RECORD: Bory de Saint-Vincent, Jean Baptiste Georges Marie, ed. 1822-31. Dictionnaire classique d'histoire naturelle. 17 vols. Paris: Rey & Gravier. Volume 12.

REVISION HISTORY: OCRed by AEL Data 04.2014. RN1

NOTE: This work formed part of the Beagle library. The Beagle Library project has been generously supported by a Singapore Ministry of Education Academic Research Fund Tier 1 grant and Charles Darwin University and the Charles Darwin University Foundation, Northern Territory, Australia.


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DICTIONNAIRE

CLASSIQUE

D'HISTOIRE NATURELLE.

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Liste des lettres initiales adoptées par les auteurs.

MM.

AD. B. Adolphe Brongniart.

A. D. J. Adrieu de Jussieu.

A. F. Apollinaire Fée.

A. R. Achille Richard.

AUD. Audouin.

B. Bory de Saint-Vincent.

C. P. Constant Prévost.

D. Dumas.

D. C..E. De Candolle.

D..H. Deshayes.

DR..Z Drapiez.

E. Edwards.

E. D..L. Eudes Deslonchamps.

G. Guérin.

G. DEL. Gabriel Delafosse.

GEOF. ST.-H. Geoffroy St.-Hilaire.

G..N. Guillemin.

H.-M. E. Henri-Milne Edwards.

ISID. B. Isidore Bourdon.

IS. G. ST.-H. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire.

K. Kunth.

LAT. Latreille.

La grande division à laquelle appartient chaque article, est indiquée par l'une des abréviations suivantes, qu'on trouve immédiatement après son titre.

ACAL. Acalèphes.

ANNEL. Annelides.

ARACHN. Arachnides.

BOT. CRYPT. Botanique, Cryptogamie.

BOT. PHAN. Botanique. Phanérogamie.

CHIM. ORG. Chimie organique.

CHIM. INORG. Chimie inorganique.

CIRRH. Cirrhipèdes

CONCH. Conchifères.

CRUST. Crustacés.

ECHIN. Echinodermes.

FOSS. Fossiles.

GÉOL. Géologie.

INS. Insectes.

INT. Intestinaux.

MAM. Mammifères.

MICR. Microscopiques.

MIN. Minéralogie.

MOLL. Mollusques.

OIS. Oiseaux.

POIS. Poissons.

POLYP. Polypes.

PSYCH. Psychodiaires.

REPT. BAT. Reptiles Batraciens.

— CHÉL. — Chéloniens.

— OPH. — Ophidiens.

— SAUR. — Sauriens.

ZOOL. Zoologie.

IMPRIMERIE DE J. TASTU, RUE DE VAUGIRARD, N° 36.

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DICTIONNAIRE

CLASSIQUE

D'HISTOIRE NATURELLE,

PAR MESSIEURS

AUDOUIN, Isid. BOURDON, Ad. BRONGNIART, DE CANDOLLE, G. DELAFOSSE, DESHAYES, E. DESLONCHAMPS, DRAPIEZ, DUMAS, EDWARDS, H.-M. EDWARDS, A. FÉE, GEOFFROY SAINT-HILAIRE, Isid. GEOFFROY SAINT-HILAIRE, GUÉRIN, GUILLEMIN, A. DE JUSSIEU, KUNTH, LATREILLE, C. PRÉVOST, A. RICHARD, et BORY DE SAINT-VINCENT.

Ouvrage dirigé par ce dernier collaborateur, et dans lequel on a ajouté, pour le porter au niveau de la science, un grand nombre de mots qui n'avaient pu faire partie de la plupart des Dictionnaires antérieurs.

TOME DOUZIÈME.

NUA-PAM.

PARIS.

REY ET GRAVIER, LIBRAIRES-ÉDITEURS,

Quai des Augustins, n° 55;

BAUDOUIN FRÈRES, LIBRAIRES-ÉDITEURS,

Rue de Vaugirard, n° 17.

AOUT 1827.

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DICTIONNAIRE

CLASSIQUE

D'HISTOIRE NATURELLE.

NUB

* NUAGE OU NUÉE. MOLL. Noms vulgaires et marchands du Cône Tulipe. (B.)

NUAGES. V. MÉTÉORES.

* NUAGEUX. POIS. Syn. de Bolty ou Bolti, espèce du genre Chromis. V. ce mot. (B.)

NUBÉCULA. MOLL. Mauvais genre de Klein (Nov. Meth. Ostrac., pag. 76, pl. 5, n° 90), établi pour quelques Cônes dont les couleurs sont nuageuses, notamment le Conus Geographus des auteurs, que Rumph le premier appela de la sorte. (D..H.)

* NUBÉCULAIRE. Nubecularia. MOLL.? Foss.? Defrance a signalé, sous ce nom, de petits corps irréguliers appliqués sur l'intérieur des Coquilles univalves fossiles de Valognes; ces corps, qu'il est fort difficile de placer dans une classe des Invertébrés, paraissent formés de loges irrégulières dans l'une desquelles on aperçoit, à l'aide de la loupe, une très-petite ouverture vers le bord.

Ces corps singuliers, qui font des pustules dans les endroits où ils adhèrent, ont les bords extrêmement minces; ils ont quelquefois quatre à cinq lignes de longueur. (D..H.)

NUC

* NUCAMENTACÉES. Nucamentacea. BOT. PHAN. Dans ses Fragmens d'ordres naturels, Linné appelait ainsi un groupe qu'il composait des genres Xanthium, Ambrosia, Parthenium, Micropus et Artemisia. Il l'avait d'abord placé auprès des Amentacées; mais plus tard il en fit une section des Synanthérées, et y réunit un grand nombre d'autres genres ayant peu d'analogie entre eux. Ce groupe n'a pu être adopté. (A. R.)

NUCIFRAGA. OIS. (Brisson.) Syn. de Cassenoix. (Daudin.) Syn. de Gros-Bec. V. ces mots. (B.)

NUCLÉOBRANCHES. Nucleobranchiata, MOLL. Blainville (Traité de Malacologie, pag. 491) a établi sous ce nom un nouvel ordre de Mollusques, qui est le cinquième des Mollusques dioïques; il le caracté-

TOME XII. 1

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rise de la manière suivante: organes de la respiration en forme de lanières symétriques, groupées avec les organes digestifs, dans une, petite masse (Nucleus) située à la partie supérieure et ordinairement postérieure du dos; la peau nue, épaisse, comme gélatineuse. Coquille symétrique plus ou moins enroulée longitudinalement ou d'arrière en avant et fort mince. Cet ordre est composé de deux familles: les Nectopodes qui contiennent les genres Firole et Carinaire, et les Ptéropodes qui contiennent les genres Atlante, Spiratelle et Argonaute. L'arrangement et les rapports de ces genres sont bien différens de ce qu'ils étaient avant Blainville (V. HÉTÉROPODES), et l'ordre luimême est bien plus éloigné des Mollusques Céphalopodes que Lamarck ne l'avait pensé, tellement qu'il se trouve ici le dernier de la première classe, les Paracéphalophores dioïques après les Inférobranches. V. NECTOPODES et PTÉROPODES. (D..H.)

NUCLÉOTITE. Nucleotites ECHIN. Genre de l'ordre des Pédicellés, ayant pour caractères: corps ovale ou cordiforme, un peu irrégulier, convexe; ambulacres complets, rayonnant du sommet à la base; bouche subcentrale; anus au-dessus du rebord. Ce genre, que Lamarck a établi aux dépens du grand genre Echinus de Linné, diffère à peine de celui que le premier de ces auteurs a nommé Cassidule (V. ce mot); les espèces qu'il renferme ont également l'anus à la surface supérieure, plus ou moins près du bord; toute la différence consiste en ce que les ambulacres des Nucléotites sont complets et s'étendent jusqu' à la bouche, tandis qu'ils sont bornés à la surface supérieure dans les Cassidules. Les espèces sont peu nombreuses, d'assez petite taille, et n'ont encore été trouvées qu'à l'état fossile: ce sont les N. scutata, columbaria, ovulum et amygdala. (E.D..L.)

* NUCLEUS, MOLL. On donne aujourd'hui ce nom a l'assemblage des viscères saillans ou pendans sous le ventre des Ptéropodes que l'on nomme aussi Nucléobranches. V. ce mot. (D..H.)

NUCULA. BOT. PHAN. (Lobel.) Syn. de Bunium Bulbocastanum. (B.)

NUCULAINE. Nuculanium. BOT. PHAN. Le professeur Richard, dans sa Classification carpologique, nomme ainsi un fruit charnu, provenant d'un ovaire libre, c'est-à-dire non couronné par le limbe du calice et contenant plusieurs noyaux ou nucules disposés circulairement autour de l'axe du fruit. Nous pensons que l'on peut étendre cette définition aux fruits charnus provenant d'un ovaire infère; tels sont ceux du Lierre, du Sureau, du Néflier, des Sapotiliers, etc. (A.R.).

NUCULE. Nucula. MOLL. Les Nucules, confondues par Linné avec les Arches, ne furent séparées de ce genre que par Lamarck; car Bruguière, à l'exemple de Linné, les tenait réunies. C'est dans le Système des Animaux sans vertèbres (1801), que ce démembrement eut lieu pour la première fois. Le nouveau genre fut placé à côté des Pétoncles, des Arches et des Cucullées, avec lesquels il a, sans contredit, beaucoup de rapports, quant à la charnière; ces genres se trouvent ainsi tous disposés pour une famille. Lorsque Lamarck, dans sa Philosophie Zoologique, disposa les Mollusques en un certain nombre de cès coupes, celle où ces genres furent réunis porta le nom d'Arcacées (V. ce mot). De Roissy, en adoptant ce genre, dans le Buffon de Sonnini, lui a conservé les rapports indiqués par Lamarck qui n'y apporta lui-même aucuns changemens dans ses divers ouvrages. Cuvier (Règne Animal) n'a admis ce genre qu à titre de sousgenre des Arches; il le laisse néanmoins en rapport avec les Pétoncles, de manière que ce genre Arche représente la famille des Arcacées de Lamarck. Férussac, Latreille, Blainville, n'ont apporté aucun change-

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ment dans ce genre; de sorte que ses rapports semblent désormais fixés et d'une manière fort naturelle dans la famille des Arcacées, que Blainville nomme aussi Polyodontes. On ne connaissait pas l'Animal des Nucules; Blainville, qui a eu occasion de l'examiner, l'a caractérisé ainsi: corps subtriquètre; manteau ouvert dans sa moitié inférieure seulement, à bords entiers, denticulés dans toute la longueur du dos, sans prolongement postérieur; le pied fort grand, mince à la racine, élargi en un grand disque ovale, dont les bords sont garnis de digitations tentaculaires; les appendices buccaux antérieurs assez longs, pointus, roides, et appliqués l'un contre l'autre comme des espèces de mâchoires; les postérieurs également roides et verticaux. Coquille transverse, ovale-trigone ou oblongue, équivalve, inéquilatérale; point de facettes entre les crochets; charnière linéaire, brisée, multidentée, interrompue au milieu par une fossette ou par un cuilleron oblique et saillant, à dents membraneuses, s'avançant souvent comme celles des Peignes; les crochets contigus, courbés en arrière; ligament marginal et en partie interne, inséré dans la fossette ou le cuilleron de la charnière. Le genre Nucule a été adopté généralement par tous les auteurs, et il présente en effet des caractères suffisans pour être conservé; ce n'est pas seulement à cause de la forme de la charnière, mais encore sur l'Animal lui-même qui diffère assez notablement de celui des Arches et des Pétoncles, comme nous l'avons vu par les caractères que nous avons donnés d'après Blainville. La charnière diffère de celle des Arches et des Cucullées, qui est en ligne droite, de celle des Pétoncles qui est en ligne courbe, en ce qu'elle est en ligne brisée ou anguleuse; elle en diffère encore par le ligament qui, au lieu d'être extérieur et appliqué sur des facettes obliques sous les crochets, s'insère sur un cuilleron interne plus ou moins saillant dans l'angle de la charnière, de manière cependant qu'on peut en apercevoir une petite partie au dehors. Les Nucules sont des Coquilles marines, en général d'un petit volume, d'une forme presque toujours triangulaire, assez épaisses, nacrées, ayant les bords soit entiers, soit crénelés, selon les espèces. Ce caractère peut servir à établir entre elles deux groupes, comme l'a fait Blainville.

† Espèces à bords entiers.

NUCULE LANCÉOLÉE, Nucula lanceolata, Lamk., Anim. sans vert. T. VI, pag. 58, n° 1; Sowerby, Genera of Shells, n° 17, fig. 1. Espèce extrêmement rare et des plus curieuses tant par la forme que par la disposition de la charnière sur une ligne presque droite; elle présente cependant dans son milieu un cuilleron interne pour le ligament; cette Coquille est mince, diaphane, allongée, ayant le côté antérieur atténué, presque pointu; le côté postérieur est plus arrondi, plus large, mais presque aussi long que l'antérieur, car la coquille est presque équilatérale. Elle est toute blanche.

†† Espèces dont les bords sont crénelés.

NUCULE NACRÉE, Nucula margaritacea, Lamk., Anim. sans vert. T. VI, pag. 39, n° 6; Arca Nucleus, L., Gmel., n° 38; Arca margaritacea, Brug., Encyclop., n° 22; Chemnitz, Conch. T. VII, tab. 58, fig. 574 a, b; Encyclop., pl. 311, fig. 3, a, b; Sowerby, loc. cit., n° 17, fig. 7. Espèce répandue dans l'Océan européen, la mer du Nord, la Méditerranée, sur les côtes d'Angleterre; elle se trouve fossile en Italie, à Bordeaux et dans les faluns de la Touraine, à Valognes, en Angleterre, aux environs de Paris, à Courtagnon, Parnes, Grignon, etc.; il en est de cette Coquille comme du Lucina divaricata, qui est également vivant dans l'Océan européen et la Méditerranée, et qui se trouve fossile dans presque tous les lieux où on en observe. (D..H.)

1*

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NUCULE. Pyrena. BOT. PHAN. On appelle ainsi chacun des petits noyaux osseux contenus dans un Nuculaine. V. ce mot. (A. R.).

NUDIBRANCHES. Nudibranchia. MOLL. Ce fut Cuvier qui institua le premier l'ordre des Nudibranches parmi les Mollusques Gastéropodes. Duméril l'avait indiqué sous le nom de Dermobranches, et Lamarck ne l'a point admis; les Mollusques qu'il renferme ont été placés par ce dernier auteur dans la famille des Tritoniens, la première des Gastéropodes. Férussac, dans ses Tableaux Systématiques, a imité Cuvier, quant à la place de l'ordre qui est aussi le premier des Gastéropodes; mais il le divise en deux sousordres, le premier les Anthobranches de Goldfuss, qui contiennent une seule famille, les Doris. Cette famille est composée des trois genres Doris, Onchidiore et Polycère. Le second sous-ordre, les Polybranches de Blainville, est divisé en deux familles: la première, sous le nom de Tritonie, rassemble les quatre genres Tritonie, Doto, Téthys et Scyllée; et la seconde, les Glauques, en a également quatre, Laniogere, Glauque, Eolide et Tergipe. Férussac, dans cet arrangement, a admis trois genres de plus que Cuvier; ce sont: Onchidiore, Doto et Laniogère. Blainville n'a point adopté la dénomination de Nudibranches; il a divisé cet ordre de Cuvier en deux ordres, les Polybranches et les Cyclobranches (V. ces mots); mais ces deux ordres sont loin d'être placés, dans la méthode, dans les rapports indiqués par les auteurs qui ont précédé; ils sont ici dans la deuxième sous-classe des Mollusques, les Paracéphalophores monoïques, dans la seconde section de ces Mollusques qui rassemble ceux dont les organes de la respiration et la coquille, quand elle existe, sont symétriques; cette section contient trois ordres, les Aporobranches, les Polybranches et les Cyclobranches (V. ces mots, le premier au Suppl.).

Latreille (Familles Naturelles du Règne Animal) a admis l'ordre des Nudibranches; il le place comme lui au commencement des Gastéropodes, et il le divise en trois familles, les Orobranches, les Séribranches et les Phyllobranches (V. ces mots). Ce qui nous a surpris, c'est de trouver le genre Carinaire dans la première famille, les Orobranches, en rapport avec les Doris, les Polycères et Onchidiores: nous discuterons cette opinion à l'article de la famille que nous venons de citer. (D..H.)

NUDICOLLES. OIS. Duméril nomme ainsi dans sa Zoologie Analytique sa première famille des Rapaces, qui contient les genres Vantour et Sarcoramphe. V. ces mots. (B.)

NUDICOLLES. Nudicolles. INS. Tribu de l'ordre des Hémiptères, section des Hétéroptères, famille des Géocorises, établie par Latreille, et ayant pour caractères: base de la tête souvent rétrécie en forme de col allongé; corps oblong, plus étroit en avant, avec les pieds antérieurs courts, coudés ou courbés; antennes sétacées; bec à nu, arqué, de trois articles; labre court, sans stries. Les Géocorises de cette tribu diffèrent de celles qui composent la tribu des Membraneuses, par le bec qui, dans ces derniers, est droit et engaîné à sa base ou dans toute sa longueur; les Oculées en sont séparées par leurs yeux très-gros et par leur tête qui n'est point rétrécie postérieurement. Les Nudicolles sont carnassiers et piquent très-fort avec leur bec quand on les inquiète. Ils habitent en général sur les Plantes ou à terre; quelques-uns vivent dans nos maisons. Latreille place cinq genres dans cette tribu. V. les articles HOLOPTILE, RÉDUVE, PÉTALOCHEIRE, NABIS, ZELUS et PLOIÈRE, tant à leurs lettres qu'au Supplément. (G.)

* NUDILIMACES. Nudilimaces. MOLL. Latreille (Familles Naturelles du Régne Animal, pag. 178) divise le quatrième ordre des Gastéropodes,

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les Pulmonés, en trois familles dont la première est désignée sous le nom de Nudilimaces; cette famille est la même que celle des Limaciens de Lamarck, moins le genre Vitrine. Latreille a adopté pour l'arrangement des genres qu'elle contient celui que Férussac a proposé dans son ouvrage sur les Mollusques terrestres et fluviatiles; voici dans quel ordre ils ont été placés;

† Point de coquille extérieure.

1°. Corps entièrement cuirassé.

Deux tentacules.

Genres: ONCHIDE, ONCHIDIE.

Quatre tentacules.

Genres: VAGINULE, VÉRONICELLE.

2°. Corps cuirassé seulement antérieurement.

Quatre tentacules rétractiles dans tous.

Genres: LIMACE, ARION, LIMACELLE, PARMACELLE.

††Une coquille extérieure.

Quatre tentacules.

Genres: PLECTROPHORE, TESTACELLE. V. LIMACIENS. (D..H.)

* NUDIPÈDE. MAM. Espèce du genre Marte. V. ce mot. (IS. G. ST.-H.)

NUDIPÈDES. OIS. Vieillot donnece nom au premier ordre des Gallinacées, qui contient, dans sa méthode, les genres Hocco, Dindon, Paon, Eperonnier, Argus, Faisan, Coq, Monaul, Pintade, Rouroul, Tocro, Perdrix, Tinamou et Turnix. V. tous ces mots. On a aussi appelé Nudipède une espèce de Hibou. V. CHOUETTE. (B.)

NUDIPELLIFÈRES. REPT. Cette classe, la quatrième du Système de Blainville, contient quatre ordres:

Les BATRACIENS, qui sont les Grenouilles, Crapauds, etc.

Les PSEUDO-SAURIENS OU Salamandres.

Les AMPHIBIENS, qui sont les Protées et les Syrènes.

Les PSEUDOPHYDIENS, ou Cœcilies. (B.)

* NUÉE. MOLL. V. NUAGE.

NUÉE D'OR. MOLL. Nom vûlgaire et marchand du Conus Magus. (B.)

NUGA. BOT. PHAN. Espèce du genre Guilandina, figuré dans l'Herbarium Amboinense, T. v, tab. 50. (B.)

NUIL. BOT. PHAN. (Feuillée, Per. part, 2, tab. 17. ) Syn. de Neottia diuretica, Willd. (B.)

NULLIPORE. Nullipora. POLYP. Genre de productions marines de l'ordre des Milléporées? dans la division des Polypiers entièrement pierreux, ayant pour caractères Polypier solide, inarticulé, polymorphe, rameux, subfoliacé, encroûtant, ou en masse informe, formé d'une substance calcaréo-gélatineuse, à surface presque toujours lisse et sans pores apparens, ou couverte çà et là de granulations tuberculeuses. Quoique plusieurs auteurs aient regardé ces productions marines comme de simples concrétions calcaires inorganiques, tous les avaient réunies aux Millépores, sans doute par analogie de forme. Lamarck, dans son Système des Animaux sans vertèbres (p. 334), distingua ces productions des Millépores et les nomma Nullipores; mais dans son Histoire des Animaux sans vertèbres (T. II, p. 203), il a réani les Nullipores aux Millépores, à la vérité dans une section particulière. Ce nouveau rapprochement ne semble pas naturel, et nous ne croyons pas que les Nullipores appartiennent à la famille des Milléporées. Outre le caractère essentiel (l'absence de pores à la surface), la structure intérieure des Nullipores, bien vue, bien décrite, bien figurée par Ellis, ne permet pas de les laisser avec les Millépores. Nous savons que la plupart des auteurs soutiennent qu'Ellis s'est trompé, qu'il a cru voir plutôt qu'il n'a vu réellement la structure de ces êtres, que s'il a remarqué des porosités, c'étaient des porosités de matières inorganiques. Ni l'une ni l'autre de

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ces assertions n'est vraie; Ellis a vu la réalité, et les Nullipores ne sont point des corps inorganiques. En suivant le procédé qu'indique Ellis, c'est-à-dire en fracturant obliquement des fragmens de Nullipores, nous avons pu observer cette structure sur les Millepora agariciformis, Lamk., et ses nombreuses variétés, M. calcarea, Lamk., et 281; sur le M. fasciculata, Lamk., var. B. Nous n'en pouvons donner une idée plus exacte qu'en la comparant, pour l'aspect, à la structure interne de la coquille de la Sèche officinale. Ce sont de petites lames transversales entre lesquelles existent une infinité de petites colonnes perpendiculaires, mais le tout avec des proportions moindres que dans la coquille de la Sèche. L'on ne peut presque jamais observer cette structure sur tous les points d'un même échantillon, mais sur quelques-uns seulement, et plus facilement à l'extrémité des branches ou des lames. Il est plusieurs espèces ou variétés sur lesquelles nous n'avons pu apercevoir cette structure en aucun point; ce sont en général les plus compactes. Dans les points où l'on peut distinguer la structure interne, elle est recouverte à l'extérieur par une lame assez épaisse, et qui paraît entièrement compacte; cette lame est ordinairement colorée en rose pâle, verdâtre, ou jaunâtre. En soumettant à l'action des Acides affaiblis de petites plaques des espèces ou variétés de Nullipores membraniformes, et les laissant ensuite sécher sur de petits morceaux de vérre, on découvre assez bien cette structure qui semble alors tout-à-fait analogue à ce qu'on obtient en soumettant à la même expérience des fragmens de Coralline. Nous ne doutons point que les Nullipores ne doivent être rapprochées des Corallines, et que l'affinité de ces productions entre elles ne soit plus grande qu'on ne le croirait au premier aperçu. C'est la même consistance, la même composition chimique, les mêmes couleurs. Nous ajouterons que toutes les fois que nous avons pu observer la Coralline officinale et les espèces qui lui ressemblent le plus, fixées sur les corps solides où elles se sont développées, il y avait toujours alors un large empâtement, une sorte de croûte de matière en tout semblable à certaines variétés de Nullipores; les grains articulés de Coralline en naissent immédiatement; enfin il nous semble qu'on pourrait regarder une Coralline comme un Nullipore articulé, ou un Nullipore comme une masse de matière de Coralline sans articulations. Rien n'est plus variable que la forme de ces productions; tantôt elles sont élégamment ramifiées, et leurs rameaux cylindriques, plus ou moins gros, souvent dichothomes, s'anastomosent quelquefois entre eux; tantôt leurs ramifications sont irrégulières, inégales, bosselées, tortueuses; elles ne paraissent pas toujours avoir été fixées à quelque corps solide, mais leur ensemble forme une masse irrégulièrement arrondie, couverte de tous côtés de rameaux courts; tantôt les Nullipores sont étendus en membranes larges, minces, prolifères, à bords irrégulièrement arrondis, et paraissent s'être développés, non sur des corps solides, mais sur quelque chose de mou qui aurait disparu; on trouve souvent entre ces lames de la vase ou du sable; d'autres fois les lames sont assez épaisses, solides et moins larges que dans le cas précédent; elles se croisent et se coupent entre elles dans toutes sortes de directions; le plus souvent les Nullipores encroûtent sous la forme de membrane plus ou moins épaisse, et adhèrent souvent avec beaucoup de force à la surface des pierres des Coquilles vivantes ou mortes, des Polypiers pierreux, des Fucus, etc. On ne peut se faire une idée de toutes ces formes et de leurs variétés qui sont sans nombre, qu'en voyant rassemblés dans un même lieu des Nullipores de tous les pays; et en même temps on ne peut méconnaître que les êtres revêtus de formes si diverses appartiennent à un même

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genre, et peut-être ne se tromperaiton pas en avançant qu'ils sont tous de la même espèce, tant on trouve de nuances qui mènent des uns aux autres, et semblent tout confondre. Aussi règne-t-il la plus grande confusion dans la définition des espèces et leur synonymie. Ne pouvant entrer ici dans aucune discussion critique, nous nous contenterons de citer les espèces admises par Lamarck dans la seconde section de ses Millépores. N. informis, racemus, fasciculata, byssoides, calcarea, agariciformis. Les Nullipores se trouvent dans toutes les mers et à toutes les latitudes; c'est une des productions la plus répandue dans la nature; il en existe également de fossiles. (E.D..L.)

NUMENIUS. OIS. V. COURLIS.

NUMIDIA. OIS. Syn. de la Pintade qu'on avait d'abord appelée Poule de Numidie. (DR..Z.)

NUMMISMALES. MOLL. FOSS. On donnait ce nom à des corps lenticulaires organisés fossiles qui ont une forme circulaire, et quelque ressemblance avec des pièces de monnaie. On les nomme aujourd'hui Nummulines. V. ce mot. (D..H.)

*NUMMULACÉES. Nummulacea. MOLL. Blainville, dans son Traité de Malacologie, a proposé cette famille parmi les Multiloculaires pour rassembler un certain nombre de genres dont les caractères communs seraient les suivans: Animal entièrement inconnu, contenant probablement dans sa partie dorsale, et verticalement placée, une coquille ou un corps crétacé, discoïde ou lenticulaire, ne laissant voir à l'extérieur aucune trace des tours de spire entièrement intérieure et partagée en un grand nombre de petites loges ou cellules séparées par des cloisons sans siphon. Les genres contenus dans cette famille sont les suivans: Nummulite, Hélicite, Sidérolite, Orbiculine, Placentule et Vorticiale auxquels nous renvoyons. (D..H.)

NUMMULAIRE. Nummularia. BOT. PHAN. Espèce du genre Lisimaque. (V. ce mot.) On a même étendu ce nom au Linnæa borealis. (B.)

* NUMMULIE. MOLL. (Denys Montfort.) Syn. de Nummuline. V. ce mot. (B.)

NUMMULINE. Nummulina. MOLL. La découverte d'espèces vivantes dans ce genre a dû faire changer le nom de Nummulite en celui de Nummuline. D'Orbigny est le premier qui ait proposé ce changement; il est peu de corps dans la nature qui aient fait naître, chez les anciens comme chez les modernes, un plus grand nombre d'opinions plus ou moins bizarres, plus ou moins justes. Trèsrépandues, formant quelquefois des montagnes entières ou couvrant de vastes contrées; d'une forme discoïde, quelquefois aussi grandes que des pièces de monnaie; d'autres fois pas plus grandes que des lentilles, les Nummulines ont servi tour à tour à expliquer des miracles et à exercer la sagacité des naturalistes ou des écrivains de presque tous les âges. Strabon, qui avait vu l'Egypte et visité les Pyramides, avait remarqué la grande abondance de pierres lenticulaires dont les décombres étaient remplis, et avait admis l'opinion, sans doute déjà populaire alors, qu'elles étaient les résidus des alimeus des ouvriers qui s'étaient pétrifiés. Ce serait supposer qu'ils ne vécurent que de lentilles. Dans son trente-sixième livre de l'Histoire Naturelle, Pline parle aussi des pierres lenticulaires, mais il ne cherche pas à en expliquer l'origine. Il constate seulement ce fait, qu'elles sont répandues dans les sables de la plus grande partie de l'Afrique.

L'opinion populaire que les pierres lenticulaires ont une origine miraculeuse, fut long-temps accréditée par les historiens eux-mêmes qui écrivirent au renouvellement des lettres. Nous laisserons les naturalistes de la même époque, et même d'une époque moins reculée, les Imperato, les Kiro-

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her, les Langius, etc., se conformer à l'opinion vulgaire, pour arriver à un temps où les auteurs cherchèrent à donner aux Nummulites une origine plus naturelle et plus raisonnable. Nous ne parlerons point de Mercati quoiqu'il ait figuré plusieurs espèces dans son Metalloteca vaticana. Nous ne relèverons pas non plus l'opinion de son commentateur Lancisi qui a pris ces corps pour des écussons d'Oursins; il fallait voir les choses bien superficiellement pour émettre de telles idées. Que dirons-nous donc de Bourguet qui, dans ses Lettres philosophiques, voulut prétendre que les Nummulites étaient des opercules d'Ammonites? Il suffit de rappeler une telle opinion pour en découvrir tout le ridicule. Bourguet est d'autant moins excusable, que Scheuchzer avant lui, et le premier de tous les auteurs, après un examen approfondi des Nummulites les avait justement comparées avec les Ammonites et les en avait rapprochées. Quant à leur origine, si Scheuchzer manifeste quelques doutes, cependant on doit croire, par l'analogie même qu'il leur trouvait avec les Ammonites, qu'il les considérait comme d'origine animale. Cette opinion de Schouchzer, que l'on attribua à Breyne, qui n'eut d'autre mérite que de l'adopter, fut contredite par plusieurs auteurs. Bruchman d'abord pensa que ce pourrait bien être des Coquilles bivalves. Cette pensée a dû naître de la facilité avec laquelle on sépare quelquefois les Nummulites en deux parties égales dans leur plan vertical. Spada, qui a publié un Catalogue des pétrifications, a eu la même idée que Bruchmann, mais il pensait que ces Coquilles bivalves ne devaient point s'ouvrir à la manière des autres Bivalves, mais bien comme quelques Univalves, ce qui implique évidemment contradiction, et ce qui prouve que Spada ne savait trop à quoi s'en tenir sur les Nummulites, dont il a écrit sans en connaître la structure et les rapports. Ces diverses erreurs ne devaient pas être les seules auxquelles les Nummulites pouvaient donner naissance. Quelques espèces de véritables Nummulites sont striées du centre à la circonférence, et quelques personnes, par un examen peu attentif, les ont confondues avec de véritables Polypiers. Scheuchzer est peut-être, le premier, cause de cette confusion, car en parlant des pierres lenticulaires, il les décrit avec des stries rayonnantes, ce qui n'est applicable qu'à quelques espèces, et les auteurs suivans, confians dans cette description de l'oryctographe de Zurich, ont rapporté aux Nummulites d'autres corps nummiformes appartenant à la classe des Polypiers. Linné ne tomba pas dans cette faute; il sépara bien clairement, dans le Systema Naturæ, sous le nom de Madrepora porpita, p. 3756, n. 3, les Polypiers nummiformes des véritables Nummulites qu'il plaça dans le genre Nautile sous la dénomination de Nautilus helicites, p. 3791, n. 6. Ce rapprochemeut de Linné, quoique blâmé par plusieurs naturalistes, était cependant le seul qui pût mettre sur la voie des déterminations exactes; aussi fut-il presque généralement adopté. Valch, Gesner, Guettard, Targioni, Fichtel, la suivirent. De Saussure, ce savant géologue, se forma la même idée, après l'examen des différens corps qu'avant Linné on confondait avec les Nummulites. Il en sépara les Polypiers, après des incertitudes nombreuses. Bruguière trouva les opinions à peu près fixées à l'égard des Nummulites; ce réformateur de Linné sentit que ce ne pouvait être ni de véritables Nautiles ni des Ammonites; il créa pour elles un nouveau genre qu'il laissa près des Nautiles. Il lui donna le nom de Camérine. Cet auteur estimable attribua à tort à Gesner le mérite du rapprochement des Nummulites et des Nautiles, qui appartient, comme nous l'avons vu, à Scheuchzer; mais Bruguière fut le premier qui, par une connaissance approfondie des rapports, chercha à déterminer, par une heureuse hypo-

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thèse, la nature de l'Animal constructeur des Nummulites. Il conclut, avec juste raison, que cet Animal ne doit ressembler à aucun de ceux qui sont connus; qu'il ne peut être contenu dans sa coquille, mais bien la coquille elle-même être intérieure ou demi-intérieure, et qu'elle ne doit adhérer à l'Animal que par un seul point, la dernière cloison dans laquelle un muscle ou un ligament doit s'insérer; peut-être cette dernière opinion serait-elle susceptible d'être encore discutée. Quoi qu'il en soit, cette manière rationnelle de considerer la chose a dû avoir une grande influence sur les zoologistes qui suivirent Bruguière; il leur fut plus facile de pousser plus loin leur investigation par les progrès de la science, et d'établir le rapport des Camérines et des Sèches, et plus tard avec les Spirules dont la connaissance jeta un si grand jour sur la classe des Céphalopodes. Cuvier, dans son Traité Elémentaire d'Histoire Naturelle des Animaux, publié en 1798, rapprocha, comme Bruguière, les Camérines des Nautiles; il adopta même la dénomination de Bruguière, et manifesta encore quelques doutes qui disparurent dans ses autres ouvrages. L'année suivante, Deluc, dans le Journal de Physique, 1799, donna quelques détails sur les Nummulites de la perte du Rhône, et trouva justement qu'elles n'ont point d'analogie avec les Nummulites ou Camérines de Bruguière, d'où la nécessité pour lui de proposer leur séparation en deux genres, ce qui était fait avant lui par Targioni, De Saussure, Bruguière, etc. Cependant toutes ces observations confirmatives de la part des savans distingués auraient dû être de quelque poids dans l'opinion de Fortis qui publia, en une année après que le Système des Animaux sans vertèbres de Lamarck eut paru, un long Mémoire sur les Nummulites qu'il nomma Discolithes; s'il avait mieux profité des travaux de l'illustre professeur, il ne serait pas tombé dans une confusion impardonnable, puisque déjà Lamarck avait séparé en genres les divers corps qu'il s'obstina a ranger dans son genre Discolithe. Ainsi Fortis, malgré l'autorité des zoologistes et des géologues les plus recommandables, continua à confondre des Polypiers avec des Coquilles cloisonnées appartenant à plusieurs genres. Les Polypiers dépendent du genre Orbulite ou Orbitolite de Lamarck, et les Coquilles des Nummulites et des Mélonies (V. ORBITOLITE, MÈLONIE et DISCOLITHE.) Le plus grand nombre des auteurs que nous allons maintenant citer ont adopté plus ou moins complètement l'opinion de Bruguière ou de Lamarck, en la modifiaut selon les connaissances acquises. Nous citerons d'abord Roissy qui, dans le Buffon de Sonnini, pense que les Nummulites devaient être libres dans l'Animal, puisque, dans les individus bien entiers, il n'y a aucune ouverture ni aucune trace d'adhérence musculaire. Cette circonstance, déjà appuyée par Fortis, porte Roissy à penser que l'Animal des Nummulites doit être fort voisin des Sèches. Dans la Philosophie Zoologique, Lamarck démembra les Lenticuliles des Nummulites sur le motif insuffisant que les premières ont une ouverture, et que les seconds n'en ont pas. Ces deux genres sont placés à la fin de la famille des Lenticulacées, qui commence les Céphalopodes. Montfort (Conchyliologie Systématique, T. I, p. 155) ne s'est pas contenté d'adopter les Nummulites auxquelles il donne le nom de Nummulie. Il a confondu une de leurs espèces avec un genre fort différent, les Rotalites de Lamarck (V. ce mot), parce qu'elle est rayonnée du centre à la circonférence. Cet auteur retombe aussi dans la même faute que Fortis, c'est-à-dire qu'il rapproche des Nummulites, et qu'il place parmi les Coquilles cloisonnées, de véritables Polypiers du genre Orbitolite de Lamarck qu'il démembre mal à propos en deux genres, Discolithe et Licophore (V.

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ces mots.) Lamarck, qui a opéré des changemens notables dans l'arrangement de Céphalopodes (Extrait du Cours, 1811), a placé, bien à tort selon nous, les Lenticulines et les Nummulites dans deux familles: les premières dans les Radiolées, avec es Rotalies et les Placentules; les secondes, parmi les Nautilacées, avec les Discorbes, les Sidérolithes, les Vorticiales et les Nautiles. Cuvier ne suivit pas Lamarck, il conserva (Règne Animal) le genre Camérinc de Bruguière dans lequel il rangea comme sous-genres les Camérines propres, les Sidérolithes, les Rénulites, les Mélonies, les Milioles, les Pollonthes et les Aréthuses. A l'exception des deux premiers sous-genres, les autres ont peu de rapports avec les Nummulites, qui, dans le système de Cuvier, suivent les Ammonites, et sont séparées des Nautiles, dans lesquels les Lenticulines sont placées, par les genres Bélemnite, Hippurite et Ammonite. Lamarck, dans son dernier ouvrage, n'a rien changé, relativement à ce genre, à ce qu'il avait fait dans l'Extrait du Cours; ainsi les Lenticulines et les Nummulites sont toujours séparées et sont restées dans les mêmes rapports. Férussac n'a composé sa famille des Nautiles que de deux genres, Lenticulines et Nautiles, qui sont divisés en un assez grand nombre de sous-genres, et à l'exemple de Lamarck et de Cuvier, il n'y a pas réuni les Nummulites, dont il a fait une famille à part, en leur conservant le nom de Camérine donné par Bruguière. Cette famille des Camérines se compose des quatre genres Sidérolithe, Nummulite, Orbiculine et Mélonie. Les deux premiers genres ont entre eux des rapports, mais les deux autres n'en ont aucun. L'arrangement des Lenticulines, qui ont tant d'analogie avec les Nummulites, qu'il n'est pas possible de les séparer, est véritablement curieux danstles Tableaux Systématiques, puisqu'on y trouve divisés en quatre groupes qui contiennent un grand nombre de genres dont l'analogie est loin d'être certaine: 1° Storille, Florilie, Cellulie, Andromède, Nonione et Mélonie de Montfort, tous rapportés aux Vorticiales de Lamarck; 2° les genres Théméone, Chrysole, Pélore, Géopone et Sphinctérule de Montfort; 3° les genres Hérione, Patrocle, Robule, Rhinocure et Lampadie; 4° enfin, les genres Phonème, Elphide et Macrodite, toujours de Montfort. Blainville a suivi à peu près les mêmes erremens que Férussac; il a séparé seulement sur des stries rayonnantes le genre Hélicite des Nummulites qu'il éloigne des Nautiles et des Lenticulites auxquelles il rapporte, comme Férussac, un grand nombre de genres de Montfort qui n'ont souvent entre eux que fort peu d'analogie. Mais ce chaos, dans lequel cette partie de la Conchyliologie se trouvait plongée, devait être bien tôt éclairci. De Haan d'abord opéra un grand changement en établissant les deux grandes coupes si naturelles des Coquilles à siphons et des Coquilles sans siphons, ce qui fait Voir sur-lechamp dans laquelle des divisions doivent être les Nummulites, et pour quoi elles ne peuvent rester dans la même famille que les Nautiles. D'Orbigny fut inspiré de la même idée presque en même temps que De Haan; il donna le nom de Foraminifères à cette grande famille, quoique plusieurs genres, tels que celui qui nous occupé dans ce moment, aient des cloisons imperforées, et ne soient pas, par conséquent, foraminifères. C'est dans la famille des Hélicostègues, section des Nautiloïdes, que sont placées les Nummulines en rapport avec les Sidérolines, les Nonionmes, les Cristellaires, etc. Le genre Nummuline de D'Orbigny rassemble les Lenticulines et les Nummulites de Lamarck, les Nummulites et les Hélicites de Blainville, et les genres Numulie, Licophre, Rotalie et Egéone de Montfort. De tous ces genres, les Licophres seules, qui sont des Polypiers très-voisins des Orbitolites, ne devraient pas faire partie des Num-

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mulites. Ce genre est caractérisé de la manière suivante par D'Orbigny: ouverture contre l'avant-dernier tour de spire, masquée dans l'âge adulte; coquille discoïdale, dépourvue d'appendices. Il se divise en deux sousgenres: 1° les Nummulines dont les tours de spire sont embrassans à tous les âges; 2° les Assilines qui ont les tours de spire apparens à un certain âge.

Il existe un assez grand nombre d'espèces de Nummulines; comme elles sont presque toutes lisses, qu'elles sont aussi quelquefois assez variables dans leur forme, que souvent leur taille dépend de l'âge, on doit sentir qu'il a dû être difficile de caractériser les espèces; aussi trouve-t-on beaucoup de confusion dans la synonymie, surtout des auteurs anciens qui ont précédé Linné, et même dans quelques-uns de ceux qui l'ont suivi. Nous ne pouvons prétendre, dans un ouvrage comme celui-ci, donner toutes les espèces; nous devons nous contenter de citer quelques exemples.

NUMMULINE LISSE, Nummulina lævigata, D'Orb.; Nummulites lævigata, Lamk., Anim. sans vert. T. VII, pag. 629, n° 1; Camerina lævigata, Brug., Dict. Encyclop., n° 1; Nautilus lenticularis, Fichtel, tab. 6, fig. a-b, et tab. 7, c, d, e, f; Guettard, Mémoires, T. III, pl. 13, fig. 1, a, 10; D'Orbigny, Mém. de la clas. des Céph., Ann. des Scien. Nat. T. VII, pag. 295, n° 1.

NUMMULINE ROTULÉE, Nummulina rotulata, D'Orb., loc. cit., n° 8; Lenticulites rotulata, Lamk., Anim. sans vert. T. VII, pag. 620, n° 3; Encycl. Méthod., pl. 466, fig. 5; Parkins., Org. Rem., tab. 11, fig. 4. (D..H.)

NUMMULITE. Nummulites. MOLL. Nom que Lamarck a donné aux Camérines de Bruguière, et qui a été consacré pendant tout le temps que l'on n'a connu de ces Coquilles qu'à l'état fossile ou de pétrification; aujourd'hui qu'elles sont connues vivantes ou à l'état frais, on doit préférer le mot Nummuline employé par D'Orbigny. V. ce mot. (D..H.)

NUNDI. BOT. PHAN. V. NARUNINDI.

NUNNESIA OU NUNNEZARIA. BOT. PHAN. Ce genre de la famille des Palmiers, institué par Ruiz et Pavon dans leur Flore du Pérou, paraît devoir être réuni au Martinezia des mêmes auteurs. V. MARTINÉZIE. (G..N.)

* NUPHAR. Nuphar. BOT. PHAN. Ce genre, établi par Smith (Prodr. Fl. Græc.) pour le Nymphæa lutea, L., fait partie de la famille des Nymphéacées. C'est le même auquel le professeur Richard a donné le nom de Nymphosanthus, qui ne peut être adopté. On peut caractériser le genre Nuphar de la manière suivante: le calice se compose de cinq à six sépales colorés et pétaloïdes; la corolle de dix à dix-huit pétales très-courts, insérés ainsi que les étamines au-dessous de l'ovaire, et nullement sur les parois de celui-ci, comme dans le Nymphæa. Cesétamines sont fort nombreuses, recourbées en dehors, ayant leurs filets planes. L'ovaire est libre, ovoïde, terminé supérieurement par un stigmate concave, discoïde et rayonné. Le fruit est une péponide charnue intérieurement, où elle est séparée par autant de fausses cloisons membraneuses qu'il y a de lobes au stigmate. Les graines sont très-nombreuses, renversées, pendantes et attachées aux parois de ces fausses cloisons. Leur tégument propre est double; l'extérieur plus épais est comme crustacé; l'interne est mince et pellucide; il recouvre un endosperme charnu, blanc, et à la base duquel est placé un embryon extraire, ayant la même direction et la même structure que dans le genre Nénuphar (V. ce mot). Les espèces de ce genre sont assez peu nombreuses, tout-à-fait semblables aux espèces du genre Nénuphar par leur port et les localités où elles croissent. Parmi ces espèces, nous citerons ici:

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Le NUPHAR COMMUN, Nuphar luitea, Smith, loc. cit; D. C., Syst. Nat. Veg., 2, p. 60; Nymphæa lutea, L. C'est une Plante très-commune dans les rivières dont le cours est peu rapide. Ses feuilles, longuement pétiolées, sont cordiformes, arrondies, obtuses et nageantes à la surface des eaux; ses pédoncules sont cylindriques, élevant les fleurs au-dessus de l'eau. Celles-ci sont jaunes, assez grandes, donnant naissance à des fruits ovoïdes, de la grosseur d'une tête de pavot blanc, amincis vers leur sommet où ils sont comme tronqués par le stigmate. Leur partie corticale se rompt irrégulièrement en lanières qui s'enlèvent de la base vers le sommet. Cette espèce, très-commune dans presque toutes les parties de l'Europe, se trouve aussi eu Géorgie et jusque dans les lacs de l'Amérique septentrionale.

Les autres espèces rapportées à ce genre sont: Nuphar pumila, Smith, qui croît en Ecosse et en Laponie; Nuphar Kalmiana, Ait., Kew., de l'Amérique septentrionale; Nuphar japonica, D. C., figuré dans les Icones selectæ du baron Delessert (vol. 2, tab. 6 ); Nuphar sagitlæfolia, Pursh, de l'Amérique septentrionale, et Nuphar advena, Ait., également de l'Amérique boréale, (A. R.)

NURSIE. Nursia. CRUST. Genre de l'ordre des Décapodes, famille des Brachyures, tribu des Orbiculaires (Leucosidea, Leach), établi par Leach et adopté par Latreille. Les caractères de ce genre sont: tige externe des pieds-mâchoires extérieurs dilatée; pieds de la première paire anguleux, avec les doigts des pinces fortement infléchis; carapace un peu avancée en forme de rostre, ayant ses côtés postérieurs échancrés et dentelés; avant-dernier article de l'abdomen du mâle pourvu d'une petite pointe à son bord postérieur. Ce genre se distingue des Leucosies par la carapace qui est rhomboïdale, tandis qu'elle est globuleuse dans ces derniers, et par d'autres caractères tirés de la forme des pieds-mâchoires. Les Ebalies ont la tige externe des pieds-mâchoires linéaire, ce qui n'a pas lieu dans les Nursies. Les espèces de ce genre sont propres aux mers des Indes et de la Nouvelle-Hollande. On n'en connaît que deux. Celle qui a été décrite par Leach et qui-a servi de type à son genre est:

La NURSIE D'HARDWICK, Nursia Hardwickii, Leach, Zool. Miscel., tab. 3, p. 20; Desm., Dictionn. des Scienc. Nat. et Cons., p. 166. Carapace à quatre dents de chaque côté, ayant sur son milieu trois tubercules disposés en triangle, et près de son bord postérieur, une ligne transversale élevée portant un tubercule; front avancé, quadrifide. Cette espèce vient de l'Inde. Latreille en connaît une autre qu'on a rapportée de la Nouvelle-Hollande. (G.)

NUSAR. MOLL. Adanson (Voy. au Sénég., pl. 18) nomme ainsi une Coquille du genre Donace; Linné lui a donné le nom de Donax denticulata que Lamarck a adopté. (D..H.)

NUSSHOLZSTEIN. MIN. Nom allemand d'une variété de Gypse compacte rubanné, des environs d'Osterode, au pied du Harz. (G. DEL.)

NUTRITION, ZOOL. BOT. La Nutrition est cette fonction par laquelle tous les êtres organisés convertissent en leur propre substance, pour les faire servir à l'entretien et à l'accroissement de leurs diverses parties, les matériaux nutritifs élaborés par les fonctions organiques et assimilatrices. But et complément de ces fonctions, la Nutrition est destinée à réparer les pertes continuelles auxquelles sont incessamment soumises toutes les parties des êtres organisés. A mesure que d'anciens matériaux disparaissent, entraînés au-dehors par les sécrétions et les excrétions, de nouvelles matières arrivent, qui remplacent les premières, et renouvellent ainsi sans cesse la composition intime des organes. Cette rénovation des diverses parlies du corps est prouvée par des expériences directes et positives. Si

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pendant quelque temps on mêle de la racine de Garance aux alimens d'un Animal, on voit bientôt que ses os prenneut une coloration rose, qui devient de plus en plus intense. Cette coloration n'a pas lieu seulement à la surface externe de ces organes, elle pénètre leur tissu le plus intime. Si l'on cesse pendant un certain temps l'usage de cette racine, les os perdent graduellement cette couleur qui finit par disparaître entièrement. Ce phénomène prouve que les molécules nutritives sont transportées et chariées dans toutes les parties du corps; qu'elles s'y fixent, et en deviennent en quelque sorte partie intégrante, jusqu'à ce qu'expulsées et remplacées par de nouvelles, elles soient rejetées au-dehors et deviennent matières excrémentitielles. La Nutrition se compose donc de deux mouvemens bien distincts, l'un d'assimilation par lequel les molécules nutritives pénètrent les organes et s'identifient avec eux; l'autre de désassimilation opposé au précédent, et qui chasse au-dehors les matériaux qui ne peuvent plus servir à l'entretien et au développement des parties.

Un grand nombre de physiologistes ont cherché à mesurer l'espace de temps employé à cette rénovation des diverses parties du corps. Plusieurs l'avaient fixée à sept ans, chez l'Homme; d'autres, parmi les modernes, avaient dit qu'il ne fallait que trois ans pour que le corps fût en quelque sorte recomposé de matériaux nouveaux. Mais en y réfléchissant un peu, on voit qu'il est impossible d'assigner avec précision les limites de ce phénomène. Sa durée doit nécessairement varier suivant une foule de circonstances. Ainsi l'âge, les dispositions individuelles exercent une influence extrêmement marquée sur la rapidité et la force de la Nutrition, comme au reste sur les diverses autres fonctions. Il est donc impossible de rien préciser à cet égard.

Bien différente de toutes les autres fonctions, la Nutrition n'a pas d'organe qui lui soit spécialement affecté. Elle s'exerce dans toutes les parties vivantes, pour lesquelles elle est en quelque sorte l'aliment de la vie. Mais pour qu'un organe se nourrisse, il faut nécessairement qu'il jouisse de la sensibilité et du mouvement; la section des cordons nerveux qui se rendent à une partie, la ligature des vaisseaux qui s'y distribuent, y suspendent et anéantissent le mouvement assimilateur.

De même que dans la plupart des fonctions vitales, nous connaissons les circonstances qui mettent en jeu et accompagnent l'exercice de la Nutrition; mais nous ignorons son essence, son véritable mécanisme; nous voyons les substances alimentaires soumises aux différentes phases de la digestion, se changer en une pâte fluide qui, en s'animalisant de plus en plus, forme un liquide nommé chyle. Ce liquide, dans l'intestin grêle, est absorbé par les vaisseaux lymphatiques. Ces vaisseaux, en se réunissant, forment un tronc commun qui va verser le produit de l'absorption dans le torrent de la circulation sanguine. Chargé de ces nouveaux principes nutritifs, le sang est ensuite vivifié dans le poumon par son contact avec l'air atmosphérique, auquel il emprunte de nouveaux principes de vie. C'est dans cet état que, par la force contractile du cæur, il est transporté dans toutes les parties du corps. Chemin faisant, il se dépouille des substances les plus fluides, s'élabore et s'animalise de plus en plus, fournit aux organes glanduleux le principe de leur sécrétion, et par la ramification et la division toujours croissante des vaisseaux, arrive jusque dans le tissu des organes où s'opère la Nutrition. Mais c'est ici que cesse l'observation directe des phénomènes, et que commence le champ illimité des hypothèses. La matière nutritive arrivée dans les organes s'y distribue, et c'est alors seulement que commence la Nutrition. Quoique cette matière soit une, elle se convertit cependant en autant de substances distinctes

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qu'il y a d'élémens orgamques; mais ces changemens sont inappréciables aux yeux de l'observateur, et leur mécanisme nous échappe entièrement Il semble que pour cette fonction, tous les organes du corps deviennent autant d'organes sécréteurs, élaborent chacun un fluide particulier, qui, par une cause qui nous est entièrement inconnue, se convertit aussitôt et ajoute à l'organe qui l'a formé. Ce n'est pas par une force spéciale désignée par quelques auteurs sous le nom de force assimilatrice, qu'ont lieu les phénomènes de la Nutrition, mais c'est par suite de la vertu tonique inhérente à chacun de ces tissus, et par une sorte d'affinité vitale, qui leur fait choisir dans les principes nutritifs les élémens en rapport avec leur nature, que l'on peut concevoir le mécanisme de cette fonction.

Mais ce mécanisme très-compliqué chez l'Homme et chez tous les Animaux d'un ordre supérieur, se simplifie à mesure que l'organisation elle-même offre plus de simplicité. Ainsi, dans les Animaux d'un ordre tout-à-fait inférieur, dans les Infusoires, quelques Vers et quelques Mollusques, les fonctions assimilatrices sont réduites à l'absorption et à la circulation; encore cette dernière fonction nous échappe-t-elle dans quelquescas. Ces Animaux qui vivent ans l'eau, absorbent par tous les points de leur surface externe les matériaux nutritifs qu'ils puisent dans le fluide au milieu duquel ils se meuvent, et souvent sans qu'on puisse suivre ce fluide, il est immédiatement employé à l'entretien et à l'accroissement des tissus. Ici donc il n'a fallu qu'une force de succion ou d'absorption inhérente à la surface de ces êtres en contact avec le fluide ambiant pour déterminer tous les phénomènes de la Nutrition. L'un des phénomènes remarquables qui résultent de la Nutrition dans ce qu'on pourrait appeler les Animaux purement absorbans, est la viridité des Huîtres et la coloration des Polypes d'eau douce opérée par Bory de Saint-Vincent. V. MATIÈRE.

Il en est de même dans les Végétaux; c'est en vertu d'une force de succion qu'ils absorbent dans l'atmosphère ou dans le sein de la terre les substances solides, liquides on gazeuzes qui doivent servir à leur Nutrition. Nous allons donc étudier d'abord la succion exercée par les racines dans le sein de la terre, par les feuilles ou les autres parties vertes au milieu de l'atmosphère; puis nous suivrons la marche des sucs nourriciers des racines vers les feuilles à travers les tiges et leurs ramifications, et nous étudierons successivement les divers phénomènes auxquels elle donne lieu dans sa marche à travers toutes les parties du Végétal.

La succion ou l'absorption s'opère dans le sein de la terre par les racines qui y sont plongées; mais ce n'est pas indistinctement par tous les points de leur surface qu'elle a lieu; ce n'est que par les extrémités de leurs fibrilles les plus déliées qu'elles absorbent dans la terre les fluides et les gaz qui y sont contenus; mais ce ne sont pas les radicelles qui sont les seuls organes de l'absorption; toutes les parties vertes des Végétaux exposées à l'air, telles que les feuilles, les stipules, les jeunes branches, sont également douées de la même force de succion, et concourent aussi à cette importante fonction. Plongées dans le soin de la terre, les radicelles capillaires y pompent par leur extrémité l'humidité dont elle est imprégnée. L'eau est le véhicule nécessaire des substances nutritives qu'absorbe le Végétal; ce n'est pas elle qui forme la base de son alimentation, comme le croyaient les anciens physiciens; mais elle sert simplement de dissolvant et de menstrue aux corps qu'il doit s'assimiler. Il est facile de démontrer cette vérité: si l'on fait végéter une Plante dans de l'eau distillée, à l'abri de toute influence étrangère, elle ne tardera pas à périr. L'eau seule ne suffit donc pas à sa Nutrition (V. EAU). Il faut, pour cela, qu'elle

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contienne d'autres principes étrangers à sa nature; èt d'ailleurs les Végétaux ne renferment-ils pas, outre les principes constituans de l'eau, c'est-à-dire, l'Oxigène et l'Hydrogène, du Carbone, des gaz, des substances terreuses, des sels et même des matières métalliques à l'état d'oxides ou en combinaison avec les acides? L'eau, par sa décomposition, n'ayant pu donner naissance à ces divers principes, il faut en trouver la source ailleurs. Le Carbone existe en abondance dans toutes les parties des Végétaux, dont il forme en quelque sorte la base. Ce n'est pas à l'état de pureté qu'il a pu s'y introduire, puisque dans cet étal il est excessivement rare dans la nature et tout-à-fait insoluble dans l'eau; mais en revanche, l'acide carbonique est très-abondamment répandu. Il se trouve dans l'atmosphère mélangé avec l'air, dans le sein de la terre, dans les engrais qu'on y mêle. Très-soluble dans l'eau, il est rare que celle-ci n'en contienne pas toujours une certaine quantité. C'est donc à l'état d'acide que le Carbone est porté dans le tissu végétal. Or, voici comment il s'y décompose pour s'y fixer et en faire partie: exposées aux rayons du soleil, les Plantes, comme l'expérience l'a prouvé, absorbent l'acide carbonique, le décomposent, retiennent le Carbone, et laissent ensuite exhaler l'Oxigène qui le tenait à l'état acide. L'eau n'a donc pu contribuer en rien à la formation de cette substance.

Quant à l'Oxigène, il n'est pas difficile d'expliquer sa présence dans les tissus végétaux. En effet, 1° une certaine quantité de l'eau absorbée étant décomposée, son Oxigène se fixe dans le Végétal; 2° Théodore De Saussure a prouvé que les Plantes ne rejettent point au-dehors tout l'Oxigène qui acidifiait le Carbone, elles en retiennent une certaine quantité; 3° enfin l'air atmosphérique qui circule dans les Végétaux se décompose en partie et cède une portion de son Oxigène. On voit par-là que ce principe élémentaire arrive aux Végétaux de plusieurs sources différentes. L'Hydrogène et l'Azote des substances végétales sont également le produit de décompositions analogues. Le premier provient évidemment de celle de l'eau, et le second de l'air atmosphérique.

Mais indépendamment de ces substances inorganiques qui entrent essentiellement dans la composition des tissus végétaux, il en est encore d'autres qui, sans faire partie essentielle de leur organisation, s'y rencontrent néanmoins assez fréquemment; tels sont la Silice, les différens sels de Chaux, de Soude, de Potasse, le Fer, etc. Les expériences précises de Théodore De Saussure ont également prouvé que ces substances arrivent toutes formées dans l'intérieur du Végétal. Déposées dans le sein de la terre ou de l'atmosphère, elles sont dissoutes ou entraînées par l'eau qui les fait ainsi pénétrer dans le Végétal. Ce n'est donc pas l'acte de la végétation qui forme ces substances ainsi que l'avaient avancé quelques physiciens. C'est le milieu dans lequel les Plantes se développent qui leur cède les alcalis, les terres et les substances métalliques que l'analyse chimique y fait découvrir. Ce fait, prouvé par les expériences de De Saussure, a été de nouveau mis en évidence par une ingénieuse expérience de Lassaigne, préparateur de chimie à l'école d'Alfort. Ayant fait germer sur de la fleur de Soufre bien lavée et dans un appareil convenablement préparé, dix grammes de graines de Sarrasin qu'il arrosait seulement avec de l'eau distillée, il les incinéra au bout d'une quinzaine de jours, lorsqu'elles eurent développé leur tige et quelques feuilles. La quantité de matières salines qu'il trouva dans leurs cendres fut absolument la même que celle qu'il retira d'une égale quantité de graines non germées qu'il incinéra. Il est donc démontré d'après cette expérience qu'il ne s'était formé aucune matière saline par l'acte de la végétation, quand celle-ci a lieu

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sans la participation des substances capables de lui en céder.

Mais quelle est la puissance qui détermine la succion des racines? Les lois ordinaires de la physique et de la mécanique sont insuffisantes pour expliquer un semblable phénomène. La force extraordinaire avec laquelle s'opère cette absorption ne peut être conçue d'une manière satisfaisante qu'en admettant une puissance, une énergie vitale, inhérente au tissu même des Végétaux, et déterminant par son influence, dont la nature nous est entièrement inconnue, tous les phénomènes sensibles de la végétation.

Hales, célèbre physicien anglais, dans sa Statistique des Végétaux dont Buffon nous a donné une traduction, est le premier qui ait démontré, par des expériences directes, la force prodigieuse de succion des racines et des branches. Il découvrit une branche de la racine d'un Poirier, en coupa l'extrémité et y adapta l'un des bouts d'un tube recourbé rempli d'eau et dont l'autre extrémité était plongée dans une cuve à Mercure; en six minutes le Mercure s'éleva de huit pouces dans le tube. Le même physicien fit une expérience analogue pour mesurer la force avec laquelle la Vigne absorbe l'humidité dans le sein de la terre. Le 6 avril, il coupa un cep de Vigne sans rameaux, d'environ sept à huit lignes de diamètre, et d'à peu près trente-trois pouces de hauteur. Il y adapta un tube à double courbure qu'il remplit de Mercure jusqu'au coude qui surmontait la section transversale de la tige. La sève qui sortit du sommet tronqué de la tige et qui était absorbée par les racines, eut assez de force pour élever en quelques jours la colonne de Mercure à trente-deux pouces et demi au-dessus de son niveau. Or le poids énorme de l'atmosphère ne peut élever le Mercure que de vingt-huit pouces au-dessus de son niveau. Dans l'expérience précédente la force avec laquelle la sève s'élevait des racines dans la tige était donc su périeure à la pression de l'atmosphère. Cette expérience a été répétée par le professeur Mirbel qui en a constaté l'exactitude.

Les feuilles exercent une grande influence sur cette force de succion qui peut se produire également par des branches détachées de la Plante mère et par conséquent indépendamment des racines. Ainsi un jeune rameau chargé de feuilles, plongé par son extrémité inférieure dans un liquide, absorbe ce liquide avec une grande activité. Il en sera encore de même si on le retourne, c'est-à-dire si l'on plonge son sommet dans l'eau, l'absorption continuera à s'exercer avec une force presque égale. Il résulte de-là que l'absorption a lieu non-seulement par les racines, mais encore par les feuilles et toutes les parties vertes exposées à l'air. Dans quelques cas même ces organes sont les seuls qui servent à cette fonction. Ainsi dans les Plantes grasses et particulièrement dans les Cactus, dont les racines sont fort petites et qui végètent d'ordinaire dans les sables brûlans des déserts ou sur des rochers nus et dépouillés de toute terre végétale, il est évident que l'absorption des fluides nutritifs a lieu presque exclusivement par les feuilles et les autres parties vertes développées dans l'atmosphère, car la faiblesse de leurs racines, l'extrême aridité du sol dans lequel ils croissent ne suffiraient pas pour les faire végéter.

Ainsi donc, c'est à la fois par les racines, les feuilles et toutes les parties vertes, que sont absorbés les fluides qui doivent servir à la Nutrition du Végétal. Mais ces fluides qui portent le nom de sève ne sont pas immédiatement employés à la Nutrition, pas plus que le chyle, produit de la digestion dans les Animaux. Il faut que la sève ait circulé dans le Végétal, qu'elle ait perdu par la transpiration la partie surabondante d'eau qui la compose, avant d'être employée à l'assimilation. C'est lorsqu'elle a ainsi parcouru toute l'étendue de la Plante, qu'elle a acquis

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véritablement la propriété de pouvoir renouveler les tissus végétaux. Mais comment s'opère cette Nutrition? Nous ne le savons pas plus ici que dans les Animaux. Nous connaissons simplement l'origine des matériaux constitutifs de la Plante, mais comment s'opère la transformation du Carbone, de l'Oxigène, de l'Azote, en tissus organisés? Nous l'ignorons et sommes forcés d'admettre encore ici une force occulte, une force vitale inhérente à la matière organisée qui est la cause première de son développement.

La Nutrition dans les Végétaux a de grands rapports avec la même fonction dans les Animaux, mais néanmoins elle offre quelques différences dignes d'être notées. Ainsi c'est par la bouche que les Animaux d'un ordre supérieur, ou par toute la surface de leur corps, que ceux qui occupent les derniers degrés de l'échelle animale, introduisent audedans les substances qui doivent servir à leur Nutrition. C'est au moyen des bouches aspirantes qui terminent leurs fibres radicellaires, ou par les pores absorbans qui existent sur les feuilles ou les autres parties vertes, que les Végétaux puisent au sein de la terre ou de l'atmosphère les matériaux qui doivent être employés à leur Nutrition. Dans les Animaux, les matières absorbées suivent un seul et même canal depuis la bouche jusqu'à l'endroit où la matière nutritive doit être séparée des substances inutiles ou excrémentitielles. Dans les Végétaux, le même phénomène a lieu: les fluides absorbés parcourent un certain trajet avant d'arriver jusqu'aux feuilles où s'opère la séparation des parties nécessaires ou inutiles à la Nutrition. Les uns et les autres rejettent au-dehors les substances impropres à leur développement. Le chyle ou l'aliment des Animaux se mêle au sang, qu'il entretient et répare continuellement; il parcourt toutes les parties du corps, auxquelles il cède les principes qui doivent réparer leurs pertes et leur fournir de nouveaux principes de vie et de développement. La sève des Végétaux, après avoir éprouvé l'influence de l'atmosphère dans les feuilles, après s'y être dépouillée d'une partie des fluides surabondans qu'elle contenait; enfin après avoir acquis une nature et des propriétés nouvelles, redescend dans toutes les parties du Végétal, pour y porter les matériaux de leur accroissement et servir au développement de toutes leurs parties. V. pour les phénomènes de la marche des fluides dans les Végétaux et les Animaux, les mots SÈVE et CIRCULATION. (A. R.)

* NUTTALLIE. Nuttallia. BOT. PHAN. En rétablissant le genre Nemopanthes de Rafinesque, De Candolle lui avait d'abord imposé le nom de Nuttallia, mais il abandonna cette dénomination, parce, que, dit-il, elle était déjà employée par Sprengel pour un genre de Légumineuses. Il paraît que ce dernier genre n'a pas été adopté, car nous ne le retrouvons ni dans les Mémoires sur les genres de Légumineuses publiés par De Candolle, ni dans son Prodromus. D'un autre côté, le nom de Nuttallia a été appliqué par Barton (Flor. Americ. 2, p. 74, tab. 62) à un nouveau genre de Malvacées constitué sur une Plante trouvée par Nuttall lui-même sur le territoire d'Arkansa dans l'Amérique septentrionale. Nuttall lui avait donné dans ses manuscrits le nom de Callirrhoe. Ce genre a le calice des Sida et le fruit des Mauves; cependant il nous paraît se rapprocher davantage du premier de ces deux genres. Le Nuttallia digitata, Bart., loc. cit., et Botan. Magaz., tab. 2612, est la seule espèce décrite. C'est une Plante à fleurs purpurines, portées sur de longs pédoncules, et à feuilles peltées digitées. (G..N.)

* NUTTALLITE. MIN. (Brooke, Annales de Philosophie, mai 1824, p. 366.) Minéral qui, par son aspect extérieur, a quelque analogie avec l'Eléolite ou Pierre grasse, avec la-

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quelle on l'avait d'abord confondu; qui, par sa forme, se rapproche de la Scapolite, mais qui diffère de ces deux Minéraux par son clivage, son éclat plus vitreux, et sa moindre dureté. Suivant Brooke, ses cristaux sont des prismes rectangulaires, droits, divisibles parallèlement aux faces latérales. Les arêtes longitudinales sont remplacées par des plans; les bases ne sont pas nettes et le clivage qui leur est parallèle est peu distinct. Brooke à donné à cette substance le nom de Nuttallite, en l'honneur de Nuttall qui l'a rapportée des Etats-Unis. On l'a trouvée en cristaux engagés dans un carbonate de Chaux, à Boston, état de Massachussets. (G. DEL.)

NUX. BOT. PHAN. V. NOIX.

NUXIER. Nuxia. BOT. PHAN. Ce genre de la Tétrandrie Monogynie, L., a été fondé par Lamarck (Illustr. Gen., n. 1508, pl. 71), d'après les manuscrits de Commerson. Il avait d'abord été confondu par Jussieu avec le Manabea d'Aublet, et conséquemment réuni à l'Ægiphila par Willdenow. Dans le septième volume des Annales du Muséum d'Histoire Naturelle, Jussieu confirme l'existence du genre Nuxia, après avoir connu la véritable structure du fruit. L'observation en est due à Michaux qui la fit sur la Plante vivante pendant son court séjour à l'lle-de-France. On devra néanmoins exclure de ce genre le Nuxia elata de Swartz et Persoon, qui paraît être un véritable Ægiphila. Les caractères essentiels du genre Nuxier, après ces réformes indiquées par Jussieu, consistent en un calice quadrifide; une corolle presqu'infundibuliforme, à quatre segmens peu profonds et réfléchis; quatre étamines insérées à l'entrée de la corolle; stigmate tronqué; fruit capsulaire à deux loges remplies de graines nombreuses. Ce genre, selon Jussieu, doit s'éloigner des Verbénacées, et se rapprocher des Scrophularinées auprès du Budleia.

Le NUXIER VERTICILLÉ, Nuxia verticillata Lamk., Ægiphila Nuxia, Willdenow, est un bel Arbre qui croît à l'Ile-de-France. Son écorce est blanchâtre ou brune, fendillée; son bois a une teinte jaune. Ses rameaux opposés portent des feuilles réunies par trois ou quatre en une sorte de verticille, entières, glabres et luisantes. Les fleurs sont également disposées par verticilles et forment une grande panicule. (G..N.)

NYALEL. BOT. PHAN. V. NIALEL.

NYCTAGE. Nyctago. BOT. PHAN. Genre type de la famille des Nyctaginées, et de la Pentandrie Monogynie, L., offrant les caractères suivans: périanthe double; l'extérieur campanulé, ouvert, à cinq divisions peu profondes, lancéolées, pointues et inégales; l'intérieur, considéré par Tournefort et Linné comme une corolle, très-grand, pétaloïde, infundibuliforme, ventru à la base, resserré au-dessous de l'ovaire, puis s'élargissant en un limbe ouvert presque entier ou à cinq petites dents; cinq étamines dont les filets sont insérés sur le réceptacle réuni à la base autour de l'ovaire et adné au périanthe interne dont la base persiste et couvre l'ovaire qui est turbiné, surmonté d'un style filiforme de la longueur des étamines, et terminé par un stigmate globuleux et couvert de petites glandes papillaires; graine globuleuse, pourvue d'un albumen farineux, très-abondant. Tournefort donnait à ce genre le nom de Jalapa qui fut de nouveau reproduit par Mænch, parce qu'on croyait que l'espèce principale était la Plante qui produisait la racine de Jalap. Linné le nomma Mirabilis, quoique ce mot fût un adjectif qui ne peut être adopté pour désigner un genre. C'est pourquoi Jussieu, dans son Genera Plantarum, lui restitua la dénomination employée autrefois par Van-Royen. Les Nyctages sont des Plantes herbacées, indigènes du Pérou, du Mexique et d'autres régions circonvoisines de l'Amérique. Plusieurs espèces sont cultivées en Europe dans

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les jardins, parmi lesquelles nous décrirons les suivantes:

La NYCTAGE FAUX-JALAP, Nyctago Jalapœ, D. C., Flore Française; Mirabilis Jalapœ, L. Vulgairement Belle de Nuit ou Merveille du Pérou. Cette Plante a une racine pivotante, grosse, charnue, blanche en dedans, noirâtre extérieurement. Sa tige, haute de près d'un mètre, est noueuse, ferme et dichotome; elle porte des feuilles opposées, entières, presqu'en cæur, pointues, glabres et légèrement glutineuses. Les fleurs forment au sommet des branches des corymbes trèsserrės; chacune est portée sur un pédoncule particulier. Elles sont ordinairement rouges, quelquefois jaunes, blanches, ou panachées dans les variétés que la culture a fait développer. Il est à remarquer que l'on n'a pu obtenir par la culture que des variétés de couleur et non des différences marquées dans les formes; ainsi les fleurs sont toujours à peu près de la même grandeur, mais jamais doubles ou monstrueuses. La Belle de Nuit est ainsi nommée parce qu'elle étale ses fleurs quand notre horizon est privé de la lumière solaire; elle tient ses fleurs ouvertes non-seulement pendant la nuit, mais encore pendant la journée lorsque le ciel est couvert de nuages. C'est donc un effet direct de la lumière solaire, et non pas, comme Linné a voulu expliquer ce phénomène, un effet d'habitude résultant de ce que la Belle de Nuit est originaire du Pérou, contrée située sous les tropiques et dans un autre hémisphère où les heures pendant lesquelles le soleil éclaire l'horizon correspondent précisėment à celles pendant lesquelles nous avons la nuit. La racine de Belle de Nuit a un goût âcre et nauséabond; elle est purgative à peu près autant que le Jalap, ce qui a fait croire que cette dernière racine provenait de la Belle de Nuit. On est aujourd'hui certain que le Jalap est produit par une espèce de Liseron. V. ce mot et JALAP. Les graines de la Belle de Nuit renferment un périsperme ou albumen farineux, trèsabondant, dont il ne serait pas difficile d'extraire de la fécule amylacée. Les fleurs de cette Plante se succédant pendant un espace de temps assez considérable, la récolte de ces graines ne pourrait, il est vrai, se faire que successivement, mais elle serait pour ainsi dire continue; elle donnerait plus d'importance à cette Plante qui d'ailleurs est une des plus agréables parmi celles qui décorent les parterres vers la fin de la belle saison.

La NYCTAGE DICHOTOME, Nyctago dichotoma, Juss., Mirabilis dichotoma, L. et Lamk., ressemble beaucoup à la précédente, maisses tiges se divisent en rameaux plus étalés, plus nombreux et plus touffus. Ses feuilles sont de même forme, mais beaucoup plus petites. Il en est de même des fleurs, qui en outre sont sessiles, axillaires, presque solitaires ou rarement réunies plus de deux ou trois dans la même aisselle; elles s'épanouissent beaucoup plus tôt que dans l'espèce précédente, à peu près vers quatre heures de l'après-midi, d'où le nom de Fleur de quatre heures qu'on lui donne vulgairėment; elle répand alors une odeur très-suave. Cette Plante, originaire du Mexique, est cultivée en Europe dans les jardins de botanique.

La NYCTAGE A LONGUES FLEURS, Nyctago longiflora, D. C., Flor. Fr.; Mirabilis longiflora, L., se distingue facilement à l'extrême longueur du tube de ses fleurs; ce tube est étroit, penché, et s'ouvre au déclin du jour en un limbe plissé à cinq dents; les fleurs rėpandent alors une odeur musquée très-agréable. Cette Plante a des tiges si faibles qu'elles ont besoin d'être appuyées pour ne pas ramper à terre. Les feuilles sont molles, pubescentes, cordiformes, les inférieures pétiolėes, les supérieures sessiles et amplexicaules. Cette belle Plante croît naturellement dans les hautes montagnes du Mexique, d'où les astronomes français en rapportèrent des graines vers le milieu du siècle dernier. Elle est plus recher-

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chée par les amateurs que les deux précédentes.

Les hybrides que produisent, par une fécondation croisée, les diverses espèces de Nyctages, ne sont pas rares. On en trouve des exemples cités par des auteurs qui ont écrit sur ce sujet de physiologie végétale il y a plus de quarante ans. Lepelletier de Saint-Fargeau a décrit (Ann. du Mus. T. VIII, p. 480) celle qui provient du Nyctago longiflora et du N. Jalapa, et qui offre les caractères intermédiaires de ces deux espèces dont les différences sont si tranchées. L'hybride de Lepelletier est remarquable en ce qu'elle a donné des graines fertiles. (G..N.)

NYCTAGINÉES. Nyctagineœ. BOT. PHAN. Famille naturelle de Plantes dicotylédones apétales et hypogynes dont le nom est tiré du genre Nyctago qui en est le type. Cette famille peut être caractérisée de la manière suivante. Les fleurs sont environnées d'un involucre monophylle ou polyphylle, contenant plusieurs fleurs ou quelquefois une seule, et offrant alors l'apparence d'un calice. Celui-ci est coloré, monosépale et généralement tubuleux, ayant son tube plus ou moins, grêle, renflé à sa partie inférieure qui persiste quand toute la partie supérieure se détache; son limbe est plus ou moins plane, rarement entier, le plus souvent divisé en lobes plissés. Les étamines sont en nombre défini qui varie de cinq à dix; elles sont insérées au bord supérieur d'un disque hypogyne saillant, autour de l'ovaire, sous la forme d'un godet concave qui le recouvre en partie. Les filets des étamines sont grêles, terminés par une anthère bilobée, à deux loges opposées, s'ouvrant chacune par un sillon longitudinal. L'ovaire est ovoïde, libre, à une seule loge contenant un ovule dressé. Le style est long, grêle, terminé par un stigmate simple. Le fruit est une cariopse recouverte par le disque qui lui forme comme un péricarpe accessoire. Le véritable péricarpe est mince et adhérent avec le tégument propre de la graine. Celle-ci se compose d'un embryon recourbé sur lui même, ayant sa radicule repliée sur la face d'un des cotylédons et embrassant ainsi l'endosperme qui se trouve central.

Les Nyctaginées sont des Plantes herbacées, annuelles ou vivaces, ou des Arbustes et même des Arbres. Leurs feuilles sont simples, le plus souvent opposées et inégales, quelquefois cependant alternes. Les fleurs sont axillaires ou terminales, réunies plusieurs ensemble dans un involucre commun ou ayant chacune un involucre particulier et calici-forme. Quelques auteurs partant des genres dont l'involucre est uniflore, comme de la Belle de Nuit, par exemple, ont décrit cet involucre comme un calice et le véritable calice comme une corolle. Mais l'examen des genres dont l'involucre renferme plusieurs fleurs pourvues seulement d'un périanthe simple, repousse cette manière de considérer l'organisation de cette famille.

Les genres qui appartiennent aux Nyctaginées ont leurs espèces ou toutes herbacées ou toutes ligneuses: de-là les deux sections qui ont été établies pour disposer les genres.

Tige herbacée.

Nyctago, Juss.; Oxybaphus, l'Héritier, qui est le Calyxhymenia d'Ortéga; Allionia, L., qui comprend le Wedelia de Lœffling; Boerrhaavia, L.; Abronia, Juss., qui est le Tricratus de l'Héritier.

†† Tige ligneuse.

Pisonia, L., auquel il faut réunir, le Calpidea de Du Petit-Thouars; le Muruwalia de Rottler; Salpianthus, Kunth, qui est le Boldoa de Cavanilles; Neca, Ruiz et Pavon; Axia, Lour.; Buginvillea, Commers., qui comprend le Tricycla de Cavanilles, et enfin le Torreya, Spreng.

La famille des Nyctaginées est très-voisine des Amaranthacées dont elle diffère surtout par son fruit monosperme et indéhiscent, et par le

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port des Végétaux qui la composent. (A. R.)

NYCTALOPES. ZOOL. Les Animaux qui voient mieux dans le nuit, ou du moins dans le crépuscule que pendant le jour, ont quelquefois été désignés sous ce nom. (IS. G. ST.-H.)

NYCTANTHE. Nyctanthes. BOT. PHAN. Genre de la famille des Jasminées et de la Diandrie Monogynie, L., offrant pour caractères essentiels: calice tubuleux, entier; corolle tubuleuse, dont le limbe est à cinq lobes obliques et en cæur renversé; deux étamines ayant leurs anthères presque sessiles et renfermées dans le tube; capsule obovée, comprimée, coriace, indéhiscente, à deux loges parallèles; chaque loge ne renfermant qu'une graine convexe d'un côté, plane de l'autre, attachée au fond de la loge. Linné, auteur de ce genre, l'a composé de plusieurs espèces hétérogènes, parce qu'il n'en connaissait pas le fruit. Toutes celles qui possèdent un fruit bacciforme ont été reportées dans le genre Jasminum. V. JASMIN. Jussieu, d'après une note de Vahl, cite comme synonyme du Nyctanthes de Linné le Scabrita de cet auteur lui-même. En conséquence de la suppression de toutes les espèces linnéennes à fruit non capsulaire, il ne reste qu'une seule espèce originaire des Indes-Orientales et qui est cultivée depuis long-temps dans les jardins d'Europe.

Le NYCTANTHE ARBRE TRISTE, Nyctanthes Arbor tristis, L.; Manjapumeran, Rhéed., Hort. Malab., vol. I, p. 35, tab. 21, est un petit Arbre dont les branches sont écartées, longues et garnies de feuilles opposées, sessiles, ovales, pointues et entières. Les fleurs, au nombre de deux à trois, sont portées sur des pédoncules axillaires moins longs que les feuilles. Leur couleur est jaunâtre, et elles exhalent une odeur agréable aux approches de la nuit. On cultive cette Plante de la même manière que les Jasmins. (G..N.)

* NYCTÉE. Nycteus. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Serricornes, tribu des Cébrionites, mentionné par Latreille (Fam. Nat.) et dont il ne donne pas les caractères. Ce genre avoisine les Elodes et les Scyrtes, et s'en distingue parce que tous les articles de ses tarses sont entiers. (G.)

NYCTELEA. BOT. PHAN. Nom scientifiquement spécifique de la petite Plante qui seule jusqu'ici compose le genre Ellisia. V. ce mot. (B.)

* NYCTÉLIE. Nyctelius. INS. Nom donné par Latreille (Fam. Nat. du Règn. Anim) à un nouveau genre de Coléoptères de la tribu des Blapsides, famille des Mélasomes, dont il ne donne pas les caractères. Il a formé ce genre avec le Zophosis nodosa de Germar. (G.)

* NYCTÉRANTHE. Nycteranthus. BOT. PHAN. Necker (Elem. Botan., n. 735 à 738) a établi dans le genre Mesembryanthemum de Linné quatre divisions auxquelles il a imposé des noms particuliers. Le Nycteranthus est une de ces divisions qui, n'étant fondées sur aucun caractère tiré de la fleur, n'ont pas été adoptées. Il est dit dans le Dictionnaire de Levrault que le Nycteranthus se rapporte à une division du genre Diosma, laquelle avait été nommée Monnetia par Adanson. Cette application du mot inutilement forgé par Necker est encore une erreur de plus. (G..N.)

NYCTÈRE. Nycteris. MAM. V. VESPERTILION.

NYCTÉRIBIE. Nycteribia. INS. Genre de l'ordre des Diptères, famille des Pupipares, tribu des Phthiromyies, établi par Latreille qui le plaça d'abord dans la classe des Arachnides, et qui l'en a bientôt retiré en lui assignant pour caractères: corps aptère; tête très-petite, sous la forme d'un tubercule capsulaire, implanté sur le thorax. Yeux composés de petits grains; thorax demicirculaire. Ce genre a été le sujet de

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bien des erreurs, et l'on voit que Latreille lui-même n'en a pas été exempt, puisqu'il l'a placé, sans doute d'après les formes extérieures, parmi les Arachnides; Leach, sans savoir que Latreille avait rectifié cette erreur, l'avait aussi placé dans la même classe, et lui avait conservé le nom de Phthiridie, qu'Hermann fils lui a donné bien après l'établissement de ce genre par Latreille. Linné avait placé ce genre parmi les Mites, quoiqu'il n'ait que six pates; Fabricius a d'abord suivi son exemple, et ce n'est que plus tard qu'il a adopté la dénomination et la place que Latreille assigne à ce genre. La tête des Nyctéribies est très-distincte du corselet, et ressemble à un tubercule assez grand et presque ovoïde, velu, implanté, au moyen d'un article trèscourt servant de pédicule, sur le dos de cette partie, entre son milieu et celui de son extrémité antérieure, immédiatement derrière le point où prennent naissance les deux premiers pieds; cette tête forme une sorte de capsule coriace en cône renversé, comprimée, échancrée à son extrémité supérieure ou la plus grosse, et creuse en voûte à la partie antérieure. Les antennes, qu'Hermann n'a point vues et qu'il a dit ne pas exister dans ce genre, ont été aperçues par Latreille; elles sont insérées dans l'échancrure du bord supérieur, trèscourtes, contiguës l'une à l'autre, avançant parallèlement, composées de deux articles dont le dernier plus grand, presque triangulaire, mais arrondi extérieurement. Les yeux sont placés de chaque côté et immédiatement au-dessous de la naissance des antennes; ils sont légèrement saillans, noirs et composés de petits grains réunis. Les palpes sont insérés en avant des yeux et aux extrémités un peu avancées des bords internes de la cavité orale; ce sont deux petites lames oblongues, étroites, de la même largeur, obtuses ou arrondies à leur sommet, garnies de poils, et dont les supérieurs sont plus longs; ces lames remontent parallèlement en présentant la tranche la plus mince, convergent et se touchent à leur extrémité, qui fait une saillie au-delà des antennes, au-dessous desquelles elles sont placées: dans l'intervalle qui les sépare on distingue le tubercule arrondi ou le bulbe d'où part le suçoir, et que Latreille présume être semblable à celui des autres Pupipares. Le corps des Nyctéribies est très-singulier; il a été décrit avec un grand soin par Latreille (Nouveau Dictionnaire d'Histoire Naturelle), et nous croyons devoir transcrire ici cette description pour lui conserver toute son originalité: α Le corselet est plat et demi-circulaire; le derme de la face inférieure est coriace, en forme de plan égal, et présente, près de son extrémité extérieure, une ligne enfoncée, offrant un angle qui semble indiquer la suture ou la réunion du segment antérieur du tronc et du suivant. Le derme de la face opposée ou du dos est membraneux, avec divers enfoncemens, séparés par des arêtes dont les crêtes sont d'une consistance plus solide, ou coriace, ou de la nature du derme inférieur. C'est ce que Linné a exprimé en parlant du Pou de la Chauve-Souris (Faun. Suec.) Thorace angulatocruciato; et quoiqu'il cite pour synonyme de cet Insecte une figure de Frisch qui ne lui convient pas, je n'en suis pas moins convaincu, contre l'opinion d'Hermann, que ce caractère ne peut s'appliquer qu'à une Nyctéribie. Le milieu du dos présente une cavité longitudinale et qui se termine postérieurement, du moins dans la Nyctéribie ordinaire de notre pays (Nycteribia V espertilionis), par une partie élevée, formant le capuchon. La tête peut se rejeter en arrière, et son extrémité est reçue dans le capuchon. Les arêtes des côtés sont transversales. Si l'on observe que par une disposition très-bizarre, mais que nécessitait l'attitude ordinaire de ces Insectes, les pates sont insérées sur le pourtour supérieur du thorax; que le premier article des quatre hanches postérieures est soudé avec lui, et

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qu'il présente deux plans membraneux avec une arête solide au point de leur réunion; en un mot, que cette face du thorax devient en quelque sorte, en raison de ce changement, la poitrine; les inégalités que l'on y remarque s'expliqueront facilement. Les deux premières pates naissant à l'extrémité antérieure et supérieure du thorax, sont très-rapprochées à leur base, et se portent en avant. Elles diffèrent des autres en ce que le premier article de leurs hanches est libre, comme dans les pieds des autres Insectes, et même assez allongé; le second article de ces hanches, ainsi que le même des suivantes, est très-court, et ne peut se montrer qu'en dessous. Entre la première paire de pates et la seconde, près des bords et de chaque côté, est une cavité, tantôt presque ovale, tantôt linéaire et arquée, dans laquelle on observe une rangée de petites lames ou de dents imitant un peigne et formant en cette partie une tache noire. Ces ouvertures sont destinées à l'entrée de l'air; le corselet des Hyppobosques nous offre dans des points semblables deux grands stigmates. Quelquefois le bord postérieur du premier anneau de l'abdomen est couronné, soit presque entièrement, soit seulement sous le ventre, d'une série de dents semblables. Les pates, par leur forme, leur écartement et leur direction, ressemblent beaucoup à celles des Hyppobosques, mais elles sont beaucoup plus longues, et ont cela de particulier, que le premier article des tarses est très-long, grêle et arqué. >> L'abdomen est ovale ou ovoïde; tantôt de six à huit anneaux découverts, tantôt paraissant en avoir beaucoup plus; le premier étant prolongé en arrière, et cachant, suivant Leach, les quatre suivans. Il dit que dans les derniers individus, le segment terminal est le plus grand, et porte deux styles soyeux à leur extrémité. Il soupçonne que ces individus sont les mâles. Ceux dont l'abdomen offre un plus grand nombre d'anneaux, sans avoir d'appendices saillans au bout, appartiendraient à l'autre sexe.

Hermann a donné une description des organes générateurs du mâle, qui sont composés d'un style aussi long que les soies que Latreille décrit, et courbés à angles obtus en avant; ce style est divisé en deux lames, entre lesquelles est une autre tige en forme de soie qu'Hermann présume être le pénis. Ces Insectes vivent sur les Chauve-Souris; Montagu a observé qu'ils se renversent sur le dos pour sucer le sang de ces Animaux; leur tête étant placée sur le dos, il était difficile, avant cette observation, de concevoir comment l'Insecte aurait pu approcher sa bouche de la peau de la Chauve-Souris. Les Nyctéribies courent très-vite quand elles sont sur le corps de l'Animal, mais une fois qu'on les en a séparées, elles ne peuvent plus marcher, et ne font que des mouvemens désordonnés. On connaît deux espèces de ce genre; l'une, qui a servi à Latreille pour faire les observations que nous avons données plus haut, lui a été communiquée par Cuvier; c'est:

La NYCTÉRIBIE DE BLAINVILLE, Nycteribia Blainvillii, Latr.; Phthiridium Blainvillii, Leach. Elle est longue de près de deux lignes, d'un brun marron foncé avec les pates plus claires. Elle a été rapportée de l'Ile-de-France.

La NYCTÉRIBIE DE LA CHAUVE-SOURIS, Nycteribia V espertilionis, Latr. (Gener. Crust., etc. T. I, t. 15, fig. 11), Fabr., Oliv.; Phthiridium biarticulatum, Herm.; Phthiridium Hermannii, Leach (Zool. Miscell. T. III, p. 55, pl. 144); Phthiridium Latreillii, ibid.; Acarus V espertilionis, L., Fabr., Scop., Frisch, Oliv. Beaucoup plus petite que la précédente; dessus du corps et pates d'un jaunâtre roussâtre; dessous du corselet d'un brun rougeâtre avec une ligne noire au milieu. Cette espèce se trouve aux environs de Paris et dans toute l'Europe sur la Chauve-Souris fer-à-cheval. (G.)

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NYCTERINS. OIS. (Duméril.) Syn. d'Oiseaux nocturnes. (B.)

NYCTÉRISITION. BOT. PHAN. Genre de la famille des Sapotées, et de la Pentandrie Monogynie, L., établi par Ruiz et Pavon, et adopté par Kunth qui lui a imposé les caractères suivans: calice à cinq divisions profondes; corolle dont le tube est court, le limbe à cinq segmens profonds, réfléchis; point d'écailles à la base des divisions de la corolle; cinq étamines insérées au sommet du tube, et opposées aux segmens de la corolle; ovaire à cinq loges, renfermant un seul ovule dans chacune de celles-ci; style court, surmonté d'un stigmate obtus presqu'à cinq dents; fruit inconnu. Ce genre ne se compose que de deux espèces qui ont le port des Bumelia.

Le NYCTÉRISITION FERRUGINEUX, Nycterisition ferrugineum, Ruiz et Pavon (Flor. Peruv. et Chil., 2, p. 47, t. 187), est le type du genre. C'est un grand Arbre du Pérou dont l'écorce est ferrugineuse, le tronc épais, laissant écouler par incision un suc laiteux qui rougit à l'air. Les branches, étalées, portent des feuilles éparses, pétiolées, ovales, allongées, légèrement acuminées et échancrées au sommet, lisses en dessus, couvertes en dessous d'un duvet ferrugineux; les fleurs sont en petits fascicules, agrégées.

Le NYCTÉRISTION A FEUILLES ARGENTÉES, Nycterisition argenteum, Kunth (Nov. Gener. et Spec. Plant. œquin., 3, p. 238, t. 244 ), est figuré dans les planches de ce Dictionnaire. Cet Arbre, qui se rapproche beaucoup du N. ferrugineum, croît près de Jaen de Bracamoros, dans la république de Colombie. Ses rameaux sont alternes, un peu ridés, légèrement pubescens dans leur jeunesse, mais ils ne sont pas ferrugineux comme dans l'espèce précédente. Ses feuilles sont en outre plus petites, et couvertes en dessous d'un duvet soyeux argenté. Les fleurs sont disposées en petits groupes qui naissent dans les aisselles des feuilles et le long des rameaux. (G..N.)

NYCTERIUM. BOT. PHAN. Ventenat (Jardin de Malmaison, n. 85) a formé sous ce nom un genre qui a pour type le Solanum V espertilio d'Aiton, mais qui ne diffère pas suffisamment du genre Solanum pour mériter d'être adopté. V. MORELLE. (G..N.)

NYCTIBUS. OIS. V. IBIJAU.

NYCTICÈBE. Nycticebus. MAM. Genre de Quadrumanes Lémuriens établi par Geoffroy Saint-Hilaire, et dont le type est une espèce indiquée par Linné sous le nom de Lemur Tardigradus. Très-voisins du genre Loris par leur système dentaire, par la forme de leurs oreilles, par celle de leurs ongles, par l'état très-rudimentaire de leur queue, par plusieurs autres caractères d'une moindre importance, et même par les couleurs de leur pelage, les Nycticèbes se distinguent par leur museau obtus et peu prolongé, leurs membres courts et assez forts, et leur corps gros et épais: le Loris a, au contraire, le museau saillant et relevé, et les membres et le corps d'une longueur excessive et d'une gracilité qui le rendent très-remarquable: d'où le nom spécifique de gracilis sous lequel il est ordinairement désigné. A ces caractères, qu'on peut regarder comme les plus importans, ou même comme les seuls importans, du moins sous le rapport de la distinction générique des Nycticèbes, on a ajouté les suivans: tête ronde; yeux grands, rapprochés et dirigés en avant; l'os jugal sans ouverture appréciable à la simple vue; les intermaxillaires courts, verticaux et sans saillie; les oreilles courtes et velues; la langue rude; les narines entourées d'un mufle; le pelage laineux; les os de la jambe et du bras distincts; le tibia plus long que le fémur, et le tarse égal en longueur au métatarse (Geoffroy Saint-Hilaire, Tableau des Quadrumanes, Ann. Mus. T. XIX; et Desmarest, Mammalogie ). Quant

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au système dentaire, il nous suffira de dire, au sujet des canines et desmolaires, qu'elles sont très-semblables à celles du Loris: il en est de même des incisives inférieures, dont le nombre est de six, et qui sont prodives, comme cela a généralement lieu chez les Lémuriens. Le nombre des supérieures varie de deux à quatre; les incisives latérales étant toujours, lorsqu'elles existent, beaucoup plus petites que les deux autres: celles-ci sont constamment séparées sur la ligne médiane par un intervalle vide, assez étendu. Le Muséum possède maintenant plusieurs squelettes de Nycticèbes, dont quelques-uns, qui lui ont été envoyés de Sumatra par Duvaucel, sont dans le plus parfait état de conservation; leur comparaison avec celui des Loris donne le même résultat que l'examen des caractères extérieurs: beaucoup de ressemblance générale avec d'importantes différences sur quelques points. Le nombre des côtes est de seize.

Les Nycticèbes diffèrent peu des Loris par leurs habitudes: leur lenteur et leur indolence sont excessives; d'où les noms de Paresseux et de Tardigradus qui leur ont été donnés par Vosmaër, par Linné, par Séba et par quelques autres auteurs. Ces Animaux semblent même ne pouvoir se soutenir. Lorsqu'ils marchent à quatre pates, leurs jambes s'écartent de leur corps, de sorte que leur poitrine et leur ventre touchent presque le sol; ce qui leur donne une physionomie fort singulière, et ce qui les a fait comparer à de jeunes Chiens qui viendraient de naître, et que leurs membres n'auraient point encore la force de porter. Cette curieuse observation peut seule nous faire comprendre les remarques faites sur les Nycticèbes par Vosmaër et par d'Obsonville (Essais Philos. sur les mæurs de divers Animaux étrangers): le premier nous dit que la marche de ces Animaux est une sorte de reptation, et le second affirme que, lorsqu'ils paraissent se hâter, ils parcourent à peine un espace de quatre toises en une minute. Cette lenteur les a quelquefois fait comparer aux Bradypes ou Paresseux, avec lesquels ils ont aussi assez de ressemblance par leur voix: on les entend continuellement, surtout lorsqu'on les irrite, répéter sur un ton plaintif un cri que Vosmaër exprime par les syllabes aï, aï. Ils dorment presque tout le jour, la tête posée sur la poitrine; et l'étendue considérable de leurs orbites annonçait en effet en eux des Animaux nocturnes. Leurs pupilles sont transversales, et suivant F. Cuvier, elles peuvent se fermer entièrement; ce qui expliquerait parfaitement l'assertion de d'Obsonville, qui nous les représente comme ne redoutant nullement l'éclat de la lumière solaire. Suivant le même auteur, ils mangent volontiers des fruits sucrés et du pain; mais ils sont surtout friands d'æufs, d'Insectes et de petits Oiseaux. « S'il apercevait, dit d'Obsonville au sujet de l'individu qu'il a eu occasion d'observer, s'il apercevait une pièce de pareil gibier, que je m'amusais à attacher à l'autre extrémité de la chambre, ou à lui présenter en l'appelant, aussitôt il s'approchait d'un pas allongé et circonspect, tel que celui de quelqu'un qui marche en tâtonnant. Arrivé environ à un pied de distance de sa proie, il s'arrêtait: alors, se levant droit sur ses jambes, il s'avançait debout, en étendant doucement les bras, puis tout-à-coup le saisissait, et l'étranglait avec une prestesse singulière. ff

On a cherché à expliquer la lenteur des Nycticèbes par une disposition particulière que présentent les artères de leurs membres; disposition dont on doit la connaissance à Carlisle. Suivant cet auteur, l'artère brachiale est entourée d'un lacis vasculaire résultant de l'anastomose d'un très-grand nombre de rameaux, fournis par l'axillaire; et la même chose a lieu à l'extrémité inférieure, à l'égard de la crurale. Cette même disposition existerait éga-

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lement, suivant Carlisle, chez tous les Mammifères remarquables par leur excessive lenteur, tels que le Loris et les Bradypes; et il est de fait qu'elle a été retrouvée par Quoy et Gaimard dans une des espèces de ce dernier genre.

Le NYCTICÈBE DU BENGALE, Nycticebus Bengalensis, Geoff. St.-Hil., est l'espèce la plus anciennement et la mieux connue: c'est à elle qu'on a rapporté le Lemur Tardigradus de Linné; le Loris du Bengale, de Buffon; le Paresseux pentadactyle du Bengale, de Vosmaër, le Thevangues, ou Tongres de d'Obsonville, et le Poucan ou Lori-Poucan de Duvaucel et de Fr. Cuvier. Geoffroy Saint-Hilaire le caractérise ainsi: pelage roux; ligne dorsale brune; museau large; quatre dents incisives à la mâchoire supérieure. Sa longueur totale est d'un pied environ.

Le NYCTICÈBE DE JAVA, Nycticebus Javanicus, est une espèce établie (Ann. du Mus. T. XIX) par Geoffroy qui l'a ainsi caractérisée: pelage roux; ligne dorsale plus foncée; museau étroit; deux dents incisives à la mâchoire supérieure. Sa taille est peu différente de celle du Nycticèbe du Bengale.—On voit par cette phrase caractéristique que ces deux espèces se ressemblent beaucoup: elles sont d'ailleurs très-imparfaitement connues, et sujettes à de nombreuses variations; circonstances qui rendront fort difficile l'histoire des Animaux de ce genre, tant que l'on n'aura pas reçu de l'Inde des individus de différens sexes, et en assez grand nombre pour permettre, au moyen de comparaisons multipliées, de lever tous les doutes que l'on peut conserver jusqu'à ce moment. C'est seulement alors qu'il sera possible d'établir d'une manière plus certaine et sur des bases moins vagues, les véritables caractères des espèces.

Le NYCTICÈBE DE CEYLAN, Nycticebus Ceylonicus, Geoff. St. - Hil., est une espèce seulement connue par une planche de Séba, et par la description qu'en a donnée le même auteur sous le nom de Tardigradus Ceylonicus: elle serait caractérisée par son pelage d'un brun noirâtre avec la ligne dorsale noire.

Quant au Potto de Bosman, tour à tour placé parmi les Nycticèbes et parmi les Galagos, et depuis considéré comme type d'un genre nouveau, nous n'ajouterons rien à ce qui a été dit ailleurs (V. GALAGO ) de cet Animal, encore très-imparfaitement connu. (IS. G. ST.-H.)

NYCTICORAX. OIS. (V. HÉRON-BIHOREAU. ) Ce nom, qui signifie Corbeau de nuit, fut indifféremment appliqué à l'Engoulevent et à la Hulote. Il est mentionné dans les saintes Ecritures, où un prélat de la cour de Louis XIV qui demandait ce que c'était, prenait Nycticorax pour un officier de la cour du juif David. (B.)

NYCTINOME. Nyctinomus. MAM. V. VESPERTILION.

* NYCTOPHILUS. MAM. Leach a proposé (Transact. de la Société Linnéenne, T. XIII, première partie) d'établir sous ce nom un nouveau genre dans la famille des Chauve-Souris Insectivores à feuilles nasales; ce genre est composé d'une seule espèce dont la patrie est inconnue, et que Leach a dédiée à Geoffroy Saint-Hilaire. Nous ferons connaître, dans l'article VESPERTILION, les caractères assignés par Leach au Nyctophilus Geoffroyi. (IS. G.ST.-H.)

NYLGAUT. MAM. Espèce du genre Antilope. V. ce mot. (B.)

NYMPHACÉES. CONCH. Lamarck, dans son dernier ouvrage, a proposé de rassembler dans cette famille un certain nombre de genres dont quelques-uns ont été démembrés des Solens, et quelques autres des Vénus. Cette famille dans la manière de voir de Lamarck peut servir d'intermédiaire entre les Solens et les Conques. Elle n'a point été adoptée par Cuvier, mais Férussac l'a admise en y apportant quelques changemens dont le

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plus important a été d'en ôter le genre Crassine pour le porter près des Crassatelles. Lamarck caractérise ainsi cette famille: deux dents cardinales au plus sur la même valve; coquille souvent un peu bâillante aux extrémités latérales; ligament extérieur; nymphes en général saillantes au-dehors. Il divise cette famille en deux sections de la manière suivante:

1. NYMPHACÉES SOLENAIRES.

Genres: SANGUINOLAIRE, PSAMMOBIE, PSAMMOTÉE.

2. NYMPHACÉES TELLINAIRES.

A. Une ou deux dents latérales.

Genres: TELLINE, CORBEILLE, LUCINE, DONACE.

B. Point de dents latérales.

Genres: CAPSE, CRASSINE. V. ces différens mots. (D..H.)

NYMPHÆA. BOT. PHAN. V. NÉNUPHAR.

NYMPHALE. Nymphalis. INS. Genre de l'ordre des Lépidoptères, famille des Diurnes, tribu des Papillonides, division des Nacrés, établi par Linné qui donnait ce nom, dans les dernières éditions de son Systema Naturæ, à une des grandes divisions de son genre Papillon. Cette coupe a été adoptée par Réaumur, et d'après lui par Geoffroy qui l'a subdivisée d'après la forme des pates et des chenilles. Scopoli et Degéer ont profité des moyens de Réaumur pour diviser encore cette coupe. Après eux Fabricius est venu transformer toutes les divisions que ses prédécesseurs avaient faites dans les Papillons-Nymphales de Linné en autant de genres, en y en ajoutant quelques-uns qui lui sont propres. Enfin Latreille est venu arrêter cette confusion, et il a adopté quelques-uns des genres de Fabricius en en rejetant un grand nombre basés sur des caractères trop peu importans; il a donc conservé dans le genre Nymphale proprement dit les Papillons qui ont pour caractères: antennes terminées en une petite massue allongée; longueur des palpes inférieurs ne surpassant pas notablement celle de la tête; ces palpes étant très-poilus et leur dernier article n'étant, au plus, que d'une demi-fois plus court que le précédent. Chenilles n'ayant que quelques épines ou quelques tubercules avec l'extrémité postérieure du corps fourchue. Les Nymphales se distinguent des Vanesses, Biblis et Satyres par les antennes qui, dans ces derniers, sont terminées brusquement par un bouton court. Le genre Morpho de Fabricius en est séparé par les antennes presque filiformes, légèrement et insensiblement plus grosses vers leur extrémité. Les Argynnes sont bien distinctes des Nymphales par leurs antennes finissant brusquement par un bouton en forme de toupie, et par leurs palpes inférieurs dont le dernier article est grêle et aciculaire ou en pointe d'aiguille. Les Nymphales sont des Papillons de haut vol, et leurs ailes, fortes et épaisses, font bieu voir qu'ils sont destinés à planer au haut des grands Arbres dans les forêts. Leur tête est petite, elle porte deux yeux ronds, saillans au-dessus et entre lesquels sont insérées les antennes. Leurs pates antérieures sont très-petites et inutiles pour marcher ou même se retenir posés sur les corps; elles sont composées comme les suivantes, mais leurs tarses ne sont pas terminés par des crochets; ces pates sont toujours appliquées sur les côtés du thorax et leur genou est dirigé vers la tête; cette disposition leur a valu le nom de pates en palatine. Les autres pieds sont trois fois plus grands; la jambe est un peu plus courte que la cuisse; les tarses sont de la longueur de la jambe, de cinq articles dont le premier est aussi long que les quatre autres ensemble; le dernier est terminé par deux crochets recourbés. L'abdomen des Nymphales est de grandeur moyenne, il n'est pas embrassé par un prolongement des ailes inférieures. On trouve des espèces de ce genre dans tous les

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pays du monde. Eu général, ces Papillons sont ornés des couleurs les plus brillantes et les plus variées. Les grands bois des environs de Paris en nourrissent quelques espèces qui font l'ornement des collections et dont les couleurs sont admirables. Ces Lépidoptères. aiment beaucoup les excrémens et l'urine et en général toutes les matières en fermentation. On profite même de cette circonstance pour les attirer à terre et pour les prendre. Quand les grands Sylvains (Nymph. Populi) ou les autres grandes espèces voltigent au sommet des Arbres, et ne descendent pas à la portée du chasseur, il n'a qu'à mettre dans la route qui traverse le bois un tas de crottin de Cheval, ou bien des Pommes pourries, ou encore de l'urine; il ne tardera pas à voir les Nymphales venir et se poser sur ces matières. Ce singulier goût pour les matières en fermentation leur est commun avec un grand nombre d'Insectes. Le genre Nymphale est très-nombreux en espèces. Godard (Encyclop. Méthod., article PAPILLON), en décrit deux cent soixante-sept qu'il place dans un grand nombre de divisions. Latreille (Nouveau Dict. d'Histoire Naturelle) n'a fait que deux grandes divisions dans ce genre. Nous allons les présenter ici avec quelques-unes des espèces qu'elles renferment.

I. Ailes très-arrondies, sans dentelures ni prolongemens en forme de queue au bord postérieur.

NYMPHALE SORANA, Nymphalis Sorana, God., Encycl. Méth., article PAPILLON, p. 422, n. 229. Ailes ayant deux pouces et demi d'envergure, noires, glacées de violet, supérieures, ayant de part et d'autre deux bandes cramoisies dont l'antérieure commence au-dessus des secondes ailes; dessous de ces dernières avec deux yeux et une ligne très-anguleuse, bleus. Cette espèce habite le Brésil.

II. Ailes dentées ou sinuées au bord postérieur, celui des inférieures ayant, dans plusieurs, des prolongemens en forme de queue.

A. Massue des antennes formée presque insensiblement et grêle.

† Ailes étroites et allongées. Genre: NEPTIS, Fabr.

NYMPHALE DE L'ÉRABLE, N. Aceris, God., Fabr., Latr.; Papilio Aceris, Ubn. Herbst, tab. 235, fig. 5, 6; Papilio leucothoa et columella, ib. et Cram.; Papilio plantillia, Hubn. Le Sylvain à deux bandes, blanches, Engram. Deux pouces et demi d'envergure; ailes dentées, d'un noir brun en dessus, fauves en dessous, avec trois bandes blanches maculaires; bande de la base des supérieures longitudinale et lancéolée. La femelle ressemble au mâle, seulement elle est plus grande. Cette espèce se trouve depuis les îles de la Sonde jusqu'en Autriche inclusivement. Les individus des Indes-Orientales sont, comme le dit fort bien Fabricius, plus grands que ceux d'Europe.

†† Ailes guère plus longues que larges. Genres: LIMENITES et APATURA, Fabr.

NYMPHALE DU PEUPLIER, N. Populi, Latr., God., Fabr.; Papilio Populi, L., etc., etc. Le Sylvain, Engram., Pap. d'Eur. T. I, p. 26, pl. 9, fig. 10, A, D (mâle), et le grand Sylvain (la femelle), de trois pouces à trois pouces et demi d'envergure; ailes légèrement dentées, d'un brun noirâtre en dessus, avec une bande blanche maculaire, un cordon de lunules fauves et une double ligne marginale d'un bleu ardoisé. La chenille de ce beau Papillon est verte, nuancée de brun, avec l'anus ou la tête fauves ou rougeâtres. L'anus est un peu fourchu. Le dos offre des éminences charnues et épineuses, dont les deux antérieures plus grandes et les postérieures un peu recourbées en arrière. Elle vit sur le Tremble et sur les Peupliers noir et blanc. La chrysalide est obtuse antérieurement, jaunâtre, mouchetée de noir, avec une bosse arrondie vers le mi-

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lieu du dos. C'est du 10 au 15 juin que l'Insecte parfait en sort. Cette espèce se trouve dans les contrées septentrionales de l'Europe. On la rencontre aux environs de Paris, mais elle y est rare.

NYMPHALE IRIS, N. Iris, Godard, Latr.; Papilio Iris, Fabr.; Papilio Iole, Esp.; Papilio Beroe, Herbst, tab. 229, fig. 3-6, tab. 230, fig. 1-2; Maniola Iris, Schrank. Le Grand-Mars changeant, Engram., Papillons d'Europe, tab. I, p. 137, pl. 31, fig. 62, A-B (mâle); le Grand-Mars nonchangeant, ibid. (femelle). Deux pouces et demi à trois pouces d'envergure; ailes dentées, d'un brun obscur avec un reflet violet dans les mâles, des taches aux supérieures et une bande unidentée aux inférieures blanches; dessus des supérieures sans taches oculaires. Cette espèce varie beaucoup, et ses variétés ont été érigées en espèces par un grand nombre d'auteurs. Ce Papillon est un des plus beaux de notre pays; vu à divers angles, ses ailes paraissent du plus beau bleu. Il habite les parties basses des bois et se tient sur la cime des Chênes; il n'en descend qu'entre onze et deux heures, et vient en planant se poser sur la fiente, sur les Arbres qui suintent, ou sur d'autres corps en décomposition. On le trouve dans le nord de la France et aux environs de Paris dans les bois de Meudon, Bondy, Saint-Germain, etc.

B. Antennes terminées brusquement en un bouton obconique, gros et allongé. Genre: PAPHIA, Fabr.

NYMPHALE JASIUS, Nymphalis Jasim, Latr., God.; Papilio Jasius, Fabr., L.; Papilio Jason, L., Herbst, Cramm.; Papilio Rhea, Hubn., Pap., t. 113, f. 580, 581. De trois à quatre pouces d'envergure; bord postérieur des premières ailes plus ou moins concave; bord correspondant des secondes avec deux queues extérieures, linéaires et aiguës. Ailes supérieures ayant de part et d'autre une raie maculaire et le bord postérieur fauves; dessous des quatre ailes ferrugineux vers la base avec les anneaux et une bande bleue. Ce Lépidoptère, comme nous avons souvent eu occasion de le voir, plane comme les Oiseaux, et se tient toujours à de grandes hauteurs; il vient souvent se reposer sur les troncs des Arbres exposés au soleil. On le trouve dans les contrées méridionales de la France, en Italie, en Corse, dans les îles d'Hières près Toulon, dans l'Asie-Mineure, en Sicile et à Naples; on en trouve une variété en Afrique. Le Fébure de Cérisy, ingénieur de la marine à Toulon, a fait des observations fort curieuses sur les métamorphoses de ce Papillon. La chenille est verte dans le premier âge, elle devient jaunâtre plus tard, sa peau est comme chagrinée et plissée transversalement. Sa tête est ornée de quatre cornes verticales, dont les deux intermédiaires sont les plus longues. Cette chenille ne mange que la nuit; pendant le jour, elle se tient immobile et attachée aux feuilles d'àrbousier dont elle se nourrit, et dont la couleur ne diffère pas de la sienne. La chrysalide est lisse, grosse, un peu coriace, d'un vert pâle: elle se change en Papillon au bout de quinze jours. (G.)

NYMPHANTHUS. BOT. PHAN. Loureiro (Flor. Coch., 2, p. 663) a décrit sous ce nom générique quatre Plantes indigènes de la Chine et de la Cochinchine, lesquelles ont été réunies au genre Phyllanthus de la famille des Euphorbiacées. En effet, le filet unique du Nymphanthus, portant une anthère à quatre ou six loges, peut être considéré comme la soudure de plusieurs filets portant chacun deux ou trois anthères, et dès-lors il n'y a point de différence entre ce genre et les Phyllanthus. Les Nymphanthus squamifolia, pilosa, chinensis et rubra, sont des Arbres ou des Arbrisseaux qui se rapprochent du Phyllanthus Niruri. La première de ces espèces offre une exception assez remarquable dans les Euphorbiacées, en ce que ses feuilles, ses fleurs et ses

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fruits jouissent de propriétés émollientes, résolutives et anodines. Les peuples de la Cochinchine en font usage dans les maladies de la poitrine, des reins et de la vessie. (G..N.)

NYMPHE, REPT. OPH. Espèce du genre Bongare. V. ce mot. (B.)

NYMPHE DE TERNATE. OIS. (Séba.) Syn. de Martin-Pêcheur à longs brins, Alcedo Dea, L. (B.)

NYMPHEA. BOT. PHAN. Pour Nymphæa. V. NÉNUPHAR. (B.)

*NYMPHÉACÉES. Nymphæaceæ. BOT. PHAN. Famille naturelle, ayant pour type le genre Nymphæa, mais dont la place est fort indécise encore dans la série des ordres naturels, puisque les uns, et nous sommes de ce nombre, la rangent parmi les Monocotylédons, et les autres parmi les Dicotylédons. Nous allons rappeler en peu de mots la structure de l'embryon, point litigieux dans cette question, en renvoyant pour les autres caractères aux mots NÉNUPHAR et NÉLUMBO. Lorsque l'on enlève Fépisperme ou tégument propre de la graine d'une espèce de Nénuphar, on trouve que l'amande se compose de deux organes distincts, un endosperme charnu, qui en forme presque toute la masse, et un embryon assez petit, qui a une forme irrégulièrement conique ou en toupie. Examiné à l'extérieur, cet embryon est parfaitement indivis, sans aucune trace de fente ou de suture. Gaertner, d'après cet examen superficiel, l'avait décrit comme. Monocotylédone; telle était également l'opinion de Jussieu, puisqu'il avait placé ce genre dans les Hydrocharidées, qui sont bien certainement monocotylédonées. Si l'on fend en deux cet embryon, on lui reconnaît l'organisation suivante: la partie externe forme une sorte de petit sac assez mince, du fond duquel part un corps épais et charnu, qui en remplit exactement la cavité: ce corps est partagé presque jusqu'à sa base en deux lobes épais, charnus, un peu inégaux. En écartant ces deux lobes, on trouve entre eux un autre corps plus petit, divisé en deux parties très-inégales. Cherchons maintenant à dénommer ces parties. Toutes les fois qu'un embryon est simple et ne présente aucune sorte de fente ni de suture à sa surface externe, cet embryon est réputé monocotylédoné. Dans ce cas, le cotylédon est toujours sous la forme d'un étui mince ou épais, contenant dans son intérieur les rudimens des parties qui doivent se développer à l'extérieur, c'est-à-dire la gemmule. Partant de ce principe fondamental, auquel nous ne connaissons aucune exception, il nous sera facile de dénommer les parties qui forment l'embryon des Nénuphars. L'espèce de sac extérieur et indivis est le cotylédon, et les deux corps bilobés, emboîtés l'un dans l'autre, forment la gemmule. Mais cette manière de voir, qui est celle du professeur Richard, n'a pas été adoptée par les botanistes. Ainsi, Corréa de Serra considère le sac extérieur comme une expansion de la radicule, analogue à celle de certains embryons vitellifères, et dès-lors le corps bilobé, placé au-dessous, est le corps cotylédonnaire formé de deux cotylédons; le corps plus intérieur également bilobé, est la gemmule. Cette opinion est à peu près celle qui a été soutenue par De Candolle, Mirbel, Poiteau, etc., avec cette différence toutefois qu'ils ne se prononcent pas sur la nature du saccule qui enveloppe le corps bilobé, et qu'ils le considèrent comme un organe spécial particulier à l'embryon des Nénuphars. Avant d'apporter et de discuter les raisons émises à l'appui de ces deux opinions, il nous paraît indispensable de faire connaître aussi la structure de l'embryon du Nélumbo, qui offre avec celle du Nymphæa plusieurs points de conformité. La graine du Nélumbo, dépouillée de son péricarpe, est à peu près ovoïde; elle est recouverte d'un épisperme ou tégument propre très-mince, qui, par la macération, s'en-

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lève facilement de l'amande, avec laquelle il ne contractait aucune espèce d'adhérence. Cette amande est composée uniquement par l'embryon, sans aucun vestige d'endosperme. Examiné extérieurement, l'embryon est partagé par une fissure profonde en deux gros lobes charnus, qui tiennent au reste de l'embryon seulement par leur base. En écartant ces deux lobes et leur faisant prendre une position horizontale, on voit qu'ils recouvraient par leur face interne un autre corps ovoïde, allongé, ayant presque la même hauteur, mais beaucoup plus étroit qu'eux. Ce corps est parfaitement simple et indivis. Si on le fend suivant sa longueur, on voit qu'il se compose d'un sac mince, membraneux, recouvrant un bourgeon formé de deux ou trois feuilles rudimentaires déjà pétiolées et diversement emboîtées les unes dans les autres. Dénommons ces parties: le corps extérieur et bilobé, qui part de la base de l'embryon, c'est-à-dire de la radicule, nous paraît être deux expansions du corps radiculaire. Nous espérons lé prouver bientôt. Le sac indivis est le cotylédon entièrement semblable à celui des Nénuphars, et le bourgeon intérieur est évidemment la gemmule. Il n'y a donc de différence entre l'embryon du Nélumbo et celui des Nymphæa, que dans le Nélumbo, la radicule offre deux appendices latéraux qui manquent dans l'embryon des Nénuphars. Voyons maintenant quelle est, au sujet du Nélumbo, l'opinion des autres botanistes. Corréa de Serra admet, comme le professeur Richard, que le corps extérieur bilobé est une dépendance de la radicule, analogue au sac indivis qui forme la partie externe de l'embryon du Nymphæa. Pour cet habile carpologiste, l'embryon du Nélumbo est tout-à-fait dépourvu de cotylédons; le sac intérieur et tout ce qu'il renferme forment la gemmule. Telle n'est pas l'opinion de De Candolle, de Mirbel, etc. Pour eux, le corps bilobé forme les deux cotylédons; le sac intérieur constitue une sorte de gaîne stipulairc, et les folioles qu'il renferme sont la gemmule.

Examinons chacune de ces opinions.

1°. L'embryon du Nymphæa et du Nélumbo est monocotylédoné. Quel est le véritable caractère d'un embryon monocotylédon? C'est d'être parfaitement indivis, c'est-à-dire de ne présenter à l'extérieur aucune trace de fente, de division ou de suture. Or, tels sont en effet les caractères que présente l'embryon du Nymphæa. Pour soutenir cette opinion relativement à ce genre, il n'y a aucune supposition à faire, rien d'insolite à admettre. Cet embryon est conformé absolument de la même manière que celui des autres Plantes monocotylédonées, c'est-à-dire qu'il renferme intérieurement la gemmule. A l'appui de cette opinion, nous ajouterons les phénomènes de la germination, qui sont absolument ceux des autres embryons unilobés. Quand une graine du Nymphæa alba commence à germer, on voit saillir à son extrémité, qui correspond à l'embryon, un petit mamelon arrondi; c'est le corps radiculaire, qui bientôt se rompt pour laisser sortir la radicule qui était intérieure. Peu après, le sac cotylédonnaire se rompt aussi; les deux lobes externes de la gemmule s'en dégagent en partie, et de leur écartement sort un autre bourgeon, qui prend bientôt un accroissement plus considérable. Cette germination ne présente-t-elle pas tous les caractères de celle des Monocotylédones: une radicule intérieure ou endorhizée, forcée de percer l'extrémité radiculaire qui ne prend aucun accroissement; un cotylédon qui se rompt pour laisser sortir la gemmule qu'il renfermait, nous paraissent des caractères qui ne s'observent dans aucune germination de Plante dicotylédonée. Quant au Nélumbo, nous convenons qu'il présente une particularité qui ne s observe pas dans le Nymphæa; ce sont les deux appendices latéraux très-développés de sa

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radicule; mais d'abord nous ferons remarquer que ce genre manquant d'endosperme, ces deux appendices en tiennent en quelque sorte lieu; ils étaient nécessaires ici pour remplacer l'endosperme et fournir à la jeune Plantule les premiers matériaux de son développement, le cotylédon étant extrêmement mince et ne pouvant servir à cet usage. Si l'on retranche ces deux appendices, il n'existe plus de différence entre l'embryon du Nélumbo et celui du Nénuphar. Si nous parvenons à prouver qu'ils sont une dépendance de la radicule, nous nous croirons dispensé d'établir que le sac indivis est le cotylédon, puisque nous l'avons déjà démontré pour le genre Nymphæa. Nous ferons remarquer d'abord qu'il n'est pas rare de trouver dans les Plantes monocotylédones des embryons dont la radicule offre un volume excessivement considérable relativement aux autres parties; c'est à ces embryons que le professeur Richard a donné les noms de Macrorhizes et de Macropodes, et Gaertner celui d'embryons vitellifères. Ainsi, dans le Ruppia maritima, presque toute la masse de l'embryon est formée par un gros corps arrondi, qui est évidemment une dépendance de la radicule. Il en est de même dans le Zostera marina. Quand on examine son embryon, on voit qu'il a une forme ovoïde allongée, Sur l'un de ses côtés on remarque une fente longitudinale, dont les bords rapprochés et contigus vers la partie inférieure de la graine s'écartent un peu vers le point opposé. Dans l'écartement de ces deux lobes, on trouve un corps allongé, cylindroïde, recourbé sur lui-même. Cette disposition n'est-elle pas absolument la même que celle du Nélumbo. Cependant tous les botanistes considèrent le Zostera comme Monocotylédon; ils admettent que les deux lobes ne sont qu'une dépendance du vitellus, qui fait évidemment partie du corps radiculaire, et que le corps re fermé entre eux, qui contient la gemmule dans son intérieur, est le cotylédon. Il existe donc, 1° des embryons monocotylédons dont la radicule, c'est-à-dire le corps qui sert de base au cotylédon, est très-grosse;

2° des embryons dont le corps radiculaire se prolonge latéralement, de manière à former des appendices plus ou moins volumineux, qui recouvrent en partie ou en totalité le cotylédon, comme dans le Zostera et plusieurs autres genres. Or, les appendices du Nélumbo nous paraissent être absolument analogues à ceux du Zostera; donc ils sont une dépendance de la radicule. On se confirmera encore dans cette opinion, si l'on écarte les deux lobes du Nélumbo, et qu'on les place dans une direction horizontale; on verra alors qu'ainsi disposé, cet embryon peut être parfaitement comparé à celui des Plantes vitellifères.

2°. L'embryon des Nymphéacées est dicotylédoné. Pour soutenir cette opinion, on est obligé d'admettre dans l'embryon du Nymphæa, aussi bien que dans celui du Nélumbo des parties qu'on ne rencontre dans aucun autre Végétal. Ainsi, il faut considérer le sac extérieur du Nymphæa, comme un organe particulier, n'ayant aucun analogue dans les autres Végétaux connus; admettre que cet organe manque dans le Nélumbo; mais que l'embryon de ce dernier offre aussi une autre particularité dont on ne trouve aucune trace ni dans le Nymphæa ni dans aucun autre genre connu; c'est l'existence d'un étuio. sac placé en dedans des cotylédons, et recouvrant en totalité la gemmule. Dans cette hypothèse, l'embryon des deux genres en litige n'offre donc aucune analogie avec les autres embryons dicotylédonés, tandis que nous croyons avoir démontré que, comparé à beaucoup d'autres embryons monocotylédonés, cet embryon n'offrait rien que l'on ne retrouvât dans une foule d'autres Plantes bien connues. Il faut ensuite ne pas admettre les caractères que

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l'on peut tirer de la germination; car ces caractères sont bien évidemment ceux des Plantes endorhizes ou monocotylédonées. Les botanistes qui soutiennent cette opinion, s'appuient aussi sur l'anatomie intérieure des tiges, qui, selon eux, se rapproche dans les Nymphéacées tout-à-fait de celle des Dicotylédons. Mais ici nous ferons remarquer, 1° que dans toutes les Plantes herbacées qui vivent dans l'eau, qu'elles soient monocotylédones ou dicotylédones, l'organisation intérieure des tiges est à peu près la même; c'est un tissu cellulaire très-lâche parcouru par des fibres vasculaires et longitudinales; 2° quelle que soit la généralité de la belle découverte du savant Desfontaines relativement à la structure différente des Monocotylédons et des Dicotylédons, cette loi souffre néanmoins quelques exceptions. Dirons-nous que les auteurs dont nous venons de parler fondent encore leur opinion sur l'analogie qu'ils trouvent entre le fruit du Nymphæa et celui des Pavots, et qu'après avoir admis les Nymphéacées parmi les Dicotylédones, ils les rangent auprès des Papavéracées? Nous convenons qu'en effet, examiné superficiellement, il y a quelque ressemblance grossière entre le fruit du Nymphæa et la capsule d'un Pavot; mais combien cette ressemblance extérieure est de peu de valeur, et surtout comme elle disparaît par un examen plus profond! D'abord, la capsule du Pavot est à une seule loge, offrant des trophospermes saillans, qui simulent des cloisons incomplètes; celui des Nymphæa est à plusieurs loges distinctes. Trouvera-t-on ensuite la moindre analogie dans les graines de ces deux familles? Mais en supposant que le Nymphæa ait en effet quelques rapports par son fruit avec les Pavots, que fera-t-on du genre Nelumbium? A-t-il la moindre analogie avec les Papavéracées? Quel est le genre de cette famille où nous trouverons un disque évasé comme dans le Nélumbos, et portant dans les alvéoles de sa face supérieure des pistils uniloculaires et monospermes? Il faudrait donc placer le Nymphæa auprès des Papavéracées, et reporter fort loin de-là le Nelumbium. Nous n'ignorons pas qu'un botaniste aussi ingénieux que profond, le professeur De Candolle, a dit (Mém. de la Soc. de Genève, T. I, part, 1) que dans le genre Nymphæa, il y avait un réceptacle analogue à celui du Nélumbo; que ce réceptacle recouvrait et se soudait intimement avec la paroi externe des carpelles. Mais cette opinion, tout ingénieuse qu'elle est, nous paraît une pure supposition, que rien ne prouve, et, par conséquent, elle ne peut en rien servir à la solution de la question.

Nous croyons donc que l'opinion qui fait du Nymphæa et du Nelumbium deux genres à embryon monocotylédoné, réunit plus de probabilités en sa faveur. 1°. Ainsi considéré, cet embryon n'offre aucune partie, que l'on ne retrouve dans une foule d'autres embryons monocotyledonés; ce qui n'a certainement pas lieu dans l'opinion contraire. 2°. Son mode de germination confirme cette unité de cotylédon, et par conséquent elle est tout-à-fait opposée à celle des Dicotylédons. Mais ici nous ferons encore une autre question: doit-on laisser le genre Nelumbium dans la famille des Nymphéacées, ou doit-on en faire le type d'une famille distincte? Nous avouons que nous ne saurions résoudre cette question d'une manière positive. Le port est absolument le même dans ces deux genres, et il peut paraître extrêmement étrange de les séparer comme ordres distincts, quand quelques botanistes, en tête desquels se présente Linné, avaient cru devoir les réunir en un seul genre; mais nous demanderons, d'un antre côté, si l'on peut admettre dans la même famille deux genres dont l'un a l'ovaire simple, a plusieurs loges polyspermes, surmonté d'autant de stigmates qu'il y a de loges, et dont les ovules nombreux sont attachés à toute l'étendue des parois des cloisons, et dont l'au-

TOME XII. 3

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tre, offrant au centre de sa fleur un très-grand réceptacle en forme de cône renversé, présente un grand nombre de pistils distincts, uniloculaires et monospermes, implantés dans des alvéoles creusés à la face supérieure de ce réceptacle; deux genres, dont l'un est muni d'un très-gros endosperme charnu, qui manque en totalité dans l'autre. Ces différences nous paraissent être d'une très-grande importance, et nous avons cru devoir les faire connaître, sans néanmoins nous prononcer irrévocablement dans cette question.

La place des Nymphéacées dans la série des familles monocotylédonées, n'est nullement facile à déterminer. Elles ont de grands rapports avec les Cabombées ou Hydropeltidées, par leur port et leur insertion hypogynique, et par quelque ressemblance dans leur embryon; mais elles en diffèrent par la disposition de leurs pistils et leur périanthe. D'un autre côté, on ne peut nier les rapports qui unissent les Nymphéacées aux Hydrocharidées, et c'est même de cette dernière famille qu'elles se rapprochent le plus, malgré leur ovaire libre et non infère. Nous pensons donc qu'on ne saurait les en éloigner. (A. R.)

NYMPHEAU. BOT. PHAN. Syn. vulgaire de Ményanthe nymphoïde, qui maintenant appartient au genre Villarsie. V. ce mot. (B.)

NYMPHES. INS. On donne ce nom à un état particulier que les Insectes présentent pendant leurs métamorphoses, et qui est intermédiaire à l'état de larve et à l'état parfait. On désigne aussi les Nymphes sous les noms de Chrysalides, Aurélies, Fèves dorées et Pupes. On traitera la signification de chacun de ces mots à l'article OEUF. V. ce mot. (AUD.)

NYMPHÉS. Nymphes. INS. Genre de l'ordre des Névroptères, section des Filicornes, famille des Planipennes, tribu des Hémérobins, établi par Leach (Zoological Miscell.

vol. 1, pag. 102, tab. 45), et adopté par Latreille dans les Familles Naturelles du Règne Animal. Les caractères de ce genre sont: antennes filiformes, plus courtes que le corps, avec les articles du milieu un peu plus épais; dernier article des palpes extérieurs presque aussi long que le précédent, cylindrique et obtus à son extrémité; le même des palpes intérieurs plus long que le précédent et pointu à son extrémité; labre échancré au milieu; point d'yeux lisses; jambes bi-épineuses à leur extrémité; tarses composés de cinq articles entiers. Ce genre est très-voisin des Hémérobes, mais il en diffère par les antennes renflées au milieu et par les ailes dont la coupe se rapproche davantage de celle des Myrméléons; les Nymphés paraissent faire le passage des Myrméléonides aux Hémérobins. La seule espèce connue de ce genre a été trouvée à la Nouvelle-Hollande. Leach lui a donné le nom de Nymphés Myrméléonide; son corps et ses pates sont roussâtres; ses antennes sont noires avec l'extrémité brune; les ailes sont transparentes avec le bout roussâtre et quelques taches blanchâtres. Percheron, de Paris, jeune amateur très-zélé, possède une autre espèce de ce genre qu'il se propose de décrire. (G.)

NYMPHOIDES. BOT. PHAN. Le genre établi par Tournefort sous le nom de Nymphoides, à cause de ses feuilles semblables à celles des Nymphæa, fut réuni au Menyanthes par Linné. Mais comme ce genre se distingue réellement des Ményanthes (V. ce mot), il a fallu lui donner un nom générique qui ne fût pas contraire aux règles de la terminologie. Parmi les diverses dénominations proposées, celle de Villarsia a prévalu. V. VILLARSIE. (G..N.)

NYMPHON. Nymphon. ARACHN. Genre de l'ordre des Trachéennes, famille des Pycnogonides, établi par Fabricius, adopté par Latreille et tous les entomologistes, et ayant pour

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caractères: pieds fort longs; deux mandibules et deux palpes; corps de forme irès-étroite et oblongue. La seule espèce de ce genre, connue par Linné, avait été confondue par cet auteur avec les Phalangium; Fabricius l'en distingua le premier, et la réunit au genre Pycnogonum: il l'en a séparée ensuite, et l'a placée (Ent. Syst.) dans l'ordre des Diptères. Olivier, à l'exemple d'Othon Fabricius, place les Nymphons dans la troisième série de l'ordre des Aptères. Savigny pense que ces Animaux font le passage des Crustacés aux Arachnides, et qu'ils tiennent aux premiers par les Cyames qui eu sont les plus voisins par leur organisation. Latreille, après un examen attentif, et en attendant qu'on ait assigné, par une anatomie détaillée, la place de ces êtres, les met dans l'ordre des Arachnides, près des Pinces et des Phalangium; les Nymphons se distinguent des Phoxichiles parce que leurs mandibules sont en pince ou didactyles; les Ammothées de Leach ontles mandibules moins longues que le suçoir, ce qui n'a pas lieu chez les Nymphons; les Ammothées s'en distinguent encore par l'avant-dernier article de leurs pates ambulatoires, qui est beaucoup plus court que le même article des Nymphons. Enfin les Pycnogonons en sont séparés par l'absence de palpes et de mandibules. Le corps des Nymphons est long, très-étroit, grêle et composé entièrement par le thorax; on voit à sa partie antérieure, un suçoir tubulaire portant des mandibules et des palpes; les mandibules sont didactyles ou en pinces; elles sont beaucoup plus longues que le suçoir; celui-ci est tubulaire, et Latreille pense qu'il pourrait bien être une réunion des mâchoires et de la lèvre inférieure prolongées et soudées. Les palpes sont composés de cinq articles et terminés par un petit crochet. Ces Animaux n'ont point d'yeux composés; seulement on voit des yeux lisses sur un petit tubercule. Les pieds des Nymphons sont composés de neuf articles. Les antérieurs sont organisés de manière à porter les æufs quand l'Animal les a pondus. L'abdomen est représenté par un petit article en forme de queue. Ce genre se compose de deux ou trois espèces marines. Fabricius dit qu'une d'elles (N. grossipes) s'insinue dans les valves des Moules, et épuise l'Animal à force de le sucer.

NYMPHON GROSSIPES, Nymphon grossipes, Fabr., Latr. (Hist. Nat. des Crust. et des Ins. T. VII, p 333, pl. 65, fig. 2, 3 et 4); Phalangium grossipes, L.; Pycnogonum grossipes, Fabr. (Mull. Zool. Dan. T. II, p. 67, t. 119, fig. 5-9); Stram. (Soudon. T. I, p. 208, t. 1, fig. 16). Cette espèce est longue d'un demi-pouce sur une demi-ligne de large; son corps est cylindrique, et a de chaque côté quatre incisions ou crénelures qui forment, indépendamment de la tête, quatre anneaux mieux distincts au-dessous du corps qu'au-dessus, et dont le premier est grand, et les autres insensiblement plus étroits; sur le dos du premier anneau s'élève un piquant droit, à la base duquel sont placés, de chaque côté, deux petits yeux noirs ayant le milieu blanc. Au dernier anneau est attaché une queue courte, horizontale, droite, ou un cylindre dont l'extrémité est amincie et percée d'un trou qui est probablement l'anus. Les pates antérieures sont insérées à la base du col; elles sont plus grêles que les autres, filiformes, une fois plus longues que le corps et composées de dix pièces, dont les trois premières grosses, très-courtes; les deux suivantes très-longues, minces, deux ensuite beaucoup plus courtes, et trois un peu plus courtes, dont la dernière terminée par un angle très-aigu. Ces pates sont appliquées contre l'abdomen; elles servent aux mêmes usages que les fausses pates des Crabes et des Ecrevisses, c'est-à-dire qu'elles sont destinées à servir d'attache aux æufs de la femelle. Les huit autres pates sont deux fois plus longues, grêles, presque égales entre

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elles; il en part deux de chaque anneau du thorax, une de chaque côté. Tout le corps de cette Arachnide est couvert d'une membrane lisse, un peu dure, semblable à celle des Squilles, mais un peu moins solide. La couleur est tantôt rougeâtre, tantôt blanchâtre, quelquefois mais rarement verdâtre; les œufs sont de la couleur du corps. Ces Arachnides se trouvent parmi les Ulves capillaires, les Conferves, et sous les pierres des bords de la mer en Norvège et dans le Groenland; ils se tiennent particulièrement vers les racines des grandes espèces d'Ulves. Ils font leur nourriture de petits Vers marins et d'autres Animaux qu'ils saisissent avec leurs pinces. C'est dans le mois d'octobre que les femelles ont des œufs renfermés dans un sac léger et attachés aux pates antérieures; en décembre les œufs sont devenus grands et faciles à détacher, ce qui fait soupçonner que c'est vers cette époque que l'Animal éclot. Leach, dans le second volume de ses Mélanges de Zoologie, donne la figure de deux espèces que l'on trouve dans les mers de la Grande-Bretagne, près du rivage, et que D'Orbigny père a observées sur les côtes de la Vendée. La première, que Leach nomme Nymphon gracile, paraît être très-voisine de celle dont nous venons de donner la description, et il est possible que la comparaison des individus fasse reconnaître que ce n'est que la même espèce; la seconde, qu'il nomme Nymphon femoratum, forme une espèce bien distincte. (G.)

NYMPHONIDES. Nymphonides. ARACHN. Leach donne ce nom à une famille de sa sous-classe des Céphalostomes. Cette famille comprend une partie de celle des Pycnogonides de Latreille, et renferme les deux genres Ammothée et Nymphon. V. PYCNOCONIDES. (G.)

* NYMPHOSANTHUS. BOT. PHAN. Le genre ainsi nommé par le professeur Richard, et qui a pour type le Nymphœa lutea, L., avait été appelé antérieurement Nuphar par Smith. V. NUPHAR. (A. R.)

NYPA. BOT. PHAN. Pour Nipa. V. ce mot. (G..N.)

NYROCA. OIS. Espèce du genre Canard. (B.)

* NYROPHYLLA. BOT. PHAN. Le genre formé sous ce nom par Necker (Elem. Bot., n. 987), aux dépens des Lauriers, n'a pas été adopté. (G..N.)

NYSSA. BOT. PHAN. Genre de la Polygamie Diœcie établi par Linné, et présentant les caractères suivans: fleurs polygames, dioïques et axillaires; les hermaphrodites ont un calice adhérent à l'ovaire, divisé profondément en quatre ou cinq lobes; point de corolle; cinq étamines à filets libres, à anthères arrondies et biloculaires, insérées au-dessous des divisions calicinales; un ovaire adhérent, renfermant un seul ovule pendant et attaché au sommet de la cavité de l'ovaire; un stigmate simple ou divisé; une drupe monosperme; une seule graine dont l'embryon a ses cotylédons élargis et foliacés, sa radicule ascendante, et dont l'albumen est charnu. Les fleurs mâles ont un calice semblable à celui des fleurs hermaphrodites; elles sont également apétales, et elles renferment dix étamines. Ce genre avait d'abord été placé parmi les Elæagnées, groupe primitivement hétérogène dont les botanistes ont réparti les genres dans plusieurs familles. R. Brown qui a fixé les limites des Elœagnées, et a créé à leurs dépens les familles des Santalacées et des Combrétacées, observe (Prodr. Flor. Nov.-Holland., p. 351) que le Nyssa, par son ovaire monosperme et son embryon pourvu d'albumen ainsi que de cotylédons foliacés et d'une radicule supère, s'éloigne beaucoup des Elæagnées, et qu'on ne peut l'associer aux Santalacées; c'est sans doute cette indétermination qui a engagé A.-L. De Jussieu à proposer, dans le Dictionnaire des Sciences Naturelles, la formation d'un nouvel ordre formé jus-

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qu'à présent du seul genre Nyssa, ordre auquel il a donné le nom de Nyssées. V. ce mot.

Cinq espèces de Nyssa sont décrites dans la Flore de l'Amérique septentrionale de Michaux. Ce sont des Arbres, vulgairement nommés Tupelo et qui croissent en diverses localités. Quelques-uns habitent les lieux inondés pendant l'hiver et boueux dans la saison chaude; leur bois est blanc, léger et très-susceptible de pourrir, et par conséquent peu utile. Tels sont les Nyssa aquatica, L., biflora, Walter, et angulisans de Michaux. D'autres, comme le Nyssa sylvatica, Michx. (Hist. des Arbres d'Amérique, p. 260, t. 21), et le N. candicans, Michx. (Flor. Americ. Boreal.), sont de grands Arbres qui se trouvent sur les montagnes et sur le bord des fleuves. Leur bois assez dur, d'une texture fine, peut être employé à divers usages dans les arts. Ces Arbres, que l'on nomme Tupélos de montagnes, seraient susceptibles d'acclimatation en Europe. Les Tupélos aquatiques réussiraient probablement dans les terrains marécageux où peu d'Arbres peuvent se dévolopper. Leurs fruits ont une saveur fade; ils sont mangés par les Ecureuils, les Perroquets, les Pigeons, les Grives et autres Animaux sauvages. (G..N.)

NYSSANTHE. Nyssanthes. BOT. PHAN. Genre de la famille des Amaranthacées, et de la Tétrandrie Monogynie, L., établi par R. Brown (Prodr. Flor. Nov.-Holland., p. 418) qui l'a ainsi caractérisé: périanthe irrégulier, à quatre folioles spinescentes, dont deux extérieures inégales, accompagnées de bractées également spinescentes; deux à quatre étamines à anthères biloculaires, et dont les filets sont connés à la base, alternes avec de petits prolongemens (squammules); un seul style surmonte d'un stigmate capité; utricule monosperme. Ce genre est, de l'aveu de son auteur, tellement voisin de l'Achyranthes, qu'il n'en diffère que par son périanthe à folioles inégales et spinescentes. Il se compose de trois espèces qui croissent dans la Nouvelle-Hollande; les Nyssa erecta et media. aux environs du port Jackson, et le N. diffusa, dans les contrées situées entre les Tropiques. Ce sont des Herbes ou des sous-Arbrisseaux à feuilles opposées, et à fleurs disposées en épis agglomérés, axillaires et terminaux. (G..N.)

* NYSSÉES. BOT. PHAN. Sous ce nom A.-L. De Jussieu a proposé l'établissement d'une petite famille composée uniquement du genre Nyssa, placé autrefois parmi les Elæagnées. Les caractères de cette famille sont donc ceux du genre que nous avons exposés plus haut (V. NYSSA). R. Brown avait fait remarquer le premier, d'après les observations de Gaertner et de Richard sur le fruit de ce genre, qu'il était fort éloigné des Elæagnées, et qu'on ne pouvait le réunir aux Santalacées. Dans la Monographie des Elæagnées publiée par notre collaborateur Achille Richard (Mém. de la Société d'Hist. Natur. T. I, p. 379), il est dit que le Nyssa a tous les caractères des Combrétacées, à l'exception de son albumen charnu. A.-L. De Jussieu ne propose l'établissement des Nyssées que pour obtenir de nouveaux renseignemens pris sur les Plantes vivantes, et qui pourront ou confirmer ou faire rejeter l'existence de cette famille. (G..N.)

NYSSON. Nysson. INS. Genre de l'ordre des Hyménoptères, section des Porte-Aiguillons, famille des Fouisseurs, tribu des Nyssoniens, établi par Latreille et adopté par tous les entomologistes avec ces caractères: antennes insérées près de la bouche, plus grosses vers leur extrémité et dont le dernier article est crochu dans les mâles; mandibules sans dentelures; labre petit, caché ou peu saillant; segment antérieur du tronc très-court, transversal, linéaire; ailes supérieures ayant trois cellules cubitales complètes, dont la seconde, qui est pétiolée, reçoit les

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deux nervures récurrentes; deux pointes fortes à l'extrémité du corselet; pates courtes; abdomen ovoïde, conique. Fabricius n'a connu que trois espèces de ce genre, et il les a placées dans trois genres différens; ainsi l'une était pour lui un Frélon, l'autre un Sphex, et ensuite un Pompyle, et la troisième un Melline, et plus tard un Oxybèle. Les Nyssons ont beaucoup de rapports avec les Arpactes de Jurine, ou les Gorytes et les Oxybèles de Latreille. Mais ils en diffèrent par leurs mandibules sans dents au côté interne et par beaucoup d'autres caractères. Les Nitèles en diffèrent, ainsi que les Oxybèles, par leurs ailes supérieures qui n'ont qu'une seule cubitale fermée; enfin le genre Pison, qui a trois cellules cubitales comme les Nyssous, en est bien distinct par ses yeux échancrés, ce qui n'a pas lieu chez les premiers. La tête des Nyssons est de la largeur du corselet, comprimée sur le devant; leurs yeux sont grands, entiers, oblongs et peusaillans; sur le vertex et entre les yeux se voient trois petits yeux lisses disposés en triangle. Les antennes insérées à la partie antérieure du front, sont filiformes, à peine renflées audelà du milieu, plus courtes que le corselet et composées de douze articles dans les femelles et de treize dans les mâles. Le dernier article, dans les mâles seulement, est un peu crochu. La lèvre supérieure est peu avancée, large, çornée et entière ou à peine échaocrée. Les mandibules sont dures., cornées et sans dents. Les mâchoires sont cornées, dures et terminées par deux pièces courtes, dont l'inférieure est beaucoup plus petite q ne l'autre; au dos de ces mâchoires sont insérés les palpes maxillaires qui sont plus longs que les labiaux, filiformes, composés de six articles. La lèvre inférieure est courte, petite, formée de deux petites pièces qui paraissent membraneuses, et sur les côtés desquelles sont insérés. des palpes labiaux. Ceux-ci sont filiformes et composés de quatre articles presque égaux. Le corselet est un peu convexe, arrondi, et sa pièce antérieure nommée collier est très-courte, lisse, un peu élevée. La pièce postérieure est terminée, de chaque côté, par une petite épine. Les ailes ne dépassent pas l'abdomen en longueur; les pales sont de longueur moyenne, et l'abdomen est ovale, pointu et armé d'un aiguillon dans les femelles, et un peu écbancré dans les mâles, qui sont privés d aiguillon; il tient au corseet par un pédicule très-court. Les Nyssons se rencontrent plus particulièrement sur les fleurs en ombelles et dans les lieux chauds et sablonneux. Ces Insectes paraissent être propres aux pays chauds; leur manière de vivre et leurs larves sont encore inconnues. Ce genre n'est pas très-nombreux en espèces. Olivier, Encycl. Méth., en décrit onze; parmi les trois ou quatre espêces que l'on trouve aux environs de Paris, nous citerons:

Le NYSSON INTERROMPU, Nysson interruptus, Latr., J urine, Oliv., Panz. (Faun. Germ., fasc. 72, tab. 13); Meltinus interruptus, Fabr., Ent. Syst. Suppl.; Oxybelus interruptus. Fabr. (Syst., Piez., p. 316). Long d'à peu près trois lignes; antennes et tête noires, avec un léger duvet argenté au-dessus de la bouche; corselet noir, pointillé, marqué d'une petite raie courte, jaune, à la partie antérieure, d'un point sur les côtés et d'un autre écailleux à l'origine des ailes. Abdomen noir, pointillé, marqué de trois bandes jaunes, interrompues. Pates fauves, avec une partie des cuisses noire. On trouve cette espèce sur les ombelles des Carottes et sur d'autres Ombellifères, dans les lieux chauds des environs de Paris. Olivier en a observé, dans l'île de Rhodes, une variété dont les pates sont noires. (G.)

NYSSONIENS. Nyssonii. INS. Tribu de l'ordre des Hyménoptères, section des Porte-Aiguillons, famille des Fouisseurs, établie par Latrelle

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et à laquelle il donne pour caractères: mandibules point échancrées inférieurement; premier segment du tronc très-court, ne formant qu'un simple rebord linéaire et transversal. Labre petit, caché, soit entièrement, soit en partie; pieds courts; abdomen ovoïde conique. Les Insectes de cette tribu aiment les lieux chauds et arides; on les rencontre sur les fleurs; ils ressemblent beaucoup aux Larrates; mais ce qui les en distingue le plus, est la partie inférieure des mandibules qui a une profonde échancrpre chez les Larrates. Latreille divise cette tribu ainsi qu'il suit:

† Yeux entiers.

α Trois cellules cubitales fermées. Genres: ASTATE, NYSSON.

β Une seule cellule cubitale fermée. Genres: OXYBÈLE, NYTÈLE.

†† Yeux écliancrés; trois cellules cubitales fermées.

Genre: PISON. V. ces mots, (G.)

NZFUSI ET NZIME. MAM. La Civette au Congo. (B)

O.

* OARIANA. OIS. Espèce du genre Tinamou. V. ce mot. (DR..Z.)

* OBCONIQUE, OBCORDIFORME, etc. BOT. PHAN. Ces expressions et toutes les autres analogues, sont formées de la contraction de l'adverbe Obversè et d'un adjectif. Ainsi, Obconique se dit d'un corps en cône renversé, c'est-à-dire ayant la pointe en bas; Obcordiforme s'emploie pour les feuilles ou autres parties qui ont la forme d'un cæur renversé, c'est-à-dire dont la pointe est en bas. (A. R.)

OBEAU OU OBEL. BOT. PHAN. Vieux noms français du Peuplier blanc. (B.)

OBÉJACE. Obæjaca. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, Corymbifères de Jussieu, et de la Syngénésie superflue, L., proposé dans le Dictionnaire des Sciences Naturelles par Cassini, qui l'a formé aux dépens du genre Senecio de Linné. 11 correspond à la seconde section de ce dernier genre, laquelle est caractérisée par sa calathide radiée, dont les fleurs marginales sont roulées en dessous. Dans les Seneçons, toutes les fleurs de la calathide sont uniformes, à corolles régulières et hermaphrodites. Les Obéjaces nç peuvent donc être confondues avec les Seneçons; mais elles offrent beaucoup de rapports avec les Jacobées (V. ce mot), surtout par les fleurs en languette et femelles de la circonférence. Ces fleurs offrent pourtant quelques différences; elles sont, dans les Obéjaces, inégales et dissemblables; elles s'épanouissent plus tard que les fleurs centrales; leur languette, ordinairement lancéolée et très-entière, n'excède pas en longueur le tube qui les porte; elle est courbée en dehors au sommet, plus roulée en spirale, jamais étalée horizontalement; les. corolles des fleurs centrales ont le limbe ordinairement étroit et plus court que le tube; les ovaires s'allongent beaucoup après la

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fécondation; enfin, l'involucre est égal aux fleurs du centre au commencement de la fleuraison, et plus court que les fleurs après la fleuraison.

Ce genre se compose des Senecio viscosus et sylvaticus, L., auxquels Cassini donne les noms d'Obæjaca viscosa et syluatica. Ces deux Plantes sont assez communes dans les bois et les localités pierreuses des environs de Paris et dans toute l'Europe. (G..N.)

OBELIE. Obelia. ACAL. Genre de Médusaires de l'ordre des Acalèphes libres, ayant pour caractères: un corps orbiculaire, transparent, sans pédoncule et sans bras; des tentacules au pourtour de l'ombrelle; un appendice court à son sommet; quatre bouches. Ce genre établi par Pérou et Lesueur, adopté par Lamaick, réuni aux Cyanées (V. ce mot) par Cuvier, ne se distingue des Ephyres (V. ce mot) que par la présence des tentacules au pourtour de l'ombrelle, et d'un appendice globuleux situé à la surface supérieure. Il ne renferme qu'une espèce microscopique, l'Obelia pharulina, observée sur les côtes de la Hollande. (E. D..L.)

* OBÉLIE. Obelia. POLYP. Genre de Polypiers de l'ordre des Escharées dans la division des Polypiers pierreux, ayant pour caractères: Polypier encroûtant, subpyriforme, presqul'épars au sommet, ensuite raproché en lignes transversales réguières ou irrégulières; un sillon transversal semble le partager en deux parties égales. Ce genre établi par Lamouroux ne paraît pas différer essentiellement des Tubulipores de Lamarck; nous avons donc cru suffisant de rapporter ici ce que l'auteur a dit de ce Polypier dans son Exposition méthodique, en avertissant que les caractères génériques ont été établis sur une seule espèce, nomméc dans l'ouvrage cité Obelia tubulifera, et provenant de la Méditerranée, sur les Fucus. V. TUBULIPORE. (E.D..L.)

OBÉLISCAIRE. Obeliscaria. BOT. PHAN. H. Cassini a établi sous ce nom un genre ou sous-genre aux dépens des Rudbeckia, Plantes qui appartiennent à la familledes Synanthérées et à la tribu des Hélianthées. 11 n'en diffère que parce que son aigrette est complètement nulle. L'espèce qui a servi de type à cette nouvelle division générique, est le Rudbeckia pinnata, Ventenat (Jardin de Cels, tab. 71). C'est une Plante herbacée, dont les tiges sont élevées d'environ deux mètres, dressées, rameuses, striées et pubescentes. Les feuilles inférieures sont ailées, à folioles ovales, lancéolées, dentées en scie, pubescentes, à trois nervures; les intermédiaires sont divisées en trois ou cinq lobes oblongs, légèrement dentés; les supérieures sont simples; les unes dentées, les autres entières. Les fleurs forment des capitules terminaux et solitaires; elles ont le disque pourpre et la couronne jaune. Cette Plante est indigène de l'Amérique septentrionale. Selon Cassini, le genre Obelisteca de Rafinesque est le même que l'Obeliscaria. Le nom donné par l'auteur américain a semblé trop mal construit à Cassini pour être admis sans modification. (G..N.)

OBELISCOTHECA. BOT. PHAN. Vaillant avait nommé ainsi le genre qui fut plus tard proposé par Linné sous celui de Rudbeckia. V. ce mot. Adanson, rétablissant la dénomination imposée par Vaillant, adjoignit à ce genre l'Asteriscus de Tournefort, qui en est tellement éloigné, que loin d'être son congénère, il n'appartient pas à la même tribu naturelle. (G..N.)

OBÉLISQUE ET OBÉLISQUE CHINOIS. MOLL. Espèce du genre Cérithe. V. ce mot. (B.)

OBELISTECA. BOT. PHAN. (Rafinesque.) Synonyme d'Obeliscaria de Cassini. V. OBÉLISCAIRE. (G..N.)

OBENTONIA. BOT. PHAN. Auguste Saint-Hilaire (Plantes remarquables du Brésil, p. 130) cite ce

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nom, employé par Velloso, comme synonyme de son genre Galipea. V. ce mot. (G..N.)

* OBEREAU. OIS. Pour Hobereau. V. FAUCON. (B.)

OBERNA. BOT. PHAN. Ce genre, formé par Adanson, et dont le Cuculalus bacciferus était le type, n'a pas été adopté sous ce nom. V. CUCUBALE. (B.)

OBESA. MAM. Sous ce nom, qui signifie difformes, Illiger établit une famille des Mammifères multungulés, qui ne renferme que le genre Hippopothame. V. ce mot. (B.)

OBESIA. BOT. PHAN. Le genre établi sous ce nom par Haworth, aux dépens des Stapelia, n'a pas été adopté. V. STAPÉLIE. (G..N.)

OBIER, BOT. PHAN. Nom vulgaire du Viburnum Opulus, L., dont Tournefort avait fait un genre distinct des Viornes, V. ce mot. (B.)

OBIONE. BOT. PHAN. Gaertner (de Fruct., vol. 2, p. 198, t. 126, f. 5) a établi sous ce nom un genre qu'il a ainsi caractérisé: fleurs unisexuées sur la même Plante ou sur des individus distincts. Les mâles ont un calice divisé profondément en quatre lobes; point de corolle; quatre étamines. Dans les femelles, le calice est monophylle, bilabié, rauriqué; il n'y a point de corolle; l'ovaire est supère, surmonté d'un style bipartite; la graine est unique, recouverte par le calice endurci. Ce genre a été fondé sur l'Atriplex sibirica, L.; espèce que Gmelin, dans la Flore de Sibérie, plaçait dans le genre Spinacia. Il diffère, d'après Gaertner, de ces deux genres par les pointes de son calice (d'où le nom spécifique de muricata), par le nombre des étamines, et surtout par la situation renversée de la graine et de l'embryon. Néanmoins, les ressemblances quela Plante en question offre avec les autres Atriplex, ne permettent pas d'attacher beaucoup d'importance à ce dernier caractère, qui est d'ailleurs assez amphibologique lorsque l'embryon, comme dans les Chénopodées, est circulaire; aussi la plupart des auteurs n'ont pas admis le genre de Gaertner. (G..N.)

OBISIE. Obisum. ARACUN. Genre de l'ordre des Trachéennes, famille des Faux-Scorpions, établi par Leach aux dépens des Acarus et des phalangium de Linné, adopté par Latreille et tous les entomologistes, avec ces caractères: corselet sans division; mandibules sans stylet; poils du corps en forme de soies. Ces Arachnides avaient été placées par Geoffroy avec ses Pinces (Chelifer); Hermann fils, dans son Mémoire aptérologique, a confondu les Pinces et les Obisies, mais il a fait une division dans son genre Pince; dans la première se trouvent les Pinces proprement dites, et dans la seconde se trouvent les espèces qui forment le genre dont nous nous occupons. Les Obisies se distinguent des Pinces parce que ces dernières Arachnides ont le corselet partagé en deux par une ligne imprimée et transversale. Leurs mandibules ont une espèce de stylet au bout de leur doigt mobile; enfin les poils de leur corps sont en forme de spatule au lieu d'être sétacés comme cela a lieu dans les Obisies. Ces Arachnides, auxquelles Walkenaer avait donné le nom d'Obise, dans sa Faune Parisienne, ont le corps presque cylindrique, avec le corselet sans ligne imprimée et transverse; elles ont quatre yeux lisses; leurs huit pieds postérieurs sont composés de huit articles; la paire antérieure est généralement plus grande que la même des Pinces. La grandeur es pieds-palpes varie ainsi que leurs articles selon les espèces; il en est de même pour les proportions des mandibules. On trouve les Obisies dans la mousse et sous les pierres placées à terre; leurs mæurs sont encore inconnues. Nous citerons comme type du genre:

L'OBISIE ORTHODACTYLE, Obisiu orthodactylum, Leach (Mél. de Zool. T. III, pl. 141, fig. 2), Latr.; la Pince Icnnochèle d'Hermann; Cheli-

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fer trombidoides, Latr., Gen. Crust., etc., et Hist. Nat. des Crust. eyt des Ins. T. VII, p. 142. Cette espèce est très - petite; ses mandibules sont grandes, saillantes; ses bras sont grands, avec leur second article allongé, et les doigts longs et droits. On la trouve aux environs de Paris. (G.)

OBLADE. POIS. Espèce du genre Bogue, dont le nom a été étendu à plusieurs autres Poissons détachés du genre Spare, et qui se placent systématiquement à côté des Boops melanurus. V. BOGUE. (B.)

* OBLIQUAIRE. Obliquaria. CONCH. Sous ce nom, Rafinesque réunit en genre un certain nombre de Mulettes dont les formes sont assez variables, et qu'il fait reposer sur les caractères suivans: coquille variable, souvent à peine transversale et plus ou moins oblique postérieurement; ligament oblique; dent bilobée, commencement sillonné; dent lamellaire, oblique, souvent droite; axe variable; contour marginal épaissi; trois impressions musculaires; Mollusque semblable à celui de. l'Unio. Tous ces caractères rentrent très-bien dans ceux des Unio proprement dits, et quoique Rafinesque ait divisé ce genre en six sous-genres, il ne peut être adopté, pas plus que les sous-genres qui le composent; ces sous-genres sont: PLAGLOLE, Plagiola; ELLIPSAIRE, Ellipsaria; QUADRULE, Quadrula; ROTONDAIRE, Rotondaria; SCALÉNAIRE, Scalenaria; et SINTOXIE, Sintoxia. V. ces mots et MULETTE. (D..H.)

OBOLAIRE. POIS. (Dict. de Déterville.) V. OBOLARIUS. (B.)

OBOLAIRE. Obolaria. BOT. PHAN. Ce genre était placé dans la famille des Pédiculaires par Jussieu et Lamarck, et dans la Didynamie Angiospermie, L. Nuttall (Genera of North Amer. Plants, 1, p. 103) l'a rapporté à la famille des Gentianées et à la Tétrandrie Monogynie, L. Voici ses caractères: calice divisé en deux segmens larges, arrondis, ayant la forme de deux bractées; corolle campauulée, dont le tube est renflé, le limbe divisé en quatre segmens entiers, quelquefois crénelés ou ciliés sur les bords; quatre étamines égales insérées sur le tube de la corolle, entre ses segmens; stigmate échancré; capsule ovée à une loge, à deux valves, renfermant plusieurs graines très-petites. Ce genre ne se compose que d'une seule espèce, Obolaria Virginiana, L.; O. Caroliniana, Walt. (Flor. Carol.) qui, dans Morison, Plukenet et les anciens auteurs, a été figurée et décrite sous le nom d'Orobanche Virginiana. C'est une très-petite Plante qui naît au printemps, dans la Pensylvanie, les environs de Philadelphie, et les épaisses forêts qui avoisinent le lac Erié de l'Amérique septentrionale. Sa tige est simple; ses feuilles sont opposées, ses fleurs bleuâtres, sessiles, terminales, marcescentes, assemblées en petit nombre, deux ou trois seulement au sommet de la tige.

Le nom d'Obolaria a été aussi donné à plusieurs Plantes et notamment au Linnæa borealis, à cause de leurs petites feuilles rondes, faisant allusion aux pièces de monnaie connues anciennement sous le nom d'Obolus. (G..N.)

OBOLARIUS. POIS. Le genre formé par Steller sous ce nom, rentre parmi les Gastérostées. V. ce mot. (B.)

* OBOVAIRE. Obovaria. MOLL. Premier genre de la sous-famille des Amblémides (V. ce mot), proposé par Ratiuesque (Monogr. des Bivalv. de l'Ohio, dans les Annal. Génér. de Bruxelles, 1820) pour une division des Mulettes, qu'il caractérise de la manière suivante: coquille obovale, presque équilatérale; axe presque médial; ligament courbe; dent bilobée, striée; dent lamellaire, presque verticale, un peu courbée; contour marginal épaissi; trods impressions musculaires. Animal semblable à l'Unio, mais ayant l'anus inférieur. Ce genre est établi seulement d'après la forme de la coquille, qui

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est subcordiforme, ce qui a dû entraîner quelques modifications dans la position relative de l'anus de l'Animal, par exemple, et dans celle de la lame cardinale; mais ces caractères étant insuffisans pour la formation de bons genres, nous renvoyons à MULETTE. (D..H.)

* OBRIUM. INS. Genre de Coléoptères établi par Megerle, et que Latreille réunit (Fam. Nat.) à son genre Callidie. V. ce mot. (G.)

OBSIDIENNE. MIN. Lave vitreuse feldspathique; Verre volcanique; Roche leucostinique vitreuse de Cordier. Les Obsidiennes sont des Roches volcaniques, vitrifiées, de couleur grise ou noirâtre, à cassure vitreuse, largement conchoïde, et à bords tranchans. Elles sont parfaitement ou imparfaitement vitreuses, ont quelquefois l'aspect perlé ou résineux, dans d'autres cas, celui d'un émail. Elles perdent au feu du chalumeau leurs teintes noirâtres, et fondent en un émail blanc, lorsqu'elles sont parfaitement hyalines, ou se boursoufflent sans se réduire en globules, lorsqu'elles sont opaques. On confond souvent avec elles d'autres matières vitrifiées, à teintes foncées, rouges, noires ou bleuâtres, fusibles en globules de couleur vertbouteille, et que Cordier a distinguées sous le nom de Gallinaces, pour les réunir à la famille des Roches pyroxéniques. Une autre substance vitreuse, analogue aux Obsidiennes, et que l'on a également confondue avec elles, est la Rétinite de Brongniart, ou le Pechstein des Allemands, qui fait partie de la division des Roches pétrosiliceuses: elle renferme toujours une certaine quantité d'eau, ne contient point de fer titané, et n'offre point de passage à la Ponce, comme les véritables Obsidiennes. On peut distinguer parmi celles-ci plusieurs variétés: 1° l'Obsidienne hyaline, parfaitement vitreuse, transparente et de couleur noire; 2° l'Obsidienne perlée, ou la Periite à structure testacée, et d'un éclat plus ou moins nacré. Souvent les parties de cette variété d'Obsidienne montrent une grande tendance à former des zônes ou à passer à la forme globulaire; 3° l'Obsidienne zônaire; 4° l'Obsidienne globulaire (marékanite), en masse composée de sphéroïdes irréguliers, à couches concentriques, gros comme des pois ou des noisettes, ayant l'éclat de l'émail, et une couleur ordinairement grise; 5° l'Obsidienne capillaire, en filamens vitreux très-déliés (Verre capillaire de Bory de Saint-Vincent); 6° l'Obsidienne porphyroïde, renfermant des cristaux de Feldspath, auxquels se joint quelquefois le Mica; Roche très-commune, et très-abondante, formant de grands filons et des assises considérables. Toutes ces variétés sont massives ou cellulaires, dans la partie moyenne des couches ou courans qu'elles composent; vers la partie superficielle de ces courans, elles passent à la Pumite ou Pierre ponce, substance poreuse, légère, à pores allongés, qui donnent à la masse une structure fibreuse, à laquelle se joint quelquefois un éclat nacré. Ce mot de Ponce indique, non une espèce particulière de Roche, mais un certain état cellulaire et filamenteux, sous lequel plusieurs Roches des terrains trachytiques et volcaniques peuvent se présenter.

L'Obsidienne est l'une des Roches dont l'origine ignée ne peut être contestée, et dont la fusion est évidente. Elle fait partie des terrains trachytiques, dans lesquels elle forme des masses considérables (environs de Tokai, en Hongrie; îles de Lipari et de Vulcano; Andes de Quito; Mexique). On la retrouve à la partie supérieure des courans de laves modernes (pic de Ténériffe, Islande, volcan de Sotara près Popayan). Elle est souvent lancée pendant les éruptions, à des distances de plusieurs lieues, sous la forme de larmes ou de boules à surface tuberculeuse (champs de Los Serullos près de Popayan). A l'île Mascareigne, elle est également

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rejetée par le volcan, sous la forme remarquable de filets capillaires et vitreux, et quelquefois en si grande abondance, qu'un quartier de l'île en a été presqu'entièrement couvert. Commerson a le premier fait connaître cette production; mais c'est à notre collaborateur Bory de Saint-Vincent, que l'on doit la théorie de sa formation, qu'il a pour ainsi dire saisie sur le fait, au péril de sa vie. Voici ce qu'il rapporte à ce sujet, dans son Voyage aux principales îles des mers d'Afrique (T. III, p. 49): «Des gerbes de feu s'élèvent de temps en temps en divers endroits de la surface du cratère Dolomieu; lancées comme des fusées perpendiculaires ou obliques, elles montent souvent à une grande hauteur, et produisent alors un effet magnifique. Les éclats que quelques-unes de ces gerbes lancèrent jusqu'à nous, n'étaient que des petits morceaux d'une espèce de scories qui couvrait la chaudière, et dont nous avions trouvé de nombreux fragmens sur toute la montagne. J'y reconnus tous les caractères d'une espèce particulière de Verre de volcan; ce qui m'aida à me rendre raison de la formation de ces filets capillaires et vitreux, que jusqu'ici on n'a trouvés que sur la montagne ignivome de Mascareigne, et dont toutes les éruptions produisent plus nu moins, en raison de leur importance. Les gerbes qui s'échappent en fusées, et tout ce que lance le cratère, se séparant subitement d'une masse en fusion, doivent produire à peu près, sur la surface dont ces parties s'échappent, le même effet qu'un bâton de cire d'Espagne enlevé brusquement de dessus le cachet qu'on étend avec son extrémité fondue, et dont cette extrémité se réduit en fils, souvent d'une très-grande longueur. Ce qui m'a confirmé dans l'idée que cette théorie était fondée, c'est que nous avons vu des filets volcaniques de plusieurs aunes; d'autres avaient vers leur milieu, ou à l'une de leurs extrémités, des petites gouttes en forme de poires. J'ai reconnu ces gouttes pour être des fragmens de scories vitreuses pareilles à celles qui couvraient la chaudière, et dont le filet ne semblait qu'un prolongement. ff (G. DEL.)

* OBSUTURAL. BOT. PHAN. On dit du trophosperme qu'il est obsutural, quand il est placé en face des sutures, par lesquelles le péricarpe s'ouvre, comme dans les Légumineuses, les Crucifères, etc. (A. R.)

* OBTURION. BOT. PHAN. On lit dans le Recueil des Voyages que c'est une Ortie de l'Inde si venimeuse, que sa piqûre cause d'horribles douleurs, et peut déterminer les plus graves accidens. On a cru reconnaître au peu que nous venons d'en dire, un ae ces Acalèphes vulgairement appelés Orties de mer. Il y a pourtant un peu loin d'un Médusaire à une Urticée. (B.)

* OCCATRERI-OCCASU. MAM. V. TAMANOIR au mot FOURMILIER. (B.)

OCCELLAIRE. Occellaria. POLTP. (Dict. de Déterville. ) Pour Ocellaire. V. ce mot. (B.)

* OCCIDOZYGA. REPT. BATR. Kuhl, naturaliste hollandais, a récemment établi ce genre pour un Reptile de Java, intermédiaire aux Crapauds et aux Grenouilles, et qu'il distingue par la forme d'un corps régulièrement ovale et par quelque différence entre les pâtes de derrière. Nous n'en savons pas davantage sur le genre Occidozyga. (B.)

* OCCIPITAL, ZOOL. V. CRANE.

* OCCIPUT - FOURCHU, REPT. SAUR. (Daubenton. ) Syn. de Tête-Fourchue, espèce d'Agame. V. ce mot. (B.)

* OCCULTINE. BOT. CRYPT. Leman, d'après Bridel, propose, dans le Dictionnaire de Levrault, ce nom français, pour désigner le genre Cryphæa, qui est le Daltonia de Hooker, établi depuis que nos premiers volumes ont épuisé les lettres C et D. Il nous paraît plus convenable, pour

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ne pas consacrer l'introduction d'un troisième nom pour une petite Mousse, d'en traiter au Supplément. V. DALTONIE. (AD. B.)

OCÉAN. GÉOL. V. MER.

OCÉANIE. Oceanus. MOLL. Une variété du Nautile flambé, variété d'âge seulement dans laquelle l'ombilic, très-petit, est resté à découvert, a été considérée par Montfort (Conchyl. Syst., p. 58 ) comme type d'un genre auquel il a donné le nom d'Océanie. Il est inutile de dire que ce genre n'a pu être adopté. (D..H.)

OCÉANIE. Oceania. ACAL. Genre des Médusaires établi par Péron et Lesueur dans la division des Méduses gastriques, monostomes, pédonculées, brachidées et tentaculées. Caractères: quatre ovaires allongés qui, de la base de l'estomac, descendent vers le rebord de l'ombrelle, ou adhèrent à sa base inférieure; quatre bras simples. Ce genre a été réuni aux Dianées par Lamarck, et aux Cyanées par Cuvier. V. ces mots. (E. D..L.)

* OCÉANIQUE, zool. Race humaine, de l'espèce Neptunienne. V. HOMME. Ce nom a été également donné comme spécifique, mais adjectivement, à d'autres espèces d'Animaux, par exemple, à un Poisson du genre Holocentre, etc. (B.)

OCELLAIRE. Ocellaria. POLYP. Genrcde l'ordre des Miliéporées dans la division des Polypiers entièrement pierreux, ayant pour caractères: Polypier pierreux, aplati en membrane, diversement contourné, subinfundibuliforme, à superficie arénacée, muni par ses deux faces de trous disposés régulièrement en quinconces ou en carrés, ayant souvent dans leur centre un axe solide. Lamarck rapporte ce genre à la section des Polypiers à réseau; Lamouroux, à la famille des Milléporées: ces deux rapprochemens nous semblent également peu naturels; mais les Ocellaires ont un aspect et une structure particuliers, qui rendent difficiles à découvrir leurs rapports avec les autres êtres. On ne les connaît qu'à l'état fossile: il n'y en a que deux espèces de décrites, au moins sous ce nom; mais il en existe un plus grand nombre. Le Cabinet d'histoire naturelle de la ville de Caen possède, outre les Ocellaria nuda et inclusa, six ou sept autres espèces, dont l'une provient du Calcaire à Polypier (Forest-Marbre), une de la Craie supérieure, et les autres de la Craie inférieure. Les Ocellaires sont aplaties en lanières, quelquefois irrégulières, affectant le plus souvent la forme d'un entonnoir; leur épaisseur est en général d'une à deux lignes; leur grandeur varie; quelques-unes paraissent avoir été fixées par la petite extrémité, comme certaines Eponges infundibuliformes. Les deux surfaces sont garnies de trous assez grands, disposés régulièrement en quinconces ou en carrés; dans une espècae, les trous paraissent traverser l'épaisseur du Polypier, Ocellaria inclusa; dans les autres, ils pénètrent plus ou moins profondément sans la traverser, O. nuda, etc. On s'est singulièrement mépris sur la nature de l'axe solide qui remplit assez généralement les trous, on a cru qu'il faisait partie du Polypier même, tandis que ce n'est que la gangue qui s'est moulée dans ces trous, et qui s'est cassée au niveau de la surface du Polypier, lorsque celui-ci a été détaché de la masse qui le renfermait. Le tissu des Ocellaires n'est point compacte, mais finement lacuneux, ou, comme l'on dit, arénacé; c'est ce qui fait paraître comme étoilée la circonférence des trous. L'Ocellaria, nuda a été trouvée au sommet du mont Perdu, cime des Pyrénées, dans un Calcaire noirâtre, micacé, fort dur, et l'O. inclusa, dans les terrains crayeux de l'Artois, enveloppée (accidentellement ) dans une sorte d'étui siliceux, moulé sur ses surfaces extérieure et intérieure. (E. D..L.)

* OCELLé, POIS. Espèce du genre Chætodon.V. ce mot. (B.)

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OCELLULARIA. BOT. CRYPT. (Lichens.) Meyer (Lichenum Dispositio, etc.) a établi ce genre, le sixième du deuxième ordre, les Myélocarpiens (Lichens à apolhécies médulleux, V. PANNALIA Où nous examinerons la Méthode de ce lichénographe). Les caractères qui différencient ce genre sont des sporocarpes (apothécies) hémisphériques ou coniques; des sporanges (périthécium ) propres, charbonnés ou cornés, renfermant des verrues, ouverts au sommet, surmontés d'une papille ou d'un ostiole; sporules formant un noyau gélatineux et hyalin. Ce genre est formé aux dépens du Thelotrema et du Pyrenula; il comprend le genre Ophthalmidium d'Eschweiler. L'Ocellularia se compose d'espèces presque toutes exotiques. Nous en examinerons la validité en traitant du genre Thelotrema auquel nous renvoyons. (A. F.)

OCELOT. Felis Pardalis. MAM. Espèce du genre Chat. V. ce mot. (B.)

* OCHINA. INS. Genre de Coléoptères, voisin des Dorcatomes, établi par Ziégler, et dont nous ne connaissons pas les caractères. Dejean (Catal. des Coléopt.) mentionne trois espèces de ce genre dont une se trouve aux environs de Paris. (G.)

OCHNA. Ochna. BOT. PHAN. Ce genre établi par Linné, et placé par Jussieu à la suite des Magnoliacées, forme aujourd'hui le type d'une famille distincte établie par le professeur De Candolle sous le nom de Ocbnacées (V. ce mot). Quant au genre Ochna de Linné qui renferme le Jabotapita de Plumier, il a été divisé par Schreber en deux genres; savoir: les vraies Ochna qui, entre autres caractères, ont les fleurs polyandres et les loges des anthères s'ouvrant par une fente longitudinale, et le genre Gomphia qui comprend les espèces dont les fleurs sont décandres et les anthères s'ouvrant chacune par deux pores terminaux. Voici du reste quels sont les caractères du genre Ochna tel qu'il est admis par tous les botanistes modernes: le calice est monosépale, persistant, à cinq divisions profondes, égales et généralement étalées; la corolle se compose de cinq à dix pétales étalés, égaux; les étamines sont en grand nombre; leurs filets sont grêles, filiformes, persistans; les anthères sont allongées, presque linéaires, à deux loges s'ouvrant chacune par une fente longitudinale. Le pistil est porté sur un disque hypogyne, quelquefois saillant, en forme de colonne, et qui a reçu le nom de Gynobase. Ce pistil se compose d'un ovaire offrant de cinq à dix loges monospermes, séparées les unes des autres par des sillons profonds. Le style, simple inférieurerment, s'insère à une dépression considérable de l'axe de l'ovaire et semble naître immédiatement du gynobase. Chaque loge contieut un seul ovule qui naît de sa partie inférieure. (Dans l'article OCHNACÉES nous donnerons plus de développement à cette singulière organisation du pistil gynobasique.) Le sytle, simple à sa partie inférieure, se divise à son somme t en un nombre variable de lanières stigmatifères. Le fruit se compose d'autant de carpelles distincts qu'il y avait de loges à l'ovaire. Les carpelles sont portés sur le gynobase qui s'est accru et est devenu charnu; ils sont dressés, d'une forme variable, uniloculaires, monospermes et indéhiscens, légèrement drupacés. La graine qu'ils renferment est dressée.

Les espèees de ce genre, au nombre d'environ dix à douze, sont des Arbres ou des Arbustes tous originaires des régions in ter tropicales de l'Ancien-Monde. Leur port leur donne une certaine ressemblance avec nos Cerisiers. Les feuilles sont alternes, simples, entières ou dentées, munies à leur hase de deux stipules; ces feuilles sont généralement caduques. Les fleurs forment des espèces de grappes pédonculées qui naissent sur les rameaux de l'année précédente. Les pédoncules sont articulés vers leur partie moyenne.

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Dans la Monographie qu'il a publiée de la famille des Ochnacées, le professeur De Candolle a décrit neuf espèces du genre qui nous occupe. Ce nombre a été porté à onze dans le premier volume du Prodromus Systematis du même auteur. De ces espèces, quatre sont originaires des Indes-Orientales; savoir: Ochna obtusata, De Cand., Mon., n. 1, T. 1; Ochna lucida, D. C., loc. cit., n. 2; Lamk., IIlust., tab. 472, fig. 1; Ochna nitida, Thunb., D. C., loc. cit., n. 3, tab. 2; Ochna pumila, Buchn. Trois viennent au cap de Bonne-Espérance et à Sierra-Leone; savoir: Ochna multiflora, D. C., loc. cit., n. 4, tab. 3; Ochna arborea, Burch.; Ochna atropurpurea, D. C., loc. cit., n. 5. Deux croissent à Madagascar; savoir: Ochna ciliata, Lamarck, D. C., loc. cit., n. 6, tab. 4; Ochna Madagascariensis, D. C., loc. cit., n. 7. Une à l'Ile-de-France, Ochna mauritiana, Lamk., D. C., loc. cit., n. 8, tab. 5, et une dans l'Arabie-Heureuse, Ochna parvifolia, Vahl, Symb., 1, p. 33. (A. R.)

OCHNACÉES. Ochnaceæ. BOT. PHAN. Nous avons dit dans l'article qui précède que cette famille avait pour type le genre Ochna d'abord placé à la suite des Magnoliacées, et qu'elle avait été établie par le professeur De Candolle (Ann. Mus., 17, p. 398). Cette famille appartient à la classe des Dicotylédons polypétales à étamines hypogynes, et offre les caractères suivans: les fleurs sont hermaphrodites; le calice à cinq divisions très-profondes, persistantes, imbriquées latéralement avant leur évolution. La corolle se compose de cinq à dix pétales quelquefois onguiculés, étalés, caducs, imbriqués lors de la préfloraison. Le nombre des étamines est variable; on en compte quelquefois cinq seulement, alternes avec les pétales, d'autres fois dix ou un plus grand nombre. Les filets sont ordinairement grêles et persistans, insérés, ainsi que les pétales, au-dessous d'un disque hypogyne; les anthères sont introrses, à deux loges, s'ouvrant chacune par une fente longitudinale ou par un pore terminal. Le pistil est porté sur un disque hypogyne, quelquefois peu saillant, d'autres fois au contraire élevé en forme de colonne, et que le professeur De Candolle a désigné sous le nom de Gynobase. L'ovaire est assis sur le sommet de ce disque, il est déprimé et présente un nombre de loges, séparées les unes des autres par des sinus profonds, en rapport généralement avec celui des pétales. Ces loges paraissent au premier abord autant d'ovaires distincts rangés autour d'un style simple qui s'insère immédiatement au réceptacle ou disque. Telle était la manière dont on avait considéré primitivement l'organisation singulière du pistil des Ochnacées. Mais le professeur Mirbel, et un peu plus tard l'habile observateur Auguste de Saint-Hilaire, ont les premiers fait connaître la véritable organisation de l'ovaire gynobasique. Ils ont démontré d'abord que cet ovaire était simple, et qu'il ne s'éloignait de la structure ordinaire que parce que son axe central était considérablement déprimé, de manière que par l'abaissement de la base du style les loges de l'ovaire sont devenues horizontales de verticales qu'elles étaient d'abord, et que l'ovule unique, que chacune d'elles renferme, ayant suivi leur mouvement, se trouve dressé dans la loge bien qu'il naisse de son anglerentrant, parce que le côté qui paraît inférieur est véritablement le côté interne déprimé. Auguste St.-Hilaire, dans son excellent Mémoire sur le Gynobase (Mém. Mus., 10, p. 133) cite une monstruosité de son Gomphia oleæfolia, dans laquelle l'ovaire offre cinq lobes non distincts, mais attachés à un axe vertical terminé par le style, et où l'ovule fort petit était inséré dans l'angle interne de chaque loge. Il ne peut donc rester aucune sorte de doute sur la véritable structure du pistil des Ochnacées. Le style, ainsi que nous l'avons dit, est simple dans sa partie in-

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férieure, assez souvent il se termine supérieurement en un nombre variable de lanières stigmatifères. Le fruit se compose des loges de l'ovaire qui se sont séparées les unes des autres et qui forment autant de carpelles légèrement drupacés, portés sur le disque ou gynobase qui a pris beaucoup d'accroissement. Ces carpelles, dont plusieurs avortent quelquefois, sont uniloculaires, monospermes et indéhiscens; ils paraissent en quelque sorte articulés sur le gynobase dont ils se détachent assez facilement. La graine se compose d'un gros embryon, sans endosperme, dressé, ayant la radicule inférieure et très-courte, et les cotylédons très-épais.

Les Végétaux qui composent cette famille sont des Arbres ou des Arbrisseaux très-glabres dans toutes leurs parties, ayant des feuilles alternes, munies de deux stipules à leur base, et des fleurs pédonculées, très-rarement solitaires, et en général formant des grappes rameuses. Les pédoncules sont articulés vers le milieu de leur longueur. Toutes les Ochnacées croissent dans les régions intertropicales de l'Ancien et du Nouveau-Continent.

Les genres qui forment cette famille sont les suivans: Ochna, Schreber, D. C.; Gomphia, Schr., D. C.; Walkera, Schr., D. C., ou Meesia, Gaertner. Le professeur De Candolle rapporte encore à cette famille, mais avec quelques doutes, les genres Elvasia, D. C., et Castela de Turpin. Nous pensons qu'il faut joindre à ces différens genres le genre Niota de Lamarck ou Biporeia de Du Petit Thouars, qui, par tous ses caractères, nous paraît appartenir à cette famille beaucoup mieux qu'aux Banistériées, ou aux Simaroubées dans lesquelles il avait été placé. Quant au genre Castela de Turpin, son insertion périgynique, ses graines munies d'un endosperme nous paraissent l'éloigner considérablement des Ochnacées, pour le rapprocher peut-être des Rhamnées. La famille des Ochnacées a les rapports les plus intimes avec les Rutacées et surtout avec la tribu des Simaroubées, dont il est impossible de l'éloigner; elle en diffère seulement par ses feuilles simples et munies de stipules, par ses graines dressées, par ses carpelles indéhiscens. D'un autre côté, les Ochnacées ont quelques affinités avec les Magnoliacées et surtout avec le genre Drymis. (A. R.)

* OCHODOEUS. INS. Genre de Coléoptères, voisin des Géotrupes, des Lèthres et des Bulbocères, établi par Megerle, et dont nous ne connaissons pas les caractères. La seule espèce qui compose ce genre est le Melolontha Chrysomelina de Fabricius. (G.)

OCHODONE. MAM. V. OGOTON.

OCHRADENUS. BOT. PHAN. Genre de la famille des Résédacées établi par le professeur Delile (Flor. Ægypt. Ill., 15, pl. 31, fig. 1), et appartenant à la Dodécandrie Trigynie, L. Ses caractères consistent en un calice étalé à cinq dents, recouvert par un disque jaune et lobé; la corolle manque; les étamines sont au nombre de douze à quinze insérées au-dessous de l'ovaire, et ayant leurs filets légèrement déclinés. L'ovaire est allongé, à trois pointes stigmatifères à leur sommet. Le fruit est à peine charnu, presque transparent, contenant plusieurs graines réniformes.

Ce genre se compose d'une seule espèce, Ochradenus baccatus, Del., loc. cit. C'est un Arbrisseau buissonneux de quatre à cinq pieds d'élévation, portant des feuilles éparses, linéaires, sessiles, insérées au-dessous d'un tubercule jaunâtre et luisant. Les fleurs forment des épis allongés qui terminent les rameaux. Les sommités de cet Arbuste, qui a l'odeur et la saveur du Cochléaria, sont broutés par les Chameaux, les Chèvres et les Moutons, et deviennent épineux. Il croît en Egypte, dans les lieux stériles.

Le genre Ochradenus diffère des vraies espèces de Réséda par l'ab-

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sence de sa corolle, son large disque et son fruit légèrement charnu. (A. R.)

OCHRE. MIN. Pour Ocre. V. ce mot. (B.)

OCHREA. BOT. Quelques botanistes nomment ainsi l'appendice membraneux et engaînant dont le pétiole de certaines Plantes, comme par exemple celui des Polygonées, est muni à la base. Son histoire anatomique offre encore quelques obscurités; le professeur De Candolle (Organographie. végétale, I, p. 282 ) dit qu'on peut aussi bien le considérer comme une gaîne pétiolaire, que comme formé par des stipules intraaxillaires soudées ensemble. (G..N.)

OCHROCARPOS. BOT. PHAN. Du Petit-Thouars (Gener. Nov. Madagasc., p. 13) a établi sous ce nom, d'après Noronha, un genre qui appartient à la famille des Guttifères, section des Garciniées de Choisy, et à la Diæcie Polyandrie, L. Il est ainsi caractérisé: fleurs dioïques; les mâles et les femelles sont pourvues d'un calice à deux sépales coriaces, et d'une corolle à quatre pétales. Dans les fleurs mâles, les étamines sont nombreuses, soudées par la base, à anthères ovées. Dans les fleurs femelles, le style est nul; le stigmate est sessile, pelté, à quatre ou six lobes. Le fruit est une baie revêtue d'une écorce épaisse, à quatre ou six loges. Les graines sont arillées et pseudomonocotylédones. Une seule espèce, indigène de Madagascar, Ochrocarpos Madagascariensis, constitue ce genre. C'est un Arbre à feuilles verticillées, rapprochées, et à fleurs peu nombreuses et pédonculées. (G..N.)

OCHROCÉPHALE. OIS. Espèce du genre Merle. V. ce mot. (DR..Z.)

OCHROITE. MIN. Syn de Cérite, ou Cérium oxidé silicifère. (G. DEL.)

OCHROMA. BOT. PHAN. Genre de la tribu des Bombacées, établi par Swartz (Act. Holm., 1792, p. 148, T. VI) et qui peut être caractérisé de la manière suivante: calice tubuleux, évasé, subcampaniforme, à cinq lobes égaux, arrondis, obtus et mucronés; corolle de cinq pétales très-grands, un peu réunis par leur base, de manière à paraître comme monopétale; étamines nombreuses, monadelphes et synanthères; filets formant un tube long et cylindrique; anthères linéaires, repliées un grand nombre de fois sur elles-mêmes et d'une manière irrégulière, disposées ainsi en un tube à cinq lobes aigus à leur sommet; les anthères sont uniloculaires et s'ouvrent par toute leur longueur. Le style paraît formé de la réunion de cinq qui sont intimement soudés. Il se termine par cinq stigmates tordus en spirale. Le fruit est une capsule oblongue, cylindrique, creusée de cinq sillons, longue de six à huit pouces; elle s'ouvre en cinq valves septifères, est remplie intérieurement d'un duvet cotonneux et de graines arrondies, noires, et terminées par une sorte de petit bec. L'espèce qui a servi de type à ce genre est l'Ochroma Lagopus, Sw., loc. cit. C'est un très-grand Arbre qu'on rencontre dans presque toutes les Antilles; son port est le même que celui des Bombax; ses feuilles sont extrêmement grandes, alternes, pétiolées, arrondies, fendues dans leur partie inférieure et offrant de cinq à sept lobes anguleux peu marqués. Les fleurs, très-grandes, longues d'au moins six pouces, blanches, pédonculées et réunies plusieurs ensemble vers la partie supérieure des rameaux. Le calice est coriace et tomenteux, à cinq lobes, dont trois sont obtus et deux aigus. Le bois de l'Ochroma est blanc, tendre et léger. Dans les Antilles, on s'en sert en guise de liège pour soutenir les filets à fleur d'eau.

Willdenow (Enum. 695) a décrit une seconde espèce recueillie par Humboldt et Bonpland, mais qui n'a pas été mentionnée par notre collaborateur Kunth dans les Nova Genera, ce qui nous porte à croire que cette Plante n'appartient pas au genre Ochroma. (A. R.)

TOME XII. 4

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Insectes se distinguent des Eléophores, avec lesquels plusieurs auteurs les ont confondus, par leurs palpes maxillaires qui sont terminés par un article plus gréle et pointu. Les Hydrænes ont les palpes maxillaires plus longs. L'espèce qui peut servir de type à ce genre est l'Elophorus riparius d'Illiger ou pygmæus de Fabricius. (G.)

OCHTÈRE. Ochtera. INS. Genre de l'ordre des Diptères, famille des Athéricères, tribu des Muscides, division des Scathophiles (Latreille, Fam. Natur.), établi par Latreille aux dépens du grand genre Musca des anciens auteurs et ayant pour caractères: cuillerons petits; balanciers nus; ailes couchées sur le corps; antennes plus courtes que la face de la tête, insérées entre les yeux; tête presque triangulaire; pieds antérieurs ravisseurs. Degéer est le premier qui ait fait connaître la seule espèce qui compose ce genre; Fabricius, qui l'a d'abord cru inédite, l'a nommée Musca manicata dans ses premiers ouvrages; Meigen en a formé son genre Macrochira long-temps après Latreille; enfin, Fabricius, dans ses derniers ouvrages, la place parmi les Tephritis. La tête des Ochtères parait triangulaire quand on la regarde en face; les yeux sont saillans, très-distans l'un de l'autre, et l'on voit entre eux et sur le haut de la tête, trois petits yeux lisses élevés et saillans. Les antennes, très-courtes et insérées entre les yeux, sont assez grosses et formées de trois articles dont le premier est très-petit et les deux autres presque de la même longueur; le dernier, qui est arrondi, porte une soie plumeuse; la trompe est courte, bilabiée et rétractile; on aperçoit dans l'ouverture supérieure de la cavité buccale, une petite lame presque orbiculaire, transverse et que Latreille compare au labre; les palpes sont dilatés à leur extrémité; le corselet est peu convexe, presque ras; l'abdomen est ovale et un peu déprimé; les pâtes postérieures sont conformées à l'ordinaire et comme celles des Mouches, mais les antérieures sont ravisseuses et méritent, par leur singularité, d'être décrites avec détail. Ces pates ressemblent assez à celles des larves des Cigales ou des Tettigomètres, ou mieux encore à celles des Mantes; la hanche est longue et massive; la cuisse est très-grande, large et un peu aplatie des deux côtés, ayant le plus de largeur au milieu, et diminuant ensuite peu à peu jusqu'au bout; son bord inférieur est garni de quelques petites pointes en forme d'épines; la jambe proprement dite est déliée et cylindrique, courbée en dedans, et peut s'appliquer exactement contre le bord inférieur de la cuisse; cette jambe est terminée par un long crochet comme cela a lieu dans les Mantes; le tarse est inséré à l'origine et en dessus de cette épine; il est de cinq articles. Cet Insecte, qui au premier aspect ressemble entièrement à une Mouche, se rencontre dans les lieux aquatiques et au bord des étangs. Il court sur la surface de l'eau et cherche à saisir avec ses pates antérieures les petits Insectes qui s'y trouvent. La seule espèce connue jusqu'à présent est:

L'OCHTÈRE MANTE, Ochtera Mantis, Latr., Gen. Crust. et Ins. T. IV, p. 348, Oliv.; Musca Mantis, Degéer, Mem. Ins. T. VI, p., 143, pl. 8, fig. 15, 16, 17; Musca manicata, Fabr., Ent. Syst. Cocqueb. Illustr. Ins. T. III, tab. 24, fig. 5; Tephritis manicata, Fabr., Syst. Antl.; Macrochira Mantis, Meigen. Elle est de la grandeur de la Mouche domestique; sa couleur est noire, mais le ventre est d'un vert obscur bronzé et luisant; le devant de la tête est gris; les deux balanciers sont d'un jaune clair. On trouve cet Insecte aux environs de Paris et dans toute la France.

* Le nom d'OCHTÈRE, Ochterus, avait été donné par Latreille (Gen. Crust. et Ins. T. III, p. 142) à un genre d'Hémiptères; il a changé ce nom trop conforme au précédent, et

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il a donné à ses Ochterus celui de Pélogone. V. ce mot. (G.)

* OCHTHODIUM. BOT. PHAN. Genre de la famille des Crucifères et de la Tétradynamie siliculeuse, L., établi par De Candolle (Syst. Veget. Nat., 2, p. 423) qui l'a ainsi caractérisé: calice à sépales étalés; corolle dont les pétales sont obovés, atténués à la basé; étamines ayant leurs filets dépourvus de dents; silicule coriace, biloculaire, indéhiscente; presque globuleuse, terminée par le stigmate sessile, à valves concaves à peine distinctes, extérieurement verruqueuses, séparées dans leur plus grand diamètre par une cloison épaisse; graine solitaire dans chaque loge, comprimée, ovée, insérée latéralement; cotylédons planes, ovalesoblongs, accombans. Ce genre fait partie de la tribu des Euclidiées ou Pleurhorizées-Nucamentacées de De Candolle. Il ressemble au Neslia par la forme extérieure de la capsule, mais il en diffère par ses cotylédons accombans et non incombans, par sa cloison épaisse au lieu d'être mince, par sa silicule constamment biloculaire, enfin par ses graines comprimées, tandis qu'elles sont globuleuses dans le genre Neslia. Il est constitué sur une espèce que Linné plaçait parmi les Bunias, Lamarck dans les Myagrum, et Brown dans ses Rapistrum. Cette Plante, nommée Ochthodium ægypticaum, croît en Egypte, en Syrie et en Grèce. C'est une Herbe annuelle, dressée et rameuse. Ses feuilles inférieures, pinnatifides-lyrées, ressemblent à celles de la Rave. Les supérieures sont presque entières. La tige est un peu velue à la base. Les fleurs sont disposées en grappes allongées et portées sur des pédicelles courts, dépourvus de bractées. (G..N.)

OCHTHOSIE. Ochthosia. GIRRH. Genre démembré des Balanes par Ranzani et rangé par lui dans la famille des Balanides (Opuscoli Scient., Dec. prim., Bologne) pour une espèce figurée dans la Zoologie Danoise, par Stroëm. Cette espèce n'aurait, à ce qu'il paraîtrait d'après la figure, que trois pièces à la partie coronale. Blainville dit avoir observé une espèce de Balane des mers du Nord, et même de la Manche, qui aurait une ressemblance très-grande avec celle de Stroëm et de Ranzani, mais elle serait composée de quatre parties, ce qu'il serait plus naturel de penser. On doit donc conserver quelques doutes jusqu'à ce que l'on ait de nouvelles observations. Voici les caractères de ce genre tels que Ranzani les a donnés: coquille subconique, verruqueuse; la partie coronaire formée de trois valves seulement dont les sutures sont visibles à l'extérieur; trois aires déprimées, chacune avec une suture au milieu; trois aires saillantes dont une plus petite, avec une suture moyenne dans celle-ci; lame interne quadripartite, dont trois portions viennent des trois sutures antérieures du tube et divisent la cavité en trois loges; le support membraneux; ouverture trigone, oblongue, fermée par un opercule pyramidal, articulé, bivalve, c'est-à-dire dont les deux pièces de chaque côté sont soudées entre elles. Ce genre, qui ne contient qu'une espèce, est très-voisin des Balanes.

OCHTHOSIE DE STROEM, Ochtosia Stroëmii, Ranz., Müll., Zool. Danie. T. III, tab. 91, fig. 1, 4; ibid., Blainv., Traité de Malacol., p. 597, pl. 85, fig. 4. (D.. H.)

OCIDIOPHERA. BOT. CRYPT. Le genre formé sous ce nom par Necker, aux dépens des Fucus, est trop imparfaitement caractérisé, non-seulement pour être adopté, mais même pour être reconnu dans ceux qu'ont récemment établis les algologues. (B.)

OCIMUM. BOT. PHAN. Pour Ocymum. V. BASILIC.

OCKIA ET OKENIA. BOT. PHAN. (Dietrich.)Syn. d'Adenandra de Willdenow, genre formé aux dépens du Diosma avec lequel plusieurs auteurs le réunissent encore. (G.. N.)

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* OCOCOL. BOT. PHAN. (L'Ecluse.) Que C. Bauhin, d'après Hernandez, écrit Ococoll. C'est, au Mexique, l'Arbre d'où découle le baume appelé Liquidambar. V. ce mot. (B.)

OCOCOLIN. OIS. (Hernandez.) Nom de pays du Tocolin. V. TROUPIALE. On a aussi donné ce nom à une espèce du genre Perdrix, et, selon Séba, c'est encore une espèce de Colinga. V. ces mots. (DR..Z.)

OCOROME. MAM. L'un des noms de pays du Raton Crabier. (IS. G. ST.-H.)

* OCOS. OIS. (Froger.) Syn. de Hocco. V. ce mot. (B.)

OCOTE. Porostema. BOT. PHAN. De Déterville, pour Ocotea. V. ce mot. (B.)

OCOTEA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Laurinées, établi par Aublet, adopté par Kunth et plusieurs autres botanistes, mais qui ne diffère pas suffisamment des véritables espèces de Laurier. V. ce mot. (A. R.)

OCOTZINITZCAN. OIS. (Séba.) Syn. d'Arc-en-queue. V. TROUPIALE. (DR..Z.)

OCRE OU BOL. MIN. Argile ocreuse; terre bolaire. Les Ocres sont des matières terreuses, mélangées de Péroxide de Fer ou d'Hydroxide de Fer, qui les colore en rouge ou en jaune. Ces matières sont plus ou moins fusibles; elles deviennent attirables à l'Aimant, lorsqu'on les calcine. Elles se divisent dans l'eau sans y former de pâte longue; elles happent à la langue, ont le grain fin et serré, et sont susceptibles d'être polies par l'ongle. Elles étaient anciennement fort employées dans la médecine. On ne s'en sert plus aujourd'hui que dans la peinture. Les Ocres rouges sont beaucoup plus rares dans la nature que les Ocres jaunes. Presque tous ceux que l'on trouve répandus dans le commerce sont des préparations artificielles. Parmi les plus célèbres, on peut citer. l'Ocre rouge ou Bol d'Arménie, celui de Bucaros, province d'Alentejo, en Portugal; l'Almagro du royaume de Murcie, et l'Ocre rouge du pays des Cafres. Les Ocres jaunes sont assez communs; et il en est en France qui sont très-estimés, particulièrement ceux de Vierzon, département du Cher; ceux d'Auxerre que l'on transforme en Ocre rouge par la calcination; ceux de Moragne, etc. Ce qu'on nomme Terre de Sienne est un Ocre d'un assez beau jaune que l'on tire des environs de Sienne, en Italie, et qui, par le grillage, prend une teinte rouge particulière et une sorte de transparence.

OCRE DE BISMUTH. V. BISMUTH OXIDÉ.

OCRE DE CUIVRE ROUGE. V. CUIVRE OXIDULÉ TERREUX.

OCRE DE FER ROUGE. V. FER OXIDÉ ROUGE OCREUX.

OCRE MARTIAL BLEU. V. FER PHOSPHATÉ TERREUX.

OCRE MARTIAL BRUN. V. FER HYDRATÉ TERREUX.

OCRE DE NICKEL. V. NICKEL ARSÉNIATÉ.

OCRE DE VITRIOL. V. FER SOUS-SULFATÉ TERREUX.

OCRE D'URANE. V. URANE HYDRATÉ. (G. DEL.)

* OCREA. BOT. PHAN. Pour Ochrea. V. ce mot. (G..N.)

* OCRĖALE. Ocreale. ANNEL. Genre établi par Oken (Syst. général de Zoologie, T. I, p. 381) pour une espèce d'Annelide voisine des Sabelles, et dont le fourreau est coudé à angle droit. Ses caractères sont: tube calcaire, conique, courbé à angle droit à l'extrémité la plus épaisse où se trouve l'ouverture; une grande quantité de filamens roides au-devant de la tête de l'Animal et servant probablement de branchies. Oken rapporte à ce genre la Sabella retangula de Gmelin, qui en est le type, et la Serpula Ocrea du même auteur. (AUD.)

OCTAĖDRITE. MIN. Nom donné par Werner au Titane anatase, qui

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se distingue du Titane rutile par sa forme octaédrique, sous laquelle il se présente constamment, (G. DEL.)

OCTANDRIE. Octandria. BOT. PHAN. Huitième classe du Système sexuel de Linné qui renferme toutes les Plantes à fleurs hermaphrodites ayant huit étamines. Cette classe se divise en quatre ordres, savoir: 1° Octandrie Monogynie, exemple: Tropæolum, Erica; 2° Octandrie Digynie, Mæhringia; 3° Octandrie Trigynie, Polygonum; 4° Octandrie Tétragynie, Paris, Adoxa. (A. R.)

OCTARILLUM. BOT. PHAN. Loureiro (Flor. Cochinch., 1, p. 113) a établi sous ce nom un genre de la Pentandrie Monogynie, L., qui offre pour caractères: un périanthe corolloïde, supérieur, hypocratériforme, dont le tube est tétragone et court; le limbe a quatre lobes aigus, charnus; quatre étamines ayant les filets très-courts, insérés au haut du tube; les anthères allongées, biloculaires; ovaire allonge, surmonté d'un style turbiné plus long que les étamines, et d'un stigmate épais; baie ovoïde, allongée, renfermant une graine munie d'un arille à huit faces.

L'Octarillum fruticosum, Loureiro, loc. cit., est un Arbrisseau à tige droite, élevée, divisée en rameaux lisses, garnis de feuilles glabres, alternes, lancéolées, très-entières. Les fleurs sont blanches, axillaires, lancéolées, solitaires et pédonculées. Ses baies sont rouges. Cette Plante croît dans les forêts de la Cochinchine. (G..N.)

* OCTIDENT. BOT. CRYPT. Nom français proposé par Bridel pour désigner le genre de Mousses scientifiquement nommé Octoblepharum. V. ce mot. (B.)

OCTOBLEPHARUM. BOT. CRYPT. (Mousses.) Ce genre, créé par Hedwig, ne renferme qu'une seule espèce désignée par Linné sous le nom de Bryum albidum. Arnott le range dans la tribu des Orthotrichoïdées dont il se rapproche par l'organisation de la capsule quoiqu'il en diffère assez par son port. Le caractère essentiel de ce genre est de présenter des capsules terminales droites sans apophyse distincte, dont l'orifice est entouré par un péristome simple, formé de huit dents dressées, distinctes à leur base et entières au sommet. La coiffe est longue, conique, et ne se fend pas latéralement.

La seule espèce connue, l'Octoblepharum albidum, croît dans presque tous les pays équatoriaux, et même dans plusieurs parties de l'hémisphère austral. C'est une très-petite Mousse à tige droite, courte, peu rameuse, couverte de feuilles linéaires, obtuses, blanchâtres comme celles du Dicranum glaucum. Les capsules sont droites, petites, ovales, portées sur un court pédicelle.

On avait également rapporté à ce genre, sous le nom d'Octoblepharum serratum, la Mousse désignée par Bory de Saint-Vincent sous le nom d'Orthodon; mais ce genre a été reconnu distinct de l'Octoblepharum, et est généralement admis par les auteurs les plus modernes. (AD. B.)

* OCTOCÈRES. Octocera. MOLL. Leach a divisé les Céphalopodes en deux sections, très-facilement reconnaissables parle nombre des pieds. Il nomma Octopodes ceux qui en ont huit, et Décapodes ceux qui en ont dix. Blainville, en adoptant cette division, a changé les mots: il nomme les premiers Octocères, et les seconds Décacères. Il forme des uns et des autres deux familles qui composent, à elles seules, le premier ordre des Mollusques, les Mollusques céphalopodes cryptodibranches. La famille des Octocères ne renferme qu'un seul genre, c'est celui du Poulpe (V. ce mot) auquel sont rapportés les genres Elédone de Leach et Ocythoé de Rafinesque. (D.H.)

OCTODICERAS. BOT. CRYPT. (Mousses.) Bridel a établi sous ce nom un genre auquel il ne rapporte que le Fissidens semi-completus d'Hedwig,

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dontle Fissidens debilis de Schwægrichen ne paraît pas différer. Il diffère des autres espèces de Fissidens par son péristome qui, suivant Hedwig, n'a que huit dents profondément bifides au lieu de seize dents également bifides qui caractérisent les Dicranum dont les Fissidens ne paraissent qu'un sous-genre. Du reste, le port de cette Plante est le même que celui des Fissidens, c'est-à-dire que ses feuilles distiques sont également fendues à leur base pour embrasser la tige qui est rameuse et porte des capsules pédicellées et axillaires. Cette Plante étant fort rare est très-mal connue, et jusqu'à ce qu'elle ait été observée de nouveau, le genre Octodiceras restera douteux. Quelques auteurs ont rapproché de ce même genre le Skitophyllum fontanum de La Pylaie, ou Fontinalis de Dillen, Musc., pl. 33, fig. 4; mais cette dernière riante est encore moins bien connue que la première, et toutes deux ont besoin d'un nouvel examen. (AD. B.)

* OCTOGONOTE. Octogonotus. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Tétramères, famille des Cycliques, tribu des Gallérucites, établi par notre collaborateur Drapiez, et adopté par Latreille (Fam. Nat.) Les caractères de ce nouveau genre ne sont pas encore publiés; Dejean, dans son Catalogue des Coléoptères, cite deux espèces de ce genre qui ont été trouvées à Cayenne et qui n'ont pas été décrites (G.)

OCTOMÉRIE. Octomeria. BOT. PHAN. Genre de la famille des Orchidées, établi par R. Brown (in Ait. Hort. Kew., ed. 2, vol. v, p. 211) et ayant pour type l'Epidendrum graminifolium, L., dont Willdenow a fait une espèce de Dendrobium. Ce genre peut être ainsi caractérisé: les trois divisions externes du calice et les deux internes et supérieures sont conniventes et comme campanulées, ovales, lancéolées, aiguës, égales et semblables; les deux externes et inférieures sont soudées entre elles par une petite étendue de leur côté intérieur. Le labelle est inclus, à peu près indivis, onguiculé et attaché à un prolongement de la base du gynostème. Celui-ci est dressé, assez long, cylindroïde, terminé par une anthère operculiforme, à deux loges contenant chacune quatre masses polliniques solides réunies entre elles. Le stigmate forme un petit enfoncement au-dessous de l'anthère. L'ovaire n'est pas tordu.

L'Octomeria graminea, Brown, loc, cit., est une jolie petite Orchidée parasite, assez commune dans les Antilles et sur le continent de l'Amérique méridionale. Sa souche ou tige principale, de la grosseur d'une petite plume, est rampante, noueuse, articulée, donnant naissance à des rameaux simples, dressés, longs de trois à quatre pouces, également articulés, terminés par une seule feuille lancéolée, étroite, aiguë, très-entière, faisant à sa base fonction de spathe, et recouvrant ordinairement deux fleurs jaunâtres, qui sortent de plusieurs petites écailles imbriquées. Ces fleurs répandent une odeur assez agréable. (A. R.)

* OCTONUS. POIS. Rafinesque établit sous ce nom un genre de Poisson trop, légèrement caractérisé dans l'Indice d'ithioligia Siciliana pour qu'on puisse statuer sur sa valeur. (B).

OCTOPODES. Octopodæ. MOLL. Leach a divisé les Mollusques céphalopodes en deux grandes familles, d'après le nombre des bras; il y a effectivement de ces Animaux qui en ont constamment huit, et d'autres constamment dix, d'où la création de ces deux familles généralement admises depuis par les zoologistes, les Octopodes et les Décapodes. Blainville a admis cette division si naturelle; mais il leur a donné les noms d'Octoeère et Décacère. Férussac a compris parmi les Octopodes, nonseulement les Poulpes, mais encore les Argonautes que Blainville rejette, et nous pensons, avec de justes motifs, hors de la classe des Céphalo-

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podes. Férussac y ajouta même le genre Ocythoé de Rafinesque qui a été établi pour un Poulpe congénère à celui que l'on trouve ordinairement dans la coquille de l'Argonaute, d'où il résulte évidemment un double emploi; V. OCYTHOé et POULPE. D'après les observations de Blainville et celles de Leach, Férussacreconnut bientôt son erreur, et il la rectifia dans le travail qu'il fit en commun avec D'Orbigny sur les Céphalopodes. Dans ce travail, les Octopodes se composeront de cinq genres qui sont: Argonaute, Bellérophe, Poulpe, Elédon et Calmaret; ce dernier genre avec un point de doute. V. ces mots. Férussac l'avait d'abord placé avec les Sèches ou Céphalopodes dans ses Tableaux des Animaux Mollusques. (D.. H.)

OCTOPUS. MOLL. V. POULPE.

OCTOSPORA. BOT. CRYPT. (Champignons.) Hedwig avait donné ce nom au genre Peziza de Linné, adopté par tous les botanistes. Le nom d'Hedwig était fondé sur ce que les thèques de ces Champignons renferment presque toujours huit sporules. V. PEZIZE. (AD. B.)

OCULÉES. Oculatæ. INS. Tribu de l'ordre des Hémiptères, section des Hétéroptères, famille des Géocorises, établie par Latreille (Fam. Nat.), et dont les individus ressemblent beaucoup à ceux de sa tribu des Nudicolles, quant au petit nombre d'articles de la gaîne du suçoir, à l'insertion des pieds et à leur usage; mais s'en éloignent parce que leur bee est libre et ordinairement droit; la tête n'est point rétrécie postérieurement et les yeux sont très-gros, et enfin parce que leur labre est saillant. Ces Punaises fréquentent les lieux aquatiques et les prairies humides. Latreille divise cette tribu en trois genres: Leptope, Acanthie, (Salda, Fabr.) et Pélogone. V. ces mots. (G.)

OCULEUS. POIS. L'un des deux noms par lesquels Commerson désigna, dans ses manùscrits, le Mégalope filament, espèce du genre Clupe. V. ce mot. (B.)

OCULINE. Oculina. POLYP. Genre de l'ordre des Madréporées, dans la division des Polypiers entièrement pierreux, ayant pour caractères: Polypier pierreux, le plus souvent fixé, dendroïde, à rameaux lisses, épars, la plupart très-courts; étoiles, les unes terminales, les autres latérales et superficielles. Les Oculines ont beaucoup de rapports avec les Caryophyllies et spécialement le Caryophyllia ramea, Lamk.; mais leur tissu intérieur est entièrement compacte dans les intervalles des étoiles, et leur surface extérieure lisse et sans porosités, à l'exception des cellules qui sont toujours grandes, étoilées, et souvent saillantes. Un Polypier, rangé par Lamarck entre les Oculines, l'Ocutina Echidnæa, s'éloigne des autres par ses caractères; son tissu intérieur est finement celluleux, et sa surface poruleuse entre les cellules; elle me semblerait mieux placée avec les Madrépores, dont elle ne diffère que par Ses cellules plus rares et plus allongées. Schweigger (Handbuch der Naturgeschithte, pag. 415) a réuni avec raison les Oculines et les Caryophyllies dans un genre qu'il nomme Lithodendron, et dans lequel il établit deux sous-genres: les Lithodendres à surface lisse, Oculina, Lamk., et les Lithodendres à surface sillonnée, Caryophyllia, Lamk. Lesueur (Mém. du Musée d'Hist. Nat.) a figuré et décrit succinctement l'Animal d'une espèce d'Oculine des Antilles, qu'il nomme Oculina varicosa, et qui pourrait bien être celle que Lamarck a nommée diffusa. Il lui donne pour caractères: Animal actiniforme; disque entouré de trente à trente-deux tentacules; ouverture centrale linéaire, ayant de petits plis ou bourrelets à l'intérieur; disque s'élevant en cône. Les Oculines habitent les mers des climats chauds. On en trouve quelques-unes fossiles dans les terrains tertiaires. Lamarck a rapporté à co

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genre les Oculina virginea, hirtella, diffusa, axillaris, prolifera, Echidnæa, infundibulifera, flabelliformis et rosea. (E.D..L.)

OCULUS-MUNDI. MIN. C'est-à-dire OEil-du-monde. Ancien nom passé de l'alchimie dans le commerce es Gemmes, et donné à l'Hydrophane. V. ce mot. (B.)

OCYDROME. Ocydromus. INS. Nom donné par Frælich aux Insectes du genre Bembidion de Latreille. V. ce mot. (G.)

OCYMASTRUM ET OCYMOIDES. BOT. PHAN. Ces noms étaient employés par les anciens botanistes pour désigner des Plantes fort différentes. Le premier a été appliqué à des espèces placées aujourd'hui dans les genres Silene, Lychnis, Thymus, Stachys, Scrophularia, Valeriana, Circæa, etc.; le second a désigné tantôt le Clinopode, tantôt des Caryophyllées, telles que plusieurs Silene, Lychnis, Saponaria et Cerastium. Ces dénominations sont maintenant inusitées pour exprimer des genres. (G.. N.)

OCYMOPHYLLUM. BOT. PHAN. (Buxbaum.) Syn. d'Isnarde. V. ce mot. (B.)

OCYMUE BOT. PHAN. V. BASILIC.

OCYPÈTE. Ocypetes. ARACHN. Genre de l'ordre des Trachéennes, famille des Microphtires (?) de Latreille, établi par Leach, et auquel ce savant anglais donne pour caractères: pieds ambulatoires; des mandibules; palpes ayant un appendice mobile à leur extrémité; deux yeux portés sur un pédicule; corps comme divisé en deux portions dont l'antérieure porte la bouche; les yeux et les deux paires de pieds antérieurs; six pieds. Ce genre ne se compose que d'une seule espèce à laquelle Leach donne le nom d'Ocypète rouge (Ocypete rubra); son corps est garni de poils d'un cendré roussâtre, ceux du dos sont longs et rares; ceuxdes pates sont très-courts; les yeux sont d'une couleur noirâtre. Cette espèce est très-commune sur les Diptères de la famille des Tipulaires. (G.)

OCYPODE. Ocypode. CRUST. Genre de l'ordre des Décapodes, famille des Brachyures, tribu des Quadrilatères, établi par Fabricius, restreint par Latreille et adopté par tous les entomologistes, avec ces caractères: carapace presque carrée; yeux placés sur des pédoncules allongés; antennes apparentes, les extérieures très-petites, un peu arquées en dehors, les internes contiguës aux externes, un peu plus longues que celles-ci; troisième article des pieds-mâchoires en forme de trapèze, presque aussi long que large; pinces inégales, grandes. Les Ocypodes auxquels Latreille avait réuni, ainsi que Bosc, plusieurs Crustacés, qu'Olivier a placés avec les Grapses, comprennent encore pour ce dernier auteur plusieurs espèces avec lesquelles Latreille et Leach ont formé les genres Gélasime, Gonoplace, Gécascin et Uca. Ils se distinguent des Gélasimes parce que ceux-ci ont une des pinces énormément développée relativement à l'autre, et que ces pinces sont très-comprimées: les Gélasimes en diffèrent encore par d'autres caractères tirés des organes de la manducation, et par la forme en trapèze de leur carapace. Les Mictyres en sont séparés par la forme du corps qui est bombé, et dont les régions sont bien distinctes, et par les yeux qui sont portés sur de très-courts pédoncules. Enfin les Pinnothères, Gécascins, Ucas, Cardisomes, Plagusies, Grapses et Macrophthalmes s'en séparent par la forme de leurs antennes intermédiaires qui sont distinctement bifides à l'extrémité, tandis que celles des Ocypodes et des deux genres dont nous avons parlé plus haut sont à peine bifides; le premier article des antennes extérieures plus transversal que longitudinal distingue encore ces genres des premiers chez lesquels ce premier article est toujours longitudinal. Le corps des Ocypodes est presque carré, un peu plus large que long, ter-

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miné en devant et de chaque côté par un angle aigu; son bord antérieur présente, dans son milieu, un chaperon étroit et rabattu; de chaque côté de ce chaperon sont des sinus ou cavités transversales profondes et ovales destinées à loger les yeux qui sont insérés sur les côtés du chaperon, placés sur des pédoncules assez longs et dirigés, dans le repos, vers les angles du test, en reposant dans les fossettes dont nous venons de parler. Les antennes sont insérées immédiatement au-dessous de l'origine du pédicule oculaire, sur l'arête transverse qui ferme supérieurement la cavité buccale; les extérieures sont très-petites, un peu arquées en dehors, composées d'abord d'un pédicule court, insensiblement plus menu, de trois articles dont le basilaire est allongé et aplati, et dont les deux supérieurs sont presque cylindriques. A la suite de ces trois articles que Latreille considère comme le pédoncule de l'antenne, on en voit d'autres plus petits et allant en diminuant jusqu'à l'extrémité; ce filet est composé d'à peu près dix ou onze articles cylindriques; les antennes intermédiaires sont très-petites et ont échappé à l'observation de Fabricius; elles sont contiguës aux extérieures et composées de trois gros articles courts dont le dernier est tronqué obliquement et ne porte point de filet articulé. On voit à la partie intérieure et à l'extrémité du second un très-court filet conique composé de deux articles apparens. Ces antennes sont toujours repliées et cachées dans la cavité destinée à les recevoir. Toutes les parties de le bouche sont recouvertes par les pieds-mâchoires extérieurs qui sont contigus dans toute leur longueur. Le premier article de ces pieds-mâchoires est très-petit et donne attache à un palpe flabelliforme très-court, d'une seule pièce, et aigu à son extrémité; le second article est très-grand; le troisième beaucoup plus petit et en forme de trapèze. Les trois autres articles sont à peu près de la même longueur et cylindriques, au lieu que les trois premiers sont aplatis. Les pinces sont inégales, grandes, courbées, en forme de cœur ou ovales et comprimées. Les autres pates sont longues, comprimées; celles de la quatrième et de la troisième paire étant les plus longues. Les ongles ou le dernier article des tarses sont très-comprimés, marqués de quelques lignes élevées, velus ou ciliés et terminés en pointe.

Les Ocypodes se tiennent le plus souvent à terre, surtout après le coucher du soleil; on les rencontre sur les plages sablonneuses des bords de la mer ou des fleuves, surtout vers leur embouchure; ils se creusent des terriers où ils se retirent pendant la nuit, et où ils se renferment peutêtre dans le temps de leurs mues. Ces Crustacés courent tellement vite, qu'Olivier assure avoir vainement tenté d'atteindre à la course une espèce qu'il a trouvée sur les côtes de Syrie, et qu'il a nommée Ocypode Chevalier. Latreille pense que c'est cette espèce dont Pline fait mention, et que les Grecs désignaient sous le nom d'Hippeus. Bosc a observé, à la Caroline, une autre espèce d'Ocypode (Ocypode blanc) qu'il dit courir avec tant de vélocité qu'il avait de la peine à le devancer à cheval, et à le tuer à coups de fusil. Latreille pense que ces Crustacés doivent se nourrir de cadavres d'Animaux, comme le font d'autres Crustacés voisins. Du reste, beaucoup de voyageurs ont parlé des habitudes de plusieurs Crustacés qu'ils désignent sous le nom vague de Crabes de terre, et il est bien probable que plusieurs Ocypodes sont désignés ainsi par eux. Cependant comme les Gécascins, les Gélasiens, les Ucas et les Grapses sont nommés ainsi et confondus par eux sous cette dénomination, il est fort difficile de savoir à quelle espèce s'appliquent les détails qu'ils ont donnés de leurs habitudes.

Le genre Ocypode renferme assez peu d'espèces, toutes propres: aux pays chauds de l'Europe, de l'Asie, de l'Afrique et de l'Amérique. On

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n'en connaît pas encore de la Nouvelle-Hollande. Latreille le divise ainsi qu'il suit:

I. Pédicules des yeux prolongés au-delà de leur extrémité supérieure, eu forme de pointe ou de corne.

OCYPODE BLANC, Ocypode albicans, Bosc (Hist. Nat. des Crust. T. I, p. 196, pl. 4, fig. 1), Latr., Oliv., Desm. Pédicules des yeux prolongés au-delà de leur extrémité en une pointe obtuse; serres presque égales, hérissées de tubercules épineux, à doigts courts; carapace blanchâtre, chagrinée, entière sur ses bords; pates des quatre dernières paires blanches, garnies de poils serrés, assez longs. Cette espèce se trouve dans la Caroline du Sud. L'Ocypode Chevalier d'Olivier appartient aussi à cette division ainsi que quelques autres.

II. Pédicules des yeux se terminant avec eux.

OCYPODE RHOMBE, Ocypode Rhombea, Fabr., Latr. (Hist. Nat. des Crust. et des Ins. T. VI, p. 52, n° 21); Bosc, Oliv., Desm. Pinces comprimées, ovoïdes, finement chagrinées, avec les doigts striés, la gauche étant la plus grande; yeux très-grands, s'étendant dans toute la longueur de leur pédoncule; carapace blonde et glabre. On trouve cette espèce à l'Ile-de-France. (G.)

OCYPTÈRE. Ocyptera. INS. Genre de l'ordre des Diptères, famille des Athéricères, tribu des Muscides, division des Créophiles, Latr. (Fam. Nat.), établi par Latreille aux dépens du genre Musca de Linné, et adopté par Fabricius et Olivier avec ces caractères: cuillerons grands, couvrant la majeure partie des balanciers; trompe distincte; antennes en palettes, presque de la longueur de la face antérieure de la tête, de trois articles dont le second et le troisième allongés, celui-ci plus large avec une soie simple et distinctement biarticulée à sa base. Ailes écartées; abdomen long, cylindrique ou conique. Latreille, en formant le genre Ocyptère, lui avait réuni quelques espèces avec lesquelles Meigen a formé son genre Gymnosome; ces Diptères, quoique semblables aux Ocyptères sous le rapport des antennes, en diffèrent par leur port qui les rapproche des Mouches et des Tachines. Meigen avait aussi formé, aux dépens des Tachines de Latreille, qu'il nomme Cylindromyes, son genre Eriotrix que Latreille n'adopte pas. La tête des Ocyptères est demi-sphérique, les yeux à réseau occupent ses parties latérales, et les trois petits yeux lisses sont peu distincts et placés en triangle sur le vertex. La cavité buccale renferme une trompe courte, coudée à sa base, bilabiée à son extrémité et avancée. Les palpes sont filiformes, de deux articles et un peu plus courts que la trompe. Le corselet est arrondi, peu renflé, guère plus large que la tête; l'abdomen est allongé, presque cylindrique, plus étroit que le corselet, et formé de quatre anneaux distincts. En général, tout le corps de ces Diptères est parsemé de poils longs et roides. Les ailes des Ocyptères sont de la longueur du corps; l'Animal les agite en courant.

Les Ocyptères vivent sur les fleurs dans les prairies; on en trouve quelquefois sur les vitres des croisées. Leurs métamorphoses sont inconnues. Olivier dit cependant que leurs larves sont apodes, allongées et presque cylindriques, et qu'elles vivent dans les tiges et les racines des Végétaux; mais Latreille pense qu'il n'exprime qu'une présomption, puisqu'on ne trouve dans les auteurs qui ont parlé des mœurs des Diptères aucune observation directe à cet égard. Degéer dit seulement, en parlant de la Mouche à taches rousses, qui est une espèce d'Ocyptère, qu'elle est vivipare, et que ses larves sont blanches, à tête pointue, et de figure variable. Ce genre se compose à peu près d'une vingtaine d'espèces; la plus commune et celle que l'on peut; considérer comme type, est:

L'OCYPTÈRE BRASSICAIRE, Ocyptera brassicariæ, Latr., Fabr., Oliv.;

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Musca cylindrica, Degéer (Mém. sur les Ins. T. VI, p. 30, pl. 1, fig. 12, 14; Cylindromyia brassicariæ, Meig.; Musca brassicariæ, Schell. (Dipt., tab. 3, fig. 1, 2). Cette espèce est longue de près de six lignes; tout son corps est noir, avec le second et le troisième anneau d'un rouge fauve. On la trouve assez communément aux environs de Paris, dans les lieux chauds et sur les fleurs. (G.)

* OCYPTERUS. OIS. V. LANGRAYEN.

* OCYROé. Ocyroe. ACAL. Genre de Médusaires établi par Péron et Lesueur dans la division des Méduses gastriques, polystômes, non pédonculées, brachidées et sans tentacules. Caractères: quatre bouches; quatre ovaires disposés en forme de croix; quatre bras simples confondus à leur base. Réuni par Lamarck aux Cassiopées. V. ce mot. (E. D..L.)

OCYTHOE. Ocythoe. MOLL. Genre institué par Rafinesque, dans son Traité de Somiologie, pour un Poulpe qu'il observa dans la Méditerranée, dans les mers de Sicile. Il le caractérisa par les huit pieds non réunis à la base, et les deux supérieurs ailés intérieurement. Rafinesque, qui connaissait cependant le Poulpe de l'Argonaute, ne reconnut pas l'extrême ressemblance qui existe entre son nouveau genre et ce Poulpe. Ce fut Blainville qui reconnut le premier l'erréur de Rafinesque et le double emploi qu'elle jetait dans la science; il communiqua ses observations à Leach qui en reconnut la justesse; d'oùil résulterait que l'on devrait supprimer l'un des deux genres. Il n'en sera peut-être point ainsi si l'on considère l'état incertain de la question qui pourrait seule décider. Est-il prouvé que le Poulpe de l'Argonaute soit le constructeur de l'élégante coquille dans laquelle on le trouve souvent? Si on répond affirmativement avec des preuves évidentes, le genre Ocythoé devra disparaître; mais cette question, loin d'être résolue de cette manière, partage encore les zoologistes. Il en est un certain nombre qui, se fondant sur ce que les analogies ont de plus probable, ne peuvent concevoir qu'un Animal qui n'a point de rapports de formes et de structure avec la coquille dans laquelle on le trouve, puisse être le constructeur de cette coquille. Ils ne peuvent s'expliquer comment cet Animal dépourvu de manteau, et n'ayant avec cette coquille aucune adhérence musculaire, peut la sécréter aussi régulièrement lorsque le moindre choc peut la déranger et établir avec ses parties ou ses organes d'autres rapports. Il est encore d'autres objections qui tiennent à la manière dont on a observé, car il n'existe d'un côté comme de l'autre aucune observation concluante. Déjà cette question a été débattue à l'article ARGONAUTE. NOUS ajouterons ce que l'on a dit depuis sur le même sujet; ce sera à l'article POULPE auquel nous renvoyons. (D..H.)

ODACANTHE. Odacantha. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Caruassiers, tribu des Carabiques, division des Troncatipennes, établi par Paykull et adopté par tous les entomologistes. Les caractères de ce genre sont: dernier article des palpes de forme ovalaire, et terminé presque en pointe. Antennes beaucoup plus courtes que le corps, à articles presque égaux; le premier plus court que la tête. Tarses filiformes, le pénultième article, au plus, bilobé. Corselet en ovale, allongé et presque cylindrique; tête ovale, rétrécie postérieurement, mais nullement prolongée. L'espèce qui sert de type à ce genre a été placée par les entomologistes parmi les Attelabes, les Carabes et les Cicindèles. Des six espèces que Fabricius a placées dans ce genre, dit Dejean (Spéciès général des Col., p. 175 ), la tripustulata est un Anthicus; la bifasciata, et probablement l'elongata, sont des Cordistes; et la cyanocephala est une Casuonie. Il ne reste donc dans ce

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genre que la melanura et la dorsalis; il serait même possible que la dernière dût constituer un genre propre, ce qui réduirait le genre Odacanthe à une seule espèce. L'Odacantha melanura, véritable type de ce genre, a quelques rapports avec quelques espèces de Dromies, et surtout avec le linearis, que Steven a même décrit dans les Mémoires des Naturalistes de Moscou, sous le nom d'Odacantha præusta; mais elle en diffère essentiellement par les crochets des tarses qui sont simples et sans dentelures. Elle a une forme allongée, presque cylindrique. Le dernier article des palpes est allongé, ovalaire et presque terminé en pointe. Les mandibules sont peu saillantes. Les antennes sont beaucoup plus courtes que le corps; leur premier article est beaucoup plus court que la tête; le second est un peu plus court que les suivans qui sont presque égaux. La tête est ovale, rétrécie postérieurement, mais nullement prolongée; elle tient au corselet par un col court, dont elle est séparée par un étranglement beaucoup moins marqué que dans les genres voisins. Le corselet est un peu plus étroit que la tête, en ovale allongé et presque cylindrique. Les élytres sont allongées, parallèles et tronquées à l'extrémité. Les pates sont assez courtes. Les tarses sont presque filiformes; les antérieurs sont très-légèrement dilatés dans les mâles.

Ce genre se distingue des Agres parce que ceux-ci ont les palpes labiaux terminés par un article plus grand et presque en forme de hache. Les Dryptes ont les quatre palpes terminés par un article plus grand. Enfin les Galériles et les Zuphies ont le corselet en cœur, ce qui les distingue au premier coup-d'œil du genre dont nous nous occupons. Les mœurs des Odacanthes nous sont encore inconnues; nous savons seulement qu'elles vivent en quantité dans certains lieux aquatiques plantés de roseaux; on en a trouvé beaucoup dans un très-petit espace des environs de Lille. Elles se tiennent sur les tiges des Roseaux, ou à terre et au bord de l'eau. Leach les a observées dans les mêmes circonstances, dans un canton maritime de l'Angleterre. Dejean, loc. cit., décrit deux espèces de ce genre; il en a reçu une autre depuis la publication de son premier volume. Nous allons donner la description de ces trois espèces.

ODACANTHE MÉLANURE, Odacantha melanura, Fabr., Latr., Oliv. (Clairv., Entom. Helv. T. II, pl. v); Dej., Sch. (Syn. Ins. T. I, p. 236, n° 1); Carabus angustatus, Oliv., 3, 35, p. 113, n° 159, t. 1, fig. 7, a-b). Elle est longue de trois lignes à peu près; son corps est vert-bleuâtre; la base des antennes, le métathorax et les pates sont jaunes; les élytres sont de cette couleur avec le bout d'un noir violet. On la trouve en Allemagne, en Suède, en Angleterre et dans le nord de la France.

ODACANTHE DORSALE, Odacantha dorsalis, Fabr., Dej., Sch. (Syn. Ins., 1, p. 237, n° 7). Elle est longue de trois lignes et demie, brune, avec les antennes, les pates et les élytres testacées. Les élytres ont une suture brune, assez étroite depuis la base jusqu'au-delà du milieu, et s'élargissant ensuite en forme de tache oblongue qui n'arrive pas jusqu'à l'extrémité. Elle se trouve dans l'Amérique septentrionale, en Géorgie et dans la Caroline.

ODACANTHE CÉPHALOTE, Odacantha cephalotes, Dej. (Spec. gén., etc. T. II, p. 439, n° 3). Longue de trois lignes et demie, déprimée, brune; corselet en cœur; pates et élytres testacées, avec une marque suturale oblongue et brune. Elle se trouve aux Indes-Orientales. (G.)

ODDER. MAM. V. OTTER.

ODOÉ. POIS. Bloch a décrit sous ce nom une espèce du sous-genre Characin parmi les Salmones. V. ce mot. (B.)

ODOLLAM. BOT. PHAN. Syn. de Cerbera Manghas, L., de la côte de Malabar. Adanson adopte ce nom

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barbare pour désigner le genre Cerbera. V. ce mot. (B.)

ODONATES. Odonata. INS. Fabricius désigne ainsi le cinquième ordre de la classe des Insectes. Cet ordre correspond à la tribu des Libellulines de Latreille. V. ce mot. (G.)

ODONECTIS. BOT. PHAN. Genre de la famille des Orchidées, proposé par Rafinesque dans le Journal de Botanique (1, p. 21), mais dont les caractères sont tellement imparfaits qu'aucun botaniste ne l'a adopté. (A. R.)

ODONESTIS. INS. Germar désigne sous ce nom un genre de Lépidoptères nocturnes composé des Bombyx quercifolia, Pruni, populifolia, etc., de Fabricius. (G.)

ODONIA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Légumineuses et de la Diadelphie Décandrie, L., établi par Bertoloni (Lncubr., 1822, p. 35) qui lui a imposé les caractères suivans: calice sans bractées, plus court que la corolle, divisé profondément en quatre segmens presque égaux; étendard dressé, un peu ouvert; ailes unidentées supérieurement; carène bipartite inférieurement, réfléchie, éloignée de l'étendard; étamines diadelphes; style unciné; légume comprimé, uniloculaire, renfermant environ huit graines. Ce genre, extrêmement rapproché du Galactia, ne comprend qu'une seule espèce (Odonia tomentosa) rapportée de Saint-Domingue par Bertero; c'est une Herbe volubile, à feuilles composées d'une seule paire de folioles terminée par une impaire. Les fleurs forment des grappes axillaires plus courtes que la feuille. Le légume est cotonueux-velouté dans sa jeunesse et presque glabre à sa maturité.

De Candolle a placé ce genre douteux dans sa tribu des Lotées, section des Clitoriées. (G..N.)

ODONTANDRA. BOT. PHAN. Genre proposé par Humboldt et Bonpland dans l'Herbier de Willdenow, publié par Ræmer et Schulles, et auquel Kunth (Nov. Gener. et Spec. Plant. æquin. Supplem., vol. VII, p. 229) assigne les caractères suivans: calice hémisphérique, à cinq dents courtes, ovales, un peu aiguës; corolle à cinq pétales hypogynes (?), sessiles, ovales, aiguës, égales, à préfleuraison valvaire; dix étamines hypogynes (?), dont les filets sont courts, réunis en un petit tube, libres au sommet et termines en pointe subulée; cinq de ces filets sont anthérifères; les cinq autres, opposés aux pétales, sont dépourvus d'anthères; anthères ovées, obtuses, cordiformes, biloculaires, glabres, introrses et déhiscentes longitudinalement; disque nul; ovaire supère, presque arrondi; style très-court, terminé par un stigmate obtus; fruit inconnu. Ce genre a été placé par Ræmeret Schulles daus la Pentandrie Monogynie, L., parce que Willenow considérait les étamines stériles comme des appendices dentiformes. Sa place dans les familles naturelles est incertaine, à cause de l'ignorance où l'on est relativement à la structure complète de ses organes floraux; cependant Kunth le range avec doute à la suite des Méliacées.

L'Odontandra acuminata est un Arbre à rameaux alternes, non épineux; ses feuilles sont alternes, simples, très-entières, membraneuses, non ponctuées, portées sur des pétioles articulés; il n'y a point de stipules. Les fleurs forment des panicules axillaires et placées au sommet des rameaux. Cette Plante croît près de Turbaco dans la Nouvelle-Grenade, où les habitans lui donnent le nom de Mangle-Blanco. (G..N.)

* ODONTHALIA. BOT. CRYPT. (Hydrophytes.) Genre très-naturel, très-caractérisé, établi par le savant Lyngbye aux dépens des Délesseries de Lamouroux, confondu par Agardh dans le genre monstrueux que cet algologue appelle Rhodomela. V. ce mot. Les caractères du genre dont il est question consistent dans la fronde qui est plane, membraneuse, presque

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sans nervures, produisant des siliques axillaires et lancéolées où se développent les gemmes sur un ou deux rangs. Le défaut de nervures à la fronde distingue ces Plantes des Délesseries et des Dawsonies; leur consistance et leurs fructifications les séparent des Holyménies. L'espèce qui a servi de type au genre est le Delesseria dentata, Lamx., Thal., p. 36, qui d'abord fut un Spherococcus pour Agardh. Très-bien représenté par Turner, Fuc. T. I, tab. 13, et par Lyngbye qui en fait son Odonthalia dentata, p. 9, tab. 3, A. C'est une très-élégante Plante des mers du Nord, qu'on trouve en abondance aux îles Ferroë, mais qui n'a pas encore été recueillie plus bas que les côtes d'Islande, d'où nous en avons reçu de beaux échantillons. Sa couleur est d'un pourpre vineux qui passe au brun rouge; ses lanières qui sont élégamment divisées sont dentées largement sur les bords; elle varie pour la largeur d'une demi-ligne à deux lignes et plus. (B.)

ODONTIA. BOT. CRYPT. (Champignons.) Ce nom a été donné par Hill à des Champignons qui font partie du genre Hydne. V. ce mot. (AD. B.)

ODONTITES. BOT. PHAN. Sous ce nom et sous celui d'ODONTITIS, les anciens ont désigné plusieurs Plantes très-différentes. Linné n'en fit qu'un nom spécifique d'une espèce d'Euphraise et de Buplèvre. C'est sur cette dernière Plante qu'Hoffmann et Sprengel ont établi leur genre Odontites, de la famille des Ombelliferes, et de la Pentandrie Digynie, L., genre qu'ils ont ainsi caractérisé; involucre général et involucelles à trois ou cinq folioles égales, lancéolées; corolle dont les pétales sont égaux, infléchis, ovales et échancrés; fruit ové un peu cylindrique et comprimé, à cinq côtes pubescentes ou couvertes de glandes verruqueuses, distinctes ou confluentes. Ce genre ne peut guère être distingué du Buplevrum dont on l'a démembré. En effet Sprengel lui-même qui, dans le sixième volume de Ræmer et Schultes, l'avait composé de six espèces parmi lesquelles on remarque les Buplevrum Odontites, semicompositum, tenuissimum de Linné, Sprengel, disons-nous, ne reconnaît plus ce genre dans la nouvelle édition du Systema Vegetabilium de Linné qu'il vient de publier. (G..N.)

ODONTOGLOSSUM. BOT. PHAN. Genre de la famille des Orchidées établi par Kunth (in Humb. Nov. Gener., 1, p. 351) et qu'il a caractérisé de la manière suivante: les folioles du calice sont étalées, les trois externes et les deux internes et latérales sont égales entre elles; le labelle est onguiculé à sa base, dépourvu d'éperon; l'onglet est soudé dans sa moitié inférieure avec le gynostème, la lame du labelle est plane et pendante et offre à sa base trois lubercules subulés. Le gynostème est canaliculé, membraneux sur ses bords et terminé à son sommet par deux ailes membraneuses. L'anthère est terminale, operculiforme et à deux loges. Les masses polliniques sont solides, au nombre de deux, attachées par leur base sur un pédicelle commun et recourbé en hameçon. Ce genre a les plus grands raports avec le Brassia de R. Brown. Il en diffère seulement par son gynostème terminé par deux ailes à son sommet; par son labelle onguiculé, soudé par sa partie inférieure avec le gynostème, tandis que dans le genre Brassia le gynostème est dépourvu d'ailes; le labelle est plane, libre et non onguiculé.

Une seule espèce a été rapportée à ce genre, c'est l'Odontoglossum epidendroides, loc cit., tab. 85. C'est une Orchidée parasite, bulbifère à sa base. Ses fleurs grandes, pédicellées, inodores, jaunes, tachetées de pourpre, sont portées sur un pédoncule radical et multiflore. Elle croît en Amérique, entre le fleuve dès Amazones et la ville de Jaen, et fleurit au mois d'août. (A. R.)

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ODONTOGNATHE. POIS. Espèce qui forme un sous-genre parmi les Clupes. V. ce mot. (B.)

ODONTOIDES ET ODONTOLITHES. ZOOL. FOSS. Ces noms se trouvent dans les anciens naturalistes et oryctographes pour designer les Glossopètres. V. ce mot. (B.)

ODONTOLITHE. MIN. On a donné ce nom à la Turquoise de la Nouvelle-Roche, ou Turquoise osseuse, qui doit son origine à des os fossiles, surtout à des dents d'Animaux, dont le principe colorant est le Phosphate de fer. V. TURQUOISE. (G. DEL.)

* ODONTOLOMA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, et de la Syngénésie égale, L., établi par Kunth (Nov. Gen. et Spec: Plant. æquin., vol. IV, p. 43) qui l'a placé dans sa section des Carduacées, en lui assignant les caractères suivans: involucre cylindracé, composé d'environ neuf folioles étroitement imbriquées, aiguës, concaves, scarieuses, à une seule nervure; la plus intérieure oblongue; les extérieures ovales, diminuant graduellement de grandeur. Réceptacle très-petit et nu. Fleuron unique, tubuleux, hermaphrodite; corolle tubuleuse, un peu dilatée au sommet, dont le limbe est à cinq lobes lancéolés, aigus et étalés; étamines insérées sur le milieu de la corolle, à filets capillaires et à anthères connées, saillantes, nues à la base, surmonlés d'appendices ovales-lancéolés, obtus et diaphanes; ovaire cunéiforme, surmonté d'un style légèrement velu au sommet, et d'un stigmate à deux branches saillantes et écartées. Akène cylindracé, cunéiforme, surmonté d'un rebord membraneux, à plusieurs dents, et caducs. Ce genre est voisin du Turpinia, dont il diffère principalement par le rebord denté qui couronne l'akène.

L'Odontoloma acuminata, Kunth (loc. cit., tab. 319), seule espèce du genre, est un Arbre qui croît dans la vallée de Caracas dans l'Amérique méridionale. Ses rameaux portent des feuilles épaisses, pétiolées, ovales, très-entières. Les fleurs sont blanchâtres, fasciculées, et forment des corymbes terminaux. (G..N.)

* ODONTOLOMA. BOT. CRYPT. (Champignons.) Persoon a formé sous ce nom une section particulière des Pezizes dont le bord des capsules est denté. V. PEZIZE. (AD. B.)

ODONTOMAQUE. Odontomachus. INS. Genre de l'ordre des Hyménoptères, section des Porte-Aiguillons, famille des Hétérogynes, tribu des Fornicaires, établi par Latreille, et ne différant des Ponères, auxquelles cet auteur les a réunis depuis, et qu'il en a séparées à présent (Fam. Nat., etc.), que parce que les mandibules des neutres sont presque linéaires au lieu d'être triangulaires, comme dans les Ponères; du reste, tous les autres caractères sont entièrement semblables à ceux des Ponères. V. ce mot. (G.)

ODONTOMYIE. Odontomyia. INS. Genre de l'ordre des Diptères, famille des Notacanthes, tribu des Stratyomides, établi par Meigen et adopté par Latreille et tous les entomologistes, avec ces caractères: antennes guère plus longues que la tête, avancées, rapprochées, de trois articles, dont les deux premiers courts, presquede la même longueur, et dont le dernier, en fuseau allongé de cinq anneaux, sans soie ni stylet au bout. Ce genre a été établi par Meigen, aux dépens des Stratyomes de Geoffroy et de Fabricius; depuis, Meigen l'a supprimé dans son grand ouvrage, en alléguant qu'il ne différait des Stratyomes que par un seul caractère quelquefois douteux, la longueur des antennes. Cependant, par une espèce d'inadvertance, il reconnaît lui-même ceux qu'offre la conformation de la trompe et des yeux. Enfin, Macquart, en ajoutant la considération des nervures des ailes, pense que ce genre peut être conservé et distingué suffisamment

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de celui de Stratyome. L'hypostome des Odontomyies est plus ou moins saillant; la trompe est menue, un peu allongée, à labiules marquées de lignes transversales du côté intérieur; la lèvre supérieure est échancrée à l'extrémité; la langue est de la longueur de la lèvre supérieure, suivant Fabricius; le troisième article des palpes est peu renflé. Les deux premiers articles des antennes sont à peu près également courts; le troisième est long, fusiforme, à cinq divisions. Les yeux sont souvent ornés d'un arc pourpre et à facettes beaucoup plus grandes, chez les mâles, dans la partie supérieure que dans l'inférieure; l'écusson est armé d'épines; les ailes ont quelquefois une seule cellule sous-marginale, et toujours quatre postérieures; les nervures postérieures sont sinueuses. Ce genre est assez nombreux en espèces; nous citerons la plus commune aux environs de Paris.

ODONTOMYIE VERTE, Odontomyia viridula, Macquart, Dipt. du nord de la France, fasc. 2, p. 128, n°7; Meig. (Klass.), Latr., Odontomyia dentata, Meig.; Stratyomys viridula, marginata et cania, Fabr.; Musca viridula, Gmel., Schœff., Icon., tab. 14, f. 14. Elle est longue de trois lignes et demie; son abdomen est vert, avec une bande noire dilatée postérieurement; la femelle a la bande noire plus large que dans le mâle. (G.)

* ODONTOPETALUM. BOT. PHAN. V. MONSONIE.

ODONTOPÈTRES. ZOOL. FOSS. Ce nom fut donné aux dents fossiles. Celui de Glossopètre a prévalu. V. GLOSSOPETRES. (B.)

ODONTOPHORUS. OIS. (Vieillot.) V. TOCRO.

ODONTOPTERA. BOT. PHAN. H. Cassini a proposé, dans le Dictionnaire des Sciences Naturelles, d'eriger en un genre distinct l'Arctotis sulphurea, dont le fruit a été décrit et figuré par Gaertner (De fructib., vol. II, p. 539, p. 172). Les caractères de ce nouveau genre sont uniquement tirés de la description suivante du fruit; akène en pyramide renversée, presque tétragonale, garni de poils laineux, bordé extérieurement de deux ailes longitudinales, coriaces, cartilagineuses, denticulées, recourbées sur la face extérieure qu'elles couvrent incomplètement. L'aigrette est composée de huit petites paillettes dont quatre grandes ovales, acuminées, dressées, alternant avec les quatre qui sont caduques, selon Cassini. Les ailes dentées du fruit de l'Odontoptera représentent les deux loges stériles des Arctotis. La dégénérescence est encore poussée plus loin dans le genre Arctotheca, où ces loges sont réduites à l'état de simples filets cylindriques ou de nervures saillantes. Le genre Odontoptera fait partie de la section des Arctotidées prototypes, où il avoisine les genres Arctotis, Arctotheca, et surtout un nouveau genre que Cassini nomme Cymbonotus, et qui est constitué sur une Plante rapportée de la Nouvelle-Hollande par Gaudichaud. Dans ce dernier genre le fruit est analogue à celui de l'Odontoptera, mais il est glabre et privé d'aigrette. (G..N.)

ODONTOPTERIS. BOT. CRYPT. (Fougères.) Bernhardi avait donné ce nom à un genre fondé sur l'Ophyoglossum scandens, L., mais qui était déjà établi sous le nom de Lygodium par Swartz, d'Hydroglossum par Wilidenow, de Ramondia par Mirbel, d'Ugena par Cavanilles. V. LYGODIUM qui a prévalu.

* Nous avons désigné par ce même nom d'Odontopteris un groupe de Fougères fossiles, remarquables par la forme de leurs frondes et la disposition de leurs nervures. Nous en connaissons maintenant cinq espèces; toutes ont la fronde bipinnée, à pinnules adhérentes au rachis, et même légèrement unies entre elles par la base, plus ou moins pointues, entières ou dentelées. Ces pinnules ne sont pas traversées par une nervure moyenne;

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mais toutes les nervures, partant du rachis lui-même, se répandent en divergeant sur les pinnules; elles sont fines, égales, simples, ou une seule fois divisées. L'espèce que nous connaissons le plus complétement, a été découverte par Brard dans les mines de houille de Terrasson; nous lui avons donné le nom d'Odontopteris Brardii, et nous en avons figuré une portion dans l'Essai de Classification des Végétaux fossiles, pl. 2, fig. 5. La fronde entière a plus de deux pieds de long; ses pinnes très-ouvertes, très-longues et fort régulières, sont garnies de pinuules en forme de profondes dents de scie; les pinnes supérieures sont simples et entières.

Il en existe une espèce plus grande du même lieu, dont les pinnules sont allongées, aiguës et crénelées. Nous l'avons nommée Odontopteris crenulata. Une autre, abondante dans les mines de Saint-Etienne, a des pinnules moitié plus petites que la première espèce, divisées jusqu' à la base et fort aiguës; c'est notre Odontopteris minor. Une quatrième a des pinnules obtuses et arrondies; elle a été trouvée dans les couches d'Anthracite de la Savoie. On peut la nommer Odontopteris obtusa. Enfin, la Plante figurée par Schlotheim sous le nom de Filicites osmundæformis, Flor. der Vorw., tab. 3, fig. 3, 6 a (nec fig. 6 c), paraît être une cinquième espèce que nous désignons par le nom d'Odontopteris Schlotheimei; toutes ces espèces sont propres au terrain houiller ou d'Antbracite, et la fructification d'aucune d'elles n'est connue. (AD. B.)

ODONTORAMPHES. OIS. Dénomination donnée par l'auteur de la Zoologie Analytique, à l'une des familles de ses Passereaux, qui comprendrait nos genres Calao, Momot et Phytotome. (DR..Z.)

ODONTORHYNQUES. Odontorhynchæ. OIS. (Duméril et Mærrhing.) Même chose que Dentirostres. V. ce mot. (B.)

ODONTOSTEMON. BOT. PHAN. De Candolie (Syst. Veget. Nat., 2, p. 323) a donné ce nom à la quatrième section du genre Alyssum qui se compose uniquement de l'Alyssum hyperboreum, L., et qui est caractérisée par ses fleurs blanches et ses grandes étamines dont les filets sont pourvus d'une dent. (G..N.)

ODORAT. Certains corps jouissent de la propriété d'exciter en nous des sensations d'un ordre particulier, et nous révèlent leur existence au moyen de l'odeur qu'ils exhalent. Cette action peut s'exercer à une distance plus ou moins grande; mais l'impression que les substances odorantes déterminent sur nos sens n'est pas produite par un agent intermédiaire; ce sont les particules de ces corps eux-mêmes qui, divisées au point de passer à l'état de fluide aériforme; se répandent dans l'espace, à la manière des vapeurs, et viennent exciter nos organes par leur contact immédiat. Cette propriété, dont on ignore complétement la cause, n'est pas commune à tous les corps, soit solides, soit fluides. Ceux qui en sont doués deviennent en général d'autant plus odorans que les circonstances où ils sont placés favorisent davantage leur volatilisation, et d'un autre côté, si on les renferme de manière à intercepter le passage des particules qui tendent à s'en échapper, on empêche par cela même leur odeur de se faire sentir. C'est mêlées à l'air atmosphérique que les odeurs arrivent aux Animaux qui vivent dans ce milieu; mais les êtres qui habitent dans l'eau peuvent recevoir également l'impression des particules odorantes répandues dans ce liquide, et c'est à tort que quelques physiologistes ont pensé que les odeurs, pour être perçues, devaient nécessairement être dissoutes dans l'air; elles se propagent de même dans le vide, et l' état de division extrême des particules des corps odorans paraît être la seule condition nécessaire pour que leur contact soit perçu par l'organe de l'Odorat considéré d'une ma-

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nière générale. Les odeurs sont tantôt fortes, tantôt faibles, mais elles se refusent à toute espèce de classification: on ne peut même les diviser en agréables et en désagréables, car l'impression qu'elles produiseut flatte les sens de certains Animaux et déplaît fortement à d'autres.

D'après ce que nous venons de dire, on voit que le sens de l'Odorat peut nous faire connaître certaines qualités des corps placés loin de nous, bien que les impressions qu'il est destiné à percevoir ne soient produites qu'au contact. Ce sens établit donc, pour ainsi dire, le passage entre le toucher et le goût d'une part, la vue et l'audition de l'autre. Enfin, pour qu'une partie quelconque du corps soit apte à percevoir les odeurs, elle doit, à ce que nous croyons, présenter les conditions suivantes; 1° être placée de manière à ce que les particules odorantes puissent y arriver facilement; 2° être constamment enduite d'un liquide de nature à absorber ces particules et à les fixer pendant un certain temps sur la surface olfactive; 3° présenter une structure plus ou moins molle et spongieuse; 4° recevoir un eertain nombre de nerfs propres à cet usage.

Dans les Animaux les plus simples, rien ne paraît annoncer la faculté de percevoir les odeurs; mais à un degré plus élevé dans la série des êtres, ce sens existe à ne pas en douter, bien que l'on ne trouve encore aucun appareil spécial qui y soit affecté. Les Mollusques nous en offrent des exemples. On a observé que l'odeur de quelques Végétaux fait fuir les Seiches et les Poulpes, et on voit les Limaces, quoique placées dans une obscurité profonde, rechercher certaines Plantes de préférence à d'autres; enfin c'est évidemment l'Odorat qui dirige un grand nombre des Animaux de cette classe dans le choix de leur nourriture. Quelques anteurs pensent que les tentacules, que l'on trouve près de la bouche des Mollusquos, sont spécialement destinés à la perception des odeurs chez un certain nombre de ces Animaux, tandis que chez d'autres ces appendices auraient des usages tout différens. Dans les Seiches et les Poulpes, par exemple, les tentacules ou bras qui entourent la bouche, sont recouverts de petites ventouses et servent manifestement à la préhension des alimens ainsi qu'à la locomotion, et rien n'indique qu'ils soient le siége de l'Odorat, C'est plutôt à la surface générale des corps que la faculté de percevoir les odeurs nous paraît devoir être rapportée; car les tégumens réunissent toutes les conditions les plus nécessaires à l'exercice de cette fonction; ils présentent au contact des particules odorantes une large surface toujours lubréfiée par une mucosité abondante; leur texture est molle et délicate, et ils reçoivent un grand nombre de filets nerveux.

L'organisation des Mollusques gastéropodes et acéphales est plus simple que celle des céphalopodes; il est par conséquent à présumer que les fonctions qui n'ont point encore d'appareil spécial dans ces derniers, ne se localisent pas davantage dans les premiers. Les idées théoriques ne conduisent donc pas à admettre l'hypothèse de Ducrotay de Blainville qui place à priori le siége de l'Odorat à l'extrémité des tentacules de ces Animaux. Du reste, ces appendices ne présentent aucune particularité de structure propre à étayer cette opinion, et la surface des autres parties du corps, notamment du manteau dont les nerfs sont bien plus nombreux, nous paraît tout aussi propre à cet usage; aussi croyonsnous devoir placer, sous ce rapport, tous les Mollusques dans la même catégorie, et les regarder comme jouissant du sens de l'Odorat, sans avoir cependant: aucun organe spécial qui y soit destiné.

Le sens de l'Odorat, chez les Insectes, est attesté par des preuves non moins multipliées et irréfragables. L'odeur des matières animàles en putréfaction attire un grand nombre de ces Animaux, et ce n'est point

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leur vue qui les guide, comme on s'en est assuré par des expériences directes. Si on renferme de la viande, par exemple, dans une toile épaisse, on peut la cacher complétement aux yeux; mais l'odeur forte qui ne tarde pas à s'en exhaler attire de toutes parts les Mouches et une foule d'autres Insectes que l'on voit faire des efforts multipliés pour parvenir jusqu'à la substance odorante afin d'y déposer leurs æufs. Le résultat de cette expérience, qui a été faite avec tous les soins convenables par Redi, est encore confirmée par une observation de Duméril. Ce savant a vu un grand nombre de fois ces Animaux, trompés par l'odeur fétide et cadavéreuse de certaines Plantes, venir y pondre leurs æufs qui, n'y trouvant pas alors la nourriture qui leur convient, ne tardent pas à périr. Les expériences de Huber sur les Abeilles sont également concluantes. Les preuves directes de l'existence de l'Odorat chez les Insectes abondent, mais il paraît également démontré que ces Animaux ne sont pas pourvus d'un organe spécial destiné à recevoir les impressions de cette nature. Quelques auteurs regardent les antennes comme étant le siége de ce sens; mais ces appendices sont les moins développés chez les Mouches et les autres Insectes dont l'Odorat paraît être le plus fin, et du reste ils ne présentent aucune des conditions qui paraissent être nécessaires pour la perception des odeurs; il en est de même de toute le surface extérieure de la plupart des Insectes; mais l'air, et par conséquent les émanations odorantes qui s'y trouvent mêlées, pénètrent dans l'épaisseur de toutes les parties de leur corps, à l'aide d'un système particulier de canaux que l'on nomme trachée et dont les parois minces et délicates sont toujours humectées. Il en résulte que si l'Odorat n'est point encore devenu l'apanage d'un organe spécial, il est probable, comme l'a très-judicieusement observé Duméril, que c'est dans l'intérieur de ces vaisseaux que le contact des particules odorantes détermine lés sensations particulières qui les font distinguer. D'après quelques expériences de Huber, il paraîtrait cependant que chez les Abeilles ce sens siége spécialement dans l'intérieur de la bouche; car ces Animaux deviennent insensibles aux odeurs lorsqu'on remplit leur trompe de colle de farine par exemple.

Dans les Crustacés, ce sont encore les filamens antennaires que quelques auteurs ont regardés comme étant le siége spécial de l'Odorat. Les considérations que nous avons déjà rapportées auraient pu suffire pour nous faire rejeter à priori cette hypothèse; mais afin de ne laisser aucun doute sur ce point, nous avons fait, conjointement avec notre collaborateur Audouin, des expériences qui nous paraissent de nature à décider la question. En effet, après avoir étudié l'action de l'odeur de l'Ammoniaque, de l'Acide acétique et de quelques autres substances surle Homard, nous avons constaté que l'ablation des filamens antennaires ne détermine aucune différence sur le résultat de l'expérience; car toujours l'Animal témoigna par des mouvemens particuliers la sensation désagréable que lui occasionaient ces odeurs. Il paraîtrait donc que le sens de l'Odorat ne siége point dans ces appendices filiformes; mais la surface générale du corps présente une disposition telle, que la perception des odeurs par cette voie nous paraît impossible. Quelle est donc la partie destinée à cet usage? Nos recherches n'ont pas encore été poussées assez loin pour nous donner la solution complète de cette question; mais nous avons découvert dans le Homard un organe spécial qui n'avait point été aperçu jusqu'ici, et qui nous paraît être le siége de cette fonction importante. C'est une espèce de sac membraneux, à parois molles et spongieuses, placé près de l'organe de l'ouïe, auquel elle ressemble beaucoup, et communiquant au dehors par une petite ouverture.

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Ce trou est placé sur le trajet du courant que l'eau forme en sortant de la cavité respiratoire, et l'Animal peut l'ouvrir ou la fermer à volonté. Nous avons fait un grand nombre d'expériences sur cet appareil curieux; mais d'autres occupations nous ont empêché jusqu'ici de terminer nos recherches à ce sujet.

Dans la série des Animaux vertébrés, le contact des particules odorantes ne produit pas sur toutes les parties du corps, abondamment pourvues de nerfs, lubréfiées par un liquide muqueux et d'une texture molle et spongieuse, les sensations particulières qui font distinguer les odeurs. La faculté de les percevoir devient circonscrite dans une seule partie du corps, et suit par conséquent la même loi que toutes les autres fonctions; car à mesure qu'on s'élève dans l'échelle des êtres, on la voit se localiser davantage. L'organe spécial destiné au sens de l'Odorat, presque toujours pair, est formé chez ces Animaux par un prolongement des tégumens communs qui se reploient en dedans pour tapisser une cavité communiquant librement avec le dehors et située près de l'extrémité céphalique. Cette membrane, que l'on nomme pituitaire ou olfactive, est molle, spongieuse et d'une structure délicate; elle reçoit un grand nombre de vaisseaux sanguins, et un liquide muqueux la lubrifie constamment. Enfin, deux ordres de filets nerveux viennent, en général, s'y répandre; les uns appartiennent aux nerfs olfactifs; les autres, à celui de la cinquième paire.

Dans les Poissons, la cavité olfactive a, en général, la forme d'un culde-sac, et communique au dehors à l'aide de deux ouvertures qui en occupent la paroi externe. Ces ouvertures sont très-rapprochées dans la plupart des Poissons; la postérieure est béante; l'antérieure est contractile, et se prolonge quelquefois sous la forme d'un tube susceptible de se redresser. D'après Geoffroy Saint-Hilaire, l'eau pénètre dans la poche olfactive par le premier de ces trous, et en sort par le second, de manière à former un courant continu. La forme et la disposition de cet organe varient beaucoup dans les divers Animaux de cette classe; mais, en général, on y observe un nombre plus ou moins grand de lames membraneuses, disposées à peu près comme les feuillets de certaines branchies, et dont le système vasculaire est très-développé. La plupart des auteurs regardent cet appareil comme étant destiné à augmenter l'étendue de la surface olfactive sans accroître l'espace occupé par l'organe entier, et comme devant servir aussi à mieux arrêter les particules odorantes lors de leur passage à travers la cavité dont il occupe le fond. Mais Geoffroy Saint-Hilaire, guidé par des considérations anatomiques et physiologiques que nous regrettons do ne pouvoir exposer ici, considère ces lames membraneuses comme formant une espèce de branchie accessoire.

Dans les Animaux vertébrés, à respiration aérienne, la cavité olfactive est toujours placée sur le passage par lequel l'air pénètre dans les poumons; elle communique en dehors par des ouvertures que l'on nomme narines, et débouche dans le canal alimentaire plus ou moins près du sommet de la trachée-artère. L'utilité de cette disposition est manifeste; car les particules odorantes étant mêlées à l'air atmosphérique, doivent ainsi pénétrer avec elles dans la cavité olfactive à chaque inspiration. Les Batraciens, qui font entrer l'air dans leurs poumons par déglutition et non par aspiration, ne font pas même exception à cette règle; car c'est à travers les narines qu'ils font arriver ce fluide dans la bouche pour l'avaler ensuite. D'un autre côté, chacun sait que, pour éviter les odeurs désagréables, on est porté instinctivement à respirer par la bouche; ce qui empêche effectivement l'air et les molécules odorantes contenues, dans les fosses nasales, de se renouveler aussi

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rapidement, et par conséquent de produire une impression aussi forte que si l'on respirait par les narines.

Parmi les Reptiles, ce sont les Batraciens chez lesquels le sens de l'Odorat est le moins développé; la cavité qu'il forme est petite, imparfaitement cloisonnée par les os de la face, en général lisse à l'intérieur, et s'ouvrant dans la bouche à très-peu de distance des narines. Il en est à peu près de même dans les Ophydiens, si ce n'est que l'ouverlure externe est située plus en arrière. Dans la plupart des Sauriens, on remarque à peine quelques saillies dans l'intérieur du sac olfactif, qui s'ouvre postérieurement vers le milieu de la voûte palatine; mais dans le Crocodile, cette cavité présente des anfractuosités très-marquées, et se prolonge très-loin en arrière. Enfin, chez ce dernier Animal, les narines sont entourées d'une masse charnue, que Geoffroy regarde comme une espèce de tissu érectile. Quant à la membrane pituitaire elle-même, elle offre ceci de remarquable, que chez presque tous les Reptiles sa couleur est noire.

Dans les Oiseaux, les narines sont percées plus ou moins près de la base du bec, près de l'os frontal, et assez loin l'un de l'autre; elles ne sont pas susceptibles de se resserrer ou de se dilater, mais souvent elles sont en partie recouvertes par une plaque cartilagineuse immobile qui les rétrécit beaucoup. La cavité olfactive elle-même est en général grande, et paraît divisée en deux portions assez distinctes par une masse cylindrique de replis de la membrane pituitaire soutenus par des lames, ordinairement cartilagineuses et situées dans l'angle que forme la cloison médiane en se réunissant aux os maxillaire et intermaxillaire. L'ouverture postérieure ou pharyngienne des fosses nasales est située très-près de la ligne médiane et assez loin en arrière; enfin la membrane pituitaire mince et d'un tissu spongieux, sécrète une grande quantité d'un mucus visqueux.

C'est dans la classe des Mammifères que l'organe de l'Odorat acquiert son plus haut degré de développement. Les narines deviennent plus ou moins mobiles et occupent l'extrémité d'un prolongement saillant qui porte le nom de nez. Cet organe, formé principalement par quelques lames cartilagineuses et par les muscles destinés à les mouvoir, présente des différences très-remarquables dans les divers Animaux de cette classe. Dans certains Rongeurs, il est peu saillant et presque immobile, Dans la plupart des Carnassiers dont le museau ne se prolonge pas au-delà de la bouche, et dans les Singes, sa structure est à peu près la même que dans l'Homme, quoiqu'il soit bien plus développé chez ce dernier. Dans es Carnassiers à museau saillant et mobile, tels que les Coatis, les Taupes, etc., les cartilages du nez forment un tuyau complet articulé sur les bords de l'ouverture osseuse des narines; enfin dans d'autres Animaux de cette classe, tel que l'Eléphant, le nez acquiert un développement excessif et une mobilité très-grande: aussi peut il même devenir alors un organe de préhension (V. ELEPHANT, TAPIR, COCHON).

La cavité olfactive est en général très-développée chez les Mammifères, car elle occupe non-seulement l'espace que les os maxillaire, intermaxillaire, palatin, sphénoïde, ethmoïde, vomer, lacrymaux et naseaux laissent entre eux, mais aussi de vastes sinus creusés dans l'épaisseur du maxillaire, du frontal et du sphénoïde. La membrane pituitaire tapisse tous ces sinus, mais l'étendue de la surface qu'elle recouvre est encore augmentée par les saillies que l'on remarque dans l'intérieur. des fosses nasales et que l'on nomme cornets; elles occupent la paroi externe de ces cavités et sont formées par des lames osseuses longitudinales, très-minces, comme réticulées et recourbées sur elles-mê-

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mes. On en compte trois; l'une inférieure est formée par un os distinct; la moyenne et la supérieure appartiennent à l'ethmoïde. Les espaces que ces cornets laissent entre eux constituent des gouttières longitudinales plus ou moins larges, que l'on nomme méats et dans lesquelles viennent s'ouvrir les sinus dont il a déjà été question. La disposition de ces lames osseuses varie beaucoup, mais en général on observe un rapport assez exact entre la finesse de l'Odorat d'une part et leur étendue et la grandeur des sinus de l'autre.

L'ouverture postérieure de la cavité olfactive est située à la partie supérienre des pharynx plus ou moins directement en face du sommet de la trachée-artère. Chez certains Mammifères le larynx peut remonter jusque dans l'extrémité postérieure des fosses nasales, de manière à former avec ces organes un canal continu propre à l'introduction de l'air dans les poumons et entièrement indépendant de la bouche. C'est à l'aide d'une disposition de ce genre que les jeunes Didelphes respirent lorsqu'ils sont greffés à la tetine de leur mère (Geoffroy), et que les Cétacés peuvent rester très - long - temps la bouche béante dans l'eau. Quant à la structure curieuse des fosses nasales de ces derniers Animaux, nous n'y reviendrons pas ici, car il en a déjà été question à l'article BALEINE. Nous rappellerons seulement que, d'après les recherches de Cuvier, il paraît que les Cétacés sont complètement dépourvus de nerfs olfactifs. Ce fait remarquable avait déjà fait penser que les rameaux de la troisième paire pouvaient servir à la perception des odeurs; mais un résultat auquel les physiologistes étaient loin de s'attendre, c'est que les autres Mammifères perdent l'Odorat lorsque le nerf de la cinquième paire cesse d'exécuter ses fonctions accoutumées, bien qu'il existe chez eux un nerf olfactif qui se distribue également à la surface pituitaire. Ce fait a cependant été constaté par Magendie, et confirmé par des observations pathologiques que l'on doit à Serres. D'un autre côté le nerf olfactif paraît également nécessaire à l'intégrité de celte fonction; mais quel rôle ces deux nerfs jouent-ils dans la perception des odeurs? C'est ce qui paraît difficile à décider dans l'état actuel de la science; du reste nous aurons l'occasion de revenir sur ce sujet en parlant des sens en général. V. SENS. (H.-M.E.)

ODORBRION. (Gesner.) Syn. de Rossignol, Motacilla Luscinia, L. V. SYLVIE. (DR..Z.)

* ODOSTEMON. BOT. PHAN. Le genre Mahonia de Nuttall a été ainsi nommé postérieurement par Rafinesque. V. MAHONIE (G..N.)

*ODOTROPIS. MOLL. Genre tout-à-fait inutile, proposé par Rafines que, pour les Hélices qui ont une dent lamelleuse ou carenée sur la spire à l'entrée de l'ouverture. Ce genre est compris par Férussac dans son sous-genre Hélicodonte. V. ce mot et HÉLICE. (D..H.)

O-DUOC. BOT. PHAN. Nom de pays du Laurus Myrrha de Loureiro. (B.)

ODYNÈRE. Odynerus. INS. Genre de l'ordre des Hyménoptères, section des Porte - Aiguillons, famille des Diploptères, tribu des Guêpiaires, division des Guêpiaires solitaires, établi par Latreille, et ayant pour caractères: les deux ou trois derniers articles des palpes maxillaires dépassant l'extrémité des mâchoires; lobe terminal de ces mâchoires court, brièvement lancéolé. Ce genre n'a pas été adopté par Fabricius. Les espèces qui le composent sont toutes renfermées dans son genre Vespa. Olivier en a fait autant, en avouant cependant que ces Hyménoptères diffèrent éminemment des Guêpes par quelques points de leur organisation, et surtout par leurs habitudes. Jurine n'adopte pas non plus ce genre parce que ses ailes sont tout-à-fait semblables à celles des Guêpes. Les Odynères sont distinguées des Guêpes et

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de toutes les autres Guêpiaires sociales, parleurs mandibules qui sont très-étroites, tandis qu'elles sont aussi longues que larges, et tronquées au bout dans ces dernières. Le lobe intermédiaire de la languette est étroit et long dans les Guêpes solitaires, tandis qu'il est presque en cæur dans les Sociales. Le genre Synagre se distingue des Odynères par sa languette, qui est divisée en quatre filets, sans points glanduleux au bout, tandis que celle des Odynères est trilobée, avec quatre points glanduleux à l'extrémité. Dans les Ptérochiles de Klug, les derniers articles des palpes maxillaires ne dépassent pas la longueur des mâchoires, tandis qu'ils sont beaucoup plus longs dans les Odynères; enfin les Eumères et les Discœlies s'en distinguent par des caractères de la même valeur, et les Céramies en sont séparées par leurs quatre ailes qui sont toujours étendues, tandis que les supérieures sont doublées dans le repos dans les genres précédens. La tête des Odynères est verticale, comprimée, presque triangulaire, comme dans les autres Guêpiaires; les yeux sont échancrés, leurs antennes sont semblables à celles des Guêpes; les mandibules sont étroites, allongées, rapprochées et avancées en forme de bec; les mâchoires et la lèvre sont proportionnellement plus avancées que dans les autres genres voisins. La languette est bifide, avec la division du milieu longue, profondément échancrée; les palpes maxillaires sont composés de six articles, les labiaux de quatre; la fausse trompe est courte et ne va pas jusqu'à la poitrine. L'abdomen est ovoïdo-conique, point rétréci en pédicule à sa base, et armé chez les femelles d'un aiguillon fort et rétractile.

Les mœurs de ces Hyménoptères sont très-remarquables et les éloignent beaucoup des Guêpes; les Odynères vivent solitaires, sans construire de ruches; tandis que les Guêpes forment de grandes sociétés composées de trois sortes d'individus, et font des travaux analogues à ceux des Abeilles. Réaumur, qui a étudié les habitudes d'une espèce d'Odynère (la Guêpe des murailles de Linné ), a donné des détails très-curieux sur la manière dont elles construisent leurs nids. La femelle pratique dans le sable ou dans les enduits des murs, un trou profond de quelques pouces, à l'ouverture duquel elle élève en dehors un tuyau d'abord droit, ensuite recourbé et composé d'une pâte terreuse, disposée en gros filets contournés. Elle entasse dans la cavité de la cellule intérieure, huit à douze petites larves du même âge, vertes, semblables à des chenilles, mais sans pates, en les posant par lits, les unes au-dessus des autres et sous une forme annulaire. Après y avoir pondu un æuf, elle bouche le trou et détruit l'échafaudage qu'elle avait construit; les larves qui sont déposées au fond du trou servent de nourriture à la petite larve, qui ne tarde pas à éclore de l'oeuf qui a été déposé par la femelle, et comme ces Vers ainsi renfermés sont sans moyens de nuire, ils ne peuvent faire périr la larve d'Odynère, qui prend son accroissement, et qui ne se transforme probablement qu'après avoir mangé toute la provision de petits Vers. Le genre Odynère se compose de plusieurs espèces; nous citerons comme la plus remarquable et la plus commune dans toute l'Europe:

L'ODYNÈRE DES MURAILLES, Odynerus murarius, Latr.; Vespa muraria, L., Fabr., Oliv. Noire; dessous des antennes et milieu du front jaunes; corselet ayant deux taches de la même couleur en devant; abdomen ayant quatre bandes jaunes. Cette espèce se rencontre fréquemment aux environs de Paris, dans les lieux secs et sablonneux. Suivant Latreille, les vingt-six dernières espèces de Guêpes du système des Piezzates de Fabricius, appartiennent à ce genre. (G.)

OECODOME. OEcodoma. INS. Latreille a substitué ce nom, dans ses

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derniers ouvrages, à celui d'Atte que Fabricius et Jurine donnaient à un genre de Formicaires, parce que Walcknaer avait employé ce nom d'Attus pour désigner des Aranéides sauteuses ou phalanges. V. ATTE. (G.)

OECOPHORE. OEcophora, INS. Genre de l'ordre des Lépidoptères, famille des Nocturnes, tribu des Tinéites, établi par Latreille aux dépens du grand genre Tinea de Fabricius, et ayant pour caractères: antennes et yeux écartés; une spiritrompe très-distincte et très-allongée; ailes pendantes sur les côtés du corps; palpes labiaux beaucoup plus longs que la tête, et rejetés en arrière jus-qu'au-dessus du thorax. Les OEcophores se distinguent au premier coup-d'æil des Teignes, parce que celles-ci ont les palpes labiaux petits et point saillans. Les Euplocampes et les Phicis en sont séparées par leur spiritrompe ou langue qui est trèscourte ou presque nulle. Les Lithosies et les Yponomeutes ont les ailes posées en toit, plus ou moins arrondies dans le repos; enfin les Adèles en sont très-distinctes par leurs antennes énormément longues, et par leurs yeux qui sont presque contigus. Ces petits Lépidoptères ont les ailes ornées decouleurs souvent très-agréables, et quelquefois même métalliques et très-brillantes; le bord de ces ailes est entouré d'une frange de longs poils. Les chenilles se nourrissent de Végétaux; elles sont tantôt presque nues ou cachées dans la substance dont elles se nourrissent, n'ayant rarement que quatorze pates; tantôt renfermées dans l'intérieur des grains qu'elles rongent. Duhamel et Dutillet ont observé une espèce d'OEcophore qui vit dans les graines des Céréales, et qui fit, en 1770, de grands ravages dans l'Angoumois. Il paraît, d'après les faits consignés dans leur Mémoire (Histoire d'un Insecte qui dévore les grains de l'Angoumois, 1 vol. in-12), que l'Insecte parfait dépose ses æufs sur les grains de blé et d'orge avant leur maturité; que la chenille, en sortant de l'œuf, s'introduit dans le grain de blé et en mange toute la substance farineuse sans toucher à l'écorce, de sorte qu'au premier coup-d'œil les grains rongés par cette chenille ne diffèrent nullement de ceux qui sont sains. Ces petits Lépidoptères multiplient considérablement, et quoiqu'un ou deux grains suffisent à la chenille la plus vorace, il n'est pas étonnant qu'elles aient détruit beaucoup de blé et d'orge dans des années où ils étaient très-abondans. Latreille pense que beaucoup de chenilles qu'on a nommées Mineuses, produisent des OEcophores. On connaît cinq à six espèces de ce genre, mais il est probable qu'on en découvrirait beaucoup d'autres si on se livrait à ce genre de recherches. Nous citerons:

L'OECOPHORE OLIVIELLE, OEcophora Oliviella, Latr.; Tinea Oliviella, Fabr. Elle a les ailes supérieures d'un noir doré, avec une tache à la base et une bande au milieu, jaunes; derrière cette bande est une petite raie argentée; les antennes ont un anneau blanc près de leur extrémité. On la trouve aux environs de Paris. Les Tinea Linneella, Rœseella, Leuvenhockella, Bracteella, Brongniardella, Geoffroyella, Flavellana de Fabricius, appartiennent à ce genre. (G.)

* OEDALÉE. OEdaleus. INS. Genre de l'ordre des Diptères, famille des Tanystômes, tribu des Asiliques, établi par Latreille (Fam. Nat. du Règn. Anim.) et différant des Asiles et autres genres voisins, parce que l'épistome est imberbe; la tête presque globuleuse et entièrement occupée par les yeux. Ce savant ne donne pas d'autres renseignemeus à l'égard de ce nouveau genre. (G.)

OEDELITE. MIN. Variété de la Scolézite. (G. DEL.)

* OEDÉMAGÈNE. OEdemagena. INS. Genre de l'ordre des Diptères, famille des Athéricères, tribu des OEstrides, établi par Latreille aux dépens du genre OEstre de Linné, et

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ayant pour caractères: soie des antennes simple; point de trompe; deux petits palpes rapprochés, à deux articles, dont le premier trèspetit, le second grand, orbiculaire, comprimé; une fente très-petite, linéaire, élargie supérieurement entre les palpes; espace compris entre eux et les fossettes des antennes uni, sans sillon; dernier article des antennes hémisphérique, plat en dessus, à peine aussi grand que le précédent. Ce genre se rapproche beaucoup des Hippodermes, mais il en est distingué parce qu'il n'a point de palpes, et par d'autres caractères moins sensibles. Les Cutérèbres et les Céphénémyes ont une trompe distincte; enfin, les Céphalémyes et les OEstres proprement dites en sont séparées, parce qu'ils n'ont ni trompe ni palpes.

Les larves des OEdémagènes produisent des tumeurs à la peau des Animaux ruminans; c'est même de cette propriété qu'est tiré le nom du genre. L'espèce qui lui sert de type est:

L'OEDÉMAGÈNE DU RENNE, OEdemagena Tarandi, Latr.; OEstrus Tarandi, L., Fabr., Oliv., Clarck, The Bots of Horses, 2e édit., tab. 1, fig. 13, 14. Elle est noire, avec la tête, le corselet et la base de l'abdomen garnis de poils jaunes; son corselet est traversé par une bande noire; les ailes sont transparentes, sans taches; les poils du second anneau de l'abdomen et des suivans sont fauves; les pelotes et les crochets des tarses sont allongés. La larve de cette espèce vit sur le dos des Rennes; ces larves font périr beaucoup de Rennes de deux ou trois ans, et la peau des plus vieux est souvent si criblée des piqûres de ces Insectes, que l'on a cru que ces Animaux étaient sujets à la petite vérole. Quand ces Animaux entendent l'Insecte parfait bourdonner auprès d'eux, ils en sont tellement épouvantés qu'ils bondissent et entrent en fureur. Les Lapons nomment ces OEstres Kurbma ou Gurbma. Linné, en voyageant en Laponie. observa la patience d'une femelle qui suivit pendant plus d'une journée le Renne qui le conduisait, tenant sa tarière tirée avec un æuf au bout prêt à être déposé sur l'Animal dès qu'il s'arrêterait. (G.)

OEDÉMÈRE. OEdemera. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Hétéromères, famille des Sténélytres, tribu des OEdémérites, établi par Olivier et adopté par Latreille. Les caractères de ce genre sont: antennes filiformes, plus courtes que le corps; premier article allongé, renflé; le second court, arrondi; mandibules cornées, arquées, terminées par deux ou trois dents; mâchoires bifides; palpes ayant leur dernier article plus grand, en forme de cône renversé et comprimé; pénultième article de tous les tarses bifide; crochets du dernier simple; corps étroit et allongé; élytres flexibles, souvent rétrécies à leur extrémité; cuisses postérieures renflées dans les mâles du plus grand nombre. Les Insectes qui composent le genre OEdémèreavaient été dispersés dans différens genres par les auteurs anciens: Geoffroy les avait placés parmi les Cantharides. Linné en avait mis aussi quelquesunes dans ce genre, et d'autres espèces dans son genre Nécydale. Fabricius, en adoptant la manière de voir de Linné, plaça plusieurs OEdémères dans son genre Lagrie; enfin, le même auteur a donné le nom de Dryops, qu'Olivier avait assigné avant lui à un autre genre, aux OEdémères d'Olivier, et il s'est servi du nom de Parnus pour désigner les Dryops d'Olivier.

Le genre OEdémère, tel qu'il est adopté actuellement, diffère des Nothus de Ziégler et d'Olivier qui en sont le plus rapprochés, par leurs yeux qui sont entiers et non échancrés pour recevoir les antennes. Les Calopes et les Lagries en diffèrent par le même caractère. Enfin, les Sténostomes, qui ont encore la même forme, et dont les élytres sont de la même consistance, s'en éloignent ce-

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pendant parce qu'ils ont un museau aussi long que le reste de la tête et portant les antennes. Le corps des OEdémères a une forme allongée, presque cylindrique; leur tête est étroite, avancée, peu inclinée; les yeux sont de grandeur moyenne, arrondis, assez saillans; la bouche est un peu avancée, avec les mandibules bifides à leur extrémité; les mâchoires sont terminées par deux lobes dont l'extérieur est étroit, allongé, presque cylindrique, frangé au bout; les palpes maxillaires sont composés de quatre articles dont le dernier plus grand, presque en forme de cône renversé et comprimé; la languette est presque en forme de cæur, membraneuse, profondément échancrée; les palpes labiaux sont composés de trois articles, ils sont beaucoup plus courts que les maxillaires; les antennes sont filiformes ou sétacées, composées d'articles cylindriques, grêles et allongés, et insérés sur une petite protubérance près du bord interne des yeux; les élytres sont plus ou moins flexibles, de largeur égale dans quelques espèces, atténuées postérieurement ou presque subulées dans les autres; elles sont en général pointillées et marquées de lignes élevées; les pates sont de longueur moyenne; les cuisses sont en général peu renflées, si ce n'est dans les mâles de quelques espèces où les postérieures seulement sont extrêmement renflées et très-courbées; cette grosseur considérable des cuisses, qui, au premier aspect, ferait croire que ces Insectes sont, ou sauteurs, ou très-lourds, ne les empêche pas de marcher avec autant d'agilité que les femelles. On ne sait pourquoi la nature a grossi outre mesure ces cuisses dans quelques mâles seulement; il est probable cependant que ce n'est pas sans motifs; ne serait-ce pas pour remplir quelque usage pendant l'accouplement? Les mœurs et les métamorphoses des OEdémères sont tout-à-fait inconnues. On trouve l'Insecte parfait sur les fleurs, dans les lieux secs, humides, dans les bois, les prairies, etc. Les différentes espèces se rencontrent dans les pays chauds et dans les climats tempérés. On en connaît plus de cinquante espèces propres aux cinq parties du monde. Latreille partage le genre en deux sections ainsi qu'il suit:

† Elytres presque de la même largeur partout, n'étant pas entr'ouvertes postérieurement, dans la moitié de leur longueur, à la suture.

OEDÉMÈRE NOTÉE, OEdemera notata, Oliv., Entom. T. III, 10, n. 8, tab. 1, fig. 8, A, B; Necydalis notata, Fabr., Payk.; Cantharis testacea, etc., Geoff., Fourcr. Longue de près de cinq lignes; tête et corselet ferrugineux; élytres testacées, avec l'extrémité noire; pates tantôt noirâtres, tantôt d'un brun ferrugineux, avec les jambes et les tarses antérieurs jaunâtres. On trouve cette espèce aux environs de Paris; on la rencontre plus communément dans le midi de la France, dans les chantiers de bois de construction.

†† Elytres fortement rétrécies postérieurement, et entr'ouvertes à la suture dans la moitié de leur longueur.

OEDÉMÈRE BLEUE, OEdemera cœrulea, Oliv., ibid., pl. 1, fig. 10; Necydalis cœrulea, Fabric., L., Schrank, Rossi; Cantharis nobilis, Scop.; Cantharis viridi-cœrulea elytris, etc., Geoff.; Cantharis grossipes, Fourcr. Longue de quatre lignes; élytres subulées; corps bleu; cuisses postérieures arquées et renflées dans les mâles. Elle est commune dans tout le midi de l'Europe et aux environs de Paris. (G.)

* OEDÉMÉRITES. OEdemerites. INS. Tribu de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Trachélides, établie par Latreille, et renfermant des Coléoptères qui ont les mandibules bifides, le pénultième article de tous les tarses bilobé, et le dernier des palpes maxillaires grand, triangulaire. Les antennes sont insérées à nu, filiformes ou sétacées,

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généralement allongées et quelquefois en scie. Le corps est étroit, allongé, avec le corselet cylindracé, plus étroit postérieurement que la base des élytres. Les élytres sont souvent molles et flexibles, rétrécies dans plusieurs à leur extrémité. Les pieds postérieurs de plusieurs diffèrent selon les sexes. Latreille divise cette tribu en quatre genres: Calope, Sparèdre, Dityle et OEdémère. V. ces mots. (G.)

OEDÈRE. Œdera. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, et de la Syngénésie superflue, L., dont les caractères ont été rectifiés de la manière suivante par Cassini: involucre, presque cylindrique, plus court que les fleurs du disque, formé de folioles irrégulièrement imbriquées, appliquées, oblongues, lancéolées et scarieuses. Réceptacle petit, plane ou conique, garni de paillettes linéaires lancéolées. Calathide cylindracée, dont le disque se compose de dix à douze fleurons réguliers et hermaphrodites, et la circonférence de huit à dix demi-fleurons en languette, femelles et étalés en rayons du côté extérieur. Les corolles des fleurs centrales ont le tube légèrement hérissé de poils papillaires, et le limbe à cinq lobes épaissis, hérissés également de petites papilles; celles de la circonférence ont la languette très-longue, entière, sur le côté extérieur de la calathide; cette languette est très-courte, et comme tronquée dans les demi-fleurons du côté intérieur. Les étamines ont leurs filets soudés à la base seulement; leur article anthérifère est long et grêle; leurs anthères surmontées d'appendices tronqués au sommet, mais privés d'appendices basilaires. Les ovaires sont glabres, oblongs, cylindracés ou anguleux, surmontés d'une aigrette tantôt courte, membraneuse et dentée, tantôt composée de paillettes sur un seul rang, laminées et membraneuses, Les calathides sont rassemblées en capitules terminaux, solitaires et involucrés.

Linné constitua ce genre sur une Plante qu'il avait d'abord rapportée aux Buphtalmum; il lui donna ensuite le nom d'Œdera prolifera. Linné fils, Jacquin et Thunberg ajoutèrent plusieurs espèces au genre Œdera; mais Cassini a reconnu qu'elles devaient former les types de genres distincts; ainsi l'Œdera aliena, L. fils et Jacq., Arnica inuloides, Vahl, est placée par Cassini dans son nouveau genre Heterolepis; et l'Œdera alienata de Thunberg, que l'on a confondue avec celle-ci, est le type du genre Hirpicium (V. ces mots). En excluant ces espèces du genre Œdera, il se compose seulement de la Plante de Linné qui est subdivisée par Cassini en deux espèces, sous les noms d'Œdera obtusifolia et Œ. lanceolata. Ce sont des Plantes originaires du cap de Bonne-Espérance. On les cultive au Jardin des Plantes de Paris. Le genre Œdera est placé dans la section des Inulées Gnaphaliées de Cassini; il est voisin des Seriphium, Stœbe, etc.; mais il a aussi quelque affinité avec les Buphtalmum, et même avec les Anthémidées.

Le nom d'Œdera a été donné par Crantz au genre Dracœna, L. (G..N.)

OEDICNÈME. Œdicnemus. OIS. (Temminck.) Genre de la première famille de l'ordre des Gralles. Caractères: bec plus long que la tête, droit, fort, un peu déprimé à sa base, comprimé vers la pointe; arête de la mandibule supérieure élevée; mandibule inférieure formant l'angle; narines doublement contournées, situées vers le milieu du bec, fendues longitudinalement jusqu'à la partie cornée, ouvertes en avant et percées de part en part. Pieds longs, grêles; trois doigts antérieurs, bordés par une membrane qui les réunit jusqu'à la première articulation; point de doigt postérieur ou pouce; ailes de médiocre longueur; la première rémige un peu plus courte que la seconde qui dépasse toutes les autres; rectrices fortement étagées. Les OEdicnèmes, que l'on a long-temps, con-

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fondus avec les Pluviers, sont des Oiseaux propres à l'ancien continent; les parties élevées et désertes des terrains arides et sablonneux sont leurs habitations favorites; d'un naturel extrêmement craintif et même farouche, ils y demeurent stationnaires pendant toute la journée, et ce n'est que lorsque le crépuscule vient la clorre, que ces Oiseaux, qui se croient en sûreté dans l'ombre, se mettent à la recherche des Limaces, des Insectes et des petits Reptiles dont ils composent leur nourriture. Leur vol nocturne est rapide; il est accompagné de cris aigus et en quelque sorte plaintifs, qui se font entendre de très-loin. Pendant le jour, ce vol est bas et réservé, et même l'Oiseau lui préfère la course pour se dérober au danger. Dès qu'il le croit passé, il s'arrête brusquement, se blotit contre un faible abri, et s'y tient dans une immobilité complète. La couleur de son plumage, qui se trouve en harmonie avec celle de la terre, fait que l'on ne peut les apercevoir que très-difficilement, et presque par hasard. Les OEdicnemes émigrent périodiquement et par troupes, au renouvellement des saisons: ils arrivent dans le Nord vers le mois d'avril, sous la conduite d'un chef qui trace la route. Ils retournent vers le Sud dès que les pluies d'automne font pressentir l'hiver. Leurs voyages s'exécutent toujours la nuit et avec des cris qui décèlent facilement les passages. A l'époque des amours, les sociétés se rompent. Le mâle cherche une femelle à laquelle il paraît ne rester attaché qu'autant de temps qu'il en faut pour se reproduire. Alors la femelle, constamment accompagnée du mâle, cherche dans le sable une petite cavité ombragée par de la bruyère, et favorable à la ponte, qui consiste en deux æufs généralement d'une teinte jaunâtre ou verdâtre, et tachetés de brun. Quand les petits sont éclos, ils sont nourris par le père et la mère, jusqu'à ce qu'ils puissent se passer de leurs soins. Ils sont plusieurs années avant d'acquérir leur plumage permanent, et n'éprouvent qu'une seule mue annuelle.

OEDICNÈME CRIARD, Œdicnemus crepitons, Temm.; Olis Œdicnemus, Gmel. Grand Pluvier ou Courlis de terre, Buff., pl. col. 919. Parties supérieures d'un roux cendré avec une tache longitudinale brune sur le milieu de chaque plume; entre le bec et l'æil un espace d'un blanc pur de même que la gorge, le ventre et les cuisses; cou et poitrine roussâtres, parsemés de taches longitudinales brunes; tectrices alaires brunes, traversées par une bande blanche; rémiges noires, la première tachetée de blanc vers le milieu, et la seconde sur la barbe interne; les six rectrices intermédiaires rayées de brun, les six autres blanches, rayées de noirâtre; toutes, à l'exception des deux du milieu, terminées de noir; parties inférieures blanchâtres; bec jaunâtre, noir à sa base; iris et pieds jaunes. Taille, seize pouces. Les jeunes ont les couleurs beaucoup moins vives et tranchées. D'Europe et d'Afrique.

OEDICNÈME A GROS-BEC, OEdicnemus magnirostris, Geoff. Parties supérieures variées de cendré, de roux et de brun; côtés de la tête ornés de trois bandelettes, une blanche et deux noires; une tache allongée noirâtre sur les côtés du cou; paupières, joues et gorge blanches; sommet de la tête et dessous du cou gris, tachetés de noir; tectrices alaires d'un cendré clair, traversées dans le haut par une bande blanche; rémiges noires, la première tachetée de blanc vers le milieu; pli de l'aile et parties inférieures d'un blanc assez pur, avec un trait longitudinal brun au milieu des plumes de la poitrine et du devant du cou qui sont grisâtres; rectrices tachetées et grises en dessous; bec noir, assez long, gros et comprimé. De l'Australasie.

OEDICNÈME A LONGS PIEDS ou ÉCHASSES, Œdicnemus longipes, Geoff., Temm. (Ois. color., pl. 386). Parties supérieures et côtés du cou bruns,

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tachetés de blanc; sommet de la tête, occiput, nuque et dessus du cou d'un gris cendré rayé longitudinalement de brun; soureils, gorge, poignet, ventre et abdomen d'un blanc pur; devant du cou et poitrine blancs, tachetés longitudinalement de noir; rémiges noires; rectrices intermédiaires grises rayées de bandes plus foncées, les latérales noires, rayées de blanc; bec noir; pieds brunâtres. Taille, vingt pouces. De l'Australasie.

OEDICNÈME TACHARD, OEdicnemus Grallarius, Temm. (Ois. color., pl. 292); OE. maculatus, Cuv. Parties supérieures d'un brun roussâtre, tachetées longitudinalement de brun noirâtre; tour des yeux, moustaches, menton et gorge d'un blanc pur; petites tectrices alaires roussâtres, tachetées de noirâtre et terminées de blanc, les grandes largement bordées de blanc de même que le poignet; rémiges noires, les deux premières blanches jusqu'au-delà de leur milieu; sommet de la tête, cou et poitrine roussâtres, rayées longitudinalement de noirâtre; parties inférieures d'un blanc roussâtre, strié de noir; tectrices caudales inférieures rousses; rectrices d'un cendré blanchâtre, rayées et terminées de noir. Bec brun, noir à la pointe et jaune à la base; pieds jaunes. Taille, dix-huit pouces. De l'Afrique. (DR..Z.)

* OEDIONIQUE. INS. Genre de Coléoptères établi par Latreille aux dépens des Altises, et dont il ne donne pas les caractères. (G.)

OEDIPE. OEdipus. MAM. Nom spécifiquement scientifique de l'Ouistiti dans Linné. (B.)

* OEDIPODE. INS. Genre de l'ordre des Orthoptères, famille des Acridiens, établi par Latreille (Fam. Nat. du Règne Anim.), et dont nous ne connaissons pas suffisamment les caractères. (G.)

OEDMANNIA. BOT. PHAN. Ce genre, fondé par Thunberg (Prodrom. Flor. Cap., 2, p. 561, et Act. Holm., 1800, p. 281, tab. 4), a été réuni au Rafnia par De Candolle (Prodrom. Syst. Veget., p. 119), et l'espèce sur laquelle il était constitué a reéu le nom de Rafnia lancea. Il n'avait pour caractère distinctif qu'une bien faible différence dans la structure du calice; du reste, le port de la Plante ne justifiait pas même sa distinction générique. V. RAFNIE. (G..N.)

* OEDOGONIUM. BOT. CRYPT. (Confervées.) Le genre proposé par Link, sous ce nom, paraît être le même que celui que Vaucher nomma Protifera, pour lequel nous avons adopté celui de Vaucherie. V. ce mot. (B.)

OEIL. Organe spécial du sens de la vue. On ne trouve aucune trace d'yeux chez les Microscopiques et les Polypes, où leur absence est un des caractères que Bory de Saint-Vincent attribue à ses Psychodiés; il n'en existe pas non plus chez les Zoophytes et les Mollusques acéphales; mais ces organes commencent à se montrer chez quelques Annelides; du moins paraît-il probable que les petits tubercules noirs qui se trouvent en nombre variable près de l'extrémité céphalique de ces Animaux, en remplissent les fonctions, bien que nous n'ayons aucune donnée exacte sur leur structure. Les yeux des autres Animaux articulés, c'est-à-dire des Insectes, des Arachnides et des Crustacés, ont été mieux étudiés; leur organisation, très-simple, présente toujours la plus grande analogie, et peut être rapportée à deux types principaux, celui des yeux lisses ou simples, et celui des yeux chagrinés ou composés.

La forme générale des yeux lisses ou stemmates varie beaucoup; en général, cependant, elle est allongée et elliptique ou arrondie; leur nombre présente aussi des différences très-grandes; il varie entre deux et huit ou même plus; mais, ordinairement on en trouve trois, deux latéraux, et un moyen situé sur la ligne médiane et au sommet de la tête. Chacun de ces organes est composé par une mem-

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brane externe, qu'on nomme cornée transparente; elle est dure, diaphane, et formée d'une seule pièce, sans trace de division; elle est convexe au dehors et concave en dedans; quelquefois cependant elle présente une disposition contraire. La face interne de cette membrane est tapissée d'un enduit visqueux, d'ou dépend la couleur de l'OEil; dans les Hyménoptères, il est presque toujours noir; dans les Orthoptères, il est au contraire blanchâtre; enfin, chezdiverses chenilles, il peut être jaune, rouge ou vert. Immédiatement derrière cette couche de pigment, se trouve la choroïde, revêtue également par un vernis particulier, en général assez distinct, et d'une couleur très-diffèrente du premier; cette membrane est assez épaisse, et sa largeur est toujours plus considérable que celle de la cornée; enfin, elle paraît formée par un tissu cellulaire à mailles très - rapprochées, sur lequel vient se distribuer une grande quantité de trachées. Les nerfs qui se rendent aux yeux lisses, en nombre égal à celui de ces organes, et assez grêles, naissent du ganglion céphalique, soit isolément, soit par un tronc commun; pendant leur trajet vers les yeux, ils sont fixés aux parties voisines par des trachées ou des poches aériennes, et ne paraissent point présenter de renflement; ils passent entre les muscles moteurs des différentes parties de la tête, traversent ensuite la choroïde et son vernis, et semblent s'épanouir sur la face interne de la cornée, où ils sont entourés par la couche de pigment appartenant à cette membrane. En procédant de dehors en dedans, on trouve donc dans les yeux lisses: 1° la cornée transparente; 2° le pigment qui en tapisse la face interne; 3° la terminaison des nerfs optiques; 4° le pigment de la choroïde (lorsqu'il est distinct de celui de la cornée), et 5° la choroïde qui repose souvent sur une grosse trachée. (Marcel de Serres.)

Les yeux chagrines ou composes doivent être considérés comme formés par la réunion d'un grand nombre de stemmates, ainsi que l'on peut s'en convaincre facilement par l'examen de ces organes dans les Jules, les Scolopendres, etc. Le volume et la situation de ces organes varient beaucoup dans les différens Insectes; en général, on les trouve sur les parties latérales ou moyennes de la tête, près des antennes et au fond des cavités orbitaires pratiquées dans l'enveloppe cornée générale; quelquefois, au contraire, ils occupent l'extrémité d'une espèce de pédoncule ou de col, comme cela se remarque chez les Mantes; mais ils sont toujours immobiles. La forme des yeux composés varie; ils sont plus ou moins convexes, suivant les espèces et même les genres; mais il paraîtrait que cette disposition présente toujours certains rapports avec la manière de vivre de ces Animaux. Marcel de Serres a observé que chez les Insectes, les yeux sont d'autant plus sphériques et d'autant plus saillans, que l'Animal est plus carnassier, ou que l'OEil est caché s us une avance plus considérable du corselet. Il paraîtrait aussi que ces organes sont d'autant plus convexes, qu'ils sont moins grands. Dans les yeux composés des Insectes, de même que dans les stemmates, la membrane la plus externe est dure et transparente; mais au lieu d'être formée d'une seule pièce, bombée uniformément, elle présente un nombre immense de petites facettes hexagones, disposées les unes à côté des autres avec la plus grande régularité, et séparées par des sillons. Cette disposition se remarque également à la face convexe ou externe, et à la face concave ou interne de la cornée transparente, qui est souvent forte, épaisse, et en général enchâssée dans une rainure que présentent les parties dures de la tète. Derrière la cornée transparente se trouve un enduit peu liquide, peu soluble dans l'eau et adhérent à cette membrane; sa couleur

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est en général un violet noir; mais quelquefois ce pigment est vert, rouge ou même rayé de brun et de vert. Le vernis de, la choroïde placée en dessous, est au contraire toujours noir et visqueux; aussi est-il facile de le distinguer du pigment de la cornée, lorsque ce dernier est coloré d'une manière différente. La choroïde elle-même est une membrane formée par du tissu cellulaire condensé, sur lequel existe un assemblage de trachées; elle est épaisse, opaque et profondément pénétrée par le vernis qui la recouvre. Par sa circonférence, elle se fixe au bas de la cornée, et elle est entourée par une grosse trachée circulaire, dont les ramifications très-déliées et en nombre inférieur viennent s'y répandre après avoir formé par leurs bifurcations une rangée de triangles tout autour de l'OEil. Mais cette disposition curieuse n'existe pas toujours; car il est des Insectes dont les yeux composés sont dépourvus de la choroïde et de son vernis, et alors la grosse trachée circulaire dont nous venons de parler, manque aussi. Les nerfs qui se rendent à ces organes, naissent en général des parties latérales et supérieures du ganglion céphalique; mais rien n'est plus variable que leur position relativement à l'origine des autres nerfs de la tête; car ils constituent tantôt la troisième paire de cordons nerveux fournis par ce ganglion, tantôt au contraire la quatrième ou la cinquième. Chacun des nerfs optiques dont le volume est assez considérable, est d'abord cylyndrique et dirigé en dehors. Chez les Insectes à trachées vésiculaires, il passe bientôt dans une petite trachée circulaire, qui est environnée elle-même par de nombreuses poches aériennes, dont l'usage paraît être de soutenir le nerf et de le maintenir dans sa position. Chez les Insectes dont les trachées ne sont pas vésiculaires, cette petite trachée circulaire n'existe pas, et le nerf optique passe dans une ouverture circulaire, qui est formée par les faisceaux charnus du muscle adducteur de la mandibule, et qui remplit les mêmes fonctions que la petite trachée circulaire. Bientôt le volume du nerf optique augmente sensiblement, et, arrivé derrière l'OEil, il présente un large épanouissement, dont le diamètre est souvent presque égal à celui de la cornée; il en résulte que ce cordon nerveux a la forme d'un cône, dont le sommet est sur le ganglion céphalique, et la base derrière l'OEil. De cet épanouissement naissent un grand nombre de filets nerveux qui traversent la choroïde et son pigment, et vont former une rétine particulière derrière chacune des petites facettes de la cornée déjà mentionnée. Suivant Marcel de Serres, à qui nous devons la connaissance de la plupart des détails que nous venons de rapporter, ces filets du nerf optique traverseraient également le vernis de la cornée, et correspondraient directement à la face interne de la cornée, de manière à recevoir à nu l'impression de la lumière; il fonde son opinion sur ce que les fibres nerveuses se montrent à nu sous la forme de points blancs et saillans au milieu du pigment, lorsqu'on enlève la cornée avec les précautions convenables. Mais, comme l'observe Tréviranus, quand on procède ainsi, les parties colorées qui couvrent la face interne de la cornée, y restent adhérentes, de même que les extrémités des filets nerveux, et ces filamens tronqués et séparés par violence du pigment qui les entoure, se montrent à découvert. Du reste, si cette disposition, existait réellement, l'æil armé d'un bon microscope devrait apercevoir en dehors un point blanc en dessous de chaque facette de la cornée; ce qui n'a pas lieu.

Ainsi que nous l'avons déjà dit, la choroïde et son pigment manquent quelquefois; cette disposition curieuse se remarque chez les Insectes qui voient distinctement la nuit et qui paraissent au contraire éblouis par la lumière du jour. Les observations de Marcel de Serres et de Tré-

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viranus s'accordent sur cette particularité, mais ce dernier anatomiste croit que les yeux des Insectes photophobes diffèrent de ceux des Insectes photophiles par d'autres points encore plus importans. Du moins, dans le Blatta orientalis, trouve-t on, suivant lui, entre l'extrémité de chaque fibre du nerf optique et la section correspondante de la cornée, une matière transparente qui n'existe pas dans les autres Insectes. « J'ai rencontré chez cet Animal, dit Tréviranus, au-dessous de la cornée de l'OEil composé, une masse d'un violet foncé, qui, examinée au microscope, paraissait être un agrégat d'autant de corps pyramidaux qu'on comptait de divisions dans l'OEil. Chaque division avait sa pyramide particulière dont la base arrondie y adhérait. Ces pyramides étaient serrées latéralement les unes contre les autres, de sorte que leurs sommets convergeaient vers l'intérieur de la tête; chacune d'elles était composée de deux substances, savoir: d'une masse analogue au corps vitré qui lui donnait sa forme conique, et d'un pigment d'un violet foncé qui couvrait ses faces latérales. Le nerf optique se répandait sous la forme de fibres dans les extrémités de ces pyramides. ff La nécessité de ces différences dans la structure des yeux des Insectes photophiles et photophobes s'explique facilement, comme nous le verrons lorsque nous traiterons de la physiologie de la vue. V. VISION.

Dans les Arachnides, on ne trouve que des yeux lisses; en général, ils sont au nombre de huit; les Faucheurs n'en ont que deux. Tous les Insectes parfaits ont au contraire des yeux composés; mais chez quelquesuns de ces Animaux, il existe en même temps des stemmates. Enfin, chez les larves des Insectes à demi-métamorphose, les yeux sont semblables à ceux de l'Animal parfait, tandis que dans les larves des Insectes à métamorphose complète, il n'existe que des yeux simples.

Dans les Crustacés, on rencontre également des yeux lisses et des yeux composés; les premiers existent seuls chez quelques Entomostracés, tels que l'Apus, et simultanément avec les seconds chez les Limules. Dans les Décapodes, les Stomapodes, etc., on ne trouve au contraire que des yeux composés. Ou ne connaît pas Lien la structure des yeux lisses des Crustacés; ils sont toujours sessiles et paraissent très-analogues à ceux des Insectes. L'organisation des yeux composés présente au contraire des particularités très-remarquables. En général, ils sont portés sur un pédoncule mobile et inséré au fond d'une fossette particulière; quelquefois cependant ils sont sessiles. Dans le jeune âge, les Daphnies et quelques autres Entomostracés paraissent avoir deux yeux distincts, mais bientôt ils se réunissent pour en former un seul situé sur la ligne médiane. Straus a constaté que, dans les Daphnies, cet OEil unique est recouvert par l'enveloppe générale qui ne prend aucune modification à cet endroit; sa forme est celle d'une sphère mobile sur son centre dans toutes les directions, et sa surface est garnie d'une vingtaine de cristallins parfaitement limpides, placés à de petites distances les uns des autres, et s'élevant en demi-sphère sur un fond noir qui constitue la masse del'OEil, et qui paraît formé d'un amas de petits grains d'un brun noirâtre liés par une substance filamenteuse. Tout cet ensemble est enveloppé par une membrane sphéroïdale commune, parfaitement diaphane, qui est l'analogue de la cornée transparente et qui s'applique immédiatement sur les cristallins sans cependant se mouler sur eux. Enfin, le ganglion terminal du nerf optique présente un faisceau de petits nerfs dont le nombre paraît égal à celui des cristallins. Suivant Ducrotay de Blainville, les yeux composés des Langoustes présentent encore un autre mode d'organisation; chacune des petites facettes que présente la cornée transparente est bombée en

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dehors et plus épaisse au milieu que sur les côtés; derrière cette membrane se trouve une couche de pigment noir que cet anatomiste assimile à la choroïde, et qu'il croit percé d'une ouverture au milieu de chaque petite cornée; de cet orifice, qu'il regarde comme l'analogue de la pupille, part un petit tube membraneux très-court qui s'applique sur un mamelon correspondant d'une masse subgélatineuse, diaphane, assez solide, convexe d'un côté, concave de l'autre, et appliquée sur un gros renflement du nerf optique.

Un grand nombre de Mollusques, comme nous l'avons déjà fait remarquer, ne présentent aucune trace d'organes spéciaux de la vision. Les Gastéropodes ont, pour la plupart, des yeux; en général ils sont sessiles et très-petits; mais chez quelques Animaux de cet ordre, ils sont placés à l'extrémité ou à la partie moyenne des tentacules charnus et mobiles; ces appendices, que l'on nomme vulgairement des cornes, sont des tubes charnus susceptibles de rentrer en entier dans sa tête et d'en sortir en se déroulant comme un doigt de gant; le premier de ces mouvemens est produit par un muscle qui pénètre dans l'intérieur de la corne et va se fixer à son extrémité; le second, par la contraction successive des fibres annulaires qui entourent l'appendice dans toute sa longueur. Quant à l'organisation des yeux eux-mêmes, on sait seulement qu'ils sont formés par une cornée transparente, une enveloppe colorée en noir, un nerf optique, et peut-être une masse vitreuse.

Dans les Mollusques céphalopodes et dans les Animaux vertébrés, les yeux présentent une disposition toute différente de celle que nous avons rencontrée jusqu'ici. Ces organes, toujours au nombre de deux, sont plus ou moins sphériques, mobiles et logés dans des cavités de la tête nommées orbites. Leur structure présente la plus grande analogie dans tous les Animaux de ces différentes classes; il en est de même des parties destinées à les mouvoir ou les protéger. Le globe oculaire est toujours formé par un certain nombre de membranes superposées, et par des humeurs renfermées dans les cavités circonscrites par les premières. L'enveloppe externe, qui détermine la forme générale de l'OEil, est composée de deux parties distinctes; l'une antérieure, porte le nom de cornée transparente, l'autre celui de sclérotique; la forme de cet organe varie suivant le milieu dans lequel habite l'Animal auquel il appartient. Chez l'Homme et la plupart des Mammifères, il est presque sphérique et présente à sa partie antérieure une légère saillie formée par la cornée qui représente un segment d'une sphère plus petite que celle formée par la sclérotique. Dans le Porc-Epic, les Animaux marsupiaux et l'Ornithorynque, cette disposition est peu ou point marquée, et dans les Cétacés et les Poissons la face antérieure de l'OEil est plus ou moins aplatie; dans quelques Poissons, cet organe ne représente même qu'une demi-sphère dont la partie plane est dirigée en avant, et la partie convexe en arrière. Dans les Oiseaux au contraire, et plus particulièrement dans ceux qui se tiennent habituellement à une certaine élévation dans l'atmosphère, on remarque-une disposition inverse; car, sur la partie antérieure de l'OEil, qui est tantôt plane, tantôt en forme de cône tronqué, se trouve une espèce de cylindre très-court et terminé par une cornée très-convexe, quelquefois entièrement hémisphérique. Dans tous les cas, la Courbure de la cornée des Oiseaux représente un segment d'un cercle beaucoup plus petit que celui auquel appartient la convexité postérieure de l'OEil (Cuvier). Dans les Mollusques céphalopodes, la forme générale des yeux est à peu près la même que dans les Poissons; la plupart des anatomistes les regardent comme étant dépourvus de cornée transparente, mais d'après des recherches de Tréviranus, il paraîtrait que cette mem-

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brane existe ici aussi bien que chez les Animaux vertébrés.

Ainsi que sou nom l'indique, la cornée transparente est parfaitement diaphane; elle est à peu près circulaire, et paraît formée d'un certain nombre de feuillets. La sclérotique est au contraire opaque; à sa partie antérieure se trouve une ouverture Circulaire dans laquelle la cornée est comme enchâssée; vers sa partie postérieure il existe un autre trou qui donne passage au nerf qptique. Dans la plupart des Mammifères cette membrane est blanche, brillante, solide, élastique et médiocrement épaissie; sa texture est semblable à celle des autres tuniques albuginées, et, par la macération, elle se résout en un tissu cellulaire formé de filamens entremêlés en tous sens. Dans la Baleine, et dans quelques autres Cétacés, la sclérotique est extrêmement épaissie, et, par une simple section, ou voit que sa substance est formée de fibres tendineuses qui interceptent des mailles remplies d'une substance molle et comme fongueuse. La sclérotique des Oiseaux est mince, flexible et d'une texture albuginée par derrière; mais sa partie antérieure est formée de deux lames entre lesquelles se trouvent des plaques osseuses, minces, oblongues, et disposées eu cercle. Une disposition analogue se remarque chez les Tortues et quelques autres Reptiles; mais dans les Poissons la sclérotique est cartilagineuse, homogène, élastique et assez ferme pour conserver sa forme par elle-même, bien que fort mince dans quelques espèces. Enfin dans les Mollusques céphalopodes, cette tunique forme eu arrière un cône tronqué dont le sommet tient au fond de, l' orbite.

La seconde tunique de l'OEil porte le nom de choroïde; elle est appliquée contre la face interne de la sclérotique, et unie au bord intérieur de cette membrane par une zône cellulo - fibreuse, appelée ligament ciliaire. A sa partie antérieure, cette tunique n'adhère point à la face in terne de la cornée, mais en est plus ou moins éloignée, et forme une espèce de diaphragme qui partage la cavité de l'OEil en deux parties inégales; c'est l'iris. Son centre est percé d'une ouverture tantôt circulaire, tantôt allongée, nommée pupille; sa face antérieure, diversement colorée, présente en général deux cercles assez distincts; sa face postérieure, que l'on appelle uvée, offre souvent une série de plis disposés en rayons. Dans les Mammifères, les Oiseaux et les Reptiles, ce diaphragme est contractile, et la pupille peut s'agrandir ou se resserrer suivant que la lumière doit être admise en quantité plus ou moins grande dans l'intérieur de l'OEil; mais dans les Poissons l'iris paraît tout-à-fait immobile. Derrière cette cloison membraneuse, et audevant du ligament ciliaire, on voit naître, de la face interne de la choroïde, un grand nombre de replis saillans nommés procès ciliaires; ils sont placés à côté l'un de l'autre, disposés en rayon, et en général de forme triangulaire; leur extrémité interne tournée un peu en arrière, circonscrit un espace circulaire qui loge le cristallin, et leur bord antérieur, souvent comme frangé, est en rapport avec l'iris. Les lames ciliaires existeut dans tous les Mammifères et les Oiseaux, chez la plupart des Reptiles et chez les Seiches; mais ils manquent dans la plupart des Poissons. La portion de la choroïde située eu arrière du cercle que nous venons de décrire, est tendue sur la face interne de la sclérotique, et paraît souvent formée de deux feuillets trèsdistincts. Sa texture est toute vasculaire, et il est à remarquer que les artères occupent sa face externe, et les veines sa tape interne, dont l'aspect est souvent velouté. Elle est recouverte dans toute son étendue d'une couche plus ou moins épaisse de pigment dont sa substance est également pénétrée. Dans les Mammifères, ce vernis est noirâtre; mais il manque entièrement chez les individus albinos. Dans les Oiseaux et les Reptiles il est

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de la même teinte que dans les Mammiféres; mais dans les Poissons et les Mollusques céphalopodes,. la choroïde elle-même est eu général d'un blanc nacré. Un organe dont on ne cônnaît bien ni les fonctions ni la structure, se trouve entre les deux lames de la choroïde, chez la plupart des Poissons; ou le nomme glande choroïdienne; Cuvier pense qu'il est destiné à la sécrétion des humeurs de l'OEil; Blainville croit que cet organe est entièrement vasculaire; d'après Haller et E. Home, ce serait une masse musculaire; mais cette dernière opinion paraît la moins probable dè toutes. Quoi qu'il en soit, on y a assimilé la masse glandulaire qui se trouve dans l'OEil des Seiches.

L'espace compris entre la cornée transparente et l'iris, porte le nom de chambre antérieure de l'OEil, et contient une humeur limpide et aqueuse; quelques anatomistes le croient tapissé d'une membrane mince et transparente, analogue aux synoviales; mais cela paraît douteux. L'espace circonscrit par l'iris, les procès ciliaircs et le cristallin, constitue la chambre postérieure de l'OEil, également remplie par l'humeur aqueuse et en communication directe avec la chambre antérieure par l'intermédiaire de la pupille, si ce n'est pendant la vie embryonaire, car alors cet orifice n'existe pas encore. L'étendue de ces deux cavités varie beaucoup suivant le milieu qu'habitent les Animaux. Dans les Oiseaux et les Mammifères leur profondeur est assez considérable, mais dans les Poissons elles sont réduites presqu'à rien, et dans les Seiches elles n'existent pas. Au-delà de la chambre postérieure de l'OEil se trouve la capsule cristalline; c'est une petite poche sans ouverture, parfaitement trinsparente, et renfermait dans son intérieur un corps diaphane, lenticulaire, et formé de couches superposées plus ou moins distinctes, et plus dures au centre que vers la circonférence. Aussi paraît-il être un produit de la sécrétion de la membrane capsulaire plutôt qu'un corps organisé et vivant. Cette lentille, nommée cristallin, est très-volumineuse et presque sphérique dansles Poissons; dans les Mollusquescé phalopodes son diamètre antéro-postérieur est encore plus considérable, et elle paraît formée par la réunion de deux portions de sphère placées au-devant l'une de l'autre; dans les Mammifères et les Oiseaux, le cristallin est au contraire plus ou moins aplati d'avant en arrière, et en général sa face antérieure est moins convexe aue la postérieure, qui est toujours logée dans une excavation de l'humeur vitrée. On donne ce nom à une masse gélatineuse et transparente qui occupe toute la partie postérieure du globe de l'OEil, et qui paraît contenue dans les cellules d'une membrane extrêmement mince appelée hyaloïde.

C'est derrière l'humeur vitrée, et au fond de l'æil que se trouve la rétine, expansion nerveuse destinée à percevoir l'impression de la lumière. Elle naît du nerf optique, après son passage à travers ta sclérotique et la choroïae, et tapisse exactement la face interne de cette dernière tunique, dont elle est séparée par une couche plus ou moins épaisse de pigment. L'épaisseur de la rétine diminue d'arriere en avant, et en général elle se termine près du cercle ciliaire; sa couleur est blanchâtre, et sa texture molle et réticulée. Dans tous les Animaux vertébrés les rayons lumineux y arrivent directement; mais dans les Mollusques céphalopodes, sa face interne est recouverte d'une couche de pigment noir, qui paraît devoir opposer un obstacle invincible au passage de ces rayons.

Enfin on trouve encore dans l'OEil des Oiseaux et de certains Reptiles et Poissons, une membrane en général plissée, qui traverse l'humeur vitrée et s'étend obliquement du point où le nerf optique traverse la choroïde à la face postérieure du cristallin; son tissu est blanchâtre, mais sa surface est recouverte d'un enduit noir analogue au pigment de la choroïde.

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Quelques anatomistes ont pensé que cet organe singulier que l'on nomme peigue ou marsupium, est une expansion nerveuse destinée à augmenter l'étendue de la surface de la rétine; d'autres au contraire pensent qu'il est de nature vasculaire et sert de voile à la rétine lorsque la lumière qui la frappe est trop vive.

Dans tous les Animaux vertébrés (excepté ceux qui ne paraissent point jouir de la vue, la Taupe par exemple), l'OEil reçoit deux ordres de nerfs; les uns proviennent du trifacial, dont les rameaux se rendent également aux autres organes des sens; l'autre appartient spécialement à cet organe, et a reçu le nom de nerf optique. V. CÉRÉBRO-SPINAL.

Quant aux parties destinées à mouvoir et à protéger les yeux, nous dirons seulement que les premières sont des muscles en général au nombre de six, qui se fixent à la sclérotique d'une part, et aux parois de la fosse orbitaire de l'autre; les dernières sont cette fosse orbitaire d'une part (V. CRANE), et les paupières et leurs appendices de l'autre.

Dans les Mollusques céphalopodes, la plupart des Poissons et les Serpens, les tégumens communs se prolongent sur la face antérieure de l' OEil, et y deviennent plus ou moins minces et transparens, mais n'y forment point de repli; tandis que dans la plupart des autres Animaux vertébrés, ils forment au-devant de ces organes des espèces de voile mobile, que l'on nomme paupières. La lame interne de ces replis cutanés, qui se prolonge sur la face antérieure de l'OEil, présente tous les caractères des membranes muqueuses, et porte le nom de conjonctive. Dans l'épaisseur de ces replis, on trouve divers ordres de fibres musculaires qui servent à les mouvoir, et souvent une lame cartilagineuse ou même osseuse. En général, il existe deux paupières horizontales qui, en se rapprochant, ferment complètement la cavité orbiculaire; mais souvent un troisième repli membraneux, vertical, transparent, et place au-dessus des premières, forme une troisième paupière indépendante des autres; c'est la membrane nictitante. Outre les follicules sébacées logées dans l'épaisseur des paupières, on remarque encore dans cette partie un appareil sécrétoire plus ou moins compliqué, destiné à la production des larmes, liquide aqueux, qui sert à favoriser les mouvemens des paupières et de l'OEil. La glande lacrymale elle-même est logée dans l'angle supérieur et externe de l'orbite, et verse le produit de sa sécrétion entre le globe de l'OEil et la paupière supérieure; enfin, deux petits canaux creusés dans l'épaisseur de ces organes, près de leur commissure interne, se réunissent en un canal commun qui va s'ouvrir dans les fosses nasales, et servent à y conduire la portion surabondante du liquide lacrymal.

Telles sont les parties les plus importantes de l'appareil de la vision chez les Animaux vertébrés et les Mollusques céphalopodes, et les modifications les plus remarquables qu'elles présentent dans ces différentes classes; des détails plus minutieux auraient été inutiles pour l'objet que nous nous sommes proposé, et même déplacés dans un ouvrage de ce genre. Ce qui importait ici était de donner une idée générale de cet appareil, et de rappeler brièvement les faits d'organisation nécessaires à l'explication de ses fonctions, dont nous nous occuperons à l'article VISION, où l'on a renvoyé plus haut. (H.-M. E.)

Le mot OEIL a été vulgairement employé, par allusion, soit en zoologie, soit en botanique, soit même en minéralogie; ainsi l'on a appelé:

OEIL simplement, le Bouton ou Bourgeon naissant des Arbres.

OEIL d'AMMON (Moll.), l'Helix Oculus-Capri de Müller.

OEIL-BLANC (Ois.), nom de pays de la Fauvette Tcbéric.

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OEIL DE BŒUF (Bot. Zool.), le Sparus macrophthalmus parmi les Poissons; le Roitelet, Motacilla Regulus, parmi les Oiseaux; l'Helix Oculus-Capri parmi les Coquilles; les Chrysanthèmes des champs et Leucanthème, les Buphtalmes et l' Anthemis tinctoria parmi les Plantes.

OEIL DE BOUC (Zool. et Bot.), la plupart des Patelles de nos côtes, et le Peson, Helix Algira, parmi les Mollusques; la Pyrèthre et le Chrysanthemum Leucanthemum parmi les Végétaux.

OEIL DE BOURIQUE (Bot.), le Poisà-gratter, Dolichos urens, dont la graine ressemble effectivement à un gros OEil.

OEIL DE CHAT (Bot.), les fruits du Guilandina Bonduc dans les colonies.

OEIL DE CHEVAL (Bot.), l'Inula Helenium.

OEIL DE CHÈVRE (Bot.), les Graminées du genre Ægilops dont le nom scientifique est la traduction.

OEIL DE CHIEN (Bot.), le Gnaphatium dioicum, la Conyse squarreuse et le Plantago Psyllium.

OEIL DE CHRIST (Bot.), Une Inule et l'Aster Amellus.

OEIL DE CORNEILLE (Bot.), un Agaric vénéneux dans Paplet, qui n'est pas encore scientifiquement Spécifié.

OEIL DU DIABLE (Bot.), l' Adonis æstivalis.

OEIL DE DRAGON (Bot.). Céré, ancien directeur du jardin de l'Etat à l'Ile-de-France, donnait, on ne sait pourquoi, ce nom bizarre aux fruits de Longanier qui ne ressemblent à aucune sorte d'OEil; et depuis les Dictionnaires reproduisent ce nom qui n'est employé nulle part dans les colonies orientales, encore qu'on le donne comme y étant celui d'un Litchi.

OEIL DE FLAMBE (Moll.), le Trochus vestiarius.

OEIL DU JOUR (Ins.), même chose que Paon de jour. V. ce mot.

OEIL DE LOUP (Pois. foss.), même chose que Bufonites. V. ce mot.

OEIL n'OR (Ois.), syn. de Garrot, espèce du genre Canard. V. ce mot; (Pois.), un Lutjan, Lutjanus Chrysops; (Bot. Crypt.), un très-joli Lichen du genre Borrera, qui croît indifféremment dans nos régions et au cap de Bonne Espérance; le Borrera chrysopthalma.

OEIL D'OLIVIER (Bot. Crypt.), on ne sait quel Agaric, dans Paulet.

OEIL DE PAON (Pois.), le Chœtodon occellatus; (Ins.), le Paon du jour, Papilio Io, L.

OEIL PEINT (Ois.). Lachesnaye des Bois indique sous ce nom, dans son Dictionnaire, un Oiseau du Mexique qui est l'Yxcuicuil de Hernandez, ce qui ne le fait pas mieux connaître.

OEIL DE PERDRIX; (Bot.), les Myosotides dans le midi de la France, le Scabiosa columbaria et l'Adonis œstivalis.

OEIL-ROUGE (Pois.), un Cyprin.

OEIL DE RUBIS (Moll.), une Patelle.

OEIL DE SAINTE-LUCIE (Moll.), l'opercule d'une Coquille du genre Trochus, qui s'était répandu dans l'ancienne pharmacie et dans les collections, comme une pierre douée de grandes propriétés.

OEIL DE SERPENT (Pois, foss.), même chose que Bufonites. V. ce mot.

OEIL DE SOLEIL (Bot.), la Matricaire commune.

OEIL DE VACHE (Moll.), l'Hélice glauque; (Bot.), les Anthemis arvensis et Cotula.

OEIL DE VERRE (Ois.), le Colymbus septentrionalis et autres Plongeons dans divers cantons de la France, et le Sylvia Madagascariensis dans les colonies à l'est de l'Afrique. (B.)

OEIL DE BŒUF (Min.). Les joailliers allemands donnent ce nom à une variété de Pierre de Labrador, dont les reflets sont brunâtres.

OEIL DE CHAT ou CHATOYANTE, variété de Quartz, d'un gris-verdâtre ou d'un jauné-brunâtre, offrant des reflets blanchâtres, nuancés de la couleur du fond. Suivant Cordier, ses chatoiemens sont dûs à des filets d'Asbeste interposés dans la pierre,

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et dont les surfaces soyeuses réfléchissent successivement les rayons lumineux, pendant qu'on la fait mouvoir; ils deviennent très-sensibles, lorsque la pierre est taillée en cabochon. Cette pierre est infusible, ce qui la distingue d'une autre pierre chatoyante, connue sous le nom d'OEil de Poisson, et qui est une variété de Feldspath. L'OEil de Chat est une pierre fort rare, et d'un assez haut prix: les plus estimées nous viennent de Ceylan et du Malabar. V. QUARTZ CHATOYANT.

OEIL DU MONDE. Les anciens qui connaissaient parfaitement les variétés de Quartz, que nous nommons Enhydre et Hydrophane, les rangeaient au nombre des merveilles de la nature sous le nom pompeux d'Oculus mundi. Pline les a décrites avec assez de justesse, et elles ont été célébrées par Claudien dans quelques-unes de ses épigrammes.

OEIL DE PERDRIX, surnom donné à la bonne pierre meulière des carrières de Domine, département de la Dordogne.

OEIL DE POISSON ou PIERRE DE LUNE, variété du Feldspath adulaire, présentant un fond blanchâtre, avec des reflets d'un blanc nacré ou d'un bleu céleste, qui semblent flotter dans l'intérieur de la pierre, lorsqu'elle est taillée en cabochon, et qu'on la fait mouvoir. (G. DEL.)

OEILLÉ. zool. Espèce du genre Dindon, Meleagris ocellatus, figuré par Temminck, et avant lui par Cuvier dans les Mémoires du Muséum d'Histoire Naturelle de Paris. On a donné le même nom à une Couleuvrée, à un Squale, au Pleuronecte Argus, à un Labre, ainsi qu'à plusieurs autres Poissons. (B.)

* OEILLÈRE, POIS. Espèce de Bodian d'Amboine. V. BODIAN. (B.)

OEILLET. Dianthus. BOT. PHAN. Ce genre est le plus remarquable de la famille des Caryophyllées qui a tiré sou nom d'une espèce trèsrépandue dans les jardins, et à laquelle les anciens donnèrent le nom de Caryophyllus à cause de l'odeur de girotle qu'elle exhale. Il appartient à la Décandrie Digynie, L., et il offre les caractères suivans: calice lubuleux, cylidracé, à cinq dents, muni à sa base de deux, quatre ou un plus grand nombre d'écailles par paires opposées et croisées à angles droits; corolle formée de cinq pétales dont les onglets sont étroits et de la longueur du tube calicinal; le limbe est arrondi, souvent frangé; dix étamines à filets subulés, élargis au sommet, analogues aux onglets des pétales, et surmontés d'anthères ovales-oblongues; deux styles longs et divergens; capsule oblongue, déhiscente par la partie supérieure, uniloculaire, renfermant uu grand nombre de graines attachées à un placenta central. Ces graines sont peltées, convexes d'un côté et concaves de l'autre; elles ont un embryon légèremeut courbé. Ce genre, excessivement naturel, est néanmoins fort rapproché des genres Gypsophila, Silene et Lychnis qui composent avec lui la première section de la famille des Caryophyllées, section à laquelle on a donné les noms de Silénées et de Dianthinées, et qui a pour caractère essentiel la soudure intime des sépales du calice en un tube cylindrique. Scopoli, dans sa Flore de Carniole, a formé sur le Dianthus prolifer, L., un genre qu'il a nommé Tunica du nom que les fleurs d'OEillet (Tunicus Flos) portaient dans les anciens livres de matière médicale; mais ce genre n'a pas été adopté.

Le nombre des espèces d'OEillets est très - considérable, car les auteurs en ont décrit à peu près cent vingt, dont plus de la moitié sont indigènes de l'Europe, principalement de la partie méridionale qui constitue la région méditerranéenne, et conséquemment de la partie nord de l'Afrique qui fait partie de cette région naturelle. On en trouve aussi un grand nombre dans les pays montagneux de l'Asie, particulière-

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ment dans la chaîne du Caucase, dans les contrées élevées de la Sibérie, de la Chine et du Japon. Un petit nombre se rencontre vers la pointe australe de l'Afrique. L'Amérique paraît en être dépourvue, à l'exception d'une ou deux espèces qui habitent les Etats Unis. Les OEillets sont des Plantes herbacées, vivaces par leurs racines qui sont fibreuses, et desquelles s'élèvent ordinairement plusieurs tiges, munies d'espace en espace de nœuds cassans, véritables articulations dans le sens qu'on doit attacher à ce mot en botanique, c'est à-dire des parties organiques de la tige où celle-ci est susceptible d'être facilement divisée. Les feuilles sont opposées sur chacun de ces nœuds; elles sont en général linéaires, aiguës, entières, canaliculées et glauques. Les fleurs, disposées au sommet des tiges ou de leurs ramifications supérieures, sont blanches, purpurines ou panachées; elles exhalent souvent l'odeur la plus suave. La culture, sous ce rapport, en a produit un grand nombre de variétés qui ont pour type quelques espèces que nous allons passer en revue.

Afin de faciliter la détermination des espèces, on a divisé le genre OEillet en deux coupes; l'une qui comprend toutes les espèces à fleurs agrégées en tête ou en corymbes, sessiles ou pédonculées; l'autre qui se compose des OEillets à fleurs en panicules ou solitaires.

La première section, nommée Armeriastrum par Seringe (in De Cand. Prodrom. Syst. Veget., 1, p. 355), ne renferme que vingt-six espèces formant trois subdivisions caractérisées d'après les bractées ovales et mutiques dans la première subdivision; lancéolées-aiguës, avec des calices striés-velus dans la seconde; ovales ou lancéolées, avec des calices glabres et à peine striés dans la troisième.

La seconde section (Caryophyllum, Seringe) comprend quatre-vingt-sept espèces partagées en deux subdivisions: la première caractérisée par ses pétales, simplement dentés; la seconde par ses pétales frangés. Nous allons décrire quelques-unes des espèces les plus remarquables de ces diverses sections.

L'OEILLET BARBU, Dianthus barbatus, L., vulgairement OEillet de poëte. De ses racines fibreuses vivaces naissent plusieurs tiges d'abord couchées à la base, puis redressées, hautes d'environ un pied, garnies de feuilles rapprochées, lancéolées, d'un vert foncé et glabres. Les fleurs sont rassemblées en un faisceau terminal très-dense; elles sont hérissées de pointes subulées, formées par les écailles de la base du calice qui se prolongent jusqu'à la hauteur du tube de celui-ci. Ces fleurs sont rouges ou panachées de rouge et de blanc; ce mélange de couleurs leur donne un aspect fort agréable; aussi, l'OEillet de poëte, qui croît naturellement dans les lieux secs et stériles de l'Europe méridionale, est-il recherché comme Plante d'ornement, et cultivé dans les parterres où l'on en forme des plate-bandes. Il a produit un grand nombre de variétés doubles et simples, qui se distinguent par les nuances de leurs couleurs. Outre sou nom d'OEillet de poëte, on donne à cette espèce cultivée, les noms vulgaires d'OEillet-Bouquet, de Bouquet-Parfait et de Jalousie.

L'OEILLET DES CHARTREUX, Dianthus Carthusianorum, L. Cette jolie petite espèce se trouve abondamment dans les pâturages secs et dans les lieux incultes de toute l'Europe. Sa tige est droite, grêle, haute d'environ un pied, garnie de feuilles étroites, linéaires, à trois nervures. Les fleurs sont rouges et sont rassemblées en petit nombre en un faisceau terminal, accompagnées de bractées plus courtes que le tube calicinal. On cultive cet OEillet dans quelqués jardins; mais il est inférieur, pour l'agrément, à l'OEillet de poëte, et on lui donne également le nom de Bouquet-Parfait. La culture fait varier la couleur des fleurs du rouge au blanc,

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en offrant toutes les nuances intermédiaires.

Parmi les autres espèces, à fleurs fasciculées, nous en mentionnerons une très-agréable que l'on trouve fréquemment le long des bois et dans les lieux stériles de l'Europe. C'est le Dianthus Armeria, L., dont les fleurs ont de petits pétales rouges et des calices accompagnés d'écailles ciliées et velues.

L'OEILLET DES FLEURISTES, Dianthus Caryophyllus, L. Cette espèce est la souche de toutes ces belles variétés que la calture a fait éclore dans les jardins. Elle croît spontanément dans les fentes des rochers et des vieux murs de l'Europe méridionale; on la trouve aussi dans, plusieurs de nos départemens occidentaux. Sa racine ligneuse produit des tiges dont la base est étalée, mais qui se redressent et s'élèvent à la hauteur d'un pied et davantage. Elles sont plus ou moins rameuses supérieurement et garnies à chaque næud de feuilles linéaires, lancéolées, canaliculées, très-aiguës à leur sommet, et glauques ainsi que les tiges: Les fleurs sont pédonculées et solitaires aux extrémités des. ramifications. L'odeur de ses fleurs est très-suave et se rapproche de celle des clous de girofle. La couleur, dans la Plante sauvage, est lerouge plus ou moins vif; mais dans les variétés cultivées elle est nuancée ou panachée de mille manières. Il en est résulté un nombre infini de variétés. Les fleuristes eu effet, sur la moindre différence, ont distingué ces fleurs par des noms emphatiques ou par des mots qui n'ont pas le moindre rapport avec des OEillets. Ainsi le Jupiter, la France triomphante, le Grand-Clovis, le Bâton royal, etc., sont de ces dénominations ambitieuses qui ne s'appliquent en aucune manière à des fleurs, et qui, pour aider la mémoire, ne valent pas mieux que de simples numéros. La manie des OEillets a été poussée peutêtre encore plus loin que celle des Tulipes et des Roses, et l'on sait jusqu'à quel point les amateurs ont porté leur enthousiasme pour ces belles Plantes. L'OEillet joint l'élégance du port au coloris le plus brillant et le plus varié, ainsi qu'à l'odeur la plus agréable; il est très-susceptible de revêtir ces formes monstrueuses qui plaisent tant à la multitude; il double avec la plus grande facilité, et alors ses organes floraux, excepté le calice, devieunent des pétales dont le nombre est indéfini. Mais souvent l'exubérance de cette transformation fait rompre le tube calicioal, les pétales, dont les onglets ne sont plus contenus dans un tube cylindrique, s'épanchent au travers de la fissure, et la fleur perd toute sa grâce. Les amateurs remédient à cet inconvénieut en entourant le calice d'un petit cercle de carton.

On rencontre dans les jardins une variété remarquable par le développement excessif des bractées, ou plutôt par la transformation en bractées des feuilles caulinaires; il y en a quelquefois jusqu'à trente paires qui se croisent à angles droits. On a désigné cette variété sous le nom de Dianthus Caryophyllus imbricatus.

Ce qui contribue a étendre la culture des OEillets, c'est la facilité avec laquelle on peut les multiplier. Nous donnerons plus bas quelques détails sur cette culture.

Les fleurs d'OEillets étaient autrefois usitées eu médecine comme excitantes et diaphorétiques, mais on ne pouvait compter sur l'efficacité d'un tel médicament, puisque son action dépendait d'un principe volatil trèsfugace. On en prépare encore un sirop que l'on administre comme cordial et stomachique, mais qui doit être considéré plutôt comme une liqueur d'agrément que comme une préparation pharmaceutique. Les liquoristes font un ratafia d'OEillet qui jouit des propriétés de la fleur; enfin les parfumeurs en fixent l'odeur dans plusieurs de leurs cosmétiques.

L'OEILLET MIGNARDISE, Dianthus plumarius, L. Ses tiges redressées ne s'élèvent qu'a huit ou dix

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pouces; elles portent ides feuilles linéaires, d'un vert glauque, celles de la base en gazon. Les fleurs, au nombre de deux ou trois aux extrémités des tiges, sont d'un rose pâle, et douées d'une odeur légèrement musquée. Les pétales sont partagés, jusqu'au tiers de leur longueur, en lobes linéaires. Cette espèce est indiquée comme indigène des contrées méridionales de l'Europe; on la cultive depuis long-temps dans les jardins, où l'on en forme de charmantes bordures. De même que toutes les espèces d'OEillets, celle-ci offre beaucoup de variétés de fleurs doubles ou simples, et colorées de toutes les nuances intermédiaires entre le pourpre et le blanc; on en voit beaucoup de couleur de chair, d'autres qui ont des taches d'un rouge velouté à la base du limbe des pétales. C'est à cette dernière variété qu'on donne le nom de Mignardise couronnée. On rencontre dans les bois et les pâturages élevés de l'Europe, une espèce qui a du rapport avec la précédente par les pétales frangés, mais qui est beaucoup plus grande dans toutes ses parties. Cette Plante (Dianthus superbus, L. ), dont la culture a été longtemps négligée, commence à se répandre dans les jardins.

Quoique les OEillets naissent en général dans des terrains arides, et que par conséquent ils ne soient pas très-délicats dans leur culture, cependant comme on vise à obtenir de belles races, aussi riches en couleur que distinguées par l'amplitude de leurs formes, il convient de leur donner une terre abondante en sucs nourriciers, et pourtant assez meuble, telle que celle d'alluvion ou la terre franche des potagers. On emploie aussi avec avantage le terreau provenant des vieilles couches faites avec des feuilles ou du fumier; enfin les terres tirées des marais ou des tourbières. C'est â la nature d'un pareil terrain, commun dans quelques pays occidentaux de l'Europe, tel que celui des Pays-Bas et de la Flandre, qu'on doit attribuer la supériorité des OEillets de ces pays. Tous les moyens de reproduction sont mis en usage pour les OEillets. Les semis font obtenir de nombreuses variétés, mais il faut beaucoup de temps et de patience, et d'ailleurs on ne peut se servir de ce moyen que pour les fleurs simples ou semi-doubles; à l'égard des OEillets, dont toutes les étamines sont converties en pétales, on ne peut s'en servir à moins que les pistils ne soient pas entièrement transformés; dans ce cas on pratique des fécondations artificielles par l'aspersion du pollen des fleurs simples sur les stigmates des fleurs qui n'ont plus d'étamines. Quoi qu'il en soit, après avoir obtenu des germinations par des semis convenables et soignés, on place, en automne, les jeunes plants dans des pots, et les OEillets commencent à fleurir dès le printemps ou pendant l'été de l'année suivante.

Lorsque par le moyen des graines on s'est procuré de nouvelles variétés, il est facile de les conserver par les boutures, et surtout par les marcottes. Ces opérations d'horticulture réussissent avec une facilité extraordinaire, vu l'organisation des tiges d'OEillets que nous avons dit être divisées par aes nodosités. On sait que celles-ci ne sont autre chose que des parties très-disposées à prendre racine, à cause des sucs en stagnation qu'elles contiennent. La greffe est peu employée; cependant on peut s'en servir pour changer des pieds simples et vigoureux en variétés plus belles, et foire porter à plusieurs branches d'un même plant des variétés de couleurs différentes.

L'exposition des OEillets ne doit pas être très - chaude; on doit les placer autant que possible à l'air libre en les abritant, sous des Arbres ou des berceaux de verdure, des rayons d'un soleil trop ardent et des pluies d'orage; ils demandent à être arrosés médiocrement et de préférence le soir. On obtient de plus belles fleurs en se servant de pots en général petits et percés de plu-

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rieurs trous. Comme les tiges des OEillets sont faibles et cassantes, on leur donne des tuteurs, c'est-à-dire qu'on les attache à des baguettes ou à des treillages. Pendant les rigueurs de l'hiver il est nécessaire de placer les OEillets dans des serres, mais ils ne s'y plaisent pas très-bien, et on les sort dès que le beau temps le permet, c'est-à-dire à la fin de mars ou au commencement d'avril. Plusieurs variétés, néanmoins, passent l'hiver en pleine terre et supportent des froids assez considérables, surtout lorsque la terre est couverte d'une couche épaisse de neige. (G..N.)

OEILLET DE MER. POLYP. Syn. vulgaire de Caryophyllia. V. CARYOTHYLLIE. (B.)

OEILLETTE. On donne ce nom aux Pavots dans les pays où on en cultive pour extraire l'huile de leurs graines. (B.)

OENANTHE. OIS. Nom donné à quelques espèces du genre Traquet, et que Vieillot a appliqué à une sous-division de ce genre. V. TRAQUET et MOTEUX. (DR..Z.)

OENANTHE. BOT. PHAN. Ce genre de la famille des Ombellifères, et de la Pentandrie Digynie, L.; offre les caractères suivans: involucre ordinairement nul ou composé d'un petit nombre de folioles; involucelles polyphylles; calice à cinq dents fines, persistantes; corolle dont les pétales sont cordiformes, infléchis, égaux dans les fleurs du centre de l'ombelle; ceux des fleurs marginales grands et irréguliers; fruits prismatiques, à cinq côtes aiguës ou obtuses, couronnés par les dents du calice et les styles. Les fleurs sont blanches, et leurs ombelles sont composées d'un petit nombre de rayons. Linné, auteur de ce genre, n'y comprenait qu'un petit nombre d'espèces, toutes indigènes d'Europe, et qui sont des Plantes aquatiques, à feuilles simplement ailées, et à racines fasciculées. Le nombre en fut ensuite considérablement augmenté par l'addition de plusieurs espèces rapportées du cap de Bonne-Espérance, par Thunberg, et d'autres, de l'Amérique septentrionale, décrites par divers auteurs; mais il faut déduire du nombre des espèces publiées, la plupart de celles qui ont été formées par les floristes de l'Europe aux dépens des espèces linnéennes, et qui ne sont en réalité que des variétés à peine sensibles de ces Plantes. Lamarck a réuni à l'OEnanthe le Phellandrium aquaticum, et Sprengel l'Ottoa œnanthoides de Kunth, ainsi que l' Huanaca acaulis de Cavanilles. D'un autre côté, il faut éliminer du genre dont il est ici question l' OEnanthe purpurea de Lamarck, fondé sur le Phellandrium mutellina, L., et l'OEnanthe rigida de Nuttall, qui est une espèce de Pastinaca. Au moyen de ces additions et retranchemens, le genre OEnanthe se trouve composé d'environ une vingtaine d'espèces qui, plus que toutes les autres Ombellifères, se trouvent disséminées à la surface du globe. Ainsi on en trouve six ou huit dans l'Europe méridionale et tempérée; à peu près autant dans l'Amérique boréale, parmi lesquelles plusieurs sont communes à cette région et à l'Europe; cinq au cap de Bonne-Espérance; deux dans, l'Afrique boréale; une dans l'Orient; une sur la côte de Patagonie, dans l'Amérique australe. Parmi les espèces européennes, nous mentionnerons les OEnanthe fistulosa, pimpinelloides et crocata, L. La première est très-abondante dans les eaux stagnantes; elle est remarquable par ses feuilles dont les pétioles sont fistuleux; ses fruits forment une tête globuleuse. La seconde que l'on rencontre fréquemment dans les prés marécageux, a ses feuilles radicales deux ou trois fois ailées, à folioles incisées, assez semblables à celles du Persil. L' OEnanthe crocata a des racines composées de cinq ou six tubercules oblongs et fusiformes; sa tige est cannelée, rameuse, d'un vert roussâtre, et pleine d'un suc jaune safrané,

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qui a valu à la Plante son nom spécifique. Ses feuilles sont deux fois ailées, à folioles sessiles, cunéiformes et incisées vers le sommet; les fleurs sont disposées en ombelles hémisphériques à dix ou douze rayons, et ayant un involucre général à plusieurs folioles, caractère qui s'éloigne un peu des autres espèces. Cette Plante croît sur les bords des étangs et des rivières, dans plusieurs contrées de l'Europe occidentale. Ses racines et ses feuilles passent pour excessivement vénéneuses. On les a employées comme médicamens contre certaines maladies de la peau; mais les accidens qu'elles occasionent les ont fait rejeter de la matière médicale.

Les anciens botanistes donnaient le nom d'OEnanthe non-seulement à des Ombellifères qui ne font point partie du genre dont il a été question dans cet article, mais même à un Thalictrum, à une Pédiculaire, à la Filipendule et à la Vigne sauvage. (G..N.)

OENAS. OIS. Nom spécifiquement scientifique du Colombin (V. PIGEON). Il a aussi été appliqué par Vieillot aux genres Ganga et Inas. V. ces mots. (DR..Z.)

OEN AS. OEnas. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Hétéromères, famille des Trachélides, tribu des Cantharidies, établi par Latreille aux dépens des Lytta de Fabricius, et adopté par Olivier et tous les entomologistes. Les caractères de ce genre sont: antennes grainées, coudées, guère plus longues que la tête, et terminées par une tige en fuseau ou cylindrique, composée des neuf derniers articles. Mandibules arquées, munies à leur partie interne d'un petit avancement membraneux. Mâchoires coriaces, bifides; division extérieure grande, arrondie, comprimée. Quatre palpes filiformes; dernier article en pointe obtuse. Tarses simples, terminés par quatre crochets. Ce genre, qui semble faire le passage des Mylabres aux Méloès et aux Cantharides, ne diffère des derniers que par les antennes. Les Cérocomes, qui en sont très-voisins, en sont aussi bien distingués par leurs antennes irrégulières. Les OEnas se trouvent, comme les Cantharides et les Mylabres, sur les fleurs. Leurs mæurs sont inconnues, mais il est probable qu'elles ne diffèrent pas de celles de ces deux genres. Ces Insectes sont propres aux contrées chaudes de l'Europe et de l'Afrique; on en connaît quatre ou cinq espèces; nous citerons comme le type du genre:

L'OENAS AFRICAIN, OEnas afer, Latr., Oliv. (Encyclopédie); Meloe afer, L.; Lytta afra, Fabr.; Cantharide africaine, Oliv. (Encyclopéd. et Entom. T III, n° 46, pl. 1, fig. 4, a-b ). Long de près de quatre lignes et demie; antennes noires; tête très-inclinée, noire; corselet rouge, un peu plus étroit que la tête; élytres noires et pointillées; tout le corps en dessous noir et luisant. On trouve cette espèce sur la côte de Barbarie. (G.)

* OENOCARPE. Œnocarpus. BOT. PHAN. Martius, dans son splendide ouvrage publié récemment sous le titre de Gener. et Spec. Palm. Brasil., a établi ce genre, qui appartient à la famille des Palmiers et à la Monæcie Hexandrie, L. Voici les caractères essentiels qu'il lui attribue: fleurs monoïques dans le même régime; spathe double, ligneuse; fleurs sessiles. Les mâles ont un calice très-court, monophylle, à trois découpures plus ou moins profondes; une corolle à trois pétales; six étamines, à filets subulés et à anthères divisées, linéaires, plus longues que les filets. Les fleurs femelles ont un calice triphylle, enveloppant entièrement la, corolle, qui est composée de trois pétales roulés en tête sur eux-mêmes; ovaire uniloculaire, surmonté de trois stigmates excentriques. Le fruit est une baie qui ne renferme qu'une seule graine pourvue d'un albumen solide et d'un embryon basilaire.

Les Palmiers qui composent ce genre sont indigènes des contrées voisines de l'équateur dans l'Améri-

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que méridionale. Martius (loc. cit., p. 22, t. 22-27) en a décrit et figuré avec beaucoup de soin cinq espèces, sous les noms à' OEnocarpus distichus, OE. Bataua, OE. Bacaba, OE. minor, et OE. circumtextus. Les tiges de ces Arbres s'élèvent verticalement à une hauteur qui varie entre trente et quatre-vingts pieds; ils sont ordinairement cylindriques, quelquefois renflés vers leur milieu, marqués d'anneaux peu distincts, et offrent dans leur intérieur des fibres ligneuses concentriques vers la périphérie. Les frondes sont pinnées, étalées avec élégance, portées sur des pétioles très-larges et engaînans à la base, disposées alternativement dans l'OEnocarpus distichus, que l'on doit regarder comme le type du genre. Les régimes des fleurs sortent de la base des frondes inférieures; ils sont divisés en rameaux nombreux, groupés, flexueux à la base et au sommet, droits dans le reste de leur étendue, et couverts partout, excepté à la base, de fleurs pâles ou brunâtres, sessiles dans de petites fossettes. Les fruits ont une couleur d'un bleu purpurin ou d'un gris violet; leur chair est rougeâtre, et leur noyau est brun extérieurement. Les habitans de l'Amérique méridionale préparent avec le fruit de quelques espèces (OE. Bataua et OE. Bacaba) une boisson vineuse; et c'est de cette circonstance que Martius a tiré l'étymologie du nom générique. L'OE. distichus est cultivé dans tes bourgades à cause de son fruit, qui, après avoir été cuit et soumis à la presse, donne une huile limpide, inodore, d'une saveur très-agréable.

Sprengel, dans sa nouvelle édition du Systema Vegetabilium, regarde le genre Oreodoxa de Willdenow et Kunth, comme congénère de l'OEnocarpus. Si ce rapprochement est exact (ce dont il est permis de douter, puisque l'Oreodoxa est décrit comme ayant les fleurs hermaphrodites), le nom d'Oreodoxa, ayant l'antériorité, doit être préféré à celui donné par Martius. (G..N.)

OENONE. OEnone. ANNEL. Genre de l'ordre des Néréidées, famille des Eunices, fondé par Savigny (Syst. des Annelides, p. 14 et 55) qui lui assigne pour caractères distinctifs: trompe armée de neuf mâchoires, quatre du côté droit, cinq du côté gauche; les deux mâchoires intérieures et inférieures fortement dentées en scie. Antennes comme nulles. Branchies indistinctes. Front caché sous le premier segment, dont la saillie antérieure est arrondie. Ce genre, le dernier de la famille des Eunices, diffère essentiellement des Léodices et des Lysidices par un plus grand nombre de mâchoires; sous ce rapport il ressemble aux Aglaures, mais il est cependant possible de l'en distinguer, en ayant égard à la saillie du premier segment qui est divisé en deux lobes chez ces dernières, tandis qu'il est arrondi chez les OEnones. Celles-ci sont de petites Annelides dont le corps est linéaire, cylindrique et composé de segmens courts et nombreux; le premier segment, vu en dessus, paraît très-grand, arrondi par-devant en demicercle et débordant la tête; le second est plus long que le troisième. La tête a deux lobes, et se trouve cachée sous le segment qui suit. Elle supporte des yeux peu distincts, les antennes ne sont point saillantes, et paraissent nulles. Il n'existe point de cirres tentaculaires, mais on compte un très-grand nombre de pieds ambulatoires à deux faisceaux inégaux de soies simples ou terminés par une barbe; les cirres supérieurs et les cirres inférieurs de ces appendices ambulatoires sont presque également allongés et obtus; la dernière paire est à peu près semblable aux autres. On ne connaît qu'une espèce:

L'OENONE BRILLANTE, OEnone lucida, Sav. Elle a des rapports de forme avec le Lumbricus fragilis de Müller, et se trouve sur les côtes de la mer Rouge (V. l'ouvrage d'Egypte, pl. 5, fig. 3). Savigny la décrit de la manière suivante: corps long d'un pouce, un peu renflé vers la tête,

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formé de cent quarante-deux segmens; le premier égal en longueur aux trois suivans réunis. Rames un peu renflées au-dessus des soies de leur faisceau supérieur, qui est moins épais que l'autre. Soies jaunâtres; les supérieures plus déliées, prolongées en barbe fine; les inférieures terminées par une courte barbule. Acicules petits et jaunes. Cirres oblongs presque parallèles, un peu comprimés, veinés, obtus; l'inférieur adhérent jusqu'à l'extrémité de la rame. Couleur cendré-bleuàtre avec de riches reflets. (AUD.)

OENONE. BOT. PHAN. Ancien synonyme d'Argémone. V. ce mot. (B.)

OENOPLIA. BOT. PHAN. Deux espèces de Jujubiers, indigènes des climats chauds, avaient été ainsi désignés par Belon et Clusius. Linné les a placés dans son genre Rhamnus; mais ils portent maintenant les noms de Zizyphus Spina Christi et Zizyphus OEnoplia.

Schultes (System, Veget., 5, n. 962) a donné ce nom à un genre fondé sur d'autres espèces de Rhamnus ou de Zizyphus; mais le même genre ayant été formé autrefois par Necker sous le nom de Berchemia, le professeur De Candolle a retenu cette dernière dénomination. V. BERCHEMIA au Supplément. (G..N.)

OENOTHERA. BOT. PHAN. V. ONAGRE.

OENOTHÉRÉES. BOT. PHAN. Famille naturelle de Plantes plus généralement désignée sous le nom d'Onagraires. V. ce mot. (A. R.)

* OEPATA. BOT. PHAN. Sous ce nom est décrit et figuré dans Rhéede (Horl. Malab., vol. iv, p. 95, tab. 45) l'Avicennia tomentosa, L. Dans le texte il est aussi nommé Upata, dénomination employée comme générique par Adanson. V. AVICENNIE. (G..N.)

OERUA ET OERVE. BOT. PHAN. Pour Ærun. V. ce mot. (G..N.)

OESOPHAGE. ZOOL. La portion du canal alimentaire qui s'étend du pharynx à l'estomac. V. INTESTINS. (IS. G. ST.-H.)

OESTRE. OEstrus. INS. Genre de l'ordre des Diptères, famille des Athéricères. tribu des OEstrides, établi par Linné, adopté par tous les entomologistes, et restreint par Latreille qui lui assigne pour caractères: cuillerons de grandeur moyenne, et ne recouvrant qu'une parite des balanciers; ailes en recouvrement au bord interne; les deux nervures longitudinales qui viennent immédiatement après celles de la côte, fermées par le bord postérieur qu'elles atteignent, et coupées, vers le milieu du disque, par deux petites nervures transverses; milieu de la face antérieure de la tête offrant un petit sillon longitudinal, et renfermant une petite ligne élevée, bifurquée inférieurement. Ce genre, ainsi caractérisé, se distingue des Hypodermes, des Cutérèbres, Céphénémyies et OEdémagénes, qui ont été formés par Latreille aux dépens du genre OEstre de Linné, parce que les OEstres proprement dites n'ont point de trompe ni de palpes, et que leur cavité buccale est fermée. Les Céphalémyies, qui en sont les plus voisines, s'en distinguent parce que leurs ailes sont écartées, et par d'autres caractères tirés des nervures des ailes. Les Grecs désignaient sous le nom d'OEstres des Cymothoa qui incommodent beaucoup les Poissons. Aristote paraît avoir voulu parler, soit d'un Cymothoa qui attaque le Thon et l'Espadon, soit d'un Hydrocorise. Ælien appelle OEstres, des Insectes ayant un aiguillon très-fort à la bouche, qui bourdonnent en volant et tourmentent les Bœufs. Latreille pense qu'il veut parler des Taons. D'après ces observations, on voit que les anciens n'appliquaient pas le nom d'OEstre aux Insectes que nous désignons à présent ainsi d'après Linné, et que ce naturaliste n'a pas recherché exactement s'il donnait ce nom aux Animaux qui le portaient du temps d'Aristote. Les OEstres propre-

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ment dits, tels que nous les adoptons ici, sont des Diptères d'assez grande taille, ressemblant beaucoup à de grosses Mouches, mais beaucoup plus velus. Ces Insectes, à l'état parfait, semblent appelés uniquement par la nature à remplir les fonctions de la reproduction, et il paraît qu'ils ne prennent pas de nourriture, puisque leurs organes de manducation sont réduits à un état presque rudimentaire. Ces Diptères ne sont pas plutôt parvenus à leur état parfait qu'ils cherchent à s'accoupler, et que bientôt après la femelle se met à la recherche des Animaux sur lesquels elle doit déposer ses œufs. On avait d'abord cru, d'après Vallisnieri et quelques autres auteurs, que l'OEstre allait déposer ses œufs sur les bords de l'anus des Chevaux, et que de-là la larve remontait dans l'estomac, en parcourant toutes les sinuosités des intestins; Réaumur, qui n'a pas été à même de le vérifier, rapporte ce fait, qui n'est pas du tout en harmonie avec ce que Clark dit des mœurs de cet Insecte. D'après ce dernier naturaliste, l'un des plus célèbres vétérinaires de l'Europe, et auquel on doit une excellente Monographie des OEstres, la femelle, pour effectuer sa ponte, s'approche de l'Animal qu'elle a choisi, en tenant son corps presque vertical dans l'air: l'extrémité de son abdomen, qui est très-allongée et recourbée en haut et en avant, porte un œuf qu'elle dépose, sans presque se poser sur la partie interne de la jambe, sur les côtés et la partie interne de l'épaule, et rarement sur le garrot du Cheval; cet œuf, qui est entouré d'une humeur glutineuse, s'attache facilement aux poils de l'Animal; l'OEstre s'éloigne ensuite un peu du Cheval pour préparer un second œuf, en se balançant dans l'air; elle le dépose de la même manière, et répète ainsi ce manége un très-grand nombre de fois. Clark croyait d'abord que ces œufs étaient pris par la langue du Cheval et portés dans son estomac où ils éclosaient; mais des observations plus rigoureuses l'ont convaincu que ces œufs éclosent à l'endroit où ils ont été posés, et que ce n'est qu'à l'état de larve que l'Insecte s'attache à la langue quivient lécher la partie du corps sur lequel il est collé, et parvient ainsi par l'œsophage dans l'estomac. La larve de l'OEstre de Cheval est sans pates, de forme conique, allongée. Son corps est composé de onze anneaux, garnis chacun, à leur bord postérieur, d'une rangée circulaire d'épines triangulaires, solides, jaunâtres dans la plus grande partie de leur longueur, noires à leur extrémité, et dont la pointe, très-aiguë, est dirigée en arrière. Au-dessus du corps, les anneaux du bout postérieur et ceux qui en sont les plus proches, n'ont point de ces épines qui existent sur les mêmes anneaux du côté du ventre. L'extrémité postérieure, qui est tronquée, figure une espèce de bouche transversale, avec deux lèvres qui peuvent se rejoindre pour fermer l'ouverture qu'elles circonscrivent. On voit, dans l'espèce de cavité profonde que ces lèvres laissent entre elles lorsqu'elles sont écartées, six doubles sillons couchés transversalement, et courbés en dedans de chaque côté, de manière à se rapprocher en cercle. Ces sillons, formés par une substance écailleuse, sont criblés de petits trous que l'on regarde comme les ouvertures des stigmates. Les espèces de lèvres qui recouvrent cet appareil respiratoire sont évidemment destinées à le boucher exactement afin de le protéger contre les alimens liquides et les sucs qui se trouvent dans l'estomac. Il est plus difficile de concevoir comment ces Animaux peuvent exister dans l'estomac, exposés à une température très-élevée et dans un air aussi vicié. Ces larves se nourrissent du chyme qu'elles trouvent dans l'estomac; elles se tiennent plus ordinairement autour du pylore, et y sont quelquefois en grande quantité. Clark croit que ces larves sont plus utiles que nuisibles aux Chevaux; Réaumur ayant observé, pendant plusieurs

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années, des Chevaux attaqués par les OEstres, avait dit également qu'ils ne se portaient pas moins bien que ceux qui n'en nourrissent point; mais Vallisnieri, d'après Gaspari, leur attribua la cause d'une maladie épidémique qui fit périr, en 1713, beaucoup de Chevaux dans le Véronais et le Mantouan. Lorsque ces larves ont pris tout leur accroissement, elles descendent en suivant les intestins, se traînent au moyen de leurs épines, ou sont portées par les excrémens, jusqu'à ce qu'elles arrivent à l'anus, sur les bords duquel on les trouve souvent suspendues dans les mois de mai et de juin, prêtes à tomber à terre pour y subir leur transformation: arrivées à terre, elles se changent bientôt en chrysalides, leur peau se durcit, devient d'un brun noir et leur sert de coque; après être restées six ou sept semaines dans cet état, l'Insecte parfait sort de sa coque, en faisant sauter une pièce ovalaire au bout antérieur de cette enveloppe. La larve d'une autre espèce d'OEstre (hémorroïdal ) vit aussi dans l'estomac du Cheval.

Le genre OEstre n'est pas encore nombreux en espèces; celle dont les mæurs et les métamorphoses ont été rapportées plus haut, et qui sert de type au genre, est:

L'OESTRE. DU CHEVAL, Œstrus Equi, Fabr., Syst. Antl.; Oliv., Latr., Clark, The Bost of Horse, 2e édit., tab. 1, fig. 13, 14; OEstrus Vituli, Fabr., Ent Syst.; OEstrus Bovis, L., Fabr., Spec. Ins.; OEstrus hemorroidalis, Gmel.; OEstrus intestinalis, Deg.; OEstrus, etc. Geoff. Long de six à sept lignes; tête d'un blanc jaunâtre avec une impression en forme d'angle sur le vertex, et renfermant les yeux lisses; corselet jaunâtre; deux faisceaux de poils relevés avec un point noirâtre sur chaque, à l'écusson; abdomen d'un roussâtre clair, avec des tâches noirâtres; ailes avec une bande au milieu et deux petits points à l'extrémité. On trouve cette espèce en France et en Angleterre, en Italie et dans l'Orient, dans les mois de juillet et d'août, près des pâturages. On peut rapporter au genre OEstre proprement dit les espèces que Clark désigne sous les noms d'hémorroïdal et de vétérinaire. (G.)

OESTRIDÉES. Œstrideæ. INS. Nom donné par Leach à une petite famille formée du genre OEstrus de Linné, et qui répond à la tribu des OEstrides de Latreille. V, ce mot. (G.)

OESTRIDES. OEstrides. INS. Tribu de l'ordre des Diptères, famille des Athéricères, établie par Latreille, et comprenant le grand genre OEstre de Linné. Latreille caractérise ainsi cette tribu: cavité buccale tantôt fermée par la peau, présentant deux tubercules; tantôt ne consistant qu'en une petite fente; trompe, dans ceux où on a pu la découvrir, très-petite. Quelques-uns offrant deux palpes, soit isolés, soit accompagnant cette trompe. Ces Diptères ont le port de la Mouche domestique; leur corps est ordinairement velu et coloré par bandes, à la manière de celui des Bourdons; leurs antennes sont trèscourtes, insérées dans une cavité biloculaire, sous-frontale, et terminées en palette lenticulaire, portant chacune sur le dos, et près de son origine, une soie simple; leurs ailes sont ordinairement écartées; les cuillerons sont grands et cachent les balanciers; les tarses sont terminés par deux crochets et deux pelotes.

On trouve rarement ces Insectes dans leur état parfait, dit Latreille auquel nous empruntons les détails qui vont suivre, le temps de leur apparition et les lieux qu'ils habitent étant très-bornés. Comme ils déposent leurs æufs sur le corps de plusieurs Quadrupèdes herbivores, c'est dans les bois et les pâturages fréquentés par ces Animaux qu'il faut les chercher. Chaque espèce d'OEstre est ordinairement parasite d'une même espèce de Mammifère, et choisit, pour placer ses æufs, la partie du corps qui peut seule convenir à ses larves, soit qu'elles doivent y rester,

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soit qu'elles doivent passer de-là dans l'endroit favorable à leur développement. Le Bæuf, le Cheval, l'Ane, le Renne, le Cerf, l'Antilope, le Chameau, le Mouton et le Lièvre sont jusqu'ici les seuls Quadrupèdes connus sujets à nourrir des larves d'OEstres. Ils paraissent singulièrement craindre l'Insecte lorsqu'il cherche à faire sa ponte. Le séjour des larves est de trois sortes qu'on peut distinguer par les dénominations de Cutané, de Cervical et de Gastrique, suivant qu'elles vivent dans des tumeurs ou bosses formées sur la peau, dans quelque partie de l'intérieur de la tête, et dans l'estomac de l'Animal destiné à les nourrir. Les æufs d'où sortent les premières sont placés par la mère sous la peau qu'elle a percée avec une tarière écailleuse, composée de quatre tuyaux rentrant l un dans l'autre, armée au bout de trois crochets et de deux autres pièces. Cet instrument est formé par les derniers anneaux de l'abdomen. Ces larves, nommées Taons par les habitans de la campagne, n'ont pas besoin de changer de local; elles se trouvent à leur naissance au milieu de l'humeur purulente qui leur sert d'aliment. Les æufs des autres espèces sont simplement déposés et collés sur quelques parties de la peau, soit voisines des cavités naturelles et intérieures où les larves doivent pénétrer et s'établir, soit sujettes à être léchées par l'Animal, afin que les larves soient transportées avec sa langue dans sa bouche, et qu'elles y gagnent, de-là, le lieu qui leur est propre. C'est ainsi que la femelle de l'OEstre du Mouton place ses æufs sur le bord interne des narines de ce Quadrupède, qui s'agite alors, frappe la terre avec ses pieds, et fuit la tête baissée. La larve s'insinue dans les sinus maxillaires et frontaux et se fixe à la membrane interne qui les tapisse, au moyen des deux forts crochets dont sa bouche est armée. C'est ainsi encore que l'OEstre dù Cheval dépose ses æufs sans presque se poser, se balançant dans l'air, par intervalles, sur la partie interne de ses jambes, sur les côtés de ses épaules, et rarement sur le garrot. Celui qu'on désigne sous le nom d'Hémorroïdal, et dont la laive vit aussi dans l'estomac du même Solipède, place ses æufs sur les lèvres. Les larves s'attachent à sa langue, et parviennent, par l'æsophage, dans l'estomac, où elles vivent de l'humeur que sécrète sa membrane interne. On les trouve le plus communément autour du pylore, et rarement dans les intestins. Elles y sont souvent en grand nombre et suspendues par grappes. Clark croit néanmoins qu'elles sont plus utiles que nuisibles à ce Quadrupède.

Les larves des OEstres ont, en général, une forme conique, et sont privées de pates; leur corps est composé, la bouche non comprise, de onze anneaux chargés de petits tubercules et de petites épines, souvent disposés en manière de cordons, et qui facilitent leur progression. Les principaux organes respiratoires sont situés sur un plan écailleux de l'extrémité postérieure de leur corps, qui est la plus grosse. Il paraît que leur nombre et leur disposition sont différens dans les larves gastriques. Il paraît encore que la bouche des larves cutanées n'est composée que de mamelons, au lieu que celle des larves intérieures a toujours deux forts crcohets. Les unes et les autres, ayant acquis leur accroissement, quittent leur demeure, se laissent tomber à terre, et s'y cachent pour se transformer en nymphes sous leur peau, à la manière des autres Diptères de cette famille. Celles qui ont vécu dans l'estomac suivent les intestins et s'échappent par l'anus, aidées, peutêtre, par les déjections excrémentielles de l'Animal dont elles étaient les parasites. C'est ordinairement en juin et juillet que ces métamorphoses s'opèrent. Humboldt a vu, dans l'Amérique méridionale, des Indiens dont l'abdomen était couvert de petites tumeurs produites, à ce qu'il présume, parles larves d'un OEstre. Il résulterait, de quelques témoigua-

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ge, qu'on a retiré des sinus maxillaires et frontaux de l'Homme, des larves analogues à celles de l'OEstre; mais ces observations n'ont pas été assez suivies. Latreille divise la tribu des OEstrides ainsi qu'il suit:

I. Une trompe.

Genres: CUTÉRÈBRE, CÉPHÉNÉMYIE.

II. Point de trompe; deux palpes.

Genre: OEDÉMAGÈNE.

III. Point de trompe ni de palpes; une fente buccale.

Genre: HYPODERME.

IV. Point de trompe ni de palpes; cavité buccale fermée; deux tubercules très-petits (vestiges de palpes) sur sa membrane.

Genres: CÉPHALÉMYIE, OESTRE. V. tous ces mots. (G.)

OETANIA. BOT. PHAN. Dunal et De Candolle ont ainsi nommé une sous-division du genre Unona. V. UNONE. (G..N.)

* OETHEILEMA. BOT. PHAN. Le genre que R. Brown a établi sous cette dénomination a été reconnu, par ce savant botaniste lui-même, comme identique avec le Phaylopsis de Willdenow qui a l'antériorité. V, ce mot. (G..N.)

OETHRE. OEthra. CRUST. Genre de l'ordre des Décapodes, famille des Brachiures, tribu des Cryptopodes, établi par Leach et adopté par Lamarck et Latreille qui lui donnent pour caractères: troisième article des pieds-mâchoires extérieurs presque carré, ne finissant pas en pointe; carapace aplatie, clypéiforme, transversale, noueuse ou très-raboteuse sur le dos. Ce genre ressemble beaucoup, quant aux caractères essentiels, aux Calappes; seulement les pieds-mâchoires extérieurs des premiers bouchent si exactement la cavité buccale, qu'on a bien de la peine à apercevoir les sutures, tandis que, dans les Calappes, ces organes sont dentés au côté interne et ne se joignent pas bien. Les pieds antérieurs, en pinces, sont beaucoup plus grands dans les Calappes, ainsi que les autres pieds. Le test des OEthres est ovale, presque aussi large antérieurement que postérieurement, tandis qu'il est avancé chez les Calappes, beaucoup plus large et coupé presque transversalement en arrière. Les yeux des OEthres sont beaucoup plus distans l'un de l'autre que ceux des Calappes. Les OEthres habitent les mers des pays chauds de l'Inde et de l'Afrique. L'espèce la plus connue, et qui sert de type au genre, est:

L'OETHRE DÉPRIMÉE, OEthra depressa, Lamk., Leach, Latr.; Cancer scruposus, L., Herbst, Cancr., tab. 53, fig. 4, 5. Carapace elliptique, transverse, très-rugueuse, avec ses bords latéraux arrondis et marqués de dents en forme de plis. Elle se trouve dans les mers de l'Ile-de-France. (G.)

OETITE ou PIERRE D'AIGLE. MIN. Fer hydraté géodique, en nodules composés de couches concentriques, dont le centre est creux et ordinairement occupé par un noyau mobile ou par une matière pulvérulente que l'on entend résonner quand on agite la pierre. Les anciens lui donnaient le nom de Pierre d'Aigle, parce qu'ils s'imaginaient que les Aigles en portaient dans leurs nids, et qu'elle avait des propriétés merveilleuses. Pline prétend sérieusement qu'il n'y avait que celles que l'on trouvait dans le nid d'un Aigle qui eussent de la vertu, (G. DEL.)

* OETTE. OIS. Ampelis Carnifex. Espèce du genre Cotinga. V, ce mot. (B.)

OETUM. BOT. PHAN. La Plante dont les Egyptiens mangeaient la racine, et que Pline désigne sous ce nom, est la Colocase, selon les uns, et la Poirée, Beta, selon d'autres. On y a même cru reconnaître l'Igname. (B.)

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OEUF. ZOOL. Nom trop vague pour être susceptible d'une définition générale. Emprunté au langage vulgaire qui l'avait spécialement consacré à l'OEuf des Oiseaux après la ponte, il a servi successivement à désigner: 1° l' OEuf contenu encore dans l'ovaire 2° l'OEuf détaché de l'ovaire et non fécondé; 3° l'OEuf détaché de l'ovaire et fécondé; 4° l'OEuf en incubation et contenant le fætus à diverses époques de son développement. Pour les naturalistes qui admettent la préexistence des germes dans le sens de Bonnet, tous ces OEufs se ressemblent, et par conséquent doivent être réunis sous une dénomination générale; pour les épigénésistes et pour nous par conséquent, tous ces OEufs différent et doivent recevoir des noms particuliers. C'est ce qui sera mieux compris en lisant 1 histoire détaillée de l'OEuf dans les diverses classes d'Animaux. Nous renverrons donc la définition exacte du mot qui fait l'objet de cet article, à la fin de l'article lui-même, et nous allons passer de suite à l'examen de l'OEuf dans les grandes classes du règne animal.

OEUF DES MAMMIFERES. Parmi le nombre immense d'écrivains qui se sont occupés de l'OEuf des Mammifères, nous croyons que la science doit ses définitions les plus précises et ses observations les plus exactes, au célèbre Graaf, dont nous adoptons les vues générales. Graaf a exposé dans plusieurs écrits les résultats de ses propres observations (Regneri de Graaf, opera omnia, Amstelodami, 1705 ). Il a, le premier, bien reconnu l'existence des corps vésiculeux dans l'ovaire et le passage de ces corps vésiculeux dans les trompes et les cornes ou la matrice. Enfin, il a le premier encore attiré l'attention sur les changemens que l'ovaire éprouve par suite de la chute des vésicules. Prévost et nous, nous avons reproduit les faits observés par Graaf, et nous en avons développé les détails et les conséquences, comme le permettait l'état plus avancé de la science, à l'époque où nous nous en sommes occupés. C'est l'ensemble de ces résultats que nous allons exposer ici. Dans les femelles de Mammifères, il existe deux organes connus sous le nom d'ovaires. Ces organes contiennent des vesicules pleines de liquide. A l'époque de la fécondation, ces vésicules se fendent; le liquide qu'elles contenaient s'écoule, et un petit corps ellipsoïde transparent, formé d'une mince membrane pleine de liquide, s'échappe et ne tarde pas à être recueilli par le pavillon qui termine la trompe. C'est à ce corps que nous donnerons le nom d'ovule. Après la chute des ovules, la cicatrice qu'elles ont laissée s'oblitère; le tissu voisin s'épaissit et devient jaunâtre; de-là le nom de corps jaune donné à ces tubérosités que l'on observe dans l'ovaire des femelles qui ont conçu. Nous avons vu avec Prévost (Annales des Sciences Naturelles, T. III, p. 113 ) que l'ovule détaché de l'ovaire n'était pas encore fécondé, et qu'il ne recevait le contact de la liqueur séminale que dans la partie inférieure des trompes, et le plus souvent dans les cornes ou la matrice elle-même. Nous avons vu, en outre, que la chute des ovules n'avait lieu que huit ou dix jours après l'acte même de la copulation; ce qui place la fécondation1 réelle à une époque éloignée de ce premier acte. Ce qu'il y a sans doute de plus remarquable dans ces ovules, c'est leur petitesse, surtout quand on les compare aux vésicules de l'ovaire, Ils ont au plus un millimètre et demi ou deux millimètres de diamètre, et si l'on ne mettait pas dans l'examen des cornes le soin le plus scrupuleux, on les méconnaîtrait aisément; mais lorsqu'on est prévenu, qu'on éclaire bien la corne qu'on veut examiner, et qu'on l'ouvre avec précaution, on ne peut guère éviter de rencontrer les ovules au bout de quelques essais. Ils sont entièrement libres, ne présentent point d'adhérence avec les parois des cornes, et l'on peut les enlever

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sur la lame d'un scalpel, puis les déposer dans un verre à montre rempli d'eau pour les examiner plus facilement. Celte particularité remarquable d'un isolement parfait présente non-seulement un caractère physiologique fort digne d'attention, mais encore elle devient très-utile pour distinguer les ovules des petites vésicules que l'on observe si souvent dans le tissu des cornes, et qui sont probablement des Hydatides. Celles-ci sont toujours engagées dans la paroi même de l'organe, et ne peuvent point s'en détacher sans le secours d'un instrument tranchant. Ces remarques prouvent aussi que ces ovules, puisqu'ils sont libres, ne sont pas des Hydatides, ni rien autre chose de ce genre; mais nous en verrons plus loin de meilleures preuves encore. Grossis trente fois et vus par transparence, ces ovules paraissent sous une forme ellipsoïde, et semblent composés d'une membrane d'enveloppe unique et mince, dans l'intérieur de laquelle est contenu un liquide transparent. A la partie supérieure de l'ovule on remarque une espèce d'écusson cotonneux, plus épais, et marqué d'un grand nombre de petits mammelons. Vers l'une des extrémités de celui-ci on observe une tache blanche, opaque, circulaire, qui ressemble beaucoup à une cicatricule. On est également frappé d'un rapport général de ressemblance entre l'écusson lui-même et la membrane caduque. Il est évident que ces ovules sont bien les mêmes que ceux rencontrés par Graaf au bout de trois jours dans les femelles de Lapin. Cruikshanks est le seul anatomiste à notre connaissance qui les ait retrouvés depuis; mais ce dernier a certainement contribué pour beaucoup à discréditer tous ces résultats, en donnant la figure des OEufs les plus petits qui se fussent offerts à lui, II leur attribue un diamètre si faible, qu'on peut l'évaluer à un huitième de ligne environ, et nous ne pensons pas que des corps de ce genre puissent se distinguer des flocons de mucus qu'on rencontre toujours dans les cornes. Les plus petits que nous ayons vus, avaient au moins un millimètre; et comme, d'après les circonstances de l'observation, on peut se convaincre qu'ils étaient détachés de l'ovaire, le jour même ou la veille au plutôt, il est bien probable qu'ils n'avaient encore subi aucun accroissement sensible. Les ovules que l'on rencontre dans les trompes douze jours après la copulation., sont encore moins volumineux que les vésicules de l'ovaire, et cette circonstance vient corroborer les observations précédentes. Ceux qui sont près de la base des cornes, c 'est-à-dire éloignés de l'ovaire, sont toujours plus volumineux et plus avancés dans leur développement que ceux qu'on prend au sommet de ces organes ou plus près de l'ovaire. Cette remarque se lie fort bien avec la circonstance de leur arrivée progressive dans les cornes; car ceux qui sont placés à une pins grande distance de l'ovaire, y sont arrivés un ou deux jours plus tôt que les autres; et dans les premiers instans du séjour, cette différence, qui devient insensible plus tard, en amène de très-saillantes dans le volume et la forme de l'ovule, et plus encore dans l'état de l'embryon. Nous n'avons pas vu ce dernier lorsque nous avons examiné les petits OEufs ellipsoïdes de huit jours. Cela peut se concevoir aisément, si on le suppose fort petit, aussi petit, par exemple, qu'un animalcule spermatique du Chien; car dans cette hypothèse, il faudrait absolument employer, pour le distinguer, des verres capables de produire une amplification de deux ou trois cents diamètres; mais c'est une condition qui n'est point praticable à cause de l'épaisseur de la membrane d'une part, et de l'autre aussi, en raison des séries de globules qui se rencontrent dans son propre tissu, et que l'on apercevrait alors elles-mêmes. On pourrait admettre encore que l'OEuf n'avait point été fécondé; mais cette supposition répugne à l'esprit, et, d'ailleurs, il n'est pas nécessaire d'y

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avoir recours pour expliquer ce résultat, qui se conçoit fort bien d'après l'opinion précédente. Dans les ovules de douze jours, l'embryon se reconnaît sans la moindre difficulté. La transparence parfaite qu'ils ont conservée les rend même tellement propres à ce genre de recherches, que nous sommes bien convaincus, et chacun pourra former son jugement sur ce point, en comparant nos observations entre elles: nous sommes bien convaincus, disons-nous, que de tous les Animaux, les Mammifères sont ceux chez lesquels l'observation du premier âge de l'embryon s'exécute avec le plus de facilité. On pourrait même donner en quelque sorte l'expression numérique de cette différence, et nous savons, pour nous, par exemple, qu'il nous a fallu plus de cinq cents OEufs de Poule, plus de mille OEufs de Grenouille, pour établir chez chacun de ces Animaux les résultats que nous avons pu constater pour le Chien, avec une douzaine a'ovules seulement. Cela dépend uniquement de ce que, chez ce dernier, l'ovule est parfaitement limpide, en sorte qu'il n'est point nécessaire d'y toucher pour examiner l'embryon, tandis que pour les Batraciens, les Poissons et les Oiseaux, l'embryon se trouve appliqué sur une masse de substance opaque dont il faut toujours le dégager. En sorte que pour les Mammifères, la difficulté consiste seulement à se procurer des OEufs, tandis que pour les autres, lorsqu'on les possède, il est encore indispensable de se livrer à des dissections délicates, ou bien à des observations par réflexion, qui sont toujours bien plus fatigantes et bien moins sûres que celles qu'on opère par transmission. L'embryon se reconnaît donc aisément sur les ovules de douze jours; mais sa forme et ses dimensions varient; celles des ovules eux mêmes varient aussi, suivant qu'on les prend au sommet ou à la base des cornes. Comme nous devons suivre autant qu'il dépendra de nous la série des développemens, il faut donc commencer par ceux qui nous paraîtront les moins avancés. Ceux-ci ne sont plus ovales, et possèdent, au contraire, exactement la forme d'une poire qu'on supposerait très-régulière. A la première inspection, on peut y reconnaître trois parties. La tête de la poire est cotonneuse, marquée de petites taches plus opaques que la membrane, parfaitement arrondie et limitée par un bord frangé circulaire et déprimé légèrement. La queue est lisse, sillonnée de quelques plis très-faibles et profondément sinueuse au point où elle se réunit avec le corps de la poire. Celui-ci forme une espèce de bande ou de zône circulaire, plissée longitudinalement avec une sorte de régularité; mais elle est surtout remarquable à cause d'une dépression subcordiforme qui s'observe à la partie supérieure. C'est le siège du développement de l'embryon, et celui-ci peut déjà s'y reconnaître. On voit en effet une ligne plus noire ou plus épaisse partir du centre de l'écusson et aboutir à sa pointe. En suivant les progrès du développement, nous verrons que cette ligne est la moelle épinière ou son rudiment; c'est donc par elle que commence l'évolution du nouvel Animal.

Si l'on examine des OEufs plus avancés, on trouve leurs deux extrémités prolongées en cornes. Celles-ci sont situées dans l'axe des cornes de la matrice. Il en était de même dàns le cas précédent; mais nous n'avons pu nous assurer s'il y avait quelque chose de régulier dans l'ordre et l'apparition de ces prolongemens. Nous n'avons vu que deux ovules unicornes; en sorte que nous ne pouvons savoir si ce changement s'opère plutôt à la face qui est tournée vers la matrice, ou bien à celle qui regarde les trompes. Des observations plus nombreuses peuvent seules décider cette question. A cet âge, l'ovule est devenu lisse dans toute sa surface, sauf l'endroit où se trouve le fætus. La ligne primitive est plus longue; elle s'est entourée d'un bour-

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relet saillant, parallèle à sa direction, et l'on observe, dans la partie élargie de l'écusson, une espèce d'arc de cercle relevé en bosse. L'écusson lui-même n'est plus subcordiforme; il est devenu ovale-lancéolé. Plus tard, en donnant à cette expression un sens qui se rapporte à la grosseur de l'ovule, à la longueur du trait fætal et à la position de l'OEuf dans les cornes de la matrice, plus tard l'écusson a pris l'apparence d'une lyre; le croissant s'est prolongé et dessine à l'intérieur de celle-ci, une ligne qui lui est entièrement parallèle, et le bourrelet qui environne le rudiment nerveux, commence à perdre sur ses bords sa direction droite. Enfin, dans les OEufs plus avancés encore, on retrouve à peu près le même aspect; seulement tout le système compris dans l'écusson a éprouvé un allongement considérable. La zône qui borde le renflement intérieur s'est rétrécie; la partie qui correspond à la queue du fætus s'est prolongée en pointe, et le bourrelet qui environne la ligne primitive, semble devenir le siège d'une organisation plus active, qui s'annonce par l'apparition de plusieurs lignes sinueuses dans l'épaisseur de son tissu.

Passons à des fætus beaucoup plus âgés, car nous trouverions difficilement des observations propres à tracer l'histoire progressive du développement qui ressemble d'ailleurs, sous beaucoup de rapports, à celui des Oiseaux que nous examinerons plus bas. A une époque où le fætus est considéré comme ayant subi toutes les modifications qui lui sont nécessaires, on trouve dans l'ensemble de l'OEuf diverses parties qui ont été étudiées avec soin. Le corps du fætus est enveloppé d'un sac membraneux qui porte le nom d'amnios; ce sac est rempli d'un liquide séreux transparent dans lequel flotte le fætus. Ce premier sac membraneux est luimême enveloppé d'un second plus volumineux, nommé chorion, qui s'applique à la surface interne de la matrice, et y contracte çà et là quelques adhérences celluleuses. La surface externe du chorion est très-cotonneuse et comme veloutée; l'intervalle entre l'amnios et le chorion est également rempli de liquide. Chez la plupart des Mammifères on observe en outre une vésicule volumineuse qui porte le nom d'allantoïde; elle est placée dans l'intervalle de l'amnios et du chorion en avant de la face abdominale du fætus; outre les légères adhérences qui existent à. la surface externe du chorion, on remarque une masse spongieuse nommée placenta, au moyen de laquelle l'OEuf se trouve greffé à la matrice; cette masse est abondamment pourvue de vaisseaux. Enfin la communication vasculaire du fætus, avec ces diverses parties, s'établit au moyen du cordon ombilical qui envoie une artère et une veine au placenta, ainsi qu'aux diverses membranes citées,

Nous verrons dans l'OEuf des Oiseaux comment se forment ces membranes. L'amnios est un repli de la cicatricule même qui, de plane qu'elle était dans les premières heures, s'est recourbée de manière à former les cavités thoracique et abdominale; puis, revenant sur elle-même en haut et en bas, a formé autour du fætus un sac complet dans lequel il est resté enfermé; c'est le point de rencontre du premier pli sur la face abdominale qui sert de passage au cordon ombilical. D'après Dutrochet, l'allantoïde est une dilatation de la vessie urinaire prolongée, et le chorion lui-même n'est qu'un prolongement de l'ailantoïde qui s'est retourné et a enveloppé l'OEut' tout entier.

Quant au placenta, cet organe a été l'objet de recherches fort nombreuses. Nous avons déjà dit qu'il était abon damment pourvu de vaisseaux, les uns venant de la mère, les autres venant du fætus; les uns et les autres s'y divisent d'une manière excessive. La mère y envoie du sang artériel et en reçoit du sang veineux; l'enfant y lance du sang veineux et en retire du sang artériel. Une des principales fonctions du placenta se rapporte

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donc à la respiration du fœtus. Mais comment cette respiration s'effectuet-elle? On a pensé long-temps que le sang artériel de la mère arrivait au fœtus, et que le sang veineux du fœtus retournait à la mère. L'excessive division des vaisseaux du placenta servait à diminuer convenablement la rapidité du cours du sang de la mère, qui, parvenu dans ces vaisseaux, capillaires, n'obéissait plus qu'aux mouvemens du cœur de l'enfant. Les personnes qui se sont occupées de physiologie animale, s'apercevront aisément qu'une telle hypothèse fut établie par des médecins d'après la considération exclusive du fœtus humain. Mais, s'il est une partie de la physiologie où les idées de notre célèbre collaborateur Geoffroy Saint Hilaire puissent servir à deviner ce que nous ignorons, à classer et apprécier ce que nous savons, c'est sans contredit l'histoire du développement de l'OEuf. Tous les OEufs se ressemblent, tous possèdent les mêmes organes, jouissant des mêmes fonctions, au moins autant qu'on a pu le reconnaître jusqu'ici. Il était donc impossible, d'après les vues de l'anatomie comparée, que le fœtus mammifère communiquât directement avec la mère, puisque l'OEuf des Oiseaux en est complétement séparé. Du reste une expérience directe de Prévost est venue trancher toute difficulté sur ce point. En examinant le sang d'un jeune fœtus de Chèvre, il a pu s'assurer que ses globules étaient beaucoup plus volumineux que ceux du sang de la mère. Ainsi nul doute que le sang du fœtus mammifère ne soit produit par lui; nul doute qu'il ne se conserve exempt de tout mélange pendant le cours entier de la gestation. Mais comment la respiration s'effectue-t-elle? D'après ce qui se passe dans les Oiseaux, on aurait été conduit à penser que le chorion, appliqué immédiatement à la surface interne de la matrice, enlevait l'oxigène au sang artériel de la mère, et le transmettait au sang veineudu fœtus. C'est à peu près là ce qui se passe en effet; la portion fœtale du placenta peut être considérée à cet égard comme une dépendance du chorion, et, dans cette partie, les vaisseaux de l'enfant, très-nombreux et très-divisés, se juxtaposent aux vaisseaux de la mère, également divisés et nombreux; or, de même qu'une vessie pleine de sang veineux et fermée, qu'on abandonne à l'air, livre un passage assez facile à l'oxigène pour que ce sang s'artérialise, de même qu'une semblable vessie pleine de sang veineux qu'on plouge dans du sang artériel finit par contenir du sang oxigéné; de même sans doute par le simple contact du vaisseau vei neux fœtal et du vaisseau artériel de la mère, le sang de l'enfant enlève l'oxigène à celui de la mère.

Dans des circonstances aussi particulières, la nature ne s'est pas écartée d'un principe qui se retrouve dans tous les OEufs; c'est à la partie la plus externe de l'OEuf que s'opère la respiration. Sous ce rapport, c'est un problème bien piquant à étudier que la formation et le développement de l'OEuf des Marsupiaux! Quel arrangement de parties supplée aux organes qui paraissent manquer? que sont devenus ces mêmes organes? Ce sont là des questions de l'intérêt le plus profond sous le rapport de l'anatomie et de la philosophie naturelle. On se rappellera toujours avec reconnaissance le zèle avec lequel, depuis quelques années, Geoffroy Saint-Hilaire a saisi toutes les occasions d'en rappeler l'importance, et de hâter par ses recherches le moment où elles seront résolues.

OEUF DES OISEAUX. Dans l'OEuf des Oiseaux complet et pondu, on distingue une coque de nature calcaire, puis une masse d'albumine liquide qui enveloppe le jaune. Il est conséquemment nécessaire de s'occuper d'abord de la composition de ces matières et de la manière dont elles se produisent. Le jaune seul se trouve dans l'ovaire; il est renfermé dans un sac. membraneux, très-riche en vaisseaux sanguins. L'ovaire sc compose d'un

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grand nombre de ces sacs, dont l'ensemble lui donne la forme d'une grappe. Dans une femelle adulte, on en trouve de diverses grosseurs. Les plus développés contiennent un jaune assez volumineux, pour qu'il soit permis de croire qu'une fois sorti de l'ovaire, ce corps ne prend plus aucun accroissement. On a peu de notions sur la rapidité des développemens du jaune; mais il est probable cependant que quelques jours suffisent chez les Poules pour qu'un jaune de la grosseur d'une petite noisette, acquière la grosseur qu'on lui connaît à l'état parfait. C'est donc une sécrétion très-active que celle qui donne naissance à la matière propre du jaune. Cette matière est de nature assez compliquée; elle renferme un corps gras assez abondant, qu'on peut même en extraire par la pression, et qui est connu en médecine sous le nom d'Huile d'OEuf. Elle contient, en outre, un corps de nature albumineuse. On y distingue au microscope une foule de petits globules, dont beaucoup sont remarquables par leur extrême ténuité. La matière grasse, sous forme de gouttelettes, s'y reconnaît aisément. Lorsque le jaune est d'une grosseur suffisante pour être aperçu, on remarque que la substance qui le forme est renfermée dans une membrane mince, continue et fort transparente. Une petite tache blanchâtre et circulaire se laisse déjà apercevoir sur un point de la surface; c'est la cicatricule, siége du développement du futur Animal. Dès que le jaune a atteint le développement convenable, son enveloppe ovarienne se fend sur la ligne médiane, et le jaune devenu libre s'échappe. Il est saisi par le pavillon et passe dans l'oviductus. Parvenu vers la partie moyenne de celui-ci, il se recouvre d'une matière épaisse et glaireuse; c'est le blanc de l'OEuf qui se compose d'albumine à peu près pure. Un peu plus bas, une nouvelle sécrétion donne naissance à une membrane épaisse qui tapisse l'OEuf tout entier et l'enferme de toutes parts. Cette membrane ellemême s'incruste d'un dépôt terreux, essentiellement formé de carbonate de chaux. L'OEuf est ensuite pondu. Examinons-le dans cet état. Si l'on cherche à enlever la croûte calcaire, on voit qu'elle se sépare, ou du moins qu'elle tend à se séparer de la membrane sous-jacente. Cette membrane enlevée à son tour, on trouve le blanc, dont la disposition autour du jaune a donné lieu à des recherches importantes de la part de Dutrochet. Enfin, on parvient au jaune, qui se retrouve à peu près tel qu'il était sorti de l'ovaire. On y observe pourtant quelques différences toutes relatives à la cicatricule.

OEuf de l'ovaire. La cicatricule s'y montre parfaitement circulaire; elle est d'un blanc mat dans presque toute son étendue; mais, au centre, on y observe une tache d'un jaune foncé, qui paraît due, soit à une solution de continuité dans la membrane externe et la portion blanche, soit à une solution de continuité dans la position blanche seulement. Prévost pense que ce point est occupé par une vésicule membraneuse et transparente. Quoi qu'il en soit, ce point central mérite un examen approfondi. Lorsqu'on enlève la membrane externe du jaune, on trouve au-dessous une petite tache de matière blanche assez épaisse, granuleuse, sans connexion apparente soit avec la matière du jaune, soit avec la membrane elle-même. Cette petite masse est sillonnée sur les bords de raies concentriques plus ou moins régulières. Nous retrouverons une cicatricule analogue dans les OEufs de tous les autres Animaux. Rien de semblable ne s'est présenté cependant dans ceux des Mammifères. Sous ce rapport, l'existence d'une vésiculeau centre de la cicatricule serait une découverte du plus haut intérêt, puisqu'elle rattacherait la forme du développement du fœtus dans les OEufs à cicatricule, à celle de ce même développement dans les OEufs des Mammifères. Cette découverte

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importante, nous le répétons, est due plus particulièrement à Prévost. Ce qui suit est tiré de nos recherches communes.

OEuf de Poule infécond. Il semblerait que la cicatricule de cet OEuf dût se rapporter à la forme que nous avons déjà signalée dans l'ovaire. Il n'en est pourtant pas ainsi; elle se distingue, soit de cette dernière, soit de la cicatricule de l'OEuf fécondé, par des différences très-marquées, et un seul coup-d'œil suffit lorsqu'on est exercé à ce genre de recherches. Mais les personnes qui font cet examen pour la première fois, doivent y employer une loupe faible et très-nette.

A l'œil nu on ne voit qu'une petite masse blanche, granuleuse, de torme irrégulière, entourée de quelques cercles d'un jaune pâle, peu distincts, et qu'il est quelquefois tout-à-fait impossible d'apercevoir. Lorsqu'on examine cette partie à la loupe, on reconnaît que sa forme n'est point sans régularité: en effet, cette substance blanche n'est autre chose qu'un réseau qui laisse voir le jaune au travers de ses mailles et dont le centre est occupé par une portion compacte plus épaisse et plus blanche; la zône grillée extérieure part de ce point central sous forme d'irradiation. Quand on a enlevé la membrane du jaune on distingue beaucoup mieux cet aspect réticulé, la cicatricule qui demeure adhérente à celui-ci se brise en petits grains si l'on, essaie de la détacher.

Malpighi avait déjà reconnu cette apparence que nous avons toujours vue, pourvu que les OEufs fussent suffisamment frais. L'incubation la fait varier quelquefois, et nous allons en citer un exemple: en examinant un OEuf couvé pendant six heures, la membrane du jaune ayant été enlevée, entraîna la cicatricule qui s'en détacha pourtant avec facilité; celleci avait quatre à cinq millimètres de diamètre, et était percée de trous qui lui donnaient l'apparence d'une dentelle. A la loupe elle offrit tous les caractères delà cicatricule inféconde, à cela près que la masse centrale était beaucoup moins considérable. Nous n'avons en que trois fois l'occasion de vérifier cette observation, bien que nous ayons ouvert plus de cinq cents OEufs inféconds qui avaient été couvés pendant un temps plus ou moins long; dans tous les autres OEufs, la cicatricule n'avait pas subi la moindre altération.

Ces trois exemples peuvent-ils suffire pour faire admettre dans la cicatricule inféconde une faculté de végétation aussi remarquable? Quoi qu'il en soit de l'opinion qu'on pourra se former sur ce point, nous avons cru convenable de les mentionner ici. Nous publierons incessamment un dessin exécuté avec beaucoup de soin d'après celle dont nous avons parlé en premier lieu.

Telles sont les seules circonstances que nous ayons pu remarquer dans les OEufs privés de l'influence fécondante. Il arrive pourtant quelquefois qu'on trouve sur leur membrane des vaisseaux remplis d'un sang rouge parfaitement distincts; mais leur position qui n'a rien de régulier et la forme des globules du sang qu'ils renferment ne laissent aucun doute sur leur origine; ils proviennent de la membrane de l'ovaire qui s'est soudée accidentellement dans ces parties avec le jaune lui-même. D'ailleurs de tels vaisseaux se rencontrent fréquemment sur des OEufs fécondés, et l'on peut alors s'assurer qu'ils n'ont réellement aucune connexion avec le système circulatoire de l'Animal.

OEuf fécondé. Les observations que nous avons faites sur l'OEuf fécondé avant l'incubation ont été répétées un très-grand nombre de fois; elles nous ont toujours fourni le même résultat; cependant, pour plus d'exactitude, nous avons cru devoir donner la préférence à la description que nous en avons faite plusieurs fois sur des OEufs extraits de l'oviducte, quelques heures avant la ponte. Sur ces derniers, la cicatricule a six millimètres de diamètre; son centre est occupé par une portion membra-

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neuse uniforme qui a 1, 5 à 2 mm. de diamètre et qui offre une apparence légèrement lenticulaire. Il est entouré par une zône plus compacte et plus blanche, limitée par deux cercles concentriques d'un blanc mat. Dans la portion intérieure et transparente de la membrane, on trouve en outre un corps blanc un peu allongé, disposé comme le rayon d'un cercle. En effet, sa partie céphalique, comme nous le reconnaîtrons par la suite, arrive jusqu'au milieu; sa portion inférieure, au contraire, en touche la circonférence. On peut apercevoir dans ce corps une ligne moyenne, blanche et arrondie au sommet. Elle est entourée d'un bourrelet également blanc qui l'environne de tous côtés, et avec lequel sa partie inférieure se confond. Lorsqu'on a enlevé la membrane du jaune, on retrouve le même aspect, mais plus distinct, surtout dans les premiers momens, avant que l'eau ait agi sur le jaune suffisamment pour le blanchir.

Si l'on essaie d'enlever la cicatricule, on y parvient aisément, mais elle entraîne avec elle une petite masse blanche, granuleuse, située audessous d'elle et adhérente à sa zône extérieure. Pour les séparer, il suffit de renverser la cicatricule et d'émietter la petite masse dont nous parlons. On voit alors que le blastoderme consiste en une membrane d'un tissu lâche et cotonneux, très-granuleuse au microscope. Le fœtus se montre comme une trace linéaire entourée d'une espèce de nuage obscur.

Avant de passer à la description des développemens que nous offriront les heures subséquentes, il ne sera pas inutile de donner ici quelques détails sur notre manière d'observer.

L'examen de la cicatricule, avant de l'avoir séparée du jaune, doit se faire dans un lieu peu éclairé; on la met sous l'eau, et l'on fait tomber sur le point qu'on veut regarder un rayon de soleil concentré par une lentille; il est impossible, avec ces précautions, de ne pas retrouver les formes que nous venons d'indiquer, et il est très-probable que c'était la méthode dont usait Malpighi, quoique cet auteur ne nous ait laisse aucun éclaircissement à cet égard. Éclairé de la sorte, le fœtus se laisse apercevoir à l'œil nu, mais on le distingue mieux avec des loupes qui grossissent de dix à vingt fois: l'on ne saurait dépasser cette limite avec avantage, les granulations de la membrane du jaune, en se prononcant, cacheraient les objets situés au-dessous d'elle.

Pour enlever cette membrane, on y pratique avec des ciseaux bien acérés une section circulaire à quelque distance de la cicatricule; dans les premiers instans, elle se sépare de celle-ci, et la laisse adhérente au pourtour extérieur du nucléus; plus tard, elle l'entraîne. La zône extérieure dont nous avons parlé ayant contracté des adhérences avec elle et s'étant entièrement isolée du nucléus, avec une aiguille très-fine on rompt ces adhérences; après quoi l'on peut voir la cicatricule soit par réflexion en la plaçant sur un fond noir, soit par transparence, en l'éclairant inférieurement au moyen d'un miroir. Ces deux genres d'observations doivent même être mis concurremment en usage; l'un d'eux indique des formes que l'autre n'exprime pas, et en se critiquant mutuellement, ils donnent sur la vérité des apparences, des garanties que l'on n'obtiendrait pas en s'en tenant à un seul.

OEuf après trois heures d'incubation. La cicatricule a 8 millimètres de diamètre; sa partie interne et transparente en a trois; le fœtus a 1, 1 mm. de longueur; l'aire transparente se distingue de la petite glèbe subjacente, et il s'est déposé entre elles une couche de sérosité fort claire qui, par la pression qu'elle exerce, donne à la membrane un peu de convexité, et lui fait assez bien simuler une vésicule remplie de liquide dans la portion supérieure de laquelle flotterait le fœtus; aussi Malpighi l'a-t-il mal à propos considérée comme un sac am-

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niotique. Cette erreur est d'autant plus importante à rectifier, qu'elle a donné lieu à beaucoup de commentaires, et qu'elle a été reproduite par des observateurs récens. Le pourtour de la cicatricule entre les cercles qui le circonscrivent prend plus de consistance; son aspect est d'un blanc mat; quelquefois il prend un arrangement en cercles concentriques sur lesquels se dessinent des lignes rayonnantes.

Le trait qui forme la partie rudimentaire du foetus s'environne d'un nuage plus étendu, au centre duquel il se dessine en blanc lorsqu'on l'examine par réflexion; son extrémité supérieure est légèrement pyriforme. Lorsqu'on a détaché l'aire transparente pour la voir par transmission, il faut l'enlever rapidement au moyen de la plaque de verre sur laquelle on veut la placer, car si elle se plisse, il est difficile de la déployer de nouveau sans la gâter. Le fœtus, vu par transparence, présente une ligne noire, terminée, comme nous l'avons dit, par un petit renflement situé à sa partie antérieure.

OEuf après six heures d'incubation. Le petit renflement de l'aire pellucide est devenu plus saillant; la cicatricule entière a acquis un diamètre de 8, 5 mm. de diamètre; sa portion transparente en a 3, 5; le fœtus 1, 8 de longueur. Celui-ci, lorsqu'on l'examine, soit à l'œil nu, soit à l'aide d'une faible loupe, offre un aspect entièrement semblable aux descriptions précédentes; mais sa forme est devenue tellement distincte, qu'on ne peut imaginer par quelle fatalité l'aspect en a échappé si complètement à Pander, surtout lorsqu'il a cherché à retrouver les descriptions de Malpighi. La cicatricule adhère au jaune Par toute la zône épaisse qui entoure l'aire pellucide, mais elle s'en détache plus aisément. On pourrait craindre d'avoir été induit en erreur par les fausses apparences que le nucléus est susceptible de produire, mais il suffit d'enlever la cicatricule après l'avoir mise à découvert en coupant la membrane du jaune. On voit très-bien alors le corps all ngé, composé, comme nous l'avons déjà dit, du renflement nébuleux et de la ligne qui en occupe l'axe: en général, celle-ci se voit moins bien au premier abord, puis elle se dessine mieux peu après, probablement à cause de l'action de l'eau qui la blanchit. Enfin, elle disparaît en raison des froncemens que la cicatricule éprouve.

L'aire pellucide, à cette époque, a pris une forme un peu ovalaire dans la direction du trait fœtal. Nous entrerons ici dans quelques détails sur sa composition élémentaire; elle reste sensiblement la même pendant les heures qui précèdent et suivent celle- ci, jusqu'à une époque plus avancée où nous aurons soin de le remarquer; cette membrane, vue par transmission à l'aide d'un grossissement de trois cents diamètres, présente une forme tout-à-fait analogue à celle des membranes celluleuses en général; et telle que nous l'a donnée d'une manière exacte Henri-Milne Edwards, dans sa thèse, elle est composée de séries de petits globules réunis en chapelets qui se portent en différentes directions, en formant une espèce de trame irrégulière ou de tissu spongieux; dans certains endroits, les globules s'entassent, la lame cellulaire s'épaissait, et il en résulte de petites taches cotonneuses qui donnent quelquefois à la cicatricule un aspect moucheté tout-à-fait particulier lorsqu'elle est placée sur une glace bien pure.

OEuf après neuf heures d'incubation. La cicatricule a 9 mm. de diamètre; l'aire transparente en a 4. La forme ovalaire continue à se prononcer de plus en plus. Le nuage qui entoure le trait rudimentaire a pris quelque chose de moins confus; les bords qui le terminent sont mieux arrêtés, et ce trait lui-même a maintenant atteint 2, 7 mm. de longueur. Les changemens que nous avons décrits jusqu'à cette époque se sont bornés, comme il est aisé de s'en convaincre, à une simple extension des parties qui se

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rencontraient déjà dans la cicatricule fécondée avant l'incubation; la ligne primitive était devenue plus longue; le bourrelet qui l'avoisine s'était élargi; la cicatrieule avait acquis un plus grand diamètre, et son aire pellucide était elle-même plus allongée, et avait pris la figure que les botanistes désignent sous le nom de subcordiforme; mais de ces diverses altérations aucune n'avait encore atteint plus spécialement des parties déterminées de la cicatricule; bien au contraire toutes celles-ci semblaient avoir éprouvé le même effet général. Maintenant nous allons observer un genre d'action très-singulier en ce qu'il s'opère à une certaine distance de la ligne primitive qui paraît cependant en être la cause efficiente, L'aire pellucide va devenir le théâtre de métamorphoses diverses qu'il est très-important de suivre pas à pas puisque leur résultat définitif doit être l'édification complète du corps de l'Animal. Nous ne verrons pas la nature arriver tout-à-coup à ces formes finies qui doivent persister ensuite pendant toute la vie de l'être qu'elle s'occupe à créer, mais elle nous fera sentir par le choix même des voies détournées qu'elle emploie, qu'elle ne peut rien amener d'une manière abrupte, et qu'il lui est indispensable de parcourir certaines formes intermédiaires. Souvent même il serait aussi impossible de deviner le résultat auquel elle parviendra par la suite, que d'imaginer l'utilité présente de l'appareil qu'elle vient de construire.

OEuf après douze heures d'incubation. Les changemens dont nous avons remarqué la première origine, vers la neuvième heure de l'incubation, ont pris une extension complète; nous avons vu alors qu'une petite portion du bord supérieur de l'aire transparente s'était soulevée et en déprimait le contour sous la forme d'un bourrelet; pendant ces trois heures qui séparent cette époque de la précédente, celui-ci s'est avancé vers la base de l'aire pellucide en parcourant progressivement toute sa surface, comme le ferait une onde légère; toutes les portions comprises dans son trajet se sont relevées en bosse, et rien ne pourrait maintenant indiquer la cause à laquelle cet écusson doit sa naissance; le pourtour immédiatement en rapport avec la zône épaissie, n'a point participé à ce genre d'action, et il est resté parfaitement horizontal; de telle sorte que la partie interne de l'aire transparente se dessine en relief au-dessus de lui. Par une macération d'une heure, cette membrane se sépare en deux feuillets qui, dans l'état ordinaire, sont exactement superposés l'un à l'autre, et entre lesquels nous verrons plus tard courir les vaisseaux sanguins. La cicatricule a maintenant onze millimètres de longueur, sur un peu moins de largeur; elle adhère par son pourtour à la membrane du jaune, mais faiblement. Cette disposition donne beaucoup de facilité pour l'enlever et la placer sur une plaque de verre. L'aire transparente a pris une longueur de cinq millimètres, sur une largeur de trois, et le trait primitif qui s'est légerement prolongé se fait remarquer par sa forme plus arrêtée. Sa position est d'ailleurs toujours la même, il occupe la partie moyenne du disque, et le nuage blanc dont il est enveloppé s'accroît en diamètre dans la même proportion.

Le nucléus, qui est fixé par sa circonférence au bord interne de la zône épaisse, ainsi que nous l'avons déjà dit, a été entraîné par celle-ci; à mesure qu'elle a augmenté de dimensions, ce corps a en conséquence éprouvé des altérations successives; son centre a commencé par se creuser un peu; puis il s'est aminci et même perforé de manière à laisser le vitellus à découvert; il s'en est détaché des portions circulaires qui se sont séparées de la zône épaisse, lorsque la circonférence de celle-ci a augmenté. Enfin nous le verrons se subdiviser peu à peu, et même disparaître entièrement en se confon-

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dant, soit avec la zône épaisse, soit avec la substance du jaune subjacent. Ces diverses altérations du nucléus, qui nous semblent purement mécaniques et sans importance quelconque, ont été décrites et mesurées minutieusement par Haller et beaucoup d'autres auteurs qui les ont d'ailleurs confondues avec les bords de la cicatricule. Ils ont désigné sous le nom de Halons, les cercles blancs qu'ils apercevaient autour du fœtus, et Haller en particulier les a pris pour des organes essentiels, et a soumis la rapidité de leur accroissement à des calculs qui n'ont aucun fondement.

OEuf après quinze heures d'incubation. Cette époque n'est marquée par aucun progrès saillant; la cicatricule s'est accrue; elle a treize millimètres de longueur; l'aire transparente a six millimètres. Le disque commence à se rétrécir latéralemènt et prend la forme d'une lyre renversée; le trait fœtal a quatre millimètres de longueur; il occupe la partie moyenne du disque, et se termine par un petit renflement analogue à celui qu'on observe à l'extrémité céphalique, mais beaucoup moins marqué; ce nuage blanc qui l'entoure, s'élargit tout-à-coup depuis le tiers supérieur en bas, d'une manière très-considérable. Cette circonstance de développement est caractéristique de l'heure à laquelle nous observons.

OEuf après dix-huit heures d'incubation. Le disque qui porte la ligne primitive a pris une apparence très- différeute. Supérieurement il s'est rétréci en s'arrondissant, et le pli que la membrane a formé en exécutant ce changement, s'est rabattu comme une toile au-devant de l'extrémité céphalique du trait. Latéralement ses bords sont devenus très- concaves à la partie moyenne; plus has ils reprennent leur convexité et finissent par se rencontrer sous un angle aigu, ce qui le fait comparer à un fer de lance; la ligne primitive occupe la partie médiane. La bordure opaque qui l'entoure forme de chaque côté, dans ses deux tiers inférieurs, deux petits bourrelets entre lesquels elle est reçue comme dans une petite gouttière. C'est là l'origine du canal vertébral que nous verrons bientôt s'achever. Si l'on tourne la cicatricule sur son autre face, cette apparence devient encore plus manifeste, car on voit la concavité des plis entre lesquels est placée la gouttière. On conçoit que sous de telles conditions la région dorsale du fœtus nous présente une forme arrondie; le trait fœtal se dessine au travers de la membrane; et ce nuage blanc qui l'environnait s'est transformé en ces deux plis longitudinaux qui l'accompaguent dans toute sa longueur.

Nous donnerons maintenant le nom de fœtus au disque ainsi transformé; sa région supérieure et postérieure est arrondie, demi-sphérique; on aperçoit, au travers, le pli rabattu dont nous avons déjà parlé. Replaçons la cicatricule dans sa situation naturelle; l'aire transparente, dont nous n'apercevions qu'un bord étroit dans les heures précédentes, est devenue plus large. Le disque s'étant beaucoup plus resserré et n'en occupant plus qu'une moindre surface, nous apercevons dans sa partie supérieure quelques traces d'un pli circulaire au bord de la zône épaisse; il formera bientôt une ligne distinguée par sa plus grande blancheur, et qui séparera la bordure épaisse de l'aire transparente. Quant aux mesures précises de cette époque, nous trouvons 16 mm. pour le diamètre de la cicatricule, six pour le plus long de l'aire transparente, et 5, 2 mm. pour le fœtus.

OEuf après vingt-une heures d'incubation. Le fœtus a 6, 3 mm. de longueur. Le pli supérieur que nous avons vu commencer vers la dixhuitième heure à se rabattre en avant, a descendu plus bas, et le double feuillet de la membrane qui le forme a pris de l'épaisseur. Elle a perdu l'apparence d'une lyre; les côtés des-

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cendent à peu près en droite ligne, et se terminent inférieurement en se joignant à angle aigu, et en fer de lance, comme nous l'avons vu précédemment. Les deux bourrelets qui doivent former le canal vertébral se rapprochent et commencent à cacher la ligne primitive vers leurs deux tiers inférieurs à droite et à gauche, et à la même hauteur deux plis descendent et se dirigent en bas et en dehors; leur légère concavité est tournée en dedans; ce sont les premiers linéamens qui désignent le pelvis. Entre les deux feuillets de l'aire transparente et intérieurement au cercle qui la circooscrit maintenant, il s'est développé une lame de tissu spongieux qui, plus épaisse extérieurement, finit par se perdre en s'avançant vers la partie où est placé le fœtus. C'est dans cette membrane et la ligue blanche circulaire dont nous avons parlé, que nous allons voir paraître les premiers globules sanguins; c'est là que commenceront à se développer les vaisseaux où ils se rassemblent. La partie que nous voyons se développer a la plus grande importance, relativement à la sanguification; elle s'étendra de l'intérieur à l'extérieur, et finira par recouvrir tout le jaune, restant pendant quelques jours le principal siége de la sanguification. La densité de la substance du jaune paraît uniforme, et cette assertion sera sans doute regardée comme peu d'accord avec tout ce qu'on a dit sur la faculté qu'il possède de se placer de manière que le fœtus en occupe la partie supérieure; mais on n'a pas suffisamment distingué les circonstances de ce phénomène. Dans les premiers temps, c'est-à-dire à l'instant de la ponte et pendant les six premières heures de incubation; le jaune n'affecte aucune situation déterminée, mais à mesure que la cavité placée entre la cicatricule et le jaune vient à s'agrandir, l'on aperçoit dans celui-ci une tendance très-marquée à flotter dans la situation désignée par les auteurs. Le fœtus en occupe toujours la partie supérieure, et dès le second jour il est arrivé de tels changemens dans la densité relative, du jaune et du blanc, qu'on voit ce dernier se placer constamment dans la portion inférieure del'OEuf, tandis quela ci- catricule se porte dans la supérieure, où on la voit paraître aussitôt qu'on a enlevé la coquille. Cette disposition est due à la sérosité qui s'accumule au-dessous de la cicatricule, et dont le poids spécifique étant moindre que celui de la substance du jaune, en rompt l'équilibre, et oblige la place qu'elle occupe à se tenir dans l'endroit le plus élevé. Ainsi sera atteint par un mécanisme fort simple un but très-important, qui est de mettre la cicatricule en rapport aussi immédiat que possible avec l'oxigène de l'air.

OEuf de vingt-quatre heures d'incubation. Les trois heures qui séparent l'époque dont nous allons nous occuper, de la précédente, offrent ce phénomène singulier qu'il n'est parvenu aucun changement dans la dimension du fœtus, et que les altérations qu'on y observe se sont circonscrites pour ainsi dire dans les limites qui arrêtaient sa forme précédemment. Elles n'en sont pour cela ni moins importantes, ni moins curieuses, car il est déjà facile de reconnaître, sur les deux renflemens longitudinaux qui courent parallèlement à la ligne primitive, trois points arrondis plus consistans dont on voit plus tard le nombre s'accroître avec rapidité. Cè sont les rudimens des vertèbres. Les lignes qui terminent en dedans chacun des renflemens sont devenues sinueuses de droites qu'elles étaient auparavant. Elles se rapprochent au-dessus du trait primitif dans les points correspondans aux petites traces vertébrales. La ligne primitive elle-même s'est considérablement gonflée à sa terminaison inférieure, et présente très-nettement l'origine du sinus rhomboïdal dont la forme peut déjà même se distinguer. Au-dessous du point où elle s'arrête les renflemens latéraux vien-

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nent se réunir après avoir décrit une courbe gracieuse et parallèle à celle du sinus rhomboïdal lui-même. La portion céphalique n'a pas éprouvé des changemens aussi considérables, seulement la partie de la membrane qui se rabat en avant a continué sa marche et descend toujours vers la région moyenne du fœtus dont le sommet se trouve ainsi considérablement dégagé de toute adhérence latérale. Les renflemens longitudinaux se trouvent débordés par deux ailes qui sont placées à peu près sur le plan de l'aire pellucide dont elles font encore réellement partie. Celle- ci continue à se diviser en deux zônes distinctes dout l'externe devient toujours plus opaque par l'accroissement progressif d'épaisseur dans la membrane vasculeuse. Mais ce qu'il y a de remarquable, c'est que l'état du fœtus et celui de l'aire transparente ayant peu changé relativement aux dimensions, la cicatricule n'en a pas moins continué à s'étendre et se trouve à présent avoir un diamètre de vingt-un millimètres.

TABLEAU des accroissemens du Fœtus et de la Cicatricule pendant les premières heures de l'incubation.

DATE. CICATRICULE. AIRE TRANSPARÉNTE. FOETUS. DATE. CICATRICULE. AIRE TRANSPARENTE. FŒTUS.
heure. mm. mm. mm. heure. mm. mm. mm.
0 6,0 2,0 0,9 30 25,0 9,5 7,0
3 8,0 3,0 1,1 33 27,0 9,5 7,0
6 8,5 3,5 1,8 36 31,0 10,0 7,5
9 9,0 4,0 2,7 39 34,0 11,0 7, 5
12 11,0 5,0 3,0 42 38,0 12,0 8,5
15 13,0 6,0 4,0 45 39,0 13,5 9,0
18 16,0 6,0 5,2 48 48,0 16,0 9,0
21 19,0 8,0 6,3 54 60,0 16,0
23 21,0 8,0 6,3 60 70,0 19,0 11,0
27 22,0 9,0 6,3

Dès la trentième heure, le Poulet nous permet d'assister au développement des principaux organes que l'Animal adulte doit conserver. Nous avons déjà émis dans cet ouvrage (V. CŒUR) nos idées sur le développement du cœur et sur la formation du sang. Le célèbre anatomiste Serres, dans le premier volume de son Anatomie comparée du cerveau, s'est Occupé d'une manière très-heureuse de l'étude du développement de l'encéphale du Poulet; nous n'entrerons donc dans aucun détail sur ces deux points de son histoire. Nous allons au contraire examiner avec la plus grande attention le développement des membranes propres à l'OEuf, et nous verrons ensuite quel est le rôle qu'elles jouent dans l'incubation.

Vers la trentième heure, un réseau vasculaire a commencé à s'établir sur la cicatricule. Le sang part à droite et à gauche du Poulet, se divise dans un lacis de capillaires, puis arrive dans un vaisseau général qui le ramène en haut ou le dirige en bas; de-là il revient au cœur. Rien de nouveau ne se montre jusqu'à la quarante-cinquième ou quarantesixième heure; mais à cette époque on aperçoit vers la région abdominale du Poulet une petite vésicule membraneuse et transparente. Cette vésicule, d'abord de la grosseur d'une tête d'épingle, se développe rapidement, s'étale d'abord à la partie supérieure du jaune, et finit plus tard par envahir toute la surface interne de la coquille contre laquelle elle se

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trouve appliquée. La portion de la vésicnle qui est au contact de la coquille est abondamment fournie de vaisseaux, et le cours ainsi que la nature du sang démontrent que le sang qui s'y rend est veineux, que celui qui en revient est artériel. Cette vésicule correspond sans doute à l'allantoïde et au chorion des Mammifères.

Quant à l'amnios, dès le troisième jour il s'aperçoit bien distinctement, il est même formé plus tôt. Sa formation est évidemment due à un repli de la cicatricule qui enveloppe le Poulet après avoir formé la cavité abdominale. Pander a parfaitement décrit les diverses modifications que cette lame éprouve.

On voit donc que dans le Poulet il y a trois époques bien distinctes. Dans la première, il n'y a pas encore de sang. Dans la seconde, la circulation se porte principalement sur la cicatricule. Dans la troisième, les vaisseaux de la cicatricule perdent de leur importance ou changent de fonction et la circulation se dirige sur l'allantoïde. Ce terme atteint, l'OEuf n'offre plus de nouvelles modifications, le Poulet se développe peu à peu, le jaune se trouve enclavé dans abdomen lorsque celui-ci se ferme, et le jeune Animal perce sa coquille.

De la respiration du Poulet dans l'Œuf.

Le Poulet dans l'OEuf respire, c'est-à-dire qu'il s'empare de l'oxigène de l'air et le transforme en acide carbonique, c'est ce que nous mettrons hors de doute. Nous avons à cet égard à examiner comment cette respiration s'opère d'après les données anatomiques et comment elle peut se prouver et se coucevoir d'après les données physiques ou chimiques.

Pris dans l'oviducte, l'OEuf tout formé est entièrement plein. Mais dès qu'il est exposé à l'air une portion de l'eau s'échappe par évaporation, un vide proportionnel s'établit dans l'OEuf, et la membrane intérieure qui recouvre le blanc se sépare de la coque à l'un des bouts, entraînée par le blanc qui diminue de volume. Une cavité plus ou moins forte s'établit dans ce point. L'étendue de cette cavité indique assez bien la durée du séjour de l'OEuf dans l'air. Huit OEufs d'un à deux jours nous ont fourni, en les ouvrant sous l'eau, trois centimètres cubes de gaz. Ainsi l'étendue moyenne de la partie vide était de 3/5 de centim. cub. pour chacun d'eux. Ce gaz nous a paru de l'air ordinaire à peu près pur. Dans les OEufs plus anciens, les cavités deviennent bien plus grandes; on en trouve qui fournissent jusqu'à cinq centimètres cubes de gaz, mais le plus souvent on n'en retire que deux ou trois. Dans ces derniers ce n'est plus de l'air ordinaire, le gaz qu'on en obtient renferme deux ou trois centièmes d'acide carbonique, seize ou dix-sept centièmes d'oxigène, et quatre-vingt ou quatre-vingt- deux d'azote.

Par l'acte de l'incubation le même vide se forme, l'air y pénètre également, mais il perd plus tôt et plus complètement son oxigène. Il ne faudrait pourtant pas croire que toutes les époques de l'incubation exigent également la présence et le concours de l'air. Des expériences bien curieuses de Geoffroy Saint-Hilaire nous montrent le contraire. Pendant les premières heures, le fœtus semble susceptible d'un léger développement même à l'abri du contact de l'air. C'est ce qu'il faut conclure des effets observés par Geoffroy Saint-Hilaire dans les Poules dont l'oviducte fut lié quelques instans avant la ponte. D'après l'étendue des cicatricules, on peut juger que cette incubation à l'abri du contact de l'air conduisit ces OEufs jusqu'au développement qui correspond à la quinzième heure de l'incubation, peut-être même jusqu'à la vingtième; mais au-delà de ce terme la présence de l'air paraît indispensable; du moins les OEufs, quoique couvés plus long-temps dans le corps de la Poule, se sont-ils arrêtés

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vers cette époque. Remarquons à cet égard que le jaune paraît en effet indifféremment flottant jusqu'à la douzième ou à la quinzième heure, et que ce n'est qu'à cette époque qu'il prend une situation, déterminée évidemment par la nécessité de se mettre en rapport direct avec l'air extérieur. Ajoutons que ces expériences devraient être répétées dans des gaz variés pour qu'on pût en tirer une conclusion certaine.

Il n'en est pas de même des heures suivantes. La physiologie et la chimie y montrent également tous les signes d'une respiration active et continue. En effet, à mesure qu'il se forme sous la cicatricule un dépôt de liquide, cette partie de l'OEuf acquiert une densité moindre que celle du restant du jaune et tend toujours à se placer en haut. La densité de l'ensemble du jaune devient bientôt, par suite de la même cause, moindre que la densité du blanc, et dans quelque position que l'OEuf soit placé le jaune s'élève, s'applique contre la paroi interne de la coque, et la partie occupée par le Poulet est toujours celle qui se présente immédiatement au contact de la coque. Les vaisseaux du jaune se trouvent ainsi placés sous l'influence de l'air extérieur. Mais plus tard ce mécanisme devient moins utile; la vésicule ombilicale ayant envahi toute la surface interne de l'OEuf, elle fait fonction de poumon et remplace complètement les vaisseaux propres au jaune sous ce point de vue. La simplicité du but et celle des moyens se font également admirer dans ce mécanisme. Tant que le Poulet n'a pas besoin d'air, le jaune qui le porte flotte à l'aventure; dès que ce besoin se fait sentir une légère diminution de densité porte le jaune vers cet air qui lui est nécessaire, et l'emploi de ce moyen cesse lorsque le Poulet plus développé a pu envoyer des vaisseaux dans toutes les parties de son étroite prison, qui recoivent le contact de l'atmosphère.

Un examen attentif de ces phénomènes ne laisse guère de doute sur leur but. Quelques essais chimiques entraîneront une pleine conviction à cet égard. Observons d'abord que la coquille est bien perméable à l'air. On ne saurait en douter puisqu'à la place de l'eau qui s'évapore nous voyons arriver de l'air pur dans l'OEuf. Ce remplacement continue sans aucun doute pendant toute la durée de l'incubation, mais à mesure que celle-ci avance, l'air renfermé dans le bout vide perd plus vite son oxigène. En effet, dans les OEufs dont l'incubation est avancée, l'air qu'on extrait du bout vide ne contient plus que 14 ou 15 pour cent d'oxigène, au lieu de 21; à la vérité des OEufs inféconds soumis à la même épreuve donnent des résultats analogues. Après huit ou dix jours d'incubation, l'air renfermé dans la partie vide de ces OEufs ne contient quelquefois que 10 ou 12 pour cent d'oxigène. On pourrait penser d'après cela que l'absorption d'oxigène qui a lieu dans les OEufs fécondés, n'est pas nécessairement liée aux phénomènes de la vie du Poulet, et qu'elle résulte de la réaction de l'air sur la matière animale de l'OEuf. Toutes les incertitudes sur ce point cessent sil'on compare les effets obtenus par l'incubation des OEufs clairs et des OEufs féconds en vaisseaux clos. Les premiers absorbent bien moins d'oxigène et fournissent bien moins d'acide carbonique que les seconds. D'ailleurs au bout de huit jours les OEufs clairs donnent une quantité d'acide carbonique à peu près la même pour un temps donné, tandis que dans les OEufs féconds cette quantité augmente rapidement et devient d'autant plus forte qu'on se rapproche davantage de l'époque où le Poulet doit éclore.

Il nous paraît donc évident que le Poulet respire au moyen de l'air qui se tamise au travers de la coquille et qui arrive au contact des membranes vasculaires de l'Animal.

Des diverses méthodes d'incubation.

Tous les OEufs, pour se dévelop-

TOME XII. 8

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per, ont besoin du contact de l'air ou plutôt de l'oxigène de l'air. Mais en outre les fœtus des Animaux à sang chaud ne peuvent se passer de l'influence d'une température élevée, comprise dans les limites de 28 ou 30° centigrades au moins, et de 44 ou 45° centigrades au plus. Il en résulte, quant aux OEufs des Oiseaux, que si on les abandonnait à eux-mêmes, ils n'éprouveraient aucun changement organique; dans les circonstances ordinaires la mère les couve, c'est-à-dire en élève la température en s'accroupissant sur la masse d'OEufs qu'elle a pondus et rassemblés dans son nid. Elle ne quitte cette position fatigante qu'une fois ou deux par jour pour prendre sa nourriture et pour retourner les OEufs, afin qu'ils soient tour à tour amenés au contact de son corps. On conçoit que dans de semblables circonstances les OEufs ont à la fois la chaleur et l'air qui leur sont nécessaires.

Les OEufs de Poule étant le plus souvent choisis par les observateurs, à cause de leur abondance et de leur bas prix, dans les recherches relatives à l'incubation, nous entrerons dans quelques détails sur les procédés les plus commodes pour diriger cette opération, sans être astreint à des soins trop assidus. Les Poules ordinaires couvent assez bien pendant vingt ou vingt-cinq jours, mais lorsqu'au bout de ce temps, les OEufs ne sont pas éclos, leur patience se lasse vite, elles cessent ae couver, et le plus souvent crèvent à coups de bec es nouveaux OEufs qu'on leur confie. Il n'en est point de même des Poules d'Inde; à cet égard leur instinct est tout-à-fait différent, et leur ténacité sans bornes. Elles couvent pendant cinq mois, six mois, en un mot elles couvent jusqu'à ce qu'elles succombent à l'état de marasme auquel ce genre de vie les réduit; nous en avons eu plusieurs exemples dans le cours de nos expériences. Toutes ont montré la même résignation, sans examiner si on renouvelait les OEufs, si on en ôtait, si on en ajoutait, tandis que les Poules ordinaires cessent souvent de couver si elles ne retrouvent pas toujours leurs OEufs en même nombre, et quelquefois même si on a trop altéré leur position relative. Lorsqu'elles avaient couvé pendant plusieurs mois, les Poules d'Inde se trouvaient réduites à un état extraordinaire de maigreur, et l'autopsie faisait toujours reconnaître des altérations profondes et identiques dans tous les viscères; les intestins présentaient des adhérences morbides très-multipliées, soit entre eux, soit avec les membranes abdominales; le foie, le cœur et les poumons étaient couverts de petites taches blanches, et avaient également contracté des adhérences avec les organes voisins. A l'extérieur, tous les ravages d'une maladie longue se faisaient également apercevoir; le plumage était en grande partie tombé, et ce qui restait était flétri comme au temps de la mue. Succombant à cet état chronique, ces Animaux mouraient quelquefois sans abandonner leurs OEufs. Pendant toute la durée de leur incubation elles ne les quittaient jamais, il fallait les enlever du nid pour leur faire prendre leur nourriture, et lorsqu'on les avait remises en place, elles ne se dérangeaient jamais.

La Poule d'Inde est donc l'instrument d'incubation le plus commode pour un observateur; mais on peut, en toute saison et en toute circonstance, s'en procurer un qui donne des résultats plus réguliers. C'est une couveuse artificielle dont nous nous sommes servis très-souvent. Qu'on se représente deux vases cylindriques en fer-blanc, l'un de dix pouces de diamètre sur un pied de hauteur, et l'autre plus petit, dans un tel rapport qu'en le plaçant dans le plus grand il reste entre eux un vide d'un pouce dans tous les sens; ce vide doit contenir l'eau chaude destinée à élever la température des OEufs qu'on place dans le petit vase; six tuyaux d'une ligne de diamètre placés à la partie inférieure de l'appareil, et s'ouvrant en dehors, amènent de l'air dans le

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vase intérieur; on place au fond de ce dernier un lit de coton, puis les OEufs au nombre de vingt ou vingtcinq, enfin un lit de coton pour les préserver du refroidissement. On ferme l'appareil au moyen d'un couvercle percé de trous comme une écumoire. Voici maintenant le principe sur lequel repose cet instrument. Il doit être calculé de manière qu'il perde, par le rayonnement ou l'action de l'air extérieur, précisément autant de chaleur qu'il en acquiert par l'influence d'une petite lampe placée audessous de lui. C'est à quoi l'on arrive par une étude de quelques jours, en observant sa marche au moyen d'un thermomètre placé dans l'eau, et d'un autre qu'on met au milieu des OEufs; on remplit l'intervalle des deux vases, d'eau à 45° centigrades, et on allume la lampe qui à la rigueur peut être une veilleuse ordinaire. Si la température s'élève, on éloigne la flamme, si elle s'abaisse on la rapproche, et l'on arrive bientôt à déterminer la distance qui convient â l'appareil et à la flamme. La veilleuse ordinaire à l'huile a plusieurs inconvéniens; elle exige un renouvellement fréquent, les mèches donnent beaucoup de chaleur au commencement et peu à la fin, à cause du champignon qui s'est formé; ces inconvéniens n'existent plus si on la remplace par une lampe à alcohol à niveau constant et à mèche d'amian-the. On obtient ainsi une flamme égale et à peu de frais, car on ne brûle pas deux onces d'alcohol en vingt-quatre heures.

On conçoit que les conditions de l'incubation étant bien connues, le désir de pratiquer cette opération en grand a dû se présenter souvent à l'esprit d'hommes industrieux. On a beaucoup parlé des procédés pratiqués en Egypte; les OEufs, disait-on, étaient couvés dans du fumier, et Réaumur, guidé par ce renseignement inexact, perdit beaucoup de temps sans succès. Les gaz qui se forment dans une masse de fumier en putréfaction, et l'hydrogène sulfuré

en particulier, doivent en effet nuire singulièrement aux jeunes Poulets, et d'autant plus que l'air en contact avec le fumier éprouve lui-même une altération profonde, puisque son oxigène passe en grande partie à l'état d'acide carbonique.

N'ayant pu réussir dans ses premières tentatives, Réaumur tourna ses vues d'un autre côté, Une observation populaire avait appris qu'on pouvait couver des OEufs dans les étuves des boulangers; Réaumur construisit donc des fours à Poulets, et à force de soins et d'attention, il parvint à les diriger d'une manière convenable; mais ces soins, cette attention étaient trop nécessaires pour que leur emploi devînt général; aussi les entreprises de Réaumur sont-elles restées oomme un monument inutile d'une sagacité remarquable, mais mal appliquée. Dans ces derniers temps, une entreprise du même genre, mais fondée sur un principe différent, s'est formée aux environs de Paris, Bonnemain, auquel on doit plusieurs inventions utiles, a appliqué à l'incubation le principe des calorifères à circulation d'eau, qui semble en effet le mode de chauffage le plus propre à ce genre d'industrie. L'eau chauffée dans une chaudière s'élève, par sa légèreté, au point le plus haut de l'appareil, puis redescend dans des tuyaux serpentans qui échauffent l'étuve à incubation, et se rend en dernier lieu dans la partie inférieure de la chaudière d'où elle était partie. Cet appareil facile à diriger, couve bien et régulièrement une quantité considérable d'OEufs. Mais c'est la partie la plus aisée de cet art, que d'amener les Poulets au terme de l'incubation; ce qui est plus difficile, sinon impossible, c'est de remplacer les soins de la mère lorsqu'ils sont éclos, de les préserver des épidémies qui frappent tous les rassemblemens d'Animaux de même espèce, et d'arriver enfin au milieu de tant de difficultés à se procurer des Poulets à un prix inférieur à celui des Poulets élevés dans les campagnes. L'expérience d'une

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longue suite d'années peut seule prononcer sur ce point. On trouvera du reste tous les renseignemens nécessaires sur ce sujet, dans l'ouvrage de Réaumur, et dans l'article Incubation du Dictionnaire Technologique ou Bonnemain doit publier en détail les procédés et les observations auxquelles leur emploi a donné lieu.

Des phénomènes chimiques qui se passent pendant l'incubation.

Quelle que soit d'ailleurs la méthode d'incubation que l'on emploie de préférence, il se présente toujours dans les OEufs certains phénomènes chimiques que l'analyse peut atteindre et sur lesquels nous croyons devoir donner des détails circonstanciés. Ces phénomènes selient aux fonctions les plus délicates des êtres organisés, et eur étude peut donner quelques lumières sur l'espèce de germination, si nous osons nous exprimer ainsi, que les petits Poulets éprouvent. On a étudié avec le plus grand soin ces phénomènes dans les Plantes, mais ils n'ont encore été l'objet d'aucune recherche dans les Animaux.

On savait depuis long-temps que les OEufs diminuaient de poids pendant l'incubation, mais il ne semble pas que cette question ait été l'objet de recherches convenables, jusqu'à l'époque où Geoffroy Saint-Hilaire s'en est occupé. Il a pesé six OEufs au commencement et vers la fin de l'incubation, et la moyenne de ses expériences donne un sixième de perte en poids, à très-peu de chose près. Les nôtres avaient déjà été exécutées lorsque l'ouvrage de Geoffroy Saint- Hilaire a paru, et comme elles s'en rapprochent beaucoup, puisque nos OEufs ont subi une diminution égale à peu près au septième de leur poids primitif, nous avons cru que cette

matière était suffisamment éclaircie. Afin de nous placer dans les conditions les plus ordinaires, nous avons fait usage de Poules couveuses, de préférence à notre machine et aux Poules d'Inde que nous avions coutume d'employer. Les OEufs étaient très-frais au moment où on les pesait pour la première fois, et nous avons eu soin de les soumettre à la même opération à trois époques différentes, c'est-à- dire après le septième, le quatorzième et le vingtième jour de l'incubation. Le résultat le plus saillant de cette comparaison, c'est que la perte se divise d'une manière inégale, et qu'elle est d'autaut plus forte qu'on est plus près du commencement de l'expérience. En effet, d'après une moyenne de douze résultats, nous trouvons qu'un OEuf pesant 56 grammes 36 c., se réduit à 48 grammes 63 cent. par une incubation de vingt jours complets. La perte qu'il a éprouvée se trouve donc égale à 7 grammes 72 c. Mais il se trouve qu'elle se distribue de manière que pendant les six derniers jours l'OEuf a perdu à peu près la moitié du poids qui exprime la diminution occasionée par les sept premiers. En effet, au bout du septième jour, il offre une différence de 3 grammes 16 cent.; lorsqu'il arrive au quatorzième, il présente une nouvelle diminution, mais elle ne s'élève qu'à 2 grammes 84 cent.; enfin elle est encore plus faible à dater de cette dernière époque jusqu'au vingtième jour, et l'OEuf a perdu seulement 1 grpmme 71 cent. Avant de discuter les causes de cette diminution progressive, nous donnerons le tableau qui renferme ces résultats, et nous passerons à une série analogue exécutée sur des OEufs qui n'avaient pas été fécondés.

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Changement survenu dans le poids des OEufs fécondés pendant l'incubation, — Octobre 1822.

NUMÉRO DE L'ŒUF. POIDS PRIMITIF. PERTE APRÈS SEPT JOURS. PERTE APRÈS QUATORZE JOURS. PERTE APRÈS VINGT JOURS. PERTE TOTALE. POIDS RESTANT. OBSERVATIONS.
grammes. grammes. grammes. grammes. gramm. grammes.
A 58,75 2,98 2,52 2,00 7,50 51,25 Poulet prêt á éclore.
B 58,12 3,72 3,35 1,55 8,62 49,50 Idem.
C 62,93 3,41 3,07 1,00 7,48 55,45 Idem.
D 49,10 2,89 2,76 1,10 6,75 42,35 Il avail déjà percé la co-quille.
E 54,57 2,82 2,40 1,35 6,57 48,00 L'abdomen n'était pas encore fermé.
F 55,52 2,15 2,47 1,35 5,97 49,55 Prêt á éclore.
G 56,58 3,33 3,10 2,85 9,18 47,30 Idem.
H 53,55 3,25 2,90 1,50 7,65 45,90 Idem.
I 55,95 3,80 2,20 2,43 8,43 47,52 Prêt de rentrer le jaune.
K 50,35 3,05 2,65 1,40 7,10 43,25 Prêt à èclore.
L 56,20 2,35 3,45 2,35 8,15 48,05 Idem.
M 64.75 4,25 3,30 1,70 9,25 55,50 Coquille percéc.
TOTAL 676,37 38,00 34,17 20,58 92,75 583,62
MOYENNE 56,36 3,16 2,84 1,71 7,72 48,63

On conçoit qu'il suffisait de comparer, sous ce point de vue, les OEufs féconds et les OEufs stériles, pour s'assurer si cette perte était un simple résultat d'évaporation, ou bien si elle se trouvait liée d'une manière quelconque avec le travail de l'évolution; mais il fallait aussi, pour rendre la conclusion précise, que ces derniers n'éprouvassent pas un changement de constitution chimique. Car s'ils avaient offert cette action complexe, on n'aurait pas facilement distingué l'influence particulière à chacune de ces actions. Des expériences multipliées nous avaient appris que les OEufs très-frais, bien qu'ils ne fussent pas fécondés, pouvaient supporter l'incubation ordinaire sans manifester des symptômes de putréfaction appréciables. Leur consistance reste à peu près la même, le jaune acquiert une couleur un peu plus foncée, et sur dix qu'on soumet à ce genre d'épreuve, il s'en rencontre à peine un ou deux qui se soient notablement altérés. Il n'en est pas de même si l'on continue, et vers le trentième ou le quarantième jour ils exhalent tous une odeur inlecte qui se perçoit aisément même au travers de la coquille.

Nous avons donc choisi douze OEufs stériles fraîchement pondus, et nous avons répété sur eux les opérations dont les OEufs féconds avaient été l'objet. Au bout de vingt jours révolus, la perte en poids s'est trouvée absolument semblable, et en comparant les pesées intermédiaires, on peut se convaincre que sa distribution a lieu d'après la même loi. C'est ce que le tableau suivant mettra facilement en évidence, et l'on pourra remarquer aussi que le poids moyen de l'OEuf stérile est plus faible que celui de l'OEuf fécondé. Avant d'admettre une telle différence, il serait nécessaire sans doute de multiplier les résultats plus que nous ne.

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l'avons fait ici; mais nous ajouterons qu'elle nous a paru réelle dans un assez grand nombre d'OEufs que nous avons examinés sous ce rapport.

Changemens survenus dans le poids des OEufs fécondés lorsqu'on les a couvés pendant la période ordinaire.—Octobre 1822.

NUMÉRO DE L'ŒUF POIDS PRIMITIF. PERTE APRÈS SEPT JOURS. PERTE APRÈS QUATORZE JOURS. PERTE APRÈS VINGT JOURS PERTE TOTALE. POIDS RESTANT. OBSERVATIONS.
grammes. grammes. grammes. grammes. gramm. grammes.
A 55,45 2,55 2,60 1,85 7,00 48,45 Tous les OEufs contenus dans ce tableau étaient stériles et n'avaient coutracté presqu'aucune odeur pendant cette incubation. Les numéros F, I et M ont été mis de côté à cause de la puanteur qu'ils exhalaient.
B 52,45 3,35 2,65 1,75 7,75 44,70
C 50,97 3,52 3,05 0,65 7,22 43,75
D 57,22 3,57 2,95 1,40 7,72 49,50
E 54,12 2,97 2,75 1,50 7,22 46,90
G 47,55 2,43 2,32 1,10 5,83 41,70
H 50,85 2,70 2,55 1,25 6,50 44,35
K 50,05 2,30 2,20 1,15 5,65 44,40
L 54,45 3,00 2,70 1,50 7,20 47,25
TOTAL 473,11 26,19 23,77 12,15 62,11 411,00
MOYENNE 52,56 2,91 2,64 1,35 6,90 45,66

Nous avions un autre moyen plus propre encore à nous faire connaître s'il existe réellement quelque liaison entre les mouvemens du fœtus et la perte que l'OEuf éprouve par l'évaporation. Lorsqu'on se pourvoit au hasard, dans les marchés, des OEufs qu'on veut soumettre à l'incubation, ils se trouvent mélangés de manière à produire les résultats les plus irréguliers. Si l'on en prend un certain nombre et qu'on les couve pendant trente ou quarante heures, par exemple, les uns auront atteint réellement le degré de développement qui convient à cette époque, les autres seront plus ou moins au-dessous, et l'on pourra même en rencontrer qui se montreront plus avancés de quelques heures. Ce dernier cas, bien qu'il soit plus rare, se montre néanmoins assez souvent pour donner la clef des petites inexactitudes relatives aux époques de l'évolution qu'on trouve, soit dans l'ouvrage de Pander, soit dans celui de Rolando, etc. Ces auteurs semblent avoir adopté pour principe dans leurs recherches cette vue très-judicieuse dont nous avons fait usage nous-mêmes, qu'un fœtus peut bien être retardé, mais qu'il est impossible qu'il se montre hatif. Ce n'est point l'effet d'une idiosyncrasie particulière qui amène les irrégularités que nous venons de mentionner; elles tiennent à des causes plus faciles à atteindre. Nous avons eu l'occasion de nous convain cre plusieurs fois, et d'une manière positive, que les œufs qui ne sont point récemment pondus, se déveoppent plus tard que les autres. Aucun auteur n'a pris garde avant nous au temps qui leur est nécessaire pour acquérir la température qui est indispensable aux mouvemens du germe. L'incubation ne date donc pas de l'instant où l'œuf est place sous la Poule, elle commence réellement à l'époque où le jaune a acquis

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la température de 35 à 40° c. C'est à cette cause que doivent se rapporter les observations tardives. Mais il en est une autre beaucoup plus fréquente, et que l'on observe surtout lorsqu'on se livre à une série de recherches qui exigent plusieurs milliers d'OEufs, ainsi que cela est arrivé à Malpighi, à Pander et à nous-mêmes. C'est celle qui donne lieu aux fœtus hâtifs. On ne les trouve tels, nous pouvons l'assurer, que parce qu'ils ont déjà subi un commencement d'incubation, et pour s'en convaincre il suffit d'examiner quelques douzaines d'OEufs pris dans les marchés; on en trouvera de toutes les époques, depuis ceux qui n'ont point été couvés, jusqu'à dix ou douze heures et quelquefois davantage. Cette circonstance tient à la méthode adoptée dans les campagnes pour la récolte des OEufs. On les laisse pendant quinze ou vingt heures à la disposition de la mère qui en profite souvent pour les couver, ou qui les couve sans intention. Sous ce point de vue nos recherches ne sont point sans quelque prix, à cause du soin extrême que nous avons mis à constater les diverses époques de l'évolution. Les OEufs que nous avons employés pour établir notre série, ont été pour ainsi dire pondus sous nos yeux, et nous avons bien souvent poussé le scrupule jusqu'à les extraire de l'oviducte; aussi regardons-nous les dates que nous avons données comme excessivement exactes, et nous n'hésitons plus maintenant, dès qu'il s'agit de fixer l'âge d'un Poulet, puisqu'il suffit de comparer ses dimensions et l'état de ses organes aux figures que nous avons tracées. C'est ainsi que nous avons pu nous débarrasser de toutes les causes d'erreurs, et que nous avons reconnu les retards fréquens qui se montrent dans le développement des Poulets.

Ces retards cux-mêmes vont maintenant nous devenir fort utiles, puisqu'ils nous permettront de séparer nettement les deux ordres d'actions qui s'effectuent dans un OEuf fécondé qu'on soumet à la chaleur de l'incubation. En effet, si la perte de poids qu'il éprouve est liée d'une manière quelconque au mouvement de l'embryon, elle sera d'autant plus forte que celui-ci se trouvera plus avancé dans un temps donné; mais si au contraire elle n'est due qu'à un simple effet d'évaporation, elle sera en rapport avec le temps de l'incubation et n'en aura point avec l'âge réel du Poulet. Toutes les expériences que nous avons faites sont en faveur de cette dernière supposition, et dans le nombre il n'en est pas une qui puisse fournir un argument à l'appui de la première. Nous en citerons dix pour exemple, et l'on pourra s'assurer en parcourant ce tableau, qu'il arrive quelquefois que pour des temps d'incubation semblables, l'OEuf dont le Poulet est le moins avancé se trouve précisément celui qui a éprouvé la perte la plus considérable.

Nous joignons à ces résultats quelques faits du même genre observés sur des OEufs de Canard, mais c'est moins dans le but de fournir des élémens nouveaux à cette discussion que les faits précédens semblent éclaircir d'une manière suffisante, que pour montrer le rapport de la diminution des poids dans ces deux espèces. On arrive ainsi à ce résultat remarquable, que pendant la première heure les OEufs de Poule perdent 26 milligrammes par heure, et ceux de Canard 17 milligrammes seulement. Si l'on admet que cette différence est en raison inverse du temps nécessaire à l'incubation complète de ces deux espèces, on trouve 26: 17: x: 21 durée de l'incubation des Poules. Il est aisé de voir que x = 32, ce qui est à peu près le nombre de jours après lesquels les petits Canards percent leur coquille.

On conçoit maintenant pourquoi la coque de l'OEuf des Canards est plus épaisse, plus serrée et moins poreuse que celle des OEufs de Poule, et l'on parviendra probablement, par de nouvelles recherches, à donner à cette loi plus d'étendue et plus de généralité.

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Perte en poids éprouvée par les OEufs pendant les premières heures de l' incubation.

ESPÈCE DE L'OEUF. POIDS PRIMITIF. PERTE. TERME DE L'INCUBATION. AGE DU FOETUS. OBSERVATIONS.
grammes. grammes. heures. heures.
POULET. 58,625 0,600 22 15 On remarque parmi ces OEufs celui qui pesait 72,600. C'est le plus lourd à un seul jaune que nous ayons jamais rencontré. Il est probable que sa dimension extraordinaire a contribuè pour beacucoup à la lenteur de l'incubation en rendant plus difficile le réchauffement du jaune qui se trouve à peu prés au centre dans les OEufs non couvés.
Id. 59,350 0,575 22 22
Id. 72,600 1,050 48 24
Id. 55,125 1,175 48 33
Id. 54,525 1,325 48 42
Id. 59,045 1,145 48 42
Id. 55,725 1,150 48 42
Id. 62,145 1,320 48 48
Id. 50,075 1,875 60 48
Id. 57,900 1,825 60 60
TOTAL 12,040 452 376
MOYENNE 1,2040 45,2 37,6
CANARD. 67,875 0,425 25 20 Les OEufs de Canard que nous avons employes étaient très-frais, et l'on pourra remarquer qu'ils ont presque tous éprouvé l'évolution la plus régulière.
Id. 63,300 0,475 33 30
Id. 56,375 0,625 33 30
Id. 60,450 0,600 36 32
Id. 65,680 0,655 36 30
Id. 61,775 0,575 36 32
TOTAL 3,355 199 174
MOYENNE. 0,559 33 29

Les physiologistes ont fait souvent de l'OEuf de Poule le sujet de leurs recherches, et ils ont été conduits à des résultats très-remarquables; mais il est bien à regretter que sous le point de vue chimique on n'ait pas encore soumis l'OEuf à diverses époques à un examen attentif. Il existe en effet une différence si grande entre l'OEuf non couvé et le Poulet qui en provient, qu'on ne peut se lasser d'admirer la puissance qui organise en si peu de temps une matière inerte en apparence de manière à former un Animal complet et d'une structure si compliquée. Nous avions for mé le projet de nous livrer à cette étude, mais diverses circonstances nous ont toujours forcé de laisser ce travail incomplet. Nous allons toutefois en extraire quelques données qui bien qu'incomplètes pourront peut-être éveiller l'attention sur ce genre de recherches.

Les matières inorganiques que l'OEuf renferme sont assez nombreuses. On y trouve en effet beaucoup de carbonate de chaux, un peu de sulfate de chaux, de phosphate de chaux, de chlorure de sodium, de carbonate de soude, de phosphate de soude, de sulfate de soude, de si

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lice et d'oxide de fer. On obtient ces matières par l'incinération dans un vase en platine.

OEufs frais pesant 428 gram. 55, ont laissé 40 gram. 10 de cendres, c'est-à-dire environ un dixième de leur poids. Ces cendres renferment au moins les neuf dixièmes de leur poids de carbonate de chaux, les autres matières réunies n'y entrent que pour un dixième.

Nous avons incinéré de la même manière des OEufs de la même Poule couvés, contenant des Poulets sur le point d'éclore, bien vivans et tous ayant déjà fendu leur coquille. OEufs couvés, pesant 462 gram. 53, ont laissé 51 gram. 97 de cendres.

Si ou ajoute au poids de ces OEufs celui qui exprime leur perte en matières volatiles pendant la durée de l'incubation et qu'on les compare aux OEufs non couvés, on arrive aux résultats suivans.

100 p. OEufs frais laissent 9,3 de cendres.

100 p. OEufs frais se réduisent à 86, 2 par l'incubation.

86, 2 p. OEufs couvés laissent 9,6 de cendres.

Une légère différence de o, 3 dans les deux résidus doit paraître insignifiante. Il est donc probable déjà qu'il ne se forme réellement aucune matière inorganique pendant l'incubation. Mais on en acquiert une preuve plus sûre en comparant les matières entre elles. Or, nous avons trouvé qu'entre l'oxide de fer, le chlorure de sodium, et les phosphates, le rapport était sensiblement le même dans les deux états des OEufs. Le carbonate de chaux présentait quelques différences, mais cela peut tenir à un peu plus ou un peu moins d'épaisseur dans les coquilles.

La matière inorganique de l'OEuf éprouve donc de simples changemens de transport. Quelques personnes assurent que la coquille s'amincit pendant l'incubation; le carbonate de chaux passerait en ce cas dans les organes du Poulet. Nous n'a vous au

cune donnée particulière à cet égard.

Examinons les changemens qu'éprouve la matière organique. On peut les envisager de deux manières. L'une consisterait à déterminer les proportions des matières albumineuses, grasses, etc., et à chercher si elles conservent leur état primitif et leur relation entre elles. Nous n'avons pu nous en occuper. L'autre consiste à chercher les proportions de matière animale et d'eau, et la composition élémentaire de la matière animale dans les deux époques. Nous allons noter ici quelques faits sur ces deux points. Nous avons pris des OEufs frais couvés, nous les avons séchés comparativement à 100°

dans le vide sec, puis nous avons incinéré les résidus. Voici les résultats moyens de deux expériences exprimés en centièmes.

OEufs frais. OEufs près d'écl.
Matières inorganiques 9, 3 9, 4
Matières organiques. 23,8 21,2
Eau 66,9 55,6
Perte pendant l'incubation. 13,8

Il y a donc 2,6 de matière animale qui avaient disparu pendant l'incubation; à cet égard les deux expériences que nous avons faites sont d'aceord. Il était naturel de chercher dans l'acte de la respiration la cause de cette perte. L'analyse élémentaire de la matière animale nous a prouvé en effet que 100 p. d'OEuf frais perdaient environ 3 p. de carbone pendant la durée de l'incubation; ce qui revient à dire qu'un OEuf de Poule dont le poids est de 50 grammes, terme moyen, perd un gramme et demi de carbone pendant l'incubation et produit au moins trois litres d'acide carbonique; mais il serait nécessaire de vérifier directement ces résultats, et nous nous proposons de le faire. On voit qu'en définitive un OEuf couvé que nous supposons du poids moyen de 50

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grammes, éprouve les changemens suivans:

Poids de l'OEuf couvé 42,9
Carbone brûlé pendant l'incubation 1,5
Eau évaporée dans le même temps 5,6
OEuf frais 50,0

De quelques particularités relatives aux OEufs des Oiseaux.

Nous n'aurions pas donné une idée complète de l'histoire de l'OEuf de Poule, si nous n'ajoutions quelques mots sur les accidens qui peuvent leur survenir. Ils se partagent en deux classes: les uns dépendent de l'OEuf lui-même; les autres, extérieurs, tiennent aux circonstances dans lesquelles il est placé.

Outre les OEufs fécondés et inféconds qui se présentent souvent, on rencontre de temps à autre des OEufs à double jaune et des OEufs sans jaune dits OEufs de Coq. Les OEufs à double jaune paraissent se produire sous certaines conditions d'une manière presque régulière. La plupart des Poules n'en donnent jamais, tandis que d'autres en fournissent, pour ainsi dire, constamment. Ces dernières sont en général très-fortes, bien nourries et doivent être pourvues d'un ovaire doué d'une organisation plus riche et plus développée qu'à l'ordinaire. Les deux jaunes se détachent de l'ovaire à un petit intervalle; ils sont enveloppés par la même masse de blanc, et scellés dans la même coquille. Il paraît que parmi ces deux jaunes, il peut arriver souvent que l'un soit fécondé et l'autre infécond. C'est du moins ce que nous avons observé sur tous ceux que nous avons essayé de faire couver; le Poulet qui en résultait était ordinaire, l'autre jaune se trouvant refoulé et écrasé pendant son développement. Il n'en est cependant pas toujours ainsi. Les deux jaunes se trouvent quelquefois fécondés, et dans ce cas tant qu'ils n'ont

pas atteint un degré de développement un peu avancé, ils restent séparés et suivent la progression haituelle; mais au bout de quelques jours leurs vaisseaux venant à se rencontrer, il s'établit des greffes, les deux fœtus finissent par s'accoler d'une manière plus ou moins intime, et il en résulte un Poulet nécessairement monstrueux. Tous les Poulets doubles rentrent dans cette catégorie, et nous ne pensons pas qu'on ait jamais observé deux cicatricules bien conformées sur le même jaune. Geoffroy Saint-Hilaire a examiné récemment les circonstances de cette monstruosité. V. Monstres.

Relativement aux OEufs sans jaune dont on attribue dans les campagnes la production aux Coqs et qui par l'incubation donneraient, dit-on, naissance à un Serpent, diverses causes peuvent en expliquer l'origine. Il suffit, pour comprendre ce phénomène, de se bien représenter l'état d'une Poule au temps de la ponte. Le jaune se forme, déchire ses enveloppes, tombe dans l'oviducte. Le blanc est sécrété, moulé sur le jaune, puis la sécrétion de la coquille s'établit à son tour. On pourrait penser que la sécrétion du blanc est déterminée par la présence du jaune, mais il n'en est point ainsi: ces phénomènes ne sont liés que par le temps, et sous ce rapport les OEufs sans jaune conduisent à des conséquences certaines. Lorsque tous les phénomènes se passent dans l'ordre accoutumé, le jaune arrive dans le lieu ou la sécrétion commence; mais si le jaune se trouve retardé ou détourné dans sa route, le blanc ne se produit pas moins, la coquille l'enveloppe, et un OEuf sans jaune est pondu. A cet égard on observe que des Poules qui produisent habituellement des OEufs ordinaires donnent quelquefois des OEufs sans jaune. Cela tient à ce que le pavillon aura laissé tomber le jaune dans la cavité abdominale où il ne tarde pas à être résorbé; ou bien à ce que quelque accident du moment l'aura arrêté vers le haut de

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l'oviducte. Mais il est des Poules qui fournissent constamment des OEufs sans jaune; cela tient alors à quelque cause permanente qui empêche les jaunes de pénétrer dans l'oviducte ou qui les détruit au passage; un oviducte imperforé, ou dont le pavillon serait rétréci par quelques brides, produirait le premier de ces accidens. Le second résulterait d'un rétrécissement dans la longueur de l'oviducte ou de la présence de quelque production anomale qui obstruerait ce conduit. Une Poule qui ne pondait que des OEufs sans jaune, examinée par Lapeyronie (Hist. de l'Acad. des Scienc. de Par., 1712), lui offrit des circonstances qui se rattachent à ce dernier cas. A un ou deux pouces audessous du pavillon se trouvait une vessie de deux pouces de diamètre au moins; elle était pleine de liquide aqueux, et se liait intimement à l'oviducte par des brides qui l'étranglaient en plusieurs endroits. Les jaunes arrivés à cette partie étaient quelquefois repoussés et tombaient dans l'abdomen; il trouva les débris de cinq jaunes dans cette cavité; quelquefois aussi les jaunes comprimés crevaient, et la Poule rendait avec les matières fécales un liquide jaune épais qui en provenait; dans ce cas la membrane du jaune se trouvait souvent enveloppée par le blanc et se montrait dans l'OEuf pondu. Les recueils académiques contiennent quelques observations analogues qui se rattachent toutes à l'un des cas précédemment exposés.

Quant au Serpent qui doit provenir de ces OEufs, la chalaze tortillée qu'on observe dans le blanc a donné lieu à ce préjugé populaire.

L'autre espèce de monstruosité toujours provoquée par des circonstances extérieures, a été récemment l'objet des recherches de notre célèbre collaborateur Geoffroy Saint Hilaire. On peut donner naissance à des accidens très-variés en introduisant des altérations convenables dans la marche de la respiration, de l'évaporation et de la température. Geoffroy Saint-Hilaire a produit des Poulets monstrueux, soit en diminuant l'évaporation, soit en l'accélérant, soit en diminuant la surface respirante. Enfin la température exerce sur ce point une influence profonde et singulière. L'incubation a lieu depuis 28 ou 30° c., jusqu'à 44 ou 45° c.; mais la température la plus convenable est de 38 à 40° c. On peut rendre à volonté les fœtus monstrueux en couvant à 30° c., ou à 45° c. On y parvient encore par des alternatives de température. Tantôt le système sanguin respiratoire devient très-riche et le Poulet s'atrophie, tantôt le Poulet grossit beaucoup et le système sanguin respiratoire s'appauvrit par degré jusqu'à ce que l'Animal périsse asphyxié. Tantôt enfin des disproportions bizarres se remarquent dans les grosseurs relatives de la tête et des autres parties du corps. Un examen attentif de ces phénomènes conduirait sans aucun doute à des résultats de la plus haute conséquence.

On ignore quel est le terme audelà duquel des OEufs fécondés perdent la faculté de se développer. En général le développement s'opère mieux dans les OEufs frais, mais on peut couver avec succès des OEufs de douze ou quinze jours.

On a fait des expériences plus précises relativement à la conservation des OEufs frais comme aliment. Ces expériences sont curieuses et importantes. Elles prouvent que des OEufs déposés dans un vase rempli d'eau de chaux, s'y conservent frais pendant plusieurs mois. Un commerce de ce genre s'est même établi, et l'on transporte de quelques provinces de la France à Londres, des OEufs préparés de la sorte. Ils conservent bien leurs propriétés comme aliment, et ne diffèrent des OEufs ordinaires que par une légère couche d'albumine coagulée qui en tapisse l'intérieur.

OEUF DES REPTILES. La fécondation et le développement de l'OEuf des Reptiles se partage en deux grandes classes. Dans les uns (Serpens, Lé-

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zards, Tortues), le phénomène se rapproche du mode décrit dans les Oiseaux. Pour les autres (Batraciens), il rentre dans un autre système qui se retrouve chez les Poissons.

Chez les Serpens et les Lézards, l'OEuf se compose à l'état parfait comme dans les Oiseaux, d'un jaune à cicatricule, d'un blanc albumineux et d'une coque membraneuse; mais il ne s'effectue aucun dépôt calcaire. En outre la ponte de l'OEuf ne s'effectue que beaucoup plus tard, et cet OEuf éprouve toujours un commencement d'incubation et quelquefois une incubation complète (Vipère.) Nous avons vu cependant que ce phénomène ne s'offrait jamais chez les Oiseaux; essayons de nous rendre compte de cette différence; on y parvient aisément en examinant la structure d'un Serpent ou d'un Lézard femelle en gestation; on y voit la capacité presque entière de l'abdomen occupée par les poumons et les oviductes. Les premiers s'allongent presque jusqu'à l'anus, les seconds remontent beaucoup vers la tête. D'un autre côté les poumons se placent en arrière, le long de la colonne vertébrale, et les oviductes en avant le long de la face abdominale. Dans la position habituelle de l'animal, les OEufs sont en bas et les poumons en haut. Ces deux organes sont juxtaposés et très-minces. Enfin les OEufs se comportent comme ceux de Poules, c'est-à-dire que le jaune se place toujours à la partie supérieure de l'œuf, et que dans le jaune lui-même la portion occupée par le fœtus est toujours la moins dense. D'où l'on voit que le fœtus se trouve en contact avec le poumon, à cela près qu'il en est séparé par la coque et l'oviducte; mais la coque se trouverait aussi en obstacle si l'OEuf était dans l'air, et quant à l'oviducte, sa dilatation le réduit à une ténuité si grande qu'il ne peut offrir aucune résistance réelle à la respiration. Les OEufs peuvent donc se développer dans les animaux ainsi construits, sans le secours d'un placenta.

Quant à ce qui concerne les OEufs des Batraciens, V. GÉNÉRATION.

OEUF DES POISSONS. Les OEufs des Poissons ont été accidentellement l'objet de l'examen superficiel de beaucoup de naturalistes. Mais sous le rapport physiologique, leur développement exigeait de nouvelles recherches que Prévost a entreprises. Il résulte de ses observations encore inédites, que ce développement a les plus grands rapports avec celui des Batraciens; il en est de même de la composition générale de l'OEuf.

OEUF DES MOLLUSQUES. Quoique beaucoup d'observateurs aient examiné les OEufs des Mollusques, cependant c'est encore à Prévost que nous devons les recherches les plus précises à ce sujet. On nous saura gré d'extraire textuellement les passages principaux du Mémoire remarquable qu'il a publié dans les Annales des Sciences Naturelles (T. VII, p. 447). Nous allons le laisser parler lui-même.

« Les observations que ce Mémoire renferme montrent que les Mollusques suivent la même loi que les Animaux dont nous nous sommes déjà occupés; je les ai faites sur la Moule des Peintres, Unio Pictorum; la facilité avec laquelle on se les procure dans nos marais, a déterminé mon choix. Si vers l'entrée du printemps, nous ouvrons quelques sujets de l'espèce que nous venons d'indiquer, nous sommes au premier coup-d'œil frappés des différences qu'offrent les produits de leurs appareils générateurs; tandis que chez une partie de nos Moules l'on trouve un veritable ovaire, et des OEufs en abondance, les organes analogues et semblablement placés chez le reste sécrètent un liquide épais de couleur lactée, et qui placé sous le microscope fourmille d'Animalcules en mouvement. Ces différences si tranchées, ne sont ni l'effet du hasard, ni le résultat du passage d'une certaine condition de l'ovaire à un état subséquent; les Moules qui pondent des OEufs ne présentent rien de semblable au liqui-

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de dont nous parlons, et celles où l'on rencontre ce liquide ne produisent pas d'OEuf. En conséquence de cette division naturelle du sujet, nous nous occuperons d'abord des Animalcules et de l'appareil qui les émet, de l'ovaire et de ses OEufs.

ff L'appareil qui renferme les Animalcules se compose de deux grosses masses placées symétriquement à droite et à gauche sur le corps de l'Animal et immédiatement au-dessous de la peau. Ces lobes très-volumineux au temps de la fécondation, perdent après cette époque la plus grande partie de leur épaisseur. Un examen attentif nous fait reconnaître que leur parenchyme consiste en une agglomération de cellules où se dépose la sécrétion que leurs vaisseaux laissent échapper. Cette sécrétion coule ensuite au dehors par deux conduits assez courts, passablement larges, placés l'un à droite, l'autre à gauche, vers les parties supérieure et antérieure du corps de la Moule près de l'insertion des branchies. Si, comme nous l'avons déjà dit, l'on soumet au microscope le liquide que les canaux latéraux Versent sous la plus légère pression, on le trouve composé d'Animalcules identiques entre eux, doués de ce mouvement oscillatoire vague, qui caractérise tous les Animalcules spermatiques que nous avons observés jusqu'ici, mais leur forme n'est plus la même; elle consiste en deux éminences arrondies, dont l'une antérieure, un peu plus grosse, s'unit à la postérieure par un isthme étroit; vus avec un grossissement linéaire de trois cents, les êtres que nous décrivons ont 1, 8 mm. de longueur, 0, 8 mm. de largeur; comme leurs analogues chez les Vertébrés ils sont un peu raplatis; comme eux encore pour se mouvoir ils se placent sur le tranchant; les Acéphales ayant jusqu'ici été tous regardés comme androgynes, j'ai cherché avec beaucoup de soin si l'organe dont nous parlons ne contiendrait pas aussi des OEufs. J'ait fait cet examen avec le docteur Mayor, heureux de profiter dans cette circonstance des lumières de ce savant anatomiste. Nous avons bien vu des globules mélangés aux Animalcules, mais ils étaient en petit nombre, ne ressemblaient point aux OEufs, et leur diamètre ne dépassait pas 5 mm. grossis trois cents fois.

ff Les ovaires forment aussi deux lobes étendus symétriquement à droite et à gauche immédiatement audessous de la peau; très-gonflés au temps de la ponte, ils perdent après qu'elle a eu lieu presque toute leur épaisseur et n'offrent plus qu'une couche mince de tissu celluleux. Le parenchyme des ovaires participe à l'organisation générale de ce viscère, telle qu'on la rencontre partout; il consiste en deux feuillets de tissu cellulaire assez serré, juxtaposés l'un à l'autre et adhérens entre eux. Les OEufs se développent entre leurs surfaces de contact, puis arrivés à leur maturité, ils s'en détachent pour tomber dans des cellules où ils s'entassent au nombre de vingt à trente, et s'enduisent d'un mucus qui les colle les uns aux autres. Les cellules sont formées par les plis de cette membrane qui constitue l'ovaire, et contracte avec elle-même de nombreuses adhérences. Les OEufs prêts à être pondus ont environ 0, 2 mm. de diamètre; ils consistent en un jaune flottant au milieu d'une albumine claire et fort transparente qu'une enveloppe mince et facile à déchirer environne de toute part. Les jaunes sont aussi sphériques, leur teinte varie du jaune pâle à la couleur brique foncée, et leur diamètre est 0, 6 mm. Leur substance, comme celle du même corps dans les OEufs des Vertébrés, présente au microscope des gouttelettes huileuses, et des globules jaunes de 0, 5 mm. grossis trois cents fois. On ne saurait plus maintenant distinguer sur les jaunes, la cicatricule, mais lorsque retenus entre les feuillets de l'ovaire, ils n'ont pas encore l'opacite qu'ils prendront plus tard, on voit à leur surface un petit disque plus clair,

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entouré d'un anneau obscur tout-à fait semblable à la cicatricule des OEufs des Vertébrés.

ff C'est en déchirant les parois des cellules que les OEufs sont émis par deux canaux pareils eu tout à ceux de l'organe qui renferme les Animalcules; en sortant des ovaires, ils vont se loger dans les branchies. Celles-ci au nombre de quatre et disposées par paires, ne ressemblent pas mal à deux rubans larges, juxtaposés l'un à l'autre, à droite et à gauche du corps, auquel ils se, fixent par leur bord supérieur, tandis que l'inférieur est libre et flottant dans la coquille.

ff Chaque branchie forme une cavité divisée en locules dont l'entrée se remarque vers le bord supérieur; c'est dans les locules que doivent se développer les embryons; l'accès en est direct et facile pour la branchie interne, une longue scissure vers le bord supérieur expose aux regards les ouvertures de chacune de ses subdivisions; il n'en est pas tout-à-fait de même pour la branchie externe; cependant on trouve bientôt postérieurement le large orifice de l'espèce de conduit qui aboutit à ses locules.

ff Quelques jours après qu'ils ont été déposés dans les branchies, l'on commence à apercevoir sur les OEufs les premiers changemens que la fécondation y apporte; le jaune augmente de volume et devient plus fluide; à sa surface se marque un trait en ligne droite, plus foncé que le champ sur lequel il est placé; plus tard, l'on voit se dessiner à droite et à gauche du trait, deux courbes symétriques, qui tournant à lui leur concavité, viennent aboutir à ses points extrêmes. Ces courbes latérales s'étendent, et lorsque les surfaces qu'elles circonscrivent ont pris quelque opacité, l'on reconnaît en elles le limbe des valves de la coquille, la ligne moyenne qui paraît la première correspond à la charnière. Cette dernière partie prend rapidement beaucoup de consistance, et si l'on considère le fœtus de profil, on la trouve droite ou même légèrement concave de très-convexe qu'elle était auparavant. L'espace situé immédiatement au-dessous de la charnière est fort transparent; il est environné d'une bande plus obscure en forme de croissant. Si nous disposons la jeune Moule, de manière à seprésenter entièrement ouverte sur le porte-objet, l'on voit que cette bande est composée de deux feuillets semblables, dont chacun correspond à la valve au-dessous de laquelle il s'est développé. Ces bandes sont les portions latérales des parois de l'abdomen, leurs bords un peu plus épais enfin quel les portions latérales du pied. Comme chez les Vertébrés, l'abdomen du nouvel Animal est ouvert; il se fermera dans la suite sur la ligne médiane. Enfin de même que et comme chez les Vertébrés ovipares, il recevra dans sa cavité le jaune dont le volume est fort diminué. Encore renfermées dans l'enveloppe externe de l'OEuf, les petites Moules exécutent déjà des mouvemens fréquens et rapides qui contrastent avec la lenteur de ceux des adultes. Ces mouvemens ont aussi plus d'étendue; et ceci tient à ce que la suture moyenne de l'abdomen n'existant pas encore, l'écartement des valves de la coquille ne rencontre aucune opposition.

ff Je ne m'arrêterai pas davantage sur le développement de ces fœtus; plus de détails à cet égard m'éloigneraient du but que je me suis proposé, et je passe aux deux conséquences qu'il me semble permis de tirer des faits exposés dans ce travail.

ff 1° Je remarquerai que le liquide blanc sécrété par les organes générateurs d'une moitié à peu près des individus chez les Moules des Peintres, a trop d'analogie avec le sperme des Vertébrés pour qu'on ne soit pas conduit à le regarder comme une substance semblable appelée à jouer ici le même rôle.

ff 2° Que puisque nous ne trouvons pas les OEufs et la liqueur sé-

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minale réunis sur le même sujet, les sexes doivent être séparés, contre l'opinion généralement admise que tous les Acéphales sont androgynes; la dernière des conclusions que j'énonce, demandait toutefois à être confirmée par des expériences, et j'ai fait les suivantes.

ff J'ai mis dans un large baquet des Moules dont les OEufs prêts à être pondus distendaient les ovaires; je me suis assuré que c'était bien des OEufs qu'elles portaient, en en faisant sortir quelques-uns de leur flanc, au moyen d'une légère poncture. Dans un autre baquet j'ai placé des Moules que je regardais comme du sexe masculin, ayant, comme dans le cas précédent, vérifié que leurs organes générateurs contenaient la semence et non des OEufs.

ff Les femelles, au bout d'un mois plus ou moins, ont pondu des OEufs stériles, qui après quelque temps ont été rejetés'des branchies, défigurés et à moitié détruits; les mâles, à la fin du printemps, présentaient encore la semence dans le même état qu'auparavant; elle gonflait beaucoup les testicules, et de temps en temps il s'en émettait au dehors. Dans un troisième baquet où j'avais mélangé les sexes, les branchies des femelles renfermaient de jeunes Moules nouvellement écloses, très-vives et bien développées; les unes étaient encore dans les enveloppes de l'OEuf, d'autres les avaient déjà déchirées, et ne se trouvaient retenues que par la couche de mucus.

ff Je n'ai rien vu quant à la manière dont le mâle féconde la femelle; il y a toute apparence que, placé près d'elle, il répand simplement sa semence; celle-ci, délayée dans l'eau qui baigne l'intérieur de la coquille, est rejetée au dehors avec ce véhicule dans le mouvement alternatif qui constitue la respiration de l'Animal. L'eau spermatisée vient à son tour en contact avec les OEufs de la femelle, soit à leur passage de l'ovaire dans les branchies, soit après qu'ils sont arrivés dans celles-ci. ff (D.)

OEUF DES ANNELIDES. Le mode de reproduction dans les Annelides est très-peu connu; on doute même, pour plusieurs d'entre elles, si elles sont ovipares, ovovivipares ou vivipares. Les Annelides Apodes, c'est-à-dire les Sangsues et les Lombrics, sont les seuls Animaux de cette classe dans lesquels on ait suivi la ponte et le développement des OEufs; on ne sait rien, ou fort peu de chose sur la génération des Aphrodites, des Néréides, des Eunices, des Amphinomes, des Amphitrites, des Arénicoles, des Serpules, etc.

La plupart des Sangsues pondent des espèces de capsules, dans lesquelles se développent plusieurs ovules. Les observations qu'on a recueillies jusqu'ici ont été principalement faites sur l'Hirudo vulgaris de Muller, et sur l'Hirudo medicinalis. Ces deux espèces offrent des particularités curieuses, que nous présenterons avec quelques détails.

Carena (Mem. dell Accad. di Torino, T. xxv) a eu occasion d'observer dans l'Hirudo vulgaris, les différens changemens que subit l'OEuf depuis la ponte jusqu'au parfait développement des petits. Il remarqua, le 17 juin, un OEuf pondu depuis peu et collé contre les parois d'un vase de verre, dans lequel il avait plusieurs de ces Animaux. La Sangsue qui venait de pondre se promenait dessus l'OEuf en l'explorant tout autour avec sa bouche, comme si elle le flairait; quelquefois elle fixait dessus l'orifice buccal pour le comprimer et le faire adhérer davantage aux parois du vase; après avoir répété long-temps cette manœuvre, elle fit disparaître avec sa bouche un gros repli de l'enveloppe générale. Cette enveloppe est de couleur vertjaunâtre, coriace, très-aplatie et ovale; elle est garnie tout autour d'un bord brun, par lequel elle adhère au verre. Le même jour, 17 juin, on voyait dans l'enveloppe commune douze petits grains ronds, isolés, disposés d'une manière non symétrique, de couleur un peu plus claire que

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celle de l'enveloppe. De ces douze OEufs, deux se sont oblitérés dans la suite, les dix autres grossirent en peu de jours, et parurent alors comme écumeux en dedans; le sixième jour après la ponte, on distinguait déjà des petits corps se remuant les uns sur les autres; chacun d'eux paraissait une masse oblongue vertjaunâtre, à surface chagrinée. Au dixième jour, les petits étaient considérablement grossis; on les voyait entourés d'une substance transparente, débordant latéralement, et se prolongeant fort avant à la partie antérieure. Au douzième jour, on apercevait très-distinctement le disque et les yeux; ceux-ci étaient roussâtres, et ne devinrent noirs que dans la suite. A mesure que les petits grandirent, l'enveloppe commune devint de plus en plus bombée. Au dix-septième jour, on aperçut dans quelques-unes des petites Sangsues les vaisseaux sanguins; les individus se mouvaient facilement dans l'intérieur de leur prison, et ne manquaient jamais, en arrivant vers les grandes extrémités de l'ovale que formait l'enceinte, d'y donner un coup de museau. Cette manœuvre souvent répétée produisit une ouverture par laquelle une jeune Sangsue s'échappa le 8 juillet, c'est-à-dire le vingt-unième jour, à dater de la ponte. Le lendemain et les jours suivans, les autres individus sortirent; mais plusieurs d'entre eux revinrent par intervalle se cacher dans leur coque, qui, pendant quelque temps, devint pour eux une sorte de refuge.

On ne connaît pas aussi exactement le développement des OEufs de la Sangsue médicinale, et ce n'est que dans ces derniers temps qu'il a été prouvé que ces Animaux étaient ovipares, et que leur reproduction offrait beaucoup d'analogie avec celle de l'Hirudo vulgaris de Müllier. Le 6 mars 1821, Le Noble, médecin de l'hospice de Versailles, annonça à la Société d'Agriculture du département de Seine-et-Oise, que les Sangsues médicinales se dévelop- paient dans des espèces de cocons ovoïdes, assez semblables à ceux que construisent les Vers à soie, que le tissu extérieur ressemblait à celui d'une éponge très-fine, et que l'intérieur renfermait tantôt une gelée homogène et transparente, et tantôt des petites Sangsues plus ou moinsdéveloppées, au nombre de neuf, dix, douze et quatorze. Un des membres de la Société, Collin de Plancy, présent à la séance, observa que les paysans de la Bretagne, qui font le commerce des Sangsues, connaissaient depuis long-temps l'existence de ces sortes de cocons, et qu'ils savaient si bien que c'étaient des nids, qu'ils les transportaient dans les étangs et les marais qu'ils voulaient repeupler de Sangsues. Toutefois ces faits vulgaires étaient perdus pour la science, et auraient pu rester long-temps ignorés des naturalistes, sans l'observation du docteur Le Noble. Cette découverte précieuse pour l'art de guérir, ne pouvait manquer de fixer l'attention. A peine futelle connue, que plusieurs savans s'empressèrent de vérifier le fait. Un médecin habile, Rayer, publia dans le journal qui a pour titre: Annales des Sciences Naturelles (T. IV, p. 184), les recherches qu'il entreprit à ce sujet. En voici les principaux résultats: les cocons des Sangsues médicinales représentent un ovoïde dont le plus grand diamètre varie ordinairement de six à douze lignes, et le plus petit, de cinq à huit lignes. Leur poids s'élève de vingt-quatre à quarantehuit grains, suivant leur grosseur, suivant leur état de plénitude ou de vacuité, suivant enfin qu'ils contiennent du mucus ou de petites Sangsues. Leur volume lui-même; est en rapport constant avec le nombre d'ovules ou de Sangsues qu'ils renferment, et avec l'époque de leur formation et leur degré de développement. Leur structure est plus complexe que celle des capsules de l'Hirudo vulgaris. Parvenus à leur entier développement, ils présentent, 1° une enveloppe extérieure,

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spongieuse; 2° en dessous, une capsule analogue à celle observée autour des OEufs de l'espèce précédente; 3° enfin, dans la cavité de cette capsule du mucus, des OEufs ou des Sangsues à divers degrés de développement. L'enveloppe extérieure entoure la capsule dans toute son étendue, en formant une couche épaisse de deux lignes environ; le tissu qui la constitue est fortement organisé, demi-transparent, composé de fibres solides, fines et déliées, très-régulièrement entrelacées, de manière à former des espèces de mailles hexagonalés, à travers lesquelles l'eau peut facilement pénétrer. Ce tissu, qui est élastique, a pour usage essentiel de protéger la capsule ovifère, qui lui adhère fortement. Celle-ci se montre sous forme de sac ovoïde sans ouverture, à parois minces, blanchâtre, transparente et assez résistante; l'extrémité de chaque grand diamètre offre deux petits prolongemens angulaires d'un tissu plus ferme que la membrane, et d'une couleur brune jaunâtre. Souvent la capsule présente vers le point qui correspond ordinairement à la petite extrémité, un trou circulaire d'une demi-ligne de diamètre. On remarque moins communément une semblable ouverture à l'extrémité opposée, et il est plus rare encore d'observer à la fois deux issues sur un même cocon. C'est par elles que sortent les Sangsues lorsqu'elles ont atteint le terme de leur vie intra-capsulaire. Enfin la capsule, lorsqu'aucun germe n'est encore assez développé pour être distinct, se trouve remplie entièrement par une sorte de mucus ou de gelée molle, blanchâtre, peu transparente, à saveur fade, se conservant plusieurs jours sans éprouver d'autres changemens qu'une légère dessiccation, et se transformant à l'air en un corps friable et transparent. L'analyse chimique a fait découvrir dans cette matière une très-grande quantité d'eau, peu d'albumine, et beaucoup de mucus. Les germes dont on n'a pu suivre encore les développemens successifs, sont au nombre de huit, dix et même quinze. Les capsules que pond l'Hirudo medicinalis, ne différent donc essentiellement de celles de l'Hirudo vulgaris, que par l'existence d'une sorte de bourre ou enveloppe extérieure qui est parfaitement appropriée aux circonstances dans lesquelles les OEufs sont placés. En effet, la Sangsue médicinale ne les fixe pas à des Plantes aquatiques ou à tout autre corps étranger. Lorsqu'elle veut pondre, elle pratique dans le vase une espèce de tube de forme conique, à parois lisses, et dépose dans son fond une capsule. Celle-ci se trouve bientôt enveloppée par le tissu spongieux dont l'élasticité sert non-seulement à préserver les germes pendant le développement intracapsulaire, mais qui fournit encore aux jeunes Sangsues un abri assuré pendant les premiers temps de leur naissance. Le tissu spongieux est formé, après la ponte de la capsule; la Sangsue le dépose sous forme de bave écumeuse, qui ne tarde pas, en se desséchant, à prendre l'aspect d'un réseau.

Ou a reconnu que d'autres espèces de Sangsues étaient ovipares, mais les observations sont trop vagues pour que nous croyions utile de les rapporter; nous parlerons seulement des OEufs du Branchiobdelle, genre curieux d'Annelides; voisin des Sangsues, et qui a été fondé par notre ami Auguste Odier. Il pond des OEufs elliptiques, d'un jaune pâle, opaques, terminés supérieurement par une pointe cornée brune, et portés inférieurement sur un pédicule fin, de couleur brune, assez long, élargi par en bas. Au lieu de les déposer sur les Plantes ou dans la vase, l'Animal les fixe, au moyen du pédicule, sur les branchies des Ecrevisses de rivière. Il paraît que les OEufs éclosent à la fin de l'été ou en automne.

La reproduction du Lombric terrestre ou Ver de terre, est très-analogue à celle des Sangsues, et rappelle exactement celle de la Sangsue.

TOME XII. 9

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médicinale. En avril 1817, Léon Dufour trouva, aux environs de Saint-Sever (département des Landes), dans une marnière en exploitation, des cocons qui renfermaient de jeunes Lombrics. L'année suivante il fit de nouvelles recherches qui lui donnèrent le même résultat; enfin la lecture du Mémoire du docteur Rayer, inséré dans les Annales des Sciences Naturelles, éveilla de nouveau son attention sur ce fait curieux, et l'engaga à adresser aux rédacteurs de ce journal, une lettre que ceux-ci ne tardèrent pas à publier (T. V, p. 17); la chose était d'autant plus importante à éclaircir, que Willis et Linné avaient dit que les Lombrics pondaient des OEufs, tandis que plusieurs naturalistes de notre époque affirmaient que ces Animaux engendraient des petits vivans, lesquels sortaient par l'anus. Léon Dufour ne se croit pas en droit de trancher cette question, mais il nous apprend que les Lombrics déposent dans la terre, à cinq ou six pieds de profondeur, des espèces de cocons longs de sept à huit lignes sur trois ou quatre d'épaisseur, d'une forme oblongue, conico-cylindrique, et ayant un bout plus gros que l'autre. La substance qui les constitue est cornéo membraneuse, d'un tissu serré, assez élastique, résonnant, lorsqu'elle est sèche, sous le doigt qui la manie. Elle est parfaitement glabre, lisse, d'un roux jaunâtre, semi-diaphane, de manière que l'on voit, à travers, les circonvolutions du Lombric qu'elle enveloppe; le gros bout se termine dans son centre par une petite pointe un peu crochue; le bout opposé se prolonge en un cordon plus long, courbé sur lui-même, et finit par quelques filets détachés. La structure des bouts de ce cocon a fait penser à Léon Dufour qu'il pourrait bien être fixé dans quelque loge particulière du sol. L'intérieur renferme une pulpe homogène jaunâtre qu'on ne retrouve plus lorsque le Ver est formé. Tous ces faits, comme on voit, coïncident parfaitement avec ceux que nous avons exposés en parlant de la Sangsue médicinale; le tissu extérieur fibreux semble être l'analogue du tissu spongieux, et il est probable que dans le Lombric il existe aussi un second sac enveloppant la matière pulpeuse, et qui correspondrait à la capsule des Sangsues; mais une différence qu'on doit noter, c'est que Léon Dufour n'a jamais rencontré dans chaque cocon qu'un seul Ver; celui-ci s'échappe de sa prison en rompant le gros bout de la coque de manière à former une espèce de calotte assez semblable à celle des capsules de la Jusquiame; à sa sortie il a près de deux pouces de long et la grosseur d'une ficelle ordinaire; sa consistance est très-molle, et sa région dorsale offre un vaisseau d'un rouge vif, exécutant des mouvemens de sistole et de diastole.

Quand on aura étudié avec plus de soiu les Annelides, on trouvera sans doute qu'il existe entre elles de grands rapports dans leur mode de reproduction, mais on découvrira probablement aussi que les différentes familles, les différens genres et même les diverses espèces d'un même genre présentent de nombreuses modifications dans le nombre, la forme, le lieu de dépôt, la composition, la durée et le développement des OEufs.

OEUF DES CRUSTACÉS. Les Animaux de cette classe sont ovipares ou ovovivipares, et il existe entre eux les plus grandes différences, quant au nombre et à la grosseur des produits, quant au lieu où ils sont déposés par la mère, quant aux évolutions plus ou moins complètes qu'ils subissent; les une ne rompant leur coquille qu'après avoir acquis la forme qu'ils auront toujours; les autres, au contraire, ne venant au monde qu'avec des parties incomplétement formées, et ne ressemblant à leurs parens qu'après une suite plus ou moins nombreuse et plus ou moins longue de transformations. Nous ne devons traiter ici que des OEufs proprement dits, et il faut avouer qu'à l'exception de

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quelques-uns d'entre eux on sait bien peu de chose sur leur développement.

Dans le grand ordre des Décapodes, les OEufs sont globuleux, arrondis, de couleur variable, à enveloppe flexible, généralement très- nombreux et portés par la femelle qui les agglomère entre eux à l'aide d'une matière gluante, et les tient fixés aux appendices qu'on remarque à la face inférieure de son abdomen. Là ils augmentent, dit-on, de volume, et après plus ou moins de temps, suivant le degré de la température, les petits éclosent.

Dans les Stomapodes, les OEufs paraissent être fixés aux appendices branchiaux de l'abdomen de la femelle; ce fait est attesté par Risso qui dit l'avoir remarqué sur des Squilles de la mer de Nice. Du reste on ne sait encore rien sur le développement de ces germes.

Dans le petit nombre d'Amphipodes qu'on a observés jusqu'à ce jour, on a vu un mode de génération très- différent de celui des deux ordres qui précèdent. Ces Animaux sont ovipares, mais d'une manière fort étrange; la femelle pond ses OEufs dans une espèce de poche où ils éclosent. Ce genre de reproduction est encore plus sensible dans l'ordre des Isopodes les Aselles et les Cloportes présentent dans l'intervalle qui sépare leurs pates thoraciques antérieures et jusqu'au niveau de la cinquième paire une sorte d'ovaire externe formé par une membrane mince et très-flexible; les OEufs y sont pondus, s'y développent entièrement, et les petits en sortent en foule par des issues que la femelle referme après l'accouchement. Les OEufs des Aselles sont d'abord jaunes et globuleux; ils deviennent ensuite d'un gris brun, anguleux et irréguliers à mesure que le développement se fait dans leur intérieur.

L'ordre des Branchiopodes est de tous les Crustacés celui qui a été le mieux étudié sous le point de vue qui nous occupe; la génération de ces Animaux est ovipare, à peu près à la manière de celle des Isopodes, c'est- à-dire que la plupart des mères conservent sur elles, dans un lieu destiné à cet usage, les OEufs, jusqu'à la naissance des petits. Les Branchiopodes présentent entre eux quelques différences dans le lieu où s'effectue le dépôt; tantôt il s'opère dans des espèces de sacs que la femelle porte attachés à la base de son abdomen et qu'on a nommés ovaires externes; tantôt il occupe une cavité située sur le dos de l'Animal; d'autres fois il est placé dans les lames branchiales des pates natatoires; enfin chez quelquesuns, lès OEufs sont immédiatement pondus au dehors.

Les Cyclopes offrent un exemple du premier mode de reproduction: les ovaires externes ou les deux sacs appendus à l'abdomen ne se développent qu'au moment de la ponte, et à mesure que la femelle y dépose ses OEufs, on peut les voir se former sous ses yeux. Ces ovaires restent fixés pendant quelques jours au corps de l'Animal et n'augmentent plus; on aperçoit bientôt à chaque germe contenu dans leur intérieur un point noir qui est l'œil du fœtus; bientôt alors la membrane de l'ovaire externe se déchire, et les OEufs sont dispersés dans le liquide. Cette opération se renouvelle dix et douze fois pour une même femelle dans le cours d'une année, et chaque fois l'ovaire externe complétement détruit se renouvelle en entier. Les OEufs en abandonnant l'ovaire externe ont déjà perdu de leur forme sphérique, ils présentent des inégalités à la surface de leur enveloppe extérieure. Celle-ci ne tarde pas à se fendre longitudinalement, et le jeune Cyclope s'en échappe avec une forme très-différente de celle qu'il doit avoir un jour. Jurine, auquel nous empruntons ces curieux détails (Histoire des Monocles), compare avec raison ce jeune Cyclope à un Tétard. ff Au sortir de l'OEuf, dit-il, le Tétard a une forme presque sphérique; on en distingue fort bien l'œil et le cône

9*

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stomachique; mais il n'est pas ce qu'il va devenir sous les yeux de l'observateur. Tout-à-coup on voit paraître les antennes qui se séparent du corps contre lequel elles étaient auparavant fixées, comme si un ressort, en cessant d'agir sur elles, leur permettait de s'étendre; peu de temps après les pates de devant se détachent de même; puis celles de derrière. Ce nouveau né, qui jusqu'alors avait été immobile, agite plusieurs fois ses membres nouveaux pour lui, comme s'il voulait apprendre à en connaître l'usage, puis s'élance par sauts et par bonds dans son élément pour y chercher sa nourriture. ff Ces développemens et ceux qu'on voit ensuite, bien qu'ils représentent les évolutions que des Animaux d'une autre classe subissent dans l'intérieur de l'OEuf, ne sauraient trouver place dans cet article, car le Cyclope a déjà vu le jour; il est né. Cela prouve combien sont peu tranchées et sans doute nuisibles à la philosophie de la science, ces distinctions beaucoup trop précises qu'on a établies dans la vie fœtale, suivant qu'elle a lieu dans le corps de la femelle, dans l'intérieur de l'OEuf, ou tout-à-fait à l'extérieur au milieu de l'air ambiant Pour nous l'Animal est un fœtus, tant que, zoologiquement parlant, il n'a pas encore acquis les formes qui caractérisent son père ou sa mère; tous les changemens qu'il éprouve jusqu'à ce terme de croissance, toutes les métamorphoses plus ou moins complètes par lesquelles il passe, quel que soit le lieu où elles s'opèrent, sont à nos yeux des changemens qui correspondent à ceux que subit le Poulet dans l'intérieur de l'OEuf d'où il sort avec les formes extérieures qui caractérisent ses parens.

Les Branchiopodes et les Cyclopes en particulier travaillent constamment et toute leur vie à la reproduction de leurs semblables, les petits ne sont pas long-temps à naître et se trouvent bientôt aptes à reproduire. Nous emprunterons a Jurine quelques observations qui présentent les phases de cette admirable fécondité.

Le 18 février, Jurine isola une femelle du Cyclops quadricornis qui portait pour la première fois des ovaires renfermant des OEufs qu'elle pondit.

26 février. Les petits sont éclos.
7 mars. Seconde ponte.
13 id. Les petits sont éclos.
15 id. Troisième ponte.
25 id. Les petits sont éclos.
28 id. Quatrième ponte.
6 avril. Les petits sont éclos.
7 id. Cinquième ponte.
11 id. Les petits sont éclos.
12 id. Sixième ponte.
15 id. Les petits sont éclos.
18 id. Septième ponte.
24 id. Les petits sont éclos.
25 id. Cette mère a paru malade; elle commençait le travail de la mue; elle a perdu un peu de sa couleur.
26 id. Huitième ponte; les OEufs étaient transparens. Le 28, là mère a paru mieux; elle avait mué; sa couleur rouge a reparu.
ler mai. Neuvième ponte.
6 id. Les petits sont éclos.
8 id. Dixième ponte; le nombre
des OEufs produits par cette ponte était bien moindre que celui des précédentes.
18 id. Les petits sont éclos.

Depuis lors la femelle a langui et elle a péri le 10 juin.

Il résulte de cette observation: 1° que les intervalles qui ont lieu entre les pontes ne suivent pas une marche régulière; 2° que le développement du fœtus dans l'OEuf est subordonné à des causes secondaires parmi lesquelles l'influence atmosphérique est très-puissante; 3° que la fécondité du Cyclope est prodigieuse.

Si nous récapitulons les divers termes du tableau précédent, nous apprécierons facilement les intervalles très-différens qui ont eu lieu entre

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chaque ponte, et nous trouverons:

De la 1re ponte à la 2e 17 jours.
De la 2 à la 3 8
De la 3 à la 4 13
De la 4 à la 5 10
De la 5 à la 6 5
De la 6 à la 7 6
De la 7 à la 8 8
De la 8 à la 9 5
De la 9 à la 10 7

Nous pourrons aussi calculer le temps que les OEufs de chaque portée ont séjourné dans l'ovaire externe, et nous trouverons ces nombres:

Séjour dans l'ovaire.
1re poute 8 jours.
2 6
3 10
4 9
5 4
6 3
7 6
8
9 5
10 10

Ces variations du séjour des OEufs dans l'ovaire externe sont très-remarquables et sont en rapport sans doute avec les causes atmosphériques extérieures. Au contraire, tout le monde le sait, la durée de la gestation chez les Vivipares, et la durée de l'incubation chez les Ovipares sont exactement déterminées par la nature.

Jurine a désiré connaître d'une manière approximative quelle pouvait être la propagation des Cyclopes pendant une année. Pour faire ce calcul, il a supposé que la première femelle de l'observation précédente avait été mise au commencement de janvier dans un étang où elle avait pondu dix fois dans l'espace de trois mois. A la fin de juin la première génération de cette mère en aura donné une seconde, à la fin de septembre celle-ci en aura procréé une troisième, et à la fin de décembre cette dernière en aura fourni une quatrième. Le tableau ci-joint fera connaître la prodigieuse fécondité qui en résulte (1).

TABLEAU de la fécondité pour le Cyclope quadricorne.

Nombre des femelles qui ont fourni à chaque ponte et qui provenaient originairement d'une seule mère. Nombre et division des pontes dans le courant d'une année. Époque et durée de
chaque ponte.
Total des individus fournis par chaque ponte. Soustraction des mâles. Soustraction des femelles qui ont servi aux pontes suivantes.
1
240
57,600
13,824,000
8
8
8
8
Du I janvier à la fin de mars.
Du I avril à la fin de juin.
Du I juillet à la fin de septembre.
Du I octobre à la fin de décembre.
320
76,000
18,432, 000
4,423,680,000
80
19,200
4,608,000
1,105,920,000
240
57,600
13,824,000
3,317,760,000
Somme totale.
4,442, 189,120
Somme des mâl.
1,110,547,280
Somme des fem.
3,331,641,840

(1) Pour ne pas pousser trop loin la multiplication, Jurine a réduit à huit le nombre des pontes, et au lieu de porter à cinquante petits le produit de chacune d'elles, il s'est borné à quarante, en soustrayant encore un quart pour les mâles, ce qui, suivant lui, est beaucoup; si pour base de ce calcul on prenait en considération l'époque des pontes, et que l'on partît de la première au lieu, de la dernière, le résultat en serait presque doublé, vu surtout la rapide succession de ces pontes, pendant les chaleurs.

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Le second mode de développement des OEufs des Branchiopodes, se voit dans les Daphnies, dans les Cypris, dans les Limnadies, etc.; ils passent de l'ovaire interne dans une; cavité particulière ménagée au-dessous du test de l'Animal et placée surson dos. Jurine a rigoureusement déterminé les fonctions de cette partie qu'il nomme matrice, et ses observations les plus précises ont été faites sur le Monoculus Pulex, L., qui appartient aujourd'hui au genre Daphnia. Lorsque les germes ont acquis leur développement dans les ovaires internes, ce qui devient très-sensible peu de temps après l'accouplement des sexes, ils arrivent dans la matrice ou cavité dorsale en passant dans deux espèces d'oviductes qui y aboutissent. Quelquefois les deux ovaires ne se déchargent pas simultanément; l'un d'eux garde les OEufs quelques heures de plus et même un jour. Quoi qu'il en soit, les ovaires internes ne présentent d'abord que quelques molécules d'une matière colorée, en vert, en rose et en brun suivant la saison; elle augmente à chaque instant, et souvent au bout de quelques heures elle remplit les ovaires: « Il semble au premier aperçu, dit Jurine, que cette matière ne soit qu'une masse d'herbes hachées menu; mais par un examen plus approfondi on reconnaît que ces molécules sont arrangées avec ordre les unes à coté des autres, et qu'elles tiennent ensemble par un gluten particulier dans lequel on distingue de petites bulles, rondes et un peu transparentes, en un mot ce sont des OEufs réunis les uns aux autres. ff Les OEufs, déposés dans la matrice en nombre de plus de vingt, ont trois parties fort distinctes: une enveloppe extérieure, une matière colorée et de nombreux corps globuleux dont un, central, est très-remarquable par son immobilité et sa permanence; à mesure que l'embryon se développe, les particules colorées et les bulles disparaissent. Enfin lorsque le fœtus a atteint son entière croissance, elles ont disparu complètement. Il est difficile de distinguer sur des objets aussi petits la nature de ces matières, et de décider que l'une a les propriétés du jaune, et l'autre celles de l'albumen; mais on doit au moins admettre cette analogie avec l'OEuf de Poulet. Quant au développement des OEufs dans l'intérieur de la matrice, voici ce qui a été vu par Jurine: le premier jour l'OEuf a conservé la même apparence qu'il avait en entrant dans la matrice; on y distingue nettement une bulle centrale, entourée d'autres plus petites dont les intervalles sont garnis de molécules colorées; le second jour, la partie externe de l'OEuf est devenue un peu transparente, ou, en d'autres termes, les molécules colorées se sont rapprochées du centre; le troisième jour, la transparence du contour de l'OEuf s'est accrue; l'opacité des molécules colorées a diminué dans la périphérie de chaque bulle; celle du centre reste toujours la même et à la même place; le quatrième jour, l'OEuf a grossi sensiblement et a changé sa forme sphérique contre une légèrement ovoïde; le contour en est encore plus transparent et les petites bulles plus agglomérées autour de la centrale; le cinquième jour on distingue des inégalités, surtout à la partie antérieure de l'OEuf qui a augmenté de volume, et la matière colorante a un peu diminué; le sixième jour, la forme du fœtus commence à se montrer; les bras se détachent du corps; les bulles ont grossi et se sont un peu écartées les unes des autres; le septième jour, une partie des bulles a disparu et semble avoir été employée pour former les rudimens des pates et de la tête qu'on peut déjà distinguer; d'autres se sont portées en avant et occupent la place de l'œil; ce qui en reste est fixé dans la partie supérieure de la coquille; le huitième jour, l'œil paraît; il offre dans sou centre une ligne rougeâtre qui sépare la partie noire en deux parties égales; l'intestin se découvre; à mesure que les bulles colorées dimi-

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nuent, les parties solides de l'Animal se développent; le neuvième jour tous les organes du fœtus sont à découvert; l'œil est plus noir et l'on commence à en distinguer le réseau; les bulles ont presque entièrement disparu, mais la centrale subsiste encore, et occupe le milieu du canal alimentaire, sous le cœur; le dixième jour le développement du fœtus est terminé; la petite Daphnie sort de la matrice et passe dans un élément nouveau; elle reste un moment immobile, comme si elle voulait reconnaître le liquide dont elle est environnée et s'instruire sur l'usage et la force de ses membres; puis elle s'éloigne eu agitant ses petits bras. Tel est le développement ordinaire des OEufs; mais à une certaine époque de l'année, au mois de juillet ou d'août, le dos de la femelle présente une particularité curieuse et qui a fixé l'attention des observateurs; on remarque que cette partie prend de l'opacité; d'abord un peu blanchâtre, elle devient plus foncée et finit par être d'un gris noirâtre assez obscur. Quand on l'examine avec plus de soin, ou voit qu'elle est formée à droite et à gauche par deux ampoules ovalaires, placées l'une au-devant de l'autre, et formant avec celles du côté opposé deux petites capsules ovales qui ressemblent assez bien à une coquille bivalve. Müller a désigné ces pièces sous le nom de Selle, Ephippium, et au fait elles figurent assez bien une petite selle qui serait posée sur le dos de l'Animal. On a regardé d'abord la formation de l'Ephippium comme une maladie qui atteignait l'Animal dans l'arrière-saison; mais un anatomiste très-habile, Straus, a reconnu la véritable nature de cette monstruosité apparente, il nous a appris que ce petit amas n'était autre chose qu'une surenveloppe que la nature avait ménagée aux OEufs pour passer l'hiver. En effet, à la dernière mue de l'année et à l'approche de la saison froide, la mère abandonne son Ephippium avec les deux OEufs qu'il contient, et ils n'éclosent qu'au printemps suivant.

Les Apus présentent le quatrième mode de développement des OEufs; c'est-à-dire qu'ils sont déposés, en sortant des ovaires internes, dans une espèce de capsule à deux valves portée par la onzième paire de pates.

Le cinquième mode de développement des OEufs des Branchiopodes se remarque dans les Cypris; ces petits Crustacés n'ont plus aucune partie de leur corps disposée pour le séjour des OEufs; ils ne les transportent pas non plus avec eux, mais ils les déposent sur quelques corps étrangers en les agglutinant en une masse de plusieurs centaines. La ponte dure environ douze heures. Les petits qui sortent des OEufs ressemblent, par tous les traits de leur organisation extérieure, à leurs parens. Ils n'éprouvent donc pas après leur naissance des métamorphoses comme les Daphnies et la plupart des Branchiopodes. Les Cypris présentent encore une particularité curieuse; ils paraissent être véritablement hermaphrodites. Jamais on ne les a vus s'accoupler, jamais on n'a reconnu la moindre différence sexuelle entre des milliers d'individus observés à toutes les époques de l'année. Enfin, les OEufs recueillis à la sortie du corps de la mère ayant été isolés, sont éclos, et les petits séparés à l'instant même, ont donné une nouvelle génération sans l'intervention d'aucun autre individu. Mais ce n'est pas le lieu de traiter ici la question curieuse de l'hermaphroditisme. Nous n'en avons parlé qu'en ce qu'il se rattachait au développement des OEufs. Ces OEufs, ainsi qu'on vient de le voir, présentent, dans la classe des Crustacés, des particularités curieuses qui ont été assez bien vues, mais qui mériteraient d'être examinées de nouveau d'une manière comparative et avec plus de soin.

OEUF DES ARACHNIDES. Les OEufs ont été étudiés, chez plusieurs d'entre elles, avec beaucoup de soin. Un observateur habile, Héroldt (Exercit. de Anim. vert. carent. in Ovo formatione,

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pars 1; de generatione Aranearum, in Ovo), s'est attaché à nous faire connaître le développement de ceux des Aranéides. Nous extrairons de son travail les principaux faits.

Les OEufs des Araignées sont très-nombreux; ils sont pondus dans une espèce de nid commun diversement construit; en outre, ils paraissent enveloppés d'une membrane qui est fort délicate et transparente. Cette membrane extérieure est unique, et l'inspection au microscope n'y fait découvrir aucun pore ni aucune structure de fibre. Elle a pour usage de contenir une matière liquide dans laquelle Héroldt a distingué diverses parties essentielles qui, relativement à leur quantité, à leur couleur et à leur destination, semblent correspondre au vitellus, à l'albumen et à la cicatricule de l'OEuf des Oiseaux.

Le vitellus ou le jaune forme la plus grande masse du liquide; l'OEuf en est presque totalement rempli; sa couleur est ordinairement d'un jaune ochracé; quelquefois ce jaune est safrané. Chez quelques espèces, le vitellus est gris, blanc ou rouge-brun; dans tous les cas sa couleur détermine la teinte générale de l'œuf. Si on le soumet à un fort grossissement, on remarque qu'il est composé d'une infinité de petits globules de diverses dimensions qui nagent dans l'albumen ou sont environnés par elle, et ressemblent à autant de petits vitellus.

L'albumen est une liqueur transparente, cristalline, sans parties organiques distinctes, ne présentant par conséquent pas de globules, entourant le vitellus jusqu'à la cicatricule et tenant le milieu, quant au volume de sa masse, entre le jaune et la cicatricule. Si on ouvre un OEuf et qu'on laisse écouler sur une plaque de verre le liquide qu'il contient, on voit que l'albumen entoure les globules du jaune et de la cicatricule, exactement comme le serum du sang entoure le caillot. Dans l'intérieur de l'OEuf, l'albumen est placé de même que la cicatricule en dehors du jaune, et il remplit avec elle l'espace compris entre ce dernier et l'enveloppe extérieure. C'est dans cet espace circulaire qu'on voit se former les premiers linéamens du fœtus; c'est là que se développent successivement la tête, le thorax, les membres, les tégumens, leurs dépendances; enfin, c'est de ce lieu que semblent partir tous les organes internes sans en excepter les intestins.

La cicatricule ou le germe est la partie la plus petite et la plus importante de l'OEuf. Elle est placée immédiatement au-dessous de l'enveloppe extérieure et au centre de la circonférence de l'OEuf; elle se distingue à l'œil nu sous forme d'un très-petit point blanc. Si on l'examine avec plus de soin, on voit que sa forme est lenticulaire, et qu'elle se compose d'une quantité innombrable de granulations blanchâtres. Au microscope, on remarque que ces granulations sont globuleuses, assez semblables sous ce rapport à celles du jaune, mais d'un diamètre moindre et plus opaque. On rend cet aspect très-sensible en ouvrant un OEuf et en épanchant les liquides qu'il contient sur une plaque de verre; la cicatricule se résout alors en granules isolées et opaques qui, au premier aspect, présentent une analogie frappante avec des grains de pollen, à cette différence près que le pollen des Végétaux se compose de vésicules remplies par des molécules organiques, tandis que chaque globule de la cicatricule doit être considéré comme simple.

La cicatricule ou le germe est le point de départ des changemens qui ont lieu dans l'OEuf; toutes les parties qu'il contient lui semblent subordonnées, ainsi que nous le verrons en suivant avec soin leur développement. Un fait remarquable, observé par Héroldt, sur les OEufs de certaines espèces d'Araignées qu'il n'a pas déterminées, c'est qu'au lieu d'une cicatricule unique, il semble en exister plusieurs répandues sur divers points de la surface de l'OEuf;

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mais ces petits germes ne tardent pas à se réunir en une seule masse qui bientôt se comporte comme la cicatricule originairement unique.

Les parties constituantes de l'OEuf étant connues, nous allons passer aux métamorphoses qu'elles subissent dans son intérieur jusqu'au moment où l'Araignée rompt sa coquille. C'est à Héroldt que nous emprunterons ces observations; nous les présenterons de manière à les lier autant que possible aux faits curieux qui précèdent, et dont la connaissance est en partie due à nos amis Dumas et Prévost.

1re période. L'OEuf fécondé étant pondu, et les circonstances de température étant favorables (1), le développement commence. C'est toujours sur le bord du germe ou de la cicatricule qu'ont lieu les premiers changemens; ces bords semblent se diviser en granules qui s'étendent dans l'albumen et sur le jaune; le centre du germe est toujours le même, et la seule différence vraiment appréciable, c'est l'agrandissement de sa circonférence.

2e période. Le germe paraît beaucoup plus large; ses bords se dispersent en une infinité de granules; le centre n'est pas encore atteint par cette sorte de dispersion des molécules, mais il éprouve une modification notable, il se déplace et commence à cheminer vers l'extrémité de l'OEuf en laissant dans le lieu qu'il occupait d'abord une traînée de granules; il figure alors assez bien une espèce de comète dont le noyau serait le centre du germe; la queue, qui est formée par la dissémination des globules, est transparente, et on aperçoit, au-dessous d'elle, le jaune qu'elle recouvre, tout aussi distinctement qu'on voit, à travers la chevelure d'une comète, les étoiles fixes.

3e période. Le noyau du germe qui a continué de se déplacer est arrivé jusque près l'extrémité de l'OEuf, mais il ne l'atteint pas entièrement. Le trajet qu'il a parcouru est marqué par une infinité de granules qui sont alors tellement disséminées, qu'elles se prolongent presque jusqu'au bout opposé de l'OEuf; c'est alors que l'espèce de comète qu'il représente se montre dans son plus grand développement, et avec tous les caractères qui ont été indiqués. Le mouvement du noyau de la cicatricule autorise à supposer que ce corps n'a pas, au moins dans ces premiers temps, une connexion très-intime avec le jaune.

4e période. Le noyau du germe n'est pas allé au-delà du point qu'il avait atteint, mais il a subi un nouveau changement; ses molécules se sont disséminées en une infinité de granules; il n'existe plus de la comète que la queue qui offre encore plus d'étendue; mais on voit alors que les granules répandues dans l'albumen ont une tendance à se rapprocher du point qu'occupait le germe avant son déplacement.

5e période. Le germe de l'OEuf, qui semble disséminé dans l'albumen, a subi une transformation bien curieuse; toutes ses granules se sont décomposées en molécules imperceptibles qui, en faisant perdre à l'albumen sa limpidité, ont donné à toute cette masse l'apparence d'un nuage à travers lequel on distingue cependant les globules du jaune; un seul point reste parfaitement transparent; ce point se remarque à l'extrémité de l'OEuf opposée à celle qu'occupait le germe après son déplacement. Héroldt nomme Colliquamentum ce trouble de l'albumen. Jusque-là le jaune ne semble éprouver aucun changement; tous ceux que l'on remarque ont lieu dans l'albumen et dans l'espace circulaire situé entre le jaune et la coquille.

6e période. Le colliquamentum ou la matière nuageuse qui était éten-

(1) Héroldt n'a pas cru devoir mesurer le temps du développement, ainsi qu'on l'a fait dans le Poulet, parce qu'ici ce temps est en rapport avec les températures atmosphériques; mais s'il eût noté ces dernières, il fût arrivé sans doute, par un grand nombre d'observations, à des résultats curieux qui auraient fourni des nombres faciles à calculer.

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due sur le jaune et le masquait, paraît maintenant concentré sur le point occupé eu dernier lieu par le noyau du germe, il s'y est accumulé et a pris un aspect perlé; sa consistance est assez solide; il est opaque, et on ne distingue plus à travers lui les globules du jaune qu'il recouvre immédiatement; la totalité de celui-ci est cependant devenue plus apparente à cause du retrait de la matière nuageuse vers un seul point; dès ce moment le colliquamentum, qui paraît avoir changé de nature, reçoit un nouveau nom; Héroldt le désigne sous celui de cambium. Le cambium occupe en surface un peu plus du quart de la circonférence du jaune; sa forme est déjà assez bien caractérisée, et on peut lui distinguer deux parties, l'une grande, l'autre petite; la première ou la plus considérable, est séparée de la seconde par un étranglement; sa forme est elliptique, et c'est dans sa substance qu'on verra bientôt se former le thorax, les pates et les parties essentielles et internes du fœtus. La seconde partie, ou la plus petite, est arrondie et semble être, en quelque sorte, un appendice de la première; elle donnera naissance à la tête, aux organes des sens et aux appendices de ceux de la manducation. Ceci posé, on peut nommer avec Héroldt, la grosse masse cambium thoracique, et la petite cambium céphalique; on devra aussi, pour mieux comprendre les changemens qui vont suivre, diviser la surface de l'OEuf en quatre régions. La région qui contient le cambium sera nommée région pectorale, la portion opposée sera appelée dorsale, et l'on désignera sous le nom de région latérale les deux parties intermédiaires. Nous remarquerons que dans d'autres espèces à OEufs sphériques, le germe se convertit immédiatement en colliquamentum, puis en cambium, sans changer de place. L'Araignée Diadême en offre un exemple; du reste, il ne se présente ailleurs aucune autre différence importante.

7e période. Les deux portions du cambium, la céphalique et la thoracique, ne nous ont offert encore qu'une masse opaque et homogène; maintenant on y distingue des espèces d'arceaux au nombre de quatre de chaque côté; ce sont les rudimens des pates. Ces rudimens, situés en avant de l'OEuf, en occupent principalement les parties latérales; ils sont aussi très-visibles à la région pectorale où ils se prolongent inférieurement; l'extrémité de la première pate est contiguë à celle de la pate opposée, mais les trois autres, quoique plus longues, ne descendent pas aussi bas, et laissent entre elles un intervalle triangulaire qui se trouve rempli par une matière nuageuse assez transparente laissant apercevoir à travers elle les globules du jaune. Cet espace triangulaire qui plus tard sera recouvert par les pates, paraît donner naissance au tronc et à plusieurs parties contenues dans l'abdomen. Si à travers les changemens qui viennent de s'opérer, on veut retrouver les deux portions du cambium qui ont été distinguées dans l'observation précédente, on reconnaîtra que le cambium thoracique est représenté far l'assemblage des pates et par espace triangulaire qui est situé entre elles, et que le cambium céphalique existe au devant de lui. Les changemens qui ont eu lieu dans celui-ci ne sont pas moins remarquables; au lieu d'être arrondi, il est tronqué en avant, et l'on voit sur ses côtés un arceau qui n'est point divisé sur la ligne moyenne inférieure du corps en deux portions; il représente les palpes des mâchoires. On distingue même comme à travers un nuage les rudimens des mandibules. Il est probable que toutes les parties qui sont propres à la tête, comme les yeux, les crochets des mandibules et les mâchoires, ont dès ce moment leur circonscription bien établie; quant à la tête, elle se distingue alors très-nettement du thorax, et nous insistons sur ce fait parce qu'on sait que dans toutes les Araignées adultes la soudure de ces deux parties est très-intime; la division pre-

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mière n'étant plus représentée que par un sillon plus ou moins profond, L'OEuf, à l'époque où nous l'examinons, présente encore des parties nouvelles, ce sont des espèces de crénelures ou de replis arqués qu'on voit sur le jaune en arrière des pates, et qui méritent de fixer l'attention, parce qu'ils annoncent l'origine de a formation des tégumens communs du fœtus. C'est ici le lieu de faire remarquer qu'à cette même époque où nous sommes arrivés, les parties qui se développént ont avec le jaune une connexion intime; en effet, si on ouvre un OEuf avec toutes les précautions qu'exige cette opération délicate, et si ou étend la matière sur une plaque de verre, on voit que les parties formées dans le cambium conservent leur forme générale, et que la couche la plus interne de cette matière muqueuse et blanchâtre est dans une communication intime avec le jaune; elle s'insère dessus comme les Champignons ou les Plantes parasites s'insèrent dans le tronc d'un Arbre; le jaune fournit donc à la nutrition des parties les plus extérieures du corps.

8e période. Les parties extérieures qui se développent dans le cambium, c'est-à-dire les pieds, les mandibules, et la tête elle-même, se distinguent encore plus nettement. L'OEuf présente ensuite une particularité très-importante, et qui déjà s'indiquait dans la période précédente. Il diminue très-légèrement de grosseur en avant, et le jaune, par le fait de ce rétrécissement, semble divisé en deux portions: l'une petite et antérieure se distingue très-bien à la partie dorsale du fœtus et occupe la place qui, plus tard, sera celle du corselet. Héroldt la nomme, à cause de cela, portion thoracique; l'autre porte le nom de région abdominale. Elle est très-visible, occupe plus de la moitié de la capacité de l'OEuf, et semble constituer à elle seule la plus grande masse de l'abdomen. Si on examine la face inférieure de cette portion abdominale, on remarque, indépen damment des deux crénelures obliques et arquées, qui s'étendaient de la partie dorsale à la portion abdominale, trois autres crénelures longitudinales et droites; l'une d'elles occupe la ligne médiane du corps, et les deux autres sont placées de chaque côté. Ces crénelures indiquent les progrès de la formation des tégumens. Un autre changement se présente à la face supérieure. On voit régner sur la ligne moyenne une bandelette obscure et droite qui commence à l'étranglement abdominothoracique et s'étend jusqu'à l'extrémité de l'OEuf en devenant de plus en plus étroite; cette bandelette qui, dans tout son trajet, ne fournit aucun prolongement latéral, doit être considérée comme le rudiment du cœur ou le vaisseau dorsal. Le liquide, qu'il contient sans doute dans son intérieur, n'est doué d'aucunmouvement. Héroldt pense que la formation du liquide est antérieure à celle des parois qui le renferment. Il croit aussi que c'est l'albumen qui donne naissance à l'appareil circulatoire; il attribue encore à l'albumen l'origine de tous les tégumens. Ces questions seraient sans doute importantes à résoudre; mais comme elles se rattachent plus au raisonnement qu'à l'observation directe, nous croyons devoir faire abstraction des théories et nous borner ici au simple exposé des faits.

9e période. L'OEuf présente un changement frappant dans sa forme générale. Nous avons vu que dans la période précédente il diminuait très-légèrement de grosseur en avant; il offre maintenant un amincissement très-sensible dans le même sens. On peut lui reconnaître deux parties: une étroite, antérieure, constitue la petite extrémité et renferme la tête, le thorax et les appendices qui en dépendent; l'autre sphérique et beaucoup plus considérable, constitue la grosse extrémité et correspond à l'abdomen. En même temps que ces modifications ont eu lieu, l'OEuf s'est un peu allongé, et toutes les parties qu'on lui distinguait ont marché

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vers leur perfection. Les pates présentent déjà de légères traces de division en articles, et leur longueur s'est accrue de telle sorte qu'elles recouvrent presque en entier la face inférieure du thorax.

10e période. La petite extrémité qui s'est allongée de plus en plus se trouve maintenant distinguée de la grosse portion par un véritable étranglement qui, lorsqu'on examine l'OEuf de profil, le divise nettement en deux portions, qu'on désignera dans l'Araign de parfaite sous les noms de thorax et d'abdomen. Les parties visibles du thorax sont les mandibules, les palpes et les pates. Ces derniers appendices, repliés sur la poitrine, ont atteint un tel accroissement, qu'ils traversent la ligne moyenne du corps, c'est-à-dire qu'ils se dépassent réciproquement en rentrant dans les intervalles les uns des autres, à peu près comme lorsqu'on joint par leur extrémité les doigts d'une main avec ceux de l'autre. L'abdomen ne présente rien de remarquable, si ce n'est une tache oblongue et opaque qui existe sur le milieu de sa face inférieure, à partir des pieds jusqu'à la terminaison du ventre. Héroldt pense que cette tache est un indice du développement des parties internes de l'abdomen, c'est-à-dire du canal intestinal, des vaisseaux sécréteurs de la soie, des organes génitaux, etc. A mesure que le fœtus s'accroît, la membrane externe ou la coque de l'OEuf s'applique plus exactement contre son corps et semble représenter une peau extérieure dont la jeune Araignée se dépouillera bientôt, à peu près comme la Chenille se dépouille de la peau qui l'enveloppe.

11e période. Par l'augmentation successive du fœtus, la membrane de l'OEuf devient tellement tendue, et s'applique si exactement sur toutes les parties du corps de l'Animal, qu'on es distingue toutes nettement à travers elle; on croirait voir la nymphe de certains Insectes Coléoptères. Les parties essentielles du thorax sont la tête et les pieds. La tête est de couleur blanche et surmontée par huit traits bruns; les pates, également blanches, sont étroitement serrées contre la poitrine, et reçues, parleur extrémité, les unes entre les autres. On leur distingue une hanche, une cuisse, une jambe et un tarse. Les articulations des palpes et les mandibules sont aussi visibles à travers l'enveloppe générale de l'OEuf. La tache inférieure de l'abdomen est beaucoup plus étendue et paraît divisée en deux parties; l'une grande, elliptique; l'autre petite et arrondie: celle-ci correspond à l'ouverture anale. A ce dernier degré de développement, le fœtus, ou, si l'on veut, la jeune Araignée prisonnière ne donne aucun signe de mouvement.

Exclusion de l'Araignée. Enfin, l'Araignée sort de l'OEuf en rompant sa membrane extérieure. Degéer (Mém. sur les Ins. T. VII, p; 196) a décrit cette naissance: « La coque, dit-il, ou la pédicule de l'OEuf reçoit une fente le long du corselet, et l'Araignée tire d'abord par cette ouverture la tête, les tenailles (les mandibules), le corselet et le ventre; après quoi il lui reste à faire l'opération la plus difficile, c'est de dégager les pates et les bras (les palpes maxillaires) de la portion de la pellicule dont ces parties sont comme enveloppées; elle en vient à bout, quoique lentement, en gonflant et en contractant alternativement le corps et les pates; après quoi elle se trouve libre et capable de marcher. A mesure qu'elle se dégage de la pellicule, celle-ci est poussée vers l'extrémité des pates où elle est réduite à un petit paquet blanc qui est tout ce qui en reste. Quelquefois la pellicule se trouve encore un peu adhérente au ventre; mais l'Araignée s'en débarrasse bientôt entièrement. C'est la façon dont les jeunes Araignées de toutes les espèces sortent de l'enveloppe de leurs OEufs, et cette opération se fait comme une mue. ff Ce n'est encore ici, cependant, qu'une première naissance; en effet, toutes les parties de l'Araignée, sa tête, ses mâchoires,

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Ses pates, son ventre, se trouvent encore enveloppés par une membrane qui fournit a chacune une sorte de fourreau. L'Araignée est embarrassée dans tous ses mouvemens; elle ne se déplace qu'avec peine, et elle se trouve dans l'impossibilité de construire une toile et de saisir sa proie; au reste, elle est comme assoupie et ne paraît pas disposée à agir. Pour qu'elle sorte de cet état, et qu'elle soit apte à se mouvoir, il faut nécessairement qu'elle se débarrasse de cette autre enveloppe; c'est alors seulement qu'on peut dire qu'elle a vu le jour. Cette dernière période, ou, si l'on veut, cette première mue, a lieu dans un temps très-variable, suivant le degré de chaleur de l'atmosphère. Quelquefois on l'observe dès les premiers jours; souvent aussi elle ne s'effectue qu'au bout de plusieurs semaines. Dans tous les cas la mue s'opère dans l'espèce de bourre qui forme aux OEufs une enveloppe générale, et la jeune Araignée ne sort de ce nid commun que par un temps doux, ordinairement aux mois de mai et de juin.

OEUF DES INSECTES. Les sexes, l'accouplement, le mode de fécondation, les diverses particularités de la ponte, les métamorphoses sont assez bien connus pour un certain nombre de genres de la classe des Insectes; mais on ne sait rien ou presque rien de leurs OEufs. Souvent, il est vrai, on a calculé leur nombre, indiqué leur forme, et noté la couleur de leur coque, mais on n'a guère été au-delà; le développement de l'OEuf, c'est-à-dire les changemens successifs qui ont lieu dans son intérieur depuis l'instant de la fécondation jusqu'à l'époque de la naissance, n'a été, à notre connaissance, l'objet d'aucune recherche très-fructueuse. Nous n'avons donc rien à dire des OEufs des Insectes, car notre but n'est point de les considérer ici sous le rapport de leur nombre, de leur forme et de leur couleur. Ces détails qui pourraient nous entraîner fort loin trouvent naturellement leur place dans l'étude de chaque genre. Nous dirons seulement que la plupart des Insectes sont ovipares; que quelques-uns sont ovovivipares comme les Pucerons et quelques Mouches; que le nombre de OEufs est généralement considérable; que les uns en pondent par centaines et par milliers, tandis que d'autres en produisent une très-petite quantité; qu'il en existe de toutes les couleurs et de toutes les nuances, depuis le blanc jusqu'au noir obscur; que le lieu où es dépose la mère est aussi très-différent, les uns étant pondus dans l'eau, les autres dans l'air, un grand nombre dans la terre, plusieurs dans les tiges, les racines, les feuilles, les fleurs et les fruits de toute espèce de Plante, ou bien à la surface du corps et dans le corps même de certains Animaux; qu'enfin ils ont tous une enveloppe extérieure le plus ordinairement solide, quelquefois molle, et dans tous les cas organisée de telle sorte qu'elle protége le germe et persiste jusqu'à la naissance du fœtus qui la rompt lui-même.

OEUF DES ZOOPHYTES. La grande classe des Zoophytes renferme des êtres très-différens entre eux par leur organisation extérieure, mais qui se ressemblent beaucoup sous le rapport de leur reproduction; la plupart proviennent d'OEufs, mais ces OEufs n'ont le plus souvent été vus que dans les ovaires; rarement on en a observé après la ponte, et plus rarement encore on a examiné et suivi leur développement; nous n'aurons donc presque rien à dire de Cette classe nombreuse.

On a reconnu dans les Oursins des OEufs très-nombreux et quelquefois très-gros; les Holothuries en ont présenté aussi un grand nombre, mais on ne les a entrevus que dans les ovaires. On sait que plusieurs Vers intestinaux sont ovipares, et que certains d'entre eux sont ovovivipares. Les OEufs de l'Ascaride lombricoïde, observés dans le corps de l'Animal, sont en nombre incalculable; ils ont, suivant qu'on les examine dans l'o-

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vaire, dans les cornes ou dans la matrice, une forme différente; d'abord ils sont linéaires, ensuite triangulaires et allongés, puis triangulaires à angles obtus, ellipsoïdes, et enfin ronds; on n'a point suivi leur développement, mais on a seulement-distingué dans leur intérieur un germe blanc opaque auquel on a reconnu différentes formes suivant le degré de développement des OEufs. Le grand ordre des Polypiers, qui est intéressant sous mille rapports, nous offre des phénomènes bien remarquables dans les produits de leur génération. Quelques-uns paraissent être vivipares, un grand nombre sont ovipares, etc.; enfin il en est d'autres qui se reproduisent par bourgeons et qu'à cause de cela on désigne sous le nom de Gemmipares. Plusieurs espèces réunissent deux de ces conditions, et il paraît certain que quelques-unes les présentent toutes trois, c'est-à-dire qu'elles sont à la fois, et sans doute à différentes époques de l'année, vivipares, gemmipares et ovipares. Ou doit à Trembley, à Ellis et à Cavolini, la découverte de ces faits curieux. Nous ne rapporterons que ceux qui se rattachent plus spécialement au sujet qui nous occupe.

Dès l'année 1755, Ellis eu étudiant la Sertularia dichotoma de Linné (Campanularia dichotoma, Lam.), aperçut à sa surface plusieurs vésicules, et il distingua dans leur intérieur des OEufs. Bientôt il fut témoin d'un phénomène très-étrange, il vit ces OEufs se mouvoir dans l'intérieur de la vésicule; quelquesuns en ayant été expulsés, il observa des mouvemens encore plus prononcés. Cavolini qui a remarqué ces mouvemens dans plusieurs espèces, fournit à cet égard des renseignemens beaucoup plus précis que ceux d'Ellis. Une espèce de Gorgone, le Corail, un Madrépore (Caryophyllia, Lam.), ont été successivement le sujet de ses observations. Il a vu principalement dans la Gorgone et dans le Madrépore, que les OEufs, de couleur plus ou moins rouge, sont des espèces de capsules qui, indépendamment de mouvemens très-prononcés au moyen desquels ils nagent dans le fluide ambiant, jouissent de la faculté de s'allonger, de se raccourcir et de présenter tour à tour la forme d'un ovale, d'une espèce de poire et d'une sphère, jusqu'à ce qu'enfin ils se fixent à quelque corps pour se développer. Le développement paraît se faire dans l'intérieur de l'OEuf, c'est-à-dire qu'au bout d'une dizaine de jours on trouve qu'il renferme un rudiment de squelette ou de matière solide; le Polype ne naît donc point le premier, et la formation du Polypier ne lui est pas postérieure; l'une et l'autre partie croissent en même temps dans l'OEuf. Suivant Cavolini, les OEufs de Madrépores parcourent des conduits propres qui sont ouverts à la base des tentacules, et non dans l'ouverture buccale.

Les observations curieuses de Cavolini, sur le mouvement spontané des OEufs des Polypiers, ont été répétées dans ces derniers temps par Grant qui les a étendues à plusieurs autres espèces. Ce naturaliste habile, qui a eu occasion d'étudier les Campanulaires, les Plumulaires et plusieurs espèces d'Eponges (Ann. des Scienc. Natur., 1827), s'est assuré que les OEufs de ces Zoophytes, détachés nouvellement de leurs parens, ont le pouvoir de se soutenir dans l'eau par le mouvement rapide de cils nombreux qu'il a toujours trouvés à leur surface, jusqu'à ce qu'étant portés par les vagues ou par leurs propres efforts dans un lieu plus favorable, ils s'y fixent et s'y développent. Cavolini ne paraît pas avoir remarqué ces espèces de cils. Les OEufs des Eponges sont aussi hérissés de poils, mais il ne paraît pas qu'ils soient sujets à changer de forme; leurs mouvemens de natation sont très-bornés, ils semblent couler dans le liquide avec une direction donnée. Au contraire, ceux des Plumulaires (Plumularia falcata, Lamk.) contractent fréquemment leur corps, font varier ainsi son aspect, et nagent dans différens sens. Ces OEufs

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sont contenus dans des vésicules particulières d'où ils peuvent s'échapper. C'est au mois de mai que leur développement commence; on les voit alors se fixer et devenir plats, puis on distingue dans leur intérieur des parties plus opaques qui ont une apparence radiée; ils ressemblent à une petite étoile, dont les intervalles des rayons sont remplis par une matière peu colorée et transparente. Bientôt le centre s'élève, et on remarque audessus de lui une partie centrale et charnue qui n'a point encore l'apparence d'un Polypier, mais qui la prendra bientôt a mesure que l'accroissement aura lieu. La formation de l'Animal avec l'aspect qui le caractérise est donc postérieure, ou au moins contemporaine de la formation du Polypier, ce qui s'accorde parfaitement avec les observations de Cavolini, et semble confirmer les vues exposées par Bory de Saint-Vincent sur les Zoocarpes, qu'il donne comme mode de reproduction des êtres dont il propose de former lerègne psychodiaire.

Les OEufs des Polypiers doués de mouvemens, changeant de forme, ne présentant encore aucun organe distinct, nous conduisent naturellement aux Animaux infusoires qui sont euxmêmes des espèces d'OEufs dont la nature paraît être de ne jamais acquérir un plus grand développement.

Les faits contenus dans cet article donneront, ce nous semble, une idée assez précise du mode de reproduction et du premier développement des Animaux dans les différentes classes. Quel que soit l'état actuel de la science, on a cru utile de les réunir, ne fût-ce souvent que pour faire sentir la nécessité de compléter les observations en les rendant comparatives. (AUD.)

OFFICIER. POIS. L'un des noms vulgaires du Gadus Pollachius. V. GADE. (B)

OFTIA. BOT. PHAN. (Adanson.) Syn. de Spielmannia. V. ce mot. (B.)

OGCODE. Ogcodes. INS. Genre de l'ordre des Diptères, famille des Tanystomes, tribu des Vésiculeux, établi par Latreille, et ayant pour caractères: antennes très-petites, insérées près de la bouche, de deux articles, dont le dernier presque ovalaire et terminé par une soie. Trompe, suçoir et palpes tout-à-fait retirés dans la cavité orale et non visibles. Corps court, renflé; tête petite, globuleuse et presque entièrement occupée par les yeux; trois petits yeux lisses; corselet bossu; abdomen paraissant vésiculeux; ailes écartées, inclinées; tarses terminés par trois pelotes. Les Ogcodes se distinguent facilement des Acrocères qui en sont les plus voisins, par l'insertion des antennes; dans les Acrocères, les antennes prennent naissance sur le vertex, tandis que les Ogcodes les ont attachées au bord de la bouche. Les Astomelles ont les antennes composées de trois soies. Les genres Panops et Cyrte diffèrent des trois genres dont nous venons de parler, parce qu'ils ont une trompe bien apparente. La seule espèce connue de Linné, et celle sur laquelle Latreille établit son genre Ogcode, fut rangée par Linné dans son genre Musca. Schæffer l'associa aux Némotèles, et Fabricius aux Syrphus. Illiger est venu, après Latreille, donner le nom d'Hénops au genre Ogcode. Cette dénomination a d'abord été adoptée par Walkenaer, et ensuite par Meigen et Fabricius. Ce dernier a réuni à ce genre quelques autres espèces qui forment à présent d'autres genres. Les Ogcodes sont des Diptères d'assez petite taille et qui vivent dans les lieux aquatiques et humides; leurs mœurs et leurs métamorphoses nous sont encore inconnues. Le genre se compose de peu d'espèces, toutes propres à la France et surtout aux environs de Paris; ces Diptères se trouvent voltigeant autour des fleurs et posés sur les tiges des herbes; ils sont en général assez rares. Nous citerons comme type du genre:

L'OGCODE BOSSU, Ogcodes gibbo-

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sus, Latr., Hist. Nat. des Crust. et des Ins., t. 14, p. 315, n° 1, tab. 109, f. 10; Macquart, Ins. Dipt. du nord de la France; Musca gibbosa, L.; Henops gibbosa, Fabr., Walk., Meigen; Hemotelus, Schæff.; Icon. Ins., t. 200, fig. 1; Syrphus gibbosus, Panz. Long de deux à trois lignes; tête noirâtre; thorax d'un noir luisant à poil jaunâtre antérieurement, gris postérieurement; abdomen d'un blanc d'ivoire; une bande noire au bord postérieur des segmens, élargie au milieu. Ventre blanc; base et bord postérieur des segmens noirs. Pieds d'un fauve pâle; cuisses noires, à extrémité fauve. Cuillerons blancs; ailes hyalines. On trouve cette espèce aux environs de Paris, dans les prairies; elle y est rare. (G)

OGIÈRE. Ogiera. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, tribu des Hélianthées, et de la Syngénésie égale, L., proposé par Cassini (Bullet. de la Société Philomatique, février 1818) qui l'a ainsi caractérisé: involucre égal aux fleurs ou un peu plus long, composé de cinq folioles, larges, ovales et disposées sur un seul rang. Réceptacle petit, plan, garni de paillettes plus courtes que les fleurons, ovales, acuminées, membraneuses, et à une seule nervure. Calathide, sans rayons, composée de fleurons peu nombreux, réguliers et hermaphrodites; corolle à cinq lobes frangés; anthères libres et noires; style comme dans les autres Hélianthées; ovaire grêle, oblong, hispide surtout au sommet, devenant un akène oblong, obové, obscurément tétragone, hérissé de tubercules presque globuleux, rétréci au sommet en un col gros et court, absolument dépourvu d'aigrette. Ce genre présente, par ses anthères libres, une de ces rares exceptions au caractère le plus saillant et qui a donné son nom à la famille des Synanthérées. Il paraît que le genre Eleutheranthera (V. ce mot) constitué par Poiteau, et décrit dans le nouveau Dictionnaire d'Histoire Naturelle, publié en 1803, est le même que l'Ogiera de Cassini. Mais ce dernier auteur observe que la description de l'Eleutheranthera est imparfaite et même inexacte en quelques points; cependant il avoue qu'il y a de grandes probabilités en faveur de l'identité de ces genres. En conséquence l'Ogiera triplinervis, H. Cass., loc. cit., ne serait qu'un synonyme de l'Eleutheranthera ovalifolia, Poit., Plante herbacée, rameuse, indigène de Saint-Domingue. Dans les Horœ physicœ Berolinenses, recueil de Mémoires publié à Bonn en 1820, Adelbert de Chamisso a proposé sous le nom d'Euxenia, un genre fondé sur une Plante qu'il déclare positivement être la même que l'Ogiera triplinervis de Cassini. S'il en était ainsi, le nom d'Euxenia serait superflu; Cassini a prouvé, contre cette assertion, que non-seulement ces Plantes ne constituaient point la même espèce, mais qu'elles appartenaient à deux genres distincts. V. le mot EUXENIE au Supplément. (G..N.)

* OGLIFA. BOT. PHAN. H. Cassini a proposé sous ce nom (Bulletin de la Soc. Philom., septembre 1819) un genre ou sous-genre qui appartient à la famille des Synanthérées, tribu des Inulées, et qui est formé sur une espèce de Filago dont le mot Oglifa est l'anagramme. Cette espèce, Filago arvensis, L., est une Plante herbacée, annuelle, velue, cotonneuse et blanche sur toutes ses parties. La tige, haute d'environ un pied, est dressée, paniculée, rameuse, garnie de feuilles nombreuses, courtes, embrassantes, étroites et lancéolées. Les fleurs sont agglomérées en capitules dans les aisselles des feuilles supérieures et aux extrémités de la tige. On trouve cette Plante dans les champs stériles et sablonneux de l'Europe continentale. Le genre Oglifa est voisin du Micropus, ainsi que des vrais Gnaphalium; mais il se distingue de ceux-ci par les folioles de son involucre qui sont disposées sur un seul rang, égales, non scarieu-

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ses, et par l'existence de fleurs femelles, à ovaire sans aigrettes situées en dehors, de l'involucre, et entourées de folioles surnuméraires. Peutêtre, serait-il plus rationnel de considérer les folioles de l'involuere intérieur comme des appendices du réceptacle; alors chaque calathide n'ayant qu'un seul involucre extérieur, serait composée de fleurs centrales hermaphrodites ou femelles à ovaire aigretté, et de fleurs marginales femelles à ovaire sans aigrette. Cette manière de voir a été sentie et exprimée par l'auteur qui néanmoins a fondé l'existence du genre ou sousgenre dont il est ici question, sur la disposition particulière des parties de la fleur que nous avons exposée plus haut. (G..N.)

* OGNELLA. MOLL. V. BUREZ.

OGNON. BOT. PHAN. Et non Oignon. Espèce du genre Ail. V. ce mot et BULBE, dont il est ordinairement synonyme. Ainsi on a appelé:

OGNON DE LOUP, une variété de Potiron.

OGNON MARIN, le Scilla maritima, qui croît souvent très-loin de la mer.

OGNON MUSQUÉ, le Muscari.

OGNON SAUVAGE, l'Hyacinthus comosus, autre espèce du genre Muscari, etc. (B.)

* OGNON BLANC. MOLL. Nom vulgaire et marchand de l'Helix gigantea. (B.)

OGNONNET. BOT. PHAN. Et non Oignonnet. Une variété hâtive de Poires, et non de Pois. (B.)

OGOTON, OGOTONE OU OCHODONE. MAM. Espèce de Lagomys. V. LIÈVRE. (IS. G. ST.-H.)

OGYGIE. Ogygia. CRUST. Genre de la famille des Trilobites, établi par Alexandre Brongniart (Hist. Natur. des Crust. fossiles, p. 6 et 26) qui lui donne pour caractères distinctifs: corps très-déprimé, en ellipse allongée non contractile en sphère Bouclier bordé; un sillon peu profond, longitudinal, partant de son extrémité antérieure. Point d'autres tubercules que les oculiformes. Protubérances oculiformes, peu saillantes, non réticulées; angles postérieurs du bouclier prolongés en pointes. Lobes longitudinaux peu saillans; huit articulations à l'abdomen. C'est Guettard qui le premier a parlé de ces Animaux curieux dans une dissertation sur les empreintes des roches schisteuses d'Angers (Mém. de l'Académie des Sciences de Paris, année 1757, p. 52, pl. 7-9); mais il n'en a donné que des descriptions vagues et très-incomplètes, car il n'a connu que des fragmens de l'Animal. Brongniart l'a représenté en entier, et a consigné avec beaucoup de soin, dans son travail, les caractères qui en constituent un genre trèsdistinct. A ces caractères qui viennent d'être mentionnés, nous ajouterons que les individus d'une même espèce ont entre eux de grandes différences de taille; en ne comparant que ceux qui sont évidemment de la même espèce, on en trouve qui ont huit centimètres et d'autres qui ont jusqu à vingt-huit centimètres de long. Les Ogygies ont été rencontrées en France dans les Schistes argileux des environs d'Angers; on a cru aussi en distinguer une espèce peut-être distincte des précédentes dans une roche des environs de Schenectady, sur le Mobawk dans l'Etat de New-Yorck, laquelle roche est aussi schisteuse. Cette analogie de gissement est remarquable et se reproduit pour les autres genres de Trilobites que l'on a trouvés jusqu'à ce jour, V. TRILOBITES.

On ne connaît encore que deux espèces bien distinctes: 1° l'Ogygie de Gucttard, Ogygia Guettardi, Br., pl. 3, fig. 1; le corps est elliptique, environ trois fois plus long que large; il est terminé en pointe aux deux extrémités, et les différentes parties qu'on y voit participent de son allongement. On le trouve dans les Schistes ardoisés des environs d'Angers, ou il e t rare dans un parfait état de conservation, quoique les fragmens en soient très-communs. Ces fragmens offrent de telles diffé-

TOME XII. 10

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rences dans leurs proportions et dans leurs formes, que Brongniart suppose qu'il existe plusieurs espèces distinctes qu'il n'a pu encore caractériser. 2°. L'Ogygie de Desmarest, Ogygia Desmarestii, Br., pl. 3, fig. 2; le corps est ellipsoïde, tout au plus une fois et demie plus long que large; le bouclier est arrondi et presque échancré antérieurement. Cet Ogygie est remarquable par la dimension, l'Animal entier devant avoir au moins trente-cinq centimètres de long. Il se distingue en outre par une plus grande largeur de toutes ses parties, ce qui lui donne une forme générale raccourcie. (AUD.)

OHIGGINSIA. BOT. PHAN. Nom d'un genre établi par Ruiz et Pavon, que Persoon a convenablement modifié en supprimant la première voyelle. V. HIGGINSIE. (G..N.)

OICEPTOME. Oiceptoma. INS. Genre de Coléoptères, établi par Leach aux dépens des Boucliers ou Sylpha de Linné et que Latreille n'adopte pas dans ses Familles Naturelles. Ce genre est si peu tranché qu'il n'est réellement pas admissible. V. BOUCLIER. (G.)

OIDE. Oides. INS. Genre de Coléoptères, établi par Weber, et auquel Fabricius a donné le nom d'Adorium. V. ADORIE. (G.)

* OIDEUM. BOT. CRYPT. (Mucédinées.) Ce genre fut établi par Link; il est très-voisin des genres Acrosporium de Nées, et Alysidium de Kunze; aussi Persoon a réuni ces trois genres en un seul, sous le nom d' Acrosporium. Cette réunion paraît très-convenable; mais il serait préférable de conserver le nom d' Oideum, qui est le plus ancien. Ces petites Moisissures présentent des filamens simples ou rameux, très-fins, transparens, réunis par touffes, légèrement entrecroisés, cloisonnés, et dont les articles, et particulièrement ceux des extrémités des rameaux, finissent par se séparer et former autant de sporules.

Dans les vrais Oideum, les filamens sont décombans, entrecroisés; dans le genre Acrosporium, ils sont dressés, et leurs articles sont globuleux; dans l'Alysidium, ils sont également dressés, mais à articles ovales. Toutes ces petites Plantes croissent sur les feuilles ou les bois pourris, ou sur les fruits pourris; c'est particulièrement sur ces derniers que se développent deux des espèces de véritables Oideum: l'O. fructigenum et l'O. laxum, qui forment sur les fruits qui commencent à se gâter dès taches circulaires brunâtres, entourées de cercles concentriques semblables. Ces Plantes sont abondantes sur les Poires, les Abricots, les Prunes. (AD. B.)

OIE. Anser. OIS. Espèce du genre Canard la plus répandue dans nos basses-cours, et qui est le type d'un sous-genre, encore sous-divisé par Cuvier. Il paraît que l'Oie, d'origine septentrionale, fut introduite assez tard en Italie, et plus tard encore dans la péninsule Ibérique; du moins croyons-nous l'avoir prouvé dans le T. v, p. 339 de l'Encyclopédie moderne de Courtin.

On a étendu le nom d'Oie à divers Oiseaux qui ne sont pas même du genre Canard; ainsi l'on a appelé OIE DE BASSAN ou de SOLOR, le Fou de Bassan; OIE DE LE MÈRE CAREY, l'Albatros, etc. V. ces mots et CANARD. (B.)

* OIE DE MER. MAM. L'un des noms vulgaires du Delphinus Delphis. V. DAUPHIN. (B.)

OIGNARD, OIGNE. OIS. L'un des noms vulgaires du Canard Siffleur. V. CANARD. (DR..Z.)

OIGNON. BOT. PHAN. On emploie dans beaucoup d'ouvrages imprimés, où l'on semble se complaire à perpétuer une orthographe vicieuse, cette faute, au lieu du mot Ognon. V. ce mot. (B.)

OIGNONNET. BOT. PHAN. V. OGNONNET.

OINAS. OIS. Pour OEnas. V. ce mot. (B.)

* OISANITE. MIN. Syn. de l'Ana-

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tase, du bourg d'Oysans. V. OYSANITE. (G. DEL.)

OISEAU. Avis. ZOOL. C'est à l'article OISEAUX qu'il sera traité de ce qui concerne cette classe des Vertébrés; nous nous bornerons à faire remarquer ici que le mot OISEAU a été employé spécifiquement avec quelque épithète; de telles désignations essentiellement vicieuses doivent être bannies de la science. Nous n'en rapporterons que peu d'exemples, pour l'intelligence de la lecture des anciens voyageurs, ou des ouvrages dont les auteurs n'étaient pas ornithologistes, mais que cependant on lit avec quelque fruit sous divers rapports. Ainsi on appela:

OISEAU - ABEILLE, les Oiseaux-Mouches. V. COLIBRIS.

OISEAU D'AFRIQUE, le Casse-Noix et la Pintade.

OISEAU ANONYME (Hernandez), probablement un Perroquet.

OISEAU AQUATIQUE, le Bec en fourreau.

OISEAU ARCTIQUE (Edwards), le Labbe. V. STERCORAIRE.

OISEAU BALTIMORE, l'Oriolus Baltimore. V. TROUPIALE.

OISEAU DE BANANA ( Albin ), l'Oriolus icterus. V. TROUPIALE.

OISEAU DES BARRIÈRES, le Coccyzus septorum. V. COUA.

OISEAU A BEC BLANC, probablement un Troupiale.

OISEAUA BEC TRANCHANT, le Pingouin.

OISEAU BÉNI, le Motacilla Troglodytes. V. SYLVIE.

OISEAU BÈTE, l'Emberiza Lia. V. BRUANT.

OISEAU BLEU, la Poule Sultane, un Merle et le Martin-Pêcheur.

OISEAU DE BœUF, le Héron crabier, Ardea œquinoctialis.

OISEAU DE BOHÊME, le Jaseur.

OISEAU A BONNET NOIR, le Parus palustris. V. Mésange.

OISEAU BOUCHER, syn. de PieGrièche. V. ce mot.

OISEAU BOURDON, divers OiseauxMouches et autres Colibris.

OISEAU BRAME, le Falco Pondicherianus. V. AIGLE.

OISEAU DE CADAVRE, la Chevêche.

OISEAU DE CALICUT, l'un des syn. très-impropres de Dindon.

OISEAU DES CANARIES, le Serin, Fringilla Canaria, L.

OISEAU CANNE, l'Emberiza olivacea. V. BRUANT.

OISEAU DU CÈDRE, une variété du Jaseur.

OISEAU CÉLESTE. On nommait ainsi les grandes espèces du genre Faucon qui volent tiès-haut.

OISEAU CENDRÉ DE LA GUIANE (Buffon, pl. enl. 687, fig. 1), probablement un Gobe-Mouche.

OISEAU DES CERISES, le Loriot commun.

OISEAU CHAMEAU, l'Autruche.

OISEAU DE CHAROGNE, l'Oricou, espèce du genre Vautour. V. ce mot.

OISEAU CHAT, le Muscicapa Caroliniensis, nommé Catbird dans le pays. V. MERLE.

OISEAU DE CIMETIÈRE, le Grimpereau de muraille.

OISEAU A COOLIER (Nieremberg), l'Alcedo lorquata. V. MARTIN-PÊCHEUR.

OISEAU DE COMBAT, le Tringa Pugnax. V. BÉCASSEAU.

OISEAU A COU DE SERPENT, le plotus LevaiIIantii. V. ANNINGA.

OISEAU DES COURANS, l'Alca Pica. V. PINGOUIN.

OISEAU A COURONNE, l'Ardea pavonina. V. GRUE.

OISEAU DE LA COURONNE, même chose qu'Oiseau du Cèdre.

OISEAU COURONNÉ du MEXIQUE, le Touraco Louri.

OISEAU COURONNÉ noir, le Tangara melanictera. V. Tangara.

OISEAU DE LA CROIX, le Bouvreuil à sourcils roux.

OISEAU DE CURAÇAO, syn. de Hocco. V. ce mot.

OISEAU DE CYTHÈRE, le Colomba risoria. V. PIGEON.

OISEAU DE DAMPIER, le Calao de Céram, Buceros plicatus.

OISEAU DE DÉGOUT, le Dronte. V. ce mot.

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OISEAU DU DESTIN, le Buceros abyssinicus. V. CALAO.

OISEAU A DEUX, le Buceros ginginianus.

OISEAU DU DIABLE, même chose qu'Oiseau de Tempête.

OISEAU DIABLOTIN, le Larus catharractes. V. STERCORAIRE.

OISEAU DE DIEU, syn. d'Oiseau de Paradis.

OISEAU DE DIOMÉDE, le Puffin. V. PÉTREL.

OISEAU A DOS ROUGE, le Tangara Septicolor.

OISEAU DUNETTE, syn. de Grive. V. MERLE.

OISEAU EPINARD, le Tangara Septicolor.

OISEAU FÉTICHE, le Butor. V. HÉRON.

OISEAU DE FEU, un Troupiale et un Tangara.

OISEAU FOU, la Sittelle de la Jamaïque.

OISEAU DES GLACES, l'Ortolan de neige. V. BRUANT.

OISEAU GOITREUX, le Pélican blanc.

OISEAU DE GUERRE, la Frégate.

OISEAU DES HERBES, le Tangara canora.

OISEAU JAUNE, syn. de Bruant commun et de Sylvia œstiva. On a encore appelé ainsi le Loriot commun.

OISEAU DE JONCS, l'Ortolan de Roseaux. V. BRUANT.

OISEAU DE JUIDA, l'Emberiza Paradisea. V. GROS-BEC.

OISEAU DE LYBIE, la Grue cendrée.

OISEAU DE MAI, la Calandre.

OISEAU MARCHAND, le Vultur Aura. V. CATHARTE.

OISEAU DE MAUVAISE-FIGURE, l'Effraie. V. CHOUETTE.

OISEAU DE MÉDIE, le Paon.

OISEAU DE MEURTRE, la Litorne. V. MERLE.

OISEAU A MIROIR, syn. de GorgeBleue, espèce du genre Sylvie. V. ce mot.

OISEAU MON PÈRE, le Corvus calvus. V. CORACINE.

OISEAU DE MONTAGNES, les Hoccos.

OISEAU DE LA MORT, l'Effraie. V. CHOUETTE.

OISEAU-MOUCHE, sous-genre de Colibris. V. ce mot.

OISEAU DE MURMURE, les plus petites espèces du genre Colibris, dont le vol produit un léger bourdonnement particulier.

OISEAUDE NAUSÉE, même chose qu'Oiseau de Dégoût.

OISEAU DE NAZARE ou DE NAZARETH, le Didus Nazarenus qui n'était probablement que le Dronte. V. ce mot.

OISEAU DE NEIGES, la Niverolle, l'Ortolan de neiges et le Lagopède. V. GROS-BEC, BRUANT et TÉTRAS.

OISEAU DE NERTE, la Litorne. V. MERLE.

OISEAU NIAIS, le Canard Siffleur.

OISEAU NOIR, le Tangara atra, espèce maintenant placée dans le genre Stourne. V. ce mot.

OISEAU DE NOTRE-DAME, syn. d'Alcedo hispida. V. MARTIN-PÊCHEUR.

OISEAU DE NUMIDIE, la Pintade, et l'un des syn. impropres de Dindon. V. ce mot.

OISEAU d'OEUF, le Sterna vittata. V. STERNE.

OISEAU d'OR, le Monaul. V. ce mot.

OISEAU DE PALAMÈDE, la Grue cendrée.

OISEAU DE PARADIS. V. PARADIS.

OISEAU PÊCHEUR, le Balbuzard. V. AIGLE.

OISEAU DE LA PENTECOTE, le Loriot commun.

OISEAU A PIERRE, le Pauxi. V. ce mot.

OISEAU DE PLUIE, syn. de Tacco, espèce du genre Coua. V. ce mot.

OISEAU PLUVIAL, le Pic-Vert.

OISEAU DE PLUMES, même chose qu'Oiseau Royal.

OISEAU POURPRÉ, le Fulica Porphyrio. V. TALÈVE.

OISEAU PRÉDICATEUR, nom commun à la plupart des Faucons. V. ce mot.

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OISEAU QUAKER, le Diomedea fuliginosa. V. ALBATROS.

OISEAU RHINOCÉROS, un Calao. V. ce mot.

OISEAU RIEUR, le Cuculus ridibundus. V. COUCOU.

OISEAU DE RIZ, l'Emberiza oryzivora. V. GROS-BEC.

OISEAU ROI, le Lanius Tyrannus, syn. de TYRAN, sorte de Gobe-Mouche. V. ce mot.

OISEAU ROYAL, l'Ardea pavonina (V. GRUE) et le Manucaude.

OISEAU DES SAVANES, le Passerina pratensis. V. GROS-BEC.

OISEAU SAINT-JEAN, le Falco Lagopus. V. FAUCON.

OISEAU SAINT-MARTIN, le Busard. V. FAUCON.

OISEAU DE SAINT-PIERRE, plusieurs espèces de Pétrels ont été ainsi désignées.

OISEAU SANS AILES, les Pingouins et les Manchots.

OISEAU DE SAUGE, la Fauvette des roseaux. V. SYLVIE.

OISEAU SILENCIEUX, un Tangara, V. ce mot.

OISEAU DU SOLEIL, le Caurale et le Grèbe-Foulque. V. ces mots.

OISEAU SORCIER, l'Effraie.

OISEAU SOURIS, les espèces du genre Coliou ont été indifféremment désignées sous ce nom.

OISEAU TEIGNE, le Martin-Pêcheur commun.

OISEAU DE TEMPÊTE, le Procellaria pelagica. V. PÉTREL.

OISEAU DES TERRES-NEUVES (Belon), l'Aracari vert. V. ARACARI.

OISEAU TOCAN (Feuillée), le Rhamphastos Erythrorhynchus. V. TOUCAN.

OISEAU TOUT-BEC, syn. de Toucan et d'Aracari. V. ces mots.

OISEAU TROMPETTE, syn. d'Agami.V. ce mot. On a donné le même nom au Buceros Africanus, et à l'Oiseau Royal, Ardea pavonina. V. CALAO et GRUE.

OISEAU DU TROPIQUE, la Paille-enQueue. V. PHAÉTON.

OISEAU DE TURQUIE, l'un des syn. vulgaires, de Casse-Noix. (B.)

OISEAUX. Aves. ZOOL. Seconde classe des Animaux qui, dans la plupart des systèmes et méthodes zoologiques, appartient au grand embranchement des Vertébrés, et qui présente des rapports frappans avec les Mammifères, quoique les êtres dont se compose la classe qui va nous occuper, présente des mœurs et des habitudes bien différentes. Les extrémités antérieures des Oiseaux sont de fortes rames destinées à choquer l'air et y établir alternativement un point d'appui pour le vol; on retrouve chez eux le bras, l'avant-bras, la main et quelques vestiges de doigts dont ils ne peuvent, à la vérité, faire usage comme organes de préhension, mais qui deviennent les instrumens principaux du mouvement. Leurs extrémités inférieures offrent une cuisse constamment cachée par la peau qui recouvre l'abdomen, une jambe plus ou moins grêle, plus ou moins élevée et proportionnée aux besoins de l'espèce, un tarse toujours plus allongé que dans aucune autre Vertébré, terminé par un pied composé de doigts dont le nombre et la forme sont susceptibles d'importantes variations. Le reste de la charpente osseuse présente encore, comme dans les Mammifères, cette boîte admirable qui renferme la source première de la vitalité. A la tête s'attache la colonne vertébrale dont sept de ses nombreux anneaux, par des prolongemens arqués, forment les côtes qui viennent s'articuler en devant à un sternum osseux, et donnent naissance à la cavité pectorale bornée antérieurement par de longues clavicules, par de larges omoplates, et que forment en partie les trois os du bassin, réunis au coccix. Cette grande cavité renferme et protège la trachée-artère, l'œsophage, l'estomac, les poumons, le cœur, le foie, les reins, les instestins et autres viscères indispensables à la vie, et dont la forme, l'étendue ou le volume varient en raison des alimens et de la quantité d'air que l'Oiseau consomè

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me poor la respiration qui est double ainsi que la circulation.

L'organe cérébral est composé des deux lobes du cerveau, logés dans une cavité antérieure du crâne, et du cervelet qui, dans une autre cavité inférieure, se trouve en contact avec les deux couches optiques et la moelle allongée, formant une large surface lisse au milieu de ces deux couches; le cervelet présente à sa base et de chaque côté un prolongement plus ou moins grand; ses ventricules antérieurs sont fermés par une cloison. Tout cet appareil est protégé par la charpente du crâne, Les deux mandibules sont plus oumoins saillantes, quelquefois trèsprolongées, et assez ordinairement d'une forme bizarre; leur ensemble forme le bec; celui-ci, droit ou courbé, arrondi ou triangulaire, comprimé ou déprimé, coudé ou croisé, sillonné ou appendiculé, etc., est toujours de matière cornée, rarement recouverte d'un épiderme; il renferme la langue dont les formes ne sont guère moins variées que lasienne. La mandibule supérieure s'articule au crâne dont elle est le prolongement par les os maxillaires et intermaxillaires qui sont des lames plus ou moins amincies, dont les formes constituent celle du bec, et par l'os ethmoïde qui représente les apophyses ptérigoïdes; elle porte souvent à sa base une membrane plus ou moins épaisse et diversement colorée, que l'on a nommée cire; la partie intermédiaire longitudinale s'élève ordinairement en carène, et limite de chaque côté l'ouverture des narines dont la position varie autant que lamanière dont elles sont percées ou recouvertes, et qui termine les trois cornets cartilagineux du nez. La face interne de cette mandibule est concave, garnie de parties membraneuses qui forment le palais. La mandibule inférieure s'articule à la supérieure par l'os carré qui remplace la caisse du Mammifère et s'appuie sur l'ethmoïde; toutes deux ont leurs bords ou arrondis, ou tranchans, ou dentés. La base du bee, les côtés de la tête, l'orbite des yeux, le menton, le cou sont quelquefois entourés de membranes plus ou moins épaisses, saillantes ou pendantes; on les nomme caroncules, crêtes, fanons, etc. La face comprend tout ce qui environne le bec à partir de la ligne qui va do l'angle de cet organe jusqu'à celui de l'œil, et que l'on désigne sous le nom de lorum; elle comprend la joue qui occupe tout l'espace entre la base du bec, le front et l'œil, le capistrum qui est la partie inférieure du front et l'auréole ou région ophthalmique, cercle entourant l'œil. Le sourcil est un trait formé par de petites plumes colorées, qui dessine un are au-dessus de l'œil. Les tempes prennent ce qui est compris entre l'œil, le vertex et l'oreille. Le sinciput est la partie antérieure de la tête jusqu'au vertex qui forme le reste, entre les oreilles. L'occiput vient ensuite et se termine à la nuque ou l'origine du cou. Les ouvertures des oreilles sont cachées par des plumes décomposées que l'on aperçoit de chaque côté de la tête. Enfin le menton est la partie que laissent les deux branches de la mâchoire inférieure; il précède immédiatement la gorge.

La tête est unie au tronc par l'intermédiaire des vertèbres cervicales dont le nombre varie chez les diverses espèces en raison de la longueur du cou; ces vertèbres sont extrêmement mobiles et permettent au cou de se plier avec beaucoup de facilité soit en avant, soit en arrière, et même chez certaines espèces, comme le Torcol, la tête peut se tourner presque entièrement. Aux vertèbres cervicales succèdent les dorsales qui, loin d'être aussi mobiles que les précédentes, sont comme soudées et fixées entre elles par de forts ligamens, afin qu'elles ne puissent nuire, par leur jeu, aux efforts musculaires dans l'exercice du vol. Les vertèbres dorsales portent les côtes dont les antérieures appelées côtes sternales, s'arrondissent et viennent s'articuler par paires avec le sternum, pour se

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joindre ensuite aux côtes postérieures dites vertébrales qui forment la grande cavité renfermant la plupart des viscères.

Le sternum paraît être, chez les Oiseaux, l'une des pièces osseuses de la plus grande importance; il présente dans sa partie antérieure une grande surface carrée et bombée dans le milieu et qui s'élève en carène longitudinale appelée bréchet. C'est une plaque destinée à l'insertion des muscles pectoraux qui, chez les Oiseaux comme chez tous les individus organisés pour le vol, doivent avoir un très-grand développement; sa partie inférieure se rétrécit plus ou moins, et prend une forme concave; du reste les dimensions et les inflexions decette plaque se modifient dans chaque espèce au point qu'un anatomiste célèbre a pensé d'en faire la base d'une classification ornithologique. Les clavicules se réunissent, par une de leurs extrémités, au-dessus du sternum; cet appareil qui prend la forme d'un V ou d'une espèce de fourchette, nom sous lequel on le connaît vulgairement, contribue puissamment au vol en tenant écartés l'un de l'autre, pendant le mouvement des ailes, les deux omoplates que l'on trouve placés en travers, sur les côtes, et parallèlement à la colonne vertébrale; les omoplates sont arqués et guère plus longs que leurs apophyses coracoïdes qui s'appuient de chacun d'eux au sternum.

Les vertèbres lombaires, au nombre de sept à douze, sont toutes unies; les hanches et les os du bassin y sont soudés; elles sont terminées par les vertèbres caudales dont le nombre est pareillement indéterminé. Celles-ci jouissent d'une mobilité assez grande pour que l'Oiseau puisse, dans les régions aériennes, imprimer rapidement à la queue, devenue un excellent gouvernail, les mouvemens de direction qui conviennent à son extrême agilité. Nous nous sommes suffisamment étendus sur les extrémités; nous nous dispenserons d'y revenir, mais nous dirons quelques mots sur les organes contenus dans la grande cavité formée par les côtes et les vertèbres.

Au fond de la cavité orale ou plutôt sous la base de la langue se présente la trachée-artère dont le diamètre est sujet à varier, mais où l'on retrouve toujours entiers et cartilagineux les anneaux qui la composent. Outre le larynx proprement dit, commun à tous les Vertébrés et dont l'ouverture située vers le haut de la gorge conduit l'air immédiatement dans la trachée, il y a un larynx inférieur, appareil particulier de muscles et de pièces cartilagineuses, prenant naissance à la bifurcation de la trachée; c'est une véritable glotte très-musculeuse dans laquelle se forme et se modifie la voix susceptible d'acquérir une grande étendue par l'énorme quantité d'air contenue dans les sacs aériens; elle est quelquefois plus longue que le cou et se replie même sur les muscles pectoraux.

La respiration étant double chez les Oiseaux, l'air qui pénètre dans les poumons par le larynx inférieur, exerce également son action et sur le sang des artères et sur celui des vaisseaux pulmonaires. Les poumons sont en général très-volumineux, spongieux et garnis d'appendices ou poches aérifères dans lesquelles se terminent les bronches, qui transmettent l'air dans toutes les parties du corps, même dans les os; ils remplissent toute la cavité pectorale et sont adhérens aux côtes; quant à leur forme, elle est commune à toutes celles de ces viscères qui, divisés en plusieurs lobes, sont totalement enveloppés de leur membrane séreuse ou plèvre. Le cœur est d'une forme conique plus ou moins allongée; les ventricules sont presque égaux, à parois épaisses; les oreillettes sont munies d'appendices qui contribuent, avec les cavités cardiaques, à donner à la respiration des Oiseaux cette activité que l'on n'observe que chez eux. Le foie, remarquable par son volume, très-grand relativement à la masse totale de l'in-

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dividu, est divisé en deux lobes, renfermés dans les hypocondres dont la capacité est souvent à peine suffisante pour les contenir; la rate ordinairement petite, ovalaire ou cylindrique, est à côté; en dessous se trouve la vésicule du fiel.

Les organes de la digestion consistent dans un canal alimentaire dont le pharynx est la première partie; c'est une espèce de sac museuleux qui fait le prolongement de la cavité buccale; il communique avec l'œsophage, autre sac membraneux susceptible de renflemens et de rétrécissemens alternatifs qui la divisent en trois poches distinctes, dans lesquelles les alimens s'arrêtent et subissent successivement plusieurs degrés de macération. La première de ces poches se nomme jabot; lorsqu'elle est remplie, son ampleur devient sensible à l'extérieur; la seconde est le ventricule succenturié, autre jabot garni d'une multitude de glandes qui sécrètent abondamment du suc gastrique pour humecter, imbiber et ramollir les alimens qui ne l'auraient été qu'imparfaitement dans le jabot; enfin la troisième poche est le gésier qui peut être considéré comme le véritable estomac; elle est arrondie, comprimée et produite par une membrane venant de la péritonéale; de chaque côté sont deux muscles vigoureux, réunis par des prolongemens de fibres rayonnantes qui s'étendent sur les tendons plats formant les surfaces latérales de la poche. Le velouté de cet organe est cannelé, cartilagineux, et ses parois sont douées d'une force de constitution assez considérable pour remplacer dans la trituration parfaite des alimens la mastication qu'opèrent les dents chez les Animaux qui en sont pourvus. Les Oiseaux augmentent souvent leurs moyens digestifs en avalant de petites pierres qui, tombant dans le gésier, contribuent à la division des alimens. Oh observe que chez les Oiseaux autres que ceux qui se nourrissent essentiellement de matières dures, telles que graines, amandes, bourgeons, etc., etc., le gésier offre beaucoup moins de consistance dans ses surfaces internes, et que les muscles qui les constituent eont même assez faibles chez les espèces carnivores. Le phénomène de la digestion se termine dans le canal intestinal et le cœcum qui se trouve presque toujours double dans cette grande division zoologique; les excrémens passant par le rectum se rendent dans le cloaque, et sortent par l'anus. Les Oiseaux ne sécrétant pas, comme la plupart des autres Vertébrés, une urine liquide, sont privés de tout appareil urinaire; chez eux point de reins, point de vessie, ni d'urètre, ni d'uretère. On considère comme de l'urine concrète qui n'a pas été séparée du sang par le concours d'organes appropriés, une matière blanche qui accompagne et recouvre en artie les excrémens et dans laquelleles travaux des chimistes ont fait reconnaître presque tous les principesconstituant de l'urine.

Jetons maintenant un coup-d'œilsur l'ensemble du système dermoïdequi recouvre le tronc, et cherchonsles noms que porte vulgairementchacune de ses parties, relativementaux places qu'elles occupent. Nousavons interrompu, à l'occiput, l'examen des parties de la tête; le cou luisuccède et son origine supérieureforme la nuque qui, dans un grandnombre d'espèces, est ornée, dans larobe d'amour ou de noces, de plumes effilées ou décomposées, plus oumoins longues. Le devant au couqui touche immédiatement le menton, sous les mandibules, porte lenom de gorge. Le dos comprend tout l'espace entre le cou et le croupion; celui-ci est arrondi et se termine enpointe très-obtuse sur laquelle sontimplantées les rectrices; il est parsemé de glandes (entre autres deuxopposées, très-volumineuses ) sécrétant une matière graisseuse que lesOiseaux enlèvent avec le bec et qu'ilsemploient à lisser leurs plumes pour les rendre moins perméables à l'airet à l'eau; il est garni en dessus

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comme en dessous, par les tectrices caudales. Les épaules forment la partie antérieure des ailes, depuis l'articulation jusqu'à l'extrémité de l'humérus. En dessous la partie de la peau qui recouvre le sternum et que l'on appelle poitrine se prolonge de chaque côté sous les ailes où elle constitue les aisselles qui se rapprochent des épaules, et les flancs qui se terminent à l'abdomen; sous ce nom est comprise toute la partie qui s'étend jusqu'à l'anus.

La plupart des Oiseaux se font remarquer par une légèreté, une souplesse, une vivacité, disons même une pétulance qui paraissent propres à leur caractère; on les voit presque toujours en mouvement, et si quelques-uns, moins favorisés par la nature, ont à souffrir d'une conformation qui n'est plus en harmonie avec celle de la masse, l'air de stupidité qui les dégrade, indique suffisamment que leur état est en quelque sorte étranger à cette nombreuse tribu, qu'ils n'y sont assujettis que pour marquer la gradation, établir le passage d'une série à l'autre. Leurs sens sont plus ou moins perfectionnés; en général leur vue est plus perçante que chez aucun autre Animal; ils aperçoivent à une hauteur où l'Homme peut à peine les distinguer eux-mêmes, le petit Reptile qui doit leur servir de pâture et sur lequel ils fondent du haut des airs; ils fuient dès qu'ils aperçoivent le chasseur armé d'un fusil, tandis qu'ils attendent paisiblement jusqu'à faible portée, le voyageur dont ils n'ont point à redouter le simple bâton. Il est vrai que leur œil est organisé de manière à leur faire découvrir également bien les objets les plus éloignés. La cornéc est fortement convexe, le cristallin plat et le corps vitré petit. Du fond du globe dont un cercle de pièces osseuses renforce la face antérieure, se développe une membrane plissée et vasculeuse qui s'étend jusqu'au bord du cristallin où elle accélère sans doute le déplacement de cette lentille; une troisième paupière placée à l'angle interne de l'œil peut en outre en couvrir le devant comme un rideau, à l'aide d'un appareil musculaire des plus admirables.

L'ouïe est aussi chez eux d'une très - grande netteté. On remarque qu'ils s'interrogent et se répondent de très-loin; et ce qui prouve également la délicatesse de ce sens, c'est la facilité avec laquelle ils apprennent un chant étranger et soumettent la mélodie de leur gosier aux accords combinés de certains instrumens. A l'exception des Oiseaux de proie nocturnes, qui sont munis d'une sorte de conque extérieure, l'oreille est généralement privée de cette partie; elle consiste en un seul osselet entre la fenêtre ovale et le tympan, et un limaçon conique, faiblement contourné, et dans de grands canaux semicirculaires qui s'étendent dans le crâne, et qui sont environnés de cavités aériennes en communication avec la caisse.

Si l'on jugeait de l'odorat des Oiseaux par le peu de soins que la nature semble avoir apporté dans la position et la distribution des narines ou des conduits olfactifs, on pourrait le supposer bien faible; cependant on observe qu'un grand nombre de ces Animaux sont attirés de fort loin par des causes que l'on ne peut attribuer qu'à certaines émanations. Trois cornets cartilagineux plus ou moins compliqués et contenus dans une cavité située de chaque côté de la mandibule supérieure et ordinairement vers sa base, composent tout l'organe de l'odorat. Cette cavité, que l'on nomme fosse nasale, offre de grandes modifications de forme et d'étendue, qui sont même quelquefois suffisantes pour établir des différences génériques; elle est nue ou recouverte, soit en tout, soit en partie, d'excroissances charnues, de tégumens, de membranes, de poils, de plumes, qui eu rétrécissent et en cachent assez souvent l'ouverture. Quelques Oiseaux de proie sécrètent par les narines une humeur infecte et dégoûtante, résultat repoussé sans

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doute de la digestion des immondices cadavéreuses dont ils se gorgent.

Le sens du goût doit être fortement prononcé chez les Oiseaux, puisqu'on en voit périr d'inanition à côté d'une nourriture qui n'est point l'objet de leurs préférences, tandis que quelques espèces voisines en font un usage exclusif. Le dédain de cette nourriture est-il l'effet d'une prédilection que la loi si impérieuse du besoin ne saurait vaincre, ou bien n'est-il qu'une conséquence de la conformation particulière de l'organe? Quoi qu'il en soit, la langue, ce principal instrument du goût, et le bec qui ne contribue pas peu à le déterminer, affectent, suivant les diverses espèces, une consistance, une forme et une dimension si différentes, qu'on les a fait avantageusement servir à la limitation d'une infinité de genres.

Nous ne dirons rien du toucher, parce que, quoiqu'il soit vrai que divers Oiseaux se servent des doigts pour saisir leur nourriture et la porter au bec, aucune observation n'a prouvé jusqu'à présent que ce mouvement naturel et vraisemblablement irréfléchi, soit occasioné par l'intention de s'assurer si l'objet saisi convient à l'usage qui doit en être fait. Quant au reste, l'Oiseau revêtu dans toutes ses parties de plumes ou de duvet, ne saurait recevoir immédiatement les impressions du toucher et y être sensible.

Après l'exposé rapide des sensations générales des Oiseaux, nous croyons devoir nous arrêter quelques instans sur celles de leurs facultés les plus remarquables, autres que celles qui ont rapport à leur nourriture, et dont nous ferons un examen particulier. Ces facultés sont celles de chanter, de voler, de s'accoupler et de se reproduire.

Le chant se forme à la bifurcation de la trachée-artère, dans une glotte musculaire ou larynx inférieur; il est le véritable langage des Oiseaux, leur unique moyen de communication; c'est en chantant qu'ils expriment leur bien - être ou leurs besoins, leurs plaisirs ou leurs peines. Du sommet d'un rocher sourcilleux, l'Aigle, par des vociférations cadencées, répand la terreur dans son domaine, et semble désigner les victimes qui doivent assouvir sa faim; le Hibou, par un râlement plaintivement étouffé, manifeste sa triste et nocturne existence; les Corbeaux, en bandes nombreuses, témoignent par leur dur croassement la satisfaction de revoir, après une longue absence, des lieux dont l'été les avait exilés; le Merle s'empresse de célébrer par un sifflement agréable quelques intervalles lucides dérobés aux frimas; le Rossignol, les Fauvettes et autres chantres du bocage, paraissent ne célébrer que les plaisirs de l'amour; la cruelle Mésange siffle de contentement à l'aspect de la petite proie qu'elle va déchirer impitoyablement; les Moineaux sont avertis du danger dont les menace l'Oiseau de proie, par le signal d'alarme que donne à cris redoublés le plus vigilant d'entre eux; les doubles inflexions de la voix du Coucou rappellent sa femelle vers la couche étrangère où ses petits sont élevés; les perpétuels gazouillemens de l'Hirondelle sont des entretiens de famille, des préceptes pour toutes les époques d'une vie active, et que quelques observateurs sont parvenus à interpréter assez exactement; le Pigeon demande à sa fidèle compagne, par des roucoulemens réitérés, des faveurs qu'elle estrarement disposée à lui refuser; les Poules répondent par un caquetage de reconnaissance à la voix éclatante de leur sultan qui, dès l'aube du jour, les invite à se rendre près de lui pour aller chercher en commun la nourriture; dans nos basses-cours, le Coq, quoique amené à un état de dégradation par la domesticité, n'a rien perdu de ses soins obligeans envers son sérail, qui est constamment l'objet de ses chants, soit qu'ils expriment la satisfaction, soit qu'ils indiquent l'Inquiétude, soit qu'ils donnent le signal de la détresse: la Poule, délivrée de l'œuf auquel est attaché l'espoir d'une nombreuse fa-

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mille, vient en avertir le Coq par des chants d'allégresse, dont souvent la fermière seule fait son profit; chaque soir la Perdrix et la Caille rassemblent leurs familles par des petits cris de rappel, où l'on reconnaît la peur d'être découverte; le Héron et le Butor n'ayant point à craindre la recherche du chasseur, font ouvertement retentir les marais de sons tellement étendus, que l'on a beaucoup de peine à se persuader qu'ils ne sortent que du gosier d'un Oiseau; de leurs rives marécageuses, les Courlis et les Barges unissent leur babil aigu au roulement des vagues qui résonnent dans le lointain; enfin, les Canards, les Mouettes et généralement tous les graves Palmipèdes, étourdissent les pêcheurs par leur voix rauque et glapissante.

Les saisons, les localités, quelques circonstances passagères modifient et altèrent considérablement le chant des Oiseaux: il se borne chez les uns à la seule époque du rut; souvent néanmoins il se fait encore entendre après la naissance des petits; il se prolonge quelquefois assez pour que ceux-ci puissent profiter des premiers élémens d'une éducation que des besoins subséquens doivent développer; mais il devient ensuite de la plus triste monotonie; chez d'autres, il est pour ainsi dire perpétuel. Là où de, frais bocages, des alimens agréables et abondans épargnent aux Oiseaux les tourmens de la gêne et de l'inquiétude, les chants sont plus longs, plus mélodieux et plus variés. Un assez grand nombre d'espèces ne chantent que le matin; il en est qui préfèrent le déclin du jour et même le silence des nuits. Parfois, imitateurs d'un chant étranger à leur propre espèce, ils le redisent avec complaisance, et finissent même par en substituer une partie au leur. On sait avec quelle facilité on parvient à apprendre et à faire répéter à beaucoup d'Oiseaux de genres difïérens, des mots, des pensées, des vers et même des chansons entières: les Corbeaux, les Mainates, l'Etourneau, le Merle, les Martins, le Serin, et surtout les Perroquets, sont sous ce rapport d'une docilité extrême aux leçons que l'Homme leur donne, et surpassent même ordinairement les espérances du maître.

En assignant aux Oiseaux les régions de l'air comme leur principal domaine, la nature les a revêtus de tégumens légers, propres à favoriser tous les mouvemens du vol; elle a placé dans leur conformation interne des cavités aériennes pour recevoir et laisser circuler librement le fluide dans lequel ils doivent continuellement se mouvoir; des poumons, l'air se répand dans les cavités et pénètre dans l'intérieur des os où il remplace la moelle, et dans la tige cylindrique des plumes demeurée vide. C'est ainsi qu'il augmente puissamment la légèreté spécifique de l'Animal. Les plumes de l'aile sont disposées de manière à donner à cet organe d'autres moyens encore de maîtriser la pression atmosphérique; elles ont le côté extérieur, celui qui est destiné à fendre l'air, garni de barbes plus roides et plus courtes, tandis que le côté opposé les a plus souples, plus longues, et dans une direction arrondie, afin de donner à l'aile une forme légèrement concave et susceptible d'opposer une plus grande résistance à la colonne d'air; alors l'Oiseau élevant et abaissant l'aile avec vivacité, trouve dans le fluide qu'il frappe, un point d'appui qui facilite son mouvement d'arrière, en avant.

Plus l'étendue des ailes est grande, plus les Oiseaux ont d'avantage pour se soutenir long-temps dans l'air et y manœuvrer avec plus de rapidité. Les Aigles, les Faucons et surtout quelques Palmipèdes, tels que les Frégates, les Albatros, les Pétrels, les Mouettes, etc., parcourent en très-peu de temps des espaces immenses; ils s'élèvent à des hauteurs prodigieuses, où le duvet épais qui leur couvre le corps, les met à l'abri des fraîcheurs excessives que l'on éprouve momentanément dans ces régions d'une atmo-

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sphère extrêmement raréfiée. Les Hirondelles, les Martinets, les Sternes, semblent étrangers à tout repos, et dans le vaste espace des airs, ils décrivent en un clin-d'œil toutes les sinuosités que leur suggère le caprice ou l'espoir d'une chasse plus abondante. Les Grues, les Gigognes, les QEdicnèraes, et la plupart des Gralles, quoique assujettis à un vol plus lènt, entreprennent néanmoins de longs voyages; ils les exécutent avec une sagacité admirable et presque toujours dans la même direction, n'ayant point, comme ceux que nous avons cités plus haut, la ressource d'une queue forte et épaisse qu'ils puissent employer comme gouvernail, leurs longues pates étendues en arrière étant les seuls instrumens qui les aident à effectuer les changemens de direction. Il est en général peu d'Oiseaux à ailes courtes ou de moyenne longueur (relativement à celle du corps) qui soient capables de soutenir la durée du vol; et si nous en voyons quelques-uns parmi les Pigeons, les Gallinacés et les Canards, forcés par une température rigoureuse à émigrer vers les régions méridionales, nous les voyons aussi interrompre leur course par des repos fréquens; et il en est beaucoup, malgré cela, qui succombent à la fatigue lorsqu'ils rencontrent de trop grands obstacles.

A l'aimable pétulance, à la franche gaieté, la plupart des Oiseaux joignent des mœurs douces et pacifiques; ceux qu'une conformation particulière contraint à se repaître de chair palpitante, ne respirent que pour les combats: la soif du sang, la férocité enflamment leur regard; et souvent, dans leur ardeur belliqueuse, on les voit fondre audacieusement sur des proies bien supérieures en force, mais incapables de leur opposer du courage et de la résistance. Les espèces qui ne font usage que de chair fétide, de cadavres corrompus, expriment dans tout leur facies une inquiète lâcheté: après avoir enduré avec une patience extrême les tour mens d'une longue abstinence, ils préfèrent recourir à toute autre espèce de nourriture plutôt que de hasarder une attaque contre de plus faibles Animaux: la crainte et la perfidie accompagnent simultanément leurs actions et président à toutes leurs démarches. Les Oiseaux auxquels l'habitude de vivre au sein des eaux, dans la fange des marais, assure en quelque sorte une subsistance abondante, présentent dans le caractère une tranquillité qui s'identifie parfaitement avec la stupidité: leur allure est lourde et pesante; ils marchent plus qu'ils ne volent; il est rare que des querelles sérieuses s'élèvent entre eux; plusieurs Palmipèdes présentent avec cette indolence naturelle, la bizarrerie des formes les plus grotesques.

Toutes les sensations, toutes les facultés des Oiseaux semblent redoubler d'activité à l'époque des amours; alors aussi ils se revêtent de toute la splendeur que comporte leur plumage. Les uns éprouvent de très-bonne heure ces feux passagers; d'autres n'y deviennent sensibles que long-temps après le retour du printemps; il en est peu qui soient assez privilégiés de la nature pour les ressentir pendant toute l'année; nous n'entendons point parler ici des espèces réduites en domesticité et dont les mœurs autant que les nôtres se sont insensiblement éloignées de plus en plus des lois naturelles. Il est des espèces monogames où les mâles ne s'attachent qu'à une seule compagne, et y restent fidèles toute la vie; d'autres changent de femelle à chaque renouvellement des besoins de la reproduction. Les mâles des espèces polygames qui sont plus communes parmi les Gallinacés, les Alectorides, les Gralles et les Palmipèdes que dans les autres familles, se choisissent un nombre de femelles proportionné à leurs forces physiques, et paraissent mettre beaucoup de soins à s'en assnrer la possession; assez souvent la coquetterie, naturelle sans doute à toute sorte de fe-

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melles, occasione des rixes, violentes entre deux mâles, et les porte à se livrer des combats que reudent meurtriers le bec, les ongles et d'autres armes plus ou moins puissantes, dont quelques espèces n'ont vraisemblablement pas été pourvues sans dessein.

Les élans de l'amour chez les Ovipares, sont ordinairement accompagnés des démonstrations les plus vives, et généralement les mâles peuvent réitérer plusieurs fois de suite la preuve de leur ardeur. Les organes sexuels sont conformés et disposés de manière à ce qu'il n'y ait pour tous les Oiseaux qu'un seul mode d'accouplement; le mâle monte sur le dos de la femelle, s'y cramponne à l'aide du bec, avec lequel il saisit une partie des ornemens de la nuque et des pates, qu'il appuie fortement sur les reins et les cuisses; il émet la liqueur séminale par une espèce de tubercule placé sous l'abdomen, et la femellea reçoit sur l'orifice externe de l'ovaire, qui se trouve immédiatement au-dessus de l'anus. La copulation nedure qu'un instant; c'est plutôt unsimple attouchement, et, pour nousservir du terme propre, une affrictionqu'une intromission réelle, qui pourtant peut avoir lieu chez quelques grandes espèces, dont les mâles ont le tubercule d'une conformation plus rapprochée de celle du pénis dans les Quadrupèdes. Pour favoriser la copulation, les femelles relèvent la queue, et la déplacent momentanément en la rejetant un peu de côté.

Dès que la femelle ressent les influences de la fécondation, elle manifeste de la gêne, de l'embarras, auxquels succède bientôt une tendre sollicitude pour la famille qu'elle doit mettre au jour; elle communique et fait partager ses sensations au mâle; et tous deux s'occupent en commun de la construction du nid que chaque espèce modifie d'une manière particulière et par l'emploi de matériaux différens, toujours néanmoins avec un art, une adresse et une élégance qui né sont ni moins admirables ni moins étonnans que la constante régularité dans toutes les générations successives. Si le nid appartient à certaines espèces des plus grandes parmi les Rapaces et les Gralles, il repose sur l'entablement que peuvent présenter quelques parties de roc, ou sur la plate-forme d'une tour élevée. Son étendue est considérable: chaque année contribue à son accroissement; car il est rare que ces Oiseaux abandonnent lo premier monument de leur tendresse; ceux qui le quittent, y reviennent périodiquement déposer leurs œufs. Ce nid est composé de pièces de bois d'une telle force, qu'on les croirait difficilement apportées par l'Oiseau, si l'on ne connaissait la puissance extraordinaire de ses muscles; elles y sont arrangées de manière à ne pas céder à l'impétuosité des vents; elles reçoivent des branchages qui, diminuant insensiblement de grosseur, sont liés par les débris de la nourriture et les excrémens, de manière à former une aire solide. Les espèces qui n'emploient à cette construction que des joncs et des roseaux, en accumulent une si grande quantité; ils les fixent si bien à la plate-forme, que rarement les intempéries en occasionent la destruction; plus ordinairement néanmoins les nias sont placés sur les Arbres en treles bifurcations des branches: des brins de paille, des petites bûchettes apportés avec le bec, liés et entrelacés par le moyen de cet organe et avec le secours des pieds, constituent la charpente extérieure, et maintiennent la mousse ou le duvet qui doivent former la couchette. Quelques espèces ont aussi l'habitude de suspendre leur nid, plus artistement travaillé encore, à l'extrémité d'un rameau flexible, de manière qu'obéissant à toutes les impressions du vent, la couveuse qui l'habite éprouve un balancement presque continuel; d'autres enfin en revêtent toute la bâtisse extérieure d'un mastic ou enduit terreux, qui en augmente la solidité. Il en est qui, véritables maçons, n'emploient pour

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matériaux que ce même mastic gâché avec des fragmens de feuilles et de tiges. Combien de peines, combien de voyages ne nécessite pas une semblable industrie ! et lorsque l'on pense que l'Oiseau n'a pour l'exécution de tant de travaux qu'un seul instrument, qui est en même temps celui du transport des matériaux, on ne peut se lasser d'une admiration si justement méritée. Ces nids mastiqués ont ordinairement une forme sphérique, conique ou ellipsoïdale; ils sont établis dans les angles des croisées, des cheminées, murailles et plafonds, souvent dans les entablemens abrités des rochers; ils sont ou solitaires ou serrés les uns contre les autres; l'ouverture se trouve ménagée soit vers le haut, soit sur l'un des côtés, et même quelquefois dans la partie inférieure. La construction interne présente assez souvent plusieurs compartimens; une espèee de vestibule est séparée du véritable nid par un étranglement en forme de cloison; c'est dans cet espace que le mâle se retire et pourvoit aux besoins de la couveuse.

Les nids placés immédiatement sur le sol, entre quelques mottes de terre, dans les joncs, dans les champs cultivés, n'exigent pas autant de soins; cependant on observe que les Oiseaux ont toujours la précaution de les établir de manière à les garantir des submersions que pourraient occasioner les grandes pluies. Un duvet abondant maintenu par des tiges flexibles, convenablement enlacées, forme tout l'appareil de l'incubation. Il est des espèces qui se contentent d'arrondir une cavité dans la terre ou dans le sable, et d'y déposer à nu leurs œufs qu'elles couvent assidument, ou qu'elles abandonnent pendant le jour à la chaleur du soleil; dans ce dernier cas néanmoins leur sollicitude les porte à recouvrir ces œufs d'une petite couche de sable ou de toute autre matière analogue, soit pour les soustraire aux regards des Animaux qui en feraient leur nourriture, soit pour les préserver d'une trop grande intensité des rayons solaires. La place choisie par les Oiseaux pour déposer leurs œufs varie selon chaque espèce monogame, et les polygames n'y apportent pas à beaucoup près autant de soins; ce qui se conçoit aisément, parce que le mâle, obligé de féconder plusieurs femelles, ne peut avoir pour toutes les mêmes attentions que pour une seule; qu'il ne se mêle en rien de ce qui concerne l'incubation, et que chaque femelle, réduite à choisir et préparer seule le premier asile de sa future couvée, n'y apporte qu'un travail rigoureusement subordonné à ses forces et à ses besoins. La ponte suit immédiatement la confection du nid; les œufs fécondés lors de l'accouplement ne consistaient qu'en des points jaunes; ils ont grossi; détachés de l'ovaire, ils sont tombés dans le canal de l'oviductus ou ils ont trouvé l'albumen (matière du blanc dont ils se sont imbibés); insensiblement ils ont glissé dans la grande cavité du bassin, et de-là, après avoir acquis tout leur volume et s'être, dans les derniers jours, recouverts de l'enveloppe calcaire qui forme la coquille, ils sont enfin chassés de ce dernier organe et sortent par l'anus. V. OEUF.

Il s'en faut de beaucoup que la ponte se compose, chez tous les Oiseaux, d'un égal nombre d'œufs; elle n'est que d'un ou de deux dans les grandes espèces, telles que l'Autruche, l'Aigle, la Grue; de quinze ou de vingt dans divers Palmipèdes et dans les petites espèces, comme certaines Mésanges. Elle est unique chez un grand nombre; chez d'autres elle se réitère une fois, deux fois et à des époques tellement rapprochées qu'à peine les petits peuvent se passer des soins des parens. Si la femelle vient à êtré privée de ses œufs, par un accident quelconque, peu après la ponte unique qui lui est attribuée par la nature, elle en est assez ordinairement dédommagée par une nouvelle; mais on a remarqué que cette surponte était toujours

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moindre que la première. L'on voit à la vérité perpétuer les pontes dans les basses-cours pendant une grande partie de l'année en récoltant journalièrement les œufe, mais c'est là une opération forcée que provoque une nourriture surabondante, et qui intervertit la marche régulière et constante que l'on observe chez les Oiseaux libres.

L'éducation du nouveau-né exige, suivant les espèces, des soins différens; le Canneton au sortir de l'œuf court à la rivière, le Poussin suit la Poule; l'un et l'autre apprennent de la mère à chercher aussitôt leur nourriture. Le Pigeonneau, le jeune Insectivore et la plupart des autres Oiseaux restent long-temps sédentaires dans le nid avant de pouvoir faire usage de leurs organes; les parens viennent leur apporter la nourriture, soit brute, Soit rendue plus digestive par une macération préparatoire dans leur propre jabot; alors ils la leur dégorgent. Quels exemples de tendresse, d'amour maternel, de sollicitude touchante, les Oiseaux ne donnent-ils point ainsi dans l'éducation de leur famille? Quel courage surnaturel ne montrent-ils pas lorsqu'il s'agit de la préserver d'un danger, de la défendre contre l'ennemi? Que de peine, de fatigues, ne faut-il pas qu'ils endurent pour pourvoir à la subsistance de ces objets de leur affection?

A la sortie de l'œuf, les Oiseaux sont couverts, sur toutes les parties du corps qui doivent être emplumées, de poils fins plus ou moins serrés; ces poils sont implantés par touffes dans les bulbes des plumes dont la gaîne les repousse à mesure qu'elle paraît et qu'elle se développe. Cette gaîne est un tube ou cylindre membraneux, fermé à sa pointe, s'élevant immédiatement de la bulbe qui sert en quelque sorte de racine à la plume; celle-ci parvenue à un certain degré de croissance, perce l'extrémité de la gaîne en la fendant longitudinalement; la tige se présente, elle s'allonge; bientôt on aper çoit les rudimens des barbes, leur développement s'effectue; enfin lorsque l'accroissement qui se fait toujours par la base est terminé, il ne reste plus de la gaîoe que quelques couches internes et desséchées qui se trouvent renfermées sous forme de membrane plissée vers la base conique du tube corné de la plume.

Les plumes ne recouvrent pas généralement toutes les parties du corps; les côtés du cou et du dos, le milieu de la poitrine et du ventre, quelques parties internes ou inférieures des cuisses et des ailes, etc., en sont totalement dépourvues, ou bien ils n'offrent pour garniture qu'un simple duvet. Elles varient siogulièrement quant à la forme, la consistance, les couleurs et les reflets, quoique dans toutes on retrouve le tube ou tuyau qui constitue la base; la tige qui est un prolongement de ce même tuyau, mais presque quadrangulaire, rempli d'une matière blanche, légère et spongieuse, légèrement convexe sur la face supérieure et marqué inférieurement d'une cannelure profonde; enfin les barbes qui sont elles-mêmes garnies de chaque côté d'autres petites barbules, terminées par des crochets que l'Oiseau tourne dans certains cas, de manière à les entrelacer tellement les uns dans les autres que la plume ne présente qu'une laine solide impénétrable à l'air.

Les plumes reçoivent différens noms suivant la position qu'elles occupent sur le corps de l'Oiseau; on distingue d'abord les pennes alaires ou rémiges, les penpes caudales ou rectrices et les couvertures ou tectrices.

Les rémiges sont les plus grandes plumes de l'aile; elles sont roides, élastiques et destinées à porter le premier choc à la résistance de l'air: aussi les barbes externes sont-elles beaucoup plus fortes et moins étendues que les internes. On les subdivise en rémiges primaires qui sont celles adhérentes à la main ou métacarpe, toujours au nombre de dix;

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en rémiges secondaires qui garnissent l'avant-bras ou le cubitus, et dont le nombre n'est point fixe; l'on trouve encore quelques rémiges bâtardes qui garnissent le pouce, ou du moins l'os qui le représente, par un appendice situé au-dessous du pli de l'aile.

Les rectrices moins fortes et moins consistantes que les rémiges sont-implantées sur le croupion; elles sont plus larges que les précédentes, et les barbes sont presque égales des deux côtés; elles sont destinées par leur étalage à soutenir l'Oiseau dans son vol et à lui imprimer la direction; leur nombre varie suivant les espèces, depuis dix jusqu'à dix-huit.

On distingue les tectrices en alaires et en caudales suivant qu'elles recouvrent ou les ailes ou la queue; pour l'une et pour l'autre partie elles sont supérieures quand, attachées audessus de l'organe, elles se trouvent immédiatement exposées aux regards de l'observateur, dans toutes les positions de l'Oiseau; elles sont inférieures lorsque, garnissant le dessous des ailes ou de la queue, elles disparaissent pour la vue, sous les ailes pliées ou sous la queue baissée. On nomme grandes tectrices alaires celles qui recouvrent les rémiges les plus éloignées du corps, petites tectrices celles qui garnissent le pli de l'aile, et moyennes tectrices celles qui se trouvent intermédiairement placées. Toutes sont imbriquées, c'est-à-dire arrangées symétriquement comme les ardoises sur un toit. Au milieu des tectrices se trouve, chez un grand nombre de Palmipèdes, une grande tache colorée, brillante, que l'on nomme le miroir.

Les plumes scapulaires sont moins fortes que les rémiges et les tectrices, elles ont leur attache à la partie antérieure du bras, sur l'humérus; elles unissent l'aile avec le dos et s'étendent néanmoins plus particulièrement le long de cette dernière partie.

On a enfin donné le nom d'aigrette ou de huppe aux plumes longues et effilées qui garnissent l'occiput d'un certain nombre d'Oiseaux; il en est qui portent l'aigrette constamment relevée comme on l'observe dans le Paon; d'autres, tels que le Bihoreau, la tiennent habituellement couchée le long du cou. L'Oiseau de Paradis, le Ménura, l'Autruche, plusieurs Cigognes et diverses autres espèces portent, soit vers les hypocondres, soit près des tectrices caudales supérieures, de grandes plumes lâches ou flottantes qui ne ressemblent en rien aux autres; leurs barbes sont entièrement désagrégées et dépourvues des crochets qui pourraient les tenir réunies. C'est avec ces plumes flottantes que l'on forme ces panaches précieux qui sont chez quelques insulaires de la Nouvelle-Guinée les marques distinctives du pouvoir souverain, et qui donnent à nos beautés européennes les moyens d'accroître l'empire de leurs charmes ou de dissimuler les outrages que le temps peut y occasioner.

Tout le luxe du reflet, toute la richesse du coloris, ont été prodigués par la nature à certaines espèces, surtout parmi les nombreux habitans ailés des régions inter-tropicales. On en voit briller d'un éclat métallique des plus éblouissans, d'autres offrent à la fois le mélange le plus splendide du pourpre et de l'azur; la nacre reflette sur les ailes de celui-ci, tandis que celui-là étale somptueusement le vif éclat de l'or sur le noir soyeux du velours ou du satin, et que chez d'autres l'aigue-marine s'entremêle à l'incarnat; enfin il n'est pas de nuance que l'on ne retrouve sur la robe toujours élégante des Oiseaux. Mais dans ces brillantes familles, les mâles seuls jouissent du privilège d'éblouir par le faste comme par la mélodie; et quand on remarque que les modestes femelles ne peuveut jamais offrir à nos yeux que des teintes sombres et rembrunies, on est tenté d'attribuer à la nature une contradiction inexplicable puisqu' en faisant de la femelle le chef-d œuvre de la création, elle l'a douée des plus

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séduisantes qualités. Ces parurés superbes qu'étalent les Oiseaux, sont sujettes a des altérations singulières, et souvent il serait impossible de reconnaître le même individu dans son plumage d'automne, si les rémiges et les rectrices, qui restent invariables dans leurs nuances, n'étaient des indices certains pour ramener l'observateur au véritable type de l'espèce. Avec la saison du rut, tombe cette queue magnifique qui semble faire l'orgueil du Paon et du Gros-Bec à épaulettes; le Fondi quitte sa robe écarlate pour un vêtement d'un vert rembruni; le grand Promerops change ses paremens frisés en un plumage conforme à celui de la femelle. Les Oiseaux cependant n'acquièrent pas tous au même âge leur grande parure, il y en a dont la jeunesse etl'adolescence se prolongent plus longtemps et qui vont même, comme dans les Accipitres, jusqu'à la troisièmeannée. Pendant cette première époque de l'existence, le plumage, presque semblable d'abord à celui de lafemelle, éprouve des mues successives; autant à une seconde année il estdevenu différent de ce qu'il étaitl'année précédente, autant il différera l'année qui va suivre jusqu'à cequ'il arrive enfin à l'état de perfection. Les changemens que l'on observe dans le plumage résultant destrois ou quatre premières mues, rendent souvent le même Oiseau tellement méconnaissable que l'on pourrait (malgré néanmoins quelque circonspection ) lui appliquer plusieursdénominations spécifiques. V. MUE.

La mue ne s'opère point sans une légère maladie ou plutôt une indisposition forte, que l'Oiseau libre n'éprouve pas moins que le captif: embarras dans les mouvemens, dégoût marqué pour la plupart des alimens, humectation de la paupière, espèce de tremblottement convulsif, enfin silence obstiné. Ces symptômes sont plus ou moins caractérisés, suivant les espèces et l'état de vigueur des individus. La mue est simple lorsqu'elle n'arrive qu'une seule fois l'an; et dans nos climats tempérés, c'est presque toujours immédiatement après l'éducation de la jeune famille, ou vers cette même époqne pour ceux qui n'ont pu obéir à l'acte de reproduction imposé par la nature. La double mue que doivent subir un très-grand nombre d'espèces, se renouvelle périodiquement au printemps et à l'automne: le renouvellement est ou complet ou seulement partiel. Au printemps, c'est presque toujours après la ponte: alors l'Oiseau quitte en très-peu de temps le plumage brillant qu'il avait insensiblement acquis pendant l'hiver, etquil'avait rendu si rayonnant d'éclat et de plaisir. En automne, commencent à se laisser apercevoir ces belles plumes dont l'ensemble compose ce qu'on appelle la robe de noces. On a cru remarquer que les deux sexes n'étaient pas également sujets à la mue, et que, dans certaines espèces, le mâle seul payait ce tribut périodique. Un assez grand nombre d'observations contradictoires aux faits avancés à l'appui de cette opinion, nous portent à croire que l'on a trop légèrement généralisé un événement passager, occasioné par quelques circonstances particulières; car nous avons toujours vu parmi les sexes que l'on a cités comme impassibles de la mue, cette affection se teproduire sinon en même temps, du moins un peu plus tôt ou un peu plus tard, qu'elle attaquait l'un oul'autre des époux. Il faut observeraussi que, dans la plupart des femelles, cette mue est peu sensible; car la différence entre le plumagequ'elles quittent et celui qui lui succède, est à peu près nulle.

Nous avons dit que les époques de la mue, soumises à des influences particulières, ne présentaient point le caractère de régularité que l'on observe généralement dans toutes les opérations de la nature; nous ajouterons que quant à la mue des Oiseaux, cette irrégularité n'existe pas seulement entre les diverses espèces d'un même genre, mais entre les individus d'une même espèce, et cela, en

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raison de leur âge. Ainsi les vieux éprouvent à chaque période, beaucoup plus tôt que les jeunes, la crise qu'ils ne peuvent éviter, et l'on a observé que cette différence dans l'époque de la mue, en amenait à son tour une dans l'époque des migrations; d'où résulte l'explication de ce fait, qui a toujours paru fort extraordinaire, que dans les voyages périodiques on trouve constamment les bandes composées de tous adultes ou de tous jeunes Oiseaux. Il est donc clair que la mue est une maladie qui enlève momentanément aux Oiseaux une partie de leurs facultés, et que venant à se terminer plus tôt chez les vieux, ceux-ci éprouvent long-temps avant les autres le besoin de changer de climat, qu'ils se mettent en route dès qu'ils se sentent en état de supporter les fatigues du voyage, et qu'ils délaissent ainsi les plus jeunes, qui ne peuvent les imiter qu'après avoir parcouru les périodes de la même maladie. Aussi ces derniers n'atteignent-ils jamais le but du voyage; et tandis que les vieux traversènt la Méditerranée pour se répandre dans les contrées fertiles du nord de l'Afrique, les autres demeurent sur les plages méridionales de l'Espagne et sur les rives de la Calabre, de la Sicile, et même dans les régions encore plus tempérées dit centre de l'Europe. Les adultes, au contraire, poussent leurs migrations vers l'Archipel de la Grèce, l'Egypte et la Nubie. V. MIGRATIONS.

Quelques Oiseaux erratiques effectuent leurs migrations isolément ou seulement accompagnés de leurs femelles; le nombre en est bien petit comparativement à celui des espèces qui voyagent en commun: pour celles-ci, on admire encore l'instinct qui les porte à s'appeler, à se rassembler vers un point fixe, douze ou quinze jours avant celui du départ. Ce jour est ordinairement l'indice d'une variation météorologique; car on remarque que les Oiseaux en ressentent les influences assez tôt pour que l'on puisse, tirer de leur maintien et de certaines habitudes, des pronostics de changement de température. Or, comme ils sont chassés par l'appréhension du mauvais temps, leur départ doit nécessairement prédire le terme des beaux jours. L'on peut juger de l'ordre qui doit être observé dans toute la route, par celui que nous sommes à même d'observer chez quelques grandes espèces, telles que les Oies. La conduite de la troupe est confiée à un chef placé en tête de deux files plus ou moins écartées, qui se rencontrent vers un point; le chef est le sommet de cet angle mouvant; il ouvre la marche, porte les premiers coups à la résistance de l'air, fraie le chemin, et toute la bande le suit en observant l'ordre le plus parfait. Comme les efforts de ce chef sont très-violens, et qu'il ne pourrait les supporter pendant tout le voyage, on le voit, lorsqu'il est atteint par la fatigue, céder le poste à son plus proche voisin, et prendre rang à l'extrémité de l'une ou l'autre des deux files. Les oiseleurs qui, dans certains cantons, comptent sur le passage des Bec-Fins comme sur le revenu d'une rente dont le terme échoit à chaque semestre, calculent d'avance l'époque et les chances de ce passage: munis de leurs filets et de tous les appareils de la chasse, ils partent pour les gorges et les vallées par où les bandes doivent passer, et ils y arrivent à point nommépeu d'instans avant elles. Ces bandes sont ordinairement si nombreuses, et les individus qui les composent tellement serrés les uns contre les autres, que la lumière en est très-sensiblement interceptée.

Le besoin des voyages imposé à beaucoup d'Oiseaux, rend difficile toute bonne distribution géographique de cette grande partie du règne animal. Nous essaierons néanmoins d'en tracer une esquisse, au mot ORNITHOLOGIE. Il est bien rare que dans les contrées qu'elles parcourent successivement, les espèces erratiques ne laissent en arrière quelques traî-

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nards détachés de la troupe et retardés par une indisposition subite ou par toute autre cause imprévue. Ces individus, accidentellement isolés, soustraits à l'empire de leurs habitudes premières, sont bientôt forcés d'en contracter de nouvelles qui peuvent se trouver en opposition avec celles des voyages; conséquemment voilà des Oiseaux établis à demeure dans un pays où la nature n'avait point songé à les placer. Il peut en être de même d'autres espèces qui, sans être essentiellement voyageuses, après avoir perdu de vue les lieux de leur naissance, et cherchant peutêtre tous les moyens d'y revenir, auraient néanmoins continué à suivre une route qui les en éloignait. Que de chemin n'ont-elles pas dû faire avant que, fatiguées d'errer à l'aventure, elles se soient fixées dans une contréc lointaine où elles jouissent pleinement enfin des douceurs du repos! C'est sans doute par des causes de cette nature que l'on a trouvé sauvages à Java quelques Oiseaux parfaitement semblables à nos Friquets. Nous en possédons un qui nous a été envoyé de cette île, ainsi qu'une Soulcie; l'un et l'autre ne diffèrent des nôtres que par une taille moindre d'un tiers environ dans toutes les proportions. Nous aurions pu croire que ces deux Oiseaux avaient été transportés dans l'archipel des Indes par le caprice de quelque navigateur, si le célèbre Labillardière n'avait également trouvé le premier de ces Fringilles à la Nouvelle-Hollande. Gaimard a rapporté notre Hulotte des îles Marianes, et l'on nous a envoyé des rives du Paramaribo notre Effiaie, qui y a été tue par un ancien camarade, que l'implacable proscription retient encore sur ces terres brulantes, mais hospital ères.

La route que tiennent les Oiseaux dans leurs migrations, la nouvelle patrie qu'ils adoptent momentanément, sont preque toujours les mêmes chaque année. Il est des Oiseaux dont les voyages semblent n'avoir aucun but apparent, et auxquels tous les climats peuvent convenir. Ceuxlà, doués d'ailes très-longues, paraissent ne suivre aucune direction fixe; ils ne s'arrêtent que pour prendre un repos indispensable, et leurs apparitions sont constamment accidentelles; ils font un contraste frappant avec le petit nombre d'espèces moins favorisées des bienfaits de la nature, privées des instrumens du vol, à la démarche lente ou embarrassée, condamnées à ne point quitter la roche qui les a vus naître. Ces Oiseaux usent leur patience à attendre une proie que leur avance le roulement des vagues; et ce n'est que quand elle leur échappe, et que le besoin devient vif et pressant, qu'on les voit se résoudre à la chercher à de légères profondeurs.

En terminant cet article, nous rappellerons au lecteur que le mot OISEAUX a été employé pour désigner de grandes divisions de la classe, auxquelles ont été joints d'autres noms scientifiques. Ainsi l'on appelle:

OISEAUX AQUATIQUES, les Pinnatipèdes et les Palmipèdes. V. ces mots.

OISEAUX CARNASSIERS ou DE PROIE, les Rapaces.

OISEAUX ÉCHASSIERS, les Gralles, etc. (DR..Z.)

OISEAUX DE PARADIS, OIS. V. PARADIS.

OISILLONS. OIS. On comprend sous cette dénomination dans le langage vulgaire, mais peu ou point en histoire naturelle, les petits des Oiseaux. En terme de chasse ce sont les petites espèces que l'on prend à la pipée, à l'iragnon, ou à la tendue. (B.)

OISON. OIS. L'Oie domestique dans l'état de jeunesse. V. CANARD. (DR. Z.)

OITHROS. OIS. Ancien nom du Chantre ou Pouillot, Motacilla Trochilus, L. V. SYLVIE. (DR..Z.)

OLACE. Olax. BOT. PHAN. Genre dont les caractères et la place dans la série des ordres naturels, ne sont pas encore bien positivement fixés. C'est Linné qui l'a établi dans ses

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Aménités (vol. 1, p. 387 ) pour une Plante de Ceylan, mentionnée par Burman et qu'il a nommée Olax zeylanica. Robert Brown, dans son Prodrome, a le premier bien fait connaître les caractères de ce genre, auquel il réunit le Fissilia de Commerson et le Spermaxyrum de Labillardière. Le professeur De Candolle au contraire a séparé de nouveau ces trois genres (Prodr. Syst., 1, p. 531) qu'il regarde comme distincts. Une analyse soignée que nous avons faite d'un assez grand nombre d'espèces de ce genre, nous a mis à même de reconnaître la justesse de l'opinion du célèbre botaniste anglais, et nous pensons comme lui qu'il faut réunir en un seul genre, le Fissilia, le Spermaxyrum et l'Olax. Voici les caractères de ce genre qui doit conserver le nom d'Olax: le calice est cupuli-forme, très-court, entier, à peine ondulé ou fimbrié sur son bord, persistant et prenant un grand accroissement après la fécondation. La corolle se compose de cinq à six pétales allongés, linéaires, dressés, à préfloraison valvaire. Ces pétales sont diversement réunis entre eux. Ainsi, lorsqu'il y en a six, ils sont soudés deux à deux par leur moitié inférieure de manière à représenter trois pétales bifides; dans les espèces à cinq pétales quatre sont réunis deux à deux, et le cinquième est libre, ou trois sont soudés ensemble et les deux autres sont également unis ensemble. Dans une espèce nouvelle originaire de Manille, nous avons trouvé six pétales, tellement soudés ensemble deux à deux dans toute leur longueur, qu'on pourrait croire qu'il n'y a que trois pétales, si la position des étamines sur les pétales n'éclairait sur le véritable nombre de ceux-ci. Les étamines sont au nombre de huit à dix, dont trois seulement sont fertiles. Ces étamines sont insérées sur le bord même des pétales, de manière que c'est par le moyen de leurs filets qu'a lieu la soudure des pétales entre eux; il en résulte que les trois étamines fertiles correspondent toujours à trois des fentes qui séparent les pétales. Les étamines stériles, que l'on a décrites sous le nom de nectaires, sont des filamens placés, comme les étamines fertiles, sur le bord des pétales. Ces filamens se terminent à leur sommet soit par un petit corps globuleux et glandulaire, soit par une petite membrane allongée, pointue, simple ou bipartite, qui n'est évidemment qu'une anthère rudimentaire. L'ovaire est libre, sessile, ovoïde, allongé, légèrement trigone, placé sur un disque hypogyne peu saillant, à une seule loge contenant trois ovules, qui sont renversés et pendans du sommet d'un petit trophosperme, qui s'élève en forme de colonne du fond de la loge sans arriver jusqu'au sommet de cette dernière. Le style est plus ou moins long suivant les espèces, jamais saillant au-dessus de la corolle, très-simple, marqué de trois sillons longitudinaux et terminé par un stigmate très-petit trilobé. Le fruit est une sorte de drupe sèche, recouverte presqu'en totalité par le calice, qui parfois devient légèrement charnu. Le noyau est crustacé, monosperme. La graine se compose d'un tégument, d'un gros endosperme charnu, contenant un embryon axile, cylindrique, ayant sa radicule supérieure.

Ce genre ainsi caractérisé se compose d'Arbres ou d'Arbrisseaux, originaires de l'Inde, des îles Maurice ou de la Nouvelle-Hollande. Quelques espèces sont sarmenteuses et grimpantes; leurs feuilles sont alternes, coriaces, entières, persistantes (dans l'Olax aphylla, elles sont remplacées par de très-petites écailles). Les fleurs sont assez petites, solitaires ou réunies en épis ou en grappes axillaires. Indépendamment de deux espèces nouvelles, dont nous comptons publier la description, celles qui appartiennent à ce genre sont: 1° Olax zeylanica, L., Sp., Gaertn., Carp., 3, p. 119, t. 201; 2° Olax scandens, Roxb., Corom., 2, t. 102; 3° Olax imbricata, Roxb., Flor. Ind., 1, p. 179; 4° Olax Phyllanthi,

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Brown, Prodr., ou Spermaxyrum Phyllanthi, Labill., Nouv-Holl., 2, p. 84, t. 233; 5° Olax stricta, Br., loc. cit.;Olax aphylla, Br., loc. cit.;Olax Psittacorum, Vahl, Enum., ou Fissilia Psittacorum, Juss. Nous avons dit en commençant cet article que la place du genre Olax n'était pas encore bien déterminée dans la série des ordres naturels. En effet, Jussieu l'avait mis à la suite des Sapotées avec les genres Myrsine et Leea, quoiqu'il ait la corolle polypétale. Le professeur Mirbel (Bull. Soc. Philom., 1813)a proposé d'en former le type d'une famille nouvelle, voisine des Orangers, en y joignant plusieurs des genres auparavant placés dans ce dernier ordre. Robert Brown au contraire place le genre Olax à la suite des Santalacées. Il ne saurait rester dans cette famille, dont il se rapproche, à la vérité, par la structure intérieure de son ovaire, mais dont il s'éloigne par son périanthe manifestement double et son ovaire libre. Nous pensons donc que le genre qui nous occupe doit être considéré comme formant le noyau d'un nouvel ordre naturel, primitivement proposé par le professeur Mirbel, adopté par le professeur De Candolle, et dont nous allons tracer les caractères dans l'article suivant. (A. R.)

OLACINÉES. Olacineœ. BOT. PHAN. Nous avons dit, dans l'article OLACE, que le professeur Mirbel avait le premier proposé l'établissement de cette famille nouvelle pour le genre Olax et quelques autres placés dans la famille des Orangers, tels que Heisteria et Ximenia. Cette famille a depuis été adoptée par Jussieu (Dictionnaire des Sciences Naturelles) et par le professeur De Candolle (Prodr. Syst., 1, p. 531). Voici ses caractères qui demanderont peut-être à être légèrement modifiés, quand le petit nombre de genres qui la composent auront été mieux étudiés. Le calice est monosépale, persistant, denté ou entier à son bord, et cupuli-forme, prenant souvent un grand accroissement après la fécondation et recouvrant le fruit en partie. La corolle se compose de quatre à six pétales sessiles, tantôt libres, tantôt diversement soudés entre eux deux à deux par l'intermédiaire des filets staminaux. Ces pétales offrent une préfloraison valvaire. Les étamines sont généralement en nombre double des pétales; quelquefois néanmoins leur nombre, quoique plus considérable que celui des pétales n'en est pas un multiple. Ainsi dams plusieurs Olax, on compte cinq pétales et huit étamines. Quelques unes de ces étamines avortent, ou du moins sont stériles et rudimentaires dans le genre Olax, dont toutes les espèces n'offrent que deux et plus souvent trois étamines fertiles. Ces étamines ont en général leur filet dilaté et membraneux; leur anthère est ovoïde, subcordiforme, introrse, à deux loges s'ouvrant par un sillon longitudinal. Les filets sont insérés soit à un petit disque hypogyne sur lequel l'ovaire est assis, soit sur les pétales qu'ils soudent alors diversement entre eux. L'ovaire est libre, sessile, ovoïde, à une au à plusieurs loges. Dans le premier cas il renferme trois ovules attachés au sommet d'un podosperme axile qui naît du fond de la loge dans laquelle ils sont renversés et pendans; dans le second cas, qui mérite d'être vérifié de nouveau, il y a un seul ovule dans chaque loge. Le style est simple, plus ou moins long; il manque entièrement dans le genre Heisteria. Le stigmate est diversement lobé, mais toujours très-petit. Le fruit est une drupe sèche, généralement enveloppée ou du moins accompagnée par le calice, qui prend beaucoup d'accroissement et quelquefois même devient charnu. Le péricarpe est indéhiscent et contient une noix unilo culaire et monosperme. La graine outre son tégument propre se compose d'un gros endosperme charnu qui contient un petit embryon cylindrique, ayant en général sa radicule supérieure.

Les Olacinées sont toutes des Vé-

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gétaux ligneux, ayant des feuilles coriaces, persistantes, alternes (une espèce en est dépourvue), sans stipules, entières; des fleurs hermaphrodites, rarement polygames, solitaires ou diversement groupées et réunies à l'aisselle des feuilles. Les genres qui composent cette famille sont les suivans: 1° Olax, Rob. Brown, qui comprend le Spermaxyrum de Labillardière, et le Fissilia de Commerson; 2° Heisteria, L., non Berg; 3° Ximenia, Plum On en a aussi rapproché les genres Pseudaleia et Psendaleiuides de Du l'etit Thouars et l'Icacina d'Adrien de Jussieu. La place de cette famille nous paraît être auprès des Aurantiacées, dont plusieurs genres leur ont été empruntés. Elle en diffère par la structure de son ovaire et surtout ses graines munies d'un gros endosperme, qui manque entièrement dans les vraies Aurantiacées. Nous rappellerons ici que Robert Brown a rapproché le genre Olax des Santalacées, parmi les Apétales, regardant le calice comme un involucre et les pétales comme un calice. Mais cette opinion nous paraît inadmissible, car il est de toute évidence que les Olacinées ont un calice et une corolle. Jussieu au contraire émet l'opinion qu'on pourrait considérer la corolle comme monopélale et alors rapprocher les Olacinées des Sapotées. Mais la corolle est bien certainement polypétale, et la place que Milbel et De Candolle ont donnée aux Olacinées entre les Théacées et les Aurantiées nous paraît être la meilleure. (A. R.)

* OLAMARI. OIS. On lit dans le Voyage aux Indes-Orientales, par le père Paulin de Saint-Barthélemy, que l'on nomme ainsi, dans le pays, un petit Oiseau qui se plaît parmi les Cocotiers, et qu'il y construit des nids très-remarquables qui ont souvent une demi-toise de largeur, et qui sont divisés en trois pièces distinctes: l'une pour le mâle qui s'y tient eu sentinelle pour veiller à la sûreté des habitations, la seconde pour la femelle, et la dernière pour les petits. L'Olamari dont on ne possède pas de de Crip ion qui le puisse faire reconnaître, paraît néanmoins appartenir à la famille des Tisserins. Il est peut-être celui dont Le Gentil a repiésenté le nid dans son Voyage aux Indes. (B.)

* OLAX. OIS. Nom spécifiquement scientifique du Colombar odorifère. V. PIGEON. (DR..Z.)

OLAX. BOT. PHAN. V. OLACE.

OLBIA. BOT. PHAN. V. LAVATÈRE.

OLDENLANDIE. Oldenlandia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Rubiacées, et de la Tétiandrie Monogynie, composé de Plantes herbacées Ou de petits Arbutes originaires, de l'Inde et de l'Amérique méridionale, offiant des fleurs terminales ou auxillaires, solitaires ou réunies plusieurs ensemble. Ces fleurs ont un calice à quatre dents, une corolle très-courte, à peine tubuleuse, à quatre divisions profondes, quatre étamines. Le fruit est une petite capsule à deux loges polyspermes, couronnée par les dents calycinales et s'ouvrant par une fente qui se forme entre ces dents. Selon Retz et Willdenow, on doit réunir à ce genre l'Heuchera dichotoma de Murray, quoique cette Plante ait cinq étamines, et l'Æginetia multiflura de Cavanilles (Ic., t. 572). Jussieu pense d'un autre côté qu'on doit retirer de ce genre l'Oldenlandia digyna de Retz, qui a cinq étamines et deux styles, et l'Oldenlandia stricta qui a la corolle infundibuliforme comme les Hedyotis, mais dont la capsule obovoïde u'est pas bilobée et didyme. Parmi les espèces assez nombreuses de ce genre nous citerons les deux suivantes:

OLDENLANDIE A OMBELLES, Oldenlandia umbellata, Roxb., Corom., 1, p. 2, t. 3. Cette espèce connue sous le nom de Chayaver offre une racine épaisse, rougeâtre, longue de deux à quatre pieds; une tige grêle, éta-

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lée, portant des feuilles opposées on verticillées par quatre. Ces feuilles sont étroites, linéaires, lancéolées, munies à leur base de stipules membraneuses, terminées par quelques filets sétacés. Les fleurs forment à l'aisselle des feuilles des ombelles simples et pédonculées. Cette espèce est origiuaire de l'Inde, particulièrement de la côte de Coromandel. Ses racines fournissent un très-beau principe colorant, analogue à celui de la Garance et employé aux mêmes usages dans l'Inde.

OLDENLANDIE A CORYMBES, Oldenlandia corymbosa, L., Pl. Ic., 212, f. 1. Originaire de l'Amérique méridionale, cette espèce offre des tiges redressées, rameuses, faibles, tétragones, ayant des feuilles lancéolées, sessiles, rudes sur leurs bords, légèrement blanchâtres en dessous; les stipules en forme de gaînes sont terminées par trois filets. Les fleurs sont réunies au nombre de trois à quatre sur des pédoncules axillaires. (A. R.)

OLEA. BOT. PHAN. V. OLIVIER.

OLEA. MIN. Pline mentionne sous ce nom des Pierres dont il existait des variétés jaunes, noires, blanches et vertes. C'étaient peut-être des Jaspes. (B.)

OLÉAIRE. BOT. PHAN. Pour Olearia. V. ce mot. (B.)

OLEANDER. BOT. PHAN. Nom scientifiquement spécifique de l'espèce la plus commune du genre Nérion. V. ce mot. (B.)

OLEANDRA. BOT. CRYPT. (Fougères.) Cavanilles a donné ce nom à un genre de Fougère qui ne paraît pas différer du genre Aspidium. La seule espèce qu'il y rapporte sous le nom d'Oleandra neriiformis est l'Aspidium pistillare, Swartz, ou Aspidium neriiforme de Willdenow. C'est une Fougère à feuilles simples, entières, lancéolées, dont les pétioles sont courts et articulés, et la tige grimpante; elle croît dans les Moluques. (AD.B.)

OLÆARIA. MOLL. Plusieurs anciens écrivains rapportent que l'on employait une grande Coquille pour puiser de l'huile, d'où lui était venu, d'après son usage, le nom d'Olearia. Il s'est établi une discussion pour savoir quelle espèce de Coquille on avait voulu désigner ainsi; Rondelet, Buonani, Aldrovande, la figurèrent, et il serait certain d'après eux qu'on devrait la rapporter au Turbo Olearius de Linné. Mais cela paraît peu probable, car cette Coquille, qui ne se trouve que dans la mer des Indes, n'aurait pas été assez répandue autrefois en Italie pour y être d'un usage général. Il est plus croyable que la Coquille quë les anciens ont nommée Olearia, était commune et originaire de la Méditerrauée; une seule Coquille de cette mer semble propre à l'usage de puiser de l'huile; elle est mince, légère, d'une grande taille, ayant par conséquent une grande cavité intérieure, remplissant ainsi la plupart des conditions d'un vase à puiser; tout nous porte à partager l'opinion de Blainville que c'était le Buccinum Olearium de Linné, qui était consacré à cet usage. Klein, dans son Traité de Conchyliologie, a consacré sous le même nom un genre inadmissible dans lequel on trouve surtout le Turbo Olearius de Linné, comme type du genre. (D..H.)

OLEARIA. BOT. PHAN. Sous ce nom, Mœnch a établi un genre qui appartient à la famille des Synanthérées, et qui ne se distingue du genre Aster, aux dépens duquel il a été constitué, que pat les demi-fleurons neutres des rayons de la calathide. L'Arbrisseau qui forme le type de ce genre douteux, est originaire de la Nouvelle-Hollande. Wendland l'a décrit et figuré (Mémoires d'Hanovre, T. IV, p. 8, tab. 24) sous le nom d'Aster tomentosus; et Andrews (Botan. Reposit., tab. 61) sous celui d'Aster dentatus. (G..N.)

OLÉASTRE, BOT. PHAN. D'Oleaster, nom par lequel les anciens dési-

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gnaient l'Olivier sauvage; ce nom a été donné par quelques écrivains à ce même Arbre. V. OLIVIER. Cordus l'applique même à l'Hippophae rhamnoides. (B.)

* OLÉATES. CHIM. ORG. L'Acide oléique, un de ceux que Chevreul a obtenus par la saponification des corps gras, donne naissance, en se combinant avec les différentes bases, à des sels qui ont reçu le nom d'Oléates. La quanlitéd'Oxigàne de l'Oxide est à celle contenue dans l'Acide:: 1: à 2,5. Les Oléates à base de Soude, de Potasse (excepté le sur Oléate de cette derniàre base), et d'Ammoniaque, sont solubles dans l'eau froide, ou à une température peu élevée, telle que 12 à 15 degrés centigrade. Ces Oléates, que l'on obtient directement en chauffant l'Acide oléique avec des solutions alcalines concentrées, servent à préparer par double décomposition les Oléates insolubles, tels que ceux de Baryte, de Chaux, de Strontiane et de Plomb. Plusieurs de ces sels peuvent encore être; préparés par l'action immédiate de l'Acide oléique sur les solutions bouillantes des Oxides. Les Oléates n'ont encore aucun emploi direct, soit dans la médecine, soit dans les arts. (G..N.)

OLÉINE, CHIM. ORG. La substance végétale, d'abord nommée Elaïne pa Chevreul, a reçu ce nouveau nom qui est en harmonie avec celui de l'Acide qu'elle produit. V. ELAÏNE. (G..N.)

OLÉINÉES. Oleineœ. BOT. PHAN. Cette famille établie par Link et Hoffmansegg (Flor. port.), adoptée par Rob. Brown, se compose des genres Chionanthus, Olea, Phillyrœa et Notelœa, autrefois placés parmi les Jasminées. A l'article JASMINÉES de ce Dictionnaire nous croyons avoir démontré que cette nouvelle famille ne saurait être séparée des Jasminées. V. ce mot. (A.R.)

* OLÉIQUE. CHIM. ORG. V. ACIDE.

OLEK. MAM. V. GALÉOPITHÈQUE.

* OLENCIRE. Olencira. CRUST Genre de l'ordre des Isopodes, famille des Cymothoadés, établi par Leach, et auquel cet auteur donne pour caractàres: yeux un peu granulés, convexes, écartés. Côtés des segmens de l'abdomen imbriqués, le dernier allongé, pointu à son extrémité. Lames des appendices du ventre (surtout les extérieures) étroites, armées de piquans. Pates de derriàre graduellement plus longues que celles de devant. Ce genre n'a pas été adopté par Latreille; il ne renferme qu'une espàce que Leach nomme:

OLENCIRE DE LAMARCK, Olencira Lamarckii, Leach., Dict. des Scienc. Nat. T. XII, p. 550. Dernier article de l'abdomen terminé graduellement en pointe jusqu'à son extrémité qui est arrondie. Patrie inconnue. (G.)

OLÉTÈRE. ARACHN. Walkenaer a donné ce nom à un genre que Latreille avait déjà établi sous celui d'Atype. V. ce mot. (G.)

OLFA. BOT. PHAN. (Adanson.) Syn. d'Isopyre. V. ce mot. (B.)

* OLFERSIA. BOT. CRYPT. (Fougàres.) Ce genre a été établi par Raddi dans les Mémoires de l'Académie de Bologne, vol. 3, d'apràs une Fougàre du Brésil. La seule espàce connue porte le nom d'Olfersia corcovadensis; elle croît aupràs de Rio-Janeiro. Ce genre se rapproche des Acrostichum, et particuliàrement de l'Acrostichum aureum dont le port est analogue; il en diffàre en ce que ses frondes fertiles sont tràs-différentes des frondes stériles, ayant des pinnules étroites et contractées qui sont couvertes de capsules sur leurs deux faces. Ce dernier caractàre le distingue essentiellement des Acrostichum et le rapproche du genre Polybotrya dont il diffàre plus par sa fronde une seule fois pinnée, à folioles grandes et lancéolées, que par des caractàres bien tranchés. Les capsules ont la même structure que celles de toutes les Polypodiacées, et ne sont recouvertes par aucun tégu-

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ment. Cette espèce est figurée dans les Opusculi scelti de Bologne, vol. 3, t. 11, et dans les Filicum Brasiliensum Nova Genera et Species, etc., du même auteur, pl. 14. (AD. B.)

OLIBAN. BOT. PHAN. Cette gommerésine est plus généralement connue sous le nom d'Eucens. On en distingue deux sortes principales dans le commerce, savoir: l'Oliban d'Afrique, qui nous vient de l'Arabie et de l'Abyssinie par la voie de Marseille, l'autre qui nous vient directement de l'Inde par Calcutta.

L'OLIBAN D'AFRIQUE. On ne sait pas encore positivement quel est l'Arbre qui produit cette gomme-résine. On a long-temps cru que c'était le Juniperus Lycia, ou le Juniperus thurifera de la famille des Conifères. Mais on croit aujourd'hui plus généralement, d'après les renseignemens fournis par quelques voyageurs, qu'il découle d une espèce encore inconnue du genre Amyris, de la famille des Térébinthacées. Quoi qu'il en soit de ces deux opinions, l'Oliban d'Afrique se compose de larmes jaunâtres, irrégulièrement arrondies ou allongées, d'un petit volume, peu fragiles, recouvertes d'une poussière blanchâtre, opaques et non transparentes comme le mastic. Elles se ramollissent par la chaleur, offrent une saveur aromatique et un peu âcre. Leur odeur est résineuse, assez agréable. Parmi ces larmes se trouvent mélangés des marrons plus gros, rougeâtres, moins purs, mais d'une saveur et d'une odeur plus marquée. Ils contiennent de petits cristaux de Carbonate de Chaux.

L'OLIBAN DE L'INDE est aujourd'hui fort commun dans le commerce. Il est produit par le Boswellia serrata, Arbre de la famille des Térébinthacées. Cet Oliban indien est en larmes jaunes, généralement plus volumineuses que celles de l'Oliban d'Arabie; quelques-unes sont légèrement teintes en rougeâtre. Son odeur et sa saveur sont plus agréables, plus parfumées, et se rapprochent beaucoup de celles de la résine Tacamahaca. Aussi est-il plus estimé que le précédent. Le professeur Braconnot de Nancy a publié une analyse de l'Oliban, d'après laquelle cette gomme-résine serait composée de la manière suivante: résine soluble dans l'Alcohol, 56, 0; gomme soluble dans l'eau, 30, 0; résidu insoluble dans l'eau et dans l'Alcohol, 5,2; huile volatile et perte, 8, 0. Les anciens distinguaient l'Encens en mâle et femelle. Le premier se composait des larmes les plus grosses et les plus pures; le second des larmes les moins volumineuses et les moins nettes. Tout le monde sait que l'Oliban ou Encens est brûlé dans nos églises pendant les cérémonies religieuses. Cet usage a été emprunté aux peuples païens par les chrétiens. Chez les premiers il avait son origine dans leur habitude d'immoler des Animaux, de consulter leurs entrailles, ce qui les forçait à masquer l'odeur désagréable qui devait se répandre dans leurs temples, par quelque substance balsamique. L'Oliban est aussi employé en pharmacie à la préparation de plusieurs emplâtres, du baume Fioraventi, de la thériaque, etc. (A. R.)

OLIDA ET OLINDA. BOT. PHAN. (Hermann.) Noms de pays de l'Abrus precatorius, L. (B.)

OLIDAIRE. BOT. PHAN. On a quelquefois désigné sous ce nom le Chenopodium Vulvaria. (B.)

OLIER. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires de l'Olivier dans certains cantons de l'Occitanique. (B.)

OLIET. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires du Medicago Lupulina, L. (B.)

* OLIGACOCE. BOT. PHAN. Willdenow avait ainsi nommé, dans son Herbier, un genre formé aux dépens du genre Valeriana de Linné. Les espèces citées par Steudel, comme appartenant à ce genre, ont déjà été séparées génériquement des Valérianes par Dufresne, et font partie de

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son nouveau genre Astrephia. V. ce mot au Supplément. (G..N.)

* OLIGACTE. Oligactis. BOT. PHAN. Sous ce nom d'Oligactis, Kunth (Nov. Gener. et Spec. Pl. œquin., vol. IV, p. 102) a désigné une section de son nouveau genre Andromachia, section que Cassini, dans le Dictionnaire des Sciences Naturelles, a élevée au rang de genre. Il appartient à la famille des Synanthérées, tribu des Vernoniées, à la Syngénésie superflue, L., et il est ainsi caractérisé: involucre presque cylindrique, composé de folioles imbriquées, appliquées, oblongues, lancéolées et scarieuses; réceptacle plan, marqué d'alvéoles ou de fossettes séparées par des cloisons quelquefois frangées; calathide radiée, dont le disque ne se compose que d'un petit nombre de fleurons réguliers hermaphrodites, et les rayons de demi-fleurons en languette et femelles; corolles des fleurons du centre à cinq lobes linéaires; celles des demi-fleurons de la circonférence, à languette oblongue et tridentée; ovaires oblongs, pubescens ou à peiue glabres, surmontés d'une aigrette double, l'extérieure courte, composée de paillettes égales, et sur un seul rang; l'intérieure longue, formée de poils plumeux, nombreux et disposés aussi en une seule rangée. Ce genre est voisin, selon Cassini, de son genre Liabum, dont il diffère essentiellement par la structure de l'aigrette qui est simple dans ce dernier. Il comprend trois espèces, savoir: Oligactis nubigena, Cass., ou Andromachia nubigena, Kunth, loc. cit.; O. apodocephala, Cass., ou A. sessiliflora, Kunth, loc. cit., tab. 338; et O. volubilis, Cass., ou. A. volubilis, Kunth. Ces Plantes sont des Arbrisseaux qui croissent dans les montagnes du Pérou. (G..N.)

* OLIGÆRION. BOT. PHAN. H. Cassini (Dict. des Sc. Nat., vol. II, Suppl., p. 75 ) a formé sous ce nom un genre que, plus tard, il a reconnu pour le même que le Sphenogyne de R. Brown. V. ce mot. (G..N.)

OLIGANTHE. Oliganthes. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, tribu des Vernoniées et de la Syngénésie égale, L., établi par H. Cassini (Bullet. de la Soc. Philomat., janvier 1817 et avril 1818) qui l'a ainsi caractérisé: involucre plus court que les fleurs, long, étroit, oblong ou cylindracé, composé de folioles imbriquées, appliquées, ovales, obtuses, coriaces et calleuses au sommet; réceptacle petit et nu; calathide longue, étroite, sans rayons, composée de fleurons, au nombre de trois, réguliers et hermaphrodites; corolle longue, parsemée de glandes, à cinq segmens linéaires; ovaire court, épaissi du haut en bas, à quatre faces peu prononcées, surmonté d'une aigrette caduque, formée de paillettes linéaires, légèrement plumeuses, sur deux rangs, les extérieures courtes, les intérieures longues, arquées au sommet. Le genre Oliganthes a de si grands rapports, par ses caractères, avec le Pollalesta de Kunth, publié quelques années plus tard, que Cassini n'hésite point à les croire identiques. C'est aussi l'opinion de Kunth qui, dans ses additions au quatrième volume de ses Nova Genera, cite l'Oliganthes comme synonyme de son Pollalesta. Cassini va même plus loin; car il assigne pour synonyme à son Oliganthes triflora, le Pollalesta vernonioides, Kth. Mais est-il bien rationnel d'admettre comme spécifiquement semblables deux Plantes de patries aussi éloignées? La première est ligneuse, originaire de Madagascar, d'où elle a été rapportée par Commerson; la seconde est un Arbre qui croît dans la Nouvelle-Andalousie, sur le continent de l'Amérique méridionale. Quoique la diversité et l'éloignement des localités ne soit pas une objection sans réplique, nous croyons que cette question ne peut être décidée que par la comparaison attentive des échantillons sur lesquels ces genres ont été décrits. Malgré l'exactitude scrupuleuse et bien connue des botanistes qui les ont établis, il est possible que

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des différences importantes n'aient pas été signalées. (G..N.)

OLTGANTHEMUM. BOT. PHAN. (Reneaulme.) Syn. de Leucoium vernum. (B.)

OLIGARRHÉNE. Oligarrhena. BOT. PHAN. Genre encore douteux établi et placé par R. Brown dans la famille des Epacridées, mais ayant quelques rapports éloignés avec les Jasminées, à cause de sa corolle et du nombre de ses ctamines, et composé d'une seule espèce, Oligarrhena micrantha, Br., loc. cit. C'est un petit Arbuste très-ramcux portant des feuilles éparses, imbriquées, très-petites; des fleurs également petites, blanches, disposées en épis dressés et terminaux. Leur calice, accompagné extérieurement de deux bractées, est à quatre divisions profondes. Leur corolle monopétale, persistante, est à quatre lobes offrant une préfloraison valvaire. Les étamines, au nombre de deux, sont incluses. L'ovaire, environné de quatre écailles hypogynes, est à deux loges, et le fruit paraît être une capsule biloculaire. Ce petit Arbuste a été observé sur la côte méridionale de la Nouvelle-Hollande. (A. R.)

OLIGOCARPHE. Oligocarpha. BOT. PHAN. Dans le courant de l'année 1817, H. Cassini et R. Brown ont publié, à l'insu l'un de l'autre, deux genres de la famille des Synanthérées, sous les noms d'Oligocarpha et de Brachylœna, lesquels genres, selon le premier de ces botanistes, sont identiques. La question de priorité devenant dans ce cas assez litigieuse, nous adoptons le nom proposé par Cassini, par le seul motif que l'article Brachylœna n'a point été décrit dans notre Dictionnaire. Le genre Oligocarpha est formé aux dépens du Baccharis de Linné, dont il doit être éloigné pour être placé parmi les Vernoniées, à côté du Gymnanthemum. Il est ainsi caractérisé: Plante dioïque; les calathides des fleurs mâles sont composées d'environ douze fleurons égaux, à peu près réguliers, dont la corolle est arquée, à limbe ordinairement palmé, toujours profondément divisée en cinq segmens linéaires; les anthères sont munies d'appendices basilaires subulés; l'involucre est presque hémisphérique, composé de folioles imbriquées, à peu près cordiformes, ovales; le réceptacle est petit, plan, presque toujours muni de paillettes. Ces fleurs mâles offrent un ovaire avorté, hispide et surmonté d'une aigrette, composée de poils inégaux, épais et légèrement plumeux. Les calathides des fleurs femelles se composent de neuf à douze fleurons, dont la corolle est régulière, à cinq segmens égaux, longs et linéaires. L'involucre cylindracé, plus court que les fleurs, est formé de folioles imbriquées, dont les extérieures sont presque cordiformes, les intérieures ovales. Le réceptacle est comme dans les calathides mâles, garni de une, deux, trois ou quatre paillettes, aussi longues que les fleurs, de consistance foliacée ou membraneuse. L'ovaire est épaissi au sommet, couvert de poils et de glandes, muni d'un bourrelet basilaire, et surmonté d'une aigrette roussâtre, composée de poils épais, légèrement plumeux et disposés sur plusieurs rangs. On trouve dans ces fleurs femelles des rudimens d'étamines dépourvues d'appendices basilaires, et dont les anthères sont à demi-avortées. Le style est filiforme, divisé en deux branches courtes, munies au sommet de quelques papilles ou poils collecteurs à peine visibles.

Au lieu d'une description aussi détaillée que celle qui précède, R. Brown (Transact. Soc. Linn., 1817 ) n'a donné, pour son Brachylœna, que des caractères essentiels fort courts, et dont quelques-uns ne s'accordent point avec ceux de Cassini. Ainsi, le réceptacle, d'après le savant botaniste anglais, serait absolument nu, et par conséquent fort différent du réceptacle décrit par Cassini, qui a formé le nom générique d'après l'existence

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des paillettes sur cet organe. Faut-il en conclure que ces auteurs n'ont point étudié les mêmes Plantes? Cependant leurs genres ont chacun pour type le Baccharis neriifolia, L., Arbrisseau du cap de Bonne-Espérance, dont la tige est droite, rameuse, garnie de feuilles nombreuses, rapprochées, persistantes, étroites, lancéolées, glabres et vertes en dessus, blanchâtres et à bords repliés en dessous. Les calathides sont disposées en petites panicules terminales. (G..N.)

OLIGOCHLORON. BOT. PHAN. L'un des anciens noms du Caprier. (B.)

* OLIGOPODE. Oligopodus. POIS. (Risso.) Syn. de Leptopode. V. ce mot et CORYPHOENE dont Oligopode est un sous-genre. (B.)

OLIGOSPORE. Oligosporus. BOT. PHAN. Ce nom a été donné par H. Cassini (Bull, de la Soc. Philom., février 1817) à un genre de la famille des Synanthérées, qu'il a formé aux dépens du genre Artemisia de Linné. Il ne diffère de celui-ci que par les fleurs du disque, qui sont mâles au lieu d'être hermaphrodites; mais ce caractère ne repose que sur un avortement plus ou moins complet, puisque, dans la description donnée par l'auteur lui-même, on voit qu'il existe un faux ovaire plus ou moins oblitéré. Les deux espèces indiquées comme types, sont les Artemisia campestris et Dracunculus, L., Plantes très-connues de tous les botanistes; la première est commune dans les lieux arides de presque toute l'Europe, et particulièrement aux environs de Pans, et la seconde, originaire de Tartarie, est cultivée dans les jardins comme Plante aromatique, sous le nom d'Estragon. Malgré le caractère différentiel mentionné plus haut, il est bien difficile de se résoudre à adopter la séparation de ces Plantes comme genre distinct de l'Artemisia. Ce dernier se compose d'un nombre très-considérable d'espèces, qu'il serait très-utile de grouper par sections naturelles, mais qui sont tellement liées par des rapports multipliés, que les faibles caractères qu'on voudrait assiguer aux démembremens du genre, se nuanceraient dans certaines espèces, de manière qu'il serait difficile de savoir auquel de ces nouveaux genres on devrait les rapporter. Un tel inconvénient n'est point à redouter, lorsqu'il s'agit de simples sections génériques; car celles-ci se croisent souvent en plusieurs sens, et forment ainsi une agglomération d'espèces distinctes, eu un mot, ce que les botanistes appellent un genre. (G..N.)

OLIGOTRICHUM. BOT. CRYPT. (Mousses.) Le genre admis sous ce nom par De Candolle est le même qui avait été désigné sous les noms de Catharinea par Ehrhart et d'Atrichum par Palisot de Beauvois. V. CATHSRINEA. (AD. B.)

OLIGOTROPHE. INS. Nom donné par Latreille à un genre de Diptères qu'il a ensuite désigné sous le nom de Cécidomye. V. ce mot. (G.)

OLIMERLE. OIS. L'un des noms vulgaires du Loriot d'Europe. V. LORIOT. (DR..Z.)

OLINET. BOT. PHAN. L'un des noms donnés par les jardiniers au Lyciurn europœum et quelquefois étendu à l'Elœaguus augustifolius, L. (B.)

* OLING. BOT. PHAN. Jussieu présume que le grand Arbre de l'île de Luçon désigné sous ce nom par Camelli appartient à la famille des Guttifères. (B.)

* OLINIE. Olinia. BOT. PHAN. Genre encore fort imparfaitement connu, établi par Thunberg (in Rœm. Arch., 2, pl. 1), et qui, selon les uns, se rapproche des Rhamnées, et sclon les autres, des Myrsinées. Voici les caractères de ce genre calice campanulé, tubuleux à sa base, à cinq ou six dents obtuses; corolle formée de cinq pétales insérés au calice, linéaires, lancéolés, munis à leur base interne d'écailles concaves et alternant avec les dents du calice

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étamines au nombre de cinq à six, très-courtes, insérées au calice, et ayant leurs anthères cachées sous les appendices concaves des pétales; l'ovaire paraît libre, surmonté d'un style très-court et d'un stigmate plus épais et à cinq lobes; le fruit est recouvert par le calice; il est à cinq angles, et renferme cinq graines. Une seule espèce, Olinia cymosa, Thunberg, loc, cit., compose ce genre; c'est un petit Arbuste originaire du cap de Bonne Espérance, glabre, très-rameux, ayant ses rameaux tétragones, portant des feuilles opposées, ovales, et des fleurs blanches disposées en panicules axillaires. (A., R.)

OLIVA. OIS. Espèce du genre Pie-Grièche. V. ce mot. (DR..Z.)

* OLIVAIRE. Olivaria. MOLL. La seizième famille des Mollusques gastéropodes pectinibranches de Latreille (Fam. Natur. du Règn. Anim., p. 198) est nommée ainsi; elle est formée aux dépens de la famille des Enroulées de Lamarck, et elle contient les trois genres Olive, Tarière et Ancillaire. Latreille caractérise cette famille de la manière suivante: la coquille est cylindrico-ovalaire ou cylinarico-conique, avec la clavicule très-distincte; l'un des lobes du manteau recouvre seul la coquille. Cette dernière partie de la phrase caractéristique est la seule importante. Elle explique pourquoi les Coquilles de cette famille sont toujours lisses po- lies et brillantes. D'après ce caractère, ces Coquilles ne sont pas les seules qui auraient pu entrer dans la famille des Olivaires. Si nous en croyons Adanson, son genre Porcelaine (Marginelle, Lamk.) devrait aussi en faire partie, car l'Animal recouvre aussi sa coquille avec sou manteau dont le lobe droit est très-court et le gauche assez long pour couvrir la presque totalité de la coquille. Un autre genre, que l'on ne peut séparer de celui-là, est le genre Volvaire; ainsi, selon notre manière de penser, si l'on conservait la famille des Olivaires, on devrait y joindre les deux genres que nous venons de citer, et pour la rendre plus naturelle encore, il faudrait y joindre les Porcelaines et les Ovules, car dans ces genres le lobe gauche du manteau est aussi le plus grand; alors, en supposant, comme nous le croyons, que le caractère tiré du manteau soit suffisant, il n'y aurait de différence que du plus ou moins de développement de la partie caractérisant ce qui indique toujours des rapports naturels. (D..H.)

OLIVAREZ. OIS. Espèce du genre Gros-Bec. V. ce mot. (DR..Z.)

* OLIVASTRE. BOT. PHAN. D'Oleaster. V, OLÉASTRE. Syn. d'Elœagnus et d'Hippophae dans quelques parties de la France méridionale, (B.)

OLIVE. OIS. Syn. ancien de la Cannepetière. On a aussi donné ce nom à un Bruant. V. OUTARDE et BRUANT. (DR..Z.)

OLIVE. Oliva. MOLL. Les Olives, comme le plus grand nombre des Coquilles de la famille des Enroulées, présentent sur leur surface extérieure, lisse et polie, les couleurs les plus variées et les plus éclatantes; cette circonstance paiticulière les fait beaucoup rechercher des amateurs qui mettent quelquefois des prix fort élevés à quelques-unes d'entre elles. Ces Coquilles étaient au reste connues des anciens; il n'y a presque point d'ouvrages à figures où on n en trouve quelques-unes plus ou moins fidèlement représentées. Buonani, Lister, Rumph, d'Argenville, etc., etc., les ont confondues soit avec les Cônes, soit avec les Volutes, et leur ont donné les noms de Rhombe, de Coquille cylindrique, d'Olive, etc. Gualtieri est le premier qui les ait distinguées nettement dans son Index Testarum où elles forment sans aucun mélange le second genre des Coquilles uniloculaires; on ne peut reprocher à cet auteur qu'une seule chose, c'est d'y avoir placé la seule espèce de Tarière qui fût connue alors,

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ce qui certes est bien excusable. On se demande pourquoi Linné n'a pas admis le genre de Gualtieri, et pourquoi il a confondu les Olives avec les Volutes, malgré l'ouvrage d'Adanson lui-même. La grande difficulté que l'on éprouve à distinguer et à caractériser nettement les diverses espèces d'Olives explique assez bien pourquoi Linné a rapporté presque toutes les espèces à une seule son Voluta Oliva; l'extrême variation des couleurs et aussi un peu de la forme rend compte d'une manière assez plausible de l'opinion de plusieurs zoologistes qui ont conservé presque entièrement celle de Linné, puisqu'ils croient pouvoir rapporter à un très-petit nombre de types et à titre de variétés presque toutes les espèces de Lamarck. Cette opinion ne nous semble pas fondée sur de bonnes observations, elle est exagérée aussi bien que l'opinion contraire qui tendrait à spécifier chaque variété pour peu qu'elle présentât quelque constance. Ici comme partout ailleurs le zoologiste doit conserver cette circonspection et cette prudence nécessaires quand il doit porter un jugement. Comme nous l'avons vu précédemment, Linné rangea les Olives parmi ses Volutes. Brugnière ne l'imita pas, et il eut parfaitement raison; à l'exemple de Gualtieri, il isola complètement ce genre des Cônes et de toute autre Coquille analogue; ce fut entre les Ovules et les Volutes qu'il le plaça. Cuvier et Lamarck, dans leurs premiers travaux, imitèrent presque complétement Bruguière quant aux rapports qu'ils donnèrent à ce genre. Roissy, dans le Buffon de Sonnini, n'y changea rien non plus; elles étaient dès cette époque placées dans leurs rapports naturels; Lamarck les confirma et les rectifia encore en créant la famille des Enroulées qu'il composa des six genres, Ancillaire, Olive, Tarière, Ovule, Porcelaine et Cône. La famille qui précède celle-ci est celle des Columellaires; elle se termine par le genre Volute, ce qui conserve les rapports indiqués par Linné et par Bruguière. Cette famille des Enroulées fut conservée par Lamarck dans ses autres ouvrages; Cuvier ne l'adopta pas et fit du genre Volute plutôt une famille qu'un genre, dans laquelle il en rassembla un grand nombre d'autres à titre de sous-genres; les Olives sont au nombre de ces sous-genres ainsi que les Columbelles, les Mitres, les Marginelles et les Carcellaires. Férussac, en adoptant la famille des Enroulées de Lamarck, l'a rendue plus naturelle encore en en rejetant le genre Cône, et n'est point tombé dans l'erreur de Cuvier ou plutôt de Linné. Blainville composa sa famille des Angistomes à peu près comme Cuvier son genre Volute, c'est-à-dire qu'après les Tarières, les Olives et les Ancillaires, on trouve les Volutes et les Mitres qui sont épidermées, puis les Marginelles, les Porcelaines et les Ovules qui ne le sont pas, par la même raison que les Olives. Nous avons vu à l'article OLIVAIRE que Latreille avait coupé en deux familles les Enroulées de Lamarck; les Olives se trouvent dans la première avec les Ancillaires et les Tarières, séparées ainsi des Porcelaines et des autres genres très-voisins.

L'Animal des Olives est resté inconnu jusqu'à ces derniers temps, et on peut même dire qu'il ne l'est point encore suffisamment, car d'Argenville dans sa Zoomorphose indique un opercule à l'Animal, ce que contredisent les observations de Blainville sur une petite espèce de la Méditerranée dont il possède un individu seulement. Blainville a caractérisé ce genre de la manière suivante: Animal ovale, involvé; le manteau assez mince sur les bords et prolongé aux deux angles de l'ouverture branchial en une ligule tentaculaire, et en avant par un long tube branchial; pied fort grand, ovale, subauriculé et fendu transversalement en avant; tête petite avec une trompe labiale; tentacules rapprochés et élargis à la base, renflés dans leur tiers

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médian et subulés dans le reste de leur étendue; yeux très-petits, externes, sur le sommet du renflement; blanchie unique, pectiniforme; anus sans tube terminal; organe excitateur mâle fort gros et externe. Coquille subcylindrique, enroulée, lisse; à spire courte, dont les sutures sont canaliculées. Ouverture longitudinale, échancrée à la base. Columelle striée obliquement. Les Olives sont, au rapport de plusieurs personnes, des Animaux fort carnassiers; la pêche que l'on en fait à l'Ile-de-France le prouve, ear pour en prendre un grand nombre il suffit de jeter dans les fonds où elles abondent des lignes amorcées de morceaux de chair; l'Animal s'y attache, et on peut ainsi le tirer de l'eau.

On a long-temps discuté la question de savoir pourquoi les Olives comme les Porcelaines étaient dépourvues de drap marin et présentaient toujours leur surface extérieure polie et brillante. Sachant que les Porcelaines devaient leur vernis au contact des lobes du manteau qui se développent sur la coquille, la couvrent plus ou moins complètement et déposeut sur elle une couche de matière testacée, on a par une juste comparaison attribué aux Olives une semblable organisation. Adanson nous apprend par l'observation directe que les lobes du manteau des Porcelaines sont presque égaux, ce dont on reste convaincu par la trace linéaire que leur jonction laisse sur le dos de la coquille dans le plus grand nombre oes espèces. Pour les Olives cette ligne dorsale n'existant jamais, on a cherché à l'expliquer en supposant que le lobe gauche ne dépasse pas la columelle, tandis que le droit se reployant sur le bord drcit couvre toute la surface de la coquille; mais cette explication peut être fausse puisque l'observation directe manque; on pourrait d'ailleurs faire une comparaison plus simple: les Marginelles, qui sont très-voisines des Olives et des Porcelaines, ont, comme ces genres, une coquille polie par le contact des lobes du manteau qui enveloppent la coquille presque totale, ment à la manière de celui des Porcelaines, c'est-à-dire que les lobes sont presque égaux; ils ne laissent cependant sur la coquille aucune trace de leur jonction, pourquoi n'en serait-il pas de même pour les Olives? D'ailleurs s'il était vrai, comme le pense Blainville, que ce ne fût pas le manteau, mais bien le pied fort grand des Olives qui enveloppât la coquille, toutes ces suppositions deviendraient nulles; mais il est peu probable que l'observation confirme jamais l'opinion du savant que nous venons de citer, parce que l'on ne connaît point encore de Mollusques dont le pied soit un organe de sécrétion et d'enveloppe extérieure; ces fonctions appartiennent essentiellement à la peau et à ses appendices plus ou moins développés; les ana- logies que nous présentent les Marginelles et les Porcelaines sont trop concluantes pour attribuer aux pieds des Olives une fonction qui serait une unique exception dans tous les Mollusques.

Duclos, amateur distingué de conchyliologie, a réuni des matériaux nombreux pour une monographie des Olives. Sou travail, qui n'a point encore paru, est fait d après un grand nombre d'observations qui ont convaincu de la nécessité de supprimer un certain nombre des espèces des auteurs, qui ne sont que des variétés d'espèces déjà connues dont on n'avait pas saisi les rapports, faute d'un nombre suffisant et tien choisi d'individus pour établir les passages. C'était le seul moyen de parvenir à la distinction des véritables espèces, en fixant d'une manière précise les caractères de chacune d'après un grand nombre d'individus et de variétés. Ces variétés étant prises, pour le plus grand nombre, dans les changemens de couleur, et cette coloration étant en général très-variable, il s'ensuit que les caractères spécifiques devront être pris de la forme, ce qui, certainement, les perfectionnera. Duclos a

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partagé les Olives en quatre sections Nous les adoptons à l'exemple de Blainville, et nous allons en donner quelques exemples.

† Espèces dont le pli columellaire est en forme de torsade; les OLIVES ANCILLOÏDES.

OLIVE HIATULE, Oliva Hiatula, Lamk., Ann. du Mus. T. XVI, p. 325, n 52; Voluta Hiatula, L., Gmel., p. 3442, n. 20; l'Agaron, Adans., Voy. au Sénég., pl. 4, fig. 7; Eucyclop., pl. 368, fig. 5, a, b; Oliva plicaria (fossilis), Lamk., Ann. du Mus. T. XVI, p. 327, n. 2; ibid., Anim. sans vert. T. VII, p. 439, n. 2; Oliva plicaria, Bast., Mém. Géol. sur les env. de Bordeaux, p. 41, n. 1, pl. 2, fig. 9. Par la synonymie que nous venons d'établir, il est facile de voir que nous regardons les deux espèces de Lamarck comme absolument identiques. Mous ne trouvons entre elles d'autres différences que dans l'état vivant ou fossile où elles se trouvent. D'après Gmelin, cette Coquille se rencontrerait sur les côtes d'Espagne; d'après Adanson au Sénégal; d'après Lamarck dans l'océan Américain austral; Desmoulins de Bordeaux nous l'a envoyée provenant du canal Mozambique. Dax et Bordeaux sont les seules localités où on la trouve fossile.

†† Espèces cylindracées, à spire fort pointue, avec des plis columellaires nombreux et occupant presque tout le bord gauche; les OLIVES CYLINDROÏDES.

OLIVE SUBULÉE, Oliva subulata, Lamk., Ann. du Mus. T. XVI, p. 324, n. 49; ibid., Anim. sans vert. T. VII, p. 434, n. 49; Martini, Conchyl. Cab. T. II, tab. 50, fig. 549, 550; Encyclop., pl. 368, fig. 6, a, b. Celle-ci vient de l'océan Indien et de Java. Elle est étroite, pointue; la spire, assez longue, est marquée près du canal de la suture d'un rang de taches brunâtres, irrégulières; toute la Coquille est d'un gris blanchâtre ou plombé, excepté à la base où se voit une large zône légèrement fauve; Cette section des Olives contient un assez grand nombre d'espèces qui toutes se reconnaissent à leur formé élancée. C'est ainsi que doivent s'y ranger les Oliva acuminata, Lamk., Anim. sans vert. T. VII, p. 434, n. 48; Martini, Conchyl. Cab. T. II, tab. 50, fig. 551, 552, 553; Encycl., pl. 368, fig. 3; Oliva zonalis, Lamk., Anim. sans vert. T. VII, p. 439, n. 61; ibid., Ann. du Mus. T. XVI, p. 327, n. 58; Oliva conoidalis, Lamk., Anim. sans vert. T. VII, p. 437, n. 57; Voluta jaspidea, Gmel., p. 3442, n. 21; Martini, Conch. Cab. T. II, tab. 50, fig. 556; Lister, Conch., tab. 725, fig. 13; Oliva clavula (fossilis), Lamk., Anim. sans vert. T. VII, p. 440, n. 3; Bast., Mém. Géol. sur les envir. de Bordeaux, p. 42, pl. 2, fig. 7; Sow., the Genera, n. 3. Nous possédons une espèce vivante que nous avons trouvée parmi des Coquilles d'Afrique, qui a beaucoup d'analogie avec celle-ci, quoique cette analogie ne soit pas parfaite. On la trouve à Dax, à Bordeaux et dans les faluns de la Touraine.

††† Espèces globuleuses, ventrues, à spire courte; le bord columellaire strié seulement jusqu'à moitié; les OLIVES GLANDIFORMES.

OLIVE PORPHYRE, Oliva Porphyria, Lamk., Ann. du Mus. T. XVI, p. 309, n. 1; ibid., Anim. sans vert. T. VII, p. 418, n. 1; Voluta Porphyria, L., Gmel., p. 3438, n. 16; Martini, Conch. Cab. T. II, tab. 46, fig. 485, 486, et tab. 47, fig. 498; Encycl., pl. 361, fig. 4, a, b. Grande et belle Coquille assez commune aujourd'hui dans les collections. Elle est, de toutes les Olives, celle qui acquiert le plus grand volume. Sur un fond couleur de chair obscure, quelquefois roussâtre, elle est ornée de lignes brunes plus ou moins rapprochées, fines et fortement anguleuses. La zône de la base est violâtre ainsi que la callosité décurrenle autour du canal de la spire. Cette Coquille vient des côtes au Brésil et des

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mers de l'Amérique méridionale. Cette section des Olives est de toutes la plus nombreuse en espèces; l'exemple que nous venons de citer suffit pour qu'on puisse facilement y rapporter les espèces analogues.

†††† Espèces qui ont la spire mucronée et dont le canal s'oblitère vers le commencement du dernier tour; les OLIVES VOLUTÉLLES.

OLIVE DE BRÉSIL, Oliva brasiliana, Lamk., Ann. du Mus. T. XVI, p. 322, n. 43; ibid, Anim. sans vert. T. VII, p. 433, n. 45; Chemn., Conchyl. Cab. T. XVI, tab. 147, fig. 1367, 1368. Cette espèce est fort remarquable par sa forme qui s'éloigne un peu de celle des autres Olives pour se rapprocher des Volutes; elle est ventrue, surtout vers la spire qui est courte; le canal de la suture est oblitèrè, excepté sur le dernier tour. Cela établit une transition avec les Ancillaires; la columelle est légèrement tordue, et elle ne présente qu'un ou deux gros plis à peu près comme dans les Volutes. Cette espèce, ainsi que quelques autres très-voisines, établissent le passage aux Volutes et indiquent les rapports de ces deux genres D'autres espèces, comme l'Oliva corneola, montrent également un rapport bieu sensible avec plusieurs espèces. de Marginelles, et peut-être, par la suite, trouvera-ton une série de passages entre ces deux gentes comme avec ceux que nous avons déjà cités. (D..H.)

OLIVE, BOT. PHAN. Le fruit de l'Olivier. V. ce mot. (B.)

OLIVENERZ ET OLIVENITE. MIN. Syn. du Cuivre arséniaté en octaèdies aigus dont la couleur est le vert d'olive. (G. DEL.)

OLIVERIE. Oliveria. BOT. PHAN. Et nou Oliviera. Genre de la famille des Ombelhferes et de la Pentandrie Digynie, L., établi par Ventenat (Jardin de Cels, p. et t. 21) qui l'a ainsi caractérisé: calice à cinq dents; pétales divisés presque jusqu'à leur base en deux lobes ondulés et réfléchis; cinq étamines à filets cachés dans l'excavation des pétales pendant l'estivation, puis libres et saillans hors de la fleur; ovaire surmonté de deux styles dressés, terminés par des stigmates en tête; fruit obové, hérissé, divisible en deux akènes convexes et à cinq côtes sur le côté externe, plans et à un seul sillon sur le côté de la commissure. Les fleurs sont disposées en ombelles simples entourées chacune d'un involucre à plusieurs folioles droites, cunéiformes, divisé à leur sommet en trois dents, plus longues que les fleurs. Ces ombelles sont portées sur des pédoncules qui naissent au sommet des ramifications de la tige, tantôt simples tantôt au nombre de deux, trois et quatre, insérées au même point; c'est ce qui les a fait considérer par l'auteur du genre comme formant une Ombelle générale composée d'un petit nombre, de rayons, et ce qui a fait donner le nom d'ombellules à chacune des inflorescences que nous avons désignées ici sous celui d'ombelles. A la base de l'ombelle générale est une sorte d'iuvolucre composé de feuilles à peu près semblables à celles de la tige. Ce geme a été placé par Sprengel dans sa tribu des Caucalidées. Il ne renferme qu'une seule espèce décrite et figtuée par Ventenat (loc. cit.) sous le nom d'Oliveria decumbens. C'est une Plante herbacée annuelle, dont la racine est pivotante, portant de nombreuses tiges, glabres, striées, noueuses, tombantes, rameuses, garnies de feuilles alternes, pétiolées, ayant une odeur de thym lorsqu'on les froisse; les inférieures bipinnatifides, les supérieures moins profondément découpées. Les fleurs sont blanchâtres avec une légète teinte purpurine. Cette Ombellifère cioît aux environs de Bagdad, d'où Bruguière et Olivier en ont rapporté des graines qui ont levé dans le Jardin de Cels, a Paris, et qui ont produit les individus sur lesquels Ventenat a fait sa description. (G..N.)

TOME XII. 12

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* OLIVERT. OIS. Espèce du genre Sylvie. V. ce mot. (DR..Z.)

OLIVES PÉTRIFIÉES, ÉCHIN. Quelques anciens oryctographes ont désigné ainsi des épines fossiles d'Echinodermes appartenant probablement au genre Cidaritéde Lamarck. (E. D..L.)

OLIVET. OIS. Espèce du genre Tangara. V. ce mot. (DR..Z.)

OLIVETIER. MOLL. Le Mollusque qui habite les Coquilles du genre olive. V. ce mot. (B.)

OLIVETIER. BOT. PHAN. L'un des noms français du genre Elæodendron. V. ce mot. (A. R.)

OLIVETTE, OIS. Espèce du genre Gros-Bec. V. ce Mot. (B.)

OLIVIE. Olivia. POLYP. Bertoloni (Decas. III, p. 117) a désigné sous ce nom générique une production marine organisée et vivante, qu'il regarde comme végétale, et que la plupart des auteurs modernes considèrent comme un Polypier de l'ordre des Corallinées. C'est l'Acetabularia integra de Lamouroux, le Tubularia acetabulum de Linné et de Gmelin, le Corallina androsace de Pallas, l'Acetabulum mediterraneum de Lamarck, etc., que Bertoloni a nommé ainsi et dédié à l'auteur de la Zoologie adriatique, Giuseppe Olivi. Les naturalistes sont partagés d'opinion sur la nature des Corallines, et oette grande question nous paraissait loin d'être résolue, lorsque Delile, professeur de botanique à l'école de Montpellier, lut à l'Académie des Sciences, en 1826, un Mémoire fort intéressant où il établit la nature végétale de l'Acétabulaire. V. ce mot. (E. D..L.)

OLIVIER. Olea. BOT. PHAN. Genre de la famille des Jasminées et de la Diandrie Monogynie, L., composé d'un assez grand nombre d'espèces qui croissent dans les diverses contrées chaudes du globe. Ce sont en général des Arbres assez élevés ou des Arbrisseaux, ornés en toutes saisons de feuilles simples, opposées, coriaces, entières ou dentées, sans stipules; de fleurs blanches, petites, disposées en grappes rameuses terminales ou axiliaires. Le calice est très-petit, turbiné, à quatre dents; la corolle monopétale, régulière, subcampanulée, dont le tube est court; le limbe concave, à quatre divisious ovales; les. étamines sont au nombre de deux; l'ovaire est libre, ovoïde, à deux loges, contenant chacune deux ovules insérés à l'angle interne de la loge. Le style, qui naît du sommet de l'ovaire est, inclus, simple, terminé par un stigmate épais et bilobé. Le fruit est une drupe de forme variée, ayant son péricarpe charnu, et contenant un noyau uniloculaire monosperme. Selon la remarque de Rob. Brown, il faudrait réunir à ce genre le Phyllirea, qui n'en diffère absolument que par la consistance cartilagineuse et non osseuse de son noyau, sur l'un des côtés duquel on trouve dans son épaisseur une fente qui annonce la place de la seconde loge qui est avortée. La graine est renversée, réticulée à sa surface; elle renferme sous son tégument, qui est assez mince, Une amande composée d'un endosperme corné, contenant dans son intérieur un gros embryon renversé comme la graine, ayant sa radicule conique obtuse,, ses cotylédons très-grands, obtus et médiocrement épais.

Parmi toutes les espèces de ce genre, il n'en est pas de plus intéressante et de plus importante à la fois, que l'Olivier proprement dit, ou OLIVIER D'EUROPE, Olea europœa, L., Rich., Bot. Méd., 1, p. 305. C'est un Arbre originaire des contrées méridionales de l'Europe et de l'Asie Mineure. Dans nos départemens méridionaux, il ne s'élève guère au-delà de vingt-cinq à trente pieds au plus ; mais en Italie, en Orient, en Grèce, il peut acquérir jusqu'à quarante cinq à cinquante pieds d'élévation, Sur un diamètre de cinq à six pieds. Le tronc généralement peu élevé, très-inégal, se divise en branches nombreuses et très-fortes, dressées. Les feuilles sont opposées,

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lancéolées, étroitee, aiguës, convexes en dessus et à bords rabattus, entières, d'un vert terne à leur face supérieure, qui est très-glabre, blanchâtres et comme argentées en dessous par de petites écailles minces, peltées et ciliées sur les bords. Les fleures sont petites, de la grandeur de celles du Troëne disposées en petites grappes axillaires, accompagnées de bractées squammiformes, oblongues. les fruits sont des drupes charnus, ellipsoïdes, allongés, d'environ un pouce de longueur, verts, blanchâtres ou violacés à l'extérieur, selon les variétés, et contenant un noyau réticulé, extrêmement dur, à une seule loge et à une seule graine. Mais, en général, il y a dans une grappe un grand nombre de fleurs stériles, qui sont beaucoup plus petites; en sorte qu'il est rare qu'une grappe qui se compose souvent de plus de trente fleurs, offre plus de deux à trois fruits qui parviennent à leur maturité.

Symbole de la paix, l'Olivier, consacré à Minerve, était chez les Grecs l'objet d'une sorte de culte. Il était défendu, sous des peines très-sévères, de détruire les plantations de cet Arbre. Des magistrats étaient préposés à leur conservation, et chaque particulier pouvait en abattre seulement deux ou trois dans une année. Encore leur bois ne pouvait-il être employé qu'à de nobles usages. Celui qui était surpris coupant un Olivier dans un bois consacré à Minerve, était puni du bannissement. On sait que les envoyés d'un peuple chargés d'aller demander la paix ou une simple suspension d'armes, devaient se présenter portant à la main un rameau d'Olivier. Dans cet état, ils avaient en quelque sorte un caractère sacré que toutes les nations policées savaient reconnaître et respecter.

A voir la profusion avec laquelle l'Olivier est cultivé dans les provinces méridionales de l'Europe, en Italie, en Espagne et dans le midi de la France, on le croirait indigène de ces contrées. Cependant il paraît que la patrie primitive de cet Arbre est l'Asie-Mineure et les côtes de l'Afrique baignées par la Méditerranée! mais son introduction en Europe remonte à une époque si éloignée, qu'elle se perd dans l'obscurité des temps anciens. Aujourd'hui cet Arbre vient sans culture dans les régions que nous venons de citer, à cause des graines qui se répandent dans les campagnes et qui s'y développent. L'Olivier se cultive en abondance en France dans les départemens des Bouches-du-Rhône, du Var, de l'Hérault, du Gard, de Vaucluse, etc.; mais il ne peut fructifier et se développer en pleine terre au nord d'une ligne qui, parlant de la base des Pyrénées entre Narbonne et Baguères de Lucbon, traverse obliquement le midi de la France de l'ouest à l'est, et s'étend jusqu'aux pieds des Alpes, à la hauteur à peu près du petit Saint Bernard. Toute la partie du bassin de la Méditerranée placée au midi de cette ligne, porte en France le nom de Région des Oliviers. Au-delà de cette ligne, qui présente quelques anfractuosités, quand elle rencontre des vallées bien exposées, ces Arbres ne peuvent être cultivés en pleine terre avec avantage. Ils craignent le froid quand il dure quelques jours, et il y a peu d'années qu'un grand nombre des Oliviers de la Provence et du Languedoc ont été presque détruits par un froid de neuf à dix degrés, qui n'a cependant duré que quelques jours. Dans le nouveau Dictionnaire d'Agriculture, on trouve, à l'article OLIVIER, qu'autrefois ces Arbres se cultivaient à une plus grande distance de la Méditerranée, et jusqu'aux environs de Valence, dans le département de la Drôme, mais qu'aujourd'hui on n'en voit plus même aux environs d'Avignon, et que ceux de la plaine d'Aix sont si souvent maltraités par le froid, que beaucoup de propriétaires commencent à les faire arracher pour les remplacer par des Amandiers. Nous pouvons assurer que ces faits sont tout-à-fait inexacls. Dans un voyage que

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nous avons fait dans les provinces méridionales de la France en 1818, nous avons vu que la culture des Oliviers en grand commence un peu au-delà de Montélimart; qu'entre Orange et Avignon, elle est générale, et qu'enfin dans les environs d'Aix et de Marseille, les propriétaires ne songent pas aujourd'hui du moins à changer la culture de l'Olivier contre celle de l'Amandier. Quoique plus méridionale que la Provence, une grande partie de l'Espagne n'admet pas la culture de l'Olivier. Selon les observations de notre confrère Bory de Saint-Viencent dans son Résumé de géographie de la péninsule Ibérique, cet Arbre n'est un objet de rapport qu'au-delà de la ligne oblique qui, a partir du point où la ligne des Oliviers cesse chez nous vers les frontières de Catalogne, se dirige vers le Portugal supérieur. Dans les Asturies, et généralement sur le versant Boréal, les Oliviers gèlent partout, et l'on n'en trouve de sauvages, appelés Azebuches, qu'en Andalousie, qui, toujours d'après le savant que nous venons de citer, fit originairement partie des régions Barbaresques, ce qui confirme ce que nous venons de dire sur l'origine africaine de l'Olivier.

Le plan de cet ouvrage ne nous permet pas d'entrer dans des détails sur les nombreuses variétés qu'a subies l'Olivier depuis le temps immémorial qu'il est cultivé. Ces variétés tiennent, soit à la grosseur, à la forme du fruit, à sa couleur, à sa disposition sur les rameaux, et enfin à l'époque où il mûrit. Il est d'autant plus difficile de rien présenter de précis et de général sur cette partie de l'histoire de l'Olivier, que les noms par lesquels on désigne ces variétés, n'étant pas les mêmes dans toutes les provinces où on cultive cet Arbre, ne sont que des noms locaux, qui souvent ne seraient pas compris d'une province à une autre.

On a remarqué en général que, dans le midi de la France, les Oliviers donnaient alternativement une bonne et une mauvaise récolte, et cela d'une manière constante. Ce fait a été l'objet de beaucoup de conjectures pour l'expliquer. Ainsi, les uns ont dit que cela provenait de la manière dont se fait la récolte des Olives. En les abattant à coups de gaule, quand elles sont très-abondantes, on fatigue beaucoup les Arbres, et on détruit les jeunes bourgeons de l'année prochaine. Mais cette explication n'est point admissible; car une semblable différence dans le produit de la récolte se remarque également dans toutes les contrées où l'on recueille les Olives à la main. D'autres ont admis avec plus de vraisemblance, que les années très-productives épuisent en quelque sorte les Arbres, et que les fruits, pour mûrir, détournent une partie des sucs nécessaires au développement des jeunes bourgeons, et qu'ainsi la récolte suivante doit être moins productive.

Il est assez difficile de déterminer l'époque précise de la maturité des Olives, parce que cette époque varie suivant les localités; mais on peut dire d'une manière générale, que dans les départemens méridionaux de la France, la maturité arrive dans le courant du mois de novembre, un peu plus tôt ou un peu plus tard, selon l'exposition des contrées. Il est essentiel de remarquer que l'huile est d'autant plus abondante dans la chair de l'Olive, qu'elle est plus mûre, et ce dernier état est annoncé par la couleur noirâtre que prend le fruit; mais l'huile est d'autant plus fine, qu'on attend moins de temps après le moment de la véritable maturité. Ainsi, il ne faut pas, quand on tient à avoir de l'huile fine, mais en moins grande quantité, attendre que les Olives aient changé de couleur. Les cultivateurs savent parfaitement saisir cette époque. Il résulte de-là, 1° qu'il faut cueillir les Olives un peu avant leur maturité, quand on veut se procurer de l'huile fine et conservant le goût de

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fruit; 2° qu'on peut laisser écouler un mois depuis cette première cueillette pour faire de l'huile ordinaire; 3° et qu'enfin on peut encore retarder pour les huiles communes destinées à la fabrication du savon et autres emplois dans les arts.

La récolte des Olives, ainsi que nous l'avons déjà indiqué, se fait de deux manières; tantôt on les abat à coups de gaule, tantôt on les cueille à la main. Nous avons déjà dit que ce dernier procédé était de beaucoup préférable, parce qu'il ménageait et laissait intacts les bourgeons qui doivent se développer l'année suivante. On doit choisir un beau jour pour la récolte des Olives, comme au reste pour celle de tous les fruits. Les Olives cueillies doivent être rentrées dans des lieux abrités des intempéries de l'air et des ravagesdes Animaux; on les y amoncèle et on les y laisse pendant quelque temps, pour qu'elles s'y perfectionnent avant d'en exprimer l'huile. Ce retard est nécessaire pour que les fruits perdent une partie de leur eau de végétation, et que leur mucilage se change en huile; mais il ne faut pas qu'il, soit par trop prolongé; car alors les Olives s'échauffent, fermentent; leur huile se rancit, devient âcre, désagréable, et même finit par beaucoup diminuer. L'huile est ensuite extraite par le moyen de moulins dont la construction varie suivant les pays.

Arrivée à sa maturité complète, l'Olive contient quatre sortes d huile; 1° celle de la pellicule, qui est renfermée dans de petites vésicules globuleuses; elle paraît contenir un peu d'un principe résineux; et quoique analogue à celle de la chair, elle est moins douce et moins agréable;. 2° l'huile de la chair qui est la plus abondante, renfermée dans des vésicules irrégulières, rapprochées les unes des autres; 3° celle de la partie osseuse, qui est peu abondante et mêlée de mucilage; 4° enfin, celle de l'amande, qui est jaunâtre, assez abondante, légèrement âcre, et d'une nature particulière.

Au moment où l'on fait la récolte des Olives, ces fruits ont une saveur excessivement âpre et désagréable, qu'ils doivent à l'eau de végétation contenue entre les vésicules pleines d'huile. L'huile d'Olives est la meilleure et la plus recherchée de toutes les huiles pour les usages de la table et de l'éclairage. C'est elle aussi que l'on emploie plus spécialement pouries préparations médicamenteuses, telles que les linimens et les embrocations. L'huile d'Olives bien préparée est d'un jaune verdâtre, d'une saveur douce, avec ou sans goût de fruit, suivant le mode de préparation; d'une odeur agréable; elle se fige et se congèle à une température de cinq à huit degrés? u-dessous de zéro; elle se saponifie très - facilement, et sert à la préparation des cérats, emplâtres et huiles composées pharmaceutiques; très-souvent on la falsifie avec l'huile de Pavot ou d'OEillette. On reconnaît cette falsification, en ce que l'huile mousse par l'agitation; elle ne se solidifie pas entièrement par un mélange de pernitrate acide de Mercure, qui laisse liquides les huiles de graines. Selon Braconnot de Nancy, l'huile d'Olives se compose de vingt-huit parties de Stéarine et de soixante douze d'Elaïne. Les Olives, lorsqu'elles ont été conservées pendant quelque temps dans de l'eau salée, perdent leur saveur âcre et en acquièrent une très-agréable. C'est dans cet état qu'on les conserve et qu'on les sert sur nos tables comme hors-d'œuvre. En Italie, on les laisse sécher sur l'Arbre, ou on les passe au four, et on les conserve dans cet état. On en mange beaucoup dans ce pays, ainsi préparées. Les feuilles de l'Olivier ont une saveur très-âpre et contiennent une grande proportion de Tannin et d'Acide gallique. Aussi les emploie-t-on dans quelques contrées au tannage et à la préparation des cuirs. Le docteur Bidot, médecin de Fàôpital militaire de Longwi, les a récemment proposées comme un des meilleurs succédanées indigènes du

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Quinquina dans le traitement des fièvres intermittentes. Quelques essais faits à l'hôpital de la Charité à Paris, ont prouvé que ces feuilles n'étaient pas sans quelque action contre les fièvres périodiques; mais cependant ce médicament est loin d'avoir l'efficacité qu'on a voulu lui attribuer.

Il découle de l'Olivier, surtout à l'état sauvage et dans les régions méridionales, une gomme - résine d'un brun rougeâtre, en larmes irrégulières plus ou moins volumineuses, offrant des points plus clairs, de manière à ressembler au Benjoin amygdaloïde; Sa cassure est résineuse, conchoïde, d'un aspect gras; projetée sur des charbons ardens, elle se gonfle, se fond et répand une odeur agréable, qui approche de celle de la Vanille. L'habile chimiste Pelletier, qui en a fait l'analyse, l'a trouvée composée de deux substances, l'une ayant une grande analogie avec les matières résineuses, l'autre se rapprochant des Gommes, mais en différant par quelques caractères, et qu'il a nommée Olivile. V. ce mot. Il a, de plus, constaté dans cette gomme-résine, l'existence de l'Acide benjoïque. Cette substance, autrefois très-employée comme stimulante, est aujourd'hui à peu près inusitée; aussi est-elle rare dans le commerce. Cependant, quelques médecins ont proposé de la substituer au Benjoin.

Disons maintenant quelques mots de la culture de l'Olivier. Cet Arbre se plaît surtout dans les terrains légers et pierreux, où ses fruits sont plus nombreux et donnent une huile de meilleure qualité. Dans les terres fortes il pousse trop de bois. Il lui faut un certain degré de chaleur, mais néanmoins il craint presqu également les chaleurs excessives et les grands froids. Le voisinage de la mer paraît lui être favorable, et c'est surtout dans le bassin de la Méditerranée qu'il réussit le mieux. Les semis Sont sans contredit le meilleur moyen de multiplication. C'est ainsi qu'on obtient les sujets les plus beaux et les. plus vigoureux. Cependant ce moyen est peu mis en usage, parce qu'il ést le plus long et qu'il faut préparer à l'avance des pépinières d'Oliviérs. Le plus généralement où se Sert des rejetons qui partent naturellement du pied des Arbres faits ou de ceux que l'on recèpe lorsqu'ils sont trop vieux ou qu'ils ont été brisés par les vents. On laisse ces rejetons se fortifier pendant deux ou trois ans, après quoi on les lève pour les mettre en place. L'Olivier se plante en quinconce dans les champs, ou en allées et en lignes. Quand on a soin de les espacer convenablement, on peut cultiver dans le même champ des Céréales ou des Plantes légumineuses. En général, la taille est inutile, si ce n'est dans les premières années pour bien former les jeunes sujets; mais plus tard on peut s'en dispenser; il suffit d'en lever chaque aunée le bois mort. L'Olivier croissant très-lentement et durant des sièdés, son bois est très- lourd et très-dur. On s'en sert pour faire différens outils.

On voit quelquefois, dans les jardins des amateurs, une variété de l'Olivier ordinaire qu'on désigne Sous le nom d'Olea buxifolla, à cause de ses feuilles Courtes et un peu obtuses. Cette variété doit être rentrée dans l'orangerie.

Après avoir décrit l'Olivier ordinaire, qui est sans contredit l'espèce la plus intéressante, nous mentionnerons encore quelques-unes des espèces exotiques qu'on cultive dans les jardins.

OLIVER ODORANT, Olea fragtans, Thunb. C'est un Arbrisseau de six a huit pieds de hauteur, originaire de la Chine et du Japon, et qu'on cultive dans nos orangeries. Ses feuilles opposées sont ovales, aiguës, coriaces, glabres, d'un vert clair, légèrement dentées sur leurs bords; les fleurs sont blanches, petites, répandant une odeur très-suave, et disposées en une grappe terminale et pédonculée. Il y a une variété de cette espèce qui offre dès fleurs lavées

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de rouge. On prétend que c'est avec les fleurs de cet Arbrisseau que les Chinois aromatisent le Thé.

OLIVER D'AMÉRIQUE, Olea americana, L. C'est un Arbre de trente à trente-cinq pieds d'élévation, portant des feuilles elliptiques, lancéolées, glabres, luisantes; des fleurs blanches, disposées en petites grappes axillaires.

On cultive encore l'Olivier de Madère (Olea excelsa), l'Olivier ondulé (Olea undulata), etc.

L'Olea emarginata forme le genre Noronha de Du Petit - Thouars. (A. R.)

OLIVIÈRE. BOT. PHAN. On a ainsi francisé le nom du genre Oliveria, créé par Ventenat et dédié au naturaliste Olivier. Mais, si l'on adoptait ce nouveau mot, on pourrait confondre ce genre avec l'Olivier. Nous avons donc cru devoir conserver à ce mot son orthographe primitive. V. OLIVÉRIE. (G..N.)

*OLIVILE. CHIM. ORG. Substance végétale cristalline obtenue par Pelletier dans l'analyse de la matière résineuse balsamique, improprement nommée Gomme d'Olivier, Il suffit, pour la faire cristalliser, d'abandonner à une évaporation spontanée la solution Alcoholique de la matière résineuse; on fait dissoudre les cristaux dans l'alcohol, et après les avoir fait cristalliser de nouveau, on les lave avec de l'Ether hydratique. L'Olivile pure est blanche, brillante, d'un aspect cristallin; elle se fond à 72 degrés et prend une légère couleur jaune; elle est électrique par frottement. Son odeur est nulle; sa saveur particulière, amère, légèrement aromatique. Très - soluble dans l'Alcohol et l'Acide acétique, elle résiste à l'action de l'Ether et de l'eau froide. Elle se dissout à peu près dans trente-deux fois son poids d'eau bouillante, mais elle s'en sépare par le réfroidissement. Les huiles fixes et volatiles ont également sur elle une légère action, mais à chaud seulement. Les solutions alcalines non concentrées la dissolvent sans l'altérer. Cette substance est entièrement composée d'Oxigène, de Carbone et d'Hydrogène. Ce dernier élément n'y est pas prédominant, puisqu'en la projetant sur des charbons ardens, elle se décompose en répandant beaucoup de fumée, mais elle ne s'enflamme que difficilement. L'Olivile nous semble avoir beaucoup de rapports avec les substances cristallines que Bonastre, pharmacien de Paris, a fait connaître depuis quelques années sous lé nom de sous-résines et qu'il a obtenues de plusieurs gommes-résines et baumes, par le même procédé que Pelletier a employé pour l'Olivile. (G..N.)

OLIVINE. MIN. Syn. de Péridot granuliforme. V. ce mot. (G. DEL.)

OLLAIRE. MIN. V. TALC.

OLMEDIA. BOT. PHAN. Ruiz et Pavon (Prodrom. Flor. Peruv., p. 129) ont établi sous ce nom un genre de la Diœcie Tétrandrie, L., et qui paraît se rapporter à la famille des Urticées. Les fleurs mâles sont placées sur une sorte de réceptacle hémisphérique, composé d'un grand nombre d'écailles imbriquées; chaque fleur a un petit périanthe à deux ou quatre divisions ovales, acuminées, et renferme quatre étamines dont les filets, de la longueur du périanthe, s'ouvrent par une force élastique, et les anthères sont biloculaires, déhiscentes longitudinalement et des deux côtés. Les fleurs femelles, situées sur des pieds distincts, sont placées au centre de plusieurs écailles formant un capitule ovale et imbriqué; il n'y en a qu'une seule dans cette espèce d'involucre. Elles ont un périanthe ovoïde, en forme de bouteille, très - resserré et quadridenté au sommet, renfermant l'ovaire qui est ovoïde et surmonté d'un style court à deux stigmates subulés. Le fruit est une drupe presque ronde, acuminée, renfermant un noyau de même forme. Aux caractères précédens, Kunth (Synop. Plant. orb. nov., 4, p. 198) ajoute ceux de la

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graine, qui se compose d'un embryon dicotylédoné, sans albumen, à radicule supère.

Les auteurs de ce genre en ont décrit (Syst. Veget. Flor. Peruv., p. 257 et 258) deux espèces sous les noms d'Olmedia aspera et levis. Ce sont des Arbres à suc laiteux, à feuilles simples et alternes, qui croissent dans les forêts du Pérou. (G..N.)

* OLOPETALUM. BOT. PHAN. V. MONSONIE.

* OLOPHORES. POIS. (Duméril.) V. ABDOMINAUX.

OLOPONG. REPT. OPH. Les naturalistes ne connaissent pas encore la grande Vipère des Philippines désignée sous ee nom de pays par divers voyageurs. (B.)

OLOR. OIS. Nom spécifique du Cygne domestique. V. CANARD. (B.)

OLOTOTOLT. OIS. Hernandez mentionne sous ce nom de pays un joli Oiseau un peu plus grand que le Merle, qui est bleu d'azur avec le cou varié de blanc et de rouge. Il habite les lieux montueux du Mexique; on ne sait à quel genre le rapporter. (B.)

OLUS. BOT. PHAN. Ce mot latin, qui signifie proprement Herbage, est entré dans la composition du nom de plusieurs Plantes chez les anciens botanistes et répond exactement à Brèdes (V. ce mot). De-là on a appelé des Plantes potagères:

OLUS ALBUM, la Mâche.

OLUS ASTRUM, le Maceron commun.

OLUS AUREUM, le Bon-Henri.

OLUS HISPANICUM, l'Epinard.

OLUS JUDAICUM, la Corète.

OLUS SANGUINIS, l'Igname, etc. (B.)

OLYNTHOLITHE. MIN. Fischer nomme ainsi le Grenat granulaire dont il fait une espèce. (G. DEL.)

* OLYRACÉES OU OLYRÉES. Olyraceæ. BOT. PHAN. Nom de la neuvième section établie par Kunth dans les Graminées. V. ce mot. (A. R.)

OLYRE. Olyra. BOT. PHAN. Genre de la famille des Graminées, appartenant à la section des Olyracées de Kunth, et offrant pour caractères: des épillets uniflores, unisexués, màles et femelles, réunis dans une même panicule. Les épillets mâles ont une lépicène composée de deux écailles, point de glume et trois étamines; les épillets femelles, qui sont souvent hermaphrodites, ont une lépicène composée de deux écailles membraneuses, striées; l'extérieure, plus grande, se termine par une très-longue pointe; une glume de deux paillettes coriaces luisantes, plus courtes que la lépicène. Le fruit est une cariopse recouverte par les deux paillettes de la glume, qui se soudent entre elles et semblent former le péricarpe. On compte un seul style, terminé par deux stigmates plumeux.

Ce genre, qu'Adanson nommait Mapira, se compose d'un petit nombre d'espèces. Ce sont des Graminées généralement vivaces, croissant dans les diverses parties de l'Amérique méridionale, car il est très-probable qne l'Olyra orientalis de Loureiro appartient à quelqu'autre genre. Les Olyres ont de larges feuilles entières, striées, des fleurs assez grandes disposées en une panicule simple et terminale. L'espèce la plus commune est l'Olyra latifolia, L.; Lamk., Ill., t. 751, f. 1. Cette espèce croît sur le continent de l'Amérique méridionale, et dans plusieurs des Autilles. Ses tiges, hautes souvent de plusieurs pieds, sont fermes et comme ligneuses, glabres; ses feuilles sont ovales, lancéolées, aiguës, d'une largeur remarquable pour une Graminée. Les fleurs, assez grandes, forment une panicule simple, dressée et terminale, composée de fleurs mâles et de fleurs hermaphrodites. Indépendamment de cette espèce, la première connue, Swartz en a décrit deux autres, originaires de la Jamaïque, l'une sous le nom d'Olyra paniculata, et l'autre sous celui d'Olyra pauciflora. Cette dernière, que Lamarck a décrite sous.

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le nom d'Olyra axillaris, forme le genre Litachne de Beauvois. (V. LITACHNE.) Le professeur Kunth (In Humb. Nov. Gen.) en a fait connaître cinq espèces nouvelles recueillies par Humboldt et Bonpland en Amérique. (A. R.)

OMAID. BOT. PHAN. Le genre formé sous ce nom, par Adanson, pour l'Arum triphyllum, L., n'a pas été adopté. (B.)

* OMALANTHUS. BOT. PHAN. Nous avons établi, dans la famille des Euphorbiacées, ce genre, voisin des Stillingia et Sapium, dont il se rapproche en plusieurs points et s'éloigne en quelques autres. Ses caractères sont les suivans: fleurs monoïques; calice composé de deux sépales échancrés à leur base, et munis d'une glande, caducs dans la fleur femelle; fleurs mâles: six ou dix étamines à filets courts et aplatis qui se soudent en partie entre eux; anthères adnées, externes; fleurs femelles: style bifide; deux stigmates glanduleux, bilobés à leur sommet ainsi qu'à leur base, et qui semblent appliqués sur la face externe des deux divisions du style; ovaire oblong, à deux loges contenant chacune un ovule unique, et qui devient une capsule à deux valves. Ce genre renferme deux espèces jusqu'ici inédites, originaires, l'une de Java et des Philippines, l'autre de la Nouvelle-Hollande. Ce sont des Arbrisseaux à feuilles alternes, entières, glabres, portées sur de longs pétioles munis de glandes à leur sommet. Les fleurs forment des épis terminaux sur lesquels les mâles se ramassent eu petits pelotons serrés, accompagnés d'une bractée biglanduleúse; les femelles solitaires, munies d'une bractée semblable et portées sur un pédoncule plus long, sont tantôt sur le même épi que les mâles au-dessous d'elles, tantôt sur un épi différent. V. Adr. de Jussieu, Euphorb., p. 50, tab. 16, n. 53. (A. D. J.)

* OMALE. INS. Genre d'Hyménoptères établi par Jurine et que Latreille avait déjà nommé Béthile. (G.)

OMALIE. Omalium. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Brachélytres, tribu des Aplatis, établi par Gravenhorst aux dépens du genre Staphylinus de Fabricius, et ayant pour caractères: palpes courts, filiformes, peu avancés; les maxillaires composés de quatre articles et les labiaux de trois; mandibules arquées, pointues, simples; antennes insérées devant les yeux, sous un rebord, de la longueur de la tête et du corselet, grossissant insensiblement vers leur extrémité, avec le premier article un peu allongé et renflé. Tête entièrement dégagée; labre entier. Corselet transverse, rebordé latéralement; élytres plus longues que lui; pates simples ou à peine épineuses. Ce genre se distingue des Oxytèles qui en sont les plus voisins par les tarses qui ne se replient pas dans une rainure de la jambe, comme cela a lieu chez les Oxytèles; les Proteinés en sont distingués par leurs palpes en alène; enfin les Lestèves et les Aléochares en sont séparées par des caractères tirés de la forme des antennes et de leur insertion. Les Omalies sont en général de très-petite taille; leurs mœurs sont à peu près les mêmes que celles des Staphylins; on les trouve dans les Mousses et surtout dans les fleurs; quelques espèces vivent dans les bouses, d'autres fréquentent les Agarics en décomposition. Olivier a décrit vingt-sept espèces de ce genre qu'il partage en deux familles ainsi qu'il suit:

† Elytres à peine plus longues que le corselet.

OMALIE PLANE, Omalium planum, Gravenh., Latr., Oliv.; Staphylinus planus, Payk., Faun. Suec., t. 3, p. 403, n° 48. Longue de près d'une ligne, plane, noirâtre, luisante; antennes, élytres et pates pâles; corselet avec trois impressions peu marquées. Cette espèce est très-commune dans toute l'Europe.

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†† Elytres une fois plus longues que le corselet.

OMALIE RIVULAIRE, Omalium rivulare, Latr., Gen. Crust. et Ins., Grav. ; Staphilinus rivularis, Oliv., Entom. T. III, n° 42, 49, t. 3, fig. 27, a, b, Payk. Longue de près d'une ligne et demie; noire, luisante; élytres noirâtres; corselet sillonné. Cette espèce habite sur les fleurs, sur les Plantes graminées, sur les Bolets, les excrémens humains et les bouses. Elle est très-commune dans toute l'Europe. (G.)

OMALISE. Omalisus. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Serricornes, tribu des Lampyrides, établi par Geoffroy et adopté par tous les entomologistes, avec ces caractères: dernier article des palpes maxillaires tronqué; tête en grande partie découverte; second et troisième articles des antennes très-courts; yeux écartés, à peu près de la même grosseur dans les deux sexes; angles postérieurs du corselet prolongés et très-pointus; élytres plus fermes que dans les autres Malacodermes. Ce genre ressemble beaucoup aux Lycus, mais il en est bien distingué par sa bouche qui n'avanoe pas en forme de museau et par les antennes qui, dans les Lycus, sont très-comprimées, plus ou moins en scie, avec le troisième article semblable aux suivans. Les Lampyres se distinguent des Omalises par leur corselet demi-circulaire, cachant la tête, et par leurs palpes maxillaires terminés par un article aigu. La tête des Omalises est un peu plus étroite que le corselet; les yeux sont arrondis et saillans; les antennes sont filiformes, rapprochées à leur base, plus longues que le corselet, et composées de onze articles, dont le premier est un peu renflé, le second et le troisième petits et arrondis, et les autres cylindriques; la lèvre supérieure est petite, cornée, arrondie et légèrement ciliée; les mandibules sont cornées, assez longues, minces, très-arquées, simples, et terminées en pointe aiguë; les mâchoires sont cornées à leur base, simples, membraneuses et arrondies à leur extrémité; leurs palpes sont plus longs que les labiaux, presque en masse, et composés de quatre articles dont le premier est très-petit, à peine apparent, les autres coniques, et le dernier ovale et gros; la lèvre inférieure est cornée et e'chancrée, elle porte deux palpes courts, filiformes, et composés de trois articles; le corselet est déprimé, un peu rebordé, presque carré un peu plus étroit que les élytres, et terminé postérieurement de chaque côté en pointe aiguë. Les élytres sont dures, un peu déprimées, et de la grandeur de l'abdomen; elles cachent deux ailes membraneuses, repliées; les pates sont de longueur moyenne, avec des tarses filiformes, terminés par deux ongles crochus. Les Omalises se trouvent dans les lieux secs, sur les Herbes et sur les jeunes Charmes. Celle que l'on trouve aux environs de Paris se plaît dans les prairies, près des bois ou dans les clairières entourées d'Arbres. Son vol est léger lorsque le temps est chaud et sec; cependant elle fait peu d'usage de ses ailes. Comme beaucoup d'autres Insectes dépourvus de défenses, elle se laisse tomber, en contrefaisant la morte, quand on approche pour la prendre. Sa larve et ses métamorphoses sont encore inconnues. Ce genre se compose de trois espèces, toutes propres à l'Europe. La plus commune et celle qui a servi à Geoffroy pour établir le genre, est:

L'OMALISE SUTURALE, Omalisus suturalis, Fabr., Oliv., Latr.; Omalisus Fontisbellaquæi, Fourcroy; l'Omalise, Geoffroy, Ins. Paris, T. I, p. 180, n. 1, pl. 2, fig. 9. Longue de deux lignes et demie; corps déprimé; antennes noires, un peu velues, de la longueur de la moitié du corps; corselet noir; élytres d'un rouge obscur, avec la suture noire beaucoup plus large à la base qu'à l'extrémité; dessous du corps et pates noirs. Elle se trouve dans toute la France, mais

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surtout dans lé nord. Elle est assez commune aux environs de Paris. Bonelli en a découvert une espèce toute noire dans les Alpes; enfin Dejean en a trouvé une autre en Dalmatie. (G.)

OMALOCARPUS. BOT. PHAN. De Candolle (Syst. Veget. Nat. T. I, p. 212) donne ce nom à l'une des six sections qu'il a établies dans le genre Anemone. Elle est caractérisée par ses carpelles comprimés-plans, orbiculés, très-glabres et entièrement mutiques. Les fleurs sont disposées en ombelles, rarement solitaires. L'Anemone narcissiflora, L., jolie Plante des Alpes à fleurs blanches, en est le type. L'auteur adjoint à cette espèce les Anemone umbellata, Willd., et sibirica, L. (G..N.)

OMALOIDES OU PLANIFORMES. INS Duméril désigne ainsi une famille de Coléoptères tétramères, à laquelle il donne pour caractères: antennes en massue, non portées sur un bec ; corps déprimé. Elle comprend les Trogossitaires et les Platysomes de Latreille, plus le genre Hétérocère. (G.)

OMALON. INS. Nom donné par Duméril (Dict. des Scienc. Natur.) à un genre d'Hyménoptères de la famille des Systrogastres ou Chrysides, et dont il ne diffère, que par l'allongement de l'abdomen qui est à peu près d'égale largeur partout. Ce genre n'est pas adopté par Latreille. V. Chrysides et Chrysis. (G.)

OMALOPLIE. Omaloplia. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Clavicornes, tribu des Scarabéïdes phyllophages, établi, sans être publié, par Megerle, et adopté par Latreille (Fam. Nat.) qui ne donne pas ses caractères. Ce genre renferme une quinzaine d'espèces dont les principales sont: les Melolontha brunnea, variabilis, ruricola, etc., de Fabricius. (G.)

OMALOPODES. INS. Famille établie par Duméril et renfermant le genre Blatte. V ce mot. (G.)

OMALOPTÈRES. Omaloptera. INS. Nom donné par Lcach (Encycl. d'Edimbourg, et Mélanges de Zoologie) à un ordre établi dans une nouvelle division de la classe des Insectes, et dans lequel ce savant renferme des Insectes à trois métamorphoses; à bouche munie de mandibules et de mâchoires allongées; à lèvre simple; à ailes nulles ou au nombre de deux sans balanciers. Cet ordre comprend la deuxième section de l'ordre des Diptères de Latreille (Fam. Nat.), laquelle renferme deux tribus. V. CORIACES et PHRYROMYES. (G.)

OMALORAMPHES OU PLANIROSTRES. OIS. Dénomination appliquée par Duméril à une famille d'Oiseaux qui renferme les genres Hirondelle, Martinet, Engoulevent et Pudarge, dont toutes les espèces se distinguent par un bec court, faible, large et plat à sa base, sans échancrure à l'extrémité. (DR..Z.)

OMALYCUS. BOT. CRYPT. (Lycoperdacées.) Rafinèsque avait d'abord donné ce nom au genre qu'il a depuis décrit sousle nom de Mycastrum. V. ce mot. (AD. B.)

OMARE. POIS. Espèce du genre Sciène, V. ce mot. (B.)

OMARIA. MOLL. Espèce du genre Cône. (B.)

* OMASÉE. Omasæus. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Carnassiers terrestres, tribu des Carabiques, division des Bipartis, établi par Ziégler et adopté par Latreille (Fam. Nat.) qui ne donne pas ses caractères. Les Carabus aterrimus, nigrita, etc., de Fabricius, appartiennent à ce genre. (G.)

* OMATERI-OUASSUUS. MAM. V. Tamanoir au mot FOURMILIER.

OMBAK. BOT. PHAN. Pour Hombak V. ce mot. (B.)

OMBELLE. Umbella. BOT. PHAN. C'est une sorte d'inflorescence dans laquelle les pédoncules communs, partant tous d'un même point, se di-

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visent à leur sommet en pédicelles qui partent également d'un même point et s'élèvent tous à la même hauteur, de manière que l'assemblage de fleurs présente une surface convexe et a quelque ressemblance avec un parasol étendu. Chacune des petites Ombelles partielles dont se compose l'Ombelle générale, s'appelle une Ombellule. Assez souvent à la base de l'Ombelle on trouve une réunion de folioles qu'on nomme involucre; et celles qui existent à la base des Ombellules constituent les involucelles; la vaste famille des Ombellifères nous offre des exemples de ce mode d'inflorescence et de toutes ses modifications. Quelquefois l'Ombelle est simple, c'est-à-dire que les pédoncules primaires sont simples et portent les fleurs à leur sommet. Cette disposition se remarque dans quelques Ombellifères, par exemple dans l'Hydrocotyle umbellata, L., dans beaucoup de Primevères, le Butomus umbellatus, un grand nombre d'espèces du genre Ail, etc. Le professeur Richard a donné le nom de Sertule à ce dernier mode d'inflorescence. V. SERTULE. (A.R.)

OMBELLIFÈRES. Umbelliferæ. BOT. PHAN. L'une des familles les plus naturelles du règne végétal, et reconnue comme telle par tous les botanistes, bien long-temps avant l'établissement de toute méthode. Les Plantes de cette nombreuse famille sont en général herbacées, annuelles ou vivaces; très - rarement elles sont ligneuses, mais jamais elles ne forment des Arbres, comme dans les Araliacées quien sont si voisines. Leurs feuilles sontalternes, pétiolées, engaînantes à leur base, qui est souvent' très-dilatée et membraneuse; le limbe de la feuille est en général plus ou moins profondément divisé, quelquefois partagé en un nombre infini de lanières extrêmement fines; dans quelques genres, et entre autres dans les Buplèvres, les feuilles paraissent simples et ont en général été décrites comme telles. Mais il en est de ces prétendues feuilles simples comme de celles de certaines espèces de Mimeuses; ce sont de véritables pétioles dilatés en forme de feuilles, par suite de l'avortement du limbe. Dans les Hydrocotyles, nous avons le premier (Monograph. du genre Hydrocotyle) constaté l'existence de deux stipules libres à la base du pétiole de chaque feuille. Nous avons fait remarquer que ces stipules existaient dans toutes les espèces dont le pétiole n'était pas dilaté à sa base, d'où il nous semblait qu'on pouvait conclure que les dilatations membraneuses qui existent à la base des pétioles dans toutes les autres Ombellifères, peuvent être considérées comme des stipules adnées, semblables à celles qui se remarquent dans les Rosiers. La tige des Ombellifères est tantôt simple et tantôt ramifiée; son intérieur est généralement creux ou rempli d'une moelle diaphane et légère; de distance en distance elle présente des nœuds pleins; assez souvent elle offre des cannelures longitudinales, mais néanmoins elle est lisse dans un grand nombre d'espèces. Les fleurs des Ombellifères sont petites. Elles sont disposées en ombelles simples ou composées; quelquefois les pédoncules sont tellement courts, qu'elles forment des capitules, comme dans les Eryngium, par exemple; enfin dans un petit nombre ae genres anomaux, les fleurs offrent une inflorescence différente de l'ombelle. A la base de l'ombelle on trouve, dans un grand nombre de genres, de petites folioles disposées soit circulairement, soit latéralement, et qu'on nomme l'involucre. Cet organe par le nombre, la disposition et la figure des folioles qui le composent, peut fournir d'assez bons caractères de genres. Il en est de même de l'involucelle, c'est-à-dire de l'involucre partiel qui existe quelquefois à la base des ombellules. Il y a des genres qui ont à la fois un involucre et des involucelles, d'autres qui n'ont qu'un involucre sans involucelles, ou des involucelles sans in-

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volucre; et enfin, plusieurs dont les ombelles et les ombellules sont tout-à-fait nues. Une fleur d'Ombellifère offre constamment l 'organisation suivante: un ovaire infère à deux loges contenant chacune un seul ovule pendant du sommet de la loge; cet ovaire est couronné par le limbe calycinal, qui tantôt est apparent et se compose de cinq petites dents, et tantôt est presque nul et non distinct; la corolle est formée de cinq pétales égaux ou inégaux, roulés vers le centre de la fleur avant son épanouissement, présentant ordinairement à leur partie moyenne une sorte de bande ou de frein longitudinal, qui quelquefois se replie à son sommet de manière à paraître former des pétales échancrés en cœur. Les étamines sont au nombre de cinq, insérées, ainsi que les pétales, autour d'un disque épigyne qui couronne l'ovaire; elles sont alternes avec les pétales; leurs anthères, avant l'épanouissement de la fleur, sont recouvertes par les deux pétales contigus, qui chacun en recouvre un des côtés. Le disque épigyne, dont nous venons de parler, est partagé en deux lobes qui se continuent chacun avec la base des styles, dont ils ne sont pas distincts; Hoffmann les a nommés stylopodes. Les deux styles sont simples, plus ou moins longs, et terminés par un stigmate capitulé et très-petit. Le fruit est toujours couronné par le calice, dont le limbe est tantôt entier et tantôt denté; il se compose de deux akènes d'une forme extrêmement variable suivant les genres. Ces deux akènes sont réunis entre eux par leur côté intérieur au moyen d'une sorte d'axe central ou de columelle nommée spermapode par Hoffmann, et qui souvent se divise en deux parties. Examiné à sa surface externe, le fruit des Ombellifères présente à considérer: 1° sa commissure, c'est-à- dire la face interne qui réunit les deux moitiés ou les deux akènes qui le composent; 2° chaque moitié qui offre ordinairement cinq côtes saillantes, séparées par autant de sillons plus ou moms profonds. (Valleculæ Hoffm.) Dans le fond de ces sillons on aperçoit presque constamment des lignes colorées, qui paraissent être des faisceaux de vaisseaux propres, pleins de sucs colorés et résineux, et qu'Hoffmann a nommés bandelettes (vittæ). Le nombre et la disposition de ces bandelettes a servi au botaniste que nous venons de citer, pour établir de bons caractères génériques. Indépendamment des cinq côtes principales que nous avons dit exister sur chaque côté du fruit, on en trouve parfois de secondaires dont le nombre varie beaucoup; en sorte que dans quelques genres, la surface du fruit est marquée de stries nombreuses. Dans d'autres, au contraire, le fruit est lisse et sans côtes ni stries apparentes; plusieurs, au lieu de côtes, présentent des lames plus ou moins saillantes. Quant à la forme générale du fruit, elle est extrêmement variable; ainsi elle est ovoïde, prismatique, allongée et presque linéaire, globuleuse, didyme, plane, etc. Ces formes, jointes à la disposition, au nombre et à la saillie plus ou moins considérable des côtes et des stries, sont la source la plus abondante où l'on puise les caractères propres à distinguer les genres entre eux. Chaque akène renferme une graine, suspendue au sommet de la loge. Cette graine se compose d'un tégument propre, d'un gros endosperme ordinairement corné, contenant dans sa partie supérieure un très-petit embryon renversé comme la graine.

La famille des Ombellifères est tellement naturelle, elle offre une si grande uniformité dans son organisation, qu'on pourrait en quelque sorte la considérer comme un grand genre, dont les espèces seraient représentées par les genres aujourd'hui établis, et les variétés par les espèces. Mais néanmoins les genres peuvent encore être distingués les uns des autres, quoique fondés sur des caractères assez minutieux. C'est une remarque générale qui s'applique éga-

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lement à toutes les familles très-naturelles, comme les Labiées, Les Crucifères, les Graminées, les Liehens, etc. Plusieurs auteurs se sont successivement occupés de cette famille; tels sont, parmi les anciens, Morison, Tournefort, Linné, Adanson, Crantz, Cusson, etc., et parmi les modernes Hoffmann, Sprengel, Lagasca et Koch. Ces quatre derniers botanistes ont publié chacun sur cette famille un travail général dans lequel ils ont embrassé les uns seulement les genres, comme Lagasca et Koch, les autres les genres et les espèces, comme Hoffmann et Sprengel.

L'ouvrage d'Hoffmann est intitulé: Plantarum Umbelliferarum genera, eorumque caracteres naturales, etc.; edit. nova Mosquæ, 1816. Les genres enumérés par l'auteur sont au nombre de soixante, dont un grand nombre étaient nouveaux. C'est surtout d'après l'existence ou la non existence des bandelettes, leur position, leur nombre, leur forme, etc., que ces genres ont été établis. Ainsi, tantôt les fruits en sont pourvus, tantôt ils n'en ont pas. Dans le premier cas elles peuvent être visibles à l'extérieur (Vittæ Epicarpii), ou non visibles à l'extérieur, et renfermées ou recouvertes par une membrane propre (Vittæ Epispermii). Dans les genres qui ont leurs bandelettes visibles, elles peuvent être situées à la fois sur le dos du fruit et sur la commissure, d'autres fois sur le dos seulement où sur la commissure, etc. Voici le tableau des genres admis par Hoffmann, et disposés selon sa méthode:

I. SEMINA VITTATA.

1. Vittis epicarpii.

A Dorsalibus et commissuræ.

a. Fructibus costatis, jugatis, alatis;

α. Costis nudis.

lsophyllum, Drepanophyllum, Crithmum, Cicuta, OEnanthete Phelandrium, Bunium, Carum, Chærophyllum, Anethum, Fæniculum, Petrose linum, Apium, Pimpinella, Trinia, Æthua, Cnidium, Conioselinum, Selinum, Oreoselinum.

β. Costis armatis.

* Pilosis, villosis.

Melanoselinum, Tragium, Cuminum.

** Setosis, glochidatis.

Daucus Torilis, Caucalis, Turgenia, Orlaya, Platispermum.

b. Fructibus ecostatis.

* Compressis nudis.

Malabaila, Pastinaca, Heracleum.

** Compressis armatis.

Sphondylium, Zozima, Tordilium, Condylocarpus.

B. Vittis dorsalibus nec commissuræ. Wendia.

C. Vittis commissuralibus nec dorsi. Coriandrum.

2. Vittis epispermii.

a. Fructibus costatis, jugatis, alatis, compressis.

α Costis nudis.

Thisselinum, Callisace, Angelica, Archangelica.

β Costis utriculatis.

Ostericum, Pleurospermum.

b. Fructibus ecostatis.

* Nudis.

Cachrys.

** Rugosis.

Rumia.

*** Armatis, aculeatis.

Sanicula.

II. Semina evittata.

a. Fructibus costatis, jugatis.

α. Costis nudis.

Buplevrum, Diaphyllum, Dondia, Conium, Krubera, Ægopodium.

β. Costis armatis, rostratis.

Myrrhis, Scandix, Wylia, Anthriscus

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γ. Costis utriculatis.

Astrantia.

b. Fructibus ecostatis, verruculosis.

Odontites, Bifora.

Le professeur Sprengel, de Halle, s'est beaucoup occupé de la famille des Ombellifères. Indépendamment de son Prodromus, il a publié, dans le cinquième volume du Species Plantarum de Rœmer et Schultes, un travail général qui comprend tous les genres et toutes les espèces de cette famille, Le premier il a eu l'heureuse idée de diviser cette famille en plusieurs sections ou tribus naturelles, principalement d'après la forme générale du fruit. Sans admettre les nombreux changemens faits par le célèbre professeur de Halle, cependant nous pensons que sa classification est celle qui mérite la préférence. Aussi est-ce d'après elle que nous allons donner le tableau des genres qui composent aujourd'hui la famille des Ombellifères.

1re Tribu. — Eryn GiÉes.

Ombelles incomplètes: fleurs généralement disposées en capitule.

Arctopus, Eryugium, Exoacantha, Echinophora, Eriocalia, Sanicula, Dondia Astrantia, Pozoa.

Cette tribu est peu naturelle; elle renferme tous les genres qui n'ont pu entrer dans les tribus suivantes.

2e Tribu.—HYDROCOTYLINÉE.

Ombelles imparfaites: involucres nuls ou presque nuls; feuilles simples ou divisées; fruit ovoïde, solide, le plu, souvent strié.

Hydrocotyle, Spananthe, Trachymene, Bolax, Drusa, Bowlesia.

3e Tribu. — BUPLEURINÉES.

Ombelles complètes ou presque complètes; involucre composé de folioles larges; feuilles simples, ou mieux pétioles planes et élargis en feuilles.

Buplevrum, Tenoria, Hermas, Odontites.

4e Tribu. —PIMPINELLÉES.

Ombelles parfaites, quelquefois dépourvues d'involucres et d'involucelles. Fruits ovoïdes, solides à cinq côtes; rameaux effilés; feuilles composées ou même décomposées.

Pimpinella, Tragium, Seseli, Sison, Carum, Cnidium, OEnanthe, Apium, Meum.

5e Tribu. — SMYRNIÉES.

Ombelles parfaites, le plus souvent sans involucres; fruits subéreux extérieurement, solides ou comprimés.

Smyrnium Cachrys, Coriandrum, Biforis, Siler Cicuta, Æthusa, Physospermum, Pleurospermum, Hasselquistia, Tordylium, Thysselinum.

6e Tribu. — CAUCALIDÉES.

Fruits hispides ou épineux; involucre polyphylle.

Caucalis, Daucus, Torilis, Oliveria, Athamanta, Bubon, Bunium, Capnophyllum.

7e Tribu. — SCANDICINÉES.

Fruits allongés, pyramidaux, terminés par deux pointes à leur sommet. Pas d'involucre.

Scandix, Myrrhis, Chærophyllum, Anthriscus, Schultzia.

8e Tribu. — AMMIDÉES.

Fruits ovoïdes munis de côtes trèsmarquées; involucre et involucelles variés.

Ammu, Cuminum Sium, Conium, Ligusticum, Wallrothia.

9e Tribu. — SéLINéES.

Fruits comprimés, planes, souvent munis d'ailes; involucres variés.

Selinum, Peucedanum, Heracleum, Pastinaca, Cogswellia, Ferula, Angelica, Imperatoria, Thapsia, Laserpitium Artedia.

La famille des Ombellifères est suffisamment distincte de toutes les autres familles du règne yégétal, si ce n'est des Araliacées, avec lesquel-les elle se confond, et qui pourraient facilement lui être réunies. En effet,

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les Araliacées ne différent des Ombellifères que par leur fruit, qui présente cinq ou un plus grand nombre de loges, et autant de styles et de stigmates, et que parce que ce fruit est assez souvent légèrement charnu. Mais dans le genre Panax, il n'ya que deux styles et deux loges, et dans quelques espèces le fruit est à peine charnu. D'ailleurs, le fû-il constamment, nous ne croyons pas que ce seul caractère de la consistance du péricarpe pourrait être suffiant pour distinguer deux familles dont l'organisation offre autant de ressemblance dans toutes les autres parties. V. ARALIACÉES. (A. R.)

OMBELLULAIRE. Umbellularia. POLYP. Genre de l'ordre des Nageurs ou Flottans, ayant pour caractères: corps libre constitué par une tige simple, très-longue, polypière au sommet, ayant un axe osseux, inarticulé, tétragone, enveloppé d'une membrane charnue; Polypes très- grands, réunis en ombelle, ayant chacun huit tentacules ciliés. Il paraît qu'Ellis est le seul auteur qui ait vu, décrit et figuré le singulier et magnifique Animal qu'il nomme Polype de mer en bouquet, et que Lamarck a deis appelé Ombellulaire; mais sa décision est si précise, l'exactitude d'Ellis est d'ailleurs si grande, si scrupuleuse, qu'on peut admettre, sans restriction, tout ce qu'il en rapporte. Ce Polypier, recueilli proche les côtes du Groënland, se trouva attaché à une sonde de deux cent trente six brasses de profondeur; sa tige, longue de plusieurs pieds, blanche, et ressemblant à de l'ivoire, est fort mince, aplatie, droite, et forme un seul tour de spirale près de la base commune d'ou naissent les Polypes; elle est presque quadrangulaire dans la plus grande partie de sa longueur, et se termine en pointe à l'une de ses extrémités. Sa substance est une matière calcaire, pénétrée d'un peu de gélatine; elle n'est point articulée, ce qui sépare nettement ce genre des Crinoïdes qui en diffèrent encore par d'autres caractères et notamment celui d'être constamment fixés. Une membrane mince enveloppe la tige de l'Ombellulaire depuis le disque musculeux sur lequel les Polypes sont fixés, jusqu'à l'extrémité opposée qui se termine en pointe. Dans cette dernière partie la membrane est épaisse et comme cartilagineuse; partout elle est collée sur la tige excepté dans une petite étendue près du disque musculeux où elle en est séparée par un intervalle assez considérable rempli d'air. Cette sorte de vessie sert sans doute au Polypier à conserver une attitude perpendiculaire dans la mer, et peutêtre de moyen de s'élever ou de s'enfoncer à son gré. Les Polypes, dont le nombre varie de vingt-cinq à trente, sont fixés par leur base à une sorte de disque charnu qui termine une des extrémités de la tige; leur longueur est d'environ dèux pouces; ils sont cylindroïdes et leur surface est inégale; ils sont couronnés en avant par huit tentacules ciliés sur leurs bords, longs d'un demi-pouce environ et de couleur jaune pendant la vie; la bouche est placée au milieu des tentacules. En ouvrant longitudinalement le corps de ces Polypes Ellis y trouva de petites particules arrondies semblables à des graines, contenues dans les cavités celluleuses d'un muscle fort et ridé qui formait les parois de ce corps. L'espèce unique de ce genre, nommée Umb. groenlandica par Lamarck, est figurée dans l'Essai sur les Corallines de Jean Ellis, pl. 37, fig. a, b, c. On peut voir dans l'article Mer de ce Dictionnaire, l'ingénieuse idée sur la coloration des productions aquatiques à laquelle l'Ombellulaire sert de preuve. (E. D..L.)

OMBELLULE. Umbellula. BOT. PHAN. On appelle ainsi les Ombelles partielles dont se compose l'Ombelle. V. ce mot. (A. R.)

OMBILIC. Cicatrice arrondie située vers le milieu de l'abdomen, et résultant de l'oblitération de l'ou-

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verture qui, pendant la vie fœtale, livrait passage aux parties constituantes du cordon ombilical. V. ce mot. (H.-M. E.)

DANS LES MOLLUSQUES, on nomme OMBILIC l'ouverture plus ou moins grande qui se voit dans un certain nombre de Coquilles spirales à la base de l'axe ou de la columelle. Nous avons traité de cette partie á l'article COQUILLE, auquel nous renvoyons. (D..H.)

DANS LES VÉGÉTAUX, on appelle OMBILIC la cicatricule par laquelle la graine communiquait avec le péricarpe. Cette partie est plus généralement désignée sous le nom de Hile. V. ce mot. On distingue l'Ombilic en externe et en interne. L'externe est celui qui occupe la membrane externe de la graine; l'interne, qu'on nomme plus souvent Chalaze, est l'ouverture ou cicatricule où aboutissent les vaisseaux nourriciers qui sont entrés par le hile. V. CHALAZE. (A. R.)

OMBILICAIRE. Umbilicaria. BOT. CRYPT. (Lichens.) Ce genre a été fondé par Persoon dans les Actes de la Société Wettéravienne, II, p. 19. Acharius, qui d'abord avait réuni ces Lichens foliacés aux Leçidea à cause de l'aspect des apothécies, sentit plus tard combien ce rapprochement était monstrueux, et il les plaça avec les Gyrophores. Il existe donc alors un genre Umbilicaria, et un genre Gyropkora, ce qui a fait que les auteurs ont adopté, pour ces mêmes Plantes, tantôt l'un et tantôt l'autre de ces noms, circonstance qui embrouille la synonymie. Des travaux plus modernes mettent en évidence la difficulté de trouver à ees Lichens une place convenable par suite du peu d'importance qu'on veut attacher au thalle. Eschweiler ne reconnaît que le genra Gyrophora qu'il plaœ à côté de l'Endocarpon avec lequel ee Liehen n'a point d'affinité véritable. Fries, dans un ouvrage récent (Systema. Orbis Vegetabilis, 1825), rétablit le genre Umbilicaria qu'il place en tête de l'ordre des Lichens, à côté des Calycioïdes. Meyer, adoptant l'idée primitive d'Aeharius, que cet auteur avait condamnée avant que la critique ne l'avertît de sa faute, réunit l'Ombilicaire et le Gyrophore au genre Lecidea; malgré tout, nous pensons que cette innovation n'est point heureuse, et que les lichénographes regarderont les Ombilicaires comme devant trouver leur place parmi les Lichens à thalle folia. Mérat a proposé, dans la Flore des environs de Paris, de séparer le Gyrophore à pustules pour en former le genre Lasallia. Nous basant sur des idées semblables, nous avons formé le même genre sous le nom d'Ombilicaire afin d'employer un nom déjà çonnn des botanistes; voici comment nous le caractérisons: thalle foliacé, membraneux, pelté, attaché au centre; apothécies ( patellules turbinées) orbiculaires, sousconcaves, sessiles, pourvues d'une marge peu distincte; disque légèrement rugueux, recouvert d'une membrane colorée (noire), intérieurement similaire.

Les Ombilicaires se fixent exclusivement sur les pierres; on en trouve en Europe, aux Etats-Unis et au cap de Bonne-Espérance. Ce genre est peu nombreux en espèces. On les reconnaît, 1° à leur thalle relevé en bosselures convexes et grenues, creusé en fossettes irrégulières, lacuneux, marqué de fentes noires réticulées et anguleuses ou de granulations; il est ordinairement ample, à lobes assez larges, presque jamais polyphylle; 2° à leur apothécie creusé et marginé, à disque granuleux ou ridé; on peut le croire composé, mais un peu d'attention permet de s'assurer que, quelque pressés qu'ils soient, tous sont distincts. Nous n'en avons point vu offrant de véritables, gyromes.

Les principales espèces qui composent ce genre sont: l'Ombilicaire pustuleuse, Umbilicaria pustulata, Hoffm., Flor. Germ., p. 111, si com-

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mune sur les rochers de presque toute l'Europe; l'Ombilicaire de Pensylvanie, Umb. pensylvanica, Hoffin., Pl. Lich., vol. III, p. s, T, 69, fig. 1 et 2; l'Ombilicaire de Muhlenberg, Umb. Muhlenbergii, Achar., Lich. univ., p. 227. Elle se trouve communément sur les montagnes de l'Amérique septentrionale.

Nous avons fait figurer dans notre Atlas une Ombilicaire inédite à la-quelle nous avons imposé le nom Ombilicaire des Hottentots, N. V. panches de ce Dictionn. Elle se distingue des autres espèces connues, par son thalle d'une couleur rousse lie de vin très-prononcée, scrobiculé, laoinié sur ses bords, n'atteignant pas les proportions de ses autres congénères, et par ses apothécies nombreuses, sessiles, à disque creusé, à marges entières dans l'un des échantillons que nous possédons, et crénelées dans l'autre, noires, et situées surtout vers le sommet du thalle. Cette belle espèce, qui a été récoltée au Cap, nous a été communiquée par Aubert Du Petit-Thouars de l'Académie des Sciences. V. GYROPHORE. (A. F.)

* OMBILICAL (CORDON). Prolongement des systèmes vasculaire et dermoïde qui, chez les Mammifères, sert à établir la communication entre le foetus et le placenta. Il paraît que pendant les premiers jours de la vie utérine l'embryon est appliqué immédiatement contre ses enveloppes par un point qui correspond à la région abdominale, et qu'alors il n'existe pas de véritable Cordon Ombilical; mais à mesure que l'embryon. s'éloigne du placenta, ce prolongement devient de plus en plus distinct, et il finit par acquérir une longueur très considérable. Les parties qui constituent essentiellement le Cordon Ombilical sont: 1° la veine et les deux artères ombilicales; 2° la gélatine de Warton, substance molle qut entoure ces vaisseaux; 3° l'ouraque; 4° la gaîne ombilicale; et 5° des vaisseaux omphalo-mésentériques; mais ces derniers ne persistent point pendant toute la durée de la vie utérine. La veine ombilicale naît du placenta, traverse l'anneau ombilical, et se rend presque entièrement au foie. Les artères ombilicales, au nombre de deux, proviennent de la bifurcation de l'aorte, remontent sur la paroi antérieure de l'abdomen, pénètrent dans le Cordon et vont se terminer au placenta. L'ouraque est un canal membraneux qui se porte de la vessie urinaire vers l'allanloïde. Enfin, les vaisseaux omphalo-méseutériques établissent une communication vasculaire entre la vésicule ombilicale, la veine-porte et l'artère mésentérique.

Avant la fin de la huitième semaine de la vie utérine, le Cordon Ombilical du foetus humain a la forme d'un entonnoir qui se continue immédiatement avec l'abdomen; son volume est très-considérable, et il renferme dans son épaisseur une grande portion de l'intestin; enfin, les muscles qui concourent à former les parois abdominales ont l'apparence d'une mucosité jaunâtre. Vers la douzième semaine, les intestins rentrent complétement dans l'abdomen, le Cordon perd sa disposition infundibuliforme, et la peau commence à devenir distincte. Au quatrième mois, ou aperçoit la structure fibreuse de la ligne blanche, mais la portion de ce raphé, située entre l'ombilic et le sternum, est encore entièrement muqueuse, et peut à peine être distinguée des parties environnantes. A mesure que les muscles des parois abdominales et leurs aponévroses se développent et prennent plus de consistance, la ligne blanche s'affaisse, et il se forme autour du Cordon une espèce d'anneau fibreux appelé anneau ombilical. Lois de la naissance les tégumens de l'abdomen se continuent sur le Cordon dans l'étendue d'environ un demi-pouce, mais ils ne sont unis aux vaisseaux qui le constituent que par du tissu cellu- laire très-lâche; une cloison membraneuse, située entre la veine ombi-

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licale el les autres vaisseaux du Cordon, paraît diviser l'anneau en deux parties à peu près égales. Après la naissance, toute la portion du Cordon Ombilical qui se trouve au-delà du point où se terminent les tégumens, se flétrit et se détache; la peau se cicatrise et contracte des adhérences intimes avec les vaisseaux ombilicaux qui s'oblitèrent. En se resserrant, ces vaisseaux l'entraînent en dedans, occasionent en partie l'enfoncement de la cicatrice, et'se convertissent en autant de cordons ligamentaux, Enfin, l'espèce de tubercule qui se forme ainsi dans l'ouverture ombilicale contracte des adhérences très- fortes avec le péritoine dont les bords de l'anneau se resserrent et acquièrent une force et une épaisseur remarquables. (H.-M. E.)

DANS LES VÉOÉTAUX, c'est le faisceau de vaisseaux qui attachent Povule au placenta. V. PODOSPERME. (A. R.)

* OMBILICARIÉES. BOT. CRYPT. (Lichens.) Nous avons établi ce groupe pour y renfermer les Liehens foliacés qui adhèrent par le centre aux corps sur lesquels ils sont fixés, et dont les apothécies sont concelores. Ce groupe prend place entre les Ramalinées et les Peltigères. Ces Lichens sont saxicoles; leur thalle est avide d'humidité; quand ils en sont privés, ils deviennent cassans et friables; ce thalle est rarement lisse, il est au contraire marqué d'enfoncemcns, de proéminences et de papilles. On y trouve des pulvinules, sortes de végétations assez semblables à de petites corniculaires. Le fruit se nomme Gyrome (V. ce mot); il est arrondi, sessile ou seulement attaché au centre, turbiné, ayant quelque analogie avec la lirelle.

Deux genres seulement constituent ce groupe; 1° le Gyrophore, Gyrophora, Ach., pro parte, dont les apothécies sont de vraies gyromes, offrant des stries circulaires portées sur un thalle lisse; 20 l'Ombilicaire, Umbilicarie N.; Gyrophora, Sp., Ach.; Lasallia, Mérat, dont les apothécies sont de fausses gyrqrmes imitant des patellules, et très-rarement avec des stries circulaires, mais seulement des rugosités; elles sont fixées sur un thalle marqué d'enfoncement, et offrent une texture réticulée.

L'opinion des lichénographes sur la place que ces Plantas doivent occuper est très-différente. On attend avec impatience la Monographie que Delise, connu si avantageusement par son beau travail sur les Stictes, doit incessamment publier sur le groupe des Ombilitariées. (A. F.)

OMBILIQUĖ. Umbilicatus. BOT. PHAN. On dit d'un organe qu'il est ombiliqué, lorsqu'il présente sur l'une de ses parties une dépression et une sorte cte cicatrice. Ainsi les fruits qui proviennent d'un ovaire infère, c'est-à-dire qui sont couronnés à leur sommet par le limbe du calice, sont ombiliqués à leur sommet; tels sont ceux du Pommier, du Néflier, etc. (A.R.)

OMBLE OU MIEUX UMBLE. POIS. Salmo Umbla, L. Syn. d'Ombre Chevalier. V. OMBRE. (B.)

OMBRE. POIS. On a donné ce nom à divers Poissons d'eau douce appartenant au genre Saumon, et il en est résulté une grande confusion dans leur histoire. Le véritable Ombre ou OMBRE DE RIVIÈBE paraît être le Salmo Thymallus de Linné; l'OMBRE BLEU est le Salmo Wartmanni; et l'OMBRE CHEVALIER l'Ombre ou, Umble.. On a aussi nommé Ombre de mer une espèce du genre Sciène. V. ce mot. (B.)

* OMBRELLE. Umbrella. MOLL. Quoique Bruguière ait commis une faute en établissant son genre Acardè, du moins on ne peut lui reprocher d'y avoir rapporté la Coquille patelliforme connue depuis longtemps, dans les collections, sous le nom de Parasol chinois; Lamarck le premier a proposé ce rapprochement. On voit en effet dans le Système des Animaux sans vertèbres (1801) que le genre Acarde, adopté par Bruguiè-

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re, est composé non-seulement dé ce que cet auteur regardait comme le type du genre, mais encore de la Patella Umbellata, ce qui place cette Coquille parmi les Bivalves et la rapproche de corps qui n'appartiennent même pas aux Mollusques. Les judicieuses observations de Roissy, dans le Buffon de Sonnini, auront eu, sans doute, beaucoup d'influence sur la réforme que Lamarck a faite lui-même dans le genre Acarde, ear Roissy avait deviné juste en rapportant les Acardes de Commerson et de Bruguière à des épiphises de vertèbres de Cétacés, et avait été conduit par la connaissance des rapports en n'admettant point le Putella Umbella au nombre des Acardes. Ce ne fut point dans sa Philosophie Zoologique que Lamarck proposa le genre Ombrelle; on ne le trouva que plus tard dans l'Extrait du Cours, faisant partie de la seconde section de la famille des Phyllidiens, associé aux Oscabrions, aux Patelles et aux Haliotides. I1 semble que Cuvier ait ignoré l'existence de ce genre dont il ne parle pas; il dit seulement dans une note (Règn. Anim. T. II, p. 452) qu'il est probable qu'il faudra séparer des autres Patelles le Scutus de Montfort (genre Parmophore de Lamarck); ainsique le Patella Umbella de Martini qui ont l'air de Coquilles intérieures. Ces deux genres, que Cuvier croit devoir être séparés des Patelles, l'étaient déjà depuis longtemps; il ne fallait que les admettre. Ce fut quelques années après que Blainville, de retour de son voyage en Angleterre, publia l'Extait de ses Observations sur l'Animal de l'Ombrelle qu'il eut occasion de voir et de disséquer au Muséum britannique qui en possède un individu conservé dans l'Alcohol. La oonnaissance de cet Animal fut rendue plus complète par la description détaillée qu'en fit Blainville à l'article Gastroplace du Dictionnaire des Sciences Naturelles, T. XVIII, et par la figure fort bien faite, d'après sespropres dessins, qu'il donna dans le quarante quartrième fascicule de l'Atlas du même ouvrage. La singulière anomalie que présente l'Animal de l'Ombrèlle semble tellement hors de toute possibilité, que Lamarck, dans son dernier ouvrage, n'a point admis, dans son entier, l'observation de Blainville, pensant que, dans l'individu observé par ce savant zoologiste, la coquille avait été en partie arrachée du dos de l'Animal et renversée sur le pied, ce qui semble confirmé, au rapport de Lamarck, par les observations faites sur le vivant, a l'Ile-de-France, par le colonel Mathieu. Malgré cela, Blainville a persisté dans la validité de son observation, et comme il parle de ce qu'il a vu, il faut attendre du temps et de nouvelles observations, la confirmation de l'une ou l'autre opinion. Comme Blainville est le seul zoologiste qui ait examiné l'Animal de l'Ombrelle, nous allons rapporter ce qu'il en dit: le corps est fort large, déprimé, presque rond, un peu pointu en arrière, et fortement échancré en avant dans la ligne médiane; assez épais dans le milieu du dos qui est tout-à-fait plan, il s'amincit peu à peu jusqu'aux bords, en sorte que les côtés sont en talus; la partie moyenne ou plate, formant le dos proprement dit, n'est couverte que par une peau blanche, molle, mince, et qui, sans doute, était garantie de l'action des corps extérieurs d'une manière quelconquè; en effet, cette espèce d'élévation était circonscrite par une bande musculaire, au bord de laquelle était la partie libre du manteau, très-peu saillante, fort mince et déchirée évidemment d'une manière fort irrégulière; au-delà de ce bord libre, le dessus de l'Animal est celui du pied, et il est recouvert d'une très grande quantité de tubercules de différentes grosseurs; mais entre le manteau et le bord du dessus du pied se trouve un large espace ou sillon dont la peau était lisse, et dans la partie antérieure et latérale droite duquel setrouve une longue série de branchies nombreuses, en forme de pyramide épaisse, et que ce qui res-

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tait des bords du manteau était bien loin de pouvoir recouvrir; à la partie antérieure du dos du pied est un autre large sillon, partant à angle droit du premier qui va se terminer dans l'échancrure marginale dont il a été parlé plus haut; au peint d'embranchement des deux sillons se voit à droite et à gauche un organe de forme singulière, roulé en cornet, et dont l'antérieur est tapissé par une membrane finement plissée; c'est l'analogue de ce qu'on nomme tentacules supérieurs des Aplysies; en avant, et dans le sillon antérieur est un gros oourrelet communiquant, au moyen d'une fente assez courte, avec un orifice, terminaison de l'appareil femelle de la génération; l'échancrure marginale antérieure conduit dans un large entonnoir dent le bord épais est fendillé; dans sa partie la plus profonde se trouve un gros mamelon saillant, avec une fente verticale pour la bouche, et de chaque côté, une sorte de crête ou d'appendice cutané assez irrégulièrement dentelé dans son contour, et attaché seulement par une espèce de pédicule qui occupe à peu près le milieu d'un des longs bords; ce sont les tentacules bucaux. Enfin, toute la partie inférieure de ee singulier Mollusque est formée par un disque musculaire énorme, tout-à-fait plat, blane, lisse, absolument comme dans les Mollusques gastéropodes; mais ce qui est le plus singulier, c'est que tout le côté droit, et même une grande partie du milieu de ce pied, était recouvert par un disque crétacé ou une coquille tout-à-fait plate, composée, comme à l'ordinaire, de couches appliquées les unes contre les autres, et à laquelle adhèrent évidemment et très-fortement les fibres musculaires du pied qui se trouvaient au-dessous. Quant à la structure intérieure, elle a beaucoup de rapports avec celle de l'Aplysie; la masse buccale, très-forte, est pourvue de ses muscles et d'une plaque dentaire linguale de glandes salivaires; l'œsophage, fort court, se dilate aussitôt en un vaste estomac membraneux, enveloppé dans le lobe postérieur et le plus volumineux du foie, qui y verse la bile par quatre ouvertures; le canal intestinal est large; après deux ou trois courbures, il va se terminer en arrière de la série branchiale par un orifice flottant; les branchies sont bornées par une grosse veine, dans laquelle se termine successivement chaque veine branchiale; le cœur, formé comme à l'ordinaire d'une oreilletté où arrive la veine branchiale, et d'un ventricule d'où sortent les deux aortes, se trouve situé presque transversalement un peu en avant de la moitiantérieure du dos. Quant aux organes de la génération, ils sont presque semblables à ceux des Aplysies; le cerveau, situé comme de coutume, est composé de trois ganglions symétriques de chaque côté; des deux antérieurs naissent les nerfs antérieurs, et du troisième l'anneau œsophagien. D'après la position extrêmement anomale de la coquille, il est difficile de concevoir, ajoute Blainville, comment l'Animal qui la porte pourrait rampei. Aussi Blainville s'appuyant sur ce que le dos, couvert d'une peau extrêmement mince, a d'aussi ètre mis à l'abri de l'action des corps extérieurs, a supposé que ne Mollusque était pour ainsi dire placé entre deux oorps pro tecteurs, un inférieur ou la coquille, et l'autre qui pourrait être une valve extrêmement mince et adhérente comme dans les Anomies, ou même quelque Rocher: hypothèse que peut encore étayer la cavité au fond de laquelle est la bouobe, et vers laquelle les tentacules pédiculés pourraient, par leur mouvement, déterminer l'arrivée des substances nutritives.

Si nous avions à choisir entre les opinions des deux savans que nous avons cités, nous adopterions de préférence celle de Lamarck qui nous semble la plus conforme à la nature et aux rapports qu'elle établit. Voici les caractères qu'il donne à ce genre: corps ovalaire, épais, muni d'une

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coquille dorsale (inférieure d'après Blainville), à pied très-ample, lisse et plat en dessous, débordant de toutes parts, échancré antérieurement et atténué en arrière; tête non distincte; bouche dans le fond d'une cavité en entonnoir, située dans le sinus antérieur du pied; quatre tentacules, deux supérieurs épais, courts, tronqués, fendus d'un côté, lamelleux transversalement à l'extérieur, deux autres minces, en forme de crêtes pédiculées, insérées aux côtés de la bouche; branchies foliacées, disposées en cordon entre le pied et le léger rebord du manteau le long du côté droit, tant intérieur que latéral; anus après l'extrémité postérieure du cordon branchial. Coquille externe, orbiculaire, un peu irrégulière, presque plane, légèrement convexe en dessus, blanche, avec une petite pointe apiciale vers son milieu, à bords tranchans; sa face interne étant un peu coucave et offrant un disque calleux, coloré en fauve, enfoncé au centre, et entouré d'un limbe lisse. On ne rapporte encore que deux espèces à ce genre, que Blainville nomme Gastroplace, et auquel il convient cependant mieux de conserver celui d'Ombrelle donné antérieurement. Les Ombrelles sont des Coquilles peu régulières, non symétriques, ayant le sommet excentrique peu prononcé, duquel partent quelquefois des côtes rayonnantes, obtuses, sensibles, surtout dans le jeune âge; des stries concentriques, peu sensibles, indiquent les accroissemens; elles sont toutes blanches en dehors; en dedans se voit une grande tache d'un brun plus ou moins foncé, qui n'est point au centre de la coquille, mais dont le centre correspond au sommet; uue impression musculaire bien évidente entoure cette tache; elle n'est point régulière comme celle des Patelles ou des Cabochons; elle n'est même point en fer à cheval; elle est interrompue dans un seul endroit seulement, que nous pensons devoir être rapporté à la fente antérieure du pied, au fond de laquelle se trouva la bouche. Cette position de la coquille explique assez bien l'excentricité du sommet de la tache intérieure et de l'impression musculaire qui l'entoure, par la positiou des branchies rejetées à droite, comme toutes ces parties, par la place qu'occupent ces branchies et le sillon qu'elles remplissent; la face supérieure du pied s'en trouve diminuée de ce côté d'une manière fort notable, ce qui, correspond à l'endroit le plus étroit du limbe de la coquille. Ce sont ces divers motifs qui nous ont engagé à adopter de préférence l'opinion de Lamarck.

OMBRELLE DE L'INDE, Umbrella indica, Lamk., Anim. sans vert. T, VI, p. 343, n. 1; Patella Umbellala, L., Gmel., p. 3720, n. 146; Mus. Tessenianum, tab. 6, fig. 5, A, B, mala; Favane, Conchyl., tab. 3, fig. H; Davila, Catal. Rais. T. I, pl. 2, fig. a; Chemnitz, Conchyl. T. x, tab. 169, fig. 1645, 1646; Umbrella chinensis, Blainv., Dict. des, Sc. Natur., atlas, 44e cahier, fig. 1, A, B, C; Gastrophace tuberculosus, ib., Dict. des Scienc. Nat. T. xviii, p. 177. Cette Coquille a quelquefois jusqu'à quatre pouces de longueur, sur trois et demi de largeur; elle est blanche en dehors; ses bords sont fort minces, irréguliers à l'intérieur; la tache fauve présente des stries rayonnantes, ce qui la distingue de la suivante, qui n'en est peut-être qu'une variété.

OMBRELLE DE LA MÉDITERRANÉE, Umbrella mediterranea, Lamarck, Anim. saus vert. T. VI, p. 345, n. 2. Elle est ordinairement plus petite, plus plate et plus mince que la précédente, et la tache brune de sa face inférieure n'a point de stries rayonnantes. (D..H.)

* OMBRES. Umbri. MAM. V. MOUFLON à l'article MOUTON.

* OMBRES. POIS. Syn. de Corégones. V. ce mot et Saumon. (B.)

OMBRETTE. Scopus, OIS. (Lath.) Genre de la seconde famille de l'or-

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dre des Gralles. Caractères: bec épais à sa base, comprimé, mou, en lame courbée à la pointe; mandibule supérieure surmontée dans toute sa longueur d'une arête saillante, accompagnée de chaque côté d'une rainure; l'inférieure plus courte, plus étroite, et un peu tronquée vers l'extrémité; narines placées à la base du bec, linéaires, longues et à moitié fermées par une membrane; quatre doigts; trois en avant réunis par une membrane découpée; l'intermédiaire plus court que le tarse, un en arrière portant à terre sur toute sa longueur; première et deuxième rémiges plus courtes que les troisième et quatrième qui sont les plus longues. Ce sauvage habitant des rives brûlantes du Continent africain n'a encore offert que sa dépouille à l'examen des naturalistes. Delalande, le seul peut-être qui ait pu l'observer après Adanson, avait recueilli quelques particularités sur les habitudes de l'Ombrette; mais n'ayant point été écrites, elles n'ont pu survivre à cet intrépide collecteur que le moment où il s'occupait de décharger sa mémoire d'une quantité considérable de remarques et d'observatious qu'il avait rassemblées dans le cours de ses pénibles voyages.

OMBRETTE DU SÉNÉGAL, Scopus Umbretta, Lath., Buff, pl. enlum. 796. Tout le plumage d'un brun cendré, avec des reflets irisés violets plus apparens sur les rémiges, l'extrémité et le bord externe de celles-ci noirâtres; rectrices brunes, rayées et largement terminées de noirâtre; nuque garnie de longues plumes touffues étroites et flexibles, formant une forte aigrette qui retombe sur le dos; bec et pieds noirs. Taille, dix-huit à dix-neuf pouces. (DR..Z.)

OMBRIAS. ÉCHIN. Rumph, qui donnait ce nom aux Oursins fossiles, les croyait tombés du ciel, ainsi que les Bélemnites. (B.)

OMBRINE. Umbrina. POIS. Sousgenre de Sciènes. V. ce mot. (B.)

*OMÉGA. INS; Espèce de Phalène. L'Oméga double est le Bombyx cœruleocephala, L. (B.)

OMELETTE. MOLL. Nom vulgaire et marchand du Conus bullatus, L. (B.)

OMICRON. INS. (Geoffroy.) Syn. de Phalœna Aceris, L. L'Omicron géographique est le Phalœna perficariœ, L. (B.)

OMMAILOUROS. MIN. (Lamétherie.) Syn. d'OEil de Chat ou Quartz Agathe chatoyant d'Haüy. (B.)

OMNICOLOR. OIS. Espèce du genre Martin-Pêcheur. V. ce mot. Séba donne ce nom à des Souimangas. (B.)

OMNIVORES. ZOOL. On emploie ce mot pour désigner les Animaux qui se nourrissent indifféremment de substances animales et de substances végétales. L'Homme est l'Omnivore par excellence.

Temminck a plus particulièrement concentré ce mot en l'appliquant au deuxième ordre de sa Méthode ornithologique qu'il caractérisé de la manière suivante: bec médiocre, fort, robuste, tranchant sur les bords; mandibule supérieure plus ou moins échancrée à la pointe; pieds en général robustes; quatre doigts, trois en avant et un en arrière; ailes médiocres, à rémiges pointues. Cet ordre comprend les genres Sasa, Calao, Motmot, Corbeau, Casse-Noix, Pyr rhocorax, Cassican, Glaucope, Mainate, Pique-Bœuf, Jaseur, Pyroll, Rollier, Rolle, Loriot, Troupiale, Myophone, Etourneau, Martin, Oiseau de Paradis et Stourne. Les Oiseaux que comprennent ces vingtun genres ont, dans leur manière de vivre et dans leurs principales habitudes, une conformité assez remarquable; tous aiment la vie sociale; aussi en rencontre-t-on quelquefois des bandes fort nombreuses. Ils sont presque tous monogames. Ils établissent leur nid sur les Arbres, dans les trous des vieilles fabriques et des bâtimens abandonnés, des tours, etc., etc. Les deux sexes

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èouvent alternativement. Toutes espèces d'alimeus composent leur nourriture, et on les voit rechercher indifféremment les graines et les fruits, les Insectes et les Vers; chasser les petites proies, comme se jeter avec avidité sur les cadavres infects. Leur chair noire, coriace et de mauvais goût, n'est trouvée supportable qu'aux époques de grande disette. (DR..Z.)

* OMOEA. BOT. PHAN.. Genre de la famille des Orchidées et de la Gynandrie Diandrie, L., nouvellement constitué par Blume (Bijdragen tot de Flora van Nederlandsch Indi, 1, p. 559) qui en a ainsi fixé les caractères: périanthe à cinq sépales lbres, étalés, onguiculés; les intérieurs un peu plus étroits que les autres. Labelle terminé inférieurement en un éperon comprimé et émarginé; le limbe trifide ayant sa division médiane dressée et épaissie. Gynostème court, large et obtus; anthère terminale, biloculaire; masses polliniques, solitaires dans chaque loge, pulpeuses-céréacées, composées de petits grains terminés par des filamens élastiques qui se réunissent en un pédicelle commun, pelté à la base. Ce genre est très-voisin d'un autre genre nouveau que l'auteur propose sous le nom de Ceratochilus, et qui n'en diffère que par la forme du labelle. Il renferme une seule espèce (Omœa micrantha), petite Plante herbacée à tiges flexueuses, un peu rameuses et à fleurs petites et jaunâtres. Cette Plante croît dans les forêts élevées de la montagne Salak à Java. (G..N.)

* OMOLOCARPUS. bot. phan. Nom inutilement proposé par Necker (Elem. Bot., n. 675) pour distinguer le Nyctanthes Arbor-tristis, L., des autres espèces qu'on lui avait associées, et qui appartiennent au genre Jasminum ou Mogorium. V. NYCTANTHE. (G..N.)

OMOPHRON. Omophron. ins. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Carnassiers, tribu des Carabiques abdominaux, établi par Fabriciùs sous le nom de Scolyte, déjà employé par Geoffroy pour des Insectes d'une autre famille, et adopté par Latreille, qui lui a donné le nom qu'il porte actuellement, et qui est généralement reçu. Les caractères de ce genre sont: premier article des tarses antérieurs légèrement dilaté dans les mâles et en forme de cône allongé. Dernier article des palpes allongé, presque ovalaire et tronqué à l'extrémité; antennes filiformes; lèvre supérieure entière ou très-légèrement échancrée; mandibules un peu avancées, non dentées intérieurement; une dent bifide au milieude l'échancrure du menton; corps court et presque orbiculaire; corselet court et s'élargissant postérieurement; élytres courtes en demi-ovale. Les Omophrons se distinguent de tous les genres de la tribu par leur forme raccourcie et presque ronde. Leur tête est assez large, presque transversale et comme emboîtée dans le corselet. La lèvre supérieure est assez étroite, un peu avancée, entière ou très-légèrement échancrée. Les mandibules sont plus ou moins avancées, plus ou moins arquées, assez aiguës et nou dentées intérieurement. Le menton a une dent bifide au milieu de son échancrure. Le dernier article des palpes est assez allongé et presque ovalaire. Les antennes sont filiformes et à peu près de la longueur de la moitié du corps. Les yeux sont assez grands et très-peu saillans. Le corselet est court et s'élargit postérieurement. Les élytres sont courtes, convexes et presque en demi-ovale. Les pates sont assez longues. L'écbancrure qui termine les jambes antérieures en dessous, est très-légèrement oblique, et s'apeçoit un peu sur le côté interne. Le premier article des tarses est légèrement dilaté dans les mâles en forme de carré allongé. Ces Coléoptères semblent faire le passage des Carnassiers terrestres aux Aquatiques, et Clairville les a

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même placés à la tête de sa division des Adéphages aquatiques. On les trouve toujours sur le bord des rivières, dans les sables baignés par l'eau, à la racine des Plantes ( Omophron limbctum ), et surtout dans les lieux où croissent celles qu'on a nommées vulgairement l'Argentine, la Renouée persicaire, etc. On n'en rencontre jamais hors du sable pendant le jour; mais c'est le soir qu'ils courent et qu'ils vont même dans les endroits où l'èau arrive. La larve de l'espèce que l'on trouve à Paris, a été découverte par Desmarest; elle tient le milieu entre celles des Dytiques et des Carabes; son corps est conique, allongé et déprimé, ayant sa plus grande largeur du côté de la tête; il est composé de douze anneaux ou segmens, sa couleur est d'un blanc sale, à l'exception de la tête qui est d'un brun de rouille. Elle a deux petits yeux noirs et deux petites antennes sétacées, formées de cinq articles, et placées au-devant des yeux. La bouche est pourvue de deux fortes mandibules arquées et dentelées, de deux mâchoires portant chacune deux palpes, et d'une lèvre inférieure munie également de deux palpes. La tête a la forme d'un trapèze, elle est plus étroite que les anneaux suivans. Les trois premiers donnent naissance à trois paires de pates écailleuses, toutes dirigées en arrière, et terminées par deux ongles aigus. Le dernier anneau est terminé supérieurement par un filet relevé, composé de quatre articles, dont le dernier porte deux poils. On connaît quatre ou cinq espèces d'Omophrons; elles se trouvent dans les pays chauds et tempérés de l'Europe, l'Asie, l'Afrique et l'Amérique; celle qui est la plus commune en France est:

L'OMOPHRON bordé, Omophron Limbatum, Latr., Oliv., Dej; Carabus limbatus, Oliv., Rossi; Scolytus limbatus Fabr., Panz., Clairv., Ent. Helv. T. II, p. 168, tab. 26. Cet Insecte est long de près de trois lignes, et large de deux; son corps est aplati, ové, d'un jaune rouillé; mais la bouche, les palpes, les antennes et les pates sont plus pâles. La tête est large et marquée de deux traits qui, de la base des antennes, se dirigent obliquement au milieu de la tête, où ils se joignent et représentent un V, derrière lequel le reste de la tête est. vert métallique et pointillé. Le corselet, dont le milieu est occupé par une grande tache du même vert métallique, est carré, plus large que long; il se relève un peu à la partie supérieure, ou est un peu échancré du côté des angles, tandis que le milieu de sa base s'avance en pointe, comme dans les Dytiques; il n'a point d'écusson; les élytres ont desstris formées pardes pointes; elles ont la suture verte et trois bandes transverses de la même couleur et très-sinueuse Le dessous du corps est un peu plus ferrugineux que le dessus. Cet Insecte est assez commun dans une des îles de la Seine, vis-à- vis Sèvres. (G.)

* OMOPLATE. ZOOL. V. SQUELETTE.

OMOPTÈRES. Omoptera, INS. Leach, dans sa nouvelle division des, Insectes en douze ordres, désigne ainsi son ordre huitième; il paraît formé des Hémiptères -Homoptères de Latreille. V. HéMIPTèRES. (G.)

* OMPHACITE. MIN. V. OMPHAZITE.

* OMPHALANDRIA. BOT. PHAN. V. OMPHALEA.

OMPHALàRIA. bot. crypt. ( Lichens. ) Sous - genre établi par Acharius dans le Prodrome de la famille des Lichens pour le genre Parmélie. (A. F.)

OMPHALEA. BOT. PHAN. Ce genre ainsi nommé par Linné, et qui a reçu de Patrice Browne le nom presque semblable d'Omphalandria, d'Adanson celui de Duchola, appartient à la famille des Euphorbiacées. Ses fleurs sont monoïques; leur calice a quatre divisions. Dans les mâles, du centre d'un -bourrelet glan-

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duleux, part un filet qui se renfle et s'épaissit à son sommet en un disque fendu dans son contour en deux ou trois lobes; entre ces lobes sont enfoncées autant d'anthères, de telle sorte que les deux loges d'une même anthère sont séparées par toute l'épaisseur d'un lobe, qui est par conséquent un véritable connectif. Dans les fleurs femelles, on trouve un style court, épais, terminé par un stigmate obscurément trilobé; un ovaire relevé extérieurement de trois angles obtus, à trois loges, renfermant chacune un ovaire unique. Le fruit charnu se sépare à la maturité (suivant le témoignage d'Aublet) en trois coques; ses graines sont grandes et presque globuleuses. Ce genre comprend trois espèces, originaires de la Guiane et des Antilles. Ce sont des Arbres ou Arbrisseaux grimpans. Les feuilles sont alternes, stipulées, entières, épaisses, relevées sur leur face inférieure d'un réseau de nervures proéminentes, portées sur un pétiole muni à son sommet d'une double glande. Les fleurs sont disposées en courtes panicules, dans lesquelles, au-dessus d'une femelle unique terminale, on trouve plusieurs mâles avec de petites bractées; ces panicules partielles, accompagnées chacune d'une large bractée glanduleuse à sa base, sont disposées sur un axe commun et forment par leur ensemble une seule panicule terminale, grande et rameuse.

Dans les Antilles et à la Guiane, on mange les graines des Omphalea diandra et triandra: celles de la première, à cause de leur goût, portent même le nom de Noisettes de Saint-Domingue. On peut en extraire, suivant Descourtilz, une huile comparable par sa saveur et ses caractères, à celle d'amande. Ces usages pourraient sembler étonnans dans deux Plantes d'une même famille, où les poisons et les purgatifs sont si communément répandus, et où ces propriétés sont surtout concentrées ordinairement dans la graine, si l'on ne savait qu'avant d'employer ou de manger l'amande de l'Omphalea, on a soin d'en extraire l'embryon.

Le genre Hecatea (V. ce mot) est à peine distinct de celui-ci, si ce n'est par sou calice quinquélobé, son inflorescence, et par la patrie de ses espèces qu'on n'a rencontrées qu'à Madagascar. (A. D. J.)

OMPHALIA. BOT. CRYPT. V. AGARIC.

OMPHALIE. Omphalia. MOLL. Genre proposé par De Haan pour les Nautiles, soit vivans, soit fossiles, qui sont ombiliqués. Aucun motif raisonnable ne peut faire adopter ce genre qui est entièrement inutile. V. NAUTILE. (D..H.)

OMPHALOBIUM. BOT. PHAN. Genre de la famille des Térébintbacées, section des Connaracées, et de la Décandrie Pentagynie, L., établi par Gaertner (de Fruct., 1, p. 217, tab. 46) et ainsi caractérisé: calice persistant, entourant la base du fruit, divisé peu profondément en cinq lobes oblongs, aigus, imbriqués pendant l'estivation; corolle à cinq pétales; dix étamines légèrement cohérentes par la base en un ou plusieurs faisceaux; ovaire composé de cinq carpelles monostyles, à deux ovules qui quelquefois avortent en partie; une à cinq capsules, en forme de légume ou gousse, bivalves, déhiscentes, rétrécies ou stipitées à la base; deux graines réduites souvent à une seule par avortement, insérées non à la base, mais le long d'une suture à la partie inférieure du fruit, dépourvues d'albumen, munies d'un arille et de cotylédons épais. Ce genre est voisin du Connarus aux dépens duquel il a été formé; il en diffère principalement par son calice à lobes pointus, un peu étalés au sommet, et non ovales ou obtus; par ses fruits solitaires ou multiples, rétrécis à la base, plus ou moins stipités, et non sessiles, ovés ou oblongs; par l'insertion de ses graines, non au fond de la loge, mais le long de la suture. Sous ce dernier rapport, l'Omphalobium se rapproche des Légumineuses, et surtout des

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genres Afzelia, Schotia et Copaifera. Le professeur De Candolle a fait connaître les différences qui existent entre ces genres et l'Omphalobium, dans un Mémoire sur les Connaracées, imprimé parmi ceux de la nouvelle Société d'Histoire Naturelle de Paris, vol. II, p. 386.

Les espèces qui constituent ce genre sont des Arbres ou des Arbrisseaux à feuilles imparipinnées, à une ou plusieurs paires de folioles, et à fleurs disposées en grappes axillaires réunies en une panicule terminale. On en compte douze, relatées dans le second volume du Prodromus où elles sont réunies en deux sections. La première comprend les espèces Connaroïdes ou à carpelles solitaires au nombre de dix, parmi lesquelles on remarque l'Omphalobium indicum, Gaert., loc. cit., qui doit être considéré comme type du genre. Les autres Plantes ont été décrites par les auteurs sous le nom de Connarus, ou sont des espèces nouvelles. Elles croissent dans les climats chauds de l'Inde, de l'Afrique et de la Guiane. C'est dans cette dernière contrée que se trouvent deux espèces figurées par De Candolle (loc. cit., tab. 16, fig. A, B) sous les noms d'Omphalobium Patrisii et Omph. Perrottetii. La seconde section est formée de deux Plantes à plusieurs carpelles dont l'un (Omph. villosum) était placé par Lamarck dans le genre Cnestis, et l'autre était rapporté au genre Connarus sous le nom de C.pinnatus. La première est de la côte de Sierra-Leone en Afrique; la seconde de Madagascar. (G..N.)

OMPHALOCARPE. Omphalocarpon. BOT. PHAN. Genre établi par Palisot-Beauvois (Flore d'Oware, 1, p. 6) et appartenant à la famille des Sapotées. Voici les caractères qui lui ont été donnés par l'auteur lui-même: calice composé de plusieurs écailles imbriquées, concaves; corolle monopétale, régulière, hypogyne; limbe a six ou sept divisions égales et ondulées sur leurs bords; tube court, garni vers son orifice de six à sept étamines profondément découpées en lanières, alternes avec les lobes de la corolle, et ayant leurs anthères oblongues, linéaires et dréssées; ovaire supère, terminé par un style simple, filiforme, persistant; stigmate terminal et presque simple; le fruit est arrondi, très-fortement déprimé et comme ombiliqué à son centre; il est épais, presque ligneux, indéhiscent, à plusieurs loges monospermes. Les graines sont osseuses, luisantes, portant un hile latéral; ces graines sont enveloppées d'une pulpe succulente qui remplit la loge; elles renferment un embryon plan dans un endosperme charnu.

Ce genre ne se compose encore que d'une seule espèce: Omphalocarpum procerum, Beauv., loc. cit., tab. 5. Cet Arbre, du plus beau port, croît dans l'intérieur de l'Afrique, à près de vingt-cinq à trente lieues des derniers établissemens du royaume d'Oware. Son tronc s'élève droit, à une hauteur prodigieuse, sans se ramifier. Les fleurs naissent sur le tronc lui-mème, et paraissent solitaires et courtement pédonculées; les feuilles sont alternes, lancéolées, entières et luisantes. (A. R.)

* OMPHALODE. Omphalodium. BOT. PHAN. Turpin a donné ce nom à un petit point saillant qu'on aperçoit sur le hile de certaines graines, et auquel, selon lui, venaient aboutir les vaisseaux nourriciers. V. GRAINE. (A. R.)

OMPHALODES. BOT. PHAN. Cet ancien genre de Tournefort, réuni par Linné au Cynoglossum, a été constitué de nouveau par Lehmann, et adopté par Rœmer et Schultes qui ont changé son nom en celui de Picotia. Nous ne pensons pas qu'il doive être séparé des Cynoglosses. V. ce mot. (G..N.)

OMPHALOMYCES. BOT. CRYPT. (Champignons.) Nom donné par Battara aux Agarics dont le chapeau est

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fortement ombiliqué dans son centre, tels que les Agaricus deliciosus, Thilogalus, Prunulus, emeticus, etc. (AD. B.)

*OMPHALOSIA. BOT. CRYPT. (Neeker.) Syn. d'Umbilicaria et de Gyrophora. V. GYROPHORE et OMBILICAIRE. (B.)

OMPHAZITE. MIN. Werner a donné ce nom à une variété lamellaire de Diallage smaragdite, que l'on trouve dans le pays de Bayreuth. (G. DEL.)

* OMPHEMIES. MOLL. Rafinesque a établi sous ce nom un nouveau genre qui est trop peu connu pour qu'on puisse l'adopter ou le rejeter définitivement. (Journ. de Phys. T. LXXXVIII, p. 424). Il indique deux espèces qu'il ne décrit pas, et les caractères génériques sont, à ce qu'il nous semble, insuffisans. Ce genre serail un démembrement de quelques Paludines dont l'ombilic serait légèrement ouvert. (D..H.)

* OMPHISCOLE. MOLL. Quelques Limnées, qui ont un petit ombilic, ont été démembrées en genre particulier sous cette dénomination, par Rafinesque, dans le Journal de Physique, T. LXXXVIII, p. 423. Des genres proposés sur d'aussi faibles caractères ne peuvent être adoptés, car si on les admettait, bientôt le mot genre serait substitué au mot espèce, et nous sommes loin de croire qu'un tel changement serait favorable à la science. (D..H.)

*OMPHRA. INS. Nom donné par Leach à un genre de Carabique, auquel Bonelli avait déjà donné celui d'HELLUO. V. ce mot. (G.)

OMPOK. POIS. Lacépède, dans son Histoire des Poissons (T. IV, p. 49), a formé sous ce nom barbare un genre voisin des Silures, dont on ne sait rien de suffisant pour en valider l'existence. Il ne contient que le Siluroïde. « Nous avons trouvé, dit l'illustre professeur, un individu de cette espèce parmi les Poissons desséchés de la collection donnée à la France par la république batave. Une inscription attachée à cet individu indiquait que le nom donné à cette espèce dans le pays qu'elle habite, était Ompok. Nous en avons fait un nom générique, et nous avons tiré son nom propre de ses rapports avec les Silures. ff Sa description n'a encore été publiée par aueun naturaliste. Plusieurs rangs de dents, grandes, acérées, mais inégales, garnissent ses deux mâchoires. Les deux barbillons que l'on voit auprès des narines, ont une longueur à peu près égale à celle de la tête. L'anale est assez longue pour s'étendre jusqu'à la nageoire de la queue; mais elle ne se confond pas avec cette dernière, A. 9, p. 1/11, A. 56, C. 17-11. Cuvier, qui n'a point établi des genres sur des Poissons desséchés portant des inscriptions, n'adopte point l'Ompok, et pense (Règne Animal. T. II, p. 202) qu'il pourrait bien n'être qu'un Silure qui aurait perdu sa dorsale. (B.)

ONAGRA. BOT. PHAN. (Dioscoride.) L'Epilobium angustifolium, L. (Tournefort.) Syn. d'OEnothera. V. ONAGRE. BOT. PHAN. (B.)

ONAGRAIRE. BOT. PHAN. Syn. d'Onagre. V. ce mot. (B.)

ONAGRAIRES. OEnothereœ ou Onagrariœ. BOT. PHAN. Famille naturelle de Plantes dicotylédones, polypétales, épigynés selon les uns, et périgynes suivant les autres, et dont le genre Onagre (OEnothera) peut être considéré comme le type. Cette famille se compose de Végétaux herbacés, rarement ligneux, portant des feuilles simples, opposées ou éparses, et des fleurs tantôt axillaires et tantôt terminales. Leur calice est toujours adhérent avec l'ovaire infère; quelquefois tubuleux au-dessus de l'ovaire ou sans tube manifeste; le limbe à quatre ou cinq lobes; la corolle est polypétale, et les pétales en même nombre que les divisions calycinales; ces pétales sont incombans latéralement et tordus les uns sur les autres; ils manquent quelquefois; les

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étamines en même nombre, double ou moindre que celui des pétales, sont insérées au haut du tube du calice; l'ovaire est infère, ainsi que nous l'avons dit; il offre, en général, un nombre de loges égal à celui des lobes calycinaux; dans chacune d'elles, on trouve un nombre d'ovules, déterminé ou indéterminé, attachés à l'axe central, et y formant deux rangées longitudinales; l'ovaire est surmonté d'un style simple et d'un stigmate simple ou divisé en lobes égaux en nombre aux loges de l'ovaire. Le fruit est une baie ou une capsule à plusieurs loges contenant tantôt peu, tantôt beaucoup de graines, et s'ouvrant en autant de valves que de loges qui portent chacune une des isons sur le milieu de leur face inerne. Les graines contiennent sous leur épisperme, qui est double, un embryon sans endosperme, ayant sa radicule courte, obtuse, tournée vers le hile, et ses cotylédons épais et obtus.

La famille des Onagraires, telle qu'elle avait été présentée par Jussieu, dans son Genera Plantarum, était divisée en cinq sections. Un assez grand nombre des genres qui y avaient été réunis, mieux étudiés et mieux connus aujourd'hui, ont été placés dans d'autres familles ou sont devenus les types d'ordres naturels nouveaux. Ainsi dans la première section se trouvent: le genre Mocanera que nous croyons appartenir à la famille des Ternstrœmiacées; le Cercodea qui forme le type de la famille des Cercodiennes ou Hygrobiées. Dans la troisième section, nous trouvons les genres Cacoucia et Combretum qui sont devenus les types de la famille des Combrétacées. V. ce mot. Le genre Santalum placé dans la quatrième, réuni à quelques genres autrefois placés dans les Eléagnées, constitue le nouvel ordre naturel des Santalacées proposé par R. Brown. Le Mouriria d'Aublet ou Petaloma de Swartz doit être rapporté aux Mélastomacées. Enfin, la cinquième section, composée des genres Mentzelia et Loasa, forme aujourd'hui la famille des Loasées. V. ce mot.

Les genres qui composent aujourd'hui la famille des Onagraires, ont été divisés en trois sections: 1° dans la première sont les genres qui ont les étamines en même nombre ou moindre que lès pétales, et ayant pour fruit une capsulé; tels sont: Montinia, Thunb.; Serpicula, L.; Lopezia, Cav.; Circœa, L.; Ludwigia, L.; 2° la seconde renferme ceux dont les étamines sont en nombre double des pétales et à fruit également capsulaire; tels sont: Jussiœa, L.; Œnothera, L.; Clarckia, Pursh; Epilobium, L.; Gaura, L.; 3° enfin dans la troisième section sont réunis les genres qui ont le nombre des étamines double de celui des pétales et le fruit charnu comme le Fuschia, L.; l'Ophira, Burm.; Bœckea, Loureiro; et le Memecylon, L.

La famille des Onagraires est très-voisine des Myrtées et des Mélastomacées; elle diffère de la première par son port, ses feuilles non ponctuées, ses étamines en nombre défini; et de la seconde, par son port également, et par la structure différente de ses étamines et de ses feuilles qui, dans les Mélastomacées, offrent des caractères si tranchés. (A. R.)

ONAGRE. ZOOL. L'Ane sauvage. V. CHEVAL. On a étendu ce nom au Chœtodon Zèbre. V. CHOETODON.

ONAGRE. OEnothera. BOT. PHAN. Genre de la famille des Onagraires et de l'Octandrie Monogynie, L., offrant pour caractères: un calice tubuleux et grêle, adhérent par sa base avec l'ovaire infère; à quatre lanières étroites; une corolle de quatre pétales larges et incombans latéralement, insérés ainsi que les étamines au haut du tube du calice; celles-ci, au nombre de huit, dressées, ont leurs anthères introrses, linéaires, vacillantes; l'ovaire est infère, à quatre loges, contenant un grand nombre d'ovules attachés sur

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deux rangées longitudinales à l'angle interne de chaque loge: le style est long, grêle, traversant le tube calycinal dans toute sa longueur, et terminé par un stigmate à quatre branches linéaires. Le fruit est une capsule cylindroïde ou tétragone, à quatre loges, s'ouvrant en quatre valves. Les graines sont nombreuses et sans aigrettes, caractère tranché qui distingue le genre Onagre des Epilobes, qui en sont très-rapprochés, et qui ont les graines couronnées d'une aigrette soyeuse. Les espèces de ce genre sont assez nombreuses, originaires d'Amérique, mais plusieurs se sont, en quelque sorte, naturalisées en Europe, par le moyen de graines échappées des jardins. Ces Plantes sont généralement herbacées, annuelles ou bisannuelles, portant des feuilles alternes et des fleurs axillaires et assez grandes. Nous mentionnerons ici les suivantes qu'on voit assez fréquemment dans les jardins.

ONAGRE BISANNUELLE, Œnothera biennis, L., Flor. Dan., tab. 446. Cette espèce, la plus commune de toutes, et qui aujourd'hui est naturalisée dans plusieurs parties de l'Europe, est vulgairement connue sous le nom d'Herbe aux Anes. Ses racines, assez épaisses, donnent naissance à des feuilles qui s'étalent en rosette à la surface du sol. Du centre de ces feuilles s'élève une tige forte, cylindrique, de deux à trois pieds d'élévation, légèrement velue, et vortant des feuilles alternes, lancéolées et un peu dentées. Les fleurs, d'un jaune pâle, exhalent une odeur très-forte et très-suave. Elles sont sessiles et solitaires à l'aisselle des feuilles supérieures, et par leur réunion elles constituent une sorte d'épi terminal. L'Onagre est originaire de l'Amérique septentrionale, d'oùelle a été apportée en Europe vers 1614. Elle s'est naturalisée en divers cantons du midi de la France et de l'Espagne. On la cultive fréquemment dans les parterres; mais malheureusement ses fleurs durent trop peu de temps. En Allemagne, on mange ses racines, qui sont charnues, soit cuites, soit crues. Les Porcs en sont friands, et elles paraissent leur être très-favorables.

ONAGRE A LONGUES FLEURS, OEnothera longiflora, Jacq. Cette espèce, que l'on dit venue des environs de Buenos-Ayres, est également fort commune dans les jardins. Elle ressemble beaucoup à la précédente dont elle diffère surtout par ses fleurs plus grandes et surtout par la longueur excessive du tube calycinal qui n'est pas moindre de trois à cinq pouces.

ONAGRE, POURPRE, OEnothera purpurea, Lamk., Dict. Originaire du Pérou, d'oùles graines ont été rapportées par Dombey, cette espèce
offre des tiges d'un pied et demi à deux pieds d'élévation, droites, velues et légèrement rameuses, des feuilles radicales, ovales, longuement pétiolées et sinueuses sur leurs bords; celles de la tige sont lancéolées et dentées. Les fleurs, assez petites et axillaires, sont d'un rouge pourpre, légèrement pédonculées et réunies vers le sommet des ramifications de la tige. Les capsules sont courtes, ovoïdes et à quatre angles saillans. (A. R.)

* ONAIBOUBOU. BOT. PHAN. (Surian.) Syn. de Bocconia frutescens. L. V. BOCCONIE. (B.)

* ONAIRILA. BOT. PHAN. (Cossigny.) Nom de pays du Viola enneasperma, L. (B.)

ONANICAR. POIS. Nom de pays du Gymnote électrique. (B.)

* ONBAVE. BOT. PHAN. Rochon cite sous ce nom un Arbre indéterminé de Madagascar qui donne un suc concret semblable à la gomme arabique. (B.)

ONCE. MAM. Espèce du genre Chat. V. ce mot. (B.)

ONCHIDIE. Onchidium. MOLL. Buchanan proposa le premier ce genre dans les Transactions de la Société Linnéenne de Londres, T. v, p. 132; ce fut un Mollusque terrestre pulmoné qui vit sur les bords du

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Gange, qui servit de type à ce genre. Malheureusement Buchanan n'observa point cet Animal assez complétement pour ne point laisser de doute à son égard, et la figure qu'il en donna ne peut suppléer à ce que sa description laisse d'incertain; il ne serait point étonnant d'après cela qu'on ait commis quelques erreurs, soit en rapprochant de ce genre des Animaux différens, soit en établissant de nouveaux genres pour des Animaux semblables; il sera difficile de reconnaître ces erreurs avant que l'on ait fait de nouvelles observations sur l'Animal de Buchanan. Cuvier a cru pouvoir rapporter au genre Onchidie un Mollusque marin trouvé par Péron à l'Ile-de-France; mais, dans ce rapprochement, il est probable que Cuvier a été dans l'erreur. Quoique la différence du milieu habité soit assez grande pour entraîner des modifications assez notables, ce ne serait pourtant pas un motif suffisant pour rejeter les rapports indiqués par Cuvier; les différences qui existent dans les organes de la génération seraient des motifs plus propres à nous déterminer. Les sexes sont séparés dans l'Onchidie de Buchanan, ils ne le sont pas dans l'Onchidie de Péron; c'est d'après ce motif que Blainville a cru nécessaire de former un nouveau genre avec l'Onchidie de Péron, auquel il a donné le nom de Péronie (V. ce mot). Dans sa manière de voir, Blainville ne le laisse pas dans les mêmes rapports; il le rapproche des Doris; ce genre ne serait donc point pulmoné comme on l'avait cru, ou bien Blainville réunirait dans ses Cyclobranches des Animaux branchifères et d'autres Pulmonés. Des Animaux de genres très-voisins, peut-être même appartenant à un seul, ont servi à Férussac pour l'établissement de son genre Vaginule (V. ce mot), et à Blainville pour celui qu'il a nommé Véronicelle (V. ce mot), et il serait possible que ces deux genres fussent non-seulement semblables entre eux, mais qu'ils fussent aussi le même que celui de Buchanan. On voit par cela seul combien des observations bien faites sont nécessaires pour jeter quelque jour sur ces Mollusques, et arrêter leurs rapports dans la série; il est donc très-difficile, pour ne pas dire impossible, de se former une opinion qui soit hors de discussion; il faut tout attendre du temps et de l'observation. (D..H.)

ONCHIDORE. Onchidoris. MOLL. Un Mollusque nouveau observé par Blainville dans la Collection du Muséum britannique, lui servit de type pour un nouveau genre qu'il caractérisa dans le Bulletin de la Société Philomatique, 1816, et qu'il rangea avec les Doris dans sa famille des Cyclobranches. Férussac l'a adopté dans ses Tableaux Systématiques, et l'a mis en rapport avec les Doris et les Polycères. Blainville, dans son Traité de Malacologie, considère ce genre par ses caractères particuliers comme intermédiaire entre les Doris et les Péropies. Voici ces caractères: corps ovalaire, bombé en dessus; le pied ovale, épais, dépassé dans toute sa circonférence par les bords du manteau; quatre tentacules, comme dans les Doris, entre deux appendices labiaux; organes de la respiration formés par des arbuscules très-petits, disposés circulairement et contenus dans une cavité située à la partie postérieure et médiane du dos; anus également médian à la partie inférieure et postérieure du rebord du manteau; les orifices des organes de la génération très-distans et réunis entre eux par un sillon extérieur occupant toute la longueur du côté droit. On ne connaît encore qu'une seule espèce de ce genre, et on ignore quelle est sa patrie.

ONCHIDORE DE LEACH, Onchidoris Leachii, Blainv. (Traité de Malac., p. 489, pl. 46, fig. 8; ibid., Dict. des Scienc. Nat. T. XXXVI, p. 121). Outre les caractères génériques, Blainville ajoute que dans l'état oùil l'a observé elle avait environ deux pouces de longueur sur quinze lignes

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de large; sa couleur était d'un gris blanchâtre; son dos parsemé de tubercules nombreux et de différente grosseur, et son pied d'élévations ou de boursoufflures, comme on en voit souvent dans la Péronie de l'Ile-de-France. (D..H.)

* ONCHOBOTRYDES. INT. V. BOTRYOCÉPHALE.

ONCIDIUM. BOT. PHAN. Genre de la famille des Orchidées, établi par Swartz (Flor. Ind. Occid.), et dans lequel il a placé plusieurs espèces parasites, faisant partie des genres Epidendrum et Cymbidium. Voici les caractères de ce genre: les trois folioles externes du calice sont égales, étalées et dirigées vers la partie supérieure de la fleur; les deux internes sont également étalées, quelquefois soudées entre elles en partie et placées à la partie inférieure de la fleur. Le labelle est plan, généralement large, sans éperon, diversement lobé, offrant à sa base quelques points tuberculeux. Le gynostème est dressé, membraneux et quelquefois frangé sur ses bords; il se termine par une anthère operculiforme à deux loges. Les masses polliniques au nombre de deux sont ovoïdes, solides, attachées par leur partie inférieure à une caudicule commune, quelquefois très-longue, qui se termine par une glande ou rétinacle de forme variée. Toutes les espèces de ce genre sont originaires de l'Amérique méridionale. Ce sont des Plantes parasites, souvent renflées et bulbiformes à leur base. Leurs fleurs, portées sur des hampes radicales, sont généralement assez grandes, le plus souvent disposées en panicule, rarement solitaires. Plusieurs sout cultivées dams les serres; telles sont les suivantes.

ONCIDIUM VARIÉ, Oncidium variegatum, Sw., Fl. Ind. Occid., 3, p. 1483. Cette espèce est fort commune dans toutes les Antilles et sur le continent de l'Amérique méridionale. Ses feuilles sont distiques, iridiformes, alternes, superposées, et recourbées, longues de deux à quatre pouces et se coupant transversalement au-dessus de leur base. La hampe est longue, grêle, axillaire, simple. Les fleurs disposées en une panicule simple sont blanchâtres, maculées de taches d'un jaune rougeâtre.

ONCIDIUM BARBU, Oncidium barbatum, Lindl., Coll. Bot., t. 27. Les feuilles sont renflées en un bulbe ovoïde et comprimé. Elles sont planes, oblongues, lancéolées, dressées et émarginées à leur sommet. La hampe est axillaire, grêle, rameuse, très-longue. Les fleurs sont disposées en une panicule lâche. Les divisions calycinales sont étalées, lancéolées, obtuses, ondulées sur les bords, d'un jaune rougeâtre, maculées de taches plus foncées; les deux divisions inférieures sont soudées en partie par leur côté interne. Le labelle est pendant, jaune et trilobé; les deux lobes latéraux sont très-larges et en forme d'ailes obtuses et arrondies; le lobe moyen offre un petit appendice et il est cilié sur son bord. Cette espèce est originaire du Brésil. Dans les Nova Genera et Spec. Plant., notre savant collaborateur Ch. Kunth a décrit six espèces nouvelles de ce genre, savoir: Onicdium echinatum, loc. cit., 1, p. 345, t. 79; Oncidium ornithorynchium, loc. cit., p. 345, t. 80; Oncid. pictum, loc. cit., 1, p. 346, t. 81; Oncid. panduriferum, loc. cit., 1, p. 346, t. 82; Oncid. globuliferum, 1, p. 347; Oncid. olivaceum, loc. cit., 1, p. 347. Le genre Jonopsis de Kunth que Meyer et Lindley réunissent au genre Oncidium, en est, il est vrai, très-voisin, mais il en diffère par la forme de son labelle, par ses divisions calycinales très-rapprochées et conniventes, et dont les deux inférieures forment à leur base une bossé proéminente ou pérule. Du reste le pollen a la même organisation. (A. R.)

* ONCIDIUM. BOT. CRYPT. (Mucédinées.) Ce nom, donné par Nées, a été changé avec raison par Kunze, en celui de Myxotrichum, puis-

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qu'il existe déjà depuis long-temps un genre Oncidium dans la famille des Orchidées. V. MYXOTRICHUM. (AD. B.)

ONCINUS. BOT. PHAN. Genre de la Pentandrie Monogynie, L., établi par Loureiro (Flor. Coch., 1, p. 151) qui l'a ainsi caractérisé: calice tubuleux, court, à cinq crénelures; corolle infundibuliforme, charnue, dont le limbe offre cinq divisions obtuses, émarginées, toutes munies d'un crochet sur un de leurs côtés; l'entrée du tube de la corolle est ornée d'un appendice (nectaire selon Loureiro) quinquéfideet dressé; cinq étamines dont les filets sont courts, insérés sur le milieu du tube de la corolle; ovaire arrondi, surmonté d'un style plus long que la corolle, et d'un stigmate aigu; baie globuleuse, luisante, uniloculaire et polysperme. Ce genre, que l'auteur lui-même avait indiqué comme voisin du Theophrasta, doit être placé avec celui-ci à la suite de la famille des Apocynées. Sprengel, dans sa nouvelle édition du Species Plantarum de Linné, a même fait, de l'Oncinus Cochinchinensis de Loureiro, une espèce de Theophrasta sous le nom de T. Cochinchinensis. Cette Plante, comme son nom l'indique, croît dans les forêts de la Cochinchine. C'est un Arbrisseau inerme, grimpant, de vingt pieds environ de longueur. Ses feuilles sont ovales-lancéolées, très-entières, glabres, luisantes, opposées. Les fleurs sont blanches, disposées en longs corymbes terminaux. On mange la pulpe des fruits qui est rouge, douce, avec une légere astringence. (G..N.)

ONCOBA. BOT. PHAN. Ce genre, établi par Forskahl (Flor. Ægypt. Arab., p. 103), appartient à la Polyandrie Monogynie, L. Il avait été rapporté à la famille des Tiliacées; mais Kunth, dans une notice sur les genres qui font partie des Malvacées, des Tiliacées, et des familles voisines, a indiqué sa place dans les Ternstrœmiacées, à côté des genres Ventenatia, Stewartia, Gordonia, etc. Dans la Révision de la famille des Ternstrœmiacées, publiée postérieurement à l'opuscule de Kunth, le professeur De Candolle ne place point le Genre Oncoba dans cette famille, et nous ne le retrouvons pas dans les familles voisines. Quoi qu'il en soit de la place que le genre Oncoba doit occuper dans la série des ordres naturels, voici les caractères essentiels assignés par son auteur: calice persistant, à quatre divisions profondes, arrondies, concaves et réfléchies; corolle à onze ou douze pétales inégaux et en ovale renversé; étamines nombreuses, insérées sur le réceptacle, à anthères linéaires, aiguës; ovaire supère, sillonné, surmonté d'un style épais et d'un stigmate orbiculaire à plusieurs lobes; baie multiloculaire, contenant des graines nombreuses renfermées dans la pulpe.

L'Oncoba spinosa, Forsk., loc. cit., est un grand Arbre qui croît dans l'Egypte supérieure, oùil est vulgairement nommé Rimbot ou Dim. On le dit également indigène du Sénégal. Son tronc se divise en rameaux alternes, verruqueux, garnis d'épines qui naissent solitaires ou géminées dans les aisselles des rameaux, ou qui sont terminales. Les feuilles sont alternes, pétiolées, glabres, ovales, acuminées et dentées en scie; les fleurs sont grandes, solitaires et terminales; la pulpe qui entoure les graines est mangée par les enfans. (G..N.)

* ONCOPHORUS. BOT. CRYPT. (Mousses.) Bridel a formé sous ce nom un sous-genre parmi les Dicranum; il renferme les espèces dont la capsule présente une apophyse à sa base; tels sont les Dicranum cerviculatum, strumiferum, Starkii, etc. (AD. B.)

* ONCORHIZA. BOT. PHAN. (Persoon.) Syn. d'Oncus. V. ce mot.

ONCOTION. POIS. (Klein.) Syn. de Cycloptère. V. ce mot. (B.)

ONCUS. BOT. PHAN. Loureiro (Flor. Cochinchin., 1, p. 239) a établi sous

TOME XII. 14

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ce nom un genre de l'Hexandrie Monogynie, L., auquel il a imposé les caractères suivans: deux bractées (calice selon Loureiro) aiguës, dressées, embrassant la base du périanthe (corolle selon l'auteur); celui-ci offre un tube allongé, hexagone, dilaté à la partie supérieure; son limbe est petit, à six découpures réfléchies et subulées; six étamines insérées à la base des divisions du périanthe; ovaire supérieur, oblong, marqué de six sillons, adhérent jusque vers le milieu au tube du périanthe, surmonté d'un style court, à trois branches, portant des stigmates bifides et réfléchis; baie oblongue, hexagonale, à trois loges polyspermes. Persoon a proposé pour ce genre le nom d'Oncorhiza comme plus conforme au motif qui l'a fait nommer Oncus. En effet, ce nom est tiré d'un mot grec qui signifie tumeur, parce que l'Oncus esculentus de Loureiro présente une racine tubéreuse, excessivement renflée, farineuse, comestible, semblable à celle des Ignames. Les rapports du genre Oncus avec le Dioscorea n'avaient pas échappé à Loureiro, mais il avait cru y reconnaître des différences que plusieurs auteurs n'ont pas jugées assez importantes, et qui, en conséquence, ont réuni les deux genres. Quoi qu'il en soit, la Plante dont il est ici question croît dans les forêts de la Cochinchine. C'est un Arbuste grimpant, rameux, dépourvu de vrilles et d'aiguillons. Ses feuilles sont cordiformes, acuminées, obtuses, alternes. Les fleurs sont d'un blanc pâle, portées sur des épis grêles, longs et terminaux. (G..N.)

ONDATRA. MAM. Espèce du genre Campagnol, devenue type d'un sous-genre de ce nom. V. CAMPAGNOL. (B.)

ONDECIMAL. POIS. Espèce du genre Silure. V. ce mot. (B.)

ONDETTOUTAQUE. OIS. Le Père Théodat dit que les sauvages du Canada nomment ainsi le Dindon. V. ce mot. (B.)

ONDOYANT. POIS. Coryphœna fasciolata. (Encyclop. Méth., Pall.) Espèce du genre Coryphœne. V. ce mot, sous-genre CENTROLOPHE. (B.)

* ONDULÉ. ZOOL. Levaillant a donné ce nom à un Gobe-Mouche qui paraît le même que celui de l'Ile-de- France, et qu'il a représenté dans ses Oiseaux d'Afrique, pl. 156. C'est aussi un Reptile du genre Agame. V. ce mot. (B.)

ONDULÉ. Undulatus. BOT. PHAN. On dit d'une feuille ou d'un pétale qu'ils sont ondulés sur leurs bords, quand ils présentent des espèces de plis ou d'ondulations qui proviennent de ce que le bord est plus grand que la circonscription même de la feuille ou du pétale. Ainsi les feuilles du Choux, de la Mauve crépue, sont ondulées. (A. R.)

* ONÉGITE. MIN. Suivant Léonhard, ce nom aurait été appliqué à une variété de Sphène. V. ce mot. (G. DEL.)

* ONEILLIA. BOT. CRYPT. (Hydrophytes.) On ne voit pas pourquoi Agardh s'est permis de substituer ce nom à celui de Claudea imposé par Lamouroux à un genre de sa création, et adopté par les botanistes. V. CLAUDÉE. (B.)

ONGLE. ZOOL. L'anatomie humaine définit l'Ongle, cette lame cornée qui revêt l'extrémité de la face supérieure des doigts et des orteils. Cette définition, très-exacte à l'égard de l'Homme et de la plupart des Quadrumanes, ne peut étre admise d'une manière générale en anatomie comparée; car le plus souvent l'Ongle n'est pas une simple lame qui recouvre sur une de ses faces la dernière phalange, mais une sorte d'étui qui enveloppe celle-ci d'une manière plus ou moins complète, comme chez presque tous les Unguiculés oùil forme une griffe, et surtout comme chez les Ongulés oùil forme un sabot.

On trouve des Ongles bien conformés dans le plus grand nombre des Mammifères, des Oiseaux et des Repti-

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les; et les modifications que présentent ces organes dans leur forme, leur position et leur grandeur proportionnelle, fournissent d'importans caractères, soit pour la distinction des genres (et quelquefois des espèces), soit pour les classifications. C'est ce que nous ayons montré avec détail à l'égard des Mammifères, dans notre article MAMMALOGIE; et ce qui a également lieu chez les Oiseaux, comme on peut voir au mot ORNITHOLOGIE. Quant à la classe des Reptiles, les Ongles sont plus fréquemment rudimentaires; et leur absence ou leur présence sont les seuls caractères qu'on ait coutume d'apprécier dans les classifications générales, tandis qu'on ne tient guère compte de leurs formes que pour la distinction des genres et des sous-genres. V. ERPÉTOLOGIE.

On a indiqué ailleurs (V. CORNES) l'analogie de l'Ongle avec l'étui corné des prolongemens frontaux des Ruminans: l'analogie du même organe avec l'enveloppe cornée du bec des Oiseaux est peut-être plus évidente encore; et, en effet, les griffes de quelques Mammifères carnassiers sont tellement semblables au bec de plusieurs Oiseaux, et particulièrement de certaines espèces de Perroquets, que, lorsqu'elles sont isolées, il est difficile de les distinguer de cette dernière partie. (IS. G. ST.-H.)

On a fait quelquefois du mot ONGLE un nom Spécifique, et on a appélé:

ONGLE AROMATIQUE, l'opercule d'une coquille de la mer Rouge qu'on dit sentir le musc, employée dans l'ancienne pharmacie, et qui paraît appartenir au Strombus lentigiosus.

ONGLE MARIN, une espèce du genre Solen, etc. (B.)

ONGLE DE CHAT. Unguis-Cati. BOT. PHAN. Une espèce de Mimeuse du genre Inga. (B.)

ONGLET. OIS. Espèce du genre Tangara. V. ce mot. (DR..Z.)

ONGLET. Unguiculus. BOT. PHAN. On appelle ainsi le rétrécissement brusque qui termine certains pétales à leur base, comme dans les Caryophyllées, les Malpighiacées, les Crucifères, etc. De-là le nom de pétales onguiculés. Ceux qui sont dépourvus d'Onglets sont dits sessiles. (A. R.)

ONGO. POIS. Espèce d'Holocentre. (B.)

ONGUENTDECAYENNE OU ONGUENT-PIAN. BOT. PHAN. Même chose que Copaïa. V. ce mot.

On appelle aussi ONGUENT-PIAN le Bignonia procera de Willdenow. (B.)

ONGUICULÉ. OIS. Ce nom, imposé par Temminck à un genre d'Oiseaux, que le même auteur nomme scientifiquement Orthonix, ne saurait être adopté, et l'on doit préférer conséquemment la seconde désignation. V. ORTHONIX. (B.)

ONGUICULÉ. BOT. PHAN. On appelle pétale onguiculé, celui qui se termine brusquement à sa base par une partie rétrécie qu'on nomme onglet. Ainsi les pétales de l'OEillet, et en général des Caryophyllées, ceux des Crucifères, sont onguiculés. (A. R.)

ONGUICULÉS OU UNGUICULéS. Unguiculata. MAM. V. MAMMALOGIE.

ONGULÉS. Ungulata. MAM. V. MAMMALOGIE.

ONGULINE. Ungulina. MOLL. Ce genre a été créé par Daudin, et publié la première fois par Bosc dans le Buffon de Déterville; il fut bientôt après consacré, car Roissy l'adopta dans le Buffon de Sonnini, en le rapprochant des Bucardes; enfin Lamarck ne tarda pas lui-même à l'adopter aussi; il fait partie de la famille des Mactracées, entre les Erycines et les Crassatelles, dans les Tableaux de la Philosophie Zoologique. Depuis lors, presque tous les auteurs de conchyliologie admirent ce genre, à l'exception de Cuvier qui ne l'a pas mentionné. Férussac le laissa dans les rapports indiqués par Lamarck, mais avec un point de doute. Blainville avoue ne pas connaître

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assez ce genre pour le placer convenablement; d'après cela on ne peut considérer comme définitive la place qu'il lui fait occuper dans son Traité de Malacologie à la fin de la famille des Conchacées qui contient presque tous les genres des Conques, des Mactracées et des Corbulés de Lamarck. Latreille a conservé absolument les indications de Lamarck; on voit en effet dans les Familles Naturelles du Règne Animal, pag. 221, les Onguliues dans la famille des Mactracées entre les Erycines et les Crassatelles. Sowerby est le premier qui ait indiqué à notre avis les rapports naturels des Ongulines; il démontre, dans son Genera of Shells, qu'elles ont la plus grande analogie avec les Lucines. Cette opinion est celle que nous nous étions faite depuis long-temps et que nous avons conservée dès l'instant où nous avons eu dans notre collection cette précieuse Coquille et que nous pümes l'examiner avec soin: la charnière se compose de deux petites dents cardinales sur chaque valve; elles sont placées sous les crochets; derrière elles se trouvent les ligamens, dont l'un est interne et l'autre externe; le premier occupe une surface triangulaire, courbée, qui s'étend depuis le sommet des crochets jusque vers le bord cardinal; la plus grande partie de cette surface du ligament repose sur les nymphes qui se trouvent enfoncées sous le corselet et cachées en grande partie par lui; c'est dans le sillon profond qui sépare les nymphes du corselet que s'insère le ligament externe qui a tous les caractères des ligamens de cette espèce; ce ligament s'enfonce profondément derrière ces nymphes, et se prolonge au-delà de leur longueur sur la lame cardinale, ce qui y fait naître à côté de la première où est le ligament interne, une seconde surface ligamenteuse qui est bien séparée, mais qui ne reçoit pas une partie du ligament interne, comme semble le faire croire la caractéristique de Lamarck, mais seulement le prolongement du ligament externe. Cette disposition des ligamens se retrouve dans plusieurs espèces de Lucines, et notamment les Lucina tigerina et punctata; seulement la nymphe est moins saillante et le sillon d'insertion du ligament externe est moins profond. Les impressions musculaires des Ongulines sont presque égales, elles sont longues, étroites, et se communiquent par l'impression simple non échancrée du manteau; l'impression musculaire antérieure est aussi la plus longue, comme dans toutes les Lucines. Il résulte de cet examen que les Ongulines doivent être placées près des Lucines dans la série générique; il serait même possible par la suite, si l'on trouvait quelques intermédiaires, de réunir les deux genres dont celui-ci serait une petite section. Les Ongulines sont de petites Coquilles dont on ne connaît pas encore la patrie; il n'en existe qu'un fort petit nombre dans les collections. Lamarck en cite deux espèces, la seconde n'est qu'une variété plus allongée de la première; ces variétés de formes paraissent tenir à l'âge.

ONGULINE TRANSVERSE, Ungulina transversa, Lamk., Anim. sans vert. T. V, pag. 487; Bosc., Hist Nat. des Coquilles, T. III, pl. 20, fig. 12; Ungulina transversa, Sow., Genera of Shells, dixième cahier, Blainville, Traité de Malacol., p. 562, pl. 73, fig. 6. Cette Coquille est brune et rugueuse en dehors, plus ou moins allongée, assez épaisse, à crochets petits, peu inclinés; la lunule ni le corselet ne sont marqués en dedans; elle est d'un rose pourpré assez vif, surtout vers les bords; elle a souvent une tache brune dans le milieu des valves. (D..H.)

ONGULOGRADES. MAM. Septième ordre de la classe des Mammifères, suivant la Méthode de Blainville. V. MAMMALOGIE. (IS. G ST. -H.)

* ONICHIA. BOT. CRYPT. On ne sait quelle Plante marine de l'Adriatique Donati a voulu désigner sous ce

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nom. Il la dit munie de baies oblongues, réunies, un peu cannelées, latéralement monospermes, etc. Nous ne connaissons, parmi les Hydrophytes, rien à qui de tels caractères puissent convenir. (B.)

ONISCIDES. CRUST. V. CLOPORTIDES.

* ONISCODE. Oniscodes. CRUST. Genre de l'ordre des Isopodes, section des Aquatiques, famille des Asellotes, établi par Latreille (Fam. Nat., etc.), et que Leach avait déjà désigné sous le nom de Janira, sans savoir que ce nom avait été employé par Risso pour désigner un Crustacé voisin des Galathées. Ce genre, que Latreille réunit (Règn. Anim.) aux Aselles (V. ce mot), en a tous les caractères généraux, mais les crochets terminaux des quatorze pates sont bifides; les yeux sont assez gros, placés plus près l'un de l'autre que dans les Aselles. Les antennes intermédiaires et supérieures sont plus courtes que l'article terminal et sétacé des extérieures. La seule espèce de ce genre est:

L'ONISCODE TACHÉE, Oniscodes maculosa, Janira maculosa, Leach, Edimb. Encycl. T. VII, p. 434, et Trans. Linn. Soc. T. XI, p. 373; Oniscus maculosus, Montagu (manuscrit). Corps cendré, taché de brun. Cette espèce a été trouvée sur les côtes d'Angleterre, sur des Ulves et des
Varecs. (G.)

ONISCUS. CRUST. V. CLOPORTE.

ONITE. POIS. Espèce du genre Labre.

ONITE. Onitis. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Clavicornes, tribu des Scarabéides division des Coprophages, établi par Fabricius aux dépens du genre Bousier (Copris de Geoffroy) et adopté par tous les entomologistes; les caractères de ce genre sont: les quatre jambes postérieures courtes ou peu allongées, en cône long, très-dilatées ou beaucoup plus épaisses à leur extrémité; les intermédiaires insérées à une plus grande distance l'une de l'autre, que les autres. Dernier article des palpes labiaux très-distinct; corselet plus court que les élytres, presque aussi long que large. Abdomen déprimé, plan en dessus; jambes antérieures très-longues et arquées dans un des sexes; un écusson très-petit et visible. Les Onites ressemblent beaucoup aux Bousiers proprement dits; cependant ils s'en distinguent par leurs palpes labiaux dont le second article est très-sensiblement plus long que le premier et le troisième, tandis que dans les Bousiers le premier article de ces palpes est le plus grand de tous. Les Oniticelles, V. ce mot, se distinguent des Onites par des caractères de la même valeur. La tête des Onites s'emboîte postérieurement dans le corselet; elle a un petit rebord et est marquée supérieurement par des lignes élevées, transverses, et quelquefois par une petite corne. Les yeux sont arrondis, plus apparens en dessous qu'en dessus. Les antennes ne sont composées que de neuf articles apparens; le premier est allongé, un peu renflé à son extrémité, le second court et assez gros, les quatre suivans plus petits, plus courts, mais s'élargissant; et les trois derniers formant une massue ovale, lamellée et dont les feuillets s'emboîtent un peu l'un dans l'autre. La lèvre supérieure est entièrement cachée sous le chaperon; elle est fort mince, assez large, de consistance coriace, arrondie et ciliée à sa partie antérieure. Les mandibules sont petites, presque ovales, fort minces, coriacées à leur base et à une partie de leur bord interne, transparentes dans leur moitié supérieure et fortement ciliées à leur bord interne. Les mâchoires sont cornées, assez grosses, presque cylindriques depuis leur base jusqu'à l'insertion des palpes; elles sont ensuite bifides; la division extérieure est plate, dilatée, arrondie et coriace; la division interne a la même forme, mais elle est beaucoup plus petite. Les

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palpes maxillaires sont filiformes, plus longs que les labiaux, composés de quatre articles dont le premier est petit, les deux suivans presque égaux et le dernier un peu allongé, à peine renflé dans sa partie moyenne. La lèvre inférieure est bifide ou divisée en deux jusqu'à sa base; ses palpes sont composés de trois articles dont le premier est bien apparent, un peu plus court que le second qui est assez grand; le dernier est très-petit et presque cylindrique. Ces palpes sont couverts de longs poils roides. Le corselet est grand, convexe, ordinairement un peu plus large que les élytres et marqué de quatre fossettes dont une de chaque côté près du bord, et deux rapprochées vers l'écusson. Ce dernier est bien apparent, très-petit et terminé par une pointe aiguë. Les élytres sont aussi longues dans leur milieu qu'à la base; au-dessous se trouvent deux ailes membraneuses. Le corps des Onites a une forme plus allongée et moins ovale que dans la plupart des Bousiers. Les pates antérieures ont quelquefois aux cuisses et aux jambes, des épines très-remarquables. Les mâles ont les pates antérieures plus longues, sans tarses et souvent même différentes des mêmes dans les femelles. On trouve les Onites dans les pays chauds de l'Ancien-Continent; les provinces méridionales de la France en nourrissent quelques espèces; on les trouve, comme les Bousiers, dans les fientes des Animaux; ils creusent des trous dans la terre sous les bouses, s'y enfoncent pour y déposer leurs œufs et les provisions nécessaires aux larves qui en naîtront. Ce genre se compose à présent d'une trentaine d'espèces. Olivier en a connu dix-huit qu'il a réparties dans deux coupes ainsi qu'il suit, mais dont nous ne pouvons citer que celles qui peuvent être considérées comme les types:

I. Un écusson très-apparent.

ONITE AYGULE, Onitis Aygulus, Latr., Oliv., Ent., Scarabées, pl. 13, fig. 120, Fabr., Syst. Eleuth.; Scarabæus, Fabr., Mant. Ins. et Species, etc. Long de sept à huit lignes; tête et corselet d'un vert bronzé, luisant; le corselet étant très-finement pointillé; élytres testacées, légèrement sillonnées; corps brun en dessous: pates d'un vert bronzé. Olivier dit qu'il se trouve aux Indes-Orientales et au cap de Bonne-Espérance.

II. Un écusson à peine apparent.

ONITE BISON, Onitis Bison, Fabr., Oliv., Latr.; Copris Bison, Oliv., Encycl.; Scarabæus Bison, L., Fabr., Jablonsk., Coléopt., 2, tab. 15, 6, Vill, Rossi, Faun. Etrusc., t. 1, p. 27, n° 7. Long de près de six lignes, noir; tête armée de deux petites cornes éloignées l'une de l'autre et réunies par une petite crête transversale; corselet plus large que long, très-finement pointillé et ayant en avant une corne aplatie, avancée et plus grande dans le mâle; élytres lisses, sillonnées; pates noires. Cette espèce est assez commune dans les provinces méridionales de la France, en Italie, en Espagne et même en Barbarie. (G.)

ONITES. BOT. PHAN. Dont Linné a fait l'Origanum Onitis, Plante que les anciens mentionnèrent sous ce nom, parce qu'on prétend que les Anes en sont très-friands. (B.)

* ONITICELLE. Oniticellus. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Lamellicornes, tribu des Scarabéides, division des Coprophages, établi aux dépens des Onthophages de Latreille, par Ziégler (qui n'a pas publié les caractères), adopté par Latreille (Faun. Nat., etc.), par Lepelletier de Saint Fargeau et Serville, dans l'Encyclopédie Méthodique, article SCARABÉIDE. Ce genre peut être ainsi caractérisé: pates intermédiaires beaucoup plus écartées entre elles, à leur insertion, que les autres. Ecusson petit, mais distinct, ou un espace scutellaire libre, laissé par les élytres; corps allongé; corselet aussi

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long que large; élytres allongées. D'après ces caractères tracés par les naturalistes cités plus haut, les Onites se distinguent des Oniticelles par la massue de leurs antennes en forme de carré à angles adoucis, dont le diamètre longitudinal ne surpasse pas le transversal, et par la forme des articles qui composent cette massue, le premier étant infundibuliforme, le second plus court que les deux autres et presque entièrement renfermé entre eux, le dernier en forme de capsule renversée. Dans les OEschrotès, la massue des antennes a aussi ses deux diamètres presque égaux; le corselet est fortement échancré sur les bords latéraux depuis le milieu jusqu'à la partie postérieure; les élytres ont leurs côtés rabattus. Enfin les Onthophages diffèrent des Oniticelles par l'absence d'écusson, par la forme plus raccourcie de leur corps, et par leur corselet qui est toujours plus large que long. Les Oniticelles vivent aussi dans les bouses de Vaches, de Chevaux et d'autres Animaux; on n'en trouve jamais dans les fumiers et les excrémens humains. Ces Insectes sont propres aux pays chauds et tempérés; on en trouve en Europe, en Afrique et dans l'Inde; nous n'en connaissons pas d'Amérique. L'espèce qui sert de type au genre est:

L'ONITICELLE FLAVIPÈDE, Oniticellus flavipes, Aleuchus flavipes, Fabr.; Onthophagus flavipes, Latr.; Copris flavipes, Oliv., Encycl. méth.; Copris fulvus, capite æneo, etc., Geoff., Ins. T. I, p. 90, n. 6, Schoeff., Icon., Ins. T. I, tab. 74, f. 6. Il varie de grandeur depuis deux jusqu'à quatre lignes; sa tête est d'un verdâtre bronzé, avec le chaperon légèrement échancré antérieurement; le corselet est d'un jaune pâle sur les bords avec le milieu d'un brun verdâtre, et échancré en avant pour recevoir la tête, plus large, antérieurement rebordé, et ayant une petite impression de chaque côté et une espèce de sillon court à sa base vis-à-vis l'écusson. Les élytres sont à peu près deux fois plus longues que larges, d'un jaune sale avec quelques petits traits longitudinaux plus obscurs; la suture est un peu elevée et verte. On voit sur chaque élytre et près de son extrémité une très-petite élévation de la même couleur. Le dessous du corps et les pates sont d'un jaune livide à reflets verts. Cet Insecte se trouve dans le midi de la France oùil est très-commun. On le rencontre aussi aux environs de Paris, mais plus rarement, (G.)

ONIX. MIN. Pour Onyx. V. ce mot. (B.)

ONNEFERA. BOT. PHAN. Syn. ancien de Centaurea Rhapontica, L. (B.)

ONOBLETON. BOT. PHAN. (Hippocrate.) Syn. de Saxifraga Cotyledon, L. (B.)

ONOBRICHIS. BOT. PHAN. Pour Onobrychis. V. ce mot. (B.)

ONOBROMA. BOT. PHAN. Ce genre, établi par Gaertner, est le même que le Carduncellus d'Adanson, nom adopté par tous les botanistes modernes. V. CARDONCELLE. (G..N.)

ONOBRYCHIS. BOT. PHAN. Tournefort avait ainsi nommé un genre formé sur le Sainfoin cultivé, Plante que Linné réunit à son Hedysarum. Mais ce dernier genre ayant été grossi outre mesure d'une foule d'espèces dont l'organisation était très-diversifiée, les auteurs modernes, et particulièrement Gaertner, Desvaux et De Candolle, ont séparé de nouveau l'Onobrychis des Hedysarum, se fondant principalement sur la structure de la gousse. V. SAINFOIN. (G..N.)

ONOCARDIUM. BOT. PHAN. C'est-à-dire Cœur d'Ane. Ancien synonyme de Dipsacus fullonum. V. CARDÊRE. (B.)

* ONOCENTAURE. MAM. L'antiquité donna ce nom à un Animal fabuleux qu'on figurait moitié Homme, moitié Ane. (B.)

ONOCHILES. BOT. PHAN. Ce nom, qui signifie Fourrage d'Ane, a été aussi écrit Onocleia et Onoclia. Il est

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appliqué par L'Ecluse avec cette dernière orthographe à l'Anchusa tinctoria. (B.)

ONOCLÉE. Onoclea. BOT. CRYPT. (Fougères.) Linné réunissait sous ce nom plusieurs Plantes qui ont été successivement distraites de ce genre, lequel ne comprend plus maintenant qu'une espèce, l'Onoclea sensibilis. Mitchel et Adanson avaient avant Linné formé de cette Plante leur genre Angiopteris, nom appliqué depuis à un autre genre de la même famille. Bernhardi et Mirbel, ayant laissé le nom d'Onoclea à d'autres espèces du genre de Linné, avaient forméde celle que nous venons de citer un genre particulier, le premier sous le nom de Calypterium; le second sous celui de Riedlea. Cependant la plupart des auteurs sont d'accord pour regarder l'Onoclea sensibilis comme le type et l'unique espèce du genre Onoclea. R. Brown y joint le Struthiopteris germanica de Willdenow. Les autres espèces, rapportées successivement au genre Onoclea, sont maintenant rangées parmi les Lomaria de Willdenow, ou Stegania de Brown, ou, parmi les Woodwardia; l'une d'elles
constitue le genre Struthiopteris.

L'Onoclea sensibilis est une belle Fougère de l'Amérique du nord, dont les frondes, très-minces et très-délicates, ont une forme assez différente, suivant qu'elles sont stériles ou fertiles. Les frondes stériles sont une seule fois pinnées à pinnules larges et sinueuses; les frondes fertiles sont deux fois pinnées; chaque pinnule porte un groupe assez gros de capsules; ces capsules sont enveloppées par une sorte d'involucre scarieux, composées de plusieurs écailles imbriquées, et imitant une sorte de baie. La structure des capsules est la même que celle de toutes les Polypodiacées.

Le Struthiopteris germanica, Willd.; Onoclea Struthiopteris, Swartz; Osmunda Struthiopteris, L., ne paraît pas en effet différer assez du genre précédent pour mériter d'en être séparé; les groupes de capsules sont seulement beaucoup plus petits, et les écailles de l'involucre plus distinctes et moins nombreuses partent du bord même de la fronde. Cette espèce croît en France, en Allemagne, en Suède, en Norvège, etc. Mougeot l'a naturalisée dans les Vosges d'où elle n'était pas indigène. (AD. B.)

* ONOCLIA. BOT. PHAN. Et non Onoclea. V. ONOCHILES.

ONOCORDON. BOT. PHAN. (J. Bauhin.) Syn. d'Alopecurus prateusis, L. (B.)

ONOCROTALE. Onocrotalos. OIS. Il est défendu dans le Deutéronome, ch. XIV, V. 17, de manger de l'Onocrotalos, qui était un Oiseau impur pour les Juifs. On a traduit Onocrotale par Pélican, et nommé scientifiquement Onocrotalus le Pélican blanc dont effectivement personne ne mange, parce que sa chair est huileuse et désagréable. (B.)

ONOGIROS. BOT. PHAN. (Nicander.) Syn. d'Onopordon Acanthium, L. (B.)

ONONIDE. Ononis. BOT. PHAN. Genre de la famille des Légumineuses et de la tribu des Lotées de De Candolle, placé par les au teurs systématiques dans la Diadelphie Décandrie, L., quoiqu'il soit le plus souvent monadelphe. Il présente les caractères suivans: calice campanule, légèrement évasé, divisé peu profondément en cinq lanières linéaires; corolle papilionacée dont l'étendard est grand, redressé, ordinairement marqué de stries, et la carène acuminée; dix étamines monadelphes, la dixième quelquefois libre; légume renflé, sessile, ne renfermant qu'un petit nombre de graines. Ce genre, anciennement nommé Anonis par Tournefort, est tellement naturel qu'il est très-facile de décider si une Plante de la vaste famille des Légumineuses lui appartient, et cependant ses caractères sont extrêmement ambigus, c'est-à

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dire qu'ils se confondent avec ceux de plusieurs genres voisins, tels que les Crotalaria, les Spartium, les Anthyllis, les Psoralea, etc. C'est ce qui a fait dire au professeur De Candolle (Mémoires sur les Légumineuses, p. 218) que son étude fournit un exemple frappant de eet aphorisme de Linné: character non facit genus. En effet, le caractère le plus saillant à l'aide duquel on peut reconnaître le genre Ononis réside dans le port des espèces.

Ces Plantes sont des Herbes ou des sous-Arbrisseaux souvent couverts de poils qui sécrètent une liqueur visqueuse et odorante, à feuilles trifoliées, quelquefois réduites à une seule foliole, et rarement à plusieurs paires de folioles terminées par une impaire: les folioles sont dentées en scie d'une manière particulière. Les fleurs, de couleur jaune ou purpurine, naissent des aisselles supérieures, tantôt pédicellées, et alors le pédicelle offre une petite articulation vers son sommet, tantôt sessiles, souvent accompagnées de stipules adhérentes au pétiole dans une partie notable de leur longueur. A ces détails sur la structure des organes de la végétation, nous ajouterons ceux que présente la germination des Ononides et qui ont été observés par De Candolle. Ceux-ci ne doivent pas paraître superflus., puisque l'on manque de bons caractères pour distinguer un groupe si naturel au premier coup-d'œil. Les cotylédons sont ovales, quelquefois presque orbiculaires, étalés, sessiles, plus ou moins pubescens en dessus, circonstance assez rare dans les feuilles séminales. Les feuilles primordiales sont alternes, pétiolées, simples, et naissent à peu de distance des cotylédons; leur pétiole est muni de deux stipules adhérentes à sa base, et le limbe est denté en scie. Ce dernier caractère est un des plus précieux pour reconnaître facilement le genre.

Mœnch (Meth. Plant., 157 et 158) avait divisé le genre Ononis en deux qu'il nommait Anonis et Natrix; mais cette séparation n'a pas été admise. Cependant, comme les Ononides sont très-nombreuses, De Candolle (Prodrom. System. Veget. Nat., 2, p. 158) en a formé deux grandes sections sub-divisées elles-mêmes en plusieurs sous-sections.

§ I. EUONONIS.

Caractérisée essentiellement par la présence de stipules adhérentes au pétiole, cettesection se compose d'environ soixante-quinze espèces toutes originaires du bassin de la Méditerranée et de l'Orient. Les sous sections ont été formées d'après des considérations déduites de leur port. Ainsi les Natrix sont munies de feuilles à une ou plus souvent à trois folioles; leurs fleurs sont portées sur de longs pédicelles axillaires, et elles ont leurs corolles jaunes, avec l'étendard souventrougeâtre ou marqué de raies rouges. La plupart de ces Plantes sont remarquables par la viscosité et l'odeur pénétrante de leur surface. Telle est entre autres l'Ononis Natrix, L., qu'on peut considérer comme type de la sous-section, Plante qui croît abondamment en plusieurs localités arides de l'Europe, et notamment aux buttes de Sèvres dans les environs de Paris. La seconde sous-section a été nommée Natridium. Elle est très-voisine de la précédente à laquelle elle ressemble par ses feuilles, et dont elle diffère par la couleur de ses fleurs qui sont purpurines ou blanches. Parmi les espèces qu'elle renferme, nous citeronsles Ononis rotundifolia et Cenisia, L., jolies Plantes qui croissent dans les Alpes et les Pyrénées. La troisième sous-section, nommée Bugrana, se compose d'espèces à feuilles simples ou trifoliées; à fleurs blanches ou purpurines, sessiles ou portées sur des pédicelles courts et rapprochés au sommet des branches en épis serrés, entremêlés de bractées. C'est à ce groupe qu'appartient l'espèce la plus vulgaire au genre, celle qui a été désignée dans les livres de matière médicale sous les noms de

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Bugrane et d'Arrête-Bœuf. Linné lui a imposé celui d'Ononis spinosa, et en a distingué l'Ononis antiquorum qu'on doit cependant lui réunir comme simple variété. Cette Plante infeste les champs en friche de toute l'Europe; son nom d'Arrête-Bœuf vient de sa racine qui est très-longue, rampante, bruneextérieurement, blanchâtre en dedans, et qui présente beaucoup d'obstacles dans le labour des terres. Cette racine était autrefois préconisée pour activer la sécrétion urinaire, et elle faisait partie des cinq racines apéritives de l'ancienne thérapeutique. Aujourd'hui, malgré les éloges que des modernes lui ont prodigués, elle est tombée en désuétude. La quatrième sous-section, désignée sous le nom de Bugranoides, ne diffère de la précédente que par ses fleurs jaunes, et devra probablement lui être réunie. L'Ononis minutissima, L., qui en fait partie, nous semble en effet se lier par son port avec des espèces du groupe des vraies Bugranes. Enfin, sous le nom de Pterononis, De Candolle a formé une dernière sous-section des Ononides à feuilles composées de plusieurs paires de folioles terminées par une impaire. Ce groupe est encore mal connu, quoiqu'il ne contienne que quatre espèces indigènes de la Péninsule espagnole et de l'Orient, parmi lesquelles on remarque l'Ononis rosœfolia, qui, comme son nom l'exprime, a le feuillage semblable à celui des Rosiers.

§ II. LOTONONIS.

Nous avons vu jusqu'ici le genre Ononis composé d'espèces étroitement liées par leurs affinités naturelles, et en même temps presque exclusivement circonscrites dans la région méditerranéenne. Un groupe de Légumineuses d'environ trente espèces, toutes indigènes du cap de Bonne-Espérance, a cependant été placé à la fin du genre dont il est ici question, par le professeur De Candolle qui l'a nommé Lotononis. Ces espèces ressemblent aux Ononis par leurs étamines monadelphes, et quelques unes par leur carène acuminée; elles ont de l'affinité avec les Lotus par leurs stipules à peine ou nullement adhérentes au pétiole. Enfin, il en est qui ont la carène obtuse comme dans les Aspalathus, d'autres le calice renflé à la façon des Anthyllis. C'est ce qui avait fait placer ces espèces par divers auteurs dans les genres que nous venons de citer. Comme ces Plantes n'ont pas toutes été soumises à un examen sévère, De Candolle n'a pas jugé convenable d'en former un genre distinct, et les a réunies provisoirement aux Ononides en recommandant leur étude aux monographes. (G..N.)

ONOPHYLLON. BOT. PHAN. C'est-à-dire Feuille d'Ane. Syn. ancien de Buglosse. V. ce mot. (B.)

ONOPIX. BOT. PHAN. Ce genre établi par Rafinesque dans la famille des Synanthérées, sur deux Plantes de la Louisiane, analogues aux Chardons, est trop imparfaitement caractérisé pour mériter d'être pris en considération. (G..N.)

ONOPORDE. Onopordum. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, tribu des Carduacées, et de la Syngénésie égale, L., offrant pour caractères essentiels: un involucre composé d'écailles larges, imbriquées, très-étalées, terminées par des pointes dures et fort piquantes; un réceptacle gros, charnu, creusé de fossettes nombreuses; la calathide très-grosse, formée de fleurs nombreuses, régulières, hermaphrodites; des akènes comprimés, anguleux, tétragones, sillonnés transversalement, très-serrés et nombreux, surmontés d'une aigrette caduque, formée de poils réunis par la base. On compte environ neuf à dix espèces dans ce genre, lesquelles, comme Plantes herbacées, sont remarquables par leurs grandes dimensions (les Onopordum græcum et arabicum s'élevant quelquefois à près de trois mètres), et par leurs feuilles décurrentes, ordinairement tomenteuses, sinuées, pinnatifides, quelques-unes imitant

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celles de l'Acanthe. Les fleurs sont rouges ou blanches, terminales au sommet des ramifications.

L'ONOPORDE ACANTHE, Onopordum Acanthium, L., vulgairement connu sous le nom de Chardon-aux-Anes, croît en abondance sur le bord des routes parmi les décombres et dans les lieux stériles de toute l'Europe. Sa tige s'élève quelquefois à plus d'un mètre; elle est ordinairement cotonneuse; mais on en trouve aussi une variété verte et presque toute glabre. Le réceptacle charnu et très-considérable de cette Plante pourrait devenir comestible et suppléer aux Artichauts, si la culture en avait développé les parties molles en faisant disparaître le tissu filandreux et coriace que ce réceptacle offre dans les Plantes sauvages. Les graines de l'Onoporde renferment de l'huile fixe, qu'il serait lucratif d'extraire par expression, puisqu'un seul pied, selon Murray, a fourni douze livres de graines qui ont rendu le quart de leur poids d'huile. Quant aux propriétés médicales de l'Onoporde, usité jadis comme topique dans des maladies constitutionnelles, telles que le cancer, les affections scrophuleuses, elles sont purement illusoires. Scopoli, par un changement inutile de nom générique, a nommé cette Plante Acanos Spina.

C'est au genre Onopordum qu'Allioni a rapporté une Plante des Alpes méridionales, sur laquelle Guettard a formé un genre Villarsia, lequel a été changé par Villars en celui de Berardia. Ce genre n'ayant pas été admis, la Plante en question avait été réunie au genre Arctium par Lamarck et De Candolle. (G..N.)

* ONOPTERIS. BOT. CRYPT. C'est-à-dire Fougère d'Ane. Syn. d'Asplenium Adianthum-Nigrum, dans Dodoens et dans Gérard. (B.)

ONOPYXOS. BOT. PHAN. C'est-à-dire Buis d'Ane. (Théophraste.) L'Onopordum Illyricum, selon Daléchamp; le Carduus nutans, selon Dodoens. (B.)

ONORÉ. OIS. Espèce du genre Héron. V. ce mot. (DR..Z.)

* ONOS. ZOOL. Aristote, et généralement toute l'antiquité, ont indifféremment désigné sous ce nom l'Ane et le Cloporte; d'oùla dénomination d'Oniscus et d'Asellus appliquée à ce dernier par les traducteurs, et adoptée par les naturalistes. (B.)

ONOSÉRIDE. Onoseris. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées et de la Syngénésie superflue, L., établi par Willdenow, adopté avec des modifications par De Candolle et Kunth. Il a été ainsi caractérisé par ce dernier auteur: involucre presque hémisphérique; composé de folioles nombreuses, imbriquées, linéaires-aiguës, subulées au sommet; réceptacle nu; calathide radiée; les fleurons du disque tubuleux, hermaphrodites, à corolle dont le tube est quinquéfide; les rayons ou fleurons de la circonférence bilabiés, femelles, à anthères sessiles, munies à la base de deux appendices sétacés; akènes cylindracés, striés, surmontés d'une aigrette sessile et poilue. Ce genre fait partie des Labiatiflores de De Candolle, et forme le type de la section des Onoséridées dans la tribu des Carduacées de Kunth. Il se compose de Plantes indigènes de l'Amérique méridionale, et particulièrement des contrées occidentales, telles que les républiques de Colombie, du Pérou et du Chili. Ce sont des Plantes acaules ou quelquefois caulescentes, rarement sous-frutescentes, à feuilles alternes. Les fleurs dont les rayons sont pourpres, roses ou blancs, sont portées sur des pédoncules uniflores ou multiflores. Parmi ces espèces, nous citerons seulement celles qui ont été décrites et figurées par Kunth (Nov. Gen. et Spec. Plant., vol. IV, p. 7, tab. 304, 305 et 306), savoir: Onoseris hieracioides, Onos. speciosa, et Onos. hyssopifolia. (G..N.)

* ONOSÉRIDÉES. BOT. PHAN. L'une des six sections établies par Kunth, dans les Carduacées. V. ce mot. (B.)

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ONOSME. Onosma. BOT. PHAN. Genre de la famille des Borraginées, et de la Pentandrie Monogynie, L., qui, dans les ouvrages français, tels que la Flore Française et l'Encyclopédie Méthodique, porte le nom d'Orcanette; mais cette dénomination étant universellement reçue pour désigner une Plante du genre Grémil (Lithospermum tinctorium, L.)dont la racine donne une belle couleur rouge, il pourrait résulter de la confusion en employant le mot d'Orcanette pour le genre dont il est ici question. Voici ses caractères essentiels: calice à cinq lobes qui ne dépassent pas le milieu de sa longueur; ces lobes sont lancéolés et droits; corolle tubuleuse, campanulée, ou plutôt infundibuliforme, dont le tube est court, le limbe tubuleux-ventru, à cinq lobes droits, et à gorge nue; cinq étamines dont les filets sont courts, et les anthères sagittées; stigmate obtus; quatre akènes, ovés, luisans, durs, non perforés à la base, uniloculaires, et cachés dans le fond du calice persistant. Ce genre a de l'affinité avec le Symphytum et le Pulmonaria; il se distingue du premier par l'entrée de sa corolle qui n'est point munie d'écailles, et du second par sa corolle dont les divisions du limbe sont dressées etconniventes. Lehmann quis'est beaucoup occupé des Plantes de la famille des Aspérifoliées ou Borraginées, a établi son genre Moltkia sur une espèce rapportée aux Onosma, par Willdenow. Il a en outre fondé les genres Craniospermum et Colsmannia, qui paraissent très-voisins de l'Onosma. D'un autre côté, le Cerinthe orientalis de Linné (Amæn. Acad., p. 267) a été réuni au genre
dont il est ici question.

L'espèce type du genre est l'Onosma echioides, L., Plante qui croît dans les lieux arides du midi de l'Europe. Sa tige et ses feuilles sont hérissées de poils blancs un peu écartés; ses fleurs sont jaunâtres, terminales, et forment deux ou trois épis légèrement contournés.

Les qualités tinctoriales de la racine de cette Plante étaient connues des anciens qui savaient en composer un rouge pour le visage et en teindre les étoffes. Pallas rapporte que les hordes tartares des bords de la mer Caspienne, ne se servent guère d'autre substance pour teindre en rouge. On voit donc que cette racine offre un intérêt assez grand aux peuples qui ne jouissent pas encore de tous les bienfaits de la civilisation; mais elle est d'une faible valeur chez les nations éclairées oùle commerce et l'industrie mettent à profit beaucoup de matières colorantes infiniment supérieures à la racine d'Onosma echioides. C'est dans l'écorce de cette racine que réside le principe colorant.

Les auteurs modernes ont décrit en outre plus de vingt espèces de ce genre, lesquelles sont indigènes des contrées orientales et méridionales de l'Europe. La Hongrie, la Russie d'Europe, le littoral asiatique de la Méditerranée, l'Archipel grec, sont les lieux oùon en rencontre une plus grande quantité. (G..N.)

ONOSMODIUM. BOT. PHAN. Genre de la famille des Borraginées, et de la Pentandrie Monogynie, L., établi par Richard (in Michaux Flor. bor. Amer., 1, 132) qui lui a imposé les caractères suivans: calice profondément divisé en cinq lanières dressées, étroites, linéaires; corolle oblongue, à peu près campanulée, dont la gorge est nue, le limbe renflé, à cinq découpures dressées, conniventes, lancéolées, aiguës, dont les bords sont infléchis; cinq étamines à anthères sessiles, incluses et sagittées; ovaire semblable à celui des Onosma, avec un style très-long, et saillant hors de la corolle. Quoique le nom d'Onosmodium ait été adopté par tous les auteurs qui ont écrit sur les Plantes de l'Amérique septéntrionale, Lehmann et Sprengel ont essayé de lui substituer celui de Purshia. Ce nouveau nom u'a pas été adopté: 1° parce qu'il n'était nullement ur-

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gent de rejeter celui de l'auteur du genre; 2° parce que le nom de Purshia a été donné à plusieurs autres genres, entre autres au Tigarea tridentata de Pursh par De Candolle, V. PURSHIE. Le genre Onosmodium est excessivement voisin de l'Onosma; car si l'on compare leurs caractères, on n'y trouvera presqu'aucune différence, et, par le port, il tient le milieu entre ce dernier genre et les Consoudes. Les deux espèces décrites dans la Flore de Michaux, portent les noms d'Onosmodium hispidum et d'O. molle, loc. cit., tab. 15. La première a pour synonyme le Lithospermum Virginicum de Linné; la seconde le Lith. Carolinianum de Lamarck. Ces Plantes sont des Herbes à feuilles larges, marquées de fortes nervures parallèles; leurs fleurs sont grandes, blanchâtres, analogues à celles des Onosma et des Symphitum. Elles croissent dans les régions chaudes des Etats-Unis. A ces espèces Rœmer et Schultes en ont ajouté une troisième indigène de la Virginie; et à laquelle ils ont donné le nom d'O. scabrum. (G..N.)

ONOSURTS. BOT. PHAN. Rafinesque (Flor. Ludov., p. 96) a formé sous ce nom et sur une Plante de la Louisiane, un genre qui ne diffère de l'Œnothera que par une légère modification dans la forme du calice, qui offre deux découpures réfléchies et caduques. Nous ne pensons pas qu'il doive être adopté, et conséquemment, l'Onosuris acuminata, Raf., doit prèndre place parmi les Onagres. V. ce mot. (G..N.)

ONOTAURUS. MAM. V. JUMAR.

ONOTERA. BOT. PHAN. Pour OEnothera. V. ONAGRE. (B.)

* ONOTROPHE. BOT. PHAN. Le genre Cirsium de Tournefort, fondu par Linné dans les Carduus et les Cnicus, mais rétabli par Gaertner, De Candolle et par la plupart des auteurs modernes, ayant de nouveau été examiné avec attention par Cassini, a subi encore de la part de ce botaniste divers changemens. Il a formé trois genres à ses dépens, qu'il a nommés Notobasis, Eriolepis et Onotrophe. Ce dernier est caractérisé par ses calathides composées de fleurs hermaphrodites, et par son involucre à folioles dépourvues de piquans, ou pourvues seulement d'une petite épine molle, et il a divisé ce genre en deux sections, dont la première (Apalocentron), qui a pour type le Cirsium oleraceum, D. C., présente un involucre ayant les folioles intermédiaires larges, foliacées, terminées en épine molle, mais non piquantes; la seconde (Microcentron), qui renferme les Cirsium palustre et acaule, D. C., a l'appendice des folioles de l'involucre extrêmement court, ordinairement réduit à une petite épine molle. Les personnes qui ont eu occasion d'examiner ces Plantes, très-communes dans les environs de Paris, regarderont probablement comme arbitraire leur rapprochement en un genre isolé des Cirsium; elles ont un port très-différent les unes des autres, et les diversités qu'elles présentent dans leur involucre, paraissent assez majeures pour ne pas les réunir, si toutefois on consent à morceler le groupe des Cirsium, dont le caractère essentiel repose sur la structure de l'aigrette. V. CIRSE. Nous accorderons néanmoins que le Cirsium oleraceum, à cause des larges folioles et de la forme générale de son involucre, ainsi que de son port particulier, pourrait bien être séparé des Cirses; dans ce cas, il faudrait lui associer non pas les Cirsium palustre et acaule, mais les Cirsium ochroleucum, tataricum, et quelques espèces voisines qui croissent dans les Alpes et les pyrénées. Mais une forte objection se présente à notre esprit, pour ne pas admettre un genre si peu caractérisé; c'est l'hybridité signalée par Gay (Bullet. de Férussac, février 1826, Botanique, p. 209), qui résulte naturellement du voisinage du C. glabrum avec le C. Monspessulanum, D. C., que l'on considère comme de vrais

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Cirsium, mais qui sont des espèces assez différentes par le port. Or, il est presque démontré que les hybrides ne peuvent avoir lieu entre des espèces appartenant à des genres réellement distincts. V. HYBRIDITÉ. (G..N.)

ONTHOPHAGE. Onthophagus. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Clavicornes, tribu des Scarabéides, division des Coprophages, établi par Latreille, et se distinguant des Bousiers proprement dits, avec lesquels Fabricius et Olivier les avaient confondus, par les caractères suivans: antennes de neuf articles, terminées par une massue de trois articles, lamellée, presque aussi longue que large; palpes maxillaires de quatre articles dont le dernier est ovalaire; les labiaux ayant leur dernier article presque nul; écusson nul. Corps court, déprimé en dessus, et ovale. Ce genre se distingue des Phanées (Copris de Fabricius), qui en sont les plus rapprochés, en ce que la massue des antennes de ces derniers est infundibuliforme et par leurs tarses postérieurs composés d'articles aplatis. Les Bousiers proprement dits sont distingués des Onthophages par leur corps convexe en dessus et par d'autres caractères tirés des palpes et des pâtes. Enfin les Oniticelies, Onites et OEschrotès, en sont bien séparés par leur écusson qui est plus ou moins visible, ce qui n'a pas lieu chez les Onthophages. La tête de ces Insectes est arrondie antérieurement, armée de cornes, d'éminences ou de tubercules selon les espèces; le labre et les mandibules sont membraneux et cachés sous le chaperon. Les mâchoires sont terminées par un grand lobe membraneux, arqué, large, tourné en dedans. Elles donnent attache chacune aux palpes de quatre articles dont le dernier est médiocrement allongé et presque ovale. La lèvre inférieure est très-petite; elle porte deux palpes très-velus, de trois articles, dont le premier et le second sont ovalaires et le dernier presque nul. Le corselet est plus large que long, armé, le plus souvent, d'éminences en forme de cornes, ou de tubercules; il n'y a point d'écusson; les élytrès sont arrondies postérieurement, et laissent à découvert l'extrémité postérieure de l'abdomen. Les ailes sont pliées sous les élytres. Les pates sont courtes; les hanches intermédiaires sont très-écartées entre elles, les autres plus rapprochées; les quatre jambes postérieures s'élargissent subitement et grossissent vers l'extrémité; les tarses intermédiaires et postérieurs sont composés d'articles cylindrico-coniques, légèrement aplatis et terminés par des crochets apparens. Les Insectes de ce genre ont les mêmes habitudes que les Bousiers et les Onites; comme eux ils vivent dans les bouses et tous les excrémens. On en trouve dans toutes les parties du monde. L'Europe et l'Afrique sont les pays oùil y en a le plus. On en connaît actuellement près de cent espèces que l'on peut placer dans les trois divisions suivantes établies par nos collaborateurs de l'Encyclopédie Méthodique. Nous ne mentionnerons ici que les principales espèces.

I. Tête bicorne dans les mâles.

ONTHOPHAGE TAUREAU, Onthophagus Taurus, Latr.; Copris Taurus, Oliv.; Scarabœus Taurus, L., Fabr.; Scarabœus ovinus, Bay., Ins., p. 103, 2; Scarabœus illyricus, Scop.; Copris niger, etc., Geoff., Ins. T. I, p. 92, n° 10; Scarabœus corniger, Fourcroy, etc. etc. Long de près de deux lignes et demie, noir; corselet simple; tête armée de deux longues cornes arquées. Ces cornes sont beaucoup plus courtes dans les femelles. Il est commun aux environs de Paris.

II. Tête unicorpe dans les mâles.

ONTHOPHAGE NUCHICORNE, Onthophagus nuchicornis, Latr.; Copris nuchicornis, Oliv.; Encycl. et Hist. Nat. des Col., Scarabée, pl. 7, fig.

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53; Scarabœus nuchicornis, Fabr., Geoff., Ins. T. 1, 89, 6 et 4, Degéer, 4, 265, 9, etc., etc. Long de près de trois lignes, bronzé; élytres testacées; tête avec une corne postérieure, élevée, déprimée à la base. Commun aux environs de Paris.

III. Tête sans cornes dans les deux sexes.

ONTHOPHAGE DE SCHREBER, Onthophagus Schreberi, Latr.; Ateuchus Schreberi, Fabr., Oliv., Entom. T. 1, pl. 19, f. 176; Scarabæus Schréberi, Fabr., L.; Copris niger, etc., Geoff., 1, 91, 7. Long de deux lignes à peu près; presque rond, noir, luisant et pointillé avec deux taches rouges sur chaque élytre dont l'une à la base et l'autre à l'extrémité. Commun dans le midi de la France, plus rare aux environs de Paris. (G.)

ONTHOPHILE. Onthophilus. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Clavicornes, tribu des Histéroïdes, établi par Leach et adopté par Latreille (Fam. Nat.). Ce genre est formé aux dépens du genre Escarbot, et n'en diffère que par le présternum qui n'est point dilaté, presque plan et court; par ses antennes, qui sont presque de la longueur du corselet avec le troisième article manifestement plus long que les suivans, et qui peuvent se placer dans une cavité du prothorax. Le corps des Onthophiles est carré; mais il se rapproche de la forme globuleuse. Ce petit genre a pour type les Hister globosus et minutus de Fabricius. V. ESCARBOT. (G.)

ONXIE. BOT. PHAN. Pour Unxie. V. ce mot.

* ONYCHIE. Onychia. MOLL. Genre voisin des Seiches et des Sépioles, établi par Lesueur, et auquel on a donné depuis le nom d'Onychoteuthe. V. ce mot. (D..H.)

* ONYCHITE. MOLL. Quelques espèces de Térébratules ou d'autres Coquilles bivalves, à crochet recourbé, en forme d'ongle crochu, ont été ainsi nonimées par quelques anciens oryctographes. (D..H.)

* ONYCHIUM. BOT. PHAN. Blume (Bijdragen tot de Flora van Nederlandsch Indië, 1, p. 323) a nouvellement établi sous ce nom un genre de la famille des Orchidées, et de la Gynandrie Diandrie, L., auquel il a imposé les caractères suivans: sépales du périanthe étalés ou légèrement dressés; les trois extérieurs un peu cohérens à la base, les latéraux soudés inférieurement avec l'onglet du labelle, et simulant un éperon. Labelle étroit à la base, nu ou appendiculé à l'intérieur, soudé par la base avec le gynostème, ayant son limbe élargi, presque lobé et étalé. Anthère terminale, biloculaire, déprimée; masses polliniques au nombre de deux, ovales, bipartibles, pulpeuses-céréacées, penchées vers le bord lamelleux du stigmate. Ce genre est indiqué par son auteur, comme formé sur des espèces qui appartiennent au Dendrobium de Swartz. Toutes celles qu'il a décrites (loc. cit.) sont nouvelles, ou du moins il n'en a pas indiqué les synonymes. Il les a distribuées en deux sections; la première caractérisée principalement par ses sépales étalés, son gynostème pubescent dans sa partie supérieure, ses tiges non bulbeuses à la base, et ses fleurs formant des grappes denses. Elle ne contient que deux espèces natives des montagnes de Java. La seconde section diffère de la première par ses sépales dressés, son gynostème nu, ses tiges pourvues à la base de bulbes, et ses fleurs en grappes lâches. Elle se compose de douze espèces qui croissent pour la plupart dans les forêts des montagnes de l'île de Java. Un petit nombre se trouve aux environs de Batavia; l'une d'elles, étant originaire du Japon, a reçu le nom d'Onychium Japonicum. (G..N.)

* ONYCHOTEUTHE. Onychoteuthis. MOLL. Des Calmars, dont les bras sont armés de ventouses et de griffes, et qui ont le rudiment tes-

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tacé, à trois tranchans, ont été séparés par Lichtenstein pour former un genre particulier. Férussac en fit d'abord un groupe ou un sous-genre des Calmars; Blainville (Traité de Malacologie) imita cet exemple que Latreille ne suivit pas, car il adopta dans ses Familles Naturelles du Règne Animal, le genre Onichia de Lesueur, qui est le même que celui-ci. Il le plaça dans la famille des Enterostés, à l'égal des Calmars, Sépiole et Cranchie. Vers ces derniers temps, D'Orbigny, dans son travail sur les Céphalopodes, a admis ce genre, qu'il place dans la famille des Décapodes, entre les Sépioles et les Calmars. Il le caractérise de la manière suivante: sac cylindracé, acuminé postérieurement; bord dorsal, bien distinct du col; nageoires grandes, formant un rhombe par leur réunion; bras sessiles, assez égaux, quelquefois armés de griffes; bras pédonculés, longs, terminés en massue et armés de ventouses et de griffes cornées et inégales; un rudiment testacé, interne, corné, étroit, en forme d'épée, à trois tranchans. Mont fort, dans le Buffon de Sonnini, avait mentionné de nouveau, un Animal sous le nom de Poulpe onguiculé, qu'antérieurement Molina avait décrit dans son Histoire Naturelle du Chili. Leach, en adoptant le genre de Lichtenstein, ajouta un certain nombre d'espèces, augmenté depuis par Lesueur, et enfin par D'Orbigny. On en connaît onze aujourd'hui. (D..H.)

ONYGENA. BOT. CRYPT. (Lycoperdacées.) Ce genre, établi par Persoon, appartient à la section des Trichiacées. Il se rapproche cependant des vraies Lycoperdacées par son tissu plus solide, sa taille un peu plus grande, sa forme plus irrégulière; son péridium est globuleux, simple, ordinairement porté sur un pédicule court et solide, d'une texture fibreuse; il s'ouvre irrégulièrement au sommet, et finit par se détruire complétement. Les sporules sont agglomérées, entremélées de filamens. Ces petites Cryptogames sont remarquables en ce que plusieurs d'entre elles croissent, ainsi que le nom du genre l'indique, sur la corne, les os ou d'autres substances animales exposées à l'humidité dans les champs. Deux espèces sont dans ce cas; ce sont les Onygena equina et O. corvina de Persoon. Deux autres croissent sur les bois morts; ce sont les O. decorticata et cœspitosa du même auteur. Ces Plantes ont tout au plus trois à quatre lignes de haut; leur couleur est généralement d'un blanc sale ou d'un fauve pâle. (AD. B.)

* ONYRA. BOT. PHAN. (Dioscoride.) Probablement le Laurier de saint Antoine, Epilobium angustifolium. V. EPILOBE. (B.)

* ONYX. MOLL. Nom vulgaire et marchand du Conus Virgo. (B.)

ONYX. MIN. Les différentes sous-variétés d'Agate appelées Calcédoine, Sardoine, Cornaline, etc., se trouvent souvent réunies dans la même masse, où elles forment des couches successives ou des bandes parallèles de couleurs vives et tranchées. On donne en général le nom d'Onyx à ces Agates ainsi composées de deux ou plusieurs couches parallèles, et que l'on peut employer utilement pour la gravure en camées. On distingue trois sortes d'Onyx: l'Onyx à couches droites et parallèles, ou l'Onyx proprement dit; l'Onyx à couches ondulées, ou l'Agate rubanée des lapidaires; et l'Onyx à couches circulaires et concentriques, ou l'Agate œillée, qui provient d'une section faite dans un mamelon ou dans une stalactite d'Agate, dont les couches successives sont diversement colorées. Les Onyx étaient très-recherchées des anciens pour la culture en relief. Pline cite les Indes et l'Arabie, comme les lieux d'où les tiraient les artistes romains. Ils employaient de préférence les Onyx à trois et à quatre couches, surtout ceux qui présentaient une couche blanche entre

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deux couches de couleur rembrunie. Ils sculptaient le principal relief dans la partie blanche, réservaient une portion de la couche supérieure pour les ornemens accessoires, et gardaient l'inférieure pour servir de fond. Parmi les chefs - d'œuvre de l'antiquité, que possède la collection des Pierres gravées de la Bibliothèque royale, on remarque l'Apothéose d'Auguste, gravée sur Onyx à quatre couches, deux brunes et deux blanches; ce camée est de forme ovale, et a onze pouces de largeur sur neuf de hauteur; c'est le plus grand Onyx connu. Un autre Onyx à quatre couches de la plus grande beauté, est l'Apothéose de Germanicus. Ce héros y est représenté enlevé sur les ailes d'un Aigle. Le nom d'Onyx, qui signifie ongle, avait été donné par les anciens à une Calcédoine dont la teinte blanchâtre tirait sur celle de l'ongle séparé de la chair. Une autre variété d'Agate, que l'on peut rapporter à la Cornaline, et qui était d'une couleur de chair, portait le nom de Sarda. On appela Sardonyx un composé de l'une et de l'autre, dans lequel une couche blanche et translucide recouvrait une autre couche d'un rouge incarnat, dont la couleur perçait à travers la première comme celle de la chair à travers l'ongles Dans la suite on a fini par appliquer le nom d'Onyx à toutes les Pierres formées de couches différemment colorées. (G. DEL.)

* ONZA. MAM. Syn. de Jaguar. V. CHAT. (B.)

* OOBAR. BOT. PHAN. On ne connaît pas cet Arbre de Sumatra que Marsden dit fournir un bois pareil à celui de Campêche, et dont les naturels se servent pour teindre leurs filets. (B.)

OODE. Oodes. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Carnassiers, tribu des Carabiques, établi par Bonelli et adopté par Latreille et Dejean avec ces caractères: les trois premiers articles des tarses antérieurs dilatés dans les mâles; dernier article des palpes allongé, presque ovalaire et tronqué à l'extrémité; antennes filiformes; lèvre supérieure presque transverse, coupée carrément ou légèrement échancrée; mandibules peu avancées, légèrement arquées et assez aiguës; une dent simple au milieu de l'échancrure du menton; tête presque triangulaire et un peu rétrécie postérieurement; corselet trapézoïde, rétréci antérieurement et aussi large que les élytres à la base. Ces Insectes se distinguent des Amares et autres genres voisins par la forme des articles de leurs tarses et par des caractères tirés des palpes. Les Chlœnies ont le dernier article des palpes maxillaires cylindrique; les Callistes ont le corps allongé et le corselet rétréci postérieurement; enfin les Eponies et les Dinodes ont le dernier article des palpes extérieurs comprimé, dilaté, en forme de triangle renversé. Ce genre se compose de six espèces, dont deux appartiennent à l'Europe, deux aux Indes, une à l'Amérique septentrionale et la dernière à Cayenne. Nous citerons parmi celles d'Europe:

L'OODE HÉLOPIOÏDE, Oodes helopioides, Latr., Dej., Catal. des Coléopt. T. II, p. 378); Carabus helopioides, Fabr., Syn. Ins., 1, p. 203, n° 196; Harpalus helopioides, Gyllenhal, 2, p. 135, n° 45. Long de trois lignes et demie à quatre lignes, noir; tête lisse, très-légèrement convexe, avec deux petites impressions peu marquées entre les antennes; palpes d'un brun noirâtre; antennes un peu plus courtes que la moitié du corps, ayant les trois premiers articles d'un noir un peu brunâtre, et les autres obscurs et pubescens; yeux brunâtres, arrondis et peu saillans; corselet un peu plus large que la tête à sa partie antérieure, et du double plus large à sa base, lisse et un peu convexe; une ligne enfoncée, très-peu marquée au milieu, et deux petites impressions à peine marquées vers sa base; écusson

TOME XII. 15

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assez grand, lisse et triangulaire; élytres de la largeur du corselet, presque parallèles, assez allongées, arrondies et très-légèrement sinuées à l'extrémité, avec d