RECORD: Bory de Saint-Vincent, Jean Baptiste Georges Marie, ed. 1822-31. Dictionnaire classique d'histoire naturelle. 17 vols. Paris: Rey & Gravier. Volume 12.

REVISION HISTORY: OCRed by AEL Data 04.2014. RN1

NOTE: This work formed part of the Beagle library. The Beagle Library project has been generously supported by a Singapore Ministry of Education Academic Research Fund Tier 1 grant and Charles Darwin University and the Charles Darwin University Foundation, Northern Territory, Australia.


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DICTIONNAIRE

CLASSIQUE

D'HISTOIRE NATURELLE.

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Liste des lettres initiales adoptées par les auteurs.

MM.

AD. B. Adolphe Brongniart.

A. D. J. Adrien de Jussieu.

A. F. Apollinaire Fée.

A. R. Achille Richard.

AUD. Audouin.

B. Bory de Saint-Vincent.

C. P. Constant Prévost.

D. Dumas.

D. C..E. De Candolle.

D..H. Deshayes.

DR..Z Drapiez.

E. Edwards.

E. D.. L. Eudes Deslonchamps.

G. Guérin.

G. DEL. Gabriel Delafosse.

GEOF. ST.-H. Geoffroy St.-Hilaire.

G..N. Guillemin.

H.-M. E. Henri-Milne Edwards.

ISID. B. Isidore Bourdon.

IS. G. ST.-H. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire.

K. Kunth.

LAT. Latreille.

LESS. Lesson.

La grande division à laquelle appartient chaque article, est indiquée par l'une des abréviations suivantes, qu'on trouve immédiatement après son titre.

ACAL. Acalèphes.

ANNEL. Annelides.

ARACHN. Arachnides.

BOT. CRYPT. Botanique. Cryptogamie.

BOT. PHAN. Botanique. Phanérogamie.

CHIM. ORG. Chimie organique.

CHIM. INORG. Chimie inorganique.

CIRRH. Cirrhipèdes.

CONCH. Conchifères.

CRUST. Crustacés.

ECHIN. Echinodermes.

FOSS. Fossiles.

GÉOL. Géologie.

INS. Insectes.

INT. Intestinaux.

MAM. Mammifères.

MICR. Microscopiques.

MIN. Minéralogie.

MOLL. Mollusques.

OIS. Oiseaux.

POIS. Poissons.

POLYP. Polypes.

PSYCH. Psychodiaires.

REFT. BAT. Reptiles Batraciens.

— CHÉL. — Chéloniens.

— OPH. — Ophidiens.

— SAUR. — Sauriens.

ZOOL. Zoologie.

IMPRIMERIE DE J. TASTU, RUE DE VAUGIRARD, N°36.

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DICTIONNAIRE

CLASSIQUE

D'HISTOIRE NATURELLE,

PAR MESSIEURS

AUDOUIN, Isid. BOURDON, Ad. BRONGNIART, DE CANDOLLE, G. DELAFOSSIE, DESHAYES, E. DESLONCHAMPS, DRAPIEZ, DUMAS, EDWARDS, H.-M. EDWARDS, A. FÉE, GEOFFROY SAINT-HILAIRE, Isid. GEOFFROY SAINT-HILAIRE, GUÉRIN, GUILLEMIN, A. DE JUSSIEU, KUNTH, LATREILLE, LESSON, C. PRÉVOST, A. RICHARD, et BORY DE SAINT-VINCENT.

Ouvrage dirigé par ce dernier collaborateur, et dans lequel on a ajouté, pour le porter au niveau de la science, un grand nombre de mots qui n'avaient pu faire partie de la plupart des Dictionnaires antérieurs.

TOME TREIZIÈME,

PAN-PIV.

PARIS.

REY ET GRAVIER, LIBRAIRES-ÉDITEURS,
Quai des Augustins, n° 55;

BAUDOUIN FRÈRES, LIBRAIRES-ÉDITEURS,
Rue de Vangirard, N° 17.

JANVIER 1828.

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DICTIONNAIRE

CLASSIQUE

D'HISTOIRE NATURELLE.

PANACHE. ZOOL. BOT. En raison des panaches dont quelques parties de certains Animaux et de Plantes offrent une image, on appelle PANACHE la femelle du Paon, et les Coléoptères des genres Drile et Ptilin. V. ces mots. On a aussi nommé:

PANACHE DE MER (Annel.), les Sabelles et les Amphitrites.

PANACHE DE PERSE (Bot.), le Fritillaria persica.

PANACHE ROUGE (Bot.), les fleurs des Erythriues.

PANACHE DU VENT (Bot.), les panicules magnifiques des Saccharum Ravennœ et spontanœum, etc. (B.)

* PANACHÉE. REPT. OPH. Espèce du genre Couleuvre. V. ce mot. (B.)

PANACOCO. BOT. PHAN. Aublet a décrit et figuré (Pl. de la Guiane, vol. 2, p. 769, tab. 307) sous le nom de Grand Panacoco, un des plus grands et des plus gros Arbres de la Guiane. Il l'avait placé dans le genre Robinia de la famille des Légumineuses, en lui donnant le nom vulgaire comme spécifique; mais Willdenow substitua inutilement à ce dernier nom celui de tomentosa. Dans ses Mémoires sur la famille des Légumineuses, De Candolle a reconnu que la figure du R. Panacoco d'Aublet avait été faite sur deux Plantes différentes, savoir, quant au feuillage sur une espèce de Swartzia, et quant aux fleurs et au fruit sur un Arbre tout-à-fait différent, peut-être sur quelque espèce de Lonchocarpus. Ne sachant auquel de ces deux Arbres le nom vulgaire de Panacoco est appliqué, De Candolle a préféré retenir pour la non-velle espèce de Swartzia le nom spécifique de tomentosa. Cependant il est extrêmement probable que la description du Grand Panacoco, était destinée plutôt au feuillage qu'aux fleurs, et par conséquent le mot de Panacoco s'applique à la Plante décrite et figurée avec détail par De Candolle, loc. cit., tab. 59. V. SWARTZIE. (G..N.)

PANAGĖE. Panagœus. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Carnassiers, tribu des Carabiques, établi par Latreille et adopté par tous les entomologistes. Dejean, dans le Spéciès des Coléoptères de sa collection, le caractérise ainsi: les deux premiers articles des tarses antérieurs dilatés dans les mâles. Dernier article des palpes fortement sécuriforme; antennes filiformes; lèvre supérieure transverse, très-courte, coupée carrément ou légèrement échancrée; mandibules arquées, courtes et trés-

TOME XIII. 1

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peu saillantes; une dent bifide au milieu de l'échancrure du menton; tête petite, souvent rétrécie derrière les yeux; corselet plus ou moins arîonai.'Ce genre se distingue des Loricères, Callistes, Chlœnius, etc., parce que ceux-ci ont les trois premiers articles des tarses antérieurs dilatés dans les mâles. Les Rembes, Dicœles, Licines et Badistes en sont bien distincts par leur menton dont l'échancrure n'a point de dent au milieu, tandis que celui des Panagées présente une dent bien manifeste. La tête des Panagées est petite et un peu allongée; les yeux sont très-saillans dans le plus grand nombre; les antennes sont filiformes, à peine de la longueur de la moitié du corps; les mandibules sont cornées, courtes, pointues et sans dentelures intérieurement; les mâchoires sont membraneuses, arquées, pointues, ciliées à l'intérieur; elles portent deux palpes dont l'interne, composé de deux a ticles presque cylindriques et courbés, s'applique sur le dos de la mâchoire, et l'externe, beaucoup plus long, est composé de quatre articles dont le premier très-court, le second trois bis plus long, le troisième encore court et le dernier un peu plus long que le troisième, tronqué obliquement ou fortement sécuriforme; le menton est très-grand, ayant trois dents dont celle du milieu très-courte et bifide, et les latérales grandes et arrondies à l'extérieur; la languette ou lèvre inférieure est membraneuse, trifide; la pièce du milieu est carrée et surmontée de deux soies; les latérales sont un peu transparentes et étroites; les palpes labiaux sont composés de trois articles, le premier court, le second trois fois plus long et le dernier plus court que le second, et fortement en hache; le corselet est toujours plus ou moins arrondi, très-fortement ponctué; les élytres sont un peu convexes, presque parallèles et assez allongées dans les petites espèces, et dans les grandes plus convexes, ovales et quelquefois presque globuleuses; les jambes antérieures sont fortement échancrées; les tarses sont composés d'articles assez allongés, presque cylindriques ou légèrement triangulaires et un peu échancres à l'extrémité; les deux premiers des tarses antérieurs des mâles sont fortement dilatés, le premier presque en triangle, le second en carré don t les angles sont un peu arrondis; ils sont tous les deux garnis en dessous de longs poils beaucoup plus saillans en dehors qu'en dedans. Ce genre est peu nombreux en espèces, toutes ont une forme générale ou un faciès qui les fait aisément distinguer des autres Carabiques. L'Europe, l'Asie, l'Afriaue et l'Amérique sont les contrées où l'on a rencontré ces Insectes; en général ils ne sont pas communs. De-jean, dans l'ouvrage que nous avons cité plus haut, décrit huit espèces de ce genre. Parmi celles d'Europe nous citeions:

Le PANACÉE GRANDE-CROLX, Pa nagœus Crux-Major, Fabr., Latr.; Dej., Spéciès des Col., etc. T. II, p. 286; Clairville, Ent. Helv. T. II, p. 100, pl. 15; Panagœus Crux, Gylenhal; Carabus bipustulatus, Oliv.; le Chevalier noir, Geoff., Ins. de Par. T. I, p. 1 50, n° 17. Long de trois lignes et demie à quatre lignes; tout noir excepté les quatre taches rousses des élytres dont l'intervalle noir qui les entoure représente assez bien une croix; têle ayant deux sillons dans toute sa longueur avec quelques poils vers l'extrémité; corselet arrondi, fort pointillé et velu; élytres striées par de forts points, eu foncées, velues; dessous du corps noir et velu ainsi que les pates. On trouve cette espèce aux environs de Paris, mais assez rarement; nous l'avons rencontrée plus abondamment près d'Amiens, dans des prés humides en soulevant le gazon qui se trouve au pied des Peupliers. (G.)

PANAIS. Pastinaca. rot. phan. Genre de la famille des Ombellifères et de la Pentandrie Digynie, L., offrant les caractères suivans: calice entier; corolle à pétales entiers, obtus, courbés en dedans et presqu'é-

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gaux entre eux; fruit presque orbiculé, obové, comprimé, surmonté d'un disque conique et de deux styles sétacés; chacune des deux portions de l'akène est presque ailée sur les bords, marquée sur la commissure de deux lignes ou baudelettes courbées, courtes et distinctes entre elles, munie sur lé dos de trois nervures peu saillantes. Les fleurs sont jaúnes; les involucres sont ordinairement nuls; quelquefois les involucelles existent. Le genre Pastinaca fait partie de la tribu des Sélinées, établie par Spreugel dans la famille des Ombellifères, et se place naturellement près des genres Heracleum, Ferula et Angelica. De même que pour beaucoup d'autres genres d'Omellifères, on y a fait entrer plusieurs Plantes qui ne lui appartiennent pas, et réciproquement on a transporté ses légitimes espèces dans quelques genres voisins. Ainsi plusieurs Heracleum et Ferula ont été rapportés au Pastinacà, et quelques vraies espèces de ce dernier genre ont été décrites sous les noms génériques de Selinum, Smyrnium, Anethum, OEnanthe, Sium et Angelica. Hoffmann (Umbellif. Genera, p. 125) a établi le genre Malabaïla sur deux espèces de Pastinaca (P. graveolens et P. pimpinellifolia de Marsch.-Bie-berst.); ce genre diffère seulement du Pastinaca par quelques légers caractères, et n'a pas été adopté. D'un autre côté, Sprengel a réuni au genre dont il est ici question l 'Anethum graveolens, L.

Le nombre des espèces de Pastinaca n'est pas considérable; il s'élève à environ une dizaine qui sont des Plantes herbacées, très-grandes, à feuilles composées de folioles assez larges, lobées ou incisées. Ces Plantes sont en général très-odorantes; elles croissent dans la région méditerranéenne, principalement dans les contrées orientales, et dans les pays situés à l'est de la mer Noire.

Le PANAIS CULTIVÉ, Pastinaca sativa, L.; Lamk., Illustr., tab. 206; Pastinaca sylvestris, Miller, Dict., n. 1, est une Plante assez commune dans les champs, ainsi que dans des lieux incultes, le long des haies et des chemius de toute l'Europe. Sa tige s'élève souvent à plus d'un mètre; elle est cylindrique, cannelée et rameuse. Ses feuilles sont un peu velues, une fois ailées, à folioles larges, lobées ou incisées. Les fleurs sont petites, régulières, et sont disposées en une ombelle très-étalée, dépourvue d'involucre général. Telle est la Plante des champs qui, par la culture, change un peu de physionomie. Ses folioles deviennent plus larges, plus découpées, et perdent leur villosité. En certaines stations, comme par exemple dans les prairies humides, elles acquièrent quelquesunes des qualités que la culture développe ordinairement. Cette diversité dans l'aspect extérieur de la même Plante, a déterminé certains auteurs à en créer deux espèces sous les noms de P. pratensis et P. ar vensis.

La racine du Panais est fusiforme, aromatique, charnue et douce dans la Plante cultivée, ligneuse et âcre dans la variété sauvage. Elle est alimentaire et fréquemment employée dans la cuisine. Sa culture est à peu près la même que celle de la Carotte. On sème la graine en mai, en mars ou en avril, dans une terre bien amendée, et quand les plants sont levés, on arrache ceux qui sont trop rapprochés; car il faut à cette Plante plus de place qu'à d'autres racines fusiformes, à cause de la tige qui est plus haute et plus étalée. Le Panais sauvage est doué d'une odeur assez forte due à la présence d'une huile vo atile particulière Le suc propre de cette Plante est tellement âcre, que lorsqu'on l'arrache dans les champs où il est, trop abondant, il fait venir, aux bras et aux mains des sarclecurs, des pustules qui causent une vive démangeaison et se terminent par des croûtes.

Le PANAIS OPOPANAX, Pastinaca Opopanax, L., Gouan, Illustr., p. 19, tab. 13 et 14; P. altissima,

1*

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Lamk., Flore Française, 1re edit., est une Plante du double environ plus élevée que la précédente espèce; elle est très-droite, cylindrique, glabre et un peu rameuse dans la partie supérieure. Ses feuilles sont très-am-ples, deux fois ailées, hérissées sur leurs pétioles, ainsi que sur les nervures de la face postérieure, composées de folioles ovales, dentées et remarquables par un lobe à leur base ou par un de leurs côtés plus court que l'autre, ce qui forme une échancrure latérale. Les ombelles sont petites, celles des bords portées sur des pédoncules verticillés par trois ou quatre ensemble vers le sommet de la tige; les fruits sont entièrement planes. Dans cette espèce, la présence des involucres et involucelles, ainsi que d'autres petits caractères, la rapprochent du genre Ferula, où elle a été placée par Sprengel, malgré la forme de ses feuilles, qui lui ôle entièrement le port des Férules. Cette Plante croît dans la région méditerranéenne. Linné lui a donné le nom spécifique d'Opopanax, parce que, selon cet illustre naturaliste, d'est d'elle que découle la gommerésine employée sous ce nom en pharmacie. V. OPOPANAX. (G..N.)

On a quelquefois vulgairement appelé la Berce, PANAIS SAUVAGE, la Visnague, PANAIS MARIN, et l'Echinophore, PANAIS ÉPINEUX. (B.)

* PANAKA. MAM. Les naturels des îles Fidjis donnent ce nom au Cochon de Siam, variété très-commune dans leurs îles, de même qu*aux Marquises, aux Sandwich et à O-Taïti, où elle est nommée Bouaa. Les chefs seuls ont le droit de manger la chair savoureuse et délicate de ce Cochon, et ils la font cuire dans des fours souterrains, connus de tout le monde par les descriptions de Bougainville, de Cook et des autres voyageurs. (LESS.)

PAN AMBU-VALLI. ROT. PHAN.(Rheed., Hort. Mal., tab. 56.) Syn. de Flagellaria indica. (B.)

* PANARGYRUS OU PANAR-GYRUM. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées et de la Syngénésie égale, L., établi par Lagasca (in Amenid. natur. de las Espanas, vol. 1, p. 33) qui l'a placé dans sa tribu des Chænantho-phores, lesquelles correspondent aux abiatiflores de De Candolle. Voici ses caractères essentiels: involucre oblong, composé de folioles imbriquées, trois extérieures ovales-subulées, cinq intérieures appliquées et connées en tube; corolles bilabiées, la lèvre externe à trois dents, l'interne bifide; aigrette sessile, composée de plusieurs paillettes plumeuses à peu près de la longueur de l'involucre. L'espèce sur laquelle ce genre a été fondé est une Plante herbacée de l'Amérique du sud, probablement du Chili, dont les feuilles radicales sont petites, les caulinaires entières, les calathides au nombre de quatre à sept disposées en corymbe. (G..N.)

PANARINE. BOT. PHAN. On donne quelquefois ce nom vulgaire aux Plantes qui composent le genre Paronychia. V. PARONYQUE. (G. N.)

* PANASU OU PANAZOU. BOT. PHAN. Selon Acosta, cité par L'Ecluse, c'est le nom que les habitans de quelques contrées de la Perse et de l'Asie orientale donnent au Jaquier (Artoccirpus integrifolia), type du genre Sitodium de Banks. V. ce mot. (G..N.)

* PANATAGUE. ROT. PHAN. L'un des noms vulgaires de la Pariétaire. (B.)

* PANATEIRO. INS. C'est-à-dire Boulanger. L'un des noms vulgaires par lesquels on désigne les Blattes dans le midi de la France. (B.)

PANAX. BOT. PHAN. V. GINSENG.

PANCAGA. BOT. PHAN. Nom de pays de l' Hydrocotyle asiaiica. (B.)

* PANCALIER. BOT. PHAN. Variété de Choux. (B.)

PANCARPON, BOT. PIIAN. Syn.

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ancien du Carlina acaulis selon les uns, et du Carthamus corymbosus selon d'autres. (B.)

PANCASEOLUS. BOT. PHAN. (Cæsalpin.) Syn. de Bunium Bulbocastanum, L. (B.)

* PANCHOTTE. OIS. Syn. vulgaire du Rouge-Gorge. V. SYLVIE. (DR..Z.)

PANCHRUS. MIN. On ne sait rien de celte Pierre mentionnée par le compilateur Pline, sinon qu'elle était de toutes les couleurs. (B.)

PANCIATICA, BOT. PHAN. (Piccivoli.) V. CADIA.

* PANCORO ET PANCUROD. BOT. PHAN. Camelli mentionne sous ces noms un petit Arbre des Philippines, qui paraît être le Morinda citrifolia. (B.)

PANCOVIA. BOT. PHAN. Willdenow (Species Plant., 2, p. 285) a décrit sous le nom de Pancovia bijuga, un Arbre de la Guinée, qu'il a placé dans l'Heptandrie Monogynie, L.; mais ce botaniste avait exposé des caractères si incomplets pour ce nouveau genre, qu'il était impossible, d'après sa description, de le rapporter à la famille des Légumineuses dont il fait partie. Cependant Smith (In Rees Cyclopedia, vol. 26) ayant indiqué son identité avec le genre Afzelia, De Candolle (Prodr. Syst. Veget., 2, p. 507) a décrit le Pancovia comme seconde espèce du genre Afzelia, en exprimant toutefois son doute sur I'identité des deux genres.

Heister donnait le nom de Pancovia au genre Comarum de Linné, qui a été réuni au Potentilla. V. CO-MARET et POTENTILLE. (G..N.)

PANCRATIUM. BOT. PHAN. C'est un genre de la famille des Narcissées et de l'Hexandrie Monogynie, L., qui peut être caractérisé de la maniere suivante: le calice est infundibuliforme, tubuleux à sa base, ou il est adhérent avec l'ovaire qui est infère; son limbe est à six divisions égales, dont trois un peu plus intérieures; les étamines sont au nombre de six, attachées à la partie supérieure du tube calicinal; elles sont réunies entre elles par leur base au moyen d'une membrane diversement frangée, qui forme une sorte de calice intérieur. Le style est long, cylindrique, terminé par un stigmate légèrement convexe et entier. Le fruit est une capsule ovoïde ou globuleuse, ombiliquée à son sommet, à trois loges, renfermant chacune plusieurs graines disposées sur deux rangées à l'angle interne, et s'ouvrant en trois valves. Les Pancraiium sont des Plantes bulbeuses, à feuilles longues et linéaires, à hampe nue, terminée par de grandes fleurs blanches, disposées en sertule ou ombelle simple. Ce genre est très-voisin des Crinum, dont il diffère seulement par la membrane qui réunit ses étamines. Deux espèces de ce genre croissent naturellement en rance, savoir: Pancratium maritimum et P. illyricum, L. On les trouve dans les sables maritimes sur les bords de la Méditerranée. Les bulbes de la première de ces deux espèces sont émétiques, on les connaît sous le nom de Lis de Matthide. Dans les jardins on cultive encore les Pancratium caribœum, Jacq.., Am, Pict., t. 102, originaire des Antilles; Pancrat amboinense, L., qui croît à Amboine; P. speciosum, P. fragrans, etc. Ce sont toutes de belles espèces, qui demandent la serre chaude. (A. R.)

PANCRE. OIS. Syn. vulgaire du Butor. V. Héron. (DR..Z.)

* PANCRÉAS, ZOOL. V. INTESTIN.

* PANDA. Ailurus. MAM. Sous ce nom F. Cuvier a établi, dans la 5oe livraison de son Histoire des Mammifères, un genre nouveau dont la découverte est due à Duvaucel, et qui ne comprend qu'une seule espèce vivant dans l'Inde. Depuis, Hardwicke a publié sur ce genre un excellent Mémoire qu'il avait lu, dès le 6 novembre 1821, à la Société Linnéenne de Londres, et dont l'insertion fut différée jusqu'au commencement de 1826, époque où ce travail parut dans

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le T. xv, 1re partie, p. 161 des Transactions de cette Société. F. Cuvier plaça ce nouveau genre entre la famille des Civettes et celle des Ours; il se rapproche des premières par ses ongles rétractiles, et des derniers par sa marche plantigrade. Par le système dentaire, il est très-voisin des Ratons, et c'est aussi à côté des genres Nasua et Procy on que Hardwicke le range, et dont il ne difiere essentiellement que parce que ceuxci ont la tête plus allongée, le museau beaucoup plus long et terminé par un nez mobile, en même temps qu'on observe quelques différeuces dans le nombre des molaires et dans leur forme. L'individu soumis à l'étude de F. Cuvier était tellement mutilé, qu'il n'a pu bien décrire les dents; nous y suppléerons par le travail du naturaliste anglais.

Les caractères de ce nouveau genre sont: six incisives à chaque mâchoire à peu près d'égale dimension., les deux externes d'en haut un peu p lus élevées que les quatre du miieu, et renflées à leur base; les plus externes d'en bas sont épaisses, élargies au sommet, obliquement tron-quées à leur partie externe, les deux du milieu un peu plus courtes. Les canines sont fortes, les supérieures sont droites, coniques, les inférieures sont recourbées, déjetées en dehors, marquées sûr leur face externe de deux rainures longitudinales; les molaires sont au nombre de cinq de chaque côté, et augmentent de grosseur à mesure qu'elles deviennent plus postérieures; la première du maxillaire supérieur est séparée de la canine par un espace vide; elle est de forme tricuspide, sa portion centrale étant élevée et conique et s'évasant en deux éminences aux bords antérieur et postérieur; la seconde est épaisse, et a trois dents latérales, dont celle du mlieu est la plus grande; la troisième est multicuspidée; les éminences externes droites sont d'égale hauteur; les deux internes, coniques en devant, élargies à leur base; la postérieure plus petite; toutes obliquement tronquées à leurs sommets, qui sont garnis d'un rebord; la quatrième, plus grande, multicuspidée, à deux dents externes, est élargie et trifide à sa partie antérieure, à éminences intermédiaires plus grandes et au nombre de deux et toutes entourées d'un rebord saillant; les trois tubercules intérieurs sont courts simples, aigus, annexés au-dedans du rebord; la cinquième, molaire, un peu plus étroite, aussi multicuspidée, ressemble à la quatrième; les molaires de la mâchoire inférieure sont plus étroites et diffèrent des supérieures par quelques modifications; la troisième surtout a sa dent intérieure obliquement tronquée; l'éminence intermédiaire très-grande, isolée par un sillon profond et régulièrement conique à sa base; la postérieure est large, courte, tronquée et le tubercule intérieur est très-petit; les éminences des quatrième et cinquième molaires sont inégales, quelques-unes sont obtuses, d'autres sont aiguës. Les caractères extérieurs' du genre Ailurus sont d'avoir la tête arrondie, grosse; la face obtuse; les joues élargies; le front aplati et large; la langue papilleuse; le museau conique, large et court; le nez obtus; les narines terminales; les oreilles courtes, distantes, un peu aiguës, très-poilues; les yeux en avant, proche des narines; les poils des moustaches peu fournis; le corps épais; les pieds pentadactyles, à plante revêtue d'une bourre très-dense et très-moelleuse; les ongles très-aigus, comprimés et arqués; la queue forte, épaisse et touffue.

La seule espèce de ce genre est le PANDA ÉCLATANT (Ailurus fulgens, F. Cuvier, 50e Mamm.; Hardwicke, Trans. T. xv, tab. 11), qui est le représentant eu Asie des Ratons qui sont propres à l'Amérique. C'est un Animal dont la longueur totale est de trois pieds deux pouces, la queue à elle seule a treize pouces et demie; ses formes sont ramassées et massives; son cou est court; son pelage se compose de poils longs, très-doux,

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et lanugineux à la base; la queue est très-épaisse à sa naissance, cylindrique et atténuée vers sa pointe; elle est revêtue de poils très-longs et peu serrés; mais ce qui rend surtout le Panda remarquable, ce sont les couleurs tranchées de sa fourrure; des poils fauves garnissent le front; le derrière de la tête, le dessus du cou et du dos; les parties extérieures de la base des membres sont d'un beau fauve-brun, s'éclaircissant sur le dos pour prendre une teinte dorée brillante; une bande brune naît derrière les yeux et va s'unir à celle du cote opposé sur le cou; la face, le museau et les oreilles sont d'un blanc pur; l'abdomen et les extrémités sont d'un noir profond; la queue est annelée de cercles alternatifs jaunes ou brun-fauve et noire à son extrémité; le feutre recouvrant la plante des pieds est de couleur grise ou brunâtre. Le Panda fréquente le bord des rivières et des torrens qui descendent des montagnes. Il se plaît dans les Arbres et se nourrit d'Oiseaux et de petits Quadrupèdes; son cri sert fréquemment à le faire découvrir et ressemble au mot Wha (oua, suivant la prononciation française) souvent répété; aussi le nomme-t-on Wha dans certains cantons et Chitwa dans d'autres. C'est de-là, sans doute, que provient le mot Panda introduit dans notre langue et corrompu. Cet Animal n'a jusqu'à présent été trouvé que dans la chaîne des montagnes de l'Himalaya entre le Népaul et les montagnes Neigeuses.

Le genre Ailurus est un des nombreux exemples qui prouvent combien la nature s'éloigne de la route tracée par nos méthodes; par ses mœurs, par ses formes, par son organisation, il se trouve eu effet placé sur la limite des genres Raton, Civette et Ours, qu'il réunit par un passage insensible. (LESS.)

* PANDACA. BOT. PHAN. On ne connaît ce genre qui a été proposé par Noronha et publié par Du PetitThouars (Nov. Genera Madagasc., p. 10), que par une courte description du fruit. Le calice, la corolle, les étamines et le pistil sont entièrement inconnus. Le fruit se compose de deux follicules bacciformes, opposés, tricarenés en dessous, arrondis en dessus, et tronqués supérieurement; il renferme un placenta central et fongueux, auquel sont attachées des graines ombiliquées et charnues. Ce genre a été rapporté la famille des Apocinées, et il ne diffère du genre Voacanga du même auteur que par la forme extérieure du fruit. D'un autre côté, il se rapproche beaucoup du genre Tabernat-montana, et peut-être devra-t-on le réunir à celui-ci. La Plante sur laquelle il a été formé est un Arbre pourvu d'un suc propre, laiteux, très-abondant. Ses rameaux sont épais, garnis de feuilles opposées , ovales et épaisses. Il croît à Madagascar; on le cultive dans le jardin de botanique de l'Ile-de-France où il n'a pas encore fructifié, et ou on le nomme Morogasi. Les Madécasses lui donnent le nom de Louvourou. (G..N.)

PANDACAQUI. BOT. PHAN. Syn. de Gardenia à Manille. (B.)

PANDA LE. Pandalus. CRUST. Genre de l'ordre des Décapodes, famille des Macroures, tribu des Salicoques, établi par Leach et ayant pour caractères: antennes interméiaires terminées par deux filets, la seconde paire de pieds seule terminée en pince, et ayant l'article qui la précède divisé par des lignes transverses en plusieurs autres petits articles. Ce genre se distingue des Égéons et Crangons parce que ceux-ci ont les quatre pieds antérieurs didactyles, et que leurs pinees ne sont pas portées sur un article annelé; les Palémons en sont séparés par leurs antennes Intermédiaires terminées par trois filets et par d'autres caractères tirés des pieds; enfin le genre Pasiphée de Savigny s'en éloigne par la consistance molle de son corps et par sa longueur. Les Pandales ont la carapace allongée, cy-

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lindrique, carenée et dentelée dans son milieu, terminée par un long rostre comprimé, denté en dessous et relevé à sa pointe; les antennes supérieures ou intermédiaires sont les plus courtes; elles sont bifides, supportées par un pédoncule de trois articles, dont le premier, qui est le plus grand, est échancré du côté des yeux et pourvu d'une lamelle qui se prolonge au-dessous de ceux-ci: les antennes extérieures ou inférieures sont plus longues que le eorps, sétacées, pourvues à leur base d'une écaille allongée, unidentée en dehors vers son extrémité; les pieds-mâchoires extérieurs sont formés de trois articles visibles, dont le premier est aussi long que les autres ensemble, échancré en dedans depuis sa base jusqu'à son milieu, et dont les deux derniers, égaux entre eux, sont couverts de petites épines sur toutes leurs faces; les pieds de la première paire sont assez courts, sans pince, avec leur dernier article simple et pointu; ceux de la seconde paire sont didactyles, très-longs et grêles, inégaux entre eux, ayant les troisième, quatrième et cinquième articles marqués de beaucoup de petits sillons transverses et comme multiarticulés; les pieds des trois dernières paires sont plus gros et moins longs que ceux de la seconde, et décroissent successivement de grandeur; ils sont tous terminés par un ongle simple pourvu de petites épines du côté interne; l'abdomen est arqué vers le troisième article; les écailles de la queue sont allongées, étroites, surtout celle du milieu qui est garnie de petites épines à sa pointe.

Ce genre est peu nombreux en espèces, parmi lesquelles nous citerons: le PANDALE ANNULICORNE, Pandalus annulicornis, Leach., Malac. Brit., tab. 40; long de trois pouces; rostre multidentéen dessous, relevé et échancré à sa pointe; antennes latérales et inférieures marquées de huit ou dix anneaux rouges, aussi larges que les intervalles qui les séparent, épineuses du côté intérieur; on le trouve sur les côtes d'Angleterre. Le Palœmon Pristis de Risso (Astacus Narwal, Fabr.) appartient aussi à ce genre (G.)

PANDANĖES. Pandaneœ. BOT. PHAN. Famille établie par Rob. Brown, et qui a pour type le genre Vaquois, Pandanus, placé d'abord par Jussieu auprès des Typhinées e spécialement du genre Sparganium, qui est en quelque sorte un Vaquois herbacé. Le professeur Richard, dans le 17e volume des Annales du Muséum, avait décrit avec soin l'organisation de la graine de ce genre et confirmé cette analogie. Mais Robert Brown réunissant les genres Typha et Sparganium aux Aroïdées, opinion que nous ne partageons pas, a formé du genre Pandanus une famille nouvelle et distincte, à laquelle il a donné les caractères suivans: les fleurs sont dioïques ou polygames, sans périanthe; les mâles sont en chatons recouverts d'étamines trèsnombreuses, dont les anthères sont biloculaires et constituent chacune une fleur. Les fleurs femelles offrent la même disposition; elles se composent de pistils réunis en un chaton très-gros, ovoïde ou globuleux, quelquefois soudés les uns avec les autres. Chaque pistil offre un ovaire uniloculaire, monosperme, surmonté chacun d'un stigmate sessile. Les fruits sont ou des drupes fibreuses souvent réunies plusieurs ensemble, ou des baies à plusieurs loges polyspermes. Les graines se composent d'un embryon dressé, axile, renfermé dans un endosperme charnu.

Cette famille tient en quelque sorte le milieu entre les Aroïdées et les Typhinées, qui nous paraissent devoir rester distinctes. Les genres qui la composent sont: Pandanus, L. fils; Nipa, Thunb., auparavant placé parmi les Palmiers; et Phytelephas, Ruiz et Pav. Rob. Brown indique un autre genre nouveau, originaire de l'île de Norfolck, dont il ne donne pas le nom, et qui s'éloigne des autres genres de la famille par les fruits qui sont des baies à plusieurs loges polyspermes. (A. R.)

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PANDANUS. BOT. PHAN. V. VAQUOIS.

* PANDARE. Pandarus. CRUST. Genre de l'ordre des Syphonostomes de Latreille, famille des Caligides, établi par Leach, et auquel ce naturaliste donne pour caractères: bouche en forme de bec; antennes au nombre de deux seulement; quatorze pates, les six antérieures onguiculées, toutes les autres bifides. Ce genre, qui n'a pas été adopté par Latreille et qu'il réunit à ses Caliges, en diffère cependant parce que les quatre paires de pates postérieures sont bifides, tandis qu'il n'y a que la cinquième paire qui le soit dans les Caliges. Les Cécrops s'en éloignent parce que leurs sixième et septième paires de pates ont les cuisses très-ilatées. Le corps des Pandares est ovalaire, souvent très-allongé et terminé par deux soies allongées et cylindriques; le test est elliptique en avant, tronqué transversalement en arrière; le corps est recouvert de trois écailles à recouvrement, transversales, dentelées ou échancrées sur leur bord postérieur; l'abdomen est compose d'anneaux formés de lames; la queue est ovalaire et donne attache aux deux longues soies. On connaît quatre ou cinq espèces de ce genre qui vivent sur diverses espèces de Poissons; le Requin en nourrit une espèce, c'est:

Le PANDARE DU REQUIN, Pandarus Carchariœ, Leach, Dict. des Sc. nat. T. xiv, p. 535. Il est ovale, noir; les angles postérieurs du test et les soies de la queue sont d'un jaune pâle et livide; ces soies sont un peu plus longues que le corps. (G.)

* PANDELOQUES, MICR. Les Animalcules désignés sous ce nom par les anciens micrographes, rentrent dans nos genres Kolpode et Leucophre. V. ces mots. (B.)

PANDI-AVANACU. BOT. PHAN. (Rheed., Hort. Malab., 2, p. 60.) Syn. de Ricinus viridis. (B.)

PANDION. OIS. Dénomination générique donnée par Savigny dans son Ornithologie de l'Égypte, au genre qu'il a établi aux dépens des F alco, pour quelques Balbuzards. V. AIGLE. (DR..Z.)

PANDORE. Pandora. MOLL. La Coquille dont Bruguière a fait le genre ainsi nommé, était confondue dans les Tellines de Linné sous le nom de Tellina inœquivalvis. Ce fut dans les planches de l'Encyclopédic qu'il le proposa et ne put le caractériser; sans doute qu'il ne cbercha pas à le mettre en rapport avec ses congénères, puisqu'on le trouvé à côté des Lingules, et on ne peut supposer que Bruguière, cet excellent et judicieux observateur, ait pu trouver la moindre analogie entre ces deux genres. Lamarck fut le premier qui caractérisa les Pandores, et dès-lors elles furent adoptées malgré le sentiment de Poli qui les plaça dans le genre Solen, par la grande ressemblance qui existe entre leurs Animaux. Lamarck associa ce genre aux Corbules, et il plaça l'un et l'autre bien loin de leurs véritables rapports entre les Houlettes et les Anomies; il les changea de place dans les Tableaux de la Philosophie zoologique, sans mieux réussir que précédemment, entraîné à de faux rapprochemens par l'inégalité des valves; c'est dans la famille des Camacées qu'on les rencontre associées aux Ethéries, aux Cames et aux Dicérates. Il laisse subsister cet arrangement dans l'Extrait du Cours; seulement il divise la famille des Camacées en deux sections, la première pour les coquilles fixes, la seconde pour les coquilles libres; elle renferme les Corbules et les Pandores; ce fut donc Cuvier qui, le premier (Règne Animal), plaça les Pandores d'une manière naturelle et rationnelle indiquée tout à la fois par l'Animal et la coquille; c'est effectivement dans la famille des; Enfermés, et comme sous-genre des Myes, que se trouve ce genre. Cette indication de Cuvier devint), profitable à Lamarck qui, enfin dans son dernier ouvrage, proposala famille

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des Corbulées (V. ce mot), ou il renferma les deux seuls genres Corbule et Pandore, mais au moins il ne la laissa plus auprès des Cames, et lui donna un rang plus naturel entre les Mactracées et les Lithophages. Férussac s'est rapproche, autant qu'il a pu, de l'opinion de Poli; on trouve, en effet, le genre qui nous occupe dans la famille des Solens. Blainville a eu à peu près la même idée en rangeant les Pandores dans la première section de la famille des Pyloridés( V. ce mot), avec des genres qui, tels que les Anatines et les Thracies, semblaient s'en approcher assez naturellement. Latreille a adopté la famille des Corbulées de Lamarck, sans y apporter de changement, soit dans sa composition, soit dans les rapports.

Les caractères de ce genre peuvent être exprimés de la manière suivante: corps comprimé, assez allongé, en forme de fourreau par la réunion des bords du manteau et sa continuation avec les tubes réunis et assez courts; pied petit, plus épais en avant et sortant par une fente assez grande du manteàu; branchies pointues en arrière et prolongées dans le tube. Coquille régulière, inéquivalve, inéquilatérale, transversalement oblongue, à valve supérieure aplatie, et l'inférieure convexe. Deux dents cardinales oblongues, divergentes et inégales à la valve supérieure; deux fossettes oblongues àautre valve, ligament interne. Les Pandores vivent dans le sable, où elles s'enfoncent comme tant de coquillages; elles paraissent propres aux mers d'Europe, du moins pour les deux grandes espèces; on ignore la patrie de la troisième; ces trois espèces composent toutes celles contenues dans ce genre qui est encore moins riche en espèces fossiles, puisqu'elles sont au nombre de deux seulement.

PANDORE ROSTRÉE, Pandora rostrata, Lamk., Anim. sans vert. T. v, pag. 498, n. 1; Tellina inœquivalvis, L, Gmel., n° 23, Poli, Test, des Deux-Siciles, pl..15, fig. 5; Encyclop., pl. 250, fig. 1, a, b, c; Sowerby, Genera of Schells, n. 2, fig. 1, 2, 3. Cette espèce, qui n'a guère plus d'un pouce de long, est la plus grande du genre; elle est obtuse, arrondie antérieurement, et rostrée postérieurement; elle est nacrée comme les autres espèces du genre.

PANDORE OBTUSE, Pandora obtusa, Lamk., Anim. sans vert., loc. cit., n° 2. On distingue cette espèce de la précédente par son moindre volume, sa forme plus ovale, par le défaut de rostre au côté postérieur; elle vit comme la précédente dans les mers d'Europe, mais paraît plus particulière à la Manche.

PANDORE FLEXUEUSE, Pandora flexuosa, Sow., loc. cit., n° 2, genre Pandore, fig. 4, 5. Espèce qui se rapproche des Corbules pour la forme; elle a la valve inférieure trèsconcave et épaisse, la coquille est étroite et fortement rostrée postérieurement.

PANDORE DE DEFRANCE, Pandora Defrancii, Nob., Descript. desCoq.; foss. des env de Paris, T. 1, pag. 61, pl. 9, fig. 15, 16, 17. Jolie petite espècefossile deGrignon, trouvée parDefrance, et quenous avons dédiée à ce savant; elle est remarquablepar un petit bec antérieur. (D..H.)

* PANDORINE. Pandorina. micr. Genre type de la singulière famille des Pandorinées (V , ce mot), où les molécules vivantes dont se composent les Animalcules que nous y comprenons, sont contenues dans une enveloppe commune, soit qu'elles y demeurent intérieurement indépendantes les unes des autres, soit qu'elles s'y groupent toujours intérieurement en glomérules agités. Cette enveloppe commune dévoile par sa transparence les mystères étranges d'une organisation où chaque individualité persiste, c'est-à-dire où la molécule semble exercer une vie propre, tandis qu'elle concourt à une vie d'ensemble. Mais comme lorsque la boîte de Pandore s'ouvrit pour

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répandre sur la terre tant de confusion qui s'y trouvait renfermée, si l'enveloppe générale où étaient retenues les molécules captives vient à se briser, celles-ci se répandent confusément sur le microscope, continuant de se mouvoir en vertu d'une volonté propre à chacun des globules devenus libres. La découverte d'un tel phénomène confondit en admiration les premiers observateurs, et ceux qui le voient de nouveau partagent toujours les mêmes sentimens de surprise. Les espèces constatées de ce genre sont les suivantes, où le mouvement général est obscur, et consiste dans une sorte de rotation que l'association globuleuse exerce sur elle-même.

PANDORINE DE LEUWENHOECK, Pando rina Leuwenhoecki, N., Encycl. méth., Dict., n° 1; V olvox globator, Müll., Inf, tab. 3, fig. 12, 13; Encycl., III., pl. 1, fig. 9; Volvox globulus, L. Cette créature étrange dont beaucoup de micrographes se sont occupés, consiste dans un globule diaphane, verdâtre, rempli de plus petits globules, plus verts, devenant blanchâtres, jaunâtres ou même brunâtres avec l'âge, et selon les saisons de l'année où on les rencontre, tournant lentement sur lui-même dans le sens de son axe, et d'une ligne environ de diamètre à l'œil désarmé; grossi, il paraît sous l'aspect d'une sphère membraneuse, dont la superficie est pourvue d'aspérités, au point d'en devenir comme scabre; ce qui la fit supposer velue par divers auteurs. Les globules internes qu'on y distingue paraissent autant de petites Pandorines complètes, qui ne différent de celle qui les tient captives que par le volume. Les plus petits de ces rudimens d'individus emprisonnés sont très-multipliés. Les plus gros varient en nombre depuis trois jusqu'à vingt et trente, dispersés sans ordre; ceux-ci sont également remplis de molécules plus petites qui doivent grossir à leur tour, de sorte que la membrane se brise et que chacune des Pandorines délivrées peut grossir ensuite en liberté. Le même phénomène intérieurement préparé se reproduit sans cesse: mode admirable de reproduction, dit Millier, au moyen duquel chaque inditidu tient enfermé dans son sein, toute formée la succession de ses fils, de ses petits-fils et de ses arrière-petits-fils, déjà existans et visibles. On trouve en abondance cet étrange Animal dans les petits fossés et dans l'eau stagnante des bois que remplissent des feuilles mortes, particulièrement celles des Aulnes; il y est plus particulièrement verdâtre au commencement de l'hiver et du printemps, tirant sur l'orangé dans la saison plus chaude. On le rencontre jusque dans les infusions de Foin; mais ces infusions ne doivent pas être à l'état de fétidité, où elles cessent d'en produire.

PANDORINE MURE, Pandorina Mora, N., Encycl., Dict., n° 2; Volvox Morum, Müll., Inf., tab. 3, fig. 14-16; Encycl., III., pl. 1, f. 10. Plus petite que la précédente, son enveloppe est d'une transparence vitrée, non parsemée de molécules externes qui la fassent paraître comme rugueuse; quelques reflets verts se distinguent notamment sur ses bords, mais ils viennent de la couleur réfléchie des corpuscules internes; ceux-ci paraissent d'abord dans la petite Pandorine comme un globule de sphérules herbacés de la figure d'une mûre. Chacun des globules agglomérés grossissant, s'isole et devient bientôt un glomérule lui même semblable, à la taille près, à celui dont il fit originairement partie. L'enveloppe commune s'est alors étendue en œuf pour contenir tous ces êtres nouveaux ainsi développés dans son sein; elle ne tardera pas à se briser, et chaque Pandorine qui s'en échappe va devenir mère à son, tour, de sorte que de tels Animaux se développant et se reproduisant sans mourir, peuvent être considérés comme éternels. On trouve cette espèce aux mêmes lieux que la précédente, principalement à la fin de

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l'automne, mais point dans l'eau des fumiers. Ses allures sont les mêmes. (B.)

* PANDORINÉES. MICR. Seconde famille de l'ordre des Gymnodés dans la classe des Microscopiques, contenant les genres Uvelle, Pectoraline et Pandorine (V. tous ces mots). Les Animalcules de cette famille sont caractérisés par leur corps simple, sphérique comme dans les Monades, mais réuni en une association d'individus qui exercent, dans leur réunion, une vie commune, sous une forme déterminée et fixe qui éloigne toute idée de contractilité. Les Pandorinées sont dans la nature comme le modèle d'essai de ces Polypes agrégés, que jusqu'ici les naturalistes ont si peu connus, parce qu'ils ne sont guère à portée de les étudier qu'après avoir été passés à l'esprit de vin dans les Musées. Ces Microscopiques présentent ce fait extraordinaire, qu'individualisés par molécules, chacune de ces molécules est un Animal doué d'un mouvement propre et qui, s'accroissant, devient un assemblage d'Animaux en glomérulevivaùt aussi, et dans lequel la volonté de chacune des parties constitutives semble agir eh raison de sa force propre, pour causer des perturbations bizarres dans les mouvemens généraux de la masse. On ne peut pas dire que les Pandorinéès soient des Infusoires, encore que nous en ayons souvent rencontré dans certaines infusions, puisque nous avons retrouvé les mêmes espèces dans toutes les eaux stagnantes des mares, où, comme on le verra quand il sera question des Uvelles, la plupart ne sont probablement que des propagules animés d'Arthrodiées, c'est-à-dire des Zoocarpes. (B.)

* PANDULFIA. BOT. CRYPT. (Hépatiques.) Nom qui ne doit pas être admis dans la science puisqu'il a été créé sans aucune raison valable par Leman pour remplacer le nom de Bellincinia donné par Raddi à un genre démembré des Jungermannes, et que l'ordre alphabétique ne permettait plus d'inscrire dans le Dictionnaire des Sciences naturelles. V . JUNGERMANNE et le mot Beixincinia au Supplément. (AD. B.)

* PANDURIFORME. BOT. Cest-à-dire qui a la forme d'un violon. Ce nom adjectif se donne aux feuilles oblongues, qui ont de chaque côté et vers le milieu un sinus arrondi, comme par exemple dans certains Rumex. Cette forme ne se représente pas assez fréquemment parmi les Végétaux pour avoir nécessité la création d'un mot spécial. (G..N.)

PANEAU. OIS. Dénomination vulgaire du jeune Paon. V. ce mot. (DR..Z.)

PANEL. BOT. PHAN. L'Arbre cité par Rheede sous ce nom vulgaire a la côte du Malabar, est une espèce de Myrobalanus ou de Terminalia. V. Terminalie. (G..N.)

PANEROS. MIN. Pline, qui adoptait avidement tous les contes les plus ridicules de son temps, cite sous ce nom une Pierre qu'il appelait aussi Pansébastos, et au moyen de laquelle la reine Tomaris avait eu des enfans. (B.)

* PANEUR DESOTRE. BOT. crypt. C'est-à-dire Balais de Sorcier. L'un des noms vulgaires dans les Vosges de l' Ecidium Elatinum, selon Mougeot, Stirp. Vosg., n° 285. (B.)

PANGI ET PANGIUM. BOT. PHAN. Rumph (Herb. Amboin., lib. 3, p. 182, tab. 59) a décrit et figuré sous ces noms une branche et le fruit d'un Arbre des îles de l'Archipel indien; mais cette description et la figure qui raccompagne sont insuffisantes pour en déterminer avec quelque certitude les rapports botaniques. Son tronc est droit; ses feuilles très-grandes tantôt divisées en trois segmens dans les jeunes rameaux, tantôt entières ou n'offrant qu'un ou deux angles d'un côté, tantôt cordiformes. Le fruit est suspendu à un pédoncule épais; il est de la grosseur d'un œuf d Autruche, recouvert d'une écorce épaisse com-

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me celle des grenades, renfermaut une chair blanchâtre dans laquelle sont placées des noix très-dures, de formes très-diverses. Ces noix contiennent une amande d'où l'on retire une huile bonne à manger, et avec laquelle on prépare des tritures. Mais l'extraction de cette huile exige une manipulation assez longue, la macération et l'ébullition dans l'eau. (G..N.)

PANGITES. MIN. On regarde comme la même chose que le Jayet la Pierre que Strabon mentionne sous ce nom. (B.)

PANGOLIN. Manis. mam. Le genre Pangolin, que tous les auteurs ont conservé intact, est voisin des Tatous et des Fourmiliers, et appartient à l'ordre des Edentés ordiuaires du Règne Animal de Cuvier. Klein plaçait les Animaux de ce genre parmi les Tatous, et Brisson proposa pour eux le nom de Pholidotus que Knorr adopta. Le mot Pangolin est d'origine javanaise, et se trouve employé pour la première fois par Valen tyn pour désigner le Manis brachiura, Erxl. Les Pangolins sont encore nommés Fourmiliers, écailleux, Armadilles par Séba, Quogelo par le voyageur Desmarcbais, Alungu sur la côte de Coromandel, Pangulling par les Javanais, et TchinChian-Kiapp par les Chinois. Les caractères du genre Pangolin, Monis, sont d'avoir le corps, les membres et la queue entièrement revêtus d'écailles fortes, tranchantes, imbriquées, et de forme triangulaire; le corps allongé, très-bas sur jambes; la tête mince et le museau trèsprolongé; les maxillaires sont complètement édentés; les yeux sont petits; la bouche est transversale au sommet du museau; la langue est grêle, très-longue, très-extensible, arrondie et lombriciforme; les pieds ont tous cinq doigts; la queue est longue et fait suite au corps sans séparation nette; les mamelles sont situées sur la poitrine et au nombre de deux. Cuvier dit que les Pangolins ont l'estomac légèrement divisé dans le milieu, qu'ils n'ont point de cœcum, que les phalanges onguéales sont fourchues, et que Tes organes génitaux sont séparés de l'anus.

On ne connaît que trois espèces de ce genre, et leurs mœurs n'ont point encore été complètement étudiées. On sait qu'elles vivent à la mauière des Fourmiliers, en laissant traîner leur longue langue, et ramassant les Fourmis blanches et autres Insectes trèscommuns dans les pays qu'elles habitent. Erxleben dit que les Pangolins recherchent encore les petits Lézards. Leur naturel est doux; leur cri très-faible; leur démarche lente, et ils ne sortent guère que la nuit. Lorsqu'ils sont effrayés, us hérissent leurs écailles, et se roulent en boule de manière à être efficacement protégés par leur armure; leur chair est très-délicate et recherchée par les habitans qui emploient aussi, dans leur médecine populaire, la graisse abondante et fluide qu'ils retirent de la aueue. Ce genre habite seulement l'Ancien-Monde: il est donc le représentant du genre Fourmilier exclusivement propre à l'Amérique, et dont il ne diffère que parce qu'au lieu de poils, le corps est revêtu d'écailles, quoique l'ensemble de l'organisation et même les habitudes soient identiques. Les Pangolins se retirent dans les trous qu'ils creusent à l'aide de leurs ongles robustes.

PANGOLIN DE L'INDE, Manis indica, Manis pentadactyla, L. T. 1, p. 53; Manis brachiura, Erxl., 98; le Pangolin à queue courte, Cuv., 1, 224; Manis macroura, Desm., 594; Pangolin, Buff. T. x, pl. 34; Manis crassicaudata, Geoff., Cat.; 'Armadillo, Séba, tab. 53, fig. 5, et tab. 54, fig. 1; Short-Tailed Manis, Penn., 329; Tatu mustelinus, Klein, 47; Phattagen, Ælien ? Le Pangolin indien a jusqu'à deux pieds trois pouces de longueur, et la queue un pied six ou sept pouces. Celte partie, dans cette espèce, est toujours plus courte que le corps qui a, en dessus, onze ou treize rangées d'écailles, et qui est

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nu sur le ventre et en dedans des membres; la tête est petite, pointue, à museau allongé; les écailles sont de couleur blonde, obtuses, glabres, striées vers leur base, et garnies çà et là de quelques poil, rudes, fauves, sortant de leurs interstices; toutes les parties inférieures du corps et internes des membres sont nues ou revêtues de poils très-rares; les oreilles sont peu apparentes et à pavillon arrondi; les trois ongles du milieu des membres antérieurs sont plus longs que les deux latéraux, et leur couleur est jaunâtre. Le Pangolin indien paraîtrait êre le Badjarkita ou Reptile de Pierre de quelques relations de voyageurs. C'est sans doute un individu mutilé de cette espèce qui a porté Pennant à faire d'un Pangolin de Tranquebar son Broad-Tailed Manis ou Pangolin à large queue. Il habite la côte de l'Inde, les îles de Formose et de Ceylan.

PANGOLIN D'AFRIQUE, Manis africa, Desm., 595; Manis telradactyla, L., 54; Manis macroura, Erxl., 101; Pangolin à longue queue, Cuv., 224; Manis longicaudata, Geoff. St.-Hil.; Pholidotus longicaudatus, Briss.; le Lézard de Clusius, Perrault, 3, 89; Scali-Lizard, Grew.; Lacertus peregrinus squamosus, Cl us., 374, Tacha rd, Voy. à Siam, The Long Taited Manis, Penn., 328; Phatagin, Buff., tab. 10, pl. 35. Le corps du Phalagin a un pied deux pouces de longueur, et la queue un pied sept pouces. Son principal cacaractère, pour le différencier de l'espèce précédente, est donc d'avoir la queue plus longue que le corps, et celui-ci couvert en dessus de onze rangées d'écailles, et garni en dessous de poils courts, roides et bruns. La tête est petite, garnie d'écailles peu développées, et s'étendant sur le museau; celles du corps n'ont aucun poil dans leurs interstices; elles sont brunâtres, carenées sur les deux rangées externes et sur celles des cuisses; l'ongle du pouce du membre antérieur est peu apparent, c'est pourquoi Linné ne lui donnait que quatre doigts en avant; la queue est atténuée et obtuse au sommet; les ongles sont bruns. Le Phatagin habite l'Afrique, et notamment le Sénégal et la Guinée.

PANGOLIN DE JAVA, Manis javanica, Desm., 596. Cette espèce, décrite pour la première fois par Desmarest, dans sa Mammalogie, a été rapportéé de Java par Leschenault de la Tour. Etle a un pied quatre pouces de longueur, sans y comprendre la queue qui a un pied un pouce; les écailles forment sur le dos dix-sept rangées; elles sont brunes, et d'autant plus élargies qu'elles s'éloignent de la nuque; celles des cuisses sont carenées; les parties infé rieures du corps et internes des membressontnues ou seulemen t garnies de quelques poils rares, durs et blancs ; les interstices des écailles sont garnies aussi de quelques poils; les doigts des pieds de devant ont des ongles inégaux; celui du milieu est beaucoup plus fort que les deux places à côté de lui; les deux plus externes sont très-courts. Ce Pangolin habite l'île de Java.

Illiger a rapproché du genre Manis un Animal indéchiffrable nommé, par Bontius, Tesludo squamata, et dont il a fait le genre Panphractus qui appartient plutôt aux Reptiles qu'aux Mammifères, et qui, d'ailleurs, est très-douteux. Il paraît aussi qu'une grande espèce de Pangolin existait autrefois, à en juger par une phalangeonguéale bifurquée, décrite par Cuvier dans son grand ouvrage sur les Ossemens fossiles. (LESS.)

* PANGOLING SISIK. MAM. Suivant Raffles (Catalogue des Animaux de l'île de Sumatra), on nomme ainsi en malais et en arabe, le Manis pentadactyla de Linné. Les Sumatranais le désignent encore par le nom de Tangiling. (LESS.)

PANGONlE. Pangonia. ins. Genre de l'ordre des Diptères, famille des Tanystomes, tribu des Tabaniens, établi par Latreille et adopté par tous

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les entomologistes. Les caractères de ce genre sont: trompe beaucoup plus longue que la tête, grêle, en forme de siphou, écailleuse, terminée ordinairement en pointe et sans dilatation notable en forme de lèvres au bout; dernier article des antennes divisé dès sa base en huit anneaux. Ce genre se distingue des Taons qui en sont très-voisins, et avec lesquels on le confondait avant Latreille, parce que la trompe de ceux-ci est au plus de la longueur de la tête, et parce que leurs antennes ont le dernier aritcle partagé, à partir du milieu, en quatre ou cinq anneaux au plus; les mêmes Caractères distinguent des Pangonies les genres Hæmatopote, Heptatome, Rhinomize, Silvius, Acanihomère, Chrysops et Raphiorhinque. Le corps des Pangouies ressemble beaucoup à celui es Taons; leur tête est de la largeur et de la hauteur du corselet, presque hémisphérique et presque entièrement occupée par les yeux; on voit entre eux et sur le vertex, trois petits yeux lisses disposés en triangle; les antennes sont à peine de la longueur de la tête, très-rapprochées, de trois articles, dont le dernier plus long, conique ou en forme d'alèue, divisé en huit anneaux, sans avancement en manière de dent à sa base: la trompe est beaucoup plus longue que la tête, filiforme ou sétacée, avancée, droite, renfermant un suçoir de quatre soies longues et presque égales; les deux palpes sont très-courts, composés de deux articles dont le dernier est terminé en pointe: ils sont insérés près de la base de la trompe; les ailes sont grandes, écartées, horizontales, ayant plusieurs cellules complètes; les balanciers sont peu découverts; les pattes sont longues, filiformes, avec deux petites épines au bout des jambes, et trois pelotes à l'extrémité des tarses. Les Pangonies sont propres aux pays chauds de l'Europe, à l'Afrique, à l'Amérique méridionale, aux Indes-Orientales et à la NouvelleHollande; le genre est assez nombreux en espèces, et Latreille (Encycl. méth.) en a décrit dix-sept; nous citerons:

La PANGONIE TABANIFORME, Pangonia tabaniformis, Latr.; Bombille tabaniforme, Oliv.; Tabanus haustellatus, Vill. Ent. Linn. T. III, p. 558, n° 18, tab. 10, fig. 15; long de six à huit lignes, noirâtre; antennes, jambes et tarses fauves; côtés de l'abdomen et milieu du dos, ayant une rangée de taches grisâtres, formées par un duvet; anus d'un gris roussâtre; trompe courte; ailes jaunâtres vers leur base.

On trouve cette espèce aux environs de Lyon. (G.)

PANIC. Panicum. BOT. PHAN. Genre de la famille des Graminées, et de la Triandrie Digynie, L., composé d'un nombre prodigieux d'espèces, offrant toutes pour caractères communs: des épillets biflores, diversement groupés, soit en épis simples ou digités, soit en panicule. Chaque épillet se compose d'un lépicène à deux valves, l'une externe généralement plus petite, quelquefois même presque imperceptible, et de deux fleurs. La fleur externe est neutre, très-rarement mâle, composée d'une ou de deux valves; la valve interne, quand elle existe, est en général plus petite et plus mince que l'externe; la seconde fleur, sessile ou pédicellée, est hermaphrodite,à deux valves presque égales, minces et membraneuses. La glumelle se compose de deux petites paléoles, plus courtes que l'ovaire et généralement cunéiformes. L'ovaire est surmonté par deux styles distincts, terminés chacun par un stigmate velu. Le fruit est une cariopse généralement globuleuse, renfermée dans les deux valves de la glume, qui deviennent souvent très-dures et lui forment comme une enveloppe crustacée.

Ce genre, comme nous l'avons dit précédemment, est très-nombreux en espèces qui croissent dans toutes les régions du globe, mais qui sont surtout très-communes sous les tro-

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piques. Les unes sont annuelles et fréquentes dans les lieux cultivés; les autres sont vivaces; quelquesunes même sont ligneuses et plus ou moins ramifiées. Leurs fleurs sont généralement fort petites, disposées en épis simples géminés ou digités, ou en panicules plus ou moins ramifiées.

On a formé, aux dépens du genre Panicum, un assez grand nombre de genres qui, pour la plupart, doivent être considérés comme de simples sections ou sous-genres. Ainsi, les espèces qui, comme les Panicum viride, glaucum, etc., ont leurs épillets accompagnés à leur base de soies plus ou moins roides, forment le genre Setaria. Le Panicum sanguinale, L., dont les épillets sont géminés, l'un sessile et l'autre pédicellé, constitue le genre Digitaria de Haller ou Syniherisma de Walter. Beauvois a fait le genre Echinochloa des espèces dont la valve externe de la fleur hermaphrodite estterminée en pointe roiae à son sommet, et dont toutes les valves sont hérissées de poils. A ce dernier genre se rapportent les Panicum Crus Galli, Crus Cotvi, echinatum, setigerum, etc. Le genre Oplismenus du même auteur comprend les espèces dont la valve externe des deux fleurs de chaque épillet est échancrée au sommet où elle porte une petite arête; tels sont les Panicum bromoides, Burmanni, compositum, etc. Plusieurs autres genres ont encore été formés du démembrement du Panicum. Mais ainsi que nous l'avons déjà dit, ces genres ne doivent être regardés que comme des sections propres à grouper les espèces nombreuses de ce genre. Cette opinion est aussi celle de Trinius qui, dans son Agrostographie, réunit au genre Panicum les genres Milium de Mœnch, Digitaria de Haller, Paractœnum, Monachne, Echinochloa et Urochloa de Beauvois. Parmi les espèces très-nombreuses de ce genre, nous mentionnerons ici les suivantes:

PANIC MILLET, Panicum miliaceum, L., Spec. Cette Plante est généralement connue sous le nom de Millet. Elle est annuelle, originaire de l'Inde, mais cultivée et naturalisée dans presque toutes les contrées de l'Europe. Ses tiges, hautes de deux à trois pieds, sont cylindriques, noueuses, velues; ses feuilles sont très-longues, larges de près d'un pouce, velues surtout sur leur gaîne; leur nervure médiane est presque blanche. Les fleurs sont petites, disposées en une grande panicule étalée. Les fruits sont globuleux, lisses, luisans, d'une couleur jaune. On se sert de ces graines pour la nourriture de la volaille et des diverses espèces d'Oiseaux de volière. Les habitans de la Tartane en font grand usage; ils en retirent, par la fermentation, une liqueur alcoholique assez enivrante. Us préparent aussi, avec ses graines réduites en farine, des espèces de galettes dont ils se servent comme alimens.

PANIC ÉLEVÉ OU GRAND PANIC, Panicum maximum, Jacq.; Pan. lœve, Lamk. On connaît cette espèce sous les noms de Panic, d'Herbe de Guinée, parce qu'elle paraît, en effet, originaire de cette partie de l'Afrique d'où elle aura été transportée dans les diverses parties de l'Amérique ou on la cultive très-abondamment. C'est une grande Graminée vivace, dont les tiges droites et noueuses sont hautes de trois à quatre pieds. Ses feuilles sont linéaires, étroites, glabres, ciliées à l'entrée de leur gaîne. Les fleurs, fort petites, constituent une vaste panicule terminale et étalée. Cette Plante est fort abondamment cultivée à Saint-Domingue, à la Jamaïque et dans la plupart des autres Antilles. Elle y forme des touffes trèsserrées qui donnent un des fourrages les meilleurs et les plus abondans. Les essais que l'on en a faits en France n'ont pas encore parfaitement réussi; mais néanmoins on la conserve assez facilement dans les provinces méridionales de la France, les seules ou l'on puisse espérer de la naturaliser parce qu'elle craint le froid. V. pour les autres espèces de Panics qui ont été

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séparées du genre, les mots DIGIAIA, SETARIA et les autres démembremens du genre Panicum, (A. R.)

PANICASTRELLA. BOT. PHAN. Micheli avait anciennement formé sous ce nom emprunté de Cœsalpin, un genre de Graminées qui était fondé sur une Plante dont Linné á fait le type de son genre Cenchrus C. echinatus). L'ancienne dénomination a été rétablie par Mœnch, qui a en outre placé dans le genre dont il est question, le Cenchrus capitatus, L., ou Echinaria capitata, Desf. V. CENchre et ECHINAIRE. (G..N.)

PAIVICAUT. Eryngium. BOT. PHAN. Ce genre appartient à la Pentandrie Digynie, L., et à la famille des Ombellifères, où il est le plus remarquable parmi les genres anomaux que Jussieu a placés à la suite de cette grande famille. En effet, la disposition en capitules de ses fleurs lui ôte, au premier coup-d'œil le port si caractéristique des Ombellifères; mais par l'observation attentive de l'inflorescence des Panicauts, il est facile de la ramener à l'ombelle ordinaire: un réceptacle commun, très-gros, conique ou cylindrique, entouré d'un involucre multifide, portant des fleurs sessiles, disposées en rayonnant, peut fort bien être assimilé à des fleurs nombreuses, supportées isolément par des pédoncules de même hauteur et qui divergent d'un point central; en un mot, on peut voir, dans le réceptacle des Panicauts, une masse cellulaire et fibreuse composée de tous les pédoncules soudés en Ire eux. Le genre Panicaut a été l'objet d'une bonne Monographie publiée en 1808, par F. Delaroche qui en a ainsi exposé les caractères génétiques: les fleurs sont capitées, réunies sur un réceptacle conique ou cylindrique, garni de paillettes rigides, dont chacune se trouve placée au-dessous de chaque flenr, et embrasse la base de son ovaire; le calice est persistant, formé d'un tube adhérent à l'ovaire, ordinairement couvert d'écailles, de tubercules ou de vésicules; le limbe est profondément partagé en cinq segmens roides, le plus souvent épineux au sommet; la corolle se compose de cinq pétales insérés sur l'ovaire, alternes avec les divisions calicinales, infléchies, échancrées ou bifides au sommet; les cinq étamines sont, de même que la corolle, insérées sur l'ovaire, opposées aux divisions calicinales, à filets sétacés, infléchis avant la floraison, redressés ensuite; à anthères biloculaires, versatiles, déhiscentes latéralement;. l'ovaire est adhéientau calice, présentant au sommet une sorte d'ombilic concave, à dix crénelures; il est surmonté de deux styles filiformes, terminés par des stigmates à peine distincts ou rarement capités. Le fruit est un akène (polakène, Rich.) divisible en deux parties convexes du côté externe, irrégulièrement striées, et plane du côté interne; il y a deux cordons pistillaires dont chacun rampe sur la face interne de chaque partie du fruit. La graine, solitaire dans chaque loge de l'akène, renferme sous une enveloppe mince un albumen blanc, charnu, elliptique, et un très-petit embryon renversé, cylindracé, terminal, à deux cotylédons comprimés, et à radicule cylinririque èt supére.

Les Panicauts sont de grandes Plantes herbacées remarquables par la constante dichotomie de leuis rameaux. Leurs feuilles inférieures sont amplexicaules, et les florales sessiles. Les feuilles caulinaires sont éparses, les florales opposées ou verticillées; toutes sont parfaitement glabres, cartilagineuses sur les bords, et ordinairement dentées ou épineuses; ce qui fait confondre les Panicauts avec les Chardons par le vulgaire. Il en est qui ont des feuilles rubanées, armées d'épines acérées sur les bords, et qui simulent en petit les feuilles des Ananas ou des Vaquois. Au surplus, les formes de ces feuilles sont très-variables, et dépendent de la manière dont les nervures se divisent et se distribuent dans le limbe;

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aussi en trouve-t-on de parfaitement entières, et de lobées, d incisées, de pinnatifides et de palmées. Nous avons dit que les fleurs sont disposées en capitules; ceux-ci sont ceints à la base d'involucres assez semblables aux feuilles florales, cependant moins incisés; ils sont toujours rigides, terminés en pointes fines, ordinairement plus longues que le capitule, excepté dans quelques espèces, par exemple dans l' Eryngium ebracteatum, où ils se confondent avec les paillettes florales, ce qui démontre l'analogie de ces organes. Les capitules et leurs involucres sont encore remarquables par les belles couleurs dont ils sont ornés. Nous citerons sous ce rapport les Eryngium alpinum et amethy stinum, qui offrent la plus belle couleur bleue violette tirant sur celle de l'améthyste; mais celle-ci n'est pas constante, car on trouve quelquefois dans la même espèce des capitules bleus et des capitules verdâtres comme les autres parties de la Plante. Cette couleur dépend-elle de la chaleur du lieu natal de l'espèce, ou a-t-elle pour cause la nature du sol dans lequel elle croît? C'est ce qui n'est pas encore bien déterminé. L 'Eryngium dichotomum, par exemple, qui, dans le jardin de Paris, donne des capitules d'une vive couleur améthyste, est à peine coloré dans la Mauritanie dont il est originaire, et où il a été cueilli par le professeur Desfontaines.

Plus de cinquante espèces de Panicauts ont été décrites par les auteurs. Elles croissent dans les diverses parties de l'Ancien et du Nouveau-Monde, et Labillardière en a fait connaître une qu'il a trouvée à la terre de Van-Diémen. La plupart de celles qui habitent notre hémisphère, sont rassemblées dans la région méditerranéenne j celles de l'Amérique sont plus dispersées; quelques-unes se trouvent dans l'Amérique septentrionale, et les autres dans les républiques du Mexique, de Colombie et du Pérou. Celles-ci forment une section assez naturelle et sont remarquables par leurs feuilles à nervures simples et longitudinales. Nous donnerons seulement ici la description de l'espèce la plus commune dans les lieux incultes de l'Europe, et nous mentionnerons à la suite les Panicauts dont le port est si élégant qu'on les cultive dans quelques jardins comme Plantes d'ornement.

Le PANICAUT DES CHAMPS, Eryngium campestre, L., vulgairement nommé Chardon Roland ou plutôt Roulant, est une Plante herbacée, rigide dans toutes ses parties, et qui s'élève à la hauteur dé deux à cinq décimètres. Sa racine est perpendiculaire, très-longue, cylindrique, blanche en dedans, brune en dehors, et parsemée de quelques tubercules. Elle se confond supérieurement avec la tige qui, dans les Plantes adultes, est radiciforrae à la base, ronde, légèrement striée, d'une couleur verte pâle, se divisant en rameaux épars, étalés et plusieurs fois dichotomes. Les feuilles radicales sont pétiolées, divisées profondément en trois lobes pinnatifides et épineux. Les feuilles caulinaires, et surtout les supérieures, sont plus petites et moins incisées; enfin, les feuilles florales sont verticillées par trois. Les pétioles des feuilles radicales sont engaînans à la base, plus longs que les feuilles; ceux des feuilles caulinaires sont munis d'un appendice en forme d'oreillette de chaque côté, et bordés d'une aile membraneuse. Les capitules de fleurs son t arrondis, d'un vert pâle, et portés sur des pédoncules terminaux ou qui naissent dans l'aisselle des bifuroations de la tige. Les involucres sont composés de six à sept folioles linéaires lancéolées, du double plus longues que le capitule, vertes, terminées en épines, et munies sur leurs côtés d'une ou deux dents épineuses. Les fleurs sont blanches et accompagnées de paillettes subulées, rigides, entières, un peu plus longues que le calice. Le Panicaut des champs croît dans les régions chaudes et tempérées de l'Europe. Il est extrêmement commun aux environs de Paris, prin-

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cipalement le long des routes. C'est une de ces Plantes sociales par excellence qui envahissent de grands espaces de terrain, et ne souffrent, dans leur voisinage, que deux ou trois espèces telles que la Centaurée Chaussetrape, le Marrube blanc, lesquelles semblent à leur tour lui disputer la domination du territoire. Notre collaborateur Bory de Sainte- Vincent nous apprend, dans ses ouvrages sur la péninsule Ibérique, que cette espèce abonde dans les vastes plaines de la Castille, et il donne l'étymologie du nom vulgaire de Chardon Roulant en racentant que les vents l'arrachant et le roulant au loin, dans l'arrièresaison, en accumulent d'immenses amas dans les ravins, où les habitans de ces pays dépouillés d'Arbres, vont les recueillir pour en chauffer les fours durant l'hiver. La racine de Chardon Roland est douée d'une saveur un peu amère et aromatique, qu'elle perd par la décoction dans leau; c'est après l'avoir fait ainsi cuire, qu'en certains pays les pauvres habitans des campagnes s'en nourrissent. Les anciens ont beaucoup exalté les propriétés diurétiques de cette racine; ils avaient même une grande confiance en elle comme aphrodisiaque, vertu malheureusement imaginaire et qui, d'ailleurs, n'est justifiée ni par de bonnes observations, ni par l'intensité des qualités physiques de cette raciae.

Parmi les espèces de Panicauts qui se distinguent par leur beauté, nous citerons: 1° l' Eryngium alpinum, L., dont le feuilles radicales sont cordiformes, les capitules d'un bleu foncé, presque cylindriques, enlourés d'un involucre de même coulear composé d'environ vingt folioles pinnatifides. Cette belle Plante croît dans les Alpes et les Pyrénées; 2° l' Eryngium maritimum, L., dont les feuilles radicales sont réniformes, pétioiées, et les folioles de l'involucre ovales. Cette espèce croît dans les lieux maritimes de presque toute l'Europe, sur les bords de la Méditerranée, ainsi qu'en Afrique; 3° l' Eryngium amethy stinum, à feuilles bipinnatifides, dont les divisions sont toutes linéaires; les capitules d'un beau bleu améthyste, nombreux et disposés en panicules. Cette Plante est originaire des montagnes de la Styrie. On la cultive depuis longtemps dans les jardins de botanique, ainsi que les Eryngium planum, dichotomum, asperifolium, oliverionum, etc., qui sont aussi des espèces très-remarquables par leur élégance et la vivacité de leurs couleurs. Delaroche a décrit et figuré, dans sa Monographie, un grand nombre de Panicauts dont le port est très-singulier. L' Eryngium Spina alba, tab. 3, est une belle espèce originaire du mont Ventoux près d'Avignon et des Alpes dauphinoises. Son nom spécifique indique la couleur blanche jaunâtre, de toute la Plante et particulièrement de ses capitules. Enfin, dans le nombre des Eryngium originaires de l'Amérique méridionale, nous mentionnerons les E. paniculatum, gramineum, bromeliœfolium, Humboldtii et proteœfolium, tab. 26–30. qui offrent des feuilles dentées sur leurs bords et à nervures longitudinales. (G..N.)

* PANICĖES. BOT. PHAN. V. GRAMINÉES.

PANICULARIA. BOT. PHAN. (Heister.) Syn. de Paturin. V. ce mot. (B.)

PANICULE. Panicula, BOT. PHAN. Mode d'inflorescence dont la famille des Graminées nous offre de nombreux exemples. La Panicule est un assemblage de fleurs portées sur des pédoncules rameux, d'autant plus longs, qu'ils sont plus inférieurs. Les genres Poa, Festuca, beaucoup de Saccharum, elc., nous offrent des exemples de Panicules. (A. R.)

PANICUM. BOT. PHAN. V. PANIC.

PANIOS. BOT. PHAN. Ce nom, qui est un ancien synonyme de Conyza, a été employé par Adanson pour

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désigner le genre Erigeron de Linné. (B.)

PANIS. BOT. PHAN. V. PANIC.

* PANISSA ET PANISSE. BOT. PHAN. Noms vulgaires du Panicum italicum, dans le midi de la France. (B.)

PANKAMA. POIS. Bosc dit que ce nom est donné dans la Guiane à un Poisson dont la chair est fort estimée, mais il ne dit pas de quel genre ce Poisson fait partie. (B.)

PANKE. BOT. PHAN. Ce genre, créé par Molina et adopté par Willdenow, est fondé sur des Plantes qui ne sont point congénères; son Panke acaulis se rapporte au genre Gunnera, tandis que le Panke tinctoria est voisin du Laupanke de Feuillée, ou Francoa de Cavanilles. V. GUNNÈRE et FRANCOA. (G..N.)

PANNA – KELENGU – MARAMA. BOT. CRYPT. La Fougère mentionnée sous ce nom, par Rheede (Hort. Mal., 12, tab. 11) donnée comme synonyme du Polypodium quercifolium, L., paraît être notre Polypodium (Drynaria) Linnœi, décrit et figuré dans les Annales des Sciences naturelles. (B.)

* PANNAIRE. Pannaria. BOT. CRYPT. (Lichens.) Delise, qui de tous les botanistes francais est celui qui connaît le mieux les Lichens, et qui s'est distingué par plusieurs trèsbonnes monographies présentées à I'Institut, entre lesquelles nous citerons l'Histoire des Stictes, a, dans son riche herbier, établi le genre Pannaria qu'il se propose de faire connaître par un Mémoire spécial, et dont les caractères consistent dans la couleur toute particulière du réceptacle général ou thalle qui est à peu près celle du plomb, dans sa consistance comme subéreuse, dans le duvet épais, particulièrement sur les bords, qui en garait les expansions en dessous en manière de drap, dans les apothécies enfin qui semblent être intermédiaires entre celles des Parmélies et celles des Collèmes, étant petites, arrondies, et présentant une couleur qui passe du rouge au marron plus ou moins foncé; le rebord de ces apothécies est en général très-peu marqué, ou du moins s'il l'est dans la jeunesse du Lichen, il finit par s'effacer à mesure que le disque se bombe, ce qui avait engagé Léon Dufour, si nous en jugeons par des échantillons étiquetés de sa main, à regarder ces Plantes comme des Lécidées; mais leur thalle rayonnant et cartilagineux s'oppose à ce rapprochement. Les espèces constatées que Delise place dans le genre Pannaire, lequel nous paraît fort naturel; sont, outre six ou sept qui nécessitent encore examen: 1° Pannaria rubiginosa, confondue par Smith avec le Conoplea sous le nom commun d' affinis; on la trouve dans la France occidentale et en Angleterre; 2° Pannaria auctorum, N., Parmelia pannosa d'Acharius, qui se trouve dans toutes les contrées intertropicales; 3° Pannaria Boryi que Delise nous a dédié parce que nous découvrîmes, il y a plus de vingt ans, cette belle espèce confondue avec la précédente dans l'île de Mascareigne. Lesson l'a retrouvée à la Nouvelle-Zélande; 4° Pannaria conoplea, d'Acharius, remarquable par sa pulvérulence bleuâtre, espèce européenne; 5° Pannaria Delisei, N. improprement Parmelia plumbea, dans la Flore Française de De Candolle, remarquable par la petitesse de ses apothécies, et dont une belle variété (cyanoloma) existe dans l'ouest de la France; 6° Pannaria plumbea, Del., Parmelia plumbea, Ach., la plus grande de toutes les Pannaires, formant des rosaces épaisses, atteignant jusqu'à cinq pouces de diamètre. Delise l'a trouvée dans toute la Normandie occidentale, Lapylaie, à l'extrémité de la Bretagne, notamment sur les montagnes d'Arès. Nous l'avions déjà observée dans les environs de Bordeaux ainsi qu'à Ténériffe. Nous la possédons également de Saint-Domingue; 7° Pannaria areolata, Del., des Moluques et de Saint-Domingue; 8° Pannaria imbricata, Del., de Rio-Janeiro et de Mas-

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careigne; 9° Pannaria cervina, Del., des îles Sandwich; 10 °Pannaria erythrocarpa, Del., de Mascareigne; 11° Pannaria microphylla, Del., Lecidea d'Acharius, qui se trouve en Europe.

Les Pannaires croissent généralement sur l'écorce mousseuse des vieux Arbres, souvent vers leur cime en rosettes un peu élevées au-dessus de leur support à cause de leur épaisseur, assez régulièrement arrondies, mais se déformant avec l'âge en cédant aux obstacles qu'éprouve leur croissance par la saillie des troncs et par les brins de Mousses qui semblent se plaire à s'y mêler. Ces rosettes sont d'ordinaire circonscrites par un rebord velu qui appartient à ce duvet épais comme nu drap qui revêt les parties inférieures. Ce rebord produit uo singulier effet lorsqu'il est noir. Les divisions du thalle sont linéaires, parallèlement divisées et tellement contiguës qu'elles ne paraissent faire qu'un tout sans interstices, au moins vers le centre des expansions. (B.)

* PANNA VALLI. BOT. CRYPT. (Rheede, Hort. Malabo 12, 35.)Syn. de L omaria, scandens, Willd. (B.)

PANNETIÈRE. INS. Même chose que Panateiro. V. ce mot. (B.)

PANNE EXTERNE ET PANNE INTERNE, BOT. PHAN. Selon le professeur Mirbel les parois du péricarpe sont formées de deux parties, une extérieure qu'il nomme Panne externe, et l'aiitre intérieure qu'il nomme Panne interne. V. Fruit et Péricarpe. (A. R.)

PANOCOCO. BOT. PHAN. Un des noms de pays de l' Erythrina Corallodendrum. (B.)

PANOE. BOT. PHAN. (Adansou.) Syn. de V ateria, V. ce mot. (B.)

PANON OU PANOU. OIS. Thevet et quelques autres voyageurs ont indiqué sous ce nom un Oiseau que l'on croit un Merle, un Cotinga ou un Tangara. Sa taille est celle d'un Merle, et son plumage est générale ment noir avec une tache rouge vers l'estomac. (IS. G. ST.-II.)

PANOPE. Chenalopes. OIS. Genre établi par Vieillot, pour y placer l'Oiseau connu vulgairement sous le nom de Grand-Alque ou Grand-Pingouin, Alca impennis, Lath. V. Pingouin. (DR..Z.)

* PANOPE. crust. (Leach.) V. CYAME.

PANOPÉE. Panopea. conch. Ce genre fut établi par Ménard de la Gioye pour une des plus grandes Coquilles bivalves qui soit connue, et que les auteurs antérieurs à Linné nommaient Chama glycimeris, nom sous lequel Aldrovande le premier la représenta. Lister en donna ensuite une bonne figure, en lui conservant le nom qu'Aldrovande lui avait imposé. Cet auteur, plein de sagacité, sentit les rapports de cette Coquille avec les Solens; car il la mit immédiatement après eux. Linné la plaça dans son genre Mye, quoiqu'il n'eu ait pas tous les caractères, et elle y resta jusqu'au moment où Ménard proposa pour elle le genre Panopée adopté par tous les conchyliologues qui furent à son égard d'un commun sentiment, en le considérant comme trèsvoisin des Solens. Quoiqu'on ne connaisse point encore l'Animal des Panopées, on ne peut douter qu'il ne doive avoir beaucoup, d'analogie avec celui des Solens. D'un autre côté, il est évident que la coquille, par sa forme, a aussi des rapports avec les Myes; la large ouverture postérieure que laissent entre eux les bords de la coquille, la profonde impression palléale, indiquent l'existence de deux siphons longs et charnus. Cela dévoile aussi l'habitude de cet Animal de vivre enfoncé dans le sable à la manière de presque tous les Acéphales à longs siphons.

La Panopée d'Aldrovande était, il y a quelques années, encore très-rare dans les collections. Il était donc fort difficile d'examiner comparativement des individus vivans et des individus

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fossiles. Aujourd'hui qu'il a été possible de faire cette comparaison, il doit en résulter la réunion des deux espèces établies. La Panopée fossile n'était certainement qu'une variété de la vivante. Ce n'est pas en Italie seulement que l'on trouve des Panopées fossiles; on en a découvert aussi aux environs de Bordeaux, et nous en possédons une des terrains Parisiens. Elles forment des espèces évidemment distinctes. Lamarck caractérise ainsi le genre Panopée: coquille équivalve, transverse, inégalement bâillante sur les côtés; une dent cardinale, conique sur chaque valve, et à côté une callosité comprimée, courte, ascendante, non saillante au dehors; ligament extérieur sur le côté postérieur de la coquille, et fixé sur les callosités.

PANOPÉE D'ALDHOVANDE, Panapesa Aldrovandi, Ménard, Ann. du Mus. T. IX, p. 131; Chama glycimeria, Aldrov., Test., lib. 3, p.473 et 474; ibid., Lister, Conch., tab. 414, fig. 258; Mya glycimeris, Lin., Gmel., p. 3222, n° 17; ibid., Bornn, Mus. Cœs. Vind., t. 1, fig. 8; Chemn., Conch., tab. 3, fig. 25 (var. a), fossile; Panopœa Faujasii, Ménard, Ann. du Mus., loc. cit., pl. 12. Ménard a séparé la Panopée fossile de la vivante, sur Ce que les individus vivans sont généralement plus larges et ont l'ouverture antérieure plus prononcée. Tous les autres caractères restant absolument identiques, on ne peut disconvenir que ceux sur lesquels on a séparé l'espèce fossile, ont trop peu de valeur pour être adoptés.

PANOPÉE DE MÉNARD, Panopœa Menardiiy Nob. Espèce éminemment distincte ae la précédente, plus longue, plus étroite, inéquilatérale, le côté postérieur le plus long, bâillant beaucoup, moins large que l'antérieur; callosité moins saillante et beaucoup plus longue; impression palléale étroite, et ayant la sinuosité postérieure beaucoup plus étroite et plus profonde. Elle est fossile aux environs de Bordeaux. (D..H.)

* PANOPIA. BOT. PHAN. (Noronh.) Syn de Macarange. V. ce mot. (B.)

PANOPS. INS. Genre de l'ordre des Diptères, famille des Tanystomes, tribu des Vésiculeux, établi par Lamarck, et auquel il donne pour caractères: une trompe fort longue, cylindrique, bifide à l'extrémité, abaissée Contré la poitrine, et dépassant l'origine des pates postérieures; antennes cylindriques, à pointe, de trois articles; les deux premiers très-courts; le dernier fort allongé; ailes très-écartées; cuillerons très-grands; trois pelotes aux tarses. Ce genre se distingue des Cyrtes de Latreflle, parce que ceuxci ont les antennes très-petites, de deux articles, avec une soie au bout du dernier. Les genres Astomelle, Acrocère et Ogcode, en sont éloignés parce qu'ils n'ont point de trompe remarquable. Le corps des Panops est court et élevé; la tête est petite, plus basse que le corselet, presque globuleuse et occupée presque en totalité par deux yeux à réseaux et séparés par un simple sillon; sur le sommet sont trois petits yeux lisses, très-rapprochés et en triangle; le corselet est très-convexe ou bossu, avec le dos arrondi et sur lequel on aperçoit deux ou trois lignes enfoncées plus ou moins distinctes; les côtés du segment antérieur se prolongent et s'élargissent triangulairement en arrière pour former chacun une sorte d'épaulette assez saillante. On remarque entre ces épaulettes et la naissance des ailes, une petite plaque en bosse; l'écusson ou la partie analogue est proéminent, transversal, en segment de cercle ou arrondi postérieurement; les cuillerons sont grands, ovales; les ailes sont presque ovales, rejetées sur les côtés du corps; les pates sont de grandeur moyenne Sans piquans ni éperons; l'abdomen est grand, composé de six anneaux distingués par des incisions assez profondes; il est rétréci postérieurement

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et se termine eu pointe. Les mœurs de ces Diptères sont inconnues. On en connaît deux espèces propres à la Nouvelle-Hollande; l'un, le Panops de Baudin, Panops Baudini, Lamk., Ann. du Mus., t. 3, p. 266, pl. 22, f. 3; Latr., Gen. Crust., etc., est long de six lignes, noir, avec les antennes entièrement noires, les pates noires avec les genoux et le bout des jambes blanchâtres; l'autre, le Panops flavipède, Panops flavipes, Lativ, Encycl., est d'un noir bronzé, la base des antennes est jaunâtre, les jambes et les tarses sont de la même couleur. (G.)

* PANOPSIS. BOT. PHAN. Salisbury a nommé ainsi un genre fondé sur le Rhopala sessilifolia de Richard, mais qui n'offre pas de caractères suffisans pour mériter d'être adopté. V. Rhopala. (G..N.)

PANORPATES. Panorpatœ. INS. Tribu de l'ordre des Névroplères, section des Filicornes, établie par Latreille et ayant pour caractères: antennes sétacées et insérées entre les yeux; chaperon prolongé en une lame cornéc, conique, voûtée en dessous, pour recevoir la bouche; mandibules, mâchoires et lèvre presque linéaires; quatre à six palpes courts, filiformes, et dont les maxillaires n'offrent distinctement que quatre articles; corps allongé, avec la tête verticale; le premier segment du tronc ordinairement très-petit, en forme de collier; abdomen conique ou presque cylindrique. Ces Insectes ont reçu de quelques auteurs le nom de Mouches-Scorpions. Leurs métamorphoses n'ont pas encore été observées. Dans plusieurs les sexes diffèrent beaucoup entre eux. Latreille divise ainsi cette tribu:

I. Partie nue ou découverte du corselet formée de deux segmens, dont le premier plus petit; des ailes aux deux sexes.

Genres: NÉMOPTÈRE (Némoptéryx, Leach), BITTAQUE, PANORPE.

II. Premier segment du tronc grand, en forme de corselet; les deux suivans couverts par des ailes dans les mâles. Femelles aptères.

Genre: BORÉS. V. ce mot. (G.)

PANORPE. Panorpa. vas. Genre de l'ordre des Névroptères, section des Fiiioornes, tribu des Panorpates, établi par Linné et confondu par ce naturaliste et par Geoffroy, Degéer et Fabricins, avec les Insectes qui forment à présent la tribu des Panorpates (V. ce mot). Latreille l'a restreint, et tel qu'il est adopté aujourd'hui, ce genre a pour caractères: antennes filiformes; quatre palpes; ailes égales et couchées horizontalement sur le corps; des yeux lisses; abdomen des mâles terminé par une queue articulée avec une pince au bout; celui des femelles finissant en pointe. Ce genre se distingue des Bittaques qui en sont les plus voisins parce que ceux-ci ont l'abdomen semblable dans les deux sexes, et par d'autres caractères tirés de la longueur relative des pieds. Les Némoptères s'en éloignent parce qu'ils ont six palpes, que leurs, ailes supérieures sont écartées, et que les intérieures sont très-longues et linéaires; l'absence d'yeux lisses les distingue encore des deux genres. précédens. La tête des Panorpes tient au corselet par un coi très-court et presque nul; elle est presque arrondie supérieurement, un peu plus large que longue, prolongée intérieurement en une sorte de bec presque aussi long que le corselet, légèrement arqué, dur, presque corné, un peu rebordé de chaque côté; les antennes sont filiformes un peu plus courtes que le corps; elles sont composées d'environ quarante articles cylindriques; la lèvre supérieure est large, et placée au-dessus d'un prolongement avancéet très-pointu; les mandibules sont cornées, étroites et terminées par deux fortes dents; les mâchoires sont cornées, bifides; les palpes maxillaires sont plus longs que les mâchoires, filiformes et composés de cinq articles presque égaux;

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la lèvre inférieure est étroite, avancée, marquée d'un sillon longitudinal; les palpes sont courts et composés de deux articles; on voit au sommet de la tête trois petits yeux lisses; les yeux à réseau sont grands, arrondis et un peu saillans; le corselet est plus large que la tête, un peu relevé supérieurement; les ailes sont au nombre de quatre; elles sont étroites et égales en grandeur; les pates sont de longueur moyenne dans es deux sexes, elles ont deux crochets et une pelote au bout des tarses qui sont filiformes et composés de cinq articles; l'abdomen des femelles est long et se termine en pointe; il est formé de neuf anneaux qui glissent et s'emboîtent les uns dans les autres, ce qui donne à l'Insecte la facilité de l'allonger à volonté. Celui du mâle est semblable à celui des femelles, mais les trois derniers anneaux en diffèrent beaucoup et le dernier est armé, à son extrémité, de deux crochets mobiles qui se joignent et forment une sorte de pince. Cet anneau est ordinairement relevé et l'Insecte paraît vouloir s'en servir comme d'une arme offensive. Les Panorpes habitent les lieux frais des bois et des prairies, elles évitent la chaleur du soleil et se plaisent pendant le jour dans le repos. Elles volent peu et lourdement; elles vivent uniquement de rapine et attrapent les petits Diptères, les Teignes, Pyrales et Alucites qui se trouvent à leur portée. Leurs larves sont inconnues. On connaît six espèces de ce genre, dont deux sont propres à l'Europe.

La PANORPE COMMUNE, Panorpa commuais, L., Fabr., Scop., Geoff., Latr.; Scorpio Musca, Frisch.; Musca Scorpiuros, Mouff, Jonst.; Mouche-Scorpion, Réaum., Ins., 4, 138–151, t. 8, f. 9–10. Longue de sept lignes; ailes transparentes avec les nervures et des taches noires. Commune aux environs de Paris. (G.)

PANOUIL ET PANOUQUE. BOT. PHAN. Noms vulgaires du Panicum italtcum dans le midi de la France. (B.)

* PANPAKA PATESSEU. OIS. Syn. vulgaire de Gallinule Widgeon. V. GALLINULE. (DR..Z.)

PANPHALÉE. Panphalea. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées et de la Syngénésie égale, L., établi en 1811 par Lagasca dans sa Dissertation sur les Chænanthophores, insérée dans les Amenidades naturales de las Espanas. Quelques années après, H. Cassini ayant observé dans l'nerbier de Jussieu une Plante fort remarquable, étiquetée par Vahl Lapsana crassifolia, reconnut qu'elle devait former le type d'un genre nouveau, qui ne doit point appartenir, comme le Lapsana, à la tribu des Chicoracées, mais à celle des Nassauviées; il reconnut également que ce genre était identique avec le Panphalea. Voici les caractères qu'il lui a attribués: involucre plus court; que les fleurs, presque cylindrique, formé de huit ou neuf folioles oblongues, un peu élargies inférisuremeitf, membraneuses sur leurs bords, coriaces dàns leur partie moyenne, ou terminées par une dent spinescente; à la base de cet involucre on observe trois petites écailles inégales, ovales, acuminées; réceptacle petit et nu; calathide composée de dix à douze fleurons hermaphrodites, disposés sur deux rangs, en forme de rayons; corolles à tube large, à limbe profondément divisé en deux lèvres; l'extérieure large et terminée par trois petites dents; l'intérieure plus étroiîe et plus courte, profondément bifide, quelquefois paraissant indivise; étamines insérées sur la base de la corolle, ayant le tube de leurs anthères courbé, les loges très-courtes, et munies à la base et au sommet d'appendices très-longs; style comme dans les Nassauviées, à base renflée en tubercule arrondi, à branches stigmatiques souvent irrégulières. Dans son Mémoire sur les Labiatiflores, publié en 1812, le professeur De Candolle a placé le Pan-

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phalea auprès du Jungia, autre genre de ta tribu des Nassauviées. Cassini le range à la suite de son genre Drozia et du Triptilion de Ruiz et Pavon.

La PANPIIALÉE DE COMMERSON, Panphalea Commersonii, Cass., Bullet. de la Soc. Philom., juillet 1819; Lagasca, Amenid. Nat. T. 1, p. 34, est une Plante herbacée, glabre, verte, luisante et comme vernissée. Sa racine tubéreuse produit plusieurs tiges longues d'environ deux décimètres, grêles, anguleuses, ramifiées dans la partie supérieure. Les feuilles radicales sont longuement pétiolées, cordiformes, obtuses, divisées peu profondément en sept lobes inégaux; les caulinaires sont sessiles, trilobées dans la partie inférieure de la tige ovules et très-entières dans la partie moyenne, enfin linéaires, lancéolées et très-entières au sommet de cette tige et sur les ramifications. Les calathides de fleurs sont jaunes, petites, solitaires aux extrémités des derniers rameaux, et formant une sorte de panicule corymbiforme. Cette Plante a été recueillie par Commerson près de Montevideo, dans l'Amérique du Sud. (G..N.)

PANPHRACTUS. MAM. (Illiger.) V. PANGOLIN.

PANSE. Rumen, zool. Le premier des quatre estomacs des Ruminans. V. Estomac. (IS. G. ST.-H.)

PANSEBASTOS. MIN. V. PANEROS.

PANTACHATES. MIN. Nom donné par Wallerius aux variétés d'Agate dont la face est mouchetée comme la peau d'une Panthère, (G. DEL.)

* PANTANA. OIS. Syn. vulgaire de Chevalier Arlequin, Scolopax fusca, Gmel. V. Chevalier. (DR..Z.)

PANTERNO. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires de l'Aristoloche ronde. (B.)

PANTHERA. MIN. Les anciens donnaient ce nom à une Pierre qui venait de Médie, et qui était tachetée comme le pelage de leur Panthère.

PANTHÈRE. MAM. Espèce du genre Chat. V. ce mot. (IS. G. ST.-H.)

PANTHERNE. BEPT. OPH. Espèce du genre Couleuvre. V. ce mot. (B.)

PANTINE. BOT. PHAN. Nom donné comme l'un de ceux qui désignent vulgairement l'Ophride homme-pendu, Ophrys Anthropophora. (B.)

* PANTOPÉLAGIENS, OIS. Le célèbre hydrographe Fleurieu a proposé ce nom (Voy. de Marchand, T. III, p. 110) pour comprendre tous les Oiseaux de haute mer, tels que les Pétrels, les Albatros, les Sternes, etc. (LESS.)

PANTOPTÈRES. POIS. Duméril établit sous ce nom une famille parmi ses Holobranches apodes, ayant branchies composées d'un opercule et d'une membrane, ne manquant d'aucune des nageoires impaires et privée seulement de ventrales; les genres qui s'y rangent sont Anguille, Congre, Donzelle, Fierasfer, Anarhique, Coméphore, Macrognathe, Xiphias, Ammodite, Stromatée et Rhombe. (B.)

PANTOUFLE, BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires de l' Antirrhinum majus, V. Muflier, et du Cypripe dium Calceolus, aussi nommé Pantoufle de Notre-Dame. V. Cyphiféde. (B.)

PANTOUFLIER. POIS. (Lacépède.) Espèce du genre Squale. V. ce mot. Valencicnnes, d'après Broussonet, transporte ce nom au Tiburon. (B.)

PANTRIE. BOT. PHAN. Même chose que Pantine. V. ce mot. (B.)

PANURGE. Panurgus. INS. Genre de l'ordre des Hyménoptères, section des Porte-Aiguillons, famille des Mellifères, tribu des Apiaires andrénoïdes, établi par Panzer et adopté par Latreille et par tous les entomologistes avec ces caractères: tige des antennes, à prendre du troi-

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sième article, formant dans les femelles, une sorte de fuseau, ou de massue allongée, presque cylindrique, amincie vers sa base; pieds postérieurs garnis de poils propres à récolter le pollen des fleurs; mandibules et labre unis en dessus; point de brosse au ventre. Ces Hyménoptères ont les plus grands rapports avec les Andrènes, mais ils s'en distinguent, ainsi que des Dasypodes, parce que leur fausse trompe se dirige d'abord en avant et fait ensuite un coude pour se replier en dessous sur elle-même. Les genres Rophite, Systrophe et Ancyloscèle en sont distingués par des caractères tirés des nervures des ailes et des antennes; enfin le genre Xylocope en est séparé parce que ses mandibules et son lare sont sillonnés en dessus. Le corps des Panurges est pubescent; leur tête est grosse, transversale et comme tronquée en devant; le chaperon est large et terminé par un bord presque droit; les yeux sont ovales et entiers; les trois petits yeux lisses sont placés en triangle sur le front; les antennes sont insérées au milieu de la face antérieure de la tête; elles sont peu écartées à leur base et de la longueur de la tête et du corselet; elles spnt composées de douze articles dans les femelles et de treize dans les mâles; le premier article forme le tiers de la longueur totale de l'antenae et les autres forment une tige presque cylindrique; la lèvre supérieure est courte, petite, saillante, plus large que longue, et velue en dessus; les mandibules sont écailleuses, allongées, étroites, striées longitudinalement en dessus, arquées et rétrécies vers la pointe et sans dentelures au côté interne; les mâchoires consistent en une valvule coriace, en demi-tube dans sa moitié inférieure, coudée ensuite, et terminée par une pièce lancéolée, étroite, plus mince et paraissant, à raison de sa demi-transparence, comme demimembraneuse; les palpes maxillaires sont un peu plus courts que les labiaux, de six articles cylindriques; la lèvre inférieure est à moitié renfermée dans une gaîne ou un tube coriace, cylindrique, long, étroit et denté au bout; l'autre moitié, ou la partie saillante, a la forme d'une angue allongée, étroite, diminuant peu à peu de largeur ou lancéolée, presque membraneuse, peu ou point velue; à sa sortie du tube, elle est accompagnée de deux petites oreillettes membraneuses, étroites, allongées, pointues, et placées une de chaque côté; les palpes labiaux sont insérés à l'extrémité supérieure et latérale du tube engainant la lèvre inférieure; ils sont composés de quatre, articles presque cylindriques; le corselet est arrondi et convexe, le unétathorax est tronqué et présente une fossette au milieu de sa face postérieure; l'abdomen est assez grand, ovoïde, déprimé, plus velu sur les côtés, composé de six anneaux dans les femelles, et de sept dans les mâles; les organes sexuels du, mâle, sont forts, assez compliqués et en partie saillans. On aperçoit à l'extrémité de l'anus, deux petites pièces écailleux ses, plates, en forme de pelotes et arrondies au bout; on y distingue même les. crochets qui sont les plus extérieurs. Dans les femelles l'extrémité de l'abdomen renferme un aiguillon assez faible; les pates des Panurges sont de longueur moyenne, mais les dernières paraissent être assez grandes surtout dans les femelles; les ailes supérieures ont les plus grandes, elles sont recouvertes a leur naissance par un tubercule arrondi en forme d'écaille et assez grand; elles ont une cellule radiale appendicée, deux cellules cubitales complètes, presque égales, dont la seconde reçoit les deux nervures récurrentes, et une troisième cellule cubitale mais incomplète. Ces Hyménoptères vivent solitairement; on les rencontre, suivant Latreille, sur les fleurs semi-flosculeuses. Ils sont tous propres aux pays chauds et tempérés de l'Europe et font leur nid dans la terre. Leurs métamorphoses sont inconnués. On connaît six espèces

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de ce genre; celle qui se rencontre aux environs de Paris est:

Le PANURGE DENTIPÉDE, Panurgus deniipes, Latr.; Dasypoda ursina, Latr., Hist. Nat. des Crust. et des Ins., t. 1 3, p. 370, n. 2, la femelle; Apis ursma, Mus., Lesk., p. 80, n. 525; Apis ursina, var. b; Kirby, Monogr., Ap. angl., t. 2, p. 178, n. 1, tab. 16, 6, 1, la femelle. Long de trois lignes et demie, trèsnoir, velu; pates ostérieures et hanches unidentées a jambes arquées et ayant un faisceau de poils. On trouve cette espèce dans le midi de la France où elle est commune. On la rencontre aussi aux environs de Paris vers la fin de l'été. (G.)

PANZERIA. BOT. PHAN. Genre indiqué par Walter dans sa Flore de Caroline, et établi par Gmelin (Syst. Veget., p. 211 et 247) sur une Plante que Bartrara et Michaux ont placée parmi les Lycium (L. caroLinianum), et qui se distingue surtout par le nombre quaternaire des étamines et des parties de la fleur. Quoique ce genre n'ait pas été définitivement adopté, il mérite cependant un examen ultérieur, attendu la singularité du port de l'espèce qui le constitue.

Mœnch a établi un autre genre Panzeria sur quelques espèces de Leonurus indigènes de la Sibérie. Ce genre n'a pas été adopté. V. Agripaume. Enfin le nom de panzera a été appliqué inutilement par Willdenow à l' Eperua d'Aublet. V. ce mot. (G..N.)

* PAO. POIS. Nom que porte, dans l'île d'O-Taïti, une belle espèce de Girelle que nous avons figurée dans la Zoologie du voyage de l a Coquille, sous le nom de Girelle Pao, Julis quadricolor. (LESS.)

PAON. Pavo, L. OIS. Genre de l'ordre des Gallinacés. Caractères: bec médiocre, conique, courbé, nu sa base; mandibule supérieure déprimée, convexe et voûtée; narines ouvertes, placées de chaque côté du bec, et près de sa base; tarse plus long que le doigt intermédiaire, garni d'un éperon conique; quatre doigts; trois en avant unis à leur base par une courte membrane, un en arrière ne portant à terre que sur l'ongle; ailes courtes; les cinq premières rémiges étagées, la sixième la plus longue; queue composée de dix-nuit rectrices susceptibles de se relever et de se déployer en éventail, garnies de tectrices extrêmement longues, terminées par des taches oculaires d'un grana effet; tête ornée d'une aigrette composée de vingt à vingtquajlre petites plumes libres, relevées et garnies de barbules qui sont plus nombreuses et plus rapprochées vers l'extrémité. Le luxe éblouissant répandu avec tant de profusion sur le plumage du Paon, suffit déjà pour faire naître l'idée que ce bel Oiseau ne peut être originaire que d'un climat où le soleil, au milieu du ciel le plus pur, semble tout changer en or; le Paon n'est sauvage que dans l'Inde. La conquête de cet Oiseau est reportée à l'expédition d'Alexandre. Dans nos basses-cours, où il est aujourd'hui assez répandu, on ne lui donne ordinairement qu'une seule femelle pour laquelle il montre une ardeur extrême et semble étaler exclusivement toutes ses beautés. Celleci répond tendrement à ses caresses, et vers le mois de mai elle choisit un endroit écarté où elle pond quatre ou cinq œufs blancs et tachetés de rougeâtre; elle les couve assidument pendant trente jours. Les petits naissent couverts d'un duvet jaunâtre; ils sont très-délicats d'abord, et au bout d'un mois, l'aigrette commence déjà à paraître. Bientôt après les mâles se font distinguer par une teinte jaunâtre a ù bout de l'aile. Les ergots se manifestent; la queue s'allonge; mais ce n'est qu'à la troisième année qu'elle a acquis toute son étendue. La mère conduit ses Paneaux ou Paonneaux avec une sollicitude particulîère; elle les recueille sous ses ailes, leur montrè la nourriture, et les aide à se percher. Elle exprime surtout par des cris douloureux la peine que lui cause la perte d'un de ses pe-

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tits, et ces chagrins cuisans se renouvellent à chaque couvée, car les Paonneaux offrant à l'Homme un mets délicat, on ne laisse pas que de Ies rechercher pour le service de la table. On assure que dans l'état sauvage, la Paonne est plus féconde qu'en domesticité, qu'elle porte la ponte jusqu'à vingtcinq ou trente œufs déposés par elle sans apprêts, sur le sol et dans un trou le plus mystérieux possible; elle apporte les plus grands soins à dérober sa couvée à tous les regards et surtout à la mettre hors de la portée des Mammifères carnassiers qui en sont très-friands; aussi malgré cette vive sollicitude, il arrive bien rarement qu'elle ne soit pas tout entière la proie de la ruse et de la voracité. Dans les forêts où ils ont reçu la vie, ces Oiseaux se tiennent constamment dans les fourrées les plus épaisses et les plus élevées; dans nos basses-cours, dès qu'ils ont trouvé de quoi satisfaire leur appétit, ils s'élèvent assez pesamment sur le faîte des bâtimens sur de longues perches qu'ordinairement l'on dresse exprès pour eux, et ils y demeurent une partie de la journée en faisant entendre par intervalles, un cri tout à la fois rauque et perçant, dans lequel nos villageois observateurs trouvent des indices certains de quelque phénomène météorique, ou du moins d'une variation quelconque dans l'atmosphère. On fixe à vingt-cinq ou trente ans la durée de l'existence des Paons en Europe.

PAON ORDINAIRE, Pavo cristatus, L.; tête, cou, gorge et poitrine d'un bleu brillant à reflets verts; aigrette qui couronne le sommet de la tête d'un vert changeant en bleu; petites tectrices alaires d'un vert foncé à reflets dorés; les moyennes d'un bleu brillant bordées de vert doré, et les grandes d'un noir verdâtre, terminées' de pourpre cuivreux; les dix grandes rémiges d'un brun ferrugineux, et les autres brunes, garnies extérieurement de vert bronzé, à l'exception de celles du poignet qui sont entièrement brunes; tectrices caudales supérieures très-longues, dépassant même de beaucoup les rectrices, à barbes désunies et terminées par une tache oculaire, brillante; parties inférieures noirâtres, à reflets dorés; cuisses d'un gris noirâtre et bronzé; une bande fauve sur le genou. Taille, quatre pieds cinq pouces. Telle est la description du Paon sauvage; celle du Paon domestique (Buff., pl. enl. 434 et 435) en diffère assez pour qu'elle trouve place à côté de la précédente. Tête, cou, gorge et poitrine d'un bleu éclatant, nuaneé de reflets verts, violets et dorés; sommet de la tête garni d'une aigrette composée de vingt-cinq à trente petites plumes droites, à barbules rares et terminées par une palette arrondie, variée d'or et d'azur; des taches blanches à chaque partie supérieure; côté de la tête d'un vert doré, changeant en rouge cuivreux, avec l'extrémité des plumes frangée de noir, ce qui dessine sur le dos une multitude d'écailles; tectrices alaires variées de lignes transversales noires et fauves; grandes rémiges rousses; tectrices caudales très-nombreuses, disposées par étages et offrant dans leur plus grande longueur plus de quatre pieds; elles ont la tige blanche, et sont garnies de chaque côté de filets désunis à barbules d'un vert foncé et cuivreux; elles sont en outre terminées par un œil ou miroir circulaire d'un noir violet entouré de vert doré; lorsque ces tectrices sont relevées en roue on aperçoit les rectrices qui sont d'un brun roussâtre et longues d'un pied environ. Bec grisâtre; iris jaune; tour des yeux blanc; pieds éperonnés, d'un gris cendré. Taille, quarante-quatre pouces. On trouve assez souvent des variétés marquées irrégulièrement de taches blanches plus ou moins grandes qui coupent les diverses nuances azurées. Il en est une entièrement blanche chez laquelle on ne distingue les yeux de l'extrémité des tectrices caudales que par une espèce de nuances ou reflets satinés. La femelle a les

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parties supérieures d'un brun cendré, a têle et le cou d'un vert nuancé de cendré et de vert doré, l'aigrette d'un vert cendré, les tectrices caudales moins longues que les rectrices, d'un brun cendré, et dépourvues de taches oculaires, la gorge blanche, les parties inférieures variées de gris, de vert et de blanchâtre, les pieds dépourvus d'éperons. Sa taille est de beaucoup moins longue que celle du mâle.

PAON SPICIFÈRE, Pavo muticus, L.; Pavo japonensis, Bris. Parties supérieures d'un bleu métallique noirâtre avec le bord de chaque plume d'un vert doré, terminé par une frange d'un noir brillant; sommet de la tête garni de petites plumes veloutées d'un vert doré à reflets bleus, et surmonté d'une aigrette composée de vingt plumes longues, effilées, à tige blanchâtre, ornéo de chaque côté d'un rang de barbules libres qui se réunissent vers l'extrémité pour former une belle barbule d'un vert bleuâtre, doré et très-éclatant; eou, gorge et devant de la poitrine, couverts de plumes d'un bleu verdâtre éclatant, entourés d'un cercle doré, bordé de franges bleues; petites et moyennes tectrices alaires vertes à reflets bleus, les grandes d'un noir verdâtre, bordées de vert doré; rémiges d'un fauve marron, avec leur tige et leur extrémité d'un noir verdâtre; tectrices caudales supérieures d'un beau vert doré éclatant, coupé par intervalles de lignes chevronnées fauves; rectrices d'un noir verdâtre brillant, ondées et terminées de brunâtre; parties inférieures noires à reflets dorés; bec et pieds noirâtres; un fort éperon à ceux-ci. Taille, quarante pouces. Du Japon et de

On a étendu le nom de Paon à des Oiseaux de genres différons; ainsi on a appelé:

PAON DE LA CHINE OU DE MALACCA, l'Eperonnier. V. ce mot.

PAON DE MARAIS, PAON DE MER, Syn. de Combattant, V. Bécasseau.

PAON MARIN ET PAON A QUEUE COURTE, l'Oiseau royal. V. GRUL.

PAON DES PALÉTUVIERS, PAON DES ROSES, le Caurale. V. ce mot.

PAON SAUVAGE (PETIT), le Vanneau huppé. V. VANNEAU.

PAON SAUVAGE DES PYRÉNÉES, le Tétras Auerhan. V. Tétras. (DR..Z.)

PAON. POIS. Il paraît que l'espèce de Cycloptère décrit sou s ce nom, n'est qu'une variété du Lump. V. CYCLOPTÉRE. (B.)

PAON. INS. Plusieurs Lépidoptèies ont reçu ce nom, parce que leurs ailes portent un plus ou moins grand nombre d'yeux ressemblant à ceux de la queue du Paon. On désigne sous ce nom les Bombyx Pavoaia major, media et minor des auteurs. Le premier est le grand Paon; le second est le moyen Paon, et le troisième le petit Paon. On a appelé demi-Paon le Smerinihus oceliata, Sphinx de Linné, qui n'a des yeux qu'aux ailes inférieures. Le V anessa Io porte vulgairement le nom de Paon de Jour, ou OEil de Paon, (G.)

PAONNE, PAONESSE. OIS. La femelle du PAON. V. ce mot. (DR..Z.)

* PA-OU-A. MOLL. A O-Taïti on donne ce nom au Tridacne bénitier, et quoique l'Animal soit une nourriture indigeste, on le recherche avec empressement sur les récifs où les valves de la coquille sont enchâssées de manière a n'avoir que strictement les moyens de s'entr'ouvrir. L'Animal s'étend au-dehors d'un demi-pouce, et brille par la richesse du bleu d'azur ponctué d'or qui le distingue. (LESS.)

PAOUNASSA. OIS. L'un des synonymes vulgaires de Vanneau. V. ce mot. (DR..Z.)

PAOUROU. POIS. L'un des noms vulgaires du Milandre, espèce du genre Squale. V. ce mot. (B.)

* PAPA. OIS. On appelle ainsi, à Sumatra, suivant sir Raffles, le Lanius bentel d'Horsfield; on le nomme aussi Burong Papa ou Tuip api. (LESS.)

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* PAPA. OIS. Espèce du genre Catharte. V. ce mot. (DR..Z.)

* PAPACIN. POIS. (Risso.)Espèce du genre Syngnathe. V. ce mot. (B.)

PAPAGAYO. OIS. Les Portugais brésiliens, pour spécifier le Psittacus Amazonicus de La tham et de Kuhi, se servent du nom de Papagayo verdedeiro. V. PAPEGAIS. (LESS.)

PAPALU OU VANA-PAPALOU. BOT. PHAN. Nom sous lequel les Brames désignent un Arbre décrit et figuré par Rheede (Hort. Malabar. T. iv, p. 59, tab. 28), et qui est connu des habitans du Malabar, sous le nom de Katou-Theka. Ce nom de Theka le fait regarder par les Européens qui habitent les Indes-Orientales comme congénère de l'Arbre qui fournit le bois Teck (Tectona grandis, L.). Cependant il n'y a pas lieu de croire que ces Arbres soient de la même famille. Les caractères que Ton peut reconnaître d après la figure de Rheede, sont insuffisans pour déterminer ses affinités botaniques, quoique dans l'Encyclopédie, on n'ait fait aucune difficulté de lui trouver des rapports avec les Psychotria de la famille des Rubiacées. Cet Arbre a le tronc gros comme celui d'un Prunier, recouvert d'une écorce cendrée, et présentant intérieurement un bois blanchâtre, inodore et insipide. Ses fleuules sont opposées, oblongues, épaisses, glabres, très-grandes, marquées en dessous d'une forte nervure et d'autres nervures moins prononcées qui partent de celle-ci. Les fleurs sont blanches, inodores et disposées en panicules. Les fruits sont de la grosseur d'une Aveline, renfermant une pulpe verte, jaunâtre et douce, dans laquelle est un noyau qui contient une amande blanche et douce. Cet Arbre croît sur la côte du Malabar, où les habitans mâchent son fruit en guise d'Arec avec des feuilles de Bétel. (G..N.)

PAPANGAIE. BOT. PHAN. Nom de pays du Momordica Luffa. (B.)

* PAPANGHO. OIS. Flacourt mentionne sous ce nom un Oiseau de proie, qu'il dit être le Milan. (B.)

PAPAS, BOT. PHAN. Suivant l'Écluse, c'est le non) de pays de la Pomme de terre, Solanum tuberosum, d'où sont probablement venus les noms de Papa et Patates, qui désignèrent d'abord cette Plante en Espagne. (B.)

PAPAVER, BOT. PHAN. V. PAVOT.

PAPAVERACÉES. Papaveraceœ. BOT. PHAN. Famille naturelle de Plantes dicotylédones , polypétales, à étamines hypogynes, ayant pour type et pour genre prineipal le Pavot qui lui a donné son nom. Les Papavéracées sont des Plantes herbacées, annuelles ou vivaces; trèsrarement des sous-Arbrisseaux, à feuilles alternes, simples ou plus ou moins profondément découpées, remplies, ainsi que les autres parties herbacées, dun suc laiteux, blanc, jaune on presque rouge. Les fleurs sont assez variées dans Jecur mode d'iuflorescence. Elles sont tantôt solitaircs et terminales, et, dans ce cas, elles sont quelquefois trèp-grandes, ou bien elles, sont groupées en cimes ou en grappes. Le calice est formé de deux, rarement de trois sépales plus ou moins concaves et trèsugaces. La corolle, qui manque quelquefois, se compose de quatre, très-rarement de six pétales planes, très-larges, chiffonnés et plissés avant l'épanouissement de la fleur; quelquefois ces pétales ont une forme irrégulière, comme dans l' Hypecoum. Les étamines, communément en trèsgrand nombre, rarement en nombre déterminé, sont libres et distinctes les unes des autres, toujours serrées au réceptacle et hypogynes. L'ovaire est tout-à-fait libre, tantôt ovoïde ou globuleux, tantôt plus ou moins allongé; toujours è une seule loge, qui renferme des ovules quelquefois très-nombreux, attachés à des trophospermes pariétaux plus ou moins saillans et consistans, parfois des prolongemens lamelleux,

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qui ont été pris pour des cloisons. Le style esttrès-court, à peine distinct, ou manque complètement. Les stigmates sont en même nombre que les trophospeimes; ils sont plus ou moins allongés ou réunis, aplatis en forme de disque étoilé. Le fruit est une capsule ovoïde ou globuleuse, couronnée par le stigmate, indéhiscente ou s'ouvrant par de simples pores, ou plus ou moins allongé, en forme de silique et s'ouvrant, soit en deux valves, soit par des articulations transversales. Les graines sont ordinairement fort petites, composées d'un tégument propre et portant quelquefois une sorte de petite caroncule charnue; d'un endosperme charnu, dans lequel est placé un petit embryon cylindrique. Cette famille, telle qu'elle avait été établie par Jussieu (Gen. Plant.), renfermait le genre Fumaria. Mais ce genre, qui a été divisé en plusieurs groupes ou genres distincts, a été séparé des Papavéracées, et est devenu le type d'un ordre ou famille nouvelle, sous le nom de Fumariacées. V. ce mot, où nous avons donné les caractères qui distinguent ces deux groupes. AujourdTiui la famille des Papavéracées se compose, des neuf genres suivans: Papaver, L.; Argemone, L.; Meconopsis, Yiguier, D. C.; Sanguinaria, L.; Boconia, L.; Rœ meria, Meditk.; Glaucium, Tournef.; Chelidonium, Juss.; Hypecoum, L.

Dans son System a Naturale Vegetabiluim, le professeur De Candolle décrit cinquante-trois espèces appartenant à cette famille. our ce nombre, on en trouve onze dans l'Europe septentrionale et moyenne; treize dans les régions méditerranéennes; douze en Orient 5 deux en Sibérie; trois à la Chine et au Japon; une au cap de Bonne-Espérance; une à la Nouvelle-Hollande; trois dans l'Amérique septentrionale, et six dans l'Amérique méridionale.

Les Papavéracées présentent assez d'uniformité dans leurs propriétés médicales. Le suc propre qu'elles resferment est tantôt plus ou moins corrosif, tantôt narcotique. Tout le monde sait que l'Opium n'est que le suc propre du Papaver somniferum, qui s'est naturellement desséché, et que plusieurs autres espèces peuvent fournir une matière absolument semhlable à celle de ce Pavot. Le suc jaune de la Grande-Eclaire (Chelidonium majus, L.) est plus ou moins âcre; on se servait autrefois de la racine comme sudorifique; mais aujourd'hui, elle est à peu près inusitée. Cependant, on emploie encore quelquefois le suc jaune que contiennent les feuilles et la tige pour détruire les verrues qui se dévelopent sur différens points de l'épiderme, et en particulier aux mains. La racine du Sanguinaria canadensis jouit à peu près des mêmes propriétés, et est employée aux mêmes usages par les médecins américains. Les graines, quoique fort petites, contiennent une très-grande quantité d'huile grasse. L'huile connue sous le nom vulgaire d'Oliette ou d'OEillette, est celle des grains du Pavot cultivé.

Les Papavéracées constituent une famille très-naturelle, qui a des rapports avec les Renonculacées et les Crucifères, mais qui, par les caractères que nous avons précédemment établis, s'en distingue facilement. (A. R.)

PAPAYE, BOT. PHAN. Le fruit du Papayer. V. ce mot. (B.)

PAPAYER. Carica, L.; Papaia, Plûm. BOT. PHAN. Genre de la famille des Passiilorées et de la Diœcie Décandrie, offrant les caractères suivans: les tieurs sont unisexuées, ordinairement réunies et diversement groupées. Dans les fleurs mâles, on trouve un calice très-court, à cinq petites dents; une corolle monopétale, tubuleuse et infundibuliforme, ayant son limbe partagé en cinq lobes égaux; dix étamines légèrement monadelphes parleur base, dont cinq alternes, plus courtes; les anthères sont à deux loges introrses, s'ouvrant par un sillon longitudinal. Le centre de la fleur est occupé par un appen-

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dice allongé, qui tient la place de l'ovaire. Les fleurs femelles, qui sont généralement plus petites, out aussi un calice très-court, à cinq dents; une corolle tantôt à cinq lobes profonds, tantôt à cinq pétales distincts et étroits. L'ovaire est libre et sessile, à une ou cinq loges incomplètes, séparées par de fausses cloisons, formées par les trophosperrnes, qui quelquefois sont saillans, en forme de lames dans la partie inférieure de la cavité ovarienne. Ces trophospermes sont pariétaux, couverts d'un grand nombre d'ovules. Le style est simple et se termine par cinq stigmates linéaires. Les fruits sont charnus, à une ou cinq loges, contenant un grand nombre de graines. Celles-ci ont leur surface lisse ou inégale; elles se composent d'un endosperme blanc, charnu, contenant un embryon axile, dressé, dont les cotylédons sont planes.

Les Papayers sont des Arbres ou des Arbrisseaux d'un port tout particulier, Leur tronc est simple, épais, couronné à son sommet par de trèsgrandes feuilles réunies en une touffe, de manière à avoir quelque ressemblance avec des Palmiers. D'un autre côlé, ils ont aussi quelques rapports avec certaines Urticées, et en particulier aves les Figuiers et les Arbres à Pain. Leur tronc ou leurs feuilles, quand on les entame, laissent découler un suc blanc et laiteux. Presque toutes les espèces sont originaires des diverses parties de l'Amérique méridionale. Une seule (Carica Papaya, L.) croît dans l'Inde, mais elle est en quelque sorte naturalisée en Amérique.

Le PAPAYER COMMUN, Carita Papaia, L.; Papaya commuais, Lamk., Encyc., III., tab. 831. Il croît aux Moluques. La hauteur de son tronc est d'environ une vingtaine de pieds. II est simple, cylindrique, offrant les cicatrices des feuilles des années précédentes. Ces feuilles sont trèsgrandes, pétiolées, éparses, profondément partagées en sept ou neuf lobes sinueux et découpés latéralement. Les fleurs sont dioïques, blanchâtres, d'une odeur assez agréable, formant des grappes axillaires. Les fruits sont très-gros, jaunâtres, pulpeux intérieurement. La saveur de ces fruits est aromatique et assez agréable. On les mange, soit crus, à la manière des Melons, soit cuits et cueillis avant la maturité.

Les autres espèces sont, en général, originaires du nouveau continent. Nous citerons entre autres les Carica monoica, Desf., Ann. Mus., 1, p. 273, tab. 18; Car. spiuosa, Aubl.; Car. cauliflora, Jacq., Schœn., tab. 311, etc. (A. R.)

PAPE. OIS. Syn. de Non-Pareil. V. GROS-BEC. (DR..Z.)

PAPECHIEU. OIS. (Belon.) Syn. de Vanneau. V. ce mot. (DR..Z.)

PAPEGAIS. OIS. On donne ce nom à diverses lespèces qui constituent une division dans le genre Perroquet. Ils sont tous de Amérique méridionale, et se distinguent de la plupart des autres Perroquets en ce qu'ils n'ont pas de plumes rouges dans les ailes. Ce nom de Papegais est venu de l'espagnol Papagaya, par lequel les premiers conquérans de l'Amérique désignèrent les Perroquets; de-là tant de noms barbares employés par divers voyageurs, et reproduits dans les Dictionnaires pour désigner des Perruches et autres Oiseaux qui présentent quelques rapports avec des Perroquets, soit par leur couleur, soit par la l'forme de leur bec. (DR..Z.)

PAPHIE. Paphia. CONCH. V. GALATUÉE.

* PAPHUS. OIS. (Turner.) Syn. d'Engoulevent commun. V. ENGOULEVENT. (DR..Z.)

PAPIA. BOT. PHAN. Le genre fondé sous ce nom par Micheli, avait été réuni au Lamium par Linné. Il a été* rétabli dans la Flore Française par De Candolle, qui l'a nommé Orvale. V. ce mot. (G..N.)

PAPIER. ZOOL. BOT. Ce mot, qui

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désigne l'un des produits de l'industrie humaine, tiré des Végétaux, a été donné à plusieurs productions des trois règnes de la nature, avec quelque épithète spécifique. Ainsi, on a appelé:

PAPIER BROUILLARD (Moll.), le Conus Tulipa.

PAPIER DE LA CHINE (Moll.), l'Olive hispidule.

PAPIER FOSSILE et de MONTAGNE (MIN.), l'Asbeste.

PAPIER MARBRE (Moll.), le Conus nebulosus.

PAPIER DU NIL (BOT.), le Cyperus Papyrus.

PAPIER ROULÉ (Moll.), le Bulla lignaria.

PAPIER TURC (Moll.), le Conus minimus, etc. (B.)

* PAPIERTORF. MIN. (Werner.) V. DUSODYLE.

PAPILIONACÉE (COROLLE), BOT. PHAN. On appelle ainsi la corolle d'un grand nombre de Légumineuses. C est une corolle polypétaie irrégulière, composée de cinq pétales inégaux et dissemblables: l'un est supérieur, embrassant et recouvrant généralement les autres avant l'épanouissement de la fleur; on le nomme étendard (vexillum); deux sont latéraux et semblables: ce sont les ailes (alœ); et deux sont inférieurs, rapprochés et souvent soudés en partie ou en totalité par leur côté inférieur: ils constituent la carène. Les fleurs du Pois, du Haricot, du faux Acacia, ete., nous offrent des exemples de corolle papilionacée. (A. R.)

PAPILIONACÉES. BOT. PHAN. Ou appelle ainsi un groupe de la famille des Légumineuses, dont toutes les Plantes ont la corolle irrégulière et papilionacée. Tournefort en avait formé deux classes dans son système, savoir: la dixième et la vingt-deuxième. V. LÉGUMINEUSES et SYSTÉME. (A. R.)

PAPILLAIRES (GLANDES). BOT. PHAN. Ou appelle ainsi des glandes qui se composent de plusieurs rangées de cellules disposées circulairement. On trouve des glandes papillaires sur les feuilles d'uu grand nombre de Labiées, sur celles du Rhododendrum punctatum, etc, (A. R.)

PAPILLES. Papillœ. BOT. On désigne sous ce nom certaines protubérances que I'on observe sur les organes de plusieurs Végétaux, et qui sont filiformes, petites, molles et compactes. Dans quelques Champignons, tels que les Téléphores, la Papille est une protubérance mousse qui porte les spores. (G..N.)

PAPILLON. Papilio. ins. Genre de l'ordre des Lépidoptères, famille des Diurnes, tribu des Papilionides, établi par Linné qui lui donnait une grande étendue, et restreint successivement par les auteurs d'entomologie, jusqu'à ce que Latreille, dans ses derniers ouvrages, l'ait circonscrit et lui ait assigné pour caractères essentiels: palpes inférieurs très-courts, atteignant à peine, par leur extrémité supérieure, le chaperon très-obtus, avec le troisième article presque nul ou très-peu distiuct. Ce genre se distingue des Parnassiens, qui en sont très-voisins, parce que les palpes de ceux-ci s'élèvent sensiblement au-dessus du chaperon et vont en pointe. Le bouton de leurs autennes est court, presque ovoïde et droit. Le genre Thaïs s'en éloigne par les mêmes caractères.

Le genre Papillon, tel que Linné l'avait formé, correspond entièrement à la famille des Diurnes de Latreille (V. DIURNES ET LÉPIDOPTÉRES). Geoffroy, Degécr et Olivier ont suivi la méthode de Linné, et leur genre Papillon conserve la même étendue. Tous ces auteurs ont été forcés de faire de divisions dans ce grand genre, afin d'en faciliter l'étude. Linné, dans les premières éditions de son Systema Naturœ, et dans la première de sa Faune Suédoise, divise son genre Papillon de la manière suivante: 1° quatre pieds;

TOME XIII. 3

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2° six pieds; ailes élevées, anguleuses; 3° six pieds; ailes élevées, arrondies: 4° six pieds; ailes étendues; 5° six pieds; ailes réfléchies. Il ne distinguait pas alors les Sphynx des Phalènes. Plus tard, dans les dernières éditions de son Systema Naturœ, le genre Papillon, qu'il n'avait jusqu'ici caractérisé que par le renflement terminal des antennes, acquit un signalement nouveau, tiré de la position des ailes; elles sont élevées et conniventes supérieurement; le vol est diurne. Les espèces furent distribuées eu six phalanges. La première, celle des CHEVALIERS, Equités, était divisée elle-même en Chevaliers Troyens (Troes), et Chevaliers Grecs (Achivi). Cette phalange correspond entièrement au genre Papillon de Latreille. La seconde phalange, celle des HÉLICONIENS, Héliconiila troisième, celle des DANAÏDES, Danai, divisée en Danaïdes blanches (Candidi), et Danaïdes bigarrées (Festivi.); la quatrième phalange, celle des NYMPHA les, Nymphales, divisée en Gemmait ou Nymphales à yeux, de plusieurs auteurs, et Phalerati ou Nymphales aveugles; enfin, la cinquième phalange, celle des PLÉBÉIENS, se divise en Plébéiens ruraux (Rurales) et urbicoles (Urbicolœ). Geoffroy (Histoire abrégée des Ins. T. II, p. 32) suivit et perfectionna la première méthode de Linné. Son genre Papillon se compose de deux familles, selon que les individus n'ont que quatre pieds propres à la marche, les deux antérieurs étant repliés, ou qu'ils en ont six tous semblables, et dont l'Animal se sert également soit pour marcher soit pour se soutenir. Les premiers qui ont été appelés Maçons ou Grimpans, sont distribués en trois paragraphes. Dans le premier, les Papillons viennent de chenilles épineuses; leurs antennes sont terminées par un bouton presque rond; les pates de devant sont courtes, velues, ramassées près du cou: les ailes sont anguleuses et souvent très-découpées à leurs bords. Les espèces du second paragraphe offrent les mêmes caractères, à cette seule différence près, que les bords de leurs ailes sont arrondis et légèrement découpés. Dans le troisième paragraphe, les chenilles ne sont point épineuses; les deux pates antérieures de l'insecte parfait sont très-courtes, mais nullement velues. Les chrysalides des Papillons de cette famille sont toutes posées perpendiculairement et suspendues par a queue, la tête en bas. Celles de la seconde famille ou des Papillons à six pates ambulatoires, sont posées transversalement et attachées par la queue et le milieu du corps, au moyen d'un anneau ou d'une anse de fil. Aucun de ces Papillons ne vient de chenille épineuse, et plusieurs ont le bouton qui termine chaque antenne allongé comme un fuseau. Cette famille est subdivisée de la manière suivante: les grands Porte-Queues, les petits Porte-Queues, les Argus, les Estropiés, et les Papillons du Chou ou les Brassicaires. Les seconde, troisième et quatrième sections, embrassent les Papillons Plébéiens de Linné, ceux avec lesquels Fabricius compose le genre Hesperia de son Entomologie systématique. Ces améliorations de la méthode ne sont qu'une application des principes établis par Réaumur, dans ses excellens Mémoires sur les Insectes.

Degéer, qui écrivit a près Geoffroy, profita habilement des lumières des auteurs précédemment cités; il fit faire, par ses propres observations, de grands pas à la science. Il divise les Papillons en cinq familles, dont les caractères sont les mêmes, de son propre aveu, que ceux des classes de Papillons diurnes, établies par Réaumur. A l'ègard des trois premières familles, il se sert d'uti caractère dont Geoffroy n'avait pas fait usage, celui de la direction du bord interne des secondes ailes; mais, d'autre part, il n'a pas employé, pour signaler ses coupes, un caractère important, dont le naturaliste français avait tiré un grand avantage, celui que fournit la

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considération des chenilles et des chrysalides. Sa quatrième famille se compose de genres de Diurnes très différens sous ces rapports, comme de Vanesses, d'Argynnes et de Satyres.

Scopoli, dans sa Faune de Carniole, avait d'abord divisé les espèces du genre Papillon eu Tetrapes (quatre pieds) et en Hexapes (six pieds). Dans son introduction à l'His toire naturelle, imprimée en 1777 et à une époque où la méthode de Denis et Schiffermuller (Cat. Syst. des Lépid. de Vienne) était connue, son genre Papillon forme la troisième race ou peuplade (gens) de sa tribu sixième au règne animal; il sépare des Papillons proprement dits, les Plébéiens ruricoles de Linné, et en compose les genres Argyrus, Argus, Pterourus, Battus, Graphium et Ascia. Mais ce qui est inconcevable, c'est qu'un naturaliste aussi instruit ait tiré les caractères de ces genres de l'absence ou de la présence des taches des ailes, de leur disposition et de la forme des ailes inférieures à queue ou sans queue. Comme le dit Latreille, on pourrait tout au plus le pardonneraux naturalistes antérieurs a Arisiote.

Fabricius, dans ses premiers ouvrages sur l'entomologie, ne fit aucun changement à la distribution du genre Papillon de Linné. Mais dans son Entomologie systématique, il en a détaché plusieurs sous le nom générique d'Hespéries; et aux autres divisions du genre Papillon, il en ajoute deux: celle des Parnassiens, précédant immédiatement celle des Danaïdes blanches, et celle des Satyres, qui vient après les Danaïdes et termine le genre Papillon. Le groupe des Satyres est, d'après l'expression de Latreille, une sorte de magasin où cet auteur a réuni les espèces dont il n'avait ou que faire, ou qu'il ne pouvait apporter aux coupes précédentes.

C'est à la suite de cet ouvrage que Latreille a commencé à publier ses travaux sur l'entomologie. Dans son Histoire générale des Insectes, il a indiqué pludiems coupes génériques. Fabr icius a établi dans son dernier ouvrage (Système des Glossates), quarante genres de plus. Nous n'exposerons pas ici leurs caractères, et nous nous bornerons à présenter la correspondance de ses coupes avec les genres établis par Latreille à l'article PAPILLONIDES. Le petit nombre d'observations sur les métamorphoses des Papillons exotiques, empêchera encore long-temps de faire une méthode naturelle pour distribuer ces Insectes. Les auteurs du Catalogue des Lépidoptères de Vienne se sont servis de la connaissance des chenilles et des métamorphoses pour caractériser leurs coupes, mais ce travail est encore à faire pour les Papillons étrangers. Ochsenheimer a étendu cette méthode à toutes les espèces d'Europe. Il partage le genre Papillon de Linné en quinze familles, dont il faut cependant retrancher la dernière; car elle est composée d'Ascalaphes (V. ce mot). Les caractères de ces coupes ont pour base la forme, la couleur et les habitudes des chenilles, leur manière de se métamorphoser, la figure et la disposition de leurs chrysalides, et enfin l'insecte parfait considéré sous le rapport du nombre de ses pieds, de la position de ses ailes, de la figure de leur contour, du dessin et des couleurs de leur surface. Les cinq premières familles de cet auteur comprennent les Diurnes hexapodes, et répondent aux genres suivaus de Latreille: 1re, Hespérie, Papillon; 2e, Parnassien; 3e, Thaïs; 4e, Piéride; 5e, Coliade. Les neuf autres familles sont composées des Tétrapodes; 6e, Satyre; 7e et 8e, Nymphale; 9e, Vanesse; 10e, première division des Argynnes; 11e la seconde division des Argynnes; 12e, 1 3e et 1 4e, les Polyommates. Latreille a apporté des. changemens notables à cette méthode, et dans ses divers ouvrages, il a cherché à faciliter l'étude des Papillons, en simplifiant la méthode et en proposant des genres bien cir-

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conscrits. Dans ses derniers ouvrages, il partage le genre Papillon de Linné en deux tribus, les Papillonides et les Hespérides. Nous renvoyons à ces mots, pour faire connaître la distribution qu'il a présentée en dernier lieu.

Duméril, dans sa Zoologie analytique, désigne ces Papillons diurnes, ou le grand genre Papillon de Linné, par les noms de GLOBULICORNES ou ROPALOCÈRES; il le compose de trois genres: Papillon, Hétéroptère, Hespérie. Le second comprend les Plébéiens urbicoles ou les Estropiés de Geoffroy, et le troisième, les Plébéiens ruraux ou les Polyommates et les Ericines de Latreille. Lamarck, dans son Histoire naturelle des Animaux sans vertèbres, forme, avec le genre Papillon de Linné, la seconde section des Lépidoptères, celle des Papillonides. Il y établit deux divisions qui correspondent aux deux tribus des Hespérides et des Papillonides de Latreille.

Le genre Papillon de Linné renferme les Lépidoptères que l'on nomme vulgairement Papillons de jour. Ce sont les Insectes les plus recherchés des amateurs; mais aussi ce sont les plus difficiles à conserver dans un état de fraîcheur. En général, les Papillons de jour sont ornés des couleurs les plus brillantes, et leurs formes sont les plus gracieuses. Leurs chenilles vivent sur différens Végétaux; elles ne se font pas de coques de soie pour se métamorphoser, comme cela a lieu chez les Nocturnes; il n'y a que la chenille du Papillon Apollon (Parnassus Apollo) qui file un réseau lâche et qui réunit des feuilles, dans lequel la chrysalide reste jusqu'à la naissance de l'Insecte 'parfait. On trouve des Papillons dans tous les pays du monde; mais ceux des pays chauds sont bien plus riches en couleurs et beaucoup plus grands.

Maintenant que nous avons présenté succinctement les différens changemens qu'a éprouvés le grand genre Papillon de Linné, nous allons donner les caractères détaillés du genre Papillon proprement dit, tel que l'a adopté Latreille, et tel qu'il est caractérisé au commencement de cet article. Les Papillons proprement dits ont six pieds presque semblables et également propres à la marche dans les deux sexes. Les crochets des tarses sont simples ou sans dents. Leur tête est moins large que le corselet; elle porte deux gros yeux à réseau, saillans et arrondis. Leurs palpes sont très-courts, composés de trois articles; ils sont très-obtus à leur extrémité supérieure; leur dernier article est à peine distinct, et ils n'atteignent qu'à peine le chaperon. Les antennes sont longues; elles vont en augmentant d'épaisseur jusqu'à leur extrémité, qui est un peu contournée; elles sont insérées entre les yeux, sur le haut de la tête; la trompe est longue, tortillée en spirale et placée sous les palpes et dans l'intervalle de leur insertion. Le corselet est assez grand, convexe, trèsvelu, avec deux épaulettes de poils plus roides, recouvrant l'insertion des ailes; celles-ci sont très-grandes, fortes, chargées de nervures trèssaillantes et qui circonscrivent des cellules bien marquées; la cellule centrale des ailes inférieures est fermée. Le bord interne de ces mêmes ailes est concave ou comme échancré: dans un grand nombre d'espèces, ce bord est garni de longs poils roides qui entourent l'abdomen. La forme des ailes de Papillons varie beaucoup, et sert à diviser ce genre en plusieurs coupes artificielles. Les uns ont les ailes allongées avec les inférieures, simples, sans. dentelures ni queues; d'autres ont les ailes inférieures dentées et allongées de haut en bas; enfin, un grand nombre porte, vers l'angle interne de ces mêmes ailes, une queue plus ou moins grande en spatule. Les chenilles sont rases. Dans les momens de crainte ou d'inquiétude, elles font sortir de la partie supérieure de leur col, une corne molle, fourchue, et qui jette ordinairement une odeur

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désagréable. Leur chrysalide est nue et attachée avec un cordon de soie. Les espèces de Papillons proprement dits, se trouvent dans toutes les parties du monde; cependant elles sont plus particulièrement propres aux pays chauds, et les contrées de l'A sie et de l'Amérique situées entre les tropiques, paraissent leur patrie spéciale. Les espèces qui ont des taches rouges à la poitrine, et qui forment la divisiou des Chevaliers Troyens de Linné, ne paraissent propres qu'à l'Inde; le Sind ou l'Inqus parait être leur limite occident tale. Les espèces propres à la Nouvelle-Hollande ont plus d'affinité avec celles des Moluques qu'avec celles de l'Amérique. Celles de l'Amérique septentrionale ont une physionomie propre; en général, elles sont npires, souvent sans queue. Ceux de l'Afrique ont de l affinité avec ceux de l'Inde et de l'Europe. En général, les espèces de Papillons proprement dits sont remarquables par leur grandeur et leur couleur; leur vol est rapide; les espèces indiennes volent au sommet des grands arbres, et on les prendrait plutôt pour des Oiseaux. Cegenre est composé de cent cinquante espèces à peu près. On peut le diviser de la manière suivante:

I. Ailes inférieures sans queue.

PAPILLON PRIAM, Papilio Priamus, L.; Crammer, Pap. 2, p. 36, pl. 23., f. A, B; Donov., Gen. Ilustr., etc., n° 5, pl. 3; le Frangivert, Daubenton, pl. enlum., n° 45. Ses ailes étendues ont plus de sept pouces d'envergure; c'est le plus beau des Papillons connus, et Linné lui avait donné l'épithète d'Auguste. Ses premières ailes sont ovales, entières; elles sont en dessus d'un beau vert luisant, avec leur milieu d'un beau noir velouté. Les inférieures sont dentées, vertes, avec des taches marginales noires. Le dessous des premières ailes est noir, avec des taches d'un vert plus doré; les inférieures sont comme en dessus; mais le vert est plus jaune ou doré, et le bord interne est tout-à-fait jaune; le corselet a une tache verte en dessus et deux taches rouges dessous à la naissance des ailes. On le trouve dans l'île d'Amboine. Quoy et Gaimard, et ensuite Durvtlle, ont rencontré à la Nouvelle-Guinée une variété de cette espèce, ayant une bande verte sur le milieu des ailes supérieures, et les inférieures dépourvues de taches noires. Mais la plus belle variété, dont nous serons peut-être obligé de faire une espèce, a été rencontrée par Durville au port Praslin à la Nouvelle-lrlande; cette espèce est de la taille du Priam; scs ailes sont également d'un beau noir de velours; mais les bandes et les taches qui sont vertes dans le premier, sont dans celui-ci du plus beau bleu de ciel.

Godard pense avec raison que le Priam est le mâle du grand Papillon que Linné a nommé Panthoüs. Il a observé que tous les Priams qu'il a pu voir, étaient des individus mâles, tandis que les Panthoüs se sont trouvés constamment femelles. Ces deux Papillons se trouvent dans le même pays.

II. Ailes inférieures à queue.

PAPILLON GRAND PORTE-QUEUE, Papilio Machaon; Pieris Machaon, Schrank, Faun. Boic. Il a plus de trois pouces et demi d'envergure; ses ailes sont dentées, jaunes, avec le bord noir; les supérieures ont quatre taches; les inférieures, un are discoïdal noir. Celles-ci ont une queue avec un rang de taches bleues, et un œil ferrugineux à l'angle de l'anus. Ce Papillon est fort commun en Europe; il paraît depuis le commencement de mai jusque vers le milieu de juin. On le trouve aussi trèsfréquemment en Egypte et en Syrie. Sa chenille est lisse, verte, avec des anneaux d'un noir velouté, alternativement ponctués de fauve. Elle a sur le col un tentacule rougeâtre, fourchu et un peu rétractile. Lorsqu'on l'irrite, elle lance une

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liqueur un peu caustique et d'une odeur forte. Elle vit solitairement sur les Ombellifères, mais plus volontiers sur le Fenouil et sur la Carotte, dont elle préfère la graine aux feuilles. La chrysalide est verdâtre, avec une bande jaunâtre longitudinale sur chaque côté. Ce Papillon et les Papilio Alexanderet Podalirius, sont les seules espèces du genre qui soient propres à l'Europe.

PAPILLON A AILES EN PLUMES, V. PTÉROPHORES.

PAPILLON DES BLÉS. V. ALUCITE, OECOPHORE et TEIGNE.

PAPILLON BOURDON. Degéer a donné ce nom à différens genres de Crépusculaires. V. SPHYNX, SMÉRINITHE et SESIE.

PAPILLON DE CHARDON. V. VANESSE.

PAPILLON DE LA CHENILLE DU SAULE. V. Cossus et BOMBYX QUEUE—FOURCHUE.

PAPILLON DU CHOU. V. PIÉRIDE.

PAPILLON DE L'ECLAIRE. V. ALEYRODE.

PAPILLONS ESTROPIÉS. V. HESPÉRIE.

PAPILLON DES FAUSSES-TEIGNES. On nomme ainsi les Nocturnes qui vivent dans des tuyaux ou galeries fixes, ou de Fausses-Teignes. V. TEIGNE.

PAPILLON FEUILLE-MORTE, ou PAPILLON PAQUET DE PEUILLES SÉCHES. V. BOMBYX FEUILLE-MORTE.

PAPILLON DE JOUR et PAPILLON DE NUIT. V. LÉPIDOPTÉRES, DIURNES et NOCTURNES.

PAPILLON NACRÉ. V. ARGYNNE.

PAPILLON A NUMÉRO. V. VANESSE VULCAIN.

PAPILLON DE L'ORME. V. VANESSE GRANDE-TORTUE.

PAPILLON PAON. V. VANESSE PAON DE JOUR et BOMBYX.

PAPILLON PHALÈNE. Nom donné par Degéer à de petits Lépidoptères crépusculaires. V. ZYGÈNE et PROCRIS.

PAPILLON DES TEIGNES. V. TEIGNE.

PAPILLON A TÈTE DE MORT. V. SPHYNX ATROPOS.

PAPILLON TIPULE. Degéer donne ce nom aux Ptérophores. V. ce mot. (G.)

PAPILLONACÉES. BOT. PHAN. Pour Papilionacées. V. ce mot. (G..N.)

PAPILLONACEES. Papillonaceœ. INS. Latreille désignait ainsi une tribu de Névroptères à laquelle il a donné depuis le nom de PHYganides. F. ce mot et Plicipennes. (G.)

PAPILLONIDES. Papillonides. Ins. Tribu de l'ordre des Lépidoptères, famille des Diurnes, établie par Latreille, et renfermant, moins les Hespéries, le grand genre Papilio de Linné. Latreille, dans ses Familles naturelles du Règne Animal, caractérise ainsi cette tribu: jambes n'ayant qu'une seule paire d épines ou d'ergots, l'ordinaire ou celle qui les termine; les quatre ailes élevées perpendiculairement dans le repos; antennes terminées en massue ou presque filiformes, sans crochet au Dout. Un seul genre, celui des Barbicornes, fait exception; ici elles sont sétacées et plumeuses, du moins dans l'un des sexes.

I. Troisième article des palpes labiaux (les extérieurs ou inférieurs, ceux qui engaînent la trompe) ou très-petit et presque pas distinct, ou très-apparent et aussi fourni d'écailles que les précédens; crochets du bout des tarses saillans; chenille allongée, subcylindrique; chrysalide anguleuse.

A. Les six pieds propres à la marche ou presque semblables dans les deux sexes; chrysalide fixée par un lien de soie formant au-dessus de son. corps une bouche, et en outre, par son extrémité postérieure, ou renfermée dans une coque grossière. (Cellule centrale des ailes inférieures toujours fermée postérieurement.)

Les HEXAPODES (Hexapoda).

† Bord interne des ailes inférieures concave.

Genres: PAPILLON, PARNASSIEN, THAÏS.

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†† Bord interne des ailes inférieures arqué et s'avançant sous l'abdomen pour lui former une gouttière.

Genres: COLIADE PIÉRIDE.

B. Les deux pieds antérieurs notablement plus courts que les autres, repliés, point ambulatoires dans les deux sexes, et quelquefois seulement dans les mâles; chrysalide uniquement fixée par son extrémité postérieure, suspendue la tête en bas. (Cellule centrale des ailes inférieures ouverte postérieurement dans un grand nombre.)

† Cellule centrale des ailes inférieures toujours fermée postérieurement; les deux pieds antérieurs, quoique plus petits et repliés, presque semblables aux autres; ailes inférieures de la plupart embrassant peu en dessous l'abdomen; palpes labiaux ne s'élevant que très-peu audessus du chaperon, très-écartés l'un de l'autre, grêles, cylindracés.

Genres: DANAÏDE, IDEA, HÉLICONIE, ACRÉE.

†† Cellule centrale des ailes inférieures ouverte dans un grand nombre; les deux pieds antérieurs souvent très—petits et cachés, ou apparens et tres-velus; ailes inférieures embrassant très-sensiblement l'abdomen par dessous; palpes labiaux s'élevant notablement au-dessfus du chaperon, et point à la fois très-écartés, grêles et cyliudracés.

a. Cellule centrale des ailes inférieures ouverte postérieurement.

1. Palpes labiaux, soit écartés dans toute leur longueur, soit simplement à Ifeur extrémité, et brusquement terminés par un article grêle et aciculaire.

Les NACRÉS (Perlata).

Genres: CÉTHOSIE, ARGYNNE.

2. Palpes inférieurs contigus dans toute leur longueur et non terminés brusquement par un article grêle et aciculaire

† Antennes terminées par une petite massue, en forme de bouton, court, turbiné ou ovoïde; chenilles très-épineuses.

Genre: VANESSE.

†† Antennes terminées par une massue allongée ou presque filiforme; chenilles nues ou peu épineuses, avec l'extrémité postérieure terminée en une pointe bifide.

Genres: LIBITHÉE, BIBLIS, NYM PHALE, MORPHO.

b. Cellule centrale des ailes inférieures fermée postérieurement.

Genres: PAVONIE, BRASSOLIDE, EURYBIE, SATYRE.

II. Troisième ou dernier article des palpes labiaux très-distinct, nu ou moins fourni d'écailles ou de poils que les précédens; crochets des tarses peu sensibles; chenilles ovales; chrysalides sans éminences ou saillies angulaires.

Les ARGUS (Argus).

† Antennes terminées par un renflement et imberbes.

Genres: MYRINE, POLYOMMATE, ERYCINE.

Les Myrines sont remarquables par la longueur et la saillie de leurs palpes labiaux. On pourrait séparer des Polyommates les espèces dont les antennes se terminent en une massue cylindracée, ovale et allongée; elles forment le genre, Thecla de Fabricius. Le précédent ne comprendrait alors que les espèces où ces organes finissent en un bouton presque ovoïde et avec lesquelles il a formé son genre Lycæna.

Celui d'Erycine est susceptible, d'après l'emploi des mêmes caractères, de quatre divisions: les Erycines propres, les Hélicopis, les Nymphidies et les Lémonias de ce naturaisle.

Quelques espèces du Brésil ont les ailes en chappe ou ont le port des Pyrales.

†† Antennes, soit sétacées et plumeuses, soit moniliformes au bout.

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Genres: BARBTCORNE, ZÉPHIRIE. V. ces mots et les précédens. (G.)

PAPION. MAM. Espèce du genre Cynocéphale. V. ce mot. (B.)

PAPIRIA. BOT. PHAN. Thunberg (Act. Lund., 1, sect. a, p. 3) a donné ce nom générique au Gethyllis afra, L., Plante du cap de Bonne-Espérance qui a été replacée parmi les Gethyllis par Linné fils. V. GÉTHYLLIDE. (G..N.)

PAPO VENTO. REPT. SAUR. Les Portugais du Brésil nomment ainsi une espèce nouvelle d'Agame que le prince de Neirwied a décrite, dans son T. III, p. 208, Voyage au Brésil, sous le nom d 'Agama catenata. Ce nom de Papo vento lui vient de ce qu'elle gonfle le sac dilatable de sa gorge lorsqu'on l'approche. Ce Saurien est d'une belle couleur verte chatoyante. (LESS.)

PAPONGE. BOT. PHAN. Fruit du Cucumis angulatus, L. (B.)

PAPOU, ZOOL. Espèce d'Acanthure et de Theutis parmi les Poissons; un Manchot et un Perroquet parmi les Oiseaux; une race de l'espèce Neptunienne dans le genre Homme, V. ce mot. (B.)

PAPPOPHORE. Pappophorum. BOT. PHAN. Genre de la famille des Graminées, et de la Triandrie Digynie, L., établi par Schreber, et offrant pour caractères: des fleurs disposées en une paoicule simple, resserrée; les épillets sont triflores; les valves de la lépicène sont membraneuses, plus longues que les fleurs, dont la terminale avorte quelquefois. La paillette inférieure de la glume présente à son sommet de neuf à treize arches simples, denticulées ou plumeuses. La paillette supérieure est mutique, quelquefois terminée à son sommet par une petite soie; les deux paléoles de la glumelle sont obovales, obtuses. La seconde fleur est généralement neutrs; quelquefois il y a le rudiment d'une quatrième fleur. Ce genre a pour type le Pappophorum alopecuroideum, Schreber, Vahl, Symb., fasc. 3, t. 51. C'est une belle Graminée vivace originaire de l'Amérfcjue méridionale, Sa tige est glabre, et s'élève à trois ou quatre pieds. Ses feuilles sont linéaires, étroites, roulées en dessous; ses fleurs qui paraissent toutes velues, à cause des soies qui les terminent, sont disposées en une panicule resserrée. On compte treize soies au sommet de la paillette externe de chaque fleur. Dans son Prodromus, Rob. Brown décrit quatre espèces nouvelles de ce genre, toutes originaires de la Nouvelle-Hollande. Dans ces quatre espèces les soies sont légèrement plumeuses et seulement au nombre de neuf pour chaque fleur. Aussi Desvaux et Palisot de Beauvois en ont-ils fait un genre particulier sous le nom d'En neapogon (V. ce mot). Néanmoins les caractères de ce nouveau genre nous paraissent de fort peu d'importance. (A. R.)

PAPULARIA. BOT. PHAN. Sous le nom de Papularia crystallina, Forskahl (Flora Ægypt.-Arab., p, 69) a décrit une Plante de l'Arabie que plusieurs auteurs ont réunie au Trianthema monogyna, L., mais qui nous paraît une espèce distincte. C'est le Raba de Nubie décrit par Lippi dans ses manuscrits. V. TrianthÊME. (G..N.)

PAPULES. Papulœ. BOT. Quel-ques auteurs nomment ainsi ce que Guettard désignait sous le nom de glandes utriculaires, c'est-à-dire des protubérances arrondies, molles et aqueuses, comme par exemple les bosselures de la Glaciale. (G..N.)

* PAPUT OU PUPUT. OIS. Syn. de Huppe. V. ce mot. (DR..Z.)

PAPYRIER. BOT. PHAN. On désigne quelquefois sous ce nom français le genre Broussonetia de L'Héritier. V. Broussonétie. (A. R.)

PAPYRUS, BOT. PHAN. Genre de la famille des Cypéracées et de la Triandrie Monogynie, L., établi par

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Du Petit-Thouars et adopté par la plupart des botanistes modernes. Il a pour type le Cyperus Papyrus, L., et présente pour caractères: des épillets multiflores, composés d'écailles imbriquées sur deux rangs et uniflores; l'ovaire est surmonté par un style trifide, dont chaque division porte un stigmate linéaire. Chaque fleur se compose, en outre, de deux écailles opposées, membraneuses, dont le bord externe correspond à la face interne de l'écaille extérieure. Il n'y a point de soies hypogynes, et le fruit est un akène triangulaire.

Les espèces de ce genre ressemblent beaucoup, par leur port, aux vrais Souchets (Cyperus). Elles n'en diffèrent que par les deux, écailles opposées, qui entrent dans la composition de chaque fleur. Ce genre a aussi beaucoup de rapports avec le Mariscus; mais dans ce dernier, les épillets ne se composent que de deux ou trois fleurs, et les deux écailles latérales sont soudées intérieurement avec le rachis, dont elles sont peu distinctes.

L'espèce la plus remarquable du genre Papyrus est celle qui fut connue des anciens sous le même nom: Linné l’a nommée Cyperus Papyrus. C'est une grande et belle Plante qui croît sur le bord des fleuves et des lacs. Elle existait autrefois en Egypte, d'où elle paraît avoir disparu; on l'a trouvée en Syrie, en Abyssinie, et aujourd'hui on la trouve encore quelquefois en Sicile. Sa racine est épaisse, très-longue, horizontale; ses chaumes, hauts quelquefois de dix à douze pieds, sont simples, nus, et à trois angles obtus; ils se terminent à leur sommet par une très-grande ombelle, dont les pédoncules sont fort longs, et qu'entoure un involucre composé d'un assez grand nombre de feuilles roides et ensiformes. Chaque pédoncule se termine supérieurement par un grand nombre d'épillets réunis en forme d'épi. Les écailles extérieures de ces épillets sont roussâtres et carenées sur leur milieu.

C'est avec la moelle fine et blanche qui remplit l'intérieur des tiges de cette belle Plante, que les anciens, préparaient en Egypte leur papier, qu'ils désignaient sous le nom de Papyrus. Pour cela, après avoir enlevé l'écorce, ils coupaient la partie spongieuse en lames minces, que l'on trempait dans l'eau du Nil ou dans une eau légèrement collée, après quoi on appliquait deux lames l'une sur l'autre, en ayant soin de les poser en sens contraire, c'est-à-dire l'une en long et l'autre en travers; quelquefois on en plaçait ainsi plusieurs les unes sur les autres pour faire une feuille de papier. Alors on la faisait sécher; on la soumettait à une forte pression, et enfin on la lissait avec une dent ou un morceau d'ivoire poli. C'est sur ce papier que sont écrits un grand nombre des manuscrits des anciens, et en particulier ceux qu'on a découverts dans les fouilles qui ont été faites à Pompéia et à Herculanum.

Indépendamment de cette espèce, qui forme le type du genre, plusieurs autres y ont été réunies. Ainsi le professeur Kunth (in Humb. Nov. Gen.) y place le Cyperus odorus, Willd., et décrit une espèee nouvelle sous le nom de Papyrus comosa. Toutes deux croissent dans l'Amérique méridionale. (A. R.)

PAQUERETTE. Bellis. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées et de la Syngénésie superflue, L., offrant les caractères suivans: involucre plus long que les fleurs du disque, orbiculaire, convexe, presque campanulé, composé de folioles sur un ou deux rangs, à peu près égales, appliquées, elliptiques-oblongues et obtuses. Réceptacle conique, absolument nu. Calathide radiée, dont le disque offre des fleurons nombreux, réguliers et hermaphrodites, la circonférence à un seul rang de demi-fleurons en languette et femelles. La corolle des fleurs centrales est à cinq divisions infléchies presque conniventes; leurs éta-

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mines ont les anthères incluses, le style à deux branches stigmatiques en forme de pinces; l'ovaire obovoïde, un peu hérissé, comprimé des deux côtés, et bordé d'un bourrelet sur chacune des deux arêtes. Le genre Bellis est le type d'un groupe très naturel nommé Bellidées vraies, que Cassini a formé dans la tribu des Astérées. Ce genre ne comprend pas toutes les espèces que les auteurs ont nommées Bellis; il se compose seulement des Bellis perennis, sylvestris et annua, L. Le Bellis stipitata de Labillardière est un Lagenophora; le Bellis aculeata et peut-être le Bellis ciliaris du même auteur, des espèces de Brachycome; le Bellis graminea encore de Labillardière constitue un genre distinct sous le nom de Paquerina. V. ces mots.

La PAQUERETTE VIVACE, Bellis perennis, L.; Lamarck, Illustr., tab. 677, est une petite Plante herbacée qui, par son abondance ainsi que l'émail de ses fleurs sans cesse renaissantes, fait l'ornement des pelouses et des lieux incultes. Elle fleurit dès les premiers jours de printemps et elle continue jusqu'aux gelées; souvent même on trouve des Paquerettes fleuries dans les journées rigoureuses d'hiver, lorsque tout est mort dans le monde végétal. Cette Plante se propage par ses racines vivaces et fibreuses. Ses feuilles toutes radicales sont spatulées, légèrement velues, plus ou moins dentées ou incisées; elles sont étalées en rosettes sur la terre, et s'opposent à la croissance des Graminées et des autres herbes des prés. Du centre des feuilles s'élève une hampe de deux décimètres environ, terminée par une seule fleur dont le centre est jaune et la circonférence blanche ou rosée. Les fleurs de la Paquerette sont du nombre de celles qu'on nomme météoriques, parce qu'elles sont influencées par les circonstances variables de l'atmosphère; elles restent épanouies lorsque le soleil frappe la terre de ses rayons, et elles se ferment à l'approche de son coucher ou lorsque I'air devient humide. Les jardiniers sont parvenus à transformer cette humble Plante en une des plus jolies fleurs d'agrément; ils l'ont fait doubler et en ont obtenu plusieurs variétés de couleurs, dont les plus communes sont la rose, la rouge, la panachée simple ou double, la blanche double, etc.; enfin ils ont obtenu une monstruosité prolifère, remarquable par les petites calathides pédonculées qui s'élèvent de la circonférence du réceptacle, et forment de jolies ombellules. Les touffes et les bordures de ces diverses variétés produisent un effet charmant dans quelques jardins paysagers; elles se multiplient avec la plus grande facilité, et viennent bien dans toutes les expositions; néanmoins elles réussissent mieux dans un terrain frais et léger. Une fois mises en place, leur culture se borne à des sarclages de propreté.

Sous le nom de Bellis sylvestris, on cultive dans les jardins de botanique, une variété gigantesque de l'espèce précédente. (G..N.)

* PAQUERINA. BOT. PHAN. Casini (Dict. des Scienc. natur. T. XXXVII, p. 492) a érigé sous cenom en un genre distinct le Bellis graminea de Labillardière, et l'a ainsi caractérisé: involucre presque hémisphérique, probablement égal aux fleurs du disque, formé de folioles un peu inégales, oblongues, la plupart arrondies au sommet et disposées sur un ou deux rangs; réceptacle un peu conique, profondément alvéolé à cloisons élevées, irrégulières, souvent prolongées en quelques lames charnues plus ou moins longues. Calathide radiée, composée au centre de fleurons nombreux, réguliers et hermaphrodites, et à la circonférence d'un rang de demi-fleurons en languette et femelles. Les ovaires sont obovales, oblongs, comprimés des deux côtés et privés d'aigrette. Ce genre fait partie de la tribu des Astérées-Bellidées dans la famille des Synanthérées. Il ne diffère des Bellis que par son réceptacle alvéolé, et

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muni de cloisons entre les petites fleurs; caractère sans doute bien léger et qui fera rejeter ce nouveau genre par beaucoup de botanistes. Le Bellis graminea, Labill., Nov. Holland., 2, p. 34, tab. 204, est une Plante herbacée dont les tiges sont grêles, très-simples, hautes d'environ trois à quatre décimètres, garnies de feuilles alternes, semi-amplexicaules, linéaires ou lanceolées, un peu obtuses au sommet, et rétrécies a la base. Cette Plante croît au cap VanDiémen. (G..N.)

PAQUEROLLE. BOT. PHAN. Nom propose en français pour désigner le genre Bellium. V. BELLIE. (B.)

PAQUETTE.. BOT. PHAN. L'un des synonymes vulgaires de Paquerette. V. ce mot. (B.)

PAQUIRES. mam. L'un des synonymes de Pécari. V. ce mot. (B.)

PAQUOYER. BOT. PHAN. L'un des noms les plus anciens par lesquels on ait désigné le Bananier en Europe, après la découverte de l'Amérique. (B.)

* PARA. OIS. Espèce du genre Perroquet. V. ce mot. (DR..Z.)

PARACARPIUM. BOT. PHAN. Link donne ce nom à l'ovaire avorté, ou au petit corps qui, dans les fleurs mâles par avortement, se trouve à la place de l'ovaire. (G..N.)

PARACÉPHALOPHORES. Paracephalophora. MOLL. Blain ville, comme nous l'avons vu à l'article Mollusque, divise tous les Animaux qui y sont contenus en trois classes. La seconde est celle des Paracéphalo phores; cette classe correspond assez hien aux Gastéropodes des auteurs et aux Trachélipoaes et Gastéropodes réunis de Lamarck. Blainville a employé les organes de la génération comme caractères essentiels, pour diviser cette classe en trois sousclasses: 1° Paracéphalophores dioïques; 2° Paracéphalophores monoïques; 3° Paracéphalophores hermaphrodites. La première sous-classe est partagée en deux ordres; le premier, sous le nom de Siphonobranches (V. ce mot), rassemble tous les Mollusques à siphons; le second, sous celui d'Asiphonobranches (V. ce mot au Suppl.), renferme ceux qui en sont dépourvus, et qui ont une coquille à ouverture entière. La seconde sous-classe est divisée d'après les organes de la respiration, en deux sections, selon qu'ils sont symétriques ou non. Dans la première, où on trouve ces organes symétriques, ainsi que la coauille, il y a trois ordres, les Pulmobranches, les Chismobranches et les Monopleurobranches. V. ces mots. La seconde section se partage en cinq ordres, qui sont les suivans: Aporobranches, Polybranches, Cyclobranches, Inférobranches et Nucléobranches, auxquels nous renvoyons. La troisième sous-classe contient trois ordres, les Cirrhobranches, les Cervicobranches et les Scutibranches. V. également ces mots. (D..H.)

PARACHI. OIS. L'un des noms de pays de l'Olivarez. V. GROS-BEC. (DR..Z.)

PARACOCCALON. BOT. PHAN. L'un des noms de pays du Datura Metel. V. STRAMOINE. (B.)

PARACOROLLA. BOT. PHAN. Nom sous lequel Link désigne la partie qui, dans quelques fleurs, ressemble à la corolle ou au périgone, mais qui se trouve interposée entre cet organe et les étamines, comme par exemple dans les Narcisses. On se sert plus habituellement du mot Couronne (corona). (G..N.)

PARACTÆNUM. BOT. PHAN. Palisot de Beauvois (Agrostographie, p. 47, tab, 10, f. 6) a fondé sous ce nom un genre de la famille des Graminées, qui offre les caractères suivans: axe paniculé; panicule simple; épillets appliqués contre l'axe et placés dans des concavités de celui-ci; lépicène obtuse, la valve inférieure de moitié plus courte. Les fleurs inférieures sont neutres, et munies de

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glumes herbacées. Les fleurs supérieures sont hermaphrodites, ayant leurs glumes coriaces, glabres, les petites écailles (glumelles) tronquées, un peu frangées, l'ovaire échancré, le style bipartite, et les stigmates en goupillon. La cariopse est bicorne, non sillonnée, recouverte par les glumes persistantes. Ce genre est fondé sur une Plante de la Nouvelle-Hollande, qui est remarquable par la ligule barbue de ses feuilles et par le prolongement spinescent du corps principal de l'axe florifère. L'auteur met en question si le genre Chamœraphis de R. Brown, n'est par le même que le Paractœnum. Kunth et la plupart des auteurs ont réuni celui-ci au genre Panicum. (G..N.)

* PARADACTYLUM. OIS. Illiger donne ce nom à la face latérale des doigts du pied des Oiseaux. (DR..Z.)

PARADIS. Paradisea. OIS. Vulgairement Oiseau de Paradis. Genre de l'ordre des Omnivores. Caractères: bec droit, quadrangulaire, pointu, un peu convexe en dessus, comprimé; arête s'avançant entre les plumes du front; échancrure de la pointe à peine visible; mandibule inférieure droite, pointue; narines placées à la base du bec et près du bord, ouvertes, entièrement cachées par les plumes veloutées du front; pieds robustes; quatre doigts, trois en avant, les latéraux inégaux et l'intermédiaire plus court que le tarse; l'externe soudé à sa base, l'interne réuni à l'intermédiaire jusqu'à la première articulation; le pouce plus fort et plus long que les autres doigts. Les cinq premières rémiges étagées, la sixième, et quelquefois la septième dépassant les autres. Il n'est pas d'Oiseaux sur lesquels on ait débité plus d'erreurs que sur ceux de ce genre; ce n'est que depuis fort peu de temps que leurs mœurs commencent à être connues. Nous tenons de Gaimard, l'un des naturalistes de l'expédition du capitaine Freycinet, qui a observé plusieurs de ces Oiseaux dans l'île de Vaigiou, des détails précieux qui nous ont servi à rendre moins incomplètes ces généralités.

Les Oiseaux de Paradis paraissent préférer à toute autre retraite les parties les plus épaisses et les plus sauvages des forêts. Quand le ciel est pur, ils se perchent habituellement sur les sommités des Arbres les plus élevés. Ils volent avec rapidité, mais toujours par ondulations, ainsi que font, en général, les Oiseaux dont les flancs sont ornés de plumes longues et à barbules désunies; le luxe de leur plumage les oblige encore à prendre constamment une direction opposée à celle du vent. Cette manœuvre est pour eux très-naturelle puisqu'elle maintient les longues plumes appliquées contre le corps; dans une direction contraire, le vent ne manquerait pas d'étaler et de relever ces plumes, et il en résulterait nécessairement un grand embarras dans le jeu des ailes. Leur entière disparition à l'approche d'un orage ou d'une tempête indique qu'ils se rappellent ce que leur position a de pénible dans ces momens de tourbillons, et qu'ils cherchent alors à s'abriter de manière à ne les point redouter. Leur caractère tient beaucoup de leurs habitudes; ils sont courageux, méchans et vindicatifs; ils poursuivent avec acharnement leur ennemi, quelque supériorité qu'il puisse déployer contre eux à l'aide du bec ou des serres. Il n'y a point encore eu d'exemple que l'on soit parvenu à les amener à la domesticité; jamais on n'en a trouvé en cage dans aucune peuplade des Papous chez lesquels ils ne sont point rares et où leurs dépouilles sont l'un des principaux objets du commerce d'échange de ces insulaires avec les Chinois et les Indiens civilisés qui en cèdent la majeure partie aux Européens. Les auteurs (nous ne voulons pas parler de ceux qui ont avancé que es Oiseaux de Paradis ne se nourrissent que de rosée ou des parfums qui s'exhalent des fleurs et des fruits) ont donné à ces Oiseaux différens modes de nourriture; les uns prétendent qu'ils recherchent exclusivement

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les fruits ou la substance mielleuse des nectaires; d'autres affirment qu'ils ne font usage que d'insectes ou autres petites proies. Tous peuvent avoir raison, car il a été constaté que les Insectes et les fruits étaient simultanément recherchés par les Oiseaux de Paradis. Quant aux soins qui précèdent, accompagnent ou suivent l'incubation, ils sont encore pour nous un mystère. Les insulaires de la Nouvelle-Guinée se contentent, pour préparer les peaux des Oiseaux de Paradis, employées dans la toilette de nos dames, de les détacher du corps et de supprimer les véritables ailes ainsi que les pieds et les jambes; ils enlèvent la cervelle et fixent le crâne contre un bâlon qu'ils introduisent par le bec et qui traverse tout le corps en perçant même la queue lorsqu'ils jugent à propos de la conserver. C'est avec de semblables dépouilles qu'ont été montés la plupart des individus de ce genre qui ornent encore les collections d'ornithologie; c'est aussi la mutilation des pieds dans tous les exemplaires qui parvenaient en Europe, qui a fait croire et répéter que ces Oiseaux étaient apodes, et ne pouvant se reposer, étaient condamnés à voler toujours.

Quoique ce genre ne soit encore composé que de sept espèces, Vieillot a néanmoins cru devoir le sousniiviser en quatre, qui sont: Samalie, Lophorine, Manucode et Sifilet.

OISEAU DE PARADIS A AILES BLANCHES, Paradisea leucoptera, Lath. Espèce douteuse que cet auteur décrit sans avoir pu l'étudier suffisamment. D'après ce qu'il en dit, nous n'oserions affirmer que ce soit réellement un Oiseau de Paradis.

OISEAU DE PARADIS BLANC, Paradisea alba, Lath. Samalie blanche, Vieill. V. PROMEROPS.

OISEAU DE PARADIS COULEUR D'OR. V. LORIOT DE PARADIS.

OISEAU DE PARADIS A DOUZE FILETS. V. PROMEROPS.

OISEAU DE PARADIS A GORGE D'OR. V. STOURNE.

OISEAU DE PARADIS AGORGE DORÉE. V. OISEAU DE PARADIS SIFILET.

OISEAU DE PARADIS A GORGE VIOLETTE. V. OISEAU DE PARADIS SUPERBE.

OISEAU DE PARADIS GRAND ÉMERAUDE, Paradisea apoda, Latham, Buff., pl. enlum. 2 54. Parties supérieures, poitrine et abdomen d'un brun marron; front couvert de plumes serrées d'un noir velouté à reflets verts; sommet de la tête et dessus du cou d'un jaune pâle; haut de la gorge d'un vert doré; devant du cou d'un brun violet; flancs garnis de faisceaux de plumes très-longues, à barbules décomposées, d'un blanc sale ou jaunâtre, tachetées vers l'extrémité d'un peu de rouge pourpré; ces plumes s'étendent de beaucoup au-delà des rectrices; deux longs filets cornés et duveteux, garnis de poils roides, terminés par une espèce de palette étroite et allongée partant de chaque côté du croupion et s'étendant en cercle dans une longueur de près de deux pieds; bec d'un vert noirâtre, jauuâtre à sa base; pieds noirâtres. Taille, del'extrémité du bec à celle des rectrices, treize pouces. De la Nouvelle-Guinée et de quelques îles de l'Océanie.

OISEAU DE PARADIS A HAUSSE-COL DORÉ. V. OISEAU DE PARADIS SUPERBE.

OISEAU DE PARADIS MAGNIFIQUE, Paradisea magnifica, Lath., Buff., pl. enlum. 632. Parties supérieures d'un brun brillant; narines, base du bec et front couverts de plumes courtes et épaisses, d'un brun rougeâtre; sommet de la tête et occiput d'un vert à reflets; un double faisceau de longues plumes coupées carrément, implantées en camail sur le cou et le haut du dos; le premier composé de plumes étroites, relevées, roussâtres et tachetées de noir vers l'extrémité; le second les ayant plus longues, couchées sur le dos et d'un jaune de paille, plus foncé vers le bout; grandes tectrices alaires d'une couleur canhélite brillante; rémiges jaunes, brunes intérieurement; rectrices bru-

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nes; gorge et poitrine nuancées de vert et de bleu; côtés de la poitrine d'un vert brun; abdomen d'un bleu verdâtre; bec jaune, bordé de noir; pieds d'un brun jaunâtre; deux filets contournés en cercle et finissant en pointe, prenant naissance de chaque côté du croupion et s'étendant de près d'un pied au-delà de la queue. T'aille, de l'extrémité du bec à celle des rectrices, six pouces et demi. De la Nouvelle-Guinée.

OISEAU DE PARADIS MANUCODE, Paradisea regia, Lath.; Cinnurus regius, Vieill., Buff., pl. enlum. 496. Parties ' supérieures d un rouge brun velouté; front et partie de la tete d'un bel orangé velouté; une petite tache noire à l'angle interne de l'œil; menton d'un mordoré brillant qui prend une nuance plus foncée sur la gorge; celle-ci est terminée par une raie transversale brunâtre, et par une large bande d'un vert métallique. Parties inférieures d'un gris blanc, quelquefois mélangé de vert; flancs garnis de larges plumes grises, traversées par deux lignes, l'une blanchâtre, l'autre rousse, et terminées par du vert d'émeraude brillant; tectrices alaires inférieures jaunes; rectrices d'un brun rouge, les deux intermédiaires remplacées par deux longs filets cornés rouges qui se garnissent de barbules et s'enroulent vers l'extrémité, de manière à former une espèce de palette percée au centre, d'un vert brunâtre brillant; bec et ongles jaunes; pieds d'un gris plombé. Taille, du bout du bec à celui de la queue, cinq pouces et demi. De la Nouvelle-Guinée.

OISEAU DE PARADIS NOIR. V. OISEAU DE PARADIS MAGNIFIQUE.

OISEAU DE PARADIS NOIR ET BLANC. V. PROMEROPS A DOUZE FILETS.

OISEAU DE PARADIS ORANGÉ. V. LORIOT ORANGÉ.

OISEAU DE PARADIS PETIT EMERAUDE OU DE L'ILE DES PAPOUS, Paradisea minor; Paradisea papuana, Lath. Parties supérieures d'un marron clair; sommet de la tête, côtés et dessus du cou, haut du dos d'un jaune pâle; plumes de la base du bec et du iront épaisses et veloutées, noires, changeant en vert; petites tectrices alaires d'un jaune brillant; haut de la gorge d'un vert éclatant; parties inférieures d'un rouge-brun foncé; flancs garnis de faisceaux de longues plumes jaunes et blanches; deux longs filets cornés et pointus s'échappent de chaque côté du croupion; bec jaunâtre, bordé en partie de noir; pieds d'un blant jaunâtre. Taille, du bout du bec à celui de la queue, neuf à dix pouces. Des îles des Papous.

OISEAU DE PARADIS A QUEUE FOURCHUE. V. OISEAU DE PARADIS SUPERBE.

OISEAU DE PARADIS ROUGE, Paradisea rubra, Vieill. Parties supérieures jaunes, ainsi que les côtés de la gorge et de la poitrine; base du bec entourée de petites plumes d'un noir velouté; celles qui garnissent le sinciput sont un peu plus longues et peuvent se relever en petite huppe qui se sépare vers le milieu en deux parties; elles sont serrées, veloutées, a'un vert doré, et garnissent aussi le dessous du cou et le haut de la gorge; rectrices et parties inférieures brunes: poitrine noirâtre; flancs garnis de faisceaux de plumes très-nombreuses et longues, décomposées, d'un rouge vif; deux filets cornés, d'un noir brillant, aplatis et lisses, concaves en dessus et convexes en dessous, prenant naissance de chaque côté du croupion, et terminés en pointe, contournés en cercle, et longs de vingt à vingt-deux pouces; bec et pieds bruns. Taille, de l'extrémité du bec à celle des rectrices, neuf pouces. De la Nouvelle-Guinée.

OISEAU DE PARADIS A SIX FILETS OU SIFILET, Paradisea sexsetacea, Lath.; Paradisea aurea, Gmel.; Parotia sexsetacea, Vieill., Buff., pl. enlum. 655; OIS. de Parad., pl. 6. Parties supérieures d'un noir velouté; front et partie du sommet de la tête garnis de petites plumes fines et roides mélangées de noir et de blanc de manière à former une huppe grise;

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côtés de la tête ornes chacun de trois longs brins ou-filets noirs terminés par une palette ovale, noire, composée de fines barbules; plumes de la nuque à reflets d'un vert doré; flancs garnis de plumes noires, à barbules désunies, qui recouvrent les ailes et cachent les rectrices dans l'état de repos, et se relèvent obliquement à la moindre agitation; plumes de la gorge larges à l'extrémité, noires dans leur milieu et d'un vert doré irisé sur les côtés; rectrices d'un noir velouté, avec quelques barbules longues et flottantes; bec et pieds noirâtres. Taille, dix à onze pouces. Da la Nouvelle-Guinée.

OISEAU DE PARADIS SUPERBE, Paradisea superba, Lath.; Lophorina superba, Vieill., Buff., pl. enl. 632; OIS. de Parad., pl. 7. Parties supérieures noirâtres, irisées de vert et de violet; front garni de deux petites huppes d'un noir soyeux; épaules couvertes de longues plumes qui, se relevant sur le dos et s'inclinant en arrière, parent l'Oiseau d'une espèce de manteau qui enveloppe en partie les ailes; ces plumes sont d'un beau noir velouté; nuque et bas de la poitrine à reflets d'un vert doré brillant; gorge noire à reflets pourprés; les piumes du bas, plus longues que les autres, s'étendent des deux côtés sur le devant du cou et de la poitrine; celle-ci offre de beaux reflets dorés; abdomen noir de même que le bec et les pieds. Taille, huit pouces trois quarts. De la Nouvelle-Guinée et de Tile de Ternate.

OISEAU DE PARADIS VERT. V. CASSICAN CHALYBÉE. (DR..Z.)

PARADIS, BOT. PHAN. Variété de très petite Prune; c'est aussi une variété de Pomme. (B.)

PARADISEA. OIS. V. PARADIS.

PARADISIER, OIS. (Duméril.) Syn. de Paradis. V. ce mot. (DR..Z.)

* PARADOXIDE. Paradoxides. crust. foss. Genre de Crustacés fossiles de la famille des Trilobites, fondé par Alexandre Brongniart (Histoire naturelle des Trilobites, p. 8 et 3o) qui lui donne pour caractères: corps déprimé, non contractile; flancs beaucoup plus larges que le lobe moyen; bouclier presque demi-circulaire; trois rides obliques sur le lobe moyen; point de tubercules oculiformes; abdomen à douze articulations; arcs des flancs abdominaux et post-abdominaux plus ou moins prolongés hors de la membrane qui les soutient. Les Paradoxides avoisinent beaucoup les Oxygies par la forme déprimée de leur corps, par le manque d'yeux réticulés et par la ténuité de leur peau: mais ils se distinguent essentiellement de ce genre et de tous ceux de la famille des Trilobites, par les arcs des flancs et surtout de la partie postérieure du corps, prolongés en dents, en pointe ou en épine, et dépassant la membrane qui les réunissait. Alexandre Brongniart a décrit plusieurs espèces qu'il a placées dans deux sections.

† Bord antérieur du chaperon à peu près en arc de cercle.

Le PARADOXIDE DE TESSIN, Paradoxides Tessini, Br., décrit et figuré antérieurement par Wahlenberg, sous le nom d ' Entomostracites paradoxissimus, et par Linné sous celui d ' Entomolithus paradoxus. Cette espèce peut être considérée comme le type du genre auquel elle a donné son nom. Selon Wahlenberg on ne l'a encore rencontrée qu'en Westrogothie, dans les couches d'Ampelite alumineux, et seulement à une grande profondeur. On en a trouvé quelques vestiges dans les exploitations de Damman. Rasoumowski possède dans sa collection un individu renfermé aussi dans un terrain qui semble analogue et provenant, à ce qu'il croit, des environs de Moscou.

Le PARADOXIDE SPINULEUX, Paradox us spinulosus, Br., ou l' Eniomostracites spinulosus de Wahlenberg et auquel Linné (Act. Stock., 1759, tab. 1, fig. 1-4) a encore appliqué le nom d 'Entomolithus paradoxus. Cette espèce se trouve exacte-

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ment appliquée sur un Ampelite alumineux, dont le gissement paraît être Andrarum en Scanie.

Le PARADOXIDE SCARABOÏDE, Paradoxides scaraboides, Br., ou l' Entomostracties scaraboides de Wahlenberg. Cette espèce a été trouvée, mais en échantillons très-rarement entiers, dans les lits d'odeur fétide de l'Ampelite alumineux.

†† Bord antérieur du chaperon en ligne droite ou comme tronqué.

Le PARADOXIDE GIBBEUX, Paradoxides gibbosus. C'est la même espèce que l' Entomostracites gibbosus de Wahlenberg. On la rencontre communément dans l'Ampelite des mines d'Andrarum en Scanie. Les échantillons complets sont rares, et l'on trouve le plus ordinairement la tête et la queue séparées.

Le PARADOXIDE LACINIÉ, Paradoxides laciniatus, Br., ou l' Entomostracites laciniatus de Wahlenberg. On n'a encore trouvé que des vestiges de cette espèce dans les Schistes argileux blancs supérieurs du mont Moserberg en Westrogothie.

Rasoumowsky, qui a publié, en 1826, un travail intéressant sur les Trilobites, dans les Annales des Sciences naturelles (T. VIII, page 186), parle d'une nouvelle Paradoxide voisine du Paradoxides Tessini, mais beaucoup plus petite. Elle vient des bords de la Yaousa près Moscou. Il en donne une figure (Atlas, 1826, des Ann. des Sc. nat., pl. 28, fig. 11.) (AUD.)

PARADOXITE. CRUST. FOSS. Pour Paradoxide. V. ce mot. (AUD.)

* PAUADOXURE. Paradoxurus. MAM. Frédéric Cuvier en créant ce genre n'y plaça d'abord qu'un seul Carnassier, connu il est vrai, mais dont l'histoire était obscurcie par de graves erreurs. Cet Animal nommé tour à tour Genette de France, Marte des Palmiers, Pougounié, a reçu le nom de Paradoxurus typus. Cette espèce est la seule qui soit bien authentique. Desmarest y ajoute une deuxième que nous croyons nominale, le Paradoxurus prehensilis (Viverra prehensilis, Blainv.), et Fr. Cuvier y range aussi le Viverra Musangua de Raffles. Quant au Paradoxurus aureus, F. Cuv., il a été reconnu appartenir au nouveau genre Arctictis de Temminck, ou Ictides de Valenciennes (V. ce mot), ainsi que le Benturong, que dans un Mémoire lu à la Société Philomatique, en 1822, Fr. Cuvier plaçait encore parmi les Paradoxures. Ainsi réduit, ce genre ne doit comprendre qu'une espèce certaine, et deux douteuses, et c'est à toit que Temminck dit qu'on en connaît six bien déterminées.

Le genre Paradoxure, dont le nom tiré du grec signifie queue paradoxale (parce que chez l'Animal type, cette partie, non prenante, s'enroule jusqu'à la base, de dessus en dessous), appartient à la classe des Carnassiers et à la grande famille des Civettes. Par l'organisation qui lui est propre, il est le lien intermédiaire qui réunit les Plantigrades, dont il a la marche, aux Digitigrades, dont il a les ongles rétractiles. F. Cuvier le place après les Mangoustes et avant les Suricates (Dents, p. 252), et Temminck, dans son quatrième ordre et sa deuxième tribu des Carnassiers proprement dits (Tableau méthodique des Mammifères, p. 20). Le genre Paradoxurè a le système dentaire des Civettes, des Mangoustes et des Genettes. Les mâchoires sont armées de quarante dents; six incisives, deux canines et douze molaires à chaque maxillaire. Le nombre des fausses molaires et celui des tuberculeuses varie seulement. Ces dernières sont au nombre de quatre en haut et de deux en bas. La face interne de la première tuberculeuse diffère toutefois, dans le Paradoxure, de celle des Civettes, des Genettes et des Mangoustes, parce qu'elle est aussi large que la face externe et qu'elle est transformée en une crête qui a la forme d'une portion de cercle; quelques légères différences se remarquent aussi dans la première tu-

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berculeuse supérieure. Les caractères généraux des Genettes conviennent parfaitement au genre Paradoxure, qui a pour caractères spéciaux les suivans: corps ramassé, trapu; pieds plantigrades, pentadactyles, munis d'ongles crochus, minces, très-aigus, et rétracties, garnis à leur base d'un bourrelet musculaire. Doigts réunis jusqu'à la dernière phalange par une membrane lâche et pouvant s'élargir. Plante des pieds et des mains garnie de quatre tubercules charnus, revêtus d'un épiderme lisse. Queue s'enroulant de dessus en dessous, non prenante, tordue sur ellemême à son extrémité. Pupille verticale; œil offrant une troisième paupière susceptible de le recouvrir. Narines entourées d'un muffle séparé en deux par un sillon profond. Oreille externe arrondie, profondément échancrée à son bord postérieur et à conque recouverte par un large lobe libre. Poche près de l'anus manquant complètement.

On doit encore à F. Cuvier des détails intéressans d'anatomie, mais comme ce savant n'a éxaminé que la Civette noire ou Paradoxure type, il s'ensuit qu'ils ne sont applicables qu'à cette espèce. «La langue est longue, étroite, mince et couverte de papiles cornées, globuleuses à leur base et terminées par une pointe crochue et grêle. Entre elles se trouvent des tubercules arrondis, recouverts d'une peau très-douce, et sa partie postérieure est garnie de cinq glandes à calice. Toute la partie interne de l'oreille est couverte de tubercules très-compliqués dans leurs formes, et l'orifice du canal est fermé par une sorte de valvule. Les organes gėnitaux du mâle se composent d'un scrotum libre et volumineux, et d'une verge dirigée en avant dans un fourreau attaché à l'abdomen. Un organe globuleux, laissant suinter un liquide lubréfiant, en occupe les parois latérales. La verge est comprimée et recouverte de papilles cornées, dirigées en arrière. L'orifice de l'urètre est surmonté d'une sorte de gland arrondi, lisse et long de trois lignes. Les mamelles sont au nombre de trois de chaque côté. Il y en a une pectorale et deux abdominales.»

Les Paradoxures doivent avoir les mœurs et les habitudes des Civettes de la section des Genettes. Leur pupille verticale annonce qu'ils sont nocturnes et qu'ils doivent chasser leur proie principalement pendant la nuit. Leur pelage est composė de poils soyeux et de poils laineux; de longues moustaches recouvrent la lèvre supérieure. L'espèce certaine de ce genre, est:

Le PARADOXURE TYPE, Paradoxurustypus, F. Cuv., Mamm., janvier 1821; Viverra nigra, Desmarest, Mamm. Sp., 316; Genette de France, Buffon, Hist. Nat., t. 3, Supplém., p. 236 et fig. 47; Genette du cap de Bonne-Espérance, Buff., Suppl., t. 7, pl. 58; le Pougouné, la Marte des Palmiers, Leschenault; Viverra Genetta, Muiang-Sapulut, Raffles, Cat. p. 252. Buffon décrivit dans le T. III de ses Supplémens, p. 237, comme une légère variété de la Genette de France un Animal qu'on montrait vivant, en 1772, à la foire Saint-Germain et qu'on nourrissait avec de la viande seulement. La patrie de cet Animal était inconnue, et c'est par erreur que Buffon le regardait comme identique avec la Genette de France. G. Cuvier reconnut, le premier, que cet Animal était la Genette Pougouné des IndesOrientales, et un individu vivant que son frère eut occasion d'étudier, vint fournir à ce dernier les traits distinctifs pour le séparer, non-seulement de l'espèce de la Genette européenne, mais même encore du genre Viverra. La description de Buffon donne au Pougouné les caractères suivans: tête longue et fine; museau allongé; œil grand; pupille étroite; oreilles rondes; corps moucheté; queue longue et velue. Cet Animal avait vingt pouces de longueur, et sept pouces et demi de hauteur. Son pelage était long, plus fourni sur le cou; les moustaches noires, longues de deux

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pouces sept lignes, couchées sur les joues. Les narines très-arquées; le nez noir; une raie noire bordée de deux raies blanchâtres occupait le dessus des yeux. Une tache blanche se dessinait au-dessus des paupières. Les oreilles noires étaient allongées; le poil du corps était d'un blanc gris mêlé de grands poils noirs, à reflets ondés de noir; le dessus du dos rayé et moucheté de noir; le dessous du ventre blanc; les jambes et cuisse, brunes; les ongles blancs et crochus; la queue longue de seize pouces, grosse de deux pouces à origine, noire dans les deux tiers de sa longueur. L'espèce décrite par F. Cuvier avait un pied sept pouces de longueur du corps, la queue un pied sept pouces, et huit à neuf pouces de hauteur. La couleur du pelage était un noir jaunâtre, ayant trois rangées de taches noirâtres sur les côtés et des taches éparses sur la cuisse et les épaules, tantôt isolées, tantôt formant des sortes de lignes; le pavillon de l'oreille liseré de blanc à son bord externe. Tous les autres earactères étaient identiques avec ceux déjà donnés par Buffon. Les habitudes et les mœurs du Paradoxure Pougouné sont encore inconnues. Celui que Buffon observa en captivité était sans cesse en mouvement et fort vif. On doit penser, d'après le nom de Marte des Palmiers qu'on a aussi donné à cet Animal, qu'il aime à grimper sur ces Végétaux pour y atteindre les petits Oiseaux ou les œufs. dont il doit être friand. Il habite la presqu'île de Malacca, l'île de Java, et très-probablement une partie de la côte de Coromandel et du Malabar, peut-être aussi la plupart des îles de la Sonde. Leschenault l'a envoyé de Pondichéry.

La deuxième espèce qu'on doive ranger dans le genre Paradoxure, quoiqu'avec doute, est le Musang Bulan décrit par sir Raffles, dans son Catalogue descriptif d'une collection faite à Sumatra (Trans. Soc. Linn. de Lond. T. XIII, p. 252); Viverra Musanga, Raffies; le Musang Bulan des Malais, Horsf., Research, in Java, fasc. 1. Le Musang a été figuré par Marsden dans l'édition originale de son Histoire de Sumatra. La traduction française ne le nomme qu'une fois. C'est un Animal de la grosseur d'un Chat ordinaire, à pelage d'un fauve foncé mélangé de noir. La queue est de cette couleur, excepté à deux pouces de son extrémité, qu'elle est d'un blanc pur. Sa longueur est à peu près celle du corps. L'espace qui existe entre les oreilles et les yeux est blanc. Quelques longues soies noires et blanches occupent le devant et le dessous de chaque œil. Le nez est proéminent et profondément sillonné entre les narines. Le museau est long et pointu. Les pieds sont pentadactyles. Tels sont les détails fournis par sir Raffles sur cet Animal qui habite Sumatra, et qui a, comme on peut le voir, la plus grande partie des traits caractéristiques du ougouné. N'en serait-ce qu'une variété? Nous serions fort tentés de le croire. Cependant l'extrémité de la queue est noire dans le Pougouné, et blanche dans le Musang Bulan. Nous ne savons rien de plus sur ce dernier Animal.

Tout porte à croire qu'on doit joindre aux Paradoxures une espèce de Civette qu'Hardwicke ne place qu'avec doute dans le genre Viverra, et que Horsfield range parmi les Chats. C'est:

LA CIVETTE GRÉLE, Viverra gracilis, Horsf., fasc. 1 (Research. in Java), Desm., sp. 834, Viverra? Linsang, Hardw., Trans. Soc. Linn. Lond. T. xiii, p. 236, avec figure; Viverra prehenslis, Blainv., Desm., sp. 315, le Delundung des Javans. Horsfield place cette Civette dans le genre Chat et en forme une section sous le nom de Prionodonte. La figure qu'en a publiée le général Hardwicke ne représente nullement les formes d'un Chat, et la description qu'il en a tracée l'en éloigne également. Voici textuellement ce qu'il en dit: la tête est petite, ovale, très-pointue, lé-

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gèrement conique; la mâchoire supérieure est plus longue que l'inférieure; les moustaches sont fournies, sétacées, plus longues que la tête, dirigées obliquement en arrière. Les yeux petits, arrondis; oreilles arrondies, médiocres. Queue presqu'aussi longue que le corps, cylindrique; pieds analogues à ceux des Chats (Hardwicke entend ici des pieds digitigrades), pentadactyles. Ongles petits, rétractiles et cachés dans le poil. Pelage de couleur blanc-jaunâtre, avec des bandes longitudinales noires et des taches confluentes et allongées de la même couleur. Les taches des cuisses et des jambes plus nettement circonscrites. Queue offrant six anneauxblancs-jaunâtres et six noirs. Les parties inférieures du ventre, du cou, d'un blanc jaunâtre. Le nez noir; un trait noir partant de l'angle externe de l'œil et se rendant sur les côtés du cou. Cet Animal habite Java. Le Linsang nous parait être identique avec la Civette préhensile (Viverra prehensilis, Blainv.) que Desmarest a décrite, sp. 315, dans sa Mammalogie, d'après un dessin fait dans le Bengale, et qui nous paraît être celui qu'a fait graver le général Hardwicke. Celui-ci l'a reçu du major Farquhar, le premier qui ait lu un Mémoire sur cet Animal à la Société asiatique de Calcutta. La description de la Viverra prehensilis, telle qu'elle est dans Desmarest, offre la plus grande analogie avec celle de la Viverragracilis, Horsf, ou Viverra Linsang, Hardwicke, et doit faire retrandier des Catalogues cette première espècequi devient purement nominale. La Viverra Linsang pourra ainsirentrer provisoirement dans le genre Paradoxure en conservant le nom spécifiquequi la distingue. (LESS.)

PARÆTONIUM. MIN. Suivant Pline, c'était une écume de mer, solidifiée et mêlée de limon, et qui tirait son nom d'une ville de la Basse-Egypte, où on la trouvait. Wallerius la resardecomme un Sel marin qui se formait par évaporation dans les cavités du rivage. L'opinion des naturalistes modernes, qui paraît plus vraisemblable, est que cette Pierre était une concrétion calcaire, ou bien cette Magnésite du Levant à laquelle on donne encore le nom a Ecume-de-Mer. (G. DEL.)

* PARAGNATHIS. BOT. PHAN. Dans sa nouvelle édition du Systema Vegetabilium de Linné, Sprengel a substitué ce nom à celui de Diplomeris que Don avait imposé à un nouveau genre d'Orchidées du Napaul. V, Diplomeris au Supplément. (G..N.)

PARAGONE. MIN. Nom donné par les Italiens à la Pierre de Touche, ou Pierre lydienne, que Fon ne trouve que rarement et en petits morceaux, et qui porte le nom de Paragone An tico. (G. DEL.)

PAR AGUA. OIS. Espèce du genre Perroquet. V. ce mot. (DR..Z.)

* PARAGUATAN, BOT. PHAN. Les habitans des Missions de l'Orénoque nomment ainsi le Macrocnemum tinetorium de Willdenow et Kunth. (G..N.)

PARAGUE. Paragus. ins. Genre de l'ordre des Diptères, famille des Athéricères, tribu des Syrphies, établi par Latreille aux dépens des genres Syrphus de Panzer, Mullo et Scœva de Fabricius, et ayant pour caractères: antennes presque de la longueur de la tête, séparées, mais ayant les deux premiers articles égaux; une proéminence nasale. Ce genre se distingue des Psares qui en sont les plus voisins parce que les antennes de ces derniers sont portées sur un pédoncule commun. Les genres Aphrite, Cératophye, Cérie Callicère, Sphécomye et Chrysotoxe, s'en distinguent parce que leurs antennes sont sensiblement plus longues que la tête; enfin tous les autres genres de la tribu, tels que les Yolucelles, Eristales, Syrphes, Milésies, etc., s'en éloignent parce que leurs antennes sont plus courtes que la tête, et par une foule

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de caractères tirés de La tête et des ailes. Les Paragues sont des Diptères d'assez petite taille; leurs an tennes sont avancées, droites, presque de la longueur de la tête, composées de trois articles; les deux premiers sont courts, égaux; le troisième ou la palette est plus long que les deux premiers réunis; il est comprimé et porte une soie simple insérée un peu avant son milieu. Les yeux sont rapprochés et se réunissent un peu au-dessus du vertex dans les mâles; ils sont espacés dans les femelles et on voit entre eux et sur le vertex trois petits yeux lisses disposés en triangle; l'hypostome est lisse et peu convexe; les ailes sont couchées sur le corps dans le repos; elles n'ont point de cellule pédiforme; l'abdomen est linéaire, convexe en dessus, concave en dessous; les pates sont de longueur moyenne, avec les cuisses simples et le premier article des tarses postérieurs allongé et renflé. Ces Diptères se trouvent dans les prairies, sur les fleurs. On connaît quatorze espèces de ce genre, décrites par Meigen. Nous citerons comme type:

Le PARAGUE BICOLOR, Paragus bicolor, Latr., Meig., Lepell. de St.-Farg. et Serv.; Mulio bicolor, Fabr.; la Mouche noire à bande rouge transverse sur le corps, Geoff.; Coqueb., Illustr. Icon. Ins., tab. 26, fig. 9; Encyclop., pl. 391, fig. 9-11. Long de trois lignes; antennes brunes; tête noire, lisse, avec deux lignes blanches à l'orbite antérieur des yeux; l'orbite postérieur couvert d'un duvet argenté; corselet noir, luisant, ses côtés couverts d'un duvet argenté; on lui voit deux petites lignes dorsales formées d'un semblable duvet; bord postérieur de l'écusson blanchâtre; cuillèrons et balanciers jaunâtres; abdomen noir; extrémité'du premier segment, le second tout entier et la base du troisième ferrugineux; pates noires; extrémité des cuisses, toutes les jambes et les tarses intermédiaires d'un ferrugineux pâle; ailes transparentes. La femelle a l'hypostome entièrement blanc; ses quatre tarses antérieurs sont pâles, et la partie fert ugineuse de l'abdomen est mêlée d'un peu de brun. On trouve cette espèce aux environs de Paris. (G.)

* PARAIBA. BOT. PHAN. Nom vulgaire au Brésil du Simaruba versicolor d'Auguste Saint-Hilaire (Plantes usuelles du Brésil, tab. 5). V. SIMAROUBA. (G..N.)

* PARAISA. BOT. PHAN. Le Melia Azedarach, L., est connu sous cen chez les habitans de la province om Caracas. (G. de

PARALÉE. Paralea. BOT. PHAN. Aublet a établi sous ce nom un genre de la Decandrie Monogynie, L., que Jussieu a placé dans la famille des Diospyrées ou Ebénacées. Ce genre a été jusqu'à présent fort mal décrit, et son fruit n'était pas connu. Nous sommes à même de compléter celte description, possédant de fort beaux échantillons de ce genre recueillis par mon père à laGuiane. Le Paralea guianensis, Aublet, Guian., tab. 231, est tantôt un Arbrisseau et tantôt un Arbre d'une trentaine de pieds d'élévation; ses rameaux sont longs, étalés; leur écorce est couverte d'un duvet brunâtre. Les feuilles, courtement pétiolées, sont alternes, ovales, oblongues, aiguës, glabres et lisses supérieurement, excepté sur leur contour qui est garni d'un duvet fauve. Les fleurs, de grandeur moyenne, sessiles, et réunies à l'aisselle des feuilles, sont d'une couleur ferrugineuse, et accompagnées de bractées tomenteuscs et d'une couleur fauve. Elles sont polygames ou monoïques. Le calice est monosépale, régulier, turbiné, et presque campaniforme, à quatre dents, dressés contre la corolle, tomenteux et fauves. La corolle est monopétale et régulière, tubuleuse, un peu renflée, urcéolée, très-épaisse, terminée par un limbe plane, étalé, à quatre divisions presque cordiformes, assez courtes et incombantes à leur base. Les étamines; au nombre de quatorze à seize, sont insérées au fond

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du tube de la corolle et incluses, d'une grandeur inégale, mais presque conligues entre elles. Leurs filets sont sétacés, dressés. Leurs anthères, continues au filet, sont dressées, grêles, aiguës, à deux loges. Le fruit est une baie globuleuse, environnée par le calice qui a pris un certain accroissement, et qui est presque quadrilatère. Ce fruit est à peu près de la grosseur d'une petite Prune. Son épicarpe est coriace, sa pulpe peu épaisse, contenant huit graines séparées les unes des autres par une couche mince de pulpe; elles sont convexes extérieurement, planes sur leurs deux faces latérales; leur tégument est assez mince, adhérent; leur endosperme est corné, blanc, contenant un embryon dressé, dont la radicule est longue et cylindrique. Cet Arbre croît à la Guiane, dans les forêts humides. La pulpe de ses fruits a une saveur agréable. Ce genre est voisin du Diospyros, dont il diffère surtout par le nombre de ses étamines. Selon Jussieu, il doit être réuni à l'Embryopteris de Gaertner; mais ce dernier genre est encore assez mal connu, puisqu'on n'a pas encore décrit convenablement sa fleur. Gaertner décrit à tort l'embryon comme monocotylédoné. (A. R.)

PARALEPIS. POIS. Genre établi par Cuvier (Règn. Anim. T. II, p. 289) dans la famille des Perches ou Persèques de l'ordre des Acanthoptérygiensaelle dernier de sa première tribu. Lies Poissons de ce genre ont à peu près les mâchoires des Sphyrènes, mais leurs ventrales ainsi que la première dorsale sont beaucoup plus en arrière, et la deuxième dorsale est si frêle et si petite qu'on la prendrait presque pour une adipeuse analogue à celle des Truites. Les deux seules espèces connues de ce genre sont de la mer de Nice, et ont été communiquées à Cuvier par Risso, sous les noms de Corégone Paralepis et d'Osmère sphyrénoïde. (B.)

* PARALIA. BOT. PHAN. Un genre nouveau a été proposé sous ce nom par Desvaux (in Hamilton Prod rom. Plant. Ind.-Occident., p. 45) qui l'a placé dans la Polyandrie Monogynie, L., et lui a imposé les caractères essentiels suivans: calice quadrifide; corolle monopétale, épaisse, dont le tube est court, le limbe quadrifide; seize étamines dont les filets sont insérés au fond de la corolle, et les anthères presque rondes et incluses; fruit inconnu. Il est fort difficile de prendre une idée bien positive sur ce genre d'après des caractères aussi incomplets. Cependant si on les compare ainsi que la description de l'espèce avec celle du Paralea d'Aublet que notre collaborateur Richard a tracée d'après des échantillons authentiques, on s'aperçoit que Desvaux, déguisant l'origine de sou nouveau genre, n'a fait que modifier légèrement la terminaison du nom générique. En conséquence, nous considérons le Paralia guianensis, Hainilt. et Desv., comme une répétition du Paralea guianensis, Aubl. V. PARALÉE. (G.N.)

PARALIAS. BOT. PHAN. Espèce de Tithymale. V. EUPHORBE. Les anciens donnaient ce nom à un Pavot. (B.)

PARALYTICA, BOT. PHAN. (Columna.) Syn, de Primevère et d'Oreille d'Ours. (B.)

PARAMOECIE. Paramœcium. micr. Genre de la famille des Kolpodinées, dans l'ordre des Gymnodés, fondé par Müller et caractérisé de la sorte; corps membraneux, ovoïde, allongé, avec un pli longitudinal qui de vient très-visible sur le corps quand l'Animal nage, et surtout qu'il veut changer de direction. C'est avec son exactitude accoutumée que Lamarck dit: «Les Paramœcies n'offrent que de très-petites lames, allongées, vivantes, animalisées.» Elles diffèrent des vrais Kolpodes, en ce que ceux-ci sont sinueux sur leurs bords, et peuvent la plupart du temps modifier leur forme indécise, tandis qu'au pli

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près qui se prononce longitudinalement sur le corps des Paramœcies, celles-ci ont des contours parfaitement arrêtés, et qui, ne variant plus, semblent annoncer une organisation définitivement arrêtée, et transmissible sans aberrations. Leur figure générale est ovale et représente quelquefois celle de la semelle d'un soulier. Toutes sont fort transparentes, et même comme vitrées sur leurs bords. La plupart ; du moins les plus grandes espèces, présentent dans le milieu une molécule constitutrice, qu'on dirait un amas de Monades et de Cyclides, avec des corpuscules hyalins, ou globules gazeux. Elles nagent gravement à plat comme des Pleuronecles, souvent en grand nombre dans les infusions ou dans l'eau des marais; on peut les y voir se dédoubler ou se partager pour se reproduire, cette opération ayant lieu très-fréquemment, et se faisant sans que l'Animal interrompe ses habitudes. Les espèces constatées de ce genre sont au nombre d'une dizaine environ, dont plusieurs furent dispersées dans plusieurs genres de Müller, qui comprenait parmi les Paramœcies des Animalcules qui n'en sont pas. Les plus communes que nous citerons pour exemple et que nous représentons dans l'Atlas du présent Dictionnaire, sont: le Paramœcium Aurelia, Müll., Inf, tab. 12, fig. 1-14; Encycl., Ill., pl. 5, fig-1-12 (7e exclue), très-commune parmi les Conferves qu'on laisse croupir, et le Paramœcium Soela, Müll., Inf., tab. 13, fig. 7-8; Encycl., Ill., pl. 6, fig. 5, 6, qui vit entre les Lenticules des marais. (B.)

PARAMONDRA. POLYP. FOSS. Nom irlandais dont on ignore la signification, et que Buckland a conservé pour l'appliquer à un genre de Polypiers fossiles que l'on trouve en Irlande, dans la Craie. Ces corps, qui ont quelquefois la longueur de eux pieds anglais, sont remarquables par la forme ovoïde, quelquefois en entonnoir, du corps qui se termine a la base par un pédiculè plus ou moins long qui porte des marques de son adhérence à des corps solides, jadis sous-marins. La partie supérieure du corps offre une ouverture qui présente une sorte de lèvre; elle est centrale et pénètre fort avant; on la trouve toujours remplie de Craie. Defrance pense avec raison que ces corps ont de l'analogie avec d'autres de la Craie d'Angleterre, et que Mantell a décrits sous le nom de Yen triculites. V.ce mot. (D..H.)

PARANDRE. Parandra. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Tétramères, famille des Platysomes, établi par Latreille et adopté par tous les entomologistes, avec ces caractères: antennes presque moniliformes; labre très-petit; tarses allongés; mandibules fortes et dentées; corps peu aplati. Ce genre se distingue des autres de la même famille parce que leur corps est beaucoup plus déprimé. Les Uléiotes, Dendrophages et Passandres s'en éloignent en outre, parce que leurs antennes sont composées d'articles longs et obconiques. Les Cucujes ont le labre avancé et très-apparent. Une espèce de ce genre a été décrite par Degéer, qui, trompé par l'apparence d'articulation que Von voit à la base du dernier article des tarses, l'a placée dans le genre Attelabe, faisant partie des Pentamères. Schonnherr, d'après Illiger, a commis la même erreur, mais il a désigné les Parandres sous le nom d 'Isocerus. Enfin, Fabricius les a mis, tantôt avec les Scarites, tantôt avec les Ténébrions. Les Parandres, tels que nous les adoptons, ont le corps allongé, peu déprimé; leur tête est déprimée, horizontale, presque aussi large que Je corselet; les yeux sont allongés, un peu écbancrés; les antennes sont courtes, insérées au-devant des yeux, comprimées, composées de onze articles presque moniliformes; le dernier est oblong et terminé en pointe; le labre n'est pas saillant, et on a de la peine à l'apercevoir; les mandi-

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bules sont fortes, avancées, surtout daus les mâles, tantôt lunulées, tantôt triangulaires, ayant quelques dents au côté interne; les mâchoires n'offirent à leur extrémité qu'un seul lobe crustacé, presque cylindrique, un peu plus large et arrondi à son extrémité supérieure; les palpes sont courts, filiformes, et terminés par un article ovale; la lèvre est courte, large, entièrement crustacée; la languette est entière; le corselet est de a largeur des élytres, presque carré, et rebordé autour; l'écusson est petit et triangulaire; les élytres sont longues, rebordées, et recouvrent les ailes et l'abdomen; les pales sont robustes, un peu comprimées; les cuisses sont ovales, oblongues; les jambes, en forme de triangle renversé et allongé, sont terminées par un angle aigu, avancé en manière de dent, et par deux épines situées à l'angle interne; les tarses sont longs, leur dernier article est très-allongé, globuleux à sa base ou renflé en forme de nœud représentant l'apparence d'un article; les trois premiers articles sont garnis, en dessous, d'une petite brosse qui paraît divisée longitudinalement en deux; le dernier est terminé par deux crochets simples, fort pointus, et présentant dans leur intervalle un petit appendice muni de deux soies divergentes. Ce genre tient un peu des Lucanes, quant au port et aux crochets, et à l'appendice du dernier article des tarses. Il fait le passage entre les Cucujes et les Spondyles. En général, les espèces de ce genre sont propres à l'Amérique. On en connaît cinq à six parmi lesquelles nous citerons:

La PARANDRE GLABRE, Parandra glabra, Latr.; Schon., Syn. Ins.; Attelabus glober, Degéer; Ins., tab. 4, pl. 13, fig 14; Scarites testaceus, Fabr. Longue de treize à quatorze lignes. Entièrement testacée, luisante, finement pointillée. Partie antérieure de la tête de couleur brune. On la trouve au Brésil. Latreille présume que ces Insectes vivent dans le bois et sous l'écorce des Arbres, à la manière des Cucujes. (G.)

PÀRANITES. MIN. L'un des noms de l'Améthyste chez les anciens, (B.)

PARANOMUS. BOT. PHAN. Salisbury avait proposé ce nom générique pour séparer des Protea le P. Sceptruniy et d'autres espèces qui offrent une singulière diversité dans leur feuillage. Ce nom n'a pas été admis par R. Brown qui lui a substitué celui de Nivenia. V. NIVÉNIE. (G..N.)

PARANTHINE. MIN. Nom donné par Haüy au Skapolith de Werner, dont les cristaux sont susceptibles d'une altération qui leur fait perdre leur lustre. La réunion du Paranthine avec le Wernérite, déjà regardée comme probable par Haüy luimême, ayant été admise par tous les minéralogistes modernes, nous renvoyons la description de l'espèce-au mot WERNÉRITE, qui réclame à juste titre la préférence sur celui de Paranthine. (G. DEL.)

PARAPAR. BOT. PHAN. On trouve ce nom dans L'Ecluse, employé pour désigner une graine noire et orbiculaire d'Amérique, qui demeure inconnue. Ne serait-elle pas celle du Sapindus Soponaria que Humboldt dit s'appeler Para para dans le même pays? (B.)

PARA-PARA. BOT. PHAN. Nom vulgaire, chez les habitans de la côte de Cumana, du Sapindus Saponaria, L. V. SAVONNIER. (G..N.)

PAR APÉTALES. Parapetala. BOT. PHAN. Link donne ce nom à des parties qui, dans certaines fleurs, ressemblent parfaitement à des pétales, mais qui sont situées sur un rang plus intérieur; ce sont des étamines avortées. (G..N.)

PARAPETALIFERA. BOT. PHAN. Wendland (Collect. Plant., 1, p. 50 et 99, tab. 15 et 34) a formé sous ce nom un genre qui est le même que le Barosma de Willdenow. Ce genre avait pour type le Diosrna serratifolia de Ventenat (Mal mai son, tab. 77),

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et une autre espèce de Diosma. Il a été réuni de nouveau aux Diosma. par De Candolle, qui en aformé une simple section sous le nom proposé parWïlldenow. V. DIOSMA. (G..N.)

PARAPHYSES. BOT. crypt. On a donné ce nom, dans la famille des Mousses et dans celle des Champignons, à des tubes membraneux, le plus souvent articulés, entremêlés dans la premièfe famille, soit aux organes mâles, soft aux organes femelles, et dans la seconde aux thèques qui contiennent les graines. es filets membraneux et vides paraîtraient être des organes semblables à ceux parmi lesquels ils se trouvent mêlés, mais qui seraient restés avortés. (AD. B.)

PARASITES. Parasita, ins. Second, auparavant troisième ordre de la classe des Insectes, établi par Latreille (Fam. natur. du Règn. Anim.), correspondant au grand genre Pe diculus de Linné, et ayant pour caractères: ailes nulles; pieds au nombre de six; métamorphoses nulles; quatre ou deux ocelles ou yeux lisses; bouche des uns constituée dans un museau avec un petit tube ou siphon inarticulé, rétractile; celle des autres, inférieure, composée de mandibules plus ou moins extérieures et en forme de crochets, de deux lèvres, de mâchoires cachées et quelquefois de palpes; mais très-peu apparens; oesophage occupant une grande partie de la tête; abdomen sans appendices mobiles sur les côtés, et non terminé par des soies articulées ni par une queue fourchue. Tous les Insectes compris dans cet ordre vivent aux dépens de l'Homme, de certains Mammifères et de quelques Oiseaux sur lesquels ils se tiennent constamment fixés. Cet ordre a subi bien des changemens depuis sa fondation, et il a changé souvent de place dans les diverses méthodes. Nous allons laisser parler Latreille qui a donné un court exposé de ses variations dans l'Encyclopédie méthodique. «J'avais établi, dit ce eraud entomologiste, cette coupe, dans mon Précis des caractères génériques des Insectes, imprimé en 1796, et il formait alors le dixième ordre de cette classe d'Animaux. Les Parasites ne se partageaient d'abord qu'en deux genres, dont l'un, celui des Ricins (Degéer), n'était qu'un démembrement de celui du Pou, Pediculus. Le docteur Leach a substitué la dénomination d'Anoplures, Anoplura, à celle de Parasites. Il divise cet ordre en deux familles, les Pédiculidés, Pediculidea (le genre Pou proprement dit), et lps Nirmidés (Nir midea (le genre Ricin de Degéer). La première se compose des genres Phthire, Phthirus, Hœmatopine, Hœmatopinus, et Pou, Pediculus; et la seconde, du genre Nirme, Nirmus, dénomination empruntée d'Hermann. Le professeur Nitzch, dans sa Distribution générale des Insectes épizoïques, faisant partie du Magasin entomologique de Germar, n'admet point cet ordre. La première de ces deux familles, ou le genre primitif des Ricins, est rapportée anx Orthoptères, et la seconde aux Hémiptères. Les Orthoptères épizoïques ou Mallophages comprennent les genres suivans: 1° Philoptère, Philopterus, formé des sous-genres Docophorus, Nirmus, Liperus, Goniodes; 2° Trichodecte, Trichodectes; 3° Liothé, Liotheum, divisé en six sous-genres, Colpocephalum, Menopon, Trinoton, Eureum, Lœmobothrion, Physostomum; 4° Gyrope, Gyropus.

» Les Hémiptères épizoïques ne sont composés que du genre Pou, Pediculuê. L'exposition des caractères génériques donnés par ce naturaUste est fondée sur un grand nombre d'observations d'anatomie tant interne qu'externe. Il introduit quelques nouveaux termes, et il est le premier qui ait employé les dénominations de prothorax, de mésothorax et de métathorax, pour distinguer les trois segmens du thorax. En rendant justice au mérite de ce travail, nous croyons cependant qu'on ne peut, dans une méthode naturelle, réunir

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ces Animaux, soit avec les Orthoptères, soit avec les Hémiptères. Une telle confusion nous paraît même singulièrement bizarre. Fabricius, d'après les bases sur lesquelles il avait établi son système enlomologique, a placé le genre Fediculus dans son ordre des Antliates ou celui des Diptères. Mais comme ces Insectes sont sujets à des métamorphoses complètes, tandis que les Hémiptères n'en éprouvent que d'incomplètes, c'est pour ce motif, je présume, que M. Nitzch a transporté dans cet ordre le genre précédent. Mais nous ne voyons pas quels rapports peuvent a voir les Ricins avec les Orthoptères. Des Insectes de cet ordre et du précédent sont, il est vrai, aptères; mais ce sont des anomalies. Les Parasites, de même que les Acarus de Linné, autre famille de Parasites, mais dans une classe différente, appartiennent à une division d'Animaux naturellement et constamment privés d'ailes. Telle a été leur destination primitive, car aucune, espèce ne nous a offert jusqu'ici ni de rudiment d'ailes, ni d'indice d'avortement de ces organes. Elans la méthode de M. Duméril (Considérations générales sur les Insectes), le nom de Parasités ou de Khinaptères est donné à sa première famille de son ordre des Aptères, la cinquante-cinquième de la classe: elle comprend les genres Puce, Pou, Smaridie, Tique, Lepte et Sarcopte 5 les quatre derniers appartiennent à notre ordre des Arachnides trachéennes.»

Dans le troisième volume du Règne Animal, Latreille composait son ordre des Parasites du grand genre Pou, Pediculus de Linné; il en a formé deux familles dans son dernier ouvrage (Fam. natur. du. Règn. Anim.). V. les articles MANDIBULÉS et SIPHONCUIiÉS.

Duméril, dans sa Zoologie analytique, désigne sous le nom de Parasites ou Rninaptères, une famille d'Aptères ayant pour caractères: point de mâchoires ni d'ailes. Elle est composée des genres Puce, Pou et Tiaue. Dans un ouvrage postérieur il l a augmentée de trois autres genres (V. plus haut). Enfin, le nom de Parasites a été appliqué par Lepelletier de Saint-Fargeau et Serville à des Hyménoptères de la famille des. Mellifères, dont les femelles, privées de palettes et de brosses pour la récolte du pollen, sont forcées de pondre dans le nid des espèces qui peuvent et savent récolter. Cette différence dans les mœurs et dans l'organisation a déterminé ces deux entomologistes à admettre deux divisions dans les tribus des Andrenètes et des Apiaires, sous les noms de Parasites et de Récoltantes. (G.)

PARASITES, BOT. Ce mot a deux acceptions différentes dans la science des Végétaux. Il désigne, non-seulement les Plantes qui vivent aux dépens d'autres Plantes, c'est-à-dire qui en pompent les sucs pour se les assimiler, mais encore celles qui ont simplement établi leur domicile sur d'autres espèces, sans cependant leur enlever les sucs qu'elles ont élaborés. C'est sous ce dernier point dé vue qu'on dit qu'une foule d'Orchidées exotiques et de Mélastomaeées sont parasites sur les troncs de9 Arbres; circonstance qui a valu à un genré nombreux d'Orchidées le nom d'Epidendrum. Mais les troncs des Arbres ne sont pour les Orchidées que des supports du sol où elles puisent leur nourriture; c'est comme si l'on disait que la Pariétaire, la Linaire cymbalaire, la Giroflée, sont parasites sur les murailles., Aussi la plupart des botanistes désignent-ils les Plantes qui existent ainsi sur d'autres Arbres, mais sans vivre à leurs dépens, sous le nom de Fausses-Parasites (Plantas pseudo-pamsiticœ). Les Lichens, les Hypoxylons ont également été considérés comme des Parasites; mais ils sont cramponnés aux écorces des Végétaux par des organes qui ne sont pas destinés à la succion, et ils se nourrissent plutôt par absorption de l'humidité atmosphérique que par de vraies racines. En effet,

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comment concevrions-nous autrement la nutrition de cette immense quantité de Lichens qui croissent sur les roches granitiques et calcaires? Le Lierre, le Bignonia radicans, et les autres végétaux munis de crampons, ne peuvent être assimilés aux Plantes parasites, puisqu'ils s'accrochent indifféremment aux arbres, aux bois et aux murailles; leurs crampons, analogues aux vrilles, ne sont que des organes de préhension. Mais le nom de Plantes parasites est parfaitement appliqué au Gui, aux Orobanches, à la Cuscute, à l'Hypociste, parce que ces Plantes ne peuvent se nourrir de la matière alibile contenue dans le sol, et qu'elles ont besoin du suc préparé par telle ou telle espèce particulière de Plantes. Les expériences de Vaucher sur la germination des Orobanches, ne laissent point de doute sur l'impossibilité de faire développer isolément dans le sol ces Plantes après leur germination; il faut absolument que leurs graines germées soient en contact avec les espèces qu'elles doivent sucer. Les graines du Gui ne peuvent même germer ailleurs que sur les Pommiers et les autres Arbres fruitiers. Cet Arbuste est donc Parasite par excellence, tandis que la Cuscute et d'autres Plantes, quoique vraies Parasites, ne le deviennent que par circonstance. (G..N.)

PARASOL, BOT. On a donné quelquefois ce nom à l'Ombelle, et plusieurs espèces d'Agarics le portent vulgairement dans quelques provinces de France, ainsi que dans Paulet qui avait son PARASOL RAYÉ, son PARASOL BLANC, son PARASOL A QUEUE, etc. (B.)

PARASOL CHINOIS, MOLL. Nom vulgaire et marchand d'une Coquille assez Tare dans les collections, Patella Umbrella, L., dont Lamarck a fait son genre Ombrelle. V. ce mot. (D..H.)

* PARASTADES. BOT. THAN. Link a proposé ce mot pour désigner les filamens stériles composés de plusieurs rangées de cellules situées entre les pétales et les étamines. On a des exemples des ces organes dans les Passiflores et le Sparmannia. (G..N.)

* PARASTAMINES. Parastamina. BOT. PHAN. Link donne ce nom aux étamines avortées ou, selon ses expressions, aux parties de la fleur qui ressemblent aux étamines, mais qui n'en remplissent pas les fonctions. (G..N.)

* PARASTYLES. Parastyli. C'est ainsi que Link désigne certains styles avortés qui, dit-il, ressemblent aux vrais styles, mais ne font pas les fonctions de ces organes. (G..N.)

PARAT, OIS. Évidemment de Passerat, Passer. Le Moineau dans plusieurs cantons du midi de la France ou la femelle est nommée PARE et PARATTE. (B.)

PARCHAT. OIS. Syn. vulgaire de Blongios. V. HÉRON. (DR..Z.)

PARCHEMIN, BOT. PHAN. On désigne particulièrement sous ce nom l'arille qui enveloppe complètement la graine du Café. (G..N.)

PARCHEMIN D'ORLÉANS, BOT. PHAN. Variété assez médiocre de Pêches. (B.)

* PARCHITA. BOT. PHAN. Nom vulgaire, chez les habitans des provinces de Curaana et de Caraccas, du Passiflora fœtida, L., jolie espèce que l'on cultive maintenant dans les jardins d'Europe, et qui est remarquable par ses bractées bipinnatifides, à découpures capillaires et glanduleuses. (G..N.)

PARD. MAM. De Pardus des Latins. Ce nom a été appliqué vulgairement à diverses grandes espèces mouchetées du genre Chat, tels que la Panthère et le Jaguar; celui que les fourreurs appellent particulièrement CHAT-PARD, parait être le Serval ou le Lynx. (B.)

PARDALE. BOT. PHAN. Dans l'édition de Dioscoride publiée par Ruellius, ce nom est un de ceux ap-

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pliqués au Leontopedalon de Dioscovide, qui a encore pour synonymes ceux de Leontopodion, Leontion et Leucœron. Ces dernières dénominations ont été imposées par les modernes à une Plante de la famille des Synanthérées; mais la description du Leontopedalon ou Leontopetalon, et conséquemment du Pardale, quoique très-imparfaite, se rapporte mieux au Leontice Leontopetalon, L. V. LÉONTICB. (G..N.)

PARDALIANCHES. BOT. PHAN. Espèce du genre Doronic, dont le nom a pu désigner dans l'antiquité une Arnique, un Aconit ou la Parisette, ce que les commentateurs ont cherché à deviner, mais qu'il est bien peu nécessaire de connaître. (B.)

* PARDALIS. MAM. V. CHATPANTHÈRE.

PARDALIS. OIS. (Aristote.) Le Vanneau-Pluvier. (B.)

PARDALOTE. Pordalotus. OIS. (Vieillot.) Genre de l'ordre des Insectivores. Caractères: bec très-court, gros, dilaté à sa base et surmonté d'une arête distincte; les deux mandibules presque également fortes et de même longueur, convexes et obtuses, la supérieure échancrée; narines placées de chaque côté du bec et à sa base, petites et couvertes d'une membrane; pieds grêles; tarse plus long que le doigt intermédiaire; quatre doigts, trois en avant; l'externe réuni à la base de celui du milieu, l'interne seulement soudé; la première rémige la plus longueou n'étant pas dépassée par la seconde. Les Pardalotes faisaient autrefois partie des Manakins; ils en ont été séparés par Vieillot qui leur a trouvé, avec raison, des caractères suffisans pour établir un genre nouveau. Les mœurs comme les habitudes de ces Oiseaux sont presque entièrement inconnues; mais le peu que l'on en sait fait présumer qu'elles doivent différer assez faiblement de celles des Manakins. A l'exception de quelques espèces qui sont propres au Brésil, on trouve toutes les autres dans l'Inde ou à la Nouvelle-Hollande.

PARDALOTE A GORGE ROUGE, Pipra gularia, Lath. Parties supérieures d'un bleu noirâtre; gorge, devant du cou et abdomen rouges; ventre blanc; bec et pieds noirâtres. Taille, trois pouces six lignes. De l'île d'Huaheine, dans la mer Pacifique.

PARDALOTE HUPPÉ, Pardalotus cristatus, Vieill. Parties supérieures d'un vert olive, tirant sur le jaune; plumes du sommet de la tête, du front et de l'occiput terminées de brun; huppe rouge; petites tectrices alaires variées de blanc à l'extérieur; rémiges brunes, bordées extérieurement de vert olive; rectrices vertes et d'une médiocre longueur; gorge et parties inférieures d'un beau jaune, plus foncé sur le devant du cou et sur la poitrine; bec noir avec le milieu grisâtre; pieds noirs. Taille, trois pouces. Du Brésil.

PARDAIOTE PARÉ, Pardalotus ornatus, Temm., OIS. color., pl. 394, fig. 1. Parties supérieures d'un cendré verdâtre; sommet de la tête noir; lorum d'un laune vif; de larges sourcils blancs; joues variées de blanc et de noir; tectrices alaires noires, striées de blanc; rémiges entièrement noirés; croupion roux-brun; rectrices noires, rayées de rouge ponceau, et bordées d'une teinte mordorée; parties inférieures cendrées, avec la gorge, le milieu de la poitrine et une bande sur les flancs a'un jaune vif; abdomen blanc; bec et pieds noirs. Taille, trois pouces et demi. De la Nouvelle-Hollande.

PARDALOTE POIGNARDÉ, Pardalotus percussus, Temm., pl. color., 394, fig. 2. Parties supérieures d'un bleu plombé très-foncé; une petite bande d'un rouge vif sur le sommet de la tête et sous les yeux; une longue moustache blancne à chaque angle de l'ouverture du bec; parties inférieures d'un beau jaune, avec les flancs d'un gris cendré obscur et le milieu de la poitrine d'un rouge de sang; bec et pieds noirs. Taille, trois pouces. De Java.

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PARDALOTE POINTILLÉ, Pardalotus punctatus, Vieill., Temm., pl. color. 78. Parties supérieures d'un brun jaunâtre, avec le bord de chaque plume noir; une huppe touffue et couchée, formée de plusieurs plumes noires, terminées chacune par un point blanc; tectrices alaires, rémiges et rectrices noires, marquées vers l'extrémité par une tache ou plutôt un point blanc; tectrices caudales supérieures d'un ronge vif et d'un brun rougeâtre vers le croupion; joues et côtés du cou cendrés, pointillés de noirâtre; un large sourcil blanc; gorge, devant du cou et tectrices caudales inférieures d'un jaune brillant; parties inférieures brunâtres; bec noir, pieds livides. Taille, trois pouces six lignes. La femelle a les nuances moins vives et moins pures; les taches du sommet de la tête jaunâtres; les tectrices caudales supérieures d'un rouge plus terne; la gorge, le devant du cou, et le milieu du ventre blancs; les joues brunâtres, pointillées de noirâtre. De la Nouvelle-Hollande.

PARDALOTE ROUGEATRE, Pipra superciliosa, Lath. Parties supérieures d'un brun rougeâtre; une tache blanchâtre et une ligne noire au-dessus de l'œil; tectrices alaires brunes; rémiges noirâtres; rectrices noires, terminées de blanc; les deux intermédiaires ont en outre leurs bords de cette couleur; parties inférieures d'un blanc jaunâtre; bec et pieds bruns. Taille, quatre pouces. De la Nouvelle-Hollande.

PARDALOTE A TÈTE RAYÉE, Pipra striata, Lath. Parties supérieures d'un brun olivâtre; sommet de la tête et nuque noirs, avec une strie longitudinale blanche Sur chaque plume; joues d'un jaune foncé; tectrices alaires brunâtres, quelquesunes terminées de jaune de manière à former une marque oblique audessus des rémiges qui sont noirâtres; parties inférieures jaunâtres et presque blanches vers l'abdomen, tectrices caudales inférieures fauves; rectrices noires, les extérieures terminées de blanc; bec et pieds bruns. Taille, quatre pouces trois lignes. De la Nouvelle-Hollande. (DR..Z.)

PARDANTHUS. BOT. PHAN. Ker (Annals of Botany, 1, p. 247) a donné ce nom à un genre nouveau, qu'il a constitué sur le Morœa chinensis de Linné et Thunberg. Mais cette Plante avait déjà été érigée en un genre distinct par Adanson, Mœnch, Medikus, et enfin par De Candolle, dans les Liliacées de Redouté, n° 121, sous le nom de Belamcanda, qui lui fut imposé autrefois par Rheede. C'est encore le même genre que Linné avait primitivement nommé Ixia, faisant allusion à la roue d'Ixion, à cause de la forme rotacée de la corolle; mais comme la plupart des autres Ixia ont des fleurs tubuleusee, le nom de celles-ci devait cesser d'être significatif. En séparant le Belamcanda des Morées et des autres Ixies, on n'a pas cru néanmoins qu'il fût utile de Iui appliquer exclusivement le nom d' Ixia, parce qu'il avait fallu changer de nom générique une foule de Plantes nommées maintenant Ixia par tous les botanistes. La corolle rotacée et profondément divisée du Belamcanda ou Pardanthus le sépare du genre Ixia, tandis que les stigmates nullement dilatés en pétales ne peuvent le faire confondre avec les Morœa. De plus, les graines sont couvertes d'un tégument pulpeux; elles sont attachées à un réceptacle libre, central, en forme de colonne, et n'adhèrent point au bord interne des cloisons que portent les valves, caractère qui ne se représente parmi les Iriaées que dans le genre Genosiris ou Patersonia; mais cette organisation n'est pas constante dans ce dernier genre. V. PATERSONIE.

Le Belamcanda chinensis, D. C., Pardanthus chinensis, Ker, loc. cit., est une fort belle Plante originaire de l'Inde, de la Chine et du Japon, ou elle croît dans les terrains sablonneux. On la cultive dans les jardins, ainsi qu'en Europe où on l'a traus-

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portée. Elle est remarquable par l'élégance de ses fleurs qui terminent la tige et qui offrent six divisions, dont trois un peu plus grandes, pétaloides, étalées en roue, d'un rouge aurore, avec des taches purpurines. Ses étamines sont au nombre de trois, à anthères linéaires, plus courtes que le style. Celui-ci est termine par trois stigmates rougeâtres non foliacés. Les graines sont noires, sphériques, portées sur un réceptacle central, et contenues dans une sorte de capsule turbinée. Les tiges sont garnies de feuilles comprimées, amplexicaules, comme celle des autres ridées. (G..N.)

* PARDELA. OIS. Nom portugais du Pétrel damier ou peut-être de tous les Pétrels, car le Damier se nomme aussi chez eux Pintado, et ce nom a passé dans la langue anglaise. Le Pardela est le Pigeon du Cap de quelques vieux voyageurs français. On trouve décrit, par don George Juan et par les Espagnols, deux Pétrels dont l'un se nomme quelquefois Alma de maestre; ce dernier paraît être le Pétrel Oiseau de tempête, Procellaria pelagica. (LESS.)

PARDISIUM. BOT. PHAN. Ce genre, de la famille des Synanthérées, et de la Syngénésie superflue, L., avait été proposé par N.-L. Burmann, et admis avec doute par Cassini qui le plaçait dans la tribu des Mutisiées-Gerbériées, près des genres Isotypus et Trichocline. Il était fondé sur une Plante du cap de Bonne-Espérance, Pardisium capense, espèce rare et trop incomplètement décrite pour qu'on pût être certain de ses affinités.

Après avoir étudié la description de cette Plante, telle qu'elle se trouve dans Burmann, mais peu satisfait des caractères qui y sont exposés, après en avoir conféré avec H. Cassini, nous avons voulu les vérifier sur la Plante même conservée dans l'herbier de Burmann, qui fait maintenant partie des belles collections de Benjamin Delessert. Le Patdisium capense n'est autre chose que le Perdiùum semiflosculare publié par Printz (Plant, afric. rar. Amœn. acad., vol. 6, p. 103). Il paraît que depuis long-temps Burmann avait établi dans son herbier le genre Pardisium, et que cet herbier ayant été visité par Printz, celui-ci avait adopté le genre en modifiant le nom probablement d'après sa prononciation dure et vicieuse; en un mot il a converti Pardisium en Perdicium avec d'autant plus de confiance que le mot Perdicium désignait, dans Dioscoride, une Chicoracée. Et voilà comme le changement d'un nom peut occasioner de la confusion et de l'embarras pour les botanistes ! En vain ils ont cherché à quoi se rapportait le genre Pardisium qui, à la vérité, est exposé dans Burmann avec de faux caractères, l'aigrette y étant décrite comme plumeuse; ils n'auraient pas deviné que c'était le Perdicium. Au surplus Burmann est le plus coupable clans cette affaire; non-seulement il a mal exprimé les caractères du genre dont il est question, mais il ne l'a publié qu'en 1768, c'est-à-dire quatre ans plus tard que le Perdicium semi-flosculare dont il n'aurait pas dû ignorer l'existence. Cette Plante reste seule dans le genre Perdicium; les autres espèces de l'Amérique méridionale, qu'on lui a réunies, sont des Trixis. V. PERDICIUM. (G..N.)

PARDUS. MAM. V. CHAT-PANTHÈRE et PARD.

PAREIRA-BRAVA. BOT. PHAN. V. ABUTA, BOTRIA et CISSAMPBLOS.

PAREIRE. BOT. PHAN. Mot francisé de Pareira proposé dans le Dictionnaire de Déterville pour désigner le genre Cissampelos. V. ce mot. (B.)

PARELLE. BOT. PHAN. Diverses espèces de Rumex, telles que le Patientia et l' aquaticus, portent vulgairement ce nom dans quelques provinces de France. (B.)

PARELLE. BOT. CRYPT. (Lichens.) On donne ce nom et celui d 'Orseille

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d'Auvergne ou d' Orseille de terre à une espèce de Lichen qu'on recueille particulièrement en Auvergne pour usage de la teinture; c'est le Lichen Parellus de Linné; Patellaria Parella, De Cand., Flore Fr.; Hoffin., Lich., tab. 12, fig. 3; Scutellaria Parella, Hoffm., Comment, de Resu, Lichen., p. 27; Lecanora Parella, Ach., Syn. Lich., p. 169. Ce Lichen se présente sous forme d'une croûte blanche ou grise portant de petites scutelles blanches; il s'étend sur les rochers où il forme peu de saillies, et auxquels il adhère fortement; mais son abondance en rend la récolte facile, on le détache en râclant; il se brise alors, et ramassé en tas, il paraît être un mélange d'autant de terre que de croûte végétale. Il s'y trouve ainsi beaucoup de substances étrangères qui en augmentent le poids et en gâtent la quantité. On distingue dansle commerce deux espèces de Parelle, la blanche et la grise; cette dernière est préférée. Cette Plante est un objet de commerce pour l'Auvergne et le Limousin: c est principalement à SaintFlour et à Limoges qu'on la prépare. On en récolte aussi aux environs de Lyon, en Provence, en Languedoc et en Roussillon. La préparation qu'on lui fait subir est très-simple: on remplit! à moitié une caisse oblongue de Parelle pulvérisée et nettoyée; on place cette caisse dans un lieu froid et on humecte la poudre de Lichen avec de l'urine fermentée. On retourne cette pâte chaque fois qu'on l'arrose, et au bout de dix à douze jours, on retire cette matière qui est devenue violette, on en fait des pains qui portent le nom d'Orseille de France ou d'Orseille de terre, quoi-que cette substance ne provienne pas du véritable Lichen Orseille ou Orseille des Canaries. Il est plusieurs Lichens indigènes qui pourraient remplacer la Parelle, et dans le Nord surtout, on lui substitue avec succès le Lichen tartareus de Linné qui est très-abondant en Suède et en Norvège oit on le récolte en grande quantité. On en importe beaucoup en Ecosse et en Angleterre pour préparer des pains d'Orseilles, et quoique renfermant moins de matière colorante que les Orseilles des Canaries, il donne, à ce qu'on nous a assuré, de fort belles teintes. Cependant, quoique ces Orseilles d'Europe ne reviennent guère qu'au tiers ou au quart de la valeur de l'Orseille des Càuaries ou Orseille en herbe, la matière colorante y étant en beaucoup moindre quantité, les teinturiers ne trouvent pas d'avantage à s'en servir. V. LICHENS et ROCCELLE. (AD. B.)

PAREMENT BLEU. OIS. (Buffon.) Espèce peu connue du genre Bruant. V. ce mot. (DR..Z.)

PARENCHYME. BOT. PHAN. Ce nom s'applique spécialement au tissu cellulaire qui forme la masse des organes dans les Végétaux. C'est une des deux modifications du tissu élémentaire qui se compose du Fibreux et du Parenchymateux. On donne également le nont de Parenchyme à la partie charnue du péricarpe. V. TISSU CELLULAIRE et ANATOMIE VÉGÉTALE. (A. R.)

* PARENTIA. BOT. CRYPT. (Hépatiques.) Nous répéterons au sujet de ce nouveau nom donné par Léman au genre Calypogeia de Raddi, ce que nous avons déjà dit au genre Pandulfia, c'est-à-dire qu'il est très-important pour la science de le rayer et de l'oublier puisqu'il ne tend qu'à introduire de la confusion sans aucune utilité pour la science elle-même. Si tous les rédacteurs de dictionnaire admettaient cette méthode pour réparer leurs oublis, ou pour introduire dans ces ouvrages les articles nouveaux, l'histoire naturelle serait bientôt surchargée de mots complétement inutiles qu'on ne saurait où chercher. V. CALYPOGEIA au Supplément et JUNGERMANNE. (AD. B.)

* PARENTUCELLIA. BOT. PHAN. Viviani (Florœ lybicœ Specimen) a constitué sous ce nom un genre de la

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famille des Rhinanthacées et de la Didvnamie Angiospermie, L., auquel il a imposé les caractères essentiels suivans: calice tubuleux, renflé, à cinq dents; corolle ringente, la lèvre supérieure en voûte, inférieure trifide à deux tubercules: un style capité; une capsule presque biloculaire, renfermant plusieurs graines pariétales et régulièrement disposées. Le Parentucellia floribunda, Viv., loc. cit., t. 21, f. 2, est une Plante herbacée, velue, glanduleuse, à feuilles sessiles, ovales, dentées en scie, à fleurs axillaires, opposées et purpurines. Elle croît dans la Cyrénaïque. Dans le Bulletin des Sciences naturelles (février 1825, p. 235), Mérat, s'appuyant de l'autorité de R. Brown, dit que la Plante en question n'est autre chose que l' Euphrasia latifolia, L., espèce assez commune dans l'Europe méridionale. Il ajoute que la disposition pariétale des graines serait un bon caractère pour ériger cette Plante en un genre nouveau, mais que l'examen d'une capsule lui a démontré qu'elle ne différait point de celle des Euphrasia. En conséquence le genre Parentucellia ne peut être adopté. (G..N)

PARESSEUSE. INS. Nom sous lequel Goëdart (T. II, Expér. 3) a désigné la larve de l'Hylostome du Rosier. Cette petite larve vit sur les feuilles de Rosier. (AUD.)

PARESSEUSE. BOT. PHAN. Une variété de Laitue. On a encore donné le même nom aux Acacies chez les feuilles desquelles on remarque une tendance à des mouvemens du genre de eux de la Sensitive. (B.)

PARESSEUX, ZOOL. Lorsque dans l'enfance des sciences naturelles on attribuait aux Animaux les penchans de l'Homme, sans examiner que leur conformation déterminait leurs allures, on appelait Paresseux divers Animaux lents à se mouvoir. Ce mot fat plus particulièrement appliqué aux Bradypes, parmi les Mammifères, au Butor parmi les Oiseaux. On la aussi donné à l'Ours aux grandes lèvres. Goëdart appelle ainsi la larve d'une sorte de Mouche qui vit dans les lieux d'aisance et s'y nourrit d'excrémens. (B.)

PARFUM D'AOUT. BOT. PHAN. Variété de Poire. (B.)

PARGASITE. MIN. Nom donné par les minéralogistes suédois àun Amphibole d'un vert grisâtre et translucide, en cristaux granulaires, disséminé dans un Calcaire lamellaire, et que l'on trouve dans l'île de Pargas, en Finlande. (G. DEL.)

PARGINIE. OIS. Kæmpfer, dans son Histoire naturelle du japon, indique sous ce nom un Oiseau qui pond des œufs gros comme ceux d'une poule, et que le Japonais Kanjeman trouva dans une île allant de Siara aux Philippines. C'est très-certainement un Tavon du genre Mégapode. V. ce mot. (LESS.)

PARGNAUX. POIS. L'un des synonymes vulgaires de Carpillons ou petites Carpes jeunes. (B.)

PARIA, OIS. (Latham.) V. CHAVARIA.

PARIANA. BOT. PHAN. Aublet adonné ce nom à un genre de la famille des Graminées, et de la Monœcie Polyandrie, L., dont les caractères sont les suivans: fleurs monoïques, disposées en un épi simple, formé de verticilles très-rapprochés; chaque verticille, placé à chaque dent de l'axe, se compose de cinq fleurs, quatre mâles et une intermédiaire femelle. Les fleurs mâles sont légèrement pédicellées; leur lépicène est formée de deux valves courtes et membraneuses; leur glume, de deux paillettes Cartilagineuses presque égales, obtuses; le nombre des étamines est d'environ une quarantaine dans chaque fleur. Les fleurs femelles ont leur lépicène de la même grandeur que la glume, composée de deux écailles convexes, cartilagineuses, et terminées en pointe à leur sommet; les deux paillettes de la glume ont à peu près la même forme et la même

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grandeur; elles sont plus minces et comme membraneuses. L'ovaire est surmonté par un style simple à sa base, puis biparti, et portant deux stigmates velus et glanduleux.

Nous possédons trois espèces de ce genre dont deux sont nouvelles. Elles croissent toutes sur le continent de l'Amérique méridionale, savoir: deux à la Guiane française et l'autre au Para. Ce sont de grandes Graminées vivaces. Les chaumes qui portent des fleurs sont quelquefois dépourvus de feuilles. Celles-ci naissent sur les chaumes stériles. Elles sont larges et cordiformes, Quelquefois lancéolées, garnies à l entrée de leur gaîne d'une rangée circulaire de poils.

L'espèce décrite par Aublet porte le nom de Pariana campes fris (loc. cit., tab. 337). Ses tiges sont hautes d'un à deux pieds; elles portent les fleurs et les feuilles; celles-ci sont presque cordiformes, brusquement rétrécies en un pétiole très-court à leur base, striées longitudinalement, ainsi que leurs gaines. Les fleurs for* ment un épi dense. Cette espèce croît à Cayenne.

Une seconde espèce nouvelle que nous appellerons Pariana angustifolia a été trouvée par mon père dans les forêts, sur les bords du fleuve Stourou à la Guiane. Enfin, une troisième espèce également nouvelle et que nous nommerons Pariana zingiberina, a été recueillie dans les forêts humides du Para. Toutes deux diffèrent de l'espèce d'Aublet par leurs chaumes florifères qui sont nus. (A. R.)

PARIATACU. BOT. PHAN. C'est le nom sous lequel les Brames désignent le Manjapumeram de Rheede (Hort. Malab., 1, tab. 21) qui se rapporte au Nyctanthes Arbor tristis, L. Adanson avait adopté ce nom barbare en lui faisant encore subir un léger changement; il écrivait Pariatiku. V. NYCTANTHE. (G..N.)

PARIÉTAIRE. Parietaria. BOT. PHAN. Genre de la famille des Urticées et placé dans la Tétrandrie Mo nogynie, L., quoique ses fleurs soient polygames. Il offre les caractères suivans: fleurs (deux hermaphrodites et une femelle) renfermées dans un involucre plane, à trois ou six divisions profondes, dont les deux extérieures et opposées sont les plus grandes. Chaque fleur hermaphrodite se compose: d'un calice ou péfigone, à quatre divisions obtuses, soudées entre elles par la base, de moitié plus courtes que l'involu— cre; de quatre étamines dont les filets très-longs sont reployés dans la fleur avant l'épanouissement; d'un ovaire supérieur, ovale, surmonté d'un style filiforme, coloré, terminé par un stigmate capité et hérissé de papilles. Cet ovaire devient un fruit pseudosperme, ovale et recouvert par le périgone qui s'agrandit et se ferme à son orifice par le rapprochement des divisions. La fleur femelle, placée dans l'involucre, entre les deux fleurs hermaphrodites, ne diffère de celle-ci que par l'absence des étamines.

Les Pariétaires sont excessivement voisines des Orties dont on ne peut les distinguer que parce qu'elles sont polygames, au lieu que ces dernières sont monoïques ou dioïques; et comme ce caractère est fort léger, car il n'y a rien de si facile à confondre que des Plantes polygames avec des Plantes dioïques ou monoïques, il s'en est suivi que dans la description de plusieurs Pariétaires exotiques on a probablement admis parmi celles-ci quelques Orties. Cependant les Pariétaires ont un port particulier qui permet de les distinguer assez facilement; leurs feuilles sont alternes et toujours dépourvues des poils glanduleux qu'on observe suites Orties.

Le nombre des espèces de Pariétaires n'est pas considérable. Les auteurs n'en ont décrit qu'environ trente, et encore sur ce nombre, plusieurs sont des doubles emplois les unes des autres, et quelques-unes ont été séparées pour être réunies au

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genre Bœhmeria, L., ou Procris, Ces. Ces Plantes croissent dans les régions chaudes de l'Europe; en Afrique, dans l'Amérique àiéridionale et dans l'Inde orientale. Nous ne parlerons ici que de l'espèce la plus vulgaire.

La PARIÉTAIRE OFFICINALE, Parrietaria officinalis, L.; Bulliard, Herbier de la France, tàb. 199. Cette Plante se plaît particulièrement dans les lieux numides et dans les fentes des vieux murs; c'est cette station qui lui a mérité chez les anciens son nom générique. On la nomme encore vulgairement Casse-Pierre, Perce-Mura üle, Panatage, Herbe de NotreDame, etc. Elle pousse des tiges cylindriques, rougeâtres, légèrement velues, succulentes, rameuses inférieurement, garnies dans toute leur longueur de feuilles alternes, pétiolées, ovales, lancéolées, pointues, un peu luisantes en dessus, velues et marquées de nervures en dessous. Ses fleurs sont petites, velues, axitlaires, réunies plusieurs ensemble par pelotons presque sessiles le long des tiges et des rameaux. Le suc de celle Plante, et à défaut son infusion théiforme, passaient autrefois pour très-émolliens et diurétiques; il est certain qu'ils contiennent du nitrate de Potasse dont l'action diurétique est bien constatée. On a vanté la Pariétaire dans les suppressions d'urine et dans la colique néphrétique, après que l'inflammation est un peu diminuée. Certaius agriculteurs sont persuadés qii'étendue sur des tas de blé, elle éloigne les Charansons.

Les filets des étamines de la Pariétaire officinale reployés dans le périgone et arrêtés dans chacune de ses divisions se détendent brusquement lorsqu'on les touche avec une épingle; cet effet n'est point un phénomène d'irritabilité, mais il est causé simplement par le déplacement mécanique des filets dont la tension élastique trouverait un obstacle dans les divisions recourbées du périgone. Par suite de ce mouvement brusque, les anthères laissent échapper le pollen sous forme d'un petit nuage assez apparent. (G..N.)

* PARIÉTAUX, zool. V. CRANE.

* PARIKITOS OU PAROKITOS. OIS. C'est-à-dire petits Peitoquets. Les Portugais et les Espagnols en Amérique nomment ainsi les bandes de petits Perroquets dont les troupes criardes volent avec rapidité entre les cimes des arbres. (LESS.)

PARILIUM. BOT. PHAN. Nom générique proposé par Gaertner et Schreber pour distinguer le N yctanthes Arbor tristis, L., des autres espèces placées dans le genre Nyctanthes, mais qui n'en sont point congénères. Celles-ci étant poar la plupart des Jasmins, on doit regarder comme type du genre Nyctanthes l'Arbor tristis. En conséquence, le nom de Parilium est superflu. (G..N.)

PARINARI. Parinarium. BOT. PHAN. Genre établi par Aublet, et appartenant à la famille des Rosacées et à la Oodécandrie Monogynie, L., dont les caractères sont: des fleurs disposées en grappes terminales; le calice est monosépale, campanulé, auinquéfide; la corolle se compose de cinq pétales égaux, dressés ou étalés; les étamines, au nombre de quinze, sont 'insérées au haut du tube du calice; leurs filets sont longs, grêles, un peu déclinés vers la partie inférieure de la fleur; l'ovaire est tout-à-fait libre, terminé par un style simple, au sommet duquel est un petit stigmate capité. Le fruit est une drupe ovoïde, assez grosse, un peu fibreuse, contenant un noyau très-dur, profondément et inégalement sillonné, à deux loges renfermant chacune une seule graine recouverte d'un duvet lanugineux.

Les espèces de ce genre sont de très-grands Arbres; munis de feuilles alternes, simples, entières, portées sur des pétioles très-courts; leurs jeunes rameaux, et souvent leurs feuilles sont recouvertes d'un

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duvet fin et soyeux de poils roux que l'on retrouve également sur leur calice et la face extérieure de leurs pétales. Les graines, renfermées dans leur noyau, ont une saveur agréable, et on les mange dans les pays oii croissent les espèces. On connaît quatre espèces de ce genre. Les deux premières, qui ont été décrites par Aublet, croissent à la Guiane; les deux autres ont été trouvées en Afrique. Le professeur De Candolle a formé dans le genre Parinarium. deux sections; l'une qu'il nomme Petrocarya (nom que Schreber avait substitué à celui de Parinarid' Aublet) comprend les deux espèces américaines, savoir: le Parinarium montanum, Aublet, Guian., 1, p. 514, tab. 204 et 205, et le Parinarium campestre, lo c. cit., p. 516, tab. 206. Les caractères de cette section sont des fleurs disposées en grappes rameuses; des étamines dont environ la moitié sont stériles. La seconde section a reçu le nom de Neocarya, et renferme les deux espèces africaines, c'est-à-dire Parinarium senegaiense, Perrotet, in De Cand., l oc. cit., et Parinarium excelsum, Sabin., Trans. Hort. soc., 5, p. 451. La première croît au Sénégal, la seconde dans les montagnes de Sierra-Leone. Celte section diffère de la précédente par ses fleurs en grappes simples et ses étamines toutes fertiles. (A. R.)

PARIPENNÉE (FEUILLE). BOT. PHAN. C'est une feuille pennée qui se termine à son sommet par deux folioles opposées. Cette feuille est aussi appelée Feuille abruptopinnée, Feuille pennée sans impaire. Exemple le Caroubier. V. FEUILLE. (A. R.)

PARIPOU. BOT. PHAN. Nom que les Caraïbes donnent à une espèce de Palmiers mentionnée par Aublet (Plantes de la Guiane, p. 974), mais sans indication de caractères. Les fruits de ce Palmier sont Servis sur les tables après qu'on les a fait cuire dans l'eau. (G..N.)

PARISETTE, Paris. BOT. PHAN. Genre de la famille des Smilacées de Robert Brown, et de l'Octandrie Tétragynie, L., caractérisé par un calice à huit divisions très-profondes, étalées, dont quatre intérieures plus étroites; huit étamines libres, ayant les filets courts, les anthères linéaires, à deux loges placées sur les côtés du filet qui les dépasse et forme au sommet un appendice subulé; l'ovaire déprimé à quatre loges contenant chacune huit ovules disposés sur deux rangées à l'angle interne de chaque loge; quatre stigmates divergens, subulés, glanduleux sur leur face interne, naissant d'un style èxcessivement court. Le fruit est une baie globuleuse, déprimée, accompagnée par le calice, et portant encore les stigmates à son sommet; dans chacune des quatre loges, on trouve de trois à six graines disposées sur deux rangées. Ces graines, dont le tégument est assez épais et membraneux, se composent d un endosperme blanc et charnu, contenant un petit embryon obovale placé vers sa base.

Ce genre se compose de deux espèces. Ce sont de petites Plantes heracées, vivaces, croissant dans les lieux humides. Leur tige, nue inférieurement, porte vers sa parlie supérieure un verticille de feuilles, d'où s'élève une fleur pédonculée et verdâtre, assez grande.

L'une de ces espèces, Paris quadrifolia, L., Bull., Herb., tab. 119, est assez commune dans les bois humides, aux environs de Paris. Sa tige porte quatre et quelquefois cinq feuilles verticillées. On la connaît sous les noms de Raisin de Renard, Herbe à Paris, Etrangle-Loup, etc. Les anciens la considéraient comme l'antidote des poisons âcres et corrosifs. Sa racine séchée et réduite en poudre est émétique à la dose de trentecinq à cinquante grains.

La secon de espèce, Paris incompta, Marsch., Flor. Taur. Cauc., diffère surtout de la précédente, par ses feuilles plus étroites, verticillées par

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huit ou douze. Elle croît dans les forêts de la Géorgie. (A. R.)

PARISIOLE. BOT. PHAN. Quelques auteurs désignent ainsi en français le genre Trillium. Nous en traiterons à ce dernier nom. V. TRILLIE. (A. R.)

* PARISOLA. OIS. L'un des synonymes vulgaires de la grosse Charbonnière. V. MÉSANGE. (DR. Z.)

PARITAIRE, BOT. PHAN. Pour Pariétaire. V. ce mot. (B.)

PARITI. BOT. PHAN. Syn. malais d 'Hibiscus tiliaceus. (B.)

PARIVÉ. BOT. PHAN. Pour Parivoa. V. ce mot. (B.)

PARIVOA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Légumineuses, et de la Diadelphie Décandrie, L., établi par Aublet (Guian., 2, p. 752, tab. 303) pour un Arbre qu'il nomme Parivoa grandiflora, et que Willdenow appelle Dimqrpha grandiflora. Cet Arbre, qui croît sur le bord des ruisseaux, à la Guiane, offre des feuilles alternes paripennées, composées ordinairement de trois à quatre paires de folioles, ovales, acuminées, luisantes; des fleurs purpurines, disposées en une grappe courte. Ces fleurs présentent deux bractées en dehors de leur calice. Celui-ci. se compose de trois à cinq sépáles réunis à leur base en un tube urcéolé. La corolle consiste en un seul grand pétale arrondi, roulé; les étamines, au nombre de dix, sont diadelphes. L'ovaire est stipité, le style filiforme très-long. Le fruit est une gousse ovoïde, épaisse, comprimée, s'ouvrant en deux valves et ne contenant qu'une seule graine. Le genre Parivoa est encore assez peu connu; il a de très-grands rapports avec le genre Eperua du même auteur. (A.R.)

PARIX. OIS. L'un des synonymes scientifiques de Mésange. V. ce mot. (DR..Z.)

* PARKERIA. BOT. CRYPT. (Fougères.) Ce nouveau genre, proposé par Hooker (Exotic Flora, n. 147), en très-voisin de celui qui a été établi par notre collaborateur Ad. Brongniart sous le nom de Cératopteris, et par R. Brown sous celui de Teleozoma. V. CERATOPTERIS. II diffère essentiellement de ce dernier genre en ce qu'il est totalement dépourvu d'anneau élastique. Voici les caractères sur lesquels il repose: capsules sphériques, unilocuiaires, membraneuses, dépourvues d'anneau élastique, indéhiscentes, remplies de séminutes un peu grosses; sores disposés sur le dos de la feuille, insérés sur des veines marginales parallèles à la côte du milieu; induse continu avec le bord de la feuille, libre intérieurement. Ce genre a pour type une Plante (Parkeria pteridoides) qui a éte trouvée à la Guiane, et qui a entièrement le port du Ceratopteris. Nous sommes même disposés à croire que le C. Richardii est spécifiquement semblable. Ses frondes sassiles sont également divisées en pinnules linéaires, et simulent les feuilles bipinnatifides de certaines Ombellifères. (G.. N.)

* PARKIE. Parkia. BOT. PHAN. Robert Brown a proposé ce nom, qui rappelle celui de l'intrépide MungoPark, pour un genre nouveau de la tribu des Mimeuses, dans la famille des Légumineuses, et auquel il donne pour caractères: un calice tubuleux, comme bilabié. à deux dents supérieurement et à trois inférieurement, imbriqués latéralement lors de la préfloraison. La corolle se compose de cinq pétales inégaux, le supérieur plus grand et enveloppant les autres, dont la préfloraison est-également imbriquée. Les étamines, au nombre de dix, sont monadelphes et hypogynes. La gousse est polysperme. L'épicarpe s'enlève et forme deux valves, tandis que l'endocarpe se partage en autant de coques articulées qu'il y a de graines, et chacune est récouverte par le sarcocarpe qui est farineux.

Les espèces qui composent ce genre appartiennent à l'Afrique et aux

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Indes-Orientales. Ce sont des Arbres sans épines; à feuilles bipinnées, composées d'un très-grand nombre de folioles, munies de stipules fort petites; à fleurs disposées en épis axillaires et pédoncules, les fleurs inférieures ordinairement mâles. L'espèce qui sert de type à ce genre est l'I nga biglobosa, décrit et figuré par PalisotBeauvois (Flor. d'Oware, 2, p. 53, tab. 90); c'est la même espèce qui paraît avoir été transportée par les nègres à Saint-Domingue, et que Jacquin a décrite sous le même nom. Rob. Brown la nomme Parkia africana. Elle a été trouvée dans le Bournou par le capitaine Clapperton; on la nomme Doura, et il paraît que c'est la même Plante que MungoPark appelle Nitta. Les habitans du Bournou font un très-grand cas de ses fruits. On fait griller les graines comme celles du Café, puis on les écrase avant de les faire fermenter dans l'eau, lorsqu'il se manifeste un commencement de putréfaction, on les lave et on les réduit en poudre pour en former des gâteaux assez semblables au chocolat, ce qui procure une sauce excellente pour toutes sortes d'alimens. La matière farineuse qui enveloppe les graines sert à préparer une boisson agréable; on peut aussi en faire une sorte de confiture. (A. R.)

PARKINSONIE. Parkinsonia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Légumineuses, et de la Décandrie Monogynie, L., établi par Plumier, adopté par Linné et tous les auteurs modernes. Dans son dernier travail sur les Plantes de la famille des Légumineuses, le professeur De Candolle l'a pilacé parmi les genres qui composent a tribu des Cassiées comprise dans le sous-ordre des Cæsalpinées, à la suite de l' HœmatoxyIon et du Poinciana. Voici ses caractères principaux: calice à cinq sépales égaux, réfléchis et soudés eu urcéole par la base; co rolle à cinq pétales planes, dont quatre égaux, le supérieur presque arrondi ou réniforme, longuement onguiculé; dix étamines, dont les filets sont distincts, un peu déclinés, et un peu plus longs que le pétale supérieur; ovaire cylindracé, aplati, arqué, hispidule, surmonté d'un style filiforme, un peu ascendant; légume linéaire, oblong, acuminé aux deux bouts, comprimé et resserré entre les graines, et présentant une suite de renflemens considérables formés par les graines qui sont ovoïdes, munies d'un endoplèvre épais, de cotylédons oblongs, d'une radicule ovale, et marqués d'un hile linéaire.

La PARKINSONIE A PIQUANS, Parkinsonia aculeata, L., Hort. Cliffort., tab.13; Jacq., Plant. Amer., tab. 80, est un bel Arbrisseau dont le tronc s'élève ordinairement à trois mètres, mais qui quelquefois atteint une hauteur du double. Son bois est blanc et cassant; il émet un grand nombre de rameaux effilés et flexibles, pourvus d'épines droites, solitaires, géminées ou ternées. Ces épines ne peuvent être considérées comme des aiguillons; ce sont de véritables petites branches avortées. Lorsqu'il y en a trois sur le même plan, la plus grosse porte latéralement les pétioles des feuilles; les plus petites sont comme stipulaires et situées de chaque côté de la grande épine. Les feuilles sont pinnées, à folioles petites, ovales, sessiles ou à peine pétiolulées, avortées ou caduques pour la plupart, disposées de chaque côté d'un pétiole excessivement long, fibreux dans la partie médiane, aplati et foliacé sur es deux bords. Les fleurs sont de couleur jaune, un peu odorautes, et disposées en un épi lâche. Cette belle Plante est originaire de l'Amérique méridionale; elle a été naturalisée au Sénégal d'où elle nous a été envoyée par notre ami Leprieur, pharmacien de la marine. Notre collaborateur Bory de Saint-Vincent nous a dit l'avoir vue déjà introduite en pleine terre dans quelques jardins de l'Andalousie dont elle formait l'ornement.

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La germination du Parkinsonia aculeata, observée et décrite par De Candolle (Mémoire sur les Légumineuses, p. 119, tab. 22, fig. 112), confirme les rapports botaniques qui existent entre cette Plante et les autres genres de la tribu des Cassiées. (G..N.)

PARMAGELLE. Parmacella. Moll. On doit l'établissement de ce genre à Cuvier qui eu donna une excellente anatomie, dès 1805, dans le T. v des Annales du Muséum, p. 442. Ce fut le célèbre voyageur Olivier qui le premier rapporta ce Mollusque de la Mésopotamie, où il le trouva vivant à la manière des Limaces. Ce genre, créé d'après des caractères extérieurs et des observations anatomiques, ne pouvait manquer d'être universellement adopté, on nepouvait non plus contester les rapports évidens qu'il a avec les Limaces; aussi n'est-il aucun auteur qui ne les ait admis. Nous n'entrerons donc point dans plus de détails à cet égard. Pendant long-temps on neconnut que l'espèce d'Olivier; Férussac reçut de Taunay, et venant desenvirons de Rio-Janeiro, un Animal qu'il rapporta à ce genre, et dont il publia l'anatomie d'après Blainville, dans son grand ouvrage sur les Mollusques terrestres et fluviatiles. L'Animal venant d'Amérique présente cependant, d'après Férussac lui-même, des différences assez notables, mais qui ne lui ont pas paru suffisantes pour le déterminer a créer un nouveau genre. Les caractères suivans ont été donnés au genre par Blainville: Animal ovalaire, déprimé, assez peu bombé en dessus, argement gastéropode, couvert d'une peau épaisse, formant dans le tiers moyen du dos un disque charnu, ovale, a bords libres eu avant, dont la partie postérieure contient une coquille fort petite, très-plane, en écusson; orifice pulmonaire au bord droit et postérieur du disque, l'anus du même côté, sous le bord libre de la même partie; orifice de la génération unique, en arrière du tentacule droit. N'ayant point eu la possibilité d'observer par nous-même la Parmacelle, nous nous servirons des travaux de Cuvier et de Blainville, pour donner une idée de son anatomie.

La Parmacelle est un Animal limaciforme, ayant à la tête quatre tentacules, dont les deux postérieurs sont oculifères; le milieu au dos est recouvert d'un manteau charnu, ovale, qui a un peu plus du tiers de la longueur du corps; l'extrémité postérieure se termine par une queue semblable à celle des Limaces et mieux encore à celle des Hélices; vers le milieu du bord droit du manteau, est une échancrure au fond de laquelle se trouve l'orifice de la cavité pulmonaire et celui du rectum; le manteau est adhérent au corps par sa moitié postérieure seulement; c'est dans cette partie que se développe une coquille d'une médiocre grandeur, qui est placée au dessus du cœur et de la cavité pulmonaire, pour leur servir, comme dans la Limace, de corps protecteur. La masse de la bouche est ovale et plus saillante en dessous; il en part un œsophage court et mince qui se rend à la cavité de l'estomac, qui est grande, membraneuse, assez large et fort longue. Les glandes salivaires multilobéès se remarquent au-dessous de l'origine de l'estomac; elles remontent vers la masse buccale, dans laquelle vout s'insérer les canaux salivaires. Le canal intestinal est euveloppé du foie dans lequel il fait quatre circonvolutions qui ont deux fois la longueur du corps environ; il se rétrécit sensiblement vers le-rectum qui se termine comme nous l'avons déjà dit. L'ovaire est enveloppé dans le foie, il donne naissance à un oviducte plissé qui aboutit à la partie postérieure et grosse du testicule; la partie mince et allongée de celui-ci est partagée selon sa longueur en deux moitiés, qui diffèrent par la couleur et par le grain: l'une est brune et grenue, l'autre blanche et

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homogène; l'extrémité de cette partie s'amincit subitement pour entrer dans une bourse en forme de cornemuse; la poche dite de la pourpre insère aussi son canal excréteur dans cette bourse; à l'endrait où celle-ci se rétrécit pour gagner l'orifice extérieur, elle reçoit ceux de deux petits sacs aveugles, de forme simple et conique, et immédiatement au-dessous, l'orifice du fourreau de la verge; ce fourreau a lui-même un petit cœcum auquel s'insère un muscle qui vient au dos de l'animal. La pointe postérieure de la verge communique avec le testicule par un petit canal déférent, tortueux. Le cœur est très-petit comparativement à l'oreillette qui a près de trois fois son volume; il est contenu dans un péricarde, et il donne naissance à un système vasculaire semblable pour sa distribution à celui des Limaces; le cerveau ou ganglion œsophagien, donne de chaque côté des rameaux nerveux pour les tentacules, et un autre pour la masse buccale; ensuite viennent ceux qui forment le collier nerveux. Celui-ci produit sous l'œsophage un ganglion double très considérable; la partie supérieure donne les nerfs aux organes de la génération et ceux des viscères, parmi lesquels il y en a surtout deux trèslongs pour le cœur et les poumons, et un intermédiaire pour le foie et les intestins; les nerfs de la masse du pied viennent de la partie inférieure de ce ganglion. Tels sont les principaux faits rapportés par Cuvier; iis ne coïncident pas tous avec ceux observés par Blainville sur l'autre espèce de Parmacelle; voici les principales différences: il n'y a pas de véritable bouclier, mais un manteau fort mince et échancré dans le milieu du bord droirt; les tentacules et la masse buccale sont absolument semblables à ceux des Limaces, et diffèrent peu par conséquent de ces parties dans la Parmacelle de Perse. Les organes de la digestion, ceux de la respiration n'offrent point de différences notables avec les Limaces; il n'eu est pas de même pour les organes de la génération, qui non-seulement diffèrent de ceux de la Limace, mais encore de ceux de la Parmacelle observée par Cuvier. L'ovaire contenu dans le foie forme une masse hémisphérique composée d'un trèsgrand nombre de petits grains allongés et bien distincts; l'oviducte qui en sort est un canal blanc très-lortille qui devient très-fin en s'approchant du testicule et se termine au col d'une petite vessie ovale, allongée, qui plonge ensuite dans la masse du testicule, Blainville n'a pu observer sa continuation avec la seconde partie de l'oviducte; cette seconde partie forme un gros canal cylindrique, boursoufflé, d'un aspect gélatineux, sur lequel est appliqué le canal déférent. Arrivé vers l'extrémité antérieure, l'oviducte reçoit lecanal de la vessie; celle-ci est longue et étroite, à parois minces, blanche avec un trait noir dans toute sa longueur; son canal se colle contre l'oviducte au bord de l'orifice duquel il se termine. Le testicule forme une masse considérable d'un jaune assez foncé et composé d'un grand nombre de lobules serrés sans traces évidentes de granulations où on voit naître le canal déférent, blanc, peu large d'abord, mais prenant plus d'ampleur et se collant contre la seconde partie de l'oviducte; il la suit dans toute sa longueur, arrive à sa partie antérieure, encore très-fine, et se recourbe à la racine de l'organe excitateur; celui-ci forme une espèce de sac allongé, étroit, attaché en arrière par un petit muscle au diaphragme; il se termine tout à côté de l'oviducte dans le cloaque par une espèce de col, mais ce qui est plus remarquable, c'est qu'il contenait dans son intérieur un corps styliforme comme translucide; peut-être analogue au dard des Hélices; en sorte que cet organe serait à la fois l'organe excitateur de ces Animaux, puisqu'il reçoit la terminaison du canal aéférent et la bourse du dard. Il n'y avait du reste aucune trace des cœcums qui

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existent dans toutes (es espèces d'Hélices, et comme ceux que Cuvier décrit dans la Par macelle d'Olivier. Nous avons rapporté textuellement ce que dit Blainville sur les organes de la génération, parce que ce sont ceux qui présentent le plus de différences avec ce qui existe dans l'autreespèce; quoiqu'elle soit notable, nous ne pensons pas cependant qu'elle soit suffisante pour faire un genre de chacune des espèces. Ou sait que les espèces sont d'autant meilleures qu'elles reposent sur des caractères plus appréciables, et que c'est principalement dans les organes de la génération qu'on peut en trouver de solides, car ce sont ces organes qui constituent les espèces, puisque ce sent euxqui empêchent leur confusion.

PARMACELLE D'OLIVIER, Parmacella Olivieri, Cuv., Ann, du Mus. T. v, p. 442, fig. 12-15; Lamk., Anim. sans vert. T. VI, p. 47, n. 1; Blainv., Dict. des Sc. nat. T. xxxvii, p. Elle se distingue a l'extérieur par ea partie postérieure amincie et tranchante sur les bords, et carénée dans le milieu, son bouclier libre dans sa partie antérieure et recouvrant ane grande partie de l'Animal; trois sillons se dirigeant du bouclier vers la tête.

PARMACELLE DE TAUNAY, Parmacella Taunaisii, Fé., Hist. nat. des Moll. terr. et fluviat., pl. 7, A, fig. 1 à 7. G'est au scalpel de Bluinville que l'on doit les belles anatomies représentées dans cette planche, ibid., blainv., loc. cit., n., 2; parfaitement distincte de la première; son extrémité postérieure est plus courte, jamais carenée'; l'extrémité antérieure estsuseepfibie de s'allonger beaucou p; on n'y remarque point les trois sillons; enfin il n'y a pas de véritable bouclier, mais bien un collier comme dans les Héiices; il est mince et ne peut recouvrir une grande partie de l'Aniraai. (D..H.)

PARMACOLE. Parmacolus. ÉCHIN. Syn. du genre Scutelle de Lamarck. V. ce mot. (B.)

* PARMÉLIACÉES. BOT. CRYPT. (Lichens.) Neuvième famille de notre méthode lichénographique, renfermant les Lichens foliacés des auteurs. Le tlialle est à surfaces dissemblables, appliqué ou étendu en folioles membraneuses; il ne passe pas à l'état gélatineux lorsqu'on le plonge dans l'eau; l'apothécie est Seutelloïde, marginc et libre sur ses bords. Les Pàrméliacées ne croissent jamais sur la terre nue; elles adhèiient aux corps à l'aide de fibrilles ou de crampons fort nombreux; ces crampons s'insinuent dans les anfractuosités de la pierre ou dans les inégalités de l'écorce, et fixent ainsi le Lichen, qui résiste à la violence des vents et au choc des corps étrangers. Ces Lichens vivent de préférence sur les roches, les mousses en décomposition, les troncs d'arbres, etc., etc.

Ils se divisent fort naturellement en deux sous-ordres: 1° les Imbricaires, disposées eu rosettes, à folioles divergeant du centre à la circonférence, et dont la surface inférieure est dépourvue de cyphelles; 2° les Sectes, étendues en larges expansions, formant des lobes, arrondis, à surface inférieure munies de cyphelles ou de taches discoïdes. Quatre genres constituent ces deux sous-ordres; ce sont pour les imbrioaires, le Parmelia et le Circinaria (V. ce mot au Supplément), et pour les Stiotes, le Sticta et le Pleurvcarpon, que nous avions nommé Delisea (Essai sur les Cryptog. des Ecorc. officin., p. LXIII), avant que nous fussions informés que feu Lamouroux nous avait prévenus dans cet hommage rendu à Delise, autour d'une Monographie des Sticta, très-favorablement accueillie du monde savant.

Esctrsveiier, Syst, Lich., p. 19, a établi aussi. une cohorte des Parméliacées; mais comme il a tiré sa principale considération de la forme des scutelles, il en résulte qu'on y trouve réunis des genres dont le. facies est évidemment différent de ceux qui sont basés sur les modifications de forme que la nature fait subir au

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thalle et à l'apothécie. Les genres Lecanora, Collema, Cornicularia, Parmelia, Sticta et Hagania (celui-ci fondé sur le Borrera ciliaris d'Ach.), constituent la cohorte des Parméliacées, suivant cet auteur. LesParméliacées de Fries, Syst. Orb. Veget., 240, renferment les genres Peltigera, Sticta, Parmelia, Dirina, Psora et Peltigera, dont les scutelles sont d'abord conniventes et ouvertes; le thalle est dissemblable, horizontalement étendu, souvent villeux et attaché aux supports. Nous doutons que l'on puisse trouver ces caractères suffisans, et que cette tribu soit naturelle. (A. F.)

PARMÉLIE. Parmelia. BOT. CRYPT. (Lichens.) Ce genre, l'uu des plus importans de la famille des Lichens, peut être ainsi caractérisé: thalle membraneux, cartilagineux ou coriace, disposé en rosette, formé de laciniures lobées, muni de fibrilles en dessous, quelquefois presque nu; apothécie orbiculaire (scutelle), souft-urcéolé, ayant une marge plus ou moins apparente, une lame proligère discolore; il est attaché au centre et libre vers sa circonférence. Ces Lichens se fixent sur les parois, sur les corps des végétaux en décomposition, presque jamais sur la terre nue, ni sur les feuilles vivantes. L'Europe en a un assez grand nombre d'espèces; l'Amérique septentrionale en possède' aussi plusieurs de très-remarquables. Les Ecorces péruviennes nous en ont fourni qui avaient jusqu'alors échappé aux investigateurs. Les genres Lobaria et Imbricaria de De Candolle, Squammaria, Psora, Lobaria, Plapodium et Platisma d'Hoffmann, Imbricaria, Physcia et Lobaria de Schreber, rentrent presque en totalité dans le genre Parmelia d'Acharius, adopté par nous.

Fries (Syst. Natur., 241, ed. 1825) rétablit le genre Parmelia, tel qu'Acharius l'avait d'abord formé dans sa méthode. Meyer (Lich. Disposit., 1826) a imité Fries, et a donné à ce genre une extension considérable, puisqu'il y réunit les genres Parmelia, Borrera, Evernia, Cornicularia, Cetroria, Roccella, Ramalina, Alectoria et Usnea d'Acharius (Lichénographie universelle), plusieurs Dufourea, des Collema, des Urceolaria, des Sagedia, des Gyalecta, des Variolaria; enfin, des Lecidea, des Thelotrema et des Psidium. d'Acharius; le Biatoria de Fries, l' Hagenia d'Esehweiler, et notre Echinopéaea, y trouvent aussi leur place. L'adoption d'un genre semblable renverse les idées propres à perfectionner la loi des analogies; les Lichens crustacés, foliacés, dendroïdes et filamenteux, se trouvent confondus, et forment un genre qui ne devra guère renfermer moins de six cents espèces, si l'on a égard aux Lichens décrits dans plusieurs ouvrages modernes, et à ceux qui sont encore inédits dans les collections. Qu'on nous permette à ce sujet quelques réflexions. Meyer cherche à établir la possibilité du passage d'un genre dans un autre. Il a, dit-il, vu, de ces métamorphoses, Une Lécanore peut, suivant ses observations, devenir une Parmélie ou une Urcéolaire; une Parmélie, rester dans la condition de Lécanore; une Borrera, se changer en Ramalina, etc., etc. Nous ne nions pas absolument que ces transformations ne puissent avoir lieu; mais sont-elles assez nombreux ses pour qu'il soit possible de s'en prévaloir dans l'établissement des genres? Ne suffira-t-il pas désormais a un observateur peu consciencieux d'affirmer qu'il a vu telle ou telle métamorphose pour se croire autorisé à des innovations, et pourra-t-on le démentir facilement? En donnant une trop grande extension à ce genre, les naturalistes ne se partageront-ils pas en deux classes, ceux quidouteront de tout, et ceux qui ne douteront de rien? Pour eu revenir à notre sujet, en voyant tant de travaux entrepris sur la famille des Lichens, on serait porté à croire que ces singuliers Végétaux sont enfin connus; il n'en est

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rien pourtant. Depuis le grand Linné, qui se contenta de créer ces sousgenres, jusqu'aux travaux des modernes qui ont formé des groupes à l'aide de ces sous-genres, on ne trouve que méthodes proposées et détruites, que genres établis et renversés. A charius n'a point suivi Hoffmann; Eschweiler ne suit ni Acharius ni Hoffmann; Fries n'a point adopté les genres d'Eschweiler, ni ceux d'Acharius, ni ceux d'Hoffmann; Meyer est dans le même cas. Il semble que la lichénographie s'appauvrisse de tous les travaux destinés a l'enrichir; rien ne le prouve mieux que ce qui vient d'être fait pour le genre Parmelia, l'un des plus naturels de la famille et celui qu'on pouvait se flatter de mieux connaître.

Plusieurs Parmelia servent en teinture, et l'une d'elles avait acquis de la célébrité en médecine. Nous nous bornerons à mentionner ici les deux espèces suivantes:

PARMÉLIE DES ROCHERS, Parmelia saxatilis, Ach., Lich. univ., p. 469; Lic hen saxatilis, Hoff., Fl. Germ., p. 145. Cette espèce tonne des rosettes moins souvent sur les pierres que sur les vieux troncs; le thalle est grisâtre, rude, marqué d'enfoncemens disposés en réseau; il est fibrilleux et noir en dessous; les laciniures sont imbriquées, sinuées, lobées, planes et dilatées; les apothécies épars sont roussâtres; leur marge est cré helée. C'est là, suivant quelques auteurs, l'Usuée de crâne humain, incomparable par ses vertus, lorsqu'elle croissait sur les fourches patibulaires, et souvent sur le crâne des suppliciés, dont les restes privés de sépulture demeuraient exposés. Le temps a fait justice de ces opinions ridicules, et l'Usnée de crâne humain est tombée dans un juste oubli.

PARMÉLIE GLANDULIFÈRE, Parmeli a glandulifera, N., Essai sur les Cryptogames des écorces officinales, xxxi, f. 1. Le thalle est imbriqué, à divisions nombreuses, sous-orbipul^ires; les laciniures sont étroites, linéaires, glabres, fendues sur leur extrémité, recouvertes de glandules, très-noires; il est cendré et fibrilleux inférieurement. Les apothécies sont fixés au centre; leur disque est brunâtre, presque plane, à marge grisâtre, montrant ces mêmes elandules qui se trouvent sur le thalle. Cette belle espèce est fort commune sur le Quinquina Condamine; elle est voisine de la Parmelia coronata, N., Ioc. cit., mais elle en est pourtant distincte.

Notre collaborateur Bory de Saint-Vincent a formé, conjointement avec Delise, aux dépens des Parmélies, un nouveau genre sous le nom de Pannaire. V. ce mot. (A. F.)

* PARMÈNE. Parmena. ins. Genre de Coléoptères, voisin des Lamies, mentionné par Latreille (Fam. nat. du Règn. Anim.), et dont nous ne connaissons pas les caractères, (G.)

PARMÉNIE. BOT. PHAN. Syn. d'Hellébore fétide ou Pied de Griffon. (B.)

* PARMENTARIA. BOT. CRYPT. (Lichens.) Nous avons fondé ce genre dans notre Méthode lichénographique (p. 24, tab. 1, f. 18), et nous lui avons donné les caractères génériques suivans: thalle crustacé, cartilagineux, plane, adhérent, interne; apothécie verruriforme, formé par le thalle, renfermant plusieurs thalanium 4-6, disposés autour d'un axe commun, entouré d'un perithécium épais, à nucléum globuleux, cellulifère. Ce genre très-remarquable, que nous avons consacré à la mémoire de Parmentier, pharmacien, dont la science et la philantropie ont rendu le nom à jamais célèbre, se compose ici d'une seule espèce, qui se trouve sur l'écorce du Croton Cascarilla, L., de Saint-Domingue; c'est le Parmentaria astroidea, N. (Essai sur les Cryptogames des écorces exotiques officinales, pag. 70, tab. xx, fig. 1.), à thalle d'un jaune paille, épais et indéterminé; les apothécies sont épars, disposés en étoile, rarement confluens; les thalanium sont au

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nombre de quatre à six, très-rarement sept, plus ordinairement cinq très-noirs, ovoïdes, très-profondément immergés, réunis autour d'un axe commun de la même couleur que le thalle, s'élevant en mamelon dans la jeunesse de la Plante ou par l'humidité, affaissé par l'âge ou par la sécheresse; les nucléums sont ovoïdes et entourés par une membrane mince, qui leur sert de cloison. Cette belle Plante diffère, 1° des Tripeihelium par l'absence d'un seul ostiole, qui sert d'axe commun par son immersion plus profonde et par la disposition régulière des verrues; des Verrucaria, par l'organisation complexe du thalanium, qui est immergé, et dont chaque apothécion n'a qu'un périthécium; 3° des Pyrenula, par l'absenoe de plusieurs verrues réunies autour d'un axe ostiolé; 4° et enfin, des Parnia, par cette disposition en étoile des verrues, l'immersion profonde, et par la nature du périthécium, qui n'est ni diaphane ni d'une consistance tendre. V. PYHENASTRUM. (A. F.)

PARMENTIÈRE. BOT. PHAN. Par une expression de reconnaissance philantropique mal entendue, un écrivain entièrement étranger aux sciences naturelles prétendit substituer ce nom à celui de Pomme de terre qui, tout vicieux qu'il est, a pour lui l'universalité de l'usage. V. Morelle. (B.)

PARMIRON. BOT. PHAN. Des commentateurs ont essayé d'établir que la Plante ainsi nommée par Pythagore, était le Sideritis, ce qui peut Ire ou ne pas être, sans le moindre avantage ou le moindre inconvénient pour les progrès de la botanique. (B.)

PARMOPHORE. Parmophorus. Moll. Parmi les genres de Montfort on doit distinguer comme un des meilleurs celui qu'il nomma Pavois, Scut us. La Coquille qui a servi de type au genre était confondue parmi les Patelles; Chemnitz lui avait donné le nom de Patella ambigu a. Lamarck lui-même n'avait pas d'abord senti la nécessité de ce genre, que Blainville cependant confirma par l'anatomie, en lui donnant le nom de Parmophore, que Lamarck et la plupart des conchyliologues ont adopté. La grande analogie que Blainville a trouvée entre les Animaux de ce genre et ceux des Fissurelles, a fait admettre l'opinion de ce savant anatomiste sur les rapports qu'il convenait d'établir entre ces deux genres; il en a aussi avec les Emarginules, de sorte que c'est bien dans la famille des Calyptraciens de Lamarck qu'il doit être placé. Ensuite, que l'on adopte ou non cette famille, les trois genres que nous venons de mentionner n'en devront pas moins rester voisins. Voici les caractères que Lamarck a donnés à ce genre: corps rampant, fort épais, oblong, ovale, un peu plus large postérieurement, obtus aux extrémités, muni d'un manteau dont le bord, fendu en avant, retombe verticalement tout autour, et recouvert plus ou moins par une coquille en forme de bouclier. Tête distincte, plaeée sous la fente du manteau, portant deux tentacules coniques, contractiles. Deux yeux presque pédiculés, placés à la base externe des tentacules. Bouche en dessous, cachée dans un entonnoir tronqué obliquement. Cavité branchiale s'ouvrant antérieurement et derrière la tête par une fente transversale et contenant les branchies constituées par deux lames pectinées et saillantes. Orifice de l'anus dans la cavité branchiale. Coquille oblongue, subparallélipipède, un peu convexe en dessus, rétuse aux extrémités, échancrée antérieurement par un léger sinus, et ayant en dessus vers sa partie postérieure une petite pointe apiciale inclinée en arrière. Face inférieure légèrement concave. Ce genre est peu nombreux en espèces; ce sont toutes des Coquilles blanches, ovalaires, quelquefois assez épaisses; on en connaît seulement deux espèces fossiles qui se rencontrent aux environs de Paris et

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que BOUS avons décrites dans notre ouvrage sur les Coquilles du bassin parisien.

PARMOPHORE AUSTRAL, Parmophorus australis, Lamk., Anim. sans vert. T. vi, part, a, pag. 5, n° 1; Parmophorus elongatus, Blainv., Bull, des Scienc., février 1817, pag. 28; ibid., Dict. des Scienc. nat. T. xxxvii, pag. 557; Patella ambigua, Chemn., Conch. T. 11, tab. 197, fig. 1918; Scutus antipodes, Montf. T. ii, pag. 58. Coquille assez grande, d'un blane jaunâtre en dessus, d'un blanc de lait éclatant en dessous, où se voit une grande impression musculaire en fer à cheval; les bords sont moins obtus; en dehors on remarque des stries peu régulières qui indiquent les accroissemens.

PARMOPHORE RACCOURCI, Parmophorus breviculus, Blainv., loc. cit., n° 2. A ne voir que la coquille de cette espèce on la prendrait peur une variété de la précédente, étant seulement un peu plus courte; mais Blainvtlle distingue cette espèee d'après J'Animai qui a le corps beaucoup plus court, ramassé et fort élargi postérieurement.

PARMOPHORE ALLONGÉ, Parmophorm elongatus, Lamk., Anim. sans ver t., loc. cit. n° 4; Patella elongala, ibid., Anu. du Mus. T. VI, pl. 45, fig. 1, a, b; Parmophorus Iœ vis, Blainv., loc. cit,; Parmophorus elongatus, Nob., Descript. des Coq. foss. des environs de Paris, T. 11, pag. 13, pl. 1, fig. 15 et 18. Cette espèce se trouve dans plusieurs localités des environs de Paris, à Grignon, à Mouohy-le-Châtel dans le Calcaire grossier, à la Chapelle près Senlis dans le Grès marin, et à Valmondois. Cette Coquille est lisse, mince, fragile, ovale, allongée et souvent marquée de rayons peu saillans qui vont u sommet vers le bord postérieur. (D..H.)

PARNASSIE. Parnassia. BOT. PHAN. Genre dont la place ne nous parait pas encore bien rigoureusement déterminée dans la série des ordres naturels. Voici ses caractères: le calice est formé decinq séjpales égaux et la corolle de cina pétales; les étâmines au nombre de cinq alternes avec les pétales sont dressées; leur filament est court; leur anthère iutrorse et à deux loges, s'olivrant chacune par un sillon longitudinal. En face de chaque sépale, on trouve un corps particulier que l'on peut considérer comme une étamine avortée et métamorphosée; ce corps épais, jaunâtre, élargi et plane, se divise dans son contour en un nombre assez variable de filamens terminés en tête et globnleux à leur sommet. Ces corps nectariformes, de même que les étamines, sont insérés sur la base même de l'ovaire et non au réceptacle. L'ovaire est libre et supère ovoïde, sessile, terminé supérieurement par quatre stigmates épais et sessiles. Coupé transversalement, l'ovaire présente une seule loge contenant un nombre très-considérable d'ovules attachés à quatre trophospermes pariétaux, d'abord saillans sou» la forme d'une lame, dont le côté libre se bifurque pour porter les ovules. Le fruit est une capsule globuleuse, souvent terminée à son sommet par quatre pointes formées par les stigmates. Elle est à une seule loge et s'ouvre naturellement en quatre valves, portant chacune un trophosperme sur le milieu de leur face interne. Les graines qui sont très-nombreuses, sont recouvertes extérieurement d'un tissu ou réseau spongieux et transparent, que l'on a décrit à tort comme un arille. L'embryon est cylindrique, ayant sa radicule obtuse tournée vers le hile; il est dépourvu d'en-dosperme.

Ce genre se compose de sept espèces; l'une, Parnassia palustris, croît en Europe; une autre, Parnassia ovata, a été trouvée en Sibérie et dans l'Amérique septentrionale; les cinq autres croissent dans l'Amérique du nord. Toutes ces espèces sont de petites Plantes vivaces, ayant leur tige simple ou légèrement rameuse vers leur sommet; des

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fleurs blanches solitaires, assez grandes et terminales; des feuilles alternes sans stipules. Ainsi que nous l'avons dit au commencement de cet article on ne sait pas encore pu juste à quelle famille rapporter le genre Parnassia. Jussieu (Généra Plantarum) l'avait placé à la suite des Capparidées avec le genre Drosera. Le professeur De Candolle ayant fait de ce dernier genre le type d'un groupe distinct sous le nom de Droséracées, y a placé le genre Parnassia; mais son embryon est sans endosperme. Dans le volume 18 des Annales du Muséum, Tristan lui trouvant des rapports avec les Violettes, le réunit à la famille des Violariées. Biria, dans son Histoire des Renoncules, comparant les appendices particuliers de la fleur du Parnassia, aux pétales en forme de cornet de la section des Hellébores, le rapproche de la famille des Renoncufacées. Ce qu'il y a de certain, c'est que le genre qui nous occupe, tout en ayant des rapports avec les différens ordres que nous venons d'indiquer, ne s'accorde parfaitement avec aucun d'eux par ses caractères. (A. R.)

PARNASSIEN. Parnassius. ins. Genre de l'ordre des Lépidoptères, famille des Diurnes, tribu des Papillonides, établi par Latreille aux dépens du grand genre Papillon de Linné, et adopté par tous les entomologistes avec ces caractères: palpes inférieurs s'élevant sensiblement au-dessus du chaperon, allant en pointe, et ayant leürs trois artiéles bien distincts; boutons des antennes courts, presque ovoïdes et droits. Ce genre se distingue des Papillons proprement dits, par des caractères tirés des palpes dont le dernier article ne dépasse pas le chaperon, et par d'autres caractères pris dans les antennes et dans la manière dont la chenille se métamorphose. Les Thaïs qui en sont les plus voisins en sont séparés parce que le bouton de leurs antennes est allongé et courbé. Les Parnassiens avalent été placés par Linné dans sa division des Héliconiens. Fabricius les avait d'abord rangés dans sa section des Papillons qu'il appelle Parnassii, il en a fait ensuite un geure propre sous le nom de Dorilis. Ces Papillons ont les ailes élevées perpendiculairement pendant le repos. Leurs six pates sont propres à la marche, et leurs tarses sont terminés par deux crochets simples. Les ailes inférieures sont concaves au bord interne. Les femelles ont, à l'extrémité de l'abdomen, une poche cornée, creuse et en forme de nacelle, dans laquelle les œufs sont renfermés. Leur chenille est nue; elle a sur Je cou un tentacule rétractile, mou et fourchu qu'elle fait sortir dans le danger, comme cela a lien chez la chenille des Papillons proprement dits. Cette chenille se forme une coque avec des feuilles liées par des fils de soie. La chrysalide est arrondie. On connaît trois espèces de Parnassiens; elles ne se trouvent que dans les montagnes alpines ou sous-alpines de l'Europe et du nord de l'Asie; la plus commune et la plus belle est:

Le PARNASSIEN APOIXON, Parnassius Apollo, Latr.; Papilio Apollo, L., Fabr.; Papilio alpina major, Rai, Papillons des Alpes, Degéer, Ins., 1, pl. 18, f.8-13; Pieris Apollo, Schr., Faun. Boic. T. 11, p. 161, n. 1283; l'Apollon, Engram., Pap. d'Eur. T. 1, p. 199, pl. 47, f. 97, a-h; l'Ai picola de Daubenton, pl. enlum., 68, f. 1-2. Il a quatre pouces à quatre pouces et demi d'envergure; ses ailes sout blanches, tachetées de noir; les inférieures ont quatre taches blanches, bordées d'un cercle rouge et d'un, cercle noir. Sa chenille est d'un noir velouté avec une rangée de points rouges de chaque côté et une autre sur le dos; elle vit sur le Sedum telephium, sur les Saxifrages, etc. La chrysalide est d'un vert noirâtre, saupoudrée de blanc ou de bleuâtre. On trouve cette espèce dans les Alpes, dans les Cévennes et sur d'autres montagnes,

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Bory de Saint-Vincent l'a rencontrée dans la Sierra-Nevada en Espagne. Degéer la dit commune en Suéde. Elle se trouve aussi en Russie; Son vol est pesant, ce qui la rend facile à prendre. (G.)

* PARNE. INS. V. PARNUS.

PARNIDÉES. Parnidea. INS. Leach désignait ainsi une famille de Coléoptères, composée des genres Parnus de Fabricius et D ryops d'Olivier. Cette famille comprend la tribu des Macrodactyles de Latreille, moins le genre Hétérocére. V. MACRODACTYLES. (G.)

PARNOPÈS. Parnopes. INS. Genre de l'ordre des Hyménoptères, section des Térébrans, famille des Pupivores, tribu des Chrysides, établi par Latreille qui lui donne pour caractères: mâchoires et lèvre trèslongues, formant une promuscide fléchie en dessous; palpes très-petits, de deux articles; abdomen composé à l'extérieur, dans les mâles, de quatre segmens, et de trois dans les femelles; le terminal apparent, plus grand que les autres dans les deux sexes. Ce genre que l'on avait confondu avec les Chrysis, s'en distingue cependant par le prolongement extraordinaire de ses mâchoires et de sa lèvre, la petitesse de ses palpes et le nombre de leurs articles; les autres genres de la tribu des Chrysides en sont séparés par les mêmes caractères. La iête des Parnopès est étroite, transversale; à peu près de la largeur du corselet; elle porte trois petits yeux lisses placés en triangle sur le vertex; les antennes sont filiformes, coudées, vibratiles, insérées près de la bouche, composées de treize articles dans les deux sexes; les mâchoires et la lèvre sont très-longues, linéaires, et forment, réunies, une sorte de trompe fléchie en dessous; la lèvre est bifide; les palpes sont très-courts, peu distincts, de deux articles; la partie moyenne du métaihorax s'avance en une pointe scutelliforme; les écailles des ailes sont grandes, arrondies et convexes; les ailes supérieures ont une cellule radiale et une cellule cubitale, tontes deux incomplètes; deux cellules discoïdales distinctes, savoir: la première et la seconde supérieures; la discoïdale inférieure, non tracée; l'abdomen est convexe en dessus, concave en dessous, composé de deux segmens outre l'anus, dans les femelles, et en ayant un de plus dans les mâles; l'anus est très-grand et forme à lui seul plus de la moitié de l'abdomen; il est finement dentelé sur les bords, avec un enfoncement transversal à sa partie postérieure, sans lignes de points enfoncés; les femelles ont une tarière rétractile dont l'extrémité reste toujours un peu saillante, même dans le repos, et un aiguillon rétractile ayant sa sortie un peu avant l'extrémité de la tarière; les tarses sont fortement ciliés et propres à fouir, dans les femelles. On ne connaît qu'une espèce de ce genre:

Le PARNOPÈS INCARNAT; Parnopes carnea, Latr., Fabr., Ross., Faun. Etrusc. T. II, tab. 8, f. 5; Chuysis carnea, Coqueb., Illust. Icon., tab. 14, fig. 11. Long de près de six lignes; antennes noires; tête verte, avec un petit duvet argenté et luisant près de la bouche en dessus; corselet chagriné, vert, avec les angles postérieurs saillans; écusson proéminent et obtus; abdomen d'un rouge de chair, avec le premier anneau vert. On trouve ce bel Hynxinoptère dans les départemens méridionaux de la France r en Espagne et en Italie; on l'a trouvé aussi aux environs de Paris, au bois de Boulogne, dans des lieux secs et sablonneux. C'est Latreille qui a découvert les métamorphoses de cette espèce. La femelle fait sa ponte dans les trous assez profonds que le Bembex à bec (rostrata, Fabr.) femelle creuse dans les terres légères et sablonneuses, et au fond desquels il empile les cadavres des Syrphes, Taons, Bombilles et autres Diptères destinés à nourrir ses larves. Le Parnopès

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épie l'instant ou le Bembex est éloigné du nid qu'il a préparé à sa famille; il y pénétre et y place ses oeufs. Les larves auxquelles ils donnent naissance, consomment probablement les vivres qu'elles y trouvent, et dévorent peut-être encore les larves du Bembex. Si celui-ci aperçoit l'ennemi de sa postérité, il fond sur lui avec impétuosité pour le percer de son aiguillon, mais le Parnopès se met en boule comme les Tatous et les Hérissons, et oppose à son adversaire la peau dure qui recouvre son corps, comme un bouclier impénétrable. Le Parnopès a le vol court; il se pose souvent. (G.)

PARNUS. INS. Nom donné par Fabricius aux Coléoptères qu'Olivier avait désignés sous le nom de Dryops. Leach a adopté ce nom de Parnus et celui de Dryops; dans les Parnus il place les Dryops d'Olivier, dont les pieds antérieurs sont de la longueur des suivans. Les Dryops renferment les espèces qui ont les pieds antérieurs plus longs. V. DRYOPS. (G.)

PAROARE. OIS. Espèce du genre Gros-Bec. V. ce mot. (DR..Z.)

* PAROCELA. BOT. PHAN. (Cavanilles.) Syn. de Dalea. V. ce mot. (B.)

* PAROCHETUS. BOT. PHAN. Genre de la famille des Légumineuses, et de la Diadelphie Décandrie, L., établi par Hamilton (Prodr. F lor. Nepal., 246) qui l'a ainsi caractérisé: calice quadrifide nu; corolle papilionacée dont l'étendart est bilobé, incombant, la carène obtuse recouverte par les ailes; dix étamilles diadelphes; style lisse; stigmate obtus; légume renfermant plusieurs graines presque rondes. Ce genre a été placé par De Candolle (Prodr. Syst. veget., s, p. 402) à la suite de son genre Pachyrhizus dont il n'est peut-être pas assez distinct. Il se compose de deux espèces (P. communis et major) qui sont des Plantes très-basses, rampantes, à feuilles trifoliées, portées sur de longs pédoncules et accompagnées de stipules membraneuses. Les fleurs sont solitaires, axillaires, purpurines, trèsbelles et longuement pédonculées. Ces deux espèces croissent dans le Napaul. (G..N.)

PARONYCHIE. BOT. PHAN. V. PARONYQUE.

PARONYCHIÉES. Paronychieœ. BOT. PHAN. On appelle ainsi une famille naturelle de Plantes, qui a pour type le genre Paronycàia, C'est Auguste Saint-Hilaire qui, dans son Mémoire sur les Plantes à placenta central, a proposé l'établissement de ce groupe. Il y réunit des genres auparavant placés, soit dans la famille des Amaranthacées, soit dans celle des Caryophyliées, dont ils diffèrent surtout par leur insertion périgyne, tandis qu'elle est constamment hypogyne dans tous les genres qui appartiennent réellement a ces deux familles. Cette différence d'insertion avait déjà été indiquée par Robert Brown, et même plus anciennement encore par le professeur Richard, qui, dans la Flora, Boreali-Americana de Michaux, dit, en parlant du genre Anychia, que les étamines sont insérées sur le calice; mais Augusté Saint-Hilaire est le premier qui, par un grand nombre d'observations faites sur tous les genres de cette famille, en ait bien fait connaître tous les caractères. Voici ces caractères: le calice est monosépale, souvent persistant, à cinq divisions plus ou moins profondes. Les pétales, au nombre de cinq, souvent très-petits et squammiformes, quelquefois nuls, sont insérés au haut du tube calicinal. Les étamines sont, en général, au nombre de cinq, dont quelquesunes sont quelquefois stériles. Les anthères sont introrses, à deux loges, s'ouvrant chacune par un sillon longitudinal. L'ovaire est libre, surmonté d'un ou de plusieurs styles et d'autant de stigmates. Coupé transversalement, l'ovaire est unilocu-

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laire, tantôt renfermant un seul ovule, tantôt en contenant plusieurs. Dans le premier cas, cet ovulenaît du fond de la loge, un peulatéralement, et quelquefois il est supportépar un podosperme filamenteux; pans le second cas, les ovules sont insérés a un trophosperme central à peine saillant. Le fruit est une capsule déhiscente, soit au moyen de valves ou de fentes, soit indéhiscente. Les graines se composent, outre leur tégument propre, a'un embryon cylindrique, appliqué sur un des côtés ou presque roulé autour d'un endosperme farineux. La radicule est toujours tournée vers le hile.

Les Plantes qui composent cette famille sont herbacées ou sous-frutescentes. Leurs feuilles sont opposées, quelquefois connées à leur base, avec ou sans stipules. Les fleurs sont très-petites, terminales ou axiltaires, en général réunies en capitule ou en corymbe, nues ou accompagnées de bractées scarieuses.

Les genres des Paronychiées peuvent être divisés en deux sections. L'une, qui porte le nom de SCLéranthées, renferme les genres qui n'ont pas de bractées, dont les divisions calicinales sont simples et non séarieuses; les feuilles généralement sans stipules et connées à leur base. Tels sont: Lœflingia, L.; Minuartia, Loefl.; Queria, Lœfl; Scleranthus, L.; Mniarum, Forster; Larbrea, St.-Hil. La seconde section, qui. prend spécialement le nom de PARONYCHIÉES, comprend les genres dont les fleurs sont accompagnées de bractées scarieuses; les divisions calicinales sont membraneuses sur les bords, souvent charnues et creusées en gouttière; les feuilles accompagnées de stipules. On y rapporte les genres: Gymnocarpus, Forsk.; Pollichia, Ait.; I llecebrum, L.; Herniaria, L.; Anychia, Rich. in Michx.; Paronychia, Tournef.; Polycarpon, L.; Hagea, Vent. A la suite de ces deux sections on place les genres Corrigiola et Telephium, quiont les plus grands rapports avec les Paronychiées, bien qu'ils s'enéloignent par quelques caractères.

La famille des Paronychiées doit être placée à la suite des Caryophyllées, qui termine la série des Dicotylédones polypétales hypopynes, et avant les Portulacées, qui commencent les polypétales périgynes. (A. R.)

PARONYQUE. Paronychia. BOT. PHAN. Genre autrefois placé dans la famille des Amaranthacées, et qui est devenu un centre autour duquel se sont groupés plusieurs autres genres pour constituer une famille nouvelle sous le nom de Paronychiées (V . ce mot). Le genre Paronychia établi par Tournefort, avait été réuni par Linné à l' Illecebrum. Jussien et la plupart des auteurs modernes l'ont de nouveau rétabli comme genre distinct. Son calice est monosépale, turbiné a sa base, à cinq divisions égales et étalées. L'intérieur du tube calicinal est tapissé par un disque pariétal, qui à l'orifice forme un bourrelet assez saillant. Sur ce dernier sont insérées cinq étamines à filamens courts, dressés, à anthères biloculaires, introrses; entre chaqueétamine, on trouve sur le bourrelet du disque un petit appendice subulé, qui n'est probablement qu'une étamine avortée, et que quelques auteurs considèrent comme un pétale, de sorte que ce genre aurait une corolle pentapétale. L'ovaire est libre, renfermé dans l'intérieur du tube calicinal; il se termine supérieurement par un style court, que surmontent deux stigmates allongés et obtus. Cet ovaire est à une seule loge, qui contient un seul ovule, pendant et renversé au sommet d'un ong podosperme filamenteux, qui, naissant un peu latéralement de la base de la loge, se redresse vers la partie supérieure et se recourbe vers l'inférieure. Le fruit est une capsule uniloculaire, recouverte par le calice et s'ouvrant en général en cinq valves.

Les espèces de ce genre sont de petites Plantes herbacées ou de petits

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sous-Arbrissèàux rameux; étalés, portant des feuilles opposées, et deux stipules souvent soudées en une seule gaîne par un de leurs côtés. Les fleurs sont petites, axillaires ou terminales. Le type de ce genre est I'Illecebrum Paronichia, L., ou Paronychia argentea, Lamk., qui croît dans le midi de la France. Ses fleurs sont groupées et forment des espèces de petits capitules; elles sont environnées de bractées qui, de même que les stipules, sont scarieuses et blanchâtres. Les autres espèces de ce genre qui croissent en France, sont es suivantes; Paronychia cymosa, Lamk.; P. echinata, Lamk.; P. polygonifolia, D. C.; P. pubescens, D. C.; P. serpillifolia, Lamk., et P. capitata, Lamk. Toutes ces espèces croissent dans les provinces méridionales aux lieux secs.

Le genre Paronychia se distingue de I'Illecebrum par ses étamines, au nombre de cinq, tandis qu'il n'y en a que deux fertiles dans ce dernier, par son style et ses deux stigmates, tandis qu'il n'y a pas de style, et qu'il y a un seul stigmate sessile dans l'Illecebrum. Le mode de déhiscence du fruit n'est pas non plus le même, celui du genre Illecebrum. s'ouvrant par des espèces de fentes irrégulières. V. ILLECEBRUM. (A. R.)

PAROPSIDE. Paropsis. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Tétramères, famille des Cycliques, tribu des Chrysomélines, établi par Olivier, et adopté par tous les entomologistes avec ces caractères: dernier article des palpes maxillaires presque en hache; corselet transversal; corps hémisphérique ou en ovale court. Ces Insectes se distinguent des Eumolpes, parce que ceux-ci ont le corps allongé et le dernier article des palpes ovoïde. Les Colaspis en sont distingués par les mêmes caractères: les Chrysomelles, qui s'en rapprochent le plus, en sont cependant séparées par la forme de leur corps qui est plus ovale et par leurs palpes qui ne sont pas terminés par un article en hache. Les Prasocures ont le corps allongé. Enfin les Lamprosomes, Chlamydes et Chlytres s'en éloignent par leurs antennes en scie. Latreille avait senti, long-temps avant Olivier, que cest Insectes ne pouvaient pas être confondus avec les Chrysomelles; il n'osa pas en faire un genre, mais il les plaça dans une division des Chrysomelles, à laquelle il donne le nom de Coccinelloïdes. Marsham, dans le neuvième volume des Actes de la Société Linnéenne de Londres, en a formé un genre sous le nom de Notolea, et en même temps Olivier, ne connaissant point son travail, a établi avec les mêmes Insectes son genre Paropside, qui a prévalu et qui signifie en grec écuelle, petit plat. La tête des Paropsides est penchée en avant et forme un angle obtus avec le corselet; les antennes sont minces, filiformes, presque de la longueur du corps, insérées au-devant des yeux, près de la bouche, composées de onze articles dont le premier plus long, un peu renflé, le second court, les autres un peu turbinés et à peu près égaux entre eux; le labre est coriace, presque membraneux, court, légèrement échancré; les mandibules sont courtes, cornées, creusées intérieurement, terminées par deux dents égales, obtuses; les mâchoires sont membraneuses, courtes, bifides; les palpes maxillaires sont un peu plus longs que les labiaux, composés de quatre articles; le premier est très-court, le second allongé, un peu renflé à l'extrémité, le troisième conique, le dernier large, triangulaire et sécuriforme; les palpes labiaux ont quatre articles, le premier court, le second allongé, conique, et le troisième ovale-oblong; la lèvre est membraneuse, courte et trilobée; le corselet est large, convexe, très-échancré en devant, arrondi postérieurement: l'écusson est petit et triangulaire, et les élytres sont très-convexes, plus grandes que l'abdomen qu'elles embrassent un peu sur les côtés; les

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pates sont de longueur moyenne; les tarses sont courts, assez larges, avec le pénultième article bilobé. Ce genre est composé d'une trentaine d'espèces toutes propres à la Nouvellefoüande et à la mer du Sud. C'est par erreur qu'Olivier y a joint une espèce européenne qui n'est que la Chrysomela flavicans des auteurs. Les mœurs des Paropsides sont inconnues; d'après le rapport des voyageurs, on les trouve sur les Plantes comme les Chrysomelles.

PAROPSIDE ATOMAIRE, Paropsis atomaria, Oliv., Entom., t. 5, p. 598, n° 1, pl. 1, f. 1; Notoclea atomaria, Marsh., Trans. of Soc. Linn. Lond., vol.9, p. 286, tab. 24, f. 5; Encycl., pl. 371, f. 1, a-d. Longue de cinq lignes, d'un testacé pâle; antennes de la même couleur avec leur base plus pâle; labre jaune; tête finement pointillée, ayant un sillon transversal arqué du milieu duquel naît une ligne longitudinale enfoncée, traversant la partie postérieure de la tête; corselet peu pointillé sur son disque; ses côtés un peu déprimés, profondément ponctués; élytres chagninées, chargées d'un grand nombre de points bruns enfoncés, et de rides transversales, irrégulières; dessus du corps et pates d'une nuance plus foncée. On trouve cette espèce à la Nouvelle-Hollande. (G.)

PAROPSIE. Paropsia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Passiflorées, et de la Monadelphie Pentandrie, L., établi par Du Petit-Thouars (Histoire des Végétaux des îles australes d'Afrique, p. 59, lab. 19) qui l'a ainsi caractérisé; calice monophylle, pubescent, à cinq divisions profondes; corolle à cinq pétales un peu plus courls que les divisions du calice, et insérés sur la base de celui-ci; cinq étamines dont les filets sont réunis par la base en une colonne trèscourte, les anthères attachées par leur dos et déhiscentes latéralement; ovaire tomenteux, jiniloculaire, surmonté d'un style simple à la base, trifide au sommet et portant trois stigmates capités; capsule presque ronde, à trois angles peu marqués, vésiculeuse, à minces parois, tomenteuse, entourée à la base par le calice et la corolle qui persistent; trois réceptacles pariétaux, portant chacun des graines ovées, placées sur deux rangées et horizontalement. Celles-ci sont recouvertes d'un arille épais, charnu; elles ont un tégument extérieur, crustacé, un albumen charnu, et un embryon à radicule courte, et à cotylédons ovales et foliacés. Ce genre qui par ses caractères se rapproche beaucoup des Passiflores, eu est tellement distinct par le port, que Du Petit-Thouars n'avait pas entrevu d'abord ses affinités. La Plante sur laquelle il est constitué, n'offre ni vrilles, ni stipules, ni glandes comme les Passiflores; d'ailleurs c'est un Arbuste droit et nullement volubile; il n'était donc pas étonnant qu'il ne vînt pas à l'idée de Du Petit-Thouars de le ranger près de ces curieuses Plantes; il le, croyait plus rapproché du genre Alsodeia de la famille des "Violacées. Cependant il s'aperçut plus tard qu'il était trèsvoisin de sou genre Deidamia, dont les rapports extérieurs avec les Passiflores sont moins équivoques.

La PAROPSIE COMESTIBLE, Paropsia edulis, Du Petit-Thouars, l oc. cit., est un Arbuste de Madagascar, qui s'élève à environ deux mètres, dont les rameaux sont droits, élancés, peu ramifiés, garnis de feuilles alternes, un peu écartées, rétrécies à la base en un court pétiole, ovales-oblongues et terminées en pointe mousse. Les fleurs sont fasciculées aux aisselles des feuilles et se développent successivement; elles sont accompagnées d'écailles à la base. L'anlle qui enveloppe les graines a la couleur et la consistance du Litchi; il est très-doux et agréable, ce qui le fait rechercher des habitans et même des Européens qui abordent à Madagascar. (G..N.)

* PAROT. OIS. Syn. vulgaire de Rossignol de muraille. (DR..Z.)

TOME XIII. 6

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PAROT. POIS. Espèce du genre Labre. (B.)

PAROTE. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires, mais d'origine américaine, du Chenopodium ambrosioides, L. (B.)

* PAROTIS. OIS. (Sparmann.) Syn. de Jougris. V. GRÈBE. (DR..Z.)

* PAROUTI. BOT. PHAN. Syn. de Cotonnier dans l'Indostan, où l'on nomme Oupin Parouti le Gossypium herbaceum, etc., Laden-Parouti, le Gossypium arboreum, L. Le ParounParouti est une espèce arborescente de huit à dix pieds de hauteur et encore peu connue. (B.)

PARQUI. BOT. PHAN. Nom de pays adopté scientifiquement pour désigner une espèce du genre Cestreau. Adanson l'a substitué comme générique à celui de Cestrum, qui n'en est pas moins universellement adopté. (B.)

PARRA. OIS. (Linné.) Syn. de Jacana. V. ce mot. (DR..Z.)

PARRAKOUA. OIS. Espèce du genre Pénélope. V. ce mot. De Parrakoua on a fait Paraqua, synonyme de Kartaka. (DR..Z.)

PARRANG. BOT. PHAN. C'est-àdire en Epée-nue. Espèce ou variété de, Coco dans Rumph. Adanson rapporte ce synonyme à son genre Entada. (B.)

PARRING. POIS. L'un des noms que l'on donne, aux Moluques, au Poisson dont Cuvier a formé le genre Chirocentre. V. ce mot. (B.)

* PARROKITOS. OIS. V. ABUROT.

* PARRYA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Crucifères, et de la Tétradynamie siliqueuse, L., établi par R. Brown (Chloris Mellvill., p. 10) qui lui a imposé les caractères essentiels suivans silique large-linéaire dont les valves sont marquées de veines; graines disposées sur deux rangs, couvertes d'un épiderme lâche et chiffonné, à cotylédons accombans; stigmates rapprochés par leurs hases qui sont soudées entre elles et qui forment un style très-court; filets des étamines dépourvus de dents. Ce genre est très-voisin de l 'Arabis, dont il diffère par la forme de la silique', la structure des graines et du stigmate, et enfin par le port. Le Parrya arctica, R. Br., loc. cit. cum icone, est une Plante herbacée, petite, vivace et très-glabre. La racine est perpendiculaire, épaisse, marquée de stries transversales; elle, émet plusieurs tiges courtes et garnies de feuilles rapprochées, pétiolées, lancéolées ou spatulées, trèsentières, quelques-unes offrant un petit nombre de dents, épaisses, opaques, marquées d'une nervure médiane. La hampe termine la tige ou est axillaire; elle est dépourvue de. feuilles ainsi que de bractées, et s'allonge après la floraison. Les fleurs ont une couleur purpurine, et sont disposées en petits corymbes à pédoncules étalés et très-glabres. Cette Plante a été trouvée à l'île Melleville, lors de la première expédition sous les ordres du capitaine Parry auquel le genre a été dédié. R. Brown indique comme seconde espèce le Cordamine nu die au lis, L., dont De Can— dolle a fait un Arabis; il lui donne le nom de Parrya macrocarpa. (G..N.)

PARS. MAM. Ce mot provient évidemment d'une faute typographique dans Gemelli Carreri, qui a voulu écrire Pard. V. ce mot. Les Dictionnaires d'histoire naturelle peuvent relever de telles fautes dans les ouvrages des voyageurs, mais ne doivent pas les consacrer en faisant des articles spéciaux sur de véritables travestissemens. (B.)

PARSONSIA. BOT. PHAN. Le genre que Patrick Browne (Jamaïc., 196, tab. 21) avait établi sous ce nom a été réuni par Linné au Lythrum, puis au Cuphea par tous les auteurs modernes. R. Brown (Transact. of Werner. Soc., 1, p. 64), trouvant ainsi le nom de Parsonsia sans em-

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ploi, le donna à un genre de la famille des Apocinées, et de la Pentandrie Monogynie, L., qu'il caractérisa de la manière suivante: calice infundibuliforme, dépourvu d'appendices ou d'écailles, ayant son limbe divisé profondément en cinq segmens égaux sur leurs bords; cinq étamines saillantes, dont les filets sont simples, insérés vers le milieu ou à la base du tube; les anthères sagittées, adhérentes par le milieu au stigmate, ayant leurs lobes postérieurs dépourvus de pollen; un ou deux ovaires biloculaires; un style et un stigmate élargi; cinq écailles hypogynes, distinctes ou connées; deux follicules séparés ou quelquefois cohérens. Ce genre comprend des Plantes que Swartz et Jacquin plaçaient parmi les Echites. L'auteur y joint le Periploca capsularis de Forster, et trois espèces de la Nouvelle-Hollande, sous les noms de Parsonsia velutina, mollis et lanceolata. Celles-ci ont l'ovaire biloculaire, et les follicules cohérens longitudinalement, tandis que les Echites corymbosa, Jacq., floribunda, Sw., et spicata, Jacq., qui croissent dans l'Amérique méridionale, ont des ovaires doubles et des follicules distincts. Toutes ces Plantes sont volubiles, à feuilles opposées, à fleurs en cimes ou en grappes, axillaires ou terminales. (G..N.)

PARTHENIASTRUM. BOT. PHAN. (Nissole.) Syn. de Parthénie V. ce mot. (B.)

PARTHÉNIE, Parthenium. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées et de la Syngénésie nécessaire, L., établi en 1711 par Nissole qui lui donnait le nom de Partheniastrum, auquel Vaillant substitua celui d 'Hysterophorus. Linné, trouvant que le nom imposé par Nissole était contraire à ses principes de glossologie, lui donna celui de Parthenium, sous lequel Matthiole, L'Écluse et d'autres anciens botanistes désignaient diverses espèces de-Matricaires et de Camomilles. Long-temps après Linné, Cavanilles et Ortéga créèrent inutilement les noms génériques d 'Argyrochœta et de Villanova, ayant méconnu le Parthenium de Linné, qui était fondé sur des caractères incomplets. Cassini place ce genre dans sa tribu des Hélianlhées-Coréopsidées, et lui assigne les caractères suivans: involucre hémisphérique, composé de dix folioles, sur deux rangs, appliquées, à peu près égales, les extérieures ovales-aiguës, coriaces-foliacées, les intérieures plus larges, presque membraneuses. Réceptacle cylindracé ou conoïde, garni de paillettes membraneuses aussi longues que les fleurs du disque, à sommet tronqué, frangé ou hérissé de poils moniliformes. Calathide composée, au centre, de fleurons nombreux, réguliers et mâles; à la circonférence, de cinq fleurons ligulés et femelles. Les fleurs du disque ont le tube de la corolle cylindracé, verdâtre, le limbe blanc, à quatre ou cinq lobes dressés; les étamines à peine cohéreutes par leurs anthères, avant la floraison, mais soudées pendant cette époque; le pollen blanc; un ovaire avorté, surmonté d'un style également rudimentaire, indivis, et garni au sommet de poils. Les fleurs de la circonférence ont une corolle à tube court, terminé par une languette blanche, courte, large, échancrée ou bilobée au sommet; un ovaire comprimé, obové ou en cœur renversé, glabre, bordé d'un bourrelet sur chacune de ses arêtes latérales, surmonté d'un nectaire et d'une aigrette composée de paillettes presque membraneuses et pétaloïdes; le style se divise en deux branches arquées en dehors, et dont la face intérieure est stigmatique. Les deux bourrelets latéiaux de l'ovaire se détachent à une certaine époque de la partie inférieure de celui-ci, mais ils restent adhérens à sa partie supérieure; d'un autre côté, ils continuent aussi à adhérer par la base avec les paillettes du réceptacle qui leur sont contiguës, de sorte qu'ils simulent deux appendices fili-

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formes, partant du sommet de l'ovaire, et portant à l'extrémité inférieure la base d'une fleur mâle avec la paillette qui l'embrasse. C'était ce caractère, omis par Linné, qui avait porré Cavanilles et Orléga a consiérer la Plante sur laquelle. le Parthenium était fondé, comme le type d'un genre absolument nouveau. Les espèces de ce genre, au nombre de trois seulement, sont indigènes de l'Amérique; elles ont des tiges herbacées, garnies de feuilles alternes, ordinairement pinnatifides, ou bipinnatifides, quelquefois entières, des calathides terminales et en corymbes, à fleurs blanches dans leurs rayons.

Le Parthenium Hysterophorus, L., croît dans l'Amérique méridionale, près de Caraccas, sur les bords de l'Orénoque, et se retrouve aussi dans l'île de Cuba; Bory de SaintVincent le dit être naturalisé à l'Ilede-France; on le cultive en Europe dans les jardins de botanique. Ses feuilles sont bipinnatifides, à divisions subdivisées et garnies de quelques poils appliqués. Le Parthenium incanum de Kunth (Nov. Gen. et Spec. Plant. œquin. T. iv, p. 260, tab. 391) est blanchâtre, à feuilles pinnatifides, les découpures inférieures incisées-dentées, la terminale trilobée. On le cultive au Mexique dans un jardin. Le Parthenium integi'ifolium, L., se distingue facilement par ses feuilles oblongues, dentées, mais non incisées profondément. Cette espèce croît dans les montagnes de la Virginie et de la Caroline. Palisot de Beauvois ayant trouvé cette Plante dans son lieu natal, en avait formé dans ses notes manuscrites un genre nouveau sous le nom de Trichospermum. (G..N.)

PARTHÉNOPE. Parthenope. crust. Genre de l'ordre des Décapodes, famille des Brachyures, tribu des Triangulaires, établi par Fabricius et adopté par tous les entomologistes, avec tes caractères: antennes latérales très-courtes, de la longueur au plus des pédoncules des yeux; leur premier article situé au-diessous de leurs cavités; yeux toujours entièrement retirés dans ces cavités et portés sur un pédoncule court et gros. Les deux pieds antérieurs ou pinces très-grands dans les deux sexes, s'étendant latéralement, horizontalement et à angle droit avec la longueur du corps, jusqu'à l'origine du carpe, formant ensuite un coude et se repliant sur euxmémes; bras et pinces trièdres, avec les doigts comprimés, pointus, fléchis brusquement; les autres pieds petits; test rhomboïdal ou triangulaire, rétréci en pointe en devant. Quoique ce genre ait les plus grands rapports, quant au faciès, avec les Œthres, il en est cependant bien séparé, parce que ces derniers ont le test prolongé latéralement et recouvrant les pieds. Les Eury nomes s'en distinguent, parce que le premier a rticle de leurs antennes latérales est très-grand et se prolonge jusqu'à l'extrémité supérieure interne des fossettes oculaires. Le genre Maïa et tous les autres genres démembrés de celui-ci sont distingués des Parthénopes, parce que les doigts de leurs pinces sont presque droits et non inclinés en dedans. Presque toutes les espèces de Parihénopes habitent les mers des Indes-Orientales et s'y tiennent probablement sur les rochers. Les autres se trouvent dans la Méditerranée. Il ne paraît pas que Risse en ait connu; cependant Aldrovande, Olivi et quelques autres naturalistes italiens en ont parlé. Leach a formé aux dépens du genre Parthénope, un genre qu'il a nommé Lambre (Lamo rus). Latreille n'a pas jugé à propos de l'adopter; il s'est servi des caractères qui le distinguent du genre Parthénope, pour former deux groupes dans ce genre. Nous allons suivre son exemple.

I. Premier article des antennes latérales plus grand que les deux autres; post-abdomen ou queue ayant. dans les deux sexes, sept segmens serrés, non prismatiques, et n'ayant

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point d'arêtes bien prononcées. (PARthénope, Leach.)

PARTHÈNOPE HORRIBLE, Parthenope horrida, Fabr., Leach, Latr.; Cancer longimanus, spinosus, Séba, Thes., 3, tab. 19, f. 16-17; Rumph, tab. 9, f. 1; Cancer horridus, L., Herbst., Krab., tab. 14, f. 88. Test ayant près de neuf centimètres de longueur sur onze environ de largeur, presque triangulaire, tuberculé, ponctué, caverneux, obtus en devant, avec des pointes spiniformes sur les côtés; poitrine et dessus de la queue comme vermoulus; serres verruqueuses, avec des élévations coniques, inégales et dentées, la droite plus épaissie que la gauche; pates épineuses en dessus. Dans le Museum Ludopicœ Ulricœ reginœ, Linné mentionne comme variété un individu que Latreille considère comme une espèce distincte. Le Parthénope horrible se trouve dans l'Océan asiatique.

II. Premier article des antennes latérales plus court que le suivant, ou à peine aussi long; queue n'offrant dans les mâles que cinq segmens; serres prismatiques avec de vives arêtes. (LAMBRE, Leach.) Dans cette division se rangent les Parthenope giraffa, longimana, regina, Lar de Fabricius; le Cancer conirarius d'Herbst. ou Parthenope rubus, Latr. On trouve dans la Méditerranée une espèce qui paraît se rapporter à celle qu'Aldrovande nomme Cancer màcrochelos alius, p. 205. Latreille lui a donné le nom de Parthenope angulifrons. Il dit qu'il a de grands rapports avec le Cancer macrochelos de Rondelet. C'est probablement le Cancer longimanus d'Olivi et de Petagnana. (G.)

* PARTULE. Partula. MOLL. Genre proposé par Férussac pour quelques espèces de Bulimes de Bruguière qui, au lieu de pondre des oeufs, rendent leurs petits vivans. La coquille a aussi pour caractère d'avoir assez ordinairement un bourrelet à l'ouverture; mais comme ce caractère lui est commun avec un assez grand nombre des espèces de ce genre, il devient nul par lui-méme. Ce genre n'a point été adopté. (D..H.)

PARU. POIS. Espèce de Pomacanthe. V. ce mot. (B.)

PARUS, OIS. V. MÉSANGE.

* PASCULA. OIS. (Scaliger.) L'un des synonymes de Sarcelle d'été. V. CANARD. (DR..Z.)

PAS-D'ANE, BOT. PHAN. Nom vulgaire du Tussilago Farfara, L. V. TUSSILAGE. (B.)

PAS-DE-CHEVAL. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires du Cacalia alpina. (B.)

PAS-DE-PAYSAN. MOLL. Nom vulgaire et marchand du Voluta cancellata. (B.)

PAS-DE-POULAIN. ÉCHIN. D'Argenyille et d'autres naturalistes anciens ont donné ce nom an spatangue Cœur-de-mer de lamarck, Spatangus purpureus de Leske. V. SPATANGUE. (E. D..L.)

PASAN. MAM. Nom de pays de l'Oryx. V. ANTILOPE. (B.)

PASCALIA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées et de la Syngénésie superflue, L., établi par Ortéga (Decad., 4, p. 39, tab. 4) qui lui a imposé les caractères essentiels suivans: calathide radiée; les demi-fleuronsde la circonférence, étroits, linéaires, obtus; réceptacle garni de paillettes; akènes presque drupacés, surmontés d'un rebord denté; involucre composé de folioles inbriquées, lancéolées, aiguës. Nous regrettons de ne pouvoir présenter en ce moment que des caractères aussi insignifians: notre coutume ayant été, jusqu'ici, de suivre, en ce qui concerne les Synanthérées, les travaux de Cassini qui, malgré l'étendue de ses descriptions, fait ressortir convenablement toutes les différences qui caractérisent les genres de cette vaste famille; nous eussions bien désiré

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trouver une description du Pascalia, faite par cet auteur. D'un autre côté la Plante qui sert de type à ce genre n'est pas en assez bon état dans notre herbier, et l'époque de la floraison au Jardin Botanique de Pari, n'est pas encore arrivée, pour que nous puissions offrir une nouvelle description. Dans le second volume de ses Opuscules Phytologiques, p. 205, Cassini indique la place du genre Pascalia dans la tribu des Hélianthées, section des Rudbeckiées. Le Pâscalia glauca, Ortéga, loc. cit.; Andr., BOT. Reposit., tab. 549, est une Plante dont les tiges sont droites, presque simples, glabres, cylindriques, hautes environ d'un demi-mètre, offrant vers leur sommet des rameaux alternes, garnis de feuilles opposées, un peu glauques, les inférieures sessiles, ovales, presque anguleuses et dentées, à trois nervures, les supérieures plus étroites, lancéolées, entières ou à peine denticulées à la base; les calathides sont solitaires, terminales et de couleur jaune. Cette Plante, originaire du Chili, est cultivée au Jardin du Roi à Paris. (G..N.)

PASCAN. BOT. PHAN. Variété de Vigne qui produit une assez mauvaise qualité de Raisin. (B.)

PASENG. MAM. V. OEGAGRE au mot CHÉVRE.

* PASERIKI-PANE. REPT. OPH. (Roussel.) Nom de pays du Nasique au nez retroussé, espèce de Couleuvre. V. ce mot. (B.)

PASIMAQDE. Pasimachus. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentameres, famille des Carnassiers, tribu des Carabiques bipartis de Latreille, établi par Bonelli et adopts par tous les entomologistes. Les caractères de ce genre sont: menton articuld, court, presque plane et fortement triloba; lèvre supérieure conrte et dentelée; mandibules grandes, larges, aplaties, pea avancées, fortement denldes intérieurement; dernier article des palpes labiaux grossissant un peu vers l'extrémité, et presque conique; antennes presque filiformes; le premier article assez grand; les autres plus petits et presque égaux; corps large et aplati; corselet large, plane, presque cordiforme, échancré postérieurement; jambes antérieures faiblement palmées. Les Pasknaques avaient été confondus avec les Scarites par Fabricius; mais ils s'en distinguent par plusieurs caractères importans. Dans les Scarites le corps est plus allongé; le corselet est en croissant, et les mâchoires sont arquées et crochues à leur extrémité, Les Siagones sont séparées des Pasimaques par leur menton, qui recouvre presque tout le dessous de la tète jusqu'au labre. Les carènes en sont séparées par leurs palpes extérieurs qui sont dilatés à leur extrémité. La tête des Pasimaques est grande, presque aussi large que le corselet, plane et presque carrée. Les mandibules sont à peu près de la longueur de la tête; les mâchoires sont obtuses, sans onglet mobile à l'extrémité, et non arquées dans cette partie. La lèvre est articulée à sa base, coriace., courte, large, concave, velue postérieurement et dépassant à peine le menton. La languette est arrondie à son sommet et terminée par deux soies. Les antennes sont insérées dans le coin interne de l'œil. Les yeux sont petits, arrondis et peu saillans. Les pates sont de longueur moyenne. Les Pasimaques sont des Insectes d'assez grande taille, d'une couleur noire un peu bleue ou violette sur les côtés, et d'une forme large et aplatie, qui a quelques rapports avec celle de certains Abax. On en connaît quatre espèces toutes propres à l'Amérique septentrionale. Nous citerons parmi elles:

LE PASIMAQUE DÉPRIMÉ, Pasimachus depressus, Dej., Spec. des Coléop., etc. T. 1, p. 416; Scarites depressus, Fabr., Oliv., III, 36, p. 5, np 1, tab. 2 f. 15; Sch., Syn. Ins. T. 1, p. 126, n° 1; Palisot-Beauvois,

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Ins. d'Af. et d'Am., 7, p. 106, tab. 15, fig. 3. Cet Insecte est long de douze à quatorze lignes, noir, brillant en dessus, avec les bords du corselet et des élytres plus ou moins bleuâtres. Les élytres sont très-lisses, diminuant insensiblement vers l'extrémité, qui est peu arrondie. Elles ont une ligne de très-petits points élevés le long des bords extérieurs. Le dessous du corps et les pates sont d'un noir un peu moins brillant que Je dessus. (G.)

PASINA. BOT. PHAN. (Adanson.) Syn. d'Hormin. (B.)

PASIPHÉE. Pasiphœa. CRUST. Genre de l'ordre des Décapodes, famille des Macroures, tribu des Sali— coques, établi par Savigny (Mém. sur les Anim. sans vert., part. 1, fasc. 1, p. 50), et ayant pour caractères; un appendice en forme de soie au côté extérieur des pieds, et vers leur origine; pieds-mâchoires extérieurs servant à la locomotion. Ce genre se rapproche du genre Alphée avec lequel Risso l'a confondu par ses antennes et le nombre des pates, mais l'appendice en forme de sois de ces pieds et les pieds-mâchoires l' en éloignent et lui font faire le passage des Salicoques aux Schizopodes. Son corps est mou, fort allongé et sans saillie antérieure rostri forme; ses antennes sont longues, sétacées; les intermédiaires sont divisées en deux longs filets; les quatre pieds antérieurs sont beaucoup plus grands que les autres, presque égaux, avancés, mais un peu courbés; ils sont terminés par une main didactyle et allongée; le carpe est inarticulé; on voit un appendice sétiforme et très-distinct à la base de ses pieds et des suivans; ceux-ci sont trèsmous. La seule espèce connue de ce genre est:

La PASIPHÉE SIVADO, Pasiphœa Sivado, Sav., Latr.; Alphœus Sivado, Risso, Crust. de Nice, p. 93, pl. 3, fig. 4. Il est long d'environ deux pouces et demi, d'un blanc nacré, transparent et bordé de rouge. Les quatre serres sont rougeâtres, avec l'article précédent, le carpe garni inférieurement d'une série de dents très-fines, et les doigts allongés; le feuillet intermédiaire de la nageoire postérieure ou le dernier segment abdominal, offre un sillon longitudinal, et se termine en pointe tronquée et bordée d'une rangée de spinules. La nageoire est pointillée de rouge. Suivant Risso, la femelle fait sa ponte en juin et juillet; ses œufs sont nacrés. Cette espèce est trèscommune sur les côtes de Nice. Elle sert de proie à une infinité de Poissons. (G.)

PASITE. Pasites. INS. Genre de l'ordre des Hyménoptères, section des Porte-Aiguillons, famille des Mellifères, tribu des Apiaires, établi par Jurine et adopté par Latreille. Ce genre peut être ainsi caractérisé: divisions latérales de la languette plus courtes que les palpes labiaux; labre court, presque en demi-ovale; palpes maxillaires de quatre articles. Ce genre se distingue des Epéoles parce que les palpes maxillaires de ces derniers n'ont qu'un seul article distinct; les Nomades en sont séparées par leurs palpes composés de six articles. Les Oxées, Crocises et Mélèctes ont les divisions latérales de la languette presque aussi longues que les palpes labiaux, ce qui les sépare bien nettement des Pasites et des deux genres dont nous avons déjà parlé; du reste tous ces genres ont le iabre court eten demi-ovale, tandis que les Philérèmes, Ammobates et Cælioxides, qui en sont les plus voisins, ont le labre en carré long et transversal. La tête des Pasites est de grandeur ordinaire; on voit sur le vertex trois petits yeux lisses disposés en triangle; les antennes sont filiformes, peu brisées, grossissant un peu vers leur extrémité, et composées de douze articles dans la femelle, et de treize dans les mâles; le premier est long, le second court, et les autres presque. égaux entre eux; le labre n'est pas notablement plus long que large;

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les mandibules sont étroites, pointues, unidentées et tuberculées an côté interne; les palpes maxillaires sont très-courts, de quatre articles, dont les deux premiers plus grands et le dernier très-court; les palpes labiaux sont sétiformes et de quatre articles; le corselet est court, convexe; l'écusson est mutique; les ailes supérieures ont une cellule radiale rétrécie depuis son milieu jusqu'à son extrémité, un peu arrondie et écartée du bord extérieur, et trois cellules cubitales, la première plus petite que la suivante, la seconde recevant les deux nervures récurrentes et la troisième à peine commencée. L'abdomen est courtet conique, presque cordiforme et composé de cinq segmens outre l'anus, dans les femelles, et en ayant un de plus dans les mâles; les pates sont courtes; les quatre jambes antérieures sont munies à leur extrémité d'une épine simple, aiguë; les postérieures en ont deux dont l'intérieure plus longue; le premier article des tarses est trèsgrand, presque aussi long que les quatre autres réunis; les crochets sont simples. Ce genre est très-peu nombreux en espèces; les deux seules connues habitent l'Europe, elles sont parasites, c'est-à-dire que leurs femelles pondent leurs œufs dans les nids d'autres Hyménoptères tels que les Mégachiles, Osmies et Anthophores.

PASITE DE SCHOTT, Pasites Schottii, Latr.; Pasites unicolor, Jurine; Biastes Scholtii, Panzer; Tiphia brevicornis, ibid., Faun. Germ., fasc. 53, f. 6; Nomada Scholtii, Fabr. Longue de trois lignes et demie,; antennes noires; tête et corselet noirs, fortement ponctues ainsi que l'abdomen qui est ferrugineux; les cuisses sont noires; les quatre jambes antérieures sont ferrugineuses et noires à leur partie antérieure, les postérieures entièrement ferrugineuses, et les tarses de cette couleur; ailes enfumées avec quelques parties transparentes. On la trouve en Allemagne.

LA PASITE NOIRE, Pasites atra, Latr., Spinol. Elle est longue de trois lignes; le corps est fortement ponctué et entièrement noir; les tarses sont bruns et les ailes comme dans la précédente., Ziégler pense que c'est le mâle de la précédente. On le trouve dans le même pays. (G.)

PASPALE; Paspalum, Paspalus. BOT. PHAN. Genre de la famille des Graminées, et de la Triandrie Digynie, L., caractérisé par des fleurs disposées en épis simples, souvent unilatéraux, formés de plusieurs rangées longitudinales de fleurs. Les épillets sont unifloves; la lépicène composée de deux valves membraneuses, l'une externe convexe et un peu plus grande, l'autre interne presque plane; la glume est formée de deux paillettes cartilagineuses et mutiques, en général plus courtes que la lépicène; les deux paléoles de la glumelle sont unilatérales et comme tronquées. Les deux styles sont terminés chacun par un stigmate pénicilliforme et coloré. Le fruit est enveloppé par la glume. Ce genre se compose d'un très-grand nombre d'espèces, annuelles ou vivaces, croissant surtout dans les régions intertropicales ou voisines des tropiques. Decesespèces, dont le docteur Flugge a publié une Monographie aujourd'hui fort incomplète, quelques-unes ont été distraites pour former des génres particuliers. Ainsi Persoon a fait du Paspalum membranaceum, Lamk., un genre sous le nom de Ceresia. Mais ce genre ne diffère des vrais Paspales, que par son rachis ou axe commun extrêmement élargi et comme naviculaire, caractère qui ne suffit pas pour constituer un genre distinct. Beauvois, dans son Agrostographie, a proposé un genre Axonopus pour les espèces de Milium dont les fleurs sont unilatérales et disposées en épis. Mais ce genre nous paraît devoir rentrer dans le Paspalum. Quant'au genre Milium, il ne diffère réellement des Paspales que par ses

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fleurs disposées en panicule et non en épis, mais ce caractère nous paraît trop peu important et nous ne sommes pas éloigné d'adopter l'opinion de Kunth, qui le réunit au Paspalum, comme au reste Beauvois ui-même l'avait indiqué. Le genre Panicum qui ne diffère du Paspalum que par une valve de plus, qui constitue une fleur neutre et par conséquent des épillets biflores, nous offre des espèces qui offrent les unes des fleurs en épis simples, les autres des fleurs en panicule. (A. R.)

PASSÆA. BOT. PHAN. Le genre proposé sous ce nom, par Adanson et par Scopoli, n'a pas été adopté; il avait pour type l' Ononis ornithopodioides, L., qui ne diffère des autres espèces à'Ononis que par des caractères excessivement légers. V. Ongnide. (G..N.)

PASSALE. Passalus. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Lamellicornes, tribu des Lucanides, établi par Fabricius aux dépens du genre Lucane de Linné et des autres auteurs antérieurs, et adopté par tous les entomologistes avec ces caractères: antennes simplement arquées, souvent velues; labre très-distinct, avancé entre les mandibules; languette entière, couronnant le menton; mâchoires cornées et fortement dentées; écusson confondu avec le pédicule de l'abdomen; corselet séparé de l'abdomen par un étranglement ou intervalle notable.

Ce genre se distingue de tous ceux de la tribu par ses antennes, qui sont simplement arquées, tandis qu'elles sont coudées dans les autres. Son corps est allongé, déprimé, parallélépipède; la tête est aplatie, moins large que le corselet et très-inégale en dessus. Les antennes sont arquées, velues, composées de dix articles, dont le premier allongé et les derniers en massue feuilletée, plicatile; cette massue est formée de trois, quatre, cinq ou six articles. Le labre est grand, crustacé, en carré transversal, saillant et velu. Les mandibules sont fortes et dentées intérieurement. Les mâchoires portent chacune un palpe de quatre articles, dont le dernier est presque cylindrique. La lèvre inférieure est crustacée, carrée, et reçue dans une profonde échancrure du menton; sa base antérieure donne attache aux palpes labiaux, qui sont aussi longs que les maxillaires, composés de trois articles, et dont le second est plus long que le troisième. Le corselet est presque carré, déprimé. Les élytres sont grandes, déprimées, brusquement rabattues sur les côtés et recouvrant les ailes et l'abdomen. Celui-ci est grand et séparé du corselet par un étranglement; les côtés sont embrassés par les élytres. Les pates sont courtes et les jambes antérieures sont dentées latéralement et armées d'une forte épine près de leur insertion avec les cuisses. Ces Insectes sont tous propres aux contrées chaudes de l'Amérique et des Indes-Orientales. Ils sont généralement d'assez grande taille. Mademoiselle Mérian a figuré la larve d'une espèce de Cayenne; cette larve vit dans les Patates (Convolvulus batatas); elle a les plus grands rapports avec celle des Lucanes. Ces larves sont plusieurs années avant de parvenir à l'état parfait. Palisot-Beauvois en a trouvé dans les vieilles souches des Arbres. Ces Insectes ont été mal étudiés, et on a confondu les nombreuses espèces de ce genre sous le nom de Lucane interrompu. Lepelletier de Saint-Fargeau et Serville, dans J'Encyclopédie méthodique, ont décrit quelques espèces, et les ont rangées dans trois divisions comme il suit:

† Massue des antennes composée de trois ou quatre articles.

Le PASSALE INTERROMPU, Passalus intetruplus, Lucanus interruptus, L. Long de deux pouces, d'un brun noir, luisant; antennes, bouche, dessous du corselet, les côtés, bord des élytres aux environs de leur an-

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gle huméral, et jambes couvertes de poils roux; tête très-inégale, présentant en devant quelques pointes, dont aucune n'est relevée en manière de cornes; intervalles qui se trouvent entre les deux pointes latérales supérieures et l'intermédiaire, fortement ponctués; corselet ayant un sillon longitudinal dans son milieu, qui atteint les deux bords; sa dépression latérale, ainsi que ses rebords latéraux, fortement ponctués; ses angles antérieurs bien prononcés et presque pointus; stries du disque des élytres peu profondes, sans aucuns points, depuis la base jusqu'au milieu, finement pointillées ensuite dans le reste de leur étendue, les latérales l'étant plus profondément. Cette, espèce est très-commune à Cayenne.

†† Massue des antennes de cinq articles.

Le PASSALE BRÉSILIEN, Passalus brasiliensis, Lepell. de St.-Farg. et Serv. Long de huit lignes, d'un brun noir luisant; antennes, bouche et dessous du corselet légèrement garnis de poils roux; tête inégale, ponctuée, présentant quatre carènes, dont les deux intermédiaires se réunissent vers le milieu; les pointes supérieures et inférieures manquent presque totalement; sillon longitudinal du corselet n'atteignant pas tout-à-fait le bord antérieur; dépression latérale du corselet; les côtés de celui-ci et ses rebords latéraux fortement ponctués, ainsi que le bord antérieur; les angles de devant trèsprononcés, presque raucronés; toutes les stries des élytres fortement ponctuées. On trouve cette espèce au Brésil.

††† Massue des antennes de six articles.

Le PASSALE ÉCHANCRÉ, Passalus emarginatus, Fabr. Antennes, bouche, dessous du corselet et angles Numéraux des élytres garnis de poils roux; tête inégale, n'ayant presque aucunes pointes; corselet entièrement lisse, sans sillon longitudinal; élytres striées. On trouve cette espèce dans l'île de Sumatra. (G.)

* PASSALIA. BOT. PHAN. Ce nom est un des nombreux synouymes du Conohoria d'Aublet; il était indiqué par Solander, dans l'herbier de Banks. (G..N.)

* PASSANDRE. Passandra. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Tétramères, famille des Platysomes, établi par Dalman, et adopté par Schonnherr et Latreille; les caractères de ce genre sont, d'après Schonnherr: antennes filiformes, un peu plus longues que la moitié du corps, insérée: près de la base des mandibules, de onze articles, le premier grand, épais, presque ovale; le second très-court, globuleux, les suivans presque égaux, obeoniques, un peu comprimés, presque en scie, un peu ciliés intérieurement; le dernier, ovale, globuleux, tronqué obliquement; mandibules grandes, fortes, cornées, presque triangulaires, arrondies extérieurement, presque tridentées à leur partie interne (ces dents obtuses), entières à leur extrémité; mâchoires linéaires, entières; palpes inégaux, filiformes, les maxillaires beaucoup plus longs que les mâchoires, de quatre articles, le premier court, le second et le troisième allongés, prèsque cylindriques; le dernier encore plus long, plus épais, arqué, arrondi à son extrémité; les labiaux plus courts, de trois articles; lèvre cornée bifide; divisions latérales de la lèvre et de la languette linéaires, étroites et écartées. Les Cucujes sont bien distincts du genre Passandre, parce que leurs antennes sont moniliformes; les UIéiotes en sont séparés par leurs palpes maxillaires qui sont coniques et terminés en pointe, ce qui n'a pas lieu chez les Passandres. On ne connaît qu'une espèce de ce genre:

Le PASSANDRE SIX-STRIES, Passandra sex-striata, Schops., Synops. Ins. T. 1, pars 3, appendix, pag. 146,

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pl. 6, f. 3 (Lepell. St.-Farg. et Serv., Encycl. méth.). Cette espèce est longue de quatorze lignes; son corps est lisse, luisant, déprimé, d'un roux brun en dessous; ses antennes sont noires; le corselet est d'un ferrugineux obscur; les élytres sont d'une couleur marron foncé; elles ont chacune trois stries. On la trouve à Sierra-Leone. (G.)

* PASSARAGE. OIS. Espèce du genre Outarde. V. ce mot. (DR..Z.)

PASSE. ZOOL. BOT. Ce mot désigne dans quelques cantons de la 'rance la Fauvette d'hiver. Il vient évidemment de Passer, d'où Passerat, Passereau, etc. On y a ajouté, selon les divers cantons, des épithètes; ainsi PASSE-BUSE, PASSE-PRIVÉE, PASSE-SOURDE et PASSE-BUISSONNIÉRE sont synonymes.

Le mot de Passe a également été donné à plusieurs autres Animaux, et même à des Plantes qu'ôn suppose surpasser en beauté ou en force les objets auxquels on les comparait, et dont on faisait une épithète. Ainsi l'on a appelé:

PASSE-BLEU (Ois.), une espèce de Friquet de Cayenne.

PASSE DE CANARIS (Ois.), le Serin.

PASSE-FLEUR (Bot.), l'Agrostenima coronaria et l'Anemone Pulsatilla.

PASSE-FLEUR SAUVAGE (Bot.), le Lychinis dioica.

PASSE-FOLLE (Ois.), une Mouette d'Amérique.

PASSE-LANGUE (Bot.), une variété de Raisins.

PASSE-MUSC (Mam.), le Chevrotain moschifère.

PASSE-PIERRE (Bot.), le Crithmum maritimum.

PASSE-POMMÉ (Bot.), plusieurs variétés de Pommes portent ce nom.

PASSE-RAGE (Ois.), même chose que Passarage. V. ce mot.

PASSE-RAGE (Bot.), une espèce de Lépidier.

PASSE-ROSE (Bot.), l' Alcea rosea.

PASSE-ROSE PARISIENNE (Bot.), l' Agroslemma coronaria.

PASSE-ROUX (Bot.), la Mâche du genre Valerianella.

PASSE-SATIN (Bot.), le Lunaria rediviva.

PASSE DE SAULE (Ois.), le Fringilla montana.

PASSE-SOLITAIRE (Ois.), le Turdus solitarius, L.

PASSE-VELOURS (Bot.), plusieurs espèces du genre Célosie, particulièrement le Celosia crislaia. Le Sumac a reçu le même nom en quelques endroits.

PASSE-VERT (Ois.), le Tangara cyanea, etc. (B.)

PASSER, OIS. Nom scientifique du Moineau commun. V. GROS-BEC. (B.)

PASSERAT. OIS. (Belon.) Syn. vulgaire de Moineau-Franc. V. GROSBEC. (DR..Z.)

PASSERCULUS. OIS. (Gesner.) Syn. du Tarier. V. TRAQUET. (DR..Z)

PASSEREAU, PASSERON, PASSEROUN, PASSIÈRE. OIS. Noms vulgaires du Moineau-Franc en divers cantons de la France. V. GROSBEC. (DR..Z.)

PASSEREAUX. Passeres. OIS. Linné et beaucoup d'autres méthodistes ont employé ce mot pour désigner une grande division ornithologique, comprenant un certain nomore de genres qui correspondent à la plupart de ceux dont Témminck a composé ses ordres des Insectivores, des, Granivores, etc. (DR..Z.)

PASSERET, PASSETIER. OIS. Syn. vulgaires d'Emerillon. V. FauCON. (DR..Z.)

PASSERINE. OIS. Genre de la méthode de Vieillot, où quelques Gros-Becs se trouvent confondus avec un assez grand nombre d'espèces du genre Bruant, tel que nous l'avons adopté dans le présent Dictionnaire, V. BRUANT. (DR..Z.)

PASSERINE. Passertna. BOT. PHAN. Genre de la famille des Thymélées, et de l'Octandrie Monogynie

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L., caractérisé par un calice monosépale, à peu près infundibuliforme, à quatre lobes dressés; huit étamines à fila meus courts, insérées sur deux rangées superposées à la face inférieure du calice; un ovaire libre, globuleux, surmonté d'un style très-court et d'un stigmate capitulé; un fruit sec, monosperme et indéhiscent, caractère par lequel ce genre diffère surtout des Daphnés qui ont le fruit charnu. Les espèces de ce genre sont des Arbrisseaux rameux, peu élevés, à petites feuillet éparses et souvent tomenteuses; elles croissent soit au cap de Bonne-Espérance, soit dans les régions qui avoisinent la Méditerranée.

La PASSERINE VELUE, Passerina hirsuta, L., croît abondamment en Provence aux environs de Marseille; on la trouve aussi en Corse, en Espagne et sur les côtes de la Barbarie. C'est un Arbuste de trois à six pieds d'élévation, dont les tiges sont blanches et tomenteuses, les feuilles alternes, petites, nombreuses, très-rapprochées, ovales, aiguës, presqu'im

briquées, vertes et glabres en dessus, blanches et cotonneuses à leur face inférieure. Les fleurs sont petites, jaunâtres, souvent polygames, formant au nombre de cinq à six des espèces de petits capitules, au sommet des rameaux. Ces rameaux florifères sont très-courts et n'occupent jamais le sommet des tiges. Autour de chaque capitule sont quatre à cinq feuilles florales, plus grandes que les autres et formant une sorte d'involucre régulier qui recouvre les fleurs avant leur épanouissement. On trouve dans les Pyrénées deux autres espèces de ce genre, savoir le Passerina calycina, D. C., et Passerina nivalis, Ramond. Plusieurs espèces exotiques sont cultivées dans les jardins, et en particulier les Passerina grandiflora et filiformis, L., qui sont originaires du cap de Bonne-Espérance. (A. R.)

PASSERINETTE. OIS. Espèce du genre Sylvie. V. ce mot. (DR..Z.)

PASSIÈRE-FOLLE, OIS. L'un des noms vulgaires du Friquet. V. GROS-BEC. (DR..Z.)

PASSIFLORE. Passiflora. BOT. PHAN. Ce genre également connu sous les noms vulgaires de Grenadille et de Passionaire, avait été placé par Jussieu à la suite des Cucurbitacées; mais il forme aujourd'hui le type d'une famille distincte qui en a tiré son nom. Le genre Passiflore se distingue par les caractères suivans: le calice est urcéolé à sa base, à cinq divisions très-profondes et égales; la corolle se compose de cinq pétales alternes avec les divisions calicinales, insérés à la gorge du calice; en dedans de la corolle on trouve dans la fleur trois rangées circulaires d'organes filamenteux formant une triple couronne; l'extérieure beaucoup plus grande que les deux autres; les étamines et le pistil sont attachés à un axe central ou stipe grêle cylindrique, qui leur est commun; ces étamines sont au nombre de cinq; leurs filamens distincts dans leur partie supérieure sont réunis et confondus inférieurement avec la colonne pistillifère; les anthères sont allongées, introrses, attachées par le milieu de leur dos, au moyen d'un connectif longitudinal, très-visible à leur face postérieure; elles sont à deux loges, dont chacune paraît comme biloculée, de manière que l'anthère semble quadriloculaire; ces loges s'ouvrent par un sillon longitudinal; l'ovaire, comme nops l'avons dit, est porté sur une columelle centrale; il est toutà-fait libre, ovoïde ou globuleux, à une seule loge, contenant un grand nombre d'ovules attachés par un podosperme filamenteux à trois trophospermes pariétaux, larges et à peine saillans ; trois styles divariqués naissent du sommet de l'ovaire, chacun d'eux est terminé par un stigmatte renflé et claviforme; le fruit est une péponide, ordinairement globuleuse, charnue, contenant un trèsgrand nombre de graines compri-

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mées, crustacées extérieurement. Les espèces qui composent ce genre sont fort nombreuses; si l'on en excepte quelques-unes, elles croissent toutes dans les diverses régions de l'Amérique méridionale. Ce sont des Plantes volubiles et sarmenteuses, munies de vrilles extra-axillaires; trèsrarement des Arbres sans vrilles; leurs feuilles sont alternes, entières ou lobées et quelquefois palmées, portées sur des pétioles souvent munis de glandes cupuliformes; à la base des feuilles on trouve deux stipules; les fleurs souvent très-grandes sont pédonculées, axillaires, solitaires, géminées ou réunies en grappe; assez souvent on trouve eu dehors de chaque fleur trois bractées formant une sorte d'involucre, que Cavanilles considérait comme le calice, donnant le nom de corolle aux parties que nous avons décrites comme un calice et une corolle. Jussieu et avec lui plusieurs botanistes décrivent la fleur des Passiflores comme monopérianthée, c'est-à-dire comme n'ayant qu'un calice dont les divisions sont disposées sur deux rangées. Mais cette opinion nous paraît peu fondée, et en examinant avec soin la fleur d'un grand nombre de Passiflores, nous avons toujours reconnu une différence bien tranchée entre les cinq divisions intérieures du périanthe qui constituent une véritable corolle. Si en effet elles faisaient partie du calice, elles devraient avoir le même point d'origine, ce qui n'est pas, car les parties naissent du contour du tube du calice, comme naît la corolle dans toutes les fleurs où l'insertion est périgynique. Il nous paraît donc évident que les Passiflores ont à la fois un calice et une corolle. Il est vrai que plusieurs espèces sont décrites comme n'ayant qu'une seule enveloppe florale à cinq divisions; mains parmi les espèces ainsi décrites, quelques-unes ont véritablement une corolle, mais dont les cinq pétales sont fort petits; celles qui n'ont en effet qu'une seule enveloppe, peuvent être considérées comme accidentellement apétales, et ne diminuent en rien les raisons qui nous ont porté à admettre dans ce genre un calice et une corolle. Notre collaborateur Bory de Saint-Vincent a, dans le second volume des Annales générales des Sciences physiques, publié un Mémoire sur deux espèces nouvelles du genre qui nous occupe. Dans ce Mémoire, où il examine d'une manière générale les modifications que présente l'organisation des Passiflores, il a proposé de diviser le genre en quatre genres particuliers. Ainsi il a formé un genre Astephananthes des espèces qui, comme le Passiflora bilobata, Juss., ont un calice campanulé, à cinq lobes obtus, point de corolle ni d'appendices disposés en forme de couronne; un second genre qu'il nomme Monactineirma, et ayant pour type les Passiflora mexicana, coriacea, angustifolia, minima, suberosa, peltata, hederacea, a pour caractères: un calice campanulé à cinq divisions; pas de corolle, mais une couronne formée de filamens. Un troisième genre, sous le nom d 'Anthactinia, réunirait les espèces qui, avec un calice et une corolle distincts, une ou plusieurs couronnes, ont extérieurement un involucre qui forme en quelque sorte un second calice. Ici viendraient se réunir toutes ces espèces élégantes à feuilles entières, à fleurs très-grandes, telles que les Passiflora alata, quadranguloris, mauriliana, maliformis, laurifolia, etc.; enfin les espèces en très-grand nombre qui ont un périauthe double, une ou plusieurs couronnes florales, mais pas d'involucre, retiendraient le nom de Passiflora. Quoique cette division nous paraisse assez naturelle, néanmoins nous ne pensons pas que les caractères sur lesquels elle repose, soient de nature à établir des distinctions génériques. Nous croyons que ces caractères sont fort variables et qu'ils peuvent simplement servir de base à des sections daus le genre Passiflora, tel que Jussieu l'a entendu daus son Mémoire sur

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ce genre (Annales du Musée, T. VI, p. 102).

Quoique toutes les espèces de ce genre soient exotiques, cependant on en cultive un très-grand nombre dans les serres à cause de la beauté et de la singularité de leurs fleurs. Ainsi plusieurs auteurs ont cru reconnaître, dans les divers organes qui composent cette fleur, une sorte de symbole ou d'image des instrumens qui servirent à la passion du Christ. La couronne d'épines imposée sur sa tête, les clous dont ses pieds et ses mains furent percés, la lance qui lui ouvrit le flanc, les cordes dont il fut garrotté, tout y fut reconnu. C'est Pierre de Cieza qui, dans son Histoire du Pérou, paraît avoir le premier cru trouver ces analogies; de-là l'origine du nom de Fleur de la Passion, ou simplement de Passionaire, sous lequel on désigne souvent les Passiflores. La première espèce qui fut connue en Europe est le Passiflora incarnata, L., que Nicolas Monardus décrivit en 156g. Il paraît que la Passiflora cœrulea fut la seconde; en 1648, Marcgraaffen donna la description; depuis ce temps les différens voyageurs en ont successivement fait connaître un trèsgrand nombre d'espèces, et aujourd'hui on en trouve au moins une centaine d'espèces décrites dans les divers auteilrs. Ces espèces sont nonseulement très-remarquables par l'éclat de leurs fleurs, mais les fruits dans plusieurs ont une saveur acidule et agréable, et on les mange dans les pays ou ces espèces croissent naturellement; nous allons décrire ici quelques-unes de celles que l'on voit le plus communément dans les jardins.

PASSIFLORE BLEUE, Passiflora cœrulea, L., Cavan., Diss., tab. 245. Cette espèce est la plus commune dans nos jardins; c'est la seule qui passe assez facilement l'hiver en pleine terre dans nos climats. Néanmoins elle doit encore être abritée dans les grands froids, parce qu'elle est originaire du Brésil; elle forme un petit Arbuste sarmenteux très-ramifíé et pouvant s'élever à une trèsgrande hauteur en s'accrochant aux: Arbres voisins par le moyen de leurs vrilles. Les feuilles alternes et assez grandes sont divisées en cinq ou sept lobes palmés, glabres, ovales oblongs; les fleurs sont bleuâtres, assez grandes, pédonculées, axillaires et solitaires, et en général ne durent guère qu'un jour; leurs fruits, de couleur orangée ou rougeâtre, ont une saveur agréable; ils peuvent mûrir en Italie et dans le midi de la France.

PASSIFLORE COULEUR DE CHAIR, Passiflora incarnata, L., Jacq., Icon. rar., tab. 187. Elle est originaire du Pérou, du Mexique et même du Brésil; ses tiges grêles, cylindriques et sarmenteuses peuvent s'élever à une assez grande hauteur; elle porte des feuilles à trois lobes aigus dentés sur les bords, dont les pétioles sont accompagnés à leur base de deux stipules étroites et subulées; les fleurs sont lavées de pourpre et de violet; elles sont pédonculées, axillaires et solitaires. Le fruit d'un jaune pâle est de la grosseur d'une Pomme, et sa pulpe a une saveur agréable.

PASSIFLORE ALLÉE, Passiflora alóla, Aiton. Sa tige sarmenteuse est à quatre angles saillans en forme, d'ailes; feuilles alternes, ovales), oblongues, échancrées en cœur à la base, portées sur des pétioles munis de quatre glandes, et offrant à leur base des stipules recourbées, dentées et mucronées à leur sommet; fleurs de grandeur moyenne, rougeâtres intérieurement, et d'une odeur très-suave, accompagnées extérieurement d'un involucre de trois folioles. Cette espèce peut passer l'hiver dans la serre tempérée.

PASSIFLORE QUADRANGULAIRE, Passiflora quadrangularis, L., BOT. Mag., tab. 2041. Très-grande et belle espèce, ayant quelque rapport avec la précédente, à cause de sa tige à quatre angles saillans, glabres et persistantes. Ses feuilles sont larges, cordiformes, entières; acuminées à

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leur sommet; les fleurs sont trèsgrandes, d'un beau rase varié de bleu; les fruits sont ovoïdes, jaunâtres, remplis d'une pulpe agréable. Elle est commune dans les Antilles.

PASSIFLORE PRINCESSE, Passiflora racemosa, Ait. C'est sans contredit la plus belle espèce du genre. Ses tiges sont sarmenteuses, très-longues; ses feuilles sont grandes, coriaces, glabres, luisantes, profondément trilobées et un peu écnancrées en cœur à leur base; les fleurs sont d'un rose intense, formant des grappes simples pendantes et axillaires. On la cultive dans les serres.

Notre collaborateur Bory de Saint-Vincent, dans le Mémoire que nous avons déjà cité, a décrit avec beaucoup de soin deux espèces nouvelles de ce genre (Ann. génér. des Sc. phys.) qu'il nomme Passiflora Maximiliana (loc. cit., t. 24) et Passiflora cephaleima. L'une et l'autre sont originaires du Brésil, et appartiennent à la section du genre que caractérise la figure de ses feuilles à deux lobes très-profonds et divariqtiés.

On cultive encore dans les serres un grand nombre d'autres espèces de Passiflores; mais il n'entre pas dans le p/an de cet ouvrage d'en faire ici une plus longue énumération, (A. R.)

PASSIFLORÉES. Passifloreœ. BOT. PHAN. Famille ayant pour type le genre Passiflora. Ce genre, d'abord rapproché des Capparidées, a ensuite été placé auprès des Cucurbitacées avec lesquelles il a en effet quelques rapports; mais l'illustre auteur du Genera Plantarum, dans un Mémoire sur ce genre, a prouvé qu'il devait être en quelque sorte considéré comme un centre autour duquel il groupa plusieurs autres genres, dont quelques-uns nouveaux, pour en former une famille sous le nom de Passiflorées. Cette famille a été adoptée par tous les botanistes modernes, et elle peut être caractérisée ainsi qu'il suit: calice monosépale, turbiné ou longuement tubuleux, à cinq divisions plus ou moins profondes, quelquefois colorées; corolle de cinq pétales distincts, insérés au haut au tube calicinal; cinq étamines monadelphes par leur base et formant un tube qui recouvre le support de l'ovaire avec lequel il se soude plus ou moins intimement; anthères allongées, à deux loges introrses, versatiles, s'ouvrant chacune par un sillon longitudinal. En dehors des étamines sont des appendices de formes très-variées, tantôt filamenteux, tantôt en écailles, ou sous l'aspect de glandes pédicellées, réunies circulairement et formant d'une à trois couronnes qui naissent à l'orifice, et sur les parois du tube calicinal; quelquefois ces appendices, et même la corolle, manquent complétement. L'ovaire est libre, porté sur un support ou stipe grêle qui l'élève au-dessus du fond de la fleur; cet ovaire est à une seule loge et contient un grand nombre d'ovules attachés à trois, quatre ou cinq trophospermes pariétaux, qui parfois sont saillans en forme de lames ou de fausses cloisons; il est surmonté par trois ou quatre styles et autant de stigmates simples; très-rarement les styles manquent et le stigmate est sessile. Le fruit est charnu intérieurement, à une seule loge contenant un grand nombre de graines; plus rarement il est sec, mais toujours indéhiscent. Les graines, un peu comprimées, ont leur tégument crustacé recouvert d'une sorte d'arille charnu. Leur amande se compose d'un endosperme charnu, contenant un embryon dicotylédone à cotylédons plans, ayant sa radicule tournée vers le hile.

Les Passiflorées sont des Plantes herbacées ou sous-frutescentes. à tiges sarmenteuses, munies de vrilles extra-axillaires, et de feuilles alternes, simples ou lobées, portées sur des pétioles souvent munis d'un nombre déterminé de glandes en godet; à la base de chaque pétiole on trouve deux stipules. Plus rarement ce sont des Arbres à feuilles simples, dé-

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pourvues de vrilles. Les fleurs sont souvent très-grandes en général, axillaires et solitaires, plus rarement en grappes.

Les genres qui composent cette famille sont: Passiflora, L.; Tacsonia, Juss.; Murucuja, Tourn.; Malesherbia, Dombey; Paropsia, Du Petit-Thouars; Deidamia, Du PetitThouars; Kolbia, Pal. de Beauv. Le genre Carica nous paraît aussi devoir être placé dans cette famille. Jussieu y rapporte encore, mais avec doute, les genres: Lagenula, Lour.; Hydnocarpus, Gaertn.; Gluta, L.; Mœrua, Forsk.; Modecca, Rbeede; Zucea, Comm. Trois de ces genres ont été placés par le professeur De Candolle dans des familles, assez éloignées des Passiflorées; savoir: l' Hydnocarpus, près des Sterculia, à la fin des Byttnériacées; le Gluta, à la suile des Flàcourtianées, et le Mœrua après les Capparidées.

Il est fort difficile de déterminer avec précision la place des Passiflorées daus la série des ordres naturels. Si l'on adoptait l'opinion de Jussieu, relativement à la simplicité du périanthe dans ces Végétaux, les Passiflorées devraient être portées dans la classe des Apétales à insertion périgyne, et là elles se trouveraient en quelque sorte isolées et sans aucuns rapports avec les autres familles qui y sont réunies. A ne considérer que leur port et l'ensemble général de leurs parties, elles ont beaucoup d'affinités avec les Cucurbitacées; mais néanmoins un examen attentif les en éloigne d'une manière très-sensible; ainsi d'après notre opinion, leur corolle est polypétale tandis qu'elle est monopétale dans les Cucurbitacées; leur ovaire est libre, il est adhérent dans les autres; leurs anthères out une forme tout-à-fait différente; leurs graines sont munies d'un endosperme charnu, qui manque totalement dans les Cucurbitacées. Ainsi ce n'est donc pas au voisinage de cette dernière famille que les Passiflorées doivent être rangées. Mais ou les placer? Quoiqu'il nous semble fort difficile de répondre sûrement à cette question, cependant nous pensons que cette famille peut être rapprochée de quelques autres ordres de Polypétales, et en particulier des Violanées, des Portulacées et des Loasées, avec lesquelles un examen attentif démontrera qu'elle a un grand nombre de points de contact. (A. R.)

* PASSURA ET PASSOURA. BOT. PHAN. Le genre ainsi nommé par Aublet rentre dans le genre Conhoria, de la famille de Violariées. (A.R.)

PASTEL. Isatis, BOT. PHAN. Genre de la famille des Crucifères, et de la Tétradynamie siliculeuse, L., caractérisé de la manière suivante par De Candolle (System. Regn. vegetab., p. 564): calice dont les sépales sont égaux et étalés; corolle à pétales égaux et entiers; étamines ayant leurs filets tous libres et dépourvus de dents; ovaire aplati, surmonté d'un stigmate sesstle; silicule oblongue ou plus rarement presque orbiculée, uniloculaire, plane, déprimée, subéreuse ou membraneuse-foliacée sut ses bords, entière, à deux valves à peine déhiscentes, carenées et plus ou moins ailées; graine solitaire (probablement par avortement d'un second ovule), oblongue et pendante à cotylédons légèrement convexes et incombans.

Ce genre, l'un des plus naturels de toute la famille des Crucifères, était placé par Linné parmi les Siliqueuses a cause de l'absence du style; néanmoins la plupart des auteurs systématiques ne faisant attention qu'à la forme raccourcie du fruit, l'ont rangé au nombre des Siliculeuses. De Candolle en a fait le type de sa dixième tribu qu'il a nommée Isatidées ou Notorhizées-Nucamen— tacées. Il se compose d'environ dixhuit espèces qui pour la plupart croissent dans le bassin oriental de la Méditerranée, et dans les régions voisines du Caucase, de la mer Noire et de la mer Caspienne. Ce sont des

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Plantes herbacées, annuelles ou bisannuelles, dressées, rameuses, à tiges cylindriques, blanchâtres, garnies inférieurement de feuilles pétiolées, ovales ou oblongues, supérieurement de feuilles sessiles, sagittéesàlabase, toutes plus ou moins glauques, entières ou légèrement dentées; les fleurs sont nombreuses, petites, de couleur jaune, et disposées par grappes terminales qui forment une panicule très-dense. De Candolle a partagé les espèces A'Isatis en deux sections d'après la forme de la silicule; celle-ci est ovale ou orbiculée, bordée d'une large membrane foliacée, dans la première section; oblongue et comme subéreuse dans la seconde. Desvaux (Journ. de Botan., 3, p. 161) avait formé un genre de la première, sous le nom de Sameraria, qui a été conservé par De Candolle comme nom de section. Parmi les espèces qu'elle comprend nous citerons seulement l' Isatis Garcini, De Cand. et Deless., Icon. Select. Plant., 2, tab. 77. C'est le Peltaria Garcini de Burmann et Willdènow. L' Isatis armena, L., ou Sameraria armeha, Desv., loc. cit., tab. a5, f. 6, est une Plante très-voisine de la précédente.

La seconde section est nombreuse en espèces, qui ont entre elles beaucoup de conformité. De Candolle lui a imposé le nom de Glastum, l'un de ceux que les anciens donnaient à l'espèce la plus anciennement connue, et sur laquelle nous allons présenter quelques détails, à cause de son utilité dans la teinture.

Le PASTEL TINCTORIAL, Isatis tinctoria, Lamk., lllustr., tab. 554, f. 1; vulgairement nommé Guède, a une racine dure, pivotante, qui produit une tige droite, lisse, haute de près d'un mètre, rameuse dans sa partie supérieure; les fenilles sont un peu glauques, les radicales pétiolées, les supérieures sessiles, prolongées à la base en deux oreillettes; les fleurs sont très-nombreuses, soutenues sui des pédiceltes filiformes et disposées en une panicule très-garnie; les silicules sont pendantes, très-glabres, acuminées à la base, très-obtuses et presque spatulées au sommet, environ trois fois plus longues que larges; elles noircissent ordinairement à la maturité. Cette Plante croît dans les localités pierreuses de l'Europe australe et tempérée, depuis l'Espagne et la Sicile jusqu'aux confins de la mer Baltique. Bory de Saint-Vincent dit qu'elle croît aussi dans les îles Fortunées, mais peut-être y a-t-elle été portée par le commerce. Elle varie selon la nature du terrain; ses feuilles deviennent plus larges par la culture: elles sont étroites et hérissées de quelques poils sur les individus qui croissent dans les localités pierreuses; enfin dans une variété, les silicules sont de la moitié plus petites, et noircissent davantage.

Les feuilles du Pastel des teinturiers ont été quelquefois employées, soit en cataplasmes comme résolutives, soit comme propres à guérir les fièvres intermittentes; mais elles ne sont pas douées de vertus plus prononcées que les autres Crucifères; elles en ont la saveur âcre et piquante. Leur usage tinctorial est connu depuis une époque assez reculée; dans le moyen age, avant que l'Indigo des contrées tropicales fût apporté en Europe, le Pastel était la base d'une teinture bleue solide, et on en faisait un objet fort important de commerce et d'industrie. Ou le cultivait en grand, principalement dans le Languedoc, la Normandie, la Marched'Ancône en Italie, et la Thuringe en Allemagne. L'abondance et la qualité supérieure de l'indigo exotique'firent tomber cette branche d'industrie, et on n'employait plus le Pastel que pour les teintures communes. Pendant les longues guerres de la révolution française et du règne de Napoléon, le commerce maritime ayant été complètement ruiné, on fut forcé de recourir aux substances indigènes pour remplacer les drogues que les colonies fournissaient autrefois en abondance; et grâces aux efforts des chi-

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mistes et des manufacturiers, on est parvenu à extraire du Pastel une couleur presque absolument identique avec l'Indigo. Avant de faire connaître les procédés les plus simples pour obtenir cette substance colorante, il convient de dire quelques mots sur la culture de la Plante.

Quoique le Pastel croisse spontanément dans le sol le plus ingrat, il est néanmoins avantageux, lorsqu'on se propose d'en extraire la substance colorante, de le semer dans une terre substantielle et profonde, ni argileuse ni trop humide. A cet effet on laboure profondément et on fume convenablement le terrain avant l'hiver; on lui fait subir un second labour, quelque temps avant les semailles qui se font ordinairement au mois de février. Les Italiens sèment en automne et obtiennent ainsi une ou même deux récoltes de plus. On sème clair, et au mois d'avril, lorsque les pieds de Pastel ont acquis une certaine force, on les sarcle, et on les éclaircit en arrachant les plus faibles. Quand la végétation des feuilles est dans sa plus grande vigueur, c'est-à-dire à l'époque où elles ont pris une légère teinte violette sur les bords, on les coupe immédiatement sans attendre, comme on le faisait autrefois, que ces feuilles commencent à se faner et à jaunir: on fait, pendant la belle saison, quatre ou cinq coupes dè feuilles, selon la chaleur du climat et la fertilité du sol. On doit choisir, pour chaque récolte, un temps sec, et éviter l'humidité autant que possible, surtout l'humidité chaude qui détermine promptement la fermentation des feuilles, à moins qu'on ne veuille en extraire immédiatement le principe colorant; dans ce cas, on les met à mesure dans des paniers d'osier, afin de les plonger dans l'eau et de les laver pour enlever la poussière ou la terre qui pourrait y adhérer. Les feuilles de Pastel sont souvent sujettes à être rongées par plusieurs espèces d'Altises que les cultivateurs nomment Négrils ou Puces; il n'y a d'autre moyen de détruire ces Insectes que de répandre sur les feuilles des cendres, ou mieux de la chaux vive. Elles sont aussi attaquées par des Cryptogames parasites, probablement du genre des U redo; pour empêcher la propagation de cette maladie, on arrache soigneusement les feuilles où se développent ces sortes de pustules jaunes.

Lorsqu'on se propose d'extraire la matière colorante des feuilles de Pastel, on les place après qu'elles ont été bien nettoyées, par masses de trois ou quatre quintaux, dans un cuvier de bois qui doit offrir une vaste capacité afin qu'elles ne soient pas trop pressées, et on y verse de l'eau pure jusqu à ce que celle-ci les couvre de quelques pouces. On maintient la température du bain à douze ou quinze degrés du thermomètre de Réaumur. La fermentation est promptement déterminée, l'eau se colore en jaune, puis en jaune-verdâtre, et il se dégage des bulles d'abord blanchâtres, puis cuivreuses et bleuâtres. On reconnaît que la fermentation est à son terme (ce qui arrive en été au bout de dix-huit à vingt heures), en essayant la liqueur avec de l'eau de chaux; elle prend alors une belle couleur verte très-foncée, et l'on aperçoît en même temps des flocons de la même couleur. On soutire, au moyen d'un robinet, toute la liqueur; on la reçoit dans un cuvier du double plus grand que le premier, et on recouvre celui-ci d'une toile. On y verse par portions de l'eau de chaux; le mélange se trouble et se colore en vert foncé, par la précipitation du principe colorant uni à une matière jaune. Dès que le précipité est achevé, on décante la liqueur et on verse sur le dépôt de l'Acide muriatique, ou de l'Acide sulfurique très-étendu d'eau. Cet Acide enlève non-seulement les parties de chaux qui pourraient être mêlées au dépôt, mais encore fait disparaître le principe jaunâtre; il ne reste alors que la substance bleue qu'on lave avec de l'ean pure. On laisse déposer de nouveau; on décante l'eau et on opère la dessiccation

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du dépôt dans des filtres coniques de toile revêtus intérieurement de papier brouillard; puis, lorsqu'il a acquis'ia consistance d'une pâte molle, on le place dans de petits baquets de bois blanc que l'on porte dans un séchoir où la température est entretenue à environ trente degrés. Avant qu'il soit entièrement sec, on le divise par petits pains, et en cet état on peut le livrer au commerce.

Les manipulations que nous venons de décrire sommairement, sont encore trop nombreuses, et les produits trop minimes pour que la fabrication de l'indigo du Pastel puisse offrir des bénéfices en temps de paix. Néanmoins la culture du Pastel n'est pas abandonnée dans certaines provinces parce qu'on l'emploie dans la teinture conjointement avee l'Iniigo du commerce; il est particulièrement en usage dans l'opération que les teinturiers nomment pour cette raison cuve à Pastel. Il paraît que le Pastel agit non-seulement comme corps désoxigénant, mais encore qu'il contribue, par sa qualité tinctoriale, à augmenter et à fixer la belle couleur de l'Indigo. Voici la manière de préparer ce Pastel pour es teinturiers: on réduit les feuilles en une pâte presque homogène dans un moulin assez semblable aux mouins à huile, c'est-à-dire formé d'une meule placée de champ et tournant dans une ornière ou auge circulaire, autour d'un axe perpendiculaire. On tasse cette pâte avec une pelle, ou on en fait des piles que l'on place sous un bangar aéré. Bientôt la fermenation s'établit, le Pastel en piles devient bleuâtre et se recouvre d'une croûte noirâtre qui se fendille, mais dont on a soin de fermer les crevasses, au fur et à mesure qu'elles se forment, avec de la pâte molle; sans cela le Pastel se trouverait rempli de petits ers qui en altéreraient beaucoup la qualité. Au bout de quelque temps quinze jours environ), on ouvre la masse, on pétrit la croûte avec les mains pour l'incorporer dans le reste le la pâte, et on en forme des boules du poids d'une livre, auxquelles on donne, dans des moules, une forme allongée. On fail ensuite convenablement dessécher ces sortes de pains à l'ombre et à l'abri de l'humidité atmosphérique.

Comme la végétation du Pastel n'est interrompue que par les fortes gelées, et que d'ailleurs c'est une Plante qui peut servir à la nourriture des bestiaux, on le cultive uniquement sous ce rapport dans quelques parties de la France, de l'Angleterre et de l'Italie. (G..N.)

PASTENADE ET PASTENAGUE. BOT. PHAN. Noms vulgaires du Panais cultivé dans le midi de la France, d'où est venu le nom de certaines Raies dont la queue fut comparée aux racines du Panais. (B.)

PASTENAGUE. POIS. Espèce du genre Raie, Raia Pastinaca, L., type du sous-genre Trygon d'Adanson. V. RAIE. (B.)

PASTÈQUE, BOT. PHAN. Espèce du genre Courge. V. ce mot. (B.)

PASTEUR. Nomeus. POIS. Sous-genre de Scombre. V. ce mot. (B.)

PASTINACA. BOT. PHAN. V. PANAIS.

PASTINAGUA. POIS. De Pastinaca. Le Raja Pastinaca sur les côtes d'Arcachon. V. RAIE. (B.)

PASTISSON. BOT. PHAN. Syn. de Cucurbita Melopepo. (B.)

PASTOR. OIS.(Temminck.) Nom génériquement scientifique de Martin. V, ce mot. (DR..Z.)

* PASTOR PAGI KERSLOF. OIS. Sous ce nom et sous celui de Passer niveus, est décrit dans le Museum Wormianum, la variété totalement blanchedu Moineau commun, (LESS.)

PASTORALE. BOT. PHAN. Variété de Poire d'automne. (B.)

PASYTHÉE. Pasythea. POLYP. Genre de l'ordre des Sertulariées, dans la division des Polypiers flexibles, ayant pour caractères: Polypier phytoïde. un peu rameux, ar-

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ticulé; cellules ternées ou verticillées, sessiles ou pédicellées à chaque articulation. Lampuroux a réuni dans ce genre deux petits Polypiers fort élégans, mais, comme il l'observe lui-même, qui n'ont que peu d'analogie entre eux. Celui qu'il nomme P. tulipifera, nous paraîtrait mieux placé dans l'ordre des Cellariées, à cause de la nature de sa substance qui est plus calcaire que cornée; le P. quadridentata, par une raison contraire, doit rester parmi les Sertulariées dans le voisinage du genre Dynamène du même auteur. C'est à peu près ainsi qu'en a jugé Lamarck, puisqu'il a fait de la première de ces espèces, un genre voisin des Cellaires, sous le nom de Liriozoa, et qu'il a laissé l'autre parmi ses Sertulaires, quoique les cellules réunies quatre à quatre dans chaque articulation, doivent distinguer cette espèce des véritables Sertulaires. Les Pasythées se trouvent dans l'Océan Atlantique sur les Sar-gassum natans et baccifer. (E. D..L.)

* PATA. OIS. Syn. vulgaire de la Grue cendrée. V. GRUE. (DR..Z.)

PATABÉE. Patabea. BOT. PHAN. Genre de la famille des Rubiacées, établi par Aublet (Guian., 1, p. 2, tab. 43), adopté par Lamarck, Jussieu et Kunth qui lui ont assigné pour caractères essentiels: fleurs réunies en lête, séparées chacune par de grandes bractées colorées; chaque capitule entouré d'écailles; calice dont le limbe libre est à quatre ou cinq dents; corolle infundibuliforme, velue à son entrée, découpée peu profondément en quatre segmens aigus, réguliers et étalés; quatre à cinq étamines non saillantes; ovaire surmonté d'un style portant un stigmate bifide; fruit peu connu, prohablement, selon Kunth, analogue à celui des Psychotria, et conséquemment biloculaire et disperme. Ce genre a été placé par les auteurs systématiques dans la Tétrandrie Monogynie, L., quoique le plus souvent les fleurs soient pentandres. Il est fondé sur une espèce qu'Aublet avait nommée Patabea coccinea. C'est un Arbrisseau de quatre à cinq pieds de haut, dont la tige est droite, les branches étalées divisées en rameaux opposés et noueux, garnis à chaque nodosité de deux feuilles opposées, lisses, très-fermes, ovales, acuminées. portées sur de courts pétioles, à la base desquels sont deux stipules oblongues et aiguës. Les fleurs sont axillaires et rouges. Cette Plante croît dans les grandes forêts de la Guiane. Une seconde espèce a été décrite par Kunth (Nov. Gen. et Sp. Plant. œquin., 3, p. 375) sous le nom de Patabea alba, Arbrisseau qui croît sur les bords de l'Orénomie près de May pures et de Sàn-Feroatfdo. Jussieu lui assigne encore comme congénère le Lonicera bubalina de Linné fils. (G..N.)

PATAGON. OIS. Espèce du genre Perroquet. y. ce mot. (DR..Z.)

* PATAGON. CONCH. L'un des noms vulgaires de Lime des sables, adopté par d'Argenville dans sa Zoomorphose. (B.)

* PATAGONE. MAM. Espèce du genre Homme. V. ce mot. (B.)

PATAGONE. OIS. Espèce du genre Sylvie. V. ce mot. (DR..Z.)

PATAGONE. BOT. PHAN. On trouve dans le Dictionnaire de Levrault ce nom substitué sans motifs justifiables à celui de Boërhaavie, qui rappelant l'hommage botanique rendu àl'un des plus savans hommes du siècle dernier, valait bien qu'on le respectât. (B.)

PATAGONICA. BOT. PHAN. (Adanson.) Syn. de Patagonule. V. cemot. (B.)

* PATAGONIUM. BOT. PHAN. Ce nom générique proposé par Schrank, n'a été conservé par De Candolle que comme nom de section du genre Adesmia. V. ce mot au Supplément. (G..N.)

PATAGONULA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Borraginées et de la Pentandrie Monogynie, établi par Linné, et réuni au Cordia par

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Aiton, ainsi que par la plupart des auteurs modernes. La nature de son fruit que l'on a décrit comme capsulaire, avait déterminé Linné a en faire un genre distinct des Cordidj mais au reste, c'est à peu près la même organisation. Xi était fondé sur un Arbrisseau de l'Amérique méridionale, Patagonula americana, Lamk., Illustr., tab. 96, qui a le port d'un Alaterne, et qui ne s'élève qu'à une hauteur médiocre. Ses feuilles sont alternes, pétiolées, simples, ovales-lancéolées, dentées en scie excepté vers le sommet. Les fleurs de cet Arbrisseau forment des corymbes aux extrémités des rameaux. (G..N.)

PATAGUA. BOT. PHAN. V. CRINODENDRE.

* PATALOS. BOT. PHAN. (Gouan.) L'un des syn. vulgaires à'Helianthus annuus dans le midi de la France. (B.)

PATAOUA ou PATAVOUA. BOT. PHAN. Aublet a mentionné, sous ce nom vulgaire à la Guiane, un grand Palmier des déserts, dont le fruit, de la grosseur d'un petit œuf de poule, est recouvert d'un brou qui se mange après qu'on l'a fait cuire avec du sel dans l'eau: on en extrait une huile employée dans la cuisine. Les renseignemens que l'on possède sur ce Palmier sont trop incomplets pour qu'on puisse reconnaître ses affinités botaniques avec les genres et les espèces décrits par les auteurs. (G..N.)

* PATAROLA. BOT. CRYPT. (Hépatiques.) Avant de donner un nouveau nom au genre nommé Candollea par Raddi, nom qu'on ne peut admettre puisqu'il existe déjà un autre genre Candollea, il faudrait discuter si le genre créé par Raddi mérite d'être adopté; c'est ce qui ne nous paraît nullement probable, car la plupart des divisions élevées au rang de genres, par ce savant, sont fondées sur des caractères trop légers pour qu'on puisse se décider à diviser ainsi un des genres les plus naturels de la Cryptogamie. V. JUNGERMANE. (AD. B.)

PATAS. MAM. Espèce du genre Gueuon. V. ce mol. (B.)

PATATE, BOT. PHAN. Ce mot désigna dans l'origine et exclusivement un Liseron dont le nom de pays Batatas devint scientifique. Ayant depuis été improprement étendu à la Pomme de terre, la Plante qui le portait exclusivement d'abord, est maintenant désignée sous les noms de Patate douce, de Patate sucrée et de Patate de Malaga; cette dernière dénomination vient de ce qu'on la cultive abondamment aux enviions de cette ville. (B.)

PATATE A DURAND. BOT. PHAN. Les créoles des îles de France et de Mascareigne qui ont remarqué un certain air de famille entre les Convolvuhts Batatas et Pes-Caprœ, out donné le nom de Patate à Duraud à cette dernière espèce, parce qu'uu certain Durand paraît avoir imaginé d'employer des amas de ses longues tiges traînantes en guise de seine pour la pêche des Crustacés et des petits poissons du rivage. (B.)

* PATATRITZ. OIS. Syn. vulgaire de Proyer. V. BRUANT. (DR..Z.)

* PATE. ZOOL. BOT. Ce mot qui signifie proprement les membres locomoteurs dans les Animaux, a été donné, par les jardiniers, aux racines de quelques fleurs d'ornement, par lesquelles on reproduit ces fleurs; ainsi I'on dit Pates d'Anémones, mais on dit Griffes de Renoncules.

Le mot PATE est encore devenu spécifique en beaucoup de cas, dans le langage vulgaire; ainsi l'on a appelé:

PATE D'ARAIGNÉE (Bot.), la Nigelle.

PATE DE CRAPAUD (Moll.), le Murex hamosus.

PATE ÉTENDUE (Ins.), le Bombix pudibunda, L.

PATE DE LAPIN (BOT.), l'Orpin velu et le Trèfle des champs.

PATE DE LIÈVRE (BOT.), un Plantain et le Trèlle rouge.

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PATE DE LION (BOT.), l'Alchémille et le Filago Leontopodium.

PATE DE LION BRULÉE (Moll.), le Murex neritoideus, L.

PATE DE LOUP (BOT.), le Lycope vulgaire.

PATE D'OIE (Moll.), une espèce de Rostellaire et le Strombus Pes-Pelicani. (BOT.) Les espèces les plus vulgaires de Chénopodes.

PATE DE GRIFFON (Bot.), l'Helleborus fœtidus.

PATE D'OURS (Bot.), l' Acanthus mollis.

PATE PELUE (Ins.), la Calandre du Blé, etc. (B.)

PATÉ. CONCH. Nom vulgaire et marchand de la Came gauche de Bruguière. (B.)

PATELLA. MOLL. V. PATELLE.

PATELLAIRE. Patellaria. BOT. CRYPT. (Lichens.) Hoffmann est le fondateur de ce genre qui a été soumis à de nombreux changemens depuis l'époque de sa création; il a été tour à tour admis et repoussé par les auteurs. Acharius en a formé les genres Lecanora et Lécidea, au jourd'hui démembrés. De Candolle a conservé ce genre; mais Fries et Eschweiler l'ont rejeté, et, suivant nous, avec raison. Meyer vient aujourd'hui de fonder un genre Patellaria, qui n'est ni celui d'Hoffmann ni celui de De Candolle; il y fait entrer des Lecanora et des Le cidea, quelques Collema, des Beomyces et notre genre Myriotrema. Sans examiner à fond la validité de ce genre, nous en donnerons lescaractères: sporocarpes patelliformes ou hémisphériques; lame proligère, céracée ou cornée (colorée), libre; point de marge propre; celle qu'on croit y découvrir, est formée par le thalle; spores fermés dans la substance du disque. Nous ne pensons pas que ce nouveau genre puisse être adopté; s'il arrivait pourtant qu'il le fût, ce nom ferait double emploi; car Fries a proposé pour la famille des Champignons un genre Patellaria, formé aux dépens des Pezizes, et qui est adopté par la presque totalité des mycologues. V. Lécanore et LÉCIDEE. (A. F.)

* PATELLARIA. BOT. CRYPT. (Champignons.) Fries a séparé-sous ce nom quelques espèces de Pezizes, qui lui paraissent devoir former un genre particulier qu'il caractérise ainsi: Champignons en forme de cupule presque plane, patelliforme, munie d'un rebord, ayant le disque presque pulvérulent; séminules renfermées dans des thèques contiguës et non entremêlées de paraphyses ou thèques avortées, C'est ce dernier caractère qui les distingue essentiellement des Pezizes, suivant l'auteur que nous venons deciter. Lesespèces, au nombre de six, sont petites, sessiles ou à peine stipitées; elles croissent sur le bois, sur les feuilles morles ou sur les fumiers. Les espèces les plus anciennement connues sont: les Peziza coriacea, Bull., tab. 438,, fig. et Peziza Patellaria, Persoon, Syn. Cette dernière surtout est trèscommune sur les bois morts. (AD. D.)

PATELLE. Patella. MOLL. Les Grecs nommaient Lepas des Coquilles convexes d'un côté, concaves de l'autre, et qui sont adhérentes au'x rochers sous-marins. Ils désigrraient aussi un rocher par le même mot Lepas; d'où il est à présumer que le nom donné aux Coquilles est dérivé de celui de rocher ou petite éminence. Quelques auteurs ou commentateurs ont pensé que le mot Lepas dérivait plutôt du mot grec Lepis, qui signifie écaille ou écorce. On pouvait appuyer cette opinion sur ce qu'en effet les Patelles fixées en grand nombre sur certains rochers ressemblent assez bien à des écailles, qui les revêtiraient comme celles d'une Tortue. Les Latins comparant les Coquilles dont il s'agit, à de petits vases ou de petits plats, leur ont donné le nom de Patelle, Patella, et leur out conservé aussi quelquefois le nom de Lepas. Au renouvellement des lettres, ce fut sous ces,

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deux noms, considérés comme synonymes, que Belon, Rondelet, Aldrovande, désignèrent les Patelles. Des auteurs un peu plus modernes, comme Lister, rassemblèrent en groupe bien caractérisé les espèces de Patelles qu'ils, connurent. Ce dernier auteur y établit des genres que Linné ne conserva pas, mais qu'il eut le bon esprit d'admettre comme divisions principales de son genre Patelle. Langius, quelques années plus tard, associa les Patelles et les. Balanes dans une même section, sans cependant confondre ces deux genres. Gualtierri n'apporta à ce genre aucun changement notable; il l'adopta de Lister avec les mêmes sous-divisions, sous la dénomination de Monoconques. Klein a rassemblé toutes les Coquilles que les auteurs avant lui rangeaient dans les Patelles. Il ne les conserva pas dans leur intégrité, et les divisa en deux classes. La première, sous le nom de Patelle, renferme les deux genres Patella integra et Patella lacera; et la seconde, sous celui d' Ausata, contient les quatre genres Calyptra, Cochlearia mitra, Hungaria et Cochlo-Lepas. Ces diverses divisions de Klein auraient été utiles, s'il les avait fondées sur des caractères convenables. Ceux de cet auteur étaient tirés de la forme extérieure, et quelquefois mal appréciés. Ce qu'il y a de remarquable, c'est que Klein a placé les Patelles et ses démembremens entre les Mollusques proprement dits et les Acéphales, les considérant comme un intermédiaire entre les deux classes. Adanson ne fit pas de même; son esprit fut entraîné par d'autres rapports, et les Mollusques operculés furent pour lui le passage aux Bivalves. Aussi voyons-nous les Patelles sous le nom ancien de Lepas, faisant le septième genre de ses Limaçons univalves dans la quatrième famille. Les anciens avaient déjà mentionné l'Animal des Patelles, mais d'une manière si peu exacte qu'on peut attribuer à Adanson la première description bien faite d'un Animal de ce genre. Il est entré à l'égard de son Libot dans un grand nombre de détails qu'il ne donna pas ordinairement à la plupart des autres Mollusques; il décrivit les organes apparens sans les désigner, ce qui laissait encore un assez vaste champ pour l'observation. Linné, sans rien faire de ce côté, assigna aux Patelles une place plus convenable que celle où les avait mises Adanson; elle a des rapports avec celle de Klein; mais Linné n'adopta aucune des sous-divisions de cet auteur, de sorte que, le genre Patelle resta dans son entier tel que Lister et Gualtierri l'avaient compris; il y introduisit même un assez grand nombre de Coquilles étrangères, même les valves de Lingule (V. ce mot); aussi était-il nécessaire deporter la réforme dans ce genre. Bruguière exécuta le premier ce travail, en séparant d'abord le genre Fissurelle, et en créaut ensuite le genre Lingule. Dans les planches de l'Encyclopédie, ce savant conchyliologue placa avec juste raison les Fissurelles et les Patelles au commencement de la grande classe des Mollusques, ce qui les met en rapport avec les Mollusques acéphales qui terminent la section précédente. Bruguière imita en cela l'immortel Linné, et perfectionna sa méthode. Quelques années après, en 1792, Cuvier publia dans le Journal d'Histoire naturelle ses observations anatomiques sur les Patelles; il avait étudié avec soin celles qui se trouvent abondamment sur nos côtes de la Manche. Il publia presque en même temps son Tableau élémentaire d'Histoire naturelle; le genre Patelle y est restitué dans son intégrité linnéenne; les Fissurelles que Bruguière en avait séparées y sont de nouveau réunies. Dans l'ordre général des rapports, les Patelles sont rapprochées des Oscabrions et des Haliotides, au commencement de la grande section des Mollusques testacés, se trouvant séparés des Acéphales par toute la série des Mollusques turbines. Lamarck a été le pre-

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mier qui ait porté une réforme utile et nécessaire dans les Patelles de Linné; non-seulement il a admis les Fissurelles de Bruguière, mais il en a encore extrait les Emarginules, les Crépidules et les Calyptrées; c'est en 1801, dans le Système des Animaux sans vertèbres, qu'il opérait ces changeraens. Ils furent bientôt après adoptés par Roissy dans le Buffon de Sonnini où les mêmes rapports sont conservés, Férussac démembra aussi des Patelles de Linné, un genre que Lamarck et Roissy confondirent sans doute avec les Crépidules. Nous voulons parler du genre Septaire que Lamarck, ne connaissant pas probablement le travail de Férussac, nomma Nacelle, et que Montfort, après Lamarck, nomma Cambry. C'est le seul démembrement nouveau que l'on trouve dans les Tableaux de la Philosophie zoologique. L'année suivante Montfort, outre les genres de Lamarck qu'il adopta dans sa Conchyliologie systématique et celui que nous venons de mentionner, en propose encore un autre, un des meilleurs qu'il ait créés; le genre Pavois a été en effet consacré par l'anatomie. Mais Blainville, auquel on doit ces recherches anatomiques, a changé le nom de Montfort contre celui de Parmophore qui a été plus généralement adopté. Outre ces divers genres extraits des Patelles, Lamarck, en 1811, en sépara encore les Cabochons et les Ombrelles, de sorte que déjà considérablement réduit le genre Patelle offrit un ensemble bien plus satisfaisant; sa famille des Phyllidiens fut partagée en deux sections, la dernière se compose des genres Oscabrion, Ombrelle, Patelle et Haliotide, mais ce dernier avec doute. Tels étaient les rapports établis entre les Patelles et les genres voisins, rapports qui semblaient d'autant plus incontestables, qu'ils étaient sanctionnés par les anatomies plus parfaites de Cuvier, publiées dans les Annales du Muséum, qu'ils étaient consacrés par l'ouvrage méthodique de ce célèbre zoologiste aussi bien que par le dernier ouvrage de Lainaick. Cependant un savant anatomiste, auquel la science est redevable de la connaissance positive de plusieurs genres de Mollusques, changea l'ordte établi avant lui, et rejetant comme non prouvée l'existence des branchies autour du corps des Patelles, il en fait, sous le nom de Rétifères, une famille à part dans les Cervicobranches; mais nous pensons qu'à cet égard Blainville est dans l'erreur, un examen attentif nous ayant prouvé que la partie cervicale du manteau ne peut servir de branchies, tandis que ces organes sont véritablement les lamelles qui le remarquent autour du pied Nous avons vu ces lamelles à de très-fortes loupes ainsi qu'au microscope, ce qui nous avait confirmé dans notre opinion, avant le Traité de Malacologie de Blainville, dans lequel sont proposés les changemens que nous veinons de mentionner. Defrance démembra encore des Patelles de Linné et des Cabochons de Lamarck, son genre Hyponix pour les-espèces qui ont un support pierreux et fixe, ce qui les fait ressembler beaucoup aux Coquilles bivalves, analogie qui se retrouve aussi, quoique d'une manière assez éloignée, dans la structure de l'Animal. Après tant de coupures le genre Patelle paraissait suffisamment épuré, si on peut s'exprimer ainsi; il semblait tellement homogène qu'on pouvait croire qu'il était impossible à l'avenir d'y trouver matière à un genre naturel; cependant il n'en a pas été ainsi puisque Sowerby y a puisé encore son genre Siphonaire. Avant lui nous avions formé ce genre dans notre collection, mais il nous a précédé dans sa publication. On pourrait affirmer que le genre Patelle ne subira plus de changemens; cependant il est prudent de ne pas trop se hasarder, parce que les Animaux de plusieurs sections qui ont des formes particulières ne sont point encore connus. Les caractères génériques peuvent être exprimés de

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la manière suivante: Animal ovalaire ou circulaire, conique en dessus, plane en dessous et pourvu d'un large pied ovale ou rond, épais, dépassé dans toute sa circonférence par les bords du manteau qui sont plus ou moins frangés; tête distincte portant deux tentacules coniques, contractiles; yeux sessiles à leur base externe; branchies formées par une série complète de plis membraneux, verticaux, dans la ligne de jonction du manteau avec le pied. Coquille conique, ovale ou circulaire, symétrique, à sommet droit on recourbé en avant; cavité simple, offrant une impression musculaire, symétrique, en fer à cheval, dont l'écartement est en avant; bord horizontal et complet.

L'anatomie des Patelles est aujourd'hui bien connue. Nous ne pourrions que répéter ce qu'en ont dit Cuvier et Blainville, et nous préférons renvoyer à leurs travaux. Quant aux mœurs des Animaux de ce genre, on ne les connaît qu'imparfaitement; il paraît qu'ils sont complètement hermaphrodites comme les Mollusques acéphalés; mais on ignore de quelle manière ils pondent leurs œufs, si les petits sortent vivans du corps de la mère, ou sont rejetés un à un ou en masse. Elles vivent sur les rochers qui sont quelquefois découverts aux basses marées. Elles adoptent une place qui leur convient, et elles y retournent lorsqu'elles l'ont quittée quelques momens; c'est ce qui explique pourquoi celles qui vivent sur des rochers de Craie, y creusent leur place à quelques lignes de profondeur. C'est à D'Orbigny que l'on doit ces curieuses observations. Si on veut enlever les Patelles du rocher ou elles sont posées, il faut le faire Brusquement; car, si elles sont averties par le moindre choc, elles s'attachent avec leur pied qui fait la ventouse, avec tant de force, que l'on casse plutôt la coquille que de l'arracher. Elles marchent fort lentement, et l'on s'en aperçoit moins au mouvement qu'au bord de la coquille qui est soulevée, et aux tentacules dont on voit une petite partie dépasser le bord de la coquille. Ce genre, très-abondant, se trouve dans toutes les mers. Ce sont les mers méridionales qui en offrent, et le plus abondamment, et les plus grandes, et les plus riches en couleurs. Rassemblées, surtout dans les lieux où croissent les Plantes marines, elles semblent s'en nourrir, comme le fait présumer aussi la structure de l'appareil dentaire. On n'en a cependant pas la certitude.

Blainville, dans son Traité de Malacologie, partage les Patelles en sept sections, d après la forme extérieure, mais il n'en admet plus que quatre dans son article PATELLE du Dictionnaire des Sciences naturelles. Nous pensons qu'il suffit d'admettre trois sections principales dont la première, la plus nombreuse, pourra elle-même être plusieurs fois sous-divisée.

† Espèces ovalaires ou arrondies, à sommet central ou subcentral, jamais incliné vers le bord.

α Espèces à côtes; le bord découpé en étoile.

PATELLE EN ÉTOILE, Patella saccharina, L., Gmel., n° 19; Lamk., Anim. sans vert. T. vi, p. 326, n. 7; A strolepas, D'Argenv., Conchyl., tab. 2, fig. M; Favanne, Conch., tab. 2, fig. F, 2, 3; Lister, Conch., tab. 532, fig. 10; Martini, Conchyl., tab. 9, fig. 76. Coquille déprimée, épaisse, ayant sept grosses côtes arrondies qui, dépassant le bord, le découpent assez profondément en sept; elle est ordinairement blanche en dedans, et d'un gris verdâtre en dehors; elle varie d'après les localités; elle prend des côtes intermédiaires et quelquefois des stries; se couvre de taches brunes sur un fond blanc et à l'intérieur; la place de l'Animal est tachée de points noirs ou bruns.

β Espèces arrondies, à côtes ou à stries nombreuses 5 le bord non découpé.

PATELE ROSE, Patella Umbella, L., Gmel., n. 71; Lamk., Anim.

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sans vert, T. vi, p. 327, n. 15; Lister, Conchyl., tab. 538, fig. 21; Mart., Conchyl. T. 1, tab. 8, fig. 63. Coquille conique, aplatie, à sommet subcentral; il en part un grand nombre de côtes rayonnantes qui, aboutissant à la circonférence, festonnent légèrement le bord qui est fort mince, ainsi que le reste de la coquille; elle est diaphane t rose, rayonnée de blanc; en dedans, le centre offre une tache blanche qui indique l'endroit occupé par le dos de l'Animal. Celte Patelle, assez commune dans les collections, offre quelques variétés. Elle vient des côtes d'Afrique; on pense que c'est elle qu'Adanson a décrite sous le nom de Libot.

γ Espèces lisses ou presque lisses.

PATELLE ÉCAILLE DE TORTUE, Patella testudinaria, Lamk., Anim. sans vert. T. vi, p. 329, n. 1; L., Gmel., n. 134; D'Argenville, Conchyl., tab. 2, fig. P; Favanne, Conchyl., tab. 1, fig. Q; Martini, Conchyl. T. 1, tab. 6, fig. 45 à 48. Grande et bette Coquille, presque lisse; quand elle est polie, elle présente sur un fond jaune d'écaille des taches irrégulières d'un beau brun; elle est épaisse et d'une nacre argentée à l'intérieur.

†† Espèces ovalaires, rétrécies eu a vaut.

PATELLE EN CUILLER, Patella co- chlear, L., Gmel., n. 155; Lamk., loc. cit., n. 22; Knorr, Vergn., 2 tab. 26, fig. 3; Born, Mus. Cæs. Vind., tab., 18, fig. 3; Favanne. Conchyl., tab. 79, fig. B. La forme singulière de cette Coquille la distingue au premier aspect de toutes les autres; sa partie antérieure se trouve subitement rétrécie, de sorte que, dans son ensemble, cette Coquille est bilobée; le sommet est central; il en part un assez grand nombre de côtes obtuses, rayonnantes, qui se dirigent vers le bord.

PATELLE CYMBULAIRE, Patella cymbularia, Lamk., Anim. sans vert. T. VI, p. 335, n. 45; Blainv., Traité de Malacol., pl. 49, fig. 6. Peut- être fera-t-on un peu plus tard un genre à part de cette section qur, à notre connaissance, contient déjà quatre espèces. Il serait possible que l'on trouvât de la différence entre les Animaux de ces espèces et ceux des autres Patelles. Nous ne donnons cela, cependant, que comme des conjectures. L'espèce que nous citons ici est ovale, très-mince, d'une nacre argentée en dedans, et couverte en dehors d'un épiderme jaune brunâtre. On remarque des côtes rayonnantes du sommet à la circonférence, plus prononcées antérieurement que sur le dos, et postérieurement; Le sommet est fortement incliné, et touche presque au bord. Cette section correspond au genre Helcion de Montfort. (D..H.)

PATELLIER. MOLL. L'Animal des Patelles. V. ce mot. (B.)

PATELLITES. MOLL. On a quelquefois donné ce nom aux Patelles fossiles et autres Coquilles que l'on confondait dans le genre Patelle de Linné. (B.)

* PATELLOIDES. Patelloidea. MOLL. C'est ainsi que Blainville nomme la troisième famille de son ordre des Monopleurobranches qu'il caractérise ainsi: corps déprimé, aplati, couvert par une large coquille extérieure, non symétrique et patelioïde. Trois genres sont rangés dans cette famille: ce sont les Ombrelles, les Siphonaires et les Tylodines. V. ces mots. (D..H.)

PATELLULE. Patellula. BOT. CRYPT. (Lichens.) On donne ce nom à un apothécie ou organe carpomorphe des Lichens; il est sessile, arrondi, discoïde, plane, ou légèrement creusé, dépourvu de marge propre et incolore. Les Lécanorées, qui renferment les genres Lecanora, Lecidea, Urceolaria, Echinoplaca et Myriotrema montrent cette sorte d'apothécie qui diffère peu de la scutelle. (A. F.)

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PATENOTIER. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires du Staphylier. V. ce mot. (B.)

PATENOTRE. BOT. PHAN. V . CHAPELET DE SAINE-HÉLÈNE.

PATERNOSTER. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires du Cauna indica, dont les graines servent à faire de ces hochets de superstition appelés chapelets, comptes ou rosaires. On donne le même nom aux graines de Cardiosperme Corinde, qui est employé au même usage à Saint-Domingue. (B.)

PATERSONIE. Patersonia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Iridées et de la Triandrie Monogynie, L., établi par R. Brown (Prodrom. Flor. Nov.-Holland., p. 303) qui l'a ainsi caractérisé: périanthe pétaloïde, hypocratériforme, régulrer, dont le tube est grêle, le limbe à six divisions profondes, les intérieures trèspetites; étamines à filets connés; style capillaire ordinairement renflé au sommet; trois stigmates en forme de lames et indivis; capsule prismatique; graines nombreuses, attachées tantôt à l'angle interne de chaque loge., tantôt à une colonne centrale formée par la réunion des cloisons. Ce genre est le même que le Genosiris de Labillardière qui a l'antériorité mais dont les caractères étaient fort différens. Malgré l'inexactitude des caractères du Genosiris, il est fâcheux que R. Brown ait créé un autre nom générique, car on flottera incertain si l'on ne doit pas adopter de préférence celui qui a été proposé le premier. L'auteur du Paiertonia en a décrit sept espèces qui habitent toutes la Nouvelle-Hollande, principalement aux environs du Port-Jackson. Il cite comme synonymie de son Patersonia glauca, le Genosiris frangilis, Labill., Nov.- Holl., 1, p. 13, tab. 9. Une autre espèce, Patersonia sericea, est figurée dans le Botanical Magazine, n° 1041. Ce sont des Plantes vivaces dont les racines sont fibreuses; les tiges, simples, très-courtes, quelquefois rameuses; les feuilles enosiformes; la hampe simple, sans bractées; les fleurs belles, à anthères et à stigmates jaunes, très-fugaces, de couleur bleue. Chacune des fleurs est enveloppée dans une petite spathe, et leur ensemble est contenu dans une spathe commune, à deux valves.

Walter, dans sa Flore de Caroline, avait établi un genre Patersonia adopté par Gmelin, mais qui ne diffère pas du R uellia. V. cemot. (G..N.)

PATIENCE. BOT. PHAN. Espèce du genre Rumex. V. ce mot. (B.)

* PATILLA. BOT. CRYPT. (Champignons.) Adanson avait donné ce nom un genre de Champignons auquel il rapporte les Agaricum, pl. 66, fig. 2, 4, de Micheli, qui représentent deux espèces de Thelephora., d'où on peut conclure que ce genre d'Adanson correspondait au genre Thelephqra de Persoon ou Auricularia de Bulliard. THÉLÉPHORE. (AD. B.)

PATIMA. BOT. PHAN. Aublet (Plantes de la Guiane, vol. 1, p. 197, tab. 77) a décrit et figuré sous le nom de Patima guianensis, une Plante qui forme le type d'unlgeure de la famille des Rubiacées, mais dont les caractères sont très-incomplets. En effet, on ignore la structure de la corolle des étamines et du stigmate. Le calice a son limbe entier à cinq angles obtus; le fruit est une baie pisiforme adhérente au calice et couronnée par le limbe de celui-ci, à quatre ou six loges renfermant plusieurs graines éparses dans une pulpe. Le Patima guianensis est une herbe dont les tiges, hautes d'environ un mètre, sont tendres, creuses, et garnies de feuilles opposées, pétiolées, lisses, molles, ovales, entières, très-longues, et accompagnées de stipules interpétiolaires. Les fleurs sont pédonculées et solitaires dans les aisselles des feuilles. Celte Plante croît dans les terrains marécageux de la Guiane, où. elle fleurit au mois de mai. (G..N.)

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PATINE. MIN. V. CUIVRE.

* PATINES. OIS. (Oviédo.) Syn. de Pierre-Garin. V. STERNE. (DR..Z.)

PATIRA. MAM. Laborde et ensuite Buffon ont désigné sous ce nom une espèce de Cochon qui ne semble pas différer essentiellement du Pécari à collier. V. Cochon. (AUD.)

PATIRICH. OIS. Espèce du genre Guêpier. V. ce mot. (DR..Z.)

PATISSON. BOT. PHAN. Même chose que Pastisson. V. ce mot. (B.)

* PATONG. OIS. Nom indien de l'Hirondelle Salangane, Hirundo esculenta. Cet Oiseau (V. Salangane) est nommé en Chine Saroi bou ras enno, et au Japon Jenwa; il est célèbre par ses nids gélatineux et alimentaires. (LESS.)

* PATRE. OIS. Espèce du Genre Traquet. V. ce. mot. On a aussi donné ce nom àun Pluvier. (DR. . Z.)

PATRINIA. BOT. PHAN. Jussieu a proposé ce nom pour un genre nouveau qu'il a établi dans la famille des Valérianées, et qui a pour type la Valeriana sibirica, L. Les caractères de ce genre peuvent être ainsi établis: la corolle est presque cam-panulée, un peu oblique, à cinq lobes inégaux et arrondis; les étamines, au nombre de quatre, sont saillantes hors de la corolle; le style, de la même longueur que les étamines, se termine par un stigmate à peine trilobé; l'ovaire est à trois loges, savoir: deux postérieures constamment vides, et une antérieure un peu gibbeuse à son sommet et portant un seul ovule pendant de l'axe interne un peu au-dessous de la partie supérieure. Son fruit est une capsule indéhiscente, bordée à son sommet par le limbe calicinal entier et peu saillant. Le Patrinia sibirica, Juss.; Valeriana sibirica, L., ou Fedia sibirica, Vahl, Enum., offre des tiges cylindriques, fistuleuses, presque glabres, d'environ un pied a élévation; les feuilles sont opposées, pétiolées, les radicales presque lyrées, les supérieures sessiles et pinnatifides. Les fleurs sont jaunes, disposées en corymbe terminal. Originaire de la Sibérie, cette Plante est depuis longtemps cultivée dans les jardins de botanique. (A. R.)

* Le nom de Patrinia a été encore employé par Rafinesque pour désigner un genre de Légumineuses, étali sur une espèce de Sophora de l'Amérique septentrionale, que Nuttal a nommée S. sericea, et dont Pursh avait fait une Astragale. Quoique plusieurs motifs semblent faire, croire que ce genre est réel, on ne peut néanmoins l'admettre et encore moins le nom générique que Rafinesque lui a imposé, attendu le peu de notions exactes que l'on a Sur la Plante qui le constitue, attendu surtout l'existence du genre Patrinia de Jussieu. De Candolle le conserve parmi les Sophora, el le place à la suite de la seconde section qu'il nomme Pseudosophora, c'est-à-dire celle qui a les étamines un peu réunies ensemble, et qui semblent s'approcher des Astragales. Sophore. (G..N.)

PATRISIA. BOT. PHAN. Le professeur Richard a établi sous ce nom un nouveau genre de Plantes de la Guiane (Act. Soc. d'Hist. nat., p. 3). Le même genre, qui avait été communiqué à Vahl sous ce nom, fut publié par lui dans ses Eclogœ sous celui de Ryania. D'un autre côté notre collaborateur Kunth (in Humb. Nov. Gen. et Spec., 5, p. 357)a adopté le nom d e Patrisia, et a fait connaître deux espèces nonvelles de ce genre, qu'il range dans sa famille dés Bixinées. Dans le premier volume du Prodromus systematis, le professeur De Candolle adopte à la fois les noms de Ryania et'de Patrisia, réservant le premier pour l'espèce décrite par le professeur Richard sous le nom de Patrisia pyrifera, loc. cit., et par Vahl sous celui de Ryania speciosa, et appliquant celui de Patrisia pour les espèces décrites par Kunth. Mais les caractères que ce savant botaniste donne pour distinguer ces deux gen-

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res ne nous paraissent pas de nature à faire considérer ceux-ci comme différens. En effet il admet dans le Ryania un urcéole pétaloïde environnant l'ovaire à sa base, et pour fruit une baie, et dans le Patrisia point d'urcéole et pour fruit une capsule déhiscente en trois ou cinq valves. Mais, d'abord, le fruit du Ryania n'est point une baie; il est coriace, épais, et à sa parfaite maturité il se rompt en deux et quelquefois en quatre valves; ainsi aucune différence entre ces deux genres relativement à leur fruit. Il reste done l'urcéole ou disque qui existe dans le Ryania et manque dans le Patrisia, selon le professeur de Genève. Mais dans les descriptions très-détaillées que donne le professeur Kunth des deux espèces nouvelles qu'il rapporte à ce genre, il mentionne et décrit le disque urcéolé avec détail. Il résulte done de-là que cet organe existe aussi bien dans le Patrisia de De Candolle que dans son Ryania, et que par conséquent il n'existe aucune différence entre ces deux genres, que nous crovons devoir réunir sous le nom de Patrisia. Voici les caractères de ce genre: le calice est à cinq divisions très-profondes, colorées surtout à leur face interne, égales, se recouvrant latéralement par un de leurs côtés avant l'épanouissement. Point de corolle; les étamines sont très-nombreuses et hypogynes; leurs filets sont grêles et libres; leurs anthères linéaires, dressées, à deux loges, s'ouvrant par un sillon longitudinal. L'ovaire est libre, rétréci et comme stipité à sa base, où il est environné par une sorte de disque hypogyne, coloré, urcéolé. Coupé transversalement, cet ovaire présente une seule loge, contenant n très-grand nombre d'ovules attachés à cinq ou dix trophospermes longitudinaux et pariétaux. Le style est ou tout-à-fait simple, indivis et portant un stigmate également simple (Patrisia pyrifera, Rich.), ou divisé à son sommet en quatre ou cinq lanières portant chacune un très-petit stigmate, d'après Kunth. Le fruit est globuleux, coriace, subéreux, à une seule loge, s'ouvrant quelquefois d'une manière irrégulière en plusieurs valves. Les graines sont attachées à cinq ou dix trophospermes pariétaux; elles sont très-nombreuses, ovoïdes, enveloppées en partie d'une matière pulpeuse. L'embryon est renfermé dans un endosperme charnu.

Ce genre se compose de cinq espèces: trois sont originaires de Cayenne et deux des Missions de l'Orénoque. Ce sont des Arbres recouverts d'un duvet à poils souvent étoilés, à feuilles alternes et entières, munies à leur base de deux stipules adnées au pétiole. Les fleurs sont assez grandes, pédonculées, axillaires, solitaires ou géminées. Ainsi que nous l'avons dit précédemment, ce genre aété placé par le professeur Kunth dans sa nouvelle famille des Bixinées; le professeur De Candolle le range dans a famille des Flacourtianées où il forme une tribu sous le nom de Patrisiées. (A. R.)

* PATRISIÉES. BOT. PHAN. De Candolle appelle ainsi la première tribu qu'il forme dans la famille des Flacourtianées, et qui se compose des genres Ryania et Patrisia. Nous avons déjà dit, dans l'article Patrisia, que ces deux genres doivent être réunis. V. FLACOURTIANÉES. (A. R.)

* PATROBE. Patrobus. INS. Genre de Carabiques établi par Megerle et mentionné par Latreille (Fam. nat. du Règne Anim.) qui ne donne pas ses caractères. (G.)

PATROCLE. Patrocles. MOLL. Genre de Montfort établi sur une Coquille multiloculaire microscopique, qui a été placée, par Blainville et Férussac, dans le genre Lenticuline, et par D'Orbigny dans son genre Robuline. V. ce mot. (D..H.)

PATSJOTTI. BOT. PHAN. (Rheede.) Syn. de Strumpfia, L. V. ce mot. (G..N.)

PATTAM. BOT. PHAN. (Lesche-

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nault.) Syn. de Pois cultivé, aux environs de Pondichéry. (B.)

PATTARA. BOT. PHAN. (Adanson.) V. BASAAL.

PATTE. ZOOL. V. PATE.

PATURIN. Poa. BOT. PHAN. Ce genre, de la famille des Graminées, et de la Triandrie Digynie, L., considéré comme la plupart des auteurs l'ont adopté, se compose d'une grande quantité d'espèces dont l'organisation florale offre de si nombreuses modifications, qu'il est difficile de lui assigner des caractères bien tranchés. voici ceux qui résultent de l'examen comparatif de la plupart des espèces: lépicène à deux valves inégales, mutiques, plus courtes que chacune des petites fleurs; épillets composés chacun d'un nombre variable souvent assez considérable de petites fleurs (deux à vingt) distiques, ovales ou oblougues, à valves ou glumes légèrement concaves, comprimées, ovales, un peu aiguës et ordinairement mutiques; dans quelques espèces exotiques, la glume inférieure est, selon Raspail, surmontée d'une petite arête placée presque au sommet, et la glame supérieure est bifide au sommet, à nervures hispides; trois étamines à anthères jaunâtres; deux petites écailles ou paillettes hypogynes, obtuses; ovaire glabre, presque rond, surmonté de deux styles courts, portant des stigmates rameux; caryopse oblongue, acuminée, sillonnée d'un côté, et adhérente aux glumes. Par ces caractères, le genre Poa se nuance aviec plusieurs genres voisins, et surtout avec le Briza et le Festuca. Il diffère essentiellement des Briza, en ce que les valves de la glume ne sont point a utant concaves ou cordiformes, et qu'elles sont au contraire très-comprimées ou planes. Ou le distingue du Festuca, en ce que les valves n'ont point d'arête terminale et qu'elles ne sont pas aussi étroites, allongées, et subulées, comme dans les Festuca; mais ces caractères sont très-sujets à varier, de sorte que beaucoup d'auteurs sont pardonnables d'avoir transféré indifféremment les nouvelles espèces dans l'un ou dans l'autre de ces genres. Plusieurs espèces de Paturins ont formé des genres nouveaux qui, à la vérité, ne reposent pas tous sur des caractères d'une grande vàleur. C'est ainsi qu'ont été fondés les genres Catabrosa, Megastachya, Eragrostis, Tricuspis, Brachypodium, Schœnodorus, Sclerochloa, R abdochloa et Ceratochloa de Palisot-Beauvois; le Kœleria de Persoon, le Triodia et le Glyceria de Rob. Brown. V. tous ces mots. Lors même qu'on admettrait l'établissement de ces genres, il resterait encore dans le genre Poa au moins deux cents espèces qui sont réparties sur la surface presque entière du globe. On en trouve en effet un grand nombre, non-seulement en Europe, mais encore dans l'Amérique du nord, à la Nouvelle-Hollande, et même dans les contrées intertropicales. Ces Graminées ont leurs fleurs disposées en une panicule ordinairement lâche; elles sont excessivement abondantes dans les prairies, sur les pelouses, et dans plusieurs autres stations, car il en est qui croissent sur les montagnes les plus élevées, d'autres dans les marais, sur les toits des habitations, les collines, les bords de la mer, et même dans les rues des grandes villes, entre les pavés, etc. Aucune espèce européenne n'est l'objet d'une culture spéciale, mais qujelques-unes, par leur abondance dans les prés ou dans les bois clairs et herbeux, forment la majeure partie d'un fourrage très recherché des bestiaux, et elles méritent qu'on les distingue des autres Graminées; telles sont les Poa pratemis, trivialis, angustifolia, nemoralis, bulbosa, alpina, annua, etc.

Parmi les espèces de Paturins indigènes des contrées chaudes du globe, il en est une remarquable par sa grande utilité pour les peuples où elle croît spontanément. Nous voulons parler du Poa abyssinica, Lamk., qui, selon Bruce, porte le nom de Teff dans

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son pays natal. Sa graine, quoique petite, est d'un emploi très-avantageux. On en fait une sorte de pain, sous forme de gâteaux ronds, de l'épaisseur d'environ un demi-travers de doigt. La saveur de ce pain est un peu aigre, sa couleur plus ou moins blanche; enfin, c'est une nourriture qui n'a rien de désagréable. Bruce rapporte qu'en Abyssinie on sème le Teff dans les mois de juillet et d'août et qu'il croît avec une telle rapidité qu'on peut en faire trois récoltes par année. Cette Plante est cultivée dans les jardins de botanique; il serait à désirer qu'on essayât sa culture en grand dans les provinces méridionales de l'Europe. (G..N.)

PATURON, POTIRON OU POTURON. BOT. On donne indifféremment ces noms vulgaires à des Champignons mangeables qui viennent dans les pâturages, et à de grosses variétés de Citrouilles. (B.)

PATYA. BOT. PHAN. Necker (Elem. botan., n. 462) a indiqué sous ce nom un genre formé aux dépens du Verbena de Linné, et qui a pour type le V. lappulacea. Plusieurs auteurs ont établi le même genre en lui imposant différens noms; celui de Priva, donné par Adanson, ayant l'antériorité, a été généralement adopté. V. PRIVA. (G..N.)

* PATYRA. MAM. Barrère indique sous ce nom un Pécari probablement dans la livrée du jeune âge; la seule description qu'il en donne est celleci: Sus minimus, habite les forêts, et a une raie blanche sur le dos. (LESS.)

* PATZISIRANDA. BOT. PHAN. C'est le nom que les naturels de la Floride donnent à une Plante dont les racines chevelues sont renflées de distance en distance en forme de petits tubercules noirs en dehors, blancs en dedans, et ayant une odeur aromatique. Cette Plante est mentionnee dans le Recueil des Voyages ou il est dit que les habitans de la Floride prennent la poudre de ses tubercules dans du vin comme un excellent stomachique. Le nom d'Apoyomatja, cité comme celui que l'on donne aussi à la même Plante, est précisément celui d'un Souchet à racines tuberculeuses dont la figure est représentée dans l'ouvrage d'Hernandez sur le Mexique, tab. 13; c'est probablement, selon Jussieu, le Gyperus articulatus. (G..N.)

* PAUA. MOLL. Les naturels de la Nouvelle-Zélande nomment ainsi la belle Haliotide australe, qui est très-commune sur leurs côtes. (LESS.)

PAULETIA. BOT. PHAN. Cavanilles (Icon., 5, p. 5) avait établi sous ce nom un genre de la famille des Légumineuses, et de la Décandrie Monogynie, L., qui, n'ayant pas été trouvé suffisamment distinct du Bauhinia, lui avait été réuni de nouveau par la plupart des auteurs. Néanmoins, Kunth l'a reconstitué en lui assignant les caractères suivans: calice dont le tube est cylindracé, persistant, le limbe caduc à cinq segmens très-longs, libres ou adhérens entre eux, en forme de languette; cinq pétales insérés sur la partie inférieure du tube calicinal, longuement onguiculés, un peu inégaux; dix étamines fertiles, connées par leur base seulement, cinq alternes plus courtes et quelquefois stériles; ovaire longuement stipité, surmonté d'un style arqué; légume linéaire, comprimé, uniloculaiìe, bivalve, renfermant plusieurs graines lenticulaires. Ce genre n'est considéré par De Candolle (Prodrom, Syst, Veget., 2, p. 513) que comme une section naturelle des Bauhinia. Cette section comprend une vingtaine d'espèces indigènes des contrées tropicales, principalement de l'Amérique méridionale et des Indes-Orientales. Ce sont des Arbres ou des Arbrisseaux quelquefois pourvus d'aiguillons, à feuilles alternes, plus ou moins profondément bilobées, structure que présentent d'ailleurs toutes les espèces de Bauhinia. Leurs fleurs, de couleur blanche jaune - rougeâtre ou purpurine, forment des grappes la-

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térales; quelquefois elles sont solitaires ou ternées et opposées aux feuilles. Parmi ces espèces, nous citerons, comme type du genre Pauietia ou de la seconde section des Bauhinia, selon la manière de voir de chaque botaniste, les Paulelia inermis et aculeata, Cavan., loc. cit., tab. 409 et 410. Ce sont des Plantes originaires des côtes occidentales de l'Amérique du sud. (G..N.)

* PAULINE, OIS. Espèce du genre Touracou. V. ce mot. (DR..Z.)

PAULITE. min. (Werner. ) V. HYPERSTHÉNE.

PAULLINIE. Paullinia. BOT. PHAN. Plumier avait établi dans ses Plantes d'Amérique deux genres sous les noms de Cururu et de Serjania. Ces deux genres différaient l'un de l'autre, parce que le fruit était simple, pyruforme, à trois loges monospermes dans le premier, et formé de trois capsules soudées et ailées par le bas dans le second. Linné a cru devoir réunir ces deux genres en un seul, auquel il a donné le nom de Paullinia. Mais plus tard Schumacher, botaniste danois, dans un Mémoire publié dans le troisième volume des Actes de la Société d'Histoire naturelle de Copenhague, a rétabli les deux genres de Plumier, conservant les caractères distinctifs donnés par cet auteur et substituant seulement le nom de Paullinia à celui de Cururu. Cette division a depuis été adoptée par tous les botanistes modernes, et entre autres par Kunth et De Candolle. Voici les caractères du genre Paullinia qui fait partie de la famille des Sapindacées et de l'Octandrie Trigynie, L.: le calice est formé de cinq sépales inégaux, imbriqués latéralement et persistans. Les pétales au nombre de quatre sont alternes avec les sépales, hypogynes, onguiculés, munis à leur base d'une écaille souvent bifide; entre les deux sépales supérieurs manque le cinquième pétale, qui avorte presque consaminent. Entre la corolle et les étamines on trouve quatre glandes inégales. Les étamines au nombre de huit, entourant l'ovaire, ont leurs filets libres, mais inégaux. L'ovaire est supére, oblique et excentral, à cause de la position des glandes; il est sessile, tricoque, à trois loges contenant chacune un seul ovule. Les trois styles sont épais, connivens, plus courts que les étamines, terminés chacun par un petit stigmate simple. Le fruit est une capsule pyriforme, plus ou moins trigone, à trois logés monospermes, s'ouvrant en trois valves naviculaires; les trois cloisons restant fixées à l'axe central qui paraît comme à trois ailes, dont chacune correspond à la suture des valves. Les graines sont dressées, enveloppées à leur base dans un arille bilobé et fongueux. Les espèces qui composent ce genre sont assez nombreuses; on en trouve trente-neuf mentionnées dans le premier volume du Prodromus du professeur De Candolle. Sur ce nombre trentesept croissent dans les diverses contrées de l'Amérique méridionale, savoir: au Brésil, à la Guiane, à la Nouvelle-Grenade, au Pérou et dans les Antilles. Des deux autres une se trouve au Japon, Paullinia japonica, Thunb., et une en Afrique, Paullinia senegalensis, Juss. Les Paullinies sont des Arbustes ou des Lianes grimpantes, munies de vrilles. Leurs feuilles sont alternes, tantôt imparipinnées, tantôt ternées ou décomposées. Leurs pétioles quelquefois ailés sont accompagnés à leur base de deux stipules. Leurs fleurs sont blanches, munies de bractées et formant des grappes axillaires rameuses, à la base desquelles on trouve en général deux vrilles. (A. R.)

* PAULLINIEES. BOT. PHAN. Notre collaborateur Kunth appelle ainsi la première section qu'il établit dans la famille des Sapindacées, section qui est caractérisée par des pétales dont l'onglet porte une écaille à sa base; des glandes distinctes placées entre les étamines

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et la corolle; un ovaire à trois loges monospermes. A cette section qui se compost d'Arbrisseaux sarmenteux armés de vrilles, appartiennent lesgenres: Cardiospermum, L.; Ur- villea, Kunth; Serjania, Plumier; Paullinia, Schum. V. SAPINDACÉES. (A. R.)

PAUPIÈRES. Palpebrœ. ZOOL. On donne ce nom aux voiles membraneux qui, chez beaucoup d'Animaux, recouvrent les yeux dans l'état de repos. La plupart des Vertébrés ont trois paupières; cependant l'Homme et les Singes n'en ont que deux; et quelques Reptiles, de même que presque tous les Poissons, n'en ont point du tout. V. OEIL. (IS. G. ST.-H.)

PAUSSE. Paussus. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Tétramères, famille des Xylophages, tribu des Paussiles, établi par Linné et adopté par tous les entomologistes avec ces caractères: antennes composées de deux articles, dont le dernier très-grand, tantôt irrégulier, denté ou crochu, tantôt régulier, presque oyale ou orbiculaire. Ce genre se distingue de l'autre genre de la même tribu (Téraptère), parce que, dans ce dernier, les antennes ont dix articles et sont perfoliées. Le corps des Pausses est oblong et aplati: leur tête est presque de la largeur du corselet, à peu près carrée, déprimée, rétrécie postérieurement en une espèce de cou distinct. Les antennes sont insérées audessus de la bouche, rapprochées, composées de deux articles. Le labre est presque coriace, petit, transverse et carré. Les mandibules sont petites, cornées, allongées, comprimées; leur extrémité est pointue et un peu lunulée. Les mâchoires sont terminées en manière de dents arquées, pointues, ayant une dentelure sous l'extrémité. Les palpes sont coniques, courts et épais; les maxillaires sont de quatre articles, les labiaux de trois. Le corselet est plus étroit que le corps, presque carré, brusquement plus élevé à sa partie antérieure et dilaté sur les côtés. L'écusson est petit, triangulaire, peu apparent. Les élytres Forment un carré long, et laissent à découvert l'extrémité de l'abdomen. Elles sont unies, planes, sans rebord, et recouvrent deux ailes membraneuses. L'abdomen est carré; les pates sont courtes, comprimées; les jambes antérieures sont sans épines sensibles à leur extrémité; les postérieures sont assez larges. Ces Insectes doivent avoir les mêmes mœurs que les autres genres de leur famille, et vivre dans les bois comme eux. On soupçonne que les espèces pourvues de dents ou de crochets aux antennes, s'en servent pour se suspendre. Le petit nombre d espèces connues de ce genre est propre à l'Afrique et aux Indes-Orientales. Nous citerons comme type du genre:

Le PAUSSE MICROCÉPHALE, Paussus microcephalus, L., Afzel. Act., Soc. Lin. de Lond. T. iv, p. 8, tab. 22; Herbst., Coléopt., 4, lab. 39, f. 6, a, b. Corps long de deux à trois lignes, d'un brun noirâtre; dernier article des antennes irrégulier, rétréci à sa base en manière de pédoncule; son côté extérieur quaaridenlé et prolongé en dessous en un crochet unidenté; milieu du corselet ayant un enfoncement profond; jambes postérieures plus longues que les autres, un peu rétrécies vers leur extrémité. On le trouve en Afrique

Le Paussus flavicornis de Fabricius n'appartient pas à ce genre. (G.)

PAUSSILES. Paussili. INS. Tribu de l'ordre des Coléoptères, section des Tétramères, famille des Xylophages, établie par Latreille qui la caractérise ainsi: corps oblong, trèsaplati en devant; abdomen plus large que le corselet; palpes grands, coniques; lèvre grande, cornée; étuis Ironqués; antennes de deux articles (Paussus) ou de dix articles, et perfoliées (Cerapterus). Cette tribu ne renferme que deux genres. V. Pausse et Céraptère. (G.)

PAUSSUS. INS. V. PAUSSE.

TOME XIII. 8

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PAUVRE HOMME. crust. Même chose que Bernard-l'Erinite, Pagurus Enmitus. V. Pagure. (B.)

PAUXI. Ourax. OIS. Genre de l'ordre des Gallinacés. Caractères: bec robuste, court, comprimé, voûté, convexe; mandibule supérieure se dilatant à sa base en une élévation arrondie de matière dure et cornée qui masque tout le front; narines placées de chaque côté du front et à sa base, percées près du front, derrière le globe corné du bec, rondes, ouvertes en dessus, et entièrement cachées; point de fosses nasales; tarse long et lisse; quatre doigts, les trois antérieurs réunis par des membranes; le pouce articulé sur le tarse, mais portant en partie à terre; les quatre premières rémiges étagées, la sixième la plus longue. Confondues pendant long-temps avec celles du genre Hocco, les deux espèces qu'en a séparées Temminck, pour établir le genre Pauxi, n'en diffèrent pour ainsi dire aucunement sous le rapport des mœurs et des habitudes. Elles habitent les immenses forêts qui couvrent la plus grande partie du sol de l'Amérique méridionale. Les Sauvages regardant ces Oiseaux comme le meilleur produit de leurs chasses, il n'est point de pièges qu'ils ne leur tendent, point d'armes qu'ils n'emploient contre eux. Leur destruction, déjà fort avancée, menace d'être un jour totale, ainsi que l'a été celle de plusieurs autres Gallinacés dont il ne nous reste plus que des traditions confuses, si l'on ne parvient à élever en domesticité les deux espèces qui nous occupent. Il paraît assez constant qu'ils sont peu susceptibles de s'y faire, car tous les voyageurs s'accordent à dire qu'au nombre des Oiseaux qui peuplent les basse-cours du Brésil et de la Guiane, rarement ils y ont observé les Pauxis, et ce qui vient encore à l'appui de cette observation, c'est que ces Oiseaux sont extrêmement rares dans les collections ornithologiques où nulle part ne manquent les Hoccos, les Pénélopes, les Faisans, les Peintades, les Coqs, et généralement toutes les espèces que l'on a pu familiariser avec la servitude. Quelques auteurs assurent cependant que l'une des deux espèces, le Pauxi à pierre, s'attache facilement à un maître; qu'elle le suit et lui prodigue même des caresses; mais l'on sait que ces exceptions ne sont pas communes, et que l'Oiseau retourne volontiers à ses habitudes naturelles lorsqu'il en trouve l'occasion. On a de fortes raisons de penser que les Pauxis établissent Ieurs nids sur les Arbres, et qu'ils en font descendre les petits quand ils. sont en état de suivre la mere et de chercher avec elle la nourriture. Ces petits sont d'abord couverts-d'un duvet brun; et le globe qui surmonte le bec ne commence à prendre de l'accroissement qu'après Ia première mue.

PAUXI MITU, Ourax Mitu, Temm., OIS. color., pl. 153; Crax alector, var. B, Lath.; Crax Mitu, L.,; Hocco Pauxi, Vieill. Parties supérieures noires, à reflets violets et pourprés, avec le bord de chaque plume d'un noir mat; le dessus du cou garni de petites plumes veloutées d'un noir mat; une huppe de plumes courtes et frisées d'un noir pur sur l'occiput et la nuque; rectrices noires, terminées de blanc; parties inférieures d'un noir brillant, à l'exception de l'abdomen et des rectrices caudales inférieures qui sont d'un brun marron; bec rouge, surmonté d'un casque globuleux de la même couleur; iris noirâtre; pieds d'un rouge ponceau. Taille, vingt-huit à trente pouces. Les jeunes sont d'un noir moins pur; ils ont le casque moins élevé. Sa couleur, ainsi que celle du bec et des pieds, est d'un rouge beaucoup plus terne. Du Brésil.

PAUXI A PIERRE, Ourax galeata, Temm.; Crax Pauxi, L.; Hocco du Mexique, Briss.; le Pierre de Gayenne, Buff., pl. enlum. 78. Parties supérieures noires, à reflets verdâtres, avec le bord de chaque plume d'un noir pur; tête et cou garnis de

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petites plumes veloutées, d'un noir mat; rectrices noires terminées de blanc; parties inférieures d'un noir irisé, avec l'abdomen et les rectrices caudales inférieures d'un blanc pur; bec d'un rouge foncé; casque globuleux ou plutôt pyriforme, d'un bleu livide. Ce casque, dans les vieux individus, est de substance osseuse, celluleuse, avec des impressions linéaires assez profondes; iris brun; pieds rouges; ongles jaunes. Taille, trente-quatre pouces. Les jeunes ont les nuances moins vives: celle du noir tire sur le brun. De la Guiane. (DR..Z.)

PAVANA ET PAVANE. BOT. PHAN. On trouve sous ces noms, et sous celui de Lignum pavanum, dans les, matières médicales, le Crotontiglium, dont les fruits sont nommés Graines de Tilli. C'est le Laurus Sassafras que Chomel a désigné sous le nom de Pavane. (B.)

PAVANUER. OIS. Espèce du genre Sylvie. V. ce mot. (DR..Z.)

PAVATE. BOT. PHAN. (L'Ecluse et Rbeede.) D'où Pavetta, Nom de pays de la Plante type du genre Pavette. V. ce mot. (B.)

PAVÉ. MOLL. Nom vulgaire et marchand du Conus eburneus. Le Conus tessellatus a été appelé PAVÉ D'ITALIE. (B.)

PAVÉ DES GÉANS. GÉOL. On a donné ce nom à un amas prodigieux de colonnes basaltiques d'Irlande, au comté d'Antrim. (B.)

PAVÉE, BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires de la Digitale pourprée dans quelques cantons de la France. (B.)

PAVERT. OIS. Syn. de Tangara septicolore. V. ce mot. (DR..Z.)

PAVETTE. Pavetta. BOT. PHAN. Ce genre, de la famille des Rubiacées, et de la Tétrandrie Monogynie, L., est tellement voisin de l' Ixora, que plusieurs auteurs les ont réunis. Il a été établi par Linné sur le Pavate de Rheede (Hort. Malab., 5, tab. 10), et il offre les caractères suivans: calice très-petit, à quatre dents; corolle dont le tube est grêle, le limbe étalé, à quatre divisions aiguës et profondes; anthères presque sessiles, saillantes hors de la corolle; baie pisiforme, biloculaire et disperine selon Gaertner, uniloculaire ét monosperme d après Linné; graines planes et sillonnées d'un côté, convexes de l'autre. La Plante de Rheede que nous avons citée plus haut forme le type du genre Pavetta, qui ne renferme qu un petit nombre d'autres espèces indigènes des îles de l'archipel Indien, de la Cochinchine, et de a côte de Guinée en Afrique. Linné l'a nommée P. indiea, et Lamarck, qui l'a placée parmi les Ixora, lui a donné le nom d 'Ixora paniculaia. Comme son nom spécifique l'indique, elle croît dans l'lnde-Orientale. C'est un Arbrisseau glabre, à feuilles disposées en corymbes ou en faisceaux a l'extrémité des tiges et des rameaux. Le Crinita capensis d'Houttuyn, tab. 40, fig. 1, a été réuni au genre Pa- vetta par Thunberg et Linné fils, sous le nom de P. caffra. Swartz a nommé P. pentandra un Arbrisseau des Antilles à fleurs odorantes placé auparavant parmi les Psychotria, et figuré anciennement par Plumier, Icon., tab. 156, fig. 1. Enfin Cyrillo avait transporté dans le genre Pa- vetta, sous le nom spécifique de fœfidissima, une Plante de la Sicile et des îles de l'archipel Grec, qui était l' Asperula calabrica de Linné, l' Ernodea montana de Smith, et dont Persoon a fait le type de son genre Putoria, V. ce mot. (G..N.)

PAVIE. Pavia. BOT. PHAN. Ce genre de la famille des Hippocastanées, établi par Boërhaave (Lugd. Bat., t. 260), avait été réuni par Linné et par tous les botanistes qui l'ont suivi à l' Æsculus. (Hippoeastane), dont il ne diffère que par de légères nuances. Cependant le professeur De Candolle (Prodr. Syst., 1, p. 598) l'a de nouveau rétabli comme genre distinct, en lui donnant pour caractères: un calice

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tubuleux; une corolle formée de quatre pétales étroits et dressés, et non étalés comme dans les Hippocastanes; sept étamines dressées, et une capsule sans aiguillons. Les Pavies sont des Arbres originaires de l'Amérique septentrionale. On en connaît quatre espèces; leurs feuilles sont opposées, digitées, composées d'un nombre variable de folioles légèrement pétiolées. Leurs fleurs sont disposées en thyrses dresses. Parmi ces espèces on cultive fréquemment dans nos jardins où elles poussent en pleine terre: 1° le Pavia flava, D. C., Arbre de moyenne grandeur, dont les feuilles composées de cinq à sept folioles elliptiques, oblongues, amincies en pointe à leurs deux extrémités, sont légèrement pubescentes à leur face inférieure. Les fleurs d'un jaune pâle forment des thyrses qui terminent les jeunes rameaux; Fes capsules ne sont pas épineuses. Cette espèce croît naturellement dans les montagnes de la Virginie, de la Caroline et du Kentucky; 2° le Pavia macrostachya ou Æsculus macrostachya, Michx., grand Arbrisseau, d'un port extrêmement agréable. Ses feuilles se composent de cinq folioles digitées; ses fleurs blanches forment de trèslongues grappes dressées ou thyrses souvent de plus d'un pied de longueur. Il est originaire de la Géorgie où on le trouve plus particulièrement le long des fleuves. Enfin le Pavia rubra, Lamk., Ill., t. 273, constitue un Arbre de taille moyenne. Ses feuilles et ses pétioles sont glabres à l'exception de la base des nervures. Ses fleurs sont rouges et disposées en thyrses. (A. R.)

PAVIE. BOT. PHAN. La variété de Pêcher que dans plusieurs cantons méridionaux de la France on nomme Persec. (B.)

PAVILLON. ZOOL. BOT. En botanique, ce mot désigne la partie d'une fleur papilionacée aussi nommée Etendard, Vexillum, V. ce mot. Il est quelquefois devenu spécifique en zoologie. Ainsi l'on appelle:

PAVILLON D'HOLLANDE, l'Achatine de Lamarck qui était le Bulla fasciata de Linné.

PAVILLON DU PRINCE, le Bulimus perversas.

PAVILLON D'ORANGE, une Volute. On peut avoir lu, dans notre Voyage aux quatre îles d'Afrique, que le capitaine Baudin appelait PAVILLON D'ORANGE en s'extasiant sur sa prétendue rareté, le Papilio Argia, qui est une espèce assez commune de Lépidoptères des côtes d'Afrique, (B.)

PAVO. OIS. V. PAON.

PAVOIS. Scutus. MOLL. Genre institué par Montfort pour le Patella ambigu à de Chemnitz. Blainville, qui l'a confirmé, lui a donné le nom de Parmophore qui a été généralement adopté. V. ce mot. (D..H.)

* PAVON. BOT. PHAN. On ne peut, pas raisonnablement, selon l'usage qu'on tente d'établir en botanique, appeler un genre plutôt Pavon que Poiret, par exemple; le bon sens veut Pavonie. V. ce mot. (B.)

PAVONAIRE. POLYP. Cuvier (Règn. Anim. T. iv, p. 85) désigne un sous-genre de Polypiers nageurs ou Pennatules, qu'il caractérise ainsi: corps libre, allongé, grêle, n'ayant des Polypes que d'un seul côté où ils sont serrés en quinconce. Il rattache deux espèces a ce sousgenre; la première figurée et décrite par Bohadsch (Mar., p. 112, tab. 9, fig. 4, 5) sous le nom de Penna piscis, Pavonia piscatorum, est le Pennatula antennina de Solander et Ellis, et de Gmelin, ou Pennatula quadrangularis de Pallas; l'autre, le Pennatula scirpea de Pallas et de Gmelin. Lamarck n'a pas distingué cette coupe du genre qu'il désigne sous le nom de Funiculine. V. ce mot. (E D..L.)

PAVONE. Pavonia. polyp. Genre de l'ordre des Méandrinées, dans la division des Polypiers entièrement pierreux, ayant pour caractères: Polypier pierreux, fixé, frondescent; à lobes aplatis, subfoliacés

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droits ou ascendans; ayant les deux surfaces garnies de sillons ou de rides stellifères; étoiles la melleuses, sériales, sessiles, plus ou moins imparfaites. Le nom de Pavonia nous paraît devoir être vejeté, puisqu'il liste un Pavonia dans la botanique ou il fut dédié au botaniste Pavon qui ne s'est jamais occupé de Polypiers. En attendant que Cuvier lui donne un autre nom qui ne soit pas commun à plusieurs êtres différens, et qui n'entraîne aucune confusion, nous dirons que les Pavones sont de jolis Polypiers lamellifères, formés d'expansions foliacées plus ou moins épaisses et irrégulières, ayant leurs deux surfaces constamment couvertes de rides ou sillons. Ce dernier caractère sert à les distinguer des Agarics dont la forme générale est à peu près la même, mais qui n'ont de sillons que d'un seul côté. Les étoiles ou cellules des Pavones, quoique lamelleuses, ne sont point circonscrites, et sont tellement imparfaites, qu'elles ne présentent que des trous ou des enfoncemens lamelleux et. irréguliers; elles varient de grandeur sur le même individu, et surtout suivant les espèces. Les Pavones ne forment que d es masses peu considérables. Elles se trouvent dans les mers intertropicales. On ne connaît point les Animaux qui les forment. Les espèces rapportées à ce genre sont: les Pavonia agaricites, cristata, lactuca, bo letiformis, divaricata, plicata, obtusangula, frondifera. (E. D..L.)

* PAVONIE. Pavonia. ins. Genre de Lépidoptères établi par Godard aux dépens du genre Morpho de Latreille, et n'en différant que par des caractères peu importans. Ce genre est formé avec la deuxième division du genre Morpho (V. ce mot). Il renferme une vingtaine d'espèces. Celle qui sert de type au genre, est le Morpho Aclorion décrit dans ce Dictionnaire. V. Morpho. (G.)

PAVONIE. Pavonia. BOT. piian Genre de la famille des Malvacées et de la Monadelphie Polyandrie, L., établi par Cavanilles et adopté par tous les auteurs modernes qui l'out ainsi caractérisé: calice double, persistant; l'extérieur composé d'un grand nombre de folioles, l'intérieur a cinq segmens peu profonds; corolle à cinq pétales hypogynes, égaux et étalés; étamines nombreuses, monadelphes; le tube slaminal adné aux onglets des pétales; anthères rénifoimes, uniloculaires; ovaire à cinq ou rarement à quatre loges monospermes, surmonté d'un style à huit ou dix branches courtes et terminées par des stigmates en forme de petites têtes; capsule à cinq coques ou carpelles bivalves et monospermes.

Ce genre a été fondé sur des Plantes, que Linné avait placées parmi les Hibiscus et les Urene. Les auteurs ont décrit depuis son établissement un grand nombre d'espèces nouvelles, de sorte qu'on en compte aujourd'hui p rès de trente. Elles croissent toutes ans les contrées équinoxiales, le plus grand nombre dans l'Amérique méridionale, quelques-unes seulement à Mascareigne, à Ceylan, et dans l'Inde-Orientale. Ce sont des Plantes herbacées ou plus ou moins frutescentes. Leurs feuilles sont alternes, rarement lobées ou divisées en segmens profonds; elles sont accompagnées de stipules géminées. Les fleurs sont axillaires ou terminales, disposées en panicules ou agglomérées en tête. Leurs corolles offrent des couleurs très-diversifiées: on en voit de jaunes, de blanches, de roses, de violettes et de purpurines. En général, les Pavonies sont des Plantes très-élégantes et qui méritent L'attention des horticulteurs.

De Candolle (Prodr. Sysl. Veget., 1, p. 442) les a distribuées en trois sections. La première est appelée Typhalea, du nom de la principale espèce décrite par Linné sous celui d 'Urena Typhalea. Cette Plante croit dans les pâturages des Antilles et de la Guiane; elle est figurée dans Cavanilles (Dissert. 2, tab. 197). A cette section, qui est caractérisée par ses car-

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pelles hérissés de petites épines roies et rebroussées, appartient encore le Pavonia spinifex, Willd.; Hibiscus spinifex, L. et Jacquin; figuré par Cavanilles, loc. cit., tab. 45. Cette Plante a une tige arborescente, des feuilles ovales, presque cordées, acuminées, dentées en scie, légèrement velues; ses fleurs sont axillaires, solitaires et pédonculées. On la trouve dans les contrées les plus chaudes de l'Amérique, et on la cultive en Europe dans les jardins de botanique.

La seconde section a reçu le nom de Malache et se distingue par ses carpelles sans épines, son involucre plus court que le calice, offrant de cinq à quinze folioles. Parmiles belles espèces de cete section, nous citerons le Pavonia coccillea, Cavan., dont les fleurs purpurines ont jusqu'à deux pouces de diamètre; elle est figurée dans Plumier, édit. de Burmann, tab. 169, fig. 2. Le Pav. Columella, qui croît dans l'île de Mascareigne, et dont les fleurs sont d'un blanc rosé, est aussi une espèce fort remarquable. Gommerson en avait fait, dans ses manuscrits, un genre sous le nom de Columella. Enfin le Pav. speciosa, Kunth, Nov. Gener. et Spec. americ., vol. 5 tab. 477, est une belle espèce de l'Amérique méridionale, qui a de grands pétales violets, avec l'onglet purpurin.

La troisième section, nommée Cancellaria, ne diffère de la précédente que parce que les folioles de l'involucre sont plus longues que le calice. C'est à elle qu'appartiennent les Pavonid paniculata, Cavan.; Pav. co- rymbosa, Willd., ou Althœa corymbosa, Swartz; Pav. zeylanica, Willd., pu Hibiscus zeylanicus, L.; et Pav. cancellata, Cavan., ou Hibiscus cancellatus, L., Suppl.

Ruiz et Pavon avaient établi ungenre Pavonia dont Jussieu a changé le nom en celui de Laurelia. V. ce mot. (G..N.)

* PAVONIEN. pois. Espèce d'Achire. V. ce mot. (B.)

* PAVONINE. Pavonina. MOLL. Ce genre a été proposé par D'Orbigny dans son Mémoire sur les Céphalopodes inséré dans les Annales des Sciences naturelles, mars 1826, pag. 260. Il fait partie de la famille des Sticostègues, la première de l'ordre des Foraminifères; il le caractérise, de la manière suivante: plusieurs ouvertures aux loges; test déprimé latéralement; loges concentriques. D'Orbigny ne fait connaître qu'une seule espèce vivante de l'île Madagascar; il la nomme:

PAVONINE FLABELLIFORME, Pavonina flabelliformis, Modèles, troisième liv., n° 56, Annal, des Scienc. nat., Atlas, pl. 10, fig. 10 et 11. (D..H.)

PAVONITE. POLYP.? FOSS.? Guettard, dans le tome 11 de ses Mémoires, p. 367, a proposé d'établir ce genre pour un corps qui, à ce qu'il dit lui-même, n'offre pas de traces certaines d'organisation et semble seulement composé de couches onduleuses surperposées. Cet auteur rapportait ce genre à la classe des Polypiers; mais il n'a point été adopté. (D..H.)

PAVOT. Papaver. BOT. PHAN. Genre de la Polyandrie Monogvnie, L., formant le type de la famille des Papavéracées et facile à reconnaître aux caractères suivans: calice à deux sépales concaves et très-caducs; corolle à quatre grands pétales plissés et chiffonnés avant leur épanouissement; étamines extrêmement nombreuses et hypogynes; ovaire libre, ovoïde ou allongé, à une seule loge contenant un nombre variable de trophospermes pariétaux, saillans en forme de lames ou de fausses cloisons et chargés d'un très-grand nombre d'ovules font petits; sur le commet de l'ovaire est appliqué un stigmate disciforme composé d'un nombre de branches divergentes et soudées latéralement; le fruit est une capsule ovoïde, globuleuse ou allongée, à une seule loge, s'ouvrant à son sommet au-dessous du stigmate, par la.

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partie supérieure des valves seulement, dont le nombre est égal à celui des lobes du stigmate et des trophospermes; les graines sont fort petites, reniformes et striées.

Ce genre se compose d'environ une vingtaine d'espèces; ce sont en général des Plantes herbacées, annuelles ou vivaces, souvent remplies d'un suc blanc et laiteux; quelaues-unes sont couvertes de poils très-rudes; leurs fleurs sont généralement grandes et terminales et doublent avec une grande facilité dans nos jardins. On en a séparé les espèces qui ont leur ovaire surmonté par un style court, persistant, se roulant en spirale après la fécondation, et terminé par ouatre à six stigmates distincts; elles forment le genre Meconopsis de Viguier, qui a pour type le Papaver cambricum, L. Parmi les espèces vé - ritables de Pavot, nous indiquerons ici les suivantes:

1°. Capsules lisses et glabres.

PAVOT SOMNIFÈRE. Papauer somniferum, L., Sp., Rich., BOT. Méd., 2, p. 649. Cette espèce, originaire d'Orient, est aujourd'hui cultivée et naturalisée dans toutes les régions de l'Europe. Sa racine annuelle porte une tige cylindrique, presque simple, glabre, glauque, haute de deux à quatre pieds; ses feuilles sont alternes, sessiles, semi-amplexicaules, allongées, aiguës, incisées et dentées sur les bords; les fleurs sont trèsgrandes, solitaires et terminales, tantôt d'un rouge violacé, tantôt blanches, penchées avant leur épanouissement, dressées lors de la floraison; les deux sépales sont très-concaves et glabres; la capsule est ovoïde ou globuleuse, présentant deux modifications particulières qui constituent deux variétés constantes. Dans l'une la capsule est plus petite, globuleuse, s'ouvrant au-dessous du stigmate par i'écartemeat du sommet des valves, soudées dans le reste de leur étendue et formant ainsi des espèces de pores; les graines sont constamment noires et les fleurs rougeâtres; c'est le Pavot noir, qui a été distingué comme espèce par quelaues botanistes. Dans la seconde, qui tonne le Pavot blanc, les capsules sont plus grosses, plus allongées, tout-à-fait indéhiscentes; les fleurs sont blanches, ainsi que les graines. Ces deux variétés sont abondamment cultivées, non seulement comme Plantes d'agrément, à cause de la grandeur et de la variété des teintes de leurs fleurs qui doublent avec la plus grande facilité, mais àcause de leur utilité dans les arts et la thérapeutique. C'est en effet des capsules de cette espèce que l'on retire, en Ègypte, en Perse et dans l'lnde, le médicament précieux connu sous le nom d'Opium. V. ce mot. Les capsules sèches sont également employées en médecine; on se sert de leur péricarpe, dépouillé de ses graines, pour faire des décoctions qui sont calmantes et narcotiques; c'est également avec ces capsules que se prépare le sirop Diacode, qui est essentiellement calmant. Quant aux graines, elles contiennent en très-grande abondance une huile grasse que l'on en retire au moyen de la presse, et qui est fort employée dans les arts et l'économie domestique, sous les noms d'Oliette, ou improprement huile d'OEillette; on s'en sert surtout pour l'éclairage.

PAVOT COQUELICOT, Papaver Rhœas, L., Rich., BOT. Méd., 2, p. 653. Cette espèce, qui est annuelle, est excessivement commune dans les moissons qu'elle infeste aux environs de Paris; sa tige est dressée, rameuse, couverte de poils rudes; ses feuilles sont alternes, profondément pinnatifides, à lobes aigus et dentés, également rudes; les fleurs, très-grandes et d'un beau rouge, sont terminales; les sépales sont hispides; les capsules obovoïdes et glabres.

Les pétales du Coquelicot sont employés en médecine comme caïmans. Ils font partie des fleurs dites pectorales; on cultive aussi cette espèce dans les jardins, où les fleurs deviennent semi-doubles et se varient de couleurs.

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PAVOT D'ORIENT, Papaver orientale, L. Originaire d'Orient, d'ou elle a été rapportée par Tournefort, cette belle espèce est vivace; ses tiges hautes de deux à trois pieds, couvertes de poils hispides et blanchâtres, portent des feuilles pinnatifides et grossièrement dentées; de grandes fleurs solitaires d'un beau rouge orangé, avec une tache noire à leur base; on la cultive abondamment dans les jardins. Plusieurs auteurs ont prétendu que c'était de cette espèce que l'on retirait l'Opium, mais il est constaté aujourd'hui que ce remède énergique est tiré du Pavot somnifère; cependant on obtient des capsules de cette espèce un suc qui , en s'épaississant, forme une sorte d'Opium fort analogue à celui du Pavot somnifère, et par sa composition chimique et par ses propriétés médicales. Petit, pharmacien à Corbeil, a publié plusieurs recherches intéressantes sur ce sujet. Selon Tour nefort, les Turcs mangent les capsules encore vertes, malgré leur saveur âcre et même brûlante.

PAVOT A BRACTÉES, Papaver bracteatum, Lindl., Coll., tab. 23. Cette espèce est, sans contredit, la plus belle de tout le genre; elle ressemble assez à la précédente, mais elle est plus grande; les deux sépales de son calice sont deux feuilles pinnatifides de la grandeur des pétales; les fleurs sont fort grandes, d'une belle couleur ponceau très-vive; elle est vivace et commence à se répandre dans les jardins.

2°. Capsules hérissées.

Dans cette section nous trouvons encore un nombre assez considérable d'espèces, mais généralement moins grandes que celles de la section précédente, et moins remarquables par l'éclat de leurs fleurs; les espèces indigènes qui y ont été rangées, sont les suivantes: Papaver pyrenaicum, D. C.; P. alpinum, L.; P. hybridum, L.; P. argemone. Les deux premières sont vivaces et croissent dans les montagnes élevées; les deuxautres sont annuelles et communesdans nos moissons. (A. R.)

PAVOUANE. OIS. Espèoe du genre Perroquet. V. ce mot. (DR..Z.)

PAVOUN. OIS. L'un des synonymes vulgaires de Paon. V. ce mot. (DR..Z.)

* PAXILLE. Paxillus. INS. Genre de Coléoptères mentionné par Latreille (Fam. Nat.) et voisin des Passales. Ce savant ne donne pas les caractères de ce nouveau genre. (G.)

* PAXIODONTE. Paxiodonta. moll. Nom donné par Schumacher aux Coquilles dont Lamarck avait fait depuis long temps son genre Hyrie. V. ce mot. (D..H.)

PAXYLOMME. Paxylomma. INS. Genre de l'ordre des Hyménoptères, section des Térébrans, famille des Pupivores, tribu des Evaniales, établi par Brébisson et adopté par Latreille (Fam. nat. du Règne Anim.). Les caractères de ce genre sont: antennes filiformes, insérées entre les yeux et de treize articles; tête trèsgrosse, ainsi que les yeux qui sont saillans; palpes très-petits, peu visibles; corselet globuleux, un peu bossu; abdomen en faulx, inséré entre les hanches postérieures, tronqué à l'extrémité; pates grêles, à hanches et cuisses postérieures allongées; première cellule cubitale complète, recevant une nervure récurrente; deuxième cellule cubitale incomplète et terminale. Ce genre se distingue des Fœnes et Pélécines, parce que les jambes postérieures de ces Insectes sont en massue. Les Aulaques en diffèrent par leur abdomen. La seule espèce connue de ce genre est:

La PAXYLOMME A BOUCHE BLANCHE, Paxylomma buccata, Brébiss. Elle est longue de deux lignes, brune; ses ailes sont hyalines. La bouche et la base des antennes sont blanches. Le dessous du corselet est noir. L'abdomen est testacé; son extrémité est brunâtre. Les pates sont rousses. Cet Insecte est très commun en juillet, dans les terrains sa-

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blonneux et arides des environs de Falaise. (G.)

* PAYA. POLYP. Nom que portent, dans l'île d'O-Taïti, les Madrépores du genre Fongite. (LESS.)

* PAYAMA. BOT. PHAN. Nom vul-gaire, à la Nouvelle-Grenade, du Bearia œstuans de Mutis et Linné, décrit et figuré par Humboldt et Bonpland, Plant. œquin., 2, p. 120, tab. 118. (G..N.)

* PAYEROU. BOT. PHAN. (Leschenault.) Espèce de Haricot dont on cultive deux variétés aux environs de Pondichéry, le Patche-Payerou et le Pang-Payerou. Ce nom de Payerou s'applique à plusieurs autres espèces de Haricots. (B.)

* PAYKULLII. OIS. (Nilson.) Syn. de Bécassine ponctuée. V. Bécasse. (DR..Z.)

* PAYPAYROLA. BOT. PHAN. Nom de pays duquel, par contraction, on a fait Payrola. V. PAYROLE. (B.)

PAYROLE OU PAYPAYROLA. BOT. PHAN. C'est un genre d'Aublet, qui jusqu'à présent a été si mal caractérisé, qu'on n'a pu encore en saisir les rapports naturels. Possédant dans notre herbier plusieurs échantillons en fleurs et en fruits de cette Plante, nous croyons faire une chose utile d'en donner ici une description un peu détaillée. Le Payrole de la Guiane, Paypayrola guianensis, Aublet, Guiau., 1, p. 249, t. 99, est un grand Arbrisseau ou un Arbre de moyenne grandeur. Ses feuilles sont alternes, longues de six à neuf pouces sur deux à trois de largeur; elles sont obovales, acuminées, entières, rétrécies à leur base et portées sur un pétiole très-court; à la base du pétiole sont deux petites stipules opposées, membraneuses, caduques. Les fleura sont jaunes, formant des épis axillaires et souvent un épi terminal. Leur calice comme campanulé, court, est à cinq divisions très-profondes, incombantes et obtuses; la corolle se compose de cinq pétales linéaires, canaliculés, légèrement cohérens entreeux dans toute leur partie inférieure, de manière que la corolle paraît être au premier abord monopétale, tubuleuse, comme hypocratériforme, un peu étranglée dans la partie supérieure de son tube, qui se termine par un limbe à cinq divisions un peu inégales. Les étamines au nombre de cinq sont monadelphes; elles forment par la réunion de leurs filets une sorte d'urcéole ou de cupule campaniforme entourant l'ovaire. Les anthères sont sessiles sur le bord de cette cupule; elles sont à deux loges introrses, courtes et divergentes dans leur partie inférieure. L'ovaire est libre au fond de la fleur;il est ovoïde, très-allongé, preque cylindrique, aminci vers sa partie supérieure où il se termine insensiblement par un style dressé, cylindrique, un peu renflé vers sa partie supérieure où se voit un stigmate à peine distinct du sommet du style, mais qui semble perforé. Le fruit est une capsule assez grosse, ovoïde, trigone, rétrécie en pointe à ses deux extrémités. Son péricarpe, assez mou extérieurement, est cartilagineux à son intérieur; il offre une seule loge, et s'ouvre naturellement en trois valves creuses et concaves; chaque valve porte sur le milieu de sa face interne, trois graines attachées à un trophosperme pariétal; ces graines sont ovoïdes, un peu allongées, placées horizontalement. La paroi interne de chaque valve, ainsi que nous l'avons dit, est formée d'une lame cartilagineuse qui, à l'epoque de la parfaite maturité, se sépare de la partie externe avec force et une sorte d'élasticité, et détache et projette les graines attachées à sa face interne. Ces graines sont jaunes, luisantes extérieurement; vers leur hile elles offrent une petite caroncule blanchâtre, qui se prolonge en une ligne légèrement saillante sur un des côtés de la graine. Le tégument propre de la graine est crustacé, fragile, recouvrant un endosperme corné, blanchâtre, qui contient dans son intérieur un embryon à radicule très-

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courte, tournée vers le hile, à cotylédons planes, minces et très-obtus. Cet Arbrisseau croît naturellement dans les forêts de la Guiane. Jusqu'à présent on n'avait pu déterminer en aucune manière les affinités de ce genre. Mais l'examen attentif que nous en avons fait nous porte à le considérer comme ayant les plus grands rapports avec la famille des Violariées dans laquelle il doit occuper une place voisine de celle du genre Conhoria. En effet, pour peu que l'on compare les caractères que nous avons décrits dans le genre Payrola, on verra qu'ils s'accordent parfaitement avec ceux de cette famille. C'est ce que nous nous proposons de développer plus longuement dans un Mémoire spécial sur ce genre. (A. R.)

* PAZON. OIS. Syn. vulgaire du crave. V. CORBEAU. (DR..Z.)

PÉANITES. MIN. On trouve ce nom donné aux Géodes dans de vieux oryctographes. (B.)

PEAU. ZOOL. On donne ce nom à la substance membraneuse qui constitue l'enveloppe extérieure de la plupart des Animaux. L'une de ses surfaces est toujours libre et en rapport avec les corps extérieurs; l'autre est unie plus ou moins intimement aux parties sous-jascentes de l'Animal. Cette enveloppe tégumentaire est formée d'un certain nombre de couches plus ou moins distinctes. La plus profonde porte le nom de derme ou chorion, et en constitue la partie la plus épaisse et la plus résistante. Son tissu est dense, élastique, et en général blanchâtre. Examiné au microscope, on voit qu'il est de nature albuginée, et que les fibres qui le forment s'entrecroisent de manière à laisser entre elles des aréoles plus ou moins nombreux et réguliers, qui renferment souvent des vésicules adipeuses et livrent passage aux vaisseaux sanguins. Un certain nombre de ces vaisseaux constitue le système capillaire de la substance du chorion; mais d'autres le traversent de part en part, et vont former les bourgeons vasculaires qu'on remarque à sa surface extérieure. On donne ce nom à de petites aspérités ou papilles qui adhèrent légèrement aux aspérités du chorion lui-même, et qui ne paraissent être que de petits amas de vaisseaux contournés en divers sens. Une couche cellulaire plus ou moins épaisse recouvre ces bourgeons, ainsi que la face externe du chorion. C'est le corps muqueux de Malpighi. Sa consistance est plus grande près de ses deux surfaces que dans son épaisseur. Aussi plusieurs anatomistes y ont-ils distingué plusieurs lames distinctes, sur le nombre desquelles ils ne sont pas d'accord. Quoi qu'il en soit, c'est dans cette couche cellulaire que se dépose la matière colorante de la Peau, substance dont les propriétés physiques varient, mais qui paraît être toujours composée de globules d'une petitesse extrême, agglomérée, mais ne formant point de membrane organisée et vivante. Enfin, au-dessous du corps muqueux, se trouve l'épiderme, qui ne paraît être autre chose qu'une membrane semicornée, résultant de la dessiccation et du durcissement des couches les plus superficielles du corps muqueux et des humeurs albumineuses dont ce dernier est imprégné. Il ne jouit pas de la vie à la manière des autres tissus, et est formé d'un nombre plus ou moins considérable de lames superposées. Telles sont les parties qui constituent essentiellement la Peau; mais souvent on trouve encore dans son épaisseur d'autres organes, et notamment les appareils sécréteurs, comme nous le verrons du reste à l'article TÉGUMENS. (H.-M. E.)

PEAU. MOLL. On a donné le nom vulgaire de Peau, en y ajoutant quel-qu'épithète, à un assez grand nombre de Coquilles de divers genres; ainsi on nomme:

PEAU D'ANE, le Cypræa flaveola, L.

PEAU DE CHAGRIN, le Conus varius et le Conus granulatus.

PEAU DE CHAT, le Cypræa fragilis, L.

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PEAU DE CIVETTE, le Conus obesus, L.

PEAU DE LIÈVRE, le Cyprœa testudinari.

PEAU DELION, le Strombus lentigirosus, L.

PEAU DE SERPENT, le Turbo Pellis- Serpentis, l'Helix pellis- Serpentis, le Conus testudineus, le Cyprœa mauriliana.

PEAU DE TIGRE, le Cyprœa Tigris, etc., etc. (D..H.)

EAU DE GANT. BOT. crypt. Même chose que Cuir des Arbres. V. ce mot. (B.)

* PESAUTIA. BOT. PHAN. (Commerson.) Syn. d'Horlensia. V. ce mot. (B.)

PÉBER. BOT. PHAN. (Gouan.) Nom languedocien du Capsicum ann uum, L., qui vient évidemment de Piper, d'ou ces noms de Péberon, PIVrON el Poivron, donnés par corruption au Piment en diverses parties de la France par les jardiniers, et recueillis avec mille autres mots tirés de divers jargons dans la plupart des Dictionnaires. (B.)

PÉBRÉ. BOT. PHAN. (Gouan.) Et non pebrie. Le Vitex agnus-castus dans les provinces méditerranéennes de la France, où ce mot signifie également Poivre. On l'applique aussi aux Sarriettes, parce que les pauvres gens emploient les graines piquantes du Vitex, ou la Sarriette, dans l'assaisonnement de leurs ragoûts grossiers. (B.)

PEC OU PEKEL. pois. V. CLUPE à l'article Hareng commun. (B.)

* PECA. OIS. Espèce du genre Jacana. V. ce mot. (B.)

PECARI. MAM. Espèce du genre Cochon. V. ce mot. (B.)

PECHE. BOT. PHAN. Fruit du Pêcher. V. ce mot. (B.)

* PÊCHE-BERNARD. OIS. (Salerae.) Syn. vulgaire de Héron cendré. V. Héron. (DR..Z.)

PECHE-KE-SHISCH. OIS. Espèce du genre Mésange. V.ce mot. (DR..Z.)

PÊCHE-MARTIN ETPÊCHE-VÉ- RON. OIS. Syn. vulgaires de Martin- Pêcheur. (DR..Z.)

PÊCHER. Persica. BOT. phan. Linné réunit à l'Amandier (Amygdalus) le genre Pêcher (Pérsica) de Tournefort, qui ne difiere en effet du premier que par son sarcocarpe trèssucculent et son épicarpe osseux et très-anfractueux. Cependant, malgré le peu de gravité de ce caractère, quelques auteurs modernes ont rétabli le genre de' Tournefort. Necker a même cru nécessaire de lui imposer le nouveau nom de Trichocarpus. On a suivi, dans cet ouvrage, l'opinion de Linné. V.AMANDIER. (G..N.)

* PÊCHEUR DE POISSONS (grand). OIS. Nom que l'on donne vulgairement à l'Aigle vocifer. V- AIGLE. (DR. Z.)

* PECHIOLORADOS. OIS. Frezier, dans la relation de son Voyage au Chili (p. 74), indique sous ce nom un Oiseau de la province de Coquimbo, qui paraît être le Sternus loyca de Molina, le Sternus militaris de Linné. (LESS.)

PECHSTEIN. MIN. Ce nom, qui veut dire Pierre de Poix, Pierre à cassure résineuse, a été donné par les minéralogistes allemands à deux Minéraux d'espèces bien différentes, dont le caractère commun était d'avoir une texture, une cassure et un. éclat analogues à ceux de la Résine. L'un de ces deux Minéraux est le Quartz ou Silex résinite qui est infusible; l'autre, qui est fusible avec facilité, est le Résinite, substance qui fait la base d'une roche à structure porphyroïde, le Pechstein-Porphyr ou le Stigmite. V. Résiniteet Stig- MITE. (G. DEL.)

* PECOPTERIS. BOT. CRYPT. FOSS.(A. Brongniart.) V. FILICITES.

PÉCORES. Pecora. MAM. Cinquième ordre de la classe des Mam-

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mifères suivant la méthode de Linné. V. Mammalogie. (IS. G. ST.-H.)

* PECTANGIS. BOT. PHAN. Du Pelit-Thouars (Hist. des Orchidées des îles australes d'Afrique, tab. 51) a figuré sous ce nomune Plante des îles Maurice et Mascareigne, qui, suivant la nomenclature liunéenne, serait nommée Angrœcum pectinatum. (G..N.)

PECTEN. CONCH. V. PEIGNE.

PECTEN VENERIS. BOT. PHAN. V. PEIGNE DE VÉNUS.

* PECTIDE. Pectis. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées et de la Syngénésie superflue, L., placé par Cassini dans sa tribu des Tagétinées, et caractérisé de la manière suivante: involucre cylindrique, plus court que les fleurs du centre, composé de cinq folioles égales, disposées sur un seul rang, libres, oblongues, arrondies au sommet, munies de grosses glandes oblongues. Réceptacle très-petit, plane, nu ou presque nu. Calathide radiée, composée au centre de trois ou quatre fleurs régulières, hermaphrodites ou mâles, et à la circonférence de cinq fleurs femelles; celles-ci ont des corolles à languette petite, ovale, munie près du sommet de deux glandes; style des fleurs du disque simple, sauf le sommet qui est bifide; ovaires longs, grêles, striés; aigrette composée a une à trois petites écailles presqu'égales, étalées, subulées, épaisses, fortes, cornées, absolument nues et lisses. Cassini a établi aux dépens du genre Pectis, deux autres genres sous les noms de Chtonia et de Cryptopetalon, qui en diffèrent essentiellement par leurs aigrettes paléiformes ou filiformes, dentées et barbellulées. Ces différences n'ont pas semblé assez importantes à la plupart des botanistes pour l'admission de ces genres nouveaux. Le genre Schkuhria de Roth est fondé sur le Pectis pinnata de Lamarck et Cavanilles. V. Schkuhrie. Les Pectides sont des Plantes herbacées, à feuilles opposées, linéaires, sessiles, marquées de points glanduleux, à fleurs jaunes, terminales ou axillaires, solitaires ou disposées en corymbes. On en connaît à peu près sept ou huit espèces toutes indigènes des Antilles du Mexique et des côtes voisines de l'Amérique méridionale. Les Pectis punclata et linifolia qui sont regardées comme types du genre, ont été figurées, la première par Plumier, Icon., 86, f. 1, et par Jacquin, Amer., tab. 126, édit. enl., tab. 196; la seconde par Sloane (Hist. Jamaic., 1, p. 2554, tab. 149, f. 3). Kunth en a décrit quatre espèces nouvelles, dont deux, Pectis elongata et Pectis canescene, ont été figurées (N ov. Gen. et Pl. œquin., vol. 4, tab. 392 et 393.) (G..N.)

PECTINAIRE. Pectinaria. annel. Genre fondé par Lamarck. Il correspond au genre Cistène de Leach et à celui établi par Savigny sous le nom d'Amphictène. Lamarck a décrit deux espèces: la Pectinaria belgica et la Pectinaria capensis; la première est: l' Amphictene auricoma de Savigny et la seconde son Amphictene capensis. V. AMPHIOTÈNE. (AUD.)

* PECTINARIA. BOT. PHAN. Haworth (Suppl. succul. Plant., p. 14) propose sous ce nom un genre qui aurait pour type le Stapelia articulatade Masson. Ce genre n'est pas encore définitivement adopté. V. STAPÉLIE. (G..N.)

PECTINEA. BOT. PHAN. Gaertner a créé ce nom générique pour un fruit qu'il a décrit et figuré (de Fruct. et Sem. Plant., 2, p. 136, tab. 3), mais dont les autres parties de la fleur sont inconnues. Ce fruit est une baie capsulaire (capsula baccata) presque sphérique, uniloculaire, déhiscente par le sommet et presque jusqu'à la base en trois pièces ou valves coriaces, épaisses, extérieurement hérissées de points élevés très-rapprochés, et d'une couleur trèsbrune, intérieurement lisses, brillantes et jaunâtres, Ce. fruit, lors-

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qu'il est vert, reoferme une pulpe aqueuse qui entoure les graines, et qui disparaît entièrement par la dessiccation. Les graines en petit nombre (de une à quatre), sont fixées tantôt au fond de la baie capsulaire, tantôt elles nagent dans la pulpe, probablement supportées par un placenta filiforme, dont l'auteur ne fait pas mention. Elles sont assez grosses, convexes d'un côté, anguleuses de Vautre, osseuses et rouges; leur embryon a une radicule réfléchie en forme de bec vers le centre de la graine. Gaertner a nommé Pectinea zeyIonica, l'espèce qui fournit celte g'aine, parce qu'elle est originaire de l'île de Ceylan. C'est le Docihampana d'Hermann, Mus. zeyl, 67. (G..N.)

PECTINIBRANCHES. Pectinibranchia, MOLL. Cuvier employa le premier ce mot pour caractériser un ordre de Mollusques qui ont les branchies pectiniformes. Cet ordre est très-considérable par le grand nombre de genres qu'il renferme. Presque tous les Mollusques turbinés marins à ouverture entière et siphonifères, y sont compris; ils sont divisés, d'après ce caractère, en deux parties, les Pectinibranches Trocturides et les Pectinibranches Buccinoïdes; cette division ne fut point admise par Lamarck, mais adoptée dans son intégrité par Férussac dans ses Tableaux systématiques. Blainville n'a point admis cet ordre qui, dans soni dernier ouvrage, est représenté assez complètement par la première sous-classe, les Paracéphalophores dioïques. Latreille (Familles naturelles du Règne Animal) a adopté comme Férussac les Pectinibranches, dont il conserve les deux principales divisions en donnant à la première le nom de Gymnocochlides, et à la seconde celui de Cryptocoeblides. Les Gymnocochlides à eux seuls renferment tous les Pectinibranches de Cuvier, tandis que les Cryptocochlides contiennent seulement la famille des Macrostomes ou sé trouvent les genres Sigaret, Cryptostome et Lamellaire. V. ces mots. (D..H.)

PECTINIA. POLYP. La section établie sous ce nom parmi les Madrépores dans le Manuel de zoologie d'Oken, répond à peu près au genre Pavonia de Lamarck. V. PAVONE. (B.)

* PECTINIDES. Pectinides. conch. Famille instituée par Lamarck, dans son dernier ouvrage, pour séparer de sa famille des Ostracées établie précédemment, plusieurs genres à coquille régulière dans le plus grand nombre, mais tous ayant les oreilles latérales au bord cardinal. Il la caractérise ainsi: ligament intérieur ou demi-intérieur; coquille en général régulière, à lest compacte , non feuilleté dans son intérieur. Cette famille se compose des sept genres suivans: Houlette, Lime, Plagiostome, Peigne, Plicatule, Sponayle et Podopside. V. ces mots. Férussac, en adoptant cette famille, y a ajouté les genres Hinnite de Defrance et Dianchore de Sowerby. Ce dernier, d'après notre manière de voir, doit être rapproché des Térébratules. Blainville l'a laissée composée à peu près des mêmes élémens, et lui a donné le nom de Subostracés (V. ce mot) Latreille l'a réduite à deux genres seulement, Peigne et Spondyle, reportant dans la famille des Oslracés les genres que Lamarck en avait fait sortir. Nous pensons que l'arrangement de Lamarck est bien naturel, et c'est celui que nous adopterions de préférence. (D..H.)

PECTINIER. CONCH. L'Animal des Peignes. V. ce mot. (B.)

PECTINITES. CONCH. Nom donné aux Peignes fossiles. V. PEIGNE. (B.)

PECTONCLES ET PECTONCULITES. conch. Pour Pétoncles et Pétonculites. V. ces mots. (B.)

* PECTOPHYTE. Pectophytum. BOT. PHAN. Genre de la famille des Ombellifères, et de la Pentandrie Digynie, L., établi par Kunth (Nov. Gen.

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et Spec. Plant. œquin. T. v, p. 29, tab. 42 5) qui l'a ainsi caraotérisé; fleurs hermaphrodites; calice dont le bord est entier; corolle à cinq pétales égaux, aigus au sommet et un peu infléchis; cinq étamines; ovaire infère surmonté de deux styles; fruit ou akène ové-elliptique, légèrement comprimé parallèlement à la commissure, glabre, nu, divisible en deux segmens, munis chacun de cinq côtes peu prononcées. Ce genre est très-voisin du Bolax de Commerson, dans lequel Sprengel a placé l'unique espèce dont il se compose. C'est une herbe qui forme des touffes à feuilles imbriquées, trifides, portées sur des pétioles persistans, renflés et tubéreux dans leur partie supérieure. Ses fleurs sont blanches, terminales et fasciculées. L'auteur l'a décrite et figurée sous le nom de Pectophytum pedunculare, et Sprengel sous celui de Bolax pedunculatus. Elle croît sur le plateau élevé de l'Antisana au Pérou. (G..N.)

PECTORAL. OIS. Espèce du genre Soui-Manga. V. ce mot. (DR..Z.)

* PECTORALTNE. Pectoralina. MICR. (V. planches de ce Dictionn.) Genre de la famille de Pandorinées, dans l'ordre des Gymnodds, caractd-rise par l'agglomd ration de molecules sphériqnes, vivantes, juxta-posées de maniere a former à plat comme une lame eu roue dont le mouvement s'exerce sur le sens vertical ou mince. Une membrane, à peine visible à force de transparence, y enveloppe an un seul animalcule une collection de corpuscules plus petits, animalcules rudimentaires destines a devenir des Pectoralines semblables à celles dontilsse scront détachés quand l'époque de la multiplication déterininera la dislocation de l'ensemble. Les Pectoralines diffèrent des Pando-rinées en ce que celles-ci sofit globuleuses, et que les molecules intérieures vivantes y sont encorc de petites agglomérations à l'infini. Muller en avait fait des Gonium, genre dont il a étéquestion au mot Gone ouGo- NELLE, mais où les Pectoralines étaient absolument déplacées. Le nom du genre qui nous occupe vient de ce que les espèces dont il se compose, représentent, quand on les voit par leur plat, la figure du pectoral des pontifes d'Israël dont il est parlé au chapitre 28 de l'Exode. Entraîné par l'exemple du savant danois, nous n'avions long-temps cru qu'à une espèce; mais nous avons reconnu depuis que ce qu'on y prenait pour deux variétés étaient deux espèces distinctes.

PECTORALINE HÉBRAÏQUE, Pectoralina hebraica, N., Encycl. méth., Dict.; Gonium pectorale, Müll., Inf., tab. 6, fig. 9-11; Encycl, pl. 7, fig. 1-3. «Qu'on imagine, disionsnous dans l'Encyclopédie, au grossissement de cinq cents fois environ; douze grains de plomb à perdrix, transparens comme du verre, disposés sur quatre lignes formées chacune de trois grains en carré, au centre duquel quatre autres grains répondans aux quatre angles du carré seraient inscrits de manière à ce que se touchant à peine ils laissent entre eux de petits espaces sur lesquels règne la membrane commase très-diaphane, qui tient le tout aggloméré en un petit corps vivant. Cet Animal, ajoutions-nous, présente un merveilleux spectacle; lorsqu'on le voit par son plat, on dirait de petites perles enchâssées par la main d'un habile orfèvre pour former la plaque d'une agrafe ou d'une bague élégante.» La couleur de la Pectoraline hébraïque est le beau vert tendre et transparent. Nous avons rencontré assez fréquemment ce Microscopique dans certains fossés et dans l'eau des marais que nous conservions dans des vases pour y faire développer de la matière verte. Un savant, qui semble mettre autant de soin à cacher le secret de son existence qu'à dévoiler les secrets de la nature, le trop modeste le Baillif, l'un de nos plus expérimentés micrographes, conserve depuis long temps un vieil Alcyon

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dont les fragmens mis en infusion lui fournisent la Pectoraline hébraïque en abondance toutes les fois qu'il désire en observer; il nous en a lenu muni lorsque nous avons eu affaire de les examiner; il a montré ces créatures merveilleuses à divers naturalistes qui, en admirant la rapidité et la variété de leurs mouvemens, en les comparant aux valses d'un bal très-animé, veulent absolument n'y voir que des Plantes; la servante de Molière y eût certainement reconnu des Animaux. Quoi qu'il en soit nous avons vu très-souvent les Pectoralines se disloquer; chaque molécule s'échappait alors indépendante, ou plus communément, demeurant jointe à quelques autres en manière de collier de perles $ le mouvement le plus ordinaire est celui de rotation et de balancement; quelquefois le disque se creuse un peu sur son plat de manière à présenter une disposition concave-convexe.

PECTORALINE FAUVE, Pectoralina flavicans, N., β flavescens minor, N., Encycl. méth., Dict. Cette espèce, que nous connaissions depuis plus long-temps que la précédente, mais que nous n'en avions pas suffisamment distinguée, est plus petite, et de couleur brunâtre ou fuccinée. Nous l'avons rencontrée dans des vases où nous élevions des Conferves, soigneusement entretenues avec de l'eau pure; elle s'y trouvait parfois en quantité innombrable, d'autres fois elle y était assez rare; enfin il arrivait qu'on n'en rencontrait plus que des fragmens immobiles ou qui, ne Cessant pas d'agir, devenaient sans doute plus tard des Animaux complets.

Gmelin (S ysl. Nat., xiii, T. 1, p. 3893) mentionne, d'après Schrank, une espèce du genre Gonium qu'il nomme polysphœrium, et qui, formée d'une multitude innombrable de globules disposés en disque, assez semblable, au nombre près de ses globules, aux espèces précédentes, en pourrait être rapprochée, si elle n'est une Pandorine. Elle est infiniment petite, d'un vert jaunâtre, et a été trouvée dans une eau stagnante trèspure.

De l'examen des Pectoralines résulte une idée sur laquelle on ne saurait trop engager les physiologistes micrographes à s'occuper; savoir: que les formes animales qu'on peut considérer comme d'essai, se retrouvent identiques ou presqu'identiques dans le règne végétal; le mouvement spontané seul fait la différence. Ainsi lorsqu'on ne peut distinguer les diverses sortes de globulines des Monadaires que parce que Jes unes ne vivent pas tandis que les autres s'agitent, les Pectoralines ont leurs analogues dans les Héliérelles (V. ce mot), genre auquel Turpin ajoute quatre espèces de la plus grande élégance, mais dont un trèsfort grossissement peut seul révéler la singulière composition: ce sont les Helierella Boryana, Napoleonis, renicarpa et truncata. (B.)

PECTORAUX, POIS. Syn. de Thoraciques. V. ce mot. (B.)

PECTUNCULUS. CONCH. V. PÉTONCLES.

* PÉDALÉES (NERVURES.) BOT. PHAN. On nomme ainsi les nervures des feuilles dont le limbe est marqué dès sa base de deux nervures principales très divergentes, qui portent chacune sur leur côté intérieur des nervures secondaires parallèles entre elles et perpendiculaires sur les principales. Lies feuilles qui offrent cette structure, celles de l'Hellébore, par exemple, sont nommées pédalinerves. (G..N.)

PÉDALI. Pedalium. BOT. PHAN. Genre de la famille des Bignoniacées, et de la Didynamie Angiospermie, L., dont le célèbre R. Brown a fait le type d'une famille naturelle distincte sous le nom de Pédalinées. V. ce mot. Le Pédali se compose d'une seule espèce, Pedalium Murex, L., Sp., Lamk., Ill., t. 538. C'est une Plante herbacée originaire de l'Inde

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et en particulier du Malabar et de Ceylan. Sa tige simple et dure inférieurement est tortueuse; ses feuilles opposées, ovales, obtuses, sinueuses et comme incisées sur leurs bords, sout portées sur des pétioles à peu près de la longueur des feuilles, et munis à leur base de deux glandes axillaires. Les fleurs courtement pédonculées sont solitaires et axillaires. Leur calice est à cinq divisions trèsprofondes et presque égales. La corolle est monopétale en cloche allongée, terminée inférieurement par un tube très-court; le limbe est à cinq lobes inégaux et obtus. Les étamines au nombre de quatre, incluses, sont didynames, avec le rudiment d'une cinquième étamine avortée. L'ovaire appliqué sur un disque hypogyne, annulaire, plus renflé d un côté, se termine par un style qui porte à son sommet un stigmate bilobé. Le fruit est sec, ligneux, tétragone, aminci en pointe à ses deux extrémités, muni extérieurement de quatre pointes dures et épineuses, occupant chacune un de ses angles. Il est à deux loges qui restent closes et contiennent chacune deux graines superposées, pendantes et attachées à l'angle interne de la loge. Le genre R ogeria publié récemment par J. Gay (Ann. des Scienc. nat., 1, p. 457), a beaucoup de rapports avec le Pedalium. Mais néanmoins il n'y doit pas être réuni, comme l'a pensé le professeur Delile (Voyage à Méroë par Cailliaud, part. BOT., p. 78). Il en diffère par son fruit à quatre loges contenant chacune un assez grand nombre de graines, et parce que ce fruit s'ouvre, mais incomplètement, en deux valves. V. Ro- GERIE. (A. R.)

PÉDALINÉES. Pedalineœ. BOT. PHAN. Rob. Brown a nommé ainsi une famille de Plantes qu'il compose surtout des genres Pedalium, L., et Josephinia, Vent. Cette famille a beaucoup de rapports avec les Bignoniacées et surtout le genre Sésame; son fruit la rapproche à la fuis des Myoporinées et des Verbénacées, et c'est par son organisation que le célèbre botaniste anglais pense qu'il faut éloigner les Pédalinées des Bignoniacées. En effet ce fruit est sec, armé de pointes épineuses, ordinairement indéhiscent, à deux, quatre ou huit loges irrégulières et souvent incomplètes, contenant chacune une, deux ou un plus grand nombre de graines. Mais la plupart de ces caractères se retrouvent dans les genres Sesamum, Martynia, etc., qui appartiennent à la famille des Bignoniacées, où ils forment simplement une section que le professeur Kunth a nommée Sésamées. Il nous paraît donc nécessaire d'y réunir les Pédalinées de Robert Brown. (A. R.)

* PÉDALINERVES (FEUILLES). BOT. PHAN. Les feuilles sont dites pédalinerves quand elles ont leurs nervures pédalées, comme par exemple dans l'Hellébore Pied-de-Griffon. (G..N.)

PEDALIUM. BOT. PHAN. (Adanson.) V. ATRAPHACE et PÉDALI.

PÉDANE. BOT. PHAN. L'un des noms proposés dans quelques livres pour franciser décemment le mot Onopordum. V. Onoporde. (B.)

PÉDÈRE. Pœderus. ins. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Brachélytres, tribu des Longipalpes, établi par Fabricius, et adopté par tous les entomologistes, avec ces caractères: antennes insérées devant les yeux, grossissant insensiblement; mandibules dentées au côté interne, avec la pointe simple ou entière; palpes paraissant être terminés en massue, le troisième article étant renflé. Ces Insectes diffèrent des Evesthœtes et des Stènes parce que ceux-ci ont les antennes terminées par une massue bien distincte. Le corps des Pédères est allongé; leur tête est à peu près de la largeur du corselet, auquel ell e tient par un col étroit et fort court. Les yeux sont arrondis et saillans. Les antennes sont filiformes, ou vont

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à peine en grossissant vers l'extrémité; elles sont composées de onze articles et insérées à la partie latérale antérieure de la tête, à quelque distance des yeux. La lèvre supérieure est fort large, courte, cornée, légèrement échancrée à la partie antérieure. Les mandibules sont grandes, cornées, arquées, aiguës et armées de plusieurs dents au milieu de leur partie interne. Les mâchoires sont fortes, cornées, bifides. La division interne est courte, pointue, latéralement ciliée. Les palpes maxillaires sont beaucoup plus longs que les labiaux, composés de quatre articles dont le premier est court, le second très-long, le troisième allongé et renflé à son extrémité, et le dernier petit, mince, très-court et à peine apparent. La lèvre inférieure est étroite, plus ou moins avance, coriace, entière ou presque échancrée à son extrémité. Les palpes sont courts, filiformes et composés de trois articles. Le corselet est convexe, arrondi ou ovale, et quelquefois carré, avec les angles obtus; il est sans rebord sur les côtés. L'écusson est très-petit. Les élytres sont courtes, convexes, rebordées; elles couvrent deux ailes membraneuses, repliées, et laissent à nu toute la partie supérieure de l'abdomen. Les pates sont simples et de grandeur moyenne. Ces Insectes se trouvent dans les lieux humides. Ils ont un faciès qui les fait distinguer au premier coup-d'œil de tous les autres Staphiliniens. Ce genre est assez nombreux en espèces, presque toutes d'Europe. Nous citerons comme type:

Le PÉDÈBE RIVERAIN, Pœderus riparius, Fabr., Latr., Gravenh.; Staphilinus riparius, L., etc. Long de trois lignes. Antennes un peu velues, noirâtres, avec les trois premiers articles fauves; palpes fauves; tête lisse, un peu velue, noire; corselet convexe, d'un faune luisant, de la largeur de la tête, marqué de quelques petits points en striesd'où partent quelques poils; écusson fauve; élytres un peu plus longues que larges, ponctuées, bleues et luisantes; abdomen velu, fauve, avec les deux derniers anneaux noirs; pates fauves, avec les genoux noirâtres. Cette espèce est commune dans toute l'Europe. (G.)

PEDEROTA. BOT. Pour Pœde— rota. V. ce mot. (B.)

PÉDESTRES. INS. Scopoli et Gravenhorst ont fait successivement usage de ce nom; le premier pour désigner les Insectes diptères, et le second pour distinguer une tribu de la famille des Ichneumonides, les Ichneumonides apteres de Linné et de Fabricius. (AUD.)

PÉDÈTES. MAM. (Illiger.) V. HÈLAMYS au mol Gerboise, et au Supplément de ce Dictionnaire. (B.)

PÉDICELLAIRE. Pedicellaria. psych.? «Ce genre, dit le savant Lamarck (Anim. sans vert. T. II, p. 63), laisse en quelque sorte de'incertitude sur son caractère de Polype et sur sa véritable famille.» En effet, on y trouve quelque chose de la figure des Hydres et des Corynes, mais le corps n'y paraît point être contractile; ce corps est grêle, roide et un peu dur; ce qu'on prend pour le corps n'est peut-être qu'un fourreau qui servirait d'asile à quelque Animal voisin des Yaginicoles ou des Tubicolaires; ce fourreau ou corps consiste en un globule ou renflement supporté par un pédicule linéaire qui se fixe entre les épines des Oursins. Ce fut l'exact Müller qui établit ce genre en y mentionnant trois espèces dont les figures se trouvent reproduites dans les planches de l'Encyclopédie par ordre de matières, savoir: Pedicellaria globifera, pl. 66, fig. 1; Pedicellaria triphylla, fig. 64; et Pedicellaria tridens, fig: 3. Blainville, dans le Dictionnaire de Levrault, paraît douter de la validité du genre de Müller, et dit, au sujet du Pedicellaria rotifera ajouté au Catalogue des espèces par Lamarck: «Pour celle-ci, je suis à peu près certain que ce n'est autre chose que les cirres

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tentaculaires de l'Oursin sur lequel M. Lamarck l'a observée; du moins dans un assez grand nombre d'espèces que j'ai étudiées, j'ai trouvé que ces cirres tentaculaires, surtout autour de la bouche, sont terminées par un petit plateau orbiculaire denté dans la circonférénce et percé au centre absolument comme M. de Lamarck décrit sa Pédicellaire rolifère. En serait-il de même des autres » Nous avons, comme le professeur Blainville, observé et même fort souvent les cirres tentaculaires des Oursins, et nous devons convenir que leur examen nous a donné de tout autres idées; elles ne nous ont paru ni roides ni dures, comme celles de l'Animal sur l'existence duquel il est difficile d'élever des doutes, puisque c'est le plus grand zoologiste de l'époque qui l'a observé. (B.)

PÉDICELLE. Pedicellus BOT. On désigne sous ce nom chacune des ramifications du pédoncule. V. ce mot. Le nom de Pédicelle a élé aussi donné au filet qui supporte l'urne des Mousses, et qui est généralement connu sous le nom de Soie (Seta). (G..N.)

PÉDICELLÉS. Pedicellata. échin. Premier ordre des Echinodermes, établi par Cuvier (Règne Animal) et comprenant les genres Astérie, Oursin et Holothurie. V. Echinodermes et Zoophytes. (A. R.)

PÉDICELLIE. Pedicellia. BOT. PHAN. Loureiro (Flor. Cochinch., édit. Willd., 2, p. 803) a établi sous ce nom un genre de la Polygamie Diœcie, L., que les auteurs avaient d'abord rangé parmi les Rhamnées, mais qui a été placé par De Candolle à la suite des Sapindacées, parmi les genres dont l'organisation n'est pas encore bien connue. Cependant il est fort douteux que ce soit bien sa placé dans l'ordre des affinités naturelles, attendu que les feuilles du Pedicellia sont opposées, tandis qu'elles sont alternes dans les vraies Sapindacées. Il présente les caractères essentiels suivans: fleurs polygames dioïques; calice divisé profondément en cinq lobes petits et aigus; corolle nulle; huit étamines; ovaire presque arrondi, pédicellé, surmonté de trois stigmates réfléchis et presque sessiles; capsule à trois valves, renfermant une seule graine arillée, soutenue par un pédicelle particulier.

Le Pedicellia oppositifolia, Lour., loc. cit., est un petit Arbre dont les rameaux sont étalés, garnis de feuilles opposées, pétiolées, glabres, lancéolées, très-entières. Les fleurs sont pâles, disposées en longues grappes terminales. Il croît dans les forêts de la Cochinchine. (G..N.)

* PÉDICELLULE. Pedicellulus. BOT. PHAN. H. Cessini (Opusc. Phytol., 1, p. 202 et 222) donne ce nom à un filet fibreux, court, grêle, épaissi à la base, qui, dans les Synanthérées, attache chaque ovaire au réceptacle. Ce corps est entièrement appendiculaire, et, selon Cassini, il ne faut pas le confondre avec ce que ce savant nomme pied de l'ovaire, qui est réellement un prolongement de la base de celui-ci. (G..N.)

PÉDICIE. Pedicia. ins. Genre de l'ordre des Diptères, famille des Némocères, tribu des Tipulaires terricoles, établi par Latreille pour placer la Tipula rivosa de Linné, seule espèce qui compose ce genre jusqu'à présent. Les caractères de ce genre sont: antennes très-courtes, à peine plus longues que la tête, un peu veues, composées de seize articles, les deux premiers beaucoup plus longs que les autres, celui de la base cylindrique et le plus grand de tous, le second en forme de coeur renversé, les sept suivans beaucoup plus petits, presque grenus, les sept derniers plus grêles que les précédens et presque cylindriques; palpes courbés , composés de quatre articles, le dernier beaucoup plus long, plus menu, noueux et comme articulé; trompe courte, terminée par deux grosses lèvres; tête ovale, prolongée antérieurement en forme de museau cylindrique armé d'une pointe; point de

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petits yeux lisses; corps allongé; ailes écartées l'une de l'autre, même dans le repos; pates longues, les quatre premières égales entre elles. Ce genre diffère des Limnobies, avec lesquelles Meigen a confondu l'espèce qui lui sert de type, parce que ses palpes ont le dernier article long et comme noueux, ce qui n'a pas lieu chez les Limnobies. Les Cténophores ont les antennes pectinées ou en scie. Dans les Tipules, les antennes n'ont que treize articles, tandis qu'il y en a seize dans les Pédicies. La seule espèce de ce genre est:

La PÉDICIE A TRIANGLE, Pedicia, rivosa, Latr.; Lemnobia rivosa, Meigen, Macq.; Tipula rivosa, L.; Ti pula triangularis, Fabr. Longue de douze à treize lignes; tête brune; antennes, palpes et bouche roussâtres; corselet brun, avec deux lignes dorsales d'un blanc roussâtre; ses côtés de cette couleur, mêlée d'un peu de blanchâtre; abdomen brun, roussâtre vers l'anus dans les mâles, avec les côtés blancs; pates brunes, leur articulation un peu plus foncée; balanciers pâles; ailes transparentes, leur bord supérieur brun roussâtre, émettant deux lignes de la même couleur qui forment une espèce de triangle, et dont celle qui part de la base atteint le bord interne de l'aile. On trouve cette espèce dans toute l'Europe. Elle n'est pas très-commune aux environs de Paris. (G.)

PÉDICULAIRE. Pedicularis. BOT. PHAN. Ce genre appartient à la Didynamie Angiospermie, L., et avait donné son nom à une famille de Plantes monopétales irrégulières, qui fut nommée depuis Rhinanthacées, mais que l'on ne considère plus que comme une simple section des Personnées ou Scrophularinées, Voici ses principaux caractères: calice dont le tube est très-renflé, terminé par cinq divisions courtes; corolle tubuleuse a deux lèvres; la supérieure étroite, en forme de casque, droite, comprimée, et ordinairement échancrée à son sommet; l'inférieure plus étalée, presqu'à trois lobes, dont celui du milieu est plus étroit; quatre étamines didynames; ovaire supère, arrondi, surmonté d'un style filiforme, un peu plus long que les étamines, et terminé par un stigmate capité; capsule presque ronde, comprimée, mucronée par le style persistant, souvent oblique à son sommet, plus longue que le calice, divisée par une cloison opposée aux valves, et renfermant un grand nombre de graines arrondies.

Le genre Pedicularis avoisine les genres Rhinanthus et Melampyrum; mais il s'en distingue suffisamment par quelques caractères importans, ainsi que par le port particulier de ses espèces. Celles-ci sont en nombre assez considérable, et se font remarquer, parmi les Plantes de la même famille, par I'élégance de leur feuillage, ainsi que par la beauté de leurs fleurs. Elles sont herbacées, souvent vivaces par leurs racines; leurs feuilles sont ailées ou pinnatifides, à folioles découpées d'une façon très-élégante; leurs fleurs sont disposées en épis de couleur purpurine et jaunâtre. On compte environ cinquante de ces espèces, qui, pour la plupart, croissent dans les hautes montagnes et dans les contrées froides de notre hémisphère; une seule croît dans les montagnes du Mexique. C'est surtout dans le nord de la Russie asiatique qu'elles sont abondantes; aussi, depuis long-temps les Pédiculaires ont été étudiées particulièrement par les botanistes de cet empire. Le célèbre Pallas en préparaitune Monographie; et si la mort ne l'eût pas enlevé prématurément à la science, nous aurions possédé un ouvrage sur les Pédiculaires digne de l'auteur des Astragales. Ce but a été atteint par Steven, botaniste distingué, qui habite maintenant la Crimée, et qui est trèsconnu du monde savant par ses fréquens voyages dans la Russie orientale et au Caucase. Sa Monographie des Pédiculaires a été publiée en 1823

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dans le quatrième volume des Mémoires de la Société impériale des naturalistes de Moscou. Elle est accompagnée d'un grand nombre de Plantes représentant les espèces les plus rares. Les caractères génériques tirés du fruit et de la graine, sont éclaircis au moyen de bonnes figures d'analyses, dont lés dessins ont été exécutés à Paris par feu le professeur Richard.

Les Alpes, les Pyrénées, le Jura, les Vosges, et en général les montagnes un peu élevées de la France, de l'Ecoase, etc., offrent sur leurs sommets plusieurs belles espèces de Pédiculaires, parmi lesquelles on remarque les Pedicularis verticillata, tuberosa, foliosa et incarnata. Une espèce (P. palustris) est commune dans plusieurs localités marécageuses de l'Europe; une autre (P. sylvatica) se trouve de même dans les bois bas et humides de nos pays. Ce sont les deux seules exceptions que l'on remarque dans la station de ces Plantes, qui, comme nous l'avons dit plus haut, sont toutes des Plantes montagnardes. Elles paraissent non-seulement exiger un soi particulier, mais encore plusieurs autres circonstances favorables inconnues et difficiles à imiter; car, de même que les Gentianes et d'autres Végétaux des hautes montagnes, elles ne réussissent pas dans les jardins, quelques soins qu'on apporte dans leur culture.

Dans l'ouvrage que nous avons cité, Steven a distribué les espèces de Pédiculaires en six tribus ou sections génériques, caractérisées principalement d'après les diverses formes qu'offrent les lèvres de la corolle. Ces sections sont loin d'être parfaitement naturelles, et ne doivent être considérées que comme des moyens d'arriver facilement à la détermination des espèces. Le Pedicularis sylvatica, par exemple, est transporté dans une section différente de celle où se trouve le P. palustris; cependant ces deux espèces sont tellement voisines, que plusieurs auteurs lesregardent comme identiques, c'est-àdire comme de simples variétés produites par la différence des stations.

La première section, qui a la lèvre inférieure de la corolle dressée, renferme cinq espèces, du nord de l'Europe et de l'Asie. Le Pedicularis Sceptrum-Carolinum, L., en est le type. Cette Plante est digne du nom pompeux qu'on lui a imposé, par la grandeur et la beauté de ses fleurs, disposées en épi très-long, et dont la couleur est jaune, avec une tache purpurine à l'extrémité des lobes de la corolle. La tige est simple, haute de près d'un mètre, et munie à la partie inférieure de feuilles allongées, pinnatifides, à pinnules ovales, découpées en lobes arrondis et crénelés. On trouve cette belle espèce dans le nord de l'Europe, principalement en Suède, en Prusse, en Pologne et jusqu'en Hongrie.

La seconde section se compose de sept espèces, dont les feuilles sont disposées par verticilles de quatre à la fois. Six d'entre elles croissent dans les Alpes de la Sibérie, et la septième (Pedicularis verticillata) est la plus commune des Pédiculaires de nos hautes montagnes d'Europe, où elle forme des touffes d'un aspect charmant.

La troisième section offre un caractère assez saillant; la lèvre supérieure de sa corolle est pourvue de chaque côté, et un peu au-dessous de sa partie moyenne, d'un appendice en forme de dent. Cette section ne renferme que trois espèces, dont deux qui croissent en Sibérie et au Kamtschalka, sont peu intéressantes à connaître. Il n'en est pas de même de la troisième, que nous allons décrire succinctement, parce que c'est la plus commune en Europe et la première espèce de ce genre dont il ait été fait mention par les auteurs.

La PÉDICULAIRE DES MARAIS, Pedicularis palustris, L., vulgairement Herbe aux Poux, a une racine fibreuse, annuelle, de laquelle s'élève une tige droite, rameuse, glabre, d'environ un pied, garnie de feuilles

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alternes, pinnatifides, à pinnules profondes, linéaires, fortement dentées. Ses fleurs, de couleur purpurine, sont presque sessiles dans les aisselles des feuilles supérieures. On employait autrefois cette Plante en médecine, comme vulnéraire et astringente. Elle est respectée par les bestiaux, excepté par les Chèvres et les Cochons, qui la mangent quelquefois. Son nom générique, qui a la même signification que le nom vulgaire, lui a été donné, suivant C. Bauhin, parce qu'elle développe beaucoup de vermine chez les Animaux qui paissent dans les pâturages où elle croît en abondance.

La quatrième section a la lèvre supérieure de la corolle dépourvue de dents à la base, mais offrant la forme d'un bec. Ou y compte douze espèces, parmi lesquelles on distingue les P. rostrata, incarnata, tuberosa et atrorubens, quifont l'ornement des hautes Alpes, et particulièrement du mont Saint-Bernard.

La cinquième section a aussi la lèvre supérieure de la corolle sans appendices à la base; mais elle offre des dents au sommet. C'est ici que se placent les Pedicularis sylvatica et comosa, L., ainsi que plusieurs autres espèces indigènes de la Sibérie et de l'Amérique septentrionale. Le P. œquinoctialis de Kunth, qui croît dans les hautes montagnes du Mexique, appartient encore à cette section.

Enfin, la sixième section se dis-tingue par sa lèvre supérieure et sa corolle entièrement dépourvue de dents, et dont le casque est trèscourt. Elle contient une douzaine d'espèces, parmi lesquelles nous ne ferons que mentionner le P. foliosa, une des plus belles Plantes d'Auver-gne, des Vosges, des Alpes et des Pyrénées. (G..N.)

PÉDICULAIRES OU PEDICULARIÉES. BOT. phan. Même chose que Rhinanthacées. V. ce mot. (B.)

PÉDICULE, ZOOL. BOT. On se sert de ce mot en organographie pour désigner les supports plus ou moins filiformes et allongés des divers organes. En zoologie, il est plus fréquemment usité qu'en botanique, où les auteurs qui se piquent d'une grande pureté ans leurs expressions, emploient les mots de pédoncule quand il s'agit du support des fleurs; de pétiole, lorsau'il est question de celui des feuilles; de gynophore ou de torus, si ce soutien est celui des parties de la fructification. H. Cassini (Opusc. Phytol., 1, p. 124) lui a donné une désignation spéciale. Il nomme ainsi le filet laminé ou la partie inférieure de chaque étamine de Synanthérée. La plupart des cryptogamistes nomment pédicule ou stipe la partie qui supporte lechapeau de certains Champignons, tels que les Agarics, les Bolets, etc.

Quelques personnes traduisent eu latin le terme de Pédicule par celui de Pediculus, mot vicieux, puisqu'il fait amphibologie avec la désignation du Pou. (G..N.)

PÉDICULIDÉES. Pediculidea. ins. Leach donne ce nom à la famille des Parasites de Latreille. Elle comprend les genres Phtire, Hæmatopine et Pou. V. Pou. (G.)

PEDICULUS. INS. V. Pou.

* PÉDIFÈRES. Pedifera. conch. Famille proposée par Rafinesque dans la Monographie des Coquilles de l'Ohio (Annales Génér. des Sciences Phys. T. v, septemb. 1820, p. 290) pour remplacer et réunir les genres Unio et Anodonte des auteurs, ainsi que plusieurs autres nouveaux genres faits par lui. Cette famille, dont Férussac a adopté plusieurs sousgenres, est caractérisée de la manière suivante: bivalve, équivalve, inéquilatérale; Mollusque à grand pied comprimé, tendineux, non byssifère; deux siphons très-courts ou remplacés par deux ouvertures; anus sous le ligament; charnière dentée ou lamellée. Cette famille est divisée en cinq sous-familles: les Uniodés, Uniodia; les Amblemides, Amblemidia; les Anodontides, Anodonti-

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dia; les Alasmides, Alasmidia; et les Cycladiées, Cycladia, V. ces mots. Cette dernière sous-famille ne peut appartenir à cette famille des Mollusques; elle avoisine, par ses rapports, les Vénus, et s'y trouve liée par les Cyprines. Nous avons vu, à l'article MULETTE, pour quelles raisons on ne pouvait admettre cette famille. (D..H.)

PĖDILANTHE. Pedilanthus. BOT. PHAN. Genre de la famille des Euphorbiacées, établi anciennement par Tournefort sous le nom de Tithymaloides, réuni par Linné aux Euphorbia, puis enfin rétabli par Necker sous le nom de Pedilanthus que les botanistes ont définitivement adopté. Poiteau est le premier qui, dans un beau Mémoire inséré dans le dixneuvième volume des Annales du Muséum, a bien éclairci la structure de ce genre que sur l'autorité de Linné, A.-L. de Jussieu, Lamarck et Willdenow avaient rejeté. Necker n'avait fait que changer le nom impropre de Tithymaloides imposé par Tournefort, mais il n'en avait pas mieux connu les caractères. Nos collaborateurs Kunth et Adr. de Jussieu ayant confirmé et étendu les observations de Poiteau, ont tracé de la manière suivante les caractères génériques de ce genre: fleurs monoïques dans le même involucre; une femelle centrale autour de laquelle on trouve les fleurs mâles en grand nombre; involucre calcéiforme, rétréci dans sa partie supérieure, renflé à la base, muni de glandes intérieurement, eutr'ouvert latéralement; l'entrée de cette ouverture latérale fermée par une foliole en forme de voûte; style unique, portant trois stigmates bifides; le reste de l'organisation semblable à celle des Euphorbes proprement dites. Ce genre se compose d'Arbrisseaux lactescens, rameux, dépourvus d'épines. Leurs feuilles sont alternes, entières, légèrement charnues, portées sur de très-courts pétioles munis à leur base de deux glandes. Plusieurs pédoncules naissent aux extrémités des tiges et des branches; ils sont accompagnés de feuilles converties en bractées, et chacun supporte un involucre de couleur rouge. Deux espèces, indigènes des Antilles, sont les types de ce genre: la troisième croît dans les Indes-Orientales, et, selon Adr. de Jussieu, il faut leur associer l' Euphorbia bracteala de Jacquin (Hort. Schœnbr., tab. 270), et l' Eup. cordellata d'Haworth (Miscel. Nat.)

Le Pedilanthus tithymaloides, Poiteau, loc. cit., p. 390, tab. 19, fig. 1; Euphorbia tithymaloides, L. et Jacquin, Amer. 149 tab. 92, croît dans les lieux pierreux, près des bords de la mer, dans presque toutes les Antilles et sur les côtes de l'Amérique équatoriale. Elle fleurit dans l'été, et au moment de sa floraison elle perd une partie de ses feuilles. On l'emploie à former des haies pour clore les jardins et les petites habitations. Le suc laiteux de cette espèce est d'une grande causticité, ce qui la rend fort dangereuse pour les hommes à peine couverts de vêtemens, dans ces pays chauds, qui tenteraient de s'introduire furtivement en franchissant les faibles barrières qu'offre cette Plante. Jacquin dit qu'à Curaçao, les habitans s'en servent contre les maladies vénériennes, et pour rappeler le flux menstruel. On la connaît à Saint-Domingue, sous le nom d'Ipécacuanha bâtard, à cause de ses propriétés vomitives et drastiques. (G..N.)

* PÉDILE. Pedilus. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Hétéromères, établi par Fischer (Entomaographie de la Russie), et très-voisin des Pyrochres. Les caractères que Fischer assigne à ce nouveau genre, sont: antennes de onze articles, le premier obconique, le second presque globuleux, le troisième long, presque cylindrique, les autres un peu dentés en scie, le dernier court, filiforme; chaperon carré; labre conique, grand, un peu

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sillonné dans sa partie antérieure; mandibules obtuses; mâchoires subulées, acérées; palpes maxillaires de trois articles, celui du milieu très-allongé, le dernier ovale; les labiaux plus courts, minces; lèvre triangulaire, large à sa base, peu pointue et ciliée. La seule espèce connue de ce genre est:

Le PÉDIIE BRUN, Pedilus fuscus, Fisch., loc. cit., tab. 1, pl. 5, fig.23. Long de trois lignes; tête noire, raboteuse, très-rétrécie vers la bouche; yeux échancrés, recevant les antennes, celles-ci entièrement velues; corselet noir, pointillé, très- étroit en. devant, globuleux au milieu, très-relevé au bord postérieur; écusson allongé, presque conique; élytres pointillées, brunes, velues, ciliées de blanc; ailes brunes; dessous du corps brun; anus rouge; pates brunes; jambes et tarses un peu clairs. On trouve cet Insecte sur les monts Altaïques, en Sibérie. (G.)

* PÉDILE, BOT. PHAN. Quelques auteurs se sont servis de ce mot pour désigner le prolongement supérieur de l'ovaire des Synantbérées, que Cassini a nommé plus convenablement col de l'ovaire. V. SYNANTHÉ JÉES. (G..N.)

* PEDILONUM. BOT. PHAN. Genre de la famille des Orchidées, et de la Gynandrie Digynie, établi par Blume (Bijdr. tot de Flora van nederland. Iridië, p. 320) qui l'a ainsi caractérisé: périanthe dont les sépales latéraux extérieurs sont plus grands que les autres qui sont dressés ou étalés, formant par leur adhérence à la base un sac ou un long éperon, quelquefois adnés à l'onglet du labelle; celuici est étroit, à limbe non divisé, accombant et uni au gynostème, sans qu'il y ait d'articulation; anthère terminale, déprimée, biloculaire, adhérente à la dent dorsale du gynostème; masses polliniques au nombre de deux, bipartibles, oblongues, céréacées et se déposant sur le bord du stigmate. Ce genre est un démembrement du Dendrobium de Swartz: il en diffère par son labelle non articulé avec le gynostème. Il se compose de six espèces toutes nouvelles et indigènes des forêts montueuses de l'île de Java. Blume leur donne les noms de Pedilonum Kuhlii, Ped. Hasseltii, Ped. secundum, Ped. undulatum, Ped. biflorum et Ped. erosum. Elles constituent deux sections qui se distinguent par les sépales extérieurs du périanthe, formant un sac à la base dans la première et un long éperon dans la seconde. Ces Orchidées sont des Herbes parasites sur les Arbres, à tiges articulées, à fleurs rougeâtres, en grappes opposées aux feuilles ou ter- * minales, naissant des articulations de la tige. (G..N.)

* PEDILUS. INS. V. PÉDILE.

PÉDIMANES. MAM. V. MAMMA-LOGIE.

PÉDINE. Pedinus. ins. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Hétéromères, famille des Mélasomes, tribu des Blapsides, établi par Latreille, et auquel il donne pour caractères: chaperon profondément échancré à son bord antérieur et ayant un lobe très-petit reçu dans cette échancrure; antennes grenues et insensiblement plus grosses vers le bout; jambes antérieures souvent larges et triangulaires; étuis soudés; point d'ailes. Ce genre a les plus grands rapports avec les Opatres, qui n'en diffèrent que parce qu'ils ont des ailes. Les Platyscèles s'en distinguent, parce qu'ils n'ont point d'échancrure au chaperon, et que leur écusson est moins distinct que celui des Pédines. Les Blaps, Misolampes, Oxures et Asides, ont tous les tarses semblables dans les deux sexes, tandis que les antérieurs des mâles chez les Pédines, ont plusieurs articles dilatés. Ces Insectes ont la tête ovale, à moitié enfoncée dans le corselet et plus étroite que lui. Les antennes sont filiformes, de onze articles; le troisième seulement moitié plus long que le second, et n'ayant pas deux fois la longueur du qua-

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trième. Les suivans, jusqu'au septième, sont obconiques; les deux suivans sont turbinés, tantôt presque globuleux; le dernier a au moins la longueur du précédent, et est arrondi àson extrémité. Le labre est coriace, très-court, transverse, entier ou unpeu écbancré. Les mandibules sont bifides. Les mâchoires sont munies d'une dent, cornée à leur côté interne. Les palpes sont terminés par un article beaucoup plus grand, comprimé, triangulaire ou sécuriforme, surtout dans les maxillaires; ceux-ci sontcomposés de quatre articles, les autres de trois. La lèvre est légèrement échancrée. Les yeux sont peu saillans. Le corps est ovale, court, plus ou moins déprimé. Le corselet est à peine plus large que les élytres, transverse, échancré en devant. L'écusson est distinct; les élytres sont réunies et embrassent peu ou point les côtés de l'abdomen. Les pates sont fortes, avec les jambes souvent dilatées vers leur extrémité, surtout les antérieures; les tarses des pates antérieures ont plusieurs de leurs articles dilatés dans les mâles. Ces Insectes ont été placés dans un grand nombre de genres différens par les auteurs; plusieurs de leurs espèces et souvent toutes ont été rangées dans les genres Blaps, Ténébrion, Opatre, Platynote et Hélops. Dans ces derniers temps, Dejean (Catalogue des Coléoptères) a formé à leurs dépens plusieurs genres, basés sur le nombbre des articles dilatés des pates antérieures. Mais ces genres, établis sans caractères, ont été réunis par Latreille à ses Pédines, tels que nous les présentons ici. Les Pédines se trouvent dans les lieux secs et arides des pays chauds. On les rencontre sur le sable, sous les pierres, etc. On en connaît une quarantaine d'espèces qui ont été distribuées dans deux divisions, ainsi qu'il suit:

† Bords latéraux du corselet presque droits postérieurement, sans rétrécissement brusque, formant de chaque côté, avec le bord postérieur, un angle presque droit.

Le PÉDINE FÉMORAL., Pedinus femoralis, Latr.; Blaps femoralis, Fabr., le mâle; Blaps dermostoides, Fabr., la femelle; Tenebrio femoralis, L.; le Ténébrion à stries jumelles, Geoff., Ins. de Paris, Panz., Faun. Germ., fasc. 39, fig. 5. Long de quatre à cinq lignes, entièrement noir; élytres ayant huit stries ponctuées, disposées par paires; tarses antérieurs ayant les trois premiers articles dilatés dans les mâles; jambes antérieures et intermédiaires dilatées; cuisses canaliculées en dessous. Cette espèce est commune aux environs de Paris.

†† Bords latéraux du corselet arqués, avant un rétrécissement brusque, très-marqué avant l'angle postérieur.

Le PÉDINE GIBBEUX, Pedinus gibbus, Latr.; Opatrum gibbum, Fabr., Oliv., Panz., Faun. Germ., fasc. 39, f. 4. Long de trois lignes, d'un brun noirâtre; tête et corselet finement pointillés; élytres ayant chacune huit stries ponctuées, dont les intervalles sont un peu convexes et pointillés; jambes antérieures dilatées à l'extrémité; second et troisième articles des tarses de ces jambes dilatés. On le trouve dans le midi de la France, sur les bords de la Méditerranée. (G.)

PÉDIONITES. MIN. Nom donné par Scopoli à une Pierre que Léman croit être la Pierre de Lune, ou le Feldspath adulaire nacré, (G. DEL.)

PÉDIONOMES. OIS. Nom que Vieillot donne dans sa Méthode à une famille d'Echassiers dont l'Outarde peut être considérée comme le type. (DR..Z.)

PÉDIPALPE OU PIED-PALPE. Pedipalpus. ins. Nom donné par. Leacn aux parties de la bouche des Crustacés maxillaires, que Latreille désignait (Gen. Crust. et Ins.) sous le nom de palpes doubles extérieurs, ou les pieds-mâchoires extérieurs des Crustacés décapodes, c'est-à-dire ceux de la troisième paire, en allant

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de haut en bas, et qui recouvrent ordinairement les autres organes de la manducation. Latreille avait aussi applique cette dénomination de Pied- Palpe aux appendices de la bouche des Arachnides, qu'on a coutume d'appeler palpes ou antennules. «D'après les idées de Savigny sur la correspondance de ces parties avec celles de la bouche des Crustacés, dit Latreille (Encycl. Méth.). ces palpes représenteraient ces mêmes pieds mâchoires dont je viens de parler, et dont la base formerait de fausses mâchoires, ou celles que j'ai nommées mâchoires sciatiques. Les mandibules des mêmes Arachnides répondraient à la seconde paire de pieds-mâchoires, pièces que j'avais d'abord distinguées par la dénomination de pieds-mandibules. Mais d'après de nouvelles études comparatives de toutes ces parties, j'ai reconnu que les mandibules des Arachnides représentaient les antennes intermédiaires des Crustacés, et que les palpes, avec leurs mâchoires, étaient les analogues des premières mâchoires des derniers, ou de celles de la partie supérieure, ainsi que des pièces des Insectes hexapodes, appelées aussi mâchoires et palpes maxillaires. Les Arachnides ne différeraient de ces Animaux que par l'absence des mandibules et de a lèvre inférieure, proprement dites. Les pièces composant, dans les Insectes, cette lèvre inférieure, et qui dans les Crustacés forment la seconde paire de mâchoires, répondraient aux deux premières pates des Arachnides. La pièce buccale de ces derniers Animaux, qui a reçu le nom de lèvre ou de languette, serait la langue ou la languette proprement dite des précédens. La partie enfin que M. Savigny, relativement aux Arachnides, appelle pièce sternale, serait le labre.» Telles sont les idées du célèbre entomologiste dont nous empruntons ce passage; nous avons cru devoir les reproduire ici, pour que l'on pût comparer sa théorie avec celle de Savigny. V. Bouche. (G.)

PÉDIPALPES. Pedipalpi. ARACHN. Famille de l'ordre des Pulmonaires, établie par Latreille qui lui donne pour caractères: quatre spiracules ou bouches aériennes dans tous; palpes en forme de bras ou de serres, sans aucun appendice relatif à la génération, dans aucun sexe; doigt mobile des Chélicères sans ouverture, propre au passage d'une liqueur vénéneuse; abdomen toujours revêtu d'un derme coriace ou assez ferme, annelé, sans filière au bout. Cette famille se compose de deux tribus. V. SCORPIONIDES et TARENTULES. (G.)

PÉDIVEAU. BOT. PHAN. Nom proposé comme français pour le genre Caladium (V. ce mot), mais qui ne paraît guère convenable. (B.)

PÉDONCULE. Pedunculus. BOT. PHAN. On désigne sous ce nom le support de la fleur. Le Pédoncule est simple ou composé. Dans le second cas, l'axe principal reçoit le nom de Pédoncule commun, et chacune, des ramifications, celui de Pédicelle. Quelques auteurs ont substitué mal à propos à ce mot celui de Pédicule, emprunté de la zoologie. (G..N.)

PÉDONCULÉS. Pedunculata. CONCH. Latreille divise les Brachiopodes en deux ordres, les Pédonculés et les Sessiles. Les Pédonculés, caractérisés par un pédicule tendineux supportant la coquille, sont partagés en deux familles, les équiyalves pour le genre Lingule, et les inéquivalves pour les Térébratules. V. ces mots. (D..H.)

* PEDORRILLA. BOT. PHAN. Feuillée a cité et figuré sous ce nom, dans son Histoire des Plantes médicinales à la suite de son journal d'Observations sur le Chili, p. 53, tab. 28, une petite Herbe que les habitans du pays prennent en poudre comme du tabac pour se guérir de la migraine, et qui en outre est considérée comme vulnéraire et diurétique. N'ayant pas vu les organes de la fructification de cette Plante, Feuillée n'a pu fournir des renseignemens suffi-

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sans, pour qu'on pût en déterminer les affinités. Les feuilles sont petites, semblables à celles des Serpicula, Plantes de la famille des Onagraires, et qui sont indigènes du cap de Bonne-Espérance; mais ce rapprochement est plus que douteux. (G..N.)

PEDUM. CONCH. V. HOULETTE.

PĖE. BOT. PHAN. Nous avouons n'avoir pas recherché ce que peut signifier ce mot dans la langue du Malabar. Accompagné de quelque épithète, il entre dans la composition d'une multitude de noms de Plantes mentionnées par Rheede, Burmann, Roxburgh, etc. Ainsi l'on appelle dans l'Inde:

PÉE-AMBALAM, une espèce du genre Spondias.

PÉE-APOCARO, une Anonacée.

PÉE- AMÉRU, un Ménisperme.

PÉE-CAÏENNÉAM ou PÉE-CAJONI, le Verbesina calendulacea.

PÉE-CASTAI, l' Eclipta prostrata.

PÉE-CUPAMÉNI, le Tragia volubilis et l' Acalypha indica.

PÉE-INOTA-INODIEN, le Physalis minima.

PÉE-KANDEL., le Rhizophora Mangle, etc., etc.

Le nom de PÉE-DO-MORTO donné au Crateva religiosa ne peut être compris dans la même étymologie que les précédens, puisqu'il est évidemment d'origine portugaise, et qu'il signifie Pied de mort dans cette langue. (B.)

PEE-PEE. OIS. Même chose que Coudey (V. ce mot) au Bengale. (B.)

* PÉGADOR. POIS. Ce mot ne signifie Pêcheur en aucune langue, comme l'indique le Dictionnaire des Sciences naturelles dans l'article Echénéide où l'on traduit ainsi le nom de Pégador donné quelquefois au Remora. Il veut dire qui s'applique fortement, et vient de pegar, espagnol, se coller comme de la Poix. (B.)

PÉGAFROL. OIS. (Marcgraaff.) Syn. d'Oiseau-Mouche. (B.)

PEGANUM. BOT. PHAN. Genre de la famille des Rutacées, section des Rutées, et qui peut être caractérisé de la manière suivante: calice à cinq divisions profondes, étalées, persistantes, simples ou pinnatifides; corolle de cinq pétales étalés et à peu près égaux, striés longitudinalement; quinze étamines courtes, à filets inégaux, dilatés à leur base; à anthères introrses, dressées, linéaires; ovaire libre, globuleux, porté sur un disque hypogyne annulaire, peu épais, coupé transversalement; l'ovaire montre trois loges, contenant chacune un assez grand nombre d'ovules, attachés sur plusieurs rangs à l'angle interne de la loge au moyen d'un podosperme filamenteux. Du sommet de l'ovaire naît un style assez épais, simple, terminé par un stigmate très-allongé, comme en massue, à trois angles saillans, et glanduleux seulement sur ses angles. Après la fécondation il se tord en spirale. Le fruit est une capsule stipitée, globuleuse, légèrement trilobée, à trois loges, s'ouvrant en trois valves. Les graines sont presque réniformes, un peu anguleuses, à surface chagrinée.

Cegenre, que Tournefort nommait Harmala, se compose d'une seule espèce, Peganum Harmala, L., Bull. Herb., tab. 343. C'est une Plante vivace, rameuse, portant des feuilles alternes, simples ou irrégulièrement multifides, sessiles, munies de deux stipules linéaires. Les fleurs sont blanches, pédonculées, solitaires et opposées aux feuilles. Cette Plante est commune dans les lieux sablonneux d'Orient. On la trouve également en Espagne. (A. R.)

PÉGASE. Pegasus. POIS. L'un des deux genres de l'ordre des Lophobranches dans la Méthode ichthyologique de Cuvier, et de la famille des Eleuthéropomes pour Duméril, établi par Linné à la suite des Syngnathes dans l'ordre des Branchiostèges, et ainsi caractérisé: branchies operculées, mais sans membranes; museau long et saillant où la bouche protractile est située en dessous

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et à la base comme chez les Esturgeons; corps cuirassé, ayant le tronc large et déprimé; ventrales remplacées par de simples filamens en arriére des pectorales qui sont grandes et semblables à des ailes; dorsale et anale vis-à-vis l'une de l'autre; mâchoires armées de dents. On connaît trois espèces de ce genre, toutes des mers de l'Inde. Le DRAGON, Encyclop., Pois., pl. 22, fig. 77; Lacép., Pois. T. 11, fig. 3; Pegasus Draconis, L., Gmel. Syst. Nat,, XIII, T. 1, p. 1458; Bloch, pl. 209. Ce Poisson, qui vit de frai et de petits vers, n'a guère plus de trois pouces de longueur; sa figure bizarre le fit comparer au Cheval ailé qui porte les poëtes dans la Mythologie et qui les conduit à l'hôpital dans le vaudeville. Elle lui valut aussi le nom de l'Animal fabuleux que nous avons (V. DRAGON)regardé comme le symbole antique de la puissance des volcans. «Ah ! sans doute, s'écrie à ce sujet Lacépède, ils sont bien légers ces rapports que l'on a voulu indiquer entre de faibles Poissons volans découverts au milieu de l'Océan des Grandes-Indes, et l'énorme Dragon dont la peinture présentée par une main habile, a si souvent effrayé l'enfance, charmé la jeunesse, intéressé l'âge mur Maisquelle erreur pourrait ici alarmer le naturaliste philosophe?..Qu'en parcourant l'immense ensemble des êtres innombrables que nous cherchons à faire connaître, les imaginations vives, les cœurs sensibles des poëtes ne se croient pas étrangers parmi nous, etc., etc.» Sensibilité et poésie à part, le Pégase Dragon joint à la singularité de sa petite forme une particularité qui le rapproche des Exocets sous le rapport des mœurs. Il peut s'élancer hors des eaux en les frappant de ses larges pectorales, et voltiger à leur surface durant quelques instans. d. 4, p. 10, v. 1, A. 51, c. 8.

Le PÉGASE VOLANT, Pegasus volans, L., Gmel., loc. cit., 1459, et la SPATHULE, Encycl., pl. 23, fig.78, sont les deux autres espèces du genre Pégase. (B.)

* PÉGASIE. Pegasia. acal. Genre de Médusa ires établi par Péron et Lesueur dans leur division des Méduses gastriques, non pédonculées, sans bras ni tentacules. Les caractères génériques sont, suivant ces auteurs: point de faisceaux lamelleux; point de fossettes au pourtour de l'ombrelle; des bandelettes prolongées jusqu'à l'ouverture de l'estomac. Ce genre n'a pas été adopté. (E. D..L.)

PEGMATITE. MIN. Haüy; le Granitin de Daubenton; l'Aplite de Retzius; le Granite graphique des minéralogistes allemands. Roche phanérogene, feldspathique, composée essentiellement de Feldspath laminaire et de cristaux de Quartz enclavés ou fichés daus la masse où ils forment souvent comme des lignes brisées. On en distingue deux variétés principales:

La PEGMATITE COMMUNE OU, GRANULIRE composée de grains de Quartz et de Feldspath mêlés ensemble. Elle renferme accidentellement du Mica, et passe au Gneiss. Elle a été confondue avec le Granite, dont elle diffère par son gisement. Elle est tantôt à gros grains, tantôt à grains fins. Ses couleurs sont variables: il en est de blauchâtre, de rougeâtre et brunâtre (Granite feuille morte): Pegmatite de Raon-l'Etape, dans les Vosges; de Tulle, département de la. Corrèze. Cette variété de Pegmatite est intéressante, en ce qu'elle fournit aux arts le Pétuntzé, l'un des principes composans de la Porcelaine. Elle renferme quelquefois, comme parties accessoires ou accidentelles du Mica en grandes lames, des Grenats, des Tourmalines, du Fer oxidulé, de l'Etain oxidé et du Titane oxidé rouge.

La PEGMATITE GRAPHIQUE. Les grains de Quartz s'alignent, s'alion_gent dans un sens, et formentdes lignes brisées qui imitent des caractères hébraïques. Elle renferme acci-

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dentellement du Mica, dont les lamelles se réunissent d'une manière particulière (Mica palmé), du Feldspath adulaire nacré ou de la Pierre de Lune (Pegmatite de Ceylan), des Beryls Aigue-Marines (Saint-Symphorien près Autun, Chanteloube et Saint-Yrieix près Limoges, Topsham et Wilmington aux Etats-Unis), des Beryls Emeraudes (Pegmatite du bord oriental de la mer Bouge), des Tourmalines (la montagne Noire, près Castelnaudary), des Grenats ferrugineux, de l'Andalousite et du Graphite.

La Pegmatite appartient au sol primordial où elle forme des couches subordonnées au Gneiss. Elle ne renferme point de métaux susceptibles d'exploitation, mais elle offre beaucoup d'intérêt, en ce qu'elle donne le Kaolin par sa décomposition (Pegmatites de Saint-Yrieix, aux environs de Limoges; de Cambo, près Bayonne; des environs de Nantes). Lorsqu'on délaie ces Pegmatites altérées, le Quartz tombe au fond de l'eau, et l'on obtient l'Argile parfaitement pure. (G. DEL.)

* PEGOLETTIA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, et de la Syngénésie Polyandrie égale, L., établi dans le Dictionnaire des Sciences naturelles, T. xxxvm, p. 231, par Cassini qui l'a ainsi caractérisé: involucre beaucoup plus court que les fleurs, composé de folioles appliques, disposées sur deux à trois rangs, les extérieures plus courtes, indgales, lineaires, sublées; les intérieures pluslongues, égales, oblongues, lancéoldes, acuminées, coriaces, membraneuses sur les bords. Réceptacle plane, alvéolé, à cloisons hérissées de poils inégaux. Calathide sans rayons, composée de tleurons nombreux ? égaux, hermaphrodites, à corolles ringentes, ct parsemées de glandes. Ovaires oblongs, un peu compriraes, profonddment striés, à côtes nombreuses hérissées de poils, surmontes d'uue double aigrette persistante; l'extérieure courte, formée d'une seule rangée de paillettes membraneuses, oblongues, plumeuses dans leur partie supérieure, l'intérieure trois fois plus longue que l'extérieure, composée de poils nombreux, égaux et plumeux. Les corolles ne sont point véritablement labiées, elles sont seulement ringentes, à peu près comme celles des genres Barnadesia, Diacantha et Bacazia; leur tube se confond avec le limbe qui offre cinq divisions trèsinégales, formant en apparence deux lèvres; l'extérieure à quatre dents, l'intérieure indivise. Les étamines ont leurs filets glabres, soudés avec la corolle jusqu'au sommet du tube; leurs anthères sont munies d'appendices très-longs, ceux du sommet inégaux, très-obtus et soudés inférieurement, ceux de la base libres, subulés et membraneux. Les styles sont divisés au sommet en deux branches très-peu divergentes, obtuses ou arrondies au sommet, et sur lesquelles on aperçoit à peine les bourrelets stigmatiques.

Ce genre est un de ceux qui, par leurs caractères, démontrent la grande affinité qu'il y a entre les tribus des Inulées et des Carlinées; cependant Cassini l'a placé dans la première auprès de son genre Iphiona. Il ne renferme qu'une seule es-pèce à laquelle l'auteur a donné le nom de Pergolettia senegalensis. C'est une Plante herbacée, couverte de glandes glutineuses et hérissées de poils blancs. La tige dressée, striée, cylindrique, se divise en rameaux nombreux, et porte des feuilles alternes, sessiles, linéaires, lancéolées, munies au sommet de quelques dents. Les calathides sont jaunes avant l'épanouissement, et deviennent ensuite purpurines; elles sont nombreuses, solitaires au sommet des rameaux pédonculiformes qui, par leur réunion, forment une sorte de panicule. Cette Plante a été trouvée dans les terrains sablonneux, sur la rive gauche du fleuve du Sénégal, à environ vingt-cinq lieues de son embouchure. (G..N.)

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PÉGON. CONCH. Nom vulgaire et marchand du Venus Dura, Gmel. (B.)

PÉGOT. OIS. Espèce du genre Accenteur, Motacilla alpina, L.; Fauvette des Alpes, Buff., pl. enl. 668. Vieillot en a aussi fait le type d'un genre particulier auquel nous avons rendu le nom que Bechstein lui avait imposé. V. ACCENTEUR. (DR..Z.)

PÉGOUSE. POIS. Espèce du genre Pleuronecte. V. ce mot.

PÉGRINA. BOT. PHAN. (Ruell.) L'un des noms anciens de la Bryone. (B.)

PEIGNE. Pecten. CONCH. Les Coquilles qui constituent le genre Peigne étaient connues des anciens, puisque les Grecs, les comparant avec l'instrument propre à soigner la chevelure, leur avaient donné le même nom. Les Latins le traduisirent par Pecten qui signifie la même chose. Cette dénomination résultant d'une comparaison peu juste, fut consacrée par Arislote, Pline et plusieurs autres auteurs, soit grecs, soit latins. La description qu'ils avaient faite des espèces communes a été assez précise pour qu'à la renaissance des lettres, Rondelet et Aldrovande ne reconnussent point d'erreurs. On ne peut donc douter que les Coquilles qu'ils ont nommées Peignes, ne soient véritablement les mêmes que celles désignées par les anciens. Les espèces de ce genre ont entre elles tant d'analogie, qu'on ne doit pas s'étonner que ces auteurs les aient bien groupées, sans admettre parmi elles des Coquilles étrangères. On peut donc les considérer comme les vrais créateurs du genre, d'autant mieux que Rondelet, ayant vu l'Animal, quoique d'une manière bien imparfaite, l'avait pourtant distingué de celui des Huîtres. Il résulta de la séparation nette et entière des Peignes, dans ces auteurs, que ceux-ci furent imités par cent qui les suivirent. Aussi trouve-t-on jusqu'à Linné les Peignes établis en genre. On doit s'étonner que le célèbre auteur dU Systema Naturœ n'ait point conservé un genre si naturel et consacré par tant d'écrivains, lorsque surtout il ne fallait qu'un examen peu approfondi pour se convaincre qu'il était utile et nécessaire. C'est avec les Huîtres qu'il en confondit les espèces, ayant soin cependant d'en former, dans ce genre si nombreux et déjà si hétérogène, une section à part. Bruguière, dans l'Encyclopédie, répara la faute que Linné et quelques-uns de ses imitateurs avaient faite. Il rétablit le genre Peigne qu'il éloigna considérablement des Huîtres, puisque toute la série des Coquilles bivalves se trouve entre eux. Il est mis en rapport avec les Arches et les Térébratules, genres entre lesqueis il est placé. Poli, par les belles anatomies de son magnifique ouvrage, confirma la nécessité de ce genre auquel il donna Je nom d'Argus ou d'Argoderme. Depuis lors, tous les zoologistes ont adopté ce genre et l'ont placé dans le voisinage des Huîtres où il est dans ses rapports naturels. D'abord la famille des Ostracées renfermait les Peignes; ce fut seulement dans son dernier ouvrage que Lamarck proposa la famille des Pectinides (V. cemot), qui fut adoptée par Férussac, modifiée considérablement par Latreille, et admise, avec un autre nom, par Blainville. V. Subostracés. C'est avec les Limes et les Plagiostomes que ces Coquilles ont le plus de rapport; aussi est-ce avec ces deux genres, et quelques autres non moins voisins, qu'elles se trouvent dans la famille des Pectinides.

L'Animal des Peignes diffère pres que sur tous les points de celui des Huîtres; il est généralement orbiculaire dans quelques espèces, plus bombé d'un côté que d'un autre. Il est composé, comme dans tous les autres Acéphales, d'un manteau, de branchies, et d'un corps charnu. Le manteau est très-mince dans le centre, bilobé, à lobes séparés tout autour, excepté au bord céphalique ou cardinal; ses bords sont épaissis et

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frangés dans presque toute la circonférence. Les franges ou cirrhes tentabulaires sont à double rang, le premier est simple, le second est triple ou quadruple. Entre ces rangées de franges, on remarque des corps durs d'un beau bleu, bien régulièrement placés, auxquels on a donné le nom d'yeux, quoiqu'ils ne puissent en avoir les fonctions. On ne sait point encore à quels usages ils sont destinés. La partie la plus épaisse, le corps proprement dit, est une masse charnue assez considérable, composée presque entièrement par un seul muscle adducteur énorme, sur lequel s'appuient les organes principaux de l'Animal. Le système digestif a son ouverture antérieure fort singulière; la bouche est transverse, fort grande, en entonnoir, et les lèvres sont profondément découpées en arbuscules. L'œsophage qui conduit de l'ouverlure buccale à l'estomac est un étranglement fort court qui est déjà enveloppé du foie qui contient aussi l'estomac, presque tout l'intestin, qui y fait plusieurs circonvolutions, gagne la partie moyenne dorsale, ou il est enveloppé par le cœur, et se termine bientôt après à l'anus qui est flottant. Il y a, pour la position du cœur, une très-grande différence avec ce qu'elle est dans les Huîtres. (V. ce mot.) De chaque côté de l'ouverture buccale, on remarque une paire de palpes labiaux subquadrangulaires, très-minces, très-faciles à déchirer, et revêtus de lamelles à leur face interne. Ces plis lamelleux sont transverses, assez réguliers, et plus serrés supérieurement qu'inférieurement. Le cœur, comme nous l'avons dit, enveloppe le rectum presque à la sortie du foie. La distribution des vaisseaux qu'il fouruit, et de ceux qu'il reçoit, n'a rien de bien particulier, elle est très-analogue à ce qui a lieu dans les autres Acéphales. Les branchies sont fort grandes, paires et symétriques, demicirculaires, fixées à leur base au pourtour de l'abdomen; elles diffèrent essentiellement des branchies des autres Lamellibranches, en ce qu'elles sont composées d'une multitude de filamens capillaires, flexibles au sommet, et plus roides à la base. C'est entre ces deux branchies que se voit un ovaire bien développé et un pied presque à l'état rudimentaire; ce pied a quelque analogie avec celui des Moules. Dans les grandes espèces qui sont dépourvues de byssus, cette partie se termine en une sorte de pavillon en entonnoir qui semblerait pourvoir aux besoins de l'Animal et lui servir de ventouse, mais cela est peu probable quand on pense au peu de force de cette partie qui n'a que des muscles très-faibles et qui ne s'attachent point à la coquille. Il en est autrement dans les espèces byssifères qui ont des muscles rétracteurs plus puissans, qui s'attachent, à la coquille pour supporter les efforts qui peuvent tirailler le byssus. L'ovaire est fort grand, fixé en dessous de la masse abdominale; il est pourvu d'un oviducte qui se dirige d avant en arrière pour se terminer à la partie postérieure de l'abdomen.

Il est peu de genres de Coquilles qui soient plus abondamment répandus que celui des Peignes. On en trouve dans presque toutes les mers, fossiles ou pétrifiées, dans presque toutes les couches, et dans tous les pays. Ils habitent non loin des côtes, dans les endroits sablonneux où iis sont sur le flanc. Ils ne doivent avoir que des déplacemens bornés et difficiles. Cependant on prétend qu'en fermant brusquement leurs valves plusieurs fois de suite, ils parviennent à aller assez loin. Quelques personnes assirent qu'ils peuvent même s'élancer hors de l'eau, ce qui est peu probable. Caractères génériques: corps plus ou moins orbiculaire, comprimé; manteau frangé, garni de petits disques, perlés, pédonculés, régulièrement espacés; bouche transverse, à lèvres profondément frangées; cœur dorsal; anus dorsal et flottant; un pied petit, rudimentaire, quelquefois byssifère. Coquille libre,

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régulière, inéquivalve, auriculée, à bord supérieur transverse, droit, à crochets contigus; charnière sans dents, à fossette cardinale, tout-àfait intérieure, trigone, recevant le ligament.

On a distribué les Peignes d'après légalité des valves et des oreillettes ou appendices de la charnière. Le nombre des espèces est bien considérable, et ou eu trouve plus de fossiles que de vivantes.

† Espèces à valves inégales.

PEIGNE A CÔTES RONDES, Pecten maximus, Lamk., Anim. sans vert T. vi, p. 163, n. 1; Ostrea maxima, L., Gmel., p. 3315, n. 1; List., Conchyl., tab. 163, fig. 1; Gualt., Test., tab. 98, fig. a, b; Chemn., Conch. T. vii, tab. 60, fig. 585; Encyclop., pl. 200, fig. 1, a, b. Grande Coquille de nos mers. Elle a quatorze ou quinze côtes arrondies, assez larges, striées longitudinalement aussi bien que l'intervalle qui les sépare. La valve inférieure est profonde, la supérieure est tout-àfail plate.

PEIGNE DE SAINT-JACQUES, Pecten Jacobœus, Lamk., loc. cit., n. 2; Ostrea Jacobœa, L., Gmel., n. 2; Lister, Conchyl., t. 165, fig. 2; Poli, Test. des Deux-Siciles, T. 11, tab. 27, fig. 1, 2; Chemn., Conch. T. vii, tab. 60, fig. 588; Encyclop., pl. 209, fig. 2, a, b. Cette espèce ne se distingue de la précédente que par ses côtes qui sont plus carrées, striées en dessus, longitudinalement; leurs parties latérales, aussi bien que l'intervalle qui les sépare, restent lisses ou seulement finement striées en travers. On la trouve, avec la précédente, dans les mers d'Europe, el surtout dans la Méditerranée. Elle est aussi fort commune sur les côtes de Galice, où la superstition en avait fait l'ornement du camail en cuir que portaient les vagabonds fainéans qui allaient autrefois en pélerinage â Saint-Jacques de Compostelle. On la rencontre fossile en Italie, et absolument analogue.

†† Espèces à valves égales.

α Oreillettes égales.

PEIGNE MANTEAU BLANC, Pecten radula, Lamk., loc. cit, n. 13; Ostrea radula, L., Gmel., n. 11; List., Conchyl., tab. 175, fig. 12; Chemn., Conchyl. T. vii, tab. 63, fig. 599, 600; Encyclop., pl. 208, fig. 2. Espèce aplatie, allongée, ayant à l'une et l'autre valve douze côtes convexes, striées dans leur longueur, et rugueuses transversalement; l'une des valves est blanche, l'autre est couverte de taches brunes, rares vers le sommet, et plus nombreuses à la base. Elle est longue de soixante millimètres environ. On la trouve dans la mer des Indes.

PEIGNE GLABRE, Pecten glaber, Lamk., loc. cit., n. 20; Chemn., Conchyl. T. vii, tab. 67, fig. 642, 643; Encycl., pl. 113, fig. 1. Espèce de la Méditerranée, fort jolie et trèsvariable dans ses couleurs, ce qui la rend difficile à bien caractériser. Cependant on la reconnaît à ses douze côtes arrondies, striées longitudinalement; ces stries sont beaucoup moins prononcées que celles qui sont dans les intervalles des côtes; l'une des valves est ordinairement moins colorée que l'autre; celle-ci est agréablement bigarrée de brun, de fauve orangé, et de blanc dans les proportions variables; quelquefois elle est d'une teinte uniforme; d'autres fois elle est fauve, avec de grandes taches blanches. On en trouve aussi de couleur grisâtre, avec des taches brunes et blanches, ou bien d'un jaune doré, avec des zig-zags bruns. Elle est ordinairement longue de quarante à cinquante millimètres.

β Oreillettes inégales.

PEIGNE CORALLINE, Pecten nodosus, Lamk., loc. cit., n. 27; Ostrea nodosa, L., Gmel., n. 43; Lister, Conch., tab. 186, fig, 24; Chemn., Conchyl. T. vii, tab. 64, fig. 609, 610; Encyclop., pl. 210, fig. 2. Coquille trèsconnue, qui prend une assez grande taille. Elle est d'un ronge de corail;

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ses neuf côtes arrondies et tubuleuses sont épaisses, sillonnées longitudinalement aussi bien que les intervalles qui les séparent. Cette espèce varie un peu pour la couleur qui est ordinairement toute rouge, quelquefois orangée, et d'autres fois parsemée de taches blanches. Les espèces fossiles de ce genre sont très-nombreuses. Elles peuvent se ranger dans les sections que nous venons de proposer. Elles sont quelquefois bien difficiles à caractériser, parce qu'elles passent par des variétés d'une espèce à l'autre. C'est sans doute ce motif qui a déterminé Defrance, dans le Dictionnaire des Sciences naturelles, à les ranger dans une sérié unique, commençant par les espèces lisses, et se terminant par celles qui ont les côtesou les stries les plus nombreuses.(D..H.)

PEIGNE. (Oiseau.) OIS. V. COMBIRD.

PEIGNE DE VÉNUS. Pecten Veneris. BOT. PHAN. Espèce du genre Scandix dont Lamarck avait proposé de faire un genre dans la première édition de la Flore Française. (B.)

* PEINCILLET. BOT. CRYPT. Nom proposé par Bridel pour désigner en français le genre de Mousses établi sous le nom de Dawsonie (V. ce mot) par Brown, sans égard à l'antériorité d'un genre Dawsonia fondé parmi les Hydrophytes. (B.)

PEINTADE. Numida. OIS. Genre de l'ordre des Gallinacés. Caractères: bec court et robuste; mandibule supérieure courbée, convexe, voûtée, couverte à la base d'une membrane verruqueuse; tête ordinairement nue, parsemée ainsi que le haut du cou de quelques poils rares, et garnie sur le sommet d'une espèce de casque osseux ou d'un panache. Narines divisées par une pièce cartilagineuse, placées de chaque côté du bec, dans la membrane; tarse lisse; quatre doigts; trois en avant, réunis par des membranes; un en arrière, articulé sur le tarse. Queue courte, penchée vers la terre; les trois premières rémiges étagées, moins longues que la quatrième. Répandu en Europe dès le temps d'Aristote, perdu sous les ruines de l'empire romain, et retrouvé par les Portugais à l'époque de leurs premières navigations sur les côtes d'Afrique dont la Peintade paraît originaire; cet Oiseau est maintenant parfaitement naturalisé dans nos contrées bien différentes cependant de sa brûlante patrie. L'influence du climat, la domesticité ont même beaucoup moins agi sur la Peintade que sur la plupart des Gallinacés, quoiqu'elle paraisse être le seul membre de cette famille, dont l'origine appartienne exclusivement à la zône torride. Les Peintades sont importunes par leurs cris aigus et par leur caractère turbulent et querelleur; aussi sont-elles peu recherchées dans nos basse-cours où la beauté n'est pas toujours un titre d'admission; l'on s'y occupe rarement de leur multiplication quoique la chair des jeunes individus soit très-délicate. Les femelles pondent vers le mois de mai quinze à vingt œufs rougeâtres, qu'on préfère de laisser couver par une Poule, à cause de la négligence avec laquelle la mère s'acquitte des devoirs de l'incubation dont la durée est d'environ trois semaines, Les petits naissent sans barbillons, et souvent il est très-difficile de distinguer les sexes; ils sont très-faibles d'abord et exigent de la fermière les soins les plus minutieux. On assure qu'à l'état sauvage les Peintades apportent dans leurs habitudes beaucoup d'agilité, qu'elles ont le vol brusque et rapide quoique d'une très-faible étendue, qu'elles sont extrêmement habiles à la course, que malgré leur humeur tracassière elles vivent en société et se réunissent chaque soir en troupes nombreuses pour passer la nuit en commun, perchées sur quelques arbres très-rapprochés au milieu des plus épaisses forêts.

PEINTADE A CRÉTE, Numida cristala, Lath.; Peintade Cornal, Tem.;

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Peintade huppée, Encycl. meth., pl. 85, f. 3. Plumage noir, parsemé de très-petits points d'un blanc bleuâtre entoure d'un cercle étroit, bleu clair; cou et poitrine noirs; sommet de la tête garni d'une ample touffe déplumes noires à barbules désunies: rémiges d'un brun noirâtre, partie des secondaires portant quatre raies longitudinales blanches, d'autres ayant leurs barbes extérieures bordées de blanc, d'autres enfin rayées de bleuâtre; rectrices noires ondées de raies d'un blanc bleuâtre. Bec cendré, cire bleuâtre, sans caroncules, mais garnie d'un appendice ou pli longitudinal de chaque côté de la mandibule inférieure; cou, gorge, haut du cou et occiput recouverts d'une membrane bleue qui se nuance' de gris vers les oreilles et devient rouge cramoisi sur la, partie antérieure du cou; cette membrane est parsemée de quelques poils noirs extrêmement déliés; pieds bruns. Taille, dix-huit pouces. De la Guinée.

PEINTADE D'EGYPTE. V. PEINTADE VULGAIRE.

PEINTADE HUPPÉE. V. PEINTADE A CRÉTE.

PEINTADE MÉLÉAGRIDE. V. PEINTADE VULGAIRE.

PEINTADE MITRÉE, Numida mitrata, Lath.; Encycl. méth., pl. 85, fig. 2. Plumage d'un noir foncé parsemé assez régulièrement de taches blanches arrondies; rémiges et rectrices noires tachetées de blanc; bas du cou et poitrine d'un gris noirâtre, avec des raies étroites et transversales d'un blanc grisâtre; bec d'un rouge jaunâtre; sommet de la tête garni d'une espèce de casque conique, rouge, qui se recourbe en arrière; membrane qui recouvre le haut de la tête et qui entoure les yeux et le bec, d'un rouge de sang, le reste de cette membrane qui descend sur le cou, d'un rouge violet nuancé de bleu clan; pieds cendrés. Taille, vingt pouces. De Madagascar.

PEINTADE A POITRINE BLANCHE, variété de la Peintade vulgaire que l'on a trouvée aux Antilles où elle asans doute été transportée d Afrique.

PEINTADE VULGAIRE, Numida Meleagris, L., Poule de Guinée, Belon; Gallus guineensis, Ruiz, Buff., pl. enl. 108. Plumage d'un gris bleuâtre foncé, parsemé de petites taches blanches plus ou moins régulièrement arrondies; premières rémiges blanches, les autres d'un bleu noirâtre, rayées longitudinalement de blanc; poitrine d'un bleu cendré uniforme; bec d'un cendré rougeâtre; casque à peu près semblable à celui de l'espèce précédente; joues bleuâtres, se prolongeant en membranes charnues, pendantes, au-delà de la mandibule inférieure; dessus du cou d'un rouge bleuâtre, parsemé de quelques poils noirs; pieds d'un gris cendré. Taille, vingt-un pouces. Du cap de Bonne-Espérance et contrées adjacentes. La femelle a le plumage d'une teinte moins vive; la membrane qui pend à la base de la mandibule supérieure et de chaque côté, est d'un rouge clair. Du reste, comme chez tous les Oiseaux tenus en domesticité, les Peintades sont sujettes à des modifications de nuances dans le plumage, qu'il est souvent aussi difficile de bien saisir que de décrire; c'est ainsi que l'on en trouve de blanches, de blanchâtres, avec partie ou totalité des cuisses blanches et quelquefois seulement avec la poitrine de cette couleur, etc.(DR..Z.).

PEINTADEAU. OIS. Nom de la jeune Peintade. V. ce mot, (DR..Z.)

PEINTE, REPT. OPH. Espèce du genre Couleuvre. V. ce mot. (B.)

PÉKAN, mam. Espèce du genre Marté. V. ce mot. (B.)

PEKEA. BOT. PHAN. Ce genre, établi par Aublet, est le même que le Caryocar de Linné et que le Rhizolobus de Gaertner. Le nom de Linné étant le plus ancien devrait être adopté; mais comme au mot CARYOCAR de ce Dictionnaire, il a été renvoyé à Pekea, nous tracerons ici les caractères de ce genre. Le calice est

TOME XIII. 10

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monosépale, à quatre ou cinq divisions plus ou moins profondes; la corolle se compose de cinq pétales assez épais, alternes avec les divisions calicinales, insérés, ainsi que les étamines, à un disque hypogyne. Cellesci sont extrêmement nombreuses, et leurs filets sont monadelphes à leur base dans une petite étendue; ils sont du reste grêles, et terminés par une anthère presque globuleuse. L'ovaire est libre, un peu déprimé, à quatre angles obtus, à quatre loges contenant chacune une seule graine; il se termine à son sommet par quatre styles et autant de stigmates simples. Le fruit se compose de quatre, quel-quefois de trois, de deux ou même d'une seule noix, réunies par leur côté interne. Quand il y en a trois ou quatre elles sont presque réniformes, mais on conçoit que leur forme doit varier suivant leur nombre. Chacune d'elles est uniloculaire et monosperme; leur péricarpe est assez épais, charnu et subéreux extérieurement, dar et osseux intérieurement. La graine qu'il renferme offre une organisation fort remarquable qui a été mise dans tout son jour par le professeur Richard. Son embryon, dépourvu d'endosperme, est immédiatement recouvert par le tégument propre. Presque toute la masse de l'embryon est formée par un gros corps charnu, tout-à-fait indivis, terminé à sa partie inférieure par un petit prolongement bifide à son sommet. Le gros corps charnu est la radicule, son prolongement est la tigelle, et les deux lobes qui la terminent sont les cotylédons. C'est à cette sorte d'embryon que le professeur Richard donne le nom d 'embryon macforhize. Le genre qui nous occupe avait été rapproché des Sapindacées: le professeur De Candolle a proposé d'en faire une famille sous le nom de Rhizobolées. V. ce mot.

On doit réunir au genre Pekea ou Caryocar, le genre Saouari d'Aublet qui ne saurait en être distingué. Ce genre se compose alors de six espèces. Ce sont toutes des Arbres dont quelques-uns acquièrent les plus hautes dimensions. Leurs feuilles sont opposees, pétiolées, composées de folioles digitées; leurs fleurs sont disposées en grappes. Les amandes, renfermées dans les noix, sont blanches, charnues, très-bonnes à manger. Celles du Pekea butyracea, Aublet, Guian., p. 594, t. 218, contiennent une très-grande quantité d'une huile grasse, épaisse, presque solide, et dont oh se sert à Cayenne pour assaisonner les ragoûts en place de beurre. Toutes les espèces de ce genre sont originaires des diverses parties de l'Amérique méridionale. (A. R.)

* PEKEL. POIS. V. PEC.

PEKI. BOT. PHAN. Pour Pekea. V. ce mot. ' (B.)

* PEKKING. OIS, Les Javanais donnent ce nom au Loxie ou, Gros- Bec tacheté de Java des Pl. enlum., n. 139, fig. 1, et qui est le Iringilla p unctularia du Catalogue systématique d'Horsfield. (LESS.)

PELA. BOT. PHAN. (Rhéede.) Syn. de Psidium pyriferum. V. Gouttavier. Il signifie aussi Muscadier. (B.)

PELAGE, MAM. (C'est, dit l'Académie, «la couleur du poil de certains Animaux; » mais ce mot n'est pas synonyme «de peau des Mammifères revêtue de poils,» comme on le trouve dans un autre dictionnaire. C'est la fourrure à qui cette dernière définition convient. Aussi ne sauraiton dire correctement un Pelage doux, soyeux ou rude, mais on dit un pelage fauve, tigré ou marqué de bandes, etc. (B.)

PÉLAGE. MAM. L'une des races de l'espèce japétique et un sous-genre de Phoques. V. ce mot et HOMME.(B.)

PÉLAGIE. Pelagia. acal. Genre de Médusaires, établi par Péron et Lesueur dans la division des Méduses gastriques, monostomes, pédoneulées, brachidées et tentaculées. Caractères: point d'organes prolongés de la base de l'estomac vers le rebord; quatre bras très-forts terminant un

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pédoncule fistuleux. Adoptées comme sous-genre par Cuvier, les Pélagies sont réunies aux Dianées par Lamarck. V. DIANÉE. (E. D..L.)

PÉLAGIE. Pelagia. polyp. Genre de l'ordre des Actinaires dans la division des Polypierssarcoïdes, ayant pour caractères: Polypier fossile, simple, pédicellé: surface supérieure étalée, ombiliquée, lamelleuse; lames rayonnantes, simples ou se dichotomant une fois, rarement deux; surface inférieure unie ou légèrement ridée circulairement, plus ou moins plane; pédicelle central, en cône très-court, situé à la surface inférieure. Le Polypier de ce genre, formé par Lamouroux (Gen. Polyp., p. 78, tab. 79, fig. 5, 6, 7), est sans doute une pétrification fort singulière, mais il est bien difficile de croire qu'elle ait été charnue avant de devenir fossile. L'aspect membraneux de sa surface inférieure né nous paraît pas suffire pour engagerà adopter une pareille opinion. Nous avons démontré ailleurs (V. Lymnorée et Montlivaltie) que plusieurs Polypiers entièrement pierreux, actuellement vivans dans les mers, offraient cet aspect membraneux d'une manière très-évidente, dans quelques points de leur surface inférieure. Ce genre nous paraîtrait mieux placé parmi les Polypiers lamellifères dans le voisinage des Fougères et des Cyclolites. La forme allongée du pédicule central des Pélagies peut faire présumer que ces Polypiers étaient fiaés, quoiqu'on ne les ait trouvés que détachés. Lamouroux a nommé Pelagia clypeata la seule espèce rapportée à ce genre. Elle se rencontre assez rarement dans le Calcaire à Polypiers des environs de Caen.(E. D..L.)

PÉLAGIENS. OIS. Vierillot intitule ainsi une famille de Palmipèdes qu'il compose des genres Stercoraire, Mouette, Sterne et Bec-en-ciseaux.(DR..Z.)

* PÉLAGIQUES, pois. On trouve dans le Dict. des Sc. nat. T. xxxviii, p. 28, que ce sont «les Poissons qui, par leurs mouvemens rapides et multipliés, leurs combats, leurs jeux, leurs courses et leurs amours, animent à une grande distance des rivages, la mer qui les nourrit, l'Océan qui les voit resplendir de tous les feux de l'astre du jour.» Le mot Pélagien, précédemment proposé, nous paraîtrait préférable à celui de Pélagiques, et tout en remarquant combien le style de l'ichthyologie a fait de progrès depuis Lacépède, nous prendrons la liberté de faire observer à son successeur que les Poissons Pélagiens ou Pélagiques, comme on voudra les appeler, ne font pas de courses, qu'ils se rapprochent en général des rivages pour faire l'amour, et que l'Océan ne les voit pas resplendir, etc., atteudu qu'ils sont en général ternes et peu brillans par leurs couleurs. (B.)

PELAGUSE. Pelagus. moll. Genre proposé par Montfort pour quelques Coquilles du genre Ammonite, dont le dernier tour, embrassant tous les autres, les cache entièrement. Lamarck avait aussi fait un genre Orbulite sur les mêmes caractères, mais ni le genre de Montfort, ni celui de Lamarck n'ont été adoptés. V. ORBULITE et AMMONITE. (D..H.)

PÉLAMIDE. REPT. OPH. Sous-genre d'Hydre. V. ce mot. (B.)

PÉLAMIDE. POIS. L'antiquité désigna par ce nom une espèce du genre Scorabre, à laquelle on doit conséquemment le. laisser, sans égards àl'application fautive que certains ichthyologistes en ont faite à une Gastérostée et à un Squale. (B.)

PÉLANDOK. MAM. Sous ce nom, alentyn a indiqué dans son grand ouvrage sur Amboine et les îles de l'Est, un Kanguroo des îles d'Aroë qui nous paraît être celui que nous avons nommé Kanguroo des anciens, p. 163 de notre Zoologie, et que nous ne fîmes qu'entrevoir à la Nouvelle-Guinée. C'est à tort que dans un grand nombre d'ouvrages, ou trouve imprimé bar erreur typo

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graphique, Pélandor Aroë. Lebruyn a. donné une figure assez exacte de cet Animal, sous le nom de Filander. Ce n'est point le Didelphis Brunii de Desmarest, quiest notre Kangurus ualabatus de la Nouvelle-Galles du Sud. D'après Raffles (Trans. Soc. Linn. Lond. T. xiii, p. 261), il paraît que les Malais donnent aussi le nom de Pélandok à une espèce du genre Moschus. (LESS.)

PELARGONIUM, BOT. PHAN. Ce genre immense, de la famille des Géraniacées, a été placé, par les auteurs systématiques, dans la Monadelphie Heptandrie, L., malgré l'inconstance du nombre de ses étamines fertiles. Il avait été constitué primitivement, aux dépens des Geranium, par J. Burmann (Plant. Afric. Dec., p. 89); mais Linné n'ayant point admis les motifs exposés par ce botaniste en faveur de rétablissement de ce genre, continua à le tenir réuni aux Geranium. Plus de quarante ans après, L'Héritier publia seulement les planches de quelques Pelargonium; le texte de cette Géraniologie est encore inédit entre les mains du professeur De Candolle, possesseur de l'herbier et de la bibliothèque de L'Héritier. C'est donc à tort qu'on attribue communément à ce dernier botaniste la création du genre Pelargonium qui a été généralement adopté, nonobstant l'opposition de quelques vieux routiniers dont nous ne reproduirons pas ici les déclamations contre les savans qu'ils ne désignent jamais autrement que par l'épithète de novateurs. Voici ses caractères essentiels: calice à cinq divisions profondes, la supérieure se prolongeant en un éperon ou tube nectarifère très-petit, décurrent le long du pédoncule et adhérent avec celui-ci; corolle à cinq ou rarement à quatre pétales, plus ou moins irréguliers; dix étamines dont les filets sont inégaux et monadelphes; quatre à sept seulement portent des anthères, les autres sont stériles; styles persistans (arêtes des auteurs ou prolongemenssupérieurs des carpelles), barbus du côté interne, et se contournant en spirale après l'anthèse. Le genre Pelargonium se distingue principalement du Geranium et d e l'Erodium, par l'extrême irrégularité de la corolle, irrégularité qui entraîne un grand dérangement dans le reste du système floral, comme, par exemple, l'avortement de plusieurs anthères.

Ce genre est très-naturel, de l'aveu de tous les botanistes, et même des personnes les plus étrangères à la botanique, car il suffît de jeter un simple coup-d'œil sur un Pelargonium, pour ne point le confondre avec les Geranium proprement dits. Un port particulier; déterminé par la nature arborescente des tiges du plus grand nombre des Pelargonium, se combine avec des caractères fort légers, il est vrai, tirés de la fructification; de sorte qu'il est toujours facile de distinguer les Pelargonium, sous le rapport générique. Et ce qui nécessitait surtout de subdiviser le genre Geranium, c'était le nombre toujours croissant de ses espèces. En effet, quelles difficultés n'aurait-on pas à surmonter, s'il fallait déterminer une espèce au milieu de cinq à six cents congénères? Cependant, comme la création de genres nouveaux aux dépens des anciens doit avoir un terme, nous regardons comme un travail purement artificiel l'érection que R. Sweet a faite du genre Pelargonium en une sorte de tribu à laquelle il donne le nom de Pélargoniées (Pelargonieœ), Ce savant a publié un ouvrage par livraisons orné de belles figures sur le genre Pelargonium, où il a établi plusieurs genres sous les noms de Hoarea, Isopetalum, CampYlia, Jenkinsonia et Ciconium. Lindley, qui a coopéré au même ouvrage, est l'auteur des genres Dimaoria, Otidia, Phymatanthus et Chorisma. Ces nouveaux genres ont été réduits par le professeur De Candolle (Prodr. Syst. Veget., 1, p. 649) au rang de simples sections génériques du Pelargonium, par la rai— son que les espèces de ces prétendus

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genres se fécondent entre elles avec la plus grande facilité et donnent naissance à des hybrides. Les jardiniers ont tellement abusé de ce moyen de créer de nouvelles espèces, qu'il règne maintenant une confusion inextricable parmi les Plantes de cegenre, dont la culture est aujour'hôi universellement répandue; et ce qu'il y a de plus fâcheux, c'est que les croisemens ont été opérés sans tenir note de la détermination exacte des individus qu'on a, pour ainsi dire, forcés de se marier ensemble. Leurs hybrides sont des bâtards dans la véritable acception du mot, c'est-à-dire des individus sans titres, et dont les parens sont inconnus; quelquefois cependant on est assez certain sur l'espèce qui a servi de mère.

Dans son Prodromus Systematis Vegetabilium, le professeur De Candolle porte le nombre des espèces à trois cent soixante-neuf, sur lesquelles trois cent vingt-quatre sont assez bien connues, c'est-à-dire décrites avec assez de précision et surtout assez exactement figurées pour qu'on puisse les reconnaître. Ce nombre a été considérablement augmenté par les jardiniers, surtout en Angleterre. On voit, par le second volume de l'Hortus Britannicus récemment publié, que près de cinq cents sont cultivées chez nos voisins d'outremer; mais la plupart sont de ces espèces bâtardes dont nous venons de parler, et sortiront un jour de la liste des êtres primitifs qui seuls composent le domaine de la nature.

Les Pelargontum sont originaires de la pointe australe d'Afrique, c'est-àdire des environs du cap de Bonne-Espérance; il y en a si peu qui croissent ailleurs, qu'on peut les considérer comme l'un des genres qui caractérisent le mieux cette vaste région botanique. Deux belles espèces, celle qui fait le type du genre lsopetalum de Sweet (Pelargonium cotyledonis), et le P. inquinans, croissent à Sainte- Hélène. Le P. canariense est indigène des îles Canaries. Enfin, quelques espèces, en petit nombre, ont été rapportées de la Nouvelle-Hollande et de la Nouvelle-Zélande.

La plupart des Pelargonium ont des tiges ligneuses; il en est cependant qui sont de petites herbes acaules, à racines tubéreuses, et à feuilles radicales pétielées. Tels sont ceux qui composent les genres Hoarea et Dimacria de Sweet et Lindley. D'autres sont des herbes frutescentes et rameuses seulement à la base, comme par exemple les Plantes qui composent les genres Campylia et Phymat anthus des auteurs que noos venons de citer. Quelques-unes offrent des tiges cylindriques, herbacées et rarement frutescentes. Le P. canariense est dans ce cas. Mais le plus grand nombre se compose de sous-Arbrisseaux à tiges charnues, surtout près de l'insertion des feuilles oit elles offrent des sortes d'articulations ou de renflemens qui rendent ces Plantes très-susceptibles d'être multipliées par boutures. Leurs feuilles offrent une grande diversité de formes, depuis la feuille ronde ou elliptique à peine incisée, jusqu'à la feuille la plus composée à pinnules linéaires. Elles sont ordinairement couvertes de poils glanduleux qui sécrètent une liqueur visqueuse très-odorante. Cette odeur est fort désagréable dans un grand nombre d'espèces; elle rappelle celles du bouc, du musc, de la térébenthine, etc.; mais dans certaines espèces, elle est aussi suave que celle de la rose et des fleurs les plus renommées par leur parfum. Nous ne dirons Tiende l'élégance de leurs fleurs; elles font l'admiration de tout le monde, soit par leurs couleurs vives et variées, soit par leurs formes agréables et leur disposition gracieuse. Dans la plupart des Pelargonium ces fleurs forment des sertules ou petits bouquets au sommet des tiges et de leurs nombreuses divisions.

Avant de donner la description abrégée d'un petit nombre d'espèces choisies parmi les plus élégantes et les plus répandues dans les

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jardins, il convient de dire quelques mots de leur culture.

La patrie de ces Plantes étant la même, et sous un climat plus chaud que celui de l'Europe, mais moins que celui des contrées intratropicales, il est facile de prévoir quelle doit être la dose de température annuelle qu'en général elles exigent. La serre tempérée ou l'orangerie sont donc absolument de rigueur pour l'hivernage de la plupart des Pelargonium. Ceux qui sont succulens ou charnus, soit dans leurs tiges, soit dans leurs feuilles, et c'est le cas du plus grand nombre, n'ont besoin que de légers arrosemens en hiver. L'humidité stagnante leur fait plus dé dommage eu cette saison qu'une basse température. pans la serre, ils doivent être placés le plus près possible des jours, et en été on doit leur donner une exposition méridienne. La terre franche, divisée avec un peu de sable et de terreau, forme le sol dans lequel ils prospèrent le mieux: une terre plus substantielle on chargée de plus de substances animales, les fait, à la vérité, pousser beaucoup plus vite, et ils fleurissent davantage, mais aussi ils deviennent souvent, par cet excès de nourriture, victimes du froid ou de l'humidité pendant l'hiver. On ne leur fait subir qu'un seul dépotement au printemps; si on en faisait ùn second en automne, ils ne pourraient produire assez de racines pour atteindre les. parois du vase, et ils s'étioleraient dans la serre. On multiplie les Pelargonium par graines et par boutures. Le premier moyen est plus avantageux, en ce que les individus, qui en proviennent sont plus vigoureux, et que l'on acquiert de nouvelles variétés; le second peut être mis en usage de préférence dans les climats froids à cause de la difficulté d'obtenir de bonnes graines. On sème les graines au printemps dans des terrains sur couche et sous Châssis. Quand les jeunes plants ont atteint quatre ou cinq pouces de hauteur, on les met chacun dans un petit pot qu'on place à l'ombre pour reprendre. Les boutures se font dans le courant de l'été. On eu plante plusieurs dans le même pot qu'on expose à une chaleur modérée, et que l'on garantit de l'action trop vive de la lumière. Elles s'enracinent avec beaucoup de facilité, et on peut les séparer au bout d'un mois, mais il convient mieux de les laisser passer l'hiver ensemble et de les séparer seulement au printemps, à cause de la faiblesse des jeunes individus qui courent risque de périr, lorsqu'ils entrent ainsi affaiblis dans la serre.

Ne devant présenter dans un ouvrage de la nature de notre Dictionnaire qu'une simple esquisse d'un nombre très-limité d'espèces, il nous est impossible de donner une idée suffisante des sections suivant lesquelles ou a partagé le genre Pelargonium, et qui forment autant de groupes assez naturels par l'analogie du port des Plantes qui les, constituent. Plutôt que d'offrir un travail imparfait en voulant décrire les types de ces nombreuses sections, nous disposerons les espèces suivantes en deux séries, d'après la nature frutescente ou herbacée de leurs tiges.

§ I. Espèces à tiges frutescentes.

PELARGONIUM A FEUILLES ZONÉES, Pelargonium zonale, Willd., Spec., p. 667; Geranium zonale, L., Cavan., Dissert. 4, tab. 98, fig. 2. Cet Arbrisseau est l'objet d'une culture populaire; aussi le nomme-t-on vulgairement, et comme par excellence, Géranium des jardins. $es feuilles sont cordiformes, orbiculaires, à lobes peu distincts, dentées et marquées en dessus d'une nuance de couleur plus foncée qui forme une zône fort apparente. Ses fleurs sont disposées en sertule, pédonculées, à pétales cunéiformes dont la couleur est ordinairement, d'un rouge vif, mais qui, dans une foule de variétés, offre toutes les nuances depuis le pourpre jusqu'au blanc rosé. Les feuilles sont quelquefois panachées de blanc et de jaunâtre.

PELARGONIUM ÉCARLATE, Pelar-

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gonium, inquinans, Aiton, Hort. Kew., 2, p. 424; Geranium inquinans, L., Cavan., loo. cit., tab. 106, fig. 2 . Ses feuilles sont orbiculaires, réinformes, presque entières, crénelées, cotonneuses, visqueuses; elles prennent une couleur de rouille lorsqu'on les a un peu froissées. Les fleurs ont une couleur écarlate, des pétales obovés, cunéiformes, et sont disposées en petite ombelle. Cette Plante donne des métis par son exposition dans le voisirage du P. z onale, ce qui démontre qu'ils sont parens à un degré trèsrapproché.

PELARGONIUM A FEUILLES EN ENTONNOIR, P. cucullatum, Aiton, loc. cit., 2 , p. 426; Geran. cucullatum, L,; Cavan., toc. cit., tab. 106, fig. 1; Séba, Mus., 1, tab. 26, fig. 2. Ses feuilles sont arrondies, presque réniformes, dentées ou lobées, et pubescentes; les bords de leur limbe sont rapprochés en forme de cornet ou d'entonnoir. Les fleurs forment une ombelle de cinq à six fleurs; elles sont grandes, d'un violet bleuâtre; les pétales supérieurs marqués de stries plus foncées et ramifiées. Cette espèce offre plusieurs variétés qui semblent fort différentes au premier aspect.

PELARGONIUM: A FEUILLES EN COEUR. Pelargonium cordatum, L'Héritier; Geran. Icon., t. 22; P. cordifolium, Curt., BOT. Magaz., t. 165, optim.; Geran. cordifolium, Cavan., loc. oit., tab. 117, fig, 5. Ses feuilles sont cordiformes, aiguës, dentées, planes, d'un vert foncé en dessus, pâles et pubescentes en dessous. Ses fleurs sont nombreuses, disposées en ombelles qui, réunies plusieurs ensemble, forment des panicules inégales. Les pétales inférieurs sont étroits et pointus, les supérieurs trèsgrands, d'une belle couleur rose marquée de stries plus foncées qui se ramifient depuis la basé du pétale. Les nombreuses variétés que cette belle espèce a données par la culture, ont fourni aux jardiniers adulateurs des princes et des grands seigneurs, maintes occasions de leur offrir des dédicaces assez ridicules. H y eu a eu pour Marie-Louise et le Roi de Rome, pour la duchesse de Berry et le duc de Bordeaux; il en restera sans doute pour tous les princes nés et à naître. L'espèce mère de ces variétés est elle-même une bâtarde du P. cucullatum avec un inconnu.

PELARCONIUM A FLEURS EN TÉTE, Pelargonium capitatum, Ait., loc. cit., 2, p-425; Geran. capitatum, L., Cav., loc. cit., t. 105, fig. 1. Vulgairement Géranium rose des jardiniers. Ses tiges sont faibles, diffuses, rameuses, très-velues, et ne s'élèvent à deux ou trois pieds qu'autant qu'elles sont supportées par des appuis. Les feuilles sont cordiformes, à cinq lobes, ondulées, dentées et mollement velues; elles sont accompagnées de stipules larges, cordiformes. Les fleurs sont de grandeur moyenne, roses, striées, sessiles et réunies en têtes. Ce n'est pas à cause de sou élégance que nous parlons ici de cette Plante, mais à raison de l'agréable odeur de rose que ses feuilles exhalent surtout quand on les froisse. Il arrive quelquefois que certains individus de F. capitatum ont une odeur de térébenthine; on peut présumer avec vraisemblance qu'ils sont des produits adultérins du F. capitatum fécondé par le F. terebenthinaceum.

§ II. Espèces àtiges herbacées ou à peine sous-frutescentes.

PELARGONIUM TRICOLORE, Pelargonium tricolor, Curt., BOT. Magaz., tab. 240; P. violarium, Jacq., I con. rar., 3, tab: 527; Phymatanthus tricolor, Sweet, Geran., tab. 43. Cette charmante petite espèce a une tige courte, sous-frutescente, dressée, des feuilles lancéolées, velues, grisâtres, incisées, dentées et presque trifides. Ses fleurs sont ordinairement disposées par trois au sommet de pédoncules terminaux et axillaires; elles ont leurs pétales supérieurs presque arrondis, d'un brun rouge velouté, un peu noirâtres à la base, les inférieures ovales. Ces fleurs, par

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leurs formes, rappellent assez œlles de la Violette tricolore, et font un effet encore plus agréable que ces dernières par l'éclat de leurs couleurs.

PELARGONIUM ODORANT, Pelargonium odoratissimum, Ait., loc. cit., p. 419; Geran, odoratissimum, Cav., loc., cit., tab. 103, fig. 1. Ses tiges sont charnues, grosses très-courtes, garnies de feuilles cordiformes, arrondies, molles, douces au toucher, d'une odeur aromatique très-forte. Les fleurs naissent sur des pédoncules grêles, fourchus, très-longs, et formant une petite ombelle de quatre ou cinq fleurs petites, à pétales presque égaux, blancs un peu teints de rose. (G..N.)

PÉLARGOS. OIS. Syn. grec de Cigogne, d'où Pelargonium (V. ce mot), par la ressemblance qu'on a trouvée entre la forme des fruits de ce genre de Plante et celle du bec de là Cigogne. (B.)

PÉLAS. MAM. (Dampier.) L'un des noms de pays du Pécari. V. ce mot. (B.)

PÉLÉCANOIDE. Huladroma. OIS. (Illiger.) Genre de l'ordre des Palmipèdes. Caractères; bec court, droit, comprimé, dur, tranchant, sillonné longitudinalement, avec la pointe un peu courbée; mandibule inférieure garnie d'une petite poche nue, dilatable; narines distinctes, placées à la surface du bec, avec leur base engagée sous Un tube; pieds courts; trois doigts seulement, dirigés en avant et palmés; point d'ongles ni de pouce; ailes courtes. Ce genre, institué par Lacépède, n'a de commun avec celui des Pélicans que la petite poche membraneuse, susceptible de dilatation, qui forme une espèce d'appendice à sa mandibule inférieure; quant aux autres caractères de conformation, en exceptant toutefois la longueur des ailes, ils paraissent avoir beaucoup plus de rapports avec le genre Pétrel, ou l'on avait d'abord placé le seul Pélécanoïde qui soit encore connu. Cette espèce se trouve dans les mers Pacifique et Australe, sur les côtes de la Nouvelle Zélande, etc. On n'a encore pu recueillir aucune donnée particulière sur les manières d'être ou de vivre de cet Oiseau.

PÉLÉCANOÏDE PLONGEUR, Procellaria urinatrix, Gmel. Parties supérieures d'un brun noirâtre, les inférieures blanches à l'exception du haut de la gorgé qui est noir. Bec noir, si ce n;'est vers le milieu et sur les côtés de la mandibule inférieure où il est blanc; tarse et doigts verdâtres; palmures noires. Taille, huit pouces. (DR..Z.)

PELECANUS. OIS. V. PÉLICAN.

* PÉLÉCIE. Pelecium. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Carnassiers, tribu des Carabiques thoraciques, établi par Kirby et adopté par Latreille qui le place près des Paaagétfs. Ce genre se distingue, des autres genres voisins, parles caractères suivans: tête déprimée, ayant un cou distinct; antennes filiformes insérées vers la base des mandibules, sous un petit rebord de la tête, composées de onze articles, le premier et le dernier plus grands que les autres. Labre court, creusé au milieu; mandibules grandes, sans dentelures, se croisant dans leur milieu; palpes extérieurs ayant leur dernier article grand, sécuriforme, presque triangulaire ; les maxillaires extérieurs de quatre articles, les labiaux de trois; palpes maxillaires internes de deux articles, la dernier fort grand, courbe, grossissant insensiblement de la base à l'extrémité; lèvre échancrée à son extrémité et portant deux petites pointes. Corselet presque carré, ses bords latéraux arrondis; sa partie postérieure presque aussi large que l'antérieure et ne se rétrécissant pas subitement avant sa jonction avec les élytres. Elytres convexes, entières, réunies et embrassant un peu l'abdomen; point d'ailes. Pates fortes, de lon

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gueur moyenne; jambes antérieures échancrées au côté interne; les deux tarses antérieurs ayant leurs quatre premiers articles dilatés et Vèlus en «dessous dans les mâles. Ce genre ne se compose que d'une sentie espèce:

Le PELÉCIE CYANIPÉDE, Pelecium cyqnipes, Kîrby, Trans. Lin., vol. 12, tab. 21, f. 1. Long de sept à huit lignes;† antennes noires; leurs quatre premiers articles ayant un reflet bleuâtre; tête lisse, d'un noir bleuâtre, ayant deux enfoncemens sur le front; corselet lisse d'un noir bleuâtre; abdomen noir ainsi que les éljtfres, celles-ci profondément sillonnées, et leur bord extérieur ayant une ligne de points enfoncés;Sates bleuâtres; tarses noirs, garnis e poils roux*. Cet Insecte se trouve au Brésil. Auguste Saint-Iliiaire en a rapporté un iûjctividu qui est au Muséum de Paris. (G.)

PÉLÉCINE. Pelecinus. ins. Genre de l'ordre des Hyménoptères, section des Térébrans, famille des Pu* pivores, tribu des Evaniales, établi par l'treille, et ayant pour caractères: antennes filiformes; abdomen inséré à l'extrémité postérieure et inférieure du corselet, filiforme et très-long; languette à trois divisions. Ce genre se distingue des Evanies, parce que ceux-ci ont l'abdomen extrêmement petit, comprimé et pédicnlé; les Fœnes ont la tête portée sur un cou, et l'abdomen en forme de massue. Enfin les Paxyllomes et les Anlaques ont l'abdomen ellipsoïde, et les jambes toujours grêles, de qui n'a pas lieu chez les Pélécines. l'espèce qui sert de type à ce genre a été déente et figurée par Drury qui lui a donné le nom d11 chneumon police rotor. On en connaît encôre une autre. Toutes deux sont propres à l'Amérique. La tête des Pélécines est plus large que longue et sans cou apparent; on voit sur le vertex trois petits yeux lisses, disposés en triangle; les antennes sont très-grêles, de quatorze articles dont le premier gros, 1«second très-court et les autrès cylindriques; le labre est grand et membraneux, demi-circulaire et entier; les mandibules sont fortes et dentées; les palpes maxillaires sont beaucoup plus longs que les labiaux 9 presque sétacés et composés de six articles; les labiaux sont de quatre articles à peu près égaux; la languette est triude avec sa division médianeÎlus étroite; le corselet est assez ong, le méta thorax forme à peu près la moitié desa longueur; les ailes inférieures n'ont point de nervures distinctes; les supérieures ont, outre la nervure du bord antérieur, une autre nervure qui part du point épais et se bifurque en se dirigeant vers l'extrémité ae l'aile; de la partie de cette nervure qui précède la bifurcation, part une autre nervure qui remonte d'abord vers la base de aile et redescend ensuite pour atteindre le bord postérieur. De la base de l'aile part une autre nervure qui émet deux principaux rameaux, dont l'un rejoint la côte et^l'autre le bord postérieur; dans l'angle formé parle rameau qui rejoint la côte et la nervure dont nous parlons, se trouve une petite cellule mal terminée qui est la première cellule discoïdâte; la seconde cellule discoidale existe aussi, la discoidale inférieure n'est pas tracée; l'abdomen est long et com-Ïosé de cinq segmens, outre l'anus; es jambes postérieures sont quelquefois en massue; le premier article des tarses est beaucoup plus court que les suivans. Les mœurs de ces Insectes sont inconnues.

Le PÉLÉCINE POLYÉRATEUR, Pelecinus polycerator, Latr., Fabr., Ichneumon polycerator, Fabr., Drury (Ins., t. a, pl. 4o, f. 4), tout noir ? abdomen tres-long, filiforme et' arqué. On le trouve dans l'Amérique septentrionale et au Brésil.

Le PÉLÉCINE EN MASSUE, Pelecinus clavator, Latr. (Dict. d'Hist. nat., éd. a). Long de huit lignes, noir; corselet d'un rougeâtre foncé; abdomen en massue et tenant au corselet par un long pédicule. Mçe P** trie que le précédent. (G.)

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PELECINUS. BOT. puah. (Tournefort.) V. BISSÉRULE.

* PÉLÉCOCÈRE. Pelecocera. INS. Genre de l'ordre des Diptères, famille des Athéricères, tribu des Sirphies, établi par Hoffmansegg, et publié par Meigen qui lui donne pour caractères: antennes dirigées en avant, de trois articles, le dernier patelliforme, portant à son extrémité une soie grosse, courte, distinctement triarticulée; hypostôme voûté dans sa partie inférieure. Ce genre se distingue de tous ceux de la tribu par le caractère de la soie des antennes composée de trois articles distincts, ce qui n'a pas lieu chez les autres. Les deux espèces qui composent ce genre sont propres à l'Europe; l'une, la Pélécocère à trois bandes, Pelecocera tricincta, est longue de trois lignes, noire, avec trois bandes jaunes, un peu interrompues sur l'abdomen, et les pates jaunes; l'autre, la Pélécocère flavicorne, Pelecocera flavicornis, ressemble à la précédente, mais les pates sont brunes. (G.).

* PÉLÉCOPHORE. Pelecophorus. ins. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Serricornes, tribu des Mélyrides, mentionné par Latreille (Familles naturelles du Règne Animal), et que Dejean avait établi dans sa collection sans publier ses caractères. Latreille le distingue des autres genres de sa tribu par les caractères suivans: palpes maxillaires terminés par un article plus, grand, sécuriforme; antennes sensiblement plus grosses vers leur extrémité; premier article des tarses fort court. Ce genre se compose de petites espèces des îles de France et de Bourbon, qui ont le port des Dasytes. Nous citerons comme type de ce genre, le Pélécophore d'Illiger, Pelecophorus IIligeri, NOTOXUS Illigeri, Sch., t. 1, part. 2, p. 53, n° 6, pl. 4, fig. 7. Il est long de deux lignes et demie, son, corps est ovale oblong, d'un noir bronzé, brillant, profondément ponctué; ses antennes sont plus longues que le corselet, ferrugineuses à leur base, grossissant vers leur extrémité, noires et un peu pubescentes dans cette partie; les côtés ducorselet sont blanchâtres. On voit deux bandes sinueuses de cette couleur sur les élytres; le dessous du corps et les cuisses sont d'un brun noirâtre, un peu pubescent. Les jambes et les tarses sont pâles; les pal pes sont d'un ferrugineux pâle. On trouve à l'Ile-de-France. (G.)

PÉLÉCOTOME. Pelecotoma. ins. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Hétéromères, famille des Trachélides, tribu des Mordellones, établi par Fischer dans les Mémoires de la société impériale des naturalistes de Moscou, et adopté par Latreille. Les caractères de ce genre sont: antennes en panache simple; labre carré; écusson apparent; crochets des tarses dentelés en peigne intérieurement; élytres de la longueur du corps, peu rétrécies. Ce genre se distingue des Ripiphores, parce que ceux-ci ont l'écusson caché sous un prolongement du corselet, et que leurs élytres sont fortement rétrécies en arrière; les antennes des Ripiphores mâles ont leur panache, composé, c'est-à-dire que chaque article jette deux rameaux, tandis que dans les Pélécotomes ils n'en fournissent Les Myodessont distingués des Pélécophores par les mêmes caractères. Les genres Mordelle, Anaspe et Saraptie se distinguent des Pélécophores, parce que leurs antennes sont tout au plus entées en scie dans les mâles. Le corps des Pélécophores est étroit, allongé et comprimé latéralement; la tête est fortement inclinée sons le corselet, avec les yeux grands, rapprochés en devant, un peu échanorés pour l'insertion des antennes. Cellesci sont insérées au-devant des yeux, près de la bouche; elles sont composées de onze articles, dont les premier et troisième longs, les second et quatrième courts; les sept darniers

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formant un éventail ou panache simple, chaque article n'émettant qu'un seul rameau, beaucoup plus court dans les femelles et figurant seulement une large dent de scie; les palpes sont filiformes; le corselet est rétréci en devant, avec trois prolongemens dont deux latéraux et un au milieu; l'écusson est petit, triangulaire et très apparent; les élytres sont longues, et vont un peu en se rétrécissant vers leur extrémité; les pates sont longues; les jambes antérieures sont munies d'une épine à leur extrémité; les intermédiaires en ont deux, dont l'intérieure plus grande, les postérieures ont deux épines égales; les tarses sont filiformes avec les premier et dernier articles allongés. Les mœurs de ces Insectes nous sont inconnues; le genre se compose de quatre ou cinq espèces; nous citerons comme type:

Le PÉLÉcotoME moscovite, P elecotoma mosquense, Fischer (loc. cit., t. 2, p. 393, pl. 18; f. 1), Latr.; Ripiphorus fennicus, Payk., Faun. Suec., t. 2, p. 178, n° 2. Long de trois lignes; tète et corselet noirs, couverts d'un duvet soyeux grisjaunâtre; antennes noires; élytres d'un brun roussâtre, un peu écartées l'une de l'autre à l'extréniité; poitrine et abdomen noirs; pates d'un brun roussâtre. On trouve cette espèce dans le nord de l'Europe, aux environs de Moscou. Une autre espèce, le Pelecotoma Dufourii, Latr., se trouve en Espagne; enfin les Pelecotoma Leachii et Latreillii sont du Brésil. (G.)

* PÉLED. pois. Espèce de Saumon du sous-genre Ombre. V. SAUMON.(B.)

PELEDI. POIS. On trouve dans le Dictionnaire de Déteville que c'est un Cyprin de Sibérie, N'est-ce pas plutôt le Péled (V. ce mot) qu'on a désigné par une fausse orthographe?(B.)

* PÉLEGRIN. Pelegrinus. OIS. Les anciens oiseleurs désignent sous ce nom le Faucon de passage. (B.)

PÉLÉGRINE. Pelegrina. BOT. PHAN. Espèce du genre Alstrœmère. V. ce mot. (B.)

PÉLÉKYDE. MIN. Nom donné par Breithaupt au Cuivre arséniaté en octaèdres obtus, ou Linzenerz.(G. DEL.)

PÉLERIN. OIS. Même chose que Pélegrin. V. ce mot. (B.)

PÈLERIN. Selache. POIS. Sousgenre de Squales. V. ce mot. (B.)

PÉLERINE, CONCH. Blainville nomme ainsi, d'après Schumacher, une division des Peignes, celle dans laquelle sont réunies toutes les es-pèces à valves très-inégales, comme le Pecten Jacobeus. V. PEIGNE.(D..H.)

PÉLEXIE. Pelexia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Orchidées, établi par Poiteau, dans ses notes manuscrites, mentionné par le professeur Richard, dans son Mémoiresur les Orchidées d'Europe, mais dont on n'a pas encore tracé les caractères. Voici ceux que nous a offerts l'inspection de la Plante qui sert de type à ce genre et que Swartz (Fl. Ind. Occ., 3, p. 1409) a décrite sous le nom de Neottia adnata. Les fleurs sont disposées en épi. La division externe et supérieure du calice est concave et réunie aux deux internes et latérales, elle forme une sorte de casque; les deux divisions externes du, calice sont étroites, obtuses, réfléchies dans leur partie supérieure; à leur base elles se confondent avec la base du labelle pour former un éperon soudé avec la face antérieure de l'ovaire. Le labelle est dressé, appliqué contre le gynostême, bilobé et réfléchi à sa partie supérieure; le gynostême est court, un peu renflé supérieurement; sa face antérieure se termine à son sommet en pointe; l'anthère est terminale et postérieure, à deux loges contenant chacune une masse pollinique, pulvérulente et jaune; l'ovaire est à peine tordu.

Le Pelexia adnata, Poit, Mss.; Neottia adnata, Sw., loc. cit., est

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une Orchidée terrestre, qui croît à la Jamaïque et à Saint-Domingue. Sa racine est composée d'une touffe de grosses fibres cylindriques, simples et poilues; ses feuilles sont radicales, longuement pétiolées, dilatées et comme engainantes à leur base; leur limbe est ovale, acuminé, un peu sinueux sur ses bords; la hampe est aphylle, portant seulement des écailles foliacées, étroites et engaînantes; les fleurs sont d'un blanc verdâtre. (A. R.)

PÉLIAS. REPT. OPH. Espèce du genre Couleuvre. V. ce mot. (B.)

PELICAN. Pelecanus. OIS. Genre de l'ordre des Palmipèdes. Caractères: bec long, droit, large, trèsdéprimé; mandibule supérieure aplatie, terminée par un onglet en forme de crochet très-fort et comprimé; mandibule inférieure composée de deux branches osseuses, déprimées, flexibles et réunies à la pointe: de ces deux branches pend une membrane en forme de sac ou de poche, composée de deux peaux dont l'interne est contiguë à la membrane de l'œsophage, et dont l'externe n'est qu'un prolongement de la peau du cou; lace et gorge nues; narines fendues longitudinalement et placées à la base du bec; pieds robustes et courts; trois doigts en avant et un en arrière qui s'articule intérieurement, tous réunis par une seule membrane; ongles dentelés, à l'exdeption de celui du doigt intermédiaire; ailes médiocres; la première rémige plus courte que la seconde qui dépasse les autres, les secondaires exceptées.

Le genre Pélican, autrefois assez nombreux, parce que Linné avait regardé comme devant lui appartenir, des Oiseaux dont on a fait depuis le type de nouveaux genres, est maintenant restreint à cinq ou six espèces bien déterminées et autant de variétés que, faute d'avoir pu les ramener par des points exacts de comparaison, à leurs véritables caractères, l'on avait érigées en espèces. Tel qu'il est aujourd'hui, ce genre paraît former un groupe bien naturel, tant par les caracteres physiques que par les rapports d'habitudes que l'on a pu observer chez tous les individus qui le composent. Ces Oiseaux, malgré leur grande taille, et leur volume très-considérable en apparence, sont doués d'une mobilité dont on ne les croirait guère susceptibles. Ils sont d'une construction bien favorable à l'exercice du vol. Outre l'extrême légèreté de leur charpente osseuse, dont tout le poids n'excède guère que les deux tiers d'un kilogramme, leur force d'ascension et leur puissance de direction sont encore augmentées par la quantité d'air atmosphérique qui peut se loger dans le tuyau des plumes et dans les cavités que font naître, en se soulevant, les tissus cellulaire et adipeux. Les Pélicans se nourrissent habituellement de Poissons, quelquefois ils se jettent sur les Reptiles et les petits Quadrupèdes. Leur manière de pêcher est fort extraordinaire et très-bruyante: lorsqu'ils ont aperçu le Poisson à la surface de l'eau, ils s'y élancent, et à l'aide de leurs longues ailes, ils la battent avec rapidité, sur une assez grande étendue, en étourdissant, par ce moyen, les Poissons grands et petits, qu'ils ont tout le temps de choisir et d'introduire dans la poche que forme la membrane dilatable, adhérente à la mandibule inférieure. Cette poche remplie, ils s'élèvent de la surface de l'eau et gagnent le rivage où, sur un point escarpé, ils vont satisfaire leur vorace appétit. Quoique les Pélicans aient les pieds palmés, on les voit, de même que les Cormorans, se percher sur des arbres assez faibles et fort élevés; ils y demeurent même long-temps dan une inactivité complète; néanmoins, jamais ils n'établissent, comme les Cormorans, leurs nids sur la sommité de ces arbres: c'est toujours dans des anfractures de rochers et le plus près possible du niveau des eaux. Ce nid, auquel travaille le couple, est vaste et profond; de la mousse et un abondant duvet

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en tapissent l'intérieur; la femelle y pond deux à quatre œufs blancs et arrondis aux deux bouts. Elle les couve avec une imperturbable constance et reçoit, pendant la durée de l'incubation, sa nourriture du mâle. Au bout de quarante-trois jours, les petits sortent de l'œuf; ils sont alors couverts d'un duvet gris qui, plus tard, est remplacé par des plumes de même couleur qui s'éclaircit insensiblement et atteint tout l'éclat de la blancheur après la troisième mue La mère dégorge à ses petits la nourriture qui, dans son jabot, a subi une première macération, et comme cette nourriture laisse fréquemment des traces sanguinolentes, remarquables sur un plumage aussi éblouissant, ces traces auront vraisemblablement donné lieu à la fable qui présente le Pélican comme susceptible du plus généreux excès de-tendresse maternelle, se déchirant le sein pour en faire sortir un sang qui doit former la nourriture première de ses petits. De nombreuses observations n'ont point encore fait justice de cet abus de la crédulité publique consacré par la franc-maçonnerie, qui a fait du Pélican le symbole de son grade du rose-croix. Des Pélicans ont été observés soit isolés, soit en trompes; sur toutes les mers intertropicales d'où ils s'égaren quelquefois jusque sur les rivages du midi de l'Europe.

PÉLICAN D'ALLEMAGNE. V. CaNARD SOUCHET.

PÉLICAN D'AMÉRIQUE. C'est le Tantalus loculator, Lath. V. TANTALE.

PÉLICAN A BEC DENTELÉ, Pelicanus Thagus, Lath. Tout le plumage blanc à l'exception des grandes rémiges qui sont noires; tête et haut du cou recouverts, d'un duvet fort court; bords des mandibules dentelés en scie; bec rougeâtre; pieds noirâtres. Taille, cinq pieds quatre pouces. Amérique méridionale. Cette espèce n'est peut-être qu'une variété accidentelle du Pélican blanc.

PÉLICAN A BEC ROUGE, Pelecanus erythrorhynchos, Girardin. Plumage blanc, avec les grandes rémiges noires; occiput garni d'une huppe longitudinale de quatre à cinq pouces; bec rougeâtre; la mandibule supérieure lisse à sa base, garnie de protubérances et d'aspérités dans la moitié postérieure; mandibule inférieure rouge, avec une tache ronde de chaque côté et vers le milieu; membrane gutturale blanche, rayée de noir; pieds noirs. Taille, quatre pieds six pouces. Le bec a treize pouces. Amérique septentrionale.

PÉLICAN BLANC, Pelecanus Onocrotalus, L., Buff., pl. enl. 87. Plumage blanc, nuancé d'une teinte rose qui disparaît insensiblement après la mort; grandes rémiges noires; occiput garni d'une huppe de plumes effilées; face nue, d'un rouge de rose; mandibule supérieure bleuâtre, jaune au centre et rougeâtre sur les bords, avec l'onglet ou le crochet rouge; l'inférieure rougeâtre; membrane gutturale jaunâtre; iris rouge; pieds rougeâtres, livides. Taille, Cinq pieds a cinq pieds dix pouces. Les jeunes ont le plumage d'un gris cendré d'autant plus obscur que l'individu est moins âgé; le dos et les ailes d'une teinte plus foncée dans le milieu des plumes; les rémiges noirâtres, les parties inférieures blanchâtres; le bec, les parties nues et les pieds livides. Sur toutes les mers. Le nom scientifique de cette espèce vient de ce qu'on a cru y reconnaître l'un des Oiseaux impurs dont le vrai Dieu éternel se donna la peine de proscrire la chair, comme trop Iourde sans doute pour l'estomac délicat de ses chers Hébreux. V. ONOCROTALE.

PÉLICAN BRUN, Pelecanus fuscus, L., Buff., pl. enlum. 657. Girardin, Tabl. orn., pl. 3o. V, PÉLICAN BLANC jeune.

PÉLICAN DE LA CAROLINE. V. PÉLICAN BRUN.

PÉLICAN A LUNETTES, Pelecanus conspicillatus, Temm., OIS. color., pl. 276. Tout le plumage blanc à l'exception des secondes lectrices alaires, des scapulaires; des rémiges et des rectrices qui sont noires; petites

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tectrices alaires formées de longues plumes subulées blanches; point de huppe; un espace circulaire nu autour des yeux; bec et membrane gutturale rougeâtres; pieds bruns. Taille, six pieds. De l'Austraîasie.

PÉLICAN DE MaNILLE. V. PÉLICAN BLANC, dont il est une variété d'âge.

PÉLICAN ORDINAIRE. V. PÉLICAN BLANC.

PÉLICAN DES PHILIPPINES. V. PÉLICAN BLANC.

PÉLICAN ROSE. V. PÉLICAN BLANC.

PÉLICAN ROUSSATRE, Pelecanus rufescens, L. Parties supérieures d'un jaune rougeâtre; tête et cou d'un blanc grisâtre; une huppe de plumes effilées sur la nuque; tectrices alaires d'un gris cendré pâle, terminées de brun; rémiges noires; rectrices blanches à la base, noires à l'extrémité; parties inférieures blanches, avec les plumes qui garnissent les jambes jaunâtrea; celles de la partie inférieure du cou et de la poitrine sont longues et effilées; bec d'un jaune livide, pieds bruns. Taille, cinq pieds. D'Afrique. (DR..Z.)

* PELICINE. BOT. PHAN. V. BIS-SÉRULE.

PÉLIDNB. Pelidna. OIS. (Cuvier.) Les genres Tringa et Scolopax de Linné comprenaient un-grand nombre d'Oiseaux qui se ressemblent par un faciès général, mais qui diffèrent assez notablement les uns des autres pour que les naturalistes modernes les aient placés dans plusieurs genres distincts. C'est ainsi que les petites espèces d'Echassiers ou d'Oiseaux riverains, nommées vulgairement Alouettes de mer, ont été retirées du genre Maubèche (Tringa) par Cuvier (Règn. Anim. T. 1, p. 490) sous le nom de Pelidna, et ont été séparées des Sanderlings (Arenaria, Bechst) avec lesquels beaucoup d'auteurs les ont confondues, Toutefois dès 1752, Moehring avait fait cette séparation en créant le genre Cinclus, adopté par Brisson. Les Alouettes de mer ou mieux Pélidnes ont en effet le port, la taille, le plumage et les habitudes des Sanderlings, mais elles en sont distinguées par la présence d'un pouce qui manque à ceux-ci. Les Sanderlings sont tridactyles, et les Pélidnes tétradactyles. Temminck n'a point adopté le genre Pélidne, et il laisse les Alouettes de mer parmi les Maubèches ou Tringa, et il est suivi en cela par Vieillot, dans son Analyse d'ornithologie. Ces auteurs reprochent en effet au genre de Cuvier d'être mal caractérisé. Il nous semble cependant qu'il l'est, pour le moins, aussi bien qu'un grand nombre de ceux qu'ils ont présentés. Il isole nettement quelques espèces du genre Maubèche, par uncaractère peu saillant peut-être, mais qui est visible et bien distinct, et par conséquent suffisant. Est-ce que d'ailleurs la présence d'un pouce ou son absence influent sur les mœurs, les habitudes, le genre de vie d'un Oiseau? Non, sans doute, mais c'est un moyen avantageux pour couper des genres trop nombreux en espèces, et zoologiquement parlant, il doit suffire. Les genres Pluvier et Vanneau n'ont pas d'autres caractères essentiels. Le genre Pélidne appartient à l'ordre des Echassiers Iongirostres de Cuvier et de Latreille; au treizième ordre, les Grallatores de Temminck; à la deuxième tribu et à la quatrième famille, les Elonomes de Vieillot; àl'ordre des Echassiers rampholites ou ténuirostres de Duméril; Illiger rangeait ces Oiseaux avec les Tringa, dans son sixième ordre et dans sa famille des Limicolae (V. Bécasseau, T. 11, p. 246). Il a pour caractères essentiels; un bec déprimé à l'extrémité, à sillon nasal prolongé, un peu plus long que la tête; pieds dont le pouce ne touche point à terre, et dont tes trois doigts antérieurs sont entièrement libres, sans bordure membraneuse et sans palmure aucune. Les Pélidnes sont les plus petites espèces d'Echassiers. Leurs jambes sont courtes et leurs formes ramassées. Leur plumage est moucheté de gris en dessus et eue blanc en dessous, et c'est de cette teinte et de leur taillé

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comparées à celles des Aloutettes des champs, que le vulgaire leur a donné le nom impropre qui se perpétue dans certains ouvrages, où les auteurs croient pouvoir se passer d'employer un laugage exempt d'équivoque, parce que les ornithologistes de la vieille école française se servaient d'une nomenclature barbare. Leurs mœurs les fixent en effet sur les grèves sablonneuses, ou sur les bords des étangs salés des six parties du monde où elles vivent en troupes innombrables. Leur chair est délicate et estimée, quoique un peu sèche. Les Pélidnes suivent quelquefois les rives des fleuves, tien que leur séjour habituel soit les rivages de la mer où elles pondent quatre ou cinq œufs jaunâtres tachés de brun, très-gros, et probablement deux fois l'année. Elles sont de passage en plusieurs provinces de la France. Leurs habitudes sont vives, leurs mouvemens brusques, et elles courent sans cesse en poussant un petit cri sur les grèves. Partout on les rencontre par troupes nombreuses, ce n'est qu'accideu tellement que parfois on en voit quelques couples isolés. Leur nourriture principale consiste en petits Vers marins, en petits Mollusques, qu'elles saisissent à marée basse dans les fucus ou sur le sable. Leur plumage varie suivant que les individus sont jeunes ou adultes, ou en mue. On n'en connaît que trois espèces: deux d'entre elles paraissent exister dans toute l'Europe, en Asie, eu Afrique, en Amérique, en Australie et dans l'Océanie.

PÉLIDNE ALOUETTE DE MER, Pelidna Cinclus; Cinclus, Briss.; Tringa Cinctus, L., Sp. 18, Buff., pl. enl. 851; Tringa subarcuata, Temm., Man. 2, p. 609; Scolopax africana, Gmel., Sp. 19; S. subareuata, Gmel., le Co corli, Temm. Cette espèce a sept pouces et demi de longueur totale, et sou plumage complet en hiver, est brun noirâtre en dessus. Le centre de cha que plume est rayé longitudinalement de brun, et les bords sont blanchâtres; la face, les sourcils, la gorge, les couvertures du dessus de la queue, et le ventre sont d'un blanc pur, le bec noir, l'iris et les pieds bruns; les deux pennes du milieu de la queue plus longues que les latérales. Les jeunes, avant la première mue, ont les plumes du dessus du corps d'un cendré noirâtre; et lisérées par une large bande d'un blanc jaunatre. Le Cincle ou Pélidne Alouette de mer, qu'il ne faut pas confondre avec le Merled'eau (V. CINCLE), en plumage de noce, a principalement le sommet de la tête noir; la nuque rousse, teintée de noir; les parties inférieures d'un roux marron, tachetées de brun ou parfois variées de blanc; la queue rayée de noir et de roux par raies alternatives. Leurs habitudes sont plusparticulièrement celles qu'on a citées dans les généralités du genre.

PÉLIDNE BRUNETTE, Pelidna variabiiis; Tringa Cinclus, var. β, L., Sp. 18; la Brunette, Buff., pl. enlum. 852; Tringa variabilis, Meyer, Temm., M. 2, p. 612 (Tringa alpina, et Scolopax pusilla, Gmel.); Dunlin, Lath.; S ea Snip des Anglais. Cette espèce est un peu plus petite que la précédente, et la femelle est un peu plus grosse que le mâle. Elle est d'un cendré brun supérieurement, chaque plume ayant un trait plus foncé sur la baguette; un trait blanc va de l'angle du bec à l'œil. La gorge et les parties inférieures sont a un blanc pur; les pennes latérales de la queue sont cendrées, bordées de blanc; le bec est noir et les pieds sont d'un fauve brun; le ventre est d'un noir profond pendant le court espace de temps que durent la ponte et l'incubation. Dans la livrée commune, le cou et la poitrine sont d'un jaune roussâtre; le ventre est taché de brun noirâtre. Elle habite plus particulièrement les marais, les bords des rivières et des étangs. Elle est de passage sur la plu part des côtes de France. Temrainck ait que la Brunette niche dans les herbes et pond de trois à quatre œufs très-gros, d'un vert blanchâtre, avec de grandes et de petites taches brunes.

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PÉLIDNE DE BRISSON, Pelidna Bris sonii, N.; Cinclus dominicensis minor, Brisson, Sp. 13, fig. 2, pl. 25; Tringa pusilla, L., Sp. 20? Cette Alouette de mer est plus petite que la Brunette; son plumage, en dessus, est noirâtre au milieu de chaque plume, et roux sur les bords. Les parties inférieures sont d'un blanc roux. Le croupion est d'un cendré fauve, plus foncé dans son milieu. Les deux rectrices intermédiaires sont à leur bord externe d'un gris fauve, noirâtres à leur partie interne; celles des côtés sont grises, et les trois plus externes de chaque côté sont terminées de blanc, et les deux voisines sont bordées à ce sommet de blanc roux. Le bec et les pieds sont fauves. Elle habite l'île de Saint-Domingue. Elle est la deuxième espèce que Brisson y ait indiquée, mais le Cinclus dominicensis major de cet auteur est le Tringa Cinclus de Linné ou l'espèce commune d'Europe. (LESS.)

* PÉLIDNOTE. Pelidnota. INS. Genre de Coléoptères, mentionné par Latreille (Fam. nat. du Règne Anim.), et dont nous ne connaissons pas les caractères. Ce genre est très-voisin des Rutèles. (G.)

PÉLIE. REPT. OPH. Pour Pélias. V. ce mot. (B.)

* PELIOM. MIN. Nom d'une variété de Dichroïte ou Cordiérite, qui vient de Bodemnais en Bavière, et dont Werner avait fait une espèce.(G. DEL.)

PELIOSANTHES. BOT. PHAN. Ce genre, de, l'Hexandrie Monogynie, L., fut établi sur une Plante qui avait reçu primitivement le nom de Teta viridiflora, dans un Catalogue manuscrit communiqué par Roxburgh, mais sans aucune description. Cette Plante fut d'abord publiée dans Andrews (Botan. Reposit., n. 605), où elle fut nommée Peliosanthes Teta, et elle a été reproduite dans le Botanical Magazine, n. 1302, puis dans les Liliacées de Redouté, T. VIII, pl. 415. Une seconde espèce a été publiée depuis sous le nom de Peliosanthes humilis par Andrews (loc. Cit., tab. 634), et par Gawler (Bot: Magaz., n. 1532). Nous allons tracer, d'après ces auteurs, les caractères génériques du Peliosanthes, qui appartient à la famille des Mélanthacées de Brown, ou Colchicacées de De Candolle: périgone marcescent, dont le limbe est à six divisions rotacées, et dont le tube demi-infère embrasse la base du fruit; entrée du tube couverte par un processus transversal bleuâtre et circulaire, percé au milieu d'une ouverture; ce processus (nectaire d'Andrews) est une dépendance des filets des six étamines qui s'insèrent à l'entrée d'un tube du périgone et se dirigent vers le centre de la fleur où leurs bords forment la petite ouverture; leurs filets sont très-courts et portent des anthères biloculaires didymes, ovoïdes et introrses; ovaire triloculaire, contenant deux ovules collatéraux dans chaque loge, surmonté d'un style très-court, épais, en pyramide tronquée, creusé de trois sillons, et s'élevant jusqu'au niveau de l'ouverture du processus transversal; baie supère, formée de trois carpelles uniloculaires, monospermes, oblongs et réunis par la base, au moyen du réceptacle qui se prolonge et communique avec le style. Ce singulier genre se rapproche par son port des Veratrum et des Helonias. Il n'est pas mal placé dans la famille que nous avons indiquée plus haut, quoique son organisation s'éloigne en quelques points de ceux des autres genres qui en font partie.

Le PELIOSANTHES TETA, nommé vulgairement Teta par les habitans du Bengale d'où il est originaire, est une Plante herbacée, vivace, de la hauteur d'environ trois décimètres. Ses racines fibreuses partent d'une souche centrale, qui émet plusieurs feuilles radicales, réunies par la base en un faisceau peu serré. Par leur rétrécissement, celles-ci forment des pétioles canaliculés qui s'épanouissant en un limbe lancéolé et marqué de nervures et de plis longitudinaux, lesquels convergent aux

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extrémités. La hampe est glabre, ronde, un peu anguleuses elle s'élève du milieu des feuilles adultes, et porte des fleurs inodores, nombreuses, sessiles, agglomérées par faisceaux de quatre à cinq, et formant une grappe allongée. Cette Plante est cultivée dans les jardins, où elle exige la serre chaude, et ne fructifie pas.

Le Peliosanthes humilis est une petite Plante de pure curiosité, et bien inférieure en beauté à la précédente. Sa hampe est beaucoup plus courte que les feuilles qui sont elliptiques, lancéolées, à sept plis longitudinaux. Elle est originaire de l' île du Prince de Galles. (G..N.)

PELIUM. MIN. V. PELIOM.

* PELLA. BOT. PHAN. Gaertner (de Fruct. et semin. T. 1, p. 143, tab. 28, f. 28) a décrit et figuré sous le nom de Pella ribesioides, le fruit d'une Plante à laquelle il assigne pour synonymes, l' Embelia grossularia de Retz et le Banisteroides de Linné, Flor. Zeyl., p. 192, n° 407. Ce fruit paraît être celui du Salvadora persica, d'après les observations des auteurs modernes. V. SALVADORE. (G..N.)

PELLE, POIS.(Bloch.) Syn. de Callionymus indicus, L. V. CALLIONYME. (B.)

* PELLERON. Basilus. MOLL. Le Turbo cornulus a servi de type à ce nouveau genre de Schumacher. V. TURBO. (D..H.)

* PELLETIER A. BOT. PHAN. Dans l'Aperçu de son Voyage au Brésil (Mém. du Muséum d'Hist. nat., 9, p. 365), Auguste Saint-Hilaire a jeté es premiers fondemens d'un nouveau genre de la famille des Primulacées et de la Triandrie Monogynie, L., auquel il a imposé les caractères suivans: caliee divisé profondément en cinq parties; corolle à trois pétales hypogynes, ovales, onguiculés, beaucoup plus petits que le calice; trois étamines insérées à la base des pétales et opposées àceux-ci; un seul style, surmonté d'un stigmate capité; ovaire globuleux, uniloculaire, renfermant deux ovules presque enfoncés dans un placenta central orbiculaire qui se termine en un filet d'abord continu avec la substance intérieure du style, mais qui disparaît ensuite; capsule à trois valves, contenant deux graines, dont l'embryon est droit, axile dans le périsperme et parallèle à l'ombilic. L'espèce sur laquelle ce genre est fonde (Pelletiera verna), est une petite Plante herbacée, qui a le port des Centunculus. Sa tige est ascendante à la base, divisée en petits rameaux quadrangulaires et dressés. Ses feuilles sont opposées, sessiles, elliptiques, lancéolées, très-entières. Les fleurs, de couleur blanche, naissent dans les aisselles des feuilles, et sont portées sur des pédoncules plus petits que celles-ci. Cette Plante croît en abondance au commencement du printemps, depuis Rio-Grande jusqu'à Maldonado, dans le Brésil méridional. (G..N.)

* PELLIA. BOT. CRYPT. (Raddi.) V. JUNGERMANNE.

PELLICULE ANIMÉE OU MARINE. MOLL.? ANNEL.? On ne peut trop savoir quel est l'Animalcule marin si incomplétement décrit sous ce nom par l'abbé Dicquemare, dans le Journal de Physique (février 1781). Il est plat, long d'un pouce, avec deux yeux. (B.)

* PELLUNG. OIS. Nom javanais du Porphyrio indicus d'Horsfield. (LESS.)

* PELMA. OIS. Illiger donne ce nom à la partie inférieure du pied des Oiseaux. (DR..Z.)

PELMATODES. OIS. Famille de la méthode de Vieillot, qui comprend les genres Guêpier et Martin-Pêcheur. (DR..Z.)

* PELMATOPE. Pelmatopus. INS. Nom donné par Fischer à un genre

TOME XIII. 11

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de Coléoptères qu'Eschscholtz avait déjà décrit sous le nom de Scotode. V. ce mot. (G.)

PELOE. BOT. PHAN.(Adanson.) Syn. de Banisteroides, L. V. PELLA. (B.)

PÉLOGONE. Pelogonus. INS. Genre de l'ordre des Hémiptères, section des Hétéroptères, famille des Géocorises, tribu des Oculées, établi par Latreille qui lui avait d'abord donné le nom d 'Ochterus déjà employé. Les caractères de ce genre sont: antennes courtes, repliées sous les yeux; corps court et arrondi, avec un écusson assez grand. Toutes les pates semblables. Ce dernier caraotère suffit pour distinguer ce genre des Leptopes et Acanthies, qui forment avec lui la tribu des Ocurlées. Dans ces deux genres, les pates antérieures sont ravisseuses, et les antennes sont beaucoup plus longues. Le corps des Pélogones est ovale, arrondi, déprimé. La tête est plus étroite que le corselet; les yeux sont grands, saillans, subtrigones, échancrés postérieurement. On voit deux petits yeux lisses sur le vertex. Les antennes sont insérées dans le coin interne et inférieur des yeux, sans cavité au-dessous destinée à les recevoir; elles sont filiformes, de la longueur de la tête, composées de quatre articles; les deux premiers plus courts;celui de la base, cylinrique; le second, un peu plus gros, comme cylindrique; le troisième, menu, allongé, cylindrique; et le dernier un peu plus court que le second. Le labre est petit, trigone, un peu plus large que long. Le bec est infléchi en dessous, droit, atteignant les cuisses postérieures, plus épais à la base, cylindrico conique a son extrémité, qui est grêle et très-pointue. Il est formé de quatre articles; les deux premiers plus épais, courts, ressemblant à des anneaux; celui de la base plus grand que le second; le troisième très-long, peu distinctement canaliculé; le dernier court, conique, très-pointu. Les soies du suçoir sont très-longues. Le corselet est plus large que long, demi-circulaire; son bord postéricur est un peu plus large et un peu sinué. L'écusson est grand, trigone. Les cuisses sont allongées, ovales; les jambes grêles, cylindriques et un peu épineuses, et les tarses courts et filiformes; les antérieurs ont leur premier article très-court; les quatre postérieurs n'ont que deux articles distincts, de longueur égale; celui de la base paraissant articulé. Ce genre semble faire le passage des Acanthies aux Galgules. Il ne se compose encore que d'une espèce propre au midi de la France et à l'Espagne.

Le PÉLOGONE BORDÉ, Pelogonus marginalas, Latr., St.-Farg. et Serv. (Encycl. méth.) Long de deux lignes; corps noirâtre, un peu cendré en dessous; côtés du corselet, quelques parties de son bord postérieur et oes taches sur les bords extérieurs des élytres et de l'abdomen, d'un brun roussâtre; élytres ayant quelques points cendrés; pates pâles. Cet Insecte se trouve sur le bord des ruisseaux. (G.)

* PELON, MAM. Hernandez, dans son Histoire naturelle du Mexique, nomme Pelon ichialt oquitli, ou Ovis peruviana, le Llama du Pérou, Camelus Glama de Linné. (LESS.)

PÉLOPÉE. Pelopaeus. INS. Genre de l'ordre des Hyménoptères, section des Porte-Aiguillons, famille des Fouisseurs, tribu des Sphégides, établi par Latreille aux dépens du genre Sphex des auteurs, et auquel il donne pour caractères: antennes insérées au milieu de la face de la tête; chaperon à diamètres presque égaux; mandibules sans dents au côté interne; extrémité des mâchoires en partie membraneuse; palpes maxillaires beaucoup plus longs que les labiaux. Ce genre se distingue des Podies, qui en sont les plus voisins, parce que, dans ces derniers, les mâchoires sont entièrement coriaces, que le chaperon est plus large que

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long, et que les palpes sont presque d'égale longueur. Les Dolichures, Sphex, Chlorions, Ammophiles et Miscus, ont les mandibules dentées intérieurement; ce qui suffit pour les distinguer des Pélopées. La tête des Pélopées est comprimée, plane e n devant et soyeuse; elle a trois petits yeux lisses. Les antennes sont assez courtes, filiformes, et un peu roulées en spirale à leur extrémité. Les divisions de la languette sont courtes. Le corselet est légèrement rétréci en devant ; son premier segment est court et transversal; le second est obtus postérieurement; les ailes sont courtes et n'atteignent pas l'extrémité de l'abdomen; les supérieures ont une longue cellule radiale et quatre cellules cubitales. L'abdomen est ovalaire, globuleux, composé de cinq segmens outre l'anus, dans les femelles, en ayant un de plus dans les mâles, Il tient au corselet par un long pédicule formé par la partie antérieure du premier segment, qui s'évase ensuite brusquement. Les pales sont longues, les postérieures surtout.

On trouve les Pélopées dans les pays chauds. Leurs mœurs sont trèsremarquables. Ces Insectes construisent des nids de terre, qu'ils chacent, comme les Hirondelles, dans les angles des murailles, au plafond des chambres et des greniers: ces nids sont arrondis, globuleux, formés d'un cordon tournant en spirale et présentant sur leur côté inférieur deux ou trois rangées de trous, de sorte que ce nid ressemble à un instrument connu sous le nom de sifflet de chaudronnier. Ces trous forment l'entrée d'autant de cellules, dans lesquelles l'insecte place une Araignée, un Diptère ou tout autre Insecte, et un œuf. Il bouche ensuite ce trou avec de la terre. Quand l'œuf est éclos, la larve qui en naît dévore les Insectes qui ont été déposés pour lui servir de nourriture, et se change ensuite en nymphe. L'Insecte pariait ne tarde pas à briser le couvercle de sa loge et à s'échapper. L'espece sur laquelle nous avons souvent fait cette observation en Provence, est:

Le Pélopée tourneur, Pelopœus spirifex, Latr.; Sphex spirifox et Sphex œgyptia, L.; Pepsis spirifex, Illig. Long de douze à quinze ligues, noir, avec le filet de l'abdomen et les pates jaunes. Ce genre se compose d'une dizaine d'espèces, dont plusieurs sont propres à l'Amérique et aux Indes. (G.)

* PÉLOPHILE. Pelophila. ins. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Carnassiers, tribu des Carabiques abdominaux, établi par Dejean, dans le Species des Coléoptères de sa collection, et auquel il donne pour caractères: les trois premiers articles des tarses antérieurs, fortement dilatés dans les mâles et cordiformes; dernier article des palpes allongé, presque ovalaire, et tronqué à son extrémité; antennes plus courtes que la moitié du corps et d'égale grosseur partout; lèvre supérieure entière; mandibules non dentées intérieurement; une dent bifide au millieu de l'échancrure du menton; corselet court, presque carré et rétréci postérieurement; élytres allongées et presque ovales. Ce genre diffère des Bléthisés, avec lesquelles on l'a confondu, par la dilatation des tarses antérieurs des mâles, et par l'échancrure des jambes antérieures, qui est droite et ne remonte pas sur le côté interne, et des Nébries par les caractères suivans: le dernier article des palpes est un peu moins allongé, presque ovalaire, tronqué à l'extrémité, mais nullement sécuriforme, tandis qu'il a cette forme dans les Nébries. On ne connaît qu'une espèce dans ce genre: mais comme elle varie beaucoup, les auteurs modernes en ont fait jusqu'à cinq. Dejean, dans l'ouvrage que nous avons cité, n'en admet qu'une, et considère les autres comme de simples variétés. Cette espèce ne se trouve que dans les contrées froides de l'Europe en Suède, en Laponie et dans

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les îles Aleutiennes; c'est le Carabus borealis de Fabricius; Nebria borealis de Gyllenhall; Pelonhila borealis, Dejean (Species général des Col., etc. T. 11, p. 264). Elle est longue de quatre à cinq lignes, d'un bronzé obscur, avec les élytres striées. Ces stries sont quelquefois lisses et quelquefois ponctuées. Les troisième et cinquième ont de gros points enfoncés. (G.)

* PELOR. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Carnassiers, tribu des Carabiques thoraciques, établi par Bonelli qui lui assigne les caractères suivans: languette échancrée, courte; dernier article des palpes maxillaires extérieurs ovale, plus court que le précédent; mandibules courtes, sans dentelures; antennes minces, plus courtes que le corselet, à articles moniliformes; corselet trèslisse, à angles postérieurs arrondis; écusson à peine apparent; dernière paire de pates épineuses postérieurement; élytres sans points discoïdaux; point d'ailes; anus très-lisse dans les deux sexes. Le type de ce genre est le Blaps spinipes de Fabricius et de Panzer, Faun. Ins. Germ., xcvi, 11. (G.)

PÉLORE. Pelorus. moll. Montfort a proposé ce genre dans sa Conchyliologie systématique (T. 1, p. 22) pour quelques Coquilles microscopiques, que Lamarck et d'Orbigny ont rangés daus le genre Polystomelle. V. ce mot. (D..H.)

PÉLORE. BOT. PHAN. Pour Pélorie. V. ce mot. (B.)

PÉLORIDES. Peloris. CONCH. V. CAME.

PÉLORIE. Peloria. BOT. PHAN. Linné a donné le nom de Peloria à certaines fleurs qui, habituellement irrégulières, deviennent régulières par une cause quelconque. Ce nom a été appliqué plus particulièrement à la fleur de la Linaire vulgaire, lorsqu'au lieu de présenter une corolle personnée et pourvue d'un seul éperon, elle a offert une corolle tubuleuse à cinq dents et à cinq éperons: en un mot, une corolle parfaitement régulière. Loin d'être considérée comme une monstruosité, dans le sens qu'on donne vulgairement à ce mot, la Pélorie est, aux yeux de certains botanistes philosophes, un retour accidentel au type primitif dont la fleur irrégulière est une altération habituelle. On a trouvé des Pélories sur beaucoup de Plantes, mais particulièrement sur des Personnées et des Labiées. Dans celles-ci, quelques Sideritis et Dracocephalum par exemple, ce sont les fleurs terminales qui offrent la structure régulière, Dans certaines Linaires, les Pélories sont très-fréquentes. Ainsi, le Linaria spuria, D. C., qui croît abondamment dans les champs cultivés après qu'on a fait la moisson, offre souvent des fleurs entièrement pélorisées ou à demi pélorisées; c'est-àdire que la corolle offre tantôt cinq, tantôt quatre, trois et deux éperons, et qu'elle tend à devenir parfaitement régulière. Ce phénomène nous a paru déterminé par des lésions que les Animaux en broutant ont faites à la tige de la Plante, ce qui a produit une déviation dans la marche des sucs, et par conséquent un changement dans l'organisation. Les Pélories ne se propagent point par des graines; mais elles se conservent par boutures. (G..N.)

PELORIS. CONCH. (Poli.) V. PÈLORIDES et CAME. (B.)

* PÉLORONTE. Pelorontes. MOLL. Genre inutilement établi par Oken (Manuel de Zoologie, première part., p. 360), puisqu'il correspond complètement au genre Nérite de Lamarck, adopté long-temps avant. V. NÉRITE. (D..H.)

* PELOSSES. BOT. PHAN. V. PELOSSIER.

* PELOSSIER. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires en certains cantons de la France méridionale du Prunier domestique, quand il croît sauvage

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dans les haies; il y porte de petits fruits acerbes, oblongs et brunâtres, appelés Pelosses. (B.)

PELOTTE DE BEURRE, MOIX. Nom ancien du Conus betulinus, qui a été conservé par les marchands qui le désignent aussi, et plus particulièrement, sous Je nom de Tinne de Beurre. (D..H.)

PELOTTE DE NEIGE, BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires de la variété stérile du Vibumum Opulus. V. VIORNE. (B.)

PELOTTES DE MER. BOT. PHAN. On nomme ainsi les Egagropiles de mer (V. ce mot) sur les rivages de la Méditerranée. (B.)

PELOU. BOT. PHAN. Rheede a décrit et figuré sous ce nom adopté par Adanson, un Arbre du Malabar, qui, d'après la structure de son fruit, parait être une espèce de Gouyavier. V. ce mot. (G..N.)

PELTA. BOT. CRYPT. (Lichens.) Organe carpomorphe de la famille des Lichens, paraissant particulier aux genres Solorina et Peltigera, qui constituent notre groupe des Peltigères. Ce nom signifie bouclier. Le Pelta est sessile, réniforme, arrondi ou discoïde, sans marges et dépourvu de cils. (A. F.)

PELTAIRE. Peliaria, BOT. PHAN. Genre de la famille des Crucifères et de la Tétradynamie siliculeuse, L., établi par Linné et adopté par tous les auteurs modernes, avec les caractères suivans: calice dont les sépales sont étalés et égaux à leur base; pétales à limbe obovale et entier; étamines dont les filets sont dépourvus de dents; silicule orbiculaire ou obovale, très comprimée, couronnée par le stigmate persistant et punctiforme, renfermant avant la maturité deux à quatre graines, uniloculaire par l'avortement de la cloison, à valves planes et à placenta nerviforme; graines pendantes, souvent solitaires par avortement. Ce genre a reçu inutilement de Crantz (Austr., p. 3, tab. 1, f. 1), de Médicus et de Necker, le nouveau nom de Boadschia. Il se rapproche, par son fruit uniloculaire, du genre Clypeola, près duquel le professeur De Candolle le place dans la tribu des Alyssinées; mais il s'en éloigne par ses étamines, dont les filets ne sont pas dentés. Il diffère du genre Ricotia par son calice à sépales ni dressés ni renflés eu sac à leur base. Au premier coup-d'œil, il paraîtrait devoir se ranger tout près de la section du genre Isatis, que De Candolle a nommée Sameraria; mais dans celle-ci, les valves du fruit sont carenées, excessivement comprimées, et la cloison est linéaire, tandis qu'au contraire, les valves du Peltaria sont très-planes et parallèles. Cette apparence a. néanmoins induit en erreur quelques botanistes. Ainsi, le Peltaria Garcini de Burmann n'est qu'une espèce d ' Isatis, crue De Candolle a décrite comme telle, et qui a été figurée dans les Icanes selectœ de B. Delessert, vol. 2, tab. 77. Le Peltaria capensis de Linné fils est une espèce d ' Heliophila.

Les espèces de Peltaires sont au nombre de trois seulement, parmi lesquelles nous citerons, comme type générique, le Peliaria alliacea, L., Jacq., Austr., tab. 123, ainsi nommé parce que ses feuilles exhalent une forte odeur d'ail, lorsqu'on les froisse entre les doigts. Ce sont des Herbes glabres, vivaces, qui croissent dans l'orient de l'Europe et en Syrie. Leurs feuilles sont entières; les radicales pétiolées, ovales; les caulinaires sessiles, sagittées, amplexicaules. Les fleurs sont blanches, nombreuses, et disposées en grappes et en corymbes. (G..N.)

* PELTANTHERA. BOT. PHAN. Genre de la Pentandrie Monogynie, L., établi par Roth (in Rœm. et Schultes Syst. Veget., vol. 4, p. liv et 670), qui lui a imposé les caractères essentiels suivans: calice divisé profondément en cinq parties; corolle rotacée, plissée, quinquéfide, dont les filets sont courts, larges et insérés à l'entrée de la corolle; les

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anthères sagittées à la base, c'est-à-dire munies de crochets vers cette partie, conniventes et formant un cône oblong, atténué et à cinq angles peu prononcés; ovaire supère, surmonté d'un style cylindracé et d'un stigmate en massue; fruit inconnu, probablement une baie. Ce genre, encore trop peu connu, avait été considéré comme voisin du Solanam, parce qu'on n'avait eu égard qu'à la similitude de quelques caractères floraux pris isolément. Cependant ses feuilles opposées, ainsi que la structure de l'ovaire, étaient de puissantes considérations contre son admission parmi les Solanées, qui ont en général les feuilles alternes. Il a été réuni au genre Vallaris de R. Brown, qui appartient à la famille des Asclépiadées. Le Peltanthera solanacea, Roth, loc. cit., Vallaris Heynii, Spreng., Syst. nat., 1, p. 636, a une tige ligneuse, des feuilles opposées, elliptiques et très-entières. Les fleurs sont disposées en grappes axillaires presque en corymbes. Leur corolle est de la grandeur et de la couleur de celles du Solanum pseudocapsicum. La coupe transversale de l'ovaire a présenté une seule loge, renfermant deux graines rudimentaires. Cette Plante est originaire de l'Inde orientate. (G..N.)

PELTASTE. INS. Genre del'ordre des Hyménoptères établi par Illiger, et qui correspond à celui fondé par Panzer sous le nom de Metopius. V. ce mot. (AUD.)

* PELTÉ, PELTÉE. BOT. PHAN. On dit d'une feuille ou de tout autre organe foliacé qu'il est pelté, quand il est inséré à la partie qui le supporte par sa face inférieure, et non par un point de sa circonférence; ainsi, les feuilles de la Capucine, du Riciu, sont peltées. (A. R.)

PELTIDÉE. Peltidea. BOT. CRYPT. (Lichens.) Ce genre a été fondé par Acharius (Licnénographie universelle, pag. 9 8, T. x, fig. 6, 7), et cet auteur l'avait formé aux dépens du Peltigera d'Hoffmann. Le lichénoçraphe suédois l'avait ainsi caractérisé: réceptacle universel (thalle), foliacé, coriace, lobé, lanugineux et veiné en dessous; réceptacle partiel (apothécie) formé par les lobes du thalle; lame proligère orbiculaire, colorée, plane, intérieurement celluleuse et striée, entourée étroitement par le thalle qui y forme une fausse marge. Le genre Nephtoma d'Acharius qui ne diffère que par des apothécies (pelta) réniformes et attachées de tous côtés, nous a semblé devoir être réuni au Peltigera. (A. F.)

PELTIGÈRE. Peltigera, BOT. CRYPT.( Lichens.) Ce genre, qui fait partie de notre tribu des Peltigères, dont il est le plus important, est ainsi caractérisé dans notre méthode: thalle coriacéo-membraueux, foliacé, plus ou moins villeux et marqué de veines inférieurement; lobes partiels portant les organes carpomorphes; apothécies (pelta) orbiculaires, réniformès; lame proligère appliquée sur le thalle et striée à l'extrémité des lobes, entourée par une marge élevée formée par le thalle, intérieurement celluleuse et légèrement striée. Le genre Peltigère diffère des Solorines par le thalle divisé en lobes souvent redressés, sur lesquels se trouvent fixées les apothécies. Ces organes sont arrondis, un peu enfoncés, sans marge et gélatineux à l'intérieur dans les Solorines, réniformes ou ovoïdes, superficiels, marginés et non gélatineux dans les Peltigères. Nous ajouterons que le thalle, dans ce dernier genre, a une odeur constamment fétide et une saveur fortement amère, tandis que dans l'autre il est àpeu près inodore et insipide; le port, dans les deux genres, est aussi trèsdistinct, et nous ne parlons de ces caractères que pour confirmer dans son entier la loi des analogies. Tel que nous l'avons circonscrit, le Peltigera doit renfermer le Nephroma d'Acbarius qui ne diffère de son Peltidea que par la manière dont les apothécies sont fixées sur le thalle, quoique

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du reste l'organisation soit identique.

Les espèces du genre Peltigère sont de grands Lichens qui vivent sur la terre ou sur les Mousses; leurs lobes sont fort larges et coriaces; ils sont garnis en dessous de crampons blanchâtres qui les fixent aux corps sur lesquels ils vivent. Le thalle est toujours gris ou fauve en dessus, blanchâtre ou inerme en dessous; il est assez avide d'humidité, surtout dans la jeunesse de la Plante; sa consistance pendant le premier âge est molle et sa texture lâche, ce qui permet aux Mousses et aux Herbes de les traverser facilement. L'odeur de certaines Peltigères est d une grande fétidité. Quelques espèces ont joué un certain rôle en médecine, témoin la Peltigère canine, Peltigera canina, Hoffm., Fl. Germ., p. 106, Lichen. caninus, L., qui est commune en France, et trop connue pour qu'il soit nécessaire de la décrire. On la préconisait contre la plus terrible des maladies, contre la rage; elle ne sert plus sous ce rapport; quelques auteurs la disent propre à guérir l'hydropisie et l'asthme convulsif. La Peltigère aux aphthes, Peltigera aphthosa, Hoffm., loc. cit., Lichen aphthosus, L., est remarquable par sa dimension souvent extraordinaire, ses apothécies, et par son thalle recouvert de petites verrues brunâtres et aplaties; elle est fort commune en France et dans toute l'Europe; elle figure dans la matière médicale suédoise, guérit les aphthes des enfans, et est, dit-on, drastique et émétique. Nous ayons élevé à la qualité de genre le Nephroma anguigera, Ach., décrit par notre collaborateur Bory, dans son Voyage en quatre lies d'Afrique, sous le nom de Lichen unguigerus, vol. 3, p. 101. Malgré l'opinion de notre infatigable et très-savant voyageur, exprimée récemment (Rev. Encycl., 1826) dans un article que nous devons à sa bienveillante amitié, nous persistons à regarder l' Erioderma (V. ce mot au Supplément) comme un genre très-distinct. (A. F.)

PELTIGÈRES. BOT. CRYPT. (Lichens.) Ce groupe fort naturel, le onzième de notre méthode, fait partie des vrais Lichens. Le thalle des Peltigères forme des expansions larges, obtuses et coriaces, qui s'étendent sur la terre humide et sur les Mousses à demi décomposées; leur odeur est fétide et leur saveur trèsamère. Leur apothécie a reçu le nom de pelta; il est sessile, étroitement appliqué et coloré, arrondi ou réniforme. Le groupe des Peltigères se lie assez bien aux Parméliacées par quelques espèces de Stictes, et aux Ramalinées par les Cétraries; trois genres, l' Erioderma( V. ce mot au Supplément), le Solorina et le Pelligera, le constituent. Quelques auteurs proposent de réunir ces deux derniers genres, réunion qui pourrait avoir lieu sans beaucoup d'inconvéniens; nous établirons cependant, en faisant connaître les genres Solorine et Peltigère, les différences qui semblent motiver leur séparation. (A. F.)

PELTIS. INS. Nom donné par Geoffroy à un genre de Coléoptères que Latreille a nommé Thimale, Thimalus. V. ce mot. (B.)

* PELTOCOCHLIDES. MOLL. Latreille nomme ainsi la quatrième classe des Mollusques (Familles naturelles du Règne Animal, pag. 200). Il la divise en deux ordres, les Scutibranches et les Cyclobranches, partagés eux-mêmes en plusieurs familles. V. ces mots. (D..H.)

PELTOIDES. Peltoidea. INS. Tribu de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Clavicornes, établie par Latreille, et ayant pour caractères généraux: tête rarement dégagée et alors plus large que le corselet, le plus souvent enfoncée dans cette partie du corps, on inclinée sous elle; palpes maxillaires plus courts que la téte et ne faisant point de saillie très-remarquable; abdomen non embrassé postérieurement par les élytres, ni

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de forme ovalaire. Latreille (Fam. nat. du Règne Animal) divise cette tribu ainsi qu'il suit:

I. Palpes maxillaires filiformes ou plus gros à leur extrémité, non terminés en manière d'alène.

A. Extrémité des mandibules entière ou sans fissures.

† Antennes en massue solide.

Genre: SPHÉRITE.

†† Antennes en massue composée d'articles distincts les uns des autres.

1. Elytres toujours tronquées; tête, mesurée postérieurement ou dans sa plus grande largeur, guère plus étroite que l'extrémité antérieure du corselet, et en étant séparée par un étranglement bien prononcé ou une espèce du col; pieds postérieurs de l'un des sexes robustes.

Genres: NÉCROPHOHE, NÉCRODE.

2. Elytres non tronquées dans la plupart; tête beaucoup plus étroite que l'extrémité antérieure du corselet, non ou faiblement resserrée postérieurement.

Genres: BOUCLIER, AGYRTE.

B. Extrémité des mandibules fendue ou bidentée.

1. Corps n'ayant point simultanément une forme navieulaire ou elliptique, avec les deux extrémités rétrécies en pointes; les antennes terminées par cinq articles plus gros et globuleux, les élytres tronquées, et les pieds longs et grêles.

a. Massue des antennes formée au moins de deux articles, et non logée dans des cavités du corselet.

Massue des antennes toujours formée brusquement, ovale ou arrondie, peu allongée, de deux à trois articles; élytres recouvrant entièrement ou presque entièrement l'abdomen; corps soit presque hémisphérique, soit en ovale court, clypéiforme, avec le corselet presque demi-circulaire et profondément échancré en devant, pour recevoir la tête.

Genres: THYMALE (Peltis), COLOBIQUE, STHONGYLLE et NITIDULE.

** Plusieurs ayant la massue des antennes allongée et les élytres courtes et tronquées; corps oblong ou ovale, avec le corselet presque carré ou en trapèze, droit ou peu concave en devant, guère plus large que la tête.

† Elytres de plusieurs courtes et tronquées; tarses ne paraissant avoir que quatre articles, le pénultième étant très-court et enchâssé dans les lobes du troisième; celui-ci et les deux premiers très-garnis de brosses en dessous, courts et larges; massue des antennes généralement brusque et grande.

* Elytres tronquées; extrémité postérieure de l'abdomen nue.

Genres: IPS (Fabr.), CERQUE.

** Elytres arrondies postérieurement et recouvrant entièrement l'abdomen.

Genres: DACNÉ, BYTURE.

†† Elytres toujours arrondies postérieurement et recouvrant entièrement l'abdomen; tarses grêles, filiformes, à cinq articles distincts, également découverts, sans brosse en dessous; antennes généralement presque grenues, avec les trois derniers articles plus grands, formant une massue allongée.

Genres: ANTHÉROPHAGE, CRYPTOPHAGE (Ips, Latr.).

b. Massue des antennes d'un seul article, logée dans des cavités particulières du corselet; élytres courtes tronquées.

Genre: MICROPÉPLE.

2. Corps naviculaire, rétréci en pointe aux deux bouts; antennes terminés par cinq articles globuleux formant la massue; élytres tronqués; pieds longs et grêles.

Genre: SCAPHIDIE.

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II. Palpes maxillaires allongés, terminés brusquement en alène; corps orale arqué, avec la tête basse; massue des antennes allongée, de cinq articles.

Genres: CHOLÉVE (Catops), MYLÆQUE. V. tous ces mots.(G.)

* PELTOPHORUS. BOT. BHAN. Desvaux (in Palisot-Beauvois Agrost., p. 119) a établi sous ce nom un genre de Graminées qui a pour type le Manisuris Myuros de Linné flls. Ses caractères essentiels consis o tent dans les valves de la lépicène (glumes, P.-Beauv.) qui sont presque ailées sur le dos; la valve inférieure de la fleur hermaphrodite large, plane, en forme de bouclier, coriace vers le milieu, et membraneuse sur ses bords. Ce genre n'a pas paru fondé sur des caractères suffisans pour mériter d'être adopté généralement. D'un autre côté, Raspail, dans sa Classification des Graminées (Ann. des Sc. natur., juillet 1825), l'a réuni, ainsi que le Manisuris, au genre Tripsacum. (G..N.)

PELURE D'OGNON. MOLL. CONCH. Quelques Coquilles, soit bivalves, soit univalves, minces et de couleur de pelure d'ognon, ont été nommées ainsi par les marchands et par quelques anciens auteurs. La Tonne cannelée, l'Ampullaire Idole et surtout l' Anomia Cepa, ont conservé cette dénomination vulgaire dans les collections, (D..H.)

PÉLYOSANTHE. BOT. PHAN. Pour Péliosanthe. V. ce mot. (B.)

PEMPHIS. BOT. PHAN. Genre de la famille des Salicariées et de la Dodécandrie Monogynie, L., établi par Forster, et adopté par Jussieu pour Je Lythrum Pemphis de Linné ou Mangtum Porcellianum de Rumph. Ce genre offre les caractères suivans: le calice est campaniforme, strié, à douze dents alternativement plus courtes, soudé avec l'ovaire infère. La corolle se compose de six pétales égaux entre eux; les étamines au nombre de douze sont insérées à la base de la partie libre du calice; l'ovaire infère dans ses deux tiers inférieurs est libre dans son tiers supérieur. Le style est simple, terminé par un petit stigmate bilobé. Le fruit est une capsule globuleuse, en grande partie recouverte par le calice, à une seule loge contenant un grand nombre de graines anguleuses attachées à un trophosperme central, et s'ouvrant au moyen d'un opercule, formé par toute la partie libre de l'ovaire, caractère qui, joint à l'unilocularité de l'ovaire, distingue suffisamment ce genre des Lythrum.

Le Pemphis acidula, Forster, la seule espèce dont ce genre soit composé jusqu'ici, est un petit Arbrisseau qui croît sur les côtes maritimes de l'Inde, à Madagascar, à l'Ile-de-France, etc. Ses rameaux sont dressés; ses feuilles petites, opposées, très-rapprochées, entières, velues et blanchâtres de même que les jeunes rameaux. Les fleurs sont blanches, solitaires et axillaires. Il se plaît en général sur le bord de la mer. (A. R.)

PEMPHREDON. INS. Genre de l'ordre des Hyménoptères, section des Porte-Aiguillons, famille des Fouisseurs, tribu des Crabronites, établi par Latreille dans son Précis des caractères génériques des Insectes, et auquel Jurine a donné, après, le nom de Cémone, sans alléguer les raisons qui l'ont porté à faire ce changement. Le genre Pemphredon a été adopté par Fabricius qui a placé parmi ses espèces plusieurs Hyménoptères qui n'en doivent pas faire partie. Les caractères de ce genre sont: veux entiers; antennes insérées en dessous du milieu de la face antérieure de la tête. Chaperon ou épistome court et large; mandibules fortes, dentées intérieurement; trois cellules cubitales dont la dernière fermée par le bord postérieur de l'aile, et deux nervures récurrentes aux ailes antérieures. Ce genre se distingue des Trypoxylons,

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parce que ceux-ci ont les yeux échancrés. Les Crabrons et les Stygmes en sont séparés parce que leurs mandibules sont tres-étroites et seulement dentées au bout, et par leurs ailes supérieures qui n'ont qu'une nervure récurrente. Enfin les Mellines, Alysons et Gorytes s'en éloignent parce que leurs irois cellules cubitales sont complètes, c'est-à-dire que la dernière est fermée par une nervure propre et non pas par le bord postérieur de l'aile. La tète des Pemphredons est forte, presque carrée, Elle a trois petits yeux lisses. Les antennes sont filiformes, un peu plus longues que la tête. Le labre est entièrement caché. Les mâchoires sont coriaces, ovalaires; leurs bords sont membraneux. Les palpes maxillaires sont beaucoup plus longs que les labiaux, de quatre articles. La languette est trifide. Le premier segment du corselet est linéaire et transversal, distant en dessus, de l'origine des ailes. L'abdomen est ovalaire, distinctement pétiolé, composé de cinq segmens outre l'anus dans les femelles, et en ayant un de plus dans les mâles. Les pates sont de longueur moyenne. Les quatre jambes postérieures dentelées à leur partie extérieure dans les femelles; les antérieures et les intermédiaires munies à leur extrémité d'une épine droite, aiguë; les postérieures de deux. Le premier article des tarses est long, es autres courts; le dernier est terminé par deux crochets simples, écartés, munis d'une petite pelotte dans l'entre-deux. Ce genre ne se compose que de cinq ou six espèces qui habitent l'Europe. Les femelles se creusent des trous soit dans les bois, soit dans le ciment des murs, pour y déposer leurs œufs. Elles y apportent des Insectes pour servir à la nourriture des larves qui doivent éclore. Ces Insectes se trouvent sur les fleurs. On partage ce genre en deux divisions ainsi qu'il suit:

† Qui ont la première cellule cubitale recevant la première nervure récurrente, seconde cubitale rece vant la deuxième nervure récurrente.

Le PEMPHREDON LUGUBRE, Pemphredon lugubris, Latr., Gen. Crust. et Ins., t. 4, p. 83, tab. 13, fig. 10, Fabr.; Cemonus lugubris le male, et Cemonus unicolor la femelle, Jurine; Crabro unicolor, Panz., fasc. 52, tab. 23. Long de trois à quatre lignes, noir; ailes transparentes.

Le PEMPHREDON NAIN, Pemphredon minutus, Latr., loc. cit., p. 84; Gemonus minutus, Jur.; Sphex pallipes, pes, Panz., fasc., 52, tab. 22. Long de près d'une ligne; noir; palpes et tarses jaunes. Ces deux espèces font leur nid dans des trous de muraille. On les trouve aux environs de Paris.

†† Première cellule cubitale recevant les deux nervures récurrentes.

Le PEMPHREDON UNICOLOR, Pemphredon unicolor, Latr.; Petopœus unicolor, Fabr.; Sphex unicolor, Panz., Faun. Germ., fasc., n° 24. Long de trois lignes, entièrement noir. (G.)

PENARD OU PENNARD. OIS. Syn. vulgaire de Pilet. V. CANARD. (DR..Z.)

PENÆA. BOT. PHAN. Plumier avait donné ce nom à un genre qui fat réuni au ÆPolygala. Linné l'appliqua ensuite à un autre genre de la Tétrandrie Monogynie, que l'on avait rapproché de la famille des Epacrid é es, mais oui paraît devoir constituer une nouvelle famille proposée par Sweet. dans le second volume de l' Hortus Britannicus, sous le nom de Pénéacées (Penœaceœ). Voici les caractères essentiels du genre: calice à deux folioles ciliées, glutineuses, opposées, bractéiformes et caduques; corolle campanulée on infundibulifbrme, du double plus longue que le calice, le limbe offrant quatre divisions courtes, linéaires, obtuses et réfléchies; quatre étamines insérées sur le haut du tube de la corolle, et alternes avec les divisions du limbe; ovaire supérieur unique, tétragone, surmonté d'un style fili-

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forme et d'un stigmate en tête ou anadrilobé; capsule à quatre loges dispermes et à autant de valves qui portent des cloisons sur leur milieu. Ce genre se compose d'environ dix espèces, qui pour la plupart ont été trouvées aux environs du cap de Boane-Espérance. Quelques unes croissent en Ethiopie et dans les vastes contrées de l'Afrique situées entre les tropiques. Ce sont des Arbrisseaux élégans, qui produisent des sucs gommo-résineax. La partie inférieure de leurs tiges est scabre par les vestiges des feuilles. Celles-ci sont sessiles, opposées en croix ou presque imbriquées sur quatre rangs; les supérieures placées près de la fleur, squamiformes et colorées. Les fleurs sont terminales, sessiles, solitaires ou fasciculées. Parmi les espèces intéressantes du genre Penœa, nous mentionnerons la suivante, à raison du produit qu'elle fournissait autrefois à la médecine.

Le PENÆA. SARCOCOLLIER, Penœa Sarcocolla, L., Lamk., lllustr., tab. 78, f. 2, est un petit Arbrisseau indigène du cap de Bonne-Espérance, d'un aspect agréable, et qui offre une tige haute d'environ deux pieds, droite, à rameaux alternes, les supérieurs dichotomes. Ses feuilles sont nombreuses, sessiles, petites, opposées, sur quatre rangs, ovales, glabres, un peu mucronées au sommet. Les fleurs sont sessiles et fasciculées à l'extrémité de chaque rameau. Cette Plante fournit la Sarcocolle ou Collechair; mais il paraît que cette drogue découle également a autres Penœa, et probablement du P. mucronata, L., qui croît en Ethiopie et dans la Perse; car la Sarcocolle es offieines se tirait autrefois de ces deux contrées. Elle exsude spontanément de leurs diverses parties, et surtout de celles qui avoisinent les fleurs; elle se compose tantôt de petits grains luisans, jaunâtres ou rougeâtres, et ayant l'apparence de grains de sable, tantôt de grumeaux plus gros et qui sont formés par l'agglomération de ces grains. Elle est friable, inodore, d'une saveur d'abord douceâtre, puis amère et un peu âcre. Elle se boursouffle lorsqu'on l'approche d'une bougie et s'enflamme ensuite. Elle est presque entièrement soluble dans l'eau et dans l'Alcohol. On rangeait autrefois cette substance parmi les Gommes résines. Thomson, ans son Système de Chimie. l'a considérée comme tenant le milieu entre la Gomme et le Sucre; et Pelletier, qui en a fait l'analyse, l'a trouvée composée des principes suivans: Sarcocolline, 65, 30; Gomme, 4,60; matière gélatineuse, ayant quelque analogie avec la Baesorine, 3,3o; matières ligneuses, etc., 36,80; total, 100. La Sarcocolline est un principe sui generis, à laquelle la Sarcocolle doit ses propriétés. Elle est soluble dans quarante parties d'eau froide, et dans vingt-cinq d'eau bouillante. Sa dissolution, saturée à chaud, laisse précipiter par le refroidissement une partie de la Sarcocolline, sous la forme d'un liquide sirupeux qui n'est plus soluble dans l'eau. Les anciens médecins, et surtout les Arabes, prescrivaient la Sarcocolle à l'intérieur, comme purgative, dans quelques cas graves de maladie; ils l'employaient plus fréquemment comme vulnéraire pour déterger, consolider ou coller les chairs; d'où son nom vulgaire. Elle n'est plus usitée. (G..N.)

* PENÆACÉES. Penœaceœ. BOT. PHAN. On trouve dans le second volume de l' Hortus Britannicus, récemment publié par Sweet, l'indication d'une nouvelle famille de Plantes qui se compose uniquement du genre Penœa; ses caractères sont conséquemment les mêmes que ceux de ce genre. V. Penæa. (G..N.)

PENÆE. crust. Pour Pénée. V. ce mot. (G.)

* PENCOVIE. BOT. PHAN. Pour Pancovie. V. ce mot et AFZELIE. (G..N.)

PENDARD. OIS. Syn. vulgaire de. la Pie-Grièche rousse. V. PIE-GRIÉCHE. (DR..Z.)

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PENDEUR. OIS. (Levaillant.) Espèce du genre Pie-Grièche. V. ce mot. (DR..Z.)

* PENDIPHYLIS. BOT. PHAN. SOUS ce nom, Du Petit-Thouars a figuré (Hist. des Orchidées des iles Australes d'Afrique, tab. 103)une Plante de l'île Maurice, qui, suivant la nomenclature ordinaire, serait nommée Cymbidium pendulum. C'est une petite Orchidée parasite sur les troncs d'arbres, ayant ses feuilles géminées, rubannées, échancrées au sommet, portées sur un renflement bulbeux. Les fleurs sont disposées en petits épis qui naissent à la reme. (G..N.)

PENDULINE. OIS. NOM donné à la femelle du Remiz. V. MÉSANGE. (DR..Z.)

PENDULINE. BOT. CRYPT.( Mousses.) Nom français du genre Antitrichia de Bridel que cet auteur a formé en 1819, pour le Neckera curtipendula d'Hedwig, dont Hooker, en 1818, avait déjà formé un genre particulier sous le nom d 'Anomodon. v. mot. (AD. B.)

PENDULINUS. OIS. (Vieillot.) Syn. de Carouge. (DR..Z.)

PÉNÉE. Penæus. CRUST. Genre de l'ordre des Décapodes, famille des Brachyures, tribu des Salicoques, établi par Fabricius et adopté par Latreille qui lui donne pour caractères: les six pieds antérieurs didactyles; base des pieds n'ayant que de très-petits appendices; palpes mandibulaires foliacés et relevés; test ferme et mince. Ce genre ne diffère des Stenopes de Latreille que par la base des pieds de ceux-ci dépourvue d'appendices, et dont les palpes mandibulaires ne sont pas relevés. Les Alphées, Nika, Palémons et autres genres de la tribu, s'en distinguent parce qu'ils n'ont que les quatre pieds antérieurs didactyles. Olivier a confondu les Pénées avec les Palémons. Une espèce de ce genre est l'objet d'un commerce considérable; on la sale pour la conserver et elle se vend ainsi dans toute la Grèce, dans l'Asie-Mineure et en Perse où l'on en fait une grande consommation. Le test des Pénées est prolongé antérieurement en manière de bec, comprimé, dentelé et cilié en dessous; les yeux sont gros, presque globuleux; les antennes extérieures ou latérales sont situées au-dessous des mitoyennes, et recouvertes intérieurement par une grande écaille annexée à la base de leur pédoncule; les intermédiaires sont plus courtes, divisées en deux filets au-delà de leur pédoncule; le premier article de ce pédoncule est fort grànd, creusé en dessous pour recevoir les yeux; les palpes des mandibules sont saillans, et couvrent le front; ils sont velus et terminés par un article foliacé trèsgrand; les pieds-mâchoires extérieurs s'avancent jusque sous les écailles des antennes latérales; ils sont pédiformes, velus et pointus au bout; les appendices flageiliformes ou flagres de ces pieds-mâchoires et ceux des intermédiaires ou des deux suivans, sont grands et pennacés; les pieds de la troisième paire sont les plus longs de tous; le post-abdomen est fortement carené postérieurement le long du milieu du dos, et le dernier segment est terminé en une pointe trèsaiguë; on connaît sept ou huit espèces de Pénées que l'on peut placer dans deux divisions ainsi qu'il suit:

† Antennes supérieures ayant leurs divisions terminales très-petites, de grosseur inégale et beaucoup plus courtes que leur pédoncule.

Le PÉNÉN CARAMOTE, Penæus Caramote, Latr., Lamk.; Alpheus Caramote, Risso; Caramote, Rondelet, Hist. nat. des Poiss., lib. 18, cap. 7, pag. 394. Long de neuf pouces; carapace marquée de deux sillons longitudinaux entre lesquels se trouve une carène elle-même bifurquée à sa base, et terminée en avant par un rostre comprimé, portant onze dents en dessus, et une seule en dessous, avec sa pointe très-acérée; il est d'une couleur de chair mêlée de rose tendre. Ce Crustacé se tient dans les

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profondeurs de la mer; la femelle pond en été des œufs rougeâtres. On le trouve sur les côtes de la Méditerranée. A cette division appartiennent les Penæus sulculus et Orbignyanus, de Latreille.

†† Antennes supérieures ayant leurs divisions plus longues, presque égales, en forme de fils grêles et sétacés.

Le PÉNÉE MONODON, Penæus Monodon, Fabr., Ent. syst. supp., p. 408. Long de cinq pouces; rostre à sept dents en dessus et cinq en dessous, terminé par une pointe très-aiguë; une carène longitudinale sur le dernier segment de la queue, divisée en deux parties par un sillon médian. On le trouve sur la côte de Coromandel; à cette division appartiennent les Penæus antennatus et Mars de Risso. (G.)

* PENELLE. Penella. ZOOL. Le genre ainsi nommé par Oken, répond à peu près aux Lernéopennes de Blainville. V. LERNÉE. (B.)

PĖNĖLOPE. Penelope. OIS. Genre de l'ordre des Gallinacés, caractères: bec médiocre, presque droit, plus large que haut à sa base, et courbé vers la pointe; front, région des yeux et souvent le menton dénués de plumes; narines placées de chaque côté et vers le milieu du bec, ouvertes seulement à moitié et par devant; tarse grêle, plus court que le doigt intermédiaire, ou de sa longueur; trois doigts en avant, unis par des membranes: un en arrière articulé presque au niveau des autres; les quatre premières rémiges étagées, les cinquième et sixième les plus longues. Ce que nous avons dit dans les généralités relatives aux Pauxis, peut également être appliqué aux Pénélopes, et vu les ressources que ces derniers procurent à l'économie domestique, nous ne pouvons que former des vœux pour les voir bientôt, comme les Dindons, les Peintades, les Coqs et les Poules, s'habituer à nos climats tempérés, peupler nos basse-cours, en faire l'ornement et la richesse. Vieillot a adopté, d'après Buffon, pour dénomination générique de ce groupe, le mot YACOU dérivé du mexicain Jacuhuou Yacuhu, employé généralement dans le Nouveau-Monde pour désigner les Oiseaux qui composent la petite famille que nous alons examiner.

PÉNÉLOPE CARAGUATA. V. PÉNÉLOPE PARRAKOUA.

PÉNÉLOPE DE GUAN, Penelope cristata, Lath.; Meleagris cristata, L.; Gallo-Pavo brasiliensis, Briss.; Dindon du Brésil, Enc. mét.; Yacou, Buff. Parties supérieures d'un vert noirâtre irisé ou olivâtre; croupion et tectrices caudales supérieures d'un roux foncé; une bande noire partant de la mandibule inférieure et s'étendant jusqu'au-delà de l'oreille; joues nues en partie et colorées en rouge vif; une petite huppe touffue sur l'occiput; un large fanon rouge, pendant sur la gorge; celle-ci et la poitrine olivâtres, avec le bord des plumes blanc; abdomen et parties inférieures roussâtres, variées de blanc qui forme le bord de chaque plume; bec noir, bleuâtre à sa base; auréole des yeux violette; iris orangé; pieds cendrés. Taille, vingt-cinq à trente pouces. La femelle est un peu plus petite; elle a les nuances moins brillantes et plus lavées de roux; les plumes du cou, de la huppe et les scapulaires sont bordées de blanc. Les jeunes ont la tête et le cou entièrement couverts de petites plumes ou de duvet roussâtre, avec trois raies dont une plus large, d'un brun marron sur le cou, les parties supérieures d'un roux foncé, varié de nuances plus pâles, les inférieures d'un blanc roussâtre. De l'Amérique méridionale.

PÉNÉLOPE HANNEQUA. V. PÉNÉLOPE PARRAKOUA.

PÉNÉLOPE KATRAKA. V. PÉNÉLOPE PARRAKOUA.

PÉNÉLOPE MARAIL, Penelope Marail, Lat. Faisan verdâtre de Cayenne, Buff., pl. cnl. 338; Encyc. méthod., pl. 83, f. 4; Maraye, Bajon, T. 1,

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p. 383. Parties supérieures d'un vert noirâtre, irisé; une huppe touffue, composée de plumes larges, d'un vert foncé et brillant, bordées de blanchâtre; de l'angle du bec à l'oreille, une bande de petites plumes soyeuses, d'un vert brillant, bordé de blanc; nuque, cou supérieur et partie de la poitrine d'un vert foncé avec le bord des plumes blanc; rémiges noirâtres; tectrices alaires vertes et irisées; parties inférieures, abdomen et tectrices caudales inférieures d'un brun fauve; bec noir; membranes nues du cou et de la gorge semblables à celles de l'espèce précédente, d'un rouge très-vif et brillant, parsemées de quelques poils noirs; pieds rougeâtres; ongles noirs. Taille, vingtsix pouces. La femelle a les couleurs moins brillantes, elle est généralement d'une teinte qui tire sur le roux. Les jeunes ont la téte entièrement garnie de petites plu mes ou de duvet roussâtre. De la Guiane.

PÉNÉLOPE MARAYE. V. PÉNÉLOPE MARAIL.

PÉNÉLOPE PARRAKOUA, Phasianus Parraqua, L.; Phasianus Matmat, Lat.; Phasianus guianensis, Briss.; Phasianus Parrakua, Gm.; Faisan de la Guiane, ou le Kutraka, Buff., pl. enl. 146. Parties supérieures variées de gris, de roux et de verdâtre; front, sommet de la téte et dessus du cou d'un roux foncé; tectrices alaires rousses; rémiges d'un noir verdâtre; les six rectrices intermédiaires d'un vert noirâtre irisé, les autres d'un brun roussâtre; une bande nue, étroite de chaque côté de la gorge, qui est ainsi que le devant du cou et la poitrine d un gris olivâtre; bec noir, gris à la pointe; yeux entourés d'une auréole nue bleuâtre; pieds rougeâtres. Taille, vingt-deux pouces. Les jeunes ont une taille un peu moindre, les teintes rousses beaucoup plus claires, les parties supérieures olivâtres, et les inférieures brunâtres avec le bord de chaque plume grisâtre, les tectrices alaires et caudales inférieures rousses. De la Guiane.

PÉNÉLOPE PEOA, Penelopz superciliaris, Illiger. Parties supérieures d'un cendré verdâtre plus ou moins foncé, avec le bord des plumes gris; front, sommet de la téte, occiput et nuque d'un bruu noirâtre, avec quelques poils isolés sur le front; deux bandes, I'une noire, l'autre blanche, de chades côté du cou, à partir de l'angle es mandibules; tectrices alaires et caudales brunes nuancées de verdâtre avec le bord roux; rémiges et rectrices d'un noir verdâtre nuancé de roussâtre; parties inférieures d'un cendré obscur; croupion, cuisses et abdomen d'un brun marron; bec brun, entouré d'une membrane rouge de même que le fanon pendant à la gorge; pieds d'un bleu cendré. Taille, vingt-trois pouces. Du Brésil.

PÉNÉLOPE PIPILE, Penelope Pipile; Penelope cumanensis, Lath.; Crax Pipile, Jacq.;Hocco de Cumana, Enc., pl. 86; PÉNÉLOPE siffleur, Temm.; Penelope leucolophos, Merr. T. II. Parties supérieures noires, à reflets violets et pourprés; nuque garnie d'une huppe de longues plumes effilées, blanches, avec la tige noirâtre; une large bande blanche de chaque côté du cou; grandes et moyennes tectrices alaires blanches, terminées de noir, qui est aussi la couleur des tiges; parties inférieures noires, avec quelques stries blanches sur la poitrine; rémiges et rectrices d'un noir irisé; un petit espace nu, bleuâtre, sur les joues; bec noirâtre, bleuâtre à la base; fanon bleu; pieds rouges. Taille, vingt-huit pouces. La femelle est moins grande; elle a le plumage moins brillant, et les plumes de la huppe variées de noir et de blanc. Les jeunes sont d'un brun marron plus ou moins foncé, avec la membrane des joues d'un gris livide, et les plumes de la huppe mélangées de brunâtre. De la Guiane.

PÉNÉLOPE SIFFLEUR. V. PÉNÉLOPE PIPILE.

PÉNÉLOPE YACUHU, Penelope obscura, Illig. Parties supérieures noirâtres avec le bord des plumes blanchâtre; front, sommet de la tête et

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dessus du cou noirs; croupion brun; poitrine brunâtre avec le bord des plumes blanchâtre; le reste des parties inférieures d'un brun marron; rémiges et rectrices noirâtres; une aréole noire, membraneuse autour des yeux; une bande noire de chaque coté du cou; bec noir; fanon d'un rouge vif; pieds d'un brun jaunâtre. Taille, vingt-huit pouces. Amérique méridionale.

Le Canard siffleur a aussi reçu, mais spécifiquement, le nom de PÉNÉLOPE et non Pénélops comme on l'a écrit quelque part. (DR..Z.)

PÉNÉROPLE. Peneroplis. MOLL. Le genre Pénérople a été institué la première fois par Montfort dans sa Conchyliologie systématique (T. I, p. 258); il l'avait d'abord confondu avec les Argonautes, dans te Buffon de Sonnini. Lamarck ne l'adopta pas, et Cuvier n'en fit pas mention; mais Lamarck, dans son dernier ouvrage, rapporta aux genres Cristellaire et Rénuline les espèces du genre Pénérople de Montfort. Férussac, à l'imitation de Lamarck, rangea aussi ce genre parmi les Cristellaires, et adopta le genre Rénuline, ce que fit également Blainville qui de plus les confondit aussi avec les Placentules. Il était bien nécessaire d'examiner avec soin ces divers genres et d'en établir définitivement les divers rapports. D'Orbigny fils a rendu ce service à la science, par son travail général sur les Céphalopodes microscopiques où l'on voit qu'il a adopté le genre Pénérople de Montfort, dont il a modifié les caractères, de manière à y faire entrer le genre Rénuline de Lamarck. Quoique nous n'ayons pu observer en nature que ce dernier genre, nous pensons qu'il a des rapports suffîsans avec les autres espèces de Péoéroples pour qu'il soit rangé avec elles dans le même genre. La famille des Hélicostègues, très-nombreuse en genres, a été partagee en trois sections; c'est dans la troisième, les Nautiloïdes, que se trouve ce genre qui est caractérisé ainsi: plusieurs ouvertures disposées sur une ou plusieurs lignes longitudinales; coquilles très-déprimées, irrégulières, ombiliguées, variant de forme selon l'âge. Six espèces ont été mentionnées par D'Orbigny dans ce genre; les quatre nouvelles qui manquent de description et de figures me peuvent être caractérisées; nous sommes donc dans l'obligation de citer Seulement les deux suivantes:

PÉNÉROPLE PLANULÉ, Peneroplis planatus, Montf.; Nautitus planatus, Fichtel et Moll., tab. 16, fig. a-i; Cristellaria squamula, Lamk., Anim. sans vert. T. vii, pag. 607, n° 1; Cristellaria planata, id., Encycl., pl. 407, fig. 1, a, b, c. Le Cristellaria dilatata de Lamarck est considéré avec juste raison par D'Orbigny, comme un âge plus avancé de la même Coquille; elle est figurée dans l'Encyclopédie, même planche, fig. 2, a, b, c; Peneroplis dilatata, Blainv., Trait. de Malac., pag. 372. Cette espèce vient de la Méditerranée, et de Rawack à la Nouvelle-Hollande, d'après D'Orbigny. Elle est plate, striée transversalement; chaque strie indique une loge; elle est roulée en spirale au sommet; sa longueur est quelquefois d'une ligne.

PÉNÉROPLE OPERCULAIRE, Peneroplis opercularis, D'Orbig., Mém. sur es Céph. micros., Ann. des Scienc. nat. T. vu, pag. 286, n. 6; Renulites opercularis, Lamk., Anim. sans vert. T. vii, pag. 606, n° 1; ibid., Ann. du Mus. T. xi, pl. 17, fig. b, Encyclop. méthod., pl. 465, fig. 8; Renulina opercularia, Blainv., Trait, de Malac., pag. 371. Celle-ci est fossile aux environs de Paris; son sommet n'est point spiré. (D..H.)

* PENGAY. POIS, (Renard.) Syn. de Notoptère Kapirat, V. CLUPE. (B.)

PENGUIN. BOT. PHAN. Nom de pays devenu scientifique, d'une espèce du genre Bromélie ou Ananas. V. ces mots. (B.)

* PENGUNG. OIS. Nom de pays du Scolopax Madraspatana de Gme-

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lin, la Bécassine de Madagascar, de la pl. 922 de Buffon, et dont Horsfield a fait son Rynchœa orientalis. (LESS.)

PENICILLARIA. BOT. PHAN. Willdenow a fondé sous ce nom un genre de la famille des Graminées, qui a pour type l' Holcus spicatus, L.; et il lui a réuni l' Alopecurus indicus, L., qui a été nommé Penicillaria ciHata. Ce genre avait été confondu par Richard père (in Persoon Enchirid., 1, p. 72), avec son genre nouveau Pennisetum. A l'article Houque,nous avons fait connaître la première de ces Plantes, dont la culture est importante dans les colonies sous le nom de'Millet à chandelle. (G..N.)

* PÉNICILLE. POLYP. Cuvier (Règn. Anim. T. iv, p. 76) désigne ainsi un genre que Lamarck appelle Pinceau, Penicellus; c'est le même que Lamouroux a nommé Nésée. V. ce mot. (E. D..L.)

* PÉNICILLÉS. Penicillata. INS. Famille de la classe des Myriapodes, établie par Latreille (Fam. nat. du Règne Animal), et ayant pour caractères: corps simplement oblong, membraneux, très mou, avec des écailles formant des aigrettes sur les côtés, et un pinceau à son extrémité postérieure; antennes filiformes; pieds au nombre de vingt-quatre. Cette famille ne renferme qu'un seul genre. V. POLLYXÈNE. (G.)

PENICILLIUM, BOT. CRYPT. (Mucédinées.) Ce genre établi par Link, est voisin des Botrytis, dont il ne difiere que par la disposition de ses filamens en une sorte d'ombelle ou de capitule terminal. On peut le caractériser ainsi: filamens simples ou rameux, terminés par un faisceau de rameaux couverts de sporules formant un capitule terminal. Il diffère du genre Aspergillus, dont il a un peu l'aspect, en ce que dans ce dernier les filamens ne se divisent pas à leur extrémité en un grand nombre de filamens très-déliés, mais se renflent en une. sorte de massue qui finit par se couvrir des sporules sortis de l'intérieur de ces filamens. On ne peut donc souvent distinguer ces deux genres qu'en agitant (es filamens dans de l'eau de manière à les dépouiller des sporules qui les couvrent. On connaît maintenant cinq espèces de ce genre qui toutes croissent sur les substances qui se décomposent, tels que les fruits, les Champignons, etc. L'espèce la plus commune est le Penicillium glaucum, Link (Mucor penicillatus, Bull., Champ., tab. 504, fig. 11). Elle offre plusieurs variétés suivant le développement plus ou moins grand de ses filamens. Les autres espèces sont, les Penicillium racemosum (Aspergillus racemosus, Pers.); Penicillium candidum, Link; Penicillium sparsum, Greville, et Penicillium roseum, Link. Cette dernière espèce, remarquable par sa couleur d'un rose clair, croît sur les tiges de la Pomme de terre.(AD. B.)

* PENICILLUS. MOLL. et ann. Nom latin de l'Arrosoir (V. ce mot). Rondelet a désigné sous le nom de Penicillus marinus une espèce d'Annelide, la Sabella Penicillus de Cuvier, et Séba a nommé Penicillum marinum une espèce de la même classe du genre Serpule, et qu'on doit rapporter à la Serpula gigantea de Cuvier et de Savigny. (AUD.)

PÉNIE. INS. Dans son Histoire des Animaux (livre v, chap. 19), Aristote dit que les Pénies et les Hipères proviennent des Chenilles arpenteuses, c'est-à-dire qui avancent d'abord une partie de leur corps, et courbent ensuite le reste pour le ramener en avant. Ces Insectes, qu'Aristote appelle Pénies et Hypéries, seraient donc des Phalènes. (G.)

* PENNAIRE. Pennaria. POLYP. Genre de Sertulariées, récemment formé par Oken, et dont l'adoption ne parait pas être très-nécessaire. (B.)

PENNANTIE. Pennantia. BOT. PHAN. Genre de la Pentandrie Monogynie, L., établi par Forster (Char.

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gen., n. 67) et ainsi caractérisé: Plante polygame. Les fleurs hermaphrodites n'ont point de calice; leur corolle est à cinq pétales lancéolés, aigus, trèsouverts; leurs cinq étamines ont les filets capillaires de la longueur des pétales, et les anthères oblongues et inclinées; leur ovaire est supérieur, trigone, surmonté d'un stigmate sessile à trois lobes, et en forme de bouclier. Le fruit consiste en une capsule trigone à deux loges qui renferment des graines triangulaires et solitaires dans chaque loge. Ce genre n'est pas assez connu pour qu'on puisse en déterminer avec certitude les affinités. Selon Jussieu, il est voisin du Canarium dans la famille des Térébinthacées.

La PENNANTIE A FLEURS EN CORYMBES, Pennantia corymbosa, Forst., loc. cit., Willd., Spec. Plant., iv, p. 1122, est un Arbrisseau dont les branches sont cylindriques, ponctuées de blanc, garnies de feuilles alternes, pétiolées, elliptiques-oblongues, très-entières, obtuses, presque échancrées, veinées et glabres. Les fleurs forment des corymbes terminaux qui ont l'aspect de ceux des Cornouillers. Cette Plante croît dans la Nouvelle-Zélande. (G..N.)

PENNARD. OIS. V. PENARD.

PENNATULAIRES. Pennatularia. POLYP. La famille de Radiaires, à laquelle Blainville a donné ce nom, répond exactement à celle que Cuvier nomme Polypes flottans ou nageurs; elle contient les genres Pennatule, Virgulaire, Scirpéaire, Pavonaire, Renille, Vérétille, Ombellulaire, et peut-être Encrine. V. ces mots. (B.)

PENNATULE. Pennatula. POLYP. Genre de l'ordre des Nageurs, ayant pour caractères: corps libre, charnu, penniforme, ayant une tige nue inférieurement, ailée dans la partie supérieure et contenant un axe cartilagineux ou osseux; pinuules distiques, ouvertes, aplaties, plissées, dentées et polypifères en leur bord supérieur; Polypes ayant des tentacules en rayons. Le nom générique de Pennatule avait été donné par Linné à quelques Polypiers libres ressemblant à une plume d'oiseau; par suite ou a réuui sous celte dénomination tous les Polypiers nageurs, quoique la plupart ne ressemblent nullement à l'objet comparé. Lamarck a réservé ce nom aux seuls Polypiers de cet ordre ayant deux rangs opposés de pinnules polypifères. La tige renferme dans son intérieur un axe ou os de nature calcaire et inorganique, aminci à ses deux extrémités; elle est dépourvue de polypes dans une partie de sa longueur et couverte d'une membrane charnue, épaisse, coriace, qui persiste en se desséchant après la mort de l'Animal; dans quelques espèces elle se termine par une sorte de renflement que l'on nomme bulbe; la portion de le tige garnie de pinnules polypifères est plus ou moins longue suivant les espèces, et ordinairement élargie dans son milieu. Les plnnules, plus ou moins nombreuses, implantées des deux côtés de la tige comme les barbes d'une plume, sont soutenues par des espèces de soies roides, couvertes d'une peau charnue, mais non articulées avec l'axe calcaire de la tige; les cellules nombreuses et serrées, rangées sur les pinnules, ont leurs ouvertures dirigées toutes du même côté et armées de dents plus ou moins nombreuses; elles contiennent un polype à corps allongé, ayant huit tentacules ciliés en leurs bords. Linné et la plupart des auteurs ont décrit sous le nom de Pennatula Sagitta, un Epizoaire penniforme qui vit implanté dans les chairs de plusieurs Poissons; son organisation diffère entièrement de celle des Pennatules; ce n'est point un Animal composé. Cuvier le rapporte aux Calyges, Blainville à un genre de Lernées, il le nomme Lermopenna Sagitta( Journ. de Phys., cahier de novembre et décembre 1822). Les Pennatules flottent librement dans les mers et nagent par la contraction simultanée de tous

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leurs Polypes; la plupart répandent pendant la nuit une vive lueur phosphorescente. Elles se trouvent dans toutes les mers des climats chauds et tempérés. On rapporte à ce genre les Pennatula phosphorea, granulosa, grisea, spinosa et argentea. (E. D..L.)

PENNE OU PLUMEMARINE. POLYP. Syn. vulgaires de Pennatule. V. cemot. (B.)

PENNÉES OU PINNÉES (FEUILLES). BOT. PHAN. Feuilles composées d'un nombre variable de folioles disposées sur les parties latérales d'un pétiole commun; ces folioles peuvent être alternes ou opposées (feuilles alternati-pennées, ou oppositi pennées). La feuille pennée se termine à son sommet par une foliole unique (feuille imparipennée) ou par une paire de folioles opposées (feuille paripennée.) V. FEUILLE. (A. R.)

PENNES. OIS. Nom que l'on donne aux plumes qui constituent les ailes et la queue proprement dites; on distingue plus particulièrement les premières par l'épithète de rémiges et les autres par celle de rectrices. (DR..Z.)

* PENNICORNE. INS. Nom proposé par Latreille (Fam. nat., etc.) pour un genre d'Orthoptères que Vigors avait déjà établi sous le nom de SCAPHURE, Scaphura. V. ce mot. (G.)

* PENNIFÈRES. ZOOL. Le professeur Blainville proposa de substituer ce nom à celui d'Oiseaux pour désigner les Amostozoaires pourvus de plumes. Il est remarquable que dans le Dictionnaire de Levrault, où ce savant s'occupe de zoologie, les mots Amostozoaire et Pennifère aient été omis. (B.)

PENNISETUM. BOT. PHAN. L.-C. Richard fonda sous ce nom, dans le Synopsis de Persoon, un genre de la famille des Graminées et de la Triandrie Digynie, L., qui fut adopté par R. Brown. Ce genre renfermait des espèces qui ne sont point congénères, et entre autres le Pennisetum typhoideum ou Holcus spicatus, L., dont Willdenow a fait le type de son genre Penicillaria. En adoptant ce genre, l'auteur du Prodrome de la Flore de la Nouvelle-Hollande y réunit les Pa nicum glaucum, italicum, verticillatum, viride, qui appartiennent au genre Setaria. Enfin Palisot de Beauvois et Kunth ont réduit à des limites étroites le Pennisetum par les retranchemens du Penicillaria et du Setaria qui en sont fort voisins, et ils l'ont caractérisé de la manière suivante: épillets biflores, rarement uniflores, solitaires, géminés ou réunis en plus grand nombre, renfermés dans un involucre double, qui ne tombe qu'avec l'épillet et qui se compose de plusieurs soies; celles de l'involucre intérieur plumeuses inférieurement. Lépicène à deux valves membraneuses renfermant deux fleurs sessiles, l'une hermaphrodite, l'autre unisexuée ou avortée. Glumes de la fleur hermaphrodite au nombre de deux, celles de la fleur unisexuée ou neutre, au nombre d'une ou deux; écailles hypogynes, mal observées; trois étamines; deux styles et deux stigmates plumeux. Caryopse mal observée. Ce genre se distingue à peine du Setaria et du Cenchrus; il en est l'intermédiaire. Il ne renferme qu'un petit nombre d'espèces parmi lesquelles nous citerons: le Pennisetum violaceum, Pers., ou Panicum violaceum, Lamk., qui croît au Sénégal; le Pennisetum cenchroides, Pers., ou Cenchrus ciliaris, L., belle espèce du cap de Bonne Espérance que l'on cultive en Europe daus les jardins debotanique; et les Pennisetum pur purascens et uniflorum de Kunth (Nov. Gen. et Spec. Plant, œquin., vol. 1, p. 113 114, tab. 54). (G..N.)

* PENNULE. BOT. CRYPT. Nom français donné par Bridel au genre Pterigophyllum. V. ce mot. (B.)

* PENRITH. OIS. Espèce peu connue du genre Merle, que l'on assure avoir été trouvée en Angleterre. Le Penrith pourrait bien être une varié-

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té d'âge du Merle à gorge noire. V. MERLE. (DR..Z.)

* PENSARES. POIS. Les pêcheurs nomment ainsi les grosses femelles de Brochet ayant la ponte, et quand la multitude des œuss leur fait paraître le ventre plus gros que de coutume. (B.)

PENSÉE, BOT. PHAN. Espèce du genre Violette, cultivée pour la beauté de ses fleurs. V. Violette et Calamine. (B.)

* PENTACANTHE. POIS. Espèce de Platax. V. CHOETODON. (B.)

* PENTACERAS. BOT. PHAN. Genre de la Pentaudrie Monogynie, L., établi par Meyer (Primit. Flor. Eesequeb., p. 136) qui l'a ainsi caractérisé; calice divisé profondément en cinq lobes étalés, ovés et acuminés; corolle nulle, à moins qu'on ne considère comme telle l'organe suivant; couronne presque infundibuliforme, le tube embrassant l'ovaire et le style, le limbe divisé profondément en cinq segmens qui portent autant de cornes; cinq étamines dont les filets sont nuls, les anthères presque arrondies, adnées parleur côté externe et supérieur aux segmens de la corolle; un style court portant un stigmate capité; fruit inconnu. L'auteur de ce genre le place dans la famille des Apocynées, quoiqu'en même temps il indique ses affinités avec des genres de familles très-éloigpées, tels que le Samy da et l' Aquitariez Le Pentaceras aculeatum, Meyer, l oc. cit., unique espèce du genre, est un Arbuste grimpant, dont les branches sont fragiles, un peu cotonneuses, à angles obtus, et pourvues d'aiguillons épars, comprimés, recourbés en hameçon, jaunes et légèrement pubescens. Les feuilles sont alternes, divergentes, ovées-oblongues, acuminées, dentées finement en scie, veinées, couvertes en dessus de soies fines appliquées et de couleur jaune; légèrement cotonneuses en dessous, munies à la base de trois glandes dont l'intermédiaire, placée sur la nervure principale, est percée d'un pore mellifere. Les fleurs sont très-petites, et forment des ombelles axillaires, pédonculées et accompagnées de quelques bractées. Cette Plante croît dans les haies humides de la plantation de Kœnigsberg dans la Guiane hollandaise. (G..N.)

PENTACHONDRA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Epacridées et de la Pentandrie Monogynie, L., établi par R. Brown (Prodr. Flor. Nov.-Holland., p. 549) qui l'a ainsi caractérisé: calice accompagné de quatre ou d'un plus grand nombre de bractées; corolle infundibuliforme dont le limbe est étalé, garni longitudinalement de barbes trèsdenses; cinq petites écailles hypogynes; ovaire à cinq loges; baies à cinq noyaux. Ce genre se compose seulement de deux espèces qui ont reçu les noms d e Pentachondra involucrata, et P. pumila. Cette dernière est l'E pacris pumila de Forster, Prodr., n° 70. Ce sont de petits sous-Arbrisseaux qui croissent sur les montagnes de la terre de Diémen. Leurs feuilles sont éparses, pétiolées; leurs fleurs sont blanches, dressées, solitaires et terminales. (G..N.)

* PENTACRINE. Pentacrinus. polyp. Oken forme sous ce nom un genre pour l'espèce de Pentacrinite qui a été observée vivante dans l'océan des Antilles. (B.)

* PENTACRINITE. Pentacrinites. Échin. Genre de l'ordre des Crinoïdes, avant pour caractères: Animal muni d'une colonne formée de pièces calcaires nombreuses, pentagones, articulées, se tonchant par des surfaces partiellement striées; stries régulières, simulant une fleur à cinq pétales; articulation supérieure supportant un bassin formé de cinq pièces sur lesquelles s'appuient cinq premières plaques costales; celles-ci soutiennent cinq autres plaques costales; cinq plaques nommées scapulaires succèdent aux secondes plaques costales; chaque plaque scapulaire

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supporte deux bras, chaque bras deux mains pourvues de plusieurs doigts; les bras, les mains et les doigts munis d'un très-grand nombre de tentacules disposés sur deux rangs; colonne garnie sur sa longueur de bras auxiliaires; base inconnue. Le genre Pentacrinite, dont une espèce existe à l'état vivant dans les mers actuelles, se distingue facilement des autres Crinoïdes par la figure pentagone de sa colonne, la disposition pétaloïde des stries de ses articulations, les bras accessoires qui naissent sur ses côtés, et les nombreuses divisions de sa partie supérieure. Aucune espèce, vivante ou fossile, observée jusqu'à ce jour, n'a conservé sa base, de sorte que l'on ignore si elle est ramifiée comme dans la plupart des Crinoïdes ou disposée autrement. On ne peut présumer que les Pentacrinites fussent des Animaux libres, comme l'Ombellulaire par exemple; l'analogie que les Pentacrinites ont avec les autres Crinoïdes fixés, ne permet pas cette supposition. Miller, en observant que les échantillons de l'espèce vivante ont tous l'extrémité inférieure de leur colonne fracturée, fait remarquer que cette rupture suppose une adhérence aux corps sous-marins; ils eussent été retirés entiers de la mer s'ils y eussent été libres et flottans. La colonne est d'une longueur assez considérable et d'un volume à peu près égal dans toute son étendue, elle a cinq côtés et cinq angles également distans, disposés en étoile, les pièces calcaires ou articulations sont peu épaisses, alternativement plus grandes et plus petites dans quelques espèces, égales entre elles dans d'autres; chacune offre sur ses deux faces supérieure et inférieure cinq espaces pétaloïdes, circonscrits par des stries courtes et obliques, et ces espaces sont plus ou moins allongés ou ovalaires suivant les espèces. Un trou petit, exactement circulaire, existe au centre de chaque articulation; il en résulte, lorsqu'elles sont réunies, un petit canal central parcourant la colonne dans toute son étendue, tapissé par une membrane très-fine, et destinée à loger une partie des viscères de l'Animal. Dans la superposition des pièces articulaires, les stries des surfaces contiguës s'engrainent les unes dans les autres, ce qui donne déjà une certaine solidité à la colonne; pendant la vie, une membrane charnue, mince, interposée entre les pièces et adhérant à leurs surfaces, rend cette union trèssolide et permet en même temps de légers mouvemens. A l'extérieur elle est recouverte d'une membrane molle qui devient mince et peu évidente par la dessiccation. La colonne des Pentacrinites est garnie sur sa longueur de bras accessoires disposés par verticilles plus ou moins écartés suivant les espèces; ces bras sont grêles, redressés, cylindroïdes, non divisés ni tentaculés, formés par un grand nombre de pièces calcaires, arrondies ou ovales, unies par une substance charnue, mince. La portion supérieure des Pentacrinites ou corps, est formée de différentes pièces articulées que nous allons indiquer d'après Miller. Sur la dernière pièce articulaire de la colonne repose le bassin formé de cinq pièces cunéiformes dont les pointes se joignent près du canal, situé au centre de la colonne; au-dessus des pièces du bassin se trouvent les premières pièces costales, au nombre de cinq, arrondies en dehors, coupées obliquement en dedans de manière à former par leur réunion une sorte d'entonnoir qui mène au canal central de la colonne; elles se terminent en dessous par un appendice plus ou moins prolongé; les secondes pièces costales s'appuient sur les premières, mais elles ne se touchent point entre elles par les côtés, elles ont à peu près la forme d'un sabot de cheval, de sorte qu'à l'extérieur elles sont arrondies, échancrées en dedans, planes en dessus et en dessous. Les épaules ou pièces scapulaires ont une forme anaogue à celle des secondes plaques costales sur lesquelles elles s'appuient; seulement leur surface su-

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périeure est partagée en deux par une côte saillante, d'où il résulte deux facettes obliques sur lesquelles les bras sont articulés; ceux-ci, au nombre de dix, naissent deux à deux des cinq épaules; ils sont formés de plusieurs pièces en forme de sabot de cheval, superposées. Sur les dix bras sont articulés vingt mains formées d'un certain nombre de pièces de même figure que les précédentes; les autres divisions ultérieures qui s'opèrent également par dichotomies, portent le nom de doigts; leur forme est la même que celle des épaules, des bras et des mains, seulement toutes leurs pièces articulaires diminuent graduellement de volume à mesure qu'elles se divisent davantage. Les bras, les mains et les doigts sont garnis en dedans de deux séries de tentacules d'autant plus longs qu'ils sont plus inférieurs; ils sont attachés un sur chaque pièce articulaire, de manière à alterner entre eux; les pièces qui soutiennent une bifurcation et dont la forme diffère un peu des antres, sont seules dépourvues de tentacules; ceux-ci sont formés de petites articulations calcaires, rétrécies à leur base et unies entre elles au moyen d'une substance charnue. L'espèce d'entonnoir formé à la partie supérieure de la colonne par le bassin, les deux rangs de planques costales et les plaques scapulaires, est couvert par une membrane fortifiée à l'extérieur par de petites plaques calcaires anguleuses qui la recouvrent comme des écailles. La bouche est située au centre; elle est probablement tubuleuse et rétractile; c'est dans cette cavité appelée abdomen, par Miller, que sont situés les principaux viscères.

Les Pentacrinites étaient susceptibles, comme tous les Échinodermes stellérides, de reproduire leurs parties mutilées. L'échantillon du Pentacrinites Caput-Medusæ que possède le Muséum britannique, montre deux de ses bras beaucoup plus petits que les huit autres; ils commençaient à repousser lorsque l'Animal a été retiré de la mer. Les Pentacrinites vivans n'ont été recueillis que très-rarement; ceux que l'on connaît ont été trouvés dans les parages des Antilles; ils paraissent vivre à de grandes profondeurs. Les espèces fossiles sont au contraire très-abondantes et se trouvent particulièrement dans les diverses couches, des terrains secondaires; elles sont presque toujours dépourvues de leur portion supérieure; elles ne consistent le plus souvent qu'en des bouts de colonne ou des articulations détachées; les naturalistes anciens les désignaient vaguement sous le nom de Pierres étoilées, de Trochites, d'Entroques, etc. Miller, dans son magnifique ouvrage sur les Crinoïdes, décrit cinq espèces de Pentacrinites dont voici les noms: Pentacrinites Caput-Medusæ, vivant et fossile; Briareus, subangularis, basaltiformis, tuberculatus, fossiles. (E. D..L.)

PENTADACTYLE. POIS. Espèce du genre Polynème. V. ce mot. (B.)

PENTADACTYLON. BOT. PHAN. Gaertner fils (Carpolog., p. 219, tab. 220) a décrit et figuré sous le nom de Pentadactylon angustifolium le fruit d'une Plante que R. Brown a réunie au genre Persoonia de Smith. V. PERSOONIE.

Selon Daléchamp, les anciens désignaient sous ce nom le Ricin. V. ce mot. (G..N.)

* PENTADACTYLOSASTER. Échin. Génre établi par Link aux dépens des Astéries, et que n'ont pas adopté les naturalistes. V. ASTÉRIE. (E. D..L.)

PENTAGLOSSUM. BOT. PHAN. Forskahl (Fl. Ægypt. Arab. descript.,n° 11) a décrit sous le nom de Pentaglossum linifolium, le Lythrum thymifolia, L., dont le nombre des étamines est seulement de deux, c'est-à-dire moitié de celui des pétales. Ce genre n'a point été adopté. V. SALICAIRE. (G..N.)

* PENTAGONASTER. ÉCHIN. Genre établi par Link aux dépens

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des Astéries, non adopté par les naturalistes. V. ASTÉRIE. (E. D..L.)

PENTAGONIUM. BOT. PHAN. (Tabernssmontanus.) Syn. de Prismatocarpe. V. ce mot. (B.)

PENTAGONOTHEKA. BOT. PHAN. (Séb. Vaillant.) Syn. de Pisonie. V. ce mot. (B.)

PENTAGRUELION. BOT. PHAN. L'un des vieux noms du Chanvre. (B.)

* PENTAGYNIE. BOT. PHAN. C'est un des ordres du Système sexuel de Linné, caractérisé par la présence de cinq ovaires distincts, soudés, terminés par autant de styles et de stigmates. Cet ordre ne se trouve que dans les cinquième, dixième, onzième, douzième et treizième classes du Système sexuel. V. SYSTÉME SEXUEL. (A. R.)

PENTAKLASITE. MIN. Nom générique des Pyroxènes dans Hausmann. (G. DEL.)

* PENTALASMIE. Pentalasmis. CIRRH. Genre démembré des Anatifes de Lamarck par Leach, pour les espèces qui n'ont rigoureusement que cinq divisions à leur coquille. Cette Coquille est complète, ce qui la distingue d'autres genres, où elle est à cinq parties, mais rudimentaires. Ce genre de Leach n'a point été adopté, parce qu'il présente trop peu de différences avec les autres Anatifes. V. ce mot. (D..H.)

* PENTALÈPE. Pentalepas, cirrh. Le genre Pentalèpe de Blain- Vtlle (Traité de Malacol., p. 594) correspond très-bien aux Anatifes de Lamarck (V. ce mot). Il n'est donc pas nécessaire de traiter de ce genre parce qu'il a plu d'en changer le nom. Nous dirons seulement que son auteur y établit deux divisions qui correspondent à deux genres proposés par Leach, Pentalasmie et Polylèpe (V. ces mots). Ces deux genres n'ont point été adoptés, parce qu'ils reposent sur de trop faibies caractères. (D..H.)

PENTALOBA. BOT. PHAN. Sous ce nom, Loureiro (Flor. Cochinch., 1, p. 193) a établi un genre de la Pentandrie Monogynie, L., qu'il a caractérisé de la manière suivante: calice à cinq folioles lancéolées, velues et dressées; corolle campanulée, presque fermée, à cinq pétales lancéolés, un peu réfléchis au sommet ; nectaire à cinq dents, dressé; cinq étamines» dent les filets, légèrement planes, sont insérés sur les découpures du nectaire, presqu' égaux aux pétales, et surmontés a anthères ovées et non vacillantes; ovaire presque rond, velu, marqué de cinq sillons, portant un style court, épais, velu et surmonté d'un stigmate simple; baie presque ronde, à cinq lobes, uniloculaire et renfermant cinq graines ovées. On ne savait rien de positif touchant les affinités naturelles de ce genre avant une note que R. Brown inséra dans ses Remarques sur la Botanique du Congo, p. 22, où il dit qu'ayant examiné un échantillon de Pentaloba sessilis, nommé par Loureiro lui-même, il le trouva semblable en tous points avec l' Alsodeia de Du Petit-Thouars, même quant au nombre de ses placentas pariétaux. Mais il observe que si la description du fruit telle que l'a présentée Loureiro, est exacte, il faudra bien regarder le Pentaloba comme un genre distinct, puisque ce fruit est une baie à cinq lobes et à cinq grairnes, tandis que l' Alsodeia offre une capsule trigone. Si, au contraire, le fruit est capsulaire, il faudra le réunir aux espèces d 'Alsodeia de Madagascar ou de la côte d'Afrique qui ont les filets de leurs étamines réunis par la base et formant un urcéole denté semblable à ce que Loureiro nomme nectaire dans l'exposition des caractères génériques. D'après ces données de l'auteur anglais, Sprengel n'a pas fait difficulté de réunir le Pentaloba sessilis aux Alsodeia. C'est un Arbre de médiocre grandeur dont les branches sont ascendantes, garmes de feuilles lancéolées, légerement dentées en sciè, glabres et al-

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ternes. Les fleurs, de couleur pâle, sont sessiles et agglomérées. Il croît dans les montagnes de la Cochinchine. (G..N.)

PENTAMÈRE. Pentamerus. conch.Quelques Coquilles pétrifiées, voisines des Térébratules, mais d'une structure fort singulière, ont été pour Sowerby un motif suffisant pour l'établissement du genre Pentainère. Le nom générique indique un des caractères les plus essentiels des Coquilles de ce genre. Elles sont susceptibles de se partager en cinq parties longitudinales. Tous les conchy- üologues savent combien sont variables dans les Térébratules les appendices osseux qui soutiennent l'Animal; dans chaque espèce ils diffèrent, comme on peut s'en assurer dans les espèces vivantes; et le peu que l'on a pu observer dans les espèces. fossiles ou pétrifiées, a offert des dispositions et des formes bizarres. Plusieurs zoologistes pensent que le genre Pentamère n'est autre chose que de grandes espèces de Térébratules, dont les valves étant traversées longitudinalement par des lames septiformes, sont susceptibles de se partager en cinq parties, deux parfaitement symétriques pour la valve inférieure, et trois pour la supérieure, une médiane et deux latérales. Cette opinion nous semble fort raisonnable, et nous l'adopterious sans hésiter, s'il ne manquait aux Pentamères un des caractères les plus essentiels des Térébratules, ceui de la perforation du sommet de la valve inférieure. Il n 'y a donc aucun inconvénient d'adopter ce genre, quand ce ne serait que dans le but de séparer du genre si nombreux des Térébratules des espèces bien distinctes par les caractères suivans: coquille bivalve, équilatérale, inéquivalve; la valve inférieure est divisée longitudinalement en dedans par une cloison; dans l'autre, il se trouve deux diaphragmes qui la divisent en trois parties. Les sommets sont recourbés et ne sont point percés. Ce genre, fort peu nombreux, ne contient encore que les trois espèces indiquées par Sowerby dans le tome premier de son Mineral Conchology.

PENTAMÉRE DE KNIGHT, Pentamerus Knightii, Sow., Mineral Conckol. T. 1, p. 73, tab. 28, fig. supér., ibid., Defr., Diction, des Sciences natur. T. xxxviii. Atlas, 44® cahier, planche de fossiles, fig., 12. La figure que Defrance a donnée de cette espèce, a la plus grande analogie avec la seconde espèce de Sowerby, Pentame rus Aylesfordii. Aussi nous pensons qu'elle a été séparée sur de trop faibles motifs, et que le Pentamerus Aylesfordii n'est qu'une variété du Pentamerus Knightii. Nous ne pouvons pourtant pars l'affirmer, n'ayant pas sous les yeux les deux espèces en nature. (D..H.)

PENTAMÈRES. Pentamera, INS. Première section da l'ordre des coléoptères, établie par Duméril, et renfermant les Coléoptères qui ont cinq articles à tous les tarses. Latreille divise ainsi cette section:

I. Deux palpes à chaque mâchoire, de manière qu'en y comprenant les deux de la lèvre, ces insectes en ont six; extrémité, des mâchoires cornée; soit en forme de crochet inarticulé, soit armée d'un onglet à pointe dure et aiguë, qui s'articule avec son sommet. cette division comprend une seule fomille. v. CARNASSIERS.

II. Un seul palpe à chaque mâchoire; extrémité supérieure de ces derniers organes n'étant jamais cornée.

Cette division renferme cinq familles. V. BRACHÉLYTRES, SERRICORNES, CLAVICORNES, PALPICORNES et LAMELLICORNES. (G.)

PENTAMERIS. BOT. PHAN. Palisot de Beauvois (Agrostogr., p. 92, tab. 18, f. 8) a fondé sous ce nom un GENRE DE LA FAMILLE DES GRAMINÉES ET DE LA TRIANDRIE MONOGYNIE, L., et qui a pour type une Plante recueillie à Madagascar par Du Petit-

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Thouars. Ce genre, très-voisin de l' Avena, a ses fleurs disposées en une panicule presque simple. Les épillets biflores ont les valves de la lepicène membraneuses, plus longues que les fleurs. La glume a deux valves, dont la supérieure est tronquée et échancrée, l'inférieure trèslarge, surmontée de quatre filets sétacés. inégaux, et d'une arête genouillée, semblable à celle des Avoines; deux petites écailles hypogynes, tronquées et échancrées; ovaire tronqué, portant un style bifide; caryopse libre, ombiliquée, couronnée par une étoile de poils lanugineux. (G..N.)

* PENTAMERUS. CONCH. V. PENTAMÉRE.

PENTANDRIE. Pentandria. BOT. PHAN. Cinquième classe du Système sexuel de Linné, renfermant tous les Végétaux à fleurs hermaphrodites, qui contiennent cinq étamines distinctes. Celte classe est extrêmement nombreuse, et se divise en six ordres qui sont: Pentandrie Monogynie; 2° Pentandrie Digynie, 3° Pentandrie Trigynie; 4° Pentandrie Tétragynie; 5° Pentandrie Pentagynie; 6° Pentandrie Polyginie. V. SYSTÈME SEXUEL. (A. R.)

PENTANÈME. Pentanema. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées et de la Syngénésie superflue, L., établi par H. Cassini (Bulletin de la Société Philomatique, mai 1818, p. 74), qui l'a ainsi caractérisé: involucre presque hémisphérique, de la grandeur des fleurs du disque, composé d'écailles nombreuses, imbriquées, disposées sur plusieurs rangs; les extérieures étalées, foliacées, linéaires, hérissées de poils; les intermédiaires appliquées, linéaires, coriaces, membraneuses, à une seule nervure, ciliées, surmontées d'un appendice subulé; les intérieures appliquées. linéaires, semblables aux intermédiaires, mais privées d'appendice. Réceptacle convexe et nu. Calathide radiée; les fleurons du centre nombreux, réguliers et hermaphrodites; ceux de la circonférence disposés sur un seul rang, femelles, à languette linéaire et tridentéeau sommet. Ovaires oblongs, hispidules, pourvus d'un gros bourrelet basilaire cartilagineux, surmontés d'une aigrette formée de cinq poils à peu près égaux. Ce genre a été placé par son auteur dans sa tribu des Inulées, section des Prototypes, entre le Columellca et l'I phiona. Il ne renferme que l'espèce suivante:

PENTANÉME DIVARIQUÉE, Pentanema divaricata, H. Cass., loc. cit.Plante herbacée, hérissée sur presque toutes ses parties de poils extrêmement longs. Sa tige grêle et cylindrique se divise en branches divariquées; elle est garnie de feuilles sessiles, alternes, ovales, obtuses, trèsentières et membraneuses. Les pédoncules sont opposés aux feuilles, solitaires, divergens, terminés chacun par une petite calathide de fleurs jaunes. Cette Plante a été récoltée par Olivier et Bruguière; entre Bagdad et Alep. (G..N.)

* PENTANOME. BOT. PHAN. Ce nom est cité par De Candolle comme celui d'un genre formé par Sessé dans une Flore du Mexique inédite, mais qui doit être réuni au Zanthoxylum. V. ce mot. (G..N.)

PENTAPETES. BOT. PHAN. Genre de la famille des Byttnériacées, tribu des Dombéyacées, et de la Monadelphie Dodécandrie, L., offrant pour caractères-essentiels: un calice à cinq divisions profondes, ovales, très-aiguës, entouré d'un involucelle à trois folioles rougeâtres, lancéolées, placées d'un seul côté et caduques; une corolle campanulée, ouverte, à cinq pétales un peu arrondis, rétrécis en onglet à ta base où ils sont soudés au tube des étamines; celles-ci, au nombre de quinze, fertiles dans l'espèce qui forme le type du genre, entre lesquelles sont placés, après chaque série de trois filets anthérifères, cinq filets stériles en lanières et d'une

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belle couleur rouge; style simple, divisé au sommet en cinq stigmates; capsule entourée par le calice, ovale, un peu globuleuse et tomenteuse, à cinq valves et à cinq loges, renfermant un grand nombre de graines nues. Ce genre est, par ses caractères, extrêmement semblable au Dombeya. Il a été fondé par Linné sur une belle Plante qui croît dans l'Inde orientale et dont nous donnerons plus bas une courte description. De Candolle (Prodrom. Syst. Veg., 1, p. 498) lui a réuni avec doute le Brotera ovata de Cavanilles, ou Sprengelia modesta de Schultes, qui en diffère essentiellement par le nombre de ses anthères, de ses styles. D'ailleurs c'est une Plante de la Nouvelle-Espagne dans l'Amérique méridionale, et cette différence de patrie autorise à conjecturer que la Plante n'est point congénère du Pentapetes. Kunth, dans son Mémoire sur les Malvacées, se demande si le Brotera de Cavanilles ne serait pas plus voisin du genre Commersonia.

Le PENTAPETES A FLEURS ROUGES, Pentapetes phœnicea, L., Lamk., lllustr. Gen., tab. 596, f. 1; Dombeya phœnicea, Cavan., Dissert., 3, tab. 43, f. 1 ; F/os impius, Rumph, Herb. Amboin., tab. 100, f. 1; Siamin, Rheede, Hort. Malab., 10, tab. 1. Cette belle espèce a des tiges droites, herbacées, annuelles, couvertes de poils rares et courts, garnies de feuilles alternes, étroites, fort longues, pétiolées, cordées et presque hastées à la base, munies de deux stipules droites, lancéolées et caduques. Les fleurs sont d'un rouge ponceau, presque solitaires, portées sur des pédoncules plus courts que les pétioles. Cette Plante croît non-seulement sur le continent de l'Inde orientale et dans son immense archipel, mais dans la Cochinchine et la Chine où on la cultive comme Plante d'ornement. (G..N.)

* PENTAPHILE. Pentaphilus. ins. Genre de Coléoptères mentionné par Latreille (Fam. nat., etc.) et voisin des Diapères. Ses caractères ne sont pas encore publiés. (G.)

PENTAPHYLLOIDES. BOT. PHAN. Tournefort, d'après J. Bauhin et Morison, avait formé sous ce nom un genre qui a été réuni par Linné aux Potentilles. Il se compose des espèces à feuilles digitées. V. POTENTILLE. (G..N.)

PENTAPHYLLON. BOT. PHAN. Persoon (Enchirid., a, p. 352 ) a substitué ce nom à celui de Lupinaster, sous lequel Mœuch avait érigé en un genre particulier le Trifolium Lupinaster, L., remarquable par ses folioles quinées. Seringe (in De Candolle Podrom. Syst. veget., 2, p. 203) ne le considère que comme une section du Trifolium. V. TRÉFLE. (G..N.)

PENTAPHYLLUM. BOT. PHAN. Les anciens nommaient ainsi un genre de Plantes remarquables par leurs cinq feuilles digitées, auxquelles Tournefort a donné le nom de Quinquefolittm, mot qui a la même signification. Elles se rapportent au genre Potentilla de Linné. V. POTENTIELLE.

Ledebour (Act. Dorpat. Suppl., p. 5, 1823) s'est servi du mot de Pentaphyllum au lieu de PentaphylIon, sous lequel Persoon désignait le genre Lupinaster de Mœnch, qui n'est lui-même qu'un démembrement inutile du Trifolium. V. TRÉFLE. (G..N.)

PENTAPOGON. BOT. PHAN. Genre de la famille des Graminées et de la Triandrie Digynie, L., établi par R. Brown (Prodr. Flor. Nov.-Holland., p. 173), qui lui a imposé les caractères suivans: lépicène (glume de Rob. Br.) uniflore, à deux valves égales etmutiques; glume (périanthe, R. Br.) pédicellée, à deux valves, l'intérieure offrant au sommet cinq barbes, dont celle du milieu est différente des autres et tordue; la valve extérieure mutique; deux stigmates sessiles et velus; fleurs disposées en panicules. Ce genre est, de l'aveu de son auteur lui-même, extrêmement voisin du Calamegrostis,

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dont il ne se distingue que par les barbes de sa glume. Il a pour type une Plante décrite et figurée par La* biliardière (Nov.-Holland., 1, p. 20, tab. 22) sous le nom d ' Agrostis quadrifida. R. Brown lui a donné celui de Pentapogon Biliardieri. (G..N.)

PENTAPTERIS. BOT. PHAN. Haller (Stirp. Helv., 1, p. 454) a ainsi abrégé le nom de Pentapterophyllum employé par Dillen pour désigner la Plante qui forme le type du genre Myriophyllurn de Vaillant et Linné. De Candolle (Prodr. Syst. veget., 3, p. 68) a nommé Pentapteris la première section de ce dernier genre, laquelle est caractérisée par ses fleurs le plus souvent monoïques; ses anthères oblongues; ses feuilles opposées, ou le plus souvent verlicillées. C'est dans cette section que sont placées les espèces européennes, c'està-dire les Myriophyllum spicatum, pectinatum, alterniflorum, v erticillatum, ainsi que plusieurs autres espèces aquatiques de l'Amérique et de a Nouvelle-Hollande. (G..N.)

PENTAPTEROPHYLLUM. BOT. PHAN. (Dillen.) Syn. de Myriophyllum, L. V. ce mot. (G. N.)

PENTARRAPHIS. BOT. PHAN. Genre de la famille des Graminées et de la Polygamie Monœcie, L., établi par Kunth, qui l'a placé dans sa tribu des Chloridées, et l'a caractérisé de la manière suivante: épillets triflores; la fleur inférieure hermaphrodite, sessile; la supérieure mâle, pédicellée; la troisième plus élevée, stérile, en forme de barbe; lépicène à deux valves, l'inférieure composée de cinq barbes presque soudées par leur base, la supérieure bidentée et aristée; glume a deux valves, l'inférieure, dans la fleur mâle, offre sept dents, dans la fleur hermaphrodite, seulement cinq; les dents extérieures et l'intermédiaire prolongées en barbes; trois étamines; deux styles, surmontés de stigmates en forme de pinceaux; caryopse libre, recouverte par la glume supérieure. Ce genre ne renferme qu'une seule espèce, Pentarraphis scabra, Kunth (Nov. Gen. et Sp. PL œquin., 1, p. 178, tab. 60) qui croît près de Tula et de Queretaro, sur le plateau du Mexique. Cette Graminée a un chaume dressé, rameux, des feuilles linéaires, planes, des épis terminaux et solitaires. (G..N.)

* PENTASPERMUM. BOT. PHAN. (De Candolle.) V. KETMIE.

* PENTASTÈRE. MOLL. Nom que par erreur Blainville a donné au genre Pentamère de Sowerby. V. ce mot. (D..H.)

* PENTASTOME. ACAL. Espèce du genre Cyanée. V. ce mot. (E. D..L.)

* PENTASTOME. Pentastoma. int. Genre de l'ordre des Trématodes, ayant pour caractères: corps cylindrique ou aplati; bouche située en dessous, près de l'extrémité antérieure, accompagnée de chaque côté de deux pores disposés sur une ligne demi-circulaire, munis chacun d'un crochet rétractile. Il est assez difficile de décider à quel ordre l'on doit précisément rapporter les Vers nommés Pentastomes par Rudolphi. Les deux naturalistes qui peuvent faire autorité à cet égard, sont partagés d'opinion, et les descriptions qu'ils ont données des viscères de l'espèce la mieux connue du genre, diffèrent dans plusieurs points essentiels. Comme nous n'avons pu encore nous procurer de Pentastomes, et que nous ne pouvons ajouter aucune observation nouvelle, nous rapporterons succinctement ce qu'ils en ont dit; et si nous avons saisi l'opinion de Rudolphi sur le nom et la place à donner à ce genre, ce n'est pas qu'elle nous paraisse plus probable, mais seulement parce que nous avons constamment suivi la classification de ce savant.

Cuvier nomme ces Vers Prionodermes, nom emprunté de Rudolphi, qui l'avait employé (Entoz. Hist. T. III, p. 254) pour un genre de Vers d'un ordre indéterminé. Il a

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supprimé ce genre dans son Synopsis.Selon le premier de ces auteurs, les Prionodermes ont le corps un peu déprimé et tranchant sur les côtés, où les rides transversales se marquent par de fortes et nombreuses crénelures. La tête est large et aplatie; la bouche percée en dessous, et à chacun de ses côtés sont deux fentes longitudinales, d'où sortent de petits crochets. L'intestin est droit; les vaisseaux génitaux longs et entortillés. Les uns et les autres ont leur issue à l'extrémité postérieure. Près de la bouche sont deux cœcums, comme dans les Echinorhynques; ils ont deux filets nerveux libres et très-distincts, et un nœud cérébral près de l'œsophage. Cuvier range ses Prionodermes à la fin de ses Intestinaux cavitaires, qui correspondent aux Nématoïdes. Rudolphi rapporte aux Trématodes ses Pentastomes, genre nouveau établi dans le Synopsis, mais dont les espèces formaient la première section du genre Polystome dans l'Histoire des Entocaires. La description des parties externes de ces Vers ne diffère point essentiellement de celle qu'en a donnée Cuvier. Il en est de même de celle des vaisseaux génitaux. Toutefois Rudolphi doute qu'ils se terminent à l'arrière du corps par une ouverture extérieure. Les filamens considérés par Cuvier comme des nerfs, paraissent de nature différente à Rudolphi, qui ne leur assigne cependant aucun usage. Il s'étonne qu'un Entozoaire aussi peu volumineux que le Pentastome tœnioïde (espèce sur laquelle les dissections ont été faites), ait des nerfs plus apparens que le Strongle géant. On sait du reste qu'il a nié long-temps l'existence des nerfs dans les Vers intestinaux, et que, forcé par l'évidence, il ne les admet qu'avec une sorte de restriction. Rudolphi attribue aux Pentastomes des vaisseaux nutritifs ramifiés, comme ceux des autres Trématodes, et non un canal droit se terminant à l'anus; il admet également que ces Animaux ont ces deux sexes réunis sur le même individu, mais sans indiquer la forme ni la position des organes mâles. Les viscères internes des Pentastomes pont libres dans la cavité du corps, et pourraient se distinguer par ce caractère des autres Trématodes, qui ont les parties plus ou moins embarrassées dans une sorte de parenchyme; mais Rudolphi cite l'exemple de l'Amphistome cornu, qui présente sous ce rapport une disposition analogue à celle des Pentastomes.

Aucun de nos deux célèbres naturalistes n'a fait connaître l'organisation de l'enveloppe cutanée des Animaux qui nous occupent. Est-elle fortifiée par une ou deux couches musculaires, en est-elle privée entièrement? Ce point nous paraît important, et pourrait mettre sur la voie pour décider à quel ordre les Pentastomes doivent être rapportés. Ce genre renferme cinq espèces: le P. tœmoides, qui se trouve dans les sinus frontaux du Chien, du Loup, du Cheval et du Mulet; le P. denticulatum, qui se trouve à la surface du foie de la Chèvre; le P. marginatum, qui vit dans les poumons du Cochon d'Inde; le P. serratum, dans les poumons du Lièvre timide; et le P. proboscideum, qui habite les poumons du Crotale de la Guiane et du Caïman à lunettes. (E. D..L.)

PENTATOME. Pentatoma. INS. Genre de l'ordre des Hémiptères, section des Hétéroptères, famille des Géocorises, tribu des Longilabres, établi par Olivier aux dépens du grand genre Cimex de Linné, et adopté par Latreille et par tous les entomologistes avec ces caractères: antennes filiformes, composées de cinq articles; gaine du suçoir de quatre articles; labre long, subulé et strié transversalement en dessus; deux ocelles; corps court, ovale ou arrondi; écusson ne recouvrant pas tout l'abdomen. Fabricius, dans son Entomologie systématique, avait conservé à ce genre le nom de Cimex. Dans ses autres ouvrages, il en a dispersé les espèces dans ses genres

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Edossa, Halys, Œlia et Cydnus.Olivier, en établissant le genre Pentatozne, y avait fait entrer les espèces que Lamarck en a séparées le premier sous le nom générique de Scutellères.

Les Pentatomes se distinguent facilement des Scutellères, parce que, dans ces dernières, l'écusson recouvre tout l'abdomen. Les Tessératomes ont quatre articles aux antennes; les Phlœa se distinguent par leurs antennes de trois articles; les Lygées, Corées, etc., sont bien distinguées des Pentatomes, parce que leurs antennes n'ont aussi que quatre articles, et qu'elles sont plus grosses au bout. Le corps des Pentatomes est assez déprimé en dessus. Leur tête est petite et reçue postérieurement dans une échancrure placée au bord antérieur du corselet. Les yeux sont saillans et globuleux; ou voit, sur la partie postérieure de la tête, deux petits yeux lisses. Les antennes sont plus courtes que le corps, insérées de chaque côté au devant des yeux. Le labre prend naissance à l'extrémité antérieure du chaperon, et recouvre la base du suçoir; celui-ci est formé de quatre soies; les deux inférieures se réunissent en une seule un peu audelà de leur origine. Ce suçoir est renfermé dans une gaîne nommée bec, divisée en quatre articles distincts; les premiers de ces articles sont logés en grande partie dans une coulisse longitudinale du dessous de la tête. Le corselet est beaucoup plus large que long, rétréci en devant, dilaté en arrière. L'écusson est trèsgrand, triangulaire. L'abdomen est composé de six segmens, outre l'anus; ces segmens ont, de chaque côté, un stigmate un peu rebordé. Celui de l'anus est plus petit. L'anus des femelles est sillonné longitudinalement dans son milieu; celui des mâles est entier et sans sillon longitudinal. Les jambes sont dépourvues d'épines terminales. Les tarses sont courts, presque cylindriques, de trois articles dont le second est plus court que les autres. Le dernier est terminé par deux crochets recourbés ayant une pelotte bilobée dans leur entre-deux.

Les larves des Pentatomes ne différent de l'Insecte parfait que parce qu'elles n'ont ni ailes ni élytres. Les nymphes ont des fourreaux dans lesquels sont renfermées ces parties. Les changemens d'état de ces Insectes sont accompagnés d'une mue générale. Sous leurs différens états, les Pentatomes se nourrissent de la sève des Végétaux qu'elles pompent avec leur suçoir. Quelques espèces attaquent les Insectes et même les espèces de leur propre genre, pour en sucer les parties molles. Presque toutes exhalent une odeur extrêmement désagréable, très-pénétrante, et qui se communique aux objets que l'insecte a touchés. Les œufs des Pentatomes sont déposés sur les feuilles ou sur les tiges des Végétaux; ils sont placés par plaques très-régulières, réunis ensemble au moyen d'une liqueur visqueuse et très—tenace. Ces œufs ont souvent des couleurs trèsagréables.

Les espèces de ce genre, généralement connues sous le nom vulgaire de Punaises de bois, sont très-nomhreuses. On en trouve dans toutes les parties du monde et sous les climats les plus opposés pour la température. Nous allons en décrire quelques espèces formant les types des principales divisions établies par Lepelletier de Saint-Fargeau et Serville ans le dixième volume de l'Encyclopédie méthodique.

† Jambes simples.

Le PENTATOME RUFIPÉDE, Pentatoma rufipes, Latr.; Cimex rufipes,L., Fabr., Wolf, I con. Cimic., fasc. 1, tab. 1, fig. 9. Longue de sept lignes; corps ovale, d'un bruni foncé et très-ponctué en dessus; extrémité postérieure de l'écusson, dessous du corps et pates rougeâtres; angles du corselet formant des ailerons arrondis en devant et unis par derrière. Elle est très-commune aux environs de Paris.

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Le PENTATOME DES POTAGERS, Pentatoma oleracea, Latr.; Cimex oteraceus, L., Fabc. Stoll; Punaises, pl. 5, fig. 3a et 33; Wolf, loc. cit., fasc. 1, tab. 2, fig. 16; la Punaise verte à raies et taches rouges ou blanches, Geoff., Ins. Paris., etc. Longue de trois lignes; d'un vert bleuâtre luisant, avec une ligne sur le corselet, une tache sur l'écusson et une autre sur chaque élytre blanche ou rouge. Très-commune aux environs de Paris.

†† Jambes épineuses.

Le PENTATOME MORIO, Pentatoma Mono, Latr.; Cimex Morio, L.; Cydnus Morio, Fabr., Stoll, Penn., pl. 32, fig. 223; Wolf, ib., fasc. 2, p. 67, tab. 7, fig. 64. Longue de trois a quatre lignes, noire, avec les tarses d'un rouge brun et les ailes blanches. Elle est commune aux envirous de Paris.

Les espèces propres aux parties chaudes de l'Afrique, de l'Amérique et des Indes-Orientales atteignent souvent d'assez grandes tailles (six à huit lignes). Elles sont aussi ornées de couleurs plus vives. (G.)

* PENTATROPIS. BOT. PHAN. SOUS le nom de Pentatropis cynanchoides, R. Brown (Append. au Voyag. de Salt en Abyssinie) mentionne une Plante qui doit former un nouveau genre dont il ne donne pas les caractères. (G.. N.)

PENTAUREA. MIN. Suivant Boëce de Boot, ce nom désignait chez les anciens une Pierre qui avait été découverte par Apollonius de Tyane, et qui possédait une vertu attractive analogue à celle de l'Aimant. (G. DEL.)

* PENTAUROS. ÉCHIN. Genre formé par Link aux dépens des Astéries, mais qui n'a pas été adopté par les naturalistes. V. ASTÉRIE. (E. D..L.)

PENTHÉTRIE. Penthetria. INS. Genre de l'ordre des Diptères, famille des Némocères, tribu des Tipulaires, établi par Meigen qui lui donne pour caractères: antennes avancées, cylindriques, perfoliées, de onze articles, guère plus longues que la téte; yeux ovales, entiers, plus graads et plus rapprochés à leur partie supérieure, dans les mâles; trois petits yeux lisses, distincts, disposés en triangle sur le vertex; palpes saillans, recourbés, de quatre articles; pates simples. Ce genre est très-voisin des Scatbopses, mais il en diffère cependant parce que les yeux de ces derniers sont lunulés et non entiers. Les Dilophes et les Bibions n'ont que neuf articles aux antennes. Les Cordyles et les Simulies en sont séparés parce qu'ils n'ont point d'yeux lisses. Enfin, on ne les confondra pas avec les Macrocères, Mycétophiles, etc., qui ont les antennes capillaires et beaucoup plus longues que la téte. Le genre Penthétrie ne comprend qu'une espèce propre à l'Europe:

La PENTHÉTRIE SOYEUSE, Penthetria holosericea, Meig., Dipt. d'Eur. T. 1, p. 303, n. 1, tab. 10, fig. 17- 22; Penthetria funebris, Latr., Gen. Crust., etc. Le mâle est long de deux lignes et demie; les deux sexes sont noirs et entièrement soyeux; les ailes sont obscures. On trouve cette espèce en France et en Allemagne. (G.)

* PENTHIMIE. Penthimia. INS. Genre d'Hémiptères Homoptères, de la tribu des Cicadelles, établi par Germar et mentionné par Latreille (Fam. natur. du Règn. Anim.) qui ne donne pas ses caractères. Ce genre est place près des Gercopes. (G.)

PENTHORUM. BOT. PHAN. Genre de la famille des Crassulacées et de la Décandrie Pentagynie, L., offrant pour caractères essentiels: un calice a cinq ou quelquefois à dix divisions; une corolle à cinq pétales linéaires fort petits, alternes avec les divisions calicinales, quelquesois nuls; dix étamines dont les filets sont du double plus longs que le calice, les anthères arrondies; cinq ovaires supérieurs surmontés d'autant de stig-

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mates obtus et presqué sessiles; fruit à cinq carpelles disposés en étoile, et réunis par sa base où ils s'ouvrent transversalement et offrent chacun interieurement une loge qui renferme un grand nombre de petites graines un peu comprimées. Ce genre est voisin du Sedum dont il diffère par l'absence des glandes écailleuses hypogynes, et par le mode de déhiscence de ses carpelles. Le Penshorum sedoides, L., Lamk., lllustr., tab. 390, unique espèce de ce genre, a des tiges herbacées, diffuses ou redressées, anguleuses, hautes d'environ trois décimètres, garnies de feuilles herbacées non charnues, alternes, pétiolées, oblongues, lancéolées et denticulées sur leurs bords. Les fleurs forment des grappes aux extrémités des rameaux. Cette Plante est originaire des lieux humides de la Virginie. On la cultive en Europe dans les jardins de botanique. (G..N.)

* PENTONIX. REPT. OPH. Espèce probablement imaginaire de Crocodile. V. ce mot. (B.)

PENTOROBOS. BOT. PHAN. L'un des anciens synonymes de Pivoine. V. ce mot. (B.)

PENTSTEMON. BOT. PHAN. Genre formé par Willdenow aux dépens du Chelone de Linné. Comme il ne diffère de celui-ci nue par la présence d'un cinquième filet d'étaraine stérile, il n'a été considéré que comme une section du genre Chélone. V. ce mot. (G..N.)

PENTZIE. Pentzia. BOT. PHAN. Thunberg (Prodr. Plant. Capens., p. 145) a établi sous ce nom un genre qui appartient à la famille des Synanthérées, et à la Syngénésieégale, L., quoi que les auteurs systématiques l'aient rapporté, d'après la description imparfaite donnée par Thunberg, à la Syngénésie superflue. Il est fondé sur une Plante que Linné plaçait dans le genre Gnaphalium, L'Héritier dans le Tanacetum, et dont Persoon a fait une section des Balsamita. En adoptant le genre Pentzia, Cassini indi que également ses rapports avec le Tanacetum et le Balsamita, et le range auprès d'eux dans le groupe des Tanacétées de la section des Anthémidées-Chrysanthémées. Voici les caractères qu'il lui attribue: involucre presque turbiné, formé d'écailles irrégulièrement imbriquées, appliquées, oblongues, presque coriaces, scarieuses sur les bords, munies au sommet d'un appendioe étalé, arrondi et scarieux. Réoeptaole plane, chargé de quelques poils épars. Calathide sans rayons, composée de fleurons nombreux, réguliers, égaux et hermaphrodites; ovaires oblongs, glabres, munis d'un bourrelet basilaire, surmontés d'une aigrette trèshaute en forme d'étui cyhindrique, membraneuse, coriace, irrégulièrement découpée au sommet.

La PENTZIE FLABELLIFORME, Pentzia flabelliformis, Willd., Spec. Plant., p. 1808; P. crenata, Thunb., loc. cit.; Gnaphalium dentatum, L.; Tanacetum flabelliforme, L'Hérit., Sert. Angl., p. 21; Lamk., Illust., tab. 696, fig. 2; est un Arbuste élégant, remarquable par ses feuilles alternes, pétiolées, à limbe triangulaire muni de sept nervures disposées en éventail, tronqué et découpé au sommet en sept dents arrondies. Les calathides sont jaunes, nombreuses, et forment à l'extrémité de chaque rameau un petit corymbe régulier. Cette Plante croît au cap de Bonne- Espérance. (G..N.)

* PEOA. OIS. Espèce du genre Pénélope. V. ce mot. (DR..Z.)

* IÉONE ET PIONE. BOT. PHAN. De Pœonia. Syn. vulgaires de Pivoine. V. ce mot. (B.)

PÉPAIOS. BOT. PHAN. L'Arbre cité sous ce nom par C. Bauhin est évidemment le Papayer. V. ce mot. (B.)

* PÉPÉ. INS. Nom générique dont se servent les habitans de la Nouvelle- Zélande pour désigner les Papillons. (LESS.)

PEPERINO. MIN. Nom italien donné à des roches d'origine volca-

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nique, composées de petits grains semblables a des grains de Poivre. C'est à ces roches auxquelles Brongniart a conservé le nom de Pépérine que se rapportent les Tufas et Tulaites de beaucoup de géologues. Ce sont des roches à texture grenue, ou des espèces de brèches composées de fragmens de roches basaltiques ou leucostiniques, cimentés par une pâte tufeuse. Elles renferment des cristaux de Pyroxène, et accidentellement du Mica, du Fer magnétique, de la Haüyne, de l'Amphigène, etc. Elles forment souvent des couches épaisses et d'une grande étendue, et appartiennent aux terrains volcaniques anciens et modernes, mais principalement aux anciens. Brongniart distingue cinq variétés de Pépérine.

La PÉPÉRINE GRISATRE, dont la couleur dominante est le gris ou le jaunâtre, et qui renferme du Mica et du Calcaire. A Albano, près de Rome.

La PÉPÉRINE BRUNATRE, d'un brun foncé, composée en grande partie de fragmens de Wacke. Les pierres du tombeau de Cécilia Metella près de Rome, venant du lac de Gabii.

La PÉPÉRINE ROUGEATRE, de la roche tarpéienne dans Rome. De Monte-Verde, dans les environs de cette ville.

La PÉPÉRINE PONCEUSE, Conglomérat ponceux de Beudant, composée en grande partie de grains de Ponce grisâtre. A Anderuach, dans la vallée de Glashutte, en Hongrie.

La PÉPÉRINE PISOLITIQUE, du terrain au-dessus de Pompéia, composée d'une pâte pulvérulente qui enveloppe des grains arrondis, mais non roulés. (G. DEL.)

PÉPÉRITE. MIN. (Cordier.) Tuf volcanique rouge ou brunâtre; lave pyroxénique composée de grains vitreux et de cristaux microscopiques, faiblement adhérens ou cimentés par des substances étrangères. Elle forme la base de quelques Pépérines. (G. DEL.)

PÉPÉROMIE. Peperomia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Pipéracées, et de la Diandrie Monogyme, L., établi, aux dépens du grand genre Piper de Linné, par Ruiz et Pavon, et adopté par la plupart des auteurs modernes avec les caractères suivans: spadice cylindrique, totalement couvert de fleurs hermaphro dites qui sont soutenues par autant de petites écailles; deux étamines à anthères uniloculaires, presque sessiles, placées à la base de l'ovaire; stigmate indivis; baie charnue, globuleuse, uniloculaire, renfermant une seule graine. Ce genre nediflère du Peivrier (Piper), que par le nombre déterminé de ses étamines, ses anthères uniloculaires et son stigmate indivis, tandis que dans les vrais Poiviiers les étamines sont en nombre indéterminé, les anthères biloculaires et le stigmate à trois ou à plusieurs divisions. Les Pépéromies sont des herbes charnues, plus ou moins odorantes, dressées ou rampantes, et même quelquefois grimpantes, rarement dépourvues de tiges. Leurs feuilles sont très-entières, alternes, opposées ou verticillées. Les spadices ou chatons de fleurs sont munis d'une spathe à la base; ils terminent la tige, et ils sont tantôt solitaires, tantôt géminés ou en plus grand nombre, quelquefois formant des grappes ou des panicules aux aisselles des feuilles. Ces spadices sont radicaux dans les espèces dépourvues de tiges, et dans une seule espèce (Peperomia foliiflora de Ruiz et Pavon) us naissent sur la base de la feuille.

Le nombre des espèces de ce genre est très-considérable; elles croissent dans les contrées les plus chaudes du globe et particulièrement dans l'Amérique méridionale. Les auteurs de la Flore du Pérou en ont décrit un assez grand nombre de ce pays, nombre que les voyages de Humboldt et Bonpland ont considérablement augmenté. Dans leur grand ouvrage publié par Kunth, ce nombre est de quarante-quatre, divisé en deux sec-

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tions: les Pépéromias canlescentes et les P. acaules. Les premières se montent à quarante-un, et ii n'y a que trois espèces dans la seconde section. Nous ne citerons ici, parmi les espèces figurées, que celles qui sont es mieux caractérisées:

Peperomia dolabriformis, Kunth, Nov. Gener. et Spec. Plans. œquin. 1, p. 60, tab. 4. Espèce remarquable par ses feuilles charnues en forme de doloir, purpurines en dessous, tantôt vertes, tantôt glaucescentes; ses spadices sont rapprochés, sessiles et portés sur un long pédoncule solitaire. Cette Plante croît au Pérou, dans les endroits chauds, sur les rives du fleuve Guancabamba et près de San-Felipe, dans la province de Jaën de Bracamoros. Les habitans la nomment Congona de monte. — P. polybotrya, Kunth, loc. cit., tab. 5; ses feuilles sont presque arrondies-ovées, acuminées, presque en cœur, peltées à la hase, à plusieurs nervures, glabres, marquées de points glanduleux; les spadices forment des panicules terminales. On trouve cette Plante près du fleuve Guancabamba. — P. tristachya, Kunth , loc. cit., tab. 6; ses feuilles sout presque arrondies-ovées, acuminées, peliées à la base, à plusieurs nervures, et glabres; les spadices, au nombre de trois, portés sur un pédoncule terminal. Cette Plante croît près de Pandi, dans la Nouvelle-Grenade. — P. peltoidea, Kunth, loc. cit., tab. 7, à tige rampante, à feuilles presque rondesovées, aiguës, à sept nervures; spadice terminal solitaire. Croît sur les pierres et les troncs d'Arbres près de Cumana. — P. talinifolia, Kunth, loc. cit., tab. 8; tige dressée, rameuse, garnie de feuilles oblongues, obtuses, un peu cunéiformes à la base, marquées de veines peu apparentes, glabres, charnues; pédoncules axillaires, portant de trois à cinq épis, et accompagnés de bractées. On la trouve dans les localités froides de la montagne de Quindiu dans la Nouvelle-Grenade. — Peperomia conjugata, Kunth, loc. cit., tab. 9; tige simple, cylindrique, sillonnée, garuie de feuilles oblongues, amincies aux deux bouts, à trois nervures charnues, glabres, blanchâtres en dessous, portées sur de longs pétioles; les spadices sont géminés et portés sur un pédoncule terminal. Cette espèce croît dans les lieux froids des Andes, sur le Paramo de Jamoca, à une hauteur de douze cent cinquante toises. — P. laxiflora, Kunth, loc. cit., tab. 10; tige ascendante, un peu rameuse, cylindrique-, à feuilles ovées, légèrement cordiformes et rétrécies au sommet, marquées de cinq nervures charnues et glabres; spadices opposés aux feuilles et plus longs qu'elles. Cette espèce a été trouvée ans les localités tempérées et ombragées de la Nouvelle-Grenade, près de Mariquita.— P. colorata, Kunth, loc. cit., tab. 11; tige dressée, simple, à feuilles glabres, oblongues, elliptiques, amincies aux deux extrémités, charnues, à trois nervures, colorées en dessous; spadices solitaires ou géminés, axillaires ou fascicules au sommet de la tige. Croît dans les localités pierreuses de la province de Popayan. — P. rotundata,Kunth, loc. cit., tab. 12; tige couchée, rameuse , velue, à feuilles opposées, presque orbiculaires, réniformes, charnues, à cinq nervures, glabres en dessus, velues et ponctuées de noir en dessous; spadices axillaires et terminaux. Croît dans les lieux élevés de la Nouvelle-Grenade.— P. dissimilis, Kunth, loc. cit., tab. 13; espèce très-voisine de la précédente, mais qui en diffère surtout par sa tige dressée, ses feuilles elliptiques, arrondies, les supérieures oblongues, aiguës, à trois nervures et pubescentes. Elle croît dans les lieux ombragés de la Nouvelle-Grenade, près de la vallée de Juanambu. — P. congesta, Kunth, loc. cit., tab. 14; tige dressée, rameuse, garnie de feuilles verticillées au nombre de cinq ou de sept, ses— siles, ovales, aiguës, glabres, char— nues, sans veines, planes en dessus, convexes en dessous; spadices verti-

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cillés, agglomérés et formant une grappe terminale. Croit sur le versant des Andes du Pérou, près du bourg de Guancabamba. — P. microphylla, Kunth, loc. cit., tab. 15, fig. 2; tige ascendante, dichotome; branches tétragones; feuilles légèrement poilues, au nombre de quatre ou cinq par vcrticille, lancéolées, oblongues, charnues, sans nervures; spadice terminal solitaire. Croît dans les localités pierreuses et froides des Andes de Quindiu. — P. reflexa, Kunth, loc. cit., tab. 16; tige dressée, simple, à feuilles glabres, sessiles, lancéolées, acuminées, à trois nervures peu marquées, réfléchies, charnues, les inférieures au nombre de quatre par verticille, les supérieures opposées ou alternes; spadice terminal, solitaire. Croît sur le bord des fontaines et sur les rives du fleuve des Amazones. — P. galioides, Kunth, loc. cit., tab. 17; tige dressée, presque rameuse, à feuilles au nombre de six par verticille, lancéolées, oblongues, obtuses, à trois nervures, charnues, légèrement glabres, ciliées au sommet, étalées, réfléchies; spadices allongés, axillaires ou terminaux. Dans les montagnes de la Nouvelle-Grenade. — P. umbilicata, Ruiz et Pavon , Flor. Peruv., p. 30, tab. 45, fig. 6; Kunth, loc. cit., tab. 15, fig. 2; glabre, acaule; à feuilles orbiculées, peltées, à cinq nervures; spadice radical chargé de fleurs distantes les unes des autres. Croît au Mexique, près Santa-Rosa de la Sierra. — P. foliiflora, Ruiz et Pavon, loc. cit., tab, 45, fig. c; tige simple, droite; feuilles formant un seul verticille de sept ou huit à la partie supérieure de la tige, pétiolées, ovales-cordiformes, entières et aiguës; fleurs insérées sur la partie inférieure du pétiole, disposées en petits épis inégaux et flexueux. Croît dans les forêts des montagnes de Chinca au Pérou.

Les auteurs de la Flore du Pérou ont encore décrit et figuré plusieurs autres Peperomia, dont nous donnons seulement l'énumération; savoir: Peperomia scuteliœfolia, Ruis et Pavon, Fl. Peruv., tab. 44, fig. b.—P. alata, tab. 48, fig. b. — P. emarginata, tab. 49, fig. a. — P. purpurea, tab. 49, fig. b. — P. pilosa, tab. 50, fig. a. — P. scandens, tab. 51, fig. b. — P. planifolia, tab. 51, fig. a. — P. inœqualifolia, tab. 46, fig. a. — P. obliqua, tab 51, fig. c. —P. rhombea, tab. 46, fig. b. —P. concava, tab. 46, fig. c. (G..N.)

* PEPHREDO. CRUST. Genre proposé par Rafinesque (Précis des découvertes somiologiques) et dont les caractères n'ont pas été publiés. (G.)

* PEPIN. INF. Espèce du genre Cyclide. V. ce mot. (B.)

PEPIN. BOT. PHAN. On désigne vulgairement sous ce nom les graines qui flottent dans les fruits succulens, tels que les raisins, les groseilles, etc. (G..N.)

* PEPINO. BOT. PHAN. V. COGOMBRO.

PEPITES. MIN. L'une des formes sous lesquelles on rencontre l'Or natif dans la nature. V. Or. (B.)

PÈPLIDE. Peplis. BOT. PHAN. Genre de la famille des Salicariées, et de l'Hexandrie Monogynie, L., offrant les caractères essentiels suivans: calice campanulé, à six lobes larges, dressés, et à autant de sinus alternes, subulés et étalés; six pétales très-petits, caducs, quelquefois nuls; six étamines alternes avec les pétales et placés devant les lobes les plus larges du calice; style court, surmonté d'un stigmate capité; capsule biloculaire, polysperme. Ce genre avait été fondé par Dillen sous le nom de Portula qui fut adopté par Mœnch. Micheli le nommait Glaucoides, et Adanson Chabrea. Mais tous les botanistes ont admis le nom de Peplis que Linné lui imposa. Il a pour type le Peplis Portula, L., petite Plante très-commune dans les marais et les lieux aquatiques de toute l'Europe. C'est

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une herbe rameuse, à feuilles opposées presque arrondies ou obovales, et à fleurs solitaires dans les aisselles des feuilles. Cette Plante n'a aucun usage; les bestiaux n'y touchent même pas. Les deux autres espèces croissent, l'une sur le Volga (P. alternifolia, Marschall Bieb.), l'autre près de Tauger, à la pointe ouest del'Afrique septentrionale (P. biflora Salzmann et De Gand.). Le Peplis diandra, nouvelle espèce de Nuttall et de De Candoile, formera peut-être un genre particulier à cause de ses deux étamines, de son calice à quatre ou six divisions, et de ses deux stigmates. Cette Plante a été trouvée près de la rivière Arkansa, dans l'Amérique septentrionale. Cette espèce est-elle la même que le Pepiis americana de Pusch dont Nuttall a formé son genre Crypta? Quoiqu'on ne puisse décider cette question que parl'inspection des échantillons décrits par les auteurs, nous sommes néanmoins disposés à les croire identiques d'après les caractères du genre Crypta comparés avec ceux de la nouvelle espèce de De Candolle.

Le Pepiis indica, Willd., rangé parmi les Ammannia par Spreugel, est le type du genre Ameletia de De Candolle. V. AMÉLÉTIE au Supplément. (E..N.)

PEPLIDIUM. BOT. PHAN. Genre de la famille des Scrophularinées et de la Diandrie Mohogynie, L., établi par Delile (Flore d'Egypte, p. 4, tab. 4, fig. 2) qui l'a ainsi caractérisé: calice tubuleux, persistant, à cinq dents; corolle tubuleuse, ayant un limbe très-court, à cinq lobes, dont l'inférieur est un peu plus grand que les autres; gorge de la corolle fermée par les anthères; deux étamines à filets recourbés vers le style; capsule ovoïde, recouverte par le çalice, et portant à son sommet la corolle desséchée. Cette capsule est indéhiscente, à minces parois, séparée en deux loges par une cloison qui tient à un réceptacle sur lequel sont attachées un grand nombre de grai nes anguleuses. Ce genre est, d'après l'auteur, suffisamment distinct par les caractères ci-dessus énoncés du Gratiola, et surtout du G. Monnieria d'Amérique, auquel l'espèce suivante ressemble d ailleurs beaucoup. Le Peplidium humifusum, ainsi nommé, à raison de la similitude de son port avec les Peplis, est une petite Plante annuelle, rameuse et couchée, dont les feuilles sont opposées, ovales ou peu charnues, glabres. Les fleurs sont petites, sessiles, solitaires, opposées dans les aisselles des feuilles. Cette Plante fleurit en hiver, dans les champs humides, près de Damiette en Egypte. L' Hedyotis maritima, L., est synonyme du Peplidium humifusum, selon l'opinion de R. Brown qui nous a été communiquée par Delile lui-méme. En conséquence, le genre Pe plidium est voisin du Microcarpœa formé sur une espèce qui ne diffère de l' Hedyotis maritima que par sa capsule bivalve.

Sprengel a réuni à ce genre le mosella diandra, L., sous le nom de Peplidium capense. (G..N.)

PEPLION OU PEPLIUM. BOT. PHAN. (Daléchamp et Césalpm.) Syn. d' Euphorbia Peplis, L. (Dodoens.) Syn. de frankenia pulverulenta. V. EUPHORBE et FRANKENIE. (G..N.)

PEPLIOS. BOT. PHAN. Nom donné par quelques vieux botanistes au Zygophyllum Fabago, L. V. ZYGO PHYLLE. (G..N.)

PEPLIS. BOT. PHAN. V. PÉPLIDE.

PEPLUS. BOT. PHAN. Qu'il ne faut pas confondre avec Pepiis. Mathiole, Fuchs et Dodœns nommaient ainsi une espèce d'euphorbe, qui a reçu en conséquence de Linné ce nom spécifique. (G..N.)

PEPOAZA. OIS. (Azzara.) Nom d'une petite famille du genre Gobe- Mouche. V. ce mot. (DR..Z.)

PÉPON. BOT. PHAN. Variété de Courges. V. ce mot. (B.)

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PEPOPASSACA. OIS. Nom de pays du Canard aux ailes blanches. V. Canard. (B.)

PEPSIS. Pepsis. INS. Genre de l'ordre des Hyménoptères, section des Porte-Aiguillons, famille des Fouisseurs, tribu des Pompiliens, établi par Fabricius aux dépens du genre Sphex de Linné, et dans lequel cet auteur avait placé beaucoup d'espèces qui appartiennent à d'autres geures. La treille a écarté toutes ces espèces, et son genre Pepsis est aiusi caractérisé: palpes presque d'égale longueur; les deux derniers articles des maxillaires et le dernier des laiuaux beaucoup plus courts que les précédens; languette profondément bifide, à lobes étroits et aigus. Ce genre se distingue des Pompiles qui en sont très-voisins, parce que ceuxci ont les palpes maxillaires beaucoup plus longs que les labiaux, et pendaus. Les derniers articles de ces palpes ne diffèrent que très-peu en Iongueur avec les premiers; enfin leur languette est simplement échancrée et non profondément bifide. Les Céropales et Apores sont séparés des Pepsis par les mêmes caractères. La tête des Pepsis est comprimée, de la largeur du corselet; elle a trois petits yeux lisses, eu triangle et places sur le vertex; les antennes sont longues, presque sétacées, rapprochées à la base; leurs articles sont cylindriques; dans les femelles les derniers articles se roulent en spirale. Le labre est semi-circulaire, saillant, adhérent au bord antérieur du chaperon. Le premier segment du corselet est de même largeur que le second, en carré transversal et prolongé latéralement jusqu'aux ailes. Les ailes supérieures ont une cellule radiale, oblongue, s avançant moins près du bord postérieur que la troisième cubitale; et quatre cellules cubitales; la première presque aussi longue que les deux suivantes réunies; la secondé recevant vers la base la première nervure récurrente; la troisième, plus petite que toutes les autres, se rétrécissant vers la radiale, et recevant près de son milieu la deuxième nervure récurrente; la quatrième à peine commencée. L'abdomen est brièvement pétiolé, ovalaire, composé de cinq segmens outre l'anus dans les femelles, et de six dans les mâles. Les pates sont longues, les postérieures surtout; les jambes sont finement dentées à leurs parties extérieures; ces dentelures sont moins prononcées dans les mâles; les tarses sont à articles allongés, le dernier est terminé par deux crochets simples dans les mâles, bifides dans les femelles, et muni d'une pelotte dans l'entre-deux. Ces Hyménoptères sont tous propres à l'Amérique équinoxiale; ils sont remarquables par leurs belles couleurs changeantes et veloutées. C'est dans ce genre que l'on voit les plus grands Hyménoptères connus; leurs ailes sont presque toujours colorées en noir bleuâtre, soit orangé, roux ou aurore. On connaît plus de vingtcinq espèces de ce genre parmi lesquelles nous citerons:

Le PEPSIS MARGINÉ, Pepsis marginata, Palis, Beauv., Ins. d'Afriq. et d'Amér., p. 94, Hyménoptères, pl. a, f. 2, sem., f. 3, mâle; Réaum., Ins., t. 6, pl. 28, f. 1. Long de deux pouces. Corps d'un noir velouté. Antenues brunes; premier article noir, un peu carené en dessous; anus revêtu, surtout dans son milieu, de grands poils d'un brun roussâtre. Ailes opaques, d'un roux ferrugineux, avec un peu de noir à leur base, et une bande de même couleur qui s'étend sur tout le bord interne et va en s'élargissant vers l'extrémité. Le mâle ne diffère que par sa taille un peu plus petite. On le trouve à Saint- Domingue. Il vole souvent autour des Palmiers. (G.)

PEPU. OIS. L'un des synonymes vulgaires de la Huppe. V. ce mot. (DR..Z.)

PEQUEA. BOT. PHAN. Pour Pekea. V. ce mot. (G..N.)

PEQUEN. OIS. Sous ce nom, Molina, dans son Traité des produc-

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tions du Chili, a décrit une Chouette qui est le Strix cunicularia des auteurs, et qu'Azzara avait mentionnée dans ses voyages sous le nom d'Urucurea. Les Brésiliens la nomment Chouette de champ, parce qu'elle niche dans les terriers des Tatous. Elle est commune au Chili et au Pérou où nous l'avons souvent rencontrée. (LESS.)

PERA. BOT. PHAN. (Hermann.) Nom du Goyavier dans l'île de Ceylan, et en diverses contrées du continent de l'Inde orientale.

Mutis avait donné le nom de Pera à un genre de la Polyandrie Tétrandrie, L., qui a été adopté par la plupart des auteurs sous celui de Perula. V. PÉRULE. (G..N.)

PERAGU. BOT. PHAN. Nom barbare de pays qui, dans le Dictionnaire de Déterville, a été adopté comme français pour désigner le genre Clérodendron. V. ce mot. (B.)

* PERAGUA. BOT. PHAN. Nom de pays donné par Linné comme scientifique à une espèce de son genre Cassine. (B.)

* PÉRALTÉE. Peraltea. BOT. PHAN. Genre de la famille des Légumineuses et de la Diadelphie Décandrie, L., établi par Kunth (Nov. Gen. et Spec. Plant. æquin., vol. 6, p. 469) qui l'a ainsi caractérisé: calice accompagné à la base de deux bractées grandes et caduques, presque campanule, divisé en deux lèvres; la supérieure bilobée au sommet, l'inférieure à trois divisions profondes dont l'intermédiaire est a plus longue, et concave en forme de carène. Corolle papilionacée; l'étendard presque orbiculaire, émarginé en forme de capuchon; les ailes presque égales à l'étendard et plus longues que la carène contre laquelle elles sont appliquées. Étamines diadelphes, ayant leurs anthères linéaires, toutes conformes. Ovaire sessile, renfermant cinq ovules, et surmonté d'un style filiforme, subulé, et d'un stigmate simple. Disque cyathiforme à la base de l'ovaire. Légume brièvement stipité, oblong, comprimé, bordé d'une aile membraneuse sur la suture séminifère, uniloculaire avant la complète maturité. Ce genre est placé par De Candolle dans le sousordre des Césalpinées, et dans la tribu des Geoffrées, malgré ses affinités avec le Lupinus et les autres genres qui composent la tribu des Phaséolées. Il est excessivement voisin du genre Brongniartia, également fondé par Kunth. V. BRONGNIARTIE au Supplément.

La PÉRALTÉE LUPINOÏDE, Peraltea lupinoides, Kunth, loc. cit., p. 471, tab. 589, est un Arbrisseau couvert d'un duvet soyeux dont les feuilles sont imparipinnées, à folioles ovales-oblongues et mucronées. Les fleurs sont portées sur des pédoncules axillaires, géminés ou ternés; elles ont une couleur violâtre ou purpurine; l'étendard marqué d'une tache blanche au-dessus de l'onglet. Cette Plante croît dans la Nouvelle-Espagne près de Chilpansingo. De Candolle (Mém. sur la famille des Lėgumineuses, p. 463) a publié une seconde espèce sous le nom de Peraltea oxyphylla, qui diffère essentiellement du P. lupinoides par ses folioles ovales lancéolées, terminées en une pointe fort acérée. (G..N.)

PERALU. BOT. PHAN. (Rhéede.) Syn. de Ficus bengalensis. V. FIGUIER. (B.)

PÉRAME. Perama. BOT. PHAN. Genre établi par Aublet (Plantes de la Guiane, 1, p. 54, tab. 18) sur une Plante qu'il a placée dans la Tétrandrie Monogynie, L., et que Jussieu a rapportée à la famille des Verbénacées. Schreber, Wahl, Willdenow et la plupart des botanistes allemands ont substitué au nom imposé par Aublet celui de Mattuschkea,trouvant sans doute celui-ci plus harmonieux que Peramaqu'ils ont qualifié de barbare. Cependant, nous sommes d'autant moins disposés à admettre ce changement de noms, qu'il y a eu encore un autre Mattuschkeaproposé par

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Gmelin, lequel, à la vérité, n'était pas fondé sur de bons caractères. Le genre Perama est ainsi caractérisé: calice divisé en quatre petits segmens roides et hérissés de poils roussâtres; corolle tubuleuse dont le limbe est quadrilobé; quatre étamines alternes avec les lobes de la corolle et à peu près de leur longueur. Ovaire ovoïde, marqué de chaque côté d'un sillon, surmonté d'un style terminé par un stigmate aigu ou capité et échancré, selon Kunth; deux à quatre petits akènes considérés par les auteurs comme des graines nues. Kunth décrit le fruit du Perama comme offrant une, deux ou quatre loges monospermes.

La PÉRAME VELUE, Perama hirsuta, Aublet, loc. cit., Mattuschkea hirsuta,Vahl, Symb. bot., 3, p. 11, est une petite Plante dont la tige est grêle, filiorme, hérissée de poils, haùte d'un pied et demi et plus d'après Aublet, mais beaucoup moins élevée selon Rohr qui l'ayant examinée vivante en a envoyé une description à Vahl. Cette tige est tantôt simple, tantôt rameuse; elle porte des feuilles sessiles opposées, aiguës, couvertes, de poils roussâtres, ayant l'aspect de celles du Serpolet. Les fleurs forment un petit capitule terminal et sessile. C'est sans doute cette inflorescence qui a fait dire à Jussieu que le Peramaa le port du Lippia. Cette Plante croît dans les lieux humides et Sablonneux de la Guiane.

Deux espèces ont été ajoutées au genre Perama, par Kunth (Nov. Gen. et Spec. Plant. œquin., 2, p. 271) sous les noms de P. hispidaet P. galioides. Elles croissent sur les bords de l'Orénoque, et elles ont beaucoup de rapports avec la Plante d'Aublet. (G..N.)

PÉRAMÈLE. Perameles. MAM. Genre de Mammifères carnassiers de la grande famille des Marsupiaux ou Animaux à bourse, établi par Geoffroy Saint-Hilaire, et dont l'étymologie dérive de Meles, Blaireau, et de Pera, poche ou bourse. Illiger, qui aimait, souvent sans nécessité, à changer les noms déjà donnés, appliqua a ce genre la dénomination de Thylacis, du grec, bourse, qu'il ne faut pas confondre avec le nouveau genre Thylacine, Thylacinus, proposé tout récemment par Temminck aux dépens des Dasyures. Les Péramèles sont rangés par Duméril dans sa sixième famille des Pédimanes ou Marsupiaux, et par Latreille (Fam. du Règn. Anim., p. 53) dans son sixième ordre, et dans sa première famille des Entomophages, avec les Sarigues, les Chironectes et les Dasyures. F. Cuvier (Dents Foss.) a placé les Péramèles dans un ordre différent que celui adopté par ses prédécesseurs. C'est ainsi qu'il les rapproche des Hérissons, des Tenrecs, des Dasyures et des Sarigues, au milieu desquels il les range dans ses Quadrumanes insectivores, tandis qu'ïl restreint les Marsupiaux aux Phalangers, aux Pétauristes, au Koala, au Wombat et aux Kanguroos. Geoffroy Saint-Hilaire, qui s'est beaucoup occupé des Animaux de cette grande famille (et on remarquera comme un fait très-intéressant, que la Nouvelle-Hollande, à trois espèces près, n'a, jusqu'à ce jour, offert à nos recherches que des Mammifères Marsupiaux), créa d'abord deux genres pour les deux seules espèces alors connues. Le premier, Perameles, avait pour type le Perameles nasuta, Geoff., et le second, nommé Isoodon, renfermait l'espèce nommée par Shaw Didelphis obesula, et qui est le Perameles obesula de Geoffroy. Le genre Isoodon, qui n'est point demeuré dans la science, avait pour principal caractère des différences dans le système de dentition. En effet, il présente cinquante dents, dix incisives, deux canines et seize molaires, dont huit fausses molaires et huit molaires à la mâchoire supérieure, et huit incisives, deux canines et douze molaires, dont six fausses et six vraies à la mâchoire inférieure. Récemment Say, naturaliste américain, a appliqué ce nom

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d'I sodon au genre que presque immédiatement Desmarest décrivait sous le nom de Capromys.

Les caractères des Péramèles, tirés premièrement du système dentaire, sont: quarante-huit dents; dix incisives, deux canines, six fausses molaires, huit vraies molaires à la mâchoire supérieure. La mâchoire inférieure n'a que six incisives, mais le même nombre de canines et de molaires. Les incisives d'en haut, d'après Frédéric Cuvier, sont disposées à l'extrémité d'une ellipse trèsallongée dont la convexité est en dehors: elles sont au nombre de cinq de chaque côté; la première est petite, tranchante et couchée en dedans; les trois suivantes, semblables l'une à l'autre, et un peu plus grandes que la première, sont aussi tranchantes, mais à tranchant un peu oblique d'arrière en avant. Ces quatre dents se touchent, et après les existe un espace vide qui les sépare de la cinquième incisive qui est petite, pointue, comprimée de deans en dehors et un peu crochue. Un espace vide isole cette dernière de la canine, dont la forme est trèspointue, très-crochue, comprimée de dedans en dehors, mais à bords arrondis. Les deux premières fausses molaires se ressemblent et ne diffèrent point de la forme des vraies molaires. Celles-ci ont de l'analogie avec celles des Desmans, et sont composées de deux prismes posés sur une base qui s'étend en portion de cercle dans l'intérieur de la mâchoire. La dernière des molaires est tronquée obliquement à sa partie postérieure. Les dents de la mâchoire inférieure, en suivant toujours les idées de F. Cuvier, présentent les modifications suivantes: les trois incisives de chaque coté son t couchées, disposées sur une ligne oblique par rapport à celles du côté opposé. Les deux premières sont simples, petites et tranchantes; la troisième, un peu plus grande, est bilobée. La canine est déjetée en dehors, plus épaisse et plus courte, quoique de même forme que celle d'en haut. Les molaires inférieures-ressemblent aux supérieures. Dans les vieux individus les prismes des molaires s'usent en grande partie. Les autres caractères du genre, tirés de l'ensemble des formes extérieures ou zoologiques et anatomiques, sont: une tête longue; un museau pointu; des oreilles médiocres; des membres à cinq doigts robustes, garnis d'ongles grands, presque droits, bien séparés aux pieds de devant; le pouce et le petit doigt rudimentaires ou sous forme de simples tubercules. Les pieds de derrière sont une fois plus longs que ceux de devant, à quatre doigts seulement, dont les deux plus internes sont très-petits, réunis et enveloppés par la peau jusqu'aux ongles; le troisième est robuste, et le quatrième externe est très-petit. La queue est non-prenante, mais velue et lâche, peu épaisse à sa base, médiocrement longue, pointue et un peu dégarnie de poils en dessous. Les femelles ont une poche abdominale. Le pelage est composé de deux sortes de poils.

Suivant Geoffroy St.-Hilaire(Ann. du Mus. T. iv, p. 59 et suiv.), les Péramèles sont des Mammifères voisins des Sarigues par leurs formes extérieures, mais dont ils diffèrent par leurs mœurs. Leur nez allongé indique que le sens de l'odorat est très-développé, et qu'ils doivent habiter des galeries souterraines qu'ils se creusent avec leurs ongles robustes, et qu'ils y vivent de chairs mortes, de petits Reptiles ou plutôt d'insectes. Us poussent un peit cri aigu, analogue à celui du Rat, quand ils sont inquiétés. Quoy et Gaimard observèrent, dans les dunes de l'île Dirck-Hatichs, des trous qu'ils sont disposés à regarder comme faits par les Péramèles, ce qui légitimerait l'idée de Geoffroy St-Hilaire. Nous devons dire aussi que les colons anglais, qui les nomment Bandicoot, nous assurèrent qu'ils habitaient des terriers. C'est surtout près de Liverpool dans la Nouvelle-Galles du Sud qu'ils sont le plus communs. La forme des

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pieds rapproche évidemment les Péramêles des Kanguroos; cependant ces derniers n'offrent point l'espèce de pouce qu'ont les premiers. Cette disposition doit donner quelque analogie à leur manière de marcher, et Quoy et Gaimard disent qu'ils courent en sautillant. Les jambes postérieures, plus longues que les antérieures, doivent aussi leur permettre de s'élancer facilement par bonds ou de se tenir sur leur derrière. Leur queue, d'un autre côté, ne peut guère leur être d'une grande utilité dans cette circonstance, tandis qu'on sait que les Kanguroos s'en servent comme d'un appui avantageux. Les appareils générateurs et es sens n'ont point encore été étudiés: leurs habitudes sont entièrement inconnues. Ils paraissent habiter de préférence le littoral de la Nouvelle-Hollande et les cantons sablonneux et plats. On les a observés à la terre d'Endracht et à la Nouvelle- Galles du Sud seulement.

PÉRAMÉLE NEZ POINTU, Perameles nasuta, Geoff., Ann. Mus. T. iv, p. 62, pl. 44; Cuv., Règn. Anim., 1, p. 177; Desm., Mamm., Sp. 409; F. Cuv., Diction, des Scienc. nat. T. xxxviii, p. 416. Cette espèce offre les caractères spécifiques suivais: une tête très-longue, un museau effilé, un nez prolongé audelà de la mâchoire, et six incisives inférieures. Le corps a de longueur, un pied quatre pouces, et la queue environ sur pouces. Ses oreilles, suivant Geoffroy Saint-Hilaire, sont courtes et oblongues ; ses yeux trèspetits. Son poil est médiocrement fourni, plus abondant et plus roide sur le garrot, mélangé d'un peu de feutre et de beaucoup de soies, cendré à son origine, et fauve ou noir à la pointe; la teinte générale est, en dessus, d'un brun clair; tout le dessous du corps est blanc, et les ongles sont jaunâtres. La queue est d'une teinte plus décidée, brune, tirant sur le marron eu dessus, et châtain en dessous. Le Péramèle nez pointu a été rapporté de la Nouvelle-Hollande par Péron, mais on ne sait pas au juste de quelle partie.

PÉRAMÉLE DE BOUGAINVILLE, Perameles Bougainville, Quoy et Gaimard, Zool. de l'Uranie, p. 66, pl. v. L'individu décrit sous ce nom par les naturalistes de l'expédition autour du monde du capitaine Freycinet, est un jeune non adulte. Temminck, dans son Analyse de Mammalogie, le regarde comme un jeune âge du Péramèle nez pointu; mais il suffit de l'examen de ses caractères les plus apparens pour s'assurer positivement du contraire. Cette espèce, plus élancée dans ses formes, est aussi beaucoup plus petite que le nasuta, mais ses oreilles sont considérablement plus développées proportionnellement. Le Péramèle Bougainville est remarquable, suivant Quoy et Gaimard, par son corps allongé, plus large en arrière qu'en avant, par son nez effilé dépassant les mâchoires; ses moustaches longues et bien fournies; scs yeux médiocres; ses oreilles de forme oblongue et longues d'un pouce; son poil, médiocrement dru, plus abondant sur le garrot, mêlé d'un peu de feutre, est cendré à l'origine, et roux ou brun à la pointe. Le pelage, dans toutes les parties supérieures, a une teinte rousse, assez vive. Un cendré, légèrement mélangé de roux, se remarque en dedans des membres et audessous du corps; la queue est d'un roux brun en dessus cl roux cendré en dessous. Les ongles sont jaunâtres. Quelques poils isolés, très-longs, se font remarquer sur les membres antérieurs près des articulations. La longueur du corps est de six pouces; celle de la queue de deux pouces et demi; des membres antérieurs, un pouce quatre lignes; des membres postérieurs deux pouces et demi. Les dents canines sont petites, peu fortes, et ne dépassent pas le niveau des premières molaires, tandis que dans le Péramèle museau pointu, elles ont une longueur au moins double. De plus, l'espace interdentaire, qui sépare la dernière inci-

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sive de la canine supérieure, est plus grand dans le P. Bougainville que dans le P. nasuta, d'où il résulte une longueur encore plus considérable du museau. La troisième incisive inférieure est bilobée. Les molaires tranchantes sont un peu écartées les unes des autres; la dernière de ces dents est très-petite, et comme rudimentaire sur l'une et l'autre mâchoire. Les dents du fond de la bouche ne paraissent offrir aucune trace d'usure: elles sont à base large et à couronne hérissée de plusieurs petites pointes dont le nombre varie de cinq a huit. «De cette disposition, disent Quoy et Gaimard, jointe à des pieds fouisseurs et au prolongement du nez, on doit admettre comme très-probable que c'est un Animal principalement insectivore.» Ce Péramèle, dédié à la mémoire du navigateur Bougainville, a été tué sous des touffes de Mimosa, au bas des dunes de la presqu'île Péron, à la baie des ChiensMarins.

Quoy et Gaimard mentionnent sous le nom de Péramèle Lawson (Zool., pag. 57 et 711) une grande espèce, récemment découverte, et qui leur fut donnée à Bathurst, au-delà des montagnes Bleues. Elle pouvait avoir deux pieds de l'extrémité de la tête à la queue. Son pelage était roux brun en dessus et comme fauve en dessous. Ils la perdirent dans le naufrage de l'Uranie aux îles Malouines.

Nous serions fort tenté de regarder comme un Péramèle un Animal que nous avions découvert dans l'île de Waigiou, et que notre collègue Garnot perdit dans son naufrage au cap de Bonne-Espérance. La seule note que nous ayons sur ce petit Mammifère, nommé Kalubu par les naturels de l'île de Waigiou, est celle-ci: le Kalubu est de la famille des Marsupiaux. Son pelage est d'un gris fauve; la queue est presque nue, longue de dix-huit lignes; le corps est de la grosseur d'un Mulot (Arvicola). Il a cinq doigts aux pieds antérieurs, dont les deux externes sont très-courts, tandis que les autres sont très-allongés et munis d'ongles forts. Les pieds de derrière ont également cinq doigts, dont un pouce petit et sans ongle? les doigts du milieu sont réunis comme dans les Phalangers, et l'externe est très-long; la poche marsupiale est peu apparente.

PÉRAMÉLE OBÉSULE, Perameles obesula, Geoff. St,-Hil., Ann. du Mus. T. iv, p. 64, pl. 45; Desm., Mamm., Sp. 410; Isoodon, Geoff. St.-Hil.; Isoodon obesula, F. Cuvier, Dict. des Scienc. natur. T. xxxviii, p. 416; Didelphis obesula, Shaw, Mise., n. 96, pl. 398. Cette espèce ne diffère des Péramèles, suivant Blainville, que par le système de dentition. Elle a été primitivement établie par Geoffroy Saint-Hilaire, d'après des renseignemens obtenus des naturalistes anglais sur le Didelphis obesuia de Shaw, conservé dans la collection d'Hunter. Il en résulte que sa tête est assez courte, son chanfrein arqué; qu'elle a huit incisives à la mâchoire inférieure. Sa taille est celle du Surmulot. Ses formes sont plus ramassées, plus courtes que dans les deux précédentes, toutes proportions gardées. Les oreilles sont assez larges, arrondies; le pelage tirant généralemeut sur le jaune roussâtre, entremêlé de soies noirâtres à leur extrémité; le ventre est blanc. On ne connaît rien de ses habitudes ni de ses mœurs. La Nouvelle-Hollande est sa patrie; Geoffroy Saint-Hilaire rapporte avec doute à cette espèce un individu du Muséum qui est incomplet, mais dont la taille est du double de celle de l' obesula auquel il ressemble toutefois par les oreilles, le museau et les couleurs, quoique plus brunes, du pelage. Il y a aussi quelques modifications dans l'appareil masticatoire. (LESS.)

* PERAMIBUS. BOT. PHAN. Rafinesque a donné ce nom à un genre de la famille des Synanthérées, et de la Syngénésie frustranée, L., auquel il a imposé les caractères suivans: involucre formé de douze à seize fo-

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lioles sur un seul rang, alternativement plus longues et plus courtes, linéaires, lancéolées, et à peine aiguës. Réceptacle convexe, garni de paillettes de la longueur des fleurs, ovales-lancéolées, acuminées et colorées. Calaihide radiée, dont le centre se compose de fleurs nombreuses, régulières, hermaphrodites; la circonférence d'un seul rang de huit fleurs stériles, à languette longue, elliptique, dentée. Fruits triangulaires, lisses, entièrement dépourvus d'aisrette.

D'après l'auteur de ce genre, il est voisin du Rudbeckia et du Coreopsis dont il se distingue surtout par ses fruits inaigrettés. Quoique la description du Peramibus soit insuffisante en quelques points, Cassini pense que ce genre appartient plutôt à la section des Coréopsidées, parmi les Hélianthées, qu'à celle des Rudbeckiées. Il est fondé sur une Plante que Rafinesque avait d'abord nommée Coreopsis hirta, et plus tard il a indiqué comme faisant partie, soit de ce genre, soit de son Obelisteca, le Coreopsis scabra de sa Flore de la Louisiane, le C. acuta de Purshet les C. palmata, rosea et nudata de Nuttal.

Le Peramibus hirtus est une Plante vivace, hérissée de poils roides et blancs. Sa tige, haute d'environ un mètre, est flexueuse, presque dichotome, garnie de feuilles demi-am-plexicaules, lancéolées, acuminées, entées en scie sur les bords. Les fleurs sont jaunes et forment des corymbes presque sessiles. On trouve cette Plante dans les montagnes du Kentucky, aux États-Unis de l'Amérique septentrionale. (G.. N.)

* PÉRAPÉTÀLE. Perapetalum. BOT. PHAN. Mœnch donne ce nom aux appendices quelconques qui se trouvent sur quelques corolles, comme, par exemple, les papilles intérieures des pétales du Ményanthe. V. ce mot. (G..N.)

* PÉRAPÉTÀLE. Perapetalum. BOT. PHAN. Mœnch désigne sous ce nom les appendices ou expansions du calice, comme, par exemple, les bosses de la Scutellaire. (G..N.)

PERCA. POIS. V. PERCHE.

PERCE. POIS. L'un des noms vulgaires du Cobitis fossilis. V. COBITE. (B.)

PERCE. ZOOL. BOT. De la propriété réelle ou imaginaire qu'ont certains Animaux et même des Plantes de percer les corps ou le sol qui les nourrit ou quelque partie de la substance de ces corps, on a appelé:

PERCE-BOSSE (Bot.), le Lysimachia vulgaris.

PERCE-FEUILLE (Bot.), des Buplèvres.

PERCE-MOUSSE (Bot. crypt.), le Polytrichum commune.

PERCE-MURAILLE (Bot.), traduit, dans le midi de la France, par Tauquemur ou Trauquemut, la Pariétaire officinale.

PERCE-NEIGE (Bot.), le Lecoium vernum et le Galanthus nivalis.

PERCE-OREILLE (Ins.), les Forficules.

PERCE-PIED (Bot.), l' l' Aphanes arvensis.

PERCE-PIERRE (Pois. et Bot.), la Blennie baveuse et le Crithmum maritimum.

PERCE-POT (Ois.), la Sittelle.

PERCE-RAT (Pois.), les Rajapastinaca et Aquila.

PERCE-ROCHE (Aunel.), les Térébelles.

PERCE-TERRE (Bot. crypt.), le Nostoc commun, etc. (B.)

PERCE-BOIS OU TÉRÉDILES. INS. Duméril, dans sa Zoologie Analytique, désigne ainsi une famille de Coléoptères Pentamères, et lui assigne les caractères suivans: élytres dures, couvrant tout le ventre; antennes filiformes; corps arrondi, allongé, convexe. Elle renferme six genres. V. VRILLETTE, PANACHE, PTINE, MÉLASIS, TILLE et LÉMEXYLON.

Le mot Perce-Bois répond au Ligniperda de quelques auteurs latins, et primitivement au Xylophtoros d'A-

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ristote. Réaumur désigne sous le nom de Perce-Bois l'Abeille violette de Linné. V. XYLOCOPE. Les Ligniperdes de Pallas sont pour Latreille des Bostriches. V. ce mot. (G.)

* PERCEUR D'ARBRES. OIS. (Salerne.) Syn. vulgaire de Pic-Vert. V. PIC. (DR..Z.)

PERCHAQUEUE. OIS. L'un des synonymes vulgaires de la Mésange à longue queue. V. MÉSANGE. (DR..Z.)

PERCHE. MAM. V. CORS et CERF.

PERCHE. Perca. POIS. Genre de l'ordre des Acanthoptérygiens, au on peut considérer comme type de la famille des Percoïdes et qui l'est aussi de la tribu des Persèques, tribu avec laquelle on ne doit pourtant pas le confondre sous un nom commun sil'on veut éviter toute confusion dans l'étude d'Animaux fort nombreux et peu différenciés les uns des autres. Chez Linné le genre Perca était ainsi caractérisé dans l'ordre des Thoraciques: mandibules inégales, armées de dents aiguës et recourbées; un opercule de trois lames écailleuses dont la supérieure est dentée sur les bords; six rayons à la branchiostége; la ligne latérale suivant la courbure du dos; les écailles dures; les nageoires épineuses; l'anus plus près de la queue que de la tête. Ce genre, ainsi établi, s'éleva dans Gmelin à une cinquantaine d'espèces dont plusieurs ont été réparties dans divers autres genres depuis qu'on a mieux circonscrit les groupes dont sé doit composer la famille à laquelle appartient le genre Perehe. Dans cette famille les Perches véritables se distinguent par leur gueule largement fendue; par leur museau qui, dépourvu d'écailles, ne s'avance point au-delà des lèvres; et par la seconde dorsale qui, très-séparée de la première, est aussi plus large qu'elle. Les Perches sont des Poissons d'une forme ordinaire, mais souvent assez également colorés; la plupartsont marines, encore que la plus commune soit le Perca fluviatilis; enfin leur chair est généralement exquise, mais un peu trop remplie d'arêtes. On les divise en sept sous-genres.

† PERCHES proprement dites, Perca. Ayant les opercules épinaux comme dans les Serrans, et lés préopercules dentés; les nageoires ventrales sont exactement situées sous les pectorales.

La PERCHE COMMUNE ou DE RIVIÉRE, Perca fluviatilis, L.; Gmel., SYST. Nat. xiii, p. 1306; Bloch, pl. 52; Encyclop., Pois., pl. 53, fig. 204. La plus généralement répandue et la plus connue de toutes; on la trouve dans l'Europe entière et dans les parties de l'Asie qui sont sous la même latitude; elle semble acquérir de plus grandes proportions et devenir plus commune à mesure quelle remonte vers, le nord. Tandis que les Perches de nos environs dépassent rarement dix-huit pouces, on en a pêche, dans les lacs de Suède et de Laponie, qui atteignaient jusqu'à trois ou quatre pieds de long, et Bloch rapporte qu'on en prit une en Sibérie dont la tête, conservée dans l'église du lieu, avait seule plus de onze pouces de long. On sert ce Poisson sur nos tables où sa chair passe pour exquise, dans le Nord, où l'on en prend considérablement. On tire de ses tégumens une colle de Poisson qui se répand dans le commerce avec celle qu'on obtient des Esturgeons, Il est inutile de décrire un Poisson pourtant assez élégant que distinguent de tout autre nos simples paysans et nos cuisinières; il ne sera donc ici question que de ses mœurs. La Perche nage avec vélocité; on la rencontre fréquemment par petites troupes vers la surface des eaux douces, soit dans les étangs, soit dans les lacs, soit dans les rivières et même dans de très-petits fossés; elle s'y tient assez tranquille et placéeparallèlement avec ses voisines; mais au moindre mouvement des objets environnans qui viennent l'inotitéter, elle part avec la rapidité de l'éclair: l'élan est simultané dans toutes les Perches réunies quel qu'en

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soit le nombre; on dirait qu'elles obéissent an même instinct par une influence aussi rapide que celle del'é tincelle électrique dans le plus vaste cercle. Très-vorace, la Perche qui se nourrit ordinairement de Tétars, de Tritons, de Grenouilles ou d'autres Reptiles, de Vers, de Mollusques et de petits Poissons, se jette imprudemment sur l'Epinoche qui, saisie par son ennemi, a souvent le temps d'hérisser, en passant dans son gosier, de redoutables aiguillons qui, s'y clouant dans tous les sens, ne permettent plus à la Perche, qui est réduite à mourir de faim, d'ouvrir ou de fermer la bouche. Il est d'autant plus extraordinaire que ce Poisson se laisse ainsi prendre aux nageoires piquantes d'une proie si dangereuse, qu'il emploie à son tour le même moyen de défense contre les Brochets qui en sont très-avides; lorsque ces dévastateurs des eaux douces se jettent sur les Perches, celles-ci dressent leurs aiguillons dans la gueule de l'agresseur, et lui causent souvent d'horribles plaies qui le forcent à fâcher prise, et les pêcheurs eux-mêmes sont obligés à quelques précautions pour ne pas être exposés aux cruelles piqûres de la Perche. Ce Poisson est en outre victime d'un ennemi que sa petitesse met à l'abri de tout danger: c'est un frêle Crustacé du genre Cymothoé, qui, s'insinuant dans les branchies, dévore vivantes ces parties délicates, et cause bientôt la mort de la Perche qui, éprouvant sans doute les plus vives douleurs, s'agite sans mesure, mais sans parvenir à se délivrer. C'est à l'âge de trois ans seulement que les deux sexes deviennent capables de se reproduire. Les femelles se débarrassent de leurs œufs au commencement du printemps en se frottant assez durement contre les branchages inondés et les tiges des Carex ou des Roseaux; les œuss forment dans l'eau des chapelets comme ceux de certains Batraciens, avec lesquels on les peut confondre au premier coup-d'œil; leur nombre est fort considérable dans une même mère, mais n'a pas été établi d'une manière uniforme par ceux qui se sont donné la peine de l'évaluer: ainsi Bloch et autres affirment qu'on en a trouvé trois cent mille dans une Perche pesant une demi-livre, tandis que De Saussure prétend en avoir reconnu neuf cent quatre-vingt-douze mille dans une autre qui pesait justement le double; enfin d'autres n'en ont guère vu que soixante à soixante-dix mille, ce qui ne laisse pas que d'être encore assez considérable. La Perche a la vie dure; pour peu qu'on l'enveloppe d'herbe mouillée, on peut la transporter à plusieurs lieues de distance; aussi l'emploie-t-on beaucoup pour l'empoissonnement des étangs, d. 14-16. p. 1 4. v. 6. a. 11. c. 17. 25.

Le LOUP DE MER, Perca Labrax, L. (omis dans Gmelin); Encycl. Pois., pl. 54, fig. 908; Sciæna diacantha, Bloch, pl. 302. Qui n'est point le L abrax de Bloch, non plus que le Perca punctata de Linné, et qu'au mot Loupce mer nous avons dit tort, d'après Laoépède, se rapporter au sous-genre Centropome. C'est un Poisson extrêmement commun dans la Méditerranée, où, dès le temps de Pline, sa voracité l'avait fait nommer Lupus. Il est fort, hardi, grand nageur, et parvient à une assez forte taille. Les anciens estimaient beaucoup sa chair; il est surtout très-répandu dans l'Adriatique; on le trouve quelquefois égaré sur nos côtes océanes et même jusque dans la Manche où les pêcheurs lui donnent, ainsi que les marchands, le nom de Loubine appliqué comme spécifique à une autre Perche fort différente qu'on trouve à la Guiane.

On doit rapporter au sous-genre dont il est ici question les Sciæna punctata, pl. 305, et lineaia, pl. 304 de Bloch; les Perca septentrionalis de Schneider, Plumeriide Bloch, pl. 306, etc. Cuvier remarque que le même dessin qui servit à Bloch pour établir cette dernière espèce, servit aussi à Làcépède pour composer le Chéilodiptère Chrysediptère représenté, dans la

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figure de la planche 33 du tome troisième de son Histoire des Poissons, mais l'on oublia de marquer les dentelures. Risso a décrit sous lenomde Perca Vanloo une espèce nouvelle du sous-genre Perche, commune dans la mer de Nice, remarquable par sa grande taille et par les plus vives couleurs qui lui ont mérité le nom d'un peintre célèbre, compatriote do l'auteur.

†† CENTROPOME, Centropomus.Ayant les dents en velours; les préopercules dentelés, mais les opercules sans épines ou à pointes très-émoussées comme les Pristipomes: ils ont souvent le sous orbitaire dentelé comme lés Scolopsis. Les principales espèces de ce sous-genre sont les suivantes:

Le KÉCHR ou VARIOLE, Perca nilotica, L.; Gmel., Syst. Nat. xiii, T. I, p. 1312. Le plus grand des Poissons du Nil qui atteint à la taille du Thon, et qui se trouve aussi, dit-on, dans la mer Caspienne. Il fut un objet de culte chez les anciens Egyptiens, et les Romains qui le connurent l'appelaient Latus.

L'AMBASE, Centropomus Ambasis, Lac., Pois. T. 4, p. 273, décrit d'après les manuscrits de Commerson, paraît être un Centropome de petite taille qui se trouve à Mascareigne, dans l'étang du Gol situé dans la partie sous le vent de l'île, tout au bord de la mer. La chair est fort délicate, et on la prépare, selon le naturaliste de l'expédition Bougainville, comme, l'Anchois.

††† ÉNOPLOSE, Enoplosus. Ce sont, dit Cuvier (loc. cit., p. 394), des Centropomes qui, par leur hauteur verticale et le prolongement de leurs dorsales, prennent l'apparence extérieure de certains Chœtodons; leur sous-orbiculaire est aussi dentelé, et leur préopercule non-seulement dentelé, mais épineux vers le bas. On n'en connaît qu'uue espèce australasienne, et représentée (pl. 39, fig. 1), par White dans l'appendice de son Voyage à la Nouvelle-Galles du sud.

†††† PROCHILE, Prochilus, où n'existe aucune dentelure au préopercule. Les Sciæna macrolepidota, pl. 298, et maculata, 299, f. 2 de Bloch, appartiennent à ce sous-genre.

††††† SANDRE, Sandat. Les Poissons de ce sous-genre, formés aux dépens des Centropomes de Lacépède, ont des dentelures au préopercule, mais point de piquans à l'opercule; leur tête est entièrement dépourvue d'écailles, et la gueule est armée de dents pointues et écartées.

Le SANDAT, ENCYCL., Pois., pl. 53, fig. 205; Parca, Lucio Parca, L.; Gmel., Syst. Nat. xiii, T. 1, p. 1308; Bloch, pl. 51. Grande espèce qui atteint à quatre pieds de long, qui se trouve dans les lacs et les fleuves de l'Europe orientale, en Suède et jusqu'en Perse où l'on estime beaucoup sa chair blanche et tendre.

Le COROdu Brésil, dont Bloch (pl. 307, fig. 1) faisait une Sciène, et le Sciæna Mauritii du même auteur (fig. 2) appartiennent au sous-genre Sandre.

†††††† ESCLAVE, Terapon. Les Perches de ce sixième sous-genre ont le corps oblong ainsi que la tête; le museau obtus; les écailles petites; la bouche peu fendue et peu extensible; une rangée régulière de dents égales et serrées à chaque mâchoire, derrière lesquelles en sont d'autres en velours; leur préopercule est dentelé, et leur opercule épineux; ils ont même de fortes dentelures à l'os de l'épaule, au-dessus de la pectorale; la branchiostége y a six rayons; entre la partie épineuse et la partie molle de la dorsale est un fort enfoncement. Ils tiennent d'une part aux Saupes, et de l'autre ils font un passage aux Sciènes. Le type de ce sous-genre est: Le JARBUA, Sciœna Jarbua, L.; Gmel., Syst. Nat.xiii, T. I, p. 1303; Holocentrus servus, Bloch, pl. 238, fig. 1. Le Gabub de Bonnaterre, Poisson des mers arabiques qu'on retrouve, dit-on, au Japon; sa chair médiocre est abandonnée par les pécheurs indiens à leurs esclaves, d'où le nom générique français, imposé àux Poissons

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du sous-genre Terapon. l'Holocentrus quadrilineatus de Bloch, pl. 278, fig. 8, se range certainement ici, et l' Holocentrus surinamensis des mêmes auteurs y vient peut-être aussi.

††††††† APOGON, Apogon. Leur forme générale, leurs écailles et même leur couleur font ressembler ces Poissons aux Surmulets; mais, outre qu'ils en diffèrent au premier coup-d œil par l'absence des barbillons qui les avaient fait appeler Surmulets imberbes, les dentelures de leur préopercule et leurs dents en velours aux deux mâchoires les rapprochent des Perches, aussi bien que leur museau court et leurs cœ cums peu nombreux; le préopercule a un bord dentelé sans opercule. Le type de ce sous-genre est l' Apogon ruber de Lacépède; Perca pusilla? Gmel., Syst. Nat. XIII, T. I, p. 1311, appelé Roi des Rougets dans la Méditerranée où il est fort commun. Cuvier regarde encore comme appartenant au sousgenre qui nous occupe, et peut-être comme des doubles emplois du Roi des Rougets, l'Ostorhinque Fleuriu et le Diptérodon Exacanthe de Lacépède représentés dans les planches 32 et 33 de son Histoire des Poissons.

L'espèce la plus commune du genre Grémille, Perca cernua, L., a été quelquefois nommée Perche goujonnière ou Petite Perche, et c'est à l'article de ce genre qu'il faut chercher le Perca Acerina de Guldenstedt, mentionné au mot ACÉRINE du présent Dictionnaire d'où nous, avons mal à propos renvoyé au mot PERCHE. V. GRÉMILLE. (B.)

* PERCHES. POIS. Cuvier, dans le texte du second volume de son Règne Animal, emploie ce mot au lieu de celui, beaucoup plus convenable, de Percoïdes, qu'on trouve dans son Catalogue des genres à la page 10. V. PERCOÏDES. (B.)

PERCHEUSE. OIS. Syn. vulgaire de Farlouse. V. ALOUETTE. (DR..Z.)

* PERCHIDES. POIS. Risso, dans le tome III de son Histoire naturelle de Nice, nomme ainsi la vingtdeuxième famille de sa méthode ichthyologique qui répond à celle des Percoïdes, V. ce mot, et dans laquelle le savant Italien mentionne les genres Cotte, Perche, Umbrine et Sciène. (B.)

* PERCHOT. POIS. Espèce de Perche du sous-genre Centropome. V. PERCHE. (B.)

PERCIDI. POIS. Le genre proposé sous ce nom par Scopoli pour le Cottus japonicus, n'a point été adopté; il rentre parmi les Aspidophores, sousgenre de Cotte. V. ce mot. (B.)

* PERCILLETTE. BOT. CRYPT. (Mousses.) Nom français proposé par Bridel pour désigner son genre Coscinodon. V. ce mot. (AD. B.)

PERCIS. POIS. Genre de la famille des Percoïdes, dans l'ordre des Acanthoptérygiens, formé par Schneider et adopté par Cuvier (Règn. Anim. T. I, p. 299) qui lui donne pour caractères: tête déprimée; à dents en crochets; dont la première dorsale ne compte que quelques rayons, tandis que la seconde, qui n'en est pas très-bien séparée, occupe presque toute la longueur du corps; l'anale n'a aucun aiguillon. L'opercule est muni d'épines, et le préopercule montre quelques dentelures quand il est desséché. Les Percis ont un estomac médiocre, trois cœcums courts et point de vessie aérienne. On en connaît deux espèces constatées des mers de l'Inde, le Percis maculata de Schneider, planche 38, où la dentelure du préopercule est trop marquée, et celle que Bloch a représentée, planche 249, figure 1, sous le nom de Sciæna cylindrica. Quant au Poisson représenté dans l'Histoire des Poissons de Lacépède dans la planche 3, figure 13 du tome II, et dont l'auteur ne donne pas la description, Cuvier pense qu'elle appartient au genre ont il vient d'êfre question, et propose de le nommer Percis lata. (B.)

PERCNOPTÉRE. OIS. Syn. d'Ai-

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moche, espèce du genre Catharte. V. ce mot. (B.)

* PERCOIDES. POIS. Improprement Perches. Quatrième famille de l'ordre des Acanthoptérygiens dans la méthode ichthyologiquede Cuvier, où, comme dans celle des Labroïdes, la dorsale et l'anale sont peu ou point écailleuses, et sont soutenues en avant par des épines fortes et piquantes. La partie épineuse de la dorsale peut s'y replier et se cacher entre les écailles qui bordent les côtés de sa base. Le corps est écailleux, et ses écailles sont ordinairement assez grandes; les intestins sont amples et garnis de quelques cœcums. La vessie natatoire manque rarement; elle est robuste et sans communication avec l'estomac. Cette famille, dit Cuvier Règn. Anim. T. II, p. 269), se divise en deux séries tellement parallèles, que les mêmes caractères se répètent dans l'une et dans l'autre. La première, qu'on peut appeler celle des Sparoïdes, n'a qu'une dorsale régnant le long de la plus grande partie du dos; la seconde en a deux, ou du moins la portion épineuse et la portion molle y sont divisées jusqu à la base. On peut l'appeler plus particulièrement celle des Persèques.» (B.)

PERÇOIR OU FORET. CONCH. Noms vulgaires et marchands du Murex strigillatum, L. (B.)

* PERCURSAIRE. Percursaria. BOT. CRYPT. (Hydrophytes.) Nous avons, à l'article CONFERVÉES du présent Dictionnaire, proposé ce nom pour désigner un genre dont les caractères sont: un filament inerme fort sensible, parcourant d'une extrémité à l'autre le tube externe à travers les articles bien distincts qui s'y voient transversalement. Le Conferva percursa d'Agardh (Syn., p. 87), qui est devenu un Solenia dans le Systema du même auteur en est le type. On a peine à concevoir comment Lyngbye, auteur si exact, avait confondu notre Percursaire avec son Scythosiphon compressum, qui fut l' Ulva compressa de Linné: L'organisation des deux Plantes est totalement différente, et la phrase, par laquelle Agardh désigne la nôtre, est très-exacte: Fronde tubulosa, capillari simplici, stria unica, longitudinali percursa, etc. Nous ne connaissons encore qu'une espèce de Percursaire que nous avons recueillie en abondance sur les plages herbeuses des îles de la Zélande, abandonnées par la marée descendante. On la trouve aussi dans quelques lacs d'eau saumâtre, stagnante, en dedans des digues de Hollande et de Flandre. Elle s'y présente en amas de filaraens simples, longs souvent de plusieurs pieds, qu'on dirait des paquets confus ou de grands écheveaux de fils d'un beau vert d'herbe. Leur odeur est fétide, et quand on les conserve quelque temps sans les préparer, cette odeur devie nt insupportable. Ils adhèrent assez bien au papier, et en s'y desséchant ilsacquièrent une teinte de vert plus jaunâtre que durant l'état de vie, avec un aspect luisant, comme si on eû t passé dessus un enduit de gomme. (B.)

* PERCUS. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamèrés, famille des Carnassiers, tribu des Carabiques, établi par Bonelli, dans ses Observations entomologiques (Mém. de l'Acad. de Turin), et qu'il caractérise ainsi: languette échancrée, tronquée; palpes assez épais, les maxillaires extérieurs ayant leur quatrième article plus court que le précédent, cylindrique, aminci à sa base; anus souvent très-lisse dans les deux sexes; élytres entières ayant deux points placés sur une seule ligne souvent oblitérée; mandibule droite plus courte que la gauche; dernière paire de jambes lisse postérieurement; antennes plus longues que le corselet Ce genre renferme eux ou trois espèces propres au Portugal et à l'Espagne. (G.)

* PERCUSSARIA. BOT. CRYPT. Nous trouvons dans le tome xxxviii du Dictionnaire de Levrault, que

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c'est «un genre d'Hydrophytes loculés, établi par Bonnemaison pour placer quelques espèces d 'Oscillaria et de Scytonema d'Agardh. Ce genre, poursuit le rédacteur de l'article, ainsi que Bonnemaison le fait remarquer, est à peu près la môme chose que le Scytonema d'Agardh;» pourquoi donc lui donner un nom nouveau? V. SCYTONÈME. (B.)

PERDICIUM. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées et de la Syngénésie superflue, L., établi par Linné, placé par Cassini dans sa tribu des Mutisiées et caractérisé de la manière suivante: involucre oblong, à peu près de la longueur des fleurs, composé d'écailles imbriquées et lancéolées. Réceptacle nu. Calathide radiée, dont le disque est composé de fleurs hermaphrodites qui ont leurs co olles à deux lèvres; la circonférence de fleurs femelles ayant leurs corolles divisées en deux languettes, l'extérieure linéaire tridentée, l'intérieure très-courte et bidentée. Style à deux branches stigmatiques. Fruits obovés, surmontés d'une aigrette sessile, composée de poils simples et très-nombreux. L'espèce sur laquelle ce genre a été fondé fut nommée Perdicium semiflosculare par Printz, auteur d'un Mémoire sur es Plantes rares d'Afrique, inséré dans le 6e volume des Amœnitates academicœ de Linné. C'est la même Plante que Burmann avait étiquetée Pardisium capense dans son Herbier, et qu'il publia plus tard dans sa Flore de l'Inde, V. Pardisium.Linné fils, Thunberg et Vahl ajoutèrent quelques espèces au genre Perdicium; mais lorsqu'on les eut examinées avec quelques soins, on fut convaincu qu'elles devaient être séparées du genre Perdicium. C'est ainsi que plusieurs Perdicium de ces auteurs (P. brasiliense, Vahl, et P. radiale, L.) furent placés parmi les Trixis, et que le Perdicium magellanicum devint le type du genre Perezia ou Clarionea. La Plante du cap de Bonne-Espénmee, décrite par Prlntz, a donc été considérée par Lagasca, De Candolle et Cassini, comme l'unique espèce du genre Perdicium. Vahl lui a donné le nom de P. Taraxaci à cause de sa ressemblance apparente avec le Pissenlit (Taraxacum officinale), et Cassini a cru convenable de là nommer P. Printzii en l'honneur du botaniste qui l'a décrite le premier. C'est une riante herbacée dont la racine est vivace, fibreuse; les feuilles radicales roncinées, glabres; les hampes nues, terminées par des calathides solitaires dont l'involucre ressemble à celui des Scorzonères. Le Perdicium tomeniosum de Thunberg et Vahl, quoique indigène du Japon, parait être un vrai Perdicium selon Cassini. (G..N.)

PERDIGAL. OIS. Le Perdreau dans certains cantons de la France méridionale. (B.)

PERDIX. OIS. V. PERDRIX.

PERDREAU. OIS. C'est le nom de la jeune Perdrix qui n'a point encore atteint sa première mue, ce que l'on reconnaît a la forme acérée de la première rémige. (DR..Z.)

PERDRIGONS. BOT. PHAN. Diverses variétés de Prune. (B.)

PERDRIX. Perdix. OIS. Genre de l'ordre des Gallinacés. Caractères: bec court, comprimé, assez robuste, nu à sa base; mandibule supérieure voûtée, convexe, fortement courbée vers la pointe; narines placées de chaque côté du bec et à la base, à moitié fermées par une membrane voûtée et nue; trois doigts devant réunis par des membranes jusqu'à la première articulation, au derrière. Ailes courtes, les trois premières rémiges également étagées, la quatrième ou la cinquième la plus longue; quatorze ou dixhuit rectrices composant la queue qui est courte et penchée. Ce genre se divise en quatre sections ou sousgenres assez tranchés.

1°. PERDRIX. Qui ont les ailes arrondies, les rectrices plus longues que les tectrices caudales supérieures, assez généralement une

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place nue derrière l'œil, et, chez les mâles, un tubercule calleux et obtus aux tarses.

2°. FRANCOLINS. Qui ont aussi les ailes arrondies, et les rectrices beaucoup plus longues que les tectrices caudales supérieures; les orbites des yeux souvent dénuées de plumes, les tarses (chez les mâles) armés d'un ou deux éperons cornés et aigus; de plus le bec plus robuste et plus allongé que dans les Perdrix proprement dites.

3°. Colins. Qui ont leurs ailes encore arrondies, et leurs rectrices dépassant les tectrices caudales supérieures; mais qui ont les tarses tout-à-fait nus ou mutiques, le bec court, gros et plus haut que large, la tête entièrement garnie de plumes.

4°. CAILLES. Qui ont les ailes pointues à cause de la longueur des deux premières rémiges dépassant toutes les autres; les rectrices sont égales en longueur avec leurs tectrices supérieures; les tarses sont mutiques, le bec court, plus souvent grêle et aussi large que haut, la tête parfaitement emplumée.

I. PERDRIX proprement dites.

Toutes les espèces comprises dansce groupe, quel que soit le climat qu'eles habitent, offrent assez peu de différences dans leur manière de vivre; ayant presque partout à craindre les pièges que nous leur tendons, à redouter la serre de l'Oiseau de rapine ou à opposer la fuite aux attaques du vorace Quadrupède, elles doivent, partout, montrer l'air défiant et sauvage que leur inspire leur triste condition. C'est donc à leurs inquiétudes constantes, qu'il faut attribuer l'habitude que semblent avoir contractée toutes les Perdrix, de vivre réunies; et cette habitude a pris un tel empire qu'elle est dégénérée en besoin. Qui n'a pas élé à même d'observer que lorsque, par un accident assez ordinaire, une compagnie de ces Oiseaux a été dispersée, tous les individus qui la composaient, aussitôt qu'ils croient le danger passé, se recherchent par un petit chant de rappel qui, presque toujours, eu les décelant, devient fatal à la plupart d'entre eux ! Les Perdrix semblent préférer les plaines, et surtout les guérets, aux terrains montagneux et boisés où on ne les trouve guère que lorsqu'elles ont été contraintes d'y chercher un refuge, ou quand la neige couvrant les campagnes, dérobe à leurs recherches les graines et les jeunes pousses d'herbes qui sont leur unique nourriture pendant la saison rigoureuse. En été elles recherchent de préférence les petits Insectes et surtout leurs œufs et leurs larves. Vers les premiers jours de mars, ces Oiseaux, jusqu'alorsinséparables, se séparent les uns des autres pour s'apparier; mais comme il y a ordinairement quatre mâles pour trois femelles, cette séparation s'opère rarement sans donner lieu à des combats. Chaque couple, quoiqu'il paraisse animé des plus impétueux désirs, traîne cependant ses amours en langueur, car ce n'est guère qu'à la fin de mars que se terminent les unions. Alors ces couples se retirent dans une espèce de petit domaine qu'ils se sont choisi; ils s'y occupent de la construction du nid, ordinairement placé au milieu d'une terre ensemencée de blé, dans quelque cavité formée par les pas des chevaux. Cette construction, assez grossière, consiste en brins d'herbe sèche; la ponte a lieu dans le courant de mai et même de juin; elle consiste en quinze ou vingt œufs d'un gris blanchâtre, que la femelle couve pendant trois semaines. Le mâle coopère aux soins de l'éducation des petits; il les conduit avec la mère, et tous deux grattent la terre pour leur montrer les œufs de Fourmis dont ils sont très-friands; ils se couchent l'un à côté de l'autre pour les recueillir sous leurs ailes. C'est un spectacle, qui n'est pas sans intérêt, que de voir ainsi réunis père, mère et couvée; les jeunes Perdreauxpassent seulement la tête pour respirer, et montrent ainsi leurs grands

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yeux noirs et brillans. Lorsqu'ils sont découverts, le mâle part seul et semble chercher à attirer le chasseur et les chiens d'un côté, tandis que la femelle fuit de l'autre, en courant avec ses poussins. Ce n'est qu'à l'âge de trois mois que les perdreaux savent voler; on les distingue par la couleur jaunâtre de leurs pieds, et par l'extrémité pointue de la première rémige qui ne. s'arrondit que l'année suivante. Au mois d'octobre ils ont atteint presque toute leur grosseur. On assure que la vie moyenne des Perdrix est de dix ans.

PERDRIX D'AMÉRIQUE. V. PERDRIX COLIN COLÉNIQUI.

PERDRIX DES ANTILLES. V. PIGEON VIOLET DE LA MARTINIQUE.

PERDRIX D'ARAGON. V. GAURA DES SABLES.

PERDRIX AYUM-HUN, Perdix javanica, Lath., Tem., pl. color., 1 48. Parties supérieures d'un gris bleuâtre, varié et strié de brun; front, gorge et partie des joues d'un jaune ferrugineux; sommet de la téte roussâtre, ainsi que de larges taches irrégulières sur le cou dont la teinte est noirâtre; tectrices alaires cendrées, bordées de roussâtre, et terminées de noir; rémiges brunes extérieurement; tectrices caudales bleuâtres, frangées de noir; poitrine d'un cendré bleuâtre; parties inférieures rousses; bec bleuâtre: membrane qui entoure les yeux rouge; pieds d'un rouge vif; ongles jaunâtres. Taille, neuf pouces six lignes. De Java.

PERDRIX DE LA BAIE D'HUDSON. V. TÉTRAS GÉLINOTE TACHETÉE.

PERDRIX BARTAVELLE, Perdix rufa, Lath., Perdix saxatilis, Meyer, Buff.,pl. enl. 231; Perdix Uraca, Briss.Parties supérieures d'un gris bleuâtre; front et forum noirs; joues, gorge et devant du cou d'un blanc pur, encadré par une large bande noire; scapulaires et grandes tectrices alaires cendrées terminées de jauuâtre; sommet de la tête, côtés du cou et poitrine d'un gris cendré; flancs garais de plumes grises traversées de bandes alternativement noires et blanchâtres, et terminées de brun rougeâtre; abdomen et parties inférieures jaunâtres; quatorze rectrices cendrées, les cinq latérales terminées de roux; bec, auréoles des yeux et pieds rouges. Taille, quatorze pouces. La femelle a les teintes moins vives, le haut du cou d'un blanc moins pur et la bande noire qui l'encadre beaucoup moins large. Du midi de l'Europe.

PERDRIX BLANCHE. V. TÉTRAS PTARMIGAN.

PERDRIX DE BOIS. V. TÉTRAS GÉLINOTE TACHETÉE.

PERDRIX A CAMAIL. V. PERDRIX FERRUGINEUSE.

PERDRIX DU CAP DE BONNE-ESPÉRANCE. V. FRANCOLIN A GORGE NUE.

PERDRIX CENDRÉE DE CAYENNE. V. TINAMOU CENDRÉ.

PERDRIX DES CHAMPS. V. PERDRIX GRISE.

PERDRIX DE LA CHINE. V. PERDRIX FRANCOLIN PERLÉE.

PERDRIX DE CHITYGONG. V. PERDRIX FRANCOLIN DE CEYLAN.

PERDRIX DES COTEAUX. V. PERDRIX ROUGE.

PERDRIX DE CRAU. V. GANGA CATA.

PERDRIX CUL-ROND. V. PETIT TINAMOU.

PERDRIX DE DAMAS, Perdix damascena, Lat., Tetrao damascena, Gmel. V. PERDRIX GUISE, var. de passage.

PERDRIX DAGU. V. PERDRIX AYUM-HUN.

PERDRIX A DOUBLE ÉPERON. V. PERDRIX FRANCOLIN DE CEYLAN.

PERDRIX FERRUGINEUSE, Perdix ferruginea, Lat.; grande Perdrix de la Chine, Enc., pl. 96; Perdrix à camail, Tem.; Tetras ferrugineus, Gmel. Parties supérieures brunes, variées de noir et de ferrugineux; tectrices alaires brunes, striées de jaunâtre; rémiges brunes, frangées de noir; sommet de la tête brun, mélangé de jaune foncé; dessus du cou orné d'une espèce de fraise composée de plumes longues et effilées,

TOME XIII. 14

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terminés en pointe, brunes, bordées de jaunâtre; rectrices brunes, les intermédiaires bordées de noir; devaut du cou d'un jaune ferrugineux; ventre brun; le reste des parties inférieures d'un rouge brun; bec et pieds bruns. Taille, douze pouces. De la Chine.

PERDRIX FRANCHE. V. PERDRIX ROUGE.

PERDRIX GAMBRA, Perdix petrosa, Lat.; Tetras petrosus, Gmel.; Perdix rubra-barbarica, Briss.; Perdrix de roche, Enc., pl. 94. Parties supérieures d'un roux cendré; front, sommet de la tête et nuque d'un brun roux; une bande brune de chaque côté du cou qui se dilate en avant en un large demi-collier sur lequel sont des taches blanches; des plumes rousses sur les oreilles; gorge, tempes et large sourcil d'un bleu cendré; tectrices alaires marquées de huit ou dix taches bleuâtres entourées de. jaune orangé; poitrine cendrée; parties inférieures rousses; plumes des flancs cendrées, rayées transversalement de blanc, de roux et de noir, terminées de roussâtre; bec auréole des yeux et pieds rouges. Taille, treize pouces. La femelle est moins grande, ses nuances sont moins vives et son collier plus étroit. Du midi de l'Europe.

PERDRIX DE GARRIVA. V. GANGA CATA.

PERDRIX DE GINGI, Perdix gingica, Lat.; Tétras gingicus, Gmel.; Perdrix à double hausse-col, Tem. Parties supérieures d'un roux cendré; petites tectrices alaires rousses, bordées et terminées de cendré; les moyennes bordées de jaune sale avec une tache noire à l'extrémité; rémiges d'un brun noirâtre; rectrices cendrées, tachetées de noir; tectrices caudales d'un roux cendré; sommet de la tête d'un brun foncé, avec les sourcils blancs; joues et cou d'un roux pâle, avec une strie noire sur chaque plume; deux taches sur la poitrine, l'une noire, l'autre brune, séparées par un intervalle blanc; ventre blanc, avec une double raie rous sâtre. Bec noir; pieds cendrés. Taille, dix pouces. La femelle est plus petite; elle a la queue rayée de noir; son abdomen est roussâtre. De la côte de Coromandel.

PERDRIX GOACHE. V. PERDRIX GRISE.

PERDRIX A GORGE ROUSSE. V. PERDRIX FRANCOLIN MUITIRAIE femelle.

PERDRIX GRECQUE. V. PERDRIX BARTAVELLE.

PERDRIX GRIÉCHE. V. PERDRIX GRISE.

PERDHIX GRINETTE. V. PERDRIX GRISE.

PERDRIX GRISE, Perdix cinerea, Lath.; Tetrao Perdix, Gmel.; Buff., pl. enl. 27. Parties supérieures roussâtres, rayées transversalement de brun et de noir; tête et tectrices alaires offrant les mêmes nuances avec addition d'un trait longitudinal blanchâtre; front, joues et gorge d'un roux clair; un espace nu, mamelonné, rougeâtre, entre l'œil et l'oreille; cou et parties inférieures d'un gris cendré rayé de zig-zags noirâtres; une grande tache lunulée et roussâtre sur l'abdomen; d'autres taches de même nuance sur les flancs; rémiges d'un brun cendré, tacheté de blanchâtre; vingt reetrices dont les cinq latérales sont d'un beau roux, bordé de blanchâtre; les autres sont rayées de noir et tachetées de roux clair, sur un fond gris. Bec et pieds d'un cendré bleuâtre. Taille, douze pouces. La femelle n'a point de tache rousse sur le ventre, et le brun de la tête est moins foncé. Cette espèce est la plus commune dans le nord de l'Europe, particulièrement aux environs de Pans. Elle est assez rare vers le midi de la France. Sa chair est moins agréable que celle de la Perdrix rouge. On considère comme une simple variété de cotte espèce la petite Perdrix grise de passage, Perdix damascena, Lath., Tetrao damascena, Gmel., qui a le dessus du corps varié de brun et de noir sur un fond roussâtre; le front, les joues et la gorge d'un roux clair; un espace nu entre l'œil et

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l'oreille; la poitrine brune et le ventre d'un gros clair, jaunâtre. Le bec et les pieds jaunâtres. Taille, dix pouces.

PERDRIX DE LA GUIANE. V. PERDRIX COLIN-TOCRO.

GROSSE PERDRIX DE LA GUIANE. V. TINAMOU MAGOUA.

PERDRIX DE HEY, Perdix Heyi, Tem., pl. color. 328 et 529. Parties supérieures d'un gris cendré clair, nuancé d'isabelle; tête d'un cendré rougeâtre; tectrices alaires isabelle, finement rayées de brun; rémiges brunâtres ornées extérieurement de festons blanchâtres; rectrices longues, rougeâtres, les deux intermédiaires jaunâtres, rayées de brun; un trait oculaire blanc; oreilles branchâtres; parties inférieures d'un brun rougeâtre; plumes des flancs mordorées sur les barbes internes et bordées extérieurement de noirâtre. Bec jaune ; pieds cendrés. Taille, huit pouces. La femelle n'a pas de bandeau blanc et tout son plumage est rayé transversalement de brun; le dos et la poitrine sont cendrés avec une nuance isabelle; elle a les joues et les côtés de la tête ponctués. de noir. De l'Arabie.

PERDRIX DES INDES. V. OUTARDE A GORGE BLANCHE.

PERDRIX DE JAVA, Perdix javanica, Lath., espèce douteuse que l'on présume être une femelle de FRANCOLIN.

PERDRIX KAKELIK, Perdix Katelik, Lat. Parties supérieures grisâtres, variées de blanchâtre; poitrine cendrée; bec, iris et pieds rouges. Taille, onze pouces. De la Bucharie. Quelques ornithologistes pensent que cette espèce que nous n'avons encore vue dans aucune collection, et qui n'est connue que par la description qu'en a donnée le professeur Falck ans le troisième vol. de la Relation de ses voyages scientifiques, est une variété de la Perdrix rouge.

PERDRIX DE LA LOUISIANE. V. PERDRIX COLIN-COLÉNIQUI.

PERDRIX DE LA MARTINIQUE. V. PIGLON ROUX.

PERDRIX DE MER. V. GLARÉOLE.

PERDRIX DE MONTAGNE, Perdix montana, Lat.; Tetrao montanus, Gmel.; Buff., pl. enl. 156. Parties supérieures fauves, variées de brun et de cendré; tête, gorge et cou d'un roux cendré; rémiges d'un gris brunâtre, bordées et nuancées de blanc et. de roussâtre; rectrices latérales brunâtres, les six intermédiaires brunes, terminées de gris et de blanc; gorge fauve; bas du cou, poitrine et partie du ventre d'un brun marron clair ainsi que les tectrices caudales inférieures. Bec et pieds bruns. Taille, douze pouces. Europe. Il est possible, ainsi que le pensent plusieurs auteurs, que cette Perdrix, qui habite de préférence les pays de montagnes et se mêle très-rarement dans les vallées aux Perdrix grises, ne soit néanmoins qu'une variété constante de celle-ci.

PERDRIX NAINE. V. CAILLE.

PERDRIX NOIRE. V. TÉTRAS GÉLINOTE TACHETÉE.

PERDRIX DE LA NOUVELLE-ANGLETERRE. V. PERDRIX COLIN-COLÉNIQUI.

PERDRIX OCULÉE. V. PERDRIX FRANCOLIN OCULÉE.

PERDRIX ORDINAIRE. V. PERDRIX GRISE.

PERDRIX DE PASSAGE. V. PERDRIX GRISE.

PERDRIX DU PAYS DES MARATTES, Perdix asiatica, Lath. Parties supérieures variées de jaune, de roux, de brun et de noir; les inférieures blanchâtres striées de noir avec la gorge d'un jaune obscur; rémiges et rectrices d'un roux jaunâtre, varié de brun; bec brun; pieds rougeâtres. Taille, six pouces. Des Indes.

PERDRIX PEINTADE. V. TINAMOU VARIÉ.

PERDRIX PERLÉE DE LA CHINE. V. PERDRIX FRANCOLIN PERLÉE.

PERDRIX DE PERSE, Perdix caspia., Lath. Parties supérieures cendrées, tachetées de brun; rémiges et rectrices terminées de blanchâtre; membrane des yeux jaune; bec brun; pieds jaunes. Taille, onze

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pouces. Cette Perdrix n'est peut-être qu'une variété de la Perdrix ronge.

PERDRIX AUX PIEDS ROUGES. V. PERDRIX ROUGE.

PERDRIX DES PLAINES. V. PERDRIX ROUGE.

PERDRIX DE PONDICHÉRY. V. PERDRIX FRANCOLIN DE PONDICHÉRY.

PERDRIX DES PRAIRIES. V. PERDRIX FRANCOLIN.

PERDRIX DE ROCHE. V. PERDRIX GAMBRA.

PERDRIX ROUGE, Perdix rufa, Lath.; Perdix rubra, Briss.; Tetrao rufus, Gmel.; Buff., pl. enl. 150. Parties supérieures d'un gris brun verdâtre; iront d'un cendré bleuâtre; nuque d'un gris rougeâtre; joues, gorge et haut du cou blancs, ainsi qu'un trait à l'angle postérieur de l'œil; une bande noire qui se dilate sur la poitrine et les côtés du cou en un grand nombre de taches et de raies; rémiges brunes, bordées extérieurement de fauve; rectrices rousses à l'exception des quatre intermédiaires qui sont d'un gris brun; plumes qui recouvrent les flancs d un cendré bleuâtre à leur base, rayées de noir, de roux et de blanc à leur extrémité. Bec et pieds rouges. Taille, douze à treize pouces. La femelle a les couleurs plus ternes. Du midi de l'Europe. La plus commune dans les provinces méridionales de la France, et celle dont la chair est la plus estimée.

PERDRIX ROUGE DÉAFRIQUE. V. PERDRIX FRANCOLIN A GORGE NUE.

PERDRIX ROUGE DE BARBARIE. V. PERDRIX GAMBRA.

PERDRIX ROUGE DE MADAGASCAR. V. PERDRIX FRANCOLIN ROUGE BRUN.

PERDRIX ROUSSE. V. PERDRIX COLIN HO-OUI OU COLÉNIQUI.

PERDRIX DU SÉNÉGAL. V. PERDRIX FRANCOLÉN BIS-ERGOT.

PERDRIX DE SYRIE. V. GANGA CATA.

PERDRIX TORQUÉOLE, Perdix Torqueola, Valenc. Parties supérieures rousses ainsi que le sommet de la tête; un large sourcil noir, varié de blanc, qui s'étend un peu sur le cou dont la couleur est le roux foncé; tectrices alaires et rémiges brunes, bordées de roux et. terminées par une tache noire; gorge noire dont la teinte dégénère en gros points ; un demi-collier blanc; poitrine grise ; milieu du ventre blanc avec les flancs. roux tachetés de blanc. Bec noir; pieds rougeâtres; ongles blanchâtres, très-longs. Taille, douze pouces. La femelle a les nuances beaucoup plus pâles, la gorge et le cou roux, tachetés de noir; le dos brun, parsemé de lunules transversales noires. Du Bengale.

PERDRIX A VENTRE JAUNE, Perdix ventralis, Valenc. Parties supérieures d'un gris foncé, varié de noirâtre, de roux et de blanchâtre; les inférieures d'une teinte plus uniforme, avec une bande longitudinale, jaunâtre, qui s'étend sur le ventre et abdomen; bec cendré; un espace nu autour des yeux; pieds jaunâtres. Taille, neuf pouces. Du Sénégal.

PERDRIX DE VIRGINIE. V. PERDRIX COLIN COLÉNIQUI.

II. FRANCOLINS.

La séparation des Francolins d'avec les Perdrix présente beaucoup de difficultés, quant aux caractères physiques, et si l'on s'en tenait exclusivement à la conformation du bec, des ailes et de la queue, il serait presque impossible de l'opérer. Les pieds offrent, il est vrai, cette différence que, chez les Francolins, ils sont armés d'un et quelquefois deux éperons cornés et pointus; mais leurs femelles en sont dépourvues, et dèslors elles deviennent tout-à-fait semblables aux Perdrix. Le défaut de caractères physiques bien constans chez les deux sexes a mis un obstacle à l'érection de ce sous-genre en genre, car il y avait assez d'anomalies dans les mœurs et les habitudes pour l'autoriser. En effet, les Francolins vivent de préférence, au sein des bois et des forêts, perchent sur les Arbres, trouvent une partie de leur

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nourriture dans les Vers et les Mollusques qu'ils vont chercher sur les terrains humides et marécageux; ils aiment aussi les petites racines bulbeuses qu'ils déterrent adroitement à l'aide du bec, espèce de pioche naturelle, et des doigts qu'ils emploient comme grattoir ou râteau. Les Francolins se distinguent surtout des Perdrix par leur voix ranque et criarde; dans leurs rappels, ce n'est point ce petit cri doux et fluet qui peint si bien l'inquiétude des Perdrix, c'est un chant vigoureux qui, matin et soir, provoque l'écho et annonce la séparation et la réunion des compagnies ou des familles. Du reste les femelles couvent à terre comme celles des Perdrix, et les parens élèvent de la même manière leurs petits, jusqu'à ce que ceux-ci sachent voler.

PERDRIX FRANCOLIN D'ADANSON, Perdix Adansonii, Tem.; Perdix bicalcarata, Lat.; Perdix senegaiensis, Briss.; Tetrao blcalcaratus, Gmel.; le Bisergat, Buff., pl. enl. 137. Parties supérieures noirâtres, variées de zig-zags d'un brun clair, avec le bord des plumes blanchâtre; croupion et tectrices caudales supérieures d'un brun cendré, vermiculé de noirâtre; front et sourcils noirs; sommet de la téte roux; trait sous l'œil et gorge d'un blanc pur; joues et haut du cou blanc, rayés longitudinalement de noir; rémiges brunes variées en zig-zag de noirâtre; nuque, devant du cou et parties inférieures blanchâtres parsemées de taches longitudinales noires, tiquetées de blanc; bec et pieds bruns. Taille, treize pouces. Du Sénégal.

PERDRIX FRANCOLIN DE CEYLAN, Perdix ceylanensis, Lath.; Tetrao zeylanensis, Gmel.; Francolin Habankukella, Temm.; Perdrix à double éperon, Encycl. méth., pl. 93. Parties supérieures d'un brun noirâtre, avec des taches lancéolées, blanches, tiquetées de blanc, et le croupion roux; tête variée de noir et de blanc; une membrane rouge autour des yeux; rectrices et tectrices caudales supérieures brunes; poitrine noire, tachetée comme Je haut du dos; le reste des parties inférieures noir, avec le bord des plumes blanc; abdomen totalement noir; bec et pieds rouges. Taille, douze pouces. La femelle a la tête cendrée, variée de noir; les parties supérieures roussâtres, tachetées de noir; les parties inférieures rousses, avec le bord des plumes roussâtre; les rémiges et les rectrices brunes.

PERDRIX FRANCOLIN A COLLIER ROUX, Perdix Francolinus, Lath.; Tetrao Francolinus, Gmel.; Buff, pl. enlum. 147 et 148. Parties supérieures noirâtres, rayées de blanc; sommet de la tête et nuque noirs, avec le bord des plumes jaunâtre; une bande blanche au-dessous des yeux; côtés de la téte, front, sourcils, gorge et parties inférieures d'un noir profond; un large collier d'un brun marron; tectrices alaires brunes, tachetées et rayées de roux; rectrices noires, rayées de blanc à leur base; tectrices caudales inférieures rousses; des grandes taches blanches sur les flancs; bec noir; pieds rougeâtres; éperons bruns. Taille, douze à treize pouces. La femelle a le fond du plumage fauve, avec des taches ou des bandes brunes sur le cou et les parties inférieures; les supérieures sont rayées de gris, de roux et de brun. Du midi de l'Europe.

PERDRIX FRANCOLIN CRIARD, Perdix clamator, Temm. La majeure partie du plumage est d'un gris brunâtre; filament rayé en zig-zag de blanchâtre; sommet de la tête et occiput bruns; joues et haut du cou bruns, avec le bord des plumes blanc; gorge blanchâtre; tectrices alaires brunes, rayées de roussâtre; rémiges et rectrices d'un brun cendré; parties inférieures brunes, avec une large bande blanche sur chaque plume; un plastron blanc sur la poitrine; bec et pieds jaunâtres. Taille, seize pouces. D'Afrique,

PERDRIX FRANCOLIN ENSANGLANTÉ, Perdix cruenta, Temm., pl. color. 332; Phasianus cruentus, Hardw. Parties supérieures grises,

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avec une raie blanche, botdée de noir, sur chaque plume; sommet de la tête garni aune huppe de plumes effilées, grises, variées de blanchâtre; auréole des yeux violette; côtés du cou verts, nuancés de jaune; tectrices alaires grises, bordées de vert, avec la tige des plumes d'un blanc argentin; tectrices caudales supérieures grises, bordées d'un rouge ponceau; rectrices ornées des mêmes nuances, mais avec l'extrémité blauche; tectrices caudales inférieures rouges, terminées de vert; parties inférieures vertes, tachetées irrégulièrement de rouge; bec noir; pieds rouges. Taille, seize pouces. Du Napaul.

PERDRIX FRANCOLIN A GORGE NUE, Perdix nudicollis, Lath.: Tetrao rubricollis, Gmel.; Perdix capensis, Encyclop. méthod., pl. 94; Perdrix rouge d'Afrique, Buff., pl. enlum. 180. Parties supérieures brunes, avec le bord des plumes cendré; nuque d'un gris brun, tacheté de noir; côtés de la tête, gorge et devant du cou revêtus d'une membrane rouge; cou brun, finement strié de blanc; rémiges et rectrices d un gris brunâtre; parties inférieures cendrées, avec quelques raies longitudinales brunes et blanchâtres; flancs d'un brun marron, avec une raie noire le long de la tige, et les bords blancs; bec et pieds rouges. Taille, quinze pouces. La femelle n'a que le tour des yeux orné d'une membrane rouge; elle a les parties supérieures brunes, variées de gris; les inférieures noirâtres, rayées de noir et de blanc; la gorge blanche. Les jeunes sont, en dessus, d'un brun foncé, tacheté de noir, bruns en dessous, rayés transversalement de brun, de jaune et de blanc. D'Afrique.

PERDRIX FRANCOLIN HABANKUKELLA. V. FRANCOLIN DE CEYLAN.

PERDRIX FRANCOLIN DE LEVAILLANT, Perdix Vaillantii, Valenc. Parties supérieures jaunâtres, tachetées de brun, avec la tige des plumes d'un jaune plus clair; sommet de la tête blanc, avec le bord des plumes noir; un trait des mêmes nuances qui occupe le dessus des yeux, descend de chaque côté du cou et vient former, en s'élargissant, un large plastron grivelé sur la poitrine, dont es plumes jaunâtres sont bordées de brun vif; parties inférieures jaunes, variées de marron; cuisses rayées transversalement de noirâtre; rectrices brunes, rayées de jaunâtre; bec et pieds bruns. Taille, treize pouces. D'Afrique.

PERDRIX FRANCOLIN LONG BEC, Perdix longirostris, Temm. Parties supérieures d'un brun ferrugineux, tachetées de jaunâtre, et rayées en zig-zag de noirâtre; sommet de la tête, occiput et scapulaires d'un brun marron, varié et tacheté de noir velouté, avec quelques traits de roussâtre; côtés de la tête, gorge, haut du cou, abdomen et flancs d'un jaune ferrugineux; bas du cou et poitrine d'un gris bleuâtre; tectrices alaires variées de roux, de brun et de noir; rémiges et rectrices rousses, ondées et tachetées de brun; bec robuste et noir; auréole des yeux rouge; pieds cendrés. Taille, douze pouces et demi. De Sumatra.

PERDRIX FRANCOLIN LUNULÉ, Perdix lunulata, Valenc. Parties supérieures rousses, marquées de taches blanchâtres, entourées d'un cercle noir; sommet de la tête noir, tiqueté de blanc; parties inférieures rousses, avec des stries noires sur le cou et les bords des plumes de la poitrine noirs; enfin, des points noirs sur le ventre; bec grêle, petit et blanchâtre; pieds courts, cendrés. Taille, dix pouces. Du Bengale.

PERDRIX FRANCOLIN DE MADAGASCAR. V. PERDRIX FRANCOLIN PERLÉE.

PERDRIX FRANCOLIN MULTIRAIE, Perdix gularis, Temm. Parties supérieures brunes, rayées transversalement de jaunâtre, avec la tige blanchâtre; front blanchâtre; occiput brun; rectrices rousses, avec les latérales bordées de jaune; gorge rousse; poitrine blanche, avec les plumes largement bordées de brun foncé; bec noir; pieds d'un brun rougeâtre.

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Taille, treize pouces. La femelle est moins grande; elle est en dessus brune, rayée transversalement de jaunâtre et de noir, avec la tige des plumes blanche; elle a les rémiges rousses, avec leur extrémité grise; la tête et le dessus du cou d'un brun olivâtre; une bande blanche au-dessus des yeux et une autre au-dessous; les parties inférieures sont d'un brun olivâtre, varié de blanchâtre; l'abdomen blanc, mélangé de roussâtre; les rectrices rousses, terminées de blanchâtre, avec les deux intermédiaires olivâtres, rayées transversalement de roux. De l'Inde.

PERDRIX FRANCOLIN OCULÉ, Perdix oculea, Temm. Parties supérieures noires, rayées transversalement de blanc et de roux vif sur le croupion et la queue; tête, cou et poitrine d'un roux mordoré, avec des bandes transversales noires vers les flancs; tectrices alaires cendrées, verdâtres, tachetées de noir; rémiges et rectrices d'un brun foncé, bordées de brunâtre; abdomen blanc; bec et pieds bruns. Taille, dix pouces. De l'Inde.

PERDRIX FRANCOLIN OURIKINAS, Perdix afra, Lath. Parties supérieures rousses, variées de jaunâtre; sommet de la tête noirâtre, avec le bord des plumes blanc; nuque et derrière du cou roussâtres, ainsi qu'une bande qui descend des deux côtés de cette partie qui sont blanchâtres, striés de noirâtre; poitrine marron, nuancée de jaune; abdomen gris, strié de jaunâtre et de brun; bec noirâtre; pieds rouges. Taille, douze pouces. Du cap de Bonne-Espérance.

PERDRIX FRANCOLIN PERLÉE, Perdix perlata, Lath.; Tetrao madagas-cariensis, Gmel.; Perdix sinensis, Briss.; Perdix afra, Lath.; Francolin de l'Ile-de-France, Sonnerai; Encyclop. méthod., pl. 95; Perdrix perlée de la Chine, Buff. Parties supérieures d'un roux mordoré; sommet de la tête noir, avec le bord des plumes roux; front jaunâtre; côtés de la tête blanchâtre, avec deux traits noirs; rémiges noires, rayées de blanc; rectrices d'un roux clair, rayées transversalement de noir; devant du cou et poitrine noirs, tachetés de blanc; ventre noir, ponctué de roussâtre; bec noir; pieds roussâtres. Taille, onze pouces. La femelle est moins grande; elle a une raie noire derrière l'oeil, les plumes des parties supérieures bordées de brun clair, irrégulièrement tachetées de blanc; celles des parties inférieures transversalement rayées de blanc et de noir; les flancs et l'abdomen roussâtres. A Madagascar et dans l'Inde.

PERDRIX FRANCOLIN A PLASTRON, Perdix thoracica, Temm. Parties supérieures d'un brun cendré, parsemé de taches noirâtres; des petits croissans blancs sur les scapulaires; côtés du cou et gorge d'un roux vif; yeux entourés d'une membrane papillaire rouge; poitrine d'un gris verdâtre, rayée de traits en zig-zag noirs, ornée d'un large plastron d'une nuance plus foncée; parties inférieures d'un jaune roussâtre, tachetées de brun; oec blanchâtre; pieds cendrés. Taille, onze pouces. De l'Inde.

PERDRIX FRANCOLIN DE PONDICHÉRY, Perdix pontieeriana, Lath.; Tetrao ponticerianus, Gmel. Parties supérieures rousses, avec des bandes en zig-zag blanchâtres; sommet de la tête d'un roux cendré; derrière du cou gris, rayé de noir; premières rémiges d'un cendré pâle, les secondes rousses, frangées de blanc; croupion gris, varié de noir et de blanc; rectrices d'un roux brillant, bordées de noir, les deux intermédiaires rousses, finement rayées de brun, avec quatre bandes jaunâtres; base du bec et haut de la gorge jaunâtres, avec de petites marques noires; poitrine d un roux pâle, ondé de noir; abdomen blanc, lunulé de noir; des taches roussâtres sur les flancs; bec noirâtre; pieds rouges. Taille, dix pouces. La femelle a le dos d'un fauve pâle, rayé de noir; les rémiges terminées de noir; les rectrices d'un brun rougeâtre, avec neuf ou dix bandes noirâtres terminées de blanc; la tête, le col et le haut de la poitrine d'un

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blanc brunâtre, tacheté de noir; une bande de lignes noires et blanches au milieu de la poitrine dont le bas est blanc; l'abdomen brun, rayé de noir.

PERDRIX FRANCOLIN A RABAT. V. PERDRIX FRANCOLIN DE PONDICHÉRY.

PERDRIX FRANCOLIN ROUGE-BRUN. V. PERDRIX FRANCOLIN SPADICÉ.

PERDRIX FRANCOLIN DU SÉNÉGAL. V. PERDRIX FRANCOLIN D'ADANSON.

PERDRIX FRANCOLIN SPADICÉ, Perdix spadicea, Lath. Parties supérieures rousses, avec le bord des plumes cendré; rémiges d'un brun noirâtre; rectrices rousses, ondées et rayées de noir; sommet de la tête et gorge d'un brun roussâtre; yeux entourés d'une membrane d'un toux jaunâtre; parties inférieures roussâtres, variées de noir; bec jaune; pieds rouges. Taille, douze pouces. De Madagascar.

III. COLINS.

Ces Oiseaux sont les Perdrix de l'Amérique, et on les y trouve aussi répandus que le sont celles-ci en Europe. La manière de vivre des uns et des autres est assez peu différente, si ce n'est que les Colins habitent également les bosquets et les broussailles, comme les plaines. Us couvent indifféremment et par terre et sur les buissons. Le nid , dans l'un et l'autre cas, consiste en feuilles sèches assez négligemment arrangées et liées entre elles par des brins de paille ou des filamens de gramen. La femelle y dépose quinze à vingt-cinq œufs qu'elle couve trèsassidument. Dès que les petits sont nés, le mâle se charge de les soigner et de les élever, tandis que la femelle s'occupe d'une seconde ponte qu'elle opère à deux mois d'intervalle; cette nouvelle couvée étant éclose, se réunit à la première, et toutes deux, sous la conduite des parens, ne forment plus qu'une même bande, jusqu'à ce que la saison des amours, venant à rendre chacun apte à la reproduction, les sexes s apparient, es couples se forment et s'éparpillent à leur tour, comme ont fait les vieux. Les unions paraissent durables; mais ces Oiseaux, étant vivement recherchés par les chasseurs, jouissent rarement d'une longue existence. Quand ils sont découverts, ils prennent la volée comme les Perdrix, mais presque toujours les uns après les autres; ils filent droit, et vont se remettre dans les broussailles où ils se blottissent tous sur la même branche; ils s'y tiennent tellement immobiles, que si le chasseur a pu les suivre, il est certain que toute la volée peut être à lui.

PERDRIX COLIN COLÉNIQUI, Perdix Coyolcos, Lath.; Perdix borealis, Temm.; Tetrao virginianus, Gmel.; Tetrao marylandus, Gmel.; Tetrao mexicanus, Gmel.; Caille de Virginie, Sonn.; Caille d'Amérique, Encyclop. méthod.; Colin Coleniqui, Temm.; Perdrix d'Amérique, Buff., pl. enlum. 149. Parties supérieures d'un roux fauve, avec le tord des plumes frangé de noir et de cendré; sur le milieu du dos sont de grandes taches noires bordées de roux; scapulaires et grandes tectrices alaires variées de taches et de raies cendrées, rouges et noires, les petites rousses, rayées de noir; rémiges brunes; rectrices d'un cendré bleuâtre, les intermédiaires terminées de roux et de noir; front noir; un double sourcil blanc; gorge blanche, encadrée de noir; des taches blanches, rousses et noires sur le cou; poitrine d'un blanc roussâtre, rayé transversalement de noir; abdomen blanc, avec des raies et des lunules noires; flancs roux, parsemés de taches ovoïdes blanches, entourées de noir; bec noir, rougeâtre à sa base; pieds bruns. Taille, huit pouces et demi. La femelle a les teintes généralement plus pâles; la gorge et les sourcils d un roux clair.

PERDRIX COLIN COYOLCOS. V. PERDRIX COLIN COLÉNIQUI.

PERDRIX COLIN HO-OUI. V. PERDRIX COLIN COLÉNIQUI.

PERDRIX COLIN DES ILES MALOUINES, Perdix falklandica, Lath.; Tetrao falklandicus, Gmel.; Caille des îles Malouines, Buff., pl. enlum.

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222. Parties supérieures-brunes, avec le bord des plumes d'un cendré roussâtre; côtés de la tête roussâtres, variés de brun et de blanchâtre vers la région des yeux; rémiges noirâtres, bordées de blanchâtre; rectrices brunes, rayées transversalement de roussâtre; gorge et poitrine d'un brun roussâtre, avec le bord des plumes jaunâtre; le reste des parties inférieures blanchâtre; bec noirâtre; pieds d'un brun rougeâtre. Taille, nuit pouces.

PERDRIX COLIN DE SONNINI, Perdix Sonninii, Temm., OIS. color., pl. 75. Parties supérieures d'un cendré roussâtre, varié de taches et de raies en zig-zag d'un brun noirâtre; sommet de la tête jaunâtre, surmonté d'une huppe formée de quelques plumes relevées, brunes, bordées de jaunâtre; une large bande rousse derrière les yeux; nuque et côtés du cou variés de blanc., de noir et de marron; tectrices aiaires brunes; rémiges d'un brun noirâtre; rectrices brunes, rayées en zig-zag de noir; gorge d'un. roux foncé; poitrine d'un fauve rougeâtré clair, parsemé de taches blanches, et pointillé de noir; plumes des parties inférieures rousses, portant chacune trois taches ovales blanches, bordées de noir; bec noir; pieds jaunes. Taille, sept pouces quatre lignes. La femelle est un peu moins grande; ses couleurs sont plus pâles; elle n'a point de plumes relevées sur la tête. De l'Amérique méridionale.

PERDRIX COLIN TOCRO, Perdix dentata, Temm.; Perdix guyanensis, Lath.; Tetrao guyanensis, Gm. Parties supérieures d'un roux cendré tiqueté de noir, avec quelques raies en zig-zag noires; sommet de la tête et occiput roux, pointillés de noir; sourcils roussâtres; joues et lorum d'un roux brillant; tectrices alaires rousses, marquées de taches noires sur les barbes intérieures, et de zig-zags blanchâtres et noirs aux barbes extérieures; rémiges brunes, variées transversalement de roux; rectrices brunes, rayées en zig-zag de noir; parties inférieures rousses, variées, rayées de jaunâtre et de cendré; bec noir; auréole des yeux rouge; pieds cendrés. Taille, dix pouces six lignes. Amérique méridionale.

PERDRIX COLIN ZONÉCOLIN, Perdix cristata, Lat.; Tetrao cristatus, Gmel. Parties supérieures cendrées, variées de taches et de zig-zags bruns et blanchâtres; tête variée de roux, de brun et de jaunâtre, ornée déplumes blanchâtres susceptibles de se relever en huppe; rémiges cendrées; des taches noires sur les tectrices alaires; rectrices d'un brun cendré, rayées de zig-zags blanchâtres; gorge roussâtre, avec le liséré des plumes noir; côtés du cou blanchâtres, avec une petite tache noire à l'extrémité de chaque plume; poitrine blanchâtre, rayée transversalement de noir; le reste des parties inférieures varié de blanc, de noir et de roux; flancs tachetés de noir dans la direction des tiges des plumes; bec brun, jaunâtre à sa base; pieds jaunâtres. Taille, huit pouces. La femelle n'a point de huppe sur la tête; elle est un peu plus petite que le mâle, et ses nuances sont en général moins vives. Du Mexique.

IV. CAILLES.

Ce quatrième sous-genre de Perdrix a paru, à quelques méthodistes, offrir des caractères suffisans pour en être totalement séparé; néanmoins, comme ses caractères ne portaient que sur les mœurs et les habitudes, l'opinion nouvelle n'a point généralement prévalu, et la majorité des naturalistes a conservé la réunion des Perdrix et des Cailles. Ces Oiseaux, malgré la brièveté de leurs ailes, sont grands voyageurs, et ce phénomène n'est pas l'un des moins importans de l'histoire naturelle. Aussitôt que le printemps a ramené l'abondance dans nos campagnes, les Cailles, guidées par un instinct tout particulier, quittent les pays où elles s'étaient réfugiées durant l'hiver, traversent les mers et se répandent en troupes nombreuses par toute l'Europe, où bientôt elles

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se séparent pour vivre isolées. Le nombre des mâles, relativement à celui des femelles, étant plus considérable encore chez les Cailles que chez les Perdrix, les unions sont aussi plus tumultueuses et beaucoup moins durables; l'opiniâtreté de leurs combats est en raison de la violence de leurs désirs, de la licence de leurs amours où l'on ne remarque ni la constance ni les soins mutuels qui distinguent les Oiseaux. Les femelles, chargées seules des soins de I'incubation, établissent leurs nids dans les champs ou les prés, et les construisent de brins d'herbe, assez négligemment arrangés. La ponte est de quinze à vingt œufs, d'un blanc roussâtre, tantôt finement pointillés de noirâtre, tantôt tachetés de brun verdâtre. Ils éclosent au bout de vingt-un jours, et déjà, vers le mois de juillet, ils forment un gibier délicat. Ils vivent sous la conduite de leur mère, dans les champs, où ils trouvent une abondante nourriture. Mais dès que les graines deviennent rares, quand le froid se fait sentir, toutes, d'un vol droit et peu élevé, se dirigent vers le sud, recrutant en route celles qui s'étaient moins avancées. Elles ne voyagent que la nuit ou de grand matin. On a observé que le besoin de changer de climat est si violent chez les Cailles, qu'il se manifeste même dans celles que l'on retient en captivité. On les voit à chaque époque de départ s'agiter dans leurs cages quelquefois au point de se tuer. Ce désir, commun à tous les Oiseaux émigrans privés de la liberté, est plus énergique dans la Caille que dans aucune autre espèce.

PERDRIX CAILLE AUSTRALE, Perdix australis, Lath. Parties supérieures roussâtres, avec des lunules noires; front, lorum et gorge blanchâtres; sommet de la tête et nuque variés de blanchâtre et de noirâtre; rémiges brunes, frangées extérieurement de roussâtre, rectrices brunes, rayées de zig-zags noirs; parties inférieures jaunâtres, variées de bandes noires et de zig-zags roux; bec et pieds bruns. Taille, sept pouces. La femelle a les nuances moins vives; le dessus du corps tacheté irrégulièrement de roux, avec des lignes blanches; le dessous d'un roux cendré, varié de zig-zags bruns. De l'Australasie.

PERDRIX CAILLE DE LA BAIE D'HUDSON, Perdix hudsonica, Lath. Parties supérieures fauves, rayées de blanc et de noir; les inférieures jaunâtres, rayées de blanc et de noir avec des taches blanches irrégulières sur la poitrine et l'abdomen; bec et pieds noirâtres. Taille, cinq pouces.

PERDRIX CAILLE BRUNE, Perdix grisea, Lath. Parties supérieures grisâtres, rayées de noir; tête mélangée de noir et de roux; rémiges et rectrices brunes; gorge d'un gris cendré; parties inférieures cendrées, avec deux bandes noires sur chaque plume; bec et pieds noirs. Taille, sept pouces. De Madagascar.

PERDRIX CAILLE DELA CALIFORNIE, Perdix californica, Lath. Parties supérieures d'un brun cendré, tacheté de jaunâtre; sommet de la tête orné d'une huppe noirâtre; front roux; gorge noire, encadrée d'une bande jaunâtre qui prend naissance derrière l'œil; poitrine d'un brun cendré qui tire au bleuâtre sur les côtés; abdomen d'un jaune ferrrugineux varié de lunules noires; bec et pieds bruns. Taille, huit pouces. La femelle n'a pas de huppe noire sur la tête; son plumage est moins sombre.

PERDRIX CAILLE DE CAYENNE. V. PERDRIX COLIN DE SONNINI.

PERDRIX CAILLE DE LA CHINE. V. PERDRIX CAILLE A FRAISE.

PERDRIX CAILLE DE CHROKIEL. V. PERDRIX CAILLE COMMUNE.

PERDRIX CAILLE COMMUNE, Perdix Cothurnix, Lath.; Tetrao Cothurnix, Gmel.; Cothurnix major, Briss.; Buff., pl. enlum. 170. Parties supérieures variées de brun et de gris, avec une strie blanchâtre ou roussâtre sur le milieu de chaque plume; sommet

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de la tète varié de noir et de roussâtre; trois raies blanchâtres, dont les deux latérales bordent les yeux; gorge noire; poitrine roussâtre; abdomen et cuisses blanchâtres; bec noir: pieds couleur de chair. Taille, sept pouces six lignes. La femelle a la poitrine blanchâtre, parsemée de taches noires arrondies. On trouve accidentellement des variétés d'une teinte plus ou moins blanchâtre. Europe et Afrique.

PERDRIX CAILLE DE LA CÔTE DE COROMANDEL. V. PERDRIX CAILLE NATTÉE.

PERDRIX CAILLE A FRAISE, Perdix chinensis, Lath.; Tetrao chinensis, Gmel.; Cothurnix philippinensis, Briss.; Buff., pl. enlum. 136, fig. 9. Parties supérieures variées de brun clair et de noirâtre; jones et devant du cou blancs; une ligne noire de chaque côté au-delà de la mandibule inférieure; rémiges d'un brun clair; rectrices d'un brun marron; gorge noire, séparée de la poitrine qui est cendrée et tachetée de brun roux par une bande grise; parties inférieures d'un brun marron; bec noir; pieds jaunâtres. Taille, quatre pouces huit lignes. La femelle a les couleurs moins vives et la taille un peu moins forte. Elle a été décrite sous les noms de Perdix manillensis, Lath.; petite Caille de l'île de Lucon, Sonner.; petite Caille de Manille, Buff.

PERDRIX GRANDE CAILLE DE LA CHINE. V. PERDRIX FERRUGINEUSE.

PERDRIX GRANDE CAILLE DE MADAGASCAR. V. PERDRIX CAILLE A VENTRE PERLÉ.

PERDRIX GRANDE CAILLE DU MEXIQUE, Perdix Novœ-Hispaniœ, Lath. Parties supérieures blanchâtres, variées de brun; tête et cou variés de noir et de blanc; tectrices alaires fauves, terminées de blauchâtre; parties inférieures fauves; bec et pieds noirs. Taille, huit pouces.

PERDRIX GRANDE CAILLE DE POLOGNE. V. PERDRIX CAILLE COMMUNE.

PERDRIX CAILLE DE GINGI. V. PERDRIX CAILLE NATTÉE.

PERDRIX CAILLE A GORGE BLANCHE. V. PERDRIX COLIN COLÉNIQUI.

PERDRIX CAILLE HUPPÉE DU MEXIQUE. V. PERDRIX COLIN ZONÉCOLIN.

PERDRIX CAILLE DES ILES MALOUINES. V. PERDRIX COLIN DES ILES MALOUINBS.

PERDRIX CAILLE DE LA LOUISIANE. V. PERDRIX COLIN COLÉNIQUI.

PERDRIX CAILLE DE MADAGASCAR. V. TURNIX A COU NOIR.

PERDRIX CAILLE DE MANILLE. V. PERDRIX CAILLE A FRAISE, femelle.

PERDRIX CAILLE BU MEXIQUE. V. PERDRIX COLIN COLÉNIQUI.

PERDRIX CAILLE NATTÉE, Perdix textills, Temm., OIS. color., pl. 35; Perdix coromandelica, Latn.; Tetrao coromandelicus, Gmel.; petite Caille de Gingi, Sonner. Parties supérieures brunes, variées de noir, avec des taches allongées blanchâtres; côtés de la tête et sourcils blancs; une bande rousse, finement rayée de noir, traversant l'œil; de cette bande part un trait arrondi, noir, et fauve, qui va joindre l'angle du bec; un double hausse-col et une bande longitudinale sur la gorge noirs; tectrices alaires roussâtres, variées de roux brunâtre; rémiges brunes; côtés du haut de la poitrine d'un roux fauve; parties inférieures blanchâtres, variées de roussâtre et de cendré, avec des taches longitudinales noires, plus nombreuses sur le milieu de la poitrine; bec noir; pieds jaunâtres. Taille, six pouces. La femelle a la poitrine et les flancs d'un fauve jaunâtre, avec deux taches noires sur chaque plume, et une strie blanchâtre dans le sens de la tige; le milieu du ventre et de l'abdomen sont blancs. De l'Inde.

PERDRIX CAILLE DE LA NOUVELLE-GUINÉE, Perdix Novæ-Guineæ, Lath. Parties supérieures brunes; tectrices alaires brunâtres, bordées de jaune cendré; parties inférieures brunâtres, variées de brun et de noirâtre; tête d'un brun noirâtre; bec et pieds Cendrés. Taille, cinq pouces.

PERDRIX CAILLE DE LA NOUVELLE-

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HOLLANDE. V. PERDRIX CAILLE AUSTRALE.

PERDRIX CAILLE DES PHILIPPINES. V. PERDRIX CAILLE A FRAISE.

PERDRIX CAILLE ROUSSE, Perdix rubiginosa, Valenc. Parties supérieures d'un gris foncé, variées de noir; tête noirâtre, piquetée de cendré; derrière du cou d'un brun roux foncé; poitrine grise, tachetée de noir; parties inférieures d'un brun cendré, lavé de fauve et de blanchâtre; bec noirâtre; pieds cendrés. Taille, six pouces. De l'Inde.

PERDRIX CAILLE A VENTRE PERLÉ, Perdix striata, Lath.; Temm., OIS. color., pl. 82. Parties supérieures d'un brun roux, avec une bande longitudinale jaunâtre au milieu de chaque plume, et quelques autres transversales noires et rousses; côtés de la tête noirs; sourcils et bandes au-dessous des yeux blancs; tectrices alaires rayées transversalement de blanc roussâtre et de noir, terminées de blanc; rémiges d'un blanc ceudré, bordées extérieurement de roux; rectrices noires, rayées transversalement de roux; côtés du cou et de la poitrine d'un bleu cendré; un plastron brun marron; abdomen noir, tacheté de blanc; flancs roux, avec une bande blanche bordée de noir; bec noir; pieds roussâtres. Taille, neuf pouces. D'Afrique.

PERDRIX CAILLE A TROIS DOIGTS. V. TURNIX A COU NOIR.

PERDIX CAILLE DE VIRGINIE. V. PERDRIX COLIN COLÉNIQUI. (DR..Z.)

On a appelé PERDRIX DE MER une espèce du genre Glaréole. V. ce mot. (B.)

PERDRIX. Perdix. MOLL. Quelques espèces de Tonnes, qui oht la columelle perforée à la base, et le bord droit de l'ouverture toujours mince et tranchant, sans bourrelet à l'intérieur, ont été séparées du genre sous ce nom d'Oiseaux par Denis de Montfort (Conchyliologie systématique, T. 11, pag. 447). Ce genre absolument inutile n'apoint été adopté. V. TONNE.

Les marchands ont donne le nom de PERDRIX à diverses autres Co quilles appartenant à des genres diférens; ils ont conséquemment appelé: PETITE PERDRIX GRISE le Cyprœa erosa; PERDRIX ROUGE, le Natica canrena, nom que l'on donne aussi à l' Achatina Perdix dont les variétés sont désignées par les noms de PERDRIX VIOLETTE, PERDRIX BLEUE et de PERDRIX DE JUDA. (D..H.)

PERD-SA-QUEUE. OIS. Syn. vulgaire de Mésange à longue queue. V. MÉSANGE. (DR..Z.)

PÉRÉBÉE OU PÉRÉBIER. Perebea. BOT. PHAN. Aublet (Plantes de la Guiane, vol. 2, pag. 953, tab. 361) a décrit et figuré sous le nom de Perebea guianensis une Plante appartenant à la Polygamie Triœcie, L., et qu'il dit être nommée Aberemou par les Galibis. Cette Plante est le type d'un genre qui a été placé par Jussieu dans les Urticées, non loin du genre Ficus. Voici ses caractères essentiels: fleurs femelles composées chacune* d'un calice tubuleux, à quatre dents; d'un ovaire arrondi surmonté d'un style et d'un stigmate bilobé, auquel ovaire succède une graine couverte par le calice converti en une baie molle, velue, d'un rouge de corail. Ces fleurs sont sessiles, au nombre de trente et plus, portées sur un réceptacle large, charnu, découpé à ses bords en plusieurs dents, marqué en dessous d'emprèintes qui semblent les traces d'anciennes écailles, d'abord concave, puis convexe et nu par la chute des petites baies. Les fleurs mâles sont inconnues. Quoique ces caractères laissent beaucoup à désirer, ils suffisent néanmoins pour faire voir les grands rapports que le Perebea offre avec les Figuiers, rappoits qui sont fortifiés par la stipule caduque des bourgeons, et le suc latescent des tiges.

Le Perebea guianensis, Aublet, loc. cit., est un Arbre de moyenne grandeur qui, de sa racine, pousse plusieurs tiges droites, flexibles,

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de quatre à cinq pouces de diamètre. Ces tiges se divisent en branches striées longitudinalement, garnies de feuilles alternes, oblongues, ovales, lisses, vertes, luisantes, ondulées sur leurs bords, acuminées, longues de plus d'un pied et larges de cinq à six pouces. Ces feuilles paraissent criblées de points transparens lorsqu'on les place entre l'œil et la lumière. Avant leur développement, elles sont renfermées dans une longue stipule membraneuse, caduque, dont on aperçoit les vestiges sur les branches qu'elle entourait. Les réceptacles floraux sont placés dans les aisselles des feuilles. Toutes les parties de la Plante laissent écouler par incision un suc laiteux. Cet Arbre croît à la Guiane sur les bords de la rivière de Courou. Les habitans se servent de son écorce pour faire des liens. (G..N.)

PÉRE-BLANC OU PÉRE JEAN. OIS. Syn. vulgaire d'Alimoche. V. CATHARTE. (DR..Z.)

PÉRÉBIER. BOT. PHAN. V. PÉRÉBÉE.

PERENGO. OIS. L'un des synonymes vulgaires de Biset, dans le midi de la France. V. PIGEON. (DR..Z.)

PÉRE-NOIR. OIS. Plusieurs petits Oiseaux ont reçu ce nom vulgaire; entre autres le Fringilla Noctis, L., et le Loxia macroura. (DR..Z.)

* PÉRÉOLE. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires du Bleuet des champs. (B.)

* PERESKIA. BOT. PHAN. (Haworth.) V. CIERGE. (B.)

PEREZIA. BOT. PHAN. Lagasca a donné ce nom à un genre de la famille des Synanthérées, qu'il avait communiqué en premier lieu sous le nom de Clarionea au professeur De Candolle. Celui-ci, dans les Annales du Mus. d'Hist. nat. T. XIX, pl. 12, s. 3, en donna une description que nous avons reproduite en abrégé à l'article CLARIONÉE. V. ce mot. Cassini a suivi les vicissitudes de la nomenclature de Lagasca en adoptant le Perdicium magellanicum comme type du genre Perezia, et il a réservé le nom de Clarionea pour un genre formé sur le Perdicium lactucoides, qui ne diffère essentiellement du Perezia que par son réceptacle hérissé de petites soies nombreuses et trèscourtes au lieu d'étre parfaitement nu. (G..N.)

PERFOLIATA. BOT. PHAN. Plusieurs Plantes ont reçu ce nom, parce que leurs tiges sont traversées par des feuilles dont le limbe les borde de toutes parts. Ainsi quelques Buplèvres ont été ainsi désignés par Mathiole et d'autres anciens auteurs; le Smyrnium perfoliatum., par Daléchamp; le Brassica orientalis, par L'Ecluse et Lobel; le Chlora perfoliata, par Gesner; et l' Ophrys ovata, par Brunfels. (G..N.)

* PERFOLIÉE (FEUILLE). BOT. PHAN. Une feuille est dite perfoliée lorsque la tige se trouve bordée de toutes parts par son limbe. Ainsi les feuilles supérieures du Chèvrefeuille (Lonicera Caprifolium, L.), celles du Chlora perfoliata, etc., sont perfoliées. De Candolle considère, dans la plupart des cas, chacune d'elles, comme deux feuilles soudées à un tel point, qu'elles ne forment qu'un tout. (G..N.)

* PERFORARIA. BOT. PHAN. (Choisy.) Sous-genre de Mille-Pertuis. V. ce mot. (B.)

PERGA. INS. V. PERGUE.

PERGALIA. BOT. PHAN. (Ruell.) L'un des anciens noms du Papaver Argemone. V. PAVOT. (B.)

PERGUE. Perga. INS. Genre de l'ordre des Hyménoptères, section des Térébrans, famille des Porte- Scies, tribu des Tenthredines, établi par Leach, et adopté par Latreille et par Lepelletier de Saint-Fargeau dans sa Monographie des Tenthredines. Les caractères de ce genre sont: antennes très-courtes, paraissant composées de six articles seulement; le dernier beaucoup plus gros,

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formant une massue globuleuse; labre apparent; mandibules allongées, comprimées, unidentées; languette trifide et comme digitée; écusson carré, ayant une petite dent de chaque côté postérieurement; ailes supérieures ayant une cellule radiale appendiculée, et quatre cellules cubitales, la deuxième recevant la première nervure récurrente, et la troisième la seconde nervure; la quatrième n'atteignant pas le bout de l'aile; jambes postérieures munies d'une épine dans leur milieu et. de deux autres aiguës à leur extrémité. Ce genre se distingue de toutes les autres Tenthredines par l'extrémité de ses anteunes brusquement formée en massue: ce caractère ne se retrouve que dans les Bembex; mais ces derniers ont deux cellules radiales aux ailes supérieures, tandis que les Pergues n'en ont qu'une. On ne connaît que peu d'espèces de ce genre, toutes propres à la Nouvelle-Hollande; leurs mœurs sont encore inconnues.

La PERGUE FOLIE, Perga polita, Leach, Zool. Miscel., n° 1, tab. 148, fig. 3; Le Pell. de Saint-Farg., Monogr. Tenthr., p. 40, n° 110. Longue de cinq à six lignes; antennes jaunes; troisième article plus long que les deux suivans; tête jaune; mandibules ferrugineuses avec la base et l'extrémité noires; corselet ferrugineux, ayant une tache dorsale, les écailles des ailes, une tache sous les ailes et la partie postérieure de l'écusson d'un jaune obscur; abdomen d'un violet brun en dessus, ferrugineux en dessous à reflet violet; pates jaunes; cuisses ferrugineuses avec un reflet violet; ailes fauves, transparentes, les supérieures ayant leur nervure extérieure, ainsi que le point marginal ferrugineux; cellule radiale allongée, pointue aux deux extrémités. Mâle et femelle. (G.)

PERGULAIRE. Pergularia. BOT. PHAN. Linné acréé ce genre qui appartient à la famille des Asclépiadées de Robert Brown, et à la Peutandrie Digynie. Il y avait compris quelques espèces formant un genre particulier désigné anciennement par Burmann sous le nom de Vallaris et adopté par R. Brown. Ce dernier auteur a formé son genre Marsdenia sur des Plantes qu'il avoue lui-même être excessivement voisines des Pergulaires, puisqu'elles n'en diffèrent que parce que les folioles de la couronne staminale n'offrent point de dents à la face interne. Reduisant donc le genre Pergularia à un trèspetit nombre d'espèces, le célèbre botaniste de Londres (in Mem. Wern. soc., 1, p. 31) lui assigne les caractères essentiels suivans: corolle hypocratériforme, dont le tube est urcéolé; masses polliniques céréacées, dressées, fixées à la base; stigmate mutique; follicules renflés, lisses; graines aigrettées. A ces caractères il convient d'ajouter, pour donner une connaissance plus complète du genre, ceux qui font distinguer la section de la famille des Asclépiadées et la subdivision où est placée le Pergularia. Ainsi les corpuscules du stigmate au nombre de cinq sont divisibles eu deux parties au moyen d'un sillon longitudinal, et ils portent à la base ou de chaque côté un processus auquel est fixée une masse pollinique; les anthères sont terminées par une membrane; la couronne staminale est à cinq folioles comprimées indivises au sommet, et pourvues à leur face interne d'un petit appendice.

Les Pergulaires sont des Plantes volubiles, dont les feuilles sont larges, membraneuses; les fleurs sont jaunes, très-odorantes et disposées en cimes ou panicules, qui naissent des aisselles des feuilles. Au moyen des retranchemens proposés par R. Brown, on ne compte qu'un petit nombre (environ quatre ou cinq) d'espèces certaines; elles croissent dans l'Inde orientale, dans la Chine et le Japon.

La PERGULAIRE ODORANTE, Pergularia odoratissima, Smith, in Hort. Kew., 2e édit., vol. 2, p. 83; Andrews, Bot. Reposit., t. 185; Pergu-

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laria tomentosa, L., Mant.; Cynanchum odoralissimum, Lamk., est l'espèce la plus remarquable. Sa tige est rameuse, grimpante, garnie de feuilles cordiformes acuminées. Ses fleurs ont la grandeur de la Primevère ordinaire; elles sont jaunes-verdâtres, d'une odeur agréable de citron, surtout vers le soir; leur calice est plus court que le tube de la corolle, ce qui distingue essentiellement cette Plante du Pergularia minor d'Andrews, Reposit., tab. 184. On la cultive dans les jardins de la Chine et de la Cochinchine. (G..N.)

PÉRIANTHE. Perianthium. BOT. PHAN. Ce mot, qui signifie autour de la fleur, a été employé par Linné pour désigner en général toutes les espèces de calices ou d'involucres. Plusieurs botanistes s'en sont servis pour exprimer l'ensemble des enveloppes florales, soit qu'elles forment un ou plusieurs verticilles, soit qu'elles se trouvent réduites à une simple écaille qui soutient les organes sexuels. On dit alors que le Périanthe est simple ou double. Dans le second cas, le verticille externe reçoit le nom de calice, et le verticille interne celui de corolle. V. ces mots. Mirbel et R. Brown lui ont donné un sens plus restreint en l'appliquant au verticille unique de la plupart des Plantes monocotylédones, considéré par Jussieu comme un calice, et pour lequel Erhart avait proposé le terme de périgone admis par Link et De Candolle. (G..N.)

* PERIBALLIA. BOT. PHAN. Trinius a établi sous ce nom un genre de Graminées qui a pour type l' Aira involucrata de Cavanilles, placé parmi les Airopsis par Rœmer et Schultes. Ce genre n'a pas encore été généralement adopté. (G..N.)

PÉRIBOLE. Peribolus. MOLL. Adanson, trompé par quelques différences entre les jeunes et les vieux Animaux des Porcelaines, différences plus remarquables encore dans les Coquilles, institua le premier ce genre inutile qui fut adopté cependant par Blainville, par suite de la grande confiance que lui inspirent les observations d'Adanson: cependant le savant professeur est complètement revenu de son erreur; le genre Péribole est donc tout-à-fait supprimé. V. PORCELAINE, où nous nous proposons de donner de plus amples détails. (D..H.)

PÉRICALLES. OIS. Nom que Vieillot a donné à une famille de l'ordre des Sylvains, et qui comprend les genres Phibalure, Viréon, Némosie, Tangara, Habia, Arrémon, Touit, Jacapa, Pyranga et Tachyphone. (DR..Z.)

PÉRICARDE. ZOOL. V. MEMBRANES.

PÉRICARPE. BOT. PHAN. V. FRUIT.

* PERICHÆNA. BOT. CRYPT. (Lycoperdacées.) Genre établi par Fries dans la tribu des Trichiacées, auprès du genre Licea, dont il comprend plusieurs espèces; il est ainsi caractérisé par Fries, Syst. orbis veget., 1, p. 141: péridium papyracé, régulier, persistant, simple, lisse, se coupant en travers; filamens intérieurs peu nombreux, libres.

Ces petits Champignons sont sessiles et croissent sur les bois pourris; ils diffèrent des Licea par le mode de déhiscence de leur péridium, des Lycogala par leur péridium simple, et de tous les deux par l'existence de filamens peu nombreux, il est vrai, dans l'intérieur de ce péridium. Fries rapporte à ce genre les Licea circumscissa, abietina, strobilina et incarnata. (AD. B.)

* PERICHARGUA. BOT. PHAN. Nom vulgaire, chez les habitans de la côte de Cumana, du Bauhinia cumanensis de Kunth. (G..N.)

PERICHET ET PERICHER. BOT. CRYPT. Bizarre traduction du mot Perichætium. V. PÉRICHÉZE. (B.)

PÉRICHÉZE. Perichætium. BOT. CRYPT. Et non Perichet ou Pencher. On donne ce nom, dans la fa-

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mille des Mousses, à l'espèce d'involucre formé par les feuilles qui entourent immédiatement les fleurs, et Far suite la hase du pédicelle de urne. Le Périchèse est formé de feuilles d'une forme souvent différente de celles du reste de la Plante, et en cela il ressemble aux involucres des Plantes phanérogames dont les bractées sont également des feuilles modifiées. Le Périchèze est en général beaucoup plus distinct dans iMousses à fleurs terminales que dans celles à fleurs axillaires. Tantôt il enveloppe des ovaires et des anthères, et tantôt il ne contient qu'un seul de ces organes; caractère qui avait fait distinguer à Hedwig des Mousses hermaphrodites, monoïques et dioïques. (AD. B.)

* PERICLADIUM. BOT. PHAN. Link donne ce nom, qui nous semble surabondant, au pétiole dilaté de certaines feuilles, comme par exemple dans la plupart des Ombellifères. (G..N.)

* PÉRICLINE. Periclinium. BOT. PHAN. Nom sous lequel H. Cassini désigne l'involucre des Synanthérées. V. INVOLUCRE et SYNANTHÉRÉES. (G..N.)

PERICLYMENUM. BOT. PHAN. Tournefort se servit de ce mot pour désigner un genre qui, de même que plusieurs autres genres voisins du même auteur, fut réuni par Linné au Lonicera. Jussieu a rétabli les genres de Tournefort, à l'exception du Periclymenum qui est resté uni au Caprifolium. V. CHÉVREFEUILLE. (G..N.)

PERICONIA. BOT. CRYPT. (Mucédinées.) Ce genre, d'abord établi par Tode, a été admis depuis par tous les botanistes qui en ont dernièrement séparé le Periconia stemonitis, pour former le type du genre Cephalotrichum. Les Periconiaappartiennent à la dernière tribu des Mucédinées, à celle des Isariées; ils se présentent sous la forme d'un stipe roide subulé, portant à son sommet une téte arrondie couverte de sporules; ce stipe est formé par des filamens byssoïdes intimement soudés et qui divergent au sommet pour former le capitule terminal; la structure de ces Plantes est donc la même que celle des Isaria, si ce n'est que les filamens sont plus fortement unis, et que le capitule parfaitement distinct du pédicelle est arrondi. On connaît maintenant six ou sept espèces de ce genre, mais elles sont peu distinctes. Celle qui forme le type du genre est le Periconia lichenoides qui croît sur les tiges des herbes sèches ainsi que la plupart des autres espèces. (AD. B.)

* PERIDERMUM. BOT. CRYPT. (Urédinées.) Link avait d'abord formé sous ce nom un genre particulier des Æcidlum Pini, abietinum, elatinumet columnare, genre que Desvaux avait adopté sous le nom de Spkœrotheca. Mais depuis on n'a plus considéré ce groupe que comme une section assez naturelle des Æcidium; elle diffère des autres Æcidium en ce que le péridium, très-développé, se coupe transversalement à la base, de manière à se détacher comme une sorte d'opercule. Ces espèces sont en général assez grandes, et l' Æc. Pini, est surtout remarquable par sa taille qui égale souvent celle d'un pois, et par sa manière de se développer sous l'écorce des branches déjà assez grosses. (AD. B.)

* PERIDIUM. BOT. PHAN. Genre nouveau proposé par Schott, dans le dernier volume du Systema vegetabilium de Sprengel (Appendix, p. 410). Lors même que ce genre serait établi sur des caractères plus complets que ceux sur lesquels il repose, on devrait en rejeter la dénomination, puisqu'elle a déjà un emploi en botanique, Sprengel rapproche ce genre du Pera de Mutis ou Perula des auteurs modernes. V. PÉRULE. (G..N.)

PÉRIDIUM. BOT. CRYPT. On dopne ce nom à l'involucre fibreux, coriace ou membraneux qui, dans les fa-

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milles des Lycoperdacées, des Hypoxylons et dans quelques Mucédinées, enveloppe les sporules; le Péridium des Mucors formé par la simple dilatation du filament, est cependant tout-à-fait différent des autres Péridium et devrait être seulement désigné par le nom de vésicule. Dans les Lýcoperdacées, le Péridium est formé par des filamens entrecroisés dans tous les sens, et qui vers le centre laissent des intervalles qu'occupent les sporules; ce tissu fibreux forme tantôt une seule membrane épaisse et comme feutrée, tantôt plusieurs couches ou membranes distinctes, enfin quelquefois il s'étend jusqu'au centre sans laisser de cavité particulière pour les sporules qui sont éparses dans l'intervalle des filamens.

Dans les Hypoxylons le Péridium, quoique analogue sous beaucoup de rapports à celui des Lycoperdacées, est beaucoup plus dur, plus compacte, et n'oftre plus aucun indice de structure fibreuse; il est probable cependant qu'il ne diffère que par la soudure plus intime des fibres qui le composent. (AD. B.)

PÉRIDOT. MIN. Krysolith et Olivine, Werner. Substance vitreuse, d'un vert tirant sur le jaunâtre, infusible, s'offrant lorsqu'elle est cristallisée sous la forme de prismes qui dérivent d'un prisme droit rectangulaire, dans lequel la hauteur et les côtés» sont entre eux à peu près comme les nombres 25, 14 et 11. Elle a quelquefois la structure lamellaire, et se clive assez facilement, parallèlement à l'un des pans du prisme. Dans les autres sens, la cassure est généralement conchoïde et éclatante. La pesanteur spécifique du Péridot est de 3,4. Sa dureté est supérieure à celle du Feldspath et inférieure à celle du Quartz. Il est fai* blement magnétique, et possède une double réfraction très-considérable. est infusible au chalumeau, et brunit seulement un peu par l'action du feu.

Considéré sous le rapport de ses variétés de formes, le Péridot offre sept modifications principales qui, par leur combinaison, constituent jusqu'à présent six variétés cristallines. Nous citerons, parmi celles que Haüy a décrites:

Le PÉRIDOT TRIUNITAIRE. En prisme octogone,'terminé par des sommets à six faces obliques et une horizontale.

Le PÉRIDOT CONTINU. En prisme à dix pans, avec sommets à six faces obliques, et une horizontale.

Le PÉRIDOT DOUBLANT. En prisme dodécaèdre, terminé par des sommets à neuf faces, huit obliques et une horizontale.

Sous le rapport de la texture, on peut partager l'ensemble des variétés de PÈRIDOT en deux subdivisions ou sous.espèces, correspondantes aux distinctions établies par le système de Werner. L'une, sous le nom de Càiysolithe, comprendra toutes les variétés cristallisées, à cassure vitreuse et de couleur verte; l'autre, sous le nom d' Olivine, réunira les variétés graņuleuses dont la couleur, est variable, par suite des altérations qu'elles ont subies.

CHRYSOLITHE. En cristaux en général peu volumineux, d'un vert jaunâtre assez pur, passant au vert d'olive ou au vert pistache. Cette substance est une combinaison ou peut- être un mélange de Silicate de Magnésie et de Silicate de Fer. Elle est composée, d'après une analyse de Klaproth, de 3g parties de Silice, 43 de Magnésie et igd'Oxide de Fer. Le gisement de cette variété de Péridot est peu connu; il paraît cependant qu'elle appartient aux terrains volcaniques ainsi que l'Olivine. La plupart des Péridotç cristallisés nous arrivent du Levant, par le commerce de Constantinople. On assure qu'il en vient aussi, du Brésil. On a trouvé la Chrysolithe en petits cristaux dans le Basalte à Mascareigne, à Mont fer rier près Montpellier, aux environs de Cassel, en Bohême, etc. La Chrysolithe est une pierre gemme peu estimée à cause oe son faible éclat et de son peu de dureté. Une belle Pierre 15

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ovale de neaf tignet et demie fur sept un tiers valait en 1810 environ cent francs.

OLIVINE. Vulgairement Chrysolithe des volcans; Péridot granulifornie d'Haüy. En grains séparés, ou réunis en ipaasses plus ou moins considérablés, à cassure vitreuse ou raboteuse f pesanteur spécifique: 3,2; couleur: voit jaunâtre, lorsque la substance u'est point altérée; mais elle est sujette a la décomposition, et passe alors du vert au jaune-verdâtre, au rougeâtre et au noirâtre. Elle prend quelquefois l'édat gras et métalloïde et une structure laminaire assez seosible. Analyse de l'Olivine de Langeac, en Vivarais, parBertbier: Silice, 40,80; Magnésie, 41,60; Fer oxidé, 16,40. — De l'Olivine d'Unkel, par Klaproth c Silice, 3o; Magnésie, 38, êo; Fer oxidé, 1 2. — Le Péridot divine appartient au Basalte et autres roches volcaniques analogues. On ne Je connaît encore que dans ces ter*rains où il est caractéristique. Il s'y présente sou# forme de peüts grains vitreux d'un jaune verdâtre, réunis souvent en masses nodulaires, de la ovosjteur de la téte. Tous les dépôts basaltiques en contiennent une plus ou moins grande quantité, et par conséquent il existe dans une multitude d e localités différentes qu'il serait trop long d'énumérer. L'AuverÎ;ne, le Velay, le Yivarais, la Hesse, a Saxe, la Bohême s l'Ecosse, l'Irlande, Ténériffe, Mascareigne surtout, où Bory de Saint-Vincent a soigneusement observé cette substance, l'offrent en grande quantité. La couleur vert-jaunâtre de ce Péridot est rarement uniforme: elle passe au jaune sale et au rougeâtre par l'effet d'une altération qui, lorsqu'elle est très-avancée, donne lieu à ces variétés que l'on a décrites sous las noms de Limbilite et de Chusite. La Limbilite de Saussure est une substance en grains irréguliers, d'un j*une plus ou moins foncé, tendre, et fusible en émail blanc ou noir, et Îiie l'on trouve dans les cavités d'une Roche basaltoïde de, la colline de Lioiboorg MUT les barda du Rhin.

D'après les observations de notre célèbre collaborateur, lorsque les Basaltes qui en contiennent beaucoup viennent à se détruire, la Chry- «oJite de volcan, devenant libre en grains que le frottement finit par réduire à la plus grande petitesse, finit par former en certains endroits une véritable arène, brillante et jaune, d'iiu aspect résineux ou vitreux. Bory de Saint-Vincent cite comme localités remarquables par la proportion de la Chrysolite de Volcan réduite en sable r quelques points des plages de l'île Mascareigne. Après avoir trouvé cette substance ainsi brisée sur la plage, il la revit sur le lieu appelé la Plaine des Sables, vers douze cents toises d'élévation, au pourtour du volcan, éparse en morceaux gros comme le poing. Les Basaltes d'alentour en étaient pénétrés, et bientôt une coulée de laves scorieuses qui sortait des flancs de la montagne ignivome s'en montrar toute remplie. D'autres courans, à peine figés, extérieurement enduits d'une couche vitreuse, en contenaient au point que sous le vernis vitreux les fragmens s'en élevaient comme des grains de variole. Conduit à rechercher d'où peut venir une si grande quantité aOlivine dans les matières volcaniques qu'il observa, l'infatigable explorateur des îles d'Afrique, qui fit pour ainsi dire san habitation dans les brûlans cratères de l'une d'elle, s'exprime de la sorte (Voy. T. iii, p. 159): «Il est des substances que les volcans vont chercher à de grandes profondeurs du globe et qu'ils mettent au grand jour. Ces substances, que les (feux souterrains n'altèrent pas, se trouvent dans les laves seulement $ nulle autre part la terre ne nous les représente ? et à quelque profondeur que nos fouilles aient pu parvenir, nous n'avons encore rien vu d'analogue. La Chrysolithe de velean occuperait donc dans notre globe une zône très-profonde, et les seules éjections volcaniques, préparées au-dcs-

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sous de cette zâne, en entraîneraient les fragmens dont bous lesvoyons accompagnées quand elles se font jour au travers des flancs de notre planète.» Ceci fut imprimé en 1804. (G. DEL.)

* PERIDROMA. BOT. CRYPT. Necker a proposé ce mot pour désigner Je pétiole ou rachis des feuilles de Fougères qui porte en même temps les organes d e lafructification» (G..N.)

* PÉRIER ET PÉRIET. OIS. Syn. vulgaire de Proyer. V. BRUANT. (DR..Z.)

PÉRIGONE. Perïgonium. BOT. PHAN. Erhart nommait ainsi l'enveloppe des fleurs dans le sens' que plusieurs botanistes ont depuis attaché au mot Périanthe (Perianthium). De Candolle, dans la Théorie Elémentaire, lui a donné la même signification; mais dans son Organographie Végétale, T. I, p. 5o3, il l'applique, ainsi que l'avait proposé Link, à l'enveloppe florale unique des monocotyléaons et de plusieurs autres Plantes où l'on est fort embarrassé pour décider si c'est une corolle ou un càlice. Les parties dont le périgone se compose ne peuvent donc recevoir le nom de sépales ou celui de pétales, et le célèbre profeŞseurde Genève innove à leur égard le terme de