RECORD: Bory de Saint-Vincent, Jean Baptiste Georges Marie, ed. 1822-31. Dictionnaire classique d'histoire naturelle. 17 vols. Paris: Rey & Gravier. Volume 9.

REVISION HISTORY: OCRed by AEL Data 04.2014. RN1

NOTE: This work formed part of the Beagle library. The Beagle Library project has been generously supported by a Singapore Ministry of Education Academic Research Fund Tier 1 grant and Charles Darwin University and the Charles Darwin University Foundation, Northern Territory, Australia.


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DICTIONNAIRE

CLASSIQUE

D'HISTOIRE NATURELLE.

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Liste des lettres initiales adoptées par les auteurs.

MM.

AD. B. Adolphe Brongniart.

A. D. J. Adrien de Jussieu.

A. F. Apollinaire Fée.

A. R. Achille Richard.

AUD. Audouin.

B. Bory de Saint-Vincent.

C. F. Constant Prévost.

D. Dumas.

D. C..E. De Candolle.

D..H. Deshayes.

DR..Z. Drapiez.

E. Edwards.

E. D..L. Eudes Deslonchamps.

F. D'Audebard de Férussac.

FL..S. Flourens.

G. Guérin.

G. DEL. Gabriel Delafosse.

GEOF.ST.-H. Geoffroy St.-Hilaire.

G..N. Guillemin.

ISID. B. Isidore Bourdon.

IS. G. ST.-H. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire.

K. Kunth.

LAM..X. Lamouroux.

LAT. Latreille.

La grande division à laquelle appartient chaque article, est indiquée par l'une des abréviations suivantes, qu'on trouve immédiatement après son titre.

ACAL. Acalèphes.

ANNEL. Annelides.

ARACHN. Arachnides.

BOT. CRYPT. Botanique. Cryptogamie.

BOT. PHAN. Botanique. Phanérogamie.

CHIM. Chimie.

CONCH. Conchifères.

CRUST. Crustacés.

ECHIN. Echinodermes.

FOSS. Fossiles.

GÉOL. Géologie.

INF. Infusoires.

INS. Insectes.

INT. Intestinaux.

MAM. Mammifères.

MIN. Minéralogie.

MOLL. Mollusques.

OIS. Oiseaux.

POIS. Poissons.

POLYP. Polypes.

REPT. BAT. Reptiles Batraciens.

— CHEL. — Chéloniens.

— OPH. — Ophidiens.

— SAUR. — Sauriens.

ZOOL. Zoologie.

IMPRIMERIE DE J. TASTU, RUE DE VAUGIRARD, N° 36.

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DICTIONNAIRE

CLASSIQUE

D'HISTOIRE NATURELLE,

PAR MESSIEURS

AUDOUIN, Isid. BOURDON, Ad. BRONGNLART, DE CANDOLLE, D'AUDEBARD DE FÉRUSSAC, DESHAYES, E. DESLONCHAMPS, DRAPIEZ, DUMAS, EDWARDS, A. FÉE, FLOURENS, GEOFFROY SAINT-HILAIRE, Isid. GEOFFROY SAINT-HILAIRE, GUÉRIN, GUILLEMIN, A. DE JUSSIEU, KUNTH, G. DELAFOSSE, LAMOUROUX, LATREILLE, C. PRÉVOST, A. RICHARD, et BORY DE SAINT-VINCENT.

Ouvrage dirigé par ce dernier collaborateur, et dans lequel on a ajouté, pour le porter au niveau de la science, un grand nombre de mots qui n'avaient pu faire partie de la plupart des Dictionnaires antérieurs.

TOME NEUVIÈME.

IO-MACIS.

PARIS.

REY ET GRAVIER, LIBRAIRES-ÉDITEURS,

Quai des Augustins, n° 55;

BAUDOUIN FRÈRES, LIBRAIRES-ÉDITEURS,

Rue de Vaugirard, n° 17.

FÉVRIER 1826.

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DICTIONNAIRE

CLASSIQUE

D'HISTOIRE NATURELLE.

IOD

IO. INS. Nom scieluifique du Papillon vulgairement nommé Paon du jour. (B.)

* IODATES. V. IODE.

IODE. BOT. MIN. CHIM. Ce corps est un de ceux que, dans l'état actuel des connaissances chimiques, l'on considère comme simples. Il fut découvert avant 1812 par Courtois, sapêtrier de Paris, dans les eaux mères des cendres de Fucus. Clément et Desormes annoncèrent cette découverte à l'Institut dans sa séance du 29 novembre 1813. Quelques jours après, Gay Lussac lut un Mémoire sur cette Boavelle substance pour laquelle il proposa le nom d'Iode dérivé d'un mot grec qui signifie violet, en raison de la plus saillante de ses propriétés, celle de se réduire en vapeur d'une belle couleur violette. Ce célèbre chimiste aperut de prime abord les rapports que l'Iode offrait avec le Chlore par la manière dont il se comportait avec l'Oxigène et l'Hydrogène, et dès-lors la théorie dans laquelle le Chlore était considéré comme corps simple, fut pleinement confirmée. D'autres chimistes, et en particulier H. Davy, s'occupèrent à cette époque de l'Iode; ils obtinrent des résultats semblables à ceux de Gay-Lussac, et en peu de temps ils épuisèrent pour ainsi dire, toutes les connaissances qu'il était possible d'acquérir sur la combinaison de ce corps avec les autres.

L'Iode est solide à la température ordinaire; il se présente sous la forme de pàillettes micacées, d'un gris noirâtre ou de lames rhomboïdales, très-brillantes, et d'octaèdre allongé. Sa densité est de 4, 348. Il se liquéfie à 1O7 degrés, et entre en ébullition de 175 à 180, en produisant la belle vapeur violette dont nous avons parlé et qui, d'après le calcul, a une densité de 8, 695. En contact avec la peau, l'Iode y produit une tache brune qui devient jaunâtre et se dissipe assez promptement à l'air. Son odeur est analogue à celle du Chlore étendu d'eau, et sa saveur est très-âcre, même caustique; aussi est-il conbidéré comme un poison violent.

Avec les autres corps simples, l'Iode forme plusieurs combinaisons: ainsi l'Acide iodique est le produit de son union avec l'Oxigène dans certaines circonstances favorables, c'est-à-dire au moment où celui-ci cesse de faire partie de quelques composés. L'Acide hydriodique s'obtient en exposant à une chalcur rouge l'Iode et l'Hydrogène. L'Acide chloriodique

TOME IX. 1

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est le résultat de son union avec le Chlore. Les autres combinaisons de l'Iode avec les corps simples ne jouissent pas de propriétés acides; on les nomme simplement des Iodures, et leur composition, ainsi que leurs propriétés, sont analogues à celles des sulfures, des chlorures, etc. Le Bore et le Carbone n'ont pas encore pu être combinés avec l'Iode, tandis qu'on a obtenu avec facilité des Iodures d'Azote, de Soufre, de Potassium, de Sodium, de Zinc, de Fer, d'Etain, d'Antimoine, de Cuivre, de Mercure, d'Argent, etc. Pendant la combinaison de l'Iode avec le Potassium ou avec d'autres Métaux, il se dégage de la chaleur et quelquefois de la lumière. L'eau n'a qu'une action trèsfaible sur l'Iode; elle n'en dissout qu'un 0, 007 de son poids, et la solution est jaune. Celle-ci se décolore par l'ébullition, et ne contient plus que des Acides hydriodique et iodique résultans de la décomposition d'une petite quantité d'eau.

Une des propriétés chimiques les plus remarquables de l'Iode, c'est celle de former un composé bleu lorsqu'on le met eu contact avec l'amidon. Jusqu'à ces derniers temps, on s'était accordé à considérer ce composé comme un Iodure d'amidon, c'est-à-dire comme une combinaison intime de l'lode avec l'amidon qui était alors regardé comme une substance simple dans sa composition organique. Mais il en est tout autrement, selon les expériences de Raspail, expériences dont il a lu le précis devant la Société Philomatique, le 6 août 1825. Ce jeune et savant observateur s'est assuré par des recherches microscopiques et chimiques, que la couleur bleue que prend l'amidon par l'action de l'Iode, n'est due qu'à la superposition de cette dernière sur la surface des granules de fécule dont il a décrit les formes diverses. Ces granules, qu'il compare à des perles de Nacre plus ou moins grosses et plus ou moins irrégulières, après avoir été enduits, pour ainsi dire, d'un vernis d'Iode, peuvent être décolorés par le sous-carbonate de Potasse, sans perdre leurs formes ou leur transparence. Ces faits tendent à prouver que l'amidon se compose d'un tégument susceptible d'être coloré par l'Iode et d'une matière gommoïde située à l'intérieur.

Ainsi que le Chlore, l'Iode décolore les teintures végétales. Cette décoloration paraît due à une décomposition de l'eau qui tient en solution les matières organiques; l'Oxigène de celle-ci s'unit au Carbone et à l'Hydrogène des substances colorantes, tandis que son Hydrogène se porte sur l'Iode.

On retire l'Iode des eaux mères des cendres de Fucus et d'autres Algues marines. Il y existe à l'état de combinaison saline, c'est-à-dire que ces eaux contiennent des hydrioaates de Potasse et de Soude. On les introduit dans une cornue tubulée à laquelle sont adaptés une allonge et un récipient. L'affusion intermittente d'un excès d'Acide sulfurique concentré détermine la décomposition de l'hydriodate. Il se forme du sulfate de Soude ou de Potasse, et de l'Acide sulfureux, parce que l'excès d'Acide sulfurique a cédé une portion de son Oxigène à l'Hydrogène de l'Acide hydriodique. L'Iode est donc mis en liberté, et par l'ébullition il passe dans le récipient en même temps que les autres produits gazeux. On le lave et on le rectifie en le distillant de nouveau avec une solution étendue de Potasse. Il est alors sous forme de lames brillantes qui ressemblent au Carbure de fer, et que l'on dessèche entre des feuilles de papier Joseph.

Ce n'est pas seulement des Plantes de la famille des Algues qu'on pourrait extraire l'Iode. Plusieurs autres corps marins, et particulièrement les Eponges, en contiennent une certaine quantité. On l'a retrouvé dans quelques sources d'eau minérale, et, tout récemment, le savant professeur Vauquelin a lu, à l'Académie des Sciences, une note sur une mine d'Argent des environs de

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Mexico qui en contenait à peu près dix-huit pour cent. L'Iode y existe à l'état d'Iodure (Ann. de Phys. et de Chim., 1824, p. 99).

Nous avons parlé plus haut de l'importance que la découverte de l'Iode a eue pour la chimie, en ce qu'elle a jeté un grand jour sur un point de doctrine sujet à controverse. Par les nombreuses combinaisons que ce corps est susceptible de contracter avec les autres substances, on est parvenu à produire une foule de composés intéressans pour les chimistes, mais dont les usages techniques sont encore très-bornés. Cependant on a employé avec succès l'Iode ou plutôt ses sels (hydriodates iodurés de Potasse et de Soude) dans le traitement du goître. Le docteur Coindet de Genève a le premier fait connaître son efficacité dans ce cas, et en a obtenu des succès très-nombreux. Malheureusement, quelques médecins ignorans en chimie l'ont administré sans employer les précautions convenables, et il en est résulté de très-graves accidens. L'usage de ce médicament a conséquemment perdu de son crédit aux yeux du vulgaire, qui s'enthousiasme toujours pour les nouveautés, et qui les proscrit avec autant de facilité si par hasard des hommes inexpérimentés en abusent. Il est constant, néanmoins, que l'Iode a guéri, en Suisse, une foule d'indiavidus affectés de la diiformité du goître; mais on doit observer que son emploi irréfléchi peut avoir des suites très-dangereuses. C'est par l'Iode contenu dans les Eponges carbonisées aue l'emploi de celles-ci a produit la guérison d'un nombre trèsconsidérable de goîtreux, avant qu'on eût souponné le principe actif cle ce médicament. L'Iode, formant un composé bleu avec l'Amidon, est un réactif excellent pour reconnaître la présence de cette substance dans les Végétaux. (G..N.)

IOLITHE. MIN. (Werner.) V. DICHROITE.

ION. BOT, PHAN. La Violette chez les anciens, d'où les noms d'Iode, d'Iolithe, etc. (B.)

* IONE. Ione. CRUST.Genre de l'ordre des Amphipodes, famille ides Hétéropodes de Latreille (Fam. Nat. du Règn. Anim.), ayant pour caractères essentiels: quatorze pieds, tous sans ongles, en forme de lanières arrondies à leur extrémité, et simplement propres à la natation; branchies trèsramifiées; queue terminée par deux longs appendices presque semblables aux pieds; des antennes distinctes. Ce genre, établi par Latreille qui le placait (Règn. Anim. T. III) dans l'ordre des Isopodes, a été formé aussi par Leach sous le nom de Cœlino. Desmarest (article MALACOSTRACÉS du Dictionnaire des Sciences Naturelles) le réunit aux Pranizes dont il diffère cependant par des caractères assez tranchés, tirés surtout du nombre et de la forme des pates; il s'éloigne des Apseudes par la forme et l'usage de celles-ci. La seule espèce de ce genre est:

L'IONE THORACIQUE, Ione thoracicus, Oniscus thoracicus, Montagu (Trans. Linn. Soc. T. IX, IV, 3), figurée dans l'Encyclopédie Méthodique (Crust. et Ins., tab. 336, fig. 28). (G.)

IONÉSIE. Ionesia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Légumineuses, et de l'Heptandrie Monogynie, L., établi par Roxburgh (Asiat. Research., 4, p. 355) et ainsi, caractérisé: calice à deux folioles; corolle infundibuliforme dont le tube est charnu et fermé; le limbe quadrilobé; appendice annuliforme, inséré sur l'entrée du tube de la corolle et supportant sept étamines; légume pédicellé en forme de sabre, et coutenant quatre à huit graiues. Ce genre a des rapports avec le Palovea et le Bauhinia; il ne renferme qu'une seule espèce nommée par Roxburgh Ionesia pinnata. C'est l'Asjogam de Rhéede (Hort Malab., 5, p. 117, tab. 59), Arbre des Indes-Orientales, d'une grandeur médiocre, dont les feuilles sont alternes, pétiolées, imparipin-

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nées, et les fleurs, d'un jaune orangé sont disposées en cimes, terminales et axillaires. (G..N.)

* IONIA. BOT. PHAN. Nom que l'Yvette (Teucrium Chamœpytis, L.) portait chez les anciens. (G..N.)

* IONIDES. BOT. PHAN. (Ruell.) Syn. de Caprier. (B.)

IONIDION. Ionidium. BOT. PHAN. Genre établi par Ventenat pour quelques espèces de Violettes exotiques, et qui a été adopté depuis par tous les botanistes. Ce genre, qui appartient à la famille des Violacées, avait été créé auparavant sous le nom de Pombalia, par Vandelli; néanmoins, l'usage a consacré le nom de Ventenat, bien qu'il soit postérieur à celui du botaniste portugais. Dans son Mémoire sur la famille des Violacées, et dans le premier volume du Prodronus Systematis du professeur De Candolle, le botaniste De Gingins a voulu rétablir le genre Pombalia de Vandelli, comme distinct de l'Ionidium. Mais Aug. de Saint-Hilaire (Plant, usuell. des Brasiliens, n° XI) a réfuté victorieusement cette opinion, en prouvant, que les caractères assignés au Pombalia se retrouvaient évidemment dans plusieurs espèces faisant prtie du genre Ionidium. Le même auteur a fait une observation semblable pour le genre Hybanthus de Jacquin, qui doit être réuni à l'Ionidium. Voici les caractères qu'il assigne au genre Ionidium: calice profondément qninquépartite, dont les divisions ne sont ni prolongées au-dessous de leur base, ni entièrement séparées. Pétales au nombre de cinq, périgynes ou plus rarement hypogynes, très-inégaux, l'inférieur plus grand, onguiculé, sans éperon, à onglet ordinairerment plus large et concave à la base, rétréci au sommet. Etamines au nombre de cinq, insérées comme les pétales et alternes avec eux; filets libres ou soulés, le plus souvent courts, quelquefois nuls; antlières, aplaties, membraneuses au sommet, attachées par la base, immobiles, tournées vers le pistil, biloculaires et s'ouvrant longitudinalement; les connectifs ou les filamens des anthères inférieures le plus souvent munis d'un appendice plus ou moins sensible. Style courbé, épaissi au sommet, persistant. Stigmate un peu latéral. Ovaire libre, sessile, olygosperme ou polysperme; ovules attachés à trois placentas pariétaux. Capsule entourée du calice, uniloculaire, s'ouvrant en trois valves étalées portant les semences sur le milieu de leur face. Semences petites, horizontales, ovoïdes, globuleuses, creusées au sommet d'une chalaze orbiculaire et ridée, quelquefois relevées d'un côté d'une ligne proéminente (raphé); ombilic un peu latéral, rarement tout-à-fait terminal; tégument propre double, l'extérieur crustacé, l'intérieur membraneux, adhérent à l'endosperme qui est cliarnu. Embryon axile, droit a yant presque la même longueur que l'endosperme; cotylédons planes; radicule tournée vers l'ombilic.

Les espèces de ce genre sont en général de petits Arbustes rameux, à leuilles alternes entières, accompagnées de deux stipules à leur base. Les fleurs sont pédonculées et placées à l'aisselle des feuilles supérieures. L'une des espèces les plus intéressantes de ce genre est l'Ionidium Ipecacuanha de Ventenat ou Pombalia Ipecacuanha de Vandelli. Dans l'ouvrage que nous a vons cité précédemment, Aug. de Saint-Hilàire a prouvé que le Viola Itouboa d'Aublet n'est qu'une simple varieté du Pombalia de Vandelli. Ainsi, cette espèce croît à Cayenne et sur la côte du Brésil, depuis le fleuve des Amazones jusqu'au cap Frio; mais on ne l'a pas retrouvée au midi de ce cap. Elle se plaît en général dans les lieux bas et sablonneux: C'est une Plante extrêmement variable, dont la tige rameuse est tantôt étalée, tantôt ascendante, longue de six à vingt-quatre pouces, couverte de poils quelquefois très-longs et très-rapprochés. Ses feuilles sont alternes ovales, lan-

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céolées, dentées en scie et amincies en pointe à leurs deux extrémités et chargées de poils épars. Les divisions du calice sont semi-pinnatifides. La racine de cette Plante, qui est grosse à peu près comme une plume à écrire, un peu tortueuse, grisâtre et striée en dehors, blanche en dedans, est connue au Brésil sous les noms de Poaya, de Pocya da Praia et de Poaya branca. Elle sert à remplacer, dans quelques parties du Brésil, le veritable Ipécacuanha fourni par le Cephœlis Ipecacuanha; on la désigne sous le nom d'Ipécacuanha blauc.

Aug. Saint-Hilaire à encore d éorit (Plant. usuelles des Brasiliens, n° IX), sous le nom d'Ionidium Poaya, une autre espèce nouvelle, voisine de la précéden te, qui a été trouvée à l'ouest du Rio-San-Francesco, dans la province de Minas Geraes, et dont la racine est également employée pan las habitans comme un puissant émétique. (A. R.)

* IONOPSIDE. Ionopsis. BOT, PHAN. Genre de la famille des Orchidées et de la Gynandrie Monandrie, L., établi par Kunth (in Humb et Bompl Nov. Gen,, I, p. 348), et qui peut être caractérisé ainsi: le calice est à six divisions disposées sur deux rangs; les trois divisions extérieures sont ovales t lancéolés, sigues égales entre elles; les deux inférieures forment, en se réunissant à leur base, une sorte de petit sac obtus. Les deux divisions internes et supérieures sont obliques, ovales, un peu obtuses. Le labelle est onguiculé a sa base qui forme une gouttiere; il est beaucoup plus grand que les autres partie de la fleur, inférieur et obcordiforme. Le gynostème est court, stigmatifère à sa face antérieure, terminé supérieurement par une anthère operculiforme à deux loges; chaque loge contient une masse pollinique, ellipsoïde; ces masses vienneut s'attacher l'une et l'autre à la partie supérieure d'une petite lame qui se termine inférieurement par un rétinacle allongé formant une sorte de bec disposé en angle droit à l'extrémité de la petite lame.

Ce genre se compose de plusieurs espèces originaires d'Amérique, et qui toutes sont parasites. La première connue est celle que Kunth a décrite sous le nom d'Ionopsis putchella, loc. cit., tab. 83. Elle croît dans le royaume de la Nouvelle-Grenade, entre Carthagène et Buga.

Nous en possédous une espèce nouvelle à laquelle on peut donner le nom d'Ionopsis distichophylla, à eanse de la disposition de ses feuilles, qui sont plus larges que dans l'espèce précédente; elle slen distingue encore pa sa hampe deux fois plus élevée et ramense, par ses fleues plus petites et son labelle cilié. Elle a, été découverte à la Martinique par Richard père, qui l'y a trouvée parasite sur le Café.

Plitsieurs autres Orchidées, mieux étudiées, devront encore rentrer dans ce gece; tel est par exemple le Dendrobium utricularioides de Swartz. (A. R.)

Le nom d'Ionopsis a été appliqué à une section du genre Cochleanria, par De Candolle (Syst. Regm. Veg. Na T. II, p. 371) qui en naison de l'existence du genre établi par Kunth, a changé depuis sa terminaison en celle d'Ionopsidium: (G..N.)

* IONOPSIDIUM. BOT. PHAN. (De Candolle, Prodr. Regn. Veget. nat. T. I, p. 174.) V. COCHLÉARIA et IONOPSIDE. (G..N.)

* IONUS ET IOPS. POIS. Les deux Poissons désignés sous ces noms par les encieus ne peuvent être reconnus. (B.)

* IOTA. INS. Espèce de Noctuelle dont la chenille se nourrit d'Armoises et de Santolines. (B.)

IPÉCACUANHA. BOT. PHAN. On désigne sous ce nom un grand nombre de Racines appartenant à des Végétaux de genres et de familles différentes, mais qui toutes jouissent de la propriété de déterminer le vomissement. C'est Marcgraaff et Pison qui,

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les premiers, parlèrent de l'Ipécacuanha dans leur Histoire Naturelle et Médiale du Brésil, publiée vers le milieu du dix-septième siècle. Ils donnèrent une description et une figure de la Plante qui, au Brésil, fournit la racine connue sous ce nom; Mais cette figure et la deseription qui l'accompagne sont tellement vagues et imparfaites, que nul botaniste ne put rapporter la Plante men tionnée par ces auteurs à aucun des genres alors connus. Dès-lors chacun, s'appuyant sur quelque supposition plus ou moins fondée, attribua la racine d'Ipécacuanha du commerce à quelque genre connu. C'est ainsi que Rai, dans son Histoire générale des Plantes, crut l'Ipëcacuaha fourni par une espèce du genre Paris, de la famille des Asparaginées. Morison, Plucknet, Linné lui-même, dans la première édition de sa Matière Médicale, pensaient qu'elle était produite par une espèce de Chèvrefeuille; plus tard celui-ci l'attribua à une espèce de Violette. En un mot, les opinions les plus opposées furent émises sur l'origine et la nature du Végétal auquel on devait l'Ipécacuanha; De cette, obscurité naquit un autre inconvénient. qui n'a pas peu contribué à augmenter la confusion déjà si grande à cet égard: c'est que u'ayant aucune donnée certaine sur la Plante qui fournissait le véritable Ipécacuanha, on appliqua ce nom à toutes les Racines exotiques douées d'une propriété émétîque plus ou moins marquée, et bientôt chaque pays eut en quelque sorte une espèce particulière d'Ipécacuanlun.

La cupidité dut profiter de cette ignorance pour accréditer les incertitudes qui couvraient ce médicament. Comme la véritable espèce d'Ipécacuanha, celle dont Marcgraaff et Pison avaient les premiers donné la description, était assez rare, les marchands américainsy mélangèrent bientôt plusieurs autres racines plus communes et souvent presque inertes, qui d'un côté accrurent la confusion, et d'un autre côté contribuèrent à diminuer la réputation de la racine du Brésil, dont les vertus se trouvaient ainsi masquées et en quelque sorte dénaturées par cette sophistication. Dès-lors l'Ipécacuanha du commerce ne fut plus qu'un mélange hétérogène de racines différentes entre elles, non-seulement par les Plantes dont on les retirait, mais encore par le lieu d'où elles provenaient.

Cependant l'opinion que la racine d'Ipéacuanha était celle d'une Violette, prévalut pendant fort longtemps; mais on n'était pas d'accord sur l'espèce à laquelle il fallait l'attribuer. Ainsi quelques auteurs pensaient que c'était le Viola Ipecacuanha. de Linné fils. ou Pombalia Ipecacuanha de Vanaelli; d'autres, le Viola diandra, L.; quelques uns le Viola parviflora, L.; ceuxlà le Viola Itoubou d'Aublet. Tel était l'état d'incertitude qui régnait sur ce médicament, quand le célèbre Mutis, directeur de l'expédition botanique de Santa-Fé de Bogota, dans le royaume de la Nouvelle-Grenade, fit parvenir à Linné, en 1764, la description et la figure du Végétal qui, au Pérou, produisait la racine d'Ipécacuanha.Ces renseignemens ne furent publiés qu'ert 1781 par Linné fils, qui, dans son supplément, décrivit la Plante de Mutis sous le nom de Psychotria emetica, que lui avait donné le botaniste espagnol. Il crut, mais à tort, que cette espèce était la même que celle décrite long-temps avant par Marcgraaff et Pison, en sorte que depuis cette époque on pensa généralement que c'était la même Plante qui, au Pérou et au Brésil, fournissait l'Ipécacuanha.

Cependant don Àvellar Brotero, professeur de botanique à l'université de Coimbre, en Portugal, fit connaître en 1800, dans les Actes de la Société Linnéônne de Londres, la Plante qui, au Brésil, produit l'Ipécacuanha. Cette Plante, quoiqu'appartenant à la famille des Rubiacées, comme le Psychotria du Pérou, en est

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génétiquement différente; il ia nomma Callicocca Ipécacuanha. Ces travaux jetaient un grand jour sur l'histoire de ce médicament. Néanmoins, on tomba dans une nouvelle erreur en croyant que toutes les raeines que le commerce nous fournissait sous le nom d'Ipécacuanha étaient celles du Psychotria ou du Callisocca. Ce fut pour détruire cette opinion erronée que De Candolle publia, en 1809, un Mémoire dans lequel il démontra que, loin d'être uniquement produites par les deux seuls Végétaux décrits par Mutis et Brotero, les divers Ipécacuanhas provenaient d'un très-grand nombre de Plantes, de genres et de familles quelquefois fort éloignés.

Plusieurs observations publiées depuis cette époque, et en particulier les faits nouveaux insérés dans les Plantes usuelles des Brasiliens, que rédige Aug. Saint-Hilaire, ont confirmé cette assertion de De Candolle. Nous croyons donc utile d'énumérer ici rapidement les diverses Plantes dont les racines ou t reç le nom d'Ipécacuanha.

Famille des Rubiacées. C'est à cette famille, déjà si intéressante par le grand nombre de médicamens importons qu'elle fournit, qu'il faut d'abord rapporter les deux espèces réellement officinales, savoir: celles que nous désignons sous les noms d'Ipécacuanha annelé et d'Ipécacuanha strié. Outre ces deux espèces principales, cette famille nous offre encore plusieurs autres racines employées sous le nom d'Ipécacuanha dans diverses contrées de l'Amérique méridionale. Ainsi, au rapport d'Auguste Saint-Hilaire, on emploie dans diverses parties du Brésil, les racines du Spermacoce Poaya et du Spermacoce ferruginea; celles du Richardsonia rosea et du Richardsonia scabra. Cette dernière a même beaucoup de rapports avec l'Ipécacuanha annelé; mais les anneaux qu'elle offre sont beaucoup plus larges que ceux de cette espèce, et sa saveur est moins âcre. Selon Dandrada, on ferait également usage des racines du Psychotria herbacea.

Famille des Violariées. Les Ipécacuanhas, fournis par les Plantes de cette famille, ont, en général, une couleur blanchâtre, et sont beaucoup moins énergiques. L'espèce principale est l'Ionidium Ipécacuanha de Ventenat ou Pombalia de Vandelli, à laquelle il faut réunir le Viola Itoubou d'Aublet qui n'en est pas spécifiquement différent. Cette Plante croît à Cayenne. On la trouve également par intervalles sur le littoral du Brésil, depuis le fleuve des Amazones jusqu'au cap Frio; maison ne la retrouve pas au midi dececap. Ces racines, employées fréquemment à Cayenne et au Brésil, sont d'un blanc pâle, cylindriques, allongées, quelquefois rameuses, grosses comme une plume à écrire, un peu tortueuses, offrant quelquefois des éiranglemens et des intersections plus ou moins marquées. L'axe ligneux est en général plus épais que la couche corticale, et plus jaune; la cassure est assez nette, peu résineuse; son odeur est manifestement herbacée et nauséeuse; sa saveur est comme amylacée, d'abord faible, mais bientôt un peu amère, et surtout d'une âcreté remarquable.

Auguste Saint-Hilaire a fait connaître une espèce nouvelle qu'il nomme Ionidium Poaya, et que les habitans des provinces intérieures du Brésil emploient pour remplacer l'Ipécacuanba annelé. On peut en dire autant du Viola paiviflora de Linné fils, qui appartient au genre Ionidium. On la désigne aussi au Pérou sous le nom d'Ipécacuanha blanc. Cette propriété émétique des Violariées exotiques se retrouve également dans les racines de nos Violettes indigènes, mais avec moins d'énergie.

Famille des Apocynèes. Les genres de cette famille sont généralement remarquables par le suc blanc et laiteux qu'elles renferment, et qui leur donne des qualités âcres et plus ou moins irritantes; aussi plusieurs fournissent-elles des racines que l'on dé-

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signe, dan» les pays où elles croissent, sous le nom d'Ipécacuanha. Tels sont: 1° le Cynanchum vomitorium de Lamarck ou le Cyn. Ipecacuanha de Willdenow, qui croît à Ceylan et à Java, et qu'on cultive à l'Ile-de-France;. 2° le Cynanchum Mauritianum de Commerson, aux îles de France et de Bourbon; 3° le Cyrnanchum lœvigatum de Retz, au Bengale; 4° le Cynanchum tomentosum de Lamarck, dont les racines sont employées sous le nom d'Ipécacuanha dans les hôpitaux de Ceylan; 5° aux Indes-Orientales, on emploie aussi les racines du Periploca emetica de Retz; 6° enfin, aux Antilles, les racines de l'Asclepias Curassavica, L., appelé Ipécacuanha blanc ou bâtard, et de plusieurs autres espèces du même genre, sont employées comme émétiques et désignées sous le nom de faux Ipécacuanha brun.

Famille des Euphorbiacées, De môme que les Apocynées, les Plantes de cette famille contiennent un suc laiteux d'une extrême âcreté, et la racine de plusieurs Euphorbes est employée comme émétique; telle est celle de l'Euphoibia Ipécacuanha dans l'Amérique septentrionale, de l'Euphorbia Tirurcalli de Linné, aux grandes Indes, etc.

Il nous serait facile de citer encore ici un grand nombre d'autres Végétaux dont les racines ont été employées comme succédanée de l'Ipécacuauha; mais un pareil developpement nous entraînerait trop loin du but que nous nous proposons dans cet article qui ne doit avoir pour objet que les deux Ipécacuauhas du commerce, l'annelé et le strié.

Dans le commerce, on distingue généralement deux espèces principales d'Ipécacuanha. L'une, beaucoup plus commune que l'autre et en quelque sorte la seule que l'on emploie en grand en Europe, vient du Brésil. Elle offre les caractères suivans: racines ordinairement de la grosseur d'une plume à écrire, allongées, irrégulièrement contournées et coudées, simples ou rameuses, formées de petits anneaux saillans, inégaux, trè-rapprochés les uns des autres, ayant eavivon une ligne: de hauteur, séparés par des enfoncemens circulaires moins larges, formées de deux parties, savoir: un axe ligneux plus ou moins grêle, et une couche corticale beaucoup plus épaisse. Ces racines sont lourdes, compactes, cassantes; leur cassure est brunâtre, manifestement résineuse dans sa partie cortioale; leur saveur est herbacée, un peu âcre et amère;leur odeur faible, mais nauséabonde.

La seconde espèce vient généralement du Pérou. On ne la rencontre que rarement dans le commerce. Voirciquels sont ses caracteres distinctifs: racines cylindracées, le plus souvent simples, rarement rameuses, de la grosseur d'une plume à écrire, peu contournées, non rugueuse offrant de distance en distance des, espèces d'étranglemens ou d'intersections circulaires, profondes, éloigées les unes des autres; épiderme d'un brun foncé, formant des stries longitudinales plus ou moins marquées; cassure brune, noirâtre, faiblement résineuse; couche corticale moins friable, moins causante que dans l'espèce précédente; odeur presque nulle; savenr fade, nullement amère, offrant à peine une légère âcreté après une application long-temps prolongée.

Telles sont les deux espèces d'Ipécacuanha du commerce. On avait donné à la première, qui est la racine du Callicocca Ipecacuanha de Brotero, le nom d'Ipécacuanha gris, et à la seconde, que l'on retire du Psychotra emetica de Mutis, celui d'Ipécacuanha brun ou noir. Mais nous avons fait voir, soit dans le Bulletin de la Société de la Faculte de Médecine de Paris soit dans notre Dissertation sur l'Ipécacuaha du commerce, que le caractère tire de la coloration extérieure ne saurai être employé avec avantage pour distinguer ces deux espèces, et qu'iétait même la cause de nouvelles. confusions Nous avons au contraire pro

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posé de tirer les caractères distinctifs de ces deux espèces, de leur organisation qui est fort différente dans chacune d'elles, et qui n'offre aucune variation. Ainsi nous avous donné à la racine du Callicocca, qui est irrégulièrement contournée et formàes de ptits anneaux saillans et superposée, le nom d'Ipécacuanha anuelé, et celui d'Ipécacuanha strié aux; racines du Psychtria qui n'offrent nullement ces anneaux, mai de simples étranglemens écartés les uns des autres, avec des stries longitudinales. Quant à la couleur des, racines ella n'est plus; devenue qu'un simple caractère pour former des variétés dans ces deux espèces. Ainsi on distingue dans le commerce, deux espéces d'Ipécacuanha, l'annelé et le strié.

Cet Ipécacuanha annelé, comme nous l'avons dit précédemncient est fourni par le Callicocca Ipecacuanha de Broteo. Mais nous ferons remarquer que le genre Callicocca, établi par Schreber, est le même que le cephœlis établi long-temps avant par Swartz. Le genre de Schreber ne doit donc pas être a dopté, et c'eat pour cette raison que dans les deux travaux cités précédemment, nous avons nommé cephœlis Ipecacuanha l'Arbuste qui produit l'Ipécacuanha annle.(V. pour sa description et celle du Psyclitria emetica, les mois CÉPHÆLIDE et PSYCHOTRIE.)

L'Ipécacuanha annelé présente trois variétés principales de couleur, savoir: 1° Ipécacuanha annelé BRUN: c'est la plus commune et la plus ahour dante; c'est elle aussi qui paraît jouir des propriétés les plus énergiques. Son épiderme est d'un brun plus ou moins foncé, quelquefois même presque, noir; c'est dans cet état qu'on la désignait autrefois sous le nom de Psychotria emetica, quand on croyait pouvoir distinguer ces deux espèces uniquement par la couleur. Mais Son organisation prouve évidemment qu'elle n'est que la racine du Cephælis; 2° Ipécacuanha annenelé GRIS: épiderme d'un gris blanchâtre, anneaux moins rapprochés, moins saillans. Cette.variété n'est pas trèst-commune. Elle se trouve parfois mélangée avec la précédente; 3° Ipécauanha annelé ROUGE. Elle est presque aussi commune dans le commerce que l'Ipécauanba annelébrun. Son épiderme est d'un brun rougeâtre, couleur de rouille.

Quant aux Ipécacuanhas blancs, ils sont fort variables, et l'on a donné ce nom aux racines d'un grand nombre de Plantes; telles sont l'Ionidium Ipecacuanha, l'Ionidium parviflorum, le Cynanchum vomitorium, et une foule d'autres. Mais ces espèces ne sont jamais répundues dans le commerce. Aussi est-il moins important de distinguer ces diverses racines les unes des a utres.

Les Ipéacuanlias ont été, dans ces derniers temps, l'objet de travaux très-importans de la part des chimistes, C'est à Pelletier que l'on doit une connaissance, exacte des divers prinoipes constituans de ces racines. Il y a trouvé: 1° une matière grasse, huileuse, très odorante, d'une couleur brune, qui paraît communiquer à cette racine son odeur et sa saveur nauséa bondes: 2° une substance particulière, simple de sa nature, dans laquelle réside la propriété émétique des Ipécacuanhas, et à laquelle il a donné le nom d;Emétine; 3° de la Cire végétale; 4° de la Gomme en assez grande quantité; 5° presque la moitié du poids total d'Amiden; 6° du Ligneux; 7° enfin, quelques traces d'Acide gallique.

L'Emétine ou le principe actif se trouve également dans l'Ipécacuanha annelé et dans l'Ipécacuanha strié. Pelletier l'a trouvée dans les racines du Cynanchum vomitorium qu'il a analysées sous le nom de Viola emetica, et nous en avons nous-méme constaté l'existence dans les racines de l'Ionidium Ipecacuanha ou Poaya branca du Brésil. Mais ce principe n'existe pas en égale quantité dans ces quatre espèces d'Ipécacuanha. Ainsi dans les racines du Cephœlis ou Ipécacuanha annelé, on trouve de

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14 à 16 pour cent d'Emétine; daus celles du Psychotria ou Ipécacuanha strié, on en trouve environ 8 pour cent; dans le Cynanchum vomitorium, 5 pour cent; et environ 3 pour cent dans les racines d'Ionidium Ipecacuanha. Il résulte de-là nécessairement que l'Ipécacuanha annelé mérite la préférence sur tous les autres puisqu'il renferme beaucoup plus du principe actif.

Disons quelques mots des propriétés médicales de l'Ipécacuanha. Nous avons déjà dit que Marcgraaff et Pison furent les premiers qui, vers le milieu du dix-septième siècle, firent connaître en Europe l'Ipécacuanha, et signalèrent ses propriétés médicales principalement dans la diarrhée. Malgré les éloges qu'ils prodiguèrent à cette nouvelle substance, son introduction fut lente et rencontra beaucoup d'obstacles. En 1678, un médecin, nommé Legras, qui avait fait trois fois le voyage d'Amérique, en rapporta une certaine quantité d'Ipécacuanha, qu'il déposa chez un pharmacien alors fort en vogue. Mais celui-ci l'ayant administré à des doses trop fortes, nuisit à son débit, plutô qu'il ne servit à en répandre l'usage, L'ignorance du marchand et le peu de succès qu'il retira de l'administration du nouveau médicament, tournèrent en quelque sorte contre la substance elle-même, et les incrédules saisirent ce nouveau prétexte de douter de son efficacité Environ quatorze ans après ces cssais infructueux, vers l'année 1686, un négociant franais, nommé Grenier, revenant d'Espagne, rapporta à Paris près de cent quarante livres d'Ipécacuanha. Pour favoriser la vente de cette substance, et en retirer plus d'avantages, il s'adjoignit Adrien Helvétius, médecin renommé de la ville de Reims, qui se chargea d'en surveiller avec soin l'administration. Les premiers essais d'Helvétius ayant eu des succès, il obtint de Louis XIV la permission de les continuer à l'Hôtel-Dieu de Paris, où, par de nombreuses expériences, il constata l'efficacité de la racine du Brésil, surtout dans le traitement de la diarrhée.

Ce remède avait été tenu secret jusqu à ce moment. Le roi, voulant répandre dans la société les avantages qu'il offrait dans le traitement de plusieurs maladies, en fit l'acquisition, moyennant une somme d'argent considérable. Nous ne rapporterons pas ici les détails de la querelle qui s'éleva alors eutre le marchand et le médecin, le premier voulant partager la récompense magnifique dont Louis XIV avait couronné les succès des tentative d'Helvétius. Le Parlement et le Châtelet décidèrent qu'elle appartenait entièrement à celui dont l'habileté et les connaissances avaient pu mettre si avantageusement en usage une substance jusqu'alors dépréciée, et la venger en quelque sorte de l'oubli dont on avait voulu la couvrir dès son origine. Ce fut depuis cette époque quel'usage de l'Ipécacuanha fut introduit en Frantce. Bientôt après il se répandit en Allemagne, en Angleterre, et dans les autis contrées de l'Europe.

L'Ipécacuanhn est un médtèament extrêmement précieux et dont l'emploi est en quelque sorte journalier. Son action émétique est une de celles pour lesquelles on l'emploie le plus tréquemment. L'on peut donner ce médicament comme émëtique, dans deux intentions différentes: 1° comme simplement évacuant 2° comme évacuant et dérivatif. Ainsl, par exemple, dans l'embarras gastrique, il agit simplement comme évacuant, en débarrassant l'estomac des matières bilieuses et muqueuses qui y sont amassées. Mais dans d'autrés circonstances, son action ue se borne pas à l'estomac. Ainsi l'on voit souvent des ophtalmies, des angines, des pneumonies et des pleurésies très-intenses céder comme par enohantement à l'administration d'un Vomitif. La dose à laquelle on adminire la poudre d'Ipécacuanha comme émétique varie suivant l'âge, le sexe et le tempérament. Chez les enfans très-

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jeunes, un seul, grain suffît souvent pour produire d'abondans vomissemens; chez les jeunes sujets de huit à dix ans, la dose est de cinq à huit grains; pour les jeunes gens et les femmes on porte cette dose à quinze et dix-huit grains; enfin, on en donne vingt, vingt-cinq ou même trente grains aux sujets vigoureux et adultes.

Nous avons déjà dit précédemment que c'était à cause de l'aptioh tonique qu'il exerce sur le canal intestinal, dans le cas de diarrhée chronique, que ce médicament avait d'abord été recommandé aux médecins européens par Marcgraaff et Pison. Depuis que son usage a été introduit dans la thérapeutique, il a constamment justifié sa réputation dans le traitement de cette maladie. Mais on doit bien se garder de l'employer dans la dyssenterie, quand cette maladie est accompagnée de symptômes d'une irritation aiguë; car alors il aggraveraitl'inflammation de la muqueuse des gros intestins, au lieu d'y porter remède.

On a encore fait usage de ce médicament donné à petites doses souvent répétées dans la fièvre puerpérale, dans les rhumes ou catarrhes pulmonaires chroniques, etc. (A. R.)

IPÉCA-GUACU. OIS. (Pison.) V. CANARD MUSQUÉ.

IPÉCU. OIS. (Marcgraaff.) V. PIC NOIR HUPPÉ.

IPÉCUTIRI OIS. Espèce du genre Canard. V. ce mot. (B.)

* IPHIONE. Iphiona. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, Corymbifères de Jussieu, et de la Syngénésie égale, L., établi par H. Cassmi (Bullet. de la Sociét. Philom., octobre 1817) qui lui a donné les caractères suivans: involucre formé d'écailles imbriquées; réceptacle nu, planiuscule; calathide sans rayons, composée de fleurons égaux, nombleux, réguliers et hermaphrodites; anthères munies d'appendices basilaires; akènes cylindracés, hispides, surmontés d'une aigrette légèrement plumeuse. Les deux Plantes sur lesquelles ce genre a été constitué diffèrent entre elles par quelques caractères. L'une d'elle (I. punctata, Cass.) est originaire de Galam en Afrique; la seconde 1. juniperifotia, H. Cass., Dict., ou I. dubia, Cass. Bullet. Philomat.) croît en Egypte, aux environs du Caire. C'est le Conysa pungens de Lamarck, le Chrysocoma mucronata de Forskahl, et le Stœhelina spinosa de Vahl. (G..N.)

* IPHIS. lphis CRUST. Genre de l'ordre des Décapodes, famille des Brachyures, tribu des Orbiculaires, établi par Leach et que Latreille n'a pas adopté (Fam. Natur. du Rène Anim.); il le réunit (Règne Anim. de Cuvicr) au genre lxa de Leach (V. ce mot), dont il ne diffère que parce qu'il a, de chaque côté, une grosse et longue épine transverse. L'espèce qui servait de type à ce genre, est le Cancer septem-spinosus (Herbst, Cancr. T. I, tab. 20, fig. 112); V. IXE et LEUCOSIE. (G.)

* IPHISE. REPT. OPH. Daudin a donné ce nom à une Couleuvre qui paraît être le Serpens siamensis de Séba, Thes. II, tab. 34, fig. 5. (B.)

IPHYON. BOT. PHAN. (Théophraste.) Syn. d'Asphodèle jaune. (B.)

IPO ET UPAS. BOT. PHAN. Poison qui passe pour le plus violent de tous ceux que fournissent les Végétaux. Les voyageurs ont raconté des choses incroyables de sa violence; Leschénault, dans un Mémoire fort étendu sur les Plantes vénéneuses de Java (Ann. du Mus. T. XVI, p. 459) a prouvé que ses effets n'avaient pas besoin d'être exagérés pour être terribles. Il a reconnu que les deux poisons employés, sous les noms d'Ipo et d'Upas, par les habitans des archipels de l'Inde dans le but de rendre leurs armes plus sûrement meurtrières, provenaient des Arbres décrits et figurés par lui (loc. cit., pl. 23 et 22) sous les noms de Strychnos Tieute et Antiaris toxicaria. (B.)

IPOMÉE. Ipomœa. BOT. PHAN.

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Genre de la famille des Convolvulacées, établi par Linné dans la Pentandrie Monogynie, très-voisin des Liserons (Convolvulus) dont il ne diffère que par des caractères d'une faible importance. Mais comme ce dernier genre est extrêmement nombreux en espèces, il est utile de conserver l'Ipomœa, en convenant que ses caractères distinctifs sont d'une très-faible valeur. Linné, en établissant ce genre, ne le distinguait des Liserons que par son stigmate capitulé et à trois lobes, et par sa corolle infundibuliforme. Jussieu (Gen. Plant.) conserve ce genre avec le caractère de Linné; il ajoute que dansles Liserons les loges contiennent une ou deux graines, tandis qu'el les sont poly spermes dans les Ipomœa. Kunth (in Humb. et, Bonpl. Nov. Gen., 3, p. 110) adopte le genre dont il s'agit ici, mais en le circonscrit vant d'une autre manière. Il y place toutes les espèces qui ont a corolle tubuleuse, infundibuliforme, et les étamines saillantes au-dessus du tube de la corolle. Voici comment on peut le caractériser: le calice est monosépale, à cinq divisions profondes, nu et persistant. La corolle est monopétale, régulière, tubuleuse, infundibuliforme, ayant son limbe à ciuq division plissées. Les étamines, au nombre de cinq, sont saillantes au-dessus du tube de la corolle, L'ovaire est libre, à deux ou trois loges renfermant chacune deux ovules. Le style est simple, saillant, terminé par deux ou trois stigmates globuleux et rapprochés les uns contre les autres. Le fruit est une capsule ordinairement globuleuse, en partie recouverte par le calice. Elle offre une, deux ou trois loges, avec une ou deux graines dans chacune d'elles.

Ce genre, ainsi caractérisé, se compose encore d'un très-grand nombre d'espèces. Ce sont des Plantes herbacées, annuelles ou vivaces, tantôt dressées et volubiles. Leurs feuilles alterrnes sont entières, quelquefois lobées ou pinnatifides. Les fleurs sont quelquefois très-grandes et de couleu très-éclatante; elles sont portées su des pédoncules simples ou rameu qui naissent à l'aisselle des feuille ou au sommet des ramifications de le tige. Plusieurs espèces de ce genre sont cultivées dans les jardins. Nou mentionnerons les suivantes:

IBOMÉE QUAMOCLIT, Ipomœa Quamoclit, L., Willd., Sp. 1 p. 879 Cette espèce, qup l'on désigne sous le nom vulgaire de Fleur du cardinal est originaire de l'Inde. On la tronve aussi dans l'Amérique méridionale Elle s'est naturalisée aux îles de France et de Mascareigne. Elle est annuelle; sa tige est volubile, et ses feuilles sont planatifi des et découpées en lobes linéaires et presque sé tacées. Les fleurs sont d'un rouge éclatent, portées sur des pédoncules biflores plus longs que les fleurs.

IIMÉE BONNE-NUIT, Ipomœa Bonamox. L., Cavan, Icon. 3, p. 52, tab. 300. Cette belle espèce est également annuelle et volubile, mais ses feuilles sont entières, ovales arrondies acuminées au sommet, échancrées en forme de cœur à leur hase, et glabres. Les fleurs sont routes, portées sur des pédoncules axillaires et multiflores plus longs que les feuilles. Elle est originaire de l'Amérique méridionale. (A. R.)

* IPOMERlA. BOT. PHAN. Le genre ainsi nommé par Nuttal (Gen. of narth Amer. Plants) est le même que l'Ipomopside. V. ce moti. (A. R.)

IPOMOPSIDE. Ipomopsis. BOT. PHAN. Genre établi pan le. professeùr Richard dans la Flora Boreuli Americana de Michaux, vol. Ier, p. 141, pour l'Ipomœa rubra, L., et qui fait partie, non de la famille des Convolvulacées, mais bien de celle des Polémoniacées. Il ne se compose que d'une seule espèce, Ipomosis elegans, Michx., loc. cit., et planches de ce Dictionnaire; Ipomœa rubra, L.; Cantua coronopifolia, Willd., Sp. 1, 879. C'est une Plante vivace, dont la tige sous-frutescente et dressée s'élève à une hauteur d'enriron

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deux pieds, et se ramifie beaucoup vers sa partie supérieure. Les feuillea sont alternes, sessiles, très-rapprochées, étalées, pinnatifides, à divisions. écartées, étroites et presque linéaires. Les fleurs, qui sont d'un beau rouge, forment une sorte de panicule pyramidale à la partie supérieure de la tige; elles sont d'abord dressées, puis pendantes. Leur calice est presque cylindrique, à cinq divisions peu profondes, dressées et aigues; la corolle est monopétale, régulière, infundibuliforme, ayant son limbe â cinq divisions obtuses ou un peu acuminées. Les étamines, au nombre de cinq, sout inégales et légèrement saillantes. Leurs anthères sont globuleuses, à deux loges, s'ouvrant par un sillon longitudinal. L'ovaire est allongé, assis sur un disque hypogyne, annulaire; il offre trois loges qui contiennent chacune de six à dix ovules insérés sur deux rangs alternatifs. Le style est simple, saillant, termine par un stigmate à trois divisions linéaires recourbées eu dessous. Le fruit est une capsule ovoïde, allongée, à trois côtes, terminée supérieurement par une pointe formée par le style. Cette capsule, qui est enveloppée par le calice persistant, offre trois loges contenant ehacune de six à dix graines insérées sur deux rangées à l'angle interné; et portant une pointe à leur sommet. Les graines sont irrégulièrement cubiques, attachées par le milieu d'une de leurs faces. L'embryon ets droit, placé transversalement au hlle, àu milieu d'un endosperme un peu corné. La radicule est assez longue, conique; les deux cotylédons sont obtus, planes, et nullement chiffonnés.

Ce genre est évidemment distinct des Ipomées, puisqu il n'appartient pas à la famille des Convolvulacées. Il diffère du Cantua dont il se rapproche par son calice urcéolé, ses graines qui ne sont pas membraneuses, et par son port. (A. R.)

* IPOTARAGUAPIN. BOT. PHAN Lœtliug a cité sous ce nom un Arbrisseau de l'Amérique méridionale; dont il n'a décrit que le fruit qui se compose d'une noix à deux loges monospermes, recouvertes par un brou un peu allongé. Les feuilles opposées de cet Arbrisseau, ses épines également opposées et axillàires, ses stipules inteimédiaireà, et ses fruits pédonculés, axillaires, ont fait supposer que c'était une Rubiacée voisine du genre Canthium. (G..N.)

IPREAU. BOT. PHAN.Espèce du genre Peuplier. V. ce mot. (B.)

IPS. Ips. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Clavicornes, tribu des Peltoïdes (Latr., Fam. Natur. du Règne Anim.), ayant pour caractères: élytres tronquées; tarses à articles allongés et grêles; massue des antennes étroite; extrémité postérieure de l'abdomen nue. Ce genre a subi un grand nombre de changemens, et il n'en est pas un dont la synonymie soit aussi embrouillée. Nous allons laisser parler Latreille à ce sujet. On désignait anciennement sous le nom d'Ips, dit ce savant, des Insectes qui rongent la corne et le bois. Degéer, en 1775, appliqua cette dénomination à un genre de Coléoptères, qu'il détacha de celui des Dermesies de Linné, et très-voisin de celui des Scolites de Geoffroy. Fabricius, dans son Mantissa Insectorum, comprit sous le nom générique d'Ips, nos Nitidules à forme oblongue, nos Dacnés, des Tritomes de Geoffroy, ou des Mycétophages et d'autres Coléoptères analogues. Les Ips de Degéer devinrent pour lui des Bostriches. Olivier les réunit aux Scolites, et son genre Ips fut composé de quelques Coléoptères désignés ainsi par Rossi, et de quelques Dermestes de Linné; il le plça dans la section des Pentamères; mais plusieurs espèces qu'il y rapporta appartiennent à d'autres sections. Fabncius ensuite (Actes de la Soc. d'Hist. Natur. de Paris Entom. Systémat.) le divisa en plusieurs genres, mais sans presque rien

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changer à la coupe qu'il ayait ainsi nommée, et à laquelle il conserva la même dénomination. Herbst, daus son ouvrage sur les Coléoptères, éclaircit encore ce sujet par rétablissement de quelques autres genres et par la description de plusieurs espèces inédites. Paykull (Faun. Suec.) forma avec les Ips de Fabricius, le genre Engis (Dacne), et plça dans la seconde division de celui des Cryptophages d'Herbst, nos Ips proprement dits, Insectes qu'il avait auparavant confondus avec les Dermestes. Fabricius enfin, dans un ouvrage postérieur (Syst. Eleuth.), adopta le genre Engis, et réunit les Cryptophages du précédent, soit aux Mycétophages, soit aux Dermestes. Les Ips, tels qu'ils sont adoptés par Latreille, se distinguent des Dacnés et des Bytures (V. ces mots), par les élytrès, qui recouvrent tout l'abdomen dans ceuxci et qui sont arrondies postérieurement; ils diffèrent des Nitidules et des autres genres voisins, par des caractères de la même valeur. Ce sont, en général, de petits Insectes qui se trouvent sous les écorces des Arbres, sur le bois et même dans nos habitations où on les voit courir, dans toutes les saisons de l'année, sur les châssis et les vitres de nos fenêtres. Leurs larves, qui vivent probablement dans le bois, sont inconnues. L'espèce qui sert de type à ce genre et qui se trouve le plus communément à Paris, est:

L'IPS CELLERIER, Ips cellaris, Oliv. (Entom., t. 2, n° 18, pl. 1, f. 3, a-b); Dermestes cellaris, Scopoli; le Dermeste du fumier, Geoffroy; Cryptophagus cellaris, Payk.; Cryptophagus crenatus, Herbst.; Dermestes fungorum, Panz. (Faun. Ins. Germ., fasc. 39, fig. 14). Il est très-petit, d'un brun fauve, pubescent, pointillé avec deux dents de chaque côté du corselet. (G.)

IPSIDA. BOT. PHAN. Double emploi d'Ispida dans le Dictionnaire de Déterville. V. ce mot. (B.)

IPSIDES. Ipsides. INS. Division établie par Latreille (Gen. Crust. et Ins. T. II, p. 19) dans la famille des Clavicornes, et renfermant les genres Ips et Dacné. V. ces mots. (G.)

* IPSUS. BOT. PHAN. Syn. de Liège. V. CHÊNE. (B.)

IQUETAYA. BOT. PHAN. V. SCROPHULAIRE.

IRABULO. MAM. (Gumilia.) Syn. de Cabiai. V. ce mot. (B.)

* IRANE. POLYP.? BOT. CRYPT. ? Ce nom paraît avoir désigné dans l'antiquité les Coralliues et petits Fucus vermifuges dont on appelle communément aujourd'hui le mélange Mousse de Corse. V. HELMINTHOCORTHON. (B.)

IRASSE. BOT. PHAN. Bose cite sous ce nom uu Palmier peu connu de l'Amérique méridionale qu'il croit appartenir au genre Martinèze. V. ce mot. (B.)

IREON. BOT. PHAN. (P. Browue.) Syn. de Sauvagesia. V. ce mot. Le nom d'Ireon a été donné comme générique par Scopoli, à une Plante qui est le Lobelia parviflora de Bergius. Ce genre n'a pas été adopté. (G..N.)

IREOS. BOT. PHAN. L'Iris de Florence chez les anciens. (B.)

IRÉSINE. Iresine. BOT. PHAN. Genre de la famille des Amaranthacées, et de la Diœcie Pentandrie, établi par Liuné, adopté par les auteurs modernes, et ainsi aractérisé par Kunth (Nov. Gener, et Species Plant, œquinoct., vol. II, p. 198): fleurs dioïques; calice à cinq divisions profondes et régulières; dans les mâles, cinq étamines; dont les filets sont soudés par la base, et les anthères à deux loges; dans les fleurs femelles, un seul style surmonté de deux stigmates; capsule monosperme fendue transversalement.

L'Iresine celosioides est l'espèce sur laquelle Linné a fondé le genre. C'est une herbe qui croît dans les lieux inondés, pendant l'hiver, de la Virginie et de la Floride. Elle a des

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feuilles ponctuées, scabres, les inférieures oblongues, acuminées, les supérieures ovales, lancéolées; la tige est glabre, cannelée et rameuse; ses fleurs sont très-petites, disposées eu une panicule rameuse et serrée. On cultive cette Plante dans les jardins de botanique.

Willdenow, Poiret et Kunth ont décrit une dixaine d'autres espèces indigènes pour la plupart de l'Amérique méridionale. (G..N.)

IRIA. BOT. PHAN. V. IRIE.

IRIARTEA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Palmiers, et de la Monœcie Polyandrie, L., établi par Ruiz et Pavon (Fl. Peruv. et Chil. Prodr., p. 139, t. 32), et adopté par Martius (Palmarum Genera, p. 17) qui l'a ainsi caractérisé: fleurs monoïques réunies dans le même spadice; plusieurs spathes complètes, imbriquées; fleurs sessiles, sans bractées; les mâles ont un calice triphylle, une corolle à trois pétales, douze étamines ou un plus grand nombre, et un pistil rudimentaire; les fleurs femelles se composent d'un calice et d'une corolle comme dans les fleurs mâles, d'un ovaire triloculaire, surmonté de trois stigmates très-petits. Le fruit est une baie renfermant une seule graine pourvue d'albumen et d'un embryon basilaire. L'Iriartea deltoidea a un stipe cylindrique annelé d'oa pendent plusieurs racines épigées ses frondes sont terminales, à pétioles engaînans et à pinnules trapézoïdales. Les fleurs sont jaunes, disposées en régimes simplement rameux, et placés au-dessous des frondes. Ce genre a été réuni par Kunth au Ceroxylon de Humboldt et Bonpland; mais, selon Martius, ces genres offrent entre eux quelques différences. V. CÉROXYLE.

(G..N.)

IRIBIN. OIS. Genre institué par Vieillot pour y placer le Daptriusater, qu'il a séparé des Caracaras de Cuvier. V. FAUCON, division des CARACARAS. (DR..Z.)

IRIBU-ACABIRAY. OIS. Syn. vulgaire du Catharte Aura. V. CATHARTE. (DR..Z.)

IRIBURU-BICHA. OIS. (Azzara.) L'un des noms de pays du roi des Vautours. V. CATHARTE. (DR..Z.)

IRIDAPS. BOT. PHAN.(Commerson.) Syn. d'Artocarpe. (B.)

* IRIDÉE. Iridea. BOT. CRYPT. (Hydrophytes.) Le genre ainsi désigné par Stackhouse, ne pouvant être conservé selon Lamouroux, nous adopterons ce nom pour un genre nouveau de Fucacées dont nous proposons l'établissement, parce qu'il désigne parfaitement les teintes brillantes dont se parent les Plantes qui le composent. Quand elles sont plongées dans leur élément naturel, elles y répandent les plus belles nuances de l'arc-en-ciel, ou les reflets chatoyans que lancent le plumage de certains Oiseaux et quelques variétés de charbon de terre. Ses caractères, qui le placent dans notre tribu des Laminariées (V. ce mot), consistent dans la forme de la fronde simple, atténuée inférieurement en un stipe court de la même substance que l'expansion qui est épaisse, d'une consistance cartilagineuse, gélatineuse, formée d'un mucus contenu dans un réseau microscopique, formé de filamens entrecroisés, ressemblant à celui d'une Hydrodictye. La fructification consiste en des tubercules épars dans l'épaisseur des frondes, environnés d'une sorte d'anneau translucide et devenant souvent durs et saillans au point de rendre la fronde rugueuse comme la peau de certains Squales. Toutes les espèces de ce genre brillent, dans la mer, de reflets chatoyans, que plusieurs reprennent même lorsqu'après une longue dessiccation on les remet dans l'eau pour les faire revenir; elles reprennent alors toute leur flexibilité, mais ne tardent pas à se décomposer en une sorte de gelée ou mucosité qui répand une odeur de violette très-prononcée et fort agréable. Le Delesseria edulis de Lamouroux, dont De Candolle faisait une Ulve,

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et Agardh un Halymenia rentre certainement dans ce genre dont nous connaissons plusieurs autres belles espèces exotiques: l'Iridea cordata N.; Fucus cordatus, Turn., Hist. Fuc., t. 116; Halymenia, Ag., Sp., p. 201, à fronde entière subcordée, acuminée, qui a été rapportée par Menzies des côtes occidentales de l'Amérique du nord. L'Iridœa crispata, N., à fronde sub-réniforme ou en coin, à bords très-ondules et frisés; découverte par Lesson, sur les côtes du Chili, à la Concetion. L'Iridœa papillosa, N., à frondes plus allongées, déchirées, se chargeant de papilles qui, lorsqu'elles viennent à tomber par l'âge avec la fructification, laisseut des trous dans la substance du Végétal qui alors demeure cancellé comme le Laminaria Agarum. C'est encore Lesson qui a découvert cette espèce aux Malouines. Enfin l'Irideamicans, N., à fronde ovoïde obronde, obtuse, à peine ondulée, d'abord mince, très-hygrométrique, d'une teinte violette sombre, et la plus chatoyante de toutes; l'âge l'épaissit plus que toute autre, et alors ses fructifications très-multipliées la rendent âpre; elle acquiert jusqu'à un pied et demi de long. D'Urvillel'a rapportée des Malouines et de la Conception. L'Halymenia reniformis, Ag.; le Fucus lomation, et le Delesseria palmata, doivent encore appatenr au genre Iridée. (B.)

IRIDÉES. Irideœ. BOT. PHAN. Famille naturelle de Plan es monocotylédones à étamines épigynes, dont le genre Iris est le type et le plus nombreux en espèces. La famille des Iridées forme un groupe extrêmement naturel et très-facile à distinguer; Toutes les Plantes qui le composent sont remarquables par la grandeur ou l'éclat de leurs fleurs: aussi une multitude d'entre elles forment- elles l'ornement de nos serres et de nos jardins; telles sont les Iris, les Ixies, les Glaïeuls, les Safrans, les Bermudienues et beaucoup d'autres. Les Iridéessont toutes des Plantes herbacées, généralement vivaces, ayant leur racine tubèreuse et charnue, quelquefois cependant fibreuse. Leur tige, qui est assez rarement sous-frutescente à sa base, est cylindrique ou comprimée, portant des feuilles alternes, planes, ensiformes ou cylindracées, devenant jaunâtres dans l'herbier. Les fleurs sont constamment enveloppées avant leur épanouissement dans une spathe membraneuse, souvent mince, sèche et scarieuse, formée d'une seule, de deux ou de plusieurs pièces. Ces fleurs sont tantôt solitaires, tantôt diversement groupées. Leur calice est généralement tubuleux, adhérent par sa base, avec l'ovaire qui est infère. Son limbe est à six divisions profondes, dont trois intérieures et trois extérieures, quelquefois inégales et dissemblable. Les étamines sont constamment au nombre de trois naissant du sommet du tube; tantôt les filets sont libres et distincts, tantôt ils sont soudés et monadelphes. Les anthères ont; leur face tournée vers le centre de la fleur. Elles sont à deux loges qui s'ouvrent par un sillon longitudinal. L'ovaire est constamment infère, à trois loges, contenant chacune plusieurs ovules attachées sur deux rangées alternatives, à l'angle rentrant. Le style est simple, terminé par trois stigmates simples, bifides, découpés ou minces, membraneux et pétaloïdes. Le fruit est une capsule à trois loges polyspermes, et à trois valves septifères sur le milieu de leur face interne. Les graines se composent d'un régumeut propre et d'un embryon parfaitement indivis, placé dans un endosperme charnu ou légèrement corné.

Les genres qui entrent dans la famille des Iridées peuvent être partagés en deux sections bien distinctes, suivant que leurs trois étamines sont libres ou suivant qu'elles sont monadelphes.

Ire SECTION—Etamines libres.

Iris, L.; Morœa, L., auquel il faut réunir, selon Jussieu, le Bo-

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bartia de Linné et le Diplarrhena de Libillardière; Ixia, L.; Tapeinia, Commers.; Cipura, Aublet; Watsnaia, Juss.; Gladiolus, L.; Anthlyza, L.; Witsenia, Thunb.; Crocus, L.; Pardanthus, Ker.; Babiana, Gawler; Sparaxis, Gawler; Hesperantha, Gawl.; Geissorhiza, Gawl.; Tritonia, Gawl.; Anomatheca, Gawl.; Trichonema, Gawl.; Aristea, Aiton; Diasia, De Gand.; Monbretia, De Cand.

IIe SECTION. —Etamines monadelpkes.

Galaxia, Thunb; Sisyrinchium, L.; Tigridia, Juss.; Ferraria, L.; Vieusseuxia, Delaroche; Patersonia, Rob. Brown.

Plusieurs des genres que nous venons d'énumérer devront probablement être réunis ensemble, quand ils auront été étudiés avec plus de sévérité.

Quant aux Dilatris, Xiphidium et wachendorfia, placés par Jussieu à la seite des Iridées dans son Genera, cet illustre botaniste en a fait plus récemment une famille nouvelle sous le nom de Dilatridées. V.ce mot au Supplément. (A. R.)

* IRIDINE. Iridina. CONCH. Genre prorposé par Lamarck pour une des especes d'Anodontites de Bruguière. Férussae et Blainville le considèrent, avec juste raison, comme sous-genre des Anodontes. V. ce mot. (D..H.)

* IRIDION. BOT. PHAN.On a rapporté au Roridula dentata, L., la plante nommée par Burmann (Prodr. 6) Iridion verticillatum. (G..N.)

IRIDIUM, MIN. Le docteur Wollaston a découvert ce Métal à l'état d'alliage avec l'Osmium en des proportions encore inconnues. Il se rencontre en grains blancs métalliques avec ceux du Platine natif, et présente des indices de cristallisation d'après lesquels on croit pouvoir rapporter sa forme à celle d'un prisme nexaèdre régulier. Les grains d'Iridium osmiuré ressemblent beaucoup à ceux du Platine par leur couleur; mais ils sont sensiblement plus durs. Leur pesanteur spécifique est d'envi ron 17, 35. Ils sont insolubles dans tous les Acides, et donnent, par la calcination dans un tube ouvert, une odeur analogue à celle du Chlore. On les sépare du Platine brut en traitant le sable platinifère par l'Acide nitro-hydiochlorique Le Platine se dissout et l'osmiure d'iridium reste avec les matières pierreuses. (G.DEL.)

IRIDORGHIS. BOT. PHAN. Nom donné par Du Petit-Thouars (Hist. des Orchidées des îles australes d'Afrique) à un groupe de la section des Epidendres et qui correspond au genre Cymbidium de Swartz. Il offre pour caractères essentiels: une seule masse pollinique dans chaque loge de l'anthère; labelle plane, élargi, denté au sommet; fleur renversée. Il ne se compose que d'une seule espèce (Cymbidium equitans), Plante des îles de France, de Mascareigne et de Madagascar. Du Petit-Thouars l'a figurée loc. cit., tab. 91) sous le nom d'Equitiris. (G..N.)

IRIDROGALVIA. BOT. PHAN. (Poiret, Encyclopéd., et Steudel.) Pour Isidrogalvia. V. ce mot. (G..N.)

* IRIE. Iria. BOT. PHAN. Le professeur Richard a proposé ce nom (in Persoon. Syn. Plant. 1, p. 65) pour un sous-genre dont le Cyperus monostachyos de Linné est le type. Ses caractères consistent: en un épi simple, composé d'écailLes distiques et imbriquées, dont les supérieures sont sevrées les unes contre les autres, et les inférieures se terminent par une arête. Chaque fleur se compose d'une seule étamine, d'un ovaire surmonté de deux stigmates. Le fruit est un akène mutique.

Ce sous-genre se compose de deux espèces; l'une, Iria Caribæa, Rich., est le Cyperus monostachyos de Linné qui croît dans l'Amérique méridionale; l'autre, Iria indica, Rich., est le Cyperus monostachy us de Rottbol qui croît dans l'Inde, et se dis-

TOME IX. 2

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tingue de la précédente par sa touffe épaisse, dressée, et ses écaillés inférieures aristées. (A. R.)

* IRIO. BOT.PHAN. Ce mot, employé par Linné comme nom spécifique d'un Sisymbrium, a été donné par De Candolle (Syst. Veget. Nat. T. 11, p. 463) à la quatrième section qu'il a établie dans ce genre. V. SISYMBRE. (G..N.)

IRION. BOT. PHAN. Ce mot, dont on a fait Irio, était celui par lequel les anciens désignaient la Moutarde des champs, et jusqu'au Polygonum Fagopyrum. (B.)

* IRIS. ZOOL.V. ŒIL.

* IRIS. INS. Nom scientifique du beau Papillon d'Europe vulgairement nommé Grand Mars changeant. (B.)

IRIS. Iris. BOT. PHAN. Genre de la famille des Iridées, de la Triandrie Monogynie, L. Il est fort nombreux en espèces cultivées dans nos jardins, et peut être caractérisé de la manière suivante: son calice est tubuleux et adhérent par sa base avec l'ovaire qui est complétement infère; lelimbe est à six divisions très-profondes, dont trois extérieures plus grandes sont quelquefois dressées et quelquefois réfléchies, ordinairement marquées sur le milieu de leur face interne d'une rangée longitudinale de poils glanduleux; les trois divisions internes, plus petites que les trois autres, sont dressées quand celles-ci sont réfléchies, ou réfléchies quand les autres sont dressées. Les étamines, au nombre de trois, sont insérées au sommet du tube du calice. Leurs filets sont libres, et leurs anthères allongées à deux loges et extrorses. Chaque étamine est placée en face de chacune des divisions calicinales externes et recouverte par un des stigmates. Le style est ordinairement triangulaire, tantôt libre, tantôt soudé avec le tube du calice qui est épais et charnu. Il se termine par trois stigmates pétaloïdes allongés, voûtés et recouvrant immédiatement chaque étamine. Ils sont bilobés à leur sommet avec une petite languette placée à la face inférieure de la fente qui sépare les deux lobes, et marqués d'une rainure glanduleuse formée par la prolongation de la fente dont nous venons de parler. L'ovaire est infère, à trois loges, contenant chacune un assez grand nombre d'ovules attachés à l'angle interne et sur deux rangées longitudinales, mais alternes. Le fruit est une capsule ovoïde allongée, quelquefois un peu triangulaire, acuminée à son sommet, à trois loges, contenant plusieurs graines disposées sur deux ou sur une seule rangée. Cette capsule s'ouvre en trois valves septifères sur le milieu de leur face interne. Les graines qui sont globuleuses ou planes, déprimées et discoïdes, contiennent dans un endosperme blanc et corné un embryon dressé et cylindrique.

On compte quatre-vingt-douze espèces d'Iris décrites dans le troisième volume du Systema Vegetabilium de Rœmer et Schultes. Ce sont toutes des Plantes vivaces, à racines fibreuses ou plus généralement munies d'une souche ou rhizome horizontal, tubéreux et charnu, dont la forme varie beaucoup suivant les diverses espèces. Les feuilles sont généralement ensiformes, comprimées, engaînantes à leur partie inférieure, quelquefois linéaires et graminifonnes; les plus extérieures avortent quelquefois et forment des espèces de gaines scarieuses. La tige ou hampe est tantôt cylindrique, tantôt comprimée ou anguleuse, simple ou rameuse, portant une ou plusieurs fleurs sessiles ou pé donculées, généralement très-grandes, violettes, jaunes ou blanches, accompagnées de spathes scarieuses qui ne paraissent être que des feuilles avortées. Les espèces de ce genre sont répandues généralement dans les diverses contrées de l'Europe, en Orient et au cap de Bonne-Espérance; très- peu habitent l'Amérique. On en compte environ sept à huit dans l'Amérique septentrionale, et une seule au Brésil.

Un très-grand nombre d'espèces de

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ce genre méritent, par l'élégance de leurs fleurs, d'être cultivées dans les jardins. Nous nous contenterons d'en mentionner ici quelques-unes des plus remarquables. En général on forme deux sections dans les espèces d'iris. La première comprend celles dont les divisions calicinales sont ciliées sur le milieu de leur face interne, la seconde celles qui ont ces divisions glabres.

Divisions calicinales ciliées.

IRIS GERMANIQUE, Iris Germanica, L., Red., Lil., t. 309. Sa racine est une souche ou tige souterraine, horizontal charnue, tubéreuse, plane par sa face inférieure qui donne naissance à des radicules fibreuses et charnues, convexe par sa face supérieure offrant des espèces d'anneaux formés successivement par la base persistante des feuilles. Cellesci partent, ainsi que la tige, de la partie antérieure de la souche, dont la postérieure se déiruit successivement et devient tronquée. Elles sont ensiformes, glauques, hautes d'un pied, larges d'un pouce, aiguës au sommet, s'embrasant et s'engaînant les unes dans les autres dans leur base; la tige haute d'environ deux pieds, et un peu compriée porte ordinairement dans sa partie inférieure deux à trois feuilles embrassantes et alternes, et à sa partie supérieure elle offre trois à cinq grandes fleurs violettes, pédoncules, embrassées chacune dans quatre spathes scarieuses avant leur épanouissement. Les trois divisions internes du calice sont dressées, obovales, arrondies, rapprochées en globe; les trois externes sont réfléchies, tiès-obtuses, munies d'une rangée de poils jaunes à leur moitié inférieure et interne. Cette espèce, la plus commune de celles qu'on cultive dans les jardins, croît naturellement dans les lieux secs, sur les vieux murs de l'Allemagne et de la France. Sa racine charnue contient un suc âcre et rustique qui irrite fortement l'estomac et le canal alimentaire. C'est un émétique et un drastique assez violeut, dont les médecins anciens ont recommandé l'usage dans les hydropisies. Aujourd'hui ce remède n'est plus mis en usage que par les gens de la campagne, qui l'emploient encore pour se purger. Cette espèce offre plusieurs variétés; ses fleurs sont quelquefois d'un rouge pourpre sombre, ou jaunâtres; elles forment alors l'Iris squalens de quelques auteurs.

IRIS DE FLORENCE, Iris Florentinc, L., Red., Lil., t. 23. Celte espèce a beaucoup de ressemblance avec la précédente, dont elle diffère surtout par ses fleurs constamment blanches veinées de jaune, sessiles, par le tube de son calice qui est plus court. Ses fleurs sont odorantes. Elle croît en Italie, en Provence. On la cultive dans les jardins. Sa racine, quand elle est seche, a une odeur agréable de violette. Elle est employée aujourd'hui dans la parfumerie, et pour aromatiser diverses préparations pharmaceutiques. On en met également des fragmens dans le linge, pour lui donner une odeur agréable. Autrefois on administrait cette racine sèche et réduite en poudre, à la dose de dix à vingt grains, dans les rhumes, les catarrhes pulmonaires chroniques. On l'a également recommandée dans les affections asthmatiques. On emploie encore la racine d'iris de Florence, pour faire des pois à cautères; sou âcreté, qui n'est pas entièrement dissipée par la dessiccation, la rend très-propre à entretenir dans la plaieune irritation convenable pour l'effet qu'on se propose d'obtenir.

IRIS DE SUZE, Iris Suziana, Vahl, Red., Lil., t.18. Cette belle espèce que l'on connaît, dans les jardins, sous les noms d'Iris deuil et d'Iris tigrée, est originaire de Perse, des environs de Constantinople. Ses feuilles sont trèsétroites; sa tige haute d'environ deux pieds, dans les individus cultivés, est simple, sillonnée, et se termine, en général, par une seule fleur. Celle-ci est très-grande, d'un brun foncé, mêlé de brun clair et de blanc avec des veines pourpres. Cette espèce qui est assez délicate doit, pen-

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dant l'hiver, être recouverte d'une cloche et de fumier, afin de la préserver du froid.

IRIS NAINE, Iris pumila, Vahl, Red., Lil., t. 261. Petite espèce originaire de France, et dont on fait fréquemment des bordures dans les jardins. Ses tiges sont courtes, d'un à deux pouces de hauteur seulement, portant à leur sommet une seule fleur violette ou panachée, accompagnée d'une spathe plus courte que son tube. Les feuilles sont longues de quatre à cinq pouces, assez larges, ensiformes et glauques.

IRIS DE LA CHINE, Iris Chlnensis, Cav.; Iris fimbriata., Vent., Jard. Cels., t. 9; Red., Lil., 1.152. Cette espèce est une des plus belles du genre; ses racines sont tubéreuses, traçantes et horizontales. Ses feuilles sont distiques, glauques, ensiformes, plus eourtes que la tige, laquelle est élevée d'un pied et demi à deux pieds, rameuse dans sa partie supérieure où elle porte de trois à huit fleurs de grandeur moyenne, d'un bleu pâle, ayant les divisions calicinales jaunâtres dans leur contour. Les divisions extérieures sont plus larges, marquées de taches jaunes. Les stigmates sont bleus et frangés. Cette Iris est assez délicate. On doit la rentrer en orangerie pendant l'hiver.

Divisions calicinales non ciliées.

IRIS DES MARAIS, Iris Pseudo-Acorus, L., Red., Lil., t. 235. Sa racine ou souche est horizontale et charnue; sa tige dressée, un peu comprimée, lisse, glabre et glauque, haute d'eû virpn deux pieds, offrant des nœuds à l'attache de chaque feuille. Cellesci sont ensiformes, allongées, aiguës, entières, amplexicaules. Les fleurs jaunes, grandes, au nombre de quatre à cinq, pédonculées à la partie supérieure de la tige. Les trois divisions internes sont dressées, spathulées et très-petites. La capsule est ovoïde, allongée, à trois loges, contenant chacune un très-grand nombre de graines planes, discoïdes, appliquées les unes sur les autres. Cette espèce croît en abondance sur le bord des marais et des ruis seaux aux environs de Paris, où elle fleurit en mai et en juin. On ne la cultive pas dans les jardins. Ses graines torréfiées ont une saveur amère et une odeur aromatique assez prononcée. On a proposé de les substituer à la graine du Café, à une époque où la guerre avait interrompu les communications commerciales.

IRIS DE PERSE, Iris Persica, L., Red., Lil., t. 189. Cette jolie espèce a sa racine bulbeuse, ou plutôt le bas de sa tige offre un renflement ovoïde, de la base duquel naissent des fibres épaisses, et qui est environné de gaînes scarieuses. Les feuilles sont linéaires, subulaes, canaliculées, plus hautes que la tige qui est trèscourte et unifore. La fleur est variée de blanc et de violet. Le tube du calice est extrêmement long. Les trois divisions intérieures sont très-petites et réfléchies. On cultive cette espèce dans les jardins. Elle est originaire de Perse.

IRIS BERMUDIBNNE, Iris Sisyrinchium, L., Red., Lil., t. 29 et 458. Originaire d'Espagne, de Naples et de Barbarie, cette espèce a une racine bulbeuse, des feuilles canaliculées, arquées et quelquefois contournées, deux fois plus élevées que la tige. Celle-ci, haute d'environ cinq à six pouces, se termine, en général, par trois fleurs dont le tube est grêle et très-long. Les divisions sont bleues, les extérieures marquées d'une tache, jaune, et les intérieures plus courtes et réfléchies. (A. R.)

IRIS. MIN. V. PIERRE D'IRIS.

* IRLIN. OIS. Syn. vulgaire de Bergeronnette du printemps. (DR..Z.)

IROUCANA. BOT. PHAN. (Aublet.) V. CASEARIA.

IRRITABILITÉ, ZOOL et BOT. Il est extrêmement difficile, dans l'éta actuel de la physiologie, de faire connaître d'une manière précise le sens que l'on doit attacher à ce mot. Les différens auteurs qui l'ont employé

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aux diverses époques de la science sont loin de lui avoir donné la même acception. Ainsi, Glisson, qui le premier l'a introduit dans le langage physiologique, appelle Irritabilité la force particulière dont sont doués nos organes, force qui préside à tous leurs mouvemens, et sans laquelle leurs fonctions ne pourraient s'exécuter. Celte théorie fut adoptée par J. Gorter, qui fit l'application des principes émis par Glisson aux mouvemens qu'exécutent les Végétaux, et chercha ainsi à démontrer que tous les êtres organisés sont doués, seulement à des degrés différens, de cette propriété spéciale que Glisson avait nommée Irritabilité. Ce fut depuis celte époque que l'on cessa de ne voir dans les Plantes que des mouvemens mécaniques, et que ces mouvemens furent rapportés à l'action vitale, qui est le caractère distinctif de la matière organisée.

Mais Haller donna une définition tout-à-fait différente de l'Irritabilité. Suivant Glisson et Gorter, l'Irritabilité existant dans toutes les parties des êtres organisés, cette propriété pouvait agir sans que l'organe manifestât aucun mouvement appréciâble: telle est, par exemple, celle qui préside à certaines fonctions, comme l'absorption, la nutrition, etc. Haller, au coutraire, restreignit de beaucoup le sens de ce mot. «J'appelle. Irritabilité, dit-il, celte force ou propriété inhérente à certains tissus, et en vertu de laquelle ils se meuvent sous l'influence des agens extérieurs. Ainsi, une partie sera d'autant plus irritable, qu'elle se raccourcira ou se contractera davantage, quand un corps extérieur viendra à la toucher ou à agir sur elle.» On voiL que l'Irritabilité de Haller, sur laquelle ce grand physiologiste a fait un si grand nombre de belles expériences, est la même chose que ce que plus tard on a généralement appelé contractilité musculaire ou Myotiluè. Outre cette action énergique et vitale, Haller admettait encore dans certains tissus, tels que les aponévroses, les tendons, les membranes, une force morte, une sorte d'élasticité organique, en vertu de laquelle ces organes tendent à se raccourcir, à revenir sur euxmêmes. Cette force qui se manifeste dans ces tissus, même longtemps après la mort, doit être soigneusement distinguée de l'Irritabilité, propriété essentiellement vitale qui s'éteint peu de temps après que l'Animal a cessé de vivre.

Ce que nous venons de dire suffit pour faire voir que le sens du mot Irritabilité est loin d'être rigoureusement défini, surtout depuis que Haller et ses disciples lui ont donné une signification tellement différente de celle que Glisson lui avait d'abord imposée. Néaomoins nous partageons l'opinion du médecin anglais, réservant les noms de contractilité musculaire ou de myotilité pour les phénomènes que Haller désignait sous le nom d'Irritabilité (V. MUSCLES, MYOTILITÉ). Et comme l'Irritabilité de Glisson a été généralement attribuée au système nerveux, nous renvoyons aux mots CÉRÉBRO-SPINAL, NERFS et SENSIBILITÉ, pour examiner à fond cette fonction et discuter les opinions diverses qui ont été émises à son égard.

Quant à l'Irritabilité dans les Végétaux, nous en avons déjà traité en parlant des mouvemens queles feuilles exécutent. V. FEUILLES. (A. R.)

* IRSIOLA. BOT. PHAN. La Plante désignée sous le nom d'Irsiola scandens, par Patrick Browne (Jamaïc., 47, t. 4, fig. 1, 2), est rapportée au Cissus smilacina de Willdenow. (G..N.)

ISABELLE. ZOOL. On a donné ce nom spécifique à un Oiseau du genre Sylvie, à un Squale, à une Libellule du genre Agrion, ainsi qu'à une Coquille du genre des Porcelaines. V. ces mots. (B.)

ISACHNÉ. Isachne. BOT. PHAN. Genre de la famille des Graminées et de la Triandrie Digynie, établi par R. Brown Prodr. Fl Nov.-Holl. T. I, p. 196) qui le caractérise

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ainsi: fleurs disposées en panicules; lépicène biflore à deux valves égales, membraneuses et obtuses; chaque fleurette est égale, à deux paillettes chartacées; la fleurette extérieure est mâle, l'inférieure est femelle, accompagnée de deux paléoles hypogynes. Les étamines sont au nombre de trois; l'ovaire est surmonté de deux styles que terminent deux stigmates plumeux. Le fruit est enveloppé dans les deux valves de la glume qui se sont durcies.

Ce genre se compose d'une seule espèce, Isachne australis, Brown, loc. cit. Plante glabre qui croît dans les lieux inondés aux environs de Port-Jackson, à la Nouvelle-Hollande. Ses feuilles sont planes, avec une ligule formée de poils. Selon R. Brown, le genre Isachne est très-voisin du Panicum. L'Isachne australis a même la plus grande ressemblance extérieure avec le Panicum coloratum. (A. R.)

ISAIRE. BOT. CRYPT. Pour Isaria. V. ce mot. (B.)

ISANTHE. Isanthus. BOT. PHAN. Genre de la famille des Labiées et de la Didynamie Gymnospermie, L., établi par Richard (in Michx. Flor. bor. Am. 2, p. 4, tab. 30), et ainsi caractérisé: calice campanulé, quinquéfide; corolle à cinq divisions ovées presqu'égales, le tube droit et étroit; quatre étamines presqu'égales; style terminé par deux stigmates linéaires réfléchis; quatre noix globuleuses occupant la cavité du tune agrandi du calice. Ce genre ne renferme qu'une seule espèce, Isanthus cæruleus, qui croît dans certaines localités crétacées de la Caroline et de la Virginie. C'est une Plante herbacée, dont les tiges visqueuses et pubescentes sont garnies de feuilles ovales lancéolées, atténuées aux deux extrémités, et à trois nervures longitudinales. Les fleurs d'un bleu clair sont opposées et portées sur des pédoncules axillaires. Cette Plante a l'aspect de la Sarriette des jardins. (G..N.)

ISARD OU YSARD. MAM. Même chose que Chamois. V. ANTILOPE. (B.)

ISARIA. BOT. CRYPT. (Mucédinées.) Ce genre, créé par Persoon, est l'un des plus remarquables de cette famille par son mode de développement; il est composé de filamens étroitement entrecroisés, formant ainsi une sorte de pédicule, et qui s'écartent vers le sommet de manière à donner à tout le Champignon la forme d'une massue. Ce péaicule se ramifie quelquefois, et les filamens portent vers leurs extrémités des sporules qui paraissent éparses à la surface du capitule. Presque toutes les Plantes de ce genre naissent sur les Insectes morts ou sur leurs chrysalides; quelques-unes croissent sur les bois pourris, mais moins fréquemment; elles sont la plupart blanches, grises ou jaunâtres, et assez fugaces. Ce genre, comme on peut le voir d'après la description que nous venons d'en donner, appartient à la dernière section des Mucédinées à laquelle on peut donner le nom d'Isariées. Ce genre étant l'un des plus anciennement connus, est un de ceux qui donnent l'idée la plus juste de ce groupe; par l'accroissement de leurs fibres, ces Plantes indiquent déjà un certain passage aux Lycoperdacées; mais les sporules, au lieu d'être contenues dans le tissu formé par ces fibres entrecroisées, sont éparses à leur surface extérieure. (AD.B.)

* ISATIDÉES. Isatideœ. BOT. PHAN. C'est ainsi que De Candolle (Syst. Regn. Veget. T. 11, p. 565) a nommé la dixième tribu de la famille des Crucifères, à laquelle il a aussi donné le nom de Notorhizées Nucamentacées, en raison de la structure de leurs silicules et de leurs graines. Le genre Isatis ou Pastel est considéré comme le type de cette tribu qui forme une association très-naturelle, composée d'Herbes glabres, plus ou moins glauques, à feuilles entières ou dentées, les radicales pétiolées, celles de la lige sagittées à la base. V. CRUCIFÈRES et PASTEL. (G..N.)

ISATIS OU RENARD BLEU. MAM. Espèce du genre Chien. V. ce mot. (B.)

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ISATIS. BOT. PHAN. V. PASTEL.

* ISAURE. Isaura. POLYP. Genre de l'ordre des Actinaires, dans la division des Polypiers sarcoïdes, plus ou moins irritables, sans axe central, proposé par Savigny qui en a figuré plusieurs espèces (Pl. 2, Polypes, HN, Zoologie) dans le grand ouvrage sur l'Egypte. Nous ne faisons qu'indiquer ce genre, quoiqu'il mérite d'être adopté, Savigny n'en ayant pas encore donné la description. (LAM..X.)

ISAURE. Isaura. BOT. PHAN. Genre de la famille des Asclépiadées et de la Pentandrie Digynie, L., établi par Commerson, et reproduit sous le nom de Stephanotis par Du Petit-Thouars Nov. Gener. Madagasc., p. 11) qui l'a ainsi caractérisé: calice court, à cinq divisions étalées; corolle tubuleuse, ventrue à la base, dont le limbe est à cinq lobes tordus; cinq étamines comme dans le genre Asclépias; corpuscules à deux, cornes; ovaire double, surmonté d'un style court; deux follicules horizontaux; acuminés, épais; semences aigrettées. Ce genre a été réuni au Ceropegia par Jussieu et d'autres auteurs. L'Isaura Allicia, Commers. et Poiret (Encyclopéd. Supplément.), Arbrisseau de l'île de Madagascar, est la seule espèce de ce genre. Cependant Du Petit-Thouars indique le Ceropegia acuminata de Roxburgh comme congénère de son Stephanotis. (G..N.)

ISCA OU ISA. BOT. PHAN. (Paul Æginette.) Même chose qu'Esca. V. ce mot dont Isca est peut-être l'étymologie. (B.)

ISCHÈME. Ischœmum. BOT. PHAN. Genre de la famille des Graminées, établi par Linné et adopté par la plupart des agrostographes, et qui peut être caractérisé de la manière suivante: ses fleurs sont polygames et monoïques, disposées en épis solitaires ou géminés, ayant leur axe ou rachis articulé, portant deux épillets à chaque articulation, l'un sessile, placé horizontalement, l'autre pédicellé, mâle ou neutre. L'épillet sessile est biflore; sa lépioène se compose de deu valves un peu coriaces; l'extérieure est un peu plane, l'intérieure est naviculaire. Chaque fleurette se compose de deux paillettes membraneuses et incluses; la fleurette externe est mâle, rarement neutre, l'intérieure est hermaphrodite; la glumelle se compose de deux paléoles; les étamines sont au nombre de trois; les deux styles sont surmontés de deux stigmates plumeux.

Ce genre, ainsi que le remarque R. Brown (Prodr. Fl. Nov. Holl. T. 1, p. ao4), est très-voisin de l'Andropogon et du Saccharum; il en diffère seulement par la fleurette extérieure de l'épillet sessile, qui est bivalve et le plus souvent mâle; quant au Rottboella, il n'en diffère que par un de ses épillets pédicellé; en conséquence, le Rottboella digitata de la Flore grecque est une espèce du genre Ischème. R. Brown pense encore que l'on doit réunir au genre qui nous occupe les genres Schima de Forskahl et Colladoa de Cavanilles.

Palisot Beauvois, dans son Agrostographie, sépare encore le Colladoa comme genre distinct, en convenant néanmoins du peu de valeur des caractères d'après lesquels il a été établi. Le même auteur forme un genre Meoschium des espèces d'Ischème qui ont la paillette inférieure de la glume dans la fleur hermaphrodite, bifide à son sommet et portant une arête tordue. V. MEOSCJIIUM.

Les espèces du genre Ischèine sont toutes exotiques. R. Brown, dans son Prodrome, en décrit six espèces nouvelles qu'il a observées dans diverses parties de la Nouvelle-Hollande. (A. R.)

ISÉRINE. MIN. Titane oxidé ferrifère, Haüy. Variété de Titanate de Fer trouvée en masses roulées dans un sable granitique, près de la source de la rivière Iser, dans le Reisengebirge, et dans le lit de la rivière Don, dans l'Aberdeenshire en Ecosse. Elle est composée, suivant Klaproth, de 72 parties d'oxidule de Fer

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et de 28 parties d'oxide de Tilane. V. TITÀNE OXIDÉ. (G. DEL.)

ISERTIE. Isertia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Rubiacées et de l'Hexanldrie Monogynie, L., établi par Schreber, adopté par Lamarck, Vahl, Willdenow, Jussieu et Kunth. Ce dernier en a ainsi fixé les caractère: calice supére à six dents, persistant; corolle infundibuliforme, dont le tube est long, légèrement courbé, et le limbe à cinq divisions; six étamines renfermées daus la corolle; un seul style supportant un stigmate en tête à six lobes; drupe presque globuleuse, à six osselets uniloculaires et polyspermes. L'espèce sur laquelle ce genre a été constitué est le Guettarda coccinea d'Aublet, Isertia coccínea, Vahl, Eclog. 2, et Lam, Ill. Gen., tab. 259. C'est un Arbre de médiocre grandeur, à feuilles opposées, pétioiées, ovales-oblongues, accompagnées de stipules caduques. Les fleurs d'un beau rouge sont disposées en une panicule terminale et munie dans chacune deadivisions de deux petites bractées. Cet Arbre est indigène de forêts de la Guiane et d'autres contrées de l'Amérique méridionale.

Une autre espèce a été ajoutée à ce genre par Vahl (Eclog. 2, p. 28, tab. 15) qui lui a donné le nom d'Isertia parviflora. Elle a été découverte dans l'île de la Trinité. (G..N.)

ISIDE. Isis. POLYP. Genre de l'ordre des Isidées (V. ce mot), dont les caractèrés sont: Polypier dendroïde; articuliculations pierreuses, blanches, presque translucides, séparées par des entre-nœuds cornés et discoïdes, quelquefois inégaux; écorce épaisse, friable dans l'état de dessiccation, n'adhérant point à l'axe, et s'en détachant avec facilité; cellules éparses, non saillantes. Nous dirons fort peu de chose sur ce genre qui sert de type à l'ordre des Isidées nous ne pourrions que répéter ce que nous avons dit dans les généralités de ce grpupe de Polypiers. Les Isides varient peu dans leur forme, elles sont toujours cylindriques avec des rameaux épars. Leur couleur n'offre point de grandes différences; elle est blanchâtre dans le Polypier revêtu e son écorce: celle de l'axe présente deux nuances bien tranchées; dans les articulations calcaires elle est blanche, semblable au marbre salin ou à l'albâtre pay son éclat et par sa demittransparence; dans les articulations cornées, elle est brune plus ou moins foncée, quelquefois presque noire, d'autres fois jaunâtre. Leur grandeur varie d'un à cinq décimètre. Ces Polypiers, répandus dans toutes les mers, se trouvent sur les côtes d'Islande, ainsi que sous l'équateur; la majeure partie des auteurs les indiquent comme originaires de l'océan Indien; cependant les espèces connues sont peu nombreuses. Ils sont employés par les insulaires des îles Moluaues et d'Amboine, dans une foule ae maladies qui pourraient faire regarder les Isis comme un remède universel, si l'usage qu'en font ces peuples ne prouvait leur ignorance en médecine. (LAM..X.)

ISIDÉES Isideœ. POLYP. Ordre de la première division des Polypiers flexibles ou non entièrement pierreux, dans la section des Polypiers corticiferes composés de deux substances, une extérieure et enveloppante, nommée écorce ou encroûtement; l'autre appelée axe, placée au centre et soutenant la première. Ce sont des Polypiers dendroïdes, formés d'une écorce analogue à celle des Gorgoniées, et d'un axe articulé à articulations alternativement calcaréo-pierreuses, cornées et solides ou spongieuses, presque subéreuses. Linné, dans son Hortus Cliffortianus, a le premier établi le genre Isis, auquel il avait réuni le Corail rouge sous le nom d'Isis nobilis. Pallas et quelques autres zoologistes ont suivi l'opinion du naturaliste suédois, et l'on voit encore, dans les cabinets où l'on a conservé l'ancienne nomenclature, les Isidées sous le nom de Coraux articulés pour les dis-

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tinguer du vrai Corail qui n'est point articulé. Cette différence n'est pas la seule qui existe entre ces deux groupes de Polypiers; la substance tant interne qu'externe, le port, la couleur, etc., en offrent d'autres bien caractérisées.

Les Isidées sont composées, comme tous les Polypiers corticifères, de deux parties, une centrale qui porte le nom d'axe, et une enveloppe charnue qu'on appelle écorce, comme dans les Gorgoniées. L'axe est formé d'articulations alternativement pierreuses et coruées, variant dans leur grandeur et leur diamètre: les premieres sont blanches, un peu translucides, marquées de sillons plus ou moins profonds et longitudinaux, quelquefois plus grandes, souvent plus petites que les secondes articulations ou les cornées. Ces dernières, toujours opaques, d'une couleur foncée et brunâtre, se séparent des premières avec une grande facilité, à cause de la différence qui existe dans leur composition. Elles semblent destinées à donner aux Isidées les moyens de se prêter aux mouvemens des eaux de la mer, et suppléer par un peu de flexibilité à la solidité qui leur manque: cette flexibilité disprait lorsque ces Polypiers sont desséchés, et leur fragilité est telle qu'il est impossible de les fléchir pour les conserver dans un herbier. En général les Isidées sont d'autant plus fragiles qu'il y a plus de différence entre tes deux substances qui composent l'axe. L'écorce ou l'enveloppe extérieure est d'une consistance molle et charnue dans le Polypier vivant; par la dessiccation elle devient crétacée et friable, en général n'adhérant point à l'axe et s'en séparant avec tant de facilité, que des auteurs ont prétendu que l'écorce des Isidées n'était jamais entière. Il est très-rare en effet d'en trouver de telle dans les collections; mais dans la nature il n'en est pas ainsi: la tige et les rameaux de ces Polypiers articulés sont garnis dans toute leur étendue d'une enveloppe charnue, vivifiée par une foule de petits Animaux à couleurs brillantes. Cette enveloppe ou écorce est quelquefois très-épaisse, d'autres fois elle est très-mince, elle varie souvent par l'exposition à l'air et par la dessiccation; il n'est pas inutüe de remarquer dans les Isidées une particularité que nous présentent également les Gorgoniées, c'est que dans les espèces à écorce mince, celle-ci adhère toujours à l'axe; elle s'en sépare avec d'autant plus de facilité qu'elle est plus épaisse. Ainsi, les Isis et les Plexaures, les Gorgones et les Mélitées, nous offrent une grande analogie, sous le double rapport de l'epaisseur de l'écorce et de son adhérence avec l'axe.

Il est difficile d'expliquer la manière dont s'opère la croissance des Isidées: chaque articulation doit-elle être considérée comme une famille particulière, isolée des autres, ou bien tous les Polypes communiquentils entre eux comme dans la majeure partie des Polypiers coralligènes flexiles Cuvier dit que «lorsque l'Ar» bre des Isis grandit, les articulations» cornées de la tige disparaissent,» parce que l'Animal les recouvre de» couches pierreuses, en sorte qu'il» n'en reste plus qu'aux branches.» Nous avons observé généralement le contraire dans les nombreuses Isidées que nous avons examinées, à l'exception toutefois de l'Isis clongatadon, à laquelle la description de Cuvier semble appartenir. En effet, les articulations cornées manquent dans les parties inférieures de ce Polypier. Rien n'indique qu'elles aient existé, et l'on n'en Voit aucune trace dans les coupes longitudinales ou transversales des tiges. Ainsi, ou les Polypes changent avec le temps la matière cornée en matière calcaire, ce qui est contraire à ce que l'on observe sur les Isidées en général, ou bien il existe une vie très-active dans les tiges; de toutes les hypothèses la plus probable est que l'écorce et la tige possèdent une vie particulière indépendante de celle qui appartient à chaque Polype; que

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cette vie existe essentiellement dans la membrane placée entre l'écorce el l'axe, que c'est elle qui renferme les organes destinés à l'accroissement et à la formation de la partie solide interne, et qu'enfin, quoique l'écorce des parties inférieures des Polypiers soit dépourvue de Polypes, la vie n'y existe pas moins et d'une manière très-énergique. Au moyen de cette hypothèse on explique avec la plus grande facilité, l'accroissemeut des tiges et rameaux, ainsi que celui de l'empâtement. Si les Polypes étaient placés par séries transversales sur les Isidées, on pourrait attribuer à chacune de ces séries la formation d'une articulation pierreuse et d'une cornée; mais ces Animaux sont épars et placés d'une manière si uniforme, que souvent rien n'indique sur l'écorce les parties correspondantes aux disques cornés ou calcaires. Lorsque l'on examine avec attention ce squelette polypeux, on ne peut s'empêcher d'être étonné que des Animaux regardés comme très-simples dans leur organisation, puissent sécréter des matières aussi nombreuses que celles dont il est composé, ou mieux encore puissent modifier les substances animales de manière à former une écorce épaisse et charnue, et une tige composée de parties alternativement pierreuses et cornées, les premières quelquefois d'une dureté assez grande pour recevoir un beau poli. La transition de l'une à l'autre ne se fait pas graduellement, elle est subite; il semble même que ces deux corps n'adhèrent entre eux que par leur surface, et qu'ils n'ont aucune communication, car jamais nous n'avons découvert aucun vaisseau, aucune fibre qui pénétrât dans leur intérieur; quelquefois cependant les disques cornés nous ont paru composés de faisceaux de fibres, qui s'arrêtaient à la surface des disques pierreux; c'est peut-être par eux que se sécrète la matière calcaire? Au reste, nous ne pensons pas que dans l'état actuel de nos connaissances, il soit possible de donner une explication satisfaisante de la manière dont croissent les Isidées. Il est facile de bâtir des hypothèses sur un sujet aussi intéressant; mais tant que l'on ne connaîtra pas parfaitement l'organisation interne et la manière de vivre des Polypes qui construisent les Polypiers, l'on sera exposé à des erreurs sans nombre. Nous avons divisé le genre Isis des ançiens auteurs en trois groupes faciles à distinguer par la nature de l'écorce ou de l'enveloppe charnue, et par la forme de l'axe et de ses articulations. Nous avons conservé le nom d'Isis à celui qui renferme l'espèce la plus ancienuement connue, l'Isis Hippuris de Linné. On ne connaît point les Polypes des Isidées; les auteurs qui en ont parlé les ont regardés comme les mêmes que ceux du Corail parce qu'ils plaçaient dans le genre Isis cette production brillante de la mer. Ainsi, et quoiqu'aucun naturaliste n'ait publié la description des Animaux des Isidées, nous les regardons comme analogues à ceux des Gorgones; ils peuvent offrir des différences génériques, mais ils se ressemblent par les rapports généraux qui doivent lier entre eux les Polypiers corticifères. Leur écorce est-elle sèche ou molle lorsque les Polypes sont vivans? Quoiqu'animée, elle peut, suivant nous, avoir une apparence de mort; alors la vie sensible n'existe que dans la membrane qui se trouve entre l'axe et l'écorce, et qui se prolonge dans chaque cellule, comme le Cambium et le Liber entre les couches corticales et l'Aubier. Il n'y aurait de Polypes que dans la partie de l'écorce encore molle, les Polypes disparaîtraient à mesure qu'elles se dessèchent, mais la membrane dont nous avons parlé, porte la vie et la nourriture depuis la base jusqu'au sommet, les Polypiers continueront de croître et de grossir. Cette hypothèse nous semble la plus probable et peut s'appliquer à tous les Polypiers corticifères. Defrance prétend avoir trouvé des Isidées fossiles; n'ayant jamais vu les objets sur lesquels il fonde

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son opinion, nous croyons devoir noos borner à l'indiquer. Les Isidées pourvues de leur écorce ont tant de ressemblance avec les Gorgones, qu'il est facile de confondre les unes avec les autres; mais privées de cette enveloppe, la différence de l'axe est telle qu'il n'y a pas d'autre rapport que celui de la forme, la composition ae cet axe offrant les plus grandes dissemblances.

Ces Polypiers ne se trouvent que dans la zône équatoriale et dans le voisinage des tropiques, à l'exception de l'Isis Hippuris que des naturalistes ont indiqué dans presque toutes les mers: en Islande, en Norwège, dans la Méditerranée, dans la mer des Indes, en Amérique, etc. L'ordre des Isidées se compose des genres Mélitée, Mopdé et Iside. V. ces mots. (LAM..X.)

ISIDIUM. BOT. CRYPT. (Lichens.) Genre créé par Acharius (Lichenogr. Univers., p. 110, tab. 11, fig. 7-10), adopté par De Candolle (Flor. Franc.) et par notre collaborateur A. Fée (Essai sur les Cryptogames des écorces, etc., Introduction, p. 80) qui l'a ainsi caractérisé: thallus crustacé, uniforme, muni de podétions (podetia) ou rameaux solides et courts; apothécions orbiculés, formés d'une lame proligère, placés au sommet des podétions du thallus, presque enfoncés sur les bords dans celui-ci, proéminens au centre, épais, hémisphériques, planes et sessiles en dessous, intérieurement homogènes. Fée a placé ce genre dans les Sphérophores, parmi les Lichens ramifiés à thallus solide, dont l'apothécion devient hémisphérique. Plusieurs espèces d'Isidium ont été décrites par Hoffman, Schrader et par Acharius lui-même, sous les noms génériques de Stereocaulon, Verruca, Lepra et Lepraria. Elles se trouvent sur les rochers et les vieilles écorces, dans les deux continens. On distingue dans le nombre l'Isidium corallinum, Ach., qui croît en Europe sur les pierres et les rochers. Les rameaux ou podétions de ce Lichen imitent les branches du Corail (Isis nobilis, L.), d'où on a formé les noms générique et spécifique. (G..N.)

ISIDROGALYIA. BOT. PHAN. Ruiz et Pavon (Flor. Peruv. et Chil. T. III, p. 69) ont établi sous ce nom un genre de l'Hexandrie Monogynie, L., qui est le même que le Narthecium de Jussieu ou Toffieldia de Smith. L'inspection de la figure de l'Isidrogalvia foliota, Ruiz et Pav. (loc. cit., tab. 302, fig. 6), suffit pour justifier ce rapprochement. D'ailleurs, les auteurs de ce genre lui assignent comme congénère l'Anthericum calyculatum, L., qui est le type du genre Toffieldia. V. TOFFIELDIE et NARTHÉCE. (G..N.)

* ISIKA. BOT. PHAN. Adanson nommait ainsi un genre que Mœnch (Method. Nov. Plant.) a adopté, et dans lequel ce dernier faisait entrer les Lonicera alpígena et cœrulea de Linné. Aucun auteur n'a admis ce genre. V. CHÈVREFEUILLE. (G..N.)

* ISINGAK. OIS. (Fabricius.)Nom que porte le Labbe dans la Faune u Gîoënland. V. STERCORAIRE. (DR.. Z.)

ISIS. POLYP. V. ISIDE.

ISKA. BOT. CRYPT. V. ISCA.

ISNARDIE. Isnardia. BOT. PHAN. Ce genre, de la Tétrandrie Monogynie, L., rapporté d'abord aux Salicariées, a été définitivement placé dans la famille des Onagraircs par Jussieu (Ann. du Mus. d'Hist. Natur. T. III, p. 473) qui l'a ainsi caractérisé: calice adhérent à l'ovaire, tubulé, et à quatre divisions; corolle nulle; quatre étamines insérées sur le sommet du tube; style simple, terminé par un seul stigmate; capsule quadriloculaire, entourée par le calice, et polysperme. Ces caractères étant absolument conformes à ceux des espèces de Ludwigia dépourvues de pétales, Jussieu a proposé de réunir ces Plantes aux Isnardia. Cette réunion a été opérée par Poiret, ainsi que par Rœmer et Schultes, qui ont décrit six espèces de ce dernier genre,

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savoir: Isnardia palustris, L.; Isn. mollis, poiret, ou Ludwigia mollis, Michx.; Isn. hirsuta ou Ludwigia hirsuta, Lamk.; Isn. hastata, Ruiz et Pavon; Isn. microcarpa, Poiret, ou Ludwigia microcarpa, Michx., et glandulosa, Pursh; et Isn. trifolia, poiret, ou udwigia trifolia de Burmann.

Ces Plantes sont de petites Herbes aquatiques qui habitent l'Amérique septentrionale, è l'exception de la première que l'on rencontre aussi en Europe sur le bord des endroits marécageux, et de la dernière qui, selon Burmann, croît dans l'île, de Java. (G..N.)

ISOGARDE. Isocardia. CONCH. Ces Coquilles faisaient autrefois partie des Cames ou des Pétoncles des anciens auteurs. Lorsque Linné institua des genres, il le fit avec une grande réserve et il dut souvent réunir dans une même coupe des matériaux assez hétérogènes. Son genre Bulle en est un exemple; ses Cames pourraient en être un autre. C'est avec ces dernières qu'il confondit les Coquilles qui nous occupent. Bruguière qui le premier parmi nous réforma les genres de Linné, sentit que des Coquilles aussi régulières que les Isocardes ne pouvaient rester dans le même genre que des Coquilles adhérentes, irréçulieres et de formes différentes. Il saisit très-bien leurs rapports en les plaçant parmi les Cardites. Il marqua leurs affinités avec les genres environnans; cependant le genre Cardite de Bruguière avait besoin lui-même de réformes; Lamarck les opéra, et l'une d'elles a été consacrée à l'établissement du genre Isocarde. Caractérisé d'abord sur les Coquilles seules, il fut admis par presque tous les zoologistes et depuis confirmé par les savantes recherches de Poli dans son grand ouvrage des Testacés de Deux-Siciles où l'on en trouvera une bonne description et d'excellentes figures. C'est sous le nom de Glossoderme qu'on le trouvera décrit. Quoique l'on puisse remarquer dans l'ouvrage de Klein (Tent. Meth. Ostrac., p. 138) un genre antérieurement établi sous le nom d'Isocardia, on serait fortement dans l'erreur si l'on croyait qu'il y a des rapports avec celuici ou que c'est le même, car Klein y réunit toutes les Coquilles bivalves qui présentaient à l'œil la forme, d'un cœur: aussi il ne renferme presque uniquement que des Bucardes, presque toutes les espèces connues du temps de cet auteur, et accidentellement une seule espèce d'Isocarde, l'Isocardia Cor des auteurs; il y aurait donc de la mauvaise foi ou de l'ignorance à dire que Klein est le créateur du genre Isocarde. Il a rassemblé sous cette dénomination des Cor quilles cordiformes de quelques genres qu'elles fussent, et Lamarck a établi le genre Isocarde tel que nous l'entendons aujourd'hui. Quant à la place que les auteurs systématiques ont assignée aux Isocardes, elle a assez varié. Lamarck l'a d'abord mis dans la famille des Cardiacées, avec les Bucardes, les Cardites, etc. Cuvier (Règn. Anim., p. 478) le considère comme un sous-genre du genre Came, Chama, ce qui rompt les rapports établis par les autres auteurs. L'opinion de Férussac est différente de celles que nous venons de rapporter, mais elle se rapproche davantage de celle de Lamarck; en conservant la famille des Cardiacées de ce dernier, il en a éloigné les Cardites, les Cypricardes et les Hyatelles, dont il a fait avec les Vénéricardes sa famille des Cardites. Il n'a conservé dans les Cardiacées que les Bucardes, les Hémicardes et les Isocardes. Blainville, dans son article MOLLUSQUE du Dictionnaire des Sciences Naturelles, a conservé à peu près la manière de voir de Cuvier, c'est-à-dire que les Isocardes sont dans la famille des Camacées avec les Cames, les Dicérates, les Ethéries, les Tridacnes et les Trigonies. Nous nous sommes plusieurs fois demandé pourquoi ces genres étaient réunis, et nous avons vainement cherché à répondre à cette question par les caractèles tellement

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étendus de la famille qn'il serait possible d'y faire entrer la plus grande partie des Conchifères. L'opinion de Latreille (Famelles Naturelles, p. 217) est entièrement la même que celle de Lamarck, seulement il réunit avec juste raison le genre Vénéricarde à ceux qui composent les Cardiacées. Voici les caractères qui peuvent servir à faire reconnaître le genre Isocarde: Animal à corps fort épais: les bords du manteau finement papillaires, séparés dans la partie inférieure moyenne seulement et réunis en arrière par une bande transverse, percée de deux orifices, entourée de papilles radiaires; pied petit, comprimé, tranchant; les appendices buccaux ligulés (Blainv.). Coquille équivalve, cordiforme, ventrue, à crochets écartés, divergens, roulés en spirale. Deux dents cardinales, aplaties, intrantes, dont une se courbe et s'enfonce sous le crochet; une dent latérale, allongée, située sous le corselet; ligament extérieur fourchu d'un côté.

Le nombre des espèces connues d'Isocardes est peu considérable; celle qui est le plus répandue est l'Iso CARDE GLOBULEUSE, Isocardia Cor, Lamk. (Anim. sans vert. T. VI, p. 31, n. 31); Chama Cor, L., Gmel., p. 3299: Cardita Cor, Bruguière, Dict. Enycl., n. 1, et pl. 232, fig. 1, a, b, c, d; Poli, Test. des Deux-Siciles, T. 11, tab. 23, fig. 1, 2; Chemnitz, Conch. T. VII, pl. 48, fig. 483; Brocehi, Conch. Foss. subapp. T. 11, p. 510; Scilla, de Corporib. marinis lapidescentibus, tab. 16, fig. a, a; Isoc. fraterna, Say, Mém. sur les Fossiles du Mary land dans le Journal de l'Aeadémie de Philadelphie, T. 1, pl. 11, 1. Lamarck en mentionne une variété à crochets plus courts et moins divergens.

Cette espèce est très-répandue dans les collections; elle y porte vulgairement le nom de Cœur de Bœuf, de Cœrur à volute: on la trouve vivante dans les mers d'Europe et notamment dans la Méditerranée. Son analogue identique se rencontre dans presque tous les lieux où il y a des fossiles, en Italie et en Calabre. Ce qui doit surprendre, c'est que l'analogue fossile se retrouve parmi ceux du Maryland en Amérique. La variété est particulière aux environs de Bordeaux, quoiqu'elle se rencontre aussi en Italie.

Les autres espèces vivantes sont l'ISOCARDE DES GRANDES INDES, Isocardia moltkiana, Lamk., loc. cit., n. 3; Cardita moltkiana, Brug., Encycl., pl. 233, fig. 1, a, b, c, d, qui est extrêmement rare et trèsdistincte de la précédente, et I'ISOCARDB DEMISILLONNÉE, Isocardia semisulcata, Lamk., loc. cit., n. 4, espèce non moins rare que la précédente et qui vient des mers de la Nouvelle-Hollande. On ne peut rapporter avec certitude qu'une seule espèce fossile à ce genre, c'est le Chama arietina de Brocchi, Isocardia arietina, Lamk., Brocchi, Conch. subapp. T. 11, p. 668, pl. 16, fig. 13. Les autres especes, telles que l'Isocardia basochiana, Def. (Dict. des Se. Nat.), n'étant que des moules intérieurs, ne peuvent s'en rapprocher que par analogie de formes et non sur les caractères de la charnière que l'on ne connaît pas; c'est pour cette raison que les espèces figurées par Sowerby dans son Mineral Conchology, pl. 295, ne doivent être admises qu'avec doute. (D..H.)

* ISOCARPHE. Isocarpha. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, Corymbifères de Jussieu, et de la Syngénésie égale, L., établi par R. Brown (Observ. on the Compositæ, p. 77) qui l'a ainsi caractérisé: réceptacle conique, garnide paillettes séparées, semblables entre elles, les extérieures constituant l'involucre; lleurous tubuleux, uniformes, hermaphrodites; anthères mutiquesà la base; stigmates munis d'un appendice allongé, hispidule et aigu; akènes prismatiques dépourvus d'aigrettes. Les Plantes de ce genre sont herbacées et indigènes de l'Amérique méridionale. Leurs feuilles sont opposée ou alternes, indivises. Les fleur blanchâtres forment des calathides

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ovoïdes, terminales, ternées ou solitaires.

L'espèce sur laquelle ce genre a été fondé est le Calea oppositifolia, L.; mais les caractères précédens ont été arrangés de manière à y comprendre le Spilanthus atriplicifolius, L., qui diffère du Cal. oppositifolia, surtout par ses feuilles alternes, ses calathides solitaires, la texture et la forme des paillettes du réceptacle. R. Brown n'a jamais observé les trois ou quatre petites barbes qui, selon Swartz, forment l'aigrette du Calea oppositifolia.

Outre les deux espèces que nous venons de citer et qui ont été décrites par H. Cassini (Dictionn. des Scienc. Natur., tab. 24) sous les noms d'Isocarpha oppositifolia et Is. alternifolia, cet auteur a réuni au genre en question le Spilanthus leucantha de Kunth (Nov. Gener. et Spec. Plant, œquinoct. T. IV, p. 210) pour lequel il a proposé le nom d'Is. Kunthii. Il en a aussi rapproché, mais avec doute, le Pyrethraria dichotoma de Persoon. (G..N.)

* ISOCÈRE. Isocerus. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Hétéromères, famille des Mélastomes, tribu des Blapsides, établi par Megerle et adopté par Dejean (Cat. des Col., p. 66). Latreille réunit ce genre à celui des Pédines. V. ce mot. (G.)

ISOCHILE. Isochilus. BOT. PHAN. Et non Isorhile. Genre de la famille des Orchidées et de la Gynandrie Monandrie, L., établi par R. Brown (Hort. Kew., éd. 2, vol. 5, p. 209), et ayant pour type l'Epidendmm lineare de Linné, ou Cymbidium lineare de Swartz. Ce genre offre les caractères suivans: les trois divisions externes et les deux divisions internes et supérieures du calice sont égales entre elle et conniventes; le labelle a la même force; il est creusé à sa base et dépourvu d'éperon; le gynostème est dressé, semicylindrique, terminé par une anthère operculée, contenaut quatre masses polliniques, solides et parallèles.

Ce genre se compose de trois espèces. Ce sont des Plantes herbacées, vivaces, parasites, toutes originaires de l'Amérique méridionale. Leur tige est simple ou rameuse, non bulbeuse à sa base, portant des feuilles alternes, distiques et linéaires: des fleurs axillaires, solitaires ou terminales et disposées en épis: Ces trois espèces sont: 1° Isochilus linearis, Brown, loc. cit., qui se distingue par sa tige simple; ses feuilles distiques, linéaires, émarginées au sommet; ses fleurs terminales et en épis. 2°. Isochilus graminifolius, Kunth in Humb. nov. Gen., 1, p. 340, t. 78; espèce nouvelle ayant la tige rameuse, les feuilles distiques, linéaires, acuminées; les fleurs axillaires et solitaires. Elle croît dans les Andes de Popayan. 3°. Isochilus prolifer, Brown, loc. cit.; Cymbidium proliferum, Willd., Sp. Sa tige est prolifère, portant â l'aisselle des feuilles qui sont distiques, lancéolées, oblongues, des bulbes surmontés de deux feuilles. Les fleurs sont axillaires. (A.R.)

* ISOCHIRUS. CRUST. Genre établi par Leach, et dont Desmarest fait mention dans le Dictionnaire des Sciences Naturelles, sans donner ses caractères. (G.)

* ISOCYNIS. BOT. PHAN. Nom donné par Du Petit-Thouars (Hist. des Orchidées des îles australes d'Afr.) à une Plante placée dans le groupe que cet auteur a nommé Cynosorchis, et qui correspond au genre Orchis de Linné. Cette Plante est l'Orchis fastigiata, indigène des îles de France, Mascareisne et Madagascar. Du Petit-Thouars l'a figurée (loc. cit., tab. 13). (G..N.)

* ISODACTYLES. OIS. Mêmechose que Zigodactyles. (DR..Z.)

* ISODON. MAM. Pendant que Desmarest faisait connaître en France son genre Capromys, Thomas Say publiait à Philadelphie le même genre sous le nom d'Isodon. L'espèce qui a servi de type à ce nouveau genre (Capromys Furnieri, Desm.) a reçu

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du savant américain le nom d'Isodon pilorides. V. CAPROMYS. Il ne faut donc point confondre l'Isodon avec l'Isooaon quest un Animal à bourse. V. PÉRAMÉLE. (IS. G. ST. -H.)

ISOÈTES. BOT. CRYPT. (Lycopodiacées?) Ce genre, l'un des plus ancienneraent connus et des plus curieux de la cryptogamie, est aussi lun des plus difficiles à ranger dans les familles déjà établies; peut-être méritait-il, comme Richard le pensait, de former une petite famille à part; mais cependant, pour ne pas multiplier le nombre de ces divisions, on peut le placer à la suite des Lycopodiacées avee lesquelles il a quelques rapports.

L'Isoetes lacustris, Plante assez commune dans plusieurs parties de l'Europe, croît au fond des lacs qu'elle tapisse d'un gazon d'un beau vert. Sa tige est réduite à un tubercule très-court et assez gros, couverê le de feuilles nombreuses, serrées, divergentes, subulées, demi-circulaires, d'un tissu lâche et celluleux qui les fait paraître cloisonnées. Ces feuilles sont dilatées à leur base qui embrasse en partie la tige, et c'est dans l'intérieur de cette base dilatée que se trouve creusée une ou quelquefois deux loges remplies de semences très-nombreuses. Quelques auteurs, et Smith en particulier, prétendent que les feuilles du centre renferment dans leur base un organe particulier qu'ils indiquent comme une étamine; mais ce fait, qui paraît très-douteux, n'a jamais été vérifié avec assez d'exactitude, ni exposé avec assez de détails pour qu'on puis se savoir ce qu'il y a de vrai dans cette assertion. Le professeur Delile a présenté à l'Académie des Sciences, il y a près de deux ans, un Mémoire sur cette Plante, renfermant des détails curieux sur son organisation et sur sa germination; mais ce Mémoire nétant pas encore publié, les faits qu'il renferme ne nous sont pas connus assez exactement pour les exposer ici. Le genre Isoetes ne renferme dans tous les auteurs que deux espèces; l'une, qu'on indique dans toute l'Europe, Isoetes lacustris, L., et dont on distingue deux Variétés; l'autre, qui croît dans l'Inde, Isoetes Coromandeliana. Il paraît cependant que les deux variétés de l'espèce européenne constituent deux espèces bien distinctes; l'une, qui est le véritable lacustris de Linné, croît dans le nord de l'Europe, et jusque dans les Vosges où Mougeot l'a recueillie au lac de Geradmer; l'autre, qui habite les lacs des environs de Montpellier et quelques autres parties du Midi, a les feuilles beaucoup plus étroites, plus longues et plus redressées. Bory de Saint-Vincent en ajoute une troisième qui se trouverait dans les Landes aquitaniques; ses feuilles sont presque filiformes, et quelque fois confervoïdes. Thore la découvrit aux environs de Saint-Vincent méme, près de Dax. (AD. B.)

ISOLÊPIDE. Isolepis. BOT. PHAN. Famille des Cypéracées, Triandrie Monogynie, L.—R Brown (Prodr. Fl. Nov.-Holl. T. 1, p. 221) a fait un genre particulier, sous ce nom, de toutes les espèces de Scirpus de Linné, qui n'ont pas de soies hypogynes autour du fruit. Tels sont les Scirpus fluitans, setaceus, nodosus, etc. V. SCIRPE. (A. R.)

* ISOLUS. CRUST. Genre établi par Leach et mentionné par Desmarest (Dict. des Sciences Natur.) qui ne donne point ses caractères. (G.)

ISONEMA. BOT. PHAN. Robert Brown (Mem. Wern. Soc. 1, p. 63) a établi sous ce nom un genre de la famille des Apocynées et de la Pentandrie Monogynie, L., auquel il a donné les caractères suivans: corolle hypocratériforme, dont le limbe est à cinq divisions; cinq étamines ayant leurs filets simples au sommet, les anthères sagittées, adhérentes au stigmate par leur milieu; point d'écailles hypogynes; deux ovaires; style unique, filiforme; stigmate épais et obtus. L'espèce sur laquelle ce genre a été fondé est un Arbrisseau de l'Afrique équinoxiale, qui est velu

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et muni de feuilles opposées. Ses fleurs sont disposé en corymbes terminaux. Le tube cylindrique de la corolle est barbu intérieurement. Rœmer et Schultes ont appelé cette Plante Isonema Smeathmanni, du nom de celui qui l'a apportée d'Afrique.

Postérieurement à l'établissement du genre Isonema de R. Brown, H. Cassini a employé la même dénomination pour un nouveau genre de Synanthérées. En attendant qu'on lui impose un autre nom (ce qui est nécessaire), nous le ferons ici connaître tel que son auteur l'a proposé.

Ce genre appartient à la Syngénésie égale de Linné. H. Cassini (Bulletin de la Société Philomatique, septembre 1817) l'a ainsi caractérisé: involucre hémisphérique, formé de folioles imbriquées, lancéolées, appliquées, membraneuses sur les bords et spinescentes au sommet; réceptacle plane, alvéolé; les cloisons des alvéoles membraneuses et laciniëes; calathide sans rayons, composée de fleurons nombreux, presque réguliers et hermaphrodites; ovaires pentagones, glabres, glanduleux, munis de bourrelets basilaire et apicilaire, etsurmontés d'une aigrette longue, blanche et légèrement plumeuse.

L'auteur de ce genre l'a placé dans la tribu des Vernoniées-Ethuliées. Il n'en a décrit qu'une seule espèce sous le nom d'Isonema ovata. Le Conyza chinensis, L. et Lamk., paraît en être le synonyme. (G..N.)

ISOODON. MAM. V. PÉRAMÈLE.

ISOPHLIS. POLYP.? Rafinesque-Schmaltz (Car. Gen. et Sp., tab. 20, fig, 3, A, B.) désigne sous ce nom un genre de productions marines dont il ne décrit et ne figure qu'une espèce. C'est, dit-il, une substance gélatineuse, transparente, plane, presque arrondie, garnie sur presque toute sa partie supérieure de séminules en partie enchâssées, rondes, situées en lignés circulaires et concentriques. Il a été observé sur les càtes de Sicile. Si nous le comparons aux autres productions marines, sans considérer l'opinion de l'auteur, qui le regarde comme une Plante, noss serons forcés, à cause de ses caractères, d'en faire un Zoophyte de l'ordre des Polyclinées dans la division des Polypiers sarcoïdes; les rapports que l'Isophlis présente avec ces êtres sont si nombreux, qu'il ne forme peut-être qu'une espèce d'un des genres établis par Savigny dans cette famille encore peu connue. Rafinesque donne le nom d'Isophlis concentrica à l'espèce qu'il a trouvée. (LAM..X.)

* ISOPHYLLUM. BOT. PHAN. Le genre Buplevrum, L., ayant été subdivisé en trois genres distincts par Hoffmann (Plant. Umb. Gen. 1, p. 112), cet auteur a donné à l'ün d'eux le nom d'Isophyllum, renouveléde Cordus qui l'employait pour une espèce, et il l'a ainsi caractérisé: involucre général et involucelles è plusieurs folioles inégales, lancéolées; pétales infléchis; akènes oblongs, Cylindriques, à cinq côtes. L'Isophyllum n'est en réalité qu'une simple division du genre éminemment naturel Buplevrum; il se compose des espèces suivantes: B. petrœum, B. caricifolium, B. falcatum, B. junceum, B. Gerardi et B. baldense. (G..N.)

ISOPODES. Isopoda CRUST. Cinquième ordre de la elasse des Crustacés, ayant pour caractères essentiels: mandibules sans palpes; pieds uniquement propres à la locomotion; deux paires de inâchoi res recouvertes par deux pieds-mâchoires représentant, par leur réunion, une lèvre infćrieure; pieds antérieurs portés par un segment distinct de la tête; branchies situées sous la queue; corps déprimé; tronc divisé communément en sept segmeas; quatorze pieds; un à six segmens postérieurs, formant une queue.

Latreille divisait cet ordre en deux familles, cells des Phytibranches et des Ptérygibranches. Dans le Régne Animal de Cuvier, il l'a divisé en trois sections sous les noms de Cyti-

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branches Phytibanches et Ptérygibranches; enfin dans son nouvel ouvrage (Fam, Natur. du Règne Anim.) il fait passer les deux premières sections, celles des Cytibranches et des Phytibranches, dans l'ordre des Amphipodes, et ne laisse dans les Isopodes que ceux compris dans sa section des Ptéygibranches. Les Isopodes s'éloignent des Amphipodes, par la forme lamellaire ou vésiculaire des appendices inférieurs du post-abdomen, par Jeurs mandibules dénuées de palpes et par l'absence de corps vésiculeux à la base des pieds. Ces Crustacés ont le carps er dinairemen composé d'une téte portant quatre antennes, dont les deux latérales, au moins, sont en forme de soie; ils ont deux yeux grenus. Leur tronc est formé de sept anneaux, ayant chacun une paire de pates; leur queue, dont le nombre d'anneaux varie d'un à sept, est garnie, en dessous, de lames ou de feuillets disposés par paires, sur deux rangs, portant ou recouvrant les branchies, et servant aussi à la natation. Les organes sexuels masculins d'un petit nombre d'espèces où on les a découvert, sont douhles et placés sous les premiers feuilles de la queue, oùu ils s'annoncent par des filets ou des crochets. Les femelles portent leurs œufs sous la poitrine, soit entre des écailles, soit dans une poche ou un sac membraneux qu'elles ouvrent afin de livrer passage aux petits qui ont, en naisant, la forme propre à leur espèce, et qui ne font que changer de peau en grandissant.

Latreille divise cet ordre en deux grandes sections: la première, celle des Aquatiques, se compose des Isopodes qui sont munis de quatre antenaens très-distinctes, dont les anténeures ont au moins trois à quatre artioles; les autres sont dépourvus de cet organe. Les appendices inférieurs du post-abdomen sont ordinairement vésiculeux et sans ouvertures particulières pour l'entrée de l'air. Cette section oomprend les familles des Epicarides, des Cymothoadées, des Sphimmides des, des Asellates et des Idoté. (V ces mots.) La seconde section, celle des Terrestres, renferme les genres dont les deux entennes intermédiaires sont très-petites à peine visibles et de deux articles au plus; elles avaient échappé à l'observation de la plupart des naturalistes. Les premiers feuillets de ceux qui vivent constamment hons de l'eau renferment des pneumobranchies ou des branchies aériennes, faisant l'office de poumons; l'air y pénètre au moyen de petits trous disposés sur une ligne transverse. Cette section renferme la famille des Cloportides. V. ce mot. (G.)

ISOPOGON. Isopogon. BOT. PHAN. Genre de la famille des Pretéacées at de la Tétrandrie Monogynie, L., établi par R. Brewn dans son beau travail sur ce groupe naturel de Végeéaux (Trans. Lin. Soc. T. x, p. 71), et qu'il caractérise de la manière suivante: le calice est quadrifide, son tube est gréle et persistant; le style est caduc en totalité, surmonté par un stigmate fasi forme ou cylindrique; il n'y a pas de soies hypogy nes autour de l'ovaire. Le fruit est une noix sessile, renflée, toute couverte de lengs poils.

Ce genre se compose d'Arbustes roides, ayant les feuilles glabres, planes ou filifones. divisées ou très-entières; les fleurs forment des capitules termiuaux ou axillaires; tantôt ces fleura sont très-serrées, imbriquées, et représentent un cône globuleux; tantô elles sont simplement fasciculées, réunies aur un réceptacle commun plane, entouré d'un involuere formé d'écailles ca du ques et très-serrées. L'Isopogon est très-voisin du Petrophila, dont il diffère par son calioe entièrement caduc, par son style persistant a sa base, et par son fruit qui n'est qu'en partie recouvert de poils. R. Brown pense qu'on pourrait le diviser en deux genres, d'après le mode d'inflorescence que nous venons d'indiquer. Dans sa Flore de la Nouvlle-Hllande, il en décrit

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douse espòces, toutes originaires de cette vaste région. A ce genre il rapporte le Protea anethifolia de Salisbury (Parad., t. 48), ou Protea acufera de Cavanilles, et le Protea anemonefotia de Salisbary, ou Protea tridactylites de Cavanilles. (A. R.)

ISOPYRE. Isopyrum. BOT. PHAN. Ce genre de la famille des Renonculacées section des Helléborées, et de la Polyandrie Polygynie, L., a été caractérisé de la manière suivante par tous les botanistes, et en particulier par De Candolle (Syst. Nat. Veget.. T. 1, p. 325): calice coloré, pétaloïde, formé de cinq sépales caducs; corolle composée de cinq pétales égaux entre eux, tubuleux, bilabiés, plus courts que les sépales, ayant la lèvre extérieure plus longue et bifide; étamines au nombre de quinze à vingt: ovaires au nombre de deux à vingt, surmontés chacun d'un style stigmatifere à son sommet et sur sa face interne. Les fruits sont des capsules sessiles, uniloculaires, polyspermes, comprimées, membraneuses.

Ce genre ne se compose que de deux espèces: Isopyrum thalictroides, L., D. C., loc. cit., T. 1, p. 325, et Isopyrum fumarioides, L., D. C., loc. cit., T. 1, p. 324. Mais une analyse soignée de ces deux espèces nous a convaincu que les caractères assignés au genre Isopyrum ne conviennent qu'à une seule de ces deux espèces, savoir: à l'Isopyrum fumarioi'des; tandis que l'on peut former un genre nouveau et distinct de l'Isopyrum thalictroides. Ce genre, que l'on pourrait appeler Thalictrella, se distingue de l'Isopyrum par les caractères suivans: ses étamines sont au nombre de trente à ouarante, tandis qu on en compte seulement de dix à quinze dans l'Isopyre; ses pétales sont simplement unilabiés, entiers, au lieu d'être bilabiés et bifides; enfin ses pistils et ses capsules ne sont jamais qu'au nombre de deux, tandis qu'on en compte constamment de huit jusqu'à seize dans l'Isopyrum fumarioides. D'après ces différences, il nous paraît certain que l'Isopyrum thalictroides forme un genre distinct que nous proposons d'appeler Thalictrella. V. THALICTRELLE. (A. R.)

* ISORA. BOT. PHAN. (Plumier.) Syn. d'Hélictères. V. ce mot. Isora n'est pas un nom de la langue malabare comme on l'a dit quelque part, mais américain. (B.)

ISOS. BOT. PHAN. C'est, selon Adanson, le Groseiller dans Théophraste. (B.)

ISOTRIA. BOT. PHAN. Rafinesque-Smaltz (Journ. de Botan. 1, p. 220) a publié sous ce nom un genre de la famille des Orchidées, et de la Gynaudrie Digynie, L., auquel il a donné les caractères suivans: périanthe à six divisions, les trois extérieures égales, linéraires; les trois intérieures plus courtes, oblougues, presque égales; deux anthères; un style; une capsule filiforme. Ces caractères, si incorrects et si incomplets doivent faire ajourner l'adoption de ce genre dont l'espèce unicrue, Isotria verticillata, croît dans les Etats-Unis de l'Amérique méridionale. (G..N.)

* ISOTYPE. Isotypus. BOT. PHAN. Genre de la famille des Carduacées, tribu des Onoséridées, établi par notre collaborateur Kunth (in Humb. Nov. Gener. 4, p. 11), et qui tient le milieu entre les Onoseris et les Stœhelina. Voici ses caractères: l'involucre est campanulé, turbiné à sa base, formé d'écailles lâchement imbriquées, planes, linéaires, lancéolées, subulées à leur sommet, un peu scarieuses sur les bords, et d'inégale grandeur, les extérieures étant plus courtes; le réceptacle est plane, couvert de poils courts et serrés; les fleurons sont au nombre de dix environ, tous tubuleux, hermaphrodites, ayant leur limbe à cinq divisions égales, lancéolées et étalées. Le tube anthérifère est formé de cinq anthères, portant chacune deux appendices subulés à leur base, et à son sommet il se termine par cinq appen-

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dices très-longs. Les fruits sont des atenes allongés, linéaires, à cinq angles terminés par une aigrette poilue et sessile.

Ce genre ne se compose que d'une seule espèce, Isotypus onoseroides, Kunth, loc. cit., p. 10, tab. 307. C'est une Plante vivace, ayant le port de l'Onoseris purpurata; ses feuilles sont pinnatifides et lyrées, blanchâtres et argentées à leur face inférieure; ses fleurs sont roses, disposées en corymbes et portées sur des pédoncules tout chargés de bractées. Elle a été trouvée dans la province de Venezuela, sur les rives du fleuve Tuy.

Le genre Isotype diffère de l'Onoseris par ses fleurons, tous tubuleux et hermaphrodites, et par son réceptacle garni de poils, et du Stæhelina, par son réceptacle portant des poils et non des paillettes, par son aigrette poilue et sa tige herbacée. (A. R.)

ISPIDA. OIS. (Brisson.) Syn. de Martin-Pêcheur. V. ce mot. (B.)

ISQUIERDA. BOT. PHAN. Pour Izquierdia. V. ce mot. (B.)

ISSE. Issus. INS. Genre de l'ordre des Hémiptères, section des Homoptères, famille des Cicadaires, tribu des Fulgorelles, établi par Fabricius et adoptó par Latreille (Fam. Natur. du Règn. Anim.) qui l'avait réuni an genre Fulgore dans ses ouvrages antérieurs. En effet, ce genre n'en diffère que par des caractères trèssecondaires; leur tête n'est point avancée comme celle des Fulgores; ils ont les élytres dilatées, arquées à la base et rétrécies ensuite; leur corps est court, et le second segment du corselet n'est guère plus étendu que l'antérieur, et a la forme d'un triangle renversé dont la base est appliquée contre celle du premier segment. Ces Insectes vivent sur divers Végétaux; leurs habitudes sont à peu près les mêmes que celles des autres Cicadaires. Les uns sont ailés, les autres sont aptères; parmi les premiers, on distingue:

L'ISSE BOSSU, Issus coleoptratus, la Cigale bossue de Geoffroy; longue d'environ deux lignes et demie; corps cendré verdâtre; front ayant deux impressions noirâtres à son extrémité; élytres un peu transparentes, chargées de grosses nervures parmi lesquelles l'on obsèrve de petites veines ou lignes noirâtres; près du milieu de chacune d'elles, on voit une petite tache ou un point noir. Elle se trouve en France.

Parmi les Isses aptères, nous citerons:

L'ISSR GRYLLOÏDE, Issus grylloides, Fabr. Il est jaunâtre, avec les élytres mélangées de noirâtre. Il se trouve en France et en Espagne où Léon Dufour en a rencontré une variété entièrement roussâtre.

(G.)

ISTIOPHORE. Istiophorus. POIS. (Lacépède.) Sous-genre de Xiphias. V ce mot. (B.)

ISURUS. POIS. Genre formé par Rafinesque (Ichthyol. Sic., p. 45) aux dépens des Raies. V. ce mot. (B.)

ITÉE. Itea. BOT. PHAN. Le nom d'Itea, qui, dans l'antiquité, désignait le Saule, a été appliqué, par Linné, à un genre de Plantes de la famille des Cunoniacées, et de la Pentandrie Digynie, L., qui peut être caractérisé de la manière suivante; son calice est monosépale, court, campanulé, à cinq divisions étroites et dressées; la corolle se compose de cinq pétales linéaires, aigus, étalés dans leur moitié supérieure, et insérés au calice à la hauteur de ses divisions; les étamines, au nombre de cinq, sont dressées, introrses; alternant avec les pétales. L'ovaire est libre, pubescent, allongé, profondément marqué sur chacune de ses faces d'un sillon qui semble annoncer qu'il se compose de deux pistils réunis; ce sillon se prolonge sur le style qui se termiue par un stigmate capitulé et bilobé. Le fruit est une capsule ovoïde, oblongue, terminée par le style qui est persistant, offrant deux loges qui contiennent chacune un grand nombre de graines attachées è

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la cloison. Cette capsule se sépare à sa maturité en deux parties ou valves, par le moyen des deux sillons longitudinaux dont nous venons de parler.

Ce genre ne se compose que d'une seule espèce: Itea Virginica, L., Lamk., III., tab. 147. C'est un Arbrisseau élégant pouvant acquérir une hauteur de quatre à cinq pieds Ses feuilles sont alternes, pétiolées, ovales, aiguës, presque glabres. Ses fleuss sont petites, blanches, disposées en grappes terminales. Il croît dans l'Amérique septentrionale, et on le cultive dans les jardins d'ornement.

L'Itea Cyrilla de l'Héritier forme un genre distinct. V. CYRILLA. (A. R.)

ITIANDENDROS. BOT. CRYPT. Syn. de Prêle. V. ce mot. (B.)

ITICA. BOT. PHAN. V. CHATHETH.

* ITOUBOU. BOT. PHAN. Espèce de Violette de la Guine, selon Aublet. V. IONDION et IPÉCACUANHA. Le nom caraïbe d'Itoubou a été appliqué par Surian à diverses Fougères. (B.)

IULE. Iulus. INS. Genre de l'ordre des Myriapodes, famille des Chilognathes, établi par Linné et ayant pour caractères: corps cylindrique et fort long, se roulant en spirale et composé d'un grand nombre d'anneaux presque tous portant deux paires de pates; point de saillie en for me d'arête ou de bord tranchant sur le côté des anneaux. Linné et tous les auteurs jusqu'à Latreille réunissaient sous ce nom des Animaux dont les formes différaient essentiellement entre elles; Latreille en a formé les genres Gloméris, Polydème et Polyxène, V. ces mots, et il a conservé le nom d'Iule à ceux qui ont les caractères que nous avons donnés plus haut. Ce genre se distingue de tous les autres par ses anneaux qui sont parfaitement cylindriques et dépourvus d'arêtes. Il s'éloigne de celui des Scolopendres par les anneaux qui, dans celui-ci, ne portent qu'une seule paire de pates, et par d'autres caractères aussi ttanchés tirés de la bouche et des antennes. Latreille (Règn. Anim. et autres ouvrages) plaçait ces Animaux dans la classe des Insectes, et en faisait le premier ordre, celui des Myriapodes; il a détaché dernièrement (Fam. Nat. du Règn. Anim.) cet ordre de la classe des Insectes et en a fait sa classe des Myriapodes. V. ce mot.

La forme générale des Iules est fort allongée, cylindrique, et la substance qui compose le grand nombre d'anneaux de ce corps est dure, un peu calcaire et unie. Ces anneaux varient eu nombre, suivant les espèce; ils sont égaux, à l'exception de deux ou trois de chaque extrémité, et portent chacun en dessous deux paires de pates contiguës ou très-rapprochées à leur naissance. Leur tâte est de la largeur du corps, plate en dessous, convexe et arrondie en dessus postérieurement, un peu plus étroite et presque carrée ensuite, À partir des yeux; le bord antérieur est echancré au milieu. Les yeux sont ovales, plans et formés de petits grains à figure irrégulièrement hexagonale; ils se confondent avec la surface de la tête et ne sont point saillans. Les antennes sont insérées tout près de leur côté interne; elles ne sont guère plus longues que la tête, assez grosses, de sept articles, dont le premier trèscourt, les quatre suivans presque coniques ou cylindriques et amineis insensiblement à leur base; le cinquième un peu plus gros; le sixième également un peu plus gros, conicoovalaire, tronqué, et au bout duquel on aperçoit l'extrémité pointue d'un septième article qui est fort petit. La bouche est composée: 1° de deux mandibules formées d'une tige écailleuse à l'extrémité de laquelle est un article également écailleux et surmonté d'une pièce où sont implantées transversalement de petites parties cornées, tranchantes, qui sont autant de dents; le dos de chaque mandibule est en outre emboîté extérieurement dans une capsule écailleuse, grande, articulée à sa base, anguleuse, com-

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me formée de deux plans, dont l'extrénité de chacun est échancrée; 2° d'une grande pièce crustacée ou espèce de. lèvre inférieure que Savigny considère comme deux paires de mâchoires réuuies. Cette pièce est divisée par plusieurs sutures ou lignes imprimées; on voit inférieurement et au milieu nue pièce dout les bords sont anguleux, au-dessus de laquelle s'élèvent parallèlement deux pièces étroites et en carré long, contiguës à leur bord interne, et dont l'extrémité est obtusément rebordée; de chaque côté, à partir de la ligne commune servant de base, s'élève, dans le sens des précédentes, une pièce écailleuse de la même figure que les deux du milieu, mais plus gramle, un peu élargie et arrondie sur le coté extérieur, au sommet; elle a, vers l'angle interne, deux petits tubercules que l'on prendrait pour deux palpes. La pièce générale est plate, èt ressemble, étant très-mince, à un feuillet membraneux. Les deux premiers anneaux da corps ne forment pas le cercle; ils sont ouverts inférieurement, et les deux premières paires de pates et même encore les secondes semblent étre appliquées sous la bouche; les deux premières paires ont un support membraneus particulier qui remplit les intervalles que les anneaux laissent entre eax en dessous. Ces pates remplacent la deux paires supérieures de pieds-màchoires des Cruslacés. Le premier anneau, qui est très-ouvert et en forme de plaque, est une fois plus long que les autres; c'est une sorte de corselet. Le troisième anneau, quoique formant presque un tour entier, est cependant ouvert et n'a qu'une seule paire de pates, insérées de mène que les précédentes; le quatrième est plus fermé que le troisième, mais n'a encore qu'une paire de pates; ce n'est qu'au cinquième segment qu'on en trouve deux paires; cette disposition continue ainsi sans interruption dans les femelles; mais dans les; mâles le septième anneau en est dépourvu, ou n'en a qu'une paire, les organes sexuels entraînant un changement dans cette partie, Lex. deux derniers anneaux, dans les deux sexes, sont entièrement dépourvus de pates, l'avant-dernier a le milieu de son bord postérieurement avancé en pointe; il reçoil en partie le segment terminal qui est formé de deux valves arrondies au bord interne, appliquées l'une contre l'autre, et s'ou-vrant pour laisser passer les excrmens et les œufs. Les pates sont très-pelites, disposées sur deux séries très-rapprochées l'une de l'autre et dans un sens horizontal à leur base, faisant ensuite le crochet; elles sont composées de six petits articles et d'une pointe conique et cornée.

Savi, professeur de botanique à Pise, a fait des observations trèscurieuses sur un Iule (I. communis, Savi) qui diffère sensiblement du I, terrestris et du I. sabulosus avec lesquels on l'a toujours coufondu. Il.a environ trois pouces et demi de longueur et semble se rapprocher da vantage des I. fuscus et. I. Indus qui sont ds l'Inde. Les pores latéraux des segmens qu'on a regardés comme les stignates ne sont que des orifices par lesquels s'écoule une liqueur acide et d'une odeur désagréable, qui paraît servir à la défense de ces Animaux; les vrais stigmates sont deux petites ouvertures placées sous la pièce sternale de chaque segment, et qui communiquent intérieurement à une double série de poches pneumatiques disposées en forme de chapelet tout le long du corps et d'où partent les branches trachéennes qui vont se répandre sur les organes. Quoique ces Animaux aient un très-grand nombre de pates, ils n'en sont pas plus agiles; au contraire, ils marchent très-lentement et semblent glisser comme des Vers de terre. Leurs pates agissent l'une après l'autre, régulièrement et successivement; chaque rangée forme une espèce d'ondulation; ils remuent en même temps leurs antennes, semblant s'en servir pour tâter le terrain et le corps sur lequel ils se promènent. Ils. roulent leur corps en spirale dans le repos et

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placent leur tête au milieu. Les Iules «ont ovipares, et Latreille s'en est assuré en ouvrant plusieurs femelles qui lui ont toujours présenté des Ovaires remplis d'œufs plus ou moins développés. Au sortir de l'œuf, d'après Savi, les Iules ont un corps en forme de rein et parfaitement uni, sans appendices. Dix-huit jours après leur naissance, ils subissent une première mue, et alors seulement ils prenuent la forme des adultes; mais its n'ont encore que vingt-deux segmens en tout, et vingt-six paires de pates et non trois, comme l'a dit Degè'er; mais dix-huit, paires servent seules à la locomotion; après la seconde mue, le corps a vingt-trois segmens et trente-six paires de pâtes; et ces nouvelles parties semblent se développer à la partie postérieure du corps; à la troisième mue l'Animal prend trente segmens et trente-six paires de pates; et ainsi successivement, de manière que chez les adultes le corps est composé de cinquante-neuf segmens dans les mâles et de soixante-trois dans les femelle. Degéer n'a jamais apercu de vestiges de dépouilles; mais Savi a été plus heureux, il a vu que les Iules muent à peu près de mois en mois depuis leur naissance, qui arrive en mars, jusqu'en novembre où l'auteur a cessù de les observer; leur dépouille se compose, non-seulement de toute la tête, mais encore de la membrane qui tapisse intérieurement le canal alimentaire et les trachées. Les organes de la bouche sont les seules parties que Savi n'ait pas retrouvées. Deux ans après leur naissance ils changent encore de peau, et c'est alors seulement que les Organes génitaux deviennent apparens.

Les Iules vivent à terre, particulièrement dans les lieux sablonneux, les bois, etc.; ils répandent une odeur désagréable; d'autres, plus petits, habitènt sous les écorces d'Arbres, dans la Mousse, etc.; ils se nourrissent de substances animales, mais mortes ou décomposées, ou de fruits, de racines on de feuilles, de Plantes potagères, etc:; ils aiment en général les lieux un peu humides et sombres. Degéer a vu un Iule ronger une larve de Mouche et la manger en partie, ce qui porterait à croire que ces Animaux sont carnassiers. Cependant le sentiment le plus commun est qu'ils se nourrissent, en général, de terreau. Ce genre est peü nombreux en espèces. Les environs de Paris en présentent plusieurs; l'Amérique et l'Afrique nous en donnent de très-grandes. Léspèce la plus Commune à Paris, est;

L'IULE TERHESTRE, I terrestris, L., Fabr., Geoff., Oliv. (Encyclop. Ins. T. VII p. 415, n. 10).

L'IULE TRèS-GRAND, I. maximus, L., Fabr., Oliv;, Latr. Jaune obscur; plus d'un pouce d'épaisseur; cent trente-quatre paires de pates. Il habite l'Amérique mérídionale. (G.)

* IULIS. POIS. V. GIRELLE. IULUS. INS. V. IULE.

IVA. Iva. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, et de la tribu des Xanthiacées, ayant néan-moins aussi quelques rapports avec les Armoises, et que l'on peut caractériser ainsi: involucre hémisphéri-que composé, de trois à six folioles unisëriées, à réceptacle plane, garni de squames lancéolées; fleurons du disque mâles et ayant leur corolle in-fundibuliforme et régulière à cinq lobes; fleurons de la circonférence femelles, ayant la corolle courte et ur-céolée; les akènes sont dépourvus d'aigrette.

Ce genre se compose de cinq espèces, toutes originaires d'Amérique. Trois ont été observées dans l'Amérique septentrionale, savoir: Iva frutescens, L.; Iva imbricata et Iva ciliala, Michx. Les deux autres croisasent dans l'Amérique méridionale, savoir: Iva annua, L.; et Iva ohei-ranthifolia, Kunth.

Les anciens botanistes ont donné le nom d'Iva et d'Ivette à des Plantes fort différentes les unes des autres: ainsi l'Iva moscâata de Lobel est le Teucrium Iva de Linné; l'Iva Cotinga

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de Barère est le Cotinga Moscàata J'Aublet; l'Iva Pecanga du même n'est qu'une espèce de Smilax, dont la racine est employée comme celle de la Salsepareille. (A. R.)

IVETTE. BOT. PHAN. V. IVA.

* IVIRA. BOT. PHAN. Le genre étebli sous ce nom par Aublet, et adopté par Cavanilles, a été réuni au genre Sterculia de Linné par Swartz. Ainsi l'Ivira pruriens, Aublet (Guian., tab. 79), ou Ivira crinita, Cav. (Dissert. 5, t. 162), est maintenant le Sterculia Ivira de Swartz [Fl. Ind. occid., 2, p. 1160). V. STERCULTE. (G..N.)

IVOIRE, MAM. V. DENT, ÉLÉ-PHANT et Os.

IVOIRE. MOLL.Syn d'Eburne. V. ce mot.

IVRAIE ou YVRAIE. Loliam. BOT. PHAN. Ce genre, de la famille des Graminées, et de la Triandrie Digynie, L., se compose de Plantes dont la connaissance remonte aux temps les plus reculés. Il ept, cu effet, question d'Ivraie dans la Bible et dans les productions des plus anciens poètes. Le Lolium des anciens, et particulièrement celui de Virgile, paraît être la Plante qui a formé le type du genre établi par Linné et qui est ainsi caractérisé: épillets distiques, multiflores et parallèles à l'axe de l'épi; lépicène univalve, mais le plus souvent à deux valves, inégales; glumes à deux valves lancéolées, l'extérieure mutique ou aristée audessous du sommet; ovaire surmonté de deux stigmates plumeux; caryopsé oblongue, convexe d'un côté, aplatie et sillonnée de l'autre. Ce genre se distingue essentiellement du Froment (Triticum) par la position de ses épillets qui regardent l'axe par une de leurs faces et non par un de leurs côtés.

On connaît une dixaine d'espèces d'Ivraies, parmi lesquelles nous citerons seulement les deux suivantes qui sont communes en Europe:

L'IVRAIE ENIVRANTE, Lolium temulentum, L, vulgairement nommée Zizanie et Herbe d'Ivrogne, est une Plante annuelle dont le chaume dressé, haut de plus d'un demimètre, est muni de quelques nœuds ainsi que de feuilles engaînantes, très-longues, planes, assez larges, un peu rudes au toucher; leur gaîne, fendue, offre à son orifice une membrane tronquée. Une variété de cette Plante, dont la glume extérieure est mutique, a été élevée au rang d'espèce et nommée Lolium arvense. L'Ivraie enivrante est une herbe que les auteurs ont présentée sous les couleurs les plus sinistres, comme un véritable fléau pour, les moissons et pour la santé de l'Homme. Elle pullule, en effet, parmi les blés, lorsque les étés sont très-humides. Ses graines alors sont très-abondantes dans les Fromens et occasionent. divers accidens, tels que des nausées, des vomissemens et l'ivress aux personnes qui mangent du pain fait avec la farine de ces graines. Nous croyons, toutefois, qu'on a beaucoup exagéré les principaux effets de l'ivraie, effets qui paraissent dus à un principe susceptible d'être enlevé, ainsi aue Parmentier l'a enseigné, par la dessiccation au four avant que les graines n'aient été réduites en farine.

L'autre Ivraie, indigène d'Europe, est le Lolium pçrenne, L., Plante excessivement commune sur les bords des chemins et dansles lieux incultes. Cette Graminée est un fourrage excellent, mais, très-peu productif; elle ne conyient guère dans les prairies destinées à être fauchées; elle est, au coutraire, fort avantageuse dans les pâturages. On en forme des tapis de verdure dans les jardins paysagers où elle porte les, noms de Ray-Grass et de Gazon anglais. (G..N.)

IXA. Ixa. CRUST. Genre de l'ordre des Décapodes, famille des Brachyures, tribu des Orbiculaires, établ par Leach et ne différant des Leucosies que parce que le test produit, de chaque côté, une grosse proéml-

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nenes cylindrique el qui le rend trois fois plus large que long. Latreille (Règn. Anim. de Guv.) avit adopté ce genre, mais il l'a Supprimé dans son nouvel ouvrage (Fam. Nator. du Règn, Anim.) L'espèce qui servait de type á ce genré, est le Cancer cyllndrus de Herbst. V. LEUCOSTE et. IPHIS (G.)

* IXÉRIDE. Ixerts, BOT. PHAN. H. Cassini nomme ainsi un Sous-genre qu'il a établi dans le genre Taraxacum, de la famille des Synanthérées et de la tribu des Chicoracées ou Lactucées. Voici ses principaux caractères; involucre formé de folioles oblongues lancéolées, disposée? sur un sèul rang, et à la base desquelles sont cinq petites écailles membraneuses; réceptacle nu et plane; calathides composées de demi-fleurons hermaphrodites; akènes oblongs marqués ae dix côtes longitudinales exoessivemen t saillantes en forme d'ailes linéaires; le sommet du fruit prolongé en un col plus court que lui; aigrette blanche et plumeuse. Quoique l'auteur de ce sous-genre ne se soit pas décidé à le separer cbmplétement du Tarxaoum, il en a fait voir néanmoins les principales différentces, lesquelles résident dans le fruit et l'involucre L'Ixeris est eu outre pourvu d'une vraie tige, garnie de feuilles et de plusieurs calathides en eorymbe, tandis qoe le Taraxacum a une hampe aphylle et ne portant qu'une seule calathide. Si ces différences n'offraient que pen d'importance, il étail inutile ou du moins contraire aux usages recus de créer un nouveau nom qui fait croire à Pexistence d'un véritable genre et isole ainsi une espèce de ses congénères. Nous oroyons donc que l'autorité de Cassini, toute puissanle qu'elle est en matière de Synanthérées, ne le sera pas assez en cette occasion pouf faire adopter le noin d'Ixeris polycephala qu'il a donné à l'unique espèce du sous-genre, et que puis-qu'elle appartient au genre Taraxaeum on la polycephaslum. C'est une Plante herbacée, orginaire du Napaul. (G..N.)

IXIE. Ixia. BOT. PHAN. Ce genre de la famille des Iridées et de la Triandrie Monogynie, L., offre pour caractères essentiels: un périanthe corolloïde, dont le tube est droit, filiforme, le limbe étalé à six divisions régulières ou presqu'égales; un stigmate trifide. Les fleurs sont le plus souvent solitaires dans une spathe bivalve. Linné n'en décrivit qu'un petit nombre d'espèces qui lur semblérent essentiellement caractérisées par une corolle en forme de roue. Ce fut par allusion à la roue d'Ixion qu'il nomma le genre Ixie; mais dans toutes les autres espèces la corolle, au lieu d'être rotacée, est pourvue d'un tube long et grêle. Dans une dissertation spéciale intitulée: Specimen Botanicum inaugurale, etc, Leyde, 1766, Daniel de la Roche Soumit à un nouvel examen le genre Ixia, et en fit connaître quatorze espèces. En 1783, Hung de Stockholm publia, sous la présidence de Thunberg, une dissertation botanique sur les Ixla, dont il porta le nombre à vingt-quatre. Depuis ce temps, les divers auteurs ont donné les descriptions d'une si grande quantité de Plantes de ce genre, que le nombre s'en élève aujourd hui a plus de cent. Une masse aussi considérable d'espèces doit offrir beaucoup de variations dans lés diverses parties. Quelques— unes de ces variations ont paru assez importantes à ccrtains auteurs pour constituer aux dépens des Ixia, plusieurs genres dont la validité n'a pas encore été universellement re-connue. Ainsi Ker (Ann. of Botan. 1, p. 223) a proposé les genres Geissorrhiza, Hesperantha et Sparaxis; Gawler a établi (in Ann. of Botan. et Curt. Bot. Mag.) les genres Tritonia, Trichonema, et adopte le Lapey rousta formé autrefois par l'abbé Pourret (in Act. Tolus., 3, p. 79). Mœnch avait également constitué un genre Belemcada, nom qui a été donné par Persoon à une section du grand genre

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Lxia. Le genre Romulea de Sébastiani (Flor. Romana) est formé sur l'I. Bulbocodium. Nous ren voyons à chacun des mots précités pour apprécier la valeur des innovations proposées par ces auteurs; nous n'avons en vue, pour le moment, que la connaissance du genre Ixie, tel qu'on le concoit généralement et sans avoir égard aux subtiles différences qu'on a cru observer dans les organes de la fructification de ses diverses espèces. Néanmoins, il est juste de dire que; le genre Ixia se lie, par des transitions insensibles, avec d'autres genres voisins, et que les caractères exposés plus haut n'établissent pas une distinction tranchée entre l'Ixia et le Gladiolus, le Witsenia, le Galaxia le Waisonia, l'Aristea, etc.

Toutes les Ixies sont indigènes du cap de Bonne-Espérance, à l'exception de quelques espèces (l'Ixia Bulbocodium, par exemple) qui s'avancent jusqu'au nord de l'Afrique et dans l'Europe méridionale. Elles ont des racines le plus souvent bulbeuses, tuniquées et réticulées par les impressions qu'ont laissées les feuilê les des années précédentes. Leurs feuilles sont engaînantes, entières, le plus souvent glabres et plus ou moins couries que la liampe des fleure, laquelle est simple ou à plusieurs épis Les fleurs ne sont jamais pédooculées, car celles qui le semblent sont terminales au sommet des rameaux untflores de la hampe. La plupart des Ixies fleurissent dès les Premiers jours du printemps, au cap de Bonue-Espérance leur patrie; peu d'entre elles s'y développent en hiver ou st continuent pendant la saison chaude. Celles qui se plaisent dans les localités basses, arénacées et humides, sont plus précoces; sur les montagnes, au contraire, elles sont plus tardives.

On ne retire aucune utilité de ces Plantes, mais la beauté de leurs fleurs les fait cultiver avec soin dans les jardins des amateurs. Elles demandent à être garanties du froid, parce qoe la plupart d'entre elles entrent en végétation pendant l'hiver. On doit aussi, pour cette raison, les placer près des jours sur les tablettes des serres de Poraugerie, afin qu'elles ne s'étiolent pas ou que trop grande humidité ne leur soit pas trop préjudiciable. Les arrosemens doivent être tonjours modérés et proportion-nés à la température de la serre. La terre qui leur convient le mieux, est un mélange de bonne terre franche avec du terreau végétal. On les multiplie par les cayeux, dont leurs bulnes sont assez abondamment pourvus et qu'on enlève lorsque les feuilles et les tiges sont mortes. On met les plus forts séparément dans de petits pots jusqu'au mors d'octobre, époque à laquelle on les place dans la serre d'orangerie, ou, ce qui serait mieux, dans un bon châssis que l'on préserverant de la gelée. Ne pouvant, dans le gtond nombre des Ixies du Cap, faire un choix des espèces les plus remarquables par leur beauté, nous nous bornerons à citer celle qui croît dans les parties chaudes dé l'Europe, et qui par conséquent mérite davantage de fixer notre attention.

L'IXTE BULBOCODE, Ixia Bulbocodium, L., Redouté, Liliac., 2, tab. 88. Elle se distingue de tontes ses congénères par sa hampe simple uniflore et plus courte que les feuilles, par les deux bractées vertes qui accompagnent sa fleur, et par son stigmate dont chaque division est profondément bifurquée. On en connaît deux variétés, une à grande, et l'autre à petite fleur, que quelques auteurs considèrent comme deux espèces distinctes. Gette Plante, dont le bulbe: est d'un goût agréable, croît dans les terrains sablonneux de tout le bassin de la Méditerranée. Les botanistes qui ont herborisé dans le bassin des. Landes aquitaniques, l'y ont retrouvée depuis Bordeaux jusqu'à Bayonne. Bory de Saint-Vincent l'a observée en beaucoup de parties du versant Lusitantique d'Espagne, et particulièrement aux environs de la Corogne: en Galice. (G..N.)

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IXODE. Ixodes. ARAOHN. Genre de l'ordre des Trachéennes, famille des Tiques (Latr., Fam. Natur. du Règn. Anim.), établi par La treille qui le rangeait (Règn. Anim.) dans la famille des Holètres, tribu des Acarides, division des Tiques, avec ces caractères: corps aptère sans distinction d'anneaux, et n'ayant qu'une petite plaque écailleuse, occupant son extrémité antérieure; huit pates simplement ambulatoires; palpes engaînant le suçoir et formant avec lui un bec avancé, court, tron qué et un peu dilaté au bout. Ce genre était confondu dans le grand genre Mite ou Acarus de Linné et des anciens auteurs. Latreille a été obligé de subdiviser le genre Acarus en plusieurs autres basés sur l'organisation des parties de la bouche. Hermann, dans ses Mémoires aptérologiques, avait bien senti la nécessité de diviser le genre Acarus, et il fit, avec ceux que Latreille nomme Ixodes, son genre Cynorhœestes; d'anciens naturalistes les désignèrent en latin sous le nom de Ricinus que Degéer avait affecté déjà à un genre formé avec des Poux qui vivent sur les Oiseaux.

Le corps des Ixodes est presque or-biculaire ou ovale, très-plat quand l'Insecte est à jeun, mais d'une gros-seur démesurée quand il s'est repu. Leur bec est obtus en devant; il consiste en un support formé d'une petite pièce écailleuse, servant de boîte à la base du suçoir et reçue dans une échancrure pratiquée au-devant du corselet; en une gaîne de deux pièces fort, courtes, écailleuses, coneaves au côté: interne, arrondies, et même un peu plus larges à leur extrémité; chacune-de ces pièces, vue à la loupe, paraît coupée transversale ment, et il est faeile de voir que ce sont deux palpes qui se sont allongés et qui ont été transformés en gaîne. Enfin, la bouche présente entre ces deux palpes ou pièces de la gaîne, le suçoir, qui est composé de trois lames cornées, très-dures, coniques, dont les deux latérales sont plus petites, et en recouvrement sur la troisième qui est grande, large, moins colorée, un peu transparente, obtuse au bout, mais remarquable en ce qu'elle porte un grand nombre de dents en scie et très-fortes. C'est au moyen de ces dents que l'Insecte s'attache fortement à la peau des Animaux qu'il suce; cette lame a un sillon dans son milieu, et ses côtés ainsi que toute sa surface inférieure sont armés de dents. De chaque côté du bec sont placées les pates à pen près à égales distances les unes des autres; elles augmentent in-sensiblement de grandeur à partir des premières ou antérieures. Ces pates sont composées de six articles, dont les deux derniers forment un tarse conique qui est terminé par une pelote et garni de deux crochets au bout; cette partie est d'un grand secours à ces Insectes pour se fixer sur les Animaux qui se trouvent à sa portée. Le dessous de l'abdomen présente un petit espace circulaire et écailleux qui paraîtrait indiquer les organes de la génération.

Les Ixodes ne marchent pas vite, leur démarche est lente et pesante, mais ils ont une grande facilité à s'attacher, avec leurs pates, aux.objets qu'ils rencontrent, même au verre le plus poli; quand ils sont posés sur des Végétaux, ils se tiennent dans une position verticale, accrochés simplement avec deux de leurs pâtes et tenant, les auties étendues. Un Animal quelconque vient-il à s'arrêter dans leur yoismage, ils s'v accrochent avec les pâtes qui restent libres, et quittent facilement la branche où ils n'étaient fixés que par deux de leurs pates. Latreille a observé que les Ixodes d'Europe habitent de prédilection les Genêts, mais on en trouve aussi sur d'autres Plantes. En Amérique, ces Arachnides attaquent l'Homme: ellès se trouvent dans les bois en quantités innombrables, et se tiennent sur. les Plantes, les buissons, et surtout sur les feuilles sèches dont le sol est couvert. Si l'on

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s'arrête un instant dans ces endroits, et qu'on s'asseoie sur des feuilles, on en est bienôt couvert, et elles cherchent aussitôt à fixer leur suçoir datas le corps pour pomperle sang;:

Les Ixodes sont conmues en France sous le nom de Tiques; célle. qui tourmente les Chiens de chasse est désignée panles piqueurs sous le nom de Louvette ou Tique des. Chiens. Une autre nuit beaucoup aux bœufs et aux Moutons, si on la laisse multiplier; c'est le Reduvius de quelques auteurs. Elles pullulent tellement sur les Bœufs, que Latreille a vu un de ces Animaux rongé. par elles au point qu'il en succombait presque, tantil était maigre etaffaibli. Aussi les bergers doivent-ils visiter avec soin leurs bestiaux, afin de les débarrasser de ces Arachnides, s'ils ne veulent pas les voir se multiplier à l'in— fini et nuire à la santé de leurs troupeaux.

Degéer a trouvée sous le ventre de l'ixoae Réduve, un autre individu de la même espèce y «nais tout noir et beaucoup plus petit, n'ayant que là grandeur d'une graine de Navet il embrassait le veutre de ces. Ixodes avec ses pates et se tenait là renversé, dans un parfait repos entre les pates postérieures et jamais ni plus baut ni plus bas. Sa tête se trouvait. placée: vis-à-vis l'endroit du ventre ou se trouyent les organes de la génération dans les femelles. Cet auteur à vu ce petit individu y enfoncer sa trompe, et il est présumable qiie clest le mâle qui était, accouplé avec ses femelles. Les Ixodes pondent une prodigieuse quantité d'œeufs, et Chabrier prétend qu'ils sortent par la bouche. Les Ixodes. ont la vie trèsdure, et elles donnent même des sígnes. d'existence longtemps après qu'on leur a retranché des parties qui semblent être essentielles à. la vie. Les moyens qué. l'on peut employer pour détruire ces Arachnides sont à peu près les mêmes que ceux dont on se sert pour détruire) les Poux, mais les préparations mercuriel les sont les plus efficaces.

Lés principales espèces de ce genre sont.

L'IXODE RICIN, Ixodes Ricinus, Latr.; Acarus Ricinus, L., Fabr; la Tique des Chiens, Geoff.; Mite Réduve, Degéer (Mém. T. VII, p.. 101, pl. 6, fig. 1, 2); Hermann (Mém. Apt. T. v tab. 19). D'un rouge de sang foncé., avec la plaque, écailleuse plus foncée; côtés du corps rebordés, un peu poilusê palpes cngaînant peu le suçoir.

Cette espèce se trouve dans toute l'Europe, dans les hois. Elle s'attache aux Chiens.

L'Ixode RÉTICULE, Ixodes reliculatus, Latr.; Acarus Reduvius, Schranck; Acarus reliculatus, Fabr., Rœmer, Hermann. C'est cette espèce qui s'attache aux Bœufs, aux Moutons et autres Animaux domestiques.

L'IXODB NIGUA, Ixodes Nigua, Acarus Nigua, Deg.; Acarus Americanus, L. Long d'environ trois lignes et demie, ovale, aplati, rouge, avec une tache blanche sur le dos, et les jointures des pates blanches.

Cette espèce se trouve dans l'Amérique septentrionale. Kalm dit aveir. vu un Cheval dont le dessous du ventre et d'autres parties du corps étaient si couverts de ces Animaux, qu'il en succomba et mourut dans de grandes douleurs V. pour les autres espèces, Fabricius, Hermánn fils et. Leach. (G.)

IXODIE. Ixodia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées Corymbifères de Jussieu, et de la Syngénésie égale, L., établi par. Rob. Brown (in Hort. Kew., édit. 2, vol. 4, p 517), et qui présente les caractèresi suivans: involucre campanulé, formé d'écailles imbriquées appliquées, oblongues, les; extérieures arrondies au sommet, et munies sur la face externe d'une bosse charnue, les interieures surmontées d'un grand appendice étalé pétaloïde et hygrométri-que; réceptacle légèrement conique, garni, de paillettes analogues. aux écailles intériëures de l'involucre; calathide sans rayons, composée de

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fleurons égaux, nombreux, réguliers et hermaphrodites; akènes dépourvus d'aigrettes, oblongs et hérissés de papilles. Ce genre est placé, dans l'Hort. Kewensis, entre le Cœsulia et la Santolina qui appartiennent l'un à la tribu des Hélianthées et l'autre à celle des Anthémidées de Cassini. Cet auteur pense qu'il en dort être éloigné et rangé parmi les Iuulées-Gnappaliées, près des genres Cassinia et Lepiscline.

L'Ixodia ochillsoides, R. Brown, loc. cit., et Sims, Bot. Mag., val. 37, n. 1534, est l'unique espece commuenue C'est un Arbust ndigène de la eête australe de la Nouvelle-Hollande, y et cultivé maintenant dans plusieurs jardins d'Europe. Il est très-rameux, entièrement glabre, et toutes ses parties vertes sont enduites d'un vernis gluant; ses branches anguleuses sont garnies de feuilles alternes épaisses, sessiles et décurrentes. Les fleurs sont disposées en corymbes an sommet des rameaux; leurs corolles ont le tube verdâtre, le limbe rougeâtre inférieurement, et jaunâtre supérieurement.

Le nom d'Ixodia avait été donné par Solander à on genre nommé Hydropellis par Michaux. V. ce mot. (G..N.)

IXORE. Ixora. BOT. PHAN. Genre de la famille des Rubiacées et de la Tétrandrie Monogynie, établi par Linné et ainsi caractérisé: calice qua-drifide très-petit; corolle munie d'un tube long et grêle, et d'un limbe à quatre divisions obtuses; anthères presque sessileS, saillantes hors du tube stigmate épais légèrement bifide; baie biloculaire renfermant une seule graine dans chaque loge. Ce genre est tellement voisin du Pavetta, que Lamarck les a réunis en un seul, ainsi que le Chomelia de Jacquin. Jussieu (Mém. sur la Fam. des Rubiacées, p. 9) pense qu'on doit également placer dans les Ixora, le Lonicera corymbosa de Linné, dont léHéritier. avait fait une espèce de Loranthus. Si l'on n'admet pas la fission proposée par Lamarck, du Pavetta dans l'Ixora ce dernier genre sera encore composé d'une dixaitre d'espèces qui sont des Arbrisseaux indigènes des Indes-Orientales et de l'Amérique équinoxiale. La plupart sont des Plantes d'ornement, remarquables par leurs fleurs nombreuses et ornées des couleurs Les plus vives. Parmi ces espèces, il en est une assez intéressante pour mériter d'être mentionnée avec quelques détails.

L'IXOBE ÉGARLATE, Ixora coccinea, L.; Schetti, Rhéede (Hort. Malab. 2, t. 13), est un bel Arbrisseau dont la tige atteint un mètre et demi de hauteur; elle se divise en plusieurs rameaux qui dans leur jeunesse sont légèrement comprimés vers le sommet. Ses feuilles sont opposées, à peine pétiolées, ovales, eordiformes, pointues, aiguës et entières. Les flers, d'un rouge écarlate très-éclatant, forment une sorte d'ombelle presque sessile et terminale. La côte du Malabar est la patrie de cet Arbuste, L'é-légance de Ses fleurs le fait rechercher dans la foule des Végétaux qui ornent cette contrée; les habitans du pays en décorent les temples de leur divinité. C'est le nom de celle-ci (Ixora) que Linné a transporté dans la botanique, en l'appliquant an genre qui nous occupe. L'Ixore écarlate est cultivé dans les serres chaudes des jardins d'Europe, où il exige une grande chaleur, beaucoup d'humidité et de l'ombre. On le multiplie par marcottes et boutures que l'on fait au printemps sur couches et sous châssis, mais qui ne réussissent pas toujours. (G..N.)

IZQUIERDIA. BOT. PHAN. Ruiz et Pavon (System. Flor. Peruviun. 1 p. 278) ont donné ce nom à un genre de la Tétrandrie Monogynie, L., auquel ils ont assigné les caractères suivans: fleurs hermaphrodites on dioïques par avortement; calice monopbylle quadridenté; corolle à quatre pétales; quatre étamines; ovaire surmonté d'un stigmate ses sile. Le fruit non parvenu a létai de

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maturité, est une drupe monosperme. L'Izquierdia aggregata, unique espèce de ce genre peu déterminé, est un Arbre haut d'environ dix mètres et qui croit dans les grandes forêts du Pérou. Ses feuilles sont ovales acuminées, et ses pédoncules agrégés, uniflores. (G..N.)

J.

JAAJA. BOT. PHAN.Les botanistes voyageurs doivent observer l'Arbre qui couvre, à Sierra-Léone, de grands espaces du rivage, et qui paraît appartenir au genre Rhizophora. Est-il de la même espèce que celui des Antilles? Ce point a besoin d'être éclairci. (B.)

JAATZAOE. BOT. PHAN. Selon Kœmpfer, c'est le nom de pays de l'Arali a japonica, Thunb., aussi nommé Jaats-Ta. (B.)

* JABÉBIRETTE ou JABÉBI-NETTE, POIS. L'espèce de Raie à laquelle on donne ce nom au Brésil, n'est pas encore bien déterminée, unais ne saurait être la Raie bouclée, comme on l'a cru. (B.)

JABET. MOLL. Adanson (Coquillages du Sénégal, pl. 18, fig. 8) appelle ainsi une petite espèce d'Arche que Linné a désignée sous le nom d'Arca afra, et que Lamarck n'a pas rapportée parmi les espèces qu'il a décrites. (D..H.)

JABIK. MOLL. Linné a rapporté à son Murex Gyriuus avec quelque doute, la Coquille ainsi nommée par Adanson. Le Murax Gyrinus, qui est une Ranelle de Lamarck, a été désigné par ce dernier auteur sous le nom de Ranelle granifère. Des changemens dans la synonymie ont été nécessaires, et Lamarck en a rejeté les figures qui, comme celles d'Adanson, laissent du doute. Le Jabik se trouve dans le même cas que beaucoup de Coquilles d'Adanson, qu'il est difficile de rapporter aux. espèces que nous connaissons. (D..H.)

JABIRU. Mycteria. OIS. Espèce du genre Cigogne dont plusieurs auteurs ont fait Le type d'un genre particulier qui offrirait cinq ou six espèces, V. CIGOGNE. (DE..Z.)

JABORANDI. BOT. PHAN. (Marcgraaff) Nom de pays du Piper aduncum, L. (B.)

JABOROSE Jaborosa. BOT. PHAN. Genre de la famille des Solanées et de la Pentandrie Monogynie, L., établi par Lamarck (Encycl. Méth. qui l'a ainsi caractérisé: calice court à cinq découpures; corolle tubuleuse, campanulée, le limbe à cinq lobes aigus; cinq étamines attachées au sommet du tube, à anthères courtes; ovaire supérieur; style simple, stigmate capité; fruit inconnu. Le nom donné à ce geare est tiré d'un mot arabe qui désigne la Mandragore dont le Jaborosa est voisin et par le port et par les caractères. Les deux espèces qui le constituent sont: 1° le Jaborosa integrifolia, Lamk., Encycl. Méth. et Illustr. Gen., tab. 114; 2ë et le Jaborosa runcinaia, Lamk. Encycl. Elles ont été découvertes aux environs de Buenos-Ayres et de Montevideo par Commerson. Ces Plantes font pourvues de tiges herbacées, de feuilles toutes radicales et de hampes uniflores. (G..N.)

JABOT. Ingluvies. OIS. Plusieurs Oiseaux granivores, mais plus spécialement les Gallinacés, sont munis de deux estomacs, le Jabot et le Gésier. Le premier est composé de deux portions: l'une mince, membraneuse, très-dilatable, où les ali-

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mens sont simplement déposés, et qui est si visible dans les Poules et les Pigeons; l'autre à parois musculeuses, garnies intérieurement d'une membrane muqueuse, et où commence la digestion. V. INTESTINS. (A. R.)

JABOTAPITA. BOT. PHAN.(Plumier.) Syn. d'Ochna. V. ce mot. (B.)

* JABOTI. REPT. CHÉL. (Marc- graaff.) Syn. de Testudo tubulata, Sch. V. TORTUE. (B.)

JABOTIÈRE. OIS. Syn. vulgaire de Cygne de Guinée. V. CANARD. (DR..Z.)

* JABUTIGABA. BOT. PHAN. L'Arbre brésilien mentionné sous ce nom par Pison a été regardé comme appartenant au genre Cynomèlre. (B.)

JAC, JACA ET JACKA. BOT. PHAN. D'où Jaquier. Noms de pays de L'Artocarpus integrifolia, L. V. JAQUIER. (B.)

* JACAMAICI. OIS. Espèce du genre Jacamar. V. ce mot. (B.)

* JACAMACIRI. OIS. Syn. de Venetou. V. JACAMAR. (B.)

JACAMAR. Galbula. OIS. Genre de la seconde famille de l'ordre des Zygodactyles. Caractères t bec long, droit ou légèrement incliné vers la pointe, grêle, quadrangulaire, non échancré; narines placées de chaque côté du bec et à sa base, ovalaires, couvertes dans leur moitié postérieure par une membrane. nue; pieds très-courts; trois ou quatre doigts; toujours deux en avant, réunis jusqu'à la troisième articulation; ailes médiocres, les trois premières rémiges étagées, moins longues que les quatrième et cinquième; douze rectrices, les deux latérales plus courtes.

L'histoire des Jacamars est encore peu connue, et leur synonymie offre beaucoup d'obscurité; il serait à désirer qu'un naturaliste-voyageur songeât à s'occuper d'une monographie de ce genre qui paraît d'aulant plus facile à entreprendre que le nombre, des espèces sur lesquelles elle s'étendrait est peu considérable et que toutes habitent des contrées rapprochées dont elles ne franchissent, point les limites. Un semblable travail dissiperait beaucoup d'incertitudes relativement aux mues périodiques auxquelles ces Oiseaux doivent être assujettis, si l'on en juge d'après les différences que l'on observe sur des individus de même espèce et de même sexe rapportés à des époques différentes de leur patrie natale. Tout ce que l'on sait des mœurs et des habitudes des Jacamars se réduit à quelques notions générales assez vagues. Ces Oiseaux se tiennent, à ce que l'on assure, dans les retraites les plus sombres des forêts, où l'épaisse feuillée les dérobe aux regardfs et aux recherches des chasseurs; leur yie solitaire leur permet à peine de souffir la société d'une compagne; perchés sur une branche, ils y demeureraient immobiles pendant des journées entières, si le besoin de pourvoir à leur subsistance ne les forçait à s'élancer de temps à autre sur les petites proies qui voltigent autour d'eux. Leur vol est assez rapide, mais peu élevé, très-intermittent et comme par secousses, ce qui les fait alternativement monter et descendre, toujours dans une seule direction. Quatre œufs verdâtres, largement tachetés de brun, trouvés dans un nid étranger où couvait une femelle de Jacamar vert, feraient croire que cette espèce, semblable à notre Coucou d'Europe et à plusieurs autres Oiseaux ne se donne pas la peine de construire un nid particulier, mais qu'au moment de la ponte elle s'empare de l'un de ceux qu'elle trouve sur son passage, y dépose le fruit de ses amours, qu'elle ne quitte plus jusqu'à ce que la jeune famille soit éclose et parvenue au point de, pouvoir se passer des soins maternels. Du reste on ne pourrait encore assurer que cette observation qui n'a peut-être pas été renouvelée, soit applicable aux autres espèces. Le chant de ces Oiseaux est extrêmement borné, c'est

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tout au plus un petit sifflement cadencé qui ne se fait entendre que dans la saison des amours. Les Jacamars sont des Oiseaux propres à l'Amérique méridionale; ils y habitent les régions voisines de l'équateur vers le tropique. Ce genre se sous-di-vise en deux sections, division basée sur le nombre des doigts.

† Quatre doigts, deux devant et deux en arrière.

JACAMAR JACAMAICI, Galbula grandis, Lath., Ois. dor., pl. 6; Alcedo grandis, L. Parties supérieures d'un vert doré, cuivreux; premières rémiges brunes; tectrices caudales sepérieures vertes, les inférieures cendrées, irisées en violet; plumes de la base des mandibules d'un rouge cuivreux; menton blanc; gorge et parties inférieures rouges; bec et pieds noirs. Taille, dix pouces.

JACAMAR A. LONGUE QUEUE, Galbula paradisea, Lath., Buff., pl. enl. 271; Alcedo paradisea, L. Parties supérieures d'un brun noirâtre irisé; sommet de la tête brun; menton, côtés du cou, poitrine et parties inférieures noirâtres; gorge et taches de chaque coté de l'abdomen blanches; rémiges et rectrices d'un noir-violet irisé; celles-ci étagées avec les deux intermédiaires très-longues; bec et pieds noirs. Taille, onze pouces. La femelle a les couleurs ternes et sans reflets; les rectrices intermédiaires sont aussi beaucoup plus courtes que celles du mâle.

JACAMAR VENETOU, Galbula albirostris, Lath.; Galbula flavirostris, Vieill. Parties supérieures d'un vert doré cuivreux, très-brillant; front et région oculaire d'un brun noirâtre irisé; grandes rémiges brunes avec la base des barbes internes fauve; rectrices étagées, les deux intermédiaires d'un vert doré, toutes les autres rousses; menton blanchâtre; gorge roussâtre; poitrine d'un vert cuivreux; parties inférieures d'un roux vif; bec jaunâtre à la base, noir vers l'extrémité. Taille, huit pouces. La femelle a toutes les teintes plus sombres.

JACAMAR A VENTRE BLANC, Galbula leucogastra, Vieill. Parties supérieures d'un vert doré: côtés de la tête d'un vert sombre, bleuâtre; rémiges et rectrices vertes, dorées, bordées de bleu irisé; gorge et ventre blancs; le reste des parties inférieures d'un vert doré; bec et pieds noirs. Taille, huit pouces.

JACAMAR VERT, Galbula viridis, Lath., Buff., pl. enl. 238; Alcedo Galbula L. Parties supérieures d'un vert doré brillant; front et région oculaire d'un brun noirâtre, irisé; sommet de la tête, bord des rémiges et des rectrices d'un vert bleuâtre foncé; premières rémiges noirâtres; menton cendré; gorge blanche; poitrine d'un vert doré cuivreux; parties inférieures rousses. Taille, huit pouces. Cette espèce varie dans la couleur de la gorge qui est quelquefois semblable à celle du ventre.

† Trois doigts, deux en avant, un seul en arrière.

JACAMAR TRIDACTYLE, Galbula tridactylay Vieill. Parties supérieures d'un brun noirâtre, irisé en vert; sommet de la tête et base du bec noirâtres avec le bord des plumes qui sont assez longues, d'un roux cendré; grandes rémiges et rectrices brunes, bordées extérieurement de vertdoré; moyennes rémiges brunes, lisérées de fauve; côtés du cou d'un brun cendré; menton fauve; gorge noire; milieu de la poitrine et au ventre d'un blanc roussâtre; flancs et tectrices caudales inférieures noirâtres, frangées de roussâtre; bec et pieds noirâtres. Taille, sept pouces. (DR..Z.)

* JACAMARALCION. OIS. (Levaillant.) Syn. de Jacamar tridactyle. V. ce mot. (B.)

JACAMEROPS. OIS. Nom que plusieurs auteurs ont appliqué à une division du genre Jacamar.

JACANA. Parra. OIS. Genre de l'ordre des Gralles. Caractères: bec

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d'une longueur médiocre, ne dépassant pas celle de la lête, droit, grêle, comprimé légèrement, renflé vers la pointe, déprimé à sa base, qui se dilate sur le front en plaque ou se relève en crête; mandibules d'inégale longueur, l'inférieure un peu courte et formant avec ses bases un triangle un peu plus ouvert: narines placées sur les côtés et vers le milieu du bec, ovales, ouvertes, percées d'outre en outre; pieds très-longs, grêles, avec la majeure partie de la jambe nue; quatre doigls très-longs et trèsminces, entièrement divisés, munis d'ongles droits et fort acérés; le pouce portant à terre sur plusieurs articulations, un peu moins long que l'ongle qui le termine; ailes armées d'un éperon corné et très-pointue première rémige presque égale aux seconde et troisième qui sont les plus longues.

Le nom imposé à ce genre est ce«lui que l'espèce principale, qui fut long-temps la seule connue des ornithologistes, porte au Brésil; on eût pu le changer depuis que l'on a trouyé des Jacanas dans toutes les contrées chaudes et humides des deux continens; mais comme à ce nom ne se rattachait aucune application particulière, rien ne s'opposait à ce qu'on l'eût conservé. Il n'en était pas de même avec celui de Chirurgien, que les pointes acérées dont les ongles et les poignets de ces Oiseaux sont munis leur avaient, comparativement avec des lancettes, fait appliquer vulgairement.

Les Jacanas, au moyen des longs doigts qui terminent leurs jambes élevées et grêles, se soutiennent aisément sur les Plantes aquatiques dont les feuilles s'étendent à la surface des eaux dormantes? ils courent avec une extrême légèreté d'une feuille à l'autre pour saisir les petits Insectes qu'ils savent apercevoir de très-loin. Cette agilité, jointe à beaucoup de défiance naturelle, rend très-rares l'approche et la surprise des Jacanas. Ces Oiseaux, quoiqu'armés de manière à devenir redoutables, soit deas l'atteque, loit dans la défense, ont cependant l'humeur très-pacifique; tous les observateurs qui sont parvenus à les approcher et à les étudier dans l'état de liberté s'accordent à dire qu'ils n'ont trouvé les Jacanas aucunement querelleurs et méchans; ils les ont vus, au contraire, trèsfamiliers entre eux et se prodiguant entre époux, qui semblent être réci-proquement fort attachés, les témoignages d'une vive affection. Lorsque, pressé d'échapper à quelque danger, l'un des deux a dû fuir d'un vol précipité, on l'entend, après avoir donné en partant le signal d'alarme par un cri bref et aigu, rappeler bientôt l'objet de sa tendresse par un sifflement plaintif. Tout porte à croire que chez ces Oiseaux les unions sont durables. Ils établissent leurs nids au sein des Herbes les plus élevées, dans le voisinage des marais don ils s'éloignent rarement; il arrive même quelquefois que ces nids, composés de Joncs et de brins d'Herbep entre lacés, sont portés par ces larges feuilles que l'on voit surnager en tous lieux où se trouvent de grandes mares. La ponte est de quatre à cinq œufs verdâtres, tiquetés de brun foncé. Les Jacanas ont le vol rapide, maïs peu élevé; très-silencieux pendant le jour, ils font, la nuit, retentir les airs de cris de rappel qui s'entendent de très-loin et portent partout des impressions désagréables.

JACANA AGUAPEAZO, Parra Chilensis, Var., Lath. V. AGUAPECACA de ce Dictionnaire. Parties supérieures d'un rouge de earmin; front, tête, cou, poitrine, abdomen et grandes tectrices alaires d'un noir pur; flancs, croupion, tectrices caudales et rectrices d'un rouge vif; rémiges nuancées de jaune et de vert terminées de noir; petites tectrices alaires noirâtres, terminées de blanc tectrices alaires in-férieures roussâtres; barbes des plumes généralement désunies; bec jaune, couvert sur la meitié de sa longueur par une membrane rouge qui s'étend jusqu'à l'angle de l'œil, puis remonte sur la tête oü elle forme

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deux lobes arrondis, non adhérens; celte membrane descend ensuite circulairement sous le bec; pieds d'un gris de plomb; ongles flexibles et élastiques, noirâtres. Taille, dix pouces. Sonniui prétend que cette espèce est identique avec le Jacana Thégel De l'Amérique méridionale.

JACANA BRONZÉ, Parra œnea, Cuv. Parties supérieures d'un vert bronzé, avec les tectrices alaires vertes; croupion, tectrices caudales et rectrices d'un roux sanguin; corps noir, irise de brun et de violet; une tache blanche derrière l'œil. Du Brésil. Espèce douteuse.

JACANA CANNELLE, Parra Africana, Gmel., Lath. Parties supérieures d'un brun roux; derrière du cou, nuque et rémiges d'uu noir pur; sourcils blancs; gorge blanche; poitrine jaune, tachetée et rayée de noir comme les côtés du cou; parties inférieures dun brun foncé; bec noirâtre avec la pointe cendrée; plaque frontale bleue, qui devient noirâtre après la mort; pieds d'un noir verdâtre; épine humerale petite et noire. Taille, neuf pouces. D'Afrique.

JACANA COMMUN, Parra Jacana, L., BufF., pl. enl. 322. Parties supérieures d'un brun marron, les inférieures d'une teinte plus obscure; tête, gorge, cou et poitrine d'un noir irisé; rémiges d'un vert jaunâtre, bordées de noirâtre; bec jaune; membrane frontale non adhérente, jaune et divisée en trois lobes; deux barbillons charnus descendant de chaque côté de la mandibule supérieure, d'un jaune rougeâtre; pieds d'un gris verdâtre; épine humérale grande, conique et blanchâtre. Taille, dix pouces. Les jeunes (Buff., pl. enl. 846) ont, en général, du blanc à la tète et aux parties inférieures; les teintes de noir, de brun mari on et de vertsont moins foncées; ils sont aussi d'une taille un peu moindre.

JACANA COUDEY, Parra Indica, Lath. Parties supérieures d'un brun cendré, les inférieures ainsi que la tête et le cou d'un noir bleuâtre; rémiges d'un violet noirâtre; sourcils blances; bec jaune avec la base de la mandibule supérieure d'un bleu noirâtre; une tache rouge à l'angle des mandibules; pieds brunâtres. Taille, neuf lignes. Du Bengale.

GRAND JACANA VEHT A CRÊTE, Parra cristata, Vieill. Parties supérieures d'un vert bronzé; tête, cou, haut du dos, poitrine et ventre d'un vert sombre; un large sourcil blanc; grandes tectrices alaires et rémiges d'un vert noirâtre; croupion, flancs, abdomen et rectrices d'un brun rougeâtre; bec jaune; membrane flon-lale relevée en crête charnue, lisse, d'un rouge cramoisi: pieds et doigts verts; ongles bruns. Taille, dix pouces. De Ceylan.

JACANA HAUSSE-COL DORÉ, Parra cinnamomea, Cuv. Parties supérieures d'un brüta marron, les inférieur res d'un brun foncé; tête noire» bas du cou blanc; poitrine roussâtre; bec jaunâtre, avec la membrane frontale d'un gris bleuâtre; pieds verdâtres. Taille, onze à douze poucès. Du Sénégal.

JACANA A LONGUE QUEUE, Parra Sinensis, Lath. Parties supérieures d'un brun rougeâtre, les inférieures d'un brun pourpré foncé; tête, gorge et devant du cou blancs, encadrés de noir; occiput nôir; derrière du cou d'un jaune doré brillant; tectrices alaires blanches; grandes rémiges noires, les moyennes blanches, bordées de noirâtre, les suivantes entièrement blanches, enfin les plus rapprochées du corps d'un brun-marron, quelques-unes d'elles terminées par un appendice pédiculé, formant une petite rame allongée; rectrices noires, les quatre intermé-diaires dépassant de beaucoup les autrés par une courbure élégante; bec bleuâtre; point de plaque frontale; pieds verts; épine humérale moyeune et de couleur de corne. Taille, dix-huit à vingt pouces. Les jeunes ont le sommet de la tête d'uu brun foncé; un sourcil blanc, puis une ligne qui borde le cou et descend jusqu'a l'épaule; cette ligne est blanche, lisérée de brun, et dégénère

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en jaunâtre; les portiers supérieures brunes; la gorge et le venlre blancs; le milieu de la poitrine brunâtre, rayé de noir; les grandes rémiges noires, les autres blanches, les trois extérieures ont les appendices pédiculés; le bec grisâtre; les pieds noirâtres. De l'archipel des Indes.

JACANA NOIR, Parra nigra, Lath. Parties supérieures noires; les inférieures et les tectrices alaires brunes; rémiges vertes, bordées de noirâtre; rectrices noires; bec jaune; membrane frontale rouge pieds cendrés. Taille, dix lignes. Du Brésil. Celte espèce, distinguée par plusieurs auteurs, paraît n'être qu'une variété du Jacana commun.

JACANA PECA, Parra Brasiliensis, Lath. Tout le plumage d'un vert obscur, avec les ailes brunes; rectrices d'un noir verdâtre; bec jaune; point de plaque frontale; pieds d'un gris verdâtre; épine humérale droite, très-pointue et jaune. Taille, onze pouces. De l'Amérique méridionale.

JACANA THÉGEL, Parra Chilensis, Lath. Parties supérieures d'un brun violet; tête, gorge et portion de la poitrine noires; rémiges et rectrices d'un brun noirâtre; ventre blanc; bec très-long, noirâtre; plaque frontale épaisse, charnue, divisée en deux lobes rouges; pieds. d'un noir verdâtre; doigts médiocrement longs; épine humérale grande et jaune. Taille, douze pouces. De l'Amérique méridionale. Il paraît que c'est cette espèce d'un naturel criard et querelleur qui a fait penser que toutes les autres partageaient les mêmes habitudes. Molina, qui a observé ces Oiseaux pendant son séjour au Chili, dit que jamais ils ne quittent les prairies voisines des savanes noyées, qu'ils y sont constamment appariés, qu'ils ne témoignent pas une grande défiance, si ce n'est lorsqu'on cherche à s'emparer de leurs nids; alors ils entrent en fureur, se jettent sur l'agresseur et défendent leur progéniture avec un courage extraordinaire. Leur ponte est de quatre œufs fauves, picotés de noir.

JACANA VERT, Parra viridis, Lal Parties supérieures d'un vert noirâtre; tête, gorge, cou, poitrine, rémiges et rectrices noirâtres, irisés en violet; base du bec rouge, l'extrémité jaune; plaque frontale ronde et bleue; pieds verdâtres; épine humérale petite et grise. Taille, douze pouces. (DR..Z.)

JACAPA. Ramphocelus OIS. Espèce du genre Tangara, dont Vieillot a fait le type d'un genre particulier. V. TANGARA. (DR..Z.)

JACAPANI. OIS. Le Japacani de Marcgraaff, espèce du genre Trbupiale. V. ce mot. (DB..Z.)

* JACAPAS. OIS. Dénomination donnée par Desmarest à sa troisième division des Tangaras. (DR..Z.)

* JACAPE. BOT., PHAN. La Graminée du Brésil et de Saint-Domingue désignée sous ce nom par Marcgraaff et par Nicolson; n'est pas déterminee. (B.)

JACAPU. OIS. (Marcgraaff.) Syn. de Jacapa. V. ce mot. (B.)

JACAPUCAYA. BOT.PHAN. [Marcgraaff.) Espèce brésilienne du genre Lecy this. (B.)

JACARA OIS JACARE. REPT. SAUR. (Marcgraaff;) Nom de pays du Caïman à lunette. V CROCODILE. (B.)

JAGARANDA. Jacaranda. BOT. PHAN. Genre établi par Jussieu (Gen. Plant.) dans la famille des Bignonia cées et qui offre pour caractères: un calice monosépale campanule, à cinq dents; une corolle monopétale, tubuleuse, infundibuliforme ou sub-campanulée, ayant son limbe à cinq lobes inégaux, disposés en deux lèvres; quatre étamines inégales et di-dynames, avec le rudiment d'une cinquième avortée; un style terminé par un stigmate formé de deux lamelles rapprochées. Le fruit est üne capsule allongée, comprimée, ligneuse, à deux loges et à deux valves, portant chacune la moitié de la cloison sur le milieu de leur face interne. Les graines sont striées, bor-

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dées d'une aile membraneuse. Ce genre a été formé aux dépens du genre Bignonia, dont il diffère surtout par le mode île déhiscence et la forme de sa capsule, qui est allongée, sili-quiforme, avec la cloison opposée aux valves, tandis qu'elle leur est parallèle dans les véritables espèces de Bignones. Au genre Jacaranda se rapportent les Bignonia cœrulea et B. Jacaranda, L., ainsi que trois espèces nouvelles, croissant également eu Amérique, savoir: Jacaranda acutifolia et J. obtusifolia de Kunth (in Humb. Nov. Gen., 3, p. 145), et J. rhumbifolia de Meyer [Fl. Essequeb) Ce sont toutes de grands et beaux Arbres, ayant le port des Mimosa, des feuilles opposées, pinnées, et dont les fleurs, eu général violettes, sont axillaires ou terminales, quelquefois disposées en panicules. (A. R.)

* JACARATIA. BOT. PHAN. Les tiges desséchées du Gacte brésilien désigné sous ce nom par Pison, servent de flambeau aux naturels pendant leurs voyages. L'espèce n'en est pas déterminée. (B.)

JACARD. MAM. (Belon.) Syn. de Chacal. V. CHIEN. (B.)

* JACARE. REPT. SAUR. V. JACARA. Le nom de JACARE est aussi donné dans l'Inde au Gavial, sans qu'on sache de quel pays ce nom est originaire, s'il est passé d'Asie en Amérique ou d'Amérique en Asie. (B.)

JACARINI. OIS. Espèce du genre Gros-Bec. V. ce mot. (B.)

JACCHUS. MAM V. OUISTITI.

JAGÉE. Jacea. BOT. PHAN.Tour-nefort fonda un genre Jacea qui fut adopté par Vaillant, mais que Linné réunit aux Centaurea. Jussieu, formant de nouvelles coupes dans ce dernier genre, rétablit le Jacea, mais il en élimina une espèce fort remarquable (J. pratensis) qu'il relégua parmi les Rhaponticum. Enfin plusieurs auteurs adoptèrent la séparation des Jacées d'avec les Centeurées; mais ces auteurs n'ont ni bien caractérisé ni bien composé les groupes qu'ils ont proposés. Du moins tel est le sentiment de Cassini qui fait rémarquer que le caractère essentiel des Jacées réside dans la structure de l'appendice des folioles intermédiaires de l'involucre, lequel n'est point spinescent au sommet, ni décurrent sur le bord de la foliole. 11 ajoute que le Jacea diffère du Cyanus par le style dont les branches stiginatiques sont plus ou moins soudées, tandis qu'el-les sont coroplétement libres jusqu'à la base dans les Cyanus. Le genre Jacea qui doit renfermer le Centaurea pratensis éloigné mal à propos par Jussieu et Mœnch, fait partie de la tribu des Centaurées de De Candolle et Cassini. Il en a été fait mention à l'article CENTAURéE de ce Dictionnaire, ou tùus les groupes formés aux dépens de ce genre vaste et très-na-tuiel sont considérés comme de simples sections.

La Violette a quelquefois été nommée JACéF. DE PRINTEMPS;le Lychnis dioica, JACéE DES JARDINIERS, et le Serratula tinctoria JACéE DES BOIS. (G..N.)

JACINTHE. Hyacinthus BOT. PHAN. Ce genre, de la famille des Liliacées ou Asphodélées, et de l'Hexandrie Monogynie, L., se compose d'un grand nombre d'eSs-pèces qui toutes sont des Plantes à racine bulbe use tuniquée, ayant toutes les feuilles radicales étroites, les fleurs disposées en épi à la partie supérieure de la hampe. Chaque fleur se compose d'un calice tubuleux, un peu renflé vers sa partie inférieure, ayant son limbe évasé, à six divisions recourbées et égales. Les étamines sont au nombre de six, incluses, attachées à la paroi interne du calice; leurs filets sont très-courts; les anthères introrses, allongées et à deux loges. L'ovaire est libre, sessile, ovoïde ou globuleux, à six côtes, à trois loges contenant chacune environ huit ovules attachés sur deux rangées longitudinales à l'angle interne. Le style est d'une longueur variable, à trois angles obtus, terminé par un stigmate à trois lobes. Le fruit

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èst une capsule ordinairement triangulaire, quelquefois déprimée vers son centre, offrant trois loges et plusieurs graibes dans chacune d'elles. Elle s'ouvie en trois valves septifères sur le milieu de leur face interne. Les graines sont ovoïdes ou globuleuses, offrant quelquefois à leur point d'attache un renflement caronculiforme; elles contiennent sous un tégument propre noirâtre, un endospermê blanc et charnu vers la base duquel Se trouve un embryon dressé, presque cylindrique.

Quelques auteurs, à l'éxemple de Miller, ont retiré du genre Jacinthe les espèces qui ont le calice globuleux, resserré à sa partie supérieure, pour en former le genre Muscari; telles sont l'Hyacinthus Muscari, l'H. racemosus, l'H. comosus, l'H. botryoides do Linné. V. MUSCARI.

Le genre Hy acinthus est extrêmement rapproché par ses caractères et par son port du genre Scilia. Mais dans ce dernier, le calice est formé de six sépales distincts les uns des au tres jusqu'à leur base et plus ou moins étalés, tandis que dans les Jacinthes les six sépales sont tellernent sou-dés que le calice paraît monosépale. La plupart des espèces de Jacinthes sont des Plantes d'agrément. Mais, parmi toutes ces espèces, il en est une surtout qui est cultivée en abondance, c'est la Jacinthe des Jardiniers. Nous allons d'abord la décrire à son état naturel de simplicité, a près quoi nous ferons connaître quelquesunes de ses principales variétés et son mode de culture ét de multiplication.

JACINTHE b'ONIENT, Hyacinthus Orientalis, L. Vulgairement Jacinthe des Jardiniers. Cette belle espèce est originaire d'Orient et de l'Asie-Mineure; mais aujourd'hui elle est en quelque sorte naturalisée dans toutes les parties de l'Europe où l'on s'occupe de la culture des fleurs. Son bulbe est simple, ovoïde, formé de tuniques emboîtées les unes dans les autres, et recouvertes extérieurement d'ëcailles sèches d'un gris violacé. Du plateau ou de la couronne sur laquelle lè bulbe est assis à sa partie inférieure naît une racine composée de fibres cylindriques, simples et blanches. Les feuilles sont les unes dressées, les autres étalées, allongées, étroites, un peu canaliculées et pointues, d'un vert agréable. Du centre de ce faisceau de feuilles s'élève une hampe nue de six à neuf pouces d'élévation, quelquefois davantage, cylindrique, glabre, terminée par un épi de jolies fleurs bleues ou blanches, répandant une odeur extrêmement suavé. A ces fleurs succèdent des capsules déprimées, à trois angles très-saillans et obtus, s'ouvrant en trois valves et contenant des graines globuleuses qui offrent chacune une caroncule tres-saillante à leur point d'atta che. C'est l'espèce que nous venons de décrire qui, transportée il y a plus de deux siècles dans les jardins de la Hollande, et particulièrement dans eeux de Harlem, a fourni à la longue, par les soins du cultivateur, ces innombrables variétés à tleurs simples et doubles dont le nombre s'élève Aujourd'hui au-delà de deux mille. Aujourd'hui le goût des Jacinthes, de même que celui des Tulipes, n'est plus aussi généralement répandu qu'autrefois, surtout eu France. Il fût un temps ou les amateurs de Jacihthes payaient jusqu'à deux et trois mille francs un seul oignon d'unè variété nouvelle. Dans les premiers temps où la culture de cettè belle Liliacée commenaca à s'introduire en Hollaude, on ne recherchait que les variétés à fleurs simples; celles à fleurs doubles étaient considérées comme des monsiruosités et sans nulle valeur. Plus tard, le goût des amateurs changea entièrement, et l'on n'attacha plus de valeur qu'à celles dont les fleurs étaient bien pleines. Pour qu'une Jacinthe ait encore du prix, il faut qu'elle soit non-seulement grande et bien pleine, mais il faut qu'elle soit bien rég lière, c'est-à-dire que ses divisions soient égales et recourbées en dehors. Elle acquerra une valeur plus grande encore si le cœur est d'une couleur dif-

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férent de celle des divisions externes.

On peut établir trois classes parmi les nombreuses variétés de Jacinthes: celles à fleurs entièrement simples, celles qui sont doubles et enfin celles qui sont pleines. Les deux premières classes se multiplient de cayeux et de graines, les dernières seulement par le moyen des cayeux, parce que leurs fleurs sont tout-à-fait stériles. C'est par le moyen des graines que les fleuristes hollandais obtiennent chaque année un grand nombre de variétés nouvelles; par les cayeux, au contraire, ils propagent et conservent les variétés déjà connues. Dans une excellente histoire des Jacinthes publiée à Amsterdam en 1768, l'auteur cite plus de dix-huit cents variétés qui toutes ont un nom particulier. On concoit que depuis cette époque le nombre s'en est encore de beaucoup augmenté.

La culture des Jacinthes, bien que ces Plantes soient assez rustiques, exige des soins particuliers, surtout à cause de leur floraison très-précoce. En effet, sous le climat de Paris il n'est pas rare de voir les Jacinthes fleurir dès la fin de mars ou dans les premiers jours d'avril. Les Jacinthes se plantent ordinairement en planches de trois pieds environ de largeur sur une longueur variable, suivant le nombre que l'on en possède. Chaque planche doit être creusée à une profondeur de dix pouces et remplie d'une terre particulière qui est un mélange de fumier de Vache et de sable de Bruyère. On unit bien cette terre et l'on y trace des lignes longitudinales et transversales, éloignées les unes des autr de six pouces; on enfonce un oignon à chaque point d'intersection, après quoi on recouvre le tout d'une nouvelle couche de terre préparée de trois à quatre pouces d'épaisseur que l'on soutient sur les côtés avec des tringles de bois. Ce trayail doit se faire vers le milieu de septembre ou le commencement d'octobre. La Plante doit être ensuite recouverte avec des coquilles d'Huîtres pilées, si l'on peut s'en procurer. Lorsqu'on craint de trop fortes gelées pendant l'hiver, on recouvre les oignons d'un lit de paille sèche. Quand au printemps les Jacinthes commencent à fleurir, elles exigent de nouveaux soins. Les amateurs sont dans l'habitude de recouvrir chaque planche d'une sorte de petite tente qui les garantit à la fois et de la neige et du soleil, qui hâté trop le développement des fleurs. Ceux qui n'ont pas de tente se servent de paillassons soutenus sur des traverses de bois et qui remplissent à peu près le même objet. Il faut néanmoins avoir soin de ne pas les laisser couvertes trop long-temps, afin que les tiges ne s allongent pas trop par suite d'une sorte d'étiolement. La tig d'un grand nombre de variétés demande à être soutenue avec un petit tuteur de bois, à cause du poids des fleurs qui la terminent. Quand les fleurs sont passées, on attend que la tige et les feuilles jaunissent et se fanent, avant de retirer les oignos de terre. Pour cela on doit choisir un beau jour. On peut, si le temps est bien sûr, les laisser à terre pendant une quinzaine de jours, afin qu'ils achèvent de bien mûrir. On les rentre ensuite et on les place sur des tablettes. Quand ils sont bien secs, on les épluche, c'est-à-dire que l'on ôte les feuilles et les racines desséchées, on détache les cayeux que l'on met de côté. Après quoi on replace de nouveau les oignons sur des planches jusqu'à l'époque ou l'on doit les replanter. Il y a des variétés dont les oignons durent ainsi vingt et même vingt-cinq ans. Ce sont particulièrement celles qui ne poussent que deux ou un très-petit nombre de feuilles chaque année.

Parmi les espèces indigènes, nous signalerons les suivantes:

JACINTHE DES BOIS, Hyacinthus non scriptus, L., Scilla nutans, D. C., Fl. Fr. Cette espèce est excessivement commune dans quelques bois, au printemps. Son bulbe est petit, globuleux; ses feuilles linéaires; sa hampe, haute d'enviton un pied,

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porte un épi de fleurs d'un beau bleu de ciel et renversées. C'est à tort qu'elle a été placée par qüelques auteurs dans le genre Scilla.

JACINTHE DE ROME, Hyacinthus romanus, L. Cette espèce croît en abondance dans les champsincultes de la campagne de Rome où nous l'avons recueillie en fleurs vers la fin de mars; elle vient également dans le raidi de la Fiance. Son bulbe est très-gros; ses feuilles sont linéaires, étroites; ses fleurs d'une teinte grise, sombre, forment un épi très-serré à la partie supérieure de la hampe.

JACINTHE TABDIVE, Hyacinthus serotiaus, L. Cette espèce ressemble à la précédente par la couleur sombre de ses fleurs. Ses feuilles sont plus étioites et comme canaliculées; ses fleurs forment un long épi unilatéral, les trois lobes externes au calice sont recourbés en dehors. Elle croît dans le midi de la France et la Barbarie; Bory de Saint-Vincent l'a retrouvée en Andalousie, surtout dans les détritus schisteux de la Sierra-Moréna.

On a beaucoup discuté pour savoir si l'Hyacinthe des anciens était une espèce du genre auquel Linné appliqua ce nom. On sait en effet que ce nom était célèbre dans les fables mythologiques des Grecs et des Romains. Apollon, jouant au disque avec le jeune et bel Hyacinthe, son favori, le frappe involontairement à la tête d'un coup auquel il, succombe. Désespéré, le dieu change en fleurs les gouttes de sang de son ami et leur donne le nom d'Hyacinthe. Les poêles qui nous ont transmis cette fable n'ayant pas donné de description de la Plante qu'ils nommaient Hyacinthe, les botanistes modernes ont beaucoup varié sur ce sujet. Ainsi, les uns, tel que Linné, ont cru que l'Hyacinthe était le Delphinium Ajacis, parce que, suivant Ovide, on lisait les mots ai ai sur les fleurs de l'Hyacinthe, rappelant les cris plaintifs que poussa le mourant. Saumaise, Sprengel et Sibthorp pensent que c'est le Glayeul, Gladicluslis communis. D'autres, et «n plus grand nombre, croient que l'Hicinthe des anciens est le Lili Martagon de Linné, parce que ce Plante présente dans la couleur ses fleurs, dans les lignes qu'elles frent, beaucoup de ressemblance ace que les anciens nous ont trai mis sur leur Hyacinthe. Mais concoit qu'une pareille question saurait être résolue d'une manis positive et in contestable, et tel est vague qui règne sur ce sujet que, qu le que soit l'opinion qu'on adoption ne manquera ni d'argumens po la défendre, ni de raisons pour l'taquer.

Le nom de Jacinthe a été étend par les jardiniers, à la Tubéreuse plusieurs Scilles, à une Ornithoga ainsi qu'à une variété de Prunes (A.B)

JACKA. BOT. PHAN. V. JAC.

JACKAASHAPUCK. BOT. PHA Selon Valmon de Bomare, les Amricains du Canada donnent ce norr l'Airelle dont ils fument la feuille guise de Tabac. (B.)

JACKANAPER. MAM. Ce nom d signe dans quelques anciens voy geurs qui ont parlé des îles du ce Vert, le Simia sabœa, espèce genre Guenon. V. ce mot. (B.)

JACKIE. REPT. BATR. Espèce genre Grenouillé V. ce mot. (B.)

* JACKIE. Jackia. BOT. PHAN Genre de la famille des Rubiacées et de la Pentandrie Monogynie, Létabli par Wallich (Fl. Ind. 2, 321) qui lui attribue les caracteres suivans: alice adhérent avecl'e vaire infère, à limbe unilatéral tril de; corolle monopétale infundibul forme, à tube filiforme, à limbe can panulé, à cinq lobes; anthères fili formes sessiles et incluses; style trè long terminé par un stigmate bilob Capsule couronnée par le limbe d calice unilatéral et développé; à useule loge contenant une seule grane. Ce genre ne se compose encou qued'une seule espèce, Jackiaornate loc. cit., grand Arbre très-touffu

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ramifié qui croît aux environs de Singapore dans l'Inde; ses feuilles sont opposées et presque décussées, obovales, elliptiques, acuminées, courtement pétiolées; les fleurs forment de grandes panicules axillaires opposées et pendantes. (A. R.)

JACKOU. OIS. (Dampier.) Et non Jackon. Syn. d'Ara rouge. V. ARA. (B.)

JACKSONIE. Jacksonia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Légumineuses et de la Décandrie Monogynie, L., établi par R. Brown (Hort. Kew., 2e édit., vol. 3, p. 12) qui l'a ainsi caractérisé: calice à cinq divisions profondes et presque égales; corolle papilionacée dont les pétales sont caducs, ainsi que les étamines qui ont leurs filets libres; ovaire à eux ovules, surmonté d'un style subulé et d'un stigmate simple. Le fruit est un légume un peu renflé, ové ou oblong, à valves pubescentes inférieurement; graines dépourvues d'arilles calleux (Strophiolæ). Ce genre a d'abord été constitué sur une Plante que Labillardière (Nov.-Holl. Spec., 1, p 107, t. 136) avaitdécrite et figurée sous le nom de Gompholobium spinosum. Outre cette espèce, Brown en a publié une autre sous le nom de Jacksonia scoparia. De Candolle (Prodrom. Syst. Regn Veg. T. II, p. 107) vient d'augmenter ce genre de trois espèces, savoir: J. horrida, nouvelle espèce; J. furcellata ou Gompholobium furcellatum, Bonpl. (Nou., 50, t. 11), et J. reticulata ou Daviesia reticulata de Smith (Trans. Linn. Soc., 9, p, 256). Les Jacksonies sont des Arbrisseaux particuliers à la Nouvelle-Hollande, presque dépourvus de feuilles lorsqu'ils ont pris leur accroissement, ayant leurs branches souvent anguleuses, et les ramuscules foliiformes. Leurs fleurs sout jaunes. (G..N.)

JACO. OIS. Nom vulgairement donné à la plupart des Perroquets réduits en domesticité. (B.)

JACOBÆA. BOT. THAN. V. JACOBÉE.

JACOBÆASTRUM. BOT. PHAN. Ayant subdivisé le genre Jacobæa de Tournefort, Vaillant donna le nom de Jacobæastrum au groupe dont les espèces étaient pourvues d'un involucre simple, de fleurs mâles et de demi-fleurons femelles. Comme ce nom était contraire aux règles imposées par Linné dans sa Pnilosophie botanique, il le changea en celui d'Othonna. V. ce mot. (G.. N.)

JACOBÆOIDES. BOT. PHAN. Ce nom avait été donné par Vaillant à l'un des genres qu'il avait formés aux dépens du Jacobæa de Tournefort. Linné le changea en celui de Cineraria. V. CINÉRAIRE. (G.. N.)

JACOBÉE. Jacobæa. BOT. PHAN. Sous ce nom Tournefort distinguait des Senecio les espèces dont les demifleurons marginaux étaient très-apparens, mais il y confondait plusieurs Corymbifères dont on a fait depuis les genres Cineraria et Othonna. Vaillant subdivisant le Jacobæa de Tournefort, sépara ces deux derniers sous les noms de Jacobæoides et de Jacobæastrum qui n'ont point été admis vu leur désinence contraire aux règles dela glossologie botanique. Le caractère essentiel du Jacobæa ne parut point assez important à Linné pour être employé comme générique; en conséquence ce genre ne devint plus à ses yeux qu'une section du Senecio. La plupart des auteurs se sont rangés à l'avis de Linné, et avec d'autant plus de raison qu'il devenait fort difficile de connaître les limites du Jacobæa. En effet, ceux qui ont admis ce genre s'accordent très-peu sur sa composition. Vaillant en avait séparé sous le nom de Solidago les espècer à feuilles entières; celles-ci lui furent réunies par Adanson, auxquelles il adjoignit les Plantes formant le Jacobæoides ou Cineraria de Linné. Gaertner, en excluant ces dernières, s'est conformé à peu près au sentiment de Vaillant. Necker imagina inutilement le nouveau mot de Senecio pour désigner le groupe en question. Les genres Senecio et Jaco-

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bæa de Mœnch sont distingués comme ils l'élaient par Tournefort, mais ce botaniste a créé en outre sur le Senecio cernuus, L., un genre Crassocephalum, L., qui n'a pas été adopté. Enfin, comme pour augmenter la confusion, Thunberg a changé les anciens noms, donnant au Jacobæa celui de Senecio et au Senecio celui de Jacobæa. Cet exposé sommaire des versatilités des auteurs touchant le genre Jacobæa ne nous semble pas inutile; il doit prémunir contre les innovations faites d'une manière inconsidérée ou par un système de subdivision qui tend de plus en plus à rompre certains groupes très-naturels, quoique ceux-ci présentent de légères modifications dans la structure de leurs divers organes. Il nous semble donc plus convenable aux intérêt de la science d'en revenir, relativement au Jacobæa, aux idées de Linné, c'est-à-dire de ne point le séparer complétement du Seneclo. C'est ce qu'a fait H. Cassini qui ne l'admet que comme un simple sous-genre; néanmoins il en a tracé des caractères tellement circonstanciés qu'on serait disposé à lui donner une grande importance. C'est à l'article SENEÇON que nous donnerons cenx qui seront nécessaires pour distinguer ce sous-genre.

On a quelquefois appelé JACOBÉE MARITIME le Cineraria maritima, L. (G.. N.)

* JACOBÉES. Jacobeæ. BOT. PHAN. Dans ses Familles naturelles des Plantes, Adanson donnait ce nom à l'une des dix sections suivant lesquelles il partageait les Composées; mais la manière artificielle dont il l'a caractérisée, et l'exclusion du genre Senecio si étroitement lié avec Jacobæa que Linné les a réunis, ont empêché d'admettre la tribu formée par Adanson.

Le nom de Jacobeæ a été récemment donné par Kunth (Nov. Gener. et Spec. Plant, æquinoct. T. IV, p. 154) à la quatrième section qu'il a établie dans les Synanthérées de l'Amérique équinoxiale, et qu'il a composée des genres suivans: Perdieium, Dumerilia, Kleinia, Cacalia, Culcitium, Senecio, Cineraria, Werneria, Tagetes et Bæbera. V. ces mots et SYNANTHÉRÉES. (G.. N.)

JACOBIN. OIS. Espèce des genres Corbeau et Grèbe. V. ces mots. Ce nom est encore synonyme de Morillon, espèce de Canard. On a aussi appelé JACOBIN HUPPE, la femelle de l'Edolio, espèce du genre COUCOU. V. ce mot. (B.)

* JACOBIN. BOT. CRYPT. Paules appelle ainsi un Champignon du genre Agaric, qu'il nomme également Ventre brun et Ventre blano. (B)

JACOBINE. OIS. Espèce d'Oiseau-Mouche. V. COLIBRI. On a aussi. donné ce nom à la Corneille mantelée. (B.)

JACODE. OIS. Syn. vulgaire de Draine. V. MERLE. (DR.. Z.)

* JACOS. POIS. Les Poissons gros comme des Veaux, qu'on pêche à la Côte-d'Or en Guinée, et dont il est question dans l'Histoirc des voyages, ne sont pas connus. (B.)

JACOU. OIS. V. MARAIL et YACOU.

JACQUIER. BOT. PHAN. Pour Jaquier. V. ce mot. (B.)

JACQUINIE. Jacquinia. BOT. PHAN. Ce nom imposé par Linné et par Jussieu à un genre de la famille des Sapotées, a été donné postérieurement par Mutis au genre Trilix de Linné. Le premier de ces genres doit seul conserver le nom de Jacquinia; il offre les caractères suivans: le calice est monosépale, persistant, à cinq lobes incombans parleurs pairies latérales; la corolle est monopétale, subcampanulée. Son limbe est à dix lobes, cinq alternes plus petits, en général dressés, et cinq plus grands, réfléchis et externes. Les étamines, au nombre de cinq, sont insérées à la base de la corolle. L'evaire est uniloculaire contenant uu assez grand nombre d'ovules attachés à un trephosperme basilaire. Cet ovaire est surmonté d'un style très-court que

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termine un stigmate obtus. Le fruit est une baie sèche, globuleuse, apiculée à son sommet, environnée à sa base par le calice persistant, contenant d'une à six graines attachées à sa base. Ce genre se compose de huit espèces, toutes originaires du continent ou des îles de l'Amérique méridionale. Ce sont des Arbrisseaux ou des Arbustes, ayant leurs feuilles tantôt éparses, tantôt opposées ou verticillées, toujours très - entières. Les fleurs sont terminales, disposées en épis ou en grappes, rarement solitaires. Le genre Jacquinia avait été placé par Jussieu dans la famille des Sapotées. Mais aujourd'hui il fait partie du nouveau groupe des Myrsinées ou Ardisiacées. Il faut en exclure le Jacquinia venosa de Swartz, qui est une Plante de la famille des Rubiacées, à laquelle Vahl a donné le nom de Psychotria megalosperma. (A. R.)

* JACUAGANGA. BOT. PHAN. (Pison.) Syn. de Costus. (B.)

JACULUS. MAM. Nom scientifique d'une Gerboise. V. ce mot. (B.)

* JACULUS. REPT. OPH. V. ERIX.

JACURUTU OU JACUTURU. OIS. V. CHOUETTE, sous-genre HIBOUX. (B.)

JADE. MIN. Ce nom ne se rapporte à aucune espèce minérale bieu déterminée; il a été donné à des substances très-différentes, telles que le Feldspath tenace, la Prehnite, et des roches composées de Pétrosilex et de Talc, de Feldspath compacte et de Diallage, etc. Ces substances ont en général des teintes verdâtres ou blanchâtres, et à cause de leur dureté elles suppléent souvent l'emploi des matières métalliques chez les peuples peu civilisés. On en distingue trois variétés principales:

Le JADE NÉPHRÉTIQUE, ou la NÉPHRITE, vulgairement appelé Jade oriental. Il paraît être un mélange de Pétrosilex et de matière taiqeuse. Il est très-dur, et pèse spécifiquement 2, 95. Il fond en émail blanc par l'action du chalumeau. Sa cassure est écailleuse, et sa transparence imite celle de la cire. On le travaille difficilement, et le poli qu'il reçoit a toujours quelque chose de gras. Ses couleurs sont le verdâtre, l'olivâtre et le blanchâtre. Il nous vient de la Chine, sous la forme d'objets sculptés et travaillés à jour avec beaucoup de délicatesse. Il est composé, suivant une analyse de Karstner, de: Silice 50, 50; Alumine 10, 00: Masuésie 31, 00; Oxide de Fer, 5, 50; Oxide de Chrome, 0, 05; Eau, 2, 75. Cette variété de Jade est du nombre des substances minérales qu'on employait anciennement comme amulettes, c'est-à-dire que l'on portait sur soi pour se soulager ou se préserver de certains maux. C'est parce qu'on la croyait propre à guérir la colique néphrétique qu'on lui a donné les noms de Pierre néphrétique et de Pierre divine. On trouve cette substance en masses roulées dans le lit des torrens qui descendent de la grande chaîne de l'Himalaya eu Asie. Il paraît que ce sont ces masses détachées qui fournissent aux artistes chinois la plus grande partie du Jade qu'ils travaillent.

Le JADE ASCIEN OU AXINIEN, Beilstein, Wern., vulgairement Pierre de hache. Très-dur; à cassure écailleuse; couleur d'un vert olivâtre susceptible de poli. Il existe à Tavaï-Punama, île méridionale de la Nouvelle-Zélande. Il tire son nom de Pierre de hache de la forme sous laquelle les Sauvages l'ont façonné, pour l'employer aux mêmes usages que nos haches et nos coins. On lui a donné aussi les noms de casse-tête et de Pierre de la circoncision. On trouve de ces Pierres de hache dans beaucoup d'autres pays, et même en Europe: elles se rapportent à différentes espèces de reches, l'Ophite, la Serpentine, etc.

Le JADE DE SAUSSURE (Voyages dans les Alpes, n° 112 et 113); Saussurite, Théodore de Saussure. Très-tenace; couleur blanchâtre, verdâtre ou bleuâtre. Susceptible d'ailé-

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ration, comme le Feldspath des Granites. Saussure en faisait une variété du Jade; mais la plupart des minéralogistes le réunissent au Feldspath compacte. V. FELDSPATH. C'est un des principes composans de l'Eupholide. (G. DEL.)

JADELLE, JODELLE OU JOUDARDE. OIS. Syn. vulgaires de la Foulque Macroule. V. FOULQUE. (DR.. Z.)

* JADEN ET LADEN. BOT PHAN. Syn. arabes de Ciste ladanifère. V. CISTE. (B.)

* JÆGERIE. Jægeria. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, Corymbifères de Jussieu, et de la Syngénésie superflue, L., établi par Kunth (Nov. Gener. et Spec. Plant æquin T. IV, p. 277) qui l'a placé dans la tribu des Hélianthées, el l'a ainsi caractérisé: involucre campanulé, composé de cinq folioles égales dont les bords sont roulés en dedans; réceptacle conique, couvert de paillettes; fleurons du disque tubuleux, nombreux, hermaphrodites; ceux de la circonférence en languettes et femelles; akènes oblongs-cunéiformes, dépourvus d'aigrettes. C'est par ce dernier caractère que ce genre se distingue du Wiborgia; il diffère de l'Unxia par son réceptacle conique et paléacé. Le Jægeria mnioides, Kunth (loc. cit., tab. 400), est une petite Plante herbacée dont la tige est simple, ordinairement à un seul capitule, rarement à plusieurs. Ses feuilles sont opposées, entières, sessiles, ovales - allongées, marquées de trois nervures et très-légèrement velues des deux côtés. Les fleurs sont petites, pédonculées et jaunes. Cette Plante croît dans les lieux tempérés près d'Ario, au Mexique. (G.. N.)

* JAGGREÉ. BOT. PHAN. Sorte de sucre que les habitans de Sumatra retirent de la liqueur qui découle de l'Aréquier, et que les Français prononcent Chagari; d'où Marsden croit par une étymologie un peu forcée que le mot Sucre est dérivé. (B.)

* JAGO. Gallus giganteus, OIS. (Temminck.) Espèce du genre Coq. V. ce mot. (B.)

JAGON. MOLL. Il est difficile, pour ne pas dire impossible, de rapporter cette espèce d'Adanson (Coquil. du Sénég., pl. 18) à son véritable genre; mais il est probable que c'est un Cardium, puisque dans sa description il dit que la charnière est semblable à celle du Kaman qui est bien certainement un Cardium. (D.. H.)

* JAGORACUCU. MAM. L'Animal brésilien mentionné sous ce nom par Lachênaye - des - Bois, paraît être une grande espèce de Chat. (B.)

JAGUACAGUARA. POIS. (Marcgraaff.) Syn. de Moucharra, espèce du genre Glyphisodon. V. ce mot. (B.)

* JAGUACINI. MAM. On ne connaît pas le Carnassier brésilien mentionné sous ce nom par Lachênaye-des-Bois qui le compare au Renard et le dit très-dormeur, se nourrissant de Crustacés et de cannes à sucre. (B.)

JAGUAR ET JAGUARÈTE. MAM. Espèces du genre Chat. V. ce mot. (B.)

JAGUAR. POIS. Espèce brésilienne de Bodian. V. ce mot. (B.)

JAGUARUNDI. MAM. Pour Yaguarondi. V. ce mot. (B.)

JAIS. MIN. V. LIGNITE.

* JAJON. MOLL. Nom vulgaire du Venus eburnea. (B.)

* JAKAIKACHI. BOT. PHAN. Syn. caraïbe de Cedrela odorata, L. V. CÉDRÈLE. (B.)

JAKAMAR. OIS. Pour Jacamar. V. ce mot. (B.)

* JAKANA. REPT. OPH. On ne connaît pas la Vipère brésilienne mentionnée sous ce nom de pays par Séba et par Lachênaye-des-Bois. (B.)

JALAP. Jalappa. BOT. PHAN. On désigne sous ce nom la racine d'une espèce du genre Liseron (Convolvulus

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Jalappa, L.), qui est fort employée en médecine. Le Jalap nous vient du Mexique et de l'Amérique septentrionale. Ainsi qu'on la trouve dans le commerce, la racine de Jalap est en morceaux globuleux ou hémisphériques, quelquefois en rouelles de deux à trois pouces de diamètre. Sa surface externe est d'un brun sale; son intérieur est d'une couleur moins foncée, marqué de zônes ou de couches concentriques emboîtées les unes dans les autres, comme les couches ligneuses dans la tige des Arbres dicolylédonés; sa cassure est irrégulière, offrant quelques points brillans de matière résineuse. Son odeur est désagréable et nauséabonde, surtout quand il est réduit en poudre; sa saveur est âcre et irritante. On doit au docteur Félix Cadet-Gassicourt, uue analyse très-soignée de cette racine, publiée dans son excellente Dissertation sur le Jalap. Ce chimiste a trouvé sur 500 parties de cette racine: Résine 50: Eau 24; Extrait gommeux 220; Fécule 12, 5; Albumine 12, 5; Phosphate de Chaux 4; Muriate de Potasse 8, 1; et quelques aulres Sels. Le principe le plus actif du Jalap est sans contredit la Résine, qui forme environ la dixième partie de son poids total: aussi en employant cette Résine est-on sûr d'obtenir des effets plus constans que par l'usage de la racine elle-même. Le Jalap est un médicament puissamment purgatif, qui, donné à une dose un peu élevée, peut déterminer des superpurgations violentes, l'inflammation des intestins et d'autres accidens très-graves. Son usage convient surtout aux individus chez lesquels prédomine le système lymphatique, et à ceux dont la susceptibilité nerveuse est presque nulle. Ainsi plusieurs médecins en ont retiré d'heureux effets dans l'hydropisie ascite essentielle, dans les scrophules et pour combattre les Vers intestinaux. On doit au contraire s'en abstenir toutes les fois qu'il y a fièvre ou irritation locale violente. La dose du Jalap en poudre est d'environ trente à quarante grains pour un adulte. Il est presque toujours préférable d'employer la Résine que l'on donne à 1a dose de quatre à huit grains. (A. R.)

JALOUSIE. BOT. PHAN. Nom vulgaire de l'Amaranthe tricolore et d'une variété de Poires. (B.)

JAMAIQUE. MOLL. Nom vulgaire et marchand du Venus pensylvanica. (B.)

JAMAR. MOLL. Linné avait rapporté le Cône Jamar d'Adanson (Coquil. du Sénég., pl. 6, fig. 1) à son Conus Genuanus; mais ce Cône ne pouvait être admis par la synonymie; car on voit qu'il y a confondu plusieurs espèces distinctes. Ce serait au Cône papilionacé de Lamarck qu'il se rapporterait, mais nous doutons beaucoup que le Jamar soit la même espèce. (D.. H.)

JAMARALCION. OIS. (Levaillant.) Même chose que Jacamaralcion. V. ce mot. (G.)

JAMBE. CONCH. Nom vulgaire et marchand de l'Ostrea isognomon. (B.)

JAMBIERS. BOT. CRYPT. Paulet a établi sous ce nom une famille d'Agarics, dont l'un est le JAMBIER BLANC, et l'autre le Champignon Réglisse. De tels noms ne sauraient être adoptés. (B.)

JAMBLE. MOLL. L'un des noms vulgaires des Patelles. (B.)

JAMBOLANA. BOT. PHAN. La Plante désignée par Rumph sous ce nom reproduit par Adanson, semble être une Myrtée et même une espèce d'Eugenia ou de Myrtus. Cependant Linné eut en vue une toute autre Plante, lorsqu'il constitua son genre Jambolifera, auquel il assigna pour synonyme le Jambolana de Rumph: car la Plante linnéenne est une Rutacée. V. JAMBOLIFERA. (G.. N.)

JAMBOLIFERA. BOT. PHAN. Sous ce nom, Linné établit un genre qu'il décrivit d'une manière fort obscure et auquel il assigna pour synonyme le Jambolana de Rumph. Celui-ci fut re-

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connu pour une Myrtée, tandis que l'autre fut placé dans les Rutacées et décrit par Gaertner (de Fruct. I, p. 280) sous le non de Cyminosma. Les auteurs et particulièrement De Candolle (Prodrom. Syst. Regn. Veg. 1, p. 722) ont adopté le nom substitué par Gaertner. V. CYMINOSME. Le mot de Jambolifera fut de nouveau appliqué à la Plante de Rumph par Gaertner qui en fit un genre distinct. Mais Kunth a démontré (Mém. de la Soc. d'Hist. Nat. de Paris, T. I, p. 324) que ce genre devait être réuni au Myrtus, conjointement avec l'Eugenia, le Sisygium, le Greggia et le Caryophyllus. V MYRTE. (G.. N.)

JAMBON. CONCH. Nom vulgaire et marchand du Pinna saccata, V. PINNE. (B.)

JAMBONNEAU. MOLL. Nom sous lequel Adanson a réuni plusieurs genres, tels que Moules, Modioles et Pinnes, et qui n'a pas été admis. On donne plus particulièrement le nom de Jambonneau aux Coquilles du genre Pinne. V. ce mot. (D.. H.)

JAMBOS. JAMBOSA ET JAMBOSIER. BOT. PHAN. Noms français empruntés du malais, pour désigner le genre Eugenia qui, d'après Swartz et Kunth, doit être réuni au Myrtus dont il ne différé nullement. V. MYRTE. (A. R.)

JAMESONITE. MIN. Nom sous lequel plusieurs minéralogistes ont réuni les deux substances qui ont été décrites jusqu'ici sous les noms d'Andalousite et de Macle. V. ce dernier mot. (G. DEL)

* JAMM ET JAMMA. Ces noms japonais sont des adjectifs qui, dans la langue japonaise, singnifient des espèces sauvages et alpines; ils sont passés dans les dialectes malais de-là tant de Végétax qu'ils précèdent, tels que JAMBOSE et JAMBROSE dont il a été question, qui est ce qu'on nomme encore JAMROSADE dans les colonies françaises; JAMMA-BUKI, le Corchorus olitorius; JAMMALAC, l'Eugenia racemosa; JAMMANA, l'Antidesma sylvestris; JAMMA-SIMIRA, le Cornus japonicus, etc., etc. (B.)

* JANACA. MAM. C'est probablement un Antilope que Dapper entend désigner sous ce nom. (B.)

JANDIROBE. BOT. PHAN. (Valmon de Bomare.) Pour Nandirobe. V. ce mot et FEUILLÉE. (B.)

* JANPOU. OIS. (Lachênaye-des-Bois.) Même chose que Yandou. V. ce mot. (B.)

* JANDOU. BOT. PHAN. Espèce indéterminée du genre Dioscorea qui croît naturellement sur les bords du Zaïre, et dont on mange la racine comme celle des autres Ignames. (B.)

* JANFRU. POIS. Le Razon à Malte et dans quelques autres points du bassin de la Méditerranée. (B.)

* JANG. MAM. Le P. Navarette mentionne sous ce nom un Animal fabuleux, qu'il dit se trouver a la Chine ou il se nourrit de l'air qu'il aspire, n'ayant cependant pas de bouche. (B.)

JANGOMAS. BOT. PHAN. L'Arbre mentionné par Bontius sous ce nom, est le Stigmarota de Loureiro. (B.)

JANIE. Jania. POLYP. Genre de l'ordre des Corallinées, dans la division des Polypiers flexibles ou non entièrement pierreux, de la section des Calcifères, c'est-à-dire de ceux dans lesquels la substance calcaire, mêlée avec la substance animale ou la recouvrant, est apparente dans tous les états. Ses caractères sont: Polypier muscoïde, capillaire, dichotome, articulé; articulations cylindriques; axe corné; écorce moins crétacée que celle des Corallines. Tous les zoologistes ont réuni les Janies aux Corallines, sans en faire même une section particulière; cependant ces deux groupes de Polypiers diffèrent par des caractères bien tranchés et qui n'offrent point d'anomalies. Les Corallines sont constamment trichotomes, les Janies se divisent toujours par dichotomies: les premières ont leurs arti-

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culations plus ou moins comprimées, sont deltoïdes, cylindrique seulemènt sur quelques parties des Polypiers, tandis que les secondes offrent ces mêmes articulations d'une forme cylindrique depuis la base jusqu'aux extrémités. La position des Polypes est peut-être différente. Seraient-ils placés au sommet des ramifications comme dans les genres précédens? Dans les Corallines, loin d'indiquer ce caractère, ils semblent, au contraire, couvrir toute la surface du Polypier sous forme de filamens trés-courts, et visibles seulement au microscope sur les individus que la mer n'a jamais découverts, il est vrai, mais doués d'un mouvement qui ne peut être dû qu'à la vie. Les Janies se rapprochent des Covallines par la substance, et surtout par les corps ovoïdes que l'on regarde comme des ovaires, et qui offrent une analogie parfaite dans ces deux groupes; ils se lient naturellement l'un à l'autre par le Jania corniculata qui présente quelquefois tous les caractères d'une vraie Coralline dans sa partie inférieure, tandis qu'il ne s'en trouve aucun dans la partie supérieure. Ainsi, ces Polypiers sont intermédiaires entre les Corallines et les Galaxaures, sans appartenir ni aux unes ni aux antres. Les Janies ne varient point dans leur forme générale; la longueur des articulations, le plus ou moins de divergence des rameaux, la forme des ovaires, la grandeur et l'habitation fournissent seules les caractères spécifiques, qui sont très-difficiles à apercevoir à cause de la petitesse de ces êtres. Dans quelques espèces, le nombre des variétés est considérable; peut-être ces variétés sont elles de veritables espèces qui se perpétuent et qui ne varient jamais; mais tant de caractères les lient à leurs congénères, qu'il est presque impossible de les définir d'une manière bien exacte. Ces Polypiers, dans le sein des mers, paraissent d'un violet verdâtre ou rosâtre; cette couleur se change en un rose ou un rouge brillant, plus ou moins foncé, qui devient d'une blancheur éclatante par l'action de l'air et de la lumière. Leur grandeur n'est pas considérable et ne dépasse jamais quatre centimètres, il en existe de deux à trois millimètres de hauteur. On les trouve à toutes les latitudes, à toutes les profondeurs, en général parasites sur toutes les Plantes marines qu'elles couvrent quelquefois entièrement de leurs touffes épaisses. Certaines espèces, semblables à un grand nombre d'Insectes, ne viennent que sur la Plante marine qu'elles semblent affectionner; il en est même que l'on ne trouve que sur quelques parties du Végétal et point sur les autres. Le Jania pumila en offre un exemple; on ne le voit jamais que dans la concavité des feuilles du Sargassam turbinatum. Ces Polypiers peuvent remplacer la Coralline efficinale; et il n'est pas rare de voir, dans les meilleures pharmacies, de la Coralline de Corse entièrement composée de Janies de différentes espèces. (LAM..X.)

JANIPABA. BOT. PHAN. (Marcgraaff.) Syn. de Genipayer. V. ce mot. (B.)

JANIPHA. BOT. PHAN. Genre dte la famille des Euphorbiacées, et de la Monœcie Polyandrie, L. Il présente des fleurs monoïques et un calice campanulé quinquéparti, sans corolle. Dans les fleurs mâles, on trouve dix étamines libres insérées sur le contour d'uu disque charnu et qui sont alternativement plus longues et plus courtes; dans les femelles, un style court, trois stigmates à plusieurs lobes qui sont réunis ensemble en une seule masse parcourue par des sillons irrégulièrement sinueux et profonds; un ovaire porté sur un disque charnu, à trois loges contenant un ovule solitaire. Le fruit est une capsule à trois coques bivalves. Les espèces de ce genre sont des Arbres ou des Arbrisseaux remplis d'un suc lactescent, à feuilles alternes et palmées, et dont les fleurs sont disposées en grapnes paniculées, axillaires ou terminales. Elles sont au nombre de

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cinq et toutes originaires d'Amérique. L'une d'elles est très-répandue à cause de l'emploi alimentaire de sa racine, si connue sous le nom de Manioc (V. ce mot); celle des autres paraît être analogue jusqu'à un certain point, c'est-à-dire contenir une grande quantité de fécule mêlée à un principe âcre et vénéneux qui se volatilise par la chaleur. Ce genre était autrefois réuni au Jatropha ou Médicinier, qui en diffère par plusieurs caractères et notamment par la présence d'une corolle. Déjà Adanson l'en avait séparé sous le nom de Manihot, nom un peu barbare auquel on a dû substituer celui de Janipha proposé par Kunth et tiré d'une autre espèce qu'il servait à désigner. V. Kunth, Nov. Gen. T. II, p. 106, tab. 109, et Adr. de Jussieu, Essai sur les Euphorbiacées, p. 37, tab. 10, n° 33. (A. D. J.)

* JANIRE. Janira. ACAL. Genre de l'ordre des Acalèphes libres, dans la classe des Acalèphes, proposé par Ocken, dans son Système de Zoologie, aux dépens des Béroés, pour deux espèces de ce groupe qui ont des nageoires longitudinales, la bouche pédiculée et deux tentacules, branchiaux; ce sont les Beroes priscus et hexagona qui appartiennent, du moins le dernier, aux Callianires de Lesueur. (LAM.. X.)

JANOUARA ET JANOUARE. MAM. Premiers noms sous lesquels le Jaguar fut connu en Europe d'après les anciens voyageurs, d'où le JANOVARÉ de Séba. (B.)

JANRAJA. BOT. PHAN. (Plumier.) Syn. de Rajania qui est l'anagramme du célèbre botaniste Jean Rai. (B.)

JANSOUNA. BOT. PHAN. (Gouan.) La grande Gentiane en Languedoc. (B.)

* JANTHINE. REPT. OPH. Espèce du genre Couleuvre. V. ce mot. (B.)

JANTHINE. Janthina. MOLL. Connu depuis long-temps, ce genre n'en a pas moins resté vacillant dans les Méthodes, comme nous le verrons bientôt. Le premier auteur qui en ait parlé, est, à ce qu'il paraît, Fabius Columna (de Purpurea, p. 13, fig. 2), dont l'ouvrage fut publié en 1616. La figure qui accompagne sa description est très - bonne pour le temps où elle fut faite. Lister, dans son grand ouvrage (Synops. Conch., pl. 572), a donné la figure de la Coquille et de l'Animal, probablement d'après Fabius Columna qu'il a soin de citer. Breynius, en 1705, sans citer Columna ni Lister, donna de nouveau les figures de l'Animal de la Janthine, mais ces figures sont mauvaises. D'autres auteurs, tels que Sloane en 1707, Browne en 1756 et Rumph dans quelques ouvrages qui ont pour but la connaissance des productions de certains pays, ont donné la figure de la Coquille seulement du genre qui nous occupe. Un ouvrage qui aurait dû avoir une grande influence sur l'esprit des zoologistes, est celui de Forskahl, où on trouve de bonnes figures d'un assez grand nombre de Mollusques; publié plusieurs années avant la treizième édition du Systema Naturæ, il aurait pu servir à y apporter plusieurs modifications importantes, si la direction imprimée alors aux sciences naturelles n'eût été différente. L'Animal de la janthine, bien connu dans sa configuration extérieure, ainsi que dans sa manière de vivre, n'aurait pas dû être confondu avec les Hélices, et l'on doit s'étonner que Linné ait commis une pareille erreur. Aussi le genre Janthine, que Lamarck proposa dans ses premiers travaux, fut-il adopté sur-le-champ. Depuis, Bosc donna de nouveau la figure de l'Animal dans son Traité des Coquilles, et y ajouta une bonne description; néanmoins, comme l'observe Cuvier, on ne connaissait point encore assez les rapports des formes extérieures avec l'organisation, pour fixer invariablement la place de ce genre. C'est dans l'intention de décider cette question que Cuvier entreprit l'anatomie de la Janthine, ayant eu à sa disposition plusieurs individus de

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même espèce, rapportés de mers fort éloignées. Malgré cette anatomie, nous ne voyons pas encore les auteurs d'un accord unanime sur le rapport de ce genre. Cuvier le place dans ses Conchilies avec les Phasianelles et les Ampullaires. Lamarck le lient isolé entre les Néritacées parmi lesquelles il semble l'avoir oublié, et les Macrostomes. Férussac le rapporte à sa famille des Trochoïdes dans laquelle il rassemble aussi bien les Janthines que les Mélanopsides, les Nérites que les Scalaires, etc. Blainville, sans adopter absolument l'opinion de Lamarck en a une qui s'en rapproche plus que d'aucune de celles de ses autres devanciers; il propose en effet, dans son second ordre des Asiphonobranches, une cinquième famille sous le nom d'Oxistomes pour le genre Janthine lui seul. Cette nouvelle famille se trouve immédiatement après celle des llémicyclostomes qui correspond entièrement à celle des Néritacées de Lamarck. Latreille enfin, dans ses Familles Naturelles, a manifesté une opinion différente de toutes celles que nous venons de mentionner. Cet auteur établit six familles dans la seconde section des Pectinibranches; la seconde, sous le nom de Turbinées, est consacrée aux genres Turitelle, Turbot, Ampnllaire et Janthine. Cette dernière opinion, dans laquelle on aperçoit quelque similitude avec celle de Cuvier et de Férussac, n'est point entièrement semblable à celle de ces deux zoologistes; elle leur est plutôt intermédiaire. Parmi toutes les opinions que nous venons de rapporter, celle qui nous paraît se rapprocher le plus de la vérité, est celle de Lamarck et de Blainville, et c'est aussi celle que nous adopterions de préférence. D'après les travaux de Cuvier et de Blainville, on peut caractériser le genre Janthine de la manière suivante: Animal de forme ovale, spiral, pourvu d'un pied circulaire, concave, en forme deventouse, accompagné d'une masse vésiculaire, subcartilagineuse, et de chaque côté, d'espèces d'appendices natatoires; tête fort grosse; tentacules subulés, peu contractiles; les yeux portés au-dessous de l'extrémité; d'assez longs pédoncules situés au côté externe des tentacules et paraissant en faire partie; bouche à l'extrémité d'un mufle fort gros, proboscidiforme entre deux lèvres verticales, subcartilagineuses, garnies d'aiguillons qui se continuent jusqu à la base d'un petit renflement lingual; organes de la respiration formés par deux peignes branchiaux; l'ovaire se terminant dans la cavité respiratoire; l'organe excitateur mâle assez petit et non rélractile (Blainv.). Coquille ventrue, conoïdale, mince, transparente; ouverture triangulaire; columelle droite, dépassant la base du bord droit; celui-ci ayant un sinus dans son milieu; opercule remplacé par une masse vésiculaire subcartilagineuse, attachée sous le pied.

Le nombre des espèces de Jantnine est peu considérable. Lamarck en a indiqué deux seulement dans ses Animaux sans vertèbres. Blainville en a ajouté deux autres sur lesquelles nous conservons quelques doutes, surtout pour celle qu'il nomme globuleuse, qui ne différe de la Janthine naine de Lamarck, que par un peu moins d'élévation dans la spire. La Janthine prolongée du même auteur est décrite d'une manière trop abrégée pour pouvoir la reconnaître avec exactitude; les principales différences sont dans la columelle qui se prolonge un peu plus en un angle saillant, ce qui allonge un peu l'ouverture, ainsi que dans une suture plus profonde. Ces légères nuances suffisent-elles pour établir une espèce?

JANTHINE COMMUNE, Janthina communis, Lamk., Anim. sans vert. T. VI, p. 206, n. I; Janthina fragilis, Lamk., Ehcyclop., pl. 4, 5, 6, fig. 1, A, B; Helix Janthina, L., Gmel., p. 3645, n. 103; Lister, Conchyl., tab. 5, 7, 2, fig. 24; Cuvier, Ann. du Mus. T. II, p: 123. Cette espèce était la seule con-

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nue avant les travaux de Lamarck; elle acquiert un grand volume, elle a une belle couleur violette moins foncée vers la spire; quelquefois la carène arrondie, qui existe constamment dans le milieu du dernier tour, sert de point de partage dans la distribution de la couleur, se trouvant souvent presque blanche en dessus, et tout-à-fait violette en dessous; dans quelques individus, une zône unique, violette, se remarque dans le milieu du dernier tour; une partie de la base et la spire d'un blanc violâtre. Cette Coquille est trochi-forme; son ouverture est subtriangulaire; la columelle, qui est droite, légèrement torse vers son milieu, forme un des côtés du triangle; le bord droit, qui est très mince et très-tranchant, forme un sinus plus ou moins profond à l'endroit de la carène. Nous avons observé ce sinus dans tous les individus que nous avons vus, et si quelques-uns mutilés ne le présentaient pas, on pouvait toujours reconnaître son existence par les stries d'accroissement qui sont sur la surface de la Coquille. Cette espèce, la plus commune, se trouve presque partout, dans la Manche, la Méditerranée, l'océan Atlantique, la Jamaïque et le Chili. Plusieurs individus très-gtands nous ont été donnés par notre estimable ami Lesson, qui les avait recueillis au cap de Bonne-Espérance. Leur diamètre est de quarante-quatre millimètres à la base.

JANTHINE NAINE, Janthina exigua, Lamk., Anim. sans vert. T. VI, p. 206, n. 2; Lamk., Encycl., pl. 4, 5, 6, fig. 2, A, B. Petite espèce bien caractérisée par son volume aussi bien que par les stries lamelleuses et longitudinales qui ornent toute sa surface; l'échancrure est aussi plus profonde que dans l'espèce precèdente; ses tours de spire plus arrondis; la suture plus enfoncee; et le sommet qui est aigu est transparent, subvitreux. Cette jolie espèce, dont on ignorait la patrie, a été rapportée par Lesson qui l'a trouvée au Chili. Elle a cinq à six millimètres de diamètre à la base. (D..H.)

* JANUS. INS. Espèce du genre Bombyx qui se trouve à Surinam. (B.)

* JAPACANI. OIS. (Marcgraaff.) V. JACAPANI.

JAPARANDIBA. BOT. PHAN. Adanson, d'après Marcgraaff, appelle ainsi un Arbre de la famille des Myrtacées qu'Aublet regarde comme son genre Pirigara. V. ce mot. (A. R.)

JAPONAIS. POIS. Espèce de Gotte. V. ce mot, sous-genre ASPIDOPHORE. (B.)

* JAQUERI. BOT. PHAN. Pison mentionne sous ce nom deux Mimeuses brésiliennes. (B.)

JAQUEROTTE. BOT. PHAN. La Tubéreuse dans certains cantons de la France, particulièrement vers la Loire. (B.)

JAQUES. OIS. Un des noms vulgaires du Geai. (A. R.)

* JAQUET. OIS. Syn. vulgaire de Sourde. V. BÉCASSE. (DR.. Z.)

JAQUETTE. OIS. Syn. vulgaire de Pie. V. CORBEAU. (DR.. Z.)

JAQUIER. Artocarpus. BOT. PHAN. Genre de la famille des Urticées, section des Arcarpées, et de la Monœcie Monandrie de Linné, qui se compose de plusieurs espèces arborescentes, toutes fort intéressantes à cause de leurs fruits qui sont un aliment extrêmement précieux dans les pays où elles croissent, ce qui les a fait déisigner sous le nom vulgaire d'Arbres à pain. Voici les caractères du genre Jaquier: les fleurs sont unisexuées et monoïques, disposées en chatons placés à l'aiselle des feuilles supérieures. Les chatons mâles sont cylindriques, un peu renflés vers leur partie supérieure, longs de douze à quinze pouces sut un diamètre d'à peu près deux pouces. Les fleurs sont extrêmement nombreuses et serrées sur l'axe du chaton. Chacune d'elles se compose d'un calice monosépale

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tronqué à son sommet, à trois angles obtus, et d'une seule étamine dont le filet long et grêle naît de la base interne du calice. Les chatons femelles sont globuleux ou ovoïdes, également pédonculés et placés à l'aisselle des feuilles. Leur axe est très-épais et renflé, tout couvert de fleurs excessivement serrées les unes contre les autres. Chaque fleur offre un calice allongé bifide, au fond duquel on trouve un petit ovaire libre surmonté d'un style très-long, un peu latéral, grêle, terminé par deux stigmates filiformes et divariqués. Chaque chaton et la feuille à l'aisselle de laquelle il est placé, sont d'abord entièrement enveloppés dans une spathe roulée, foliacée et très-caduque. Le fruit est tout-à-fait analogue à celui du Mûrier, mais il est plus grand, c'est-à-dire que les calices deviennent excessivement charnus, épais, se sondent et s'entregreffent entre eux, et finissent par former une sorte de baie composée, dont la surface externe présente une infinité de petites saillies irrégulièrement hexagonales, formées par le sommet de chaque fleur. Le centre de cette baie est occupé par uu axe très-renflé et fibreux

JAQUIER A FEUILLES INCISÉES, Arlocarpusincisa, L., Suppl., Lamk., Ill. t. 744. Vulgairement Rima ou Arbre à pain d'Otaïti. C'est un Arbre dont le tronc, de la grosseur d'un Homme, acquiert une hauteur de quarante à cinquante pieds. Son bois est mol, jaunâtre et léger; son écorce est luisante et fendillée. Toutes ses parties, lorsqu'on les entame, laissent échapper un suc blanc laiteux et visqueux. Ses rameaux se réunissent à la partie supérieure du tronc, en formant une tête presque globuleuse. Les feuilles sont grandes, alternes, pétiolées, ovales, aiguës, comme pinnatifides et fendues dans leurs deux tiers supérieurs en sept ou neuf lobes lancéolés, aigus, séparés par des sinus obtus. Les chatous mâles et femelles sont portés sur le même rameau, et placés à l'aisselle des feuilles supérieures. Les fruits sont globuleux, à peu près de la grosseur de la tête d'un Homme. Leur surface est raboteuse et couverte de petites saillies anguleuses verdâtres. Leur pulpe est blanche, farineuse, légèrement fibreuse, devenant jaunâtre et succulente à leur par faite maturité. Le réceptacle ou axe central est claviforme, charnu et très-fibreux. L'Arbre à pain est originaire de l'Inde, de la côte du Malabar et des Archipels de la mer du Sud, où il croît en abondance. Les Européens l'ont ensuite transporté dans d'autres parties du globe. Ainsi on le cultive depuis long-temps à l'Ile-de-France, à Cayenne et dans la plupart des Antilles. Sonnerat et Forster nous ont transmis des nenseignemens très - intéressans sur cet Arbre. Il présente deux variétés principales, l'une stérile et entièrement privée de graines, l'autre en contenant au milieu de la pulpe charnue du fruit. Cette dernière variété est celle que décrivirent Rumph et Sonnerat. Selon Forster et plusieurs voyageurs modernes, on la trouvait aussi autrefois à Taïti; mais elle en a tout-à-fait disparu, parce que les habitans se sont uniquement occupés de cultiver la variété sans graines, qui est plus productive et plus agréable à manger. Ces graines, à peu près de la grosseur de nos châtaignes, sont oblongues, anguleuses, aiguës à leurs deux extrémités, recouvertes de tuniques. Dans les îles Célèbes les habitans les font cuire à l'eau ou sous la cendre chaude pour s'en nourrir. Quant à la variété sans graines, on la trouve aux îles Marianes où croît également la seconde variété, aux nouvelles Hébrides et dans l'archipel des Amis, aux Sandwich, mais nulle part plus abondante qu'à l'archipel des îles de la Société; ses fruits bien mûrs sont pulpeux et d'une saveur douce et agréable, mais ils se putréfient facilement. Un peu avant leur maturité ils sont farineux, et lorsqu'ils ont été cuits dans un four ou sur le feu, ils ont une saveur agréable qui rappelle à la fois le

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pain de froment, les tubercules de la Pomme de terre ou du Topinambour. Ils sont alors un aliment aussi sain que nourrissant. Les habitans de Taïti et des îles adjacentes s'en nourrissent pendant huit mois de l'année, et pendant les quatre autres mois, c'est-à-dire de septembre à décembre, époque où l'Arbre fleurit et mûrit ses fruits, ils mangent une sorte de pulpe cuite préparée encore avec ses fruits. On dit que les fruits de trois Arbres suffisent pour nourrir un Homme pendant une année. Ce n'est pas le seul avantage que l'on retire de l'Arbre à pain; son écorce intérieure est formée de fibres extrêmement tenaces, et l'on s'en sert pour tisser des étoffes dont les habitans se font des vêemens.

Une autre espèce non moins intéressante, d'abord placée dans ce genre, est l'Artocarpus integrifolia. Mais cette espèce, qui porte exclusivement le nom de Jaquier dans les colonies, est devenue le type du genre Sitodium de Banks, sous le nom de Sitodium cauliflorum. Elle est figurée dans Rhéede, Roxburgh et Gaertner. V. SITODIUM. (A. R.)

JARA ET JARARA. REPT. OPH. Ces mots doivent signifier Serpent dans certains idiomes malais, car JARA-CAPEBA est, dans Rumph, un Python de Ceylan; JARA-EPÉBA, un autre Python dans Rai; JARAKA, une Vipère javanaise dans Daudin; et JARARAKUKU, diverses Vipères; mais celles - ci sont brésiliennes, selon Ruysch et Rai, d'après Pison. (B.)

JARACATIA. BOT. PHAN. Ce nom se rapproche beaucoup de celui de Jacaratia donné par Pison à une Plante épineuse du Brésil, laquelle paraît être une espèce de Cacius. Marcgraaff s'en est servi pour désigner une Plante également épineuse, mais dont les feuilles semblent être digitées. D'après les caractères qui lui sont attribués, on présume qu'elle a quelque affinité avec le Papayer, Carica Papaya, L. (G.. N.)

JARAK. BOT. PHAN. Il serait peut-être intéressant de rechercher par quelle cause ce mot hébreu, qui signifie Herbe, est, selon Marsden, celui du Ricin chez les insulaires de Sumatra. (B.)

JARAVE. Jarava. BOT. PHAN. Le genre de Graminées décrit sous ce nom par Ruiz et Pavon, est une véritable espèce de Stipa. V. ce mot. (A. R.)

JARAVÆA. BOT. PHAN. Ce nom a été donné par Scopoli et Necker aux espèces de Mélastomes dont le fruit est bacciforme à deux ou trois loges. V. MÉLASTOME. (G.. N.)

* JARBUA. POIS. Espèce de Perche du sous-genre Térapon. V. PERCHE. (B.)

* JARDIN. Hortus. BOT. Ce nom, qui littéralement désigne un lieu destiné à la culture des Plantes, a été donné par certains auteurs de botanique aux catalogues descriptifs des Jardins. Avant Linné, les botanistes donnaient même ce titre aux flores de contrées fort étendues; l'Hortus Malabaricus de Rhéede en est un exemple. La plupart des catalogues de Jardins contiennent seulement l'énumération des espèces que l'on y cultive, rangées par ordre alphabétique ou d'après un système quelconque. Ils ne servent alors qu'à faire connaître la richesse et à faciliter la correspondance des Jardins entre eux. D'autres catalogues ont plus d'importance pour la science, c'est lorsqu'ils contiennent des phrases spécifiques et même de courtes descriptions faites sur le vivant, L'Hortus Cliffortianus de Linné peut être cité comme un modèle en ce genre. Ils sont encore plus utiles pour la science, quand des botanistes habiles y décrivent de nouveaux genres: tels sont l'Hortus Kewensis d'Aiton, augmenté par R. Brown, et le Catalogue du Jardin de Montpellier, par De Candolle. Enfin, dans quelques autres ouvrages aussi nommés Jardins, on ne décrit que les Plantes les plus remarquables. Parmi ceux

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ci, nous citerons l'Hortus Elthamensis de Dillen, les Hortus Schænbrunnensis et Vindobonensis de Jacquin, les Jardins de la Malmaison et de Cels, par Ventenat, etc. Les ouvrages périodiques publiés en Angleterre sous les noms de Botanical Magazine, Bot. Register, Bot. Cabinet, seraient de cette catégorie, si les auteurs ne reproduisaient pas le plus souvent un grand nombre de Plantes très-bien décrites et figurées ailleurs. (G.. N.)

JARDIN DE BOTANIQUE. Hortus botanicus. L'étude des Plantes, la propagation de celles qui par leur utilité ou leur beauté contribuent au bonbeur ou aux jouissances de l'Homme civilisé, ont dû leurs plus grands progrès à l'établissement des Jardins de botanique. Mais il fallait que la botanique fût élevée au rang de science pour qu'on eût l'idée de cultiver, dans un même lieu, le plus grand nombre possible d'espèces diverses dont l'étude servît à l'enseignement, indépendamment des avantages qu'on pouvait en tirer sous le rapport de l'utilité et de l'agrémènt.

Quoique les arts, dans l'antiquité, eussent en général atteint une haute perfection, celui de la culture des Plantes était resté fort en arrière. Les Jardins des Grecs et des Romains se réduisaient à des potagers destinés à la culture des Plantes culinaires, à de grands vergers pour celle des Arbres fruitiers, ou bien c'était des bosquets plus enchanteurs à leurs yeux, par la verdure et la fraîcheur des ombrages, que par la variété et la beauté des Arbustes qui y croissaient. Trop de soins d'ailleurs étaient nécessaires aux anciens et trop peu de connaissances leur étaient acquises pour qu'ils fussent essayé de naturaliser les Plantes des climats chauds, lois même qu'ils auraient pu se les procurer par leurs fréquentes communications avec les peuples de l'Afrique, de l'Asie-Mineure et des Indes Orientales.

Cependant leur goût pour les beles fleurs était poussé souvent jusqu'à l'excès. Ondit que le sénat romain crut nécessaire de réprimer par des lois la passion dont les citoyens s'éprirent pour les couronnes et les guirlandes. On dit aussi que sous les empereurs dont la lâcheté et la mollesse égalaient la cruauté, les Romains, imitateurs de leurs tyrans, ne se contentaient plus de ces tresses de fleurs, mais qu'ils les entassaient dans leurs lits et leurs appartemens comme pour se procurer une sorte d'ivresse. Il y a lieu de croire que ces fleurs étaient celles des champs, si nombreuses et si brillantes sous le beau ciel de l'Italie, ou bien qu elles appartenaient à quelques espèces seulement cultivées en grand pour l'usage des Sybarites de cette époque. Pline, en effet, citant les Plantes cultivées dans les Jardins de son temps, ne parle, à propos de fleurs d'ornement, que de Roses et de Violettes. Dans les peintures brillantes que les poëtes ont tracées des fameux Jardins des Hespérides, de Sémiramis et d'Alcinoüs, ils n'ont point dit, pour en augmenter les délices, qu'ils fussent embellis de fleurs, et tout fait présumer que ces Jardins n'étaient que des retraites ombragées, arrosées et décorées de divers monumens.

Le nombre des Plantes cultivées soit pour l'ornement, soit pour l'utilité, ne s'augmenta pas en Europe durant toute la période barbare du moyen âge. Mais, au treizième siècle, lorsque les Croisés furent obliges d'abandonner aux Sarrasins l'objet de leurs pieuses conquêtes, ils en reçurent, par une sorte de compensation, de légères connaissances, les seules que ces preux mais ignares voyageurs étaient susceptibles d'acquérir; avec quelques notions d'Horticulture, ils rapportèrent de l'Orient plusieurs graines de Plantes utiles (V. notre article FAGOPYRUM) en même temps qu'un certain nombre de fleurs d'ornement qui furent conservées dans les couvens des moines, dont elles charmaient la solitude et l'oisiveté.

Ainsi, pendant que l'Europe ne possédait encore aucun Jardin re-

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masquable par ses cultures, un goût très-vif pour les Végétaux d'agrément, pour les parterres de fleurs et pour les Arbres fruitiers, dominait chez les Orientaux et surtout chez les Persans. A la vérité, cette passion n'a pas eu d'aussi beaux résultats que chez les nations occidentales dont la perfectibilité est un caractère essentiel. Le plus grand plaisir pour les Persans, au rapport de Kæmpfer, est de se retirer dans leurs Jardins, d'en construire de nouveaux jusque dans les lieux les plus écartés, d'en tracer eux-mêmes le plan et de diriger leurs cultures. Mais, de même que les Chinois, peuple éminemment stationnaire dans la civilisation, ils se bornent à cultiver un certain nombre de Plantes qu'ils affectionnent, sans ajouter à leurs richesses celles qu'ils pourraient facilement faire venir d'autres climats qui, malgré leur éloignement, ont beaucoup d'analogie avec le leur.

Vers le milieu du seizième siècle, la botanique ayant fait quelques progrès, des Jardins furent consacrés à son enseignement. Mais comme cette science était, pour ainsi dire, fondue dans la médecine, on n'y cultiva d'abord que certaines Plantes sur les propriétés vraies ou imaginaires desquelles cette dernière science fondait ses principaux moyens thérapeutiques. Les professeurs, sous le titre de Simplicistes, y démontraient les Simples et en commentaient les vertus d'après Dioscoride. Rarement leur attention se portait sur des Plantes qui n'auraient pas eu d'application médicale; mais comme heureusement il régnait une croyance universelle, que chaque Plante était douée d'une vertu particulière, on s'efforçait d'en connaître de nouvelles afin de trouver de nouveaux moyens curatifs; et ce fut ainsi qu'un préjugé servit à l'avancement des connaissances en botanique. A cette époque cependant, plusieurs princes ou riches particuliers en Italie se passionnèrent pour la culture des Plantes. Ils établirent des Jardins ou rien n'était épargné pour se procurer les Végétaux les plus rares et les plus beaux. Cet exemple fut suivi par les Allemands, les Belges, les Français et les Anglais qui surpassèrent bientôt les Italiens. Il est même remarquable que la culture des fleurs est maintenant presque entièrement négligée dans cette Italie qui en fut le berceau ainsi que celui des plus belles institutions.

Si nous voulions faire ici l'histoire de l'établissement des principaux Jardins de Botanique et suivre les perfectionnemens qu'ils ont subis jusqu'à ce jour, nous risquerions d'excéder les limites d'un ouvrage où tout doit être esquissé à grands traits; il existe d'ailleurs sur ce sujet un excellent Mémoire de Deleuze (Ann. du Mus. d'Hist. Nat. T. IX, p. 149) auquel nous renvoyons nos lecteurs; ils y trouveront d'intéressans détails sur l'origine et la fortune des Jardins, tant publics que particuliers, qui ont joui d'une certaine célébrité. Cependant nous n'omettrons pas de parler des Jardins les plus remarquables de l'époque actuelle, parce que leur splendeur semble donner la mesure de l'état de la science dans les diverses contrées de la terre.

Parmi les Jardins publics que possède la France et qui sont presqu'en aussi grand nombre qu'il y a de villes un peu considérables, celui de la capitale domine et par sa vaste étendue et par les soins dont il est i'objet de la part d'une savante administration. Cet établissement a reçu, depuis Buffon qui en fut l'intendant, une extension telle qu'on a dû en changer le nom et le décorer du titre de Muséum d'Histoire Naturelle. La botanique n'en est plus qu'une partie; mais dirigé par des hommes aussi profonds que nos honorables maîtres De Jussieu, Desfontaines, et par ce respectable Thouin qui vient d'être enlevé à l'horticulture, le Jardin des Plantes de Paris offre tous les moyens possibles d'instruction. De vastes serres y nourrissent en abondance les Végétaux des climats tropiques; une école de botanique y présente plus de six mille espèces disposées suivant les

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familles naturelles; d'immenses carrés sont destinés à cultiver les Plantes d'ornement, les Végétaux utiles, et à reproduire en abondance les nombreuses variétés que la culture a fait naître. C'est dans ce Jardin que plusieurs de nos contemporains ont puisé, par l'étude de la série des êtres qu'on y conserve, les principes fixes qui donnent à la botanique toute la stabilité d'une véritable science; c'est de ce Jardin que sont sorties la plupart des Plantes remarquables par leur utilité ou leur élégance. Le Cafeyer qui fait la richesse des Antilles, les Robiniers, les Erables, les Pavia, les Marronniers, en un mot presque tous les Arbustes qui décorent nos bosquets, ont encore leurs vieux pères dans quelques coins du Jardin des Plantes de Paris. Les Arbustes de la Nouvelle-Hollande et de l'Amérique septentrionale y ont singulièrement prospéré. Plusieurs sont cultivés en pleine terre et ne semblent pas beaucoup souffrir de l'inclémence des saisons. Parmi les Plantes des pays chauds, il en cst même quelques unes qui ont réussi bien audelà de ce qu'on avait lieu d'espérer, car jamais, dans leur patrie, elles n'atteignent d'aussi grands développemens. Tels sont les Chamærops placés devant l'amphithéâtre, le Cactus peruvianus pour lequel on a construit une maison, le Cèdre du Labyrinthe, etc., etc.

Plus favorisé par la nature, le Jardin de Montpellier, aîné de celui de Paris, a l'avantage de nourrir quelques Plantes qui ne vivent pas ou sont très-chétives dans ce dernier. Cependant, malgré l'activité et les talens des professeurs De Candolle et Delile, ce Jardin est loin de pouvoir lui être comparé, quant au nombre et au choix des espèces cultivées. La présence d'une école spéciale de médecine soutient cet établissement auquel les habitans de Montpellier paraissent assez indifférens. Nous pourrons en dire autant de tous les Jardins publics des autres villes de France, qui néanmoins entretiennent le zèle de la science chez quelques amateurs et la propagent jusque dans les classes inférieures.

Certains établissemens particuliers en France ont rendu de trop grands services à la botanique pour que nous omettions de les mentionner ici. Ainsi le Jardin de la Malmaison, fondé par l'impératrice Joséphine, était très-connu par ses productions rares et par l'ouvrage de luxe que Ventenat a publié. Cet auteur a également donné les descriptions des Plantes rares que contenait le Jardin de Cels, agronome et membre de l'Institut. Les Jardins particuliers de Boursault, de Noisette, etc., reçoivent les fréquentes visites des botanistes, et leur procurent la connaissance des Plantes rares et exotiques que les propriétaires de ces établissemens font venir à grands frais, soit directement de toutes les parties du monde, soit indirectement par la voie de l'Angleterre. Près de Paris, les serres du Jardin de Fulchiron à Passy sont célèbres par les beaux Palmiers qu'on y cultive; mais c'est surtout dans celui de Soulange-Bodin, situé à Fromont, près Ris (Seine-et-Oise), que l'on est enchanté de la variété des Arbres étrangers qui y végètent avec vigueur, grâce aux soins éclairés du savant propriétaire qui les cultive.

En Angleterre, les Jardins publics ne sont pas nombreux, mais en revanche les établissemens particuliers, d'une grande somptuosité, ont beaucoup contribué à répandre dans ce pays le goût de l'horticulture. Près de Londres, le Jardin de Chelsea qui fut donné par un gentilhomme à la compagnie des apothicaires, devint célère par les travaux de Miller. Celui de Kew, dont le roi est possesseur, contient un nombre très-considérable de Plantes. Son catalogue, dressé par Aiton, est devenu un ouvrage classique, dont la seconde édition est surtout précieuse par la collaboration du célèbre R. Brown. Il existe dans les autres grandes villes des trois royaumes, des Jardins de Botanique qui

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ont acquis plus ou moins de développement, selon l'activité et le mérite des professeurs auxquels la direction en est confiée. Ainsi le Jardin de Glasgow, dont l'existence ne remonte pas plus haut que 1817, atteste, par son état florissant, le zèle éclairé du docteur Hooker. On ne peut lui comparer, quant à la rapidité de ses progrès, que le Jardin de Genève, qui a été fondé à la même époque par notre illustre collaborateur, le professeur De Candolle. Mais, comme uous l'avons dit plus haut, ce sont les établissemens particuliers qui font la réputation de l'Angleterre et qui contribuent le plus aux progrès de la science. Les Jardins de Kew et de Chelsea ne sont pas, à proprement parler, publics; l'accès, il est vrai, n'en est pas très-difficile; mais encore n'y va-t-on pas avec celte liberté dont jouit, par exemple, la population parisienne lorsqu'elle se porte au Jardin du Roi. Outre ces Jardins célèbres, on en voit de magnifiques dans les environs de Londres, parmi lesquels nous citerons celui de Loddiges, auteur d'un ouvrage bien médiocre sous le rapport de la science, mais qui nous donne une idée du grand nombre des belles Plantes qu'il cultive.

L'Allemagne et les Pays-Bas ne le cèdent point à la France et à l'Angleterre, quant au nombre et à la beauté des Jardins, soit publics soit particuliers. On doit placer, en première ligne, le Jardin de Berlin, qui, sous la direction de Willdenow, de Link et de Otto, et grâces à la généreuse protection du gouvernement prussien, est probablement le plus riche en espèces de tous les Jardins publics. D'après la première partie du Catalogue publié par Link, il'est à présumer que le nombre s'en élève à près de douze mille. Ce serait encore plus qu'en Angleterre où, si l'on s'en rapporte au Catalogue de Sweet pour tous les Jardins des environs de Londres, le nombre est à peu près de onze mille. Le Jardin de Gand, dans les Pays-Bas, est surtout remarquable par les soins qui président à la culture des espèces rares et exotiques. La Hollande, en raison de la passion que ses habitans ont toujours eue pour les fleurs (passion qui a quelquefois dégénérée en véritable manie), a possédé de tout temps des Jardins splendides qu'enrichissaient continuellement les relations de ce peuple marchand avec tout l'univers et surtout avec les Indes-Orientales et la Chine. Aussi les Jardins de Leyde et d'Amsterdam peuvent-ils être considérés comme les pépinières de tous les autres Jardins du continent. Dans le grand nombre de Jardins particuliers qui se remarquaient en Hollande, il en est un qui a acquis une grande célébrité par la publication d'un des premiers ouvrages de Linné; c'est celui de Cliffort à Harticamp près Harlem. L'Allemague est de toute l'Europe, la partie ou la Botanique élémentaire est le plus universellement répandue. Elle doit cette supériorité d'instruction primaire à ses nombreuses universités qui toutes sont pourvues de Jardins publics destinés à la démonstration des Plantes par des professeurs spécialement changés de ce soin. Indépendamment de ces Jardins universitaires, un grand nombre de princes et de riches particuliers ont fondé des Jardins plus ou moins remarquables. Dans celui de Schœnbrunn, l'empereur François Ier poussa au plus haut degré le luxe et l'art de la culture des Plantes étrangères. Les dépenses qu'il fit pour l'enrichir de Plantes exotiques, furent excessives. De très-grands Arbres, des Palmiers, furent expédiés des Antilles par Jacquin, sur un yaisseau frété exprès, puis transportés avec toutes les précautions imaginables de Livourne à Schœnbrunn. L'ouvrage publié par Jacquin, sous le titre d'Hortus Schænbrunnensis, répond bien par le luxe qu'on y a déployé, à la magnificence dn Jardin dont il fait connaître les productions.

Quelqu'austère que soit le elimat des contrées septentrionales de l'Eu-

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rope, la culture des Plantes exotiques n'y a pas néanmoins été négligée. En Suède, sous la direction de Linné, le Jardin d'Upsal fut un des plus florissans de son époque. Dans le Danemarck, celui de Copenhague a été, vers ces derniers temps, considérablement enrichi par les soins de Hornemann, et par les envois du docteur Wallich. La Russie, dont la civilisation a été si tardive, n'a plus rien à envier aux régions de l'Europe plus favorisées de la nature. Le Jardin de Pétersbourg, récemment fondé, est placé sous la direction de Fischer qui a été long-temps à la tête du beau Jardin de Gorenki. On dit que le plan en est admirable et gigantesque, et qu'une étendue de plus de cent cinquante mètres en longueur est affectée aux serres chaudes seulement. Il est vrai que, sur les bords de la Néva, la plupart des Plantes ont besoin d'une chaleur artificielle, car telle est la rigueur du climat, que le Peuplier d'Italie ne peut y passer l'hiver sans être abrité.

Les pays méridionaux de l'Europe où nous avons vu que l'horticulture a pris naissance, sont aujourd'hui fort en arrière, si on les compare aux contrées septentrionales. Ainsi les Jardins d'Italie ne pourraient entrer en parallèle avec ceux de France, d'Angleterre et d'Allemagne. Cependant celui de Naples, dont Tenore a la direction, est remarquable par la beauté de certaines Plantes exotiques qui n'y paraissent pas beaucoup souffrir de leur transportation.

Le Jardin de Madrid, celuideCoïmbre en Portugal, étaient naguère trèsflorissans par les soins de Zéa, de Lagasca et de Brotero. C'est au zèle de ces infortunés directeurs que l'on doit la propagation d'une foule de Végétaux curieux de l'Amérique méridionale et du Mexique, Végétaux qui font aujourd'hui les ornemens des parterres somptueux du riche, de la chaumière du pauvre et de la modeste croisée de l'artisan; tels sont, entre autres, le Dahlia et le Cobæa. Mais au moment où nous écrivons, tout se ressent dans la malheureuse Péninsule du mouvement rétrograde que les fanatiques impriment aux bonnes institutions de leur pays. Zéa, qui depuis a été ministre de la Colombie, et surtout Lagasca, persécutés, proscrits. ont fait admirer sur une terre étrangère et leur mérite scientifique et leur constance dans l'adversité. La botanique n'a donc plus de soutien en Espagne; d'autres intérêts absorbent toute l'attention des hommes puissans de ce pays.

Nous venons de passer rapidement en revue les principaux établissemens de l'Europe. Il en est encore de trèsconsidérables que nous désirerions mentionner ici, mais cette énumération nous entraînerait au-delà des bornes que nous nous sommes prescrites. C'est ce motif qui nous empêche de parler des Jardins de botanique fondés par les Européens danleurs colonies américaines, asiatiques et africaines; de ceux de l'Ile-de-France, de Calcutta, de Pondichéry, de Cayenne, de Botany-Bay, du cap de Bonne-Espérauce, de Ténériffe, de Mexico, de Philadelphie, etc. D'ailleurs nous n'avons sur ces établissemens que des documens imparfaits, si ce n'est pour celui de Calcutta qui, suivant les rapports des voyageurs, n'a pas sou pareil dans tout le globe. Voici ce qu en dit Leschenault dans une lettre en date du 30 novembre 1819, adressée au professeur de Jussieu. «Ce Jardin, situé sur les bords du Gange, a plus de deux lieues de tour; le sol en est d'une grande fécondité. Le docteur Wallich, qui le dirige, recoit tous les moyens de l'enrichir, et il y met toute son application. Le nombre des personnes attachées au Jardin est de trois cent quarante cinq. Il a des collecteurs sur tous les points de l'Inde qui lui envoient des semences, des Plantes vivantes et des Plantes sèches. Il possède une belle bibliothèque; quatorze dessinateurs sont sans cesse occupés à augmenter la collection des dessins coloriés, qui est sans doute. une des plus complètes et des plus

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belles qui existent. Ces dessins sont d'un grand format et d'une rare perfection. »

Après l'aperçu que nous venons de donner sur les Jardins de botanique existans, il est convenable d'offrir quelques considérations sur les modifications qu'on doit apporter dans la disposition de chacun d'eux, d'après la nature de leur institution et l'étendue qu'on veut leur assigner. En instituant des Jardins de botanique, les anciens avaient pour but presque exclusif, de procurer la connaissance des Plantes médicinales. Guy de la Brosse, qui fit paraître en 1641 le Catalogue du Jardin des Plantes de Paris, dit expressément que ses fonctions étaient d'administrer par charité des Plantes aux maladés, et d'enseigner leurs vertus à plus de deux cents écoliers accourus de toutes les provinces. Ce médecin annonçait pourtant la culture de beaucoup d'espèces nouvelles des Indes, lesquelles (suivant ses expressions) «il falloit connoistie par la veue avant que la main se meslat de leur application. Que si vous hochez la teste, ajoutaitil, pour n'en savoir pas les propriétés, attendez que l'expérience les ait descouvertes, et puis on vous les enseignera.» Ces dernières réflexions prouvent que le Jardin des Plantes de Paris fut, dès son origine, consacré à la science lors même qu'iI avait pour but apparent d'être uniquement destiné à secourir les malades. Aujourd'hui, il n'y a plus de spécialité absolue dans l'établissement des Jardins de botanique; on veut que la science des Végétaux profite, aussi bien que la médecine et les arts, des travaux de l'horticulture. Peut - être pourrait - on reprocher aux fondateurs modernes de donner dans un autre excès, de vouloir atteindre une perfection que les circonstances locales ne leur permettent pas d'espérer. En agissant ainsi, ils restent, d'une part, toujours au-dessous des, nécessités de la science, et de l'autre, ils privent les Végétaux importans des soins qu'ils prodiguent à des Plantes à peu près inutiles.

Dans une grande capitale, où les trésors de l'Etat ne sont point épargnés pour tout ce qui tend à sou embellissement, la plus grande extension doit être donnée à un Jardin de botanique, pourvu que son administration en soit confiée à des professeurs instruits et à des jardiniers intelligens, chez lesquels cependant l'abondance des objets ne soit pas une source d'erreurs et de confusion. Mais il est nécessaire que le directeur du Jardin de botanique d'une ville peu considérable, modère son ambition; il ne faut pas qu'il s'imagine l'emporter sur les grands établissemens, pour la culture de toutes les espèces par exemple, de tel genre, quand il sera privé des représentans d'une foule d'autres genres dont la connaissance est presque indispensable à celui qui veut étudier la botanique; car on ne doit pas perdre de vue que l'enseignement de la science est le principal objet de l'institution. Cette passion pour la culture d'un seul genre est au contraire très-louable dans les établissemens particuliers. C'est elle qui enrichit la science d'espèces nouvelles, ou ce qui vaut mieux encore, qui porte la lumière dans le chaos des grands genres, sépare les espèces confusément réunies, et rassemble celles que l'arbitraire ou l'ignorance avaient disjointes.

Lorsque les Jardins publics sont affectés à des établissemens spéciaux, comme ceux des écoles de médecine et de pharmacie, des hôpitaux, d'instructions de la marine ou de la guerre, ils doivent être régis sous lé double point de vue de l'enseignement des principes de Botanique et de la connaissance approfondie des Plantes usuelles. C'est ici qu'il serait important de s'attacher préférablement à la culture, non-seulement des espèces utiles, mais de celles qui sont nuisibles, et surtout d'apporter le plus grand soin dans leur détermination. Le nombre de ces Plantes

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est d'ailleurs assez considérable pour que leur étude suffise aux besoins de l'enseignement élémentaire.

Avant de terminer cet article, nous devrions, peut-être, énumérer les avantages que la science des Végétaux et l'Economie publique ont retirés des Jardins de Botanique; mais chacun de nos lecteurs a déjà pressenti et apprécié ces avantages. Nous aurions voulu présenter quelques observations sur le régime intérieur de ces établissemens, si nous n'avions réfléchi que ces observations ne pourraient être générales et qu'elles devraient se modifier suivant une foule de circonstances, variables d'un pays à un autre, et trop nombreuses, par conséquent, pour que nous puissions les indiquer ici. (G.. N.)

JARDINIER. OIS. L'un des noms vulgaires de l'Ortolan. V. BRUANT. (B.)

JARDINIÈRE. INS. Le Carabe doré, la Courtilière et d'autres Insectes qui attaquent les racines potagères, soit à l'état parfait, soit à celui de larves, portent vulgairement ce nom dans la plupart des départemens de la France. (B.)

JARDINIÈRE. MOLL. (Geoffroy.) Syn. d'Helix hortensis. (B.)

JARET. POIS. L'un des noms vulgaires du Sparus Mæna, L. V. SPARE. Delaroche, qui écrit JARRET, dit que c'est le Smaris aux îles Baléares. (B.)

JARGON. MIN. V. ZIRCON.

JARGONELLE. BOT. PHAN. Variété de Poire d'été. (B.)

JARNOTE. BOT. PHAN. V. ERNOTE.

JARRA. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires du Genêt dans certains départemens de la France. (B.)

* JARRET. POIS. V. JARET.

* JARRET IMPÉRIAL. POIS. (Delaroche.) Syn. de Sparus Zebra aux îles Baléares. (B.)

JARRETIÈRE. POIS. V. LÉPIDOEE.

* JARRI-NÉGRIER. BOT. PHAN. Le Quercus Toza dans quelques parties du centre de la France. (B.)

JARS. OIS. On appelle ainsi communément le mâle de l'Oie domestique. V. CANARD. (DR..Z.)

* JASERAN. BOT. CRYPT. Ancien synonyme d'Oronge vraie, particulièrement dans les Vosges. (B.)

JASEUR. Bombycivora. OIS. Genre de l'ordre des Omnivores. Caractères: bec court, droit, élevé; mandibule supérieure dentée, faiblement arquée vers l'extrémité; narines placées à la base du bec, ovoïdes, recouvertes de poils rudes dirigés en avant; quatre doigts, trois en avant, l'extérieur soudé à l'intermédiaire; un pouce; ailes médiocres; première et deuxième rémiges les plus longues.

Les ornithologistes avaient confondu successivement parmi les Merles, les Pie-Grièches et les Cotingas, les deux seules espèces qui, jusqu'à présent, composent tout ce genre. Quoique la séparation eût été depuis long-temps indiquée par Schwenckfeld, elle n'a été faite que récemment par Vieillot; Temminck et Cuvier l'ont ensuite confirmée en l'adoptant. D'après le nom latin imposé à ce genre, il semblerait que les Jaseurs dussent faire une consommation habituel le de Lépidoptères nocturnes et au-tres Insectes ailés; cependant ils ne les chassent que lorsque leur nourriture favorite, qui consiste en baies et en fruits, vient à manquer absolument. Ces Oiseaux sont voyageurs, et quoique l'on eût appelé Jaseur de Bohême l'espèce européenne, on ne la trouve pas plus fréquemment dans ce pays que partout ailleurs sous la même latitude; il paraît qu'elle réside de préférence et plus long-temps dans les contrées septentrionales, qu'elle s'y occupe de sa reproduction dont les détails sont encore peu connus; elle ne quitte ces lieux que lorsqu'un excessif abaissement de température en rend le séjour inhabitable, et c'est à ces intempéries locales que nous devons de voir accidentelle-

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ment ces jolis Oiseaux dans nos provinces tempérées. Quoique l'on assure que les migrations des Jaseurs nous amènent ordinairement ceux-ci en troupes si nombreuses que le ciel en paraît obscurci, jamais nous n'avons vu ces troupes se composer de plus de cinq ou six individus: du reste, il ne serait pas impossible que, dans les pays du Nord, ces Oiseaux aient des mœurs plus sociables, et il est même assez probable que les forêts boréales formées d'Arbres résineux, dont quelques espèces offrent en abondance des fruits charnus, sont des points de réunion pour les Jaseurs qui peuvent encore ne renoncer à la vie sociale que lorsqu'une circonstance fortuite contrarie totalement leurs habitudes, et les oblige à se disperser. Le nom français donné à ces Oiseaux n'est pas plus heureux que le synonyme latin; en effet, il semblerait que les Jaseurs se fissent remarquer par un caquet soutenu; cependant leur prétendue jaserie se borne à un petit cri, à un gazouillement très-ordinaine qui n'est pas plus souvent répété que celui des autres Oiseaux. Peut-être ce gazouillement, plus accenté au temps des amours, époque peu connue et dont aucun auteur ne parle, aura-t-il paru à plusieurs observateurs une sorte de caquetage, en raison du nombre d'Oiseaux réunis qui le faisaient entendre simultanément. C'est sur quoi nous n'avons pas été à même de nous éclairer. Quelques auteurs prétendent aussi que ces Oiseaux sont un excellent gibier; il est possible que, dans les contrées où ils sont aussi communs que les Merles et les Grives le sont ici, leur chasse présente les mêmes avantages.

GRAND JASEUR, Ampelis Garrulus, Gmel.; Bombycilla Bohemica, Briss.; Bombycivora poliocælla, Meyer; Bombycivora Garrula, Buff., pl. enl. 261. Parties supérieures d'un cendré vineux; le; inférieures d'une teinte un peu plus claire; plumes de la huppe longues et disposées en huppe; front, bandeau, sourcils et gorge noirs; rémiges noires, terminées par une tache angulaire blanche et jaune, les secondaires blanches a l'extrémité qui se termine par un prolongement cartilagineux en forme de palette, d'un rouge vif; tectrices caudales inférieures d'un brun marron; rectrices noires, terminées de jaune; bec jaunâtre, avec la pointe et la mandibule inférieure noires; pieds noirâtres. Taille, sept pouces et demi. La femelle a moins de noir à la gorge, et seulement quatre ou cinq petites palettes rouges aux rémiges d'Europe.

PETIT JASEUR, Bombycilla Cedrorum, Vieill.; Garrulus americanus, Dum.; Ampelis Garrulus, var. Lath., Ois. de l'Amérique septentrionale, p. 57. Parties supérieures d'un cendré roussâtre; les inférieures moins foncées en couleur; huppe composée de plumes effilées, moins longues et moins soyeuses que celles du grand Jaseur; bande noire du front entourant les yeux et venant se terminer sur les joues; gorge noire; croupion d'un gris ardoisé; rémiges cendrées, frangées de grisâtre, dont quelques-unes des plus rapprochées du corps sont terminées par une étroite palette rouge; rectrices terminées de jaune; menton blanc; poitrine d'un gris roux; ventre jaunâtre; abdomen et tectrices caudales inférieures gris; bec et pieds noirs. Taille, cinq pouces trois quarts. De l'Amérique septentrionale où elle niche dans les forêts, sur les Cèdres. On assure que la ponte qui se fait d'ordinaire en juin, se renouvelle en août. (DR..Z.)

JASIONE. Jasione. BOT. PHAN. Genre de Plantes de la famille des Campanulacées et de la Pentandrie Monogynie, mais que Linné avait placé dans la Syngénésie Monogamie, parce que les anthères sont légèrement soudées entre elles par leur base. Ce genre se compose de trois à quatre espèces annuelles ou vivaces, ayant leurs fleurs disposées en capitules globuleux, environnés à la base d'un involucre polyphylle, dont les

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folioles sont quelquefois disposées sur deux rangées. Chaque fleur offre un calice soudé par sa partie inférieure ou son tube avec l'ovaire qui est infère, ayant son limbe découpé en cinq divisions étroites; une corolle monopétale fendue presque jusqua'à sa base en cinq lanières étroites, linéaires et dressées; cinq étamines insérées tout-à-fait à la base de la corolle, beaucoup plus courtes qu'elle, ayant les filets grêles et dressés, et les anthères à deux loges bilobéus à leur base où elles sont leègèrement soudées entre elles. Coupé transversalement l'ovaire qui est infère offre deux loges contenant chacune un très-grand nombre d'ovules attachés à deux trophospermes hémisphériques placés sur le milieu de la cloison. Le style est long, renflé dans sa partie supérieure ou il se termine par un stigmate allongé, glnduleux, velu et bilobé. Le fruit est une capsule globuleuse couronnée par les lobes du calice, s'ouvrant seulement par son sommet au moyen d'une fente transversale. Trois espèces de ce genre croissent en France, savoir: Jasione montana, L., très-commun dans les lieux secs et sablonneux, aux environs de Paris; Jasione perennis et J. humilis, l'un et l'autre vivaces. (A. R.)

JASME. BOT. PHAN.(Daléchamp.) Syn. de l'Androsace villosa, L. (G.. N.)

JASMIN. Jasminum. BOT. PHAN. Ce genre de la Diandrie Monogynie, L., forme le type de la famille des Jasminées. Les auteurs modernes y réunissent le genre Mogorium de Jussieu, qui n'en différe que par le nombre des divisions du calice et de la corolle. Les Jasmins, dont on compte aujourd'hui au moins une quarantaine d'espèces, sont des Arbustes quel que fois sarmenteux et grimpans, originaires des Indes-Orientales, d'Afrique, de la Nouvelle-Hollande ou du littoral de la Méditerranée. Leurs feuilles sont opposées, très-rarement alternes, simples ou composées. Leurs fleurs, qui généralement répandent une odeur agréable, sont blanches, quel que fois jaunes on roses, pédonculées et placées soit à l'aisselle des feuilles, soit à l'extrémité des rameaux. Chaque fleur offre l'organisation suivante: un calice monosépale, turbiné, à cinq ou huit divisions plus ou moins allongées, quel que fois trèscourtes (J. odoratissimum); une corolle monopétale, hypocratériforme, à tube long et grêle, à limbe plane, à cinq ou huit lobes, d'abord emboîtés les uns dans les autres et tordus en spirale avant l'épanouissement de la fleur; deux étamines sessiles, attachées à l'intérieur du tube; un ovaire libre, presque globuleux, à deux loges contenant chacune deux ovules suspendus et apposés. Le style est ordinairement long et grêle, terminé par un stigmate renflé et bifide. Le fruit est une baie profondément bilobée ou didyme, à deux loges contenant chacune une ou deux graines; l'une des loges avorte quel que fois, et alors la baie semble déjetée d'un côté. Les graines contiennent un embryon dressé, renfermé dans un endosperme mince dont la plupart des botanistes ont méconnu l'existence.

Un grand nombre d'espèces de Jasmin sont cultivées dans les jardins. Nous mentionnerons ici les plus intéressantes.

† Fleurs jaunes.

JASMIN FRUTIQUEUX OU A FEUILLES DE CYTISE, Jasminum fruticans, L. Originaire des parties centrale et méridionale de la France et de l'Espagne, cette espèce forme une toufle ou buisson de trois à quatre pieds d'élévation. Sa tige est dressée, rameuse; ses rameaux verts portent des feuilles persistantes, composées de trois folioles vers la partie inférieure, réduites à une seule foliole vers la partie supérieure des rameaux. Les fleurs sont jaunes, inodores, placées au nombre de deux à trois à l'aisselle des feuilles supérieures. Ses baies sont didymes, noirâtres. On la cultive dans les jardins où elle fleurit pendant la plus

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grande partie de r'été. Quoique peu délicate sur la nature du terrain, cette espèce préfère une terre légère. Elle craint les hivers rigoureux pendant lesquels elle doit être recouverte. On la multiplie de marcottes ou de rejetons.

JASMIN ODORANT, Jasminum odoratissimum, L. On l'appelle encore Jasmin Jonquille, à cause de la couleur et de l'odeur de ses fleurs, assez semblables à celles du Narcisse Jonquille. Cette belle espèce, qui nous vient de l'Inde, forme un petit Arbrisseau de trois à six pieds de hauteur. Ses feuilles sont persistantes, alternes, composées d'une seule ou de trois folioles assez grandes, luisantes et d'un vert agréable. Ces folioles sont ovales-obtuses. Les fleurs sont grandes, d'un beau jaune, d'une odeur extrêmement suave, portées sur des pédoncules triflores qui naissent du sommet de la tige. Cette espèce doit être rentrée en orangerie pendant l'hiver. On la multiplie de graines ou de marcottes.

†† Fleurs blanches ou rosées.

JASMIN OFFICINAL ou ORDINAIRE, Jasminum officinale, L. Sous-Arbrisseau dont la hauteur varie beaucoup. Ses rameaux sont longs, effilés et glabres. Ses feuilles opposées sont profondément pinnatifides et paraissent composées ordinairement de sept folioles ovales-aiguës, entières, les trois supérieures étant souvent confluentes entre elles par leur base. Les fleurs, blanches et d'une odeur trèsforte et très-suave, sont disposées par petits bouquets axillaires et pédonculés. Chaque fleur elle-même est ensuite pédicellée. Son calice offre cinq lanières linéaires, aiguës, dressées. Le Jasmin est une Plante indienne, naturalisée depuis un temps immémorial dans toutes les contrées de l'Europe, où on la cultive non-seulement comme Planted'ornement, mais aussi pour extraire le principe odorant de ses fleurs. C'est particulièrement eu Provence que le Jasmin est ainsi cultivépour l'usage de la parfumerie. Nous en avons vu des champs entiers aux environs de Grasse et de Nice. Autrefois très-employées comme antispasmodiques, les fleurs de Jasmin sont aujourd'hui presqu'entièrement inusitées en médecine. Il en est de même de leur eau distillée que l'on faisait entrer à la dose d'une à deux onces dans les potions calmantes. Cette espèce se cultive en pleine terre; quel que fois on la place le long des murs et des habitations, qu'elle ne tarde pas à recouvrir de ses rameaux longs et flexibles. En le taillant et l'arrosant souvent, le Jasmin donne des fleurs pendant presque toute la belle saison.

JASMIN A GRANDES FLEURS, Jasminum grandiflorum, L. Cette belle espèce, qui vient de l'Inde et qu'on désigne vulgairement sous le nom de Jasmin d'Espagne, a beaucoup de ressemblance avec la précédente. Comme elle, c'est un sous-Arbrisseau à rameaux longs et flexibles. Ses feuilles se composent de sept folioles ovales-obtuses; les trois supérieures souvent confluentes par leur base. Les fleurs sont beaucoup plus grandes que dans l'espèce précédente, blanches en dedans, rougeâtres à leur surface externe; les lobes de la corolle sont obovales-obtus. Ces fleurs répandent une odeur très-agréable. On cultive aussi cette espèce en Provence pour en retirer le principe aromatique. Le Jasmin d'Espagne se multiplie en le greffant en fente sur le Jasmin ordinaire.

JASMIN DES AÇ;ORES, Jasminum Azoricum, L. L'une des plus jolies et des plus agréables espèces de ce genre; il forme un buisson de trois à quatre pieds d'élévation, dont les rameaux sont garnis de feuilles opposées, composées de trois folioles cordiformes, grandes, glabres, d'un vert agréable et luisantes à leur face supérieure. Les fleurs sont blanches et forment des bouquets à la partie supérieure des ramifications de la tige. Ce Jasmin, qui demande à être rentré dans L'orangerie, se multiplie de graines et de marcottes.

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On cultive encore plusieurs autres espèces de ce genre; telles sont les Jasminum humile d'Italie, J. volubile du Cap; J. mauritianum de l'Ile-de-France; J. geniculatum des îles de la mer du Sud; J. triumphans, etc., etc. (A. R.)

Le nom de Jasmin a été étendu, par des voyageurs peu instruits et par des jardiniers, à d'autres Arbustes qui n'y ont aucun rapport, comme le Lycium afrum, qu'on appela JASMIN D'AFRIQUE; le Gayac, JASMIN D'AMÉRIQUE; le Plumeria rubra, JASMIN EN ARBRE; le Philadelphus coronarius, JASMIN BATARD OU BLANC; une Clématite et le Lilas, JASMIN HLRU; le Gardenia florida, JASMIN DU CAP; le Bignonia radicans, JASMIN DE VIRGINIE, etc., etc. (B.)

JASMIN DE MER. POLYP. Quelques marchands d'objets d'histoire naturelle donnent ce nom au Millépore tronqué. V. MILLÈPORE. (LAM..X.)

JASMINÉES.Jasmineœ. BOT. PHAN. Famille extrêmement naturelle appartenant à la classe des Plantes dicotylédones monopétales hypogynes; et que l'on peut caractériser de la manière suivante: les fleurs sont généralement hermaphrodites, excepté dans le seul genre Frêne où elles sont polygames. Le calice est monosépale, turbiné dans sa partie inférieure, divisé en quatre, cinq ou huit lobes; la corolle est monopétale, régulière, à quatre, cinq ou huit lobes, tantôt incombans et légèrement tordus, lantôt se touchant seulement par les bords avant leur épanouissement; quel que fois elle est fendue jusqu'à sa base de manière qu'elle est formée de quatre à cinq pétales distincts (Ornus, Chionanthus). Elle manque quel que fois entièrement ainsi que le calice (Fraxinus, Adelia ligustrina). Les étamines sont généralement au nombre de deux, insérées à la corolle, ayant leur filet court et leur anthère introrse, à deux loges, s'ouvrant par un sillon longitudinal. L'ovaire est libre, sessile au fond de la fleur, à deux loges contenant chacune deux ovules suspendus, c'est-à-dire naissant de la partie supérieure de la cloison et peudans dans la loge. Le style est simple, terminé par un stigmate bilobé. Le fruit offre d'assez grandes différences dans les différens genres par suite d'avortemens presque constans.Il est tantôt sec, déhiscent ou indéhiscent, à une seule ou à deux loges, qui contiennent une ou deux graines; ou bien il est charnu, à une ou à deux loges quel que fois osseuses. Les graines se composent d'un tégument propre, membraneux, mince ou quel que fois épais et charnu, d'un endosperme blanc, charnu ou légèrement corné, quel que fois très-mince et comme membraneux, et d'un embryon dont la radicule cylindrique, quel que fois très-courte, correspond au hile. Les Jasminées, telles qu'elles ont été circonscrites par Jussieu, sont des Arbustes, des Arbrisseaux ou même de très-grands Arbres dont les feuilles généralement opposées, très-rarement alternes, sont simples ou composées. Les fleurs sont ou placées à l'aisselle des feuilles ou formant des grappes pyramidales à l'extrémité des rameaux.

Jussieu (Gener. Plant.) avait formé deux sections dans sa famille des Jasminées, suivant que ses genres ont le fruit sec et capsulaire ou charnu. A la première de ces sections appartiennent les genres Nyctanthes, Lilac, Hebe et Fraxinus; à la seconde, les genres Chionanthus, Olea, Phillyrea, Mogorium, Jasminum et Ligustrum.

Ventenat (Tableau du Règn. Vég.) fit deux familles distinctes des deux sections établies par Jussieu. Il nomma Lilacées cette qui renferme les genres à fruit capsulaire, et retint le nom de Jasminées pour cette dont les genres ont le fruit charnu.

Link et Hoffmansegg, dans leur Flore du Portugal, firent une famille des Oléinées, dont le genre Olea devint le type. Cette famile fut adoptée et mieux caractérisée par R. Brown (Prodr. Flor. Nov.-Holland.) qui ne

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laissa parmi les Jasminées que les seuls genres Nyctanthes et Jasminum, réunissant à ce dernier le genre Mogorium de Jussieu. Mais nous avons prouvé (Mém. de la Soc. d'Hist. Nat. T. II) que ces deux familles ne sauraient être séparées l'une de l'autre, et qu'elles n'en, forment réellement qu'une seule, ainsi que l'avait établi l'illustre auteur des Familles Naturelles. En effet, les caractères que l'on a donnés pour distinguer ces deux groupes sont erronés. Ainsi on a dit que dans les Jasminées les loges sont monospermes et les graines dressées, tandis qu'elles sont dispermes et que les graines sont suspendues dans les Oléinées. Mais il est certain que dans l'ovaire des Jasminées on trouve deux loges contenant chacune deux ovules renversés, aussi bien que dans les Oléinées. L'endosperme, que l'on avait dit manquer dans les Jasmins, y existe toujours, quoiqu'il soit plus mince, et dans l'un et l'autre groupe la pointe de la radicule est constamment dirigée vers le hile, c'est-à-dire vers la base de la graine, Il n'existe donc aucune différence marquée entre les Oléinées et les Jasminées, qui doivent être réunies en une même famille. Les genres qui forment la famille des Jasminées peuvent être partagés en deux sections, suivant que leur fruit est sec ou charnu.

Ire SECTION.—Fruit sec.

(LILACÉES, Vent.)

Lilac, Tourn., Juss.; Rangium, Juss.; Hebe, Comm., Juss.; Fontanesia, Labill.: Schrebera, Roxb.; Fraxinus, L.; Nyctanthes, L.

IIe SECTION.—Fruit charnu.

(JASMINÉES, Vent.)

Chionanthus, L.; Notelœa, Vent., R.Brown; Borya, Willd.; Noronhia, Du Petit-Thouars; Olea, L.; Phillyrea, L.; Tetrapilus, Lour.; Ligustrum, L., et Jasminum, L. (A. R.)

JASMINOIDES. BOT. PHAN.(Tournefort et Dillen.) V. CESTREAU. (B.)

JASMINUM. BOT. PHAN. V. JASMIN.

* JASON. INS. Espèce de papill de la division des Chevaliers grecs Linné. (B.)

JASONIE. Jasonia. BOT. PHAN. Cassini (Bull. de la Soc. Phil., octob. 1815) avait proposé sous ce nom nouveau genra de la famille des Synanthérées, et de la tribu des Inulées. Mais il n'en avait point indiqué les caractères, et il y avait fait entrer mal à propos les Erigeron fœtidum longifolium, qui sont de vrais Erigeron, quoique toutes les fleurs leurs calathides soient de coule jaune. Il a depuis reconnu et rectifié son erreur en restreignant le Jasnia à un sous-genre du Pulicaria la section des Inulées-Prototypes, dont voici les principaux caractère involucre composé d'écailles imbriquées et linéaires; réceptacle plane, fovéolé ou alvéolé; calathide dont le disque se compose de plusieurs fleurs régulières, hermaphrodites, et la couronne de demi-fleuro sur un seul rang, en languettes femelles; ovaires hispides, surmont d'une aigrette double, l'extérieu courte, composée de poils distinct l'intérieure longue composée de po inégaux et légèrement plumeux.

L'espèce qui peut être considér comme type de ce sous-genre, a été nommée par l'auteur Jasonia radiata; c'est l'Erigeron tuberosum, L., ou Inula tuberusa de la Flore Français Cette Plante croît dans les montagnes du midi de la France. Une seconde espèce a été ajoutée à la precédente sous le nom de l. discoide elle était cultivée au Jardin des Plantes de Paris, mais Cassini a négligé d'observer ses caractères spécifique (G.N.)

JASPE. MIN. Quartz Jaspe de Haüy Substance résultant du mélange la matière quartzeusc avec différent matières colorantes, ayant une cassure terne et compacte et des couleurs plus ou moins vives, jointes à l'opacité. Les variétés rouges et jaunes

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doivent leurs couleurs à l'oxidc et à l'hydroxide de Fer; la variété verte est colorée tantôt par l'oxide de Nickel el tantôt par la Chlorite ou la Diallage; d'autres sont redevables de leurs teintes à des matières argileuses. Les Jaspes noirs ou Phtanites doivent la leur à l'Anthracite. Les Jaspes sont susceptibles de poli et s'emploient dans les arts d'ornement et la bijouterie.

– On trouve ces substances dans les terraius anciens, en forme de couches de peu d'épaisseur, divisées par les fissures naturelles en fragmens à peu près rhomboïdaux. Elles sont quel que fois mélangées de Manganèse oxidé et d'Argilé, et se décomposent lorsqu'il y a surabondance de Fer et de Manganèse. —On trouve aussi du Jaspe dans les terrains modernes, mais seulement en amas et non en couches. Il s'y rencontre ordinairement dans les Argiles sablonneuses ou des sables argilifères. On a distingué par des noms particuliers les différentes variétés de Jaspe, d'après les couleurs qu'elles présentent, surtout lorsqu'elles sont taillées.

JASPE AGATHÉ. Mélange de Jaspe et d'Agathe dans le même morceau.

JASPE ÉGYPTIEN, ou Caillou d'Egypte, offrant des bandes contournées d'un brun foncé sur un fond d'un jaune brunâtre. On le trouve sous la forme de cailloux roulés dans le désert à l'est du Caire.

JASPE FLEURI, offrant des taches et des mélanges de plusieurs couleurs, parmi lesquelles le vert domine.

JASPE ONYX et JASPE RUBANNÉ. Composé de bandes successives diversement colorées, tantôt circulaires et tantôt parallèles.

JASPE PANACHÉ. Mélange de Couleurs distribuées sans ordre.

JASPE PORCELAINE ou PORCELLANITE. Thermantide jaspoïde, Haüy. Substance ayant l'apparence d'un Jaspe, mais qui est d'une toute autre nature. C'est une matière argileuse qui a été altérée par le contact des roches pyrogènes.

JASPE SANGUIN. Jaspe ou plutôt Agathe d'un vert obscur dont le fond est parsemé de petites taches d'un rouge foncé. V. HÉLIOTROPE

JASPE SCHISTOIDE, JASPE NOIR ou PHTANITE, H. Coloré par l'Anthracite. Il fournit des Pierres de Touche qui ne sont pas très-estimées à cause de leur trop grande dureté. (G.DEL.)

JASPÉE. INS. Nom vulgaire du Phalura syringaria. (G.)

* JASSE. INS. V. IASSE.

* JATABOCA. BOT. PHAN. Marcgraaff désigne sous ce nom, et comme un grand Roseau, une sorte de Bambou brésilien dont les entre-nœuds servent de cruche pour conserver et transporter l'eau. (B.)

J A T A R O N. Jataronus. CONCH. C'est le nom générique qu'Adanson a proposé (Coq. du Sénég., pl. 15)pour des Coquilles que Lamarck a réunies sous le nom de Cames. V. ce mot. Le même auteur a nommé Came annelé, Chama crenulata, l'espèce décrite et figurée par Adanson. (D..H.)

* JATI. BOT. PHAN. Même chose que Caju-Jati. V. ce mot. (B.)

JATOU. MOLL. Adanson (Coq. du Sénég., pl. 9, fig. 21) a ainsi nommé une Coquille du genre Murex; c'est le Murex gibbosus de Lamarck et le Murex Lingua vervecina de Chemnitz. V. MUREX. (D..H.)

JATROPHA. BOT. PHAN. V. MÉDICINIER.

JAUGUE. BOT. PHAN. Et non Jaube ou Jauge. L'Ulex europœus dans les Landes aquitaniques que couvre, en certains lieux sablonneux, cet Arbuste déchirant. (B.)

JAUMEA. BOT. PHAN. Le genre ainsi nommé par Persoon est le même que le Kleinia, décrit en 1803 par Jussieu. V. KLEINIA. (A.R.)

JAUNEAU. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires de la Ficaire dans les départemens du centre de la France. (B.)

JAUNE ANTIQUE. MIN. Sorte de

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Marbre employé par les anciens. V. MARBRE. (A. R.)

JAUNE DE MONTAGNE. MIN. Espèce d'Ocre. V. ce mot. (A. R.)

JAUNED'OEUF. MOLL. Nom vulgaire et marchand du Nerita Vitellus, L. On nomme aussi JAUNE D'OEUF APLATI le Nerita Albumen. (B.)

JAUNE D'OEDF. BOT. On a donné indifféremment ce nom au fruit du Caïmitier et à l'Oronge vraie. (B.)

* JAUNET. POIS. Nom vulgaire du Doré, espèce du genre Cheilion. V. ce mot. (B.)

JAUNET D'EAU. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires du Nénuphar jaune. V. NÉNUPHAR. (B.)

JAUNGHILL. OIS. Espèce du genre Tantale. V. ce mot. (B.)

JAUNOTTE. BOT. CRYPT. V. BLANCHETTE.

* JAVAN. OIS. Espèce du genre Calao. V. ce mot.

* JAVANAISE. REPT. OPH.(Daudin.) Espèce du genre Vipère. (B.)

* JAVAR. BOT. PHAN. (Leschenault.) Syn. de Chou palmiste chez les Javanais. (B.)

JAVARI. MAM. Syn. de Pécari. (B.)

JAVELOT. REPT. OPH. Espèce du genre Erix. V. ce mot. (B.)

* JAVUS. POIS. Espèce du genre Sidjan. V. ce mot. (B.)

JAYET. MIN. V. LIGNITE.

* JEAN-BOULANG. POIS. (Ruysch.) C'est du genre Baliste qu'il faut rapprocher ce Poisson d'Amboine peu connu, qui a la peau trèsdure, dont la couleur est jaune, avec des raies bleues, et la caudale semilunaire rouge. (B.)

JEAN-LE-BLANC. OIS. Espèce du genre Faucon, sous-genre Aigle. V. ce mot. (DR..Z.)

JEANNETTE. BOT. PHAN. Syn. de Narcissus poeticus, V. NARCISSE. (B.)

* JEAUNELET. BOT. CRYPT. L'un des noms vulgaires du Merulius Cantarellus. (B.)

JECKO. REPT. SAUR. Pour Gecko., V. ce mot. (B.)

JEFFERSONIE. Jeffersonia. BOT. PHAN. Genre établi par Barton (Act. Soc. Am., 3, p. 334) pour le Podophyllum diphyllum de Linné et qui fait partie de la famille de Podophyllées et de l'Octandrie Monogynie, L. Ce genre se compose d'une seule espèce, Jeffersonia binata, Barton, loc. cit. cum icone, ou J. Bartonis, Michx., ou J.diphylla, Pers. Plante vivace, originaire des vallées ombragées de l'Amérique septentrionale. Ses feuilles sont toutes radicales, longuement pétiolées, subcordiformes, fendues du sommet à la base en deux lobes aigus et un peu obliques; elles sont très-glabres et d'une teinte glauque à leur face inférieure. Les pédoncules radicaux sont simples, dressés, un peu plus longs que les feuilles et uniflores. Le calice est formé de trois à cinq folioles lancéolées, un peu concaves et caduques; la corolle de huit pétales assez semblables aux sépales du calice. Les étamines, au nombre de huit, opposées aux pétales, hypogynes comme eux, ont leurs filets très-courts, leurs anthères à deux loges s'ouvrant par une sorte de valve qui s'enlève de la partie inférieure vers la supérieure, comme dans les Berbéridées. L'ovaire est libre, allongé, à une seule loge, contenant un assez grand nombre d'ovules attachés à un trophosperme longitudinal. Le style est court, terminé par un stigmate pelté et à quatre lobes. Le fruit est une capsule ovoïde, terminée à son sommet par une pointe mousse, offrant à l'extérieur une ligne longitudinale, saillante, qui correspond au point d'insertion des graines, et s'ouvrant vers sa partie supérieure par une scissure transversale incomplète. (A. R.)

* JEFFERSONITE. MIN. Variété de Pyroxène augite découverte dans

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les Etats-Unis d'Amérique par le professeur Keating. (G. DEL.)

* JEJUNUM. ZOOL. V. INTESTIN.

JEK. REPT. OPH. Le Serpent brésilien mentionné sous ce nom par Ruysch qui en rapporte des choses extraordinaires, paraît être une Cœcilie exagérée. V. COECILIE. (B.)

JELIN. MOLL. Adanson (Coquill. du Sénég., pl. II, fig. 6)rapporte à son genre Vermet un tube testacé qui, ce nous semble, est une véritable Serpule. Linné l'a placé dans ce genre sous le nom de Serpula intestinalis. V. SERPULE et VERMET. (D..H.)

JELSEMINUM. BOT. PHAN. Syn. de Jasminum et de Jasmé dans quel ques botanistes anciens. (B.)

JENAC. MOLL. Nom sous lequel Adanson a décrit une petite espèce de Crépidule que Linné a désignée sous le nom de Patella Gorensis, et qui n'est probablement qu'une variété de la Crépidule unguiforme de Lamarck. (D..H.)

* JENSEN. OIS. Espèce du genre Canard. V. ce mot. (B.)

JERBOA ET JERBU. MAM. Syn. de Gerbo. V. ce mot à l'article GERBOISE. (B.)

JERNOTTE. BOT. PHAN. Même chose qu'Ernotte. V. ce mot. (B.)

JEROSE. BOT. PHAN. On a proposé ce nom pour désigner en français le genre Anastatica. V. ce mot. (B.)

* JESES. POIS. V. Jesse et ABLE.

JESITE. Jesites. MOLL. Montfort a placé parmi ses Polythalames (Conchil. Syst. T. I, pag. 102) un corps adhérent enroulé comme un Spirorbe, mais divisé par plusieurs cloisons. Soldani avait déjà fait connaître ce corps; il est figuré dans le Testacea Microscop. de cet auteur, pl. 30, vas. 143, x, également parmi les Polythalames. Quoique l'on sache aujourd'hui que plusieurs espèces de Céphalopodes vivent adhérentes à la manière des Spirorbes, celui-ci en a si bien le port et la structure que l'on doit rester dans le doute jusqu'à ce que des observations nouvelles viennent confirmer ou détruire l'opinion de ces auteurs. On sait d'ailleurs qu'il existe un assez grand nombre de Serpules qui se cloisonnent par suite des accroissetnens de l'Animal; plusieurs Siliquaires sont dans ce cas: il n'est donc pas impossible de penser que ces petits corps appartiennent à des Annelides qui se sont irrégulièrement cloisonnés. Le doute que Férussac a conservé en rapportant ce genre aux Céphalopodes, pourrait servir à confirmer notre opinion. (D..H.)

JESON. MOLL. (Adanson, Coquill. du Sénég., pl. 15, fig. 8.) Syn. de Cardita crassicosta, Lamarck. (D..H.)

JESSE. Jeses. POIS. Syn. de Chevanne, espèce d'Able. V. ce mot.

JET D'EAU MARIN. ACAL. Quelques auteurs ont donné ce nom aux Ascidies à cause de l'eau qu'elles lancent lorsqu'on les comprime. Cette eau est quel que fois irritante et produit, dit-on, des pustules ou d'autres éruptions sur les parties du corps qu'elle frappe. (LAM..X.)

JEUX DE VAN-HELMONT. Ludus Helmontii. MIN. Concrétions pierreuses, renfermant dans leur intérieur des prismes courts à quatre pans, qui, brisés, ressemblent à des cubes ou dés à jouer. Vau-Helmont les avait appelés Ludus Paracelsi, et leur attribuait de très-grandes propriétés. Elles sont composées ou de calcaire marneux gris de fumée, très-compacte et même susceptible de poli, ou de Fer carbonaté lithoïde et argileux, et les cristaux calcaires sont souvent ferrifères et magnésiens. On remarque quel que fois dans les interstices des cristaux de Quartz, de Baryte, de Fer spathique, etc. Enfin ces concrétions sont remarquables par la constance de ces particularités et par leur disposition en lits dans les couches d'Argile schisteuse des mines de Houille, et des terrains de Calcaire alpin. V. CONCRÉTIONS. (B.)

TOME IX. 6

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* JIBE. BOT. PHAN. Syn. de Badamier selon Rhéede. (B.)

* JIHADE. BOT. PHAN. V. CAHADE.

* JIRASEKIA. BOT. PHAN. L'Anagallis tenella, L., a été érigé, sous ce nom, en un genre distinct par Schmidt (in Uster. Ann. 2, p. 224); mais ce genre n'a pas été adopté. (G..N.)

* JOACHIMIA. BOT. PHAN. Le genre de Graminées ainsi nommé par Tenore, dans sa Flore de Naples, est le même que le Beckmannia qui, ayant l'antériorité, ne peut changer de nom. V. BECKMANNIE. (A.R.)

JOANNESlA. BOT. PHAN. Persoon (Enchirid. T. II, p. 383) a surchargé inutilement de ce nouveau mot la nomenclature, en le substituant sans motif à celui de Johannia, Willd., qui lui-même était superflu, puisqu'il désignait un geure nommé antérieurement Chuquiraga par Jussieu. V. ce mot. (G..N.)

JOCKO. MAM. V. ORANG.

* JODAMIE. MOLL. Defrance, dans le Dictionnaire des Sciences Naturelles, a établi ce genre qui nous semble avoir les plus grands rapports avec les Sphéulites, et que nous mentionnerons en traitant de ce genre. V. SPHÉRULITE. (D..H.)

JODELLE ET JOUDARDE. OIS. La Foulque, en vieux français. (B.)

JOEL. POIS. Espèce du genre Athérine. V. ce mot. (B.)

JOHANNIA. BOT. PHAN. Le genre Chuquiraga de Jussieu a reçu de Wldenow ce nouveau nom qui n'a pas été adopté. V. CHUQUIRAGA. (G..N.)

* JOHNIA. BOT. PHAN. Genre de la Triandrie Monogynie, L., nouvellement établi par Roxburgh (in Flor. Ind. I, p. 172) et adopté par De Candolle (Prodrom. System. Reg. Veget. T. I, p. 571)qui l'a placé dans la famille des Hippocratéacées, et lui a donné pour caractères essentiels: trois anthères sessiles au sommet de l'urcéole; fruit en baie, à cinq loges et à un ou deux ovules dans chaque loge avaut la maturité, ne contenant qu'un petit nombre de graines lorsqu'il est mûr. Ce genre est composé de deux espèces, savoir 1° Johnia salacioides, indigène du Bengale, et remarquable par ses fleurs orangées, et sa baie bonne à manger, à deux ou trois graines; 2° J. coromandeliana, qui croît dans les forêts des montagnes du Coromandel. Cette espèce a des baies monospermes semblables à de petites cerises. (G..N.)

JOHNIUS. POIS. Qu'on a francisé sous le nom de John. Ce genre, formé par Bloch, ne saurait être admis et rentre entièrement parmi les Sciènes. V. ce mot. (B.)

JOHNSONIE. Johnsonia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Asphodélées, et de la Triandrie Monogynie, L., établi par R.Brown (Prodrom. Fl. Nov.-Holl., p. 287)qui l'a ainsi caractérisé: périauthe à six divisions égales, pélaloïdes, marcescentes et décidues; trois étamines dont les filets sont insérés à la base des divisions intérieures du périanthe, dilatés et conués inféieurement; ovaire à loges dispermes, surmonté d'un style filiforme, et d'un stigmate obtus; capsule triloculaire à trois valves qui portent les cloisons sur leur milieu; deux graines dans chaque loge ayant leur ombilic muni de strophioles; l'une d'elles pendante, fixée au sommet d'une colonne centrale gêle plus courte que la capsule. L'auteur a placé la Plante qui constitue ce genre auprès du Borya. Elle eu diffère par le port, l'inflorcscence et la structure de la fleur, mais elle s'en rapproche par plusieurs caractères. Cette Plante, Johnsonia lupulina, R. Br., croît sur les côtes méridionales de la Nouvelle-Hollande. C'est une herbe vivace, ayant une racine fibreuse, des feuilles distiques, linéaires, dilatées et demi-engaînantes à la base. La hampe est très-simple et ne porte vers son sommet qu'un seul épi oblong, dont la forme

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imite les fleurs du Houblon, Humulus Lupulus (d'où le nom spécifique), et qui se compose de bractées imbriquées colorées; les inférieures petites et stériles, les autres uniflores et persistantes. Les fleurs sont petites, sessiles; chacune d'elles est accompagnée d'une bractée intérieure et latérale.

Le nom de Johnsonia avait été donné à divers genres qui n'ont point été adoptés: ainsi le Johnsonia de Miller rentre dans le Callicarpa de Linné; celui de Nccker n'est qu'une division des Solanum; enfin Adanson a nommé Jonsonia le Cedrela, L. (G..N.)

JOL. MOLL. Tel est le nom qu'Adanson a donné à une petite espèce de Buccin de la section des Nasses; mais le peu, de netteté de la figure ne permet pas de pouvoir la rapporter à une des espèces décrites par les auteurs. (D..H.)

JOLIBOIS. BOT. PHAN. Syn. vulgaire de Daphne Mezereum étendu quel que fois à d'autres Lauréoles. (B.)

JOLITE. MIN. Pour lolite. V. ce mot. (G. DEL.)

JONC. Juncus. BOT. PHAN. Type de la famille des Joncées, ce genre, tel qu'il a été limité par Adanson et De Candolle, n'est pas le même que leJuncus de Linné; il en diffère par ses feuilles cylindriques et par sa capsule polysperme. Voici quels sont ses caractères: le calice se compose de six sépales écailleux et glumacés, disposés sur deux rangs; les étamines sont au nombre de six attachées à la base du calice, quelquefois il n'y en a que trois seulement. L'ovaire est ovoïde, plus ou moins triangulaire, á une ou trois loges incomplètes contenant plusieurs ovules Le style est simple, terminé par trois stigmates filiformes et velus. Le fruit est une capsule uniloculaire, polysperme, s'ouvrant en trois valves. Les graines sont ovoïdes; elles contiennent un embryon basilaire dans un endosperme charnu. Les espèces de ce genre sont vivaces, très-rarement annuelles. Les tiges sont nues ou feuillées, quelquefois articulées, munies de feuilles cylindriques. Les fleurs sont généralement petites et disposées en panicule; rarement elles sont grandes et solitaires.

De Candolle a retiré du genre Juncus de Linné, toutes les espèces qui ont les feuilles planes et la capsule uniloculaire, pour en former un genre particulier sous le nom de Luzula.

Desvaux, dans le Journal de Botanique, a divisé le genre Juncus de De Candolle en quatre genres, savoir: Marsipospermum qui a pour type le Juncus grandiflorus, Rostkovia, le Juncus mageilanicus, Cephaloxis et enfin Juncus. Mais les différences sur lesquelles ces genres sont fondés sont trop peu importantes pour que ceuxci aient pu être adoptés. Dans une Monographie que va pablier le docteur De Laharpe, de Lausanr ne, on compte soixante-dix-neuf espèces. Réparties sous toutes les zônes, dit ce jeune botaniste, et à des hauteurs variables, alpines sous l'équateur, préférant les plaines et les montagues sous la zône tempérée, les diverses espèces de ce genre habitent particulièrement les lieux marécageux de l'Europe, des deux Amériques et de la Nouvelle-Hollande; quelques-unes n'abandonnent jamais les bords de la mer et des grands lacs; d'autres ne peuvent vivre et se reproduire qu'à còté des grands des Alpes et des neiges du pôle; certaines entin, vraies cosmopolites, se rencontrent partout sous les pas du botaniste. Parmi les soixante-dix-neuf espèces actuellement connues, trois seulement habiteut indistinctement toutes les zônes et tous les climats ce sont les Juncus communis, maritimus et Bufonius. L Europe en contient trente-une espèces; l'Amérique méridionale, quatorze; l'Amérique septentrionale, vingt-six; la Nouvelle-Hollande, douze; la Barbarie et les îles Canaries, quatorze; l'Asie, huit; le cap de Bonne-Espérance, sept; les hautes Alpes et la Laponie, dix; enfin quatorze sont communes à l'Eu-

6*

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rope et à l'Amérique septentrionale.

Aucune des espèces de ce genre n'est cultivée dans les jardins. On fait avec les feuilles de plusieurs espèces et particulièrement du Juncus glaucus, des liens fort employés dans le jardinage. (A. R.)

L'on a étendu le nom de JONC à des Plantes qui n'appartiennent pas à ce genre; ainsi l'on a vulgairement appelé:

JONC CARRÉ, un Souchet dont la tige présente quatre angles.

JONC DES CHAISIERS, le Scirpus lacustris.

JONC A COTON OU DE SOIE, les Linaigrettes ou Eriophores.

JONC COTONNEUX. V. Tomex.

JONC D'EAU, les Scirpes, Schœnus, etc.

JONC ÉPINEUX ou MARIN, l'Ulex europœus.

JONC D'ESPAGNE, le Spartium junceum.

JONC D'ÉTANG, le Scirpus lacustris, L.

JONC FAUX, les Triglochins.

JONC FLEURI, le Butomus umbellatus, L.

JONC DES INDES, les cannes faites avec le Rotang.

Jonc MARIN. V. Jonc ÉPINEUX.

JONC A MOUCHES, le Senecio Jacobœus, L

JONC DU NIL, le Cyperus Papyrus, L.

JONC ODORANT, l'Andropogon Schœnanthe et l'Acorus verus.

JONC DE LA PASSION, la Massette (Typha.) (B.)

JONC DE PIERRE. Juncus Lapideus. POLYP. Mercati donne ce nom à une Caryophyllie fossile, tandis que d'autres oryctographes l'appliquent à des Tubipores pétrifiés. (LAM..X.)

* JONCAGINÉES. Juncagineœ. BOT. PHAN.Famille naturelle de Plantes monocotylédones à étamiues hypogynes, proposée par le professeur Richard(Mém. Mus., I, p. 365)pour quel ques genres autre fois placés dans la famille polymorphe des Joncs de Jussieu. Les Joncaginées, qui se composent des genres Triglochin, Scheuchzeria et Lilœa, peuvent être caractérisées de la manière suivante: les fleurs sont hermaphrodites ou unisexuées, munies d'un calice ou nues. Dans les fleurs hermaphrodites on trouve ordinairement six étamines à filamens très-courts, à anthères cordiformes et biloculaires. Le centre de la fleur offre de trois à six pistils réunis entre eux et plus ou moins soudés par leur côté interne. Leur ovaire est libre, à une seule loge contenant un ou deux ovules dressés; le stigmate est ordinairement sessile. Dans les fleurs unisexuées, les mâles se composent d'une seule étamine accompagnée d'une écaille, et les fleurs femelles d'un pistil nu. Le fruit est un akène ou une capsule renflée et déhiscente, qui contient une ou deux graines dressées. Ces graines se composent d'un tégument propre et d'un embryon dressé, ayant la même direction que la graine, c'est-à-dire dont la radicule correspond au hile.

Cette petite famille ne se compose, ainsi que nous l'avons dit, que des seuls genres Triglochin et Scheuchzeria de Linné, Lilœa de Bonpland. Leurs espèces sont de petites Plantes aquatiques, vivant sur le bord des étangs et dans les endroits marécageux. On pourrait considérer l'organisation des deux genres Triglochin et Scheuchzeria sous un autre point de vue, et regarder leurs fleurs comme étant également unisexuées et monoïques. En effet, dans les espèces de Triglochin, les six étamines pourraient être regardées chacune comme autant de fleurs mâles monandres, et les six pistils comme autant de fleurs femelles. Cette opinion nous paraît d'autant plus vraisemblable, que ces six étamines ne sont pas placées sur le même plan et qu'il y en a trois plus intérieures et trois plus extérieures. V. les mots TRIGLOCHIN et SCHEUCHZERIA où cette opinion sera développée.

Les Joncaginées viennent naturellement se placer entre les Nayades et les Alismacées. Elles se distinguent

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des premières par leurs graines dressées et leur emoryon ayant la même direction que la graine, tandis que dans les Nayades la graine est renversée et l'embryon a une direction opposée à celle de la graine; dans fes Alismacées, les graines sont suturales et l'embryon est recourbé en fer à cheval. (A. R.)

JONCÉES. Junceœ. BOT. PHAN. Cette famille, telle qu'elle a été limitée par De Candolle et plus récemment par R. Brown (Prodr. Fl. Nov. Holl., I, p. 257), appartient au groupe des Plantes monocotylédones à étamines périgynes, et peut être ainsi caractérisée: fleurs hermaphrodites, rarement unisexuées et monoïques. Calice profondément divisé en six lanières glumacées, disposées sur deux rangées. Etamines au nombre de six, attachées à la base des divisions du calice, quel que fois, mais plus rarement, au nombre de trois seulement qui répondent aux trois divisions du calice. Ces étamines ont leurs filets subulés et leurs anthères à deux loges. L'ovaire est libre au fond de la fleur. Il est tantôt à une, tantôt à trois loges contenant chacune une ou plusieurs graines. Il se termine à son sommet par un style simple que surmontent trois stigmates filiformes ou un stigmate unique et trilobé. Le fruit est sec, capsulaire, à une ou trois loges, s'ouvrant en trois valves septifères sur le milieu de leur face interne. Quel que fois il est indéhiscent et monosperme pnr avortement. Les graines sont revêtues d'un tégument propre, membraneux, qui, selon R. Brown, n'est jamais crustacé, ni de couleur noire. Elles contiennent un endosperme charnu ou cartilagineux dans lequel est renfermé un embryon presque cylindrique.

Les Joncées sont des Plantes annuelles ou vivaces, nues ou feuillées, ayant en général les feuilles engaînantes, planes ou cylindriques. Les fleurs sont généralement petites, disposées en grappes, en panicules ou en cimes.

Les genres qui appartiennent à cette famille sont: Juncus, D. C.; Luzula, D. C.; Abama, Adanson. R. Brown y a joint les suivans: Xeroles, Dasypogon et Calectasia qui sont nouveaux. Il a ajouté à la fin de cette famille comme ayant de l'affinité avec elle, les genres Flagellaria, L.; Philydrum, Banks, et Burmannia, L. Un jeune botaniste très-distingué de Lausanne, De Laharpe, que nous avons cité en parlant du genre Jonc, a lu à la Société d'Histoire Naturelle de Paris un Mémoire fort intéressant contenant une monographie détaillée des genres Juscus, Luzula et Abama qui, selon lui, sont les seuls qui entrent dans la famille des Joncées. Ce travail doit être imprimé dans le troisième volume des Mémoires de la Société d'Histoire Naturelle. (A. R.)

* JONCIER. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires du Spartium junceum, L. (B.)

JONCINELLE. BOT. PHAN. Des botanistes ont proposé ce nom pour désigner le genre Eriocaulon.V. ce mot. (B.)

JONCIOLE. BOT. PHAN. Le genre Aphyllanthe a reçu ce nom dans le Dictionnaire de Déterville V. APHYLLANTHE. (B.)

JONCOIDES. BOT. PHAN. Syn. de Joncées. On a aussi proposé ce nom pour désigner le genre Luzule. V. ce mot.

(B.)

JONCQUETIA. BOT. PHAN. Schreber appelle ainsi le genre Tapira d'Aublet.V. TAPIRA. (A. R.)

JONCS. Junci. BOT. PHAN. Famille qui, telle qu'elle avait été établie par Jussieu dans son Généra Plantarum, a été divisée, par suite des travaux de plusieurs botanistes modernes, en plusieurs autres très-distinctes. Ainsi, dans la première section renfermant les genres à ovaire unique, à capsule triloculaire et à calice glumacé, on trouve les genres Eriocaulon, Restio et Xyris qui for-

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ment la famille des Restiacées de R. Brown; dans la second section, dont le calice est semi-pétaloïde, sont les genres Callisia, Commelina, Tradescantia formant avec quel ques autres les Commélinées de R. Brown; dans la troisième section, le genre Butomus forme le type des Butomées du professeur Richard, les genres Damasonium, Alisma et Sagittaria les vraies Alismacées. Parmi les genres de la quatrième section, le Cabomba est devenu le type des Cabombées du professeur Richard, 1e Scheuchzeria et le Triglochin appartiennent aux Joncaginées, et enfin les genres Narthecium, Helonias, Melanthium, Veratrum et Colchicum constituent la famille des Colchicacées de De Candolle. Il résulte de là que les genres qui formaient la famille des Joncs, de Jussieu, constituent aujourd'hui huit familles naturelles distinctes, savoir: les Restiacées, les Comméinées, les Butomées, les Alismacées, les Cabombées, les Joncaginées, les Colchicacées et les Joncées proprement dites. V. chacun de ces mots. (A.R.)

JONDRABA. BOT. PHAN. (De Candolle.) V. BISCUTELLE.

JONÈSE. BOT. PHAN. Pour Ionésie. V. ce mot. (G..N.)

JONGERMANNE. BOT. CRYPT. Pour Jungermanne. V. ce mot. (B.)

JONGIE. BOT. PHAN. Pour Jungie. V. ce mot. (B.)

JONOPSIS. BOT. PHAN. Pour Ionopsis. V. ce mot. (B.)

JONQUILLE. BOT. Espèce du genre Narcisse. V. ce mot. Paulet appelle JONQUILLE DE CHÊNE un Champignon de la famille de ses Oreilles, qui est simplement un Agaric des botanistes. (B.)

JONSONIA. BOT. PHAN. (Adanson.) Syn. de Cédrèle. V. ce mot. (B.)

JONTHLASPI. BOT. PHAN. Les anciens botanistes et même Tournefort donnaient ce nom à une petite Crucifère qui est devenue le type du genre Clypeola de Linné. De Candolle l'a employé pour désigner la première section qu'il a établie dans ce genre. V. CLYPÉOLE. (G..N.)

JOPPE. Joppa. INS. Genre de l'ordre des Hyménoptères, famille des Pupivores, tribu des Ichneumonides, établi par Fabricius et adopté par Latreille (Fam. Natur. du Règne Anim.). Ses caractères sont: bouche point avancée en manière de bec; palpes maxillaires de cinq articles trèsinégaux et dont le troisième est en forme de hache; palpes labiaux de quatre articles; extrémité des mandibules distinctement bidentée; antennes sétacées, composées d'un grand nombre d'articles; tarière cachée. Les Joppes sont des espèces du grand genre Ichueumon de Linné qui ont les mêmes habitudes qu'eux; ils ont le chaperon court, corné, arrondi, entier; leur mâchoires sont unidentées et la lèvre membraneuse comprimée et plus épaisse au bout. L'abdomen est pétiolé, ovoïde, voûté en dessus; leur corps est orné de couleurs jaunes sur un fond noir. La plupart des espèces viennent de l'Amérique méridionale. V. ICHNEÜMON et ICHNEUMONIDES (G.)

JORENA. BOT. PHAN. Ce nom a été donné par Adanson à un genre formé sur l'Alsinoides de Lippi, et placé près du Suriana dont il diffère par ses feuilles opposées et ses graines ovoïdes assez grosses. (G..N.)

JOSEPHIA. BOT. PHAN. Knight et Salisbury, dans leur Mémoire sur les Protéacées, ont ainsi désigné un genre que R. Brown, qui d'abord avait adopté ce nom, a changé depuis en celui de Dryandra. V. ce mot. On s'est récrié contre ce changement de nom, sans réfléchir qu'il y avait abus de dédier deux genres, très-voisins à un seul individu (Joseph Banks), quel que grands qu'aient été les services qu'il a rendus à la science. Les noms de Josephia et de Banksia rappelant le même personnage et étant placés dans la même famille naturelle, semblaient trop

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un concert de dédicaces, et, ce qui pis est, pouvaient introduite de la confusion. (G..N.)

JOSÉPHINIE. Josephinia. BOT. PHAN. Genre établi par Ventenat (Jard. de Malm., et Mém. Inst. Sc. Phys., 1806, p. 71)et adopté par R. Brown qui l'a placé dans sa famille des Pédalinées. Les caractères de ce genre sont: calice à cinq divisions dressées et égales; corolle monopètale ayant un tube court et un limbe évasé et campanulé, à cinq lobes inégaux, disposés en deux lèvres, l'une supérieure, redressée et bifide, l'autre inférieure, à trois lobes, celui du milieu étant plus long que les autres; étamines, au nombre de quatre, didynames et plus courtes que la corolle; il y a le rudiment d'une cinquième étamine avortée. L'ovaire est libre, appliqué sur un disque hypogyne, formant un bourrelet circulaire. Cet ovaire est surmonté d'un style que termine un stigmate quadrifide. Le fruit est une drupe hérissée de pointes, à quatre ou buit loges monospermes. Les graines sont attachées à la base des loges. Elles contiennent un embryon dressé, dépourvu d'endosperme.

Ce genre ne se compose encore que de deux espèces. Ce sont des Plantes élégantes, vivaces, rameuses, à feuilles très-entières et à fleurs purpurines. L'une et l'autre sont originaires de la Nouvelle-Hollande. La première qui ait été connue et décrite, est la Josephinia Imperatricis, Vent., Malm., tab. 103. Sa tige, cylindrique dans sa partie inférieure et tetragone supérieurement, s'élève à environ deux pieds. Elle est rameuse et couverte de feuilles opposées, pétiolées, ovales, cordiformes et rabattues. Les fleurs, d'un gris rose, tachées de points pourpres, naissent dans l'aisselle des feuiles supérieures et forment un épi allongé au sommet de la tige. Cette espèce a fleuri pour la première fois dans le jardin de Malmaison, où l'impératrice Joséphine accordait de si puissans encouragemens à la botanique. Elle provenait de graines rapportées par le capitaine Hamelin, commandant de la corvette le Naturaliste, dans l'expédition dont Péron et Freycinet nous ont fait connaître les résultats.

La seconde espèce, caractérisée par R. Brown (Prodr. Flor. Nov.-Holl. I, p. 520), porte le nom de Josephinia grandiflora. (A. R.)

* JOSIUM. BOT. PHAN. (Belon.) Syn. de Jasmin jaune. (B.)

JOTA. OIS. Le Vautour décrit sous ce nom par Molina paraît être le même que l'Aura. V. CATHARTE. (B.)

* JOUAITOBOU. BOT. PHAN. (Surian.) Syn. caraïbe de Pharnaceum spathulatum. (B.)

JOUALETTE. BOT. PHAN. L'nanthe pimpinelloides dans certaines parties de la France centrale. (B.)

JOUBARBE. Sempervivum. BOT. PHAN. Genre de la famille des Crassulacées et de la Dodécandrie Dodécagynie, L., offrant un calice monosépale, persistant, divisé en six, huit ou douze lanières; une corolle de six à dix-huit pétales lancéolés, quel que fois légèrement réunis entre eux par leur base; des étamines en nombre double de celui des pétales, à insertion périgynique; des pistils au nombre de six à dix-huit, disposés circulairement au centre de la fleur. En dehors de l'ovaire, on trouve quel que fois des appendices de forme variée qui sont des étamines avortées. Chaque ovaire est allongé, à une seule loge contenant plusieurs ovules attachés à un trophosperme longitudinal. Le style est simple, terminé par un stigmate capitulé. Le fruit est une capsule allongée, s'ouvrant par une suture longitudinale, et renfermant plusieurs graines insérées à un trophosperme sutural.

Les espèces de ce genre, au nombre d'environ une trentaine, ont des feuilles épaisses et charnues quel que fois disposées en rosettes à la base de la tige, d'autres fois placées sur les ramifications de la tige. Les tiges

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sont simples ou rameuses. La plupart des espèces croissent aux Canaries, en Europe, ou au cap de Bonne-Espérance. Nous mentionnerons ici quel ques-unes des espèces de ce genre.

La plus commune est la Joubarbe des toits, Sempervivum tectorum, L., qui croît en abondance sur les vieux murs et le chaume des masures. Ses feuilles sont épaisses, charnues, imbriquées, ovales, pointues et ciliées, disposées en rosettes. Du centre de ces rosettes, dont un grand nombre restent stériles, s'élève une tige d'environ un pied de hauteur, cylindrique, épaisse, charnue, écailleuse, rougeâtre, terminée par un épi de fleurs rougeâtres et assez grandes, pédonculées et tournées du même côté.

On en cultive dans les jardins un assez grand nombre d'espèces, telles que Semperviuum arboreum, canariense, aizoides, glandulosum, etc.; elles sont d'orangerie.

On a aussi appelé vulgairement PETITE JOUBARBE le Sedum album; JOUBARBE DES VIGNES, leSedum Telephium; JOUBARBE PYRAMIDALE, un Saxifrage; JOUBARBE AUX VERS, le Sedum acre, etc. (A. R.)

* JOUBARBES. BOT. PHAN. V. CRASSULACÉES.

JOUDARDE. OIS. V. JODELLE.

* JOUEUR DE LYRE REPT. OPH. Séba mentionne sous ce nom un Serpent américain dont les sifflemens mélodieux auraient la propriété d'enchanter les Oiseaux même qui chantent le mieux. (B.)

* JOUGAU. OIS. Espèce du genre Chouette. V. ce mot. (B.)

JOUGRIS. OIS. Même chose que Sougris. V. GRÈBE. (B.)

JOURDIN. POIS. Espèce du genre Lutjan. (B.)

JOURET. MOLL. Nous ne sommes pas de l'opinion de Gmelin, qui a. rapporté à la Venus maculata (Cytherea maculata, Lamk.) le Jouret d'Adauson (Coquil. du Sénég., pl. 17) qui nous semble une espèce bien distincte que les auteurs n'ont point encore mentionnée d'une manière satisfaisante. (D..H.)

JOUTAI. BOT. PHAN. (Dict. de Déterville.) V. OUTEA. (B.)

JOUZION. POIS. L'un des noms vulgaires du Squalus Zygœna. (B.)

JOVELLANA. BOT. PHAN. Genre de la Diandrie Monogynie, L., établi par Ruiz et Pavon (Fl. Peruv. 1, p. 13, t. 18, f. 1 et 6), et qui a été réuni par Smith et Lamarck au Calceolaria. Persoon (Enchirid. 1, p. 15)en a fait une section du genre Bœa de Jussieu, en lui conservant le caractère essentiel, ainsi tracé par les auteurs de la Flore du Pérou: capsule ovée-conique, à deux sillons, biloculaire, s'ouvrant au sommet en deux valves bifides. (G..N.)

JOYEL. MOLL. V. CHOEL.

JOZO. POIS. Espèce du genre Gobie. V. ce mot. (B.)

JUANULLOA. BOT. PHAN. Les auteurs de la Flore du Pérou ont donné ce nom à un genre qu'ils ont dédié à la mémoire de don George Juan et de don Antoine Ulloa, auteurs d'un voyage au Pérou renfermant des observations d'Histoire Naturelle. Persoon (Synops. 1, p. 218)a changé ce nom complexe en celui de Ulloa. Ce changement a été justifié par De Candolle (Théorie Elém. de la Botanique, deuxième édition, p. 265), en rappelant aux botanistes qu'ils ne doivent pas établir des noms génériques composés de ceux de deux personnes. V. ULLOA. (G..N.)

JUB. Juba. POIS. Espèce du genre Pristipome. V. ce mot. (B.)

JUBÆE. Jubœa. BOT. PHAN. Genre de la famille des Palmiers, établi par Kunth (In Humb. Nov. Gen. 1, p. 308, tab. 96) qui le caractérise ainsi: fleurs hermaphrodites; calice double, l'un et l'autre tripartis, l'extérieur beaucoup plus court que, l'intérieur; jétamines en très-grand nombre,

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ayant les filets libres, les anthères sagittées; ovaire à trois loges, surmonté de trois stigmates; drupe sèche, ovoïd; noix percée de trois trous à son sommet; endosperme creux.

Ce genre se compose d'une seule espèce, Jubœa spectabilis, Kunth, loc. cit. Ce beau Palmier est originaire du Chili. On le cultive dans les jardins, jusqu'aux environs de Popayan où on le nomme Coquito de Chile. Son stipe est nu, sans épines, couronné par des frondes pinnées. Ses régimes de fleurs sont rameux, renfermés d'abord dans une spathe monophylle. Cet Arbre paraît avoir beaucoup de rapports avec le Cocos Chilensis de Molina. (A. R.)

JUBARTE. MAM. Espèce du genre Baleine. V. ce mot. (B.)

JUCA ET JUCCA. BOT. PHAN. Cette orthographe vicieuse de Yucca (F. ce mot) a été regardée, on ne sait comment, comme celle du nom qu'on donnait au Jatropha Manihot dans certains cantons de l'Amérique méridionale. (B.)

* JUCHIA. BOT. PHAN. Necker (Elem. Bot. 1, p. 133) a établi, sous ce nom, un genre aux dépens des Lobélies de Linné, et qu'il caractérisait par sa corolle régulière, ses anthères connées, son stigmate bilabié et sa capsule biloculaire. Ce genre est remarquable, par la régularité de la corolle (caractère que présente aussi le genre Cyphia également formé aux dépens du Lobelia); cependant le Juchia de Necker était trop incomplètement connu pour pouvoir être adopté. V. LOBÉLIE. (G..N.)

* JUDAIQUES OU PIERRES JUDAIQUES. ÉCHIN. On a donné ce nom à des pointes d'Oursins fossiles, ainsi qu'à des articulations d'Encrine. (LAM..X.)

JUDELLE. OIS. Même chose que Jadelle et Jodelle. V. ces mots. (B.)

* JUGÉOLINE. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires du Sésame dans les colonies françaises. Ce mot paraît, ainsi que le Gigeri de Saint-Domingue, une corruption de GANGILA qui désigne la même Plante au Congo. (B.)

JUGLANDÉES. Juglandeœ. BOT. PHAN. Le genre Noyer, Juglans, d'abord placé dans la famille des Térébinthacées, en diffère tellement par un grand nombre de caractères importons, qu'il en a été retiré et est devenu le type d'un ordre naturel nouveau qui porte le nom de Juglandées. Les Juglandées ont des fleurs monoïques. Les mâles sont disposées en chatons simples ou composés. Chaque fleur offre une écaille calyciforme, partagée latéralement en deux ou six lobes plus ou moins profonds; des étamines en nombre indéterminé, ayant les filets extrêmement courts et les anthères à deux loges. Ces chatons mâles naissent constamment vers la partie supérieure des rameaux de l'année précédente. Il n'en est pas de même des fleurs femelles qui, au contraire, se développent à l'extrémité des rameaux de l'année. Chaque fleur femelle se compose d'un calice double, adhérent avec l'ovaire infère; rarement le calice est simple, à quatre divisions. L'ovaire est infère, uniloculaire, contenant un seul ovule dressé. Il est surmonté par deux stigmates très-épais, ou par un style court et un stigmate quadrilobé. Le fruit est une drupe peu charnue, globuleuse ou allongée, quel que fois munie de deux ailes latérales, contenant une noix à deux ou quatre valves. La graine est bossellée et comme cérébriforme à l'extérieur, plus ou moins quadrilobée à sa partie inférieure, recouverte d'un tégument propre, membraneux, sous lequel on trouve un gros embryon ayant les cotylédons charnus et bilobés, la radicule supérieure.

Le genre Noyer, qui formait à lui seul cette famille, a été, depuis, divisé en trois genres, savoir: Noyer proprement dit qui a pour type le Juglans regia, Carya de Nuttal, dans, lequel on place les J. olivœformis, alba, sulcata, aquatica, etc., et Pte-

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rocarya de Kunth, ou Juglans Pierocarya de Michaux.

A ces trois genres, Kunth ajoute le genre Decostea de Ruiz et Pavon, qu'il rapproche avec doute de la famille des Juglandées. V. NOYER. (A. R.)

JUGLANS. BOT. PHAN. V. NOYER.

JUGOLINE. BOT. PHAN. Pour Jugéoline. V. ce mot. (B.)

JUGULAIRES. POIS. Second ordre de la classe des Poissons dans le Systema naturœ de Linné, qui répond exactement aux Auchénoptères de Duméril. V. ce mot. Il était caractérisé par la position des nageoires abdominales situées sous la gorge, en ayant des pectorales. (B.)

JUIF. OIS. Nom vulgaire du Bruant de roseaux et de l'Hirondelle Martinet. (B.)

JUIF. POIS. L'un des noms vulgaires du Squalus Zigœna. On le donnait anciennement à l'Ichthyocolle, espèce du genre Esturgeon. (B.)

JUJUBE. Jujuba. BOT. PHAN. Fruit du Jujubier. V. ce mot. (B.)

JUJUBIER. Zizyphus. BOT. PHAN. Ce genre, de la famille des Rhamnées, et de la Pentandrie Digynie, L., établi par Tournefort, avait été réuni par Linné au genre Rhamnus. Mais Jussieu, Lamarck et presque tous les auteurs modernes l'ont distingué de nouveau comme genre particulier. Voici ses caractères: calice étalé, à cinq divisions; corolle formée de cinq pétales très-petits, dressés; cinq étamines à filets courts, placées en face des pétales, et insérées ainsi que ces derniers autour d'un disque périgyne qui tapisse le fond du calice et environne l'ovaire; celui-ci est à deux loges, surmonté de deux stigmates. Le fruit est une drupe charnue contenant un noyau à deux loges. Les Jujubiers sont des Arbrisseaux on de petits Arbres épineux, ayant des feuilles alternes, accompagnées à leur base de deux stipules subulées, persistantes, se changeant en épines. Leurs fleurs sont hermaphrodites et très-petites. Parmi ces espèces, nous distinguerons les suivantes:

JUJUBIER COMMUN, Zizyphus vulgaris Lamk., Ill. tab. 185, fig. 1. Arbrisseau de quinze à vingt pids d'élévation, offrant sur ses branches de petits rameaux filiformes verts, qu'il renouvelle tous les ans, et sur lesquels se développent les feuilles et les fleurs. Ces feuilles sont alternes, presque sessiles, ovales, obtuses, acuminées; celles de la base sont arrondies; toutes obscurément dentées, glabres, luisantes, marquées de trois nervures longitudinales. On trouve à leur base deux stipules subulées, très-aiguës, persistantes et devenant des aiguillons. Les fleurs sont petites, jaunâtres, rassemblées par petits glomérules à l'aisselle des feuilles. Le fruit est une drupe ovoïde, rougeâtre, lisse, de la grosseur d'une Olive, contenant un noyau osseux, à deux loges monospermes. Le Jujubier est originaire d'Orient et particulièrement de la Syrie. Selon Pline, il a été introduit en Italie par Sextus Papirius. Aujourd'hui il y forme un Arbre indigène aussi bien qu'en Espagne et dans le midi de la France. Les Jujubes, ou fruits du Jujubier, lorsqu'elles sont fraîches, ont une chair ferme, mais sucrée et agréable. On les mange en cet état dans les provinces où cet Arbre est cultivé. Celles que l'on emploie en médecine ont été séchées au soleil. Unies aux Dattes, aux Figues et aux Raisins secs, elles forment les fruits pectoraux et béchiques, très-employés en tisane dans le traitement des maladies de poitrine.

JUJUBIER LOTOS, Zizyphus Lotus, Desf., Fl. Al. 1, p. 200; Act. Acad. 1788, tab. 21. Cette espèce ne forme qu'un Arbrisseau buissonneux qui ne s'élève guère à plus de quatre à. cinq pieds; ses rameaux sont irréguliers, tortueux, blanchâtres, armés d'épines binées; les feuilles sont alternes, petites, ovales, obtuses, à, peine dentées, offrant trois nervures longitudinales. Les fleurs, d'un blanc

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pâle et très-petites, sont groupées à l'aisselle des feuilles. Les fruits qui leur succèdent sont des drupes globuleuses, arrondies, d'une couleur brune, de la grosseur d'une Merise. Leur chair est pulpeuse et agréable. Cet Arbrisseau croît sur les côtes de la Barbarie et surtout de la Cyrénaïque; ses fruits sont une des espèces de Lotos que mangeaient les anciens. Déjà l'Ecluse et J. Bauhin avaient soupconné que le Lotos des anciens Lotophages était un Jujubier, mais c'est Desfontaines qui, dans un excellent mémoire consigné dans ceux de l'Académie des Sciences pour l'année 1788, a mis cette vérité dans tout son jour. V. LOTOS.

Ce genre renferme encore plusieurs autres espèces dont on mange les fruits; tels sont le Zizyphus spina Christi, qui croît en Egypte, en Barbarie et dans l'Arabie; le Zizyphus jujuba, Lamk., des Indes-Orientales, etc.

Le nom de JUJUBIER BLANC a été donné par Daléchamp au Melia Azedarach, el par l'Ecluse à l'Elœagnus anguitifolius. (A. R.)

JULAN. MOLL. Nom donné par Adanson (Coquil. du Sénég., pl. 19) á une petite espèce de Pholade indiquée par Linné sous la dénomination de Pholas striata. (D..H.)

JULE. Julus. POIS. Espèce du genre Able. V. ce mot. (B.)

* JULE. INS. Pour Iule. V. ce mot.

JULIBRISIN. BOT. PHAN. Espèce fort élégante d'Acacie qui résiste en pleine terre aux hivers dans les départemens méridionaux de la France. (B.)

* JULIE. INS. (Geoffroy.) V. ÆSHNE.

JULIENNE, POIS. L'un des noms vulgaires de la Lingue-Gade du sous genre Lotte. V. ces mots. (B.)

JULIENNE. Hesperis. BOT. PHAN. Genre de la famille des Crucifères et de la Tétradynamie siliqueuse, L. Ilfui établi par Tournefort et adopté par Linné et tous les auteurs modernes; ceux-ci l'étendirent plus ou moins et y firent entrer des Plantes qu'on en a depuis séparées pour constituer de nouveaux genres ou pour réunir à d'autres déjà établis. Ainsi l'Hesperis Alliaria de Lamarck ou Erysimum Alliaria, L., est devenu le type du genre Alliaria. R. Brown, dans le quatrième volume de la deuxième édition de l'Hortus Kewensis, a constitué les genres Matthiola et Malcornia, dont la plupart des espèces étaient placées par Linné et Lamarck parmi les Hesperis. Le genre Andrzeioskia de De Candolle (Prodrom. Syst. nat. Veget. T. 1, p. 190) a été formé sur les Hesperis glandulosa et pinnata de Persoon. Nous passerons sous silence les erreurs des autres auteurs relativement à des Plantes qui font maintenant partie des genres Heliophila, Chorispora, Arabis, etc., et qu'ils avaient réunies au genre dont il est ici question. Ces fausses transpositions sont trop nombreuses pour qu'il soit convenable d'en faire ici l'énumération. Dans le second volume de son Systema Vegetabilium le professeur De Candolle a débrouillé la synonymie de toutes les Plantes rapportées au genre Hesperis, et il a ainsi fixé les caractères de celui-ci: calice fermé dont les sépales sont connivens et dont deux sont bossus en forme de sac à la base; pétales onguiculés, ayant un limbe étalé, obtus ou échancré; étamines libres, les latérales munies à leur base de glandes vertes et à peu près en forme d'anneau; silique droite, presque tétragone ou comprimée, terminée par deux stigmates droits, sessiles et connivens; graines oblongues, pendantes et disposées sur un seul rang, pourvues de cotylédons planes et incombans. Ce genre est placé dans la tribu des Sisymbrées ou Notorhizées siliqueuses de De Candolle. Il a beaucoup de rapports avec plusieurs autres genres de Crucifères et surtout avec le Cheiranthus et l'Erysimum; mais la structure de son stigmate le différencie suffisamment. Il s'éloigne

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en outre du Cheiranthus par ses cotylédons incombans; de l'Erysimum par sa silique qui n'est pas exactement tétragone; du Sisymbrium par son calice à deux bosses; enfin des Matthiola et Malcomia qu'on a formés à ses dépens, par son stigmate sans appendices, très-épais et obtus. Les Plantes qui composent ce genre sont herbacées, annuelles, bisannuelles ou vivaces, à racines fibreuses, à tiges dressées ou étalées. Leurs feuilles sont ovales, lancéolées ou oblongues, dentées ou lyrées. La plupart des espèces sont couvertes de poils, les uns lymphatiques, simples ou rameux, les autres, surtout vers le sommet, glanduleux et sécrétant une humeur visqueuse. Les fleurs sont disposées en grappes droites, terminales et sans bractées. Elles sont tantôt blanches, tantôt purpurines, quel que fois versicolores, et elles répandent une odeur agréable.Toutes les Juliennes croissent dans l'hémisphère boréal. Les champs cultivés et les haies sont leurs stations habituelles. Sur les vingt espèces décrites jusqu'à ce jour, une habite l'Amérique septentrionale, six l'Europe et treize l'Afrique boréale, l'Orient et l'Asie temperée. De Candolle les a distribuées en deux sections qu'il a nommées Hesperis et Deilosma. La première est caractérisée par le limbe des pétales linéaire, rougeâtre et odorant, parla silique à deux côtés tranchans, à valves carenées et à cloison fongueuse. La deuxième se distingue, au contraire, par le limbe des pétales obové et par sa silique cylindracée ou à peine tétragone, à cloison membraneuse. C'est dans cette section que se trouve l'espèce suivante, remarquable par la beauté et l'odeur agréable de ses fleurs.

La JULIENNE DES DAMES, Hesperis matronalis, L., a une tige cylindrique, velue, presque simple et qui s'élève jusqu'à six décimètres. Ses feuilles sont ovales-Iancéolées, pointues et dentées. Les fleurs sont terminales, portées sur des pédicelles de la longueur du calice; il leur succède des siliques dressées, glabres et dont les boras ne sont point épaissis. Cette espèce croît naturellement dans les lieux couverts et cultivés, dans les vignes et le long des haies et des buissons de l'Europe méridionale. On la cultive dans les jardins comme fleur d'ornement sous les noms de Julienne, Cassolette, Beurée, Damas, etc. Elle y produit plusieurs variétés de couleur, ainsi que des monstruosités dont la plus curieuse est celle que l'on a nommée foliiflora, et dans laquelle les pétales, les étamines et le pistil sont convertis en feuilles d'un vert tendre. La Julienne des dames est une Plante de pleine terre qui demande peu d'arrosetnent, un sol substantiel, léger, et une exposition au midi. Les variétés à fleurs doubles se multiplient par la séparation de leurs boutures dans le mois de septembre. Elles prennent aisément racine lorsqu'elles sont dans un terrain favorable. (G..N.)

* JULIFÈRES. BOT. PHAN. (Lamarck.) Syn. d'Amentacées. V. ce mot. (B.)

JULIS. POIS. V. GIRELLE et LABRE.

JUMAR. Onotaurus. MAM. Le Mulet provenant de l'accouplement du Taureau et de la Jument ou du Cheval avec la Vache, désigné sous ce nom par les anciens, n'a jamais existé. (B.)

JUMEAUX. BOT. CRYPT. Nom bizarre de l'une des familles plus bizarres encore, s'il est possible, où le docteur Paulet place des Champignons qu'il nomme NOMBRIL-BLANC, CHAPEAU-CANNELLE, etc. Ce sont tout simplement des Agarics. (B.)

JUMENT. MAM. La femelle du Cheval. V. ce mot. (B.)

JUNCAGO. BOT. PHAN. (Tournefort.) Syn. de Triglochin. V. ce mot. (B.)

JUNCARIA. BOT. PHAN. Vieux synonyme d'Ortegia hispanica. (B.)

JUNCELLUS. BOT. PHAN. Ce nom

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désigue les petites espèces du genre Scirpe chez les anciens botanistes. (B.)

JUNCUS. BOT. PHAN. V. JONC.

* JUNDZILLIA. BOT. PHAN. De Candolle (System. Veget. T. II, p. 529)mentionne un genre établi sous ce nom par Andrzeiowski, mais qui, formé sur le Cochlearia Draba, L., doit être réuni au Lepidium. Desvaux (Journ. de Bot. 3, p. 163) avait déjà proposé l'établissement du même genre qu'il nommait Cardaria. V. LEPIDIUM. (G..N.)

JUNGERMANNE. Jungermannia. BOT. CRYPT. (Hépatiques.) Ce genre, l'un des plus nombreux en espèces et des plus généralement répandus de la Cryptogamie, est en même temps l'un des plus naturels, ce qui n'a pas empêché plusieurs auteurs de chercher á le subdiviser. Il a été établi par Ruppius, adopté par Micheli et par Linné qui a réuni sous ce nom les trois genres désignés par Micheli sous les noms de Marsilea, de Jungermannia et de Muscoides, divisions qui, étant uniquement fondées sur le port, ne peuvent être adoptées que comme sections de genre. La plupart des auteurs ont adopté le genre tel que Linné l'avait circonscrit. Hedwig en a cependant séparé avec raisou le genre Andrœa qui appartient évidemment à la famille des Mousses.

Les Jungermannes sont particulièrement caractérisées par une capsule renfermée dans un calice membraneux, en sortant à sa maturité, et portée sur un pédicelle plus ou moins long et se divisant jusqu'à la moitié ou jusqu'à la base en quatre valves. Cette capsule renferme des séminules nombreuses entremêlées de filamens en spirales auxquels on a donné le nom d'elater; ces filamens naissent tantôt du fond de la capsule, tantôt de toute la paroi interne des valves, et tantôt du sommet de ces valves; il ne paraît pas qu'ils donnent insertion aux séminules, mais leur usage semble borné à faciliter, par leur élasticité, la dispersion de ces graines. La capsule varie dans ce genre par sa forme ronde ou allongée, par sa division en quatre valves jusqu'à la base ou seulement jusqu'à la moitié. C'est sur ce dernier caractère, propre seulement à un petit nombre d'espèces, et particulièrement aux Jung. serpyllifolia et minutissima de Hooker, que mademoiselle Libert a fondé le genre Lejeunia. V. Ann. Génér. des Sc. Phys. publiées à Bruxelles. Raddi, qui a publié un travail trèsétendu sur les Jungermannes de la Toscane, et qui les a subdivisées en plusieurs genres, a laissé ces espèces parmi les vraies Jungermannes, mais il a séparé de ce genre, sous le nom de Fossombronia, le Jung. pusilla, Roth, Hook., différant de la plupart des autres Jungermannes par sa capsule qui se divise en lambeaux irréguliers. Mais c'est particulièrement sur les différences que présente l'espèce de calice qui enveloppe la base du pédicelle de la capsule, qu'il a fondé ces genres. Cet organe, qui a généralement la forme d'un sac membraneux, ouvert à son sommet, varie en effet beaucoup dans ce genre comme Hooker l'avait déjà indiqué dans son superbe ouvrage sur les Jungermannes de l'Angleterre. Raddi a fondé sur ces variations les genres suivans: Bellisocinia, calice comprimé, lisse, presque bilabié, à bord lacinié. Il a pour type le J. lœvigata; Roth. —Antoiria, calice comprimé, bilabié, à lèvres entières, arrondies. Raddi rapporte à ce genre le Jung. platyphylla, mais il est douteux que l'espèce à laquelle il donne ce nom soit bien la même que celle que Linné et les botanistes du nord de l'Europe ont nommée ainsi. — Frullania, calice tubereuleux extérieurement, presque trigone, divisé à sou sommet en trois lanières: ce genre renferme les Jung. Tamarisci et dilatata.Candollea, calice tronqué au sommet, plus ou moins comprimé. Raddi rapporte à ce genre les Jung. asplenoides, L.; compacta, Roth; nemorosa, L.; complanata

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L. —Les Jungermannia proprement dites sont caractérisées par leur calice membraneux, tubuleux, plus ou moins plissé vers son orifice. Ce genre renferme encore le plus grand nombre des espèces; telles sont: les Jung. polyanthos, scalaris, bidentata, reptans, etc.—Calypogeia, calice cylindrique, épais, adhérent à la tige par le bord de son orifice. Ce genre, l'un des plus remarquables par la singulière insertion de son calice, renferme le Jung. trichomanes et deux espèces nouvelles décrites par Raddi.—Metzgeria, calice membraneux, turbiné, naissant de la partie inférieure de la fronde. C'est à ce genre qu'appartient le Jung, furcata, L., et le Jung. tomentosa, Hoffm.—Rœmeria, calice cylindrique tronqué, charnu, dressé, adhérent par sa base à la face inférieure de la fronde. Les Jung. multifida, palmata et pinguis se tapportent à ce genre. —Pellia, calice cylindrique, tronqué, naissant de la face supérieure de la fronde. Raddi ne place dans ce genre que le Jung. epiphylla.

Ces genres sont fondés la plupart sur des caractères extrêmement minutieux, et sur les variations d'un organe qui paraît avoir peu d'importance; ils n'ont jusqu'à présent été adoptés par aucun botaniste, et en effet, le genre Jungermanne paraît si naturel et si bien limité qu'on ne peut le diviser qu'en sections fondées sur le port et la disposition des femelles comme la plupart des naturalistes l'ont déjà fait.

Une première grande division renferme les espèces dont la fronde est simple, plus ou moins lobée, presque toujours palmée, étendue sur le sol, et ne présente pas de folioles distinctes. Telles sont les Jung. epiphylla, pinguis, furcata, etc.

Toutes les autres espèces ont une tige simple ou rameuse, rampante ou redressée, couverte de petites feuilles distiques de forme très-variable. Cette division, de beaucoup plus nombreuse en espèces que la précédente, se divise en deux groupes, suivant que les feuilles sont nues à leur base ou qu'elles sont accompagnées de stipules caulinaires qui forment en général à la face inférieure des tiges un double rang de petites folioles. C'est à ces organes que quel ques botanistes étranges, ne voulant jamais adopter dans la Cryptogamie les mêmes termes que pour les Plantes phanérogames, et mulipliant ainsi inutilement le vocabulaire de la science, ont donné le nom d'Amphigastres.

Le nombre des espèces connues de ce genre s'élève à environ trois cents dont près de quatre-vings croissent en Europe. L'Amérique septentrionale enpoduit un nombre assez considérable; L. De Schweinitz en énumère cinquante-huit dont plusieurs, il est vai, sont communes aux-deux continens. Les régions équatoriales en nourrissent aussi un grand nombre, et cette famille ne paraît même pas diminuer en allant du pôle vers l'équateur, comme on l'a prétendu, à tort, relativement aux Cryptogames, car la Laponie n'en produit que trente espèces d'après Wahlenberg, et l'île de Java, dont les espèces sont cependant moins complètement connues, en renferme, d'après Nées d'Esenbeck, près de soixante. Il en est de même du Brésil, du cap de Bonne-Espérance, de l'Inde, etc., qui en produisent beaucoup, ainsi que Mascreigne dont Bory de Saint-Vincent a rapporté plus de trente espèces. Quolque les espèces de tous ces pays ne soient pas encore bien connues, on doit remarquer le nombre considérable que Menzies a rapportées de la Nouvelle-Zélande et que Hooker a figurées dans ses Musci exotici, car ce nombre paraît confirmer l'observation qu'on a déjà faite de la grande prédominance des Cryptogames dans cette île et non vers les pôles. (AD. B.)

* JUNGERMANNIÉES. BOT. CRYPT. On a quel que fois employé ce nom comme synonyme d'Hépatiques. V. ce mot. (B.)

JUNGHANSIA. BOT. PHAN. Le

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genre établi sous ce nom par Gmelin (Syst. Veget., p. 259) est le même que le Curtisia d'Aiton, fondé sur une espèce de Sideroxylon de Burmann. V. CURTISIE. (G..N.)

JUNGHAUSIA. BOT. PHAN. Pour Junghansia. V. ce mot. (G..N.)

JUNGIE. Jungia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées et de la Syngénésie séparée, L., établi par Linné fils (Suppl. Plant., p. 390) qui le dédia à la mémoire de Jungius, auteur d'ouvrages estimés et renfermant, selou Du Petit-Thouars, les premiers fondemens des méthodes de classification des Plantes. Adoptant ce genre, Cassini l'a placé dans la tribu des Nassauviées, près du genre Dumerilia dont il diffère à peine, et lui a donné les caractères suivans: involucre cylindracé, formé de folioles à peu près sur un seul rang, égales, oblongues et obtuses; réceptacle planiuscule garni de paillettes analogues aux folioles de l'involucre; calathile sans rayons, composée de plusieurs fleurons bilabiés et hermaphrodites; ovaires oblongs, grêles, auguleux, surmontés d'une aigrette longue et plumeuse. Les calathides sont réunies par trois et quatre en capitules, entourés chacun d'un involucre général formé de bractées analogues aux folioles des involucres partiels. Le Jungia ferruginea est l'unique espèce du genre. C'est une Plante del'Amérique méridionale, dont les tiges sont ligneases, couvertes d'un duvet couleur de rouille. Les feuilles sont alternes, pétiolées, arrondies, échancrées en cœur à la base et divisées en cinq lobes obtus; les capitules de fleurs sont petits et disposés en une panicule terminale très-ramifiée. Cette espèce n'a été observée depuis Linné fils par aucun botaniste. Cependant Gaertner, qui n'a fait que transcrire la description du genre, a changé arbitrairement son nom en celui de Trinacte. Quant au Jungia de Gaertner, V. ESCÁLLONIE. (G..N.)

JUNIA. BOT. PHAN.(Adanson.) Syn. de Clethra, L. V. ce mot. (G..N.)

JUNIPERUS. BOT. PHAN. V. GENIÈVRE OU GENEVRIER.

* JUNON. INS. Espèce de Staphylin de Geoffroy, qui est un Stène de Fabricius. (B.)

* JUNSA. BOT. PHAN. La Plante désignée sous ce nom par Linscot paraît être l'Arachide. (B.)

JUPUBA. Cassicus Hœmorrhous. OIS. (Vieillot.) Nom de pays d'une espèce de la division des Cassiques dans le genre Troupiale. V. ce mol. (B.)

* JURINÉE. Jurinea. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, Cinarocéphales de Jussieu, et de la Syngénésie égale, L., proposé par Cassini dans le Dict. des Scienc. Nat., et placé par ce botaniste dans la tribu des Carduinées. Voici les caractères qu'il lui altribue: involucre formé de folioles imbriqnées, appliqaées, oblongucs, coriaces, les intérieures sans appendices, les extérieures surmontées d'un appendice étalé et spinesceut; réceptacle planiuscule, hérissé de paillettes inégales et subulées; calathide sans rayons, formée de fleurons à corolle oblique, nombreux, égaux et hermaphrodites; akènes obovoïdes, tétragones, glabres, striés, présentant une alvéole basilaie, très-oblique et intérieure, une aréole apicilaire entourée d'un rebord crénelé, el portant une cupule qui s'accroît beaucoup par la floraison, devient un corps épais, tubuleux, hémisphérique ou cylindracé, et se détache après la maturité du fruit; aigrette blanche et légèrement plumeuse, attachée autour du bord externe et inférieur de la cupule. Celle cupule forme le caractère essentiel du genre Jurinea qui diffère seulement en cela et par la structure de l'involucre, du Carduus et du Serratula. H. Cassini en a donné une description longue et minutieuse, et l'a regardée comme formée par la réunion intime du plateau et de l'anneau, parties du fruit des Carduinées qui

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ordinairement ne s'accroissent point après la floraison, mais qui, dans le genre dont nous nous occupons, changent au contraire de forme, en sorte que l'anneau ou la partie extérieure, considérablement augmenté, se détache du fruit après la maturité et emporte avec lui le plateau ou la partie centrale qui n'a pas participé à l'accroissement.

L'auteur du genre Jurinea en a fait connaître deux espèces, savoir: 1° Jurinea alata, H. Cass., ou Serratula alata, Desf., Cat. Jard. Paris; Serratula cyanoidts, Gaertn.? 2° J. tomentosa, Cass., ou Carduus mollis, Marsch., Fl. Taur. - Cauc. ? Cette dernière Plante est originaire du Caucase, et il est douteux que ce soit le Carduus mollis de Linné. L'autre est cultivée au jardin de Paris, sans indication d'origine. H. Cassini présume que c'est le Carduus polyclonos, Willd., ou Serratula polyclonos, D. C. (G..N.)

* JURIOLA. POIS. (Delaroche.) Syn. de Trigla Lyra, L., aux îles Baléares. V. TRIGLE. (B.)

* JURURA. REPT CHÉL. V. GURURA au Supplément. Cette Tortue est peut-être la même que celle dont le nom a été écrit JURUCUA. (B.)

JUSÈLE. POIS. L'un des noms vulgaires de la Mendole. (B.)

JUSQUIAME. Hyosciamus. BOT. PHAN. Genre de la famille des Solanées, et de la Pentandrie Monogynie, L., offrant des caractères extiêmement tranchés qui le font reconnaître facilement. On peut le caractériser ainsi: calice tubuleux, subcampaniforme, à cinq lobes; corolle inlundibulifoime; limbe oblique à cinq lobes obtus, inégaux; cinq étamines déclinées vers la partie inférieure de la fleur; style terminé par un stigmate capitulé simple; le fruit est une pyxide, c'est-à-dire une capsule allongée, un peu ventrue à sa base, biloculaire, s'ouvrant horizontalement en deux valves superposées, enveloppée en entier par le calice qui est persistant; les graines sont brunes, réniformes et tuberculées.

Les Jusquiames, dont on compte une quinzaine d'espèces, sont toutes des Plantes herbacées annuelles, bisannuelles ou vivaces, ayant la tige généralement velue et visqueusc, les feuilles alternes, d'un vert pâle; les fleurs assez grandes, disposées en une sorte d'épi unilatéral au sommet de la tige. Toutes ces espèces sont des Plantes narcotiques et vénéneuses. La plus importante à connaître et en même temps la plus commune dans noreclimat, est la JUSQUIAME NOIRE, Hyosciamus niger, L. (Rich., Bot. méd. 1, p. 296). C'est une Plante annuelle, très-commune sur le bord des chemins et dans les lieux incultes. Sa tige, haute de dix-huit pouces à deux pieds, est cylidrique, un peu recourbée en arc, rameuse supérieurement, toute couverte de poils longs et visqueux, qui existent également sur les feuilles; celles-ci sout alternes, éparses ou quelquefois opposées sur le même piea; elles sont sessiles, grandes, ovales, aiguës, profondément sinueuses sur les bords el molles. Les fleurs presque sessiles, tournées d'un seul côté, et disposées en longs épis, sont d'un jaune sale, veinées de lignes pourpres. Le calice est à cinq dents écartées et aiguës; la corolle infundibuliforme. Le fruit s'ouvre par un opercule hémisphérique. L'aspect de la Jusquiame noire et son odeur nauséabonde suffiraient seuls pour en faire soupçonner les propriétés délétères; ses feuilles flasques, d'un vert terne, hérissées de poils visqueux; ses fleurs d'un jaune sale, parcourues de lignes rougeâtres, sont autant d'indices de ses mauvaises qualités. En effet la Jusquiame noire est un poison narcotique âcre, dont on combat les accidens par l'usage de l'émétique, et ensuite pas les boissons acidules. Malgré cette action délétère, la Jusquiame est quelquefois employée en médecine. Elle agit à peu près de la même manière que la Belladone. C'est principalement en l'administrant contre les af-

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fections da système nerveux, que l'on en a retiré quelqu'a vantage; ainsi dans le tic douloureux de la face, dans les névralgies sciatiques, la paralysie, plusieurs auteurs ont; célébré ses bons effets. C'est ordinairement sous forme d'extrait que l'on administre ce médicament à la dose d'un à deux grains. Les mêmes propriétés se retrouvent dans la Jusquiame blanche et la Jusquiame dorée, autres espèces qui croissent également dans la France méridionale. (A. R.)

JUSSIA. BOT. PHAN. (Adanson.) Syn. de Jussiœa. V. JUSSIÉE. (A. R.)

JUSSIÉE. Jussiœa. BOT. PHAN. Genre de la famille des Onagrées et de. l'Octandrie Monogynie, L., très-voisin, du genre Onagre, dont il diffère par les caractères suivans; le calioe est tubuleux inférieurement où il adhère avec l'ovaire; son limbe est à quatre ou ciuq divisions étalées et persistantes. La corolle se compose de, quatre à cinq pétales insérés au calice. Les étamines sont en nombre double des pétales et insérées comme eux sur le calice. Le style est surmonté d'un stigmate à quatre ou cinq lobes peu marqués. Le fruit est une capsule allongée, à quatre ou ciuq loges et à autant de côtes, couronnée par le limbe du calice persistant. Cette capsule s'ouvre entre chaque côte, par une fente longitudinale. Chaque loge contient un grand nombre de graines attachées à leur angle internes. Les espèees de ce genre sont des Plantes herbacées, très-rarement des sous-Arbrisseaux originaires du continent des deux Amériques ou des grandes Indes, où elles vivent en général dans les lieux marécageux; quelques unes sont rampantes ou nagent à la surface des eaux. Leurs leuilles sont alternes et le plus souvent très-entières; leurs fleurs sont pédonculées, solitaires à l'aisselle des feuilles. Le plus souvent elles sont jaunes, très-rarement blanches. Ce genre dédié par Linné à l'illustra auteur des Familles: Naturelles, a été nommé Jussia par Adanson, Jussieua par Schreber. Quant au Jussieua de Houston, c'est le genre Jatropha de Linné. Kunth (in Humb. Nov. Gen. 6. p. 96) a décrit dix espèces nouvelles de ce genre recueillies par Humboldt et Bonpland, dans les parties de l'Amérique visitées par ces deux illustres voyageurs. Il en a figuré quatre sous les noms de Jussiœa salicifolia, loc. cit., p. 99, t. 530; Jussiœa siœa maypurensis, loc. cit., p. 100, t. 531; Jussiœa pilosa, loc, cit., p. 101, t. 532; Jussiœa macrocarpa, loc. cit., p. 102, t. 533. (A. R.)

JUSSIEUA. BOT. PHAN.(Houston.) Syn. de Jatropha. V. ce mot. (A. R.)

JUSSIEVA. BOT. PHAN. (Schreber.) Pour Jussiœa. V. JUSSIÉE. (A. R.)

* JUSTICA. BOT. PHAN. (Necker, Elem. Bot., p. 330.) Pour Justicia, V. JUSTICIE. (G..N.)

JUSTICIE. Justicia. BOT. PHAN. Vulgairement CARMANTINE. Genre très-nombreux en espèces, qui fait partie de la famille naturelle des Acanthacées et de la Diandrie Monogynie, L. Il se distingue par les caractères suivans: son calice est à cinq divisions profondes, et souvent accompagné d'un calicule extérieur, La corolle est monopètale, irrégulière, tubuleuse; sou limbe est à deux lèvres, dont la supérieure est échancrée et l'inférieure à trois lobes. Les étamines sont généralement au nombre de deux, saillantes hors de la corolle et insérées a son tube. Dans nu assez grand nombre d'espèces les deux; loges sont écartées l'une de l'autre de manière à représenter qua tre étamines, soudées deux à deux par leurs filets. Les espèces où l'on observe cette disposition constituent le genre Dianthera de Linné qui ne doit être considéré que comme une simple section du genre Justicia. L'ovaife est porté, sur un disque annulaire, hypogyne, que forme un cerclé saillant à sa base, Coupétrans-

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versalement, il présente deux loges qui contiennent chacune environ huit ovules attachas sur deux rangs à leur angle interne. Le style est simple et se termine par un stigmate à deux lobes inégaux. Le fruit est une capsule globuleuse ou allongée, quelquefois un peu comprimée latéralement, à deux loges et à deux valves qui s'écartent l'une de l'autie avec élasticité, emportant sur le milieu de leur face interne la moitie de la cloison, en sorte qu'elles représentent chacune deux demi-loges. Les graines, ordinairement globuleuses, sont attachées par le moyen d'un podosperme court et en forme de crochet.

Les Justicies sont en général des Arbustes élégans ou des Plantes herbacées dont la tige est cylindrique ou anguleuse; les feuilles opposées, rarement ternées ou alternes. Les fleurs, qui offrent souvent les couleurs les plus vives, sont accompagnées chacune de deux ou trois bractées, quelquefois assez rapprochées pour former une sorte de calicule ou un épi écailleux. Ces fleurs sont assez ordinairement en épis axillaires, d'autres fois elles sont presque solitaires et portées sur des pédoncules dichotomes qui naissent de l'aisselle des feuilles supérieures. Toutes ces espèces sont exotiques et croissent dans les régions chaudes du nouveau et de l'ancien continent. Jussieu a séparé de ce genre immense un certain nombre d'espèces distinctes par la structure de leur capsule et dont il a formé le geure Dicliptera. V. DICLIPTÉRE. Nous mentionnerons quelquesunes des espèces les plus remarquables du genre Justicie, surtout parmi celles que l'on cultive le plus communément dans les jardins:

JUSTICIE EN ARBRE, Justicia Adhatoda, L. Cette espèce, qui est originaire de l'Inde, et qui porte aussi le nom de Noyer des Indes et de Ceylan, est une de celles que l'on voit le plus souvent en Europe. Elle forme un Arbuste qui peut s'élever à dix ou douze pieds. Sa tige est ligneuse; ses rameaux sont nombreux et redressés, portant des feuilles opposées, ovales, lancéolées, aiguës, pubescentes, d'un vert clair. Les fleurs sont grandes, blanches, veinées de pourpre, réunies en épis axillaires écailleux. La corolle offre deux lèvres; l'une supérieure, échancrée; l'autre inférieure, à trois lobes inégaux. Cet Arbrisseau craint peu le froid, et ne demande, pendant les hivers à Paris, que la chaleur de Porangerie. On le multiplie de boutures ou de marcottes.

JUSTICIE PECTORALE, Justicia pectoralis, L. Ses tiges sont herbacées, tétragones, d'environ un pied de hauteur, glabres et noueuses; ses feuilles opposées sont linéaires, lancéolées, entières et glabres. Les fleurs sont purpurines, et forment des épis dichotomes groupés en une sorte de panicule terminale. Leur calice, qui offre à sa base trois bractées, est à cinq divisions profondes. Leur corolle est tubuleuse et bilabiée. Cette espèce, qui est commune dans les Antilles, y est fort employée. Le suc que l'un en exprime est appliqué avec avantage sur les coupures et autres plaies récentes, dont il favorise la cicatrisation; de là, le nom vulgaire d'Herbe aux charpentiers, qui lui est donné aux Antilles. On en prépare aussi un sirop fort agréable, et que l'on emploie aux mêmes usages que le sirop de Capillaire en Europe.

JUSTICIE ÉCARLATE, Justicia coccinea, Cavanil. Originaire de la Guiane, ce joli Arbuste peut s'élever à une hauteur dé six à huit pieds. Ses feuilles opposées sont lancéolées, aignës, marquées de nervures assez saillantes. Ses fleurs, d'un rouge éclatant, constituent de longs épis, dont les fleurs se succèdent presque tout l'été. Elle demande les mêmes soins que la première espèce et se multiplie de la même manière. Elle passe l'hiver en pleine terre dans le midi de la France.

JUSTICIE PEINTE, Justicia picta, L. Indigène des Indes-Orientales, cet Arbuste élégant peut s'élever à

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sept ou huit pieds. Ses jeunes rameaux sont carrés et portent des feuilles opposées, persistantes, ovales, aiguës. Ses fleurs sont grandes, d'une belle couleur rouge, souvent marquées de taches jaunes, disposées en épi foliacé, tétragone. Cette espèce, qui se multiplie de graines, demande la serre chaude pendant l'hiver.

JUSTICIE EN ENTONNOIR, Justicia infundibuliformis, L. Salisbury, qui a figuré cette Plante dans le Paradisus Londinensis, tab. 12, lui a donné le nom de Crossandra undulœfolia. C'est un charmant Arbuste qui croît dans l'Inde, et dont les feuilles opposées sont ovales, aiguës, ondulées, d'un vert foncé. Ses fleurs, d'un jaune safrané, forment de longs épis axillaires et pédonculés. Elle se cultive en serre chaude.

JUSTICIE A FEUILLE D'HYSOPE, Justicia hyssopifolia, L. Cet Aibuste croît naturellement à Madere. Sa tige, haute de trois à quatic pieds, est en tout temps onnée de ses feuilles, qui sont presque sessiles, lancéolées, épaisses, glabres. Les fleuis sont jaunâtres, le plus souvent solitaires à l'aisselle des feuilles. (A. R.)

* JUSTINE, INS. (Geoffroy.) Syn. de Libellula vulgatissima. (B.)

* JUVIA. BOT. PHAN. C'est le nom que les habitans des bords de l'Orénoque donnent au Bertholletia excelsa de Bonpland. (G..N.)

JYNX. OIS. Syn. de Torcol. (B.)

K.

KAATE. BOT PHAN. (Linscol.) Syn. d'Acacia Catechu et non d'Aréquier. (B.)

KABAN. MOLL. Pour Kalan. V. ce mot. (B.)

KABASSOU. MAM. Nom de prys adopté par Buffon, pour désigner le Tatou à douze bandes. (B.)

* KABEL. OIS. L'un des noms de la petite Mouette rieuse. V. MAUVE. (DB..Z.)

KABELIAU. POIS. Même chose que Cabéliau et Cabillau. V. ces mots. (B.)

KABU ET KAMB. BOT. CRYPT. (Hydrophytes.) Thunberg rapporte que les Japonais qui désignent sous ces noms le Laminaria saccharina, font grand cas de cette Plante comme comestible, et la mangent crue ou cuite. (B.)

* KACALA. BOT. PHAN. Même chose que Cacaloa. V. ce mot. (B.)

KACHIN. MOLL. Nom donné par Adanson (Voyag. au Sénég., p. 187, pl. 12) à uue Coquille du genre Trochus. Linné en a fait son Trochus Pantherinus en y confondant, à tort, une autre espèce d'Adanson qui en est bien distincte. Cette espèce paraît être le Troque Turban, Trochus Tuber de Lamarck. (D..H.)

KACIR. OIS. L'un des noms de pays du Gypaète barbu. V. ce mot. (B.)

KAD. BOT. PHAN.V. CAD.

KADALI. BOT. PHAN. V. CADALI.

KADANACU. BOT. PHAN. V. CADA-NAKU.

* KADE CANNY. BOT. PHAN. (Leschenault.) Syn de Panicum milia ceum, L., aux environs de Pondichéry. V. PANIC. (B.)

* KADELARI. BOT. PHAN. V. CADELABI.

KADELÉE. BOT. PHAN. V. CADELIUM.

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* KADELI-POEA. BOT. PHAN. V. CADELI-POEA.

KADENAKO. BOT. PHAN. V. CADENACO.

* KADSURA. BOT. PHAN. Genre établi par Jussieu (Ann. Mus., 16, p. 340), et dont l'Uvaria Japonica de Thunberg, ou Kadsura de Kæmpfer, t. 477, est le type. Ce genre, adopté par Dunal (Anon., p. 57) et par De Candolle (Syst. Nat. Veg. 1, p. 465), a été placé, mais avec doute, dans la famille des Anonacées, dont il s'éloigne surtout par sa tige volubile et ses feuilles dentées en scie. Voici du reste les caractères qui ont été attribués à ce genre: son calice est à trois divisions profondes; sa corolle composée de six pétales ovales obtus; les étamines sont nombreuses et ont leurs filets très-courts. Les pistils au nombre de trente à quarante sont réunis sur un gynophore charnu, ovoïde, globuleux, prenant de l'accroissement après la fécondation. Les fruits sont charnus, agglomérés sur le gynophore, uniloculaires et contenant deux graines dont on ne connaît pas encore l'organisation, circonstance qui empêche de pouvoir déterminer bien exactement si ce genre appartient réellement à la famille des Anonacées.

Le Kadsura Japonica, Dunal, loc. cit. p. 57, seule espèce de ce genre, est un petit Arbuste étalé, rameux, dont la tige est brune et verruqueuse, les feuilles courtement pétiolées, ovales-oblongues, amincies en pointe à leurs deux extrémités, épaisses, coriaces, glabres, dentées en scie ou sinueuses sur leur bord. Les fleurs sont blanches, pédonculées, solitaires, opposées aux feuilles. Les carpelles sont charnus, rouges, placés sur un gynophore blanc et charnu. (A. R.)

* KADULA ET KADUTAS. BOT. PHAN. (Théophraste.) Syn. de Cuscute. V. ce mot. (B.)

* KÆLA. BOT. PHAN. (Adanson.) V. CÆLA-DOLO.

KÆMPFÉRIE. Kœmpferia, BOT. PHAN. Genre de la famille des Scitaminées ou Amomées, et de la Monandrie Monogynie, L., offrant pour caractères: un calice tubuleux, double, à six divisions, trois extérieures longues, linéaires et étalées, et trois intérieures dressées, disposées comme en deux lèvres, l'une supérieure composée de deux divisions, l'autre inférieure formée d'une seule division profondément bilobée. L'anthère est simple, dilatée, membraneuse et pétaloïde à son sommet qui est bifide. Le style est long et grêle, terminé par un stigmate orbiculaire, concave et cilié. Le fruit est une capsule triloculaire, trivalve et polysperme. Les espèces de ce genre au nombre de cinq à six sont originaires des Indes-Orientales. Leur racine est tubéreuse, charnue, quelquefois fasciculée. Elles sont dépourvues de tiges; les feuilles sont généralement assez larges et les fleurs sont radicales. Tantôt ces dernières naissent au milieu de l'assemblage des feuilles, tantôt elles naissent à côté. Parmi ces espèces, nous dirons quelques mots des trois suivantés:

KÆMPFÉRIE RONDE, Kœmpferia rotunda, L., Red., Lil. 1, t. 49. La racine de cette espèce est formée de tubercules charnus irréguliers, blanchâtres, tantôt arrondis, tantôt allongés, ce qui constitue deux variétés connues sous les noms de Zédoaire ronde et longue. Mais ce ne sont pas deux espèces distinctes; ainsi que l'ont voulu quelques auteurs. Les feuilles naissent immédiatement de ces tubercules et au nombre de trois à quatre; elles sont roulées les unes dans les autres, ovales-oblongues, un peu pointues, entières, d'un vert clâir à leur face supérieurè, d'une teinte violette très-intense à leur face inférieure. Les fleurs, qui sont fort grandes, sortent de la racine, à côté des feuilles; elles sont réunies au nombre de cinq à sept qui se développent successivement et ont chacune une petite spathe membraneuse. Les trois divisions externes et Jes deux divisions internes et su-

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périeures sont blanches, l'interne et l'inférieure est violette. Cette espèce fleurit assez souvent dans les serres. Sa racine est très -aromatique; on l'employait autrefois en médecine.

KÆMPFÉRIE GALANGA, Kœmpferia Galanga, L., Red., Lil. 3, t. 144. Cette espèce qui croît dans les forêts sombres de l'Inde, a sa racine composée d'une touffe épaisse de tubercules allongés, fusiformes, quelquefois renflés. De cette racine naissent deux à trois feuilles rétrécies en un pétiole engaînant; ces feuilles sont ovales, larges, ondulées sur leur bord, aiguës au sommet, glabres en dessus, un peu pubescentes à leur face inferieure. Les fleurs au nombre de trois à quatre, plus petites que dans l'espèce précédente, naissent du collet de la racine au milieu des feuilles; les fleurs sont blanches, marquées de deux taphes violettes.

KÆMPFÉRIE A FEUILLES LONGUES, Kœmpferia longifolia, Willd., Red., Lil. 7, t. 389. Cette espèce ressemble beaucoup à la précédente. Mais sa racine est formée de tubercules globuleux; ses feuilles sont plus allongées, blanches inférieurement. La division interne et inférieure des calices est d'une teinte violette foncée. Elle est aussi originaire de l'Inde. (A. R.)

* KAFAGINA. BOT. PHAN. V. CAFAGINA.

KAFMARJAM. BOT. PHAN. (Delile.) Syn. arabe de Vitex Agnus-castus. (B.)

KAGENECKIE. Kageneclia. BOT. PHAN. Ce genre, de la Diœecie Polyandrie, et non de la Polygamie Monœcie, L., a été établi par Ruiz et Pavon (Flor. Peruv. Syst. Veget., p. 290). En le rapportant à la tribu des Spiréacées, de la famille des Rosacées, Kunth (in Humb et Bonpl. Nov. Gener., 6, p. 237) en a ainsi exposé les caractères: fleurs dioïques; les mâles ont un calice hémisphérique dont le limbe est à cinq divisions profondes, régulières, et se recouvrant par les bords avant l'ouverture de la fleur; cinq pétales orbiculés, égaux, sessiles sur l'entrée du tube calicinal; seize à vingt étampes, ayant la même insertion et sur un seul rang, à filets subulés, libres, et à anthères oblongues, biloculaires et déhiscentes longitudinalement. Les fleurs femelles sont composées d'un calice et de pétales comme ceux des fleurs mâles; d'étamines avortées; de cinq ovaires libres, renfermant chacun vingt ovules fixés sur deux rangées à l'angle interne, surmontés de cinq styles et de stigmates dilatés. Le fruit est formé de cinq capsules coriaces, en forme de sabot, disposées en étoile, uniloculaires, déhiscentes longitudinalement et par le dessus. Chacune renferme environ vingt graines déprimées, ailées au sommet, disposées transversalement et se recouvrant un peu les unes les autres. Ces graines ont un double tégument, l'extérieur très-mince, l'intérieur plus épais et adhérent; elles sont dvues d'albumen; leur einbryo est droit; la radicule et les cotylédons sont elliptiques.

Ce genre très-voisin, mais assez distinct du Quillaja de Molina (Smegmudermos, Ruiz et Pavon), se compose de deux espèces aux quelles les auteurs de la Flore du Pérou ont donné les noms de Kageneckia lanceolata et K. oblonga. Ce sont des Arbres indigènes du Pérou et du Chili. Leurs feuilles sont éparses, simples, entières, accompagnées de stipules géminées et très-petites. Les fleurs sont terminales; les mâles disposées en corymbes; les femelles solitaires. (G..N.)

* KAGOLCA. OIS. Syn. de Milouinan, espèce de Canard. V. ce mot. (B.)

* KAHALI. BOT. PHAN. (Forskahl.) Les Arabes emploient, sous ce nom, la racine l'Echium rubrum comme cosmétique. (B.)

* KAHAU. MAM. Espèce du genre Guenon. V. ce mot. (B.)

KAHIRIA. BOT. PHAN. Forskahl (Flora Ægypt.-Arab., p. 153) a établi

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sous ce nom un genre qui esl le même que l'Ethulia de Linné. V. ce mot. (G..N.)

* KAIAMA. BOT. PHAN. (Oviédo.) Syn. de Caryota urens. V. CARYOTA. (G..N.)

KAIDA. BOT. PHAN. (Rhéede, Mal. 2, tab. 1-5.) Syn de Pandanus dans quelques parties de l'Inde. (B.)

* KAINITO. BOT. PHAN. V. CAINITO.

* KAIROLI. BOT. PHAN. V. CAIROLI.

* KAJAN. BOT. PHAN. Pour Cajan. V. ce mot. (B.)

KAJU. BOT. PHAN. Adanson donrne ce mot comme synonyme d'Acajou. II n'est probablement que le mot Caju qui signifie hois dans les idiômes malais autrement écrits. V. CAJU. (B.)

KAKA. BOT. PHAN. Pour Kauka. V. CAUCANTHE.

* KAKAITSEL. POIS. Espèce du genre Glyphisodon. V. ce mot. (B.)

KAKATOÉS. Cacatua. OIS. Nom imposé à une petite famille de Perroquets, que Vieillot, d'après Brisson, a érigée en genre. V. PERROQUET. (DR..Z.)

KAKELIK OU KAKKRLIK. OIS. Espèce du genre Perdrix, qui n'est peut-être qu'une variété de la Perdrix rouge. V. PERDRIX. (DR..Z)

KAKERLAK. MAM. Syn. de Chacrelas. Variété monstrueuse du genre Homme. (B.)

KAKERLAQUE. ins. Même chose que Cancrelat. (B.)

* KAKERLOE. OIS. L'un des noms du Pluvier doré. (DR..Z.)

KAKI. BOT. PHAN. Espèce du genre, Diospyros, probablement la même chose que Chicoy. V. ce mot. (B.)

KAKILE. BOT. PHAN. Même chose que Cakile. V. ce mot. (B.)

* KAKLA. BOT. PHAN. V. CACHLA.

* KALABA. BOT. PHAN. V. CALABA.

* KALABOTIS. BOT. PHAN. Ce mot désigne quelquefois l'Oignon dans les livres hébreux, particulièrement dans les Prophètes. (B.).

* KALABURA. BOT. PHAN. Même chose que Calabure. V. ce mot. (B.)

* KALAGRIOCHTENI. CONCH. V. CRYRNI.

* KALAKA ROT. PHAN. Nom de pays de Carissa. V. ce mot. (B.)

* KALAMAGROSTIS. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. de Roseau, d'où Calamagrostis. V. ce mot. (B.)

KALAN. MOLL. Nom qu'Adanson (Sénég., p. 107, pl. 9) a donné à un Strombe qui est le Strombus lentiginosus de Linné, et que l'on pourrait rapporter à d'autres espèces, si l'on s'attachait à toute la synonymie donnée par Adanson qui cite des figures que Liuné, et d'autres ont appliquées à des espèces bién différentes. V. STROMBE. (D..H.)

KALANCHÉE. BOT. PHAN. Pour Kalanchoë. V. ce mot. (A. R.)

KALANCHOE. Kalanchoe. BOT. PHAN. Genre établi par Adanson et adopté par De Caudolle, dans sa Monographie des Plantes grasses, pour quelques espèces de Cotyledon de Linné. Ce genre qui a été nommé Veria par Kennedy, appartient à la famille de Crassulacées, et peut être ainsi caractérisé: calice persistant à quatre divisions très-profondes; corolle monopétale régulière, infundibuliforme, renflée, à quatre lobes étalés et réfléchis; étamines au nombre de huit, disposées, sur deux rangées; quatre glandes nectarifères à la base es pistils, qui sont eux-mêmes au nombre de quatre et deviennent autant de capsules allongées, uniloculaires, polyspermes. Les espèces de ce genre, au nombre d'envion six, sont des sous-Arbrisseaux ou des Heibes grasses, originaires de l'Inde ou de l'Afrique; leurs feuilles sont opposées, plus ou moins profondément dentées ou même pinnatifides, très-rarement entières ou simplement dentées vers leur sommet. Les fleurs sont jaunes,

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blanches dans une seule espèce, disposées en corymbe à l'extrémité des tiges. Parmi ces espèces, celle que l'on voit le plus fréquemment dans les jardins est le Kalanchoe laciniata D. C., Pl. gr., qui croît dans l'Inde et en Egypte. C'est une Plante grasse, d'environ deux pieds de hauteur, ayant la tige rameuse, cyliudrique, très-glabre, aiusi que les feuilles qui sont opposées profondément et irrégulièrement découpées. Les fleurs sont jaunes et les divisions de la corolle aiguës. Elle a été retiouvée par Bory de Saint-Vincent dans l'île de Mascareigne. Cette espèce, ainsi que toutes les autres du même genre, doit être tenue en senre chaude. (A. B.)

* KALANIOS. BOT. PHAN. (Théophraste.) Syn. d'Arundo, L. V. ROSEAU. (B.)

KALENGI - CANSJAVA. BOT. PHAN. V CANSJAVA.

KALERIA. BOT. PHAN. Et non Caleria. Genre formé par Adanson (Fam. des Plant.), et qui répond au Silene de Linné. (B.)

KALESJAM. BOT. PHAN. L'Arbre du Malabar décrit par Rhéede, sous ce nom, paraît se rapprocher du genre Melicocca de la famille des Sapindacées. (A. R.)

KALI. BOT. PHAN. Nom de pays devenu scientifique d'une espèce ou genre Soude. (B.)

KALIFORMIA. BOT. CRYPT. (Hydrophytes.) Le genre formé sous ce nom par Stackhouse, dans sa Néréide britannique, rentre dans le Gigartina de Lamouroux. V. ce mot. (B.)

* KALIMÉRIS. BOT. PHAN. Le genre Aster de Linné ayant été divisé en plusieurs sous-genres par H. Cassini, ce bote a désigué l'un d'eux sous le nom de Kaliméris. Parmi les caractères qui servent à le distinguer des autres sous-genres, voici les plus essentiels: involucre orbiculaire turbiné, composé de folioles à peu prés égales, sur un ou deux rangs, oblongues et lâchement appliquées; réceptacle élevé, presque conique; ovaires aplatis, munis d'une bordure cartilagineuse sur chacune des deux arêtes extérieure et intériure; aigrettes extrêmement cours el plumeuses. Suivant un usage qui lui est particulier, l'auteur de ce sous-genre a décrit une espèce en lui imposant la dénomination nouvelle comme nom généique. Cette Plante (Kalimeris platycephala) est cultivée au Jardin de Paris, où elle est nommée, peut-être à tort, Aster Sibiricus. (G..N.)

* KALIP-DAASSIE. MAM. V. DAMAN.

* KALISON. MOLL. Le Kalison d'Adanson (Sénég., p. 42, pl. 2) est un petit Oscabrion que Linné et Lamarck n'ont point rapporté dans leur synonymie, qui nous paraît être bien distinct de toutes les espèces connues, et que l'on ne saurait confondre avec Blainville comme variété du Chiton fasciculaire de Linné. (D..H.)

* KALKATRICI REPT. OPH. Les Nègres de la Guinée donnent ce nom à des Serpens aquatiques, qu'on trouve jusque dans les étangs, mais qui pourraient bien ne pas appartenir au genre Hydre. V. ce mot. (B.)

* KALLIAS, BOT. PHAN. D'après Adanson, ce nom, dont l'étymologie gresque signifie beauté, était appliqué a une belle espèce d'Anthémide, H. Cassini s'en est servi pour désigner un sous-genre de l'Heliopsis, et il l'a caractérisé par ses fruits à péricarpe drupacé et ridé, ainsi que par les corolles des fleurs marginales qui ne sont point articulées, mais continues avec l'ovaire. Quoique l'auteur de ce sous-genre n'ait point prétendu le séparer complètement du genre Heliopsis, il n'en a pas moins décrit l'espèce sur laquelle il l'a établi, avec la dénomination de Kallias. Il est à craindre que ce nouveau mot ne fass prendre le change aux botanistes, ec qu'ils ne le considèrent comme un nomt générique. Le Kallias ovata, Cass., avait déjà été rapporté au genre Heliopsis par Dunal (Mém. du Mus.

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T. v, p. 57) qui l'avait nommé Helphtalmoides. Nous croyons que ce dernier nom doit être seul admis, parce qu'il a la orité sur celui de Cassini et qu'il rappelle l'Anthemis buphtalmoides dont Jacquin a donné une belle figure (Hort. Schœnbrunn., vol. II, p. 13, tab, 151). Crtéga, auquel on doit la première con de cetté Plante, la plaçait aussi dans le genre Anthemis et la nommait A. ovalifolia. Enfin, Persoon (Enchirid. 2, p. 473) lui donnait le nom d'Acmella buphtdes. C'est une belle Plante herbacée dont les tiges, très-rameuses, portent à leur extrémiteé de grandes calathides jaunes. Elle ést cultivée, sans exiger beaucoup de soins, dans le Jardin Bôtanique de Paris.

L'Heliopsis canescens de Kunth (Nov. Gener. et Spec. Plant. œquin., 4, p. 212) est peutêtre une variété de la précédente. Cassini en a formé une seconde espèce de son sous-genre en la nommant Kallias dubia. (G..N)

KALLSTROEMIA. BOT. PHAN. Scopoli appelait ainsi un genre nouveau qu'il formait sur le Tribulus maximus. V. HERSE. (A. R.)

KALMIE. Kalmia. BOT. PHAN, Genre de la famille des Rhodoracées et de la Decandrie Monogynie, L., dont toutes les espèces sont des Arbustes élégans, qoujours verts, originaires de l'Amérique septentrionale. Leur callée est éta lé cinq divisions; leur corolle monopétale est déprimée et renflé, ayant son limbe à cinq lobes courts et réfléchis et offrant vers sa partie inférieure dix petites fossettes. Les étamines sont au nombre de dix, insérées tout-à-fait à la base de la corolle et placées horizontalement, de maniéré que le sommet de chaque anthère est reçu et engagé dans l'une des dix petites fossettes dont nous venons de parler. L'ovaire est libre, globuleux, à cinq loges polyspermes. I1 est surmonte d'un style assez long au sommet duquel est un stigmate déprimé, à cinq lobes à peine marqués. Le fruit est une eapsule glohuleuse à cinq loges, vrant en cinq valves par le mil des eloisons.

On compte cinq espèces de Kalmies; ce sont des Arbrisseaux buissonneux, très-rameux, ayant leur feuilles alternes, quelquefois éparses et comme verticillées, entières et persistantes; leurs fleurs généralement roses formant des espèces de grappes ou de corymbes à l'extrémité des rameaux. Toutes ces espèces présentent un phénomène extrêmement remarquable, à l'époque de la fécondation. Nous avons déjà dit tout à l'heure que leurs étamines étaient étalées horizontalement et que les anthères étaient engagées dans les petites fossettes qui existent à la base de la corolle. Dans cet état, comme les fleurs sont généralement dressées, que le style est assez long, on conçoit que la fécondation ne pourrait pas s'opérer. Mais voici ce qui a lieu; chaque étamine se redrespe successivement, et pour dégager son anthère on voit le filet se recourber, former un arc qui, diminuant sa longueur, fait sortir l'anthère de la petite poche où elle était enfoncée. Elle se redresse alors contre le stigmate sur lequel elle verse son pollen. Plusieurs des espèces de ce genre sont vées dans les jardins; telles sont les suivantes.

KALMJE A LARGES , Kolmia latifolia, L. Bel Arbrisseau de sit à huit. pieds de hauteur, ayant son écorce lisse et brunâtre, ses feuilles opposées, pétiolées, elliptiques, aiguës, entières, coriaces, très-glabres; ses fleurs d'une couleur rose pâle, portées sur dé longs pédoncules velus et visqueux, forment des espèces de corymbes à la partie supérieure des jeunes rameaux. Le Kalmie à larges feuilles fleurit au mois uin, il refleurit quelquefois en septembre.

KALMIE A FEUILES ÉTROITES, K. angustifolia, L. Un peu moins grand qué le précédent dans toutes ses parties, cet Arbrisseau porte dés feuilles verticillées par trois, quelquefois simplement opposées, elliptiques, allons-

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gées, un peu obtuses, d'on vert clair à leur face supérieure, légèrement glauques inférieurement, entières et trés-glabres. Leurs fleurs sont pédicellées, fort petites, disposées par petites grappes à l'aisselle des feuilles supérieures, de manière à former une sorte de corymhe terminal; quelquefois un jeune rameau s'élève audessus du corymbe, qui alors n'est plus terminal. Cette espèce fleurit en jain et juillet.

KALMIE GLAUQUE, Kalmia glauce, L. Petit Arbuste buissonneux d'un pied à un pied et demi d'élévation, rameux. Ses feuilles sont sessiles, opposées, lancéolées, aiguës, glabres, entières et à bords recourbés en dessous, d'un vert clair et luisantes à leur face supérieure, très-giau-ques inférieurement. Les fleurs roses et longuement pédicellées, forment des bouquets corymbiformes vers la partie supérieure des rameaux. Ces trois espèces, originaires de l'Amérique septentrionale, se cultivent en pleine terre sous le elimat de Paris. Elles doivent être placées dans les platesbandes de terre de Bruyère, dont elles sont un des plus jolis ornemens, par leur feuillage toujours vert, et surtout par les bouquets de leurs belles fleurs roses. On les multiplie de rejetons ou de boutures; mais les plus beaux individus sont ceux qui proviennent de graines.

* KALOSANTHES. BOT. PHAN (Haworth.) V. CRASSULE.

* KALTA VYRIEN. BEPT. OPH. V. NYMPHE au mot BONGARE. (B.)

* KAMAIIKISSOS ET KAMAILEUKE BOT. PHAN. (Dioscoride.) Syn. Gléchome. V. ce mot. (B.)

KAMAN CONCH. C'est ainsi qu'Adanson (Voy. au Sénég., p. 243, pl. 18) nomme une espèce de Bucarde fort remarquable, qui est le Cardium costatum de Linné eu la Bucarde exotique des marchands de Coquilles. (D..H.)

* KAMARON. BOT. PHAN. V. CAMARON.

KAMBEUL. MOLL. Adanson (Sénég., p. 14, pl. 1, fig. 1) a donné ce nom a une Coquille terrestre que Lamarck a designée sous le nom de Bulimus Kambeul à l'imitation de Bruguière. Férussac l'a fait figurer de nouveau dans les excellentes planches qui accompagnent son ouvrage sur les Mollusques. (D..H.)

KAMICHI. OIS. Palamedea. Genre de l'ordre des Alectorides. Caractères: bec court, conico-convexe, droit, très-courbé à la poiute, comprimé dans toute sa longueur; mandibule supérieure voûtée, l'inférieure plus courte, obtuse; fosse nasale grande couverte d'une peau nue: narines éloignées de la base du bec, ovalaires, ouvertes sur les côtés; tête très-petite, duveteuse; pieds courts et gros; quatre doigts, les trois intérieurs très-longs, les latéraux égaux, l'externe uni à l'intermédiaire par une membrane; ongles médiocres pointus; pouce allongé portant un ongle plus long que celui des autres doigts et tout-à-fait droit; ailes très-amples; les deux premières rémiges plus courtes que la troisième et la quatrième qui sont tes plus longue; deux forts éperons à chaque bord.

Jusqu'ici l'on n'est point encore parvenu à pénétrer les véritables intentions de la nature lorsqu'elle à pourvu le poignet de certains Oiseaux, d'éperons ou aiguillons forts et pointus; il semblerait qu'elle les ait destinés à des combats opiniâtres dans lesquels ils eussent pu faire usatge de ces armes puissantes, et cependant presque tous ceux de ces Oiseaux, deint les mœurs nous sont connues, se font remarquer par leur douceur, par un caractère paisible et même craintif; on ne les a jamais vus, par des attaques dirigées contre les autres Animaux au milieu desquels ils vivent, troubler ainsi la tranquillité de leurs demeures habituelles. Tous les auteurs qui ont pu observer les Kamichis, soit sauvges, soit en domesticité, s'accordent à leur prêter des qualités qui tes rap-

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prochent des Gallinacés, avec lesquels, d'ailleurs, ils out de grandes analogies de formes. Tranquilles habitans des savanes marécageuses ou des plaines riveraines des fleuves qui coupent en tous sens la partie méridionale du Nouveau-Monde, ils y sont uniquement occupés de la recherche de leur nourriture qui se compose d'herbes tendres, de graines et autres matières végétales; lorsqu'ils ont subi le joug ae la domesticité, uon-seulement ils se familiarisent avec le maître qui pourvoit à leurs besoins, mais ils lui rendent de petits services par leur exactitude docile, par leur intelligente vigilance à prévenir et empêcher la perte ou la fuite des autres volatiles de la basse-cour. Les Kamichis vivent en société; ils sont naturellement dédans, mais peu sauvages; ils ont la voix forte et sonore; ils se tienuent assez souvent à terre dans les broussailles, quelquefois on les trouve perchés à la cime des Arbres élevés q'li forment çà et là des bouquets isolés sur les tertres des plaines marécageuses. C'est au milieu des buissons abrités qu'ils étar blissent, à peu d'élévation, un nid spacieux dans lequel la femelle pond deux œufs proportionnés à la taille de l'une ou l'autre des deux espèces qui composent tout le genre. Les jeunes naissent couverts de duvet, et sont bientôt en état de pourvoir à leur subsis ance sous la conduite des pareus, ce qui établit encore un point de ressemblance avec les Gallinacés.

KAMICHI CORNU, Palamedea cornuta, L., Buff., pl. enl. 451. Parties supérieures d'un noir cendré ou ardoisé, parsemées de quelques taches grises; tête garnie de petites plumes duveteuses variées de blanc el de noir; abdomen blanc; tectrices alaires inférieures roussâtres; rectrices égales, ce qui rend la queue carrée. Bec d'un jaune brunâtre; sommet de la tête surmonté d'une corne droite et grêle dont la base est revêtue d'un fourreau semblable à un tuyau de plume; jambes et pieds recouverts d'une peau écailleuse noirâtre; longueur du doigt intermédiaire, quatre pouces. Taille, trois pieds.

KAMICHI CHAÏA OU CHAJA, Polomedea Chauaria, Temm., pl. color. 219. Parties supérieures d'un noir ardoisé avec les plumes frangées de brunâtre; sommet de la tête d'un bleu d'ardoise tacheté de noir; nuque garnie de plumes longues et effilées d'un bleu noirâtre avec l'une des barbes plus claire; front, joues, gorge et haut du cou garnis de plumes duveteuses blanches ou d'un blanc bleuâtre; un collier presque nu d'un blanc rougeâtre suivi d'un autre beaucoup plus large et plus épais garni d'une foule de petites plumes serrées, noires; le reste du cou et les parties inférieures d'un bleu ardoisé, varié de teintes un peu plus foncées; abdomen blanchâtre; bec noirâtre, avec sa base rouge; aiguillons des ailes jaunes; auréole des yeux et pieds rouges; ougles noirs. Taille, trente-deux pouces. —Cette espèce est le type du genre Chauna d'Illigerr (Prodromus Mammalium et Avium). N'ayant pas pu, plus que ce profond naturaliste, étudier les caractères génériques du Chaja, nous avons dû suivre les erremens de tous les ornithologistes que nous avons pu consulter, et nous avons, d'aprés Temminck, adopté (T. III, pu. 528 de ce Dict.) le genre Chavaria, dans lequel nous avons donné deux descriptions très-fautives d'une seule et même espèce que nous reportons aujourd'hui et ici dans sa véritable place. Nous la décrivons d'après une dépouille parfaitement conservée et rapportée de la partie la plus méridionale du Brésil. (DR..Z.)

* KAMPMANNIA. BOT. PHAN. (Rafinesque.) Syn. de Zanthoxylum tricarpurn, Michx. V. ZANTHOXYLE. (B.)

KANAHIA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Asclépiadées et de ia Pentandrie Digynie, L., établi par R. Brown (Mem. Wern. Soc. 1, p. 39) qui lui a donné les caractères suivans: corolle campanulée, à cinq divisions profondes; colnnne à

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moitié renfermée dans la corolle; couronne staminale placée au sommet du tube des filets, à folioles subulées, dilatées par leur partie inférieure, simples en dedans; masses polliniques pendantes; follicules giêles, striés; graines aigrettées.

Le type de ce genre est l'Aselepias laniflora de Forskahl et de Vahl (Symb. 1, p. 23, tab. 7), Plante indigène de l'Arabie heureuse, et qui a été rapportée récemment par Salt de l'Abyssinie. En adoptant le nom générique imposé par Brown, Schultes (Syst. Vcget. 6, p. 94) nomme cette Plante Kannahia Kannah. (G..N.)

KANARA-PULLU. BOT. FHAN. Nom de pays du Cynosums indicus, L. (B.)

* KANAWA. BOT. PHAN. Syn. de Cordia Sebestena, L., à Amboine. (B.)

* KANCHIL MAM. Espèce du genre Chevrotin, V. ce mot, où, par erreur, il a été écrit Kranchil. (B.)

* KANDAR. OIS. Syn. d'Anhinga au Sénégal. (B.)

* KANDAWAR OU KOLKEN-BOATI. POIS. (Renard.) Syn. de Batistes ringens, L. V. BALISRE. (B.)

* KANDEL. BOT. PHAN. V. CANDEL.

* KANDIS. BOT. FHAN. Adanson (Fam. des Plant., II, p. 422) a désigné sous ce singulier nom générique le Lepidium perfoliatum, L. (G..N.)

KANEELSTEIN. MIN. (Werner.) C'est-à-dire Pierre de Cannelle. Nom tous lequel les Allemands ont décrit les pierres connues dans le commerce sous le nom d'Hyacinthes, et qui, pour la plupart, se rapportent à i Essonite d'Haüy. Quelques-unes cependant, comme celles de Porto-Rico et du Groënland, sont des Zircons. V. ESSONITE et GRENAT. (G. DEL.)

KANÉVE. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires du Chanvre. (B.)

KANGUROQ. Kangurus. MAM. Ce genre, l'un des plus remarquables, à tous égards, de la famille des Marsupiaux, a reçu de Shaw et d'Illiger, les noms de Macropus et d'Halmaturus. Mais ces noms, tirés de la langue grecque, conviennent tout aussi bien à d'autres Marsupiaux, tels que le genre Potoroo, et même à beaucoup de Rongeurs, tels que les genres Gerboise, Gerbille, Mérione et quelques autres: aussi adopterons-nous de préférence, avec Lacépède, Dasmarest, Tiedemann, Quoy et Gaimard, le nom de Kangurus fort anciennement proposé par Geoffroy. Saint-Hiluire. — Dans ce genre, le membre antérieur, fort petit et assez peu remarquable en lui-même, a cinq doigts, dont les deux latéraux sont les plus petits, et sont terminés par des ongles assez forts; la paume de la main est nue, et le radius permet à l'avant-bras une rotation entière. Quant au membre post térieur, il s'éloigne tellement de l'antérieur, soit sous le rapport de ses formes, soit sous celui de ses dimensions, qu'il n'y a point de genre où la différence soit aussi prononcée. Les pieds sont tétradactyles; le doigt externe est assez gros et allongé; mais il n'est nullement comparable encore au doigt voisin, dont les dimensions dépassent toute proportion; son ongle, qui est un véritable sabot, et son métatarsien, sont surtout remarquables par leur volume, Cet os est six fois aussi long que le plus long des métacarpiens; fait d'autant plus digne d'attention, que le métacarpe conserve très-généralement les mêmes rapports de grandeur dans toute la série des Mammifères, comme on peut le voir, par exemple, chez tous les Carnassiers, à deux seules, exceptions près. Toutes les phalanges digitales, surtout les premières, sont pareillement très-grosses et très-allongées. Les deux doigts internes sont confondus ensemble jusqu'à l'ongle, en sorte qu'à l'extérieur ils font l'effet d'un seul doigt terminé par deux ongles. Ils ont aussi beaucoup de longueur,

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mais ils sont d'une extrême ténuité; leurs métatarsiens, par exemple, n'ont qu'un diamètre douze fois environ moindre que celui du grand doigt; ce qui forme une différence de volume véritablement énorme. Enfin, tou tes les autres portions du membre postérieur présentent des dimensions considérables; les deux os de la jambe sont près de deux fois aussi longs que ceux de l'avant-bras, et leur épaisseur, du moins celle de l'un d'eux, est aussi fort grande; disposition au reste qu'il est flcile de prévoir à cause des nombreuses fractures qui, autrement, ne pourraient manquer d'être causées par les sauts prodigieux qu'exécutent les Kanguroos. — L'extrême allongement du pied est ce qui a valu à ces Animaux le nom de Macropus: celui qu'ils ont reçu d'Illiger se rapporte a l'usage qu'ils font de leur que ue pour le saut. Ce prolongement caudal, si peu utile chez la plupart des Mammifères, et qui n'est même, chez beaucoup d'entre eux, qu'uni organe rudimentaire, simple vestige qui semble ne plus exister que pour témoigner de l'unitédu plan général de la nature, est ici un orgatte de haute importance, on peut dire, véritablement un troisième membre. Le nombre des vertèbres caudales est ordinairement de vingt environ mais il augmente encore dans certaines espèces, et il en est où il arrive même a former la moitié du nombre total des vertèbres. Toutes, à l'exception des dernières, présentent toujours des dimensions considérables, et sont comme hérisées de larges et lorigues apophyses, tellement qu'on trouverait difficilement ailleurs la vertèbre dans un plus grand état de complication. Il est facile dé juger, d'après ces détails, de la force des muscles auxquels elles donnent attache. Au reste, la simple inspection de la pelleterie de l'Animal suffit pour indiquer ce que prouve l'étude du squelette. On voit en effet que la queue, d'ailleurs couverte de poils dans toute son étendue, est d'une force et d'une épaissèur considérables. Enfin, la présence de la bourse chez la femelle, et de testicules extrêmement développés chez le mâle; celle de l'os marsupial aplati et assez long, et surtout les prpportioas du corps, beaucoup plus gros vers la région inférieure que vers la supérieure, d'où résulte pour l'ensemble de l'Animal une forme presque conique, achèvent de démontrer la richesse extrême du développement de toutle train postérieur. Le même fait, qui s'observe d'une manière plus ou moins distincte chez tous les Marsupiaux, et le mode particulier de génération de ces Animaux, tiennent à une seule cause, à l'absence d'une artère, comme Geoffroy Saint-Hilaire est parvenu à le découvrir, et comme nous le montrerons avec détail dans un autre article. V. MARSUPIAUX. — Les Kanguroos ont la tête assez allongée (surtout dans les grandes espèces); les oreilles de forme variable, et les moustaches peu développée; leur verge n'est point fourchue comme celle de plusieurs autres Marsupiaux. Leur système dentaire est très-remarquable par l'absence des canines et par la disposition des incisives inférieures; celles-ci, au nombre de deux seulement, sont très-longues, très-fortes, et ont une direction tout-à-fait horizontale; les supérieures, qui sont au contraire au nombre de six, sont larges, disposées sur une ligne courbe, ont une direction verticale, et sont, du moins dans la plupart des espèces, à peu près égales; du reste, aux deux mâchoires, les incisives sont séparées des autres dents par un espace assez considérable. On a cru long-temps que les molanes étaient au nombre de cinq de chatque côté et à chaque mâchoire chez tous les Kanguroos, mais on avait trop généralisé ce que l'observation avait montré seulement à l'égard de quelques espèces. Fr. Cuvier a reconnu qu'il existe seulement chez plusieurs quatre mâchelières, au lieu de cinq; il a même pensé, à cause de cette différence dans le système dentaire, devoir subdiviser le genre Kan-

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guroo; et il a proposé d'adopter, pour les premiers, le nom d'Illiger, Halmaturus, et pour les seconds, oelui de Shaw, Macropus. Le même zoologiste avait plus anciennement partagé le genre d'après la considération de la présence ou de l'absence d'un mufle; mais il n'a pu encore vérifier sices deux modes de division se correspondent.

La Nouvelle-Hollande et les îles environnantes sont la patrie des Kanguroos, mais ils vivent très-bien dans nos contrées et peuvent même s'y reproduire. Ce sont des Animaux essentiellement frugivores, mais qui mangent sans répugnance tout ce qu'on leur donne, comme l'ont constaté Quoy et Gaimard, qui, ayant possédé vivant un de ces Animaux, l'ont vu manger plusieurs fois de la viande et du cuir même. Le même Animal buvait aussi du vin et de l'eau-de-vie. Dans l'état de liberté, les Kanguroos habitent les lieux boisés, et vont ordinairement en troupes peu nombreuses. Ils se tiennent habituellement dans la situation verticale, posant sur toute la longueur de leurs pieds de derrière et sur leur queue qui fait véritablement l'office d'un troisième membre, Ils peuvent, dit-on, franchir d'un saut une distance de près de trente pieds, ce qui ne paraîtra pas incroyable, si l'on se rappelle la force prodigieuse de leurs membres postérieurs et de leur queue. Ils emploient souvent aussi pour la progression leurs membres antérieurs, et même avec assez d'avantage, parce qu'alors une succession plus rapide des mouvemens compense leur peu d'étendue. Quoy et Gaimard, qui ou t assisté à plusieurs chasses aux Kanguroos, ont même remarqué «que lorsqu'ils étaient vivement poursuivis par les Chiens, ils couraient toujours sur leurs quatre pieds, et n'exécutaient de grands sauts que quand ils rencontraient des obstacles à franchir.» Au reste, pour la course comme pour le saut, ils ne tirent pas moins d'avantage de ta richesse de développement de leur queue. Dans le saut, elle leur sert tour à tour de ressort et de balancier: dans la course, ils l'appuient sur le sol, et enlevant avec force leurs membres postérieurs, ils les rapprochent avec rapidité de ceux de devant; d'ou résulte un mode de progression analogue, à quelques égards, à celui d'un Homme qui marche sur des béquilles. Leur queue ne leur est pas moins utile clans les combats qu'ils se livrent entre eux; soutenus sur elle, et s'appuyant par leurs membres antérieurs sur eur adversaire lui-même, ils lui lancent de violens coups de pieds, et lui font, au moyen des ongles de leurs grands doigts, de profondes et dangereuses blessures. On a vu même quelquefois à la ménagerie du Muséum, où l'on nourrissait, il y a quelques années, de grands Kanguroos, ces Animaux attaquer de cette manière leurs gardiens euxmêmes.

Les espèces de ce genre sont nombreuses, et il est à penser qu'il en reste plusieurs encore à découvrir. Celles que nous allons faire connaître d'abord, ont été, jusqu'à Geoffroy Saint-Hilaire, confondues sous les noms de Kanguroo Géant, Didelphis Gigantea, Gmel.; Macropus major, Geoff. St.-Hil., parce que des couleurs générales de leur pelage sont généralement à peu près les mêmes; mais néanmoins elles se distinguent, on peut dire, par de nombreux caractères.

Le KANGUROO BRUN ENFUMÉ, Kangurus fuliginosus, Geoff. St.-Hil., a quelquefois six pieds de hauteur. Il est généralement d'un brun fuligineux en dessus, gris roux en dessous, roux sur les flancs; ces couleurs se fondant sur leurs limites l'une avec l'autre: les quatre pates, une portion de l'extrémité du museau, le derrière du coude, sont d'un brua noirâtre; les oreilles, brunes sur leur face convexe, sont bordées de poils blancs; enfin, la queue, rousse en dessous, est en dessus d'un brun d'abord clair, mais qui devient très-

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foncé, et passe même au noir vers son extrémité.

Le KANGUROO A MOUSTACHES, Kangurus labiatus, Geoff. St.-H., est moins grand que le précédent. Son pelage est plus clair en dessus: le dessous de son corps la face interne de la jambe et de l'avant-brns, le tarse, une grande portion du dessous de la queue, sont d'un gris roussâtre. Les oreilles sont brunâtres sur leur face convexe, blanches sur l'autre. Aux membres antérieurs les doigts sont noirâtres; aux postérieurs, leur face supérieure est noire, avec du roussâtre tout autour de chaque tache noire. La queue, d'abord grise, passe dans son dernier tiers environ au brun noirâtre en dessus et sur les côtés, au roux en dessous. Enfin le bout du museau est blanc, et l'on remarque sous le menton deux lignes brunes parallèles en devant, mais qui se réunissent en arrière. Cette espèce habite, ainsi que la précédente, la Nouvelle-Hollande.

Le KANGUROO GRIS-ROUX, Kangurus rufo-griseus, Geoff. St.-H., est encore moindre que le Kanguroo à moustaches: il n'a que trois pieds et demi. Il est généralement d'un gris-roux tirant sur le blond; celte couleur devient très-pâle en dessous, et le dessous du corps est même blanc sur sa partie médiane; mais elle est beaucoup plus foncée en dessus: elle passe au gris brunâtre sur les quatre extrémités, et au brun noirâtre sur la dernière partie de la queue. Les oreilles sont plus arrondies que dans les espèces précédentes. La Nouvelle-Hollande est également la patrie de cette espèce.

Le KANGUROO A COL ROUX, Kangurus ruficollis, Geoff. St.- H., est encore beaucoup plus petit: il est d'un gris plus ou moins roussâtre en dessus et sur les flancs; mais la région postérieure du col est rousse. La face interne des membres est blanche, ainsi que la partie médiane du dessous du corps; mais cette partie blanche n'a qu une très-petite largeur, et n'est presque, pour ainsi dire, que linéaire. Ce caractère, non encore remarqué, est cependant un de ceux qui facilitent le plus la distinction de cette espèce. Le dessus de la queue est gris roussâtre, le dessous blanchâtre. Les oreilles sont de même couleur que dans les premières espèces, mais de même forme que dans le Kanguroo gris roux. Les pates de devant sont noires; les doigts des postérieures sont gris-brunâtres, mais avec du roussâtre en devant. Le tour de l'œil est roux, et celui de la bouche blanc; cette dernière tache se prolonge un peu vers l'œil. Cette espèce a été trouvée à l'île King. F. Cuvier a décrit sous le nom ae Kanguroo vineux un Kanguroo qui présente tous ces caractères, mais dont le pelage est plus gris, et la tache labiale blanche un peu plus prononcée: le Muséum possède aussi un autre individu qui est au contraire plus roux: mais un troisième fait si bien le passage de celui-ci au Kanguroo vineux, qu'il est difficile de ne pas les considérer comme appartenant à la même espèce.

Le KANGUROO DE L'ILE EUGÉNE, Péron; Kangurus Eugenii, Desm. Cette espèce a été découverte par Péron dans les îles de Saint-Pierre, où on la rencontre en grandes troupes; elle paraît ne pas exister dans le continent. On prendrait au premier coupd'œil ce Kanguroo pour un jeune âge de l'espèce précédente, à cause de ses couleurs qui sont fort peu différentes, et de sa petite taille; en effet, il n'a qu'un peu plus d'un pied et demi: mais il se distingue par l'épaisseur et le moelleux de sa fourrure, par la largeur de la partie blanche du dessous de son corps, et par quelques autres différences dans sa coloration: mais il faut avouer que ces petits caractères n'autoriseraient pas à le regarder comme une espèce à part, si Péron ne nous donnait la certitude de ce fait, en nous apprenant qu'il vit en troupes nombreuses.

Le KANGUROO A BANDES, Kangurus fasciaius, Pér. et Les., est généralement gris-roussâtre; mais la moitié inférieure du corps est en dessus

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rayée transversalement de gris, de roux el de noir, de manière à produire un effet très-agréable; d'où le nom de Kanguroo élégant, qu'on a aussi donné à cette espèce. Le dessous du corps est gris; les flancs, les membres et le museau sont, au contraire, plus roux que le reste du corps La queue est grise avec son extrémité noire. Le museau est court, et la tête globuleuse. Cette espèce vient de l'île Bernier et des îles voisines.

Le KANGUROO FILANDRE, Kangurus Philander, Geoff., qui a reçu aussi les noms de Didelphis asiatica, Pall., Didelphis Brunii, Gen., Kangurus Brunii, Desm., habite les îles d'Aroé, celle de Solor, et quelques autres de celles de la Sonde. Il est généralement brun en dessus; mais le dessous du corps et la partie interne des membres sont roux: le museau et les doigts sont noirâtres, et la queue est noire avec un peu de blanc à son extrémité. Les oreilles sont brunâtres, avec du roux à leur base. L'individu que possède le Muséum, était élevé en domesticité à Batavia, sous le nom de Pelandoc ou Pelandor Aroé, ou Lapin d'Aroé: il a environ deux pieds et demi de hauteur.

Le KANGUROO DE LABILLARDIÈRE, Kangurus Billardierii, Desmarest a donné ce nom à une espèce découverte à la terre de Van-Diémen par Labilardière; elle ressemble heaucoup pour sa coloration à l'espèce précédente, mais elle s'en distingue par ses mains qui sont d'un brun roux, et sa queue de même couleur une le corps, c'est-à-dire brunâire en dessus et roussâtre en dessous. A ces caractères on peut joindre en outre les suivans: une ligne jaune se remarque sur la lèvre supérieure, et se prolonge en arrière un peu au-delà de la commissure des lèvres. Les ongles sont très-comprimés, au lieu d'être déprimés, comme ils le sont daus l'espèce précédente; et toutes les incisives supérieures sont presque égales: les deux inférieures sont larges et allongées. F. Cuvier est le premier qui ait regardé cette espèce comme distincte du Filandre, et qui l'ait décrite. Desmarest lui a depuis donné le nom du voyageur auquel nous en devons la connaissance. Au reste l'individu que possède le Muséum pourrait bien n être qu'un jeune âge, soit de quelque espèce encore inconnue, soit même de l'espèce précédente.

Le KANGUROO LAINEUX, Kangurus laniger (V. planches de ce Dictionnaire), découvert et décrit sous ce nom par Quoy et Gaimard, est un des objets les plus précieux dont leur beau voyage ait enrichi la Zoologie. Cette espèce nommée aussi par Desmarest Kangurus rufus, et qui est de même taille à peu près que le Kanguroo brun enfumé, est d'un beau roux sur la tête, le col, les flaucs, le dos, la face externe des bras et des cuisses, et le dessus de la queue, dans sa première partie: le reste du pelage est blanc à l'exception des oreilles couvertes en dehors de poils grisâtres, et des doigts qui sont d'un run roussâtre. Mais ce Kanguroo est surtout remarquable par ses membres encore plus allongés qu'ils ne le sont dans les autres espèces, et par son pelage qui rappelle celui de la Vigogne, tant par la nature de ses poils doux au toucher, frisés et véritablement laineux, que par sa belle couleur. L'individu rapporté au Muséum par Quoy et Gaimard, leur a été donné au port Jackson; mais il venait des environs du port Macquarie.

Desmarest a décrit sous le nom de Kanguroo Gaimard, une fort petite espèce rapportée également de la Nouvelle-Hollande par Quoy et Gaimard. Ces savans voyageurs la regardaient également comme une espèce du genre Kanguroo, et se proposaient de lui donner le nom de Lepturus: mais ayant ensuite retrouvé son crâne, ils ont reconnu qu'elle n'était autre que le Kanguroo-Rat, espèce qu'on a séparée avec raison des Kanguroos, sous le nom de Potoroo: nous renvoyons donc sa description à ce mot. (IS. G. ST.-H.)

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KANNA. BOT. PHAN. On ne connait pas le Végétal que Kolbe désigne sous ce nom comme fournissant aux Hottentots une racine excitante qu'ils mangent, ainsi que les Indiens font du Gingembre. (B.)

* KANTA. BOT. CRYPT. (Champignons.) Ce genre, établi par Adanson (Famille des Plantes, II, p. 3; figure dans la deuxiçme section de la famille des Byssus; il se caractérise ainsi: filamens cylindriques ramifiés au sommet et réunis en bas, dans une grande partie de leur longueur, en une masse spongieuse, substance humide ou aqueuse se desséchant en peu de temps à l'air sec en une substance spongieuse. Ainsi circonscrit, le genre Kanta n'est qu'une division du Byssus de Micheli et de Dillen. Adanson n'ayant point fait de Species, il devient assez difficile de préciser les espèces de Plantes auxquelles il faut rapporter le genre Kanta. Il paraît à peu près certain que l'une est le Racodium cellare de Persoon et l'autre le Dematium strigosum du même auteur. Le genre Kanla n'a point été et ne pourrait étre adopté. (A. F.)

KANTUFFA. BOT. PHAN. Mimeuse d'Abyssinie mentionnée et figurée par le voyageur Bruce, mais que les botanistes n'ont encore pu déterminer. (B.)

KAOLIN. MIN. Espèce d'Argile. V. ce mot. (B.)

KAPIRAT. POIS. V. CAPIRAT et CLUPE. (B.)

KARA-ANGOLAM OU kARAN-GOLAM. BOT. PHAN. Rhéede (Hort. Malab. T. IV, p. 55, t. 26) a décrit et figuré sous ce nom un Arbre de la côte de Malabar, dont le fruit est une drupe charnue de la grosseur d'une petite pomme. Adanson l'a rapporté a la famille des Onagres, mais ce rapprochement ne semble pas naturel. (G.. N.)

* KARABÉ. MIN. Syn. de Succin. V. ce mot. (B.)

* KARABIQUE, MIN; V. SUCCINIQUE au mot ACIDE.

KARABOU. BOT. PHAN. V. GARABOU.

* KARAD. BOT. PHAN. (Forskahl.) V. ALCARAD.

* KARAKAL. MAM. Même chose que Caracal. V. ce mot et CHAT. (B.)

* KARAMBOU. BOT. PHAN. Nom de la Canne à sucre dans le centre de l'Indostan où l'ou distingue deux variétés appelées, noir Seu-Karambou, et blanche Vallè-Karambou. (B.)

KARAPAT. BOT. PHAN. V. CARAPAT.

KARARA. OIS. Syn. d'Anhinga. V. ce mot. (DR..Z.)

KARAT. BOT. et MIN. V. KUARA.

KARATAS. Karatas. BOT. PHAN. Genre de la famille des Broméliacées et de l'Hexandrie Monogynie, L., proposé par Plumier, réuni par Jussieu au Bromelia mais qui, néanmoins, mérite de rester distinct. Ses fleurs forment des espèces d'épis ou des grappes rameuses; elles sont accompagnées de bractées très-grandes qui, quelquefois, les cachent entièrement. Leur calice est soudé par sa base avec l'ovaire infère; sou limbe, légèrement tubuleux, est à six divisions, quelquefois inégales et un peu obliques; trois sont extérieures, trois intérieures plus ou moins minces et plus colorées, semblent être en quelque sorte une corolle formée de trois pétales. Les étamines, au nombre de six, ont leurs filets courts, leurs anthères sagittées. L'ovaire est infère, à trois leges polyspermes; le style est terminé par trois stigmates oblongs et obtus. Le fruit est une baie quelquefois presque sèche, à trois loges polyspermes.

Ce genre se distingue surtout du Bromelia par ses fleurs distinctes les unes des autres, souvent disposées en grappes ou en panicules, et par ses fruits également distincts. Il faut y rapporter les Bromelia Karatas; B. Pinguin, etc. (A. R.)

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KARBENI. BOT. PHAN. Adanson (Fam. des Plantes, 2, p. 116) donnait ce nom à un genre qui a pour type le Centaurea benedicta, L. V. CENTAURÉE. (G..N.)

* KAREINA OU KEFSCH. BOT. PHAN. Syn. arabe de Cynanchum arboreum. (B.)

* KARETTA-AMELPODI. BOT. PHAN. (Rhéed., Mal. 5, p. 65, tab. 33, fig, 2.) Arbrisseau incomplètement connu qui croît dans les terrains pierreux et sablonneux de la càte de Malabar. Ses fleurs pentandres sont réunies en panicules corymbiformes aux extrémités des rameaux; leur couleur est blanche, rayée de rose en dessous, et formée d'une corolle à cinq divisions ouvertes en étoile; les anthères sont rouges ainsi que le style qui est fourchu. Le fruit est une capsule arrondie et verdâtre. (B.)

KARGILLA. BOT. PHAN. Genre proposé par Adanson (Fam. des Plantes, 2, p. 130) qui y réunissait le Chrysogonum, L., le Melampodium, L., le Wedelia de Jacquin, et des Plantes placées dans les genres Chrysanthemum et Bidens par d'anciens auteurs. Ce genre n'a pas été adopté. (G..N.)

KARIA. INS. V. CARIA.

KARIBÉPOU. BOT. PHAN. (Rhéede, Hort. Mal., tab. 4, pl. 55). Les Malabares nomment ainsi une espèce d'Azédarach qui est fort voisin de l'Ariabépou s'il n'est pas le même Arbre. (B.)

KARIBOU. MAM. Pour Caribou. V. CERF. (B.)

KARIL. BOT. PHAN. V. ZALICO.

* KARINE. OIS. (Buffon.) Syn. de Corbine. V. CORBEAU. (DR..Z.)

KARI-VITANDI. BOT. PHAN. V. CARAPU.

KARQDI. BOT. PHAN. Nom que les Brames donnent à la Plante décrite et figurée par Rhéede (Hort. Malab. T. VII, p. 97, tab, 52) sous le nom de Podava-Kelengu. Cette Plante, qui a le port des Smilax, c'est-à-dire qui a une tige volubile et épineuse, et de grandes feuilles alternes à plusieurs nervures longitudinales, a été décrite trop incomplétement pour qu'on puisse être certain de sa classification. Cependant Jussieu lui trouve de la ressemblance avec le Trichosanthes, genre de la famille des Cucurbitacéès. (G..N.)

* KAROU-BOKADAM. REPT. OPH. Nom de pays de la Cabère, espèce de Couleuvre. V. ce mot. (B.)

* KAROU-VAIPYLAI. BOT. PHAN. (Leschenault.) Syu. de Bergera Kœnigii aux environs de Pondichéry. (B.)

KARPATON. BOT. PHAN. Genre de la famille des Caprifoliacées et de la Diandrie Monogynie, L., établi par Rafinesque (Flor. Ludov., p. 79) qui lui a donné les caractères suivans: calice adhérent, quadridenté; corolle tubuleuse, divisée au sommet en quatre segmens forment deux lèvres; deux étamines à anthères écartées; style placé sous la lèvre supérieure de la corolle; stigmate simple; capsule couronnée par le calice (uniloculaire?), contenant quatre graines.

Ce genre, imparfaitement connu, paraît avoir quelques rapports avec le Diervilla. Il ne renferme qu'une seule espèce, Karpaton hastatum, Raf., loc, cit. C'est un Arbrisseau indigène de la Louisiane, ayant des tiges anguleuses, divisées en rameaux sessiles, à feuilles opposées, hastées, glabres et inégalement dentées vers leur base. Les fleurs sont petites, axillaires, agglomérées, sessiles et verticillées. (G..N.)

* KARPHOLITE. MIN. Karpholith et Strohstein, Wern. Minéral en fibres soyeuses et rayonnées, d'un jaune de paille, avec un éclat légèrement nacré, donnant de l'eau par la calcination, et l'indice du Manganèse par la fusion avec la soude. Pesanteur spécifique, 2, 93. Il est composé, d'après une analyse de Stromeyer, de Silice, 36, 15; Alumine, 36, 67; Oxide de Manganèse, 19, 16; Eau, 10, 78; Oxide de Fer, 2, 29; Chaux, 0, 27;

TOME IX. 8

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Acide, fluorique, 1, 47. La Karpholite a été trouvée dans le Granité à Schlackenwald en Bohême. (G. DEL.)

KAROCK. OIS. Espèce du genre Cassican. V. ce mot. (B.)

* KARPOU-OULOUNDO. BOT. PHAN. (Leschenault.) Syn. de Phaseolus Max aux environs de Pondichéry. V. HARICOT. (B.)

* KARRAK. POIS. Nom vulgaire adopté par quelques auteurs pour uno espèce d'Anarhique. V. ce mot. (B.)

* KARRO. BOT. PHAN. V. CHANCHAN.

* KARSTENITE. MIN. Syn. de Chaux anhydro-sulfatée. (G. DEL.)

KARTAN. BOT. PHAN. V. CHARTAM.

KARUKA. OIS. Espèce du genre Gallinule. V. ce mot. (B.)

* KARUMB. BOT. PHAN. V. CORAMBÉ.

KASARKA. OIS. V. CASARCA.

KASCHOUÉ. POIS. (Sonnini.) V. MORMYRE.

* KASMIRA. POIS. (Forskahl.) Syn. de Bengali, espèce de Diacope. V. ce mot. (B.)

* KATAF. BOT. PHAN. Espèce du genre Amyris. V. ce mot au Supplément. (B.)

* KATE-ALLHENEI. BOT. PHAN. Même chose que Chefe Allimar. V. ce mot. (B.)

* KATENAKU ET KATEVALA. BOT. PHAN. Syn. d'Aloe vulgaris, L., à la côte de Malabar. (B.)

* KATIANG-BALI. BOT. PHAN. (Rumph, Amb., tab. 5, pl. 135.) Syn. de Cytisus Cajan, L. V. CAJAN. (B.)

* KATOU-BELUTTA-AMELPODI. BOT. PHAN. (Rhéede, Hort. Mal. 5, tab. 33, fig. 1.) Petit Arbre indéterminé qui croît dans les lieux montagneux de l'Inde, et qui parait très-voisin du Karetta-Amelpodi. V. ce mot. (B.)

KATOU ET KATTU. BOT. PHAN. Ces mots, de la langue malabare, et qui out passé dans plusieurs des pays où cette langue a pénétré, paraissent être une désiguation générique, et entrent dans la composition de beaucoup de noms de Végétaux; ainsi l'on nomme:

KATOU ADAMBOÉ, dans l'Inde, l'un des deux Arbrisseaux qui formaient le genre Adamboa ae Lamarck. V. ADAMBÉ et LAGERSTROMIE.

KATOU-ALOU. V. CATU-ALU.

* KATOU-BANDA, à Madagascar, un Oldenlandia indétérminé.

KATOU CALESJAM, le Mœ-Mœ des Inclous. Arbre qu'on ne peut reconnaître sur les indications imparfaites qui en ont été données.

KATOU CARA, le Laurus Malabatrum.

KATOU CARA-WALLI, le Pisoniamitis.

KATOU KADELI-POETA, le Lagerstrœmia hirsuta.

* KATOU-KAPEL, le Sang de Dragon ou quelque Aloës.

KATOU KAROA, le Laurus Cinnamomum. V. LAURIER.

KATOU-KONNA, l'Inga bigemina.

KATOU NARÉGAM, le Punica Granatum. V. GRENADIER.

KATOU-NICHI-KUA, l'Amomum Zerumbet, L.

KATOU-NORUM, le Phyllanthus Maderaspatensis, L.

* KATOU PACHALE, le Basella rubra.

KATOU PATJOTTI, le Croton castaneifolium, selon Burmann.

KATOU-PONAM MARAWARA, le Malaxis odorata.

KATOU-TAUDALE, le Crotalaria juncea, L.

* KATOU-TEKA, un Arbre imparfaltement connu dont Adanson (Fam. Plant. 2, p. 15g) n'a pas laissé que de former un genre dans la famille des Onagraires.

* KATOU-TJANDI, le Dolic dont Du Petit-Thouars a formé son genre Canavali.

KATOU TJERQÉ, un Arbre imparfaitement décrit par Rhéede, dont

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Adanson (Fam. Plant. 2, p. 84) a formé un genre dans sa famille des Onagres.

KATOU TSIAKA, le Nauclea orientalis, L.

KATOU-TSIAMBOU, le Sonneratia indica, L.

KATOU-TSJOLAM, le Zizania terrestris. (B.)

KATRAKA. OIS. (Buffon.) Espèce du genre Pénélope, Phasianus Motmot, L. De l'Amérique méridionale. V. PÉNÉLOPE. (DR..Z.)

KATUBARA-MARECA. BOT. PHAN.(Rhéede.) V. CANAVALI.

* KAUKA. BOT. PHAN.V. CAUCANTHE.

* KAULFUSSIA. BOT. PHAN. Sous ce nom, Nées d'Esenbeck (Hortæ Physicæ Berolinenses, p. 53) a décrit un genre de la famille des Synanthérées, que Cassini avait fait connaître antérieurement sous celui de Charieis V. ce mot au Supplément. (G..N.)

KAUROCH. BOT. PHAN. V. CALLIDUNION.

KAVEKIN. BOT. PHAN. Nom d'une espèce de Mimusops indéterminé de la côte de Coromandel. (B.)

* KAY-VARAGOUS. BOT. PHAN. Qu'on prononce Kay-Vous. Syn. de Cynosurus Coracanus, L., aux environs de Pondichéry V. CYNOSURE. (B.)

KÉBATH. BOT. PHAN. Nom arabe d'une espèce du genre Ménisperme, Menispermum edule, Vahl, dont Forskahl avait formé un genre Cebatha qui n'a pas été adopté. Les fruits de cet Arbre sont une petite baie âcre dont on extrait une liqueur enivrante. (B.)

* KÉ;BER. INS.(Scopoli.) Syn. de Hanneton, Scarabæus Melolontha, L. (B.)

KÉ;BOUL OU KIÉBOUL. BOT. PHAN. Et non Kelboul. V. CIEBOUL.

KEFFÉKILITHE. MIN. Substance minérale encore indéterminée, trouvée près de Kaffa en Crimée, et ainsi nommée par Fischer qui la regarde comme une Lithomarge endurcie. On a donné aussi ce nom à une Pierre argileuse compacte d'un rouge brun, à cassure conchoïde et à grains fins, trouvée à Wettin sur la Saal. Elle a l'apparence du Jaspe sans en avoir la dureté. (G. DEL.)

* KEFSCH. BOT. PHAN. V. KAREINA.

* KÉHÉLHAHA. BOT. PHAN. L'un des noms de pays du Bananier, à Ceylan particulièrement. (B.)

* KEKLIK. POIS. Espèce de Labre. V. ce mot. (B.)

KÉKUSCHKA. OIS. Espèce du genre Canard. V. ce mot. (B.)

* KELB-EL-BAHR OU KELB-EL-MOYEH. POIS. C'est-à-dire Chien de fleuve ou Chien d'eau. Nom arabe des Poissons du sous-genre Hydrocyn, qui indique la voracité de ces Animaux. (B.)

* KELL. BOT. PHAN. V. CELL. KÉMAS. MAM. Probablement le Nagor dans Elien. V. ANTILOPE. (B.)

KÉMÉTRI BOT. PHAN. V. HUMECTHE.

* KEMMOR. POIS. (Hésychius.) Nom grec d'un Poisson ou peut-être d'un Cétacé qui ne nous est plus connu. (B.)

* KEMPHAANTJES. REPT. SAUR. Syn. de Lézard-Léguan. V. IGUANE. (B.)

KÉMUM. BOT. PHAN. V. KHAMOUN.

KÉNIGIE. BOT. PHAN. Pour Kœnigie. V. ce mot. (B.)

KENNA. BOT. PHAN. V. CHENNA.

* KENNÉDIE. Kennedia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Légumineuses, et de la Diadelphie Décandrie, L., établi par Ventenat (Jard. Malm. p. 104) pour quelques espèces de Glycine originaires de la Nouvelle-Hollande, et qu'il caractérise ainsi: calice bilabié; lèvre supérieure émarginée, lèvre inférieure à trois divi-

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sions égales; corolle papilionacée; étendard redressé et recourbé vers la base de la fleur, maculé vers sa partie inférieure; ailes étroites, rapprochées contre la carène qui est éloignée de l'étendard; étamines diadelphes; style long, terminé par un stigmate obtus; gousse allongée, plane, séparée en plusieurs loges par de fausses cloisons membraneuses et transversales, à peu près comme dans lés Casses; graines solitaires dans chaque loge.

Ce genre se compose de quatre à cinq espèces, qui sont de petits Arbustes sarmenteux, à tige volubile; les feuilles sont alternes, pétiolées, composées de trois ou rarement d'une seule foliole coriace, articulée avec le pétiole. Les fleurs sont tantôt axillaires et tantôt terminales, portées sur des pédoncules simples ou multiflores. Quelques-unes des espèces de ce genre sont cultivées dans les jardins; telles sont les suivantes:

KENNÉDIE PURPURINE, Kennedia rubicunda, Vent., loc. cit., p. 104, tab. 104; Glycine rubicunda, Willd., Sp. Ce joli Arbuste a ses tiges volubiles, ses feuilles pétiolées, composées de trois folioles ovales, aiguës, très-entières; ses fleurs, grandes et purpurines, sont placées à l'aisselle des feuilles et portées sur des pédoncules rameux. Cette espèce fleurit pendant la plus grande partie du printemps et de l'été. On la cultive en orangerie.

KENNÉDIE ROUGE, Kennedia coccinea, Vent., loc. cit., tab. 105. Cette espèce se distingue de la précédente par ses feuilles dont les folioles sont obovales, très-obtuses et un peu émarginées; par ses fleurs beaucoup plus petites, d'un rouge écarlate, ayant l'étendard marqué de deux taches jaunes à sa base. Ces fleurs sont réunies au nombre de sept à huit au sommet d'un pédoncule long et grêle.

KENNÉDIE MONOPHYLLE, Kennedia monophylla, Vent., loc. cit., tab. 106. Cette jolie espèce est fort distincte des deux premières, par ses feuilles simples, cordiformes, lancéolées, obtuses; ses fleurs sont petites, violacées, formant des espèces de grappes rameuses, courtes, placées à l'aisselle des feuilles. (A. R.)

KÉNO. BOT. PHAN. V. CHÉNO.

* KENTAURIS. BOT. PHAN. V. CENTAURION.

KENTIA. BOT. PHAN. Adanson avait établi, sous ce nom, un genre aux dépens des Trigonella spinosa et polycerata, L. Ce genre n'a été adopté par aucun botaniste, si ce n'est par Mœnch qui a changé son nom en celui de Buceras dont Allioni et Haller se servaient pour désigner le genre Trigonelle. V. ce mot. (G..N.)

KENTRANTHUS. BOT. PHAN. (Necker.) V. CENTRANTHUS.

KENTROPHYLLUM. BOT. PHAN. A l'article CENTROPHYLLE de ce Dictionnaire, nous avons dit quelques mots sur ce genre établi par Necker Elem. Bot., n° 155); mais en annonçant qu'il avait été adopté par De Candolle, nous ignorions où ce savant professeur avait consigné son observation. C'est pour réparer cette omission que nous allons entrer dans quelques détails sur le genre Kentrophyllum. Il se compose d'espèces que Linné a placées parmi les Carthamus, et qui ont été réunies aux Atractylis par Adanson, Scopoli; Gaertner et Mœnch. Enfin, De Candolle (Flore Française) les avait rapportées au genre Centaurea; mais, dans son premier Mémoire sur les Composées, il adopta le Kentrophyllum ae Necker, dont il fit un des genres de ses Centaurées. Mœnch avait bien observé que tous les fleurons de la calathide sont réellement hermaphrodites. Sous ce rapport, le Kentrophyllum est réellement distinct des Centaurea qui ont les fleurs marginales de la calathide stériles ou neutres. Par le reste de l'organisation et surtout par la structure des étamines, il se rapproche beaucoup des Carthamus et Carduncellus. Outre les Carthamus lanatus et Carthamus creticus, qui sont les types du genre, et que Cassini a nommés

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Kentrophyllum luteum et Kent. album, cet auteur pense qu'on doit probablement y rapporter les Carthamus glaucus et oxyacantha de Marschall-Bieberstein; peut-être aussi le Cart. flavescens de Willdenow. (G..N.)

* KEPTUSCHA. OIS. Espèce de Bécasseau. V. ce mot. (B.)

KÉRACHATE. MIN. La Pierre précicuse désignée par Pline sous ce nom, paraît être une Sardoine. (B.)

* KÉRAMION. BOT. CRYPT. Adanson Fam. Plant. T. II, p. 13) a formé sous ce nom un genre qui répond à celui que Donati appelle Ceramianthemum. V. CÉRAMIANTHÉME. (B.).

* KÉRASELMA. BOT. PHAN. Necker (Elem. Bot., n. 1154) a créé, sous ce nom, un genre aux dépens de l'Euphorbia, L., mais dont les caractères étaient d'une importance si faible que les auteurs (Adr. de Jussieu et Rosper) qui ont travaillé récemment les Euphorbes, n'en ont pas même fait une section de ce genre. (G..N.)

* KÉ;RATE. MIN. Nom donné par Mohs à l'un des ordres de sa seconde classe, celui qui renferme les Minéraux oui ont une apparence de corne, tels que les muriates d'Argent et de Mercure. (G. DEL.)

* KÉRATELLE. Keratella. INF. Genre de la famille des Brachionides dans l'ordre des Crustodés, caractérisé par un organe de cirres vibratiles se développant en rotatoire plet, à test capsulaire, postérieurement denté ou armé et dépourvu de queue. Nous en connaissons une seule espèce déjà trouvée par Müller dans l'eau des étangs; elle y vogue avec rapidité, sans qu'on voie par quels moyens. Sa forme serait celle d'un carré un peu allongé, si deux sortes de cornes ou de pointes presque aussi longnes se voyant par derrière aux deux côtés opposés, droites et parallèlement allongées aux côtés du test, ne dennaient une forme particulière. C;est le Brachionus quadratus, Müll., Inf., tab. 49, f. 12–13; Encycl. Vers, pl. 28, f. 17, 18. (B.)

KÉRATITE OU KÉRATILITE. MIN. Pierre de corne. Nom donné par Lamétherie au Néopètre de Saussure, le Silex corné de Brongniart, et le Hornstein des Allemands en partie. (G. DEL.)

KÉRATOPHYTES. POLYP. Ce nom, qui signifie Plante de Corne, a été donné par les naturalistes du moyen âge à la plupart des Polypiers flexibles, et spécialement aux Antipates et aux Gorgones. V. ces mots et CÉRATOPHYTES. (E. D..L.)

KÉRATOPLATE OU CÉRATOPLATE. Keratoplatus. INS. Nom donné par Bosc à un genre de Diptères. V. CÉROPLATE. (G.)

* KÉRAUDRENIE. Keraudrenia. BOT. PHAN. Genre nouveau établi par Gay dans sa Monographie des Lasiopétalées (Mém. du Mus. 7, p. 431), et qui fait partie de la famille naturelle des Büttnériacées. Ses fleurs sont disposées en corymbes opposés aux feuilles, les pédicelles sont articulés vers le milieu de leur longueur. Le calice est pétaloïde, étalé, persistant. Il n'y a pas de corolle; les étamines, au nombre de cinq, toutes fertiles et distinctes, ont leurs filets. élargis par la base, rapprochés et se recouvrant latéralement; les anthères à deux loges s'ouvrent par un sillon longitudinal. L'ovaire est globuleux, a trois côtes saillantes et à trois loges contenant chacune plusieurs ovules attachés à l'angle interne. Les styles longs et grêles, au nombre de trois, sont quelquefois soudés entre eux par leur base. Le fruit est une capsule globuleuse, hérissée, ordinairement à une seule loge par avortement, s'ouvrant en trois valves. Les graines, presque toujours au nombre de deux, sont recourbées, réniformes.

Ce genre ne se compose encore que d'une seule espèce, Keraudrenia hermanniœfolia, Gay, loc. cit., tab. 8. C'est un Arbuste roide, ayant le

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port d'un Hermannia. Ses feuilles sont alternes, très-courtement pétiolées, ovales, elliptiques, sinueuses, rugueuses et hispides, accompagnées à leur base de deux stipules sétacées, denticulées, persistantes. Les fleurs, de grandeur moyenne, forment des corymbes pédonculés opposés aux feuilles. Cet Arbuste a été recueilli à la baie des Chiens-Marins, sur la côte occidentale de la Nouvelle-Hollande, par Gaudichaud, naturaliste plein de zèle et de connaissances, attaché à l'expédition du capitaine Freycinet. (A. R.)

KERKODON. MAM.V CARC.

* KERMA. MAM. V. ECUREUIL COMMUN.

KERMÉS. Chermes. INS. Genre de l'ordre des Hémiptères, section des Homoptères, famille des Gallinsectes, établi par Geoffroy et réuni par Latreille au genre Cochenille, dont il ne diffère que par le corps des femelles dont la peau est tellement distendue, qu'elle ne présente pas le moindre vestige d'anneaux, tandis que, dans les Cochenilles proprement dites, on voit toujours des apparences d'articulations qui rappellent l'existence des anneaux. Linné et Geoffroy ont donné ce nom à des Insectes bien différens: le premier désigne ainsi les Hémiptères que Latreille nomme Psylles (V. ce mot), et que Degéer nomme faux Pucerons. Geoffroy donne ce nom, avec plus de raison, aux Gallinsectes de Réaumur, parmi lesquels se trouve la Cochenille qu'on connaît vulgairement sous le nom de Graine d'écarlate.

Les mœurs des Kermès, que Geoffroy désigne sous le nom de Gallinsectes, tandis qu'il nomme Progallinsectes les Cochenilles, sont absolument les mômes que dans ces derniers. Les Insectes de ces deux genres ont les mêmes habitudes, les mêmes caractères, les mêmes différences entre les sexes et les mêmes métamorphoses; la femelle vit de même sur les Végétaux, s'y fixe, y pond ses œufs et meurt après avoir gonflé son corps outre mesure, de manière à recouvrir ses œufs comme le fait la Cochenille. Ces Insectes vivent sur les Arbrisseaux et les Plantes qui passent l'hiver. La durée de leur vie est d'un an; c'est pourquoi elles ne peuvent exister que sur des Végétaux qui vivent au moins ce laps de temps. Arrivés à la dernière période de leur vie, ces Insectes ressemblent à de petites boules attachées contre une branche et dont la grosseur varie depuis celle d'un grain de poivre jusqu'à celle d'un petit pois; mais le plus grand nombre ressemble à un bateau renversé et leurs couleurs sont assez variées. Ces Animaux attaquent surtout les Arbres fruitiers, et l'on voit quelquefois, au printemps, des Pêchers tellement couverts de ces Kermès oblongs et en petits grains, que leurs branches en sont toutes galeuses. Ce genre se compose d'une vingtaine d'espèces; l'une d'elles est employée en teinture pour faire de l'écarlate, et on en faisait surtout un grand commerce avant la découverte de la Cochenille du Nopal; c'est:

Le KERMÈS DU PETIT CHÉ;NE, Chermes Ilicis, N., Coccus Ilicis, L., Fabr. Femelle sphérique, d'un rouge luisant, légèrement couverte d'une poussière blanche. Elle se fixe sur les tiges et quelquefois sur les feuilles d'une petite espèce de Chêne à feuilles épineuses qui croît dans les parties chaudes de l'Europe méditerranéenne, surtout dans le midi de l'Espagne oû, selon Bory de Saint-Vincent, les pentes de la Sierra Morena en sont couvertes. Beaucoup d'habitans du pays de Murcie n'ont d'autre moyen d'existence que d'y venir récolter le Kermès. Arrivé à son dernier degré d'accroissement, ce Kermès a une couleur rouge brun. Les personnes qui font la récolte de cet Insecte, le considèrent sous trois états différens: dans le premier qui a lieu au commencement du printemps, il est d'un très-beau rouge et enveloppé d'une espèce de coton qui lui sert de nid, il a la forme d'un bateau renversé, Dans le second état,

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le Kermès est parvenu à toute sa croissance, et le cotou qui le couvrait s'est étendu sur son corps sous la forme d'une poussière grisâtre; enfin dans son troisième état qui arrive au milieu ou à la fin du printemps de l'année suivante, on trouve sous son ventre dix-huit cents à deux mille petits grains ronds qui sont les œufs. La récolte des Kermès a quelquefois lieu deux fois dans l'année; ce sont des femmes ordinairement qui vont les arracher avec leurs ongles. On arrose de vinaigre le Kermès destiné pour la teinture, on ôte la pulpe ou poudre rouge renfermée dans le grain, on lave ensuite ces grains dans du vin, et après les avoir fait sécher au soleil, on les lustre en les frottant dans un sac où on les renferme en les mêlant avec une quantité de poudre basée sur le produit de ces grains: leur cherté dépend du plus ou moins de poudre qu'ils rendent. Le vinaigre altère la couleur du Kermès; mais on en use pour détruire sa postérité.

Le KERMÈS OBLONG DU PÈCHER, Chermes Persicœ oblongus, Geoffr., Hist. des Ins., t. 1, p. 506, pl. 10, f. 4; C. Persivœ, Fabr. La femelle est oblongue, très-convexe, d'un brun foncé; le male est d'un rouge foncé, ses ailes sont blanches, plus longues que le corps, bordées extérieurement d'un peu de rouge: son abdomen est terminé par deux filets oblongs entre lesquels est une espèce de queue recourbée en dessous. On le trouve en Europe. Nous renvoyons pour les détails d'organisation et de métamorphoses, au mot COCHENILLE.

On appelle aussi KEBMÈS, en quelques cantons, le Chêne (Quercus coccifera) qui nourrit l'Insecte dont il vient d'être question. (G.)

KERNÈRE ET KERNÉRIE. Kernera. BOT. PHAN. Genre de la famille des Crucifères, établi par Médikus (In Ust. Neu. Ann. 2, p. 42) pour le Myagrum saxatile de Linné, dout De Candolle, à l'exemple de Lamarck, fait une espèce de Cochlearia, employant le nom de le Kernera pour celui de la première section de ce genre. V. COCHLÉARIA.

Ce nom de Kernera a également été donné à d'autres Plantes. Ainsi Willdenow avait fait un genre Kernera du Zostera oceanica de Linné. Mœnch en avait formé un autre sous le même nom du Bidens pilosa. (A. R.)

* KÉROBALANE. Kerobalana.INF. Genre de Microscopiques dont nous proposerons l'établissement dans la famille des Urodiés où cependant il ne peut guère demeurer qu'artificiellement. Les formes des espèces qui le composent sont absolument celles des Urcéolaires. Ce sont de véritables godets, de petits sacs vivans, mais absolument dépourvus de cirres ou d'organes vibratiles quelconques. La privation totale de ces parties les rejette conséquemment parmi les Gymnodés, quand on serait tenté, d'après leur forme, de les placer parmi les Urcéolariés. Cet aspect devrait encore les rapprocher des Bursaires, puisque, de même que ces Animaux, ils présentent dans certaines positions la figure de bourses ouvertes; mais outre que leur corps ne s'allonge jamais à la mauière de celui des Kolpodes et des autres genres voisins, deux appendices en manière de queue ou de cornes ajoutent à la bizarrerie de leur structure. Nous connaissons deux espèces de ce genre où l'on pourra peut-être admettre le Gland cornu de Joblot, quand ce Microscopique aura été revu et mieux examiné. Ces espèces sont le Kérobalane de Müller, Kerobalana Mulleri; N., Vorlicella cirrata, Müll., Inf., pl. 37, f. 18, 19: Encycl., pl. 20, f. 14, 15; et le Kérobalane de Joblot, Kerobalana Jobloti, N., Bourse ou Pot au-Lait, Jobl., Micr., part. 2, p. 67, pl. 68, f. 10. La première vit dans les eaux pures, la seconde dans les infusions de paille de Blé où elle n'est pas fort rare. (B.)

* KÉRODON. Kerodon. MAM. Genre de Rongeurs ainsi nommé par Fr. Cuvier dans son ouvrage sur les ents des Mammifères, où il en a

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fait connaître avec détail le système dentaire. Les dents sont en méme nombre que dans le genre Cobaie, dont le Kerodon se Rapproche à beaucoup d'égards; c'est-à-dire qu'il y a quatre molaires de chaque côté et deux incisives à chaque mâchoire; mais les molaires ont une forme différente. Les supérieures sont toutes semblables entre elles, et sont composées de deux parties triangulaires, réunies du côté externe, et Séparées du côté interne de la dent: chacune de ces parties est entourée de son émail propre, et l'angle de leur réunion forme une échancrure en partie remplie par du cément. A la mâchoire inférieure les molaires sont de même forme qu'à la supérieure, mais elles sont retournées, la portion qui fait le côté externe des unes faisant le côté interne des autres. La première molaire est d'ailleurs formée de trois triangles, et non pas, comme les autres, de deux seulement. Les doigts sont au nombre de trois au membre postérieur, et de quatre à l'antérieur, de même encore que chez le Cobaie; mais les jambes sont proportionnellement plus hautes, les doigts plus gros et plus séparés; et les ongles sont larges, courts, assez aplatis, au contraire de ce qui se voit dans ce genre; en sorte, et c'est un fait remarquable, que les dents et les doigts, quoique identiquement les mêmes, quant au nombre, dans deux espèces qui appartiennent à la même famille, soient néanmoins, sous tous les autres rapports, assez dissemblables pour autoriser leur séparation en deux genres distincts. Du reste, la tête est conique, trè, s-allongée, de forme conique, avec le chanfrein presque tout-à-fait droit; les oreilles sont à peu près hémisphériques et présentent en haut une légère échancrure, mais ressemblent à celles du Cochon d'Inde. Les moustaches, dirigées en arrière, sont d'une longueur si considérable qu'elles dépassent l'occiput. D'autres poils, tnès-longs aussi, quoique bien moindres que les moustaches, mais de même nature, et dirigés de même, naissent de la partie supérieure et surtout de la partie postérieure de l'orbite de l'il; la plante du pied est nue; on apercoit seulement quelques poils très-courts sous les prèmières phalanges des doigts; la quene est comme chez le Cobaie, nulle, du moins à l'extérieur; car il est très-probable qu'il existe, comme dans ce genre, quelques Vertebres coccygiennes.

Le Moco, Kerodon Sciureus. Nous nommerons ainsi l'espèce qui a servi de type au genre, et qui est encore la seule connue; elle est an peu plus grande que le Cochon d'Inde, et a neuf pouces environ de longueur, et quatre pouces et demi de hauteur. Son pelage est gris, plqueté de noir et de fauve en dessus, blanc en dessous et à la règion interne des membres; et enfin, roux sur leurs partiés externe et antérieure, ainsi que sur les parties latérales de la tête, et la face convexe des oreilles; les monstaches sont entièrement noires. L'Amérique meridionale est la patrie dte cette espèce. C'est à Auguste Sàint-Hilaire que nous en devons la counaissance; on ne possédait en effe avant son voyage dans ces contrées que le crane Seulement. Elle paraît cependant ne pas être trés-rare au Brésil, d'un Auguste Saint-Hilaire en a envoyé plusieurs individus au Muséum; Il est connu des naturels du pays et a reçu d'eux le nom de Moco, ainsi que nous l'ont appris les notes du savant voyageur. Nous lui avons conservé ce nom en français comme on l'a vu. Celui de Kerodon Sciureus se rapporte à la nature et au système de coloration de son pelage qui ressemble d'une manière véritablement remarquable à celui de plusieurs espècès d'Ecureuils, soit pour les couleurs, Soit Surtout à cause de l'abondance et méme de la douceur et du moclleux du poil; et la ressemblance est celle sous ce dernier rapport, qu'en touchant une peau de Kérodon on croirait véritablement toucher une fourrure d'Ecureuil. On

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sait que tous les Animaux de la même famille, le Cabiai, le Cochon d'Inde, les Agoutis ont, au contraire, le poil roide, cassant, dur au toucher et très-peu abondant. (IS. G. ST.-H.)

KÉRONE. Kerona. INF. Genre formé par Müller, adopté par Bruguière ainsi que par Lamarck, qui sentit la nécessité d'y réunir les Himantopes du même auteur; ses Caractères sont: corps déprimé, muni de cirres vibratiles Sur l'un de ses côtés ou tout autour, avec des appendices en dentelures aiguillonnées et rigides, ou en manière de soies flexueuses. Les Kérones rentrent conséquemment dans l'ordre des Trichodés et comprennent plusieurs espèces de Trichodes de Müller. Nous en détacherons le Kerona Rostellum de cet auteur, qui, dépourvu d'organes quelconques et de cirres vibratiles, doit être renvoyé dans l'ordre des Gymnodés. Les cornes, appendices en dents de scies et en herses, que losana, naturaliste italien, a donnés à plusieurs des Microscopiques qu'il a récemment figurés Comme des Kolpodes, dans les Mémoires de Turin, nous font supposer que ces Animaux, quand leur existence sèra constatée par de plus amples descriptions et par des dessins moins imparfaits, pourrant bien appartenir au genre qui nous occupe. Les Kérones vivent peu ou point dans les infusions; on les trouve en général dans les eaux douces ou dans l'eau de mer, mais la plupart sont rares. Ce sont de petits Animaux, dont quelques-uns peuvent presque se distinguer à l'œil nu; étranges par leur forme et par les appendices qui les garnissent, agiles, nageant de diverses manières, dont plusieurs présentent quelques rapports d'aspect avec d'imperceptibles Crustacés. L'agitation qu'elles donnent à leurs cirres vibratiles les rend souvent toutes brillantes, et il en est qui semblent former un passage à ces Acalèphes libres ou bien à ces Aphrodites et à ces Amphinomes qui sont munis d'appendices singuliers ou de cils dont les mouvemens décomposent si élégamment les couleurs de la lumière. Nous en connaissons une vingtaine d'espèces distribuées en deux Sous-genres:

† KÉRONES proprement dites, ayant des appendices en aiguillons et en croos, parmi lesquelles nous citerons comme les plus remarquables le Kerona Silurus, Encycl. Vers. III., pl 18, fig. 15–16, toute hérissée en dessus comme une herse; le Kerona Histrio, Encycl., pl. 17, fig. 7–8, qui nage en sautillant; le Kerona Haustrum. Encycl., pl. 17, fig. 17, 11–15, ronde, dont la moitié est d'une transparence vitrée et garnie de cirres vibratiles très-longues et nombreuses, tandis que l'autre est obscure avec cinq ou six cornes; le Kerona rostrata, N., qui était un Tiichode dans Müller et dans l'Encyclopédie, pl 17, fig. 1–3. Elle vit dans l'eau où croît la Lenticule.

†† HIMANTOPES, Himantopus, Müll.; ayant leurs appendices fins et allongés en soies. Les Himantopus Sannio, Encycl., pl. 18, fig. 4, et Ludio, fig. 3, donnent une idée de la forme bizarre de ces Animaux qu'on trouve dans l'eau des marais ou dans celle qui demeure stagnante à l'ombre des grands bois. (B.)

KERPA. BOT. PHAN. V. CERPA.

* KERRIA. BOT. PHAN. On cultive, depuis le commencement de ce siècle, dans les jardins d'Europe, un joli Arbuste dont les fleurs sont jaunes et constamment doubles. Thunberg en a fait une espèce de Corchorus, et c'est Sous le nom de Corchorus japonicus qu'il a été connu pendant plusieurs années, soit dans les jardins, soit dans les livres de botanique. Cependant Smith, dans la Monographie du genre Rubus (in Rees Cyclopœdia) avait rapporté le Corchorus japonicus de Thunberg au Rubus japonicus, L. Possesseur du précieux herbier de Linné, il avait entre ses mains une preuve irréfragable de son assertion. Cette observation n'était pas connue du professeur De Candolle au

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moment où il s'assura par l'analyse que la Plante en question avait ses pétales insérés non sur le réceptacle, mais sur le calice même, et que l'ovaire n'y était pas unique, mais qu'il y était multiple. Il en conclut que ce prétendu Corchorus était une Plante de la famille des Rosacées. Plus tard, ayant été instruit des remarques de Smith, il ne la rangea point dans le genre Rubus ainsi que Linné l'avait fait, parce que ses fruits ne paraissaient nullement destinés à devenir charnus; que, d'ailleurs, son port et la couleur même de sa fleur s'y opposaient trop fortement. Cette dernière considération, ainsi que l'unité des graines de chaque ovaire, lui firent rejeter l'idée de la placer avec les Spirées. En conséquence, il crut nécessaire d'établir un nouveau genre sous le nom de Kerria dont il exposa les caractères suivans (Trans of Linn. Soc., vol. XII, p. 156): calice à cinq lobes ovales, trois obtus et deux terminés par une légère pointe, ayant une estivation imbriquée; cinq pétales orbiculés, insérés sur le calice, et alternes avec ses lobes; environ vingt étamines filiformes insérées sur le calice, à anthères ovées; cinq à huit ovaires libres, glabres, globuleux, chacun renfermant un ovule attaché latéralement et surmontés d'autant de styles; capsules globuleuses (selon Thunberg). Le Kerria japonica, De Cand., est un sous-Arbrisseau qui croît naturellement au Japon, près de Nagazaki et ailleurs. Il est rameux, sans épines, revêtu d'une écorce lisse et verte; ses branches latérales sont courtes et naissent d'un bourgeon écailleux; ses fleurs sont le plus souvent solitaires et pédonculées sur les rameaux; leur couleur est jaune, et elles se montrent extraordinairement disposées à devenir doubles, soit parce que les étamines se changent en pétales, soit parce que les ovaires changent aussi de forme; mais il est à remarquer que ceux-ci ne sont pas complètement transfigurés. Les feuilles de cet Arbuste sont ovales, lancéolées, acuminées, à nervures pennées, et munies sur leurs bords de fortes dents et de dentelures. Cette Plante existe depuis plusieurs années, en pleine terre, à Paris et dans les départemens de l'Ouest où elle a résisté à des hivers très-rigoureux. Elle affectionne les terres légères, et pour offrir une belle végétation, elle doit être exposée au levant.

Dans les Mémoires de la Société Linnéenne de Paris, T. I, p. 25, on lit une note qui fait connaître l'opinion de Desvaux sur le Corchorus japonicus. Sans faire mention du Mémoire de De Candolle, ce botaniste rapporte la Plante en question au genre Spiræa. Cette opinion a été embrassée par Cambessèdes (Ann. des Sc. Natur. T. I, p. 389) qui, dans sa Monographie des Spirées, a constitué la cinquième section de ce genre avec le Kerria japonica. V. SPIRÉE. (G..N.)

KERSANTON, MIN. Nom donné en Bretagne, dans les environs de Brest, à un Granite siénitique noirâtre, à petits grains, et susceptible d'un beau poli. L'Amphibole est d'un noir grisâtre; le Quartz blanchâtre; le Mica brun; le Feldspath est peu abondant. Cette roche est facile à tailler, et s'emploie dans la sculpture et la décoration des monumens. Elle est solide et inaltérable. De Cambry en a cité une carrière aux environs de Saint-Pol; mais Bigot de Morogues prétend qu'on ne la trouve qu'en morceaux roulés sur le bord de la mer. (G. DEL.)

KERUA. BOT. PHAN. V. CERUA.

* KESMESEN, BOT. PHAN. V. ACACALIS.

KESSUTH. BOT. PHAN V. CHARATH et CHASUTH.

* KETMIA. BOT. PHAN. (De Candolle.) V. KETMIE.

KETMIE. Hibiscus. BOT. PHAN. Genre très-nombreux de la famille des Malvacées, et de la Monadelphie Polyandrie, L., qui peut être ainsi caractérisé: ses fleurs sont environnées

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d'un calicule polyphylle, très-rarement composé d'un petit nombre de folioles soudées entre elles. Le calice est monosépale, à cinq divisions; la corolle formée de cinq pétales, quelquefois auriculés d'un seul côté à leur base. Les étamines forment un long tube central. Les pistils sont au nombre de cinq; ils finissent par se souder et par former une capsule à cinq loges polyspermes, rarement monospermes, s'ouvrant en cinq valves septifères sur le milieu de leur face interne. Ce genre est voisin du Malvaviscus qui en diffère surtout par son fruit charnu. De Candolle (Prodr. Syst. 1, p. 446) en mentionne cent dix-sept espèces, originaires de toutes les contrées chaudes du globe et qu'il divise en onze sections. Ce genre offrant un grand nombre d'espèces intéressantes, soit par leurs usages, soit à cause de la beauté de leurs fleurs, nous allons faire connaître les caractères abrégés des sections établies par De Caudolle, en indiquant les espèces curieuses que chacune d'elles renferme.

1°. CREMONTIA. Pétales de la corolle roulés, non auriculés; loges du fruit polyspermes. KETMIE A FLEURS DE LIS, Hibiscus liliiflorus, Cavan., Diss. 3, p. 154, tab. 57, fig. 1. Cette belle espèce, originaire des forêts montueuses de l'île de Mascareigne, est vivace; ses feuilles sont lancéolées, oblongues, entières, rarement trifides. Ses fleurs sont grandes, rouges ou jaunes, pédonculées et groupées vers le sommet de la tige; sa corolle est évasée et ses pétales sont velus et tomenteux extérieurement.

2°. PENTASPERMUM. La corolle est étalée; les loges de la capsule sont monospermes. Dans cette section, on trouve les Hibiscus ovatus, hastatus acuminatus de Cavanilles, l'Hibiscus Pentacarpon de Linné qui croît en Toscane et aux environs de Venise.

3°. MANIHOT. Loges de la capsule polyspermes; involucelle composé de quatre à six folioles; graines glabres; calice à cinq dents, se fendant longitudinalement d'un seul côté.—L'Hibiscus Manihot, L., Cavan., loc. cit., tab. 63, fig. 2, ainsi nommé à cause de ses feuilles lobées, assez semblables à celles du Manihot, croît dans l'Inde et dans l'Amérique méridionale. Sa tige est dressée, ses feuilles sont glabres, divisées en cinq ou sept lobes acuminés, glossièrement dentées; ses fleurs sont déclinées.

4°. KETMIA. Loges du fruit polyspermes; graines glabres; corolle étalée; involucre de cinq à sept folioles; calice à cinq lobes, ne se fendant pas longitudinalement. Cette section nous offre deux espèces très-souvent cultivées dans les jardins. L'une, Hibiscus Syriacus, L., Cavan., loc. cit., est originaire de la Syrie et de la Carniole. C'est un Arbrisseau haut de huit à dix pieds, portant des feuilles obovales, cunéiformes, à trois lobes dentés, des fleurs très-grandes, tantôt blanches, tantôt roses ou panachées, simples ou doubles; ces fleurs ont un calicule formé de six à sept folioles. Cette espèce se cultive en pleine terre sous le climat de Paris. L'autre, Hib. Rosa-sinensis, est une espèce charmante qui nous vient de l'Inde et qu'on cultive en abondance dans les serres. Sa tige est ligneuse; ses feuilles ovales, acuminées, glabres, luisantes, entières à leur partie inférieure, très-profondément dentées à leur partie supérieure. Les fleurs sont solitaires, très-grandes, ordinairement d'une belle couleur ponceau, quelquefois blanches ou même jaunes, simples ou doubles.

5°. EURCARIA.Les carpelles sont polyspermes; les graines glabres; les folioles de l'involucelle sont bifurquées au sommet, ou munies d'une grosse dent latérale. A cette section appartiennent les Hibiscus furcatus, Roxb.; scaber, Michx.; bifurcatus, Cavan., tab. 51, fig. 1, etc.

6°. ABELMOSCHUS. Carpelles polyspermes; graines glabres ou marquées d'une ligne velue sur leur dos; corolle étalée; involucelles composés de huit à quinze folioles entières. Cette section est fort nombreuse. De Candolle y rapporte trente-cinq es-

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pèces. Parmi ces espèces, nous remarquerons les deux suivantes:

La KETMIE COMESTIBLE, Hibiscus esculentus, L., Cavan., Diss. 3, tab. 61 fig. 2. Cette espèce, connue sous le nom vulgaire de Gombo, est annuelle. Elle croît dans les deux Indes où elle est cultivée avec soin, parce qu'on emploie ses fruits mucilagineux dans le Calalou. V. ce mot. Ses tiges sont dressées, cylindriques, Velues, hautes de deux à trois pieds. Ses feuilles sont cordiformes, à cinq lobes obtus et dentés, portées sur des pétioles plus longs que les fleurs. Celles-ci sont axillaires, solitaires, courtement pédonculées; leur corolle est mélangée de jaune et de pourpre. Ses fruits, parvenus à leur maturité, sont des capsules pyramidales, longues de trois à quatre pouces, terminées en pointe un peu recourbée à leur sommet, marquées de dix sillons longitudinaux séparés par autant de crêtes saillantes qui se fendent suivant leur longueur et dont les bords se roulent en dehors.

L'ABELMOSCH OU AMBRETTE, Hibiscus Abelmoschus, L., Cavan., loc.cit., 3, tab. 62, fig. 2, ressemble beaucoup à la précédente pour le port; mais sa tige est ligneuse et sous-frutescente à sa base; ses feuilles sont presque peltées, cordiformes, à sept lobes acuminés et dentés; sa tige est hispide; ses fleurs sont portées sur des pédicelles plus longs que les pétioles; sa capsule est velue; ses graines sont petites, réniformes, exhalant une odeur très-agréable de musc et d'ambre. On les emploie dans la parfumerie. L'Abelmosch croît naturellement dans l'Inde. On le cultive aux Antilles.

C'est encore à cette section qu'appartiennent l'H. palustris, L., fort belle Plante des marais de l'Amérique septentrionale, et l'H. roseus découvert par Thore, qui ressemble beaucoup à l'H. palustris, L., et qui est particulier aux bords de l'Adour, dans le département des Landes.

7°. BOMBICELLA. Carpelles polyspermes; graines couvertes d'un duvet lanugineux; corolle le plus Souvent étalée; calicule de cinq à dix folioles. Tels sont les Hibiscus gossypinus, Thunb.; Hib. micranthus, Hib. clandestinus de Cavanilles, etc.

8°. TRIONUM. Carpelles polyspermes; graines glabres; corolle étalée; involucre polyphylle; calice devenant vésiculeux et renflé. Dans cette section, nous ne trouvons que l'Hibiscus Trionum, L., Cavan., loc. cit. 3, tab. 64, fig. 1, qui croît en Italie et en Carniole, et l'Hib. vesicarius, Cav., tab. 62, fig. 2, originaire d'Afrique.

9°. SABDARIFFA. Loges de la capsule polyspermes; graines glabres; involucelle monophylle multidenté; Plantes herbacées et aunuelless Cette section a pour type l'Hibiscus Sabdariffa, L., Cavan., loc. cit. 3, tab. 198, fig. 1, vulgairement connue sous le nom d'Oseille de Guinée, parce que ses feuilles ont la saveur acidule de notre Oseille.

10°. AZANA. Cette section ne diffère de la précédente que par ses tiges arborescentes. Parmi ses espèces, on compte les Hibiscus tricuspis, Cavan., tab. 55, fig. 2; .Hib. circinnatus, Willd.; Hib. elatus, Swartz, etc.

11°. LAGUNARIA. Involucre presque nul ou composé d'une seule foliole. Ici se rapporte le genre Lagunœa de Sims et de Ventenat, sous le nom d'Hibiscus Patersonii. Cette espèce est originaire de l'île de Norfolck.

L'Hibiscus populneus, L., est devenu le type du genre Thespesia de Corréa et de De Candolle. V. ce mot. (A. R.)

* KETUPA. OIS. V CHOUETTE, Sous-genre HIBOUX. (B.)

KEURA. BOT. PHAN. L'Arbre décrit sous le nom de Keura odorifera par Forskahl (Flor. Ægypt. Arab., p. 172) est le même que le Pandanus odoratissimus, L. fils. V. VAQUOIS. (G..N.)

KEVEL. MAM. Espècè d'Antilope. V. ce mot. (B.)

KEVEL. MIN. On désigne sous ce nom en Angleterre, ainsi que sous

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celui de Cawk, un Minéral composé de sullate de Baryte, de carbonate et de fluate de Chaux, et qui sert le plus souvent de gangue au minerai de Plomb du Derbyshire. (G.. N.)

* KEWER. BOT. PHAN. V. CAHOUAR.

KHACHYR. BOT. PHAN. (Delile.) Syn. arabe d'Echinops spinosus, L. V. ÉCHINOPE. (B.)

* KHAMOUN OU KEMUM. BOT. PHAN. Même chose que Camium. V. ce mot. (B.)

KHAR-KHAFTY. BOT. PHAN. (Delile.) Forskahl écrit Garghafti. L'Orme en Égypte, où on le cultive dans quelques jardins, mais où il s'élève à peine à la hauteur d'un Arbrisseau. (B.)

* KHATMYCH. BOT. PHAN. (Delile.) Même chose que Chatmiæ. V. ce mot. (B.)

KHOULAN. MAM. V. CHOULAN.

KHYSARAN. BOT. PHAN. (Delile.) V. CHAISARAN.

KIAI-TSAI. BOT. PHAN. Même chose que Cay-Cu. v. ce mot. (B.)

KIAMBEAU. BOT. PHAN. V. CIAMBAU.

* KIAMPTAL. BOT. PHAN. V.CIAMPTAL.

KIANGITCH OU KIANGUITS. OIS. Noms kamtschadales d'une espèce de Canard, Anas hytmalis, L., qui signifient également Diacre, et qui ont été appliqués à l'Oiseau qui les porte par l'espéce de ressemblance qu'on trouve entre leur chant et celui des Diacres russes, V. AANGA. (B.)

KIATI. BOT. PHAN. V. CIATI.

KIBERA. BOT. PHAN. Cette dénomination avait été employée par Adanson (Fam. des Plantes, T. II, p. 417) pour un genre particulier établi aux dépens du Sisymbrium de Linné. Le professeur De Candolle s'en est servi pour désigner la cinquième section qu'il a établie daqs celui-ci (Syst. Veget. nat., vol. II, p. 477) V. SISYMBRE. (G..N.)

KIÉBOUL. BOT. PHAN. V. ClÉBOUL.

KIEL. BOT. PHAN. (Rumph, Amb. T. IV, pl. 65.) Arbrisseau laiteux des Moluques, dont le suc est employé dans la teinture et qui, malgré qu'il ait été figuré, n'est pas encore bien connu. (B.)

* KIÉSELGUHR. MIN. (Klaproth, Annal. Chim. T. v.) Minéral que ce chimiste avait reçu sous le nom de Cendre volcanique de l'Ile-de-France. Il est d'un blanc grisâtre ou jaunátre, friable et terreux, tendre au toucher et happant à la langue. Sa pesanteur spécifique est de 1, 37. Il est composé de Silice, 72; Eau, 21; Alumine, 2, 5; Fer oxidé, 2, 5. Il se rapproche beaucoup du Tuf du Geiser, dont il ne diffère que par une proportion d'eau plus considérable.

KIESELKUPFER, John (Recherech. Chim. T. II, p. 252). V. CUIVRE HYDRO-SILICEUX.

KIESELMALACHIT, Hausmann (T. III, p. 1029). Variété de Cuivre dioptasique, composée de vingt-deux parties de Silice; cinquante-quatre d'Oxide de Cuivre; et vingt-quatre parties d'Eau.

KIESELCHIEFER. Syn. du Jaspe schisteux de Brongniart, ou Phtanite d'Haüy.

KIKSELSINTER et KIESELTUFF, Tuf du Geiser, Quartz-Agathe concrétionné, Thermogène, Haüy. Variété de l'Opale hyalite, Beudant. (G. DEL.)

* KIÉSELSPATH. MIN. Nom d'un Minéral décrit par Hausmann, et qui a, selon ce minéralogiste, un tissu feuilleté semblable à celui du Feldspath. Ses parties se séparent en grains; il est transparent et offre un éclat intermédiaire entre ceux du Verre et de la Nacre. D'apirés l'analyse qu'en a faite Stromeyer, il est composé de Soude, 0, 09; d'Alumine, 0, 20; de Silice, 0, 70, et de quelques traces de Chaux, de Fer et de Manganèse. Ce Minéral a été trouvé prés

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Chesterfield, dans le Massachussets, Etats-Unis d'Amérique. (G.)

KIGGELLAIRE. Kiggellaria.BOT. PHAN. Genre établi par Linné, placé par De Candolle dans la famille des Flacourtianées, mais qui a d'une autre part des rapports avec les Samydées. Ses fleurs sont dioiques; les mâles sont pédonculécs et disposées par faisceaux ou bouquets. Leur calice est concave à dix divisions très-profondes, cinq intérieures plus minces et comme pé taloïdes, offrant à leur base une petite lamelle épaisse et glanduleuse, qui provient d'un disque périgyne tapissant le fond du calice; étamines au nombre de dix à vingt, dressées, placées sur deux rangs circulaires à la base des divisions calicinales; leurs filets sont très-courts; leurs anthères presque cordiformes, à deux loges, s'ouvrant par un petit orifice terminal. Dans les fleurs femelles qui sont pédonculées, solitaires à l'aisselle des jeunes rameaux, le calice et le disque sont les mêmes que dans les fleurs mâles; l'ovaire est globuleux, sessile, uniloculaire, contenant des ovules attachés à cinq trophospermes pariétaux. Ces ovules, qui sont pendans, sont au nombre de deux à trois pour chaque trophosperme. Les styles sont au nombre de cinq ou de deux, terminés chacun par un stigmate bifide. Le fruit est une capsule globuleuse, coriace, s'ouvrant par sa partie supérieure en cinq valves épaisses, inégales, soudées entre elles par leur base, et portant chacune sur le milieu de Leur face interne deux ou trois graines dont quelques-unes avortent fréquemment. Ces graines sont irrégulières et anguleuses, charnues extérieurement, et se composent d'un endosperme blanc et charnu, renfermant un embryon dont la radicule est inférieure, assez longue et cylindrique, et les deux cotylédons planes et courts.

Ce genre ne se compose que de deux espèces, originaires l'une et l'autre de l'Afrique méridionale. L'une, Kiggellaria africana, L., Sp., Lamk., Ill., t. 821, est un Arbuste ayant les feuilles dentées en scie, presque glabres à leur face supérieure; les fleurs mâles à dix étamines, les femelles à cinq styles. La seconde, Kiggellaria integrifolia, Jacq., Coll., 2, p. 296, Ic. rar., t. 628, qui croît au cap de Bonne-Espérance, a ses feuilles entières, velues des deux côrtés; des fleurs mâles à vingt étamines et des fleurs femelles dont l'ovaire porte seulement deux styles. (A. R.)

* KIGGELLARIÉÉS. Kiggellarieœ. BOT. PHAN. De Candolle (Prodr. Syst., I, n. 257) appelle ainsi sa troisième tribu de la famille des Flacourtianées; composée des genres Kiggellaria, Melicytus et Hydnocarpus. V. FLACOURTIANÉES. (A. R.)

KIKI. BOT. PHAN. V. CICI.

KILLAS. MIN. Nom donné par les mineurs du Cornouailles à un Schiste argileux plus ou moins fissile, et suivant Brongniart, à toutes les roches fissiles de ce pays, qui contiennent les filons de Cuivre et d'Etain.

(G. DEL.)

KILLINGA. BOT. PHAN. Ce genre d'Ombellifères, formé par Adanson (Fam. des Plant., 2, p. 31), est le même que l''Athamantha de Linné. V. ce mot. (G.. N.)

KILLINGE. BOT. PHAN. Pour Kyllingie. V. ce mot.

* KILLINITE OU KILLÈNITE. MIN. (Taylor.) Substance d'un vert pâle, mélé de brun ou de jaune, ayant un éclat vitreux, une structure lamelleuse, donnant par le clivage un prisme quadrangulaire d'environ 135. Elle est fusible au chalumeau. Sa pesanteur spécifique est 2, 70. Elle est composée, d'après le docteur Barker: de Silice, 52, 49; Alumine, 24, 5o; Potasse, 5, 00; Oxide de Fer, 2, 49; Oxide de Manganèse, 0, 75; Eau, 5, 00; Chaux et Magnésie, 0, 50. On la trouve dans des veines de Granité qui traversent le Micaschiste, à Killiney, près de Dublin en Irlande. Elle y est associée au Triphané, avec

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lequel elle a quelque analogie d'aspect. (G. DEL.)

KINA. BOT. PHAN. Rhéede (Hort. Malab.) et Hermann (Mus. Zeyl.) ont décrit, sous ce nom vulgaire à Ceylan, un Arbre d'où découle une gomme blanche, transparente et sans odeur Si, comme Rhéede l'indique, cet Arbre était son Tsjerou-Panna, on devrait le rapporter au Calophyllurn Calaba. Burmann (Thes. Zeyl.) a aussi fait mention d'un Kine qu'il a placé dans le genre Inophyllum, qui est le même que le Calophyllum, V. CALOPHYLLE.

Plusieurs auteurs ont écrit KINA pour Quinquina. V. ce mot. (G..N.)

* KININE. CHIM. V. QUININE.

* KINIQUE. CHIM. V. ACIDE.

KINKAJOU. Potos. MAM. Genre de Carnassiers Plantigrades, ayant aussi quelques rapports, par ses caractères zoologiques, soit avec les Singes et les Makis, soit avec plusieurs Insectivores, soit même avec certaines Chauve-Souris, et qui mériterait, suivant Fr. Cuvier, à cause des combinaisons remarquables des caractères qu'il présente, de constituer à lui seul un ordre particulier. Son système dentaire n'est pas tout-àfait celui des Carnassiers; il est encore moins celui des Quadrumanes, mais il tient de l'un et de l'autre. Les incisives sont, comme chez les Carnassiers, au nombre de six à l'une et à l'autre mâchoire, et les canines au nombre de deux. Il y a cinq molaires de chaque côté et à chaque mâchoire. Les deux premières, séparées des canines par un petit intervalle, sont, aux deux mâchoires, petites et à une seule pointe: ce sont de véritables fausses molaires. Les trois dernières ont la couronne tuberculeuse; celle du milieu est la plus grande à la mâchoire supérieure. A l'inférieure, toutes les trois sont de forme elliptique: la première présente deux pointes, mais les autres n'offrent qu'une, surface unie, et elles sont opposées couronne à couronne. Les quatre pates sont pentadactyles; et chaque doigt est terminé par un ongle un peu crochu et très-comprimé. Le pouce est beaucoup plus court que les autres doigts, aux pieds, de derrière; le troisième et le quatrième sont les plus allongés. Aux pieds de devant, les trois doigts du milieu sont à peu près de même longueur; les deux latéraux sont les plus courts. La queue, couverte de poils dans toute son étendue, est longue et susceptible de s'enrouler autour du corps; ce qui a suffi pour porter quelques naturalistes à rapprocher le Potto des Quadrumanes, parce que c'est principalement parmi les Singes que l'on trouve des espèces à queue prenante; mais ce rapprochement, motivé d'ailleurs à quelques égards, ne l'est nullement sous ce point de vue; car ce même caractère d'une queue prenante se retrouve, quoique beaucoup plus rarement à la vérité, dans plusieurs familles, comme chez les Rongeurs, les Marsupiaux et les Carnassiers eux-mêmes. La tête est globuleuse; les yeux sont grands, les oreilles très-simples, sans lobule, de forme à peu près demi-circulaire; les narines ouvertes sur les côtés d'un mufle; la langue, très-douce, est d'une longueur considérable; les mamelles sont inguinales et au nombre de deux. Le poil est touffu et généralement laineux.

Ce genre est formé d'une seule espèce, placée d'abord par la plupart des auteurs systématiques parmi les Viverra, sous le nom de Viverra caudivolvula, par quelques autres zoologistes parmi les Makis. Cuvier est le premier qui en ait formé, sous le nom de Kinkajou, un genre particulier auquel Geoffroy Saint-Hilaire a donné le nom latin de Potos. Les noms de Cercoleptes et de Caudivolvulus ont depuis été donnés au même genre, l'un par Illiger, l'autre par Duméril et Tiedemann.

Le KINKAJOU POTTOT, Potos caudivolvulus, Geoffr. St.-H., est à peu près de la taille de notre Chat domes-

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tique. Il est généralement d'un roux vif en dessous et à la face interne des quatre jambes, d'un roux brun à leur face externe et en dessus; les pates et l'extrémité de la queue sont même presque tout-à-fait brunes. Le tour de la bouche est couvert aussi de quelques poils bruns. Au reste la coloration de cette espèce est assez variable: il y a des individus beaucoup plus clairs que celui d'après lequel nous avons fait notre description; et il en est chez lesquels une portion de la pate postérieure, et particulièrement le troisième et le quatrième doigt, sont de couleur fauve; chez d'autres on distingue sous la gorge quelques taches de couleur plus claire que le fond du pelage.

Le Potto habite de préférence les contrées solitaires; c'est nu Animal noeturne, d'une démarche lente, qui se tient habituellement sur les Arbres, en s'aidant de sa queue qu'il enroule autour d'une branche. Elle paraît en effet avoir beaucoup de force, et il l'emploie souvent, dit-on, pour tirer des fardeaux assez considérables. Il atteint avec beaucoup de dextérité de petits Animaux dont il fait sa proie, et il est même à redouter pour les Oiseaux de basse-cour, qu'il saisit sous l'aile, et dont il boit le sang avec une grande avidité, suivant les récits des voyageurs. Il est cependant bien, loin dêtre uniquement carnivore; il se nourrit volontiers de matières végétales; il aime beaucoup aussi le miel, et détruit pour s'en procurer un grand nombre de ruches, d'ou le nom d'Ours des ruches ou d'Ours du miel, qu'il porte dans quelques provinces. Il habite l'Amérique méridionale, et il paraît même qu'il existe aussi dans la partie méridionale de l'Amérique du nord. Il se trouve abondamment répandu en plusieurs lieux, et il est bien connu des Américains, dont il a reçu divers noms, tels que ceux de Cuchumbi et de Manaviri. (IS. G. ST. -H.)

KINKINA. BOT. PHAN. Pour Quinquina. V. ce mot. (B.)

KINNA. BOT. PHAN. (Dioscoride.) V. ClNNA.

KINO. BOT. PHAN. V. OTHÉROCERNE.

KIODOTE. MAM. V. ROUSSETTE.

KIOLO. OIS Espèce du genre Gallinule. F ce mot. (B.)

* KIRACAGUERO. BOT. PHAN. V. CURARE.

KIRGANELLI, BOT. PHAN.(Rhéede, Malab. T. tab. 15.) Même chose que Bujan-an-Valli. V. ce mot. (B.)

KIRGANELIA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Euphorbiacées, et de la Monœcie Pentandrie, L., caractérisé par des fleurs monoïques à calice quinquéparti. Dans les mâles on trouve cinq étamines, dont deux plus courtes que les autres et dont les filets sont soudés en une colonne: dans les femelles un ovaire, entouré à sa base d'un petit disque quinquélobé et surmonté de trois styles profondément bipartis, à trois loges biovulées. Le fruit est une baie trilooculaire, et c'est là ce qui distingue ce genre du phyllanthus avec lequel il a du reste les plus grands rapports, Il comprend plusieurs Arbrisseaux à feuilles pinnatifides et à fleurs fasciçulées. (A. P.J.)

* KIRGHISITE. MIN. Nom donné par Treuller à un Minéral verdâtre à cassure vitreuse, rayant le Quartz, pesant spécifiquement 3, 7. On le trouve en Cristaux maclés dans le pays des Kirghis. (G. DEL.)

* KIR-MYSCHAK. MAM. Nom de pays du Chaus, espèce de Chat. V. ce mot. (B.)

* KIRSCHEN - WASSSR. BOT. PHAN. Eau-de-vie obtenue des Cerises par la distillation. V. CERISIER. (B.)

KISKIS. QIS. Espèce du geure Mésange. V. ce mot. (B.)

* KISIT. MOLL. Dénomination sous laquelle Adanson (Voy. au Sénég., p. 192, pl. 13) a désigné une petite espèce de Nérite marine que Linné a

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nommée Nerita Magdalenæ, parce qu'elle se trouve surtout aux environs des îles Magdeleine. (D..H.)

KITAIBELIE. Kitaibelia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Malvacées et de la Monadelphie Polyandrie, établi par Willdenow (Nov. Act. Scrut. Ber., 2, p. 107, t. 4, f. 4) el qui présente pour caractères: un calice environné d'un calicule monophylle à sept ou neuf lobes; une corolle évasée, formée do cinq pétales soudés par la base; des capsules globuleuses, monospermes, réunies en capitule.

Ce genre se compose d'une seule espèce, Kitaibelia vitifolia, Willd., Waldst. et Kit., pl. Hung. 1, p. 29, t. 31. Cette Plante vivace, qui croît en Hongrie et que l'on cultive dans les jardms, a ses tiges droites, hautes de deux à trois pieds, cylindriques, striées, couvertes de poils blancs: ses feuilles alternes, pétiolées, cordiformes, velues sur les deux faces, à cinq ou sept lobes aigus et dentés. Les fleurs sont blanches, axillaires, solitaires ou géminées, portées sur des pédoncules simples. Les capsules sont noirâtres et hérissées. Ce genre est très-voisin des Mauves et des Guimauves dont il diffère surtout par la disposition de ses capsules qui sont groupées en capitule et non réunies circulairement comme dans les deux autres genres. (A.R.)

KITRAN ET CHITRAM. BOT. PHAN. V. AlKITRAN.

KLAAS. OIS. (Levaillant.) Espèce du genre Coucou. V. ce mot. (B.)

* KLAPROTHIE. Klaprothia. BOT. PHAN. Genre nouvellement constitué par Kunth (in Humb. et Bonpl. Nov. Gener. T. VI, p. 123, tab. 537) qui l'a dédié à la mémoire du célèbre chimiste Klaproth et l'a placé dans la famille des Loasées. Il appartient à la Polyandrie Monogynie, L., et ses caractères sont les suivans: calice supère, persistant, à quatre divisions profondes, ovales et égales entre elles; quatre pétales insérés sur le limbe et plus longs que lui, concaves et légèrement onguiculés; étamines nombreuses, ayant la même insertion que les pétales; les unes par faisceaux de quatre ou de cinq, opposées aux pétales, et fertiles; les autres par cinq, opposées aux divisions calicinales, stériles, poilues, dilatées en membrane au sommet, et irrégulièrement lobées; anthères biloculaires, émarginées de chaque côté; ovaire presque turbiné, uniloculaire, renfermant quatre ovules pendans, surmonté d'un style quadrifide au sommet; baie à trois ou quatre graines. Ce genre tient le milieu entre le Loasa et le Mentzelia; il se distingue du premier par la structure de l'ovaire, du second par ses étamines extérieures stériles, de l'un et de l'autre, par le nombre des parties de la fleur, ainsi que par la forme des étamines stériles.

Le Klaprothia mentzelioides, unique espèce du genre, est une Plante herbacée, volubile, à rameaux couverts de gros poils rebroussés. Ses feuilles sont opposées, dentées et hérissées. Les fleurs, en petit nombre, de couleur blanche et accompagnées de bractées, sont portées sur des pédoncules terminaux qui deviennent axillaires et presque dichotomes. Cette Plante croît dans les Andes de Quindiu, près de Los Volcancitos, dans l'Amérique méridionale. (G..N.)

KLAPROTHITE. MIN. Lazulith de Klaproth; Azurite, Tyrolite, Woraulite. Substance bleue, cristallisant en prisme droit rhomboïdal d'environ 121*deg; 30; rayant la Chaux phosphatée; pesanteur spécifique, 3, 0; infusible. Elle paraît être un mélange de phosphate d'Alumine, avec du phosphate de Magnésie et du phosphate de Fer. L'analyse de Fuchs a donné: Acide phosphoriqne, 41, 81; Alumine, 35, 73; Magnésie, 91, 34; Oxide de Fer, 2, 64; Silice, 2, 10; Eau, 6, 06. On la trouve dans des veines de Quartz traversant le Micaschiste ou le Gneiss, à Worau eu Styrie, ou à Werfen dans le pays de Salzbourg. (G.DEL.)

TOME IX. 9

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* KLAPTMUTSEN. BOT. CRYPT. (C. Bauhin.) Syn. de Sargassum bacciferum. (B.)

* KLEBSCHIEFER. MIN. Nom donné par Werner à l'Argile schisteuse happante de Ménil-Montant, au milieu de laquelle se trouve la Ménilite. (G. DEL.)

KLEINHOFIE. BOT. PHAN. Pour Kleinhovie. V. ce mot.

KLEINHOVIE. Kleinhovia. BOT. PHAN. Genre de la famille naturelle des Byttnériacées, auparavant placé parmi les Malvacées, dont les caractères sont: un calice à cinq divisions profondes; une corolle de cinq pétales, dont un plus long que les autres est échancré à son sommet; des étamines monadelphes formant un urcéole, divisé en cinq branches portant chacune trois anthères; chacune de ces branches est placée devant un des pétales. L'ovaire est stipité à cinq côtes et à cinq loges contenant quatre ovules. Le style est simple, terminé par un stigmate crénelé. Le fruit est une capsule turbinée, renflée, vésiculeuse, à cinq loges monospermes par avortement. Les graines sont globuleuses; elles contiennent un embryon dont les cotylédons sout roulés en spirale autour de la radicule.

Le Kleinhovia hospita, L., Cav., Diss. 5, p. 188, t. 146, est la seule espèce de ce genre. C'est up Arbre de moyenne grandeur, qui croît naturellement aux Moluques, à Java, aux Philippines, et que Rumph a décrit et figuré sous le nom indien de Cati-Marus. Ses feuilles sont alternes, pétiolées, cordiformes, acuminées, entières et veinées; ses fleurs sont purpurines et disposées en grappes axillaires ou terminales. (A. R.)

KLEINIE. Kleinia. BOT. PHAN. Trois genres différens ont successivement porté ce nom. Ainsi Linné nomma d'abord Kleinia un genre que plus tard il appela Cacalia, nom qui a été adopté par tous les botanistes. Jacquin en 1763 appliqua le nom de Kleinia au genre Porophyllum de Vaillant, qui avait d'abord été conservé sous ce nom par Linné. Jussieu (Ann. Mus., 2, p. 424), pensantavec juste raison que le genre établi par Vaillant devait conserver le nom de Porophyllum, se servit du nom de Kleinia pour désigner un genre nouveau de la famille des Synanthérées. Cependant Persoon, se rangeant à l'avis de Willdenow, nomma Jaumea le genre de Jussieu. Néanmoins nous pensons que c'est ce dernier genre qui doit seul retenir le nom de Kleinia. Voici ses caractères: les capitules sont globuleux; leur involucre est hémisphérique, composé de grandes écailles obtuses, imbriquées et disposées sur trois rangs. Le réceptacle est nu; tous les fleurons sont hermaphrodites et réguliers. Les fruits sont couronnés d'une aigrette courte, sessile et plumeuse.

Ce genre se compose d'une seule espèce, Kleinia linearifolia, Juss., Ann. Mus., 2, p. 424, t. 61, f. 1. Petit Arbuste à feuilles opposées, linéaires, connées par la base, simples, entières, portant des capitules terminaux et solitaires dont les fleurs sont jaunes. Cette Plante a été recueillie par Commerson vers l'embouchure du fleuve de la Plata. Le genre Kleinia doit être placé dans les Tagétinées. (A.R.)

* KLEINIEN. POIS. Espèce de Baliste. V. ce mot. Ce nom a été donné à quelques autres Poissons comme spécifique. (B.)

KLEISTAGNATHE. Kleistagnatha. CRUST. Fabricius désigne ainsi son neuvième ordre de la classe des Insectes; il correspond à la plus grande partie des Crustacés Décapodes que Latreille nomme Brachyures. V. ce mot. (G.)

* KLETHRA. BOT. PHAN. Ce nom employé par Théophraste pour désigner l'Aune, est devenu la racine du nom d'un genre de la famille des Ericinées. V. CLÉTHRE. (B.)

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KLINGSTEIN. MIN. Syn. de Phonolithe. V. ce mot. (G. DEL.)

* KLIP-DASS. MAM. C'est-à-dire Blaireau de Rocher. V. DAMAN. (B.)

* KLIP-SPRENGER. MAM. Même chose que Gazelle sautante. V. ANTILOPE. (B.)

KLOMIUM. BOT. PHAN. Ce genre; établi par Adanson dans les Carduacées, n'a pas été adopté. (G..N.)

KLOPODE. Klopoda. INF. Dans le Dictionnaire de Déterville ce nom est employé pour Kolpode. V. ce mot. (B.)

* KLUKIA. BOT. PHAN. Le professeur De Candolle (Syst. Veget. nat., vol. II) mentionne un genre établi sous ce nom par Andreziowski, aux dépens du Sisymbrium de Linné. Des quatre espèces dont il est composé, trois entrent dans la cinquième section dont Adanson avait autrefois formé son Kibera; ce sont les Sisymbrium supinum, polyceratium et rigidum. L'autre est le Sisymbrium officinale, D. C., ou Erysimum officinale, L., Ce genre ne paraît pas devoir être adopté, V. SISTMBRE. (G..N.)

KNAPPIA. BOT. PHAN. (Smith.) V. CHAMAGROSTIDE.

KNAUTIE. Knautia. BOT. PHAN. Linné établit ce genre de la famille des Dipsacées, et de la Tétrandrie Monogynie, sur des Plantes que Vaillant réunissait au Scabiosa. Adopté par Jussieu, il présente les caractères suivans: calice propre double l'un et l'autre supére, l'extérieur dentelé ou presqu'entier, l'intérieur nrcéolé très-petit, cilié ou plumeux sur son bord; corolle dont le tube est oblong, le limbe à quatre lobes inégaux, l'extérieur plus grand; quatre étamines; stigmate bifide; akène couronné par le calice cilié ou plumeux; calice commun ou involucre renfermant un petit nombre de fleurs égales entre elles, cylindrique, composé de folioles conniventes disposées sur un seul rang; réceptacle petit, velu; fleurs terminales. Dans son Mémoire sur les Dipsacées, Th. Coulter a retiré de ce genre les espèces linnéennes, dont le calice est aigretté sur son bord, et il en a formé le genre Pterocephalus. V. ce mot. D'un autre côte, il y a fait entrer le Scabiosa arvensis, L., qui avait été constitué par Schrader (Cat. Sem. Gott. 1814) en un genre distinct sous le nom de Trichera.Ainsi réformé, le genre Knautia est composé des espèces suivantes: 1° K. orientalis, L., espèce assez jolie qui croît dans l'Orient et que l'on cultive dans les jardins de botanique; 2° Kn. propontica, L.; 3° Kn. Urvillœi, Coult., espèce nouvelle, découverte par d'Urville dans l'île de Léros, et que ce savant navigateur (Enum. 14, n. 119) avait confondue avec le Kn. orientalis;Kn. arvensis, Coult., ou Scabiosa arvensis, L. Cette espèce est subdivisée en quatre variétés qui comprennent plusieurs Scabieuses des auteurs; telles sont entre autres les Sc. canescens, Balb.; integrifolia, L.; pubescens, Willd.; bellidifolia, Lamarck; sylvatica, L.; longifolia, Waldst. et Kit., etc., etc.; 5° Knautia hybrida, Coult., ou Trichera hybrida, Rœm. et Schult. (G.. N.)

KNAVEL ET KNAVELLE. BOT. PHAN. Ces noms allemands, proposés par quelques botanistes français pour le genre Scléranthe, désignent dans Boerhaave le genre nommé Velezia par Linné et par les botanistes. V. VÉLEZIE. (B.)

* KNÉBILITE. MIN. Lenz et Dobereiner, Phillips, p. 206. Substance grisâtre ou bleuâtre, opaque, tenace, et trouvée seulement à l'état massif. Sa cassure est imparfaitement conchoïde, et son état est assez vif. Sa pesanteur spécifique est de 3, 714. Elle est composée, d'après Dobereiner, de Silice, 32, 5; protoxide de Fer, 32, 0; et protoxide de Manganèse, 35, 0. (G. DEL.)

KNÉMA. BOT. PHAN. Loureiro (Flor. Cochinch., éd. Willd., p. 741) a formé sous ce nom un genre de la Diœcie Monandrie, L., auquel il a as-

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signé les caractères suivans: fleurs dioïques; dans les mâles, le calice est nul; la corolle est monopétale, tubuleuse; le limbe à trois divisions conniventes, aiguës, extrêmement laineuses; dix à douze anthères disposées circulairement sur un filet dilaté (androphore). Les fleurs femelles ont un calice infère, très-court; une corolle comme dans les fleurs mâles; un ovaire arrondi, velu, surmonté d'un stigmate sessile et lacinié. Le fruit est une baie ovale, succulente et renfermant une graine pourvue d'un arille.

Le Knema corticosa, Lour., est un grand Arbre des forêts de la Cochinchine, dont l'écorce est épaisse, les rameaux ascendans, les feuilles lancéolées, très-entières, glabres, alternes et pétiolées. Les fleurs, disposées sur des pédoncules terminaux, ont la corolle brune à l'extérieur et d'un jaune rougeâtre intérieurement. (G..N.)

KNÉPIER. BOT. PHAN. On désigne quelquefois sous ce nom le genre Melicocca. V. ce mot. (A. R.)

KNIFA. BOT. PHAN. Adanson formait sous ce nom tiré à la roue de la loterie un genre composé des Millepertuis à deux styles. (B)

KNIGHTIE. Knightia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Protéacées et de la Tétrandrie Monogynie, L., établi par R. Brown dans son excellent travail sur cette famille (Lin. Trans., 10, p. 193). Voici les caractères de ce genre: calice régulier, formé de quatre sépales roulés en dehors; étamines en même nombre attachées vers le milieu de la face interne des sépales; ovaire très-allongé, appliqué sur un disque hypogyne formé de quatre corps glanduleux, à une seule loge contenant quatre ovules; style très-long; stigmate renflé en massue allongée, strié longitudinalement. Le fruit est un follicule simple, allongé, coriace, terminé par une longue pointe formée par le style persistant, à une seule loge contenant quatre graines membraneuses et ailées dans leur partie supérieure seulement. Une seule espèce compose ce genre qui a beaucoup de rapports avec le Rhopala, dont il diffère par ses graines au nombre de quatre, ailées seulement à leur partie supérieure.

Le Knightia excelsa, Brown, loc. cit., t. 2, est un grand et bel Arbre originaire de la Nouvelle-Zélande. Ses feuilles sont coriaces, éparses, pétiolées, oblongues, dentées en scie. Les fleurs sont géminées, très-longues, formant des épis axillaires, presque globuleux. Les fruits d'environ trois pouces de longueur sont velus. (A. R.)

KNIKOS. BOT. PHAN. (Théophraste.) D'où Cnicus. V. ce mot. (B.)

KNIPHOFIA. BOT. PHAN. L'Aletris Uvaria, L., forme le type d'un genre établi sous le nom de Kniphofia par Mœnch. Dans cette Plante, les étamines débordent le calice, ce qui a paru à l'auteur du genre un caractère suffisant pour le distinguer des espèces du genre Veltheimia, auquel Gleditsch l'avait réuni, et dans lequel les étamines sont plus courtes que le calice. (G..N.)

KNOWLTONIE. Knowltonia. BOT. PHAN. Ce genre, établi par Salisbury (Prodr., 372) pour quelques espèces du genre Adonis de Linné, a été nommé Thebesia par Necker et Anamenia par Ventenat. Mais le nom de Salisbury est généralement adopté. Les cinq espèces qui composent ce genre sont toutes originaires du cap ae Bonne-Espérance; elles sont vivaces, et par leur port elles ressemblent beaucoup plus à des Ombellifères qu'à des Renon culacées, bien qu'elles appartiennent réellement à cette dernière famille. Leurs racines sont fasciculées; leurs feuilles sont radicales, simples ou divisées en lobes nombreux et pinnatifides, roides et coriaces. La hampe est dressée, rameuse surtout vers la partie supérieure où elle forme une sorte d'ombelle composée, accompagnée d'un involucre irrégulier, formé de plusieurs fo-

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lioles simples ou découpées. Le calice est pentasépale régulier; la corolle formée de cinq à quinze pétales étalés sans appendice à leur onglet; les étamines et les pistils sont fort nombreux; ces derniers sont placés sur un réceptacle globuleux. Ils se composent d'un ovaire ovoïde, comprimé, uniloculaire, monosperme, d'un style long et grêle et d'un stigmate très-petit et simple. Les fruits sont autant de cariopses monospermes un peu charnues en dehors. Ce genre tient le milieu entre l'Hydrastis et l'Adonis; il a les fruits charnus du premier et les fleurs du second. Toutes les espèces de Knowltonia sont âcres et vésicantes. (A. R.)

KNOXIE. Knoxia. BOT. PHAN. Ce genre de la famille des Rubiacées, et de la Tétrandrie Monogynie, L., a été établi par Linné et ainsi caractérisé par Jussieu (Mém. sur les Rubiacées, P. 5): calice quadrifide; corolle tubuleuse, filiforme, dont le limbe est quadrifide; quatre étamines; fruit divisible en deux coques presqu'arrondies, acuminées, planes d'un côté, convexes de l'autre, attachées par leur partie supérieure à un axe filiforme. Le type de ce genre est le Knoxia zeylanica, L., nommé Vissadali par Hermann et Adanson. L'autre espèce (K. corymbosa est aussi une Plante des Indes-Orientales, dont Gaertner a figuré le fruit de Fruct. 1, t. 25). Ce sont des herbes à fleurs terminales ou axillaires, disposées en épis ou en corymbes. Jussieu pense que les espèces d'Houstonia qui ont les loges de l'ovaire monospermes, sont congénères du Knoxia. Rœmer et Schultes (Syst. Veget. 3, p. 532) ont, d'après les manuscrits de Willdenow, décrit deux Plantes de l'Amérique méridionale, sous les noms de Knoxia simplex et de K. dichotoma, que Kunth (Nov. Gen. et Spec. 3, p. 341 et 548) a fait rentrer dans le genre Spermacoce de Linné. V. ce mot. (G..N.)

* KO. BOT. PHAN. Etnon Co. Ce mot désigne, au Japon, deux Plantes très-différentes: le Riz et une espèce de Courge, Cucurbita hispida, Thunb. En Norwège, on donne ce nom à la résine du Sapin. (G..N.)

KOALA. Phascolarctos. MAM. Blainville a donné le nom de Phascolarctos (c'est-à-dire Ours à poche) à un genre fort remarquable de la grande tribu des Marsupiaux, qu'il a eu l'occasion de voir à Londres il y a quelques années, qu'il a fait dessiner et qu'il a le premier décrit (dans le Bulletin de la Société Philomatique, T. v, 1816, p. 108). On a donné depuis quelques autres descriptions du même Animal, mais toujours seulement d'après des dessins. Aussi croyons-nous devoir nous attacher à celle de Blainville, que nous citerons même textuellement. «Intermédiaire, dit ce savant zoologiste, aux genres Phalanger, Kanguroo et Phascolome, ses caractères principaux sont: six incisives supérieures, les deux intermédiaires beaucoup plus longues; deux inférieures comme dans les Kanguroos; cinq doigts en avant, séparés en deux paquets opposables, l'intérieur de deux; cinq en arrière, le pouce très-gros, opposable, sans ongle; les deux suivans plus petits et réunis jusqu'à l'ongle; la queue extrêmement courte. De la grosseur d'un Chien médiocre, cet Animal a le poil long, touffu, grossier, brunchocolat; il a le port et la démarche d'un petit Ours; il grimpe aux Arbres avec beaucoup de facilité: on le nomme Colak ou Koala dans le voisinage de la rivière Vapaum dans la Nouvelle-Hollande.»

Nous compléterons autant que possible cette description, soit d'aprés la figure qui fait partie de la collection des vélins du Muséum d'Histoire naturelle, soit au moyen d'autres documens. Le dessous du corps et la partie interne du membre antérieur sont blancs, ainsi que la face concave des oreilles, qui est couverte de très-longs poils. La tête est peu allongée, assez globuleuse; les narines presque terminales et entourées

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d'un mufle assez étendu vers le front; les oreilles sont arrondies, et l'œil est à peu près châtain; nous notons cette couleur parce qu'elle se retrouve également sur toutes les figures du Phascolarctos que nous avons vues. Il paraît certain qu'il n'existe de Canines qu'à la mâchoire supérieure; mais on n'est pas d'accord sur leur nombre, non plus que sur celui des molaires. Cuvier a décrit et même figuré ce genre dans son Règne Animal, en lui conservant son nom de pays, Koala. Il nous apprend que le Koala passe une partie de sa vie sur les Arbres, l'autre dans des tanières qu'il se creuse à leur pied, et que la mère porte long-temps son petit sur son dos; ce qui s'accorde bien avec ce que nous avons rapporté précédemment d'après Blainville, et ce qui le confirme entièrement; mais que penser de ce qu'ajoute l'illustre professeur? Suivant lui, le pouce manquerait au pied de derrière, et le pelage serait de couleur cendrée. Cette dernière circonstance peut assez bien s'expliquer par la supposition que les deux naturalistes ci-dessus mentionnés auraient connu deux espèces différentes, l'une cendrée, l'autre brune; supposition qui même ne serait pas sans quelque fondement, d'autant plus que les oreilles ont une forme beaucoup moins arrondie dans la figure de Cuvier que dans celle de Blainville. Nous remarquerons d'ailleurs que le Vélin du Muséum représente le Koala de couleur cendrée, et c'est aussi cette couleur que lui a supposée Goldfuss en le figurant (Mammif., 5e cah., 1817) sous le nom de Lipurus cinereus: réunion de circonstances qui ne permet pas de douter de l'existence de Koalas cendrés. Quoi qu'il en soit, on a encore beaucoup plus de peine à concevoir une dissidence d'opinions sur un caractère aussi important et aussi tranché que celui de l'absence ou de la présence du pouce, surtout quand, suivant Blainville, ce doigt aurait un volume considérable. L'auteur du dessin d'après lequel Cuvier a fait sa description, aurait-il omis le pouce, et causé ainsi une erreur? Il est difficile de croire à une pareille inexactitude. Mais comment imaginer aussi que le pouce ait pu être ajouté dans la figure de Blainville, figure exécutée avec un grand soin? Une addition ne seraitelle pas encore beaucoup moins vraisemblable qu'une omission, si grave qu'elle pût être? On n'admettra pas d'ailleurs qu'un naturaliste aussi exact que Blainville ait pu, au sujet d'un Animal qu'il a vu lui-même, commettre une aussi grave erreur. Aussi, à moins de vouloir que le Koala et le Phascolarctos soient des Animaux tout-à-fait différens, et de genres entièrement distincts, ce qui ne nous paraît guère plus vraisemblable, il semble difficile de ne pas se ranger à l'opinion de Blainville, et de ne pas admettre avec lui que le genre Koala ou Phascolarctos a un pouce assez gros, opposable aux autres doigts, et non onguiculé. (IS. G. ST.-H.)

KOB. MAM. Espèce du genre Antilope différente du Koba, mais qui habite aussi le Sénégal, où elle est connue sous le nom de petite Vache brune. V. ANTILOPE. (IS. G. ST.-H.)

KOBA. MAM. Syn. d'Antilope du Sénégal, V. ce mot. (B.)

* KOBALTBLUTHE. MIN. (Werner.) V. COBALT.

* KOBEZ. OIS. Espèce du genre Faucon. V. ce mot. (B.)

KOBRESIA. BOT. PHAN. V. COBRÉSIE.

KOCHIA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Chénopodées, et de la Pentandrie Digynie, L., établi par Roth (in Schrad. Journ. 1800, 2, p. 307, t. II) et adopté par Rob. Brown (Prodr. Fl Nov.-Holland p. 409) qui l'a ainsi caractérisé: périanthe monophylle, quinquéfide, les découpures appendiculées; cinq étamines insérées à la base du périanthe; utricule déprimé, renfermé dans ce- lui-ci; graine horizontale à tégument simple, dépourvue d'albumen, ou

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n'en contenant seulement qu'une faible quantité; embryon courbé, non spiral. Ce genre, constitué aux dépens des Salsola de Linné, est susceptible, selon R. Brown, d'être subdivisé en deux, savoir: Kochia dont les appendices du périanthe sont subulées, épineuses, et la graine dépourvue d'albumen; Willemetia, dont les appendices sont membraneux et dilatés, et les graines munies d'un albumen peu abondant. Ces divisions n'ont été employées que comme sections d'un même genre par Schultes (System. Veget. 6, p. 244). Cet auteur en a décrit, d'apres Roth, Schrader et Brown, douze espèces dont plusieurs avaient appartenu au genre Chenopodium. Ce sont des Plantes herbacées, qui croissent dans les lieux sablonneux, humides, et en général salés, de l'Europe et de la Russie asiatique. (G..N.)

KOELERIE. Kœleria. BOT. PHAN. Willdenow (Sp., pl. 4, p. 750) a fait sous ce nom un genre nouveau que Poiteau avait décrit auparavant sous celui de Rumea. Persoon s'est servi du nom de Kœleria, pour désigner un genre de Graminées qui pour son port se rapproche des Phléoles et des Vulpins, tandis que par ses caractères il a de l'analogie avec les Aira et les Avoines. Sa lépicène est à deux valves comprimées en carène, contenant de deux à cinq fleurs; leur glume se compose de deux valves, l'extérieure qui est entière à son sommet porte un peu au-dessous de sa pointe une petite arête courte; l'intérieure est bifide. Le fruit est nu, c'est-à-dire non enveloppé par la glume. Persoon a réuni dans ce genre peu naturel le Poa cristata de Linné, l'Aira vallesiaca d'Allioni, le Festuca phleoides de VillarS, l'Aira pubescens de Vahl. De Candolle y a ajouté le Festuca calycina de Lamarck et deux espèces nouvelles qu'il a nommées Kœleria albescens et Kœleria macilenta. Beauvois y a également joint qulques autres espèces prises dans les genres Poa, Phalaris et Festuca. (A. R.)

KOELLEA. BOT. PHAN. Biria, dans sa Dissertation sur les Renonculacées publiée en 1811, a nommé ainsi un genre qui était établi depuis 1807 par Salisbury, sous le nom d'Eranthis. Le genre Robertia de Mérat (Flore Paris. 1812) est encore le même que celui-ci. V. ERANTHIS. (G..N.)

KOELLIA. BOT. PHAN. Le Thymus Virginicus, L., était nommé Kœllia capitata par Mœnch.; mais cette Plante a été placée par Michaux (Flor. Boreali-Amer. 2, p. 6) dans le genre Brachystemum que l'on a réuni au Pycnanthemum du même auteur. V. PYCNANTHÈME. (G..N.)

KOELPINIA. BOT. PHAN. Pallas a constitué, sous ce nom, un genre qui a été réuni au Lampsana par Linné fils et au Rhagadiolus par Schreber et Willdenow. H. Cassini s'est servi de ce mot pour désigner la Plante de Pallas, comme un sous-genre auquel il a assigné des caractères trèsdétaillés, et que nous n'exposerons pas ici, parce qu'ils seront plus tard implicitement reproduits à l'article RHAGADIOLE. (G..N.)

* KOELREUTERA. BOT. CRYPT.(Hedwig.) V. FUNAIRE.

KOELREUTÉRIE. Koelreuteria. BOT. PHAN. Genre de la famille des Sapindacées et de l'Octandrie Monogynie, L., établi par Laxmann (Nov. Comm. Petrop., 16, p. 561, t. 18) pour le Sapindus chinensis de Linné fils. Ce genre offre un calice monosépale campanulé, à cinq divisions très-profondes; une corolle de quatre pétales étalés, onguiculés et appendiculés audessus de leur onglet, disposés de manière qu'il semble que le cinquième manque; huit étamines dressées, appliquées sur un disque hypogyne et sinueux; anthères introrses à deux loges s'ouvrant par un sillon longitudinal; ovaire allongé à trois angles saillans, à trois loges contenant chacune deux ovules superposés, attachés à l'angle interne. Le style, qui se confond insensiblement avec le

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sommet de l'ovaire, se termine par un stigmate à trois branches allongées et presque sétacées. Le fruit est une capsule vésiculeuse très-reuflée, à trois loges contenant chacune une ou deux graines globuleuses, renfermant un embryon roulé circulairement sur lui-même.

Le Koelreuteria paniculata, Lamx., loc. cit., l'Hérit., Sert. Angl., t. 19, est un petit Arbre originaire de la Chine et de l'Afrique. Il peut s'élever à une hauteur de quinze à vingt pieds. Ses feuilles sont alternes, pétiolées. imparipinnées, composées ordinairement de treize à quinze folioles ovales, très-profondément et inégalement dentées; ses fleurs sont jaunes, assez petites, formant une panicule ou grappe rameuse à l'extrémité des jeunes rameaux. Cet Arbre est naturalisé dans nos jardins où on le cultive en pleine terre. Il se plaît dans les lieux ombragés et un peu humides. On le multiplie de graines, de marcottes ou de rejetons. Ses fleurs s'épanouissent en juin.

Persoon avait établi une seconde espèce de Koelreuteria sous le nom de K. trifida, mais cette espèce fait aujourd'hui partie du genre urvillea de Kunth.

Le nom de Koelreuteria avait encore été donné à d'autres Plantes. Hedwig nommait ainsi un genre de Mousses qu'il a appelé plus tard Funaria, et Murray avait donné le même nom au Gisekia de Linné. (A. R.)

KOENIGIE. Kœnigia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Polygonées, et de la Triandrie Trigynie, L., composé d'une seule espèce, Kœnigia islandica, L., Lamk., III., t. 51. C'est une petite Plante herbacée, annuelle, qui croît sur les bords maritimes de l'Islande et des mers polaires. De saracine partent deux ou trois tiges grêles, d'un à deux pouces de longueur, dressées ou étalées, glabres, ainsi que les autres parties de la Plante; chaque tige porte dans sa longueur une ou deux feuilles alternes, obovales-obtuses, rétrécies à la base, et deux ou trois autres rapprochées les Unes des autres au sommet de la tige où elles forment une sorte d'involucre. A la base de ces feuilles on trouve deux stipules très-larges, minces et scarieuses. Les fleurs sont fort petites, réunies en assez grand nombre à l'aisselle des feuilles supérieures. Leur calicé est régulier, profondément triparti. Leurs étamines, au nombre de trois, sont insérées à la base des divisions calicinales. L'ovale est surmonté de deux ou trois stigmates sessites. Le fruit est un akène enveloppé dans le calice. (A. R.)

* KOES-KOES. MAM. V. PHALANGER.

* KOGO. OIS. Espèce du genre Philédon. V. PHILÉDON. (DR..Z.)

* KOGOLCA. OIS. Espèce du genre Canard. V. ce mot. (DR..Z.)

KOHLENBLENDE. MIN. (De Born.) Syn. d'Anthracite. V. ce mot. (B.)

KOHLENHORNBLENDE. MIN. Nom allemand donné par Beyer à une matière noire, fibreuse, qu'on trouve dans la Rétinite de Saxe, et qui a été prise d'abord pour du Charbon, ensuite pour de l'Authracite, et enfin pour de l'Amphibole charbonneux. Vauquelin y a reconnu les principes suivans: Silice, 5o; Carbone, 33; Alumine, 11 environ; Fer, 6. La place de ce Minéral n'est pas encore bien déterminée, et l'on ne peut dire si c'est uné espèce minnéralogique réelle Ou un Minéral déjà connu, mêlé avec du Carbone. V. RÉTINITE. (G.)

* KOIWU OU COIWU. BOT. PHAN. Syn. finlandais du Bouleau, Betula alba, L. (B.)

KOKERA. BOT. PHAN. Adanson nommait ainsi un genre de la famille des Amaranthacées, et dont l'Achyranthes altissima était le type. C'est le même que le Digera de Forskahl.V. DIGÈRE. (G..N.)

* KOKO. OIS. Espèce du genre Ibis. V. ce mot. (B.)

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KOLA. BOT. PHAN. Même chose que Gola. (B.)

* KOLAH. MAM. Même chose que Koala. V. ce mot. (IS. G. ST. H)

KOLBIA. BOT. PHAN. (Adanson.) Syn. de Blairia, et qu'il ne faut pas confondre avec Kolbie. V. ce mot. (B.)

KOLBIE. Kolbia. BOT. PHAN. Genre établi par Palisot-BeauVois (Flore d'Oware et de Benin, vol. 2, p. 91, t. 120) qui l'a placé dans la famille des Cucurbitacëes et dans la Diœcie Pentandrie, L., avec les caractères suivans: fleurs dioïques; les mâles ayant un calice à cinq lobes; une corolle à cinq divisions profondes, bordées de glandules; appendice formé de cinq lanières lancéolées, pétaliformes, de couleur bleue, bordées de longs cils plumeux, alternes avec les divisions de la corolle; cinq étamines libres, insérées sur le bord de la couronne, à filets courts et à anthères conniventes. Les fleurs femelles ne sont pas connues.

Le Kolbia elegans a été découvert par Palisot-Beauvois, dans le royaume de Benin en Afrique. C'est une belle Plante à tiges sarmenteuses, pourvues de vrilles et de feuilles alternes, pétiolées, très-glabres, ovales, aiguës, entières et échancrées en cœur à la base. Elle a des fleurs rouges, portées Sur des pédoncules qui partent d'un pédondule commun et axillaire.

Le Kolbia d'Adanson est synonyme de Blaitia. V. ce mot. (G..N.)

KOLINIL. BOT. PHAN. V. GOLINIL.

KOLLYRITE. MIN. Cette substance qui ressemble à de la gomme, a la cassure vitro-résineuse, et se décompose en partie à l'air, est regardée maintenant comme unè véritable espèce. Elle est formée d'un atome de trisilicate d'Alumine combiné avec dix-huit atomes d'Eau. Elle donne beaucoup d'Eau par la calcination. V. ARGILE COLLYRITE. (G. DEL.)

KOLMAN. BOT. CRYPT. (Lichens.) Le genre formé souS ce nom par Adanson qui le plaçait parmi lés Champignons, répond à nos Collema. V. ce niot. (A. F.)

* KOLOTES. REPT. SAUR. Syn. de Calotes ou Galèote. Les anciens désignaient ainsi le Gecko. V ce mot. (B.)

KOLPODE. Kolpoda. INF. Genre de l'ordre des Gymnodés dans la classe des Microscopiques, établi par Müller, adopté par Bruguière et par Lamarck, et dont les caractères que nous avons cru devoir réformer sont: corps membraneux, transparent, offrant des globules plus gros que sa molécule constitutive, atténué au moins vers l'une de ses extrémités, plus ou moins Variable, mais sans divergence, ni replis membraneux, ni cavité creusée en bourse dans son étendue. Les Kolpodes seront ainsi distingués des Amibes dont ils n'ont pas les prolongemens rayonnés qui en changent si fort la physionomie, des Paramæcies dont ils n'ont point les replis, des Bursaires qui sont excavées. Nous en connaissons plus de vingt espèces dont le plus grand nombre vt dans les infusions; quelques-unes Se trouvent dans l'eau des marécages, il en est peu ou point de marines, encore que l'eau des Huîtres en fournisse, mais il faut que cette eau soit déjà corrompue. Ce sont des membranes vivantes, translucides, variables, nageant avec plus ou, moins de gravité en glissant sur les objets ou entre deux eaux. Un naturaliste italien. Losana, a récemment publié dans les Annales de Turin une monographie de ce genre, où le nombre des espèces est immense, mais les figures qui accompagnent ce travail sont si grossières, représentent des formes tellement bizarres et peu naturelles, outre que les descriptions qui accompagnent ces figures sont insuffisantes, qu'il nous serait impossible d'en citer aucune, parce que, dans notre esprit de circonspection, nous ne tenons pour existantes que les espèces qui ont étques par plusieurs observateurs ex-

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périmentés, dont nous avons retrouvé nous-mêmes des individus identiques ou du moins des espèces Voisines qui nous en démontraient la possibilité. Les Kolpodes se subdivisent naturellement en deux sous-genres:

† VIBRIONIDES, ayant leur corps plus ou moins spatulé et allongé d'un côté, comme en bec ou en forme de cou auquel il manquerait une tête. La plupart étaient des Vibrions pour nos prédécesseurs, mais n'offrant pas le moindre rapport de forme ou d'organisation avec les Anguilles du vinaigre qui sont le type de ce genre, nous avons dû les en éloigner. Les Kolpoda truncata, N.; Vibrio utriculus, Müll., Inf., tab 19, f. i5, Encycl., Vers. I11., p. 4, f. 28, et fasciolaris, N.; Vibrio fasciola, Müll., Inf., pl. 19, f. 18-19, Encycl., pl. 4, f. 29, 3o, donnent une idée de la forme des Animalcules que nous en rapprochons.

†† KOLPODES PROPREMENT DITS, qui, quoique atténués antérieurement, ne se prolongent jamais de manière à s'éloigner de la forme anguleuse ou de poire. Ce sont en général les plus variables. Les espèces remarquables sont: Kolpoda cosmopolita, N., que nous avons rencontré très-fréquemment dans toute sorte d'infusions et auquel on doit rapporter une multitude d'Animalcules des anciens micrographes, représentés dans les figures 8 et 9 de la planche 28 de Gleichen, 1, a b c d, et 24 de la planche 4 de Joblot, etc., etc. Il faut bien distinguer cette espèce terminée antérieurement en bec assez aigu, de celles qui sont obtuses, beaucoup plus difformes, et que ces auteurs nomment Cornemuses dorées et Pandeloques; celles-ci sont des Amibes.— Le Kolpode Pintade n'est pas une espèce moins singulière de ce sous-genre; on en avait confondu deux autres avec elle. Nous les avons ainsi distinguées: 1° Kolpoda Meleagris, Müll., pl. 14, f. 1-6, Encycl., pl. 6, f. 17-2; —20° Kolpoda hirudinacea, N.; Meleagris, Müll., pl. i5, f. 1-3, Encycl., pl. 6, f. 25-25; — 3° Kolpoda Zigæna, N.; Meleagris, Müll., pl., 15, f. 4-5, Encycl., pl. 6, f. 26-27. Le Kolpode Rein, Kolpoda Ren, Müll., Inf., tab. i4, f. 20-21, Encycl., pl. 7, f. 20-22, appartient encore à ce sous-genre. Cette espèce presqu'arrondie, plate, translucide, nage gravement dans l'eau où l'on met tremper des queues de bouquets au bout de peu d'heures d'infusion; on la rencontre aussi dans les infusions de Foin, et dans les ruisseaux qui bordent les prairies. (B.)

KOL-QUALL. BOT. PHAN. (Bruce.) Syn. d'Euphorbia antiquorum, L. (B.)

KOLUPA. BOT. PHAN. (Adanson.) Syn. de Gomphrène. (B.)

KOMANA. BOT. PHAN. (Adanson.) Genre formé de l'Hypericum monogynum, qui n'a pas été adopté. (B.)

KOME OU WASI. BOT. PHAN. Qu'on a aussi écrit Gorne. (Kœmpfer.) Syn. japonais de Riz. (B.)

KOMMITRIH. BOT. PHAN. (Delile.) Syn. arabe de Poirier. (B.)

* KOMO - GOMMI. V. Come-GOMMI.

KONDEA. OIS. Espèce du genre Couroucou. V. ce mot. (B.)

* KONDYLIOSTOME. Kondyliostoma. INF. Genre de la classe des Microscopiques et de l'ordre des Trichodés, formé aux dépens des Trichodes de Müller, ainsi caractérisé corps cylindracé, avec un orifice buccal latéralement situé à la partie antérieure amincie, garnie tout autour de cils vibratiles, plus longs que ceux qui se montrent tout autour ou sur quelque autre partie de l'Animal. Les deux espèces qui composent ce genre se trouvent dans l'eau de mer, et même dans l'eau douce longtemps gardée. La première, K. Lagenula, N., Trichoda patula, Müll., Inf., p. 181, pl. 20, f. 3-5; Encycl., pl. 31, f. 23-25, est ventrue, épaissie dans la partie postérieure, amin-

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cie mais obtuse en avant, et serait une véritable Bursaire, si des poils trèsfins n'en garnissaient tout le pourtour et si elle n'avait de longs cils vibratiles autour de l'orifice. La seconde, Kondyliostoma Limacina, N., Trichoda patens, Müll., Inf., p. 181, pl. 26, f. 12; Encycl., pl. 13, f. 21-22, est allongée, amincie en queue que l'Animal contourne vivement pour se retourner, avec l'orifice buccal s'élargissant un peu en forme de cureoreille. Elle paraît glabre, si ce n'est sur ce qu'on peut nommer les lèvres où se voient des cils très-prononcés, brillans. (B.)

KONIG. BOT. THAN. Adanson (Fam. des Plantes, II, p. 420) avait formé, sous ce nom, un genre aux dépens des Alyssum de Linné. Ce genre n'est considéré que comme une section par le professeur De Candolle (Syst. Veget. nat. T. II, p. 318) qui lui a donné le nom de Lobularia sous lequel Desvaux l'a aussi distinguée génériquement. V. LOBULARIA. (G..N.)

* KONILITE. MIN. Nom donné par Macculoch à une substance qui paraît n'ètre autre chose que la Silice pulvérulente. (G. DEL.)

KONITE. MIN. V. CONITE.

* KONOKARPOS. BOT. PHAN. (Adanson.) Syn. de Conoearpe. V. ce mot. (B.)

KOOKIA. BOT. PHAN. Pour Cookia. V. ce mot. (B.)

* KOON. BOT. PHAN. Sous ce nom, Gaertner (de Fruct., vol. 2, p. 486, t. 180) a décrit un fruit originaire de Ceylan. Ce fruit est composé de coques ovales comprimées, indéhiscentes et munies de deux petits tubercules près de leur point d'attache. Chaque coque est uniloculaire et ne renferme qu'une seule graine sans albumen, dont la radicule occupe une moitié de la loge partagée par un prolongement de l'ombilic, tandis que les cotylédons repliés en hamecon occupent l'autre moitié. Gaertner présumait que ces coques avaient été rassemblées sur un réceptacle commun, et qu'elles devaient appartenir au genre Ochna. Ce rapprochement ne paraît pas avoir été admis. (G..N.)

* KORALLION. POLYP. V. CORAIL.

KORAX. OIS. Syn. de Corbeau devenu scientifiquement spécifique du Corbeau noir. V. ce mot. (B.)

KORDÉRA. BOT.CRYPT. (Champignons.) Ce genre, établi dans la cinquième section de la famille des Champignons d'Adanson, n'a point été adopté, non plus que la circonscription viciense de la famille entière telle que l'avait établie cet auteur. Adanson rapportait à ce genre le Corallofungus de Vaillant, Bot. Paris. tab. 8, fig. 1. C'est le Mesenterica argentea de Persoon, Merulius argenteus de Fries, Byssus parietina de De Candolle. (A.R.)

KORÉITE. MIN. Syn. de Pagodite ou Pierre de Lard. (G. DEL.)

* KORENBI. BOT. PHAN. Espèce du genre Guatteriè. V. ce mot. (B.)

KORKIR. BOT. CRYPT. (Lichens.) Adanson a placé ce genre dans la seconde section de sa monstrueuse famille des Champignons. Il répond aux genres Opegrapha, Graphis, Lecidea, Variolaria, Verrucaria et Parmelia d'Acharius. Ce genre n'a point été adopté. (A.F.)

* KORKOR. POIS. Espèce arabique du genre Perche. (B.)

KORN. BOT. PHAN. Ce mot signifie Blé dans les langues d'origine tudesque ou germanique. (B).

* KOROVIK. BOT. CRYPT. V. BOROVIK.

* KORROS. REPT. OPH. Reinwardt, naturaliste hollandais, a imposé ce nom au Coluber cancellatus d'Oppel. (B.)

KORSAC. MAM. V. CORSAC.

* KORUND. MIN. V. CORINDON.

KOSARIA. BOT. PHAN. Le genre

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établi sous ce nom, par Forskahl (Flor. Ægypt.-Arab. p. 164), est le même que le Dorstenia de Linné, et l'espèce qui le constitue(Kosaria Forskahlei, Gmel.) doit être rapportée au Dorstenia radiata, Lamk. V. DORSTÉNIE. (G..N.)

* KOSLORDYLQS. REPT. SAUR. D'où Crocodile. V. ce mot. (B.)

* KOSSAIF. BOT. PHAN. Même chose que Chasser. V. ce mot. (B.)

* KOSTER. POIS. V. ESTURGEON éTOILÉ.

* KOSTERA. POIS. (Lepéchin.) V. ESTURGEON SCHYPE.

* KOTNON ET KOTON. BOT. PHAN. Syn. arabes de Gossypium indicum. V. COTONNIER. (B.)

* KOTTOREA. OIS. Espèce du genre Barbu. V. ce mot. (B.)

KOULAN. MAM. V. CHOULAN.

KOULIK. OIS. Espèce du genre Aracari. V. ce mot. (B.)

KOUPARA. MAM.(Barrère.) Nom de pays du Grabier, espèce du genre Chien. V. ce mot. (B.)

KOUPHOLITHE. MIN. Nom donné à une variété de Préhnite en petites lames prismatiques. V. PRÉHNITE. (G. DEL.)

KOUROU-MARY. BOT. PHAN. Barrère donne ce nom de pays au Roseau, des tiges duquel les Sauvages de la Guiane font leurs flèches. Les uns regardent cette Plante comme le Saccharum giganteum, les autres comme le Galanga arundinacea. (B.)

KOUXEUFRY. POIS. On ne sait à quel genre rapporter ce Poisson des lacs de l'Amérique méridionale dont on ne connaît que le palais rugueux comme une lime, et qui sert aux naturels pour râper et polir le bois. (B.)

KRACKEN ou KRAKEN. MOLL. Animal fabuleux, auquel on attribuait une taille, gigantesque, et dont le cerveau malade de Denys Montfort voulut faire un Poulpe, capable d'avaler une Frégate, ce qu'il a fait représenter par une estampe dans la détestable édition de Buffon par Sonini. V. LÉVIATAN. (B.)

KRAMÉRIE. Krameria BOT. PHAN. Genre établi par Lœfling, ayant de grands rapports avec la famille des Polygalées, et faisant partie de la Tétrandrie Monogynie, L. Ses caractères sont: un calice profondément quadriparti, à divisions presqu ega les colorées à leur face interne et marquées de veines anastomosées; une corolle de deux ou de trois pétales situés à la partie supérieure de la fleur, redressés, longuement onguiculés et soudés ensemble par leur base; trois ou quatre étamines placées immédiatementau-dessous des pétales vers la partie supérieure de la fleur et composées d'une anthère uniloculaire appendiculée à son sommet, à peu près conique, bilobée inférieurement et s'ouvrant par un petit orifice terminal; cette anthère est continue ou articulée avec le sommet. Au-dessous des anthères, mais sur le même plan on trouve deux appendices écailleux, très-obtus, pressant l'ovaire latéralement. Celui-ci est libre, ovoïde, comprimé, à une seule loge contenant deux ovules opposés et suspendus. Le style est en général de la longueur des étamines, recourbé et terminé par un stigmate très-petit et à peine bilobé. Le fruit est sec, globuleux, hérissé de pointes épineuses à une loge contenant une ou deux graines suspendues. Cellesci se composent d'un tégument propre recouvrant un gros embryon dont la radicule est terminée vers le hile, et dont les cotylédons sont trèsépais et très-obtus. On compte sept espèces de ce genre qui toutes sont originaires de l'Amérique méridionale; ce sont des Arbustes rameux, portant des feuilles alternes, simples ou trifoliolées, des fleurs sessiles ou pédonculées placées à l'aisselle des feuilles des jeunes rameaux. Les racines de plusieurs des espèces de ce genre et entre autres celles des Krameria triandra et K. ixioides, qui

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croissent au Pérou, sont employées en médecine sous le nom de Ratanhia. Ces racines sont rameuses, ligneuses, d'un brun rougeâtre, d'une saveur très-astringente. Ou les emploie surtout dans le traitement de la diarrhée chronique. (A. R.)

* KRANCHIL. MAM. V. KANCHIL.

KRANHIA. BOT. PHAN. (Rafinesque.) Genre formé pour le Glycine frutescens, mais qui n'a pas été adopté sous ce nom. V. GLYCINE. (B.)

* KRAPFIA. BOT. PHAN. Le genre de Renonculacées établi sous ce nom par De Candolle (Syst. Nat. Veget. I, p. 828), n'est qu'une espèce de Renoncule. V. ce mot. (A. R)

KRASCHENNINIKOWIA. BOT. PHAN. Sous ce nom patronimique presqu'impossible à prononcer, Guldenstedt avait établi un genre qui se trouvait précédemment formé par Adanson. V. EUROTIE et DIOTIE. (B.)

* KRATA. OIS Mâme chose que Cata, V. ce mot. (B.)

KREIDEK. BOT. PHAN. Adanson a formé, sous ce nom, un genre composé de la réunion du Scoparia et du Capraria de Linné. V. ces mots. (G..N.)

* KREUZSTEIN. MIN. (Werner.) V. HARMOTOME.

KRIGIE. Krigia. BOT. PHAN. Genre de la famille des synanthérées, Chicoracées de Jussieu, et de la Syngénésie égale, L., établi par Schreber et adopté par Willdenow, Cassini et la plupart des auteurs. Il est ainsi caractérisé: involucre dont les folioles sont presque sur un seul rang, égales, appliquées, oblongues, lancéolées, membraneuses sur les boi ds; réceptacle absolument nu; calathide composée de demi-fleurons nombreux et hermaphrodites; akènes courts, peutagones, noirâtres, comme tronqués u sommet, munis de côtes longitudinales, striés transversalement, surmontés d'une aigrette double, l'extérieure courte, composés de cinq paillettes membraneuses, presque arrondies; l'intérieure longue, formée de cinq soies capillaires, légèrement plumeuses. Le Krigia virginica, Willd., ou Hyoseris virginica, L., est le type de ce genre. C'est une petite Plante herbacée qui a le port des Taraxacum, et qui croît aux États-Unis de l'Amérique septentrionale. Cassini a proposé d'y joindre l'Hyoseris montana de Michaux, qui par les caractères de sa fleur concorde avec le Krigia virginica. (G..N.)

* KRISOMÉTRIS. OIS. (Aristote.) Probablement le Chardonneret. (B.)

KROCKERIA. BOT. PHAN. Necker (Elem. Bot., n. 1097) a donné ce nom à un genre qui rentre dans l'Unona de Linné. Mœnch a aussi employé la même dénomination pour un autre genre formé sur le Lotus edulis, L. Seringe (in De Cand. prod. Syst. Veget., 2, p. 209) en a constitué la première section du genre Lotus. V. LOTIER. (G..N.)

* KRUBERA. BOT. PHAN. Hoffmann (Umb. Gen., p. 104) a établi sous ce nom un genre dont le Tordylium peregrinum de Linné forme le type. Cette Plante est une espèce de Cachrys selon Sprengl. V. CACHRYDE. (G..N.)

* KRUEGERIA. BOT. PHAN. (Necker, Elem. Bot., n. 1389.) Syn. de Vouapa d'Aublet. V. ce mot.

(G..N.)

* KRUSENSTERNE. Krusensterna. POLYP. Genre de l'ordre des Milléporées dans la division des Polypiers entièrement pierreux et dont les caractères sont: Polypier dendroïde en forme de coupe ou d'entonnoir, à expansions grossièrement treillissées, couvertes en dessus de protubérances planes irrégulières, criblées de pores, lisses ou légèrement striées en dessous. Il a été établi par Lamouroux dans son exposition méthodique des Polypiers, et il ne renferme encore qu une espèce qui ne parvient qu'à une taille médiocre. D'une sorte d'empâtement par lequel le Po-

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lypier se fixe aux rochers, s'élève une ou plusieurs expansions aplaties, irrégulièrement contournées, formées d'un très-grand nombre de rameaux courts, épais, anastomosés et représentant un réseau grossièrement maillé. Chaque petit rameau est comprimé latéralement, lisse ou légèrement strié en dessous, plus ou moins onduleux sur ses côtés, et sa surface supérieure est couverte de grosses verrues aplaties, tantôt séparées par une sinuosité assez profonde, tantôt confluentes entre elles; chaque verrue est criblée de petits pores anguleux, inégaux, qui sont les orifices de cellules tubuleuses perpendiculaires au Polypier et qui pénètrent toute sa substance, de sorte que celle-ci est très-légère et fragile. La couleur de ce Polypier est d'un blanc grisâtre lorsqu'il est desséché, elle est verte ou rosâtre pendant la vie des Polypes. L'espèce unique de ce genre est le Krusensterna verrucosa, qui vit dans la Méditerranée, la mer des Indes, celles du Groenland et du Kamtschatka. (E.D..L.)

* KTEIS. CONCH. Aristote désigne sous ce nom une Coquille bivalve munie de charnière et cannelée, où l'on a cru reconnaître un Peigne, une Bucarde, etc. (B.)

KUARA. BOT. PHAN. Bruce qui nous apprend que c'est le nom donné, par les Abyssins, aux graines de l'Erythrina indica (V. ERYTHRINE), raconte à cette occasion une chose assez remarquable, et qui donne l'étymologie du mot Karat, employé dans l'évaluation du poids de l'or et des pierres précieuses. Le voyageur anglais assure que lorsque les semences du Kuara sont sèches elles sont toutes d'une égale pesanteur, et que de temps immémorial les Sangalas de l'Afrique s'en servent pour peser la poudre d'or. Ils les nomment Karat. L'évaluation par Karat passa dans l'Inde, et de l'Inde en Europe, lorsque les pierres précieuses s'y introduisirent avec le luxe de l'Orient. (B.)

* KUDARI. MAM. V. Musc à l'article CHEVROTAIN. (B.)

KUDDAMULLA. BOT. PHAN. Syn. de Mogorium Sambac. V. MOGORI. (B.)

* KUDICI-VALLI. BOT. PHAN. (Rhéede, Hort, Mal. 8, t. 27.) Plante imparfaitement connue de la côte de Malabar, dont le port offre assez de rapports avec celui des Liserons. (B.)

KUEMA. BOT. CRYPT. (Champignons.) Ce genre, formé par Adanson, répond à l'Agaricus alneus de Linné et paraît être le Schizophyllum de Fries. V. ce mot. (A. F.)

* KUGERUK. MAM. V. ECUREUII SUISSE.

KUHNIE. Kuhnia. BOT. PHAN. Ce genre appartient à la famille des Synanthérées, Corymbifères de Jussieu, et il a été placé dans la Pentandrie Monogynie, par Linné à qui on en doit l'établissement. Ses caractères, d'après H. Cassini, sont: involucre cylindracé, formé de folioles irrégulièrement imbriquées; les extérieures courtes, lancéolées; les intérieures longues, linéaires; réceptacle petit, plane et nu; calathide sans rayons, composée de plusieurs fleurons égaux, réguliers et hermaphrodites; ovaires cylindracés, hispidules, striés et surmontés d'une aigrette plumeuse. Les corolles sont glanduleuses, et les anthères sont libres ou très-faiblement soudées entre elles, et surmontées d'un appendice arrondi. La liberté des anthères est une structure assez remarquable dans la famille des Synanthérées; cependant on ne doit pas, ainsi que l'observe Cassini, lui attacher une trop grop grande importance, puisque plusieurs espèces des genres Eclipta, Zinnia, Helianthus, Artemisia, etc., ont aussi leurs anthères non-cohérentes, sans que pour cela on ait songé à les distraire de la Syngénésie. Jussieu a indiqué la réunion du genre Kuhnia avec le Liatris, et Gaertner a placé dans le genre Critonia, la seule espèce connue de son

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temps. Cependant Kunth (Nov. Gener. et Spec. Plant. œquin. T. IV, p. 104) l'a conservé en lui ajoutant une nouvelle espèce. Cassini le place dans la tribu des Eupatoriées près du genre Coleosanthus. L'espèce qui a servi de type à Linné est le Kuhnia Eupatorioides, Plante herbacée, indigène de la Pensylvanie, en Amérique. Michaux a rapporté à cette espèce, sous le nom de Critonia Kuhnia que lui avait imposé Gaertner, une Plante qui en a été séparée par Cassini et appelée Kuhnia paniculala. L'Eupatorium canescens d'Ortega, indigène de l'île de Cuba, a été réuni au Kuhnia par Ventenat, et nommé Kuhnia rosmarinifolia. Enfin Kuntli (loc. cit. p. 105, tab. 339) a donné le nom de Kuhnia arguta à sa nouvelle espèce gui a été trouvée, par Humboldt et Bonpland, près de la ville de Popayan, dans l'Amérique méridionale. (G..N.)

KUHNISTERA. BOT. PHAN. (Lamarck et Jussieu.) Syn. de Petalostemum. V. ce mot et DALÉA. (B.)

* KULA. BOT. PHAN. V. COLA.

* KULB. BOT. PHAN. V. CALAB.

KUMARI. BOT. PHAN. Syn. indou d'Aloe vulgaris, L., dont Médicus proposait de faire un genre sous le nom de KUMARA. (B.)

KUMRAH. MAM. Et non Cumrach. (Shaw) Ce serait le nom, en Barbarie, d'un prétendu métis de l'Ane et de la Vache. V. JUMART. (B.)

* KUNDMANNIA. BOT. PHAN. Le Sium siculum, L., dont les pétales sont jaunes, le fruit cylindrique et les involucres polyphylles, a été séparé sous ce nom générique par Scopoli. Antérieurement, Adanson en avait constitué son genre Arduina. Le Mauchartia de Necker paraît aussi leur être congénère. (G..N.)

KUNTHIE. Kunthia. BOT. PHAN. Genre dédié à notre ami et collaborateur C.-S. Kunth par Humboldt et Bonpland (Plant. Equinox. 2, p. 128, t. 122). Ce genre qui fait partie de la famille des Palmiers offre les caractères suivans: fleurs hermaphrodites et fleurs femelles placées sur des régimes différens sur le même individu. Les fleurs hermaphrodites ont un calice double, l'un et l'autre à trois divisions profondes, l'extérieur plus court; les étamines au nombre de. six, ayant les filets libres, un ovaire à trois loges, surmonté d'un style épais et trifide. Le fruit est une baie globuleuse et monosperme, dont l'embryon est placé à la base de l'endosperme. Les fleurs femelles ont leur calice extérieur simplement tridenté, et leur ovaire surmonté de trois styles. Le Kunthia montana, H. et B. loc. cit., est un Palmier de moyenne grandeur dont le stipe grêle s'élève à vingt ou vingt-quatre pieds, tandis que son diamètre est d'à peine un pouce. Ses frondes sont pinnées; ses régimes rameux d'abord renfermés dans des spathes polyphylles. Il croît dans les lieux montueux et tempérés du royaume de la Nouvelle-Grenade, et se retrouve jusqu'à une hauteur de huit cents toises au-dessus du niveau de la mer. Les habitans le connaissent sous le nom vulgaire de Cana de la Vibora. (A.R.)

* KUNTSN. BOT. PHAN. Même chose que Contsjor à Java. V. ce mot. (B.)

* KUNZIA. BOT. PHAN. Sprengel a donné ce nom générique au Tigarea de Pursh ou Furshia de De Candolle. V. PURSHIE. (G..N.)

* KUPFER, KUPFERGLAS, KUPFERKIES. MIN. (Werner.) V. CUIVER.

* KUPFERGLIMMER. MIN. (Werner.) V. CUIVRE ARSÉNIATÉ.

* KUPFERINDIG. MIN. (Breithaupt, Hoffmann, Handb. der Min. T.IV, p. 178.) Substance tendre, opaque, d'un bleu Indigo, tirant quelquefois sur le bleu noirâtre, se présentant en masses aplatiesoue en rognons sphéroïdaux, à surface cristalline, ayant une cassure conchoïdale, un éclat faiblement résineux, une pesanteur

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spécifique de 3, 81. Au chalumeau, elle brûle avant le degré de la chaleur rouge, avec une flamme bleue, fond en un globule qui est fortement agité et donne, à la fin, un bouton de Cuivre. Leonhard la regarde comme une variété du Bunt-Kupfererz ou Cuivre pyriteux hépatique. On la trouve à Sangershausen en Thuringe, et à Leogang dans le Salzbourg. (G. DEL.)

* KUPFERLAZUR. MIN. (Werner.) V. CUIVRE CARBONATÉ.

* KUPFERSMARAGD. MIN.(Werner.) V. CUIVRE DIOPTASE.

* KUPFBR-VITRIOL. MIN.(Werner.) V. CUIVRE SULFATÉ.

KUPHEA. BOT. PHAN. Ponr Cuphea. V. ce mot. (B.)

* KURKA. BOT. PHAN. Même chose que Curca. V. ce mot. (B.)

* KURRAKKAN. BOT. PHAN. On mentionne sous ce nom une Graminée indéterminée de l'île de Ceylan, qui est probablement quelque Eleusine, peut-être un Paspale, et la même que Caracan, Coracan ou Couracan, des autres parties de l'Inde, d'où serait venu le nom scientifique de Coracana, donné à l'une de ces Graminées. (B.)

* KURTE. Kurtus. POIS. Genre de la famille des Squammipennes, dans l'ordre des Acanthopférygiens de Cuvier, formé par Bloch, adopté par le compilateur Gmelin et caractérisé ainsi: coips ovale, comprimé, carené en dessus et comme bossu (d'où le nom de Kurte); mâchoire inférieure plus courte que la supérieure; dorsale moins étendue que l'anale et placée plus avant; dents en velours; les écailles plus fines que dans les genres voisins. Ce genre est encore peu nombreux, et peut-être même une seule espèce y peut être placée avec certitude; c'est le KURTE BLOCHIEN, Kurtus indicus., Bloch, pl. 169, magnifique espèce qu'on dirait une lame d'argent poli de dix pouces à un pied de longueur, avec des taches d'or sur le dos, et quatre marques d'un beau noir sur la même partie qui se relève en bosse; les pectorales dorées sont bordées de rouge, les autres nageoires sont d'un bleu céleste éclatant, lisérées de jaune ou de blanc. Il n'existe que deux rayons à la membrane branchiostège; la caudale est fourchue et l'anus rapproché de la gorge. D. 17, p. 13, V. 6., A. 32, c. 18. Ce n'est qu'avec doute qu'on peut rapporter à ce genre le Bodian-OEillère de Lacépède, originaire d'Amboine, qui est le Kurtus palpebrosus de Schneider. Cuvier pens que ce singulier poisson, mieux observé qu'il ne l'a été jusqu'ici, pourra devenir le type d'un genre nouveau. (B.)

* KYBERIA. BOT. PHAN. Necker (Elem. Bot., n. 81) a séparé, sous ce nom générique, l'espèce de Bellis, L., dont la tige est caulescente. Ce genre n'a pas été adopté. V. PAQUERETTE. (G..N.)

* KYDIE. Kydia. BOT. PHAN. Genre établi par Roxburgh (Pl. Cor. 3, p. 11) et rappvoché, par De Candolle, de la famille des Dombéyacées, Son calice est campanulé, a cinq dents, environné par un involucelle de quatre à six folioles soudées avec le calice; sa corolle formée de cinq pétales étalés obliquement, obcordiformes, plus longs que le calice; ses étamines réunies par les filets en un tube cylindrique, qui se divise supérieurement en cinq branches portant chacune quatre anthères à leur sommet; l'ovaire est simple, surmonté par un style trifide que terminent trois stigmates dilatés; capsule globuleuse, triloculaire, trivalve, contenant dans chaque loge une graine dressée. Ce genre se compose de deux espèces, Kydia calycina, Roxb., loc. cit., t. 215, et K. fraterna, loc. cit., t. 216. Ce sont deux beaux Arbres originaires de la côte de Coromandel et de l'Inde, portant des feuilles alternes pétiolées, à cinq lobes aigus et à cinq nervures, et des fleurs blanches disposées en panicules. (A. R.)

KYLLINGIE. Kyllingia ou Kyl-

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linga. BOT. PHAN. Genre de la famille des Cypéracèes, et de la Triandrie Monogynie, L., qui tient en quelque sorte le milieu entre les genres Mariscus et Cyperus dont il se distingue à peine. Ses épillets sont réunis en un ou plusieurs capitules globuleux; ils sont comprimés, allongés, contenant une ou deux fleurs, dont une est rudimentaire; les deux écailles extérieures sont plus petites et roides; les deux intérieures sont carenées, renfermant une fleur hermaphrodite, et quelquefois une seconde fleur munie d'une seule écaille neutre ou mâle. Les étamines sont au nombre de trois; l'ovaire est lenticulaire, surmonté d'un style bifide et de deux stigmates filiformes. Le fruit est un akène comprimé, nu, c'est-à- dire dénué de soies hypogynes. Les espèces de ce genre sont des Plantes herbacées, ayant leur chaume triangulaire sans nœuds, garni inférieurement de feuilles engaînantes. Les espèces croissent dans l'Inde, l'Amérique, etc. L'une des plus communes est la Kylingia monocephala, Rottb., Gram. 13, t. 4, f. 4, ainsi nommée parce que ses épillets forment un seul capitule globuleux au sommet du chaume, accompagné d'une ou deux feuilles linéaires formant un involucre. Elle croît dans l'Inde, aux îles de France et de Bourbon, et à Port-Jackson de la Nouvelle-Hollande. C'est cette espèce que Forster Gen. 65) a indiquée sous le nom de Thiyocephalon nemorale. (A. R.)

KYNODON. REPT. OPH. Klein, dans son Tentamen herpetologiœ, formait sous ce nom un genre qui répond aux Véritables Vipères. (B.)

KYPHOSE. Kyphosus. POIS. Ce genre douteux, établi par Lacépède sur un dessin de Commerson, se trouve le même que celui sur lequel le continuateur de Buffon avait déjà établi le genre Dorsuaire, et qui est reproduit à la planche 8 du tome III de son Ichthyologie. Cuvier, qui conserve le genre Kyphose avec doute, le place dans la famille des Squammipennes de l'oidre des Acanthoptérygiens. V. DORSUAIRE. (B.)

KYRSTENIA. BOT. PHAN. Genre établi par Necker (Elem. Bot., n. 146) aux dépens des Eupatorium de Linné. Il correspond, selon Cassini, au Batschia de Mœnch, genre qu'il ne faut pas confondre avec d'autres du même nom établis par Gmelin, Thunberg et Vahl. (G..N.)

L

LABARIA. MOLL. NOM donné par Adanson (Voyag. au Sénég., p. 103, pl. 7, fig. 2) à une très-belle espèce de Pourpre qui est le Purpurea coronata de Lamarck. (D..H.)

* LABARRA(PETIT). REPT. OPH. Le Serpent très-venimeux de la Guiane. mentionné sous ce nom de pays, paraît être l'Elaps galonné. V. VIPÈRE. (B.)

LABATIE. Labatia. BOT. PHAN. Le genre constitué sous ce nom par Swartz, est le même que le Pouteria établi auparavant par Aublet. V. POUTÉRIE. (G..N.)

LABBE. OIS. Syn. vulgaire de Stercoraire parasite. V. ce mot. (DR..Z.)

LABDANUM. BOT. PHAN. V. LADANUM.

* LABE. POIS. Espèce de Cyprin. V. ce mot. (B.)

TOME IX. 10

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LABELLE. Labellum. BOT. PHAN. On appelle ainsi dans la famille des Orchidées la division interne et inférieure du calice, qui offre en général une forme et un aspect tout-à-fait différens des autres parties de la fleur. On la désigne aussi quelquefois sous le nom de Tablier. V. ORCHIDÉES. (A. R.)

* LABEN. BOT. PHAN. L'Arbre de Madagascar que Rochon désigne sous ce nom paraît appartenir au genre Calophylle. V. ce mot. (B.)

* LABEO. POIS. L'espèce désignée par Aristote sous ce nom paraît être la même chose que le Chalu ou Chalue de Rondelet. V. VERGADELLE et LABÉON. (B.)

LABÉON. Labeo. POIS. Sous-genre de Cyprins. V. ce mot. (B.)

LABER. BOT. PHAN. L'un des synonymes d'Aloës dans Sérapion, selon quelques-uns de ses traducteurs. (B.)

LABEROAN. POIS. L'un des noms vulgaires de la Morue. V. GADE. (B.)

* LABERIS. REPT. OPH. Espèce du genre Couleuvre. V. ce mot. (B.)

* LABEUM. BOT. CRYPT. (Champignons.) Fries a ainsi nommé la seconde division du genre Polyporus, dont les espèces ont le chapeau fixé par le côté à un pédicule allongé. V. POLYPORE. (G..N.)

* LABIATIFLORES. Labiatifloræ. BOT. PHAN. Ce nom a été donné par De Candolle (Annales du Muséum d'Hist. Natur. T. XIX) à un groupe de la famille des Synanthérées, que Lagasca (Amenidades Natur. de las Espanas) a publié de son côté sous le nom de Chænanthophorœ. C'est en 1808 que le botaniste français a fait connaître à l'Institut le résultat de ses travaux, mais il ne l'imprima qu'en 1812. Lagasca avait rédigé ses observations dès) 1805, mais il les avait conservées en manuscrit jusqu'en 1811. Quoi qu'il en soit de la priorité du nom donné à ce groupe, les deux botanistes sus-mentionnés sont assez d'accord sur sa composition. L'un et l'autre y réunissent les Synanthérées dont le caractère essentiel consiste dans le limbe de la corolle divisé en deux lèvres, l'extérieure plus large que l'intérieure.

Le professeur De Candolle place ses Labiatiflores entre les Chicoracées et les Cinarocéphales de Jussieu; il y distingue trois sortes de corolles: 1° celles à lèvre extérieure quadridentée, l'intérieure réduite à un seul filet; 2° celles à lèvre extérieure tridentée, l'intérieure profondément divisée en deux filets; 3° celles à lèvre extérieure tridentée, l'intérieure bidentée. Cependant quelques calathides de Labiatiflores ont leurs corolles centrales régulières, et les marginales n'ont point de lèvre intérieure. Ces diversités dans la structure des corolles de ce groupe, ont paru assez importantes à l'auteur pour que, d'après leur considération, il ait partagé les Labiatiflores en quatre sections. La première se compose des genres Barnadesia et Bacazia, dont les corolles offrent la première sorte de structure ci-dessus désignée. La seconde section, caractérisée par ses corolles à lèvre intérieure partagée en deux lanières filiformes, est subdivisée d'après la considération de l'aigrette. Les genres à aigrette plumeuse et sessile, sont au nombre de trois, savoir: Mutisia, Dumerilia, Chabræa. Les Chætanthera, Homoianthus, Plazia, Onosseris, Clarionea, Leucæria et Chaptalia, composent la subdivision dont l'aigrette est poilue et sessile. Celle-ci est stipitée et poilue dans le Dolichlasium. C'est encore d'après la considération de l'aigrette qu'est subdivisée la troisième section, celle dont les corolles offrent la troisième sorte de structure ci-dessus mentionnée. Les genres Perdicium, Trixis, Proustia et Nassauvia possèdent une aigrette poilue; elle est plumeuse dans les Sphærocephalus, Panagyrum, Triptilium et Jungia; enfin, elle n'existe pas dans le Pamphalea. Les Labiatiflores douteuses sont les genres Denekia, Disparago, Polyachurust, Leria. Tous

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ces genres sont indigènes du Nouveau-Monde, et même de l'Amérique méridionale, excepté le Chaptalia. Selon H. Cassini, le groupe des Labiatiflores fait partie (sauf quelques genres dont la structure de la corolle a été mentionnée)des deux tribus qu'il a établies sous les noms de Mutisiées et de Nassauviées. V. ces mots. Mais comme plusieurs Mutisiées croissent en Afrique, il s'ensuit que les Labiatiflores ne sont pas des Plantes dont les limites géographiques soient aussi marquées que le professeur De Candolle l'a prétendu.

Les Onoséridées (Onoseridœ) de Kunth (Nov. Gen. et Sp. Plant. æquin. T. IV, p. 4) qui font partie de la section qu'il nomme Carduacées, contiennent, d'après leur auteur, la plupart des Labiatiflores. V. ONOSÉRIDÉES. (G..N.)

LABIDE. Labidus. INS. Genre de l'ordre des Hyménoptères, section des Porte-Aiguillons, famille des Hétérogynes, tribu des Mutillaires, établi par Jurine et adopté par Latreille avec ces caractères: mandibules trèsarquées; palpes maxillaires aussi longs au moins que les labiaux, composés de quatre articles; antennes insérées près de la bouche. Les Labides diffèrent des Doryles, dont ils sont cependant très-voisins, par les mandibules qui sont plus grêles et plus longues dans ceux-ci; par les palpes maxillaires qui sont trèscourts et composés de deux articles chez les Doryles, et par les cellules cubitales qui sont eu plus petit nombre dans ces dernières. Ces Hyménoptères sont propres à l'Amérique, tandis que les Doryles n'habitent que l'Inde et l'ancien continent. La cellule radiale des ailes supérieures des Labides est ovale et allongée; elles ont en outre trois cellules cubitales, dont la première est presque carrée, la seconde plus petite et recevant la première nervure récurrente, et.la troisième grande, atteignant le bout de l'aile et ne recevant point de nervure récurrente. Le premier segment de l'abdomen a ses côtés relevés, et il a la forme d'une selle à Cheval. Les jambes vont en s'élargissant vers leur extrémité, et les épines qui sont placées au bout des quat: e dernières, ainsi que le premier article des tarses postérieurs, sont dilatés et plus épais a leur base. On ne connaît pas les habitudes et les métamorphoses de ces Insectes. La seule espèce connue jusqu'à présent est:

La LABIDE DE LATREILLE, L. Latreillei Jurine. Elle a huit lignes de long, son corps est rougeâtre, pubescent; la tête est transverse, petite et noitâtre; les mandibules et les antennes sont de la couleur du corps; les trois yeux lisses sont grands comparativement à ceux des autres Hyménoptères; ils sont jaunâtres, luisans et disposés en triangle. Les ailes ont une teinte d'un noirâtre clair avec les nervures brunes; l'abdomen est allongé et courbé en dessous à son extrémité. On la trouve à Cayenne. (G.)

LABIDOURES OU FORFICULES. INS. Nom donné par Duméril à une famille qui ne renferme que le genre Forficule. V. ce mot. (G.)

* LABIÉ, LABIÉE. Labiatus, Labiata. BOT. PHAN. On dit d'un calice ou d'une corolle qu'ils sont labiés ou mieux bilabiés quand leur limbe est partagé en deux lèvres, l'une supérieure et l'autre inférieure; quelquefois la l'èvre supérieure manque ou est très-courte: dans ce cas, la corolle est unilabiée comme dans les genres Ajuga, Teucrium, etc.

La corolle labiée proprement dite se distingue de la corolle personnée qui offre également deux lèvres, en ce que ses deux lèvres sont écartées l'une de l'autre, tandis qu'elles sont rapprochées dans la corolle personnée. V. COROLLE et CALICE. (A. R.)

LABIÉES. Labiatæ. BOT. PHAN. L'une des familles les plus naturelles du règne végétal, appartenant aux Plantes dicotylédones monopétales hypogynes, et dont Linné a dispersé

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les genres dans la deuxième et la quatorzième classes de son système. Les Labiées sont des Plantes herbacées, annuelles ou vivàces, plus rarement des Arbustes ou des Arbrisseaux. Leur tige est quadrangulaire, rameuse, à rameaux opposés; les feuilles sont simples, également opposées; les fleurs sont généralement placées à l'aisselle des feuilles supérieures, et forment par leur réunion des épis, des grappes, des panicules ou des capitules accompagnés de bractées qui manquent quelquefois. Le calice est monosépale, tubuleux ou campaniforme, à cinq ou à dix divisions plus ou moins profondes, égales ou inégales, quelquefois disposées en deux lèvres. La corolle est monopétale, tubuleuse, le plus souvent bilabiée, rarement à une seule lèvre, ou même régulière; la lèvre supérieure généralement bilobée embrasse et recouvre la lèvre inférieure avant l'épanouissement de la fleur. La lèvre inférieure présente trois lobes généralement inégaux, celui du milieu étant plus grand que les deux lobes latéraux. Les étamines, au nombre de quatre, didynames, c'est-à-dire deux plus grandes et deux plus petites, sont ordinairement rapprochées par paires et placées sous la lèvre supérieure; quelquefois elles sont au contraire déclinées vers la partie inférieure de la fleur, ou même écartées les unes des autres et presque égales entre elles. Dans quelques genres, les deux étamines les plus courtes avortent ou sont réduites à l'état rudimentaire. Les anthères sont à deux loges distinctes ou même quelquefois écartées l'une de l'autre par un connectif plus ou moins long. L'ovaire est appliqué sur un disque hypogyne ou gynobase épais et plus large que l'ovaire lui-même, autour duquel il forme un rebord plus ou moins saillant. Cet ovaire est profondément partagé en quatre lobes qui sont chacun autant de loges contenant un ovule dressé. Le style naît du centre commun ou de l'axe extrêmement déprimé de l'ovaire; il est long, grêle, simple, terminé par un stigmate à deux divisions allongées et inégales. Le fruit se compose de quatre coques monospermes ou akènes réunis sur le disque et enveloppés par le calice. Quelquefois un ou plusieurs de ces akènes avortent. Chaque akène renferme une graine dressée, dont le tégument propre recouvre un embryon à radicule courte et tournée vers la base de la graine. Dans quelques genres néanmoins il y a une endosperme très-mince.

Cette famille est tellement naturelle, qu'on pourrait, en quelque sorte, la considérer comme un grand genre. En effet, les différentes coupes génériques qui y ont été établies sont généralement fondées sur des nuances d'organisation extrêmement minutieuses, en sorte que la formation des genres est tout-à-fait artificielle. C'est au reste ce que l'on doit également observer dans toutes les autres familles extrêmement naturelles, comme les Ombellifères, les Graminées, les Légumineuses, etc. Comme ces genres sont fort nombreux, nous y établirons plusieurs divisions, ainsi qu'on le verra par le tableau suivant:

Ire SECTION. — Deux étamines.

Lycopus, L.; Amethystea, L.; Cunila, L.; Ziziphora, L.; Monarda, L.; Rosmarinus, L.,; Salvia, L.; Collinsonia, L.; Westringia, Smith; Microcorys, Brown.

IIe SECTION — Quatre étamines.

A. Corolle unilabiée.

Ajuga, L.; Teucrium, L.

B. Corolle bilabiée.

Etamines divergentes.

Mentha, L; Hyssopus, L.; Perilla, L.; Satureia, L.

†† Etamines réunies sous la lèvre supérieure.

α Calice régulier à cinq ou dix dents.

Nepeta, L.; Lavandula, L.; Glechoma L.; Lamium, L.; Betonica, L.; Marrubium, L.; Ballota, L.;

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Leonurus, L.; Anisomeles, Brown; Phlomis, L.; Leucas, Burm.; Leonotis, Pers.; Hemigenia, Brown; Hemiandra, Br.; Isanthus, Rich.; Pycnanthemum, Rich.; Brackystemum, Rich.; Pogostemon, Desf.; Barbula, Lour.; Bistropogon, l'Hérit.; Sideritis, L.; Galeopsis, L.; Galeobdolon, All.; Stachys, L.; Zietenia, Gledit.; Molucella, L.; Rizoa, Cavan.

β Calice hilabié.

Thymus, L.; Origanum, L.; Thymbra, L.; Melissa, L.; Dracocephalum, L.; Melittis, L.; Horminum; Prunetln, L.; Lepechinia, Willd.; Scutellaria, L.; Coleus, Lour.; Chilodia, Br.; Cryphia, Br.; Prostanthera, Labill.; Clinopodium, L.; Gardoquia, Ruiz et Pavon; Perilomia, Kunth; Prasium, L.; platostoma, Beauv.; Trichostemma, L.; Phryma, L.

††† Etamines déclinées.

Ocymum, L.; Plectranthus, l'Hérit.; Hyptis, Jacq.

La famille des Labiées est si naturelle, et ses caractères sont tellement tranchés, que nous croyons inutile d'indiquer comment on la distingue des Verbénacées et des Borraginées, entre lesquelles elle doit être placée. (A.R.)

* LABIO. MOLL. Ocken, dans son Système d'histoire naturelle, a proposé sous ce nom un genre démenibré des Turbo de Linné ou des Trochus. Ce démembrement n'a pas été adopté, V. TROCHUS et TURBO. (D.. H.)

* LABIUM. INS. Nom sons lequel on désigne la lèvre inférieure des Insectes par opposition au mot Labrum qu'on applique à la lèvre supérieure. La lèvre inférieure ou simplement la lèvre est assez compliquée, et résulte de la jonction plus ou moins intime de deux mâchoires qui font suite aux mâchoires proprement dites. V. BOUCHE. (AUD.)

LABIUM ET LABRUM VENERIS. BOT. PHAN. L'un des synonymes anciens du Dipsacus sylvestris. V. ABREUVOIR et CARDÈRE. (B.)

LABLAB. BOT. PHAN. Ce genre, que Linné et Gaertner ont réuni au Dolichos, en avait été séparé par Adanson (Fam. des Plautes, 2, p. 525). Il a été rétabli par Mœnch et définitivement adopté, en ces derniers temps, par Savi et par De Candolle (Prodr. Syst. univ. Veget, 2, p. 401) qui en ont distingué six espèces. Nous avons admis la fusion de ce genre telle que l'ont opérée Linné et Gaertner, et l'espèce principale a été décrite dans ce Dictionnaire sous le nom de Dolic. V. ce mot. (G..N.)

LABRADOR (PIERRE DE). MIN. Ce nom a été donné au Feldspath opalin, trouvé sur les dôtes de ce pays, dans l'île de Saint-Paul, et dont plusieurs minéralogistes font aujourd'hui une espèce particulière sous ce même nom, ou sous celui de Labradorite. On a aussi donné le nom de Hornblende du Labrador à une variété d'Hypersthène qu'on avait méconnuo. V. FELDSPATH et HYPERSTHÈNE. (G.DEL.)

LABRADORA OIS. Syn. de Macareux Moine. V. ce mot. (DR..Z.)

LABRADORISCHE-HORNBLENDE. MIN. Syn. d'Hyperstène. V. ce mot. (B.)

LABRADORITE. MIN. (Delaméthrie.) Syn. de Pierre de Labrador, (B.)

LABRAX. POIS. Sous ce nom, employé par les anciens pour désigner l'Anarrhique Loup, Klein avait établi un genre qu'il caractérisait par des écailles en scie, une grande bouche et beaucoup de dents serrées très-fines. Pallas a, depuis, formé pour des Poissons du Kamtschatka un genrenommé de même, et lui a attribué pour caractères: un corps assez long, garni d'écailles ciliées, à tête petite sans armure, à bouche peu fendue, armée de petites dents coniques, inégales, à lèvres charnues; dorsale régnant tout le long du dos, n'ayant que des épines minces, pré-

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sentant plusieurs séries de pores disposées sérialement, de manière à former comme plusieurs lignes latérales. Cuvier admet ce genre avec doute après les Scares, à la fin de la famille des Labroïdes, dans l'ordre des Acanthoptérygiens. (B.)

LABRE. Labrus. POIS. Ce genre, l'un des plus nombreux en espèces, s'il n'est pas celui qui en renferme davantage, fut établi par Artédi, adopté par Linné dans son ordre des Thoraciques, et devint, dans la Méthode de Cuvier, le type de la famille des Labroïdes. Les doubles lèvres charnues des Poissons qui le composent lui méritèrent le nom sous lequel les ichthyologistes l'ont désigné. Ses caractères consistent dans les ouies serrées, à cinq rayons; les dents maxillaires coniques dont les mitoyennes et antérieures plus longues, les pharyngiennes cylindriques et mousses, disposées en forme de pavé, les supérieures sur deux grandes plaques, les inférieures sur une seule qui correspond aux deux autres. L'estomac n'est pas un cul-de-sac, mais se continue avec un intestin sans cœcum, qui après deux replis se termine en un gros rectum; la vessie aérienne est simple et robuste; l'une des deux lèvres tient immédiatement aux mâchoires, et l'autre aux sous-orbiculaires. Les Labres sornt de taille moyenne, agiles, d'une forme qui est celle qu'on attache le plus naturellement à l'idée de Poisson. Ils vivent de Crustacés et de Mollusques dont l'appareil robuste de leur système dentaire leur permet de broyer jusqu'aux parties dures. Leur chair est savoureuse; cependant on en porte rarement sur nos marchés. Ils habitent presque toutes les parties du globe depuis le Groenland jusque sous laligne, mais en plus grand nombre dans les climats chauds et non loin des rivages de la mer. Tous sont revêtus des plus somptueuses livrées; leurs écailles resplendissent de l'éclat des Métaux polis, du feu des Pierres précieuses et des teintes les plus vives. La Méditerranée en nourrit plusieurs des plus élégans; la Polynésie en possèile d'une incroyable beauté; mais la plupart des espèces, qui se ressemblent beaucoup par la forme, n'ayant été établies que sur les couleurs sujettes à varier, ou qui se détériorent par la mort, il y règne une grande confusion; pour s'y reconnaître, on a dû y former les coupes ou sous-genres suivans:

† LABRES proprement dits, qui n'ont ni épines, ni dentelures aux opercules et aux préopercules, avec le corps oblong, la queue sans appendices, les jones et opercules couverts d'écailles, la ligne latérale droite ou à peu près. Ce sont eux que l'on trouve en plus grand nombre dans la Méditerranée, où plusieurs sont désignés sous le nom vulgaire de Tourds et Tourdous.

La VIEILLE, Labrus vetula, L., Bloch, pl. 293. La nageoire caudale est arrondie; ce Poisson atteint un peu plus d'un pied de long; ses couleurs sont l'orangé le plus vif et le bleu le plus beau; sa tête est rougeâtre;: les pectorales, l'anale et la caudale sont bordées de noir; la dorsale est couverte de petites taches; l'iris est azuré. Cette espèce est des mers de l'Europe boréale; on la trouve depuis les côtes de Norwège jusqu'en Bretagne où on la nomme Crahatte et où l'on en prend suffisamment pour en faire des salaisons.

Le BEEGYLTE, Labrus maculatus, Bloch, pl. 293. sa nageoire candale est arrondie; le dernier rajon de l'anale et de la dorsale est plus long que les autres; sa couleur générale est le brunâtre velouté avec des raies d'un beau brun foncé et de plus disposées alternativement sur la poitrine; les nageoires d'un jaune teinté de violet sont tachetées de brun luisant, l'iris est doré. Cette espèce des mers du Nord atteint jusqu'à quinze pouces; sa chair est grasse et cxquise.

Le Cock, Labrus Coquus, L., Gmel., Syst. Nat., XIII, T 1, p. 1297, Petite espèce extrêmement commune sur la côte de Cornouailles, qui est d'un pourpre obscnr, varié de bleu

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foncé, avec le ventre jaunâtre et la queue arrondie.

Le PAON, Encycl. Mét., Pois., pl. 51, f. 137; Labrus Pavo, L., Gmel., Syst. Nat., XIII, T. 1, p. 1288, assez commun dans la Méditerranée, depuis nos côtes jusqu'en Syrie, et y atteignant neuf ou dix pouces de longueur. Ce Poisson passe pour être le plus beau de la mer; et pour le reconnaître entre tous les autres, on n'aura qu'à imaginer le Lapis-Lazuli, le Rubis, le Saphir, l'Emeraude et l'Améthyste incrustés dans l'or des écailles polies d'un Poisson élégamment conformé. Sa chair est médiocre.

Le MÉRO, Labrus marginalis, L., Gmel., loc. cit., p. 1288. Cette espèce à laquelle nous. conservons le nom qu'on lui donne en Espagne où Lœfling la décrivit ou plutôt se borna à la mentionner, est d'un beau brun velouté, chatoyant dans toutes ses parties; un large liséré jaunâtre autour de toutes ses nageoires la singularise. Nous l'avons vue assez fréquemment en 1809 sur la poissonnerie de la Corogne en Galice.

Le CÉNOT, Labrus trimaculatus, L., Gmel., loc. cit., 1294. Cette petite espèce à laquelle nous conservons le nom vulgaire qui la désigne dans les îles Baléares, se trouve aussi dans l'Océan et jusque sur les côtes de la Norwège. Sa couleur est le rouge; deux taches d'un beau noir à la base de la dorsale et une entre cette nageoire et la caudale la caractérisent.

La TANCHE DE MER, Labrus Tinca, L. Ce Labre habite les lieux les plus profonds sur les côtes d'Angleterre principalement. Sa couleur est d'un rouge sale foncé, élégamment marquée de nombreuses lignes de bleu, de rouge vif et de jaune. Toute commune qu'elle est, cette espèce a besoin d'être mieux examinée pour savoir si elle ne convient pas au sous-genre Crénilabre, le troisième du genre qui nous occupe.

Le PERROQUET. Labrus Psittacus, L., Gmel., loc. cit., p. 1285. Sa couleur est d'un beau vert d'Emeraude, excepté sous le ventre qui est jaunâtre; une bande d'un beau bleu règne de chaque côté, de la tête à la queue. On trouve ce Labre dans la Méditerranée et dans les mers d'Arabie.

Le TOURD, Labrus Turdus, L., Gmel., loc. cit., p. 1291. Cette espèce, l'une des plus communes dans la Méditerranée où l'on en trouve plusieurs variétés, n'atteint guère que neuf pouces de long. On luia donné le nom qu'elle porte et qui désigne également la Grive, parce qu'ainsi que cet Oiseau elle est couverte de petites taches blanchâtres, brunes, rouges ou bleues, semées sur les diverses parties du corps et les nageoires, et toujours en opposition avec la couleur du fond.

Les Labrus punctatus, Bloch, pl. 295; Microlépidote, Labrus microlepidotus, Bloch, pl. 292; Raye, Labrus tessellatus, Bloch, pl. 291; Labrus guttatus, Bloch, p. 287, f. ; Labrus punctatus, Bloch, p. 295; Ariste de Lacépède; Hassek, Labrus inermis de Forskahl; Labrus ferrugineus; Labrus occellaris, L.; Labrus Luseus, L.; Labrus Cornubius, L.; Labrus mixtus, L.; Echiquier, Labrus centiquadratus de Lacép.; Labrus Paroticus, L; Beregsnyltre de Lacépède, Labrus Suillus, L.; Double-Tache, Labrus bimaculatus, L.; Ossiphage, Labrus ossiphagus, L.; Onite Labrus Onitis, L.; Pentacanthe de Lacép.; Labrus lunulatus, Forskahl; Canude, Labrus Cydneus, L.; Ballan, Labrus Ballan de Pennant; Perruche de Plumier; Keklik, Labrus Perdica de Forskahl; Labrus Comber, L.; Aurite de Daubanton, Labrus attritus, L.; Labrus Oyena, Forskahl; Labrus Melagaster, Bloch, pl. 296, fig. 1; Cappa, Lepisme et Grison de Lacépède, etc., sont quelques-unes des espèces de ce sousgenre plus remarquables encore que le reste par l'éclat de leurs teintes.

†† GIRELLES, Julis, Cuv., qui ont une seule dorsale, la tête entièrement lisse et sans écailles, non plus que les joues et les opercules, ce qui les distingue surtout du sous-genre précédent; la ligne latérale est forte-

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ment coudée vers la fin de la dorsale. On en trouve plusieurs espèces dans nos mers tempérées. Gaimard en a surtout rapporté de la Polynésie et des Philippines dont la beauté Surpasse tout ce qu'on eût pu concevoir. L'élégante richesse de ces Poissons est eause que les ichthyologistes, Bloch entre autres, se sont complus à en figurer un certain nombre.

La GIRELLE Encycl., pl. 52, fig. 299; Labrus Jutis, L., Gmel., Syst. Nat., XIII, T. 1, p. 1288; Bloch, pl. 287, f. 1. C'est l'un des plus jolis Poissons qui existent: il se tient par bandes étmcelantes de reflets brillans parmi les rochers de la Méditerranée, de l'Archipel et de la mer Rouge. Il ne dépasse guère six pouces de longueur. Sa couleur générale est un violet éelatant, relevé de chaque côté par une bande en zig-zag de l'orangé le plus Vif: les nageoires anales et dorsales sont pein es de trois bandes, l'une jaune, l'autre rouge, et la dernière bleue. Sa chair est en outre délicates. Ilmord aisément à la ligne. Il en existe plusieurs variétés; on distingue, dit-on, les mâles des femelles à deux taches noires situées l'une au-dessus de l'autre sur le premier nayon lde la nageoire du dos. D. 21, p. 114, V. 6, A. 13, C. 12.

Les Aabrus pictus de Sehneider, pl. 55; Labrus brasiliensis, L., Bloch, pl. 280; Labrus lunaris, L., Bloch, pl. 281;Labrus viridis, Bloch, pl. 282; Labrus cyanocephalus, L., Bloch, pl. 286; Labrus hebraicus, Lacép., Pois. T. III. pl. 29, fig. 3; Labrus ckloropterus, Bloch, p. 288; Labrus Melapterus, Bloch, pl. 286, f. 2; Malaptéronote, Lac., III, pl. 31, fig. 1; Parterre, Lac., III, pl. 29, fig. 2; Ténioure, Lac., III, pl. 29, fig. 1; Labrus bifasciatus, Bloch, pl. 188; Labrus bivittatus et Macrolepidotus, Bloch, pl. 284, f. 1 et 2; Spare hémisphère, Lac., III, pl. 15, f. 3, et Brachion, pl. 18, f. 3, sont les espèces constatées de ce magnifique sous-genre.

Les Coris de Lacépède, dit Cuvier (Règn. Anim. T. 11, p. 262), d'aprés les dessins de Commerson, se sont trouvés des Girelles, où le dessinateur avait négligé d'exprimer la séparation du préopercule et de l'opercule. L'espèce appelée Angulè paraît même n'être que le Labrus melapterus. Les Hologymnoses du même auteur ne sont encore que des Girelles.

††† CRÉNILABRES, Crenilabrus, qui ont le corps oblong, une seule dorsale soutenue en avant par de fortes épines, garnies le plus souvent chacune d'un lambeau membraneux; et les bords des préopercules dentelés, ce qui les distingue surtout des vrais Labres, dont ils ont d'ailleurs les joues ecaillerses. Ils avaiént été mal à propos et malgré leurs doubles levres confondus pour la plupart avec les Lutjans, dont Cuvier a senti la nécessité de les séparer pour les rapporter à leur véritable place.

Le MÉLOPS, Labrus Melops, L., Gmel., Syst. Nat. XII T. 1, p. 1290. Cette belle espèce, qui n'a guère que six pouces et qui se trouve sur les côtes de la Méditerranee et particulièrement à Nice où on l'appelle Fournié, varîe selon les sexes. Le mâle est d'un rouge de Corail, avec des lignes bleues qui s'étendent jus qu'à la nuque; la tête est traversée en dessous de bandes d'outremer; les lèvres sont blanches; une tache de la même teinte a sur les yeux la forme d'une paire de lunettes. La femellè porte ces divers ornemens sur un fond noisétte.

Le MERLE; Labrusr Merula, L. Gmel., Syst. Nat. XIII, T. 1, p. 1298. Sa taille est d'environ un pied; sà couleur, d'un bleu foncé frant sur le noir, est chatoyante, ce qui en relève la nuance uniforme, et comme si les Labres devaient necessairement présenter sur quelque partie de grandes oppositions de teintes, les yeux sont d'un rouge vif avec l'iris d'or. Les anciens ont célébré ce Poisson et chargé son histoire de ces fables absurdes qui leur étaient si familrères. Ils faisaient grand cas de sa chair qui est ercore fort estimée dans la Méditerranée.

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La LAPINE, Labrus Lapina, L., Gmel., loc. cit., p. 1293; Lutjanus, Lacép. L' Hassurm des Arabes, qu'on trouve dans la mer Rouge, dans la Méditerranée et surtout dans la Propontide, est le plus grand des Labres et atteint dix - huit pouces. Ses arêtes deviennent verdâtres par la coction. La ca udale est arrondie et bleuâtre, tachetée de rouge, ainsi que l'anale, la dorsale marbrée de jaune et de rouge, piquetée de bleu céleste; les autres nageoires sont d'un beau bleu. Le corps est verdâtre avec trois lignes de taches d'un beau rouge, disposées en zig-zag.

Les Lutjanus Chrysops, Bloch, pl. 248; Erythropterus et notatus, id., 249; Linkii, id., 252; virescens, id., 254, et Verres, id., 255; rupestris, id., 250; bidens, id., 256; les Labrus quinque maculatus, Bloch, p. 292, f. 2; Norwegicus de Schneider, griseus, cornu bius, guttatus, viridis, occellaris, fuscus, occellatus, olivaceus, unimaculus de Linné; les Poissons de mer de Nice décrits par Risso sous le nom générique de Lutjans; les Perca scripta et Mediterranea de Linné, sont encore des Crénilabres, parmi lesquels rentrera peut-être le Labrus Tinca dont il a été question plus haut.

††† SUBLETS, Coricus, Cuv., qui joignent aux caractères des Crénilabres, une bouche protractile à peu près comme celle des Filous qui sontle sixième sous genre des Labres. Ce sont de fort petits Poissons de la Méditerranée, que Risso a décrits sous les noms de Lutjan verdâtre et de Lutjan La marck.

††††† CHÉILINES, Cheilinus, qui ont la tête écailleuse, et dont les dernières écailles de la queue s'avancent sur les bases de ses rayons. La ligne latérale est interrompue vis-à-vis la fin de la dorsale. Lacépède avait établi cette division comme genre, auquel on peut rapporter sa Chéiline trilobée, T. III, pl. 31 f. 3; les Sparus fasciatus, pl. 257, et Chlorourus, pl. 260, et le Sparus radiatus de Schneider, pl. 56. Le Chéiline Scare de Lacépède, qui est le Labrus Scarus, L., Gmel. Syst. Nat. XIII, T. 1, p. 1283, n'avait été établi par Artédi et Linné, dit Cuvier, que sur une description équivoque et sur une figure de Belon, ou l'on ne peut même voir de quel genre est le Poisson dont il veut parler. La figure et la description de Rondelet, lib. VI, cap. 11, p. 184, que l'on cite ordinairement avec celle de Belon, appartient à un Poisson tout différent, du genre des Spares, et qui fut trèscélèbre dans l'antiquité.

†††††† FILOUS, Epibulus, Cuv., qui peuvent donner à leur bouche une extension considérable, et en faire une espèce de tube capable d'atteindre, au loin, les petits Poissons qui passent à proximité, au moyen d'un mouvement de bascule de leur maxillaire, qui s'opère en faisant glisser en avant leur intermaxillaire. On n'en connaît qu'une espèce, originaire des mers des Indes, le Sparus insidiator, L., Gmel., Syst. Nat. XIII, T. 1, p. 1273; Encycl. Pois., pl. 49, fig. 789. Ce Poisson acquiert jusqu'à dix pouces de long, son corps a la figure de celui d'un Cyprin, ses écailles sont larges, grandes, d'un vert d'airain, et le dernier rang empiète sur l'anale ainsi que sur la caudale, comme dans les Chéilines; la ligne latérale est interrompue de même.

††††††† GOMPHOSES, Gomphosus, qui sont des Labres à tête entièrement lisse, et dont le museau prend encore la forme d'un tube par le prolongement des intermaxillaires et des mandibulaires que le tégumens lient ensemble, jusqu'à la petite ouverture de la bouche. On en connaît deux espèces de la mer des Indes, les Gomphosus cœruleus et variegatus, Lac., Pois., T. III, pl. 5, fig. 1 et 2. (B.)

LABRE OU LÈVRE SUPÉRIEURE. Labrum. INS. On désigne sous ce nom une petite pièce impaire qui entre dans la composition de la bouche des Animaux articulés; elle en est assez souvent la partie la plus avancée

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et s'articule avce le chaperon. On la voit dans les Insectes et on la retrouve avec des formes peu différentes dans les Crustacés et les Arachnides. V. BOUCHE. (AUD.)

LABROIDES. POIS. Troisième famille de l'ordre des Acanthoptérygiens dans la méthode de Cuvier: ce sont de beaux Poissons caractérisés par une forme assez semblable, de grandes écailles brillantes, une seule dorsale soutenue en avant par des épines fortes, garnies le plus souvent chacune d'un lambeau membraneux, et les mâchoires couvertes de grosses lèvres charnues. Cette famille contient les genres Labre, Rason, Chromis, Scare et Labrax. V. ces mots. (B.)

* LABRUS. POIS. V. LABRE.

LABRUSCA. BOT. PHAN. Ce nom, qui chez les anciens désignait la Vigne sauvage, indigène de l'Europe méridionale, a été scientifiquement, mais improprement, transporté par Linné à une Vigne de l'Amérique septentrionale. V. VIGNE. On a quelquefois écrit Lambrusca. (B.);

LABURNUM. BOT. PHAN. Nom scientifique du Cytise Faux-Ebénier, qui pourrait n'être pas le Laburnum de Pline et des anciens, dont le bois était blanc. (B.)

LABYRINTHE. MOLL. Espèce du genre Hélice.V. ce mot et CAROCOLLE. (B.)

LABYRINTHE. BOT. CRYPT. Ce nom, qui désigne une espèce exotique du genre Glyphide de Fée, était employé, dans la baroque nomenclature de paulet, pour désigner des Champignons du genre Dædalea où cet auteur mentionne les Labyrinthes Chapeau, Etrille et Rocher. V DÆDALEA. (B.)

LAC. GÉOL. En géographie physique, science qu'on peut regarder comme une branche de la géologie, on entend par ce mot une étendue d'eau située dans l'intérieur des terres, c'est-à-dire le contraire d'île, puisque les fles sont des étendues de terre environnées d'eau. Il en est d'eau douce et d'éausalée; les premiers sont plus particulièrement appelés Lacs, les autres, pour peu que leur étendue soit considérable, sont des Caspiennes ou mers intérieures; mais toutes ces distinctions sont en général fort arbitraires. On a recherché quelle est la cause de la salure de ces Caspiennes, et posé en principe que toute étendue d'eau intérieure qui ne s'épanchait pas dans la mer par quelque fleuve ou autre canal, devait être salée: c'est une erreur, il y a des Lacs d'eau douce qui ne communiquent avec aucune mer. Les Lacs, soit salés, soit d'eau douce, présentent édemment le fond de plus grandes masses d'eaux dont l'évaporation ou l'écoulement enlevèrent une grande partie, et la plupart des grands baseins de fleuves, où l'on trouve des brisures perpendiculaires aux cours d'eaux. forent d'anciens Lacs. V BASSINS. mesure que les eaux sc retireront per leur diminution progressive, beaucoup de golfes deviendront des Lacs; tels seront un jour en Europe, le Zuyderzée, par exemple, dont le Texel et les îles voisines préparent la fermeture; sur les côtes d'Asie mers de Chine. de Corée, du jau et l'Okotsk; en Amérique le golfe du Mexique et la mer des Antilles. Ces parages seront d'abord comme des vastes lagunes, communiquent encore avec lu mer, et long-imps saumâtres; car les lagunes, nairement séparées de la mer par des langues de terre, comme le Frich-Haff et le Curischaff dans la Baltique ou comme les lagunes de nos côtes de Provence, diffèrent seulement des Lacs par la qualité de leurs eaux. Les étangs ne sont que des Lacs plus petits encore, souvent créés artificiellement par la retenue de quelque cours d'eau dont on intercepte la vallée par une digue. Les Dunes, V. ce mot, déterminent la formation d'étangs semblables sur les côtes, dont elles interrompent la communication des pentes avec l'intérieur du pays. C'est ainsi que dans les Landes aquitaniques on voit une longue

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chaîne d'étangs au revers des sables amoncelés; ces étangs et les lagunes ont des Plantes et des Poissons qui leur sont propres. Dans les pays intertropicaux, ils ont des Coquilles plus solides que celles du reste des eaux douces. Les Lacs de montagne, entre lesquels on doit citer ceux de Genève et de Constance en-Suisse, de Halstadt dans la Haute-Autriche, sout des fonds de vallées traversés par des cours d'eaux, qui pourront se vider un jour par le creusement des rivières qui les travèrsent. Quand cela aura lieu pour les Lacs du fleuve Saint-Laurent dans le Nouveau-Monde, le bassin de ce fleuve sera comme celui du Danube ou l'on pent reconnaître encore aujour d'hui un ancien enchaînement de Lac. Du reste les Lacs tendent à rompre leurs parois par infiltration du côré le plus profond où porte le poids des eaux. V. LANDES. (B.)

* LACARA. BOT. PHAN. Sprenegel (Neue Endt. 3, p 56) a établi sous ce nom un genre de la famille des Légumineuses, et de la Décandrie Monogynie, L., auquel il a imposé les caractères suivans: calîce campanulé, à cinq dents; cinq pétales inégaux, onguiculés, marqués de nervures, le supérieur et l'inferieur concaves; dix étamines libres, insérées sur la partie inférieure du calice, velues à la base, plus longues que les pétales, anthètres oscillantes; capsule velue. Ce genre n'a pu être classé à cause de son fruit inconnu. De Candolle (Prodrom. Syst. Veget, vol. 2, p. 523) le relègue à la fin des Légumineuses parmi les genres non susceptibles d'être classés. Le Lacara triplinervia, Spreng. (loc. cit.), est un Arbrisseau du Brésil pourvu de feuilles trèsgrandes, alternes, pétiolées, obloncues, très-entières, coriaces, inégales et à triple nervure. Les grappes de fleurs sont axillaires. (G..N.)

LACATANE. BOT. PHAN. Variété de Banane fort estimée aux Philippines. (B.)

LACATHA. BOT. PHAN. Et non Lacara. Dans Théoplnraste, c'est l'Arbrisseau désigné par Pline sons le nom de Vaccinium qui ne convient pas à notre Airelle, mais au Mahaleb. V. PRUNIER. (B.)

* LACATHEA. BOT. PHAN. Salisbury (Parad. Lond. t. 56) a séparé, sous ce nom générique, le Gordonia pubescens. Ce genre n'ayant pas été adopté, De Candolle (Prodr. Syst Veget. univs T. I, p. 528) s'est servi du mot Lacathea, pour désigner la troisième section qu'il a établie parmi les Gordonies. V. ce mot. (G..N.)

LACCA. INS. et BOT. L'un des synonymes de Laque dans l'ancienna droguerie. V. LACQUE. Dans l'horbier d'Amboine, ce nom désigne la Balsamine de nos jardins. (B.)

* LACCOPHILE. Laccophilus. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères section des Pentamèreâ, famille des Hydrocanthares, établi par Leach et dont nous ne connaissons pas les caracitèrés il n'a pas été adopté par Latreille; son type est le Dytiscus minutus de Fabricius, D. marmoreus d'Olivier, etc., qui se trouve à Paris. V. DYTIQUE. (G.)

* LACELLIA. BOT. PHAN. Genre de a famille des Synanthérées nouvellement établi par Viviani (Flor. Lyb. Spec., Gênes, 1824) qui l'a dédié au docteur Della Cella, auteur d'un voyage dans la Cyrénaïque pendant le quel il a recueilli un grand nombre de Plantes qui croissent dans cette contrée peu connue. Ce genre appartient à la tribu des Carduacées, et se rapproche des Centaurées. Voici ses caractères essentiels: réceptacle paléacé soyeux; fleurons du disque réguliers et à cinq dents; demi-fleurons de la circonférence tubuleux, filiformes et allongés; akènes denticulés, surmontés d'une aigrette plumeuse, et couronnés de plusieurs appendices. L'espèce unique de ce genre, Lacellia libyca, a les feuilles radicales pinnatifides, celles du sommet entières; les fleurs sont petites et disposées en paniules. (G..N.)

* LACÉPÉDÉÉ. Lacepedea. BOT.

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PHAN. Genre de la famille des Hippocratéacées, établi par notre collaborateur Kunth (in Humb. Nov. Gener. 5, p. 142) et auquel il assigne les caracteres suivans: calice à cinq divisions profondes, elliptiques, concaves et inégales; corolle de cinq pétales courtement onguiculés, obovales, allongés; cinq étamines insérées entre le disque sur lequel l'ovaire est appliqué et le calice; leurs filets sont libres, égaux et distincts les uns des autres; les anthères sont cordiformes, à deux loges s'ouvrant par un sillon longitudinal. L'ovaire, appliqué sur un disque hypogyne dont le bord annulaire est à dix lobes, offre trois loges contenant chacune huit ovules insérés sur deux rangs à l'angle interne. Le style est dressé, à trois stries, terminé par un stigmate trilobé. Le fruit est une baie ovoïde, trifide au sommet, à trois loges dans chacune desquelles on trouve de deux à trois graines réniformes.

Ce genre a beaucoup de rapports avec le Trigonia, mais il s'en distingue par le nombre de ses étamines, ses filets libres et son fruit charnu. La seule espèce qui le compose, Lacepedea insignis, Kunth, loc. cit., tab. 444, est un Arbre portant des feuilles opposées, dentées en scie, accompagnées de deux stipules pétiolaires. Les fleurs sont blanches, pédicellées, disposée en pinicules terminales et rameuses, et dont les rameaux sont opposés, accompagnés de bractées. Il croît auprès de Xalapa, dans le Mexique. (A. R.)

* LACÉPÉDIEN. POIS. Espèce du genre Gymnètre. V. ce mot. (B.)

LACERON. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires du Laitron commun. V. LAITRON. (B.)

LACERT. POIS. Syn. de Callionyme lisse. V. CALLIONYME. (B.)

LACERTA. REPT. SAUR. V. LÉZARD.

LACERTIENS. REPT. SAUR. Seconde famille de l'ordre des Sauriens (V. notre tableau erpétologique, T. VI, p. 282), caractérisée par une langue mince, extensible et terminée en deux longs filets comme celle des Couleuvres et des Vipères; le corps dis Animaux qui la composent est allongé. Tous les Lacertiens ont cinq doigts munis d'ongles séparés, inégaux, surtout ceux de derrière. Leurs mouvemens sont agiles; leurs écailles sont disposées, sous le ventre et autour de la queue, par bandes transversales et parallèles; leur tympan est à fleur de tête et membraneux; une production de la peau fendue longitudinalement, qui ferme par un sphincter, protège l'œil. Sous l'angle antérieur est un vestige de troisième paupière; leurs fausses côtes ne forment point de cercle entier; les mâles ont une double verge, l'anus est une fente transversale. Deux genres composent cette famille trèsnombreuse en espèces, les Monitors ou Tupinambis, et les Lézards. V. ces mots. (B.)

LACERTOIDES. REPT. SAUR. (Blainville.) Syn. de Lacertiens. V. ce mot. (B.)

* LACET. POIS. L'un des noms vulgaires des Rémores. V. ce mot. (B.)

LACET DE MER. BOT. CRYPT. V. BOYAU DE MER.

LACHE. POIS. Même chose que Callique. V. ce mot. (B.)

LACHÉNALIE. Lachenalia. BOT. PHAN. Ce genre de la famille des Asphodélées, et de l'Hexandrie Monogynie, L., offre pour caractères: un périanthe tubuleux, coloré, pétaloïde, double, l'extérieur moitié plus court à trois divisions égales, l'intérieur également à trois divisions très-profondes. Les étaminès, au nombre de six, sont insérées chacune sur une des divisions du calice. Leurs filets sont longs et grêles, leurs anthères à deux loges. L'ovaire est à trois côtes très-saillantes et à trois loges polyspermes. Le style de la longueur des étamines est terminé par un stigmate épais et trilobé. Le fruit est une cap-

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suie à trois loges et à trois valves, dont les graines sont planes et membraneuses. Toutes les espèces de ce genre assez nombreux sont originaires du cap de Bonne-Espérance. Ce sont des Plantes bulbeuses, dont le bulbe est formé de tuniques emboîtées; les feuilles sont toutes radicales; la hampe nue se termine par un, épi de fleurs pédicellées et souvent pendantes. Plusieurs de ces espèces sont cultivées dans les Jardins, parce que généralement leurs fleurs sont d'une couleur agréable. Parmi ces espèces on distingue les suivantes: Lachenalia tricolor, Jacq., Sc. Nat. 1, t. 61. De son bulbe qui est blanchâtre naissent deux feuilles engaînantes étroites, poin tillées de pourpre à leur sommet. La hampe haute de près d'un pied, également tachée de pourpre, se termine par un épi de fleurs jaunes mélangées de vert et de pourpre. Cette espèce fleurit en avril. On cultive encore les espèces suivantes. Lachenalia luteola, L. quadricolor, L. pendula, L. purpureo-cœrulea, L. lanceœfolia. Toutes se cultivent à peu près comme les Jacinthes en pots, mais elles doivent être rentrées l'hiver dans l'orangerie. On les multiplie par le moyen des cayeux. (A. R.)

LACHÉSIS. REPT. OPH. Le genre formé par Daudin, sous ce nom d'une des Parques, n'a pas été adopté et rentre dans le genre Scytale. V. ce mot. (B.)

* LACHNÉA BOT. CRYPT. Champignons.) Nom de la seconde section proposée par Fries (Syst. Mycolog. T. 11, p. 77) dans le genre Pezize. V. ce mot. (G..N.)

LACHNÉE. Lachnea. BOT. PHAN. Genre de la famille des Thymelées, et de l'Octandrie Monogynie, L., ayant un calice tubuleux grêle, évasé dans su partie supérieure où il se termine par un limbe à quatre divisions inégales. Les étamines au nombre de huit sont saillantes au-dessus du tube; le style est long, grêle, terminé par un stigmate simple composé de glandes trèssaillantes. Le fruit est ovoïde allongé, sec, monosperme et indéhiscent. Les espèces de ce genre au nombre de quatre sont originaires du cap de Bonne-Espérance. Ce sont de petits Arbustes à feuilles alternes, éparses ou imbriquées, à fleurs petites et réunies en tête à l'extrémité des ramifications de la tige. On voit assez souvent fleurir dans les serres le Lachnea eriocephala, L., Bot. Mag., t. 1295. C'est un fort joli petit Arbuste, d'environ un pied de hauteur, ayant ses feuilles linéaires disposées sur quatre rangs, ses fleurs blanches réunies au nombre de vingt à trente au sommet des rameaux. Il fleurit en mars et avril. On le multiplie de boutures et de marcottes. (A. R.)

LACHNOSPERME. Lachnospermum. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, Cinarocéphales de Jussieu, et de la Syngénésie égale, L., établi par Willdenow (Sp. Plant., T. III, p. 1787) qui lui a donné les caractères suivans: involucre cylindracé, composé de folioles imbriquées, appliquées, ovales, tomenteuses, surmonté d'un appendice étalé, subulé; réceptacle garni de poils trèslongs; capitule composé de fleurons nombreux, égaux, réguliers et hermaphrodites; akènes velus, dépourvus d'aigrette. Le Lachnospernum ericifolium, Willd., a été originairement décrit sous le nom de Stœhelina fasciculata, par Thunberg (Prodr. Plant. Capens.) qui l'a rapporté du cap de Bonne-Espérance. Poiret (Encycl. Méth.) en a fait une espèe de Serratula. Les affinités de ce genre sont indéterminées, quoique Jussieu l'ait placé entre le Xeranthemum et le Tessaria. Cassini est indécis s'il doit le ranger dans la tribu des Carlinées ou dans celle des Inulées. Cependant il est probable, ajoute-t-il, qu'il appartient à la première. (G..N.)

* LACHNOSTOME. Lachnostoma. BOT. PHAN. Genre de la famille des Asclépiadées de R. Brown., et de la Pentandrie Digynie, L., établi par Kunth (Nova Gen. et Sp. Plant.

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œquln. 3, p. 199, t. 232) qui l'a ainsi caractérisé: calice à cinq divisons profondes; corolle presque hypocratériforme, dont le tube est court et le limbe à cinq divisions étalées, l'entrée barbue; couronne insérée à l'entrée de la corolle, composée de cinq folioles à deux lobes charnus et en forme de croissant; akènes terminés par une membrane; masses polliniques comprimées, pendantes et attachées latéralement par leur sommet vétréci; stigmates mutigues; follicules inconnus. Ce genre qui se rapproche du Cynanchum, se compose d'une seule espèce, Lachnostoma Tigrinum, Kunth, lot. cit., Plante à tige volubile, à feuilles opposées, oblongues, elliptiques et acuminées. Ses fleurs, parsemées de taches en réseau, sont disposées en grappes ombelliformes et longuement pédonculées. Elle croît près de Santa-Fé de Bogota. (G..N.)

* LACHNUM. BOT. CRYPT. (Champignons.) Le Peziza virginea, Batsch, a été séparé sous ce nom générique, par Retz, dans la seconde édition de sa Flora Scandinavia, p. 329. Fries et Persoon n'ont pas entièrement adopté cette séparation. Le premier de ces auteurs (System. Mycolog. T. 11, p. 77) a donné le nom de Lachnea dérivé de Lachnum, à une section du genre Pezize. V. ce mot. (G.N.)

LACHTAK. MAM. Le Phoque du Kamschatka indiqué sous ce nom par Krascheninnikow paraît être le Phoca barbata selon Erxleben. (B.)

* LACIANA. MOLL. (Humphrey.) V. CAME.

LACIS. BOT. PHAN. (Schreber.) Syn. de Mouréra d'Aublet. V. ce mot. (B.)

LACISTEMME. Lacistemma. BOT. PHAN. Ce genre, décrit par Swartz (Fl. Ind.-Occid. 2, p. 1091), est le même que le Nematosperma, publié auparavant par le professeur Richard dans les Actes de la Société d'Histoire Naturelle de Paris. V. NÉMATOSPERME. (A. R.)

LACQUE. BOT. PHAN. Pour Laque. V. ce mot. (G..N.)

* LACRYMARIA. BOT. PHAN. (Heister.) Syn. de Coix. V. ce mot. (B.)

* LACRYMATOIRE. Lacrymatoria. INF. Genre de Microscopiques de l'ordre des Gymnodés, dans lequel il termine la famille des Moléculaires, comme pour faire par l'allongement du corps cylindracé des espèces qui le composent le passage aux Vibrionides. Ses caractères consistent dans l'allongement, en forme de cou, de la partie antérieure que termine un renflement sensible en manière de tête ou en forme de spatule ou de bouton. Le Vibrio Olor de Müller, que nous avions rapporté au genre Amibe (V. ce mot), sous le nom d'Amibe à long cou, et que nous avons eu occasion d'observer depuis, doit rentrer dans le genre dont il est ici question et dont la forme des espèces, quand elles prennent leur entier développement, rappelle celle de ces petits vases en verre, connus des antiquairessous le nom de Lacrymatoires, et que nous retrouvons fréquemment dans les tom beaux des anciens. Nous en connaissons environ sept espèces qui, dans leurs habitudes et leur manière de nager, présentent quelques rapports avec les Planaires. Les Vibrio Acus, Müll, Inf., pl. 8, f. 9, 10; Encycl. Vers., pl. 4, f. 8; Sagitta, Müll., pl. 8, f. 11-12, Enycl., pl. 4., f. 9, ainsi que les Enchelis retrograda, Müll., pl. 5, f. 4, 5, Encycl., pl. 2, f. 19, et Epistomium, Müll, pl. 5, f. 1-2, Encycl., pl. 2, f. 17, qui est le FLACON de Gleichen, Dis., pl. 19, f. C. 111, appartiennent au genre Lacrymatoire. (B.)

LACTARIA ET LACTARIS. BOT. PHAN. Les Plantes à qui les anciens donnaient ces noms, paraissent être nos Tithymales. V. EUPHORBE. (B.)

* LACTARIA. BOT. CRYPT. (Champignons.) Quelques auteurs ont donné ce nom aux Champignons remplis d'un suc blanc, épais, ordinairement vénéneux et à stype central

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nu. Persoon et De Candolle ont fait un sous-genre des Agarici lactarii, adopté par Fries (Systema Mycologicum) sous le nom grec de Gallorhei; cet auteur en fait connaître quaranteune espèces dont la plupart sont européennes. Ce sous-genre est luimême subdivisé en Gallorhei Tricholomoidei, Limacini, Rivulares, Proprii. Cette dernière section renferme les Poivrés laiteux de Paulet. V. LAITEUX. (A. F.)

LACTÉ. REPT. OPH. Espèce du genre Couleuvre. V. ce mot. (B.)

LACTERON. BOT. PHAN. Ce nom d'où pourrait bien être dérivé celui de Laitron est employé par Pline pour désigner probablement la même Plante. (B.)

* LACTIQUE. MIN. V. ACIDE.

* LACTIVORE. MAM. Geoffroy Saint-Hilaire nomme ainsi (V. art. MARSUPIAUX du Dict. des Sc. Nat.) la période de développement qui succède, chez le Mammifère, à celle dite fœtale. Comme le nom même de Lactivore l'indique, cette période comprend le temps durant lequel le jeune Mammifère est allaité par sa mère. Elle commence souvent, comme chez les Ruminans, à l'époque même de la naissance; mais il s'en faut bien qu'il en soit toujours de même les jeunes Marsupiaux, par exemple, naissent, non-seulement avant d'être Lactivores, mais même avant d'être parvenus à la période fœtale. V. MAMMIFÈRES et MARSUPIAUX. (IS. G. ST. H.)

LACTUCA. BOT. PHAN. V. LAITUE.

LACTUCÉES. Lactuceœ. BOT. PHAN. La tribu de Synantbérées ainsi nommée par H. Cassini, est la même que celle que nous avons appelée Chicoracées avec tous les autres botanistes. V. CHICORACÉES. (A. R.)

* LACUNES. Lacunœ. BOT. PHAN. On trouve fréquemment dans le tissu cellulaire de certaines Plantes, et en particulier dans celles qui vivent dans l'eau, des espaces vides plus ou moins considérables, et qu'es avait jusqu'à présent attribués à la rupture des cellules du tissu aréolaire. Ce sont ces espaces auxquels on donne le nom de Lacunes. Le professeur Amici de Modène, auquel on doit d'excellentes observations sur l'organisation des parties élémentaires des Végétaux, pense que les Lacunes ne proviennent pas du déchirement du tissu cellulaire. Ce sont, selon lui, des espaces plus ou moins réguliers, contenant de l'air. Quelquefois elles offrent sur leur paroi interne des poils d'une nature particulière, en forme de houppe ou de pinceau, qui ont été vus par Mirbel et Amici. On peut distinguer deux espèces de Lacunes; les unes ont pour orifice extérieur, un des pores corticaux, et communiquent avec l'air extérieur. Les autres n'ont aucune communication externe. Il est probable que ces dernières qui èxistent surtout dans les Plantes qui manquent de tubes poreux, sont dues au déchirement du tissu cellulaire. (A. R.)

* LACUNES. GÉOL. Pour Lagunes. V. ce mot et Lac. (B.)

* LACUTURRIS. BOT. PHAN. C'est, dans Dodoens, la variété de Chaux comestible que l'on désigne ordinairement sous le nom de Chaux de Milan. (B.)

LADANUM. BOT. PHAN. Pline nommait ainsi une Plante commune dans les champs, et qui appartient au genre Galéopside (Galeopsis Ladanum, L.). V. GALÉOPSIDE. On a réservé ce nom à une substance gommo-résineuse extraite des Cistus ladaniferus, Creticus, laurifolius, etc. Quant à l'extraction de cette gommerésine, nous ne reproduirons pas ce qui a été dit à l'article CISTE. V. ce mot. Le Ladanum ou Labdanum existe très-rarement à l'état de pureté dans le commerce de la droguerie. On en distingue deux sortes: l'une est le Ladanum en pain qui se présente sous la forme de masses d'un brun noinâtre, poisseuses et enveloppées dans des vessies. L'autre est en

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morceaux roulés et tordus, plus secs, durs et cassans; c'est le Ladanum in tortis. Lorsque le Ladanum est pur, il exhale une odeur balsamique et très-agréable sa saveur est amère et aromatique; insoluble dans l'eau, il se dissout presque en totalité dans l'Alcohol. Projeté sur les charbons ardens, il répand une fumée blanche et d'une odeur agréable. Les pharmaciens le font entrer dans quelquesunes de leurs préparations officinales; mais la médecine a presque entièrement abandonné cette substance dont les propriétés sont d'ailleurs très-faibles. (G..N.)

* LADANY. BOT. PHAN. Dans l'île de Chypre on nomme ainsi le Cistus creticus, L., dont on extrait le Ladanum. V. ce mot. (G..N.)

* LADEN. BOT. PHAN. V. JADEN.

LAEGAM OU LAEGAN. MAM. Syn. vulgaires de Glouton. V. ce mot. (B.)

LÆLIA. BOT. PHAN. Adanson (Familles des Plantes, 2, p. 423) avait formé, sous ce nom, un genre adopté depuis par Desvaux (Journ. de Botan. T. III, p. 160), et qui avait pour type le Bunias orientalis, L. Le même nom a été employé par Persoon (Enclurid. 2, p. 185) pour désigner un genre de Crucifères qui diffère de celui d'Adanson. Il y rapportait le Bunias prostrata de Desfontaines, le B. cochlearioides, Willd., et le Myagrum iberioides de Brotero. De Candolle (Syst. Veget. Nat. 2, p. 647) a distribué ces Plantes dans les deux genres Muricaria et Calepina. V. ces mots. Quant au Lœlia d'Adanson et de Desvaux, il forme la seconde section du genre Bunias. (G..N.)

LÆMODIPODES. Lœmodipoda. CRUST. Nom donné par Latreille à un ordre de Crustacés qu'il a converti (Rèen. Anim. de Cuv.) en une section de l'ordre des Isopodes sous le nom de Cysibranches. V. ce mot. (G.)

* LÆNE. Læna. INS. Genre del' ordre des Coléoptères, section des Hétéromères, famille des Mélasomes, tribu des Piméliaires, établi par Megerle, et adopté par Latreille (Fam. Nat. du Règn. Anim.) qui ne donne pas ses caractères. La seule espèce qui forme ce genre est le Lœna pimelia, Meg., Helops pimelia, Fabr., Scaurus Viennensis, Sturm.; elle se trouve en Autriche. (G.)

* LAENNÉCIE. Laennecia. BOT. PHAN. H. Cassini (Dictionn. des Sc. Natur. T. XXV) a proposé sous ce nom un genre de la famille des Synanthérées et de la Syngénésie superflue, L. Il l'a constitué sur le Conyza gnaphalioides de Kunth (Nov. Gener. et Spec. Plant. æquinoct. T. IV, p. 73, tab. 127). Les caractères que l'auteur de ce genre lui attribue sont empruntés à la description de Kunth et aux détails d'analyse qui accompagnent la figure de la Plante; il en a même admis quelques-uns dont il a supposé l'existence malgré l'opinion contraire de Kunth. Ainsi, parmi ces caractères que nous ne reproduirons pas ici, Cassini assigne des fleurs mâles au disque des calathides, tandis que Kunth les décrit comme hermaphrodites. L'existence d'une petite aigrette extérieure est à la vérité bien exprimée dans la figure, mais l'auteur n'en a pas fait mention dans le texte. Le genre Laennecie, fondé seulement sur des caractères probables, ne peut être admis définitivement. Son auteur le place entre les genres Dimorphantes et Diplopappus; il diffère du premier par son aigrette double, et du second par sa calathide discoïde. (G..N.)

LÆTIE. Lœtia. BOT. PHAN. Genre établi par Lœfling, placé d'abord dans la famille des Tiliacées, mais porté par Kunth dans sa nouvelle famille des Bixinées. Voici les caractères de ce genre: calice coloré à quatre ou cinq sépales; corolle de cinq pétales ou nulle; étamines très-nombreuses et hypogynes, ayant leurs filets libres, leurs anthères elliptiques biloculaires s'ouvrant par une fente longitudinale. L'ovaire est libre, sessile, à une seule loge, cou-

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tenant un très-grand nombre d'ovules attachés à trois trophospermes pariétaux. Le style est court terminé par un stigmate capitulé. Le fruit est une capsule légèrement charnue, uniloculaire, polysperme, s'ouvrant en trois, quatre ou rarement cinq valves. Les graines sont membraneuses recouvertes d'un arille charnu. Ce genre se compose d'environ six espèces. Ce sont des Arbrisseaux tous originaires de l'Amérique méridionale. Leurs feuilles sont alternes très-entières, parsemées de points translucides, et accompagnées de deux stipules. Les fleurs sont blanches, pédonculées, placées au nombre de deux ou trois, quelquefois en grand nombre, à l'aisselle des feuilles. Linne n'en a connu que deux espèces qu'il a décrites sous les noms de Lœlia apetala et L. completa. Swartz en a décrit deux autres qu'il à nommées L. Thamnia. Enfin Kunth (in Humb. Nov. Gen. v, p. 355-356) en a fait connaître deux nouvelles espèces, savoir: Lætia hirtella et L guazumœfolia. (A.R.)

LAETJI. BOT. PHAN. (Osbeck.) Syn. du Litchi chinensis, Sonnerat, on Euphoria punicea, Lamk. V. EUPHORIA. (G..N.)

* LAFFA. BOT. PHAN. L'Arbre de Madagascar ainsi nommé au rapport de Flacourt, et dont les naturels tirent un fil propre à faire des lignes de pêche, n'est pas un Agave, mais l'un des Figuiers qu'on retrouve dans les forêts inférieures de Mascareigne. (B.)

* LAFOEE. Lafæa. POLYP. Genre de l'ordre des Cellariées, dans la division des Polypiers flexibles, établi par Lamouroux, dans son exposition des genres des Polypiers, et dont les caractères sont: Polypier phyloïde, rameux; tige fistuleuse, cylindrique; cellules éparses, allongées en forme de cornet à bouquin. Ce genre placé entre les Eucratées et les Aétées, n'est composé que d'une seule espèce à tige un peu rameuse, creuse intérieurement et de la grosseur d'un gros crin de Cheval; les cellules sont très-rameuses, éparses, visibles à l'œil nu, plus étroites à leur origine qu'à leur extrémité libre où l'on voit une ouverture circulaire sans aucune dentelure; la substance de ce Polypier est tout-à-fait cornée et flexible, sa couleur est olivâtre. L'espèce unique a été nommée par Lamourouxle banc cornuta; elle a été trouvée sur Lafæa de Terre-Neuve. (E. D..L.)

LAFOENSIA. BOT. PHAN. Genre proposé par Vandelli et qui doit être réuni au Munchausia de Linné, ou Calyplectus dé Ruiz et Pavon, malgré quelque différence dans le nombre des parties de la fleur. V. MUNCHAUSIE et CALYPLECTE au Supplément. (G..N.)

LAGANITE. FOSS. V. VÉGÉTAUX FOSSILES.

* LAGANSA. BOT. PHAN. Même chose que Calagansa. V. ce mot. (B.)

LAGANUM. ECHIN. Nom donné par Gualtiéri à une espèce d'Eclünite fossile très-déprimé, discoide, et sans doute appartenant au genre Clypéastre ou au genre Scutelle. V. ces mots. (AUD.)

LAGAR. MOLL. Dénomination imposée par Adanson (Voy. au Sénég., pl. 13) à une espèce de Nérite dont Gmelin, dans, la treizième édition de Linné, a fait sa, Nerita promontorii. Cette Coquille, pourrait bien n'être qu'une des nombreuses variétés de la Nerita polit a. (D..H.)

LAGASCA. Lagasca. BOT. PHAN. Genre établipar Cavanilles, dédié au premier des botanistes espagnols, et auquel on doit, selon H. Cassini, réunir le Noccæa du même auteur. Ce genre qui fait partie de la famille des Synanthérées, nous paraît devoir être placé dans la tribu des Echinopsidées. Cassini le range dans sa tribu des Vernoniées. Ses caractères sont, fleurs formant un capitule hémisphérique environné d'un involucre commun composé de plusieurs folioles unisériées; réceptacle très-étroit et nu; chaque fleuron hermaphrodite,

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fertile, contenu dans un involucelle monophylle tubuleux, à cinq divisions; corolle infundibuliforme à tube très-court, à cinq divisions égales et régulières; tube staminal surmonté de cinq petites dents membraneuses; style renflé dans sa partie supérieure, terminé par deux stigmates allongés et roulés en dehors; akène allongé, couronné par une aigrette sessile membraneuse, très-courte et fimbriée. Les espèces de ce genre, au nombre de cinq, sont des Plantes herbacées ou sous-frutescentes, à feuilles opposées, le plus souvent roides et coriaces; les fleurs sont blanches ou rouges, formant des capitules terminaux. Toutes ces espèces sont originaires de l'Amérique méridionale. La plus commune et celle que l'on cultive quelquefois dans les jardins, est la Lagasca mollis, Cavan., Ann. Sc. Nat. 6, p. 333, t. 44. C'est une Plante herbacée, vivace, originaire de l'île de Cuba. Ses feuilles inférieures sont opposées, les supérieures alternes, pétiolées, ovalesaiguës, à peine dentées, et poilues; les capitules sont longuement pédonculés et terminaux. On doit à notre collaborateur Kunth la description de trois espèces nouvelles de ce genre, savoir; Lagasca rubra, Kunth, Nov, Gen. 4, p. 24, t. 311, L. helianthifolia, loc. cit., p. 25, et L. suaveolens, loc. cit., p. 25. (A.R.)

* LAGÉCIE. BOT. PHAN. Pour Lagoécie. V. ce mot. (B.)

* LAGENA. MOLL. Genre proposé par Klein (Tent. Meth. Ostrac., p. 49) pour des Coquilles du genre Buccin, principalement pour celles qui, selon lui, ont la forme d'une bouteille. On ne doit pas être étonné qu'un genre pareil naît été adopté de personne. (D..H.)

LAGENAGA. BOT. PHAN. (Avicenne.) Syn. de Bourrache. V. ce mot. (B.)

LAGÉNIFÈRE. BOT. PHAN. Pour Lagénophore. V. ce mot. (B.)

LAGÉNITE. POLYP. FOSS. Ce nom désigne dans les anciens oryetographes des Alcyons fossiles qui ont effectivement quelque chose de la forme de petites bouteilles. On l'étendait aussi à des concrétions ou agglutinations arénacées de la même figure. (B.)

LAGÉNOPHORE. Lagenophora. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, Corymbifères de Jussieu, proposé par H. Cassini (Bull. de la Société Philom., décembre 1816) sous le nom de Lagenifera qu'il a changé depuis en celui de Lagenophora. Voici ses principaux caractères: involucre irrégulier dont les folioles sont un peu inégales, disposées sur deux rangs, oblongues, aiguës, appliquées et coriaces dans leur partie inférieure, étalées, membraneuses et colorées à leur sommet; réceptacle plane et dépourvu de paillettes; calathide radiée; fleurons du centre en petit nombre, réguliers et mâles; fleurons de la circonférence sur un seul rang, en languettes et femelles; ovaires de la circonférence trèsgrands, comprimés des deux cotés, obovales, prolongés en un col court, terminés par un bourrelet sans aigrette. Ce dernier caractère, qu i donne aux fruits l'apparence de petites bouteilles à goulots, et qui a fait imaginer le nom générique, est un de ceux qui distinguent le Lagenophora du Bellis, de l'Aster et du Calendula. Cassini le place dans la tribu des Astérées, non loin du Bellis. Il se compose des deux espèces suivantes: 1° Lagenophora Commersonii ou Calendula Magellanica, Willd. Cette petite espèce a été découverte au détroit de Magellan par Commerson qui lui donnait, dans ses manuscrits, le nom d'Aster nudicaulis. Du Petit-Thouars l'a retrouvée dans l'île de Tristan d'Acugna, et l'a nommée Calendula pusilla. 2°. Lagenophora Billardieri, Plante recueillie à la terre de Van-Diémen par Labillardière qui l'a décrite (Nov.-Holland. Plant, spec.) sous le nom de Bellis stipitata. (G..N.)

LAGÉNULE. Lagenula. MOLL. ? Montfort a proposé de former ce genre

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(Conckyl. Syst. T. 1, p. 511) pour un petit corps fort singulier, figuré depuis long-temps dans le bel ouvrage de Soldani (Test, microsc., tab. 120, vas. 248). Il ressemble à un petit œuf supporté par un pied composé de plusieurs petits calices ajustés les uns aux autres. Il est fort douteux que ce corps, qui se trouve dans les sables de la mer Adriatique, doive être conservé parmi les Mollusques. Néanmoins Montfort le caractérise de la manière suivante: coquille libre, univalve, cloisonnée, droite, intersectée, pyriforme; sommet aigu; base aplaties bouche ronde; cloisons inégales, unies; siphon inconnu. La seule espèce de ce genre est la LAGÉNULE FLEURIE, Lagenula flosculosa, Montf. (D..H.)

* LAGÉNULE. INF. Espèce du genre Enchélide. V. ce mot. (B.)

LAGÉNULE. Lagenula. BOT. PHAN. Genre de la Tétrandrie Monogynie, L., établi par Loureiro (Flor. Cochinc., édit. Willd., p. 3) qui l'a ainsi caractérisé: calice infère, persistant, à quatre folioles ovales, oblongues, réfléchies; corolle nulle; nectaire à quatre lobes charnus, dressés et connivens; quatre éfamines dont les filets sont subulés et les anthères ovées, incombantes; ovaire caché par le nectaire, surmonté d'un style épais, plus court que les étamines, et d'un stigmate simple; baie petite, en forme de bouteille dont le col est resserré, biloculaire et disperme. Ce genre présente quelque affinité, selon Willdenow, avec le Sirium de Linné; il s'en éloigne cependant par son ovaire supère, tandis qu'il est infère dans le Sirium myrtifolium qui, d'ailleurs, a été réuni au Santalum.

Le Lagenula pedata, Lour., est un Arbrisseau de médiocre grandeur qui croît dans les montagnes de la Cochinchine. Sa tige est grimpante, rameuse et munie de vrilles. Ses feuilles sont pédalées, composées de cinq folioles ovales, crénées et cotonneuses. Les fleurs, disposées en grappes lâches, ont une couleur verte blauchâtre. (G..N.)

LAGERSTROMIE. Lagerstrœmia. BOT. PHAN. Ce genre, de la famille des Salicariées et de la Polyandrie Monogynie, a été établi par Linné, et présente les caractères essentiels suivans: calice campanulé à six divisions; corolle composée de six pétales ondulés el pourvus d'un onglet filiforme; étamines nombreuses, dont six extérieures plus longues, à anthères orbiculées; fruit capsulaire à six loges polyspermes. En adoptant ces caractères, à l'exception de ceux du fruit, qui n'étaient pas connus alors, Jussieu (Gener. Plant., p. 331) indiqua l'affinité de ce genre avec le Munchausia, V. ce mot, et quelques auteurs les ont réunis. On a aussi proposé de lui adjoindre le Calyplectus de la Flore du Pérou, qui néanmoins a été conservé par Kunth. Les Lagerstromies sont des Arbrisseaux, pour la plupart indigènes des Inds-Orientales; leurs feuilles sont simples, ayant la forme de celles du Grenadier; les inférieures sont opposées; les supérieures alternes, et dans leurs aisselles s'élèvent des pédoncules portant plusieurs fleurs disposées en pauicules.

La LAGERSTROMIE DES INDES, Lagerstrœmia indica, L.; Lamk., Illustr. Gen., tab. 473, fig. 1, est l'espèce la plus remarquable. C'est le Tsjinkin de Rumph (Herr. Amboin. 7, p. 61, tab. 28), et le Sibi de Kœmpfer (Amœn. exot. 855). Ce bel Arbrisseau croît principalement à la Chine et au Japon. Ses tiges sont hautes d'environ deux mètres; ses rameaux anguleux portent des feuilles alternes, presque sessiles, ovales, entières et rudes sur les bords. Les fleurs sont remarquables par la beauté de leurs corolles dont les onglets sont très-longs et le limbe d'un pourpre éclatant. Une autre espèce non moins belle croît sur les bords des rivières, dans les terrains sablonneux et pierreux de la côte de Malabar. C'est le Lagerstræmia Reginæ, Roxburgh

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(Coromand. 1, p. 46, tab. 65). Lamarck (Dictionn. Encyclopéd.) en avait fait son genre Adamboa, nom dérivé de celui d'Adamboe sous lequel Rhéede (Malab. 4, tab. 20 et 21) l'avait décrit et figuré. Les fleurs de cette espèce sont grandes, purpurines et semblables à des Roses. On cultive quelques Lagerstrœmia, et surtout le Lag. indica, dans les jardins de botanique. Ils se multiplient par rejets, par marcottes et par boutures. On les tient d'abord sur couche et sous châssis; on les place ensuite dans une terre substantielle et dans la serre chaude pendant l'hiver. (G..N.)

LAGETTO. Lagetta. BOT. PHAN. Genre de la famille des Thymélées et de l'Octandrie Monogynie, L., établi par Jussieu et très-voisin des Daphne dont il différe par les caractères suivans: calice tubuleux, épais, coriace, rétréci vers sa gorge où il présente quatre glandes; limbe à quatre division; huit étamines presque sessiles, attachées au tube du calice et incluses; ovaire surmonté d'un style et d'un stigmate simple. Le fruit est globuleux, pisiforme, velu en dehors, monosperme et recouvert par la base du calice qui est persistante.

Deux espèces forment ce genre: l'une, LAGETTO BOIS-DENTELLE, Lagetta lintearia, Lamk., Ill., t. 289, a été réunie au genre Daphné par Swartz sous le nom de Daphne Lagetta. C'est un Arbrisseau de douze à quinze pieds d'élévation à tige rameuse, portant des feuilles alternes, ovales allongées, aiguës, glabres sur leurs deux faces, longues d'environ trois pouces. Les fleurs forment des grappes ou panicules rameuses et terminales. Il croît communément sur les montagnes à Saint-Domingue et à la Jamaïque. Le nom de Bois dentelle sous lequel cet Arbrisseau est communément désigné, vient de l'organisation particulière de son écorce. Lorsqu'on a enlevé la partie externe composée de l'épiderme et de l'enveloppe herbai ée, on trouve les couches corticales formées d'un grand nombre de feuillets superposés qui se composent de fibres entrelacées et anastomosées ensemble de manière à former un réseau ou une sorte de tissu qu'on a comparé à celui d'une dentelle. Ce tissu offre assez de solidité pour qu'on puisse en faire dans le pays des ornemens de toilette, des fichus, des garnitures, etc. (A.R.)

* LAGGION OU SCHEUGGIO. POIS. Syn. de Labre dans le golfe de Gênes. (B.)

* LAGOCÉPHALE. POIS. Espèce du genre Gobie. V. ce mot. (B.)

LAGOÉCIE. Lagæcia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Ombellifères et de la Pentandrie Monogynie, établi par Liuné, et ainsi caractérisé: calice à cinq découpures multifides et capillaires; cinq pétales bicornes et plus courts que le calice; cinq étamines de la longueur de la corolle; ovaire inférieur surmonté d'un seul style et d'un stigmate simple; akène unique couronné par les découpures calicinales; ombelle simple; involucre général formé de huit à neuf rayons pectinés, pinnatifides et réfléchis; involucres partiels à quatre folioles capillacées, ciliées et enveloppant les petites fleurs. L'unité d'ovaire, de style et de stigmate est une structure tellement exceptionnelle à celle qui caractérise les Ombellifères, que Jussieu n'a placé le genre Laæcia qu'àla fin de cette famille. Il serait intéressant de rechercher les causes physiologiques qui altèrent ainsi dans ce genre la symétrie de la famille, ou, en d'autres termes, de s'assurer si le Lagœcia a un seul fruit par l'effet d'un avortement ou d'une soudure naturelle.

Le Lagæcia cuminoides, L., est une assez jolie Plante herbacée, dont les feuilles sont pinnées, glabres et pétiolées. Les fleurs sont disposées en ombelle pédonculée, solitaire et formant une tête abondamment velue et munie à sa base d'un involucre rayonné très-remarquable. Elle croît dans les îles de l'archipel Grec et dans l'Orient. On la cultive au Jardin des Plantes de Paris. (G..N.)

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LAGOMYS. MAM. V. LIÈVRE.

* LAGONDI. BOT. PHAN. Rumph (Herb. Amb., vol. 4, p. 48 et 50) a désigné sous le nom générique de LAGONDIUM, tiré du mot malais Lagondi, deux Plantes des Indes-Orientaies que Linné et Burmann ont rapportées au genre Vitex. Le Lagondium vulgare et le Lag. littoreum de Rumph appartiennent, selon Linné, l'un au Vitex trifolia, qui a pour synonyme le Cara Nosi de Rhéede (Hort. Malabo deuxième partie, p. 13, f. 11), l'autre au V. Negundo, qui est le Bem Nosi de Rhéede (loc. cit., p. 15, f. 12). Lamarck (Encycl. Méth.) a prouvé depuis que le Cara Nosi et le Bem Nosi de Rhéede ne sont que des variétés de la même Plante, et cette opinion a été partagée récemment par Hamilton (Transact. of Linn Soc. T. XIV, p. 186). Il a réuni le Vitex Negundo de Linné au V. trifolia, dont le Lagondium vulgare de Rumph est un synonyme, et il a établi le Vitex paniculata, auquel il a rapporté le Lagondium littoreum. V. VITEX. (G..N.)

LAGONI. GÉOL. Plusieurs localités célèbres des environs de Voltéra, de Sienne en Toscane, présentent un phénomène géologique remarquante, que l'on désigne, dans le pays, sous le nom particulier de Lagoni. On voit des vapeurs très-chaudes, blanchâtres et qui répandent une forte odeur de Soufre, d'Hydrogène sulfuré et de Bitume, s'élever continuellement et souvent avec beaucoup de force et de bruit, du sein d'amas plus ou moins considérables d'eaux noires et bourbeuses; quelquefois, mais rarement, les vapeurs sortent immédiatement des fentes des rochers, qui sont alors peu éloignés des amas vaseux; tout porte à faire croire que les vapeurs qui, en traversant l'eau, la font paraître en ébullition, sont produites par une cause qui gît profondément dans le sein de la terre, et dont le foyer est placé dans des couches au moins inférieures aux terrains secondaires; cette cause, sans doute analogue à celle qui produit les volcans, n'en diffère peut-être que parce que la chaleur souterraine ne s'élève pas assez pour fondre les substances minérales et les rejeter en dehors à l'état liquide. L'analyse des eaux provenues des vapeurs condensées, a fait reconnaître dans celles-ci la présence de sulfates de Fer, de Chaux, de Magnésie, d'Ammoniaque, et notamment celle de l'Acide boracique, quoique les terrains dont paraissent sortir les vapeurs ne contiennent pas tous les élémens de ces substances. Ces terrains sont principalement composes d'une espèce de Psammite calcaire connu sous le nom de Macigno, de Calcaire compacte, brun, coupé par des lits interrompus de Silex corné et d'Argile schisteuse, qui ne paraissent renfermer aucuns vestiges de corps organisés. Suivant Alex. Brongniart qui a visité quelques Lagoni de la Toscane, l'eau et l'humidité qui se rencontrent dans les mêmes lieux est plutôt le résultat de la condensation des vapeurs sorties du sein de la terre, qu'elle n'est une des causes du phénomène. Le même observateur a fait remarquer que les parois des fissures, par lesquelles les vapeurs se dégagent, sont corrodées et altérées, de manière à donner l'idée de la formation des Pierres réniformes des environs de Florence. Il paraît aussi que contre l'assertion contraire de Patrin, les Lagoni ne sont pas dans des terrains volcaniques, ni anciens ni modernes, et nou loin des lieux où on les rencontre, on voit en même temps des amas boueux, plus ou moins considérables, qui font remonter l'existence du même phénomène à une époque très-ancienne. (C.P.)

* LAGONYCHIUM. BOT. PHAN. Genre de la famille des Légumineuses et de la Décandrie Monogynie, L., proposé par Marschall de Bieberstein (Fl. Taur.-Caucas. Suppl. 288) et adopté par De Candolle (Prodr. Syst. Veget. 2, p. 448) avec

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les caractères suivans: fleurs hermaphrodites, avortées pour la plupart; calice à cinq dents; pétales libres; dix étamines hypogynes, â filets non soudés et à anthères dépourvues de glandes; style tordu au sommet; légume stipité, indéhiscent, ové-cylindracé, presque didyme, rempli de pulpe, un peu courbé, obtus, uni et ne pouvant se diviser en aucune manière. Ce genre a été réuni par Kunth avec le Prosopis Son fruit ayant beaucoup de ressemblance avec celui de l'Acacia Farnesiana, Steven le regarde comme congénère de celui-ci. Une seule espèce le constitue; elle a été nommée Lagonychium Stephanianum, et elle croît dans les plaines arides entre le Caucase et la mer Caspienne. Michaux l'a trouvée aussi en Perse entre Mossul et Bagdad. (G..N.)

LAGOPÈDE. Lagopus. OIS. Espèce du genre Tétras, dont Vieillot à fait le type d'un genre particulier. V. TÉTRAS. (DR..Z.)

* LAGOPODA. INS. Linné donne ce nom spécifique à la femelle de la Mégachile du Rosier (Apis centuncularis, L.). V. MÉGACHILE. (G.)

LAGOPUS. OIS. V. LAGOPÈDE.

LAGOPUS. BOT. PHAN. Ce qui signifie Pied de Lièvre. Nom scientifique d'un Plantain, donné par les anciens botanistes à plusieurs autres Plantes, telles qu'un Lotier, l'Anthyllide vulnéraire, le Trèfle des champs et le Gnaphale dioïque. Cette dernière Plante est le Lagopyrum (Blé de Lièvre) d'Hippocrate. (B.)

* LAGOSERIS. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, Chicoracées de Jussieu, et de la Syngénésie égale, L., établi par Marschall de Bieberstein (Centur. Plant.. Ross.) et caractérisé, dans le troisième volume de sa Flora Taurico-Caucasica, d'une manière aussi brève que la suivante: réceptacle couvert de paillettes capillaires; involucre ceint d'un calicule; aigrette poilue, sessile. L'auteur de ce genre l'a composé du Crepis Nemausensis de Gouan et de l'Hieracium purpureum de Willdenow. Ces deux Plantes, d'après l'opinion de Cassini, forment deux genres distincts quoique très-rapprochés; dans l'un, les fruits sont uniformes, aigrettés et non ailés dans l'autre, les fruits marginaux sont dépourvus d'aigrettes, munis d'ailes longitudinales, et ne ressemblent point aux fruits du centre qui sont aigrettés. En conséquent ce, et avant qu'il eût connaissance de lètablissement du Lagosèris de Marschall, il en avait formé deux genres: l'un, Pterotheca, pour le Crepis Nemausensis, et l'autre, Intybellia, pour l'Hieracium purpureum. Si la distinction de ces genres est prise en considération par les botnistes, il sera peut-être convenable de substituer le nom de Lagoseris à celui d'Intybellia qui lui est postérieur de plusieurs années. (G..N.)

LAGOTHRICHE. Lagothrix. MAM. Genre de Quadrumanes établi par Geoffroy Saint-Hilaira dans la division des Singes Platyrhinins on Sapajous. V. SAPAJOU. (IS. G. ST.-H.)

LAGOTIS. BOT. PHAN. Ce genre, établi par Gaertner (Act. Petrop. 14, p. 533, t. 18), est le même que le Gymnandra de Pallas, fondé sur le Rhinanthus Diandra, L. Selon Jussieu, on doit le réunir au Bartsia, il diffère particulièrement du Rhinanthus, en ce qu'il a deux étamines an lieu de quatre. V. BARTSIE et RHINANTHE. (G..N.)

LAGOUAN. BOT. PHAN. On ne sait à quel genre appartient l'Arbre des Philippines ainsi nommé, et qui fournit un très-beau bois rouge, employé dans les constructions. (B.)

LAGRIAIRES. Lagriariæ. INS. Tribu de l'ordre des Coléoptères, section des Hétéromères, famille des Trachélides, établie par Latreille (Fam. Natur. du Règn. Anim.), et ayant pour caractères: le pénultième article des tarses bilobé; corps allongé, plus étroit en devant, avec le

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corselet cylindracé ou carré; palpes maxillaires terminés par un article plus grand, triangulaire; antennes simples, filiformes, ou grossissant insensiblement vers le bout, le plus souvent et du moins en partie grenues, et terminées, dans les mâles au moins, par un article plus long que les précédens. Les mœurs de ces Insectes nous sont entièrement inconnues. Latreille dit que Svaudoner a observé les métamorphoses d'une espèce du genre Lagrie, mais il n'a pas publié cette observation. Cette mille se compose des genres Lagrie et Satyre. V. ces mots. (G.)

LAGRIE. Lagria. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Hétéromères, famille des Traehélides, tribu des Lagriaires, établi par Fabricius, et ayant pour caractères: pénultième article des tarses bilobé; mandibules bidentées à leur extrémité; mâchoires membraneuses, à deux divisions presque égales, palpes maxillaires terminés par un article en forme de hache; les labiaux beaucoup plus petits, gros à leur extrémité; labre échancré; menton fort court, transversal; antennes presque grenues, grossissant vers leur extrémité et insérées à nu, près d'une échancrure des yeux. Ces Insectes ont été confondus avec divers genres, dont ils se distingnent cependant beaucoup, par Linné qui en avait placé une (Lagria hirta) avec les Chrysomèles. Geoffroy l'avait placée avec les Cantharides, et Degéer avec les Ténébrions. Ce genre se compose d'un nombre d'espèces assez limité; le corps de ces Insectes est oblong, avec la tête et le corselet plus étroits que l'abdomen; leurs élytres et même tout le reste du corps est ordinairement mou, flexible et souvent pubescent; les antennes sont composées de onze articles ordinairement assez courts; dans les mâles, le onzième est plus long; les yeux sont échancrés; le corselet est quelquefois carré comme dans une espèce exotique (Lagria tuberculata, Fabr.), mais le plus souvent il est cylindrique, plus étroit que l'abdomen et sans rebords; les élytres sont assez convexes, plus larges postérieurement; l'écusson est très-petit; leurs jambes sont asses allongées, grêles, sans épines bien distinctes à leur extrémité; l'avantdernier article des tarses s'élargit en forme de cœur, et les deux crochets du dernier sont simples. Ces Insectes se distinguent des Mélandryes, par les palpes maxillaires qui sont trèsgrands et en forme de triangle renversé dans ceux ci; ils s'éloignent des Nothus et des Calopus, par la lèvre qui est profondément échancrée dans ces deux genres. Dejean (Cat. des Col., pag. 72) mentionne huit espèces de ce genre; la plus commune en France et celle qui sert de type est.

La LAGRIB HÉRISSÉE, L. hirte, Fabr., Oliv., t. 3, n. 49, pl. 1, fig. 2, a, b, c; Chrysomela hirta, L.; la Cantharide noire à étuis jaunes, Geoff., Ins., t. 1, p. 344; Ténébrion velu, Geoff. Cette espèce se trouve aux environs de Paris. Fabricius a formé avec la femelle une espèce qu'il nomme L. pubescens. L'Afrique, l'Amérique et la Nouvelle-Hollande présentent plusieurs espèces de ce genre. V. Olivier, Fabricius, Latreille, Schonnherr, etc. (G.)

* LAGROLA. OIS. L'un des noms vulgaires de la Corneille. V. CORBEAU. (B.)

* LAGUNA. BOT. PHAN. Ce nom donné par Cavanilles (Dissert., 5, p. 173, t. 71, f. 1) à un genre de la famille des Malvacées, a été modifié par Schreber et Willdenow en celui de Lagunæa qui a prévalu. V. LAGUNÉE. (G..N.)

LAGUNCULARIA. BOT. PHAN. Genre établi par Gaertner fils (Carp., p. 209, t. 217) pour le Conocarpus racemosa de Swartz, et appartenant à la famille des Combrétacées et à la Décandrie Monogynie, L. On peut caractériser ce genre de la manière suivante: calice adhérent avec l'ovaire infère, dont le limbe est court et à cinq dents; corolle formée de einq

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pétales très-petits, insérés à la base des incisions du calice; étamines au nombre de dix, libres et dressées. Ovaire infère un peu comprimé, surmonté d'un style de la même hauteur que les étamines, et d'un stigmate simple. Le fruit est comprimé, strié, couronné par le limbe du calice; il est indéhiscent, uniloculaire et monosperme. La graine est oblongue, formée d'un épisperme mince et membraneux, recouvrant un embryon dont les cotylédons sont roulés en spirale autour de la radicule.

Le Laguncularia racemosa, Gaertn., loc. cit., est un Arbuste rameux, diffus, de six à neuf pieds d'élévation. Ses feuilles sont opposées, pétiolées, ovales, très-entières, obtuses, très-glabres. Les fleurs sont petites, tomenteuses, formant des grappes rameuses à rameaux allongés, grêles et disposés à l'aisselle des feuilles ou à l'extrémité des rameaux. Cet Arbuste croît aux Antilles et à Cayenne sur le bord de la mer. Dans cette dernière colonie, il est connu sous le nom vulgaire de Palétuvier soldat. (A. R.)

LAGUNÉE. Lagunæa ou Lagunea. BOT. PHAN. Genre de la famille des Malvacées et de la Monadelphie Polyandrie, L., établi par Cavanilles (Dissert., 3, p. 371) sous le nom de Laguna dont la désinence a été modifiée par Schreber et Willdenow. Il est ainsi caractérisé: calice nu à ciuq dents; anthères placées au sommet el à la superficie du tube staminal; cinq stigmates: capsule à cinq loges et à cinq valves portant les cloisons sur leur milieu, séparables et laissant au centre un axe central filiforme. De Candolle (Prodrom. Syst. Regn. Veget. T. 1, p. 474) place ce genre à la fin de la famille, et il fait remarquer qu'il offre les mêmes rapports avec l'Hibiscus que le Sida avec le Malva. Le Solandra de Murray et le Triguera de Cavanilles en sont congéneres. On connaît quatre espèces de Lagunæa, savoir: 1° L. lobata, Willd., Hibiscus Solandra, l'Hér., Stirp. Nov., 1, t. 49; 2° L. sinuata, Hornem; 3° L. ternata, Cav.; 4° et L. aculeata, Cav., sur laquelle le genre a été constitué. La première et probablement la seconde sont indigènes de l'île de Mascareigne, la troisième du Sénégal et la quatrième de Pondichéry. Quant au Lagunea squammea, Venten., Malm., t. 42, il a été replacé par De Candolle dans le genre Hibiscus sous le nom d'H. Patersonii, et y forme le type de la 2° section sous le nom de Lagunaria. V. KETMIE.

Un autre genre Lagunæa, établi par Loureiro, doit rentier dans le genre Renouée. V. ce mot. (G..N.)

LAGUNES. GÉOL. Les graviers, les sables et les limons, chariés par les cours d'eau qui viennent déboucher dans le fond du golfe Adriatique, et notamment par la Brenta, l'Adige et le Pô, s'accumulent à l'embouchure de ces fleuves par l'effet de la résistance qu'oppose à leur marche l'action en sens opposés des vagues de la mer; sur plusieurs points de la côte cette accumulation de matériaux a reculé les rivages, et elle a produit de nombreux bancs et fonds sablonneux qui ne sont plus séparés que par des canaux sinueux et peu profonds; ce sont ces flaques d'eau marine entourant des terres basses et formées d'un sol d'attérissemènt, que l'on désigne spécialement aux environs de Venise, sous le nom de Lagunes; cette ville célèbre, qui semble s'élever du sein de la mer, est construite sur un terrain de cette nature. La formation des Lagunes est comme celle des attérissemens un phénomène géologique qui n'a pas cessé de se produire; on possède beaucoup de documens historiques qui attestent que des lieux qui sont aujourd'hui plus ou moins éloignés de la mer, étaient autrefois baignés par ses eaux. Le port d'Hatria, maintenant Adria, se trouve, par exemple, à 25, 000 mètres de la côte, suivant Prony dont le beau travail met à même de suivre siècle par siècle la marche des attérissemens sur ce

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point. Beaucoup de faits de ce genre ont été cités à tort en preuve de la diminution des eaux de la mer. V. MER. (C. P.)

On peut surtout donner comme un indice certain de cette diminution et sans arguer de la citation banale d'Aigues Mortes où s'embarqua le roisaint Louis, la côte méridionale de la péninsule ibérique où se voient encore des Lagunes, connues sous le nom d'Albufcras, el qui furent jadis bien plus nombreuses qu'elles ne le sont maintenant. Au temps de Strabon, si rapproché de nous, en comparaison de l'époque où les continens commencèrent à prendre la figure qu'ils conservent aujourd'hui, diverses Lagunes de ce genre se voyaient surtout vers la baie de Cadix, dont l'île était beaucoup plus distante de la côte ferme qu'elle ne l'esl actuellement: le Guadalète a métamorphosé tous ces lieux, eu attérissemens, et Cadix n'est plus séparé du continent que par un simple chenal, appelé de Santi-Pétri. Ilen est de même de l'embouchure du Rio-Tinto, où la baie d'Huèlva ne présentera bientôt plus que des Lagunes, et où le port de Palos célèbre par l'embarquement de Christophe Colomb, est aujourd'hui assez loin du rivage. Le reste des côtes de l'Europe présente les mêmes phénomènes en beaucoup d'endroits. On trouve des Lagunes en dedans des dunes, V. ce mot, le long des Landes aquitaniques où le bassin d'Arcachon, qui se ferme, deviendra bientôt une Lagune pareille. Le Zuiderzée en Hollande doit éprouver le même sort, ainsi que le Frischaff et le Curichaff dans la Baltique, mer qui doit à son tour devenir un lac ou plutôt une caspienne. On appel le encore Lagunes, les amas d'eaux intérieures, plus grands que des étangs et plus petits que des lacs. C'est surtout lorsqu'ils n'ont pas de dégorgeoir qu'on leur donne ce nom. (B.)

LAGUNEZIA. BOT. PHAN. Nom substitué par Scopoli à celui de Racoubea qu'Aublet avait donné à uu genre réuni depuis à l'Homalium. V. ce mot. (G..N.)

LAGUNOA OU MIEUX LLAGUNOA. BOT. PHAN. (Ruiz et Pavon.) Genre de la famille des Sapindacées, section des Dodonéacées de Kunth, nommé plus tard Amirola par Persoon et qui se distingue par les caractères suivans: fleurs monoïques; les mâles ont un calice quinquéfide, l'incision inférieure étant plus profonde; point de corolle; huit étamines insérées au centre de la fleur, saillantes par l'incision inférieure; leurs filets sont libres, attachés sur un disque hypogyne et orbiculaire. L'ovaire est à l'état rudimentaire. Dans les fleurs femelles, on trouve un calice persistant, semblable à celui des fleurs mâles; des vestiges d'étamines, pas de disque, un ovaire libre à trois angles et à trois loges dispermes. Le style est subulé, marqué de trois sillons longitudinaux, terminé par un stigmate obtus. Le fruit est une capsule presque globuleuse, à trois angles et comme formée de trois coques, chacune uniloculaine, monosperme par avortement, s'ouvrant par une fente longitudinale. Les graines sont globuleuses, dures, luisantes, composées d'un tégument propre qui recouvre immédiatement un embryon roulé en spirale et dont la radicule est tournée vers le hile.

Ce genre se compose de trois espèces qui croissent dans l'Amérique méridionale. L'une a été décrite par Ruiz et Pavon sous le nom de Lagunoa nitida; les deux autres sont décrites dans les Nova Genera de Humboldt et Kunth sous les noms de Lagunoa prunifolia et L. mollis. Ce sont des Arbres à feuilles alternes, simples ou ternées, dentées en scie et membraneuses. Leurs fleurs sont portées sur des pédoncules axillaires; les mâles et les femelles sont souvent réunies sur un même pédoncule. (A. R.)

LAGURE. Lagurus. BOT. PHAN.

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Genre de la famille des Graminées et de la Triandrie Digynie, L., que l'on reconnaît à ses fleurs disposées en une panicule cylindrique et spiciforme; épillets uniflorès; lépicène à deux valves très-longues, étroites, velues sur leurs bords; glume à deux valves, l'extérieure terminée par deux soies à son sommet et portant un peu au-dessus de son dos une arête tordue à sa base; la supérieure entière et mutique. Etamines au nombre de trois; glumelle composée de deux paléoles entières, glabres, un peu renflées à leur base. Fruit allongé, nur non marqué d'un sillon.

Le Lagurus ovatus, L., est une espèce fort commune dans les provinces méridionales de la France. Son chaume est grêle, d'environ un pied à dix-huit pouces de hauteur aux lieux humides; ses feuilles sont velues; sa panicule est très-resserrée et forme une sorte d'épi ovoïde, blanchâtre et très-velu. Bory de Saint-Vincent en a découvert, dans les lieux arides des côtes maritimes de toute la France, une jolie variété, dont l'épi, qui ne laisse pas d'êre assez gros, est soutenu par un chaume qui n'excède jamais dix-huit lignes ou deux pouces de hauteur. (A. R.)

LAGURIER. BOT. PHAN. Même chose que Lagure. V. ce mot. (B.)

LAGURUS. MAM. et BOT. Comme qui dirait Queue de Lièvre, V. CAMPAGNOL A COURTE QUEUE et LAGURE. (B.)

LAHAUJUNG. OIS. Espèce du genre Héron. V. ce mot. (DR..Z.)

* LAHAYA. BOT. PHAN. Le genre Hagea de Ventenat a été désigné par Schultes, sous cette dénomination qui, en effet, est plus conforme au nom du Jardinier Lahaye auquel la Plante a été dédiée. Mais ce changement n'étant pas absolument indispensable, on est généralement convenu de ne pas l'adopter. V. HAGÉE. (G..N.)

LAICHE. Carex. BOT. PHAN. L'un des genres les plus considérables de la famille des Cypéracées et de la Monœcie Triandrie, L., tiès-facile à reconnaître par ses fleurs unisexuéés, ordinairement monoïques, très-rarement dioïques, disposées en chatons globuleux, ovoïdes ou cylindriques et allongés, tantôt unisexués, mâles ou femelles, tantôt androgynes, c'est-à-dire composés de fleurs mâles vers leur sommet et de fleurs femelles à la base; plus rarement les chatons mâles et les chatons femelles sont portés sur deux individus. Les fleurs mâles se composent de deux ou trois étamines placées à l'aisselle d'liè une écaille. Les fleurs femelles sont fotmées d'une écaille à l'aisselle de laquelle on trouve un pistil triangulaire ou comprimé, renfermé dans un utricule tronqué et bidenté à son sommet. Le style est court, terminé par deux ou trois stigmates filiformes ou velus. Le fruit est un akène trigone ou lenticulaire, entièrement renfermé dans l'utricule. Les Laiches sont des Plantes herbacées, généres lement vivaces et souvent munies d'un rhizome ou souche horizontale rameuse, pouvant s'étendre à de trèsgrandes distances. Leur chaume est simple, presque constamment à trois angles très-aigus; leurs feuilles sont alternes, engaînantes, munies d'une gaîne entière. Dans les espèces monoïques, les chatons mâles occupent la partie supérieure du chaume et les chatons femelles sont placés au-des-sous. Le nombre des espèces de ce genre est extrêmement considérable. Elles se plaisent dans les lieux marécageux, sur le bord des étangs et des ruisseaux; quelques-unes viennent dans les lieux secs et sablonneux, d'autres s'élèvent à une hauteur assez considérable. Presque toutes sont originaires de l'hémisphère boréal et surtout de l'Europe septentrionale.

Parmi ces espèces, une seule mérite quelque attention; c'est la LAICHE DES SABLES, Carex arenaria, L., Rich., Bot. méd., 1, p. 56. Cette espèce est remarquable par la longueur de sa racine qui est une souche horizontale rampante, grosse comme une

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plume de Cyene, noueuse el enveloppée de gaînes des feuilles desséchées et devenues brunâtres. Ses rameaux sont redressés, triangulaires, hauts de six à dix pouces, rudes sur les angles; les feuilles sont engaînantes, étroites, aiguës, très-rudes au toucher. Les fleurs sont roussâtres, disposées en une grappe formée de cinq à six épillets ovoïdes allongés; les épillets inférieurs sont formés de fleurs femelles, les supérieurs de fleurs mâles et femelles entremêlées. Les écailles sont ovales, lancéolées, très-aiguës, plus longues que les fruits qui sont triangulaires et terminés par deux petites pointes. Cette espèce croît communément dans lés lieux sablonneux. On la sème souvent sur les bords de la mer et dans les dunes où ses longues racines rampantes, qui s'étendent rapidement et en tous sens, servent à fixer la mobilité des sables. Ses racines ont une saveur légèrement aromatique, qui a quelque analogie avec celle de la Salsepareille. Aussi l'a-t-on proposée comme succédanée indigène de cette racine, et est-elle désignée sous le nom de Salsepareille d'Allemagne. On l'emploie en décoction dans le traitement de la maladie syphilitique.

Les feuilles de la plupart des grandes espèces de Laiches si communes au bord des marais, coupent souvent par leur tranchant comme des couteaux, étant très-finement et très-durement dentées. Les botanistes ne doivent pas s'y prendre inconsidérément pour se pencher à la surface des eaux dans lesquelles ils voudraient atteindre quelque Plante éloignée du bord. Dans certains marais des Landes aquitaniques, ces Laiches coupent au point que les bottes des chasseurs de Canards en sont promptement mises hors d'usage. (A.R.)

LAIE. MAM. La femelle du Sanglier. V. COCHON. (B.)

LAINE. V. POIL.

LAINE DE FER. MIN. Nom donné par quelques naturalistes à des flocons blancs et laineux d'oxide de Zinc, qui se subliment pendant la fusion de certains minerais de Fer, entre autres ceux des mines d'Auriac et de Cascatel en Languedoc. (G. DEL.)

LAINETTE. BOT. CRYPT. (Mousses.) Nom français proposé par Bridel pour le genre Lasia. V. ce mot. (A. F.)

LAIT. Lac. MAM. BOT. et CHIM. Nous ne considérerons ici ce fluide dont la nature a gratifié toutes les femelles des Mammifères pour la nourriture première de leurs petits, que sous le rapport de sa composition chimique et de ses propriétés. En conséquence nous renvoyons nos lecteurs aux mois MAMMIFÈRES, MAMELLES et SÉCRÉTIONS pour le reste de l'histoire naturelle du Lait, c'est-à-dire pour tout œ qui concerne l'organisation animale qui préside à sa formation, et son utilité dans l'économie vivante. La composition et les propriétés soit physiques soit chimiques du Lait des différens Mammifères, sont tellement variables, que l'on ne peut exprimer avec exactitude d'une manière générale sa pesanteur spécifique, sa couleur, sa saveur, etc. Tout ce que nous pouvons dire de ce liquide en général, c'est qu'il est toujours opaque, d'un blanc plus ou moins pur, plus dense que l'eau, d'une saveur douce et d'une odeur qui varie suivant les Animaux et les substances dont ils se nourrissent. Le Lait de la Vache, celui dont l'Homme fait la plus grande consommation, va principalement fixer notre attention, et nous ferons connaître succinctement les diversités que oe liquide offre dans les femelles de quelques autres Animaux, comme dans la Femme, la Jument, l'Anesse, la Brebis et la Chèvre.

LAIT DE VACHE. Sa couleur est d'un blanc légèrement bleuâtre. Sa densité varie d'après les quantités de beurre et de fromage qu il contient, et ces quantités ne sont pas constamment les mêmes sur le même individu, quand on retire son Lait

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à des intervalles de temps entre lesquels les rapports de l'Animal avec les corps extérieurs subissent de nombreux changemens. En général il est formé: 1° de Beurre; 2° de matière caséeuse ou fromage pur; 3° d'Eau en très-grande proportion; 4° d'un Acide libre (lactique, suivant Schéele et Berzélius; acétique, selon Fourcroy, Vauquelin et Thénard); 5° de Sucre de Lait; 6° de plusieurs Sels neutres, tels que le lactate de Fer, l'acétate et le phosphates de Potasse, les phosphates de Chaux et de Magnésie et le chlorure de Potassium.

Si on l'abandonne à lui-même et à une température de dix à douze degrés, il se sépare en deux parties. La crème, qui y était tenue seulement en suspension, vient occuper la partie supérieure où elle forme une couche plus ou moins épaisse. Le Lait écrémé ne tarde pas à s'aigrir, surtout si la température est augmentée, et il se divise de nouveau en deux portions dont l'une est un coagulum assez consistant, et l'autre un liqui de légèrement jaune verdâtre, auquel on a donné les noms de sérum et de petit-Lait. C'est de la crême que l'on obtient la plus grande quantité de la matière grassse ou du Beurre. V. ce mot. Lorsque par l'agitation on en a séparé celui ci, il ne reste que le Lait de Beurre qui se compose de sérum et de fromage. Ce dernier peut facilement en être extrait, soit spontanément par l'acescence du liquide, soit par l'action des Acides, de l'Alcohol et de l'Ether qui coagulent le Lait, les premiers en se combinant avec la matière caséeuse, les autres en exerant sur elle une légère action, ou plutôt en s'emparant de l'eau qui la tenait en solution. Les Alcalis, au contraire, ne le coagulent point; ils redissolvent même le fromage qui a été séparé par les Acides. Une chaleur élevée graduellement jusqu'à l'ébullition du Lait, ne produit sur lui, s'il est récent, qu'un boursouflement qui résulte de la formation de plusieurs pellicules à sa surface; mais si ce liquide est extrait depuis quelque temps, l'élévation de la température atmosphérique suffit pour le coaguler. Ce phénomène s'observe fréquemment pendant les chaleurs de l'été. Il faut toutefois prendre en considération l'état électrique de l'atmosphère qui paraît aussi exercer une influence très-marquée sur la coagulation du Lait.

La saveur du sérum ou petit-Lait dépend de l'Acide lactique libre et des Sels neutres qu'il tient en dissolution. Sa transparence est altérée par une portion de fromage que l'on enlève en y mêlant du blanc d'œuf et en faisant bouillir le liquide, puis le passant à travers une feuille de papier.

LAIT DE FEMME. Moins épais, moins caséeux que celui de la Vache; il ne coagule, suivant Parmentier et Deyeux, que par les Acides concentrés. Il a une saveur très-douce, et il est visqueux, mais non gélatineux ni tremblant.

LAIT D'ANESSE. De même que le précédent, il ne contient que très-peu de fromage. Sa crème, d'une faible consistance, donne un beurre blanc, mou et fade.

LAIT DE JUMENT. Il est moins fluide que les Laits de Femme et d'Anesse. On n'y trouve néanmoins que de faibles proportions de fromage et de beurre, et il contient de plus du sulfate de Chaux, d'après Parmentier et Deyeux. On sait que certaines hordes tartares en font un grand usage non-seulement comme aliment, mais encore par la liqueur alcoholique qu'ils en obtiennent et qui leur tient lieu d'eau-de-vie.

LAIT DE BREBIS. Sa densité est, en général, un peu plus grande que celle du Lait de Vache. Le beurre qu'il contient est plus abondant et plus fusible, et son fromage plus gras. Il a en outre une odeur particulière qui le fait aisément reconnaître.

LAIT DE CHÈVRE. Le beurre qu'il fournit est ferme, blanc et moins abondant que dans les Laits de Vache et de Brebis. Son fromage est gélati-

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neux et a plus de consistance que celui de ces derniers Animaux. L'odeur de Chèvre qui le caractérise est due, selon Chevreul, aux Acides caproï que et caprique, que ce chimiste y a découverts en assez fortes proportions. Il ajoute qu'en général les Laits des divers Animaux sont adorans en raison du développement de ces Acides contenus dans leurs beurres.

D'autres Quadrupèdes donnent un Lait d'assez bonne qualité pour que l'Homme en ait fait son profit. Le plus remarquable est le Lait de la femelle du Chameau qui forme la base principale de la nourriture des Arabes et des autres tribus errantes des déserts de l'Afrique. (G..N.)

LAIT VÉGÉTAL. Un grand nombre de Végétaux ont un suc propre, dont l'aspect est absolument semblable au Laitdes Animaux, mais qui le plus souvent est doué de qualités amères et odorantes qui décèlent des principes âcres et délétères. Tel est principalement le Lait des Euphorbiacées, des Asclépiadées, des Sapotées, des Urticées, des Papavéracées, etc. L'existence de ce Lait dans toutes les Plantes d'une même famille, l'a fait employer comme caractère essentiel par les botanistes; il est en effet l'indice d'une structure particulière d'organes qui détermine toujours la nature laiteuse de leur suc propre. Il arrive quelquefois que ce Lait est coloré de diverses manières; par exemple, il est orangé dans les Chélidoines.

Le Lait de quelques Euphorbipcées et Apocynées, s'épaissit à l'air et se change en une matière particulière à laquelle on a donné le nom de Caoutchouc. V. ce mot.

De tous les Laits végétaux le plus célèbre est celui de l'Arbre ou Bois de la Vache, Palo del Vacca, sur lequel Humboldt a donné les premier renseignemens dans les Annales du Mus., T. 11, p. 180. L'Arbre qui le produit forme ungenre nouveau qui a été nommé Galactodendrum par Kunth (in Humb. et Bonpl. T. VII, p. 163) et placé dans la famille des Urticées. V. GALACTODENDRUM au Supplément.

Boussingault et Rivero ont publié un Mémoire sur la composition chimique de ce Lait. Voici le résultat de leurs expériences: 1° Cire en très-grande quantité; 2° Fibrine; 3° un peu de Sucre; 4° un Sel à base de Magnésie, mais qui n'est pas un acétate; 5° une matière colorante. Il ne renferme ni Albumine ni substance caséeuse, V. pour plus de renseignemens, le Mémoire original imprimé à Santa-Fé de Bogota en 1823, et la traduction qui en a élé faite dans les Annales de Chimie et de Physique, T. XXIII, p. 219. (G..N.)

Plusieurs Plantes ont, à cause de la blancheur de quelques-unes de leurs parties ou du suc qu'elles donnaient, recu du vulgaire le nom de Lait. Ainsi l'on a appelé:

LAIT. D'ANE, le Laitron commun;

LAIT BATTU, la Fumeterre officinale.

LAIT DE COCHON, l'Hyoseris radlcata.

LAIT DE COULEUVRE, l'Euphorbia Cyparissias.

LAIT D'OISEAU, l'Ornithogale blanc.

LAIT DORÉ, l'Agaricus deliciosus

LAIT DE SAINTE-MARIE, le Carduus marianus, etc.

On a aussi étendu le même nom à des substances minérales, et appelé:

LAIT DE CHAUX, de l'Eau dans laquelle on a fait dissoudre une certaine quantité de Chaux.

LAIT DE MONTAGNE, la méme chose qu'Agaric minéral.

LAIT DE SOUFRE, le liquide opaque el blanc que l'on obtient en versant un Acide dans une dissolution aqueuse d'hydro-sulfale de Potasse, de Soude ou d'Ammoniaque, assez étendue pour tenir quelque temps le Soufre en suspension. (B.)

LAIT DE LUNE. Nom donné par les anciens minéralogistes à une variété pulvérulente de Chaux carbonatée, appelée Bergmilch par les Allemands. V. CHAUX CARBONATÉE. (G. DEL.)

LAIT DE TIGRE. BOT. CRYPT. (Champignons.) Jacques Breyne,

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botaniste de Dantzick, donne ce nom à un Champignon qu'on appelle To-Emi à la Chine. Cette Plante a élé nommée Lac-Tigridis à cause du préjugé qui veut qu'elle soit produite par l'urine du Tigre qui se coagule sur le sable. On eroit, mais sans fondement, que ce Champignon est voisin de la Truffe à Champignon d'Italie. V. TRUFFE. (A.F.)

LAITANCE OU LAITE. POIS.Organe qui représente, dans la quatrième classe des Vertébrés, les testicules; proprement l'attribut du mâle dans le Poisson. V. ce mot. (B.)

LAITERON. BOT. PHAN. V. LAITRON.

LAITEUX. BOT. CRYPT. Famille établie par Paulet pour tous les Champignons qui laissent échapper une humeur laiteuse, de quelque genre qu'ils soient. Il mentionne des Laiteux briquetés, poivrés, cerclés, Moutons, zônés, Chevilles, pointus, etc. Il faut remarquer que le Mouton, loin d'être doux, est précisément l'Agaric meurtrier de Bulliard. (B.)

LAITIER. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires des Polygales, que des botanistes français ont proposé pour désigner ce genre dont aucune espèce n'est cependant laiteuse. (B.)

LAITIER. MIN. On donne ce nom, dans les forges, à une matière vitreuse, opaque et brunâtre, plus fusible et moins pesante que la fonte, et qui recouvre celle-ci dans le creuset, à mesure que la fusion s'opère. Elle est formée de Chaux, de Silice, d'Alumine; d'un peu d'oxide de Fer, et quelquefois d'un peu d'oxide de Manganèse. Par analogie, les minéralogistes ont donné le nom de Laitier des volcans aux Obsidiennes, et à des laves vitreuses de couleur noire ou brunâtre, qui avaient l'apparence des Laitiers de forge. (G. DEL.)

LAITON. MIN. V. CUIVRE.

LAITRON. Sonchus. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, Chicoracées de Jussieu, et de la Syngénésie égale, L., établi par Tournefort qui y réunissait des Plantes: séparées ensuite par Vaillant sous des noms génériques que l'on a cru devoir remplacer par ceux de Picridium et d'Urospermum. V. ces mots. Cependant Linné, n'adoptant point les distinctions opérées par Vaillant, placa d'abord le Picridium parmi les Sonchus, mais plus tard il l'en éloigna, et commit une erreur ptus grave en unissant ce Picridium au Scorzonem. Le genre Sonchus, très-voisin du Lactuca, puisqu'il n'en diffère que par ses fruits dépourvus de col, est ainsi caractérisé par Cassini: involucre campanulé, composé de folioles imbriquées, appliquées, oblon gues-lancéolées, obtuses, un peu membraneuses sur les bords réceptacle légèrement concave, tantôt absolument nu, tantôt alvéolé ou garni de papilles; calathide dont les fleurons sont nombreux, en languette et hermaphrodites; ovaires obovales, comprimés, toujours dépourvus de col, quelquefois munis d'une bordure sur chacune des deux arêtes, surmontés d'une aigrette légèrement plumeuse.

Ce genre se compose d'une trentaine d'espèces, en général très-lactescentes, pour la plupart indigènes du bassin de la Méditerranée. Quelques-unes sont répanduese et communes dans toute l'Europe; tels sont les Sonohus arvensis et oleraceus L. On trouve dans les Alpes, les Pyrénées et les Vosges, deux belles espèces remarquables par leurs calathides de fleurs bleues ou lilas. Ce sont les Sonchus alpinus et Plumiert, L. Lesîles Canaries en nourrissent une espèce (Sonchus fruticosus, Willd.) dont la tige est ligneuse et les fleurs d'un jaune doré, grandes el disposées en larges corymbes au sommet des rameaux. On la cultive en Europe où il faut avoir la précaution de la tenir dans les serres d'orangerie pendant l'hiver. (G..N.)

LAITUE. MOLL. Nom vulgaire et marchand du Murex saxatilis, espèce du genre Rocher. V. ce mot. (B.)

LAITUE. Lactuca. BOT. PHAN.

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Genre de la famille des Synanthérées, Chicoracées de Jussieu, et de la Syngénésie égale, L., ainsi caractérisé par H. Cassini: involucre presque cylindracé, composé de folioles imbriquées, appliquées, les extérieures ovales, les intérieures oblongues; réceptacle plane et sans appendices; calathide composée de demi-fleurons nombreux et hermaphrodites; ovaires comprimés, orbiculaires ou elliptiques, quelquefois munis d'une bordure sur les deux arêtes, toujours pourvus d'un col articulé par sa base, d'abord court et gros, terminé par un bourrelet, puis long et grêle, surmonté d'une aigratte légèrement plumeuse. Vaillant a le premier fait connaître le caractère essentiel de ce genre, lequel réside dans le fruit prolongésupérieurement en un col, caractére qui le distingue principalement du Sonchus dont il est très-voisin.

Les Laitues sont au nombre d'une vingtaine d'espèces, indigènes des climats tempérés de l'hémisphère boreal. Une d' entre elles est employée à des usages assez importans pour que nous devions en donner ici une his- toire abrégée.

La LAITUE CULTIVÉE, Lactuca saliva, L., est une Plante herbacée, annuelle, ayant la tige dressée, cylindrique, épaisse, simple inférieurement, ramifiée supérieurement. Ses feuilles inférieures sont sessiles, embrassantes, obovales, oblongues, arrondies au sommet, ondulées sur les bords; les supérieures sont graduellement plus petites, cordiformes et denticulées. Les fleura sont d'un jaune pâle, petites, nombreuses et disposées en corymbes. Cette espèce n'a encore été rencontrée nulle part à l'état sauvage. Quelques botanistes pensent qu'elle est le résultat de la culture de certaines espèces (Lactuca quercina ou Lactuca virvsa) qui, de vénéneuses et narcotiques, sont devenues, à la longue, douces et salubres, surtout dans leurs parties qui ne contiennent point de suc laiteux où semble résider le principe viroux. Cette opinion est vrai-semblable, car les variétés que la culture a fait naître sont extrêmement nombreuses, et prouvent combien cette Plante est sujette aux dégénérescences, et comme il est difficile de reconnaître son véritable type. Les cent cinquante variété de Laitue cultivée peuvent être rapportées à trois races principales qui se perpétuent par leurs graines.

LAITUE POMMÉE, Lactuca sativa capitata. Ses feuilles inférieures sont très-nombreuses, pressées les unes contre les autres et formant une tête arrondie comme dans le Chou; celles qui occupent l'intérieur étant étiolées, sont blanches ou légèrement jaunâtres, tendres et très-aqueuses.

LAITUE FRISÉE, Lactuca sativa crispa. Elle a des feuilles découpées, crépues sur les bords, et ne formant pas une tête arrondie comme dans les variétés de la première race. On regarde comme une variété de la Laitue frisée la Plante cultivée aux environs du Mans, sous le nom de Laitue-Epinard ou Lailue-Chicorée, qui est appelée par quelques botanistes, Lactuca lacinialapalmata.

LAITUE ROMAINE, Lactuca sativa longifolia. Elle se reconnaît facilement à ses feuilles allongées, non bosselées ni ondulées, dressées, et formant un assemblage oblong peu compacte.

Les usages culinaires des Laitues sont si vulgaires qu'il serait oiseux de les indiquer. C'est un aliment très- rafraîchissant qui convient surtout aux tempéramens robustes. Quoique étiolée et remplie de sucs aqueux et innocens, la Laitue jouit cependant de propriétés narcotiques assez marquées. L'eau distillée de Laitue est souvent prescrite par les médecins dans les potions anodines et calmantes. La culture des Laitues demande quelques soins. Elles craignent le froid et veulent une terre meuble, chaude et amendée avec du terreau de couches. Afin de retarder le développement de la tige, et pour favoriser l'étiolemeut des feuilles inté-

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rieures, les jardiniers les serrent avec un lien de paille.

Parmi les autres espèces de Laitues qui croissent en Fiance, on remarque le Lactuca syluestris, De Cand., Flor. Franc., Plante qui vient dans les lieux incultes ainsi que le Lactuca virosa, et qui jouit comme celles-ci de propriétés narcotiques assez dangereuses. Le Lactuca perennis, L., est une belle espèce à fleurs bleues ou violettes que l'on trouve dans les champs cultivés. (G..N.)

On a étendu le nom de Laitue à des Plantes qui n'en sont pas; ainsi l'on appelle quelquefois vulgairement:

LAITUE D'ANE, les Cardères et divers Chardons.

LAITUE D'ANGUILLES, les Ulves à expansions linéaires, l'intestinalis particulièrement dans certains étangs saumâtres des satines de France.

LAITUE DE BREBIS, les Mâches ou Valérianelles.

LAITUE DE CHÈVRE, les petites espèces d'Euphorbes ou Tithy males.

LAITUE DE CHIEN, le Chiendent ou le Pissenlit vulgaire.

LAITUE DE COCHON ou DE POR, l'Hypochéride fétide.

LAITUE DE GRENOUILLES, le Portamot crépu.

LAITUE DE LIÈVRE, le Laitron Commun.

LAITUE MARINE, les Ulves à expansions larges, et quelquefois, les Euphorbes des rivages, ou la Criste, Crithmum.

LAITUE DE MURAILLE, le Sisymbrium Irio, des Prenanthes et des Laitrons. (B.)

* LAITUES. BOT. PHAN. Adanson, dans ses Familles des Plantes, nommait ainsi la première des dix sections qu'il, a établies dans les Synanthérées. Cette section correspond aux Chicoracées de Vaillant et de Jussieu. V. ce mot. (G..N.)

* LAK. POIS. V. ELOPE.

* LAKHBY. BOT. PHAN. V. DATTIER.

* LAKINIA. BOT. PHAN. Même chose que Babela au Bengale. V. BABELA. (B.)

LAKTAK. MAM. On ne sait quel est le Phoque du Kamtschalka, qui ne se pêche pas au-dessous du 56e degré, qui a plus de douze pieds de long, qui pèse au moins huit cents livres, et que Kraschenninikow a mentionné sous ce nom. (B.)

* LALAN. BOT. PHAN. (Rumph.) Marsden écrit Lallang. Syn. malais de Saccharum spicatum et de Raphis triuialis, Lour. Espèce du genre Sucre. (B.)

LALÈ. BOT, PHAN. Le Fritillaria imperialis, L., quand il fut introduit en Europe, était désigné chez les fleuristes flamands, suivant Daléchamp, par ce nom turc qui signifie aussi la Tulipe. (B.)

* LALE-VIBSIT. BOT. PHAN. (Flacourt.) Paraît être le Poivre blanc, fort commun à Madagascar. (B.)

* LALIA. BOT. PHAN. (Rumph.) L'un des noms de pays du Terminalia Catalpa. (B.)

* LALLANG. BOT. PHAN. (Marsden.) V. LALAN.

LALO. BOT. PHAN. V. BAOBAB. C'et aussi la même chose que l'Hibiscus esculentus et que Calalou. V. ce mot et KETMIE. (B.)

* LALONDA: BOT. PHAN. (Flacourt.) Jasminée indéterminée de Madagascar. (B.)

LAMA, MAM. Pour Llama. V. ce mot et CHAMEAU.

* LAMA. BOT. PHAN. La Plante épineuse de l'Inde et de l'Arabie qui produit du Mastic, mentionnée par Pline sous ce nom, ne peut être reconnue. (B.)

LAMAN. BOT. PHAN. V. BRÈDES.

* LAMANDA. REPT. OPH. Le grand Serpent de Java, brillant des plus riches couleurs, mentionné sous ce nom par Séba, paraît devoir être un Python. (B.)

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LAMANTIN. Manatus. MAM. Genre de Cétacés herbivores, caractérisé par l'existence de chaque côté et à chaque mâchoire de neuf molaires. Les supérieures sont à peu près carrées, les inférieures un peu plus allongées; mais toutes ont leur couronne formée de deux collines transversales qui présentent trois mamelons; en outre chaque dent a deux petits talons, qui sont, à la mâchoire supérieure, de grandeur à peu près égale, tandis qu'à l'inférieure, l'un d'eux, le postérieur, est très-considérable, le second venant au contraire à disparaître presque entièrement. Il n'y a ni incisives ni canines. Au reste, ce système de dentition varie beaucoup avec l'âge. Ainsi les mamelons, et ensuite les collines elles-mêmes, s'usent par la mastication, et il n'en existe plus de traces chez les individus avancés en âge. Les molaires antérieures viennent même à tomber, el c'est, suivant Cuvier, à mesure que les postérieures acquièrent du développement. Ainsi beau-coup d'individus ont seulement trente-deux molaires, ce qui explique le peu d'accord des zoologistes sur le nombre des dents du Lamantin, et couciliei très-bien beaucoup d'observations qui paraissaient contradictoires. C'est ainsi que Cuvier avait lui-même, dans son Règne Animal, caractérisé le genre par l'existence de trente-deux dents seulement. Un autre fait très-remarquable, et que l'analogie Pouvait faire souponner, c'est que le lamantin n'est pas, à toutes les périodes de sa vie, privé d'incisives. Suivant les observations de Blainville et de Cuvier, on en trouve deux petites à l'une et à l'autre mâchoire. Les membres antérieurs, véritables nageoires, où l'on découvre néanmoins sans peine sous la peau qui les enveloppe, les cinq doigts composés chacun de trois phalanges, sont terminés par quelques ongles plats et arrondis, et qui ont ainsi une ressemblance grossière avec ceux de l'Homme. Ces ongles sont ordinairement au nombre de quatre, le pouce n'étant pas onguiculé; mais on en trouve fréquemment trois et même deux seulement, tandis que sur quelques individus il en existerait, au contraire, jusqu'à ciuq. Les membres postérieurset le bassin paraissent manquer entièrement. C'est en vain que Daubenlon en a cherché les vestiges dans un fœtus qu'il a disséqué; et aucun squelette ne les présente non plus, quoique l'analogie dût porter à croire qu on les trouverait de même que chez le Dugong. Le coips, de forme oblongue, et qu'on a plusieurs fois comparé à une outre, est terminé par une queue plate, large, comme tronquée, et dont la forme rappelle celle d'un éventail. La tête est terminée par un museau charnu, où l'on voit vers la partie supérieure, les narines très petites et dirigées en avant. La lèvre; supérieure, échanciée à sa partie médiane, est garnie de poils roides et assez abondans L'œil est très-petit; il n'y a point de conque auditive, et le trou auriculaire ne s'apercoit. que difficilement; la langue est étroite et assez petite. Les mamelles sont pectorales, ordinairement peu visibles: elles deviennent, au contraire, très- proéminentes au temps dé la gestation et de l'allaitement. Buffon avait dit, on ne sait trop sur quel fondement, que la vulve, n'est pas située comme dans les autres Animaux audessous, mais au-dessus de l'anus. Mais Cuvier a constaté qu'il n'y a à cet égard aucune anomalie. Quant à l'organisation intérieure, tout l'appareil digestif est bien celui d'un Herbivore; les intestins sont boursouffiés, et l'estomac est divisé en deux parties et en deux petites poches aveugles. Enfin les dents sont, comme on a pu le voir par notre description, tout-à-fait appropriées au régime végétal, et tellement, qu'elles sont presque entièrement semblables à celles de certains Pachydermes. Le col n'a que six vertèbres, comme l'a dit Daubenton, et encore ces vertèbres sont-elles très-courtes. Il y a seize paires de côtes; mais deux seulement s'unissent au sternum.

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Les mœurs des Lamantins ne sont pas moins curieuses que leur organisation. Ces êtres mitoyens, placés au-delà des limites de chaque classe, suivant l'expression de Buffon, ne sont point encore, comme les Dauphins et les Baleines, des Animaux véritablement marins. On ne les trouve pas dans la haute mer, mais seulement au voisinage des îles et des côtes, et vers l'embouchure des fleuves, où ils remontent même quelque fois jusqu'à des distances considérables. La plupart des voyageurs affirment qu'ils restent constamment dans l'eau: il paraît cependant qu'ils viennent à bout de se traîner a terre. Ils vont ordinairement en troupes, serrés les uns contre les autres, les jeunes étant placés au milieu. Ils n'ont aucune défiance, du moins dans les contrées où ils n'ont point encore appris à redouter la puissance de l'Homme. Ils se laissent approcher, toucher même sans aucune crainte, levant la tête hors de l'eau, et il faut, dit-on, les frapper très-rudement pour qu'ils prennent le parti de s'éloigner. La chair de ces Animaux ressemble, suivant plusieurs voyageurs, à celle du Bœuf, suivant d'autres à celle du Veau; leur graisse est pareillement très-bonne. Aussi la pêche du Lamantin se fait-elle très-fréquemment, «Pour le prendre, dit un voyageur qui a vu cetie pêche sur les côtes de Saint-Domingue, on tâche de s'en approcher sur une nacelle ou un radeau, et on lui lance une grosse flèche attachée à un très-long cordeau; dès qu'il se sent frappé, il s'enfuit, et emporte avec lui la flèche et le cordeau à l'extrémité duquel on a soin d'attacher un gros morceau de liège ou de bois léger pour servir de bouée et de renseignement. Lorsque l'Animal a perdu par cette blessure son sang et ses forces, il gagne la terre; alors on reprend l'extrémité du cordeau; on le roule jusqu'à ce qu'il n'en reste plus que quelques brasses; et à l'aide de la vague on tire peu à peu l'Animal vers le bord, ou bien on achève de le tuer dans l'eau à coups de lance.» L'attachement de ces Animaux pour leurs compagnons fournit alors un spectacle touchant; ils cherchent à délivrer le blessé du harpon, et on en a vu souvent suivre constamment le cadavre de leur mère ou de leur femelle, pendant qu'on le traînait vers le rivage. On concoit combien la pêche de ces Animaux est rendue facile par leur peu de défiance. Aussi les pêcheurs exercés peuvent-ils en un jour se procurer un très-grand nombre d'individus.

L'intelligence du Lamantin, son instinct social et doux, font avec ses formes grossières un contraste véritablement bien remarquable, et qui a frappé tous ceux qui lui ont donné quelque attention. «Ces Animaux, a dit Buffon, quoique informes à l'extérieur, sont a l'intérieur très-bien organisés, et si l'on peut juger de la perfection d'organisation par le résultat du sentiment, ces Animaux seront peut-être plus parfaits que les autres a l'intérieur.» Au reste les voyageurs, toujours amis du merveilleux, ont encore exagéré l'intelligence déjà si étonnante du Lamantin, sans doute pour avoir cru trop facilement à de faux récits; mais d'autres ont encore été plus loin. En se rappelant tout ce qu'on a débité sur l'existence des Hommes marins, en songeant au nombre de ceux qui ont dit avoir vu de ces êtres merveilleux, à la manière pleine d'assurance, au ton de vérité dont ils le soutiennent, il est difficile de se persuader que le seul désir de tromper ait donné naissance à toutes leurs assertions. Demaillet, dans le but de prouver l'origine aquatique de l'espèce humaine, a particulièrement dans son ouvrage intitulé Telliamed, rassemblé un grand nombre de témoignages attestant la vérité de semblables récits. Il est bien prouvé maintenant que ces fables ont leur source, quelques-unes dans de coupables supercheries, mais la plupart dans quelques ressemblances grossières de l'Homme avec les Lamantins et avec

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certaines espèces voisines, comme le Dugong. Les longs poils de la lèvre supérieure, qui de loin pouvaient être pris pour des cheveux; la forme des ongles; surtout les mamelles situées sur la poitrine, et à peu près arrondies comme chez la Femme; l'habitude qu'ont ces Animaux d'élever hors de l'eau la partie antérieure de leur corps; sans doute aussi leur peu de défiance, leur douceur, leur intelligence, ont suffi pour faire attribuer les formes humaines à des Animaux si peu semblables à l'Homme; confusion qui peut paraître bien étonnante, mais qui n'en est pas moins certaine (V. Cuvier, Oss. Foss. T. IV). Qu'on lise la description d'un de ces Hommes marins, quelle que soit la manière dont on ail exagéré les ressemblances, on retrouvera presque toujours, avec de l'attention, les caractères d'un Lamantin ou d'un Dugong. Au reste, et nous faisons cette remarque sans chercher à excuser une erreur aussi grossière, prenant ces Animaux pour de véritables Poissons à cause de leur séjour habituel dans la mer, on ne pouvait manquer d'être vivement surpris de leur voir des poils, des ongles, des mamelles; et si l'Homme les éleva jus-qu'à lui, c'est surtout parce qu'il les voyait sortir ainsi des limites de leur classe. Le nom de Poisson-Femme, donné en plusieurs lieux au Lamantin, prouve la vérité de cette remarque. Le nom de Lamantin lui-même tire peut-être sa source de la même origine: ce mot est dérivé par corruption, comme l'a montré Buffon, du nom de Manati ou Manate que les Galibis et les Caraïbes, babitans de la Guiane et des Antilles, donnaient dans leur langue au Lamantin d'Amérique. De ce nom, en y réunissant l'article, les Nègres des îles franaises d'Amérique ont fait Lamanati, puis Lamanti. Quant au nom de Manati lui-même, il paraît avoir été emprunté des Espagnols, et donné au Lamantin, à cause de ses ongles qui donnent à la terminaison de ses nageoires quelque ressemblance avec une main, ressemblance qui a dû nécessairement paraître fort singulière chez un Animal que l'on considérait comme un Poisson. Les noms de Bœuf, de Vache et de Veau marins ont aussi été donnés eu divers lieux au Lamantin, de même qu'au Dugong. Nous pensons que ces dénominations doivent tenir à la remarque qu'on aura faite de quelques ressemblances grossières dans les formes plutôt qu'à la similitude du régime entre ces Ruminans et le Lamantin. En effet, à moins que le genre de nourriture d'un Animal ne présente quelque singularité, le vulgaire le remarque à peine, et, au contraire, tout ce qui frappe ses yeux ne manque pas de fixer son attention. Il est bien certain d'ailleurs aue quelques peuples ont trouvé de la ressemblance entre la tête du Bœuf et celle du Lamantin, et même au point d'avoir attribué à l'un des cornes semblables à celles de l'autre. On sait enfin, d'un autre côté, que les Phoques, Animaux carnassiers, ont aussi, et même beaucoup plus génëralement, recu les mêmes noms

On a beaucoup hésité sur la place que doivent occuper les Lamantins dans la série animale. Presque tous les zoologistes sont seulement tombés d'accord sur un point, sur la nécessité de la réunion du Lamantin et du Morse, quoique celuici soit quadrupède et carnassier. Ce rapprochement, contraire à tous les rapports naturels, semblait si heureux, et on était tellement persuadé de sa justesse, que Rai, plaçant le Morse parmi les Carnassiers, à la suite des Chiens, crut devoir y placer aussi le Lamantin; que Klein alla jusqu'à affirmer qu'on devait s'étre trompé en refusant à ce Cétacé des pieds de derrière; et que tons les auteurs systématiques, et Linné lui-même, dans quelques-unes des éditions de son Systema Nalurœ. placèrent ensemble, dans un même genre, le Lamantin, le Dugong et le Morse. Lacépède fut le premier qui sépara enfin ces trois Animaux, dont il fit avec juste raison

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des genres particuliers, et Cuvier, adoptant les trois genres Morse, Dugong et Lamantin de Lacépède, en établit en outre, sous le nom de Stellère, un quatrième comprenant l'Animal de Sleller d'abord confondu aussi avec les Lamantins. De cette manière, le genre Lamantin reste composé de deux espèces seulement dont l'une habite l'Amérique méridionale, et la seconde l'Afrique.

Le LAMANTIN D'AMÉRIQUE, Cuv., Manatus americanus, Desmar.; legrand Lamantin des Antilles, Buff.; le Manate de quelques auteurs. Cuvier a tait connaître avec détail l'ostéologie de cette espèce dans son grand ouvrage sur les Ossemens Fossiles. Elle se trouve répandue dans une partie du littoral de l'Amérique méridionale; elle a quelquefois plus de vingt pieds de longueur, et pèse huit milliers. Il y a un peu moins du quart de la longueur totale entre l'insertion des nageoires et le museau. Toute la peau est grise, légèrement chagrinée; quelques poils isolés se voient en divers points, et surtout vers la commissure des lèvres à la face palmaire des nageoires où ils sont un peu plus abondans

Le LAMANTIN DU SÉNÉGAL, Adans., Manatus Senegalensis, Desmar. Cette espèce se trouve dans presque toutes les rivières de la côte occidentale d'Afrique. La plupart des caractères qui lui ont été attribués appartiennent également au Lamantin d'Amérique, ou sont erronés. Adanson seul nous a donné une description exacte dont nous extrairons les détails suivans: la longueur du Lamantin du Sénégal n'excède pas huit pieds, et son poids huit cents livres; sa couleur est cendrée-noire; l'iris est d'un bleu foncé, et la prunelle noire. Les femelles ont deux mamelles plutôt elliptiques que rondes, placées près de l'aisselle; la peau est un cuir épais de six lignes sous le ventre, de neuf sur le dos et d'un pouce et demi sur la tête. Les nègres Oualofes ou Yolofes appellent cet Animal Lereou. Cuvier a trouvé d'autres caractères dans la tête osseuse moins allongée à proportion de sa largeur que dans le Lamantin d'Amérique, dans la fosse nasale plus large; les orbites plus écartées; les fosses temporales plus larges et plus courtes; les apophyses zygomatiques du temporal beaucoup plus renflées; enfin dans la partie antérieure de la mâchoire, courbée, et non droite comme dans l'autre espèce.

On n'a point encore bien distingué d'autres espèces de Lamantins. Cependant deux crânes récemment trouvés sur les côtes de la Floride orientale, et décrits (Journ. Ac. Sc. Nat. Philadelphie, vol. 3; et Faun. Améric.) par Harlan, sembleraient indiquer une nouvelle espèce, que ce zoologiste propose de nommer Manatus latirostris, dans le cas où son existence se trouverait confirmée ultérieurement. Quant au grand Lamantin de la mer des Indes, de Buffon, il n'est autre que le Dugong; son Lamantin du Kamtschatka est le Stellère; et, suivant Cuvier, son petit Lamantin d'Amérique ne serait qu'un double emploi du grand Lamantin des Antilles.

LAMANTINS FOSSILES. Des ossemens fossiles de Lamantins se trouvent répandus en assez grande abondance sur divers points de la France. Renou, professeur d'histoire naturelle à Angers, en a particulièrement decouvert un grand nombre dans le département de Maine-et-Loire, dans les couches de Calcaire coquillier situées près de la rivière de Layon. Ordinairement mutilés, et quelquefois même un peu roulés, ces ossemens ont été trouvés avec d'autres débris d'Animaux marins, de Phoques et de Cétacés. Ils consistent en de fragmens de membres, de vertèbres, de côtes et de tête. Cuvier, qui les a décrits et figurés dans son ouvrage sur les Ossemens Fossiles, ou il démontre qu'ils appartiennent à un Lamantin différent des espèces aujourd'hui connues, a fait connaître aussi plusieurs autres fragmens trouvés aux environs de Bordeaux,

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d'Étampes, de Mantes, à l'lle d'Aix et dans quelques autres localités: lui-raême en a découvert quelques-uns à Longjumeau, a Il est donc bien certain, dit Cuvier en terminant l'important Mémoire auquel nous avons emprunté ces détails sur les Lamantins fossiles, qu'uu Animal du genre des Lamantins, genre aujourd hui propre à la zône torride, habitait l'ancienne mer qui a couvert l'Europe de ses coquillages à une époque postérieure à la formation de la craie, mais antérieure à celle où se sont déposés nos Gypses, et où vivaient sur notre sol les Paléothériums et les genres leurs contemporains. ». (IS. G. ST.-H.)

LA MARCKEA. BOT. PHAN. Le professeur Richard, dans les Actes de la Société d'Histoire Naturelle de Paris, fit en L'honneur du célèbre auteur de la Flore Française, de l'Histoire des Animaux sans vertèbres, etc., un genre de Solanées qu'il nomma Marckea. C'est le même genre que Persoon et Poiret appellent Lamarckea. V. MARCKEA. D'un autre côté, le professeur Kœler, séparant le Cy nosurus aureus des autres espèces du même genre, en a fait un genre nouveau sous le nom de Lamarckea; mais ce genre a été nommé Chrysurus par Persoon. (A. R.)

LAMARKIA. BOT. CRYPT. (Hydrophytes.) Le genre formé sous ce nom par Olivi, est devenu le Spongodiurn de Lamouroux. V. ce mot. (B.)

LAMBARDE. POIS. (Risso.) Le Squale Roussette à Nice. (B.)

LAMBDA. INS. Ce nom d'une lettre grecque a été imposé à une Noctuelle sur les ailes de laquelle on en reconnaît la figure dans deux taches noires. (B.)

LAMBERTIE. Lambertia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Protéacées et de la Tétrandrie Monogynie, L., établi par Smih et aujourd'hui adopté par tous les botanistes modernes. Il se compose de jolis Arbustes à rameaux verticillés, portant des feuilles alternes, le plus souvent très - entières; des fleurs réunies en capitules terminaux solitaires, composés de sept fleurs, environnés d'un involucre dont les folioles sont colorées. Chaque fleur est composée d'un calice tubuleux, à quatre divisions recourbées et tordues en spirale, portant chacune une étamine. L'ovaire est environné de quatre écailles hypogynes, distinctes ou soudées en une petite gaine. Cet ovaire est à une seule loge et contient deux ovules; le stigmate est allongé, subulé. Le fruit est un follicule uniloculaire, coriace et presque ligneux, cunéiforme et quelquefois terminé par deux pointes à son sommet; il contient des graines membraneuses sur les bords. Toutes les espèces de Lambertia croissent à la Nouvelle-Hollande. Plusieurs sont cultivées dans les jardins; telle est surtout la suivante:

LAMBERTIE ÉLÉGANTE, Lambertia elegans, Smith, Lin. Trans., 4, p. 214, t. 20. Cette jolie espèce est originaire de la côte orientale de la Nouvelle-Hollande; elle croît aux environs de Port-Jackson, dans les lieux découverts et rocailleux. Elle peut s'élever à la hauteur de cinq à six pieds; ses rameaux sont courts, ordinairement ternés, ainsi que ses feuilles qui sont étroites, allongées, cuspidées au sommet, coriaces, persistantes, très-entières, glabres et luisantes à leur face supérieure, tomenteuses et ferrugineuses inférieurement, à bords réfléchis. Les fleurs sont rouges, réunies au nombre de sept dans un involucre écailleux et imbriqué. Le fruit est cunéiforme et terminé par deux cornes écartées l'une de l'autre. Cette espèce fleurit en général au mois d'avril. On la cultive en terre de Bruyère; elle doit être abritée dans l'orangerie. Elle se multiplie facilement de boutures.

Une autre espèce de ce genre est remarquable pnr ses involucres constamment uniflores. Rob. Brown l'a nommée pour cette raison Lambertia uniflora, (A. R.)

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LAMBICHE. OIS. Syn. vulgaire de la Guignette dans les Vosges et sur les bords de la Moselle. V. CHEVALIER. (DR..Z.)

LAMBIN, MAM. L'un des noms vulgaires du Paresseux. V. BRADYPE. (B.)

LAMBIS. MOLL. Nom sous lequcl les marchands désignent particulièrement une espèce de Ptérocère, Ptcrocera Lambis de Lamarck; ils donnent aussi le nom de LAMBIS DE LA GRANDE ESPÈCE au Strombus latissimus, Lin., de LAMBIS AILÉ DE LA MOYENNE ESPÈCE au Strombus Gigas, Lin., de LAMBIS MARBRÉ au Strombus lentiginosus, L., et enfin de LAMBIS NON AILÉ DE LA GRANDE ESPÈCE au Strombus Lucifer, L. (D..H.)

LAMBRUS ET LAMBRUSQUES. BOT PHAN. De Lambrusca, par corruption de Labrusca. Noms vulgaires, dans certains cantons du Midi, de la Vigne sauvage. (B.)

* LAME PROLIGÈRE. Lamina proligera. BOT. CRYPT. (Lichens.) Acharius, en donnant le nom de Lame proligère à un organe mince, coloré, caduc par vétusé, lisse, que l'on observe dans les apothécions scutelloïdes, dont il forme le disque, a semblé croire qu'il remplissait dans les Lichens le rôle que le placenta remplit dans les Phauérogames. Quoiqu'il ne soit pas prouvé que la Lame prolière renferme exclusivement les gongyles reproducteurs, il est certain néanmoins que la nature a pris un soin extrême de sa conservation. Nos observations particulières nous ont prouvé, contre l'opinion d'Acharius, que la Lame proligère n'était pas seulement dans les fruits scutellés, mais qu'elle pouvait s'observer aussi dans les apotnécions de tous les genres de Lichens sous des formes très- variées. Elle est nue dans les Lécidées, les Opégraphes el les Gyrophores, entourée et défendue des chocs extérieurs par un périthécion dans les Verrucariées, et par une marge dans les Lécanores, les Parmélies, etc.

Elle constitue quelquefois l'apothécion tout entier comme dans les Entegraphes, les Hétérographes, les Opégraphes et les Lécidées, mais elle n'en fait qu'une partie dans la plupart des autres genres. Cet organe serait, suivant nous, une sorte d'ovaire stérile, la nature n'ayant pu atteindre son but entièrement, et les hommes qui étudient les êtres organisés savent très-bien que la nature a ses ébauches. Ce qui fortifie cette assertion, c'est que les autres parties de la Plante paraissent en être dépendantes et avoir pour fonction principale, celle de concourir à sa conservation. Le thalle la reçoit dans la jeunesse et la préserve de tout frottement; la marge des scutelles, le périthécion des Verrucaires, ne paraissent pas avoir d'autre rôle que celui d'empêcher les chocs extérieurs, et l'on remarque que cet organe, renfermé quelquefois dans une double enveloppe, va toujours chercher la lumière en déterminant dans l'apothécion une dilatation plus ou moins complète. Acharius ne reconnaît de Lame proligère que quand cette dilatation est complète, comme cela a lieu dans les fruits scùtellés ou patellulés; tel n'est point notre avis. On peut regarder l'apothécion d'une Pyrenule, par exemple, comme une scutelle non déhiscente, et en effet, supposez que la nature en dilate le sommet, alors le périthécion devient le corps de la scutelle et le nucleum de la Lame proligère; il en est de même pour tous les genres à apothécion globuleux, et cette théorie peut aussi s'appliquer aux fructifications linéaires. On concoit, d'après cette explication. que le nom de Lame proligère n'est plus convenable; nous attendons pour le changer que de nouvelles observations aient confirmé et fortifié notre opinion. La Lame proligère existe dans tous les apothécions scutelloïdes verruculeux, et dans notre genre Plectocarpon qui appartient à notre groupe des Parmélies, ordre des Slictées. V. NUCLEUM et PLECTOCARPON. (A. F.)

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LAMELLE. Lamella. BOT. On donne particulièrement ce nom aux appendices pétaloïdes qui naissent sur certaines corolles: par exemple, dans le Laurier-Rose, les Lychnides, plusieurs Borraginées, etc.

Le mot de Lamella est aussi employé par les auteurs de Mycologie, pour désigner la partie des Champignons qu'on a nommée en français feuillet, parce qu'elle y est disposée comme les feuillets d'un livre V. FEUILLET et AGARIC. (G..N.)

LAMELLIBRANCHES, MOLL. C'est à Blainville que l'on doit la création de cette nouvelle dénomination pour rassembler en une seule division tous les Animaux mollusques, dont les branchies par paires très-larges et en lames aplaties, sont placées entre le corps et le manteau; presque tous les Conchifères ou Coquilles bivalves doivent rentrer dans cette division dont nous reparlerons à l'article MOLLUSQUE auquel nous renvoyons. (D..H.)

LAMELLICORNES. Lamellicornes. INS. Dernière famille de l'ordre des Coléoptères, section des Penlamères. C'est une de celles qui renferment les Insectes les plus nombreux et les plus grands, et le trait entomologique le plus saillant qui la distingue des autres est d'avoir les antennes terminées en une massue, soit feuilletée, c'est-à-dire composée d'articles en forme de lames disposées en éventail ou è la manière des feuillets d'un livre, s'ouvrant et se fermant de même; soit en peigne et dont les feuillets sont perpendiculaires à l'axe, ou bien composées d'articles cupulaires et emboités; l premier ou l'inférieur de la massue étant en forme d'entonnoir, tronqué obliquement et renfermant concentriquement les autres.

La tète des Lamellicornes se prolonge en avant, et cette partie avancée est ce qu'on appelle Chaperon; plusieurs des Insectes que cette famille comprend sont remarquables par leur taille, les éminences en forme de cornes, de tubercules, que présentent, dans les mâles, la tête, le corselet, ou ces deux parties simultanément; leur corps est, en général, ovale ou ovoïde; les antennes sont ordinairement composées de neuf à dix articles, et insérées dans une cavité sous les bords de la tête; les yeux s'étendent plus en dessous qu'en dessus, ils sont peu saillans; la bouche varie, mais la lèvre est le plus souvent couverte par le menton qui est grand et corné; les deux premières jambes, et souvent d'autres, sont dentées au côté extérieur et propres à fouir; les articles des tarses sont toujours entiers. Les Lamellicornes se nourrissent, soit de matières végétales décomposées, comme les fientes, le fumier, le tan, etc., soit de feuilles et de racines des Végétaux, soit enfin du miel des fleurs ou des liqueurs exsudées par les Arbres; ceux qui vivent de matières végétales altérées ont presque tous une teinte noire ou brune; quelques-uns sont même nocturnes; les autres recherchent la lumière; ils sont ornés de couleurs métalliques ou variées, et très-agréables. Leur démarche est en général lourde et leur vol souvent étourdi comme celui des Hannetons. Le canal alimentaire des Lamellicornes se compose en général d'un œsophage très-court qui se dilate aussitôt en un jabot de formes très-variées suivant les geures; d'un ventricule chylifique plus ou moins long, ayant quelquefois sur toute sa surface des papilles conoïdes ou claviformes, ou des traces de plissures, et étant toujours replié sur lui-même un nombre de fois plus ou moins grand, suivant sa longueur relativement à celle de l'Animal entier. ll donne toujours attache à quatre vaisseaux hépatiques de longueur très-variable, et il finit par un intestin grêle, filiforme et terminé par un cœcum plus ou moins distinct. Les larves des Lamellicornes ont un estomae cylindrique, entouré de trois rangées de petits cœcums; un intestin grêle très-court; un colon énormément gros, boursoufflé, et un rec-

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tum médiocre. Les trachées de l'Insecte parfait sont presque vésiculaires.

Les larves des Insectes de cette famille se ressemblent presque toutes. Leur corps est long, presque demicylindrique, charnu, mou et ridé; il est blanchâtre, divisé en douze anneaux, et la tête est écailleuse et munie de fortes mandibules. Ces larves ont six pieds écailleux bruns ou roussâtres: de chaque côté du corps on voit neuf stigmates; l'extrémité postérieure du corps de ces larves est courbée en dessous, plus épaisse, et de couleur bleuâtre; elles se tiennent cachées dans la terre ou dans le tan des Arbres; et ces dernières se nourrissent de Cette matière ou du terreau; d'autrèsvivent d'ex crémens et de fumier; un grand nombre se nourrit des racines de divers Végétaux, et nous est quelquefois très-nuisible en attaquant ceux que nous cultivons et employons, ou en les déracinant. Ces larves se font toutes, dans leur séjour, une coque ovoïde avec la terre ou les débris des matières qui leur ont servi de nourriture, et qu'elles lient ensemble avec une matière glutineuse qu'elles font sortir de leur corps. Quelques-unes de ces larves ne se changent en nymphes qu'au bout de trois ou quatre ans.

Dans le Genera Crust. et Ins. de Latreille, ces Insectes formaient plusieurs familles; dans ses Familles Naturelles du Règne Animal, ce savant auteur a divisé les Lamellicornes en deux tribus. Ce sont le Scarabéides qui répondant aux Lamellicornes ou Pétalocères de Duméril, et les Lucauides ou Serricornes Priocères du même. V. SOARABÉIDES et LUCANIDES. (G.)

* LAMELLINE. Lamellina. INF Nous proposerons sous ce nom significatif du sa figure un genre de Microscopiques, dans l'ordre des Gymnodés; il se compose d'Animaux invisibles à l'œil nu, dont les caractères consistent dans l'aplatissement du corps qui est homogène, plas ou moins approchant de la forme d'un carré long, tronqué aux deux extrémités, de manière à présenter quatre angles droits. Ce seraient de véritables Bacillaires, s'ils nétaient pas beaucoup plus larges el membraneux, et si des mouvemens sinueux sur la longueur n'y indiquaient une reptation sensible. Le Monas Lamellula, Müll., Inf., p. 7, tab. 1, f. 16, 17, Encycl. Vers III., pl. 1, fig. 8, fait partie de ce genre, ainsi que les deux êtres singuliers représentés par Joblot, part. 2, p. 33, f. 2, M. etc., p. 18, pl. 3, fig. R. L. Tous vivent dans les infusiohs végétales; on dirait de petites lames de verre vivantes; la première se trouve aussi dans l'eau de mer gardée. Le Gomium pulvinatum de Müller appartient aussi à oe genre. (B.)

LAMELLIROSTRES. OIS. (Cuvier.) Famille d'Oiseaux qui renferme la plupart des Palmipèdes, et dont le caractère principal consiste en un bec épais, revêtu d'une peau molle plutôt que d'une corne. (DR..Z.)

LAMELLOSODENTATI. OIS. (Illiger.) Syn. de Lamellirostres. V. ce mot. (B.)

LAMENTIN. MAM. Pour Lamantin. V. ce mot. (B.)

LAMEO. POIS. (Risso.) Le Requin à Nice. V. SQUALE. (b.)

* LAMIAIRES. Lamiariœ. INS. Tribu de l'ordre des Coléoptères, section des Tétramères, famille des Longicornes, établie par Latreille (Fam. Natur. du Règn. Anim.), et. ayant pour caractères: dernier article des palpes ovalaire et rétiéci en pointe vers le bout; tête verlicale.

Cette tribu renferme les genres Acrocine, Acanthocine, Lamie, Pogonochère, Monochance, Tétraope, Parmène, Dorcadion el Saperde. V. ces mots et LAMIE. Le genre Gnoma de Fabricius est une réunion de Lamies, de Saperdes et de Callidies à corselet plus long et cylindrique. (G.)

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LAMIASTRUM. BOT. PHAN. (Heister.) Syn. de Galeopsis Galeobdolon, L. V. GALÉOPSIDE. (B.)

LAMIE. Lamia. POIS. Espèce du genre Squale, devenue type de l'un des sous-genres établis par Cuvier. V SQUALE. (B.)

LAMIE. Lamia. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Tétramères, famille des Longicornes, tribu des Lamiaires, établi par Fabricius aux dépens du grand genre Cerambyx de Linné. Ce genre a été partagé depuis Fabricius eu plusieurs tous-genres basés, sur des caractères très-secondaires et tirés pour la plupart de la forme et des proportions du corps. Latreille, dans tous ses ouvrages, s'était servi de ces genres pour établir des divisions dans les lamies de Fabricius. Ce n'est que dans ces derniers temps (Familles Natur. du Règn. Anim.) qu'il à adopté quelques-uns des nombreux genres formés par Thunberg, Megerle et Scbonherr; mais comme son oùvrage (loc. cil.) ne présente que les caractères des familles, qu'il ne fait qu'énumérer les genres qui entrent dans chacune d' elles, el que la plupart des auteurs qui les ont établis se l'ont fait que dans leurs collections, nous les considérerons comme n'étant point encore publiés et nous né les présenterons que comme divisions du genre Lamie. Les caractères essentiels du genre Lamie, dans toute l'extension que nous lui donnons ici, sont: labre très-apparent, s'avançant entre les mandibules; palpes filiformes, terminés par un article ovalaire ou presque cylindrique; antennes quelquefois sétacées, quelquefois compo ées d'articles très-courts, presque grenus, avec la base environnée par les yeux qui sont allongés en forme de reins; tête verticale; corselet épineux ou rugueux, plus ou moins long; corps cylindrique dans quelques-uns, aplati dans d'autres. Ces Insectes se distinguent des Priones par la forme du labre qui est très-petit et peu apparent dans ceux-ci; ils s'éloignent des Callichromes et des Cerambyx par leur tête qui est verticale tandis qu'elle est penchée en avant dans ceux-ci, et que le dernier article de leurs palpes est plus grand et en forme de cène renversé. Ces Insectes avaient été placés par Linné avec les Cerambyx; les caractères que Fabricius leur a assignés en les en séparant, neles distinguent pres-que pas du genre précédent, ainsi que de ceux des Saperdes et des Gnomes qu'il a aussi établis. Tous ces Coléoptères ont la languette en forme de cœur, avec une échancrure plus ou moins profonde au milieu du bord supérieur. Les mâchoires sont pareillement terminées par deux lobes dont l'intérieur plus petit, en forme de dent. Le tube digestif des Lamies a bien plus d'étendue que dans les autres Longicornes. Léon Dufour (Ann. des Scienc. Natur. T. IV, p. 112, pl. 6, fig. 3) dit qu'il a quatre fois la longueur de l'Insecte (Lamia Textor); il n'a pas trouvé de jabot distinct de l'œsopnage quiatteint à peine le commencement du corselet; le ventricule chylifique en est séparé par un bourrelet prononcé, siège d'une valvule; il égale en longueur la moitié de tout le tube alimentaire; il est cylindroïde et se replie en deux grandes circonvolutions maintenues par des brides trachéennes excessivement multipliées; sa surface externe est couverte de points papilliformes que la loupe rend à peine sensibles. et dont la saillie varie suivant le degré de contraction de l'organe; l'intestin grêle est filiforme; il se renfle en un cœcum allongé; le rectum, distinct de ce dernier par une contracture valvulaire, est long dans la femelle et renfermé dans un étui qui lui est commun avec l'oviducte; il est coudé à son origine, et ce coude est maintenu par deux brides musculaires distinctes, destinées sans doute à faciliter ou à régler ses mouvemens lorsque l'oviducte s'allonge pour la ponte.

Les Lamies font entendre, comme tous les Longicornes, un bruit aigu

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produit par le frottement des parois intérieurés du corselet contre la base du mésothorax. Les larves de la plupart des espèces vivent dans le bois à la manière de celles des autres Longicornes; c'est là, et surtout dans les chantiers, que l'on trouve l'insecte parfait. Quelques espèces, qui composent le genre Dorcadion, se tiennent constamment à terre, et Latreille pense que leurs larves vivent dans les racines de divers Végétaux. Ce genre est très-nombreux en espèces, elles sont répandues dans toutes les parties du monde, et surtout dans les pays boisés, entre les tropiques, L'Amérique méridionale en fournit beaucoup à corps aplati; ceux qui ont le corps plus ou moins cylindrique appartiennent à l'ancien continent.

I. Corselet ayant de chaque côté un gros tubercule mobile, enfoncé et terminé par une épine; corps toujours très-aplali, avec les antennes très-grêles, fort longues, et les deux pieds antérieurs ordinairement très-allongés.

Genre: ACROCINE. V. ce mot.

II. Corselet sans tubercules mobiles.

† Corps très-aplali, deux fois au moins plus large que haut.

Genre: ACANTHOOINE.

LAMIE CHARPENTIER, Lamia Œdilis, Fabr.; Acanthocinus Œdilis, Oliv., ibid., pl. 9, fig. 59, A, B, C, D. Cette espèce a le corps d'un gris cendré, avec des points et deux bandes transverses brunes sur les étuis, et quatre petites taches jaunes disposées en une ligne transverse sur le corselet. Il est commun dans le nord de l'Europe, et se trouve rarement en France.

†† Corps non déprimé, à peu près aussi haut que large; longueur totale ne surpassant point trois fois la largeur; élytres beaucoup plus larges à leur base que le corselet et diminuant vers leur extrémité; pâtes fortes; antennes au moins aussi longues que le corps.

Genre: LAMIE, Lamia,, Fabr.

LAMIE TRISTE, L. tristis, C. tristis, Oliv., ibid., pl. 9, f. 62. Elle a un peu plus d'un pouce de long; son corps est noir, avec une légère teinte cendrée; les élytres sont grises, chagrinées, avec deux taches très-grandes, noires sur chaque. On la trouve dans le midi de la France et en Autriche sur le Cyprès. Le genre Pogonochère (Pogonocherus, Meg:) ne se distingue pas des Lamies par des caractères assez tranchés; l'espèce qui lui sert de type est la Lamia hispida, Cerambys hispidus, Fabr., Pogonocherus hispdus, Meg.

††† Corps non déprimé; longueur totale ayant au moins quatre fois la largeur du corps; élytres presque aussi larges à leur extrémité qu'à leur base; pates grêles, beaucoup plus minces que celles des Lamies.

Genre: MONOCHAME (Monochamus, Meg.).

LAMIE CORDONNIER, L. Sutor, Oliv., ibid., pl. 3, fig. 20, a, b, c; Monochamus Sutor, Meg. Longue de près d'un pouce; élytres parsemées d'un grand nombre de petites taches d'un gris jaunâtre formées par un duvet. Elle se trouve communément en Suisse.

†††† Corps de même que dans la division précédente; chaque œil divisé en deux par la base des antennes, de sorte que l'insecte semble en avoir quatre.

Genre: TÉTRAOPE (Tetraopes, Sch.).

LAMIE TORNATOR, L. Tornator, Fabr.; Tetraopes Tornator, Sch.; Ceramb. Tornator, Oliv., Entom., 4, 67, p. 103, 138, t. 8, f. 52; Cer. tetrophtalmus, Forst. Elle est longue de quatre lignes, rouge avec quatre points noirs sur le corselet et autant sur chaque élytre, les pates et les antennes sont noires. Elle se trouve dans l'Amérique du nord.

††††† Abdomen ovale; antennes plus courtes que le corps.

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Genres; PARMÈNE. (Pamena, Meg.) et DORCADION (Dorcadion, Sch.).

Nous ne connaissons pas les caractères qui distinguent le genre Parmena du genre Dorcadion. L'espèce qui sert de type au premier est la Lamia fasiata de Villers, et parmi les Dorcadions, celui qui est le plus commun en France est;

La LAMIE FULIGINEUSE, L. fuliginator, Fabr., Latr.; Cer. fuliginator, Oliv., ibid., pl. 4, f. 21, a, b, c, d; Dorcadion fuliginator, Sch. — Noir avec la tête et le corselet chagrinés et les él y tres cendrées. Cette dernière couleur passe au brun dans une variété qui habite les lieux élevés; alors chaque élytre offre deux lignes blanchâtres longitudinales. Cette espèce est commune aux environs de Paris.

Quoique le genre Saperde ne soit pas très-bien caractérisé, on l'a conserré. V. ce mot. (G.)

LAMIER. Lamium. BOT. PHAN. Genre de la famille des Labiées et de la Didynamie Gymnospermie, établi par Linné et ainsi caractérisé: calice tubuleux à dix stries, à cinq dents inégales el très-aiguës; corolle dont le tube est long, évasé à son orifice, la lèvre supérieure entière, en forme de voûte, et recouvrant les étamines, la lèvre inférieure à trois lobes, deux latéraux plus petits et comme appendiculés, celui du milieu plus grand, un peu concave et échancré; quatre étamines didynames, à anthères velues; ovaire quadrilobé, surmonté d'un style bifinde à son sommet.

Une quinzaine d'espèces de Lamiers ont été décrites par les auteurs, Elles se trouvent toutes dans l'hémisphère boréal: une croît dans l'Amérique septentrionale, et les autres en Europe et dans l'Orient. Parmi celles qui sont très-communes en France, dans les champs, les haies et les lieux ombragés, la plus remarquable est le Lamium album, vulgairement nommé ORTIE BLANCHE, que l'on employait autrefois en médecine contre les scrophules, la leucorrhée, etc. Les Abeilles se plaisent particulièrement à butiner sur ses fleurs. Les autres espèces françaises, Lamium amplexicaule, L. maculatum, sont des Herbes à petites fleurs rouges et presque sans agrément. (G..N.)

LAMINAIRE. Laminaria. BOT. CRYPT, (Hydrophyles.) Ce genre, type de notre famille des Laminariées, fut d'abord distingué sous le nom de Laminarius par Houssel dans sa Flore du Calvados, mais si mal caractérisé qu'on pouvait le considérer comme douteux. Stackhouse l'adopta sans le mieux définir, en lui donnant le nom de Gigantea qui ne pouvait être admis. C'est Lamouroux cpii le constitua définitivement en lui assignant d'abord pour caractères; racines fibreuses, rameuses. Cette définition n'étant pas suffisante. Agardh la reforma de la sorte: fronae fibreuse, munie de racines et stipitée, membraneuse ou coriace; fructification en graines pyriformes, disposée dans les lames de la fronde. Nous adopterons de tels caractères en y ajoutant que les frondes sont dépourvues de côtes, ce qui éloignera des Laminaires proprement dites les Laminaria Agarum, esculenta et costata des auteurs, outre plusieurs autres que nous possédons et dont nous formerons le genre Agarum. V. ce mot à l'article LAMINARIÉES. Le Fucussaccharinus des auteurs est le type de ce genre, dans lequel sc rangent beaucoup des plus considérables Hydrophytes de la mer et dont nous connaissons un grand nombre d'espèces qui seront incessamment décrites et figurées dans un travail auquel nous mettons la dernière main en ce moment, et qu'avait projeté feu notre ami et collaborateur Lamouroux. Les Laminaires peuvent être réparties provisoirement en trois sous-genres qui devraient peut - être constituer par la suite autant de genres différens et dont presque toutes les espèces sont, propres aux mers septentrionales de l'hémisphère boréal; plusieurs y sont communes aux côes du nouveau et

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de l'ancien continent. Ce sont des Plantes coriaces, d'un vert foncé ou roussâtre, muqueuses à leur surface et remplies d'un principe gélalineux et sucré qui se manifeste en efflorescences farineuses et blanchâtres à la surface de la fronde quand on les dessèche sans avoir la précaution de les laver dans l'eau douce avant de les préparer. Toutes demeurent long-temps hygrométriques après la dessiccation.

† FISTULAIRES. Racines fibreuses; slipe fistuleux, entièrement vide. Ce sous-genre forme le passage aux Macrocystes où les pétioles de chaque feuille y qui ne sont que des frondes partielles, peuvent être également considérés comme des stipes fistuleux, et de même absolument vides.

LAMINAIRE TROMPETTE, Laminaria buccinalis, Lamx., Fucus buccinalis, L., Turn., Fuc., pl. 139, dont le stipe énorme, fistuleux, vide, acquiert souvent plusieurs toises de longueur, et plusieurs pouces de diamètre; amincivers sa base, il se renfle en s'allongeant. La fronde ou lame qui s'y insàre est allongée, pinnée ou pinnatifide, épaisse, coriace, noirâtre, avec ses divisions ou pinnules, aiguës. Nous possédons cependant un échantillon où ces pinnules élargies vers l'extrémité y sont obtuses. Jetés à la côte, les stipes, en s'y desséchant, sont quelquefois comme de gros tubes cornés qui imitent la forme de trompettes ou plutôt de cornets à bouquins. Cette Plante, qui se trouve sur les côtes de la pointe méridionale de l'Afrique, y fut remarquée par les navigateurs dès l'époque où l'on doubla le cap de Bonne-Espérance; et les anciens botanistes l'appelaient Trombœ marinœ, J. B. H., 3, p. 88, ou Arundo indica fluitans, C. B. P. 19.

LAMINAIRE OPHIURE, L. Ophiura N., espèce des plus remarquables, rapportée de Terre-Neuve par des bateaux de pêcheurs et que Lapylaie a appelée longicruris, nom qui nous parait inadmissible, parce que le stipe de ce Laminaire ne saurait être comparé à une cuisse. Sa lame ou fronde serait à peu près celle de la Sucrière, si elle n'était beaucoup moins ondulée et plus mince, étant comme du parchemin; elle acquiert jusqu'à six ou huit pieds de long sur quatre à huit pouces de large. Son stipe fistuleux, absolument vide, de six lignes à dix-huit de diamètre, est cylindrique, ridé, noirâtre, souvent long de quatre pieds, et ressemblant à une Couleuvre.

†† SACCHARINES. Racines fibreuses, rameuses; stipe solide, corné, devenant comme ligneux.

* Fronde constamment simple et entière.

La LAMINAIRE SUCRIÈRe, Laminaria saccharina, Lamx., Fucus saccharinus, L. On a confon lu sous ce nom plusieurs espèces fort distinctes, et généralement toutes celles de la section qui nous occupe. Mais quand on examine ces Végétaux avec attention, les différences deviennent frappantes. La véritable Laminaire Sucrière est la plus commune sur nos côtes atlantiques où nous l'avons observée depuis le cap Finistère, en Galice, la baie de Saint-Jean-de-Luz et Biarits, au rocher de Cordouan, Bellelle et les côtes de Bretagne, enfin jusqu'à celles du Calvados et de Picardie. On la retrouve sur les côtes d'Angleterre et jusqu'en Norwège. Son stipe arrondi, de la grosseur du doigt, court parallèlement à la longueur de la lame, qui est membraneuse, un peu coriace, d'un roux verdâtre, ovoïde, oblongue ou sublinéaire, atteignant jusqu'à six et neuf pieds de long, lancéolée, aiguë, fort ondulée, même frisée sur les bords, arrondie ou même subcordée au point d'insertion sur ce stipe. Nous en connaissons trois variétés principales: α.; La Laminaire Sucrière à fronde obronde, très-large par rapport à sa longueur, . Celle qui est oblongue, mais non absolument linéaire. γ Celle qui est linéaire et fort étroite. Il en existe encore une variété δ. monstrueuse et qui présente sur l'une de ses pages vers le centre et

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longitudinalement une superfétation ondulée, crépue, implantée sur l'une des faces de la lame.

LAMINAIRE LONGIPÉDE, L. longipes, N. Confondue avec la précédente, elle a son stipe bien plus long sur lequel la lame s'implante en s'allongeant de manière à être aussi aiguë par en bas que par son extrémité supérieure. Sa substance est d'ailleurs beaucoup plus mince, et comme un fragile parchemin. Elle acquiert la même longueur, demeure toujours plus étroite et se trouve, mais beaucoup plus rarement, sur nos côtes atlantiques. Nous en devons au savant Mertens des échantillons recueillis dans les mers du Kamtschatka.

LAMINAIRE CORNÉE, Larninaria cornea, N. Toujours confondue avec la Sucrière, n'est jamais aussi large, dépasse fort rarement plus de deux pieds de longueur, a sa fronde arrondie vers son insertion sur le stipe, et sa substance est très-épaisse, dure et comme de la corne quand elle est desséchée; elle est aussi moins mucilagineuse, plus verte, très-dure, à peine ou point ondulée, et sa solidité fait que des Flustres se fixent plus volontiers à sa surface. Nous en connaissons trois variétés: α. entière, plus petite et la plus commune; β. plus longue, plus verte, moins dure et ayant sa fronde comme étranglée aux deux tiers de sa longueur. Turner a figuré cette variété comme l'un des deux états de son Larninaria saccharina. γ. La Monstrueuse, qui porte une superfétation crépue, mais peu distincte et ordinairement sur l'un des côtés de la fronde.

LAMINAIRE DE LAMOUROUX, L. Lamourouxii, N. Au premier coup-d'œil facile à confondre avec les espèces 1 et 2, mais bien plus petite, ne dépassant guère dix-huit pouces à deux pieds, ayant son stipe allongé, sa fronde lancéolée, elliptique, également atténuée vers son insertion et vers sa pointe. Elle n'est que légèrement crépue sur ses bords. Elle nous a été, communiquée par Lamouroux, qui l'avait fort bien distinguée sans lui donner de nom particulier, et par Chauvin, botaniste fort distingué de Caen, qui l'avait reçue de TerreNeuve.

Nous connaissons encore dans cette section les Larninaria latifolia et fascia d'Agardh.; Lorea, N., Phyllitis, Tuin.; Stackhousii, N. Phyllitis, Stack.), Dermatodea, Lapyl., viridissima, N., vittata, N., Sarniensis, N., etc.

* * Frondes simples dans leur jeunesse, se divisant et se palmant dans l'état adulte.

LAMINAIRE PAPYRINE, Laminaria papyrina, N., à fronde entière, ovoïde, oblongue, aiguë, d'un beau vert, se partageantà son extrémité en deux, trois ou quatre divisions aiguës, peu profondes, ayant son stipe un peu comprimé, très-court et d'un beau vert pâle. Cette espèce, fort mince et transparente, paraît être le L. debilis d'Agardh, nom inadmissible, car cette Plante n'est pas plus débile qu'une autre; sa longueur est de trois à huit et dix pouces, sa largeur d'un à cinq ou six. La figure 4 de la Laminaire 9 de Dillen paraît convenir à son état de jeunesse. Nous l'avons trouvée dans la baie de Cadix, et reue de Corse où la recueillit Souleirol, officier du génie, botaniste très-habile.

LAMINAIRE DIGITÉE, L. digitata, Lamx., Fucus digitatus, L., Turn., Fuc., pl. 152. Sa fronde est d'abord cordée, très-entière et d'une consistance cornée, épaisse, brunâtre. Elle se divise très-profondément par son extrémité. Son stipe est court. Elle devient généralement brune ou noire en se desséchant. Cette espèce est commune sur nos côtes. Lapylaie nous en a communiqué des échantillons recueillis à Terre-Neuve.

LAMINAIRE PALMÉE, L. palmala, N. confondue avec la précédente et habitant avec elle nos côtes. Elle devient beaucoup plus grande, sa couleur est plus verte, son stipe est toujours très-long, souvent de la grosseur du pouce et égal à la fronde qui

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se divise en une multitude de lanières, et qui se réfléchit des deux côtés vers l'insertion de manière à présenter une dilatation considérable et à se réfléchir par les côtés sur le stipe. Nous en possédons un échantillon venu de Valparaiso sur la côte da l'Amérique méridionale.

LAMINAIRE CONIQUE, L. conica, confondue encore avec la L. digitata; elle a sa fronde conique et rétrécie vers l'insertion sur le stipe qui est plus long que chez cette Plante, mais plus court que dans la précédente, Ses divisions sont des lanières minces et très-profondes. La figure de cette espèce est à peu près celle d'un éventail ouvert dont les branches seraient séparées. Elle est moins fréquente que les autres sur nos côtes.

Nous possédons encore dans cette section les Larninaria flabelliformis, grande espèce rapportée des Malouines par Lesson; bifidans et trifidans, N., de Terre-Nenve; Delisei, N., du même pays, espèce fort belle et dont nous devons la connaissance au savant et modeste lichénographe de Vire, etc., etc.

*** Frondes constamment divisées.

LAMINAIRE BIRONCINÉE, L. biruncinata, N. Cette belle espèce, découverte récemment par Durville sur les côtcs du Chili, à la Conception, a son stipe plein, court, de la grosseur d'une plume d'Oie; sa lame est cornée, épaisse, oblongue, obtuse, et produit sur les bords des pinnules nombreuses, roncinées, inégalement dentées.

LAMINAIRE DES BUVEURS, Laminaria potatorum, Lamx., Fucus potatorum, Lab., Nov.-Hol. T. II., pl. 257, Turn., Fuc.,., pl. 242 (figure excellente). Cette espèce, dont nous devons un échantillon magnifique à la générosité du savant Labillardière, est d'une consistance cornée; ses frondes sont extrêmement épaisses, divisées irrégulièremënt jusqu'à leur base. Ses expansions solides deviennent assez larges et sont assez solides pour que les sauvages de la Nouvelle Hollande en fassent des vases pour y conserver et transporter de l'eau. Elle a été observée au cap de Van-Diémen.

Les autres espèces de cette section qui nous sont connues sont les Laminaria Corium, N., de Valparaiso; Laminaria radiala, Agardh, Fucus radiatus, Turn., Fuc., pl. 134; Laminaria reniformis, Lamx., Ess., pl. 22, t. 1, f. 3. Du cap de Bonne-Espérance, etc.

††† CÉPOIDES.Racines bulbeuses.

La plupart des espèces de ce sousgenre avaient été confondues sous le nom de Fucus bulbosus.

LAMINAIRE BULBEUSE, Laminaria bulbosa, Lamx.; Fucus bulbosus, L. à stipe comprimé, épais, fort allongé, simple, patant d'un bulbe creux, souvent énorme, se dilatant en une fronde conique, flabelliforme, profondément divisé en lanières fort longues, linéaires. Cette espèce ne commence guère à se trouver qu'à partir du golfe de Gascogne pour s'élever vers le nord. Elle devient fort grande. Son stipe, très-allongé et uni, outre son énormité, la distingue suffisamment de la suivante. Nous en connaissons deux variétés: α. à lanières larges d'un pouce au moins; β. à lanières plus nombreuses, fort étroites, larges d'une à trois lignes au plus, et moins coriaces.

LAMINAIRE DE TURNER, Laminaria Turnen, N.; Fucus bulbosus, Turner, Fuc., pl. 153. Confondue avec la précédente, elle en diffère cependant beaucoup par son bulbe bien plus gros et déforme, son stipe court, très-dilaté, ailé ou lobé marginalement au point d'en être entièrement difforme, et par sa fronde en éventail très-ou-vert. se réfléchissant latéralement des deux côtés et plus large que longue. Elle est rare; on ne la trouve guère en France qu'aux environs de Cherbourg; mais elle devient plus abondante sur les bords des îles contenues dans l'angle formé par la Normandie et la Bretagne, ainsi que sur les côtes d'Angleterre.

LAMINAIRE PONCTUÉE, L. puncta-

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ta, N., ou brevipes? Agardh. Nous avons découvert cette espèce sur les côtes de Belle-lle, au sud de la Bretagne, dans l'été de 1800. Bonnemaison paraît l'avoir retrouvée sur celles de Quimper dans le Finistère. Sa racine est un petit bulbe semblable à une Giboule; son stipe est fort court, dépassant rarement une à trois lignes de longueur. La fronde est d'abord oroïde, plus ou moins large et amincie aux deux extrémités; elle se divise avec l'âge en deux ou trois lanières. Sa consistance à demi-payaracée et membraneuse la rend remarquable, ainsi que sa couleur jaunâtre, sa transparence et l'aspect ponctué que lui donnent les functifications éparses sur toute sa surface. Elle ne dépasse guère dix à quinze pouces de long, sur deux à cinq de large.

La Larninaria Belvisii d'Agardh, Ulva bulbosa, Beauv., Oware et Ben., pl. 13, appartient à cette section. (B.)

* LAMINARIÉES. BOT. CRYPT. (Hydrophytes.) Nous proposons icil'établissement de cette nouvelle famille parmi les Hydrophytes, aux dépens des Fucaeées où elle avait été comprise, et dont elle diffère beaucoup par l'organisation des Plantes que nous proposons d'y comprendre. Leur contexture place les Laminariées entre les Fucacées et les Ulvacées, elle est bien plus simple que dans les premières et fort semblable à celle des secondes; elle consiste en des corpuscules infiniment petits, intercalés dans un réseau fibrillaire qui les contient, et parmi lesquels de plus gros se développent en propagules ou gongyles épars, jamais, comme dans les Fucacées, réunis en tubercules distincts, groupés en quelque partie que ce soit de l'expansion, et surtout aux extrémités. Toutes sont caulescenfes, et se fixent contre les rochers aux lieux les plus battus des vagues par des racines bien caractérisées, enlaçantes, souvent très-fortes et comparables, pour l'aspect et la consistance, à celles de beaucoup de Phanérogames. Les tiges, ordinairement très-solides, présentent dans certains genres une oomplication fort digne d'examen; on y reconnaît une substance corticale bien distincte, une substance cornée qui en se desséchant acquiert une dureté considérable et qui très-flexible durant l'état de vie est évidemment formée, comme le bois, de couches concentriques, enfin au centre, une substance médullaire dont la couleur et la consistance est très-différente de celle du reste de la tige. Nous avons examiné ces parties soigneusement avec le microscope, elles sont cependant encore vasculaires et nous n'y avons pu distinguer de trachées. La fructification paraît consister en corpuscules généralement très-petits, dispersés dans le réseau ponctué des frondes, lesquelles, disposées en forme de lames, deviennent dures ou cornées par la dessiccation. C'est parmi les Laminariées qu'on rencontre toutes les espèces dont quelques peuplades maritimes tirent de grossiers alimens. Elles sont plus ou moins mucilagineuses et sucrées, et reprennent l'apparence de la vie après une longue dessiccation; quelques-unes remouillées répandent une odeur de Violette et de Thé fort sensible; la plupart se dissolvent en gelée, lorsqu'on les laisse tremper trop longtemps. Elles sont transparéntes, et acquièrent en général les plus grandes proportions parmi les Végétaux de la mer. Il est des espèces qui atteignent à dix, à vingt; et même à plusieurs centaines de pieds de longueur. Nous n'en connaissons aucune qui se trouve entre les tropiques. Les espèces simples que nous avons observées sont toutes de l'hémisphère boréal où elles croissent depuis le 30 jusqu'au 70° nord; les espèces rameusea son propres à l'hémisphère austral, où elles se rapprochent davantage du tropique, pour s'étendre jusqu'aux pointes les plus méridionales des trois continens du sud. On a peine à concevoir comment les Laminaires qui forment le type de cette famille, ont pu être placées, par Agardh, entre les Furcellaires et les Zonaires qui sont

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les Padines de Lamouroux; ces deux genres en sont peut-être les plus éloignés de tous ceux dont se compose la classe des Hydrophytes.

Les genres qui composent cette belle famille sont au nombre de six qui peuvent être répartis, ainsi qu'il suit, en dux sections:

Supportées pat des tiges ramifiées.

DURVILLÉE, Durvillœa, N.; LESSONIE, Lessonia, N.; MACROCYSTE, Macrocystis, Agardh.

†† Supportées par des stipes simples.

AGARE, Agurum, N.; LAMINAIRE, Laminaria, Lamx.; IRIDÉE, Iridœa, N.

Les genres Durvillée et Agare n'ayant pas été décrits dans ce Dictionnaire où nous ne traitions pas des Hydrophytes inarticulées du premier ordre quand noire savant confrère Lamouroux s'y occupait de cette partie de la science, nous allons y suppléer maintenant.

1°. DurvillÉE, Duruillæa. Ce geure véritablement extraordinaire et dont l'espèce unique est fort importante à connaître puisqu'elle fournit un excellent aliment aux habitans des côtes occidentales de l'Amérique du sud, sera dédié à Durville, officier de marine très-distingué et naturaliste fort instruit, qui réunissant, comme par une sorte de miracle, les connaissances nécessaires pour faire plus utilement que ne l'ont jamais pu faire d'autres marins, un voyage de découverte, mérite que son nom ne soit pas attaché à quelque Végétal vulgaire, démembré, peutêtre à tort, de quelque autre genre. Nous le caractérisons: expansion coriace, se divisant en lanières subulées, tubuleuses, recouvertes d'un épiderme distinct, et remplies par une moelle celluleuse de nature particulière fort différente de la substance de la Plante, et assez semblable à celle de certains gros Scirpes des marais. Nous n'en connaissons qu'une seule espèce, Durvillœa utilis, N. (V. planches de ce Dictionnaire), Fucus antarcticus de Chamisso; elle est gigantesque. Le Gentil, dans la relation de son voyage, l'avait déjà mentionnée (T. II, pl. 3), etnous avait appris que les marins espagnols qui la nomment Porro, reconnaissaient les approches des côtes du Chili, à ses masses flottantes. Leman, dans l'excellent Dictionnaire de Levrault, en avait fait Une Laminaire (T. xxv, p. 189), ayant avec beaucoup de sagacité discerné l'analogie qu'elle présentait avec ces Plantes. La racine ne nous est pas suffisamment connue, elle retient la Durvillée à de grandes profondeurs dans la mer. Une expansion épaisse, aplatie mais très-forte, en part pour se diviser en lanières cylindriques, qui atteignent plusieurs brasses de longueur, se fourchent plusieurs fois de manière à rappeler la figure en très-grand du Fucus Loreus de nos côtes, ont jusqu'à deux et trois pouces de diamètre à leur base, où se voient aussi quelques petites expansions aplaties, s' amincissent vers leur extrémité qui est pointue. Eu les voyant flotter on dirait des Serpens ou les bras de quelque énorme Céphalopode. Leur couleur est d'un olivâtre tirant sur le brun, et devient noire pour peu qu'on ne les dessèche pas avec précaution. Leur épiderme; qui paraît fort poli, se recouvre avec l'âge d'un réseau particulier noirâtre qui s'en détache, etprésente alors tellement l'aspect d'une Hydrodyctie, que préparé à part, un botaniste exercé y pourrait être trompé. Sous cet épiderme est la substance même de la Plante formée de globules pressés dans une mucosité compa cte, lesquels sont contenus dans une multitudede fibres confervoïdes, transparentes, entrecroisées, qu'un grossissement de cinq cents fois rend seul bien visibles au microscope; cette substance a d'une à trois lignes d'épaisseur, selon le diamètre des rameaux. La moelle centrale blanchit à mesure qu'elle se dessèche, mais les alvéoles qui la forment, péuétrées d'eau, sont alors à peine visibles, tandis qu'elles le deviennent beau-

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coup dans la dessiccation. Eu considérant la coupe, soit transversale, soit horizontale du Durvillœa utilis, on dirait, à la couleur près, celle de la tige du Scirpus lacusirs de nos contrées. On vend sur tous les marchés, depuis Lima au Pérou, jusqu'à la Conception au Chili, les rameaux ou lanières de cette singulière Laminariée; les habitans la viennent acheter, comme un légume, afin de s'en nourrir. Lesson, digne compagnon de Durville, nous en a communiqué des échantillons recueillis aux Malouines. Quand elle est bien préparée pour l'herbier, elle y prend une couleur de noisette foncée, fort agréable et un peu luisante; replongée dans l'eau elle y reprend l'apparence de la vie, au point de pouvoir être parfaitement étudiée en tout temps, mais elle ne tarde pas à s'y dissoudre en une gelée d'un goût un peu fade, cependant assez agréable, et qu'on sent devoir être nourrissante.

2°. Agare, Agarurn. Le caractère de ce genre consiste dans une ou plusieurs nervures très - saillantes, qui parcourent la fronde ou lame dans toute sa longueur, tandis que les Laminaires proprement dites sont totalement énervées, et conséquentment plus rapprochées des Ulvacées dont elles ne diffèrent réellement que par leur tige ou stipe souvent cornée et par leurs racines si remarquables. De telles nervures, qu'on ne retrouve aussi caractérisées que dans certains Fucus proprement dits, dénotent une organisation qui tend à se compliquer, mais la fructification n'en devient guère plus distincte. Le nom d'Agarum, que nous avons conservé à ce genre, était celui d'une de ses espèces, chez les algologues qui l'avaient emprunté de quelque langue du Nord où il désigne les Algues marines mangeables, tous les Agares sont des Plantes boréales; on n'en a trouvé encore aucune au-dessous du cinquantième degré de latitude nord, si ce n'est quelques échantillons épars de l'es-culentum qui ont été découverts par le respectable colonel Dudresnay, explorateur zélé des Hydrophytes de la côte de Saint-Paul-de-Léon en Bretagne. Deux sous-genres doivent être établis pour répartir six ou huit espéces qui peuvent exister dans ce genre.

Stipe nu entre l'insertion de la fronde et de la racine.

* Lame entière munie de plus d'une nervure.

AGABE A CINQ CÔTES, Agarum quinquecostatum, N.; Laminaria costata, Agardh; Fucus costatus, Turner, Fuc., pl. 226. Nous ne connaissons cette élégante espèce que par la planche de Turner qui lui donne un stipe comprimé, s'étendant en une lame linéaire à peu près de la forme de notre Laminaire cornée, mais parcourue dans toute sa longueur par cinq nervures très-prononcées. Un seul échantillon en a été rapporté en Europe par Menzies qui le recueillit sur les côtes occidentales de l'Amérique du Nord. On n'en saurait trop recommander la recherche aux voyageurs qui visiteront les mêmes lieux.

** Lame criblée de trous, munie d'une seule nervure.

AGARE CRIBREUSE, Agarum cribrosum, N.; Laminaria Agarum, Lamx.; Fucus Agarum, Turn., Fuc., pl. 75; Flor. Dan., tab. 1542. Il existe peut-être deux espèces sous ce nom, du moins nous possédons dans notre collection des échantillons qui, avec les caractères communs donnés à l'espèce qui nous occupe, ont un faciès fort différent. Les uns ont leur fronde ou lame ronde, très-ondulée ou crépée sur les bords, avec la consistance plus épaisse, et les trous qui la criblent inégaux et anguleux. Les autres ont leur fronde oblongue, moins coriace, proportionnellement plus allongée, plus verte, et sont percés de trous ronds tellement réguliers, quoique inégaux en grandeur, qu'on dirait ceux de ces gros cribles de parchemin dont on se sert dans certaines fermes pour tamiser des graines nourricières. L'une et l'autre variétés

TOME IX. 13

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nons ont élé communiquée par Dclise, Chauvin, Lamouroux et Lapilaye comme venant de Terre-Neuve. On les retrouve en Norwège et jusqu'au Kamtschatka.

†† Stipe muni de pinnules entre l'insertion de la lame et de la racine.

AGARE MANGEABLE, Agarum esculentum, N.; Laminaria esculénta, Lamx.; Fucus esculentus, L.; Turn., Fuc., pl. 117. Il doit exister encore plusieurs espèces confondues sous ce nom. IL est difficile de croire que les individus longs d'un à deux pieds que l'on trouve sur nos côtes, et celui qu'a figuré Turner, appartiennent à la même espèce que le Laminaria esculenta de l'Ecosse et des mers du Nord, qu'on dit atteindre dix aunes de long. On assure d'ailleurs qu'il en existe à stipe rond, à stipe comprimé, à stipe carré, ce qui, certes, présente d'excellens caractères. Quoi qu'il en soit, nous en possédons deux variétés fort distinctes, l'une et l'autre des côtes de Bretagne. Toutes deux ont lour fronde d'un vert tendre et linéaire, longue d'un à trois pieds, et des petites expansions disposées en faisceaux sur les deux côtés du stipe vers le milieu; mais la variété αaces petites expansions ou pinnules épaisses et subulées vers leur extrémité: β les a planes, larges, dilatées et arrondies.

AGARE DE DElISE, Agarum Delisei, N. Nous devons la connaissance de cette espèce à Delise qui nous a sacrifié le seul échantillon qu'il possédaitet qu'il avait reçu de Terre-Neuve. Cet échantillon précieux présente des pinnules lancéolées, stipitées, en forme de feuilles de Laurier, éparses sur les deux côtés du stipe dans presque toute sa longueur.

AGARE DE LAPYLAIE, Agarurn Pylaii, N. Cette espèce, découverte à Terre-Neuve par Lapylaie, a sa fronde ovoïde, très-ondulée, et non linéaire comme les précédentes. Les pinnules du stipe sont aussi bien plus grandes, ondulées, cunéiformes, fort élargies vers leur extrémité où elles ont souvent plusieurs pouces de largeur. (B.)

LAMINCOUART. BOT. PHAN. L'un des noms de pays du Minuartia. V. ce mot. (B.)

LAMIODONTES. POIS, FOSS. C'est-à-dire dents de Lamie. V. GLOSSOPÉTRES. (B.)

* LAMIOLA. POIS. (Risso.) C'est-à-dire petite Lamie. Le Milandre à Nice. V. SQUALE. (B.)

LAMIUM. BOT. PHAN. V. LAMIER.

* LAMOUROUXELLE. BOT. CRYPT. (Confervées.) Nous proposons l'établissement de ce sous-genre dans le genre Conferve. V. ce mot. (B.)

* LAMOUROUXIA. BOT. CRYPT.(Hydrophytes.) On ne voit pas pourquoi Agardh avait changé le nom de Claudea, genre dédié par Lamouroux à son respectable père, pour celui du fils, et on ne s'explique pas davantage pourquoi depuis, au lieu de le restituer, il a nommé le même genre Onelia. V. CLAUDÉE. (B.)

* LAMOUROUXIE. Lamourouxia. BOT. PHAN. Genre dédié par Kunth (in Humboldt Nov. Gen. 2, p. 335) à notre collaborateur Lamouroux, dont la science déplore en ce moment la mort récente et prématurée. Ce genre faisant partie de la famille des Rhinanthacées, et de la Didynamie Angiospermie, L., offre les caractères suivans: calice campanulé à peu près égal, à deux divisions latérales et bifides. Corolle monopètale à tube court, à gorge très-allongée, renflée et comprimée; limbe à deux lèvres, la supérieure entière et en forme de casque, l'inférieure plus étroite et à trois lobes presqu'égaux: quatre étamines didynames, dont les deux plus courtes sont parfois rudimentaires; anthères réniformes; capsule ovoïde, cotpprimée, à deux loges contenant des graines membraneuses, recouvertes d'un réseau celluleux. Ce genre se compose de sept espèces originaires de l'Amérique méridionale, et qui toutes y ont été ob-

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servées et recueillies par Humboldt el Bonpland. Ce sont des Plantes herbacées, dressées et rameuses, dont les feuilles sont opposées, dentées en scie ou même pinnatifides. Leurs fleurs sont rouges, grandes, axillaires et solitaires. Sur les sept espèces décrites par Kunth dans l'ouvrage cité précédemment, trois ont été figurées. Ce sont les Lamourouxia virgata, Kunth, loc. cit., 2, p. 336, t. 167; Lamourouxia serratifotia, Kunth, loc. cit., t. 168, et Lamourouxia rhinanthifolia, Kunth, loc. cit., t. 169. (A.R.)

LAMPADIE. Lampas. MOLL.Genre établi par Montfort (Conckyl. Syst. T. II, pag. 242) pour une petite Coquille microscopique, très-voisine des Cristellaires de Lamarck. Férussac, dans ses Tableaux systématiques, ne l'a point admise comme genre; il l'a placée dans sou genre Lenticuline, dans la sous-division des Cristellées. V. LENTICULINE et NUMMULITE. (D..H.)

LAMPAS. MOLL. Nom vulgaire que l'on donne à plusieurs espèces de Strombes. V. ce mot. (D..H.)

LAMPAS. BOT. PHAN. D'ou Lam-pette, qui désigne encore dans le Midil' Agrostemma Githago, L., nom par lequel les anciens désignaient les diverses espèces du genre Lychn is qui ornent les champs. (B.)

LAMPE ou LAMPE ANTIQUE. MOLL. Espèce du genre Hélice. V. ce mot et CAROCOLLE. (B.)

* LAMPER. POIS. La Lamproie qui porte ce nom à Surinam, selon Stadmann, pourrait bien être une espèce particulière, et non la nôtre, comme le dit ce voyageur. (B.)

LAMPÉRY. BOT. PHAN. Rumph (Herb. Amb.) a décrit, sous ce nom vulgaire dans les îles de la Sonde, une drupe que l'on suppose appartenir à une Plante de la famille des Rosacées, et de la tribu des Amygdalées. (G..N.)

LAMPETTE. BOT. PHAN. V. LAMPAS. On étend aussi ce nom, et par la même raison, au Lychnis Flos-Cuculi, L. (B.)

LAMPILLON. POIS. Pour Lamproyon. V. ce mot. (B.)

LAMPOCARYE. Lampocarya. BOT. PHAN. Genre de la famille des Cypéracées, établi par R; Brown (Prodr. Fl. Nov.-Holl. 1, p. 238) qui lui assigne pour caractères: des épillets uniflores, composés d'écailles imbriquées en tous sens, dont les extérieures sont vides: les étamines varient de trois à six, et leurs filets sont persistans; l'ovaire est dépourvu de soies hypogynes, surmonté d'un style trifide et de trois stigmates indivis. Le fruit est une noix osseuse, lisse, mucronée à son sommet par la base du style qui est persistante. Ce genre établit le passage entre les genres Cladium et Gahnia, et diffère du premier par ses filets staminaux persistans, et par son style formant une pointe sur le fruit; et du second par son fruit constamment lisse. A ce genre R. Brown rapporte deux espèces: l'une, Lampocarya aspera, est tout-à-fait nouvelle; l'autre, L. hexandra, est le Gahnia trifida de Labillardière. Ces deux espèces croissent à la Nouvelle-Hollande. (A. B.)

LAMPOTTE. MOLL. Les petites Patelles que les pêcheurs mangent sur nos côtes, ou dont ils emploient la chair comme appât. (B.)

LAMPOURDE. Xanthium. BOT. PHAN. Genre d'une organisation singulière, formant avec l'Ambrosia. l'Iva et le Fransera une petite famille voisine, quoique suffisamment distincte des Synanthérées. Ce genre présente les caractères suivans: les fleurs sont unisexuées et monoïques; les mâles forment des capitules globuleux, placés vers la partie supérieure des rameaux; leur involucre est composé d'écailies imbriquées sur plusieurs rangs; le réceptacle est ovoïde; chaque fleur est accompagnée d'une écaille de forme variable; son calice manque; sa corolle est tubuleuse, évasée de la base au sommet,

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à cinq dents et à cinq nervures longitudinales qui se bifurquent à leur sommet pour suivre chacun des bords des dents. Les étamines au nombre de cinq sont monadelphes, et leurs filets réunis forment uu tube cylindrique inséré tout-à-fait à la base de la corolle; les anthères sont généralement saillantes au-dessus de la corolle, rapprochées les unes contre les autres, mais libres. Les fleurs femelles sont géminées, très-rarement solitaires, placées à l'aisselle des feuilles dans un involucre ovoïde, qui paraît formé de la soudure de deux involucres renfermant chacun une fleur. Cet involucre se rétrécit supérieurement où il se termine par deuex petits cols à travers lesquels on voit sortir et saillir les stigmates. La face terne de cet involucre, qui est persistant, est toute hérissée de poils, dont quelques-uns, beaucoup plus grands, deviennent épineux. Choque fleur femelle se compose d'un ovaire infère, ovoïde, allongé, dont le limbe est nul ou formé de trois divisions étroites et rapprochées contre le style. La corolle manque entièrement. Le style est d'une longueur variable, très-simple, continu avec le sommet de l'ovaire et terminé par deux stigmates linéaires divergens, glanduleux sur leur face interne. Le fruit est un véritable akène, allongé, terminé en pointe à son sommet, ordinairement marqué de dix lignes ou stries longitudinales: Ces akènes sont entièrement renfermés deux à deux dans les involucres qui se sont accrus et dont une partie des poils sont devenus épineux. Chaque akène contient une graine dressée, portée sur un funicule assez long. Elle se compose du tégument propre qui est mince et membraneux, et d'un embryon homoirope dont la radicule est conique.

Ce genre renferme cinq espèces; ce sont des Plantes herbacées annuelles ou vivaces, à tiges rameuses, quelquefois épineuses, a feuilles alternes, plus ou moins profondément incisées. De ces cinq espèces, trois croissent en France, dans les lieux incultes ou dans les vignes, savoir: Xanthium strumarium, X. spinosum et X. orientale. Ces deux dernières se rencontrent surtout dans les provinces méridionales de la France; des deux autres l'une, Xanthium echinatum, Murray, est encore peu connue; on ignore sa patrie; l'autre, Xanthium catharticum, Kunth (in Huml, a été trouvée au Pérou dans les environs de Quito, V. XANTHIACÉES. (A R.)

LAMPRIE. Lamprias. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamèrcs, famille des Carnassiers, tribu des Carabiques, division des Troncatipennes, établi par Bonelli et ayant pour caractères: palpes extérieurs finissant par un article dont la forme se rapproche de celle d'un cône renversé ou d'un cylindre, et qui est tantôt un peu plus gros que le précédent, tantôt de la même épaisseur; crochets des taises pectinés en dessous; pénultième article de tous les tarses simple ou point divisé en deux lobes; corselet plus large que long.

Les Cimindes diffèrent des Lampries par des caractères tirés des articles des palpes. Les Lébies s'en distinguent par les tarses. Enfin les Dromies et les Démétries s'en éloignent par la forme de leur corselet. Ces Insectes vivent en général sous les écorces des Arbres, quelquefois ils viennent courir sur les feuilles et sur les tiges, et alors, si on en approche, ils se laissent tomber à terre et ont bientôt disparu aux yeux du chasseur qui ne peut les prendre qu'en dépouillant tout le sol de ses herbes et des petites pierres sous lesquelles ils se cachent. L'espèce qui sert de type à ce genre est:

La LAMPRIE CYANOÉPHALE, L. cyanocephala, Bonell.; Lebia cyanocephala, Latr.; Carabus Fabr., Panz., Faun. Ins. Germ., LXXV, 5. Elle est longue de près de deux lignes et demie; son corps et sa tête sont bleus, son corselet est rouge ainsi que les pâtes qui n'ont que les ge–

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noux de bleus. Elle se trouve à Paris sous les écorces des Arbres. On en trouve une espèce très-voisine en Suè-de que Dufsmidt a nommée Chloruce-phala; elle ne diffère de la précédente que par les pates qui n'ont pas les genoux noirs. Elle se trouve également aux environs de Lille. V. LÉBIE. (G.)

* LAMPRILLON. POIS. Même chose que Lamproyon. V. ce mot. (B.)

LAMPRIME. Lamprima. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Lamellicornes, tribu des Lucanides, établi par Latreille et ayant pour caractères: antennes coudées, composées de dix articles; point de labre apparent; languetle divisée en deux pièces allongées et soyeuses; mâchoires découvertes en dessous jusqu'à leur base; mandibules grandes et comprimées dans les mâles; corps convexe, surtout dans les mâles.

Ces Insectes diffèrent des Lucanes et des Platy cères par leur menton qui est très-pelit et ne recouvre pas les mâchoires, tandis qu'il est grand et ne les laisse pas apercevoir dans ces deux genres; ils s'éloignent des Sino-dendres et des OEsales par des caractères de la même valeur et par la forme du corps. Fabricius a placé la seule espèce qu'il a connue de ce genre avec les Lethrus (Lethrus œneus). Schreber a donné (Trans. de la Soc. Linn. de Londres, T. VI, p. 185) une description complète du même Insecte et l'a rangé avec les Lucanes. C'est, en effet, de tous les genres de la famille des Lamellicornes, celui avec lequel ces Coléoptères ont le plus de rapports. Les Lamprimes ont une tâte bien découverte, armée de deux mandibules comprimées, droites, dirigées en avant, dentées à leur partie intérieure et supérieure, et très-velues en dedans. Leurs mâchoires sont insérées en dessous; leur lobe terminal est petit et pointu, et elles portent chacune un palpe filiforme. Les antennes sontcomposées de dix articles, les quatre derniers forment la massue; mais le premier article de cette massue est beaucoup plus petit et en forme de dent; elles sont insérées audessus des mandibules, en avant des yeux et sous une petite éminence du devant de là tête. Les yeux sont assez grands et se prolongent un peu au-dessous. Le corselet est très - grand, deux fois plus large que long, convexe, légèrement rebordé et dilaté de chaque côté vers son milieu. L'écusson est arrondi postérieurement; les élytres sont moins longues que le corselet, convexes, et vont en se rétrécissant jusqu'à l'extrémité. Le sternum du mésothorax est avancé en pointe dirigée vers le prothorax. Les jambes antérieures sont courtes et larges, et offrent au côté intérieur près de l'épine souvent élargie qui les termine, un petit pinceau de poils réunis, pointu et semblable lui-même à une autre épine; les autres pâtes sont moins fortes, à peu près de la même longueur. Ces Insectes sont très-brillans et paraissent jusqu'à présent propres à la Nouvelle-Hollande et à l'île de Norfolk, de la mer Pacifique. Leurs mœurs nous sont inconnues, mais elles doivent être les mêmes que celles des Passales. L'espèce qui sert de type à ce genre est:

La LAMPRIME BRONZÉE, L. œnea, Latr.; Lethrus œneus, Fabr.; Lucanus œneus, Schreb. (Trans. of Linn. Societ. T. VI, pl. 20, fig. 1). Cette espèce est longue de près d'un pouce; ses mandibules sont beaucoup plus longues que la tête, très-velues intérieurement, obliquement tronquées et simplement bidentées à leur extrémité, avec une troisième dent sans échancrure remarquable au bord interne; le corps est vert; les élytres sont de la même couleur, plus brillantes, un peu ridées. Les jambes antérieures sontarmées de huit dents au côté extérieur; l'épine est en demicroissant, pointue au bout, avec des dentelures extérieures; le sternum est moins avancé que dans la Lamprima aurata ou Lucanus œneus, var., Schreb. La Lamprima cuprea a les mandibules beaucoup plus courtes et

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presques glabres. Ces trois espèces ont le bord antérieur de la tête transversal, un pen échancré ou concave. Son vertex offre une dépression triangulaire.

Ces Insectes étaient très-rares dans les collections en France; ils commencent à devenir plus communs, et les voyageurs de 1 expédition autour du monde de la corvette la Coquille, en ont rapporté quelques-uns. (G.)

* LAMPRIS. POIS. (Retzius.) V. CHRYSOTOSE.

LAMPROIE. POIS. Espèce du genre Pétromyzon. V. ce mot. On a aussi appelé LAMPROIE AVEUGLE, la Myxine. V. ce mot. (B.)

* LAMPROSOME. Lamprosoma. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Tétraméres, famille des Cycliques, tribu des Chrysomé-lines, établi par Kirby (Trans, of Lin. Soc.) et adopté par Latreille (Fam. Naturelles du Regne Anim.). Les caractères de ce genre sont: antennes courtes, pectinées et en scie, insérées au devant des yeux et distantes les unes des autres.

Ces Insectes se distinguent des Chlamys et des Clytres par des caractères tirés de la forme du corps, des pâtes et des antennes; ils sont en général de petite taille., globuleux; leur tête est entièrement cachée sous le corselet qui est très-bossu et penché en avant; celui-ci est beaucoup plus large postérieurement et finit en pointe joignant lécusson qui est très-petit. Les élytres sont courtes, extrêmement bombées; elles ont de légères stries de points enfoncés.

On ne connaît pas les habitudes de ces Insectes qui habitent tous les contrées chaudes de l'Amérique méridionale. Ils sont ornés des couleurs les plus brillantes. Dejean (Cat. des Col., p. 125) en mentionne cinq espèces; la plus belle est le Lamprosoma fulgida, Dej. Cette espèce est longue de près de deux lignes et large d'une ligne et demie au moins; elle est, en dessus, d'un beau rouge métallique extrêmement luisant, changeant en jaune, bleu, violet et rouge vif, suivant les angles sous lesquels on présente l'Animal aux rayons lumineux; le dessous est bleu. Kirby décrit une autre espèce sous le nom de L. bicolor. (G.)

* LAMPROTORNIS. OIS. (Temminck.) Syn. de Stourne. V. ce mot. (DR..Z.)

LAMPROYON. POIS. On appelle ainsi, à peu près indifféremment, les petites espèces du genre Pétromyzon, ainsi que les jeunes Lamproies. V. PéTROMYZON. (B.)

LAMPSANE. Lampsana. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, Chicoracées de Jussieu, et de la Syngénésie égale, L., établi par Tournefort, et adopté par Linné qui a modifié arbitrairement sa dénomination en celle de Lapsana, Voici ses caractères: involucre formé de huit folioles oblongues appliquées, accompagnées à la base de quelques écailles surnuméraires, appliquées et ovales; réceptacle nu et plane; calathide composée de demi-fleurons nombreux et hermaphrodites; ovaires obovoïdes, oblongs, un peu comprimés, glabres, lisses, striés et dépourvus d'aigrettes. En constituant ce genre, Tournefort n'y comprenait qu'une seule espèce, le Lampsana communis. Linné y réunit, mais à tort, les Plantes qui font partie des genres Hedypnois, Rhagadiolus et Zacintha. D'un autre côté il en avait séparé le Lampsana fœtida, qu'il avait placé, d'après Vaillant, parmi les Hyoseris. Haller, Lamarck et De Candolle, ont réuni aux Lampsana, l'Hyoseris minima de Linné, qui est devenu le type du genre Arnoseris de Gaertner. Les genres Rhagadiolus, Zacintha et Arnoseris, détachés du Lampsana, ont été admis par Cassini qui a placé celui-ci, malgré ses akènes dépourvus d'aigrettes, dans la section des Crépidées de la tribu des Lactucéès. Il l'a composé des quatre espèces suivantes: 1° Lampsana communis L.; 2° L. glandulifera Cass., ou L. lyrata, Willd.; 3° L. virgata,

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Desfont.; 4° L. fœtida, le type du Taraxaconastrum de Vaillant, ou Leontodontoides de Micheli. Ce sont des Plantes herbacées indigènes de l'Europe, des bords de la Méditerranée et de la mer Caspienne. La première est très-commune dans les lieux incultes et cultivés de toute l'Europe, où elle fleurit pendant tout l'été. Les habitans de Constantinople la connaissaient autrefois, au rapport de Belon, sous le nom géuérique aujourd 'hui adopté, et ils en faisaient usage comme aliment. On lui a donné le nom vulgaire d'Herbe aux mamelles, parce que son suc était, dit-on, efficace contre les gerçures qui surviennent au sein des nourrices.

Pline et Dioscoride donnaient le nom de Lampsana, au Raphanus Raphanistrum; quelques auteurs des premiers âges de la botanique, Cæsalpin et Daléchamp, l'appliquaient aussi à des Crucifères, comme, par exemple, à la Moutarde sauvage, Sinapis arvenais. Enfin Lobel et Dodœns l'ont réservé à la Plante de l'ordre des Chicoracées, qui forme le type du genre dont il est question dans cet article. (G..N.)

LAMPT OU LANT. MAM. (Dapper.) Cet Animal africain paraît être te Zébu selon Buffon. (B.)

LAMPUGA. POIS. Lampugo selon Rondelet. Nom donné sur les côtes d'Espagne, et particulièrement dans la Biscaye, au Coryphœna Hippurus, L., dont on fait, à certaines époques, des pêches considérables pour alimenter des salaisons qui se consomment en carême. A Nice, selon d'autres, c'est la Fiatole. (B.)

LAMPUGE ET LAMPUGNE. POIS. Syn. vulgaires de Liche, espèce de Gastérostée, V. ce mot, et du Pompile. V. CORYPHOENE. (B.)

LAMPYRE. Lampyris. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Serricornes, division des Malacodermes, tribu des Lampyrides, établi par Linné et adopté par tous les entomologistes, avec ces caractères: corselet en demi-cercle et cachant entièrement la tête, ou en carré transversal; bouche très-petite; palpes maxillaires terminés par un article finissant en pointe; extrémité postérieure de l'abdomen phosphorique; yeux très-gros, dans les mâles surtout.

Ces Insectes se distinguent des Lycus, avec lesquels ils ont beaucoup d'affinité, par la tête qui est rétrécie et prolongée en bec dans ceux-ci; ils s'éloignent des Omalisus en ce que leurs palpes finissent en pointe, tandis qu'ils sont terminés par un article tronqué dans ces derniers; enfin les Téléphores et les Mathlines en sont séparés par des caractères tirés des palpes. Le nom de Lampyris a été donné par les Grecs à tous les Insectes qui répandent, pendant la nuit, une lumière phosphorique; les Latins donnaient à ces Insectes les noms de Cicindela, Noctiluca, Lucio, Luciola, Lucernuta, Inoendula. Avant que Fabricius eût bien distingué ce genre et lui eût assigné les caractères qui lui sont propres, on l'avait long-temps confondu avec ceux de Téléphores et de Malachies, sous le nom de Cantharis. Geoffroy, en les séparant des Téléphores, les a néanmoins associés avec les Lycus, et Linné les a encore confondus avec les Lycus et les Pyrochroa. Ces Insectes, dont quelques femelles sont connues sous le nom de Vers luisans, et que les voyageurs appellent Mouches lumineuses, Mouches à feu, etc., ont le corps très-mou, particulièrement l'abdomen qui est comme plissé; il est oblong, ovale, déprimé: la tête est enfoncée et comme enchâssée dans le corselet; les antennes sont très-rapprochées à leur base, filiformes, pectinées, plumeuses ou en scie dans plusieurs mâles, avec le troisième article de la longueur du suivant; la bouche est petite et sans saillie; les palpes maxillaires sont sensiblement plus grands que les labiaux, avec le dernier article ovoïde et pointu; les yeux sont globuleux, arrondis, assez grands; le corselet

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forme une plaque très-grande, plate, demi-circulaire, rebordée, qui caché entièrement la tête, et qui est à peu près aussi large que les élytres; l'abdomen est composé d'anneaux qui forment autant de plis et qui sont terminés latéralement en angles aigus; les élytres sont coriaces, un peu flexibles; quelques-uns les ont très-courtes, les femelle de quelques autres en sont tout-àfait dépourvues ainsi que d'ailes, et telles sont les espèces du nord de l'Europe. D'après Dufour (Ann. des Scienc. Nat., t. 3, p. 225), le Ver luisant, qui est la femelle aptère d'un Lampyre d'Europe, a un canal alimentaire dont l'étendue a environ deux fois celle de tout le corps. L'œsophage est d'une brièveté qui le rend imperceptible; il se dilate aussitôt en un jabot court. Le ventricule chylifique est séparé du jabot par un étranglement valvu-laire; il est fort long, lisse, c'est-à-dire dépourvu de papilles, mais bour-soufflé et cylindroïque dans ses deux tiers antérieurs, intestiniforme dans le reste de l'organe. L'intestin grêle est fort court; celui qui est destiné au séjour des matières fécales en est brusquement distinct; il est flexueux et offre un renflement, peut-être inconstant, qui représente le cœcum et qui dégénère en un rectum allongé.

On a fait, sur la matière lumineuse de ces Insectes, plusieurs expériences qu'il serait trop long de rapporter ici. Beckerhiem en a publié dans les Annales de Chimie (t. 4, p. 19); Carradori a fait des expériences sur le Lampyre italique, et Tréviranus a observé plusieurs espèces dece gchre. Il résulte de toutes ces observations que les Lampyres vivent très-long-temps dans le vide et dans différens Gaz, excepté dans les Gaz acides nitreux, muriatique et sulfureux, dans lesquels ils meurent en peu de minutes. Leur séjour dans le Gaz Hydrogène Je rena, du moins quelquefois, détonnant. Privés, par mutilation., de cette partie lumineuse du corps, ils continuent encore de vivre, et la même partie, ainsi détachée, conserve pendant quelque temps sa propriété lumineuse, soit qu'on la soumette à l'action des différons Gaz, soit dans le vide ou à l'air libre. LA phosphorescence dépend plutôt de l'état de mollesse de la matière que de la vie de l'Insecte; on peut la faire renaître en ramollissant celte matière dans l'eau. Les Lampyres luisent avec vivacité dans l'eau tiède et s'é-teignent dans l'eau froide, il paraît que ce liauide est le seul agent dissolvant de la matière phosphori que. Toutes les espèces de Lampyres brillent pendant la nuit; La partie lumineuse est placée au-dessous des deux ou trois derniers anneaux de l'abdomen, qui sont ordinairement d'une couleur plus pâle que les autres, et y forment une tache jaunâtre ou blanchâtre. La lumière qu'ils répandent est plus ou moins vive, d'un blanc verdâtre ou bleuâtre, comme celle des différens Phosphores: il paraît qu'ils peuvent varier à volonté son action, ce qui a lieu surtout lorsqu'on les saisit. Ces Insectes sont nocturnes; on voit souvent les mâles voler, ainsi que des Phalènes, autour des lumières, ce qui peut porter à conclure que la lumière les attire et que la nature a doué leurs femelles de cette propriété, afin que les mâles puissent les apercevoir dans la nuit et se livrer à l'acte de l'accouplement. Pendant le jour, ces Insectes restént cachés sous l'herbe; mais si l'on se promène en été après le coucher du soleil, on les aperçoit au pied des buissons, répandant une lumière plus ou moins vivequi, dans des temps où l'ignorance régnait à un haut degré en France, a causé de grandes frayeurs à des voyageurs qui prenaient ces petits Animaux pour des revenans, des feux follets, etc. Eu Amérique, et même en ltalie, les Lampyres produisent un spectacle d'autant plus curieux, que les deux sexes sont ailés; on voit alors l'air sillonné en mille sens divers par des lumières qui vont tantôt s'arrêter sur des Arbres, tantôt ge joindre ou bien

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se perdre dans des buissons ou dans l'herbe.

La larve des Lampyres ressemble beaucoup à la femelle de l'Insecte parfait; elle est munie de six pates écailleuses placées sur les trois premiers anneaux; la tête est de forme ovale, très-petite et munie de deux antennes coniques, assez grosses, courtes et divisées en trois articles. La bouche porte deux longues dents écailleuses, minces, courbées et très-pointues. Le corps est composé de douze anneaux; il est plus large dans son milieu qu'zux extrémités, et sa partie postérieure est tronquée transversalement. La nourriture de celte larve se compose d'herbes et de feuilles de différentes Plantes; elle marche fort lentement en s'aidant de là partie postérieure de sou corps, retire sa tête, et reste immobile dès qu'en la touche. Quand cette larve veut se transformer en nymphe, sa peau se fend de chaque côté du corps, et dans toute l'étendue des trois premiers anneaux; leur partie supérieure se détache tout-à-fait de dessous, et la larve tire sa téte hors de la peau qui la couvre, à peu près comme on tire la main hors d'une bourse; les deux fentes latérales donant à l'Insecte un espace très-grand pour sortir de sa vieillé peau, il en vient aisément à bout dans peu de minutes. Lamymphe a le corps courbé en arc ou en demi-cercle; on lui voit encore remuer et allonger la tête, de même que les antennes et les pates. Suivant Degéer, les larves et les nymphes des Lampyres de notre pays jouissent de la propriété d'être lumineuses; on a dit que quelques mâles n'avaient pas celte propriété; mais ils en jouissent encore, quoique faiblement. Les femelles des Lampyres d'Earope, observées par Degéer, pondent, sur le gazon ou sur l'herbe où elles vivent, un très-grand nombre d'œufs assez gros, de forme ronde et d'un jarune citrin, enduits d'une matière visqueuse qui sert à les attacher sur les Plantes.

Le nombre d'espèces de Lampyres connus se monte à peu prés à Soixante. Dejean (Cat. des Col., p. 36) en mentionne trente-huit espèces. Celles qu'on peut considérer comme les types du genre sont:

Le LAMPYRE LUISANT, L. noctiluce, Lin., Panz., Faun. Ins. Germ., XLI. 7. Mâle long de quatre lignes, noirâtre; antennes simples; corselet demi - circulaire, recevant entièrement la tête, avec deux taches transparentes en croissant; ventre noir; derniers anneaux d'un jaune pâle. C'est la femelle de cet Insecte qui est vulgairement désignée par leè campagnards sous le nom de Ver luisant; elle se trouve d'une extrémité de l'Europe à l'autre.

LAMPYRE D'ITALIE, L. Italica, Lin., Oliv., Col. II. 28, 12. Nommé days le paus Lucciola. Corselet ne recouvrant pas toute la tête, transversal, rougeâtre, ainsi que l'écasson, la poitrine et une partie des pieds; tête, étuis et abdomen noirs, les deux derniers anneaux du corps jaunâtres. Les femelles sont ailées V., pour les autres espèces, Fabricius et Olivier, Col. II, n° 28. (G.)

LAMPYRIDES. Lampyrides, INS. Tribu de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Serricornes, division des Malacodermes, établie par Latreille qui lui donne pour caractères (Familles Naturelles du Règne Animal): corps droit, mou, avec le corselet plat, tantôt demi-circulaire) tantôt carré ou trapézoïde, avancé sur la tâte qu'il recouvre totalement ou postérieurement. Les palpes maxillaires au moins: sont plus gros vers leur extrémité. Les mandibules sont généralement petites, déprimées, pointues et entières au bout dans la plupart, unidentées au côté interne dans les autres. Le pénultième article des tarses est bilobé; les crochets du dernier ne sont ni dentés ni appendiculés. Les femelles de quelques-uns sont aptères, ou n'ont que des élytres très-courtes.

† Antennes très-rapprochées à leur

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base bouche petite; tête des uns avancée en museau, celle des arutres cachée entièrement ou en majeure partie par le corselet, avec les yeux très-grands dans les mâles; extrémité postérieure de l'abdomen phosphorescente dans plusieurs.

Genres: LYCUS, OMALISE, PHEN-GODE, AMYDÉTE et LAMPYRE. V. ces mots.

†† Antennes séparées à leur base par un écart notable; tête point avancée en manière de museau, obtuse ou arrondie en devant, simplement recouverte à sa base avec la bouche et les yeux de grandeur ordinaire.

Genres DRILE, TÉLÉPHORE et MATLHINE. V. ces mots. (G.)

LAMUTA. BOT. PHAN. (Rumph.) Syn. de Cynomètre. V. ce mot. (B.)

* LAMYRE. Lamyra. BOT. PHAN. Dans le Bulletin de la Société Philomatique de novembre 1818, H. Cassini a proposé, sous ce nom, l'établissement d'un genre de la famille des Synanthérées, qu'il a formé aux dépens du Cirsium. Ayant ensuite constitué plusieurs autres genres avec des espèces rapportées à juste titre à celuici, il ne l'a plus considéré que comme un sous-genre; néanmoins il a continué à lui assigner des caractères distinctifs et à donner à ses espèces le nom générique de Lamyra. Nous ne reproduirons point ici tous les détails ae l'organisation de ce sous-genre tels qu'ils ont été exposés par l'auteur; ils sont les mêmes que dans le Cirsium; mais nous en mentionnerons les caractères essentiels. Les folioles extérieures et intermédiaires de l'involucre sont munies d'un appendice qui offre à sa base interne une protubérance calleuse, tubéreuse, charnue ou fongueuse; les akènes sont lisses, arrondis, sans bourrelet apicilaire, et pourvus d'un péricarpe très-épais et dur après la maturité; leur aréole basilaire large, orbiculaire, n'est point oblique; l'aigrette est blanche et formée de poils plumeux à peu près égaux; les corolles sont presque régulières. Cassini place dans ce sous-genre huit espèces indigènes des régions méditerranéenne et orientale: 1° Lamyra triacantha, Cass., ou carduus Casabonœ, L. Cette belle Plante croît dans l'Europe australe, et notamment aux îles d'Hyères; 2° L. undulala, Cass., ou Carduus hispanicus, Lamk., Encycl. Méth.; 3° L. diacantha, Cass., ou Carduus diacanthus, Labillardière (Icon. Pl. Syriac. rar., déc. 2, p. 7, t. 3); Cnicus afer, Willd.j 4° L. angustifolia, Cass.; Cnicus echinocephalus, Willd. Cette espèce croît sur le Caucase; 5° L. pinnatifida, Cass., ou Cirsium horridum, Lagasca, Gen. et Sp. Pl., p. 24. Cette Plante que Lagasca a trouvée en Espagne dans le royaume de Grenade, n'est rapportée qu'avec doute au groupe des Lamyra; 6° L. stipulacea, Cass., ou Carduus Stellatus, L.; 7° L. alata, H. Cass.; 8° L. glabella, Cass. Ces deux dernières espèces sont originaires du royaume de Naples. (G..N.)

* LAMYXIS. BOT. CRYPT. (Champignons.) Rafinesque-Schmaltz a proposé ce genre dans les Annales de la Nature (1820), pour un Champignon qui se trouve sur les Hêtres dans les monts Catskille aux Etats-Unis; il le dit intermédiaire entre le Sistotrema et le Bolet, dont il diffère par ses pores inégaux, polygènes et lacérés; son stipe est latéral, très-court; son chapeau est globuleux, blanc en dessus avec des taches d'un brun rouge briqueté en dessous, et muni vers son bord d'un sillon concentrique. Rafinesque, en donnant à cette Plante le nom de Sistotrema globularis, fait douter de la validité de ce genre. (A. F.)

LANARIA. BOT. PHAN. Plusieurs Plantes ont reçu cette dénomination, soit à cause du duvet laineux qui les couvre, soit en raison de l'emploi qu'on en fait pour dégraisser les étoffes de laine. Ainsi dans le premier cas, le Bouillon blanc (Verbascum Thapsus, L.), et dans le second, le Gypsophila Struthium, L., ainsi

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que la Saponaire, ont été nommés- Lanaria par les anciens.

Le genre Argolasia a été nommé Lanaria par Aiton (Hort. Kew.) V. ARGOLASIE. (G..N.)

LANCE DE CHRIST, BOT. L'un des noms vulgaires de l'Ophioglosse vulgaire et du Lycope commun. (B.)

* LANCEOLARIA. BOT. PHAN. (De Candolle.) V. HÉLIOPHILE.

LANCÉOLÉ, LANCÉOLÉE. Lanceolatus, Lanceolata. ZOOL. BOT. On emploie cet adjectif, soit en zoologie, soit en botanique, pour désigner toute partie de Plante ou d'Animal qui présente la forme d'un fer de lance. (B.)

LANCERON ou LANÇON, POIS. Nom vulgaire des jeunes Brochets. V. ÉsOCE. (B.)

LANCETTE, POIS. Espèce du genre Gobie, V. ce mot, et nom vulgaire des Mourines en quelques lieux. (B.)

LANCISIA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, établi, en 1719, par Pontédéra sur une Plante assez mal décrite pour que les auteurs qui ont adopté postérieurement le nom proposé par Pontédéra, ne se soient pas accordés relativement à l'espèce de Cotula qui lui a servi de type. Adanson a cru que c'était le Cotula coronopifolia, L., et cette opinion est aussi celle qui résulte, selon Cassini, de l'obscure description du botaniste italien. Gaertner a donné pour type au Lancisia le Cotula turbinata, L., dont on a fait le genre Cenia. Persoon a composé, son Lancisia, de Plantes qui appartiennent au Lidbeckia de Bergius. Au milieu de ces changemens et de ces fausses applications d'un mot ancien à des choses qui sont d'ailleurs assez convenablement nommées, le meilleur parti est de le rayer des registres de l'histoire naturelle. En conséquence nous renvoyons pour la connaissance des objets, à tous les mots génériques cités dans cet article. (G..N.)

LANCISTÈME. BOT. PHAN. Pour Lacistèmme. V. ce mot. (B.)

LANÇON, POIS: L'un des noms vulgaires de l'Équille. V. ce mot. On l'étend aussi au jeune Brochet. (B.)

LANCRETIE. Lancritia,. BOT. PHAN. Genre de la famille des Hypéricinées et de la Décandrie Polygynie, L., établi par Delile (Fl. d'Egypte, p. 69, t. 25) qui l'a ainsi caractérisé: calice à quatre ou cinq sépales égaux entre eux; quatre ou cinq pétales; dix étamines libres, dont cinq plus courtes et opposées aux pétales; quatre à cinq styles. Le Lancretia suffruticosa, Delile (loc. cit.), est l'unique espèce de ce genre: c'est un sous-Arbrisseau à feuilles simples, dentées ou crenées, et à fleurs terminales. Il avait été trouvé autrefois en Egypte par Lippi qui, dans ses manuscrits que possède le professeur de Jussieu, l'avait nommé Ascyroides africanum. Lors de l'Expédition d'Egypte, Delile retrouva cette Plante dans les mêmes lieux, et on crut alors qu'elle était particulière aux contrées arrosées par le Nil. Il n'en est pourtant pas ainsi: l'Egypte est la dernière limite du Lancretia, qui. a pour véritable patrie tout l'intérieur de l'Afrique compris entre la mer Rouge et les côtes occidentales de l'Océan. Cette Plante, peu répandue dans l'Egypte, est au contraire très-commune au Sénégal, d'oü J.Gay en a reçu plusieurs échantillons. (G..N.)

* LANDARIUS, OIS. (Frisch.) Syn. du Busard Saint-Martin. V. FAUCON. (DR..Z.)

LANDES. Ericeti. GéOL. Étendues de terrain généralement unies, dont le sol arénacé est rendu noirâtre par un peu de détritus végétal que n'emportent point les eaux pluviales, ordinairement stagnantes a leur surface et ne se dissipant guère que par l'évaporation; elles sont stériles ou revêtues seulement de quelques Plantes courtes qui en forment la sombre et misérable verdure. L'ingratitude de la terre, qui ne paierait par aucune récolte abondante les soins que l'Homme se

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donnerait pour leur éuliure fait or-dinairement des pays de Landes des solitudes, mais non ce qu'en géologie ainsi qu'en géographie physique on appelle Désert V ce mot.) Dans les Landes, le sol n'est point composé d'une arène mobile que soulèvent les vents comme ils, le font des vagues de la mer, et qui ne presente plus, quand le sable a disparu, qu'une surface dépouillée, formée de pierres et de rochers. Le terrain des Laudes est plus consistant, et s'il n'est pas propre & toutes sortes de Végétaux, c'est peutêtre moins à sa stérilité qu'à son peu de profondeur qu'il le doit; en effet, à quelques pieds au-dessous de sa surface, à quelques pouces même, on trouve une couche dure et compacte, brunâtre, foncée épaisse de plusieurs pouces à plusieurs pieds, formée d'arène quartzeuse, liée par un ciment où le Fer est souvent en si grande quantité qu'il peut en être extrait avec avantage, et fournir aux besoins de fonderies qui se trouvent en quelques pays de Landes. Cette couche dure, dont on tire parfois une assez boune pierre à bâtir, est nommée ALIOS dans l'Aquitanique. Elle devient plus dure et une véritable brèche quand des cailloux roulés de toutes les grosseurs, antiques galets, s'y mêlent au point d'y dominer. Les eaux pluviales n'ayant guère d'écoulement sur les Landes, qui, près-que partout, sont exactement horizontales, pénétrant le sol après avoir d'abord stagné à sa surface, sont retenues par l'Alios, et lui portent peut-êtire par les principes dont elles se sont chargées comme dissolvant, les matériaux du ciment qui en aide l'augmentation; car on croit avoir remarqué en plusieurs endroits que l'Ali se répare quand on en a extrait quelques parties. C'est même un préjugé parmi les habitans que les Bruyères fournissent, dans cette circonstance, la matière ferrugineuse délayée par l'eau, et qui colorant en rouge, en jaune ou en brun la couche dure, y dépose le métal qu'on en extrait. Par l'obstacle qu'oppose l'Aliôs aux infiltrations, il suffit de creuser la terre à un, deux ou trois pieds, pour trouver ordinairement l'eau, et c'est la fraipheur qui en résulte qui nourrit les racines d'une végétation dont la nature est sans doute déterminéc par la longueur qu'il est permis aux racines d'atteindre, puisque des Arbres qui auraient besoin de beaucoup de fond, ainsi que les Végétaux pivotans, n'y sauraient croître, l'Alios s'opposant a l'enfoucément, à une profondeur suffisante, de racines considérables. Cependant, en quelques cantonsdes pays de Landes ou l'Alios est plus profond, ou bien où quelque accident le brisa, on trouve de beaux Arbres, entre autres le Pin maritime et de superbes Roures. Dans une baronie de Saint-Magne qui appartint à la famille de l'auteur de cet article, on voyait encore, en 1790, au hameau nommé Brau, l'un de ces vénérables Chênes dont le diamètre n'avait pas moins de douze pieds, et sous lequel le bon Henri, quand il tenait sa cour à Nérac, s'était, dit'on, reposé pour dîner dans une partie de chasse. Cet obstacle à l'infiltration des eaux qu'oppose l'Alios, est encore la cause qu'on trouve dans les Landes beau-coup de lagunes sans issues, formées par les eaux pluviales, toutes peu profondes, mais remarquables par la pureté de leurs eaux reposant sur un tonds de sable blanc. Les Poissons, qui n'y sentent conséquemment jamais la vase, sont réputés délicieux. La plupart sont des Cyprins, l'Anguille et le Brochet; c'est dans l'une de ces lagunes de la baronie de Sain t-Magne, appelée Lahuco, réputée très-profonde, que nous avons vu prendre un Congre de trois pieds de long, qui causa un grand effrot à tous les paysans de corvée aidant à cette pêche et qui l'appelèrent un Serpent d'eau. Un Poisson éminemment marin, trouvé dans une lagune d'eau douce, à vingt lieues environ des côtes de l'Océan et sans qu'on puisse supposer qu'il y ait eu communication depuis sa naissance, entre Lahuco et le golfe de

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Gascogne, os un fait très-remar-quable en histoire naturelle. Il est probable qu'il existe encore plus d'un Congre dans la lagune où le second coup de filet ramena celui que nous y avons yu.

On trouve des Landes plus ou moins étendues en Ecosse, aux pays de Galles et de Cornouailles, en West-phalie, en Flandre, en Bretagne, en Sologne et surtont vers les côtes de Gascogne entre la Garonne et l'A-door, où elles ont donné leur nom à un département dont les Landes les mieux caractérisées occupent presque toute la surface. Les parties de la Poméranie, du Brandebourg et de la Pologne, que nous avons visitées, sont aussi, en beaucoup d'endroils, couvertes de Landes, qui partout indiquent l'antique présence de la mer ou le fond mis à sec de quelque grand amas d'eau. La végétation de ces solitudes est ordinairement formée par les Erica cinerea, scoparia, ietralix et ciliaris, avec des Ulex si communs qu»;ils en ont pris le nom de Landier. Dans le Midi, quelques Cistes s'y mêlent déjà des Graminées courtes el rigides, le Festuca ovina, entre autres, y foutnaissent une maigre nounriture des Moutons chétifs. Les Lichens scyphiphores et coralloïdes y sont fort communs aux lieux tourbeux fréquens dans ces Landes. On y trouve encore la végétation propre aux tourbières, et sur les bonis des lagunes, quelques Plantes particulières; telles que le Lobelia Dortmanna, regardé jusqu'ici comme exclusivement du Nord, et que nous avons rencontré dans les Landes d'Anvers, et dans l'étang de Cazan au revers des danes aquitaniques.

la surface des grandes Landes est sujette à un mirage qui ne lé cède point Par ses effets les plus extraordinaires «celui des déserts de l'Egypte et de l'Arabie, sur lequel Monge a donné un excellent Mémoire. En Languedoc, en Provence, dans le Dauphiné, en Espagne, il existe aussi des Landes, mais les Bruyères y disparaissent peu à peu; des Cistes, des Muffliers, des Astragales, et sutout dep Labiées aromatiques les remplacent; cependant les Ulex y persistent long-temps vers le sud. Ce sont ces Landes qu'on nomme Garrigues dans quelques cantens de la France méditerranéen-ne. Il est probable que les Steppes de l'Asie centrale, à la nature de la végétation près, sont, comme les Para-méras de la péninsule Ibérique, d'immenses Landes plus élevées au-dessus du niveau de la mer que celles de la France et de la Germanie. (B.)

LANDIA. BOT. PHAN. Commerson nommait ainsi un genre d Rubia-cées qui ne diffère du Mussœnda, que parce que toutes les divisious du calice sont égales eutre elles. Cette légère différence ne paraît pas suffire pour distinguer un genre; elle exige seulement qu'on en modifie le caractère générique. V. MUSSENDA. (G..N.);

LANDIER. BOT. PHAN. (LamarcK.) Syn. d'Ajonc (Ulex). V. ce mot. (B.)

LANDOLPHIE. Landolphia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Apocynées, et de la Pentandrie Monogynie, L., établi par Palisot-Beauvois (Flore d'Oware et de Benin, t. 1, p. 54, t. 35), dédié au capitaine Landolphe, commandant le vaisseau qui porta Beauvois en Afrique. Ce genre est ainsi caractérisé: calice persistant, composé de cinq à six folioles coriaces, écailleuses, imbriquées, les intérieures plus petites; corolle monopétale, tubulée, le limbe à cinq divisions égales, obliques, le tube velu à son orifice; cinq étamines alternes avec les divisions de la corolle, insérées à l'orifice du tube, à filets courts et à anthères oblongues; style filiforme; stigmate presque divisé; ovaire presque globuleux, comprimé, marqué sur son pourtour, de dix stries; baie charnue, presque globuleuse, déprimée, uniloculaire, renfermant plusieurs graines aplaties, attachées à un axe central. Ce genre offre, selon Beauvois, des ressem-blances avec le Gynopogon de Fors–

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ter, mais il en est suffisamment distingué par le fruit.

La LANDOLPHIED'OWARE, Landolphia Owariensis, Beauv., loc. cit., est un Arbrisseau qui croît dans l'intérieur des terres du royaume d'Oware. Ses feuilles sont opposées, ovales-oblongues, entières, lisses et aiguës. Ses fleurs sont terminales, disposées sur une panicule en forme de corym-be. (G.. N.)

LANFARON. INS. L'un des noms vulgaires de l'Attélabe de la Vigne dans quelques provinces du Midi. (B.)

LANG. MAM. L'Animal de la Chine, mentionné par le P. Navarctte, comme ayant les jambes de devant très-longues et celles de derrière fort courtes, serait-il une espèce de Giraffe ou un Musc? (B.)

* LANGADIS. REPT. SAUR. Barbot dit qu'on nomme ainsi en Afrique une espèce de Crocodile qui ne vit jamais dans l'eau. (B.)

LANGAHA. EEPT. OPH. Genre de la famille des vrais Serpens munis de crochets à venin, dans l'ordre des Ophidiens, établi par Lacépède sur un Serpent découvert à Madagascar par Bruguière qui le fit connaître dans le Journal de Physique, en 1784. Ses caractères sont: des plaques en forme d'anneaux et faisant le tour de la queue derrière l'anus; de petites écailles seulement vers l'extrémité de la queue; tête et ventre garnis de grandes plaques; anus simple, transversal et sans ergot; dents aiguës; des crochets venimeux; naseau long et pointu. On n'en connaît qu'une espèce qui n'existe, à ce qu'il paraît, dans aucune des collections de l'Europe. C'est le Langaha Mada-gascariensis, Lacép.; Amphisbœna Langaha, Schneid. Ce Serpent, rougeâtre sur le dos, et qu'on dit être fort à craindre, acquiert trois pieds de long. (B.)

LANGÉOLE. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires de l'Euphraise officinale. (B.)

LANGIT. BOT. PHAN. Nom vulgaire de pays proposé dans le Dictionnaire de Déterville, pour désigner le genre Aylanthe. V. ce mot. (B.)

LANGLEIA. BOT. PHAN. (Scopoli.) Syn. de Casearia. V. ce mot. (B.)

LANGODIUM. BOT. PHAN. (Rumph.) Pour Lagondium. V. ce mot. (B.)

LANGOU. BOT. CRYPT. (Champignons.) L'un des noms vulgaires du Boletus Juglandis, L., qu'on mange en plusieurs cantons de la France. (B.)

LANGOUSTE. Palinurus. CHUST. Genre de l'ordre des Décapodes, famille des Macroures, tribu des Langoustines (Latr., Fam. Natur. du Règn. Anim.), établi par Fabricius, et ayant pour caractères: queue terminée par une nageoire composée de feuillets presque membraneux, à l'exception de leur base, et disposée en éventail; pédoncule des antennes intermédiaires beaucoup plus long que les deux filets articulés de leur extrémité tous les pieds presque semblables, terminés simplement enpointe ou sans pince didactyle; thorax cylindrique; anteunes latérales sétacées, fort longues, hérissées de piqudns; yeux grands, presque sphériques, situés à l'extrémité antérieure du thorax; leurs pédicules insérés aux extrémités latérales d'un support commun, fixe et transversal.

Les Langoustes diffèrent des Scillares par les antennes et par les yeux; elles s'éloignent des Ecrevisses par des caractères de la même valeur. Les antennes extérieures des Langoustes sont, proportions gardées, beaucoup plus grosses que les correspondantes des autres Macroures: elles sont portées sur un grand pédoncule, très-hérissées de poils et de piquans, et fort longues. Les intermédiaires ont essentiellement la figure des antennes analogues des Brachyures, et n'en diffèrent que parce qu'elles sont plus grandes; elles sont placées un peu au-dessus des précédentes. Les pieds-mâchoires extérieurs ou

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les derniers ressemblent à de petits pieds avancés et dont les articles inférieurs sont dentelés et velus au côté interne. Le thorax ou le corselet est soyeux, parsemé d'un grand nombre d'épines très-aiguës el d'aspérités. Les épines sont beaucoup plus fortes antérieurement, elles sont en forme de dents, comprimées et très-acérées, surtout les deux qui sont placées derrière les yeux. La poitrine forme une espèce de plas triangulaire, inégal ou tuber, sur les côtés duquel sont insérees pâtes qui, à raison de la figure triangulaire de cette pièce, s'écartent graduellement de devant en arrière. Ces pates sont courtes, assez fortes, et se terminent toutes par un doigt simple, crochu, garni de petites épines ou de poils. Elles n'ont point de pinces: les antérieures sont plus courtes que les quatre suivantes et que celles surtout de la troisième paire. Les segmens de la queue sont ordinairement traversés par un sillon dans leur largeur; ils se terminent latéralement en manière d'angle dirigé en arrière et souvent dentelé ou épineux; en dessous, les anneaux sont unis les uns aux autres par une membrane. Ce qui distingue les femelles des mâles, c'est que ceux-ci ont, aux quatre anneaux du milieu de la queue, deux filets membraneux ovales, auxquels les œufs s'attachent après la ponte. Suivant Aristote, la langouste (Carabus) femelle diffère du mâle en ce qu'elle a le premier pied fendu. Comme d'après la manière de compter de ce naturaliste, la première paire de pieds est celle qui est la plus voisine de la queue, son observation est exacte, et effectivement, les femelles ont, vers la base du doigt de ces pieds, une sorte d'ergot qui manque dans le mâle.

Les Grecs ont donné le nom de Carabos, à l'espèce de Langouste la plus commune de nos mers; c'est celle que les Latins nommèrent Locusta. Belon, Rondelet et Gesner l'ont mentionnée sous ce dernier nom. Delà, l'origine du mot de Langouste par lequel on désigne dans notre langue cette espèce. Latreille a préféré employer ce mot pour désigner ce genre, que celui de Palinure qui n'est que la traduction littérale du nom assez impropre que Fabricius a donné à ce genre. Les femelles de Langoustes que l'on trouve dans nos mers, portent depuis le mois de mai jusqu'en août; leurs œufs, que l'on nomme corail sont disposés dans l'intérieur de leur corps en deux masses allongées, de la grosseur d'un tuyau de plume et d'un très-beau rouge; ils se dirigent, en divergeant, vers deux ouvertures situées, une de chaque côté, vers la base des pates intermédiaires; ces œufs sont très-petits en sortant du corps de la mère, mais ils croissent insensiblement pendant une vingtaine de jours qu'ils demeurent attachés aux feuillets du dessous de la queue; ce temps écoulé, elle les détache tous ensemblede leur enveloppa, et on les trouve souvent fixés contre des rochers, ou errans et abandonnés aux courans ou aux vagues. Ce n'est qu une quinzaine de jours après que ces œufs éclosent. Suivant Aristote, la femelle replie la partie large de la queue pour comprimer ses œufs au moment où ils sortent de son corps, et elle allonge les feuillets inférieurs afin qu'ils puissent les recevoir et les retenir. Après cette dernière ponte, elles en font une seconde en se débarrassant totalement de leurs œufs; alors elles sont maigres et peu estimées, et l'on ne recherche que les mâles. L'accouplement a lieu au commencement du printemps. Aristote décrit aussi les mues qu'il avait très-bien observées, et il dit qu'elles se font au printemps et quelquefois en automne.

Les Langoustes abandonnent nos côtes vers la fin de l'automne ou au commencement de l'hiver, et alors elles gagnent la haute mer et vont se cacher dans les fentes des rochers à de très-grandes profondeurs, Elles vivent de Poissons et de divers Animaux marins, et parviennent, au

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beat de quelques années, à 1a longueur d'un pied. Ces Crustacés peuvent vivre très-long-temps, et s'ils parviennent à se réfugier dans quel-ques lieux peu favorables à la pêche, ils atteignent une grosseur très-con-sidérable. D'après Risso, les mâles vont à la recherche de leurs femelles en avril et en août; dans l'accouplement, les deux sexes sont face à face, et se pressent si fortement, qu'on a de la peine à les séparer, même hors de l'eau. Sur les côtes de Nice on pêche ce Crustacé avec des nasses. Ou met dans des paniers, des pates de Poulpes brûlées, des petits poissons, des Crabe, etc., on les descend pendant la nuit dans des endroits rocailleux où les Langoustes se plaisent beaucoup, et on prend, le lendemain matin, celles qui sont dedans. On fait une grande consommation de ces Crustacés sur nos tables, et on les envoie dans l'intérieur et à Paris où ils sont très-recherchés. Pour les faire voyager, on les fait cuire, sans quoi ils se gâteraient en route. En 1804, Latreille a débrouillé (Annal, du Mus. d'Hist. Natur. de Paris, 17e cahier) le chaos qu'offraient à l'égard des espèces les ouvrages antérieurs. Olivier (Encyclopédie Méthodique, art. PALINURE) a encore jeté quelque Tumière sur ce genre qui se compose de huit à neuf espèces; la principale et celle qui est la plus commune en France, est:

La LANGOUSTE COMMUNE, Palinurus vulgaris, Latr.; Pal, Locusta, Oliv.; Pal. quadricornis, Fabr., Leach (Malac. Brit., 30); Langouste, Belon; Pal. Langouste, Bosc. Elle est grande, rougeâtre, avec le test hérissé de piquans, garni de duvet, «t armé, à sa partie antérieure, au-dessus des yeux, de deux dents très-fortes, avancées, comprimées et dentelées en dessous; la queue est tachetée ou ponctuée de blanc jaunâtre; les segmens ont un sillon transversal et interrompu. Les pieds sont entrecoupés de jaunâtre et de rougeâtre. V., pour les autres espèces, Latreille «t Olivier (làc. cil.) (G.)

LANGOUSTINES. Palinuri. CRUST. Tribu de l'ordre des Décapodes, famille des Macroures, établie par Latreille (Fam. Natur. du Règn. Anim.) qui en avait fait une famille dans ses autres ouvrages. Cette tribu, telle qu'il l'adopte (loc. cit.), a pour caractères: tous les pieds presque semblables, à tarses coniques; aucun d'eux ne se terminant par une main parfaitement didactyle; les antennes latérales sont sétacées, longues et épineuses. tribu ne renferme que le genre L gouste. V. ce mot. (G.)

LANGOUZE. BOT. PHAN. Nom vulgaire, à Mascareigne, du Cardamome de Madagascar, qui croît aussi dans cette île. (B.)

LANGRAYEN. Ocypterus. OIS. (Cuvier.) Genre de l'ordre des Insectivores. Caractères: bec court, conique, arrondi, comprimé à la pointe, un peu élargi à la base; mandibule supérieure inclinée vers l'extrémité qui est un peu échancrée; base du bec entourée de soies fortes et longues; narines placées assez près de la base du bec, ovoïdes, ouvertes; pieds courts; quatre doigts, trois en avant, l'intermédiaire plus long que le tarse, les latéraux inégaux, l'externe uni à l'intermédiaire jusqu'à la première articulation; l'interne seulement à l'origine; ailes assez longues, dépassant quelquefois l'extrémité de la queue; les trois premières rémiges étagées, les quatrième, cinquième et sixième les plus longues. L'histoire particulière de ces Oiseaux est encore fort obseure; aucun des voyageurs qui eût pu nous la procurer ne s'en est occupé, et tout ce que nous en savons se borne à des àits qui sont communs aux Oiseaux de plusieurs autres genres, et particulièrement aux Hirondelles. Sonnerat dit qu'elles se rapprochent aussi des Pies-Grièches par le courage et même la témérité qu'elles mettent dans l'attaque et la défense contre des Oiseaux d'une taille et d'une force bien disproportionnées à la leur. Les

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Langrayens sont habitans de l'Inde et de l'Océanique.

LANGRAYEN A VENTRE RLANO, Qcypterus leucogaster, Valenciennes, Mî. du Mus. T. VI, pl. 7, fig. 9; Lanius lercorkynchus, Gmel.; Lanius Dominicanus, Gmel.; Pie-Griè che de Manille, Buff., pl. enluni. 9, fig. 1. Parties supérieures brunes; tête et cou ardoisés; rémiges et rectrices d'un gris ardoisé en dessus, blanchâtres en dessous; parties inférieures blanches; queue faiblement fourchue; bec bleu; pieds noirâtres. Taille, six pouces. De Timor et Manille.

LANGRAYEN BRUN, Artamus fuscus Vieill. Front bordé de noir; pluage généralement d'un gris rembruni, plus clair sur la poitrine et les parties inférieures, à l'exception de«rémiges qui sont noires; queue grise en dessous et terminée de blanc sale sur les rectrices latérales; beé bleuâtre, noir à la pointe; pieds bruns. Taille, six pouces et demi. Cette espèce pourrait bien être la méme que la suivante.

LANGRAYEN ENFUMÉ, Ocypterns fuscatus, Valenc., Mém. du Mus. T. VI, pl. 9, fig. 1. Plumage d'un brun enfumé; joues noirâtres; rémiges e rectrices d'un bleu ardoisé; tectrices caudales noires; extrémité des barbes internes des deuxième, troisième et quatrième rectrices, blanche, ce qui forme en dessus une bandelette blanchâtre; bec bleu; pieds noirs. Taille, six pouces trois lignes. Des Moluques.

LANGRAYEN GRIS, Ocypterus cinereus, Valenc., Mém. du Mus. T. VI, pl. 9, fig. 2; Ariamus cinercus, Vieill. parties supérieures d'un gris blenâtre; téte gris joues noires; rémiges ardoisées, d'un blanc grisâtre en dessous, n'atteignant pas l'extrémité de la queue qui est arrondie; rectrices noires, terminées de blanc à l'exception des deux intermédiaires; parties inférieures d'un brun très-clair; bee bleu, noir à la, pointe; pieds bruns. Taille, sept pouces trois lignes. De Timor.

LANGRAYEN A LIGNES BLANCHES, Ocypterus albo-vittatus, Cuv., Règn. Anim. T. IV, pl. 3, fig. 6; Valenc., Mém du Mus. T. VI, pl. 8, fig. 1. Parties supérieures d'un brun noirâtre; tête et parties inférieures d'un brun plus clair; rémiges, d'un bleu ardoisé, avec les barbes externes des seconde, troisième et quatrième rémiges blanches? rectrices noires, les latérales plus longues, de manière que la queue est fourchue, marquées, à l'exoeption des intermédiaires, d'une tache blanche à l'extrémité; hec bleu; pieds noirs. Taille, six pouces et demi. Les jeunes ont la majeure partie du plumage roussâtre, tacheté de blanc les petites tectrices alaires terminées par une tache noirâtre, avec un point blanc; la tache blanche des rectrices lisérée de noir; le bec blanc, avec la pointe brune. De Timor.

LANGRAYEN PETIT Artamus minor, Vieill. Plumage d'un brun roux foncè, avec les joues et le menton noirâtres; rémiges et rectrices noires, ces dernières terminées de blanc; bec bleuâtre; pieds noirs. Taille, cinq pouces. Dés terres Australes.

LANGRAYEN TCHA-CHERT, Lanius viridia, L.; Artamus viridis, Vieill., Buff., pl. enlum. 30, fig. 2. Parties supérieures d'un vert sombre: tête olivâtre; rémiges noirâtres, bordées de vert; rectrices intermédiaires d'un vert sombre, les latérales noirâtres à la base; parties inférieures blanches; bec d'un bleu foncé; pieds noirs. Taille, six pouces. De Madagascar.

LANGRAYEN A VENTRE ROUX, Ocypterus rufiventer Valenc., Mém. du Mus. T. VI, pl. 7, fig. 1. Parties supérieures d'un brun lavé de grisâtre; tête cendrée; rémiges aussi longues que les rectrices, ardoisées; tectrices alaires terminées de blanc; queue arrondie; rectrices d'un bleu noirâtre, terminées de blanc grisâtre; parties inférieures roussâtres; bec bleu; pieds noirs. Taille, six pouces. Du Bengale. (DR..Z.)

* LaNGSDORFFIE. Langadorffia.

TOME IX. 14

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BOT. PHAN. Genre de la Monœcie Triandrie, L., établi par Martius (Eschweg. Journ. von Brasilien) et adopté par Richard père, qui l'a placé clans la nouvelle famille des Bala-nophorées, et l'a ainsi caractérisé: fleurs monoïques sur des capitules séparés. Le phoranthe des mâles est ovoïde-conique, revêtu de folioles charnues; les fleurs sont portées sur des pédicelles plus longs que les folioles du phoranthe; elles ont un calice à trois divisions profondes, étalées, ovales, tronquées et concaves; trois étamines dont le tube anthéri-fère (Synèmé) est très-court, et les anthères soudées et ertrorses. Les fleurs femelles sont sétiformes et très-serrées sur un phoranthe globuleux nu inférieurement; leur ovaire est infère, grêle et presque fusiforme; le limbe du calice est couvert de verrucosités qui existent sur son bord; le style est simple, de moitié plus court que l'ovaire, et portant, à son sommet des stigmates globuleux Une seule espèce constitue ce genre curieux. Richard père (loc cit.) l'a nommé Langsdorffia janeirensis, et en a publié une très-belle' figure accompagnée des détails les plus intéressans. Martius lui avait donné le nom spécifique d'hypogea. C'est une Plante herbacée, dont la racine est épaisse, horizontale, rameuse, les pédoncules couverts d'écailles lancéolées, imbriquées et serrées les unes contre les autres. Elle a été découverte dans les forêts ombragées, près de Rio de Janeiro, par Langsaorff et Martius. (O..N.)

LANGUARD. OIS. Syn. vulgaire du Torcol. V. ce mot. (DR..Z.)

LANGUAS. BOT. PHAN. (Kœnig.) V. HELLÉNIE.

LANGUE, ZOOL. Généralement l'organe du goût, la Langue peut encore, par l'effet de la complication de structure qu'elle vient alors à acquérir, et principalement par le grand développement des muscles qui entrent dans sa composition, remplir d'autres fonctions plus ou moins importantes: ainsi chezl'Hom-me, par exemple, elle contribue à la formation de la parole, à la déglutition et à la mastication. Sa structure devenant au contraire plus simple chez les Animaux inférieurs, elleperd son volume, sa mobilité, se réduit presque à une simple membrane, et les fonctions dont elle s'acquittait secondairement, ou sont transmises à d'autres organes, ou même ne s'exécutent plus.

La Langue est une des parties qui fournissent les meilleurs caractères au zoologiste, soit à cause de son importance physiologique, soit à cause des variations sans nombre qu'elle présente souvent d'un genre a l'autre, sous le rapport de son volume, de sa forme, de sa structure, du degré de liberté dont elle jouit, du nombre et de la disposition de ses papilles; soit enfin parce que sa position, presque externe, la rend uu des organes les plus facilement accessibles à l'observation. Aussi, diverses particularités plus ou moins remarquables de son organisation ont-elles servi à caractériser une multitude de genres, et même valu à plusieurs des noms, tels que ceux de Pteroglossus, de Glossophage et de Microglosse. Il est à regretter, pour la justesse comme pour la précision de nos systèmes et de nos méthodes, que, souvent molle-et charnue, comme chez la plupart des Mammifères, elle ne puisse être toujours conservée par les voyageurs, et manque ainsi très-fréquemment dans les collections zoologiques.

Nous renvoyons, pour la description des muscles qui composent la Langue, aux Mémoires assez récemment publiés (1822 et 1823) de Baur, de Blandin et de Gerdy. Le nombre de ces muscles, la manière dont ils se confondent en plusieurs points, ont long-temps arrêté les anatomistes: on n'avait pu ni bien indiquer leur disposition, ni même déterminer exactement leurs limites, et on avait déclaré le tissu de la Langue véritablement inextricable. Au reste, les ré–

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sultats où sont parvenus les anatomistes que nous venons de citer, montrent on ne peut mieux la difficulté du sujet. Gerdy a en effet trouvé le nombre de ces muscles ou faisceaux musculaires plus considérable encore qu'on ne l'imaginait: ainsi, il a distingué un muscle lingual superficiel, deux linguaux profonds, des linguaux transverses, des linguaux verticaux, qui forment les muscles intrinsèques; les extrinsèques sont les deux stylo-glosses, les deux hyo-glosses, les deux génio-glosses, les deux glosso-staphylins, sans parler des faisceaux hyo-glosso-épigloltiques qui ne sont pas constans.

La membrane du dos ou de la face supérieure de la Langue, ou la membrane gustative, est une continuation de la muqueuse qui tapisse toute la cavité orale, et elle n'en diffère guère que par le développement plus considérable des papilles. Ces papilles sont de plusieurs sortes: les Coniques, ainsi nommées à cause de leur forme, couvrent toute la face supérieure de la Langue; il y a même deux sortes de papilles coniques, les unes toujours molles, flexibles, très-fines, vasculaires, et, selon Blainville, probablement nerveuses; elles occupent surtout la pointe et le bord de la langue les autres, plus fermes, plus grosses; c'est au milieu qu'elles se trouvent le plus souvent. Les Fungiformes, ainsi nommées à cause de leur forme qui rappelle celle d'un Champignon, sont plus grandes que les coniques, mais peu nombreuses: c'est vers le bout qu'elles se trouvent en plus grand nombre. Enfin les papilles Caliciformes ou à calice, dont le nom indique suffisamment la forme sont encore en bien moindre ombre, et ne se voient qu'à la partie postérieure de la Langue, où elles se disposent, sur deux lignes obliques, d'une manière ordinairement symétrique. D'autres anatomistes ont aussi divisé les papilles en Filiformes, Fungiformes ou Coniques, et Lenticulaires.

La plupart des Mammifères ressemblent beaucoup à l'Homme pour la structure de la Langue: seulement, les papilles sont de forme et quel-quefois de nature différentes. C'est ainsi qu'on trouve chez les Chats, et dans quelques autres genres, des papilles revêtues d'étuis cornés assez semblables à de petits ongles: ce sont ces papilles cornées qui donnent à la Langue du Chat la dureté que chacun lui connaît, et qui, lorsque l'Animal vient à lécher, lui fait produire sur la peau l'effet d'une râpe. La Langue du Porc-Epic a, sur les côtés, de larges écailles terminées par plusieurs pointes; dans d'autres genres, chez plusieurs Cétacés, par exemple, les papilles sont peu ou ne sont point distinctes; mais les Fourmiliers et les Echidnés ont une Langue véritablement bien différente, mince, allongée, et susceptible d'une extension considérable; elle ressemble ainsi à celle de plusieurs Oiseaux el de beaucoup de Reptiles; mais le mécanisme de son extension est tout autre, et la ressemblance est plutôt apparente que réelle.

Le caractère classique de la Langue, chez les Oiseaux, est d'être soutenue par un ou par deux os qui en traversent l'axe, os que les anatomistes ont généralement regardés comme des élémens nouveaux d'organigation, mais dont Geoffroy Saint-Hilaire a trouvé les analogues dans les cornes postérieures de l'hyoïde. Ces os de la Langue, ou, suivant la nomenclature de cet anatomiste, les glossohyaux, ne manquent réellement daus aucune classe: on voit toujours en effet une ou deux pièces en rapport avec la Langue, et en même temps appuyées sur le basihyal ou le corps de l'os hyoïde; ces pièces ne sont autres que les glossohyaux, qui conservent ainsi constamment les mêmes connexions. Les Mammifères ont deux glossohyaux; mais, chez beaucoup d'Oiseaux et chez les Poissons, rien ne s'interposant plus entre ces deux pièces, à cause de l'état rudimentaire des muscles linguaux, elles se rapprochent et se confondent sur la li–

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gne médiaue; et il n'y a plus qu'un seul glossohyal. La disposition particulière du glossohyal des Oiseaux tient à l'allongement du col et de toutes les parties cervicales dans cette classe: on conçoit en effet comment la longueur considérable du basihyal et du glossohyal, oblige cette dernière pièce à s'avancer profondément dans la Langue.

La Langue des Oiseaux est d'ailleurs très-rudimentaire et très-peu épaisse. Le glossobyal, quoique très-grêle lui-même, en forme une grande partie, et n'est recouvert que de quelques muscles très-minces et des tégumens; et même si dans quelques genres, comme chez les Perroquets et les Phénicoptères, elle est volumineuse, et paraît un peu plus semblable à celle des Mammifères, c'est encore une simple apparence tenant à la présence d'un amas de tissu cellulaire et de graisse. La Langue du Flammant passe même, à cause de celle structure graisseuse, pour un mets très-recherché. On sait que l'empereur Héliogabale entretenait constamment des troupes chargées de lui procurer en abondance des Langues de Flammans; et aujourd'hui même, il paraît queœces Langues sont encore, en plusieurs lieux, recherchées avec une égale avidité, quoique dans un autre but. Ainsi Geoffroy Saint-Hilaire a souvent vu en Egypte le lac Menzaleh (à l'ouest de Damiette) couvert d'une multitude de barques pleines de Flammans: les chasseurs se procurent ainsi, en arrachant et en pressant les Langues, une substance graisseuse qui remplace pour eux le beurre avec avantage.

La Langue est pareillement assez épaisse chez les Perroquets, ou du moins chez une partie d'entre eux: car, dans cette famille, généralement caractérisée par le volume plus considérable de cet organe, il est un pelit genre qui en est presqu'entiè-rement privé: je yeux parler de la section des. Microglosses de Geoffroy Saint-Hilaire, ou Aras à trompe de Levaillant. Ce voyageur, saisissant un rapport qui n'avait véritablement rien de réel, leur avait donné ce nom, parce que, disait-il, leur Langue est une espèce de trompe avec laquelle ils prennent leur nourriture à l'instar de l'Eléphant. Mais Geoffroy ayant eu l'occasion de voir vivant un de ces Aras, a reconnu que cet organe, considéré par Levaillant comme la Langue, était formé de l'appareil hyoïdien et de ses dépendances; la véritable Langue ne consistant plus que dans une petite tubérosité de forme ovale et d'apparence cornée (Mém. du Mus., t. x). L'Autruche n'a pareillement qu'une Langue très-courte, et tellement même qu'on a douté de son existence; il n'y a d'ailleurs aucune papille, de même que chez le plus grand nombre des Passereaux et des Gallinacés; mais l'ordre des Grimpeurs est sans contredit celui qui présente les modifications les plus remarquables. Nous avons déjà parlé des Perroquets: nous ajouterons seulement qu'ils ont des pa-pilles assez semblables aux papilles fungiformes des Mammifères. Les Toucans ont la Langue étroite et garnie de chaque côté de longues soies, qui lui donnent l'apparence d'une véritable plume, d'où la nom de Pteroglossus, qu'on a donné au sous-genre Aiacari. Celle des Pics n'est pas moins singulière, soit par la présence de plusieurs épines placées sur les bords, soit par une disposition toute particulière de l'hyoïde, dont les cornes antérieures ont acquis un développement prodigieux; d'où résulte, par un mécanisme qu'on fera connaître ailleurs, la possibilité dont jouit le pic, de faire sortir de son bec sa Langue tout entière.

Nous trouvons chez les Reptiles autant de variations que chez les Oiseaux. Elle est le plus souvent chatnue, soit en grande partie, soit même dans son entier. Elle manque, a dit Hérodote, chez le Crocodile, et ce Quadrupède est le seul qui présente cette particularité; depuis, la même observation a été faite également par

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Aristote et par tous les Voyageurs. Les anatomistes de l'ancienne Académie des sciences ont, cependant montré qu'elle existe réellement, mais qu'elle est attachée au palais sur toute sa circonférence, et ils ont accusé d'inexactitude l'historien grec. Son observation est cependant très-juste, comme Geoffroy Saint - Hilaire l'a constaté: la Langue n'est nullement apparente à l'extérieur sur le vivant, et n'existe véritablement que pour l'a-natomiste. «Toute la peau, dit Geoffroy Saint-Hilaire (Ann. du Mus., t. II), comprise entre les branches de la mâchoire inférieure se trouve revêtue en dedans d'une chair spongieuse, épaisse et mollasse, qui y est inséparablement attachée dans toute son étendue; mais cè muscle ou celte Langue est en quelque sorte masqué à l'extérieur par une continuation des enveloppes générales; c'est une peau jaunâtre, chagrinée, et entièrement semblable à celle du palais.» Cet état rudimentaire de La Langue du Crocodile est même précisément ce qui lui rend nécessaires et ce qui explique les services qu'il recoit d'un petit Oiseau, qui, dit Hérodote, entre dans sa gueule qu'il tient oeverte, et mange les lnsectès qui lui sucent le sang: fait véritablement surprenant, et souvent révo-qué en doute, mais dont Geoffroy Saint-Hilaire a eu en Egypte plusieurs fois l'occasion de vérifier l'exactitude. ll a constaté que cet Oiseau, qu'Hérodote désigne sous le nom de Trochilus, n'est autre qile le Chara-drius œgyplius d'Hasselquist, et que les petits Animaux dont il délivre le Crocodile, sont des Insectes, suceurs, el non pas des Sangsues, comme on avait généràlement traduit parerreur.

Chez les Salamandres, la Langue est adhérente comme chez le Crocodile, mais seulement par sa pointe et non par ses bords. On sait qu'elle est libre, très-extensible et bifur-quée vers sa pointe dans la plupart des Sauriens et des Ophidiens. Les Crapauda et les Grenouilles ont la Langue en partie fixée à là mâchoire inférieure, et sa portion libre est du moins, dans l'état ordinaire, repliée dans la bouche.

Chez beaucoup de Poissons, la Langue ne consiste plus que dans une simple saillie à la partie inférioure de la bouche, et sa membraue dorsale ne diffère pas ordinairement de la muqueuse qui tàpisse tout le reste de la cavité orale enfin chez d'autres, comme les Cartilagineux, la Langue semble manquer entièrement.

C'est sur les bords, et surtout vers la pointe de la Langue, que réside le sens du goût. Ce sens n'a point, comme les autres sens spéciaux, la vue, l'odorat et l'ouïe un nerf sensitif particulier. Celui qui transmet à l'encéphale les sensations du goût, le nerf Lingual, n'est en effet qu'une branche de la cinquième paire; et l'on sait que ce nerf envoie également un rameau à chacun des autres sens: rameau dont la destruction, suivant les expériences de Magendie et les observalions pathologiques de Serres, entraîne même celle du sens auquel il appartient. (IS. G. ST.-H.)

En raison de la figure plus ou moins ressemblante de certains êtres des règnes organiques, ou de quelques-unes de leurs parties avec la Langue, on a vulgairement appelé:

LANGUE D'AGNEAU. (BOT.) Le Plan tago media, L.

* LANGUE D'ANOLIS. (Bot.) Le Melastoma ciliata aux Antilles.

LANGUE DE BOEUF. (Bot.) La Bu-glosse officinale, le Pothos cordata et la Fistuline, genre de Champignons.

LANGUE DE CERF. Lingua Cervina. (Bot.) La Scolopendre et la plupart des Fou gérés à frondes entières; mê-me le Botrychium Lunaria.

LANGUE DE CHAT. (Zool.) Une Tel-line, Tellina Lingua-Felis. (Bot.) Le Bidens tripartita et un Eupatoire de Saint-Domingue.

* LANGUE DE CHATAIGNIBR OU DE CHêNE. (Bot.) La Fistuline Langue de Bœuf.

LANGUE DE CHEVAL. (Bot.) Lè

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Ruscus Hyppoglossum, Espèce du genre Fragon.

LANGUE DE CHIEN. (Bot.) La Cynoglosse officinale et d'autres Borraginées, telles que le Myosotis Lappula.

LANGUE DE NOYER el LANGUE DE POMMIER. (BOT.) Divers Agarics parasites à pédicule latéral.

LANGUE D'OIE. (Bot.) Le Pinguicula vulgaris, L.

LANGUE D'OISAU ou ORNITHO-GLOSSE DES VIEILLES PHARMACIES. (Bot.) Le fruit du Frêne et le Stellaria holostea.

LANGUE D'OR. (Zool.) La Telline foliacée.

LANGUI DE PASSEREAU. (Bot.) Le Stellera passerina et le Polygonum aviculare

LANGUE DE SERPENT. (Bot.) L'O-phioglosse vulgaire et les Clavaires de Linné, dont on a composé le geure Geoglossum, ce qui signifie Langue de terre.

LANGUE DE SERPENT. (Foss) De petites Glossopètres.

LANGUE DE TIGRE. (Zool.) Une espèce du genre Vénus, Venus tigrina.

* LANGUE DE TERRE. (Bot.) V. LANGUE DE SERPENT.

LANGUE DE VACHE. (Bot.) La Scabicuse des champs, la grande Consoude. en quelques parties de la France, et le Talinum polyandrum au Pérou. (B.)

LANGUETTE, POIS. Espèce du genre Pleuronecte. V. ce mot. On a aussi donné ce nom aux Manches de couteau ou Solens. (B.)

LANGUETTE. Ligula. INS. On désigne sous ce nom une partie de la lèvre inférieure; elle fait suite au support ou menton, et donne insertion aux palpes, aux paraglosses, etc. V. BOUCHE. (AUD.)

LANGUETTE. Ligula. BOT. Plusieurs organes des Végétaux ont été nommés ainsi par les botanistes. On appelle Languettes ou fleurons ligulés les demi-fleurons des Synanthérées dont le tube est court et épanoui en un limbe oblong, unilatéral, oral-nairement terminé par quelques petites dents. Jacquin a donné le nom de Languettes (Ligulœ) aux appendices qui, dans les Stapelia partent du bas au capuchon, alternent avec les cornes et sont étalés sur la corolle.

Dans les Graminées, l'appendice membraneux qui couronne la gaîné de la feuille est nommé Languette (Ligula Callare).

Le genre Aizoon est quelquefois appelé vulgairement LANGUETTE. (G..N.)

LANGURIE, Languria. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Tétramères, famille des Cla-vipalpes, établi par Latreille aux dépens du genre Trogossite dans lequel Fabricius l'avait placé, et ayant pour caractères: dernier article des palpes maxillaires allongé, et plus ou moins ovalaire; massue des antennes de cinq articles; corps linéaire. Ces Insectes se distinguent des Clypéastres et des Agathidies par les tarses et par d'autres caractères; ce qui a déterminé Latreille à placer ces derniers dans la famille des Xylo-phages, quoiqu'ils se rapprochent, sous bieu des rapports, du genre Phalacre qui appartient à la famille des Clavipalpes. Les Erotyles, les Triplax et les Tritomes s'en distinquent par leurs palpes maxillaires en hache et par la forme de leur corps; enfin les phalacre ont la massue des antennes de trois articles et le corps globuleux. Les Languries ont les antennes plus courtes que le corps, insérées devant les yeux, et composées de onze articles dont les cinq derniers forment une massue allongée, comprimée et perfoliée. Leur labre est corné, peu avancé et presque échancré. Les mandibules sont cornées, avancées et terminées par deux dents aiguës. Les mâchoires sont cornées, bifides, avec le lobe extérieur coriacé, un peu velu à sa partie supérieure, et le lobe intérieur plus court et bifide; elles portent chacune un palpe filiforme composé de quatre

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articles; lè premier est très-petit, les deux suivans égaux et le dernier un peu plus long, plus épais, de forme orale. Les palpes labiaux sont composé de trois articles petits et le dernier est un peu plus long et un peu en massue. La lèvre est presque cordiforme, entière; le menton est en carré transversal, beaucoup plus large que la lèvre, un peu rétréci et arrondi supérieurement. Le corps des Languncs est linéaire; leur corselet est arqué et convexe; l'éeusson arrondi postérieurement, et les élytres longues, recouvrant les ailes et l'abdomen. Les pates sont grêles, assez longues; leurs tarses ont leurs deux premiers articles allongés, triangulaires; le troisième est plus large, bifide, et le dernier est allongé, un peu arqué et terminé par deux crochets. Les mœurs des Languries nous sont entièrement inconnues; il est fort probable qû'ils vivent dans les Bolets et dans le bois pourri, comme les Triplax, les seuls Insectes de cette famille qui se trouvent en France et dont on connaît les métamorphoses. Ce sont des Insectes assez rares dans les collections, et le genre ne se compose que de cinq ou six espèces. De jean (Catal. des Col., p. 129) en mentionne deux; la principale, celle qui sert de type au genrre, est:

La LANGURIE BICOLORE, L. bicolor, Latr., Oliv., Col. T. v, n. 88, pl. 1, fig. 1. Elle est noire, avè le corselet fauve, à l'exception de son dos qui est noir. Cette espèce se trouve à Cayenne. V., pour les autres, Olivier (loc.cit.) et Latreille Gener. Crust. et Ins.) (G.)

* LANIAIRES. MAM. V. CANINES et DENTS.

LANIER. OIS. Espèce du genre Faucon. V. ce mot. (DR..Z.)

LANIFERA. BOT. PHAN. (Pline.) Le Cotonnier selon Adanson. (B.)

LANIOGèRE. OIS. V. LANION.

LANIOGÈRE. Laniogcrus. MOLL, C'est à Blainville que l'on doit la création de ce nouveau genre. Dès 1816 il fut connu par l'extrait qui en a été publié dans le Bulletin de la Société Philomatique pour cette année. Férussac, dans ses Tableaux systématiques des Animaux mollusques, a adopté ce genre et l'a placé dans les rapports indiqués par son créateur, c'est-à-dire qu'il la rangé dans les Gastéropodes, dans la famille des Polybranches à côté des Eolides et des Glauques, entre lesquels il sert de passage. Blainville a reproduit ce genre dans le Dictionnaire des Sciences, dans l'atlas duquel il est figuré; il en a montré les rapports à l'article MOLLUSQUE du même ouvrage en le rangeant tout près des Glauques et des Cavolines. Voici les caractères que Blainville assigne à ce genre: corps nu, allongé, convexe en dessus, plane en dessous, terminé par une sorte de queue, la tête assez distincte; quatre tentacules fort petits; les branchies en forme de longues lanières molles, flexibles, disposées en un seul rang de chaque côté du corps; l'anus et les organes de la génération à droite dans un tubercule commun; si on veut oomparer ces caractères à ceux du genre Glauque, on verra que les Laniogères s'en distinguent très-bien quoique très-voisines. On n'en connaît encore qu'une seule espèce que Blanvîlle a vue dans le Muséum britannique il la nomme:

LANIOGÈRE D'ELFORT, Laniogerus Elfortianus, Blainville, Dict. des Sc. Nat. T. xxv, pag. 243, planches du même ouvrage, douzième cahier, fig. 4 à 6; an Laniogerus Blanvillii, FérusS., Tab. syist. ? (D..H.)

LANION. Lanio. OIS. Genre établi par Vieillot, et dont les deux espèces font partie de notre genre Batara. V ce mot. (DR..Z.)

LANISTE. Lanistes. MOLL. Genre proposé par Montfort (Conchil. Syst. T. 11, pag. 123) pour une Coquille du genre Ampullaire. V. ce mot. (D..H.)

LANIUS. OIS. (Linné.) V. PIEGRIÉCHE.

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LANNERET. OIS. Le Lanier mâle. V FAUCON. (B.)

LANSA. BOT. PHAN. Dans les îles de l'archipel Indien, on donne ce nom au Lansium de Rumph, que plusieurs auteurs donnent comme synonyme du Cookia de Sonnera t. V. LANSIUM et COOKIE. (G..N.)

LANSAC. BOT. PHAN. Petite et jolie variété de Poire d'automne. (B.)

LANSIUM. BOT. PHAN. Rumph (Herb. Amb. 1, p. 151, t. 54 et 55) a décrit et figuré sous ce nom plusieurs Arbres de l'archipel Indien, qui ont été rapportés au genre Cookia de Sonnerat. V. ce mot. Cette détermination paraît n'avoir pas été connue du docteur Jack, puisqu'il a publié dans le quatorzième volume des Transactions de la Société Linnéenne de Londres, une notice sur le genre Lansium, sans mentionner comme synonyme le genre Cookia il l'a placé dans la famille des Méliacées, et lui a attribué des caractères un peu différens de ceux assignés au Cookia par les auteurs. Ces caractères sont: un calice à cinq divisions profondes: une corolle à cinq pétale arrondis; le tube staminifère urcéolé, ayant l'orifice entier; dix anthères incluses; ovaire à cinq loges, surmonté d'un style court, en colonne, et d'un stigmate plane à cinq rayons; baie coriace extérieurement, à cinq loges et à cinq graines qui, avortent dans presque toutes les loges, excepté dans une ou deux seulement; semences enveloppées d'un tégument pulpeux et sapide; albumen nul; cotylédons inégaux et peltés. Le Lansium domesticum, figuré par Rumph (loc. cit., t. 54), Plante des îles Malaises, est la seule espèce que le docteur Jack admette, quoiqu'il semble disposé à lui joindre encore le Lansium montanum de Rumph (loc. cit., t. 36). Cependant celui-ci offre quelques différences dans les parties de la fleur, et paraît être congenète du Milnea de Roxburgh. (G..N.)

LANT. MAM. V. LAMPT.

LANTANIER. Lantana. BOT.PHAN. Ce genre de la famille des Verbéna et de la Didynamie Angiospermic, établi par Plumier, sousle nom de mara, est ainsi caractérisé: calie court, tubuleux, à quatre dents marquées; corolle dont le tube que, renflé au milieu, est bea plus long que le calice, et dont limbe est horizontal, à quatre inégaux; quatre étamines didynam non saillantes; style indivis; bacciforme, à un seul noyau; partagé en deux loges dont chacnue monosperme. Le Carachera vibur des de Forskahl a été réuni par au Lantatna. Adanson en avait ché une espèce sous le nom généri d'Oftia qui a été changé par Médi en celui de Spielmannia. V. ce

Les Lantana sont des Arbust rarement des Herbes, à rameaux a guleux, quelquefois munis d'aigu lons. Leurs feuilles sont simples, posées ou le plus ordinairement nées, crénelées, rugueuses et au toucher. Les fleurs forment capitules axillaires, pédonculés, a compagnés de bractées; leurs core les sont colorées de plusieurs nuces, tantôt violettes, tantôt orangé jaunes ou blanches. On en connaît peu près trente espèces presque tes indigènes des pays chauds de mérioue. Plusieurs sont cultivé en Europe où elles produisent effet très-agréable à cause de le feuillage toujours vert et de len charmans capitules de fleurs. Not nous bornerons è la description cincte des espèces suivantes qui passent en beauté leurs congénères.

Le LANTANIER A FLEURS vARIÉE Lantana Camara, L.; Camara fol non spinoso, Plum., Gen. 32, lc. f. 1, est un Arbrisseau d'environ mètre de hauteur, dont le tronc tueux se divise en rameau dépou vus d'aiguillons. Ses feuilles sont posées, pétiolées, ovales, uignes, peu velues et ridées. Ses flurs d'abord jaunes, mais elles passe ens uite au rouge écarlate. Les de ete Arbrisseau sont

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et l'on s'en sert, en Amérique, aux mémes usages auxquels nous employons celles de la Mélisse dont elles offrent la forme, la saveur et l'odeur.

Le LANTANIBR PIQUANT, Lantana aculeata, L., figuré dans les Planches de ce Dictionnaire, est un peu plus élevé que le précédent, mais il se distingue surtout par les aiguillons crochus qui couvrent ses branches. Ses feuilles sont opposées, pétiolées, ovales presque en cœur, aiguës, orénelées, ridées et rudes au toucher. Les fleurs sont semblables à celles du Lantana Camara. Cet Arbrisseau est, ainsi que le précédent, originaire de l'Amérique méridionale.

D'autres espèces de Lantana se font remarquer par l'odeur agréable et la jolle couleur des fleurs. Telles sont entre autres les L'odorata et involacrato. Ces Plantes exigent en Europe la serre chaude ou tempérée. Quoique d'une texture fibreuse, peu succulente et par conséquent peu délicate, elles ne peuvent supporter le moindre air de gelée. Cependant le Lanlana aculeata n'est pas aussi sensible aux effets du froid que les autres espèces. Une terre bonne et consistante, et des arrosemens fréquens leur sont nécessaires. On a soin de les dépoter deux fois par an, à cause de la grande quantité des racines dont l'accroisement est très-rapide. Lorsqu'on les met à l'air, pendant l'été, il faut leur donner une exposition ombragée, Leur multiplication est facile, soit par le moyen des graines semées en pots sur couche, soit par les boutures qui reprennent aisément lorsqu'on les fait dans uue terre peu légère, et dans des pots placés dans une couche tempérée et ombragée. (G..N.)

* LANTEB. BOT. PHAN. Syn. macassar d'Aira arundinacea, espèce du genre Canche. (B.)

LANTERNE. CONCH. NOM Vulgaire et marchand de la Mye tronquée et des Anatines. (B.)

* LANTERNE. Laternea. BOT. CRYPT. (Champignons.) Ce genre établi par Poiteau et Turpin, pour une Plante qu'ils ont observée à l'île de la Tortue, a reçu de ces naturalistes les caractères suivans: volva de forme ovoïde, se déchirant en deux ou trois lobes; trois branches ou petites colonnes cylindriques, réunies par leur sommet; conceptacle en forme de cul de lampe, située au-dessous de la voûte produite par la rensontre de la partie supérieure des branches, servant de placenta aun corps reproducteurs. Cé genre se compose d'une seule espèce nommée par les auteurs Lateteinea triscapa; il a des rapports d'organisation avec les Clathreset notamment avec le genre Colonnaria, établi par Rafinesque-Schmaltz. La grandeur de ce singulier Champignon est de deux pouces et demi sur deux de diamètre; il a la forme d'un trépied sacré; les branches, blanches à leur base, se teignent dans leur partie supérieure, ainsi que le cul de lampe qui en dépend, d'un beau rouge vermillon, semblable à celui qu'on remarque sur les Clathres. Cette Plante, d'une substance sèche et spongieuse, se trouve à l'ombre des grands Arbres sur les débris de Végétaux. Plusieurs mycologues n'ont pas admis ce genre qu'ils rangent parmi les Clathres. (A F.)

LANTERNE ROZUGE. BOT. CRYPT, L'un des noms vulgaires du Clathre cancellé. (B.)

LANTOR. BOT. PHAN. Pour Lontar, dans les anciens voyageurs, d'où J. Bauhin avait emprunté ce nom. (B.)

LAOMÉDÉE. Laomdea. POLYP.. Genre de l'ordre des Sertuláriées, de la division des Polypiers flexibles, qui a pour caractères: Polypier phytoïde, rameux; cellules stipitées ou substipitées, éparses sur les tiges et les rameaux. Il renferme une dixaine d'espèces dont les formes générales n'onl pas toujours beaucoup d'analogie entre elles; le seul caractère fondamental consiste dans le peu de longueur du pédoncule qui suporte les cellules; plusieurs même ont ce pédoncule assez.

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allongé, ce qui les rapproche des Clyties dont quelques Laomédées diffèrent à peine. Les unes ont des tiges roides, branchues, se fixant aux rochers par des radicules filiformes; d'autres sont volubiles, grimpantes et parasites sur les Thalassiophytes et autres productions marines; il y en a d'articulées, d'autres qui ne le sont pas. La forme des cellules varie suivant les espèces; elles sont en général campaniformes, à ouverture entière ou dentée; deux ou trois espèes out leurs cellules presque tubuleuses. Les pédoncules sont simples, annelés ou contournés en vis. Les ovaires sont gros, vésiculeux et presque toujours axiliaires. La substance des Laomédées est membranocornée, quelquefois légèrement crétacée; leur grandeur varie beaucoup; leur couleur est fauve ou brunâtre. Elles se trouvent dans toutes les mers. Les espèces rapportées à ce genre, sont: Laomedea antipathies, Sauvagii, simplex, Lairii, dichotoma, spinosa, geniculata, gelatinosa, muricata et reptans. (E. D..L.)

LAPAGÉRIE. Lapageria. BOT. PHAN. Genre de la famille des Asparaginées, et de l'Hexandrie Monogynie, L., dédié par Ruiz et Pavon (Flor. Peruv. 3, p. 64) à l'épouse de Napoléon, née Joséphine Lapagerie, qui encouragea par son exemple la culture des Végétaux exotiques, dans ses beaux jardins de Malmaison. Ce genre offre un calice coloré, pétaloïde, campaniforme, formé de six sépales égaux; six étamines attachées à la base des sépales ayant les filets subulés; les anthères dressées, oblongues, aiguës; l'ovaire libre, allongé, à trois côtes, à une seule loge, contenant un grand nombre d'ovules attachés à trois trophospermes longitudinaux et disposés sur deux rangées; le style est allongé, peu distinct du sommet de l'ovaire, terminé par un stigmate renflé et légèrement trilobé. Le fruit est une baie ovoïde, allongée, triangulaire, marquée de trois sillons longitudinaux qui correspondent aux trois trophospermes.

Ce genre ne renferme qu'une seule espèce, Lapageria rosea, Ruiz el Pavon, loc. cit., p. 65, tab. 297. C'est une Plante sarmenteuse et grimpante dont la tige est rameuse, cylindrique, noueuse, nue vers sa partie inférieure, portant supérieurement des feuilles alternes, cordiformes, aiguës, très-entières, marquées de trois ou cinq nervures longitudinales. Les fleurs sont très-grandes, d'une belle couleur rose, axiliaires et portées sur un pédoncule assez long et tout couvert d'écailles.

Cette belle Plante croît dans les forêts du Chili, aux environs de la Conception. Les habitan s mangent ses fruits dont la pulpe est douce et agréable. Ses racines, fibreuses et fasciculées, sont employées aux mêmes usages que la Salsepareille, c'est-à-dire qu'elles sont sudorifiques et diurétiques. (A. R.)

LAPATHON ET LAPATHUM. BOT. PHAN. Les anciens donnaient ce nom à plusieurs Plantes potagères ou à d'autres qui jouissaient de propriétés laxatives. Telles étaient plusieurs espèces que les botanistes modernes ont rapportées au genre Rumex, ils nommaient encore ainsi l'Epinard èt le Bon-Henri (Chenopodium Bonus-Henricus). Le genre Lapathum de Tournefort a été réuni par Linné au Rumex. Daus la Monographie de ce dernier genre publiée en 1819 par Campdéra, le Lapathum de Tournefort est considéré comme un sous-genre caractérisé par le calicule naissant de l'articulation du pédoncule et n'ayant jamais ses divisions réfléchies. V. PATIENCE et RUMEX. (G..N.)

LAPEREAU. MAM. Le petit du Lapin, et non du Lièvre, comme il est dit dans le Dictionnaire de Levrault. (B.)

LAPEIROUSIA. BOT. PHAN. Thunberg (Prodr. Flor. Capens.) a ainsi altéré le nom du Lapeyrousia, genre établi en l'honneur de Picot de Lapeyrouse. V. LAPEYROUSIE. (G..N.)

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LAPEYROUSIE. Lapeyrosia. BOT. PHAN. Deux genres de Plantes ont reçu ce nom. Le premier a été formé par l'abbé Pourret (Act. Tolos.) sur des Plantes de la famille des Iridiées et dont le Gladiolus denticulatus et l'Ixia corymbosa, L., sont les types. Ce genre, auquel on avait assigné pour caractères essentiels: une corolle hypocratériforme, le limbe à six divisions plus courtes que le tube, trois stigmates bifides, une capsule membraneuse et polysperme, n'a pas été généralement adopté. En conséquence ses espèces doivent rentrer dans les genres Glayeul et Ixie. V. ces mots.

Ed 1800, Thunberg publia dans la seconde partie de son Prodromus plantarum Capensium, un genre de la famille des Synanthérées et de la Syngénésie frustranée, L., auquel il donna le nom de Lapeyrousia. Adoptant ce genre, Gassini en a ainsi tracé les caractères d'après les descriptions imparfaites de Linné fils et de Thunberg: involucre formé d'écailles disposées sur plusieurs rangs, imbriquées, scarieures supérieurement; les intérieures surmontées d'un grand appendice étalé, lancéolé et scarieux; réceptacle plane et garai de papilles; calathide dont les fleurs du centre sont nombreuses, régulières, hermaphrodites; celles de la circonférence en languettes et neutres; akènes surmontés d'une aigrette très-courte, mince et annulaire. Cassini place avec doute ce genre dans la tribu des Inulées, près des genres Roscnia et Leysera. Il a pour type une Plante découverte au cap de Bonne-Espérance par Thunberg, laquelle ayant été communiquée à Liuné fils, fut nommée par celui ci Osmites calycina. L'Héritier (Sert. Angl.) l'a décrite de nouveau en la rapportant au genre Relhania. (G..N.)

* LAPHI. MAM. V. CERF COMMUN.

LAPHIATI. REPT. OPN. Même chose qu'Anlique, espèce du genre Couleuvre. V. ce mot. (B.)

LAPHRIE. Laphria. INS. Genre de l'ordre des Diptères, famille des Tanystomes, tribu des Asiliques, établi par Meigen, et ayant pour caractères: épistome barbu; tête point globuleuse, ni entièrement occupée par les yeux, même dans les mâles; tarses terminés par deux pelotes et deux crochets) dernier article des antennes presque ovale, sans stylet saillant. Ces Insectes diffèrent des Asyles et des autres genres de la même famille, en ce que ceux-ci ont tous le dernier article des antennes terminé par un stylet ou par une soie. Les Laphries ont la tête transversale; on voit entre les yeux et au-dessus de la trompe, qui est dirigée en avant et en haut, un paquet de poils roides. Les antennes sont plus longues que la tête, en massue composée de trois articles dont le premier plus long que le second, et le dernier presque ovale, en forme de palette; les yeux sont grands, saillans. Le corselet est trèsgrand, convexe, presque toujours velu; il se rétrécit en avant et forme un cou qui supporte la tête. Les ailes sont grandes; l'Insecte les porte couchées horizontalement sur l'abdomen; dans le repos, elles le dépassent. Les pates sont très-fortes, surtout les cuisses qui sont quelquefois dentées intérieurement; les jambes sont arquées, elles supportent un tarse composé de cinq articles dont le premier est grand, les trois suivans beaucoup plus petits, et le dernier profondément bilobé est terminé par deux crochets et deux pelotes. Tous ces organes sont très-velus. L'abdomen est moins large que le corselet et très-velu dans quelques espèces. Les mœurs de ces Insectes ne sont pas connues; il est probable que leurs larves ressemblent à celles des Asyles et qu'elles vivent comme elles dans la terre; ce genre se compose de sept à huit espèces; la principale est:

La LAPHRIE DORéE, L. aurea, Fabr., Coqueb., Illustr. Icon. Ins. Dec. 3, tab. 25, fig. 9. Cette belle espèce a dix lignes de long; sa tête est couverte de longs poils d'un jaune doré;

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le corselet est noir, avec des poils bruns; l'abdomen est brun, avec l'extrémité des anneaux bordé «en dessus de poils d'un jaune doré. Les àiles sont d'un brun jaunâtre le long du bord extérieur. Les pates sont grandes, velues; les cuisses sont noires ou brunes; les jambes et les tarses sont jaunes, excepté le dernier article qui est brun. Cette espèce se trouve en Europe et aux environs de Paris. (G.)

LAPIA. BOT. PHAN. Nom malais d'un Arbre d'Amboine employé pour la construction des toits. C'est le Lignum muscusum de Rumph. Le même auteur désigne aussi sous le même nom le Sagoulier. V. ce mot. (G..N.)

LAPIN. MAM. Espèce du genre Lièvre. V. ce mot. On a étendu ce nom è des Animaux fort différent. Ainsi l'on a appelé.

LAPIN, le Strix Cunicularia, Oiseàu du genre Chouette; un Poisson de l'île de Tabago, selon Lachesnaye-des-Bois, et une Coquille du genre Porcelaine, Cypça stercoraria.

LAPIN D'ALLEMAGNE, le Souslik.

LAPIN D'AMÉRIQUE, l'Agouti.

LAPIN D'AROE, le Kanguroo Philandre.

LAPIN DE BAHAMA, le Monax.

LAPIN DU BRÉSIL, le Cobaie ApÉréa ou Cochon d'Inde.

LAPIN CHINOIS ET DES INDES, le même Rongeur, le Gerbo, et l'Utias qui est le Capromys de Desmarest et de ce Dictionnaire.

LAPIN DE JAVA, l'Agouti, fort mal à propos, puisque c'est un Animal américain.

LAPIN A LONGUE QUEUE, le Tolaï, espèce de Lièvre.

LAPIN DE NORWÈGE, le Lemming. (B.)

* LAPIS-LAZULI. MIN. V. LAZULITE.

LAPLACÉE. Laplacea. BOT. PHAN. Genre nouveau de la famille desc Temstrœmiacées, et de la Polyandrie Monogynie, établi par Kunth (in Humb. Nov. Gener. 5 * p. 208) qui lui a donné pour caractères: un calice persistant, composé de quatre sépales orbiculaires et imbriqués, dépourvu de bractées; une corolle de neuf pétales hypogynes et presque égaux; des étamines en très-grand nombre, disposées sur trois rangées, insérées à la base des pétales et ayant leurs filets libres et distincts; un ovaire sessile et supérieur à cinq loges contenant chacune trois Ovules; les styles, au nombre de cinq, sont réunls entre eux; la capsule est à cinq loges, s'ouvrant en cinq valves septifères sur le milieu de leur face iuterne; chaque loge contient trois graines pendantes et attachées à l'axe central; ces graines sont surmontées d'une aile allongée.

Ce genre est très-voisin des Ternstrœmia et Freziàra, dont il se distingue surtout par son calice de quatre sépales, sa corolle de neuf pétales et ses graines ailées

La seule espèce qui le compose, Laplacea epeciosa, Kunth, loc. cit. 5, p. 209, tab. 461; est un grand et bel Arbre qui croît au Pérou, dans les forêts, entre Gonznnama et Loxa. Ses rameaux sont terminés chacun par un bourgeon roulé; ses feuilles sont éparses, très-entières, coriaces et non ponctuées. Ses fleurs sont blanches, très-grandes, odorantes, pédonculées et solitaires à l'aisselle des feuilles. (A. R.)

* LAPLACÉES. Laplaceæ. BOT. PHAN. De Candolle appélle ainsi sa quatrième tribu dans la famille des Ternstrœmiacées, tribu qu'il ainsi;: calicel depouru de tées, formé de trois à quatre pétales surpassant plusieurs fois eu nombre celui des sépales; étamines nombreuses, ayant les filets libres, les attachées par la base; styles soudés en un seul; fruit à cinq loges; graines pourvues d'un endosperme charnu ou . Cette tribu ne se compose que des deux genres

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cochlospermum et Laplacea, l'ua et l'autre établis par Kunth. (A. R.)

LAPLYSIE. MOLL. V. APLYSIE, et pour LAPLYSIE VERTE V. ACTION.

* LAPON. MAM. Syn. d'Hyperboréen, espèce du genre Homme. V ce mot.

* LAPONE. OIS. Espèce du genre Chouette. V. ce mot. (B.)

LAPOURDIER. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires de la Bardane dans le Midi. (B.)

LAPPA. BOT. PHAN. Les anciens botanistes, tels que Mathiole, Daléchamp et C. Bauhin, nommaient ainsi la Plante que l'en désigne en français sous le nou de Bardane. V. ce mot. Tournefort admit nom générique de Lappa en excluant toutefois les Plantes que les anciens avaient mal à propos associées à la Bardane, et qui constituent le genre Xanthium. Cependant Linné préféra rétablir le nom d'Arctium. par Lequel Dioscoride et les Grecs désignaient le Lappa. Cette dernière dénomination a été a laptée par Jussieu, Lamarck et De Candolle, paree que c'est un terme de comparaison pour les fruits chargés semblables à celles des folioles de l'involucre de la Bradane, fruits qu'on nomme (G..N.)

LAPPAGO. BOT. PHAN. Le genre de Graminées ainsi nommé par Schreber, a pour type le Cenchrus racemosus de Linné. Haller l'avait antérieurement nommé Tragus. nom qui a été adopté par Palisot de Beauvois dans son Agrostographie. V. TRAGUS (A. R..)

LAPPAGUE. BOT. PHAN. Pour Lappago et Tragus, V. ces mots. (B.)

LAPPULA. BOT. PHAN. Plusieurs Plantes dont les fruits sont hérissés de pointes, et plus ou moins ressemblans avec les calathides de la Bardane (Lappa), avaient été nommées Lappula par les anciens. Linné employa ce nom comme spécifique pour diverses espèces, et entre autres pour un Myosoitis dont Mœnch constitua le genre Lappula. Ce genre a été reétabli par Lenmann et Reichenbach sous le nom d'Echinospermum V. ce mot. (G..N.

LAPPULIER. BOT. PHAN. Quelques botanistes français ont employé ce nom pour désigner le genre Triumfetta. V. ce mot. (B.)

LAPSANA. BOT. PHAN. (Linné.) V. LAMPSANE.

LAQUE. BOT. INS. On appelle ainsi une substance résineuse qui découle de plusieurs Arbres lactescens originaires de l'Inde, par suite de la piqûre d'un petit Insecte nommé Coccus Lacca. Les Arbres sur lesquels on récolte la Laque sont les Ficus indica, Ficus religiosa, Crolon lacciferum et plusieurs autres. C'est afin d'y déposer ses œufs que le Coccus Lacca perce les jeunes branches des Arbres que nous venons de nommer; on en voit bientôt sortir un suc résineux qui se concrète en formant une cîo A le irrégulière. Dans le commerce, on distingue trois sortes de Laque: celle en bâton, celle en grains et celle en plaques ou Laque plats. La première, ou la Laque en béton, est celle qui est encore adhérente aux branches de l'Arbre. Elle forme une croûte irrégulière plus ou moins épaisse; lorsqu'on l'eu détache, on voit que sa partie interne est garnie d'un grand nombre de petites cellules dans lesquelles il n'est pas rare de trouver encore le petit Insecte qui l'a formée. Elle est rouge, semi-trans-parente, à cassure très-résineuse, d'une saveur un peu astringente, et répandant une odeur assist agréable quand on la brûle. Selon Hatchett, qui en a fait l'analyse, elle se compose: de Résine, 68; matière colorante, 10; Cire, 6; Gluten, 5,5; corps étrangers, 6,5; perte, 4,0.

La seconde variété qu'on nomme Laque en grains est celle que l'on a détachée des branches; elle est généralement en petits fragmens d'une couleur moins loncée que la précédente. On y a trouvé; Résine, 88,5; ma-

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tière colorante, 2,5; Cire, 4,5; Gluten, 2; perte, 2,5.

Enfin, la Laque plate est celle que l'on a fondue dans l'eau bouillante et qui a été ensuite coulée sur des pierres lisses et polies. Hatchett y a trouvé: Résine, 90,9; matière colorante, o,5; Cire, 4; Gluten, 2,8; perte, 1,8.

Cette Résine était autrefois employée en médecine comme tonique et astringente. Mais son usage est depuis long-temps abandonné. Aujourd'hui on s'en sert pour la préparation des poudres dentifrices, pour la fabrication de la cire à cacheter dont elle est une des parties constituantes. (A. R.)

* LAQUIL. BOT. PHAN. Nom de pays du Colletia serratifolia. (B.)

LAR. MAM. Nom spécifique linnéen du Gibbon. V. ORANG. (B.)

LAR. OIS. Syn. ancien de Mouette. V. MAUVE. (DR..Z.)

LARBRÉE. Larbrea. BOT. PHAN. Genre de la famille des Paronychiées, établi par Aug. SAint-Hilaire pour la Stellaria aquatica de Linné, qui diffère essentiellement du genre Stellaria par l'insertion périgynique de ses étamines, caractère qui semblerait l'éloigner de la famille des Caryophyllées. Ce genre peut être ainsi caractérisé: calice tubuleux, urcéolé à sa base, divisé en cinq lobes; corolle formée de cinq pétales bipartis et périgynes, de même que les étamines qui sont au nombre de cinq; ovaire uniloculaire et polysperme, contenant des graines attachées à un trophosperme central; capsule s'ouvrant à son sommet en six valves.

La Larbrea aquatica, St. Hil., est une petite Plante vivace dont les tiges sont rameuses, les feuilles opposées, les fleurs très-petites, blanches, pédonculées et axillaires. Elle croît dans les lieux tourbeux, aux environs de Paris. (A. R.)

LARD ET LARES. MOLL. Noms vulgaires et marchands du Murex Melongena, L., espèce du genre Pyrulde Lamarck. (B.)

LARDÈRE, LARDERELLE ET LARDIER. OIS. Noms vulgaires de la petite Mésange bleue, qu'en d'autres cantons on nomme aussi Larderiche, Lardeire et Lardoire. (B.)

LARDITE. MIN. Ou Pierre de lard; Pierre à magots, synonyme de Pagodite. On a aussi donné ce nom à des Pierres d'une autre nature, qui par leur aspect et leurs veines blanches et rouges avaient auelque ressemblance avec le lard. Tels sont certains morceaux de Quartz que l'on trouve dans les montagnes du Forez. (G.DEL.)

LARDIZABALE. Lardizabala. BOT. PHAN. Ce genre de la famille des Ménispermées, et de la Diœcie Monadelphie, L., a été établi par Ruiz et Pavon (Fl. Peruv. Prodr. p. 143, t. 37), et adopté par De Candolle (Syst. Veget. univ. T. 1, p. 511) qui l'a ainsi caractérisé: fleurs dioïques ou polygames; calice dont les sépales sont disposés sur deux ou trois rangées, alternes, les extérieurs plus grands; six pételes, sur deux rangées, plus petits que le calice, placés sur un réceptacle qui s'élève un peu du fond du calice. Les fleurs mâles ont des étamines dont les filets sont réunis en cylindre, et portent six anthères ovées, distinctes et déhiscentes extérieurement. Les fleurs femelles ont leurs anthères avortées, mais les étamines y sont cependant distinctes; elles renferment trois à six ovaires distincts, surmontés de stigmates sessiles capités et persistans; ces ovaires deviennent des baies charnues, oblongues, à six loges polyspermes. Ce genre se compose de trois espèces indigènes des forêts du Chili et du Pérou. Ce sont des Arbrisseaux grimpans, glabres, dont les feuilles deux ou trois fois ternées, sont portées sur un pétiole articulé dans les ramifications. Les fleurs mâles forment des grappes axillaires, ou des faisceaux raraeux; les pédoncules des fleurs femelles sont uniflores. La pulpe de leurs baies est douce et co-

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mestible. Le Lardizabala bilemata, R. el Pav., a été très-bien figuré dans le Voyage de Lapeyrouse, T. VI, p. 265, t. 67, et 8. On peut en dire autant des L. triternata, Ruiz et Pav., et L. trifoliata, dont les figures 91 et 92 du premier volume des Icones Selecaz de Benj. Delessert, sont excellentes.

(G..N.)

* LARDIZABALÉES. Lardizabaleœ. BOT. PHAN. Dans son Prodromus Regai Fegetabilis T. 1, p. 95, De Candolle a ainsi nommé la première section de la famille des Ménispermées, section caractérisée par les flears le plus souvent dioïques, le nombre symétrique des parties des fleurs mâles, les carpelles distincts, nombreux, polyspermes, pluriloculaires, et par les feuilles composées. Elle renferme les genres Lardizabala, Staunlonia et Burasaia. V. ces mots. (G..N.)

LARDOIRE. OIS. V. LARDÉRE.

LARE. OIS. Traduction du mot Larus. Syn. de Mauve. V. ce mot. (DR..Z.)

LARES, MOLL. V. LARD.

LAREX. BOT. PHAN. On trouve, dans quelques anciens, ce nom emploé pour Larix. V. MÉLÉZE. (B.)

* LARGE-RAIE. POIS. Espèce de Tænianote sous-genre de Scorpœnes. V. ce mot. (B.)

LARGES-DOIGTS. REPT. SAUR. Syn. d'Anolis principalis. V. ANOLIS. On étend quelquefois ce nom aux Geekos. (B.)

*LARGUP. OIS. Espèce des genres Cormoran et Huppe. V. ces mots. (B.)

* LARINUS. INS. Nom donné à un genre établi aux dépens des Lixes, et qui n'a pas été adopté. (G.)

LARIX. BOT. PHAN. V. MÉLÈZE.

* LARME. INF. (Gleichen.) Espèce du genre Cercaire. V. ce mot. (B.)

LARME DE CHRIST ET LARMES DE JOB. BOT PHAN. Ces noms vulgaircs du Coix ont été quelquefois étendus aux graines du Staphylier. V. ce mot. (B.)

LARME DE LA VIERGE. BOT. PHAN. Nom vulgaire de l'Ornithogalum arabicum, Plante africaine que nous avons retrouvée dans l'Andalousie méridionale. (B.)

* LARMES DE GÉANTS. POLYP. FOSS. Ce nom a été donné par d'anciens auteurs à des articulations de la colonne de Crinoïdes ou Encrinc. V CRINOÏDE. (E. D..L.)

LARMES MARINES. ANNEL. Nom sous lequel l'abbé Dicquemare a décrit et figuré dans le Journal de Physique pour l'année 1776 de petites masses gélatineuses de la grosseur d'un grain de raisin, terminées par une longue queue et ressemblant assez bien à des Larmes bataviques. Ces corps singuliers renfermaient des Animaux filiformes qui paraissaient être des petites Annelides. Bosc a supposé que les Larmes marines étaient le frai de quelque Poisson ou de quelque Mollusque; l'observatiou pourra seule éclaircir ce point; mais, à en juger par l'analogie, on pourrait croire que ces vessies glaireuses ne sont autre chose que les cocons de quelque Annelide dans l'intérieur duquel vivraient dant un assez long temps lemps individus, comme cela se remarque dans les Sangsues et les Lombrics (V. Annal. des Sc. Nat. T. IV et v). Ces corps ont été trouvés au Hâvre; ils adhéraient par leur pédicelle à des Plantes mannes. (AUD.)

* LARMIER. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires du genre Coix. V. ce mot. (B.)

LARMILLE. BOT. PHAN. On appelie en quelques cantons, Larmille des champs, le Grémil officinal; et Larmille des Indes, le Coix Larme de Job. (B.)

LAROCHEA. BOT. PHAN. (De Candolle et Haworth.) V. CRASSULE.

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LARONDE. Larunda. CRUST. Genre établi par Leach et correspondant à celui de Cyame. V. ce mot. (G.)

LARRATES. Larratœ. INS. Nom donné par Latreille à une tribu de l'ordre des Hyménoptères, famille des Fouisseurs, é laquelle il donne pour caractères (Fam. Natur. du Règne Anim): labre entièrement caché ou peu découvert; abdomen ovoïdoconique ou conique; mandibules ayant une profonde échancrure au eôté intérieur. Cette tribu (auparavant famille) se distingue de toutes les autres par l'échancrure que présente le bord inférieur des mandibules, qui, à raison de la saillie en forme de dent ou de pointe d'un de leurs angles, ont reçu de Jurine le nom d'éperonnées. Leurs antennes ne sont guère plus longues que la tête et sont insérées à la base d'un chaperon court et transversal; elles sont de treize articles dans les mâles, et de douze dans les femelles; les mandibules sont fort étroites, allongées, arquées, croisées avec l'extrémité pointue et entière; les palpes sont filiformes, les maxillaires ont six articles et les labiaux quatre; la languette est évasée en forme de cœur, échancrée ou bifide, et offre souvent de chaque côté une petite division; la tête est large et aplatie en devant, et les yeux ovales, entiers et souvent convergens, au moins dans les mâles. Tous ont trois yeux lisses très-distincts; le corselet est allongé, troqqué ou très-obtus postérieurement; les ailes supérieures offrent deux ou trois cellules cubitales complètes; l'abdomen est porté sur un très-court pédicule; les pieds sont courts, garnis de petites épines et propres à fouir la terre. Les femelles sont armées d'un aiguillon assez fort. Ils sont très vifs et très-agiles, et on les trouve sur le sable et sur les fleurs.

A. Trois cellules cubitales fermées.

Les genres: PALARE, LARRE et LYROPS

B. Deux cellules cubitales fermées.

Les genres: MISCQPHE, DINÉTE. V. ces mots. (G.)

LARRE. Larra. INS. Genre de l'ordre des Hyménoptères, section des Porte-Aiguillons, famille des Fouisseurs, tribu des Larrates, établi par Fabricius. Ses caractères sont: ailes supérieures ayant une cellule radiale petite, légèrement appendicée, et trois cellules cubitales dont la première plus grande, la seconde recevant les deux nervures récurrentes et la troisième presque demi-lunaire, n'atteiguant point le bout de l'aile; antennes ayant la même forme dans les deux sexes; le second article presque en forme de cône renversé; côté interne des mandibules sans saillie ni dents; languette sans divisions latérales distinctes. Les Larres ressemblent beaucoup aux Pompilles, tant par leurs formes générales et leurs couleurs, que par leurs habitudes; ils s'en distinguent cependant par leur tête qui est plus large, par leurs mandibules et par leurs pates qui sont plus courtes; ils se rapprochent encore plus des Astates, mais ceux-ci sont beaucoup plus grands et leurs mandibules n'offrent point d'éperon. Illiger avait déjà observé que les Larres de Fabricius ne sont point le Insectes que Latreille nomme ainsi, avec la plupart des entomologistes; mais les Hyménoptères qui forment son genre Stize. Jurine a fait aussi la même remarque; Fabricius a séparé des Larres ae Latreille, quelques espèces très-semblables aux autres quant à la physionomie, mais dont la bouche prèsente quelques différences; c'est le genre Lyrops, Jurine ne l'a pas admis. Ces Hyménoptères se trouvent dans les terres sablonneuses des pays chauds, ils affectionnent les fleurs d'Ombellifères, et surtout celles des Carottes. Les femelles piquent fortement. L'espèce qui se trouve le plus souvent en France et dans le Midi, est:

Le LARRE ICHNEUMONIFOBME, L. Ichneumoniformis, Fabr., Panz.

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Faun. Ins. Germ., fasc. 76, tab. 18, mas.); il a près de huit lignes de long; son corps est d'un noir obscur sans taches: son abdomen est d'un noir luisant avec les deux premiers anneaux fauves. Coquebert (Ill. Icones Insect., deuxième décad., pl. 12, fig. 10) en a donné une bonne figure. Le Larra cnathema de la même planche n'eu est peut-être qu'une variété. (G.)

LARREA. BOT. PHAN. Genre de la Décandrie Monogyuie, L., appartenant à la première section des Rutacées de Jussieu ou aux Zygophylées de Brown, très-voisin des Fabagelles. Il présente les caractères suivans: calice à cinq divisions profondes et inégales; cinq pétales alternes plus longs et onguiculés; dix étamines, dont les filets s'insèrent chacun en dehors et à la base d'une écaille bifide; ovaire sur un court support, globuleux, marqué de cinq sillons peu apparens, à cause du poil qui couvre sa surface, à cinq loges dont chacune renferme cinq ou six ovules suspendus à l'angle interne; cinq styles soudés en un seul pentagone et aigu, mais qui finissent par se séparer et se réfléchir au sommet. Le fruit, à cinq angles, se sépare à la maturité en autant de coques indéhiscentes, qui renferment une graine solitaire par avortement, ovoïde-oblon- gue, lisse et pendante; l'embryon verdâtre est enveloppé d'un périsperme blanc, plus épais que lui, et offre une radicule tournée en haut. Les espèces de ce genre, au nombre de trois, croissent dans, l'Amérique méridionale, dans les États de Buenos-Ayres. Ce sont des Arbrisseaux à feuilles opposées et munies à leur base d'une double stipule, tantôt découpées jusqu'au pétiole en plusieurs folioles, tantôt simples et divisées plus ou moins profondément en deux lobes. Leurs fleurs jaunes sont portées sur des pédoncules, qui, solitaires à chaque nœud, naissent entre deux stipules. On peut les voir toutes trois figurées dans les Icônes de Cavanilles, tab. 559 et 560. (A.D.J.)

* LARUNDA. CRUST. (Leach.) V. CYAME.

LARUS. OIS. V. MAUVE.

LARVA. OIS. V. MACAREUX.

* LARVAIRE. Larvaria. POLYP. FOSS. Genre appartenant à l'ordre des Milléporées ou peut-être à celui des Escharrées, et dont les caractères sont: Polypier libre, cylindrique, percé dans son centre, diminuant de grosseur aux deux bouts, couvert de pores simples, disposés par rangées circulaires et régulières, et composés d'anneaux qui tendent à se détacher les uns des autres. Defrance a établi ce genre pour de petits corps cylindriques, poreux, fragiles, percés dans leur centre, que l'on trouve fossiles dans les couches du Calcaire grossier des environs de Paris, à Bracheux et près de Beauvais, au milieu d'un sable quartzeux rempli de Coquilles analogues à celles au Calcaire grossier. Ces corps ne paraissent point avoir été adhérens et semblent être formés d'anneaux qui tendent à se détacher à la manière des pièces articulaires de la colonne des Crinoïdes. Leur surface externe est couverte de pores disposés régulièrement par rangées circulaires. Ces pores traversent l'épaisseur du polypier et s'apercoivent également dans l'intérieur du canal qui le parcourt suivant sa longueur. Ce genre renferme trois espèces décrites par Defrance, dans le Dictionnaire des Sciences Naturelles, tom. 25: ce sont les Larvaria reticulata, limbata, merinula. (E. D..L.)

LARVES. Larva. INS. Nom sous lequel on désigne les Insectes dans leur second âge ou à leur sortie de l'œuf. Les Chenilles et toute espèce de Ver qui deviendra un jour Insecte sont des Larves. L'œuf est le premier degré du développement, la Larve est le second état, la nvmphe le troisième et l'Insecte parfait le quatrième ou dernier. Quelque variées que soient les formes dans ces quatre états, on reconnaît qu'elles sont dues au développement successif des par-

TOME IX. 15

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ties, comme cela se voit dans tous les Animaux, qu'ils soient ovipares ou vivipares. Il nous a paru nécessaire de présenter dans un seul et unique cadre ces diverses périodes. Nous en traiterons au mot MÉTAMORPHOSES. (AUD.)

* LARY. mam. Nouvelle espèce du genre Ecureuil. V. ce mot au Supplément. (IS. G. ST. H.)

LARYNX. ZOOL. L'anatomie humaine a défini le Larynx l'appareil de la voix, et cette définition a passé dans plusieurs ouvrages d'anatomie comparée, quoiqu'elle ne fût nullement admissible pour une grande partie des Vertébrés eux-mêmes. Dans la grande classe des Oiseaux la voix ne se produit pas à l'origine de la trachée-artère, mais à sa terminaison, et cette classe est précisément celle dont la voix a le plus d'étendue, de force et d'éclat. Une autre classe, celle des Poissons, est entièrement muette. On serait donc conduit, par la définition que nous venons de citer, à supposer que l'appareil laryngien manque chez les Poissons, et se trouve transposé chez les Oiseaux. Or, il est bien certain que le Larynx existe chez les Oiseaux, comme partout ailleurs, à l'origine de la tracnéeartère, quel que soit le lieu de la formation de la voix; et Geoffroy Saint-Hilaire est parvenu à démontrer qu'il ne manque nullement chez les Poissons, et que si on l'a méconnu dans cette classe, c'est en partie à cause de son développement plus considérable. Ainsi il s'en faut bien qu'on puisse regarder l'appareil laryngien comme un organe spécial pour la voix: tout ce qu'on peut dire, c'est qu'il offre dans un grand nombre, mais non dans la totalité des Animaux, uneréunion de moyens favorables à la voix.

Nous arrivons ici à la conclusion où nous mène toujours l'étucle d'un organe quelconque. Rien de fixe dans l'organisation, rien de constant hors la connexion: la forme, la fonction même sont toujours fugitives d'un Animal à l'autre; si ce n'est lorsqu'elles viennent à dépendre de la connexion, comme il arrive fréquemment, et comme nous en avons un exemple dans le Larynx lui-même. Ainsi les rapports de position de cet organe en font une dépendance de l'appareil respiratoire, et constamment, en effet, on le voit concourir plus ou moins directement à la respiration; une autre fonction, celle de la production de la voix, venant seulement à s'ajouter à celleci, et devenant même la principale dans certains cas, ceux particulièrement où les fonctions respiratoires du Larynx sont moins importantes et moins directes. Geoffroy Saint-Hilaiie a de même et tout récemment montré qu'une grande partie des organes de l'audition n'étaient que des organes appartenant essentiellement à la respiration, mais tombés hors d'usage; ainsi, les deux fonctions de la production et de la perception de la voix, qui s'opèrent par un mécanisme si merveilleux et par des appareils si admirabl