoteur sont plus nombreuses et plus distinctes; aussi cette partie de la peau est-elle plus épaisse. Les fibres sont distribuées en faisceaux courts et longitudinaux. Les autres muscles, destinés à des mouvemens spéciaux, ont pris leur point principal d'attache sur l'endroit le plus solide de la coquille, la columelle. Un muscle principal qui retient fortement l'Animal à la coquil le est le muscle columellaire; il suit la columelle pendant plusieurs de ses circonvolutions. ll est composé de plusieurs faisceaux charnus; le plus considérable se dirige vers la partie médiane du pied, où il se confond par son extrémité antérieure avec les fibres du plan locomoteur Il est destiné, dans sa contraclion, à reployer le pied et à le faire rentrer dans la coquille à travers le manteau. Ce musclen'agit que quand les tentacules et la tête sont déjà reployés en dedans; une paire de muscles qui part du columellaire se dirige le long du col pour s'insérer de chaque côté de la masse buccale; une autre paire de muscles qui ont encore leur origine au columellaire se dirige vers les tentacules qu'ils tapissent à l'intérieur. Quand l'Animal veut rentrer dans sa coquille, ces muscles n'agissent les uns qu'après les autres; ceux des tentacules commencent et font rentrer ces parties en les retournant sur elles-mêmes; ceux de la masse buccale se contractent ensuite et produisent sur la tête le même effet que ceux des tentacules, et c'est lorsque la tête est contractée que le muscle du pied achève d'entratuer toute la masse du corps dans la coquille. Cependant ces mouvemens peuvent être, jusqu'à un certain point, indépendans les uns des autres. Ce sont surtout ceux des tentacules qui le sont davantage, car la masse buccale ne se contracte pas complètement sans que les tentacules ne le soient eux-mêmes entièrement, et ceci suit une règle inverse lorsque ces parties se déploient; elles ne peuvent le faire qu au moyen des fibres circulaires des tentacules ou des autres parties cutanées. Undernier muscle distinct est celui qui du collier se dirige vers la verge.

Les organes de la digestion commencent à la bouche; celle-ci, placée comme nous l'avons indiqué précédemment, est ovale et un peu transversale; son bord supérieur est assez régulièrement plissé; il est armé en dedans d'un petit appareil dentaire nommé aussi peigne dentaire, parce qu'il en a assez lu forme; il est corné et noirâtre, composé d'un nombre variable de dents, suivant les espèces; dans la cavité buccale et au fond, se trouve un petit bourrelet auquel on a donné le nom de langue, quoiqu'elle ne soit point armée de pièces cornées, comme dans un très-grand nombre de Mollusques. Elle reçoit l'action de la mâchoire qui est entraînéé en arrière par un muscle particulier dans l'action de la mastication. L'œsopha-

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ge est petit, très-mince, commence à la partie supérieure de la bouche, reçoit un peu après sa sortie de cette partie les vaisseaux salivaires qui sont fournis par deux glandes granuleuses qui s'appliquent le long de l'estomac; l'œsophage s'élargit bientôt et insensiblement en une capacité longitudinale assez grande, terminée postérieurement par un cul-de-sac bien prononcé. Cette cavité est considérée comme l'estomac; cė viscère, qui se prolonge jusque vers l'extrémité de la spire, donne naissance latéralement à l'intestin; à l'endroit de la jonction, on voit des fibres éirculaires plus abondantes qui pourraient être considérées comme un pylore. Cet intestin revieut en avant, après une circonvolution dans laquelle il est embrassé par le foie, gagne le plancher supérieur de la cavité de la respiration, et se termine dans le collier en arrière de l'orifice aérien. Le foie, divisé en trois ou quatre lobes dont un remplit avec l'ovaire l'extrémité de la spire, est un organe brun dont les produits de la sécrétion sont versés directement dans l'estomac par les vaisseaux biliaires qu'il fournit et qui s'y terminent entre le pylore et le cardia par un caual unique. — L'organe de la respiration se compose d'une grande cavité qui à elle seule occupe presqu'entièrement le dernier tour de la coquille; elle est destinée à recevoir l'air directement, d'où la dénomination de cavité pulmonaire qu'on lui a donnée à tort, car elle ne renferme pas de véritables poumons, d'où encore la dénomination de Mollusques pulmonés pour tous ceux qui, comme les Hélices, respirent l'air en nature. Vers cette cavité, se dirigent toutes les veines qui naissent des différentes parties des viscères et du corps. Elles remplissent les fonctions de vaisseaux absorbons, comme cela a lieu dans tous les Mollusques. Ces veines, réunies en quatre troncs principaux, sevoient le premier et le plus considérable côté du rectum dont elle suit la direction; elle reçoit deux autres veines qui viennent des parties latérales du corps, et enfin une troisième qui passe au- dessous du cœur. Toutes ces veines se subdivisent de nouveau sur la paroi de la cavité de la respiration et remplissent conséquemment les fonctions d'artères pulmonaires. De l'extrémité capillaire deces veines, naissent d'autres vaisseaux qui se réunissent en troncs assez gros et qui forment avec les premiers un réseau vasculaire fort considérable; ce sont les veines pulmonaires qui, réunies en un gros tronc, se dirigent vers l'oreillette qui transmet immédiatement le fluide élaboré au cœur. Le cœur est placé un peu obliquementà gauche de la cavité respiratrice, et contenu dans une enveloppe particulière qui est son péricarde. Il est composé de deux parties: une oreillette et un ventricule, qui sont placés bout à bout séparés par un étranglement qui marque la place de deux petites valvules. L'oreillette est sensiblement moins épaisse que le cœur; celui-ci est épais, charnu, subtriangulaire; de son sommet naît un gros vaisseau aortique qui se renfle un peu et se divise presque aussitôt en deux branches principales: la première, et la supérieure, est destinée à la masse des viscères, au foie, à l'ovaire, aux intestins, etc.; l'autre se dirige en avant; elle est destimée au corps proprement dit et aux parties qu'il renferme. Il est bien facile, d'après ce que nous avons exposé, de concevoir de quelle manière se fait la circulation qui, en général dans les Mollusques, est réduite à une grande simplicité. Les veines servent de vaisseaux absorbans; elles trouvent, dans les produits de l'assimilation, les matériaux nécessaires pour répaier les pertes des sécrétions et des excrétions. Le fluide absorbé n'a probablement d'autre sanguification que celle qui résulte de son passage dans l'organe de la respiration; il y arrive directement, et ce système veineux général se change, sans aucun intermédiaire, en systėme artériel pulmonaire qui se ramifie beaucoup, et don.

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ne origine aux veines pulmonaires qui sé rendent à l'oreillette qui fournit au coeur le sang vivifié pour repasser dans le système général.

Le système nerveux, fort développé dans les Hélices, se compose d'un ganglion cérébral ou cerveau, qui donne une assez grande quantité de filets ou de paires nerveuses; ce cerveau est placé sur l'œsophage un peu en arrière de la masse buccale; il paraît divisé, dans la ligne médiane, par une léger sillon: c'est sans doute cette apparence de division qui a fait considérer ce ganglion comme composé de deux parties réunies. Des parties latérales naissent un grand nombre de filets nerveux, d'abord une fort petite paire est celle qui se rend aux tentacules inférieurs; la seconde se dirige vers la masse buccale, unè autre plus grosse va aux muscles propres de la masse buccale; le plus gros filet, parmi ceux qui ont leur origine à ce ganglion, est celui qui est destiné aux tentacules supérieurs; après être entré dans l'étui ou sorte de gaîne, que forme le leétacule, il se tourne en spirale et se termine au point oculaire; après cette paire un nerf unique croît à droite, il est fort gros et destiné à l'appareil de la génération, auquel il donne un ganglion. Au-dessous de ce filet, et de chaque côté, vers l'angle inférieur du ganglion, on remarque trois petits filets: le premier se reploie sous l'œsophage, et forme avec son congénère un petit ganglion dont les filets suivent l'œsophage et l'estomac; les deux autres, extrêmement grêles, se rendent aux parties de la peau qui avoisine la bouche; enfin, l'angle postérieur et inférieur se termine par deux gros cordons, qui se dirigent en demi-cercle, au-dessous de l'œsophage, pour rejoindre un gros ganglion qui complète l'anneau nerveux qui se rencontre dans tous les Mollusques. Ce ganglion inférieur est spécialement destiné à fournir aux muscles, les nerfs nécessaires; c'est ainsi que de sa face inférieure, il donne trois filets qui se perdent immédiatement dans le pied; d'autres se rendent aux muscles rétracteurs des tentacules et de la bouche; mais un filet impaire qui gagne l'artère du pied, remonte en la suivant jusque vers le cœur, et de-là les gros vaisseaux avec lesquels il se distribue surtout à l'estomac et au teslicule; plusieurs autres nerfs sont destinés au collier et à la cavité de la respiration.

Nous terminerons cet extrait très-abrégé de l'anatomie des Hélices, par un examen des organes de la génération. Il's se composent très-distinctement de deux sortes d'organes, ceux du sexe mâle et ceux du sexe femelle. Le sexe femelle est composé d'un ovaire, d'un premier oviducte, d'une deuxième sorte d'oviducte nommé matrice par les auteuis, et d'une vessie. L'ovaire n'est pas fort grand; composé d'un grand nombre de granulations, il est engagé dans le dernier lobe du foie, et remplit avec lui l'extrémité de la spire; il est pourvu d'un oviducte qui est blanc, mince, replié sur lui-même en zig-zag et en différens sens dans toute sa longueur; il rencontre le testicule, il s'y attache et devient si mince qu'on a peine à le distinguer et à le suivre jusqu'à son entrée dans la matrice: on peut même dire qu'on n'a pas encore bien vu son orifice; la matrice ou la seconde partie de l'oviducte est beaucoup plus dilatée, elle forme des boursoutlures assez nombreuses, dépendant, à ce qu'il paraît, de la manière dont la canal déférent y adhère. Cette partie de l'oviducte est destinée à recevoir et à garder les œufs, le temps nécessaire pour les envelopper de la matière gélatineuse, ce qui a fait donner à cette partie le nom de matrice, quoique ce n'en soit véritblement pas une; l'orifice de cette poche se voit dans ce que Blainville nomme le cloaque des organes de la génération; à côté de l'ouverture de l'oviducte, on trouve aussi celle d'une sorte de vessie, que l'on présume être destinée à recevoir la verge dans l'accouplement, mais sur

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laquelle on n'a pas les données nécessaires peur en connaître les fonctions. Un organe pair, qui s'ouvre également dans le cloaque. est celui que Cuvier a désigné sous le nom de vésicules multifides. Ces vésicules formées d'un grand nombre de canaux courts, cylindriques, fermés à l'extrémité libre, et aboutissant tous à un canal commun, ne sout point encore bien connues dans leurs usages. Cuvier pense, d'après la dénomination qu'il leur a donnée, que ce sont des vésicules séminales; Blainville croit, au contraire, que ce sont des prostates, parce qu'elles contiennent un liquide très-blanc.

Un testicule, un épidydyme, un canal déférent, et une verge ou organe excitateur, sont les organes qui constituent l'appareil générateur mâle. Le testicule est fort grand, plus grand que l'ovaire; il est formé eu arrière d'une masse ovale, homogène, blanchâtre et assez molle, que l'on trouve collée à l'oviducte, surtout à comencer dans l'endroit de la jonction des deux parties de l'oviducte. De ce testicule naît un organe variable pour le volume, suivant les époques où on l'examine; il est rugueux ou plissé; Cuvier le considère comme une continuation du testicule; Blainville pense que ce peut être un épidydyme, et ce savant paraît avoir raison, puisque c'est là que nos collaborateurs Dumas et Bory de Saint-Vincent, qui se sont occupés de recherches microscopiques sur les Animaux, ont trouvé ces zoospermes animalcules spermatiques si grands dans les Limaçons, qu'on les pouvait presque distinguer avec une loupe de foyer médiocre. V. GÉNÉRATION. Cette partie dans tous les cas se continue et se termine par un canal unique et lisse, sans pli, qui aboutit dans l'endroit où les deux parties de la verge se rejoignent: c'est le canal déférent. La verge est fort grande, elle ressemble, dit Cuvier, à un long fouet; quoique non percée à son extrémité, elle est creuse dans presque toute son étendue; dans l'état de repos elle est flottante dans la cavité viscérale; elle se compose de deux parties, l'une filiforme que nous venons de mentionner et qui se termine par un très-petit gonflement, l'autre plus considérable dans son diamètre et beaucoup plus courte que l'autre. La verge reçoit dans son intérieur et à la jonction de ses deux parties, l'orifice du canal déférent, qui y forme un petit mamelon percé d'un trou. Entre ce mamelon et l'entrėe de la verge, dans la bourse commune, on voit, d'après Cuvier, deux sortes de valvules ou prépuces dirigés vers l'entrée du réceptacle commun. Pour que la verge puisse remplir ses fonctions, elle est obligée de se retourner de dedans en delrors comme le font les tentacules; elle est munie d'un muscle rétracteur propre, qui est destiné à la replacer dans la cavité viscérale pendaut son état de repos. Un dernier organe dépendant de ceux de la génération, et que les Hélices possèdent seules, c'est le dard et la bourse qui le contient. La bourse est une poche musculeuse, arrondie. placée au-dessus des vésicules multifides; dans son fond, il y a un petit mamelon charnu; sa cavité est fort étroite, partagée en quatre angles; ce mamelon et peut-être touteses les parois de cette cavité sécrètent une matière calcaire qui forme une pointe fort aiguë et quadrangulaire; l'orifice de cette poche est placé au-dessus de celui de l'organe femelle, elle aboutit dans le cloaque. Le dard qu'elle contient peut se remplacer, lorsque celui qui y est vient à tomber ou à être cassé; lorsque l'instant de la copulation approche, ces Animaux sexcitent mutuellement, en se lançant ce dard sur le col où il reste quelquefois enfoncé; cette tige calcaire ne se trouve dans les Hélices, que vers la fin du printemps, lorsque le temps de l'accouplement est arrivé; il disparaît au commencement de la ponte.

Les Hélices se trouvent répandues sur toute la surface de la terre, depuis les zônes glacées des pôles, jusqu'à l'équateur. Le plus grand nombre des

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espèces recherchent les lieux bas et humides, les autres s'exposent aux plus grandes ardeurs du soleil, sans paraître en souffrir; dans les climats tempérés, les Hélices en automne cherchent à s'abriter pour le temps de l'hiver, elles s'enfoncent en terre; quelques espèces ferment leur coquille, après y être rentrées, avec un opercule caduque, que l'on nomme épiphragme et qui est sécrété par couches par le collier; il est formé de molécules calcaires réunies par une grande quantité de matière muqueuse.

Tel que nous voulons le considérer ici, le genre Hélice restera comme l'a fait Lamarck dans son dernier ouvrage, en y ajoutant son genre Carocolle qui n'est point assez distinct. Il comprendra donc la plupart des genres que Montfort en avait fait sortir à tort, tels que les Lanistes, les Caprinus, les Ibères, les Cépoles, les Polyodontes, les Acaves et les Zonites. A l'exemple de Draparnaud et de Blainville, nous les grouperons d'après les formes, et dabord nous pourrons les diviser en deux coupes faciles à reconnaître: celles qui sont carenées et celles qui ne le sont pas. Ces deux groupes se sous- divisent en plusieurs autres, comme nous allons le voir. Nous donnerons pour chacun d'eux des exemples pris parmi les espèces les plus répandues et notamment celles d'Europe.

§ I. Coquille dont la circonférence est constamment careuée ou subcarenée à tout âge.

† Espèces déprimées; carène dans le milieu des tours; ouverture dentée; un ombilic.

HÉLICE LABYRINTHE, Helix Labyrinthus, Chemnitz, Conchil., tab. 208, fig. 1048; Lamk., Journ. d'Hist. nat., pl. 42, fig. 4; Carocolla Labyrinthus, Lamk., Anim. sans vert. T. VI, p. 96, n. 4. Coquille discoïde, orbiculaire, largement ombiliquée, lisse, de couleur brunâtre; son ouverture subquadrilatère est fort singulière par les sinus profonds que forme le péristome. Ces sinus, au nombre de trois, bouchent presque entièrement l'ouverture, ou du moins la cachent en grande partie; les bords sont blancs, marginés et réfléchis. Cette Coquille très rare vient des Grandes-Indes. Elle a un pouce et demi de diamètre.

†† Espèces déprimées, carenées dans le milieu; bouche dentée; point d'ombilic.

HÉLICE AIGUE, Helix acutissima, Carocolla acutissima, Lamk., Anim. sans vert. T. VI, p. 95, n. 1; Helix acuta, Encycl., pl. 462, fig. I, a, b; Helix Lamarckii, Férussac, Hist des Moll., pl. 57, fig. 5. Coquille non moins rare que la précédente, discoïde, convexe des deux côtés, mais amincie vers le bord qui se termine par une carène extrêmement aiguë; elle est fauve et n'a point d'ombilic; elle est couverte de stries très-fines, obliques, très-finement granuleuses; le péristome est réfléchi et inférieurement armé de deux dents. Cette Coquille habite la Jamaïque; d'après Férussac, elle a plus de deux pouces de diamètre.

††† Espèces á carène médiane, sans dents à l'ouverture; un ombilic.

HÉLICE LAMPE, Helix lapicida, L., Gmel., p. 3613, n. 2; Lister, Conch., tab. 69, fig. 68; Draparnaud, Moll. terrestr. de France, pl. 7, fig. 35, 36, 37; Carocolla lapicida, Lamk., Anim. sans vert. T. VI, p. 99, n. 16, Petite Coquille assez communément répandue en France; elle est large de sept lignes environ, aussi convexe d'un côté que de l'autre; à ombilic largement ouvert; la carène est assez aiguë; en dessus elle est tachetée de flammules rougeâtres sur un fond corné çendré; en dessous elle n'a qu'une ligne assez étroite de cette couleur sur le même fond; cette ligne est placée près du bord; l'ouverture est blanche, ses bords sont continus; la partie de la lèvre gauche, qui est ordinairement appliquée contre la Coquille, se relevant et se détachant comme dans les Cyclostomes.

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†††† Espèces à carène médiane, sans ombilic et sans dents à l'ouverture.

HÉLICE GAROCOLLE, Helix Carocolla, L., Gmel., p. 3619, n. 26; Lister, Conch., tab. 64, fig. 61; Chemnitz, Conch. T. IX, tab. 123, fig. 1090, 1091. Coquille fort commune ayant six tours de spire assez écartés, discoïde; la spire est un peu plus convexe en dessus qu'en dessous; elle est d'un brun foncé, légèrement et irrégulièrement striée par des accroissemens; l'ouverture est subtrigone, simple, blanche, à bords réfléchis. Férussac la dit des Antilles.

††††† Espèces à carène supérieure, c'est-à dire plates au-dessus, convexes au-dessous.

HÉLICE SCABRE, Helix Gualteriana, Linn., Gualtieri, Test., tab., 68, fig. E. Férussac, Moll., pl. 62. L'Animal et la coquille. Carocolla Gualteriana, Lamk., Anim. sans vert T. VI, pag. 97, n° 7; Iberus Gualterianus, Monlf Cette espèce qui se trouve en Espagne, est très-remarquable par les stries transverses et longitudinales qui se croisent sur toute sa surface, et qui la rendent toute raboteuse; sa spire est tout-à- fait aplatie en dessus, en dessous elle est convexe, non ombiliquée; sa carène est supérieure et saillante; la lèvre est mince et renveisée; en dedans elle est blanc de lait, en dehors d'un roux cendié; son diamètre est de vingt lignes.

Dans ce groupe doit se ranger l'Helix albella de Draparnaud.

†††††† Espèces trochiformes, à carène inférieure, c'est-à-dire plates en dessous, convexes en dessus; ouverture carrée; bords tranchans.

HÉLICE ÉLÉGANTE, Helix, elegans, Lin., Gmel., pag. 3642, n° 299; Chemnitz, Conch. T. IX, tab. 122, fig. 1045, a, b, c; Draparnaud, Hist. des Mollusques terr. de France, pl. 5, fig. 1, 2. Petite Coquille conique fort semblable à un Trochus ombliqué; ombilic petit; ouverture quadrangulaire, à bords tranchans; carène aiguë, finement striée; stries obliques et serrées; elle est blanche, avec une large bande brune sur la partie inférieure de chaque tour immédiatement au-dessus de la carène.

§ II. Coquilles dont la circonférence n'est point carenée, si ce n'est quelquefois dans le jeune âge.

† Espèces planorbiques, ombiliquées; péristome simple et sans dents.

HÈLICE PESON, Helix Algyra Lin., Gmel., pag. 3615, n° 11; Lister, Conchyl., tab. 79, fig. 80; Draparnaud, Hist. des Mollusq. terr. de France, pl. 7, fig.38, 39; Férussac, Hist. des Moll. terr. et fluv., pl. 81, fig. 1; Lamarck, Anim. sans vert. T. VI, pag. 76, n° 45. Coquille discoïde, fort communément répandue dans le midi de la France, convexe, déprmée, largement ombiliquée, chargée de stries fines et rugueuses supérieurement, lisses inférieurement; son épiderme est verdâtre, avec des nuances de jaunâtre; dépouillée de.cette enveloppe, elle est toute blanche: diamètre, dix-neuf lignes. †† Espèces discoïdes à péristome rèflèchi ou bordè, avec ou sans dents; un ombilic.

HÉLICE DE QUIMPER, Helix Quimperiana, Fér., pl. 76, fig. 2. Coquille nouvellement découverte en France, dans les environs de Quimper en Bretagne: c'est une des espèces qui ressemblent le plus à un Planorbe; elle est discoïde, aplatie et ombiliquée; son péristome est blanc, mince el réfléchi; elle est de couleur brune; son diamètre est d'un pouce environ.

Dans cette section doivent se classer les Helix pyreuaica, zanata, obvoluta, etc.

††† Espèces coniques, les tours de spire arrondis.

HÉLICE TROCHIFORME, Hélix Cokiana, Lin., Gmel.; pag. 3642,

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no 250. Des Iles de la mer du Sud.

†††† Espèces globuleuses non ombiliquées, le péristome épaissi.

HÉLICE VIGNERONNE, Helix Pomatia, L., Gmel., loc. cit., p. 3627. L'une des plus communes de l'Europe tempérée.

††††† Espèces ventrues, le dernier tour beaucoup plus grand que tous les autres réunis.

HÉLICE VĖSICALE, Helix vesicalis, Lamk., Anim. sans vert., 6, part, 2, p. 65. De Madagascar.

†††††† Espèces demi-globuleuses, non ombiliquées; une dépression de la columelle dans l'endroit de sa jonction avec le bord.

HÉLICE HÆMASTOME, Helix hæmatoma, L., Gmel., loc. cit., 3649. De Ceylan.

On a trouvé des Hélices fossiles; elles indiquent des terrains d'eau douce. Brongniart en a déterminé sept espèces, dont deux se trouvent aux environs de Paris, et seulement dans les formations supérieures; ou en voit aussi dans les brêches de Gibraltar et de Cérigo, et l'on y reconnaît particulièrement le Peson. (D.. H.)

* HÉLICELLE. Helicella. MOLL. Genre de la famille dos Colimacées, démembré à toit des Hélices par Lamarck (Extrait du Cours, etc.) sur le simple caractère d'une coquille planorbulaire, à péristome toujours tranchant. Férussac a employé la même dénomination pour un des sous-genres de ses Hélicoïdes auquel il a donné des caractères plus étendus.V HÉLICOÏDES et HÉLICE. (D..H.)

HELICHRYSE. Helichrysum. BOT. PHAN. C'est ainsi que Vaillant avait écrit le nom d'un genre placé depuis dans la famille des Synanthérées, Corymbiferes de Jussieu.et dans la Syngénésie superflue, L. Cette orthographe a été préférée à celle d'Elichrysum employée par Tournefort et par d'autres auteurs. Les caractères de ce genre avaient été si vaguement exprimés par les anciens botanistes, que Linné et Jussieu le réunirent au Gnaphalium, d'où il fut séparé de nouveau par Adanson, Gaertner, Willdenow, Persoon, Lamarck, De Candolle, etc.; mais comme ces divers auteurs ne se sont pas accordés sur les caractères essentiels de l'Helichrysum, et des autres genres formés aux dépens des Gnaphalium de Linné, ce dernier groupe a été examiné avec soin et subdivisé par R. Brown et Cassini, dans leurs Mémoires sur les Synanthérées. Voici les caractères principaux qui ont été assignés au genre qui nous occupe: involucre formé d'écailles imbriquées, les intermédiaires coriaces; membraneuses et surmontées d'un grand appexdice étalé, coloré, luisant, ovale et ordinairement concave; les extérieures presque réduites au seul appendice; les intérieures, au contraire, en étant dépourvues; réceptacle fovéolé à réseau denticulé; calathide dont le disque est formé de fleurs nombreuses, régulières et hermaphrodites, la couronne de fleurs sur un seul rang, femelles et à corolle ambiguë, selon Cassini, c'est-à-dire d'une forme intermédiaire entre la corolle régulière et la corolle tubuleuse; anthères pourvues de longs appendices bastlaires, membraneux et subulés; ovaires oblongs, munis de papilfes, et surmontés d'une aigrette longue composée de poils libres, sur un seul rang, égaux entre eux et légèrement plumeux. De bien faibles différences séparent le genre Helichrysum ainsi constitué, des vrais Gnaphalium et des Xeranthemum; elles consistent principalement dans la grandeur du disque et dans les formes des corolles de la circonférence. Le disque des Hélichryses est large et multiflore, les fleurs marginales ont beaucoup de rapports avec celles du centre, tandis que, dans les Gnaphalium, le disque est petit; ne contient que peu de fleurs dont les marginales ont des corolles tubuleuses très-grêles et filiformes. Le genre Argyrocome de Gaertner et le Lepiscline de Cassini, ne présentent pas non plus des ca-

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ractères bien tranchés, car la note essentielle et caractéristique du premier consiste dans son aigrette plumeuse, et celle du second dans le réceptacle muni de paillettes, et dans la calathide composée de fleurs uniformes; mais l'Helichrysum a aussi son aigrette plumeuse, et la différence de structure dans les fleurs marginales est très-légère; aussi Gaertner avait-il attribué des fleurs semblables dans toute la calathide. Cassini a relevé cette erreur de Gaertner, et a également démontré que la radiation des écailles de l'involucre, caractère spécieux au premier coup-d'œil, ne devait pas être considérée comme très-importante, ainsi quel'ont proposé Willdenow et Persoon; cette radiation ne résulte, en effet. que de l'hygroscopicité des écailles, laquelle varie selon l'état de l'atmosphère.

Si l'on adopte la séparation du genre Argyrocome de Gaertner et du Xeranthemum, qui cependant nous semblent étroitement liés par le port et par les caractères avec l'Helichrysum, celui-ci est formé d'un nombre peu considérable d'espèces, dont quelques-unes croissent dans l'Europe méridionale et dans l'Orient. Nous citerons comme type du genre.

L'HÉLICHRYSE ORIENTAL, Helichrysum orientale, Gaertn., Plante originaire d'Afrique, dont les tiges ligneuses se divisent en branches simples, tomenteusas, blanchâtres, et portent des feuilles alternes, sessiles et blanchâtres sur les deux faces. Les calathide sont disposées en corymbes terminaux. Les écailles de leur involucre, arrondies, scarieuses, persistantes et d'un beau jaune d'or, ont fait donner à cette Plante le nom d'immortelle jaune, sous lequel on la cultive dans les jardins d'Europe. Les bouquets que l'on fait avec ses fleurs ont un fort joli aspect et ne sont pas éphémères comme ceux des autres Plantes; souvent on ajoute aux belles couleurs dont la nature les a embellies les teintes artificielles de l'orangé, et d'autres nuances qui charment davantage le coup d'œil.

L'Helichrysum Stœchas, D. C., est un petit Arbuste à branches simples, menues et très-nombreuses; ses calathides sont d'un beau jaune. Il croît dans toute l'Europe méridionale. Parmi les autres Hélichryees, nous nous bornerons à mentionner l'Helichrysum frigidum, Labill. (Icon. Plant. Syriac., p. 9, t. 14), petite plante fort jolie, que l'on trouve dans les montagnes de la Corse et de la Syrie. Elle est herbacée, couchée, et porte des petites feuilles imbriquées, diposées sur quatre rangées, obtuses, cendrées et incanes. Les branches sont uniflores, et chaque fleur sessile est remarquable par la blancheur éclatante des écailles de l'involucre. (G..N.)

HELICHRYSOIDES. BOT. PHAN. Ce nom générique, en raison de sa désinence vicieuse, n'a point été adopté par Linné. Vaillant l'avait imposé à un genre qui appartient à la famille des Synanthérées Corymbifères; ses espèces ont été fondues dans les genres Stœbe et Seriphium. (G..N.)

HĖLICIE. Helicia, BOT. PHAN. Genre de la Tétrandrie Monogynie, L., établi par Loureiro (Flor. Cochinchin., I, p. 105) qui l'a ainsi caractérisé calice très-petit, à quatre découpures courtes, aiguës et droites; corolle formée de quatre pétales linéaires, roulés en spirale, légèrement soudés en un tube grêle avant la maturité de la fleur; quatre étamines dont les filets sont insérés sur le milieu des pétales, et dont les authères sont linéaires; ovaire supère, surmonté d'un style filiforme de la longueur des étamines et d'un stigmate oblong; drupe ovée, petite, marquée d'un sillon longitudinal. L'éditeur de la Flore de Cochinchine, Willdenow, a ajouté en note, à la suite de la description de l'espèce, que celle-ci pourrait bien appartenir au genre Samara; et comme plusieurs espèces de ce dernier ont été transportées dans le genre Myrsine par R.

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Brown (Prodr. Flor. Nov. Holl, p. 533), quelques auteurs ont indiqué la place de l'Helicia parmi les Myrsinées ou Ardisiacées. C'était aussi le sentiment de Jussieu (Ann. du Mus. T. XV, p. 351) qui a insisté particulièrement sur le fruit drupacé, monosperme, et surl'insertionépipétalée des étamines dans l'Helicia.

La seule espèce de ce genre incertain a été nommé H. cochinchinensis. C'est an Arbre de médiocre grandeur, indigène des forêts de la Cochinchine, dont les branches sont étalées, les feuilles ovales, acuminées, glabres et alternes, les fleurs jaunes, disposées en grappes simples et presque terminales. Persoon, se conformant à l'idée de Willdenow qui ne voyait dans l'Helicia qu'une espèce de Samara, n'a pas mentionné ce genre, et il a transporté son nom au genre Helixanthera de Loureiro. Un semblable échange de mots pour exprimer deux genres que l'on regardait comme très-distincts, loin de simplifier la nomenclature, y introduit, au contraire, une confusion difficile à débrouiller. (G..N.)

HÉLICIER. MOLL. L'Animal des Coquilles du genre Hélice. V. ce mot. (B.)

* HÉLICIGONE. Helicigona. MOLL. Ce sous-genre, de Férussac, répond au genre Carocolle de Montfort adopté par Lamarck, ainsi qu'au genre Ibère de ce premier auteur; les Coquilles qu'il renferme ont été groupées aussi par Ocken sous le nom de Vortex. V. CAROCOLLE et HÉLICE. (D..H.)

HÉLICINE. Helicina. MOLL. Genre à peine connu des anciens conchyliologues, figuré cependant par Lister qui le confondit avec les Hélices, méconnu par Linné et Bruguière, proposé par Lamarck dès 1801, dans le Système des Animaux sans vertèbres, et adopté depuis par la plupart des auteurs. Lorsque ce genre fut proposé on n'en connaissait point l'Animal, mais on savait qu'il était operculé. C'est ans doute d'après celle considération que Lamarck le rapprocha d'abord des Nérites et des Nalices, en faisant aussi attention à sa forme générale et surtout à celle de la columelle. Depuis, dans la Philosophie zoologique, Lamarck, ayant établi la famille des Colimacées, y rangea les Hélicines entre les Hélices, les Bulines, les Agathines, Amphibulines et Maillots, quoique tous ces genres soient dépourvus d'opercules. Il persista dans la même opinion (Extrait du Cours, etc.) où l'on voit ce genre placé dans les mêmes rapports, et c'est encore celle qu'il conserva dans son dernier ouvrage. Montfort ne trouva pas convenable le nom donné par Lamarck; il pensa que ce nom avait trop de rapports avec Hélice, et qu'on pourrait le confondre avec ce dernier; il proposa en conséquence de le nommer Pitonille mais personne quenous sachions u'a admis ce changement. Férussac, qui a possédé le premier en France l'Animal de l'Hélicine, le communiqua à Blainville en lui assurant qu'il est pourvu d'un collier, que l'ouverture de la respiration est à gauche et l'anus à droite, ce qui paraît être le contraire d'après Blainville et d'après Say. Les observations de ces deux zoologistes ont fait connaître suffisamment l'Animal de l'Hélicine; il sera facile désormais de le mettre en rapport avec les genres environnans, et comme le dit Blainville lui-même (article HÉLICINE du Dict. des Scienc. Natur. T. XX, p. 455), ce sera auprès des Cyclostomes qu'il sera rangé; c'est aussi l'opinion de Férussac, mais ayaut cru apercevoir un collier, il a fondé sur ce caractère une famille particulière pour les Hélicines qu'il a mise à côté des Turbicines, autre famille créée pour les Cyclostomes. Comme les deux savans observateurs dont nous avons parlé ne mentionnent aucunement ce collier dont parle Férussac, ce sera dans une même coupe que les deux genres se placeront. Dans ces derniers temps, Gray a publié dans

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le troisième cahier du Zoological Journal une Monographie complète des Hélicines; il y désigne une petite Coquille turriculée fort semblable pour l'aspect extérieur à un Cyclostome, ce qui marque évidemment la liaison des deux genres. Enfin, pour compléter ce que nous avons à dire sur ce genre, nous ferons observer que Blainville, après avoir dit (article HÉLICINE du Dict. des Sc. Natur.) qu'on devra placer ce genre à côté des Cyclostomes, l'en éloigne oependant assez notablement dans son système général développé à l'article MOLLUSQUE du même ouvrage, Nous voyons en effet les Cyclostomes faire partie de la famille des Turbos nommés Cricostomes, et les Hélicines être placées dans la famille des Ellipsostomes et séparées par les genres Métania, Rissoa, Phasianelle, Ampulliaire et Ampulline de son genre le plus analogue. Nous ajouterons que nous croyons que ce savant zoologiste a véuni à tort les Roulettes aux Hélicines; conduit par une analogie dans les formes, supposant qu'elle soit parfaite et entière, ce qui n'est pas, il y a toujours une considération importante qui doit nous guider, c'est que l'un des genres est marin et l'autre terrestre, ce qui suppose dans l'organisation des Animaux, au moins dans celle de l'appareil respiratoire, des différences assez considérables pour tenîr séparés ces deux genres; il en est de ceux-cicomme des Cyclostomes et des Paludines que l'on a été obligé de distinguer malgré une bien grande analogie dans les Coquilles. Caractères génériques: Animal globuleux, subspiral; le pied simple, avec un sillon marginal antérieur; tête proboscidiforme; le muffle bilobé au sommet et plus court que les tentacules qui sont au nombre de deux, filiformes, et portant les yeux à la partie externe de leur base sur un tubercule; les organes de la respiration comme dans les Cyclostomes terrestres; la cavité branchiale communiquant avec l'extérieur par une large fente. Coquille subglobuleuse ou conoïde, à spire basse ou turriculée (d'après Gray); ouverture demi-ovale, modifiée par le dernier tour de spire; le péristome réfléchi en bourrelet, le bord gauche élargi à sa base en une large callosité qui recouvre entièrement l'ombilic et se joignant obliquement avec la columelle qui est tranchante inférieurement, saillante et un peu tordue; un opercule corné. complet, à élémens concentriques. Parmi les espèces actuellement assez nombreuses, nous citerons:

L'HÉLICINE NÉRITELLE, Helicina Neritella, Lamk., Anim. sans vert, T. VI, 2e part., p. 103. n° 1; Lister, Conchyl., tab. 62, fig. 59. (D..H.)

HELICITE. MOLL. FOSS. Ce nom a quelquefois été donné aux Camérines. (B.)

HÉLICODONTE. Helicodonta. MOLL. Sous-genre proposé par Férussac, dans le genre Hélice, parmi les Bélicoïdes, pour toutes les Coquilles de cette famille qui ont l'ouverture dentée, l'ombilic couvert ouvisible. V. HÉLICE et ANOSTOME. (D..H.)

*HÉLICOGÈNÈ. Helicogena. MOLL. Sous-genre proposé par Férussac, dans le genre Hélice, pour un de ses plus nombreux groupes. Il le divise en quatre sous-sections; l'une d'elles représente le genre Acave de Montfort. V. ce mot et HÉLICE. (D..H.)

*HÉLICOIDES. Helicoides.. MOLL. Férussac, dans sa manière de diviser lé genre Hélice, a rangé sous la dénomination de Redundantes toutes celles dont la coquille est trop petite pour contenir tout l'Animal, et sous le nom d'Inclusœ, toutes les espèces d'Helices dont la coquille peut le contenir en entier. Chacune de ces grandes divisions est ensuite partagée en deux sections, les Hélicoïdes et les Cochloïdes; toutes les Coquilles globuleuses enroulées, et dont les tours sont plus ou moins enveloppans, sont contenues dans la première; toutes celles qui sont turriculées seul

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comprises dans la seconde. V. Co-CHLOIDES et HÉLICE. (D..H.)

HĖLICOLIMACE. Helicolimax. MOLL. Le genre que Draparnaud a créé sous le nom de Vitrine, en ne considérant que la transparence de la coquille, a été nommé Hélicolimace par Férussac. Cette dernière dénomination, quoique donnant une idée plus juste du genre dont elle fait sentir les rapports, ne pouvait être encore adoptée. V. VITRINE. (D..H.)

HELICOMYCE. BOT. CRYPT.(Champignons.) Les auteurs allemands, excellens observateurs de la nature, mais auxquels on peut reprocher trop de facilité à créer des genres, ne sont pas d'accord sur la place à assigner a cette production; Link l'a d'abord mise dans les Champignons, mais peu de temps après, il a cru devoir la rapporter aux Oscillatoires. Nées cependant persiste à la conserver dans les Fongosités; il la sépare du genre Hyphasma de Rebentisch, et la met à côté de l'Hormiscium. Quoi qu'il en soit de la validité de ces diverses opinions, l'Hélicomyce est fondé sur une petite Plante assez semblable à une moisissure rose; elle est formée de filamens courts, brillans, articulés, contournés en spirale ou en Hélice, d'où vient son nom; ils sont nus, presque droits et en touffes. A peine ce genre avait-il été fondé (in Berol. Mag. 1, 3, p. 21, f. 25), que Link le détruisit pour le réunir au genre Sporotrichum, en annoncant que sa Plante pourrait bien être l'Hyphasma roseum de Rebentisch, Fl. Meem. p. 397, pl. 4, fig. 20, qui se trouve et que nous avons observée dans les environs de Paris, sur les vieilles portes des moulins saupoudrés de farine. (A. F.)

HÉLICONIE. Heliconia. INS. Genre de l'ordre des Lépidoptères, famille des Diurnes, tribu des Papillonides, établi par Latreille aux dépens des Papillons, Héliconiens, V. ce met) de Linné. Les caractères de ce genre, tel qu'il est adopté dans l'Encyclopédie Méthodique au mot PAPILLON, sont: palpes très-éloignés l'un de l'autre, s'élevant manifestement au-delà du chaperon; le second article beaucoup plus long que le premier; antennes une fois plus longues que la tête et le tronc, grossissant insensiblement vers leur extrémité; corps allongé; pates antérieures très-courtes dans les deux sexes; crochets et tarses simples; ailes supérieures allongées. Le genre Héliconie que Latreille avait d'abord nommé Héliconien, et dont il a ensuite changé le nom parce que les espèces portent en général des noms féminins, comprend les genres Mechanitis et Doritis de Fabricius, V. ces mots; il se distingue des genres Donaïde, Idea, Acrée et Argynne, V. ces mots, par la longueur et par la massue des antennes, par la longueur des palpes et par la forme des ailes. Ces Insectes ont le corps allongé; leurs ailes supérieures forment un triangle allongé dont le bord interne est plus ou moins concave; les inférieures sont presque ovales, elles s'avancent au bord interne sous le ventre, mais ne l'embrassent presque pas en dessous; Leur cellule discoïdale est fermée postérieurement.

Les Chenilles des Hėliconies sont tantôt nues avec des appendices assez longs et charnus sur les côtés du corps, tantôt elles ont à la place de ces appendices des tubercules couverts de poils épineux, d'autres sont entièrement épineuses, enfin, plusieurs n'ont que deux longues épines derrière la tête. Leurs Chrysalides se suspendent seulement par leur extrémité postérieure dans une direction perpendiculaire la tête en bas; elles ne sont point retenues dans leur milieu par un fil; et ne sont jamais renfermées dans une coque.

Les espèces de ce genre sont toutes propres a l'Amérique méridionale; quelques-unes ont les ailes presque entièrement nues. Godart (art. PAPILLON de l'Encyclop. Méthodique) décrit soixante-neuf espèces d'Héliconies parmi lesquelles nous citerons:

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L'HÉLICONIE DU RICIN, Hel. Ricini, L., Godart; Papilio Ricini, Cram. Cette espèce ne reste quequinze jours en Chrysalide; sa Chenille, suivant Sybile de Mérian, est verdâtre, avec des poils blanchâtres très-longs. Elle vit sur le Ricin, vulgairement Palma-Christi. L'Insecte parfait se trouve à Surinam dans le courant de mai. (G.)

HĖLICONIE. Heliconia. BOT. PHAN. Ce genre de la famille des Musacées et de la Pentandrie Monogynie, L., avait d'abord été nommé Bihai par le père Plumier. Linné n'adopta point ce nom vulgaire, et lui substitua celui d'Heliconia, qui a été admis par les botanistes. Voici ses caractères: périanthe divisé en cinq segmens irréguliers, profonds, dont trois extérieurs oblongs, droits, canaliculés et intérieurs, inégaux entre eux (nectaires, L.); les deux segmens supérieurs des rangs externes sont soudés à la moitié du dos du plus grand des segmens intérieurs, lequel est concave, lancéolé, et renferme les organes sexuels, jusqu'au point où les anthères et les stigmates doivent paraître; le second segment intérieur est très-petit, en forme de spatule, un peu concave, altáché par le dos, au bas du segment inférieur du périanthe; cinq étamines fertiles dont les filets, de la longueur des divisions du périanthe, sont insérés à sa base interne; style filiforme, surmonté d'un stigmate crochu et légèrement papillaire; capsule oblongue tronquée, à trois valves, à trois loges monospermes. Jussieu (Genera Plant., p. 61) a considéré le petit segment intérieur comme une étamiue avortée, dont le filet est court, en forme de spathe et recourbé; c'était aussi l'opinion de Lamarck (Encycl. Méth.) qui regardait le nombre six comme naturel aux divers genres de la famille des Musacées. Quelques espèces d'Héliconies ont été transportées dans les genes Musa et Strelitia, qui les avoisinent de très-près, et réciproquement, on a placé parmiles Héliconies des Plantes du genre Strelitzia. Ainsi le Musa Bihai, L., est l'Heliconia Bihai, Willd.; le Musa humilis Aubl., se rapporte à l'Heliconia humilis, Jacq.; l'H. Bihai, L., au Strelitzia augusta, Thunb.; l'H. Bihai, Miller au Strelitzia ovata, Donn.; et l'H. Strelitzia, Gmel., au Strelitzia reginœ. V. BANANIER et STRELITZIE.

On compte environ une dixaine d'espèces de ce genre, toutes indigènes des contrées chaudes de l'Amérique méridionale, car la Plante des Indes-Orientales, citée et figurée par Rumph (Amb. 5, p. 142, tab. 62), sous le nom de Folium buccinatum asperum, et dont Lamarck (Encycl. Méth.) a fait son Heliconia indica, paraît ne pas appartenir au genre en question. Les plus remarquables de ces espèces sont les deux suivantes:

L'HÉLICONIE DES ANTILLES, Heliconia caribœa, Lamk. Cette belle Plante ressemble beaucoup, par son port, aux Bananiers. On doit la considérer comme la principale du genre, car c'est elle que le père Plumier a rencontrée dans les bois humides et les endroits fangeux des Antilles. De sa racine noueuse, épaisse, blanche intérieurement, noirâtre á l'extérieur, s'élève une haute de trois à quatre mètres, garnie dans sa partie inférieure de feuilles engaînantes, qui se recouvrent naturellement, et constituent par leur nombre une espèce de tronc lisse et de la grosseur de la cuisse; chacune de ces feuilles est arrondie à la base et au sommet, longue de plus d'un mètre, et marquée de deux nervures transversales, très-fines et parallèles, qui partent en divergeant d'une forte nervure moyenne formée par le prolongement d'un long pétiole canaliculé en dessus et convexe en dessous. Enfin du milieu de cet amas de feuilles, sort la partie supérieure de la tige, qui soutient un bel épi distique droit, coloré et long de près de six décimètres. L'épi est formé de spathes membraneuses, alternes, situées sur deux rangs opposés, et qui contiennent chacune

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plusieurs fleurs d'une couleur verdâtre, entassée les unes contre les autres, entre des écailles spathacées et pointues. Selon Aublet (Plant. Guyan. T. II, p. 931), c'est avec les feuiles de cette Plante que les créoles et les Galibis font des cabanes sur leurs pilogues, pour se garantir de la pluie et de l'ardeur du soleil.

L'HÉLICOINIE BIHAI, Heliconia Bihai, Willd., Musa Bihai, L., Spec qui se trouve dans les lieux chauds et montueux de toute l'Amérique équinoxiale, est une espèce qui diffère de la précédente, principalement par ses feuilles aiguës aux deux extrémités. Ses fleurs sont d'une couleur safranée à languette interne blanchâtre, d'où le nom d'Heliconia luteo-fusca, qui lui a été donné par Jacquin (Hort. Schœnbr., 1, p. 23).

L'HÉLICONIE DES PERROQUETS, Heliconia Psittacorum, L., est entièrement glabre; sa tige s'élève dans son pays natal à plus de deux mètres; elle est droite, lisse, simple et garnie de feuilles portées sur un pétiole allongé et engaînant; leur limbe est ovale-lancéolé, arrondi à sa base, pointu au sommet et muni d'une nervure longitudinale. L'épi, qui termine la tige est accompagné d'une bractée oblongue, lancéolée, embrassante, et colorée, de même que les fleurs, en orangé avec une tachenoire à l'extrémité. Cette Plante est originaire des Antilles, d'où elle a été introduite en Angleterre vers l'année 1797. Maintenant on la cultive dans les serres chaudes de plusieurs jardins de l'Europe continentale, et on la multiplie par les rejets de ses rameaux. Une belle figure de cette Plante a été donnée par Redouté (Liliacées, T. III, tab. 151). (G..N.)

HÉLICONIENS. Heliconii. INS. Linné donne ce nom à la seconde division de son genre Papillon. Les caractères qu'il lui assigne sont: ailes étroites, souvent nues ou sans écailles, très-entières, les premières oblongnes, les postérieures très-courles. Cette coupe renferme des genres très-différens dans la méthode de Latreille. V. HÉLICONIE, PARNASSIEN, PIÉRIDE et ACRÉE. (G.)

*HELICOPHANTE. Helicophanta. MOLL. Nouveau sous-genre proposé par Férussac, parmi les Hélicoides enroulées, pour celles des Hélices à forme planorbulaire ou sabplanorbulaire, et dont l'Animal est beaucoup trop grand pour être entièrement contenu dans sa coquille; il a donné les caractères suivans à cette coupe: Animal énorme pour sa coquille; en général la partie postérieure seule étant recouverte; volute rapidement développée dans le sens horizontal; spire peu saillante de trois à quatre tours; le dernier très-grand; ouverture très-ample, fort oblique par rapport à l'axe; bord intérieur du cone spiral portant plus ou moins sur la convexité de l'avant-dernier tour, ce qui rend la coquille perforée ou ombiliquée. Les Coquilles de ce sous-genre ontété confondues par les auteurs avec les autres Hélices; cependant en considérant que celles-ci peuvent servir de passage entre les Vitrines et les autres Hélices il n'y aurait aucun inconvénient d'admettre le sous- genre de Férussac, qui réunit des espèces fort remarquables par la grandeur du dernier tour de spire comparativement aux autres. Dans un premier groupe caractérisé par un péristome simple et qu'il nomme les Vitrinoïdes, il y a deux espèces que Draparnaud avait à tort décrites parmi les Hélices de France; elles ne s'y sont jamais rencontrées; c'est à Férussac père, qui les a trouvées en Sonabe, qu'on en doit la première connaissance; ce sont les Helix brevipes, Drap., et Helix rufa., Fér. Le second groupe, caractérisé par un péristome épaissi et subréfléchi et nommé les Vessies, comprend des espèces beaucoup plus grandes, et entre autres l'Helix cornu giganteum de Chemnitz, qui est la plus grande espèce connue; les autres espèces sont l'Hélix cafra, Fér., Moll. terrestres et fluv., pl. 9, a, fig. 8, et l'Helix

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magnifica, Fér., pl. 10, fig. 4, a, b. La première de ces deux espèces a été rapportée par Lalande, de son voyage en Afrique elle est nouvelle; la seconde vient des Grandes-Indes, elle a été figurée par Buonani. dans le Museum Kircherianum, pl. 12. (D..H.)

* HELICOSPORIUM. BOT. CRYPT. (Champignons.) Ce genre a été créé par Nées (Trait., tab. 5, f. 66) qui lui donne les caractères suivans: sétules droites, roides, presque simples; sporules en spirale, éparses et géniculées de distance en distance. Persoon, dans sa Mycologie européenne, a placé ce genre, auquel il a réuni l'Helicotrichum (V. ce mot.), dans les Trichomycées. ordre premier des Champignons dont les semences sont extérieures (exosporii). Cet auteur décrit deux espèces d'Helicosporium: l'un, l'H. vagatum, à fibres noires, éloignées, à spores d'un vert jaunâtre. II croît sur le bois de Chêne. L'autre, l'H. pulvinatum, irrégulier, olivâtre, à fibres couchées, rameuses, entrelacées, à sporules d'un jaune-vert. On le trouve sur les troncs de Chêne coupés. Cette dernière espèce est l'Helicotrichum pulvinatum de Nées, in Nov. Art: Nat. Cur., 9, p. 146, t. 3, f. l5. (A. F.)

*HELICOSTYLE. Helicostyla. MOLL. Sous-genre établi par Férussac, pour un petit groupe d'Hélices qui ont une columelle solide, une coquille surbaissée ou trochiforme, quelquelois dentée ou lamellée. Comme le dit Férussac lui-même, ce groupe a besoin d'éprouver plusieurs changemens. (D..H.)

* HELICOTRICHUM. BOT. CRYPT. (Champignons.) Ce genre, établi par Nées (in Nov. Act. Nat., 9, p. 146, t. 5, f. 5), a été réuni par Persoon, dans sa Mycologie européenne, p. 18, au genre Helicosporium, avec lequel il a en effet la pins grande analogie et dont il ne diffère que par la disposition des fibres, caractère qui n'a pas semblé suffisant à Persoon pour motiver la formation d'un genre. Une seule espèce, qui forme de petits coussinets de deux à quatre lignes de diamètre, irréguliers, ayant une demiligne de hauteur totale, dont nous avons donné la description en parlant de l'Helicosporium(V. ce mot.), constitue ce genre. Le Campsotrichum se rapproche de cette Byssoïde. Ce dernier genre a été fondé par Ehrenberg (in Annal. Botan. Berol., fasc 2, p. 55). Ses caractères génériques sont d'avoir des fibrilles courtes, libres, entremêlées, rameuses et divariquées, noires, et des sporidies pellucides, opposées, placées à l'extrémité des rameaux. Une seule espèce, observée sur l'Usnea plicata, croît en Europe: c'est le Campsotrichum bicolor. Une dernière espèce, qui est exotique, se trouve sur les feuilles d'un Arbre inconnu; elle a été communiquée à Ehrenberg (Horœ. Phys. Berol., p. 83, p. 17, fig. 2) par Chamisso: c'est le Campsotrichum unicolor. Ce genre est placé par Persoon entre le Circinnotrichum et l'Alternaria dans le premier ordre des Trichomycées, première classe des Champignons à semences ou sporules extérieures (exosporii). (A.F.)

*HELICTE. Helicta. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, Corymbifères de Jussieu, et de la Syngénésie superflue, L., établi par H. Cassini (Bull.de la Soc. Phil., novembre 1818) qui l'a ainsi caractérisé: involucre campanulé, dont les folioles sont sur deux rangs, les extérieures, au nombre de cinq, longues, spatulées, appliquées par leur partie inférieure, étalées supérieurement; les intérieures courtes, appliquées, ovales, oblongues ou lancéolées; calathide radiée, dont le disque est composé de fleurons nombreux, réguliers et hermaphrodites, et la circonférence de demi-fleurons sur un seul rang, en longuettes tridentées au sommet et femelles; réceptacle convexe, garni de paillettes embrassantes et membraneuses; ovaires

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comprimés des deux côtés, rétrécis à leur base, bordés sur leurs deux arêtes d'un bourrelet épais et arrondi; aigrette courte et irrégulière, cartilagineuse et dentée supérieurement. Outre les caractères précédents, ce genre en offre encore d'autres très-remarquables. Ainsi, les corolles de la circonférence ont le tube fendu; il est nul dans celles du disque, et les étamines ont leurs filets libres, circonstance qui dépend de la nullité du tube de la corolle. Au reste, le genre Helicta est placé par son auteur dans la tribu des Hélianthées; il est voisin du Wedelia, dont il diffèren non-seulement par les particularités que nous venons de signaler, mais encore par la forme de l'aigrette. L'espèce sur laquelle le genre est formé, a reçu le nom d'Helicta sarmentoss. C'est un Arbuste cultivé an Jardin des Plantes de Paris sous le nom de Verbesina mutica. (G..N.)

HÉLICTÈRE. Helicteres. BOT. PHAN. Genre placé dans la nouvelle famille des Bombacées de Kunth, et dans la Monadephie Dodécandrie, établi par Linné et ainsi caractérisé: calice tubuleux, quinquéfide; corolle à cinq pétales onguiculés, en languettes et légèrement dentés à leur partie supérieure; étamines an nombre de cinq, dix on quinze, monadelphes, formant un long tube urcéolé, multifide au sommet, c'est-à-dire ayant les anthères portées sur des filets très-courts dont plusieurs sont stériles; ovaire supporté par un long pédicelle; cinq styles soudés à leur base; cinq carpelles polyspermes s'ouvrant par leur face inférieure, quelquefois droits, mais le plus souvent tordus en spirale régulière; graines dépourvues d' albumen, à cotylédons roulés en spirale. Les Hélictères sont des Plantes ligneuses et arborescentes, indigènes des climats chauds des deux hémisphères. Treize espèces bien certaines sont décrites dans le Prodromus Regnt V eget. du professeur De Candolle. Elles y sont distribuées en deux sections:

1. SPIROCARPÆA. Carpelles tordus en spirale et constituant un finit oblong ou ové, marqué de cinq sillons spiraux. Les neuf espèces de cette section croissent toutes dans l'Amérique, excepté l' Helicteres Isora, L. et Rumph (Amboin. 7, tab. 17), que Lamarck a confondu avec l'H. Jamaicensis, Plante qui croît dans les Antilles. Kunth (Nov. Gener. et Spec. Plant, œquin. T. V. p. 304 et suiv.) en a fait connaître deux espèces sous les noms d' Helict. guazumœfolia et d'H. mexicana. Les autres espèces de cette section sont l' H. Baruensis, L.; H. pentandra, L.; H. verbascifolia et H. ferruginata. Ces deux dernières, décrites par Link (Enum. Hort. Berol., 2, p. 199 et 200), sont cultivées dans les serres chaudes des jardins d'Europe.

2.ORTHOCARPÆA. Carpelles rapprochés et droits, c'est-à-dire non roulés en spirale. Cette section renferme quatre espèces, savoir: Helicteres angustifolia, L., qui croît en Chine; H. hirsuta, des forêts de la Cochinchine; H. proniflora, Rich. (Act. Soc. Hist. nat. Paris., p. 111), indigène de Cayenne; et H. Carthaginensis, L., des forêts de Carthagène. Outre les espèces précédentes, De Candolle a donné les descriptions abrégées de quatre espèces trop peu connues pour être rapportées aux deux sections établies dans le genre. Ce sont: 1° l'H. lanceolata, nouvelle espèce des Indes-Orientales, cultivée dans le jardin botanique de Calcutta et rapportée par Leschenault; 2° H.semitriloba, nouvelle espèce de Saint Domingue recueillie par le docteur Bertero de Turin; 3° H.undulata, Loureiro, et 4° H. paniculata du même auteur. Ces deux dernières Plantes, qui croissent dans les forêts de la Cochinchine, pourraient bien n'ètre que des espèces de Sterculia. (G..N.)

*HÉLICTÈRES. MOLL. Quatrième groupe du sous-genre Cochlogène de Férussac. V. HÉLICE. (D..H.)

HĖLIDE ET HÉLIOPHYTON. BOT. PHAN. Synonymes de Smilax

TOME VIII. 7

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aspera selon Gesner et Ruellius. V. SMILACE. (B.)

* HELIERELLE. Helierelia. BOT. CRYPT. (Chaodinées.) Nous n'avons point eu occasion d'observer d'espèces de ce genre; c'est sur l'une des formes que Lyngbye attribue aux particules organiques de son Echinella radiosa, tab. 69, E, fig. 3, que nous l'établissons. Cet auteur décrit fort bien le mucus dans lequel on la trouve, et nous reconnaissons, dans sa description, l'un de ces amas de matière muqueuse amorphe dont se compose la base de toutes les Chaodinées proprement dites. Mais ces corpuscules cunéiformes, radiaires, divergeus par le côté aminci, qui nous paraissent assez remarquables pour n'être confondus avec quoique ce soit, peuvent-ils être la même chose que des globules agglomérés, que des corps articulés en forme de navettes, ou munis vers leur milieu d'un point transparent ? Nous appellerons, en attendant que ces doutes soient résolus, la Plante de Lyngbye qui rayonne Helierella Lyngbyi. On trouve le mucus qui la renferme dans les eaux douces. (B.)

*HELIME. Helimus. CRUST. Genre encore inédit, fondé par Latreille, et voisin de l'Hyade de Leach. (AUD.)

*HELIOCALLIS. BOT. PHAN. Ce nom fut, suivant Dodœns, un synonyme d'Hélianthème, V. ce mot. (B.)

HELIOCARPE. Heliocarpus. BOT. PHAN. Genre de la famille des Tiliacées, et de la Décandrie Digynie, établi par Linné, et dont les caractères ont été exposés par Kunth (Nova Genera et Species Plant. œquinoct. T. V, p. 341) de la manière suivante: calice à quatre divisions profondes, colorées, caduques, presque égales, et à préfleuraison valvaire; corolle à quatre pétales insérés entre le calice et le support de l'ovaire, plus couxts que le calice; étamines nombreuses, dressées, attachées an-dessus du support; ovaire quadriloculaire; un ovule dans chaque loge, fixé dans l'angle central et pendant du sommet de la loge; quatre glandes opposées aux pétales et adnées au support; un style plus court que les étamines, surmonté d'un stigmate à deux lobes recourbés; capsule stipitée, lenticulaire, comprimée, biloculaire, bivalve ciliée de poils nombreux et plumeux; chaque loge monosperme; graines ovées dont l'embryon est renfermé dans un albumen charnu; les cotylédons sont foliacés et la radicule est supérieure. Ce genre ne renferme que deux espèces indigènes de l'Amérique méridionale. Ce sont des Arbres ou Arbrisseaux couverts de poils étoilés, à feuilles alternes, trilobées, à stipules pétiolaires, géminées, et à fleurs disposées en cimes ou en panicules terminales. L'espèce décrite par Linné, Heliocarpus americaus, croît près de Vera-Cruz. On la cultive au Jardin des Plantes de Paris en la tenant en serre chaude pendant l'hiver. Kunth (loc. cit.) a fait connaître l'autre espèce sous le nom d'H. Popayancnsis. Elle croît dans les montagnes, près de Popayan, et elle diffère légèrement de la précédente. (G..N.)

HÉLIOLITHE. POLYP.FOSS. C'est-à-dire Pierre du soleil. Quelques oryctographes, selon Patrin, ont donné ce nom à des Madrépores fossiles, principalement à des Astraires. (LAM..X.)

* HÉLIOLITHE. MIN. V. CHATOYANTES.

* HĖLIOMANES. MOLL. Quatrième groupe établi dans le sous-genre Hėlicelle de Fėrussac, pour les espèces à spire surbaissée ou globuleuse; tels sont les Helix conspureata, striata, erycetorum, de Draparnaud. V. HÉLICE (D..H.)

HELIOPHILE. Heliophilus. INS Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Hétéromères, fondé par Dejean (Catal. des Coléopt., p. 65) aux dépens des Pédines de Latreille. Nous ignorons les caractères de ce nouveau genre. L'auteur y rapporte le Pedinus hybridus de Latreille et

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l' Opatrum gibbus de Fabricius. Il mentionne quatre autres espèces qu'il désigne sous les noms de punctatus, Stev.; Hispanicus, Dej.; Lusilanicus, Herbsl; et agrestis, Dej.

Klug avait établi sous le même nom un genre d'Insectes de l'ordre des Hyménoptères, qui depuis a été adopté sous celui de Saropode. V. ce mot. (AUD.)

HÉLIOPHILE. Heliophila BOT. PHAN. Ce genre, de la famille des Crucifères et de la Tétradynamie siliqueuse, L., a été fondé par Nicolas Burmann (in Linn Gen., n. 816). Dans sa Monographie des Crucifères (Syst. Regn. Veg. T. II, p. 677), le professeur De Candolle l'a ainsi caractérisé: calice un peu dressé, presque égal à sa base; pėtales dont l'onglet est cunéiforme, et le limbe étalé, large et obovale; étamines quelquefois munies d'une dent; silique à cloison membraneuse, biloculaire, bivalve, presque toujours déhiscente, sessile, comprimée, rarement indéhiscente, cylindrique et pédicellée, ayant les bords tantôt droits, et alors la silique est linéaire, tantôt sinués régulièrement entre les graines, et dans ce dernier cas la silique est dite moniliforme; graines sur un seul rang, pendantes, comprimées, souvent bordées d'une aile membraneuse; cotylédons très longs, linéaires, deux fois repliés transversalement par le milieu. Les Héliophiles sont des Plantes herbacées ou sous-frntescentes, à racines grêles, à tiges rameuses, garnies de feuilles très-variées, portant des fleurs jaunes, blanches, roses, souvent d'un beau bleu, et disposées en grappes allongées. Toutes les espèces sont indigènes du cap de Bonne-Espérance, et leur nombre, qui était très-borné au temps de Linné, s'éleve aujourd hui à plus de quarante, pour la plupart récemment découvertes par Burchell. Le professeur De Candolle (loc. cit.) distribue ces espèces en en huit sections de la maniėre suivante:

I. Carponema. Herbes annuelles à siliques sessiles, cylindriques, à peine rétrécies entre les graines, acuminées aux deux bouts, indéhiscentes ou à peine déhiscentes. Une seule espèce: Heliophila filiformis, L.

II. Leptormus. Herbes annuelles, à siliques sessiles, peu comprimées, très-grêles, presque moniliformes, et à peine rétrécies entre les graines. Cinq espèces: H. dissecta, Thunb.; H. tenella, D. C. H tenuisiliqua, D. C., Delessert (Icon. Select., II, p. 96), ou Arabis capensis, Burm. Herb., non Prodr.; H. longfolia, D. C.; H. sonchifolia, D. C.

III. Ormiscus. Herbes annuelles à siliques sessiles, très - comprimées, très-rétrécies entre les graines; chaque entrenœud monosperme, orbiculé; étamines sans dents. Huit espèces: H. amplexicaulis, L. fils; H. rivalis, Burch. (Cat. Pl. Afr.); H. variabilis, Burch.; H. pendula, Willd.; H. trifida, Thunb.; H. pusilla, L. fils, ou Arabis capensis, Burm. (Fl. Cap.); H. lepidiodes, Link, espèce dont Roth a formé le type de son genre Trentepohlia; et H. sessilifolia, Burch.

IV. Selenocarpœa. Herbes annuelles, glabres, dont les fruits ont la forme des Lunaria. Deux espèces: H.diffusa, D. C., ou Lunaria diffusa, Thunb.; H. peltaria, D. C., ou Pellaria capensis, L. fils. Cette espèce forme le type d'un genre nouveau constitué par Desvaux (Journ. de Botanique, III, p. 162) sous le nom d'Aurinia.

V. Orthoselis. Siliques sessiles, comprimées, linéaires, à bords droits ou à peine sinués, acuminées par lestyle; étamines latérales, le plus souvent sans dentelure. Quinze espèces partagées en deux groupes. Dans le premier, dont les tiges sont herbacées, annuelles, se placent les Plantes suivantes: H. pilosa, Lamk.; H. digitata, L. fils, ou H. corouopifolia, Thumb.; H.trifurca, Burch.; H.pectinata, Burch., ou Lunaria elongata, Thunb.; H. fœniculacea, Brown;

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H. chamœmelifolia, Burch.; crithmifolia, Willd., Deless. (Icon.select., II, p. 97), on Sisymbrinm chrithmifolium, Roth; H. incisa, D. C.; H. divaricata, D.C., et H. coronopifolia, L; Le second groupe, dont les tiges sont frutescentes, se compose des espèces dont voici l'énumération: H. abrotanifolia, D. C.; H. glauca, Burch.; H. fascicularis, D. C.; H. suavissima, Bauh.; H. subulata, Burch.; H. platysiliqu, Brown, ou Cheiranthus comosus, Thunb.; H. lineatifolia, Burch.; H. stylosa, Burch.; H. virmta, Burch., et H. scoparia, Burch., ou Cheiranthus strictus, Poiret. Cette espèce est figurée (Delessert, Icon. Select., II, f. 98).

VI. Pachystylum. Une seule espèce (H. incana, Ait. H.Kew) constitue cette section. C'est une Plante sous-frutescente, à feuilles entières, à silique sessile, linéaire, velue, surmontée d'un style épais, conique et glabre.

VII. Lanceolaria. Silique comprimée, sessile, lancéolée, surmontée par le style court et persistant; graines très-grosses, à cotylédons linéaires, dont une extrémité en spirale enveloppe l'autre. Cette section se compose uniquement de l'H.macrosperma qui est une Plante sous-fruteseente, glabre.

VIII. Carpopodium. Silique comprimée, allongée, linéaire, supportée par un long thécaphore, et acuminée par un style très-court. On ne compte encore dans cette section qu'une seule espèce, nommée H. cleomoides, D. C. et Delessert (Icon. Select., II, tab. 99). Cette Plante avait été placée dans une autre famille par Linné; c'était son Cleome capensis. Sept autres espèces très-peu connues sont encore mentionnées dans l'ouvrage du professeur De Candolle. (G..N.)

* HÉLIOPHILĖES. Heliophileœ. BOT. PHAN. Tribu de la famille des Crucifères, formée par De Candolle (Syst. Regn. Veget. T II, p. 876) qui l'a ainsi caractérisée: siliqueallongée, le plus souvent oblongue on ovale, dont la cloison est linéaire, à valves planes on légèrement convexes dans tes siliques allongées. Cette tribu fait partie du cinquième sous-ordre de la famille, c'est-à-dire des Diplécolobées. Elle comprend les genres Chamira, Thunb., et Heliophila de Burmann. V. ces mots, (G..N.)

* HELIOPHTALME. Heliophtalmum. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, Corymbiferes de Jussieu, et de la Syngénésie frustranée, L., établi par Rafinesque (Flor. Ludovic., 1817), et dont les caractères ont été exposés de la manière suivante par Cassini qui tes a extraits de la description très-négligée de l'auteur: involucre formé de plusieurs séries de folioles inégales, les extérieures longues, étalées; les intérieures scarieuses et colorées; calathide dont le disque est composé de fleurons nombreux, réguliers, hermaphrodites, et la circonférence d'un rang de demi-fleurons, en languettes ovales et neutres; réceptacle plane et garni de paillettes scarieuses, colorées, disposées sur un seul rang circulaire entre les fleurs de la couronne et celles du disque; ovaires surmontés d'une aigrette dentée. Ce genre appartient à la tribu des Hélianthées; il diffère du Rudbeckia, par la forme de l'involucre, par celle du réceptacle et par la disposition des paillettes du réceptacle.L'Heliophtalmum cicutœfolium, Rafin., est une belle Plante indigène de la Louisiane, remarquable par ses jolies feuilles bipinnées, et ses grandes fleurs jaunes, terminales et solitaires. (G..N.)

* HÉLIOPHYTON. BOT. PHAN. V. HÉLIDE.

HELIOPSIDE. Heliopsis. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, Corymbifères de Jussieu, et de la Syngénésie superflue, L., établi dans l'Enchiridium de Persoon, vol. II, p 473, et adopté par H. Cassini qui lui a donné les principaux caractères suivans: involucre dont

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les folioles sont disposées presque oblongues, appliquées par la partie inférieure, étalées et appendiciformes au sommet; calathide radiée; le disque composé de fleurons réguliers et hermaphrodites; la circonférence d'un rang de demi-fleurons femelles; réceptacle conique-élevé, garni dep aillettes demi-embrassantes, membraneuses, linéaires, arrondies et colorées à leur sommet; ovaires oblongs, tétragones, lisses et absolument dépourvus d'aigrettes. Ce genre appartient à la tribu des Hélianthées, section des Hélianthées-Rudbeckiées de Cassini où cet auteur le place près des genres Diomedea, Helicta, wedella, desquels il differe par l'absence totale de l'aigrette.

L'HÉLIOPSIDE LISSE, Heliopsis lœvis Persoon, est une Plante herbacée, à feuilles opposées, ovales, dentées en scie et à trois nervures, ; ses calathides, composées de fleurs jaunes, sont grandes, terminales et solitaires. Elle croît dans l'Amérique septentrionale. Linné avait transporté cette Plante dans quatre genres différens. Elle a, en eftet, pour synonymes, l'Helianthus lœvis, L.; le Buphtalmum helianthoides, L. et l'Hérit. (Stirpes Nov., p. 93, tab. 45);le Rudbeckia oppositifolia, L.; et le Sylphium solidaginoides, L. (G..N.)

* HÉLIORNE. Heliornis. OIS. Nom donné par Vieillot ànotre genre Grèbe-Foulque. V. ce mot. (DR..Z.)

HELIOSACTE. BOT. PHAN. Syn. ancien d'Hièble. V. SUREAU. (B.)

* HELIOSCOPE. REPT. SAUR. Espèce du sous-genre Tapaye, qui, selon Pallas, marche ordinairement la tête redressée, et paraît se plaire à fixer le soleil, V.. AGAME. (B.)

HELIOSCOPIAS. BOT. PHAN. Nom scientifique de l'espèce d'Euphorbe vulgairement nommée Réveille-matin. Cette Plante est probablement celle que Pline désignait déjé sous le nom d'Helioscopium d'après l'Helioskopios des Grecs.(B.)

HĖLIOTROPE. Heliotropium. BOT. PHAN. Genre de la famille des Borraginées et de la Penlandrie Monogynie, L., ainsi caractérisé: caliceà cinq divisions profondes; corolle hypocratériforme dont l'entrée est dépourvue de denis; le limbe à cinq petites découpures séparées par des sinus repliés, simples ou portant une petite dent; étamines non saillantes; stigmate pelté, presque conique; fruit composé de quatre nucules cohérentes et non portées par un réceptacle commun (gynophore). Ces caractères, que nous avons empruntés à R. Brown (Prodr. Flor. Nov. Holland., p. 492), expriment exactement la véritable structure de la corolle, que Linné décrivait comme ayant un limbe avec des découpures de diverses grandeurs. R. Brown a proposé d'exclure de ce genre l'Heliotropium indicum, L., à cause de sa noix mitriforme profondément bilobée, à segmens biloculaires dont les deux loges ventrales sont vides. Lehmann (Famil. Asperifol. Nucif., p. 13) en a faite le type du genre Tiaridium. V. ce mot. L'Heliotropium malabaricum de Retz et l'H. supinum de Willdenow ont encore été séparés de ce genre par R. Brown à cause de leur calice tubuleux et à cinq dents; mais cette faible différence ne paraît pas suffisante pour motiver une distinction générique. L'Heliotropium villosum, Willd., differe de ses congénères par la gorge de la corolle qui est resserrée et munie intérieurement de cinq dents subulées. Plusieurs espèces de ce genre avaient été placées dans le genre Lithospermum par Forskahl. Delile, dans sa Flore d'Egypte, les a replacées parmi les Héliotropes, soit en les réunissant à des espèces décrites antérieurement par Linné et d'autres auteurs, soit en leur donnant des noms spécifiques nouveaux. Lehmann a formé son Heliotropium linifolium avec le Myosotis fruticosa, L. Enfin, pour terminer l'enumération des changemens qui ont été opérés dans ce genre ou des additions qui lui ont été faites, nous citerons ici, d'après R. Brown (loc. cit., p. 497),

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le Tournefortia humilis, L., comme appartenant aux Héliotropes. Le Tournefortia monostachya, Willd. (in Rœm. et Schult. Syst.), est la même Plante, selon Kunth, que l'Heliotre strictum de celui-ci. D'un autre côté, les Heliotr. lithospermoides et H.scorpioides, Willd., doivent se rapporter, a première à l'Anchusa tuberosa, Kunth, et la seconde au Myosotis grandifloara de cet auteur. — Les espèces d'Hėlioiropes sont très-nombreuses. Plus de quatre-vingts ont été décrites par divers botanistes qui ue se sont pas beaucoup accordés sur la nomenclature. Ainsi Lehmann, auquel on doit un travail sur les Borraginées nucifères, a imposé des noms spécifiques aux espèces rapportées de l'Amérique par Humboldt et Bonpland, et qui ont été décrites par Kunth sous d'autres dénominations. Celui-ci a donné la synonymie de ces Plantes dans un Index qui termine le troisième volume des Nova Genera et Species Plantarum œquinoctialium. Comme nous ne publions pas ici les descriptions de toutes les ospèces, à plus forte raison n'entreprendronsnous pas de faire connaître les doubleemplois qui ont été commis par les autres auteurs; la liste seule en serait également, longue et fastidieuse. Les Héliotropes sont répandues sur toute la surface du globe, mais elles se trouvent pour la plupart dans les Contrées chaudes. L'Europe en nourrit seulement quelques espèces. Dans l'Egypte et surtout dans l'Amérique méridionale, existe le plus grand nombre. Celles de la Nouvelle-Hollande ont été partagées par R. Brown en deux groupes; l'un (Heliotropia vera) composé des espèces à épis roulés en crosse dont les fleurs sout tournées du même côté; l'autre (Orthostachys) où les épis sont droits, sans inclinaison particulière des fleurs. Les Héliotropes sont des Plantes herbacées ou des Arbustes à feuilles simples et alternes. Les deux espèces suivantes méritent de fixer plus particulièrement l'attention.

L'HÉLIOTROPE DU PÉROU, Heliotropium Peruvianum, L., est un petit Arbuste qui, dans sa patrie, atteint jusqu'à deux mètres de hauteur. Ses branches cylindriques et velues sont garnies de feuilles ovales, oblongues, pointues, ridées et portées sur des pétioles courts. Les fleurs, d'un blanc violet ou bleuâtre, répandent une odeur très-suave, analogue à celle de la vanille. On cultive avec facilité cette Plante dans toute l'Europe. Elle se multiplie de boutures, et on peut egalement faire lever ses graines en les semant par couche, et garantissant du froid les jeunes pieds pendant la saison rigoureuse. Cette Plante, si commune aujourd'hui, a été envoyée pour la première fois, du Pérou en 1740, par Joseph de Jussieu.

L'HÉLIOTROPE D'EUROPE, Heliotropium Europeum, L., possède une tige rameuse, plus ou moins étalée, haute seulement de deux à trois décimètres, velue et garnie de feuilles ovales, pétiolées, ridées et d'un vert blanchâtre; ses fleurs sont blanches, petites, inodores, nombreuses et disposées sur des épis géminés, roulés en crosse avant leur développement. Elle croît dans les champs et les vignes de presque toute l'Europe. On a donné a cette Plante le nom d'Herbe aux verrues, peut-être à cause de la forme de ses fruits qui ont quelque ressemblance avec ces excroissances de la peau, car elle ne paraît pas du tout propre à les détruire. Il est hors de doute que l'Héliotrope d'Europe ne soit une Plante toutà-fait inerte quant à ses propriétés médicales, malgré les merveilleuses vertus que Pline et les anciens lui attribuaient, vertus tellement imaginaires qu'il suffirait de les citer pour en démontrer l'absurdité; mais les limites de cet ouvrage nous prescrivent un emploi de temps et d'espace beaucoup plus utile. (G..N.)

HELIOTROPE. MIN. Jaspe sanguin; Quartz-Agathe, vert obscur ponctué, d'Haüy. Le fond de cette substance est d'un vert plus ou moins obscur, parsemé de petites taches

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d'un rouge foncé, translucide, au moins dans les fragmens très-minces, et quelquefois dans toute la masse, lorsque le morceau a peu d'épaisseur. V. Quartz-ACATHE. (G. DEL.)

HELIX. MOLL. V. HéLICE.

HELIX. BOT. PHAN. Nom scientifiquement spécifiquè d'un Lierre et d'un Saule. V. ces mots. (B.)

HELIXANTHÈRE. Helixanthera. BOT. PHAN. Genre de la Pentandrie Monogynie, L., établi par Loureiro (Flor. Cochinch., I, p. 176) qui l'a ainsi caractérisé: calice cylindracé, tronqué, coloré et appuyé sur une écaille ovale, channue et de même couleur que le calice; corolle monopétalesupère, dont le tube est court, le limbe à cinq divisions oblongues, obtuses et réfléchies; nectaire pentagone, quinquéfide au sommet et embrassant étroitement le style; cinq étamines àfilets insérés sur la gorge de la corolle, et à anthères linéaires, roulées en spirales; ovaire oblong, caché par le calice, surmonté d'un style de la grandeur des étamines et d'un stigmate épais; baie couverte par le calice, ovale, oblongue et monosperme. Ce genre n'a pas encore été rapporté à l'une des familles naturelles connues. Le professeur de Jussieu (Annales du Muséum d'Hist. nat. T. XII, p. 301) a indiqué ses affinités soit avec les Ericinées ou les Campanulacées dans le où le calice ne serait pas adhérent à l'ovaire, soit avec les Loranthées ou les Caprifoliacées, si, au contraire, l'ovaire était adhérent. Cependant le caractère d'avoir la corolle supère, et celui de l'insertion des étamines, demandės par Jussieu, se trouvent exprimés dans la description de Loureiro. Mais l'inspection de la Plante pourra seule décider la question de ses affinités. Cette Plante, Helixanthera parasitica, Lour., a une tige ligneuse, longue, rameuse; des feuilles lancéolées, glabres, très- entières et ondulées; les fleurs rouges, petites, portées sur des épis longs et axillaires. Elle s'accroche aux Arbres cultivés dans les jardins de la Cochinchine. (G..N.)

* HELIXARION. Helixarion. MOLL. Nouveau genre établi par Férussac pour des Mollusquesà quatre tentacules de la famille des Limaçons. Ils forment plus que les Vitrines, selon l'opinion de Férussac, le passage des Hélices aux Parmacelles; ils ont beaucoup d'analogie avec les Vitrines dont ils se distinguent par le corps tronqué en arrière, pourvu en avant d'une cuirasse sous laquelle la partie antėrieure peut se contracter et la tête se retirer sous son bord antérieur; une petite coquille mince, transparente, fragile, très-semblable à celle des Vitrines, est située à la partie postérieure de la cuirasse, et contient les principaux viscères; elle est en partie couverte par des appendices mobiles du manteau. Il existe un pore muqueux en forme de boutonnière à à l'extrémité postérieure du pied; les orifices de la génération, celui de la respiration, le nombre et la position des tentacules, sont semblables à ce qu'on observe dans les Vitrines. Férussac n'a signalé que deux espèces connues dans ce genre; ce sont: l'HÉLIXARION DE CUVIER, Helixarion Guvieri, Féruss, Hist. Nat. des Moll. terrest. et fluviat., pl. 9, fig. 8, et pl. 9, A, fig. 1-2; et l'HÉLIXARION DE FREYCINET, Freyciueti, Féruss., Hist. Nat. des Mollusq. terr. et fluv., pl. 9, A, fig. 3-4. La première de ces espèces est présumée des terres australes; la seconde vient du port Jackson de la Nouvelle-Hollande. Elle a été rapportée par l'expédition du capitaine Freycinet. (D..H.)

* HELL-BENDER. REPT. BATR. Nom de pays sur les bords de l'Ohio d'une espèce nouvelle du genre Sirène. V. ce mot. (B.)

HELLEBORASTER ET HELLEBORASTRUM. BOT. PHAN. Noms formés d 'Helleborus par lequel d'anciens botanistes désignèrent des espèces de ce genre, particulièrement l'Helleborus fœtidus et le viridis. On

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l'a même appliqué à l'Adonis vernalis, L. (B.)

HELLĖBORE. Helleborus. BOT. PHAN. Genre de la famille des Renonculacées, et de la Polyandrie Polygynie, L. Dès la plus haute antiquité, ce genre, ou du moins quelques-unes de ses espèces, étaient connues. A l'époque de la réformation de la botanique, Tournefort et Linné composèrent le genre Helleborus de Plantes très-voisines à la vérité, mais qui pouvaient constituer plusieurs petits groupes distincts. Déjà le genre Helleboroides (Eranthis, Salisb.) en avait été détaché par Adanson; le Coptis fut ensuite formé par Salisbury avec l'Helleborus trifolius, L., et l'Isopyrum de Linné que Lamarck avait réuni aux Hellébores, en a été de nouveau séparé par De Candolle. Voici les caractères assignés au genre Helleborus par ce dernier auteur (Syst. Regn. Veget. natur., 1, p. 315): calice persistant à cinq sépales arrondis, obtus, grands, souvent verdâtres; huit ou dix pétales très-courts, tubuleux, inférieurement plus étroits et nectarifères; trente à soixante étamines; trois à dix ovaires; stigmates sessiles, orbiculés; capsules coriaces; graines elliptiques, ombiliquėes, disposées sur deux rangs. Les espèces de ce genre sont des Plantes herbacées, vivaces, dures, coriaces, glabres ou à peine pubescentes. Leurs feuilles radicales sont pétiolées, découpées en segmens palmés ou pétalés; celles de la tige ont des formes variées, et elles manquent souvent. Les tiges sont tantôt rameuses et multiflores, tantôt divisées seulement en un petit nombre de ramifications qui ne portent que peu de fleurs. Tous les Hellébores fleurissent en hiver ou au printemps; ils croissent dans les buissons et les endroits montneux de l'Europe et de l'Orient. On connaît neuf espèces d'Hellébores, parmi lesquelles nous nous bornerons à décrire les suivantes:

L'HELLÉBORENOIR, Helleborus niger, L. Cette Plante est cultivée dans les jardins, sous le nom de Rose de Noël, á cause de la beauté de ses fleurs qui s'épanouissent dans la plus rigoureuse saison et lorsque la terre n'offre partout que l'aspect de la stérilité. Ses feuilles radicales sont coriaces, très-glabres, découpées en segmens pédales. Les tiges, dépourvues de feuilles, ne portent qu'une ou deux fleurs très-grandes, de couleur blanche légèremen trosée, et accompagnées de bractées. On rencontre cette espèce dans les contrées montueuses et boisées de l'Europe méridionale. La racine de cette Plante est un purgatif violent, autrefois très-usité dans les hydropisies et les affections vermineuses, maintenant rejeté par les médecins à cause de l'excessive irritation qu'il produit dans le tube intestinal.

L'HELLÉBORE ORIENTAL, Helleborus orientalis, L. Sa tige, haute de quatre à cinq décimètres, est simple á la base, rameuse dans la partie supérieure, garnie de feuilles presque sessiles, à plusieurs segmens palmés; les feuilles radicales sont pubescentes en dessous et divisées en lobes pédalé. Les fleurs, d'un diamètre considérable, ont les sépales de leur calice ovales et colorés. Cette espèce, intermédiaire entre l'Helleborus niger et l'H. viridis, L., croît dans les contrées montueuses de l'Orient, principalement sur les bords de la mer Noire, le mont Olympe, et à Anticyre d'où Tournefort l'a rapportée. C'est de cette Plante et non de la précédente que les anciens ont tellement préconisé les vertus, qu'aucun autre médicament n'a joui d'une plus grande célébrité. De l'Hellébore, de l'Hellébore, telle était la prescription accoutumée des Purgons de l'antiquité, lorsqu'ils avaient á traiter quelque maladie mentale que ce fût; et le préjugé en faveur de ce remède avait acquis une telle force, que les plus célèbres philosophes en prenaient souvent avant de travailler pour s'exciter et se rendre l'esprit plus inventif. Il est pourtant douteux

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que cette racine ait jamais produit des effets semblables à ceux que produit sur nos beaux esprits la liqueur de Moka. Toutefois, les anciens médecins avaient reconnu la violence de cette racine, et pour en adoucir l'action, ils lui faisaient subir, avant de l'employer, diverses préparations qui nous sont inconnues. Ils ne la donnaient point aux vieillards, aux femmes délicates et aux enfans.

L'Helleborus viridis et l'Hell. fœtidus, L., sont aussi deux espèces trèsremarquables. La première croît dans les bois montueux du midi de la France, de l'Italie, etc.; la seconde est très-commune dans les endroits rocailleux de la France, de l'Allemagne et de l'Angleterre. On la nomme vulgairement Pied de Griffon. Dans la médecine vétérinaire, on emploie sa racine pour entretenir des sétons, et la décoction de ses feuilles est utile contre le farcin des Chevaux.

On a quelquefois étendu le nom d'Hellébore à quelques Vératres, et notamment au Veratrum album, L. V. VÉRATRE. (G..N.)

* HELLĖBORĖES. Helleboreœ. BOT. PHAN. Le professeur De Candolle (Syst. Regn. Veget. natur., 1, p. 306)a donné ce nom à la quatrième tribu de la famille des Renonculacées, et il l'a ainsi caractérisée: estivation du calice et de la corolle imbriquée; corolle tantôt nulle, tantôt composée de cinq à dix pétales (nectaires, L.) irréguliers, le plus souvent bilabiés, nectarifères; calice ordinairement coloré, pétaloïde; carpelles polyspermes, le plus souvent libres, s'ouvrant du côté intérieur par une fente longitudinale, quelquefois soudés et formant un péricarpe multiloculaire; graines horizontales fixées à des placentas suturaux. Les Plantes de cette tribu ont des tiges herbacées, des feuilles alternes; des fleors colorées de toutes les manières, dont les filets des étamines se convertissent, par la culture, en pétales aplatis, tandis que les anthères sont transformées en pétales bilabiés. L'auteur de cette tribu y a placé les genres suivans: caltha, Pers.; Trollius, L.; Eranthis, Salisb.; Helleborus, Adans.; Coptis, Salisb.; Isopyrum, L.; Enomion? Rafin.; Garidella, Tournef., Nigella, Tourn.; Aquilegia, Tourn.; Detphinium, Tourn.; et Aconitum, Tournef. V. tous ces mots. (G..N.)

HELLEBORINE. BOT. PHAN. Les anciens botanistes, jusqu' à Tournefort inclusivement, donnaient ce nom au genre d'Orchidées que Linné nomma ensuite Serapias. Cette dernière dénomination a été adoptée par Swartz, qui a exclu des Serapias de Linné, plusieurs espèces dont il a fait le genre Epipactis. Persoon, tout en conservant le genre Serapias, a néanmoins rétabli l'ancien mot d' Helleborine. pour désigner un genre composé des espèces auxquelles Swartz donnait le nom de Serapias; mais il ne paraît pas que ce mot puisse être adopté, ayant été proscrit par Linné, à cause de son trop de ressemblance avec celui d'Hellébore qui désigne des Plantes extrêmement éloignées des Orchidées. Dans son travail sur les Orchidées d'Europe, Richard père a seulement admis les dénominations imposées par Swartz. V. EPIPACTIDE et SERAPIAS.

Le mot d'HELLÉBORINES a été employé par Du Petit-Thouars, pour désigner une des trois divisions des Orchidées des îles australes d'Afrique. V. ORICHIDÉES. (G..N.)

HELLĖBORITES. BOT. PHAN. Et non Helleborides. Syn. ancien de Gentiana Centaurium, L. V. ERYTHRėE. (B.)

* HELLEBOROIDES. BOT. PHAN. Adanson (Fam. des Plantes, 2, p. 458) avait déjé séparé sous ce nom générique l'Helleborus hyemails, L., dont Salisbury (Trans. Lin., 8, P. 303) a formé son genre Eranthis. Ce. dernier nom a été adopté. V. ERANTHIS (G..N.)

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HELLEBUT. POIS. L'un des noms vulgaires et de pays du Flet. V. PLEURONECTE. (B.)

HELLĖNIE. Hellenia. BOT. PHAN. Ce genre, de la famille des Scilaminées de Brown et de la Monandrie Monogynie, L., a été primitivement établi par Kœnig (in Retz Observ., fasc. 3, p. 48 et 64) sous le nom de Languas. Retz (loc. cit., fasc. 6, p. 17) changea ce nom trivial en celui d'IIeritiera, qui n'a pas été adopté, parce qu'il existe plusieurs autres genres de ce nom. Enfin le nom l'Hellenia, qui avait été inutilement employé par Retz lui-même pour distinguer génériquement le Costus speciosus, a été de nouveau proposé par Willdenow (Spec. Plant., 1, p. 4) et généralement admis pour désigner le genre en question. Brown (Prodr. Flor. Nov.-Holland., p. 307) a tracé de la manière suivante les caractères de ce genre: périanthe dont le limbe intérieur est à une seule lèvre munie de chaque côté à la base d'une petite dent; filet linéaire, développé au-delà des bords de l'anthère, et ayant un lobule très-court, arrondi, entier ou bilobé; capsule crustacéc; semences pourvues d'un arille. Le genre Hellenia est, en outre, caractérisé par une inflorescence en panicules ou en grappes lâches à l'extrémité de la tige. Dans son travail sur les Scitaminées (Trans. of Linn. Societ. T. VIII, p. 344), Roscoë n'a pas hésité à rėunir ce genre à l'Alpinia, dont cependant il différé, selon Brown, par son filet développé au-delà de l'anthère et par la texture de la capsule. — On ne connaît que cinq espèces de Scitaminées décrites sous le nom générique d'Hellenia, savoir: 1° H cœrulea, R. Br., Plante du bord littoral de la Nouvelle - Hollande, entre les tropiques et près du port Jackson; 2° H. Allughas, W., décrit et figuré par Retz ( loc. cit. T. 1) sous le nom d'Heritiera Allughas; elle croît dans l'île de Ceylan; 3° H. alba, dont Kœnig (loc. cit.) a donné une longue description sous le nom de Languas vulgaris;H. Chinensis ou Languas Chinensis, Kœnig; 5° et H. aquatica ou Languas aquatica de Kœnig. Ces trois dernières espèces croissent dans les Indes-Orientales, et sont cultivées dans les jardins de la Chine. (G..N.)

HELLICOG. OIS. (Montagu.)Syn. de Pingouin macroptère. V. PINGOUIN. (DR..Z.)

HELLUO. ANNEL. Syn. d'Erpobdelle dans le système général d'Histoire naturelle d'Ocken. C'est le genre Néphélis de Savigny. Il contient, dans l'auteur allemand, les Hirudovulgaris, stagnalis complanata, heteroclita, marginata et lineata des auteurs antérieurs. (B.)

HELLUO. Helluo. Genre de l'ordre des Coléoptères, famille des Carnassiers, tribu des Carabiques, établi par Bonelli (Observ. Entomol., 2° partie) et adopté par Latreille qui l'avait réuni (Règn. Anim. de Cuv. T. III) à ses Lébies, et qui l'a ensuite placé (Coléopt. d'Eur., par Latr. et Dej., 2° livrais., p. 94) dans sa première section des Carabiques, celle des Étuis-Tronqués ou Troncatipennes, à la suite du genre Anthie; les caractères de ce genre sont: milieu de l'échancrure du menton unidenté; languette peu avancée au-delà de l'origine des palpes labiaux, presque cariée, arrondie à son extrémité; élytres tronquées transversalement; palpes extérieurs terminés par un article un peu plus gros, obconique.

Ce genre se distingue des Anthies par la forme des élytres et de quelques parties de la bouche qui les rapprochent des Cymindes. Latreille (loc. cit.) cite deux espèces de ce genre, celle qui a servi à rétablir et:

L'HELLUO A CÔTES, Helluo costatus, Bon., que Latreille avait placé dans la collection du Muséum d Histoire Naturelle, sous le nom d'Anthia truncata; il est d'un brun couleur de poix; la tête est ridée sur les côtés et près des yeux, et le corselet, qui est en forme ac cœur, est à peine

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plus large que long et marqué de points enfoncés et de petites rides transversales. Les élytres sont pointllées, striées, et portent trois côtes élevées; tout le corps est semé de poils, et sa longueur est de vingtquatre millimètres. Il habite au port Jackson, dans la Nouvelle-Hollande, et a été rapporté par Péron et Lesueur. Latreille rapporte à ce genre la Galerita hirta de Fabricius qui a été rapportée de la côte de Coromandel par Leschenault, et qu'il a recue de Mack-Lay et de Westermann comme venant aussi des Indes-Orientales. Ces deux espèces sont figurées dans l'ouvrage des Coléoptères d'Europe que nous avons cité. (G.)

HELLUS. INS. Le genre de l'ordre des Hyménoptères, ainsi nommé par Fabricius, correspond au genre Sapyge. V. ce mot. (AUD.)

* HELMICTIS. POIS. Genre formé par Rafinesque dans son Ichthyologie Sicilienne, et qui mérite un nouvel examen pour être adopté. (B.)

HELMINS OU HELMINTHES. INT. Ce nom a été donné à la classe d'Animaux qui vivent dans le corps d'autres Animaux, en remplacement de celui de Vers intestinaux, par Duméril dans sa Zoologie analytique; Rudolphia nommé ces Animaux Entozoaires, et Cuvier Intestinaux.Nous croyons devoir préférer cette dernière dénomination, comme plus généralement adoptée, V. ce mot. (LAM..X.)

HELMINTHIDES. MOLL. Ordre proposé par Virey pour désigner un ordre de Vers aquatiques pourvus de branchies et par conséquent d'une circulation, ce qui les rapproche des Mollusques. Cet ordre est divisé en deux familles principales; dans la première, se trouvent les Vers à tuyaux ou Pinceaux de mer ou les Tubicoles de Cuvier et Lamarck; la Seconde renferme les Dorsibranches. V. ces mots. Les naturalistes n'adoptent pas ces divisions. (G.)

HELMINTHIE. Helminthia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, Chicoracées de Jussieu, et de la Syngénésie égale, L., établi autrefois par Vaillant sous le nom d'Helminthotheca. décrit par Linné sous celui de Picris, mais rétabli par Jussieu (Gener. Plant., p. 170) qui, en abrégeant la dénomination de Vaillant, l'a distingué du Picris de Linné. Il offre les caractères suivans: involucre composé de folioles sur un seul rang, égales, appliquées, obtuses, munies sur le dos d'un appendice hérissé de poils rudes presque épineux: à sa base, sont d'autres petites folioles surnuméraires, irrégulièrement disposées, inégales, subulées, et enfin cinq grandes bractées sur un seul rang, cordiformes et foliacées, environnent le tout; calathide formée de demi fleurons nombreux et hermaphrodites; réceptacle plane, garni de paillettes courtes; akènes oblongs, comprimés des deux côtés, ondulés transversalement par des rides parallèles, prolongés supérieurement en un long col cylindrique; aigrette blanche, longue et plumeuse.

L'HELMINTHIE FAUSSE VIPÉRINE, Helminthia Echioides, Juss. et D.C, Flor Franç., est une Plante herbacée, hérissée de poils divergens à leur sommet en deux pointes crochues; la lige est dressée, rameuse et cylindrique; elle porte fies feuilles vertes luisantes; les inférieures obovales, sinuées; les supérieures amplexicaules echancrées eu cœur; les calathides formées de fleurs jaunes sont disposées en une sorte de panicule. Cette Plante croît en Europe, sur les bords des champs et des chemins. Quoiqu elle se rencontre en plusieurs endroits, et notamment aux environs de Paris, à Montmorency, Bondy, etc., elle n'est pas aussi répandue que les autres Chicoracées; on la trouve en abondance seulement dans quelques localités spéciales. Une seconde espèce qui croît dans les Pyrénées, a été décrite par De Candolle, et nommée Helminthia spinosa. (G.. N.)

* HELMINTHOCHORTON OU

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HELMINTHOCORTOS. BOT. CRYPT. (Hydrophytcs.) Ces noms ont été donnés à une Hydrophyte très-commune dans la Méditerranée, beaucoup plus rare sur les côtes occidentales de la France, connue vulgairement sous les noms de Mousse de Corse et de Mousse de mer, que les botanistes ont appelée Fucus Helminthochorton, et que nous avons placée dans notre genre Gigartina; on ne doit pas confondre la Mousse de Corse avec la Coralline de Corse. Beaucoup de botanistes se sont occupés de ce Fucus, d'une manière plus ou moins spéciale; Latourette en a donné une bonne description dans le Journal de Physique. Stéphanopoli, dans son Voyage en Grèce, a publié un long Mémoire sur cette Plante; il dit qu'il y en a deux espèces, une grande et l'autre petite, et Jaume Saint-Hilaire, dans ses Plantes de France, l'a figurée de la manière la plus exacte; enfin De Candolle s'en est occupé, et a reconnu plus de trente productions marines, réunies sous le nom de Mousse de Corse. Nous avons examiné cette prétendue Mousse dans un grand nombre de pharmacies, et souvent nous avons trouvé que celle dont on vantait le plus la qualité ne contenait pas un atome de Fucus Helminthoohorton. Il nous est démontré également que l'action de ce mélange est la même sur l'économie animale, qu'il y ait on non de Fucus Helminthochorton; enfin, nous avons reconnu plus de cent espèces de productions marines, telles qu'Hydrophytes, Polypiers, dèbris de Mollusques et d'Annelides, dans la substance pharmaceutique qui porte le nom de Mousse de Corse. (LAM..X.)

HELMINTHOLITHES. ZOOL. Des Vermicules et des Hippurites fossiles sont quelquefois désignées sous ce nom par les naturalistes. (LAM..X.)

HELMINTHOLOGIE. ZOOL. L'on a pendant long-temps donné ce nom à la partie de l'histoire naturelle qui se composait de l'étude des Vers; mais alors l'on réunissait sous la dénomination de Vers, des Animaux très différens les uns des autres, et dont on a même composé plusieurs classes. Quelques auteurs ont par la suite appliqué le nom d'Helminthologie à la seule partie de la science qui traite spécialement des Intestinaux; mais il n'a pas été adopté, et c'est ce qui nous engage à renvoyer au mot INTESTINAUX, l'histoire des êtres singuliers dont la manière de vivre et de se multiplier est encore si peu connue. (LAM..X.)

* HELMINTHOSTACHYS. BOT. CRYPT. (Fougères.) Ce genre a été établi par Kaulfuss dans le Journal de Botanique de Ratisbonne et décrit avec plus de détail dans son ouvrage sur les Fougères du voyage de Kotzebue. Il est fondé sur le Botrychium Zeylanicum de Swartz ou Ophioglossum Zeylanicum, L.—R. Brown avait déjà indiqué dans son Prodromus que cette Plante devait former un genre particulier. Elle diffère cependant peu des vrais Botry chium; seulement la fructification, au lieu de former une panicule dont la disposition représente une feuille modifiée comme on l'observe dans les Bothry chium, forme un épi cylindrique, composé d'épis partiels sur lesquels les capsules sont disposées par verticilles. On ne connaît encore qu'une seule espèce de ce genre; elle croît dans les lieux humides de Ceylan, de Java, des Moluques, etc. (AD.B.)

HELMINTHOTHECA. BOT. PHAN. Vaillant avait ainsi nommé un genre que Liuné confondait avec son Picris; mais il a été de nouveau distingué de celui-ci par Jussieu, sous le nom d'Helminthia. V. HELMINTHIE. (G..N.)

HELMINTIE. Helmintia. BOT. PHAN. Pour Helminthie, Helminthia. V. ce mot. (B.)

HELMINTOCORTON. BOT. CRYPT. Pour Helminthochorton. V. ce mot. (LAM..X.)

HELMISPORIUM. BOT., CRYPT. Link est le créateur de ce genre admis par Nées, et non adopté par

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Persoon dans sa Mycologie Européenne, qui l'a réuni aux Dematium, genre placé dans les Trichomycées, premier ordre de ses Champignons Exosporiens, c'est-à-dire Champignons dont les semences sont extérieures, ce qui répond à la série des Byssoïdes, ordre des Mucédinées, de la Méthode de Link. Les caractères génériques du genre Helmisporium sont les suivans: fibres droites, peu rameuses, épaisses, roides, opaques, assez souvent cloisonnées à leur extrémité qui porte des sporidies caduques, oblongues, assez ordinairemént annelées. On trouve les Helmispories sur les herbes sèches où ils forment de très-petites touffes. L'H. velutinum, Link (Berol. Magaz., 3, T.v, fig. 9), Nées (Trait, des Champ., T. v, fig. 65), paraît être quelque variété du Dematium ciliare, Persoon. L'H. casispermum Link (loc. cit.), est le Dematium articulatum, Pers. (Syn. Fung., p. 694, Mycol. Europ.). Les autres espèces d' Helmisporium sont: l'H. minus Link (loc. cit. ), à fibres étalées, noires, simples, un peu rameuses, à sporidies globuleuses, point annelées, éparses; l'H. nanum, Nées (Trait, des Champ., pl. 5, fig. 65, A), qui en diffère par ses fibres fourchues, un peu noueuses, et par ses sporidies presque cylindriques, un peu plus courtes que les fibres; enfin, l'H. ramosissimum, Link (loc. cit.), à fibres très-rameuses, fasciculées, noires, à sporidies globuleuses, adhérentes vers la base. Toutes ces espéces se trouvent en Europe et dans nos énvirons sur les bois et les herbes sèches. (A. F.)

* HELMONTITES. MIN. Nom donné par les anciens naturalistes à des masses argileuses, ovoïdes ou sphéroïdales, dont l'intérieur s'était divisé par compartimens et par petits prismes, et dont les intervalles avaient été remplis par des incrustations calcaires. Ces pierres, qui étaient aussi désignées sous les noms de Ludus Helmantii, de Jeux de Vanhelmont, etc., reçoivent un assez beau poli, et ont un aspect singulier qui les fait rechercher par les amateurs de pierres figurées. (G.)

HELMYTON. POLYP. Genre de production marine établi par Rafinesque dans la famille des Hydrophytes Ulvacéss; il lui donne pour carattères: corps allongé, vermiforme on cylindrique, gélatineux, élastique, assez transparent pour laisser voir les granules situés dans l'intérieur. Deux espèces composent ce genre, l'Helmyton aggloméré, vulgairement Vermicelle de me en Sicile, et l'Helmyton spiral. La première a des filamens cylindriques, filiformes, très-longs, fixės par une de leurs extrémités, avec des séminules ou gongyles arrondis, disposés en grappes. Dans la seconde, les filamens sont roulés en spirale et fixés par un côté sur des Plantes ou des Polypiers; les séminules sont épars dans la substance de la Plante. Tels sont les caractères que Rafinesque donne à ce genre et aux deux espèces dont il le compose. Nous avons examiné des productions marines analogues, trouvées en France et en Angleterre; nous les avons observées sur les côtes du Calvados; nous en avons reçu de Marseille, conservėes dans l'Alcohol et envoyées par Roux; après les avoir étudiées avec soin, nous nous sommes convaincus que ces productions ne pouvaient se séparer des Alcyonidies, du moins lorsqu'on les considère sans les Polypes. Leur organisation est la même; les uns et les autres ont une transparence obscure, une translucidité qui permet de voir dans leur substance une foule de grains épars plus ou moins opaques; les Helmytons sont fort peu gluans ou gélatineux dans l état frais; enfinleur forme varie beaucoup; mais l'existence des Polypes est prouvée dans les Alcyonidies, et nous ne faisons que le soupçonner dans les Helmytons de Rafinesque. Néanmoins nous pensons qu'on doit les réunir et n'en faire qu'un seul groupe de l'ordre des Alcyonées dans la division des Polypiers sarcoïdes, à substance plus ou

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moins irritable et sans axe central. Si les Polypes des Helmytons. différent de ceux des Alcyonidies, ce genre méritera d'être conservé. En attendant qu'ils soient observés, noua ne ferons qu'un seul groupe de ces Polypiers, à cause des caractères communs qu'ils présentent; ils ne diffèrent que par la forme et l'habitus ou le faciès. V. ALCYONIDIE. (LAM..X.)

HÉLOCÈRES. INS. La famille de Coléoptères formée sous ce nom par Duméril, répond à celle dont il a déjà été question sous le nom de Clavicornes. V. ce mot. (AUD.)

HELODE. Helodes. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Tétramères, famille des Cycliques (Règn. Anim. de Cuv.), établi par Paykull, admis par Fabricius et Olivier, adopté aussi par Latreille, mais sous le nom de Prasocure Prasocuris, à cause de la confusion qui aurait existé, au moins pour la prononciation, entre le genre Hélode et celui d'élode. V. PRASOCURE. (AUD.)

HELONIAS. BOT. PHAN. Genre de la famille des Colchicacées de De Candolle, et de l'Hexandrie Trigynie, établi par Linné qui l'a ainsi caractérisé: périanthe à six divisions profondes, colorées, égales et étalées; six étamines plus longues que le périanthe, insérées à la base du périanthe, et à filets subulés; ovaire trigone, surmonté d'un style court ou plutôt de trois styles soudés, et de trois stigmates qui sont également réunis; capsule triloculaire, polysperme. Les espèces de ce genre sont originaires des États-Unis de l'Amérique septentrionale, excepté l'Helonias minuta, L., Mantiss., Plante indigène du cap de Bonne-Espérance, et l'H.virescens de Kunth (Nov. Gener. et Spec. Plant, œquin. T. I, p. 267) qui croît dans les endroits pierreux de la Nouvelle-Espagne près de Santa Rosa de la Sierra. Ces deux dernières espèces ne sont placées qu avec doute parmi les Helonias. On cultive au Jardin des Plantes de Paris l'Helonias bullata, L. et Lamk., Illustr. Gener., tab. 268, qui peut être considérée comme le type du genre. C'était l'Abalon d'Adanson. Cette Plante, dont les fleurs sont roses, pourpres, disposées en une grappe courte, ovale et transversale, croît dans les lieux sablonneux et marécageux de la Pensylvanie. Dans sa culture, cette espèce exige une bonne terre de bruyère, l'exposition au nord, et des ariosemens fréquens eu été. L' Helonias asphodeloides, L., qui a le port des Asphodèles, a été érigé en un genre particulier sous le nom de Xerophyllum, par Richard père (in Michaux Flor. Boreali-Amer). V. XÉROPHYLLE.

Adanson a formé un genre Helonias avec le Scilla Lilio-Hyacinthus, L. V. SCILLE. (G..N.)

HELONOMES. Helonomi. OIS. Nom que Vieillot a donné à une famille d'Echassiers, qui comprend les genres Courlis, Vanneau, Tournepierre, Bécasseau, Chevalier, Barge, Bécasse, Rhynchée et Caurale, faisant partie de notre seconde famille de l'ordre des Gralles. V. ce mot. (DR..Z.)

* HELOPHILUS. INS. V. ELOPHILE.

HÉLOPIENS. Helopii. INS. Tribu d'Insectes de l'ordre des Coléoptères, section des Hétéromères, que Latreille avait établie dans plusieurs de ses ouvrages et qui forme maintenant (Règn. Anim. de Cuv. T. III) la première division de la famille des Sténélytres. V. ce mot. Les Insectes de cette division ont tous les articles des tarses, ou du moins ceux des postérieurs entiers, ce qui les distingue des Sténélyres de la seconde division, celle des Ædémérites, qui ont le pénultième article de tous les tarses bilobé ou profondément échancré. Cette tribu comprend les genres Serropalpe, Hollomène, Pythe, Hélcps, Nilion et Cistèle. V. ces mois. (G.)

HėLOPITHÈQUES. MAM. (Geoffroy Saint-Hilaire.) V. GÉOPITHÉQUE. (B.)

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HELOPODIE. Helopodium. BOT. CRYPT. (Lichens.) Achar a créé ce genre dans le Prodrome de la Lichénographie suédoise; il lui avait donné pour caractères: des feuilles cartilagineuses, roides, petites, sousimbriquées, droites, sinueuses, crénelées, verdâtres, un peu pâles en dessous; une tige (bacilla) sous-solide, simple, supérieurement dilatée, à peine subdivisée, tuberculifère, à tubercules terminaux fongiformes, gros, simples, agglomérés et agrégès, à marge sous-réfléchie. Ce genre, placé entre les Scyphophorus et les Cladonia, a été adopté par De Candolle et par Michaux; mais Achar, ayant reconnu quece genre n'était pas basésur des caractères solides, le réunit aux Bœomyces dans sa Méthode, et plus tard l'ota des Bœomyces pour en faire un sous-genre du Cénomyce. Nous avons fait de l'Hélopodie une section de notre genre Scyphophore. V. ce mot. Neuf espèces, qui toutes croissent sur la terre ou sur les bois à moitié décomposés, constituent la section des Hélopodies. Une seule espèce est décrite dans la Flore Française, quoique la France en possède plusieurs autres; c'est l'Helopodium delicatum, Ach., Prodr. Lich., D.C. Fl. Franç., 11, p. 341; Lichen delicatus, Ach., Lich. 199; Lichen parasiticus, Hoffin., Enum. T. VIII, f. 5; Bœomyces delicatus, Ach., Méth. lich., 327; Cenomyce delicata, Ach., Lich. univ., p. 569; ses feuilles sont petites, imbriquées, crénelées; elles portent des pédicelles creux dans toute leur longueur, ouverts au sommet, un peu comprimés, blanchâtres, divisés au sommet en deux ou trois lanières, très-courtes, qui portent des tubercules globuleux, charnus, d'abord bai-bruns, enfin noirs. On trouve ce Lichen sur le bois mort. (A. F.)

HELOPS. POIS. Pour Elops. V. ce mot. (B.)

HÉLOPS. Helops. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Hétéromères, famille des Stenélytres, établi par Fabricius, et dont les caractères sont: mandibules terminées par deux dents; dernier article des palpes maxillaires grand, en forme de hache ou de triangle renversé corps épais, convexe ou arqué et oblong. Les Hélops, que Pallas nomme Mylaris, forment un genre nombreux, mais dont le port diffère beaucoup. Ces différences ont donné lieu á l'établissement de plusieurs, genres que Latreille avait déjà indiqués par les coupes qu'il a faites dans le genre Hélops de son Gen. Crust. et Ins. Cet illustre auteur ne distingue pas des Hélops, les Cnodalons de Fabricius qu'il ne faut pas confondre avec ses Cnodalons, V. ce mot, qui diffèrent des Hélops par des caractères d'une valeur suffisante pour ėn foire raisonnablement un autre genre. Il range aussi parmi les Hélops le Dryops œneus de Paykull. Les Coléoptères que Fabricius désigne génériquement de la même manière, et très-différens de ceux qu'Olivier a aussi nommés Dryops, appartiennent aux genres Nothus et Ædémėre. V. ces mots. Les Hélops ont beaucoup de rapports avec les Ténébrions; mais ilsen diffèrent par les mâchoires, les antennes et par la présence des ailes que les Ténébrions n'ont jamais. Ils se distinguent aussi des Serropalpes, des Hellomènes, des Pythes, des Nilions et des Cistèles, V. ces mots, par des caractères tirés des parties de la bouche, des antennes et de la forme du corps. La tête des Hélops est ordinairement plus étroite que la partie antérieure du corselet; elle porte deux antennes filiformes, un peu plus longues que le corselet, composées de onze articles dont les derniers sont plus courts et plus arrondis que les autres; ceax-ci sont cylindrico-coniques, le second est le plus court et le troisième plus allongé que les suivans. Les mandibules ont leur extrémité bifide ou terminée par deux dents: les palpes sont an nombre de quatre; le dernier article des maxillaires est sécuriforme; la languette est peu échancrée et le men-

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ton presque carré le corselet est trapézoïdal, aussi large que l'abdomen; les pates sont médiocrement longues avec les cuisses comprimées.

Les Hélops vivent sous les écorces des Arbres morts ou dans les fissures des Arbres vivans. Nous avons eu occasion d'observer leur manière de vivre sur une espèce très-rare aux environs de Paris, Helops ater, et nous avons reconnu que. ces Insectes ne se mettent en mouvement et ne sortent qu'à l'entrée de la nuit de l'espèce de léthargie et d'engourdissement dans lequel ils sont plongés quand on les prend le jour. Nous avons pris en été beaucoup d'individus de l'espèce que nous venons de citer sur un pont de bois de l'île Louviers, et ce n'est jamais qu'à neuf heures du soir qu'ils commencent à sortir et à marcher avec assez de vivacité. On voyait alors les mâles chercher les femelles et se livrer à l'acte de la génération avec beaucoup d'ardeur. A dix heures à peu près, on n'en voyait presque plus, et ils étaient tous rentrés dans les nombreuses fentes que présentaient les piliers et les garde-fous de ce pont. Les larves des Hélops se trouvent dans le tan formé par les Insectes au pied des Arbres; le corps de celles d'une espèce de notre pays est fort allongé, lisse, cylindrique, composé de douze anneaux dont le dernier est terminé en deux petites pointes relevées entre lesquelles est placé l'anus. Les trois premières articulatious portent chacune une paire de pates très-courtes, formées de plusieurs pièces, et terminées par un crochet fort aigu; la tête est aussi large que le corps, munie en dessus d'une pièce clypéacée qui recouvre la bouche; on voit de chaque côté une petite antenne dirigée en avant; la bouche est pourvue de fortes mâchoires; les yeux ne sont point apparens; elles servent de nourriture aux Rossignols et aux Fauvettes. Dejean (Catal. de Col., p. 70) mentionne cinquante-trois espèces d'Hélops; la plus commune à Paris est:

L'HÉLOPS LANIPÉDE, H. lanipes, Fabr., Oliv., Entom. T. III, n. 58; pl. 1, fig. 1 à 6; Latr. (Gener. Crust. et Ins. T. II, p. 188); Tenebrio lanipes, L.; le Ténébrion bronzé, Geoffroy, Histoire des Insectes, T. I, p. 349. Il est commun à Paris. Un entomologiste de nos amis, Percheron, a rapporté de Saint-Tropez en Provence une espèce nouvelle de ce genre, que Dejean a nommée Helops rotundicollis. Cet Insecte est long d'environ deux lignes et demie; son corselet est globuleux, rétréci en avant et en arrière et arrondi sur les côtés de manière à paraître rond quand on le regarde en dessus; ses antennes sont deux fois plus longues que la tête et le corselet pris ensemble; ses élytres sont striées. Le dessus du corps de cet Insecte est d'un bronzé moins brillant que celui de l'Helops lanipes; le dessous et les pates sont d'un fauve brun assez foncé. Il a été trouvé rarement sous l'écoree d'un Arbre. (G.)

* HELOPUS. BOT. PHAN. Genre de la famille des Graminées, voisin des Milium et du Piptatherum, placé dans les Uniflores par Trinius (Agrost. Fundam., tab. 4) qui l'a ainsi caractérisé: deux glumes mutiques concaves plus grandes que la fleur; paillette inférieure concave, coriace, surmontée d'une arête caduque; paillette supérieure ovale, obtuse, coriace; deux stigmates; deux écailles tronquées. (G..N.)

HÉLORAGÉES. BOT. PHAN. (Dictionnaire de Déterville.) Pour Haloragées. V. ce mot.(B.)

HELORE. Helorus. INS. Genre de l'ordre des Hyménoptères, section des Térébrans, famille des Pupivores, tribu des Oxyures (Règn. Anim. de Cuv.), établi par Latreille qui lui assigne pour caractères: lèvre inférieure évasée, arrondie, et presque entière au bord supérieur; palpes maxillaires filiformes, longs de cinq articles; les labiaux de trois, dont le dernier plus gros, ovale; antennes filiformes, droites, de quinze articles, dont le troisième presque coni-

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que, les autres cylindriques; mandibules allongées, pointues, avec un avancement interne, bidenté. Ce genre, voisin des Proctotrupes, des Cinèles, etc., a été adopté par Jurine qui a spécifié autrement scs caractères génériques; suivant lui, les antennes sont composées de quinze articles, dont le premier est ovale; la dent inférieure des mandibules est plus longue; les ailes offrent quelque chose de remarquable dans la disposition des nervures qui sont liées les unes aux autres, dans le milieu du disque de l'aile, par une nervure contournée en forme de fer à cheval. Jurine exprime cette particularité de la manière suivante une cellule radiale, presque triangulaire; deux cellules cubitales, la première grande, la deuxième très-grande, atteignant le bout de l'aile. Latreille observe que les Hélores ont la tête comprimée, de la largeur du corselet, avec les yeux ovales et entiers, et que le corselet lui-même est globuleux; l'abdomen est rétrécibrusquement à sa base en un pédicule assez gros et cylindrique, formé par le premier anneau; le suivant a la forme d'une cloche et surpasse les autres en profondeur. On ne connaît encore qu'une espèce.

L'HÉLORE TRÈS-NOIRE, Helorus ater, Latr. Très-bien figuré par Jurine (Class. des Hym., pl. 14) et par Panzer (Faun. Ins Germ. fasc. 52, tab. 23, et fasc. 100, tab. 18) sous le nom de Sphex anomalipes. Cet Insecte a été trouvé rarement aux environs de Paris.(AUD.)

* HELOSIS. BOT. PHAN. Genre de la nouvelle famille des Balanophorées de Richard père, établi par ce célèbre botaniste qui, dans la Monographie publiée après sa mort par son fils (Mém. du Mus. d'Hist. nat. T. VIII, p. 416), en a ainsi tracé les caractères: fleurs monoïques, rassemblées en un même capitule; phorante ovoïde garni de soies très- nombreuses, épaissies au sommet, comme articulées et surmontées de deux glandes. Les fleurs mâles sont pédicellées; leur calice offre trois divisions étalées, obovaies et acuminées brusquement; trois étamines soudées par leurs filets en un corps cylindrique (Synema) plus long que les segmens du calice; à anthères dressées, cohérentes et introses. Les fleurs femelles ont un court pédicelle; leur ovaire est infère, ovoïdeoblong, un peu comprimé sur les côtés, couronné au sommet par le limbe du calice très-court et marginal; deux styles cylindriques, du double plus longs que l'ovaire, terminés chacun par un stigmate globuleux. Le fruit est une caryopse ovoïde lisse, portée sur un court pédicelle et cachée entre les petites soies du phorante. La Plante sur laquelle ce genre a été fondé, avait été confondue avec les cynomorium par Swartz; mais Richard en avait lu la description, dès 1790, à l'Académie des Sciences de Paris, sous le nouveau nom d'Helosis Guyanensis, qui doit lui être conservé. Mutis de Santa-Féde Bogota (Semenario del Nuovo R. de Granada) paraît avoir constitué le même genre sous le nom de Caldasia, qui n'a pas été adopté parce qu'il servait déjà à désigner un genre d'une autre famille et constitué par Willdenow. Les quatre espèces indiquées par Mutis, comme appartenant à ce genre, n'ayant pas été décrites, on ne connaît exactement que la Plante décrite et figurée avec le plus grand soin par Richard. Elle a un pédoncule nu, le capitule sphéroïde, et les écailles arrondies et peltées. Une autre Plante a été rapportée à ce genre; elle possède un pédoncule couvert d'écailles imbriquées rhomboïdales, et un capitule allongé. C'est l'Helosis Jamaieensis de Richard (loc. cit., p. 29), oule Cynomorium Ja maicense de Swartz (Flor. Ind. Oecid., 1, p. 11). (G..N.)

HELOTIUM. BOT. CRYPT. (Champignons.) Genre intermédiaire entre les Pezizes et les Helvelles, et cependant placé après ces deux gen-

TOME VIII. 8

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res, entre le Triblidium et le Stilbum, par Persoon, dans sa Mycologie européenne, 2° section des Saicomzycées, classe première des Champiguons exosporiens, c'est-à-dire dont les semences sont situées à l'extérieur. Les Hélotiums sont stipités; leur chapeau est membraneux, charnu, bombé ou hémisphérique, plane, à bords quelquefois repliés en dedans; les surfaces sont lisses, la surface supérieure est séminifère. Ces fongosités sont assez semblables à de petites épingles blanches, rose, ou jaunes; elles vivent en groupe sur les vieux trones, les branches mortes, les bois à moitié décomposés et les fumiers. Ce genre, avant Persoon, avait éprouvé beaucoup de changemens; il n'est pas encore bien fixé, et chaquc jour y amène de nouvelles modifications, ce qui semble annoncer qu'il a besoin d'être encore étudie. Il a été mis tantôt à côté des Pezizes, entre le Xyloslrome et la Clavaire; tantôt entre le Typhula et le Geoglossum; tantôt enfin entre le Léotie et l'Helvelle. Trois espèces seulement sont décrites dans la Flore Française, quoiqu'un bien plus grand nombre croisse en France; ce sont: 1. l'Hélotium Agaric, Helotium agariciformis, D. C. Flor. Fr. n. 189, H. aciculare, Peis. Syn Fungor. p. 677, sub. Leotia, Helvella acicularis, Bull. Champ. 1, p. 296, t. 473, f. 1, qui croît par groupes sur le bois pourri; il est petit, très-blanc; son stipeest plein, son chapeau mince, convexe, orbiculaire. 2. L'H des fumiers, Pers. Syn. Fung. loc. cit.; Leotia fimetaria Obs. ejusd. mycol. 2, t. 5, fig. 4 et 3, qui est d'un rouge agréable; son stipe est très-grêle, son chapeau un peu plane et sous-anguleux. 3. Enfin l'H. doré, Helotium aureum, Pers. Syn. Fung. p. 678, D. C. Flor. Fr. supp. 190. Celui-ci croît en groupes sur les écorces des vieux Sapins; il est d'un jaune doré très-vif; son stipe est mince, à base tomenteuse; son chapeau est hémisphérique, convexe. Les autres Hélotiums sont elongatum, Schum. Saell. p. 412.—L'H.subsessile, Schum. Saell. loc. cit.— H. fibuliforme, Pers. Mycol. europ. 345, l'H. album, Pers. Mycol. europ. p. 347, Fungoidaster, Micheli, Nov. Gen. Plant. p. 201, t. 82, fig. 3.—L'H.incarnatum, Pers. loc. cil. Ces deux espèces ont servi de type à Tode, pour la formation du genre dont il est question, et dont ce botaniste est le créateur.(A.F.)

* HELUNDO. OIS. Syn. d'Hirondelle. V. ce mot.(DR..Z.)

HELVELLE. Helvella. BOT. CRYPT. (Champignons.) Les Helvelles sont charnues, translucides es comme de la cire, de couleur grise, orangée, noire, etc. Leur consistance est ordinairement fragile elles sont stipitées, munies d'un chapeau irrégulier, bombé, lobé et plissé. Elles diffèrent des Mérules en ce que leurs surfaces sont unies et dépourvues de veines, des Théléphores en ce que le chapeau ne se retourne pas pendant la végétation, des Pezizes en ce que leurs séminules sont situées à la surface inférieure seulement, et que leur chapeau, au lieu d'imiter des cupules; est bombé. Les Helvelles sont peu nombreuses; elles vivent à terre parmi le gazon, sur les Arbres morts, la terre humide, etc. On les trouve au printemps et en automne, croissant en touffes, quelquefois aussi elles sont isolées; l'Helvelle mitre est dans ce cas; cependant il est ordinaire de, trouver à côté d'un individu et très-près, un autre individu qui forme, avec le premier, la totalité des Helvelles du canton, à une assez grande distance. Ce fait consacré par un proverbe populaire, dont le sens est que qui trouve une Helvelle peut chercher sa pareille, tient peut-être à des considérations physiologiques très-importantes.

Le genre Helvelle a été fondé par Linné; les auteurs qui l'ont suivi, Gleditsch, Batsch, Sowerby, etc., ont adopté et porté ce genre à près de cinquante espèces. Persoon l'a modifié, et à placé plus de trente espèces dans ses genres Merulius,

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Thelephora, Helotium, Peziza, Morchella, Spathularia et Plusieurs botanistes ont adopté ces modifications; Fries et Nées ont renchéri sur elles en divisant le genre Merulius de Persoon en deux genres, Rhizina et Helvella, et le genre Leotia en Wersera, Leotia en Mitrula. Nous examinerons la validité de ces nouveaux genres à leurs articles respectifs, et ne parlerons que de l'Helvelle de Persoon, qui figure parmi les Champignons Sarcomyces (charnus), deuxième ordre de la première classe, les Champignons à semences extérieures. Dans la Mycologie européenne on trouverait le nombre des Helvelles porté à quinze, si l'auteur n'avait rejeté cinq espèces dans les espèces encore incertaines; ce genre y est placé entre le Morchella (Morille) et le Rhizina qui lui-même est à côté des Pezizes; il est subdivisé en espèces à stipe sillonné en long, et en espèces à stipe lisse, très-rarement lacuneux. Parmi celles de la première division, on trouve: 1° l'Helvelle mitre, Helvella mitra, Lin., Bull., De Cand., Nées, Pers. C'est l'Helvelle lacuneuse, Holmsk. Il, t. 24, et de Fries. Persoon réunit à l'Helvelle en mitre l'Helv. sulcata, Willd., et Monacella, Schœff.; il distingue trois variétés tirées de la couleur; toutes se trouvent dans les mêmes localités, les prairies ombragées, au pied des Arbres dont la végétation est languissante; ce Champignon est d'un goût très-agréable, sa chair est saine et de très-bonne qualité. 2°. L'Helvelle dorée, Helveila chrysophœa, Pers. Myc. europ. 1, p. 211; H. reflexa, Cumino, fung. vallis Pisii in Act. Acad. Reg. Taur. l805, p. 250, tab 2, à chapeau étalé, irrégulièrement ondulé, lobé, d'un fauve brun, à stipe blanc, sillonné jusque vers le milieu; on trouve cette belle Helvelle sur les montagnes, sous les Hêtres. —Parmi les Helvelles à stipe lisse, on remarque l'Helvella grandis, Cumino, loc. cit., et Pers., chapeau ample, à trois à quatre lobes, d'un brun pustuleux, à stipe blanc lisse ou très-rarement lacuneux; il croit, après les pluies du printemps, dans les forêts des montagnes; ce Champignon est comestible ainst que l'Helvella esculenta, Pers., Syn. Fung, etc., Schœff, D. C. Flor. Fr., qui croît en groupes au printemps; son chapeau est presque difforme de couleur châtain clair, plissé en cercles; son stipe est court, d'un blanc roux.—La plupart des Helvelles lancent leurs séminules par jets instantanés. (A.F)

* HELVIN. MIN. (Werner.) Substance minérale en petits cristaux d'un jaune clair ou safrané, dont la forme est celle d'un tétraèdre régulier, simple ou modifié sur ses angles solides: elle est assez dure pour rayer le verre; sa pesanteur spécifique est de 3, 5; elle fond au chalumau, avec addition de Borax, en verre transparent; elle renferme de l'oxide de Manganèse, et sa composition paraît se rapprocher de celle des Grenats. On l'a trouvée dans une mine de Plomb, à Schwarzenberg en Saxe; elle a pour gangue immédiate un Tale chlorite, qui renferme aussi de petites masses lamelleuses de Zinc sul—furé brun, et des lames de Chaux fluatée blanche ou violette, (G. DEL.)

HELWINGIE. Helwingia. BOT. PHAN. En décrivant les fleurs mâles de l'Osyris Japonica, Thunberg (Plast. Japon., p. 31 et tab 21) avaitindiqué la séparation de celte Plante en un genre distinct, quoique ses fleurs fussent absolument les mêmes que dans l'Osyris, et que les fleurs femelles fussent incounues. Néan-moins Willdenow (Spec. Plant. 4, p. 716) a profité de celte indication deThunberg, pour en former un genre sous le nom d'Helwingia qu'il a placé dans la Diœcie Triandrie, L., et qu'il a caractérisé ainsi: Plante dioïque; fleurs mâles, disposées en petites ombelles à la surface supérieure des feuilles; chaque fleur munie d'un seul périanthe, à trois divisions très-profondes; trois étamines insérées sur ce périanthe; fleurs femelles

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inconnues. La disposition singulière de ces fleurs lait présumer, avec assez de vraisemblance, que la formation du genre Helwingia sera confirmée quand ou en connaîtra mieux la structure. L'Helwingia ruscifolia Willd., est un Arbrisseau qui croît dans les montagnes du Japoh.

Adanson avait donné le nom d'Helwingia au Thamnia de P. Brovme, qui a été réuni par Linné au genre Lœtia. V. ce mot. (G.N.)

HELXINE. BOT. PHAN. La Pariétaire est désignée, dans Dioscoride, sous ce nom qui signifie Herbe de muraille. Une Plante résinifère a été aussi nommée Helxine par Pline, mais on ne sait à quelle espèce elle doit être rapportée. Selon Jussien, il y anrait quelques raisons pour croire que cette Plante est l'Atractylis gummifera. A la renaissance des sciences, les vieux botanistes, Thalius, Cordus, Guilandinus, Dodœns, ont encore appliqué cette dénomination à d'autres Plantes, telles que la Circée, le Liseron des baies, le Liseron cantabrique et la Renouée grimpante. Enfin, dans l'Hortus Cliffortianus, Linné avait constitué un genre Helxine qu'il a depuis réuni au Polygonum. (G..N.)

HÉMACHATE. REPT. OPH. Pour Hæmachate. V.ce mot. (B.)

* HEMAGRA. BOT. PHAN. (.Seb. Vaillant.) Syn. de Scleria selon Jussieu. (B.)

HÉMANTHE. BOT. PHAN. Pour Hæmanthe. V.ce mot. (B.)

HÉMARTHRIE. Hemarthria. BOT. PHAN. Genre de la famille des Graminées et de la Triandrie Digynie, L., établi par R. Brown (prodr. Flor. Nov.-Holl., p. 207 ) aux dépens des Rottboellia de Linné, et ainsi caractérisé: épi comprimé, demi-articulé; chaque article biflore; glume (lépicène, Rich.) biflore, bivalve; la valve intérieure de la fleur inférieure collée au rachis, celle de la supérieure libre; périanthes renfermés, hyalins, nautiques, l'extérieur univalve, renfermant une fleur neutre, l'intérieur bivalve et contenant une fleur hermaphrodite; deux petites écailles hypogynes; trois étamines; deux styles surmontés de stigmates plumeux. Dans ce genre. les épis sont subulés et leurs articulations incomplètes ne leur permettent pas de se séparer par portions. Le Rottboellia compressa, L., Suppl. 114, est le type de ce genre. Cette Plante croît au port Jackson, dans la Nouvelle-Hollande. R. Brown lui a associé une seconde espèce qu'il a trouvée à la terre de Diémen et à laquelle il a donné le nom de Hemar. thria uncinata, à cause du crochet qui termine la glume libre intérieure. (G..N)

HÉMATINE ou mieux HÆMATINE. BOT. Principe immédiat qui paraît être coutenu dans toutes les substances végétales ou végéto-animales qui fournissent aux arts une teinture rouge. L'Hématine obtenue par la macération du bois de Camapèche et suffisamment évaponée, donne un dépôt cristallin d'un blane rose irisé, peu sapide et peu soluble dans l'eau froide, dissoluble dans l'eau chaude qui lui procure une belle couleur pourpre qu'elle perd quelque temps après pour en prendre une orangée qui passe encore au pourpré par une nouvelle élévation ne température. Cette substance est colorée en rouge par quelques Acides, et en jaune par d'autres: les dissolutions alkalines qui ne contiennent pas d'Oxigène, prennent, avec l'Hématine, une teinte bleue, assez intense, qui se produit également avec divers Hydrates et Oxides métalliques. L'Hématine est composée d'Oxigène, de Carbone et d'Hydrogène, dans des proportions qui n'ont pas encore été déterminées. (DR..Z.)

HÉMATITES. MIN. Pour Hæmatites. V. ce mot. (B.)

HÉMATOPOTE. INS. Pour Hæematopote. V. ce mot. (B.)

HÉMATOXILE. BOT. PHAN. Pour Hæmatoxile. V. ce mot. (B.)

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HÉMÉLYTRES. INS. Ce nom, qui signifie demi-élytre, a été appliqué aux ailes supérieures des Hémiptères et par suite à tout l'ordre de ce nom. V. HÉMIPTÉRES. (AUD.)

HEMERIS. BOT. PHAN. Syn. ancien de Chêne rouge ou de Chêne pédonculé. (B.)

HÉMÉROBE. Hemerobius. INS. Genre de l'ordre des Névroptères, famille des Planipennes, tribu des Hémérobins, établi par Linné, et duquel Latreille a retire une grande partie des espèces pour établir les genres Osmyle, Corydale, Chauliode et Sialis. v. ces mots. Le genre Hémérobe, tel qu'il est restreint par Latreille (Règn. Anim. de Cuvier, T. III, p. 437), a pour caractères. antennes sétacées; quatre palpes; point de petits yeux lisses; premier segment du corselet fort court; tarses de cinq articles; ailes égales, en toit. Ce genre se distingue de celui des Osmyles par l'absence des petits yeux lisses dont celui-ci est pourvu; il s'éloigne des Corydales, des Chauliodes et des Sialis, par la petitesse de son corselet. Les Hémérobes, qu'on a aussi nommés Demoiselles terrestres, ont le corps mou; leurs yeux sont globuleux et ornés souvent des couleurs métalliques les plus brillantes. Leurs ailes sont grandes, élargies, elles ont la transparence de la gaze, et l'on aperçoit leur corps à travers; celui-ci est, en général, d'un vert tendre, et semble quelquefois coloré d'une teinte d'or, Ils volent lourdement et vivent dans les jardins; plusieurs espèces répandent une forte odeur d'exerémens, dont les doigts demeurent long-temps imprégnés lorsqu'on les touche. Réaumur, dans son onzième Mémoire qui traite des Vers mangeurs, des Pucerons, donne de grands détails sur les mœurs et les métamorphoses des larves d'Hémérobes. Ces Mouches, dit cet illustre auteur, font des œufs qu'on trouve même sans les chercher, et qui ne sauraient manquer de faire naître l'envie de connaître l'Insecte à qui ils sont dus. Il les a observés pendant plusieurs années avant que de savoir qu'ils fussent des œufs. Ces œufs, que quelques botanistes ont pris pour des espèces de Champignons, sont posés les uns auprès des autres sur de petites tiges blanches et transparentes, de la longueur d'à peu près un pouce et à peine de la grosseur d'un cheveu. C'est sur les feuilles des Arbres et des Plantes, où il y a des Pucerons, qu'ilsse trouvent. Les tiges qui supportent ces œufs sont rarement droites; elles ont quelque courbure et sont dirigées en divers sens sur la feuille. Ces œufs sont enduits, à un de leurs bouts, d'une matière visqueuse propre à être filée: c'est ce bout que la femelle applique contre le plan où elle veut les attacher; ensuite elle éloigne son derrière, et la matière s'allonge et forme un fil qui se dessèche et durcit à l'air; quand il est sec, ce qui a lieu bientôt, la femelle n'a qu'à tirer légèrement pour faire sortir l'œuf qui reste attache à son pédicule. Les larves qui éclosent de ces œufs, et que Réaumur a observées, appartiennent à trois espèces différentes de ce genre; il les appelle Lions des Pucerons ou Petits Lions, à cause du grand carnage qu'elles font des Pucerons: le corps de ces larves est aplati, allongé, et l'endroit où il a le plus de largeur, est auprès du corselet. De-là jusqu'au dernier anneau, il se rétrécit insensiblement de manière que l'extrémité postérieure est pointue. Le corselet a peu d'étendue et ne supporte que la première paire de pates; les deux autres paires sont insérées sur les deux anneaux suivans qui. avec celui que Réaumur appelle le corselet, forment le thorax de l'Insecte. Ces larves se servent de l'extrémité de leur corps pour s'aider dans leur marche; elles le recourbent, et se poussent en avant par son moyen. Le dessus de leur corps paraît ridé, parce que chaque anneau est sillonné et parait composé de plusieurs autres anneaux. La bouche de ces larves est composée de deux crochets recourbés et percés d'un ca-

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nal; c'est avec ces crochets qu'elles saisissent les Pucerons et qu'elles les sucent: quand celui qu'elles ont saisi est petit, dit Réaumur, le sucer est pour elles l'affaire d'un instant, les plus gros Pucerons ne les arrêtent pas plus d'une demi-minute; aussi ces Vers croissent-ils promptement; quand ils naissent, ils sont extrêmement petits, cependant en moins de quinze jours ils acquièrent à peu près toute la grandeur à laquelle ils, peuvent parvenir. Ils ne s'épargnent nullement les uns les autres; lorsqu'un de ces Vers peut attraper entre ses cornes un autre Ver de son espèce, il le suce aussi impitoyablement qu'il suce un Puceron. Réaumur a renfermé une vingtaine de larves dans une bouteille, où il ne les laissait pas manquer de proie. En peu de jours ils ont été réduits à trois où quatre qui avaient mangé les autres.

Au bout de quinze jours, les larves se retirent de dessus les feuilles' peuplées de Pucerons, et se mettent dans les plis de quelque autre feuille; là, elles filent des coques rondes, d'une soie très-blanche, dans laquelle elles se-renferment; les tours du fil qui composent ces coques, sont très-serrés les uns contre les autres, et ces fils étant très-forts par eux-mêmes, le tissu se trouve solide. Les coques des plus grands de ces Insectes, ont à peine la grosseur d'un gros pois. Ces larves ont leur filière placée auprès du derrière et à l'extrémité de leur partie postérieure. Peu de tenips après que la coque est finie, le petit Lion se transforme en nymphe. Réaumur n'a rien trouvé de particulier aux nymphes qu'il a tirées de leur coque. Il n'a pas observé exactement combien l'Insecte reste de temps dans sa coque; mais il lui a paru que dans les saisons favorables, c'est-à-dire dans les mois chauds, il y demeure environ trois semaines, mais ceux qui n'ont filé qu'en septembre ne sortent de leur coque qu'au printemps. Réaumur distingue, comme nous l'avons dit, trois espèces de Lions de Pucerons: les piremiers ont le corps oblong et aplati; les uns ont des tubercules à aigrettes de poils sur les côtés, les autres en sont dépourvus; enfin les troisièmes sont moins déprimés et dépourvus des aigrettes et des tubercules des premiers. Ces derniers sont les plus petits que Réaumur ait vus. Comme les Teignes, ils aiment à être vêtus; leur habillement qui couvre la partie supérieure de leur corps, depuis le col jusqu'au derrière, est composé des dépouilles des Pucerons qu'ils mangent: ainsi ils poitent sur leur dos un trophée qui atteste leur voracité. Réaumur voulant voir s'ils employaient quelque art pour faire cette enveloppe, et si d'autres matières leur seraient également propres, en dépouilla un et le mit à nu dans un poudrier où il y avait une coque de soie blanche; en moins d'une heure le petit Lion fut couvert de la soie de cette coque, qu'il avait été obligé de briser pour l'employer; il lui ôta encore cette couverture et le mit dans un autre poudrier où il y avait des parcelles de papier, qu'il avait ratissées avec un canif. Jamais petit Lion de cette espèce, dit-il, n'avait eu une matière si commode, et n'en avait jamais eu à la fois une si grandequantité à sa disposition: aussi se fit-il la couverture la plus complète, la plus épaisse, la plus élevée qu'ait peut-être portée petit Lion, Il se fait une coque semblable à celle des Lions des deux autres genres, et il en sort une Mouche qui ne diffère des autres que parce qu'elle est plus petite.

Degéer décrit plusieurs espèces de ce genre, parmi lesquelles nous citerons l'HÉMÉROBE CHRYSOPS, Hemerobius Chrysops, L., Hémérobe n° 2, Geoff. C'est la larve de cette espèce qui couvre son corps de dépouilles de Pucerons. Elle est commune dans les bois. V. pour les autres espèces, Dég. (Mém.p.l'Hist.des Ins.T. II, 2e part.) Geoff., Oliv., Encycl. Meth., Latr., Fabr., etc. (G.)

HÉMÉROBINS. Hemerobii. INS.

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Tribu de l'ordre des Névroptères, famille des Planipennes, établie par Latreille avec ces caractères: quatre ailes égales, très-inclinées, en forme de toit; premier segment du tronc fort court; tarses à cinq articles; quatre palpes; antennes filiformes ou sétacées. Cette tribu renferme les genres Hémérobe et Osmyle. V. ces mots. (G.)

HEMEROBIUS. INS. V.HÉMÉROBE.

HÉMÉROCALLE. Hemerocallis BOT. PHAN. Ce genre, de l'Hexandrie Monogynie, L., avait été décrit par Tournefort sous le nom de Lilio-Asphodelus; mais ce mot composé a été remplacé par celui d'Hemerocallis que lui a imposé Linné et qui est tiré de deux mots grecs dont la signification (beauté d'un jour) exprime la durée éphémère des belles fleurs de ce genre. Jussieu le plaça parmi les genres à ovaire-supère de la famille des Narcissées, et ensuite on le réunit aux Asphodélées, famille qu'il n'est guère possible de séparer complètement du grand groupe des Liliacées. Les Hémérocalles, en effet, ont le port des Lis et n'en diffèrent que par la marcescence de leur corolle. Voici au surplus les caractères qu'on leur a assignés: périanthe infundibuliforme dont les divisions réfléchies au sommet sont soudées par leurs onglets et forment un tube étroit qui porte les étamines; ovaire supère, arrondi, terminé par un stigmate trilobé; capsole triloculaire, contenant plusieurs graines arrondies. Les Hémérocalles, au nombre de six espèces, sont indigènes des contiées montueuse et tempérées de l'hémisphère boréal; quelques-unes croissent en Suisse, en Hongrie, d'autres dans la Chine et le Japon. On en cultive quatre dans les jardins d'Europe; leur beauté et la facilité de leur culture mériteut de fixer notre attention.

L'HÉMÉROCALLE DU JAPON, Hemerocallis Japonica, a une racine fasciculée de laquelle naissent plusieurs feuilles ovales, cordiformes, pétiolées et marquées de plusieurs nervures très-fortes. Sa hampe cylindrique, haute de trois à quatre décimètres, porte une vingtaine de fleurs pédonculées, d'un blanc pur, a gréablement odorantes, disposées en grappes et accompagnées chacune d'une bractée à la base.

L'HÉMÉROCALIE, Hemerocallis cœrulea, Venten., Malm., tab.18, diffère de la précédente par ses fleurs bleues et ses feuilles dont les nervures sont moins nombreuses. On la cultive de même en pleine terre.

Les Hemerocallis flava, L., et Hemerocallis fulva sont originaires des montagnes du midi de l'Europe. Leurs couleurs jaune clair ou rouge fauve ainsi que l'amplitude de leurs fleurs donnent à ces Plantes un aspect trèsgracieux. On cultive la première dans les jardins, en lui donnant un terrain trais et a brité du soleil, et on la connaît sous les noms de Lis-Asphodèle, Lis-Jonquille et Belle-dejour. La seconde espèce est aussi cultivée pour l'ornement des parterres;ses fleurs sont inodores. On rencontre sur les hautes sommités du Jura et des Alpes, une fort jolie Plante à fleurs blanches, considérée comme un Anthericum par Linné, mais que le professeur De Candolle, dans sa Flore Française, a placée parmi les Hémérocalles; c'est l'Hemerocallis Liliasirum. (G.N.)

HEMEROS. BOT. PHAN. Syn. de Sureau. L'Hemeros-Sicys de Dioscoride passe pour avoir été notre Concombre cultivé. (B.)

* HEMEROTES. BOT. PHAN. (Apulée.) Le Centaurium majus. V. CENTAURÉE. (B.)

HEMIANDRE. Hemiandra. BOT.PHAN. Genre de la famille des Labiées et de la Didynamie Gymnosperime, L., établi par R. Brown ( Pror. Flor. Nov.-Holl., p. 502) qui l'a ainsi caractérisé: calice comprimé à deux lèvres, dont la supérieure est indivise et l'inférieure à moitié bifide; corolle hilabiée, la lèvre supérieure plane, bifide, l' inférieure à trois divisions

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profondes dont la médiane est bifide; quatre étamines ascendantes, ayant un de l'eurs lobes pollinifère, tandis que l'autre est constamment dégénéré. L'Hemiandra pungens, R. Br., unique espèce du genre, croît sur les côtes méridionales de la NouvelleHollande. C'est un sous-Arbrisseau couché, à feuilles très-entières, munips de nervures et mucronées. Les fleurs sont axillaires et solitaires au sommet d'un pédoncule accompagné de deux bractées. Les déconpures de leur calice sont aiguës, et la corolle est blanche, tiquetée de pourpre. (G..N)

* HÉMIAISTHE. Hemianthus. BOT. PHAN. Nuttall (Gener. of North Amer. Plants, vol. 2, p. 41) a décrit sous ce nom un genre de la famille des Utriculariées et dè la Diandrie Monogynie, L., auquel il a donné les caractères suivaus: calice tubuleux, fendu latéralement et à quatre dents; corolle labiée; la lèvre supérieure peu prononcée, l'inférieure à trois segmens, dont celui du milieu est le plus long et en languette un peu recourbée; deux étamines; les filets à deux divisions subulées, dont l'une seulement porte une anthère bilobée; style bifide; capsule uniloculaire, bivalve, renfermant plusieurs graines ovales et luisantes. L'Hemianthus micranthemoides, Nuttall (loc. cit. et Journ. Acad. of Nat. sciences of Philadelph. 1, p. 119, tab. 6), est une fort petite Plante rampante, munie de feuilles entières ou veiticillées, et de fleurs très-petites et pédonculées. Elle se trouve dans les marais du nord de l'Amérique. (G..N.)

* HÉMICARDE. Hemicardia. MOLL.Cuvier (Règn. Anim. T. II, pag. 479) propose de séparer des Bucardes toutes les Coquilles de ce genre qui sont fortement comprimées d'avant en arrière et toujours catenées dans leur milieu, comme le Cardium Cardissa, par exemple, ainsi que le Cardium aviculare, Lamk., espèce fossile de nos environs, que Sowerby, dans son Genera, place à tort dans le même génre que les Hypopes. V. BUCARDE. (D..H)

* HEMICELIA. BOT. CRYPT. Pour Hemitelia. V. ce mot. (A.F.)

HEMICHROA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Chénopodées et de la Pentandrie Monogynie, L., établi par R. Brown (Prodrom. Flor. Nov.- Holl., p. 409) qui l'a ainsi caractérisé: périanthe a cinq divisions profondes, coloré intérieurement et persistant après la fructification sans changer de forme; cinq étamines ou un plus petit nombre, réunies par leur base, hypoeynes?; style bipartite; utricule ovale; graine comprimée verticalement, munie d'un double tégument, pourvue d'albumen, d'un embryon hémicyclique et d'une radicule infère, ascendante. Le caractère donné à ce genre le rapproche beaucoup des vrais Polycnemum; mais il s'en éloigne par son port semblable à celui des Polycnemum qui croissent dans les localités salines et qui constituent un genre distinct. Les espèces, au nombre de deux, savoir: Hemichroa pentandra et H. diandra, R. Br., croissent sur les côtes méridionales de la Nouvelle-Hollande. Ce sont des Plantes sous-frutescentes, à feuilles alternes, presque cylindriques; à fleurs axillaires solitaires, sessiles et accompagnées de deux bractées.(G..N.)

* HÉMICYCLOSTOMES. Hemicyclostoma. MOLL. Blainville, dans son Système conchylinlogique, a donné ce nom à une famille qui répond parfaitement à celle que Lamarck avait faite précédemment sous le nom de Néritacées. Elle comprend toutes les Coquilles dont l'ouverture forme un demi-cercle et qui sont pourvues d'un opercule complet, soit corné, soit calcaire.(D.H.)

HÉMIDACTYLES. REPT. SAUR. Sous-genre de Geckos. V. ce mot. (B.)

HÉMIDESME. Hernidesmus. BOT. PHAN Genre de la famille des Asclépiadées, et de la Pentandrie Digynie, L, établi par R. Brown (Mem.

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Wern. Societ. I, p. 56) qui l'a ainsi caractérisé: corolle rotacée, dont les sinus sont munis en dessous de cinq écailles obtuses; filets des étamines réunis à la base, mais séparés dans leur partie supérieure; anthères cohérentes, imberbes; masses polliniques au nombre de quatre, fixées à chaque corpuscule du stigmate, mais sans y être appliquées immédiatement; stigmate mutique; follicules cylindracés, très-divariqués et lisses; graines aigrettées. Ce genre est un démembrement du Periploca de Linné dont il est extrêmement voisin. Les anthères barbues de ce dernier genre, ainsi que ses masses polliniques appliquées contre le sommet dilaté du corpuscule stigmatique, sont les seules différences qu'il présente d'avec le Periploca. R. Brown a donné pour type de ce genre le Periploca indica, L. et willd., espèce de Ceylan décrite et figurée par Burmann (Thesaur. Zeyl. 187, tab. 83, fig. 1 ); Schultes a encore rapporté avec doute au genre Hemidesmus le Periploca cordata de l'Encyclopédie Méthodique, qui a été rapporté des IndesOrientales par Sonnerat. (G..N.)

* HÉMIENCÉPHALE. MAM. V. ACÈPHALE.

HÉMIGÉNIE. Hemigenia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Labiées et de la Didynamie Gymnospermie, L., établi par R. Brown (Prodr. Flor. Nov.-Holland. I, p. 502) qui l'a ainsi caractérisé: calice pentagone et quinquéfide; corolle dont la lèvre supérieure est courte et en forme de casque, la lèvre inférieure ayant la découpure médiane semi-bifide; quatre étamines ascendantes placées dans la concavité de la lèvre supérieure; leurs anthères ayant toutes an lobe pollinifère, et l'autre dégénéré, barbu supérieurement. Ce genre ne se compose que d'une seule espèce, Hemigenia purpurea, qui croît près du port Jackson, à la NouvelleHollande. C'est un petit Arbrisseau glabre, à feuilles ternées et très-étroites. Les fleurs, d'une couléur bleue purpurine, sont axillaires, solitaires et accompagnées de deux bractées. (G..N.)

* HÉMIGONIAIRES. BOT. PHAN. Le prof. De Candolle ( Théor. élém., deux. édit., p. 505) donne ce nom., aux fleurs dans lesquelles une portion des organes des deux sexes est changée en pétales. (G..N.)

HÉMIGYRE. Hemigyrus. BOT. PHAN. C'est, selon Desvaux, une espèce particulière de fruit propre à la famille des Protéacées, qui est souvent ligneux, déhiscent d'un seul côté, à une ou deux loges, contenant chacune une ou deux graines. V. FRUIT. (A.R.),

HÉMIMÉRIDE. Hemimeris. BOT. PHAN. Genre de La famille des Scrophularinées et de la Didynamie Angiospermie, L., ainsi caractérisé: calice à cinq divisions profondes, prèsque égales; corolle concave, rotacée, à deux lèvres renversées, la supérieure fendue jusqu'à la base, l'inférieure à trois divisions dont l'intermédiaire est la plus grande; quatre étamines didynames, à authères ayant leurs loges écartées; stigmate obtus; capsule biloculaire, à deux valves qui se replient et forment une cloison à laquelle est attaché un placenta central. L'Héritier a décrit, sous le nom d'Hemitomus fruticosus, une Plante qui a été rapportée au genreHemimeris par Willdenow et Jacquin. Les espèces du genre Alonsoa de Ruiz et Pavon ont été aussi placées parmi les Hemimeris par Persoon.

En admettant cette réunion, on compte maintenant dans ce dernier genre une douzaine d'espèces, la plupart indigènes du Pérou et de l'Amérique méridionale. Cependant, celles qui ont été décrites en premier lieu dans le Supplément de Linné sont originaires du cap de BonneEspérance. Ce sont des Plantes herbacées ou frutescentes, à feuilles opposées ou ternées, et à fleurs axillaires, disposées en grappes et de couleur rouge. Dans le Botanical Magazine de Curtis, tab. 417, I'Hemime-

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ris urticifolia est figurée sous le nom générique de Celsia.

Une Plante très-voisine de celle-ci a été décrite par Kunth (Nov. Gener. et Species Plant. œquinoct. T. 11, p.376) qui l'a nommée Hem. parviflora. Cet auteur a fait connaître deux autres nouvelles espèces sous, les noms d'Hem. Mutisii et d'Hem. linariœfolia. (G..N.)

HÉMIMÉROPTÈRES. Hemimeroptera. INS. Clairville a établi sous ce nom une classe d'Insectes qui correspond à celle des Hémiptères. V. ce mot. (AUD.)

HÉMIONITE. Hemionitis. BOT. CRYPT. (Fougères.) Le nom d'Hemionitis se trouve dans Théophraste et dans Dioscoride, et l'on est disposé à croire, contre l'opinion de plusieurs commentateurs qui veulent voir dans cette Plante le Scolopendrium officinarum, que c'est l'Asplenium ceterach de Linné, Ceterach officinarum de Wiildenow, que les Grecs désignaient ainsi.

Le genre Hemionitis des botanistes apour caractères: capsules à veines réticulées, insérées dans la fronde; induse nul; il diffère du genre Vittaria par la présence d'un double induse, et des Acrostichum auxquels plusieurs espèces ont été justement réunies, par les capsulesqui envahissent toute la surface inférieure de la fronde sans être enfermées dans le parenchyme comme cela a lieu dans d'Hemionitis. Quelques auteurs ont jugé convenable d'extraire du genre Hémionite de Willdenow les espèces qui n'ont pas leur fronde simple; elles sont au nombre de neuf auxquelles ces mêmes botanistes ont ajouté quatre à cinq espèces qui se trouvent en Amérique, parmi lesquelles rentre l'Acrostichum trifoliatum de Linné et de willdenow, selon Kunth, Syn. Pl. Orb.-Nov. T. I, p. 69. Le genre, tel qu'il a été établi par Willdenow, nous semble devoir être maintenu. Ces Fougères sont très-élégantes, elles se trouvent dans les Indes Orientales, au Japon, au Pérou et à Mascareigne. Lagasca a placé parmi les Hemionitis, le Grammitis leptophylla qui a figuré successivement dans la presque totalité des genres, et une espèce nouvelle qui a été découverte en Biscaye par don Juan del Pozo, et qui a été nommée par cette raison Hémionite de del Pozo, Hemionitis Pozoi, Lagasc., Gener., p. 33. Ses frondes sont composées. Les autres espèces les plus remarquables sont: l'Hémionite de Bory, Hemionitis Boryana, Willd., Sp., IX, p. 128.—L'Hemionitis reticulata, L. — L'Hémionile à frondes sessiles, Hemionitis sessilifolia, Swartz, Syn. Filic., 20, trouvée à l'Ile-Mauban; l'Hém. à fructification immergée, Hemionitis immerga, Bory et Willd., Spec.. pl. 5, p. 127, que notre collaborateur a récoltée à Mascareigue, ainsi que l'Hémion. à frondes obtuses, Hem.obtusa, Bory et Willd. (loc. cit.), et les deux belles espèces aurea et argentea dont les frondes sont décomposées et qui, décrites dans le même ouvrage, ont été récoltées par le même savant aux mêmes lieux, dans les forêts des hautes montagnes. Pour ces deux dernières, V. GYMNOGRAME. (A..F)

HEMIONUS. MAM. V. CZIGITHAI au mot CHEVAL.

HEMIPODIUS. OIS. Syn. de Turnix. V. ce mot. (DR..Z )

HÉMIPTÈRES. Hemiptera. INS. C'est, dans la Méthode de La treille (Règn. Anim. de Cuv. T. III), le septième ordre de sa classe des Insectes.Cet ordre répond exactement à Celui des Rhyngotes de Fabricius. Linné qui, le premier, l'a fondé, ne s'était servi que des caractères pris de la forme et de la direction des organes de la manducation: plus tard, il prit pour base de sa Méthode, relativement aux Insectes pourvus d'ailes, le nombre et la consistance de ces parties, et associa mal à propos aux Hémiptères, les Blattes, les Sauterelles, les Mantes et d'autres Insectes qui composent aujourd'hui l'ordre des

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Orthoptéres, et qu'il avait d'abord placés à la fin des Coléoptères. Geoffroy a suivi l'ancien plan de Linné; mais Degéer, quoiqu'en l'adoptant, l'a perfectionné et a établi deux ordres nouveaux: le premier, celui des Dermaptères (Orthoptères d'Olivier), renferme ces mêmes Insectes que Linné avait déplacés; le second fut exclusivement formé du genre Coccus, faisant partie des Hémiptères. Tous les naturalistes ont approuvé ce changement, sans admettre le dernier ordre, et les caractères qui sont propres aux Hémiptères, tels que Latreille les adopte (loc.cit.), sont: deux ailes recouvertes par deux élytres; bouche propre à la succion, n'ayant ni mandibules, ni mâchoires proprement dites, composée d'une pièce tubulaire, articulée, cylindrique ou conique, courbée inférieurement ou se dirigeant le long de la poitrine, ayant l'apparence d'une sorte de bec, présentant tout le long de la face supérieure, lorsque cette pièce est relevée, une gouttière ou un canal, d'ou l'on peut faire sortir trois soies écailleuses, roides, très-fines et pointues, recouvertes à leur base par une languette. Les troissoies forment, Par leur réunion, un suçoir semblable à un aiguillon, ayant pour gaîne la pièce tubulaire dont nous avons parlé plus haut et dans laquelle il est maintenu au moyen de la languette supérieure située à son origine. La soie inférieure est composée de deux filets qui se réunissent eu un seul, un peu au-delà de leur point de départ, ce qui fait que le nombre des pièces du suçoir est réellement de quatre. Savigny ( Mém. sur les Anim. sans vert., I, part, 1) a conclu que les deux soies supérieures sont les analogues des mandibules, les inférieures qui sont réunies représentent les mâchoires; ainsi ou voit que la bouche des Hèmiptéres est composée de six pièces, comme celle des Insectes broyeurs; leur languette représente le labre de ceux-ci; les mandibules et les mâchoires sont représentées, comme nous venons de le dire, par les filets du suçoir, et sa gaîne articulée répond à leur lèvre inférieure. Les palpes sont les seules parties qui aient entièrement disparu; on en aperçoit cependant des vestiges dans les Thrips. Latreille (Hist. nat des Crust. et des Ins. T. II, p. 140-143) avait déjà soupçonné ces rapports avant que Savigny les eût démontrés comme il l'a fait dans l'ouvrage que nous avons cité.

Les ailes supérieures d'un grand nombre d'Hémiptères, tels que ceux connus vulgairement sous le nom de Punaises des jardins, Punaises des bois, sont crustacées et terminées brusquement par une partie membraneuse: elles participent donc à la fois des élytres des Coléoptères et des ailes. C'est cette différence de consistance dans les ailes qui a fait donner le nom d'Hémiptères à cet ordre: il est composé de deux mots grecs dont l'un signifie moitié et l'autre aile. — Dans les Cigales et les Pucerons, les quatre ailes sont membraneuses, souvent très-claires et transparentes; elles ont plus de consistance dans les Tettigones, les Membraces, les Flattes, etc. Enfin, dans les Aleyrodes, elles sont farineuses et de transparence laiteuse, ce qui a fait placer ces Insectes par Geoffroy dans ses Tétraptères à ailes farineuses, sous le nom de Phalène de l'Eclaire. Plusieurs Hémiptères, comme la Punaise de lit, quelques Lygées. des Pucerons et les Cochenilles femelles, n'ont point d'ailes; mais ces anomalies n'éloignent pas ces Insectes des Hémiptères auxquels ils se rapportent entièrement par la conformation de leur bouche. — La composition du tronc commence à éprouver des modifications qui le rapprochent de celui des Insectes des ordres suivons. Sou premier segment, désigné jusqu'ici sous le nom de corselet, ressemble quelquefois, par son étendue, à celui des Coléoptères; d'autres fois il est beaucoup plus petit et s'incorpore avec le second, qui est alors à découvert; l'écusson est quelquefois très-petit et quelquefois même n'exis-

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te pas. Mais, dans certains genres, tels aue ceux des Scutellaires et des Membraces, V. ces mots, il est extrêmement dilaté, couvre tout le corps et cache les élytres et les ailes. Le corps des Insectes de cet ordre est plus ou moins renflé et divisé, comme dans le plus grand nombre de Insectes, en tête, en tronc ou thorax composé d'un corselet ou prothorax et d'une poitrine ou mèsothorax et métathorax, et d'un abdomen; la tête supporte Je bec dont nous avons parlé, et qui était nommé aiguillon par les anciens naturalistes; ce bec n'est propre qu'à extraire des matières fluides. C'est avec les styles déliés dont est formé le suçoir que ces Insectes percent les vaisseaux des Plantes et des Animaux; la liqueur nutritive est forcée de suivre le canal intérieur par la compression successive qu'elle éprouve, et elle arrive ainsi à l'œsophage. Dans plusieurs Géocorises, le fourreau du suçoir est fort allongé et souvent replié en genou ou faisant un angle avec lui. Les Hémiptères ont deux antennes souvent très-petites et souvent très - difficiles à apercevoir; dans les Psyles, les Punaises, les Strips et quelques autres, elles sont assez grandes et trés-visibles; dans les Cigales, elles sont sétacées et ne présentent que de simples filets très-courts; dans les Fulgores, elles sont subulées et plus courtes; elles sont encore moins aisées à trouver dans les Naucores, les Corises, les Nèpes, les Ranatres, et se trouvent placées au-dessous des yeux, en sorte qu'on ne peut les bien voir qu'en renversant l'Insecte. Les antennes des Pentatomes. Scutellaires et Pucerons, sont filiformes; dans quelques Hydrocorises, elles sont composées de trois articles; elles en ont quatre dans quelques autres de cette division et dans la plupart des Géocorises, cinq dans les Scutellaires et les Pentatomes, et de six à douze dans quelques autres genres. Les yeux des Hémiptères sont au nombre de deux; ils sont grands et à réseaux; et on trouve entre cux et sur la partie supérieure de la tête, et dans quelques genres seulement, trois petits yeux lisses. — L'abdomen des. Hémiptères porte, dans les Cigales femelles, une espèce de tarière cachée entre des écailles et qui leur sert à déposer leurs œufs. Il porte à son extrémitè tantôt deux pointes ou cornes, tantôt deux tubercules dans les Pucerons. Enfin, il est muni, dans les Cochenilles, de filets plus ou moins longs. Leurs pates sont les mêmes que dans les autres Insectes Hexapodes; leurs tarses antérieurs ne sont composés que d'une seule pièce et se replientsur la jambe en formant avec elle une espèce de pince à genoux dans quelques genres; dans les Naucores, les Notonectes et les Corises, les pates postérieures sont en forme de rames et leurs tarses sont composésde deux articles. Les Punaises et le plus grand nombre des HémiptÈres ont trois articles aux tarses.

Les HémiptÈres passent par les trois états de larve, nymphe et d'Insecte parfait; ils offrent, dans ces trois états, les mêmes formes et les mêmes habitudes. Le seul changement qu'ils subissent consiste dans le développement des ailes et l'accroissement du volume du corps. Ils ont an estomac à parois assez solides et musculeuses, un intestin grêle de longueur médiocre, suivi d'un gros intestin divisé en divers renflemens, et des vaisseaux biliaires peu nombreux insérés assez loin du pylore. — Quelques Hémiptèresse trouvent dans les eaux, d'autres vivent seulement à la surfacede l'eau et la parcourent rapidement à l'aide de leurs longs pieds. D'autres vivent de substances vègètales, se tiennent continuellement sur les Plantes et les Arbres, et en sucent la sève; enfin d'autres attaquent les Animaux. Dans les descriptions particulières de chaque genre de cet ordre, on donnera tous les détails relatifs à leurs habitudes. — Duméril (Dict. des Sc. natur., 1821) place les Hémiptères dans son cinquième ordre des Insectes. Il forme six divisions dans cet ordre. Ces Insectes forment, dans la Méthode de Lamarck, le troi-

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sième ordre de la classe des Insectes et de la division des Suceurs. Latreille divise cet ordre ainsi qu'il suit:

A. Bec naissant du front; étuis membraneux à leur extrémité; premier segment du tronc beaucoup plus grand que les autres, formant à lui seul le corselet; élytres et ailes toujours horizontales ou légèrementinclinées.

Ire section. —HÉTÉROPTÈRES, Heteroptera.

Cette section est ainsi nommée parce que les Insectes qui la composent ont les étuis divisés en deux parties de consistance différente: l'une crustacée, l'autre membraneuse. Beaucoup d'espèces sucent le sang de divers Insectes ou de leurs larves; quelques-unes même se nourrissent du sang de l'Homme et de quelques Oiseaux. (V. ACANTHIA, Fabr., ou PUNAISES.)Les autres vivent du suc des Végétaux. Cette section est divisée en deux familles: ce sont les Géocorises et les Hydrocorises. V. ces mots.

B. Bec naissant de la partie la plus inférieure de la tête, près de la poitrine, et même à l'entre-deux des deux pieds antérieurs; étuis presque toujours en toit, de la même consistance partout et demi-membraneux, quelquefois même presque semblablesaux ailes. Premier segment du troue tout au plus aussi grand que le second, et ordinairement plus court, s'unissant avec lui pour former le corselet.

IIe section. — HOMOPTÈRES, Homoptera.

Les Insectes de cette section vivent du suc des Végétaux. La plupart des femelles ont une tarière, souvent composée de trois lames dentelées et logées dans une coulisse à deux valves. Elles s'en servent comme aune scie pour faire des entailles dans les Végétaux et y placer leurs œufs. Cette section est divisée en trois familles: les Cicadaires, les Aphidiens ou Pucerons et les Gallinsectes. V. ces mots. (G.) HÉMIPTÉRONOTE. Hemipteronotus. POIS. Genre formé par Lacépède aux dépens des Coryphœnes, auquel ce savant attribue pour carac-tères: sommet de la tête tranchant par le haut, très-comprimé et finissant sur le devant par un plan vertical; une seule dorsale qui n'occupe que la moitié de la longueur du Poisson, au lieu que daus les Coryphœnes cette nageoire règne de la tête à la queue; ici les dents du palais et des mâchoires sont d'ailleurs en carde ou en velours. Cuvier, qui n'a pas mentionné même comme synonyme ce genre, remarque que le Coryphœna pentadactyla, qu'y avait renfermé son auteur, n'en a pas les caractères, el doit entrer parmi les Rasons. Le Coryphœna Hemiptera de Gmelin, Hemipieronotus Gmelini de Lacépède, demeurerait donc la seule espèce du genres'il était adopté. Ce Poisson n'est guère connu que par cette phrase de Gmelin (Syst. nat. XIII, T. I, pars 3, p. 1194): Maxiliis subœqualibus, pinnâ dorsali brevi, et par le nombre des rayons de ses nageoires, D. 14, p. 15, v. 8, A. 10, c. 18. Il habite l'Océan asiatique. (B.)

HÉMIRAMPHE. Hemiramphus. POIS. Sous-genre d'Esocé. V. ce mot. Lesueur vient récemment d'y ajouter plusieurs espèces nouvelles des mers de l'Amérique septentrionale, (B.)

HÉMISIE. Hemisia. INS. Genre de l'ordre des Hyménoptères fondé par Klug et réuni par Latreille aux Centris. V. ce mot. (AUD.)

HÉMISTEMME. Hemistemma. BOT. PHAN. Genre de la famille des Dilléniacèes et de la Polyandrie Digynie, L., établi par Jussieu etpublié par Du Petit-Thouars (Nova Genera Madagasc., p. 18). Voici les caractères qui lui ont été assignés par De Candolle (Syst. Regn. veget.nat. 1, p.412): calice à cinq sépales ovales, presque concaves, velus extérieurement; ciuq pétales obtus au sommet ou échancrés, dont deux sont un peu éloignés Pun de l'autre; étamines nombreuses insérées d'un seul côté de l'ovaire, dont les filets sont courts et

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les anthères oblongues; les plusextérieures stériles et squamimformes; deux ovaires velus, libres, ou unis à la base, surmontés chacun d'un style; deux capsules ne renfermant qu'un petit nombre de graines cein les d'un arille membraneux, et pourvuesd'un albumen charnu. Les caractèresque nous venons de tracer distinguent très-bien ce genre qui n'a d'affinité qu'avec le Pleurandra de R. Brown, mais il se lie assez ètroitement avec celui-ci. Persoon (Enchire. 2, p. 76) en décrivit deux espèces qu'il ne considéra que comme des variétés d'une même Plante à laquelle il donna le nom d'Helianthemum coriaceum. En effet, le port de ces Plantes est celui des grandes espèces d'Hélianthêmes et de Cistes. Leurs feuilles sont oblongues, ovales ou linéaires, opposées ou alternes, très-entières, coriaces, supèrieurement glabres, luisantes, blanchâtres en des sous et couvertes d'un duvet trés-dense et trés-court. Les fleurs sont nombreuses, unilatérales, sessiles, accompagnées de petites bractées, et portées sur des pédoncules axillaires ou qui naissent entre deux jeunes branches. Le nombre des espèces, qui n'était' primitivement que de deux, s'est augmenté de quatre autres, découvertes par Brown et Les chenault dans la Nouvelle-Hollande. De Candolle en a formé deux sections ainsi caractérisées:

1. Espèces à feuilles opposées, à étamines stériles, spathulées, à pétales echancrés. Elles croissent à Madagascar, d'où l'une d'elles, Hemisiemma Commersonii, De Cand. et Deless. (Icon. Select. I, fab. 74) a été rapportée par Commerson; et l'autre, Hem. Aubertü, De Cand. et Deless. (loc. cit. tab. 75), par Aubert Du Petit-Thouars. Dans la première, les feuilles sont ovales, oblongues, mucronées, à pédoncules cotonneux; dans la seconde, les feuilles sont oblongues, lancéolées, atténuées à la base, aigues au sommet, et les pédoncules sont légèrement glabres.

2. Espèces à feuilles alternes, à étamines stériles, linéaires, à pétales obtus. Elles croissent toutes dans la Nouvelle-Hollande. L'Hemistemma dealbatum et l'Hem. angustifolium de R. Brown, ont été figurées dans les Icones Select. de B. Delessert (tab. 76 et 77). (G.N.)

* HEMITELIA. BOT. CRYPT. (Fougères.) Ce genre, proposé par R. Brown qui y rapporte les Cyathea multiflora (Smith), horrida (Swartz), capensis (Smith) et plusieurs autres espèces des Indes-Occidentales, est caractérisé par un tégument persistant, voûté, demi-circulaire à la base, inséré à la partie inférieure du réceptacle et à bords libres. V. CYATHÉE. (A. F.)

* HÉMITHRÈNE. MIN. Nom d'uneroche de Schmalzgrube et Manesberg en Saxe; elle est composée d'Amphibole et de Calcaire. Le Marbre bleu turquin serait un Hémithrène, si, comme quelques minéralogistes le pensent, il devait sa couleur bleue à de l'Amphibole très-atténuée. (G.)

HEMITOMUS. BOT. PHAN. Le genre constitué sous ce nom par l'Héritier, est le même que l'Hemimeris de Linné. V. HÉMIMÉRIDE. (G..N.)

HÉMITROPIES. MIN. Haümy a donncenom à une sorte de Macleformée par deux Cristaux semblables, qui se réunissent en sens inverses, en sorte que l'un est censé avoir fait une demi-révolution pour se placer sur l'autre. Dans celte espèce de groupement, les Cristaux conservent rarement leurs proportions et leur symétrie; ils semblent s'être comprimés mutuellement en s'étendant dans le sens des plans de jonction, ce qui donnc à leur assemblage l'apparence de deux moitiés d'un même Cristal, appliquées l'une contre l'autre en sens contraires. Ces sortes de groupesont souvent, dans quelques-unes de leurs parties, tous les caractères de Cristaux réguliers, et dans d'autres ils présentent des angles ren-

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trans, ce qui aide à les reconnaître au premier abord. Mais il peut arriver qu'il n'y ait aucun angle de cette espèce, et alors il n'y a plus d'autre indice de groupement que la disposition différente des facettes modifiantes sur les parties opposées, et l'interruption des clivages à l'intérieur. On ne conuaît pas d'Hémitropies dans les Cristaux qui dérivent du système cristallin régulier; mais il en existe de fort remarquables dans le système rhomboédrique; telle est, entre autres, celle que les anciens minéralogistes désignaient par le nom de Spath en cœur, et qui résulte de la réunion de deux variétés analogiques (V. CHAUX CARBONATÉE), ou, si l'on veut, de deux moitiés d'une même variété, coupée par un plan parallèle à une face primordiale, dout l'une aurait été appliquée en sens contraire de l'autre. Les systèmes cristallins du prisme à bases carrées, et du prisme rhomboïdal à base oblique, offrent aussi fréquemment de véritables Hémitropies; ces sortes de groupemens sont très-communs dans l'Etain oxidé, le Titane oxidé, le Feldspath, le Pyroxène et l'Amphibole. En général, les Hémitropies ont toujours lieu parallèlement a l'une des faces de la forme primitive, ou à l'un des plans diagonaux de cette même forme, ou enfin à un plan perpendiculaire à l'axe des cristaux. V. pour plus de détails le mot MACLE, où nous réunirons sous un même point de vue tout ce qui concerne les groupemens en général. (G. DEL.)

HÉMODORE. BOT. PHAN. Pour Hæmodore. V. ce mot.

* HEMORRHOIS. REPT. OPH. Le petit Serpent fort venimeux, et qui causait une mort prompte par de terribles hémorragies au rapport de quelques anciens auteurs, n'est pas suffisamment connu. Ceux qui l'ont mentionné ne sont même pas d'accord sur sa patrie. (B.)

* HEMUL. MAM. Même chose que Guemul. V. ce mot. (B.)

* HENDEB ET HENDEBEH. BOT. PHAN. Syn. arabes de Chicorée et probablement racine du mot Endive. (B.)

HENIOCHUS. POIS. (Cuvier.) Sous- genre de Chœtodons. V. ce mot. (B.)

HENNÉ OU ALHENNA. Lawsonia. BOT. PHAN. Ce genre, de la famille des Salicariées et de l'Octandrie Monogynie, L., offre les caractères suivans: calice quadrifide; corolle à quatre pétales; huit étamines disposées par paires entre les pétales; ovaire supère, surmonté d'un style et d'un stigmate simple; capsule placée dans le calice persistant, à quatre loges polyspermes; graines anguleuses, attachées à la columelle centrale. A l'espèce remarquable de ce genre et dont nous allons donner une courte description, Linné fils a réuni l'Acronichia; lœvis de Forster (Gener., 54, tab. 17) sous le nom de Lawsonia Acronichia; mais Jussieu a fait observer que cette Plante pourrait bien n'être pas congénère du Lawsonia, puisqu'elle a un calice très-petit, à quatre divisions profondes, des pétales infléchis au sommet (peut-être hypogynes?), le disque de l'ovaire renflé et à huit sillons, enfin un stigmate presque bilobé et des loges monospermes? Il faut encore, selon Jussieu, éliminer des Lawsonia le Poutaletsje de Rhéede (Hort. Malab., 4, tab. 57) qui est monopétale, tétrandre, à ovaire infère, et qui paraît se rapprocher des Petesia Néanmoins Lamarck en a fait dans l'Encyclopédie méthodique son Lawsonia purpurea.

Le HENNÉ ORIENTAL, Lawsonia inermis, L.; Elhanne ou plutôt Alhenna des Arabes, cité par la plupart des voyageurs, est un Arbrisseau de deux à trois mètres de hauteur, ressemblant au Troëne, dont les branches sont opposées et très-étalées. Les feuilles sont opposées, pétiolées, elliptiques, aiguës à leurs deux extrémités, glabres et très entières; les fleurs, petites, blanches, nombreuses, forment une ample panicule terminale, à ra-

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mifications grêles, opposées, quadraugulaires. Le bois en est dur, becouvert d'une écorce ridée et grisâtre. Le Henné croît dans toute l'Afrique septentrionale, dans l'Arabie, la Perse et les Indes-Orientales. On le cultive dans les jardins botaniques de l'Europe où il exige la serre tempérée; mais il est probable qu'on pourrait le conserver facilement en pleine terre dans les contrées littorales de la Méditerranée. D'après les observations du professeur Desfontaines (Flor. Atlant, I, p. 125), le Lawsonia spinosa de Linné n'est qu'une variété ou plutôt un état différent de la Plante précédente oui, dans sa jeunesse, est inerme, et dont les branches s'endurcissent par l'âge et deviennent épineuses. Le Henné est un Arbrisseau dont l'importance était appréciée dès la plus haute antiquité. Les Grecs lui donnaient le nom de Cypros et les Hébreux celui de Hacopher. Ils s'en servaient pour teindre en jaune-brun, comme les Maures et les Arabes le font encore aujourd'hui. Chez ces peuples, les femmes font une grande consommation des feuilles de Henné séchées, pulvérisées et réduites en pâte, pour colorer leurs cheveux, ainsi que les ongles des pieds et des mains; c'est un ornement dont elles ne se privent qu'à la mort de leurs maris ou de leurs proches parens. Les Arabes, si célèbres par les soins qu'ils prodiguent à leurs Chevaux, teignent avec le Henné le dos, la crinière, le sabot et même une partie des jambes de leurs bêtes chéries. Desfontaines assure qu'il suffit d'écraser les feuilles du Henné et de les appliquer en forme de cataplasme sur les parties qu'on veut peindre en jaune. Il résulte des expériences chimiques faites en Egypte sur les feuilles de Heuné par Bertoollet et Descotils, qu'elles contiennent une grande quantité de matière colorante, susceptible d'être appliquée avantageusement à la teinture des étoffes de laine, et dont on pourrait diversement nuancer les teintes par l'Alun et le sulfate de Fer. L'odeur des fleurs de Henné a quelque analogie avec celle des fleurs deChâtaignier. On sait que les goûts des Orientaux diffèrent, en général, beaucoup des nôtres; ainsi ces peuples trouvent cette odeur fort agréable, leurs femmes en conserveut toujours dans les appartemens, en répandent dans les habits des nouveaux mariés, et se parfument dans les cérémonies religieuses avec l'eau qu'on obtieut de ces fleurs par la distillation. (G..N.)

HENNISSEMENT. MAM. La voix du Cheval. (B.)

HENOPHYLLUM. BOT. PHAN. Syn. de Maianthemum bifolium. V. MAIANTHÉME. (B.)

HÈNOPS. Henops. INS. Genre de l'ordre des Diptéres, famille des Tanystomes, tribu des Vésiculeux, ainsi nommé par Illiger, et adopté par Walckenaer, par Meigen et par Fabricius; mais qui avait été établi antérieurement par Latreille sous le nom d'Ogcode.V. ce mot. (AUD.)

HENOTHRIX. INS. Nom donné par Mouffet (Theatr. Ins.) à un Hyménoptère du grand genre Ichneumon. V. ce mot. (G.)

HENRICIE. Henricia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, Corymbifères de Jussieu, et de la Syngénésie superflue, L., établi par Henri Cassini ( Bulletin de la Société Philom., janvier 1817 et déc. 1818) qui lui a donné les caractères principaux suivans: involucre presque hémisphérique, composé de folioles sur deux rangs, égales en longueur, appliquées, les extérieures ovales-aiguës, les intérieures membraneuses, scarieuses, obtuses et arrondies au sommet; réceptacle nu et convexe; calathide presque globuleuse, dont le disque est formé de fleurons nombreux, réguliers et hermaphrodites, et la circonference de demi-fleurons en languette, sur un seul rang et femelles; ovaires cylindracés, hérissés et surmontés d'une aigrette dont les poils sont légérement plumeux. Ce genre a été placé par son auteur dans

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la tribu des Astérées, tout auprès d l'Agathœa et du Felicia, autres genres nouveaux constitués par Cassini. Ses calathidés ont aussi des ressemblances extérieures avec celles des Bellis. L'unique espèce dont elle se compose, Henricia agathœaides, H. Cass., est une Plante recueillie à Madagascar par Commerson et que ce botaniste avait placée parmi les Baccharis. (G..N.)

HÉOROTAIRE. Drepanis. OIS. Genre de l'ordre des Anisodactyles. Caractères: bec long et fortement courbé, dépassant de beaucoup la longueur de la tête, assez gros et triangulaire à sa base, subulé et très-effilé à la pointe; mandibules également arquées, la supérieure entière, plus longue que l'inféiieure; narines placées de chaque côté du bec et à sa base, en partie recouvertes par une membrane; quatre doigts, deux devant, les latéraux égaux en longueur, l'externe soudé a sa base avec l'intermédiaire qui est de moitié moins grand que le tarse; la première rémige nulle, les deuxième, troi sième, quatrième et cinquième presqu'égales et les plus longues. Les Héorotaires, dont plusieurs auteurs ont considérablement multiplié les espèces aux dépens de différens genres voisins, appartiennent presque tous aux points les plus chauds et les plus reculés de l'archipel encore peu connu que les géographes modernes considèrent comme une cinquième partie du monde. Les mœurs et les habitudes de ces Oiseaux n'ont presque point encore été observées, et ce qu en ont rapporté quelques voyageurs paraît trop hasardé pour qu'on puisse l'établir comme faits propres à l'histoire des Héorotaires. Revêtues d'un plumage tout à la fois riche et élégant, la plupart des espèces de ce genre peu nombreux fournissent aux insulaires de l'Océanique, les élémeus de ces manteaux de plumes dont nous adminons, dans quelques cabinets de curieux, l'éclat et le travail.

HÈOROTAIRE AKAIÈAROA, Certhia obscura, Gmel.; Melithreptusobscurus, Vieill., Ois. dorés, pl. 53. Parties supérieures d'un vert olive, les inférieures jaunâtres; une tache brune de chaque côté de la base du bec; rémiges et rectrices noirâtres, bordées de vert olive; bec et pieds bruns.Taille, cinq pieds et demi. Des îles Sandwich.

HÈOROTAIRE A BEC EN FAUCILLE, Certhia falcata, Lath. Parties supérieures d'un beau vert, irisé de violet; gorge, poitrine et rectrices violettes; parties inférieures, rémiges et tectrices alaires brunâtres; bec et pieds noirâtres. Taille, cinq pouces et demi. De l'archipel Indien.

HÉOROTAIRE HOHO, Certhia pacifica Lath.; Melithreptus pacificus, Vieill., Ois. dorés, pl. 93. Parties supérieures noires, les inférieures d'un brun noirâtre: croupion, tectrices caudales et abdomen d'un beau jaune; base de la mandibule inférieure entourée de plumes effilées et recourbées en avant; bec et pieds noirs; doigts gros, recouverts d'ecailles raboteuses et larges; ongles forts et crochus. Taille, huit pouces. Des îles Sandwich.

HÉOROTAIRE ROUGE, Certhia coccinea, L.; Certhia vestitaria, Lath.; Melithreptusvestitarius, Vieill., Ois. dorés, pl. 32. Parties supérieures d'un beau rouge de carmin; rémiges et rectrices noires; une tache blanche sur les parties tectrices alaires; bec et pieds blanchâtres. Taille, cinq pouces et demi. Les jeunes ont le plumage plus ou moins tacheté de jaune chamois. Des îles des Amis. (DR..Z.)

HEO-TAU. BOT. PHAN. C'est le nom de pays qu'on donne aux espèces de Bambous et aux espèces de Rotangs d'où proviennent ces canues élégantes, agréablement noueuses et flexibles, dont on faisait naguère un si grand usage en Europe. (B.)

* HEPATARIA. BOT. CRYPT. (Champignons.) Ce genre, encore mal connu, a été établi par Rafinesque qui n'a point donné de caractères géné-

TOME VIII. 9

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riques. Il annonce que ces Plantes ont du rapport avec les Tremelles, et cite deux espèces qu'il désigne sous les noms de cuneata et d'erecta. (A. F.)

HÉPATE. POIS. Cette espèce de Labre de Gmelin paraît être, ainsi que son Labrus adriaticus, l' Holocentre Siagonothe de Delaroche (An. du Mus. t. 53), espèce du genre Serran. V. ce mot. (B.)

HÉPATE. Hepatus CRUST. Genre de l'ordre des Décapodes, famille des Brachyures, section des Arqués, établi par Latreille aux dépens du genre Crabe de Linné et des Calappes de Fabricius, et ayant pour caractères: toutes les pates ambulatoires, crochues et étendues horizontalement; test en segment de cercle, rétréci postérieurement et ayant les bords finement dentelés; serres comprimées en crête; second article des premiers pieds-mâchoires terminé en pointe. Ces Crustacés sont intermédiaires entre les Crabes et les Calappes, dans lesquels Fabricius avait placé la seule espèce qui soit bien connue; leur forme est la même que celle des Crabes, mais ils en diffèrent par les pates, les serres et la forme du test; ils s'éloignent des Migranes (Calappa de Fabricius) par des caractères tirés du test et des pates. Les yeux des Hépates sont petits et logés chacun dans une cavité presque orbiculaire. Leurs pates diminuent progressivement en longueur, et les antérieures, qui sont les plus grandes, ont la tranche supérieure de leurs pinces comprimée et dentée en forme de crête; les bords latéraux du test ont un grand nombre de dentelures; la queue est en forme de triangle étroit et allongé, terminée en pointe et composée de sept tablettes. Les antennes latérales sont insérées à la base inférieure des pédicules oculaires, excessivement petites et coniques; les intermédiaires sont logées ooliquement dans deux fossettes au-dessous du front qui est droit et comme tronqué. Les pieds mâchoires extérieurs des Hépates diffèrent de ceux des Crabes et des Calappes, et ressemblent beaucoup à ceux des Leucosies (V. ce mot); ils s'appliquent exactement l'un contre l'autre par une suture droite à leur partie inférieure; le premier article est allongé, le second a une forme triangulaire et se termine en pointe: la largeur de la cavité buccale diminue vers Son sommet où elle se termine en s'arrondissant. Les autres articles de ces pieds-mâchoires sont cachés; mais la tige ou le manche des palpes flagelliformes annexés à ces parties forme de chaque côté une pièce allongée, presque lancéolée, adossée contre la face extérieure du second article. Les mœurs des Hépates nous sont absolument inconnues. La seule espèce bien connue de ce genre est:

L'HÉPATE FASCIÉ, H. fasciatus, Latr.; Cancer annularis, Oliv.; Cancer princeps, Bosc; Calappa aungusta, Fabr.; C. pudibundus? GRODOV., Cancer, t. 38, f. 2, Herbst. Il est de la taille du Crabe Tourteau d'un âge moyen; son test est lisse, traversė de petites lignes rouges, avec les bords des côtés dentelés; les pates sont fasciées de violet. Il se trouve dans l'océan Américain. (G.)

* HEPATICA PAVONICA. BOT. CRYPT. (Hydrophytes.) Quelques auteurs du moyen âge ont donné ce nom à l'Ulva pavonia, L., Padina pavonia de Lamx. V. PADINE. (A. F.)

HEPATICELLA. BOT. CRYPT. (Hépatiques.) Leman, dans le Diction, des Sciences Naturelles, a traduit ainsi le mot italien Fegatella, nom donné par Raddi à un nouveau genre quin'a point été adopté et auquel il rapporte le Marchantia conica de Linné, espèce commune dans les environs de Florence où elle porte le nom de Fegatella, diminutif du mot italien fegato foie. V. MARCHANTE. (A. F.)

HÉPATICOIDES. BOT. CRYPT. (Hépatiques.) Vaillant donnait ce nom à diverses espèces de Jongermannes dont la fronde est simple et étalée comme celle des Marchantes: ce sont les Jungermanria epiphylla,

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L.; J. pinguis, L.; J. multifida, L.; J. furcata, etc. (A.F.)

HÉPATIQUE. Hepatica. BOT. PHAN. Genre de la famille des Renonculacées et de la Polyandrie Polygynie, L., réuni par Linné aux Anémones et caractérisé de la manière suivante par le professeur De Candolle (Syst. Veget. natur., I, p. 215): involucre caliciforme à trois folioles entières ne renfermant qu'une seule fleur; six à neuf sépales pétaloïdes, disposés sur deux ou trois rangs; étamines et ovaires très-nombreux; carpelles non prolongés en queues, monospermes, indéhiscens. Ce genre qui, par ses caractères, ne diffère que légèrement des Anémones, renferme cinq espèces dont une seule croît en Europe. Les autres habitent l'Amérique, surtout les contrées boréales. L'Hepatica integrifolia, D.C., ou Anemone integrifolia, Kunth (Nov. Genera et Spec.Plant. œquinoct., v, p. 40), possède des caractères qui unissent les deux genres Hepatica et Anemone.

L'HÉPATIQUE TRILOBÉE, Hepatica trilobata, D. C., a des feuilles un peu coriaces, échancrées en cœur à la base et partagées en trois lobes entiers et ovales; ce qui a valu à cette Plante les noms vulgaires de Trinitaire et d'Herbe de la Trinité. Plusieurs hampes velues partent de la racine et portent chacune une fleur de couleur bleucendré dans l'état sauvage. Cette espèce fleurit, dès le mois de février, dans les contrées montueuses et boisées de l'Europe méridionale. Elle est cultivée dans presque tous les jardins, en raison de la précocité et de la beauté de ses fleurs qui doublent le plus souvent et présentent toutes les nuances de couleur depuis le blanc jusqu'au pourpre et au bleu foncé. Dans la culture oc cette jolie Plante, il faut avoir soin de la placer dans un terrain frais et à l'ombre; et lorsqu'on la multiplie en divisant ses racines au mois d'octobre, on a conseillé de ne nas employer la serpette, parce que le fer passe pour être très-nuisible à ses racines. Les anciens botanistes lui ont conféré le nom d'Hépatique, peut-être à cause de quelques vertus imaginaires qu'ils lui attribuaient contre les maladies du foie. (G..N.)

Le nom d'Hépatique a été étendu à diverses Plantes phanérogames qui n'appartiennent point aux Renonoulacées dont il vient d'être question; ainsi l'on a appelé:

HÉPATIQUE BLANCHE ou NOBLE, le Parnassia palustris.

HÉPATIQUE DES MARAIS OU DORÉE, le Chrysosplenium oppositifolium.

HÉPATIQUE DES BOIS OU ÉTOILÉE, l' Asperula odorata.

HÉPATIQUE POUR LA RAGE, le Peltidea canina, L. (B.)

HEPATIQUES. Hepaticœ. BOT. CRYPT. Famille de Cryptogames instituée par Jussieu, lesquelles seprésentent à l'œil sous la forme d expansions foliacées, ou sous celle de tiges assez semblables à celle de plusieurs grandes Mousses. Les Hépatiques aiment les lieux sombres et humides, et se fixent même quelquefois sur les pierres qui se trouvent dans un état continuel d'irrigation. Elles sont intermédiaire, entre les Lichens et les Mousses; se lient aux premières par le genre Riccie et Endocarpe, et aux secondes par les Andrées et certaines Jongermannes; difièrent des Lichens en ce qu'elles sont plus vertes et plus foliacées, et que leur fructification est plus parfaite; s'éloignent des Mousses par l'absence totale de coiffe (calyptra), et par la contexture du tissu qui paraît cellulaire dans les Hépatiques, et utriculaire dans les Mousses. Ces Plantes sont terrestres ou parasites, rampantes, appliquées sans adhérence intime, ou garnies en dessous de fibrilles radicales très-menues. La fronde est quelquefois aphylle, indivise ou lobée; plus rarement elle est polyphylle, à feuilles distantes ou imbriquées. Les organes considérés comme la fleur des Hépatiques, sont ordinairement terminaux ou axillaires dans les espèces polyphylles, épars

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ou sous-marginaux dans les espèces membraneuses. De Candolle veut qu'on considère la nervure qui traverse la fronde des Hépatiques membraneuses, comme une véritable tige; elle né diffère, suivant cet auteur, de la tige qu'on observe dans certaines Jongermannes, que parce qu'elle est bordée de parenchyme dans toute sa longueur, tandis que dans les Hépatiques caulescentes, ce parenchyme est interrompu, c'est-à-dire divisé en lobes foliacés. Cette nervure sert à établir un très-bon caractère distinctif entre les Hépatiques et certains Lichens membraneux qui leur ressemblent. Les fleurs des Hépatiques sont monoïques ou dioïques. Les organes mâles se présentent sous la forme de globules, gonflés par un liquide fécondant visqueux, nus ou réunis dans un périanthe (perichèze propre, Mirb.) sessile et plus rarement porté sur un pédoncule. Les organes femelles sont nus ou réunis dans un périchèze ou calice monophylle, sessile; ils sont surmontés d une coiffe membraneuse qui paraît jouer le rôle de style; les capsules, toujours dépourvues d'opercule, sont uniloculaires, monospermes ou polyspermes, sessiles, rarement stipitées, nues, entourées dans leur jeunesse d'une membrane en forme de calyptre qui se rompt pour laisser passer la capsule, et qui persiste à la base du pedicelle qu elle entoure alors. Les graines sont pour la plupart fixées par des filamens, roulées en spirale; dans leur germination, elles poussent en dessus une radicule, et s'étendent en dessous en tout sens. Plusieurs Hépatiques offrent des espèces de gemmules (Orygomes, Mirbel). Ces gemmules ne doivens pas être confondues avec les véritables fleurs; elles paraissent néaumoins concourir à la propagation de l'espèce; elles remplissent les fonctions de bourgeons ou de gougyles reproducteurs: ce sont des corpuscules oblongs, renfermés dans de petits godets crénelés (V. ORYOGOME, PÉRICIIÈZE, PANNEXTERNE et PÉRISPORANGE.)

Les anciens auteurs n'ont parlé que de la Marchante polymorphe sous le nom de Lichen des Pierres (Lichen petreus, Pline). Les botanistes du moyen âge ont décrit plusieurs Jongermannes parmi ce qu'ils appelaient Muscus, sous la dénomination de Muscus squamosus. Micheli, qu'il faut toujours citer quand on écrit sur la cryptogamie, a réuni dans son excellent ouvrage toutes les Hépatiques connues de son temps, et les a le premier partagées en genres. Cet auteur les plaça parmi les Plantes à fleur campaniforme: on ignorait encore comment s'opérait la fécondation des Phanérogames, et tout ce qui présentait l'apparence d'une corolle, s'appelait fleur, qu'elle fût pourvue ou non de pistils ou d'étamines, qu'elle eût ou non un ovaire. Quoi qu'il en soit, Micheli définit très-bien les Hépatiques; il en décrivit quarante-sept espèces qu'il partagea en dix genres: Marchantia Hepatica, Targionia, Sphœrocarpos, Blasia, Lunularia, Marsilea, Jungermannia, Muscoides et Anthoceros. Les genres Marchanda, Hepatica et Lunularia, répondent au Marchantia de Linné; les genres Marsilea, Jungermannia et Muscoides, constituent le genre Jungermannia. Le genre Blasia est rentré dans les Jongermannes; les genres Targionia, sphœrocarpos et Anthoceros ont été conservés. V. tous ces mots. — Dillen, qui écrivis après Micheli, ajouta une centaine d'espèces à celles qu'avait décrites son illustre prédécesseur, mais ne suivit pas l'ordre méthodique établi par Micheli. Il établit trois genres principaux: Anthoceros, Lichenastrum (Jungermannia, Marsilea et Muscoides, Micheli), Lichen (Marchantia, Hepatica, Lunularia de Micheli); outre ces noms, on remarque que l'espèce 48 du genre Lichenastrutm porte le nom d'Ulva palustris, et que les espèces 49 et 50 ont reçu le nom de Jungermannia; ou remat que encore que les n. 13, 14, 15 et 16 de son genre Lichen, sont qualifiés de Riccia; le n. 17 a le nom de Sphœrocarpos, et le n. 20,

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celui d'Ichcacalotic. Linné n'a décrit que quarante-sept espèces d'Hépatiques, qui sont groupées en six genres: Jungermannia, Targionia, Marchantia, Blasia, Riccia et Anthoceros. De Candolle a adopté tous ces genres dans la Flore Française, en plaçant toutefois, dans son Supplément, le genre Blasia parmi les Jungermannia. Adanson et Jussieu n'ont donné que des genera. Le premier a suivi Micheli, en ajoutant à sa famille des Hépatiques, le genre Salvinia qui fait maintenant partie des Rhizospermes; le second a suivi Linné sans aucune modification.

La déhiscence des capsules a fourni à Sprengel deux grandes divisions pour cette famille: 1° capsules fermées ou simplement percées, ne s'ouvrant point en valves (Homalophylles); 2° capsules s'ouvrant à plusieurs valves (Hépatiques). Cette deuxième section est subdivisée en capsules bivalves et capsules à quatre ou cinq valves, et celles-ci en capsules agrégées et en capsules solitaires. Cet auteur a créé, ainsi que Palisot-Beauvois et surtout Raddi, un très-grand nombre de genres. Weber qui a donné en 1815 une histoire très-détaillée des Hépatiques, et le célèbre Hooker, dans son histoire des Jongermannes, ont rejeté, non sans raison, la plupart de ces innovations qui surchargent sans fruit la synonymie. (A. F.)

HÉPATITE. MIN. Suivant Boëce de Boot, ce nom avait été donné par les anciens à une Pierre ollaire de couleur de foie; Lucas pense que c'est plutôt une Serpentine, car il est bien rare que les Pierres ollaires aient cette couleur. (G.)

HEPATITIS. BOT. PHAN. Vieux syn. d'Eupatoire. V. ce mot. (B.)

HEPATOXYLON. INT. Genre de l'ordre des Cestoïdes, proposé par Bosc pour une espèce de vers trouvée dans le foie d'un Squale, et qu'il avait déjà décrite sous le nom générique de Tentaculaire. Rudolphi n'adopte aucun de ces genres, et classe l'Animal décrit par Bosc, sous le nom d'Hépatoxylon, parmi les Tétrarhynques douteux. (LAM..X.)

* HEPATUS. POIS. (Gronou.) V. THEUTIS.

HEPETIS. BOT. PHAN. Le genre Pitcairnia de l'Héritier avait déjà été nommé Hepetis par Swartz et Solander. Malgré l'antériorité de ce nom, celui de Pitcairnia a tellement prévalu qu'il a été adopté par Swartz luimême. (G..N.)

* HĖPHESTITE. MIN. On ne peut guère comprendre quelle Pierre Valmon de Bomare entend désigner sous ce nom exhumé de Pline, et qu'applique ce dernier compilateur à un Minéral qui, quoique roussâtre, renvoie les images comme un miroir, refroidit l'eau chaude, et qui, exposé au soleil, allume les matières sèches? (B.)

HÉPIALE. Hepialus. INS. Genre de l'ordre des Lépidoptères, famille des Nocturnes, tribu des Bombycites, établi par Fabricius aux dépens du genre Phalène de Linné, et dont les caractères sont: antennes moniliformes ou grenues, beaucoup plus courtes que le corselet; palpes inférieurs très-petits et fort poilus; trompe nulle ou imperceptible; ailes longues, étroites, lancéolées ou elliptiques, toujours en toit dans le repos; cellule discoïdale des inférieures fermée transversalement en arrière par une nervure flexueuse et divisée longitudinalement par un rameau fourchu qui descend de la base au bord postérieur.

Les Hépiales sont des Lépidoptères qui n'ont rien de remarquable sous leur forme de Papillon; ils voltigent le soir et quelquefois en plein midi, et nous en avons rencontré souvent à cette heure dans les chemins secs et Couverts de poussière, Il est difficile d'observer leurs cheuilles qui vivent sous terre et se nourrissent des racines de différentes Plantes: en général elles ont le corps glabre, muni de seize pates; leur bouche est armée

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de deux fortes mâchoires avec lesquelles elles coupent les racines. Leurs métamorphoses ont lieu dans des coques qu elles se construisent avec des molécules de terre, et qu'elles tapissent intérieurement d'un réseau de soie très-serré et peu épais. Leurs chrysalides sont cylindriques, un peu convexes du côté du dos, avec l'enveloppe des ailes courte; les anneaux de l'abdomen sont garnis d'une double rangée de dents aiguës et inclinées vers l'anus. Ce genre renferme à peu près une douzaine d'espèces que l'on trouve presque toutes en Europe. Godard (Lépidopt. de France, T. IV, p. 32 et suiv.) en décrit trois espèces; la principale et celle qui mérite le plus d'être signalée à cause des dégâts que sa chenille fait dans les lieux où on cultive le Houblon, est:

L'HÉPIALE DU HOUBLON, Hepialus Humuli, Fabr., God; Phalæna Humuli, Linn., Degéer, Engram.; Noctua Humuli, Esp.; Bombyx Humuli, Hubr. Elle a de vingt-deux à vingt-quatre lignes d'envergure; dans les deux sexes le corps est d'un jaune d'ocre. Les ailes des mâles sont d'un blanc argenté avec les bords d'un rouge fauve; celles des femelles sont d'un jaune d'ocre, avec les bords rougeâtres, et deux bandes obliques de la même couleur dans les supérieures. Les mœuis de cette espèce ont été le mieux observées; sa chenille est d'un blanc. jaunâtre, avec la tête, le dessus du premier anneau, une petite plaque sur le second, et les pates écailleuses d'un brun luisant; ses mâchoires et ses stigmates sont noirs, et on voit sur les dix anneaux postérieurs de son corps, quelques éminences fauves de chacune desquelles s'élève un petit poil noirâtre; elle habite sous la terre, dans les racines du Houblon qu'-elle endommage beaucoup dans les pays où on le cultive. Godard a rencontré l'Insecte parfait au pied de la Bryone ou Couleuvrée, et il soupconne que la chenille se nourrit aussi des racines de cette Plante. La chrysalide est d'un brun noirâtre, avec les stigmates noirs. Elle est renfermée dans une coque cylindrique, du double plus longue que la nymphe. Lorsque celle-ci est sur le point de se métamorphoser, elle perce le bout antérieur de la coque, et, à l'aide des petites dents dont les anneaux de l'abdomen sont pourvus, elle chemine jusqu' à la surface de la terre où elle quitte son enveloppe pour devenir Insecte parfait. C'est au printemps que cette métamorphose a lieu. On trouve cette espèce dans toute l'Europe. Elle est rare à Paris. (G.)

HÉPIALITES. Hepialites. INS. Division de l'ordre des Lépidoptères, famille des Nocturnes, tribu des Bombycites, comprenant les genres HéPIALE, ZEUZÈRE et Cossus. V. ces mots. (G.)

HEPSET. Hepsetus. POIS. Syn. de Joel, espèce du genre Athérine. V. ce mot. (B.)

HEPTACA. BOT. PHAN. Loureiro (Flor. Cochinch., édit. Willd., p. 807) a ainsi nommé un genre de la Polygamie Diœcie, L., et qu'il a décrit de la manière suivante: les fleurs hermaphrodites ont un calice a trois folioles ovales, concaves et étalées; une corolle presque en roue, formée de dix pétales ovales-oblongs, plus longs que le calice; environ une centaine d'étamines, dont les filets, plus courts que la corolle, portent des anthères linéaires; un ovaire presque arrondi, surmonté d'un style épais et d'un stigmate à sept rayons divergens, canaliculés; une baie presque arrondie, à sept loges, et polysperme. Les fleurs mâles, situées sur des individus différens que les fleurs hermaphrodites, ne diffèrent de celui-ci que par l'absence de l'ovaire. L'uvortement constant de cet organe dans plusieurs pieds de la Plante qui a servi de type, a doue nécessité sa place dans la Polygamie, ordre de Linné, qui renferme les Végétaux les plus hétérogènes. Les affinités de l'Heptaca n'ont pas encore été étu-

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diées ; elles devront plutôt être cherchées parmi les genres de la Polyandrie, si toutefois le seul caractère des étamines peut être un guide assuré dans une pareille recherche.

L'Heptaca africana, Lour., est un petit Arbre á rameaux étalés, couvert de feuilles ovales, très-entières, veinées, alternes et glabres. Les fleurs sont blanches, nombreuses, et portées sur des pédoncules latéraux. Cette Plante croît dans les forêts de la côte orientale d'Afrique. (G..N.)

* HEPTACANTHE, POIS. Espèce du genre Sciène de Lacépède. (B.)

* HEPTADACTYLE. POIS. Espèce du genre Holocentre de Lacepêde. (B.)

* HEPTAGYNIE. Heptagynia. BOT. PHAN. C'est-á-dire qui offrent sept organes femelles. Linné, dans son système fondé sur le sexe des Plantes, a formé sous ce nom un ordre dans lequel il a réuni tous les Végétaux qui offrent ce nombre de pistils dans l'Heptandrie; il renfermait le genre Septas. V. SYST�ME SEXUEL., (A. R.)

* HEPTAMÈNE. ACAL. Espèce du genre Cyanée. V. ce mot. (B.)

HEPTANDRIE. Heptandria. BOT. PHAN. Septième classe du système sexuel de Linné, contenant les Végétaux dont les fleurs sont pourvues de sept étamines. Cette classe ne renferme que quatre ordres, savoir: Heptandrie Monogynie; H. Digynie; H. Tétragynie, et H. Heptagynie. V. SYST�ME SEXUEL. (A.R.)

HEPTAPHYLLON. BOT. PHAN. Vieux noms de l'Alchemille des Alpes, étendu aux Tormentilles, au Comarum palustre, ainsi qu'á des Potentilles. (B.)

HEPTAPLEUVRUM. BOT. PHAN. Sous ce nom, Gaertner (de Fruct. T. II, p. 472, tab. 178 ) a constitué un nouveau genre dont les fleurs sont inconnues, et qui, dans la structure de son fruit, offre les caractères suivans: capsule petite, coriace, ovée, pyramidale, á plusieurs angles marqués près de son sommet d'un étranglement annulaire provenant de la chute de la fleur, sans valves, portée sur un pédoncule grêle, comme dans les Ombellifères; le plus souvent á sept loges qui chacune renferment une graine solitaire, ovée, comprimée, pourvue d'un albumen charnu á la partie supérieure duquel est situé un très-petit embryon. Gaertner, dans sa Description donne le nom d'Hept. stellatum á l'unique espèce de ce genre, tandis que la figure porte le nom spécifique d'acutangulum, Ce fruit provient de l'île de Ceylan ou il porte le nom vulgaire de Bukera. (G..N.)

HEPTAQUE. BOT. PHAN. Pour Heptaca. V. ce mot. (B.)

HEPT ATOME. Heptatome. INS. Genre de l'ordre des Diptères, famille des Tanystomes, tribu des Taoniens, établi par Meigen (Classif. und Besch. T. 1, p. 156, tab. 9, fig. 7. fem.) et dont les caractères sont; antennes notablement plus longues que la tête, á articles cylindriques, allongés; le second plus court; le troisième le plus long. Latreille (Règn. ánim. de Cuv. T. III, p. 614) a réuni ce genre á celui des Chrysops. V. ce mot. La seule espèce qu'il renferme est:

L'HEPTATOME BIMACULÈ, Hept. bimaculata, Meig., Fabr. — Schæff. (Icon. Ins. Ratisb., tab. 72, fig. 6 et 8; Schell. Lipt., tab. 28, fig. 3) le regarde comme le Tabanus italicus de Fabricius. Cet Insecte a le corps noir, avec une tache de chaque côté de la base de l'abdomeu et les jambes blanches. Il est assez commun dans le département du Calvados d'où Latreille l'a recu. On le trouve plus rarement á Paris. (G.)

HEPTRANCHIAS. POIS. (Rafinesque.) V. SQUALE.

HER. OIS. Syn. vulgaire de grand Harle. V. ce ot. DR..Z.)

HERACANTHA. BOT. PHAN. (Tabernœmontanus.) Syn. de Carline vulgaire. (B.)

HERACLEOS. BOT. PHAN. Nom grec dérivé de celui d'Hercule et ap-

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pliqué par les anciens avec quelques variations á divers Végétaux, tels qu'un Sideritis, un Stachys, un Polygonum, etc.; il est devenu la racine de celui que Linné assigna depuis scientifiquement á la Berce. V. ce mot. L'Heracleos de Pline était notre Grémil, dont ce crédule compilateur rapporte les plus étranges merveilles et donne la plus pompeuse description. Selon lui, ctte Plante admirable produit de petites Pierres semblables á des Perles, au lieu de graines, et ces Perles, mêlées dans du vin blanc, á la dose d'un drachme, ont la propriété de dissoudre les Pierres de la vessie. (B.)

* HÉRACLION. BOT. PHAN. Nom antique du Nénuphar selon Daléchamp qui en rapporte l'origine á la fable d'une nvmphe qui, morte d'amour pour Hercule, fut métamorphosée en Nymphœa. Le même nom a été appliqué á l'Abrotanum et au Cneorum tricuccum. (B.)

* HÉRATULA. MOLL. FOSS. Luid donne ce nom á une Huître fossile. (B)

HERBACÉ, HERBACÉE. BOT. V. HERBE.

HERBACÉE. Herbaca. BOT. CRYPT. (Hydrophytes.) Genre de Plantes marines établi par Stackhouse dans la deuxième édition de sa Néréide Britannique; il le compose du Fucus ligulatus de Linné, et de sa Variété á fronde étroite. Cette Plante appartient au genre Desmarestia, que nous avons proposé depuis longtemps et que l'on a dénaturé., en changeant ce nom et en lui ôtant des espèces qu'on ne connaissait pas, pour les réunir á d'autres genres avec qui elles n'avaient aucun rapport. Un tel nom ne pouvait d'ailleurs être adopté en aucun cas. V. DESMARESTIE (LAM..X.)

HERBE. Herba. BOT. On appelle ainsi les Plantes annuelles qui, perdant leur tige ou leur feuillage en hiver, n'acquièrent jamais une certaine consistance ligneuse. Ce sont communément les Graminées et les Végétaux de peu d'apparence, que le vulgaire appelle Herbes; le botaniste n'admet cette désignation que relativement á l'organisation des Plantes, qu'il dit être herbacées par opposition á ligneuses: aussi ne s'enquiert-il pas avec l'abbé Rozier si on doit classer les Herbes par la distinction de leurs racines, ou d'après leurs usages et leurs qualités sensibles. Laissant aux jardiniers sans instruction le soin d'établir une ligne de démarcation entre ce qu'ils nomment Herbes potagères, Herbes sauvages et muvaises Herbes, il suffira de rapporter ici que le mot Herbe est devenu spécifique en une infinité de cas dont nous ne citerons que les plus saillans, pour éviter de consacrer une nomenclature arbitraire et souvent barbare qu'on voudrait voir disparaître des livres scientifiques. L'on a appelé:

HERBE AMÈRE, la Tanaisie.

HERBE AUX ANES, d'ou Onagre, I'Ænothera biennis, et quelquefois les grands Chardons.

* HERBE A L'ARAIGNÉE (Bosc), le Phalangium ramosum.

* HERBE A L'ARCHAMBOUCHER (Valmon de Bomare), le Chrysosplenium oppositifolium.

HERBE AUX AULX ou AU CHANTRE, le Vélar officinal.

* HERBE D'ANTAL(Gouan), la Cynoglosse officinale.

* HERBE A BALAI le Scoparia dulcis aux Antilles.

* HERBE BLANCHE, divers Gnaphales et le Diotis.

* HERBE A BLÉ, á Cayenne, le Saccharum impabulum de Poiteau.

* HERBE AU BON DIEU, á Cayenne, selon Aublet, le Jatropha herbacea.

* HERBE AU BONHOMME. V. BONHOMME. V. BONHOMME.

* HERBE BRITANNIQUE, le Rumex aquaticus.

* HERBE AUX BRULURES, á Cayenne, selon Aublet, le Bacopa aquatica.

* HERBE CAILLER, le Galium verum.

* HERBE AU CANCER, le Plumbago europœa.

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* HERBE DU CARDINAL (Valmon de Boniare), le Delphinium Consolida.

* HERBE CARRÉE, á Saint-Domin-gue, l'Hyptis pectinata.

* HERBE AUX CAÏMANS. On ne peut trop reconnaître quelle est la Cypéracee de Saint-Domingue désignée ainsi par Nicolson.

HERB AU CERF, l'Athamantha Cervicaria.

HERBE AUX CHANCRES, l'Heliotropium europœum.

* HERBE AU CHANTRE, lé Vélar officinal.

HERBE AU CHARPENTIER, l'Achillea Millefolium, en Europe, et selon les pays, divers autres Végétaux réputés vulnéraires ou propres a guérir les blessures faites par des instrumens tranchans.

HERBE AU CHAT, la Nepeta Catarie et le Teucrium Marum.

HERBE AUX CHÈVERS, le Galega officinelis.

* HERBE A CHIQUE, le Tournefortia nitida á Saint-Domingue.

* HERBE A CINQ CÔTES, le Plantago lanceolata.

HERBE A CINQ FEUILLES, la plupart des Potentilles.

HERBE A CLOQUE, les Coquerets ou Alkekenges.

HERBE DU COQ, le Tanacetum Belsamita et les Coeristes.

HERBE AUX CORNEILLES, le Ruscus hrpoglossum.

* HERBE AUX CORS, le Sempervivum tectorum.

HERBE A COTON, les Filages et des Gnaphales.

HERBE AU COUCOU, une Lychnide.

* HERBE AUX COUPURES, l'Achillée Millefeuille.

HERBE AUX COUSINS, des Conizes et un Triumfetta.

HERBE A COUTEAU, des Laiches et des Graminées dont les feuilles dures sont quelquefois coupantes par leur bord.

* HERBE DU CRAMANTIN, un Justicia.

HERBE AU CRAPAUD, un Jone fort commun et la Buffonne.

HERBE AUX CUILLERS, les Cochléarias.

HERBE AUX CURE-DENTS, le Daucus V isnaga, L.

HERBE AUX DARTRES, diverses Casses dans les Colonies.

* HERBE A DAUCUNE, l'Ophioglossum vulgatum.

HERBE AUX DENIERS ou AUX, LIARDS, le Lysimachia nummularia.

* HERBE DORÉE, divers Seneçons, particulièrement le Senecio Doria.

* HERBE DOUCE, le Pharnaceum spatulatum aux Antilles.

HERBE AUX DRAGONS, l'Arum Dracunculus.

* HERBE A L'ÉCHAUFFURE, les diverses espèces du genre Bégonia á Cayenne, selon Barrére.

HERBE AUX á CROUELLES, le Scrophularia nodosa.

HERBE AÉCURER, les Prêles et des Charagues.

* HERBE AUX ÉCUS, le Lysimachia nummularia.

HERBE A L'ĖPERVIER, d'où le mot français Ėpervière, proposé pour désigner le genre Hieracium.

HERBE DE TOUTE EPICE, le Nigella Damascena.

HERBE A L'ESQUINANCIE, L'Asperula Cynanchica et le Geranium Robertianum.

HERBE A ÉTERNUER, diverses espèces du genre Achillea, particulièrement le Ptarmica.

* HERBE ÉTOILÉE, l'Asperula odorata.

HERBE AU FAUCON, l'Hypochœris radicata.

* HERBE DU FEU, le Ranunculus Lingua.

HERBE A LA FIÈVRE, la petite Centaurée, un Millepertuis, la Gratiole et divers autres Végétaux.

HERBE FOIREUSE, le Seneçon commun.

HERBE AUX GENCIVES, la Visnague.

HERBE A GÉRARD, l'Ægopodium podagraria.

* HERBE A GLAND, l'Hedysarum incanum de Richard aux Antilles.

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HERBE A LA GLACE, le Mesembry anthemum cristallinum.

HERBE DE GRACE, la Rue des jardins.

HERBE DU GRANDPRIEUR ou DE L'AMBASSADEUR, le Tabac lors de son introduction en Europe.

* HERBE AUX GRENOUILLES, le Riccia natans.

HERBE AUX GUEUX, la Clématite des haies.

HERBE DE GUINÉE; diverses Graminées sont confondues sous ce nom plus particulièrement appliqué au Panicum altissimum.

* HERBE DE HALLOT, le Marchantia polymorpha.

HERBE AUX HÉMORRHOIDES, le Ranunculus Ficaria.

HERBE A L'HIRONDELLE, le Stellera Passerina.

HERBE A LA HOUETTE, l'Asclepias Syriaca.

* HERBE IMPIE. V. IMPIE.

* HERBE INGUINALE, l'Aster Amel lus, L.

* HERBE D'IVROGNE, l'Ivraie annuelle.

HERBE A JOUNIR, le Reseda tinctoria.

HERBE AUX JOINTURES, l'Ephedra disticha.

HERBE JUDAÏQUE, le Scutellaria galerieulata et une Pariétaire.

HERBE DE JUDÉE, la Douce-Amère.

HERBE JULIENNE, une Sariette et l' Achillea Agératum.

HERBE A JEAN RENAUD. V. CAACICA.

HERBE AUX LADRES, la Véronique officinale.

* HERBE DU LAGUI (Gouan), le Myrte commun en Languedoc.

HERBE AU LAIT, la plupart des Euphorbes, et la Glauce maritime dont on prétend que l'usage donne du lait aux nourrices.

HERBE AUX LOUPS, l'Aconitum lycoctonum.

HERBE AUX LUNETTES, la Lunaire et les Biscutelles.

HERBE A MADAME, l'Agératum Conyzoides.

HERBE AUX MAGICIENS et AUX MAGICIENNES, la Stramoine ordinaire et le Circœa lutetiana.

HERBE AUX MALINGRES, le Bident aquatique.

* HERBE AUX MALINGRES, la Lampsane commune.

HERBE A LA MANNE, le Festuca fluitans.

HERBE DES TROIS MARIÉS, un Buplèvre.

HERBE MASCLOU, les Herniaires.

HERBE AU MASTIC, une Sariette et un Clinopode.

HERBE AUX MÈCHES, le Phlomys Lychnitis.

* HERBE DE MERVEILLE, l'Amaranthe tricolore.

HERBE AUX MITTES, diverses espèces vulgaires du genre Verbascum.

HERBE MORE, le Solanum nigrum, le Reseda lutea et le Bosea Yervamora.

HERBE AUX MOUCHES, la Conyze vulgaire.

* HERBE AU MOUTON ou á SAMSON, le Parthenium Hysterophorus á la Guiane.

* HERBE DES MURAILLES, la Pariétaire commune.

* HERBE MUSQUÉE ou DU MUSC, l'Hibiscus Abelmoschus, l' Adoxa oschatellina et l'Erodium moschatum.

HERBE DE NONE, la Pariétaire officinale.

* HERBE DE NOTRE-DAME, la Pariétaire, la Campanule gantelée et la Cynoglosse.

HERBE AUX OIES, le Potentilla anserina.

HERBE AUX PANARIS, les espèces du genre Paronychia.

HERBE A PANIER, aux Colonies les diverses espèces du genre Uréna.

HERBE ou THÉ DU PARAGUAY. Aug. Saint-Hilaire, dans ses Plantes usuelles des Brasiliens, a démontré que cette Plante était une espèce d'Ilex. V. HOUX.

* HERBE DE PARDON (Garidel), le Medicago mantima en Provence.

HERBE A PAIRS. le Paris quadrifolia.

HERBE AU PAUVRE HOMME, la Gratiole officinale.

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HERBE AUX PERLES, le Grémil officinal.

HERBE AU PERROQUET, l'A maranthus tricolor.

HERBE AUX PIQURES, l'Hypericum perforatum.

HERBE A PISSER, le Pyrola umbellata.

HERBE A LA PITUITE OU AUX POUX, la Staphisaigre.

* HERBE A PLOMB, á Saint-Domingue, le Lantana aculeata.

HERBE AUX POULES, le Grémil officinal.

HERBE AUX POUMONS, l'Epervière commune, et jusqu'au Sticta pulmonaria, et au Marchantia polymorpha.

HERBE A LA PUCE OU AUX PUCES, le Rhus Toxicodendrum et le Plantage Psyllium.

HERBE AUX PUNAISES, l'Erigeron graveolens et la Bardane.

HERBE A ROBERT, le Geranium Robertianum.

* HERBE DE RÉGLISSE (Surian), le Scoparia dulcis et l'Abrus precatorius aux Antilles.

* HERBE DE LA REINE, la Nicotiane lors de son introduction en Europe, parce que Catherine de Médicis, reinealors, prenait beaucoup de tabac.

* HEREE A LA ROSE, la Scolopendre officinale et le Lamium maculatum.

* HERBE A LA ROSÉE, les espèces, du | genre Drosera.

HERBE ROUGE, le Melampyrum arvense.

HERBE ROYALE, l'Aurone.

HERBE SAINTE, le Melitis Melissophyllum.

HERBE DE SAINT-ANTOINE, l'Epilobium angustifolium, et, selon quelques-uns, le Plumbago europœa.

HERBE SAINT-BENOIST, le Betonica officinale.

HERBE SAINT-CHRISTOPHE, l'Actœa spicata.

HERBE SAINT-FLACRE, l'Heliotropium europœum.

HERBE SAINT-JEAN, l'Armoise, le Sedum Thelephium, le Millepertuis perforé et autres Plantes qui, fleurissant principalement vers le solstice d'été, forment les bouquets que les villageois attachent á la perche du feu de la Saint-Jean.

HERBE DE SAINT-PAUL et DE SAINTPIERRE, la Primevère.

HERBE DE SAINT-PHILIPPE, le Pastel, Isatis tinctoria.

HERBE DE SAINT-ROCH, l'Inula pulicaris.

HERBE DE SAINTE-BARBE, l'Erysimum Barbarea.

HERBE DE SAINTE-CATHERINE, l'Impatiens Noli-tangere.

HERBE DE SAINTE-CUNÉGINDE, l'Eupatorium cannabinum.

HERBE SAINTE-ROSE, la Pivoine officinale.

Il est, au reste, peu de Saints ou de Saintes du paradis qui n'aient eu leur Herbe, comme les anciens en avaient dédié á Circé, á Hercule et á leurs Saints ou Divinités d'ordre inférieur; nous ne reproduirons pas cette espèce de litanie.

* HERBE A SAMSON. V. HERBE AU MOUTON.

HERBE SONS COUTURE, Ophioglossu mvulgatum.

HERBE SARDONIQUE, le Ranunculus sceleratus.

* HERBE SARRAZINE (Daléchamp), I'Achillea Ptarmica dans les Pyrénées.

HERBE AU SCORBUT, le Cochléaria.

HERBE AUX SEPT TêTES OU A SEPT TIGES, le Statice Armeria.

* HERBE A SERPENT (Surian), aux Antilles le Cynanchum parviflorum. On donne aussi ce nom au Botrychium cicutarium et au Dorstenia brasiliensis.

HERBE DU SIÉGE, le Scrophularia aquatica.

* HERBE A SORNET, les Bidens dans les colonies françaises.

HERBE AUX TANNEURS, le Coriaria myrthifolia.

HERBE A LA TAUPE, le Datura Stramonium.

HERBE AU TAUREAU, l'Orobanche.

HERBE AUX TEIGNES, le Rumex acutus et l'Euphorbia Chamœsyce.

HERBE AUX TEIGNEUX, le Tussilago Petasites.

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HERBE AUX TEINTURIERS, le Genista tinctoria.

HERBE A TORTUE et A MANATI, les Ulves et les Varecs aux Antilles.

* HERBE AUX TRACHÉES, diverses Campanules, entre autres le Campanula Trachelium.

* HERBE DE LA TRINITÉ, l'Anémone Hépatique, parce qu'elle a ses feuilles trilobées et qu'elle produit des variétés de trois couleurs, savoir: à fleurs blanches, à fleurs bleues et à fleurs rouges.

* HERBE TRISTE, la Belle-de-Nuit ou Nyctage.

HERBE A VACHE, le Trèfle cultivé.

HERBE AUX VARICES, le Serratula arvensis, L.

HERBE AU VENT, l'Anémone Pulsatille.

HERBE AUX VERRUS, l'Héliotrope d'Europe.

HERBE AUX VERS, la Tanalsie.

HERBE-VIERGE, la Persicaire commune et le Marrube vulgaire.

HERBE VINEUSE, l'Ambroisie maritime.

HERBE AU VIOLET, la Bryone et la Douce-Amère.

HERBE AUX VIPÈRES, l'Echium Vulgare.

HERBE AUX VOITURIERS, l'Achillea Millefolium et le Mélilot.

HERBES VULNÉRAIRES. V. FALLTRANCK, etc. (B.)

* HERBEY. OIS. (Gesner.) Syn. de Lagopède. V. TÉTRAS. (DR..Z.)

HERBICOLES. Herbicolæ. INS. Division des Coléoptères Hétéromères, établie par Latreille, et qui renfermait les familles des Taxicornes et des Sténélytres, et la tribu des Pyrochroïdes. V. ces mots. (G.)

HERBIER. Herbarium, Hortus siccus. BOT. On donne ce nom à une collection de Plantes desséchées et placées dans des feuilles de papier, et qu'on conserve ainsi pour l'étude de la botanique. Quelques auteurs ont également nommé ainsi des ouvrages contenant la description et les figures de Plantés d'un pays; tel est, par exemple, l'Herbarium Amboinense de Rumph, etc. La nécessité des Herbiers naturels est aujourd'hui sentie par tous ceux qui cultivent la botanique. Quelque parfaites que soient des descriptions, quelqu'exactes que puissent être des figures, elles ne peuvent jamais donner une idée aussi complète des objets qu'elles représentent que la vue même de ces objets. Or, comme le nombre de Végétaux connus et décrits aujourd'hui est immense, que ces Végétaux croissent dans des régions très-éloignées les unes des autrés et qu'il est impossible de les réunir tous vivans dans le même lieu, il est indispensable de les conserver d'une manière quelconque, afin de pouvoir les soumettre à l'analyse, dans tous les temps et en tous lieux. On peut conserver les Plantes de deux manières: 1° dans une liqueur, telle que l'ean-de-vie, le rhum ou tout autre liquide alcoholique, et même dans l'eau salée; dans les feuilles de papier, après les avoir comprimées et desséchées convenablement. Le premier de ces procédés est trop dispendieux, et les objets ainsi conservés occupent trop de place. Cependant on doit le mettre en usage pour la conservation des fruits charnus trop gros et trop succulens pour pouvoir se dessécher sans altération, et pour certaines fleurs dont les parties sont charnues et trop faciles à écraser par la compression. De ce nombre sont surtout les fleurs des Orchidées, des Musacées, des Amomées et de plusieurs autres familles de Plantes monocotylédonées. Mais nous ne devons, dans cet article, parler que des Herbiers, c'est-à-dire des Collections de Plantes desséchées et conservées dans des feuilles de papier.

Il y a plusieurs précautions à prendre lorsque l'on dessèche des Plantes pour les faire entrer dans un Herbier. 1°. Il faut, autant que possible, choisir des échantillons complets, c'est-à-dire munis de feuilles, de fleurs et de fruits. Pour cela, il sera quelquefois nécessaire de dessécher plusieurs échantillons différens de la même

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Plante; savoir, quand elle est en fleurs et quand ses fruits sont parvenus á leur maturité. 2°. Quand la Plante est une Herbe annuelle ou vivace, il faut, autant que cela est possible, la dessécher tout entière, afin d'avoir ainsi l'idée de sa grandeur et de son port. Il est nécessaire aussi, surtout dans les espèces vivaces, de ne pas négliger de prendre les feuilles radicales, qui offrent fréquemment des caractères propres á distinguer l'espèce. 3°. Lorsqu'on veut conserver des échantillons d'une Plante ligneuse, d'un Arbre ou d'un Arbrisseau, il faut choisir des rameaux de la grandeur et du format de son Herbier, et surtout avec les fleurs et les fruits, quand ces derniers sont de nature á pouvoir être conservés de cette manière. 4° Chaque échantillon doit être accompagné d'une étiquette en papier blanc, sur laquelle on inscrit le nom de l'espèce, l'auteur qui l'a nommée et l'ouvrage où elle est décrite et figurée; la patrie de la Plante, la localité ou elle a été récoltée; l'époque de l'année où elle fleurit et où elle fructifie; si c'est une Plante cultivée, il faut noter soigneusement cette circonstance et indiquer le jardin où elle a été recueillie. Il sera bon également d'inscrire sur l'étiquette la couleur des fleurs et des diverses parties qui les composent, en un mot, tous les caractères que la compression et la dessiccation peuvent altérer. Nous ne croyons pas nécessaire d'indiquer ici la manière de dessécher les Plantes; c'est une opération si simple, que les préceptes en sont inutiles. Cependant nous ne saurions trop recommander aux botanistes et particulièrement á ceux qui parcourent des pays étrangers, de ne pas comprimer trop fortement leurs échantillons. Eu effet, une compression trop forte écrase, désorganise les parties, et il devient plus tard impossible d'en pouvoir faire l'analyse; tandis que quand la compression n'a point été poussée trop loin, en placant les fleurs dans de l'eau tiède ou au-dessus de la vapeur bouillante, ou les voit bientôt reprendre leur forme et leur position premières, et il devient alors, avec un peu d'habitude, aussi facile d'en étudier l'organisation que si elles étaient fraîches. Lorsque l'on reçoit des Plantes toutes desséchées, il faut noter soigneusement sur l'étiquette le nom de la personne dont on les a reçues. Cette précaution devient tout-á-fait indispensable, quand on reçoit des Plantes d'un auteur qui en a donné la description. Ces échantillons deviennent alors authentiques et peuvent être, en quelque sorte, cou idérés comme les véritables types de l'espèce. Lorsqu'on en a fait connaître une ou plusieurs espèces nouvelles, il faut avoir soin d'indiquer dans son Herbier quels sont les échantillons d'après lesquels les descriptions ou les phrase. ont été faites. De même, celui qui publie la Flore d'un pays quelconque doit conserver á part un Herbier composé seulement des échantillons originaux, afin que, dans tous les temps, on puisse recourir facilement aux types d'après lesquels les diverses espèces ont été établies. C'est ainsi que certains Herbiers acquièrent une grande valeur aux yeux des botanistes; tels sont l'Herbier de Gaspard Bauhin, conservé á Bâle; celui de Tournefort, qui fail partie des magnifiques collections du Muséum d'histoire naturelle de Paris; celui de Linné, que possède Smith en Angleterre, etc.—L'ordre á suivre dans la classification d'un Herbier est une chose assez indifférente en elle-même. Ainsi l'on peut choisir tel ou tel système. Quand on n'a de Plantes que celles d'un pays, il faut, en général, préférer la classification adoptée dans la meilleure Flore de ce pays. Ainsi, celui qui ne forme qu'un Herbier des Plantes françaises devra adopter l'ordre des familles naturelles d'après lequel sont décrites les espèces dans la Flore de Lamarck et de De Candolle, etc. — Lorsque l'on a plusieurs échantillons d'une même espèce provenant de localités différentes, il faut les séparer les uns des autres et leur

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mettre á chacun une étiquette particulière; car fréquemment une même espèce présente des différences notables, suivant les localités où elle a été recueillie, et qui quelquefois ont engagé certains botanistes á en faire des espèces distinctes. On ne doit pas non plus négliger les diverses variétés, et surtout les monstruosités dont l'étude réfléchie et comparative peut jeter un si grand jour sur quelques points encore obscurs de l'organisation végétale.— On a proposé divers moyens pour préserver les Herbiers des dégâts qu'y exercent trop souvent les Insectes. 1°. Il faut que l'Herbier soit placé dans des boîtes de bois bien hermétiquement fermées, ou que chaque paquet soit étroitement pressé entre deux feuilles de carton réunies avec des courroies ou des cordons. 2°. Eviter, autant que possible, de faire du feu dans la pièce où sont déposées les Plantes. Cette pièce doit néanmoins être bien sèche et á l'abri de toute humidité. 3°. Ne jamais placer dans l'Herbier des Plantes trop récemment desséchées, parce qu'elles renferment souvent des larves qui se développent plus tard et qui attaquent impitoyablement toutes les Plantes d'un même paquet. Malgré ces précautions, il est certaines familles dont les espèces sont presque constamment attaquées par les Insectes, telles sont les Ombellifères, les Composées, les Crucifères, les Euphorbes, etc. Le seul moyen de garantir efficacement et sûrement ces Plantes de toute attaque, c'est de les tremper dans une dissolution alcoholique de sublimé corrosif, qui, sans en altérer aucunement les couleurs, les préserve á jamais des dégâts des ennemis de la botanique. C'est par ce procédé que Smith a conservé parfaitement intact l'inappréciable Herbier de Linné. — Quelques botanistes sont dans l'habitude de coller chaque échantillon un carré de papier blanc. Ce procédé était surtout mis en usage par les botanistes anciens. Mais aujourd'hui on l'a généralement abandonné. En effet, outre que la colle attire les Insectes, un échantillon ainsi fixé ne peut plus être analysé et perd ainsi une grande partie de son utilité. Il vaut beaucoup mieux fixer chaque échantillon avec de petites bandes de papier et des camions. Par-lá on évite que les échantillons se déplacent ou se confondent, et l'on conserve la facilité de pouvoir les étudier et les analyser eu les dégageant des petites épingles qui les retiennent en place. Cependant, pour les très-petites Plantes, telles que les Mousses, les Algues, etc., il est presque toujours nécessaire de les coller, afin d'éviter la confusion des échantillons. On devra pour cela employer de préférence la gomme arabique á laquelle on peut mélanger une petite quantité de sublimé corrosif. (A. R.)

L'usage du sublimé corrosif ayant de très-grands inconvéniens, et la gomme, par sa nature, n'attirant pas les Insectes, lorsqu'on se décide á coller les échantillons de l'Herbier, un quart de sucre dissout dans trois quarts de gomme est préférable, et empêchant celle-ci de se briser et de laisser détacher la Plante tout-á-coup, peut cependant aider á la détacher en un cas de nécessité absolue. Nous avons remarqué même que des Plantes sèches fixées dans l'Herbier avec la gomme se conservent mieux que celles qui sont libres et vagantes ans des feuilles ou rien ne les retient. Les collections, ainsi collées, ont ce grand avantage que les paquets en sont plus égaux, qu'on peut les confier aux naturalistes qui se livrent au travail des monographies. La superbe collection cryptogamique des Vosges qui prouve tant a activité, de goût et de science chez Mongeot, naturaliste des Vosges, est le meilleur argument qu'on puisse donner en faveur des collections ou les objets sont définitivement fixés. Quoi qu'il en soit, il est quelques procédés nécessaires á connaître pour les botanistes qui, ne se bornant pas a dessécher des riantes á fleurs apparentes, veulent s'occuper de Cryptogames et

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d'Hydrophytes. Outre que ces collections sont les plus élégantes et les véritables ornemens de l'Herbier, quand les échantillons en sont bien préparés, on peut les observer en tout temps, parce que, dans l'état de dessiccation, ils offrent encore des caractères microscopiques excellens. Pour certains Champignons, il suffit de les laisser premièrement se flétrir, soit au soleil, soit dans un appartement chauffé on les pressera d'abord légèrement et de plus en plus, ayant soin de n'en pas laisser coller les parties au moyen de morceaux de papier passés entre elles. Avant la dessiccation complète, on peut les laisser tremper quelques heures dans une infusion alcoholique de Quassia amara et achever ensuite leur préparation entre du papier gris qu on change souvent. De cette façon, nous sommes parvenus à réunir la plus élégante suite d'échantillons reconnaissables de Clavaires, d'Hydnes, de Pezizes, de Mérules, de Phallus, de Téléphores, de Bolets, etc., même d'Agarics. Pour les Fucacées, il suffit en voyage de les recueillir en masses, de les laver dans de l'eau douce à plusieurs eaux et de les laisser ensuite sécher à l'ombre. On en formera ainsi des caisses bien fermées qui, mises à l'abri de l'humidité, préserveront les objets de toute altération. Plusieurs aunées après, ou poúrra, en remouillant les Fucacées, leur rendre leur flexibilité et les préparer chez soi par les procédés ordinaires. Les Confervées, les Céramiaires, plusieurs Floridées brillantes qui adhèrent aux corps entre lesquels ces Plantes se dessèchent, doivent être préparées sur-le-champ. On en choisit les plus beaux échantillons qu'on place dans une cuvette remplie d'eau, au fond de laquelle on a mis un carré de papier collé, un peu fort, le plus beau possible, tel que du véliu ou du papier de Hollande; à l'aide d'un corps pointu quelconque, on débrouille les filamens ou les ramules de la Plante quiprennent dans le liquide leur port élégant; on retire le liquide à l'aide d'une petite seringue, en évitant de déterminer des courans qui altéreraient le port qu'on tient à conserver. La Plante s'applique ainsi naturellement sur le papier qu'on a soin de ne pas laisser racornir dont on absorbe l'humidité avec d'autre papier non collé et buvant; mettant ensuite les échantillons légèrement à la presse, on obtient en peu d'heures les matériaux d'un Herbier charmant. Il sera bon de préparer aussi quelques échantillons sur du talc, ou sur de petites lames de verre, afin qu'on puisse les examiner en tout temps au microscope. Avec des précautions, il n'est pas de Végétal qu'on ne puisse préparer de manière à ce qu'il demeure reconnaissable dans une collection. Autant qu'il est possible, les échantillons de chaque Plante doivent être accompagnés d'une note qui établisse le plus minuticusement possible quelle fut sa patrie. Depuis qu'on s'occupe de géographie botanique sous un point de vue philosophique, il est des naturalistes, et nous avouons être de ce nombre, qui font peu de cas d'une Plante dont ils ignorent l' habitat. On doit aussi avoir grand soin de conserver en Herbier les étiquettes autographes des auteurs, quand c'est d'eux qu'on tient un échantillon. C'est ainsi que plusieurs parties de nos collections ont acquis la plus grande valeur.

Comme rien de ce qui peut économiser l'emploi du temps ne doit être dédaigné par les savans qui en connaissent bien le prix, et comme la préparation des échantillons de Plantes dont se compose un Herbier entre dans les travaux les plus essentiels des botanistes, nous avons cru rendre à ceux-ciun service important en leur faisant connaître un nouvel appareil propre à faciliter considérablement la dessiccation des Végétaux. Cet appareil, appelé Coquette, et dont nous avons lu la description à l'Académie des Sciences, dans la séance du 9 aoû 1824, a été représenté dans l'excel-

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lent recucil de nos collaborateurs Audouin, Brongoiart et Dumas, intitulé: Annales des Sciences naturelies (N° de décembre 1824, pl. 32). Nous engageons les lecteurs à y recourir pours en former uneidée, et nous pouvons leur promettre que son emploi leur sera d'un grand secours pour former promptement des Herbiers dont tous les objets seront conservés le mieux possible. (B.)

HERBIVORES, ZOOL. Ce nom désigne collectivement les Animaux qui, ne se nourrissant point de chair ou de la substance d'autres Animaux, ne vivent que de Plantes. Virey les appelle PAISIBLES ET ANTIQUES PYTHAGORICIENS DE LA NATURE. Les naturalistes n'ont ni adopté cette nomenclature, ni fait des Herbivores une division particulière et systématique, comme ils l'ont fait pour les Carnassiers, si ce n'est dans les Insectes. V. PHYTOPHAGES. (B.)

* HERBORISATIONS. Excursionés botanicœ. BOT, La contemplation de l'immense tableau de la nature a toujours inspiré aux botanistes cette passion pour l'étude, sans laquelle la science des Végétaux n'aurait fait que des progrès lents et très-bornés, Ils pouvaient, à la vérité, trouver sans peine les richesses végétales de plusieurs pays accumulées dans les jandins où eur disposition méthodique en fait saisir facilement les différences, mais ils n'y rencontraient presque jamais l'état vrai et naturel des Plantes que la campagne seule leur offrait avec prodigalité. Après avoir éprouvé n premier lieu le besoin de connaître ce qui nous environne, on veut en avoir la propriété, et ce n'est pas un seul individu cultivé avec précaution dans un jardin public qui pourrait satisfaire l'ambition de tous ceux dont le but est non-seulement d'observer les Plantes vivantes, mais encore de les conserver mortes pour les observer de nouveau. Cette ardeur de voir la nature vivante et d'en posséder les trésors a donné lieu aux Herborisations ou à ces assemblées de botanistes qui, à certaines époques de l'année, parcourent les campagnes pour trouver, étudier et recueillir les Plantes sauvages. Nous ne parlerons ici que des Herborisations publiques et de celles entreprises à la fois par plusieurs personnes zélées; cor les Herborisations solitaires sont des promenades peut-être fort agréables au philosophe qui veut donner un libre cours à ses rêveries; mais elles n'offrent point de résultats avantageux pour le perfectionnement et la propagation de la science. Dans les réunions, au contraire, les observations particulières se communiquent rapidement, les applications des principes expliqués dans les leçons des professeurs viennent à chaque Instant s'offrir aux élèves et les rendent alors capables de porter un jugement, sans adopter de confiance tout ce qui leur a été développé. Les Herborisations, en un mot, sont à la botanique ce que les dissections sont à l'anatomie comparée, ce que les expériences sont à la physique et à la chimie.

Le célèbre Linné, toujours exact, toujours classique, a voulu, dans sa Philosophie botanique, soumettre à des lois fixes les Herborisations. Il a prescrit, en quelque sorte, aux botanistes (car cétait leur prescrire que de faire connaître quel était son usage habituel), il leur a prescrit de s'affubler d'une certaine manièr, de se pourvoir d'instrumens et de livres, d'herboriser régulièrement en des saisons et à des heures déterminées, d'établir des lois contre les paresseux, les d'éserteurs et les absent, de régler les heures des repas, de ne point dépasser les limites ossignées, de collecter tout les objets H'histoire naturelle, enfin de joindre à chaque Herborisation une démonstration faite par le professeur. La plupart de ces préceptes, n'ayant aucune importance, ont été généralement négligés; chacun a pris, pour herboriser, le vêtement qui lui convenait le mieux, et jamais l'on ne s'est astreint rigoureusement à d'autres

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réglemens que ceux qui élé sanctionnés, par nu long usage et auxquels on s'est soumis trè s-volontairement. Mais il nous semble qu'on a eu grand tort de supprimer, dans les Herborisations publiques, la démonstration ordonnée par Linné. Une leçon semblable offrirait cet avantage remarquable que les objets de la nature se fixeraient mieux dans l'esprit, et qu'une foule d'exemples viendraient eclaircir les définitions. La démonstration des Plantes recueillies par la société des personnes qui herborisent est donc une chose extrêmement utile, beaucoup plus que la récolte en elle-même qui le plus souvent ressemble à un pillage effréné. La mapiére, en effet, dont les professeurs conduisent ordinairement les Herborisations tend à l'entière destruction des espèces rares. Si l'une de cellesci se rencontre par hasard sous les pas d'une nuée d'herborisateurs, tout le cortège se jette sur le peu d'individus qui s présentent, et quelquefois s'en arrache les dé bris avec une brutalité et une avidité que l'on ne s'attendrait pas à rencontrer chez les personnes qui s'adonnent aux paisibles sciences d'observations.

Dans l'espoir de profiter le plus qu'il est possible de leurs excursions botaniques, les novices se chargent d'un fatigant attirail; mais bien tôt ils sont forcés de déranger le beau plan qu'ils avaient formé; bientôt ils ne peuvent plus continuer leurs observations microscopiques, barométriques, hygrométriques, thermométriques, etc; heureux, si leurs boîtes et leurs cartons peuvent suffire à la collection des Plantes qui devraient être les seuls objets de leurs courses, Instruit par notre propre expérience de l'inutilité de tous ces préparatifs, nous avons cherché les moyens de ne rien négliger qui fût important, et en même temps nous avons tâché de nous procurer, dans les Herborisations, autant de plaisirs que d'avantages pour notre instruction. Ce double but a été atteint par un bon choix de nos compagnens de voyage, par la variété des sites que nous avons parcourus, et en nous munissant seulement des objets et des instrumens indispensables. Une conformité de goûts et un zèle à toute épreuve, voilà ce qu'il: faut rechercher avant tout dans la société qui se forme pour faire une excursion botanique. La science et les talens ne sont pas départis uniformément à tous les naturalistes, mais chacun est doué d'un mérite particulier qu'il apporte à la masse commune et qu'il fait concourir au plaisir et à l'avantage des autres. Aussi, c'est dans ces circonstances intéressantes que la plus sincère amitié lie entre eux les botanistes; c'est là qu'ils se communiquent, sans défiance et sans réserve, tout ce qui contribue, à étendre leurs connaissances. Mais ce n'est pas ici le lieu de faire ressortir les nombreux agrémens des Herborisations, ni de les considérer, avec quelques personnes, comme d'excellens moyens hygiéniques. Ces considérations sortent du domaine de l'histoire naturelle; d'ailleurs notre prose serait bien froide après celle de Jean-Jacques, qui s'évertua toute sa vie à chercher le bonheur et n'en surprit des lueurs que dans les excursions botaniques; après la peinture que l'auteur des Géorgidues françaises et de l'Homme des champs a si élégamment tracée d'une journée d'Herborisation sous la direction de notre célèbre professeur de Jussieu.

Lorsqu'on habite une contrée où plusieuis stations sont bien caractérisées, si, par exemple, il y a des forêts, des marais et surtout de hautes montagnes, il faut disposer son plan d'après la nature du terrain que l'on doit parcourir. Ne vous amusez donc pas aux espèces de la plaine, si vous avez à gravir des rochers escarpés; munissez-vous des provisions nécessaires pour n'avoir à vous occuper que des Plantes, objets de vos recherches, et avant de vous engager dans des localités dangereuses, connaissez bien la topographie du pays. Ces conseils ne sauraient être trop

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répétés, puisque nous avons tant d'exemples où l'ardeur de la botanique a été aussi fatale que celle de la chasse et des autres violens exercices. Nous dirons donc aux botanistes; quoique les précipices soient souvent bordés des fleurs les plus brillantes et les plus rares, gardes-vous de risquer votre vie ou tout au moins votre santé pour les recueillir; les résultats doivent avoir une importance proportionnée aux risques que vous courez; et ce serait une folie de prétendre qu'une espèce, si rare qu'elle soit, vaille la peine de s'estropier. Cependant Desvaux a publié (Journal de Botanique, T. III, p. 112) une instruction adressée aux botanistes qui parcourent les montagnes, où il leur a conseillé le plus sérieusement du monde des moyens pour se tirer d'affaire dans des circonstances tellement dangereuses que l'idée seule de leur possibilité serait capable d'effrayer tout homme sensé et de le détourner d'Herborisations aussi hasardeuses. Quand un botaniste se trouvera dans l'horrible nécessité de passer sur une corniche adossée à un précipice affreux ou d'enjamber celui ci, quand il faudra qu'il se laisse glisser le long de rochers presque verticaux, il saura ce qu'il lni conviendra dé faire beaucoup mieux que vous qui, assis bien à votre aise dans un cabinet, lui conseillez bonnement de se suspendre partes mains à un fort bâton de Cratœgus Oxyacantha placé en travers du précipice, ou bien de se scarifier la paume des mains et la plante des pieds, pour que le sang qui en jaillit détermine une adhérence aux rochers et empêche de glisser trop vite. Mais en voilà peut-être trop sur un sujet qui s'é loigne de l'histoire naturelle, puisqu'il n'intéresse que la conservation es personnes qui se vouent à son étude. Terminons cet essai sur les Herborisations par, l'énumération des objets qui doivent composer l'équipage du botaniste. Les excursions, dont la durée se prolonge pendant plusieurs jours, sont des petits voyages où il est nécessaire de se munir de beaucoup plus d'objets que pour les course qui peuvent s'accomplir entre le lever et le coucher du soleil. Si l'on se propose de parcourir des montagnes, on doit emporter avec soi: l° une boite ordinairement de fer-blanc (Vasculum Dillenianum L.) de la grandeur la plus considérable; de plusieurs Coquettes remplies de papier gris, instrumens pour la dessiccation des Plantes dont notre collaborateur Bory de Saint-Vincent a donné la description (Annal, des Scienc. nat. T. III, p. 15, pl. 32); 3° d'un petit cahier de papier gris relié pour y mettre à l'instant même les Plantes délicates; 4° d'un couteau très-fort ou d'un sécateur propre à amputer facilement les branches d'Arbres, et d'une sorte de bêche pour arracher les racines; 5° d'une loupe à plusieurs lentilles et d'un canif pour disséquer les organes floraux; 6° de papier et crayons à dessiner; 7° d'un baromètre pour mesurer les hauteurs des localités. Ces effets sont suffisens lorsqu'on entreprend un voyage de quelques jours dans les contrées comme la Suisse, les Pyrénées, où les sites varient à tout instant. Quelquesuns deviennent superflus lorsqu'on parcourt des régions topographiquement différentes de ces dernières; tel est le baromètre pour les pays qui ne sont pas montueux; mais il serait convenable alors de le remplacer par d'autres instrumens destinés à des observations qui puissent intéresser la physique végétale, comme le thermomètre ou l'hygromètre.

Les Herborisations publiques n'ont ordinairement lieu que dans ta belle saison, et l'on choisit toujours le temps le plus serein et le plus sec; ce sommeil des botanistes pendant la saison rigoureuse explique pourquoi la cryptogamie est généralement très-ignorée. Les Plantes cryptogames des familles inférieures ne se développent et ne fructifient, en général, que pendant l'hiver. Les Lichens sont seulement susceptibles de se détacher des rochers lorsqu'une atmosphère humide a ramolli leur tissu coriace;

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de sorte que ces Végétaux deviennent le partage exclusif de ceux qui ont le courage de faire des Herborisations hibernales. Dans les Herborisations estivales, le choix des momens de la saison pour visiter certaines localités n'est pas indifférent. Les endroits a nacés se couvrent dès le printemps de fleurs que la chaleur des sables fait éclore; quelquefois ces localités offrent en même temps des marais ou des forêts dont les productions sont plus tardives. Il convient donc de visiter ces lieux à plusieurs reprises, en évitant les intervalles pendant lesquels ils sont frappés de stérilité. Ainsi, la forêt de Fontainebleau, si chérie des naturalistes parisiens, doit recevoir leurs visites aux mois de mai, de juillet et de septembre ou d'octobre. Il n'est pas aussi nécessaire de saisir les instans propices lorsqu'il s'agit de parcourir les hautes chaînes de montagnes. La belle saison y est resserrée dans les limites d'un court espace de temps; mais pendant toute cette saison, les mêmes Plantes naissent en abondance à mesure que la neige disparaît des déclivités. Le printemps se montre avec sa fraîcheur près des sommités, l'été couvre de fleurs les flancs de la même montagne, qui, à sa base, offre souvent, crans ses productions végétales, la vieillesse de l'automne. Si donc on vent herboriser sur des montagnes pen élevées, il est nécessaire de le aire de trés-bonne heure avant que la grande chaleur n'ait gagné les points culminans; les montagnes du second ordre seront parcourues jusque vers la fin d'aoû t; enfin, dans les chaînes couvertes de neiges perpétuelles, le temps de les visiter peut être prolongé jusqu'au moment où la nature est partout ailleurs expirante ou épuisée. (G.N.)

* HERBSTIUM. CRUST. Léach a désigné sous ce nom un genre de Crustacés qui correspond à celui de Gébie. V. ce mot. (AUD.)

HERBUE. MIN. V. ERBUE.

HERBULA ET HERBLUM. BOT. Ces noms, qui sont des diminutifs d'Herba, désignaient chez quelques auteurs, avant la régularisation de la nomenclature scientifique, diverses Plantes, telles que des Bysses, des Mousses, et jusqu'au Seneçon. Ils doivent aujourd'hui être bannis de l'histoire naturelle. (B.)

HERCLAN. OIS. Syn. vulgaire de Tadorne. V. CANARD. (DR..Z.)

HERCOLE. Hercoles. MOLL. Montfort, dans sa Conchyliologie systématique, a proposé ce genre pour une petite Coquille figurée, mais non décrite par Soldant, Test, microscop., tab. 18, a. Cette Coquille blanche et irisée est placée par Montfort près des Planorbes; ce pourrait être un petit Trochus, maison est dans l'indécision à son égard, car on ignore si elle est cloisonnée; elle est mince, discoïde, à spire non saillante à la circonférence, et à carène armée de pointes; l'ouverture est triangulaire et non modifiée par le dernier tour. Cette Coquille que Denis Montfort nomme Hercules radicans, est grande d'une ligne environ. Ou la trouve sur les côtes de Toscaneet dans l'Adriatique. (D..H.)

HERCULE. INS. Nom spécifique d'un très-grand Coléoptère du genre Scarabée. V. ce mot. (AUD.)

HERECHERCHE. INS. Le petit Coléoptère lumineux de Madagascar, mentionné sous ce nom par divers voyageurs, paraît être un Taupin que nous recommandons àla recherche des naturalistes qui visiteraient le pays. (B.)

HEREIS. OIS. V. HAREIS.

HERIADE. Heriades. INS. Genre de l'ordre des Hyménoptères, section des Porte Aiguillons, famille des Mellifères, tribu des Apiaires, établi par Max. Spinola, aux dépens du genre Mégachile de Latreille, et ayant pour caractères essentiels: troisième article des palpes labiaux iuséré obliquement sur le côté extérieur du second et près de son som-

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met, celui-ci beaucoup plus long que le premier; palpes maxillaires très-petits, de deux articles dont le dertnier presque conique.

Les Hériades se distinguent des Mégachiles par la forme cylindrique de leur corps, et quelques-unes même, d'après le port extérieur, ont été mises avec les Hylées; elles ont un labre en forme de parallélogramme, des mandibules fortes, présentant peu de différence dans les deux sexes, ce qui les distingue des Chélostomes (V. ce mot) qui en diffèrent encore par d'autres caractères tirés des palpes. Les Chélostomes et les Hériades forment, dans la Monographie des Abeilles d'Angleterre de Kirby, la division ** C. 2. γ de son genre Apis proprement dit: ces Insectes font leurs nids dans le tronc des vieux Arbres. La principale espèce et celle qui sert de type à ce genre est:

L'HÉRIADE DES TRONCS, H. truncorum, Spln., Ins. Ligust. Fasc. 2, pag. 9, Latr., Gen. Crust. et Ins. T. IV, p. 160; Anthophora truncorum, Fabr.; Megachile campanularum, Megachile truncorum, Latr.; Apis campanularum, Apis truncorum, Kirby, etc. Son corps est long d'environ trois lignes et demie, cylindrique, noir luisant, très-ponctué, avec un duvet blanchâtre sur quelques parties, et formant aux bords postérieur et supérieur des cinq premiers anneaux de l'abdomen, une raie transverse de Cette couleur; le premier de ces anneaux offre une excavation dont le bord supérieur est aigu en manière de carène transverse; le dessous de l'abdomen est couvert d'une brosse soyeuse d'un eendré un peu roussâtre; le dessous des mandibules présente une petité ligne élevée; elles sont terminées par deux dents aiguës; les ailes sont obscures; l'extrémité de l'abdomen du mâle est courbée en dessous, comme dans tous les individus de même sexe et du genre des Chélostomes; le dernier anneau a, de chaque côté, en dessus, uue impression transverse. Cette espèce se trouve en France; l'Hériade sinuée de Spinola n'en est peut-être qu'une variété (G.)

HERICIUM. BOT. CRYPT. (Champignons. ) Persoon avait formé d'abord sous ce nom un genre qui n'est plus pour lui-même qu'une section de son Hydnum. Nées d'Esenbeck continue à l'admettre pour les espèces en massue ou qui sont rameuses. (B.)

HERINACEUS OU ERINACEUS. V. HÉRISSON.

HÉRIONE. Herion. MOLL. Genre de Polythalames, établi par Montfort (Concnyl. Syst. T. I, pag. 230) pour une petite Coquille carenée et armée de sept épines plus ou moins longues dans son pourtour; elle a l'aspect d'une Siderolite, quoiqu'elle s'en distingue facilement. Lamarck n'a point adopté ce genre que Cuvier ne mentionne pas. Férussac, dans ses Tableaux systématiques, l'a rangé dans le troisième groupe du genre Lenticuline, qu'il désigne sous le nom de Cristillées (V. LENTICULINE) Ce genre est caractérisé par une coquille libre polythalame et spirale, subdiscoïde, mamelonnée sur les deux centres, le dernier tour de spire renfermant tous les autres; dos caréné et armé; bouche triangulaire, recouverte par un diaphragme percé à l'angle extérieur, par une fissure ou rimule étroite et recevant dans son milieu le retour de la spire; cloisons unies. La Coquille qui sert de type au genre est l'HÉRIONE ROSTRÉ, Herion rostratus, figuré sous le nom de Nautilus Calear, par Von-Fichtel et Moll dans les Test. microscop., p. 74, tab. 12, fig. a, b, c. Les deux mamelons sont roses et le reste du test est transparent comme le verre le plus pur; elle a six lignes de diamètre y compris les épines, elle est fort rare dans l'Adriatique. On la trouve fossile à la Coroncine, près de Sienne en Toscane. (D..H.)

* HÉRISSEAUX. ZOOL. V. CRANE.

HÉRISSON. Erinaceus. MAM. Genre de Carnassiers insectivores,

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tribu caractérisée par l'excès de la proportion des deux incisives mitoyennes sur les quatre latérales, et par la réduction des canines à la proportion des fausses molaires. Les Hérissons, plantigrades comme les autrès genres d'insectivores, ont à tousles pieds cinq doigts armés d'ongles fouisseurs; la paume et la plante sontnues et garnies de tubercules saillans à peau douce; l'œil petit et saillant ala pupille circulaire, et se recouvre d'une troisième paupière comme dansles Chats; sur les côtés d'un muffle dépassant la mâchoire inférieure d'environ la longueur du cinquième de la tête, et dont le contour antérieur est frangé, s'ouvrent des narines très-mobiles; les lèvres sont entières, sans sillon ni découpure; toute la partie supérieure du corpsjusqu'à la courbe qui unit les flancsau ventre, au milieu des cuisses, des ras, et à l'anus, est couverte d'épinés différemment groupées et figurées suivant les espèces.

L'extrémité du gland de la verge qui se dirige en avant, est découpée en trois lobes en forme de feuille deTrèfle; le lobe supérieur, recourbé en bas, forme une sorte de crochet déjà de deux à trois lightes dans un jeune mâle de six à sept mois. Derriére les deux incisives mitoyennes qui ont, par rapport aux autres dents, la même proportion qu'ont les canines dans les Chats, les Tanrecs, etc., sont de chaque côté deux autres très-petites incisives sur l'os intermaxillaire, après lesquelles viennent deux fausses molaires presqu'aussi petites et dont la première, qui tient la place d'une canine, est séparée de la dernière incisive par une petite barre. La troisiè me dent, implantée sur le maxillaire supérieur, moitié plus petite que la première molaire, lui est semblable. Cette première molaire porte un tranchant oblique à trois pointes, dont l'intermédiaire est la plus gran-de, et une quatrième pointe en forme de talon en arrière de la première des trois autres. La seconde molaire a deux paires de pointes avec un talon extérieur à la dernière paire. La pénultième n'a que deux paires de pointes, et la quatrième ou dernière est tranchante transversalement comme dans les Chats: en tout dix dents de chaque côté à la mâchoire supérieure. A l'inférieure, des quatre dents mâchelières, la dernière a trois pointes disposées en triangle; la pénultième a deux paires de pointes et un talon en avant; la deuxième est presque semblable, et la première n'a que deux pointes l'une derrière l'autre; entre cette première molaire et la grande incisive, sont trois petites dents à tranchant comprimé, dont la postérieure droite représente une fausse molaire et les deux autres proclives des incisives: en tout huit dents à la mâchoire inférieure. Toutes ces dents, hérissées de pointes, sont opposées couronne à couronne, de manière que les pointes, les dentelures d'une rangée, s'enclavent exactement dans les vides et les crans de l'autre. Ces dents différent bien plus d'une espèce à l'autre de Hérisson, que dans la plupart des autres genres de Mammifères. Les incisives inférieures du Hérisson à grandes oreilles sont presque cylindriques; celles de l'autre espèce sont prismatiques, ou plutôt planes en arrière et demi-cylindriques en avant; les incisives d'en haut sont semblables à celles d'en bas chez le premier, où la deuxième incisive supérieure, à proportion de la suivante, est aussi moitié plus petue que dans le Hérisson d'Europe. Ces différences entre deux Auimaux qu'on n'avait cru différer jusqu'ici que par des caractères superficiels, tels que la proportion des oreilles et la nature des poils, différences que certains systèmes expliquent ordinairement par l'influence des climats, de la nourriture, etc., deviennent bien plus prononcées encore dans les profondeurs de l'organisation, et sont par conséquent hors du pouvoir des influences en question, différences d'autant plus importantes, qu'elles se trouvent dans des Animaux dont les patries se touchent, et où la lorgeur d'un fleave

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sépare deux créations différentes sur le même modèle. Voioi en quoi elles consistent: Le Hérisson d'Europe a vingt-une vertèbres depuis la dernière cervicale jusqu'au sacrum, quatorze côtes avec un rudiment de quinzième; le Hérisson à grandes oreilles n'a que dix-neuf vertèbres dorsales et lombaires, treize côtes avec un rudiment de quatorzième, par conséquent six vertèbres lombaires, et l'autre sept. La saillie de l'angle du maxillaire inférieur est plus longue et plus droite dans celui à grandes oreilles: les os du nez y sont d'une largeur uniforme sur les trois quarts antérieurs de leur longueur, tandis que leur bord extérieur est échancré profondément sur les deux cinquièmes moyens de cette longueur dans celui d'Europe, dont la tête est aussi à proportion plus étroite, parce que les arcades zygomatiques y sont moins convexes. Les trous ovales, dont est percée longitudinalement la voûte des os palatins, y sont aussi à proportion bien plus petits que dans celui d'Europe. Dans tous tes deux le péroné se soude au tibia un peu au-dessus de la moitré de la jambe. Enfin, la clavicule est plus courbée dans le Hérisson d'Europe. Dans les Taurecs ou Hérissons de Madagascar, il suffit de dire qu'il n'y a pas d'arcade zygomatique, que toutes les incisives sont aussi petites et les canines aussi grandes, à proportion, que dan aucun carnassier ordinaire. Pour exclure toute idée que ces Hérissons de Madagascar seraient des ancêtres ou des descendans de celui d'Europe, en attachant à l'un de ces Animaux quellqu'une de ces émigrations qui ont servi à expliquer le peuplement de la terre, nous avons fait sur le Hérissou d'Europe d'autres observations anatomiques, dont le résultat n'est pas moins nouveau et moins important pour la physiologie, que le résultat précédent ne l'est pour la zoologie. La petitesse de l'axe des treize vertèbres de la queue de ces Animaux, la rend assez courte pour qu'elle ne dépasse guère les paquets de la croupe; l'abdomen n'a aucun prolongement coccygien, et la moelle épinière se termine à la deuxième vertèbre lombaire; or, d'après une prétendue loi établie par Serres sur le rapport direct de longueur de la moelle avec la queue, la moelle épinière du Hérisson devrait au moins arriver au sacrum. Elle se termine au contraire à la septième vertèbre dorsale; le canal vertébral ne s'en prolonge pas moins; quatorze vertèbres dorsales et lombaires et trois sacrées, pour loger un faisceau de racines nerveuses, semblable à celui que nous avons découvert dans la Baudroie et le Tétrodon chez les Poissons, dans le Crapaud ordinaire chez les Batraciens, etc.; les neuf qui se rendent à l'énorme disque musculaire, à fibres concentriques, qui donne à l'Animal la faculté de se rouler en boule et de dresser ses piquans, ont une proportion de volume bien supérieure à celle des nerfs musculaires ordinaires: aussi, les fibres de ce disque sont-elles encore contractées une heure après que celles de tous les autres muscles ont cessé de l'être. Au mois de septembre, la parotide, les glandes maxillaires, sous-maxillaires et cervicales forment un seul et même appareil avec le thymus. Pallas a fait la même observation sur le Hérisson à grandes oreilles, où la seule graisse du dos (il ne dit pas la saison) faisait le cinquième du poids du corps; les capsules surrénales sont aussi très-développées; en septembre, sur le Hérisson d'Europe, les epiploons sont déjà énormément chargés de graisse, surtout autour du foie et de la rate. Les reins, moitié plus gros seulement que les testicules, sont aussi logés dans d'énormes masses de graisse; conditions organiques qui perpétuent dans ces Animaux, et selon l'observation de Pallas, dans les Marmottes, les Chauve-Souris, les Loirs, etc., la constitution dominante du fœtus de l'Homme et des autres Mammifères voisins. Aussi, tous ces Animaux ont. ils des périodes d'engourdissement plus ou moins profond et prolongé, et leur activité n'est-elle jamais bien

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grande. Cette constitution exerce-telle quelque influence sur la longue survivance de la moelle épinière et du lobe du quatrième ventricule? Au retranchement de tout encéphale, y compris le cervelet et les lobes optiques, constamment dans les expériences de Magendie, l'Animal réduit à cette partie postérieure de son système cérébro-spinal, a continué de sentir les odeurs, les saveurs, les piqûres et même les tiraillemens légers faits à la face, ou à un point quelconque du corps, d'essayer de s'en défendre avec ses pates, et de crier même quand la douleur l'y forçait. Nous renvoyons à notre Anatomie des systèmes nerveux, pour l'exposition de tous ces fails et pour la liaison de leurs conséquences avec celles de toutes nos observations et de toutes nos expériences sur ce sujet.

On ne connaît réellement que deux espèces de Hérissons; ce que Séba appelle, d'après les grossières figures 4 et 5 de la planche 49 du tom. 1er de son Thesaurus, Hérisson de Sibérie, n'est sans doute que le Hérisson à longues oreilles. Son Hérisson d'Amérique n'est probablement qu'un Rongeur épineux; il en est de même de son Hérisson de Malacca.

1. HÉRISSON COMMUN, Erinaceus, europœùs, L., Scbreb., pl. 162. Echinos des Grecs; Riccio Aizzo des Italiens; Erizo des Espagnols; HedgeHog des Anglais; Pindsoün des Danois; Bustivil des Norwégiens; Igclkoot des Suédois; Jesch des Russes; Toris Diszuo des Hongrois; Draenog, Draen y Coëd des Celtes. Cet Animal a le, sommet de la tête, les épaules, le dos, la croupe et les cotés du corps garnis de piquans régulièrement coniques et un peu rétrécis vers leur base où ils ticunent à la peau par une sorte de collet; la poitrine, les aisselles, le bas des côtés du corps, le ventre, les fesses et les quatre jambes, le front, les côtés de la tête, la gorge et le dessous du cou sont couverts de deux sortes de poils dont les soyeux sont assez roides; les autres forment une bourre grossiè re constamment peuplée, dans le grand nombre d'individus que nous avons examinés, d'une Tique aussi grosse que celle du Chien. Le museau, le tour des lèvres, des yeux, les oreilles et le dessus des doigts sont presque nus. Il n'y a point de poils à la peau sur toute l'étendue qui occupe le bouclier de piquans; dans tout cet espace, elle est noire et d'un luisant dartreux. La peau, où elle est velue, est d'un blond roux; il y a cinq paires de mamelles, et la queue est nue. Nous avons déjà in diqué l'existence d'une troisième paupière assez enveloppée pour couvrir tout l'œil comme chez les Chats. Cet organe a trois fois moins de volume que la glande lacrymale. Le nerf optique, presque rudimentaire, n'a pas un quart de ligne de diamètre, et sa longueur n'est pas moindre de quatre ou cinq fois le diamètre de l'œil. Toutes ces circonstances annoncent une faible vue(V. notre Anatomie des Syst. nerveux, in-8°, 1825, avec atlas). Nous avons, en effet, vérifié sur des Hérissons libres dans un parc, que leur vue est très-peu étendue durant le jour, mais ils prennent le vent avec une délicatesse extrême; aussi leurs narines sont-elles toujours en mouvement, et promènent-ils sans cesse leurs grouins autour d'eux comme des Cochons. Il se met volontairement à la nage pour fuir le danger, et il le fait plus vite à proportion qu'il ne marche. Peudant le jour, il reste blotti en boule sous des tas de feuilles, de pierres, de mousse, ou dans des trous d'Arbres, à leurs pieds; car ses ongles ne sont pas assez aigus pour qu'il puisse y grimper. Nous avons été frappés de l'appétit de ces Animaux pour la chair. Chez Magendie, ceux qu'il destinait à ses expériences tuaient les Lapins pour les manger: on leur jetait un cadavre, et ils se précipitaient dessus sans être embarrassés par la présence de nombreux témoins. Enfin, tout l'auditoire de Magendie en a vu dans ses expériences publiques, à peine posés sur la table, dépecer avidement sous

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les yeux, et pour ainsi dire sons la main de cinquante personnes, les cadavres de Lapins et de Chiens qui venaient d'être tues, et s'attacher surtout de préférence à la cervelle, appétit que les Animaux les plus carnivores, les Chats, ne satisfont que solitairement. Au printemps, les vésicules séminales et les trois grandes prostates de ces Animaux sont gonflées pour ainsi dire de toute la substance dont leurs autres glandes et leur tissu graisseux s'est appauvri. C'est l'époque de l'amour; ils s'accouplent comme les autres Animaux. La femelle met bas à la fin du printemps de trois à sept petits qui naissent blancs, et sur la peau desquels ne paraît encore que la pointe des épiqnes. Les piquans de cette espèce se groupent en quinconces dont les pointes convergent de manière à s'appuyer mutuellement comme des faisceaux de fusils. On a dit que le Hérisson allait à la provision des Pommes et des autres fruits mous qu'il rapportait chargés sur ses épines; il est même douteux qu'il en mange. Cette espèce, qui habile toute l'Europe, paraît avoir pour limite le Volga.

HÉRISSON A LONGUES OREILLES, Erinaceus auritus, Pallas, Nov. Comment. Petrop., tab. 14, pl. 21, fig. 4, pl. 16; Mémoires de Sam. Gotlieb Gmelin. Cette espèce, toujours un peu plus petite que la précédente, s'en distingue extérieurement par la figure de ses piquans cannelés sur leur longueur, et dont le bord des cannelures est hérissé de tubercules. Suivant l'observation curieuse d'Audouin (Description des Mammifères d'Egypte), elle diffère encore par la forme et la blancheur du pelage qui recouvre tout le dessous de son corps, par l'écartment des incisives plus petites en haut, plus larges en bas àproportion, par sa queue plus courte, par une veirue portant une longue soie à l'angle des lèvres, par ses yeux plus grands, et surtout par la grandeur de ses oreilles qui ont presque la moitié de la longueur de la tête; elles sont brunes au bord et blanches intérieurement ou elles sont garnies de petits poils de cette couleur. Pallas a trouvé cette espèce très-nombreuse dans les steppes du Yaik; Eversman vient de la retrouver dans les steppes salées des bords de la mer d'Aral; Sam. God. Gmelin l'avait le premier découverte dans les environs d'Astrakan: il s'était assuré aussi que le Hérisson d'Europe, encore connu dans le gouvernement de Voronerta, ne se retrouve plus vers l'est à partir de Zavizin et de Serepta; enfin, Geoffroy Saint-Hilaire l'a trouvé aussi en Egypte. L'espace en latitude qu'occupe cette espèce est done bien plus large que l'intervalle occupé par l'autre, car elle est déjà nombreuse, dit Pallas, par le 52° degré de latitude. Pallas s'est assuré que, par les mœurs et le tempérament, ce Hérisson ressemble au nôtre: il l'a vu aussi s'engourdir, et alors la température descendait jusqu'à 145 degrés du thermomètre de Delisle par un froid de 125 degrés du même instrument. Rarement ont-ils 28 degrés en été, et leur température varie dans les mêmes rapports que l'atmosphère.

Outre les cadavres d'Animaux que mange ce Hérisson, il vit principalement d'insectes du genre Gryllus et de Coléoptères: comme le Hérisson d'Europe, Pallas lui a vu manger de suite plus de cent Cantharides sans être incommodé, tandis que des Chiens, des Chats, mouraient après d'horribles douleurs pour en avoir mangé bien moins. A Astrakan, ils servent de Chats dans les maisons. En hiver, ils s'enfoncent dans un trou de quelques pouces de profondeur. Ceux d'Egypte s'engourdissent-ils?. on l'ignore, malgré l'intérêt de la question si facile a résoudre: nous avons dit que leurs piquans n'étaient pas disposés en quinconces comme ceux du Hérisson d'Europe: ils sont donc moins bien armés; aussi les Faucons en détruisent-ils une grande quantité dans les environs de l'Oural et du Yaik. (A.D..NS.)

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Le nom de Hérisson, étendu à d'autres Mammifères, tels que le Tanrec, le Tandrac et même le Coendou, a encore été appliqué à diveis Poissons dont le corps est hérissé de piquans, tels qu'un Diodon, un Tétrodon et une Baliste; à des Coquilles de divers genres, particulièrement à des Murex. Réaumur appelle Hérisson blanc la larve d'une Coccinelle qui se nourrit de Pucerons. Les Oursins sont vulgairement appelés Hérissons de mer. Paulet appelle Hérissons ou Barbes des Arbres l'Hydnum erinaceum des botanistes. (B.)

HÉRISSONNE. INS. Nom vulgaire de la chenille du Bombyx Caja. (B.)

HÉRITIÉRE. Heritiera. BOT. PHAN. Plusieurs genres très-différens ont été dédiés au botaniste l'Héritier. L'Antherieum calyculatum, L., a été nommé Heritiera par Schrank; mais ce genre avait déjà été indiqué sous les noms de Narthecium et de Tofieldia. Michaux et Persoon ont rapporté au Dilatris ou à, l'Argolasia, l'Heritiera de Gmelin; et l'Hellenia de Willdenow aVait aussi été primitivement désigné par Retz, sous la même dénomination. Enfin, dans l'Hortus Kewensis, Aiton a donné le nom d' Heritiera au Balanopteris de Gaertner, qui a reçu aussi plusieurs autres synonymes, tels que Samandura de Linné ( Flor. Zeyl., n. 433). et Sutherlandia de Gmelin. C'est pour ce dernier genre, placé dans la famille des Byttnériacées, que les botanistes modernes ont conservé le nom d'Heritiera; voici les caractères qui lui ont été a ssignés par De Candolle (Prodr. Syst. Veget. 1, p. 484): calice à einq dents; fleurs mâles renfermant cinq à dix étamines, dont les filets sont réunis en un tube qui porte à son sommet des anthères sessiles; fleure hermaphrodites, possédant dix anthères sessiles, deux entre chaque carpelle; carpelles au nombre de cinq, monostyles, contenant un petit nombre d'ovules, acquérant par la maturité une consistance drupacée coriace et une forme carenée avec une aile latérale, indéhiscens, monospermes par avortement; graine dépourvue d'albumen, dirigée en sens contraire de la suturedu carpelle, et la plumule à deux lobes ayant un embryon très-épais, dont les cotylédons sont charnus, inégaux, et la radicule ovée et acuminée. Les Plantes de cegenre Sont des Arbres indigènes des Philippines, des Moluques et des autres îles de l'archipel Indien. Leurs feuilles sont simples, alternes, eutières et couvertes de petites écailles; leurs fleurs sont disposées en panicules. Aux deux espèces décrites par Gaertner sous le nom générique de Balanopteris, Willdenow en a ajouté une troisième sous le nom de H. Fomes, qui croî t sur les rivages du royaume d'Ava, dans les Indes-Orientales.

L'HÉRITIÈRE DES RIVAGES, Heritiera littoralis, Ait., Hort. Kew.; Balanopteris Tothila, Gaertner (de Fruct., 2, tab. 99), est un très-bel Arbre à feuillage toujours vert, dont les amandes sont comestibles selon Stadmann, quoique d'après Rhéede elles soient amères et astringentes. Ce dernier auteur l'a figuré (Hort. Malab. 6, tab. 21) sous le nom vulgaire de Mollavi qui lui a été conservé par Lamarck (Encycl. Méth.) (G..N, )

HÉRITINANDEL. REPT. OPH. La Vipère désignée sous ce nom à la côte de Malabar n'est pas déterminée; sa morsure passe pour extrêmement dangereuse; l'Antidesme Alexitère en est l'antidotè. (B.)

HERKEHAU. POIS. Dapper cite sous ce nom un Poisson africain dont la chair est des plus délicates, mais, on ne peut en déterminer le genre. (B.)

HERLE. OIS. Par corruption de. Harle. L'un des noms vulgaires de cet Oiseau dans certains cantons de la France. (B.)

* HERMANNELLA. BOT. PHAN. (De Candolle.) V. HERMANNIE.

HERMANNIE. Hermannia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Buttnériacées, type de la tribu des Hermanniées et de la Monadelphie Pentan-

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drie, établi par Linné et ainsi caractérisé: calice presque nu, campanulé et à cinq divisions peu profondes; corolle composée de cinq pétales dont les onglets sont connivens à leur base, et roulés en tube sur leurs deux bords; cinq étamines, dont les filets, réunis seulement à la base en un anneau court et souvent ailés, portent des anthères sagittées et rapprochées; cinq styles paraissant n'enformer qu'un, et surmontés de cinq stigmates; capsule à cinq valves septifères sur leur milieu, et à cinq loges polyspermes. Les Hermannies sont de petits Arbustes couverts de poils courts étoilés, à feuilles alternes simples stipulées, et à fleurs axillaires terminales, le plus souvent de couleur jaune. Elles croissent toutes au cap de Bonne-Espérance. Le nombre des espèces décrites jusqu'à ce iour s'élè ve a quarante-deux. De Candolle (Prodrom. Syst. Regn. Veg.1, p. 493) les a distribuées en deux sections:

§ I. TRIONELLA. Calice (comme dans l'Hibiscus Trionum) reuflé pendant et surtout après l'anthèse; filets des étamines très-dilatés. Cette section renferme quatorze espèces, parmi lesquelles on distingue les suivantes: l'Hermannia althœifolia, L. et Cavan. (Dissert. 6, tab. 179); H.candicans, Ait. ( Hort. Kew.), et Jacq. (Schœnbr. tab. 117); H. hyssopifolia, H. triphylla, Cavan. (loc. cit, tab.178). La Plante décrite sous ce nom par Linné est une espèce de Connarus.

§ II HERMANNELLA. Calice à peine ou point du tout renflé; filets des étamines non sensiblement dilatés. Vingt-huit espèces composent cette section; elles sont presque toutes cultivées dans les jardins d'Europe, et elles ont été très-bien décrites et figurées par les auteurs d'ouvrages sur les Plantes exotiques, tels que Aiton, Jacquin, Cavamiles, Schrader et Vendland, Link, Smith, etc. Nous citerons les espèces principales: H. micans, Schr. et Willd. (Sert. Hanov., lab. 5); H. multiflora et flammea, Jacq. (Hort.Schœnbr., tab. 128 et 129); H.scabra, Cavan. (Dissert. 6, tab. 182, fig. 2); H. Iavandulœfolia et denudata, L., figurées par Cavanilles (loc. cit., tab. 180 et 181).

Les Hermannies réussissent assez bien dans les jardins de botanique, où on les tient en serre tempéré e pendant l'hiver. Ils exigent une terre franche mélangée de terre de bruyère. Les jeunes pieds sont couverts de fleure plus nombreuses, plus grandes et plus élégantes que dans les vieux. On les multiplie par des marcottes et des boutures faites dans le cœur de l'été. Plus rarement, on les fait venir de graines que Ton sème au printemps, sur couche et sous châssis, dans un terreau léger, en ayant soin de ne les couvrir que très-légèrement. (G..N.)

HERMANNIÉES. Hermannieœ. BOT. PHAN. Dans son Genera Planta rum, le professeur Jussieu avait établi une première section de la famille des Tiliacées, qu'il a depuis érigée eu famille distincte. Rob. Brown (General Remarks) constitua plus tard la famille des Buttnériacées, dans laquelle rentra la famille des Hermanniées, qui devint alors une tribu naturelle de celle-ci. Elle eu forme la quatrième section établie par Kunth, sous le nom d'Hermanniaceœ (Nov. Gen. et Spec. Plant, œquin., vol. 5, p. 312), et ainsi caractérisée: calice persistant, sans bractées; cinq pétales plus longs que le calice, équilatéraux, quelquefois adnés par leurs onglets au tube staminal; cinq étamius monadelphes, toutes fertiles, et opposées aux. pétales, à anthères lancéolées sagittées, déhiscentes longitudinalement; ovaire quinquéloculaire, surmonté de cinq styles connivens ou soudés, et de stigmates simples ou en petites têtes; deux ou plusieurs ovules, fixés sur deux rangs à l'angle interne de chaque loge; capsule tantôt quinquéloculaire et quinquévalve loculicide, tantôt formée de cinq coques réduites quelquefois à une seule par avortement; chaque loge ou coque renfermant plusieurs graines réniformes munies d'un albu-

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men charnu, d'un embryon recourbé dont les cotylédons sont foliacés, entiers et planes, et la radicule inférieure. Le genre Waltheria semble faire exception à ces caractères, en ce que l'organe femelle est simple dans toutes ses parties. Kunth, en effet, présente son ovaire comme uniloculaire, surmonté d'un style et d'un stigmate unique; mais De Candolle (Prodrom. Syst. Veg. 1, p. 492) considère l'ovaire du Waltheria comme le cinquième carpelle d'un fruit multiple, dont quatre parties avortent constamment. Les Hermanniées sont des Arbrisseaux ou des Herbes à feuilles alternes, simples, entières ou incisées, à stipules pétiolaires géminé es. Leurs fleurs sont souvent disposées en ombelles et portées au nombre d'une à trois sur des pédoncules axillaires et opposés aux feuilles. Indépendamment des trois genres Heunannia, Mahernia et Waltheria, constituaient la première section des Tiliacées de Jusieu, ce célèbre botaniste avait encore indiqué comme devant faire partie de la nouvelle famille le Melochia, L., le Riedlea, Venten., l'Hugunia et le Cheirostemon. Ce dernier genre fait maintenant partie d'un autre groupe de la même famille, et l'Hugonia a même été transporté parmi les Chlénacées par De Candolle. Celui-ci a réuni au Riedlea le genre Mougeotia de Kunth, que cet auteur a indiqué comme un des genres de ses Herimanniacées. La tribu des Hermanniées est donc maintenant composée des genres suivans: Hermannia, L.; Mahernia, L.; Waltheria, L.; Altheria, Du Petit-Tb.; Melochia, Kunth; Riedlea, Vent., ou Mougeotia, Kunth. (G..N.)

HERMAPHRODITE. Hermaphroditus. ZOOL. BOT. Ce mot, formé du grec, indique un être organisé quelconque, qui est, à ce qu'on suppose, muni des deux sexes à la fois. Dans les Animaux vertébrés, ou la plupart des organes ont été portés, par la nature, à l'état le plus complet de développement, il n'existe point de véritables Hermaphrodites. Tout ce qu'on a dit des Hermaphrodites humains est controuvé ou rapporté d'après des observations mal faites sur quelques monstruosités individuelles. C'est ainsi que des femelles, dont le clitoris et les nymphes étaient d'une grandeur démesurée, ont été supposées dotées de verges et de testicules, et regardées, comme appartenant aux deux sexes à la fois, ce qui est impossible. Mais il est des classes entières d'Animaux qui sont réellement munies d'organes mâles et femelles tout ensemble. Il en a été question à l'article ANDROGYNE. V. ce mot, que nous ne regardons pas comme synonyme.

En botanique, le mot Hermaphrodite s'emploie plus particulièrement pour désigner les Plantes dont les fleurs sont à la fois pourvues de pistils et d'étamines. Celles qui ne renferment qu'un des deux organes, sont dites UNISEXUELLES. V. FLEURS, (B.)

HERMAS. BOT. PHAN. Genre de la famille des Ombellifères, placé avec celles-ci dans la Pentandrie Digynie, L., quoique ce genre soit réellement polygame, et dont les caractères sont: fleurs en ombelles, formées chacune de plusieurs ombellules; l'ombelle terminale porte au centre de ses ombellules des fleurs hermaphrodites, mais les fleurs de la circonférence sont ou en partie dégénérées ou simplement mâles ainsi que les ombellues latérales; collerette universelle composée de neuf à douze folioles linéaires-lancéolées; collerettes partielles à une ou deux folioles extérieures; calice des fleurs hermaphrodites très-petit, à cinq dents; cinq pétates ovales-oblongs, entiers, planes et égaux; cinq étamines de la longueur des pétales; ovaire comprimé, plus grand que la corolle, chargé de deux styles plus longs que les pétales à stigmates obtus; fruit arrondi, un peu aplati, formé de deux akènes presqu'orbionlaires ou elliptiques, comprimés, bordés d'une petite aile membraneuse, et munis d'une strie élevée et longitudinale. Toutes les es-

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pèces de ce genre sont indigènes des montagnes qui avoisinent le cap de Bonne-Esperance, et ce sont à peu près les seules Ombellifères qui croissent dans le continent africain au sud de la ligne. Elles ont beaucoup de rapports avec les aussi Sprengel, dans sa nouvelle classification des Ombellifères, a placé le genre parmi les Buplévrinées qui forment la troisième tribu. Leurs tiges frutescentes portent des feuilles simples, alternes et cotonneuses en dessous. On ne compte que cinq espèces de ce genre, savoir: 1° Hermas gigantea, L. fils, ou Buplevrum gigaanteum, Thunb., Prodr.;H. depauperata, L., Mantiss., ou H.villosa, Thunb., Flor. Cap., perfoliata, Burm. Afr., t. 71, 2; 3° H. ciliata, L. fils, ou Buplevrum ciliatum, Thunb., Prodr; 4° H. capitata, L. fils, Buplevrum capitatum, Thunb., loc. cit.; 5° et H. quinquedentata, L. fils, ou Buplevrum quinquedentatum, Thunb., loc. cit. L'espèce que Sprengel a décrite dans son Prodrome des Ombellifères, sous le nom d'Hermas australis, et qu'il avait reçue de Thunberg, a été reconnue pour une espèce nouvelle de Panax. (G..N.)

* HERMELLE. Hermella. ANNEL. Genre del'ordre des Serpulées, famille des Amphitrites, foudé par Savigny (Syst. des Annelides, p. 69 et 81) qui lui donne pour caractères distinctits: bouche inférieure; deux branchies complètement unies à la face inférieure du premiersegment, et formées chacune par plusieurs rangs transverses de divisions sessiles et simples; premier segment pourvu de soies disposées par rangs concentriques, constituant une couronne operculaire. Ce genre a des rapports avec les Serpules, les Sabelles et les Amphictènes; mais il s'en distingue essentiellement par ses rames ventrales d'une seule sorte, portant toutes des soies à crochets, et par l'absence des tentacules. Les Hermelles ont le corps presque cyindrique, avec un léger renflement au milieu, aminet à son extrémité postérieure et composé de segmens peu nombreux. Le premier segment est apparent et très-grand, et dépasse antérieurement la bouche; il est tronqué obliquement H'avant en arrière pour recevoir la couronne operculaire, et fendu profondément pardessous sur toute sa longueur pour fournir deux supports aux divisions branchiales; les derniers segmens sont allongés, membraneux, sans pieds, et composent une queue tubuleuse, grêle et cylindrique, repliée en dessous et terminée par un petit anus.— Les branches au nombre de deux, situées sous le premier segment, occupent l'intervalle qui sépare sa couronne operculaire de ses deux cirres inférieurs, et consistent chacune en une touffe de filets sessiles, aplatis, sétacés et alignés fort régulièrement sur plusieurs rangs transverses.— Les pieds ou appendices du premier segment sont anomaux; ils constituent ensemble deux cirres inférieurs, portés par deux lobules situés sous la bouche, et deux triples rangs supérieurs arqués et contigus de soies plates qui composent une couronne elliptique destinée à servir d'opercule; les deux rangs extérieurs de cette couronne sont très-ouverts, à soies fortement dentées inclinées en dessous: le rang intérieur est à soies entières, courbées en dedans; enfin le plus extérieur des trois rangs est mobile et entouré lui-même d'un cercle de denticules charnus. Les pieds du second segment et des suivans sont munis à leur base supérieure d'un cirre plat, allongé, acuminé, tourné en devant, et ces pieds sont de trois sortes: 1° les premiers pieds n'ont pas de soies visibles, et sont pourvus d'un petit cirre inférieur tourné eu devant; 2° les seconds, troisièmes et quatrièmes pieds ont une rame ventrale munie d'un faisceau de soies subniées et une rame dorsale garnie de soies à palette liese; 3° les cinquièmes pieds et tous les suivans, y compris la dernière paire, ont une rame ventrale munie d'un faisceau de soies subulées et une rame

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dorsale garnie d'un rang de soies à crochets; la paire des cinquièmes pieds est distinguée en outre par deux petits cirres intérieurs et connivens. Quant aux soies, celles dites subulées sont dirigées toutes en dedans; celles des deuxièmes, troisièmes et quatrièmes pieds sont comprimées et lancéolées à leur pointe; les autres sont simplement infléchies; les soies à crochets sont excessivement minces et courtes, et découpées sous leur bout en trois à quatre dents. — La bouche est inférieure, située entre les supports des branches, munie d'une lèvre supérieure et de deux demi-lèvres inférieures, longitudinales, minces et saillantes; il n'existe pas de tentaeules. Les Hermelles sont des Annelides marines contenues dans un tube fixé, sablonneux, ouvert par un seul bout et réuni, avec d'autres tubes de même nature, en une masse alvéolaire. Savigny décrit seulement deux espèces.

L'HERMELLE ALVÉOLAIRE, Hermella elveolata, Sav., connu d'un grand nombre d'auteurs. C'est l'Amphitrite elveolata de Cuvier, et peut-être bien son Amph. ostrearia (Dict. des Sc. natur. et Règn. Anim.). Lamarck (Hist. des Anim. sans vert. T. v, p. 352) l'a décrite sous le nom de Saballaria elveolata, et Réaumur l'a fait connaître, dans les Mémoires de l'Académie des Sciences (1711, pag. 165), sons le nom de Ver à tuyau. Linné l'a nommée Tubipora arenosa et Sabella alveolata (Syst. Nat., édit. 10 et 12), et Ellis (Corall. p. 104, pl. 36) Tubularia arenosa anglica. Les individus que ce dernier auteur figure sont cependant plus petits, et paraissaient bien, d'après l'opinion de Savigny, constituer une espèce distincte. L'Hermelle alvéolaire se trouve sur les côtes de l'Océan et sur celles de la Méditerranee jusqu'en Syrie.

L'HERMELLE CHRYSOCÉPHALE, H. chrysocephala, Sav., ou la Nereis chrysocephala de Pallas (Nov. Act. Petrop. T. II, p. 235, tab. 3, fig. 20), et la Terebella chrysocephala de Linné. Elle se trouve dans la mer des Indes; elle est très-remarquable par sa longueur (plus de quatre pouces) et se distingue encore de la précédente, suivant Savigny, parla forme de sa couronne dout le rang le plus intérieur est moins séparé à sa base du rang mitoyen, et par quelques autres différences assez légères.(AUD.)

HERMÉS. Hermes, MOLL. Un demembrement du genre Cône a reçu ce nom de Montfort qui à tort en avait fait un genre sépare. Toutes les espèces cylindracées y étaient comprises, et le Cône Crassatelle en était le type. Ce genre n'a point été admis. V. CÔNE. (D..H.)

HERMESIAS. BOT. PHAN. ( Loefling.) V. BROWNEA.

HERMESIE. Hermesia. BOT. PHAN. Le genre qui a été décrit et figuré sous ce nom dans les Plantes équinoxiales de Humboldt et Bonpland (tab. 46) ne nous paraî t pas pouvoir être séparé de L'Alchornea de Swartz (V. ce mot), puisque la seule différence est qu'on observe dans son calice cinq au lieu de trois divisions, caractère de trop peu d'importance pour fonder un genre. L'Hermesia castaneifolia, qui croît sur le continent de l'Amérique méridionale, forme donc une seconde espèce d'Alchornea auquel on doit en joindre une troisième américaine, rapportée du Brésil. Nous ajouterons ici l'indication de deux autres espèces inédites, observées dans le Sénégal et la Guinée. (A. D. J.)

HERMÉTIE. Hermetia. INS. Genre de l'ordre des Diptères, famille des Notacanthes, établi par Latreille et adopté par Fabricius. Ses caractères essentiels sont: antennes toujours beaucoup plus longues que la tête, de trois articles distincts, dont le dernier, sans stylet ni soie, est divisé en huit anneaux et forme une massue comprimée. Ce genre, composé uniquement d'espèces exotiques, avoisine les Stratiomes et surtout le genre Xylophage de Megcrle; il s'en distingue essentiellement par la forme du dernier article et la division

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en un grand nombre d'anneaux. Ce petit genre a pour type:

L'HERMÉTIE TRANSPABENTE, H.illudens, Latr. Fabr., ou la Nématèle à anneau transparent de Degéer (Mém. sur les Ins. T. VI, p. 205, pl. 29, fig. 8), décrite par Linné sous le nom de Musca illucens son corps est noir et luisant, avec une légère teinte violette; il est couvert de quelques poils; le second anneau de l'abdomen est d'un jaune paille et toutà -fait transparent en dessus. Cette portion jaune est divisée en deux taches par une ligne longitudinale noire et une ligne pareille de chaque côté. Les yeux sont d'un vert obscur avec des ondes transversales noires, et sur le devant de la tête il y a quelques taches blanches luisantes. Les cuisses sont noires, les jambes noires et jaunes, et les tarses entièrement d'un jaune clair; cette espèce est originaire de Surinam. Fabricius mentionne d'autres espèces peu connues et qui sont originaires de l'Amérique méridionale. (AUD.)

HERMI-JAUNE. OIS. Syn. vulgaire de Marouette. V. GALLINULE. (DR..Z.)

HERMINE. ZOOL. Ce nom d'un Mammifère du genre Marte a été étendu par les marchands de Coquilles à une espèce du genre Cône, le Conus Capitanus, L. (B. )

* HERMINÉE. INS. (Fourcroy.) Espèce de Phalène des environs de Paris. (B.)

HERMINIE. Herminia. INS. Genre de l'ordre des Lépidoptères, famille des Nocturnes, tribu des Noctuélites, établi par Latreille avec ces caractères: palpes supérieurs cachés, les inférieurs ordinairement grands, recourbés sur la tête et très-comprimés; antennes, du moins chez les mâles, souvent ciliées ou pectinées, et offrant, dans quelques-uns, un petit renflement qui imite un nœud, Plusieurs espèces d'Herminies avaient été rangé es par Fabricius avec ses Crambus. Ses Hyblées sont pour Latreille de véritables Herminies. Cegenre se distingue des Phalènes, des Pyrales, des Noctuelles, etc. (V. ces mots), par des caractères tirés des palpes, des ailes, et des chenilles. Les ailes des Herminies forment, dans le repos, un triangle allongé, presque plane, ce qui donne à leur port beaucoup de ressemblance avec celui des Phalènes Pyrales de Linné qui correspondent à la tribu des Deltoïdes de Latreille. Leurs chenilles n'ont que quatorze pates, la première paire des membraneuses ventrales manquant. Latreille pense qu'elles vivent retirées dans des cornets de feuilles qu'elles ont roulées. A l'état d'insectes parfaits, les Herminies sont des Papillons peu brillans, de couleur généralement grise, et ne variant que par leurs nuances et les taches ou bandes plus ou moins foncées qui les recouvrent. Plusieurs espèces sont remarquables par les touffes de poils dont leurs cuisses sont garnies intérieurement, et qu'elles peuvent replier ou développer à volonté; il est possible qu'elles aient une utilité ans l'acte de la génération, mais on n'a aucune observation qui le prouve. Ne serait-ce pas plutôt pour aider ces Insectes dans le vol? On trouve en Europe plusieurs espèces, mais on ne sait presque rien sur leurs mœurs quoiqu'elles aient toujours excité l'attention des naturalistes par la longueur de leurs palpes. Degéer les mentionne dans son premier votume, pl. 5, fig. 1, et Réaumur dans son septième Mémoire, pl. 18. L'espèce la plus commune est:

L'HERMINIE BARBUE, Herm. barbalis, Phalœna barbalis, L.; Crambus barbatus, Fabr., Clerck, Icon., tab. 5, n. 3. Le mâle a les antennes pectinées, et les cuisses postérieures garnies intérieurement d'une touffe épaisse de poils. Ses ailes supérieures sont d'un cendré jaunatre, avec trois lignes transverses, flexueuses et parallèles plus foncées. Elle se trouve dans les prés, et la chenille vit sur le Trèfle. On doit encore rapporter à ce genre les Crambus ventilabris, rostratus, proboscidalis, ensatus, et Hy-

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blœa sagittata, Fabr.; le Crambus adspergïllus, Bosc, et la Phalœna Orosia de Crammer. (G.)

HERMINION. BOT. PHAN. (Ruellius.) Syn. d'Aloès. V. ce mot. (B.)

* HERMINIUM. BOT. PHAN. phrys Monorchis, L., est devenu le type d'un nouveau genre établi par R. Brown (Hort. Kew, 2° édit. T. V, p. 191) et qui appartient à la famille des Orchidées et à la Gynandrie Monandrie, L. — Richard Richard père (de Orchid, europœis, p. 27 ), en adopta e genre, l'a ainsi caractérisé: périanthe presque campauulé, dont les divisions intérieures sont plus longues et dissemblables; le labelle trifide, hasté et muni seulement d'une bosse courte, remplace l'éperon qui existe dans plusieurs autres Orchidées; ovaire recourbé au sommet; gynostème raccourci, semblable à celui du genre Orchis; loges de l'anthère non rétrécies, en forme de gaine inférieurement; rétinacles (glandes des masses polliniqnes) séparées, nues, grandes, coriaces en dessous et d'une forme de cuiller très-remarquable; masses polliniques brièvement pédicellées, composées d'un petit nombre de particules presque cubiques. L'Herminium Monorchis, R. Br., Ophrys Monorchis L., habite les foiêts de Sapins des chaînes de montagnes de l'Europe.(G..N.)

HERMION. BOT. PHAN. (Gesner.) Vieux synonyme de Panicaut. (B.)

* HERMIONE. BOT. PHAN. Genre établi aux dépens du Narcissus L., par Salisbury (Transact Hort. Societ. T. 1, p. 357) qui n'en a pas développé les caractères. Ceux-ci ont été tracés de la manière suivante par Haworths (Narcissurum Revisio, p. 137): spathe multiflore, le plus souvent à trois fleurs; segmens du périanthe étalés en étoile, quatre ou cinq fois plus longs que la couronne intérieure qui est petite et caliciforme; tube, du périanthe grêle, anguleux, cylindroïde, plus long que les segmens; filets des étamines adnés au tube dans toute sa longueur, excepté au sommet où ils sontlibres, d'une demi-ligne seulement; trois d'entre eux sont plus longs que le tube, et les trois autres lui sont égaux; anthères trigones, ovées et dressées; style droit, renfermé dans le tube; stigmate plus ou moins partagé en trois lobes arrondis. Ce genre ou plutôt cette simple section d'un genre qu'il nous semble peu convenable de hacher, ainsi que l'ont fait les auteurs anglais, comprend vingt-une espèces, nombre que nous croyons susceptible d'être de beaucoup diminué. Les principales sont: Hermione Haw., ou Narcissus Jonquilla, , L.; H. bifrons, Haw., ou Narcissus bifrons, Gawler, Bot. Mag., 1186; Hermione floribunda, Salisb., vulgairement nommé le grand Monarque par les jardiniers; et H. Tazetta, Haw., ou N. Tazetta, L. V., pour plus de détails sur ces espèces, le mot NARCISSE. (G.N..)

HERMITE. INS. Nom spécifique imposé à un Coléoptère au genre Trichie et à un Papillon. (AUD.)

HERMITES. CRUST. Syn. de Pagure. V. ce mot. (AUD.)

HERMODACTE OU HERMODATTE. Hermodactylus. BOT. PHAN. Les anciens botanistes, médecins et apothicaires, donuaient ce nom à des Plantes très-différentes. Mésué l'appliquait à l'Erythronium dens Canis, Tragus au Cyclamen, Ruellius au Potentilla Anserina, Sérapion à une espèce de Colchique, etc., etc. L'Hermodactylus verus de Mathiole, Daléchamp et C. Bauhin, est une espèce d'Iris remarquable surtout par ses racines tuberculeuses et fasciculées. Tourncfort fit de cette Plante, sous le nom d'Hermodactylus, un genre distinct, mais qui n'a pas été conservé. C'est l'Iris tuberosa de Thunberg (Dissert., n° 43), figuré dans Morison (Hist. Plant., 2, sect. 4, tab. 5, f. 1). Les Hermodattes sont des racines qui nous viennent du Levant. Elles ont une forme presque hémisphérique, en cœur aplati d'un côté, de la grosseur

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d'une châtaigne. La saveur âcre de ces racines s'évanouit par la dessiccation ainsi que par la torréfaction; car, selon Prosper Alpin, les femmes égyptiennes les mangent comme des châtaignes aprés les avoir fait rôtir légèrement. Elles prétendent que l'usage de quinze à seize par jour leur fait acquérir de l'embonpoint et de la fraîcheur. Les anciens médecins prescrivaient la racine d'Hermodatte associée à des aromates comme un purgatif convenable dans la goutte et les douleurs des articulations. Comme ce médicament n'agit pas très-uniformément, et qu'on possède une foule d'autres purgatifs indigènes qui valent infiniment mieux, son emploi est aujourd'hui entièrement abandouné. Les Hermodattes ont donc disparu du commerce de la droguerie, et on ne les trouve que dans les vieux bocaux des pharmaciens qui semblent les conserver comme des monumens de la confiance empirique des médecins de l'ancien temps. (G..N.)

HERMUBOTANE. BOT. PHAN. C'est-à-dire Plante de Mercure. Ce nom désignait, chez les Grecs, la Potentille, et la Mercuriale selon d'autres. (B.)

* HERMUPOA. BOT. PHAN. Lœfling (Itin., 307) a établi sous ce nom un genre que le professeur De Candolle (Prodr. Syst. Veget., 1, p. 254) a rapporté avec doute a la famille des Capparidées, et qu'il a ainsi caractérisé: calice double, l'extérieur tubuieux, l'intérieur très-petit, à quatre sépales (nectaire?); quatre pétales linéaires; six étamines très-longues; baie oblongue, cylindracée. Lœfling a indiqué l'affinité de ce genre avec le Breynia. L'Hermupoa Lœflingiana, D. C., est une Plante à fleurs rouges quicroît dans l'Amérique équinoxiale.

Les anciens donnaient le nom d'Hermupoa à la Mercuriale. V. ce mot et HERMUBOTANE. (G..N.)

HERNANDIE. Hernandia. BOT. PHAN. Genre de la Monœcie Triandrie, placé par Jussieu et Lamarck à la suite de la famille des Laurinées, près du genre Myristica. R. Brown (Prodrom., p. 399) ayant établi une nouvelle famille pour ce dernier genre, l'Hernandia devra en faire partie si toutefois ses affinités sont réelles.V. MYRISTICÉES. Voici les caractères que Jussieu lui a assignés: fleurs monoïques; les mâles ont un calice (corolle selon Linné.) cotonneux, à six divisions, dont trois alternes, intérieures et plus petites; à la base de celles-ci, on observe six glandes brièvement stipitées autour de trois étamines dressées, à filets courts et réunis infèrieurement. Les fleurs femelies ont un calice cotonneux, double, l'extérieur infère, court, urcéolé, presque entier; l'intérieur (corolle selon Linné) supère, à huit divisions çaduques, dont quatre alternes, situées extérieurement; ovaire placé sous le calice intérieur et seulement entouré par l'extérieur; style court, ceint à sa base de quatre glandes stipitées; stigmate large, infundibuliforme; fruit drupacé à huit côtes saillantes, contenant une noix globuleuse, monosperme, enveloppée par le calice extérieur persistant et considérablement accru après, la floraison, comme dans le genre Physalis; graine huileuse. Aucune espèce nouvelle n'a été ajoutée aux deux espèces décrites par Linné.

L'HERNANDIE SONORE, Hernandia sonora, L., est un Arbre élevé, à large cime, et remarquable par la forme de ses feuilles qui sont alternes, ovales, pointues au sommet, arrondies à la base, entières et portées sur des pétioles qui ne s'insèrent point sur leurs bords, mais sur la partie postérieure du limbe. Les fleurs sont disposées en panicules axillaires et terminales. Les calices, persistans et agrandis après la floraison, enveloppent de toutes parts le fruit comme dans une vessie coriace, lisse, jaunâtre et percée d'un petit trou au sommet. Lorsque l'air est agité, il pénètre par cette ouverture, et produit un sifflement singulier qui retentit au loin. C'est de-lá que vient le nom spécifique de sonora, imposé

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par Linné. Cet Arbre croît particulièrement aux Antilles. Son fruit, qui possède une amande purgative et huileuse, est appelé Mirobolan, nom que portent aussi les fruits de plusieurs Spondia.

L'HERNANDIE OVIGÉRE, Hernandia ovigera, L., diffère principalement de la précédente espèce par ses feuilles plus allongées, moins larges et qui ne sont point ombiliquées. Elle croît dans les Indes- Orientales. Lamarck ( Dict. Encycl. ) a rapporté à cette espèce l'Hernandia Guyanensis d'Aublet qui croît à Cayenne. Selon ce dernier auteur, les Garipons se purgent en prenant des émulsions qu'ils font avec l'amande du fruit de cet Arbre. Lorsque son bois est sec, il prend feu aussi facilement que l'Amadou, et les Galibis l'emploient aux mêmes usages que nous donnons à cette substance. (G..N.)

HERNIAIRE. Herniaria. BOT. PHAN. Vulgairement Turquette et Herniole. Ce genre, de la famille des Paronychiées d'Aug. Saint-Hilaire et de la Pentandrie Digynie, L., offre les caractėres suivans: périanthe unique, divisé profondément en quatre ou cinq découpures lancéolées, colorées intérieurement, quatre ou cinq squammules ou filamens nus, placés entre les divisions du périauthe et les étamines qui sont ordinairement au nombre de cinq ( quelquefois moins selon De Candolle); deux styles et deux stigmates ( trois styles courts selon Lamarck); capsule très-petite, mince', indéhiscente, enfermée dans le calice, et ne contenant qu'une seule graine luisante.

Les Herniaires sont des petites Herbes à tiges rameuses et couchées; à fleurs agglomérées, axillaires. On en a décrit une quinzaine d'espèces qui pour la plupart croissent dans l'Europe méridionale et dans le bassin de la Méditerranée. Une d'entre elles, que l'on trouve surles côtes les plus chaudes de cette mer, a des tiges un peu ligneuses, dressées et dichotomes; c'est l'Herniaria erecta, Desf. (Atlant. 1, p. 214), H. polygohoides, Cavan. ( Icon. 2, tab. 137); cette Plante a été transportée dans le genre Paronychia par Lamarck et De Candolle. On rencontre communément aux environs de Paris les Herniaria glabra et H. hirsuta, L. Ces deux espèces ont entre elles beaucoup d'analogie; cependant la villosité de la seconde, outre quelques autres caractères (très-lėgers il est vrai), la fait distinguer facilement de la première. L'HERNIAIRE GLABRE a des tiges grêles, très-rameuses, entièrement étalées sur la terre. Ses feuilles sont petites, ovales, oblongues, rétrécies à la base, d'abord opposées, puis alternes par la chute de celles qui se trouvaient près de chaque agglomération de fleurs. Aux articulations de la tige, se trouvent des stipules scarieuses, et fort petites. Les fleurs sont aussi très-peu apparentes, verdâtres et ramassées par petits pelotons axillaires. Les chemins sablonneux et les lieux incultes sont les stations que cette espèce prėfère. On lui attribuait jadis des propriété s merveilleuses pour la guérison des hernies, soit qu'on l'administrât à l'intérieur, soit qu'on l'appliquât à l'exterieur sous forme de topique. Il nous semble inutile de faire voir combien de telles yertus sont imaginaires dans une Plante à peine pourvue d'un principe astringent. (G..N.)

HERNIOLE. BOT. PHAN. V. HERNIAIRE.

HERO. INS. Nom spécifique donné par Linné à une espèce de Papillon du genre Satyre, Satyrus Hero Fabricius a désigné aussi sous ce nom une seconde espèce qui est le Satyre Iphis, Papilio Iphis, Hubn. (AUD.)

HERODIAS. OIS. Syn. de Héron cendré d'Amérique.. V. HéRON. (DR..Z.)

* HERODII. OIS. (Illiger.) V. HéRODIONS.

HÉRODIONS. Herodiones. OIS. Herodii d'Illiger. Nom sous lequel Vieillot réunit dans une famille les genres Cigogne, Héron, Jabiru,

TOME VIII. 11

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Courliri, Anastome et Ombrette. V. ces mots. (DR..Z.)

HERODIOS. OIS. Syn. de Héron. V. ce mot. (DR..Z)

HÉRON. Ardea. OIS. Genre de la seconde division de l'ordre des Gralles. Caractères: bec plus long ou de la longueur de la tête, conique, comprimė, pointu; mandibules à bords tranchans, la supérieure droite ou très-légèrement courbée, faiblement uchée avec l'arête arrondie; narines placées de chaque côté du bec et presque à sa base, fendues longitudinalement dans une rainure et à demi-recouvertes par une membrane; un espace nu de chaque côté du bec, au milieu duquel sont les yeux; pieds longs et grêles; quatre doigts, trois en avant, dont l'externe réuni à l'intermédiaire par une petite membrane et l'interne libre; le pouce s'articulant sur la face intérieure du tarse et au niveau des autres; ongles longs, peu arqués, comprimés, acé rés; celui du milieu dentelé intérieurement; première rémige presque aussi longue que les deuxième et troisième qui dépassent toutes les autres. Il est peu d'Oiseaux plus généralement répandus que les principales espèces quicomposent le genre Héron; on les retrouve sur tous les points du globe où les navigateurs et les naturalistes ont pu les observer, soit dans leurs formes ou variations de plumage, soit dans tout ce qui a rapport à l'entretien de leur existence et à la propagation des espèces. Doués d'organes propres à traverser d'immenses étendues aérieunes, d'une sobriété qui leur fait supporter de longues abstinences, paraissant de plus endurer, sans en souffrir, les alternatives des termes opposés de la température atmosphérique, il n'est pas étonnant que les Hérons passent facilement d'un climat a l'autre et parviennent même ainsi à faire le tour du monde. Leur vol est plus élevé que rapide; ils l'exécutent la tête renversée et appuyée sur le dos, les jambes étendues en arrière en forme de gouvernail, de manière que l'on n'aperçoit dans les airs qu'un corps presque sphérique, poussé en avant par deux sortes de rames dont l'envergure est assez considérable. Ces Oiseaux habitent constamment les lieux entrecoupés de rivières et de ruisseaux, les bords des lacs et des fleuves; ils y vivent solitaires, rarement par couples, et séjournent assez long-temps dans le même endroit. Leur caractère pourrait être cité comme modèle de patience, si l'on n'y reconnaissait cette impassibilité tout à la fois mélancolique et farouche qui est une nuance de la lâcheté. Le corps immobile et perpendiculaire sur des jambes roidies, le cou replié sur la poitrine, la tête enfoncée dans les épaules, ils attendent, pendant des heures entières et dans la même attitude, qu'il se prėsente à leurs yeux quelque proie sur laquelle ils puissent lancer avec rapidité leur bec long et pointu. Ils préfèrent assez généralement le Poisson; mais à dėfaut de cette nourriture, ils se contentent de Reptiles et même d'Annelides et de Mollusques qu'au moyen des ongles acérés dont leurs longs doigts sont armés, ils forcent à sortir de la vase. On les a vus, dans un besoin pressant, se jeter sur de petits Quadrupèdes, et se repaître de charognes fétides.

Il paraît, le fait du moins est constant pour plusieurs espèces, que les Hérons se recherchent et prennent la vie sociale dans le temps des amours; ils nichent en assez grand nombre et se rendent même, pendant l'incubation, des soins mutuels. Leurs nids, qu'ils placent ordinairement au sommet des Arbres les plus élevés du voisinage des eaux, quelquefois aussi dans les broussailles marécageuses, sont, suivant leur position, plus ou moins artistement construits, mais aucune espèce n'y apporte le soin que l'on remarque en général dans la nidification des Oiseaux sylvains; ces nids sont composés de bûchettes entrelacėes, assujetties par des joncs et supportant un peu de mousse et de

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duvet. La ponte est de quatre à six œufs dont la couleur verte, bleue ou blanchâtre, varie d'éclat et de pureté, suivant les espèces. Les Hérons ne sont assujettis qu'à une seule mue. Les femelles ne diffèrent des mâles que par des nuances un peu moins vives dans les couleurs; et les huppes, lorsqu'elles en sont ornées, sont aussi un peu moins longues que celles des mâles.

Le genre Héron peut être partagé en deux sections: la première comprendra les Hérons proprement dits; a seconde, les Bihoreaux, les Butors, les Crabiers et les Blongios.

A.Bec beaucoup plus long que la tête, aussi large ou plus large que haut à sa base; mandibule supérieure à peu prės droite; une grande portion de la jambe nue.

† HÉRONS proprement dits.

HÉRON AGAMI, Ardea Agami, L., Buff., pl. enl. 859. Parties supérieures d'un bleu cendré; tête et aigrette noires; occiput et dessus du cou bleuâtres; parties infėrieures et devant du cou d'un biun roussâtre; bec noir; pieds jaunes; croupion garni de longues plumes bleues que l'on ne retrouve pas chez les femelles; celles ci ont, en général, les couleurs plus ternes, le dessus du cou brun et l'abdomen tacheté de blanc. Taille, trente pouces. De l'Amérique méridionale.

HÉRON A AILES BLANCHES, Ardea leucoptera, Vieill. Parties supėrieures rousses avec les ailes blanches; tête, cou et gorge d'un blanc roussâtre, tachetés longitudinalement de roux; parties inférieures blanches; deux longues plumes à l'occiput; bec brun en dessus, jaunâtre en dessous. Taille, quatorze pouces. De l'Océanique.

HÉRON AIGRETTE, Ardea Egretta, L.; Grande Aigrette, Buff., pl. enl. 925; Ardea alba, Gmel.; Ardea candida, Biss.; Ardea egrettoides, Gmel.; Héron blanc, Buff., pl. enl. 886.Tout le plumage d'un blanc pur; quelques plumes allongées sur la nuque; plumes du dos longues et à barbes effilées dans les mâles adultes; bec verdâtre, noir à la pointe; iris verdâtre; jambes longues et grêles, vertes ou d'un brun verdâtre; doigts très-longs; un grand espace nu au-dessus du genou. Taille, troispieds quatre pouces. Les femelles et les jeunes n'ont ni huppe, ni plumes effilées sur le dos. Sur les deux continens.

HÉRON AIGRETTE ROUSSE, Ardea rufescens, L., Buff, pl. enl. 902. Plumage d'un gris noirâtre, à l'exception des grandes plumes effilées du dos, de la tête et du cou, qui sont rousses; bec jauuâtre, noir à la pointe; pieds verdâtres. Taille, trente pouces. De l'Amérique septentrionale.

HÉRON DE LA BAIE D'HUDSON, Ardea Hudsonius, Lath. V. GRAND HÉRON D'AMÉRIQUE, jeune.

HÉRON BLANC A CALOTTE NOIRE, Ardea pileata, Lath., Buff., pl. enl. 107. Plumage blanc, nuance de jaunâtre: sommet de la tête noir, orné d'une huppe composée de quelques plumes blanches; bec et jambes d'un jaune verdâtre. Taille, vingt-quatre pouces. De l'Amérique méridionale.

HÉRON BLANC DE LA CAROLINE, Ardea œquinoxialis, Lath. V. HÉRON CRABIER A AIGRETTE DORÉE.

HÉRON BLANC HUPPÉDE CAYENNE. V. HÉRON BLANC A CALOTTE NOIRE.

HÉRON BLANC DE LAIT, Ardea galeata, Lath.Tout le plumage blanc; bec jaune; pieds rouges; une huppe sur la nuque. Taille, trente pouces. Amėrique méridionale. Espèce douteuse.

HÉRON BLANC DU MEXIQUE. V. HÉRON CRABIER A AIGRETTE DORÉE.

HÉRON BLANC ET ROUX, Ardea bicolor, Vieill. Plumage blanc, avec la tête, le cou, la gorge et les longues plumes de la poitrine d'un roux assez vif; bec blanchâtre; pieds rougeâtres. Taille, trente-huit pouces. De la Nouvelle-Hollande.

HÉRON BLANC A TêTE ROUSSE, Ardea ruficapilla, Vieill. Plumage blanc; tête, extrėmité des remiges et des rectrices d'un roux vif; bec et

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pieds jaunâtres. Taille, quatorze pouces. De la Nouvelle-Hollande.

HÉRON BLEU, Ardea Soco, Lath. La majeure partie du plumage d'un bleu cendré; nuque garnie d'une huppe; plumes du bas du cou effilées et blanches; côtés de la tête noirs; joues, gorge et cou d'un blanc pur;rémiges cendrées; bec jaunâtre; pieds plombés. Taille, trente-quatre pouces. Amérique méridiouale.

HÉRON BLEU A GORGE BLANCHE, Ardea albicollis, Lacép. Plumage d'un bleu noirâtre; gorge blanche; bec et côtés nus de la tête bruns; pieds noirs. Taille, douze à quatorze pouces. Du Sénégal.

HÉRON BLEUATRE DE CAYENNE. V. HÉRON CRABIER BLEU A COU BRUN.

HĖRON BLEUATRE A VENTRE BLANC, Ardea leucogaster, Lath, Buff., pl., enl. 36o. Parties supérieures ardoisées, les infėrieures blanches: peau nue des joues jaune; bec brun; pieds jaunâtres. Taille, vingt à vingt-deux pouces. De Cayenne.

HÉRON DU BRÉ SIL. V. HĖRON BUTOR JAUNE, jeune.

HÉRON BRUN V. HÉRON AGAMI, femelle.

HÉRON BULLA-RA-GUNG, Ardea pacifica, Lath. Parties supérieures d'un bleu-ardoise foncé; tête et cou d'un blanc rougeâtre; de grandes taches noires sur le devant du cou; côtés de la poitrine et scapulaires d'un brun pourpré; tectrices alaires irisées de verdâtre;rémiges bordėes de blanc; parties inférieures blanches, avec le bord des plumes cendré; bec noir en dessus, blanc en dessous; pieds noirs. Taille, trente-huit pouces. De la Nouvelle-Hollande.

HÉRON A CARONCULES. V. GRUE CARONCULéE.

HÉRON CENDRÉ, Ardea, cinera Lath.; Ardea major, Gmel.; Ardea rhenana, Sand., Buff., pl. enl. 755 et 787. Parties supérieures d'un bleu cendré; front, cou, milieu du ventre, bord des ailes et cuisses d'un blanc pur; occiput, côtés de la poitrine et flancs noirs; nuque ornée de longues plumes effilées noires;, d'autres plumes longues, soyeuses et blanches au bas du cou; bec jaune; pieds bruns.Taille, trente-six à trentehuit pouces. Les jeunes n'ont point de huppes ni de plumes effilées au bas du cou; le front et la tête sont cendrés; la gorge blanche: le cou cendré, tacheté de brun; le dos et les ailes mêlés de brun; la poitrine tachetée longitudinalement; les pieds jaunâtres. De presque tous les points connus du globe.

HÉRON CENDRé D'AMÉRIQUE. V. HÉRON CRABIER D'AMÉRIQUE.

HÉRON CENDRÉDU MEXIQUE, Ardea Hohou. Parties supérieures cendrées; front blanc et noir; sommet de la tète et huppe pourprés; parties infėrieures d'un blanc cendré; bec noir; pieds bruns, variés de brun et de jaunâtre. Taille, vingt-six pouces. Espèce douteuse.

HÉRON CENDRÉ DE NBW-YORCK, Ardea cana, Lath. Parties supérieures d'un cendrėfoncė; les inférieures blanches ainsi que les joues et la gorge; point de huppe; bec noir; pieds jaunes. Taille, vingt-trois pouces. Espèce douteuse.

HÉRON COMMUN. V. HÉRON CENDRÉ.

HÉRON DE LA CÔTE DE COROMANDEL, Ardea leucocephala, Lath., Buff., pl. enl. 906. Parties supérieures d'un noir bleuâtre, iriséde violet; devant du cou, gorge et parties inférieures d'un blanc pur; bec noirâtre; pieds d'un brun rougeâtre. Taille, trente pouces. Cette espèce pourrait bien appartenir au genre Cigogne.

HÉRON A COU BRUN, Ardea fuscicollis, Vieill. Parties supérieures d'un bleu violet; tête d'un noir varié de bleu et de fauve; derrière du cou et croupion bruns; parties inférieures variėes de taches longitudinales blanches, noires et rousses; abdomen blanc; bec noir en dessus, jaune en dessous; pieds d'un noir verdâtre. Taille, quatorze pouces. De l'Amérique méridionale.

HÉRON A COU COULEUR DE PLOMB, Ardea cyanura, Vieill. Parties supé

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rieures d'un gris de plomb, avec de longues plumes sur la tête, l'occiput et le dessus du corps; gorge et devant du cou variés de blanc, de noirâtre et de roux; poitrine, partie postérieure du cou, côtés du corps et jambes d'un bleu cendré;rémiges et rectrices ardoisées Taille, seize pouces. De l'Amérique méridionale.

HÉRON A COU JAUNE, Ardea flavicollis, Lath. Tout le plumage d'un brun noir; une huppe longue; côté s du cou jaunes, le devant brunâtre, avec chaque plume bordée de noir et de blanc; bec noirâtre. Taille, vingtdeux pouces. De l'Inde. Espèce douteuse.

HÉRON COULEUR DE ROUILLE, Ardea rubiginosa, Lath. Parties supérieures noirâtres, ainsi que le front; cou cendré avec quatre lignes longitudinales noires; une petite huppe sur la nuque; rectrices d'un bleu cendré; parties inférieures blanchâtres, rayées de noir; bec et pieds jaunes. Taille, vingt-buit pouces. Amérique septentrionale. Espèce douteuse.

HÉRON CRACRA, Ardea Lath. Parties supérieures variées de cendré, de verdâtre, de brun et de jaune; tectrices alaires d'un brunvert, bordėes de jaunâtre;rémiges noires, lisérées de blanc; sommet de la tête d'un brun cendré; gorge et poitrine blanchâtres, tachetées de brun; bec brun; pieds jaunes. Taille, vingt-deux pouces. De l'Amérique méridionale. Espèce douteuse.

HÉRON CURAHI-REMIMBI. V. HÉRON FLUTE DU SOLEIL.

HÉRON DEMI-AIGRETTE. V. HÉRON BLEUATRE A VENTRE BLANC.

HÉRON ÉTOILÉ, Ardea virescens, Lath. Parties supérieures d'un brun foncé, avec les tectrices et lesrémigesterminées par une petite tache blanche; rectrices d'un cendré bleuâtre; gorge, devant du cou et parties inférieures brunâtres; bec et pieds verdâtres. Taille, vingt pouces. De l'Amérique septentrionale.

HÉRON FLUTE DU SOLEIL, Ardea sibilatrix, Temm., Ois.color., pl. 271.Parties supérieures d'un gris bleuâtre; sommet de la tête d'un noir bleuâtre, avec l'extré mité des plumes de l'aigrette blanche; une grande tache rousse de chaque côté de la tête; cou d'un blanc jaunâtre avec le bas garni de plumes longues et décomposées; tectrices alaires rousses, striées de noir et de roussâtre;rémiges noires; rectrices et parties infėrieures blanches; bec rouge, noir vers la pointe; pieds noirâtres. Taille, vingt-un à vingt-deux pouces. De l'Amérique méridiouale.

HÉRON GAAA. V. HéRON PLOMBÉ.

HÉRON GARZETTE, Ardea Garzetta, L.; Ardea candidissma.; Gmel.;Ardeanivea, Gmel.; l'Aigrette, Buff.; la petite Aigrette, Cuv. Le plumage blanc; occiput orné de deux ou trois longues plumes effilées: des plumes longues et lustrėes au bas dit cou; sur le dos, trois rangées de longues plumes à tiges faibles, contournées et relevées à l'extrémité, à barbes rares, effilées et soyeuses; espace nu des joues verdâtre; bec noir; pieds verdâtres avec les doigts jaunes. Taille, vingt-deux à vingt-quatre pouces. Les jeunes sont a un blanc moins pur; ils n'ont point de longues plumes; le bec, la peau nue et tes pieds sont noirs. D'Europe, d'Asie et d'Afrique.

HÉRON GARZETTE BLANCHE, Buff. V. HÉRON GARZETTE, jeune.

HÉRON GRANDE AIGRETTE, Buff., pl. enl. 925.V.HÉRON AIGRETTE

HÉRON (GRAND) D'AMÉRIQUE, Ardea Herodius, Lath. Parties supérieures brunes, variées de noir; tectrices alaires etrémiges noires; gorge et haut du cou roussâtres; parties inférieures rousses, striées de brun sur la poitrine et le bas du cou; plumes de la nuque assez longues et effilées; bec brun, jaunâtre sur les bords; pieds d'un brun verdâtre. Taille, quatre pieds huit pouces. Du Canada.

HÉRON (GRAND) BLANC, Buff, pl. enl. 886 V. HÉRON AIGRETTE, jeune ou en mue, dépouillé de ses longues plumes.

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HÉRON CRIS, Brisson. V. HÉRON BIHOREAU, jeune.

HÉRON HOACTLI. V. HÉRON TOBACTLI.

HÉRON HOHOU. V. HÉRON CENDRÉ DU MEXIQUE.

HÉRON HUPPÉ (Brisson). V. HÉRON CENDRÉ.

HÉRON HUPPÉ DE MAHON. V. HÉ RON CRABIER DE MAHON.

HÉRON HUPPÉ DU MEXIQUE. V. HÉRON TOBACTLI.

HÉRON HUPPÉ DE VIRGINIE. V. GRAND HÉ RON D'AMÉ RIQUE.

HÉRON DE L'ILE DE SAINTE-JEANNE, Ardea Johannœ, Lath. Parties supérieures grises; rémiges noires, de même que la huppe qui est assez courte; parties inférieures blanches; au bas du cou, des plumes et effilées blanches, tachetées de noir; bec jaunâtre; pieds bruns. Espèce douteuse.

HÉRON LAHAUSUNG, Ardea indica, Lath. Parties supérieures d'un brun foncé, tachetées de vert: tectrices alaires et rémiges externes blanches, ainsi que les parties inféieures; rémiges internes, front et gorge d'un beau vert; rectrices et bec noirs; pieds rougcâtres. Taille, trente-deux pouces. De l'Inde. Espèce douteuse.

HÉRON A MANTEAU BRUN. V. HÉRON CRABIER BLANC ET BRUN.

HÉRON MARBRÉ, Ardea marmorata, Vieill. Parties supérieures variėes de roux et de brun; tectrices alaires et rémiges externes noires, piquetėes et terminées de blanc; tète et derrière du cou rayés de roux et de noirâtre; parties inférieures blanches, rayées de noir; poitrine tachetée de roux; devant du cou varié de blanc, de roux et de noirâtre; bec noir, jaune en dessous; pieds verdâtres. Taille, trente-deux pouces. De l'Amérique méridionale.

HÉRON MATOOK, Ardea Matook, Vieill. Plumage d'un bleu verdâtre, pâle, avec la gorge blanche; bec et pieds jaunes. Taille, dix-huit à vingt pouces. De l'Australasie.

HÉRON DE LA MER CASPIENNE, Ardea Caspica, Gmel. V. HÉRON POURPRÉ, jeune.

HÉRON MONTAGNARD, Ardea monticula, Lapeyrouse. V. HÉRON POURPRÉ, jeune.

HÉRON NOIR, Ardea atra. Plumage noirâtre à reflets bleus; bec et pieds noirs. Taille, trente-six à trente-huit pouces. D'Europe. Espèce douteuse.

HÉRON NOIR DU BENGALE, Ardea nigra, Vieill. Parties supérieures d'un noir bleuâtre, irisé de verdâtre; sommet de la tête noir; gorge blanche avec des taches triangulaires rousses; une bande jaune de chaque côté du cou; poitrine noire, variée de blanc; parties inférieures d'un gris noirâtre; bec et pieds bruns. Taille, vingtun pouces. La femelle a les couleurs moins vives et le noir remplacé par du gris-brun.

HÉRON NOIR D'ITALIE, Aldrovande. V. IBIS FALCINELLE.

HÉRON DE LA NOUVELLE-HOLLANDE, Ardea Novœ-Hollandiæ, Lath.Parties supérieures d'un cendré bleuâtre; rémiges et rectrices d'un bleu noirâtre; sommet de la tête noir, ainsi que la huppe qui en descend; front, joues, gorge et devant du cou blancs; longues plumes de la poitrine, du ventre et des cuisses nuancėes de rougeâtre; bec noir; pieds d'un brun jaunâtre. Taille, vingt-six pouces.

HÉRON ONORÉ, Ardea tigrina,, Lath. V. HÉRON ONORÉ, RAYÉ, jeune.

HÉRON ONORÉ DES BOIS, Ardea brasiliensis, Lath. V. HÉRON JAUNE, jeune.

HÉRON ONORÉ, RAYÉ, Ardea lineata, Lath., Buff., pl. enl. 860. Parties supérieures brunes, finement rayées de roux et de jaunâtre; sommet de la tête et derrière du cou roux, finement rayés de brun; devant du cou et parties inférieures blanchâtres, tachetés de brun; ailes et queue noires; bec et peau nue des côtés de la tête bleus; pieds jaunes. Taille, trente pouces. La femelle a le plumage brunâtre, tacheté de noir; le haut de la gorge et les parties inférieures jaunes, tachetées de brunnoir; la queue noire, rayée de blanc;

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le sommet de la tête noir. De l'Amérique méridionale.

HÉRON PANACHÉ., Ardea decora; Ardea nivea, Lath.; Ardea sima, Wils.; Aigrette, Buff, pl. enl. 901. Tout le plumage d'un blanc éclatant; huppe épaisse, formée par des plumes longues, à tiges faibles et à barbes soyeuses et décomposées; une forte touffe de plumes semblables au bas du cou de même que sur le croupion; bec et pieds d'un brun cendré. Taille, vingt-un à vingt-deux pouces. De l'Amérique septentrionale

HÉRON (PETIT). V. HÉRON BIHOREAU.

HÉRON (PETIT) A BEC EN CUILLER. V. SPATULE.

HÉRON (PETIT) A BEC NOIR, Ardea equinoxialis, Var., Lath. V. HÉRON GARZETTE, jeune.

HÉRON PETITE AIGRETTE, CUV. V. HĖRON GARZETTE.

HÉRON PLOMBÉ, Ardea cœrulescens, Vieill. Parties supérieures d'un gris bleuâtre; tectrices alaires blanchâtres; sommet de la tête d'un noir ardoisé; nuque blanche, garnie de plumes longues, étroites et décomposées; gorge et cou blancs, tachetés de bleuâtre: le bas du cou orné de longues plumes d'un bleu noirâtre; extrémité des rectrices noire; parties inférieures blanchâtres; bec jaune, rougeâtre à sa base; jambes d'un noir violet. Taille, quarante-cinq pouces. Amérique méridionale.

HÉRON POURPRÉ, Ardea purupureta, L.; Ardea Botaurus Gmel.; Botaurus major, Briss., Buff., pl. enl. 788; Ardea purpurata. Gmel.; Ardea variegata, Scop.; Ardea Caspica, Gmel.; Ardea monticola, Lapeyr. Parties supérieures d'un cendré roussâtre, irisé en vert; sommet de la tête et occiput d'un noir irisé, garnis de longues plumes effilées; gorge, blauche; côtés du cou roux, marqués de trois bandes longitudinales, étroites et noires; devant du cou varié de taches allongées, pourpres, rousses et noires, le bas orné de longues plumes d'un blanc pourprė; celles des scapelaires sont d'un roux pourpré, brillant; parties inférieares pourprées, avec les cuisses et l'abdomen d'un roux vif. Les jeunes n'ont ni huppe, ni longues plumes au bas du cou et aux scapulaires; ils ont le front noir, la nuque et les joues roussâtres, la gorge blanche, le devant du cou jaunâtre, tacheté de noir; les parties inférieures blanches et le reste du plumage d'un cendré obscur, frangé de roux. Taille, trente-deux à trente- quatre pouces. De tous les points connus du globe.

HÉRON POURPRÉ HUPPÉ, Buff V. HÉRON POURPRÉ.

HÉRON POURPRÉ DU MEXIQUE. V. HÉRON CRABIER POURPRÉ.

HÉRON A QUEUE BLEUE. V. HÉRON COU COULEUR DE PLOMB.

HÉRON RAYÉ, Ardeavirgata, Lath. Parties supérieures d'un brun noirâtre; point de huppe; haut du cou roussâtre; gorge blanche; devant du cou et tectrices alaires varièes de lignes noires et blanches ou jaunâtres. Taille, seize pouces. Amérique septentrionale. Espèce douteuse.

HÉRON RAYÉ DE LA GUIANE, Ardea striata, Lath. Parties supérieures grises, avec les ailes brunes, rayées de noir; sommet de la tête noir; devant du cou ferrugineux. Taille, trente-six pouces. Espèce douteuse.

HÉRON ROUGEATRE, Ardea rubiginosa, Lath. Parties supérieures brunes, tachetées de noir; nuque brune, avec quatre stries noires et une petite huppe rousse; front noirâtre; côtés du cou marqués d'une raie noire qui descend sur la poitrine; rėmiges noires; rectrices cendrées; gorge blanche; parties inférieures blanchâtres, rayées de noir; bec et pieds jaunes. Taille, vingt-huit pouces. Amérique septentrionale.

HÉRON ROUGE ET NOIR, Ardea erythrormelas, Vieill. Parties supérieures noires; côtés de la tête, dessus du cou et tectrices alaires rousses; parties inférieures blanches, rayées de noir; des stries rouges sur la poitrine. Taille, treize pouces. Amérique méridionale. Espèce douteuse.

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HÉRON ROUX, Ardea rufa, Lath., Scop., Meyer. V. HÉRON POURPRÉ.

HÉRON SACRÉ, Ardea sacra, Lath. Parties supėrieures blanchâtres, avec quelques raies obscures; rémiges terminées de noir; parties inférieures blanches; bec et pieds jaunes. Taille, vingt-six à vingt-huit pouces. Des fles des Amis oû; il est pour les insulaires un objet de superstition religieuse.

HÉRON SOCO. V. HÉRON BLEU.

HÉRON SOY-IE, Ardea sinensis, Lath. Parties supérieures brunes, variées de brunâtre, les inférieures d'une teinte plus pâle; rémiges et rectrices noires; bec jaune; pieds verts.Taille, quatorze à seize pouces. Espèce douteuse.

HÉRON TIGRÉ. V. HÉRON ONORÉ RAYÉ.

HÉRON TOBACTLI, Ardea Hoactli, Lath. Parties supérieures grises, vatiées de noir irisé; front noir, bordé de blanc; nuque noire, ornée d'une huppe en panache; parties inférieures planches; bec noir, bordé de jaune; pieds jaunâtres. Taille, vingt-sept pouces. Du Mexique. Espèce douteuse.

HÉRON VARIÉ, Ardea variegata, Lath., Scop. V. HÉRON POURPRÉ, jeune.

HÉRON VARIÉ DU PARAGUAY, Ardea variegata, Vieill. Parties supérieures variées de blanc, de roux et de noir; côtes de la tête et du cou roussâtres; une bande longitudinale noire sur la nuque: devant du cou tacheté de blanc, de roux et de brun, ainsi que les parties inférieures, à l'exception de l'abdomen qui est blanc; bec orangé; pieds verdâtres. Taille, treize à quatorze pouces.

HÉRON VIOLET, Ardea la, Lath. V. HÉRON DE LA CÔTE DE COROMANDEL.

HÉRON ZILATAT, Ardea œqupoxialis, Var., Lath.V. HÉRON CRABIER A AIGRETTE DORÉE.

B.Bec aussi long ou guère plus long que la tête, plus haut que large, très-comprimé; mandibule supérieure légèrement courbée; une petite portion de la jambe nue.

†† BIHOREAUX

HÉRON-BIHOREAU, Ardea Nycticorax, L., Ardea maculata, Gmel.; Ardea gardeni, Gmel.; Pouacre, Buff.; Ardea badia, Gmel.; Ardea grisea, Gmel., Buff., pl. enl. 758, 759 et 939. Parties supérieures cendrées; tête, occiput et scapulaires d'un noir irisé; aigrette composée de trois plumes blanches, longues et minces, presque cylindriques, s'emboîtant ordinairement l'une dans l'autre; front, gorge, devant du cou et parties inférieures d'un blanc pur; bec noir, jaunâtre à sa base; iris rouge; pieds verdâtres.Les jeunes, avant la première mue, n'ont point d'aigrette; ils ont les parties supérieures brunes, largement tachetées de jaunâtre; la tête, la nuque et les scapulaires d'un brunnoirâtre, striées de roux; les parties inférieures variėes de brun, de blanc et de cendré:à l'â ge de deux ans, ils commencent à se débarrasser de la première robe; alors les taches se rétrécissent, les nuances se fondent et se rapprochent de celles de l'adulte. Taille, dix-huit pouces. Habile les latitudes tempérées des deux continens. — D'après la nombreuse synonymie que nous avons cru devoir rapporter immédiatement après le titre de cet article, on voit que le Bihoreau, par ses mues successives, a plus d'une fois mis les méthodistes en défaut; et réellement il y a des anomalies si grandes dans les robes des. diiférens âges, qu'il faut avoir suivi l'Oiseau depuis sa naissance jusqu' à l'époque où il devient parfaitement adulte, pour ne pas s'y tromper. Ce bel Oiseau est rare partout; aussi attache-t-on un très-grand prix aux trois plumes qui composent son aigrette, et dont il se dépouille chaque année; ces plumes réunies en panache sur la tête d'une élé gante, peuvent souvent ne point ajouter a ses charmes; elles lui assurent du moins une distinction sur une foule de rivales que la fortune n'a point assez

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favorisées de ses dons pour aspirer à une semblable parure. Les migrations du Bihoreau sont peu connues, cela tient sans doute à ce que, ne prenant son essor que la nuit, il a dû naturellement se soustraire aux poursuites des observateurs. Ces courses nocturnes, que décèle par intervalle une sorte de croassement lugubre, ont valu au Bihoreau le surnom de Corbeau de nuit, que lui ont donné nos bons villageois, qui ne voient en ornithologie que des Corbeaux, des Poules et des Pierrots.

HÉRON-BIHOREAU BRUN TACHETÉ, Ardea maculata, Gmel. V. BIHOREAU jeune de l'année.

HÉRON-BIHOREAU DE CAYENNE. V. HÉRON-BIHOREAU A SIX BRINS.

HÉRON-BIHOREAU D'ESCLAVONIE, Ardea obscura, Lath. Parties supérieures d'un brun marron irisė de vert, les inférieures d'une teinte plus vive; une seule plume sur la nuque; bec et pieds verdâtres. Taille, vingt cinq à vingt-six pouces. Espèce douteuse.

HÉRON-BIHOREAU DE LA JAMAÏQUE. V. HÉRON-BIHOREAU A SIX BRINS, jeune.

HĖRON-BIHOREAU A MANTEAU NOIR.V. HÉRON-BJHOREAU.

HÉRON-BIHOREAU DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE, Ardea Culcdonica, Vieill.

HÉRON-BIHOREAU DE LA NOUVELLE- HOLLANDE, Ardea Novœ-Holiondiœ, Vieil.

HÉRON-BIHOREAU TAYAZU-GUIRA, Ardea Tayazu-Guira, Vieil.

Ces trois espèces ont de grands rapports entre elles, et n'offrent que peu de différences avec le Héron-Bihoreau dans ses divers états; elles pourraient bien n'en être que des variétés produites par les modifications du climat.

HÉRON BIHOREAU POUACRE. V. HÉRON-BIHOREAU, jeune.

HÉRON-BIHOREAU A SIX BRINS, Ardea Coyaneneis, Lath.; Ardea sexsetacea, Vieill., Buff'., pl. enl. 889. Parties supérieures d' un bleu ardoisé, striées de noir; tête noire, avec un trait blanc de chaque côté; une aigrette composée de plumes etroites étagées, variées de noir et de blanc;rėmiges et rectrices noires; parties inférieures cendrées; bec noir; pieds verdâtres. Taille, vingt pouces. De l'Amérique méridionale.

††† BUTORS

HÉRON-BUTOR, Ardea stellaris, L., Buff., pl. enl. 789. Parties supérieures d'un brun fauve parsemé de taches transversales et de traits noirâtres, les inférieures également tachetées, mais en nuances plus pâles; sommet de la tête noir; plumes des côtés et du bas du cou beaucoup plus longues que les autres; bec et pieds jaunâtres. Taille, trente pouces. Des deux corttinens. Il parait que le nom de Butor, imposé à cet Oiseau, tire son origine des sons effrayans qu'au temps des amours, il fait entendre comme signal de rappel. Ces sons ou ces cris, plus intenses et plus percans que la voix du Taureau, à laquelle on les a comparés, sont répétés par les échos à une distance que l'on estime de plus d'une demi-lieue. On prétend que pour les produire, le Butor est forcé de plonger le bec dans la vase; il serait aussi difficile de dire en quoi cette formalité peut être nécessaire, que d'affirmer jusqu' à quel point l'observation est fondée; car ces Oiseaux, les plus défians du Levant, ne se laissent jamais surprendre: constamment en sentinelle au milieu des roseaux, le moindre bruit pendant le jour les dérobe au même instant à tous les regards; et lorsqu'ils font entendre la voix, c'est aux extrémités du jour, quand il est impossible de les apercevoir. Un fait moins difficile à constater, c'est le courage extraordinaire qu'ils apportent dans la défense contre l'ennemi, quel qu'il soit, qui vient les attaquer; la pointe extrêmement acérée de leur bec les fait souvent sortir victorieux d'un combat en apparence fort inégal; elle leur suffit encore pour faira respecter une couvée pour laquelle ils témoignent

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beaucoup d'attachement, et la mettre à l'abri de la rapine.

HÉRON-BUTOR DE LA BAIE D'HUDSON, Ardea stellaris, Var., Lath.; Ardea Mohoko, Vieill. Parties supėrieures d'un brun ferrugineux, rayées transversalement de noir; sommet de la tête noir; joues rougeâtres; dessus du cou brun, le devant blanchâtre, moucheté de brun rougeâtre et de noir; parties inférieures blanchâtres; des stries brunes et noires sur les Cuisses; bec noir, jaune sur les côtés ' et en dessous; pieds jaunes. Taille, vingt-quatre pouces. De l'Amérique septentrionale.

HÉRON-BUTOR BRUN, Catesby. V.HÉRON ÉTOILÉ.

HÉRON-BUTOR BRUN RAYÉ, Ardea Danubialis, Lath. F. HÉRON BLONGIOS, jeune.

HÉRON-BUTOR (GRAND), Ardea Botaurus, Lath. V. HÉRON POURPRÉ.

HÉRON BUTOR HUPPÉ, Catesby. V. HÉRON -BIHOREAU A SIX BRINS.

HÉRON-BUTOR JAUNE, Ardea flava, Lath. Parties supérieures d'un brun jaunâtre; longues plumes de la tête et du cou d'un jaune pâle, ondé de noir; celles du bas du cou, de la poitrine et du ventre blanchâtres, ondées de brun et bordées de jaune; rémiges et rectrices variées de cendré et de noir, rayées de blanc; bec et pieds cendrés. Taille, trente-quatre pouces. Les jeunes ont les parties supérieures noirâtres, pointillées de jaune, le dessus du cou blanc, tacheté longitudinalement de brun et de noir; les tectrices alaires, les rémiges et les rectrices noirâtres. Du Brésil.

HÉRON-BUTOR MOHOKO. V. HÉRONBUTOR DE LA BAIE D'HUDSON.

HÉRON-BUTOR(PETIT), Ardea Marsigli. V. HÉRON-CRABIER, jeune.

HÉRON-BUTOR (PETIT), Catesby. V. CRABIER VERT.

HÉRON-BUTOR (PETIT) DE CAYENNE, Ardea undulata, Lath., Buff., pl. enl.763. V. PETIT CRABIER..

HÉRON-BUTOR(PETIT)D'EDWARDS. V. BLONGIOS.

HÉRON-BUTOR ROUILLÉ, Ardea ferruginea, Lath. Parties supérieures noires, avec les plumes bordées de roux; tectrices alaires variées de roux, de noir et de blanc; rémiges noires; croupion et parties inférieures variés de brun, de roux, de blanchâtre et de cendré; bec et pieds verdâtres. Taille, vingt pouces. Du nord de l'Asie. Espèce douteuse.

HĖRON-BUTOR ROUX, Ardea Soloniensis, Lath. V.HÉRON-BLENGIOS, jeune.

HÉRON-BUTOR SACRÉ. V. HÉRON SACRÉ.

HÉRON-BUTOR. V. HÉRON-BIHOREAU, jeune.

HÉRON-BUTOR. TACHETÉ D'AMÉRIQUE, Brisson. V. HÉRON ÉTOILÉ.

††† †CRABIERS.

HÉRON CRABIER, Ardea ralloides, Scopoli; Ardea comata, Pall., Gmel., Lath.; Ardea squaiotta, Gmel., Buff; Ardea castanea, Lath., Gmel.; Ardea audax, Lapeyrouse; Ardea erythropus Gmel., Lath; Ardea Marsigli, Gmel., Lath.; Ardea pumila, Lath., Buff., pl. enl. 348. Parties supérieures d'un roux clair, avec des plumes longues et effilées, d'un roux brillant sur le dos; front et haut de la tête couverts de longues plumes jaunâtres, striėes de noir; occiput garni d'une huppe composée de huit à dix plumes longues, é troites, blanches, lisérées de noir; gorge et parties inférieures d'un blanc pur; bec bleu, noir à la pointe; iris et pieds jaunes. Taille, seize à dix-huit pouces. Les jeunes n'ont point de longues plumes occipitales; la tête, le cou et les tectrices alaires sont d'un brun-roux, largement striés de brun; les scapulaires brunes; les rémiges blanches, cendrées extérieurement; le croupion et la gorge d'un blanc pur; le bec brun; les pieds d'un cendré verdâtre. Du midi et du levant de l'Europe.

HÉRON-CRABIER A AIGRETTE DORÉE, Ardea russuta, Temm. Parties supérieures roussâtres; les longues plumes effilées de la tête et du dos d'un roux doré; parties inférieures blanchâtres; bec et pieds bruns. Taille, dix-huit à vingt pouces. Les jeu

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nes sont entièrement blancs et sans longues plumes; ils ont une nuance de roussâtre sur le front; le bec rouge avec la pointe brune; les pieds d'un jaune verdâtre. De l'Amérique méridionale et probablement de l'Inde, car nous en avons reçu un individu qui portait tous les caractères ci-indiqués.

HÉRON-CRABIER D'AMÉRIQUE. V. HÉRON CRACRA.

HÉRON-CRABIER DE BAIIAMA. V. HÉRON-BIHOREAU A SIX BRINS,

HÉRON-CRABIER BLANC A BEC ROUGE. V. HÉRON-CRABIER AIGRETTE DORÉE, jeune.

HÉRON-CRABIER BLANC ET BRUN, Ardea malaccensis, Lath., Buff., pl. en!, 911. Parties supérieures brunes avec les ailes, la queue et les parties inférieures blanches; tête et cou striés de blanc et de brun sur un fond jaunâtre; bec noir, jaune à la base et sur les côtés; pieds jaunes. Taille, dixneuf pouces. De l'Inde.

HÉRON-CRABIER BLANC DU MEXIQUE. V. HÉRON-CRABIER AIGRETTE DORÉE, jeune.

HÉRON-CRABlER BLANC HUPPÉ, Ardea thula, Lath. V. HÉRON AIGRETTE.

HÉRON-CRABIER BLEU, Ardea cœrulea, Lath.; Ardea, cyanopus, Lath. Tout le plumage d'un bleu ardoisé foncé, avec des reflets pourprés sur le cou; plumes du dos, de la nuque et du cou fort lougues, étroites et effilées; bec blanc; pieds verts. Taille, vingt pouces. La femelle n'a qu'une apparence de huppe; le cou d'un pourpréterne, et le manteau blanc. Les jeunes sont d'un bleu cendré, avec les ailes et la queue variėes de noir et de blanc; les parties inférieures sont blanches; le bec et les pieds bleus. Des deux Amériques et de l'Océanique.

HĖRON-CRABIER BLEU A COU BRUN, Ardea cœrulescens, Lath, Buff., pl. enl. 349. Plumage d'un bleu noirâtre, avec le cou brun; nuque ornée de deux longues plumes qui descendent jusqu'au milieu du cou; bec et pieds noirâtres. Taille, dix-huit à dix-neuf pouces. Les jeunes, avant leur première mue, sont entiėrement blancs; ils n'acquièrent que par partie leur plumage parfait. De l'Amérique méridionale.

HÉRON-CRABIER DU BRÉSIL. V. HÉRON CHALYBÉE.

HÉRON-CRABIER CAIOT, Ardea squaiolla, Lath. V. HÉRON-CRABIER.

HÉRON-CRABIER CANNELLE, Ardea cinnamomea, Lath. Parties supérieures d'un brun marron, les inférieures d'uue teinte plus claire; menton et abdomen blancs; un hausse-col noirâtre et une tache blanche sur chaque côté de la gorge; bec et pieds jaunes. Taille, seizeà dix huit pouces. Des Indes.

HÉRON-CRABIER DE CAYENNE. V. HÉRON-BUTOR JAUNE, jeune.

HÉRON-CRABIER CENDRÉ, Ardea cyanopus, Lath. V. HÉRON-CRABIER BLEU, jeune.

HÉRON-CRABlER CHALYBÉE, Ardea cœrulea, Var., Lath., Parties supérieures d'un bleu cendré irisé; tectrices alaires variées de brun, de bleuâtre et de jaune; rémiges et rectrices verdâtres; une tache blanche à l'extrémité des premières; parties inférieures blanches, variées de cendré et de jaunâtre; bec brun, avec le dessous jaune ainsi que les pieds: Taille, seize pouces. Du Brésil.

HÉRON-CRABIER DU CHILI.. V. HÉRON FLUTE DU SOLEIL.

Héron-Crabier a COLLIER, Ardea torquata, Lath. Parties supérieures brunes, lesinférieurss blanchâtres, lunulées de jaune; huppe et poitrine noires. Espèce douteuse.

HÉRON-CRABIER DE COROMANDEL, Ardea comata, Var., Lath., Buff, pl. enl. 910. Parties supérieures roussâtres, les infé rieures blanches; tête et bas du cou d'un roux doré; bec et pieds jaunes. Taille, vingt pouces.

HÉRON-CRABIER GENTIL, Ger. V. HÉRON-CRABIER.

HÉRON-CRABIER A GORGE BLANCHE, Ardea jugularis, Forst., Bosc. Tout le plumage noir, avec la gorge blanche; bec et pieds bruns. Taille, seize à dix-huit pouces. De l'Amérique.

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HÉRON-CRABIBR GRIS-DE-FER, Ardea violacea, Lath. Paraît être la même chose que le Héron-Bihoreau à six brins, qui serait mieuxplacé peutêtre parmi les Hérons-Crabiers.

HÉRON-CRABIER PYGMÉE, Ardea exilis, Lath. Parties supérieures d'un roux marron; côtés du cou d'un roux vif; devant du cou tacheté de blanc et de roux; le bas orné de longues plumes roussâtres; poitrine d'un brun noirâtre avec des taches lunulaires sur les côtés; ventre blanc; tectrices alaires brunes, rayées de noir; rémiges et rectrices noires; bec brun; pieds verts. Taille, dix à onze pouces. De l'Amérique septentrionale.

HÉRON-CRABIER GRIS A TêTE ET QUEUE VERTES, Ardeavirescens, Var., Lath. V. HÉRON-CRABIER ROUX A TêTE ET QUEUX VERTES.

HÉRON-CRABIER GUACCO. V. HÉRON-BLONGIOS.

HÉRON-CRABIER A HUPPE BLEUE, Ardea cyanocephala, Lath. Parties supérieures bleues; ailes noires, bordées de bleu; occiput garni d'une aigrette bleue; longues plumes du dos vertes; abdomen jaunâtre; bec noir; pieds jaunes. Taille, seize à dix-huit pouces. Espèce douteuse.

HÉRON - CRABIER A HUPPE ROUGE, Ardea erythrocephala, Lath. Plumage blanc, avec l'aigrette d'un beau rouge. Du Chili. Espėce doutense.

HÉRON CRABIER JAUNE. V. HÉRON-BLONGIOS.

HÉRON-CRABIER DE LA LOUISIANE. V. HÉRON-CRABIER ROUX A TêTE ET QUEUE VERTES.

HÉRON-CRABIER DE MAHON. V. HÉRON-CRABIER.

HÉRON-CRABIER DE MALACCA. V. HÉRON-CRABIER BLANC ET BRUN.

HÉRON-CRABIER MARRON, Ardea erythropus, Lath. V. HÉRON-CRABIER, jeune.

HÉRON-CRABIER MARRON, Ardea castanea, Gmel. V. HÉRON-BLONGIOS.

HÉRON-CRABIER NOIR, Ardea Novœ-Guineœ, Lath., Buff., pl. enl. 926. Plumage noir; bec brun; lorum verdâtre ainsi que les pieds. Taille, dix pouces. De la Nouvelle-Guinée.

HÉRON-CRABIER DES PHILIPPINES; HÉRON-CRABIER (PETIT), Ardea Philippensis, Lath. Parties supérieures d'un roux brun, rayées de roux vif; tectrices alaires noirâtres, frangées d'un blanc roussâtre; rémiges et rectrices noires; parties inférieures d'un gris rougeâtre ou roussâtre; bec nou en dessus, jaunâtre en dessous; pieds bruns. Taille, dix pouces.

HÉRON-CRABIER POURPRÉ, Ardea spadicea, Lath. Parties supérieures d'un marron pourpré, les inférieures roussâtres; sommet de la tête noir; rémiges d'un rouge-brun foncé. Taille, douze pouces. Du Mexique. Espèce douteuse.

HÉRON-CRABIER RATÉ DE LA GUIANE. V. HÉRON RAYÉ.

HÉRON-CRABIER ROUILLÉ.V. HÉRON-BUTOR ROUILLÉ.

HÉRON-CRABIER ROUX, Ardea badia, Lath. V. HÉRON-BIHOREAU, avant la deuxième mue.

HÉRON-CRABIER ROUX, Brisson. V. HÉRON-CRABIER, jeune.

HÉRON-CRABIER ROUX A TêTE ET QUEUE VERTES, Ardea ludoviciana, Lath., Buff., pl. enl. 909. Parties supérieures brunes; sommet de la tête, partie des tectrices alaires et caudales, rectrices d'un vert sombre; longues plumes effilé es du dos d'un brun pourpré; rémiges noirâtres, terminées de blanc; cou et abdomen roux; bec brun; pieds jaunes. De l'Amérique septentrionale.

HÉRON-CRABIER TACHETÉ DE LA MARTINIQUE.. V. HÉRON-CRABIER, femelle.

HÉRON-CRANIER A TêTE BLEUE DU CHILI. V. HÉRON-CRABIER A HUPPE BLEUE..

HÉRON-CRABIER VERT, Ardea virescens, Lath. Parties supérieures d'un noir varié de bleu ardoisé; plumes de l'aigrette et du dos longues et effilé es d'un vert doré ainsi que les tectrices alaires qui sont en outre bordées de brun; cou ferrugineux; menton et gorge blancs; parties inférieures cendrées; bec et pieds verdâtres. La femelle, Buff., pl. enl. 912, a les couleurs moins vives et les

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tectrices alaires tachetées de blanc, de roux et de noirâtre. Taille, dix-sept à dix-huit pouces. De l'Amérique septentrionale.

HÉRON-CRABIER VERT TACHETÉ. V, HÉRON-CRABIER VERT, femelle.

HÉRON-CRABIER ZIG-ZAG. V. HÉTON-BUTOR JAUNE, jeune.

††††† BLONGIOS.

HÉRON-BLONGIOS, Ardea minuta, Lin.; Botaurus rufus, Briss.; Ardea Danubialis, Gmel.; Ardea Soloniensis, Gmel., Buff., pl. enl. 323. Parties supérieures, sommet de la tête, occiput et rectrices noires, irisées de vert; parties inférieures, côtés de la tête, cou et tectrices alaires d'un jaune roussâtre; rémiges d'un cendré noirâtre; bec jaune avec la pointe brune; pieds verdâtres. Taille, treize pouces et demi. Les jeunes ont les parties supérieures d'un brun roux, tachetées longitudinalement de brun noirâtre; le sommet de la tête brun; les rémiges et les rectrices d'un brun foncé; le devant du cou blanchâtre, tacheté longitudinalement de brun; le bec brun; Tes pieds verts. D'Europe.

HÉRON-BLONGIOS DE LA MER CASPIENNE, Ardea pumila, Lath. V. HÉRON CRABIER, jeune.

HÉRON-BLONGIOS NAIN, Ardea pusilla, Vieill. Parties supérieures, côtés de la tête, cou, haut du dos et côtés de la poitrine d'un jaune roux; sommet de la tête, scapulaires, épaules, petites tectrices alaires, rémiges et rectrices noirs; devant du cou et parties infėrieures d'un blanc roussâtre. La femelle a les parties inférieures et la gorge tachetées de noir; bec brun; pieds jaunâtres. Taille, dix pouces. De la Nouvelle-Hollande.

HÉRON-BLONGIOS TACHETÉ DE LA NOUVELLE-GALLES DU SUD, Ardea maculata, Lath. Parties supéricures brunâtres, tachetées de noir et de blanc; rémiges ferrugineuses; parties inférieures blanchâtres; bec et pieds jaunâtres. Espèce douteuse.

HÉRON-BLONGIOS A TêTE MARRON, Ardea exilis, Lath. V. HÉRON-CRABIER PYGMÉE. (DR..Z.)

HÉRON DE MER. POIS. Nom vulgaire du Chœtodon cornu et de l'Espadon. (B.)

HERONNEAU. OIS. Le jeune Héron. (DR..Z.)

HÉROS. INS. L'espèce européenne la plus grande et la plus généralement connue du genre Capricorue. V. ce mot. (B.)

* HERPACANTHA. BOT. PHAN.. Syn d'Acanthe. V. ce mot. (B.)

HERPESTES. MAM. Nom proposé par Illiger pour remplacer celui d'Ichneumon. V. ce mot et MANGOUSTE. (G.)

* HERPESTES. BOT. PHAN.(Kunth.) Pour Herpestis. V. HERPESTIDE. (G..N.)

HERPESTIDE. Herpestis. BOT. PHAN. Genre de la famille des Scrophularinées et de la Didynamie Angiospermie, L., établi par Gaertner, et adopté par Kunth sous le nom d'Herpestes, avec les caractères suivans: calice à cinq divisions profondes, dont les deux intérieures plus petites; corolle tubuleuse presque à deux lèvres; quatre étamines didynames, incluses. à anthères dont les lobes sont divariqués; stigmate échancré; capsule couverte par le calice persistant, biloculaire, à deux valves bifides, séparées par une cloison parallèle aux valves, qui devient libre, et à laquelle sont adnés des placentas qui portent des semences nombreuses. Ce genre a été formé aux dépens des Gratiola de Linné; il est voisin du Lindernia dans lequel Swartz a placé une de ses espèces; c'est le même que le Monnieria, Patr. Browne (Hist. Jamaic., 269), adopté par Michaux et Persoon. Les Herpestides sont des Plantes herbacées, cou chées ou rampantes, rarement dressées, à feuilles opposées. Leurs fleurs sont axillaires, solitaires, le plus souvent blanchâtres, quelquefois couleur de chair ou jaunâtre. Environ donze espèces ont été décrites par les auteurs. Elles croissent principalement dans l'Amérique septen-

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trionale et méridionale; quelquesunes se trouvent en Afrique, à l'Ilede - France et dans les Indes-Orientales. On doit regarder comme type du genre, l'Herpestis Monnieria, Kunth (Nov. Gener. Spec. Plant, œquinoct. T. 11, p. 366), ou le Gratiola Monnieri, L., Monniera Brownei, Persoon. Cette Plante cioît dans les Antilles. C'est une herbe très-glabre, à tige rampante, à feuilles ovales-oblongues, obtuses, très-entières, presque charnues. Les fleurs, portées sur des pédoncules plus longs que les feuilles, sont accompagnées de deux bractées, et les dėcoupures extérieures de leur calice sont oblongues, aiguës et très-entières. Parmi les six espèces nouvelles, décrites par Kunth (loc. cit.), et qui habitent la république de Colombie et le Pérou, il en est une (H. Chamœdryoides) que Swartz (Flor. lnd.-Occid., 2, p. 1058) a nommée Lindernia dianthera. Une autre (H. Colubrina), indigène du Pérou, est employée contre la morsure des Serpens venimeux par les habitans qui lui donnent le nom de Yerba de Coulebra. (G..N.)

HERPETICA. BOT. PHAN. Ce nom employé par Rumph, pour désigner le Cassia alata, a été appliqué, par Colladon, au troisième sousgenre qu'il a formé dans le genre Casse, V. ce mot. (B.)

* HERPETOLOGIE. ZOOL. V. ERPÉTOLOGIE.

HERPÉTOTHÈRES. OIS. Vieillot appelle ainsi le genre Macagua, pensant désigner par ce mot que les Oiseaux qui le composent son Reptilivores ou chasseurs de Reptiles; il fallait dans ce cas écrire Erpétothères. V. MACAGUA. (B.)

* HERPETTE. Herpes. BOT. CRYPT. (Lichens.) Haller, dans son Enumération des Plantes de Suisse, réunit sous ce nom plusieurs Lichens à thalle adhérent, amorphe, telles que des Variolaires, des Verrucaires, etc. Ce genre tout-à-fait artificiel n'a pu être adopté. Willemet a donné le nom d'Herpette aux Lichens crustacés, réservant celui de Lichen aux espèces à expansions foliacées, deudroïdes ou filamenteuses; cette distinction nominale serait assez convenable, puisqu'elle consacrerait une section établie par la nature, (A.F.)

HERPETTES. BOT. CRYPT. Evidemment dérivé d'Herbettes, petites Herbes. Vieux nom donné aux Lichens dans quelques cantons de la France. V. Herpette. (B.)

* HERPOTRICHUM. BOT. CRYPT. (Mucėdinées.) Ce genre, formé par Fries, et qui a pour type le Conferva Pteridis d Agardh, est encore à peine connu, et ce n'est qu'avec doute qu'on peut le placer auprès des Byssus. Fries ne l'ayant décrit que trèsbrièvement dans sesNovitiœ Florœ suecicœ, il le caractérise ainsi: filamens simples, rampans, cloisonnés; articles pliés en zig-zag. On n'a pas reconnu de sporules dans ce genre; son mode de reproduction, et par conséquent ses caractères essentiels sont donc encore mal établis; la seule espèce rapportée à ce genre croît sur la bas des tiges du Pteris aquilina, dont elle couvre les racines d'un duvet roussâtre. (AD. B..)

* HERPYLLON. BOT. PHAN. (Dioscoridc.) D'où Serpillum. Syn. de Serpolet. (B.)

HERPYXE. BOT. PHAN. Même chose qu'Elaphicon. V. ce mot. (B.)

HERRERA, BOT. PHAN. Adanson donnait ce nom au genre Erithalis de Linné. V. ce mot. (G..N.)

HERRERIE. Herreria. BOT. PHAN.. Ruiz et Pavon, dans la Flore du Pérou et du Chili, ont établi sous ce nom un genre qui appartient à la famille des Asparaginées et à l'Hexandrie Monogynie, L. Voici ses caractères: périanthe à six divisions profondes; six étamines; un style surmonté d'un stigmate trigone; capsule triquètre, ailée, à trois loges et à trois valves qui portent les cloisons; graines nombreuses, ceintes d'un bord membraneux. L'HERRÉRIE

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ÉTOILÉE, Herreria stellata, Ruiz et Pavon (loc. cit., vol. 111, p. 69, t. 303), avait été décrite et figurée autrefois par le Père Feuillée sous le nom de Salsa foliis radiatis, floribus sub-luteis. Cette Plante, qui a des tiges grimpantes, munies d'aiguillons, de feuilles verticillées, linéaires, ensiformes, et des fleurs jaunâtres, croît dans le Chili. Les habitans de ce pays font usage de ses racines longues et fibreuses comme les Européens emploient la Salsepareille; c'est-à-dire qu'elles passent pour sudorifiques et antisyphilitiques. (G..N.)

HERSE, Tribulus. BOT. PHAN. Genre de la famille des Zygophyllées de R. Brown et de la Décandrie Monogynie, L., établi par Tournefort et ainsi caractérisé: calice à cinq sépales caducs; corolle à cinq pétales étalés; dix étamines; stigmate sessile; cinq carpelles adnés à un axe central, triangulaires, indéhiscens, durs, se prolongeant extérieurement en pointes épineuses, ou ailées, partagées intérieurement et transversalement en plusieurs loges, rarement uniloculaires; graines solitaires dans chaque loge horizontale, dépourvues d'albumen et munies de cotylédons épais, d'après Gaertner (de Fruct. 1, tab. 69). Les Herses sont des Plantes herbacées dont les tiges sont étalées et couchées; les feuilles pinnées sans impaire, accompagnées de stipules membraneuses. Leurs fleurs, ordinairement d'une belle couleur jaune, sont solitaires sur des pédicelles axillaires. Le Prodrome du professeur De Candolle contient les descriptions de sept espèces indigènes des contrées chaudes de l'Europe, de l'Amérique et de l'Afrique.

La HERSE TERRESTRE, Tribulus terrestris, L., est la scule espèce européenne. Elle croît aussi en Barbarie, au Sénégal et à l'lle-de-France. Sa racine grêle, fibreuse et annuelle, soutient une tige divisée dès sa base en rameaux nombreux, couchés sur la terre, garnis de feuilles à six paires de folioles presque égales, et de fleurs nombreuses, petites, jaunes, disposées sur des pédicelles plus courts que le pétiole; les carpelles n'ont que quatre pointes. On cultive dans les jardins de botanique une belle espèce qui a beaucoup de rapports avec la précédente, mais ses fleurs, grandes et analogues à celles des Cistes, la distinguent facilement. C'est le Tribulus cistoides, L. et Jacquin (Hort. Schænbrun., 1, P. 54, tab. 103). (G..N.)

HERSÉ. POIS. Et non Herse. Espèce du genre Mormyre. V. ce mot. (B.)

* HERSEUR. ARACHN. Espèce du genre Eriodon. V. ce mot. (B.)

* HERTELIA. BOT. PHAN. (Necker.) Syn. D'Hernandia sonara. V. HERNADIE. (B.)

* HERTIA. BOT. PHAN. Necker (Elem. Botan. T. 1, p. 3) a établi sous ce nom un genre aux dépens de l'Othonna de Linné, dont il différé principalement par le réceptacle hérissé, l'aigrette presque plumeuse, et l'involucre à plusieurs divisions profondes. Ces caractères ne paraissent pas assez importans pour motiver la séparation du genre proposé par Necker. Du moins, telle est l'opinion de Cassini qui a donné une autre division des Othonna, en établissant le genre Euryops également constitué par Kunth sous le nom de Werneria. V. ces mots. (G..N.)

HESIODIA. BOT. PHAN. Le Sideritis montana, L., a été séparé, sous ce nom générique, par Mœnch qui lui a donné pour caractères: un calice velu intérieurement et à limbe divisé en deux lèvres dont la supérieure offre trois dents, et l'inférieure deux. Dans les Sideritis le calice est divisé en cinq parties égales. Ce genre n'a pas été admis, non plus que le Burgsdorfia du même auteur formé avec le Sideritis romana, L., et qui n'offre pas de caractères plus importans. (G..N.)

* HĖSIONE. Hesione. ANNEL. Genre de l'ordre des Néréidées, famil-

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le des Néréides, section des Néréides Glycériennes, établi par Savigny (Syst. des Annelides, p. 12 et 39), et ayant suivant lui pour caractères distinctifs: trompe sans tentacules à son orifice; antennes égales; première, deuxième, troisième et quatrième paires de pieds converties en huit paires de cirres tentaculaires; tous les cirres très-longs, filiformes et rétractiles; point de branchies distinctes. Ce genre a beaucoup d'analogie avec ceux d'Aricie, de Glycère, d'Ophélie. de Myriane et de Phyllodoce; il leur ressemble par l'absence des mâchoires, par les antennes courtes, de deux articles, et par le défaut d'antenue impaire; mais il s'éloigne de chacun d'eux par les caractères tirés de la trompe, des antennes, des cirres et des branchies. Du reste le corps des Hésiones est plutôt oblong que linéaire, peu déprimé, à segmens peu nombreux; le premier des segmens apparens surpasse à peine en grandeur celui qui suit. Leurs pieds sont dissemblables; les premiers, seconds, troisièmes et quatrièmes, n'étant pas ambulatoires, sont privés de soies et convertis en huit paires de cirres tentaculaires très-rapprochées de chaque côté et attachées à un segment commun, formé par la réunion des quatre premiers segmens du corps; les pieds suivans, y compris la dernière paire, sont simplement ambulatoires. Les cirres tentaculaires, sortant chacun d'on article distinct, sont longs, filiformes, complètement rétractiles et inégaux; le cirre supérieur de chaque paire est un peu plus long que l'inférieur. Les pieds ambulatoires ont une seule rame pourvue d'un seul faisceau de soies et ordinairement d'un seul acicule, les soies cylindriques, munies, vers le bout, d'une petite lame cultriforme, articulée et mobile. Les cirres sont filiformes, facilement et complètement rétractiles, inégaux; les cirres supérieurs sont beaucoup plus longs que les inférieurs, et sortent d'un article distinct et cylindrique; ils diffèrent à peine des cirres tentaculaires. Les branchies ne sont point saillantes et paraissent nulles. La tête, divisée en deux lobes par un sillon longitudinal, est très-rétuse et complètement soudée au segment qui porte les cirres tentaculaires. Les yeux sont trèsdistincts et latéraux; il en existe deux antérieurs qui sont plus grands et deux postérieurs. Les antennes sont incomplètes, les mitoyennes excessivement petites, très-écartées, de deux articles, obtuses; l'impaire nulle; les extérieures semblables aux mitoyennes et rapprochées d'elles. La bouche se compose d'une trompe grosse, profonde, cylindrique ou conique, et dé deux anneaux; le dernier est court, avec l'orifice circulaire, sans plis à l'intérieur, ni tentacules. Les mâchoires sont nulles. L'anatomie a fait voir que les Hésiones ont comme deux poches longues et transparentes attachées vers l'œsophage. Savigny ne décrit que deux espèces propres à ce genre; elles sont nouvelles.

L'HÉSIONE ÉCLATANTE, H. splendida, Sav. (Ouvrage d'Egypte, pl. 3, fig. 3). Cette espėce a été trouvée par Mathieu à l'Ile-de-France, et par Savigny sur les côtes de la mer Rouge; elle nage assez bien en s'aidant de ses longs cirres. Son corps est long de près de deux pouces, sensiblement rétréci dans sa moitié antérieure, et formé de dix-huit segmens apparens qui ont, à l'exception du premier, tes côtés separes de la partie dorsale, renflés, plissés et marqués d'un sillon profond sur l'alignement des pieds. Il existe dix-sept paires de pieds à rames, fixées à la pattie antérieure des segmens; la dernière paire seule est notablement plus petite que les autres, et conserve toutefois de longs cirres; elle est portée par un segment rétréci dès son origine et comme arrondi avec l'anus un peu saillant en tube. Les soies sont fortes, roides, jaunâtres; leur petite lame terminale est plus allongée, plus obtuse, dans les individus de la mer Rouge. L'acicule est très-

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noir. Les cirres sont roussâtres, fort délicats; les inférieurs ne dépassent pas de moitié les gaînes, dont l'orifice n'offre aucune dent particulière. La couleur générale est gris de perla avec de très-beaux reflets; le ventre porte une bandelette plus éclatante, qui s'étend de la trompe à l'anus.

L'HÉSIONE AGRÉABLE, H. festiva, Sav. Cette espèce propre aux côtes de la Méditerranée, a été découverte à Nice par Risso. Elle est très-semblable à la précédente, quoique moins grande. Le nombre des segmens et des pieds est égal; la trompe est conique plutôt que cylindrique; le corps a fort peu de reflets et les anneaux sont un peu allongés. Savigny dit n'avoir pas vu les cirres qui étaient tous retirés en dedans. Il existe un second acicule fort grêle; les soies sans lames mobiles lui ont paru tronquées accidentellement à la pointe. (AUD.)

HESPĖRANTHE. Hesperantha. BOT. PHAN. Famille des Iridées et Triandrie Monogynie, L. Sous ce nom générique, Ker (Annals of Botany, 1, p. 224) a détaché du genre lxia de Linné, un groupe qu'il a ainsi caractérisé: spathe bivalve; corolle tubulense, dont le limbe est à six divisions régulières; trois stigmates distincts jusqu à l'entrée du tube; capsule oblongue trigone. Dans l'Hortus Kewensis (deuxième édition, vol. 1, P. 84) où ce genre est adopté, on lui a rapporté trois espèces, savoir: 1° Hesperantha radiata, Ker, ou Ixia radiata, Willd. et Botanical Magaz. 573; 2° H. falcata, ou Ixia falcata, Willd. et Bot. Magaz. 566; 3° H. cinnamomea, Ker, ou Ixia cinnamomea, Willd. Ces trois Plantes sont indigènes du cap de Bonne-Espérance, et on les cultive dans les jardins d'Europe. (G..N.)

HESPĖRIDÉES. Hesperideœ. BOT. PHAN. Cette famille de Dicotylédones hypogynes avait reçu primitivement le nom d'Aurantiacées, dérivé de celui d'Aurantium qui en est considéré comme le type. Les genres qui la constituent ont été particuliėrement étudiés par Corréa de Serra (Ann. du Muséum, vol. 6, p. 376), et par Mirbel (Bull. Philom., 1813, p. 179). Adoptant les travaux de ces savans, De Candolle(Prodrom. System. Veget. 1, p. 535) a exposé ainsi les Caractères de cette famille: calice urcéolé ou campanulé, court, marcescent et divisé en trois, quatre ou cinq dents; corolle composée de trois à cinq pétales larges ? la base, tantôt libres, tantôt soudés entre eux, insérés à l'extérieur d'un disque hypogyne, ayant leurs bords légèrement imbriqués pendant l'estivation; étamines en nombre égal à celui des pétales, ou bien double et multiple de celuici, insérées sur le disque hypogyne; filets planes à la base, tantôt libres, tantôt réunis entre eux de différentes manières, polyadelphes ou monadelphes, toujours libres et subulés supérieurement; anthères terminales attachées par leur base et dressées; ovaire ové, multiloculaire, surmonté d'un style cylindrique et d'un stigmate un peu épais; fruit (Hespéridie, Desv.; Aurantium, De Cand.) composé: 1° d'une écorce (indusium) épaisse, glanduleuse, sans valves, indéhiscente, et qui doit vraisemblablement être regardée comme le prolongement du torus; 2° de plusieurs carpelles (rarement un seul par avortement) verticillés autour d'un axe idéal, tantôt contenant seulement des graines, tantôt remplis d'une chair ou d'une pulpe contenue dans des petits sacs nombreux et qui sont attachés aux parois du fruit; graines fixées à l'angle pariétal de chaque carpelle, nombreuses ou solitaires, dépourvues d'albumen, le plus souvent pendantes, quelquefois renfermant plusieurs embryons; spermoderme marqué d'un raphé et d'une chalaze très - visibles; embryon droit, à radicule supère regardant le hile, à cotylédons grands, épais, munis à leur base de deux oreillettes, et à plumule visible. Les Hespéridées sont des Arbres ou des Arbrisseaux, tous originaires de la

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Chine et des Indes-Orientales. Les feuilles, les calices, les pétales, les filets des étamines, et surtout l'écorce des fruits sont munis de glandes vésiculaires pleines d'huile volatile. Les feuilles sont alternes, articulées sur la tige, difficilement caduques, tantôt composées, pinnées, à plusieurs paires, ou bien lomentacées, c'est-à-dire composées d'une foliole articulée à l'extrémité d'un pétiole dilaté, foliacé, tantôt simples peutêtre à cause de l'avortement de la foliole terminale. Les épines axillaires ne se changent point en branches par la culture.

La famille des Hespéridées comprend les douze genres suivans: Atalantia, Correa; Triphasia, Lour.; Limonia, L.; Cookia, Sonnerat; Murraya, Kœnig; Aglaia, Lour.; Bergera, Kœnig; Clausena, Burm.; Glycosmis, Correa; Feronia, Corr.; Ægle, Corr.; et Citrus, L. V. ces mots. (G..N.)

HESPĖRIDES. Hesperides. INS. Tribu de l'ordre des Lépidoptères, famille des Diurnes, établie par Latreille et dont les caractêres sont: jambes postérieures ayant deux paires d'ergots, l'un au bout et l'autre près du milieu; extrémiteé des antennes presque toujours très-crochue ou fort recourbée; ailes supérieures relevées, mais écartées; les inférieures souvent presque horizontales dans le repos; chenilles rases, sans épines; chrysalides sans éminences, renfermées dans uné toile légère entre des feuilles. Cetté tribu comprend les genres Uranie et Hespérie. V. ces mots. (G.)

HESPĖRIDIE. Hesperidium. BOT. PHAN. C'est selon Desvaux une espèce particulière de fruit, offrant les caractères suivans: il est charnu, ayant une enveloppe épaisse et rugueuse, divisė inférieurement en plusieurs loges par des cloisons celluloso - membraneuses, de manière qu'on peut le séparer facilement et sans dėchirement en autant de pièces distinctes. L'Orange, le Limon et en général les fruits de toutes les Plantes de la famille des Hespéridées, en sont des exemples. (A.R.)

* HESPERIDIUM. BOT. PHAN. Nom donné par De Candolle (Syst. Veget. nat., 2, p. 477) à la première section du geure Hesperis. V. JULIENNE. (G..N.)

* HESPERIDOPSIS. BOT. PHAN. Ce nom a été donné par De Candolle(Syst. Regn. Veget. T. 11, pl. 484) à la septième section du genre Sisymbrium, que cet auteur (Prodr. Syst., 1, p. 190) a depuis érigée en genre distinct sous le nom d'Andreoskia. V. ce mot au Supplément et SISYMBRE. (G..N.)

HESPÉRIE. Hesperia. INS Genre de l'ordre des Lépidoptères, famille des Diurnes, tribu des Hespérides, établi par Fabricius qui comprenait sous ce nom les Papillons que Linné nomme Plébéiens Ruraux et Urbicoles. Dans son Système des Glossates, cet auteur forme neuf genres avec son genre Hespérie, dont l'un conserve le nom primitif. Les espèces urbicoles qui forment seules le genre Hespérie, tel qu'il est adopté par Latreille, forment pour Fabricius les genres Thymèle, Hélins et Pamphile, que Latreille n'adopte pas dans sa Méthode: quant aux Hespéries de la division des Ruraux, elles appartiennent à la tribu des Papillonides et aux genres Polyommate et Erycine. V. ces mots. Les caractères du genre Hespérie, tel qu'il a été restreint par Latreille (Encycl. Méthod., art. PAPILLON), sont: antennes terminées distinctement en bouton ou en massue; palpes inférieurs courts, larges et tres-garnis d'épines, La massue des antennes sépare ce genre de celui des Uranies. Les Hespéries ont le corps généralement court et gros; la tête large et les antennes écartées à leur insertion; elles sont terminées, brusquement en une massue plus ou moins ovale et oblongue, finissant en pointe; dans quelques espèces, elles sont arquées a leur extrémité; dans d'autres, elles sont subitement courbées et crochues. Leurs palpes extérieurs ou labiaux sont larges, de

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trois articles et fournis de baucoup d'écailles; leur dernier article est petit comparativement au second. Leurs ailes sont fortes; les inférieures sont toujours plissées au côté interne et souvent parallèles au plan de position dans le repos. Toutes leurs pates sont propres à la marche; leurs tarses sont terminés par deux crochets petits, simples et très-arqués, et leurs jambes postérieures sont armées de quatre ergots. Leurs chenilles sont presque nues, peu variées en couleurs, grêles aux deux extrémités ou du moins antérieurement; elles ressemblent à celles de divers Lépidoptères nocturnes. Leur tête est grosse, souvent marquée de deux taches imitant des yeux. Ces chenilles se nourrissent des feuilles de différens Végétaux; elles les roulent et les fixent avec de la soie et se métamorphosent dedans; la chrysalide est unie ou sans éminences angulaires, et son extrémité antérieure est plus ou moins avancée en une pointe simple. Si l'on s'en rapporte aux figures de Stoll, les chrysalides de quelques espèces de Surinam seraient fixées à la manière de celles des Papillonides hexapodes, c'est-à-dire par la queue et par un lien passant au-dessus du corps et lui formant une ceinture. — Ces Lépidoptères fréquentent généralement les bois et les lieux garnis de Graminées; quelques espèces se plaisent dans les lieux humides et aquatiques. Plusieurs sont propres à l'Europe et à la France, mais le plus grand nombre appartient à l'Amérique. Latreille (loc. cit.) décrit cent soixante-onze espèces de ce genre; il les classe dans un grand nombre de divisions qu'il serait trop long de rapporter ici. L'espèce la plus commune en France est:

L'HESPÉRIE DE LA MAUVE, H. Malvœ, Fabr.; le Papillon Grisette, Engram., Pap. d'Eur., pl. 46, f. 78, A, B, C; Papilio Alceœ, Esper, T. 1, tab. 51, f. 3, var. Sa chenille vit sur différentes espèces de Mauves et sa chrysalide est renfermée dans une légère coque de soie. Le Point de Hongrie, le Pleinchant, l'Echiquier, le Miroir, le Sylvain ou Bande noire sont d'autres espèces européennes de ce genre. (G.)

HESPERIS. BOT. PHAN. V. JULIENNE.

HESPET. POIS. Pour Hepset. V. ce mot. (B.)

* HESPHORUS. MIN. Syn. de Chaux fluatée verte phosphorescente. (B.)

HETERANDRA. BOT. PHAN. (Beauvois.; V. HÉTÉRANTHÈRE.

HÉTĖRANTHÈRE. Heteranthera. BOT. PHAN. Ce genre de la famille des Pontédériées de Kunth, et de la Triandrie Monogynie, L., a été primitivement établi par Palisot-Beauvois (Act. Soc. Amer. 4, p. 73), sous le nom d'Heterandra. En l'adoptant, Ruiz et Pavon lui ont donné le nom d'Heteranthera admis généralement. Dans la Flore de l'Amérique du nord de Michaux, Richard père a fait connaître le même genre et l'a nommé Leptanthus. Ses caractères sont: périanthe corolloïde, dont le tube est très-long et le limbe à six divisions égales et étalées; trois étamines; un style et un stigmate simple; capsule triloculaire, polysperme. Les espèces de ce genre en petit nombre sont des Plantes aquatiques, indigènes de l'Amérique méridionale et septentrionale. Leurs feuilles sont engaînantes à leur base; leurs fleurs solitaires sortent de la gaîne des feuilles, L'Heteranthera reniformis, Ruiz et Pavon (Flor. Peruv. 1, p. 43, tab. 71) peut être considéré comme le type du genre. Kunth (Généra Nov. et Spec. Plant, œquin. 1, p. 265) lui assigne pour synonyme le Leptanthus reniformis de Michaux. Cette espèce a des feuilles orbiculées réniformes, et se fait surtout remarquer par uue de ses étamines beaucoup plus longue que les autres, et en outre conformée en fer de flèche. C'est ce dernier caractère qui a valu au genre les noms d'Heterandra et Heteranthera. Le Pontederia limosa de Swartz (Flor. Ind. occid. 1, p. 611),

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qui n'a que trois étamines, a été rapporté à ce genre par Villdenow. Hooker (Exotic Flora, mars 1824, n. 94) pense que L'Heteranthera graminea, Vahl, Leptanthus gramineus, Michx., doit constituer un genre particulier, en raison de l'unilocularité de sa capsule, de son port remarquable qui ressemble à celui de certains Potamogetons, et de ses fleurs jaunes. Willdenow, qui n'avait aussi trouvé qu'une seule loge dans les fruits du Leptanthus gramineus, en avait déjà formé le genre Schollera. V. ce mot. (G..N.)

* HETERANTHUS. BOT. PHAN. (Bonpland, in Herb. Juss.) Syn. d'Homoïanthus. V. ce mot. (B.)

HÉTÉROBRANCHE. POIS Ce genre, formé par Geoffroy Saint-Hilaire, n'a été adopté par Cuvier que comme un sous-genre de Silure. V. ce mot. (B.)

HÉTÉROBRANCHES. MOLL. (Blainville.) V. SYPHONOBRANCHES.

* HÉTÉROCARPE. BOT. PHAN. H. Cassini nomme ainsi la calathide d'une Synanthérée, qui offre des fruits dissemblables entre eux ou seulement par les aigrettes; telle est celle de l'Hetcrospermum, etc. (G..N.)

* HÉTÉROCARPELLE. Heterocarpella. BOT. CRYPT. (Chaodinées.) (V. Planches de ce Dictionnaire.) Second genre de la première section de notre famille des Chaodinées, déjà plus compliqué dans son organisation que le genre Chaos qui en est le type. Même disposition dans le mucus constitutif, mais les corpuscules qui le colorent y varient infiniment pour la forme et pour la disposition; dans une pareille étendue de mucus, ces corpuscules ne sont pas semblables. Chaque forme de corpuscule appartient -elle à une espèce différente, et une masse de mucus où l'on trouve de ces molécules organiques de figures diverses est-elle une seule espèce ou une réunion d'espèces distinctes? Dans l'impossibilité où nous sommes d'éclaircir ce doute, nous établirons provisoirement dans le genre Hétérocarpelle autant d'espèces que nous trouverons de formes; ainsi nous connaissons jusqu'à ce jour: 1° l'Heterocarpella monadina, consistant en globules simples, monadiformes, marqués au milieu d'un cercle concentrique, comme s'il existait, ainsi que dans les globules du sang, un globule intérieur; 2° l'Hoterocarpella geminata consistant en globules semblables à ceux de l'espèce prėcédente, unis deux à deux et d'une forme ovoïde. Nous avons des raisons de oroire que c'est à ce Végétal que Rafinesque imposa le nom d'Arthrodie. V. ce mot; 3° l'Heterocarpella tetincarpa, globules de six à vingt fois plus considérables que ceux des espèces précédentes, ovoïdes ou obronds, comme divisés en quatre quartiers par deux sections en diamètre, lesquels contiennent chacun un globule semblable à ceux qui se voient dans les espèces précédentes; 4° l'Heterocarpella pulchra, globules encore plus grands que dans la précédente, obronds, mais sinueux sur les côtés, divisés en deux dans le sens des sinuosités opposées; chaque sore contenant des corpuscules obronds, placés à côté les uns des autres, ayant leur axe disposé vers le centre du grand globule qui les renferme et qui est marqué d'un point transparent; 5° l'Heterocarpella reniformis, composée de deux à quatre et cinq corpuscules réniformes, allongés, disposés parallèlement en diminuant de taille et transversalement dans un globule ovale formé par une membrane parfaitement hyaline; 6° l'Heterocarpella botrytis, globules réunis en amas qui affectent une forme triangulaire, tronqués vers les sommets, et se disposant souvent base à hase. Lyngbye a passablement saisi cette disposition dans la figure 2 qu'il donne de son Echinella radiosa, pl. 69, E. Nous avons, une fois entre autres, trouvé toutes ces espèces réunies dans des masses de mucus cependant peu colorées qui couvraient l'extrémité

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des rameaux des Conferva glomernta, dans les suintemeus us de la fontaine dont on boit l'eau, au hameau de Chaufonine renommé au pays de Liége pour ses thermes; mais ce cas est rare. Ce sont les numéros 1, 2 et 3 qui sont le plus ordinairement réunis et que Lyngbye a décrits sous le nom collectif d'Echinella rupestris, pl. 69, D, f. 2, 3 et 4. (B.)

HETÉROCARPIENS. BOT. PHAN. Desvaux a donné ce nom aux fruits provenus d'ovaires qui, se développant avec d'autres parties, n'ont pas été cachés par celles-ci, mais qui ont subi seulement quelques modifications dans leurs formes primitives. (G..N.)

HÉTÉROCÉOPIENS. BOT. PHAN. (Dictionnaire de Détérville.) Pour Hétérocarpiens. V. ce mot. (B.)

HÉTÉROCÈRE. Hetcrocerus. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Clavicornes, établi par Bosc (Act. de l'ancienne Soc. d'Hist. Nat. de Paris, T. I, pl. 1. fig. 5) et adopté par tous les entomologistes; ses caractères sont (Règn. Anim. T. III): tarses courts, n'ayant que quatre articles distincts et se repliant sur les côtés extérieurs des jambes qui sont triangulaires, épineuses ou ciliées, surtout les deux premières, et propres à fouir. La tête des Hétérocères s'enfonce postérieurement jusqu'aux yeux, dans le corselet, se rétrécit et se prolonge un peu antérieurement, en manière de museau arrondi; le labre est extérieur, grand et presque circulaire; les mandibules sont fortes, cornées et bidentées à leur pointe; les mâchoires ont deux lobes; l'interne est pointu et en forme de dent, et le lobe terminal est plus grand et cilié; les palpes sont courts et filiformes; les maxillaires ont le dernier article un peu plus long que les précédens et presque, ovoïde, les deux derniers articles des labiaux sont presque égaux et cylindracés; la languette s'élargit vers son bord supérieur qui est largement échançré; le menton est grand et offre nussi une grande échancrure qui le fait paraître comme fourchu; les antennes sont à peine plus longues que la tête; leurs sept derniers articles forment une massue dentée et arquée; le corselet est transversal, court et sans rebords; ses côtés sont arrondis. L'avant-sternum s'avance sur la bouche; le corps est ovale, aplati; les pieds sont courts et propres a fouir la terre avec les jambes antérieures plus larges et portant à leur côté extérieur une rangée d'épines parallèles; les tarses sont courts, ils se replient sur les jambes et ne paraissent composés que de quatre articles, le premier étant trèscourt et peu distinct; le dernier article est armé de deux ongles grêles et distincts.

Ces Insectes sont très-voisins des Dryops d'Olivier, ou des Parnes de Fabricius, mais ils s'en distinguent, ainsi que de tous les autres Clavicornes, par les tarses et par les antennes. Ils vivent dans le sable ou dans la terre humide, près des bords des eaux, et sortent de leur trou lorsqu'on les inquiète en marchant sur le sol; leur larve, que Miger a observée le premier, vit aussi dans les mêmes lieux. La seule espèce que l'on ait encore trouvée à Paris est:

L'HÉTÉROCÉREBORDÉ, Heter. marginatus, Bosc (loc. cit.), Fabr., Latr., Illig., Panz. Faun. Ins. Germ., fasc. 23, fig. 11, 12. Il est long d'une ligne; son corps est velu, obscur, avec les bords et quelques points des élytres d'un jaune ferrugineux. (G.)

* HÉTÉROCHROME. INT. Espèce du genre Cucullan. V. ce mot. (B.)

HÉTÉROCLITE. Syrrhaptes. OIS. Heteroçlitus, Vieillot. Genre de l'ordre des. Gallinacés. Caractères: bec court, grêle et conique; mandibule supérieure faiblement courbée, avec une rainure ou sillon parallėle à l'urètre; narines placées de chaque côté du bec et à sa base, recouvertes par les plumes du front; pieds emplumés jusqu'aux doigts; ceux-ci au nombre de trois, dirigés en avant et réunis jusqu'aux

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ongles; rectrices étagées, les deux intermédiaires filiformes et, très-allongėes; première rémige la plus longue et allongée ainsi que la seconde en forme de fils. La connaissance de ce genre qui ne se compose encore que d'une seule espèce, est due à Pallas; il a découvert l'Hétéroclite auquel on a donnė pour nom spécifique celui de ce savant voyageur dont les travaux ont si puissamment concouru aux progrès des sciences, dans les plaines arides et desséchées de la Tartarie australe vers les bords du lac Baïkal. Cet Oiseau y est appelé Sadscha par les naturels; quoiqu'il n'y soit pas très-rare, il a été cependant très-peu observé; la raison en est facile à saisir: circonscrit dans une étendue assez médiocre d'un pays que rien ne porte à visiter et dont les habitans ignorans et barbares repoussent tout ce qui présente les formes de la civilisation, les Hétéroclites, aussi sauvages que les Tartares dont ils ont à redouter les flèches meurtrières, doivent naturellement se retirer dans les abris les plus solitaires et les plus inaccessibles, où ils se tiennent presque constamment cachés. C'est sans doute pourquoi Pallas, si bon observateur en toutes circonstances, n'est entré dans aucun dėtail relativement à l'histoire des Hétéroclites; la dépouille desséchėe du seul exemplaire qu'il ait rapporté lui avait même été donnėe par Rytschof. Delanoue, qui depuis Pallas a traversé les déserts qui bornent cet empire immense voisin de la Chine, a été plusieurs fois à même d'étudier les Hétéroclites; il les a observés dans leur marche lente et même péuible en apparence, puisqu'elle les oblige à de fréquentes alternatives dé repos; dans leur vol rapide, bruyant, direct et élevé mais peu soutenu; dans leur manière de chercher sur un sable mouvant leur nourriture qui consiste en petites graines amenêes par les vents; enfin dans les soins de leur progėniture. Il a plusieurs fois surpris la femelle dufant l'incubation, qui, malgré de vives inquiétudes, ne se décidait qu'à la dernière extrémité à quitter le nid où se trouvait l'espoir d'une nouvelle famille. Ce nid n'offrait pour tout duvet que quelques brins de Graminées, entourés de sable et qui contenaient quatre œufs d'un blanc roussâtre, tachetés de brun; il était placé au milieu de quelques pierres amassées so us un buisson.

HÉTÉROCLITE DE PALLAS, Syrrhaptes Pallasii, Temm., Ois. color., pl. 95; Tetrao paradoxus, Lath.; Heteroclitus tartaricus, Vieill. Parties supérieures d'un jaune cendré, avec les plumes bordées de noir à l'extrémité, ce qui dessine sur le dos un grand nombre de lunules et de taches noirâtres; sommet de la tête qui se trouve encadré par une ligne formée de lunules noirâtres; côtés du cou d'un jaune orangé, plus vif vers la gorge qui est de la même couleur; tectrices alaires intermédiaires terminées de rouge pourpré; rémiges noirâtres, bordées de jaunâtre, les deux extérieures entièrement noires et dépassant les autres en longueur; rectrices étagées, d'un cendré jaunâtre, terminées de blanc, les deux intermédiaires plus longues et noires dans la partie mince et allongée; ventre d'un cendré jaunâtre, bordé par une large bande noire; parties inférieures d'un blanc cendré; bec jaunâtre; ongles noirs. Taille, douze pouces. La femelle diffère peu du mâle; on la distingue néanmoins facilement par la privation de longues plumes aux ailes et à la queue. (DR..Z.)

HÉTÉROCOME. Heterocoma. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, et de la Syngénésie égale, L., établie par De Candolle (Ann. du Mus., vol. XVI, p. 190) et offrant pour principaux caractères: involucre presque cylindrique, formé de folioles disposées sur deux rangs, inégales; appliquées, lancéolées, linéaires et aiguës réceptacle plane, garni de paillettes analogues aux folioles de l'involucre; calathide composée de fleurons égaux, nombreux, réguliers et hermaphrodites;

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ovaires oblongs, glabres, marqués de côtes longitudinales, surmontés d'un bourrelet et d'une aigrette double; l'extérieure courte composée d'un seul rang de poils laminés, l'intérieure longue et composée de poils plumeux. Après avoir examiné, dans l'herbier de Desfontaines, un échantillon de la Plante sur laquelle ce genre a été fondé, H. Cassini a conclu qu'il appartient à la tribu des Vernoniées, et non point aux Cinarocéphales où l'a placé le professeur De Candolle. Celui-ci en a décrit deux espèces, savoir: Heterocoma bifrons et H. albida. La première est un sous - Arbrisseau du Chili, qui a sa tige ligneuse, ramifiée, laineuse et garnie de feuilles épaisses, pétiolées, ovales, entières et un peu obtuses au sommet. Les calathides des fleurs sont sessiles, petites, rassemblées dans les aisselles des feuilles supérieures, et entourées de bractées foliacées. Quant à l' H. albida, Cassini la considère comme une espèce douteuse, et qui, d'après la structure de son style, ne lui paraît pas congénère de l'autre espèce. (G..N.)

HÉTÉRODACTYLES. OIS. Blainville donne ce nom (Prodr. d'une nouv. distrib. System.) à une famille d'Oiseaux grimpeurs, qui comprend ceux dont le doigt externe est versatile, comme les Coucous, Barbus, Anis, etc. (G.)

* HETERODENDRUM. BOT. PHAN. Genre de la Dodécandrie Monogynie, L., établi par Desfontaines (Mém. du Muséum d'Hist. nat., vol. 4, p. 8) qui l'avait rapporté aux Térébinthacées. Dans la révision de cette dernière famille (Ann. des Sciences nat., juillet 1824), Kunth en a exclu l'Heterodendrum, et il a indiqué avec doute sa place dans les Sapindacées. Ses caractères ont été ainsi exprimés: calice cupuliforme, presque entier ou légèrement denté, persistant; corolle nulle; rebord (disque) membraneux, entier, logé au fond de la fleur et ceignant l'ovaire contre lequel il n'est pas étroitement appliqué; six et douze étamines insérées entre le disque et l'ovaire, exsertes et presque égales; filets courts, libres et un peu épaissis à la base; anthères obovées, bifides, sagittées à la base et fixées par celle-ci, biloculaires, déhiscentes par une fente longitudinale et latérale; ovaire supère, sessile, tantôt obové, presque arrondi, à quatre loges, couronné par quatre stigmates sessiles papillaires et divergens, tantôt obové, comprimé, biloculaire, ombiliqué par un stigmate obtus et simple. L'ovule uuique dans chaque loge varie selon que les ovaires sont quadriloculaires ou biloculaires; dans les premiers, il est presque arrondi, obové, dressé et placé sur un tubercule adhérent à l'axe; dans les autres, il est obové et fixé sur la base de l'ovaire. Le fruit n'a pas été observé.

L'Heterodendrum otcœfolium, Desf., loc. cit., tab. 3, est la seule espèce du genre. C'est un Aibrisseau indigène de la Nouvelle-Hollande, rameux, revêtu d'une écorce grisâtre, garni de feuilles alternes brièvement pétiolées, glabres, coriaces, lancéolées, entières, glauques et persistantes. Les fleurs sont petites et disposées en grappes axillaires simples ou ramifiées. (G..N.)

HÉTÉRODERMES. REPT. OPH. Famille établie parmi les Serpens, dans la Zoologie analytique de Duméril, et dont le principal caractère consiste dans la diversité des écailles qui sont petites sur le dos, et en plaques ou en demi-plaques sous le corps et sous la queue. Duméril y range ses genres Crotale, Boa, Trigonocéphale, Vipère, Trimésure, Bongare, Aipysure, Disteyrie, Plature, Couleuvre, Erpéton cl Erix. V. ces mots. (B.)

HÉTÉRODON. MAM. Pour Hétéroodon. V. ce mot. (B.)

HÉTÉRODON. REPT. OPH. Beauvois avait étabii sous ce nom, pour une simple Couleuvre que caractérisent deux dents plus longues que les autres aux mâchoires supérieures

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un genre qu'adopta avec doute Latreille dans le Buffon de Déterville. Il a disparu dans le tableau erpétologique inséré au tome sixième de cet ouvrage. Bosc a observé à la Caroline la Serpent qui servit de type au genre dont il s'agit. Daudin en a fait son Coluber Heterodon. Sa taille varie entre dix-huit pouces et trois pieds; il est noirâtre en dessus et blanchâtre en dessous, avec la tête de forme triangulaire. (B.)

HÉTÉRODONTE. Heterodontus. POIS. (Blainville.)Syn. de Cestracion, sous-genré de Squale, V. ce mot. (B.)

* HÉTÉROGÉNÉES. BOT. CRYPT.. (Lichens.) Acharius a réuni dans cet ordre, le cinquième de sa première classe, les Idiothalames, les Lichens dont l'apothécie est presque simple, composée d'un thalamium solitaire et munie d'un nucleum. Les genres Graphis, Verrucaria et Endocarpon, constituent cet ordre qui n'est point naturel. (A.F.)

* HÉTÉROGRAPHE. Heterographa. BOT. CRYPT. (Lichens.) Ce genre qui fait partie du groupe des Graphidées de notre méthode, établit le passage des Arthonies aux Opégraphes; il a été créé par Chevallier qui publie en ce moment un très-bel ouvrage iconographique sur les Hypoxylons. Le nom de polymorphum, donné par cet auteur, nous ayant paru inadmissible parce qu'il est adjectif, nous lui avons substitué celui par lequel il se trouve désigné dans ce Dictiorinnaire. L'Hétérographe est fondée sur deux Opégraphes, le faginea et le quercina des auteurs. Chevallier qui a très-bien étudié l'organisation dé l'Hétérographe, regarde ce genre comme intermédiaire entre les Hystéries et les Opégraphes. Il se rapproche en effet des premiers par l'absence de toute croûte lichénoïde, et par sa manière de croître; des seconds par son organisation, et diffère néanmoins des uns et des autres par son mode de développement; la forme de, ses réceptacles, et les cliangemens qu'éprouvent ceux-ci; Ces- Plantés croissont, ainsi que leur nom spécifique l'annonce, sur l'épiderme des écorces du Hêtre et du Chêne; et l'on doit y faire rentrer comme variétés les Opegrapha conglomerata de Persoon, et epiphegad'Acharius. (A.F.)

HÉTÉROGYNES. Heterogyna. INS. Famille de l'ordre des Hyménoptères, section des Porte-Aiguillons, composée de deux ou trois sortes d'individus dont les plus communs, les neutres ou les femelles, n'ont point d'ailes, et rarement des yeux lisses, très-distincts. Tous ces Insectes ont la languette petite, arrondie et voûtée ou en cuiller; leurs antennes sont coudées. Les uns vivent en sociétés qui se composent de trois sortes d'individus; les mâles et les femelles sont ailés, et les neutres sont aptères; ils forment le grand genre Fourmi de Linné dont Latreille a fait sa tribu des FORMICAIRES. V. ce mot. Les autres vivent solitairement. Chaque espèce n'est composée que de deux sortes d'individus; les mâles sont ailés et les femelles aptères. Ils composent le grand genre Mutills de Linné ou la tribu des Mutillaires de Latreille. V. ce mot. (G.)

* HÉTÉROLÉPIDE. Heterolepis. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, Corymbifères de Jussieu, et de la Syngénésie superflue, L., établi primitivement sous le nom d'Heteromorpha par Cassini (Bullet. de la Société Philom., janvier 1817). Cet auteur ayant ensuite réfléchi qu'une telle dénomination pouvait être considérée comme un adjectif, a cru devoir lui substituer celle d'Heterolepis. Il lui a donné les caractères suivans: involucre composé de folioles disposées irrégulièrement sur deux ou trois rangs, inégales et dissemblables; les extérieures lancéolées, les intérieures larges, ovales, obtuses, membraneuses, scarieuses et frangées; réceptacle alvéolé; calathide radiée, dont les fleurons du centre sont nombreux, réguliers, hermaphrodites, et ceux de la circonférence à deux languettes, femelles, mu-

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nies cependant d'étamines avortées; akènes courts cylindracés, hérissés, à deux pointes, surmontés d'une aigrette composée de soies nombreuses, inégales, laminées et plumeuses sur toute leur surface L'auteur de ce genre l'a placé dans la tribu des Arctotidées, dont il offre tous les caractères, et notamment celui tiré du style: il a, en outre, insisté sur les corolles biligulées de la circonférence qu'il ne faut pas confondre avec les corolles labiatiflores. Cette différence essentielle, jointe à l'organisation du style et aux corolles régulières du centre, ne permet pas de rapprocher l'Heterolepis de la tribu des Mutisiées.

L'Heterolepis decipiens, H. Cass., (Œdera aliena, L., et non (Œdera alienata de Thunberg, a été nommée Arnica inuloides par Vahl. Jacquin l'a figurée (Hort. Schœnbrunn. T. II, tab. 154). C'est un Arbuste du cap de Bonne-Espérance, dont la tige est branchue, couverte d'un coton blanc et entièrement garnie de feuilles éparses, étalées, un peu fermes, linéaires, aiguës, ayant la face supérieure verte et luisante, tandis que l'inférieure est tomenteuse et blanche. Les calathides larges et composées de fleurs jaunes sont solitaires à l'extrémité des branches. (G..N.)

HETEROLOMA. BOT. PHAN. Genre formé par Desvaux aux dépens de l'Hedysarum, L. V. SAINFOIN. (G..N.)

HÉTÉROMÈRES. Heteromera. INS. Section de l'ordre des Coléoptères, établie par Duméril, et comprenant tous ceux qui ont cinq articles aux quatre premiers tarses et un de moins aux derniers. Elle renferme quatre familles qui sont les Mélasomes, les Taxicornes, les Sténéiytres et les Trachélides. V. ces mots, (G.)

HETEROMORPHA. BOT. PHAN. V. HÉTÉROLÈPE.

HĖTĖROMORPHES. Heteromorpha. ZOOL. Blainville propose sous ce nom l'établissement d'un sous-règne composé d'êtres qui ne paraissent point avoir de formes symétriques ou déterminées, tels que les Eponges, les Corallinées et les Infusoires. (B.)

HETEROMYS. MAM. Desmarest a proposé ce nom pour le Hamster anomal. (B.)

HETEROODON. MAM. Nom du sixième sous-genre établi par Blainville dans le genre Dauphin pour les espèces qui diffèrent entre elles par leurs dents qui, en général, sont peu nombreuses. La seule espèce authentique de ce sous-genre forme le type du genre Hyperoodon de Cuvier. V.DAUPHIN. (G.)

* HĖTĖROPĖTALE. BOT. PHAN. H. Cassini a donné ce nom à la calathide des Synanthérées, lorsqu'elle offre des corolles dissemblables. Un tel mot est évidemment inutile, puisqu'il en existe d'autres qui expriment aussi brièvement et aussi exactement la même chose. Ainsi les calathides couronnées, radiées, discoïdes, de l'Aster, de l'Helianthus, de l'Artemisia, du Carpesium, etc., sont des modifications d'une calathide Hétéropétale. (G..N.)

* HĖTĖROPHYLLE. BOT. PHAN. On donne ce nom à toute Plante qui offre des feuilles dissemblables, souvent réunies sur le même individu et sur la même branche. Une foule de Végétaux sont dans ce cas; ainsi les feuilles inférieures linéaires du Protea sceptrum sont brusquement remplacées à la partie supérieure par des feuilles larges et lancéolées; le Lilas de Perse peut offrir, dans les jardins, sur la même branche, des feuilles entières ou incisées de diverses manières; le Lepidium perfoliatum est muni inférieurement de feuilles découpées, et supérieurement de feuilles entières et amplexicaules, etc., etc. Plusieurs Mimosa de la Nouvelle-Hollande, quelques Oxalis de l'Amérique méridionale, rapportées par Auguste Saint-Hilaire, ne sont Hétérophylles que par la dégénérescence des pétioles communs en véritables feuilles, et par l'avortement le plus souvent complet de leurs fo-

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lioles. Notre collaborateur Bory de Saint - Vincent a fait le premier la remarque que le nombre des Plantes Hétérophylles était plus considérable dans les îles volcaniques d'origine moderne que dans les parties primitives des continens. Il les regarde comme les essais d'une végétation moins ancienne. On peut voir dans son Voyage aux quatre îles d'Afrique et au mot CRÉATION, les conséquences qu'il a tirées de ce fait de géographie botanique. (G..N.)

HÉTĖROPODE. OIS. Nom sous lequel Gesner (Avi., p. 207) donne la figure d'un Oiseau qu'il n'a pas vu, et qu'il range, par conjecture, parmi les Aigles, et dont chaque pate était de couleur différente. Brisson le rapporte, mal à propos, au Vautour brun. Buffon, ne se fiant pas à la mauvaise figure de Gesner, est d'avis de rayer cet Aigle de la liste des Oiseaux. (B.)

HĖTÉROPODES. Heteropoda. ARACHN. Nom donné par Latreille à un genre d'Aranéides, composé des Araignées-Crabes dont les quatre dernières pates sont presque de la même grosseur que les autres, et dont les yeux forment deux ligues transverses presque parallèles. Ce genre forme (Règn. Anim de Cuv. T.III) la première coupe du genre Thomise. V. ce mot. Blamville donne ce nom à une classe artificielle qui comprend les Branchiopodes et les Squillaires, dont le nombre des pieds varie. (B.)

HETEROPOGON. BOT. PHAN. Genre de la famille des Graminées, et de la Monœcie Triandrie, L., établi par Persoon (Enchirid., 2e vol., p. 533) qui l'a ainsi caractérisé: épi simple, monoïque. Les fleurs mâles ont la lépicėne a deux valves, la glume à deux valves mutiques dont l'intérieure est sétacée; paillette (nectaire, Persoon) bilobée, renflée. Les fleurs femelles ont la lépicène bivalve, la glume aussi à deux valves dont l'une est épaisse et munie d'une barbe très-longue et hérissée. Ce genre se compose de deux espèces; savoir: Heteropogon glaber, Pers., ou Andropogon Allionii, D. C., Flor. Fr., 3, p. 97; et Heter. hirtus, Pers., ou Andropogon contortum, L. (G..N.)

HĖTÉROPTÈRE. Heteropterus. INS. Nom proposé par Duméril (Zool. analyt.) pour les Papillons appelés Estropiés par Geoffroy, et comprenant la famille des Hespérides de Latreille. V. ce mot. (G.)

HĖTĖROPTÈRES. Heteroptera. INS. Section de l'ordre des Hyménoptères. V. ce mot. (G.)

* HETEROPTERIS. BOT. PHAN. Genre de la famille des Malpighiacées et de la Décandrie Trigynie, L., établi par Kunth (Nov. Gener. et Spec. Plant, œquin., vol. v, p. 163) qui l'a ainsi caracérisé: calice hémisphérique, persistant, à cinq divisions profondes, le plus souvent portant deux glandes sur le dos; corolle à cinq pétales onguiculés, presque arrondis, l'éniformes; dix étamines hypogynes dont les filets sont adhérens à leur base; trois ovaires soudés, ne renfermant qu'un ovule pendant, surmontés de trois styles; trois samares dont une ou deux avortent souvent, fixées à un axe central, se prolongeant extérieurement en une aile longue, épaissie dans leur bord inférieur. Cette structure des appendices du fruit de l'Heteropteris est le caractère principal qui sépare ce genre du Banisteria, ou les ailes des samares sont épaissies dans leur bord supérieur. Plusieurs espèces de Banisteria, décrites par les auteurs, doivent faire partie de ce nouveau genre. Kunth a indiqué les Banisteria purpurea, L. et Cavan; Ban. brachiata, L. et Lamk.; Ban. chrysophylla, Lamk. et Cavan.; Ban. nitida, Lamk. et Cavan.; et Ban. cœrulea, Lamk. Outre ces Plantes déjà connues, Kunth en a décrit quatre espèces nouvelles sous les noms d'Heteropteris argentea, voisine d-e l'Hnitida, H. cornifolia, H.floribunda, très-rapprochée de l'H. cœrulea, et H. longifolia. Celle-ci n'est placée qu'avec doute dans ce genre. En

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adoptant l'Heteropteris, De Candolle (Prodrom. Syst. Veget. 1, p. 591) y a joint deux espèces nouvelles, savoir: H. platyptera qui pourrait bien être la même que l'H. brachiata, et H. appendiculata. Toutes les espèces que nous venons de mentionner croissent dans l'Amérique méridionale, le Mexique et les Antilles. Ce sont des Arbrisseaux ou des Arbusîes grimpans, à feuilles opposées, à fleurs bleves, roses ou blanches, disposées en panicules, en grappes ou en ombelles axillaires, terminales et latérales; leurs pédicelles sont munis d'une ou de deux bractées. Une Plante de l'Afrique équinoxiale, mentionnée par R. Brown (Botany of Congo, p. 7), et qu'il a seulement indiquée comme constituant un genre distinct du Banisteria a été placée provisoirement à la fin des Heteropteris par De Candolle (loc. cit., p. 592). Cette Plante, Heteropteris Smeathmanni, dont les feuilles sont alternes, forme une section sous le nom d'Anomalopteris. (G. N.)

HĖTÉROSOMES. POIS. Dumér il établit sous ce nom, dans sa Zoologie analytique, une famille répondant aux Pleuronectes de Linné, et qui comprend les genres Sole, Monochire, Turbot, Flétan, Plie et Achire. V. ces mots. (B.)

HĖTÉROSPERME. Heterospermum. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, Corymbifères de Jussieu, et de la Syngénésie superflue, L., établi par Cavanilles, et offrant pour principaux caractères: involucre double; l'intérieur composé de cinq folioles appliquées, ovalesoblongues et membraneuses, l'extérieur de trois à cinq bractées sur un seul rang, foliacées, linéaires, subulées; réceptacle plane, muni de paillettes semblables aux folioles de l'involucre; calathide radiée dont les fleurons du centre sont nombreux, réguliers, hermaphrodites, et ceux de la circonférence sur un seul rang, au nombre de trois à cinq, en languettes et femelles; akènes de di-verses formes; les extérieurs oblongs, arrondis au sommet, comprimés, munis sur chaque côté d'une large bordure cartilagineuse, et privés d'aigrettes; les intermédiaires assez semblables aux extérieurs, mais pourvus d'une aigrette composée d'une ou de deux paillettes opposées, subulées et munies supérieurement de poils rebroussés; les intérieurs linéaires sans bordures latérales, prolongés supérieurement en un long col linéaire qui porte une aigrette semblable à celle des akènes intermédiaires. Ce genre a été placé dans la tribu des Hélianthées-Coréopsidées auprès du Biden, par H. Cassini.

On cultive, dans les jardins de botanique, l'Heterospermum pinnatum de Cavanilles (Icon. 3, p. 34, tab. 267): c'est une Plante indigène du Mexique, herbacée, à tige dressée, rameuse, garnie de feuilles connées, pinnatifides ou hipinnatifides dans leur partie supérieure. Les calathides sont composées de fleurs jaunes et solitaires au sommet des branches. Outre cette espèce, Kunth (Nov. Gener. et Spec. Plant, œquin., vol. IV, p. 245 et 246, tab. 383 et 384) en a décrit et figuré deux autres qui croissent au Pérou, près de Truxillo et de Quito; il les a nommées Heterospermum maritimum et Heter. diversifolium. La première est indiquée avec doute comme synonyme de l'Heter. ovatifolium, Cavan. (Demonstr. bot. p. 204). (G..N.)

HĖ;TÉROSTÈGE. Heterostega. bot. PHAN. Pour Helerostheca. V. ce mot. (G..N.)

* HETEROSTEMON. BOT. PHAN. Genre de la famille des Légumineuses, établi par Desfontaines (Mém. du Muséum d'Hist. nat., deuxième année, p. 249) qui en a ainsi exposé les caractères: calice grêle, tubuleux, persistant, à quatre divisions lancéolées et concaves, accompagné d'un involucre ou calice extérieur à deux lobes; corolle composée de trois pétales insérés sur l'entrée du calice, très-grands, droits, rétréeis et on-

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guiculés à leur base, élargis et obtus au sommet: huit étamines dont les filets sont soudés par la base, beaucoup plus longs que la corolle, inclinés, arqués et barbus; les trois inférieurs plus longs et à anthères oblongues; les cinq autres filets graduellement plus courts avec des anthères plus petites; ovaire arqué, pédicellé, surmonté d'un style courbé et plus long que les étamines; légume pédicellé, comprimé, terminé par une pointe très-aiguë et un peu recourbée. Ce genre qui n'a pas encore été décrit dans les ouvrages où les Plantes sont rangées d'apres le système sexuel, devrait être placé dans la Monadelphie Octandrie, mais on préférera peut-être le rapporter à la Diadelphie comme on l'a fait pour tant d'autres genres de Légumineuses monadelphes, de peur de les écarter trop des genres delà même famille. Cependant sa place la plus convenable serait dans l'Octandrie auprès du Tamarindus dont il ne diffère que par son calice pourvu d'un iuvolucre, ses étamines toutes fertiles, et ses légumes comprimés non pulpeux.

L'HÉTÉROSTEMON A FEUILLES DE MIMOSA, Heterostemon, mimosoides, Desf., loc. cit., tab. 12, est un Arbre indigène du Brésil, dont les branches sont pubescentes, alternes, garnies de feuilles alternes, ailées sans impaire, composées de folioles nombreuses, glabres, opposées, linéaires, obtuses et légèrement échancrées à leur sommet; leur pétiole est ailé entre les folioles, et il est accompagné à la base de deux stipules opposées subulées et caduques. Les fleurs sont disposées en corymbes axillaires à l'extrémité des branches. (G..N.)

HETEROSTHECA. BOT. PHAN. Sous ce nom, Desvaux a constitué, aux dépens des Aristida de Linné, un genre de la famille des Graminées, qui a été réuni par Palisot-Beauvois au Dinœba. V. ce mot. (G..N.)

* HÉTÉROTHÈQUE. Heterotheca. BOT. PHAN. Genre de la famille des Sy-nanthérées, Corymbifères de Jussieu, et de la Syngénésie superflue, L., établi par H. Cassini (Bullet. de la Soc. Philom., septembre 1817) qui l'a placé dans la tribu des Astérées et l'a ainsi caractérisé: involucre composé de folioles imbriquées, appliquées, coriaces, ayant la partie supérieure en forme d'appendice, inappliquée, foliacée et aiguë; réceptacle nu, plane et alvéolé; calathide radiée, dont les fleurs du centre sont nombreuses, régulières et hermaphrodites, et celles de la circonférence femelles et en languettes très-longues; akènes du disque comprimés des deux côtés, hispides, munis au sommet d'un bourrelet et d'une double aigrette; l'extérieure courte, grisâtre, composée de paillettes irrégulières, inégales et membraneuses; l'intérieure longue, rougeâtre, composée de poils épais et plumeux; akènes de la circonférence triquètres, glabres, munis d'un petit bourrelet apicilaire et privés d'aigrette. L'Heterotheca Lamarckii, H. Cassini, Inula axillaris, Lamk. (Dict. Encycl.), est une Plante herbacée, dont la tige est dressée, rameuse, garnie de feuilles alternes, sessiles, ovales-oblongues, aiguës ou lancéolées, légèrement dentées, hérissées surleurs deux faces de poils épars, courts et roides. Les fleurs sont jaunes, nombreuses et disposées, au sommet de la tige, en une panicule corymbiforme irrégulière. Cette Plante croît dans la Caroline. (G..N.)

* HETEROTRICHUM. BOT. PHAN. Ce genre nouveau de la famille des Synanthérées, et de la Syngénésie égale, L., a été constitué par Marschall-Bieberstein (Flor. Taur.-Cau-cas., 3, suppl., p. 551) qui l'a ainsi caractérisé: involucre imbriqué non épineux; réceptacle couvert de pàillettes soyeuses; aigrette double, l'intérieure longue, plumeuse; l'extérieure très-courte et composée; de poils simples. Ce genre ne renferme qu'une seule espèce. (Heterotrichum salsum), dont les feuilles sont charnues et glabres; les radicales lyrées - hastées, les cauliuaires lancéolées. Ses

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pétioles sont munis d'oreillettes décurrentes allongées et dentées. Elle croît dans les gazons humides, sur les bords de la rivière Térek et du Volga, où elle fleurit en juin. C'était la Serratula salsa de la Flora Taurico-Caucasica, 2 vol., n° 1641. Une variété de cette Plante a été décrite et figurée sous le nom de Saussurea elongata, par le professeur De Candolle, dans les Annales du Muséum, T. XVI, p. 201, tab. 10. Pallas l'a aussi mentionnée (Itin. 3, p. 281, 314, 607 et 635) en la nommant Serratula salsa et S. salina. (G..N.)

* HÉTÉROTYPE. MIN. (Haussmann.) Syn. d'Amphibole. V. ce mot. (B.)

HÉTÉROZOAIRES. ZOOL. (Blainville.) Syn. de Reptiles. V. ce mot. (B.)

HETICH. BOT. PHAN. On ne peut reconnaître de quelle Plante américaine ont voulu parler sous ce nom Daléchamp et Thevet. Ces auteurs lui attribuent des racines tubéreuses et mangeables, d'un grand usage parmi les naturels. L'Hétich pourrait bien être le Liseron Patate. (B.)

HêTRE. Fagus. BOT. PHAN Ce genre de la Monœcie Polyandrie, L., avait été placé par Jussieu dans la famille des Amentacées. Richard père, ayant subdivisé cette famille en plusieurs ordres distincts, a placé le Hêtre parmi les Cupuliférées. Les caractères de ce genre sont: fleurs mâles en chatons globuleux, chacune d'elles étant composée d'un involucre calicinal campanulé, à six divisions, contenant huit à douze étamines dont les filets sont plus longs que l'involucre; fleurs femelles réunies deux ensemble dans un involucre à quatre lobes et hérissé; chacune d'elles est constituée par un ovaire inférieur, couronné par les six petites dents du limbe calicinal et surmonté d'un style divisé en trois stigmates; le fruit composé de deux noix triangulaires, uniloculaires, renfermées dans un involucre épais, péricarpoïde, coriace, hérissé de pointes nombreuses et s'ouvrant en quatre valves. Tournefort avait, avec raison, distingué de ce genre le Châtaignier, qui néanmoins a été confondu avec le Hêtre par Linné et Jussieu. Mais celui-ci ayant proposé de rétablir la distinction admise par les botanistes antérieurs à Linné, cette manière de voir a prévalu chez tous les auteurs modernes. Les espèces de Hêtre, au nombre de quatre ou cinq, croissent dans les pays tempérés de l'Europe et de l'Amérique. Une d'entre elles constitue la presque totalité de certaines forêts en France, eu Suisse et en Allemagne, et par conséquent mérite de fixer principalement notre attention.

Le HÈTRE DES FORêTS, Fagus sylvatica, L., vulgairement appelé Fayard, Foyard, etc., est un Arbre dont la tige s'élève à plus de vingt mètres, se ramifie supérieurement et forme une cime touffue garnie de feuilles ovales, aiguës, un peu plissées, vertes et luisantes en dessus, pubescentes en dessous, portées sur un pétiole court et accompagnées à la base de deux petites stipules écailleuses caduques. Les fleurs mâles forment des chatons ovoïdes longuement pédonculés et pendans; elles sont placées au-dessous des fleurs femelles qui sont pédonculées et solitaires dans les aisselles supérieures des feuilles. Le Hêtre est un des plus beaux Arbres dont la nature s'est plue à orner nos paysages. Tous les poëtes de l'antiquité en parlent à chaque page de leurs idylles, bucoliques et géorgiques, et c'est toujours au pied d'un Hêtre (sub tegmine fagi) qu'ils ont placé les scènes pastorales de ces heureux temps où la classe des bergers se distinguait autant par la variété de ses connaissances que par les agrémens d'une conversation poétique. Le Hêtre se plaît particulièrement dans les terrains secs, pierreux, et sur le penchant des collines. Il se multiplie facilement par ses graines, et les jeunes plants peuvent, à la fin de la première année, être placés en pépinières ou en rigoles à environ trois décimètres de

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distance les uns des autres. Quand ils ont acquis à peu près deux mètres de hauteur, on doit les planter à demeure. De même que le Charme, cet Arbre est très-propre à former des palissades de verdure, par la facilité avec laquelle il supporte la taille, et il a sur celui-ci l'avantage de s'élever beaucoup plus haut. Les fermes et les vieux châteaux de l'ancienne Normandie sont entourés de Hêtres, et dans le Ci-devant Limousin, ces Arbres, plantés en lignes et croissant à l'air libre, bordent les routes et s'élèvent trèshaut en formant de superbes rideaux de verdure. La culture du Hêtre pourpre commence à se répandre par toute L'Europe. Les feuilles de cette variété sont d'un rouge clair dans la jeunesse, puis elles acquièrent une couleur lie de vin, qui se fonce de plus en plus. Cette couleur permaneute contraste agréablement avec le vert diversement nuancé des autres Arbres, et sous ce rapport le Hêtre pourpre est cultivé principalement dans les jardins paysagers.

Parmi nos Arbres indigènes, le Hêtre est un de ceux dont les usages sont les plus variés. Son bois d'une texture serrée joint la solidité à la légèreté; aussi est-il fréquemment employé à la confection des instrumens et des meubles. En France, c'est le bois dont on se sert habituellement pour fabriquer l'économique et avantageuse chaussure des paysans, chaussure qui n'est pas un indice de leur condition misérable, comme certains publicistes étrangers l'out avancé sans réflexion, mais qui est certainement mieux appropriée que les souliers à la nature fangeuse du sol de plusieurs départemens. La prévention que l'on avait contre le Hêtre considéré comme bois de charpente, à cessé depuis qu'on a trouvé le moyen de remédier aux inconvéniens qu'on lui reprochait, d'être sujet à se fendre et a être attaqué par les vers. Ce moyen consiste à le couper au commencement de l'été pendant qu'il est dans la végétation. On le laisse reposer pendant une année, et après l'avoir débité en solives et en planches, on lui fait subir une immersion de plusieurs mois dans l'eau. Ces opérations préliminaires étant achevées, le bois de Hêtre peut être soumis en toute sûreté aux usages les plus nombreux. Dans la construction des navires, les Anglais l'emploient très-utilement aujourd'hui pour les bordages et les ponts où un bois uni et droit est absolument nécessaire. Divisé en feuillets très-minces, les relieurs s'en servaient, au lieu de cartons, pour les couvertures de ces énormes in-folios dont la mode s'est évanouie avec celle des querelles de théologie, de médecine et de jurisprudence. Notre collaborateur Bory de Saint-Vinceut a récemment vanté sa supériorité sur les autres bois, pour la planchette qui forme la principale pièce de la Coquette, appareil nouveau propre à dessécher les Plantes pour l'herbier (V. ce mot et les Annales des Sciences natur., T. IV, p. 504). Indépendamment de ces usages économiques, le Hêtre doit etre considéré comme un excellent combustible; il répand, en effet, une chaleur vive et fournit un charbon fort compacte. — Les fruits du Hêtre porteut le nom de Faînes. Tous les Animaux frugivores en sont très-friands et on les donne aux Cochons ainsi qu'aux Oiseaux de basse-cour pour les engraisser. L'amande qu'ils contiennent, quoiqu'un peu astringente, a une saveur agréable, et l'on prétend que, par la torréfaction, elle développe un parfum qui approche de celui du Café. Cette amande est riche en huile fixe d'une excellente qualité. L'extraction s'en fait ordinairement en soumettant les faînes entières, dans des moulins particuliers, à l'action de forts pilons qui les réduisent en pâte. Celle-ci est enfermée dans des sacs d'une toile très-forte que l'on met sous la presse. Il en découle une huile chargée de matières grossières que l'on reçoit dans de grands vases où elle dépose ses impuretés, et il ne reste plus qu'à la soutirer a plusieurs re-

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prises. Au lieu d'écraser les faînes entières avec leur écorce, il serait plus avantageux d'extraire préalablement celles-ci en les faisant passer entre les meules d'un moulin à blé convenablement écartées. Par ce moyen, on obtiendrait une quantité d'huile plus considérable et plus blanche, et les tourteaux pourraient servir avantageusement à la nourriture des bestiaux. Dans la méthode ordinaire, l'écorce retient beaucoup d'huile qu'on enlève, il est vrai, en ajoutant à la pâte une certaine quantité d'eau, mais il y en a toujours une partie d'absorbée et de perdue. Les tourteaux qui résultent de ce mode d'extraction ne sont bons qu'à brûler; ils donnent une flamme vive, sans odeur, et laissent un charbon qui se conserve très-long-temps.

Les autres espèces de Hêtre sont indigènes de l'Amérique du nord et de la Terre de Feu. Le Fagus ferruginea, Willd. et Michx., Arb. Am., 2, p. 174, tab. 9, a beaucoup de rapports avec le Hêtre de nos forêts, mais scs feuilles sont bordées de dents très-saillantes. Son bois est employé aux Etats-Unis pour la charpente inférieure des navires. (C..N.)

* HETTINGERA. BOT. PHAN. Pour Hettlingeria. V. ce mot. (G..N.)

* HETTLINGERIA. BOT. PHAN. Et non Hettingera. Necker (Elem. Bot., 803) a ainsi nommé un genre constitué avec le Rhamnus iguaneus de Linné, ou Zizyphus iguaneus de Lamarck. Il lui a donné pour synonyme le Colletia de Scopoli qui ne paraît pas être le même que le Colletia de Commerson et de Ventenat. V. ce mot. (G..N.)

HETTSONIA. BOT. PHAN. Dans l'article CYCLOPIE de ce Dictionnaire, ce mot est mal à propos employé pour celui d'Ibettsonia du Botanical Magazin. (B.)

HEUCH. POIS. Nom de pays du Hucho. V. ce mot. (B.)

HEUCHÈRE. Heuchera. BOT. PHAN. Genre de la famille des Saxifragées et de la Pentandrie Digynie, établi par Linné et ainsi caractérisé: calice campanulé, à cinq divisions peu profondes et obtuses; corolle à cinq péta les lancéolés, un peu étroits, insérés sur le bord du calice entre ses divisions; cinq étamines dont les filets sont sétacés, plus longs que les pétales, et qui portent des anthères arrondies; ovaire semi-infère, légèrement conique, bifide au sommet et surmonté de deux styles droits, de la longueur des étamines, et à stigmates obtus; capsule ovale, pointue, terminée supérieurement par deux pointes ou cornes réfléchies et divisée en deux loges polyspermes. Toutes les espèces de ce genre sont confinées dans l'Amérique septentrionale; cependant une d'entre elles (Heuchera caulescens) a été aussi trouvée dans le Kamtschatka par Pallas. Pursh (Flor. Amer, sept., 1, p. 187) en a décrit cinq espèces qui, de même que les Saxifrages en Europe, se plaisent dans les localités montueuses de la Pensylvanie, de la Virginie et de la Caroline. L'espèce suivante est cultitivée dans les jardins de botanique.

L'HEUCHÈRE D'AMÉRIQUE, Heuchera americana, L., H. viscida, Pursh, H. Cortusa, Michx., est une Plante qui, par son feuillage, offre quelques ressemblances avec la Cortuse de Mathiole et avec la Sanicle: aussi les anciens botanistes, tels que Hermann, Rai et Plukenet, qui se contentaient d'un rapport aussi éloigné, lui donnaient les noms de Cortusa et de Sanicula. Ses feuilles sont radicales, cordiformes, longuement pétiolées, légèrement incisées en six ou sept lobes obtus, mucronés, ciliés et un peu dentés; leur face supérieure est verdâtre et veinée, l'inférieure chargée de poils courts. Entre ces feuilles, naissent plusieurs tiges droites, grêles, nues, hautes de trois décimètres et plus, et terminées par des fleurs nombreuses, petites, d'un vert rougeâtre et disposées en grappes pyramidales. Elle est très-commune sur les rochers depuis la Nou-

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velle - Hollande jusqu'en Caroline. (G..N.)

* HEULANDITE. MIN. Variété de Stilbite laminaire, dont on a fait une espèce particulière, en la rapportant à un prisme droit obliquangle de 130° 30′ V. S STILBITE. (G. DEL.)

* HEULC. BOT. PHAN. Suc résineux qui découle du pistacia Atlantica de Desfontaines. V. PISTACHIER. (B.)

* HEURLIN OU HIRLIN. POIS. Variété de Perche, dont la chair est fort estimée, et qui se trouve dans le lac de Gérardmer, situé dans les Vosges. (B.)

HEVEA. BOT. PHAN. Aublet nommait ainsi l'Arbre de la Guiane qui produit la gomme élastique. Ce nom a dû être supprimé à cause de sa consonnance avec l'Evea, genre de Rubiacées, et on lui a substitué celui de Siphonia. V. ce mot. (A. D. J.)

HEVI OU HEVY. BOT. PHAN. Nom donné, à Otaïti, à ce qu'on appelle improprement Arbre de Cythère à l'Ile-de-France. V. SPONDIAS. (B.)

* HEXACIRCINE. POIS. Espèce de Silure du sous-genre Macroptéronote. V. SILURE. (B.)

* HEXADACTYLE. POIS. Lacépède donne ce nom à une espèce du genre Asprède. (B.)

HEXADICA. BOT. PHAN. Loureiro donne ce nom générique à un Arbre de la Cochinchine. Ses fleurs sont monoïques; les mâles ont un calice à cinq divisions profondes et ouvertes, cinq pétales, cinq étamines à filets courts, à anthères bilobées et dressées. Dans les femelles, le calice présente six divisions et persiste; six stigmates sessiles, concaves et connivens, couronnent l'ovaire qui devient une capsule globuleuse, s'ouvrant en six valves et partagée en autant de loges monospermes. Les feuilles sont alternes et très-eutières; les fleurs disposées en fascicules presque terminaux, les mâles sur d'autres rameaux que les femelles. On présume, d'après ces caractères trop incomplétement observés par l'auteur, que ce genre se rapproche des Euphorbiacées où il peut prendre place non loin des Phyllanthus. (A. D. J.)

* HEXAGLOTTIS. BOT. PHAN.. (Ventenat.) Syn. de Gladiolus. V. GLAYEUL. (G..N.)

* HEXAGONIA. BOT. CRYPT.Syn. de Favolus. V. ce mot. (B.)

* HEXAGYNIE. Hexagynia. BOT. PHAN. Dans le système sexuel de Linné, c'est l'ordre qui renferme tous les Végétaux dont les fleurs hermaphrodites sont pourvues de six pistils ou de six styles distincts sur un même pistil. Cet ordre n'appartient qu'à un petit nombre de classes. V. SYSTEME SEXUEL de Linné. (A. R.)

HEXANCHUS. POIS. (Rafinesque.) V. SQUALE.

HEXANDRIE. Hexandria. BOT. PHAN. Sixième classe du système sexuel de Linné, contenant tous les Végétaux dont les fleurs ont six étamines. Cette classe, assez nombreuse en genres et en espèces, puisqu'elle renferme presque toutes les Plantes qui appartiennent aux familles des Joncées, Liliacées, Asphodélées, Asparaginées, etc., est divisée en ordres qui sont: 1° Hexandrie Monogynie, exemple, le Lis, la Tulipe; 2° Hexandrie Digynie, le Riz; 3° Hexandrie Trigynie, le Colchique. (A. R.)

HEXANTHUS. BOT. PHAN. Ce genre, fondé par Loureiro (Flor. Cochinch., éd. Willd., p. 242) a été réuni au Litsea par Jossieu dans le sixième volume des Annales du Muséum. L'Hexanthus umbellatus, Lour., est décrit par Persoon sous le nom de Litsea Hexanthus. C'est un Arbre des montagnes de la Cochinchine où l'on emploie son bois à la construction des édifices. V. LITSÉE. (G..N.)

HEXAPODES. Hexapi. INS. C'est-à-dire à six pieds. Secoude division formée par Scopoli (Ent. Carn, p. 166) dans le genre Papillon. Blainville étend cette désignation à toute la classe des Insectes. (B.)

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HEXATHYRIDIE. Hexathy ridium. INT. Genre établi par Treutler, pour deux productions trouvées dans l'Homme; cet auteur en a fait deux espèces, sous les noms de Hex pinguicola et venarum; la première a été classée par Rudolphi parmi les Polystomes; cependant ayant eu l'occasion d'examiner, à Dresde, la collection de Treutler, l'Animal décrit sous le nom de Hex. pinguicola, ne lui parut qu'un corps noir, contracté, dur, sans aucune trace d'organisation; l'autre, l'Hex. venarum, ne paraît à Rudolphi qu'une Planaire et non un Entozoaire. (LAM..X.)

HEXECONTALITHOS. MIN. L'une des Pierres précieuses mentionnées par Pline, et que l'on ne saurait reconnaître sur le peu qu'en dit ce compilateur. (B.)

* HEXENBESEN. BOT. CRYPT. (Mougeot.) L'un des noms vulgaires, dans les Vosges, de l'cidium Elatinum, Moug., Stirp., n. 285. (B.)

HEXÉTÈRE. Hexeterus. MOLL. Nous ne Connaissons pas assez ce genre établi par Rafinesque, dans son Tableau de la nature, pour en indiquer les rapports. Blainville ne paraît pas le connaître davantage; on sait seulement que c'est un Animal mou, à tête distincte, à bouche inférieure, centrale, pourvue de six tentacules inégaux, dont les deux extérieurs sont rétractiles et les plus grands. La seule espèce de ce genre a été trouvée dans les mers de Sicile; elle sè nomme Hexétèré ponctuée, Hexeterus punctatus. (D..H.)

HEXODON. Hexodon. INS. Genre de l'ordre des Coléoptèrès, section des Pentamères, famille des Lamellicornes, tribu des Scarabéides, établi par Olivier, et ayant pour caractères essentiels: mâchoires fortement dentées, arquées à leur extrémité; bord extérieur du labre apparent; massue des antennes petite et ovale; corps presque circulaire; bord extérieur des élytres dilaté et accompagné d'un canal.

Les Hexodons se distinguent des Scarabées par des caractères tirés de la forme du corps, des mâchoires et du labre; les Rutèles s'en éloignent par la forme de leur corps, et surtout par l'absence de la dilatation du bord extérieur des élytres. Ces Insectes ont le corps convexe en dessus, plané en dessous, et presque rond; la tête, qui est presque carrée et plate, est reçue dans une échancrure antérieure du corselet et porte deux antennes composées de dix articles dont les trois derniers forment une petite massue ovale; les mandibules sont cornées; les mâchoires courtes, à trois dents échancrées à la pointe; le menton est fortement échancré; le corselet est court, fort large, rebordé sur les côtés, très-échancré en devant; l'écusson est très-court et large; les élytres sont à bords relevés; leur surface est inégale; leurs pieds sont grêles, avec les tarses allongés, menus et terminés par des crochets très-petits. Ils se nourrissent des feuilles des Arbres et des Arbrisseaux. Leur larve n'est pas connue. On ne connaît que deux espèces de ce genre; elles ont été rapportées de Madagasear par Commerson, et ont été décrites et figurées par Olivier (Coléopt. I, 7, 1). Nous citerons:

L'HEXODON RÉTICULÉ, Hexodon réticulatum, Oliv., Latr., Lamk., Fabr., qui est tout noir, avec les élytres oendrées, ayant des nervures réticulées, relevées et noirâtres; son abdomen est brun. (G.)

HEXORINA. BOT. PHAN. (Rafinesque.) Syn. de Streptopus. V. ce mot. (B.)

HEYMASSOLY. BOT. PHAN. Ce genre d'Aublet (Plant. Guian.) ne diffère, selon Jussieu, du Ximenia qu'en ce qu'il éprouve quelquefois le retranchement d'une quatrième partie de sa fructification. En conséquence, il doit lui être réuni. V. XIMÉNIE. (G..N.)

HEYNÉE. Heynea. BOT. PHAN. Genre de la famille des Méliacées et

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de la Décandrie Monogynie, L., établi par Roxburgh (in Sims Botan. Magaz., tab. 1738), et ainsi caractérisé: calice à cinq dents; corolle à cinq pétales; étamines dont les filets, au nombre de dix, sont soudés en un tube cylindrique qui porte au sommet les anthères; ovaire biloculaire, surmonté d'un seul style, renfermant dans chaque loge deux ovules fixés au centre: capsule bivalve, uniloculaire et monosperme par avortement; graine ariliée, non ailée, dépourvue d'albumen, ayant son embryon renversé et des cotylédons tres-épais. L'Heynea trijuga, Roxb., est l'unique espèce du genre. C'est un grand et bel Arbre, indigène du Napaul, qui a le port d'un Noyer, et que l'on cultive dans le jardin botanique de Calcutta. Il a des feuilles imparipennées et composées de trois paires de folioles. Ses fleurs sont petites, blanches, disposées en panicules axillaires et longuement pédonculées. (G..N.)

HIALE. MOLL. Pour Hyale. V. ce mot. (B.)

HIANS. OIS. (Lacépède.) Syn. de Bec-Ouvert. V. CHOENORAMPHE. (DR..Z.)

HIATELLE. Hiatella. MOLL. Genre de la famile des Enfermées de Cuvier et de celle des Cardiacées de Lamarck, créé par Dandin pour de petites Coquilles bivalves qui paraissent assez embarrassantes à bien placer dans la série. Confondues par Linné avec les Solens et avec les Cardites par Bruguière, Bosc le premier les mentionna; Roissy, après lui, adopta le genre qui les renferme, et c'est ce que firent également Lamarck et Cuvier; mais en admettant ce genre comme nécessaire, ces auteurs ont eu sur lui des opinions fort différentes: celle de Cuvier paraît pourtant prévaloir, car Férussac et Blainville l'ont entièrement adoptée; elle consiste à placer ce genre à côté des Solens. Cette opinion s'appuie sur deux choses principales: la première, le bâillement des valves, qui n'existe que rarement dans les genres de la famille des Cardiacées, que Lamarck a voulu mettre en rapport avec celui-ci, et la seconde serait prise de l'habitude qu'a l'Animal de ce genre, d'après Cuvier, de vivre enfoncé dans le sable; mais s'il est vrai, comme le dit Othon Fabricius, que ce Mollusque soit libre, on sera forcé de convenir alors que Bruguière et Lamarck eurent quelque raison de le mettre près des Cardites et des Cypricardes. Quoi qu'il en soit, voici les caractères que l'on peut donner à ce genre: coquille équivalve tiès-inéquilatérale, transverse, bâillante au bord inférieur; charnière ayant une petite dent sur la valve droite et deux dents obliques, un peu plus grandes sur la valve gauche, ligament extérieur. Les espèces de ce genre sont peu nombreuses; les auteurs n'en citent que deux:

L'HIATELLE ARCTIQUE, Hiatella arctica, Lamk., Anim. sans vert. T. VI, 1re partie, p. 30; Mya arctica, L. et O. Fabr.; Fauna Groenlandica, p. 407; Solen minutus, Chemnitz, Conch. T. VI, fig. 51, 52; Cardita arctica, Bruguière, Encycl., n. 11, et pl. 234, fig. 4, a, b; Hiatelle à une fente, Hiatella monoperta, Daudin, Bosc, Conch. T. III, p. 120, pl. 21, fig. 1.

HIATELLE A DEUX FENTES, Hiatella biaperta, Daudin, Bosc, Conch. T. 111 p. I20, pl. 21, fig. 2. (D..H.)

HIATICULA. OIS. (Linné.) Syn. de grand Pluvier à collier. V. ce mot. (DR..Z.)

HIATULE. Hiatula. POIS. Genre établi par Lacépède aux dépens des Labres et dont l'espèce appelée Htatula par Linné serait le type. Ses caractères consistent dans l'absence de l'annlé. Cuvier (Règn. Anim. T. II, p. 266 en note) paraît douter de l'existence de ce Poisson pêché dans les mers de Caroline et qui n'est guère connu que sur une note insuffisante de Garden. (B.)

HIBBERTIE. Hibbertia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Dilléniacées et de la Polyandrie Trigynie,

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L., établi par Andrews (Reposit., tab. 126) et par Salisbury (Parad. Lond. n. 73), adopté par De Candolle (Syst. Regn. Veget. T. I, p. 425) qui l'a ainsi caractérisé: calice composé de cinq sépales persistans; corolle de cinq pétales caducs; étamines en nombre indéfini, libres, presqu'égales entre elles, pourvues d'anthères ovales ou oblongues terminales; ovaires nombreux, le plus souvent deux à cinq surmontés de styles filiformes, divergens ou recourbés; carpelles membraneux déhiscens, rarement polyspermes, le plus souvent à une ou deux graines sans arille. Les Hibberties, confondues autrefois avec les Dillenia, sont des sous-Arbrisseaux rameux, le plus souvent dressés, rarement couchés ou volubiles, à feuilles alternes, presque coriaces, entières ou dentées, avec de très-courts pétioles. Leurs fleurs sont jaunes, terminales, solitaires, presque sessiles ou pédonculées. Dix-neuf espèces ont été décrites par De Candolle (loc. cit.), la plupart d'après R. Brown qui les avait recueillies à la Nouvelle-Hollande dont elles sont toutes originaires; quelques-unes ont été publiées par Ventenat et Labillardière, sous le nom générique de Dillenia. Parmi ces Plantes, nous citerons les deux suivantes:

L'HlBBERTlE A FEUILLES DE GROSEILLER, Hibbertia grossulariœfolia, Salisb., loc. cit., t. 73. Cette Plante a des tiges couchées, des feuilles presqu'orbiculaires, crénées, dentées, et des fleurs jaunes pédonculées, solitaires et opposées aux feuilles. Elle a le port de certaines Potentilles à fleurs jaunes. Dans la planche où cette espèce est représentée, Salisbury a mis le nom de Burtonia. Il paraît que ce botaniste l'avait d'abord considéré comme le type d'un genre distinct; mais dans une note explicative insérée à la suite des genres qu'il a établis parmi les Dilléniées, il l'a rapportée définitivement aux Hibbertia. De Candolle a constitué avec cette Plante la première section de ce dernier genre, caractérisée par ses dix à quinze ovaires glabres à la base et velus au sommet; peut-être, a-t-il ajouté, doit-elle constituer un genre distinct, sous le nom de Bourtonia employé eu premier lieu par Salisbury.

L'HIBBERTIE VOLUBILE, Hibbertia volubilis, Andrews, Reposit., tab. 126; Dillenia volubilis, Vent., Choix de Plantes, tab. 11, a des tiges volubiles de droite à gauche, qui se divisent en rameaux alternes également volubiles, des feuilles obovales lancéolées presqu'entières, mucronées, pubescentes en dessous, et des fleurs sessiles à cinq ou huit ovaires. Cette espèce peut être considérée comme le type de la seconde section de De Candolle, caractérisée par ses ovaires glabres et dont le nombre varie d'un à huit. Elle porte de très-grandes fleurs sessiles, terminales, solitaires, d'un beau jaune, aussi grandes que celles de certains Cistes, mais dont l'odeur d'excrémens est insupportable. Cette mauvaise qualité est sans doute la cause qui empêche de cultiver cette belle Plante ailleurs que dans les jardins de botanique. (G..N.)

* HIBERIS. BOT. PHAN. (Fusch.) Syn. de Cardamine pratensis. (B.)

* HIBERNAL, HIBERNALE. BOT. Cet adjectif s'emploie fréquemment pour designer les Plantes qui fleurissent ou fructifient en hiver. Plusieurs Hellébores, le Galant de neige sont des fleurs Hibernales; les Moussessont aussi des Plantes Hibernales pour la plupart. La Cluzelle est, parmi les Chaodinées, une espèce absolument de cette sorte; on ne la rencontre guère dans les eaux douces des lieux montagneux que durant les mois de janvier et de février. (B.)

HIBISCUS. BOT. PHAN. V. KETMIE.

HIBOLITHE. Hibolithes. MOLL. FOSS.. Démembrement proposé dans le genre Bélemnite pour les espèces qui sont élargies et aplaties à la partie supérieure, qui ont la forme d'un

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fer de lance. Ce genre n'a point été adopté. V. BÉLEMNITE. (D..H.)

HIBOU. OIS. Espèce du genre Chouette. V. ce mot. (DR..Z.)

* HICKANELLE. REPT. SAUR. Lachesnaye-des-Bois mentionne sous ce nom un Lézard de Ceylan qu'il dit être venimeux et habiter sous le chaume des maisons. (B.)

* HICKERY OU HICKORIES. BOT. PHAN. Nom de pays du Juglans alba, L. V. NOYER. (B.)

HIDM. OIS. Syn. vulgaire en Arabie du Busard des marais. V. FAUCON. (DR..Z.)

HIÈBLE OU YÈBLE. Ebulus. BOT. PHAN. Espèce du genre Sureau. V. ce mot. (B.)

* HIELMO. BOT. PHAN. Nom de pays du Decostea de la Flore du Pérou. V. DÉCOSTÉE. (B.)

* HIÉRACES. OIS. Nom donné par Savigny à la seconde division qu'il a formée dans la famille des Accipitres et qui comprend les Eperviers et autres petites espèces. (B.)

HIERACIASTRUM. BOT. PHAN. Ce nom a été donné par Heister à un genre de Chicoracées anciennement établi par Vaillant sousle nom d'Helminthotheca, réuni par Linné aux Picris, puis rétabli par A.-L. Jussieu qui l'a nommé Helminthia. V. ce dernier mot. (G.. N.)

HIERACIOIDES. BOT. PHAN. Linné trouvant cette dénomination défectueuse pour un genre autrefois établi par Vaillant aux dépens du grand genre Hieracium de Tournefort, lui substitua celle de Crepis qui a été adoptée. Nonobstant les préceptes de Linné, Mœnch se servit du nom d'Hieracioides pour un genre qu'il constitua avee les Hieracium umbellatum et sabaudum, L. V. EPERVlĖRE. (G..N.)

HIERACIUM. BOT. PHAN. V. EPERVIÈRE.

* HIERATIUS. BOT. PHAN Vieux synonyme d'Estragon. (B.)

HIERAX. OIS. Nom sous lequel les Grecs désignaient les Eperviers. V. FAUCON. (DR..Z.)

HIERICONTIS. BOT. PHAN. Camerarius nomme ainsi I'Anastatica hierochuntica. V. ANASTATICA. (B.)

HIÉROBOTANE. BOT. PHAN. C'est-à-dire Herbe sacrée. On ne sait guère à quel Végétal les anciens donnaient ce nom; les uns y ont vu le Vélar officinal, d'autres des Véroniques; la plupart notre Verveine officinale. Pline dit qu'il n'y a point d'Herbe plus noble, et qu'elle sert pour nettoyer la table de Jupiter. De telles indications ne suffisent pas pour lever les doutes des botanistes. (B.)

HIEROCHLOA. BOT. PHAN. (Palisot-Beauvois.) Pour Hierochloe. V. ce mot. (G. N.)

HIEROCHLOE. BOT. PHAN. Genre de la famille des Graminées, établi par Gmelin(Flor. Sibir. T. I, p. 101), et offrant pour principaux caractères: lépicène à deux valves membraneuses, assez grandes, renfermant trois fleurettes; les deux latérales mâles et à trois étamines, l'intermédiaire hermaphrodite, à deux étamines, et dont l'ovaire est surmonté de deux styles dressés, terminés par des stigmates en goupillon et divergens. Le genre Disarrhenum de Labillardière, ou Toresia de Rniz et Pavon, possède à peu prés les mêmes caractères. Aussi Rob. Brown. (Prodr. Flor. Nov.-Holland, , p. 208) a-tail réuni le Disarrhenum à l'Hierochloe. V. DISARRHÈNE. Palisot-Beauvois a néanmoins continué à les distinguer; mais si l'on en juge seulement par les caractères qu'il a donnés à l'un et à l'autre de ces genres, il n'est guère possible d'admettre cette distinction, Dans le genre Hierochloe, dont Palisot-Beauvois a changé inutilement la terminaison, cet auteur a fait entrer comme type l'Holcus odoratus, L., et l'H.repens, Persoon. Le genre Savastena de Schrank est identique avec celui dont nous parlons ici. (G..N.)

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* HIEROCHONTIS. BOT. PHAN. Médikus (in Uster. Ann. 2, p. 40) avait formé sous ce nom un genre aux dépens de I'Anastatica de Linné. En établissant le même genre, R. Brown (Hort. Kew., édition 2, vol. 4, p. 74) l'a nommé Euclidium, dénomination adoptée par De Candolle, parce que le mot Hierochontis fait trop allusion à la Rose de Jéricho (Anastatica Hierochuntica), qui est une Plante différente. C'était celle-ci qu'Adanson nommait Hierocontis, tandis qu'il désignait l'Euclidium sons le nom de Soria. V. EUCLIDIUM et ANASTATICA. (G..N.)

* HIEROCONTIS. BOT. PHAN. Adanson (Fam. des Plant., 2, p. 421) nommait ainsi le genre Anastatica de Linné, réformé par Gaertner et les auteurs modernes. Il ne faut pas confondre le mot Hierocontis avec celui d'Hierochontis employé par Médikus. V. ce. dernier mot. (G..N.)

HIEROFALCO. OIS. (Cuvier, Règn. Anim. T. 1, pag. 312.) Syn. de Gerfault. V. FAUCON. (B.)

* HIÉROICHTHYS. POIS. Les anciens, qui avaient leur Hiérobotane on Plante sacrée, avaient aussi leur Poisson sacré, qui précisément ne se trouve pas être un Poisson, mais un Mammifère, puisque l'Hiéroichthys était le Dauphin commun. (B.)

HIEROMYTRON. BOT. PHAN. Syn. ancien de Fragon. (B.)

* HIERRE. BOT. PHAN. L'un des vieux noms du Lierre. (B.)

HIGGINSIE. Higginsia. BOT. PHAN. C'est ainsi que Persoon (Enchirid., 1, p. 135) a convenablement abrégé le nom d'Ohigginsia donné par Ruiz et Pavon (Flor. Peruv., 1, p. 55) à un genre de la famille des Rubiacées et de la Tétrandrie Monogynie, L., qui offre les caractères suivans: calice à quatre dents; corolle infundibuliforme quadrilobée; étamines courtes, insérées sur la gorge; un aeul stigmate saillant à deux lames; baie oblongue, presque tétragone, couronnée par le calice biloculaire et polysperme. Dans ce genre ont été réunies trois Plantes qui paraissent appartenir à trois genres distincts. Ainsi, selon Jussicu (Mém. du Mus. T. VI, ann. 1820 ), l'Ohigginsia obovata de Ruiz et Pavon (Flor. Peruv., p. 56, t. 85), peut être considéré comme le type du genre. C'est un Arbust dont les feuilles sont obovées, les fleurs nombreuses, disposées sur des pédoncules axillaires, en épis tournés du même côté, comme dans l'Hamelia et le Malanea. L'Ohigginsia verticillata, Ruiz et Pavon (loc. cit., tab. 85, f. a) dont les pédoncules sont tri ou quadriflores paraît être congénère du Nacibea. Enfin l'on doit rapporter au Sabicea, l'O. aggregata, Ruiz et Pavon (loc. cit., tab. 83, f. b), qui se distingue par ses fleurs verticillées et sa baie quadriloculaire. C'est sans doule de cette dernière espèce que Kunth (Nov. Gener. et Spec. Plant. œquin. T. III, p. 418) rapproche l'Euosmia caripensis de Humboldt et Bonpland (Plantes équinoxiales, 2, p. 165, t. 134). Toutes ces Plantes sont indigènes des forêts du Pérou. (G..N.)

* HIKKANELLE. REPT. OPH. Le Serpent représenté sous ce nom par Séba (T. II, pl. 75) et dont la figure se trouve reproduite dans l'Encyclopédie (pl. 61), pourrait appartenir au sous-genre Python. Il est cependant américain, si l'on en croit ce Séba qui a donné tant de fausses indications de patrie. Selon cet auteur, l'Hikkanelle détruit les Rats et fréquente les habitations de l'Homme qui n'a aucun intérêt à l'en éloigner. (B.)

HILARIA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Graminées, dédié à Auguste Saint-Hilaire par Kunth (Nov. Gener. et Spec. T. 1, p. 117) qui l'a ainsi caractérisé: fleurs en épis; épillets au nombre de trois renfermés dans un involuere, les latéraux à six fleurs mâles, l'intermédiaire uniflore et femelle. Les fleurs mâles ont deux glumes oblongues obtuses, carences, mutiques, membraneuses et

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presqu'égales; point de paillettes; trois étamines à anthères linéaires. Les fleurs femelles ont deux glumes membraneuses, mutiques, inégales, l'inférieure ovée, linéaire, étroite et obtuse au sommet, la supérieure linéaire, aiguë; un ovaire ové, obtus, comprimé, surmonté de deux styles et de stigmates plumeux saillans; caryopse ovée, obtuse, comprimée, renfermée dans les glumes. L'involucre qui renferme les épillets, est monophylle, urcéolé, coriace, scabre, à six divisions profondes, membraneuses sur leurs bords et roulées en dedans, inégales; les deux antérieures plus petites, lancéolées, bidentées au sommet, et ayant une courte arête située entre chaque paire de dents; les deux postérieures qui regardent le rachis, oblongues, obtuses, munies d'une arête latéralement et un peu au-dessous de la base; les deux latérales oblongues, obtuses, mutiques, plus grandes que les autres. Ce genre, quoique réellement polygame, a été placé dans la Triandrie Digynie par les auteurs qui ont suivi le Système sexuel. Ses singuliers caractères l'éloignent de tous ceux connus, si ce n'est de l'Anthephora qui lui ressemble par la forme de l'involucre.

L'Hilaria cenchroides, Kunth (loc. cit., tab. 37), est une Plante qui a le port de certains Cenchrus. Ses chaumes stolonifères, rampans, portent des épis terminaux solitaires, oblongs ou cylindriques. Elle croît sur le plateau du Mexique, entre Zelaya et Guanaxuato, dans des localités froides élevées de plus de dix-huit cents mètres. (G..N.)

HILE. Hilus. BOT. PHAN. Le point de la surface externe du tégument propre de la graine auquel aboutissent les vaisseaux nourriciers du placenta ou trophosperme porte en botanique les noms de Hile ou d'Ombilic externe. Lorsque la graine est détachée du péricarpe, le Hile se présente toujours sous l'aspect d'une cicatrice dont la figure et la grandeur varient beaucoup. Quelquefois c'est un point à peine perceptible; d'autres fois il est large et occupe une grande partie de la surface externe de l'épisperme, comme dans l'Hippocastane, le Pavia; dans quelques graines, il est linéaire et plus ou moins long. Le Hile indique toujours la base de la graine, et par conséquent il est de la plus haute importance d'étudier aveo soin sa position. V. GRAINE. (A. R.)

HILLIE. Hillia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Rubiacées et de l'Hexandrie Monogynie; L., établi par Jacquin et Linné, adopté par Jussieu et Swartz avec les caractères suivans: calice oblong, à deux ou quatre divisions courtes et dressées, enveloppé de bractées inégales et disposées par paires à angles droits; corolle tubuleuse très-longue, ayant la gorge un peu élargie, le limbe étalé, à six grandes divisions lancéolées; six anthères presque sessiles, non saillantes; stigmate bifide; capsule couronnée, oblongue, anguleuse, à deux valves et à deux loges renfermant plusieurs graines aigrettées, fixées à un réceptacle linéaire. Swartz (Observ. et Flor. Ind.-Occid.) a décrit deux espèces qui croissent sur les montagnes à la Martinique et à la Jamaïque. L'une d'elles (Hillia longiflora, Sw.), qui doit être regardée comme le type du genre, est un Arbrisseau que l'on avait cru parasite; mais cette observation ayant été controuvée, il devint convenable de changer le nom spécifique de parasitica imposé à cette Plante par Jacquin et Linné. L'Hilla tetrandra, Sw., est remarquable par le nombre quaternaire de toutes les parties de la fleur, et selon Jussieu, peut-être devra-t-on en constituer un genre Particulier. Willdenow a réuni à I'Hillia, le Fereira de Vandelli (Brasil. 21, tab. 1), malgré son ovaire supère qui le rapproche davantage des Apocynées et du Fagræa. (G..N.)

HILOSPERMES. BOT. PHAN. La famille de Plantes nommée ainsi par Ventenat, en raison de la largeur de l'ombilic de leurs graines, est plus

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anciennement connue sous le nom de Sapotées. V. ce mot. (G..N.)

* HIMANTHALIA. BOT. CRYPT. (Hydrophytes.) Genre proposé par Lyngbye, dans son Tentamen Hydrophytologiœ Danicœ, pour le Fucus loreus de Linné. Roussel, dans sa Flore du Calvados, l'avait établi sous le nom de Funiculaire. Nous ne croyons pas devoir adopter la phrnse de Lyngbye, quoique nous reconnaissions avec lui que le Fucus loreus doit faire un genre particulier que nous avons nommé depuis long temps et d'après Stackhouse, Lorée. V. ce mot. (LAM..X.)

HIMANTIE. Himantia. BOT. CRYPT. (Mucédinées.) Persoon a séparé ce genre des Byssus, et y a réuni toutes les espèces dont les filamens sont rampans, adhérens au corps, sous-jacens, rameux, peu entrecroisés, se divisant en rayonnant, non cloisonnés, opaques, persistans, et sans sporules distinctes. Ce genre diffère par conséquent des Byssus, principalement par ses filamens peu entrecroisés, rayonnans et persistans, tandis que dans Les vrais Byssus ou Hypha de. Persoon, ces. filamens sont très-fugaces et entrecroisés dans tous les sens.

L'espèce qui sert de type au genre Himantia est l'H. candida, si bien figurée dans Dillen, qui croît très-fréquemment sur les feuilles mortes et sur le bois pourri qu'elle couvre de filamens d'un blanc éclatant et soyeux, très-fins, divisés en sorte de houppes rayonnantes; on n'y a jamais découvert de sporules; cependant cette espèce ne paraîtrait pas être, comme plusieurs autres, un Champignon imparfait. En effet, plusieurs des Plantes placées dans ce genre ne sont peut-être que d'autres Champignons plus parfaits encore, incomplètement développés. Ainsi plusieurs Bolets, quelques Hydnes et un grand nombre de Téléphores commencent par se présenter sous une forme byssoïde analogue à celle des Himanlies. (AB.B.)

HIMANTOPE. INF. V. KÉRONE.

HIMANTOPUS. OIS. (Brisson.) Syn. d'Echasse. V. ce mot. (DR..Z.)

* HIMATANTHUS. BOT. PHAN. Genre de la Pentandrie Monogynie, L., publié d'après les Manuscrits do Willdenow par Hoffmannseg (in Rœm. et Schult. Syst. Veget. T. V, n. 902) qui l'a ainsi caractérisé: calice persistant, à cinq divisions profondes, ovales, aeuminées, deux étant de moitié plus petites; corolle infundibuliforme, dont le tube est plus long que le calice et un peu dilaté supérieurement; le limbe a cinq découpures oblongues; cinq étamines très-courtes, capillaires, insérées à la base du tube, à anthères linéaires dressées beaucoup plus courtes que le tube; ovaire turbiné, couronné par le calice, biloculaire, disperme, et surmonté par un style en massue et par un stigmate subulé; le fruit n'est pas connu. Ces caractères ne suffisent pas pour déterminer les affinités de ce genre, sur lesquelles son auteur ne s'est aucunement expliqué. L'ovaire infère et les feuilles entières feraient présumer qu'il se rapproche des Rubiacées, mais il faudrait encore d'autres notes plus importantes pour qu'on pût regarder ce rapprochement comme ayant quelque valeur. L' Himatanthus rigida, Hoffmanns., est un Arbre indigène du Para au Brésil, où les habitans le nomment Sucuba. Il a des feuilles elliptiques, lancéolées, pétiolées, très-entières, acuminées et glabres. Ses fleurs sont disposées en épis, sessiles, involucrées avant la floraison par une grande bractée caduque. (G..N.)

HINA. OIS. Espèce du genre Canard. V. ce mot. (B.)

* HINDANG. BOT. PHAN. L'Arbre des Philippines mentionné par Camelli sous ce nom, a son bois jaunâtre et répandant une faible mais agréable odeur de Santal citrin. On ne saurait le rapporter à aucun genre connu. (B.)

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* HINEN-PAO. MAM. (Thévenot.) Grande espèce du genre Chat, ressemblant à la Panthère qui se trouve à la Chine et qui pourrait bien être le Guépard. V. CHAT. (B.)

HING OU HINGH. BOT. PHAN. L'Assa fœtida chez les Persans, qui font dans leurs ragoûts un usage considérable de cette substance dont l'odeur répugne si fort aux Européens. (B.)

* HINGSTHA. BOT. PHAN. Le genre nommé ainsi dans la Flore Indienne de Roxburgh, et qui appartient à la Polygamie séparée, L., est congénère du Meyera suivant R. Brown (Observ, on the Compositœ, p. 104). V. MEYÈRE. (G..N.)

HINGSTONIA. BOT. PHAN. Genre imparfaitemant établi par Rafinesque aux dépens du Sigesbeckia. V. ce mot. (B.)

* HINNITE. Hinnites. MOLL. FOSS. Defrance est le créateur de ce genre que l'on trouve pour la première fois dans le tome vingt-un du Dictionnaire des Sciences naturelles. Il l'a formé pour des Conchifères que l'on trouve dans le Plaisantin, à Saint-Paul-Trois-Châteaux, département de la Drôme, et à la Chevrolière, département du Finistère. Ces Coquilles peuvent très-bien servir de terme moyen ou de passage entre les Peignes et les Spondiles; adhérentes par leur valve inférieure, elles sont auriculées comme les Peignes et irrégulières comme les Spondiles; elles ont un très-petit talon et le ligament est placé dans une gouttière comme celui des Spondiles; mais cette gouttière est largement ouverte dans toute son étenduè, mais elles n'ont point ces dents cardinales en crochets qui caractérisent les Spondiles. De cette comparaison des deux genres, il est évident que celui-ci avait besoin d'être créé, puisqu'il ne peut réellement faire partie ni de l'un ni de l'autre Défiance n'a connu que des espèces fossiles qui puissent s'y rapporter; cependant le Pocten irregularis des auteurs aurait pu lui servir de type, car il en a tous les caractères; mais on trouve de plus dans les vieux individus le talon très-petit, il est vrai, qui se voit dans les Spondiles à un grand développement et que Defrance n'avait point observé; de plus, comme dans les Spondiles, il n'y a point d'ouverture sur les parties latérales, à l'origine des oreillettes, comme cela a lieu dans le plus grand nombre des Peignes. On peut donc maintenant énoncer les caractères génériques de la manière suivante: coquille bivalve, inéquivalve, parfaitement close, adhérente; crochets terminés par un petit talon; ligament placé dans une rainure profonde, largement découverte; point de dents cardinales. Nous n'avons point ajouté, comme Defrance, la position de l'impression du muscle, parce que cette position varie dans les Huîtres, quoique généralement elle soit placée à l'inverse de celle-ci, c'est-à-dire plutôt postérieurement qu'antérieurement, et nous n'avons point mentionné non plus le caractère des stries ou des lames concentriques sur une valve et rayonnantes sur l'autre, parce que ce caractère n'est qu'accidentel, comme cela se voit dans les Spondiles qui ne produisent ces lames que pour rendre plus solide leur adhésion aux corps environnans, en multipliant les points de contact. Defrance a fait connaître deux espèces fossiles; nous allons en ajouter deux vivantes que nous possédons:

HINNITE IRRÉGULIER, Hinnites sinuosus, Nob.; Ostrea sinuosa, L., Gmel., p. 3319, n. 16; Lister, Conchyl., tab. 172, fig. 9; Dacosta, Conchyl. Britann., tab. 10, fig. 3, h; Pennant, Zool. Britann. T. IV, lab. 61, fig. 65, Coquille suborbieulaire, pectiniforme, irrégulière, à valve inférieure, tantôt plate, tantôt profonde, adhérente par son milieu au moyen du développement considérable des écailles lamelleuses qui couvrent las stries longitudinales; valve supérieure ou gauche striée longitu-

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dinalement; stries profondes et serrées, chargées d'écailles; oreilles inégales, l'antérieure étant la plus longue. Cette coquille est colorée de taches irrégulières brun-rouge sur un fond blanchâtre; les crochets sont très-souvent colorés de rouge éclatant. Longueur, quarante millimètres; largeur, trente-cinq.

HINNITE DE DEFRANCE, Hinnites Defrancii, Nob., espèce plus petite que la précédente, linguiforme, étroite et peu épaisse; à oreilles plus inégales encore, la postérieure manquant presque entièrement; un peu bâillante antérieurement; sur un fond blanc, elle a des taches roses se réunissant vers le crochet qui est entièrement de cette couleur; les stries sont plus serrées que dans l'espèce précédente; elles sont lisses et sans écailles; la valve inférieure était adhérente à la manière de celle des Huîtres. Longueur, vingt-deux millimètres; largeur, douze.

HINNITE DE CORTEZY, Hinnites Cortezyi, Def., Dict. des Sc. natur. T. XXI, p. 169, n. 1. Grande espèce de plus de cinq pouces de longueur, dont la valve inférieure est chargée de stries lamelleuses concentriques, et la supérieure de côtes longitudinales, hérissées de pointes linguiformes. On la trouve dans les collines subappennines du Plaisantin.

HINNITE DE DUBUISSON, Hinnites Dubuissoni, Def. Coquille non moins grande que la précédente; elle est plus oblongue; la valve inférieure est aussi striée parallèlement aux bords et la valve supérieure dans un sens opposé; mais les stries de cette valve ne sont écailleuses que vers le bord inférieur. Cette espèce se trouve à Saint Paul-Trois-Châteaux et à la Chevrolière. (D..H.)

* HINNULLARIA. OIS. Syn. ancien de Pygargue. (DR..Z.)

HINNULUS ET HINNUS. MAM. Nom scientifique d'un petit Mulet né du Cheval et de l'Anesse. (B.)

* HINTCHY. BOT. PHAN. Rochon donne ce nom comme désignant à Madagascar un Hymenœa.(B.)

* HIORTHIA. BOT. PHAN. Necker (Element. Botan., 1, p. 97) a établi sous ce nom un genre aux dépens de l'Anacyclus de Linné. L'Anacyclus valentinus serait peut-être, selon Jussieu, le type de ce genre. (G..N.)

* HIOUX. OIS. (Salerne.) Syn. vulgaire de Buse. V. FAUCON. (DR..Z.)

HIPĖCU. OIS. Nom de pays du Pic noir huppé. V. PIO. (DR..Z.)

HIPNALE. REPT. OPH. V. MANGEUR de CHIENS à l'article BOA. (B.)

HIPOCISTE. BOT. PHAN. Pour Hypociste. V. CYTINELLE. (B.)

HIPPA. CRUST. Ce nom donné par Pline à une sorte d'Ecrevisse, est devenu le nom scientifique d'un genre de Crustacés. V. HIPPE. (B.)

* HIPPALIME. Hippalimus. POLYP. Genre de l'ordre des Actinaires, dans la division des Polypiers Sarcoïdes plus ou moins irritables et sans axe central; ayant pour caractère générique d'offrir un Polypier fossile, fongiforme, pédicellé, plane et sans pores inférieurement, couvert en dessus d'enfoncemens irréguliers, peu profonds, ainsi que de pores épais et peu distincts; oscule grand et profond au sommet du Polypier, sans pores dans son intérieur, pédicellé, cylindrique, gros et court. Telle est la description de l'Hippalime fongoïde, la seule espèce connue qui appartienne à ce genre; elle a environ sept centimètres de grandeur sur un décimètre de largeur, et se trouve dans le Calcaire bleu oolithique des falaises du Calvados. Il paraît trèsrare. V. Lamx., Gen. Polyp., p. 77, tab. 79, fig. 1. L'Hippalime se rapproche beaucoup des Hallirhoés par l'oscule de sa partie supérieure et par le pédicelle qui supporte sa masse; mais il on diffère essentiellement par l'absence de pores sur la surface inférieure et sur le pédicelle, ainsi que par la forme qui indique que ans les Hippalimes la masse offre des mouvemeus plus étendus, plus variés

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que ceux des Alcyonées. Les pores présentent également quelques caractères qui portent à croire que ce ne sont point des cellules polypeuses comme ceux des Hallirhoés. Ce sont ces caractères qui nous ont engagé à faire un genre particulier de l'Hippalime fongoïde. (LAM..X.)

HIPPARCHIE. Hipparchia. INS. Genre de l'ordre des Lépidoptères, famille des Diurnes, établi par Fabricius dans son Système des Glossates, et que Latreille réunit à son genre SATYRE. V. ce mot. (G.)

HIPPARISON. BOT. PHAN. Syn. d'Hiérobotane. V. ce mot. (B.)

HIPPE. Hippa. crust. Genre de l'ordre des Décapodes, famille des Macroures anomaux, tribu des Hippides de Latreille (Familles naturelles du Règn. Anim., 1825, p. 275), établi par Fabricius, et adopté par tous les entomologistes. Les caractères de ce genre sont: pieds antérieurs terminés par un article ovale, comprimé, en forme de lame, et sans doigts; antennes intermédiaires, divisées en deux filets, les latérales plus longues et contournées; yeux écartés et portés sur un pédicule filiforme.

Ce genre, dans l'Entomologie Systématique de Fabricius, était composé desept espèces; plus tard (Suppl. Entom. Syst.) il en détacha quatre pour former le genre Albunée. V. ce mot. Une autre espèce a servi de type au genre Syméthis; enfin, la dernière, qui est son Hippe adactyle, est restée dans ce genre. Cette espèce doit être réunie à son Hippe Emerite dont le nom spécifique appartient à Linné, et qui nous rappelle un genre de Gronovius correspondant aux Hippes de Fabricius. Ces Crustacés ont. une carapace ovalaire, un peu bombée et tronquée aux deux extrémités, et non rebordée. Le troisième article de leurs pieds-mâchoires extérieurs est très-grand et recouvre la bouche; leurs antennes intermédiaires sont divisées en deux filets avancés et un peu recourbés. Les latérales sont beaucoup plus longues, recourbées, plumeuses au côté extérieur, avec une grande écaille dentelée qui recouvre leur base. Leurs yeux sont portés sur un pédicule cylindrique, et situés entre les antennes. Leurs pieds antérieurs sont terminés par un article ovale, comprimé, en forme de lame, et sans doigt mobile; ceux de la seconde, de la troisième et de la quatrième paire finissent par un article aplati, falciforme ou en croissant, et ceux de la cinquième paire sont très-menus, filiformes et repliés. L'abdomen des Hippes est comme échancré de chaque côté de sa base et terminé par un article triangulaire, long et étroit, sur chaque côté duquel existe, près de la base, une lame natatoire, petite, ciliée sur les bords, et coudée ou arquée.

On ne sait rien sur les habitudes de ces Crustacés; l'espèce qui sert de type au genre et qui se trouve dans l'Océan qui baigne les côtes de l'Amérique méridionale, est:

L'HIPPE EMÉRITE, Hippa Emerita, Fabr.: Hippa adactyla, Fabr.; Cancer Emeritus, L.; Gronov. ( Gazoph., tab. 17, fig. 8-9); Herbst(Canc., tab. 22, fig. 3). Dans les individus desséchés, le corps est jaunâtre, long d'environ deux pouces et demi; la queue est étendue; le test offre un grand nombre de rides très-fines et quatre lignes enfoncées et transverses, sinuées à sa partie antérieure; les bords latéraux ont quelques petites dentelures; l'antérieur est sinué avec trois saillies ou angles en manière de dents; les pates et les bords de la queue sont garnis de poils. (G.)

* HIPPEASTRUM. BOT. PHAN. Genre de l'Hexandrie Monogynie, L., établi aux dépens des Amaryllis. Indépendamment des Hippeastrum fulgidum et equestre qui constituaient ce groupe, une autre espèce a été décrite dans le Botanical Magasine, n. 1475, sous le nom d'Hippeastrum subbarbatum; mais elle se rapproche tellement des deux précédentes espèces qu'il serait permis de croire

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qu'elle est une hybride de ces Plantes. (G..N.)

HIPPĖLAPHE. MAM. Deux espèces de Cerf portent ce nom tiré du grec et qui signifie proprement CerfCheval: le Cervus Hippelaphus et le C. Aristotelis, Cuv. V. CERF. (B.)

HIPPIA. BOT. PHAN. V. HIPPIE. Divers botanistes donnaient ce nom à l'Alsine media. (B.)

HIPPICE. BOT. PHAN. La Plante mentionnée par Pline sous ce nom et qui, selon ce compilateur, avait la propriété d'étancher la soif des Chevaux, ne peut se reconnaître. (B.)

* HIPPIDES. Hippides. CRUST. Latreille (Fam. Natur. du Règn. Anim., vol. 1, 1825, p. 275) a établi sous ce nom, dans la famille des Macroures Anomaux, une tribu à laquelle il donne ponr caractères: les deux pieds antérieurs tantôt s'amincissant graduellement vers leur extrémité et finissant en pointe, tantôt se terminant par une main monodactyle; les six suivans ayant, dans la plupart, le dernier article en forme de nageoire. et les deux derniers pieds trèsgrêles, courts et repliés; le dernier segment abdominal est allongé; le précédent porte de chaque côté un appendice foliacé. Le test est solide.

† Pieds antérieurs élargis et comprimés à leur extrémité, ou terminés par une main monodactyle dans les uns, et adactyle dans les autres.

Les genres Albunée, Hippe. V. ces mots.

†† Pieds antérieurs terminés en pointe.

Le genre Rémipède. V. ce mot. (G.)

HIPPIE. Hippia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthėrées, Corymbifères de Jussieu et de la Syngénésie nécessaire, L., ainsi caractérisé: involucre hémisphérique, formé d'écailles irrégulièrement imbriquées et appliquées, les extérieures foliacées, ovales, lancéolées, les intérieures oblongues, élargies, colorées et denticulées au sommet; réceptacle nu, petit et légèrement conique; calathide subglobuleuse, discoïde, composée de fleurs centrales nombreuses, régulières et mâles, et de fleurs marginales femelles, sur deux rangs, ayant un tube très-élargi à la base, court, étroit et denté supérieurement; ovaires de ces dernières fleurs, comprimés, dépourvus d'aigrettes, parsemés sur la face intérieure de poils papilliformes et de glandes, munis d'une large bordure membraneuse, charnue, contenue avec la base de la corolle, surmontés d'un style articulé; ovaires des fleurs centrales avortés, petits et oblongs.

L'HIPPIE FRUTESCENTE, Hippla frutescens, L., est un joli Arbuste du cap de Bonne-Espérance, dont toutes les parties exhalent un odeur aromatique lorsqu'on les froisse; la tige se divise en rameaux cylindriques et pubescens; ses feuilles sont nombreuses, rapprochées, alternes, oblongues, profondément et régulièrement pinnatifides, et ses calathides composées de fleurs jaunes, sont petites et disposées en corymbes nus qui terminent les branches. On cultive cet Arbuste dans les jardins de botanique, où l'on a soin de le tenir dans l'orangerie pendant l'hiver.

Linné et Willdenow ont décrit d'autres espèces d'Hippia, sous les noms de Hippia integrifolia, minuta et stolonifera; mais ces Plantes ne paraissent pas congénères de l'Hippia frutescent. Jussieu (Annales du Muséum) les fait entrer dans son genre Gymnostyles, lequel, selon Rob. Brown, est lui-même congénère du Soliva de Ruiz et Pavon. V. SOLIVA. (G..N.)

HIPPION. BOT. PHAN. Genre créé aux dépens du Gentiana, L., par F. W. Schmidt (Archiv. fur die Botanik de Rœmer, T. 1, p. 9) qui l'a ainsi caractérisé: calice monophylle persistant; corolle tubuleuse, plissée, ayant un limbe à cinq ou à quatre divisions; anthères libres; stigmates

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sessiles; capsule fusiformė atténuée supérieurement, uniloculaire et déhiscente par le sommet. Ce genre comprend la majeure partie des espèces de Gentianes, décrites dans les auteurs. Schmidt les a distribuées en cinq sections que l'on pourrait aussi bien ériger en genres, si l'on se permettait de morceler un groupe dont les espèces sont trop étroitement liées entre elles pour se prêter ainsi à nos idées systématiques de classification. L'Hippion de Schmidt, quoiqu'assez bien caractérisé, ne doit donc être considéré que comme une bonne coupe dans le genre Gentiana. Plusieurs espèces sont données comme nouvelles et sont figurées dans le travail de Schmidt; mais à la seule inspection des figures, il est facile de voir qu'elles ne peuvent être séparées de Plantes déjà connues. Ainsi les Hippion œstivum et sexfidum (tab. 4, f. 8 et 9) et G. pusillum (tab. 3, f. 7), ne sont que des variétés du Gentiana verna, L. On doit s'étonner que Schultes en ait fait une espèce sous le nom de H. ætiva. L' Hippion longepedunculatum (tab. 2, f. 5) n'est autre chose que le Gentiana glacialis. L'Hippion obtusifolium et l' H. Gentianella (tab. 2, f. 3, et tab. 3, f. 4) doivent être réunis au G. amarella, L. Enfin l'Hippion axillars (tab. 5, f. 13) nous paraît être la même Plante que le Gentiana pratensis de Frœlich. (G..N.)

* HIPPO. REPT. OPH. Le Serpent remarquable par l'élégante distribution de ses couleurs et figuré sous ce nom par Séba (T. 11, tab. 56, n. 4) comme africain, n'est pas assez connu pour être rapporté à l'un des genres établis. (B.)

HIPPOBOSQUE. Hippobosca. INS. Genre de l'ordre des Diptères, famille des Pupipares, tribu des Coriaces, établi par Mouffet, et adopté par Linné et tous les entomologistes, Latreille (Règn. Anim. T. III) a conservé ce nom aux Insectes qui ont pour caractères essentiels: des ailes; une tête très - distincte, articulée avec l'extrémité antérieure du corselet; des yeux distincts, et des antennes en forme de tubercules, avec une soie sur le dos.

Les Hippobosques se distinguent du genre Ornithomye, V. ce mot, par les antennes qui sont en forme de lames velues et avancées; et des Mélophages, V. ce mot, par l'absence des ailes et par des yeux peu distincts. Ces deux genres vivent sur les Oiseaux et sur les Moutons, et l'Hippobosque vit toujours sur le Cheval. Le corps des Hippobosques est ovale, aplati, revêtu en grande partie d'un derme solide ou presque de la consistance du cuir; leur tête s'unit intimement au corselet: elle porte sur les côtés antérieurs deux antennes courtes, insérées très-près de la bouche, et logées, chacune, dans une petite cavité; elles ue sont presque susceptibles d'aucun mouvement propre; les yeux sont grands, ovales, peu proėminens, et occupent les côtés de la tête qui ne porle pas d'yeux lisses. Les organes de la manducation forment un bec avancé formé de deux petites lames ou valvules coriaces, plates, en carré long, plus étroites, et arrondies au bout; elles partent d'une espèce de chaperon échancré à son bord antérieur, se divisent parallèlement l'une à l'autre, et forment, par leur rapprochement et leur inclinaison, un demitube qui recouvre le suçoir; ces deux lames représentent deux palpes. Le suçoir est formé d'une pièce filiforme ou soie longue, cylindrique, avancée, arquée, et naissant d'une sorte de bulbe de là cavité buccale; elle est simple en apparence, mais elle est composée de deux soies, l'une supérieure et l'autre inférieure; la première a un canal en dessous pour emboîter la seconde; une membrane fermé la partie de la tête située audessus du, suçoir. Le corselet est grand, arrondi; il présente quelques lignes imprimées, et porte quatre stigmates très-distincts et latéraux, L'écusson est transversal, terminé per quelques petits poils roides; les

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ailes sont grandes, horizontales, et ont, près de la côte, de fortes nervures; l'autre portion n'en a que de très-faibles; elles se croisent par leur bord interne; on distingue deux balanciers et deux ailerons. L'abdomen offre un caractère particulier, c'est de n'être pas distinctement formé d'anneaux; il forme une sorte de sac, et c'est la seule partie de cet Insecte qui soit, à l'exception de sa base supérieure, d'une consistance molle et membraneuse; on voit, à l'extrémité de celui de la femelle, deux petites languettes placées l'une sur l'autre, et deux mamelons latéraux hérissés de poils; l'anus se prolonge en forme de petit tuyau; au-dessus de cet anus on observe, en pressant le ventre du mâle, un mamelon ayant, de chaque côté, une lame écailleuse, et sur le corps principal et intermédiaire, deux pointes ou dents, pareillement écailleuses, qui doivent servir à retenir la femelle pendant l'accouplement; les pates sont fortes et assez courtes, les antérieures sont insérées très-près de la tête, et très-rapprochées à leur base, et les quatre autres sont écartées entre elles, et Sont insérées sur les côtés de la poitrine; les cuisses antérieures s'appliquent s'or les côtés du corselet, dans des enfoncemens destinés à recevoir leur partie supérieure; les jambes, qui sont cylindriques, sont terminées par des tarses courts, portant de petites épines en dessous, et dont le cinquième et dernier article est le plus grand; sur une partie membraneuse qui le termine et dont le milieu est en pelote, sont implantés deux ongles robustes, fortement courbés en dessous, et terminés par une pointe très- aiguë; leur base est peu saillante, et ils paraissent doubles au premier aspect.

L'histoire du genre Hippobosque vient d'être complétée tout récemment par Léon Dufour, qui a donné une anatomie détaillée de tous les organes digestifs, des organes générateurs, de la respiration, etc. Ce Mémoire, accompagné de très-belles figures, doit paraître dans les Annales des Sciences Naturelles.

On doit à Réaumur la plus grande partie de ce qu'on sait sur la génération des Hippobosques que cet illustie auteur a appelés Mouches-Araignées, et qu'on désigne en Normandie par le nom de Mouches bretonnes, et souvent ailleurs par celui de Mouches d' Espagne. La larve éclot et se nourrit dans le ventie de sa mère; elle y reste jusqu'à l'époque de sa transformation en nymphe, et en sort alors sous la forme d'une coque longue, presque aussi grosse que le ventre de la mère; cette coque est d'un blanc de lait; à l'un de ses bouts est une grande plaque noire, luisante comme de l'ébène; elle est de forme ronde, plate comme une lentille, échancree au bout où se trouve la plaque, et forme, dans cette partie, comme deux cornes ou deux éminences arrondies. Quelque temps après sa sortie du ventre, elle devient entièrement noire; la peau, qui est luisante, résiste à une forte pression des doigts; elle est d'une épaisseur sensible, dç consistance cartilagineuse et écailleuse, et difficile à couper, même avec de bons ciseaux. Le diamètre de la plus grande largeur de ces coques a plus d'une ligne et demie, et celui de leur plus grande épaisseur a une ligne un quart. Les dimensions du corps de la femelle qui a fait sa ponte ou qui n'est pas prete à la faire, égalent à peine celle d'une de ces coques, de sorte que la plupart des observateurs ont considéré comme un fait très-remarquable, leur grandeur, qui surpasse de beaucoup celle du ventre d'ou elles sont sorties; l'observation a démontré que le volume de ces coques n'est pas réellement plus considérable que la capacité du corps dé la femelle, mais qu'aussitôt après la ponte, elles cioissent si instantanément qu'on a cru qu'elles sortaient toutes faites. La dureté et la solidité de la peau de ces larves la rendent bien propre à garantir l'Animal qu'elle renferme, mais on pourrait croire que l'Insecte

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parfait ne pourra pas la peicer quand il faudra qu'il en sorte. La nature a prévu cet inconvénient et lui a ménagé une porte qu'il n'a qu'à ouvrir qnand il en est temps. Si l'on examine à la loupe une coque entière, on verra, à son gros bout, un faible trait qui montre l'endroit où se trouve une calotte que l'on peut parvenir aisément à faire sauter avec la pointe du canif; cette calotte étant pressée se divise en deux parties égales. La peau ou l'enveloppe dont nous venons de parler n'est nullement analogue à celle des œufs ordinaires, et la nature, en produisant les Hippobosques, semble s'écarter des voies qu'elle prend pour conduire les autres à leur perfection. Renfermé sous cette coque, ce Diptère subit toutes ses métamorphoses, et y prend sa croissance entière; aussi cette enveloppe n'est nullement analogue à celle des œufs ordinaires; elle a été la peau même de l'Insecte avant son changement en nymphe, et Réaumur s'en est assuré en ouvrant, avec un canif, un œuf que l'Insecte parfait venait de quitter; il a trouvè, dans son intérieur, la dépouille de la nymphe, comme cela arrive dans les coques de Mouches. On voit, d'après tous ces faits, que les œufs des Hippobosques éclosent dans le ventre de leur mere; les larves y restent, s'y nourrissent, et n'en sont expulsées qu'à l'époque où elles passent, à l'état de nymphe. On ignore combien la femelle de l'Hippobosque produit, d'œufs, le temps qui s écoule entre l'accouplement et la ponte, et l'intervalle qui se passe entre la ponte de chaque œuf.

On trouve les Hippobosques, pendant I'été, sur les Chevaux, les Bœufs et les Chiens. C'est aux parties de ces Animaux les moins défendues par le poil, qu'ils s'attachent de préférence. D'après une expérience de préférence. l'Hippobosque aime autant le sang de I'Homme que celui des Animaux sur lesquels il se trouve ordinairement, et sa piqûre n'est pas plus sensible que celle d'une Puce.

La seule espèce de ce genre que nous connaissions, est:

L'HIPPOBOSQUE DES CHEVAUX, , H. equina, L., Geoff., Fabr., Latr., Degéer, Mém. sur les Ins. T. VI, p. 275, pl. 16, fig. 1. Elle se trouve dans toute l'Europe. (G.)

HIPPOBUS OU HIPPOTAURUS.MAM. Syn. de Jumar. V. ce mot. (B.)

HIPPOCAMPE. Hippocampus. POIS. C'est-a-dire Cheval-Chenille, espèce du genre Syngnathe dont Rafinesque avait formé un genre qui n'a été adopté que comme sous-genre. V. SYNGNATHE. (B.)

* HIPPOCARCINUS. CRUST. Genre établi par Aldrovande, et correspondant à celui des Homoles de Latreille et Leach. V. ce mot (G.)

HIPPOCASTANE. Æsculus. BOT. PHAN. Ce genre, auquel Tournefort et les anciens auteurs avaient imposé la dénomination scientifique d'Hippocastanum, est devenu le type de la nouvelle famille des Hippocastanées de De Candolle. Linné le plaça dans l'Heplandrie Monogynie et changea son nom en celui d'Æsculus il y comprenait les espèces qui forment le genre Pavia, anciennement constitué par Boerhaave. Mais ce dernier genre a été de nouveau exclu de l'Æsculus par les auteurs modernes qui ont, ainsi fixé les caractères génériques de celui-ci: caliee campanulé, pelit et à cinq dents; corolle composée de quatre; à, cinq pétales nuancés de couleurs, variées, irrégulièrement étalés, à limbe arrondi, légèrement ondulé sept à huit étamines dont les filets sont, recourbés en dedans;. capsule globuleuse, coriaoe, à trois valves, tuloculaire, hérissée de pointes; graines ordinairement au nombre d'une à trois ( par suite d'avortement), ressemblant beaucoup à celles du Châtaignier glabres, luisantes, arrondies du côté extérieur diversement anguleuses et aplaties dans les autres parties de leur surface, marquées à la base d'un hile qui a l'apparence d'une, empreinteou d'une

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largetache cendrée, quelquefois blanchâtre et à peu près circulaire. Si l'on suit avec attention le développement de ce fruit, on y voit un exemple incontestable de ces avortemens prédisposés dont le professeur De Candolle a expliqué si ingénieusement la possibilité dans sa Théorie élémentaire de la botanique, deuxième édition, p. 90. V. le mot AVORTEMENT de ce Dictionnaire (T. II, p. 106) où l'auteur a lui-même exposé les phénomènes qui s'observent sur les ovaires de l'Hippocastane.

Abstraction faite du Pavia, Linné ne décrivit qu'une seule espèce d'Æsculus, c'est-à-dire l'Æ. Hippocastanum dont nous allons parler bientôt. Trois autres espèces, indigènes de l'Amérique septentrionale, ont été publiées par Michaux et Willdenow, sous les noms d'Æsculus glabra, Æ. Ohioensis et Æ. pallida.

L'HIPPOCASTANE VULGAIRE, Æsculus Hippocastanum, communément nommé Marronnier d'Inde, est un grand Arbre dont le tronc droit se divise supérieurement en blanches qui s'élèvent à plus de vingt mètres, et forment une tete large, touffue et pyramidale. Ses feuilles sont grandes, opposées, digitées, composées de cinq à sept folioles ovoïdes, oblongues, acuminées, irrégulièrement dentées en scie, et sessiles à l'extrémité d'un pétiole commun, assez long et cylindrique. Les fleurs sont blanches ou jaunâtres, panachées de rouge, très-nombreuses et disposées en grappes pyramidales. Ces fleurs ressortent avec éclat sur la verdure élégante du feuillage, et donnent à l'Arbre un aspect ravissant pendant leur épanouissement qui a lieu au mois de mai. L'Hippocastane est, dit-on, originaire de l'Inde boréale. C'est sans doute de-là que lui est venu son nom vulgaire de Marronnier d'Inde; mais comme le Nouveau-Monde a été abusivement nommé Indes-Occidentales, et que l'on confondait avec l'Arbre en question les nouvelles espèces de l'Amérique septentrionale, plusieurs auteurs out pensé à tort qu'il n'avait pas une origine exclusivement asiatique. Ce n'est que vers le milieu du seizième siècle qu'on l'a introduit en Europe. Il avait d'abord gagné les parties septentrionales de l'Asie, puis on le transporta à Constanlinople, à Vienne et enfin à Paris vers l'année 1615. Le premier individu fut planté dans le jardin de l'hôtel de Soubise, le second au Jardin du Roi, et le troisième au Luxembourg. Il s'est enfin tellement répanda et acclimaté dans nos climats du Nord, qu'il a pénétié jusqu'en Suède ou il résiste maintenant à la rigueur des hivers, faculté qu'il doit à la nature de ses bourgeons. Ceux-ci, en effet, sont formés d'écailles nombreuses superposées, bourrées d'une laine épaisse et enduites d'un suc résineux qui abritent parfaitement les jeunes pousses dont le développement a lieu par l'action de la plus douce température. C'est en étudiant l'évolution des bourgeons de l'Hippocastane que Du Petit-Thouars (Essais sur la Végétation, p. 12) a établi sa théorie de l'accroissement en diamètre des Arbres dicotylédons, théorie dans laquelle il établit en principe que les fibres ligneuses ne sont autre chose que les racines des nouveaux bourgeons. Ce même savant a encore publié (loc. cit., p. 173) un Mémoire très-intéressant sur la distribution des nervures dans les feuilles d'Hippocasiane. L'auteur a considérė les fibres végétales comme autant d'individus formant des associations particulières pour constituer les feuilles, ou des associations générales, pour donner naissance à des bourgeons; c'est de leurs combinaisons variées et de leurs agrégations en faisceaux secondaires ou ternaires que proviennent les différences qui caractéri sent les espèces, les genres et les classes. Du Petit-Thouars avait d'abord observé que sept faisceaux de fibres, se détachant de la nouvelle branche d'Hippocastane, traversaient l'écorce pour entrer dans le pétiole et que chacun de ces faisceaux for-

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mait une foliole. Mais il a remarqué depuis que le nombre sept des faisceaux ne se présentait pas dans le pétiole en quelque partie qu'on le coupât, qu'il était augmenté de manière à ne pas produire toujours un multiple de sept; enfin, que ce nombre s élevait à vingt-quatre; on pouvait alors se demander comment ces vingt-quatre faisceaux partiels pouvaient se distribuer dans sept folioles. L'auteur a résolu cette question en suivant dans le pétiole les faisceaux primitifs qui se subdivisent irrégulièrement, se bifurquent Ou se trifurquent à l'endroit ou ils atteignent l'insertion de la feuille et constituent ainsi ses nervures principales. Dans le genre Pavia, si voism de l'Hippocastane, les nervures des cinq folioles, sont également produites par sept faisceaux primitifs qui se divisent dans le pétiole mais d'une manière un peu différente de celle des fibres d'Hippocastane. Nous conseillons de méditer le mémoire lui-même pour avoir des détails suffisans sur cette cette organisation.

Le Marronnier d'Inde est principalement cultivé dans les promenades publiques des grandes villes. Il n'exige presqu'aucuns soins; toutes les expositions et tous le terrains paraissent lui convenir, à l'exception de ceux qui sont trop secs et trop peu profonds Mais il ne devient jamais plus beau que lors qu'on le plante à l'écart, comme, parexemple, dans les vides d'un parc. Sou rapide accroissement, la précocite de son feuillage, la beauté de sa tige; l'élégance de ses pyramides de fleurs, l'ombrage impénétrable qu'il procure, tant de qualités, en un mot, auraient dû préserver cet Arbre des caprices de la mode. Cependant il fut un temps où l'on s'en est ennuyé et on on lui faisait le reproche de salir les allées par la chuté dé ses fleurs et par celle do ses fruits. Mais on commence à revenir aujourd'hui d'une prévention si puérile, et on étend la propagation de l'Hippocastane en beaucoup de lieux qui naguère étaient uniquement plantés d'Ormes et de Tilleuls. —Quoiqu'on ait proposé beaucoup de moyens pour utiliser les diverses parties de cet Arbre, il ne paraît pas qu'on ait réussi à en tirer un parti très-avantageux. Le bois brûle mal, et sa texture, tendre, mollasse, filandreuse, ne permet de l'employer qu' à des usages grossiers; son écorce a été placée parmi les nombreux succédanés du quinquina, mais elle n'y occupe pas le premier rang. Enfin les fruits ae l'Hippocastane ont beaucoup occupé les économistes qui voyaient avec une grande doulenr que tant de matière reste inutile ou an moins sans applications immédiates. En Turquie, on mêle la farine de ses fruits avec du son ou de l'avoine, et on donne ce melange aux Chevaux attaqués de colique et dé toux; c'est, dit on, de cet usage que sont dérivés les mots Hippocastanum et Castanea equina sous lesquels on a originairement désigné ces fruits. La substance amylacée dont ils sont composés est souillée par un principe gommo-résineux très amer, et dont il est très-difficile de la débarrasser d'une manière peu coûteuse, malgré les nombreux procédés chimiques que l'on a proposés à cet égard. (G..N.)

* HIPPOCASTANĖES. Hippocataneœ. BOT. PHAN. Famille de Plantes dicotylédones polypétales hypogynes, indiquée par De Candolle dans la deuxième édition de sa Théorie élémentaire, et que cet auteur a ainsi caractérisée dans son Prodromus Syst. natur. Veget.,, vol. I, p. 597: calice campanulé à cinq lobes; corolle à cinq ou à quatre pétales inégaux, hypogynes; sept ou huit étaminés insérées sur un disque hypogyne, libres et inégàles, à anthères incombantes; ovaire presqu' arrondi, trigone, surmonté d'un style filiforme conique et aigu; capsule triloculaire, et trivalve dans sa jeunesse, chaque loge renfermant deux ovules fixés aux cloisons qui sont portées sur le milieu des valves; capsule adulte, coriaoe, presque globuleuse,

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à deux ou trois valves, à une, deux ou trois loges, et à une, deux ou trois graines, le nombre des parties étant ainsi diminué par suite d'avortement; graines semblables à des Châtaignes, grosses, presque globuleuses, enveloppées d'un tégument très-glabre, brillant et de couleur de rouille, marqué par un hile basilaire brun-cendré et tres-large; elles sont dépourvues d'albumen; leur embryon est courbé, renversé, formé de cotylédons charnus très-épais, cachés sous la terre pendant la germination, d'une plumule très-grande, d'une radicule conique courbée dirigée vers le hile, mais, à cause des avortemens, dans une situation variable relativement au fruit. Cette famille renferme des Arbres ou des Arbrisseaux, à feuilles opposées composées de cinq à sept folioles palmées et penninerves. Leurs fleurs sont disposées en grappes terminales, et portées sur des pédicelles articulés. Le genre Æsculus de Linné compose seul cette famille; mais en établissant celle-ci, le professeur De Candolle a adopté le Pavia de Boerhaave, qui est un démembrement du premier genre. V. HIPPOCASTANE et PAVIA. (G..N.)

* HIPPOCENTAUREA. BOT. PHAN. Sehultes (Œsterr. Flor., 1, p. 389) avait constitué sous ce nom un genre avec le Chironia uliginosa de Waldstem et Kitaibel; mais cette Plante appartient au genre Erythræa de Richard qui a été généralement adopté. Il ne faut pas la confondre avec le Chironia uliginosa de La Peyrouse, dont Schultes a fait son Erythrœa elodes. Ce nom spécifique résultait des ressemblances que la description offrait avec celle de l'Hyperieum elodes, L.; mais l'éloignement de ces deux Plantes ne permettait pas de supposer une telle erreur. Cependant nous pouvons assurer, d'après une personne digne de foi, qui a vu la Plante dans l'herbier de La Peyrouse, que le Chironia uliginosa de ce botaniste et l'Hypericum elodes de Linné ne sont qu'une seule et unique espèce. (G..N.)

HIPPOCĖPHALOIDE. MOLL.FOSS. Ce nom a été appliqué à des Cardites. (F.)

* HIPPOCRATÉACÉES. Hippocrateaceœ. BOT. PHAN. Cette famille de Plantes dicotylédones polypétales hypogynes? a été constituée sous le nom d'Hippocraticées par Jussieu (Aun. du Muséum, T. VI, p. 486) qui l'a séparée des Acérinées avec lesquelles il l'avait précédemment confondue. Adoptée par Kunth (Nov. Gener. et Spec. Plant. œquinoct. T. v, p. 135) et par De Candolle (Prodrom. Syst. veget., p. 567), elle présente les caractères suivans: calice à cinq sépales (rarement quatre ou six) très-petits, soudés jusque vers leur milieu et persistans; corolle à cinq pétales (rarement quatre ou six) égaux, hypogynes? imbriqués pendant l'estivation; trois étamines, rarement quatre ou cinq, ayant leurs filets libres seulement au sommet, et réunis par la base en un tube épais, urcéolé, simulant un disque hypogyne; anthères uniloculaires (selon Kuuth), déhiscentes supérieurement et en travers, ou bien à deux et même à quatre loges; ovaire trigone, libre, enfoncé dans le tube, urcéolé, surmonté d'un style simple et d'un à trois Stigmates; fruit composé tantôt de trois carpelles (samares), tantôt formant une baie uni ou triloculaire; graines au nombre de quatre dans chaque loge, fixées à l'axe, quelquefois réduites à moins par avoi tement, dressées, dépourvues d'albumen, munies d'un embryon droit à radicule inférieure, et à cotylédons planes, elliptiques, oblongs, presque charnus. Dans l'Hippocratea ovdla, ainsi que dans le Calypso de Du Petit-Thouars, la substance de ces cotylédons et celle du spermoderme sont remplies de vaisseaux nombreux en forme de trachées. Les Plantes de cette famille sont des Arbrisseaux à tiges quelquefois grimpantes, le plus souvent glabres, garnies de feuilles opposées, simples, entières ou dentées, et presque coriaces. Leurs fleurs sont très-petites et disposées

TOME VIII. 14

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en grappes ou en corymbes fasciculés et axillaires. Selon Jussieu, cette famille est voisine des Acérinées et des Malpighiaoėes. R. Brown lui trouve plus d'affinités avec les Célas trinées par les genres Elæodendron et Ptelidium dans lesquels l'albumen est à peine visible ou réduit à une membrane très-mince. De Candolle pense que les genres à fruits bacciformes ont besoin d'ètre mieux examinés. Cet auteur a ainsi composé les Hippocratéacées. 1° Hippocratea, L.; 2° Anthodon, Ruiz et Pav.; 3° Raddisia, Leand., in Schult. Mantiss.; 4° Salacia, L., qui comprend le Tontelea d'Aublet et le Calypso de Du Petit-Thouars; et 5° Johnia, Roxb. Sous le titre d'Hippocrateaceœ spuriœ, il a établi une section caractérisée par cinq étamines ou un plus grand nombre, et dans laquelle il a rangé le Trigonia d'Aublet et le Lacepedea de Kunth. V., tous ces mots. (G..N.)

HIPPOCRATĖE. Hippocratea. BOT. PHAN. Vulgairement Béjuque. Ce genre, de la Triandrie Monogynie, L., a donné son nom à la nouvelle famille des Hippocratéacées. V. ce mot. Plumier (Gener., p. 8, t. 35 ) l'avait désigné autrefois sous le nom de Coa. Voici ses caractères principaux: calice à cinq lobes, persistant; corolle è cinq pétales, larges à la base, égaux, trè.-ouverts; trois étamines dont les anthères sont uniloculaires, déhiscentes par le sommet et transversalement: trois carpelles réduits quelquefois à un ou deux par avortement, samaroïdes, à deux valves très-comprimées et en carène; graines ailées d'un côté par un très-grand cordon ombilical. En donnant les caractères de ce genre, Kunth (Nov. Gener. et Spec. Plant. œquin. T. v, p. 56 ) admet l'existence d'un disque hypogyne, indépendant des étamines sur lequel ou entre lequel et le calice celles-ci sont insérées. D'après le inéme auteur, les filets des étamines sout libres à la base. Les Hippocratécs sont des Arbres ou des Arbrisseaux grimpans, à feuilles opposées, entières, légèrement dentées en scie accompagnées de deux stipules pétiolaires. Leurs fleurs, le plus souvent très-exigués et verdâtres, sont portées sur des pédoncules axillaires ou terminaux, dichotomes, multiflores et munis de bractées. Vingt-trois espèces sont énumérées dans le Prodromus du professeur De Candolle. Elles habitent pour la plupart les contrées chaudes de l'Amérique et principalement celles de laGuiane, du Péiou et du Mexique. Quelques-unes, décrites par Roxburgh, croissent dans l'Inde ou dans son archipel. Enfin, Vahl et Afzelius en ont publié trois espèces de la côte occidentale d'Afrique. Quelques auteurs ont mal à propos réuni aux Hippocratées le genre Anthodon de Ruiz et Pavon. Comme ce genre n'a pas été traité en son lieu, est convenable de le faire ici. Le calice est planiuscule, à cinq lobes arroudis, les deux extérieurs plus petits.; les pétales, au nombre de cinq, sont oblongs, larges à la base et inéquilatéraux, dentés ou très-rarement entiers, épais, inégaux et étalés; les trois étamines sout insérées entre le disque et l'ovaire; elles ont des filets élargis inférieuiement, et des anthères uniloculaires, déhiscentes par le sommet et transversalement; l'ovaire est tiigone, triloculaire, renfermant dans chaque loge environhuit graines fixées sur trois rangs à un axe central; style très-court, couronné par un stigmate à trois lobes peu marqués: baie globuleuse à deux ou trois loges mouospenties par avottement; graines ovées, enveloppées de mucilage. Ces caractères ont été observés sur la fleur par Kunth ((Nov. Gener., 5, p. 140) et sur le fruit par Martius (in Schultes Mantiss., p. 253). Ils se confondraient, selon Kunth, avec ceux du Tontelea d'Aublet qu'il ne serait plus guère facile de pouvoir distinguer. Cependant celui-ci a été réuni au Salacia de Linné, genre encore fort obscur à la vérité. Aussi le professeur De Candolle qui a admis

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cetle réunion, s'est-il demandé si l'Anthodun différait suffisamment du Salacia. Les Anthodons sont des Arbrisseaux volubiles, à feuilles opposées, entières, à fleurs offrant diverses inflorescences, eu faisceaux, en panicules, en cimes, etc., axillaires, latérales ou terminales. Ruiz et Pavon n'avaient décrit et figuré que l'Anthodon decussatum, Plante des Andes du Pérou et des rives de l'Orénoque près d'Angostura. Elle a été de nouveau figurée par Kunth (loc. cit., tab. 445). La terminaison du nom générique a été inutilement changée par Martius qui a proposé le mot d'Anthodus, et qui a décrit très-succincteiuent huit nouvelles espèces indigènes de l'empire brésilien, savoir: quatre des environs de Rio de Janeiro, et les quatre autres des forêts désertes dans les provinces de Bahia et de Goyazana. (G..N.)

* HIPPOCRATICĖES. BOT. PHAN. Pour Hippocratéacées. V. ce mot. (G..N.)

HIPPOCRÈN E. Hippocrenes. MOLL. C'est sous cette dénomination que Montfort proposa, dans sa Conchyliologie systématique, un démembrement de plusieurs espèces du genre Rostellaire, dont le Rostellaria macroptera devait servir de type; mais comme cette Coquille ne différé des autres Rostellaires que par le développement énorme de son bord droit, développement qui est variable dans les espèces de ce genre, ce caractère est insuffisant pour qu'on puisse conserver le démembrement de Montfort. V. ROSTELLAIRE. (D..H.)

HIPPOCREPE. BOT. PHAN. Pour Hippocrépide. V. ce mot. (B.)

HIPPOCRÉPIDE. Hippocrepis. BOT. PHAN. Ce genre, de la famille des Légumineuses et de la Diadelphie Décandrie, L., était nommé Ferrum equinum par Tournefort, désignation qui, de même que celle d'Hippocrepis, rappelle la singulière forme de ses fruits. Il offre pour caractères principaux: calice à cinq dents inégales; corolle dont, l'etendard est porté sur un onglet plus long que le calice; légume oblong, comprime, membraneux, plus ou moins courbé, composé de plusieurs articles monospermes et découpés sur l'un des côtés en échancrures profondes et arrondies qui simulent un fer à cheval. Les espèces de ce genre, au nombre de quatre ou cinq, sont des Herbes à feuilles imparipiunées, munies de petites stipules, à fleurs jaunes et disposées en ombelles sur des pédoncules axillaires. Elles habitent les contrées méridionales de l'Europe, à l'exception de l'Hippocrepis barbata de Loureiro qui croît à la Cochinchine et qui, en raison de sa tige ligueuse, de ses fleurs pourpres et d'autres notes distinctives, n'est pas convenablement placé parmi les Hippocrepis. On rencontre communément dans les bois et les prairies de toute la France l'Hippocrepis comosa, L., dont les tiges sout diffuses, un peu couchées, les feuilles composées de six à sept paires de folioles légèrement échancrées, et les fleurs jaunes disposées en ombelles. Dans les Hippocrepis unisiliquosa et multisiliquosa, les légumes sont plus courbés que dans l'espèce précédente; ils sont même contournés en cercle complet dans l'H. multisiliquosa, et leur bord intérieur présente des échancrures très-resserrées à leur entrée, et qui s'élargissent ensuite en formant des ouvertures arrondies. Ces deux dernières espèces croissent dans les départeinens méridionaux de la France. (G..N.)

* HIPPOGLOSSE. Hippoglossus, POIS. Ce mot, qui signifie proprement langue de Cheval, est devenu le nom scientifique d'une espèce du geure Pleuronecle. V. ce mot. (B.)

HIPPOGLOSSUM. BOT. PHAN. Ce nom, qui dans l'Ecluse désigne la Globularia Alypum, était appliqué par les anciens à l'espèce de Ruscus à laquelle l'ont conservé les botanistes. Ou croyait que des couronnes faites avec celte Plante guérissaient les maux de tête. (B.)

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HIPPOGROSTIS. BOT. PHAN. Rumph figure sous ce nom une Graminée indienne dont on nourrit les Chevaux. (B.)

HIPPOLAIS. OIS. Nom scientifique de la Sylvie à poitrine jaune. V. SYLVIE. (DR..Z.)

HIPPOLAPATHUM. BOT. PHAN. Même chose qu'Hydrolapathum. V. ce mot. (G..N.)

HIPPOLYTE. Hippolyte. CRUST. Genre, établi par Leach, et que Latreille a réuni au genre Alphée de Fabricius. V. ce mot. (G.)

HIPPOMANE. Hippomanes. BOT. PHAN. Ce nom scientifique imposé par Linné au Mancenillier (V. ce mot), était appliqué par les anciens à des Plantes vénéneuses et narcotiques. C. Bauhin a cru reconnaîtra dans l'Hippomane de Dioscoride la Solanée que Linné nomma dèpuis Datura fastuosa. Quoique ce, mot emportât avec lui l'idée d'une Plante narcotique, Ruellius le donna cependant au Caprier qui n'a aucune mauvaise qualité. (G..N.)

HIPPOMANICA. BOT. PHAN. Molina (Chil., édit. franç., p. 97 et 332) a donné la description d'une Plante indigène des vallées du Chili, et qu'il a nommée Hippomanica insana. C'est one Herbe dont les racines fibreuses, annuelles, émettent des tiges droites, quadrangulairas, rameuses, garnies de feuilles sessiles, opposées, lancéolées, entières et charnues. Les fleurs sont pédonculées, solitaires et terminales; elles ont un calice à cinq divisions obovales; une corolle d'un jaune rougeâtre, à cinq pétales ovales; dix étamines dont les filets sont subulés elles anthères oblongues; ovaire supère, oblong, surmonté d'un style filiforme et d'un stigmate obtus; Capsule à quatre valves, à quatre loges renfermant plusieurs graines noires et réniformes. Cette Plante est nommée par les Habitans du Chili Erbaloca (Herbe folle), à cause de ses mauvaises qualités. Les Chevaux qui en mangent per accident deviennent comme enragés et périraient infailliblement, si, par des courses forcées, on ne leur procurait des sueurs abondantes (G..N.)

HIPPOMANUCODIATA. OIS. Syn. d'Oiseau de Paradis. V. ce mot. (DR..Z.)

HIPPOMARATHRUM. BOT. PHAN. Genre de la famille des Ombellifères et de la Pentandrie Digynie, L., établi aux dépens du genre Cachrys, L., par Link (Enumer. Hort. Berol., 1, p. 271), et adopté récemment par Koch (in Act. Nov. Acad. Cœsar. Bonn., p 136) qui l'a ainsi caractérisé: calice dont le bord est à cinq dents; pétales pres qu'arrondis, entiers, avec une large laciniure; crémocarpe (diakène, Rich.) renflé, ovale ou arrondi; chaque carpelle marqué de cinq côtes épaisses, granulées ou légèrement muriquées, égales; semence dure, libre, couverte de bandelettes nombreuses; les involucres varient; le carpopbore est bipartite, et le péricarpe est épais et subéreux. Link a constitué ce genre sur le Cachrys sicula,, L. Une seconde espèce lui a été ajoutée par Koch (loc. cit.) sous le nom d' Hippomarathrum crispum; c'était le Cachrys crispa de Sieber et de Schultes (Syst. Veget., VI, p. 444 ). Ces deux Plantes sont indigènes des contrées orientales du bassin méditerranéen.

Le nom d'Hippomarathrum était appliqué par les anciens à plusieurs Ombelliféres, telles que le Fenouil, le Peucedanum Silaus, les Selinum Hippomarathrum et carvifolia. Enfin C. Bauhin l'employait pour désigner le Cachrys sicula, type du genre décrit ci-dessus. (G..N.)

HIPPOMELIS ET HYPPOMELIDES. BOT. PHAN. Syn. de Cratcegus Torminalis. V. ALISIER. (B.)

HIPPOMURATHRUM. BOT. PHAN. Pour Hippomarathrum. V. ce mot. (G..N.)

* HIPPOMYRMEX. INS. Ce nom désigne, dans Aristote, une très-

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grande Fourmi que du temps de ce naturaliste on ne trouvait pas en Sicile. (B.)

* HIPPONICE. Hipponix. MOLL. Defrance avait observé depuis longtemps que certaines espèces fossiles de Cabochons étaient pourvues d'une base solide et fixée, d'un support semblable en quelque sorte à celui des Cranies. Cette considération l'a engagé à faire du sujet de ses observations un note particulière qu'il communiqua à l'Académnie et qui fut insérée dans le Journal de Physique, 1819. Defrance propose, sous le nom d'Hipponice, l'établissement d'un nouveau genre dans lequel il range tous les Cabochons connus qui sont pourvus de support. Lamarck n'a admis ce genre que comme une division secondaire dans les Cabochons; Blainville, au contraire, les maintient séparés, et, appuyé de la connaissance de l'Animal d'un Hipponice que Quoy et Gaimard ont rapporté de leur voyage autour du monde, il fait voir que ce genre sert de passage des Univalves aux Bivalves. Antérieurement à la publication de l'article MOLLUSQUE de Blainville, nous avions cherché dans notre ouvrage sur les Coquilles fossiles des environs de Paris, par de nouveaux faits et par des raisonnemens appuyés sur des analogies, à confirmer l'opinion de Lamarck. Nous faisions remarquer que plusieurs espèces d'Hipponices vivans, au lieu de se développer sur un support, s'incrustaient, pour ainsi dire, sur les corps où ils vivent, s'y enfonçaient et y laissaient cette impression en fer à cheval qui se remarque sur la surface supérieure des supports. Nous avons également fait observer que les espèces qui paraissent être plus libres et qui, à cet égard, à ce que l'on présume, ont une manière de vivre analogue à celle des Patelles, avaient pourtant un bord irrégulier, taille évidemment pour s'adapter aux sinuosités des corps sur lesquels l'Animal a pu vivre, irrégularités qui se remarquent souvent à l'aide des stries d'accroissement, depuis le jeune âge jusqu' à l'instant de la mort, et qui tendent à prouver que ces Animaux ont vécu à la même place, comme le font ceux qui sont pourvus de supports. Si de ces observations il ne s'ensuivait pas nécessairement la réunion des deux genres, cela donnait au moins de fortes présomptions pour les considérer comme très-voisins, surtout avant la connaissance de l'Animal. Voici de quelle manière Blainville a caractérisé le genre qui nous occupe: Animal ovale ou suborbiculaire, conique ou déprimé; le pied fort mince, un peu épaissi vers ses bords qui s'amincissent et s'élargissent à la manière de ceux du manteau, auxquels ils ressemblent comlétement; tête globuleuse, portée à extrémité d'une espèce de cou, de chaque côté duquel est un tentacule renflé à la base et terminé par une petite pointe conique; yeux sur les renflemens tentaculaires; bouche avec deux petits tentacules labiaux; anus au côté droit de la cavité cervicale; oviducte terminé dans un gros tubercule à la racine du tentacule droit; le muscle d'attache en fer à cheval, et aussi marqué en dessus qu'en dessous. Coquille conoïde ou déprimée, à sommet conique ou peu marqué; ouverture à bords irréguliers; une empreinte musculaire en fer à cheval à la coquille; une empreinte de même forme sur le corps qui lui sert de support, et quelquefois à la surface d'un support lamelleux, distinct du corps sur lequel il est fixé. On peut déjà citer plusieurs espèces vivantes appartenant à ce genre et un plus grand nombre d'espèces fossiles.

La Patella mitrata de Linné est une de celles que Defrance a observées en place.

L'HIPPONICE RADIÉ, Hipponix radiata, Quoy, et Gaimard. (Voy. de l'Uranie, atlas zool., pl. 59, fig. 1-5) en est une seconde espèce, à laquelle nous ajoutons parmi les espèces fossiles:

L'HIPPONICE CORNE D'ABONDANCE,

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Hipponix cornu copiœ, Lamk., Ann. du Mus. T. 1, p. 351, n. 5, et T. VI, pl. 43, fig. 4, a, b, c; ibid., Nob., Descript. des Coq. foss. des environs de Paris, T. 11, p. 23, n. 1, pl. 2, fig. 13, 14, 15, 16.

HIPPONICE DILATÉ, Hipponix dilatata, Lamk., Def., Mémoire, Journ. de Phys., 1819; Lamk., Ann. du Mus., loc. cit.., n. 4, T. VI, pl. 43, fig. 2, a, b, c, et fig. 3, a, b; Nob., loc. cit., p. 24, n. 2, pl. 2, fig. 19, 20, 21.

HIPPONICE ÉlÉGANT, Hipponix elegans, Nob.; Pileopsis elegans, Nob., loc. cit., p. 35, n. 4, pl. 3, fig. 16, 17, 18, 19.

HIPPONICE OPERCULAIRE, Hipponix opercularis, Nob.; Pileopsis opercularis, Nob., loc. cit. p. 28, n. 9, pl. 3, fig. 8, 9, 10. Le Pileopsis cornu copiœ prend à Valogne un développement très-considérable, deux pouces et demi et plus de diamètre; et celui que nous avons nommé Hipponice operculaire est, de toutes les espèces, la plussingulière, puisque son support est destiné à contenir l'Animal dans sa cavité. (D..H.)

HIPPOPE. Hippopus. MOLL. Une Coquille que les anciens plaçaient parmi leurs Cames, et que Klein sépara avec les Tridacnes en genre particulier, sous le nom de Chamœtrachœa, avait été confondue par Linné parmi les Cames. Il lui avait donné le nom de Chama Hippopus. Bruguière, à l'exemple de Klein, réunit, dans ses planches de l'Encyclopédie, les Hippopes aux Coquilles vulgairement rommées Bénitiers, et il en forma un seul genre qu'il nomma Tridacne. Depuis, Lamarck, tout enconservant le genre Tridacne, en sépara la Coquille qui nous occupe, qui devint le type du nouveau genre qu'il proposa sous le nom d'Hippope. Cuvier, dans son Tableau élémentaire d'Histoire Naturelle des Animanx, 1798, mentionne à peine les Tridacnes qu'il confond avec les Cames comme Linné l'avait fait; mais plus tard, l'illustre auteur du Règne Animal, non-seulement admit le genre Tridacne, mais encore le genre Hippope, dont il fit un sousgenre des Tridacnes. Blainville avait d'abord conservé le genre Hippope, comme on peut s'en assurer en consultant l'article du Dictionnaire des Sciences Naturelles, concernant ce genre. Ce savant ayant eu l'occasion de prouver qu'à l'état adulte les Tridacnes perdent l'ouverture lunulaire, du moins dans la Tridacne gigantesque, il en conclut l'analogie avec les Hippopes; cette analogie est bien évidente: aussi nous trouvons à l'article MOLLUSQUE du Dictionnaire des Sciences Naturelles, ces deux genres fondus en un seul, dans lequel les Hippopes forment une petite section à part.

Lamarck avait placé les Hippopes parmi les Conchiféres Monomyaires; effectivement, une grande impression musculaire submédiane, et assez facile à observer, n'avait point laissé de doute. Cuvier, le premier qui ait donné quelques notices sur l'Animal des Tridacnes, n'a point mentionné deux muscles adducteurs; cependant Blainville, qui a vu aussi ces Animaux, affirme avoir vu un second muscle, mais très-petit, ce qui l'a porté à les ranger parmi les Dymiaires. Le trait caractéristique principal qui a déterminé Lamarck à la séparation des Hippopes, est le défaut de l'ouverture de la lunule qui se remarque à des degrés différens dans les Tridacnes; mais comme l'a dit Blainville, la Tridacne gigantesque, perdant cette ouverture par l'âge, il s'ensuit que ce caractère est de peu d'importance et insuffisant pour l'établissement d'un genre. Plus tard, lorsqu'on connaîtra l'Animal de l'Hippope, on pourra porter un jugement définitif qu'il est impossible de donner d'après la considération seule des Coquilles. Voici les caractères que Lamarck a assignés à ce genre: coquille équivalve, régulière, inéquilatérale, transverse; à lunule close; charnière à deux valves comprimées, inégales, antérieures et in

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trantes; ligament marginal, extérieur; une seule impression musculaire. On ne connaît encore qu'une seule espèce qui puisse se rapporter aux Hippopes. Elle a été figurée dans presque tous les auteurs. Lamarck l'a nommée:

HIPPOPE MACULÉE, Hippopus maculatus, Lamk., Anim. sans vert. T. VI, p. 108; Chama Hippopus, L., p. 3300; Encycl. Méth., pl. 236, fig. 2, a, b; Chemn., Conchyl. T. VII, tab. 58, fig. 498 et 499. Cette jolie Coquille, qui nous vient de la mer des Indes, est commune dans les collections; elle a l'aspect d'un Tridacne; elle s'en distingue facilement par la lunule close; elle est chargée de côtes rayonnantes assez larges, qui correspondent aux découpures du bord; ces côtes, daus les individus bien fiais, présentent des aspérités ou des épines plus ou moins irrégulières qui se voient surtout dans le jeune âge; la lunule est très-grande, occupant tout le bord supérieur et antérieur, et séparée du reste de la surface extérieure par une carène dont les écailles sont régulières; toute la surface extérieure est tachetée de rose ou de rouge violacé sur un fond blanc. Les grands individus ont cinq pouces et plus de largeur. (D..H.)

HIPPOPHAE. BOT. PHAN. Genre de la famille des Elæagnées et de la Diœcie Pentandrie, L., offrant pour principaux caractères: fleurs dioïques; les mâles forment de petits chatons axillaires et composés d'un grand nombre de petites écailles imbriquées; calice membraneux, un peu renflé, comprimé à deux lobes très-obtus; trois à quatre étamines sessiles et insérées au fond du calice; fleurs femelles solitaires, presque sessiles à l'aisselle des jeunes rameaux; calice ovoïde-oblone, légèrement comprimé, à deux lobes obtus, peu profonds, rapprochés; ovaire sessile, presque globuleux, surmonté d'un style court et d'un stigmate saillant, allongé en forme de languette; akènes obovoïdes, recouverts par le calice qui est devenu péricarpoïde, charnu et bacciforme; graine composée d'un albumen très-mince, d'un embryon très- grand dont les cotylédons sont ellipsoïdes, la radicule descendante et cylindrique. Ces caractères sont tirés de la Monographie des Elœaguées publiée par Ach. Richard ( Mèm. de la Soc. d'Hist. nat. de Paris, T. 1, p. 388) où le genre Hippophae se trouve réduit à une seule espèce par l'adoption du Shepherdia de Nuttal constitué avec l' Hippophae canadensis. Ce dernier genre s'en distingue par la présence d'un disque glanduleux, par les quatre divisions de son périanthe et par ses huit étamines.

L'HIPPOPHAE ARGOUSIER, Hippophae Rhamnoides, L., est un Arbrisseau dont les branches sont divariquées, les rarauscules épineux, les feuilles alternes, lancéolées, aiguës, couvertes en dessous d'écailles argentées et un peu roussâtres. On le rencontre très-abondamment le long des torrens et des rivières qui descendent des hautes chaînes de montagnes, et principalement des Alpes d'Europe. Il croît aussi sur le rivage de la mer dans certaines dunes. Il est recouvert, sur la fin de l'été, de petites baies rouges dont le suc renferme beaucoup d'acide malique. (G..N.)

HIPPOPHAESTUM. BOT. PHAN. On ne sait si la Plante désignée sous ce nom par Dioscoride est la Chaussetrappe ou une Soude. (B.)

* HIPPOPHYON. BOT. PHAN. (Théophraste.) Syn. de Gaillet. V. ce mot. (B.)

HIPPOPOTAME. Hippopotamus. MAM. Genre de la seconde famille des Pachydermes (Cuvier, Règne Animal, T. I, p. 234), et que nous plaçons dans l'ordre des Ongulogrades, deuxième tribu que caractérisent trois sortes de dents. ( V. notre Tableau des Mammifères dans la Physiologie de Magendie, T. Ier, 2e édit.). — Le contraste de ce nom, qui signifie Cheval de rivière, avec la physionomie de l'Animal, a entraîné dans une foule de contradic-

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tions la plupart des auteurs qui en parlèrent sans l'avoir vu, par la nécessité où ils se crurent de lui donner quelques traits qui rappelassent le Cheval. Ainsi Hérodote (Euterp.) lui donne une queue de Cheval; Aristote (Hist. Anim., lib. 2, cap. 7 ), une crinière et la grandeur d'un Ane, avec le pied bisulque; Pline ajoute qu'il est couvert de poils comme le Veau marin. — Ce qu'il y a de plus plausible sur l'étymologie du nom de cet Animal, c'est, comme l'observe déjà Diodore de Sicile, qui, de tous les anciens, en a donné la meilleur description (lib. 1), qu'il lui sera venu de la ressemblance de sa voix avec le hennissement du Cheval. Et effectivement, un grand nombre de voyageurs, Merolla (Hist. Génér. des Voy. T. V), Schouten ( Recueil de Voy. de la Compagn. des Ind. Holl. T. IV), et Adanson (Voy. au Sénég.), s'accordent sur cette ressemblance de la voix de l'Hippopotame. Mais elle est si forte, dit Adanson, qu'on l'entend distinctement d'un bon quart de lieue. Prosper Alpin (Ægip. Hist. Nat., lib. 4 ) dit aussi que telle est l'opinion populaire des gens du pays. Et l'on verra, dans un passage très- remarquable d'Abdallatif, que cette opinion était encore répandue en Égypte à une époque où cet Animal ne semble pas avoir été rare dans les rivières du Delta.

Il paraît que les Hippopotames ne furent jamais bien nombreux dans le cours inférieur du Nil, entre les cataractes et la mer. Voici ce qui porte à le croire: d'abord la rareté de cet Animal dans les hiéroglyphes de l'Egypte où il n'est pas sûr qu'il existe. Il n'y en a de figure authentique que celle copiée par Hamilton (Ægyptiaca, pl. 22, n. 6) dans les grottes de Beni-Hassan, et citée par Cuvier (Oss. Foss. T. I, nouv. édit.). Sa rareté dans les jeux des Romains. Cuvier n'en cite qu'un seul sous l'édilité de Scaurus, d'après Diodore (lib. 8); un autre au triomphe d'Auguste sur Cléo pâtre, d'après Dion Cassius ( lib. 51 ); dans les jeux d'Antoni, avec des Tigres et des Crocodiles, d'après Jules Capitolin. Le plus grand nombre fut de cinq tués par Commode, dans une seule occasion, suivant Dion. (lib. 72). Lampride en donne aussi à Héliogabale, et Jules Capitolin à Gordien III. Enfin, Calpurnius (cap. 7) en indiquerait aussi aux jeux de Carin. Or, Ammien Marcellin, historien si exact, dit que, sous l'empereur Julien, l'Hippopotame n'existait plus en Egypte; et Oppien, quelque temps auparavant, ne lui donne plus que l'Ethiopie pour patrie. Enfin, une dernière preuve de la rareté de l'Hippopotame en Egypte, au temps de la prospérité de ce pays sous les Ptolémées et les Romains, c'est qu'il n'est figuré que sur les médailles d'Adrien, qui remonta le Nil jusqu'au delà des cataractes, sur la mosaïque de Palestrine où l'intention évidente est d'offrir un tableau de la nature vivante au-delà du tropique, et sur la plinthe de la statue du Nil: ouvrages qui paraissent avoir eu pour objet de consacrer le souvenir du voyage d'Adrien dans l'Egypte supérieure comme plusieurs autres monumens rappelaient aussi ses voyages dans tout l'empire, auxquels ce prince employa dixsept années de son règne. Pas un seul, pour ainsi dire, des Animaux représentés sur la mosaïque de Palestrine n'est égyptien, sauf le Crocodile qui est encore plus répandu dans le Nil supérieur. L'Hippopotame y est parfaitement représenté, soit à terre, soit dans l'eau. Cette mosaïque exprime très - fidèlement surtout l'habitude qu'a l'Hippopotame, quand il est à la nage, de se laisser aller au courant, ne montrant que le haut de la tête du culminent ses oreilles, ses yeux et ses narines, pour pouvoir à la fois respirer, ecouter et voir. Un fait très-curieux, c'est qu'à la fin du douzième siècle, époque où Abdallalif, médecin de Bagdad, parcourut toute l'Egypte sous les auspices de Bohadin, visir de Saladin (V. sa Relat. de l'Egypte, traduite par Sylvestre de Sacy, in-4°, 1810), les Hippopotames avaient reparu dans le Delta:

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ce qui suppose que, dans les, temps antérieurs, les révolutions, si fréquentes sous le gouvernement des émirs, et l'occupation du pays par les Arabes, avaient beaucoup dépeuplé les bords du Nil. Ce passage d' Abdallatif mérite d'être rapporté ici à cause de sa justesse et des informations, pour ainsi dire officielles, que l'auteur s'était procurées, a L'Hippopotame, dit il, se trouve dans la partie la plus basse du fleuve près de Damiette. Très-gros, d'un aspect effrayant, d'une force surprenante, il poursuit les barques, les fait chavirer et dévore ce qu'il peut atteindre de l'équipage. Il ressemble plus au Buffle qu'au Cheval; sa voix rauque ressemble à celle du Cheval ou plutôt du Mulet; sa tête est très-grosse, sa bouche très-fendue; les dents très-aiguës; le poitrail large, le ventre proéminent, les jambes courtes. » Puis, parlant ae deux individus qui avaient été transportés au Caire de la rivière de Damiette, où ils n'avaient pu être tués que par des noirs de Maris (Nubie), dans le pays desquels cet Animal est très-connu, il ajoute que leur peau était noire, sans poils, très-épaisse; que leùr longueur du museau à la queue était de dix pas moyens; leur grosseur, trois fois celle du Buffle; leur cou et leur tête dans la même proportion qu'à cet Animal; que le devant de la bouche était garni en haut et en bas de six dents; que les extrêmes latérales avaient une forte demi-coudée de long et les mitoyennes tant soit peu moins; que les côtés des mâchoires offraient chacun une rangée de dix dents de la grosseur d'un œuf de Poule; que la queue, longue d'une demi-coudée, n'était que grosse comme le doigt au bout, et sans poils; que les jambes n'avaient pas plus d'une coudée un tiers; le pied, semblable à celui du Chameau, était divisé en quatre sabots; qu'enfin le corps é ait plus gros et plus long que celui de l'Eléphant.— Saufle nombre de dents dont l'erreur s'explique à la mâchoire supérieure, surtout, par les doubles saillies que forment latéralement les deux paires de collines de chaque dent, et les deux paires de trèfles de la couronne aux trois dernières molaires; ce qui, dans le cas où l'usure n'est avancée qu'au degré que montre la figure 3 de la planche 2 de Cuvier (Oss. foss.), peut aisément en imposer. Voilà la description la plus exacte que l'on ait encore eue de l'Hippopotame. Enfin, Abdallatif ajoute que des chasseurs qui en ouvraient ordinairement avaient trouvé son organisation très-semblable à celle du Cochon et n'en différant que par les dimensions. Or, Daubenton qui a dessiné les viscères d'un fœtus, a trouvé que leur plus grande ressemblance était avec celle du Pécari; ressemblance qui, dans l'adulte, devient probablement plus grande cncoreavec le Cochon auquel l'ensemble de son ostéologie a les plus grands rapports, comme Cuvier l'a le premier observé

Léon l'Africain, qui avait pourtant passé quatre années sur les bords du Niger, et qui avait aussi été en Egypte, n'en parle que très-vaguement sous les noms de Cheval et de Bœuf marins. Il dit avoir vu au Caire un individu de cette dernière espèce qui est grande comme un Veau de six mois. On le menait en laisse; il avait été pris près d'Asna (Esne), à quatre cents milles au sud du Caire. C'était évidemment un très-jeune Hippopotame. Il dit que ces deux Animaux habitent le Nil et le Niger. La femelle et le fœtus dont Prosper Alpin vit au Caire les peaux empaillées par ordre du pacha pour être envoyées au sultan, et dont il donne des figures à cinq doigts onguiculés, sous le nom de Chœropotame, qu'il prétend être l'Animal représenté sur la plinthe de la statue du Nil alors à Rome, parce que les dents n'y sortent pas, tandis que l'Hippopotame serait seulement l'Animal qu'il figure, planche 23, avec la gueule ouverte et montrant les dents qui sortiraient constamment de la bouche comme aux Sangliers, venaient aussi de la rivière de Damiet-

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te; et il loue Mathiole d'avoir, sur ce même motif que les dents ne s'y montrent pas, nié pour être de l'Hipopotame les figures de la plinthe de la statue du Nil. Pour corroborer cette idée que les dents de l'Hippopotame ne peuvent pas rester cachées sous les lèvres, il cite Pausanias qui, dans ses Arcadiques, rapporte que la figure d'une statue d'or de Cybèle à Proconnèse était faite de dents d'Hippopotame en place d'ivoire. Aussi, dit Alpin, les Arabes l'appellent-ils Eléphant de rivière. Cela n'empêche pas qu'il reconnaisse que son Chœropotame a, comme l'Hippopotame, la taille de l'Eléphant. Mais ce qui est plus bizarre, c'est que postérieurement aux éclaircissemens siconcluans donnés par Buffon et Daubenton sur l'identité de l'Hippopotame avec les figures en question, Hermann (Tabul. Affinit. Animal.), cherchant à prouver, comme l'observe Cuvier avec beaucoup de justesse, que tous les Animaux tiennent les uns aux autres par une infinité de chaînons, se récrie surl'exac itude avec laquelle Prosper Alpin a développé la différence du Chœropotame et de l'Hippopotame.

Vingt ans après le départ d'Egypte de Prosper Alpin, Zerenghi, chirurgien de Narni en Italie, rapporta deux peaux bourrées d'un mâle et d'une femelle qu'il avait fait tuer aussi dans la rivière près de Damiette. Buffon ent la sagacité de reconnaître l'exactitude de la description que donna Zerenghi de ces deux Animaux dans un abrégé de chirurgie imprimé par cet Italien à Naples, in-4°, 1603. Zerenghi rapporte qu'Aldrovande et Aquapendente furent les seuls qui reconnurent l'Hippopotame sur ces dépouilles, malgré sans doute l'opinion qui récusait pour des Hippopotames les Animaux de la plinthe de la statue du Nil. Aussi observe-t-il que l'Hippopotame n'a pas les dents saillantes hors de la gueule; que quand la bouche est fermée, elles sont toutes, malgré leur grandeur, cachées sous les lèvres; et que Belon s'est beaucoup trompé en lui donnant des dents de Cheval, ce qui ferait croire qu'il n'avait pas vu l'Animal, comme il le dit. Ensuite il donné des mesures très-exactes des dimensions et des proportions de toutes les parties du corps. Mais la figure annexée est assez mauvaise, n'ayant été faite que sur l'empaillé. Buffon a judicieusement critiqué l'inexactitude et même le défaut de bonue foi de Fabius Columna dans ce qu'il dit de l'Hippopotame; et il montre que c'est à Zerenghi que l'on doit des éloges sous ce rapport, et non à Columna qui n'est, sur cet article, ni original, ni exact, ni sincère. Enfin il faut noter que Zerenghi dit avoir trouvé quarante-quatre dents à ses Hippopotames. Buffon, dans le tome 3 de son Suppl., fixa ultérieurement à six molaires partout le nombre des dents de l'Hippopotame, contradictoirement à une observation de Klokner qui n'en trouva que cinq à chaque rangée dans un individu envoyé du Cap en Hollande, et où la dernière molaire n'éta il pas sortie. Klokner observe encore à cette occasion que les lèvres recouvrent tout-à-fait les canines et les incisives, et ce qu'il dit de la peau et des poils est d'une grande exactitude. Ainsi donc Buffon, dans les tomes 1, 2 et 3 du Supplément, avait parfaitement déterminé le genre de l'Hippopotame sans s'expliquer ni même paraître avoir de soupçon sur l'unité de l'espèce.

En 1821, Cuvier (Oss. Foss., 2e éd.) commence le chapitre des Hippopotames en disant: l'Hippopotame a été toujours et est encore jusqu'à un certain point celui de tous les grands Quadrupèdes dont on a le moins connu l'histoire et l'organisation. En effet, nous n'avons pas aujourd'hui sur les mœurs de cet Animai plus d'informations que n'en a rassemblé Buffon. Comme à son ordinaire, Cuvier décrit l'ostéologe de l'Hippopotame du Cap avec une précision indispensable à l' objet de ses recherches, qui est de déterminer l'identité ou la disparité des espèces vivantes avec les espèces fossiles. Après une revue des lieux d'où sont venus les Hippopotames

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dont on possède des peaux ou des squelettes, il observe qu'en Egypte il n'y a plus aujourd' hui de ces Animaux au-dessous des cataractes, et que ce n'est qu'en Abyssinie, dans les pays de l'Afrique, au sud de l'Atlas, et surtout au Sénégal et au Cap qu on a pu en observer dans ces derniers temps; qu'au Sénégal ils doivent être plus rares qu'au Cap, vu l'inutilité, jusqu'à cette époque, des ordres du ministre de la marine pour en obtenir de cette contrée; qu'outre le Cap et le Sénégal, on sait par beaucoup de voyageurs qu'il y en a quantité en Guinée et au Congo; que Bruce assure qu'ils sont très-nombreux dans le Nil d'Abyssinie et le lac de Tzana; que Levaillant en a vu dans toute la Cafrerie; qu'ainsi l'Afrique méridionale en est peuplée presque partout. Et il se demande s'il n'y en a que dans cette partie du monde? Suivant l'ancienne opinion, il observe que Strabon (lib. 15 ), sur le témoignage de Néarque et d'Eratosthènes, nie déjà qu'il y en ail dans l'Indus, bien qu'Onesicrite l'eût affirmé; que Pa usa nias est d'accord avec les deux premiers; que cependant philostrate et Nonnus pensent comme Onesicrile; que Buffon a récusé et l'opinion du père Michel Boym qui, dans sa Flora Sinensis, 1656, en place à la Chine, et le passage cité par Aldrovande (de Quadrup. digit.) de la Lettre d'Alexandre à Aristote, qui en attribue à l'Indus; que c'est sans autorité suffisante que Linné ( éd. X àXII) en attribue aux fleuves de l'Asie: que cependant Marsden (Hist. de Sumatra, 3e édit.) affirme, d'après le rapport et des dessins de Whatfeldt, employé à surveiller la côte, que cet officier a rencontré l'Hippopotame vers l'embouchure d'une des rivières méridionales de l'île; qu'en outre la Société de Batavia (vol. I, 1799) compte l'Hippopotame parmi les Animaux de Java, et lui donne le même nom malais de Conda-Ayer ou Küda-Ayer, qu'il porte aussi à Sumatra. Mais, se demande Cuvier, cet Hippopotame ressemble-t-il en tout à celui d'Afrique ? ce qui serait peu d'accord avec ce qu'on sait de la répartition des grandes espèces. La suite de cet article va montrer combien est peu probable cette identité. Peut-être, continue Cuvier, cet Hippopotame est il le même que le Succotyro de Java, que Nicwhoff représente avec une queue touffue, des défenses sortant de dessous les yeux, et qu'il dit être de la taille d'un Bœuf et très-rare. La figure qu'il en donne, copiée par Schreber et par Shaw, est assez semblable à l'Hippopotame. Duvaucel et Diard, quoiqu'ils aient découvert dans la partie de Java et de Sumatra qu'ils ont parcourue une nouvelle espèce de Rhinocéros et un Tapir, n'ont pu trouver ni l'Hippopotame ni le Succotyro. Or, après avoir décrit le squelette de l'Hippopotame adulte apporté du Cap par Delalande, et confirmé par cette description toutes les déterminations qu'il avait auparavant.déduites, de ce que l'on possédait de parties de squelette et surtout du squelette d'un fœtus qu'il a vai t fait prépare r exprès, Cuvier commence la deuxième section de son chapitre en disant: « On ne connaît jusqu'à présent qu'une seule espèce vivante d'Hippopotame, ainsi que nous venons de le voir.» Or, par l'examen comparatif d'un squelette d'Hippopotame adulte du Sénégal, aussi bien préparé que celui du Cap, et arrivé deux ans après au Muséum, examen dont nous allons donner, ici les résultats les plus saillans, nous venons de nous assurer que l'espèce du Sénégal n'est certainement pas la même que celle du Cap. En voici les caractères différentiels d'après une notice que nous avons communiquée à la Société Philomatique de Paris, le 27 mars 1825.

Dans l'Hippopotame du Cap, la crête sagittale est au moins le cinquième de la distance de la ciête occipitale au bout des os du nez; elle n' en est tout au plus que le sixième sur l'espèce du Sénégal qui est cependant beaucoup plus grande. Les

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incisives latérales d'en bas sont bien plus arquées, et les incisives mitoyennes bien plus proclives dans l'Hippopotame du Cap que dans celui du Sénégal. Les canines ne s'usent pas non plus de la même manière dans les deux espèces, ce qui nécessite un mécanisme différent dans le jeu de la mâchoire, la figure de son articulation et la disposition de ses muscles. Dans l'Hippopotame du Sénégal la canine supérieure est usée sur la moitié de sa longueur, et use l'inférieure un peu plus bas que la demi-hauteur de celle-ci, de sorte que la pointe ou le tranchant de cette canine reste à un pouce de distance du bord de l'alvéole supérieur, tandis que dans celui du Cap cette pointe dépasse d'un pouce le bord supérieur de la tubérosité que forme cet alvéole à côté des narines. Aussi la canine inférieure est-elle à proportion un tiers plus longue dans l'espèce du Cap, où à cause de cela la canine supérieure, réciproquement plus courte, n'a le bord supérieur de son biseau usé qu'à deux lignes de l'alvéole, et le bord inférieur à deux pouces. On se fera une idée trèsexacte de ces rapports par la fig. 1re, planche 2, T. 1, des Ossemens Fossiles de Cuvier où la tête de l'Hippopotame du Cap est parfaitement rendue. Et ce degré d'usure des canines de l'espèce du Cap ne dépend pas de l'âge, car l'individu est plus jeune que celui du Sénégal, comme le montre l'intégrité presque entière de sa dernière molaire très-usée au contraire dans celui du Sénégal. Le plan sur lequel s'usent les canines est donc beaucoup plus incliné dans l'Hippopotame du Sénégal que dans celui du Cap. La suture du jugal avec l'os zygomatique, rectiligne dans l'Hippopotame du Sénégal, se termine dans la cavité glénoïde à un demi-pouce audessus du bord inférieur de cette cavité, desorte que le bout du jugal fait partie de l'articulation maxillaire dans la proportion de ce demi-pouce de hauteur, tandis que dans l'espèce du Cap la pointe du jugal, terminée en biseau, s'arrête à un pouce en avant du bord extérieur de la cavité glénoïde. L'échancrure de l'angle costal de l'omoplate, si prononcée dans l'H. Capensis (V.Cuvier, loc. cit., pl. 1 et pl. 2, fig. 6), cst à peine sensible dans l'H. Senegalensis dont la proportion de taille est pourtant au moins d'un neuvième plus forte. L'échancrure que l'on voit aussi sur le Capensis (fig. cit.) entre l'apophyse coracoïde et la cavité glénoïde n existe pas dans le Senegalensis; la ligne âpre qui prolonge le bord externe de la poulie rotulienue du fémur, figure 10, est fortement échancrée sur le condyle externe dans le Capensis; cette échancrure manque dans le Senegalensis: enfin, le bord pubien du détroit supérieur du bassin, échancré au milieu par deux éminences iléo-pedinées si prononcées, comme le montrela fig. 14, pl. 2, de Cuvier, est droit dans le Senegalensis où il n'y a même pas de traces de ces éminences ni de la saillie de la symphyse pubienne qui divise l'échancrure.—Un autre ordre de différences purement mécaniques dans les rapports de la mâchoire inférieure avec le crâne explique la différence de l'usure des canines. L'on conçoit aisément que, sans changer la position ni la forme du poiut d'appui a un levier, les effets de mouvement seront extrêmement variables, selon la longueur, la direction, la rectitude ou les courbures du bras de ce levier. Or, les deux Hippopotames vivans offrent de telles différences dans la position des points mobiles des muscles qui meuvent la mâchoire inférieure sur le crâne, qu'il n'est pas possible que les effets de mouvement, observables sur la tête osseuse. savoir l'usure des dents les plus saillantes, les canines et les incisives, se ressemblent dans les deux espèces.

Ainsi tout étant égal dans la longueur du crâne depuis l'occiput jusqu'au bout des naseaux, dans la largeur de l'occiput, dans la plus grande convexité des arcades zygomatiques, dans l'écartement des points les plus voisins et les plus distans des con-

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dyles maxillaires, le plan que représente chaque branche du maxillaire est d'au moins quinze degrés plus oblique en dehors dans le Senegalensis que dans le Capensis. Il en résulte que la grande fosse où s'iuaère le masséter présente des insertions plus nombreuses et plus rapprochées de la perpendiculaire aux fibres de ce muscle, et réciproquement que les fibres du temporal et du ptérigoïdien externe, insérées à la convexité de la face apposée, agissent, surtout les plus longués, par réflexion, ce qui augmente de beaucoup leur effet. Et comme le crochet qui termine en avant la fosse massétérine est d'un pouce plus long dans le Senegalensis que dans le Capensis, il en résulte une plus grande facilité de porter en avant en mâchoire, pour les fibres du masséter dirigées d'avant en arrière de l'arcade zygomatique sur le maxillaire. Cette différence dans l'usure des dents étant l'expression d'une modification considérable dans le mécanisme des muscles; et dans la sculpture osseuse de la mâchoire inférieure, devient done un excellent caractère spécifique auquel se d'autres différences également importantes dans la figure et la proportion des autres parties dusquelette, différences pour lesquelles nous renvoyons à notre notice citée. — Toutes ces différences sont plus grandes que celles que nous allons indiquer d'après Cuvier entre l'Hippopotame fossile et celui du Cap. Il n'est cependant personne, ayant la moindre notion de la fixité des formes, et de la valeur des caractères que donnent ce» formes dans l'anatomie comparée des os, qui puisse douter de la certitude de la séparation de l'Hippopotame fossile d'avec celui du Cap.

De peur d'excéder les limites d'un article de Dictionnaire, nous renvoyons à l'ouvrage de Cuvier pour la construction du squelette de l'Hippopotame. Nous ferons remarquer seulement: 1° que teut le chanfrein est en ligne droite depuis la crête occipitale jusqu'au bord antérieür des naseaux; 2° que les voûtes orbitaires sont très-saillantes en deuxsens, savoir: au-dessus de cette ligne droite, de manière que les yeux sont les points les plus culminans du front, et en dehors de la ligne moyenne, de manière que les axe» des orbites font une croix avec cette ligne; 3° que le museau presque cylindrique au devant des orbites s'élargit au cinquième antérieur de la tête presque subitement en quatre grosses boursouflures, deux mitoyennes pour contenir les alvéoles des incisives, deux latérales pour l'alvéole de la canine; 4° que les fosses temporales sont si excavées, que le crâne, plus étroit encore que la partie moyenne de la face, n'a pas le tiers du diamètre compris entre les deux arcades zygomatiques, et que l'occiput, presque vertical et à crête saillante au-dessus du vertex, est élargi de chaque côté par la soudure du mastoïdien, d'où résulte une vaste surface d'implantation pour les muscles cervicaux, surface dont le plan vertical favorise encore l'application dé la puissance musculaire. On trouvera dans le premier livre de notre Anatomie des Systèmes nerveux (1 vol. in-8°, 1825), les rapports de cet élargissement et de ces saillies de l'occiput, avec la quantité d'effort nécessaire au mouvement et à l'équilibre de la tête sur le con, et de cette amplitude de la fosse temporale et conséquemment de la réduction du crâne avec l'énergie des mouvemens et avec la longueur de la mâchoire inférieure; 5° qu'enfin, à cause de ce relèvement des orbites en dehors, et de la crêteoccipitale en arrière, le frontal est très-concave entre les deux orbites.

Une différence frappante existe pour la couleur de la peau entre les deux Hippopotames du Muséum d'Histoire Naturelle de Paris, tons deux venus du Cap. L'ancien, oelui préparé en Hollande par Klockner, est d'un beau noir: l'autre, apporté et préparé par Delalande, est d'une couleur tannée

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sis est beaucoup plus large à proportion. Dans celui-ci, la plus grande largeur des deux os vers le bas est contenue deux fois dans la longueur du radius, dans le fossile une lois et demie seulement. La limite des deux os est creusée d'une large concavité dont le fond est plein sauf le trou dans la partie supérieure, lequel est situé bien plus haut dans le fossile que dans le vivant.

Nous ne parlerons pas des différences de proportion entre les bassins, parce que ces différences pourraient dépendre de celle des sexes des individus comparés. Le fémur fossile diffère infiniment peu du vivant (Capensis), dit Cuvier. On voit dans notre Notice quelle est la disproportion et la différence de figure entre celui du Capensis et celui au Senegalensis. Le tibia fossile est plus gros à proportion de sa longueur, ce qui s'accorde avec les dimensions de l'avant-bras pour faire juger que le fossile avait les jambes plus courtes et plus grosses que celui du Cap. D'après la proportion des os qu'il a examinés, Cuvier assigne treize à quatorze pieds de long à l'Hippopotame fossile.

C'esten Italie, au val d'Arno en Toscane, que l'on a trouvé la plus grande quantité des restes de cette espèce. Ils y sont dans le val d'Arno supérieur presqu'aussi nombreux que ceux d'Eléphant, et plus queceux de Rhinocéros. Du reste ils se trouvent ensemble et pêle-mêle dans les mêmes couches, et dans les collines sablonneuses qui forment les premiers échelons des montagnes. Voici les autres lieux où l'en en a encore trouvé des ossemens isolés, d'après Cuvier. Les environs de Montpellier, d'où provenaient les dents décrites par Ant. de Jussieu (Acad. des Sc. 1724); les environs de Paris et la plaine de Grenelle: le comté de Midlesex près de Brentford en Angleterre, dans le même dépêt ou se trouvaient aussi des os d'Eléphant, de Rhinocéros et de Cerf; enfin la caverne de Kirkdale dans le Yorkshire.

4°. PETIT HIPPOPOTAME FOSSILE, Hippopotamus minutus, Cuvier (loc. cit., p. 322 et suiv.). C'est d'un bloc d'origine inconnue, mais qu'on a su depuis provenir des environs de Dax et de Tartas, dans le departement des Landes, et déposé depuis longtemps dans les magasins du Muséum, tout lardé de fragmens d'os et de dents, et assez semblable aux brèches osseuses de Gibraltar, de Cette et de Dalmatie, si ce n'est que la pâte, au lieu d'être calcaire et stalactique, était une sorte de Grès à base calcaire, que cette espèce a été extraite par Cuvier. Cuvier avait retrouvé en 1803 un bloc pareil dans le cabinet du sénateur Journu-Aubert à Bordeaux, et dont celui-ci fit ultérieurement présent au Muséum de Paris. Journu-Aubert ignorait aussi l'origine de son bloc qu'on a su depuis provenir du même canton que le précédent. Sur les molaires de cette espèce la détrition, au lieu d'être horizontale comme à celle des Hippopotames vivans, se faisait obliquement. Les collines ne sont usées que sur leur face antérieure, ce qui montre qué celles de la dent opposée pénétraient, lors de la mastication, dans les intervalles de celle-ci. Et comme l'usure des faces antérieures des collines y trace des sillons, il est clair que si la détrition avait été horizontale elle eût produit des figures de trèfle. Le germe d'une deuxième molaire n'ayant point encore de racines, et dont les sommets sont entièrement intacts, montre comment les deux collines transversales sont chacune rendues fourchues à leur sommet par deux plans, faisant ensemble un angle d'environ soixante degrés. Cette dent est moitie plus petite que l'analogue du grand Hippopotame, ainsi que les deux suivantes usées obliquement comme nous avons dit. Les trois dernières molaires du Cochon sont saillantes et à peu près aussi grandes que celles-ci, mais les collines y sont accompagnées de tubercules accessoires, de manière que la dent paraît toute mamelonnée. Les

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trois molaires antérieures, de méme forme que celles de l'Hippopotame, n'ont rienn de commun avec celles du Cochon, qui sont tranchantes et comprimées. Les incisives et les canines du petit Hippopotame sont la miniature de celles du grand, Seulement les canines du petit, striées bien plus finement à proportion sur leur surface, ont de plus à leur face externe un canal large et très-peu profond, régnant sur toute leur longueur. Enfin un germe de molaire ayant deux collines, dont la seconde seulement est fourchue, par conséquent ayant trois pointes, diffère de l'analogue dans les Hippopotames vivans. — Tous les os du squelette, en vertu de cette corrélation qui unit les formes des dents à l'ensemble de l'organisation, n'offrent pas de moindres différences spécifiques; par exemple, le crochet de la mâchoire inférieure se portait plus en arrière, âproportion, que dans les Hippopotames vivans, et, au lieu de représenter environ un quart de cercle, devait former une sorte de lunule.

5°. MOYEN HIPPOPOTAME FOSSILE, Hippopotames medius, Cuvier (loc. cit., pag. 332). Cette espèce a été trouvée dans un Tuf calcaire, qui a toute l'apparence d'un produit d'eau douce, a Saint-Michel de Chaisme, département de Maine-et-Loire. Le morceau unique sur lequel Cuvier établit sa détermination est une portion fracturée du côté gauche de la mâchoire inférieure, contenant la dernière et la pénultième molaires, les racines de l'antépénultième et quelques restes d'alvéole de la précédente. Voici la différence spécifique de ces dents: 1° elles manquent de collet autour de leur base; 3° les disques de leur couronne ne représentent pas des trèfles aussi distincts que ceux de l'Hippopotame; la dernière n'a pas un talon aussi longitudinal et aussi simple, mais seulement trois tubercules formant un talon transverse comme dans la pénultième; comme elles ne ressemblent pas plus aux dents du petit qu'à celles du grand Hippopotame, il n'est pas douteux qu'elles ne constituent une espèce particulière, et leurs rapports avec les Hippopotames sont assez grands pour faire rattacher leur espèce à ce genre. Une détermination plus certaine résulterait évidemment de la comparaison des canines, des incisives, et du crochet axillaire.

Enfin quelques dents indiquant une espèce voisine de l'Hippopotame et plus petite que le Cochon, ont été trouvées avec des dents de Crocodiles dans un banc calcaire, près de Blaye, département de la Charente. Ces dents représentées, pl. 7, fig. 12 à 17 (loc. cit.), offrent d'un côté un trèfle assez marqué bien qu'usé profondément, mais le côté opposé n'offre encore qu'un petit cercle; Une 3°, fig. 18 à 20, usée encore davantage, présente deux figures à quatre lobes. Quoique leur forme ressemble beaucoup à celle de l'Hippopotame, néanmoins, vu qu'outre des dents de Crocodiles il s'est trouvé dans la même fouille des incisives tranchantes, qui, si elles venaient des mêmes mâchoires, en rapprocheraient beaucoup l'Animal de l'undes genres trouvés à Montmartre, Cuvier pense qu'il faut attendre d'autres os pour en porter un jugement définitif. (A. D..NE.)

HIPPORCHIS. BOT. PHAN. Ce nom a été donné par Du Petit-Thouars ( Histoire des Orchidées des Iles australes d'Afrique) à un genre qui correspond au Satyrium de Swartz ou Diplectrum de Persoon; V. ces mots. L'espèce sur laquelle ce genre est constitu&ea