RECORD: Bory de Saint-Vincent, Jean Baptiste Georges Marie, ed. 1822-31. Dictionnaire classique d'histoire naturelle. 17 vols. Paris: Rey & Gravier. Volume 14.

REVISION HISTORY: OCRed by AEL Data 04.2014. RN1

NOTE: This work formed part of the Beagle library. The Beagle Library project has been generously supported by a Singapore Ministry of Education Academic Research Fund Tier 1 grant and Charles Darwin University and the Charles Darwin University Foundation, Northern Territory, Australia.


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DICTIONNAIRE

CLASSIQUE

D'HISTOIRE NATURELLE.

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Liste des lettres initiales adoptées par les auteurs.

MM.

AD. B. Adolphe Brongniart.

A. D. J. Adrien de Jussieu.

A. F. Apollinaire Fée.

A. R. Achille Richard.

AUD. Audouin.

B: Bory de Saint-Vincent.

C. P. Constant Prévost.

D. Dumas.

D. C.. E. De Candolle.

D.. H. Deshayes.

DR.. Z. Drapiez.

E. Edwards.

I. D.. L. Eudes Deslonchamps.

G. Guérin.

G. DEL. Gabriel Delafosse.

GEOF. ST.-H. Geoffroy St.-Hilaire.

G.. N. Guillemin.

H.-M. E. Henri-Milne Edwards.

ISID. B. Isidore Bourdon.

IS. G. ST.-H. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire.

K. Kunth.

LAT. Latreille.

LESS. Lesson.

La grande division à laquelle appartient chaque article, est indiquée par l'une des abréviations suivantes, qu'on trouve immédiatement après son titre.

ACAL. Acalèphes.

ANNEL. Annelides.

ARACHN. Arachnides.

BOT. CRYPT. Botanique. Cryptogamie.

BOT. PHAN. Botanique. Phanérogamie.

CHIM. ORG. Chimie organique.

CHIM. INORG. Chimie inorganique.

CIRRH. Cirrhipèdes.

CONCH. Conchifères.

CRUST. Crustacés.

ECHIN. Echinodermes.

FOSS. Fossiles.

OEOL. Géologie.

INS. Insectes.

INT. Intestinaux.

MAM. Mammifères.

MICR. Microscopiques.

MIN. Minéralogie.

MOLL. Mollusques.

OLS. Oiseaux.

POIS. Poissons.

POLYP. Polypes.

PSYCH. Psychodiaires.

REPT. BAT. Reptiles Batraciens.

— CHÉL. — Chéloniens.

— OPH. — Ophidiens.

— SAUR. — Sauriens.

ZOOL. Zoologie.

IMPRIMERIE DE J. TASTU, RUE DE VAUGIRARD, N° 36.

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DICTIONNAIRE.

CLASSIQUE

D'HISTOIRE NATURELLE,

PAR MESSIEURS

AUDOUIN, Isid. BOURDON, AD. BRONGNIART, DE CANDOLLE, G. DELAF0SSE, DESHAYES, E. DESLONCHAMPS, DRAPIEZ, DUMAS, EDWARDS, H.-M. EDWARDS, A. FÉE, GEOFFROY SAINT-HILAIRE, Isid. GEOFFROY SAINT-HILAIRE, GUÉRIN, GUILLEMIN, A. DE JUSSIEU, KUNTH, LATREILLE, LESSON, C. PRÉVOST, A. RICHARD, et BORY DE SAINTVINCENT

Ouvrage dirigé par ce dernier collaborateur, et dans lequel on a ajouté, pour le porter au niveau de la science, un grand nombre de mots qui n'avaient pu faire partie de la plupart des Dictionnaires antérieurs.

TOME QUATORZIÈME.

PLA-ROY.

PARIS.

REY ET GRAVIER, LIBRAIRES-ÉDITEURS

Quai des Augustin, n° 55;

BAUDOUIN FRÉRES, LIBRAIRES-ÉDITEURS

Rue de Vaugirard, n° 17.

SEPTEMBRE 1828.

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DICTIONNAIRE

CLASSIQUE

D'HISTOIRE NATURELLE.

PLA

PLACENTA. ZOOL. Tous les anatomistes désignent sous ce nom une masse molle, spongieuse, vasculaire, formant l'une des parties les plus importantes de l'æuf des Mammifèeres, qui, d'une part, adhère aux parois de l'utérus, et de l'autre communique avec le fœetus au moyen du cordon ombilical auquel il donne insertion à son centre, et qui sert, pour ainsi dire, d'intermédiaire entre la mère et l'embryon. V, ŒUF et OMBILICAL. (CORDON). (IS. G. ST.-H.)

PLACENTA. BOT. PHAN. Nom donué à la partie intérieure du fruit à la quelle les graines sont attachées. V. TROPHOSPERME. (A. R.)

PLACENTÆ. ECHIN. Nom donné à une section des Catorystes, classe de la famille des Oursins, dans l'ouvrage de Klein sur ces Animaux. (E. D.. L.)

PLACENTAIRE. BOT. PHAN. Le professeur Mirbel appelle ainsi la réu-niou de plusieurs placentas. V. TROPHOSPERME. (A. R.)

PLACENTULE. placentula. MOLL. Ce genure fut proposé par Lamarck, dans l'Encyclopédie, d'abord sous le nom de Pulvinule qu'il changea depois, dans l'Extrait du Cours pour celui de Placentule qu'il a conservé dans son dernier ouvrage, et qui a été adopté par presque tous les conchyliologues. Férussac, cependant, le confond avec les Lenticulines, et Blainville l'admet dans son intégrité. D'Orbigny fils, d'après des observations nouvelles, rapporte à son genre Nonionine (V. ce mot) les deux seules espèces de Placentules de Lamarck; effectivement, on est forcé de convenir que ces espèces rentrent bien dans ce genre. (D.. H.)

PLACIDA, BOT. PHAN. (Gaza.) Syn. de Quercus pedunculata, Willd. (B.)

* PLACINTHIUM. BOT. CRYPT. (Lichens.) Sous-genre établi par Acharius(Lichen. univ., p. 628) pour les espèces de Collema dont le thalle est crustacé et figuré vers sa circonférence. La principale espèce de ce sous-genre, le Collema nigrum, Ach., est plncée maintenant dans un nouveau genre proposé par Meyer sous le nom de Patellaria. V. ce mot. (A. F.)

PLACOBRANCHE. Placobranchus. MOLL. Genre établi par Van-Hasselt pour un Mollusque mon de la côte de Java, qu'il considáre comme voisin des Doris. On ent la première connaissance de ce genre dans le

TOME XIV. 1

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Bulletin des Sciences naturelles, octobre 1824, p. 240, où il est complétement caractérisé. Blainville l'a mentionné dans le Supplément de son Traité de Malacologic, pag. 628, en observant qu'il appartiendrait plutòt aux Cyclobranches. Nous ferons remarquer que parmi les Cyclobranches de l'auteur que nous citons, se trouve aussi le genre Doris, ce qui accorde assez bien l'opinion des deux naturalistes. Comme l'Animal qui a servi de type au nouveau genre ne nous est pas connu, nous allons rapporter les caractères qui lui ont été donnés par Van-Hasselt, ou plutôt telsque Blainville les a réduits d' après lui: corps très-déprimé, formant avec le pied non distinct une sorte de lame un peu gibbeuse au milieu; tête distincte, arrondie en avant, avec un appendice ou tentacule concave en dessous, de chaque côté; yeux rétractiles, très-petits, fort rapprochés sur le milieu de la tête; bouche inférieure, avec une paire de tentacules labiaux, presque aigus, sans trompe; branchies découvertes et formées par des lamelles très-fines, serrées, divergentes antérieurement d'un centre commun; anus supérieur à droite de la gibbosité dorsale; orifices des organes de la génération distans, celui de l'oviducte à droite, en avant de l'anus; celui de l'appareil excitateur mâle, à la base du tentacule droit.

Van-Hasselt donne quelques observations anatomiques que nous allons rapporter textuellement: « L'anatomie de l'unique espèce de ce genre m'a fait connaître une ouverture buccale sans trompe, et un canal intestinal tubiforme, large, et si court, qu'il ne s'étend pas plus loin que de la bouche au côré droit du bourrelet central du dos, s'y terminant en anus supérieur; l'ovaire que je vis dilatépar un grand nombre d d'œufs de diverses grandeurs, et dont les plus gros étaient les antérieurs, est situé immédiatement au-dessous de la surface respiratoire; les tubes, réservoirs des œufs, se réunissent au bourrelet dorsal pour former un canal commun, situé au-dessus de toutes les entrailles, excepté l'intestin, et qui s'ouvre au côté droit en devant du dernier.

ff La verge, prolongement terminé par un bouton bleuâtrce, est cachéé dans un canal qui n'est que la continuation du sillon creusé sous les cornes latérales; un vaisseau déférent, très-fin, s'y rend des testicules, organes glanduleux et de forme allongée, situé au côté droit du bourrelet central. Le cœur, placé au côté gauche du bourrelet, est presque rond, et d'une couleur roussâtre.

ff Les branchies sont continuellement exposées à l'influence de l'eau ambiante, même lorsque les côtés du corps sont relevés jusqu'à se toucher par leurs bords supérieurs, car ces parois forment alors au-dessus des branchies un canal ouvert aux deux côtés où l'eau peut librement entrer; clles ressemblent à des lamelles très-fines qui, sur le devant du dos, partent d un point central, et se perdent sur le bord extérieur. Dès qu'on expose la surface respiratoire à l'air, elle se couvre d'une humeur blanche et sans âcreté. ff

Tout fait présumer, d'après ce que l'on vient de voir, que ce genre sera conservé, la disposition des branchies étant bien suffisante pour le caractériser et le distinguer. Il ne contient encore qu'une seule espèce:

PLACOBRANCHE OCELLEÉ, Placobranchus ocellatus, Van-Hasselt, Bull, des scienc., octobre 1824, p. 241. La partie inférieure des côtés du corps, ainsi que la tête, sont d'un vert olive et bordés d'une série d'ocelles entourès d'un cercle noir; le reste des côtés présente des ocelles blancs dont le centre est noir les branchies sont vertes. La longueur totale du corps est de dix centimètres. (D.. H.)

* PLACODIA. BOT. CRYPT. (Lichens.) Sous-genre des Lecanora d'Acharius, Lich. univ., p. 422, renfermant les espèces à thalle crustaeé, un peu aplati, formé de lobes sou-

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dés, divergens. V PLACODIE et SQUAMMARIA. (A. F.)

PLACODIE. Placodium. BOT. CRYPT. (Lichens.) Ce genre, intermédiaire entre les Lécidées et les Circinaires, a été ainsi caractérisé (Fée, Méthod. lichén., p. 4o, tab. 11, fig. 9): thalle orbiculaire, étoilé, formé de squames adhérentes, indistinctes au centre, figuré en folioles vers la circonférence; apothécies marginées, discoïdes, à marge concolore, situées vers le centre. Hoffinann est le créateur de ce genre adopté par De Candolle (Flore Francaise); nous le présentons ici modifié et formé aux dépens du genre Lecidea d'Acharius; il renferme des Lobaria et des Psora d'Hoffmann, des Gessoidea de Ventenat. La presque totalité des Placodium de De Candolle rentre dans le Squammaria, notre genre étant principalement fondé sur l'homogénéité et l'hétérogénéité des scutelles. Les Placodies croissent sur les pierres et sur les murs, raremem sur la terre, plus rarement encore sur les écorces. Le thalle est presque toujours aplati et tartareux; le centre est indistinct, mais l'extrémité est figurée en folioles soudées et épaisses qui se confondent au centre en une masse indistincte, sous-pulvérulente; c'est sur cette partie seulement que se fixent les apothécies.

Le type de notre genre Placodie est l'espèce suivante:

I'LACODIE CANESCENT, Placodium canescens, De Cand., Fl. Fr., sp. 1028; Fée, Éss. crypt., p1. 2, fig. 9; Lecidea canescens, Ach., Synops. Lichen., p. 54. Thalle blanchâtre, orbiculaire, farineux ou très-raboteux, à folioles lobèes, appliquées, soudées entre elles; apothécies planes, puis convexes, orbiculaires, d'un noir bleuâtre. Cette espèce est très-commune; on la rencontre rarement avec les scutelles. Nous l'avons vue en fructification sur les vieux Saules qui bordent la petite rivière de Bièvre. Elle se fixe assez souvent sur les pierres. (A. F.)

* PLACODION. BOT. CRYPT. (Lichens.) Browne a introduit le premier ce genre parmi les Lichens; Adanson l'a conservé; il renfermait des Stictes et des Peltigères. Dillen les a figurés, tab. 27 et 28, sous le nom de Lichenoides. Ce genre, tel qu'il avait été formé, ne pouvait être conservé. (A. F.)

* PLACOMA. BOT. PHAN. (Gmelin.) Pour Plocama. V. ce mot (G.. N.)

* PLACOMUS. POLYP. Oken a formé, sous ce nom, un genre aux dépens des Gorgones, dont le Gorgonia Placomus est le type, et qui contient les Gorgonia suberosa, radicata, mollis et coralloides. Ses caractères sont: tige fibro-ligneuse, avec des verrues saillantes à sa superficie. Il nous semble que le Gorgonia suberosa particulièrement n'offre pas de tels caractères. (B.)

PLACUNE. Placuna, CONCH. Genre de la famille des Ostracées de Lamarck, et que Linné et ses imitateurs avaient confondu parmi les Anomies. Ce fut Bruguière qui le premier créa ce genre dans les Planches de l'Encyclopédie, lui donna le nom de Placune qu'il a conservé depuis; il l'avait placé près des Anomies, des Acardes et des Pernes. Lamarck le caractérisa dans le Système des Animaux sans vertèbres, et le mit en contact avec les Pernes et les Peignes entre lesquels il se trouve. Plus tard il le plaça plus convenablement dans sa Philosophie zoologique, dans la famille des Ostracées, entre les Anomies et les vulselles. Cet arrangement resta le même dans l'Extrait du Cours, ainsi que dans l'Histoire des Animaux sans vertèbres, quoique la famille des Ostracées ait été démembrée.V. OSTRACÉES. Cuvier suivit à peu près l'opinion de Lamarck, ear on voit le genre qui nous occupe dans les Ostracées à un seul muscle, entre les Anomies et les Spondiles, non loin des Vulselles et des Pernes. Férussac propose des rapports fort différens dans ses Tableaux systématiques; les Placunes sont en-

1*

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tre les Productus el les HuÎtres. Il est difficile de deviner dans quelle intention et par quelle convenance de caractères elles sont ainsi placées. Blainville ne diffáere pas notablement de Lamarck, si ce n'est que les Vulselles, étant transportées avec juste raison dans la famille des Malléacées, les Placunes se trouvent entre les Anomies et les Huîtres. Latreille (Fam. natur. du Règn. Anim., p. 210) admet aussi les Placunes parmi les Ostracées, mais dans la seconde division de la deuxième section, celle qui renferme les Coquilles qui ont des dents cardinales. Par ce caractère se trouvent réunis les deux geures Placune et Plicatule qui diffèrent beaucoup entre eux, et qui, dans notre manière de penser, doivent être dans deux families séparées.

Les Placunes ont, pour la contexture du test, beaucoup d'analogie avec les Anomies; comme elles, elles sont minces, feuilletées, assez solides, nacrées et fort aplaties; l'Animal doit être très-mince, à en juger par le peu d'intervalle qui existe entre les valves lorsqu'elles sont fermées. Lamarck a exposé les caractères de ce genre de la manière suivante coquille libre, irrégulière, aplatie, subéquivalve; charnière intérieure offrant sur une valve deux côtes longitudinales tranchantes, rapprochées à leur base et divergentes, en forme de V; et sur l'autre valve, deux impressions qui correspondent aux côtes cardinales et donnent attache au ligament. L'aplatissement considérable des Placunes, et surtout la disposition de la charnière les rendent fort remarquables et très-faciles à distinguer. Lamarck met dans sa caractéristique, que les impressions de l'une des valves correspondent aux côtes saillantes de l'autre valve. Cette manière de s'exprimer laisse du doute, parce que ces impressions sont en dehors des dents cardinales, c'est-à-dire les débordent extérieurement, et cela tient à la manière dont le ligament est placé. Ce n'est point au sommet des dents cardinales qu'il adhè pour s'insérer dans le sillon, mais bien sur les parties latérales externes de chacune de ces dents. Si l'on y fait attention en effet, on observe que le côté externe des dents cardinales est creusé d'une gouttière où l'on voit les traces de l'adhérence du ligament. Nous possédons deux individus de ce genre oá cette disposition est facile à observer, le ligament n'ayant point été rompu. On remarque, au centre des valves, une impression musculaire ovalaire ou ronde, médiocrement grande relativement à l'étendue de la coquille; celle-ci est ordinairement arrondie, plate, quelquefois contournée sur ses bords. La forme des dents cardinales, leur longueur, leur divergence, sont de bons caractères pour distinguer sûrement; les espèces, en les joignant avec les autres différences extérieures qu'elles peuvent offrir.

Lamarck, à l'imitation de Bruguière, a fait entrer dans le genre Placune, une Coquille pétrifiée des environs de Metz et de Nancy. Cependant, eu examinant un grand nombre d'individus, on découvre facilement des traces de leur adhérence aux corps sous-marins dont ils conservent l'empreinte. Nous sommes parvenu à en ouvrir quelquesunes, et nous avons pu examiner avec soin la charnière qui est absolument semblable à celle des Plicatules. Ces deux caractères nous ont déterminé à reporter dans ce dernier genre cette Coquille dont Parkinson avait fait un qenre inutile sous le nom de Harpax.V ce mot et PLICATULE. Le nombre des espèces connues est fort borné. Lamarck en décrit trois, et Blainville quatre.

PLACUNE SELLER, Placuna Sèlla., Lamk., Anim. sans vert. T. vi, p. 224, n. 1; Anomia Sella, L., Gmel., p.3345; Favanne, Conch., pl. 41, fig. n, 3: Chemnitz, Couch. T. VIII, p1. 79, fig.714; Encyclop., pl.174, fig.1, 3, 4. Cette espèce se trouve dans l'océan Indien, la mer de Java. Elle a quelquefois jusqu'à deux déci-

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metres de diamètre. Les marchands la connaissent sous le com de Selle polonaise.

PLACUNE VITRÉE, Placuna Placenta, Lamk., loc. cit.,, n. 3; Anomia Placenta, L., Gmel., p. 3345; Lister, Couch., tab. 225 et 226, fig. 60 et 61; Chemnitz, Conch., Cab. T. VIII, pl. 79, fig. 716; Encyclop., p.173, fig. 1, 2, 3; Blainv., Traité de Malacol., pl. 60, fig. 3. Cette Coquille a quelquefois sept pouces de diamètre. Cette dimension, son aplatissement et sa transparence la font employer, dans quelques pays, comme des vitres, d où le nom vulgaire de Vitre chinoise sous lequel elle est encore connue dans le commerce.

PLACUNE PAPYRACÉE, Placuna papyracea, Lamk., loc. cit., n. 2; Gualt., Test., tab. 104, fig. 6; Chemn., Conchyl. T. viii, pl. 79, fig. 715; Encyclop., pl. 174, fig. 2. Lamarck cite cette espèce dans l'océan Indien et la mer Rouge. Il ajoute qu'on la trouve aussi presque fossile à Sienne en Egypte. Defrance, qui rapporte le même fait, regarde aussi comme douteux son état fossile. Nous possédons une Coquille fossile que nous croyions pouvoir rapporter aux placunes d'après ses caractères extérieurs; mais étant parvenu, à force de travail et de patience, à détacher les valves réunies par une pâte ferrugineuse assez dure, nous avons découvert qu'elle devait former un nouveau genre intermédiaire entre les Placunes et les Anomies, ce qui lie davantage encore ces deux genres. (D. H.)

* PLACUNTIUM. BOT. CRYPT (Hypoxylées.) Ehrenberg a élabli sous cc nom un genre pour les espèces de Xyloma qui ont un périthécium mince, déprimé, d'abora clos, puis s'ouvrant au sommet par plusieurs fentes irrégulières. Ce genre a été réuni par Fries à sou genre RYTISMA. V. ce mot. (A. R.)

PLACUS. BOT. PHAN. Loureiro a constitué sous ce nom un genre de Synanthérées qui ne paraît pas différer du Bacharis. V. ce mot. (G. N.)

* PLACYNTHIUM. BOT. CRYPT. V. PLACINTHIUM.

* PLADERA, BOT. PHAN. Genre de la famille des Gentianées et de la Tétrandrie Monogynie, L., établi par Solander et adopté par Roxburgh (Flor. Indica, 1, p. 417), qui lui a assigné les caractères essentiels suivans: calice cylindrique, à quatre dents inégales; corolle infundibuli-forme, à limbe irrégulier; une des étamines beaucoup plus grande que les autres; stigmate bilobé; capsule uniloculaire à deux valves. Le genre Canscora de Lamarck correspond parfaitement au Pladera; mais il a été fondé sur une seule espèce, et ses caractères n'étaient pas exacts. Aussi les auteurs modernes, et particulièrement Sprengel (Syst. Veget., 1, p. 42), Chamisso et Schlectendal (Linnæa, fasc. 2, 198), ont-ils adopté la dénomination employée par Solander et Roxburgh. Le genre Pladera se compose de cinq espèces, connues déjà sous divers noms géuériques. La première, Pladera pusilla, Roxb., est l'Hoppea dichotoma, Vahl et Willdenow; la deuxième, P. virgata, est le Gentiana diffusa, Valil, ou Exacum diffusum, Willd., Canscora diffusa, R. Brown; la troisième,P. perfoliata Roxb., ou Canscora perfoliata, Lamk.; la quatrième, P. decussata, Roxb., ou Exacum alatum, Rotb.; et la cinquième, P. sessiliflora, Roxb., ou Gentiana heteroclita, L., Exacum heteroclitum, Willd. Ces Plantes ont des tiges pertites, tétragones, quelquefois ailées par la décurrence des feuilles qui sont opposées, sessiles, ordinairement ovales, lancéolées, et à fleurs petites, axillaires ou terminales. Elles croissent toutes dans, Inde-Orien-tale. (G.. N.)

* PLÆSCONIE.' Plæsconia. MICR. Genre de la famille des Cétharoïdées dans l'ordre des Crustodés, que ca-ractérise un corps composé de molécules adhérant au fond d'un test cristallin, univalve, évidé par les borda et conformé en maioère de petite

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barque. L'Animal nage avec agilité, le côté concave toujours en dessus. Les cirres vibratiles sont situés aux deux extrémités et se prolongent sérialement sur un côté du test en nacelle. Les Plæsconies qui nagent constamment sur le dos, c'est-à-dire ayant la convexité du test en dessous offrent des rapports avec ceux des Entomostracés qui nagent de la même manière. Nous n'en connaissons que de marines; elles persistent dans l'eau qui devient fétide; elles sont au nombre de trois: Plæsconia Vannus, N.; Kerona, Müll., Inf., tab. 33, fig. 19-20, Encycl., pl. 18, fig. 6-7. Plæssconia Charon, N.; Trichoda, Müll., Encycl., pl. 17, f. 6-14. Plæsconia Arca, Himantopus charon, Müll., tab. 34, f. 22. (B.)

PLAGIANTHE. Plagianthus. BOT. PHAN. Forster (Char. Gener., tab. 43) a établi sous ce nom un genre de la Monadelpi Dodécandrie, L., et qui a été placé par De Candolle dans la famille des Bombacées. Voici ses caractères principaux: calice simple, court, à cinq divisions fort petites; corolle à cinq pétales ovales, dont deux plus rapprochès et écartés des trois autres; environ douze étamines réunies en tube par leurs filets, terminées par des anthères ovales; ovaire trè-petit ovale, surmonté d'un style filiforme, renfermé dans le tube staminal, et surmonté d'un stigmate en tête de clou; fruit bacciforme, dont l'organisation n'est pas connue. Ce genre ne renferme qu'une seule espèce découverte dans la Nouvelle-Zélande, par Forster, qui l'a nommée Plagianthus divaricatus. C'est un Arbrisseau ou un Arbre dont les rameaux sont divariqués, alternes, revêtus d'une écorce brune, garnis de feuilles fort petites, fasciculées, étroites, linéaires, un peu aiguës, rétrécies presque en petiole à leur base, longues de quatre lignes, réunies au nombre de trois ou quatre à chaqué fascicule. Les fleurs sont solitaires, portées sur des pédoncules uniflores beaucoup plus courts que les fenilles. Cette Plante est cultivée dans les jardins d'Angleterre depuis 1821. Il serait à désirer qu'on donnàt une description bien complète de ses organes floraux, car celle de Forster laisse beaucoup d'incertitude. (G.. N.)

* PLAGIEUSE ou PLAGIUSE, POIS. Espèce du genre Pleuroneote. (B.)

* PLAGIMYONES. Plagimyona. MOLL. Latreille, dans les Familles naturelles du Règne Animal, p.212, partage l'ordre premier des Conchifères, ses Patulipalla, en deux sections, les Mésomyones et les Plagimyones. Ceux-ci, qui correspondent assez bien aux Ostracées à deux muscles de Cuvier, ne contiennent qu'une seule famille, celle des Arcacés, qui, sous le rapport de la disposition du manteau qui est complétement fendu, peut servir d'intermédiaire entre les Monomyaires et les Dimyaires; cependant, le trop grand rapprochement des Animaux de cette famille avec ceux des Huîtres est, nous croyons, une faute de plusieurs Méthodes dans laquelle Lamarck n'est pas tombé. (D.. H.)

* PLAGIOLE.Plagiola. MOLL. Premier sous-genre du genre Obliquaire de Rafinesque (Monographie des Coquilles de l'Ohio), caractérisé par l'axe extra-médial; la dent lamellaire courbe; le ligament courbe la forme variable, mais non oblique. Le genre Obliquaire ne pouvait être conservé, parce qu'il est démembré inntilement des Mulettes; à plus forte raison les sous-genres qui le composent. V. MULETTE. (D.. H.)

PLAGIOPODA. BOT. PHAN V. GRÉVILLÉE.

PLAGIOSTOME. Plagiostoma. CONCH. Genre de Coquilles bivalves, très-voisin des Limes par ses caractères, et qui probablement se confondra avec elles, lorsqu'on l'aura étudié avec plus de soin. C'est à Sowerby que l'on doit la création de ce genre. Il fut bientôt après adopté

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et rectifié par Lamarck, qui le mit en rapport immédiat avec les Limes, et le considéra comme intermédiaire entre ce genre et les Peignes; mais Lamarck rassembla dans le genre Plagiostome plusieurs Coquilles qui lui sont étrangères; malgré cela, il fut idmis par plusieurs zoologistes qui ont donné des systèmes de con-chyliologie. Férussac, Latreille et Blainville furent de ce nombre. Nous observerons que ce dernier savant, d 'accord avec Defrance, a proposé la réforme du genre. Les espèces de Plagiostomes de la Craie qui, par l'uverture du crochet, ont des rapports avec les Térébratules, en furent séparées sous la dénomination générique de Pachite (V. ce mot). Il n'est pas douteux que cette réforme, faite sur de bons caractères, ne soit adoptée par les Conchyliologistes avec d'autant plus de raison, qu'elle s'accorde aussi avéc un fait géologique assez curieux. Les véritables Plagiostomes ne se montrent jamais dans la Craie ni au-dessus; ils sont toujours inférieurs à cette substance, tandis que les Pachites nc se rencontrent jamais ailleurs que dans la Craie. La séparation des deux genres pcut être utile aussi à la géologie par ce seul fait, qu'ils indiquent des terrains différens. Les caractères génériques sont exprimés de la manière suivante: coquille subéquivalve, libre, subauriculée, à base cardinale, transverse, droite; crochets un peu écartés; leurs parois internes s'étendant en facettes transverses, aplaties, externes; l'une droite, l'autre inclinée obliquement; charnière sans dents; une fossette cardinale, conique, située au-dessous des crochets, en partie interne, sovrant au dehors et recevant le ligament.

Ces caractères sont ceux donnés par Lamarck, et nous pensons qu'ils sont insuffisans; car ils peuvent s'appliquer complétement et en totalité au genre Lime. Quelques espèces en effet sont subéquivalves; mais toutes sont libres, subauriculées, à bord cardinal droit; leurs crochets sont aplatis, écartés, taillés en biseau aux dépens de la face interne d'une manière analogue à ceux des Spondyles. La charnière est également sans dents dans les deux genres. Il y a une fossette conique pour le ligament. Cette identité n'existe pas seulement dans les caractères essentiels; elle se voit aussi dans ceux qui sont plus accessoires. Les Limes, dit Lamarck, se distinguent encore des Plagiostomes par le bâillement des valves qui donne passage à un byssus, tandis que les Plagiostomes, n'ayant point ce bâillement, devaient être dépourvus de cette partie; mais ce moyen de distinguer les deux genres est bien incertain, puisque le Lima gibbosa, Sow., espèce fossile, est complétement fermé, et le Lima squamosa, Lamk., l'est presque toujours complétement, tandis que les Plagiostomes que nous avons pu examiner toutes les fois qu'ils étaient dans un état satisfaisant de conservation, nous ont présenté un bâillement antérieur quelquefois assez grand, semblable en tout à celui du Lima squamosa, par exemple. Il résulte de cette comparaison des deux genres, qu'ils devront se réunir. En donnant' ici notre opinion, nous attendrons que d'autres observateurs l'aient approuvée ou contredite, avant de la considérer comme définitive. Nous citerons, comme exemple, l'espèce suivante:

PLAGIOSTOME SEMI-LUNAIRE, Plagiostoma semi-lunaris, Lamk., Anim. sans vevt. T. VI, p. 160, n. 1; knorr, Pétrif. T. IV, part. 2, B, I, C, tab. 21, fig. 2; Encycl., pl. 238, fig. 3, a, b. Coquille qui prend quelquefois un assez grand volume; elle est trigone, arrondie inférieurementet postérieurement; le côté antérieur est le plus épais; il est droit, subcarené et enfoncé vers les bords; il se reléve vers le bord cardinal pour donner naissance à une oreillette très-courte; du côté postérieur, l'oreillette est beaucoup plus grande; des stries longitudinales, nommbrenses, peu profondes, desccudeni des crochets à la circonférence, et elles sont coupées

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par des stries transverses, irrégulières, qui sont dues aux accroissemens. Cette Coquille pétrifiée se trouve à Carantan, à Mamers et aux environs de Nancy. (D. H.)

PLAGIOSTOMES. POIS. La famille de Poissons à laquelle Duméril a donné ce nom, dans sa Zoologie analytique, répond à celle des Sélaciens. V. ce mot. Il y range les genres Rhinobate, Rhina, Raie, Myliobate, Pastenague, Céphaloptère, Torpille, Squatine, Roussette, Carcharias, Lamie, Marteau, Milandre, Griset, Emissole, Cestracion, Aguillat, Humantin, Leiche, Pélerin et Aodon. V. ces mots. (B.)

* PLAGIOTRIQUE. Plagiotricha. MICR. Genre de la famille des Mys-tacinées et de l'ordre des Trichodés, que caractérisent des poils ou cils disposés en une série longitudinale sur l'un des côtés du corps, plus ordinairement vers l'extrémité supérieure. La plupart des petits Animaux de ce genre avaient été dispersés par Müller parmi les Trichodes et les Vorticelles; l'une des espèces était même un de ses Kolpodes, encore que les Kolpodes soient essentiellement glabres. Une autre fut décrite parmi les Leucophres, encore qu'elle ne soit pas velue. Les Plagiotriques diffèrent des Trichodes véritables, en ce que leurs cirres ne forment point de faisceau antérieur, mais une série marginale. Nous n'en connaissons que deux qui méritent le nom d'Infusoires; toutes les autres vivent, dans les eaux pures, soit douces, soit marines. Leur natation est souvent circulaire. la disposition sériale des cirres déterminant un mouvement particulier, qui porte la partie antérieure de l'Animal en avant, mais en même temps sur un côté. Les espèces cylindracées et ventrues, qui sont la plupart marines, sont les Plagiotricha cercarioides, N.; Cercaria setifera Müll. Inf., tab. 19, fig. 14-16; Encycl., pl.9, fig. 14-16. — Plagiotricha Armilla, N.; Leucophra, Müll., Zool. dan., tab. 73, f.11-12; Encycl., pl.11, fig. 54-55. — Plagiotricha vibrionidés, N.; Trichoda barbota, Müll., Inf., tab. 27, fig. 16; Encycl., pl. 14, fig. 13. — Plagiotricha viridis, N.; Vorticella, Müll., tab. 35, fig. 1; Encycl., pl. 19, fig. 1-3. — Plagiotricha lagena, N.; Trichoda, Müll., tab. 32, fig. 10-11; Encycl., pl. 7, f. 4-5. Les espèces plus ou moins déprimées sur l'un des côtés du corps, sont les Plagiotricha sinuata, N.; Trichoda, Müll., tab. 34, fig. 22; Encycl., pl. 12, f. 43. — Plagiotricha striata, N.; Trichoda, Müll., tab. 26, fig. 9-10; Encycl., pl. 13, f. 29-30. — Plagiotricha aurantia, pl. 26, fig. 13-16; Encycl., pl. 13, f. 33 36. — Plagiotricha kolpodina, N.; Kolpoda triquetra, Müll., Encycl., pl. 6, fig.1l -13. — Plagiotricha Camelus, N.; Trichoda, Müll.; Encycl., pl. 15, fig. 7-8. — Plagiotricha Succisa, N.; Trichoda, Müll.; Encycl., pl. 14, f. 5. — Plagiotricha Diana, N.; le Pirouetteur, Joblot, pl. 11, fig. 2. — Plagiotricha Phœbe, N.; Vorticella lunifera, Müll.; Encycl., pl. 19, f. 10-11. (B.)

PLAGIURES. Plagiuri. MAM. Syn. de Cétacés. Ce nom, venant de l'aplatissement de la queue de tels Animaux, n'a pu être que fort mal à propos étendu par quelques auteurs aux Poissons des hauts parages, autrement dits Pélagiens. V. ce mot et PÉLAGIQUES. (B.)

PLAGIUSE. POIS. V. PLAGIEUSE.

* PLAGUSIE. POIS. V. ACHIRE.

PLAGUSIE. Plagusia. CRUST. Genre de l'ordre des Décapodes, famille des Brachyures, tribu des Quadrilatères,établi par Latreille et adopté par tous les entomologistes avec ces caractères: test presque carré, un peu rétréci aux deux extrémités, avec les yeux situés près de ses angles antérieurs; corps aplati; pates comprimées; pieds-mâchoires extérieurs écartés entre eux inférieurement; antennes intermédiaires logées chacune dans une entaille du

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front; les latérales ou extérieures très-petites, insérées près de l'origine des pédicules oculaires. Les Plagusies et les Grapses forment, dans leur tribu, une petite division remarquable par la forme carrée et déprimée de leur corps. Chez ces deux genres, le chaperon s'étend dans toute la largeur antérieure du test. Les yeux sont portés sur de courts Pédoncules et situés près des angles latéraux antérieurs; enfin beaucoup d'autres caractères leur sont communs, et ont autorisé plusieurs naturalistes à les réunir. Latreille a trouvé cependant d'assez grandes differénces entre ces deux genres pour motiver leur adoption. Nous allons faire connaître ces différences: les Plagusies diffèrent des Grapses par leurs antennes intermédiaires, qui sont logées dans deux fissures longitudinales et obliques de la partie supérieure et mitoyenne du chaperon, tandis qu'elles sent au-dessous du chaperon dans les Grapses; le troisième article de leurs pieds-mâchoires extérieurs est presque carré, avec le côté extérieur arqué, et l'opposé tronqué obliquement à son extrémité, tandis que dans les Grapses ces pieds-mâchoires sont triangulaires ou en demi-ovale. Dans les Plagusies, le test est sensiblement plus étroit en devant; ce qui n'a pas lieu chez les Grapses; enfin la queue ou le post-abdomen ne paraît composé que de quatre à cinq segmens, quelques-unes des sutures intermédiaires étant en tout ou en partie oblitérées.

Les Plagusies, ainsi que les Grapses, se tiennent à l'embouchure des fleuves ou dans les fentes des rochers, près des bords de la mer; ils courent très-rapidement et se retirent quelquefois sous les racines et les écorces des arbres. Latreille (Encyclopédie méthodique) décrit cinq espèces de Plagusies; il les place dans deux divisions, ainsi qu'il suit:

† Portion du chaperon comprise entre les antennes intermédiaires, inclinée ou non saillante en manière de bec; point de dents au bord supérieur des cavités oculaires; une seule, aux tranches supérieures des cuisses des deux pieds antérieurs ou des serres, et située près de leur base; dessous du test graveleux ou tuberculé; mains cannelées, surtout dans les mâles.

La PLAGUSIE ÉCAILLEUSE, Plagusia squamosa, Latr., Lamk.;Grapsus squamosus, Bosc, Herbst., Krabben, tab. 20, fig. 113, le mâle. Le dessus du test est d'un rougeâtre clair ponctué de rouge sanguin et parsemé de tubercules bordés de cils noirâtres, avec l'extrémité grise; l'arête transverse et arquée, formée par la partie supérieure de la cavité buccale, est tridentée de chaque côté au-dessous des yeux, avec trois lobes intermédiaires tronqués, et dont les latéraux sont plus larges et tridentés. Il y a des taches sanguines sur les pates; le dessous du corps est jaunâtre. On la trouve à Ténériffe et au Brésil.

†† Portion du chaperon comprise entre les antennes intermédiaires, avancée en manière de bec, armée de quatre dents, dont deux terminales et les autres latérales; bord supérieur des cavités oculaires dentelé; une série de dents aux tranches supérieures des cuisses, à commencer par celles de la seconde paire de pieds; dessus du test sans tubercules; mains sans sillons.

La PLAGUSIE CLAVIMANE, Plagusia clavimana, Latr., Lamk.; Herbst., Krabben, tab. 59, f. 3; Séba, tab. 3, pl. 19, fig. 21. Le dessus du test a divers enfoncemens garnis d'un duvet obscur, et des espaces intermédiaires lisses, d'un jaunâtre pâle, ainsi que le corps, en forme de traits ou de petites lignes inégales. Les mains sont ovoïdes, renflées, sensiblement plus graudes dans les mâ:les. On la trouve à la Nouvelle-Hollande. (O.)

* PLAGYMYONES. MOLL. pour Plagimyones. V, ce mot. (D.. H.)

PLAINCHANT. MOLL. Nom vul-

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gaire et marchand du Voluta musica, L (B.)

PLAINCHANT. INS. Nom français d'une espèce du genre Hespérie. V. ce mot. (G.)

PLAIS ET PLAISE. POIS. Syn. de Plie et de Pleuronectes dentatus, L. V. PLEURONECTE. (B.)

PLANAIRE. Planaria. ANNEL.? Ce genre, fondé par Müller, comprend un très-grand nombre d'espèces sur l'organisation desquelles on est encore si peu instruit qu'on hésite si on doit les regarder comme des Vers ou comme des Annelides. Plusieurs espèces offrent aussi une très-grande ressemblance avec certains Mollusques; en sorte què la place et la composition de ce genre sont, dans l'état actuel de la science, extrêmement incertaines. Les caractères qu'on lui a assignés, quoique extrêmement vagues, ne peuvent s'appliquer à environ soixante espèces qu'on y range. Voici ceux de Lamarck (Hist. nat. des Anim. sans vert. T. III, p. 176): corps oblong, un peu aplati, gélatineux, contractile, nu, rarement divisé ou lobé; deux ouvertures sous le ventre (la bouche et l'anus). Le genre Planaire mérito done d'êetre étudié à fond et nous entendons par là qu'on ne devra pas se borner à réunir sans examen les espèces souvent mal décrites et plus mal figurées encore par les auteurs en en formant ce qu'on appelle trop gratuitement une monographie, mais qu'il faudra pénétrer plus avant dans l'étude de ces êtres anomaux en faisant connaître les points essentiels de leur organisation. C'est alors seulement qu'on pourra préciser ce qu'on entend par Planaire, et ranger définitivement dans ce groupe toutes les espèces qui lui appartiennent en circonscrivant ensuite dans de nouveaux cadres toutes celles qui s'en éloignent. La plupart des espèces auxquelles on donne le nom de Planaire ont une forme en généeral très-aplatie et ovalaire; le corps est très-mou et d'un aspect gélatineux, sans articulations. Sa partie antérieure est quelquefois pourvue de points noirs qu'on a regardés comme les yeux, et de deux petits prolongemens tentaculaires. Au premier aspect, on prendrait ces Animaux pour de petites Sangsues. Quelques espèces fourmillent dans nos eaux douces. On en trouve un bien plus grand nombre dans la mer; dans plusieurs cas, leur nourriture paraît etre végétale. Celles qu'on trouve dans nos mares et dans nos étangs sont aboudantes vers le mois d'avril. Elles commencent à disparaître vers la fia de juillet. On connaît quelques particularités sur leur mode de reproduction. Bosc dit qu'elles sont ovipares, et que c'est vers le mois de mars qu'elles se débarrassent de leurs œufs qui sont ordinairement a moncelés sur un des côtés de leur corps. Draparnaud dit aussi qu'elles sont ovipares, mais seulement au printemps; car elles deviennent gemmipares en automne et d'une maniere curieuse; à cette époque leur corps se divise transversalement en deux parties qui continuent de vivre, qui croissent, et qui, dix jours après, constituent chacunc une Planaire complète. On peut même à volonté opérer cette multiplication, soit que l'on coupe l'Animal en travers ou en long; les portions isolées ne tardent pas à reproduire ce qui leur manquait. Blainville (Dict. des Scienc. natur.) semble ajouter peu de foi à ces expériences, et il trouve très-simple de les entacher d'inexactitude en disant: « que Draparuaud les a faites probablement avant qu'il eut acquis l'habitude d'observer. ff Nous accordons que ce naturaliste distingué a pu se méprendre sur quelques points d'orgamsation; mais pour ce qui regarde les expériences sur la reproduction, elles sont très-exactes. Johnson (Philos. Trans. of the R. S. of London, 1822) a obtenu des résultats semblables; il s'est assuré que plusieurs Planaires sont ovipares, mais qu'il existe encore un autre mode de reproduction par une division de leur corps en deux parties, la tête reproduisant alors une queue

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et celle-ci une tête. Nous pouvons-nous-même apporter notre témoignage à l'appui de ces observations, car depuis plusieurs années nous avons entrepris sur ce sujet des recherches anatomiques et physiologiques anxquelles nous mettons, dans ce moment, la dernière main; elles feront connaître, dans toutes leurs périodes et par la voie de l'expérience, les phénomènes curieux qui accompagnent la reproduction gemmipare de ces singuliers êtres. Bose et Lamarck établissent dans le genre Planaire plusieurs divisions basées sur l'absence, la présence et le nombre des points oculaires. Blainville crée aussi plusieurs groupes. Il les fonde principalement sur la forme plus ou moins allongée, courte, épaisse, mince, tronquée, etc., etc., du corps. Ces diverses sections comprennent plus de cinquante espèces offrant entre elles des différences telles que lorsqu'elles seront mieux connues, on les séparera nécessairement en plusieurs genres. Nous ne citerons ici que quelques espèces. Les ouvrages de Pallas et de Müller sont les sources principales auxquelles on devra remonter pour avoir un tableau plus complet.

† Sans point oculiforme.

La PLANAIRE NOIRE, Pl. nigra, Bosc, Lamk., Müll., Zool. Dan., 3, tab. 109, fig. 3, 4. Eaux douces d'Europe.

La PLANAIRE DES ÉTANGS, Pl. stagnalis, Bosc, Lamk., Müller. Eaux douces d'Europe.

D'autres espèces de cette section se trouvent dans l'Océan et dans les mers du Nord.

†† Un seul point oculiforme,

La PLANAIRE GLAUQUE, Pl. glauca, Bosc, Lamk, Müll. Eaux douces.

La PLANAIRE IGNÉE, Pl. rutilans, Bosc, Lamk., Müll., Zool. Dan., 3, tab. 109, fig. 10, 11. Mer Baltique.

††† Deux points oculiformes.

La PLANAIRE BRUNE, Pl. fusca, Bosc, Lamk., Pallas, Spicil. Zool., 10, tab. 1, fig. 13, a, b. Eaux douces.

La PLANAIRE CORNUE, Pl. cornuta, Bosc, Müll., Zool. Dan., 1, tab. 22, fig. 5, 7; Encyclop., pl. 81, fig. 5, 6, 7. Mer de Norvège.

La PLANAIRE TRAVERSE, Pl. torva, Bosc, Hist, natur. des Vers, T. 1, p. 259, pl. 9, fig. 9, grossie; Müller, Zool. Dan., 3, tab. 109, fig. 5, 6. Eaux douces.

†††† Trois points oculiformes.

La PLANAIRE GESSERIENNE, Pl. gesserensis, Bosc, Müll., Zool. Dan., 2, tab. 64, fig. 5,8; Encycl. Méth., pl. 80, fig. 5,6,7,8. Mers du Nord.

††††† Quatre points oculiformes.

La PLANAIRE TRONQUÉE, Pl. truncata, Bosc, Lamk, Müll., Zool. Dan., 3, tab. 106, fig. 1.

†††††† Plus de quatre points oculiformes.

La PLANAIRE TRÉMELLÉE, Pl. tremellaris, Bosc Lamk., Müll., Zool. Dan., 1, tab. 32, fig. 1, 2. Mer Baltique. (AUD.)

PLANAIRE. BOT. PHAN. Pour Planère. V. ce mot. (B.)

PLANANTHE. Plananthus. BOT. CRYPT. Ce génre, proposé par Palisot de Beauvois aux dépens des Lycopodes, n'a pas été apopté. Le L. selaginoides en était le type. (B.)

PLANARIA. INT. On lit dans Déterville que Goeze a établisous ce nom qui serait un double emploi, un genre d'lntestinaux qui est le même que celui qui nous a occupé dans ce Dictionnaire sous le nom de Monostome. V. ce mot. (B.)

* PLANARIUM. BOT. PHAN. Genre de la famille des Légumineuses, et de la tribu des Hédysarées, proposé par Desvaux ( Ann. se. natur., 9, p. 416), et qui a pour type la Plante qu'il avait précédemment décrite sous, le nom de Poiretia latisiliqua (Desv., in Ann. Soc. Linn. 1825, p. 308.)Les caractères de ce nouveau genre sont

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un calico presque capanulé; des étamines diadelphes et une gousse stipitée comprimée, articulée, marquée sur le milieu de chaque face d'une nervure saillante et longitudinales; les articulations sont au nombre de huit à dix, et les pièces qu'elles réunissent ont une forme parallélogramatique. Ce genre ne se compose que de l'espèce citée précédemment, et qui croît au Pérou. (A. R.)

* PLANAXE. Planaxis. MOLL. Les auteurs anciens, aussi bien que Linné et Bruguière, confondirent les Coquilles de ce genre parmi les Buccins. Ils en ont effectivement l'apparence; mais ils ressemblent davantage à certaines Pourpres, ayant comme eux la columelle plate, mais l'échancrure beaucoup plus petite. Lamarck est l'auteur de ce genre. Il le proposa dans le tome VII des Animaux sans vertèbres; et lui trouvant des rapports avec les Phasianelles, il le plaça entre les Turbos et ce genre. Cependant, si l'on fait attention que Lamarck ne connaissait pas l'opercule de ce genre, on se demandera quels ont été les motifs de sa détermination; car rien dans ces Coquilles ne ressemble aux véritables Phasianelles, que la forme générale, encore d'une manière peu satisfaisante. Il faut dire que Lamarck réunissait aux Phasianelles plusieurs Littorines (V. TURBO), qui ont la columelle aplatie, mais point échancrée àla base; ce qui sans doute aura conduit le savant auteur des Animaux sans vertèbres à une erreur peu grave.

Depuis long-temps nous possédions dans notre collection plusieurs individus de ce genre avec l'opercule. Cela nous conduisit, après une comparaison aussi complète que possible, à les rapprocher des Mélanopsides. Nous donnâmes à Blainville un de ces individus operculés, et il a jugé de la même manière que nous; car dans son Traité de Malacologie; les Planaxes sont immédiatcment après les Mélanopsides, dans la famille des Entomostomes. Nous devons faire observer que les rapports établis par Blainville sont fort différens de ceux de Lamarck. Ce dernier place les Mélanopsides, aussi bien que les Planaxes, dans les Coquilles à ouverture entière, et dont les Animaux conséquemment ne sont point siphonifères. Blainville, au contraire, les range parmi les Mollusques, qui sont toujours pourvus d'un siphon, tels que Cérite, Vis, Eburne, Buccin, Harpe, Tonne, Cassidaire, Casque, Ricinule, Pourpre, Cancellaire et Concholépas. Si nous nous en rapportons à la description de l'Animal des Mélanopsides que Férussac a donnée dans la Monographie de ce genre (Mém. de la Soc. d'Hist. nat. T. 1, p. 153), il serait nettement séparé des Cérites et autres genres voisins, à tel point que cet auteur n'a point hésité, dans sa méthode, à laisser ces Coquilles, à l'exemple de Lamarck, parmi celles qui ont l'ouverture entière. Si l'on admet le rapprochement des Planaxes et des Mélanopsides, les deux genres liés entre eux par leurs rapports devront subir les mêmes changemens de famille. Peut-être la connaissance de l'Animal des Planaxes pourra servir à déterminer leur place et celle des Mélanopsides dans la série. Les caractères génériques sont les suivans: Coquille ovale, conique, solide; ouverture ovale, un pen plus longue que large; columelle aplatie et tronquée à la base, séparée du bord droit par un sinus étroit et plus courte que lui; face intérieure du bòrd droit sillonnée et rayée, et une callosité décurrente à son origine; opercule corné, presque complet, ovale, mince, subspiral. Animal inconnu.

Lamarck n'a caractérisé dans ce genre que deux espèces, et signalé une troisième, figurée par Born, sous le nom de Buccinum sulcatum. Nous croyons pouvoir y rapporter une petite Coquille fort commune dans les collections, et qui a été rangée par Lamarck sous le nom de Purpura Nucleus. Nous l'avons munie de son opercule, et nous pouvons dire qu'il

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n'existe aucune différence avec celui des Planaxes, et que du reste la Coquille que nous citons a tous les caractères du genre ou nous propo-sons de l'introduire. Nous pensons qu'on pourrait y ajouter encore une Coquille fossile du bassin de Paris, que Lamarck avant l'établissement des Planaxes avait mise parmi les Cérites. Il lui a donné le nom de Cérite muricoïde. Cette espèce, par ses accidens extérieurs, s'élorgne assez des autres Planaxes, dont elle présente cependant les caractères essentiels, quant àla forme de la columelle, sa troncature et le bourrelet décurrent du bord droit; les stries internes de ce bord ne sont pas non plus si nom-breuses ni si fortement marquées.

PLANAXE BUCCINOÏDE, Planaxis buccinoides, Nob.; Buccinum sulcatum, Von Born, Mus. Cœs. vind., pl. 10, fig. 5,6; Buccin. grive (var. a), Brug., Dict Encyclop., p. 255, n. 16. Coquille ovale, conique, à spire pointue, plus allongée que dans les autres espèces du genre; les tours de spire sont peu arrondis; ce qui rend la spire régulièrement conique; elle est noire, parsemée de quelques petites taches blanches, quf n'ont rien de régulier dans leur disposition; l'ouverture est toute blanche, aussi bien que la columelle et le bourrelet du bord droit, dont le limbe seul est brunâtre.

PLANAXE NOYAU, Planaxis Nucleus, N.; Purpura Nucleus, Lamk., Anim. sans vert. T. vII, p. 249, n. 5o; Buccinum Nucleus, Bruguière, loc. cit., n. 14; Lister, Synop. Conch., tab. 976, fig. 32; Martin, Conch. T. Iv, tab. 125, fig. 1183. Petite Coquille ovale, pointue, d'une couleur brun-marron en dedans et en dehors, composée de cinq tours de spire lisses, un peu arrondis; le dernier reste lisse dans le milieu; mais à la base et vers le bord droit, il offre plusieurs stries profondes, qui s'arrêtent à peu de distance du bord droit; l'ouver-ture est ovalaire, striée en dedans; la columelle est large, aplatie et un peu recourbée à la base; la callosité du bord droit est de la même couleur que le reste; elle est plus courte à l'intérieur. (D.. H.)

* PLANCEIA. BOT. PHAN. Les espèces d *Andryala, L., dont l'aigrette est plumeuse, ont été séparées par Necker en un genre distinct qui a reçu le nom de Planceia. Ce genre n'a pas été adopté, du moins sous ce nom. (G.. N.)

* PLANCUS. OIS. Sous ce nom, Klein, dans sa Méthode ornitholo-gique, avait formé un genre pour recevoir les Palmipèdes de haute mer, répartis aujourd hui en plusieurs genres, et qui sont: le Pélican, le Grand Fou, le Fou commun, le Cormoran, le Paille-en-Queue et l'Anhinga. (LESS.)

PLANE, BOT. PHAN. Espèce du genre Erable. V. ce mot. C'est par erreur que les Platanes ont été appelés quelquefois aussi Planes, (B.)

PLANE DE MER. POIS. L'un des noms vulgaires de la Plie. Espèce du genre Pleuronecte. V ce mot (B.)

* PLANER, POIS. V. PÉTROMYZON.

PLANERA, BOT. PHAN. Genre établi par Gmelin (Syst. Veget.), très-voisin de l'Orme, et appartenant, comme lui, à la faraille des Ulmacées ou Celtidées, et à la Polygamie Monœcie, L. Ce genre offre les caractères suivans; les fleurs sont mâles et hermaphrodites, rarement femelles, réunies ensemble, et formant de petits faisceaux, dont les fleurs mâles occupent la partie supérieure. Ces fleurs mâles ont un calice membraneux, subcampanulé, à quatre ou cinq divisions peu profondes; les étamines sont au nombre de quatre à six, saillantes au-dessus du lord du calice. Dans les fleurs hermaphrodites, le calice est semblable à celui des, fleurs mâles. Les étamines sont en méme nombre et disposées de la même manière. L'ovaire est ovoïde, rugueux ou lisse, terminé par deux stigmates oblongs, diveigens et glau-duleux. Le fruit est une capsule globuleuse, membraneuse, à une seule

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loge indetiscente, et contient une seule graine ovoïde et terminée en pointe. Par les caractères de sa fleur et par son port, ce genre a beaucoup d'analogie avec le genre Orme; il en differe surtout par ses fleurs polygames et sa capsule globuleuse et non plane et ailée dans son contour. On ne connaît encore que trois espèces de ce genre. Ce sont de grands Arbres à feuilles simples, alternes, rudes, accompagnées de deux stipules très-caduques. L'une de ces espèces, Planera Richcrdi, Michx., Flor. Bor. Amér., ou Ulmus polygama, Rich., est un Arbre de taille moyenne qui croît à la fois dans l'Amérique septentrionale, et aux environs de la mer Caspienne. On le cultive facilement en pleine terre, aux environs de Paris, et il est connu sous le nom vulgaire, mais faux, d'Orme de Sibérie. Ses jeunes rameaux sont pubescens, ses feuilles sont ovales, oblongues, presque sessiles, glabres à leur face supérieure, pubescentes à l'inférieure, et bordées de larges crénelures obtuses. Le fruit est lisse.

Une seconde espèce est le Planera Gmelini, Michx., ou Planera aquatica Gmel., qui croît dans les lieux humides de la Caroline. Ses jeunes rameaux sont grèles, effilés et rougeâtres; ses feuilles ovales et allon-gées en pointe, pétiolées, dentées en scie, très-lisses et luisantes à leur face supérievre. Les fruits sont recouverts de petits tubercules écailleux. Enfin, une troisième espèce a été réunie à ce genre par Scliultes, c'est le Planera abelicea ou Ulmus abelicea de Sibthorp qui croît dans les îles de la Grèce. Les deux premières espèces, ainsi que nous l'avons dit, se cultivent dans les jardins. On les multiplie en les greffant sur l'Orme commun. (A. R.)

* PLANICAUDATI. MAM. V. PLANIQUEUES.

PLANICAUDES. REPT. SAUR. Duméril désigne sous ce nom une famille de Reptiles qui, dans sa Zoologie analytique, contient les genres Crocodile, Dragone, Lophyre, Basilic, Tupinambis et Céroplate. V. tous ces mots. (B.)

* PLANICEPS. INS, Genre de l'ordre des Hyménoptères, famille des Fouisseurs, tribu des Pompiliens. Dans notr Genera Crust. et Insect. (T. Iv, p. 66), nous avons donné le nom de Planiceps à une espèce de Pompile du midi de la France, remarquable par ses ailes supérieures, n'ayant que deux cellules cubitales complètes; par sa tête très-aplatie, concave au bord posté-rieur, avec les yeux très-écartés; par ses antennes insérées à son extrémité antérieure, très-près des mandibules; par la longueur du prothorax et la brièveté des deux pates antérieures, qui sont d'ailleurs éloignées das autres, courbées en dessous, avec les hanches et surtout les cuisses grandes, disposition qui don-ne à ces pates une certaine analogie avec cclles que nous désignons sous le nom de Ravisseuses. Les yeux sont proportionnellement plus allongés que ceux des autres Pompiliens. La seconde nervure récurrente des ailes supérieures est insérée sous la troisième cellule cubitale, ou celle qui est incomplète; caractère qui distingue les ailes de ces Insectes de celle des Aporus de Spinola. Si; à ces traits distinctifs, l'on ajoute, ainsi que l'a observé Van-der-Linden (Observ. sur les Hyménopt. d'Europe, pre-mière paitie, p. 85), que les tarses antérieurs ne sont point pectinés, et que les jambes postérieures n'ont que quelques épines latérales et courtes, ou aura des motifs suffisans pour séparer ces Insectes des Pompiles, en former un genre propre, et c'est ce quenous avons fait dans notre ouvrage sur les Families naturelles du Règne Animal. Ce profond naturaliste a dé-crit l'espèce qui nous a servide type, et lui a donné le nom de Latreillei. La femelle, seul individu qu'il ait vu, est longue de six lignes, noire, à l'exception des trois segmens de l'ab-domen, qui sont d'un rouge fauve

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en dessus et sur les côtés, avec leur bord postérieur noirâtre; le premier est aussi rouge en dessous. Les ailes sont noirâtres. Carcel, si souvent cité et à juste titre par Lepelletier de Saint-Fargeau dans sa Monographie des Tenthrédines, nous en a montré une Seconde espèce, trouvée par lui aux environs d'Angers. (LATR.)

PLANIFORMES OU OMALOIDES. INS. Nom donné par Duméril (Zool. analyt.) à sa dix-neuvième famille de Coléaptères Tétramères. Il la caractérise ainsi: antennes en masse, non portées sur un bec; corps déprimé. Cette famille renferme les genres Lycte, Colydie, Trogossite, Cucuje, Hétérocère, Ips et Mycéto-phage. (G.)

PLANIPENNES. Planipennes. INS. Latreille désigne ainsi (Fam. nat. du Règne Anim.) la troisième faimille de l'ordre ddes Névroptères, section des Filicornes. Ses caractères sont: niandibules très-distinctes, grandes ou moyennes; antennes tantôt séta-cées, tantôt plus grosses a leur extrémité, multiarticulées; ailes infé-rieures étendues ou simplement un peu repliées ou doublées au bord interne, leur largeur ne surpassant jamais notablement celle des supérieures.

Cette famille est composée de huit tribus. V. PANORPATES, FOURMILIONS, HÉMÉROBlNS, PSOQUILLES, TERMITINES, RAPHIDINES, SEMBLIDES et PERLIDES. (G.)

PLANIQUEUES. Planicaudati. MAM. La famille établie sous ce nom par Vicq-D'Azyr, mais qui n'a pas été adoptée par les mammalogistes modernes, contenait les Castors, les Ondatras et les Desmans. V. tous ces mots. (B.)

PLANIROSTRES. OIS. Duméril, dans sa Zoologie analytique, a nommé Planirostres ou Omaloramphes, les Oiseaux de la sixième famille des Passereaux qui comprend les genres Martinet, Hirondelle et Engoulevent. (LESS.)

* PLANITE. Planises, MOLL. Genre proposé par De Haan pour les Ammonites qui sont à peine involvés, et dont l'accroissement se fait insensi-blement, de sorte que ces Coquilles restent discoides, mais fort aplaties. Nous ne croyons pas que ces caractères soient suffisans pour l'établis-sement d'un genre, surtout lorsque par le grand nombre d'espèces, on trouve entre clles une fusion insensible de tous les caractères tirés de la forme. V. AMMONITE. (D.. H.)

PLANO, PCIS. L'un des noms vulgaires de la Plie. Espèce du genre Pleuroneate. V. ce mot. (B.)

PLANORBE. Planorbis. MOLL. Ce genre fut autrefois indiqué par Lister dans son Synopsis Couchyliorum. Il fait à lui seul une petite section parmi les Coquilles fluviatiles, et il se distingue de toutes les autres par son mode d'enroulement. Lister ne fit pas la faute grossière de confondre les Planorbes avec les Ammonites. Son exemple aurait dû servir aux Conchy-liologues plus nouveaux, qui tom-hèrent néanmoins dans cette erreur. Dès 1756, Guettard caractérisa ce genre d'une manière fort exacte, en y faisant entrer les caractères del'Animal et ceux de la coquille. Il lui don na le nom qu'il a conservé de-puis, celui de Planorbis. C'est dans son Mémoire pour servir à former quelques caractères des coquillages, publié dans les Mémoires de l'Acadé-mie des Sciences, que ce genre fut établi. L'année d'après, Adanson le confirma, en proposant aussi un genre pour les Planorbes. Il lui donna le nom de Goret, qui n'a pas été adopté. Geoffroy, dans son excellent Traite des Coquilles de Paris, a adopté le genre Planorbe institué par Guettard. Comme lui, il le caractérisa d'après l'Animal et sa coquille. Malgré ces antécédens, Linné con-fondit les Planorbes, ainsi que beaucoup d'autres genres non moins dis-tinctS, avec les Hélices, réunissant ainsi des types d'Animaux diveis pour la maniere de vivre et l'organi-

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sation. Qnoique souvent imitateur de Linné, Müller cependant sut éviter cette faute, en admettant le genre Planorbe. En cela, il fut imité par Bruguière. Ainsi, dès la fin du dernier siécle, le genre Planorbe avait été sanctionné par des zoologistes célèbres, et caractérisé dès son origine aussi bien et aussi méthodiquement qu'on pouvait le désirer, à tel point qu'il serait à souhaiter que tous les genres de Mollusques le fussent aussi rationnellement que celui-ci. Les travaux modernes n'ont fait que confirmer de plus en plus ce genre. Lamarck, Draparnaud, Roissy, le consacrèrent dans leurs ouvrages; mais il manquait ce qui manque encore à beaucoup de genres, une anatomie bien faite et complète. Cuvier a rempli cette lacune importante, en publiant dans les Annales du Muséum d'abord, et ensuite séparément, un excellent Mémoire anatomique. Il s'agissait non de confirmer le genre, car tout ce quel'on en connaissait était bien suffisant pour cela, mais d'en établir définitivement les rapports. Etait-ce un Pectinibranche ou un Pulmoné? Il fallait décider la question. Draparnaud avait pressenti les rapports de ce genre avec les Limnées et les Physes. Il en fait une section de ses Gasteropodes; et, sans les caractériser par les organes de la respiration, il arrive, en ignorant leur nature, à un même résultat; mais Geoffroy déjà l'avait fait, il faut le dire, d'une manière fort incomplète. Draparnaud a, de plus, le mérite de n'avoir pas imité les premiers travaux de Lamarck, qui, entraîné par quelques rapports de Coquilles seulement, mit dans sa méthode les Planorbes entre les Ampullaires et les Hélices, en les éloignant à tort des Limnées, qu'il venait de séparer des Bulimes de Bruguière. Le travail de Cuvier ne laissa plus de donte; il vint confirmer l'opinion de Draparnaud et les rapports qu'il avait établis. Bientôt après Lamarck revint de son erreur, et proposa dans l'Extrait du Cours la famille des Limnéens, qu'il composa des genres Limnée, Physe, Planorbe et Conovule; mais ce dernier avec un point de doute, et bien justement. Depuis cette époque, on ne remarqua plus aucune variation dans les ouvrages des zoologistes, relativement à la place des Planorbes dans la série générique. Il est donc inutile de citer des opinions semblables, quoiqu'elles fussent celles de savans recommandables.

Les planorbes ont une organisation très-voisine de celle des Limnées, ayant des habitudes semblables, vivant dans les mêmes lieux. Ils diffèrent plus par la forme de la coquille et la modification qui doit en résulter pour la forme du corps, que par des caractères anatomiques. La plus grande différence extérieure entre les Animaux des Planorbes et des Limnées, existe dans la forme des tentacules; ils sont longs, minces et pointus, et portent les yeux à la partie interne de la base. Le pied, toujours proportionné à l'ouverture de la coquille, est petit et fort court; il s'attache au cou par un pédicule assez long et très-étroit; la bouche, qui est fendue en forme de T, présenle à l'intérieur une dent semi-lu-naire non dentelée et une langue courte, qui ne se prolonge pas en arrière; elle est hérissée de petils crochets cartilagineux; elle aboutit à un œsophage qui, comme dans les Limnées, est fort long et droit; l'estomac est fait de même; le gésier est seulement un peu plus allongé et plus cylindrique; le reste des intestins et le foie sont disposés d'une manière semblable; cependant le rectum est plus épais et plus renflé. L'espèce qui a été anatomisée est la plus grande de celles de nos rivières; elle est tournée à gauche, et tous les organes ont également changé de position; c'est-à-dire que tous ceux qui sont à droite ordinairement, sont ici à gauche, tandis que ceux qui sont à gauche se trouvent à droite. L'ordre normal se rétablit dans les espèces dextres. Les caractères génériques sont exprimés de la manière suivante: Animal co-

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nique, très-allongé, fortement enroulé; manteau simple; pied ovale; tentacules filiformes, sétacés, fort longs; yeux a leur base interne; bouche arroée supérieurement d'une dent en croissant, et inférieurement d'une langue hérissée, presque exsertile; coquille mince, discoide, à spire aplatie, et dont les tours sont apparens en dessus et en dessous; ou verture oblongue, à bords désunis, non réfléchis; point d'opercule.

Les Planorbes sont des Coquilles d'eau douce, où, elles se trouvent quelquefois en grande abundance; elles sont toutes discoïdes; c'est-àdire que la spire est horizontale, de maniere à ne faire aucune saillie. Tous les tours dont elle est composée sont visibles aussi bien en dessus qu'en dessous; elles sont minces, fragiles et légères. Les pays temérés et froids des deux hémisphères paraissent leur convenir plus que les regions méridionales, d'où on n'en a pas encore rapporté, du moins à notre connaissauce. On en trouve plusieurs espèces fossiles dans les terrains tertiaires de France, d'Angleterre et d'Allemagne; quelquesuns ont leurs analogues; mais le plus grand nombre sont jusqu'à présent des espèces perdues.

Unc Coquille remarquable par sa grandeur comparativement aux autres espèces de Planorbes, présentant presque tous les caractères de ce genre, y avait été placée par presque tous les auteurs; cependant sa spire est un peu saillante; rien néanmoins n'aurait déterminé à un changement à son égard, si on n'avait su qu'elle est operculée. Sowerby le premier fit connaitre ce fait, et transporta par suitelc Planorbis Cornu-Arietis parmi les Ampullaires.

PLANORBE CORNÉ, Planorbis corneus, Lamk., Anim. sans vert. T. vi, p. 132, n. 2; Helix cornea, L., Gmel., p. 3623, n. 35; Planorbis corneus, Drap., Moll. terr. et fluv. de France, pl. 1, fig. 42 à 44; Encyclop., pl. 460, fig. 1, a, b. Coquille opaque, peu concave en dessus, beaucoup plus en dessous. toujours tournée à gauche, de couleur cornée ou d'un brun fauve, surtout en dessous et sur le dos, et passant au blauc jaunátre ou verdétre en dessus; les tours sont striés transversalement. Elle se trouve dans presque toutes les eaux douces de l'Europe.

PLANORBE CARENÉ, Planorbis carinatus, Lamk., loc. cit., n. 3; Helix Planorbis, L., Gmel., p. 3617, n. 20; Planorbis carinatus, Drap., Moll., pl. 2, fig. 15, 14, 16; Born, Mus. Cœs, vind., tab. 14, fig. 5,6; Encycl., p. 460, fig. 2, a, b. Coquille cornee, subtransparente, presque aussi concave en dessus qu'en dessous, partagée presque symétriquement par une carène saillante, submédiane; l'ouverture est ovalaire, plus large quelongue. Elle se trouve en France, dans les riviéres et les érangs.

PLANORBE CORNET, Planorbis cornu, Brongn., Ann. du Mus. T. xv, p. 371, fig. 5; Fér., Mém. géol., p. 62, n. 8. Coquille fossile qui se rencontre surtout daus les Silex de la formation lacustre supérieure, et dans une couche marueuse que l'ou a traversée à la Villette en exécutant le canal Saint-Martin. Elle est presque plane en dessus et profondément ombiliquée en dessous; les tours, au nombre de quatre seulement, sont lisses, à peine marques de quelques accroissemeus; le deruier, plus grand que tous les autres, s'agrandit promptement.

PLANORBE EVOMPHALE, Planorbis Euumphalus, Sow., Mineral Conchology, pl. 14o, fig. 7. Coquille des plus remarquables par sa forme, étant tout-à-fait plate eu dessus, comme si on l'aût dressée à plaisir, et concave en dessous; le dessus ct le dessous sont séparés par un angle aigu, mais non saillant, outre des stries transverses, dues en partie aux accroisscmens. Cette Coquille eu offre aussi de longitudinales assez nombreuses et plus sensibles en dessus. Cette espèce vient des terrains lacustres de l'ile de Wight. (D.. H.)

TOME XIV. 2

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PLANORBIER. Planorbarius. MOLL. Le Mollusque des Planorbes. V. ce mot. (B.)

* PLANORBIS. MOLL. V. PLANORBE.

* PLANORBULINE. Planorbulina. MOLL. D'Orbigny, dans son trayail sur les Céphalopodes, propose ee genre dans l'ordre des Foraminiferes, famille des Hélicostègues, pour de petites Coquilles microscopiques multiloculaires, qui ont cette particularité remarqubled'être adhérentes aux corps sous-marins. Ce n'est pas le seul exemple qu'on en connaisse. D'Orbigny a donné à ce genre les caractères qui suivent: côtés inégaux; coquille fixée, déprimée; spire irrégulière, plus apparente d'un côté que de l'autre; ouverture semi-lunaire contre l'avant-dernier tour de spire.

Ne connaissant ce genre que par la figure qu'en a donnée D'Orbigny, il nous serait difficile de donner sur son organisation des détails plus étendus. Nous savons qu'il s'attache aux Corallines surtout, où nous l'avions cherché inutilement. Nous en possédons cependant de la Méditerranée, où il y en a une espèce à laquelle l'auteur que nous citons a donné le nom de cette mer. (D.. H.)

PLANOSPIRITE. Planospirites. MOLL.? CONCH.? Genre propose par Defrance, mais qui n'est pas suffisamment connu. Il y en a une espèce figurée dans la sixième planche du Traité de Malacologie de Blainville, quoiqu'il ne fasse nulle part mention de ce corps. Quelques personnes pensent que le Planospirite n'est autre chose que l'empreinte ou les restes du crochet d'une Coquille bivalve, du genre Gryphée mais cette opinion a besoin d'ètre confirmée. La figure d'un corps qui approche de ceuxci, donnée par Faujas, Hist. nat. de Maëstricht, pl. 22, fig. 2, ne peut cependant pas convenir à ce genre; elle n'en présente pas le caractèrc principal. L'incertitude où l'on est à son égard doit engager les observateurs à faire de nouvelles recherches, pour jeter quelque jour sur ces corps curieux. (D.. H.)

PLANOT. OIS. L'un des noms vulgaires de la Sittèle. V. ce mot. (B.)

PLANTAGINASTRUM. BOT. PHAN. (Heister.) Syn. d'Alisma ou Plantain d'eau. V. ces mois. (B.)

PLANTAGINÉES. Plantagineœ. BOT. PHAN. Petite famille de Plantes, uniquement composée des genres Plantain et Littorelle, et que l'on reconnait aux caractères suivans: les fleurs sont hermaphrodites, unisexuées dans le seul genre Littorella, formant des épis simples, cylincdriques, allongés ou globuleux; rarement les fleurs sont solitaires. Le calice est à quatre divisions profondes et persistantes ou à quatre sépales inégaux, en forme d'écailles, et dont deux plus extérieures. La corolle est monopétale, tubuleuse, à quatre divisions régulières, rarement entière à son sommet. Cette corolle, dans le genre Plantain, donne attache à quatre étamines saillantes qui, dans le Littorella, naissent du réceptacle. L'ovaire est libre, à une, deux ou très-rarement à quatre loges, contenant un ou plusieurs ovules. Le style est capillaire, termiué par un stigmate simple, subulé, rarement bifide à son sommet. Le fruit est une petite pyxide recouverte par la corolle qui pei siste. Les graines se composent d'un tégument propre qui recouvre un endosperme charnu, au centre duquel est un embryon cylindrique axile et homotrope.

Les Plantaginées sont des Plantes herbacées, rarement sous-frutescentes, souvent privéesde tiges, et n'ayant que des pédoncules radicaux qui portent des épis de fleurs très-denses. Leurs feuilles sont radicales, entières, dentées ou diversement incisées. Elles croissent, en quelque sorte, sous toutes les latitudes. Jussieu, ct la plupart des autres botanistes, considèrent les Plantaginées comme véritablement apétales. Pour cet illustre botaniste, l'organe que nous avons

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décrit comme la corolle est le calice, et notre calice n'est qu'une réunion de bractées; mais il nous semble que la constance et la regularité de ces deux organes doivent pluiòt les faire considérar comme un périanthe double, ainsi que l'a plus récemment admis le célèbre R. Brown.

Les Plantaginées sont très-voisines des Plumbaginées, dont elles diffèrent surtout par leur style consiamment simple, par leur ovaire à deux loges souvent polyspermes, tandis qu'il est constamment uniloculaire ct contenant un ovule pendant du sommet d'un podosperine basilaire et dressé dans les Plumbaginées. (A. R.)

PLANTAGINELLA. BOT. PHAN. Mœnch appelle ainsi le Limosella lacustris, L. V. LIMOSELLE. (A. R.)

PLANTAGO. BOT. PHAN. V. PLANTAIN.

PLANTAIN. Plantago. BOT. PHAN. Type de la famille des Plantaginées ce genre se compose d'un très-grand nombre d'espèces herbacées, annuelles ou vivaces, ou méme quelquefois sous-frutescentes. Dans les premières, les feuilles sont en général toutes radicales, étalées en rosaces, entières, dentées ou plus ou moins profondément pinnatifides; d'autres fois les feuilles sont caulinaires et opposées. Les fleurs sont toujours très-petites, sessiles, hermaphrodites, disposées en épis très-denses, cylindriques, allongés ou ovoïdes et presque globuleux. Ces épis sont portés sur des pédoncules plus ou moins longs qui naissent du collel de la racine ou de l'aisselle des feuilles caulinaires, suivant que les espèces sont acaules ou munies d'une tige. Chaque; fleur est placée à l'aisselle d'une petite écaille; elle se compose d'un calice formé de quatre sépales, quelquefois inégaux ct dont deux sont plus extérieurs que les deux autres qui sont plus intérieurs; d'une corolle monopétale, longuement tubuleuse, terminée par un limbe plan et à quatre divisions étoilées, de quatre étamines saillantes, à filamens capillaires, insérées à la base du tube de la corolle, alternes avec ses divisions, à anthères biloculaires presque cordiformes ct allachées au filet par leur base. L'ovaire est globuleux ou ovoïde, terminé à son sommet par un long stigmate subulé, simple ou bifide à son sommet. Le fruit est une petite pyxide ou capsule operculée, à deux ou quatre loges, contenant chacune une ou plusieurs graines.

A. L. De Jussieu (Genera Plantarum) a proposé de rétablir le genre Psyllium de Tournefort, caractérisé par sa capsule dont les loges sont monospermes et par des tiges portant des feuilles opposées, tandis que dans les vrais Plantains il ne laissait que les espèces à loges polyspermes et à feuilles; toutes radicales; mais quoiqu'il existe en effet quelques différences dans le port de ces deux groupes, néanmoins leurs caractères distinctifs sont très-peu fixes, et l'on voit des Plantains à feuilles radicales qui, par avortement, ne contiennent qu'une seule graine dans chaque loge et des Plantains à loges polyspermes qui, par suite de la culture ou quelquefois naturellement, ont une tige plus ou moins développée.

Les espèces de Plantain sont fort nombreuses, ainsi que nous l'avons dit: on en compte environ vingtdeux dans la Flore de France. Quelques espèces sont communes en tous lieux. Ainsi les Plantago major, media et minima, qui, peutétre, ne sont qu'une seule et méme espèce; le Plantago lanceolata, sont excessivement communs dans tous les lieux incultes; les Plantago Psyllium, arenaria, Coronopus, Cynops, couvrent les lieux a rides et sablonneux; on trouve sur les bords de la mer les Plantago maritima, subulata, etc.; sur les montagnes, le Plantago alpina. L'eau distillée des feuilles du Plantago major est employée comme résolutive dans les diverses ophthalmies chroniques. Les graines d'un grand nombre d'espèces de ce genre,

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et en particulier celles des Plantago Psyllium et arenaria, contiennent, dans leur tégument propre, une très-grande quantité de mucilage; aussi leur décoction est-elle employée avec avantage dans les inflammations du bord des paupières. (A. R.)

On a appelé PLANTAIN D'EAU l'Alisma Plantago, L. On trouve dans quelques vieilles relations, et souvent dans l'Histoire des voyages, le Bananier désigné sous les noms de PLANTAIN, PLANTANIER et PANTANO. (B.)

* PLANTAIRES. MAM. V. PALMAIRES.

PLANTE. BOT. PHAN. V. VÉGÉTAL.

PLANTIGRADES, MAM. Nom sous lequel ou désigne les Carnassiers qui, dans la marche, posent sur toute la plante du pied, tels que les Ours, les Coatis, le Kinkajou, etc. V. MAMMALOGIE. (IS. G. ST. H.)

PLANTISUGES OU PHYTADELGES. INS. Famille d'Hémiptères proposée par Duméril (Zool. anal.), et qu'il caractérise ainsi qu'il suit: ailes semblables, non croisées, souvent étendues, transparentes; bec naissant du cou; tarses à deux articles. Cette famille comprend les genres Alcyrode, Cochenille, Puceron, Chermès et Psylle. (G.)

PLANTULE. BOT. PHAN. On appelle ainsi le jeune embryon germé et formant un nouveau Végétal. On a également donné ce nom à la Gemmule ou Plumule. V. EMBRYON. (A. R.)

* PLANULACÉS. Planulacea. MOLL. Deuxième famille du secoud ordre des Céphalopodes cellulacés de Blainville. Elle ne contient que deux genres, dont l'analogie ne nous semble pas entière. Ce sont les Rénulines et les Pénéroples, à litre de sous-divisions. Ils renferment des Coquilles qui ne paraissent avoir qu'une analogie éloignée avec le type du genre. V. RÉNULINE et PÉNÉROPLE. (D.. H.)

* PLANULAIRE. Planularia. MOLL. Genre établi par Defrance pour une Coquille multiloculaire microscopique, qu'il trouva dans les sables à fossiles d'Italie. Blainville l'adopta dans son Traité de Malacologie, à titre de sous-genre des Pénéroples, dans la famille des Planulacés. D'Orbigny l'adopta aussi dans son travail général sur les Céphalopodes; il l'a compris dans la famille des Sticosthègues (V. ce mot), où il est en rapport avec les Marginulines et les Pavonines (V. ces mots). Plusieurs espèces de ce genre étaient connues avant Defrance et D'Orbigny. Fichtcl et Moll, Soldani, en avaient figuré quelques-unes. Blainville confondit l'une d'elles avec les Pénéroples, et l'autre avec les Polystomelles. D'Orbigny, après Defrance, est le premier qui ait bien groupé ces diverses Coquilles, en général peu connues et difficiles, par cela même, à bien mettre en rapport. Voici les caractères qui les réunissent: ouverture arrondie, située au sommet de l'angle extérieur; test très-aplati, triangulaire ou elliptique, ayant à son origine l'empreinte volutatoire; loges obliques, superposées.

D'Orbigny ne compte encore dans ce genre que sept espèces, trois nouvelles, des calcaires de Caen, Planularia elongata, depressa et striata. Les quatre autres ont été figurées. Il les désigne ainsi: Planularia cymba, D'Orb., Modèles de Céphalopodes, 2° liv., n. 7., Mém. sur les Céphal., Ann. des Scienc. nat., 1826. T. I, pl. 10, fig. 9.

Planularia auris, Defr., Dict. Sc. natur., fig. 5,5 a; Orthoceras auris, Sold., Test. T. II, tab. 104, fig. A; Peneroplis auris, Blainv., Traité de Malac., p. 371, pl. 6, fig. 5, 5 a; D'Orb., loc. cit., n. 5. De la mer Adriatique. Fossile à Castel-Arquato.

Planularia crepidula, D'Orb., loc. cit., n. 6; Nautilus crepidalus, Fich., tab. 19, fig. g, h, i; Nautilus lituitatus, Sold., T. I, tab. 58, fig. 66; Polystomella margaritacea, Blainv., Malac., p. 389. De la mer des Antilles et du golfe de Toscane.

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Planularia rostrata, D'Orb., loc. cit., n. 7; Sold., T. I, tab. 48, fig. dd. Fossile dans la Coronime.

Si nous avions conou quelques espèces de ce genre en nature, nous les aurions décrites, ce que nous aurions préléré à une nomenclature empruntée à D'Orbigny; car nous ne nous permettrons jamais de faire une description d'après une figure, quelque parfaite que nous puissions la supposer. (D.. H.)

PLANULITE. Planulites, MOLL. Lamarck est le premier qui ait constitué ce genre. Il le démembra des Ammonites, et il y rangea toutes les espèces aplaties dont les tours sont nombreux, mais peu épais. Par les nuances insensibles qui confondent ce genre avec les Ammonites, Lamarck a été luimême conduit à le supprimer. Montfort le reproduisit quelque temps après, et De Haan l'a conservé, en lui donnant le nom de Planite. V. ce mot. Nous pensons avec Defrance que ce genre, quel que soit le nom qu'on lui donne, n'a pas des caractères suffisans pour être conservé. Il doit rentrer dans les Ammonites, d'où il est sorti. V. AMMONITE et PLANITE. (D. H.)

* PLAQUE DORÉE. INS. Geoffroy donne ce nom vulgaire a u Botys palustrata de Latreille. V. BOTYS. (G.)

PLAQUEMINIER. Diospyros. BOT. PHAN. Genre de la famille des Ebénacées et de la Polygamie Diœcie, L., qui se compose d'Arbres tous exotiques, portant des feuilles simples, entières, alternes, sans stipules; des fleurs polygames et axillaires; ces fleurs out un calice persistant, à quatre ou six divisions profondes; une corolle monopétale urcéolée, ayant son limbe à quatre ou six divisions réfléchies; dans les fleurs mâles on trouve buit étamines incluses, attachées à la base de la corolle et disposées sur deux rangs; leurs filets sont courts, leurs anthéres linéaires allongées, terminées en pointes, s'ouvrant à leur sommet par deux petites fentes longitudinales; un tubercule central tient lieu du pistil avorté: dans les fleurs femelles, la corolle est généralement plus courte et le calice beaucoup plus grand; sur la paroi interne de la corolle on trouve les huit étamines rudimentaires; l'ovaire est globuleux à huit ou douze loges, contenant chacune un seul ovule, qui nait latéralement de leur sommet. Le style est simple, terminé à son sommet par quatre ou six stigimates bifides. Le fruit est globuleux, charnu, environné par le calice qui est persistant et contient un nomore variable de graines comprimées et pendantes; leur tégument propre est assez épais, recouvrant un trèsgros endosperme dur, dans la base duquel est renfermé un petit embryon cylindracé ayant la même direction que la graiue, une radicule très-longue relativement aux cotylédons qui sont très-courts.

Le genre Diospyros est très-voisin du Royena qui n'en diffère que par ses fleurs hermaphrodites ordinairement à cinq divisions, par ses étamines disposées sur un seul rang et ses stigmates entiers. Quant à l'Embryopteris de Gaertner, il ne s'en distingue que par ses étamines dont le nomore est quatre fois plus grand que celui des divisions de la corolle, tandis qu'il n'est que double dans les Plaqueminiers. Les espèces de ce genre sont fort nombreuses; ou les trouve à la fois dans l'ancien et le nouveau continent. Nous allons faire connaitre ici quelquesunes des plus remarquables.

PLAQUEMINIER FAUX-LOTOS, Diospyros Lotus, L. Pendant long-temps on a cru que cet Arbre était celui dont les fruits étaient connus sous le nom de Lotos par les anciens et qui croissait dans le pays des Lotophages; mais on sait aujourd'hui, d'après les observations du professeur Desfontaines, que le véritable Lotos des Lotophages est le Rhamnus ou Ziziphus Lotus. Le Plaqueminier dont il est ici question est un Arbre de moyeune grandeur qui croit dans

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l'Afrique septeutrionale; ses feuilles sont alternes, courtement pétiolées, elliptiques, terminées en pointe à leurs deux extrémités, blancbàtres, pubescentes et légèrement glanduleuses à leur face inférieure, vertes à leur face supérieure. Les fleurs sont assez petites, solitaires à l'aisselle des feuilles; il leur succède des fruits charnus de la grosseur d'une cerise accompagnés à leur base par le calice et contenant généralement huit graines comprimées. Cette espèce se cultive facilement en pleine terre sous le climat de Paris.

PLAQUEMINIER EBÉNE, Diospyros Ebenum, L., Suppl. Arbre a'une trentaine de pieds d'élévation, qui croit dans l'Iinde et qu'on trouve aussi à l'Il-de-Frauce où il présente plusieurs variétés. Son bois a l'aubier fort épais et de couleur blanchâtre, et le cœur d'un beau noir et d'une grande dureté. Ses feuilles pétiolées et coriaces sont ovales, obtuses, glabres; les fleurs sont axillaires, sessiles, réunies au nombre de trois à quinze; les fruits sont ovoïdes, allongés. Il est trés probable que sous le même nom on confond plusieurs espèces de ce genre qui ont, pour caractère commun, un bois noir et très-dur emplomé et connu sous le nom d'Ebène, mais qui diffèrent entre elles par plusieurs autres caractères. (A. R.)

* PLAQUEMINIERS. BOT. PHAN. Famille de Plantes qui est plus généralement désignée sous le nom d'Ebénacées. V. ce mot. (A. R.)

PLARON. MAM. Espèce du genre Musaraigne. V. ce mot. (B.)

PLASMA, MIN. C'est le nom donné par Werner à une variété d'Agate ou de Silex translucide, d'un veit d'herbe entremèlé de blanc et de jaune brunâtre. La plupart des échantillons de Plasma, qu'on voit dans les collections sous la forme d'objets travaillés, ont été trouvés dans les ruines de Rome et principalement aux environs du tombeau de Cecilia-Metella. On rapporte à la même variété des concrétions mamelonnées d'un vert olivâtre qui viennent du Brisgaw, de la Moravie, de la Hongrie, etc.; elles paraissent appartenir au terrain de Serpentine. (O. DEL.)

PLASO. BOT. PHAN. La Plante que Rhecde (Hort. Malab., 6, tab. 16 et 17) a décrite et figurée sous ce nom adopté comme générique par Adanśon, est l'Erythrina monosperma de Lamarck, qui est devenue le butea frondosa de Roxburgh. V. BUTEA. (G.. N.)

PLASTRON, REPT. CHÉL. Le sternum dans les Chéloniens. V. TORTUE. (B.)

PLASTRON BLANC. OIS. Syn. vulgaire du Turdus torquatus, L. V. MERLE. On a aussi appelé Plastron blanc et noir, des Colibris, Gonolec. etc. (B.)

PLATAGONI. MAM. (Belon.) Syn. de Daim. V, CERF. (B.)

PLATALEA. OIS. V. SPATULE.

PLATANARIA. BOT. PHAN. (Dodœns.) Syn. de Sparganium. V. ce mot et RUBANIER. (B.)

PLATANE. POIS. On trouve, dans le Dict, de Déterville, que c'est une Brême, mais nous ne pouvons deviner laquelle. (B.)

PLATANE. Platanus. BOT. PHAN. Genre placé par Jussieu à la fin de la famille des Amentacées, et qui fait partie de la Monœcie Monandrie, L. Il se compose de deux espèces principales, l'une originaire d'Orient (Platanus orientalis, L.), l'autre de l'Amérique septentrionale (Platanus occidentalis, L.). Ce sont deux grands et beaux Arbres dont quelques variétés ont été élevées au rang d'espèces; leurs feuilles sont alternes, pétiolées, grandes, divisées em trois ou cinq lobes palmés et dentés; leurs fleurs sont trèspetites, unisexuées, monoïques, disposées en petits chatons globuleux et pédonculés; les pédoncules, qui sont longs et pendans, portent deux ou trois chatons écartés, l'un terminal et les autres latéraux; cha-

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que chaton se compose d'un réceptacle globuleux chargé de fleurs extrêmement serrées les unes contre les autres; dans les chatons màles, ces fleurs sont autant d'étamines, à filament court, à anthère biloculaire, allongée, tronquée à sou sommet qui se termine par une sorte de tubercule velu, qui semble être une prolongation du filet qui réunit les deux loges; à la base des étamines fertiles ou trouve sur le réceptacle quelques petites écailles ciliées et quelques appendices de forme variée qui paraissent être autant d'étamines avortées: les fleurs fe melles se composent chacune d'un ovaire ovoïde, qui se prolonge supérieurement en un long style épais et glanduleux sur tout un côté. L'ovaire, qui est à peine distinct de la base du style, est uniloculaire et contient un seul ovule Suspendu, très-rarement il en contient deux qui sont superposés. Le fruit se compose de petits akènes subcla viformes, surmontés d'une pointe i; recourbée; chacun d'eux contient une, très-rarement deux graines pendantes, cylindriques et très-allongées. Chaque graine se compose d un tégument assez épais, recouvrant un endosperme blanc et charnu auquel il est légèrement adhérent et dans lequel est placé un long embryon cylindrique, ayant une direction opposée à celle de la graine.

Le PLATANE D'ORIENT, Platanus orientalis, L., est un grand et bel Arbre originaire d'Orient, mais introduit et naturalisé en Europe depuis un temps immémorial; il a d'abord été transporté de l'Asie-Mineure en Sicile; de-là eu Italic, puis. dans toute l'Europe méridicuale. Le tronc du Platane est droit et cylindrique, recouvert d'une écorce lisse qui s'enlève et tombe tous les ans par grandes plaques minces; ses feuilles sont alternes, longuement pétiolées, divisées en cinq ou sept lobes aigus, profondément et inégalement dentées; à la bifurcation des nervures principales on trouve une glande; chaques feuille est accompaguée de deux stipules soudées ensemble par leur côté interne et formant ainsi une sorte de gaine; les chatous sont globuleux, pédouculés, se développant avant les feuilles et terminant les jeunes rameaux. Le Platane est uu Arbre qui peut acquérir de très-grandes dimensions. Les auteurs de l'autiquité nous out transmis des exemples de Plataucs d'une grosseur énorme; tel était celui qui, au rapport de Pline, existait de son temps en Lycie, et dont ie trouc, creusé par le temps, formait une espèce de grotte de quatre-vingt-un pieds de circonférence; il était garni intérieurement de mousse, et Licinius Mucianus, gouverneur de la province, y dina avec dix-huit personnes de sa suite. L'introduction du Platane en Angleterre, en Allemagne et en France est assez moderne: ce fut, diton, Nicolas Bacon, père du fameux chancelier de ce nom, qui, en 1561, fit venir les premiers pieds de Platane en Angte-terrc; vers 1576, L'Ecluse le recut de Constantinople pour le Jardin de Vienne en mème temps que l'llippocastane; enfiu il parait que ce ne fut que long-temps apiès qu'il fut cultivé en France, puisque ce fut Buffon qui en recut le premier pied pour le Jardin des Plautes de Paris. Cependant aujourd'hui cet Arbre est extrèmement commun en France, et on y en voit de très-belles plantations. Le Platauc peut se multiplier de graines, de boutures et de marcottes; c'est ce dernier moyen que l'on emploie le plus fréquemment dans les pépiniéres, parce qu'il est le plus prompt et le plus sûr. Cet Arbre est da petit nombre de ceux qui sont rebelles à la greffe, même sur leur propre espèce; il aime les terrains substantiels, profonds et humides, et lorsqu'il rencontre ces diverses circonstances, il croit avec une vigueur et une rapidité surprenantes. C'est un Arbre très-utile pour faire des alignemens, des avenues. Son bois est blanchàtre, assez dur, ayant quelque ressemblance avec

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celui du Hêtre; mais il a l'inconvénient de se fendre à l'air et d'être facilement attaqué par les Insectes; aussi est-il peu recherché.

Le PLATANE D'AMÉRIQUE, Platanus occidentalis, L., a le même port et peut acquérir les mêmes dimensions que celui d'Orient; il en diffère surtout par ses feuilles plus grandes, divisées seulement en trois lobes peu profonds. On le cultive aussi en France où il s'est très-bien acclimaté. Son bois devient rougeâtre en se séchant, et comme il est agréablement veiné, on l'emploie quelquefois pour faire des meubles; mais son usage le plus général est pour la charpente intérieure et pour la construction des pirogues. (A. R.)

PLATANOCEPHALUS. BOT. PHAN. (Vaillant.) Syn. de Céphalanthe. V. ce mot. (B.)

* PLATANOIDES. BOT. PHAN. (Petiver.) Syn. de Liquidambar styraciflum. (B.)

PLATANTHÈRE. Platanthera. BOT. PHAN. Genre de la famille des Orchidées et de la Gynandrie Monandrie, établi par le professeur Richard dans son travail sur les Orchidées d'Europe, et ayant pour type l'Orchis bifolia, L., que Rob. Brown avait réuni au genre Habenaria. Il en diffère surtout par son anthère, dont les loges, très-écartées l'une del'autre, sont séparées inférieurement par l'aréole stigmatique qui se trouve interposée entre elles, et parce qu'elle ne se prolonge pas inférieurement en deux cornes saillantes; les rétinacles sont latéraux et non terminaux. Du reste, ces deux genres ont entre eux la plus grande analogie; mais aucune des véritables espèces d'Habenaria ne croît en Europe. On les trouve dispersées en Afrique, en Amérique et en Asie. (A. R.)

* PLATAX. POIS. (Cuvier.) Sous-genre de Chœtodons. V ce mot. (B.)

PLATEA, OIS. (Klein et Barrère.) Même chose que Platalea. V. ce mot et SPATULE. (B.)

* PLATEA. BOT. PHAN. Blume (Bijdragen flor. van nederl. Ind., p. 646) a établi sous ce nom un genre qu'il place à la suite des Santalacées, mais qui, à raison de la position des étamines et de la supérité du fruit, doit peut-être faire partie des Olacinées. Voici les caraotères qu'il lui attribue: fleurs dioïques; les mâles ont un calice infère, petit, à cinq pétales imbriqués; une corolle à cinq pétales cohérens par la base; cinq étamines dont les filets sont courts, insérés à la base des pétales et alternes avec ceux-ci. Les fleurs femelles ont le calice comme dans les mâles; point de pétales; un ovaire supère, uniloculaire; un stigmate grand, sessile, discoïde, obtus. Le fruit est une baie drupacée, à noix oblongue, anguleuse, et ne contenant qu'une seule graine dont l'albumen est charnu, et l'embryon inverse. Ce genre est très-voisin du Nyssa dont il se distingue principalement par son calice infère. L'auteur en a décrit seulement deux espèces, Platea excelsa P. latifolia, qui croissent dans les forêts de la montagne de Salak à Java. Ce sont des Arbres à feuilles alternes, entières. coriaces, les plus jeunes couvertes d'écailles ainsi que les rameaux et les pédoncules; les fleurs mâles sont disposées en épis rameux, et les femelles en grappes simples. (G.. N.)

PLATEAU. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires du Nymphea alba. V. NÉNUPHAR. (B.)

PLATEAU. BOT. CRYPT. Paulet donne ce nom à divers Agarics, avec les épithètes de Queue torse, de Farinier, de Porcien, et autres dans le même goût. Son Plateau de SainteLucie est aussi appelé Petit-Evêque, etc., etc. (B.)

PLATESSE ET PLATESSA. POIS. Syn. de Plies, sous-genre de Pleuronecte. V. ce mot. (B.)

* PLATICARPIUM. BOT. PHAN. Pour Platycarpium. ce mot. (G.. N.)

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* PLATICARPOS. BOT. PHAN. (De Candolle.) V. FUMETERRE.

PLATIGÈRE. Platigera. BOT. CRYPT. (Lichens.) Même chose que Peltigère. V. ce mot. (A. F.)

PLATINE. MIN. Substance métallique, d'un gris d'acier approchant du blanc d'argent, malléabie, trèspesante, infusible, inattaquable par l'Acide nitrique, mais soluble dans l'Acide nitro-muriatique, d'où elle est prépitée à l'état d'Oxide jaune par les sels de Potasse et d'Ammoniaque. Le Platine l'emporte en pesanteur spécifique sur tous les autres Métaux connus. Suivant Borda, le Platine puritié et écroui pèse 20,98. Il se laisse facilement laminer et tirer à la filière; il recoit un beau poli, et comre il est inaltérable à l'air, il conserve son éclat pendant très-long-temps.

Le Platine ne se rencontre dans la nature que sous la forme de grains aplatis, plus ou moins volumineux, mais généralement fort petits, et jusqu'à ces derniers temps, on ne l'avait trouvé que dans les terrains de transport anciens, dans les dépôts aréna cés qui renferment en même temps l'Or en paillettes et le Diamant. Les grains de Platine varient depuis la grosseur de la pondré de chassc jusqu'à celle de la graine de chauvre. On cite quelques pépites de Platine d'un volume remarquable: telles sont entre autres celles du musée de Madrid, provenant de la mine d'Or de Condoto, dans la Nouvelle-Grenade, et dont le poids est d'une livre neuf onces, et celle du cabinet de Berlin, rapportée d'Amérique par Humboldt, et qui pèse environ deux onces. Le Platine, tel qu'on l'extrait par le lavage des sables qui le contiennent, n'est jamais pur; il est presque toujours allié au Far, au Cuivre, au Rhodium et au Palladium, et, de plus, associé à d' autres grains, assez semblables à ceux de Platine, et qui sont un alliage d'Osmium et d'Iridium; quelquefois à des grains de Palladium natif, etle plus ordinairement à des paillettes d'Or et à des grains noirs, composés d'Oxide de Fer, de Titane et de Chrôme. On reconnait aussi, dans le sable platinifère, des Zircons, des Spinelles et des grains vitreux de diverses couleurs.

Le Platine natif a été découvert en 1735 par don Antonio de Ulloa, dans l'Amérique équinoxiale, au Choco. sur les côtes de la mer du Sud. Il est disséminé dans un sable aurifère, qui occupe une surface de six cents lieues carrées. Dans quelques parties du sol, on trouve à une assez grande profondeur des troncs d'arbre très-bieu conservés. Cette observation importante, qui parait s'étendre à tous les terrains meubles dans lesquels le Platine a été observé jusqu'ici, confirme l'opinion généralement admise sur la nature de ces terrains, que l'on considère comme formés par voie de transport et non par les détritus de roches décomposées sur place. Les sables platinifères du Choco sont mêlés de paillettes d'Or, de Zircous et de grains de Fer titané ils ne renferment point de Diamans.

On a retrouvé le Platine au Brésil, dans un terrain d'alluvion aurifère, qui parait devoir son origine à la décomposition de roches d'une; autre formation que celles qui ont donné naissance aux sables du Choco. Ce terrain ne renferme point de Zircons; mais il offre la réunion remarquable du Platine et du Diamant. C'est dans les lavages de Matto-Grosso et de Minas-Geraes, que l'on trouve ce métal, en grains plus gros et moins compactes que ceux du Choco. Le Platine existe encore dans une autre partie de l'Amérique, à Saint-Domingue, dans le sable de la rivière d'Iaky, qui coule au pied du mont Sibao, à environ quarante lieues de Santo-Domingo.

On n'a eu aucun exemple bien authentique de l'existence du Platine dans l' ancien continent, iusqu'à la découverte encore récente de ce métal dans les sables aurifères des

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monts Ourals. C'est à Kuschwa, dans le gouvernement de Perme, à deux cent cinquante werstes d'Ekaterinebourg, qu'on la trouvé d'abord associé à l'osmiure d'Iridium. Ces Métaux se rencontrent presqu'à la surface du sol, dans un terrain argileux, au milieu de fragmens de Diorite, de grains de Fer oxidulé et de Corindon. Aiusi les sables qui les renferment, présentent la plupart des circonstances qu'on a observées dans les terrains aurifères et platinifères du Choco. Le Platine de Kuschwa est en grains beaucoup moins plats, mais plus épais et plus réguliers que celui du Choco. Il est aussi un peu moins riche; car d'après les essais faits par Laugier, il ne contient que 65 pour 100 de Platine, au lieu de 70 à 75. Les grains de Platine proprement dits sont accompagnés de grains blancs et gris, attirabies à l'aimant, qui sont composés, d'après le même chimiste, de Platine, 20; Fer, 5o; Iridium, 15; Osmium, 8; Cuivne, 3. On cite encore comme principales localités du Platine de Russie, Nijni-Taghuilskoï, à vingt-quatre milles d'Ekaterinebourg, et Nischni-Toura. Dans cette dernière localité, le sable platinifère montre quelque analogie avec celui du Brésil, dans lequel se trouvent les Diamans. Il est composé de fragmens roulés d'hydrate de Fer et de Jaspe, et contient plus de Platine que d'Or.

Jusqu'à ces derniers temps, l'origine du Platine, qui se rencontre dans les terrains d'alluvion, a été fort problématique, et l'on n'avait pas encore de notions bien arrêtées Sur le gisement primitif de ce métal. Mais une découverte toute récente, due à Boussingault, est venue répandre du jour sur cette importante question. Ce naturaliste, qui explore en ce moment les régions équinoxiales du Nouveau-Monde, ayant visité les mines d'Or de Santa-Rosa, dans la province d'Antioqua, a reconnu que le Platine existe dans les filons aurifères de la vallée des Ours, à dix lieues de Médellin. Ces filons renferment du Fer hydraté; il suffit de broyer les matières qui les cemposent, pour en obtenir ensuite par le lavage l'Or et le Platine qu'elles contiennent. Les grains que Boussin-gault a reconnus dans la poudre, provenant d'un de ces filons, étaient semblables, par leur forme et par leur aspect, à ceux qui viennent du Choco. La forme de larmes arrondies que présentent les pépites de Platiue des terrains de transport, a fait présumer que ce métal avait été longtemps roulé. Il est remarquable que le Platine de Santa-Rosa, dégagé de sa gangue sous les yeux de Boussingault, lui ait offert cette apparence de matière roulée, qui, au reste, n'est pas particuliére au Platine; car on l'observe trés-souvent sur l'Or provenant des mêmes filons.

Les filons aurifères et platinifères de Santa-Rosa appartiennent à la formation de Syénite et de Grünslein, et se trouvent dans une Syénite décomposée, liée a la même roche non décomposée, qui forme la vallée de Médellin. La vallée des Ours étant très-voisine de la province du Choco, dont elle n'est séparée que par une branche de la Cordilière des Andes, cette circonstance explique la présence du même métal dans les terrains d'alluvion de cetle vallée.

Le Platine de l'Amérique orientale ne parait pas appartenir àla même formation de roches que le Platine de l'Amérique occidentale, et celui de l'Oural, qui lui est analogue. D'après les observations d'Eschwège, il n'y a dans la province de Minas Geraes, ni Syénites zirconiennes, ni Diorites, mais des roches quartzeuses, mélangées de Chlorite et dc Fer oligiste métalloïde, qui, par leur décomposition, ont donné naissance aux alluvions aurifères et platinifères du Brésil.

La propriété dont jouit le Platine de résister au feu le plus violent, d'être inattaquable par la plupart des Acides et par l'action de l'air atmosphérique, le rend extrêmement précieux dans les arts. On l'emploic

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pour faire des creusets, des capsules, des cornues, des pinces et cuillers à l'usage des chimistes et des minéralogistes. On s'en est servi dans la construction des miroirs de télescope; on exécute en Platine la pointe des paratonnerres, le bassinet et la lumière des armes à feu, les élalons des mesures, etc. Enfin ce métal, à l'éta d'Oxide, s'applique sur la Porcelaine, et produit sur cette matière un enduit inaltérable, d'un éclat métallique et d'une teinte intermédiaire entre le blanc d'Argent et le gris d'Acier.

Le Platine serait au nombre des Métaux usuels s'il était moins rare et moins difficile à purifier. Jusqu'à présent, il n'en est entré dans le commerce qu'une petite quantité, qui nous est venue tout entiére de l'Araérique. Ce métal vaut encore de 4 à 5 francs l'once lorsqu'il est brnt, et de 16 à 24 francs lorsqu'il est travaillé. Mais vu la découverte récente du Platine en Russie, il y a lieu d'espérer que ce métal précieux cessera bientôt d'être d'un prix aussi èlevé. Les nouvelles mines des monts Ourals sont si riches, qu'on assure qu'elles ont déjà fait baisscr ce prix de près d'un tiers à Saint-Pétersbourg. (G. DEL.)

PLATISMA. BOT. CRYPT. (Lichens.) P. Browne est le fondaleur de ce genre, adopté par Adanson qui y renfermait des Borréres et des Evernies; il n'a point été adopté par les lichénograpbes modernes, non plus que le Platisma d'Hoffmann aujourd'hui réparti dans les genres Barrera Cetraria, Ramalina Endocarpon Pannelia et Slicla. (A. F.)

* PLATISPERMUM. BOT. PHAN. Pour Platyspermum. V. ce mot. (G.. N.)

* PLATOCYMINUM. BOT. PHAN. (Césalpin.) Syn. de Lastrpilium Siter. (B.)

* PLATOGNI. MAM. V. DAIM AU MOT CERF.

* PLATON. Nom vulgaire et générique des Poissons du sonsgenre Able dans quelques provinces méridionales dé la France. V. ABLE. (B.)

* PLATOSTOME. Platostoma. BOT. PHAN. Palisot de Beauvois (Flore d'Oware et de Benin, vol. 2, p. 64, tab. 95 f. 2) a décrit et figuré sous le nom de Platostoma africanum, une Plante qu'il considere comme formant un nouveau genre de la famille des Labiées et de la Didynamie Gymnospermie L. Voici les caracteres génériques qu'il lui attribue: càlice d'une seule piéce, tubuleux, a deux lévres entiéres, bouché et fermé apres la floraison par la lévre supérieure; corolle trés-ouverte, à deux levres; la supérieure presque entiére; l'inférieure à trois divisions, dont les deux laterales sont longues obtuses; l interroediaire liguliforme échancrée; quatre étamines didynames, dont les filets sont larges et aplatis; un seul style, surmonié d'un stigmatebifide. Selon Palisot de Beauvois, ce genre se rapproche par le càlice des genres Scutellaria, Cryphia et Prostanthera; mais il en différe par la corolle et les filets des étamines. Son port est absolument le néme que celui de l'Ocrmum heptodon et de l'O , monostackyum également figure's dans la Flore d'Oware. Ces trois Plantes nous semblent se rapprocher beaucoup du genre Plectranthus de L'Heritier.

Le Platostoma africanum, Beauv., loe. cit., a une tige rameuse, garnie de feuilles ovales et crénelées. Les fleurs sont roses et forment des épis verticillés au sommet Jes rameaux. Cette Plante croit dans le royaume de Benin, en Afrique. (G.. N.)

PLATRE. GÉOL. V. GYPSE.

*PLATUK. ois. Ce nomgénérique est appliqué par les Javanais à tous les Pics de leur île. 11s les distinguent par des noms spécifiques. Ainsi le Platuh-Ayam est le Picus javanensis du Catalogue systématique d'Hors-field; le Platuk-Bawang en est le Picus bengalensist; le Platuk-Lallar,

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le Picus minor; le Platuk-Watu, le Picus tristis. (LESS.)

PLATURE. Platurus. REPT. OPH. Sous-genre de Vipère. V. ce mot. (B.)

PLATUSE. POIS. L'un des noms vulgaires de la Plie. V. PLEURONECTE. (LESS.)

* PLATYCARPIUM. BOT. PHAN. (Rœmer et Schultes.) Pour Platycarpum. V. ce mot (G.. N.)

PLATYCARPUM. BOT. PHAN. Genre de la Pentandrie Monogynie, L.,établi par Humboldt et Boupland (Plant. œquia. 2, p. 80) qui l'ont ainsi caractérisé: càlice à cinq divisions profondes, égales et lancéolées; corolle velue extérieurement, dont le tube est court, hérissé intérieurement, le limbe à cinq découpures arrondies, ovales et ondulées; cinq étamines insérées au sommet du tube; dix nectaires entourant l'ovaire qui est surmonté d'un style droit et d'un stigmate bilamellé; capsule comprimée, échancrée à la base et au sommet, marquée des deux côtés d'un sillon longitudinal, bivalve, presque coriace, et dont la cloison est opposée aux valves; deux graines membraneuses sur leurs bords. Ce genre a été rapporté à la famille des Bignoniacées; mais Kunth qui, à la vérité, n'a pas vu les échantillons sur lesquels il a été formé, met en doute ce rapprochement, probablement à cause de ses cinq étamines égales, et de ses feuilles simples et opposées, caractéres insolites dans la famille des Bignoniacées. Il ne renferme qu'une seule espéce décrite et figurée par Humboldt et Bonpland (loc. cit., p. 81., tab. 104)sous le nom de Platycarpum orinocense. C'est un Arbre élégant, haut de vingt à quarante pieds, dont le bois est blanc, l'écorce trés-lisse, mince, à branches opposées, garnies au sommet de poils roussâtres. Les feuilles sont médiocrement pétiolées, opposées, ovales, lancéolées, trés-entières, arrondies, atténuées à la base, blanchâtres, tomenteuses, à nervures couvertes de poils ferrugineux; les fleurs dont la corolle est rosée, forment une panicule terminale plus courte que les feuilles. Cet Arbre croît sur les bords de l'Orénoque, prés d'Atures, dans l'Amérique mériaionale. (G.. N.)

PLATYCÉPHALE. POIS. Genre établi par Schneider, que Cùvier n'adopta que comme un sous-genre de Cotte. V. ce mot. (B.)

PLATYCÉPHALE. INS. Genre de Charansonites. V. RBTNCHOPHORE. (G.)

PLATYCÉRE. Platycerus. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamércs, famille des Lamellicornes, tribu des Lucanides, établi par Latreille aux dépens dugenreLucane deLinné, auquel Geoffroy a vaitdonnélenom de Platycerus, et ayant pour caractéres: yeux eniiéfement à nu ou point couvertspar les bords de la téte; palpes courts; lévr à divisions nuiles ou trés-courtes. Ce genre est si voisin des Lucanes que Latreille les a réunis dans le Régne Animal, et l'a consideré comme devant former une division dans le genre Lucane. Le caractérc le plus saillant qui distingue les Lucanes, est d'avoir les yeux entiers, tandis que les Platycéres les ont coupés par les bords de la téte. Les palpes et les antennes présentent aussi quelques légéres differences, qui peuvent encore servir à distinguer ces deux genres. Ainsi, dans les Platycéres, les palpes maxillaires ont leurs trois pre. miers articles presque éganx en longueur, ou du moins le second n'a pas d'allongement trés-remarquable, comme dans les Lucanes. Le second article des antennes est plus grand que les suivans; il est plus petit, ou tout au plus de la grandeur du troi-siéme dans ces derniers. Le port des Platycéres et leurs habitudes sont ou paraissent les mémes. Le type de ce genre est:

Le PLATYCERE CARABOÏDE Platycerus caraboides, Latr.; Lucanus caraboides, L., Fabr.

La Ckevrctte bteue, Geoff., Oliv.,

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Ent. T I, n. 1, pl. 11, f. 2, c, d; Pauz., Faun. Ids. Germ., fasc. 58, n. 13. Cet lnsecte est long de présde cinq ligues, aplati, ponctué d'un bleu verdàtre luisant, avec les antennes, les mandibules et les pales noires. Le bord antérieur du chaperon est fortement concave au milieu. Les mamdiboles sont larges, de la longueur de la téte, plus ou moins voûlées au côté interne. Le bord inférieur de ce côté offre plusieurs petiles dentelures. On le trouveaux environs de Paris, dans les bois. (G.)

* PLATYCERIUM. HOT. CRYPT. (Fougéres.) Desvaux (Ann. de la Soc. Linn, dc Paris, juillet 1827, p. 213) a donné ce nom à un genre fonde sur 1'Acrostichum alcicorne des auteurs, qui a été nominé Neuplaty-ceros par Plukenet. II lui a imposé les caractéres essentiels suivans: frondes biforbrmes; les fertiles en partie couvortes de fructifications trés-rappro-chées, et en partie nues. ll y a fait entrer quatre espéces, dont deux étaient réunies sous le nom d'Acros-tichum alcicorne. Les deux autres sont l'A. stemmaria, Palis. Beauv. Flor. Oware tab. 2, et l'Osmunda coronaria, Mùller, ou A. biforme de Swartz. Ces Fougéres sont originaires des confrées équatoriales. (O.. N.)

PLATYCERQS. MAM. V. DAIM au mol GERF.

* PLATYCERQUE. Platycercus, ols. Vigors, ornithologiste anglais trés-instruit, a formé sous ce nom un genre destiné à réunir plusieurs especes de Perroquets ou Perruches à larges queues. Dans ce nouveau genre vieunent se ranger les Psillacus Pennantii, Jlaviventris, eximius, Brownii, etc. V. PERROQUET. (LESS.)

* PLATYCHEILUS. BOT. PHAN. Le genre Holocheilus proposé par Cassini, a reçu de son auteur luiméme le nouveau nom de Platycheilus, qui exprime mieux la largeur remarqueble et insolite de 1a lévie inlérieurc de sa corolle. Celui d'Holocheilus pourrait enlraîner une idée fausse, parce qu'il ferait sapposer que la lévre intérieure de la corolle est indivise; caractére exceptionuel dans la tribu des Nassauviées. Cette lévre est large, ovale, lanoéolée, composée de deux laniéres planes, plus ou moins agglutinées entre ellesu Du reste, Ies caractéres et la composition du genre Platycheilus ont été exposés dans ce Dictionnaire àl'artide Holochkllus. (G.. N.)

* PLATYCHILUM. BOT. PHAN. Genre de la famille des Légumineuses, établi par Delaunay (Herb, de l'Amateur, tab. 187) et admis par De Candolle (Prodr. Syst. ueget., 2, p. 116), avec les caractéres suivans: calice bilabié; la lévre supérieure tréslarge, échancrée; l'inférieure tridentée; dix étamines monadelphes; ovaire stipité; légume ovoide, à une ou deux craines. Ce genre a été formé sur une Plante de la Nonvelle-Hollande, qui est connue dans les jardins sous le noin de Gompholobium celsianum; mais ses caractéres le rapprochent des genres Platylobium et Bossiœa, qui font partie, selon De Candolle, de la tribu des Lotées, tandis que le Gompholobium est placé dans la tribu des Sophorées. Le Platychilum celsianum a des feuilles simples, lancéolées, portees sur de courts pétioles. Ses lleurs sont disposées en grappes paniculées et axillaires. (O.. N.)

* PLATICOPES. INS. Genre de Charansonites. V. RUYNCHOPHORE. (G.)

* PLATYCRINITE. Platycrinites. ÉCHIN. Genre de l'ordre des Crinoïdes, ayant pour caractéres: Animal ayant une colonne elliptique ou pentagone (dans une espece seulement) forinée de nombreuses articulations: bras auxiliaires, latéraux, naissaut de la colonne à des intervalles irré guliers; bassin en forme de fou-coupe, formé de trois piéces aplatics, inégales, sur lesquelies sont appuyées cinq larges plaques scapulaires aplaties base pourvue de fibres radiciformes servant à fixer l'Animal. Beaucoup de caractéres distinguent

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ce genre des autres Crlnoides, mais le défaut de plaques costales, suppléées parde larges plaques scapulaires, suffirait pourle distinguer an premier aperçu. Dans ce genre, la colonne, proportionnellement tres-gréle est formée de nombreuses piéces articulaires, elliptiques dans la plupart des espéces, pentagones dans une seule. Les articulations elliptiques ont leur centre percé d'un petit trou circulaire; elles sont peu épaisses; aux extrémités deleur grand diamétre existe souvent une petite facelte qui donne attache aux bras latéraux auxiliaires; les surfaces par les quelles elles sont articulées ont une côte saillante, suivant la longueur du grand diamétre; elles ne se toucbent quepar cette partie, de sorte que pour que leur union fût solide, il devait necessairement exister, pendant la vie de L'Animal, une substance charnue ou cartilagineuse qui remplissait l'intervalle que laissaient necessairement entre elles des piéces qui ne setouchaient que par un point; il devait résulter de cette disposition que la colonue jouissait d'une grande flexibilité. Les piéces articulaires ne se toucbaient méme pas par toute l'étendue de la cô[p te saillante de leur grand diamétre, mais par un point seulement; leurs grands diamétres se croisent plus ou moins; cette disposition permettait à la colonne de se fléchir dans tous les sens; si, dans leur réunion les piéces articulaires eussent àté juxta-posées demaniére à ce que les côtes saillantes de leurs grands diamétres respectifs se fussent louchés dans toute leur étendue, on sent que la colonne n'eût pu se flé-chir que dans deux directions opposées. Prés du bassin, les piéces articulaires sont à peu prés circulaires; dies ne se touchent plus au moyen d'une côte transverse, mais par une surface plate striée en rayons; à mesure que les piéces articulaires s'éloignent du bassin, elles prennent peu à peu la forme elliptique et leur côte transverse. Dans l'cspece de Plalycrinite dont la colonne est à cinq angles, les moyens d'union sont disposés autrement; les surfaces articulaires sont strides en rayons et se touebent par toute leur étendue; les articulations sont alternativement plus grandes et plus petites, et leur centre est perforé en étoile. Les bras auxiliaires de la colonne naissent aux extrémités du grand diamétre des articulations; ils sont formés de nombreuses piéces articulaires arrondies, perforées dans leur centre, adhérant entre elles par des surfaces striées en rayons. Le bassin dont la figure approche de cellc d'une soucoupe, est formé de trois piéces aplaties, de grandeur inégale, dont la réunion simule un plateau légéreirtent concave eu dessus à cinq ctés et à cinq angles. Sur les cinq cétés viennent s'arliculer par leur bord inférieur cinq grandes plaques scapulaires, elles se touchent entre elles par leurs bords latéraux; leur bord supérieur présente dans son milieu une petite échancrure en fer à cheval dans laquelle s'articulent les bras; la cavité formée par le bassin et les épaules, est recouveite par un tégument protégé par de nombreuses écailles cal-caires; ce tégument se prolonge sur les sillons des bras, des mains, des doigls et des tentacules. ll Y a cinq bras qui naissent chacun dans l'é-chancrure des épaules; ils sont fort courts, presque toujours formes d'u ne seule piéce echancrée en dedans, arrondie en dehors, ayant en dessus deux facettes obliques sur lesquelles s'appuient deux mains; cellesci consistent en deux piéces calcaires, courtes, āchancrées en dedans; la sùpérieure a deux faccttes obliques qui supportent les doigts; ces derniers, au nombre de deux ou de trois pour chaquc main sont trés-longs et contitués par deux series de piéces nombreuses, toutes de méme forme, articulées entre elles, et se touchant lntéralement ou plutôt se rccouvrant on partie les unes les autres; elles sont, du reste, disposces comme les piéces articulaires des doigts de l'Encrinite moniliforme. Ses tentacules

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fort nombreux, dirigés en dedans, formés de plusicurs petites piéces calcaires, naissent sur deux rangs des mains el des doigis, comme dans lous les autres Criooïdcs.

Ce genre intéreàsant renferme six espéces, toutes fossiles; œ sont: les Platycrinitcs lœais, rugosus tuberculatas, granulotus, siriatus, pentangularis, décrits et figurés par Miller dans sa belle Monographic des Crinoïdes. (E. D.. L,.)

*PLATYDACTYLES. HEPT. SAUR. Sous-genre de Gecko. V. ce mot. (B.)

* PLATYGASTRE. Platygastcr. INS. Genre de l'ordre des Hyménoptéres, section des Térébrans, famille des Pupivores, tribu des (Oxyures, établi par Latreille, et ayant pour caracteres essentiels: point de cellule radiale; antennes de dix articles dans les deux sexes; le premier et mémele troisiéme fortallongés; palpes maxillaires non saillanS; abdomen déprimé, en spatule. Ce genre se distingue des Béetbyles, Dryéenes, Antéons, Hélore, Proctotrupe, Cinete et Bélyte, parce que œeuxci ont des cellules ou des nervures brachiales ou basilaires; ce qui n'a pas Ueuchez les Platygastres, Les Diapries ont les antennes insérées sur le front, tandis que dans les Hyménoptéres qui nous occupent, clles prennent attache prés de la bouche. Enfin, les genres Ceraphron, Sparasion Téléas et Sœllion, qui ont les antennes insertes demàme, se distinguent des Platygastres, parce qu'ils ont tous une cellule radiale aux ailes supérieures. Le corps des Platygastres est allongé; leur téte est grosse et porte sur le vertex trois petits yeux lisses, disposés en triangle et écartés entre eux. Les antennes sont coudées, insérées prés de la bouche, plus grosses à leur extrémité dans les femelles. Les mandibules sont terminécs par deux dents. Les palpes maxillaires et les labiaux sont composés de deux articles. Le segment antérieur du corselct est court, transversal; les ailes stipérieures n'ont qu'une nervure qui part de la base ens'écartant peu du bord extérieur, et qui est terraiaée par un point plus gros. L'abdomen est allongé et les pates de longueur moyenne. Ce genre est composé de peu d'espéces; elles sont trés-petites. ll est probable que leurs larves vivent aux dépens d'autres larves, comme cela a lieu pour les Hyménoptéres de leur tribu.

Le PLATYGASTRE DE BOSC, Platygoster Boscii, Latr., Régn. Anim. T. IV, p. 179; Lepel. St.-Farg. et Serv., Encycl. méth.; PsiUis Boacii, Jur., Hym., p. 314. ll est long d'une ligne et demie au plus, noir. Ses ailes sont transparentes. Le premier segment de l'abdomen émet, en dessus, une corne qui se recourbe sur le dosdu corselet, el dont l'extrémité touche la téte. On le trouve au mois de juin sur les fleurs, aux environs de Paris. (G.)

* PLATYGĖNIE. Platygenia. Genre d'InSfectes Coléoptéres, de la famille des Lamellicornes, établi par W. S. Macleay, dans un ouvrage intitule Horœ Entornologic œ (ier vol. jre part., p. 151), et qu'il glace dans celle qu'il nomme Cetoniidœ, correspondanle à notre section des Mélitophiles tribu des Scarabéides. Les Platygenies sonl trés-voisines des Trichius 'de Fabricius, et c'est meme à ce dernier genre que Seheen herr (Syn. Ins'. T. 1, part. 3, append., p. 38) rapporte sous la dénomination spéeibque de barbatu#, l'lnsecte qui a servi de type à Cette nouvelle coupe généitque, où du moins une espéce qui s'en rapprocbe beaucoup; mais a raison de leor menton, beaucoup plus spacicux et enfoncé dans son milieu elles tiennent davantage des Crémastocheiles et des Goliaths; elles en different neanmoins par l'ensemble des caracteres suivans: corps trésaplati, avec le corselet presque en forme de cœur, largement tronqué aux deux extrémités; màcboires terminées par un faisceau de poi!s; leur lobe interne triangulaire, échancré au bout, soyeux; dernier article

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de leurs palpes ovoIdo-cvlindirque; menton presque carré, échancre au milieu du bord supérieur et un peu àcbancré sur les côtés.

Macleay ne cite qu'une seule espéce (Zairica), recueillie sur les bords du Zaira en Afcique, par le naturaliste anglais Cranch, qui a été victime de son dovouement à la science. Le corps est trésnoir, luisaut, avec la tete ponctnée; le corselet lisse et les elytres striées; l'anus et le dessous du corps tirent sur le fauve. Le Trichius barbalus de Schœnherr est de Sierra-Leone. 11 est noir, luisant, avec les élytres sillon, nées et les jambes posténeores garnies, ainsi que les màchoires d'un duvet épais lauve. (LATR.)

PLATYGLOSSATES. Platyglaséala INS. Denomination employée par Latreille et appliquée à plusieurs Insertes de l'ordre des Hyménoptéres. Elle embrassait la section des Hyménoptéres Porte-Aiguiltons, à l'exceptioor de la famille des Apfaires. (AUD.)

* PHATYGRAMMA. BOT. CRYPT. (Lichens.)Ce genre vient d'étre établi par Meyer (Lich. disp.) qui l'a caractérisé ainsi: les sporocàrpes (apothécies) linéaircs, presque simples ou rameux, et disposés en rayons; lame proligére libre, dcprimée, plane, sans bordure, ou entourée par un rebord formé par le thalle; les sporules s'échappant du disque. Ce sont des Lichens exotiques dont quelquesuns ont été compris dans les Grapbis par Acharius; patexemple, le Graphis dendrilica; il y raméue quelques Arthonia décrits et figurés dans notre Essai sur les Cryptogames des écorces exotiques officinales, et les trois genres proposés par Eschweiler sous les noms de Diorigama, Lciureuma et Pyrochroa. II faut attendre un Synopsis etdes figures pour prononcer definitivement sur la validité de ce genre nouveau; nous nous coutenterons de faire rerarquer que Meyer n'a point trouvé de caractéres suffisans pour conserver les genres Borrera,Evernia, Cornwcularia, Cetraria, Roecella Romalina,Alectoria et Usnea et asucepenaantentrouverpour établir dans les Graphidées troisenresqui lui appartiennent: ce sont les genres Asterisca,Leucogramma et Platygramma. (A., V.)

*PLATYLEPIS. BOT. PHAN. Nom d'un geure nouveau, que nous avons proposé dans notre Monographie des Orcnidées des iles de Fiance et de Mascareigne (Mém. Soc. Hist, nat de Paris, iv, p. 34), et qui a pour type le Goodyera occulla, Du Petit-Thouars, Orch., tab. 28. Les caraotéres de ce genre sout les suivaùs: càlice connivent, presaue cylfadrique; labelle 'petit, orbiculaire, formant avec les deux divisions Internes du càlice, un tube qui embrasse le gynostame et se soude avec luis Ce gynostéme ainsi caché, est à peu prés de la longueur du càlice: I'anthére est terminale, operculiforme; les masses polliniques, aunombre de deux, sont oblongues, étroites, soudées par leur partie antérieure sur use glande qui existe a la face antérieure du clinandte. Ces masses polliniques sont composées de granules réunies par une sorte de réseau élastique.

Ce genre ne se compose edeore que d'une seule espéce: Platylepis goodyeroides, Nob. loc. cit., tab. 6 f. 4. C'esl une Orchidée qui a le port des Goodyera, des feuilles réticulées, minces, des tleurs disposees en épis, et accompagnées de bractées extrémemeut larges, et qui les cachent en grande partie. Ce genre différe du Goodyera par son gynostéme tréslong, son labelle soudé avec les deux divisions internes du càlice, et formant un tube qui euvironnele gynostéme et se soude avec lui. La Plante qui le constitue croit aux iles de France et de Mascareigne. (A. R.)

PLATYLOBE. Plalylobium. BOT. PHAN. Genre de la famille des Légumineuses établi par Smith (in Transact. Soc. Linn., vol. a, p. 35o vol. 9, p. 31a), adopté par R. Brown et De Candolle, qui lui ont assigné les

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oaractérea suivans:calice accompagné de bractées, bilabié, la lévre supérieure bifide, arrondi, trés grande; les dix étamines toutes soudées par leurs fiiets; légume pédiceilé, plane, comprimé, ailé sur le dos et polysperme. Ce genre, auquel Salisbury a donné le nom de Cheilococca, est voisin du Bossiœa; il fait partie ainsi que ce dernier, de la tribu des Loiées, établie par De Candolle dans le second volume de son Prodromus systematis vegetabilium. ll se compose de cinq espéces, toutes indigénes de la Nouvelle-Hollande. Ce sont des Arbrisseaux à feuilles opposées, simples, munies de deux stipules. Les ileurs sont axillaires, jaunes, l'étendard rouge à sa base. On cultive, dans les jardins d'Europe, les trois espéces suivantes, qui appartiennent légitimement au genre Platylobium sevoir: Platylobium formosum, Smith, Nov.-Holl., 1, p. 17, tab. 6; Vent., Jardin de la Malmaison, tab. 31; Curtis, Bot. Magaz., tab.). 469; Cheilococca apocynifolia Salisb. Prodrom. p. 412. Platylobium parvf-florum, Smith, loc. cit., p.118; Sims, Bot. magaz., tab. 1520. Celle espéce a de grands rapports avec la précédente; mais elle est moins élégante. Plaiylobium triangulare, Rob. Brown in Hort. Kew., édit. 2, vol.4 p. 266; Sims, Bot. magaz., tab. 1508. Cette Plante est indigéne de l'ile de Van-Diémen, d'où elle a été rapportée et introduite dans les jardins par R. Brown, en 1805.

A l'égard des Platylobium micro-phyllum, lanceolatum, ovatum et Scolopendrium, décrits par divers aateurs, ce sont des espéces de BOASIŒA. (G.. N.)

* PLATYNA. INS. Wiedemann désigne ainsi dans ses Analecta Entom. (p. 12) un genre d'Insectes de l'ordre des Diptéres, famille des Notacanthes, qui se distingue de tous les autres de la méme famille par les caracteres suivans: antennes avancées plus longues que la téte, de trois articles; les deux premiers cy lindriques, de la méme longueur, et le troisiéme plus court, comprimé, pointu; une seule épine et reconrbée à l'écusson. L'abdomen est large, ainsi que dans les Slratiomes; dela l'origine du nom imposé à ce nouveau genre. D'aprés la figure grossie qu'il donne de l'antenne, il paraitrait que la derniére piéce en serait inarticulée et terminée par un petit style ou une soie fort courte. Si cette piéce n'est point annelée, ce genre formerait, sous ce rapport une exception au caractére général des Insectes de cette famille. ll cite pour type le Stratiomys hastata de Fabricius. Cet Insecte est long de trois lignes, noir, avec le corselet doré. L'abdomen est dilaté postérieu rement avec le disque et une bande argentés. On le trouve en Guinée. (LATR.)

PLATYNE. Platynus. INS. Nom donné par Bonelli à un genre de Coléoptéres Pentaméres, de la tribu des Carabiques, et auquel il assigne pour caractéres essentieb: labre transverse, entier; tous les palpes ayant leur dernier article cyliudrique, ovale à peine tronqué; corps trésdé-privné; corselet sessile; abdomen trés-large: menton ayant une dent simple. obtuse, à l'extrémité de la saillie du milieu; élytres échancrées obliquement, sans points discoidaux remarquables. Les types de ce genre sont les Carabus angusticollia et scrobiculatus de Fabricius. (G.)

PLATYNOTE. Platynotus. INS. Nom donné par Fabrioiusà un genre de Coléoptéres Hétéroméres, formé avec quelques Pédines et quelques Asydes de Latreilie. Ce genre n'a pas été adopté. (G.)

* PLATYOMUS. INS. Genre de Charansonites. V. RHYNCHOPBORE. (G.)

PLATYONIOUE. Platyonichua. CRUST. Genre de l'ordre des Décapodes, famille des Brachyures, tribu des Nageurs, établi par Latreille et fortné oes deux genres Portumne et Polybie de Leacn, que Latreille a

TOME XIV. 3

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réunis aprés s'étre oonvaiucu qu'ils n'ont que de légéros difFérences entre eux, et qu'ils ne doivent pas étrc distingués génériquement. Les caractéres que Latreille assigne á ce genre sont: tous les tarses (les serres exceptées), les postérieurs surtout, aplalis et en nageoires; test presque isométrique, d'une forme se rapprochant de celle d'un coeur tronqué postérieurement ou suborbiculaire; espace pectoral compris entre les pieds ovale; pédicules oculaires courts; secondc paire de pieds aussi longue au moins que la suivante; antennes laterales beaucoup plus courtes que le corps, presque glabres; troisiéme article des pieasmàchoires extérietirs tronqué ou arrondi obliqutiment au sommet, avec un sinus interne sous le sommet, servant d'insertion ál'article suivant; postabdomen ou queue des màles de cinq segmens distincts, celui des femelles de sept. Ce genre, tel qu'il est caràcter ise ici, difiere du genre Thie, que Latreille place prés delui, en ce que dans ce dernier les antennes extérieures sont plus lonues que le corps et ciliées des deux cotés tandis que dans les l'latyoniques elles sont plus courtes et glabres. Les genres Podophtahne, Lupe Cherragone et portune, en sont distingués, en ce que leurs deux pieds postérieursseuls sont termines en nageoires. Enfiu les genres Pilumne, Crabe Tourteau, Piriméle et Atélécycle en different par leurs pieds qui sont tous terminés par un tarse conique et pointu. Les moeurs des Piatyoniqués sont inconnues. On doit présumer qu'elles sont scmblables á celles des Portunes, auxquels cesCrustacés ressemblent le plus pour l'organisation. (Latreille (Encycl. méth.) décrit quatre espéces de Platyoniques; il les place da ns deux divisions principales, ainsi qu'il suit:

† Front avancé en maniere de rnuSeau triangulaire et simplement ondulé sur ses bords; test bombé.

Le PLATYONIQVE MUSELIER, LATI,loe. cit.; Ponunus bigustaus, Risso, Ilist. nat. des Crust, de Nice, pl. 1, f. 2.

†† Front pcu avancé, tridenté (Ies dents latéralcs formées par la division interne des oculaires); dessus du test plan ou peu convexe.

α Test un peu plus large que long, tresarqué latéralement; longueur de son bord antérieur, jusqu'aux angles extéricurs des cavités oculaires faisant la moitié du plus grand diamétre transversal de ce test; uageoires tarsalcs ou celles des deux pieds postérieurs grandes, ovales.

PLATYONIQUE DE HeNSLOW, Platyonichus Henslowii, Latr.; Poly bius Henslowii Leach, Malac., podoph. Brit., tab. 9, n.

β Test aussi long que large; la longueur de son bord antérieur jusqu'aux angles extérieurs des cavités oculaires surpassant la moitié du plus grand diamétre transversal; nageoires dorsales ou celles des deux pieds posté-rieurs presque elliptiques.

PlATYONIQUE DÉPURATEUR Platyonichus depurator, Latr.; Cancer depurater, L.; Portumnus variegatus, Leach Malac. Podoph. Bnt., lab. 4;Séba, nouv. edit., 1828, T. III, tab. 18, n. 9. (G.)

* PLATYONIX. INS. Genre de Charansonites. V. RHYNCHOPUORE. (G.)

* PLATYOPE. Platyopes. INS. Genre de l'ordre des Coléoptéres, section des Hétéroméres, famille des Mélasomes tribu des Piméliaires établi par Fischer, et trés-voisin des Pimelies, dont il ne difiere que parce que les espéces qui le composent ont le corselet en carré transversal; la base des ālytres droite, avec les épaulettes saillante et formant un angle; l'abdomen presque carré, étroit etrétréci en pointe postérieurement, tandis que les vraics Pimélies de cet auteur ont le corselet presque semi-Iu-naire, convexe; les épaules arrondies ou obtuses, point saillantes, et l'abdo-

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men large, subovoide ou subglobuleux. Les especes connues de ce genre sont de la Tartarie Deserte; elles ont été décrites par Fischer dans l'Entomosraphie de la Hussie; i'une d'elles est Alkis leucographa de Fabricius, figurée par Fischer dans l'ouvrage cite cidessus, Coléopt., pi. 15, f. 2. Les deux autres sont nouvelles: ce sont:

La PLATYOPE GRANUUBUSB, Plairopes granuleux Fisch., Ent. Rus., Col., pl. 15, f. i. Elle est longue d'un pouce, noire couverte d'un duvet blanc. Le corselet et les élytres sont granuleux, avec trois raies elevées, crénelées.

La PLATYOPE PBOCTOLEUQUE, Plaryopt proctoleuca loe. cit., pl. 15 f.3 Elle a sept lignes de long; tout son corps est noir; le corselet est raboteux; les élytres sont lisses avec des raies apicales courtes et blanches. (G.)

PLATYOPHTHALME. MIN. Syn. d'Antimoine sulfuré. (B.)

* PLATYPE. Platypus, OIS. Sous ce nom Brehm a derniéremcnl créé un nouveau genre aux ddpens du genre Anas de Linné et qui a pour type l'Anas mollissima, ou l'Eider cies planches 208 et 209 de Buffon, et l'Anas perspicillafa, enl. 995. Brehm y joint encore la grande Macreuse de Buffon, enl. 956 (Anas fusca, L.); la Macreuse enl. 978 et autres espéces. Ce genre, nereposant que sur des caractéres tréssecon-daires, doit étre négligé. (LESS.)

PLATYPE, Platypus, INS. Genre de l'ordre des Coldoptéres, section des Tétraméres, famille des Xylophages, tribu des Scolitaires, élabli par Herbst aux dépens des Bostrichus de Fabricius Scolyles d'Olivier et adopté par Latreille qui lui a donné pour caractéres essentiels: massue des anteunes commencant au sixiéme article, tiés-compmnce, à anneaux peu ou point distmints; articles des tarses en tiers, longs; corps linéaire. Ce genre se distingue des Hylurgues, parce que dans ceuxci la massue des antennes commence au huitiéme article, et qu'elle est peu compr, imée. Dans les l'omiques, cettc massue est comprimée comme chez les Platypes; mais elle commence au septiéme article; les articles des tarses sont courts, et le corps n'est point iinéaire. Les Scolytes et Hylésines sont distingués des Platypcs parce que la massue de leurs antennes ne commence qu'au neuviéme article, et que le pénultiéme arlicle de leurs tarses est bifide. Enfin les Phloiotribes, Bostriches et Psoa, en sont separes par des caractéres bien tranchas, pris dans la forme des antennes des tarses et du corps. Les Platypes ont le corps cylinrlrique et linéaire; leur téte est un peu prolongée anlérieurement; les antennes sont à peine de la longueur de la tete; le labre est étroit, peu avancé, coiné, légérement échancré; les mandibules sont courtes, épaisses, cornees, pointues et presque dentées; les palpes sont petits et coniues. Le corselet est allongé cylinrique; l'écusson est nul. Les dlytres sont tronquées postérieurement, tuberculées ou épineuses dans crttefŴartie. Les pales sont comprimées; es deux derniéres éloignées des quatre autres; toules les cuisses sont comprimées, anguleuses; Ies quatre posterieures canaliculees en dessous. Les jambes sont courles, strides trans-versalement dans leur partie postd-rieurej celles de la premiére paire sont termindes par une épine aigue; leurs tarses sont trés-gréles, plus longs que les cuisses et les jambes prises ensemble; leur premier article est trés-long; tous ces articles sont entiers.

Les Platypes ont le méme port que les Scoiytcs, et on les trouve ans les mémes lieux c'est-à-dire sur les Arbrcs caries dans lesquels la larve doit se nourrir. On ne connait pas cette larve. Le genre Platype est composd de sept ou huil espéces. Nous citerons comme type du genre:

Le PLATYPE Cylindre Platypus Cylindrus, Herbst, Col., 5 tab. 49,

3*

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f. 3; Lnlr., Gen. Crust., etc.; Bostrichus Cylindrus, Fabr., panz., Faun. Germ., fasc. i5, n. x; scoiytus Cylindrus, Oliv. Cet Insecte est long de deux lignes et deroie á trois lignes; tout son corps est brun, un peu velu sa téte est aplatie, un peu rugueuse en devant et légérement pointillée, ainsi que le corselet qui a un pelit sillon á sa partie postérieure. Les élytres sont chargees de stries profonaes, tronquées et dentees avant leur extrémité, fort values au delàdes dentelures. Les antennes, les pates et le dessous du corps sont d'un biun marron. On le trouve dans toute L'Europe et aux environs de Paris. (O.)

* PLATYPETALOM. BOT. PHAN. Genre de la famille des Cruciféres et de la Tétradynamie siliculeuse établi par R. Brown (Chloris Metvilliana p. 8), qui lui assigne les caractéres essentiels suivans: càlice presque étalé; pétales dont le lirabe est élargi style court; silicule ovale, à valves un peu convexes; graines disposées sur deux rangs; cotylédons incombans. Ce geure a le port du Braya, avec lequel il offre encore des rapports dans la structure de la fleur, ainsi que dans la position des cotylédons; mais il s'en distingue assez par la forme de son péricarpe. II est également voisin du Subularia; mais ce dernier genre a des cotylédons étroits et bilobes. Enfin le genre Stenopetalum, qui offreavee lui certains rapports dans les parties de la fructification, s'en éloigne totalement par le port, le càlice fermé, les pétales subulés et les glandes du réceptacle.

L'cspéce qui forme le type de ce nouveau geure, Platypetaium purpurascens, est une petite Plante qui croft á Yiie Melville, dont les tigee sont courtes, nues á la base, garnies á la artie supérieure de feuilles nomreuses lancéolées épaisses, munies de quelques poils. Les fleurs ont la corolle blancue, lavée de rose, et forment de petits corymbes peu fournis et teiminaux. L'auteur de ce grnre l'a augmenté d'unesecondees-péce, sous le nom de Platypetaium dubium; mais il ne l'a admise que provisoirement, parce que la fleur n'en est pas connue. (G.. N.)

PLATYPÉZE. Plaiypeza. 1NS. Genre de l'ordre des Diptéres, famille des Tanystomes, tribu des Dolicho podes. établi par Meigen, adopté par Latreille (Fam. nat. du Régne Anim.), et ayant pour caractéres: antennes "avancées, de trois articles;les deux inférieurs courts, presque cylindriques, le troisiéme conique, terminé par une soie; tarses postérieurs dilatés et comprimés, avec leur troisiéme article plus grandá abdomen aplati; ailes couchées sur le corps, se recouvrant Tunel'autre dansle repos;yeux rapprochés et convergens oans les máles, espacés dans les femelles. Meigen décrit trois espéces de ce genre. Toutes sont propres á l'Europe. Ou peut considérer comme type du genre la PLATVPÉZE FASCLÉE Platypeza fasciata, Meig., Latr.; Eocycl. mélhod., pl. 390, f. 47–61; Dolichopus fasciatus, Fabr. Syst. Anti. Sa téte et son corselet sont noirátres. L'abdomen est cendré, avec trois ou quatre bandes dilatées au milieu et noires. Les pates sont noires, avec les tarses postérieurs dilatés, comprimés, avec le premier article plus grand. On le trouve en France et en Allemagne. (O.)

* PLATYPÉZINES., INS. Fallen a donné ce nom á une petite famille de Diptéres, que Latreille confond dans sa tribu des Dolichopodes, et dont le caractére essentiel était d'avoir les tarses postérieurs dilatés et point de nervure marginale aux ailes. Cette famille renfermait les genres Platy-péze et Callomyze. (G.)

PLATYPHYLLUM. BOT. CHYPT. (Lichens.) Genre proposé par ventenat pour les Lichens foliacés libres, uon crustacés, á scutelles sessiles ou légérement stipitées. II renfermait les Burrera Ramalina, Evernia et Cetraria d'Acharius. Le Platypbyllum

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n'était pas un genre susceptible d'adoption. (A. F.)

PLATYPIGA. MAM. (Illiger.) Syn. d'Agouti. V. ce mot. (B.)

PLATYPODES. OIS. Lacépède proposait de donner génériquement ce nom aux Oiseaux à pieds aplatis, et dont les doigts extérieurs sont unis dans presque toute leur longueur. (B.)

* PLATYPORUS. BOT. CRYPT. (Champignons.) Nom employé par Leman pour designer la section du genre Polyporus, à laquelle Fries et Palisot de Beauvois donnaient le nom de Favolus. V. POLYPORE. (AD. B.)

PLATYPOSOPES. INS. Latreille avait ainsi nommé premièrement les Xylophages et les Platysomes. V. ces mots. (B.)

PLATYPTÈRE. Platypterix. INS. Genre de l'ordredes Lépidoptéres, famille des Nocturnes, tribu des Faux-Bombyx, établi par Laspeyres aux dépens du grand genre Phalœna de Linné, et adopté par Latreille (Fam. nat. du Règne Anim.). Les caracteres de ce genre sont: langue très-courte, presque nulle; palpes inférieurs très-petits, presque coinques; antennes courtes, sètacées, toujours pectinées dans les mâles, peclinées ou simples dans les femelles; tête petite; corps ordinairement grêle; ailes grandes, en toit aigu dans le repos; les supérieures recouvrant les inférieures; les premières ayant leur angle supérieur allongé, recourbé en faucille; chenilles non arpenteuses, munies de quatorze pates, dont six écailleuses et huit membraneuses, les derniers segmens du corps en étant privés, et le segment anal terminé par une pointe simple.

Latreille a beaucoup varié pour la place de ce genre dans sa methode. Il l'a confondu avec son genre Phalène, dans le Genera Crustaceorum et Insectorum, et dans le Règne Animal, il en a formé une division de ce grand genre. Dans ses Considérations sur l'ordre naturel des Crustacés et des Insectes, il le place en tête de la famille des Pyralites, qui se trouve après celle des Phalénites; enfin, dans ses Families naturelles du Règne Animal, il l'èloigne considèrablement des Phalènes, et le place dans la même tribu que les genres Cossus, Ecaille, Queue-Fourchue, etc. Schranck avait aussi distingué ces Lépidoptères des Phalènes, et il leur avait donné le nom de Drepana; enfin, Esper, Hubner et Engramelle les ont confondus avec les Bombyx. Quoi qu'il en soit, le genre Platyptére se distingue fort bien des Phalènes par la forme des ailes, et surtout par les chenilles qui, dans ccs derniéres, n'ont que dix pates. ILS se distinguent des Cossus et Zeuzères, parce que dans ceuxci les chenilles vivent daus l'intérieur des végétaux. Dans les Queues-Fourchues, la spiritrompe est très-courte et peu sensible, tandis qu'elle est assez longue dans le genre qui nous oceupe; enfin, il est séparé des genres Notodonte, Séricaire, Orgya, Limacode, Ecaille et Callimorphe, parce que dans ceuxci les chenilles ont seize pates, et que les anales ne manquent jamais.

Ce genre ne se compose que de sept à huit espèces, toutes propres à I'Europe; elles vivent et volent à la manière des Phalènes; leurs chenilles plient et roulent les feuilles, en les assujettissant avec de la soie. C'est dans ce rouleau qu'elles font leur coque et qu'elles subissent leurs métamorphoses. Nous citerons comme type du genre:

Le PLATYPTÉRE FAUCILLE, Platypterix falcula; Platyp. falcalaria, Latr.; Bombyx falcule, Esp., Hub., Bomb, tab. 11, f. 44, mâle; Phalœna falcataria, L., Fabr. Dix à douze lignes d'envergure; ailes en faulx blanchâtres, avec des lignes bruntes ondées et transverses, les supérieures ayant deux points et une tache discoïdale de couleur brunte; l'un de ces points oculé, à prunelle grise; dessous d'un blanc jannâtre, presque dépourvu de lignes. La che-

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nille est verte, avec le dos d'un brun pourpré, portantsix tubercules chardus. Elle vit sur I'Aune et le Bouleau. On jrouve ce Papillon aux environs de Paris. (G.)

* PLATYPTERIS. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, tribu des Hélianthées et de la Syngénésie égale, L., établi par Kunth (Nova Genere et Spec. Plant.œquia., vol. 4, p. 200) qui l'a ainsi caractérisé: involucre hémisphérique, composé de folioles nombreuses, imbriquées, linéaires, lancéolées, subulées au sommet et réfléchies, les extérieures plus courtes et uu peu plus larges; réceptacle convexe, couvert de paillettes linéaires, subulées, à une seule nervure, carentées, scarieuses, de la longueur des fleurons, et persistantes; fleurons nombreux, tous tubuleux, hermaphrodites, dépassant à peine l'involucre; corolle tubuleuse, élargie et divisée dans la partie supérieure en cinq dents obloagues, obtuses, étalées; élamines dont les anthéres sont nues à la base et saillantes hors du tube de la corolle; ovaire linéaire, surmonlé d'un style filiforme et d'un stigmate saillant, à deux branches linéaires un peu épaissies au sommet; akènes oblongs, comprimés, bordés d'une aile merabraneuse, marqués des deux côtés d'une ligne proéminente, et surmontés au sommet de deux barbes droites, scabres, égales, plus courtes que les anthères, et persistantes. Ce genre est fondé sur une Plante que Cavanilles a réunie au genre Bidens, et Curtis au genre Spilanthe, mais qui s'éloigne de ces deux genres par le port, l'involucre à folioles imbriquées, recourbées en arrière, et par quelques autres caractères. ll est également voisin des genres Salmia et Verbesina; il differe du Salmia par son réceptacle convexe, et du Verbesina par son port, la structure de son involucre et l'absence des rayons.

Le Platypteris crocata, Kunth, loc. cit.; Bidens crocata, Cavan., Icon., 1, p. 66, tab. 99a; Spilanthe crocata, Curt.; Bot. mag., tab. 1627, est une Plante herbacée, à rameaux opposés, quadrangulaires; à feuilles opposées, ovées, deltoïdes, les caulinaires en forme de lyre, rigides et scabres. Les fleurs, dont la couleur est d'un beau jaune orangé ou safrané, sont terminales et axillaires, Solitaires et portées sur de longs pédoncules. Cette Plante croit dans le Mexique, près de Tasco. (O.. N.)

PLATYPUS, MAM. Syn. d'Échidné. V. MONOTRÉME. (B.)

* PLATYRAPHE. Platyraphium. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées et de la tribu des Carduinées, établi par Cassini dans le Dictionnaire des Sciences naturelles, et fondé sur des espèces que les auteurs avaient plácées parmi les Carduus. II est très-voisin d'un autre genre, également proposé par Cassini sous le noin de Lamyra, et il en differe surtout par l'appendice des folioles de l'involucre, qui est peu distinct du corps de la foliole, foliacé, très-large à sa base, laquelle u'offreaucune protubérance sur la face interne, tandis que dans les Lamyra, l'appendice est dès sa base plus étroit que le sommet de la foliole, épais, non foliacé, subulé, muni d'une protubérance surla face interne de sa base. Les corolles sont obliquement tronquées dans le Platyraphium, et presque régulières dans les Lamyra. On peut considérer l'une et l'autre de ces divisions proposées par Cassini comme de simples sous-genres du Cirsium ou Cnicus. L'espèce qui forme le type du Platyraphium, est le Carduus after, Jacq., Hort. Schœnbrun., vol. 2, p. 10, tab. 145, ou Platyraphium Jacquini, Cass. C'est une Plante bisannuelle dont la tige est dressée, cylindrique, striée, laineuse, un peu ramifiéc supérieurement, garnie de feuilles éparses, nombreuses, sessiles, linéaires, lancéolées, pinnattfides, cotouneuses et blanches en dessous, glabres et vertes en dessus, avec les nervures blanches. Chaque ra-

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meau se termine en un pédoncule court, portant une calathide dressée, dont l'involucre est ventro composé de folioles qui, à leur base, sont garnies d'un cotou aranécux. Les corolles et les styles sont de coulour purpurine. Cette Plante est originaire des contrées septentrionales d'Afrique.

L'auteur du Platyraphium lui joint encore le Carduus diacantha, Labill., Decad. syriacœ, 2, p. 7, tab. 3, qu'il avait placé précédemment dans le nouveau genre Lamyra. V. ce mot. (G., N.)

PLATYRHINQUE. Platyrhinchos. OIS. (Desm.) Genre de l'ordre des Insectivores. Caracléres: bee plus large que le front, dilaté sur les côtés, très-déprimé jusqu' à la pointe; d'une largeur double au nins de l'épaisseur; arête déprimée, peu distincte; base garnie de longues oies; narines placées vers le milieu de la surface du bec, rondes, fermées en dessus par une membrane couverte de plumes; quatre doigts, troisenavant, dont l'intermédiaire, plus court que le tarse, est joint à l'externe jusqu àe la première articulation; pouce armè d'un ongle fort et courbé; les deux premières rémiges plus courles que la troisième et la quatrième qui sont les plus longues. Les Platyrhinques que l'on a séparés des Gobe-Mouches et des Moucherolles n'en diffèrent aucunement quant aux mœurs et aux habitudes. Toutes les espèces connues jusqu' à ce jour habitent les forèts de l'Amérique méridionale.

PLATYRHINQUE AUX AILBS VARIÉES, Platyrhinchos polychoplerus, Vieill. Parties supérieures noires; alies variées de taches blanches longitudinales; rectrices latérales tachetées de blanc à l'extrémité; parties inférieures grises; bec et pieds noirs. Taille, cinq pouces dix hignes. De l'Australasie.

PLATYRHINQUE A BANDEAU BLANC, Platyrhinchos velatus, Vieill.; Muscicapa senegalensis, Lath.; Gobe-Mouche à poitrine rousse; Briss., Buff., pl. enlum. 567, fig. 1. Parties supérieuces variées de blanc et de gris; sommet de la tète entouré d'une bande blanche, et couvert d'une tache rousse; bande eculaire blanche de même que los joues; petites tectrices alaires bordées de roux, une ligne blanche sur les moyennes; rémiges brunes; rectrices intermédiaires noires, les autres bordées ou terminées, de blanc; gorge blanche; poitrine marquée d'une tache roussâtre; bec et pieds noirs. Taille, quatre pouces deux lignes. De l'Afrique.

PLATYBHINQUE BLEU ET BLANC, Platyrhinchos cyanoleucus, Vieill. Parties supérieures d'un bleu foncé et éclatant; les inférieures blanches; bec et pieds bruns. La femelle a les parties supérieures d'un gris nuanoé de bleuâtre; la gorge, le devant du cou et la poitrine roux; le ventre roussâtre. De l'ile de Timor.

PLATYRHINQUE BRUN ET BLANC, Platyrhinchos leucocephalus, Vieill. Parties supérieures brunes; plumes du sommet de la têle jaunes à leur base; une espèce de couronne blanchâtre; parties inférienres blanches, tachetées ou striées de noir; flanca olivâtres également tachetés; bec et pieds noirâtres. Taille, six pouces. De l'Amérique méridionale.

PLATYRHINQUE CANCROME, Platyrhinchos Cancroma, Temm., Ois. color., pl 12, fig. 2. Parties supérieures brunes; front noir; un trait blanc allant des narines aux yeux; une huppe composée de plumes jaunes, bordées de brun; un trait noir, arqué sous l'œil; méat auditif couvert de plumes jaunes, largement bordées de noir; tectrices alaires d'un noir bleuâtre, bordées de brunâtre; rémiges brunes, bordées de brunâtre, l'externe bordée de blanc pur; rectrices brunâtres; gorge blanche, nuancée de jaune; parties inférieures jaunes; bec et pieds bruns. Taille, quatre pouces. Du Brésil.

PLATYRHINQUE A COLLIER, Muscicapa collaris, Lath.; Muscicapa mslanoptera, Gmel., Buff., pl. cnlum. 567, fig. 3. Parties supérieures d'un. cendré obscur; rémiges noires; rec-

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trices noirâtres, les latérales bordées ou terminées de blanc; gorge et devant du cou d'un brun marron; une bande noire en avant de la poitrine qui est blanche ainsi que le reste des parties inférieures; jambes variées de blanc et de noirâtre; bee noir; pieds bruns. Taille, cinq pouces. De l'Afrique.

PLATYRHINQUE FÉROCE, Muscicapa ferox, Lath. Parties supérieures d'un brun foncé; tectrices alaires et subcaudales, abdomen et flancs d'un jaune soufré; plumes du sommet de la tête jaunes et orangées à leur base; rémiges noirâtres, bordées de blanchâtre; parties inférieures cendrées; bec et pieds bruns. Taille, sept pouces. De la Guiane.

PLATYRHINQUE GILLIT. V. MOUCHEROLLE GILLIT.

PLATYRHINQUE A GORGE ROUSSE, Platyrhinchos ruficollis, Vieill. Parties supérieures bleues; tête d'un bleu noirâtre; rémiges bordées de blanc; gorge, devant du cou et poitrine roux; parties postérieures blanches; bec et pieds gris. Taille, six pouces. De l'Australasie.

PLATYRHINQUE HUPPÉ DE L'LLE DE MASCAREIGNE V. MOUCHEROLLE HUPPÉ DE L'ILE DE MASCAREIGNE.

PLATYRHINQUE HUPPÉ DU SÉNÉOAL. V. MOUCHEROLLE TCHITREC.

PLATYRHINQUE A JOUES NOIRES, Platyrhinchòs melanops, Vieill. Parties supérieures d'un gris roussâtre; sommet de la tête roux; gorge blanche; joues noires; parties inférieures blanchâtres; bec noir; pieds bruns. Taille, six pouces. De l'Amérique méridionale.

PLATYRHINQUE A LUNETTES, Platyrhinchos perspicillatus, Vieill., Levaill., Ois. d'Afr., pl. 152. Parties supérieures brunes; sourcils et auréole des yeux blancs; un collier noirâtre; rectrices étagées, les trois latérales terminées de blanc; parties inférieures blanches; bec noir, blanchâtre en dessous; pieds bruns. Taille, six pouces. Du sud de l'Afrique.

PLATYRHINQUE A MOUSTACHES, Platyrhinchos mystaceus, Vieill. Parties supérieures brunâtres, variées de jaunátre; sommet de la tête d'un brun foncé un trait noir de chaque côté de la tête, en dessous une bande brunâtre, noélée de jaune; rémiges noires; rectrices noirâtres, pointillées vers l'extrémité; gorge blanchâtre; parties inférieures d'un jaune foncé; bec noir, avec la mandibule inférieure jaunâtre; pieds bruns. Taille, quatre pouces.

PLATYRHINQUE NOIR ET ROUX, Platyrhinchos nasutus, Vieill.; Todus nasutus, Lath.; Todus macrochyceros, Gmel. Parties supérieures d'un noir bleuâtre irisé; scapulaires blanches; rémiges noires, bordées de blanc; croupion, gorge et parties inférienres rouges, variées de noirâtre; rectrices noires; bec et pieds bruns. Taille, cinq pouces.

PLATYRHINQUE OLTVATRE, Platyrhinchos olivaceus, Temm., Ois. color., pl. 12, fig. 1. Parties supérieures vertes: petites tectrices alaires d'un vert bleuâtre; les moyennes d'un bleu noirâtre, bordées de jaunâtre; rémiges noirâtres, bordées de jaune olivâtre; rectrices brunes, bordées d'olivâtre; gorge d'un vert jaunâtre; poitrine verte; abdomen verdâtre; bec noir, jaunâtre en dessous; pieds bruns. Taille, cinq pouces six lignes. Du Brésil.

PLATYHINQUE A OREILLES NOIRES, Platyrhinchos auricularis, Vieillot. Parties supérieures olivâtres; sommet de la téte d'un gris verdâtre; rémiges et rectrices noirâtres, bordées de jaune; une tache noire et blanche Sur les oreilles; parties inférieures jaunes; bec noir; pieds gris. Taille, trois pouces. Du Brésil.

PLATYRHINQUE A QUEUE COURTE, Todus brashyurus. Plumage noir, à l'exception du front, des côtés de la tête, des épaules, du bord interne de quelques rémiges et des parties inférieures qui sont blancs; bec et pieds bruns. Taille, cinq pouces. De l'Amérique méridionale.

PLATYRHINQUE A QUEUE ROUGE, Platyrhinchos ruficaudatus, Vieill.

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Parties supérieures d'un vert olivêtre; tectrices, alaires rousses tachetées de brun; rémiges brunes, bordées de roux; tectrices caudales et rectrices rousses; parties inférieures olivâtres, tachetées de gris; bec et pieds bruns. Taille, cinq pouces. De a Guiane.

PLATYRHINQUR ROUX DE CAYRNNE. Muscicapa rufescens, Lath., Buff., pl. enlum. 453, fig. 1. Sommet de la tête d'un roux clair; petites tectrices alaires rousses, terminées de noir; rémiges noires; une tache brune sur le sommet de la tête; parties inférieures blanchâtres; bec et pieds noirâtres. Taille, cinq pouces six lignes.

PLATYRHINQUE RUBIN, Platyrhinchos coronatus, Vieill.; Muscicapa coronata, Lath., Buff., pl. enl. 675, fig. 1. V. MOUCHEROLLE.

PLATYRHINQUE SCHET. V. MOUCHEROLLE SCHET.

PLATYRHINQUE TACHETÉ. V. MOUCHEROLLE TACHETÉ.

PLATYRHINQUE TCHETRECBÉ. V. MOUCHEROLLE TCHETRECBÉ.

PLATYRHINQUE TCHITREC. V. MOUCHEROLLE TCHITREC.

PLATYRHINQUE A VENTRE JAUNE. V. MOUCHEROLLE A VENTRE JAUNE.

PLATYRHINQUE A VENTRE ROUX, Platyrhinchos rufiventris, Vieill. Parties supérieures grises; sommet de la tête noir; tectrices alaires et rémiges brunes; rectrices noires, les latérales en partie blanches; gorge et flanes blancs; ventre roux; bec et pieds bruns. Taille, cinq pouces. Dé l'Australasie. (DR.. Z.)

PLATYROSTRE. POIS. Lesueur établit sous ce nom un genre voisin des Esturgeons pour un Poisson de l'Ohio dont les caractéres sont: mâchoires, langue et pharynx sans dents; museau aplati et allongé; des plaques osseuses sur la queue seulement. (B.)

PLATYROSTRES. OIS. Klein désignait sous ce nom collectif les Oies et les Canards. (B.)

PLATYRRHBINE. INS. (Clairville.) Espèce du genre Anthribe. V. ce mot et RHYNCHOPHORE. (B.)

PLATYRRHININS. MAM. V. SINGES.

PLATYSCÈLE. Platyscelis. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Hétéroméres, famille des Mélasomes, tribu des Blapsides, établi par Latreille, et ayant pour caractères: labre très-court, transverse et entier; mandibules bifides; mâchoires ayant une dent cornée au côté interne; palpes terminés par un article beaucoup plus grand, comprimé, triangulaire ou sécuriforme dans les maxillaires surtout; ceuxci composés de quatre articles; les labiaux de trois; lèvre légèrement échancrée; antennes filiformes, de onze articles; le troisième moitié plus long seulement que le précédent, et n'ayant pas deux fois la longueur du quatrième; les quatrième, cinquième, sixième et septième obconiques; les huitième, neuvième et dixième turbinés ou globuleux; le dernier de la longueur du précédent au moins, et arrondi à l'extrémité; tête ovale, à moitié enfoncée dans le corselet; chaperon sanséchancrure antérieure; yeux peu saillans; corps en ovale, court, un peu déprimé; corselet de la largeur ou à peine plus large que les élytres, transverse, échancré en devant; écusson peu ou point distinct; élytres réunies, embrassant peu ou point l'abdomen; point d'ailes: pates fortes; tarses des quatre anterieures ayant leurs deuxième, troisième et quatrième articles dilatés et presque cordiformes dans les mâles. Les mœurs de ces lnsectes sont inconnues. On les trouve à terre et cachés sous les pierres, comme les Pédines. On connait deux ou trois espèces de ce genre; celle qui lui sert de type a élé décrite par Pallas sous le nom de Tenebrio Hippolythes. C'est le Platyscèle Hippolythe de Latreille. Il est figuré dans l'Entomographie de la Russie de Fischer. (O.)

* PLATYSMA. BOT. PHAN. Genre

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de la famille des Orchídées, et dé la Gynandrie Diandrie, L., nouvellement établi par Blume (Bijdragen tot de Flora van nederlandsch Indie, p. 295) qui lui a imposé les caractères suivaos: périanthe à cinq sépales peu cohérens, la base des extérieurs latéraux simulant un éperon court et obtus; labelle concave, sans appendice dans sa partie inférieure; gynostème indivis, tricuspidé au sommet; stigmate caché par une lame membraneuse; antnères biloculaires; deux masses polliniques dans chaque loge, ceréacées, oblongues, comprimées; capsule muriquée. Ce genre est très-voisin du Podochilus, autre genre nouveau établi par Blume, dont il ne diffère que par de légers caractères dans le périantbe et le gynostême. V. PODOCHILUS. Le Platysma gracile, Bl., loc. cit., est une herbe parasite, rameuse, à tiges rampantes, garnies de feuilles distiques, linéaires, cuspidées, à fleurs presque terminales, solitaires etsessiles. Cette Orchidée croít dans les montagnes de Pantjar et Seribu de l'île de Java, où elle fleurit aux mois de juin et juillet. (G.. N.)

PLATYSME. Platysma. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Carnassiers, tribu des Carabiques, établi par Bonelli et adopté par Latreille, qui le place (Fam. nat. du Règne Anim.) dans sa division des Thoraciques. Les caractéres que Bonelli assigne à ce genre sont: nguette tronquée, coriace; palpes maxillaires extérieurs ayant leur quatrième article cylindrique, aminci à sa base, plus court que le précédent; menton ayant une dent bifide à l'extrémité de la saillie du milieu; antennes comprimées, plus grêles à leur extréraité; corselet presque en cœur, ayant deux stries de chaque còté a sa base; l'extérieure plus petite; angles du corselet droits; corps déprimé. Nous ne counaissons qu'une espèce de ce genre; c'est le Carabus niger de Fabricius. On le trouve en Suède et dans le nord de la France, (G.)

* PLATYSOME. Platysoma. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Clavicornes, tribu des Histéroïdes, établi par Leach et mentionnè par Latreille (Fam. nat. du Règne Anim.), qui en forme une division dans son genre Escarbot. Ce genre renferme les espèces qui ont le corps en carré plus ou moinslong et trèsaplati. Les Hister oblongus, picipes oe Fabricius; le, flavicornis d'Herbst, le depressus de Marsham, etc., composent ce genre. (G.)

PLATYSOMES. Platysoma. INS. Famille de l'ordre des Coléoptères, établie par Latreille, et à laquelle il avait précédemment donné le nom de Cucujipes. Cette famille appartient à la section des Tétramères; elle est ainsi caractérisée par son auteur: tous les articles des tarses entiers; corps parallélipipède, déprimé, avec la tête, soit triangulaire, soil cordiforme, de la largeur du corps, rétrécie postérieurement en manière de cou; mandibules saillantes, surtout dans les mâles; labre petit; palpes courts; corselet presque carré; antennes filiformes. Cette famille u'est pas subdivisée en tribus; elle renferme les genres Parandre, Passandre, Cucuje, Uléiote, Dendrophage et Hémipèple. V. ces mots à leur lettre ou au Supplément. (G.)

* PLATYSPERMUM. BOT. PHAN. Genre d'Ombellifères établi par Hoffmann (Umbell. Gener., p. 64) sur le Daucus nuricatus, L., qui offre un involucre général, pinnatifide, comme dans les véritables Daucus, mais qui s'en distingue par ses pétales lancéolés, infléchis au sommet, et non échancrés, bilobés, par ses fruits qui offrent deux rangées de poils soyeux, à quatre vallécules ailées, munies d'aiguillons triangulaires, poltés-glochidiens au sommet. Ce genre n'a pas été généralement adopté. (G.. N.)

* PLATYSTACUS. POIS. V. PLATYSTE.

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PLATYSTE. POIS. (Bloch.) Syn. d'Asprède. V. ce mot et PLOTOSE. (B.)

* PLATYSTOME. Platystoma. MOLL. Klein a réuni des Hélices, des Ampullaires, des Natioes, etc., et en a fait le genre Platystoma; mais ce genre n'a été adopté par aucun conchyliologue. (D.. H.)

* PLATYSTOME. Platystoma. INS. Genre de l'ordre des Diptères, famille des Athéricères, tribu des Muscides, élabli par Meigen, et que Fabricius avait nommè Dictya. Ce genre, adopté par Latreille (Fam. nat., etc.), a pour caractères: corps court, un peu oblong; antennes insérées au milieu de la face antérieure de la tête, composées de trois articles; le dernier ovale, portant à sa base une soie simple; trompe très-grosse; ses lèvies épaisses, et son extrémité faisant saillie audelà de la cavilé orale; vertex s'abaissant en pointe sur le devant; yeux assez grands, espacés dans les deux sexes; trois petits yeux lisses, disposés en triangle sur la partie la plus élevée du vertex; ailes vibratiles, écartées l'une de l'autre dans le repos, un peu pendantes sur les côtés, et ordinairement colorées en noir et comme piquetées de blanc; cuillerons petits; balanciers découverts; abdomen terminé dans les femelles par un oviducle toujours saillant; pates de longueur moyeune; premier article des tarses presque aussi long que les quatre autres pris ensemble; crochets très-petits, munis d'une forte palette dans leur entre-deux. Ces Diptères se tiennent au soleil sur los feuilles des Végétaux; ils n'aiment à prendre leur vol, et quand on approche pour les prendre, ils fuient en montant, et se cachent sous la feuille oil ils sont posés. On connaît plusieurs espèces de ce genre. Celle qui lui sert de type est la Dictye séminatienne, Dictya seminationis de Fabricius. (G.)

PLATYURE. Platyura. INS. Genre de l'ordre des Diptères, famille des Némocères. tribu des Tipulaires, établi par Meigen et adopté par Latreill. (Fam. nat. du Règne Anim.). Ce genre, dans lequel il fait entrer les Céroplates et les AsinduleS de Latreille, est ainsi caractérisé par son auteur: antennes avancées, comprimées, de seize articles; les deux inférieurs distincts; yeux ronds; trois petits yeux lisses placés sur le front, rapprochés en triangle; jambes sans épines sur les côtés; abdomen déprimé postérieurement. (G.)

PLATYZ0MA. BOT. CRYPT. (Fougères.) Ce genre, établi par Rob. Brown dans son Prodrome de la Nouvelle-Hollande, est très-voisin, par ses caractères essentiels, des Gleichenia, auprès desquels il se range, et dont il differe surtout par son port. Les capsules, en petit nombre, sont réunies en un seul groupe sor la face intérieure de chaque foliole, et sont entremêlées d'une matière pulvérulente; elles sont en partie recouvertes par le bord enroulé des folioles. On ne connaît encore qu'une seule espèce de ce genre, le Platyzoma microphyllum, qui vieut d'ètre figuré dans les Icones Lithog. Plant. Australasiœ rariorum, ouvrage publié par notre collaborateur Guillemin. C'est une Plante dont la tige couverte d'écailles rampe à la surface du sol, et donne naissance à des touffés de feuilles dont le pétiole simple, trèsallongé, grêle, porte un grand nombre de petites pinnules arrondies, libres à leur base, glabres, très-entières, et dont les bords sont enroulés en dessous. Cette surface est recouverte par une poussière couleur de soufre. On voit que ce genre ne diffère presque des Gleichenia que par son pètiole simple, qui n'est pas dichotome, comine dans toutes les Plantes de ce genre. (AD. B.)

* PLAUTOS. OIS. Klein avait nommé Plautos ou Plotos, un genre d'Oiseau qui correspond aux genres Cepphos de Mœhring, Uria el Mergus de Brisson, et Colymbus de Linné. C'est

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le genre Cephus des méthodes actuelles. (LESS.)

* PLAVUN. MAM. Les Russes donnent le nom de Plavun à un Cétacé que, suivant Chamisso, les Aléoutes nomment Agidagich ou Agdagjak, et que ce savant croit être le Cachalot Macrocéphale (Physeter macrocephalus). (LESS.)

PLAZIA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, établi par Ruiz et Pavon, dans le Prodrome de la Flore du Pérou, et admis par De Candolle qui l'a placé parmi les Labiatiflores, entre les genres Homoianthus et Onoseris. Cassini (Opuscules phytol., p. 185) fait plusieurs observations sur ce rapprochement, qui ne lui semble pas naturel, parce que le genre Homoianthus fait partie de la tribu des Nassauviées, tandis que l'Onoseris appartient à celle des Mutisiées. Mais comme l'organisation du Plazia n'est pas suffisamment éclaircie, il relègue ce genre à la fin de la tribu des Nassauviées, dans une section qu'il nomme Nassauviées douteuses. Il est à remarquer que Lagasca n'a pas admis ce genre parmi ses Chénantophores, qui correspondent aux Labiatiflores de De Candolle. Voiciles caractères assignés an genre Plazia par ses auteurs: involucre ovale, composé de folioles imbriquées, la plupart droites, lancéolées; fleurs de la circonférence bilabiées, à demitrifides; la lèvre extérieure allongée, trilobée; l'intérieure à deux divisions linéaires et roulées; fleurs du disque hermaphrodites,à corolle infundibuliforme, divisée en cinq segmens réfléchis; akènes surmontés d'une aigrette pileuse; réceptacle nu.

Ce genre ne renferme qu'une seule espèce, Plazia conferta, Ruiz et Pav., Prodr. Syst. veget. Fl. Peruv., 187. Plante à feuilles ovales, lancéolées, marquées de trois nervures. Elle croît au Pérou, dans les haies et aux lieux escarpés. (G.. N.)

PLÉBÉIENS. Plebeii. INS. Linné a assigné ce nom à une division de son grand genre Papillon. (AUD.)

* PLECHON. BOT. PHAN. Syn. ancien de Mentha Pulegium, L. V. MENTHE. (B.)

PLÉCOPODES. POIS. La famille formèe sous ce nom dans la Zoologie analytique de Duméril, est caractérisée par le corps arrondi, à nageoires paires inférieures, réunies et comme soudées. Les genres Gobie et Gobioïde la composent. (B.)

PLÉCOPTÈRES. POIS. La famille formée sous ce nom par Duméril, dans la Zoologie analytique, renferme les genres Cycloptère, Cyclogastre et Lépadogastre. V. ces mots. (B.)

PLÉCOSTE. Plecostomus. POIS. Espèce du genre Loricaire. V. ce mot. (B.)

PLÉCOSTOME. Plecostoma. BOT. CRYPT. (Desvaux.) V. GÉASTRE.

PLECOTUS. MAM. V. OREILLARD.

PLECTANELA. BOT. PHAN. Genre établi par Du Petit-Thouars (Nov. Gen. Madag., n. 36, p. 11) quil'aainsi caractérisé: calice urcéolé; corolle dont le tube est court, ventru, le limbe tordu et resserré; cinq étamines à anthères sessiles, sagittées; un seul ovaire surmonté d'un style court et d'un stigmate capité; capsule en forme de silique, presque tétragone, très-longue, formée d'un double follicule, divi sée en deux loges constituées par les bords rentrans, se séparant à la maturité, et sur lesquelles les graines sont attachées; cellesci comprimées, ailées, portées sur un court fcule, renfermant un périsperme mince, un embryon droit et des cotylédons planes. Ce genre fait partie de la famille des Apocynées, et, suivant son auteur, il offre des rapports avec le Gelsemium de Jussieu, mais il en est suffisamment distinct. L'un et l'autre de ces genres ont quelques affinités avec les Bignoniacées. Jussieu place le genre Plectaneia prés du Plumiera

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qui, d'ailleurs, appartient au même groupe de Végétaux que le Gelsemium.

Une seule espèce constitue ce genre; elle a élé nommée Plectaneia Thouarsi par Rœmer et Schultes qui l'ont placée dans la Pentandrie Monogynie. C'est un Arbuste volubile, très-lactescent, à feuilles opposées, et à fleurs petites et disposées en corymbes. Il croît à Madagascar. (G.. N.)

* PLECTANTHERA. BOT. PHAN. Le genre établi sous ce nom par Martius (Nov. Gener. Plant. Brasil., 1, p. 39) est identique avec le Luxemburgia d'Auguste Saint-Hilaire. V. LUXEMBOURGIE. (G.. N.)

* PLECTE. Plectes. INS. Fischer donne ce nom à un nouveau genre voisin des Carabes proprement dits, et qui n'en differe que par l'aplatissement du corps. Ce genre n'a pas élé adopté, et les espèces font toujours partie du genre Carabus des auteurs modernes. (G.)

* PLECTOCARPON. BOT. CRYPT. (Lichens.) Ce genre appartient à notre tribu des Parméliacées, sousordre des Stictes; il est ainsi caractérisé dans notre méthode: thalle coriace, cartilagineux, foliacé, fortement lobé, villeux en dessous et pourvu de cyphelles; apothécie orbiculaire, épais, plis sé dans la jeunesse, fixéau centre, libre dans sa circonférence; lame proligère épaisse, discoïde, composée d'une multitude de tubercules noirs. Ce genre est établi sur une espèce unique à laquelle nous avons imposé le nom de Plectocarpon Pseudo Sticta, Ess. Crypt. Ecorc. officin., p. 94 et 95, tab. 2, fig. 15 (sub Delisea) Sticta Delisei, Fée, in Monogr. Lich. Delis. T. IX, fig. 32. Le thalle est rufescent probablement par suite de son séjour dans l'herbier, glabre, sous-vilieux inférieurement; les cyphelles sont creusées assez profondément, blanches; les laciniures sont sinuées et lobées, leur marge est déchiquetée; les apothécies sont fermés avant leur entier développement, et plissès d'une maniére aussi élégante que régulière; bientôt ils s'épanouissent et montrent un disque trèsnoir, composé de granulations verruciformes, distinctes, remplies de gongyles nichés dans une pulpe abondante qui sort du périthécium ? par une tente vers le sommet. On trouve cette belle Plante à l'île de King (Nouvelle-Hollande). Nous avons cherché à établir ailleurs que la lame proligère (V. ce mot) étantle principal organe du Lichen, pouvait servir dans plus d'un cas à l'établissement des genres; or, la lame proligère du Plectocarpon a une organisation tellement distincte, qu'elle se rapproche du réceptacle de certaines Plantes hypoxylées; elle est donc une véritable anomalie dans la famille des Lichens, et jamais la création d'un genre ne nous parut être plus nécessaire. Nous avions nommé d'abord ce genre Delisea, mais nous ignorions, en faisant cette dédicace, qu'avantnous feu Lamouroux avait consacré à Delise un genre Delisea qui figure parmi les Thalassiophytes. (A. F.)

PLECTOGNATHES. POIS. C'est, dans la Méthode ichthyologique de Cuvier, le troisième ordre de la classe des Poissons, le premier de la seconde série ou Poissons osseux. Il tient encore aux Chondroptérygiens par l'imperfection de ses mâchoires et par le durcissement tardif de son squelette; cependant ce squelette est fibreux, et en général toute la structure est celle des Poissons ordinaires. Le principal caractére distinctif consiste dans l'os maxillaire qui est soudé ou attaché fixément sur le côté de l'intermaxillaire qui forme seul la mâchoire, et dans l'arcade palatine qui s'engrène par suture a vec le crâne, et qui n'a, par conséquent, aucune mobilité. Les opercules et les rayons sont en outre cachés sous une peau épaisse, qui ne laisse voir à l'extérieur qu'une petite fente brachiale. On n'y trouve que de petits vestiges de côtes; les vraies ventrales man-

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quent. Le canal intestinal est ample, mais sans cœcum, et en général la vessie natatoire est considérable. Cet ordre comprend deux familles trèsnaturelles caractérisées par la manière dontles mâchoires sont armées. Ce sont les Gymnodontes et les Sclérodermes. V. ces mots. (B.)

PLECTORHYNQUE. Plectorhynchus. POIS. Genre del'ordre des Acanthoptèrygiens, famille des Squammipennes, dont les caractères consistent dans le préopercule qui est dentelé; une rangée de petites dents perçant à peine les gencives, et des ventrales plus larges et pourvues de rayons plus nombreux qu'à l'ordinaire. On ne connaît qu'une espèce de ce genre appelée Chétodonoïde par Lacépède (T. III, p. 135, pl. 13, et fig. 2 du T. II). Elle est fort belle, ayant huit grandes taches éclatantes, avec beaucoup de plus petites éparses sur un fond de couleur très-fon-cée. On la trouve dans les mers des Indes. (B.)

* PLECTORITE. POIS. FQSS. On appelle ainsi des Glossopètres que leur forme fit comparer à des becs d'Oiseaux. (B.)

PLECTRANTHE. Plectranthus. BOT. PHAN. L'Héritier (Stirp., 1, p. 85, tab. 41) a foudé ce genre qui appartient à la famille des Labiées et à la Didynamie Gymnospermie, L. Lamarck, dans l'Encyclopédie botanique, lui donna plus tard le nom de Germanea n'ayant sans doute pas connaissance du genre Plectranthus. Mais il n'en est pas moins certain que l'établissement de celuici est antérieur au moins de deux années à celui du Germanea de Lamarck. Aussi le nom de Plectranthus atil été adopté par Vahl, Jussieu, Willde-now, Rob. Brown, et par tous les botanistes modernes, excepté Poiret. Voici les caractères essentiels qui lui sont assignés par Rob. Brown (Prodrom. Flor. Nov.-Holland., p. 505): calice strié, bilabié, bossu en dessous après la maturité des akènes; la lèvre inférieure divisée; corolle dont la lèvre supérieure est trifide; la division du milieu bilobée; la lèvre inférieure plus longue, entière (ordinairement concave); étamines didynames, déclinées, à filets dépourvus de dents (quelquefois cohérens par la base), à anthères uniloculaires imberbes. Un des caractères les plus saillans que présente le Plectranthus fruticosus, L'Hér., espèce type du genre, mais qui paraît ne pas exister dans toutes les espèces, puisque Rob. Brown l'a négligé, c'est d'avoir le tube de la corolle terminé inférieurement d'un côté par une sorte d'éperon que L'Héritier considérait comme un nectaire. Rob. Brown a réuni à ce genre les espèces d'Ocymum de Linnè, dont les filets des étamines sont dépourvus de dents, aiusi que les genres Dentidea, Barbula et Coleus de Loureiro. Il en a aussi rapproché le Lavandula carnosa de Linné, Suppl., qui offre des caractères semblables dans sa corolle, ses étamines et son stigmate, mais qui, s'en éloignant par son calice et son inflorescence, pourrait former un genre particulier. Le genre Plectranthus est done voisin de l'Ocyrmum, puiaque plusieurs espèces, placées parmi les auteurs dans ce dernier, doivent lui être réunis; il se rapproche aussi du genre Scutellaria par quelques caractères et par le port de certaines espèces. On compte environ quinze espèces de Plectranthes qui habitent le cap de Bonne-Espérance, l'Arabie, l'Inde orientale et la Nouvelle-Hollande. Ce sont en général des Plantes sous-frutes-centes, plus ou moins velues et glanduleuses, d'une nature succulente, surtout dans l'articulation des pétioles; ce qui rend leur dessiccation fort difficile. Leurs feuilles larges, ovales et crénelées, offrent quelques ressemblances avec celles des Lantana ou de quelques Orties. Les fleurs, dont la couleur est ordinairement bleue, sont terminales et disposées en verticilles qui forment des grappes rameuses. (G. N.)

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PLECTRONIA. BOT. PHAN. N. L. Burmann (Flor. Cap. Prodr., p. 6) décrivit sous le nom de Plectronia corymbosa une Plante du Cap, à laquelle il rapporta la figure 94, donnée par J. Burmann dans ses Decades Plantarum africanarum, et dont il fit le type d'un nouveau genre de la Pentandrie Monogynie. Linné adopta ce genre; mais il changea le nom spécifique en celui de ventosa. Une seconde espèce de Plectronia fut publiée par Loureiro, dans sa Flore de Cochinchine, sous le nom de P. chinensis. Cependant le Plectronia de Burmann était si mal caractérisé, et la figure si insuffisante, qu'il était fort difficile d'en débrouiller les affinités. Le professeur De Candolle, ayant examiné les échantillons authentiques et originaux de l'herbier de Burmann, aujourd'hui en la possession de B. Delessert, a vu qu'il existait dans cet herbier deux Plantes très-différentes; l'une qui paraissait devoir être réunie au Celastrus, sous le nom de C. Plectronia; l'autre, qui est une Rubiacée, et à laquelle la figure des Décades de Plantes d'Afrique paraît appartenir. I1 résulte de ces recherches, que le genre Plectronia de Burmann est établi sur des obiets trop mal décrits pour mériter d'être adopté. I1 faudra en conséquence étudier de nouveau la Plante de Loureiro, pour savoir à quel genre elle appartient. (G.. N.)

* PLECTRONIAS. BOT. PHAN. (Mentzel.) Nom que les anciens donnaient à la grande Centaurée. V. Ice mot. (G.. N.)

PLECTRONITE. POIS. FOS. Même chose que Plectorite. V. ce mot. (B.)

* PLECTROPHANE. Plectrophanes. OIS. Sous ce nom, John Selby a décrit récemment un genre d'Oiseau, dèmembré des Emberizes, et destiné à recevoir le Fringilla lapponica de Linné, avec l'Emberiza calcarata du Manuel d'Ornithologie de Temminck. Ce genre Plectrophane, primitivemeat nommé par Meyer, est le même que le genre Passerina de Vieiilot, ètabli pour le Bruant des Beiges. Celuici, en effet, avec le Bruant de Laponie, forment dans Temminck une section que cet ornithologiste a nommèe Bruans éperonniers, et que leur organisation place sur les limites des genres Alauda et Emberiza. Le Plectrophanes lapponica, Selby (Trans. Soc. Linn, of London, T. xv, p. 157), ayant été décrit sous le nom de Bruant montain, T. II, p. 526 de ce Dictionnaire, nous y renvoyons le lecteur. (LESS.)

* PLECTROPHORE. Plectrophorus. MOLL. Ce genre, institué par Férussac, est encore peu nombreux eu espèces; il est formé aux dépens des Testacelles, dans lesquelles Bosc et Roissy, ainsi que Férussac luimême, dans son premier Essai (1807), rangeaient les deux principales espèces; elles étaient con nues bien avant les auteurs que nous venons de citer, puisque Favane les a figurées dans son ouvrage en les désignant sous le nom de Limaces à coquilles. En effet, ce genre offre, comme la Testacelle, une coquille caudale, mais dont la forme est différente; les caractères pris de la position des organes de la respiration et de la génération, offrent aussi des différences notables avec les Testacelles, de sorte que rien ne semble devoir s'opposer à l'admission de ce genre: cependant nous ferons remarquer plusieurs points de doute dans la caractéristique de Férussac que nous allons rapporter: Animal semblable pour la forme aux Limaces et aux Arions; la partie antérieure couverte par une cuirasse comme dans ces deux genres; un petit corps testacé, patelliforme, proéminent, placé vers l'extrémité postérieure; tentacules au nombre de quatre, rétractiles, les deux supérieurs oculés à leur sommet; cavité pulmonaire situéc sous la cuirasse; orifice à son bord droit antérieurement; orifice du rectum presque contigu? organes de la génération réunis? orifice sous celui de la respiration ? un pore muqueux terminal ? Coquille extéricure, cau-

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dale, très-proéminente et supportée par an pedicole charnu, patelliforme, en cône complet, non spiral, mais ayant une sorte d'empreinte volutatoire, ou le bord intérieur replié en dedans; elle a quelquefois la forme d'une calotte cylindrique; ouverture ovale. Les Testaceiles diffèrent des Plectrophores par plusieurs points importans: dans l'Animal, par la position de l'ouverture respiratrice qui est antérieure et non postérieure comme dans les Testaceiles; par la position justement présumée différente de l'anus et des organes de la génération: dans la coquille, parce qu'elle est supportée dans l'un et ne l'est pas dans l'autre; auriculiforme, spirale dans la Testacelle; patelliforme, non-spiré dans les Plectrophores. On ignore complétement à quel usage est destinée la coquille de ce genre; elle ne protège aucun organe important à la conservation de l'Animal; il paraît que vivant dans un trou pendant le jour, le Plectrophore se sert de la coquille pour fermer l'entrée de ce trou, du moins telle est la présomption de Férussac. Les trois seules espèces connues sont les suivantes: I° Plectrophorus corninus, Fér., Moll. terr. et fluv., pl. 6, fig. 5; Testacella cornina, Bosc, Buff. de Déterville, Coq. T. III, pag. 239; Ibid., Roissy, Buff. de Sonnini, Moll. T. v, pag 253, n. 3; Limaces à coquilles, Fav., Zoomorph., pl. 76, fig. b 1, b 2.—2° Plectrophorus costatus, Fér., loc. cit., n. 2, pl. 6, fig. 6; Testacella costata, Bosc, loc. cit., n. 2; Roissy, loc. cit., n. 4; Favanne, mè planche, fig. c 1, c. 2.—30 Plectrophorus Orbignii, Fér., loc. cit., n. 3, pl. 6, fig. 7, a, b. On ignore la patrie de la première; la seconde vient des Maldives, et la troisième de Ténériffe, dans les lieux humides et ombragés. (D.. H.)

* PLECTROPHORE. Plectrophorus. INS. Genre de Gbaransonite. V. RHYNCHOPHORES. (G.)

PLEGTROPOME. Plectropomus. POIS. Genre de la grande famille deé Percoïdes dans l'ordre des Acanthoptérygiens, formé par Cuvier aux dépens des Holocentres et des Bodians, dont les caractères consistent dans les grosses dents ou épines dirigées en avant, qui sont au bas du préopercule, à la place des fines dentelures qui se voient dans les Bodians, les Serrans, etc. Il se compose d'espèces exotiques telles que le Bodianus maculatus de Bloch, pl. 228; l'Holocentrus calcarifer, Bloch, pl. 244, et le Bodian Cyclostome de Lacépède, figuré daás sa planche 20 du III* volume, et qui est un double emploi du même auteur reproduit sous le nom de Labre lisse, fig. 2, pl. 23 du T. III. (B.)

PLÉE. Plea. INS. Genre de l'ordre des Hémiptères, famille des Hydrocorises, tribu des Notonectides, institué par le docteur Leach (Linn. Transact., vol. XII) sur la Notonecte minutissima de Fabricius. Le corps est plus court que celui des espèces de ce dernier genre, ovoïdocarré. Le troisième article des antennes est plus grand que les autres; ceux des tarses antérieurs sont presque de la même longueur, et les crochets des tarses postérieurs sont grands, tandis que ceux des Notonectes sont trèspetits. A ces caractères exposés par ce savant, on peut ajouter que les élytres sont très-voûlées, entièrement coriaces, sans trace d'appendice menbraneux; que leurs angles huméraux sont tronqués et occupés par une pièce analogue à celle que l'on observe à la même place dans les Cétoines. La Plée naine est longue d'une ligue et demie, grise, avec une ligue noirátre sur le front, le corselet et les élytres finement ponctués. On la trouve dans les eaux stagnantes. (LAT.)

PLEEA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Colchicacées et de l'Ennéandrie Trigynie, L., établi par le professeur Richard in Michx. Fl. Bor. Amer., 1, p. 247) et qui offre les caractères suivans: calice étalé, à six

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divisions pétaloïdes et égales. Etamines au nombre de neuf, uu peu plus courtes que le calice et insérées a sa base. Ovaire libre, trigone, à trois loges polyspermes, surmouté de trois stigmates sessiles, linéaires, obtus. Le fruit est une capsule trigone, recouverte en partie par le calice qui persiste, formé de trois loges qui se séparent les unes des autref et s'ouvrent chacune par une suture interne. Les graines sont très-nom-breuses, attachées à la suture interne par un long podosperme filiforme; elles contiennent sous leur tégument un trèsgros endosperme, vers le sommet duquel est un embryon cylindrique, axile, ayant une direction opposée à cellc de la graine.

Ce genre, voisin du Nurthecium dont il diffère surtout par le nombre de ses étamines, se compose d'une seule espèce, Pleea tenuifolia, Michx., loc. cit., t. 25. Ses feuilles sont linéaires, longues et tranchantes; ses fleurs forment un épi simple au sommet d'une hampe de quinze à dixhuit pouces de hauteur. Elle croit dans les forèts de la Caroline inférieure. (A. R.)

PLÉGAIRE. INS. L'Attelabus Bacchus de Fabricius porte ce nom vulgaire dans plusieurs cantons de l'Occitanie. (B.)

* PLEGMARIA. BOT. PHAN. (Breynius.) Syn. de Lycopodium mirabile, Willd., et non du LycopodiumPhlegmaria, L. V. LYCOPODÈ (B.)

PLEGMATIUM. BOT. CRYPT. (Mucèdinèes.) Nouveau genre de la tribu des Byssacées, indiqué par cette simple phrase par Fries dans ses Novitiœ suecicœ, p. 79, Racodium fibris septalis typus Conferva arachnoides, Dillw. — Toutes les espèces de ce genre, suivant son auteur, croissent sur les bois pourris. (A. B.)

PLEGORHIZA. BOT. PHAN. Genre de l'Ennéandrie Monogynie, L., dont les affinités naturelles ne sont nullcment déterminées; car les rapports qu'on a prétendu lui trouver avec les Laurinées et les Polygonées, ne sont pas justifiés par les caractères qui ont été appliqués. Il a été proposé par Molina (Hist, du Chili, édit. francaise, p. 140), et adopté par Jussieu et Willdenow avec les caractères suivans: calice (corolle, selon Molina) d'une seule pièce, à limbe très-entier; neuf étamines, dont les filets sont très-courts, terminés par des anthères oblongues; ovaire orbicula ire, surmonté d'un style cylindrique, de la longueur des étamines, et terminé par un stigmate simple; capsule oblongue, un peu comprimée, renfermant une seule graine de même forme. Le Plegorhixa Guaicuru, Molina, loc. cit.; P. astringens, Willd., est un sous-Arbrisseau dont les feuilles radicales sont réunies en feuilles ovales, simples, entières et pétiolées. La tige est nue inférieurement, divisée vers son sommet en rameaux qui portent des feuilles alternes, sessiles et ovales. Les fleurs naissent à l'extrémité des jeunes rameaux; elles sont petites, assez nom breuses, portées sur des pédoneules presque disposés en ombelles. Cette Plante croît dans les provinces septentrionales du Chili. Ses racines passent pour astringentes, et sont employées pour la guérison des blesstures. (G.. N.)

PLEIN CHANT, zool. Pour Plainchant. Nom donné à une espèce d'Hespérie. V. ce mot. Le même nom a été également donné à la Musique, espèce du genre Volute. (B.)

* PLEIONE. Pleione. ANNEL. Genre de l'ordre des Néréidées, famille des Amphinomes, fondé par Jules-César Savigny (Description de I'Egypte, Syst. des Annel., p. 14, 57 et 59), qui lui assigne pour caractères distinctifs: trompe pourvue d'un double palais et de stries dentclées; antennes extérieures et mitoyennes subulées; l'impaire de branchies en forme de houppe ou de buissons touffus, recouvrant la base des rames supérieures; Point de cirres surnuméraires. Les Pléiones s'éloignent des genrts nombreux de l'ordre des Néréidees par l'absence

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d'acidules; par les branchies très-developpées et cn forme de houppc, existant sans interruption à tous les pieds; par les cirres supérieurs, en même nombre que les branchies; enfin, par l'absence de màchoires. La plupant de ces caractéres leur sont communs avec les Chloés et les Euphrosines; mais elles s'en distinguent essentiellement par l'absence de cirres surnuméraires et par la forme des branchies. Du reste, les Pleiones sc font remarquer par un corps linéaire épais, rétréci insensiblement en approchant de l'anus, et formé de segnieus nombreux. Leur tête, bifide en dessous, est garnie en dessus d'une caroncule verticale ou déprimée. Elle supporte des antennes complétes; les mitoyennes, très-rap-prochées et placées sous l'antenne impaire, sont composées de deux articles, le premier très-court, le second allongé et subulé; l'impaire est semblabic par la forme aux mitoyennes; les extérieures sont également semblables aux mitoyennes el écartées. Les yeux, au nombre de quatre, se trouvent séparés par la base antcrieurc de la caroncule; les postérieurs sont peu distincts. La bouche présente une trompe, pourvue à son orifice de deux lèvres charnues, et plus intérieurement, d'une sorte de palais inférieur très-épais, divisé longitu-dinalement et profondément en deux demipalais mobiles, garnis de plis cartilagineux, fins, serrés et dentelés. Les pieds sont munis de rames saillantes, très-souvent écartées; la rame dorsale est pourvue de soies très-aiguës, et la rame ventrale présente des soies dont la pointe est quelquefois précédée par un petit renflement ou par une petite dent. Il n'existe pas de cirres surnuméraires. Les cirres proprement dits sont inégaux; le supérieur sort d'un article cylindrique, et l'inférieur d'un article presque globuleux; ce dernior est notablement plus court; la dernière paire de pieds est semblable aux autres. Les branchies entourent la base supérieure et postérieure des rames dorsales; elles consistent chacune en un ou deux arbuscules partagés dès leur origine en plusieurs rameaux plus ou moins subdivisés et touffus. Savigny, auquel nous empruntons ces details exacts, ne dit rien de l'anatomie de ces Annelides, si ce n'est que l'intestin va, comme à l'ordinaire, droit à l'anus. Il n'existe pas de cœcum. Ce genre, fondé aux dépens des Aphrodites de Pallas, et des Amphinomes de Bruguière et de Cuvier, comprend six espèces:

La PLÉIONE TETRAÈDRE, Pleione tetraedra, Sav. C'est l'Amphinome tétraèdre de Cuvier (Dict, des So. natur.). De la mer des Indes.

PLÉIONE ERRANTE, Pleione errans, Sav., ou la Terebella vagans, Leach. Des mérs-d'Angleterre.

PLÉIONE CARONCULÉE, Pleione carunculata, Sav., ou l'Amphinome caronculée de Cuvier (loc. cit.). Des côtes de l'Amérique septentrionale.

PLÉIONE ÉOLIENNE, Pleione œolides, Sav. Des mers de l'Amérique septentrionale.

PLÉIONE ALCYONIENNE, Pleione alcyonia, Sav., Descript. de l'Egypte, Annelides, pl. 2, fig. 3. Des cótes de la mer Rouge.

PLÉIONE APLATIE, Pleione complanata, Sav., ou l'Aphrodita complanata de Pallas, et l'Amphinoma complanata de Bruguière (Encycl. méth.). De l'océan Américain. (AUD.)

PLÉNIROSTRES. OIS. Durnéril (Zool. anal., p. 41) a formé sous ce nom, et aussi sous celui de Pléréoramphes, une famille d'Oiseaux passercaux, dont le bec est droit, non échancré, solide et fort. Il y comprend les genres Mainate, Paradisier, Rollier, Corbeau et Pie. (LESS.)

* PLÉOMÈLE. BOT. PHAN. Le genre que Salisbury a établi sous ce nom est identique avec le Sanseviera de Thunberg el Willdenow. V. SANSEVIÉRE. (G.. N.)

PLÉONASTE. MIN. Le Spinelle noir de l'ile de Ceylan ou la Ceylanite de Werner. V. SPINELLE. (G. DEL.)

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PLEOPELTIS. BOT. CRYPT. (Fougères.) Genre de la famille des Fougères, établi par Humboldt et Bonpland (Plant, œquinoct., 2, p. 182, tab. 140), et offrant les caracteres suivans: les sores sont arrondis et composés d'un grand nombre d'indusium orbiculares et peltés. Ce genre tient le milieu entre les Polypodes qui n'ont pas d'induse, et les Aspidies, dont chaque sore ne se compose que d'un seul de ces organes. Deux espèces composent ce genre, qui a tout-à-fait le port du Polypodium. L'une a été décrite et figurée par Humboldt et Bonpland, sous le nom de Pleopeltis angusta; l'autre par Kaulfuss, sous celui de Pleopeltis macrocarpa. (A. R.)

* PLEOPUS. BOT. CRTPT. (Champignons.) Le genre que Paulet a proposé d'établir sous ce nom, a pour type une espèce de Morille, qu'il appelle Morille du diable, et que l'on croit être le Phallus demonum de Rumph, qui appartient au genre Hymenophallus de Nées d'Eseubeck. V. HYMENOPHALLUS. (A. R.)

* PLÉRÈORAMPHES. OIS. Même chose que Plénirostres. V. ce mot. (B.)

PLERERIT. OIS. Syn. vulgaire de la petite Hirondelle de mer. V. STERNE. (DR.. Z.)

* PLEROMA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Mélastomacées et de lá Décandrie Monogynie, L., établi par Dod (Mem. Soc. Wern., 4, p. 293) et adopté par De Candolle (Prodr. Syst. V eget., 3, p. 151) qui l'a ainsi caractérisé: calice à cinq lobes caducs et dont le tube est ovoïde, ordinairement entouré, au commencement de l'évolution, par deux bractées caduques. Corolle à cinq pétales obovés. Filets des étamines glabres; anthères presqu'égales, allongées, arquées â la base; connectif stipitiforme, muni à la base de deux oreillettes courtes. Ovaire adhérent au calice, soyeux au sommet, surmonté d'un stigmate punctiforme. Fruit en baie capsulaire, à cinq loges, renformant des graine3 en forme de vis. Le genre Pleroma se compose de sept à huit Arbrisseaux indigènes de l'Amérique méridionale, et il a pour types les Melastoma ledifolia et Melastoma laxa de l'Encyclopedie. Ces Plantes ont le port de celles qui constituent un autre nouveau genre établi par De Candolle sous le nom de Lasiandra, mais elles en different par les filets des étamines qui sont glabres, par l'ovaire adherant au calice, et par la capsule en baie et non sèche. En établissant le genre Pleroma, Don y avait placé le Melas toma argentea de l'Encyclopédie, ou Rhexia holosericea, Bonpl., Rhex., tab. 12; mais cette Plante a été réunie par De Candolle à son genre Lasiandra. V. ce mot au Supplement. (G.. N.)

PLESCHANKA. OIS. Nom de pays du Motacilla leucomela, L. V. TRAQUET. (DR.. Z.)

PLÉSIOPS. POIS. (Cuvier.) Nom d'une division proposée dans le genre Chromis. V. ce mot. (B.)

* PLÉSIOSAURE. Plesiosaurus. REPT. FOSS. Genre formé d'après les débris d'un être gigantesque perdu, et qui, Saurien quant à la forme du corps, Chélonien quant à celle des pates nageoires, était presque un monstrueux Serpent par la longueur démesurée de son cou composé de plus de vertèbres que celui d'aucun autre Animal, et par la petitesse de sa tête. C'est dans le lias des environs de Bristol et de Hewcastle en Angleterre, ainsi que dans le département de la Côte-d'Or, et à Honfleur en France, qu'on a trouvé les ossemens de l'Animal qui nous occupe, eonfondus avec ceux des Ichthyosaures et des Crocodiles, α Le Plésiosaure, dit Cuvier (Ossem. Foss. T. v, p. 475), respirait l'air, se rapprochait plus des Crocodiles que des lchthyosaures, et dans l'état de vie, si son cou était comme un yéritable Serpent, son corps différait peu de celui d'un Quadrupède ordinaire. La queue surtout était fort courte. On

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peul croire que les poumons ètaient tort étendus, et même peutêtre, qu'à moins qu'il n'ail eu des écailles fort épaisses, il changeait la couleur de sa peau comme les Caméléons et les Anolis, selon qu'il faisait des inspirations plus ou moius fortes. Les dents étaicnt grêles et pointues, inégales, un peu arquées et cannelées longitudinalement; le nombre des inférieures s'élevait à viugtsept de chaque côté. On ne connaît pas précisément celui des supérieures. Il pouvait avoir neufmètres de longueur. Il eu existait probablement de plusieurs espèces.ff Nous avons reproduit dans les planches de ce Dictionnaire, comparativement avec le squelette de l'lchthyosaure, la figure de celuici, réduite du dessin qu'en a donné Cuvier, qui termine ainsi son article sur ces singu-lières et gigantesques créatures, α Ce qu'il est impossible de ne pas reconnaître comme une vérité désormais constante, c'est cette multitude, cette grandeur, cette variété surpreuante de Reptiles qui habitaient les mers et qui couvraient la surface du globe à cette époque antique ou sont disposées les couches vulgairement désignées par le nom beaucoup trop restreint de terrain du Jura, dans les lieux et les pays immenses ou non-seulement l'Homme n existait pas, mais ou, s'il y avait des Mammifères, ils étaient tellement rares, qu'a peine peut-on en citer un ou deux petits fragmens.ff (B.)

PLESTIE. POIS. (Bonnaterre.) Syn. de Bordelière, espèce du genre Cyprin. V. ce mot. (B.)

* PLEUPLEU, PLEUT-PLEUT, PLUIPLUI. OIS. Syn. vulgaires de Pic-Vert. V. PIC. (DR.. Z.)

PLEURANDRA. BOT. PHAN. Genre do la famille des Dilléniacées et de la Polyandrie Digynie, L., établi par Labillardière (Nov. - Holland., 2, p. 5, tab. 143 et 144). adopté par. R. Brown et De Candolle (Syst. veget. nat., 1, p. 415) qui l'ont ainsi caractérisé: calice à cinq sépales, ovales, persistans; corolle à cinq pétales, ordinairement obcordiformes; étamines, au nombre de cinq à vingt, toutes placées d'un seul côté, fertiles, à filets filiformes, libres ou légèrement soudés à la base, et à anthères ovales; ovaires au nombre de deux (rarement un seul}, globuleux, portant chacun un style filiforme; carpelles membrane ux, à une ou deux graines. Ce genre est voisin de l'Hibbertia et du Candollea. Il se compose de vingt espèces, toutes originaires de la Nouvelle-Hollande, et trouvées pour la plupart par R. Brown, qui les a décrites dans le premier volume du Systema Vegetabilium du professeur De Candolle. Ce sont des sous-Ar-brisseaux très-rameux, à feuilles éparses ou ramassées, entières, linéaires, oblongues ou obovalcs, à une seule nervure, rarement saus nervures. Les fleurs sont jaunes et solitaires au sommet des petites branches.

De Candolle (loc. cit.) a distribué les vingt espèces de Pleurandra en quatre sections. La première, qu'il a nommée DAPHNOÏDÉES (Daphnoideœ), à raison de leur port analogue à celui de certains Daphnés, ont les étamines libres, les feuilles oblongues ou obovales, un peu grandes et glabres; elle renferme trois espèces: Pleurandra bracteata, Br.; P. nitida, Br., et P. Cneorum, D. C. La seconde section se compose d'espéces qui, par les poils de leurs feuilles, ressemblent a des Alyssum, d'ou le nom d'ALYSSOÏDÉES (Alyssoideœ) qui lui a été imposé. Les étamines y sont libres; les feuilles sont oblongues ou obovales, couvertes sur les deux faces d'un duvet soyeux et étoilé: ce sont les Pleurandra sericea Br., et Deless., Icon, select., 1, t. 79; P. cinerea, Br.; P. furfuracea, Br. et Deless., loe cit., tab. 80, et P. parviflora, Br. La troisième section qui à été nommée HIBBERTIANÉES (Hibbertianeœ.), à cause de ses affinités avec les Hibbertia, est caractérisée par ses étamines libres, ses feuilles linéaires, oblongues, petiles, étalées, glabres ou du moins non

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chargées de poils étoilés. Cette section est la plus nombreuse en espèces, parmi lesquelles on remarque celles qui ont servi de types au genre:P. ovata, Labill., loc. cit.; P. scabra, Br.; P. riparia, Br.; P. pedunculata Br.; P. empetrifolia, D. C.; P. intermedia, D. C.; P. ericœfolia, D. C.; P. hypericoides, D. C.; P. enervia, D. C.; P. acicularis, Labill.; et P. acerosa, Br. Enfin, la quatrième a reçu le nom de CANDOLLÉANéES (Candolleaneœ), parce que les Plantes dont elle se compose ressemblent aux Candollea. Les étamines sont légèrement mona-dclphes à la base; les feuilles sont linéaires, dressées, à peine ouvertes. Eu raison de ses étamines un peu soudees, De Candolle incline pour en former un genre particulier. Elle ne comprend que deux espèces: P. stricta, Br., et P. calycina, D. C.

Rafiuesque (Flor. Ludov., p. 95) a publié sous le mème nom de Pleurandra, et postérieurement à celui de Labillardiére, un nouveau genre qui differe si peu de l'OEnothera qu'il est impossible de l'adopter. Il est fondé sur un Arbrisseau de la Louisiane, Pleurandra alba, Raf., loc. cit.; OEnothera secunda, Robin, Itin. p. 490, remarquable par ses rameaux cylindriques, fragiles, élancés, garnis de feuilles sessiles, étroites, entières, aiguës; par ses fleurs axillaires et terminales, portées sur des pédoncules mediocres, de couleur blanche, et exhalant le matin une odeur agréable. (G.. N.)

* PLEURANTHUS. BOT. PHAN. Aiton a donné ce nom à un genre de Cypéracées de l'Amérique septentrionale qui a été nomraé Dulichium par Richard (in Persoon Enchirid.). Cette dernière dénomination a prévalu. v. DULICHIUM. D'un autre côté, Salisbury a établi sous le nom de Pleuranthus, un genre qui ne diffère pas du Protea, tel que l'a limité R. Brown. V. PROTÉE. (G.. N.)

* PLEURAPHIS. BOT. PHAN. Genre de la famille des Graminées, établi par J. Torrey (Ann. of the Lyc. of Hist. nat. of New York, septembre 1824, p. 148), qui l'a ainsi caractérisé: fleurs à épis hétérogames; épillets formés de trois fleurs à chaque articulation du rachis, tous sessiles, entourés a la base d'unc touffe de poils; la fleur centrale parfaite, composée d'un calice (lépicène, Rich.) à deux valves, d'une glume à deux valves biffdes, bordées au sommet de soies; corolle (glume, Rich.) à deux valves hyalines; l'inférieure avec une courte soie; les fleurs latérales mâles. ayant un calice à deux valves, renfermant deux fleurs; la valve inférieure avec une soie courte sur le dos près de la base; une corolle à deux valves nues. Ce genre ressemble, sous plusieurs rapports, à l'Ægopogon de Kuntb. Il ne renferme qu'une seule espèce, Pleuraphis Jamesii qui a été trouvée par le docteur James dans l'expédition du major Long aux Montagnes-Roeheuses, près des sources de la rivière Canadienne, sur les plateaux élevés de formation trapeen ne. (G.. N.)

* PLEUREUR. BOT. PHAN. Espèce du genre Saule. V. ce mot. (B.)

PLEUREURS. MAM. Le Saï et divers autres Sajous sout désignés sous ce nom par d'anciens voyageurs. (B.)

* PLEUREUSE. INS. Geoffroy désigne sous ce nom un Charanson de petite espèce. (B.)

* PLEURIDIUM. BOT. CRYPT. (Mousses.) Bridel uomme ainsi un genre auquel il avait d'abord donne le nom de Phœridium, et qui a pour type les Phascum alternifolium de Dicksou, et son Phascum globiferum. Ce genre, qui ne differe des Phascum que par ses urnes laterales et non terminales, n'a pas été adopté, (A. R.)

* PLEURISIS. BOT. PHAN. L'ut des synonymes anciens de Teucrium Scordium. V. GERMANDRÉE. (B.)

PLEUROBÈME. Plcurobema. MOLL. Genre proposé dans la sous-famille des Amblémides (V. ce mot)

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par Rafinesque (Monog, des Coq. biv. de l'Ohio, dans les Anuales générales de Bruxelles, 1820), pour reunir plusiours espèces d'Unio des anteurs, qui présentent les caractères suivans: coquille oblongue, très inéquilatérale; ligament droit ou plutôt unilatéral; axe totalement lateral ou postérieur; dent lamellaire verticale; dent bilobée, peu ridée, placée sous le sommet, qui est supérieur, terminal; quatre impressions musculaires. Mollusque semblable à celui de l'Unio, mais anus et siphons inférieurs. Nous ferons encore une fois remarquer que le mot siphon n'a pas pour Rafinesque la même signification que pour nous. V. pour ces détails les articles NAYADES et MULETTE. Ce genre est établi seulement d'après la forme de la coquille. Il ne peut done être adopté, Il pourra former une section des Mulettes. V. ce mot. (D.. H.)

PLEUROBRANCHE. Pleurobranchus. MOLL. Un Mollusque rapporté par Péron, fut le sujet du genre qui ra nous occuper, et que Cuvier a proposé et decrit pour la première Iois dans les Annales du Muséum, Tome v. Quoique publié en 1804, le Mémoire qui ooncerne ce genre ne fut probablement pas connu de Roissy, qui ne mentionna pas ce genre dans le Buffon de Sonnini, dont il acheva les Mollusques. Quelques années après, Lamarck l'adopta dans les Tableaux de la Philosophie zoologique, ou on le voit en tête de la famille des Phyllidéens, en rapportavec les Phyllidies, les Oscabrions, Patelles, Fissurelles et Emarginules, quoique la plupart de ces genres aient une organisation fort différente de celle du Pleurobranche. Aussi dans l'Extrait du Cours, cette famille éprouva quelques modifications utiles. Elle fut divisée en deux sections, dont la dernière est composée des deux souls genres Pleurobranche et Phyllidie; rapports qui avaient été indiqués posilivement par Cuvier; car, ditil, page 1 du Mémoire précité: a J'ai aujourd'hui la satisfaction d ajouter à ces notions superficielles la connaissance de l'organisation intérieure des Phyllidies et celle de deux autres espèces appartenant au même genre, ainsi que d'y joindre la description d'un nouveau genre qui se rapproche singulièrement de cette petite famille, et que l'on pourrail presque nommer demi-Phyllidie; car il n'a qu'à demi ce caractere si singulier de branchies placées autour de la base du pied, sous le rebord du manteau, etc. ff Cependant, à la page 5, en parlant des organes de la respiration et de la circulation il dit qu'a leur égard les Phyllidies ont plus de rapports avec les Tuitonies, et le Pleurobranche avec l'Aplysie, et certainement Cuvier a parfaitement raison; aussi le savant zoologiste se conformant à ces deux opinions, fait entrer le Pleurobranche dans sa famille des Tecti-branches avec les Aplysies et les Dola belles, et cette famille suit celle des Inférobranches, qui contient les Phyllidies et les Dépliyllides. Ces rapports indiqués de cette manière par Cuvier dans le Règne Animal, durent nécessairement modifier l'opinion de Lamarck. Aussi remarquet-on une bien grande différence dans la disposition respective des différens genres Sue nous avons vu groupés autour e celui qui nous occupe. La famille des Phyllidiens, déjà partagée en deux sections, fut divisée en deux families, les Phyllidiens et lesSemiPhyllidiens. Dans ces derniers furent compris les genres Pleurobranche et Ombrelle, réunis d'après la position de l'organe de la respiration; car Lamarck reconnaît que pour le reste ces deux genres ont entre eux peu de rapports. Férussac cependant adopta, en la modifiant, l'opinion de Lamarck. La famille des demi-Phyllidiens deviut le deuxième sous-ordre de ses Inférobranches, et il le divise en deux familles, les Ombrelles et les Inférobranches. Celle ei renferme trois genres: Pleurobranchie (Pleurobranchidie, Blainv. V. ce mot). Pleurobranche et Linguelle; d'ou il

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suit que les rapports de Lamarck sont à peine changés. Bientôt après, Latreille, dans ses Familles naturelles du Regue Animal, separa, par la longue serie des Pectinibranches, les Ombrelles, qu'il transporte près des Patelles, des Pleurobranches, qu'il conserve dans l'ordre des Iuférobranches, ou ils forment à eux seuls la famille des Unabranches (V. ce mot), à laquelle il rattache d'une manière pen positive les genres Pleurobranchie et Linguelle. Blainville, créateur de ce dernier genre, était en état, mieux que person ne, d'établir ses rapports, soit avec les Pleurobranches ou avec tout autre genre; c'est ce qu'il fit dans un Mémoire, dont un extrait fut publie dans le Bulletin de la Société Philomalique reproduit dans le Dictionuaire des Sciences naturelles, ou il rapproche ce genre des Phyllidies, et enfiu dans le Traité de Malacologie, ou il l'éloigne définitiveinent des Pleurobranches, pour composer avec lui et les Phyllidies la famille des Phyllidiens. Dans l'ouvrage qne nous venous de citer, les Pleurobranches font partie de la première famille de l'ordre des Monopleurobranches (V. ce mot). Elle porte le nom de sub-Aplysiens (V. également ce mot), et elle contient les trois genres Berthelle, Pleurobranche et Pleurobranchidie. Le genre Berthelle diffère trespeu des Pleurobranches. Blainville l'a reconnu le premier, et il réunit les deux genres dans son article PLEUROBRANCHE du Dictionnaire des Sciences naturelles, ayant soln de le diviser en deux parties. Les caractères donnés par Blainville étant fort détaillés, nous les préférons, paree qu'étant limités dans nos articles, ils nous dispenseront d;entrer dans des détails anatomiques, qui sont d'ailleurs connus par le Mémoire de Cuvier; les voiei: corps ovale ou subciaculaire, trèsmiaoe, très-dé-primé, comme formé de deux disques appliqués l'un sur l'autre; l'inférieur ou le pied beaucoop plus large, et débordant de toute part le supérieur; celuici, quiest le manteau, est écliancré en avant comme en arrière, et contient dans son épaisseur une coquille fort mince; la tête entre les deux disques et à moitié cachee par le supérieur; deux paires d'appendices tentaculaires; les antéricurs à chaque angle de la tête; les postérieurs unis à leur racine, plats et fendus; les yeux sessiles au côté externe de la base des antérieurs; bouche cachée, transverse; une seulc grande branchie latérale, profondement cachée et adhérente par toute sa longueur; terminaison de l'organe mâle au tiers antérieur en avant de la branchie; terminaison de l'oviducte à la racine de l'organe excitateur;à sa partie postérieure; l'anus tout-à-fait en arriére de la branchie à l'extrémité d'un assez long appendice flottant; coquille grande, bien formee, à bords membraneux, ovale, concave en dessous, convexe en dessus; les bords tranchans et réunis; le sommet subspiré, postéricur. L'espèce la mieux connue dans ce genre, est celle qu'a décrile Cuvier sous le nom de Pleurobranchus Peronii, Ann. du Mus. T. v, pl. 18, fig. 1–6; ibid., Lamk., Anim. sans vert. T. vl, p. 359. L'espèce la plus voisine est le Pleurobranchus Lesuearei, Blainv., Traité de Malacol., p. 470, pl. 43, fig. 2. Les espèces qui ont le mantean bombé, beaucoup plus. long que le pied, à une seule paire de tentacules, à branchie en forme d'arbuscule pinné, libre, si ce n'est à la base, mais qui, du reste, ressemblent aux Pleu robranches, constituaient le genre Berthelle, Blainv., Pieurobranchus porosus, Blainv., loc. cit., pl. 42, fig. 1. (D.. H.)

* PLEUROBRANCHIDIE. Pleurobranchidium. MOLL. Genre très-voi-sin des Pleurobranches établi par Meckel en 1813, et adopté depuis par Férussac sous le nom de Plenrobranché, et par Blainville sous Celui de Pleurobranchidie pour éviter de le confondre avec les Pleurobranches à cause de la grande similitude des dé-

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nominations génériques; ce changement de nom ayant été proposé par Meckel luimême. Il n'est pas douteux que ce genre nc soit très-voisin des Pleurobranches, et ne doive entrer dans la même famille; c'est ce qu'ont fait les deux auteurs que nous venons deciter. ll n'est pas douteux non plus qu'il doive être adopte, puisqu'il offre ans son organisation intérieure des différences notables avec ce que Cuvier a décrit du Pleurobranche. Le Pleurobranchidie a le corps ovalaire, assez bombé, lisse, pourvu d'un grand disque musculaire ou pied qui déborde le corps; le manteau est fort petit, ne contient aucune coquille, et ne peut, en aucune facon, recouvrirou protéger la branchie. La masse buccale est fort considérable, presque en forme de trompe; elle est fendue antérieurement et verticalement; les bords de cette fente buccale, ou les lèvres, sont épais, durs etgarnis à l'intérieur d'une pláque cornée qui est dans la même direction. Dans l'intérieur de la bouche et inférieurement, on trouve une langue fort large, composée de deux plaques très-rudes par les faces qui sont en regard; réunies, elles forment un demicercle. On remarque aussi les orifices de deux appareils glanduleux, tous deux salivaires à ce qu'il parait. Les glandes salivaires proprement dites sont placées dans la masse des viscères; elles sont formées de plusieurs lobes, et elles donnent naissance à un canal excréteur fort long qui s'ouvre à la paroi supérieure de la bouche. L'autre glande salivaire est unique; elle est plus dure que ne le sont ordinairement les glandes. Cependant on ne peut douter que ce ne soit une véritable glande, puis-qu'elle donne naissance à deux oanaux très-fins qui s'enflent en forme de petites vessies et finissent par s'ouvrir à la partie snpérieure et posté-rieuce de la bouche. Un œsophage très-court naît de la partie posté-rieure de la bouche; il s'ouvre dans un estomac fort grand et membranaux; ce premier estomac est separé d'un second plus petit et plus charnus par un étranglement d'une médiocre longueur. C'est après s'être courbé un peu qu'il donne naissance à un intestin qui ne fait qu'une seule circonvolution de gauche à droite et d'arrière en avant pour se terminer à un anus assez grand placé à droite, en dessus de la branchie, et vers le milieu de sa longueur. Le foie, qui enveloppe une grande partie des organes digestifs, est de couleur verte; il fournit deux canaux biliaires qui s'ouvrent largement dans le second estomac. La respiration se fait par une seule branchie d'une médiocre grandeur placée à découvert sur le côté droit de l'Animal; elle est composée de deux raneées de lamelles triangulaires qui s'insèrent sur un vaisseau médian; elles sont au nombre de vingt-cinq environ de chaque côté. Ce vaisseau est la veine pulmonaire qui bientôt se dilate en une oreillette assez grande qui verse le sang dans le cœur; il est composé d'un seul ventricule qui fournit, par son extrémité gauche, trois troncs artériels, un postérieur, un moyen et un antérieur; le postérieur se partage en deux branches, l'une pour l'ovaire et l'autre pour le foie; le moyen se distribue a l'estomac, aux intestins et aux glandes salivaires; enfin l'antérieur, après a voir donné les rameaux céphaliques, se répand dans la peau et les muscles qui en dépendent. Les organes de la génération se composent d'un ovaire accolé à la partie postérieure du foie; cet ovaire dimmu insensiblement et se change en un oviducte qui se partage en deux branches, Cette division n'a lieu qu'après l'amincissement considérable de l'oviducte et après un grand nombre de flexions. La première branche reçoit, avant de s'ouvrir dans le vagin, le canal d'une petite vessie ovale dont les fonctions ne paraissent point connues; la seconde braache se rend à un organe arrondi assez petit, composé d'un grand nombre de filamens; c'est, sans contredit, le testicule. Le

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canal entre dans le testiculo. y fait un grand nombre de circonvolutions qui le remplissent presque entièrement, en sort, augmente insensibsment de volume. s'introduit daus une sorte de poche musculo-membraneuse oú il fait plusieurs circonvolutions et va s'ouvrir á une papilie un peu sailiante qui termine l'organe mile, qui est contenu dans la méme poche. Dans le vagin aboutit aussi l'orifice d'une pocne membraneuse qui contient une grande quantité de matiére glutineuse qui sert d'enveloppe aux œeufe avant d'èlre expulsès dehors. La verge est conique, grosse et courte; clle est retractile à l'aide de deux muscles. L'orifice du vagin et celui de la verge se réunissent à un tubercule coramun extérieur Splacé du cóté droit en avant de l'origine de la branchie.

Lesystéme nerveuxn'a rien de bien remarquable dans sa distribution. Lecerveau ou anneau oesophagien est formé de cinq ganglions réunis par des branches intermédiaires; 1 un d'eux plus petit est exclusivement destiné á fourniv des rameaux aux organes de la génération. Blainville, auquel Meckel a envoyé deux individua de ce genra caractérisé, d'aprés eux, de la maniére suivante (Traite de Malacologie, p. 471); corps assez epnis, ovale, allongé, plat et formé en dessous par un large disque musculaire plus étendu en arriére qu'en avant, sans au indice du manteau qu'un petit bord libre, fort étroit'au mitieu du cólé drait trésgrove, peu séparée du ocrrps; deux paires de tenlacules auriformes; les antérieurs L. l'extrémi té d'un bandeau musculaire transverse, frontal; les postérieurs unpeu plus en arriére, et fort séparés l'un de autre; orifice buccal a' l' extrémité d'une sorte de masse proboscidale et entre deux lévres verticales; une seule branchie médiacre, latérale, adhérente au cóté droit dans toute sa longueur et parfaitement k découvert; in terminaison des organes de la génération dans nu tubercule commun l'orifice de l'appareil dépurateur á la racine aiitérieure de la branchie; anus au milieu, de la longueur de celleci; aucune trace de coquille.

Ce Mollusque a été trouvé sur les cótes de Naples par Meckel. On ne connait encore que la seule espéce qu'il a décrite. Blainville l'a nommée plemobranchidie de Meckel, Pleu robranciudium meckeli, Traité de Malacol., p. 471, pl. 43, Sig. 3; Meckel, Fragm. d'Anat. comp. T. 1 pl. 5, fig. 53–40. Animal lisse, d'une couleur blanch atre uniforme, de deux pouces et demi nu plus de longueur. Blainville fait observer que c'est probablement le méme Animal que le Pleurobranche baléarique de Delaroche, et le type du genre Cyanogaster de Rudolphi. (D.. H.)

PLEUROBRANCHIE. Plcurobranchin. MOLL. Nom que Meckel avait d'abord donné au genre que depuis il a désigné sous le nom de Pleuro-branchidie pour le distinguer davantage des Pleurobranches V. PLEUHOBBANCH1DIB. (D.. H.)

PLEUROCÈRE. Pleurocera. MOLL. Genre incertain proposé par Rafinesque dans le Journal de Physique (juin 1819, p. 423) pour des Néntes lacustres de l'Amérique septéntrionale; mais il paraitrait, autant qu'il est possible de le présumer, d'aprés le peu qu'on en sait, que ce serail des Paludines qui ont l'ollverture ovale et la spire assez longues, et qui établissent le passage de ce genre aux Mélanies. 11 serait utile que Rafinsque donnát, a cet égard, nouveaux renseignemens. (D.. H.)

PLEDROCVSTÉS. Pleuracysli. KCHIN. Nom de la troisiémo classe des Oursins ou Echinodermes, dans éouvrage de Klein sur ces Animaux. (E. D.. L.)

PLEUROGONIS. BOT. PHAN. (Beauvois.) Syn. de Pyrularia. F. ce mot. (B.)

* PLEUROGYNE. BOT. PHAN. V. DISQUE.

* PLEUROKLASE. MIN. Syn. de

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Magtiésie phosphatée oa Wagnérite. (O. DEL.)

PLEUROLOBE. BOT. PHAN. Genre formé, aux dépins da genre Hedisarum, par Jaurae Saint-Hilaire, et qui n'ft pas été adopté. (B.)

PLEURONECTE. Pleuronectos. pots. Genre trés-remarqua ble dala seconde famille del'ordredes Malacop-térygiens subbrachiens, dans la Méthode de Cuvier, et de celui des Thoraciques dans le Systéme de LinnéIl eu est peu qu'on reconnaisse aveo plus de facilité, á ses formes singaliéres, et dont les espéces offrent une chair plus délicate. lls ont un caractére unique parmi les Animaux vertébrés, dit Cuvier, celui du défaut de symétrie de leur téte, cóté les deux yeux sont du méme cóté, qui reste supérieur quand l'Animal nage, et est tou jours coloré fortemenl, tandis que le cóté oú les yeux manquent, esi toujours blanchatre. Le reste de leur corps, bien que disposé en gros comme á l'ordinaire, participe un peu de cette irrégulariié; ainsi les deux cótés de la bouche ne soot point égaux, et il est rare que les deux pectorales le soient. Ce corps est trés-comprimé, haut verticalement; la dorsale régne tout lé long du dos l''anale occupe le dessous du corps, et les ventrales ont presque l'air de la continuer enavant, d'autantqu'elles sont unies éune a l'autre. ll ya six rayons aux ouïes. La cavité ab-dominale est petite, mais se prolonge en sinus dans Pépaisseur del deux cótés de la queue pour loger quelques portions des visceres. 11 n'y a point de vessie natatoire. Le squelettede leur crine est curieux, parce rttafrersement qui porte les deux orbiles d'un méme cóté; il présente etotiore cette irrégularité que les yeux sont Souvent inégaux en volume; c'est quelquefols 1 oeil supérieur qui l'emporte'. l'instrument le plus éner-gique de la natation des Pleuronectes consiete dans leur nftgeoére caudaleaui, étant horizontale, frappe l'enu u liaut en bas et de bas en haut, ce qui leur donne la faculté de s'éferer et de s'abatsser dans la profondeur des mers avec plus de raptdité que la plupait des autres Poissoit*. lis se tiennent en général au fond des eaux, comme appliqués contre la vase ou le sable, et y glissant pour ainsi dire a plat, lls se nourrissent de plus petits Poissons et de fatbles Mollusques. II se trouve des individas dont les yeux sont placés du códé opposé oú ils sont ordinairement, et que les pécheurs appelient Bistournés ou Contournés d'autres oú les deux cótés sont colorés et qu'on anpelle Doubles; le plus souvent c'est le cóté brun qui se ré-péte mais il y a des eieimries oú c'est le cóté blanc. Le Rose-Coloure-Flounder de Shaw est un Flet accidenté de cette derniére facon. Le genre qui nous occupe se divise en quatre sousgenres, savoir:

† PLIES, Platessa. ou chaque mácboire a une rangée de dents trinchantes et obtuses, avec des dents en pavé aux pharyngiens. Leur dorsale ne s'avance que jusqu'audessus de l'ceil supérieur, et laisse, aussibien que l'anale, un intervalle nu entre elle et la caudale; leur forme est rhomboidaie; la plupart ont les yeux ádroite. On leur observe deux ou trois coecums. Les espéces de nos mers sont la Plie-Franche ou Carretel, Pitaroneotes Piatess, L, Btoch, pl. 42; Encyc!., Pois., pl. 41, fig. i6a; le Flet ou Pécaud, Pleuroneces Fletus, L, Bloch, pl: 44, et Pasaer, Encych, Pois., pl39. fig., 56 et pl. 43, fig.; 65, sottft le nom' de Moineau, avec lar Limando, Pleuronectes Limanda, L,, Bloch, pl. 46; Eocycl., pl. 4o, fig. I58. Toutes se trouvent fréqueftiment sur tãios potosonneries.

†† FLÉTANS, Hippoglossus. Ont, avec les hageoireset la forme un peu plus allongée des Plies, les machoires et le pharynx armée de dents aiguës ou m velours. Le Fletétan proprement dit, Pleuronectos Hippoglossus, L., Bloch, pl. #7; Encycl.:, pl. 4o, fig. 159, est le type de ce sousgenre, qui compie plusieurs pe-

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tiles espéces dans la Méditerranée, telle que le Pleuronectos Limandoides Bloch, pl. 186, qui est la Plie rude de l'Encyclopédie, pl. 90, f. 374. Le Fléten, qui se trouve daos toutes les mera de L'Europe, y devient l'un des plus grands Poissons; on dit qu'il y en a de dixhuit a vingt pieds d. long. Dans le Groënland, où l'on en prend beaucoup, aiusi que sur les cóles deNorvége, on en sale la chair, qui se conserve par tranches comme de la Morue. De vieux individua sont si souvent couveris de plantes et d'anicnaux marins, qu'ils ne peuvent plus se. tenir au fond, et que floitant maiades á la surface des eaux, ils y sont dévorés par les Oiseaux pécheurs.

††† TURBOTS, Rhombus. Ont aux machoires et au pharynx des dents eu velours ou en cordes, comme les Flétahs; mais leur dorsale s'avaoce jusque vers le bord de la máchoire supérieuire, et régne, ainsi que éanale. jusque tout prés de la caudale. La plupart ont les yeux a gauche. Ce sont les meilleurs Poissons de la mer, selon la plupart des eounaisseurs gastronornes. Les deux plus exquises de nos cótes, sont le Turbot proprement dit, Pleuronecto maximas. Bloch, pl. 49; Encyd., pl. 42, ng. i63, et a Barbue, Pleuronecto rkombus, L., Bloch, pl. 47. On en connaft quelques autres dans la Méditerranée, telles que le Podar de Laroche, et le Pleuronecies mancus de Broussonet.

†††† SOLES, Solea. Ont la boucha con lournée et comme monstrueuse du cóté oppose aux yeux, et garnie seulement de ce cótéla de fines dents en velours serrées, tandis que le cólé des yeux n'en a aucune. Leur forme est oblongue; leur museau rond et presoue touioursplus avancé que la bouene ou la dorsale commence, et légae, aussi bien que l'anale, jusqu a la caudale. La ligne latélale est droitet le cóté de la téle opposé aux yeux est générale:il ent garni d'uae sorte de vulosité. L'intestin est long, plusieurs fois replié et sans coecum. Tout le monde connail et aime la Sole, Pleuronecies Solea, L., Bloch, pl. 45; Encycl., pl. 4i, fig. 160, donl il existe plusieurs varietés diversement estimées. 11 en est plusieurs autres de la Mediterranee, telles que la Sole, Pleuronecies cytioglossus, L., et la Pégouse, Parmi les Soles élrangéres, est le Zebre de mer, Encycl., pl. 90, fig. 376.

††††† MONOCHIEBS, Monochirus. Qui sont des Soles n'ayant qu'une tréspetite pectoraledu cóté des yeux, et ou telle au cóté opposé est presque impeiceplible ou manque tout-a-fail. Nous en avons une dans la Méditernée, etquelques autres sont exotiques. (B.)

* PLEURONECTIDES. pois. Risso, dans son Histoirede la Méditerranée (T. 111, p. io5), établit sous ce nom une quatnéme faraille danséoidre des Jugulaires, qui renferme ce qu'on appel le vulgairement les Poissons plats, c'est-a-dire les Turbots, les Soles, Flétaos, etc. (B.)

PLEURONECTITE. CONCH. Schloteim, dans son Traite des pétrifications, a proposé de réunir, sous ce nom générique, toutes les espéces de Peignes qui se rapprochent du Pecten Pleuronecies. Ce genre ne pent étre adopté, étant fondé sur de trésifiaibles caractéres. V. PBIGNE. (D.. H.)

* PLEUROPHORE. acal. Espéce du genre Cyanée. V. ce mot. (B.)

* PLEUROPOGON. not. PHAN Genre de la famille des Graminées et de la Triandrie Digynie, L., établi par R. Browns (Chloris Melvillina, p. 31) qui lui a imposé les cafsetéres essentiels suivans: épilleltes multillores, cylindracée lépicéne courta,á valves inégales et mutiqued; valves de la alume (périantbe, Br.) distinotes; éinférieure mutique, obtuse, concave, nerveuse, scarieuee au sommet; la supérieure munie sur les 06-tés de deux nervures qui finissent en soies; deux styles á stigmates plumeux; caryopse libre, comprimé surles cótés. Ce genre est voisin du Glycerta pu' ses épillels eylindriquas

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par ses périanthes trésobtus, et par ses feuilles don l les gatnes sont entiéres; il en difiere par ses stigmates non découpés, sa caryopse comprimée, son inflorescence, et surtout nar les soies hiérales des nervures de la valve supérieure du périanthe, caractére qui ne se retrouve dans aucune autreGraminée. sicen'est dans VUnióla latifolia de Michauz. Le Pleuropogon Sabinii, R. Br., loe. cit., tab. D, est une Graminée élé gante,á feuilles planes, étroites, la gaine entiére ou fendue seulementau sommet. Les fleurs forment une grappe simple dont les épillets sontpenchés, rouges et luisans. Cette Plante croit a l'ile Melville. (G.. N.)

PLEUROPUS. BOT. CHYPT. V. MESOPUS et AGARO.

* PLEURORHIZÉES. BOT. PHAN. Premier ordre établi par De Candolle parmi les Cruciféres. V. ce mot. (B.)

* PLEUROSPERMUM. BOT. PHAN. Hoffmann (Umbell. Gen., p. ix) a donné ce nom a un nouveau genre de la famille des Omhelliféres et de la Pentandrie Digynie, L., qui a ur type le Ligusticum austriacum, Ce genre a été adopté par Sprengel (in Rcem. et Schultes. Syst. veget., vol. 6, p. xxxix), qui l'a plocédans la tribu des Smyrniées, et lui a imposé les caractéreses sentiels suivans: involucres et involucelles polvphylles; fruit formé d'un double utricule; l'ex teme á cinq lobes filiformes, adhérent avec éinterne, qui est cinq angles. Le Pleurospermum austriacum, Hoff., ttfb. tit., f. 16–22; Ligusticum austriacum, L.; Allioni, Pedem., tab;43; Ligusticum Gmelini, Vill. Dauph.. 2, p. 610, tab. 13 bis, est une Plante herbacée, dont la racine est grosse, garnie vers le collet de fibresqui sont les débris des pétioles. La tige, haute d'environ un métre, est droite, ordinairement simple; les feuilles radicales sont grandes, pétiolées; leur pétiole se divise en trois branches, dont chacune porte trois folioles sessiles, pinnatifiaes, a lobes divergens, incises et décurrens le long de la nervure longitudinale. Les folioles supérieures sont plus petites, presque sessiles et divisées á peu prés de la méme maniére. Les fleurs torment une ombelle termiinale, blanchatre, á trente ou quarante rayons. Cette Plante croiit entre les rochers et dans les basfonds des Alpes de France, d'Italie et d'Autriche. (G.. N.)

PLEUROTHALLIS. BOT. PHAN. Genre de la famille des Orchiidées, établi par R. Brown dans la seconde édition du Jardin de Kew (vol. 5, p. 21i 1), ayant pour type V Epidendrum ruscifolium de Jacquin. Ce genre offre les caracteres suivans: les trois divisions externes du calice sont á peu prés égales entre elles; les deux inféneures sont soudées plus ou moihs complétement par leur cóté interne; le labelle, quelquefois ongutculé, est articulé avec la base du gynostéme; celuici se termine par une anthére operculiforme a deux loges, contenant chacune une masse pollinique solide, terminée en pointe inféieurument ou elle se réunit avec celle de l'autre par un point d'attache commun..

Indépendamment de l'espéce citée plus haut, Pleurothallis ruseifolia, Brown, loe. cit., Hook, Exot Fl., t. 197, notre collaborateur kunih en a décrit trois espéces nouvelles dans le premier folume des Nova Genera et Species Ameneos cequtn. de Humboldt. Ces trois espéces, originaires de l'Amérique méridionale, sont s Pleurothallis laurifblia, P. sagittifera, t. 91, P. macrophylla. Deux autres espéces nouvelles sont décrites et figuréés dans l'Exotic Flora du professeur Hooker sous les noms de Pleurothallis racemiflora, t. 123, et Pleurothallis cocciinea, t. 129. Ce genre est trésvoisin des Stelis dont il ne différe en quelque sorte que par son labelle qui a une forme ifférente de celle des divisions intérieures du calice. Aussicroyonsnous que plusieurs des espéces de Steiis devront faire partie au genre Pleurothallis. (A. R.)

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* PLEUROTHEA. BOT CRYPT. (Lichens.) Sousordrc l'tabli par Acharius daosle genre Parmella, tel qu'il éavait d'abord formé dans sa méthode. (A. P.)

* PLEUROTOMAIRE. Pleurotomaria, MOLL. Genre que l'on ne peut placer convenablement que dans la famille des Turbinées de Lamarcá. II a été proposé, pour la premiére fois, par Defrance, dans I'Atlas du Dietionnaire des sciences naturelles. II est e'tabli sur des Coquilles fossiles de la forme des Dauphinules, mais qui présentent le singulier caractére l'avoir unefente profondesur le bord droit. Semblables en cela seulement aux Pleurotomes, les Pleurolomaires se distinguen t trésfacileraent, en ce qu'ils ont l'ouverture entiére. non écbancrée ni canaliculée á la oase, caractére esseniiel qui les retient dans le voisinage des Trocbus et des Tuibos. Ce genre a été généralement et convenablement adopté, puisqu'il repose sur de bons caractéres. ll ne renferroait d'abord que des especes dont la forme s approchait beaucoup de celle des Daupninules. Bientdt aprés, Defrance y joignit des Coquilles absolument trocbiformes, et que i'on avait rapportées jusqu'alors au genre Trochus. D'Orbigny fils, qui avail fait un petit genre Seissurelle pour quelques Coquilles submicroscopiques qui ontlalévre droite fendue, abandonna son genre pour ranger, peutétre á tort, les Scissurelles parmi les Pleurotomaires. V. SCISSURELLE. Enfin, aprés des recherches multipliées, nous avons réuni un grand nombre de Pleurotomairet, et nous avons reconnu qu'ils a Afecten t plusieurs formes, celle des Cadrans, celle des Dauphin ules, celle des Troques et celle des Turbos. II y a entre elles des passages insensibles qui s'opposent a ce que 1 on établisse des coupes bien nelles. Defrance n'avait d'abord connu que trois espéces, el Blainville n'en cite pas da vantage. Le premier deces savans, a son article PLEUROTOMAIBE du Diclionnaire des sciences naturelles, en ajouta deuz, ce qui fait cinq espéces en tout; mais ce nombre est bien plus considérable. Nous en avons réuni vingt espéces dans notre collection, et nous en connaissons auelques autres dans divers cabinets de la capitale, mais que nous ne possédons pas. Les caractéres génériques peuvent étre exprimés ainsi: coquille turbinoïde ou trochiforme, é ouverture entiére, le plus souvent ombiliquée a la base une fente plus ou moins large, mais profonde sur le bord droit.

Les Pleurotomaires sont des Coquilles qui ne se sont encore trouvées que dans les parties inférieures de la Craie, et les terraius qui sont audessous de cette formation. Ce sont les terrains oolitiques qui en offrent le plus grand nombre. On en trouve aussi dans les Argiles bleues du Hiavre et autres semblables. Nous allons indiauer quelquesunes des espéces les plus curieuses de ce genre: PILUBOTOHAIRE TUBERCULBUSE, Pleurotomariia tuberculosa, Def., Diet, des scienc. natur. T. xxxxi, pag. 38a, Atlas, pl. de Fosa., fig. 3; Pleuroto marium tuberculosum, Blainv., Traité de Malacol., pl. 6i, fig. 5. La spire est trésaplatie; les tubercules sont ovales. Elle vient des environs de Caen. Plburotomaire anglaise, Pleurotomaria atiglica, Def., loe. cit. Trochussimilus, Sow., Minér., Conch., tab. 14a. Elle vient de Werton, prés Bath en Angleterre. Elle a beaucoup de rapports avec une es* péce de Normandie, mais elle en est diatincte. Pleurotomaibe granulée, Pleurotomaria granulosa, Def., loe. cit.; Sow., Min. Conch., pl. 220, fig. 2. Elle est ombiliquée et de la méme forme que les Cadrans. PLEU ROTOMAIRE ORNÉE, Pleurotomaria ornala, Def., loe. cit., pl. de Foss., fig. 2; Trail, de Malacol., pl. 6i, fig. 2. Elle est un peu variable, aplalie. On la trouve aux environs de Caen. Nous ne pensons pas, comme Defrance, que le Trochus ornatus de Sowerby soit la méme espéce. PLEU-

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ROTOMAIHB PONCTUÉE, Pleurotomaria punctata, Nob.; Trochus punctatus, Sow., loc. cit., pi. 193, fig. 1. Elle se trouve á Bayeux, prés Caen, ct á Dundry, prés Bristol, en Anglelcrre. PIEUROTOMAIRE ALLONOÉR, Pleuroto maria elongata, Defr. Trochus elongatus, Sow., loc. cit., pl. i95, fig. 2, 3. Nous possédons cette espéce qui nous parali distincte des espéces de Bayeux, d'Athys et de Caen. On la trouve aux environs de Nancy et en Angleterre, dans la méme localité que la précédente. PLEUBOTOMAIRE FASCIÉE, Pleurotomaria fasciata, Nob.; Trochus fasciatus, Sow., loe. cit., pl. 220, fig. 1. On la trouve a Dundry et Bayoux. (D.. H.)

PLEUROTOME. Pleurotoma. MOLL. Genre que Linné confoudait avec les Rochers, firuguiére avec les Buseaux, et qui a até nettement séparé par Lamarck d'abord dans son Systémede 1801. 11 avail proposé en méme temps le genre Clavatule qui ne différe des Plenrotomes que par le canal de la base qui est un peu moins grand. Places entre les Turbinelles et les Cérites, ces genres furent transportés dans la familledes Canaliteres sans changer de rapports (Philosoph. zoolog.), et restérent de méme dans l'Extrait du Cours. Cuvier n'adopta que le seul genre Pleurotome, et seulement comme sousgenre des Rochers dans la section des FUSEAUX. Ce savant sentit fort bien qu'il n'existait pas assez de différences entre les Pleurotomes et les Clavatules pour les séparer. Conduit par cet exemple, Lamarck réunit en un seul les deux genres dans son dernier ouvrage, et le maintint dans les rapports qu'il lui avait assignés pré-céaemraent. Tous les conchyliologues ont adopté ce genre, et I'ont placé dans le voisinage des Rochers et des FUSEAUX, mais surtout de ces derniers, avec lesquels il a le plus de ressemblance. Si 1 on remarque dans leurs ouvrages quelques nuances dans une méme opinion, elles n'ont point assez d'importance pour avoir modifié ces rapports.

L'Animal des Pleurotomes n'est qu imparfaitement connu. ll n'a été figuré qu'une seule fois, et e'est par D Arcenville dans sa Zoomorphose. II offire cela de particulier d'avoir, pendant la marche, le corps fortement séparé du pied par un pédicule gros et long qui s'implante au milieu et se séparé du manteau qui déboirde sur la coquille, et qui se termine antérieurement par un canal charnu placé dans le canal de la base de la coquille; cette disposition du pied, séparé du corps, fait que, pendant la marche, L'Animal est susceptible de se renverser souvent á cause du poids considérable qu'il porte. D'Argenville ne donne malheureusemedl pas assez de détails, et on ignore ou il a puavoir le moyen d'observer ce qu'il rapporte, ce qui donne tout cela assez peu de certitude pour que les zoologistes désirent vivement avoirdes détails pris sur le vivant, et par des hommes versés dans l'art difficile d'observer. Ce genre, comme celui des Cérites, est trésnombreux en espéces; ce sont celles foasiles qui sonl les plus nombreuses; elles se trouvent dans presquetous les terrains tertiaires; on n'en rencontre point dans les formations secondaires. Lamarcá compte vingttrois espéces vivantes, Defrance quatre-vingt-quinze fossiles, et nous en connaissons davantage des unes et des autres. Caractéres genériques: Animal voisin de celui des Rochers, d'anrés le peu qui en est connu. Coquille soit turriculée, soit fusiforme, terminée inférieurement par un canal droit plus ou moins long; bord droit muni dans sa partie supérieure d'une entaille ou d'un sinus.

Quelques espéces, soit vivantes, soit fossiles, présentent une petite différence dans la place de la fente qui est dans l'endroit de la suture, au lieu d'étre prise complétement dans le bord droit audessous de la suture. Ce caractére est accompagné aussi d'une autre difference moins

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importante, c'est l'existencc d'un bourrelet plus ou moins gros au bord droit, lorsque la plupart des autres Pleurotoines outce bord minceettran-cbant. Quelques personnes avaient pensé qu'on pourrait établir un nouveau genre, mais nous croyons que cela serait inutile, car ces caracteres sont de trés-peu d' importance. Patmi les espéces vivantes, on peut citer les espéces suivantes qui sont les plus remarquables.

Pleuroioma auriculifem, Lamk., Anim. sans vert. T. vii, p. 91. n. 2; Strombus livid us, L., Ginel., p. 3523, n. 49; Chemn., Conch., tab. 136, fig. 1 269, 1270;Eucyclop., pl. 439, fig. 10, a, b; Blainv,, Malac., pl. 15, fig. 4. Pleurotorna imperialis, lamk., ibid., n. 1; Encyclop., pl. 440, fig. 1, a, b. Pleuroioma lineata, Lamk., ioc. cii. n. 10; Encydop., pl. 44o, fig. 2, a, b. Pleuroloma tpiraia, Lamk., ioc. cit., n. 11; Chemu. T. x, pl. i64, fig. i573, 1574; Encyclop., pl. 44o, fig. 5, a, b.Pleuroiomavirgo, Lamk.,loc. cit., n. 16; Favanne, Conch., tab. 71, fig. D; Martini, Conch. T. iv, p. i43, fig. B; Encyclop., pl. 439, fig. 2. PL baby Ionia, Lamk., loc. cii., n. 17. Mure. x babylonius, L,, Gmel., p. 3541, n. 52; Lister, Conchyl., tab. 917, fig. 11; Martini, Conchyl. T. iv, tab. 143, fig. i33i, 1332;Encyclop., pl. 439, fig. 1, a, b. Pleurolomaiigrina, Lamk., loc. cit., n. 20; Encyclop., pl. 439, fig. 6. Pleuroioma nodifera, Lamk., loc. cit., n. 93; Pleuroiomajavana, ibid., Encycl., pl. 439, fig. 3.

Les especes fossiles, commenousl'avons dit, sont trisnombreuses; on en compte plus de cent. On peut remar quer les suivantes: Pleuroioma filosa, Lamk., loc. cit., p. 97, n. 6 Ŵid., Ann. du Mus. T. 111, p. i64, n. 1; Encyc., pl. 44o, fig. 6, a, b. Fort commune aux environs de Paris. Pleuroioma claviculariia, Lamk., loc. cit., n. 8; id., Annal, du Mus., n. 3; Eucyclop., pl. 44o, fig. 4. Egalement des environs de Paris. Pleuroloma Borsoni, Bast., Mém. des environs de Bordeaux, p. 64, n. 5, pl. 3, fig. 2. Pleuroioma tuberculosa, id., loc. cit., n. 1, pl. 3, fig. 11. Ces deux espéces viennent de Bordeaux et de Dax oil elles sont communes. (D.. H.)

PLEUROTOMIER. MOLL. Animal des Pleurotomes. (B.)

PLEUT-PLEUT. ois. V. PLEU-PLEU.

PLEXAURE. Plexaura. POLYP. Genre de éordre des Gorgoniées, ayant pour caractéres: Polypier dendroïde, raraeux, souvent dienotome; rameaux oylindriques et roides; axe légérement comprimé; écorce (dans l'état de dessiccation) subéreuse, presque terreuse, trés-épaisse, faisant peu d'effervescence avec les Aci des, et couverte de cellules non saillantes, éparses, grandes, nombreuses, el souvent inégales. Le nombre considérabled'espéces comprises dans le genre Gorgoniades auteurs, les difficultés qu'on rencontre dans l'étude et la délermination des espéces, portérent Lamouroux á établir plusieurs coupes générieques dans les Gorgones, et il ciistingua sous le nom de Plexaures celles qui, avec un axe, petit ou médiocre, ont une écorce trésépaisse, charnue, dans éétat vivant, faisant peu d effervescence avec les Acides, et dont les cellules, grandes et ouvertes, ne forment point ne saillie á la surface. C'est surtout dans les Plexaures que l'on peut lacilement distinguer cette substance membraneuse, en ganéral de couleur violette, qui parait unir l'écorce des Gorgoniées a leur axe; dans l'état de dessiccation, on la voit adhérertantót á ces deux parties a la fois, tantót á l'une ou á l'autre seulement; elle est striée loneitudinalement sur ses deux faces; elle jone probableroent un róle important dans la formation de l'éecorce et surtout de l'axe qui, sans aucun doute, est inorganique et formé de couches superposécs, dont les plus extérieures ou derniéres formées enveloppent les plus internes. Les Plexaures variient beaucoup dans leurs formes et leur

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grandeur; la plupart soot dichotomes; quelquesuues ont leurs rameaux épars ou presque pinnes; il y en a. qui parviennent á une taille assez considerable; on en trouve dont le diamétre ne dé passe pas celui d'une plume de Corbeau, etd'autres qui atteignent un pouce et audela. Les couleurs de ces Polypiers sont peu brillantes; elles varient du blanc jaunatre au brun olivátre, ou au rouge terne; ils sont peu nombreux en espéces, vivent dans les mers intertropicales, et surto ut celles de l'Amérique. Les espéces que Lamouroux rapporte á ce genre, sont: les Plexaura heieropora, macrocythara, crassa, friabilis, suberosa, homornala, olivaceo, flexuosa. (E. D.. L.)

PL1CACÉS. Plicacea. MOLL I. Sixiéme famille des Gymnocochlides peetinibranches par Latreille (Fam. nat. du Régn. Anim., p. 191), compiétement adoptée de Lamarck qui l'a proposée, pour la premiére fois, dans l'Extrait du Cours publié en 1811, et reproduite sans altération dans son dernier ouvrage. Quelques zoologistes, et Blainville entre autres, ont rejeté cette fcmille qui, composée des deux genres Tomatelle et Pyramidelle, leur semblait inutile, parce qu'ils avaient l'opinion que ces deux genres pouvaient entrer dans la famillé des Auricules; mais cette opinion ne se confirma pas, elle fut méme complétement détruite par ce seul fait rapporlé par Gray, que les deux genres que nous venons de citer sont operculés, ce qui les éloigne pour toujours des Auricules. D'aprés cela, it est bien á croire que tous les conchvliologues adopteront par la suite la famille des Plicacés comme Latreille en a donné si judicieusement l'exemple. V. TOHNATELLE et PYRAMIDELLE. (D.. H.)

* PLICANGIS. BOT. PHAN. Du Petit-Thouars nomme ainsi une Orchidée de Madagascar qui, suivant la nomenclature linnéenne, doit porter le nom d'Angrcecum implicatum. (G.. N.)

* PL1CARIA. BOT. CHTPT. (Lé-mery.) l'un des noms de pays du Lycopode vulgaire. (B.)

* PLICAT1LE. REPT. OPH. Espécedu genre Couleuvre. (B.)

PLIGATULE. Plicatula. MOLL. Petit genre démembré des Spondyles par Lamarck, et proposé, pour la premiére fois, dans le Systéme des Animaux sans vertébres publié eu 1801. Comme ses caractéres l'indi quaient, il fut placé prés des Spondyles, et resta en rapport avec eux, soit qu'il fit partie ae la famille des Ostracés (Phil. zool., Ext. du Cours), soit qu'il entrát dans celle des Pectinides (Hist, des Anim. sans vert.}. Les zoologistes qui ont suiviLamarck l'ont, pour la plupart, imité. Cuvier cependant ne 1 admet qu'á titre de sousgenre. Férussac, Latreille, Blainville, l'ont adopté comme genre, et l'ont, d'un commun accord, laissé prés des Spondyles. Voici les caractéres de ce genre Animal inconnu; coquille inéquivalve, inarticulée, rétrécie vers la base; bord supérieur arrondi, subplissé, á crochets inégaux et sans talón; charniére ayant deuz fortes dents divergentes, striées sur chaqué valve: une fossette cardinale entre les dents recevant le ligament qui est tout-á-fait intérieur. Ce genre difiere des Spondyles par plusieurs points essentiels. La base ae la coquille est dépourvue des oreillettes qui se retrouvent dans les Hinnites, les Peignes et les Spondyles. Elle n'a pas, comme ces derniers, un talon á facette plate ácha que valve; le ligament ne laisse pas derriére lni, et en dehors de la coquille, une fente dans laquelle il se loge en partie; les dénts cardinales sont divergentes, elles s'articuleiit par des crochets comme celles des Spondyles, mais elles en different ccpendant en ce qu'elles sont, dans presque toutesles espéces, striées perpend iculairement. Elles vivent attachées aux corps sousmariins par leu:valye inférieure, quelquefois par cetté valve tout entiére, d'autres

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lois par le sommet seulemeut. Ge genre contient plusieurs c, péces fossiles; quelquesunes des terrains secondaires, et quelquesautres des terrains lertiaires. Paimi les premiéres, nous ferons rcmarquer la Plicatule pectinoïde que Lamarck a confondue, comme Bruguiére, parmi les Placunes, et dont Parkinson avait fait un genre inutile sous le nom de Harpax qui n'a pu étre admis. Les espéces suivantes nous scmblent les plus remarquablcs du genre et nous Ies citerons de préférence. Plica-IULERAMEUSE, Piicatuia ramosa, Lamk., Anim. sans vert. T. viii, p. i84, n. i; Spondylus plicatus, L., Gmel., p. 3298; Chemn., Conch. T. vil, tab. 47, fig. 479, 48o; Plicatula gibbosa, sowerb., Genera of Schelis, n. 3, fig. 1, 2. Des mers d'Ainérique. PLICATULE EN CRÉTE,Piicatuia cristata, Lamk., loe. cit., n. 3; Lister, Conch., tab. 210, fig. 44; Chemn., Conch. T. vil, tab. 47, fig. 48i; Encyclop., pl. 194, fig. 5. Un peu moins grande, rousse, les plis simples rayonnant du sommet á la base. Des mersd'A-mcrique. PLICATULE PECTINOIIDE,Plicalula pectinoides, Nob.; placuna pectinoides, Lamk., Anim. sans vert. T. vi, p. 224, n. 4; Placuna, Encyclop., pl. 175, fig. i-4. Genre Harpax Park., Org. rem. Fossile des environs de Metz et de Nancy, ainsi que de plusieurs autres lieux. PLICATULE TUBIFéRE, Piicatuia tubiifera, Lamk., loe. cit., n. 10. Espéce singuliére par ses epines tubuteuses. Elle est fossile. Des Vaches-Noires, prés du Havre, dans une couche d argile. (D.. H.)

PLICIPENNES. Plicipennes. INS. Nom donné par Latreille a une famille de l'ordre des Névroptéres a laquelle il avait donné prccédemment celui de Phryganides. Les caracteres de cette famille sont exprimes ainsi: mandibules nulles ou trés-petites; ailes inférieures ordinairement beau coup plus larges que les snpérieures, plissées; antennes sétacées, ordinairement fort longues et composées d'une infinité de petits articles; larves aquatiques et vivant dans des tuyaux qu'elles forment de diverges matiéres et qu'elles transportent avec elles. Cetle famille comprend les genres Phrygane, Mystacide, Hydroptile et Séricostome. V. ces mots á leurs lettres ou au Supplement. (G.)

PLICOSTOME. POIS. (Gronow.) Poui Plécostome. V. ce mot: (B.)

PLIE,Platessa. pois. Espéce type d'un sougeme de Pleuronectes. V. ce mot. (B.)

PLIN1E. Plinia. BOT. PHAN. Ce genre, consacré á la mémoire de pline, par Plomier (Gener. Amer., 9, lab. 11) a été placé, par les auteurs systématiques, dans l'lcosandrie Mo-nogynie, L. II offre les caractéres suivans: calice decoupé profondément en quatrc ou cinq segmens; corolle a quatre ou cinq pétales ovales et concaves; ctamines trés-nombicuses dont les filets sont capillaires, aussi longs que la corolle, et terminés par des anthéres fort petites; ovaire petit t supére, sur monté d'un style subulé, plus long que les étamines, terminé par un stigmate simple; fruit drupacé, gros, globuleux, contenant une seule graine globuleuse, et fort grosse. On ne connaiit qu'une seule espéce de Plinia; car les Plinia rubra et pedunculata, L., ont été reunis au genre Eugenia, et sont identiques avec l Eugenia michelii, Lamk. II est méme fort l douteux que Pespéce suivante, qu'on regarde coinmc type du genre, soit autre chose qu'un individu mal decrit de l' Eugenia Michelii.

La PLINIE A FEUILLES AILÉES, Plinia pinnata, L., Plumier, loe. cit.; Lamk., Illustr., tab. 428, est un Arbre dont les rameaux sont munis de feuilles alternes, ailées sans impaire, composées d'environ douze folioles opposées, sessiles, ovales, lancéolées et trésentiéres. Les fleurs naissent par petits paquets sessiles, épars sur les vieux ramcAux dépouillés de feuilles. La corolle est jaune,

TOME XIV. 5

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trois fois plus grande que le calice. Le fruit esi un drupe bon á manger. Cet Arbre, inconnu des botanisles modernes, croit en Amériqtie, sans qu'on sache positivement quelle en es! la contrée particuliére. (G.. N.)

* PLINTHE. Plintáus. INS. Genre de Charansonite. V. RBYNCHOPHORE. (G)

PLINTHINITES. MIN. Forster donne ce nom au Cuivre oxidulé ferrfére, le Ziegelerz des Allemands. (G. DEL.)

PLOAS. Ploas. INS. Genre de Dipléres de la famille des Tanystomes, tribu des Bombyliers, établi par Latreille aux dépens des Bomyles d'Olivier, et ayant nour caractércs: téte sphérique; trompe allongée; lobes terminaux alón gés, charuus; lévre supérieure a peu prés déla longueur de la trome, obtuse; langue de la longueur e la trompe, trés-pointue; soics ca pillaires un peu plus courtes que la languc; palpes avancés, cyhndriques, termines par une petite pointe aigue; anlennes trés-rapprocbéesala base, divergentes, de la longueur de la téte; premier article trés-épais, trés-velu, assez allongé, en cóne tronqué; deuxiéme court, velu, troisiéme menu, nu, fusiforme, légérement comprimé; style court, biarticulé, conique; yeux contigus dans les males, sépares par un large front dans les femelles; trois yeux lisses sur le vertex. Ce genre se compose de cinq espéces dont quatre sont exclusivement propres au midi de la France; celle qui se trouve aux environs de Paris est le Ploas hiriieornis de Latreille, Bombylius virescens, Olivier. (G.)

PLOCAMA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Rubiacées, et de la Pentandrie Monogynie, L., établi par Aitón (Hort. kew., p. 292), el admis sans cbangemens par les auteurs modernes. L'orthographe de ce nom a seulement été viciée en celle de Placoma par Gmelin et Pcrsoon. Voici les curaetéres qui lui ont été assignés: calice persistant, fort petit,á cinq dents; coroll'e monopétaie, campanulée, á cinq découpures oblongues; cinq étamines, aont les filets sont courts et insérés sur le tube de la corolle, termines par des anthéres lineaires droites et pendantes; ovaire infere globuleux, surmonté d'un style filiforme plus long que les étamines, et terminé par un stigmate simple et obtus; baie presque globuleusc, triloculaire, contenant des graines solitaires dans chaqué loge, linéaires et oblongues. Le Plocama péndula, Ait., loe. cit., Poiret, Encyclop; suppl., est un Arbrisseau aui a presque le port d'un Galium, dont les tiges sont cylindriques, trésglabres, ainsi que toute la Plaute; les rameaux opposes, un peu étalés, garnis de feuiltes sessiles, opposées, trés-étroiles, presque filiformes, accompagnées de stipules interpétiolaires, courtes, concaves et obtuses. Les fieurs sont solitaires, petites et axillaires, portees sur des pedoncules trés-courts. Celle Plante a été irouvée dans éile de Téndriffe. (G.. N.)

PLOCAMIA. BOT. CRYPT. (Stackhouse.) V, PLOCAMIE.

PLOCAMIE. Plocamium. BOT. CRYPT. (Hydrophytes.) Lamouroux fonda ce genre de l'ordre des Florideces aux dépens des Fucus de Linné, en lui donnant pour caracléres: une fruclification consistant en tubercules un peu gigartins;1a compression des tiges et des rameaux, lesquels devenaient cloisonnés á leur extrémité. Si ce dernier caractére eútété profon clement exact, les Plocamies eussent fait le passagedes Floridées aux Céramiaires; mais outre qu'il n'est pasbien constant, il manque précisément dans l'espéce type, et Lyngbye a été plus heurcux, quand il a dit que ce genre était fondó sur sa lige comprimée, dislique, tresrameuse, ayant les derniers rameaux pectinés et uncinds, avec des capsules latérales ou des séminicules nus aux extrémitds. En effet, il y a bien distinctement dans lcs Plocamies deux sortes de

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fructificatiou; l'une tuberculaire, l'autre gigarline. Les espéces de ce genre qui ne sont pas fort nombre uses, sont tóales ae la plus grande élégance et relevées de belles couleurs pourprées, souvent de la plus grande vivacité. La plus commune sur nos cotes, dont on retrouve des variélés jusque dans les mers australes, était le Fucus coccineus de Turner, Hist. Fue., pl. 59 j Plocamium vulgare de Linné, dont Roth faisait un Ceramium et Agardh une Delessérie. Dans nos ports de mcr, on en forme de petils cadres, et des arbrisseaux de paysages fantastiques pour la décoration des chambres. Agardh a dispersé les espéces du genre qui nous occupe dans plusieurs des sieas, et particuliérement dans un Bonnemaisonia, qui ne saurait étre adopté. (B.)

PLOCAMIER. BOT. PHAN. Pour Plocama. V. ce mot.(B.)

* PLOGARIA, BOT. CRYPT. (Lichens.) Ce genre, créé par Nées d'Esenbecá(Hor. Physic. Berol., p. 12, p. 6), et adopté par Eschweiler (Sysl. Léicli., p. 23), sur une Plante du Bengale, doit disparaitre de la famille des Lichens. ll a élé reconnu que ce prétendu Lichen n'était autre chose que le Fucus lichenoides, L., Spherococcus lichenoides, Agardh. (A. F.)

* PLOCARIEES. BOT. CRYPT. (Lichens.) Eschweiler donne ce nom á la sixiéme cohorte établie dans sa mélhode. ll y renferme les Licnens fruticuleux, dont le thalle cylindrique est revétu d'une enveloppe corticale; l, apothécie est arrondi, immargé ou libre, et immarginé. Cette cohorte répond presque exacteraent á notre tribu des spharophores. (A. F.)

PLOCEUS. OIS.(Cuvier.)Syn. de TISSERIN. V. ce mot. (DR.. Z).

* PLOCHIONE. Plochionus. INS. Genre de éordre des Coléoptéres, section des Pentaméres, famille des Carnassiers, tribu des Carabiques, établi par Dejean, et auquel il donne pour caractéres (Spédés des Coléoptéres de sa collection, T. i): crochets des tarses dentelés en dessous;le dernier article des palpes labiaux asses fortement sécuritorme; antennes plus courtes que le corps, plus ou moins moniliformes; articles des tarses courts, en coeur et profondément échancrés; corps court et aplati; téteovale presque triangulaire, peu rétrécie postérieureraent; corselet plus large que la téte, coupé carrément postérieureraent; élyties planes, en carré long. Ce genre ne se compose jusqu'á présent que de deux espéces dont les moeurssont inconnues; l'une trouvée aux environs de Bordeaux sous des écorees de pins, par Bonfiils auquel Dejean l'a dédiée, se trouve aussi dans l'Amérique du nord et ál'ilede France; la seconde espéce, PL binotatus, Dej., vient des iles Malouines. (O.)

* PLOGOGLOTTIS. BOT. PHAM. Genre de la famille des Orchidées et de la Gynandrie Diandrie, L., établi par Blurae (Bijdragen tot de Flora van nederlandsch indië, p. 380) qui l'a ainsi caractérisé: périanthe en masque, dont les sépales extérieuis sont les plus grands, les latéraux extérieurs connés inférieurement; labelle soudé á la base et de chaqué cóté avec des plis membra neux appliqués au gynostéme, ayant son limbe convexe indivis. d'aoord étalé, puis dressé; gynosteme libre supérieurement; anthére biloculaire placée dans la partie supérieure et interne du gynostérae; masses polliniques, au nombre de quatre, arronaies, compriraées, puipeusescé-réacées, soutenues par paires sur des pédicelles, et placées au moyen d'une glaude commune sur él'échancrure du stigma te. Ce genrenerenferme qu 'une seule espéce, Plocogloitis indica, qui est une Herbe croissant immédiatemenl sur le sol, á racines fibreuses, a feuilles solitaires sur un pétiole renflé, oblongues, lancéolées, marquees de nervures, et mera bran cuses. La hampe est dressée, multiflore; les

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lleurs sont pedicellees et accompa gnées bractéolos. Cette Plante croft dans les lieux ombragds el liumides anx pieds des monts Salak, Paniar, etc de l'ile de Java. On la lrouve en tleurs depuis juin jusqu ensepteiubre. (G.. N.)

PLOlERE. Ploiera. INS. Georc l'order des Hemipteres, section des Héteioptares, famille des Géocorises, tribu des NudicolIes,élabli pir Scopoli aux dépens des Cimex de Linné ou des Gerris de Fabricius, et adopté par Latreille. Les caractéres de ce genre sonl: corps linéaire; téle alloogée, petite, portée sur un cou distinct, ayant un sillón transversal qui la fait paraitre bilobée; son lobe postérieur large, arrondi; yeux placés sur le lobe antérieur de la tete, prés du sillón transversal; antennes coudées aprés le premier article, longues, gréles, presque sétacces, composées de quatre articles, les deux premiers tréslongs, le troisiéme court, le dernier encore plus court, un peu en massue; bec arqué, court ne dépassant pas la naissance des cuisses antérieures, de trois articles, le premier court, le second long, cylindriquc, le dernier en forme de boule allongée á son origine, diminuant ensuile, et se terminanf en pointe ccnique; corselet allongé, ré-tréci anlérieuiement, un peu aplati en dessus, comme composé de deux lobes l'antérieur plus court; élytres plus longues que l'abdomen; celuici convexe en dessous, ses bords un peu releves, composé desixsegmens dont le dernier ne recouvre point l'anus; ces segmens ayant chacun, de chaqué cólé, un sligmate un peu étalé; anus des ináles entier; pates anlérieures ravisseuses, courles, grosses, avancées, avec les hanches et les cuisses allongées, cellesci garnie3 de poils roides en dedans; lcurs jambes et leurs tarses courts, s'appliquant sur les cuisses pour retenir la proie qui sert á la nourrilure de ile l'lnsect*; les autres pates tréslongues ct fort menues, Ce genre se compose de deux ou trois espéces. Celle qui est bien connue, et qui lui sert de type est le Cimex vagabundus de Linné, Cimex culiciformis, Degécr, T, III, p. 323, pl. 17, fig. 18. Sa larve ressemble á l'Insecte parfait. Elle vit dans les ordures des maisons. (G.)

PLOMARD. OIS. Syn. vulgaire du Garot femelle. V. CANARD. (DR.. Z.)

PLOMB. POIS. ĺun des noms vulgaires du Squalus Zygena, L. V. SQUALE. (B.)

PLOMB. MOLL. Nom vulgaire et marchand du Voluta Pyrum, L. Espéce du geure Turbinelle. V. ce mot. (B.)

PLOMB. Plumbum. MIN. Bley, Werner. Ce Metal peut étre considéré comme le type d'une famille composée d'au moins quinze espéces ininérales, daus lesquelies il existe, ou libre, ou combiné avec les miné-ralisateurs, tels que éOxigéne, le Soufre, le Séléniuin, et avec différens Acides. Les minerais de Plomb ont pour caractéres communs: devoir une grande densilé, de noircir au contact d'un hydrosulfure, et de se réduire aisément sur le charbon avec ou sans addition d'un fondant alcalin. Nous allons indiquer leurs caiactéies spécifiques, en commencanl par ceux dont la composition chimique est la plus simple et nous élevunt graduellcment j usqu'aux plus composes.

PLOMB NATIF. On doute de lexisteuce du Plomb a Pétat métallique dans la nature. II se peut que Paction des feux voicaniques sur quelque minera i de Plomb préexistant en ait operé la réduction, et telle est probahlemcnt l'origine de celui qu on a cité dans les laves de l'ile de Madere ou il est engage sous la forme de grains ou de petites inasses contournée,. Le Plomb nalif, si ou l'adinct comme espéce, doit done étre consideré commenayant qu'une existence tout-a-fait acciuentclie. Au reste, les caractéres auxqucls on pourra le reconnaitre sont les mémes

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que ceax que les chimistes assignent ou Métal pur, obtenu par les procé-dés de Part. On sait que le Plomb est une substance simple, métalli-aue, d'un blanc bleuatre passant facilement au gris livide, pesant spé-cifiquement 1i, trés-malléable et fusible a un léger degré de chaleur; c'est peut-étre le moins sonore des Métoux; il est facile á réduire en Jame, mais sa ténacité est trés-faible et on ne peut le tirer qu'en fils trés-grossiers; il est aisément altaquable par L'Acide nitrique, et sa solution précipite en blanc par les sulfates, en noir par les hydrosulfates. Le Plomb est éun des Métaux les plus employés á cause de la grande abondance de ses minerals, de la facilité avec laquelle on parvient á l'en extraire, et des usages variés auxquels il se préte. II sect á la couverture des édifices, á la conduite des eaux, á la construction des réservoirs et des chambres oú se fabrique L'Acide sulfurique; on l'emploie pour faire des bailes et de la grenaille. Allié á l'Etain, il forme la soudure des plombiers; á 1';ntimoine, il constitue les caraciéres d'imprimerie. C'est est de lá Galéne ou du Plomb sulfurécute; que écute;l'on extráit presque tout le Plomb versécute; dáns le commerce.

PLOMB SULFURÉ,Bleyglánz, W., vulgairement Galéne, bisulfurede Plomb. Substance éun gris de plomb douéde l'éclat;métallique, aigre, clivable avec facilitéparall'lement aux faces d'un cube; pesant spécifiquement 7,58. Elle fond et se réduit aisément sur un charbon en répandant une odeur sulfureuse. Sa solution, dans L'Acide nitrique étendu, précipite en blanc par un sulfate ou donne des lamelles de Plomb sur un barreau de Zinc. Lorsqu'elle est pure, elle contient deux alomes de Soufre pour un atome de Plomb, ou en poids i3 parties de Soufre, et 87 de Plomb; mais elle est fréquemment mélangée de sulfure d'Argent et de sulfure d'Antimoine. La forme primitive de la Galéne est le cube; ses cristaux se présentent souvent sous cette forme ou sous celle de l'octaédre plus ou moins modifié; ils offrent rarement les faces du dodécaédre rhomboïlal. Ses variiétés de formes accidentelles ou de structure sont peu nombreuses. On distingue particuliérement: la Galéne globuleuse, en masses mamelonnées et lerminées par des cristaux saillans; la Galéne stalactitique, en concrétions cylindriques; la Galéne pseudomorphique, en prismes hexaédres provenant de la décomporition du Plomb phosphaté; la Galéne incrustante, en enduit recouvrant des cristaux de Chaux carbonatée ou de Chaux fluatée; souvent ces cristaux ont disparu et il en est résulté une sorte de moule vide ou de carcasse plus ou moins solide; la Galéne amellaire, en petites lames brillantes, entiecroisées dans tous les sens; la Galéne grenue ou saccharoiide, on la nomme ordinairement Galéne a grains d'acier; la Galéne compacte, le Bleyschweif des Allemands; son grain est terne et si fin qu'on ne peut éapercevoir qu ' la loupe; a Galéne striée ou palmée, dont la surface est couverte de stries divergentes et plus ou moins larges; elle contient ordinairement de l'Antimoine; la Galéne spéculaire, dont la surface a été polie naturellement et fait l'office de miroir; cette variété se rencontre dans les filons du Oerbystine, ou elle est associée á la Baryte sulfatée; elle y est connue sous le nom de Plomb foudroyant, parce que la matiére du filón se détaclie en faisant explosion aussitót que le mineur en attaque les salbandes. Quelques varietés de Galéne sont irisées a la surface, ce qui tient probablement a un commencement d'altération qu'éprouve la substancc.

Les variiétés provenant du melange de la Galéne avec d autres substances sont les suivantes:

1. La Galéne sélénifére, mélée de séléniure de Plomb. Cette variété, que éon trouve á Fablun en Suéde, et a Tilgerode au Harz, se reconnaft aisément a l'odeur de rave qu'elle

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exhale lorsqu'on la chaufié an chalumeau.

2. Le Galéne argentifére, mélée de sulfure d'Argent. Cette variété, qui est ordidairement á petites facet tes ou á grain d'ader, est exploitée comme mine d'Argent. La quantité de ce Métal qu'elle contient va quelquefois jusquá 10 et méme jusqu'15 pour 100.

3. La Galéne antimonifóre, Dimites weissgultigerx, Wern., vulgairement Mine d Argent blanche. Sulfure de Plomb mélé de sulfure d'Antimoine. Trouvé á Sala en Suéde.

4. La Galéne bismuthifére, wis-muth Bleyerz, en masses amorphes, á cassure grenue, ou en cristaux capillaires; sa solution dans L'Acide nitrique précipite en blanc par Peau, puis par un sulfate, et donne de l'Ar gent sur une lame de cuivre. Cest one un melange de sulfure d'Argent et de sulfure de Bismuth avec le sulfure de Plomb. On ne l, a encore trouvée miie dans une seule mine de la Forét-Noire.

5. La Galéne antimonifóre et argentifére, Lichles Weissgtiiltigerz, wern. Substance d'un gris de plomb passant au noiratre; cassure á grain fin. elle décrépite fortement et fond aisément sur la pince au chalumeau. D'aprés Panalyse de Klaproth, c'est un mélange de sulfure de Plomb, de sulfure d'Argent et desulfure d'Antimoine. On la trouve dans la mine de Himmelsfurst prés de Freyberg.

6. La Galéne antimoniftre et arsé-nifére, Bleyschimmer. Variété analysée par Pfaff. et que Pon a trouvée en Sibérie. Elle est accompagnée de Cuivre pyriteux.

La Galéne est le seul minerai de Plomb qui se trouve en dépóts considerables dans la nature. On la rencontre dans presque tous les terrains depuis les primitifs iusqu'aux secondaires; elle forme iiréquemment des filons, et quelquefois des amas dans les Grauits, les Gneis, les Micaschistes et les Scliistes argileux; telles sont les exploitations de Villefort et Viallas dans la Lozére, de Vienne dans le dépertement de llsére, de Pesay dans la Tarentaise. On la trouve dans le Calcaire grenu á Sala en Suéde, ás Schwaraenberg en Save, en á Zmeof en Sibérie. Elle existe en plus grande quantité dans les terrains interméaiaires, ou elle est le plus souvent en couches, au milieu des Siénites, des Amygdaloïdes, des Grauwackes et des Galcaires compactes. Les mines de Poullaouen et de Huelgoat en Bretagne, celles de Klausthal, de Zellerfeld et de Lautenthal au Harz appartiennent au terrain de Grau-wacke;celles de fileyberg en Carinthie, du Derbyshire et du Northumberland en Angleterre, se trouvent dans les Calcaires qui terminent la période intermédiaire. La Galéne est encore trés-abondante dans les assises inférieures des terrains secondaires oú elle se présente presque toujours en couches. On la trouve dans le terrain de Grés rouge et au milieu du Zechstein et du Calcairt magnésien de la méme époque. Les substances minérales, auiquelles la Galéne est le plus ordinairement associée, sont le sulfure de Zinc qui ne la quitte presque jamais, le Fer sulfuré, le Cuivre pyriteux, le Cuivre gris, Piergent rouge, etc.; les substances pier-reuses qui lui servent de ganguee dans les filons, sont le Quarts, la Baryte sulfatée, la Chaux fluatée, la Chaux carbonatée, etc.

Le principal usage de la Galéne est de servir ' l'extraction du Plomb que consomme le commerce. On y parvient en grillant le minerai et en le fondant dans un fourneau ' reverbere chauffé au bois ou ' la houille. Si ceminerai est argén tifére, le Plomb qu'on en obtient prend alora le nom de Plomb d'oetivre; on le soumet ' la coupellation, pour en séparer le métal précieux, si celuict est en quantité suffisante pour couvrir les dépenses de l'opération. La Galéne est employée immédiatement par les potiers de terre sous le nom a'Alquiibux; ils la réduisent en poudre et revétent leurs vasee d une couche de cette poudre qui, par l'ao-

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tion d'un feu violent, forme un enduit vitreux à la surface de ces vases.

PLOMB SÉLÉNIURÉ, biséléniure de Plomb. Ce Minéral ressemble beaucoup, quant à son aspect extérieur, au sulfure de Plomb; mais sa couleur, qui est aussi le gris de plomb clair et vif, tire sur le bleu rougeâtre; sa structure est grenue, laminaire et compacte comme celle de la Galéne. Malgré sa tendance à cristalliser, on n'a point encore pu reconnaître sa forme. Sa pesanteur spécifique est de 7,69. Traité au chalumeau sur le charbon, il développe une forte odeur de raves putréfiées. Chauffé dans un tube ouvert, il dégagé du Séléniure que l'on reconnaît a sa couleur rouge. Ce Minéral a été trouvé dans le Harz oriental, près de Zorge, dans des filons ferrugineux, traversant des couches de Diorite et de Schiste argileux. Il a pour gangue immédiate une Dolomie lamellaire; il renferme, d'après l'analyse de Rose, 71,81 de Plomb et 27,59 de Sélénium; sa composition est ainsi trésrapprochée de celle du Séléniure artificiel, qui est représentée par les proportions suivantes: 63,92 de Plomb et 24,47 de Sélénium. Le Plomb séléniuré se rencontre encore dans une autre localilé du Harz, à Tilkerode; il y est pareillement dans un filon, et s'y trouve accompagné de quelques parcelles d'Or natif; il renterme une assez grande quantité d'Argent. On a aussi observé du Séléniure de Plomb dans les mines de Clausthal et de Zellerfeld; mais il est rare de rencontrer ce minerai parfaitement pur; il est fréquemment mélangé de Séléniure de Cobalt, de Séléniure de Cuivre et de Séléniure de Mercure.

PLOMB OXIDÉ JAUNE OU MASSICOT, bioxide de Plomb d'un jaune citron, et d'un aspect terne et terreux; facile à reduire en Plomb métallique sur le charbon. Celte espéce est rare et ne se rencontre que sous la forme d'un enduit pulvérulent à la surface de quelques minerals de Plomb, principalment de ceux que l'on exploite à Freyberg.

PLOMB OXIDÉ ROUGE ou MINIUM, trioxide de Plomb. Cette espèce, comme la précédente, n'existe qu'à l'état pulvérulent à la surface des autres minerais de Plomb, et surtout du sulfure. Sa couleur est le rouge foncè; on le distingue du Cinnabre terreux, eu ce que celuici est volatil, tandis que le Minium, chauffé sur des charbons, se réduit facilement saus se volatiliser. On l'a trouvé pour la premiére fois á Langenbeck dans le pays de Hesse–Cassel, et depuis à Schlangenberg en Sibérie, dans l'île d'Anglesey en Angleterre, à Breinig en Westphalie, à Badenweiler dans le pays de Bade, et à Breinig près d'Aixla-Chapelle. L'oxide rouge de Plomb est employé dans la composition des émaux et dans celle du verre dit flint-glass; il est en outre usité dans la peinture ainsi que le Massicot, que l'on emploie aussi dans l'art de la poterie.

PLOMB CARBONATÉ, weiss-Bleyerz, Wern., vulgairement Plomb blanc, et autrefois Céruse native. Substance pierreuse, blanche, limpide, d'un éclat vitreux et adamantin; trèspesante, tendre et fragile. C'est une combinaison d'un bioxide de Plomb avec deux atomes d' Acide carbonique. En poids, elle est formée de 16 parties d'Acide carbonique et de 34 parties d'oxide de Plomb; sa pesanteur spécifique est de 6,5; elle jouit de la double rélraction à uu tréshaut degré; elle est soluble avec effervescence dans 1' Acide nitrique étendu; sa solution précipite par L'Acide sulfurique et donne des lamelles de Plomb sur un barreau de Zinc; elle décrépite an feu et se réduit facilement sur le charbon. Sa forme primitive est un prisme rhomboïdal droit de 117° et 630° ses formes secondaires sont assez variées; parmi les variétés qu'elles constituent, on distingue: le Plomb carbonaté octaédre, en prisme rhomboïdal terminé par des sommets diédres; le Plomb carbonaté dodécaédrc, offrant

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la combinaison des faces d'un octaédre rhomboïdal avec les pans d'un prisme à base rhombe; le Plomb carbonaté annulaire, en prisme hexagonal irrégulier, avec un ou plusieurs fangs de facettes annulaires; le Plomb carbonaté trihexaédre, qui offre le méme prisme terminé par des sommets à six faces. Ce Minéral, dont la forme se rapproche beaucoup de celle du carbonate de Chaux prismatique ou Arragouite, présente, comme celuici, des groupemens réguliers de prismes rhomboïdaux réunis par leurs pans, de maniére à laisser entre eux des angles rentrans et de plus des groupemens en croix ou en étoiles à six rayons, provenant de la réunion de deux ou trois cristaux prismatiques dont les axes se croisent en un même point; enfin, des groupemens avec inversion de l'une des formes relativement à l'autre, c'està-dire des hémitropies. Ses variétés de structure sont en petit nombre. On n'en connaît que trois qui sont: le Plomb carbonaté aciculaire, en aiguilles blanchâtres, libres ou réunies par faisceaux, ayant leur surface d'un blanc soyeux ou recouvertc de Malachite; le Plomb carbonaté bacillaire, en prismes cannelés qui se croisent en aifférens sens; le Plomb carbonaté compacte, en masses amorphes ou mamelonnées, jaunâtres, à cassure terreuse, et quelqucfois luisante et comme onctucuse. La teinte la plus ordinaire des cristaux de carbonate de Plomb est le blanc; leur Surface est éclatante, et quelquefois nacrée: quelques variétés ont pris naturelleraent une teinte noire, probablement par suite d'une altération analogue à celle que produirait le contact d'un sulfure alcalin. On a prétendu qu'elles renferraaient une certaine quantité de Carbone. Ce sont ces variétés qui constituent le Plomb noir de Kirwan. Dans d'autres cas, le Plomb carbonaté prend une belle couleur bleue produite par un mélange de Cuivre azuré: c'est alors le Plomb caibonaté cuprifère. Le Phomb carbonaté n'est pas trés-répandu dans la nature; mais c'est le mineral de Plomb le plus commun aprés la Galéne; il n'existe jamais en grandes masses, il ne fait que s'associer accidentellement à d'autres mines de Plomb, ainsi qu'à des mines d'Argent et de Cuivre; ses cristaux sont souvent accompagnés de Quartz ou reposeut immédiatement sur lui. Les plus beaux groupes de cristaux viennent de Lacroix dans les Vosges; de-Poullaouen et de Saint-Sauveur en Bretagne; de Gazimour en Sibérie; de Mies et de Przibram en Bohéme; de Clausthal et de Zellerfeld en Saxe; de Bleyberg en Carinthie; de Lead-hills en Ecosse, etc. Le Plomb noir se trouve particulièrement à Poullaouen en Bretagne; à Freyberg et à Tschopau en Saxe, et à Leadnills. La variété terreuse se rencontre à Tarnowitz en Silésie; à Krakau en Pologne, et à Nertschinsk en Sibérie.

PLOMB MURIO-CARBONATÉ, Plomb carbonaté muriatifére, Haüy; Plomb corné. Substance d'un jauné clair, passant au blanc nacré; pesant spécifiquement 6,05; ayant pour forme primitive un prisme à bases carrées. Sa dureté est inférieure à celle du carbonate de Plomb; elle se laisse facilement couper au couteau; le clivage n'a lieu que dans le sens parallèle à la base; dans tous les autres sens la cassure est conchoïdale. Cette substance est transparente et a l'édat adamantin; sa composition n'est pas encore bien connue: on ignore si c'est une combinaison de carbonate et de chlorure de Plomb ou bien un mélange de ces deux composés. D'aprés une analyse de Klaproth, elle serait formée de 85,5 d'Oxide de Plomb; 8,5 d'Acide muriatique, et 6 d'Acide catbonique. Seule, au halumeau, elle fond en un globule transparent qui passe au jaune pâle en se refroidissant; on la réduit aisément sur le charbon. Cette substance, extrémement rare, ne s'est encore rencontrée qu'en petits cristaux implantés sur d'autres minerais de Plomb à Matlock dans le Derbyshire; prés de Badenweiler dans le duché de Bade; à

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Southampton dans le Massachusetts. Elle est ordinairement accompagnée de Galéne, de Blende et de Chaux fluatée.

PLOMB SULFATÉ, Plomb vitreux, Vitriol de Plorab. Substance blanche, d'un aspect lithoïde, trespesante; tendre et facile à écraser par la pression de l'ongle; fusible à la simple flamme d'une bougie; ne faisant point effervescence avec les Acides, noircissant par le contact des hydrosulfures. Elle est formée d'un atome de protoxide de Plomb et de deux atomes d'Acide sulfurique, ou en poids. Acide sulfurique, 26; Oxide de Plomb, 74. Ses cristaux sont des octaédres rectangulares plus ou moins modifiés, et qu'ou peut dériver d'un prisme droit rhomboïdal de 101° 15′ et 78° 45′. Sa pesanteur spécifique est de 6,3. Lorsque la substance est pure et cristallisée, elle jouit d'une limpidité parfaite et d'un éclat trésvif, analogue à celui du diamant; sa teinte la plus ordinaire est le blanc tirant sur le jaunâtre. Ses variétés de structure sont peu nombreuses. On ne l'a trouvée jusqu'ici qu'en cristaux implantés sur d'autres Minéraux, en grains cristallins, en masses mamelonnées, compactes ou terreuses. Le Plomb sulfaté est une des substances accidentelles des filons métalliferes; on le rencontre dans les filons de Plomb et de Cuivre qui traversent le Schiste argileux et la Grauwacke schisteuse; il y est accompagné de Plomb sulfuré, de Cuivre pyriteux, de Quartz hyaiin, etc. On l a observé principalement à Leadhills et à Wanlockhead en Ecosse; dans la mine de l'île d'Anglesey oú il occupe les cavités d'uu Fer hydroxidé brun noirâtre, mêlé de Quartz, et ayant l'aspect d'une seorie; on l'a trouvé aussi à Mellanoweth en Cornouailles, à Zellerfeld au Harz, à Wolfach dans le duché de Bade, dans le district de Siegen en Prusse, en Sibérie et à Southampton dans l'Amérique du Nord. Sa pangue la plus ordinaire, dans ces différentes localités, est encore une matiére quartzeuse colorée par de l'hydroxide de Fer.

PLOMB SULFATO-CARBONATÉ, Plomb carbonaté rhomboïdal de Bournon; sulfato-tri-carbonate de Plomb de Brooke; carbonate de Plomb rhomboédrique de Beudant. Substance blanchâtre, jaunâtre ou d'un vert tendre; cristallisant en rhomboèdres aigus d'environ 72° 3o′, clivables perpendiculairement à leur axe, suivant Brooke et Beudant, et en prismes rhomboïdaux obliques, suivant les recherches plus récentes de Haidinger. Brewster a remarqué qu'elle possédait deux axes de réfraction, ce qui s'accorderait avec la détermination de ce cristallographe. On distingue aisément cette substance du carbonate de Plomb ordinaire, à ce que sa solution dans les Acides donne loujours un résidu insoluble de sulfate de Plomb. D'aprés une analyse de Berzélius, elle serait composée de 71 parties de carbonate de Plomb et de 3o parties de sulfate, c'est-à-dire de tiois atomes de carbonate pour un de sulfate. Traitée seule au cbalumeau, sur le charbon, elle commence par se gonfler un peu, jaunit et redevient blanche en se refroidissant. Cette substance a un éclat résineux tirant sur l'adamantin; elle est tendre et facile à couper. Sa pesanteur spécifique est de 6,26. Elle se rencontre, avec d'autres minerais de Plomb, à Leadhills en Ecosse, dans un filon traversant la Grauwacke schisteuse.

PLOMB PHOSPHATÉ, Grünbleyerz et Braunbleyerz, Wern., Pyromorphite et Traubenerz, Hausm.; Plomb vert, Brongn. Substance lithoïde, à cassure vitreuse et légèreraent ondulée, et d'un éclat gras ou résineux; offrant presque toutes les teintes, mais principalement le vert et le brun; donnant une poussière grise, quelle que soit la couleur de a masse; pesant spécifiquement 6,9; dureté supérieure à celle du Calcaire rhomboïdal, et inférieure à celle de la Chaux fluatée. Cette espéce a été longtemps regardée comme un sous-

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phosphate de Plomb, résultant de la combinaisou d'un alome d'Acide phosphorique et d'un atome de bioxide de Plomb: cependant les analyses de Klaproth avaient démontré la presence de L'Acide vnuriatique dans un grand nombre de variétés provenant de lieux trés-divers. Un travail récent de Woehler nous a prouvé que toutes ces variétés sont de véritables cooibinaisons de chlorure de Plomb avec uu sous-phosphate de méme Métal, et que dans ces combinaisons L'Acide arsénique peut se rencontrer en remplacement d'une certaine quantité du premier Acide, avec lequel il cst isomorphe. D'aprés la formule de composition, calculée par ce chimiste, le Plomb vert est formé d'un atome de quadri-chlorure de Plomb et de trois a tomes de sous–phosphate, ce dernier contenant trois atomes de bioxide de Plomb et trois atomes d'Acide phosphorique, L'analyse directe du Plomb phosphaté brun d'Huelgoat a donné les proportions suivantes: Oxide de Plomb, 78; 58; Acide phosphorique, 19,73; Acide muriatique, 1,65; total, 99,96. Le Plomb phosphaté, traité au chalumeau avec l'Acide borique et le Fer, donne du phosphure de Fer et du Plomb métallique. Soumis au feu de réduction, il se transforme en un bouton polyédrique dont les facettes, voes à la loupe, paraissent sillonnées de stries polygones et concentriques. Les cristaux de ce Minéral peuvent étre dérivés d'un rhomboïde obtus de 111°, ou plus simplement d'un prisme hexaédre régulier, dont la hauteur est à la perpendiculaire abaissée du centre de la base sur un des côtés comme 11 est à 6. Ses variétés de formes déterminables sont des prismes hexaédres simples, ou annulaires, ou pyramidés. Ses variétés de forme ou de structure accidentelle sont en petit nombre; on distingue parmi eltes: le Plomb phosphaté aciculaire, en aiguilles ordinairement courtes ou divergentes; le Plomb phosphaté mamelonné ou botryoïde, brun ou d'un vert foncé et ressemblant alors à une sorte de mousse. Sous le rapport de la composition, on peut distinguer le Plomb phosphaté pur et le Plomb phosphaté arsénifère ou mêlé de Plomb arséniaté. Celuici se reconnaît à l'odeur d'ail qu'il répand lorsqu'on le chauffe a vec le charbon. Ses fates subissent quelquefois des inflexions et des arrondissemens. Le Plomb vert est sujet à une altération, en vertu de laquelle sa couleur passe successivement au bleu indigo et au gris de plomb, et sa texture cristalline change totalement; il finit par se transformer en Plomb sulfuré, en conservant toujours sa forme originelle. Cette épigénie s'observe principalement dans les mines de Tschopau et d'Huelgoat. Le Plomb phosphaté, beaucoup moins rare dans la nature que le Plomb carbonaté et la Galène, les accompagne quelquefois l'un et l'autre dans leurs mines. Les principales localités ou il s'est rencontré sont: Huelgoat en Bretagne, Lacroix et Sainte-Marie datis les Vosges, Rozières prés Pontgibaud en Auvergne, Hoffsgrund prés Fribourg en Brisgaw, Tschopau et Johanngeorgenstadt en Saxe, Bleystadt, Mies et Przibram en Bohême, Leadhills en Ecosse, etc.

PLOMB ARSÉNIATÉ. Substance jauné ou jaune verdâtre, à cassure vitreuse, translucide, tendre, pesant spécifiquement 5; donnant des vapeurs arsénicales lorsqu'ou la chauffe sur le charbon, et par la fusion avec la Soude, un sel soluble qui précipite en rouge par le nitrate d'Argent. La formule de sa composition est la même que celle de l'espéce précédente; ses formes cristallines paraissent aussi I'identifier avec ce Minéral dont elle ne peut être distinguée que par les propriétés chimiques de ses éléroens. La plus commune de ces formes est le prisme hexaédre, annulaire ou pyramidé. Les variétés de structure se borncnt aux trois suivantes: le Plomb arséniaté fibreux, en filamens soycux, contournes, tendres ct flexibles; le com-

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pacte, en masses qui ont un aspect vitreux et gras; le terreux. Flokke-Rerz, Plomb arsénié, regardé comme un Arsénite de Plomb. Cette derniére variété a été trouvée à Saint-Prix sous Beuvray, département de Saôncet-Loire, dans un filon de Quartz et de Galéne. Les varietés cristallisées, qui sont fort rares, se reucontrent à Johanngeorgenstadt en Saxe, dans des filons d'Argent, à Huel-Unity en Cornouailles, en Andalousie, en Sibérie.

PLOMB CHROMATÈ, Roth-Bleyerz, Wern., vulgairement Plomb rouge. Substance rouge, à poussiére orangée, vitreuse, translucide, à cassure raboteuse; facile à gratter avec le couteau; pesant spécinquement 6,00; s'offrant en lames ou en cristaux dont les formes dérivent d'un prisme oblique rhomboidal de 93° ½ dont la base s'incline sur les pans de 99° 10′. Elle est composée à un atome d'Acide chromique et d'un atome de bioxide de Plomb, ou en poids d'Acide chromique, 32; Oxide de Plomb, 68. L'analyse directe a donné à Vauquelin: Acide chromique, 36; Oxide de Plomb, 64. C'est en faisant cette analyse que notre illustre chimiste a découvert en 1797 l'Acide du Chrôme, et ce Métal luimême. Le Plomb rouge s'est toujours montré jusqu'ici à l'état cristallin; mais ces cristaux sont fort petits, groupés entre eux ou implantés dans des cavités, ce qui rend leur détermination trésdimcile; les formes qu'ils affectent le plus ordinairement sont des prismes rhomboidaux terininés par des sommets obliques à deux ou quatre faces. Le Plomb rouge est trésrare; on ne l'a trouvé jusqu'à présent que dans un petit nombre de localités, et pendant long-temps même, on ne l'a connu que dans un seui endroit de l'Europe, à Beresof, prés d'Ekaterinebourg, sur la lisière orientale des monts Ourals; il y est implantè sur une matiére quartzeuse, dans un filon de Galène parallèle à celui qui renferme les Pyrites auriféres décomposées; on le trouve aussi en cristaux implantés, ou en lames étendues à la surface d'une Roche que l'on a regardée jusqu'à présent comme une sorte de Gres ou de Psammite, mais que Menge. qui l'a observée sur place, croit étre un Schiste talqueux ou argileux. On a retrouvé depuis un petit nombre d'années le Plomb rouge dans trois autres localités ou il se raontre toujours accidentellement; en Moldavie, sur un Quartz ferrugineux et cellulaire; au Brésil à Conconhas do Campo, dans un filon de Quartz aurifère traversant un Schiste talqueux, et sur la route de Villa-Rica à Tejuco, dans un Psammite ? alternant avec une Argile schisteuse; il y est accompagné de Plomb ebromé vert; enfin à Zimapan au Mexique, en cristaux bruns mélangés de Fer et d'Arsenic. Le Plomb rouge est employé dans l'art de la peinture, et fort recherché, surtout des artistes russes, pour la belle couleur jaune qu'il fournit; on s'en sert pour peindre sur toile et sur porcelaine.

PLOMB CHROMÉ ou VAUQUELINITE, Chromate double de Plomb et Cuivre, Berz. Substance verte, aciculaire ou pulvérulente, qui accompagne le Plomb rouge dans quelquesunes de ses localités, en Sibérie et au Brésil, et qui est composée, suivant Berzelius: d'Oxide de Plomb, 60,87; Oxide de Cuivre, 10,80; Acide chromique, 28,33. D'aprés cette analyse, ce serait une combinaison d'un atome de bichromate de Plomb avec un atome de bichromate de Cuivre. Elle est tendre, d'un vert de serin; pèse spécifiquement 5,7; sur le charnon, elle se boursouffle, fond en écumant, et se convertit en une boule d'un gris sombre, métallique, autour de laquelle on voit de petits grains de Plomb réduit.

PLOMB MOLYBDATÉ, vulgairement Plomb jaune. Substance jaune, tendre et fragile, ayant l'éclat vitreux, la cassure conchoïde et un peu éclatante; pesant spécifiquement 5,6; s'offrant toujours cristallisée en lames carrées, ou en octaédres plus ou,

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moins modifiés sur les angles et sur les arêtes. Sa forme primitive est un octaédre à base carrée, dans lequel les faces de l'une des pyramides font avec les faces correspondantes sur l'autrepyramide un angle de 76° 40′; elle est composée d'un atome de bioxide de Plomb et de deux atomes d'Acide molybdique, ou en poids, Acide molybdique, 39; Oxide de Plomb, 61. Traitée au chalumeau, elle décrépite fortement; elle fond sur le charbon et pénètre dans l'intérieur de la masse cbarbonneuse, en laissant à la surface une certaine quantity de Plomb réduit. Elle se dissout à chaud dans l'Acide nitrique, en laissant précipiter une poudre blanche, un peu soluble dans l'eau, qui devient d'un bleu pur par l'action d'un barreau de Zinc. Le Plomb molybdaté est fort rare dans la nature; son principal gissement est au Bleyberg en Carinthie, où il a pour gangue un Calcaire compacte, jaunâtre, appartenant à la formation du Zeichstein; on le trouve encore à Annaberg en Saxe, à Mankeriz en Tyrol, à Korosbanya en Transylvanie, à Leadhills en Ecosse, à Northampton aux Etats-Uois, à Zimapan au Mexique.

PLOMB TUNGSTATÉ. Substance trésrare, de couleur jaune verdâtre, que l'on n'a encore trouvée qu'en petits cristaux implantés stir du Quartz, à Zinnwald en Bohême, où elle accorapagne l'Etain oxidé. La forme de ses crista ux est celle d'un prisme à bases carrées, terminé par des sommets pyramidaux; les bases de ce prisme sont souvent modifiées par une facette sur les angles et par un double rang de facettes sur les arêtes; les cristaux se clivent parallélement aux faces de l'un des octaèdres produits par les modifications des arètes; les angles de cet octaédre. d'aprés Levy, sont de 99° 43′ pour les faces d'une même pyraraide, et de 151° 30′ pour les faces adjacentes dans les deux pyramides. Le Plomb tungstaté se reconnaît à ce qu'il donne, par la fusion avec la Soude, une matière soluble qui précipite, par l'Acide nitrique; une poudre susceptible de devenir jaune par l'ébullition de la liqueur; la solution retient le Plomb, lequel précipite à son tour à l'état métallique sur un barreau de Zinc.

PLOMB HYDRO – ALUMINATÉ ou PLOMB GOMMB. Substance jaune ou rougeâtre, en petits mamelons composés de feuillets concentriques, et ressemblant, par son aspect extérieur, à des gouttelettes de gomme arabique; sa cassure est conchoïde et tréséclatante; elle est plus dure que la Chaux fluatée; elle décrépite par l'action de la chaleur, et donne de l'eau par la calcination: fondue avec la Potasse caustique, elle se dissout en totalité dans l'Acide nitrique; la solution précipite du Plomb sur un barreau de Zinc, et donne ensuite un précipité gélatineux par un excés d'Ammoniaque. Cette substance, analysée par Berzélius, est composée de 38 parties d'Alumine, 42 de bioxide de Plomb, et 20 d'Eau. Elle est formée d'un atome de quadri-aluminate de Plomb et de douze atomes d'Eau. On ne l'a trouvée que dans un seul lieu, à Huelgoat en Bretagne, ou elle est associée au Plomb carbonaté et à la Galéne. (G. DEL.)

PLOMBAGINE. MIN. V. FER CARBURÉ;.

PLOMBAGINÉES. BOT. PHAN. Pour Plombaginées. V. ce raot. (B.)

PLON. BOT. PHAN. Le Saule est ainsi nommé dans certains cantons riverains de la Loire. (B.)

PLONGEON. Colymbus. OIS. Genre de l'ordre des Palmipèdes. Caractères: bec médiocre quoique robuste, droit, comprimé et trés-pointu; narines placécs de chaque côté de sa base, concaves, oblongues, à demifermées par une membrane, percées de part en part; pieds retires dans l'abdomen, tenant le corps hors d'équilibre; tarses comprimés; quatre doigts: trois devant, trés-longs, entièrement palmés; un derrière très-

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court, articulé sur lc tarse, portant une petite membrane lâche; ongles plats; la premiere réraige la plus longue; queue trés-courte, arrondie. Les Oiseaux aquatiques pourraient se diviser en quatre séries, relativement aux lieux oú ils se tiennent prés des eaux. Les uns en parcourent seulement les rivagcs, ou vont, à la faveur de leurs longues jambes, surprendre le Poisson qui s'est hasardé trop prés de ses bords; d'autres sillonnent les flots á l'aide de leurs raines meinbraneuges; quelques espéces, munies d'ailes puissantes, dédaignent la faculté de nager, et ne font qu'effleurer la surface des mers; enfiu un certain nombre poursuivent leur proie jusque daus les gouffres les plus profnods. Les Plongeons font partie de cette dernière série qui, par des dégradations insensibles, réunit les habitans de la terre et des airs à ceux des eaux. Egalement pesaus dans lcur vol et dans leur démarche, ils nagent avec une étonnante vivacité; ils plongent surtout avec tant de facilité, qu'on les voit souvent parcourir de tréslongs espaces avant que de reparaître à la surface de l'onde. Ces Oiseaux font une trés—grande consommation de Poissons; ils sont redoutés des propriétaires des étangs qui les chassent avec soin ou leur tendent des piéges nombreux; rarement ils sc reposent à terre, où les embarras de leur marche et leurs chutes fréquentes les ex posen t à de trop grands dangers; ils nichent dans les flots ou sur des plages inhabitées, et leur ponte consiste ordinaiiement en deux œufs brunâtres, tachetés de noirâtre. Ils ne muent qu'une fois dans l'année; mais les jeunes ressemblent tellement aux adultes, qu'on les prendrait avec facilité pour des espéces différentes.

PLONGEON CAT-MARIN, Colymbus septentrionalis, Lath., Buff., pl. col. 308. Parties supérieures d'un brun noirâtre; côtés ae la tète et du cou, gorge d'un gris cendré; sominet de la tete tacheté de noir; occiput, parties inférieures et postérieures du cou striées de noir et de blanc; une longue bande marron sur le devant du cou; parties inférieures blanches; bec noir, droit, légérement courbé en haut; bords des deux mandibules trés-courbés en dedans; iris d'un brun orangé; pieds d'un noir verdâtre à l'exlérieur. Taille, vingt-uu à vingt-quatre pouces. Les jeunes à leur première mué (Colymbus stellatus, Gmel., Buff., pl. enl. 992) ont les parties supérieures d'un brun noirâtre, tacheté de blanc. les plumes du sommet de la tête fineinent lisérées de blanc; l'espace entre l'œil et le bec, les côlés du cou, la gorge blancs. A la seconde mue (Colymbus striatus, Gmel.), ils n'ont plus que quelques taches blanches sur les parties supérieures, et le devant du cou est presque entiérement d'un brun marron; on n'y voit plus que quelques plumes blanches. De l'Europe.

PLONGEON DE LA CHINE, Colymbus sinensis, Lath. Parties supérieures d'un brun verdâtre sombre, avec le bord des plumes d'une nuance plus clairé; rémiges et rectrices noirâtres; menton roux; devant du cou d'un brun verdâtre; parties inférieures d'un blanc roussâtre, tachetées de brun; bec noirâtre; pieds cendrés. Taille, vingt pouces.

PLONGEON IMBRIM, Colymbus glacialis, L.; Colymbus lorquatus, Brun., Buff., pl. enl. 952. Parties supérieures noires, régulièreinent couverles de taches blanches, carrées, qui se trouvent par paires vers l'extrémité de chaque plume; tête, gorge et cou d'un noir irisé; en dessous de la gorge une petite bande transversale rayée de blanc et de noir; un large collier strié de noir et de blanc; tectriccs a laires, flanes et croupion noirs, tachetés de bianc; parties inférieures blanches; bec noir; mandibule supérieure presque droite, l'inférieure recourbée en haut, large dans le milieu, sillonuée en dessous; pieds d'un brun noirâtre. Taille, vingisept à vingt-neuf pouces. Les jeunes (Colymbus immer, Gmel.) different

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considérablement; ils ont les parties supérieures d'un brun trés-foncé, avcc le bord des plumes bleuâtre; la tête, l'occiput et toute la partie postérienre da cou d'un brun cendré; des petits points blancs et cendrés sur les joues; plus tard les plumes du dos prennent une nuance plus noire, et les taches commencent á paraître. De l'Europe.

PLONGEON LUMME, Colymbus areticus, L. Parties supérieures noires; front noirâtre; tête et nuque d'un cendré brun; une large bande striée de noir et de blanc de chaque côté du cou; scapulaires rayées ele douze ou treize bandes blanches; tectrices alaires noires, tachetées de blanc; gorge et devant du cou d'un noir violet irisé; dessous la gorge une bande étroite, striée de noir et de blanc; partie inférieure du cou noire, rayée; poitrine, ventre et abdomen btanes; bec noirâtre; mandibule supérieure trés-légèrement courbée; le milieu de l'inféneure d'égale largeur, avec la base et sans rainure; pieds et iris bruns. Taille, vingt-quatre à vingt-six pouces. Les jeunes (Colymbus ignotus, Bechst., Buff., pl. enl. 014) ont de plus que les jeunes du Plongeon Itnbrim la bande noire des côtés du cou. A l'âge d'un an ils ont la tête et la nuque d'un cendré clair; la gorge et le devant du cou blancs, mêtés de quelques plumes noires, des commenceinens de raies et de stries sur les côtés de la gorge et du cou. A deux ans ils se rapprochent davantage encore du plumage adulte. De l'Europe. (DR.. Z.)

On a mal à propos étendu le nom de Plongeon à des Oiseaux qui appartiennent à d'autres genres. Ainsi le Grèbe huppé a été appelé PLONGEON DE MER; le Guillemot, PLONGEON NOIR ET BLANC; les Macareux, PLONGEONS A GROSBEC, etc. (B.)

* PLONGET. OIS. (Salerne.) Syn. ancien du Castagneux. V GRÉBE. (DR.. Z.)

PLONGEUR. OIS. Espèce du genre Cinèle. V. ce mot. On appelle le Cormoran, á la Guiane, PLONGEUR A GOROSSE TÊTE. (DR.. Z.)

PLONGEURS. OIS. On appelle Plongeur tout Oiseau aquatique qui plonge fréquemment pour chercher au sein des eaux sa nourriture, ou pour fuir un danger exlérieur. De l'observation de telles habitudes est découlé le nom de Plongeon (Colymbus), consacré à un genre. Par extension, ce nom de Plongeur a été donué par Covier é sa première famille des Palmipèdes. Les Plongeurs ou Brachyptères de cet auteur sont les Grèbes, les Plongeons, les Guillemots, les Pingouins et les Manchots. vieillot a nommé Plongeurs. Urinatores, la deuxième famille des Oiseaux nageurs, tribu des Téléopodes. Il y range les genres Héliorne, Grèbe et plongeon.

Les Oiseaux Plongeurs sont organisés pour le fluide au milieu duquel ils vivent. Leurs pieds sont postérieurs et entièrement formés pour la natation et non pour la marche. Leurs plumes sont presque des demipoils; elles sont lubréfiées par un fluide graisseux qui les rend impermeables à l'eau. Les ailes sont plutôt des nageoires. En un mot, leur organisation est entièrement modifiée pour le genre de vie aquatique; tels sont les vrais Plongeurs. D'un autre côté, il ne faut pas prendre ce nom à la letlre, car presque tous les Oiseaux aquatiques plongent pour saisir leur proie. Cependant cette action varie suivant les genres: ainsi les Pétrels, les Mouettes se laissent tomber de haut sur les Poissons placés à la surface de la mer, mais elles les saisissent sans entrer dans l'eau. Les Fous, au contraire, disposent leur tête dans une rectitude parfaite, et leurs ailes en travers, de manière à simuler le fer d'une flèche, et se précipitent sur leur proie. Ainsi, en ne considérant ce nom que dans le sens grammatical, un grand nombre d'Oiseaux sont Plongeurs. (LESS.)

PLOPOCARPE. Plopocarpium.

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BOT. PHAN. DESVAUX appelle ainsi un fruit composé de plusieurs carpelles membraneux, réunis autour d'un axe fictif ou matériel, par exemple celui des Aconits, des Spirées, des Crassulées. Le même fruit est nommé Etairion par le professeur Mirbel. (A. R.)

PLOTIA. BOT. PHAN. Adanson a donné ce nom à un genre formé sur une Plante que Lippi, dans ses manuscrits, nommait Arak, mot arabe qui a été recueilli de nouveau par Cailliaud dans la Relation de son voyage à Méroë. Ce voyageur dit que les Barabras, peuple de Nubie, luidonnent le nom de Mesuak. Cette Plante est, selon Delile, le Salvadora persica. V. SALVADORE. (G.. N.)

PLOTOSE. POIS. Le genre que Lacépède forma sous ce nom rentre comme simple sousgenre parmi les Silures. V. ce mot. (B.)

PLOTUS. OIS. (Linné.) Syn. d'Anhinga. V. ce mot et HÈLIOENE. (B.)

PLUCHÉE. Pluchea. BOT. PHAN. Genre de la faraille des Synanthérées, tribu des Vernoniées, et de la Syngénésie nécessaire, L., établi par Cassini (Bullet, de la Société Philom., février 1817, p. 31) qui lui a imposé les caractères suivans: involucre presque hémisphérique, composé de folioles imbriquèes, appliquées, oblongues, lancéolées, presque raembraneuses, à une seule nervure. Réceptacle plan et nu. Calathide presque globuleuse; le disque est formê d'un petit nombre de fleurs mâles par avortement de l'ovaire, à corolle régulière ganie de glandes sur la face externe, à anthères pourvues à la base de longs appendices subulés; les fleurs des rayons sont femelles, disposées sur plusieurs rangs, nombreuses, à corolle longue, filiforme, tubuleuse, terminée par trois dents extrêmement petites; leur ovaire est oblong, mince, presque eylindrique, hispidule, muni d'un petit bourrelet à la base, surmonté d'une aigrette longue, blanche, composée de poils inégaux très-fins, légèrement plumeux. Ce genre a pour type une Plante de l'Amérique du nord, nommée par Michaux Conyza marylandica, à laquelle Cassini réunit quelques espéces, probablemeat du même pays, et cultivées dans le jardin de botanique de Paris. Ce sont des Plantes herbacées ou frutescentes dont quelques-unes ont des feuilles très-odorantes. Leurs fleurs sont purpurines et disposées en panicules formés de corymbes qui terminent les derniers ramaeaux. Quoique le genre Pluchea ait beaucoup de rapports avec le Conyza ou avec les genres formés aux dépens de ce dernier, il ne convient pas de les réunir, si le Conyza squarrosa, L., est pris comme le type des vrais Conyza. Cassini place même ceux-ci daus la tribu des Inulées, tandis qu'il assigne au Pluchea une place dans les Vernoniées; cependant il les regarde comme établissant un lien entre ces deux tribus.

Rafinesaue a publié, dans le Journal de Physique, août 1819, un genre nommé Stylimnus, fondé aussi sur le Conyza marylandica. C'est conséquemment le même que le genre Pluchea qui, ayant l'antériorité, conservera sa dénomination. Cassini présume que le genre Gynema du méme auteur comprend des espèces qui probablement fort partie du Pluchea, et que le Placus de Loureiro pourrait bien se confondre aussi avec ce dernier. (G.. N.)

PLUIE. V. MÉTÉORE.

PLUIE D'ARGENT, MOLL. Nom vulgaire et marchand du Conus mindanus, L. (B.)

PLUIE D'OR. MOLL. Nom vulgaire et marchand du Conus japonicus, L. (B.)

PLUKENETIE OU PLUKNETIE. Pluknetia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Euphorbiacées et de la Monœcie Polyandrie, L., dédié à la raémoire du botaniste anglais Plukenet par Plumier (Nov. Gener., p. 47 et

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Plant. Amer., édit. Burm., p. 220, tab. 226) qui l'a ainsi caractérisé: fleurs maonoïques; calice ou périanthe divisé profondément en quatre segmens. Les mâles ont huit étaraines ou un plus grand nombre dont les filéis sont soudés, et qui, à la base, offrent quatre glandes barbues (ovaire avorté selon Plumier). Les femelles ont un style très-long, en forme de trompe, surmonté d'un stigmate pelté à quatre lobes ponctués sur le milieu de leur face supérieure; la capsule est déprimée, à quatre coques anguleuses, carenées, chacune bivalve et monosperme. Ce genre se compose de trois espéces, deux américaines et une de l'Inde-Orientale que Rumph (Herb. Amboin., 1, tab. 79, fig. 2) a figurée sous le nom de Sajor.

La PLUKNÉTIE ORIMPANTE, Pluknetia volubilis, L.; Pluknelia scandens, Plum., loc. cit., Lamk., IIlustr., tab. 788, est un Arbrisseau dont les tiges sont sarmenteuses, grimpantes, garnies de feuilles alternes, pétiolées, entières, distantes, larges, échancrées en cœur à leur base, dentées en scie, un peu acunminées à leur sommet, et glabres sur les deux faces. Les fleurs mâles forment un épi lâche, pédonculé dans l'aisselledes feuilles. Iln'existequ'une seule fleur femelle à la base de chaque épi. Cette Plante croît en Amérique et dans les Iudes-Orientales, si toutefois le Sajor-Baguala de Rumph n'est qu'une variété de cette espéce. Rumph dit qu'on cultive cette Plante nutour des habitations, et que ses feuilles, cuites avec du sue de Calappa, sont un légume délicat, ce qui est assez extraordinaire dans les Végétaux de la famille des Euphorbiacées. (G.. N.)

* PLUMAIRE. POLYP, V. AGLAOPHÉNIE.

PLUMARIA, BOT. PIIAN. (Hester.) Syn. d'Eriophorum. V. ERIOPHOHE. (B.)

* PLUMARIA, BOT. CRYPT. (Conferves.) Division du genre Conferva, proposée par Link (Hor. Phys. Berol., 4) pour les espéces dont les rameaux sont verticillés et distinets; telles sont les Conferva verticillata, myriophyllum et equisetifolia, que De Candolle a vait placées dans le genre Ceramium, et dont Agardh a fait son genre Cladostephus, adopté par Lyngbye. V. CLADOSTÉPHE et CONFERVES. (A. R.)

PLUMATELLE. Plumatella. POLYP. Naisa, Lamx. Genre de l'ordre des Tubulariées, dans la division des Polypiers flexibles, ayant pour caractéres: Polypier fixé, à tigegréle, membraneuse, souvent ramifiée, terminée, ainsi que ses rameaux, par un Polype dont le corps peut rentrer entiérement dans la tige, et dont la bouche est entourée d'un seul rang de tentacules ordinairement ciliés. Les petits Anmaux de ce genre, que l'on désigne ordinairement sous le nom de Tubulaires d'eau douce, ne different pas seulement des Tubulaires mariues par la nature du milieu dans lequel elles vivent, mais encore par la disposition des tentacules qui sont entiérement rétractiles et disposés sur un seul rang autour de la bouche, tandis que les tentacules des Tubulaires marines forment deux rangs et ue sont point rétractiles dans le tube. Les Plumatelles n'atteignent que de petites dimensions, un à deux pouces, et quelques-uns beaucoup moins. Ces Polypiers ont la forme d'un petit Arbrisseau rameux, souvent filiforme, de nature subcornée ou presque gélatineuse. Ils adhérent, sur leur longueur, à la surface des corps qui séjournent dans l'eau; la plupart se ramifient par dichotomies; chaque petit rameau ou cellule est court, tronqué à son extrémité, libre et comme échancré en dessous; il renferme, dans son intérieur, un Polype gélatineux, transparent, qui vient étaler, à l'entrée de son ouverture, ses nombreux tentacules ciliés par verticilles ou latcralement, et qui rentrent subitement dans le tube à la moindre secousse, au moindre

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attouchement. On voit quelquefois ces tenlacules se mouvoir circulairement et faire tourbillonner. l'eau; souvent aussi ils paraissent immobiles. Nous avons observé la Plumatelle campanulée, et nous l'avons trouvée plusieurs fois à la surface inférieure des feuilles de l'Hydrocharis Morsus-Ranœ; il n'y agitait point ses tentacules, ils étaient immobiles, et figuraient, ainsi étalés, une sorte de cloche dont une partie de la circonférence, rejetée en dedans, formerait une large sinuosité. Les Plumatelles multiplient par des gemmules oviformes, enfermés dans la cavité des tubes. Ces gemnaules, rejetées par l'Animal ou devenues libres, lorsque le tube de celui-ci se trouvte détruit aprés sa mort, vont se fixer sur les corps solides submergés, et ne tardent pas à y germer, en se fendant longitudinalement. Les gemmules varient de forme suivant les espéces, qui sont les Plumatella repens, replans, lucifuga et campanulata. V. PSYCHODIAIRES. (E. D. L.)

PLUMBAGINÉES. Plumbagineœ. BOT. PHAN. Famille naturelle de Plantes dicotylédones. placée par les uns parmi les Apétaies, et par les autres dans les Monopétales. Ce sont des Végétaux herbacés ou sous-frutescens, à feuilles alternes quelquefois toutes réunies à la base de la tige, et engaînantes. Les fleurs sont disposées en épis ou en grappes raraeuses et terminales; leur calice est monosépale, tubuleux, plissé et persistant, ordinairement à cinq divisions; la corolle est tantôt monopétale, tanlôt formée de cinq pétales, égaux, qui, assez souvent, sont légérement soudés entre eux par leur base. Les étamines, généralement au nombre de cinq et opposées aux divisions de la corolle, sont épipétales, quand celleci est polypétale, et immédiatement hypogynes lorsque la corolle est monopétale (ce qui est le contraire de la disposition générale). L'ovaire est libre, assez souvent à cinq angles, à une seule loge contenant un ovule pendant au sommet d'un podosperme filiforme et basilaire. Les styles, au nombre de trois à cinq, se terminent par autant de stigmates subulés. Le fruit est un akéne enveloppé par le câlice; la graine se compose, outre son tégument propre, d'un endosperme farinacé au centre duquel est un embryon qui a la même direction que la graine.

Cette petite famille se compose des genres: Plumbago, Statice, Limonium, Vogelia de Lamarck, Thela de Loureiro, Ægialilis de R. Brown. Elle différe des Nyctaginées, qui sont monopériantbées, par leur ovule porté sur un long podosperme au sommet duquel il est pendant; par plusieurs styles et plusieurs stigmates; par l'embryon droit et non recourbé sur lui-même. (A. R.)

PLUMBAGO. BOT. PHAN. V. DENTELAIRE.

PLUME, OIS. Tous les êtres vivans ont leurs organes intérieurs enveloppés par une couche superficielle en rapport avec les fluides au milieu desquels ils vivent, et qu'on nomme Peau. Celle-ci se compose de six coucbes de tissus qu'on nomme tissus musculaire, contractile ou peaussier, derme, réseau vasculaire, pigmentum, coraps papillaire et épiderme. Cette enveloppe extérieure, chez les Animaux de la première classe ou les Mammifères, est plus ou moins revêtue d'organes nommés poils,V. ce mot; chez ceux de la seconde classe, elle est recouverte d'organes particuliers qui lui sont propres, analogues aux poils, mais accommodés aux fonctions qu'ils doivent rempliy, et qu'on nomme Plumes. Les Plumes ont done les plus grands rapports avec les poils, soit dans les attributs, la manière de recouvrir le corps, soit dans l'ensemble de l'organisation. Bien que distinctes des poils par une complication de formes, elles s'en rapprochent souvent au point qua les distinctions s'effaccnt complétement. Les Plumes comme les poils naissent d'un bulbe, sont sécrétées par lui de

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dedans en dehors, et leur vitalité cesse ou devient nulle en grandissant, et à la partic la plus éloignée du centre de vie, ce qui, sous ce rapport, leur donne la plus grande analogie avec les productions cornees qui, aux yeux de beaucoup de natuialistes, ne sont que des poils soude's par une humeur qui les accolle et en polit les surfaces. Les poils naissent et poussent par cônes successifs. Les Plumes paraissent suivre cettc marche, bien que quelques naturalistes nient ce mode d'accroissement. Voici ce aue dil à ce sujet Blainville: « Lebulbe producteur exbale la matiérc de la Plume qui se dépose par grains non adhérens, et il se forme réellement une succession de cônes non distincts. Ces cônes ne s'emboitent pas d'abord les uns dans les autres; ils se fendent le long de la ligne médiane inférieure où les filets cornés, produits des sillons, se réunissent. II en résulte la lame de la Plume ou l'axe, rachis, tige, qui est pourvue de barbes et celles-ci de barbules. A mesure que ces Plumes sont formées, le bulbe perd de son énergie vitale, et les matériaux qu'il avait en réserve s'épnisant, il s'arrête pour donner naissance au tube crcux que remplit une substance médullaire, et ce tube, formé à plusieurs reprises successives, paraît comme cloisonné, et forme ce qu'on appelle l'ame de la Plume.ff

Frédéric Cuvier, dans un travail étendu intitulé: Observations sur la structure et le développement des Plumes, inseré dans le tome xin, p. 327, des Annales du Museum, rsgarde les Plumes comme le résultat d'uue capsule productrice analogue au phalére de Blainville; maisil assigne les rapports et les lois d'organisation de chaque partie d'une maniére différente. Les Plumes, notamment les pennes, ont done pour Iui, une tige, des barbes, des barbules, un tuyau à ombilic infé-icur et à ombilic supérieur; une face interne et une face externe; une ligne moyenne; une membrane striée interne, et une externe; des cloisons transversos: mais Cuvier, tout en avouant que les poils et les Plumes sont sécrétés par des organes analogues, pense qu'il n'y a point d'analaogie à établir dans la maniére dont ces deux sortes dc corps se produiscnt, et que rien, dans les Plumes, ne rappelle les cônes successifs des poils.

Une grande analogic de composition existe entre les poils simples, les poils composes ou Plumes et les poils agglulinés ou productions cornées, teltes que les ergots, les éperons desailes', etc. Cetle identité est telle que les Oiseaux les moins Oiseaux, tels que les Pingoins et les Manchots, ont plutôt des poils que des Plumes, elqu'ils font ainsi le passage des Mammiféres aux Oiseaux par l'intermé-diaire derl'Ornithorbynque, que chacune de ces classes, et surlout la derniére, peut revendiquer.

La texture des Plumes varie à l'infini. La nature s'est plue à leur accorder l'éclat des fleurs et des metaux les plus precieux, sans avoir la fugacité des premieres, ni l'éternelle durāe des seconds. Les couleurs qui les teignent paraissent dues aux matériaux secrétés par le sang, et à l'arrangement moleculaire des barbes. Leurforme et leur nature ont áté accommodées à l'organisation des Oiseaux. Ces étres, en eiiet, deslinés à vivredans un fluide mobile, avaient besoin d'appareils puissans pour le frapper, et se maintenir ou se diriger dans l'air en le déplaçant, et surmonter ainsi la pesanteur spécifique de leur corps. Un tubecreux, resistant, plein d'air, des os minces et creux dans leur intérieur, des barbes de Plumes légé-res, et en mémé temps rigides, remlissent entiérement ce but. Un enduit plus ou moins huileux, et destine à servir de vernis aux Plumes, les lubrifie, et empéche que l'eau ne les penétre; et les Oiseaux marins surtout, destines à vivreau sein des mers, ou même les Oiseaux de mardcage, ont celte sdcrdtion très-ac-tive, et le fluide huileux qui vernit

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Tes Plumes parail tenir de la bile dont ál a la couleur et l'odear. Certains Oiseaux enfin ont, vers l'époque de la mué, une sécrétion assez ahondante d'une efflorescence blanche, pulvéiulente, qui semble appartenir à la formation de phosphate ou de carbonate de Chaux. On¡ remarque ce fait principalement chez les Kakatoïs.

On ne posséde aucune analyse chi-miquc particuliere des Plumes; on ne sait à quoi rapporter, par exemple, l'éclat méta11ique des pierres prédeuses dont plusieurs jouissent. Mais il y a cette difference entre les Plumes et les poils, que ces derniers n'ont jamais, hors un seul cas, aui est celui de la Taupe dorée, cet éclat brillan!. La composition des Plumes, comme celle des poils, est due à du mucus etâ une petite quantitéd'huile.

Nous croyons inutile de nous appesantir sur les formes diverses qu'aflectent les Plumes, formes qui tiennent à des modifications vitales du bulbe producteur. Ainsi les Plumes des aigrettes, des rectrices prolongees en brins, les Plumes des hypocondres offrenl des nuances qui varient á l'infini.

Pour tous les détails relatifs aux noms que les Plumes prennent suivant les parties qu'elles recouvrent, leurs formes, leurs usages, leur renouvellement, etc., etc., V. les mots Mué, OISEAU, PEAU, RáMIGES, RECTRICES, SCAPCLAIRES, etc. (LESS.)

* PLUME DE COQ D'INDE MARINE. BOT. CRYRT. (Hydrophytes.) Nom vulgaire du Dictyuta Pavonia. V. Dictyote. (B.)

PLUMEAU ou PLUMEAU D'EAU. BOT. PHAN. Nom vulgaire de l'Hollonia palustris. (B.)

PLUMERIA ou MIEUX PLUMIERIA. BOT. PHAN. V. FRANCHIPANIER.

* PLUMERIEN. POIS. Espéce de Choelodiptére du genre Chœtodon.V. ce mot. (B.)

*PLUMET D'AMPHITRITE. Dé nomination vulgaire du Spongia, Basla des naturalistes. (E. D.. L.)

PLUMET BLANC. OIS. Syn. de Pipra albifrons, type du genre Pithys de Vieillot. V. ce mot. (B.)

PLUMICOLLES. OIS. Duméril, dans sa Zoologie analvtique, a nommé ainsi sa deuxiéme tamille des Oi seaux rapaces. Les Plumicolles ou Crupbodéres com prennent les genres Griffon, Messager, Aigle, Buse, Autour et Faucon. Ce nom de Plumicolle est opposé a celui de Nudicolla que le même auteur a donné à sa premiére famille qui embrasse Ies genres Sarcoramphe et Vautour. (LESS.)

PLUMIERIA. BOT. TOAN. V. PLUMERIA.

PLUMIPÉDES. OIS. Vieillot, dans son Analyse d'Ornithologie élémentaire, p. 49, a divisé les Oiseaux de son ordre des Gallinacés en deux families, les Nudipédes et les Plumipédes. Cette derniére, caractérisée par les tarses qui sont emplumés, comprend les genres Tetrao, Lagopus, OEnas et Sirrhaptes. (LESS.)

PLUMULAIRES. Plumularia. POLYP. Lamarck donne ce nom á un genre de Polypiers flexibles que Lamouroux a nommé Aglaophénie. V. ce mot. (E. D.. L.)

PLUMULE, BOT. PHAN. Jussieu nommait ainsi le petit bourgeon de l'embryon que l'on designe plus gé-néralement aujourd'hui sous le nom de Gemmule. V. cemot et Embryon. (A. R.)

* PLUMULINE. BOT. CRYPT. Nom propose par Bridel pour désigner en irançais le genre Fabronia. V. FABRON1E. (B.)

* PLUSIE. Plusia. INS. Nom donné far Ochseinhemer a un genre de l'ordre des Lépidoptéres, comprenant exclusivement les espéces du genre Noctua de Fabricius, dont les chenilles n'ont que douze pates au lieu de seize. Ces lnsectes, dans l'état parfait, n'offrent aucun caractére qui les distingue nettement des autres

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Noctuelles. Ou sent qu'une telle coupe, ainsi quc plusieurs autrcs du même auteur, doit étre excluc d'une bonne méthode systémaliqae; elle ne peut même, sous ce point dc vue, former, daus le genre Noctua, une division, puisqu' elle suppose toujours la connaissance de la chenille. Dans toute hypothése, on doit sé-parer des Plusies celles (Concha, Moneta) dont les palpes latera ux sont fort grands, recourbés sur la tête, et dont nous avons formé legenre Chrvsoptére (Fam. natur. du Régu. Anim., pag. 476). V NocTDELIiE. (LAT.)

PLUTON. OIS. (Leguat.) Syn. de Cormoran. (B.)

* PLUTONIE. REPT. OPH. Espéce du genre Couleuvre. V. ce mot. (B.)

PLUTUS. INS. Geoffrov donne cc nom àl'Allyse Plutus d Olivier, Chrysomcla flavicornis de Fabricius. V. Altyse. (G.)

PLUVIAL, BEPT. BATR. Espéce de Crapaud. V. ce mot. (B.)

PLUYIALIS. OIS. (Brisson.) Syn. de Pluvier, Charadrius. V. ce mot. (B.)

PLU VIAN. Pluvianus. O1S. Vieillot a formé sous ce nom un genre distinct pour quelques espéccs de Pluviers. V. ce mot. (B.)

PLUVIER. Charadrius. OIS. Genre de la premiére famille de l'ordre des Gralles. Caractéres: bec plus court que la tête, gréle, droit, comprimé; naries placees de chaque côté, prés de sa base, dans un sillon nasal, proiongé sur les deux tiers de sa loncueur, entaillées, longitudinalement fendues au milieu d'une grande membrane qui recouvre le sillôn; pieds longs ou de moyenne longueur, gré-les; trois doigts dirigés en avant el un en arriére, réuni à Tintermédiaire par une courte membrane; premiére rémige un peu plus courte que la deuxieme, qui est la plus longue; queue faiblement arronaie ou carree. Les Pluyicrs, qui ont avee les Vanneaux les rapports les plus immé-diats, sans néanmoins qu'il soit methodiquement possible de pouvoir réunir les deux genres, habitent les bords faugeux aes fleuves et les rivieres, les marais et même assez gé-néralemcnt les côtes couvertes d'Algues et de Fucus. lis sont essentiellement voyageurs, vivent en société et naissent assez prés les uns des autres, dans le sable nu ou sur le gravier, quelepefois au milieu des greves fournies d lictbes aquatiques, où la femelle dépose dans un petit creux trois à cinq œufe ti ésgros, relativement au volume de l'Oiseau, d'une teinte olivâtre, pointillés et rayés de brun. L'instinct social dont ils sont animés les tient toujours rassemblés, soit qu'ils prennent leurs repas, soit qu'ils se livrent au sommeil; on a remarqué qu'ils avaient la précautiou, dans l'un et l'autre cas, de placer autour d'eux des sentinelles, qui, au moindre bruit, donnaient l'ararme a toute la bande et lui faisaient prendre l'essor. lis s'éloignent rapidement, et conservent dans leur fuite le même ordre que dans leurs émigrations pé-riodiques; c'est-â-dire qu'ils présentent dans les airs plusieurs rangées de front, formant des lignes transversales; c 'est ainsi qu'ils séivent la direction du vent et qu'ils s'abattent dans les plaines pour y prendre du repos et se livrer à la iecherche des Mollusques 'dont ils font leur unique nourriture. On met les Pluviers au nombre des meilleurs gibiers; aussi ne manquet-on pas de les chasser et de leur tendre des piéges nombreux à chacun de leurs deux passages annuels. La mué est simple ou double, suivant les especes, et les différences de livrées sont très-remarquables. On trouve des Pluviers dans toutes les parties communes du globe.

PLUVIER A AIGRETTES, Charadrius spinosus, Lath., Buff., pI. enl. 801. Parties supérieures dun brun roussâtre; tête d'un vert noirâtre, ornée de longues plumes effilées; gorge, poitrine, rémiges et extiémité des rectrices noires; côlés du cou, graudes tectrices alaires et abdomen d'uu

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blanc fauve; un éperon blanchâtre aux ailes; bec et pieds noirs. Taille, onze pouces. De l'Afrique. La femelle a le cou blanchâtre.

PLUVIER ARMÉ DE CAYENNE, Charadrius cayanus, Lath., Buff., pl. enl. 833. Parties supérieures noires, mêlées de gris et de blauc sur le manteau; un large bandeau noir sur le front et les yeux; un plastron de même nuance sur la poitrine; une plaque grise, bordée de blanc sur i'occiput; rectrices blanches, terminées de noir; parties inférieures blanches; des éperons roussâtres aux ailes; bec noirâtre; pieds orangés. Taille, neuf pouces. Du Brésil.

PLUVIER D'AZZARA, Charadrius Azzarai, Temm., Ois. color., pl. 184. Parties supérieures d'un brun rougeâtre; front blanc; tache sur le sommet de la tête; moustache, collier et grandes rémiges d'un noir pur; trait derrière l'oreille; gorge, parties inférieures et dessous de la queue blancs; grandes tectrices alaires et moyennes rémiges terminées de blanc; rectrices latérales bordées de la même nuance; bec noir; pieds rougeâtres. Taille, six pouces. De l'Amérique méridionale.

PLUVIER A CALOTTE ROUGE, Charadrius pyrocephalus, Less. Parties supérieures d'un gris brunâtre; un bandeau blanc sur le front; les joues et les yeux surmontés d'un autre bandeau noir; sommet de la tête d'un toux brun; grandes rémiges brunes, à tige blanche; les moyennes variées de gris et de blanc; un demi-collier roux; une ceinture noire sur la poitrine, dont le milieu est blanc; parties inférieures blanches; bec noir; pieds d'un brun rougeâtre. Taille, sept pouces. De l'Australasie.

PLUVIER A CAMAIL, Charadrius cucullatus, Vieill. Parties supérieures d'un gris blanchâtre; tête, gorge et cou d'un brun foncé; collier, bande longitudinale alaire, et parties inférieures d'un blanc pur; rémiges noires; rectrices noires et blanches; bec orangé, noir à la pointe; pieds orangés. Taille, huit pouces. De l'Australasie.

PLUVIER COIFFÉ, Charadrius pileatus, Lath., Buff., pl. enl. 834. Parties supérieures d'un gris roussâtre; tête et bande des côtés du cou noires; une membrane jaune sur le front et lespaupières; occiput blanc; une bande noire qui couvre le menton, entoure la gorge et le haul du cou; rémiges et extrémité des rectrices noires; parties inférieures blanches; quelques stries noirâtres sur le devant du cou; bec jaune; pieds rouges. Taille, dix pouces. Du Sé-négal.

PLUVIER A COLLIER INTERROMPU, Charadrius cantianus, Lath.; Charadrius albifrons, Meyer; Charadrius littoralis, Bechst. Parties supérieures d'un brun cendré; front, sourcils, bande sur la nuque et parties infé-rieures blanches; partie des joues large; tache angulaire sur la tête; une autre sur chaque côté de la poitrine, noires; tête et nuque rousses; tache d'un noir cendré derrière l'œil; rémiges brunes, à tige blanche; rectrices brunes, les latérales blanches; bec et pieds noirs. Taille, six pouces six lignes. La femelle na qu'un trait noir sur la tête; les granaes taches sont d'un brun cendré. De L'Europe.

PLUVIER A COLLIER DE LA JAMAÏQUE, Charadrius jamaicensis, Lath. Parties supérieures brunes; un collier blanc; rectrices brunes, variées de blanc et de roux; parties inférieures blanches; bec noir; pieds grisblanchâtres. Taille, sept pouees six lignes.

PLUVIER A COLLIER NOIR, Charadrius collaris, Vieill. Parties supérieures brunes, nuancées de roussâtre; lorum noir; front blanc; un large bandeau noir, bordé de roux, au-dessus du front; grandes tectrices alaires et rémiges brunes, terminées de blanc; rectrices noirâtres, terroinées de blanc; les latérales entiéreinent blanches; oreilles et collier noirs; une bande rousse sur les côtés du cou; parties inférieures blanches; bec noir; pieds blanchâtres. Taille,

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six pouces. De l'Amérique méridionale.

PLUVIER A COU ROUGE, Charadrius rubricollis L. Parties supérieures cendrées; tête, cou, rémiges et rectrices noirs; une large tache fauve de chaqué côté du cou; parties inférieures grisâtres; bec et pieds rouges. Taille, huit pouces. De l'Australasie.

PLUVIER COURONNÉ, Charadrius coronatus, Lath., Buff., pl. enl. 800. Parties supérieures d'un brun verdâtre; un cercle blanc sur le sommet de la tête, qui est noir, ainsi que le menton; rémiges noires; grandes tectrices alaires blanches; rectrices blanches, barrées de noir; devant du cou gris; poitrine roussâtre, ondée de verdâtre et tachetée de noir; bec et pieds rougeâtres. Taille, douze pouees. Du sud de l'Afrique.

PLUVIER DORÉ, Charadrius pluvialis, L.; Charadrius auratus, Suck., Buff., pl. enl. 904. Parties supérieures noirâtres, tachetées de jaune doré; côtés de la tête, cou et poitrine variés de cendré, de brun et de jaunâtre; rémiges noires, avec l'extrémité des tiges blanche; parties inférieures blanches; bec noirâtre; pieds gris. Taille, dix pouces trois lignes. En plumage de noces (Charadrius apricarius); les parties inférieures sont d'un noir profond. De l'Europe.

PLUVTER A DOUBLE COLLIER, Charadrius indicas, Lath.; Charadrius tricollaris, Vieill.; Charadrius bitorquatus, Dum. Parties supérieures brunes, irisées; un bandeau blanc sur le tront, les yeux et la nuque; rectrices latérales blanches; cou gris; un collier noir, accompagné d'une bande blanche; une ceinture noire sur la poitrine; parties inférieures blanches; bec rouge; pieds orangés. Taille, sept pouces. De l'Afrique.

PLUTIER ŕCHASSIER. v. OEDICNÈME ÈCHASSE.

PLUVIER A FACE ENCADRÚE, Charadrius rutieapillus, Temra., Ois. color., pl. 47, fig. 2. Parties supérieures brunâtres, avec le bord des plumes gris; front et sommet de la tête blancs; une double bande brune alaire d'un œil â l'autre, en traversant le dessus de la tête; une autre bande joignant l'œil à l'angle du bec; nuque et dessus du cou d'un roux vif; moyennes tectrices et rémiges bordées de blanc, de même que les rectrices latérales, qui toutes sont d'un brun noirâtre; parties inférieures blanches, nuancees de gris; bec bleuâtre; pieds bruns. Taille, cinq pouces. De l'Océanie.

PLUVIER A FACE NOIRE, Charadrius nigrifrons, Cuv., Temin., Ois. color., pl. 47, fig. 1; Charadrius melanops, Vieill. Parties supérieures brunâtres, avec le bord des plumes fauve; front et joues, trait oculaire, large collier etremiges primaires d'un vert noir pur; sommet de la tête brunâtre; sourcils, gorge et parties inférieures blancs; petites tectrices alaires brunes, bordées de blanc; une barre noire sur les rectrices, dont le bord des latérales est blanc; bec jaune, noir à la pointe; pieds bruns. Taille, six pouces. De l'Australasie.

GRAND PLUVIER. V. OEDICNÉME.

GRAND PLUVIER A COLLIER, Charadrius hiaticula, L., Buff., pl. enl. 920. Parties supérieures d'un brun cendré; front blanc; un large bandeau sur le sommet de la tête; une bandelette de même nuance, allant du bec aux yeux, qu'elle dépasse; gorge et collier blancs; rémiges noires, avec la tige blanche; rectrices d'un gris brunâtre; les latérales blanches en partie; un plastron noir sur la poitrine; parties inférieures blanches; bec orangé, noir à la pointe; pieds d'un rouge jaunâtre. Taille, sept pouces. Les jeunes ont les teintes noires remplacées par du gris. De l'Europe.

PLUVIER GRIS. V. VANNEAU SUISSB, jeune.

PLUVIER ORIGNARD, Charadrius morinellus, L. Parties supérieures d'un cendré noirâtré, nuancées de verdâtre, avec le bord des plumes roussâtre; sommet de la tête d'un gris foncé; sourcils d'un blanc roussâtre; face blanche, pointillée de

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noir; rectrices terminées de noir; parties inférieures blanches; poitrine et flanes roussâtres, avec un large ceinturon blanc; bec noir; pieds verdâtres. Taille, huit pouces neuf lignes. En plumage de noces (Charadrius sibiricus, Gmel.; Charadrius tataricus, Buff., pl. enl. 832), il a la face et les sourcils blancs; la tête et l'occiput noirâtres; la nuque et les côtés du cou cendrés; le milieu du ventre noir; une étroite bande brune, et un large ceinturon blanc sur la poitrine. De L'Europe.

PLUVIER KILDIR, Charadrius vociferus, Lath., Buff., pl. enlum. 286. Parties supérieures brunes, avec le bord des plumes roux; front blanc, bordé de noir; une tache blanche sur les côtés de la tête; croupion roux; grandes lectrices alaires noires, terminées de blanc; rémiges noires; rectrices intermédiaires noires, rousses à leur base; les latérales blanches et tachetées de noir; un double collier noir sur la gorge qui est blanche ainsi que les parties inférieures; bec noir; pieds jaunàtres. Taille, huit pouces. De l'Amérique septentrionale.

PLUVIER A LAMBEAUX, Charadrius bilobus, Lath., Buff., pl. enl. 880. Parties supérieures d'un gris fauve; sommet de la tête noir; un trait blanc derrière l'œil; rémiges noires; une bande blanche sur les tectrices; une barre noire sur les rectrices dont les latérales sont blanches; bec et pieds jaunes; une membrane de cette couleur et pointue, pendant de chaque côté à l'angle du bec. Taille, dix pouces. De l'lnde.

PLUVIER DE MER. V. VANNEAU SUISSE.

PLUVIER MONGOL, Charadrius mongolus, Lath. Parties supérieures d'un brun cendré; front blanc; sommet de la tête noir; gorge blauche, avec une bande noire de chaque côté; devant du cou ferrugineux; poitrine roussâtre; parties inférieures blanches; bec el pieds bruns. Taille, neuf pouces.

PLUVIER NOIRATRE, Charadrius obscuras, Lath. Parties supérieures noitâtres, avec le bord de chaque plume cendré; front blanc, nuancé de rougeâtre; rémiges et rectrices noirâtres, bordées de gris; cou strié de noirâtre; gorge blanchâtre; poitrine et parties inférieures d'un jaune obscur; bec noir; pieds bleuâtres. Taille, huit pouces.De l'Australasie.

PLUVIER PATRE, Charadrius pecuarius, Temm., Ois. color., pl. 183; Charadrius varius, Vieill. Parties supérieures d'un brun terreux, avec le bord des plumes grisâtre; front, sourcils, collier et gorge blanchâtres; trait oculaire et second collier d'un brun noirâtre; une tache brune sur les épaules; poignet varié de blanc pur et de brun; grandes rémiges brunes; rectrices brunâtres, bordées de blanchâtre; parties inférieures d'un gris rougeâtre trés-pâle; bec et pieds noirâtres. Taille, six pouces. Du sud de l'Afrique.

PETIT PLUVIER A COLLIER, Charadrius minor, Meyer; Charadrius fluviatilis, Bechst.; Charadrius coronicus, Bescht., Buff., pl. enlum. 921. Parties supérieures d'un brun cendré; front blanc; un large bandeau noir passant sur le front, les joues el les yeux; un collier noir qui s'étend en plastron sur la poitrine; parties inferieures blanches; rectrices latérates blanches; les suivantes terminées de blanc; bec noir; pieds jaunes. Taille, quatre pouces. Les jeunes ont les plumes des parties supérieures bordées de roux; la base du bec jaunâtre.

PETIT PLUVIER A COLLIER DE L'ILE DE LUCON, Charadrius Philippinus Lath. Parties supérieures d'un brun foncé; tache frontale, auréole des yeux et côtés de la tête noirs; une ligne brune descendant sur les côtés du cou; rectrices noires, bordées de blanc; collier et parties inférieures d'un blanc pur; bec et pieds noirâtres. Taille, six pouces.

PLUVIER PIE, Charadrius Duvaucelii, Less. Parties supérieures d'un gris roussâtre: une calotte noire qui enveloppe la tête et descend sur

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la gorge qui est blanche; rémiges noires; tectrices alaires blanches; une plaque très-noire sur le poignet qui est armé de deux aiguillons; parties inférieures blanches; poitrine grise; rectrices noires de même que le bec et les pieds. Taille, onze pouces. De l'Inde.

PLUVIER PLUVIAN, Charadrius melanocephalus, L., Buff., pl. enl. 918. Parties supérieures noires, de même que le trait oculaire; sourcils, devant du cou et poitrine d'un roussâtre très-pâle; tectrices alaires d'un bleu cendré; rémiges variées de noir et de blanc; rectrices bleuâtres, les latérales terminées de noir et de blanc; parties inférieures blanches. Au temps des amours un ceinturon noir; bec noirâtre; pieds bleuâtres. Taille, huit pouces. Du Sénégal.

PLUVIER ROUGEATRE. V. SANDERLING.

PLUVIER DES SABLES. V. BÉCASSEAU VARIABLE.

PLUVIER SOCIAL. V. VANNEAU SOCIAL.

PLUVIER SOMBRE, Charadrius nebulosus, Less.; Charadrius fuscus, Cuv. Parties supérieures brunes; front, joues, cou et poitrine d'un gris roussâtre; tête d'un gris noirâtre; rectrices latérales blanches, ainsi que les parties inférieures; cuisses tachetées de roux; bec et pieds noirs. Taille, huit pouces. Du Brésil.

PLUVIER A TÊTE VERTE, Charadrius africanus, Lath.; Pluvianus chlorocephalus, Vieill. Parties supérieures d'un cendré clair; sommet de la tête d'un vert foncé irisé, entouré d'un cercle blanc; moyennes tectrices alaires blanches; rémiges blanches, terminées et tachées de noir; gorge blanche, avec un demi-collier d'un noir verdâtre brillant; parties inférieures d'un blanc roussâtre; rectrices étagées, barrées de noir, et terminées de blanc: bec noir; pieds bleuâtres. Taille, huit pouces. De l'Egypte.

PLUVIER TRICOLORE, Charadrius tricolor, Vieill. Parties supérieures grises; tête, côtés'de la gorge, du cou et de la poitrine noirs; rémiges noires, bordées de blanc; rectrices noires et blanches; milieu de la gorge. du cou et de la poitrine, parties inférieures d'un blanc pur; bec orangé; pieds rouges. Taille, dix pouces. De l'Australasie.

PLUVIER A VENTRE BLANC, Charadrius leucogaster, Lath. Parties supérieures brunes; front, trait oculaire, base et tige des premières rémiges, bord extérieur des six rectrices intermédiaires, et les trois latérales, parties inférieures d'un blanc pur; bec noir; pieds blcuâtres. Taille, cinq pouces six lignes.

PLUVIER WILSON, Charadrius Wilsonius, Vieill., Amér. Orn., pl. 73, fig. 5. Parties supérieures d'un gris jaunâtre; front blanchâtre; trait oculaire qui descend de chaque côté du cou roussâtre; rémiges et rectrices brunes; deux taches brunes sur les petites tectrices alaires; parties inférieures d'un blanc sale; bec et pieds noirs. Taille, six pouces six lignes. (DR.. Z.)

PLUVINE. REPT. BATR. L'un des noms vulgaires de la Salamandre terrestre. (B.)

* PLYCTOLOPHUS. OIS. (Vieillot.) Syn. de Kakatoës. V. PERROQUET. (B.)

PNEUM. MIN. (Hanneman.) Même chose que Borax. (B.)

PNEUMODERME. Pneumoderma, MOLL. Genre établi par Cuvier dans le tome IV des Annales du Muséum, pour un Mollusque, voisin des Clios, découvert par Péron dans les mers du Sud. Ce fut à l'occasion de cet Animal, comparé aux Clios et aux Hyales, que Cuvier proposa l'établissement d'un nouvel ordre, qu'il nomma Ptéropodes; l'ordre et le genre furent adoptés. Ce fut Lamark le premier qui en donna l'exemple dès 1809, dans le tome Ier de la Philosophie zoologique. Cet ordre commence la grande série des Mollusques, et il contient les trois genres

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Hyale, Clio et Pneumoderme. Dans l'Extrait du Cours, les rapports furent un peu changés par l'addition entre les Clioset le Pneumoderme des deux genres Cléodore et Cymbalie; enfin, dans son dernier ouvrage, Lamarck les sépara encore davantage, en ajoutant le genre Limacine entre les deux que nous venons de citer. Cuvier (Règne Animal) ne changea rien à ces rapports, et Férussac, en cela, n'imita pas complétement Cuvier. Il établit une famille presque pour chacun des genres de cet ordre. La quatrième est destinée aux Pneumodermes el aux Gastéroptéres. Blainville (Traité de Malacologie) n'a point partagé cette opinion. Il range les Gastéroptères dans la famille des Acères, la quatrième des Monopleurobranches, tandis que les Pneumodermes, avec les Clios, font une petite famille dans l'ordre suivant, les Aporobranches (V. ce mot au Suppl.). Cette petite famille porte le nom de Gymnosomes. Latreille (Families nat. du Règne Anim.) suivit une marche presque semblable à celle de Férussac; c'est-à-dire qu'il constitua une petite famille, les Pneumodermites, pour les deux genres Gastéroptère et Pneumoderme. Blainville caractérise ainsi ce genre: corps libre, subcylindrique, un peu avancé en arriére, renflé en avant et divisé en deux parties; l'une postérieure ou abdominale, plus grosse, ovale et étroite en arrière; l'autre antérieure ou céphalathorax, bien plus petite, formée par un appendice ou pied médian, accompagnée à droite et à gauche d'un appendice natatoire; bouche à l'extrémité d'une sorte de trompe rétractile, ayant à sa base un faisceau de sucoirs tentaculaires et pouvant se cacner dans une espèce de prépuce, qui porte au dehors deux petits tentacules; anus à droite et un peu avant les branchies; celles-ci sont extérieures, en forme d'H, placées à la partie postérieure du corps: orifice de la génération dans un tubercule commun, situé à la racine de la nageoire du côté droit. La description donne Blainville de ce genre, differe en quelques points de celle de Cuvier. Nous allons rapporter textuellement auelques-uns des passages principaux de ce premier savant, en faisant remarquer les endroits où il n'y a point de concordance entre les deux célèbres anatomistes. «Le Pneumoderme se compose de deux parties séparées par un rétrécissement; la postérieure, beaucoup plus grosse que l'autre, est ovale, un peu atténuée en arrière et terminée par un petit corps en forme de grain d'orge, qu'on pourrait croire percé, mais à tort, et qui est analogue à ce que l'on trouve dans le même enoroit dans le Clio boréal; outre cela, on y remarque l'appareil respiratoire, composé de deux branchies, situées horizontalement et entourant l'extrémité du corps de gauche à droite; chaqué branchie est elle-même formée de deux branchies denticulées des deux côtés, réunies par un gros pédicule commun, et les deux branchies le sont entre elles par un cordon transverse et vertical, de manière à former une sorte d'H couchée horizontalement, complétement à découvert. Il se pourrait cependant qu'il y eût un rudiment d'opercule dermoïdal; du moins sur un individu, nous avons remarqué un repli qui pouvait être regardé comme tel. C'est en avant de ce rudiment d'opercule et du côté droit que se trouve l'anus, à l'extrémité d'un rectum, formant une légère saillie sous la peau. ff Cuvier a désigné cette partie comme la veine pulmonaire, ajoute Blainville, et c'est un des points importans par où ces deux auteurs diffèrent. Sans avoir l'Animal sous les yeux, il est impossible dese décider; on l'aurait, qu'il faudrait en faire une anatomie bien complète avant de prononcer; car Cuvier indique l'anus sous l'aile droite, et Blainville y trouve, au contraire, l'orifice commun des organes de la génération. «Cette région du corps du Pneumoderme est enveloppée par une peau

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contractile, à fibres clrculaires, de manière à former une sorte de sac, dans lequel la partie antérieure peut rentrer un peu, comme dans l'Atlas de Lesueur. Cette partie, arrondie ou globuleuse, beaucoup plus petite que l'autre, présente à sa partie inférieure et raédiane une sorte d'appendice médian très-comprimé, en forme de langué allongée, plissée, striée transversalement, libre en arrière dans une grande partie de son étendue, et qui commence par deux espèces d'auricules ovales, verticales, réunies en avant en fer à cheval. C'est cet organe mal figuré dans le Mémoire de Cuvier, dont Péron a fait un capuchon, parce qu'il a envisagé le Pneumoderme sens dessus dessous. C'est un véritable pied conformé comme celui du Clio, et servant sans doute de ventouse pour fixer l'Animal, et peut-être pour ramper un peu. Il faut regarder aussi comme en étant une dépendance, les appendices aliformes qui se trouvent de chaque côté de cette partie du corps. Ils sont plus petits que dans les Clios; ils naissent également de la peau du tronc, dans une sorte d'excavation formée par la saillie des bords antérieurs du mantean; ils sont minees sur les bords, et quoiqu'on puisse aussi y apercevoir un peu les stries obliques que l'on voit sur les ailes des Clios, il est certain qu'ils ne sont pas vasculaires, et que ce sont seulement des organes de locomotion. En dedans de l'aile, du côté droit, entre elle et l'appendice linguiforme du pied, est un tubercule assez gros, qui offre la terminaison des deux parties de l'appareil de la génération. Du milieu de l'extrémité antérieure de cette partie antérieure du corps, peut sortir une sorte de trompe ou de niasse buccale assez grosse, subcylindrique, à rides ou replis circulaires. A la base et de chaque côté est un singulier tentacule aplati, ovale, et dont la surface interne est couverte d'une grande quantité de petits tubercules creux, pédiculés, servant probablement de rae suçoirs; outre cela, il existe une autre paire de tentacules coniques, simples, vers l'ouverture de la trompe. ff Ce que nous venons de rapporter suffira pour caractériser ce genre et le faire reconnaître. Nous ne pousserons pas plus loin la description de l'organisation, qui, pour le reste, a une grande analogie avec celle du Clio. Ce genre ne contient encore qu'une seule espèce:

PNEUMODERME DE PÉRON, Pneumoderma Peronii, Lamk., Anim. sans vert. T. VI, p. 294; Cuvier, Ann. du Mus. T. IV, p. 228, pl. 59; Blainv., Trait, de Malacol., pl. 46, fig. 4, 4 a, 4 b. Il est essentiel de comparer cette figure avec celle de Cuvier. (D.. H.)

PNEUMONANTHE. BOT. PHAN. Les anciens appliquaient ce nom à une belle espèce de Gentiane qui croit en abondance dans les prés huraides, et au milieu des bois de presque toute l'Europe. Linné lui a conservé ce nom spécifiquement. Schmidt (in Rôm. Arckiv., 1, p. 3) a fait de cette Plante le type d'un genre particulier qu'il a nommé en conséquence Pneumonanthe, et qui a été adopté par Link et Hoffmannsegg dans leur Flore Portugaise. Ce genre ne nous semble pas admissible, par les raisons que nous avons développées à Particle GENTIANE. V. ce mot. (G.. N.)

PNEUMONURES. Pneumonura. CRUST. Latreille ( Genera Crust. et Insect.) désiguait ainsi une division des Crustacés branchiopodes, ou des Entomostracés de Müller, composée des genres Calige et Binocle. Les observations de feu Jurine fils lui ayant appris que le dernier répondait à celui d'Argule de Müller, il a rètabli cette dènomination. Les Pneumonures forment dans le Règne Animal une division des Pœcilopes. V. ce mot. (G.)

PNEUMORE. Pneumora. INS. Genre de l'ordre des Orthoptéres, section des Sauteurs, famille des Acrydicns, établi par Thunberg aux dépens du grand genre Gryllus de Linné, et adopté par Latreille et tous

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les entomologistes modernes. Les caractères qui distinguent ce genre des Criquets et autres genres voisins, sont d'avoir les pates postérieures minces, plus courtes que le corps et peu propres an saut. Leur abdomen est très-grand, renflé, et paraît vide. Leurs antennes sont filiformes, de seize articles, et insérées prés du bord interne des yeux. Leurs palpes ont le dernier article un peu obconique. La lèvre est bifide. Les trois petits yeux lisses, placés sur le vertex, sont disposés en triangle et à égale distance les uns des autres. Le corselet des Pneumores est grand, comme partagé en deux segmens en dessus; le sternum n'est point creusé en inentonnière. Les élytres sont petites, en toit écrasé ou nuiles. Ces Insectes sont tous d'assez grande taille; on n'en connait que peu d'espèces, toutes propres à l'Afriqueaustrale; leurs mœurs sont inconnues. On les rencontre sur les Plantes et sur les Arbres. L'espèce qui peut être citée comme le type de ce genre, est la Pneumore mouchetée, Pneumora sex-guttata de Thunberg (Act. Suec., 1775, 258, 3, tab. 7, fig. 6); Gryllus inanis, Fabr. (G.)

POA. BOT. PHAN. V. PATURIN.

* POARIUM. BOT. PHAN. Genre de la Didynamie Gymnospermie, L., établi par Desvaux (in Hamilton Prodrom. Plant, Ind-Occid.), qui l'a ainsi caractérisé: câlice divisé profondément jusqu'à la base en cinq parties; corolle tubuleuse, à cinq lobes obliques; étamines incluses; style allongé, un peu recourbé au sommet; capsule à deux valves et à deux loges dispermes. L'auteur dece genre n'y signale qu'une seule espéce, sous le nom de Poarium veronicoides. Sa tige est divariquée, lameuse et couchée sur la terre. Ses feuilles sont opposées, dentées inégalement, un peu décurrentes à la base et longuement pétiolées. Les fleurs sont axillaires, sessiles et solitaires. Cette Plante croît à l'île d'Haïti. (G.. N.)

* POAYA. BOT. PHAN. (Saint-Hi-laire.) Nom de pays de l'lpécacuanha ordinaire, Cephaelis Ipecacuanha, Rich. (B.)

POCHE. MAM. (Vicq - d'Azyr.) Syn. de Vespertilio lepturus, Erxl. V. TAPHIEN. (B.)

POCHE. OIS. L'un des noms vulgaires du Pierre-Garin. Belon donne aussi ce nom à la Spatule. (B.)

* POCHERY. OIS. L'un des noms vulgaires du Martin-Pêcheur commun. (B.)

* POCHOTLE. BOT. PHAN. (Kunth.) Nom de pays du Bombax eliipticum. (B.)

* POCILLARIA. BOT. CRYPT. Le genre de Champignons ainsi nommépar Brown dans son Histoire de la Jamaïque, et dont il a figuré une espéce, parait appartenir aux Chanterelles. V. ce mot. (B.)

POCILLOPORE. Pocillopora. POLYP. Genre de l'ordre des Madrépores, dans la division des Polypiers entièrement pierreux, ayant pour caractéres: Polypier pierreux, fixé, phytoïde, rameux ou lobé, à surface garnie de tous côtés de cellules enfoncées, ayant les interstices poreux; cellules éparses, distinctes, creusées en fossettes, à bord rarement en saillie, et à étoiles peu apparentes, leurs lames étant étroites et presque nulles. Si l'on excepte le Pocillopora eœrulea. qui paraît se rapprocher des Millépores ou devoir former un genre à part, les autres Pocillopores forment un genre naturel et facile à distinguer par l'habitus et l'aspect de leurs cellules, qui sont petites, trésnombreuses, rapprochées, peu profondes, non saillantes et à peine stelliféres; les espèces basées presque uniquement sur la forme des rameaux, trèsusceptibles de varier, sont souvent difficiles à distinguer entre elles. Ces Polypiers constituent des masses assez considérables, plus ou moins rameuses et touffues, pesantes et sonores lorsqu'on les frappe. Leur tissu intérieur est assez solide.

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maia non compacte. A mesure que le Polypier croit par l'exhalation de nouvelles couches à sa surface, les Polypes abandonnent le fond des cellules, oil ils laissent de petites cloisons d'espace en espace; de sorte que lorsqu'on casse un morceau de ce Polypier, on apercoit sur la cassure de petits canaux cloisonnés qui pé-sxétrent plus ou moins profonaément dans son intérieur; ceux qui proviennent des cellules les premiéres formées sur les tiges et les rameaux, pénétrent jusqu'au centre. On ne connait point les Polypes. Tous les auteurs s'accordent a dire que les Pocillopores viennent exdusivement de l'ocean Indien; mais il est certain qu'il en existe également dans les jners d'Amériaue. Nous possédons au cabinet de Caen plusieurs beaux échantillons du Pocillopora dami cornis, recueillis sur les côtes de Cuba. Les espéces rapportées à ce genre sont les Pocillopora damacornis, verrucosa, brtvicornis, fenestrata, aligmataria et caerulea. (B. D.. L.)

* POCOCK1A. BOT. PHAN. Genre de la famille des Légumineuses et de la Diadelphie Décandrie, L., établi par Seringe (in De Candolle Pro drom, Syst, veget., 2, p. i85), qui l'a placé dans la tribu des Lotées, section des Trifoliées, et lui a imposé les caractéres essentiels suivans: câlice campanulé à cinq dents; corolle papilionacée, dont la caréne simple et les ailes sont plus courtes que pé-tendard; légume plus long que le câlice, membraneux, comprimé, ailé, en forme de samare. Ce genre ne comprend qu'une seule espéce, Pocockia crética, qui avait été considérée par Linné comme une simple variété du Mélilot ordinaire; c'est son Trifolium Melilotos, var. crética. Desfontaines (Flor. Atlant., 2, p. 192) en avait déjâ fait une cspéce distincte, sous le nom de Melilotos crética. Cette Plante, aui croit dans l'ile de Créte et en Barbarie, a une tage ascendente, garnie de feuilles à trois foliôles obovées, cunéiformes et obscurément dentées, celle du milieu ou la terminale pétiolulée, accompagnées de stipules lancéolées, incisées. Les fleurs, de couleur iauné, sont disposées en grappes, et presque semblables à celi�es au Mélilot. Le genre Pocockia ne parait pas trésdistinct du Melilotos, malgré la forme ailée de son fruit; car dans les divers Mélilots, le fruit affectant des formes trésvariées, nous ne croyons pas que ce foible caractére soit suffisant pour autoriser la formation d'un nonveaugenre àleurs dépens. (G.. N.)

POCOPHORUM. BOT. PHAN. (Necker.) Syn. de Rhus radicans. V. SUMAC. (G.. N.)

POCOYCAN. INS. C'est, selon Bose, dans Déterville, une grosse Abeille des Philippines, aui construit son nid sous les branches d'arbrcs qui les mettent ainsi à l'abri des pluies, et dont le miel est exquis. (B.)

PODAGRAIRE, Podagraria. BOT. PHAN. V. EOOPODE.

PODAGRE. MOLL. Nom vulgaire et marchand de divers Ptérocéres. v. ce mot. (B.)

* PODAURE. Podalirius. INS. Nom scientifique du beau Papillon si commun en Europe, vulgairement nommé Flambé. (B.)

PODALIRIE. Podaliria. INS. Latreille nomma d'abord de la sorte les Abeilles, qu'il a depuis nommées Antophores et Mégachiles. V. ces mots. (B.)

PODALTRIE. Podalyria. BOT. PHAN. Sous ce nom, Lamarck (Il-lustr., tab. 327 ) avait fondé un genre de la famille des Légumineuses et de la Décandrie Monogynie, L., adopté par Willdenow et la plupart des auteurs, mais qui bientôt fut encombré d'espéces étrangéres à ce nouveau genre. Ainsi, Lamarck luiméme, Wildenow, Michaux, Poirct et plusieurs autres, décrivireut sous le nom de Podalyria des Plantes qui ont passé dans des genres déié établis, ou qui en ont constitué fie nou-

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veaux, tels que Virgilia, Ormosia, Thermopsis, Baptisia, Cyclopia, Requienia, etc. V. ces mots. Salisbury, Hans son Paradisus Londinensis, et R. Brown, dans la seconde édition de l'Horius Kewensis, ont limité le genre Podalyria de telle sorte qu'il se trouve entièrement composé de Plantes du cap de Bonne-Espérance, parmi lesquelles on remarque la plupart des Hypocalyptus de Thunberg, et l'espèce que Necker avait indiquée comme type de son genre Aphora. De Candolle (Prodr. Syst. nat. veget., 5, p. 101), en adoptant ces utiles changemens, fixe ainsi les caractères du genre Podalyria, qu'il place dans la tribu des Sophorées: calice quinquéfide, dont les lobes sont inégaux et la base du tube renfoncée en dedans; corolle papilionacée, dont l'étendard est tresgran d et la caréne recouverte par les ailes; étamines au nombre de dix, cohérentes par la base; stigmate capité; légume sessile, ventru, polysperme. Le genre Podalyria se compose seulement d'une douzaine d'espèces, si l'on en excepte la plupart des espèces décrites par Lamarck, Willdenow, Michaux et Ventenat, lesquelles sont assez nombreuses et généralement connues sous ce nom générique dans les jardins et les collections. Le Baptisia australis, R. Brown, par exemple, porte encore presque partout le nom de Podalyria australis, sous lequel Venteuat l'a décrit et figuré. Les vrais Podalyria sont des Arbrisseaux ordinairement soyeux, tous indigènes du cap de Bonne-Espérance. Leurs stipules sont étroites, appliquées coutre les pétioles. Leurs feuilles sont simples et alternes. Les pédoncules sont axillaires, tantôt uniflores, tantôt bi ou quadriflores. Les fieurs, dont la corolle est purpurine, rose ou blanche, sont munies de bractées caduques.

Dans le nombre des espéces décrites par les auteurs, nous indiquerons ici celles qui ont été figurées, savoir; Podalyria sericea, R. Brown; Sims, Bot. Mag., tab. 1913; Sophora sericea, Andr., Bot. Rep., tab. 44o. — P. cuneifolia, Venten., Jard. de Cels, tab. 99. — P. buxifolia, Willd. non Lamarck, Bot. regist., tab. 869. — P. styracifolia, Sims, Bot. Mag., tab. 1580; Séba, Mus., 2, tab. 99, f. 3; P. calyptrata, Willd. — P. argentea, Salish., Parad. Lond., tab. 7; Sophora biflora, Lamk.; Illustr., tab. 327, f. 3. (G.. N.)

* PODANTHES. BOT. PHAN. Haworth (Synops. Plant. succul., p. 32) a établi sous ce nom, aux dépens des Stapélies, ungenree qui n'a pas été généralement adopte. Les Stapelia verrucosa, irrorata, ciliata et pulchella, en sont les principales espèces. V. STAPÉLIE. (G.. N.)

PODARGE. Podargus. OIS. Genre de l'ordre des Chélidons. Caractères: bec dur, robuste, entièrement corné, beaucoup plus large que haut, trèsdilaté, surpassant aussi le front en largeur; arête de la mandibule supérieure ronde, courbée dès son origine, fortement fléchie à la pointe; bords des mandibules très-dilatés; l'angle formé par leur fonction plus reculé que les yeux; mandibule inférieure cornée, assez large, droite, faiblement courbée à la pointe, qui se forme en gouttière pour recevoir le crochet de la mandibule supérieure; narines cachées par les plumes du front, fendues longitudinalement à quelque distance de la base du bec et à sa surface, linéaires, presque entièrement fermées par une plaque cornée; fosse nasale très-petite; tarse court; quatre doigts, dont trois en avant; l'interne réuni à l'intermédiaire jusqu'à la première articulation; l'externe presque libre; le pouce en partie reversible; ongles courts, courbés; celui du doigt du milieu non pectiné. Les deux premières rémiges moins longues que la quatrième, qui dépasse toutes les autres. Les espéces qui constituent ce genreétaient inconnues avant que Humboldt et Horsfield eussent donné la description de celles qu'ils ont observées, l'un dans le Nouveau-Monde, l'au

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dans l'Australasie; leur nombre est encore extrémement borné; mais il est á présumer qu'il s'agrandira à mesure que des communications plus fâciles s'établiront par la civilisation des peuplades sauvages, dont les habitudes féroces ont été iusqu'ici de puissans obstacles à l'etude de la nouvelle et intéressante partie du monde. Les Podarges sont des Oiseaux crépusculaires; ils ne quittent les retraites oú ils passent les journées, soit dans l'obscurité des cavernes, soit dans l'épaisseur des foréts, que lorsque la vive lumiére a disparu; ils cnassent alors les Insectes, dont ils font leur unique nourriture. La vie trés-retirée que ménent ces Oiseaux, les soins qu'ils mettent à fuir l'Homme et á lui dérober leurs retraites, n'ont pas moins contribué que les autres difficultés locales, à tenir jusqu'ici ce genre complément ignoré.

PODABOE CORNU, Podargus cormutus Horsfield; Temm., Ois. color., pl. 159. Parties supérieures d'un gris brun, variées de noir et de blanchâ-tre; front garni de plumes brunâ-tres, terminées par dos barbules roides et décomposées, noires, dirigées en avant; de semblables plumes, mais plus longues, recouvreut le méat auditif; une espéce de bandeau, d'une teinte roussâtre audessus du front; bas de la nuque traversé par une bande blauche; petites tectrices alaires terminées par une tache blanche, dont la réuuion forme une espéce de V sur le dos; les grandes, d'un gris blanchâtre, variées de roux et de noir; rémiges brunes, tachetées sur les barbes extérieures de brun foncé et de roussâtre; rectrices étagéea, brunes, tiquetées de noirâtre, traversées par huit bandes plus claires, bordées de noir; ces bandes ne forment plus sur les barbes extérieures des rectrices latérales, que des taches d'un blanc roussâtre; gorge brune, variée de petites raies noirâtres; les plumes du centre sont presque blanches, bordées de brunâire; un large plastron, varié de brun et de noir sur la poitrine; parties inférieures blanchâtres, rayées de noir et de roussâtre; bec et pieds jaunâtres. Taille, huit pouces. Cett« espéce nous a été envoyée de Java.

Le Podarge figuré par Cuvier dans la pl. 4 du Régne Animal, parait élre le Podarge cornu.

PODAROE GRIS, Podargus cinereua, vieill. Tout le plumage de cet Oiseau présente un mélange de taches longitudinales et rondes sur un fond gris et pointillé; parmi ces taches, es unes sont noires et les autres blanches; elles sont irréguliéres et rares sur les ailes; le bec, les pieds et les ongles sont noirs. Cet Oiseau est à peupres de la grosseur du Choucas. II est e la Nouvelle-Hollande. (DR.. Z.)

* PODAS, pois. Espèce du genre Pleuronecte. V. ce mot. (B.)

PODAXIS. BOT CRYPT. (Lycoper dacées.) Desvaux a établi sous ce nom un nouveau genre aux dépens des Lycoperdons; l'espéce qui lui sert de type est le Lycoperdon axaturn de Bosc ou Podaxis senegalensis de Desvaux. Le caractére de ce genre est de préscnter un péridium ovale stipitéormé d une écorce double, l'externe se détruisant irréguliérement, l'inteme persistante se déchirant latéralement; ce péridium est traversé par un axe fibreux, suite du pédicule auquel sont attachés des filamens nombreux, entremélés de séminules pulvérulens trésabondans. La présence de cet axe et le mode de déhiscence distinguen! ce genre des Lycoperdon et des Talostoma dontil a l'aspect. Outre l'espéoe citée ci-dessus, quelques autres Lycoperdons propres au nord de l'Amé-rique doivent peut-étre se rapporter à ee genre. En efiet, Gréville a formé aux dépens de ces espéces un genre sous le nom de Schweinitzia qui ne parait pas dififérer du Podaxis. (AD. B.)

* PODETIUM. BOT. CRYPT. ( Lichens.) On doune ce nom au support de l'apothécie charnu et fongiforme, qui parait étre particulier aux Boeomycidées et aux Cénomycées. (A. F.)

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* PODENCÉPHALE. ZOOL. V. ACÉFHALE.

* PODIA, BOT. PHAN. Genre établi par Necker (Elém., 127) sur quelques espéces de Centaurées de Linné, qui onl les écailles munies d'aiguillons placés et disposés circulairement. Ce genre n'a pas été adopté. (G.. N.)

PODICEPS. OIS. V. GRÈBE.

PODICÉRE. Podicerus. INS. Genre de i'ordre des Hémiptéres fondé par Duméril aux dépens des Bérytes de Fabricius, et ayant pour caractéres: antennes excessivemeut longues en forme de pates, composées de quatre articles dont le dernier est un peu eu masse; toutes les pates tréslongues. Duméril place ce nouveau genre dans la famille des Frontirostres ou Rhinostomes; il cite comme espéce principale le Podicére vulgaire, Podicerus tipularius ou le Cimex tipularius de Linné (Fauno, Suec.). II est figuré par Duméril dans les Considérations genérales sur les Insectes, pl. 36, fig. 7. (AUD.)

PODICIPÈDE. OIS. Vieillot dit que ce sont les Oiseaux dont les pieds sont placés prés de l'anus ou du podex. Cette division omithologique ne parait étre adoptée nulle part. (DR.. Z.)

PODIE. Podium. Genre de l'ordre des Hyménoptéres, section des Porte-Aiguillons, famille des Fouisseurs, tribu des Sphégides, élabli par Fabricius et, adopté par Latreille, qui lui donne pour caractéres: antennes insérées au-dessous du milieu de la face de la tête; chaperon plus large que long; mâchoires entiérement coriaces; palpes presque également longs; mandibules sans dente au côté interne. Ce genre se distingue facilement des Sphexá Chlorions, Dolichures et Ammophiles, parce que ceux-ci ont les mandibules dentees au côfe interne. Les Pélopées en different, parce que leurs mâchoires sont en partie membrane uses, et par d'autres caractéres tirés des palpes du chaperon, etc. Ces Hyménoptcres sont propres aux pays chauds de l'Amérique méridionale; leurs moeurs sont inconnues. On ne connait que deux ou trois espéces de ce genre; celle qui lui sert de type est le Podium flavipenne de Latreille; Pepsis luteipennis, Fabr. (G.)

* PODIN. MAM. Les habitans de la Nouvelle-Guinée donnent ce nom au Kangourou d' Aro'ë, nominé par nous Kangurus veterum, décrit primitivement par les anciens voyageurs Valentyn et Lebruyn sous le nom de Pélandoc, et que les modernes ont confondu à tort avec le Kangurus Ualabatus de notre zoologie, sous le nom de Kangurus Brunii, Desm., Sp.,229. Le podin est un Animal encore mal connu, et qui vit exclusivement sur iles lies équatoriales, tandis que le K. Oualabat habite uniquement la Nouvelle - Galles du sud. (LESS.)

* PODISME. Podismus. INS. Genre de l'ordre des Orthoptéres, famille des Acrydiens, mentionné par Latreille (Fam. nat. du Régne Anim.), et différant du genre Criquet, dont il a étéextrait, par son présternum, qui est sans come, et par ses élytres, qui sont tréscourtes, dans Pun des sexes au moins, et nullement propresau vol. Cegenrediflcre des OEdipodes, parce que ccux-ci ont les ailes propres au vol dans les deux sexes, et des Gomphocéres, parce que ceux-ci ont les antennes renflées à leur extrémite, au moins dans les mâles. (G.)

PODISOMA. BOT. CRYPT. (Urédinées.) Ce senre, établi par Link, est fondé sur le Puccinia juniperi de Persoon ou Gymnosporangium fuscum de De Candolle. II différe des Puccinies par ses pédicellesallongéset soudés en une masse charnue, des Gymnosporanges en ce que les pédicelles sont plus distincts et ne forment pas une masse gélalineuse homogéne et d'unc forme irréguliére. Les sporidies, qui sont portées sur ces pédicellcs, sont divisées en plusieursioges par des cloisons transversales. Cette Plante sort de dessous l'épi-

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derme des Genévriers; elle forme des tubercules coniques plus ou moins gros, assez réguliers, d'une couleur brune. (AD. B.)

* PODJE. MAM. C'est le nom que les Mulais d'Amboine donnent à l'Animal quadrumane décrit par Buffon sous le nom de Tarsier, et par Geoffroy Saint-Hilaire, sous celui de Tarsius spectrum. C'est le woolly-Gerboa de Pennant. V. TAHSIEK. (LESS.)

PODOA. OIS. V. GRÈBE FOULQUE.

PODOBÉ. OIS. Espéce du genre Merle. V. ce mot. (B.)

PODOCARPE. Podocarpus. BOT. PHAN. Genre de la famille des Conifères, établi par L'Héritier pour quelques espèces d'Ifs, et qui offre les caractères suivans: les fleurs sont dioïques; les mâles forment des chatons filiformes nus; chaqua fleur consiste en une étamine composée de deux loges s'ouvrant chacune par un sillon longitudinal; les fleurs femelles sont solitaires, axillaires ou terminales; chaqua fleur est accompagnée à sa base d'un involucre de deux à trois écailles soudées en un corps charnu, portaut à son sommet une fleur renversée, environnée d'un seul côté d'un disque charnu, plus saillant et plus épais d'un côté; le calice est soudé par un deses côtés; et par sa baseavecce disque; il est percé à son sommet, qui est inférieur, à cause de la position de la fleur, d'une tréspetite ouverture. L'ovaire est semiinfère le fruit est drupacé, en forme de gland, recouvert extérieurement par le disque qui est devenu charnu. Ce genre a été établi par L'Héritier pour le Taxus elongata d' Aiton. Dans son grand travail sur les Conifères, le professeur L.-C. Richard a décrit et figuré quatre espèces de ce genre; savoir: Podocarpus elongatus, L'Hérit., Rich., Con., tab. 1, f. 2 Pod. chilinus, Rich., tab. 1, f. 1; Pod. coriaceus, id., tab. 1, f. 3, et Pod. taxifolius, Rich., Con., tab. 29, f. 1. Quant au Podocarpus asplenii folia de Labillardière, il forme le genre Dacrydium de Richard. Les Podocarpes sont tous des Arbres ou des Arbrisseaux à feuilles éparses, coriaces, lancéolées, entières, per–sistanles, originaires du nouveau et de l'ancien continent. (A. R.)

* PODOCE. Podoces. OIS. Fischer adécrit, dans les Mémoires de la Société des naturalistes de Moscou (T. VI, p. 251. pl. 21), un genre nouveau, qu'il a nommé Podoces (du grec, coureur), et qu'il place à côté du genre Corpus. L'espèce unique qu'il y range, habite les déserts des Kirguises, où l'a découverte le docteur Pander. Elle vole peu; mais elle marche avec une grande vitesse, et elle vit par grandes troupes, à la manière des Corbeaux. Les caractères du genre sont: un bec médiocre, de la longueur de la tête, déclive au sommet, sans échancrure, peu anguleux; la mandibule supérieure recevant l'inférieure, qui est plus courte; narines basales, arrondies, grandes, recouvertes de soies tombantes; pieds robustes, à tarses allongés, à doigts armés d'ongles triangulaires, aigus, presque droits, et bordés d'une membrane granuleuse, plus large que les doigts; rémige externe trés-courte; la deuxième beaucoup plus longue; les trois suivantes égales; queue ré-gulière.

Le genre Podoce ne renferme encore qu'une espèce, qui est le Podoces Panderi de Fischer, gris glauque en dessus, ayant deux traits blancs au-dessus de l'œil; les joues noires; le bec et les ongles bruns, etles pieds verdâtres. (LESS.)

PODOCÈRE. Podocerus. CRUST. Genre de l'ordre des Amphipodes, famille des Crevettines, établi par Leach et adopté par Latreille (Fam. nat., etc.), qui le réunissait avant cet ouvrage à son genre Coropbie, auquel il ressemble beaucoup. Il en differe cependant par des caractères assez faciles à saisir, et surtout parce que la, seconde paire de pieds est pourvue d'une grande main, tandis qu'il n'y en a pas chez les Corophies.

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Dans les Podocères, les antennes inférieures sont de bien peu plus longues que les supérieures, tandis que celles-ci sont très-courtes dans les Corophies. On ne connaît qu'une espèce de ce genre; c'est le Podocerus variegatus de Leach ( Edimb. Encycl. T. VII, p. 433), figuré au trait par Desmarest dans le Dictionnaire des Sciences naturelles et dans l'Extrait qu'il en a publié, ayant pour titre: Considérations générales sur la classe des Crustacés. (G.)

* PODOCHILUS. BOT. PHAN. Genre de la famille des Orchidées et de la Gynandrie Diandrie, L., nouvellement établi par Blume (Bijdragen tot de Flora van nederlandsch Indie, p. 295), qui l'a ainsi caractérisé: périanthe à cinq sépales connivens; les trois extérieurs connés jusqu'à leur milieu, plus larges que les intérieurs; les latéraux extérieurs, renflés inférieurement; labelle concave, muni à la base de deux appendices introrses, uni élastiquement à l'onglet du gynostème; celui-ci est petit, offrant au sommet trois segmens, dont l'intermédiaire est tricuspidé; anthère dorsale, échancrée antérieurement, à deux loges rapprochées; deux masses polliniques dans chaque loge, oblongues, comprimées, céréacées et fixées, par le moyen d'un style commun et bifide, aux échancrures du segment intermédiaire du gynostème. Ce genre ne renferme qu'une seule espèce, Rodochilus lucescens, Plante herbacée, caulescente, parasite, à racines fibrèuses, à tiges simples, garnies de feuilles distiques, ovales, échancrées, rigides et luisantes. Les fleurs sont petites, presque sessiles, accompagnées de petitas bractées et disposées en épis solitaires, axillaires ou terminaux. Cette Orchidée croît sur les arbres des montagnes de l'île de Java, où elle fleurit depeuis le mois de juin jusqu'en octobre. (G..N.)

PODOCOMA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, tribu des Astérées et de la Syngénésie superflue, L., établi par Cassini ( Bull. de la Soc. philom., septembre 1817, p. 137), qui l'a ainsi caractérisé: involucre composé de folioles inégales, irrégulièrement imbriquées sur plusieurs rangs, linéaires, aiguës, presque foliacées. Réceptacle plan, nu et alvéolé. Calathide radiée, dont les fleurs du centre sont nombreuses, régulières et hermaphrodites; celles de la circonférence nombreuses, femelles, et à corolles en languettes, presque linéaires. ovaires oblongs, comprimés, hispides, amincis et prolongés supérieurement en un col, surmontés d'une aigrette roussátre, composée de poils nombreux, inégaux, légèrement plumeux. Ce genre se distingue facilement des autres genres du même groupe par ses ovaires dont le sommet est aminci en un col, ce qui rend l'aigrette stipitée, suivant l'ancienne expression. C'est de cette particularité qu'est dérivé le nom générique. L'auteur en a décrit deux espèces, sous les noms de Podocoma hieracifolia, et P. primulœfolia. La première était l'Erigeron hieracifolium de Poiret. C'est une Plante herbacée, haute de sept à huit pouces, dressée, un peu rameuse, à feuilles radicales rapprochées, larges et obovales, à feuilles supérieures alternes, sessiles, lancéolées et entières, à fleurs disposées en corymbes ou en panicules. Cette Plante a été recueillie par Commerson dans les environs de Buénos-Ayres et de Montevidéo. (G..N.)

PODODUNÈRES. INS. (Clairville.) Syn. d'Aptères. (B.)

PODOGYNE. Podogynium. BOT. PHAN. On donne ce nom au support particulier formé par l'amincissement de la base de l'ovaire, et qui s'élève quelquefois au-dessus des autres parties de la fleur, comme par exemple dans les Capparidées. Le Podogyne n'est pas un organe distinct du pistil. Il ne faut pas le confondre avec le gynophore, qui est un renflement plus ou moins considérable du ré-

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ceptacle, tout-à-fait distinct du pistil qu'il supporte. V. GYNOPHORE. (A. R.)

PODOLEPIS. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées et de la Syngénésie superflue, L., établi par Labillardière (Nov.-Holl. Plant. Spec., vol. 2, p. 57), examiné de nouveau et adopté par H. Cassini, qui l'a placé dans la tribu des Inulées, section des Gnaphaliées, entre les genres Helychrysum et Antennaria. Voici les caractères essentiels génériques que nous extrayons de la description très-détaillée publiée parce second auteur: involucre composé d'écailles nombreuses, régulièrement imbriquées sur plusieurs rangs, appliquées, étroites, oblongues, épaisses, surmontées d'un grand appendice étalé, elliptique, arrondi au sommet, membraneux, doré et ridé. Réceptacle large plan et nu. Calathide radiée; fleurs du disque nombreuses, hermaphrodites; corolle régulière, tubulcuse, divisée au sommet en cinq segmens un peu inégaux, à anthères pourvues d'appendices apicilaires, ovales, lancéolés, et d'appendices basilaires très-longs et sétacés; styles longs, divergens, épaissis au sommet et pourvus de deux bourrelets stigmatiques; ovaire oblong, hérissé de poils, muni d'un très-petit bourrelet basilaire et surmonté d'une aigrette longue, blanche, composée de poils nombreux, finement plumenx et soudés par la base. Fleurs de la circonférence femelles, et formant un rayon interrompu corolle en languette étalée, fendue profondément au sommet en deux ou trois lanières; ovaire et aigrette comme dans les fleurs du disque. Le genre podolepis tire son nom, qui signifie écaille pédicellée, de la structure des folioles de l'involucre, où néanmoins le pédicelle est la véritable foliole, tandis que le sommet n'en est que l'appendice. Ce genre était placé par son premier auteur auprés du Leysera, et par Jussieu auprés du genre Aster; mais selon Cassini; il est voisin des genres Helychrysum; Antennaria et Argyrocome.

Le Podolepis rugata, Labill.. loc. cit., tab. 208, est une Plante légèrement laineuse, haute d'environ un pied, vameuse supérieurement, garnie de feuilles linéaires, et dont les calathides de fleurs sont jaunes, solitaires au sommet de pédoncules terminaux. Cette Plante a été rapportée par Labillardière de la terre de Van Lenwin à la Nouvelle-Hollande. Rob. Brown (in Hort. Kew., 2 édit., vol. 5. p.82) a réuni au genre Podolepis le Scatia jaceoides, Sims (Botanical Mogaz., 956), Plante également de la Nouvelle-Hollande, et à laquelle il a donné le nom de Podolepis acuminata (G.. N.)

PODOLOBlUM BOT. PHAN. Genre de la famille des Légumineuses et de la Décandrie Monogynie, établi par Rob. Brown ( in Hort. Kew., éd. 2, vol. 3, p. 9) et adopté par De Candolle, qui l'a placé dans la tribu des Sophorées, et en a ainsi exprimé les caractères; calice quinquéfide, bilabié la lèvre supérieure bifide; l'inférieure tripartite; corolle papilionacée, dont la carène est comprimée, de la longueur des ailes qui sont presque aussi grandes que l'étendard, lorsqu'il est étendu; ovaire renfermant quatre ovules, disposés sur un seul rang, surmonté d'un style ascendant et d'un stigmate simple légume pédicellé, linéaire, oblong, légèrement renflé et lisse intérieurement. Ce genre diffèie si peu du Chorizema, que Smith les a, peut-être avec raison, réunis; car le fruit pédicellé dans l'un, et sessile ou presque sessile dans l'autre, en est la seule différence. Cependant De Candolle (Mémoires sur la famille des Légumineuses, p. 163) a indique trois types d'organisation, formant trois sections dans le petit nombre d'espèces de Podolobium, lesquclles sont des sous-Arbrisseaux, tous indigènes de la Nouvelle-Hollande. La première section renferme les espèces à feuilles opposées et à lobes terminés en épi-

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nes. Elles ont le port des Chorizema;mais elles s'en distinguent par leurs feuilles opposées A cette scction appartient le Podolobium tritobatum, Rob. Brown, loc. cit, et Sims, Bot. Mag., tab. 1477. De Candolle y réunit une nouvelle espèce, rapportée par Sieber, et nommée P, staurophyllum. La seconde section se distingue par ses feuilles opposées, mais entières et nullement épineuses. Deux espèces qui ont le port des Daviesia, composent cette section; ce sont les P. scandens ou Chorizema scandens, Smith, Trans. Linn., 9, p. 253 et P. sericeum ou Chorizema sericeum, Smith, loc. cit. Ces Plantes ont la tige grimpante; les feuilles munies d'une seule nervure longitudinale; des stipules subulées, très-petites, et des fleurs disposées en grappes au sommet des rameaux. Enfin, la troisième section comprend deux espèces qui ont les feuilles alternes, et qui ne sont placées dans le genre Podolobium que provisoirement; car, malgré l'ovaire pédicellé et les feuilles alternes, elles ont de grands rapports avec le genre Oxylobium. Ces Plantes sont: 1° le Podolobium coriaceum, ou Chorizema coriaceum, Smith, loc. cit; 2° le P. aciculare, De Candolle, espèce très-remarquable par ses feuilles linéaires, étroites, entières, épineuses au sommet, et surtout par son ovaire qui renferme douze à seize ovules. (G.. N.)

* PODOLOBUS. BOT. PHAN. Le genre proposé sous ce nom par Rafinesque, dans une Flore du. Missouri inédite, mais pourtant citée par quelques auteurs, est le même que le stanteya de Nuttal.V. ce mot. (G.. N.)

PODONÉREIDE. Podonereis. ANNEL. Dénomination générique employée par Blainville, et appliquée à deux espèces d'Annelides assez mal connues, les Nereis punctata et. corniculata de Linné. Cette dernière a été figurée par Müller (Zool. dan., 2, tab. 52, fig. 1–4.) (AUD.)

PODOPHTHALME. Podophthalmus. CRUST. Genre de l'ordre des Décapodes, famille des Brachyurès, tribu des Arqués, établi par Lamarck, et ayant, pour caractères: yeux portés sur des pédicules longs, linéaires, gréles, très-rapprochés à leur base; corps en forme de triangle renversé court, mais très-large en devant et tronqué postérieurement ou à sa pointe, avec le chaper on étroit, incliné, et sur les côtés duquel s'insèrent les pédicules oculaires. Ce genre ne comprend que deux espèces; l'une (Podophthalmus spinosus, Lamk., figuré par Latreille, Gen. Crust, et Ins. T. I, tab. 1 et 2, f. 1) se trouve à l'Ile-de-Franee; l'autre est fossile; c'est le Podoph. Defrancii décrit par Desmarest. (G.)

PODOPHTHALMES. Podophthalma. CRUST. Nom général sous lequel Leach comprend tous les Crustacés dont les yeux sont portés sur des pédicules articulés et mobiles, ou les Crustacés pédiocles de Lamarck. Cette division se compose des Grustacés décapodes et stomapodes de Latreille. (G.)

PODOPHYLLE. Podophyllum. BOT. PHAN. Genre d'abord placé parmi les Renonculacées, mais qui est devenu le type d'une famille particulière, que le professeur De Candolle a nommée Podophyllées (V. ce mot). Ce genre offre les caractères suivans: calice de trois sépales, caducs; corolle de six à neuf pétales, très-grands et imbriqués; étamines de douze à vingt-quatre, disposées sur deux rangs et libres; ovaire à une seule loge, coutenant un grand nombre d'ovules attachés à un seul trophosperme pariétal. Le stigmate est comme lamelleux, plusieurs fois replié sur lui-même et comme pelté. Le fruit est une sorte de baie globuleuse, charnue, contenant un grand nombre de graines attachées à un trophosperme pariétal, qui est devenu charuu, très-gros, et remplit presque toute la cavité du fruit. Ces graines, qui sont ovoïdes, offrent un très-petit embryon dressé dans un endosperme charnu.

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Ce genre se compose de deux espèces, Podophyllum peltatum, L.. Lamk., Illustr., et Podophyllum callicarpum, Rafl. Ce sont deux Plantes herbacées, vivaces, originaires de l'Amérique septentrionale. La première, qu'on voit assez souvent dans les jardins, a une racine âcre et purgative, qui jouit des mêmes propriétés que celle du Jalap. Le Podophyllum diphyllum, L., forme le genre Jeffersonia. (A. R.)

*PODOPHYLLÉES. Podophylleœ. BOT. PHAN. Le professeur De Candolle (Syst. nat. veget., 2, p. 31) a proposé d'établir sous ce nom une famille distincte, ayant pour type le genre Podophyllum et le Jeffersonia, qui, ainsi. que nous l'avons dit précédemment, n'en est qu'un démembrement. A ces deux genres, il a réuni les genres Cabomba et Hydropeltis. Mais, ainsi que nous l'avons dit à l'article CABOMBÉES, ces deux derniers genres sont évidemment monocotylédons, et ne nous paraissent avoir aucune sorte d'affinité avec le Podophyllum. Aussi le professeur De Candolle lui-même en avait-il formé une section à part, sous le nom d'Hydropeltidées. Quant au Podophyllum et au Jeffersonia, ainsi qu'un genre encore fort peu connu, nommé Achlys, également réuni aux Podophyllées, ils ne nous paraissent pas suffisamment distincts des Papavéracées, et ainsi que nous l'avons déià proposé dans la quatrième édition de nos Élémens de botanique, nous croyons qu'ils doivent être réunis à cette famille, dont ils se rapprochent et par le port et par la structure de la fleur du fruit et de la graine. Ainsi, aux genres que nous avons précédemment énumérés, en parlant de la famille des Papavéracées, on peut ajouter le Podophyllum et le Jeffersonia. (A. R.)

* PODOPSIDE. Podopsis. CONCH. Genre proposé par Lamarck dans son dernier ouvrage, pour quelques Coquilles que Bruguière confondit avec les Huitres, quoiqu'elles aient cependant la forme des Spondyles. Ce genre, dont les caractères ont été mal exprimés par le savant que nous venons de citer, parce qu'il ne connaissait que des iudividus mal conservés ou en partie cachés par de la gangue, parait être propre à la Craie. Ces Coquilles offrent le caractère d'être toujours fort minces, et de l'être beaucoup plus sous le crochet que vers le bord des valves; ce qui est l'inverse de toutes les autres, appartenant à l'ordre des Acéphales. Ainsi, un Podopside, dont le bord a à peine une ligne d'épaisseur, n'a tout au plus qu'un douzième de ligne au crochet. Il faut savoir que ce crochet, si mince qu'on le trouve très-rarement entier, sert de point d'appui à toute la coquille, puisque c'est par lui qu'elle adhère aux corps sous marins. Il était fort difficile d'expliquer cette singulière anomalie, dont ce genre n'offre pas le seul exemple; car presque toutes les Coquilles de la Craie la présentent également. On pouvait raisonnablement l'attribuer à une organisation particulière des Animaux de ces Coquilles appartenant à une époque géologique différente de la nôtre; il était naturel de voir là une trace profonde de cette organisation. Ce fut certainement d'après ces idées que le genre Podopside fut adopté; les personnes qui l'observèrent complétement, y furent d'autant plus portées, qu'il a un caractère qui ne se présente pas de la même manière dans d'autres genres: uu grand espace triangulaire de la valve inférieure, placé sur le crochet, limité par la valve supérieure, et qui n'offre pour celle-ci aucun bord cardinal, reste constamment ouvert. Dans les individus bien conservés, les limites de cet espace sont formées par les bords libres et entiers des oreillettes latérales, semblables à celles des Spondyles. Comme il est extrêmement rare de trouver complète cette partie, on attribuait toujours à une cassure l'ouverture postérieure de la valve inférieure, à

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tel point que, dans les figures de l'Encyclopédie, le crochet de cette valve est représenté avec du test dans cet endroit, lorsqu'il est certain qu'il ne peut y en avoir. Un dessinateur malhabile a cru sans doute qu'il valait mieux représenter un test qu'il supposait, que des cassures véritables. Quoi qu'il en soit, cette opinion de l'intégrité du sommet de la valve inférieure prévalut. Defrance l'a admise, en adoptant dans son entier la phrase caractéristique de Lamarck; et sans la rectifier sur ce point, Blainville ne mentionne pas l'écartement qui existe entre les bords du crochet et l'ouverture qui en résulte. Cependant la place qu'il assigne à ce genre dans sa méthode, serait en effet la conséquence de l'observation de ce caractère. Ce genre est compris dans la même famille que les Térébratules, et il est mis en rapport avec les Pachites (V. ce mot) et le genre Dianchore, qui n'est qu'un double emploi des Podopsides. D'après ce que nous avons dit précédemment, on ne peut douter que ce dernier genre ne soit inutile, puisque ces caractères deviennent identiques. Le Dianchore n'est autre chose que le Podopside, vu plus entier et plus complet. Quelques observations toutes récentes que nous venons de faire sur les Podopsides, vont lever, nous l'espérons, les doutes et les difficultés dont ce genre et plusieurs autres sont entourés, et le faire rapporter à une organisation dont le type très-connu, ne présente aucune anomalie.

Plusieurs individus du Podopside tronqué nous ont été envoyés des environs de Tours par Dujardin, jeune géologue. Un de ces individus complet présentait, en partie recouverts d'une gaugue assez tendre, les bords entiers de l'ouverture du crochet de la valve inférieure. Voulant nous assurer de leur intégrité, nous enlevâmes avec une pointe très - aiguë la matière qui les couvrait. Ayant trouvé qu'en dedans elle était plus tendre et plus friable, nous avons entrepris de vider le crochet pour mieux juger de son peu d'épaisseur. Bientôt du côté de la charnière, nous avons rencontré une matière plus dure, qui nous a offert des contours bien arrêtés. Nous pensâmes d'abord que c'était le moule d'une Coquille étrangère qui avait été introduite dans le Podopside au moment de son enfouissement, comme cela peut très-bien se concevoir; mais à mesure que nous en découvrions de nouvelles parties, nous lui trouvions des rapports intimes avec le Podopside, dont nous brisâmes le test pour nous assurer qu'il lui appartenait bien en effet. Ce qu'il y a de remarquable c'est que ce moule était entouré, enveloppé de toute part d'une couche de matière tendre, semblable à celle que nous a vions trouvée dans le crochet; mais ce qui a excité notre étonnement, c'est que ce moule n'est point en rapport pour sa partie postérieure avec la forme extérieure et intérieure de la coquille, c'est qu'il reste entre elle et lui un espace vide qui est très-grand au crochet, et qui diminue insensiblement jusqu'aux bords des valves où il est nul. Ce moule porte des impressions qui lui sont propres; trois gros plis sur son bord cardinal indiqùent qu'il existait une charnière puissante par ses moyens d'union; une impression musculaire, unique, profonde, se voit à la face supérieure et inférieure, quoique le test lui-même n'en présente aucune trace. De ce fait et de la manière bien connue dont quelques Coquilles ou seulement certaines de leurs parties sont dissoutes dans la Craie ou dans d'autres couches plus anciennes, il en est résuité pour nous une opinion que nous croyons utile de développer. Pour le bien faire, il faut avoir sous les yeux un Spondyle vivant, comme étant le genre le plus voisin des Podopsides, s'il ne lui est identique. Nous remarquons que le Spondyle est formé de deux couches calcaires fort distinctes, l'une interne, blanche, la plus épaisse, très-épaisse surtout dans les crochets des valves, et s'amincissant vers

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les bords, où elle disparait pour faire place à la couche extérieure dont le bord tout entier est formé. Cette couche extérieure diversement colorée, selon les espèces, est beaucoup plus épaisse vers les bords que sous les crochets, où elle devient au contraire d'une excessive minceur. Elle se trouve donc dans un rapport inverse avec la première. Remarquons encore, avant d'aller plus loin, que tout le talon du Spondyle, tout ce grand espace triangulaire, taillé comme à plaisir, et toute la charnière, sont formés de la matière de la couche intérieure de la coquille. Maintenant que l'on suppose le Spondyle rempli par une matière calcaire mêlée de sable; que cette matière a durci; que la couche interne de la coquille, par la propriété dissolvante du milieu, a disparu ou s'est désagtégée, et que toute la couche externe est restée seule intacte: on aura, an milieu de la coquille, un moule qui était en rapport avec la cavité qu'il a remplie, mais qui n'en a plus avec la nouvelle cavité de la coquille. De plus, la disparition de cette couche interne produira une large ouverture au crochet de la valve inférieure; il n'y aura plus de charnière, et la couche extérieure, ainsi dénudée, se présentera très-mince vers les crochets, plus épaisse vers les bords de la coquille; en un mot, à la place du Spondyle, nous trouverons un véritable Podopside. La nature s'est plue à faire pour eux ce que nous supposions pouvoir arriver à un Spondyle. Serait-il possible d'affirmer que les Podopsides appartiennent au genre Spondyle? Malgré l'analogie qu'ils présentent avec eux, ne doivent-ils pas constituer un genre à part? Sur quels caractères positifs pourrait-on opérer leur réunion ou leur séparation? Il est fort difficile, impossible même de répondre à ces questions d'une manière satisfaisante. Plusieurs indices nous engagent à rapporter plutôt ce genre aux Spondyles, que de le laisser à part. 1°. Ils sont adhérens comme eux, striés et épineux. 2°. En supposant l'espace triangulaire du crochet rempli on aura, comme dans les Spondyles, une surface plane. 3°. Le moule des Podopsides offre à la charnière trois gros plis; celui du milieu formant un cercle presque complet. En preuant avec de la cire l'impression de la charnière d'un Spondyle, on a aussi trois plis samblables; celui du milieu, qui indique la place du ligament, est cependant plus large. 4°. Dans l'un et l'autre genre, il y a des oreillettes sur les côtés de la charnière. 5°. Enfin, l'impression musculaire est la même, quant à la forme et à la place qu'elle occupe. Voilà ce que l'on pout rapporter en faveur de la réunion des deux genres; voici ce que l'on peut objecter; 1°. En supposant que le crochet de la valve inférieure ne fût pas percé, était-il coupé pour cela comme celui des Spondyles? On n'en a pas la certitude, quoique cela soit présumable. 2°. L'impression de la charnière a trois plis, mais peut fort bien présenter des différences notables, quant à la forme des dents, à leur engrénage, à la position du ligament; on ne peut répondre à cela que de visu, et c'est ce qui fait le plus grand doute. 3°. On a dit que les Podopsides étaient symétriques, et que ce caractère les distinguait bien des Spondyles. Nous pensons que les auteurs qui ont donné ce caractère, n'avaient peut-être pas assez de matériaux pour décider cette question. La figure de l'Encyclopédie n'est pas symétrique; celles de Brongniart le sont davantage; celle donnée par Blainville ne l'est pas non plus, quoique ce savant soit un de ceux qui regardent comme symétriques ces coquilles; mais ce qui est plus concluant pour nous, ce sont les individus que nous avons sous les yeux, dont aucun n'est symétrique. En résumant, il reste beaucoup plus de présomption à croire que l'on réunira les deux genres, qu'à penser le contraire; du moins telle est notre opinion. V. SPONDYLE. (D.. H.)

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* PODOPTÈRES. OIS. (Duméil.) Syn. de Pinnipédes. (B.)

PODOPTERUS. BOT. PHAN. Genre de la famille des Polygonées et de l'Hexandrie Trigynie, L., établi par Humboldt et Bonpland (Plantes équinoxiales, 2, p. 89, tab. 107), et ainsi caractérisé: calice double; l'un et l'autre à trois divisions profondes; les extérieures ailées sur le dos; six étamines; trois styles, surmoutés de stigmates capités; akène convert par le calice. Ce genre ne renferme qu'une seule espèce, Podopterus mexicanus, qui croit. dans la région chaude de la Nouvelle-Espàgne, entre Vera-Cruz et la. Antigua. C'est un Arbrisseau épineux, à feuilles fasciculées, très-entières, chacune munie d'un stipule à sa base; à fleurs en grappes fasciculées, et portées sur des pédoncules ailés; circonstance d'où les auteurs ont tiré le nom de Podopterus, qui signifie pied ailé. (G.. N.)

PODORIA. BOT. PHAN. Persoon (Ènchirid., 2, p. 5) a donné ce nom au genre Boscia de Lamarck, parce qu'il existait déjà un genre Boscia établi par Thunberg. Cependant les caractères assignés par ce dernier botaniste à son genre Boscia, sont tellement incomplets, que De Candolle n'a adopte ce dernier genre qu'en substituant à son nom celui d'Asaphes, qui signifie vague ou incertain; et dès - lors le nom de Boscia devrait rester poúr le genre de Lamarck. Mais comme à l'article BOSCIA on a décrit le genre de Thunberg, en renvoyant à Podoria pour celui de Lamarck, nous sommes forcé d'en présenter ici les caractères. Ce genre appartient à la famille des Capparidées et à la Dodécandrie Monogynie, L. Il a des rapports avec les Cratœva, et ses fleurs offrent les caractères essentiels suivans: calice à quatre sépales; point de corolle; douze à vingt étamines insérées sur un torus court; une baie stipitée, globuleuse, monosperme. Le Podoria senegalensis, Pers., loc. cit.; Boscia senegalensis, Lamk., Illust. gen., tab. 395, est un Arbuste rameux, garni de feuilles alternes, pétiolées, coriaces, ovales, oblongues, elliptiques, très-entières, obtuses et quel-quefois écbancrées à leur sommet. Les fleurs sont petites, disposées en un corymbe terminal. Cette Plante croit au Sénégal. (G.. N.)

* PODORICARPUS. BOT. PHAN. (Lamarck, cité par Persoon.) Syn. de Podoria. V. ce mot. (G.. N.)

PODOSÆMUM. BOT. PHAN. Genre de la famille des Graminées et de la Triandrie Digynie, L., établi par Desvaux (Journ. de Botanique, vol. 3, p. 66), sur le Stipa capillaris L., adopté par Beauvois (Agrostogr., p. 28, tab. 8, f. 1, 2, 3) et par Kunth (Nov. Gen. et Spec, Amer., 1, p. 127), qui en a décrit un grand nombre d'espèces. Voici ses caractères essentiels: épillets uniflores; lépicène à deux valves beaucoup plus courtes que celles de la glume, mutiques ou légèrement aristées; glume à deux valves, un peu coriaces, presque égales; l'inférieure bifide, dentée, portant une barbe entre les dents; stigmates plumeux; fleurs disposées en panicules. Kunth place ce genre en tête de sa tribu des Agrostidées; mais il observe qu'il tient le milieu entre cette tribu et celle des Stipacées; il le regarde en outre comme voisin du Muhlenbergia. Les deux genres Trichochloa et Tosagris proposés avec doute par Beauvois, doivent rester réunis au Podosœmum. Les espèces de ce genre sont au nombre d'une quinzaine, toutes indigènes du Mexique, du Pérou et de la Colombie. Ce sont des Graminées assez élégantes, dont plusieurs forment des gazons sur les montagnes volcaniques ou sur les plateaux élevés des contrées du globe que nous venons de citer. Elles croissent à une grande hauteur audessus de la mer, la plupart de 2,000 à 3,000 mètres. (G.. N.)

PODOSOMATES. Podosomata. ARACHN. Ce nom est employé par Leach pour désigner le premier ordre de la sous-classe des Céphalostomes. Cet

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ordre répond à la famille des Pycnogonides de Latreille. (G.)

PODOSPERMA. BOT. PHAN. Labillardière a proposé sous ce nom, dans le second volume de son Novœ-Hollandiœ Plantarum Specimen, publié en 1806, un genre de la famille des Synanthérées. Mais, environ un an auparavant, De Candolle avait déjà proposé l'établissement d'un genre Podospermum, qui appartient à la même famille naturelle, mais qui n'a rien de commun avec lui. Pour éviter la confusion de ces genres, Cassini a changé le nom proposé par Labillardière d'abord en celui de Podotheca, puis en Phœnopoda. Cependant, comme c'est sous le titre de PODOTHÈQUE qu'il en a publié la description, nous pensons qu'on doit s'en tenir à ce nom, quoique le nom de Phœnopoda soit plus convenable. V. PODOTHÈQUE. (G.. N.)

PODOSPERME. Podospermium. BOT. PHAN. Lorsqu'un trophosperme porte plusieurs graines, celles - ci sont quelquefois soutenues chacune par un prolongement ordinairement filiforme de la substance même du trophosperme, auquel on donne le nom de Podosperme. Cet organe peut offrir beaucoup de modifications, quant à sa forme, sa position, sa longueur, sa substance, etc. V. GRAINE. (A. R.)

PODOSPERMUM. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, tribu des Chicoracées et de la Syngénésie égale, L., établi en 1805 par De Candolle dans la seconde édition de la Flore francaise, et présentant les caractères suivans: involucre composé d'écailles appliquées, régulièrement imbriquées; les extérieures ovales, foliacées, membraneuses sur les bords et munies un peu au-dessous du sommet d'un petit'appendice conique ou subulé et comprimé; les intérieures oblongues, lancéolées, sans appendice; réceptacle plan et nu; calathide formée de demi-fleurons nombreux, étalés en rayons et hermaphrodites; akènes longs, grêles, cylindracés, striés, glabres, non amincis en col, pourvus d'un bourrelet apicilaire, glabres, portés sur un pédicelle long comme la moitié du vrai fruit, présentant à leur intérieur un axe fibreux et persistant, surmontés d'une aigrette composée de poils nombreux et plumeux. Le genre Podospermum avait été confondu par Tournefort et Linné avec le Scorzonera. Vaillant l'avait en quelque sorte constitué sous le nom de Scorzoneroides, mais il n'avait eu égard qu'à des caractères secondaires tirés des feuilles. Gaertner décrivit avec. soin la structure remarquable de l'akène de son pédicelle; caractère qui a servi à De Candolle pour l'établissement définitif du Podospermum.

Un petit nombre d'espèces, indigènes de l'Europe, principalement des contrées méridionales, constituent ce genre. La plus remarquable est le Podospermum laciniatum, Plante herbacée, à feuilles longues, linéaires, aiguës; les inférieures pinnatifides, à calathides composées de fleurs jaunes, terminales. Cette Plante est commune dans les terrains secs, sur le bord des chemins et des champs, aux environs de Paris. (G.. N.)

* PODOSPHOERA. BOT. CRYPT. (Hypoxylées.) Ce genre, à peine distinct des Erysiphés, a été établi par Kunze (micol. heft., 2, p. 113, pl. 2, fig. 8) Son seul caractère distinctif consiste dans les filamens qui naissent de son péridium, qui, au lieu de s'étendre en se ramifiant comme dans les Erysiphés, se terminent par une extrémité renflée adhérente au corps qui les supporte. Ce genre ne comprend qu'une seule espéce, qui croît à la surface des feuilles du Vaccinium Myrtillus. La position de ce genre et de l'Erysiphié, dont il ne nous parait pas devoir être séparé dans la méthode mycologique, est encore assez douteuse. De Candolle le rapprochait des. Sclerotium; mais il ne présente pas le tissu compacte de ce genre; au contraire, on

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trouve dans l'intérieur de son péridium un nombre plus ou moins considérable de conceptacles membraneux, analogues aux thèques des Sphœries, et qui contiennent les séminules. On peut consulter à ce sujet les observations d'Ebrenberg et celles de Kunze; c'est de qui nous a engagé, dans notre Essai d'une méthode nanaturelle des Champignons, à placer ce genre dans les Hypoxylées. On pourrait cependant le rapprocher aussi des Lycoperdacées angiogastres, de la section des Nidulacées, et particulièrement du Polyangium de Link. V. LYCOPERDACÉES. (AD. B.)

PODOSTÈME. Podostœmum. BOT. PHAN. Genre de Plantes monocotylédones établi par le professeur Richard (in Michx. Flor, Bor. Amer., 2, p. 164), et ainsi caractérisé: le calice se compose de deux petites écailles unilatérales, entre lesquelles nait un filament simple inférieurement, divisé supérieurement en deux branches courtes, portant chacune une anthère cordiforme et biloculaire; le pistil offre un ovaire libre, à deux loges polyspermes, surmonté de deux stigmates sessiles et filiformes, et le fruit est une capsule ovoïde, souvent striée, à deux loges, contenant chacune un assez grand nombre de graines attachées à un trophosperme qui occupe chaque face de la cloison. Ce genre se compose de deux espèces. Ce sont de petites Plantes aquatiques, fixées sur les rochers humides ou parasites sur la racine des arbres qui croissent au voisinage de l'eau. Leurs feuilles sont divisées en un grand nombre de segmens linéaires, et leurs fleurs sont solitaires ou fasciculées. L'une de ces espèces a été trouvée par Michaux sur les rochers humides des cataractes de l'Ohio, c'est le Podostœmum ceratophyllum, Michx., loc. cit., t. 44; l'autre, observée par Humboldt et Bonpland sur les rives de l'Orénoque, a été décrite par Kunth, sous le nom de Podostœmumruppioides, dans le premier volume de ses Nova Genera, (A. R.)

PODOSTÉMÉES. Podostœmeœ. BOT. PHAN. Le professeur Richard, en indiquant les rapports du genre Podostœmum avec le Marathrum de Bonpland, avait annoncé que ces deux genres devaient former une famille distincte sous le nom de PODOSTÉMÉES. Cette famille a été adoptée par Kunth et par Jussieu; mais en considérant attentivement les caractères qu'elle présente, on voit qu'elle a les plus grands rapports avec, les Juncaginées du professeur Richard, et qu'elle n'en diffère que par sa capsule à deux loges polyspermes. Dans la quatrième édition de nos Elémens de botanique, nous avons cru devoir réunir les Juncaginées aux Alismacées, que nous rétablissons à peu près dans les limites que Ventenat leur avait assignées, et par conséquent les Podostémées rentrent aussi dans cette famille. Indépendamment des genres Podostœmum et Marathrum, Jussieu rapporte encore au groupe des Podostémées les genres Halophila, Diplanthera et Hydrostachys de Du Petit-Thouars. (A. R.)

* PODOSTIGMA. BOT. PHAN. Le genre de la famille des Asclépiadées, et de la Pentandrie Digynie, L., établi par Elliot dans son Esquisse de la Botanique de la Caroline du sud et de la Géorgie, est identique avec celui que Nuttall a proposé en 1818 (Gener. of north Amer. Plants) sous le nom de Stylandra, puisqu'il a également pour type l'Asclepia pedicellata de Walter. V. STYLANDRE. (G.. N.)

PODOSTOME. Podostoma. ZOOPH. Rafinesque (Précis des découvertes sémiologiques, p. 87) a établi sous œ nom un nouveau genre qu'il caractérise ainsi: corps allongé; tentacules circulaires, déterminés, simples, rétractiles; anus terminal. Ce genre parait voisin des Holothuries. En effet, dans un ouvrage subséquent (Analyse de la Nature, p. 152), le même auteur le place dans la sous-famille des Podostomiens, Po-

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dostomia, laquelle renferme entre autres genres celui des Holothuries. Rafinesque décrit très-succinctement deux espèces: le Podostoma rufa, qui est d'un roux foncé, cylindrique, tuberculé, pourvu de douze tentacules; et le Podostoma protea roussàtre, pointillé de brun, à corps lisse, variable, muni de douze tentacules; i1 change à volonté de forme: il devient oblong, ovale, obovale ou pyriforme. Je l'ai vu se propager, ajoute l'auteur, en se divisant en deux. Ces espèces, qui ne sont pas figurées, habitent les mers de la Sicile. (AUD.)

PODOTHÈQUE. Podotheca. BOT. PHAN. H. Cassini a donné ce nom au genre Podosperma, établi par Labillardière ( Nov.-Holland. Spec., vol. 2, p. 35, tab. 177), et qui appartient à la famille des Synanthérées, tribu des Inulées. Voici ses caractères essentiels: involucre cylindracé, composé de folioles irrégulièrement imbriquées, linéaires, acuminées; réceptacle petit, plan, alvéolé ou hérissé d'appendices charnus; calathide sans rayons, composée de fleurons nombreux, égaux, réguliers et hermaphrodites; corolles excessivement longues et gréles, presque filiformes, à limbe très-court, divisé en cinq lobes; ovaires grèles, presque cylindriques, hispides, portés sur un long pédicelle inséré au centre d'une aréole basilaire oblique, et surmontés d'une aigrette très-longue, composée de cinq petites paillettes soudées par la base et plumeuses. Ce genre est surtout remarquable par la longueur du pédicelle qui supporte l'ovaire; mais, selon Cassini, ce filet existe aussi dans les autres Synanthérées; seulement i1 y est moins visible. C'est ce qui a engagé cet auteur à changer une seconde fois le nom générique en Celui de Phœnopoda, qui exprime mieux la véritable structure du fruit. Le Podotheca ou Phœnopoda angustifolia, Cass., ou Podosperma angustifolia, Labill., loc. cit., est une plante herbacée, annuelle, à tige droite, cylindrique, haute d'environ sept pouces, à feuilles demi-amplexicaules, linéaires, obtuses, canaliculées en dedans, à calathides solitaires au sommet des rameaux qui sont épaissis immédiatement au - dessous de l'involucre. Cette Plante croit à la Terre de Van-Leuwin dans la Nouvelle-Hollande. (G.. N.)

PODURE. Podura, INS. Genre de l'ordre des Thysanoures famille des Podurelles, établi par Linné, adopté par tous les entomologistes, et dont les caractères sont: corps aptère; tête distincte, portant deux antennes droites, de quatre articles; des mâchoires, des lèvres et des palpes, mais peu distincts; corselet à six pates; abdomen allongé, linéaire: queue fourchue, repliée sous le ventre; propre pour sauter. Ces Insectes sont très-petits, fort mous, et leur forme Semble approcher un peu de celle du Pou de l'Homme. Ce genre se distingue des Smynthures par la forme de l'abdomen qui est globuleux dans ces derniers; ceux-ci ont de plus la dernière pièce des antennes formée de petits articles. Les Podures sont ovipares et ne subissent aucune métamorphose. En sortant de l'œuf, elles ont les formes qu'elles auront toute leur vie. Elles croissent journellement et changent de peau. Degéer, dont le nom se rattache aux observations les plus curieuses sur les mœurs des Insectes, a trouvé en Hollande des Podures vivantes et très-alertes pendant les plus grands froids; leurs œufs étaient auprès d'eux; ils étaient d'une couleur jaune qui changea en rouge foncé quand ils furent près d'éclore; ayant ouvert ces œufs, il ne trouva rien dedans qui eût la figure d'un Insecte, mais il y vit seulement quelques points noirs. Peu de jours après, il en sortit de petites Podures qui avaient leur queue fourchue, dirigée en arrière. Il a remarqué que les Podures aquatiques ne peuvent vivre long-temps hors de l'eau elles se dessèchent et meurent bientôt; ce qui fait voir que ces Podures diffèrent des Podures terrestres qui supportent

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la chalear du soleil sans en souffrir.

Les Podures se tiennent sur les Arbres, les Plantes, sous les écorces ou sous les pierres, quelquefois dans les maisons. D'autres vivent á la surface des eaux dormantes où dies exécutent leurs sauts. On en trouve quelquefois sur la neige, même au temps du dégel. Plusieurs se réunissent en sociétés nombreuses sur la terre et les chemins sablonneux, et ressemblent de loin à de petits tas de poudre à canon. On pense que les Podures vivent de matières végétales altérées qu'elles rongent. On connait un assez grand nombre de Podures, toutes d'Europe. Nous citerons comme type du genre: la PONURE PLOMBÉE, Podura plumbea, L., Syst. Nat., éd. 13, T. I, pars 2, p. 1013; Degéer, Mém. sur les Ins. T. II, p. 31, pl. 3, fig. 1. (G.)

* PODURE. MICR. Espèce du genre Furcocerque. V. ce mot. (H.)

PODURELLES. Podurellœ. INS. Famille de l'ordre des Thysanoures, établie par Latreille, et comprenant le grand genre Podure de Linné et des autres entomologistes. Ses caractères sont: corps aptère; tête distinguée du corselet, portant deux antennes filiformes de quatre articles simples, ou dont le dernier est composé; mâchoires, lèvres et palpes peu distincts; corselet portant six pates; abdomen terminé par une queue fourchue, appliquée dans l'inaction sous le ventre et servant à sauter. Cette famille renferme les genres Podure et Smynthure. V. ces mots. (G.)

POÉ. MAM. Quoy et Gaimard rapportent que les habitans des iles Carolines donnent ce nom à une espèce nouvelle de Roussette qu'ils ont nommée Roussette Keraudren, et qui est figurée pl. 3 de la Zoologie de l'Uranie. Le même Animal porte aux iles Marianes, où on mange sa chair, le nom de Fanihi. Dans l'ile d'Oualan, où cette Roussette est commune, les naturels la désignent par le nom de Quoy, Koi (LESS.)

POÉ. OIS. Cook le premier a figuré sous ce nom (2° voyag. T. I, p. 209) un Oiseau très-remarquable qui est le Philedon circinnatus des ornithologistes. Ce nom de Poë est taïtien, et signifie Pendeloque. Cook le douna au Philédon parce que son cou présente en effet deux touffes blanches et frisées qui ornent agréablement cette partie. On concoit alors oombien le nom de Circinnatus au lieu de Circinnatus, qu'on trouve dans plusieurs ouvrages, est erroné. Le Philedon Poë, aussi connu sous le nom de Merle à cravate frisée, est un Oiseau commun à la Nouvelle-Zélande, et il joue un grand rôle dans la Mythologie de ces peuples. Son vrai nom est Toui. (LESS.)

*POEANTIDES. MIN. Des commentateurs se sont donné la peine de rechercher ce que c'était que la Pierre désignée sous ce nom par le crédule compilateur romain, dont Buffon voulut absolument faire un grand naturaliste. Pline rapporte (Lib. 35, cap. 10) que les Pœantides sont des gemmes qui conçoivent, deviennent enceintes et accouchent à une époque déterminée. Loin d'élever le moindre doute sur ce conte populairé qu'il adopte, Pline ajoute que les Pœantides ont conséquemment la propriété de faciliter l'accouchement des femmes enceintes, et qu'on en trouve en Macédoine près du tombeau de Tirésias. « De tels contes ne vaudraient pas la peine d'être répétés, ff dit très-judicieusement l'auteur de l'article PÉANTIDES (pour Pœantides), dans le Dictionnaire de Levrault; cependant on les reproduit tous les jours, on admire les ramas d'erreurs où l'antiquité les consacra, et Delaunay assure que les Pierres accoucheuses de Pline sont des Géodes d'Agate. (B.)

* POECILE. Pœcilus. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Carnassiers, tribu des Carabiques, établi par Bonelli et adopté par Latreille (Fam. nat. du Règn. Anim.)Les ca-

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ractères que Bonelli assigne à ce genre sont: antennes comprimées, plus épaisses à leur extrémité; mandibules munies de petites dents à leur base; palpes maxillaires extérieurs ayant leur quatrième article de la longueur du précédent; languette courte, un peu tronquée, ayant des soies terminales écartées; labre tronqué, entier ou à peine échancré; corselet plus étroit a sa base, ayant deux stries de chaque côté, l'extérieure très-petite et oblitérée par des points enfoncés; ailes quelquefois courtes. Ce genre comprend une vingtaine d'espèces. Celles qui peuvent être considérées comme les types sont: les Carabus cupreus, lepidus, punctulatus et dimidiatus de Fabricius. (G.)

POECILIE. Poecilia. POIS. Genre de la famille des Cyprins, dans l'ordre des Malacoptéry giens abdominaux de la méthode de Cuvier, dont les caractères consistent en ce que les espèces dont il se compose ont les deux mâchoires aplaties horizontalement, peu fendues, garnies d'une rangée de petites dents très-fines; le dessus de la tête plat; les opercules grands; trois rayons aux branchiostéges; le corps peu allongé; les ventrales peu reculées et une dorsale unique située au-dessus de l'anale. Ce sont, dit Cuvier, de petits Poissons des eaux douces de l'Amérique dont un, le Poecilia vivipara de Schneider, fait des petits vivans. Le Cobitis heteroclita de Linné, et l'Hydrargire Swampine de Lacépède, appartiennent au genre dont il est question. (B.)

* POECILME. Pœcilma. INS. Genre de Charansonite. V. RHYNCHOPHORES (G.)

POECILOPES. Pœcilopa, CRUST. Dans l'ouvrage sur le Règne Animal de Cuvier, nous avons désigué ainsi la première section de l'ordre des Entomostracés, classe des Crustacés. Depuis (Fam. nat. du Règn. Anim., p. 303), nous avons formé, avec cette section, notre seconde division générale de la même classe, celle des Edentés. La bouche des Crustacés de la première, celle des maxillaires, se compose d'un labre, de deux mandibules, d'une languette, de deux paires de mâchoires, et d'un certain nombre de pieds-mâchoires. Ces organes sont situés, comme d'ordinaire, en avant des pieds ambulatoires; mais les Crustacés édentés diffèrent beaucoup à cet égard. Ainsi que dans les Limules, les mandibules et les mâchoires sont remplacées par un prolongement, hérissé de petites épines, du premier article des hanches des pieds ambulatoires, ou ceux du premier bouclier; le pharynx occupe a ligne médiane. Tantôt, ainsi que dans les Argules, les Caliges et autres Crustacés suceurs, un sucoir, soit saillant et en forme de hec, soit caché, compose la bouche. De part et d'autre, les antennes sont toujours très-courtes et les intermédiaires font souvent l'office de pinces, caractère qui rapproche ces Animaux des Arachnides. Jurine fils, dans son beau Mémoire sur l'Argule foliacé, avait indiqué, avant nous, ces divisions générales des Crustacés. Les Pœcilopes sont tous pourvus d'un test horizontal en forme de bouclier, d'une ou de deux pièces, de deux yeux au moins, mais souvent peu sensibles, et de deux sortes de pieds, les uns préhenseurs et les autres natatoires et branchiaux. Telle est l'origine du nom de Pœcilopes (pieds divers) que nous avons d'abord donné à cette section. Si l'on excepte les Limules, ces Crustacés sont tous parasites, Ils composent deux ordres celui des Xiphosures et celui des Siphonostomes. V, ces articles. (LAT.)

* POECILOPTÈRE. Pœciloptera. INS. Genre de l'ordre des Hémiptères, section des Homoptères, famille des Cicadaires, tribu des Fulgorelles, établi par Germar (Magas, entomol., Bullet. 1818;, et auquel il donne pour caractères: tête obtuse à sa partie antérieure; front presque ovale, rebordé sur les côtés, sa base occupant le vertex, son extrémité ayant une impression transversale; chaperon

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attaché à l'extrémité du front, conique, subulé à son extrémité; labre recouvert; rostre à peu près de la longueur de la moitié du corps; yeux globuleux, pédiculés en dessus; point d'yeux lisses; antennes éloignées des yeux, courtes; leur premier article menu, cylindrique; le second obconique, concave à son extrémité, portant une soie qui est épaisse à sa base. Ce genre a été détaché du genre Flatta de Fabricius. L'espèce qui peut en être considérée comme le type, est la Flatta phalenoides de cet auteur. (G.)

POEKILOPTÈRE. Poekiloptera. INS. Nom sous lequel Latreille avait distingué un petit genre de l'ordre des Hémiptères que Fabricius a désigné sous le nom de Flatte. V. ce mot. (AUD.)

* POÈNAMMOU. MIN. Ce mot, chez les naturels de la Nouvelle-Zé-lande, est appliqué au Jade d'une rare beauté, qui sert à fabriquer leurs Atouas (dieux, idoles) et leurs patous-patous (haches et casse-têtes). Le nom de Tawaï Poénammou que porte l'île méridionale, signifie l'île du Poisson qui produit le Jade vert. Les Nouveaux-Zélandais, habitant une terre sur laquelle existent de nombreux volcans, ont adopté, dans leur Mythologie, que le Jade était le squelette d'un grand Poisson, la Baleine, qui se durcissait dans le sein de la terre, et étarit vomi à la surface par les volcans. (LESS.)

POEPHAGUS. MAM. (OElien.) Syn. d'Yack, espèce de Bœuf. V. ce mot. (B.)

* POESKOP. MAM. Espèce du genre Baleine. V. ce mot. (B.)

*POGGE. POIS (Pennant.) Syn. de Cottus cataphractus. V. COTTE. (B.)

POGONATHE. Pogonathus. POIS. Le genre formé par Lacépède, d'après un dessin de feu Commerson, pour un Poisson que ce dernier avait vu pêcher dans le fleuve de la Plata, n'a point été adopté par Cuvier, qui regarde l'une de ces espèces comme appartenant aux Ombrines, sousgenre de Sciènes. V. ce mot. (B.)

POGONATHERUM. BOT. PHAN. Palisot de Beauvois (Agrostographie, p. 56, tab. 11, fig. 7) a établi sous ce nom un genre de la famille des Graminées qui a pour type le Perotis polystachya de Willdenow et Persoon, ou Saccharum paniceum de Lamarck. R. Brown avait déjà indiqué la formation de ce genre dans son Prodromus florœ Novœ-Hollandiœ, p. 172 et 204, en loi associant, avec doute, l'Andropogon crinitus de Thunberg. Il le considérait comme très-voisin du genre Imperata, fondé sur le Saccharum cylindricum, dont il diffère par ses fleurs aristées, son unique étamine, et le défaut de valve intérieure de la glume dans la fleur hermaphrodite, Sans citer en aucune manière les observations de Brown, Palisot-Beauvois caractérise ainsi son genre Pogonatherum: chaume rameux; fleurs disposées en épis simples; lépicène (glume, Beauv.) velue à la base, à deux valves, l'inférieure mutique, la supérieure surmontée d'une scie très-longue. La fleur inférieure est neutre, à glumes membraneuses, mutiques. La fleur supérieure est hermaphrodite, à, glume inférieure aristée sur le dos; style bipartite; stigmates en goupillon. Le Pogonatherum paniceum croît dans l'Inde orientale. (G..N.)

POGONATUM, BOT. CRYPT. (Mousses,) Palisot de Beauvois avait séparésous ce nom générique les espèces de Polytrics qui sont dépourvues d'apophyse, à la base de l'urne, et qu'il considérait comme n'ayant pas de perichœtium autour de leur pédicelle; ce genre qui comprenait tous les Polytries à urne cylindroïde ou hémisphérique, n'a pas été adopté. V. POLYTRIC. (AD: B.)

POGONIA. BOT. PHAN. Jussieu avait établi sous ce nom un genre dans la famille des Orchidées, ayant pour type les. Arethusa ophioglossoides et Ar. ciliaris. Ce genre, qui n'avait point été adopté d'abord, a été

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rétabli comme distinct par R. Brown et Lindley. Voici ses caractères: le calice est étalé; les trois divisions externes et les deux intérieures sont entièrement libres et non glanduleuses; le labelle est sessile, concave, marqué d'une crête souvent ciliée. Le pollen est farinacé. Robert Brown rapporte de plus, à ce genre, l' Arethusa divaricata, Le genre Pogonia, ainsi caractérisé, diffère des Arethusa, par son labelle sessile, ses divisions calicinales distinctes et non soudées entre elles; son pollen farineux et non formé de grains solides.

Andrews avait également établi un autre genre Pogonia que Ventenat a nommé Andrewsia, mais que R. Brown croit devoir réunir à son genre Myoporum. (A. R.)

POGONIAS. OIS. Nom scientifique du genre Barbican. (B.)

POGONIAS. POIS. Genre d'Acanthoptérygiens de la famille des Percoïdes, très-voisin des Sciènes, ayant comme elles le museau obtus, les os de la tête caverneux, les opercules écailleux, mais sans dentelures. Leurs dents sont en velours; il y a des pores sous la mâchoire inférieure, la partie épineuse de la dorsale est séparée jusqu'à la base molle; le caractère particulier des Pogonias consiste en de nombrenx barbillons, petits, adhérens sous la mâchoire inférieure, et rapprochés surtout sous la symphise. Cuvier en cite deux espèces, savoir: le Sciœna gigas de Mitchild, et le Labrus grunniens du même auteur, qui est le Pogonias fasce de Lacépède (T. ll, pl. 26, fig. 2). Ce dernier a quatre bandes transversales, étroites, et d'une couleur très-vive de chaque côté du corps; il se tronve en abondance dans la baie de Charlestown où il est recherché à cause de l'excellence de sa chair. (B.)

* POGONOCERE. Pogonocerus. INS. Nom donne par Fischer à un genre de Coléoplères auquel Latreille avait déjà assigné celui de Dendroïde. V. ce mot. (G.)

* POGONOCHÈRE. Pogonocherus. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Tétramères, famille des Longicornes, tribu des Lamiaires, mentionné par Latreille (Fam. nat. du règn. Anim.), et dont les caractères nous sont inconnus. (G.)

POGONOPHORE. Pogonophorus. INS. Genre de l'ordre des Coléoplères, section des Pentamères, Famille des Carnassiers, tribu des Carabiques, division des Abdominaux de Latreille, établi par Frœlich sous le nom de Leistus que Latreille lui a restitué dans ses Familles naturelles du Règne Animal, et ayant pour caractères: corps aplati, ailé; tête ayant un cou distinct; yeux saillans; antennes sétacées, grêles,écartées à leur base, de onze articles, le premier allonogé; labre coriace, transversal; mandibules courtes, larges, très-dilatées à leur base, pointues à l'extrémité; mâchoires très-velues, terminées en pointe aiguë et arquée; leur base extérieure munie d'un rang d'épines parallèles très-apparentes; palpes extérieurs avancés, allongés, leur dernier article long et conique; lèvre étroite, très-allongée, avancée, triépineuse à son extrémité supérieure; corselet court, cordiforme; élytres entières; pates longues, peu fortes; jambes antérieures sans échancrure; tarses menus, filiformes; les quatre premiers articles des antérieurs aplatis et larges dans les mâles. Ce genre se distingue de tous ceux de la division des Abdominaux, dans laquelle Latreille l'a placé, parco qu'aucun de ces genres n'a la base extérieure des mâchoires munie d'un rang d'épines parallèles très-apparentes: il se compose de huit especes presque toutes de la même grandeur, et toutes propres à l'Europe. Celle qui est la plus anciennement connuc et qui sert de type au genre, est le Pogonophorus cœruleus de Latreille; Carabus spinibarbis, Fabr., Oliv. T. 111, p. 67, tab. 3, fig. 22, a, b, c; manticora pallipos, Panz.; Listus cœruleus, Clairv. T. 1, p. 148, pl.

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23, fig. A, a. On le trouve aux environs de Paris, sous les pierres. (G.)

* POGONOPODES. Pogonopoda. CONCH. Dans sa Classification conchyliologique, Gray a nommé ainsi le cinquième ordre des Conchifères. Ce groupe comprend les trois genres Arca, Mytilus, Avicula. V. ces mots ainsi que ARCACÉS et MYTILACÉS. (D.. H.)

POGOSTEMON. BOT. PHAN. Genre de la famille des Labiées, et de la Didynamie Gymnospermie, L., établi par Desfontaines (Mém. du Mus., Vol. 2, p. 154) qui lui a imposé les caractères suivans: calice tubuleux, entouré de bractées, à cinq dents égales. Corolle renversée; la lèvre supérieure à trois lobes entiers, arrondis au sommet; la lèvre inférieure plus courte, entière et aplatie. Quatre étamines distinctes, didynames, plus longues que la corolle, à filets abaissés, ornés de barbes ou papilles transversales. Style de la longueur des étamines, surmonté de deux stigmates. Quatre ovaires renfermant autant de graines. Ce genre a de l'affinité avec l'Hyssope, mais il se distingue facilement par sa corolle renversée, par la structure de la lèvre supérieure, et par les filets de ses étamines qui sont barbus. Le Pogostemori plectranthoides, Desf., loc. cit. tab. 6, est un petit Arbuste à feuilles ovales, pétiolées, dentées inégalement et pubescentes; à fleurs de couleur blanche disposées en épis courts. Cette Plante est cultivée depuis plusieurs années dans les serres chaudes du Jardin du Roi à Paris. On ignore son lieu natal. (G..N.)

* POHLANA. BOT. PHAN. Le genre proposé sous ce nom par Nées et Martius est identique avec le Langsdorfia de Leandro el le Macqueria de Commerson. Selon Adr. De Jussieu (Mém. sur les Rutacées et Zanthoxylées, p. 122), ce genre ne peut être séparé des Zanthoxylum; il renferme les espèces à cinq pétales, à cinq étamines et à un seul ovaire. V. ZANTHOXYLE. (G..N.)

POHLIA. BOT. CRYPT. (Mousses.) Hedwig avait séparé sous ce nom quelques espèces de Bryum. que beaucoup de muscologistes modernes persistent à laisser dans ce genre. Au contraire, Bridel multipliant les genres sans une étude sufisante des caractères et de leur valeur, a formé deux nouveaux genres aux dépens des Pohlia, les Hemisynapsium et les Cladodium, genres du reste fort peu connus, mais dont le premier est foudé sur deux espèces de Mousses de l'île Melville, rapportées par R. Brown au genre Pohlia, et le second sur une Plante du même lieu classé par ce savant botaniste parmi les Bryum.

Quant au genre Pohlia lui-même, il différe à peine des Bryum; son péristome intérieur, membraneux, est à seize dents sans filamens intermé-diaires, seul caractère qui distingue ce genre des Bryum; les auteurs allemands qui l'adoptent en ont admis plus de quinze espèces, mais dont plusieurs sont très-douteuses. (AD. B.)

* POI. OIS. Certains voyageurs citent sous ce nom de pays un Oiseau de proie des côtes de Guinée qui se nourrit d'Ecrevisses ou autres Crustacés. On ne sail encore à quel genre le rapporter. V. POÉ. (B.)

POIGNARDS. POIS. Nom vulgaire des Brochets d'âge moyen. V. ESOCE. (B.)

* POIKEN ET. MANNALAI. Noms de pays du Clupea sinensis, espèce du genre Clupe. V. ce mot. (B.)

POIKILIS. OIS. Le Chardonneret dans l'antiquité. (B.)

POIL DE LOUP. BOT. PHAN. Plusieurs Graminées touffues à feuilles capillaires rigides, telles que le Festuca ovina, et lc Poa rigida, ont reçu vulgairement ce nom. (B.)

POIL DE NACRE. CONCH. Le byssus des Pinnes marines sur quelques rivages. (B.)

POILS. ZOOL. et BOT. Ce sont des organes extérieurs et accessoircs destinés à recouvrir en tout ou en partic

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l'enveloppe externe des Animaux des classes supérieures. Les Poils semblent done être un caractère particulier des Mammifères, en exceptant toutefois les Cétacés. Bien que différant peutêtre, par leur manière de se développer, des plumes qui remplissentles mêmes fonctions des Animaux de la seconde classe ou les Oiseaux, les Poils variant singulièrement, soit dans leur distribution, soit dans leurs formes. Ils sont le résultat d'un organe folliculaire placé sous l'épiderme et dans lequel est versée la matière qui concourt à les former. Cet organe folliculaire, qu'on a nommé crypte ou organe producteur, est une poche fibreuse ouverte à ses deux extrémités. Dans sa partie inférieure se rend l'extrémité des nerfs et des vaisseaux; par l'ouverture supérieure sort le Poil, résultat d'une sécrétion du crypte qui tapisse en dedans une membrane vasculaire chargée de sécréter un fluide qui remplit les parois de sa cavité. De cet organe folliculaire naissent donc les Poils; mais ceuxci sont formés de deux parties fort distinctes, et dont la réunion a été nommée par Blainville phanère. Le bulbe des Poils est le plus ordinairement placé sous le derme; il est formé d'une enveloppe fibreuse extérieure, également percée de deux trous, d'une enveloppe vasculaire moyenne, etenfin d'une membrane mince appartenant au système nerveux, et que remplit une matière pulpeuse; des vaisseaux et des nerfs s'introduisent à la base du bulbe. Le phanère alimente donc le bulbe, et le bulbe à son tour concourt à l'accroissement de la partie morte que nous nommons Poil, et qui est tou-jours placée à l'extérieur du corps.

L'opinieu la plus générale sur l'accroissement des Poils est que le bulbe sécrète sa matière pileuse sous forme de petits mamelons plus ou moins coniques, et que ces petits cônes sont successivement repoussés de l'organe producteur au fur et à mesure que de nouveaux cônes produits viennent s'interposer entre eux et l'organe qui leur a donné naissance; plus le bulbe produit de ces petits cônes, plus l'allongement du poil est considérable. Tel est du moins ce qui se passe pour les Poils simples, mais on conçoit qu'il peut en être un peu différemment pour ceux qu'on nomme Poils composés; tels que les espèces du Porc-Epic, par exemple, dont l'intérieur est creusé par un centre médullaire.

L'organisation des Poils présente particulièrement deux types très-distincts avec des variétés infinies dans chacun d'eux. Dans le premier, le Poil se compose d'une matière dure, consistante, tenace à l'extérieur, et blanche, spongieuse et molle à l'intérieur. Cette structure de Poils que nous nommons Piquans affecte des formes très-variables. Le second type comprend les Poils les plus communs et les plus ordinaires qui sont formés d'une seule substance, agglutinant des filamens très-ténus et peu visibles. Peutêtre devraiton établir un troisième ordre de Poils qui comprendrait les filamens cutanés agglutinés par une matière tenace, qui les transforme en écailles minces et solides, telles que celles des Pangolins. On pourrait leur réunir probablement les écailles imparfaites et de nature probablement pileuse, qui recouvrent l'épiderme des Cétacés.

Il serait sans doute trop long de passer en revue toutes les modifications qu'affectent les Poils; ils présentent mille nuances entre la souplesse et le moelleux de la soie, et la rigidité cassante d'une bourre grossière. Ils ont aussi reçu divers noms suivant les parties qu'ils revêtent. Dans l'Homme, par exemple, on nomme cheveux, ceux qui recouvrent la tête; sourcils, ceux qui sont implantés dans l'arcade du front; cils, ceux qui bordent les paupières; barbe, ceux qui couvrent le menton; et Poils, ceux des autres parties du corps. Les premiers sont généralement longs et communément droits; les derniers sont généralement courts, crispés, tortillés sur euxmêmes, ri-

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gides et secs. Chez quelques Animaux ils ont aussi reçu des noms appropriés aux régions du corps qu'ils occupent: sur le cou du Cheval ils se nomment crins, et forment la crinière, ils constituent la laine, au contraire, lorsqu'ils sont très-fins, très-contournés sur euxmèmes, et qu'ils soul hérissés d'une infinité de petites pointes; e'est de la bourre lorsque, doux, soyeux, ils forment sur la peau une couche épaisse cachée par les longs Poils secs extérieurs. Enhn, lorsque les Poils ont une certaine rigidité unie à de la flexibilité, on les nomme soies. On a conservé le nom de moustaches aux Poils qui naissent sur le rebord des lévres d'un grand nombre d'Animaux, et celui de brosses à des réunions de soics courtes et roides qui occupent la partie extérieure des membres de plusieurs Cerfs et Antilopes. Les pinceaux sont des touffes de Poils qui caractérisent certains genres de Rongeurs. La réunion de tous les Poils forme la fourrure, et la couleur qu'elle affecte en est le pelage. Quant aux formes propres aux Poils, elles varient dans beaucoup de genres; un grand nombre de Rongeurs ont des piquans; quelques espèces ont des Poils annelés; lis sont coniques, fusiformes, flexueux, aplatis, moniliformes, vésiculeux, etc., chez un grand nombre d'autres.

Les Poils sont implantés ou profondément, ou d'une manière super-ficielle. Dans le premier cas, ils sont persistans, dans le second ils se renouvellent avec la même facilité qui les fait tomber. Quelques piquans sont implantés sous le derme et maintenus par un élargissement de la base.

La direction qu'ils affectent mérite aussi d'être indiquée. On dit que les Poils sont droits quand ils sont implantés perpendiculairement à la peau; couchés ou lisses quand ils reposent horizontalement sur cette partie; rebroussés, etc.

Tous les Animaux ne présentent point la même quantité de Poils; les uns ont des fourrures trés-épaisses, et les Pachydermes, par exemple, ont la peau pt esquenue; mais la distribution des Poils sur les diverses parties du corps, est loin d'être la méme; les parties internes et inférieures des membres en sont généralement privées. Les Poils ne présentent point les vives couleurs qui sont propres à la majeure partie des plumes; leurs teintes sont en général ternes, el on ne connait qu'un seul Animal (la Taupe dorée) dont les Poils aient les reflets métalliques. En général les couleurs propres aux Poils sont colles du rouge et de ses teintes mélangées jusqu'au jaune vif, et du noir profond jusqu'au blanc pur, ayant pour intermédiaire les teintes brunes, grises, cendrées et blanchâtres. L'influence du climat semble toutefois se faire sentir pour un grand nombre d'Animaux du Nord, et une maladic particulière nommée albinisme afecte souveut des espèces à pelage noir par exemple, el qui deviennent ainsi toutes blanches. Certains Poils sont annelés par plusieurs sortes de couleurs, et ceux du jeune âge fréquemment no ressemblent point à ceux des individus adultos. Cette modification particuliè, dtjns la couleur des Poils, est connue sous le nom de livrée. On a remarqué qu'on pourrait se servir de la couleur du pelage et de sa nature, comme d'un caractère général fort utile. Les familles les plus naturelles résentent en effet bien peu de diss mblance à cesujet.

Les chimistes ont reconnu que les cheveux étaient formés d'une grande quantité demucus, d'unepetitequantité d'huile blanche concrète, de beaucoup d'huile noire verdâtre, de Fer, de quelques atômes d'oxide de Manganèse, de phosphate de Chaux, d'une très-petite quantité de carbonate de Chaux, de Silice et de beaucoup de Soufre. L'huile noire verdâtre qu'on rencontre dans les cheveux rouges a une plus grande proportion d'oxide de Fer. Vauquelin a attribué la décoloration des Poils par la vieillesse â l'interruption de la sécrétion

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de la matière colorante; ne pourraiton pas attribuer à la même cause le phénomène que présentent les Animaux du Nord, de blanchir chaque hiver aux époques des grands froids qui doivent imprimer sur la peau une alonie assez profonde pour interrompre la sécrétion du fluide nourricier du hulbe? Une matière huileuse entretient la souplesse des Poils; mais c'est principalement chez les Animaux destinés à séjourner dans l'eau que cette sécrétion, qui sert à la garantir des longues macérations, est plus ahondante.

Les Poils sont aussi sujets à une sorte de mue. Ils tombent chaque année chez plusieurs Animaux, et cela tient à ce qu'ayant usé la somme d'énergie vilale du bulbe, celuici ne fournissant plus de matière nouvelle, les Poils sont forcés de se raccornir à leur base, et ils se détachent alors pour ètre remplacés par le produit de la nouvelle sécrétion. Cette époque coïncide avec celle du rut et la précède.

Obligé de nous restreindre dans cel article, nous n'avons fait qu'effleurer un sujet qui eût demandé de grands développemens, et l'on voura bien cousulter les articles MAMMIFÈRE, HOMME, ORANO et SYSTÈME PILEUX. (LEES.)

DANS LES VÉOÉTAUX, les Poils peuvent exister sur toutes leurs parties, soit sur celles qui sont exposées à l'action de l'air et de la lumière, soit sur celles qui, comme la racine, sont soustraites à l'action de ces agens. Aussi estil peu de Plantes qui en soient entièrement dépourvues. Cepeudant on les observe plus fréquemment sur celles qui sont le plus immédiatement exposées à l'air ct à la lumière, sur celles qui vivent dans les lieux secs et aries, tandis qu'ils manquent plus ou moins complétement sur les Végétaux abrités, et surtout sur ceux qui sont étiolés. La forme, la nature de la disposition générale des Poils sont très-variables. Il y a des Poils qui sont constamment simples, d'autres qui sont ramifiés. Mais parmi ceuxci, les uus sont bifides, tritides ou multifides seulement à leur sommet; les autres sont ramifiés dés leur base. En général les Poils sont plus ou moins subulés et perpendiculaires sur la partie où ils naissent, quelquefois ils sont en navelte; c'estàdire placés horizontalement et attachés par le milieu de leur longueur. D'autres Poils, au lieu d'être filiformes, sont plus ou moins planes, et servent aiusi de passage des Poils aux écailles. Dans ce cas ils scmblent formés d'un grand nombre de Poils étalésen étoilc et soudés ensemble par leurs côtes. Quelquefois ces organes sont implantés sur une glande ou en portent une a leur sommet. Dans le premier cas ils sont ou les canaux cxcréteurs de cette glande, qui est toujours placée sous l'épiderme, et qui le plus généralement sécréte unehumeur âcic et corrosive, comme ou le remarque dans les Orties, les Malpighia, etc., ou bien ils sont un simple prolougement du tissu de la glande. Les Poils glandulifères à leur sommet se remarquent dans beaucoup de Rutacées, comme la Fraxinelle, plusieurs Diosma, etc. Les Poils vatient beaucoup quant à leur longueur, quel-quesuns étaut excessivement courts et à peine visibles, d'autres au contrairc étaut longs quelquefois de plus d'un nouce comme dans l'Hieracium eriophorum. Il y en a qui sont doux et soyeux, d'autres qui sont roides ou laineux et frisés.

La structure anatomique des Poils est en général assez simple; ils sont creux et paraissent être un prolongement d'une des cellules de l'épiderme. Mais certains Poils présentent de distance en distance des cloisons, et sont formés de plusieurs cellules ajoutées bout à bout. D'autres fois enfin les Poils forment un canal simple et non interrorapu; c'est ce qu'on remarque dans tous ceux qui sont les canaux excréteurs des glandes sur lesquelles ils sont placés. Quant aux usages des Poils, ils sont

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assez variés. Ainsi généralement ces organes doivent être considérés comme des moyens de protection des organes qu'ils recouvrent. Ils servent à les défendre contre l'action trop immédiate de l'air et de la lumière. Mais dans quelques circonstances ils paraissent en quelque sorte destinés à augmenter la surface absorbante de la Plante, comme par exemple, lorsque celleci vit dans un terrain sec et aride où ses racines ne peuvent puiser dans le sein de la terre tous les matériaux nécessaires à sa nutrition.

La disposition générale des Poils on la pubescence offre de très-grandes différences suivant la nature, l'abondance, la position de ceuxci. V. PUBESCENCE. (A. R.)

* POINCIA. BOT. PHAN. (Necker.) Syn. de Poinciane. V. ce mot.

POINCIANE. Poinciana. BOT. PHAN. Genre de la famille des Légumineuses, tribu des Cæsalpinées et de la Décandrie Monogynie, L., établi par Linné et ainsi caractérisé par De Candolle (Prodrom. System, veget. natur., 2, p. 483): calice à cinq sépales inégaux, réunis par la base en une capsule presque persistante, l'inférieur grand et concave; corolle à cinq pétales stipités, le supérieur de forme différente des autres; dix étamines tréslongues, toutes fertiles, à filets hérissés à la base; style trés-long; légume plan, comprimé, bivalve, à plusieurs loges séparées par des isthmes spongieux; graines obovées, comprimées, convertes d'une endoplèyre qui devient gélatineuse dans l'eau, pourvues de cotylédons plans et d'une plumule ovale. Ce genre est tellement rapproché des Cœsalpinia que plusieurs auteurs n'ont pas hésité à les confondre. Ils ne diffèrent en effet que par deux caractères fort légers, savoir: 1° les étamines sont à peine plus longues que la corolle dans les Cœsalpinia, et beaucoup plus longues qu'elle dans le Poinciana; 2° dans le premier de ces genres, les gousses ne sont pas divisées intérieurement en fausses loges par des cloisons spongieuses comme dans le second.

En conservant le genre Poinciana avec ces faibles caractéres, on n'y comple que trois espèces qui croissent dans les climats chauds du globe, aux Antilles, dans l'Amérique méridionale, et dans l'Inde-Orientale. Ce sont des Arbres ou des Arbrisseaux très-élégans, pourvus ou dépourvus d'aiguillons, à feuilles bipinnées sans impaire, et à fleurs réunies en panicules corymbiformes. La plus remarquable de ces Plantes, celle qui doit être considérée comme type du genre, est le Poinciana pulcherrima, L., Arbrisseau d'un trèsbel aspect, remarquable par la beauté de ses fleurs disposées en épi lâche, terminal, et d'où sort un faisceau de longues étamines courbées. Cette Plante croît naturellement dans les deux Indes. On s'en sert aux Antilles pour former des haies qui fixent les limites des possessions. A la Jamaïque, on lui donne le nom de Séné, parce qu'on emploie ses feuilles comme purgatif à la place du Séné. Son bois peut être utilisé en teinture, comme celui des Cœsalpinia. Cet Arbrisseau porte les noms vulgaires de Fleur de Paou, Feur de Paradis, Haie fleurie, OEillet d'Espagne. (G..N.)

POINCILLADE. BOT. PHAN. Nom francisé du genre Poinciana de Linné. On l'a aussi faussement appliqué à l'Adenanthera du même auteur. V. ces mots. (G..N.)

POINÇON. MOLL. Nom vulgaire et marchand du Buccinum Pugio, L., qui paraît être la même Coquille que le Terebra strigillata de Lamarck. (B.)

POINT DE HONGRIE. INS. MOLL. Un Lépidoptère du genre Hespérie, le Fossoyeur du genre Nécrophore, le Cyprœa fragilis, la Venus costrensis, et le Trochus Iris, ont recu ce nom vulgaire. (B.)

POINTERELLE. INS. On donne ce nom, dans certains cantons septentrionaux de la France, aux In-

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sectes qui mangent les bourgeons des Arbres. (B.)

POINTES D'OURSINS. ÉCIIIN. Ce nom se donne à de petites baguettes plus ou moins allongées et de formes assez variables qui garnissent le dehors des Oursins et leur servent de moyens de progression et de défense tout à la fois. Ce nom s'applique tout aussi bien à celles que l'on trouve fossiles. Quelquesunes ont des formes trés-singulières, et il est fort difficile d'expliquer leur production et leur accroissement. Il y a quelques années qu'un savant minéralogiste prétendit que les Bélemnites étaient des Pointes d'Oursins. Il était difficile de soutenir cette opinion devant des faits aussi concluans que ceux qui existent sur ce genre. Cette question a été traitée à l'article BÉLEMNITE auquel nous renvoyons ainsi qu'à OURSIN. (D.. H.)

* POINTILLÉ. POIS. (Lacépède.) Espèce du genre Ostracion. On a aussi appelé de même une Blennie et la Roussette du genre Squale. (B.)

POINTILLAGE BLANC. MOLL. Nom vulgaire et marchand du Cyprœa œrosa. (B.)

POIRE. MOLL. Nom vulgaire et marchand du Voluta Pirum, L., qui est une Turbinelle de Lamarck et du Conus bullatus. On a aussi appelé POIRE D'AGATHE, le Murex Tulipa, et POIRE SÈCHE, le Murex Pirum qui est une Pyrule. V. ce mot. (B.)

POIRE. BOT. PHAN. Le fruit du Poirier. On a encore appelé POIRE D'ACAJOU, le fruit du Cassuvium; POIRE D'ANCHOIS, le fruit du Grias; POIRE DE BACHELIER, une Morelle; POIRE DE TERRE, le Topinambour; POIRE DE VALLÉE, la Bardane, etc. (B.)

POIREAU OU PORREAU. BOT. PHAN. Allium Porrum. Espèce du genre Ail. V. ce mot. (B.)

POIRÉE. BOT. PHAN. Espèce du genre Bette. V. ce mot. (B.)

POIRETIE. Poiretia. BOT. PHAN. Plusieurs genres ont été dédiés à Poiret, continuateur de la botanique dans l'Encyclopédie par ordre e matières; mais ces genres homonymes sont tous des doubles emplois de genres précédemment établis, à l'exception d'un seul dont nous parlerons plus bas, et qui a été conservé par De Candolle. Le Poiretia de Cavanilles est le Sprengelia de Smith et R. Brown. Celui de Gmelin est l'Houstonia de Linné. Celui de Smith est l'Hovea de R. Brown. Enfin, Ventenat (Choix de Plantes, tab. 42) a établi sous le nom de Poiretia un genre de Légumineuses qui a été encore désigné sous celui de Turpinia par Persoon. C'est de ce dernier genre qu'il sera question dans cet article. Il offre les caractères essentiels suivans: calice campanulé, bilobé; la lèvre supérieure presque bidentée, l'inférieure courte, à trois dents. Corolle dont l'étendard est orbiculé, échancré, repoussé par la carène et réfléchi en arrière, les ailes très-ouvertes. Etamines au nombre de huit à dix, réunies en un seul tube fendu supérieurement. Stigmate capité. Légume composé de trois à quatre articles comprimés, monospermes, se séparant les uns des autres à la maturité, et tronqués à angles droits. Ce genre fait partie de la tribu des Hédysarées de De Candolle. II renferme trois espèces, savoir: 1° Poirelia scandens, Vent., loc. cit.; P. punctata, Desv., Journ. Bot., 3, p. 122, tab. 5, fig. 17; Glycine, Lamk., Illustr., tab. 609, fig. 2. Espèce qui croît à Saint-Domingue et dans I'Amérique méridionale près de Caraccas; 2° P. psoraloides, De Cand., ou Psoralea tetraphylla, Poiret. Commerson a trouvé cette Plante au pied des montagnes, dans les environs de Montevidéo; 3° P. latisiliquosa, Desv., loc. cit.; Hedysarum latisiliquosum, Juss. et Poiret. Cette espèce, qui forme peut-être le type d'un genre particulier, croît dans le Pérou. Ces Plantes sont des Arbustes grimpans qui ont le port des Glycines. Leurs feuilles sont à deux paires de

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folioles, accompagnées de stipules distinctes du pétiole. Les fleurs glanduleuses, pouctuées, sont disposées en grappes courtes et axillaires. (G..N.)

POIRIER. Pyrus. BOT. PHAN. Les Poiriers forment dans la famille des Rosacéeset dans l'Icosandrie Pentagynie, un genre déjà distingué par les botanistes anciens. Cepenaant Linné crut devoir réunir en un seul genre qu'il nomina Pyrus, non-seulement les Poiriers proprement dits, mais encore les Pominiers et les Coignassiers. Mais la plupart des botanistes modernes, tout en reconnaissant l'extrérae analogie qui existe entre ces trois groupes d'Arbres fruitiers, en ont fait autant de genres séparés auxquels ils ont douné les noms de Pyrus, Malus et Cydonia. Dans son excellent travail sur la tribu des Pomacées, John Lindley rétablit le genre Pyrus tel que Linné l'avait circonscrit, et il y joint de plus le genre Sorbus qui n'en differe par aucun caractère important. Sans contester l'exactitude de ces rapprochemens, nous ne nous occuperons ici que des Poiriers proprement dits. Ce sont des Arbres quelquefois très-élevés, portant des feuilles simples, alternes et dentées, munies de deux stipules à leur base; les fleurs sont souvent assez grandes, réunies en bouquets à l'extrémité des rameaux. Le calice est monosépale; son tube est urceolé; son limbe évasé et à cinq divisions; la corolle est formée de cinq pétales étalés, et les étamines, qui sont nombreuses, sont insérées, ainsi que la corolle, au haut d'un disque pariétal qui tapisse le tube calycinal. Les ovaires, au nombre de trois à cinq, sont placés dans le tube du calice, dressés et soudés avec lui par leur côté externe, et entre eux par leurs côtés. Chaque ovaire contient deux ovules dressés. Les styles sont longs, gréles, distincts, terminés chacun par un petit stigmate simple. Le fruit est une méloniae ordinairement pyriforme.

Les espéces de ce genre, limité ainsi que nous l'avons fait, ne sont pas tres-nombreuses. Indépendamment du Poirier commun, dont nous parlerons tout à l'heure, on cultive encore dans les jardins le Poirier à feuilles de saule, Pyrus salicifolia, L., qui est originaire de Sibérie et du midi de la France, et qui se distingue par ses feuilles étroites, lancéolées, aiguës et veluos; le Poirier du mont Sinaï, Pyrus Sinaica, Thouin, qui vient de l'Arabie Pétrée, et dont les fruits, extrêmement pelits, sont coriaces et presque secs; le Poirier cotonneux, Pyrus polveria, L., qui croit dans nos foréts, et dont les feuilles sont couvertes d'un duvet cotonneux, etc.

Le POIRIER COMMUN, Pyrus communis, L., dont on connait un si grand nombre de variétés obtenues par la culture, est un Arbre qui, dans quelques cas, peut acquérir une hauteur d'environ quarante pieds et même audelà, et dont le tronc offre souvent à sa base jusqu'à huit et dix pieds de circonférence.'Quel-quefois les rameaux, surtout chez les jeunes pieds qui n'ont point encore fleurt, sont armés d'épines, lesquelles finissent toujours par disparaitre. Ses feuilles, portées sur d'assez longs pétioles, sont ovales, obtuses, finement dentées, pubescentes à leur face iuférieure dans leur jeunesse, mais finissant devenir glabres. Les fleurs sonl blanches, pédonculées, disposées en bouquets ou cimes aux extrémités des rameaux particuliers, courts et gros, et qu'on nomme lambourdes. A ces fleurs succédent des fruits qui varient singulièrement par leurs formes, leur grosseur, leur couleur, leursaveur, etc. Dans l'état de nature, les fruits du Poirier. comme ceux du Pommier et de la plupart des autres Arbres que nous cultivons dans nos vergers, sont petils, durs et d'une àpreté intolerable. La culture, en développant le pareuchyme, y fait affluer les principes mucoso-sucrés, qui rendent ces fruits d'une saveur trésagréablc. Le nombre des varietéà ob-

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tenues parla culture est extrèmement considérable, ainsi que nous l'avons dit précédemment. On les divise d'abord en fruits à couteau ou Poires à manger, et en fruits à cidre. Parmi les premières, ou peut élablir deux sections, suivant que les fruits parvenus à leur maturité parfaite, ont la chair fondante, ou suivant que leur chair seste toujours croquante. Il n'entre pas dans le plan de cet ouvrage d'énumérer ici toutes les variétés de Poires qui font l'ornement de nos vergers; nous nous contenterons simplement de citer ici quelques-unes des plus remarquables qui appartiennent à l'une et à l'autre de ces divisions. Ainsi, parmi les Poires à chair fondaute, nous trouvons: la Crassane, les Beurrés gris, jauue et d'Angleterre, le Saint-Germain, l'Epargne, le Bézy de Chaumontel, la Virgouleuse, le Colmar, la Mouille-Boucbe, etc. Au nombre des Poires à chair croquante se distioguent: les Bons-Chrétiens d'été el d'hiver, le Martin-Sec, le Messire-Jean, le Catillac, le Franc-Réal, etc. Quant aux Poires à cidre, elles nesont pas moins variées que les Poires à couteau; mais comme les dénominations vulgaires par lesquelles on les désigne varient dans chaque province, et même souvent dans chaque canton d'une même province, nous croyons inutile de faire ici une énumération qui serait et trop incomplète et trop locale. La liqueur que l'on obtient par la fermentation au sue exprimé des Poires, et qui porte le nom de Poire, est en général plus forte, plus alcoholique que celle qu'on retire de la Pomme; mais elle paraît moins saine, à cause de la trop grande excitation qu'elle détermine; aussi estelle moins estimée et moins souvent employée comme boisson habituelle. Cependant le poiré bien préparé et mis en bouteille, avant que la fermentation soit entièrement achevée, est une liqueur agréable, pétillante, et qui a une certaine analogie avec le vin de Champagne.

Quant à la culture des Poiriers, nous dirons que cet Arbre peut se mettre en espalier ou eu plein vent, et dans ce dernier cas, tantôt il est à haute tige, tantôt en quenouille ou à basse tige et en entonnoir. Il ne faut pas mettre les Poiriers en espalier à l'exposition du midi, mais à celles du levant et du couchant. En général, le terrain qui leur convient le mieux est une terre très profonde, franche et légère, car dans les terres grasses, humides et glaiseuses, leurs rameaux s'effilent, leurs feuilles jaunissent et ils finissent par devenir stériles. Toutes les variétés se multiplient par le moyen de la greffe.

Le nom de Poirier a été donné à des Arbres qui n'appartiennent pas au genre dont il vient d'être question: ainsi l'on a appelé:

POIBLER OU BOIS DE SAVANE, à Cayenne, le Couma d'Aublet.

POIRIER DES ILES, le Bignonia pentaphylla, L. V. BIGNONE.

POIRIER DE CHARDON, les Cacles. (A. R.)

POIS. Pisum. BOT. PHAN. Genre de la famille des Légumineuses, et de la Diadelphie Décandrie, L.,établi par Tournefort, et placé par De Candolle dans sa tribu des Viciées entre les geures Ervum et Lathyrus. Voici ses caractères principaux; calice à cinq découpures aiguës, foliacées, les deux supérieures plus courtes; corolle papilionacée dont létendard est trés-grand, presque cordiforme, relevé, les deux ailes conniventes, la carène comprimée en forme de croissant plus courte que les ailes; style comprimé, courbe en caréne, et velu vers sa partie supérieure; gousse oblongue, comprimée, uon ailée, renfermant plusieurs graines sphériques marquèes d'un hile arrondi. Le genre Pisum est tellement voisiu du genre Gesse(Lathyrus) qu'il est presque impossible de leur assigner des caractères absolument tranchés. Cependant ces deux genres diffèrent suffisamment entre eux par le port, pour qu'on doive admettre leur séparation. Linné réunissait au genre Pisum une espèce (P. Ochruts) qui est

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devenue le type du genre Ochrus de Mœuch, adopté par Persoon; mais cetle Plante fait partie des Gesses ou Lathyrus, selon De Candolle. Dans le second volume du Prodromus Systematis Vegetabilium de ce dermer auteur, Seringe a publié huit espèces de Pois. Ce sont des herbes annuelles, à feuilles pinnées sans impaires trijuguées, munies de vrilles et de larges stipules. Leurs fleurs offrent des couleurs très-nuancées, blanches, panachées, rougeátres, bleues, purpurioes, etc. La plupart de ces espèces paraissent indigènes des contrées orientales qui font partie du bassin de la Méditermnée; mais on ignore la patrie de celle qui doit étre considérée comme type du genre, et qui est cultivée abondamment daus toute l'Europe.

Le POIS CULTIVÉ, Pisum sativum, L., est tellement connu, qu'une description en serait superflue. Cette Plante a produit un grand nombre de variétés parmi lesquelles nous citerons particulièrement les suivantes; 1° Pois sucrés ou Petits Pois; la gousse est un peu coriace, légèrement comprimée, quelquefois cylindroïde; les graines sont rondes, distantes les unes des autres, et ont une saveur sucrée. On en consomme une trésgrande quantité comme légume de table, et on les mange avant leur complète maturité. 2° Pois goulus, Pois mange-tout, Pois sans parchemin. Cette variété se reconnaît à ses gousses très-grandes, en forme de faulx, très-comprimées, à valves non coriaces, d'une consistance tendre, succulente, munie intérieurement d'une pellicule trésmince, ce qui les rend comestibles; les graines sont grosses et distantes les unes des autres. 3° Pois à bouquet; les fleurs forment une sorte d'ombelle terminale; les graines sont brunes. Ces caractères suffiraient presque pour en former une espèce distincte. On cultive cette variété plutôt comme Plante d'agrément que pour des usages économiques. 4° Pois carré; ses graines sont très-grosses, d'une forme carrée, et fournissent une excellente nourriture. 5° Pois nains; la tige est trèsbasse, les gousses sont petites, un peu coriaces, les graines rondes et rapprochées. Outre ces variétés, on remarque aussi le Pois Michaut qui est très-hâtif, de toute saison, tendre et sucré; le Carré fin ou Clamart, excellent et d'un grand rapport; et le Carré vert, qui est le plus propre à être conservé pour en faire des purées. Quant au Pois de Pigeon, nominé aussi Bisaille, il appartient à une espèce nommée par Linné Pisum arvense, et fondée principalement sur ce qu'elle présente des pédoncules uniuores, caractère vague et qui s'évanouit dans un grand nombre d'individus. On le cultive principalement pour être employé comme fourrage; ses graines servent à engraisser la volaille.

On a étendu le nom de Pois à des Légumineuses qui appartienuent à des genres très-différens. Ainsi on a appelé:

POIS D'ANGOLE OU DE SEPT ANS, le Cytisus Cajan, L.

POIS DE BREBIS, la Gesse cultivée.

POIS CAFÉ, le Lotus tetragonolobus, L.

POIS CICHE ou CHICHE, le Cicer arietinum. V. CICHE.

POIS DOUX DE LA MARTINIQUE, le Mimosa fagifolia, L.

POIS A GRATTER ou POIS PATATE, le Dolichos pruriens, L., qui fait maintenant partie du genre Macuna. V. ce mot. On a aussi dunné ce nom au fruit du Cnestis.

POIS SABRE, l'Eperua falcata. V. EPERU.

POIS DE SENTEUR ou POIS ODORANT, le Lathyrus odoratus. V. GESSE, etc. (G. N.)

POISONS. On entend par ce mot toutes les substances qui, introduces à petite dose dans l'économic animate, y causent un trouble capable de produire des résultats funestes. Ainsi les Poisons ne different des médicamcns qu'en ce que l'action des premiers est toujours fatale aux individus qui y sont soumis, tandis

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que l'action des seconds se borne à un léger dérangement dans le système, ou si le dérangement qu'ils causent offre un peu de gravité, la santé de l'Animal en est toujours le résultat définitif et désiré. La distinction de ces deux classes de substances est évidemment arbitraire, car telle substance, comme le Sublimé Corrosif, L'Arsenic, l'Emétique et une foule de sels minéraux, sera, suivant les personnes et les circonstances, un remède héroïque ou un Poison daugereux; telle autre, qui frappera de mort certains Animaux, ne produira rien sur d'autres, et même fournira à quelques-uns une nourriture substantielle. La science, qui embrasse la connaissance complete des Poisons, savoir; leur origine, leur composition chimique, leurs effets physiologiques, et les moyensd'y remédier, porte le nom de toxicologie. Elle fait partie des sciences d'application, et se lie aux questions importantes de médecine légale qui, les unes et les autres, ne peuvent être traitées dans cet ouvrage. Cependant le naturaliste ne néglige jamais d'indiquer les propriétés délétères des corps, et il s'en sert quelquefois comme d'un caractère utile. Dans les Végétaux, par exemple, il y a des familles entières qui se font remarquer par l'activité de leurs Poisons. Pour ne pas multiplier les citations, nous rappellerons seulement au souvenir des lecteurs les Euphorbiacées et les Asclépiadées. A bien peu d'exceptions près, ces deux familles sont caractérisées par l'âcreté caustique de leurs sues; et l'uniforraité de leur mode d'action sur l'économie animale confirme celle de leurs rapports d'organisation.

On a divisé les Poisons en trois grandes classes qui sont: 1° les Poisons minéraux; 2° les Poisons végétaux; 3° les Poisons animaux. Ces derniers sont plus souvent désignés sous le nom de Venins; et pour qu'ils produisent des effets funestes, il faut qu'ils soicut introduits dans le torrent de la circulation, car les plus actifs de ces Venins sont fort innocens, ou du moins ne produisent pas des effets très-fâcheux lorsqu'on les introduit dans le canal digestif seulement. Les expériences de Fontana, sur le Venin de la Vipère, ont mis cette vérité en évidence. Quelques Poisons végétaux peuvent, sous ce rapport, étre assimilés aux Venios des Animaux; tel est le Curare, sur lequel Humboldt et Bonpland ont donné des renseignemens très-dé-taillés. V. CURARE. Mais la plupart des substances vénéneuses tirées du règue végétal, doivent leur action énergique à des principes alcaloïdes découverts en ces derniers temps (Strychnine, Brucine, Morphine, etc.), qui agissent puissamment sur le systeme nerveux, lorsqu'on les introduit à trèspetite dose dans l'économie animale, soit par la bouche, soit par toute autre ouverture du corps.

Observons d'ailleurs en passant qu'il n'y a probablement aucune substance animale qui soit vénéneuse par elle-méme (nous ne disons pas venimeuse), si elle ne fait que traverser le canal digestif. Estil bien certain que les œufe de Brochet, que les Moules et d'autres matières animales, réputées vénéneuses, le soient par l'activité de leurs principes constituans? D'un autre coté, ne sait–on pas à quoi s'en tenir sur les prétendusdangers des Poissons Ichtiques ou toxicophores? Si l'opinion d'un de nos collaborateurs, qui a beaucoup médité sur ce sujet, a quelque poids dans l'esprit de nos lecteurs, nous les engageons à relire l'article ICNTIQUE où il fait la part de la crédulité et celle du crime dans les nombreux empoisonnemens qui ont lieu aux Antilles par les Poissons toxicophores, comme dit Moreau de Jonnes. (G..N.)

POISSON. Piscis, ZOOL. Ce nom qui, au pluriel et collectivement, désigne une grande classe de Vertébrés, est spécifique, mais trivial, lorsque quelque épithéte distinctive l'accompagne. Ainsi on a appelé vulgairement

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POISSON ATHROPOMORPHE, le Lamantin et même le Dugong, ainsi que plusieurs êtres fabuleux dont on trouve des figures dans les anciens ichtyologistes.

POISSON D'ARGENT, les Dorades blanches de la Chine, et la Ménidie, espèce du genre Athérine.

POISSON ARMÉ, divers Coffres, particulièrement l'espèce à quatre épines. Dutertre désigne sous ce nom l'Orbe du genre Diodon, et dans les rivières du Canada, c'est le Lépisostée Gavial qui est appelé plus particulièrement ainsi.

POISSON D'AVRIL, le Maquereau.

POISSON BANANE, ce sont aux Antilles les Poissons qui ont une chair molle et trop d'arêtes pour qu'on ait du plaisir à les manger, mais dont on fait ordinairement d'assez bon bouillon. Ils appartiennent, pour la plupart, au genre Elops; ordinairement, c'est l'Argentine Glossodonte.

POISSON BLANC; dans les provinces méridionales, ce nom désigne collectivement les petites espèces du genre Cyprin, aussi appelées Platons, et la plupart des Ables. Dans les mers du Nord, il paraît que c'est le Béluga.

POISSON BOEUF, l'un des noms vulgaires du Lamantin dans les mers d'Amérique.

POISSON BOURSE, une petite espèce du genre Baliste.

POISSON CHINOIS, le Gobius Schlosseri, espèce du sous-genre Périophthalme, dont on fait une grande consommation à la Chine.

POISSON CHIRURGIEN, espèce du genre Acanthure.

POISSON COQ, les Collorhynques, etc., un Zée, Zeus Gallus.

POISSON COFFRE, la plupart des espèces du genre Ostracion.

POISSON CORNU, les Balistes du sous-genre Aleutère.

POISSON COURONNÉ; on prétend que les pêcheurs hambourgeois appellent ainsi le Hareng.

POISSON CUIRASSÉ, les Syngnathes et le Pégase.

POISSON DE DIEU, la Tortue de France, le Caret, et généralement les grosses espèces de Tortues de mer dans certains parages.

POISSON DORÉ, le beau Cyprin, originaire de la Chine, qui est bien plus rouge que doré, et une Carpe.

POISSON ELECTRIQUE, ordinairement le Gymnotus electricus, rarement la Torpille dont le nom est plus vulgairement employé.

POISSON EMPEREUR, le Xiphias Gladius.

POISSON EPINARDE, l'Epinoche du genre Gastérostée.

POISSON EVENTALL, un Coriphœne du sous-genre Oligopode.

POISSON FEMME, le Lamantin, et les fabuleuses Syrènes.

POISSON FÉTICHE; on dit que les Nègres, sans désigner lesquels, adorent, sous ce nom, une Baliste et un Squale, sans désigner davantage quels sont ce Squale et cette Baliste.

POISSON FLEUR, diverses Actinies et Méduses qui ne sont pourtant pas des Poissons.

POISSON GLOBE, tout Tétrodon qui se peut gonfler en boule.

POISSON GOURMAND, la Girelle proprement dite, l'une des espèces de Labres les plus voraces.

POISSON EN HABIT DE MOINE; on ne sait quel monstre marin Rondelet a voulu figurer sous ce nom, avec un autre Poisson en habit d'évêque.

POISSON DE JONAS; ce devrait être une Baleine selon le texte de l'Ecriture-Sainte, mais de graves commentateurs ont prouvé, et Rondelet adopta l'opinion que ce devait être une Lamie, sorte de Squale.

POISSON JUIF, le Squale Marteau.

POISSON LÉZARD, le Dragonneau du genre Callionyme.

POISSON LUNE. V. CHRYSOTOSE. C'est aussi le Zeus Gallus et la Mole. V. ces mots.

POISSON MANGUE, diverses espèces du genre Polynème.

POISSON MARTEAU, même chose que Poisson Juif.

POISSON MONOCÉROS, le Narwal et une Baliste du sous-genre Aleutère.

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POISSON MONTGNE, le Kraken dont le conchyliologiste Denis Montfort entreprit de démontrer l'existence, et qu'il a fait représenter dans le Buffon de Sonnini avalant un vaisseau à trois mâts.

POISSON A MOUSTACHRS, divers Silures.

POISSON A L'OISEAU, un Pleuronecte dans les mers de l'Inde.

POISSON DE PARADIS, même chose que Poisson Mangue.

POISSON PERROQUET, divers Labres, Scares et autres espèces couleur d'émeraude de divers genres.

POISSON ROND, le Diodon Orbis.

POISSON ROUGE DE LA CHINE, la Dorade chinoise.

POISSON ROYAL. V. CHRYSOTOSE. C'est aussi le Thon, l'Esturgeon, l'Ombre, etc., etc.

POISSON SABRE, le Daupin gladiateur et notre Acinacee bâtarde.

POISSON SACRÉ, un Lutjan.

POISSON SAINT-PIERRE, le Zeus Faber, à cause des deux taches rondes que laissèrent sur son corps les deux pouces de l'apôtre quand il en prit un individu pour chercher dans sa bouche une pièce de monnaie.

POISSON SCIE, le Squalus pristis, L.

POISSON DE NOTRE SEIGNEUR, le Scœpène en certains lieux de l'Occitanique où l'on est persuadé que la couleur rouge de ce Poisson lui a été imprimée en mémoire des maux que souffrit le fils de Dieu mourant sur une sorte de gibet, comme des gouttes de sang se voient sur la Laitue de la passion.

POISSON SERPENT; diverses Murènes ont été ainsi nommées par les voyageurs et les pêcheurs.

POISSON SOLEIL, um Zée et la Mole.

POISSON SOUFFLEUR, divers Cétacés, particulièrement parmi les Cachalots et les grandes espèces de Dauphins.

POISSON STERCORAIRE, même chose que Pilote; espèce de Gastérostée du sous-genre Centronote.

POISSON DE TOBIE; on a cru reconnaitre dans l'Amodyte et dans l'Uranoscope, le Poisson d'eau douce dont le foie, brûlé sur des charbons, guérissait les yeux et chassait si bien le Diable suivant l'un des livres inspirés par le très-Saint-Esprit.

POISSON TREMBLEUR, la Torpille.

POISSON TROMPETTE, le Petimbe du genre Fistulaire, et un Syngnalhe.

POISSON VERT; c'est, à la Caroline, une espèce des genres Gastérostée dans Linné, et Spare dans Lacépède.

POISSON VOLANT, syn. d'Exocet. V. ce mot, etc., etc. (B.)

POISSONNIER. OIS. L'un des noms vulgaires du Castagneux, espèce du genre Grèbe. (B.)

POISSONS. Pisces, ZOOL. Ce sont les Animaux dont se compose la quatrième classe du grand embranchement des Vertébrés. Ils sont ovipares, à circulation double, mais leur respiration s'opère uniquement par l'intermède de l'eau. Pour cet effet, ils ont aux deux côtés du cou un appareil nommé Branchies. V. ce mot. L'eau que le Poisson avale, s'échappant entre les lames de cet appareil par des ouvertures nommées Ouïes, agit au moyen de l'air qu'elle contient, sur le sang continuellement envoyé aux branchies, par le cœur qui ne représente que l'oreillette et le ventricule droit des Animaux à sang chaud. Ce sang, après avoir été respiré, se rend dans un tronc artériel situé sous l'épine du dos, et qui faisant fonction de ventricule gauche, l'envoie par tout le corps, d'oùil revient au cœur par les veines. la structure totale du Poisson est aussi évidemment disposée pour la natation, que celle de l'Oiseau l'est pour le vol, mais suspendu par un liquide presque aussi pesant que lui, il n'avait pas besoin de grandes ailes pour se soutenir. Un grand nombre d'espèces porte immédiatement sous l'épine une vessie pleine d'air qui, en se comprimant ou se dilatant, fait varier la pesanteur spécifique, etaide le Poisson à monter ou à descendre. La progression s'exécute par le moyen de la queue qui choque alternativement l'eau à droite et à gauche, et

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les branchies, en poussant l'eau eu arrière, y contribuent peutêtre aussi. Les membres, étant donc peu utiles, sont fort réduits. Les pièces analogues aux os des jambes sont extrêmement raccourcies ou même disparaissent en entier. Des rayons plus ou moins nombreux, soutenan; des nageoires (V. ce mot), représentent grossièrement les doigts des mains et des pieds. L'os qui représente l'omoplate est quelquefois retenu dans les chairs comme il l'est dans les classes supérieures; d'autres fois il tient à l'épine, mais le plus souvent il est suspendu au crâne. Le bassin adhère bien rarement à l'épine, et fort souvent, au lieu d'être en arrière de l'abdomen, il est en avant et tient à l'appareil claviculaire. Les vertèbres des Poissons s'unissent par des surfaces concaves, remplies de cartilage; dans la plupart, elles ont des apophyses longues et épineuses qui soutiennent la forme verticale du corps. Les côtes sont souvent soudées aux apophyses transverses. On désigne communément ces côtes et ces apophyses par le nom d'Arêtes. La tête varie, pour la forme, plus que dans toute autre classe, et cependant elle se laisse presque toujours diviser dans le même nombre d'os. Le frontal y est composé de six pièces; le pariétal de trois, l'occiput de cinq. Cinq des pièces de l'os sphénoïde, et deux de celles de chaque temporal, restent dans la composition du crâne. Outre les parties ordinaires du cerveau, qui sont placées comme dans les Reptiles, à la file les unes des autres, les Poissons ont encore des nœuds à la base des nerfs olfactifs. Leurs narines sont de simples fossettes creusées au bout du museau et tapissées d'une pituitaire plissée très-irrégulièrement. Leur œil a sa cornée très-plate, peu d'humeur aqueuse, mais un cristallin presque globuleux et trèsdur. Leur oreille consiste en un sac qui représente le vestibule et contient en suspension des os, le plus souvent d'une dureté pierreuse, et en trois canaux semi-circulaires membraneux plutot situés dans la cavité du crâne qu'engagés dans l'épaisseur de ses parois, excepté dans les Chondroptérygiens (V. ce mot) où ils y sont entièrement. Il n'y a jamais ni trompe ni osselets, et les Sélaciens seuls ont une fenêtre ovale, mais à fleur de tête. Le goût doit avoir peu d'énergie, puisque la langue est le plus souvent osseuse et garnie de dents ou d'autres enveloppes dures. La plupart ont, comme chacun sait, le corps couvert d'écailles; tous manquent d'écailles de préhension; des barbillons charnus, accordés à quelques-uns, peuvent suppléer à l'imperfection des autres organes du toucher.

L'os intermaxillaire forme, dans le plus grand nombre des Poissons, le bord de la mâchoire supérieure, et a derrière lui le maxillaire, nommé communément os labial ou mystace; une arcade palatine composée du palatin, des deux apophyses ptérigoïdes, du jugal, de la caisse, et de l'écailleux, fait, comme dans les Oiseaux et dans les Serpens, une sorte de mâchoire inférieure, et fournit en arrière l'articulation à la mâchoire d'en bas qui a généralement deux os de chaque côté, mais ces pièces sont réduites à de moindres nombres dans les Chondroptérygiens. Il peut y avoir des dents à l'intermaxillaire, à la mâchoire inférieure, aux rames, aux palatins, à la langue, aux arceaux des branchies, et presque sur des os situés en arrière de ces arceaux, tenant comme eux à l'os hyoïde, et nommés os pharyngiens. La variété de ces combinaisons, ainsi que celles de la forme des dents en divers points, sont innombrables. Outre l'appareil des arcs branchiaux, l'os hyoïde porte, de chaque côté, des rayons qui soutiennent la membrane branchiale; un opercule osseux composé dé quatre pièces, articulé en arrière à l'arcade palatine, se joint à cette membrane pour former la grande ouverture des ouïes. Plusieurs Chondroptérygiens manquent de cet opercule.

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L'estomac et les intestins varient autant que dans les autres classes, pour l'ampleur, la figure, l'èpaisseur et les circonvolutions. Excepté dans les Chondroptérygiens, le paverus est remplacé, ou par des cœcums d'un tissu particulier situés autour du pylore, ou par oe tissu même applique au commencement de l'intestin. Les reins sont fixés le long des côtes de l'épine, et la vessie comme é l'ordinaire audevant du rectum. Les testicules sont deux énormes glandes appelées communément laites ou laitance; et les ovaires, deux grappes à peu près correspondantes aux laites pour la forme et la grandeur. Ces laites sont remplies et comme toutes formées au temps des amours d'une innombrable quautité de Zoospermes qui, vus au plus fort grossissement, paraissent des globules monadiformes tellement pressés les uns contre les autres, que leurs mouvemens eu sont embarrassés et ne deviennent sensibles qu'autant qu'on les disjoint. Leuwenhoeck évaluait qu'il devait en exister au moins 150,000,000,000 dans un seul mâle de Morue. En délayant des fragmens de laitance dans un liquide, on discerne alors leur allure tournoyante, onduleuse ou spirale, et plus ou moins rapide, leur prolongement caudal qui est d'une ténuité incroyable et beaucoup plus long que dans tous les autres mâles. Les ovaires sont des grappes qui, dans les femelles, occupent à peu près la même place que les laites dont ils ont la forme. Le nombre des œufs y est souvent prodigieux ainsi qu'on a pu en juger en lisant divers articles d'ichthyologie dans ce Dictionnaire. La nature a dâ pourvoir amplement à la reproduction d'Animaux qui ont tant d'ennemis, qui mangeut eux-mêmes leur progéniture, et qui, dans leur jeunesse, demeurent exposés à la voracité de tous les autres habitans des eaux. Sur des millions de Clupes et de Gades qui naissent dans la saison, le plus grand nombre devient la proie des Clupes et des Gades, des autres Poissons voraces, des Oiseaux marins, et des hommes qui livrent aux Poissons une guerre éternelle. En général les femelles pondent et sont à proprement parler ovipares. On a compté dans celles:

OEufs.

Du Maquereau, de 129,200 à 546,681
De la Morue, de 3,686,760 à 9,344.000
De 1a Carpe, de 167,400 à 203,109
Du Carrelet 1,357,400
Du Brochet, de 49,304 à 166,400
De l'Eperlan 38,278
De l'Esturgeon, de 1,467,856 à 7,653,000
Du Hareng 36,960
De la Perche, de 28,323 à 380,640
Du Rouget 81,586
De la Sole 100,362
De la Tanche 383,252

Le mâle passe après la ponte sur ces œufs, y répand le fluide spermatique qui les agglutine, les féconde, et en forme ce qu'on nomme vulgairement le frai, Cependant il est plusieurs espèces, et des genres même, tels que les Squales, par exemple, où il y a accouplement et où de longs oviductes, faisant fonction, en quelque sorte, de matrice, les œufs y éclosent, de sorte que les petits naissent vivans.

La plupart des Poissons sont revêtus d'écailles, qui, toutes petites qu'elles peuvent être, n'en existent pas moins dans certaines espèces où l'on ne croyait pas qu'il y en eût, et deviennent visibles jusque dans l'Anguille quand la peau qui les revêt vient à se dessécher. Ces écailles ont quelque analogie avec la nature de la corne et du poil chez les autres Vertébrés; elles sont souvent très-dures, épaisses et serrées; revêtent jusqu'à la base des nageoires chez les uns, ou se convertissent en plaques et en boucliers sur certaines parties du corps, ou à sa surface totale chez d'autres. Le squelette est d'une nature particulière, mais consistante et dure dans la plupart, tandis qu'il demeure cartilagineux chez un grand nombre où l'ossification complète n'a pas lieu. Peu d'Animaux varient autant dans les proportions. Depuis

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l'Epinoche jusqu'au Requin, il y a une distance énorme, et dans la même espèce, selon l'étendue des eaux où ellcs habitent, on voit des différences encore très-considérables; ainsi l'on trouve, par exemple, des Brochets adultes qui, dans certains étaugs ou petites rivières, ne dépassent guère jamais un pied, tandis qu'ailleurs ils atteignent, dit-on, à douze. Chez les Accipensers la différence est encore plus grande. Les formes ne varient pas moins que la taille; chez les Poissons se présentent les plus bizarres, relevées souvent des teintes les plus éclatantes. Aucun n'habite un autre élément que l'eau, hors de laquelle tous meurent assez promptement. Beaucoup sont herbivores, c'est-à-dire qu'ils se nourrissent de Fucacées et autres Hydrophytes, soit de mer, soit d'eau douce, mais le plus grand nombre est carnivore et recherche une proie vivante. L'appareil dentaire varie prodigieusement, mais dans les Poissons où il est disposé en pavé, on peut à coup sûr supposer qu'iis se nourrissent de Crustacés ou de Mollusques à coquilles que ces dents en pavé servent à broyer. Il n'est guère d'eaux à la surface du globe qui n'aient leurs Poissons. Les rivières et les lacs en ont dont la chair est exquise et généralement blanche. Il y en a qui vivent alternativemeut dans l'eau douce et dans l'eau salée, quittant la mer au temps des amours pour remonter bien avant dans les fleuves et dans les rivières. Ceux de la mer vivent par troupes innombrables, et comme certains Oiseaux obéissent à l'instinct d'émigration. Ceux-là sont en général l'objet de pêches lucratives, et deviennent des richesses pour les nations maritimes qui s'adonnent à leur préparation. On a beaucoup discouru sur ce point de l'histoire des Poissons lorsqu'il était d'usage de commencer un livre d'histoire naturelle par le cui bono de la science, mais on oublia de remarquer au nombre des choses très-importantes qui résultent de leur pêche et de l'art de les saler, combien il serait difficile à la chrétienté, en temps de carême de faire son salut, puisqu'on ne pourrait trouver assez de maigre pour subvenir aux besoins de ces bonnes ames qui savent bien qu'on est éternellement puni dans une autre vie pour avoir mangé gras daus celle-ciquand l'Eglise le défendait; telle est l'utilité de l'ichthyologie, qu'elle peut nous préserver de la damnation éternelle. Pour nous éviter ce malheur, et pour avoir du Poisson aux jours où l'on en fait un commandement exprès, on a des viviers et des étangs où l'on en nourrit et qu'on a soin d'empoissonner au moyen de l'alvin. c'est-à-dire de jeunes individus des espèces qu'on veut propager; ce sont ordinairement des Carpes, des Tanches, des Vendoises, des Brêmes, des Truites, des Anguilles même, quoique ces dernières soient destructrices. La Perche y peut également être accueillie, mais, le Brochet eu doit être proscrit comme trop féroce consominateur. Il ne faut pas trop nettoyer les étangs et en arracher toutes les Plantes; les racines de celles-ci offrant une nourriture et des abris salutaires aux Poissons qui se pêchent d'ordinaire tous les quatre aus. Dans certains grands lacs de Prusse, en Poméranie particulièrement, on a naturalisé, comme dans des étangs ordinaires, d'excellens Poissons qui u'en étaient pas originaires, mais il est difficile de les y retrouver.

Il nous resterait beaucoup à dire sur la science des Poissons et sur les Animaux qui en sont l'objet, mais comme Cuvier prépare de grands changemens dans cette partie de l'histoire naturelle, ainsi que nous l'avons annoncé au mot ICHTHYOLOGIE de notre tome huitième, nous renverrons au Supplément a fin d'y profiter des nouvelles lumières qui nous sont promises. Là aussi nous traiterons des Poissons fossiles ou Ichthyolites, qui jouent un rôle fort important dans la contexture du globe actuel. (B.)

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POITÆA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Légumineuses, tribu des Lotées, et de la Diadelphie Décandrie, L., établi par Ventenat (Choix des Plantes, p. et tab. 36), et ainsi caractérisé par De Candolle (Prodr. Syst. veget. natur., 2, p. 263): calice tronqué obliquement, à cinq dents très-courtes, les deux supérieures surtout; corolle presque papilionacée, à cinq pétales connivens, oblongs; l'étendard plus court que les ailes, et la carène plus longue que celles—ci; dix étamines diadelphes presque saillantes; style filiforme, glabre; stigmate terminal; gousse stipitée, linéaire, comprimée, polysperme, mucronée, à valves planes; graines lenticulaires. Ce genre renferme trois espèces qui ont le port des Galega ou des Robinia. Ventenat a donné le nom de Poitœa galegoides à l'espèce qui doit être considérée comme type du genre. C'est une Plante de Saint-Domingue, dont les feuilles sont imparipinnées, à douze ou quinze paires de folioles, et dont les fleurs, d'un rose purpurin, sont penchées. Les deux autres espèces, nommées par De Candolle Poitœa viciœfolia, et P. Campanilla, sont également indigènes ae Saint-Domingue où le docteur Bertero les a recueillies, et les a distribuées à ses amis sous le nom générique de Robinia. (G..N.)

* POITRINE. Pectus, INS. V. THORAX.

POIVRE. BOT. PHAN. Fruit du Poivrier noir, d'un très-grand usage dans l'art culicaire. Ce nom a été étendu à beaucoup d'autres Plantes de saveur aromatique ou brûlante. Ainsi l'on a appelé:

POIVRE D'AFRIQUE, les graines de l' Uvaria aromatica,

POIVRE D'AMÉRIQUE, le Schinus Molle déjà naturalisé en Andalousie où on emploie ses graines dans la cuisine.

POIVRE D'EAU, le Polygonum Hydropiper.

POIVRE D'ÉTHIOPIE, l'Unona et, l'Uvaria dans les anciénnes pharmacies. V. GRAINS DE ZELIN.

POIVRE DE GUINÉE, les Pimens à saveur très-piquante.

POIYRE DE LA JAMAÏQUE, le Myrtus Pimenta.

POIVRE DES MAURES, même chose que Poivre d'Ethiopie.

POIVRE DE MURAILLE, le Sedum acre.

POIVRE DES NÈGRES, le Fagara guyanensis.

POIVRE A QUEUE, les Cubèbes, etc. (B.)

*POIVRÉE. Poivrœa. BOT. PHAN. Commerson, dans ses manuscrits, donnait le nom de Pevrœa, qui fut adopté par Du Petit-Thouars (Observ. Pl. Afric., p. 28), à un genre déjà distingué du genre Combretum par Sonnerat, sous le nom de Cristaria. Mais Cavanilles ayant établi parmi les Malvacées un genre Cristaria (V. CRISTAIRE), De Candolle, dans le troisième volume de son Prodromus, a préféré admettre la dénomination proposée par Commerson, en rétablissant l'orthographe du nom du célèbre et vertueux Poivre, admtnistrateur des îles de France et de Mascareigne. Le nom de Gonocarpus, proposé récemment par Hamilton, doit être considéré comme superflu, puisque indépendamment de ce qu'il est le plus moderne, il existe encore un genre de ce nom créé par Thunberg. Le genre Poivrœa se compose des espèces de Combretum à dix étamines. De Candolle en décrit cinq qui croissent dans les climats intertropicaux, savoir: deux de l'Amérique méridionale et des Antilles, une du Sénégal, une de l'Inde orientale, et une de Madagascar introduire dans l'ile Maurice. C'est cette dernière espèce qui doit être considérée comme le type du genre, sous le nom de Poivrœa coccinea. On la nomme vulgairement Aigrette de Madagascar. V., pour les détails génériques, l'article COMBRET. (G..N.)

POIVRÉS. BOT. CRYPT. Diverses

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espèces d'Agarics, particulièrement les espèces laiteuses. (B.)

POIVRETTE. BOT. PHAN. Nom vulgaire du Nigella, sativa. (B.)

POIVRIER. Piper, BOT. PHAN. Genre de Plantes dont la place, dans la série des ordres naturels, nous paraît encore incertaine. Linné l'avait rapproché des Arum parmi les Monocotylédons; Jussieu l'a placé dans les Urticées, el le professeur Richard en a fait le type d'un ordre nouveau qu'il a nommé Pipéracées, et qui, d'après la structure de l'embryon, appartient aux Monocotylédons. Ce rapport a été adopté par Kunth (in Humb. Nov. Gen.) qui admet la famille des Piperacées et la range auprès des Aroïdées, et plus récemment par Blume, célèbre botaniste hollandais, qui, dans une Monographie des Pipéracées de l'île de Java, dout il a étudié avec soin les productions végétales, a reconnu dans ces Plantes une tige organisée comme celle des Monocotylédons, et un embryon partàitement indivis et pár conséquent monocotylédon. Mais comme d'un autre côté ces rapports des Poivriers avec les Monocotylédons ont été niés par plusieurs botanistes, et tout récemment encore par Jussieu et Rob. Brown, etc., nous croyons devoir décrire avec quelque soin l'organisation des diverses parties des Poivriers, afin qu'après avoir mis sous les yeux de nos lecteurs toutes les pièces du procès, ils soient en état de porter eux-mêmes un jugement. On a distrait de ce genre les espèces herbacées qui out constamment deux étamines, et l'on en a formé le genre Peperomia qui a été traité dans le volume précédent de ce Dictionnaire, de sorte que nous n'avons plus qu'à nous occuper ici des véritables espèces de Poivriers qui forment le genre Piper proprement dit. Les espèces de ce genre, extrêmemeut nombreuses, croissent toutes dans les régions intertropicales du nouveau et de l'ancien continent; mais elles sont incomparablement plus nombreuses dans le premier. Ces espèces sont eu général grimpantes, tantôt herbacées, tantôt ligneuses, frutescentes ou même arborescentes. Leur tige, coupée eu travers, présente, selon le professeur Blume, l'organisation suivante: elle n'a pas d'ècorce proprement dite, et sa substance n'est pas formée de couches concentriques, comme dans les Dicotylédones; les vaisseaux les plus anciens, et qui ont acquis la consistance ligneuse, occupent la circonférence de la tige, tandis que les plus récens sont placés au centre. Les feuilles sont alternes, opposées ou verticillées, et toujours simples et entières, à nervures ramifiées irrégulièrement. Les fleurs sont hermaphrodites, très-rarement unisexuèes et dioïques, disposées sur un spadice ordinairement cylindrique, quelquefois conique ou même sphérique. Il nait en général en face de chaque feuille, et est porté sur un pédoncule plus ou moins long. Chaque fleur se compose: 1° d'une écaille en gé;néral peltée, mais d'une forme variée qui est quelquefois celle d'un casque s'ouvrant obliquement; 2° d'étamines en nombre très-variable, dont les filets, généralement trèscourts, naissent soit immédiatement de la surface du spadice, soit sur la paroi externe de l'ovaire luimême. Les anthères sont ordinairement globuleuses, à deux loges s'ouvrant par une fente latérale; 3° d'un pistil sessile, même dans les espèces dont 1e fruit finit par être pédicellé comme dans le Piper Cubeba par exemple. L'ovaire est toujours à une seule loge contenant un ovule dressé, le stigmate est ordinairement sessile, à deux, trois ou quatre lobes. Le fruit se compose d'un péricarpe mince, légérement charnu dans l'état frais, indéhiscent, et contenant une graine dressée. Celle-ci a son tégument propre double, recouvrant un très-gros endosperme granuleux; à son sommet, il présente une petite dépression ou fossette superficielle, dans laquelle est placé l'embryon. Celui-ci

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est discoïde, déprimé, lenticulaire, mince dans son contour, parfaitement indivis. Si on le fend longitudinalement, on trouve dans son centre une petite fossette exactement remplie par un petit corps également lenticulaire, légèrement bilobé à sa partie inférieure qui est libre, et adhérente par son extrémité supérieure. Il est impossible de ne pas reconnaître dans un pareil embryon la structure ordinaire des Monocotylédons; tout le corps extérieur et indivis est le cotylédon; l'intérieur, légèrement bilobé, est la gemmule, qui, comme l'on sait, est toujours renfermée dans l'intérieur même du cotylédon, dans tous les embryons monocotylédonés. (V. l'Atlas de ce Dictionnaire où nous avons figuré l'analyse de deux espèces de Poivriers.) Le professeur Blume a soumis à la germination la graine de plusieurs espèces de ce genre, et voici en somme la manière dont elle s'opère: la partie supérieure de l'embryon, c'est-à-dire celle qui est immédiatement recouverte par le tégument propre de la graine devient d'abord plus proéminente; au bout de huit à dix jours, elle se déchire, et l'on voit sortir de son intérieur la radicule qui était par conséquent endorhize ou coléorhizée, comme dans tous les Monocotylédous. Le cotylédon reste engagé dans la graine, et par son allongement progressif, la radicule finit par entraîner avec elle la gemmule, et les deux lobes qu'elle présente, en se développant, se changent en feuilles primordiales, qui ont été considérées par tous les observateurs comme deux cotylédons ou feuilles séminales. Mais il est évident que le corps qui a formé ces deux feuilles était complétement renfermé dans le cotylédon, adhérent et confondu entièrement par l'une de ses extrémités avec sa cavité intérieure, et que par conséquent c'était la gemmule. D'ailleurs, si l'on compare l'embryon des Poivriers avec celui du Saururus, des Cabombées et des Nymphéacées, il est impossible de n'y pas reconnaître la même structure. Mais le célèbre R. Brown donne de cette structure une explication qui suivant lui, ferait rentrer ces différens Végétaux dans la grande division des Dicotylédons. pour cet habite observateur, la partie considérée par le professeur Richard et par Blume comme le cotylédon, est un organe entièrement différent. C'est un second endosperme qui n'est autre chose que le sac de l'amnios de Malpighi, et la partie regardée comme la gemmule est le véritable embryon qui est dicotylédoné. Nous laissons nos lecteurs maîtres de choisir entre ces deux opinions également soutenues par des autorités imposantes. Si l'on se décide pour la première, on aura pour la fortifier la structure intérieure des tiges qui, suivant les observations du professeur Blume, est celle des Monocotylédones, et, de plus, l'aspéct et l'organisation de l'embryon qui nous paraît la même que dans les Endorhizes ou Monocotylédones. Si au contraire on admet la seconde, il faudra négliger l'organisation de la tige et supposer un prétendu endosperme accessoire formé par le sac de l'amnios et renfermant un embryon qui serait soudé avec sa paroi interne par l'une de ses extrémités. Pour nous, nous croyons la question encore indécise, et nous pensons que de nouvelles observations sont encore nécessaires avant qu'on puisse se décider définitivement.

Plusieurs espèces de ce genre, par leurs usages dans l'économie domestique ou la thérapeutique, méritent d'être mentionnées ici. Nous allons dire quelques mots des principàles. A leur tête se présente le POIVRIER NOIR, Piper nigrum L., Rich., Bot. Méd., I, p. 51. C'est un Arbrisseau sarmenteux, qui porte des feuilles alternes, ovales, acuminées, entières, glabres, longues de trois à cinq pouces, larges d'environ deux pouces, portées sur de courts pétioles. Les fleurs forment des chatons grêles et pendans, longs de quatre à cinq pouces. Les fruits sont globuleux, pisi-

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formes, sessiles, rougeâtres, un peu charnus extérieurement, monospermes et indéhiscens. Cette espèce croît dans l'Inde; on la cultive particulièrement dans les îles de Java, de Bornéo, de Sumatra et de Malaca. Le fruit entier, quand il a été desséché, devient noirâtre, se ride, et porte dans le commerce le nom de Poivre noir; dépouillés de la partie externe et charnue de leur péricarpe, ces grains ont une teinte jaunâtre pâle, et sont appelés Poivre blanc. Les usages dupoivre, comme aromate et épice, sont trop généralement répandus et trop connus de tout le monde pour que nous croyions nécessaire d'entrer dans aucun détail à cet égard. Mélangé à petite dose dans certains alimens, il en favorise la digestion par l'excitation qu'il communique à l'estomac. Aussi doit-on surtout l'employer pour les substances un peu fades, pour les légumes par exemple, qui, par eux-mêmes, n'exercent qu'une faible action stimulante sur les organes de la digestion. Le professeur OErsted avait annoncé que la saveur âcre et piquante du Poivre était due à une nouvelle base salifiable. Mais notre habile chimiste Pelletier, dans une analyse plus récente du Poivre, a reconnu que cette base salifiable qu'il a nommée Piperin, était insipide, et que la saveur poivrée était due à une huile particulière peu volatile.

POIVRLER CUBÈBE, Piper Cubeba, L., Rich., Bot. méd., I, p. 52. Originaire des mêmes contrées que la précédente, cette espèce est également sarmenteuse et glabre dans toutes ses parties; sa tige est flexueuse et articulée; ses feuilles sont pétiolées, ovales, oblongues, quelquefois lancéolées, entières et coriaces. Les fleurs sont disposées en un spadice long et cylindrique. Elles sont d'abord sessiles; mais après la fécondation, le support du pistil s'allonge et forme une sorte de pédicelle long de quatre à six lignes qui porte les fruits, Ceux-ci ont du reste les mêmes caractères que ceux de l'espèce précédente, dont ils se distinguent surtout par leur long pédoncule; de-là le nom vulgaire de Poivre à queue sous lequel on connaît cette espèce. La saveur du Poivre Cubèbe est moins âcre et moins brûlante que celle du Poivre noir; cependant elle est aussi d'une très grande activité. Le professeur Vauquelin ayant soumis ces fruits à l'analyse chimique, en a tiré les principes suivans: une huile volatile presque concrète; une résine semblable à celle du baume de Copahu; une petite quantité d'une autre résine colorée; une matière gommeuse colorée; un principe extractif analogue à celui des Plantes légumineuses et quelques substances salines. Cette espèce était fort peu usitée en médecine, lorsqu'il y a un petit nombre d'années, certains praticiens en Angleterre et en France l'administrèrent contre la blenuorrhagie. On l'emploie en poudre à la dose d'un gros et demi, répétée trois fois dans les vingt-quatre heures.

Nous pourrions citer ici encore d'autres espèces, telles que le Piper Betel, L., dont les feuilles entrent dans la préparation masticatoire connue sous le nom de Betel, et que les Indiens mâchent continuellement; le Piper longum dont les fruits sont employés comme condimens, ainsi que ceux du Poivre noir, etc., etc. (A. R.)

* POIVRIERS. Piperineœ ou Piperaceœ. BOT. PHAN. Dans son Genera Plantarum, Jussieu avait placé le genre Piper parmi les Urticées. Plus tard, il proposa d'en former le type d'une famille distincte, à laquelfe De Candolle donna le nom de Pipéritées, en coutinuant de la ranger non loin des Urticées. Le professeur Richard, en adoptant le Piper comme type d'une nouvelle famille, sous le nom de Pipéracées, la transportait auprès des Aroïdées, parmi les Monocotylédones, et ne la composait que du seul genre Piper; mais le célèbre Jussieu ne partage pas cette opinion; pour lui, la famille des Pipéracées reste distincte, mais il la

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reporte dans le voisinage des Urticées, dont il la distingue surtout parla présence de son endosperme, et au genre Piper; il ajoute les genres Gunnera Gnetum et Thoa, sans néanmoins regarder ces genres comme unis entre eux par des rapports bien étroits. Nous renvoyons à ce que nous avons dit dans l'article précédent touchant la structure des Poivriers, et nous dirons encore qu'il ne paraît pas bien démontré qu'il faille en former une famille à part. V. POIVRIER. (A. R.)

* POIVRON. BOT. PHAN. V. PÉBERON.

POIX. MIN. On donnait anciennement le nom de Poix minérale au Bitume Malthe, et celui de Poix juive ou de Judée au Bitume Asphalte. V. BITUME. (G. DEL.)

POLAKÈNE. Polakenium. BOT. PHAN. Nom donné par le professeur Richard à une espèce de fruit composé de plusieurs akènes réunis à une axe commun: tel est celui des Ombellifères, des Araliacées. Selon le nombre des akènes, on lui donne les noms particuliers de Diakène, Triakène, Pentakène, etc. V. FRUIT. (A. R.)

* POLAMOPHILE. Polamophilus. CRUST. Genre de l'ordre des Décapodes, famille des Brachyures, établi par Latreille qui lui a substitué ensuite le nom de THELPHUSE. V. ce mot. (G.)

* POLANISIA. BOT. PHAN. Rafinesque (Journ. de Phys., août 1819, p. 98) a établi sous ce nom un genre de la famille des Capparidées, qui a pour type le Cleome dodecandra, var. canadensis, L. Ce genre a été adopté par De Candolle (Prodrom. Syst, veget., 1, p. 242) qui l'a ainsi caractérisé: calice à quatre sépales ouverts; corolle à quatre pétales; étamines dont le nombre varie de huit à trente-deux; torus petit; silique sessile ou à peine stipitée, terminée par un style distinct. A l'espèce que nous avons indiquée comme type, et qui croît dans l'Amérique septentrionale, De Candolle en a ajouté neuf autres, dont trois du cap de Bonne-Espérance, quatre de l'Inde-Orientale, et une de la Nouvelle-Espagne. Ce sont des Plantes très-voisines des Cleome dont elles ont entièrement le port et avec lesquelles plusieurs d'entre elles avaient été réunies par Linné. (G..N.)

POLATOUCHE. Pteromys. MAM. Ces noms ont été donnés par la plupart des zoologistes modernes, et particulièrement par Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Illiger et Desmarest, à un genre de Rongeurs claviculés, caractérisé de la manière suivante: système dentaire, appareil des sens, de la génération et du mouvement, organes de préhension, très-analogues à ceux des Ecureuils, mais la peau des flanes très-étendue, velue en dessus et en dessous, joignant les membres antérieurs avec les postérieurs, et formant une sorte de parachute; un appendicc osseux aux pieds, destiné à soutenir cette membrane des flanes (Desmarest, Mammalogie, p. 431). Ces derniers caractères, tout remarquables qu'ils sont, n'avaient pas paru à Linné d'une assez haute importance pour servir de base à l'établissement d'un genre particulier; et presque tous les auteurs qui ont publié, d'après l'illustre naturaliste suédois, des systèmes ou des catalogues de Mammifères, ont, à son exemple, laissé les Polatouches avec les Tamias, les Guerlinguets et les Ecureuils proprement dits, dans le groupe siéten du des Sciurus; groupe assurément très-naturel, comme le sont, à un très-petit nombre d'exceptions près, tous les groupes linnéens, mais que l'on doit considérer (en y joignant les Marmottes et les Spermophiles) bien plutôt comme une famille que comme un genre. Telle est aujourd'hui l'opinion unanime de tous les zoologistes. Il n'en est plus un seul qui se refuse à séparer des Ecureuils les Polatouches; et si la classification de ces derniers peut

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encoredonner lieu à quelques contestations, c'est seulement entre les auteurs qui adoptent le genre Pteromys tel qu'il a été établi par Cuvier, Geoffroy et Illiger, et ceux qui pensent que ce groupe secondaire doit être lui-même subdivisé. Cette dernière opinion paraît être celle de Desmarest qui, dans sa Mammalogie, a partagé les Polatouches en deux sections parfaitement caractérisées par la forme de la queue; et elle est bien certainement celle de Fr. Cuvier qui, dans son ouvrage sur les dents des Mammifères et dans le Dictionnaire des sciences naturelles, a érigé en genres les deux sections de Desmarest, en faisant connaître plusieurs caractères différentiels non encore observés. Des deux genres ou sous-genres ainsi formés, l'un comprend le Polatouche de Buffon et quelques espèces très-voisines; c'est celui que Fr. Cuvier nomme Sciuropère, Sciuropterus: l'autre est composé du Taguan de Buffon et du Pteromys nitidus de Geoffroy; c'est celui auquel Fr. Cuvier laisse le nom de Pteromys. Nous décrirons d'abord ce dernier.

† Les PTÉROMYS, Pteromys.

Ce sont les Polatouches à queue ronde de Desmarest. Leur caractère extérieur le plus remarquable consiste en effet dans leur queue ronde, ayant les poils non distiques. Ce sont de grandes espèces qui vivent dans les parties chaudes de l'Asie, et principalement dans les îles de l'archipel Indien. Fr. Cuvier (Dictionn. des sciene. natur. T. XLIV) les caractérise de la manière suivante: « J'ai formé, dit-il, le genre Pteromys du grand Ecureuil volant, nommé Taguan, à cause du caractère très-particulier de ses mâchoires qui ne ressemblent point à celles des Ecureuils volans ou Sciuroptères avec lesquels cette espèce avait toujours été confondue. Ses dents sont au nombre de vingt-deux, douze supérieures (deux incisives et dix mâchelières) et dix inférieures (deux incisives et huit mâchelières). Les mâchelières semblent participer de la nature des dents simples et des dents composées; cependant elles ne contiennent point de matière corticale. ff Les autres caractères que Fr. Cuvier assigne aux Ptéromys sont communs aux Sciuroptères ou Polatouches, et ont été indiqués au commencement de notre article.

Le TAGUAN ou GRANO ECUREUIL VOLANT, Buff., Suppl. III, pl. 21 et 21 bis, et Suppl. VII, pl. 67; Pteromys Petaurista, Desmarest; Sciurus Petaurista, Pall., Misc., p. 54, pl. 6, est l'espèce la moins imparfaitement connue. Les parties supérieures de son corps sont d'un brun tiqueté de blanc, et les inférieures d'un blanc grisâtre; il y a aussi un peu de brun sous le cou. Les cuisses sont rousses, les pieds bruns et la queue noirâtre dans presque toute son éteudue. Le nez, le tour des yeux et les mâchoires sont noirâtres; les joues et le dessus de la tête sont variés de brun et de blanc. Les plus grands poils des moustaches sont noirs. La membrane des flanes forme un angle saillant derrière le poignet, et l'on remarque à la base de la queue un petit prolongement cutané qui s'unit à la partie interne des cuisses. Enfin la taille de cette espèce est ordinairement d'un pied et demi environ, sans comprendre la queue qui mesure un pied huit ou neuf pouces de longueur totale. Cette belle espèce habite les Moluques et les Philippines; ses mœurs sont très-peu connues; on sait cependant qu'elle est nocturne.

Le PTÉROMYS ÉCLATANT, Pteromys nitidus, Geoff. St.-Hil.; Desm., Mamm., est une espèce très-voisine de la précédente par sa taille, ses proportions et ses formes, mais que les couleurs de son pelage rendent très-distincte. Le dessus de son corps est généralement d'un brun foncé, et le dessous d'un roux brillant. La queue est, à sa base, de même couleur que le dessus du corps; mais elle prend, à son extrémité, une

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nuance beaucoup plus foncée. Cette espèce habite les Moluques, et particulièrement l'île de Java.

C'est vraisemblablement à ce sous-genre que l'on devra rapporter le Rongeur mentionné par Temminck sous le nom de Pteromys leucogenys, dans le premier volume des Monographies de Mammalogie (p. 27). Cette espèce, que le célèbre zoologiste hollandais annonce comme très-remarquable, et qu'il promet de décrire prochainement, a été récemment découverte au Japon.

†† Les SCIUROPTÉRES, Sciuropterus.

Ce sont les Polatouches à queue aplatie de Desmarest. Leurs dents, entièrement semblables à celles des Ecureuils, leur queueaplatie, à poils distiques, et leur petite taille, les distinguent parfaitement des Ptéromys, dont ils s'éloignent aussi, suivant notre collaborateur Lesson (Manuel de Mamm., p. 241) par la forme de leur crâne.

Le SCIUROPTÈRE FLÈCHE, Sciuropterus sagitta, Less., Man. de Mamm.; Pteromys sagitta, Desm., Mamm.; Sciurus sagitta de Cuvier et de quelques auteurs. Cette espèce, qui habite Java, est généralement brune en dessus et blanche en dessous, avce la queue d'un brun clair. La membrane des flanes forme, derrière le poignet, un angle saillant, de même que chez les Pteromys. Sa taille n'est que de cinq pouces et demi sans comprendre la queue qui mesure cinq pouces.

Le POLATOUCHE, Buff., T. X, pl. 21; Sciuropterus volucella, Lesson, Man. de Mamm.; Pteromys volucella, Desm.;Sciurus volucella,Pall., Glir,; l'Assapan, Fr. Cuv., Mamm. lith., liv. 8, est une espèce un peu plus petite que la précédente, et dont la queue est aussi proportionnellement plus courte; son pelage est gris-roussâtre en dessus et blanc eu dessous; la membrane des flanes ne forme derrière le poignet qu'un simple lobe arrondi. Le Pola touche (ainsi appelé par Buffon, du nom Polatucka que les Russes donnent à l'espèce suivante) habite les Etats-Unis, où il vit, par petites troupes, sur les arbres, et où il se nourrit de graines et de jeunes bourgeons. Il vit très-bien en domesticité, et il paraît même qu'en 1809 l'espèce s'est reproduite à la Malmaison. Plusieurs individus existent encore en ce moment à la Ménagerie du Muséum où nous avons eu occasion de les examiner. Ils se tiennent constamment cachés pendant le jour sous le foin qui leur sert de litière, et ne se montrent jamais que lorsqu'on vient à l'enlever; alors ils s'élancent à la partie supérieure de leur cage, et si on les inquiète de nouveau, ils sautent du côté opposé en étendant les membranes de leurs flanes, au moyen desquelles ils parviennent à décrire, en tombant, des paraboles d'une assez grande étendue.

Le SCIUROPTÈRE DE SIBÉRIE, Sciuropterus sibiricus, Less., Man. de Mam.; Pteromyssibiricus, Desm.;Sciurus volans, L., Pall., est une espèce un peu plus grande que les précédentes dont elle se distingue par les couleurs de son pelage qui est d'un gris cendré en dessus et blanc en dessous, et par les dimensions de la queue qui est de moitié plus courte que le corps. Les membranes des flancs ont la même forme que chez le Polatouche. Cet Animal, dont on connaît une variété entièrement blanche, habite les forêts de Pins et de Bouleaux de la Lithuanie, de la Livonie, de la Finlande, de la Laponie et de la Sibérie. Il est nocturne comme le Polatouche, mais il vit solitairement. Ses habitudes sont du reste très-peu différentes. C'est cette espèce que l'on trouve désignée dans quelques ouvrages sous le nom de Sapan; mais ce nom, dérivé du mot virginien Assapanik, appartient à l'espèce américaine.

Quelques autres espèces de Sciuroptères se trouvent indiquées dans les auteurs; telles sont: les Pteromys genibarbis et Pler, lepidus d'Horsfield (Zool. Research. in Java, liv. 4 et 5) que l'on devra placer près du Sciu-

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ropterus sagitta, et qui habitent, comme lui, Java. Nous devons remarquer au reste que, suivant Temminck (Mon. de Mamm. T. 1, p. 27), ces deux indications se rapportent à une seule espèce, le Pter, lepidus n'étant qu'un double emploi du Ptergenibarbis. (IS. G. ST.-H.)

*POLCAT. MAM. Catesby et Kalm ont nommé ainsi l'Animal que Buffon a appelé, après eux, Conépate, et que Linné rangeait dans les Viverres sous le nom de Viverra Putorius. (LESS.)

POLE. POIS. Nom vulgaire du Pleuronectes Cynoglossus. V. PLEURONECTE. (B.)

POLECAT. MAM. V. MOUFETTE.

* POLEMANNIA. BOT. PHAN. Bergius, jeune naturaliste prussien, qui est mort il y a quelques années au cap de Bonne-Espérance, avait envoyé sous le nom de Polemannia hyacinthifolia, une Liliacée nouvelle qui croît au pied de la montagne du Lion et à la baie de Kamps. Schlectendal (Linnœa, 2 e fasc., p. 250) a donné une description trés-détaillée de cette Plante. Elle a les plus grands rapports avec l''Hyacinthus serotinus, L., qui croît dans le bassin de la Méditerranée, espèce que les auteurs modernes ont placée dans divers genres, tels que Lachenalia, Uropetalum et Scilla. Schlectendal la considère comme voisine du Lachenalia, mais elle s'en distingue par plusieurs caractères. (G..N.)

* POLEMBRYUM. BOT. PHAN. Notre collaborateur Adrien De Jussieu, dans son Mémoire sur les Rutacées, place à la suite de cette famille un genre nouveau auquel il donne le nom de Polembryum, à cause de son embryon multiple. Ce genre n'est connu que par son fruit décrit et figuré, loc. cit., pag. 136, tab. 28, n. 49. Il est presque sessile, hérissé de pointes, à cinq coques réunies entre elles par leurs côtés, se séparant ensuite par la maturité. Son endocarpe est cartilagineux, coriace, à deux valves séparables du sarcocarpe, renfermant une seule graine ovoïde, marquée à la base d'une large tache noire, couverte d'un tégument mince, et composée intérieurement de plusieurs embryons ordinairement au nombre de trois, disposés et verticillés, inverses, inégaux, à cotylédons charnus, trésépais, ponctués, et à radicules à peine saillantes. De Jussieu ajoute que ce fruit appartient certainement au groupe des Diosmées du Cap, et qu'il offre beaucoup de rapports avec le fruit du Calodendron de Thunberg, appelé Chátaigne sauvage par les habitans de l'Afrique australe. (G..N.)

POLEMOINE. Polemonium. BOT. PHAN. Genre qui sert de type à la famille des Polémoniacécs, et caractérisé de la manière suivante: calice monosépale, à cinq divisions plus ou moins profondes et persistantes; corolle monopétale, régulière, évasée; à tube court et à cinq lobes, portant cinq étamines distinctes, à anthères cordiformes; ovaire libre, légèrement stipité à sa base et élevé au-dessus d'un large disque hypogyne el lobé qui tapisse le fond du calice; cet ovaire présente trois loges contenant chacune un grand nombre d'ovules insérés sur plusieurs rangs à leur angle interue; le style est long, terminé par un stigmate profondément triparti. Le fruit est une capsule triloculaire, s'ouvrant en trois valves portant chacune une cloison sur le milieu de leur face interne. Les espèces de ce genre, au nombre de douze environ, sont des Plantes herbacées, vivaces, portant des feuilles alternes et imparipinnées; leurs fleurs sont généralement bleues, et forment une sorte de corymbe terminal. Presque toutes ces espèces sont originaires de l'Amérique septentrionale et méridionale; une seule croît en Europe; c'est la POLÉMOINE BLEUE, Polemonium cœruleum, L., Fl. Dan., tab. 255, que l'on cultive dans nos parterres sous le nom de Valériane gree-

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que. Elle est originaire d'Allemagne, d'Angleterre et de Suisse. (A. R.)

POLEMONIACÉES. Polemoniaceœ. BOT. PHAN. Famille de Plantes dicotylédones, monopétales et hypogynes, établie par De Jussieu et adoptée par tous les autres botanistes. Les Polémoniacées sont des Plantes herbacées ou ligneuses, quelquefois volubiles, munies de feuilles alternes ou opposées, souvent divisées et pinnatifides, et de fleurs axillaires ou terminales, formant des grappes ramenses. Chaque fleur se compose d'un calice monosépale, à cinq lobes; d'une corolle monopétale régulière, rarement irrégulière, à cinq divisions plus ou moins profondes; de cinq étamines insérées à la corolle; d'un ovaire appliqué Sur un disque souvent étalé au fond de la fleur, et lobé; à trois loges contenant une ou plus souvent plusieurs ovules; le style est simple, terminé par un stigmate trifide. Le fruit est une capsule à trois loges, s'ouvrant en trois valves septifères sur le milieu de leur face interne, ou portant seulement l'empreinte de la cloison qui reste intacte au centre de la capsule. Les graines offrent un embryon dressé au centre d'un endosperme charnu. Cette famille tient en quelque sorte le milieu entre les Convolvulacées et les Bignoniacées. Elle diffère des premières par les valves de la capsule portant les cloisons sur le milieu de leur face interne et non contiguës par leurs bords sur les cloisons, et par son embryon dressé; des secondes, par sa corolle presque toujours régulière, son ovaire à trois loges, ses valves portant les cloisons, etc. Les genres qui composent cette famille sont peu nombreux: tels sont: Polemonium, L.; Phlox, L.; Cantua, Juss.; Ipomopsis, Rich,; Bonplandia, Cavan., ou Caldasia, Willd., et probablement le Cobœa, L. (A. R.)

* POLEO, BOT. PHAN. (Feuillée.) Syn. du Bistropogon mollis de la Flore équinoxiale. (B.)

POLIA. BOT. THAN. Sous le nom de Polia arenaria, Loureiro (Flor, cochinch., p. 204) a décrit une Plante qu'il considérait comme le type d'un nouveau genre, mais qui, suivant Jussieu, est le même que le Polycarpœa, Lamk., ou Hagea de Ventenat. Willdenow avait décrit la même Plante sous le nom d'Achyranthes corymbosa. V. HAGÉE. (G..N.)

POLIDIE. Polidius. INS. Genre de Charansonite établi par Schœnherr. V. RHYNCHOPHORE. (G.)

POLIDONTES. Polidontes. MOLL. Moutfort a proposé ce genre pour quelques espèces d'Hélices qui ont l'ouverture garnie de dents plus ou moins nombreuses. Férussac a renouvelé cette coupe par un sous-genre qu'il nomme Helicodonte. V. ce mot et HÉLICE. (D.. H.)

* POLIDRUSE. Polidrusus. INS. Genre de Charansonite établi par Germar et adopté par Schœnherr. V. RHYNCHOPHORE. (G.)

POLIERSCHIEFER. MIN. Schiste à polir, Schiste tripoléen. Argile schisteuse légère, d'un blanc jaunâtre, quise trouve à Bilin, en Bohême, et qui sert à doucir la surface des métaux. (G. DEL.)

POLINICE. Polinices. MOLL. Démembrement inutile proposé par Montfort (Conch, syst. T. 11, p. 222) pour des Coquilles du genre Nérite de Linné et Natice de Lamarck. Il réunit dans ce groupe les espèces qui ont l'ombilic entièrement ferrmé par la callosité, le Natica mamilla par exemple. V. NATICE. (D.. H.)

POLIOPUS. OIS. Syn. de Fulica nœvia. (B.)

POLISON, BOT. PHAN. (Dombey.) Nom de pays du Ranunculus Krapfia De Cand. et Deless., Icon, sel. 1, tab. 35. V. RENONCULE. (B.)

POLISTE. Polistes. INS. Genre de l'ordre des Hyménoptères, section des Porte-Aiguillons, famille des Diploptères, tribu des Guêpiaires, établi par Latreille, et adopté par tous

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les entomologistes, avec ces caractères: mandibules guère plus longues que larges, en carré long, obliquement et largement tronquées au bout, avec la portion apicale de leur bord interne, ou celle qui est au-delà de son angle, plus courte que le reste de ce bord; chaperon presque carré, avec le milieu de son bord antérieur avancé en pointe ou en dent; division inlermédiaire de la lèvre un peu allongée, presque en cœur; abdomen ovalaire ou diversement et distinctement pédiculé. Ce genre, remarquable par les mœurs des espèces qui le composent, a les plus grands rapports avec les Guêpes proprement dites, dont il a été extrait, mais il en diffère, 1� par les mandibules qui, dans les Guêpes, ont la portion apicale du bord interne plus longue ou aussi longue que le reste de ce bord; 2� par le milieu du bord antérieur du chaperon qui est largement tronqué et unidenté de chaque côté dans les Guêpes; 3� et enfin par l'abdomen qui, dans celle-sci, est ovoïdo-conique et tronqué à sa base, ce qui n'a jamais lieu chez les Polistes. Ces différences sont assez sensibles pour que l'on distingue facilement ces deux genres; aussi nous ne donnerons pas de description détaillée des Polistes afin d'avoir plus d'espace pour parler des inœurs des principales espèces que nous allons citer. Le genre Poliste en renferme un assez grand nombre. On en trouve dans presque toutes les parties du globe, mais c'est principalement dans l'Afrique et dans l'Amérique méridionale que vivent les plus grandes.

La POLISTE FRANÇAISE, Polistes gallica, Latr., Fabr., Panz., Faun. Germ., fasc. 49, fig. 22; Vespa gallica,, L. Elle est un peu plus petite que la Guêpe commune; noire, avec le chaperon; deux points sur le dos du corselet; six lignes à l'écusson; deux taches sur le premier et sur le second anneau de l'abdomen, leur bord supérieur, ainsi que celui des autres, jaunes; l'abdomen est ovalaire et brièvement pédiculé. Cette espèce fixe son nid contre les branches des arbres, dans une position verticale; il se compose d'un seul gâteau formé d'un plus ou moins grand nombre de cellules dont les latérales sont plus petites. Dans le nord de la France, et aux environs de Paris, ces guêpiers ont au plus vingt à trente cellules, tandis que, dans le midi, nous en avons vu qui étaient composés de plus de cent cellules; ils étaient le plus souvent attachés sous le rebord des toits des maisons, et alors dans une position horizontale. Ces Polistes piquent très-fort quand on les irrite; leurs nids sont faits d'un papier gris foncé.

La POLISTE CARTONNIÈRE, Polistes nidulans, Latr.; Vespa nidulans, Fabr., Coqueb., Ill. iconog., tab. 6, fig. 3, Réaum., Mém., tab. 6, pl. 20 à 24; Vespa chartaria, Oliv., Encyclop. Elle est longue de près de cinq lignes, d'un noir soyeux, avec le bord postérieur des anneaux de l'abdomen jaune. Cette espèce se trouve dans l'Amérique méridionale, à Cayenne. Le nid de ces Polistes est composé d'une boîte en carton d'un blanc jaunâtre marbré de brun, d'une demi-ligne d'épaisseur et trèspoli, ayant la forme d'un cône tronqué fermé en bas par un autre cône très-évasé et percé à son sommet. Ce guêpier est attaché à une branche d'arbre à laquelle il tient par une espèce de tuyau placé à sa partie supérieure.

La POLISTE LECHEGUANA, Polistes Lecheguana, Latr., Ann. des Sienc. natur. T. IV, p. 339, a le corps noir, avec le bord postérieur des cinq premiers anneaux del'abdomen jaune. Cette Poliste a été rapportée de l'intérieur du Brésil par Aug. de Saint-Hilaire. Ces Hyménoptères suspendent leur nid aux branches de petits arbrisseaux et à environ un pied du sol; ces nids ont une forme à peu près ovale. Les gâteaux qui sont dans l'intérieur de ces guêpiers contiennent un miel excellent, ayant plus de consistancc que celui de nos Abeilles, mais possédant sou-

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vent une qualité délétère qui rend insensés et furieux ceux qui en ont mangé. Auguste de Saint-Hilaire et deux hommes qui l'accompagnaient en ont fait, sans le savoir, une cruelle expérience et faillirent périr des suites de l'empoisonnement causé par ce miel. V., pour plus de détails sur cet empoisonnement, Ann. des Sc. nat., 4, p. 340. (G.)

* POLISTIQUE.,Polistichus. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Carnassiers, tribu des Carabiques, établi par Bonelli sur la Galerita fasciolata de Fabricius, dont Latreille formait le type de son genre Zuphium, genre qui renfermait alors l'espèce du genre Zuphium proprement dit de Bonelli. Latreille a depuis adopté les genres Zuphie et Polistique. Celui dont nous nous occupons dans cet article a pour caractères; dernier article des palpes assez fortement sécuriforme dans les deux sexes. Antennes filiformes, presque monili-formes; le premier article plus court que la tête; articles des tarses courts et presque bifides; ceux antérieurs très-légèrement dilatés dans les mâles, et ciliés égalementdes deux côtés. Corps aplati. Tête presque trian-gulaire, rétrécie postérieurement. Corselet plan et cordiforme. Ce genre ne renferme que deux espèces propres au midi de la France; on en trouve une (Zuph. fasciolatum Latr.) aux environs de Paris, mais elle y est très-rare. (G.)

POLITRIC. BOT. CRYPT. Pour Polytric. V. ce mot. (B.)

POLIUM. BOT. PHAN. Espèce du genre Germandrée.V. ce mot. (A., R.)

POLIXÈNE. Polixenus. MOLL. Une petite Coquille microscopique de la classe des Foraminifères a servi à Montfort pour l'établissement d'un genre que D'Orbigny rapporte à celui qu'il a nommé Troncatuline. V. ce mot. (D.. H.)

* POLLA, BOT. CRYPT. (Mousses,) Adanson avait formé sous ce nom un genre de Mousses très-hétérogène, renfermant des Plantes placées maintenant dans les genres Gymnosto-mum, Dicranum, Polytrichum et Bryum. (AD. B.)

POLLACK, POIS. Gadus Pollachius. Espèce de Gade du sous-genre Merlan.V. ces mots. (B.)

* POLLALESTA. BOT. PHAN. Ce genre de la famille des Synanthérées, établi par Kunth (Nov. Gen. Plant. Am., 4, p. 47, tab. 321), est fondé sur des caractères semblables à ceux du genre Oliganthes de Cassini. En conséquence, ces deux genres ont été réunis. V. OLIGANTHE. (G..N.)

POLLEN. BOT. PHAN. On donne ce nom à la matière généralement granuleuse qui est contenue dans les loges de l'anthère, et qui sert à la fécondation de l'organe femelle dans les Végétaux. Examiné à l'œil nu, le Pollen se présente sous l'aspect d'une poussière dont les grains sont d'uue excessive ténuité; quel-qucfois ces grains sont plus gros, et dans quelques cas ils se réunissent et se soudent en une masse solide, qui remplit plus ou moins exactement chaque loge de l'anthère. La forme de ces grains polliniques est extrêmement variable; mais pour la bien apprécier, il faut se servir du microscope. Aussi les anciens physiologistes n'avaient-ils que des idées fort in complètes sur les formes et l'organisation de ces granules. Notre ami et collaborateur Guillemin, dans un travail spécial sur cette partie, a fixé nos idées sur la forme générale des grains polliniques et sur leur aspect extérieur. Cette forme, comme nous venons de le dire, est très-variable. Ainsi il y en a qui sont régulièrement sphériques, d'autres ellipsoïdes, d'autres lenticulaires; quelques-uns sont naviculaires, d'autres trigones, etc. Mais une distinction plus importante à faire parmi les grains de Pollen est celle que l'on tire de l'aspect de leur surface externe. En effet, elle peut être tout-à-fait lisse, ou bien

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elle peut être hérissée, soit d'aspérltés ou de villosités, et dans ce dernier cas elle est toujours couverte d'un enduit visqueux, qui parait sécrété par les petites asperités qu'on observe sur cette surface. Par un grand nombre de recherches, le même observateur s'est convaincu que la nature des grains polliniques était, à peu d'exceptions près, la même dans chaque famille de Plantes, c'est-à-dire que dans les genres d'une même famille on ne rencontre que des granules lisses ou des granules visqueux et papillaires. Ainsi dans les Convolvulacées et les Malvacées les granules sont visqueux, sphériques et d'un blanc argentin; ils sont également sphériques et d'un beau jaune dans un grand nombre de Cucurbitacées; dans les Onagres ils sont trigones, papilla ires, avec une dépression considérable dans leur centre. Les familles où les grains ne sont pas papillaires, sont en grand nombre; nous citerons comme excmple: les Gentianées, Solanécs, Graminées, Scrophulariées, etc., etc.

Mais quelle est l'organisation intérieure de ces grains de Pollen ? Déjà Needham avait reconnu que ce sont des utricules formés de deux membranes, l'une extérieure, plus épaisse; l'autre intérieure, d'une ténuité extrême, qui contient des granules d'une excessive petitesse, et que c'est cette membrane qui empêche ces panules de se mêler au liquide dans lequel on a fait éclater les grains polliniques. Kœlreuter et Gaertner adoptèrent l'opinion de Needham quant à l'existence des deux membranes; mais ce dernier avait dit aussi que les granules existaient dans tous les Pollens parfaits, et qu'ils en étaient la partie essentielle et fécondante: cette dernière opinion fut combattue par Kœlreuter, qui voulait que ces granules ne se rencontrassent que dans les Pollens imparfaits, et que par conséquent ils ne servaient en rien à la fécondation des ovules. Les observations importantes de Needham avaient été en quelque sorte négligées par la plupart des physiologistes, quand les observations microscopiques du professeur Amici de Modène, et surtout celles de notre ami et collaborateur Adolphe Brongniart dans son beau travail sur la génération des Végétaux, vinrent en quelque sorte les tirer de l'oubli. Le professeur de Modène, en soumettant a son excellent microscope le Pollen du Portulaca pilosa, avait reconnu qu'au moment où les grains sont en contact avec la surface du stigmate, leur membrane externe se rompt, et que par cette déchirure il sort un appendice tubuleux, transparent, formé par la membrane interne, et dans l'intérienr duquel il vit les granules spermatiques se mouvoir pendant l'espace d'environ quntre heures. Brongniart fils a reconnu que toutes les fois que les grains de Pollen se trouvent en contact avec la surface humide du stigmate, ou plongés dans un liquide qui détermine la rupture de la membrane externe, on voit la membrane interne faire ainsi saillie à travers cette ouverture, et se prolonger sous la forme d'un appendice tubuleux plus on moins long, quelquefois légèrement renflé à son extrémité. Il a vu aussi que les grains polliniques de l'Œnothera biennis, qui ont une forme trigone, émettaient fréquemment deux appendices tubuleux; tandis que dans le Cucumis acutangulus la membran. interne faisait saillie par trois ou quatre points de la surface des grains de pollen. Ces observations faites sur le Pollen de Plantes extrêmement yariées, mettent hors de doute l'existence d'une membrane interne, renfermant immédiatement les granules spermatiques et la saillie tubuleuse que fait cette membrane au moment où a lieu la rupture des grains de Pollen. L'existence de ces globules ou granules spermatiques est également incontestable, malgré l'opinion contrair é émise par Kœlreuter. Mais ces granules sont d'une telle ténuité, qu'il est extrêmement difficile d'en apprécier la forme. D'aprèa ses ob-

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servations faites avec le microscope d'Amici, au moyen de la Camera lucida, et par un grossissement de 1050 diamètres. Brongniart a reconnu que ces granules avaient en général une forme sphérique, et sur un assez grand nombre de Plantes observées par lui, il a trouvé que leur diamètre variait depuis 1/350 jusqu'à 1/875 de milliraètre. Un fait non moins important, apercu d'abord par Amici, mais constaté depuis par le jeune physiologiste frangais, c'est que ces granulesisont doués d'un mouvement spontané plus ou moins marqué. Au moyen du plus fort grossissement du microscope d'Amici (1050 diaméires), ces mouvemens sont trés-appréciables. et il paraît impossible de les attribuer à aucune cause extérieure. Dans le Potiron, dit Brongniart (Ann. Sc. nat 12, p. 45), le inouvement des granules consiste dans une oscillation lente, qui les fait changer de position respective ou qui les rapproche et les éloigne, comme par l'effet d'une sorte d'attraction et de répulsion. L'agitation du liquide, dans lequel ces granules nagent, ne paraît pas pouvoir influer sur ce mouvement, puisque d'autres granules, les uns plus fins et les autres plus gros, qui sont mélés avec eux, restent immobiles, tandis que les granules spermatiques, reconnaissables à leur grosseur uniforme, exécutent les mouvemens lents que je viens de décrire. Ces mouvemens sont encore vacées ou l'on voit ces granules, qui sont oblongs, changer de forme, se courber en arc ou en S à la manière des Vibrions.

Ainsi de ces diverses observations il résulte que le Pollen se compose d'utricules de forme trés-variée, tantôt lisses extérieurement, tantôt papilleux; que ces utriculos sont formes de deux membranes, l'une externe, plus épaisse, l'autre intérieure, extrémement mince; qu'au moment où a lieu la rupture de chaqué grain de Pollen, la membrane interne qui ne se rompt pas se prolonge par l'ouverture de l'externe en un appendice tubuleux plus ou moins allongé, dans lequel viennent s'amasser les granules spermatiques contenus dans la membrane interne; que ces granules, d'une excessive petitesse, paraissent animés d'un mouvement spontané plus ou moins rapide. II nous reste maintenant à examiner l'action du Pollen sur le stigmate, ou la fécondation. Nous devons faire remarquer d'abord que la manière d'agir des grains polliniques sur le stigmate, varie suivant l'organisation particuliècute;re de celui-ci. Ainsi le stigmate observé au microscope se compose d'utricules de formes variées, rapprochés et contigus les uns aux autres. Tantôt ils sont nus, tantôt ils sont recouverts par une sorte de membrane qui peut-être n'est pas distincte de celle qui compose les utricules. Dans le premier cas qui estlus fréquent, quand les grains poliniques se trouvent en contact avec la surface humide du stigmate, ils se rompent, la membrane interne fait saillie par le moyen de son appendice tubuleux; on voit alors cet appendice s'introduire, s'insinuer en quelque sorte dans les espaces interutriculaires et tendre à s'y enfoncer de plus en plus, tandis qu'ils se trouvent reten us dans cette position par la membrane externe qui ne peut les suivre dans leur mouvement. Chaque lobe du stigmate ressemble alors, selon la remarque de Brongniart, a une petite pelotte dans laquelle des épingles seraient enfoncées jusqu'à la tête. Si dans cet état on observe attentiveinent les appendices tubuleux, on voit que les granules spermatiques, qui y étaient d'abord epars, se réunissent vers leur extrémité inférieure, qu'à une certaine époque celle-ci se déchire, et qu'alors ces ranules se trouvent en contact avec le tissu interutriculaire du stigmate. Quand, au contraire, la surface externe du stigmate est revêtue d'une membrane continue, l'appendice tubuleux des grains polliniques s'applique par son extrémité contre cette

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membrane, finit par se souder avec elle, et les granules spermatiques, s'accumulant dans ce point, eu déterminent la rupture, de manière qu'ils se trouvent également répandus dans le tissu interutriculaire du stigmate. Maintenant comment ces molécules spermatiques si ténues cheminent-elles jusqu'à l'ovule dont elles doiveot opérer la fécondation? Par quelle voie se fait leur transport? Ici plusieurs opinions ont été émises. Et d'abord il est important de détruire l'erreur des auteurs qui prétendent que la transmission du Pollen a lieu par le moyen de vaisseaux particuliers, dont la réunion constitue des faisceaux qu'on a nommés cordons pistillaires. Ces vaisseaux prétendus n'existent pas; c'est-à-dire que la communication, qui existe entre le stigmate et les trophospermes où sont attachés les ovules, a lieu par le tissu cellulaire et non par aucune espèce de vaisseau. Mais il reste encore à déterminer si la transmission des granules se fait en traversant les cellules, ou si elle a lieu par les intervalles intercellulaires. Le professeur Link, qui déjà avait détruit l'erreur des physiologistes touchant les vaisseaux conducteurs de la matière fécondante, avait dit que les granules spermatiques traversaient les cellules en pénétrant par les espaces intermoléculaires dont sont criblées leurs parois. Mais cette opinion paraît peu admissible; car le plus fort grossissement du microscope qui permet de distinguer la forme des granules spermatiques, ne fait nullement reconnaître l'existence des ouvertures par lesquelles ces granules traverseraient les cellules. Mais, ainsi que l'a remarqué Brongniart, les cordons pistillaires ne sont pas composés de vaisseaux, mais bien d'un tissu cellulaire plus fin, plus coloré, formant tantôt de simples cordons, tantôt des lames plus ou moins saillantes, et qui s'étendent depuis le stigmate jusqu'aux ovules. C'est par ce tissu particulier, qu'on nomme tissu conducteur, qu'a lieu la transmission des granules spermatiques, non pos en traversant les parois des utricules qui le composent, comme le croyait le célèbre professeur de Berlin, mais en suivant les interstices de ces cellules. Arrivés par cette voie jusqu'au trophosperme qui supporte les ovules, les granules fécondans se trouvent mis en contact plus ou moins immédial avec l'ouverture des tégumens de l'ovule, et par suite avec l'amande que ces tégumens recouvrent et dans laquelle l'embryon ne tarde pas à se développer. On voit, d'après cette théorie, le rôle important que jouent les granules spermatiques dans la fécondation des ovules. Ce rôle est le même que celui des animalcules spermatiques dans la génération des Animaux. Lia fécondation dans les Plantes présente done les mêmes phénomènes que celle des Animaux, et offre un point de contact de plus entre les deux grandes divisions des êtres organisés. V GÉNÉRATION

Il nous reste, pour terminer cet article, à dire quelques mots des Pollens solides. Dans certains Végétaux, comme dans les Orchidées et les Asclépiadées, les granules de Pollen, renfermés dans chaqué loge de l'anthère, se néunissent et se soudent entre eux, de manière à former une masse qui a en général la même forme que la cavilé de l'anthérc dans laquelle elle était renfermée. Tantôt ces granules sont simplement très-rapprochés, sans qu'ils aient contracté d'adhérence entre eux comme, par exemple, dans le genre Epipactis; tantôt ils sont réunis les uns aux autres par une sorte de matière visqueuse très-adhérente, qui s'allonge sous la forme de filamens élastiques quand on tend à séparer ces granules, ainsi qu'on le remarque dans les genres Orchis, Ophrys, Serapias, etc.; tantôt enfin la soudure est tellement intime, que tous les grains polliuiques forment une masse solide, ainsi qu'on l'observe dans les Asclépiadées et les Orchidées. V. tous ces mots. (A. R.)

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POLLIA. BOT. PHAN. Thunberg (Flora Japonica, p. 8) a établi sous ce nom un genre de l'Hexandrie Monogynie, L., et qui paraît se rapporter à la famille des Asparaginées. Voici ses caractères: périanthe à six parties pétaloïdes; trois extérieures ovées, concaves, obtuses, très-grandes, alternes avec les intérieures qui sont réfléchies, très-minces, marquées de nervures, et un peu plus petites que la bractée; six étamines insérées sur le réceptacle, à filets capillaires et à anthères didymes; ovaire supère, globuleux, surmonté d'un style subulé, et d'un stigmate simple et obtus: baie globuleuse, entourée par la bractée et le périauthe persistans, très-glabre, de la grosseur d'un grain de poivre, blanche avant et bleue apres la maturité, renfermant plusieurs graines anguleuses et brunes. Ce genre, trop peu connu, ne renferme qu'une seule espèce, Pollia japonica, Plante qui croît près de Nangasaki au Japon, et qui se retrouve aussi dans l'île de Java. Sa tige est haute de deux pieds, dressée, articulée, un peu rameuse, garnie de feuilles rapprochées à la base, alternes et très-éloignées dans la partie supérieure, amplexicaules, fusiformes, et marquées de nervures longitudinales. Les fleurs sont disposées en corymbes verticillés. (G..N.)

POLLICATA. MAM. Illiger a formé sous ce nom un ordre de Mammiferes dont le pouce est opposable, soit en devant, soit en arrière. Cet ordre correspond en partie aux Quadrumanes de Cuvier. (LESS.)

POLLICHIA. BOT. PHAN. Trois genres ont été ainsi nommés par divers auteurs. Aiton et Smith ont établi un enre Pollichia qui avait déjà reçu de Gmelin le nom de Neckeria; mais comme cette dernière dénomination a été appliquée à un genre de Mousses, on doit adopter le changement du nom proposé par les auteurs anglais, et c'est celui que nous allons décrire dans cet article. D'un autre côté les deux genres Pollichia établis par Roth et par Médikus, sont connus sous d'autres dénominations, savoir: celni de Roth, sous le nom de Galeobdolon, et celui de Médikus, sous le nom de Trichoderma. V. ces mots.

Le Pollichia d'Aiton et Smith appartient à la Monandrie Monogynte, L., et comme il a'quelques rapports avec le genre Herniaria, De Candolle l'a placé comme celui-ci dans la nouvelle famille des Paronychiées. Voici ses caractères essentiels: calice monophylle, à cinq dents; corolle nulle, selon Schreber el Willdenow, à cinq pétales, selon Smith; un fruit pseudosperme porté sur un réceptacle formé d'écailles agrégées, charnues, succulentes et simulant une baie. Ce genre ne renferme qu'une seule espèce, Pollichia campestris, Plante du cap de Bonne-Espérance, à tiges rameuses, déclinées, garnies de feuilles verticillées, linéaires-lancéolées. Les fleurs sont petites, sessiles, agglomérées dans les aisselles des feuilles. (G..N.)

* POLLICHIÉES. Pollichieœ. BOT. PHAN. De Candolle (Prodrom. Syst. Veget. natur., vol. 3, p. 377) a donné ce nom à une section de la famille des Paronychiées, qui ne se compose que du seul genre Pollichia. V. ce mot. (G..N.)

POLLICIPÈDE. Pollicipeda. CIRRH. Genre établi par Leach, et adopté par la plupart des zoologistes pour les espèces d'Anatifes qui ont plus de cinq pièces. Lamarck ayant donné le nom de Pousse-Pied à ce genre, c'est à ce mot que nous le traiterons. V. aussi ANATIFE. (D.. H.)

POLLICIPÉDITES. CIRRH. V. POUSSE-PIED.

POLLICITOR. MOLL. Genre établi par Renieri pour quelques espèces d'Alcyons, qui ne sont pas des Animaux simples, mais des réunions d'Animaux agrégés et dont on avait formé le genre Botrylle. L'espèce qui a servi de type, est I'dAlcyon Schlosseri de Gmelin, ou Botrillus stellatus de Gaertner. Le même auteur men-

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tionne aussi l'Alcyon pyramidatum de Bosc et deux autres espèces nouvelles, Pollicitor cristallinus et P. mollissmus. Tous ces Animaux vivent dans la mer Adriatique. (A. R.)

POLLIE. BOT. PHAN. Pour Pollia. V. ce mot. (B.)

* POLLINIA. BOT. PHAN. Genre établi par Sprengel aux dépens du genre Andropogon, L., et qui a pour types les A. distachyos et Gryllus, L. On y trouve réunies plusieurs Graminées considérées auparavant comme appartenant à des genres très-différens. Ainsi le Cynosurus filiformis de Wahl, l'Holcus pallidus de R.Brown, le Perotis polystachya de Willdenow, les genres Diectomis de Kunth, Arthraxon de Palisot de Beauvois, etc., font partie de ce genre qui doit être soumis à un nouvel examen avant d'être définitivement admis. (G..N.)

POLLONTHE. Pollonthes. MOLL. Genre établi par Montfort (Conch. Syst. T. 1, p. 246), et qui est un double emploi de celui que Lamarck avait proposé sous le nom de Milicle, qui a été généralement adopté (V. ce mot). Depuis, D'Orbigny, ayant démembré ce genre, pense que le genre de Montfort pourrait bien faire partie de celui qu'il a nommé Quinqueloculine. V. ce mot. Mais ce n'est qu'avec doute qu'il l'y admet. (D.. H.)

* POLLUX. ZOLL.? BOT.? (Arthrodiées.) Espèce du genre Tendaridée. V. ce mot. (B.)

POLLYXÈNE. Pollyxenes, INS. Genre de l'ordre des Myriapodes, famille des Chilognathes, établi par Latreille aux dépens du grand genre Scolopendre de Linné, et dont les caractères sont d'avoir le corps membraneux, très-mou, terminé par des pinceaux de petites écailles, et des antennes de la même grosseur dans toute leur longueur et composées de sept articles. L'espèce qui constitue ce genre est un Insecte très-petit, plat, ovale, allongé, et qui, vu en dessus, paraît composé de huit anneaux. Sa tête est grande, arrondie; elle a de chaque côté une petite eminence en forme de pointe, dirigée en avant; les yeux sont situés près de ces pointes; ils sont noirs, grands et ronds, et l'on voit entre eux et en avant une frange d'un double rang d'écailles; celles du rang antérieur sont dirigées en avant, et celles de l'autre sont portées en arrière; les antennes, que l'Insecte remue sans cesse quand il marche, sont composées de sept articles presque cylindriques. Chacun des huit demi-an-neaux supérieurs du corps a, de chaque côté, une touffe de poils ou de longues écailles dirigées en arrière, et deux touffes sur le dos composées d'écailles plus petites, ce qui fait en tout trente-deux bouquets; en outre chaque anneau du corps a deux rangées transversales de courtes écailles, l'une située près du bord antérieur, et l'autre vers le bord postérieur. Le corps est terminé par une espèce de queue qui paraît composée de deux parties allongées, arrondies au bout, séparées à leur naissance, appliquées ensuite l'une sur l'autreet consistant en deux paquets de poils d'un beau blanc de satin luisant; l'extrémité du corps est terminée par une pièce circulaire sous laquelle est l'anus. Le dessous du corps a, suivant Degéer, douze demi-anneaux portant chacun une paire de pates très-petites, coniques, et semblables aux pates écailleuses des Chenilles.

L'organisation de cet Insecte n'est pas si compliquée lorsqu'il est jeune. Le nombre de ses anneaux, de ses bouquets de poils et de ses pates est moindre, et il accroît avec l'âge. Les anneaux des jeunes individus, dont Degéer a vu plusieurs n'en ayant que trois, et par conséquent trois paires de pates, ont la même quantité de bouquets d'écailles que les adultes; les pates des jeunes individus sont plus grosses proportionnellement que celles des individus plus âgés. Le type de ce genre et la seule espèce bien connuc est:

Le POLLYXÉNE A PINCEAU, P. lagurus, Latr., Gen. Crust. et Ins. T. 1,

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p. 76; Hist. natur. des Crust, et des Ins. T. VII, p. 82, pl. 59, fig. 10, 12; Leach, Zool. miscell., p1. 135, B; Scolopendra lagurus, L.; Iulus lagurus, Degéer, Oliv., Encycl. (G.)

* POLMOVE. OIS. (Lepechin.) Syn. vulgaire de Stercoraire parasite. V. STERCORAIRE. (DR..Z.)

POLOCHION. OIS. V. PHILÉDON.

POLOCHRE. Polochrum. INS. Genre de l'ordre des Hyménoptères, section des Porte-Aiguillons, famille des Fouisseurs, tribu des Sapygites, établi par Spinola, et adopté par Latreille et tous les entomologistes. Les caractères de ce genre sont: corps allongé; tête grande, aussi large que le corselet; chaperon élevé; yeux échancrés, réniformes. Trois petits yeux lisses. Antennes filiformes, insérées dans une échancrure des yeux, composées de douze articles dans les femelles, et de treize dans les mâles. Labre presque caché, membraneux, triangulaire, cilié en devant. Mandibules arquées, fortes, tridentées à l'extrémité. Mâchoires plus courtes que le menton, cornées et un peu renflées à leur base, terminées par un appendice membraneux, cilié au bout. Palpes maxillaires, filiformes, de six articles; le premier plus gros, les autres presque égaux entre eux, insérés à l'extrémité des mâchoires au-dessous de l'appendice. Les labiaux plus courts que les maxillaires, filiformes, de quatre articles presque égaux. Lèvre dirigée en avant, membraneuse, bifide; languette grande, s'élargissant et très-échancrée antérieurement. Corselet convexe; écusson marqué de deux ligues enfoncées, transversales. Ailes supérieures ayant une cellule radiale et quatre cellules cubitales; la seconde et la troisième recevant chacune une nervure récurrente; la quatrième atteignant le bout de l'aile. Pates fortes, courtes; premier article des tarses plus grand que les autres qui vont en décroissant de longueur. Ce genre diffère des Sapyges, parce que ces derniers Hyménoptères ont les yeux entiers; les Thynnes en sont distinguées par leurs antennes qui vont en grossissant vers le bout. Les mœurs de la seule espèce qui compose le genre Polochre sont inconnues; cette espèce se trouve dans les environs de Gênes, c'est le Polochrum repandum de Spinola (Ins. Ligur., fasc. 1, p. 20, tab. 2, fig. 8, et fasc. 2, p. 1). Il est long de neuf à dix lignes, noir, avec des taches sur le corselet et sur les anneaux de l'abdomen, et des bandes sur ces derniers, jaunes. (G.)

POLOPHILUS. OIS. Leach a proposé sous ce nom un genre d'Oiseau démembré des Coucous. Ce genre, qu'il a établi dans ses Miscellany, est caractérisé par un pouce assez analogue à celui de l'Alouette et par des tarses plus allongés et nus; mais cette coupe n'a point été adoptée, parce qu elle rentre dans le genre Coucal, Centropus, d'Illiger, ou Toulou, Corydonyx, de Vieillot. V. COUCAL. (LESS.)

POLYACANTHA. BOT. PHAN. Ce nom, donné par les anciens à plusieurs Plantes épineuses, n'est plus employé que comme nom spécifique. (G..N.)

POLYACHYRUS. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, établi par Lagasca, adopté par De Candolle sous le nom de Polyachurus, et placé par ces auteurs dans leur tribu des Chénanthophores ou Labiatiflores. Cassini (Opuscules phytol., 2, p. 136 et 182) l'a fait entrer dans sa tribu des Nassauviées, et l'a ainsi caractérisé en se servant de la description fournie par Lagasca: calathides nombreuses, rassemblées en capitule: chaque calathide composée de deux fleurs, l'une hermaphrodite, l'autre mâle (toutes les deux hermaphrodites, selon Lagasca); involuere composé de quatre folioles, dont un plus large concave, entourant la fleur hermaphrodite; les trois autres environnant extérieurement la fleur mâle; réceptacle très-petit, pourvu d'une seule paillctte placée entre les

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deux fleurs. La fleur hermaphrodite a une corolle à deux lèvres, dont l'intérieure est divisée jusqu'à la base en deux lanières; un ovaire portant une aigrette sessile, longue, composée de poils légèrement barbus. La fleur mâle a une corolle semblable à celle de la fleur hermaphrodite, probablement plus petite; un faux ovaire portant une aigrette courte. Ce genre, dont l'organisation est loin d'être suffisamment éclaircie, a été placé par Lagasca entre les genres Jungia et Mutisia. Il ne se compose que d'une seule espèce qui croît au Chili. (G..N.)

POLYACTIS. BOT. CRYPT. (Mucédinées.) Ce genre, établi par Link, est le même que le Spicularia de Persoon, à l'exception de quelques espèces qui doivent rentrer dans le genre Botrytis. Le Polyactis se rapproche surtout du genre Aspergillus de Link dont il ne diffère que par ses rameaux rapprochés par touffes, par les extrémités des filamens. Ces rameaux sont de même renflés et couverts de sporules. Toutes les Plantes de ce genre croissent également sur les substances fermentescibles en décomposition. (AD. B.)

POLYADELPHIE. BOT. PHAN. Dixhuitième classe du Système sexuel de Linné, caractérisée par des étamines en nombre variable, et réunies par leurs filets en plusieurs faisceaux ou androphores distinets. Cette classe peu nombreuse en genres a été divisée en trois ordres, suivant le nombre des étamines; ces ordres sont: 1� Polyadelphie pentandrie, exemple: le Cacao; 2� Polyadelphie icosandrie, exemple: les Orangers; 3� Polyadelphie polygynie, exemple: les Millepertuis. V. SYSTÈME SEXUEL. (A. B.)

* POLYÆTNIUM. BOT. CRYPT. (Fougères.) Desvaux (Ann. de la Soc. Linn. de Paris, juillet 1827, p. 218) a donné ce nom à un genre auquel il a imposé les caractères essentiels suivans: sporanges disposés en sores géminés, continus, presque immergés entre la côte et le bord; involuere nul. Il ne renferme qu'une seule espèce, Polyœtnium lanceolatum, Desv., qui est l'Hemionitis lineata, Swartz, ou le V ittaria lanceolata du même auteur et de Schkuhr, Crypt., tab. 101 bis. Cette Fougère se trouve dans les Antilles. (G..N.)

POLYANDRIE. BOT. PHAN. Linné a donné ce nom à la treizième classe de son Système sexuel, caractérisée par un grand nombre d'étamines réunies dans une même fleur et hypogynes. Cette classe se divise en sept ordres, savoir: 1� Polyandrie monogynie, exemple; le Pavot, les Cistes; 2� Polyandrie digynie, exemple: les Pivoines; 3� Polyandrie trigynie, exemple: les Pieds d'Alouette; 4° Polyandrie tétragynie, exemple: le Tetracera; 5° Polyandrie pentagynie, exemple: les Ancolies; 6° Polyandrie hexagynie, exemple: le Stratiotes; 7° Polyandrie polygynie, exemple: les Magnolias, les Renoncules, etc. V. SYSTÈME SEXUEL. (A. B.)

POLYANG1UM. BOT. CRYPT. (Lycoperdacées.) Ce genre appartient à la tribu des Angiogastres, et à la section des Nidulaires; il se rapproche particulièrement des genres Myriococcum de Fries et Arachnion de Schweinitz. Il a été créé par Link, et depuis lors Dittmar a donné une excellente figure et une description très-détaillée (Sturnis Deutschl. Flor. Abth. III, tab. 27) de la seule espèco connue: Polyangium vitellinum. C'est une petite Cryptogame à peine visible à l'œil nu, croissant sur les bois morts; son péridium membraneux est transparent, sessile, et renferme plusieurs péridioles secondaires ovoïdes, d'un beau jaune d'œuf. Chacuno de ces péridioles est remplie d'une quantité considérable de petites séminules. (AD. B.)

* POLYANTHEA. BOT. PHAN. Sous ce nom De Candolle (Mém. Soc. d'Hist. nat. de Genève, 1, p. 435) a établi une section dans le genre Passiflora, qui se compose de six espèces, parmi lcsquelles on remarque les

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Passiflora holosericea, L.; P. cirriflora et sexflora, Juss. (G..N.)

POLYANTHKMUM. BOT. PHAN. Les anciens donriaient ce nom à des Renoncules et à plusieurs autres Plantes remarquables par le grand nombre de leurs fleurs. On n'emploie plus ce mot que comme nom spécifique. (G..N.)

POLYANTHES. BOT. PHAN. V. TUBÈREUSE.

* POLYBIE. Polybius. CRUST. Genre établi par Leach, et que Latreille réunit à son genre Platyonique. V. ce mot. (G.)

POLYBORUS. OIS. Nom scientifique du genre Rancanca, proposé par Vieillot dans son Analyse élémentaire d'Ornithologie, et qui n'est pas distinet des Caracaras. Le type de ce genre est le petit Aigle à aorge nue de Buffon, pl. enl. 417, Falco aquilinas, L. V. FAUCON. (LESS.)

POLYBOTRYA. BOT. CRYPT. (Fougères.) Ce genre, établi par Humboldt et Bonpland (Willd., Spec. T. v, p. 99; Kunth, Nov. Gener., 1, tab. 2) réunit le port des Osmondes aux caractères essentiels des Acrostiques. Il appartient en effet à la tribu des Polypodiacées dont ses capsules ont tout-à-fait la structure; mais ces capsules, réunies en grand nombre, forment sur les divisions avortées des frondes, des grappes plus ou moins rameuses comme dans les Osmondes, et ne sont recouvertes par aucun tégument. Le Polybotrya Osmundacea décrit et figuré par Kunth est une des plus belles Fougères de l'Amérique. Elle a été recueillie par Humboldt et Bonbland près de Santa-Cruz dans la Nouvelle-Andalousie. Depuis lors, deux nouvelles espèces ont été ajoutées à ce genre; l'une par Kaulfuss, sous le nom de Polybotrya cylindrica, provient également de l'Amérique méridionale; l'autre par Hooker (Exot. Flor., tab. 107), sous le nom de Polybotrya vivipara, est originaire des Iudes-Orientales.

Le genre Olfersia de Raddi ne diffère peut-être pas de celui-ci, quoique cet auteur décrive les fructifications comme attachées sur les deux surfaces du bord des frondes fertiles contractées (Filicum Brasiliensium Nov. Gener. et Spec., tab. 14), ce qui annoncerait seulement un moindre degré d'avortement dans les frondes. (AD. B.)

POLYBRANCHES. Polybranchiata. MOLL. C'est ainsi que Blaiuville nomme, dans son Traité de Malacologie, le second ordre de ses Paracé-phalophores monoïques. Cet ordre est caractérisé par des branchies en forme de lanières ou d'arbuscules nombreux disposés symétriquement, et à l'extérieur de chaque côté du corps. Cet ordre est partagé en deux families d'après les tentacules: la première, les Tétracères, renferme les genres Glaucus, Laniogère, Tergipède, Cavoline et Éolide; la seconde, les Dicères, comprend les genres Scyllée, Tritonie et Téthys. Comme on le voit, cet ordre rentrerait très-bien dans les Nudibranches de Cuvier, et il comprend deux des families que Férussac a établies dans cet ordre sous le nom de Tritonies et de Glauques. Nous renvoyops à tous les mots de families et de genres que nous venons de citer. (D. H.)

* POLYCAMARE. BOT. PHAN. Le professeur Mirbel appelle ainsi le fruit des Magnolias, du Tulipier, des Renoncules, qui se compose de plusieurs péricarpes uniloculaires, inonospermes et bivalves. (A. R.)

POLYCARDIA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Célastrinées et de la Pentandrie Monogynie, L., établi par Jussieu (GeneraPlant., p. 377), et ainsi caractérisé: calice persistant, à cinq lobes; cinq pélales; cinq étamines courtes, alternes avec ceux-ci; ovaire déprimé; style unique, très-court, surmonté d'un stigmate lobé; capsule ligneuse, à cinq loges, à cinq valves (quelquefois par avortement réduites à quatre ou trois), portant sur leur milieu des cloisons membraueuses; graines placées au

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fond de la capsule, en petit nombre, oblongues, entourées d'un arille caliciforme et lacinié. Ce genre ne renferme qu'une seule espèce, nommée par Lamarck Polycardia phyllanthoides, et dont Gmelin et Smith ont changé inutilement le nom spécifique en ceux de madogascariensis et epiphylla. C'est un Arbuste glabre, à feuilles alternes, coriaces, atténuées en pétiole; les unes oblongues, entières; les autres profondément échancrées, et portant les fleurs sessiles dans l'échancrure, au sommet de la nervure médiane. Cette singulière Plante croît à Madagascar. (G..N.)

POLYCARPÆA. BOT. PHAN. (Lamarck.) Syn. d'Hagea de Venteuat. V. HAGÉE. (G..N.)

POLYCARPON, BOT. PHAN. Genre de la famille des Paronychiées et de la Triandrie Trigynie, L., offrant pour caractères essentiels: un calice profondément quinquéfide, dont les sépales sont plus ou moins cohérens à la base, membraneux sur leurs bords, concaves, carenés, mucronés au sommet; corolle à cinq pétales, très-courts, en forme d'écailles, échancrés, persistans; trois à cinq étamines; ovaire presque stipité, surmonté d'un style a trois stigmates; capsule uniloculaire, trivalve et polysperme. Ce genre, nommé Trichlis par Haller, ne se composait originairement que d'une seule espèce, Polycarpon tetraphyllum, petite Plante à feuilles quaternées, qui croît dans les localités sablonneuses de l'Europe méridionale et des îles Canaries. Persoon lui a réuni le Stipulicida setacea de Richard, sous le nom de Polycarpon stipulifidum; mais cette fusion n'a pas été admise par De Candolle dans le troisième volume de son Prodromus. Ce dernier auteur ajoute comme espèces du genre dont il est ici question, 1° le Polycarpon apurense de Kuntli, Plante de l'Amérique méridionale, qui offre trois étamines, comme le P. tetraphyllum; 2° le P. alsinefolium ou Hagea alsinefolia, Bivona, Manip., 3, p. 7, qui croît dans les sables maritimes de la Sicile, de la Ligurie et du Bas-Languedoc; 3° le P. peploides on Hagea polycarpoides, Bivon., loc. cit., Plante que l'on rencontre dans des localités à peu près semblables, et que Lapeyrouse a confondue avec l'Arenaria peploides. Ces deux dernières espèces sont pourvues de cinq étamines. (G..N.)

* POLYCENIA. BOT. PHAN. Nouveau genre de la famille des Sélaginées et de la Didynamie Angiospermie, L., établi par Choisy (Mém. de la Soc. d'Hist. nat. de Genève, 1823), qui l'a ainsi caractérisé: calice monophylle, en forme de spathe, embrassant le côté supérieur de la fleur; corolle tubuleuse à la base, presque unilabiée au sommet; quatre étamines plus courtes que le limbe de la corolle; capsule quadrangulaire, à loges qui ne s'ouvrent pas spontanément, monospermes et renflées de chaque côté. Ce genre est extrêmement voisin de l'Hebenstretia, dont il n'est qu'un démembrement. Il s'en distingue par son fruit petit, presque globuleux, point allongé, muni sur ses quatre angles de logettes vides. Le Polycenia hebenstretioides, Choisy, loc. cit., p. 21, tab. 2, f. 1 est une Plante qui a été confondue dans les herbiers avec l'Hebenstretia dentata. C'est une Herbe à feuilles alternes, linéaires, dentées, et à fleurs en épis. Elle a pour patrie le cap de Bonne-Espérance. (G..N.)

POLYCEPHALE. Polycephalus. INT. Zeder (Naturgesch.) a désigné sous cette dénomination générique quelques Entozoaires vésiculaires, ayant plusieurs corps, pour une vésicule unique. V. ECHINOCOCQUE et COENURE. (E. D.. L.)

POLYCEPHALUS. BOT. PHAN. Le Polycephalus suaveolens de Forskahl est synonyme de Sphœranthus indicus, L. V. SPHÆRANTHE. (G..N.)

POLYCÈRE. Polycera. MOLL. Sous ce nom, Cuvier a démembré des Donis quelques espèces dont les

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branchies sont plus simples et recouvertes dans les momens de danger par deux lames membraneuses, et qui ont plus de deux paires de tentacules; il y en a trois, quelquefois quatre. La valeur de ces caractéres a semblé assez peu importante à la plupart des zoologistes, pour ne pas adopter ce genre dont on fait une petite section des Doris. V. ce mot. (D.. H.)

POLYCÈRE. Polycerus. POLYP. Ce genre, établi par Fischer, n'est autre que le genre Encrine de Lamarck, adopté par tous les naturalistes. (B.)

* POLYCHIDIUM. BOT. CRYPT. V. COLLEMA.

* POLYCHOETON. BOT. CRYPT. (Mucédinées.) Nom donné par Persoon à la seconde section de son genre Fumago. V. ce mot. (AD. B.)

POLYCHROA. BOT. PHAN. Loureiro (Flor. Cochinch., ed. Willd., 2, p. 684) a établi sous ce nom un genre de la famille des Amarauthacées et de la Monœcie Pentandrie, L., lequel, selon Willdenow, ne diffère essentiellement du genre Amaranthus que par son stigmate sessile et obtus. Le Polychroa repent, Lour., loc. cit., est une Herbe vivace, à tige rampante, rouge, succulente, rameuse, émettant latéralement des radicelles courtes, garnies de feuilles cordiformes, oblongues, presque crénées, alternes, versicolores, où les nuances blanche, rouge et verte sont distinctes, accompagnées de deux stipules aiguës. Les fleurs sont blanches, rosées, disposées en petites grappes axillaires. Cette Plante croît dans la Chine et dans la Coehinchine. Elle y est cultivée à cause de son bel effet sur les rochers qui bordent les fontaines. (O.. N.)

* POLYCHROMA. BOT. CRYPT. (Bonnemaison.) Syn. de Griffitsia. V. ce mot. (B.)

* POLYCHROME. ACAL. Espèce du genre Céphée. V. ce mot. (B.)

* POLYCHROME, MIN. (Hanssmann.) Syn. de Plomb phosphaté. (B.)

POLYCHRUS. REPT. OPR. V. MARBRÉ.

POLYCLINE. Polyclinum. MOLL. Genre de Tuniciers établi par Savigny sur des caractères de peu de valeur. Cuvier (Règne Animal) ne l'a adopté qu'en y réunissant cinq à six des genres de Savigny. Tel que ce savant observateur l'a concu, le genre Polycline né pourrait faire qu'une section des Botrylles. V. ce mot. (D.. H.)

POLYCLONOS. BOT. PHAN. L'Armoise chez les anciens, selon Mentzel. (B.)

POLYCNÈME. Polycnemum. BOT. PHAN. Genre de la famille des Chénopodées et de la Triandrie Monogynie, L., offrant les caractères essentiels suivans: involucre composé de deux bractées presque épineuses; calice ou périanthe à cinq folioles; capsule utriculaire, pseudosperme, supère, verticale, renfermant un embryon périphérique. Ce genre, qui a des affinités avec le Salsola, a pour type le Polycnemum arvense, L., Plante rampante et rameuse, à feuilles linéaires et mucronées, et à fleurs fort petites et sessiles dans les aisselles des feuilles. Elle croît dans les champs un peu arides et sur les bords des chemins de l'Europe. Plusieurs auteurs, et particulièrement Pallas, ont augmenté le genre Polycnemum de plusieurs espèces indigènes de la Sibérie et de la Russie orientale; mais la plupart d'entre elles ne se rapportent pas parfaitement au genre Polycnemum, et se confondent, soit avec les Salsola, soit avec les Anabasis de Marschall-Bieberstein. (G..N.)

POLYCOME. Polycoma. BOT. CRYPT. (Chaodinées.) Il est vrai, comme le dit Léman, que Palisot de Beauvois avait donné ce nom à l'un des genres d'Algues qu'il indiqua si vaguement, et qui est le même que notre Thorea; mais il est faur qu'il eut l'antériorité dans l'établissement du genre, comme il est dit dans le

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Dictionnaire des Sciences naturelles. (B.)

* POLYCONQUES. Polyconchacea. MOLL. Blainville a d'abord employé cette dénomination pour les Animaux, que depuis il a nommés Polyplaxiphores; ce sont les Oscabrions des auteurs. V. POLYPLAXIPHORES et OSCABRION. (D.. H.)

POLYCYCLE, MOLL. Lamarck (Anim. sans vert., 3, p. 105) appelle ainsi un genre d'Ascidies agrégées qu'il établit pour une espèce de Botrylle décrite el figurée par Renieri, professeur à Padoue (Lettre à Olivi, Opnscul. de Milan, T. XVI, t. 1, fig. 1-12). Ce genre ne diffère des Botrylles proprement dites, qu'en ce que la cavité artificielle, où les individus sont groupés en étoiles, est plus profonde, et que les Animaux y sont plus nombreux et forment un grand nombre de cercles opposés. Le Polycyclus Renieri, Lamk, loc. cit., vit dans la mer Adriatique. (A. R.)

* POLYCYCLIQUES. Polycyclica. MOLL. Dans les familles naturelles du Règne Animal, p. 164, Latreille établit sous cette dénomination une seconde tribu dans la famille des Céphalopodes polythalames. Les caractères de cette tribu sont exprimés d'une manière assez vague, et cela devait être par le nombre de genres qu'ils réunissent et le peu de rapports naturels qu'ils ont entre eux. Elle est partagée, d'après la forme de l'ouverture, en deux grandes sections: 1� coquille à ouverture circulaire, à bord continu; cette première section est elle-même partagée en plusieurs groupes: le premier contient les genres Spirule, Oréade, Jésite et Charybde; le second les genres Scortime, Linthurie et Périple; cette section répond aux Cristacés de Lamarck; le troisième groupe renferme les genres Astacole, Cancride et Pénérople; le quatrième enfin est pour le genre Turrilite lui seul; 2� coquille à ouverture non circulaire, quelquefois en forme de fente pratiquée dans l'épaisseur du test. Cette seconde section est divisée en trois groupes seulement: le premier pour les genres Cibicide, Cortale, Cidarolle et Storille; le second pour les genres Ellipsolite, Amalthé, Planulite et Ammonie; et le troisième pour le seul genre Simplégade.

Cet arrangement de Latreille est loin d'être naturel; il résulte en partie de la trop grande confiance qu'il a eue dans les travaux de Montfort, et aussi de la fausse appréciation de plusieurs caractères qui font que, dans la même section, se trouvent les Spirules et les Turrilites, dont les Coquilles offrent bien des différences avec toutes les autres qui appartiennent à des genres de Microscopiques sans siphons, et qui, même à les croire pourvus de cette partie essentielle, ne pourraient aucunement s'allier par de bons caractères avec l'un des deux genres que nous venons de citer. Dans la seconde section l'arrangement n'est pas moins défectueux; Latreille semble ignorer que les Ellipsolites, les Amalthés et les Planulites sont de véritables Ammonites, ou bien croire avec Montfort que le Nautile ombiliqué, nommé par lui Ammonie, est véritablement le type vivant des Ammonites; dans l'une et l'autre circonstance Latreille serait dans l'erreur. Quant au genre Simplégade, il est intermediaire entre les Ammonites et les Nautiles, mais il appartient plutôt aux premières qu'aux seconds. Les genres qui composent le premier groupe de cette section, appartiennent, comme d'autres que nous avons signalés, aux Multiloculaires microscopiques sans siphons, et en conséquence ne peuvent convenir ni aux Ammonites ni aux Nautiles. D'après ce qui précède, nous ne croyons pas que l'on admette la famille des Polycycliques de Latreille. (D.. H.)

POLYDACTYLE Polydactylus. POIS. Le genre institué sous ce nom par Lacépède ne pouvait être conservé et rentre dans le genre Polynème. V. ce mot. (B.)

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POLYDÈME. Polydesmus. INS. Genre de l'ordre des Myriapodes, famille des Chilognates, établi par Latreille qui l'a démembré du grand genre Iule de Linné, et ayant pour caractères: corps linéaire, composé d'un grand nombre d'anneaux qui portent chacuu, pour la plupart, deux paires de pates. Segmens comprimés sur les côtés inférieurs, avec une saillie en forme de rebord ou d'arête au-dessus. Antennes presque filiformes, courtes, de sept articles, dont le troisième est allongé. Les Polydèmes diffèrent des genres Gloméris et Iule par la forme du corps; ils se distinguent des Polyxènes, parce que ceux-ci ont le corps membraneux, très-mou, et terminé par des pinceaux de petites écailles. Les Polydèmes ont les antennes, les organes de la manducation et ceux du mouvement conformés à peu près de même que dans les Iules. Le nombre des pates et des anneaux n'est pas aussi considérable que dans ces derniers Insectes. Latreille a vu sur ces anneaux des apparences prononcées de stigmates, ce qui rapproche encore davantage les Polydèmes des Scolopendres. Le plan supérieur de ces segmens ressemble à une écaille presque carrée; il offre quelques inégalités. Latreille a observé les organes sexuels de l'espèce la plus commune de ce pays, le Polydesmus complanatus, Iulus complanatus de Linné. Il a reconnu que les organes sexuels occupent la place d'une paire de pates dans les mâles, et que c'est à cette particularité que l'on doit attribuer la différence qui existe entre les descriptions que Geoffroy et Degéer font de cet Insecte. Le premier lui donne soixante pates, et n'a par conséquent observé que des mâles; le second, qui n'a observé que des femelles, lui donne une paire de pates de plus. Les organes de la génération de cet Insecte sont situés à l'extrémité postérieure et inférieure du septième anneau; ils sont composés de deux tiges membraneuses qui s'élèvent d'une base également membraneuse et un peu velue: ces deux tiges sont presque demi-cylindriques, convexes et lisses à leur face antérieure, concaves sur la face opposée; du sommet de chacune part un crochet écailleux, d'un jaune clair, long, arqué du côté de la tête, avec un avancement obtus, dilaté à sa base, et une dent vers le milieu interne du même côté. Latreille a également cherché les parties de la femelle;il croit les avoir a percues sous le troisième anncau, et répondant à la seconde paire de pates; elles ne s'annoncent par aucun signe extérieur. L'Iule aplati s'accouple en automne; on rencontre souvent alors les sexes réunis; leurs corps sont de la même grandeur, appliqués l'un contre l'autre par leur face inférieure, couchés sur le côté, et l'extrémité antérieure du corps du mâle dépassant celui de la femelle. L'ovaire remplit une bonne portion de la cavité intérieure du corps de la femelle; il forme une espèce de boyau aboutissant à une fente placée au bout postérieur du corps. Les Polydèmes se roulent en cercle comme les Iules; ils vivent sous les débris de végétaux, sous les pierres, dans les lieux frais et près des étangs; ils se nourrissent, comme les Iules, de substances animales et végétales, mais mortes ou décomposées. L'espèce qui sert de type à ce genre est:

Le POLYDÈME APLATI, P. complanatus, Latr.; Leach, ZooL. Miscell., t. 3, pl. 135; Iulus complanatus, L.; Scolopendra fusca, etc., Geoff. (G.)

* POLYDENDRIS. BOT. PHAN. Du Petit-Thouars a ainsi nommé une Orchidée des îles de Frauce et de Mascareigne, qui se rapporte à l'Epidendrum polystachyum de Swartz. (G..N.)

POLYDONTE. Polydonta. MOLL. Nouveau genre qu'on ne peut adopter, proposé par Schumacher dans son Système de Conchyliologie, pour les Trochus qui ont le bord denticulé. On sait que cette dentelure est la terminaison des cannelures qui se

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Voient à l'intérieur de la coquille sur sa face supérieure. (D.. H.)

POLYDORE. Polydora, ANNEL. Genre de l'ordre des Néréidées, établi par Bose (Hist. nat. des Vers, T. 1, p. 150) qui lui assigne pour caractères: corps allongé, articulé, à auneaux nombreux, garnis de chaque côté d'une raugée de houppes de soie, et de mamelons rétrcictiles qui portent les branchies à leur base postérieure. Queue articulée, nue, terminée par une ventouse prenante. Un trou simple entre deux membranes pour bouche. Ce genre est très-voisin des Spios de Fabricius il lui ressemble surtout par deux filets préhensiles que l'on voit à la partie antérieure du corps, qui le surpassent en longueur lorsqu'ils sont complétement élendus, mais le caractère vraimeut distinetif consiste dans la structure de la queue qui présente une sorte de disque ou de veutouse comme dans les Sangsues, et au moyen duquel l'Animal peut se fixer aux corps solides qu'il rencontre. Aucun autre naturaliste que Bose n'a encore eu occasion d'observer cette Annelide curicuse. Savigny (Description d'Ègypte, Syst. des Annelides, p. 45) en parle dans une note, et croit qu'elle se rapproche du genre Spio. On ne connaît encore qu'une espèce, la Polydore cornue, Polydora cornuta, figurée par Bosc (loe. cit., pl. 5, fig. 7 et 8). Elle a été trouvée sur les côtes de la Caroline; on la rencontre communément dans la rade de Charlestown; sa grandeur ne surpasse guère trois à quatre millimètres. Elle se cache, comme les Néréides, dans les interstices des pierres, et se fait un léger fourreau de soie couvert de vase.

Oken a établi sous le même nom de Polydore un genre de la famille des Sangsues, et qui correspond à celui que Savigny a fondé antérieurement sous le nom de Branchellion. V. ce mot. (AUD.)

POLYERGUE. Polyergus. INS. Genre de l'ordre des Hyménoptères, section des Porte-Aiguillons, famille des Hétérogynes, tribu des Formicaires, établi par Latreille aux dépens du grand genre Fourmi des auteurs, et ne différant des Fourmis proprement dites (V. ce mot) que par leurs antennes qui sont insérées près de la bouche et non sur le milieu du front, comme cela a lieu chez cellesci, par leurs mandibules qui sont étroites, arquées et très-crochues, tandis qu'elles sont triangulaires, épaisses et dentelées intérieurement dans les Fourmis. Ce genre ne renferme qu'une seule espèce propre à l'Europe; ses mœurs sont très-curieuses, et quoique nous ayous déjà donné à l'article FOURMI quelques détails sur les mœurs des Fourmis ordinaires, la manière de vivre de celle-ci mérite que nous en fassions mention.

La POLYERGUE ROUSSATRE, polyergus rufescens, Latr., Hist. nat. des Fourmis, p. 186, pl. 7, fig. 38; la Fourmi roussàtre, Huber, Recherches sur les Fourmis indigènes, p. 210, pl. 2, fig. 1-4. Elle est longue de trois à quatre lignes; la femelle est entièrement d'un fauve marron pâle; son corps est glabre, luisant; ses yeux sont noirs; les maudibules brunes; le dos du corselet continu, sans enfoncement. Les ailes sont blanches, avec leur point marginal et les nervures d'un roussâtre clair. Le mâle est noir, avec les organes sexuels roussâtres. L'extrémité des cuisses, les jambes et les tarses sont pâles. L'ouvrière a le second segment du corselet petit, rabaissé, ce qui forme un enfoncement sur le dos. Elle est plus petite que la femelle et le mâle. Les Polyergues font leur nid dans la terre; elles vivent, comme les Fourmis, en sociétés composées de trois sortes d'individus. Mais on voit souvent, dans ces réunions, des Fourmis connues sous le nom de Noir-Cendrées et de Mineuses, qui sont réunies à la société et qui s'occupent de l'intérét commun, travaillent, le plus souvent seules, à apporter les provisions nécessaires à la fourmi-

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lière, à les distribuer, et à soigner les larves en les transportant au besoin dans les différeus étages de l'habitation. Ces Fourmis mêlées aux Polyergues sont ce que l'on peut appeler leurs esclaves; elles se les procurent en allant chercher de vive force les nymphes d'ouvrières dans les fourmilières des Noir-Cendrées ou des Mineuses, et en les apportant dans leur nid. (G.)

POLYGALE. Polygala. BOT. PHAN. Type de la famille des Polygalées. Ce geure, d'abord placé parmi les Pédiculaires, peut être caractérisé de la manière suivante: les fleurs sont hermaphrodites, renversées; le calice se compose de cinq sépales, réunis ensemble par leur base et adhérens entre eux, dont trois extérieurs égaux entre eux, et deux intérieurs plus grands et en forme d'ailes. La corolle est irrégulière, caduque, formée de cinq pétales réunis entre eux au moyen des filets staminaux, et imitant une corolle monopétale, irrégulière et hypogyne; le pétale supérieur, qui est devenu inférieur par le renversement de la fleur, est le plus grand; il est en général concave, souvent marqué d'une crête et frangé, contient les étamines. Les deux pétales inférieurs, qui sont devenus supérieurs, sont égaux etrapprochés, et les deux moyens sont très–petits et quelquefois sous la forme de deux petites dents. Les étamines, au nombre de huit, ont leurs filets soudés en une sorte de tube fendu sur un de ses côtés dans toute sa longueur, et divisé supérieurement en deux faisceaux. A leur sommet les filets sont distinets et se terminent chacun par une anthère ovoïde, allongée, dressée, à une seule loge, s'ouvrant par sa partie supérieure. L'ovaire est libre, comprimé, à deux loges, contenant chacune un ovule suspendu. Le style est terminal, plus ou moins dilaté, et recourbé vers sa partie supérieure qui porte un stigmate irrégulier, quelquefois concave et comme bilabié; d'autres à deux lobes, superposés et inégaux. Le disque n'existe pas géneralement, cependant il est très-manifeste et unilatéral dans le Polygala Chamœbuxus, L. Le fruit est une capsule comprimée, leuticulaire, souvent cordiforme et ailée sur son contour, à deux loges séparées par une cloison extrêmement étroite. Chaque loge contient une seule graine pendante, que quefois velue, accompagnée à sa base d'un arille de forme variable, à deux ou trois lobes. Cette graine contient un embryon renversé comme elle et placé dans un endosperme charnu. Les espèces de ce genre sont extrêmement nombreuses. Le professeur De Candolle en cite environ cent soixante dans le premier volume de son Prodrome. Ce sont des Plantes herbacées, annuelles ou vivaces, de petits Arbustes ou des Arbrisseaux assez élevés. Leurs feuilles, constamment simples et sans stipules, sont généralement éparses, plus rarement opposées ou verticillées. Les fleurs, accompagnées de bractées, sont tantôt solitaires et axillaires, tantôt en épis simples, tantôt en espèces de corymbes. Parmi les espèces de ce genre, dix ou douze (Polygala vulgaris, amara, austriaca, Chamœbuxus, exilis, monopeliaca, etc.) croissent en Europe. Environ soixante-dix espèces sont distribuées dans les deux Amériques, et près de quarante croissent au cap de Bonne-Espérance. Le professeur De Candolle a portagé toutes ces espèces en huit sections, qui ont en général l'avantage de conserver les stations géographiques. Plusieurs espèces ont été retirées de ce genre pour former des genres particuliers. Ainsi les Polygala Penœa, L .; P. diversifolia, L.; P. domingensis, Jacq.; P. acuminata, Willd., forment le genre Badiera de De Candolle, ou Penœa de Plumier, qui n'est pas le même que le genre décrit sous ce dernier nom par Linné. Le Polygale spinosa sert de type au genre Mundia de Kunth. Le genre Muraltia de Necker, ou Heisteria de Bergius, renferme un grand nombre d'espèces originates du cap de Bonne Espé-

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rance, et autrefois placées daos le genre Polygala. V. BADIERA au Supplément, MUNDIA, MURALTIA et HEISTERIA. (A. R.)

POLYGALÈES. Polygaleœ. BOT. PHAN. Le genre Polygala avait été placé parmi les Pédiculaires. Le professear Richard fut le premier qui, en démontrant que la corolle du Polygala, qu'on avait considérée jusqu'alors comme monopétale, était au contraire polypétale, et que la soudure des pétales était due à la connexion des filets staminaux, fit sentir la nécessité d'éloigner le genre des Pédiculaires où on l'avait placé pour en former le type d'un ordre distinct. Cet ordre ou famille a été établi par Jussieu (Ann. du Muséum, 14, p. 386), et depuis il a été adopté par tous les botanistes modernes, et en particulier par R. Brown, Kunth et De Candolle. Voici les caractères qu'on peut assigner à cette famille: les fleurs sont hermaphrodites, quelquefois renversées. Le calice se compose de quatre, ou plus souvent cinq sépales égaux ou inégaux, deux étant en général plus intérieurs et plus grands et sous forme d'ailes. Ce calice est ou persistant ou caduc. La corolle se compose de cinq pétales, dout un à quatre peuvent avorter. Ces pétales, en général inégaux, sont plus ou moins soudés à leur base, et imitent une corolle monopétale, irrégulière l'un de ces pétales est souvent plus grand, concave, glanduleux, relevé d'une crête et fimbrié sur son bord. Souvent les étamines varient de deux à huit; el les sont monadelphes, forment un tube fendu dans loute sa longueur et divisé supérieurement en deux faisceaux. Les anthères sont uniloculaires, et s'ouvrent en général par leur sommet au moyen d'un petit opercule. Ces étamines, de même que les pétales, sont hypogynes. L'ovaire est libre, à une ou deux loges; dans le premier cas il contient deux ovules collatéraux et pendans; dans le second chaque loge contient un seul ovule suspendu. Le style est plus ou moins recourbé, quelquefois élargi, terminé par un stigmate simple ou irrégulier et à deux lèvres inégales. Le fruit est une capsule comprimée, quelquefois mince et membraneuse dans son contour, à deux loges monospermes, ou une sorte de drupe sèche ou charnue, indéhiscente et monosperme. Les graines, qui sont pendantes, sont quelquefois munies à leur base d'un arille bilobé. Leur tégument propre recouvre une amande, tantôt formée par un endosperme charnu, contenant un embryon homotrope et inclus, tantôt formée par l'embryon seul, dont les cotylédons sont alors plus épais. Les Plantes réunies dans cette famille sont tantôt des Herbes, tantôt des Arbustes et des Arbrisseaux; leurs feuilles, généralement alternes, sont quelquefois opposées ou verticillées. Les fleurs, rarement solitaires et axillaires, forment en général des épis simples ou des espèces de corymbes. On trouve dans cette famille les genres Polygala, Tourn.; Salomonia, Lour.; Comeperma, Labill.; Badiera, D. C.; Soutamea, Lamk.; Muraltia, Necker; Mundia Kunth; Monnina, Ruiz et Pavon; Securidaca, L.; Krameria, Lœfl. Les Polygalées forment une famille très-naturelle, mais dont la place n'est pas facile à déterminer dans la série des ordres naturels. Par l'aspect de sa fleur elle a des rapports avec les Légumineuses et avec les Fumariacées, et nous pensons qu'elle ne saurait être très-éloignée de cette dernière famille. Cependant la plupart des auteurs placent les Polygalées auprès des Violacées. (A. R.)

POLYGALOIDES. BOT. PHAN. (Dillen.) Syn. de Polygala Chamœbuxus. V. POLYGALE. (B.)

POLYGALON. BOT. PHAN. (Gesner) le Sainfoin; (Cordus) une Astragale ou une Coronille; (De Candolle) une section du genre Polygala. (B.)

POLYGAMIE. BOT. PHAN. Dans le

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Système sexuel de Linné, ce nom est employé, 1° pour désigner la vingttroisième classe du Système sexuel de Linné; 2° pour les ordres de la Syngénésie ou dix-neuvième classe du même Système. Dans le premier cas, la Polygamie, comme classe, renferme tous les Végétaux qui ont à la fois des fleurs hermaphrodites mélangées avec des fleurs unisexuées, et comme tantôt ces fleurs diverses sont réunies sur le même pied, sur deux pieds différens, ou enfin sur trois individus distincts; la Polygamie se divise en trois ordres, savoir: la Polygamie Monœcie, ex.: les Erables; 2° la P. Diœcie, les Frênes; 3° la P. Polyœcie, comme les Figuiers.

Comme nom d'ordres, le mot de Polygamie est employé dans la Syngénésie qui se divise en six ordres. V. SYSTÈME SEXUEL. (A. R.)

* POLYGASTER. BOT. CRYPT. (Lycoperdacées.) Genre de la tribu des Tubérées établi par Fries, et ayant pour type le Tuber sampadarium de Rumpnius ou Lycoperdon glomeratum de Loureiro; il est ainsi caractérisé: péridium arrondi, sessile, tuberculeux, se rompant irréguliérement, charnu intérieurement, et formé par la réunion de péridioles assez gros, rapprochés, presque globuleux, renfermant des sporules agglomérées. La seule espèce de ce genre est très-imparfaitement connue. Elle croît dans les parties chaudes de l'Asie. (AD. B.)

POLYGINGLYME. CONCH. Dénomination usitée autrefois parmi les conchyliologistes pour indiquer la manière dont les valves des Arches, des Pétoncles, des Nucules, etc., s'articulent entre elles par leur charnière. Ce terme n'est plus employé. (D..H.)

POLYGLOTTE. OIS. Syn. de la Sylvie à poitrine jaune, vulgairement nommée Moqueur. V. SYLVIE. (DR..Z.)

POLYGNATHES. CRUST. V. QUADRICORNES.

POLYGONASTRUM. BOT. PHAN. Mœnch a le premier séparé sous ce nom générique, mais vicieux, le Convallaria japonica de Linné. C'est le même genre que Richard père, dans le Journal de botanique de Schrader, nommait Fluggea; Kew, dans le Botanical Magazine, tab. 1063, Ophiopogon; et Desvaux, dans son Journal de botanique, vol. 1, p. 244, Slateria. V. ce dernier mot. (G..N.)

POLYGONATES. Polygonata. CRUST. Fabricius a désigné sous ce nom un ordre de la grande classe des Insectes qui correspond en partie aux Crustacés isopodes de Latreille. Il comprenait les genres Cloporte, Ligie, Idotée et Monocle. V. le Système de Fabricius exposé au T. VI, P. 183, article ENTOMOLOGIE. (AUD.)

POLYGONATUM. BOT. PHAN. Tournefort nommait ainsi un genre qui fut supprimé par Linné et réuni à son Convallaria. Il a été détaché de nouveau par Mœnch, Desfontaines et Pursh qui lui ont assigné les caractères suivans: périanthe corolloïde, cylindrique, dont le limbe est à six divisions obtuses, peu profondes; six étamines plus courtes que le périanthe, attachées à la partie moyenne ou supérieure du tube; ovaire supère, surmonté d'un style; baie sphérique à trois loges, renfermant chacune deux graines dont quelques-unes avortent souvent. Ce genre est extrêmement voisin du genre Muguet (Convallaria) dont il a fait longtemps partie. Les Plantes qui le composent ont des racines rampantes, articulées, épaisses; une tige simple, garnie de feuilles et de fleurs axillaires.

L'espèce type de ce genre est le Polygonatum vulgare, Desf., Ann. du Mus., vol. 9, p. 49, ou Convallaria Polygonatum, L. C'est une Plante très-commune dans les bois de toute l'Europe, et connue vulgairement sous le nom de Sceau de Salomon. Les autres espèces se rapportent aux Convallaria verticillata, latifolia, multiflora et orientalis des auteurs. Ces Plantes ont un port semblable,

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et se trouvent dans les localités analogues à celles du C. Polygonatum. (G..N.)

* POLYGONE. Polygonum. MOLL. Schumacher a établi ce nouveau genre pour quelques espèces de Turbinelles voisines du Turbinella infundibulum qui, tout en ayant une forme assez particulière, ne doit pas cependant sortir des Turbinelles. V. ce mot. (D.. H.)

POLYGONÈES. Polygoneœ. BOT. PHAN. Famille naturelle de Plantes dicotylédones, à pétales et à étamines périgynes, ayant pour type et pour genre principal, le Polygonum, et présentant les caractères suivans: un calice monosépale plus ou moins profondément divisé; des étamines variant en nombre de quatre à neuf, ayant leurs filets libres; leurs anthères à deux loges s'ouvrant chacune par un sillon longitudinal. Ces étamines sont insérées à la base du calice; il n'y a pas de corolle. L'ovaire est libre, à une seule loge contenant un seul ovule dressé. Le style, qui est court, se termine par deux ou trois stigmates quelquefois peltés. Le fruit est une cariopse reconverte par le calice qui persiste. La graine se compose d'un embryon à radicule supérieure, appliqué sur un endosperme farineux autour duquel il est plus ou moins recourbé. Les Polygonées sont des Plantes herbacées ou des Arbrisseaux à feuilles alternes, présentant à leur base une gaîne stipulaire qui embrasse la tige. Ces feuilles, avant leur développement, sont roulées en dessous contre leur nervure médiane. Les fleurs sont petiles, disposées en grappes plus ou moins rameuses. Les genres qui composent cette famille sont: Polygonum, L.; Rumex, L.; Coccoloba, Plum.; Atraphaxis, L.; Brunnichia, Gaertner; Polygonella, Rich.; Tragopyrum, Marsch.; Oxyria, Miller; Eriogonum, Rich.; Triplaris, L.; Podopterus, Kunth; Pallasia, L.; Kœnigia, L.

Cette famille a de très-grands rapports avec les Chénopodées, mais elle se distingue surtout par la graine stipulaire de ses feuilles, leur enroulement à leur face inférieure, et leur embryon renversé. (A. R.)

POLYGONELLE. Polygonella. BOT. PHAN. Genre de la famille des Polygouées, et de la Diœcie Octandrie, L., établi par Richard père (in Mich. Flor. boreal. Amer., 2, p. 240) qui l'a ainsi caractérisé; fleurs dioïques. Calice pétaloïde, ouvert, à cinq divisions ovales et presque égales. Les fleurs mâles ont huit ou quelquefois sept étamines insérées sur le sommet du calice, à filets subulés, étalés, et à anthères presque rondes; un rudiment de pistil oblong triquètre, et terminé par trois petits stigmates imparfaits. Les fleurs femelles offrent un ovaire ovoïde-triquètre, aminci au sommet et terminé par trois petits stigmates obtus presque en massue; il n'y a point de vestiges d'étamines. Le fruit est une capsule oblongue-triquètre, indéhiscente, monosperme, revêtue de trois des divisions du calice qui ont pris beaucoup d'accroissement. Ce genre est très-voisin de l'Atraphaxis. Il ne renferme qu'une seule espèce, Polygonella parvifolia, qui croît dans les lieux humides de la Caroline. La tige est pubescente, garnie de feuilles alternes, avec des stipules engaînantes. Les fleurs forment de petits épis aux extrémités des jeunes branches; chaque fleur est petite, pédicellée et munie de petites bractées vaginantes. Ventenat a décrit et figuré cette Plante (Jardin de Cels, tab. 63) sous le nom de Polygonum polygamum. (G..N.)

POLYGONIFOLIA. BOT. PHAN. Syn. de Corrigiole. V. ce mot. (B.)

POLYGONOIDES. BOT. PHAN. Syn. de Calligonum. V. ce mot. (B.)

POLYGONOTUS. CRUST. (Gronovius.) V. PYCNOGONUM.

POLYGONUM, BOT. PHAN. V. RENOUÉE.

POLYGRAMMOS. MIN. Pline pa-

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raît désigner sous ce nom un Jaspe vert rayé de rouge; on un Jaspe rouge tacheté de blanc. (B.)

* POLYGYNIE. BOT. PHAN. Ce nom est employé, dans les premières classes du Système sexuel de Linné, pour désigner un ordre dont le caractère consiste en plusieurs pistils ou seulement plusieurs stigmates distincts dans une même fleur. V. SYSTÈME SEXUEL de Linné. (A. R.)

POLYGYRE. Polygyra. MOLL. Démembrement proposé par Say (Journ. de l'Acad. des Scienc. natur. de Philadelphie, T. 1) dans les Hélices pour celles qui sont ombiliquées, carenées dans le milieu, et qui ont des dents à l'ouverture. On doit s'apercevoir d'après cela que ce genre rentre dans les Carocolles de Lamarck, et conséquemment dans les Hélices; il est done inadmissible, V. HÈLICE. (D.. H.)

POLYHALITE. MIN. Cette substance, ainsi nommée par Stromeyer, qui en a fait l'analyse, se présente sous la forme de masses tantôt fibreuses, tantôt compactes, dont la couleur est le rouge obscur. Elle fut prise d'abord pour une variété de Chaux sulfatée ordinaire; mais Werner trouva qu'elle avait beaucoup plus de rapport avec la Chaux anhydro-sulfatée, à laquelle il la réunit sous le nom d'Anhydrite fibreuse. Ce rapprochement fut adopté par Karsten, mohs et d'autres minéralogistes. Haüy se fondant à la fois et sur le résultat de la division mécanique du Polyhalite et sur celui de son analyse, l'a regardé comme n'étantautre chose qu'un mélange d'Anhydrite et de trois autres sulfates, auquel celle-ci avait imprimé sa forme, et il l'a décrit sous le nom de Chaux anhydrosulfatée épitrihalite, c'est-à-dire avec additions de trois sels. Le Polyhalite a une tendance au clivage qui perce à travers son tissu fibreux; quelques morceaux, fibro-laminaires, se laissent diviser assez nettement en prismas rectangulaires. Son éclat est résineux. Il raye la Chaux carbonatée, et il est rayé par la Chaux fluatée. Sa pesanteur spécifique est de 2,769. Il se dissout nisément dans l'eau, et fond à la flamme d'une chandelle en un globule opaque. Il est composé, suivant Stromeyer, des proportions suivantes: Sulfate anhydre de Chaux, 44,7429; Sulfate de Potasse, 27,7037; Sulfate anhydre de Magnésic, 20,0547; Muriate de Soude, 0, 1910; Eau, 5,9535; Péroxide de fer, 6,3376. Le Polyhalite se trouve disséminé dans le sel Gemme, en plusieurs endroits, à Ischel, dans la Haute-Autriche; à Berchtesgaden, en Bavière; et dans les mines de sel de vic, en Lorraine. (G. DEL.)

* POLYIDES. BOT. CRYPT. (Hydrophytes.) Agardh a formé ce genre pour y comprendre un seul Végétal marin qui fut d'abord le Fucus rotundus des auteurs, et dont on fit tour à tour un Gigartina, un Chordaria et un Furcellaria. Ses caractères sont: fructification composée de verrues nues, spongieuses, formées par des fibres fastigiées qui servent de réceptacles aux globules sémiuifères. La consistance des tiges et l'aspect général de la Plante la rapprochent des Varecs et la placent dans la troisième famille dont nous avons proposé l'établissement sous le nom de Cylindracées; sur l'autorité de Lamouroux, et jusqu'à nouvel examen, nous proposons de la laisser parmi les Floridées. Quant au rapprochement qu'en fait Agardh avec ses Ptilota, Digena et Liagora, on a peine à le concevoir; tous ces êtres n'ont guère plus d'analogie qu'il n'y en a entre un Herisson et un Chameau. Le Fucus fastigiatus de Wulfen rentre encore dans le genre qui nous occupe plutôt comme espèce que comme variété, ainsi qu'une autre Plante rapportée par Durville de la Conception au Chili et que nous avons décrite dansnotre Cryptogamie du voyage de Duperrey. Le type du genre est oommun dans nos mers. (B.)

* POLYLÈPE. Polylepa. OIRRH. Blainville (Trailé de malacologie, p.

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594) donne ce nom à un genre déjà établi sous le nom de Pouce-Pied ou du moins y comprend des Coquilles qui ont été réunies dans ce genre par les auteurs; cependant il en excepte le Pouce-Pied commun dont il fait une section du genre Pentalèpe (Anatife des auteurs), réservant pour son genre Polylèpele Scalpellum de Leach et le Lepas Mitella, et autres espèces analogues. Notre opinion, à l'égard des rapports de ces genres, n'est pas conforme à celle de Blainville. Nous pensons que le Scalpellum a plus d'analogie avec les Anatifes qu'avec le Mitella, et celui-ci en a beaucoup avec le Pouce-Pied. V. ANATIFE et POUCE-PlED. (D.. H.)

POLYLEPIS. BOT. PHAN. Genre de la famille des Rosacées et de l'Icosandrie Monogynie, L., établi par Ruiz et Pavon (Flor. Peruv., p. 34, tab. 15) et adopté par Kunth et De Candolle avec les caractères suivans: calice persistant tri- ou quadrifide, dont le tube est turbiné tri- ou quadrangulaire, muni à sa partie supéricure de dents spiniformes; la gorge resserrée; le limbe à trois ou quatre divisions; corolle nulle; cinq à vingt étamines insérées sur l'entrée du calice, à anthères laineuses; carpelle unique, surmonté d'un style filiforme et d'un stigmate en pinceau; petite drupe sèche en massue tri- ou tétragone, renfermée dans le calice, munie sur ses angles de petites dents inégales; graine pendante. Ce genre se distingue à peine du Margyricarpus, autre genre établi par les mêmes auteurs. Il renferme quatre espèces indigènes du Pérou; mais Ruiz et Pavon n'en ont décrit qu'une seule sous le nom de Polylepis racemosa. Kunth (Nov. Gener. Amer., 6, p. 227 et 228) a publié les trois autres qu'il a nommées P. incana, villosa et lanuginosa. Ce sont des Arbres ou Arbustes à feuilles composées, trifoliolées ou pinnées, à stipules adnées avec le pétiole, et à fleurs en grappes. Le P. racemosa, type du genre, est un Arbre d'environ soixante pieds de haut, dont le bois est dur et employé à des usages économiques. (G..N.)

* POLYMÈRE. Polymera. INS. Genre de l'ordre des Diptères, famille des Némocères, tribu des Tipulaires, section des Terricoles de Latrcille (Fam. natur., etc.), établi par Wiedemann (Dipt. exot., p. 4o), et auquel il donne pour caractères: antennes composées de vingt-huit articles, le premier globuleux, le second cylindrique, allongé; les suivans beaucoup plus courts, ayant leur base garnie de poils verticillés; pates très-oblongues. Ces Insectes diffèrent des Tipules, Cténophores, Pédicies et Néphrotomes, parce qu'ils n'ont point les ailes toujours étendues, que le dernier article de leurs palpes n'est point noueux et qu'il n'est guère plus long que les autres. Les Rhypidies en diffèrent parce que leurs antennes n'ont que quatorze articles pectinés dans les mâles; celles des Limnobées en ont de quinze à dix-sept; enfin dans les Erioptères, elles ne sont composées que de seize articles. Les Trichoceres, Hexatomes, Nématocéres, etc., s'en éloignent parce qu'ils n'ont que deux articles aux antennes. Le type de ce genre est la Polymera fusca de Wiedemann (Dipt. exot., p. 44, n. 5); elle est longue de cinq lignes, brune, avec les ailes transparentes, jaunâtres, et l'extrémité des tarses blanche. Elle habite le Brésil. (G.)

POLYMERIA, BOT. PHAN. Genre de la famille des Convolvulacées, et de la Pentandrie Monogynie, L., établi par R. Brown (Prodrom. Flor-Nov.-Holland., p. 488) qui l'a ainsi caractérisé: calice à cinq divisions profondes; corolle infundibuliforme, plissée; un seul style portant quatre à six stigmates aigus; ovaire biloculaire, à loges uniovulées; capsule uniloculaire, renfermant une ou deux graines. Ce genre est très-voisin du Convolvulus, dont il ne diffère que par le nombre des stigmates et les loges monospermes de l'ovaire. Il se

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compose de cinq espèces: Polymeria calycina, pusilla, quadrivalvis, lanata et ambigua qui croissent dans la partie de la Nouvelle-Hollande située entre les Tropiques. Ce sont des Herbes diffuses ou rampantes, non lactescentes; les pédoncules des fleurs sont axillaires et accompagnés de deux bractées. (G..N.)

* POLYMERIA. BOT. CRYPT. (Lichens.) Sous-geure formé par Acharius dans sa Méthode pour le genre Parmelia tel qu'il fut d'abord établi par cet auteur. (A. F.)

POLYMERIS. BOT. PHAN. Dunal établit sous ce nom un sous-genre parmi les Solanum. (B.)

POLYMEROSOMATES. Polymerosomata. ARACHN. Second ordre de la sous-classe des Céphalostomes, classe des Arachnides, établi par Leach, et qu'il caractérise ainsi: corps formé d'une suite d'anneaux; abdomen sessile; bouche garnie de mandibules didactyles et de mâchoires; six à huit yeux; huit pates. Cet ordre est divisé en trois familles: les Sironides comprenant le genre Siron; les Scorpionides, les genres Obisie, Pince, Buthus et Scorpion; et les Tarantulides, les deux genres Thélyphone et Phryne. Leach donne à ce dernier le nom de Tarentule. (AUD.)

* POLYMIGNITE. MIN. Ce Minéral a été découvert par Tank dans la Siénite zirconienne de Friederischvarn en Norvège, où il est associé à l'Yttrotantalite. Cette Siénite est ordinairement rouge dans les cavités qui contiennent le Polymignite. La couleur de ce Minéral est le noir; il est compacte; il raye le verre, et n'est pas entamé par le couteau; sa cassure est conchoïde, et son éclat demi-métallique; il cristallise en prismes rectangulaires plus ou moins modifiés sur les bords. Analysé par Berzélius, il a offert les parties suivantes: Acide titanique, 46, 3; Zircone, 14, 4; Oxide de Fer, 12, 2; Chaux, 4, 2; Oxide de Manganèse, 2, 7; Oxide de Cerium, 5, 0; Yttria, 11, 5. Ce Minéral paraît être un Titanate de Zircone, mélangé de plusieurs Titanates isomorphes. Sa composition est done très-compliquée, et c'est ce que l'on a voulu exprimer par le mot de Polymignite. (G. DEL.)

POLYMNE. POIS. Espèce du genre Lutjan tel que le comprenait Lacépède. (B.)

POLYMNIASTRUM. BOT. PHAN. Sous ce nom, Lamarck (Illustr. Pl., 712) a distingué génériquement une espèce de Polymnia qui offrait quelques différences dans la structure de sa fleur; c'est le Polymnia variabilis de l'Encyclopédie. V. POLYMNIE. (G..N.)

POLYMNIE. Polymnia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, tribu des Hélianthées de Cassini, et de la Syngénésie nécessaire, L., offrant les caractères suivans: involucre double; l'extérieur grand, ouvert, composé d'un très-petit nombre (quatre à sept) de foliotes ovales ; l'intérieur d'environ dix folioles un peu concaves. Réceptacle convexe, garni de paillettes obtuses, concaves, fort analogues aux folioles intérieures de l'involucre. Calathide radiée, composée au centre de fleurons hermaphrodites ou mâles par avortement, et à la circonférence de cinq à dix demi-fleurons femelles; ovaire surmonté d'un style filiforme à deux branches stigmatiques aiguës; akènes des fleurs femelles ovoïdes, un peu anguleux du côté intérieur, dépourvus d'aigrette. Linné, auteur du genre Polymnia, y a fait entrer deux Plantes qui appartiennent à des genres différens. Ainsi son Polymnia spinosa rentre dans le genre Didelta; son P. tetragonotheca est le type d'un genre particulier qu'il avait d'abord établi, qu'il a lui-même détruit ensuite, mais que plusieurs auteurs ont conservé. Le genre Wedelia renferme quelques espèces réunies aux Polymnia par Linné, mais reportées de nouveau dans leur genre primitif. Ces nombreuses mutations semblent prouver que le genre Polymnia n'est

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pas bien circonscrit quant aux espèces qui le composent, et que ses caractères ne sont pas assez tranchés. Au surplus il a beaucoup de rapports avec les genres Sylphium et Alcina.

Le Polymnia Uvædalia, L., qui croît dans la Caroline et la Virginie, et que l'on cultive facilement en Europe dans les jardins de botanique, peut être considéré comme la principale espèce du genre. Sa tige s'éléve très-haut elle est rude, anguleuse, rameuse, garnie de feuilles opposées, les inférieures très-grandes, profondément sinuées, les supérieures á lobes moins profonds. Les fleurs sont jaunes, terminales et réunies en bouquets. (G..N.)

POLYMNITE. MIN. Ce mot, cité par Reus dans son Vocabulaire, a servi à désigner une Pierre dendritique dont les dessins, formés par l'hydrate de Manganèse, imitent de petites mares d'eau. (G. DEL.)

POLYMORPHA. BOT. CRYPT. (Hydrophytes.) Le genre formé par Stack-house sous cette désignation, étant aussi vicieux sous le rapport des caractères que de la nomenclature, n'a pu être adopté. Les espèces en sont réparties parmi les Chondres, les Halyménies, etc. V. ces mots. (B.)

POLYMORPHES. Polymorpha. MOLL. Le célèbre et infatigable micrographe Soldaui a rangé sous cette dénomination un peu vague toutes les Coquilles microscopiques qu'il ne put rapporter à des types bien déterminés. C'est dans cette partie de la testacéographie microscopique que Montfort a trouvé matière a plusieurs de ses genres. (D.. H.)

* POLYMORPHUM. BOT. CRYPT. (Lichens.) Genre créé par Chevallier (Journal de Physique, septembre 1822), et conservé par nous (Méthode lichénographique, p. 16, tab. 1, fig. 4), sous le nom d'Heterographa, groupe des Graphidées. Il est fondé sur les Opegrapha quercina et faginea de Persoon, Plantes très-embarrassantes que Fries (Syaloma orbis vegetabilis) range parmi les Champignons sous le nom de Dichœna. Meyer adopte cet avis qui prévaudra difficilement à cause de la grande analogie qui existe entre ces Plantes, et les véritables Opégraphes doivent prendre place parmi les Végétaux qui semblen t déjouer tous les systémes. Quant au nom imposé par Chevallier au genre qui nous occupe, il a dú être rejeté comme la plupart de ceux du même auteur, dont le nobis ne saurait légitimer l'impropriété choquante, et qui péchent contre toutes les régles du bon sens. (A. F.)

* POLYMORPHUS. BOT. CHYPT. (Champignons.) Naumburg, dans une Dissertation publiée en 1782, avait déjà formé sous ce nom un genre du Peziza inquinans de Persoon ou Peziza nigra de Bulliard. Cette division a été admise par les auteurs plus modernes, sous les noms de Burcardia par Schmiedel, et de Bulgaria par Fries. La forme adjective du nom donné par Naumburg ne permettant pas de le couserver, le nom de Fries est généralement admis par les mycologistes qui y rapportent encore quelques autres espèces. V. BUHCARDIA. (AD. B.)

POLYMYCES. BOT. CRYPT. (Champignons.) Battara avait donné ce nom à quelques Champignons du genre Agaric, et particulièrement à plusieurs variétés de l'Agaricus melleus. (AD. B.)

POLYNÈME. Polynemus. POIS. Dernier genre de la famille des Squammipennes de l'ordre des Acanthoptérygiens, dans la Méthode naturelle de Cuvier, et de l'ordre des Abdominaux dans le Système de Linné, où les espèces ont le museau bombé, la tête toute écailleuse, les préopercules dentelés, et les dents en velours, où toutes les nageoires verticales, même l'épineuse du dos, sont plus ou moins écailleuses, etc. Le caractère particulier du genre consiste en plusieurs rayons libres,

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attachés sous les pectorales et dépassant la longueur du corps. Encore qu'ou les ait placées dans les Abdominaux, parce que leurs ventrales sont un peu en arrière, cependant leurs os du bassin sont suspendus aux os de l'épaule. Ce sont des Poissous marins des pays chauds, dont quelques-uns remontent les rivières, et dont la chair est excellente. Les principales espèces du genre sont: le PENTADACTYLE, figuré d'après Séba dans l'Encyclopédie méthodique, pl. 74, fig. 307; le POISSON DE PARADIS, Polynemus paradiseus, Encyclop., pl. 74, fig. 308, ou Piracouba de Maregraaff; le CAMUS, Polynemus decadactylus, Bloch, pl. 401; l'EMOI, Encyclop., pl. 74 fig. 309; Polynemas Plebeius, Bloch, pl. 400; et le MANGO ou POISSON MANGUE de l'Amérique du nord qui pourrait bien être la même chose que le Paradiseus. (B.)

POLYNEVROS. BOT. PHAN. Le Plantain chez les anciens. (B.)

* POLYNICE. Polynice, ANNEL. Othon Fabricius et Müller ont décrit sous le nom de Nereis bifrons, une espèce d'Annelide qui appartient certainement à l'ordre des Néréidées et à la famille des Néréides, mais qu'on ne saurait rapporter à ancun des genres qu'elle renferme. Savigny, qui n'a pas eu occasion d'examiner cette espèce, s'est cru autorisé, à cause des différences tranchées qu'elle présente, à en faire un nouveau genre sous le nom de Polynice. Ses caractères sont: cinq antennes, les deux mitoyennes (lobes frontaux?) très-courtes, l'impaire grande; quatre yeux; point de cirre tentaculaires; les cirres supérieurs allongés, les inférieurs comme nuls; les rames simples; vingt quatre paires de branchies saillantes, insérées du septième segment au (trentième, entre le cirre supérieur et la rame de chaque pied. Ces branchies, qui consistent chacune en une membrane mince, fortifiée par deux côtes latérales, se plissent ou se déploient en rames au gré de l'Animal. Ce genre devra avoisiner celui des Syllis. (AUD.)

POLYNOÉ. Polynoe. ANNEL. Genre de l'ordre des: Néséidées et de la famille des Aphrodites, établi par Savigny (Ouvrage d'Egypte, Syst. des Annelides, p. II et 20) qui lui assigue pour caractères distinctifs: trompe pourvue de mâchoires cornées, courounceé à son orifice de tentacules simples; branchies cessant d'alterner apres la vingt-lroisiéme paire de pieds; des elytres; une antenne impaire, quelquefois nulle. Le genre polynoé est le même que celui de Lépidonote de Leach; il correspond au genre Aphrodite des auteurs ou du moins il embrasse la plupart des espèces que Linné, Pallas, Müller, Oth. Fabricius et Cuvier out décrites sous ce nom. Il avoisine les genres Palmyre et Halithée à la suite desquels Savigny les place; mais il différe esŴentiellement du premier par la présence des tentacules qui couronnent la trompe, et par l'existence des élytres; il se distingue du second par ses mâchoires cornées et par ses tentacules simples. Au reste, on trouve, en examinant plus attentivement les espèces de ce genre, des caractères beaucoup plus nombreux. Le corps est ovale, oblong ou linéaire, et composé de segmens quelquefois nombreux: la tête deprimee ou peu convexe en dessus, est carenée par dessous entre les antennes; elle supporte les yeux, la bouche et les antennes. Les yeux sont tous distinets et au nombre de quatre. La bouche est pourvue d'une trompe couronnée à son orifice d'un cercle ou plutôt de deux demi-cercles, de tentacules simples et coniques: il existe des méchoires cornées, courbées, libres à leur pointe. Les antennes sont généralement complètes; les mitoyennes simplement subulées ou renflées vers le bout, et terminées par une petite pointe; l'impaire semblable pour la forme aux mitoyennes, quelquefois nulle; les extérieures médiocres ou grandes. Les pieds ont des rames

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rapprochées et réunies eu une seule qui est pourvue uniquement de deux faisceaux de soies, dont le superieur est épanoui en une gerbe tronquée d'arrière avant on comme divisé en deux touffes, et l'inferieur comprimé, formé de plusieurs rangs transverses, de soies non fourchues. Les cirres tentaculaires et les cirres supérieurs sont dilatés à la base, presque filiformes, un peu renfles au sommet avec une petite pointe distincte. Les cirres inférieur sont coniques, avec ou sans petite pointe. Il existe quelques différences entre les paires de pieds des deux extrémités du corps. La premiére est communément dépourvue de soies, et la dernière est presque toujouis réduite aux deux cirres supérieuvs convertis en styles ou filets terminaux. Les branchies sont simples et visibles; elles cessent de disparaître et reparaître alternativement à chaque segment aprés la vingt-troisiéme paire de pieds. Ce qui caractérise principalement les Annelides de ce genre ce sout les élytres dont leur corps est pourvu V. l'article ELYTRES). On en compte douze paires pour les anneaux du corps proprement dits. « La douzième, qui correspond nécessairement, dit Savigny, à vingttroisième paire de pieds, est suivie, quand le corps se prolongo davantage, d'une ou plusieurs autres paires surnuméraires qui ne sont, de même que celles qui les précèdent, ni recouvertes, ni maintenues par les soies des rames dorsales.ff Les Polynoés ont un intestin garni de cœcums entiers, e'est-à-dire non divisés, comme le sont ceux des Halithées. Savigny, dont nous suivons ici la méthode, et auquel nous avons emprunté tous les details qui précèdent, divise ce genre en deux tribus.

† Antenne impaire, nulle; élytres de consistance écailleuse, celles de chaque rang s'imbriquant très-exactement avec celles du rang opposé, et recouvrant ainsi tout le dos; point de styles ou de filets postérieurs; corps ovale ou elliptique.

La seule espèce de cette division est la POLYNOÉ ÉPINEUSE, Pol. muricata de Savigny; elle se trouve figurée dans l'Ouvragc d'Egypte, Annelides, pl. 5, fig. 1. On l'a confondue avec les Oscabrions parce qu'elle rampe lentement sur les pierres au fond de l'ean. Savigny l'a découverte sur les côtes de la mer Rouge, et Mathieu l'a retrouvée à I'lle-de-France.

†† Antenne impaire aussi grande ou plus grande que les mitoyennes; élytres coriaces ou simplement membraneuses; celles de chaque rang s'imbriquant rarement avec celles du rang opposé; deux stylets ou filets postérieurs; corps plus ou moins linéaire.

Cette division renferme six espèces parmi lesquelles on en avait décrit plusieurs TRÈS-SOYEUSE Pol. setosissima, Savig. Espèce nouvelle dont la patrie est ignorée.

Savigny énumère différentes espèces qu'il n'a pas eu occasion d'observer, mais qui se rapportent à la seconde tribu du genre Polynoé. Tels sont les Aphrodita clava de Montagu, punctata de Müller, cirrosa de Pallas; cirrata, scabra, longa et minuta d'Oth. Fabricius. (AUD.)

POLYODON. POIS. Ce genre, de la famille des Strutioniens, qui seule compose l'ordre des Chondroptéry-

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giens à branchies libres, a été formé par Lacépède sur un Poisson du Mississipi appelé FEUILLE, Polyodon Folium, et qui a l'ouverture de la bou che arrondie eu devant, et située au dessous de la tête; deux rangs de dents fortes, serrées et crochues sont à la mâchoire supérieure, un seul est à l'inférieure. Du reste, la position des nageoires et les formes générales sont celles des Esturgeons. Le museau a une forme remarquable, ses bords élargis lui donnant l'air d'une feuille d'arbre. Les ouïes sont très-ouvertes et se prolongent en une pointe membraneuse qui règne jusque vers le milieu du corps. L'épine du dos est en forme de corde comme celle des Lamproies. La caudale est bilobée. La couleur générale est grise. Il n'a guère que dix pouces à un pied de longueur. (B.)

POLYODON. BOT. PHAN. Genre de la famille des Graminées, établi par Kunth (Nov. Gener. et spec. Plant. œquin., 1, p. 175, t. 55), et caractérisé ainsi: épillets unilatéraux, composés chacun de deux fleurs dont l'une est hermaphrodite, sessile, et l'autre stérile, pédicellée; lépicène à deux valves mutiques. La fleur hermaphrodite se compose d'une glume à deux valves dont l'inférieure offre cinq dents, les latérales et l'intermédiaire aristées; les écailles, les étamines, les styles et les stigmates sont inconnus; caryopse libre. La fleur stérile a la valve inférieure de sa glume munie de sept dents, les dents altenativement aristées; la valve supérieure très-petite, légèrement aristée. Ce genre a été réuni par Sprengel à l' Atheropogon de Mulhenberg, genre où il fait entrer plusieurs Graminées appartenant à des genres très-différens. Il ne renferme qu'une seule espèce, Polyodon distichum, Kunth, loc. cit., qui croît dans les montagnes de Quito. C'est une Plante dont le port est celui du Dinebra; elle est pourvue d'un chaume rameux, à feuilles linéaires, striées et planes, à fleurs disposées en épis courts, distiques, portée sur un rachis nu et bifide au sommet. (G..N.)

* POLYODONTE. MOLL,. Espèce du genre Maillot. V. ce mot. (B.)

POLYODONTES. POIS. On lit dans le Dictionnaire de Déterville que c'est un ordre introduit par Blainville (lequel a aussi ses Polyodontes parmi ses Malacozoaires) et qui, probablement, ne renferme que le seul genre Polyodon. Or, le genre Polyodon se composant d'une seule espèce, c'est une espèce qui, à elle seule, constituerait un ordre? (B.)

* POLYODONTES. CONCH. La famille des Arcacées a reçu ce nom caractéristique de Blainville dans son Traité de Malacologie. (D.. H.)

POLYOMMATE. Polyommatus. INS. Genre de l'ordre des Lépidoptères. famille des Diurnes, tribu des Papillonides, division des Argus de Latreille (Fam. nat., etc.), établi par Latreille aux dépens du grand genre Papillon de Linné, et ayant pour caractères distinctifs: palpes inférieurs de longueur ordinaire, composés de trois articles distincts et dont le dernier est presque nu ou peu fourni d'écailles. Crochets des tarses trè-spetits ou à peine saillans; six pieds semblables. Chenilles ovales ou en forme de Cloportes; chrysalides courtes, contractées, obtuses au bout; ailes inférieures presque aussi larges ou plus larges que longues, et dont les queues, lorsqu'elles existent, ne sont formées que par de simples prolongemens des dents du bord postérieur. Ces Lépidoptères different de tous les genres de Diurnes par leurs chenilles. Les Erycines en sont distinguées parce qu elles ont les deux pates antérieures très-courtes et point propres au mouvement dans l'un des sexes, et les Myrines parce que leurs palpes sont extrêmement allongés. Les Polyommates étaient compris par Linné parmi ses Papillons Plébéiens, division des Ruricoles, et par Fabricius, dans une coupe homonyme de

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son genre des Hespéries. Il l'a divisé depuis en divers autres genres qui n'ont pas été adoptés par Latreille. Le genre Polyommate renferme plus de deux cent cinquante espèces presque toutes d'assez petite taille. Goart (Encyclop. Méthod., art. PAPILLON) décrit deux cent quarante-six espèces de ce genre; il les range dans cinq divisions basées sur la forme des ailes, et sur le nombre des queues des ailes inférieures ou leur absence. Les limites de cet ouvrage ne nous permettant pas de suivre ces divisions, nous nous contenterons de citer deux espèces des plus remarquablesou des plus communes de ce genre, composé des plus jolis Papilons, tant par leur délicatesse que par la fraîcheur et l'élégance de distribution de leurs couleurs.

Le POLYOMMATE AMOUR, Polyommatus Amor, Latr., God.; Papilio, Fabr., Herbst; Pap. triopas, Cram., pl. 320, fig. g, h. Ailes à trois queues, d'un brun noirâtre, leur dessous variésur le milieu, et offrant à leur extrémité une ligne dorée. Des Indes-Orientales.

Le POLYOMMATS ARGUS, Polyommaius Argus, Latr., God.; Papilio Argus, Fab.; Papilio Idas, L. Ailes entiéres, d'un bleu violet en dessus, avec une large bordure brune et une frange blanche; leur dessous d'un cendré blanchátre et ocellé de noir. Celui des inférieures aveo une bande fauve sinuée et chargée d'un rang de points argentés. Ce dernier est tràs-commun aux environs de Paris. (G.)

POLYORCHIS. BOT. PHAN. (Petiver.) Syn. de Serapias Oxyglottis, Willd. (B.)

* POLYOSMA. BOT. PHAN. Nouveau genre de la famille des Caprifoliacées, et de la Tétrandrie Monogynie, L., établi par Blnme (Bijdrag. FL nederl. Ind., p. 658) qui l'a ainsi caractérisé: fleurs hermaphrodites. Calice supère à quatre dents, persistant. Corolle à quatre pétales quelquefois cohérens par la base. Quatre étamines libres, alternes avec les pétales, ayant leurs filets linéaires presque membraneux; leurs anthères adnées par leur face intérieure, biloculaires, longitudinalement déhiscentes. Ovaire incomplétement biloculaire, pluriovulé, surmonté d'ovuu style filiforme et d'un stigmate simple et tronqué. Drupe succulente, renfermant un noyau à une seule graine composée d'un albumen presque corné, etd't'un embryon inverse. Ce genre se compose de trois espèces qui croissent dans les foréts des hautes montagnes de Java. Blume leur a donné les noms de Polyosma ilicifolittm, P. serrulatum, ct P. integrifolium. Ce sont des Arbres ou des Arbrisseaux à feuilles opposées sans stipules, à fleurs blanchàtres, très odorantes, disposées en grappes axillaires ou terminales, et munies de trois pelites bractées. (G..N.)

POLYOZUS. BOT. PHAN. Genre de la famille des Rubiacées, et de la Tétrandrie Monogynie, L., établi par Loureiro dans sa Flore de Cochin-cliine, et récemment admis par Blume (Bijdr. Flor, nederl. Ind., p. 947) qui l'a ainsi caractérisé: calice semi-supère, turbiné, a quatre petites dents peu prononcées, caduc Corolle dont le tube est court, cylin-drique, velu à l'entrée, le limhe à quatre ou cinq lobes réfléchis. Eta-mines au nombre de quatre à cinq, à peine saillantes. Ovaire couronné par un disque, à deux loges uniovulées. Style court, surmonté d un stigmate bifide. Drupe succulente, presque globulcuse, à deux loges renfermant chacune un noyau creux intérieurement, gibbeux, coriace et monosperme; albumen cartilagineux, ei embryon petit, dressé. Ce genre est très-voisin du Pavetta dont il se distingue par son calice tuibiné et le tube raccourci de sa corolle. Peut être esl-il congéuère du Baconia de De Candolle, dont il présente en efletla plu-part des caractères. V. BACONE. Les espéccs qui composent ce genre sont au nombre de quatre, savoir; deux décrites par Loureiro dont l'une, Po

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lyozus bipinnata, est un grand Arbre qui croît dans les foréts de la Cochinchine, et dont le bois est pesant, blanchâtre, de longue durée, employé dans la construction des ponts. Dans son Mémoire sur les Rubiacées, A.-L. de Jussieu rejette cette espèce du genre Polyozus. L'autre espèce de Loureiro, P. lanceolata, est un petit Arbrissau qui croît en Chine, près de Canton. Deux espèces nouvelles ont été décrites par Blume, loc. cit., sous les noms de P. acuminata et P. latifolia. Ce sont de petits Arbrisseaux à feuilles oblongues, lancéolées, à fleurs petites, disposées en cimes triebotomes, axillaires ou terminales. Elles croissent dans les montagues de Java et dans l'île de Nusa-Kambanga. (O.. N.)

POLYPARA. BOT. PHAN. (Loureiro.) Syn. d'Houttuynia de Thunberg. V. ce mot. (G..N.)

* POLYPE. Polypus. PSYCH. Genre de la famille des Hyarines dans l'ordre des Polypes, et composé d'Animaux végétans dans lesensrigoureux du mot végéter, et qui pourraient être indifféremmentdu domaine de la botanique ou de celui de la zoologie, comme circonscrivent encore aujourd'hui l'une et l'autre science, des naturalistes qui ne veulent pas reconnaître la nécessité d'un régneorganiquede plus. Les caracteres que nous lui assigueroussont: corps très-contractile, conique, postérieurement aminci, formé de molécules confusément agglomérées dans un mucus épaissi que ne contient aucune peau; constituant un sac alimentan e dont l'ouverture est marginalement environnée de tentacules rayonnantes et disposées sur une seule série. Ce n'est point Trembley qui découvrit ces êtres singuliers, ainsi que l'impriment habituellement toules les personnes quiécrivent surcesujet en copiant de dictionnaire en dictionnaire, ce qui en fut imprimé par Lamarck, dans l'Histoire des Animaux sans vertébres. Des l'an 1703, Leuwenhoek et un anonyme anglais les avaient fait connaître; on trouve dans les Transactions philosophiques (n. 283, art. 4, et n. 288, art. 1), que ces observateurs avaient fort dans les foréts des dans les foréts des bien constaté Tune des plus étranges propriétés des Polypes, celle qui consiste dans leur reproduction par bour-geons avégétatifs. Notre Bernard de Jussieu en avait non-seulement trouvé depuis, mais il en avait fait dessiner la figure, selou que nous l'apprend Réaumur (Préf. du T. VI, 54). C'est seulement dans l'été de 1740 que Trembley trouva anx environs de La Haye, à Sorgvliet, dans les eaux d'une maison de campagne appartenant au comte de Bentinck, une premiére espèce de Polype d'eau douce, qu'il fut d'abord tenté de prendre pour. de petites Plantes parasites, parce qu'elle était d'un assez beau vert.

« Cette idée de Plantes, dit Trembley, est aussi la premiére que les Polypes ont réveillée dans l'esprit de plusieurs personnes qui les ont vus pour la premiére fois dans leur attitude la plus commune. Quelquesuns, en les voyant, ont dit que c'étalent des'brins d'Herbes. ff Voltaire, qui plaisanta sur les Polypes, et qui probablement n'en avait pas vu, était de cet avis, et se moqua de ceux qui pensaient le contraire. Quact à nous, qui avons vu et nourri des Polypes ae toutes sortes, nous avons peine à concevoir qu'on les ait pu prendre pour des Herbes parasites, encore qu'il y eût quelque chose de végétal dans leur couleur et dans leur nature. Quoi qu'il en soit, on discuta d'abord sur leur animalité; il fallut, pour convaincre Trembley qu'il n'avait pas affaire à des Végétauxordinaires, que Réaumur auquel des Polypes avaient été adressés à Paris, décidât, en mars 1740, qu'ils étaient des Animaux; et bientôt on les vit a valer et digérer des proies vivantes, ce qui ne laissa plus de doule sur leur animalité. Cependant, c'est l'année suivante, en avril et en juillet 1741, que les eaux de Sorgvliet fournirent deux autres espèces de Polypes qui deviazrent l'objet de rechereches faites avec

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autant d'exactitude que de sagacité, et qui donnèrent des résultats auxquels on était loin de s'attendre.

Ces Polypes, où les uns voyaient des Plantes, tandis que les autres y voyaient des Animaux, furent trouvés, pour ainsi dire, l'un et l'autre à la fois: Animaux par leur irritabilité, leur voracité, leur manière de se procurer la nourriture, et leur locomotion; Plantes par leur façon de se resemer au moyen de véritables bulbines ou cayeux, et surtout par la faculté de se reproduire par division, comme si chaque division de leur corps était une bouture. Rien n'égale l'importance des observations de Trembley, si ce n'est la modestie et la précision qu'il a mises à les exposer. Son travail est un modèle en ce genre, et mérite la plus aveugle confiance. Nous avons vérifié tout ce qu'il y rapporte, nous n'avons absolument trouvé rien à y ajouter; la matière est épuisée; aussi révoquonsnous en doute qu'on ait trouvé récemment, et par une première inspection, chez les Polypes d'eau douce, des choses que Trembley n'y avait pas vues. En vain on a avancé qu'ils avaient plus d'un orifice, et qu'on avait distingué des ovaires dans leur intérieur. Rien de ces choses n'y existe. Les Polypes n'ont ni sexe ni rien qui puisse y ressembler; ils ne se rapprochent jamais les uns des autres pour se féconder. Le sac vivant dont ils sont composés ne contient nulle part la moindre trace d'organes reproducteurs; la partie postérieure est absolument fermée, encore que Baker eût supposé le contraire; enfin l'orifice du sac ne peut pas être plus exactement appelé la bouche que l'anus, puisque si les alimens entrent par cette ouverture buccale, les excrémens sortent par la même ouverture, qui alors devient anale. Il y a plus, les Polypes n'ont, à la rigueur, ni dehors ni dedans, puisqu'on peut les retourner comme le doigt d'un gant, sans qu'ils cessent de vivre, de se reproduire, d'avaler et de digérer. Leurs parois intérieures ne seraient done pas même celles d'un sac alimentaire, et nulles racines nutritives n'y seraient distribuées, puisque sa face externe, devenant interne, est apte aux mêmes fonctions, rapport de plus avec ces Végétaux qu'on a plantés à l'envers, et dont les branchages deviennent les racines.

Dès que les belles découvertes de Trembley, vérifiées par Réaumur, qui était alors l'oracle de l'histoire naturelle, eurent transpiré, tous les savans de l'Europe s'occupèrent de Polypes. Bonnet, Lygonet, Baker et surtout l'exact Roësel y donnèrent la plus sérieuse attention. Ces découvertes renversèrent beaucoup d'idées fausses et ouvrirent la carrière d'une physiologie nouvelle. Personne n'osa nier l'existence des faits extraordinaires qui causèrept l'admiration de tous. Il est vrai que nul observateur maladroit ne jeta de folies au milieu de si grandes nouveautés, et n'imagina de dire que les Polypes, qui se régéuéraient à la manière des Plantes, et qui digégéraient à la manière des Animaux, fussent alteruativement, selon leur caprice, et quand bon le leur semblait, tour à tour des Animaux et des Plantes. De telles singularités étaient réservées pour l'époque où l'on devait imagiuer des transsubstantiations en histoire naturelle. «J'avoue pourtant, dit Réaumur, que lorsque je vis, pour la première fois, des Polypes se former peu à peu de celui que j'avais coupé en deux, j'eus de la peine à en croire mes yeux, et c'est un fait que je ne m'accoutume même pas à voir, après l'avoir vu et revu cent fois.ff Réaumur était cependant préparé par un habile correspondant à cette singularité. Qu'on se figure, si l'on peut, la surprise que dut éprouver celui qui, pour la première fois, ayant coupé un Polype transversalement à coups de ciseaux, en deux, trois, quatre morceaux, et en ayant même presque hâché divers individus, vit renaitre de chaque tronçon, de chaque parcelle,

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un Animal complet, bientôt pareil en tout à celui aux dépens duquel on l'avait artificiellement formé. La fable mythologique de l'Hydre de Lerne se réalisait. Quant à nous, qui, a près vingt ans environ d'observations microscopiques, avons trouvé un fait non moins inattendu dans l'émancipation de nos Zoocarpes ou graines vivantes, et qui n'en pouvious d'abord croire nos yeux, nous sentons fort bien quelle dut être l'admiration de Trembley, quand il trouva que des êtres vivans pouvaient se multiplier d'autant mieux qu'on les mutilait davantage.

Avant de soumettreau lecteur le résumé des excellentes observations de Trembley, auxquelles, avons-nous dit plus haut, on ne saurait plus rien ajouter, nous devons faire connaître les espèces du genre qui nous occupe, et qui toutes habitent l'eau douce; car nous ne regardons pas comme appartenant au genre Polype, les Hydra lutea et Corynaria de Bose qui, en attendant que l'augmentation de nos connaissances nécessite la multiplication des genres dans la famille des Hydrines, doivent rentrer parmi les Corynes. Nous décrions les quatre espèces de Polypes d'eau, dans l'ordre qu'établit entre elles la longueur de leurs membres, dont le nombre est trop variable pour qu'on en puisse tirer des caractères valables, comme on avait tenté de faire jusqu'ici. Ce nombre n'est même pas toujours pareil dans chaque individu. «Tous les Polypes, dit Trembley, n'ont pas la même quantité de bras lorsqu'ils se séparent de leur mère; il en vient encore plus ou moins aux uns et aux autres après leur séparation..... C'est surtout sur les Polypes de la seconde espèce (Polypus Briareus, N.) que j'ai observé un tel accroissement du nombre des bras, parce que ce sont ceux que j'ai nourris le plus long-temps. J'ai vu, dans quelques-uns, ce nombre augmenter plus d'une année après leur naissance, et parvenir peu à peu jusqu'à celui de dix-huit et de vingt. Je n'ai jamais pu trouver, dans les fossés, des Polypes qui eussent un si grand nombre de bras; je ne l'ai remarqué que dans ceux que j'ai nourris. J'ai aussi observé quelquefois que le nombre des bras diminuait.ff Il arrive encore que des bras, ou plutôt des tentacules, poussent comme au hasard épars sur diverses parties du corps, et finissent par tomber plus tard. Le peu d'espèces du genre singulier qui nous occupe, méritant d'arrêter l'attenttion du lecteur, et se trouvant toutes en France, seront suecinctement décrites dans cet article.

POLYPE VERT, Polypus viridis, N.; Roës., Ins. T. III, pl. 82, fig. a, f et b, pl. 89, fig. 6–8 (4. Exel.); Hydra viridis, Gmel., Syst. Nat. XIII, T. I, p. 3869; Encyclop. Méthod., Vers., pl. 66, fig. 4-8; Polype de la première espèce, Trembley, pl. 1, fig. 1, la troisième espèce de Baker, Trad. Fr., p. 26, pl. 4, fig. 7. Cette espèce, connue de Leuwenhoek (Act. Angl., n. 283, p. 1494, n. 4) fut la première que rencontra Trembley, et qu'on trouve dans quelques eaux marécageuses, parmi les Lenticules, ou se fixant par sa partie postérieure aux tiges inondées des Carex, des Equisetum et des Cératophylles. Sa longueur, dans le plus grand état de développement, est de cinq à six lignes; son diamétre au plus large, c'est–à-dire vers son extrémité antérieure, atteint au plus à une demi-ligne. Dans sa plus grande contraction, il prend une forme globuleuse, comme pédicellée. Egalement aminci d'avant en arrière, il se termine en pointe. Ses tentacules varient en nombre de trois à dix, et sont le plus communément au nombre de huit. Quelques individus en ont jusqu'à douze. Ces tentacules, bien plus courts que le reste de l'Animal, souvent un peu plus élargis vers leur extrémité, ne s'étendent guère audelà de trois lignes. Dans l'état de repos, le Polype les tient souvent ouverts à angles droits, c'est-à-dire dans

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le plan de l'ouverture buccale; d'autres fois, il les dispose comme en en-tonnoir, leur donnant avec l'ouverture une inflexion de vingt à quarante-cinq degrés, d'un beau vert plus ou moins intense, comme le sac alimentaire; un liséré transparent semble néanmoins environné de chacun de ces tentacules, ce qui donne à leur réunion l'aspect d'une petite fleur d'Ornithogale vue à l'enversv Les Polypes verts sont les plus agiles dans leurs mouvemens; la longueur de leurs bras ne les embarrasse jamais. Trembley en ayant conservé plusieurs individus, sans qu'il les eût vu prendre de nourriture, ils disparurent dans ses vases. Nous en avons également élevé: nous leur donnions des Daphnies, dont ils paraissaient moins friands que des Microscopiques verts et des Zoocarpes qu'alimentaientles Arthrodiées nourries dans les mêmes vases. Nous ayons observé que, selon la saison et diverses circonstances, l'inlensité de leur couleur augmeutait ou diminuait. Ainsi des Polypes de cette espèce devenaient blanchâtres en été, et presque sans teinte visible, lors-qu'il n'existait aucune élaboration de matière verte autour d'eux, tandis qu'ils revinrent du plus beau vert en automne, lorsque les Conferves et les Arthrodiées émettaient le plus de cette modification de la matière, et de Zoocarpes, ce qui arrive au commencement du printemps et de l'arrière-saison où les eaux et les lieux humides se colorent en vert dans toute la nature.

POLYPE ISOCHIRE, Polypus Isochirus, N.; Roës.,Ins. T III tab. 76, fig. 1–4, pl. 77, fig. 1–3; Hydra pallens, Gmel., loc. cit., p. 3871; Enclop. Méth., pl. 68, fig. 1–8. Nous n'hésitons pas à regarder comme appartenant à cette espéce: 1° les figures de la planche 3 de Trembley que cet habile observateur rapportait a une variété, R Briareus viridis, à sa troisième espèce qui est notre quatrième; 2° le Polype de la seconde espèce de Baker; 3° enfin, la figure assez mér iocre d'Ellis, Coral., pl.variété, R Briareus viridis, 28, également rapportée par les auteurs à notre quatrième espèce. Ce Polype, qui n'est pas plus rare que les autres, comme on l'a dit, et que nous avons mérae trouvé le plus fréquemment, au moins dans les environs de Gand, durant le temps de notre exil, se tient fixé aux racines des Lenticules dans les marais et les fossés des lieux bas de la Flandre où les eaux sont tranquilles, mais très-pures. Il s'y multiplie surtout dans la saison où la longueur des jours permet au soleil d'échauffer le plus fortement les eaux, et nos individus se sont conservés en abondance pendant tout l'hiver de 1817 à 1818 dans de grandes jarres de verre que nous tenions au milieu de la serre du jardin de botanique de Bruxelles, dont le professeur Dekin avait alors la direction. Ils y multiplièrent sans qu'on prît d'autre soin d'eux que de remplacer chaque jour la quantité de liquide qu'avait enlevée l'évaporation.

C'est sur cette espèce que nous vérifiâmes la plupart des belles expériences de Trembley; plusieurs de nos captifs avaient fini par devenir d'une couleur presque laiteuse, et n'avaient plus rien de cette couleur de paille, donnée comme l'un des caractères de l'espèce, lorsque de la matière verte s'étant développée dans nos vases vers le milieu de lévrier, ceux que l'altération de l'eau ne fit pas mourir devinrent verts, au point que nous eussions eu de la peine à les distinguer de l'espèce précédente, s'il n'eût existé quelques différences dans leurs formes. Le Polype dont il est question, un peu plus grand que les autres, s'étend jusqu'à dix et même quinze lignes. Son corps, très-obtus, est un peu renflé àl'extrémité postérieure, qui est parfaitement arrondie, sans le moindre rétrécissement qui lui donne l'air d'un pied ou d'une petite bulbe. Quand il se contràete, il paraît même être à peu près globuleux, excepté en avant où il est alors comme tronqué en coupe avec un rebord circulaire sensible, qui fait mieux distinguer la dilatation de

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l'ouverture. Dans l'allongement où cette ouverture est en général fort sensible et béante, l'Animal aui, d'ordinaire, a la teinte jaunâtre de la paille, s'atténue en avant vers l'insertion des tentacules qui sont au nombre de cinq, six ou sept, parfaitement incolores, égaux dans leur plus grand développement, à la longueur du corps.

POLYPE BRIARÉE, Polypus Briaréus, N.; Roës, Ins. T. III, pl. 78–83; Hydra grisea, Gmel., loc. cit.,. 3870; Encyclop. Méthod., pl. 67. Polype de la deuxième espèce, Trembley, pl. 1, fig. 2 et 5, p1. II, fig. 2, pl. 6, fig. 278, etc.; première espèce de Baker. Il y a une variété, Briareus viridis, N., Roës, Ins III, pl. 88, fig. 1–3, pl. 89, fig. 4; Encyclop., pl. 66, fig. 1–3, représentée comme des états de notre première espèce. Nous ne pouvons conserver le nom de Polype gris à celuici qui, changeant de couleur presque sous les yeux de l'observateur pour prendre celle des corps dont il se nourrit, est ordinairement d'une teinte orangée. Nous avons dû le singulariser par une dénomination qui indiquât que le nombre de ses tentacules ou bras est plus considérable que dans ses congénères. Ces bras, jamais plus courts que le corps, qui lai sont égaux dans le repos, mais qui peuvent alteindre au double dans leur plus grand état de développeraent, sont grêles vers leur extrémité, où se prononce une sorté de petit renflement en bouton ovale. Leur nombre Varié de cinq dans la première jeunesse, jusqu'à douze, dix-huit et même vingt, surtout quand on nourrit bien l'Animal. Nous en avons possédé un individu qui, outre vingtun bras pressés autour de l'ouverture buccale, en avait jusqu'à cinq épars sur le reste de sa surface, et dont trois devinrent par la suite des Polypes pareils au tronc. Le Polype Briarée a six, dix, quinze, et jusqu'à dixhuit lignes de long. Son corps se renfle légèrement vers le milieu, et atténué postérieureraent, s'y termine comme par une petite bulbe. Le plus commun, il est aussi le plus vorace; on le trouve fréquemment fixé à la partie inondée des tiges des Plantes de marais; nous en avons rencontré une fois en si grande quantité contre le Scirpus lacustrib, qu'ils y formaient un enduit muqueux. En d'autres occasions, nous avons vu des revers de feuilles de Nénuphar qui en étaient tapissés; enfin, en quelques endroits, ils s'y fixent en tel nombre ainsi qu'aux tiges des Lenticules, qu'ils font plonger ces petites Plantes. C'est particulièrement des individus de cette espèce que nous avons une fois élevé un très-grand nombre, qui se teignaient en vert par le développertient de la matière verte dans les grands vases où ils vivaient, ce qui nous a démontré que plusieurs des belles figures données par les auteurs comme appartenant au Polypus virids, appartenaient au Briarée qui s'était coloré par absorption du liquide environnant, commme il arrive à beaucoup d'autres Animaux microscopiques. V. MATIÉRE.

POLYPE MÉGALOCHIRÉ, Polypus Megalochirus, N.; Roes, Ins.T. III pl. 84–87; Hydra fusca, Gmel., loc. cit., p. 3870; Encyl., pl.69 fig. 1–9; Polype de la troisième espèce, Trenibley, pl. 1, fig. 1–4 et 6, pl. 2., fig. 1–4, pl. 5, fig. 1, pl. 6, fig. 3–6, 9–10, etc.; Polypes de la quatrième espèce de Baker. Le corps, dans cette espèce, la plus grande de toutes, et dont la couleur varie du grisau fauve brunâtre, n'a jamais guère moins d'un pouce de long, et en atteint quelquefois deux; l'extrémité antérieure, un peu renflée en tête, a son ouverture moins béante que dans la précédente, mais non moins susceptible de dilatation; la postérieure est au contraire fort atténuée, et se termine comme en queue pointue, et non par un renflement ou une petite bulbe, de sorte que L'Animal se fixe aux corps inondés, non par la pointe mais par un côté de son extrémité qui se recourbe un peu. Dans la con-

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traction, la queue devitnt encore plus sensible, et le corps alora parfaitement ovoïde ou sphérique, gros comme un petit pois, paraît stipité, ce qui fait le passage aux Corynes. Les tentacules, assez constamment au nombre de six, rarement de huit, sont un peu robustes à leur insertion; ils vont en s'amincissant vers leur pointe, qui finit par être d'une ténuité extraordinaire, et que termine un petit bouton ovoïde, comme dans le Briarée. Leur longueur est toujours plus considérable que celle du corps, même quand ils se contractent le plus, et, dans leur plus grand état de développement, ils ont jusqu'à huit pouces. Trembley en cite d un pied, et nous en avons nousmême vu d'aussi étendus. Le Polype Mégalochire est celui qui se couvre le plus de bourgeons reproducteurs. Roësel en figure un individu sur lequel ont poussé jusqu'à une quinzaine d'autres Polypes, et cette figure est exactement reproduite sous le n° 9, dans la pl. 69 de l'Encyclopédie. Il est également plus social, s'il est permis d'employer cette expression, en parlant d'un Polype, comme si, ayant vécu en plus grand nombre sur le même tronc maternel, chaque individu nouveau recherchait ses pareils, même après la séparation de la famille. Aussi rien de plus singulier, et même de plus beau, qu'un amas de ces Animaux figuré dans la pl. 9 de Trembley; nous en avons trouvé de semblables dans certains fossés profonds et dans quelques étangs des environs de Bruxelles, et les ayant conservés et nourris, nous avons souvent admiré comment les milliers de Tentacules de six à dix pouces de longueur, fins comme de la soie, et qui semblaient former une chevelure pâle, s'agitaient, se retiraient, se mêlaient sans confusion, sans se pelotonner, surtout quand quelque proie s'y venait jeter.

Gmelin (Syst. Nat., 13, T. 1, p. 3869), et Lamarck, Anim. sans ver;. T. II, p. 60, n. 5o; mentionnent, d'après Müller (Zool. Dan., tab. 95, fig. 1–2), une cinquième espèce de Polypes sous le nom d'Hydra (gelatinosa), minuta, gelatinosa, lutea cylindrica, tentaculis duodecim, corpore elongato brevioribus. Nous ne l'avons jamais rencontrée, et comme on la dit marine, il est douteux qu'elle appartienne au genre dont il vient d'être question. Nous soupçonnons qu'elle doit rentrer parmi les Corynes.

Le genre qui vient de nous occuper, pouvant être considéré comme le type de l'ordre des Polypes, dans notre Règne Psychodiaire, c'est au mot POLYPES que sera traitée l'histoire physiologique des créatures ambiguës sur lesquelles Trembley fit les belles expériences que nous avons vérifiées et que nous rapporterons. (B.)

* POLYPERA. BOT. CRYPT. (Lycoperdacées.) Persoon a donné ce nom au genre désigné par Albertini et Schweinitz sous le nom de Pisolithus, par Link sous celui de Pisocarpium, et par De Candolle sous celui de Polysaccum. V. ce dernier mot. (AD. B.)

POLYPES. Polypi. PSYCH. Le nom de Polype, qui vient du grec, signifie ayant plusieurs pieds. L'antiquité l'appliquait aux Sépiaires, que par corruption le vulgaire appelle encore POULPES, et qui appartiennent aux Céphalopodes des naturalistes modernes, c'est-à-dire ayant la tête aux pieds ou des pieds à la tête. Il n'était pas bien exact d'appeler pieds les membres de tels Polypes, encore qu'ils servissent, en beaucoup de cas, à l'ambulation; le mot bras eùt été peut être un peu moius impropre, car le Poulpe se sert de ses vigoureux appendices pour enserrer sa proie, et, si l'on s'en rapportait à Denis Montfort, on dirait le terrible géant Briarée; l'usage a prévalu, et quand Trembley fixa le premier, vers le dixhuitième siècle, l'attention du monde savant sur des petites créatures qui présentaient des bras analogues, Réaumur n'hésita point à nommer ceux-ci des POLYPES D'EAU DOUCE. Ce nom se trouvait

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d'autant meilleur, que les premiers Animaux qui l'avaient anciennement porté, en prenaient un autre en devenant des Mollusques. Cependant les Polypes d'ean douce, étant bientôt devenus célèbres par la facilitè qu'ils ont à reproduire leurs parties coupées, on les appela des Hydres, par allusion à ce monstrueux Serpent qui infestaitles marais de Lerne, et dont les tôtes repoussaient à mesure qu'un demidieu parvenait à les abattre. Ce déplacement de signification était heureux; il n'a cependant point prévalu. Les Hydres actuels sont les Serpens d'eau (V. HYDRE), ceux de l'école d'Upsal sont 1 es Polypes dont il a été question plus haut (V. POLYPE), et les Polypes d'Aristote, d'Ovide ou de Rondelet, sont le Sepia octopus des premiers systématiques, ou l' Octopus vulgaris de Lamarck, représenté dans la pl. 76, fig. 1 et 2 de l'Encyclopédie méthodique. V, POULPES.

Les Polypes sont pour Lamarck la seconde classe des Animaux sans vertèbres; ce savant les caractérise ainsi: Animaux gélatineux, à corps allongé, contractile, n'ayant aucun autre viscère intérieur qu'un canal alimentaire, à une seule ouverture; bouche distincte, terminale, soit munie de cils mouvans, soit entourée de tentacules ou de lobes en rayons; aucun organe connu pour le sentiment, la respiration ou la fécondation; reproduction par des gemmes tantôt extérieurs, tantôt internes, quelquefois amoncelés, la plupart adhérens les uns aux autres, communiquant ensemble et formant des Animaux composés. Circonscrite de la sorte, la classe des Polypes est divisée par le Linné français en cinq ordres, ainsi qu'il suit:

I. POLYPES CILIÉS, Polypi ciliati, non tentaculés, mais ayant près de leur bouche ou à son orifice des cils vibratiles ou des organes ciliés et rotatoires qui agitent ou font tour-billooner l'eau. Cet ordre entre pour nous dans la classe des Microscopio ques(V. ce mot), parce que nous ne pouvons consentir à regarder comme des organes pareils, ni même analogues à de véritables tentacules extensibles ou contractiles, composés de façon à ce que la sensibilité la plus exquise s'y manifeste évidemment, des poils ou cirres, vibratiles quels qu'ils soient, mais rigides, non contractiles, et probablement privés de toute irritabilité

II. POLYPES NUS, Polypi denudati, tentaculés, ne se formant point d'enveloppe ou de Polypier, et fixés, soit constamment, soit spontanément. Cet ordre contient quatre genres: Hydre, Hydra, (Polypus, N.) Coryne, Coryna; Pédicellaire, Pedicellaria; Zoantha. Tous ceux- rgrossière de Sauvage, et conséquemment éduits � la méthode ci, ainsi que les suivans, sont pour nous des Polypes véritables.

III. POLYPES A POLYPIER, Polypi vaginati, tentaculés, constamment fixés dans un Polypier inorganique, qui les enveloppe et forme en gér néral des Animaux composés. Cet ordre est divisé en deux tribus, les Polypes d'une seule substance, et ceux qui forment des substances séparées et très-distinctes. Ce sont encore pour nous des Polypes véritables, à l'exception des Spongilles, que, sous le nom d'Ephydaties, nous plaçons, avec les Spongiaires, dans un ordre fort distinct, et des Dichotomaires qui répondent au Liagora de Lamouroux, et que nous croyons appartenir tout simplement au règne végétal. Les Animaux de tous les Polypiers ne nous étant pas suffisamment connus, nous nous trouvons réduits à les classer selon lea caractères que présentent les parties qu'on en a pu conserver. A cet égard les naturalistes sont réduits au même embarras que les conchyliologistes, qui, lorsque les Mollusques et les Conchières, habitans des trésors de leurs collections, seront mieux connus, verront beaucoup de genres qu'ils se pressent d'établir sur le moindre tour de spire, ou sur une légère différence dans la disposition de la columelle

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et de la bouche, s'effacer ou changer totalement. Nous sommes exactement, par rapport aux Polypes à Polypiers, dans la position où seraient des botanistes a qui on rapporterait d'une terre lointaine des herniers où ne seraient conservés que des tiges, des feuilles on quelques débris de capsules vides et mutilées. Ces botanistes seraient réduits à la méthode grossière de Sauvage, et conséquemment exposés à de monstrueux rapprochemens. Quoi qu'il en soit, Lamarck forme dans cet ordre les sections suivantes, où il reporte soixanteun genres.

1°. Polypiers fluviatiles, Difflugie, Cristatelle, Spongille et Alcyonelle.

2°. Polypiers vaginiformes. Plumatelle, Tubulaire, Cornulaire Campanulaire, Sertulaire, Antennulaire, Plumulaire, Sérialaire, Tulipaire, Cellaire, Anguinaire, Dichotomaire, Tibiane, Acétabulaire etPolyphyse.

3°. Polypiers à réseaux. Flustre, Tubipore, Discopore, Cellépore, Eschare, Adéone, Rétépore, Alvéolite, Ocellaire et Dactylopore.

4°. Polypiers foraminés. Ovulite, Lunulite, Orbulite, Distichopore, Millépore, Favosite, Caténipore et Tubipore.

5°. Polypiers lamelliferes. Styline, Sarcinule, Caryophyllie, Turbinolie, Cyclolite, Fongie, Pavone, Agarice, Méandrine, Monticulaire, Echinophore, Explanaire, Astrée, Porite, Pocillipore, Madrépore, Sériapore et Oculine.

6°. Polypiers corticifires. Corail, Mélite, Isis, Antipate, Gorgone et Coralline.

7°. Polypiers empdtés. Pinceau, Flahellaire, Eponge, Thétie, Géodie et Alcyon.

IV. POLYPES TUBIFÉRES, Polypi tubiferi. Polypes réunis sur un corps commun, charnu et vivant, mais constamment fixé et jamais libre, sans Polypiers véritables qui le constituent, ni axe, ni fibres cornées qui en soutiennent la masse. Ici l'organisation se complique, et le passage des Polypiers empâtés aux Polypiers flottans a naturellement lieu. C'est au savant Savigny qu'on doit la connaissance approfondie de ces collections singulières d'Animaux qui n'en forment qu'un, et qui sont réparties dans les quatre genres Authélic, Xénie, Ammothée et Lobulaire.

V. POLYPES FLOTTANS, Polypi natantes. Polypes tentaculés, ne formant point de Polypiers, et réunis sur un corps' libre, commun, charnu, vivant, axigère, mais dont les masses semblent nager dans les eaux. Les genres de cet ordre sont: Vérétille, Funiculine, Pennatule, Rénille, Virgulaire, Encrine et Ombellulaire. Nous ne croyons pas que les Ombellulaires et les Encrines puissent être considérés comme des Polypiers libres; ils sont ou ont été bien certainement fixés par une espèce de stipe, et s'ils ne font pas partie de l'ordre quatrième, il serait peut-être nécessaire d'en établir un distinct pour les y placer.

Pour le savant Cuvier, les Polypiers ne sont qu'une section de son quatrième embranchement des Animaux rayonnés ou Zoophytes; et ce dernier nom, emprunté de Linné, qui le premier lui avait donné une signification positive, est des plus convenables, parce que les Zoophytes de Cuvier sont des Animaux végétans dans toute l'étendue du mot, encore que ce savant n'en donne point cette définition: « Les Polypes, dit-il, ont été ainsi nommés, parce que les tentacules qui entourent leur bouche les font un peu ressembler aux Poulpes, que les anciens appelaient Polypes. La forme et le nombre des tenlacules varient; le corps est toujours cylindrique ou conique, souvent sans autres viscères que sa cavité, souvent aussi avec un estomac visible, duquel pendent des intestins, ou plutôt des vaisseaux creusés dans la substance du corps, comme celles des Méduses; alors on voit ordinairement

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aussi des ovaires. Tous ces Animaux sont susceptibles de former des Animaux composés, en poussant de nouveaux individus comme des bourgeons; néanmoins ils se propagent aussi par des æufs. ff Cette définition est exacte; elle convient a l'universalité des Polypes, si ce n'est quant au mot æuf, qui n'est pas ici bien exact, et qui doit ètre remplacé par celui de propagules ou ovaires. L'auteur de l'excellente Histoire du Règne Animal divise ensuite la classe des Polypes en deux ordres.

I. POLYPESNUS, qui sont Ies mêmes que ceux auxquels Lamarck avait bien auparavant donné le même nom, c'està-dire les Hydres ou Polypes à bras, les Corynes et les Pédicellaires; seulement Cuvier y comprend les Vorticelles, qui nous y paraissent complétemen t déplacées, et les Cristatell es qui nous semblent y convenir.

Il. POLYPES A POLYPIERS, qui forment cette nombreuse suite d' espèces que l'on a long-temps regardées comme des Plantes marines, et dont les individus sont en effet réunis en grand nombre pour former les Animaux composés, pour la plupart fixés comme des Végétaux, soit qu'ils forment une tige ou de simples expansions, par le moyen des appuis solides qui les revêtent à l'extérieur ou les soutiennent à l'intérieur. Les Animaux particuliers, plus ou moins analogues aux Polypes à bras, y sont tous liés par un corps collectif et en communauté de nutrition; de sorte que ce qui est mangé par l'un des Polypes profite à l'ensemble de tous les autrès Polypes. Ils ont même une communauté de volonté outre la volonté individuelle. Les Polypes à Polypiers sont répartis dans trois families.

1°. Polypes à tuyaux qui habitent des tubes dont le corps gélatineux, commun, traverse l'axe, comme forait la moelle d'un Arbre, et qui sont ouverts, soit au sommet, soit aux côtés, pour laisser passer les Polypes. Cette famille renferine les genres Tubipore, Tubulaire et Sertulaire.

2°. Polypes à cellules, où chaque Polype est adhérent dans une cellule cornée ou calcaire, à parois minces, et ne communique avec les autres que par une tunique extérieure très-ténue, ou par les pores déliés qui traversent les parois des cellules. Ces Polypes, qui ressemblent généralement à ceux que l'auteur nomme Hydres, sont compris dans les genres Cellulaire, Flustre, Cellépore et Tubipore, entre lesquels nous sommes contraint d'avouer que nous n'entrevoyons guère de convenance. Cuvier, indécis sur l'animalité des genres qu'il réunit sous le nom de Corallinées, propose de les comprendre dans cette seconde famille, si l'existence des Hydres y est jamais démontrée.

3°. Polypes corticaux, où les Polypes se tiennent tous par une substance commune, épaisse, charne ou gélatineuse, dans les cavités de laquelle ils sont reçus, et qui enveloppe un axe de forme et de substance variables. Ces Polypes, plus avancés dans l'échelle de l'organisation,, présentent déjà quelques rapports avec les Actinios, et se subdivisent en quatre tribus.

† Les Cératophytes, où l'axe intérieur, d'apparence de bois ou de corne, croît fixé à la surface des rochers: ce sont les genres, nombreux en espèces, Antipate et Gorgone.

†† Les Lithophytes, où l'axe intérieur, fixé au fond des mers, est de substance pierreuse: ce sont les genres Isis, Madrépore et Millépore, non moins considérables les uns que les autres en espèces variées et souvent peu faciles à distinguer.

††† Les Polypiers nageurs, qui forment en commun un corps libre de toute adhérence: ce sont les genres Pennatule, Virgulaire, Scirpéaire, Pavonaire, Rénille, Vérétille et Ombellulaire.

†††† Les Alcyons, où une écorce

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animale ne renfermé qu'nne substance charnue, sans axe osseux ni corné. Cuvier place les Eponges à la suite de ces Animaux; mais nous persistons à ne pas voir des Polypiers dans les Spongíaires, où personne, quoi qu'on en puisse dire, n'a jamais vu dè polypes. V. SPONGIAIRES.

Avant les deux illustres professeurs dont nous venons d'analyser les méthodes, les Polypes n'avaient guère qu'accessoirement occupé les naturalistes; les anciens les avaient dédaignes Marsigli futle premier, parmi les modernes, qui leur accorda quelque attention; mais on ne lui doit point, comme nous le trouvons imprimé quelque part, la découverte dcs Polypes du Corail, et nous saisirons, pour rectifier cette erreur qui pourrait se propager sous l'égide d'un nom célèbre dans l'Histoire des Polypiers, un excellent passage de l'article CORAIL de Blainville (Dict, de Levrault, T. x, p. 352).« Le comte Marsigli, en 1703, dit le savant professeur, ayant eu l'occasion d'observer cette substance sortant immédiatement de la mer, et ayant aperçu, daus différens points de la surface, des petits corps rayonnés à peu près comme la corolle des fleurs régulières, il en fit les fleurs de cet Arbre, auquel, par conséquent, il ne manqua plus rien pour être un Arbre véritable. Alors tous les auteurs de botanique, n'ayant aucun doute sur la nature du Corail, le raugèrent dans le règne végétal jusqu'au moment où Peyssonel (en 1723), devenu justement célèbre par cette seule découverte, étendit au Corail ce qu'il avait observé sur une foule d'autrès êtres organisés, également complexes, et fit voir, par des preuves sans réplique, que ce qu'on regardait comme des fleurs de Corail, étaient de véritables Animaux. Cette découverte n'eut cependant pas tout le succès qu'elle méritait, et Réaumur, qui êtait alors en France le chef de toutes les personnes qui s'occupaient d'histoire naturelle, soutint encore quelque temps l'ancienne opinion. Cependant la découverte, jusqu'à un certain point analogue, du Polype d'eau douce par Trembley, fit revenir sur l'opinion de Peyssonel. ff

Nous avons récemment et les premiers observé sur des êtres regardés jusqu'à ce jour comme des Végétaux un phénomène dans le genre de celui que découvrit Peyssonel. Les Réaumur du jour ne peuvent consentir a l'admission des conséquences que nous en avons tirées; mais à chaque instant quelques observateurs viennent confirmer notre mérite de ses ma�tres. Cest dans l découverte par la découverte de quelques faits semblables ou analogues, Il faudra bien, tôt ou tard, revenir sur notre opinion comme on revíht sur celle de Peyssonel. Quoi qu'il en puisse être, on doit regarder comme presque inutile, même à consulter, ce qu'avant l'auteur italien qui prenait un Polypier pour un Arbre, avaient écrit ae quelques-unes des productions naturelles qui nous occupent Aldrovande, Gesner, lmpératus, L'Ecluse, les Bauhins, Boccone, Morison, Plukenet, Ray, Pétiver, Barrelier, et surtout Tournefort, qui, dans son zèle pour la Science où il marqua, voyait des Plantes dans tout ce qui se ramifiait, et qui rangeait jusqu'aux Madrépores parmi les Végétaux. Guettard est le premidf auteur dont on puisse avec fruit étudier encore les écrits sur les créatures dont il est ici question; enfin Linné. avec son regard d'aigle et cette sorte de prévision qui lui fut propre, commenca vers 1744 à débrouiller le chaos de leur histoire: il leur conserva le nom de Zoophytes, et il les regardait comme étant d'une nature intermédiaire entre les Plantes et les Animaux. « Le premier, dit Lamouroux, il fit connaître les principes qui devaient servir de base à l'étude des Polypiers; il les classa d'après une méthode particulière, type de toutes celles qu'on a suivies depuis; il en détermina les principaux genres et augmenta considérablement le nombre des espèces; enfinn il rendit à cette

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partie de la Zoologie un aussi grand service qu'à la Botanique, en la dépouillant de tout cet appareil de phrases fatigantes qui en rendait l'étude si laborieuse et si difficile.ff On aime à trouver une telle déclaration dans les ouvrages d'un naturaliste qui de nos jours s'est occupé de Polypes avec quelque succès et qui, ne déguisant pas les rapports que sa méthode peut avoir avec oelle du législateur de l'histoire naturelle, ne s'efforce jamais de rabaisser le mérite de ses maîtres. Cest dans le même esprit honorable de reconnaissance, que Lamouroux ajoute, au passage que nous venons de citer, l'éloge d'Ellis, qui publia en 1755 un Essai sur l'Histoire naturelle des Corallines, ouvrage qui, traduit l'année suivante en francais, s'est répandu dans toutes les bibliothèques où il est d'un usage journalier; les planches en étaient fort bonnes pour le temps et ont été très-citées; cependant il faut avouer qu'on les ferait bien autrement aujourd'hui. Ellis ne dessinait d'ailleurs pas lui-même, et nous croyons que tout naturaliste qui n'est pas en état de faire ses dessins, doit renoncer à rien publier sur les corps naturels, dont le microscope seul peut révéler les caractères. Nul peintre à moins que ce ne soit un Turpin, ne rendra les descriptions d'un autre observateur parfaitement compréhensibles, et les Turpin sont des hommes très-rares.

C'est à dater de la seconde partie du siècle dernier que l'étude des Polypes commença à faire de grands progrès. Pallas, quis'occupa de cette branche de l'histoire naturelle avec cette supérioriteé qui caractérise toutes ses productions, réunit, vers 1766, dans son Elenchus Zoophytorum, tout ce que ses prédécesseurs avaient écrit sur les Zoophytes; et nous ne croyons pas que ce soit parce qu'il était imbu de préjugés qu'il repoussa à la fin de son travail les Corallines, comme étant d'une animalité douteuse. Pallas avait rluim�me, et nous croyons aison, et nous sommes de l'avis du naturaliste qui, en adressant ausavant de Pétersbourg des reproches à ce sujet, déclare néanmoins que son Elenchus doit être considéré comme le bréviaire des zoologistes qui s'occupent de la même partie des sciences naturelles. Depuis Pallas, beaucoup d'observateurs se sont occupés de Polypiers; mais bien pea l'ont fait sur la nature vivante. On voit avec peine tiop d'écrivains de la capitale, dont la plupart ont à peine entrevu la mer ou ne la connaissent même pas, s'occuper de ces productions, qui, lorsqu on les observe vivantes, ne ressemblent presqu'en rien à ce que deviennent leu rs dépouilles. Il ne résulte de leurs travaux, faits sur d'informes débris, que des idées fausses, des noms presqu impossibles à prononcer et qui écrasent les plus belles mémoires, avec des conjectures hasardées, dont ces auteurs ne se vanteut pas quand des observations nouvelles en viennent démontrer la légèreté,. mais qu'euxmêmes ou leurs amis proclament comme d'admirables dé couvertes lorsque le hasard vient à les confirmer. On doit cependant excepter du nombre des écrivains que nous venons de signaler: 1° Spallanzani, qui s'est trompé en beaucoup de choses touchant les Microscopiques, mais qui a fort bien vu les Polypes de quelques Alcyons et d'une Gorgone; qui a fort bien senti que les Eponges n'étaient pas des Polypiers, et qui n'a pas considéré la matière crétacée des Corallines comme une preuve de leur animalité; 2° Solander. dont nous aurons occasion de parler au sujet des travaux de Lamouroux; 3° Olivi, qui a donné beaucoup de figures des Zoophytes de l'Adriatique; 4° Bose, qui dans ses traversées d'un monde à l'autre nous a fait connaître diverses espéces nouvelles; 5° Savigny, que le monde savant voit avec tant de regret ne pouvoir achever ses beaux travaux dans le grand ouvrage, fruit de l'immortelle expédition d'Egypte; 6° de Moll, à qui l'on doit une histoire dea Eschares, publiée a Vienne en 1803 7° Lesueur, dont l'admirable pinceau

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fait bien mieux connaître les objets observés par lui que ne le font de vervheuses et emphatiques; descriptions, et qu'on doit enfin cesser de mettre en seconde ligne dans certains travaux où le principal mérite appartient au dessinateur naturaliste; 8° Desmarest, auquel nulle branche de l'histoire naturelle n'est étrangère, et qui, avec Lesueur, entreprit sur les Sertulariées un travail des plus curieux, et que les savans doivent regretter qu'on n'ait point publié; 9° enfin Risso, de Nice, dont on vient de mettre au jour une Histoire des productions de la Méditerranée, où se trouvent des découvertes en divers genres.

Feu Lamouroux, notre collaborateur, notre compatriote et notre ami, très-versé dans toutes les branches de l'histoire naturelle, mais plus particulièrement entraîné par un goût dominant vers les productions de la mer, étudia les Polypes et leur demeure, non-seulement dans les collections, mais encore dans leur élément. Il n'en jugea pas seulement sur des images, sur des dépouilles mal desséchées, ou sur des morceaux altérés dans l'esprit-de-vin; il observa la plupart à l'état vivant. Un heureux hasard, qui secondait sa passion pour les Hydrophytes et les Poiypiers, ayant fixé son séjour au voisinage d'une rive qui n'est pas sans richesses, il put avec avantage s'occuper de l'histoire des Poiypiers; il y débuta en 1816 par la publication d'un excellent traité sur les Coralligènes flexibles, et ce traité fit époque. Etendant ses recherches sans interruption jusqu'à la fin de ses jours, c'est en 1821 qu'il a publié comme le Prodrome d'un travail général, sous le litre d'Exposition méthodique des geures de l'ordre des Polypiers, ce grand et important ouvrage, modestement annoncé comme une simple édition d'un livre d'Ellis et de Solander, lequel n'est véitablement recommandable que par les additions qu'y fit Lamouroux, et par la beauté de planches, tellement nombreuses, que dans l'étal actuel de la science, un naturaliste ne peut se passer du livre où elles sont jointes à une savante classification. Cette classification peut être considérée comme ce qu'il était possible de tenter en ce genre, dans l'état actuel de nos connaissances; ou pourra bien lui faire subir des déplacemens de genres et même des modifications plus importantes, mais elle demeurera comme une source d'excellentes coupes et de divisions très-heureuses. Dans la méthode de Lamouroux, les Polypes et Polypiers sont disposés de la manière suivante:

§ Ier. POLYPIERS FLEXIBLES OU NON ENTIÉREMENT PIERREUX.

Polypiers cellulifères, c'est-à-dire où les Polypes sont contenus dans les cellules non irritables.

1°. CELLÉPORÉES. Poiypiers membrano-calcaires, encroûtans; cellules sans communications entre elles, ne se touchant que par leur parlie inférieure, ou seulement par leur base; ouverture des cellules au sommet, ou latérale; Polypes isolés. Les genres compris dans cet ordre sont: Tubulipore et Cellépore.

2°. FLUSTRÉES. Polypiers membrano-calcaires, quelquefois encroûtans, souvent phytoïdes, à cellules sériales, plus ou moins anguleuses, urcéolées dans presque toute leur étendue, mais sans communications apparentes entre elles, et disposées sur un ou plusieurs plans. Les genres de cet ordre sont: Bérénice, Phéruse, Elzérine, Flustre et Electre.

3°. CELLARIÉES. Polypiers phytoïdes, souvent articulés, plans, comprimés ou cylindriques; cellules communiquant entre elles par leurs extrémités inféieures; ouverture en général sur une seule face; bord avec un ou plusieurs appendices sétacés sur le côté externe; point de tiges distinctes. Les genres de cet ordre sont: Cellaire, Cabérée, Canda, Acamarchis, Crisie, Ménipée, Loricaire, Eucratée, Lafoée, Aétée.

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4°. SERTULARIÉES. Polypiers phytoïdes, à tige distiucte, simple ou rameuse, très-rarement articulée, presque toujours fistuleuse, remplie d'une substance gélatineuse animale, àlaquelle vient aboutir l'extrémité inférieure de chaque Polype contenu dans une cellule dont la situation et la forme varient ainsi que la grandeur. Les genres de cet ordre sont: Pasythée, Amathíe, Néraertésie. Aglaophoenie, Dynamène, Sertulaire. ldie, Clytie, Laomédée, Thoée, Salacie et Cymoaocée.

5°. TUBULARIÉES. Polypiers phytoïdes, tubuleux, simples ou l'ameux, jamais articulés, ordinairement d'une seule substance cornée ou membraneuse; ni celluleuse, ni poreuse; recouverte quelquefois d'une légère couche crétacée; Polypes si;luésaux extrémites des tiges, des rameaux ou de leurs divisions. Les genres de cet ordre sont: Tibiane, Naísa, Tubulaire, Cornulaire, Télesto, Liagore et Néoméris.

†† Polypiers calcifires. Substance, calcaire mélée avec la substance animale ou la recouvrant, apparente dans tous les étals.

6°. ACÉTABULARIÉES. Polypes à tige simple, grêle, fistuleuse, terminée par un appendice ombellé ou par un groupe ae petits corps pyriformes et polypeux. Les genres de cet ordre sont: Acétabulaire el Polyphyse.

7°. CORALLINÉES. Polypiers phytoïdes, formés de deux substances, l'une intérieure ou axe, membraneuse ou fibreuse, fistuleuse ou pleine; l'autre extrémité ou écorce, plus ou moins épaisse, calcaire et parsemée de cellules polypifères, très-rarement visibles à 1 æil nu dans l'état de vie, encore moins dans la dessiccation. Les genres de cet ordre sont: 1° tubuleux Galaxaure; 2° articulés, Nésée, Janie, Coralline, Cymopolie, Amphiroé et Halimède; 3° enfin, inarticulés et en éventail, Udotée.

††† Polypiers corticifères, composés de deux substances, une extérieure et enveloppante, nommée écorce ou encroùtement; l'autre appelée axe, placée au centre et soutenant la première.

8°. SPONOIÉES. Polypes nuls ou invisibles; Polypiers formés de fibres entre-croisées en tous sens, coriaces ou cornées, jamais tubuleuses, et enduites d'une humeur gélatineuse, très-fugace, et irritable suivant quelques auteurs. Les genres appartenant à cet ordre sont: Ephydatie et Eponge.

9°. GORGONIÉES. Polypiers dendroïdes, inarticulés, formés intérieurement d'un axe en général corné et flexible, rarement assez dur pour recevoir un beau poli, quelquefois de consistance subéreuse et très-mou, enveloppé d'une écorce gélatineuse et fugace, ou bien charnue, crétacée, plus ou moins tenace, toujours animés et sou vent irritables, enfermant les Polypes et leurs cellules. Les genres de cet ordre sont: Anadiomène, Antipate, Gorgone, Plexaure, Eunicée, Muricée et Corail.

10°. ISIDÉES. Polypiers formés d'une écorce analogue à celle des Gorgoniées et d'un axe articulé, à articulations alternativement calcaréo-pierreuses et cornées, quelquefois solides ou spongieuses, ou presque subéreuses. Les genres appartenant à cet ordre sont: Mélitée, Mopsée et Isis.

§ II. POLYPIERS PIERREUX, JAMAIS FLEXIBLES.

Polypiers foraminés, qui ont de petites cellules perforées, ou semblables à des pores presque tubuleux et sans aucune apparence de lames.

11°. ESCHARÉES. Polypiers lapidescens, polymorphes, sans compacité intérieure; cellules petites, courtes ou peu profondes, tantôt sériales, tantôt confuses. Cet ordre, remarque Lamouroux, est formé d'une partie seulement des Polypiers à réseaux de Lamarck; les autres appartiennent à

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la première division, composée des Polypiers flexibles. Les genres qui s'y viennent grouper sont: Adéone, Eschare, Rétépore, Krusensterne, Hornère, Tilésie, Discopore et Celléporaire.

12°. MILLÉPORÉES. Polypiers pierreux, solides, compactes intérieurement; cellules très-petites et poliformes, éparses ou sériales, jamais lamelleuses, quelquefois cependant à parois légèrement striées. Les genres compris dans cet ordre sont: Ovulite, Rétéporite, Lunulite, Orbulite, Ocellaire, Mélobésie, Eudée, Alvéolite, Distichopore, Spiropore et Millépore.

†† Polypiers lamellifères, pierreux, offrant des étoiles lamelleuses, ou des sillons ondés et garnis de lames.

13°. CARYOPIIYLLAIRES, Polypiers à cellules étoilées et terminales cylindriques et parallèles, soit turbinées, soit épatées, mais non parallèles. Les genres suivans rentrent dans cet ordre; Caryophillie, Turbinolie, Cyclolite et Fongie.

14°. MÉANDRINÉES, étoiles ou cellules latérales, ou répandues à la surface, non circonscrites, comme ébauchées, imparfaites ou confluentes. Cet ordre renferme les genres Pavone, Agaricie, Méandrine et Monticulaire.

15°. ASTRÉES, étoiles ou cellules circonscrites, placées à la surface du Polypier. Les genres de cet ordre sont: Echinopore, Explanaire et Astrée.

16°. MADRÉPORÉES, étoiles ou cellules circonscrites, répandues sur toutes les surfaces libres du Polypier. Les genres de cet ordre sont Porite, Sériatopore, Pocillopore, Madrépore, Oculine, Styline et Sarcinule.

††† Polypiers tubulés, pierreux, formés de tubes distinets et paralléles, à parois internes lisses.

17°. TUBIPORÉES, Polypiers composés de tubes parallèles, en général droits, cylindriques et quelquefois anguleux, plus ou moins réguliers, réunis et accolés dans toute leur longueur, ou ne communiquant entre eux que par des cloisons externes et transversales. Les genres appartenant à cet ordre sont: Mécroséléne, Caténipore, Favosite et Tubipore.

§ III. POLYPIERS SARCOÏDES. Plus ou moins irritables et sans axe central. Ici les Polypes sont encore placés dans des cellules; mais ces cellules ne sont plus contenues dans une masse cornée flexible, ou pierreuse et dure; elles sont à la surface d'une masse plus ou moins charnue, entiérement amincie. Lamouroux n'a point formé de section parmi les Polypiers Sarcoïdes, qui sont seulement divisés en trois ordres.

18°. ALCYONÉES, où les Polypes connus out huit tentacules souvent ponctués, ou plutôt garnis de papilles quelquefois de deux sortes différentes. Les genres appartenant à cet ordre sont: Alcyon, Ammothée, Xénie, Anthélie, Polythoé, Alcyonelle, Halliroé.

19°. POLYCLINÉES, où les Polypes ont une ou deux ouvertures formées par six divisions tentaculiformes. Ce sont les Thétyes composées de Savigny, dont Lamarck, qui n'y voit plus de Polypes, a formé l'ordre de Botryllaires dans sa quatrième classe, appelée des Tuniciers, laquelle suit celle des Radiaires; il est cependant difficile de concevoir que des êtres qui par leur réunion exercent encore une vie commune, indépendamment de celles de chaque individu, puissent être transportés, dans l'échelle de l'organisation, audelà des créatures où l'individualité devient l'essence de l'existence. Quoi qu'il en soit, les genres appartenant à l'ordre des Polyclinées sont: Distome, Sigilline, Synoïque, Aplide, Didemne, Encélie et Botrylle. Lamouroux en exclut le genre Pyrosome sans en donner les motifs.

20°. AOTINAIRES. Polypiers com-

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posés de deux substances, une inférieure, membraneuse, ridée transversalement, susceptible de contraction et de dilatation; l'autre supérieure, polypeuse, poreuse, cellulifère, lamelleuse ou tentaculifère. Ici existe le passage des Polypiers Sarcoïdes aux Acalèphes fixés de Cuvier, qui sont en partie les Radiaires de Lamarck. Les genres de cet ordre sont: Chénendopore, Hippalime, Lymnorée, Montlivaltie et lérée.

Telle est la méthode de Lamouroux la plus généralement adoptée, suivie dans le cours de cet ouvrage, et à laquelle probablement le temps et l'accroissement des découvertes n'apporteront point de changemens notables, la classe entière des Polypes subîtelle une transposition dans l'ordre naturel, pour former la plus grande partie d'un règne intermédiaire que nous nous proposons d'établir sous le nom de Psychodiaires. Et par Psychodiaires (V. ce mot) nous entendons des êtres chezlesquels la vie est de deux natures, double, complexe; soit que les créatures de cette sorte présentent dans la durée de leur existence des phases purement végétales et purement animales alternativement; soit qu'après avoir végété, la vie s'y développe sous la forme d'Animaux-Fleurs; soit que, toujours animale, il y ait dans leur ensemble une vie commune, résultant de vies individuelles; soit enfin qu'à quelque chose d'Animaux, les Psychodiaires joignent de tels rapports avec le règne inorganique, que l'existence vitale n'y soit guère qu'un moyen à l'aide duquel se forment des agglomérations de substances calcaires qui, sans ces singuliers appareils vivans, fussent peutêtre demeurées éternellement à l'état de dissolution, dans l'immensité des eaux, où la vie les vient élaborer pour en former plus tard des couches de la terre.

On voit que, dans sa méthode, Lamouroux adopte ponr titre de ses divisions, des mots dont il intervertit la signification sans motifs suffisans. Ainsi ce qu'il nomme ordres, doit être considéré comme familles, ses sections sont des tribus, et ses divisions sont les véritables ordres. C'est encore à tort, selon nous, qu'il comprend les genres Liagore et Coralline au rang des Polypiers. On n'y a jamais vu d'Animaux, nous n'avons jamais pu y en découvrir, ce qui néanmoins n'établit pas que ce soit des Plantes, comme nous l'expliquerons à l'article PSYCHODIAIRE (V. ce mot); enfin nous ne saurions non plus voir des Polypiers, chez les Eponges, dont nous avons eu occasion d'examiner un grand nombre dans toute leur fraîcheur, et qui ne nous ont en aucun temps présenté quoi que ce soit qui puisse y être considéré même comme analogue. Y voir, avec certains naturalistes qui étendent leurs méthodes de classification à des choses qu'ils n'ont peutêtre jamais regardées, des commencemens d'estomac manifestés par les oscules, nous paraît une manière de voir plus singulière encore que les Eponges elles-mêmes, quelque étrange que soit l'organisation de ces bizarres productions. Lamouroux ne donnait pas à la vérité dans ces idées baroques; mais ne condamna-til pas luimême l'introduction des Spongiées dans la classe dont les Polypes forment le caractère principal, par sa phrase descriptive même qui commence par ces deux mots, Polypes nuls, en contradiction manifeste avec l'idée d'un Polypier qui cesserait d'en être un dès qu'il ne servirait plus de domicile aux créatures dont il emprunte uniquement son nom?

Tout ce qu'on appelle aujourd'hui Polypes, avec quelques autres êtres maintenant rejetés plus ou moins loin de cette classe, était, dans les premiers ouvrages de Linné, compris dans la classe des Vers, et terminait le système en deux ordres, savoir: la quatrième, des Lithophytes, qui comprenait trois genres, Tubipora, Millepora et Madrepora; la cinquième, des Zoophytes, qui en renfermait ouze, savoir: Isis, Gorgo-

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nia, Alcyonium, Tubularia, Eschara, Tœnia et Volvox. Les Tænia sont depuis long-temps des lntestinaux ou Entozoaires; les Volvoces appartiennent à nos Microscopiques, et Linné n'admettait point alors les Eponges dans le règne animal; c'est plus tard, qu'entraîné dans cette manière de voir par l'opiuion commune des zoologistes, il les y comprit; et finalement Gmelin en donnant une treizième édition du Systema. Naturœ réunissant les deux ordres des Lithophytes et des Zoophytes sous ce dernier nom, y renferma tous les Polypes, en définissant ainsi son ordre quatrième: Etrescomposés, vivant de deux manières à la façon des Plantes et des Animaux, où plusieurs ont comme des racines avec des tiges, où se voient des rameaux qui se chargent de fleurs animées, etc. Linné avait le premier, avec son ordinaire sagacité, appelé Fleurs, les Hydres de ses Zoophytes. L'ordre des Zoophytes contenait, dans l'édition de Gmelin, quinze genres, savoir: Tubipora, Madrepora, Cellepora, Isis, Antipates, Gorgonia, Alcyonium, Spongia, Flustra, Tubularia, Corallina, Sertularia, Pennatula et Hydra. Ces genres sont aujourd'hui autant de families. Il devient inutile de citer d'autres méthodes, où les Polypes sont rangés à peu près dans le même ordre, seulement sous des noms différens; ces méthodes ne sont d'aucun usage, et n'étant même foudées sur aucune vue nouvelle, ne peuvent qu'introduire la confusion dans une science qui menace de disparaître sous un amas de noms barbares.

Sur la Physiologie des Polypes.

Il nous reste à parler des particularités physiologiques qui singularisent les Polypes. Dans tous on n'observe, à proprement parler, aucune existence qu'on puisse appeler individuelle. C'est là leur grand caractère, dont l'influence entraîne la possibilité de supporter des déchiremens, non-seulement sans que la mort s'ensuive, pour le fragment enlevé à la masse commune, ou pour cette masse même; mais encore sans que ce déchirement puisse être considéré comme une lesion pour l'une ou pour l'autre, puisque, au lieu d'une destruction, il en résulte des augmentations dans les parties déchirées où se développent des individus nouveaux. Trembley, comme on l'a vu lorsqu'il a été question du genre Polype, découvrit cette mervcilleuse propriété donton on était jusqu'ici loin d'avoir même entrevu les conséquences énormes. Le premier s'étant avisé de partager un Polype de la seconde espèce (Polypus Briareus, N.) avec des ciseaux, il vit avec admiration chaque moitié devenir en peu de temps un Polype complet. Des tentacules ne tardèrent pas à garnir tout autour, pour en former une nouvelle bouche, la partie antérieure du tronçon de derrière, tandis que le troncçn de devant où les tentacules primitifs étaient demeurés, se forma et s'allongea en manière de corps parfaitement semblable à celui qui terminait auparavant le Polype entier. Dans sa surprise, il ne croyait pas au témoignage de ses yeux; il raconte avec la plus noble et la plus élégante naïveté, comment il n'ajouta foi à ses propres observations qu'aprés les avoir répétées de toutes les manières. Enhardi par le succès, il ne s'en tint bientôt plus à un simple partage, il coupa des Polypes en plusieurs morceaux; chaque morceau redevint en tout semblable à celui dont il avait fait partie; il finit par les hacher en quelque sorte, et chaque parcelle se reproduisit. I1 en coupa plusieurs longitudinalement et, soit qu'il les eùt partagés en long, obliquement ou en travers, il obtiut toujours les mêmes résultats.

Lá singularité de ces faits produisit une grande sensation dans toute l'Europe, et parmi les observateurs qui en vérifièrent l'exactitude, nul n'y a porté plus de soin que le sage Roësel, dont le beau travail est accompagné d'admirables figures. Cet observateur s'occupa en outre de la

TOME XIV. 12

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composition d'un être si bizarre, dont chaque fragment était une possibilité d individus indépendante de la másse, quoique asservie à l'existence commune, tantqu'elle n'en était pas distraite. Il vit que les Polypes, essentiellement privés d'organes internes, n'étaient formés que d'une molécule globuleuse, monadiforme, agglomérée dans un mucus, mais où nulle enveloppe solide ou même pelliculaire ne contenait et n'asservissait irrévocablement l'une à l'autre la molécule et la mucosité, de sorte que lorsque par l'effet de l'âge, qui amène aussi la mort jusque dans les Polypes individualisés, ou par quelque autre cause, cette mucosité venant à se dissoudre, la masse des Polypes s'évanouissait sur le porte-objet de son microscope, un nuage moléculaire qu'il a paríaitement représenté, mais où chaque petite graine sphérique, qu'on dirait un Monas, ou ce que Turpin nomme une globuline, n est plus apte à reproduire un Polype, parce que les conditions vitales y ont cessé. Mais, à notre tour, quelle a été notre surprise, lorsque dans les verres de montre remplis d'eau, ou nous avons laissé mourir et se dissoudre les Polypes, nous avons trouvé après et lorsque la dissolution a été complèle, notre matière agissante, partout développée? Etaitce la molécule, la globuline du Polype rétournant à sa forme élémentaire? Nous luissons ce point à la décision des bons esprits qui savent distinguer les transmutations des transsubstantiations (V. MÉTAMORPHOSES); comme Roësel, Baker, Ellis et plusieurs autres, nous avons répété toutes les expériences de Trembley, et nous les avons étendues à beaucoup d'autres Polypes marins, parce que nous avons très-souveut, long-temps et en beaucoup de mers, vu autrement que daus les herbiers, dans l'esprit-devin, ou dans les étagères d'un Muséum. Nous avons trouvé que tous les Polypes jouissent des mêmes facultés reproductives que ceux de Trembley. Delà cette multiplication extraordinaire des Polypiers, où nulle parcelle animale n'est perdue; de sorte qu'un morceau, tant que les parties vivantes n'y sont pas dissoutes en molécules, croît pour son compte et devient un Polypier nouveau, semblable à celui dont il fut détaché, s'il tombe dans une localité et dans des circonstances favorables à sa végétation. Nous tenons de Risso un fait parfaitement confirmatif de ce que nous venons d'avancer. Dans la mer de Nice, que ce savant semble avoir épuisèe, les pêcheurs de Corail ne se procurent cette précieuse substance qu'au moyen de dragues imparfaites qui vont en mutiler les rameaux à d'assez grandes profondeurs. Ces mutilations, dont il ne revient qu'une bien petite partie à celui qui les fait subir, ne nuisent eu rien à la reproduction du Corail; au contraire, ceux des morceaux chargés de Polypes que ne ramène pas la drague, tombant autour des vieux pieds, se fixent aux mêmes rochers et deviennent à leur tour des Aibies pareils à ceux dont ils avaient fait partie. La faculté reproductive des Polypes est done leur essence; ils la transmettent jusqu' à leurs supports lorsqu'ils en ont, et lorsqu'ils n'en ont pas, leur mollesse n'en présente pas moins une puissante végétation. Pour se convaincre de cette vérité, il suffit d'examiner comment se reproduisent naturellement les Polypes d'eau douce, lorsqu'on n'aide point à leurs multiplications en les divisant soimême. Un Polype complet que vous ramassez dans un marais ou dans un étang, se charge en tout temps de bourgeons, où le microscope vous fait reconnaître la même organisation que dans le corps même du Polype.

D'abord presque imperceptible et globuleux, on dirait de petites pustules, où, bien examinées, on reconnaît un vide intérieur communiquant avec celui du Polype même qui est une espèce de cylindre ou sac vivant, dont la tubulosité, sicette expression nous peut être permise, s'étend jusque dans les tentacules buccaux, ou

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du moins assez avant vers l'insertion de celleci; si l'hiver approche, el si le froid qui semble engourdir les Polypes empêche les bourgeons de se développer davantage, la base de cus bourgeous s'élrangle, ils prennent la figure d'une petite verrue, se détachent et tombent au fond des eaux, oil la gelée ne doit point atteindre; ils y demeurent en réserve comme des semences pour le printemps prochain, quand l'influence de la saison de vie pénétrera jusque dans la vase des marécages; mais ce ne sont la ni des œufs, ni des graines. La nature, avant d'introduire dans son immensité de tels dépositaires d'une végétation et d'une vie compliquée, devait compliquer la végétation et la vie. Elle u avail besoin, pour conserver la lignée de l'ètre le plus simple, que d'un mode trés-simple de propagule; de quelle utilité y eút été une enveloppe? Il n'en devait pas sortir de créature contenue dans un test, dans une peau, ou dans une tunique quelconque; qu'y eût servi un embryon? Nul organe ne s'y devant développer, une bulbiue suffisait pour reproduire un être capable de s'accroître par absorption externe, et qui ne devait jamais posséder divers organes, quelque forme que la molécule constilutrice dût prendre dans la matiére muqueuse qui en était la base. Et cette voie de reproduction ou plutôt de perpétuation par bulbines, persista dans les créatures d'ordre fort élevé, même après que la nature eut ajouté à ses productions des moyens reproducteurs qui semblaient les rendre inutiles C'est ainsi que les Végétaux, dont le plus grand luxe floral accompagne les amours et qui se multiplient par graines et par bulbes, se peuvent toujours reproduire par des bulbines bien plus analogues qu'on ne l'a soupconné jusqu'ici à celle des Polypes, puisqu elles sont également homogènes.

Si la saison est chaude, si les conditions favorables protégent la multiplication des Polypes, les bulbines ou bourgeons qui se sont développés à sa surface ne s'en détacheront point pour être léthargiquement mis en réserve au fond des eaux; mais sous l'œil de l'observateur ils s'allongent, deviennent en lout semblables à l'individu qui les émit, et, en peu du temps, peuvent se suffire à euxmêmes; ils se détachent sous la figure de Polypes complets, et vont exercer une vie individuclle, d'ou ne tardent pas à résulter des bourgeons et des Polypes semblables à ceux qu'on a vu poindre et devenir des individus partaits. Un Polype vigoureux peut ainsi produire jusqu'à vingt Polypes semblables à luidans la durée d'un mois. Il arrive souvent qu'il se développe dans toute son étendue de trois à six et même dix bourgeons qui, ayant apparu les uns après les autres, deviennent des Polypes de tailles diverses sur la souche qu'on ne peut qualifier de père ni de mère; et ce qu'il y a de merveilleux, c'est que présentant alors véritablement la figure de l'Hydre de l'antiquité, le groupe jouit d'une vie commune, puisque ce que chaque Polype mange tourneau profit de tous, tandis que chacun de ces Polypes manifeste une volonté indépendante de celle du tout, en pêchant pour sun compte, et en disputant une proie à l'un de ceux qu'on peut indifféremment nommer ses frères ou ses morceaux.

Eu raisou de leur àge et de leur taille, ces Polypes cessant de s'ap partenir, se séparent successivement les uns des autres. Cette séparation a lieu quand chaque rameau vivant étant assez fort pour n'avoir plus besoin de l'appui producteur, se rétrécit par le point d'attache; alors lu tube interne qui communiquait à celui du tronc, qui en recevait des sucs vivifères, ou lui en envoyait, selon que la souche ou le rameau avaient mangé sépamément, alors le tube interne se ferme et il y a indépendance. Le Polype ne communiquant plus par son sac alimentaire avec le sac alimentaine des vieux, tout rapport est

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rompu, les membres de la famille se déjoignent. Chacun a gira, mangera, digérera pour son propre eompte, jusqu'à ce que la force végétatrice qui partage son existence, lui fasse émettre à son tour des bulbines et des rameaux.

On nous dit que des personnes qui ont récemment trouvé des Polypes d'eau douce prétendent y avoir découvert des Propagules internes qu'ils nomment ovaires. Si ces persounes n'ont pas pris une chose pour une autre, il faut convenir que la nature que leur révéla du premier coup un fait échappé à la persévérance de Trembley, à Réaumur, à Baker, à Ellis, à nous, à la sagacité de Roësel surtout, les traita en enfans gâtés.

Outre la propriété reproductive par végétation, on a signalé comme un autre caractère chez eux, l'existence d'une seule ouverture qui, mettant leur extéricur ou sac stomacal en rapport avec ce qui les environne, remplit les fonctions de bouche lorsu'il est question d'avaler, et celle d'anus quand, après que le Polype a extrait de sa proie ce qui étaitutileà sa nutrition, il en rejette le superflu. Baker croyait à tort voir une ouverture postérieure dans les Polypes qu'il observa; en vain, l'on a récemment reproduit celte idée pour faire preuve de sagacité, après des gens qui avaient vu des Polypes sans y avoir aperçu deux ouvertures. Le caractère de ce qu'on pourrait nommer monophorisme est encore des plus positifs, et c'est à lui que les Polypesdoivent même la singulière faculté de vivre en commun et séparément, selon les temps et leurs besoins. Tant qu'il n'a pas lien, les jeunes sont dans la dépendance des vieux qui les nomrissent par une ouverture de communication, parce qu'ils ne peuvent pas entiérement se substanter euxmêmes; mais dès que cetle seconde ouverture de communication se ferme, le monophorisme avertit les Polypes développés à la surface de leur prédécesseur, qu'ils peuvent se passer de tout secours étranger; et la chose est rendue sensible par le fait que nous avons observé sur des Tubulariées, soit de mer, soit d'eau douce, et des Sertolariées qu'on peut considérer comme un ensemble de Polypes analogues à ceux de Trembley et de Roësel, mais qui, s'étant compliqués de tubes protecteurs, soit simples, soit rameux, y vivent en commun, communiquant tous les uns aux autres par leur sac alimentaire, capillairement prolongé à l'intérieur des pédicules individuels: delà cette subordination de chaque individu dans la vie commune, où existent autant de bouches-anus que d'individus béans et étendant leurs tentacules pour saisir nourriture qui doit profiler à Mais que, dans un des individus, le pédicule s'étrangle, et que, par cet étranglement, la communication qui existait entre cet individu et le tronc sur lequel il vivait en communauté vieune à cesser, le petit Polype se trouve libre et va se fixer ailleurs pour végéter, se ramifier et donner lieu à de nouvelles floraisons vivantes. Tel est le mode constant de reproduction de tout véritable Polype. Il échappa à l'habile müller qui, cependant, vit de jeunes Tubulariées émancipées (au moment où venaut de se détacher de la masse qui les avait produites, ces jeunes Tubulariées allaient chercher un site d'élection pour se fixer), croître, se ramifier et perpétuer l'espèce; il les prit pour des Leucophres, crut y voir des poils et des intestins, et les décrivit sous le nom Leucophra heteroclita (Infus., p. 158, tab. 171). Cependaut le liasard avait mis Müller sur la voie d'une découverte qu'il n'eût pas dûnous abandonner. C'est daus un vase, où ce grand observateur tenait des Tubulaires, qu'il trouva son Leucophra heteroclita, et il le soupconna d'avoir quelques rapports avec ces Tubulaires; mais il renonça à cette idée qui s'est changée en réalité pour nous. Lorsqu'aprèsfa paix de Tilsitt, qui fut la conséquence de la brillante victoire de Fricàland, le 5e régiment

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de dragons, où l'auteur da cet Article avait l'honneur de commander un escadron, vint prendre ses cantonnemens aux environs de Marienwerder et dans l'ile de la Nogat, il rencontra en abondance une espèce non déerite, assez grande, du genre Naisa de Lamouroux, ou Pluma telle de Lamarck, qui, conjointement avec le campanulata, habitait à la base inondée des grands scirpes le long des étangs si fréquens dans la Prusse ducale. Ces deux Tubulariées y formaient, soit distinctement, soit confusément, des masses grosses comme des cerises et des noix, ou rampaient en couches plus ou moins épaisses; entre celles que nous élevâmes durant deux mois d'été, plusieurs émirent de ces sortes de propa gules, si bien rendues par Roësel, dont beaucoup devinrent, seus nos yeux, des êtres distincts, selon chaque espèce, mais toujours ressemblans au prétendu Leucophre de Müller, tandis que ces êtres, que nous avions rencontrés nageant individuellement en d'autres parties des marais, devinrent de véritables Tubulariées.

Nous avons observé néanmoins dans des espèces de Flustrées, de Sertulariées, sur l'un des côtés de chaque capsule, ou au-devant, au-dessous du grand orifice antérieur par lequel se développait L'Animal, un pore ou petit trou que nous avions d'abord considéré comme une ouverture anale; mais comme cette observation n'a pas été faite sur le vivant, et que des espèces très-voisines n'offraient pas de trou pareil, il faut attendre qu'on ait, par de nouvelles recherches, décidé quel rôle ce trou joue dans l'économie animale où nous n'hésitons pas à le considérer comme fort différent d'une ouverture anale.

Se substantant uniquement par absorption, les Polypes, tant qu'ils ne se sont pas compliqués d'une enveloppe, soit cornée, soit solide et calcaire, absorbent indifféremmeut à l'extérieur et à l'intérieur. Ils peuvent vivrr conséquemment très-long-temps sans rien dévorer, et trouvent dans la matière muqueuse que l'eau tient en dissolution, de suffisans élémens d'entretien; cependant, s'ils en sont réduits là, ils languissent sans couleur et se teignent tout au plus de la matière verte qui vient à se développer autour d'eux; mais à l'approche d'une proie vivante qu'ils percoivent fort distinctement, soit au mouvement que celleci communique au fluide environnant, soit de toule autre manière, on les voit étendre leurs bras tentaculiformes autant qu'ils le peuvent; l'Entomostracé, la Naïs s'y trouvent saisis et demeurent aussitôt comme frappés de stupéfaction. Veulentils un instant résister? un autre bras ou plusieurs autres viennent au secours de celui qui a fait la capture, entortillent la victime, et, en se contractant, la portent vers la bouche qui se dilate de manière à la recevoir; le sac l'engloutit, et on la distingue dans son intérieur se décomposant, pour que ce qui en doit être digéré soit assimilé par le Polype. En raison de la couleur de ce qu'il a avalé, celuici se colore en rose si l'ob'jet mangé contient un fluide circulateur de cette nuance; en noirâtre si c'est une petite Planaire noire; en gris, en brun, en fauve, et même en rouge, si c'est un petit Poisson, car l'on a vn des Polypes avaler jusqu'à de jeunes Goujons bien plus gros qu'eux, et de trois à quatre lignes de longueur. Ainsi remplie, la petite bête vorace retire ses tentacules, et plongée dans un état de torpeur qu'on peut comparer à celui qu'éprouvent les grands Boas et les Couleuvres, qui, ayant fait effort pour avaler des Animaux plus gros que leur tête, sont obligés de se remettre, en digérant, des fatigues d'une dilatation buccale. Un Polype ordinaire a avalé de suite jusqu'a trois Naïs ou bian douze Daphnies, et les ayant digérées dans vingt-quatre heures, en a rejeté le résidu. A peine un autre venait d'être partagé, que ses tentacules étendus ne laissaient pas que de saisir une proie, de la porter à

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sa bouehe et de l'avaber, seuf à ce qu'elle s'échappât per le côté de la section gui n'était pas cicatrisé. Mais de toutes les expériences faites par Trembley sur la manière dont les Polypes digèrent, l'une des plus délicates et en même temps des plus surprenantes, est le retournement de ces Animaux végétaus. Comme on à vu Hes Arbres plantés par leur cime convertir leurs racines en branchage feuillé, etau contraire leurs rameaux devenir des racines, de même un Polype dont on saisira adroitement le sac intérieur à sa pointe, et qu'on parviendra à retourner comme on retournerait un doigt de gant, convertit sa face externe en face interne digérante. I1 fera bien quelques efforts pour se déretourner, selon l'expression de Trembley; il y parviendrait même en tout ou en partie; mais si avant qu'il tente de se remettre dans sa forme première, on lui livre quelque Animalcule à dévorer, il semble oublier aussitôt l'état de gêne où l'a mis d'abovd l'opération, il saisit, attire, dévore, et aussitôt concentré dans les délices qu'il trouve à digérer, une fois qu'il a digéré ainsi à l'envers, il demeure retourné comme s'il était dans son état naturel, sans songer à se remettre comme il fut d'abord. Enfin, il est des Polypes retournés, déretournés et retournés encore, qui ont prisles habitudes de l'état inverse qu'on leur avait cfcmné. Les Polypes one sont des Végétaux par la maniére dont ils croissant et absorbent, mais des Végétaux agames, c'est-àdire sans sexe; ils sont tomipares, bulbipares, et plusieurs même sont gemmipares, mais nul n'est ovipare ni vivipare dans le vrai sens de ces deux mots. Cependant ils sont aussi des Animaux, car ils se mouvent, agissent, se déplacent en manifestant la conscience du bienêtre. Ils ne se trompent pas sur le choix de leurs alimens: essentiellement carnivores, ils repoussent ce qui n'a pas vie, et ne conservent, dans leur sac alimentaire, que ce qui les peut convenablement substanter ils savent à propos tendre des embuches, diriger léurs bras vers le point où s'agite une faible victime; ils n'attaqueut pas les êtres qui, par leur force, pourraient se débarrasser de leurs lacs et les rompre; Aimant la lumière, non-seulement ils se tournent vers elle comme les fleurs, mais ils s'y portent et accourent à l'éclat de ses rayons, en voyageant à la manière des chenilles arpenteuses quand ils ne sont pas captifs dans quelque agrégation qui leur interdit tout déplacement, et c'est de cette faculté de discerner la lumière et de venir à elle, selon le degré d'intensité qui lui convient, que résulte l'élection du site que fait chaque espèce pour se prepager. Chaque Polype iodividualisé voyage ease fixant par son extrémité inférieure au fond, contre quelque corps résistant, puis se courbant, it pose l'extrémité de ses tentàcules, qui atorsne sont plus des bras, mais font les fenctions de pieds, à la plus grande distance possible, et en rond sur le plan où sa pointe le retient, puis détachant celleci, il la porte au centre du rond formé par les tentacules, qu'il porte ensuite plus loin, et ainsi e suite, jusqu'à parcourir la distance de quelques pouces dans vingt-quatre heures. C'est par ce mécanieme, qu'aidés par les courans, les petits Polypes des Sertulariées et des Flustrées, après s'être individualisés, vont choisir le Fucus ou quelque autre Polypier sur lequel leur progéniture se plaira; les nombres ses tribus madréporiques ne se propagent pas autrement, et de cet asservissement à une vie commune qui, dès le développement de chaque rangée de Polypes, fit le fond de l'existence de l'être complet, résulte cette sorte d'état social nécessaire qui fait que les Polypiers se recherchent en quelque sorte et se confondant les uns les autres comme dans un dessein de protection naturelle centre la fureur des flots, finissent, tout faibles qu'its sont, par triom pher des tempêtes même qui ne sauraient les empêcher d'envahir l'Océan, en ti-

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rant de sa masse même las élémens de roebers qu'ils preparent pour combler son lit.

Nous ajouterons aux caractères qui doivent singulariser les Polypes, et qu'on avait jusqu'ici négligé de leur assigner. l'absence totale d'yeux et de branenchies, ou autre système respira toke quelconque. Iis nc voient donc pas? Cependant la lumière et l'air leur sont indispensables pour vivre: on ajoute qu'ils sont sensibles au son. Les Sangsuesy, qui sont cepeudant des Animaux bien avancés, et qui ont jusqu'à du sang rouge, res et éprouvent l'influence de la lumiére à la façon des Polypes, c'est-à-dire par toute leur surface. Les Polypes, s'ils étaient entièrement des Animaux, seraient donc les plus simples de la nature, puisqu'il est impossible de rien découvrir en eux qui ressemble non-seulement aux organes des sens, mais encore on n'y trouve ni cerveau, ni raoelle longitudinal, ni ganglions, ni nerfs, ni cirres vibratiles ou rotatoires, ni la moindre trace d'appareil respiratoire, ni système de circulation, ni intestins proprement dits. Ils vivent uniquement par absorption, soit externe, soit interne; la sensation de la lumière, l'influence du son, l'air qui leur est nécessaire, leur sont transmis comme la nourrilure par leur surface; ils sont done encore plus sensibles que les Plantes même les molos compliquées, à l'exception de nos Chaodinécs (V. ce mot) qui sont au règne végétal, comme les Poly pes seraient à la zoologie, si l'on continuail de les y com prendre. Linné qui paraissait indécis a cet égard, et que l'on crut cependant être, sous d'autres points, dans la confidence du Créatear, les appelait des Animaux-Plantes, des Animaux-Pierres. C'est au mot PSYCHODLAIRE que nous examinerons jusqu'à quel point Linné avait tort ou raison. En attendant, les Polypes formeront pour nous, dans ce règne, un ordre de sa troisième classe.

Les premiers observateurs quis'oceupèrent de recherches sur les Polypes d'eau douce, type de Pordre des Polypes, appelaient aussi POLYPES A BOUQUETS et POLYPES A PANACHES les Crisiatelles et les Pluroatelles. V. ces mots. (B.)

* POLYPÉTALE (COROLLR). BOT. PHAN. Corolle formée de plusieurs folioles ou pétales distincts. V. COROLLE. (A. R.)

* POLYPÉTALIE. BOT. PHAN. Dans nos Élémens de botanique et notre Botanique médicale, nous avons employé ce mot pour désigner les huitième et neuvième classes de la Méthode que nous y avons proposée, classes qui renferment toutes les families de Plantes à corolle polypétale. La huitième, Polyuépétalie-Symphysogynie, comprend les familles polypétales à ovaire adhérent, et la neuvième, Poiypéalie-Eleuthéragynie, les families poly pétales à ovaire libre. (A. R.)

* POLYPHACUM. BOT. CRYPT. (Agardh.) V, OSMONDARIA.

POLYPHEMA. BOT. PHAN. Lourciro a décrit sous le nom de Polyphema Jaca, l'Artucarpus integrifolia, L., Suppl. V. JAQUIER. (G..N.)

POLYPHÈME. INS. Espèce du genre Goliath. V. ce mot. (B.)

* POLYPHÈME. Polyphemus. CRUST. Genre de l'ordre des Lophiropodes, famille des Ostracodes, extrait par Müller du grand genre Monocle de Linné, et ayant pour caractères: pieds uniquement propres à la natation, simplement garnis de poils tantôt simples, tantôt braonchus ou en forme de rames. Tête confondue avec l'extréraité antérieure du tronc; deux yeux rèunís en un seul fort gros situé à l'extrémité antérieure du corps, et figurant une espèce de tête pieds au nombre de dix, dont les deux premiers plus grands et ressemblant a deux rames fourchues. Le corps de ces Animaux est transparent, presque crustacë, comprimé et terminé par une queue en forme de dard, avec

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deux soies au bout; ils nagent sur le dos et poussent l'eau avec promptitude à 1 aide de leurs pieds en forme de rames. Degéer a vu une femelle accoucher de tous ses petits à la fois; ils étaient au nombre de sept. Le type de ce genre est le POLYPLIÈME OEIL, Polyphemus Oculus, Müll., Latr., Hist. nat. des Crust., etc. T. IV, p. 287, pl. 30, fig. 3, 4 et 5; Monoculus pediculus, Fabr.: Cephaloculus stagnorum, Lamk., Syst. des Anim. sans vert., p. 170; Cette espèce est commune dans les eaux des lacs et des marais de toule l'Europe. (G.)

POLYPHÈME. Polyphemus, MOLL. C'est avec quelques espèces du genre Agathine de Lamarck, que Montfort, dans sa Conchyliologie systématique, T. 11, p. 415, a établi le genre Polyphèrae. Le Bulimus Glans de Bruguière (Agathina Glans, Lamk.) lui sert de type. Les rapports de cette Coquille et d'autres, semblables avec les Agathines proprement dites, le passage insensible et la fusion des divers caractères sur lesquels Monlfort a établi son genre avec les autres Agathines, prouvent avec évidence que ce genre est inutile et ne peut êlre adopté, V. AGATHINE et HÉLICE. (D.. H.)

POLYPHORE. BOT. PHAN. Le professeur Richard a proposé ce nom pour une sorte de réceptacle qui porte piusieurs pistils, comme dans le Framboisier, le Fratsier. V. RÉCEPTACLE. (A. R.)

POLYPHRAGMON. BOT. PHAN. Genre de la famille des Rubiacées, et de la Décandrie Monogynie, L., établi par Desfontaines (Mém. du Mus. d'hist, natur., vol. VI, p. 5) qui l'a ainsi caractérisé: calice persistant, cylindrique, supère, entier ou couronné par cinq petitea dents. Corolle supère, tubuleuse, soyeuse; le limbe à dix découpures ovales, elliptiques, étalées. Dix étamines insérées sur le milieu du tube, alternes avecles lobes de la corolle,à anthères linéaires et à filets très-courts. Ovinfère, oveïde, oblong, surmonté d'un style épais, sillonné longitudinalement, portanl des stigmates aigus et recourbés, au nombre de six, sept et même davantage. Baie globuleuse, ombiliquée, légèreraent sillonnée, divisée en un grand nombre de loges (environ vingt) polyspermes, et séparées par des cloisons longitudinales qui aboutissent à un placenta central. Graines petites, oblongues, aiguës au sommet, placées régulièrement en travers les unes au-dessus des autres autour du placenta auquel elles adhèrent par la pointe. Elles sont revêtues d'un double tégument; l'extérieur osseux, terminé par de petits appendices aigus; l'intérieur plus mince, membraneux, également appendiculé. Ce singulicr genre appartient à la derniére section des Rubiacées de Jussieu, c'est-à-dire à celle oú le fruit est multiloculaire. Mais le nombre très-considérable des parties de la fleur, ainsi que la singulièrc organisation de son fruit et de sa graine, l'éloignent de toutes les Plantes connues, si ce n'est de l'Erithalis uniflora décrit et figuré par Gaertner fils (Carpolog., p. 93, tab. 96, fig 4). Le Polyphragmon sericeum, Desf., toc. cit. avec figure, est un Arbrísseau de cinq à six pieds de haut, dont les rameaux sont noueux, velus supérieurement, garnis de feuilles opposées, ovales, lancéolées, acuminées, velues en dessous. Les fleurs sont axillaires, pédonculées, solitaires et opposées a la partie supérieure des rameaux. cette Plante croît dans l'îe de Timor. (G..N.)

POLYPHYSE. Polyphysa. BOT. CRYPT. (Hydrophytes.) Genre rapporté par Lamarck, cuvier et Lamouroux, à la classe des Poly piers, et regardé comme une Corallinée ou une Acétabulariée, mais qu'Agardh nous paraît avoir en raison de rapporter au régne purement végétal, et nous croyons qu'il ne doit pas être éloigné du genre Vallonie. V. ce mot. Rien n'indique la moindre ap-

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parence d'animallté dans cette production que sa consistance rapproche aussi des Caulerpes. Ses caractères consistent dans la simplicilé de la tige qui est filiforme, simple et terminée par un capitule formé d'un plus ou moins grand nombre de vésicules bulbeuses, pyriformes, implantées par le côlé aminci. La seule espèce qui nous soit connue a été raportée par Brown de la Nouvelle-Hollande; elle forme des paquets paniculés, composés par la racine d'un plus ou moins grand nombre d'individus de couleur verdâtre; devenant blanchâtre, un peu cornée par la dessiccation; fragile quand elle séjourne jetée sur le rivage; longue d'un à deux pouces, avec huit, dix ou douze vésicules à l'extrémité. C'est le Polyphysa Penicillus d'Agardh, Spec. Atg., p. 473 Polyphysa aspergillosa, Lamx., Gen. Polyp., tab. 69, fig. 2, 6; et Polyp, flex., pl. 8, fig. 2, ou la tige est représentée trop fortement articulée eu B; Lamk., Anim. sans vert., II p. 152; Fucus Penicillus, Turn., Hist. Fuc., t. 228, etc. (B.)

POLYPIARS. ACAL. (Blainville.) V. ACTTNOMORPHES. (B.)

POLYPIERS. Polyparii. ZOOL. On entend proprement par ce mot l'habitation de ceux des Polypes qui vivent en agerégations composées d'un nombre plus ou moins considérable d'individus. « Le Polypier, dit Lamarck (Anim. sans vert. T. 11, p. 73), est tout-à-fait distinct des Animaux qu'il contient, comme le guêpier l'est des Guêpes qui l'habitent; il leur est de même tout-à-fait extérieur, et, quelle que soit la configuration de ce Polypier et sa consistance, i1 n'offre dans sa nature qu'une production amimale, ce que l'aualyse atteste et ce que constate sa structure qui n'offre aucune trace d'organisation. ff De ceci, Lamarck conclut que Linné et Pallas eurent tort d'adopter une opinion mixte entre l'an cienne erreur qui consistait à regarder les Polypiers comme des Plantes, et les idées des modernos qui voyaient en eux uniquement des Animaux. Linné, et ensuite Pallas, ajoute notre illustre professeur, considérant de nouveau la configuration rameuse de la plupart des Polypiers, la gemmation des Polypes à la manière des Plantes, et croyant reconnaître dans diffèrens Polyniers une écorce et des racines, introduisirent une nouvelle erreur à leur égard; prenant un terme moyen entre l'opinion ancienne qui considérait les Polypiers comme des productions puremeut végétales, et l'opinion nouvelle de leur temps qui plaçail ces objets parmi les productions uniquement animales, ils se persuadèrent que les objets dont il s'agit participaient de la nature de L'Animal et de celle de la Plante. En conséquence, ils donnèrent à ces mêmes objets le nom de Zoophytes, qui veut dire Animaux-Plantes, et ils les regardèrent effectivement comme des Animaux végétans et fleurissans, croissant sous les formes et à peu prés par les mêmes voies que les Plantes; en un mot, comme des êtres dont la nature participe en partic de celle de la Plante et de celle de l'Animal. Nous ne voyons rien dans cette opinion de Linné et de Pallas qui ne soit parfaitement exact, et nous nous rangerons de leur avis contre le Linné français, lorsque celui-ci regarde comme une erreur importante pour les progrès de la zoologie et de l'histoire naturelle ce que l'observation des Polypiers vivans démontre pourlant être vrai. Habitué à regarder Lamarck comme un guide sûr, pénétré d'admiration pour ses ouvrages immortels, n'hésitant pas à le placer seul entre tous les naturalistes sur la même ligne que le législa leur suédois, il nous faut être soutenu par une bien intime conviction pour oser être d'un autre avis que lui sur l'un des points les plus essentiels de la science. Nous necroyons pas que la nutrition et des mouvemens spontanéa, sans locomotion, soient des caractères suffisans pour constituer un Animal; car les Plantes se nourrissent par absorption et respirent à

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la manière des Polypes, outre que plusieurs présentent dans certaines de leurs parties des mouvemens bien plus déterminés que ceux qu'on observe par exemnle dans l'enduit gélatineux des Nudipores, dans les Eponges et dans la masse de la pulpart des Sarcoïdes. La composition des Polypiers, fút-elle exclusivemeut anímale par sa substance, ne ferait pas plus des Animaux de ces Polypiers, que les bases calcaires des tribus madréporiques n'en font des Pierres; dailleurs, selon Lamarck lui-même, la structure des Polypiers n'offre aucune trace d'organisation; or, comme un Animal est nécessairement organisé d'une manière quelconque, un Polypier qui ne l'est pas pourrait-il être un Animal? Enfin, s'il est aussi distinct de l'êlre qui l'habite, que la Guêpe l'est de sa demeure, doit-on le confondre avec ses domiciliers, et personne a-t-il jamais avancé qu'un guêpier fát des Guépes? Il nous paraît que les Polypes sont bien plus liés à leurs Polypiers que les Hyménoptères ne le sont aux alveoles qu'ils se construisent; mais ce n'est pas seulement dans les formes végétales de ceux des Polypiers qui les a affectent, ni dans leurs recines, ni même dans l'espèce d'écorce qu'on trouve sur plusieurs d'entre eux, que nous reconnaissons l'existence végétale non moins développée que l'animal pour les Polypiers: la composition chimique n'y fait ríen. Il faut, avant tout, se rappeler cet axiôme infaillible de Cuvier: « La forme du corps vivant lui est plus essentielle que sa matière. ff Il entre beaucoup de matière animale dans la composition des Crucifères, et nul pourtant ne s'est avisé d'avancer qu un Chou, par exemnle, fût un Animal. Quelle que soit la substance qui les compose, laplupart des Polypiers végèlent aussi par faitement que ce même Chou, peutêtre plus éminemment encore, car non-seulement les rameaux des Polypiers, mais encore leurs habitans peuvent se multiplier par division, ce quin'arriverait pas aux fleurs d'un Végétal quelconque, si on les séparait de leur tige pour les planter; et vers le temps prescrit, les Polypes, soumis comme les fleurs qu'ils surpassent en vitalité, à l'ïnfluence d'un épanouissement, remplissent le même rôle propagateur, à certains égards, comma nous l'expliquerons ailleurs. V. VORTICELLAIRES.

Les Polypiers, dont il est presqu'impossible de conserver les Animaux-Fleurs ou corticaux, sont tout ce que nous pouvons posséder dans nos collections de ces êtres ambigus, généralemént de la plus grande élégance, et d'aprés lasquels on est, dans les capitales, réduit à les étudier et à les classer. Nous avons au mot POLYPE indiqué d'après quelle méthode ils y peuvent être rangés le plus naturellement; nous indiquerons, en parlant du régne où nous croyons ponvoir les reléguer, leur mode de croissance. Il nous reste à dire un mot du rôle important qu'ils jouent dans la composition de notre planète. Ce sont ceux qui, probablement formés les premiers dans la nature lorsque les eaux couvraient la totalité du globe, y furent comme des essais de vie el de végétation que la puissance créatrice sépara ensuite l'une de l'autre quand elle vit, selon l'expression consacrée par le style sacré, que cela était bon, et que l'une des deux combinaisons pouvail se dé velopper et se perpétuer sans le secours de l'autre. Dès-lors les dépouilles des Polypiers se superposèrent et les couches calcaires préparèrent les continens. Ils contribuent puissamment encore aujourd'hui au départ des metiéres calcaires, que des facultés vitales appropriées à cette grande opération leur donnent les moyens de continuer sans effort comme sans relâche; ils sont conséquemment les principaux agens de la diminution graduelle des eaux; leur superposition élève le fond des mers, augmente la masse des éoueils, et dans certaines parties du globe, dans la Polynésie et l'océan Pacifique surtout, l'effet de leur entasse-

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est tellement rapides que la navigation y devient fort difficile. « Let dangers qu'ils présentent, dit Labillardiere ( Voyage, T. 1, p. 213), sont d'autant plus à craindre, que, les Pelypiers forment des recbers escarpés couverts par les flots, et qui ne peuvent ètre apercue qu'à une très-petits distance. Si le calme surviant, et que le vaissonu y soit porté par les courans, sa perte est presque inévitable; on cherchernit en vain à se sauver en jesant l'ancre; elle ne pourrait atteindre le fond, même tout près de ces de Corail elevés perpendiculariement du fond des eaux. Ces Polypiers, dont l'accroissement continuel obstrue de plus en plus le bassin des mers, sont bien capables d'effrayer les navigateurs; et beaucoup de bas-fonds, qui offrent encore aujourd'hui un passage, ne tarderont pas à former des écueils extrémement dangereux.ff C'est ainsi que des îles madréporiques préparent des continens, et les architecles de cas parties frutures du globe sont cependant les plus frêles des créatures qui végètent et vivent dans son étendue. Cependant un besoin de se singulaiser, qui depais quel que temps tourmente les naturalistes à leur début dans la carrière, a fait souteuir dernièrement par un jeune nèophyte, dont les premiers pas ont été brillans, que les Polypiers contribuaient pour fort peu de chose à l'élévation du fond de la men, ainsi qu'à la formation des récifs calcaires de l'Océanie. Pendant qu'on écrivait ainsi pour faire un peu de bruit dans le monde savant, des Polypes travaillaient en silence à sugmentation des conches du monde réel, ce qui ne vent pas dire pourtant qu'on n'ait dans plus d'un écrit exagéré l'importance du rôle que remplissent les polypiers daus l'univers. (B.)

* POLYPILUS. BOT. ORYPT. (Champigonons.) Sous-genre de Théléphore. V. ce mot. (B.)

POLYPITES. POLYE. On a quel ce nom aux polypires fessibes (B.)

* POLYPLACOPHORES. Polyplocophora. MOLL. Dès 1821, Gray avait donné ce nom au dixième ordre de ses Gastéropodes pour y réunir sous la dénomination de Gymnoplax et de Cryptoplax les genres Oscabrion et Oscabrelle. Get ordre, dans sa classification naturelle des Mollusques, est placé entre les Patelles et les Phyllidies, ce qui est conforme à l'opiniou du plus grand nombre des zoologistes. Blainville, en l'adoptant sous le nom de Polyplaxiphores, lui a assigné une toute autre place dans le Système. V. POLYPLAXIPHORES. (D.. H.)

POLYPLAXIPHORES. Polyplaxiphora. MOLL. Dans l'opinion de Blainville, les Oscabrions formant un type d'organisation à part des vrais Mollusques, et intermédiaire entre eux et les Animaux articulés, il en a fait une classe séparée dans l'ordre qu'il nomme sous-type des Mollusques, et lui a donné le nom de Polyplaxiphores. Nous avons discuté l'opinion du savant anatomiste à l'article OSCABRION auquel nous renvoyons. (D.. H.)

* POLYPLECTRON. OIS. V. EPERONNIER.

POLYPODE. Polypodium. BOT. CRYPT. (Fougères.) Ce genre, l'un des plus anciennement établis dans la famille des Fougères, a subi, depuis Linné qui, le premier, l'avatt défini exaclement, de nombrenses modificatious. Linné en effet y plaçait toutes les Fougères dont les capsules sont disposées par groupes arrondis à la surface inférieure des feuilles; on a restreint avec raison ce nom anx espèces qui présentent des groupes de capsules arrondis et complétement nus, et dont les capsules, disposées sans ordres dans ces groupes, sont pédicellées et pourvues d'un anneau élastique étroit. On a done exclu toutes les espèces à capsules sessiles et à anneau élastique large qui appartiennent aux genres Gleichonia.

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ou Mertensia, celles à capsules recouvertes d'un tégument de formes variées qui constituent les genres Aspidium, Athyrium, Nephrodium, Cyathea, Pleopellis, Allantodia, Alsophila, Woodsia, etc.; celles à groupes non circulaires, telles que les Grammitis, Meniscium, etc.; enfin, les espèces à capsules réunics en cercles réguliers forment le genre Cyclophorus de Desvaux.

Quelques autres genres ou sousgenres ont élé fondés sur la position respective des groupes de fructification, et établissent des coupes trèsnaturelles dans ce grand genre. Tels sont les genres Marginaria, Lastrea et Drynaria de Bory, et le genre Adenophorus de Gaudichaud.

Malgré ces subdivisions, le genre Polypodium lui-même est encore le plus nombreux de tous ceux de la famille des Fougères. Il n'y resterait pourtant que les espèces où le paquet de sores nus termine la nervure qui le supporte, tandis que dans le Lastrea cette nervure l'outrepasse. On en connaît près de trois cents espèces. La plupart croissent entre les Tropiques, car l'Europe n'en présente guère plus de trois ou quatre. Les Plantes de ce genre varient beaucoup par la forme de leurs frondes plus ou moins subdivisées, par la disposition des nervures et des capsules, caractères propres à y établir des sections tiès-naturelles. Les espèces du sous-genre Drynaria présentent des caractères très-remarquables. Confondues par Linné et les auteurs plus modernes sous le nom de Polypodium quercifolium, elles constituent, ainsi que notre collaborateur Bory de Saint-Vincent l'a prouvé (Ann. des Scienc. natur. T. v, p. 462, pl. 12, 13, 14) plusieurs espèces bien distinctes, mais qui toutes ont à la base de leurs feuilles un appendice foliacé plus ou moius profondément divisé et ressemblant à une feuille de Chêne; on retrouve cette même structure dans quelques Acrostichum, tels que l'A. alcicorne. Ces Drynaires ont aussi ce caractère, singulier dans cette famille, que les feuilles sont quelquefois réellement pinnées à pinnules caduques.

Les Polypodes arborescens sont rares; on en connaît cependant quelques espèces du Brésil, mais omdoit remarquer à ce sujet que le Polypodium arboreum de Linné n'appartient pas à ce genre, mais fait partie du genre Cyathea. L'espèce la plus commune du genre qui nous occupe est le Polypodium vulgare, figuré dans tous les anciens botanistes et dans Bulliard, Plante dont les murs sont souvent tous couverts, ainsi que les vieux arbres et les souches dans les taillis. L'ancienne médecine en ordonnait souvent la racine quand on la trouvait sur le Chêne. Le P. aureum, qui a le même port, mais qui est dix à douze fois plus grand, est originaire des Antilles et souvent cultivé dans les serres d'Europe.

Ce nom de Polypode fut denné spécifiquement par d'anciens botanistes, à diverses Fougères qui, la plupart, ne font plus partie du genre qui vient de nous occuper; ainsi l'on a appelé POLYPODE FEMEILE, l'Athyrium ou Aspidium Filix-fœmina; POLYPODE MALE, le Polystichum Filixmas, etc. (AD. B.)

* POLYPODES. INS. On a quelquefois donné ce nom à des Insectes qui ont beaucoup de pieds, tels que les Lépismes. V. ce mot. (B.)

* POLYPODIACÉES. BOT. CRYPT. (Fougères) Rob. Brown a donné ce nom à la tribu de cette famille qui a pour type le genre Polypodium, groupe qui, dans le Species de Willdenow avait recu spécialement le nom de Filices. Cette division, de la grande famille des Fougères, est caractérisée par la structure de ses capsules qui sont entourées d'un anneau élastique étroit entourant presque toujours complétement la capsule, et se terminant inférieurement en un pédicelle plus ou moins long; ces capsules s'ouvrent irréguliètement et reuferment des séminules très-fines. Cette tribu comprend un

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grand nombre de genres qui ont été énumérés à l'article FOUGÉRE, oú notre collaborateur Bory de Saint-Vinceut propose de la réduire encore aux Polypodiacées dépourvues d'induses, et d'en extraire les Hyménophylíées. V. lous ce mots. (AD. B.)

POLYPOGON. BOT. PHAN. Genre de la famille des Graminées et de la Triandrie Digynie, L., établi par Desfontaines (Flor. Atlant., 1, p. 66), et offiranl les caractères suivans: fleurs disposées enpaniculecompasée, touffue, ayant la forme d'un épi. Lépícène uniflore, à deux valves presque égales, légéremeut échancrées et surmontées de soies beaucoup plus longues que les valves de la glume; celles-ci membraneuses, l'inférieure aristée, la supérieure bifide, dentée; style profondémenl biparti; stigmates velus; carvopse libre, non sillonnée. Linné avait confondu ce genre avec l' Alopecurus. Willdenow et Persoon lui réunirent diverses Plantes dont quelques-uues. ont formé depuis les types de genres nouveaux, tels que le Chœturus de Link et le Colobachne de Palisot-Beauvois. On compte environ huit espèces véitables de Polypogons; elles croissent en Europe et en Amérique. Celle sur laquelle le genre a été fondé est le Polypogon monspeliense, Desfont., Plante que les auteurs ont à l'envi transportée daus les genres Alopecuros, Agrostis, Phleum, Phalaris, Cynosurus, Panicam, vilfa; en un mot, on n'a donné pas moins de vingt synonyines à cette espèce. Elle est assez commune dans presque toutes les contrées du bassin de la Méditerranée. (G..N.)

* POLYPORE. Polyporus. BOT. CRYPT. (Champignons.) Micheli est le premier qui établit ce geure dans la famille des Champignons; mais plus tard Linné le réunit au genre Bolet. Cependant les mycographes modernes, et entre autres Persoou, rétablirent le genre de Micbeli, et luí donnèrent les caractères suivans: cha peau de cousistance variée, mais non charnu, ayant sa face inférieurc garnie de pores nombreux, entiers, séparés les uns des autres par des cloisons simples et trés-minces; les sporules sont trés-ténues et réunies en petits glomérules. Ce geure est trés-voisin des Boleis, mais dans ceux-ci la face inférieure est garnie de tubes accolés, très-uombreux et se détachant facilement du chapeau. Le genre Polypore se compose de plus de deux cents espèces dont les formes sont très-variées. On y a réuni les gentes Favolus et Microporus de Palisot-Beauvois, qui n'en diffèrent pas sensibleinent Taulôt ces especes sont muníes d'un pédicule, lantót elles sont sessiles; quelquefois le pédicule est central, d'autres fois il est latéral, etc:

A ce genre se rappoitent plusieurs espèces intércssantes; telles sont les Suivantes: POLYPORE OFFICINAL, Polyporus officinalis, Fries, Syst. 1. p. 365; Boletus Laricis, Bull., tab. 353. Ce Champignon, qui est connu sous les noms vulgaires d' Agaric du Mélèze ou Agaric des boutiques, est sessile, tubéreux, bluichâire, et croft sur le troné des Mélèzes dans les montagnes de l'Europe auslrale. Dans sa jeuucsse il a une forme ovoïde, allongée, et fiuit par prendre celle d'un sabot de cheval. On le trouve dans les pharmacies dépouillé de son épiderme; il est blanc, léger, tubéreux. C'est un violent purgatif draatique, qu'on ne doit employer qu'á des doses trés-faibles, comme de deux à six grains dans le traitement des hydropisies passives. Selon Braconnot de Nancy, il se compose de soixante douze parties d'une resine particuliére, de vingt-six parties de malièrc fongueusc et de deux parties d'extrait amer. POLYPORE AMADOUVIEN, Polyporus igniarius, Pers. Boletus igniarius, tab. 434, fig. B, D. Cette espèce, en forme de sabot de cheval, est d'un brun foncé, presque lisse, brun clair à sa face inférieure; il eroît sur les Cerisiers, les Pruniers, les Saules, etc. Coupé par tranche et battu, il forme l'Agaric des chi-

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rurgiens, dont on se sert pour arrêter les hémorragies des petits vaisseaux. Ces mêmes tranches d'Agaric, trampées dans une dissolution de nitre, séchées et battues, forment l'amadou dont on se sert pour fixer l'étincelle qui s'échappe du Silex frappé avec le briquet. Les teinturiers emploient aussi ce Champignon sous le nom d'Agaric de Cbêne pour preparer une teinture noire. Plusieurs espèces de Polypores sont bonnes à manger; nous citerons ici les suivantes: Polyporus ruberoster, Pers., Champ, com., 237. Cette espèce est la Pierre à Champignon des Italiens; Polyporus ovinus, Pers.; P. subsquamosus, id.; P. Pes caprœ, id.; P. frondosus etc., et plusieurs autres. (A. R.)

POLYPREMUM. BOT. PHAN. Ce genre établi par Linné et placé dans la Tétrandrie Mouogynie, fut d'abord consideré comme appurtenant à la famille des Scropbularinées; mais les observations de Richard et de Jussieu l'ont fait rapporter à la famille des Rubiácées. Voici ses caractères essentiels, d'aprés Richard (in Mich. Flor, boreal. Amer., 1, p. 82): calice tétragone à sa base, divisé supérieurement, les quatre segmens dressés; corolle dont le tube est trés-court, la gorge barbue, le limbe rotacé, à quatre lobes arrondis; quatre étamines incluses, insérées sur le milieu du tube; ovaire infère dans sa par lie inférieure, libre supérieurement, comprime, ovoide, surmonté d'un style trés-court et d'un stigma le espité; capsule un peu plus courte que le cálice, comprimée, à deux valves qui portent les cloisons sur leur milieu, à deux loges, et renfennaut des graines nombreuses, anguleuses, presque rondes. Le Polyprenum procumbens, L. et Lamk., Illustr., tab. 71, fig. 4; P. Linnai, Michx., loc. cit., est une Plante glabre, couchée, à feules linéaires, aigués, accompagnées de stipules sinuées-tronquées, à fleurs sessiles, très-pentes, placées dans les dichotomies des rameaux ou terminales. Cette Plante croît dans las lieux sté riles de la Caroline et de la Virginie. (G..N.)

POLYPRION. POIS. Genre de la famille des Percoidea, de la section où les dents sont en velours, dont les caractères sont: corps, tête, et jus qu'aux maxillaires revétus d'écailles durement ciliées; des dentelufes au sous orbitaire, au préopercule, à toutes les pieces de l'opercule, et à une sorte d'écaille sur l'os de paule; une forte arete dentelée, terminée par deux ou trois pointes sous l'opercule; l'épine de leurs ventrales elle-même est dentelée. Il y a des dents non-seulement aux mâchoires, mais au vomer, aux palatins et sur la base de la langue. On ne connaît encore qu'une espèce de Polyprion, qui est un, assez grand Poisson des mers de l'Ainérique c'est l'americanum de Schneider, pl. 205, dont l'australe, pl. 47; est un double emploi. (B.)

POLYPTÉRE ET POLYPTERUS. POIS. V. BlCHIR.

POLYPTERIS. BOT. PHAN. Nuttall Gener. of north Amer. Plants, 2, p. 139) a établi sous ce nom un genre de la famille des Synanthérées, qu'il a placé à la suite de l'Hymenopappus, dont on le distingue par son aigrette longue et fort visible. Cette diffèrence na pas semblé suffisante à plusieurs auteurset particulierement à Spren gel pour mériter qu'on en formât un nouveau genre. Le Polypieria integrifolia, Nutt., est une Plante herbacée, à feuilies alternes et entières, à fleurs disposées en coryrobes, et qui croît dans la Géorgie de l'Amerique septentrionale. (G..N.)

POLYRHIZE. BOT. PHAN. Ce nom est, pour les botanistes modernes, celui d'une espèce du genre Lemna, mais il paraît que le Polyrhizos de Pline était l'Epimedium alpinum. (B.)

POLYSACCUM. BOT. CRYPT. (Lrcoperdacées.)Ce genre avail d'abord été distingué par Albertini et Schweiuitz sous le nom de Pisolithus, nom que

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sen emploi en minéralegie a fait rejeter. A la même époque, Link et De Candolle le changèrent, l'un en Pisocarpium, et l'autre en Polysaccum; depuis il a encore recu de Persoon le uom de Polypera (Champ, comest., p 116). Les espèces qui constituent ce genre se rapprochent par leur aspect extérieur des Scleroderma; leur péridium est épais, coriace, presque globuleux, sessile ou porté sur un pédicule large et solide; il renferme dans son intérieur des pérídiums plus petits, trés-nombreux, filamenteux et remplis de sporules aggloraérées; la nature filamenteuse et la forme irréguliére de ces péridiums intérieurs distinguent ce genre des Tubérées dont les péridióles sont des vésicules membraneuses. Le péridium général se détruit irrégulièrement et est percé d'un grand nombre de trous par les Insectes qui s'y logent. On connait maintenant plusieurs espèces de ce genre, mais la plus commune est le Polysaccum crassipes, D. C., Fl. Fr., Suppl., p. 103 (Lycoperdoides, Micheli, Nov. Gen. pl. 98 fig. 1) qui croît dans le nord de la France, et même anx environs de Paris dans les lieux sablonneux.

Le genre Endacinus de Rafinesque a été créé pour une Plante de Sicile qui appartient probahlement à ce genre. (AD. B.)

POLYSCIAS. BOT. PHAN. Forster (Char. Gener., p. 63, tàb. 32) a donné ce nom à un genre de l'Octandrie Pentagynte, que l'on a rapporté à la famille des Araliacées et qui paraîl se rapprocher du Gastonia. Lamarck présume que le type de ce genre est son Aralia palmata. Voici ses caractères: fleurs disposèes en une grande ombelle, offrant au centre plusieurs petites ombelles prolifères. Calice à bords tronqués, persistans, marqué de cinq, sept ou huit petites dents à peine visibles. Corolle à six, sept ou huit pélales lancéolés-subu-lés, trés-ouverts. Étamines en nombre égal à celui des pétales, dont les filets sont subulés, les anthères troites à onatre sillons. Ovaire infere, hémisphériqoe, bordé par le cálice, surmonté de trois, quatre ou cinq stigmates sessile, très-courts et un peu divergens. Fruit bacciforme, globuleux, quadriloculaire, couronné par le rebord du calice et par les styles. Graines solitaires dans chaque loge, triquètres et convexes. Ce genre, trop imparfaitement connu pour être défintivement admis, ne renferme qu'une espèce, Polyscias pinnata, dont on sait seulement le nom. (G..N.)

* POLYSÉPALE (CALICE), BOT. PHAN. Calice formé de plusieurs sépales distincts. V. CALICE. (A. R.)

POLYSÈQUE. BOT. PHAN. Desvaux avait proposé ce nom pour le fruit des Renoncules, Anémones, etc., qui se compose de plusieurs akènes réunies sur un réceptacle commun. (A. R.)

POLYSPERME. Polysperma. BOT. CRYPT. Le genre, formé sous ce nom par Vaucher dans son travail sur les Confervées d'eau douce, ne pouvait être conservé, Téunissant des espèces toutá-fait incohérentes, dont les unes sont devenues des Lémanées, telles que notre Lemanea corallina, et les autres sont des Céramies, telles que le Conferva glomerata, L. V. CÉRAMIE et LÉMANÉES. (B.)

POLYSPERMON ET POLYSPORON. BOT. PHAN. Lobel et autres botanistes ancicns ont ainsi appelé une espèce de Chéopode à laquelle Limé a conservé le même nom spécifique. (B.)

* POLYSPORA. BOT. PHAN. Dans l'Hortus britannicus de Sweet, ce nom est appliqué génériquement au Camellia axillaris du Botanical Register, n° 349, qui appartiendrait même à la famille des Ternstrœmiées et non à celle des Camelliées, families d'aillears pen distinctes entre elles. (G..N.)

* POLYSTACHYA. BOT. PHAN. Genre établi par le professeur Hooker

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(Exotic Flora, tab. 103) pour le Dendrobium polysiachyurm, et auquel il assigne pour caractère distinctif quatre masses polliniques, solides, hémisphériques, toutes réunies sur une caudicule commune, terminée par un tubercule glanduleux. Nous avons analysé avec tout le soin possible la Plante qui sert de type à ce genre, et quelque attention que nous ayons mise dans cet examen, nous n'avons pu jamais trouver que deux masses polliniques, ovoïdes, parfaitement distinctes l'une de l'autre, comme on l'observe dans les autres espèces de Dendrobium Nous avons déjà consigné cette remarque dans notre Monographie des Orchidées des îles de France et de Mascareigne (Mém. Soc. d'Hist. nat. de Paris, 4, p. 51). (A. R.)

* POLYSTEMA. BOT. CRYPT. (Lycoperdacées.) Genre simplement indiqué par Rafinesque, qui le place entre les Diderma et les Trichia. (AD. B.)

* POLYSTEPIS. BOT. PHAN. Du Petit-Thouars a ainsi nommé une Orchidée des îles de Mascareigne et de Madagascar, qui, suivant la nomenclature Linnéenne, doit porter le nom d'Epidendrum ou Dendrobium polystachyum. (G..N.)

POLYSTICHUM. BOT. CHYPT. (Fougères.) Ce genre, établi par Roth, correspond à une partic du genre Nephrodium de Richard. Il renferme la plupart des Plantes placées par R. Brown dans ce genre Nephrodium, tel qu'il l'a limité, et en outre une partie des Aspidium du même auteur. Les caractères de ces genres ayant été mieux définis par le célèbre botaniste anglais que nous venonsde citer, et le nom de Nephrodium indiquant bien la forme en rein du tégument, on l'a adopté de préférence à celui de Polystichum que De Caudolle avait conservé dans la Flore francaise. Tous ces genres sont des démembremeus du genre Aspidium de Swartz. V ce mot. (AD. B.)

* POLYSTICTA. BOT. CRYPT. (Champignons.) Sous-genre établi par Fries parmi les Polypores, qui renferme les espèces complétement adhérentes et à base tomenteuse, à peine distincte et mal limitée. Le Polyporus polystictus, Peis., Mycol., a, p. 111, ou Polyporus corticola de Fries, Syst. mycol, 1, 585, est le type de cette division qui ne renferme que deux ou trois espèces. (AD. B.)

POLYSTIGMA. BOT. CRYPT. (Hypoxylées.) De Candolle a créé sous ce nom un genre qui comprend plusieurs Plantes voisines des Sphœria et des Xyloma, mais qui en diffèrent au premier aspect par leur couleur fauve, brune ou rougeâtre; elles different, en outre, de ces deux genres par leur structure intérieure. On les distingue des Sphœria par l'absence du péridium propre; le tissu qui forme les loges de ces petites Cryptogaines étant le résnltat d'une modification du tissu de la Plante sur laquelle elles croissent; ces loges s'ouvrent par autant de petits pores qu'il y a de loges réunies dans chaqué tubercule, ce qui empêche de les confondre avec les Xyloma. Ces divers caractères rapprochent beaucoup ces Plantes des Dothidea de Fries, avec lesquelles cet auteur les réunit. De Candolle en a décrit trois espèces; une d'elles est trés-commune sur les feuilles vivantes des Pruniers, sur lesquelles elle forme de larges taches rouges, épaisses, un peu charnues et visibles sur les deux surfaces. (AD. B.)

POLYSTOME. Polystoma. INTEST. Genre de l'ordre des Trématodes, ayant pour caractères: corps subeylindrique ou aplati; pores céphaliques ou antérieurs, au nombre de six; un pore ventral et un pore postérieur, solitaire. Ce genre, tel que Padmet maintenant Rudolphi dans son Synopsis, paraît naturel, et n'est composé que d'uu petit nombre d'espèces, parmi lesquelles celles qui ont été trouvées dans l'Homme auraient besoin d'être examinées de

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nouveau, et laissent même douter de leur nature comme véritables Entozoaires Le genre Polystome du Synopsis diffère de celui que Rudolphi avait nommé ainsi, d'après Zéder, dans l'Histoire des Entozoaires, en ce qu'il ne renferme plus les espèces n'ayant que cinq pores antérieurs, qui forment maintenant un genre à part sous le nom de Pentastome (V. ce mot). Les Polystomes sont de petite taille, ont l'aspect et la consistance ordinaire des Trématodes, et sont fort remarquables par le nombre et la disposition des pores de leur extrémité antérieure ou tête; ces pores sont au nombre de six, disposés circulairement autour de la tête dans deux espèces, en demi cercle et situés en dessous dans deux autres; il existe également un pore ventral et un pore postérieur plus petit et moins distinct que les antérieurs; le corps est pourvu de vaisseaux nourriciers, rameux, analogues à ceux des autres Trématodes. On ne sait rien autre chose sur ces Vers singuliers, qui n'ont été trouvés que trés-rarement: le Polystoma integerrimum dans la vessie urinaire des Grenouilles commune et rousse, et du Crapaud variable; le P. ocellatum dans le pharynx de la Tortue d'eau douce d'Europe; le P. pinguicola dans un kiste graisseux, développé au voisinage de l'ovaire gauche d'une femme de vingt ans; le P. duplicatum dans les branchies du Thon. (E. D.. L.)

POLYSTOME. Potystoma. ANNEL. Delaroche (Nouveau Bulletin de la Société Philomatique, année 1811) a décrit sous ce nom un Animal trouvé prés de Majorque sur les branchies d'un Thon, et qui semble appartenir à la famille des Sangsues. La description que Delaroche en donne est assez vague, et il paraitrait qu'elle a été faite è contresens, c'estàdire qu'il a nommé anus Pouverture buccale. Des observations plus précises sont nécessaires pour bien caractèriser cet Animal qui pourrait bien être le même que le Polystoma duplicatum de l'article précédent. (AUD.)

* POLYSTOMELLE. Potystomella. MOLL. Genre de l'ordre des Céphalopodes et de la division des Polythalames, établi par Lamarck pour de très-petites Coquilles microscopiques vivantes, et ayant, suivant lui, pour caractèies: coquille discoïde, multiloculaire, à tours contigus, non apparens au dehors, et rayonnée à l'extérieur par les sillons ou des côtes qui traversent la direction des tours, Ouverture composée de plusieurs trous diversement disposés. Lamarck ne cite que quatre espèces qu'il n'a point vues, mais qu'il mentioune d'après les figures qu'en a données Fichtel. D'Orbigny, qui a fait sur les Coquilles céphalopodes microscopiques un travail ex-professo (Ann. des Sc. nat. T. VII, in-8°, avec figures), admet le genre Polystomelle en y réunissant les genres Vorticiale de Lamarck et de Blainville, Andromède, Cellulie, Sporulie, Théméone, Pelore, Géopone et Elphide de Montfort. Il le caractérise ensuite de cette manière: ouvertures rondes, disposées sur deux lignes, formant un triangle, ou éparses sur la cloison; coquille déprimée, régulière, ne variant pas dans sa forme et non ombiliquée; le plus souvent un disque ombilical. D'Orbigny cite dix espèces, parmi lesquelles cinq sont nouvelles. Les petites Coquilles de ce genre habitent les plages sablonneuses des côtes de France, de l'Océan et de la Méditerranée, les côtes de l'île de France, des Antilles, des iles Marianes et Malouines; quelquesunes se trouvent fossiles. (AUD.)

* POLYSTROMA. BOT. CRYPT. (Lichens.) Genre mal connu qui figure dans les Verrucariées de notre Méthode, mais qui peut disparaître de la liste des genres de Lichénacées sans inconvénient. Voici les caractères qu'Acharius lui avait dounés (Syn. meth. Lich., 136,: thalle crustacé, cartilagineux, plan, adhérent, uniforme; a pothécie verruciforme, composé de

TOME XIV. 13

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plusieurs couches proligères, superposées et séparées par d'autres couches de la nature du thalle. Une seule espèce, le Polystroma Fernandesii (Clémente, Ensay. vid. comm. add., p. 299), figure dans ce genre; ce n'est peut-être autre chose qu'une monstruosité, une sorte de luxuriance dont la nature présente tant d'exemples. Ce Lichen offre un thalle sous-cartilagineux, mince, lisse, d'un brun cendré, blanc à l'intérieur; des apothécies recouverts d'une couche cartilagineuse analogue au thalle; ils sont scutelliformes, concaves, ou un peu convexes, et soutiennent une couche proligère simple, à bords infléchis avec l'âge et susceptibles de se métamorphoser en verrues planes, composées d'une série de scutelles implantées les unes sur les autrès à la manière des Pyxides, et entremêlées de lames proligères superposées.

Nous pensons que ce genre n'est autre chose que l'Urceolaria scruposa qui recouvre quelque Cœnomyce. Il arrive parfois que ce Lichen incruste les Plantes qui se trouvent dans son voisinage, de manière à les rendre méconnaissables. Un botaniste trés-distingué nous présenta, il y a quelque temps, une Plante lichénoïde, dont il voulait faire un nouveau genre, tant cette production lui paraissait singulière; il nous la montra, et nous le convainquîmes facilement que ce Lichen était le Gyalecta bryophylla d'Acharius, recouyrant de plusieurs couches successives un Scphophorus. Peut-être était-ce là le Polystroma de Clémente? (A. F.)

POLYTHALAMES. Polythalama. MOLL. Nom appliqué à une division des Mollusques. V. CÉPHALOPODES. (AUD.)

POLYTHME ET POLYTHMUS. OIS. V. POLYTMUS.

* POLYTHRINCIUM. BOT. CRYPT. Mucédinées.) Kunze a décrit sous ce nom un genre de Cryptogames, dont la seule espèce connue croît sur les feuilles vivantes de diverses espèces de Trèfles. Elle forme des touffes de filamens articulés, simples., droits, dont les articles sont membraneux et très-rapprochés. Les sporidies sont éparses à leur surface et divisées en deux loges par une cloison transversale. Kunze, se fondant sur la manière dont ce genre croît sur les Plantes vivantes, l'a placé parmi les Urédinées auprès du Phragmidium mais tous. ses caractères nous semblent le rapprocher des Monilies et des Acrosporium. V. ces mots. (AD. B.)

POLYTMUS. OIS. Et non Polythmus. Il paraît que quelques auteurs ont adopté ce nom de Polytmus, proposé par Brisson, pour y placer les Oiseaux-Mouches séparés des Colibris. C'est ce que nous devons conclure d'une citation de Charles-Lucien Bonaparte dans ses Observations sur la Nomenclature ornithologique de Wilson. Le nom de Polytmus, pour désigner les Oiseaux-Mouches, n'a point été adopté, et celui d'Orthorynchus proposé par Laeépède, qui lui est antérieur, est luimême généralement négligé. Brisson nommait Polytmus, les Colibris et les Oiseaux-Mouches que Linné a confondus sous le nom de Trochilus. (LESS.)

* POLYTOME. Polytomus. ACAL. Genre de Zoophytes créé par Quoy et Gaimard pour recevoir un Animal mou, agrégé, et des plus singuliers peut-être de tous ceux qu'on rencontre flottans sur la mer. Ce genre a été établi page 588 de la partie zoologique du Voyage autour du monde de la corvette l'Uranie, et la seule espèce qui le compose est figurée pl. 87, fig. 12 et 13 de l'Atlas. Il est ainsi caractérísé: Animaux gélatineux, mais fermes, transparens, rhomboïdes, comme taillés à facettes, réunis et groupés entre eux, de manière à former une masse ovoïde, dont le moindre effort fait cesser l'agrégation; chaque individu parfaltement homogène, ne présentant ni ouverture ni organe quelconque. La seule espèce décrite par Quoy et Gaimard est le Polytome Lamanon,

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Polytomas Lamanon, dont ils tracent l'histoire en ces termes: «Voici le corps animé le plus simple que nous ayous encore rencontré. Si nous voulons le comparer à quelque chose, ce n'est point dans le règne animal que nous devons chercher nos exemples. Pour en avoir une juste idée, il faut se figurer un petit morceau de Cristal taillé à facettes en forme de rhombe, sans ouvertures ni aspérités; qu'avec plusieurs de ces pièces réunies on forme une masse ovalaire de la grosseur d'un très-petit œuf, on aura l'ensemble de notre Zoophyte. Chaque Animalcule est ferme comme de la gélatine bien cuite et résistant sous le doigt; mais leur agrégation entre eux est tellement faible, que le moindre contact la rompt. Au centre est une bulle d'air, avec quelques filamens couleur de rose autour desquels chaque pièce est groupée. La nutrition de cette réunion d'individus doit se faire par imbibition; ear nous n'y avons remarqué ni apperence de viscères, ni même aucun signe d'irritabilité. Le Polytome Lamanon a done pour caractères spécifiques d'être hyalin, rhomboïdal, privé d'ouvertures, agrégé en masse, ovalaire, rose à sa partie centrale. Cet Animal a été trouvé en juillet 1819, par 33 degrés de latitude nord et 161 de longitude à l'est de Paris, dans le grand Océan. Il est dédié a Lamanon, compagnon de La Peyrouse, massacré à Maouna.ff

Nous n'avons été jusqu'à présent que simple historien des observations de Quoy et Gaimard. Nous allons maintenant joindre quelques réflexions. Dans le Voyage de la corvette la Coquille, nous espérons traiter plus en détail le genre Polytome, sur lequel nous avons des renseignemens beaucoup plus complets que nos deux devanciers. Ce genre avait été décrit dans nos notes manuscrites sous le nom de Plethosoma (corps multiple), que nous croyons plus convenable, mais qui ne peut être admis, puisqu'il y en a un de proposé. L'individu de Quoy et Gaimard était tellement petit et maigre, qu'ils n'ont pu en tracer les caractères génériques d'une manière convenable. Un bel individu, que nous nommons Polytomus halyosoma, et que nous prîmes sous l'équateur entre la Nouvelle-Guinée et la Nouvelle-Irlande, avait trois pouces de hauteur. Sa forme générale est ovalaire, cylindrique, arrondi, composé d'une grande quantité de pièces juxta-posées, taillées à facette comme des morceaux de Cristal, translucides, concourant chacune à former un canal central rempli par des vaisseaux ou des ovaires entorlillés, d'un beau rouge, et garnis de paquets ou de renflemens de distance en distance. Les pièces d'enclavement en haut et en bas sont pyramidales, creusées d'un canal, et ont servi à Otto à établir un genre Pyramis, et à Quoy et Gaimard leur genre Calpe. Les pièces des Polytomes se séparent avec une facilité extrême. Une autre espèce, de moilié plus petite que la précédente, fut aussi prise par nous. Nous la nommons Polytomus cœruleus, parce que ses ovaires ou vaisseaux offraient une belle teinte d'Indigo. (LESS.)

* POLYTOME. Polytomus. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, établi par Dalman dans ses Analecta entomologica, et correspondant à celui de Rhypicère précédemment établi. V. RHYPICÉRE. (G.)

POLYTRIC. Polytrichum. BOT. CRYPT. (Mousses.) Ce genre, établl par Linné, est le seul de cette famille qui n'ait subi aucune modification depuis cette époque, la plupart des botanistes n'admettant pas les genres qu'on a voulu en séparer. Ces genres sont: 1° le Catharinea d'Hedwig, Oligotrichum de De Candolle, ou Atrichum de Palisot-Beauvois; 2° le Pogonatum de ce dernier auteur. Le premier, adopté par quelques botanistes, est considéré par beaucoup d'autres comme une simple section du genre Polytrichum; le second n'a été admis par aucun auteur.

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Le caractère du genre Polytrichum ainsi défini peut être exprimé de la manière suivante: capsule pédicellée, terminale; péristome simple, de trente-deux ou de soixante-quatre dents égaleraent espacées, recourbées intérieurement, et dont les extrémités sont réunies par une membrane horizontale qui recouvre l'ouverture de la capsule. Coiffe petite, fendue obliquement, tantôt glabre, tantôt recouverte de poils plus ou moins longs. Ces Mousses assez grandes présentent une tige dressée, peu rameuse, couverte de feuilles allongées, solides, épaisses, souvent dentelées, dont la nervure, presque toujours très-saillante, est quelquefois garnie sur ses côtés de lames membraneuses. Les fleurs mâles en rosettes terminales, entourées de feuilles périchœtiales, très-grandes et étalées, représentent presqu'une sorte de fleur, et sont plus faciles à étudier que celles d'aucun autre genre de Mousses. Les espèces de ce genre, très-répandues en-Europe, sont surtout variées dans les pays montueux. On en connaît maintenant trente environ, dont la plupart croissent dans le nord de l'Europe, ou dans les parties froides ou élevées de l'hémisphère austral.

Une Fougère du genre Asplenium porte aussi le nom de Polytric. (AD. B.)

* POLYTRICHOIDES. BOT. CRYPT. (Mousses.) Arnott, dans son Tableau de la famille des Mousses, a donné ce nom à la dernière tribu naturelle qu'il a établie dans cette famille; elle comprend les genres Lyellia, Brown; Polytrichum, Hedw.; et Dawsonia, Brown, V. MOUSSES et POLYTRIC (AD. B.)

POLYTRICHUM. BOT. CRYPT. V. POLYTRIC

* POLYTRIQUÉES. MICR. Première famille de l'ordre des Trichodés dans la classe des Microscopiques, où des poils très-fins, et non distinctement vibratiles, sont répandus en villosité sur toute la surface du corps, ou en cils sur l'intégrité de sa circonférence. Les Animaux de cette famille semblent être l'ébauche de ce genre Béroë (V. ce mot), placé par Lamarck dans l'ordre premier de ses Radiaires, et par Cuvier entre ses Acalèphes libres dans la famille des Médusaires. Plusieurs n'en diffèrent guère que par les dimensions, et l'agitation de leurs poils les fait quelquefois paraître brillaus, comme pour compléter la ressemblance. Les genres de Polytriquées sont: Leucophre, Dicératelle, Péritrique et Stravolæme. V. tous ces mots, et le tableau joint à Particle MICROSCOPIQUES. (B.)

* POLYTRYPE. FOSS. Defrance a établi, sous ce nom, un genre de Polypier fossile et qu'il caractérise ainsi: Polypier pierreux, libre? simple, cylindracó, un peu en massue, à tige fistuleuse, percée aux deux bouts; surface exterieure couverte de petits pores. Ce petit Polypier, qui atteint tout au plus cinq lignes de hauteur, se trouve dans le Calcaire grossier et dans le Grès marin supérieur des environs de Paris, à Grignon, à Mortefontaine et à Villiers. On l'a aussi rencontré à Orglandes dans le département de la Manche. Ce genre a été décrit et figuré dans le Dictionnaire des Sciences naturelles. Il eût été à désirer, pour qu'il n'échappât point aux naturalistes, que l'auteur l'eût fait préférablement connaître dans quelque recueil scientifique. (AUD.)

* POLYXÈNE. Polyxena. INS. Latreille a établi sous ce nom un petit genre d'Insectes de l'ordre des Myriapodes et qui termine la famille des Chilognathes. Ces Inscctes ont le corps membrancux, très-mou et terminé par des pinceaux de petites écailles. Leurs antennes sont de la même grosseur. On ne connaît encore qu'une espèce que Degéer a décrite sous le nom de Iule à queue en pinceau. Elle se tient sous les écorces. (AUD.)

POLYXÈNE. FOSS. Denys de Montfort a donné ce nom à un genre de

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Coquilles fossiles auquel il attribue les caractères suivans: coquille libre, univalve, cloisonnée, à sommet et à base ombiliqués, roulée sur elle-même; bouche linéale contre le retour de la spire; cloisons unies. Mais ce genre, qui ne se compose que d'une seule espèce, Polyxenes cribratus, petite Coquille microscopique d'une demi-ligne de diamètre, qui vient des environs de Sienne, est resté fort douteux pour tous les conchyliologistes. (A. R.)

* POLYXÈNE. MIN. (Hausmann.) Syn. de Platine natif. (B.)

* POLYZONITE. MIN. Pline a donné ce nom à une Pierre noire marquée d'un grand nombre de zônes blanches. Lamétherie l'a transporté à une variété de Schiste zônaire, dont il a fait la quatrième espèce de son genre Alumino-Silicites. (G. DEL.)

POLZEVERA. MIN. Nom donné à une Roche composée de Serpentine et de Calcaire, tachetée de vert et de rouge, susceptible de poli, et que l'on exploite à Polzevera, village à peu de distance de Gênes, (G. DEL.),

POMACANTHE. Pomacanthus. POIS. Le genre formé sous ce nom par Lacépède, n'ayant pas même été conservé comme sous-genre par Cuvier, mais nous paraissant mériter qu'on ne le confonde cependant pas avec le reste des Chœtodons, il en a été question comme seconde section d'Holacanthe. V. ce mot. (B.)

* POMACÉES. BOT. PHAN. L'une des tribus établies par le professeur Richard dans la famille des Rosacées. V. ce mol. (A. R.)

POMACENTRE. Pomacentrus. POIS. Genre de la deuxième tribu de la famille des Squammipennes, dans l'ordre des Acanthoptérygiens, très-voisin des Glyphisodons dont il diffère parce que le préopercule y est dentelé. Les Pomacentres ont le corps très-mince, presque aussi haut que long; les yeux latéraux; les dents rondes, minces, tranchantes, sur une seule rangée; une seule dorsale, et la ligne latérale terminéc vis-à-vis la fin de celle-ci. Le Paon, Chœtodon Pavo de Bloch, pl. 198, fig. 8, et le Chœtodon aruanus du même ichthyologiste, fig. 2, sont des Pomacentres, tandis que les Pomacentres Séton et Faucille de Lacépède doivent être réintégrés parmi les véritables Chœtodons. V. ce mot. (B.)

POMACIE. MOLL. Pour Pomatie. V. ce mot. (B.)

POMADASYS. Pomadasys. POIS. Le genre formé sous ce nom par Lacépède, pour une seule espèce qu'il n'avait sans doute jamais vue, et qui était le Sciœna argentea de Forskahl, n'a point été conservé par Cuvier qui ne sait qu'en faire, et qui soumettant ses doutes sur la place qu'il doit occuper, penche vers les Serrans. V. ce mot. (B.)

POMADERE. BOT. PHAN. Pour Pomaderris. V. ce mot. (B.)

POMADERRIS. BOT. PHAN. Genre de la famille des Rhamnées et de la Pentandrie Monogynie, établi par Labillardière, et ayant pour caractères: calice turbiné, adhérent avec l'ovaire; limbe à cinq divisions étalées; corolle de cinq pétales plans et onguiculés, qui manquent quelquefois; cinq étamines dressées; point de disque; ovaire à trois loges monospermes, surmonté d'un style trifide. Fruit semi-infère, à trois coques monospermes, indéhiscentes, présentant inférieurement un trou par lequel sort la graine qui est attachée à un podosperme épais, charnu et court. Les espèces de ce genre sont toutes originaires de la Nouvelle-Hollande. Ce sont des Arbustes rameux, couverts d'écailles en étoiles, portant des feuilles alternes, des fleurs en corymbe. Dans une espèce, Pomaderris apetala, Labill., la corolle manque. Notre collaborateur Adolphe Brongniart, dans sa Dissertation sur les Rhamnées, a réuni au genre Pomaderris les Ceanothus globulosus et C. spathulatus de Labillardière. (A.. R.)

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POMARIA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Légumineuses, tribu des Césalpinées, et de la Décandrie Monogynie, L., établi par Cavanilles, et ainsi caractérisé par De Candolle Prodrom. Syst. Veget. nat., 2, p. 485): calice à cinq sépales soudés par la base en un tube presque persistant; les lobes caducs, oblongs et obtus; corolle à cinq pétales à peine plus longs que le calice; dix étamines dont les filets sont velus à la base, distincts entre eux et déclinés; style filiforme; stigmate capité; légume oblong, comprimé, bivalve, uniloculaire, et renfermant deux graines ovées. Ce genre, qui est très-voisin de l'Hoffmanseggia, également établi par Cavanilles, ne renferme qu'une seule espèce, Pomaria glandulosa, Cav., Icon., 5, tab. 402. C'est un Arbuste à feuilles bipinnées sans impaire, couvertes, ainsi que les brauches et les fleurs, de glandes fort saillantes, à stipules pinnatifides, et à fleurs jaunes, disposées en grappes axillaires. Cette Plante croît près de Queretaro dans la Nouvelle-Espagne. (G..N.)

* POMARIN. OIS. Syn. vulgaire du Stercoraire Cataracte. V. STERCORAIRE. (DR.. Z.)

* POMATHORIN. Pomathorinus. OIS. Horsfield, dans son Travail sur les Animaux de la grande île de Java, travail très-recommandable, a créé le genre Pomathorinus pour une espèce de Soui-Manga, dont les caractères étaient très-distincts de ceux des vrais Cynniris. Horsfield et Vigors y ont ajouté depuis deux espèces, et nous-même en avons découvert une à la Nouvelle-Guinée, ce qui porte à quatre tous les Pomathorins connus. Les caractères de ce nouveau genre de l'ordre des Passereaux ténuirostres, sont: un bec allongé, droit à la base, se recourbant un peu au-delà des narines, et eomprimé brusquement sur les côtés; à arête très-apparente, carenée, entière au sommet. Narines recouvertes d'un opercule obloug, convexe, à ouverture oblique, étendue jusqu'au front. Ailes arrondies; queue longue, ronde au sommet. Doigt du milieu plus long; ongles comprimés, reicourbés; le postérieur le plus grand, le plus robuste. On ne connaît rien des habitudes et des mœurs des Pomathorins, qui sont tous des parties chaudes des terres d'Asie.

POMATHORIN TEMPORAL, Pomathorinus temporalis, Vigors et Horsf., Trans. Soc. Linn. Lond. T. xv, p. 330. Cet Oiseau, qui est le Dusky bee eater de Latham, Gen. Hist. T. IV, p. 146, n° 31, a le plumage fauve cendré, passant au fauve jaunâtre en dessous. Il a le front, les tempes, la gorge et la poitrine de couleur blanche, et une ligne légère au-dessus de chaque œil, et noire ainsi que la queue; l'extrémité de celle-ci est blanche. Le bec est noir et blanchâtre vers le front Il a de longueur dix pouces trois lignos, et l'individu qui a servi à établir cette espèce a été trouvé à Shoalwater-Bay, sur les côtes de la Nouvelle-Hollande, en août 1802, par R. Brown.

POMATHORIN A SOURCILS, Pomathorinus superciliosus, Vigors et Horsf., loc. cit. Cette espèce est d'un fauve brunâtre; la ligne qui passe audessus des yeux s'étend jusqu'à la nuque. La gorge, la poitrine, la partie antérieure de l'abdomen, ai nsi que l'extrémité de la queue. sont de couleur blanche. Le bec et les pieds sont noirs. Le corps a de longueur totale sept pouces neuf lignes. Cet Oiseau a été découvert sur la côte sud de la Nouvelle-Hollande par R. Brown. Ces deux espèces appartiennent à la Nouvelle-Hollande. On sait en effet que la partie intertropicale de cette grande terre a les mêmes productions animales que les terres environnantes des Moluques et de la Nouvelle-Guinée. Aussi nous ne doutons pas que c'est par transposition d'étiquette qu'on indique la deuxième connue du sud de l'Australie; elle doit être plutôt de la portion nord.

POMATHORIN DES MONTAGNES, Pomathorinus montanus, Horsf. (Res. in

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Java). Cette espèce habite les montagnes boisées de Java à sept mille pieds au-dessus du niveau de la mes. Elle a sept pouces et demi de longueur totale; son plumage est marron; la tête est d'un noir cendré; un trait blanc passe derrière l'œil; la gorge et la poitrine sont d'un blanc pur. C'est le Bokkrek des Javanais.

POMATHORIN D'ISIDORE, Pomathorinus Isidorii, N. Cet Oiseau, de la Nouvelle-Guinée, a neuf pouces de longueur totale, du hout du bec à l'extrémité de la queue. Le bec est long d'un pouce, légèrement recourbé, de couleur jaune, très-comprimé vers sa pointe. La commissure est garnie d'un rebord, et recouvre la mandibule inférieure. Les tarses sont robustes, garnis de larges scutelles. Les doigts sont robustes, garnis d'ougles comprimés. Celui du pouce est plus fort que ceux de devant; le doigt du milieu est le plus long. La queue est composée de dix pennes étagées. Elle est longue d'un peu moins de quatre pouces. Les ailes sont courtes, à pennes presque égales, allant jusqu'aux deux tiers de la queue. Les quatre, cinq et six rémiges sont les, plus longues, la première étant la plus courte de toutes. Le plumage de cet Oiseau est en entier d'une teinte assez uniforme; les ailes et la queue sont d'un marron assez vif, plus clair sur la gorge et sur la poitrine, plus terne sur le ventre, et mêlé à du gris sur la tête et sur le dos. L'extrémité des plumes caudales est fréquemment usée. Les tarses sont d'un brun roux, et les ongles jaunâtres. Il habite les forêts des alentours du hâvre de Dorery, à la Nouvelle-Guinée. Nous l'avons dédié à notre ami et collaborateur Isid. Geoffroy Saint-Hilaire. (LESS.)

POMATIE. Pomatia, MOLL. Grosse espèce vulgaire du genre Hélice, (B.)

POMATIQUE. MOLL. Même chose que Pomatie. V. ce mot. (B.)

* POMATIUM. BOT. PHAN. Gaertner fils (Carpologia, p. 252, t. 225, fig. 10) a fondé sous ce nom un genre de la famille des Rubiacées, qu'il considère comme voisin de l'Hamelia, mais suffisamment distinct par son fruit bacciforme, biloculaire. Ce genre aurait pour type une Plante d'Afrique, conservée dans l'herbier de L'Héritier sous le nom de Genipa lyrata. Sa tige est frutescente, pubescente; ses fleurs sont brièvement pédonculées et disposées en un épi dense; ses feuilles sont ovées-lancéolées, pubescentes et ferrugineuses en dessous, munies de stipules interpétiolaires. On ne connait pas les détails de l'organisation florale, excepté ceux du fruit mûr. (G..N.)

POMATOME. Pomatomus. POIS. Genre de la tribu des Parséques, de la nombreuse famille des Percoïdes, et de l'ordre des Acanthoptérygiens, dont les caractères sont: corps épais, comprimé; opercules lisses; deux dorsales fort écartées écailles larges et tombantes sur la tête; opercules écailleuses et entaillées dans le haut de leur bord postérieur; museau court, nullement décliné; dents en velours; œil d'une grandeur extraordinaire; sept rayons aux ouïes; anale trés-adipeuse. On en distingue deux espèces: le Télescope qui est l'Ugliassou des mers de Nice, Pomatopus Telescopus de Risso, dont la taille est d'un pied environ; beau Poisson agile qui se tient dans les plus grandes profondeurs; et le Skib ou Perca Sibea de Bosc, qui fut le Gasterosteus Saltatrix de Linné. Cette dernière a la caudale très-fourchue; le dos verdâtre; le ventre argenté; les pectorales jaunâtres, avec une tache noire à la base. Le Skib fréquente l'embouchure des rivières, à la Caroline, où il acquiert un pied de long, et où l'on estime beau coup sa chair qui est ferme et savoureuse. Il dépasse rarement six pouces de longuèur, et saute hors de l'eau avec la plus grande agilité. (B.)

* POMAX. BOT. PHAN. (Solander.) Syn. d'Operculaire. V. ce mot. (G..N.)

POMBALIA. BOT. PHAN. Vandelli avait établi sous ce nom un genre

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particulíer pour une Violette du Brésil, dont la racine y est connue sous le nom d'Ipécacuanha blanc. Ventenat plus tard fit un genre Ionidium, dans lequel doit rentrer le Pombalia, nom qui aurait dû être préféré à cause de son antériorité; mais l'usage, a fait prévaloir le nom de Ventenat. Plus tard, de Gingins, dans le Prodrome de De Candolle, a rétabli le Pombalia de Vandelli comme genre distinct de l'Ionidium. Mais Auguste de Sainf-Hilaire. a de nouveau démontré que ces deux genres ne pouvaient être séparés, V. IONIDION. (A. R.)

POMETIA. BOT. PHAN. Le genre établi sous ce nom par Forster rentre dans l'Aporetica du même auteur, qui ne diffère même pas du Schmidelia de Linné d'après Kunth et Aug. Saint-Hilaire. V. SCHMIDÉLIE. (G..N.)

POMME.. BOT. PHAN. Le fruit du Pommier. On a étendu ce nom à beaucoup d'autres fruits, et même à d'autres corps naturels qui n'appartiennent pas au règne végétal. Ainsi l'on a appelé:

POMME D'ACAJOU, les fruits du Cassuvium et une Coquille du genre Ptérocère.

POMME D'ADAM, une variété d'Orange et les Bananes.

POMME D'AMOUR, les baies du Solanum Pseudo-Capsicum.

POMME D'ARMÉNIE, l'Abricot.

POMME D'ASSYRIE ou DE MÉDIE, les Citrons.

POMME DE BACHE, les fruits du Corypha umbraculifera.

POMME BAUME, la Momordique lisse.

POMME CANNELLE, l'Atte, espèce d'Anone. V. ATTE et COROSSOL.

POMME DE CHIEN, la Mandragore.

POMME ÉPINEUSE, la Stramoine commune.

POMME DE FLAN, le Corossol.

POMME HÉMORROÏDALE, le fruit du Gui.

POMME DE JÉRICHO, le Solanum sanctum, L.

POMME DE LIANE, les fruits des Passionaires, particulièrement des Passiflora laurifolia et maliformis.

POMME DE MANCENILLE, le fruit du Mancenillier.

POMME DE MÉDIE, Malus medica. V. POMME D'ASSYRIE.

POMME DE MER, les Oursins sur certaines côtes.

POMME DE MERVEILLE, le Momordica Balsamlna.

POMME D'OR, les Oranges et la Tomate.

POMME DE PARADIS, les Bananes.

POMME DE PÉROU, la Tomate.

POMME DE PIN, les fruits des Conifères, etc., et le Toit chinois, Turbo Pagodus, Coquille dont Montfort a fait son genre Tectus. Paulet avait aussi donné ce nom à un Agaric.

POMME POISON, la Morelle mammiforme.

POMME RAQUETTE, les fruits des Cactes à expansions aplaties.

POMME ROSE, les fruits du Jambosier, du genre Eugenia

POMME ROYALE ou PURGATIVE, le Médicinier du genre Jatropha.

POMME DE SAUGE, la galle qui se développe sur le Salvia pomifera, L.

POMME SAVON, le fruit du Sapindus Saponaria.

POMME DE SIDON, le Coing.

POMME DE SODOME, le fruit d'un Solanum qui n'est peut-être que la Mélongène.

POMME DE TERRE, la racine nourricière et devenue un trésor pour l'humanité, d'un Solanum originaire de l'Amérique méridionale. On a étendu ce nom très-impropre aux tubercules de l'Helianthus tuberosus, et à une espèce de Curcuma de Saint-Domingue. (B.)

Linné appelait Pomum, dans l'acception générale, une manière de fruits semblables aux Pommes, et que dans la terminologie actuelle on désigne sous le nom de Mélonide. (A. R.)

POMMEREULLA. BOT. PHAN. Linné fils dédia ce genre à une dame De Pommereuil, fort instruite

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dans la botanique, mais qui n'a rien publié. Il appartient à la famille des Graminées, à la Triandrie Digynie, et il a été adopté par Jussieu et Palisot de Beauvois. Voici ses caractères essentiels: chaume rameux: fleurs disposées en épis simples, à épillets sessiles, distiques, presque unilatéraux. Lépicène dont les valves sont courtes et renferment cinq à six petites fleurs. Valve inférieure de la glume à quatre dents ou laciniures sétigéres, surmontée d'une barbe qui s'álève du milieu des dents; valve supérieure entière. Style profondément divisé en deux branches, surmontées de stigraates en goupillon. L'espèce sur laquelle ce genre a été fondé, Pommereulla Cornucopiæ, L., Suppl., p. 105; Palisot de Beauvois, Agrostogr., p, 93, tab. 18, fig. 6, est une Herbé glauque dont la fler, pour nous servir des expressions de Linné fils, ressemble à une fleur de Caryophyllée monstrueuse, ou plutôt à l'instrument de peu que l'on nomme Volant. Cette plaute croît dans l'Inde orientale, ainsi qu'une seconde espèce qui a recu le nom de Pommereulla monoica. (G..N.)

POMMETTE. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires des fruits de l'Azerolier. (B.)

POMMETTE ÉPINEUSÉ. BOT. PHAN. Le Datura Stramonium, L. (B.)

POMMIER. Malus. BOT. PHAN. Genre de la famille des Rosacées, tribu des Pomacées et de l'Icosandrie Pentagynie, distingué par Tournefort, mais réuni par Linné aux poiriers. Cependant il offre quelques différences, fort peu importantes il est vrai, et que nous allons signaler: le calice et la corolle sont les mêmes dans l'un et l'autre genre; les étamines dans les Poiriers sont dressées et rapprocbées les unes contre les autres, tandis qu'elles sont étalées et divergentes dans les Pommiers. Dans les premiers, les cinq Styles sont distincts, ils sont soudés entre eux à leur base dans les seconds; le fruit des Poiriers est ombiliqué à son sommet seuleraent, celui des Pommiers est ombiliqué à son sommet et à sa base. D'ailleurs les différences qui existent entre ces deux sortes d'Arbres sont trop facilement appréciées par les personnes étrangères à la botanique, pour que nous n'ayons pas cru devoir en traiter séparémeni dans ce Dictionnaire. Les espèces de Pommier sont peu nombreuses; mais les variétés du Pommier commun sont en quelque sorte innombrables. Parmi les premières, on cultive quelquefois dans les jardins: le POMMIER HYBRIDR, Malus hybrida, Desf., Arb., 2, p. 141, qu'on croit originaire de la Sibérie, et dont les fruits, de la grosseur et de la couleur d'une prune de Mirabelle, relevée de quelques zônes rougeâtres, sont acerbes et semi-transparens; le POMMIER TOUJOURS VERT, Malus semperyirens, Desf., loc. cit., de l'Amérique septentrionale. Ses feuilles sont vertes, luisantes et un peu coriaces; le POMMIER. A BOU-QUETS, Malus spectabilis, Desf., loc. cit. Cette espèce, qui est originaire de la Chine, forme un Arbre de moyenne grandeur et du plus joli effet. Ses fleurs naissent en bouquets à l'extrémité des rameaux; elles sont roses et semi-doubles; aussi sont-elles généralement stériles. On cultive encore le Pommier dioïque, le Pommier baccifère, erc.; mais de toutes ces espèces la plus importante est la suivante:

POMMIER COMMUN, Malus communis, D. C, Fl. Fr. C'est la souche Primitive de toutes les variétés que l'on cultive dans nos jardins et dans les vergers de plusieurs provinces de la France. Le Pommier qui vit sauvage dans nos forêts est'un Arbre de moyenne grandeur qui, lorsqu'il croît en liberté dans nos champs, forme une tête hémisphérique, et ressemble en quelque sorte à un vaste parasol trés-bombé. Ses fleurs sont grandes, d'une couleur rosée, et s'é-pauouissent au mois de mai. Quant a ses fruits, leur forme, leur cou-

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leur, leur grosseur sont différentes suivant les diverses variéés. Les unes sont bonnes à manger, les autres au contraire, d'une saveur âpre et désagréable, sont principalement cultivées pour la fabrication du cidre. Nous citerons ici quelques-unes desvariétés les plus remarquables parmi celles que l'on mange, et surtout celles qui méritent la préférence; telle sont: le Calville blanc d'hiver, ou Bonnet carré, à fruit oonique, relevé de côtes, à peau luisante, d'un jaune clair, et à chair tres-sucrée; le Calville rouge d'automne, excellente Pomme dont la chair est parfumée de violette les Fenouillets, distingués en gris et en jaune; les Reinettes, savoir la Reinette franche, qui est une des variétés que Pon conserve le plus long-temps; la Reinette d'Angleterre ou Pomme d'or; la Reinette du Canadá, remarquable par la grosseur de ses fruits; les Reinettes grises; le Pigeon net, Pomme moyenne, rouge, très-bonne; les Rambours; l'Api, ainsi nommée parce que ce fut C. Appius qui rapporta, dit-on cette variété du Péloponése. Son fruit est petit, mais aussi bon que beau, et une foule d'autres encore. Disops maintenant quelques mots de la culture du Pommier et de ses moyens de multiplication.

Les rocines du Pommier ne sont pas pivotantes comme celles du Poirier; aussi cét Arbre peut-il prospérer là oú le Poirier ne sautait réussir. En général le terrain qui lui convient le mieux est une terre franche, légère et humide; il ne peut végéter dans les terrains secs, sablon neux ou trop calcaires. Mais les Arbres cultivés en plein champ fourissent un cidre d'autant meilleur, qu'ils croissent dans un terrain plus pierreux et plus en pente, parce que leurs fruits sont plus petits, et que les sucs qu'ils contiennent sont moins aqueux et plus élabores. On multiplie le Pommier par plusieurs procédés. Pour se procurer des sujets, on peut les aller cherchar dans les forêts, moyen peu usité, mais qui néan moins fournis les sujets les plus vigoureux, et surtout les plus durables; ou bien on sème les pepins ou graines, tantôt des espèces sauvages, tantôt des espèces cultivées. Lorsque ces sujets sont formés, ils doivent être ensuite greffés; on s'en sert pour les espèces de plein vent qui doivent acquérir un assez grand développement. Mais pour les petites espèces, et pour celles que l'on désigne communément sous le nom de Pommiers nains ou Pommiers paradis, on les grelfe sur deux variétés de Pommiers sauvages obtenus jadis par le moyen de graines, et designées sous les noms de doucin et de paradis. Les sujets greffés sur doucin sont un peu plus forts que ceux qui proviennent de paradis. Le choix du sujet sur lequel on doit opérer la greffe est très-important. Ainsi, comme nous l'avona dit précédemment, pour faire une plantation en plein champ ou dans un grand Verger, il faut autant que possible employer des sauvageons ou, à défaut de ceux-ci, des égrins ou sujets provenus de semences de Pommiers sauvages, parce que ces Arbres durent extrêmement long-temps. Pour les Pommiers de jardin on peut prendre, soit les sujets provenus des pepins de Pommes à couteau, soit les Doucins ou les Paradis. Ces derniers durent à peine quinze à vingt ans, ce qùi est un grana inconvénient, mais ils le rachètent parplusieurs avantages; ainsi up sujet greffé sur sauvageon ne donne de fruit que dix ou douze ans après avoir été greffé; surégrin ou sur des sujets venus de graines d'espèces à couteau, il faut six à huit ans; tandis que sur doucin ou paradis on a des fruits au bout de deux ou trois ans bu plus tard. Remarquons encore que les fruits des Paradis sont tou-jours besucoup plus gros que ceux des autres variétés. Pour multiplier les variétés on se sert de la greffe; la greffe en fente est celle qui devrait toujours être préférée, mais on ne l'emploie guère que pour les individus de plein veut; pour les paradis

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on se sert de la greffe en acusson, qui est beaucoup plus facile et moins longue à exécuter. Le bois du Pommier est assez compacte; non-seulement il est très-bon à brûler, mais à cause des veines qu'il présente, on l'emploie aussi pour des ouvrages de menuiserie. (A. R.)

POMPADOUR. OIS. On a donné ce nom à une espèce de Pigeon, ainsi qu'à un Cotinga; il est synonyme de Pacapac. V. ce mot. (B.)

* POMPADOURE. Pompadoura. BOT. PHAN. V. CALYCANTHE.

POMPELMOUSE. BOT. PHAN. Pour Pamplemouse. V. ORANGER. (B.)

POMPHOLIX. CHIM. MIN. Un des anciens noms de l'Oxide de Zinc préparé par le feu. (G. DEL.)

POMPILE. Pompilus. POIS. Espèce du genre Coryphœne. V. ce mot. (B.)

POMPILE. MOLL. V. NAUTILE.

POMPILE. Pompilus. INS. Genre de l'ordre des Hyménoptères, section des Porte-Aiguillons, famille des Fouisseurs, tribu des Pompiliens, établi par Latreille aux dépens du genre Sphex de Linné, sous le nom de Psammochare auquel il a substitué celui de Pompile que lui donnait Fabricius dans le même temps, et ayant pour caractères: tête comprimée, de la largeur du corselet; trois petits yeux lisses disposés en triangle sur le vertex. Antennes longues, presque sétacées, insérées au milieu de la face antérieure de la tête, composées d'articles cylindriques, le premier plus gros, le second petit, au nombre de douze dans les femelles et de treize dans les mâles; labre entièrement caché ou peu découvert; mandibules dentelées au côté interne; mâchoires coriaces, terminées par un petit appendice arrondi. Palpes maxillaires notablement plus longs que les labiaux, pendans, de six articles, le troisième plus gros, conico-ovale; les trois derniers presque égaux en longueur; les labiaux de quatre articles à peu près égaux. Lèvre trifide, sa division intermédiaire plus large et échancrée à son extrémité. Premier segment du tronc plus large que long, transversal, échancré postérieurement; ses côtés prolongés jusqu'à la naissance des ailes. Ailes supérieures ayant une cellules radiale petite, courte; son extrémité ne s'écartant pas de la côte, et quatre cellules cubitales; la première aussi longue ou plus longue que les deux suivantes réunies; la seconde recevant, au-delà de son milieu, la première nervure récurrente, la troisième recevant la deuxième nervure récurrente, et la quatrième commencée. Abdomen brièvement pédiculé, ovalaire, composé de cinq segmens outre l'anus dans les femelles, en ayant un de plus dans les mâles. Pates longues, les postérieures surtout; jambes finement dentelées à leur partie extérieure, les interruédiaires et les postérieures munies à l'extrémité de deux épines longues et aiguës, les antérieures d'une seule. Tarses ciliés de poils roides, leurs crochets unidentés à la base. Ces Hyménoptères se rencontrent dans toutes les parties du monde; ils vivent dans les localités chaudes et sablonneuses. C'est dans le sable que les femelles creusent un trou dans lequel est leur nid. Quelques espèces s'emparent des trous qu'elles trouvent tout faits dans le bois. Les Pompiles varient beaucoup pour la taille, ils sont très-vifs; les femelles piquent très-fort. Ces Insectes se nourrissent du miel des fleurs; ils les fréquentent aussi pour tâcher d'attraper des Diptères ou des Araignées qu'ils apportent dans leurs trous et qui sont destinés à servir de nourriture à leurs larves qui naîtront de l'œuf déposé avec ces cadavres. On connaît plus de soixante espèces de ce genre; Vander-Linden, dans un ouvrage très-bien fait ayant pour titre: Observations sur les Hyménoptères d'Europe de la famille des Fouisseurs, fait connaître quarante-trois Pompiles propres à l'Europe. Parmi ceux-ci, nous citerons

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comme le type du genre, le POMPILE VOYAGEUR, Pompilus viaticus, Fab., Latr., Panzer, Faun. Germ., fasc. 67, f. 16; Sphex viatica, Linn. Il est long de huit à neuf lignes, le mâle est beaucoup plus petit; les deux sexes sont noirs, avec les trois premiers anneaux de l'abdomen d'un touge ferrugineux, bordés de noir postérieurement. Il est très-commun aux environs de Paris. (G.)

POMPILIENS. Pompilii. INS. Troisième tribu de l'ordre des Hyménoptères, section des Porte-Aiguillons, famille des Fouisseurs, établie par Latreille et à laquelle il donne pour caractères (Fam. nat., etc.): les deux pieds postérieurs une fois au moins plus longs que la tête et le thorax. Antennes des femelles au moins formées d'articles allongés, peu serrés et souvent conteurnés; prothorax en forme de carré, soit transversal, soit longitudinal, avec le bord postérieur presque droit. Abdomen ovoïde sans rétrécissement, en forme de long pédicule à sa base. Côté interne des deux jambes postérieures offrant une brosse de poils. Latreille distribue de la manière suivante les genres de cette tribu:

I. Palpes presque d'égale longueur; les deux derniers articles des maxillaires et le dernier des labiaux, beaucoup plus courts que les précédens. Languette profondément bifide, à lobes étroits et aigus.

Genre: PEPSIS.

II. Palpes maxillaires beaucoup plus longs que les labiaux, pendans; le dernier de ceux-ci et les deux derniers des précédens peu différens en longueur des articles précédens. Languette simplement échancrée.

† Prothorax transversal, une fois au moins plus large que long.

Genres: POMPILE, CÉROPALE, APORE.

†† Prothorax presque aussi long que large.

a. Mandibules sans dents au côté interne. Tête convexe, du moins postérieurement.

Genre: SALIUS.

β. Une dent au moins, au côté interne des mandibules. Tête déprimée; ocelles très-petits, écartés.

Genre: PLANICEPS. V. ces mots à leurs lettres ou au Supplément. (G.)

* POMPON. BOT. PHAN. Espèce de Rose et variété de Camellie du Japon. (B.)

PONÆA. BOT. PHAN. Schreber a substitué sans motif ce nom à celui de Toulicia d'Aublet, qui d'ailleurs n'est probablement pas différent du Cupania. V. ces mots. (G.. N.)

PONCE (PIERRE). MIN. Pumite, Cordier. Lave feldspathique, formée de verre boursoufflé, mélangé de cristaux microscopiques plus ou moins abondans; poreuse, légère et rude au toucher. Les cellules dont elle est parsemée sont très-étroites et très-allongées, tantôt parallèles les unes aux autres, tantôt contournées de différentes manières et comme tressées. Cette structure remarquable paraît être le résultat d'un dégagement de matière gazeuse, qui s'est opéré pendant que la masse encore pâteuse coulait sur un plan incliné, ou s'affaissait sur elle-même. Il en résulte que les Ponces semblent composées de filamens, ordinairement d'un gris de perle et comme satinés. Elles ont pour caractère commun de fondre au chalumeau en un émail blanchâtre. Leur texture est assez variée: tantôt elles sont très-légères, à raison des vides nombreux qu'elles offrent dans leur intérieur; tantôt elles sont pesantes, et se rapprochent alors de la Roche vitreuse connue sous le nom d'Obsidienne. Ces matières scoriformes n'ont pas toutes la même origine: on ne doit voir en elles qu'un certain état cellulaire, auquel peuvent être amenées plusieurs des Roches des terrains trachytiques et volcaniques, lorsqu'elles sont soumises à une action incomplète de vitrification. Aussi ob-

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serve-t-on des passages insensibles de la Ponce aux Roches feldspathiques leucostiniques, telles que le Phonolite, le Trachyte, la Perlite et l'Obsidienne. Les couches ou courans formés par ces Roches ont fréquemment leur surface supérieure recouverte de matières scorifiées, qui sont de véritable Ponce. La couleur dominante de la Ponce est le blanc-grisâtre, tirant quelquefois sur le verdâtre; tantôt cette matière paraît faire partie d'une véritable coulée, comme aux îles Ponces et de Lipari; tantôt elle semble plutôt avoir été lancée par les volcans, en petits fragmens, qui sont retombés comme une sorte de grêle, et par leur tassement ont produit des amas immenses, comme la Ponce des environs d'Andernach; celle de Campo-Bianco, dans l'île de Lipari, et celle des îles volcaniques de la mer du Sud. Cette Pierre étant ordinairement assez légère pour surnager sur l'eau, on trouve quelquefois, aux Moluques, la mer couverte de Ponces à plusieurs lieues de distance du volcan brûlant qui les a lancées; c'est sans doute une observation de ce genre qui a fait donner à cette Pierre, par les anciens, le nom de Pumex, Spuma maris. On peut distinguer plusieurs variétés de Ponces, quoique les limites qui les séparent soient peu tranchées. 1°. La Ponce commune, grumeleuse, ou filamenteuse; elle renferme souvent de petits cristaux de Feldspath vitreux, de Pyroxène, de Mica bronzé, quelquefois de Haüyne. 2°. La Ponce arénacée (Pumite lapilliforme de Cordier); en masse composée de grains vitreux, quelquefois homogène, solide et ayant l'apparence d'une matière broyée; dans ce dernier cas, elle a été regardée comme une sorte; de Tripoli, ou de Schiste à polir. 3°. La Ponce décomposée (Asclérine de Cordier), terreuse, dans un état argiloïde qui lui donne une certaine analogie avec le Kaolin. C'est dans cette Ponce altérée que l'on trouve en Hongrie l'Opale résinite xyloïde, d'un brun rougeâtre orangé. La dureté des molécules de la Ponce la rend propre à divers usages. La variété commune, qui est très-répandue dans le commerce, et qui vient principalement des îles Ponces et de Lipari, s'emploie pour polir le bois, l'ivoire et les métaux; en Orient et même en Europe, on s'en sert au bain pour adoucir la peau et effacer les durillons des pieds. Réduite en poudre et mêlée avec la chaux, elle fournit un ciment qui prend une grande dureté sous l'eau. La Ponce arénacée est employée aux environs de Tokai en Hongrie, comme pierre à bâtir; elle est solide, légère, se taille avec facilité et conserve bien ses arêtes et ses moulures. La Ponce décomposée a été employée comme Kaolin dans quelques fabriques de faïence fine et à la manufacture de porcelaine de Vienne. (G. DEL.)

* PONCEAU. OIS. Espèce du gènre Coracine. V. ce mot. (B.)

PONCEAU. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires des gros Pavots rouges et des Coquelicots doubles. (B.)

PONCELETIA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Epacridées et de la Pentandrie Monogynie, L., établi par R. Brown (Prodr. Flor. Nov.-Holl., p. 554) qui l'a ainsi caractérisé: calice foliacé; corolle brièvement campanulée, imberbe et quinquéfide; étamines hypogynes, dont les anthères sont peltées un peu au-dessous de leur milieu, à cloison bordée; point de petites écailles hypogynes; placentas de la capsule adnés a une colonne, centrale. Ce genre ne renferme qu'une seule espèce nommée Ponceletia sprengelioides, qui croît dans les endroits marécageux du port Jackson dans la Nouvelle-Hollande. C'est un très-petit Arbrisseau, dressé, à rameaux effilés, nus, non marqués d'anneaux après la chute des feuilles, les florifères très-fragiles; les feuilles sont presque amplexicaules, cuculliformes à la base. Les fleurs sont solitaires et dressées au sommet des rameaux.

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Du Petit-Thouars avait établi un autre genre Ponceletia; mais il a été réuni au genre Spartina. V. ce mot. (G.. N.)

PONCI. BOT. PHAN. L'un des noms de pays de l'Olea emarginata. (B.)

PONCIRADE. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires du Melissa officinalis, L. (B.)

PONCIRE. BOT. PHAN. L'une des très-nombreuses variétés de Citrons. (B.)

* PONDEUSE. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires de la Mélongène. (B.)

PÓNÈRE. Ponera. INS. Genre de l'ordre des Hyménoptères, section des Porte-Aiguillons, famille des Hétérogynes, tribu des Formicaires, établi par Latreille et très-voisin de son genre Fourmi dont il ne diffère que parce que les femelles et les neutres ont un aiguillon, ce qui n'a lieu chez aucune espèce de Fourmi. Les Myrmices, OEcodomes et Cryptocères ont bien aussi un aiguillon; mais ils diffèrent des Ponères parce qu'ils ont le pédicule de l'abdomen composé de deux nœuds, tandis qu'il n'y en a qu'un chez les Ponères. Les Polyergues en diffèrent parce qu'elles n'ont point d'aiguillon. Ces Formicaires vivent en sociétés nombreuses; leurs mœurs sont entièrement semblables à celles des Fourmis. Ce genre est peu nombreux en espèces; on n'en connaît qu'une aux environs de Paris, c'est:

La PONÈRE RESSERRÉE Ponera contracta, Latr., Gen. Crust., etc.;. Formica cohtracta, Latr., Hist. nat. des Fourmis, p. 195, pl. 7, f. 40; elle est longue de deux lignes; le Mulet n'a presque point d'yeux, et vit sous les pierres en sociétés peu nombreuses. Il est noir, presque cylindrique, avec les antennes et les pieds d'un brun-jaunâtre.

Quelques espèces exotiques atteignent jusqu'à huit à dix lignes de longueur. (G.)

PONGA. Sous ce nom Rhéede (Hort. Malab., vol. 4, p. 73, tab. 35) a décrit et figuré un Arbre du Malabar qui paraît appartenir à la famille des Urticées, section des Artocarpées; mais la description est trop incomplète pour qu'on puisse déterminer avec certitude si c'est un Ficus, un Artocarpus, ou un Broussonetia. (G.. N.)

PONGAM OU PUNGAM. BOT. PHAN. Sous ce nom, adopté par Adanson, Rhéede (Hort. Malab., 6, t. 3) a figuré une Légumineuse qui est devenue le type du genre Pongamia de Ventenat. V. PONGAMIE. (G.. N.)

* PONGAMIE. Pongamia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Légumineuses et de la Diadelphie Décandrie, L., établi d'abord par Lamarck dans l'Encyclopédie, sous le nom de Galedupa. Ce nom ne fut point admis, parce que Lamarck avait cité à tort comme synonyme une Plante anciennement nomméc Galedupa par Rumph; et Ventenat (Jardin de Malmaison, n. 28) lui substitua le nom de Pongamia, qui a été généralement adopté. De Candolle (Prodrom. Syst. V eget., 2, p. 416) a placé ce genre dans la tribu des Dalbergiées, et l'a ainsi caractérisé: calice en forme de coupe à cinq dents, obliquement tronqué; corolle papilionacée à cinq pétales onguiculés; dix étamines monadelphes, la gaîne fendue supérieurement, et la dixième étamine à moitié libre; gousse légèrement stipitée, comprimée, plane, indéhiscente, pointue, uniloculaire, renfermant une ou deux graines. Ce genre comprend cinq espèces qui croissent dans l'Inde orientale et dans la Chine. Le type du genre est le Pongamia glabra, Vent., loc. cit.; Robinia mitis, L.; Galedupa Indica, Lamk., et Dalbergia arborea, Willd. Cette espèce est, ainsi que ses congénères, un Arbre à feuilles imparipinnées, à folioles opposées, et à fleurs blanchâtres, disposées en grappes. (G.. N.)

* PONGATIUM. BOT. PHAN. (Lamarck et Jussieu.) Syn. de Sphenoclea de Gaertner. V. SPHÉNOCLÉE. (G.. N.)

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PONGELION. BOT. PHAN. Rhéede (Hort. Malab., vol. 6, tab. 15) a décrit et figuré sous ce nom adopté par Adanson l'Ailanthus glandulosa, Desf. V. AILANTHE. (G.. N.)

PONGO. MAM. V. ORANG.

* PONGOLE. MOLL. Est le nom q'uà la Nouvelle-Irlande les naturels donnent à l'Ovule OEuf de Léda. (LESS.)

PONNA. BOT. PHAN. Probablement la même chose que le Ritangor des Malais, et synonyme de Calophyllum inophyllum. V. CALOPHYLLE. (B.)

* PONTÉDÉRIACÉES. Pontederiaceœ. BOT. PHAN. Famille naturelle de Plantes monocotylédones périgynes, établie par le professeur Kunth (in Humb. Nov. Gen., 1, p. 265) et qui comprend les genres Pontederia, L., et Heteranthera, Beauvois. Ses caractères sont les suivans: les fleurs sont solitaires ou disposées en épis denses ou en ombelle, qui naissent de la gaîne des feuilles. Leur calice est monosépale, tubuleux, à six divisions plus ou moins profondes, égales ou inégales et formant deux lèvres; les étamines varient de trois à six et sont insérées au tube du calice; leurs filets sont quelquefois inégaux. L'ovaire est libre ou semi-infère, à trois loges, contenant chacune plusieurs ovules insérés à leur angle interne. Leur style est grêle, simple, terminé par un tiès-petit stigmate simple ou légèrement trilobé. Le fruit est une capsule quelquefois un peu charnue, à trois ou plus rarement à une seule loge, contenant chacune une ou plusieurs graines attachées à leur angle interne, et s'ouvrant en trois valves septifères sur le milieu de leur face interne. Ces graines offrent un hile ou point d'attache extrêmement petit; un endosperme farineux, qui contient un embryon dressé ayant la même direction que la graine. Les deux genres qui forment cette famille se composent de Plantes herbacées, vivaces, croissant en général dans l'eau ou nageant à sa surface; leurs feuilles sont alternes, engaînantes à leur base, ayant la gaîne fendue. Ces deux genres faisaient autrefois partie des Narcissées dont ils ont été retirés pour former une fomille distincte. Cette famille à de grands rapports d'une part avec les Commélinées, dont elle diffère par son embryon ayant la même direction que la graine, ce qui est le contraire pour ces dernières, par son hile punctiforme, par son calice tubuleux et uniforme et par son ovaire à loge polysperme. D'une autre part elle a beaucoup d'affinité avec les Liliacées, dont elle ne diffère guère que par le port des Végétaux qui la composent, en sorte qu'il serait peut-être possible de les y réunir comme une simple tribu. (A. R.)

PONTÉDÉRIE. Pontederia. BOT. PHAN. Genre d'abord placé dans la famille des Narcissées, mais qui est devenu le type d'une famille nouvelle, sous le nom de Pontédériacées. V. ce mot. Le genre Pontédérie établi par Linné offre un calice monosépale, coloré, tubuleux, infundibuliforme, à six divisions inégales et souvent comme bilabié; six étamines dont trois sont insérées au tube du calice et trois à son limbe. Le fruit est une capsule légèrement charnue, à trois loges polyspermes. Les espèces de ce genre sont des Plantes herbacées, vivant en général dans l'eau, ayant des feuilles alternes et engaînantes; des fleurs en épis ou en sertules, qui naissent des gaînes des feuilles. Toutes sont exotiques, les unes originaires des deux Amériques, comme Pontederia cordata, L., qu'on cultive quelquefois dans les jardins, P. azurea, Swartz, P. rotundifolia, L., Suppl. Les autres d'Afrique, P. natans, Beauv., etc.; quelques-unes de l'Inde, P. hastata, L., P. vaginalis, L., P. dilatata, Ait., etc. (A. R.)

PONTÉDÉRIÉES. BOT. PHAN. Pour Pontédériacées. V. ce mot. (A. R.)

PONTHIEVA. BOT. PHAN. Rob. Brown (Hort. Kew., 5, p. 199) appelle ainsi un genre de la famille des

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Orchldées qu'il a formé pour le Neottia glandulosa de Sims (Botan. Mag., 842). Ce genre diffère des autres Neottia par son labelle et les divisions intérieures de son calice qui sont insérées au gynostème. Cette espèce croît dans l'Inde. (A. R.)

PONTIANE. BOT. PHAN. L'un des anciens noms du Tabac. (B.)

* PONTIE. Pontia. CRUST. Nous avons fondé sous ce nom un nouveau genre de Crustacés qui nous paraît devoir preudre place dans l'ordre naturel entre les Décapodes Macroures Schézipodes et les Crustacés des ordres inférieurs. La forme générale du petit Animal pour lequel nous avons établi ce genre, rappelle un peu celle de la Ligie, mais il est plus aplati et plus allongé postérieurement. La tête n'est pas très-distincte du thorax; antérieurement, elle est terminée par un rostre aigu qui est un peu mobile, et paraît formé de deux articles. Les yeux sont au nombre de deux, assez petits et sessiles; les antennes supérieures sont très-longues, sétacées et formées d'un grand nombre d'articles; les inférieures sont bifides, et garnies de poils à leur extrémité qui est plate et élargie; ellès sont dirigées en bas, et paraissent remplir l'office de pates natatoires ou de pieds-mâchoires. Le thorax; ainsi que nous l'avons déjà dit, est formé de six anneaux dont les deux antérieurs sont les plus larges, et les autres diminuent progressivement de grandeur. Les cinq derniers supportent autant de paires de pates qui sont bifides, ciliées, dirigées en arrière et propres seulement à la natation; le second segment thoracique qui supporte la première paire de pates soutient aussi une paire d'appendices très-larges, bifides et garnis d'un grand nombre de longs poils rameux; ces derniers appendices, que l'on doit considérer comme des pieds-mâchoires, sont dirigés en avant, et cachent complétement la bouche ainsi que les pieds-mâchoires; ceux-ci, au nombre de deux paires, diffèrent beaucoup par leur forme; la première, c'est-à-dire celle qui recouvre les mandibules, est courte, large, garnie d'un assez grand nombre de poils, et formée de quatre articles; la suivante est au contraire grêle et allongée. La troisième a été décrite ci-dessus. L'abdomen est divisé en deux segmens; le premier supporte une paire de fausses pates rudimentaires; le second est terminé par deux appendices en forme de spatule, biarticulés et ciliés. Ce Crustacé diffère essentiellement de tous les autres Animaux de la même classe déjà étudiés. Le nombre et la disposition de ses pates le rapprocheraient de certains Mysis, mais Il s'en éloigne beaucoup par la structure de son thorax qui est assez semblable à celui des Isopodes et des Amphipodes. Enfin, la forme de son rostre et de ses antennes rappelle ce que l'on voit dans quelques Entomostracés. Les caractères que nous avons assignés au genre Pontie, Pontia, sont les suivans: tête distincte du thorax; deux yeux sessiles, quatre antennes dont les supérieures sétacées et multiarticulées; les inférieures pédiformes, ciliées et formées de deux tiges partant d'un pédoncule commun; thorax divisé en six anneaux; cinq paires de pates bifides et natatoires; abdomen formé de deux segmens et terminé par deux appendices.

L'Animal dont il est question ici, que nous avons nommé Pontia Savignyi, et que nous avons figuré dans les Annales des Sciences naturelles, T. XIII, pl. 14, est remarquable par la beauté de ses couleurs; le dos est d'un blauc argenté et nacré, entouré d'une bordure assez large d'un vert émeraude. Il nage sur le ventre et se meut avec une vivacité extrême. Nous l'avons trouvée sur des rochers qui ne se découvrent que lors des grandes marées, et qui sont situés près du Croisic en Bretagne. (H. M. E.)

PONTIE. Pontia. INS. Genre de l'ordre des Lépidoptères, famille des

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Diurnes, établi par Fabricius, et renfermant les Piérides de Schranck et Latreille. V. PIÉRIDE. (G.)

PONTOBDELLE. Pontobdella. ANNEL Ce genre a été établi par Leach et adopté par Lamarck. Savigny, dont nous suivons ici la méthode, lui a substitué le nom d'Albione, Albione (Ouvrage d'Egypte, Syst. des Annel., p. 110). Il le range dans la deuxième section de la famille des Sangsues, et lui donne pour caractères distinctifs: ventouse orale, très-concave; mâchoires réduites à trois points saillans; six yeux disposés sur une ligne transverse; ventouse anale exactement terminale. Les espèces de ce genre ont le corps cylindrico-conique, aminci vers la ventouse antérieure, composé d'anneaux quaternés, c'est-à-dire ordonnés quatre par quatre, inégaux, hérissés de verrues; les huit anneaux compris entre le quinzième et le vingt-quatrième sont courts et serrés; ils offrent dans la jonction du dix-septième au dix-huitième, et dans celle du vingtième au vingt-unième les deux orifices de la génération La bouche est très-petite, située dans le fond de la ventouse orale, plus près de son bord inférieur; elle est munie de mâchoires réduites à trois points saillans et peu visibles. Il est douteux qu'il existe des yeux. Blainville le nie formellement; Savigny croit qu'il y en a six, placés sur une ligne transverse derrière le bord supérieur de la ventouse. Moquin-Tandon, auquel on est redevable d'une Monographie de la famille des Hirudinées, en compte huit, mais avec doute. La ventouse orale, formée par un seul segment, est séparée du corps par un fort étranglement, très-concave, en forme de godel; son ouverture est oblique, elliptique, sensiblement longitudinale et garnie d'un rebord. La ventouse anale est très-concave et bordée. Les Pontobdelles ou Albiones sont toutes marines; elles se nourrissent du sang des Raies et autres Poissons. «Battara a observé, dit Thomas (Mémoire pour servir à l'histoire naturelle des Sangsues, p. 96), que si on place dans de l'eau de puits ou dans de l'eau commune les Sangsues marines, elles y meurent en une ou deux heures. Elles y vivent très-long-temps au contraire si on y jette du Sel marin, de manière à donner à l'eau une saveur analogue à celle des flots de la mer.ff Moquin-Tandon observe que l'œsophage est long et très-étroit: que les estomacs sont médiocrement larges, peu distincts et réduits à un tube longitudinal, sinueux sur les bords et plus large postérieurement. «Il n'y a, dit-il, qu'un seul cœcum assez large et de la longueur du rectum. Le rectum est étroit, sinueux et dilaté postérieurement, de manière à former un cloaque près l'ouverture de l'anus. La vésicule séminale est très-petite, à peu près de la forme de celle des Néphélis. Les canaux déférens sont courts et dirigés antérieurement. Les testicules sont à demi déployés. Les vésicules séminales, supplémentaires, ajoute-t-il, sont très-petites, ovales, presque pyriformes; ou n'en observe que cinq paires.ff Le genre Pontobdelle de Leach ou Albione de Savigny, correspond au genre Gôl d'Oken, et à celui de Phormio de Goldfuss et Schinz. Il renferme, suivant Savigny, deux espèces:

L'ALBIONE ÉPINEUSE, Albione muricata, ou la Pontobdella muricata de Lamarck. C'est la Pontobdella spinulosa de Leach, et l'Hirudo muricata de Linné et de Cuvier. On la trouve communément sur nos côtes de l'Océan et de la Méditerranée; elle s'attache aux Raies et à d'autres Poissons.

L'ALBIONE VERRUQUEUSE, Albione verrucata, ou la Pontobdella verrucata de Leach, qui est la même espèce que l'Hirudo piscium de Baster. Elle vit comme l'espèce précédente, et se trouve dans les mêmes lieux.

Moquin-Tandon (loc. cit.) ajoute une troisième espèce, et Blainville (Dict. des Sc. nat. T. XLVII, p. 241) en admet en tout sept. (AUD.)

TOME XIV. 14

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* PONTOCARDE. Pontocardia. ACAL. Nous avons créé ce nouveau genre dans le tome III des Mémoires de la Société d'histoire naturelle de Paris, pour y placer un Zoophyte fort obscur trouvé pendant notre voyage sur la corvette la Coquille, et que nous avons figuré; mais il est si facile de prendre des parties de Zoophytes pour des Animaux entiers, que, malgré l'exactitude de notre dessin, nous ne répondons pas de l'existence réelle de ce genre que nous définissons ainsi: corps libre, simple, gélatineux, consistant, ovaliforme, échancré supérieurement de manière à affecter une forme de cœur, et aminci et rétréci en bas. Nulle trace de viscères. Un canal translucide en croix occupant l'intérieur, et composé d'une branche plus longue, transversale, et d'une plus courte, verticale, ayant à son sommet une bouche correspondant à une autre ouverture placée à la partie inférieure du Zoophyte; hyalinité parfaite. La place de ce genre serait peut-être à côté de celui nommé Gleba, ou dans les Acalèphes libres, près des Diphies.

La seule espèce de ce genre, dont le nom tiré du grec signifie cœur marin, est le PONTOCARDE CROISÉ, Pontocardia cruciata, Less. C'est un Zoophyte de consistance mollasse, d'un blanc de cristal hors de la mer, nuageux, et ne paraissant que comme une croix délicate dans l'eau. Le pourtour de la bouche inférieure est d'un jaune pâle. On ne voit auoune trace de nucléus. Des sortes de très-petits tubes entortillés et blancs sillonnent le dedans de la croix. Ce Zoophyte est un peu moins grand qu'une pièce d'un franc; il est assez régulièrement cordiforme, et l'échancrure supérieure profonde et concave. Nous le prîmes le 18 septembre 1823, par les 27° 30′ de latitude sud, en nous rendant de Waigiou aux Moluques, et près de l'île de Guébé. (LESS.)

* PONTONIE. Pontonia. CRUST. Genre de Salicoques, voisin des Alphées, mentionné par Latreille (Fam. Natur., etc.), et dont nous ne connaissons pas les caractères. (G.)

PONTOPHILE. Pontophilus. CRUST. Nom donné par Leach (Mal. Podophil. Britan.) à un genre de l'ordre des Décapodes, famille des Macroures, tribu des Salicoques, qui ne diffère des Crangons de Fabricius que par la longueur relative des deux derniers articles des pieds-mâchoires extérieurs, ou du premier article du pédoncule des antennes inférieures. Dans les Pontophiles, cet article se prolonge au-delà du milieu de la longueur de l'écaille annexée au pédoncule; le dernier article des pieds-mâchoires extérieurs est presque une fois plus long que le précédent et pointu. Dans les Crangons, il est de sa longueur et obtus; le premier article des antennes est plus court. Risso avait établi ce genre sous le nom d'Egeon. Latreille ne l'a pas adopté et il les réunit à ses Crangons. V. ce mot. (G.)

PONTOPIDANA. BOT. PHAN. Scopoli a donné ce nom au Couroupita guianensis d'Aublet, ou Lecythis bracteata, Willd. V. COUROUPITA et LECYTHIS. (G.. N.)

POO-BOOK. OIS. Espèce du genre Engoulevent. V. ce mot. (B.)

* POOPO-AROWRO. OIS. Syn. d'Eclatant, espèce du genre Coucou. V. ce mot. (B.)

POPEL. MOLL. (Adanson.) Dénomination appliquée au Cerithium radula. V. CÉRITE. (AUD.)

POPETUÉ. OIS. Espèce du genre Engoulevent. V. ce mot. (B.)

* POPINETTE. OIS. Syn. vulgaire de Mésange à longue queue. V. MÉSANGE. (DR.. Z.)

POPULAGE ET POPULAGO. BOT. PHAN. V. CALTHA.

POPULUS. BOT. PHAN. V. PEUPLIER.

* PORANGA. OIS. Pison (Hist. nat. Brésil., p. 80, liv. III) a figuré

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sous le nom de Mutu-Poranga, le Crax Alector des Méthodes. (LESS.)

PORANE. Porana. BOT. PHAN. Genre de la famille des Convolvulacées et de la Pentandrie Monogynie, L., offrant les caractères suivans: calice à cinq folioles lancéolées, obtuses, persistantes et agrandies avec le fruit; corolle monopétale, campanulée, divisée jusqu'à la moitié en cinq segmens aigus et égaux entre eux; cinq étamines alternes avec les segmens de la corolle non saillantes; ovaire supère, presque rond, surmonté d'un style filiforme de la longueur des étamines, persistant, bifide, et terminé par des stigmates capités; fruit capsulaire bivalve. Jussieu, dans son Genera Plantarum, avait indiqué les affinités de ce genre avec l'Ehretia et Ies Borraginées, mais tous les auteurs modernes l'ont rapporté aux Convolvulacées. L'espèce qui en forme le type, Porana volubilis, Burmann, Flor. Ind., p. 51, tab. 21, est un Arhrisseau grimpant, à feuilles distantes, ovées, acuminées, et à fleurs en grappes lâches. Cette Plante croît à Java. Palisot-Beauvois en a décrit et figuré (Flore d'Oware, p. 65, tab. 49) une seconde espèce sous le nom de Porana acuminata. Enfin, dans la Flora Indica, publiée récemment à Calcutta par Wallich, sont décrites deux nouvelles espèces sous les noms de P. racemosa et P. paniculata, dont Sweet a fait un nouveau genre sous le nom de Dinetus. V. ce mot au Supplément. (G.. N.)

PORANTHÈRE. Poranthera. BOT. PHAN. Sous le nom de Poranthera ericifolla, Rudge a décrit et figuré (Transact. Soc. Linn., vol. X, p. 302, tab. 32, fig. 2) une Plante qui appartient à la Pentandrie Trigynie, L., mais dont les affinités naturelles ne sont pas bien déterminées, quoiqu'il paraîtrait, d'après une note de Sweet (Hort. Britan., 2, p. 492) qu'on doive le rapporter aux Rutacées. Cependant, ni Adr. De Jussieu, ni De Candolle, n'ont mentionné ce genre lorsqu'ils ont revu complétement cette famille. Il appartient probablement à la petite famille des Trémandrées de R. Brown, également composée de Plantes de la Nouvelle-Hollande, qui offrent des caractères à peu près semblables. Le Porant. ericifolia est un Arbrisseau dont la tige est divisée en rameaux étalés, garnis de feuilles nombreuses, linéaires, imbriquées. Les fleurs forment un corymbe dense et terminal. Chacune d'elles est dépourvue de calice; la corolle est composée de cinq pétales oblongs, très-entiers; les étamines au nombre de cinq, ont leurs filets du double de la longueur des pétales: les anthères quadriloculaires, terminées par des pores; trois fruits capsulaires polyspermes. Cette Plante croît aux environs du port Jackson, dans la Nouvelle-Hollande. Elle est cultivée en Angleterre depuis 1825. (G.. N.)

PORAQUEIBA. BOT. PHAN. Aublet a donné ce nom à un Arbrisseau originaire de la Guiane, qu'il décrit et figure sous le nom de Poraqueiba guianensis, Aublet, Gui., 1, tab. 47. Nous allons donner une description de ce genre d'après des échantillons recueillis à la Guiane par mon père, et que nous possédons dans notre herbier. C'est un Arbuste très-touffu et très-rameux qui croît au voisinage de l'eau, ou quelquefois c'est un Arbre qui acquiert jusqu'à trente pieds d'élévation. Son écorce est cendrée et couverte de petits points proéminens. Ses feuilles sont alternes, pétiolées, très-grandes, ovales, acuminées, entières, glabres, blanchâtres à leur face inférieure; le pétiole, long d'environ un pouce, est canaliculé. Les fleurs sont très-petites, d'un jaune verdâtre, très-caduques, formant des grappes axillaires presque simples, et plus courtes que les feuilles. Le calice est très-petit, monosépale, à cinq divisions obtuses et persistantes. La corolle est formée de cinq pétales valvaires, légèrement cohérens entre aux par leur base, lancéolés, aigus,

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un peu épais, offrant à leur face interne une lame longitudinale légèrement proéminente. Les étamines, au nombre de cinq, sont alternes avec les pétales; leurs filets sont subulés ou peu dilatés à leur base; leurs anthères terminales, rapprochées, subcordiformes, et à deux loges introrses, s'ouvrant par un sillon longitudinal. Les étamines sont insérées tout-à-fait à la base du calice. L'ovaire est libre; globuleux, à une seule loge; il se termine supérieurement par un style très-court, au sommet duquel est un stigmate très-petit, et qui paraît simple. Le fruit, qui n'est pas à son état de maturité parfaite, est ovoïde, terminé en pointe, du volume d'un gros pois, charnu, accompagné à sa base par le calice.

Il est fort difficile de déterminer la place de ce genre dans la série des ordres naturels. De Jussieu l'avait rapproché des Berbéridées, mais il ne peut y demeurer. Il nous paraît plutôt avoir quelques rapports avec les Térébinthacées ou les Aurantiées. (A. R.)

PORC. ZOOL. C'est l'un des noms vulgaires du Cochon. On l'a étendu à d'autres Animaux avec auelque épithète. Ainsi l'on a appelé:

PORC ou POISSON PORC, le Humantin, sorte de Squale, le Balistes Capriscus, etc.

PORC DE RIVIÈRE, le Cabiais.

PORC DE MER, le Marsouin.

PORC A MUSC, le Pécari, etc. (B.)

PORC-EPIC. Hystrix. MAM. C'est, suivant tous les auteurs systématiques, et même suivant tous les zoologistes modernes, à l'exception de Lacépède, de Fr. Cuvier, de Ranzani, de Temminck et de Lesson, un genre de Rongeurs à clavicules incomplètes, comprenant toutes les espèces qui présentent les caractères suivans: deux incisives supérieures très-fortes, lisses antérieurement, terminées en biseau; deux inférieures fortes et un peu comprimées latéralement; molaires au nombre de quatre de chaque côté et à chaque mâchoire; toutes sont de forme cylindrique, et marquées sur leur couronne de quatre ou cinq empreintes enfoncées; tête forte; museau très-gros et renflé; oreilles courtes, arrondies; langue hérissée d'écailles épineuses; pieds antérieurs à quatre doigts, les postérieurs ordinairement à cinq; tous armés d'ongles robustes, un rudiment de pouce avec un ongle obtus aux pieds de devant. Des piquans plus ou moins longs sur le corps, quelquefois entremêlés de poils; queue plus ou moins longue, quelquefois prenante (Cuv., Règne Anim. T. 1, p. 208, et Desm., Mammif., p. 314). Ce genre, ainsi établi, comprend, dans l'état présent de la science, cinq ou six espèces assez bien déterminées, et deux ou trois autres très-obscures, répandues dans l'Eurone méridionale, l'Asie, l'Afrique et les deux Amériques. Toutes se trouvent liées entre elles par des rapports que l'on doit considérer comme assez intimes pour qu'elles ne pissent être éloignées les unes des autres, mais qui cependant n'empêchent pas qu'on ne puisse signaler parmi elles plusieurs types génériques. C'est ce que Lacépède a indiqué le premier en formant aux dépens du groupe des Hystrix son genre Coendou, et ce que Fr. Cuvier a démontré d'une manière rigoureuse, dans un Mémoire où l'on pourrait peut-être signaler quelques déterminations un peu hasardées, mais que les vues pnilosophiques qu'il renferme, et des idées très-ingénieuses sur quelques-uns des principes de la science zoologique, nous font regarder comme éminemment remarquable. Dans ce Mémoire, publié dans le T. IX des Mém. du Mus., p. 413, l'auteur propose de diviser le groupe des Porcs-Epics en cinq genres ou sous-genres qu'il désigne sous les noms d'Hystrix, d'Acanthion, d'Erethizon, de Synœther et de Sphiggurus, et que nous allons rapidement passer en revue, eu indiquant seulement les caractères différentiels propres à chacun d'eux.

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† Les PORCS-ÈPICS proprement dits,

Hystrix.

Les caractères assignés par Fr. Cuvier, à ce premier groupe, sont les suivans: mâchelières à peu près d'égale grandeur, circulaires et divisées par des échancrures transverses qui, en s'effaçant, laissent au milieu de la dent des rubans plus ou moins longs, irréguliers, dessinés par l'émail; incisives supérieures unies et arrondies en devant, naissant de la partie antérieure et inférieure des maxillaires; el les inférieures, semblables aux supérieures par la forme, naissant à quelques lignes audessous du condyle. Pieds plantigrades; queue rudimentaire; œil très-petit, à pupille ronde; oreille peu étendue, arrondie; fentes des narines longues, étroites, s'étendant, en se recoutbant légèrement sur les côtés du museau, et se réunissant au-dessus de la lèvre supérieure; la peau qui entoure les narines, nuc, épaisse et non glanduleuse; poils du dessous du corps courts, peu épais et peu épineux; de longues soies flexibles, répandues entre les longues épines du dos; côtés du museau et dessus des yeux garnis d'épaisses et longues moustaches.

Le PORC-EPIC D'ITALIE, Hystrix cristata, L.; le Porc-Epic, Buff. T. XII, pl. 51, est la seule espèce bien connue de ce groupe. Sa taille est de plus de deux pieds, sans comprendre la queue qui est extrêmement courte. Les piquans, qui couvrent la partie supérieure du corps, sont colorés par de grandes zônes de blanc et de noirâtre, et présentent des stries longitudinales; ils sont très-pointus, trèsépais, et généralement aussi trèslongs, principalement sur le dos où l'on en vôit qui ont jusqu'à un pied de long et quelquefois davantage; le cou, les épaules, la poitrine, le ventre et les jambes n'ont au contraire que des piquans très-courts, très-grêles, colorés uniformément de brun noirâtre, et terminés par un filament très-flexible. Des piquans, de même nature mais beaucoup plus longs, se retrouvent aussi mêlés avec un grand nombre de soies très-longues sur la nuque et le sommet de la tête où ils composent une sorte de crinière ou plutôt une huppe qui a plus d'un pied de long. C'est ce caractère qui a valu au Porc-Epic d'ltalie le nom spécifique d'Hystrix cristata; mais le caractère le plus remarquable que présente ce Porc-Epic est, sans contredit, La forme des poils (nous employons ici ce mot dans son acception la plus générale) qui garnissent la queue. Ce sont des tuyaux creux, blancs, à parois minces, longs de deux pouces environ, coupés transversalement à leur extrémité, et supportés à leur base par un pédicule délié, long d'un pouce environ. Enfin le bout du museau et l'extrémité des pieds sont garnis de petites soies rudes, de couleur brunâtre, et les moustaches, dont la longueur est considérable, sont d'un noir brillant. Ce Porc-Epic, principalement répandu dans le sud de l'Italie, existe aussi en Espagne et en Grèce. Il se nourrit de racines, de bourgeons, de graines et de fruits sauvages, et vit dans des terriers à plusieurs issues qu'il se creuse loin des lieux habités, et où il reste solitaire et caché pendant toute la durée du jour. Lorsqu'il est irrité ou effrayé, il redresse tous ses piquans, à la manière du Hérisson; mais il est faux qu'il puisse, comme on l'a cru long temps, lancer des épines contre ses ennemis. Le Porc-Epic n'est pas ordinairement place au nombre des Animaux hiberuans. Il paraît cependant qu'il hiverne, mais son sommeil est peu profond, et il se réveille dès les premiers beaux jours du printemps. C'est au mois de mai que l'accouplement a lieu, et c'est au mois d'août que les petits naissent; ils ont alors neuf pouces environ, et sont déjà couverts de petits poils épineux de six ou sept lignes de long. L'accouplement se fait de la même manière que chez presque tous les Mammifères, quoiqu'on ait souvent dit le contraire.

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On trouve dans l'Inde, au Sénégal, en Barbarie et au cap de Bonne-Espérance, des Pores-Epics très-semblables à l'Hystrix cristata. Il est vraisemblable, et plusieurs auteurs Ont déjà émis cette opinion, que l'on trouvera, parmi eux, le type d'une ou de plusieurs espèces nouvelles; Fr. Cuvier (loc. cit.) a même déjà désigné l'un d'eux sous le nom d'Hystrix Senegalica..

†† Les ACANTHIONS, Acanthion.

Fr. Cuvier n'a établi ce sous-genre que sur l'examen de deux crânes présentant un système dentaire absolument analogue à celui du Porc-Epic d'Italie, mais dans lequel le chanfrein est presque droit, au lieu d'être, comme cnez celuici, extrêmement arqué. Les os propres du nez, les frontaux, les pariétaux présenteut aussi quelques différences; mais il faut avouer que dans l'état présent de la science, ce genre ne peut être admis que provisoirement. Il en est de même des deux espèces indiquées par Fr. Cuvier sous les noms d'Acanthion javanicum et d'Acanthion Daubentonit.

††† Les ERÉTHIZONS, Erethizon,

Ce groupe, et les deux autres qui nous restent à faire connaître, sont propres à l'Amérique, et tous trois présentent des caractères communs qui les éloignent des Porcs-Epics de l'ancien monde, un peu plus que les Hystrix ne s'éloignent des Acanthion, et un peu plus que les Synœther nes'éloignent des Sphiggurus. Les dents de toutes les espèces américaines sont plus simples et à contour moins anguleux, et la plante est susceptible de se ployer de manière à embrasser et à saisir les corps, d'où résulte, pour les Pores-Epics américains, la possibilité de monter et de se percher sur les arbres. Quant aux caractères propres aux Eréthizons, Fr. Cuvier les indique à peu pres de la manière suivante: os du nez courts; àrcades Zygomatiques très-saillantes; pieds antérieurs tétradactyles; postérieurs, pentadactyles; paume et plante entièrement nues, garnies de papilles très-petites; queue non prenante.

L'URSON, Buff., T. XII, pl. 55, Hystrix dorsata, Gmel.; Erethizon dorsatum, Fr. Cuv., est la seule espèce bien connue de ce groupe. sa taille est de deux pieds environ, sans comprendre sa queue qui a ellemême huit pouces; son corps est couvert de piquans annelés de blanchâtre et de noirâtre ou de brun, beaucoup plus courts que ceux du Porc-Epic d'Italie; les plus grands, situés sur la croupe, n'ayant que deux ou trois pouces; ces piquans sont en partie cachés dans de longs poils brun-roussâtres, assez rudes, et il existe en outre à la base des poils et des piquans un duvet cendré brunâtre. La queue est revêtue en dessous de poils roides, de couleur brune, et le veutre, les jambes, les pieds et le museau, de soies d'un brun noirâtre. Cette espèce, répandue dans toute l'étendue des Etats-Unis, mais saus être Commune dans aucune partie de cette vaste région, s'établit ordinairement sous les rameaux des arbres creux, et se nourrit d'écorces, de fruits et de racines qu'il recherche pendant la nuit. Cozzens, dans un article récemment publié dans les Annales du Lycée d'Histoire naturelle de New-York, cite parmi les substances végétales qui forment la nourriture la plus habituelle de l'Urson, les feuilles et l'écorce du Pinus canadensis, et du Tilia glabra.

Fr. Cuvier croit pouvoir regarder comme une seconde espèce d'Erethizon, le Porc-Epic figuré par Buffon (T. XII, pl. 54), sous le nom de Coendou. Cette figure, dont. l'original existe encore au Muséum d'Histoire naturelle, ne serait-elle pas une variété de l'Urson, remarquabte par le petit nombre de poils qui le trouvent mêlés avec ses piquans?

†††† Les SYNÉTHÉRES, Synœther, ou CORNDOUS, Coendus, Lacép.

Fr. Cuvier caractérise ainsi ce sous-

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genre, auquel Lesson (Manuel de Mamm.) conserve le nom de Coendus en remarquant que le nom de Lacépède, ayant l'autériorité, doit être préféré: yeux petits, saillans, et pupille ronde; narines s'ouvrant par des orifices simples et circulaires, très-rapprochés l'un de l'autre dans une surface large, plate, couverte d'une peau lisse et non glanduleuse; oreilles très-simples; bouche très-petite; lèvre supérieure entière; langue douce. Pelage presque entièrement formé a'épines tenant à la peau par un pédicule très-mince. I1 n'y a de poils que sur la queue et sous le corps. Pieds de derrière tétradactyles.

Le COENDOU A LONGUE QUEUE, Buff., Supplém. VII, pl. 78; Hystrix prehensilis, var. β, Gmel.; Coendus prehensilis, Less.; Synéthère à queue prenante, Fr. Cuv., est convert sur les parties supérieures du corps de piquans de grandeur moyenne, jaunes à leur base, noirs dans leur milieu, et blancs dans leur portion terminale; sur les membres, les côtés de la tête, et dans la première moitié de la queue, de piquans courts et très-minces; enfin, sur les parties inférieures du corps, et daus la dernière moitié de la queue, de poils rudes, d'un brun noirâtre. Cette espèce a deux pieds de long, sans comprendre la queue qui atteint un pied et demi. Ce Porc-Epic, répandu dans le Mexique et dans l'Amérique méridionale, vit habituellement sur les arbres où il se tient avec facilité à l'aide de ses pates. On a remarqué qu'il n'emploie sa queue que lorsqu'il veut descendre. Il se nouriit de fruits, de feuilles, de racines et de bois tendre. Nous avons eu occasion d'observer à la Ménagerie du Muséum, un individu de cette espèce, qui y vit depuis quelques années. Il se tient constamment, pendant toute la durée du jour, caché dans du foin, et parait redouter l'éclat de la lumière. Sa queue, ordinairement appuyée par terre, et dirigée horizontalement suivant l'axe du corps, est toujours enroulée sur elle-même à son extrémité, comme celle d'un Sajou; mais jamais nous n'avons vu l'Animal l'employer pour saisir. Son cri, qu'il fait entendre toutes les fois qu'on le touche ou qu'on l'expose au contact de la lumière, en enlevant le foin qui le Couvre, est un petit grognement plaintif.

Fr. Cuvier pense que le Hoitztlacuatzin de Hernandez (chap. XII, p. 322) est peut-être une seconde espèce de Coendou, caractérisée par a couleur noire de l'extrémité des piquans.

††††† Les SPHIGGURES, Sphiggurus.

Ce groupe, que la plupart des naturalistes se refuseront à admettre comme générique, et peut-être même comme subgénérique, ne diffère du précédent que par la forme des parties antérieures de la tête qui, très-proéminentes chez les Synéthères, sont très-déprimées chez les Sphiggures. Du reste, ce sont les mêmes caractères, les mêmes formes, les mêmes mœurs et la même patrie.

Le COUIY, Azzar., Hist, du Par., Sphiggurus spinosus, Fr. Cuv.; Hystrix prehensilis, var. 2, Gmel. Cette espèce, d'un tiers plus petite que le Coendou, et à queue proportionnellement beaucoup plus courte, est caractérisée par Fr. Cuvier de la manière suivante: toutes les parties supérieures du corps revêtues d'épines altachées à la peau par un pédicule très-mince, et terminées par une pointe fort aiguë; les plus graudes ont de dix-huit lignes à deux pouces de long; celles de la tête sout blanches à leur base, noires à leur milieu, et marrón à leur extrémité; celles qui viennent après, depuis la naissance du cou jusque vers la croupe, ont leur base d'un jaune soufré; celles qui garnissent la croupe et le tiers supérieur de la queue sout jaunes à leur base et noires à leur pointe. Parmi toutes ces épines s'apercoivent quelques poils longs et fins, mais très-rares. De petites épines se voient encore sur les membres et les parties inférieures du

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corps qui sont revêtues principalement d'un pelage grisâtre d'apparence laiueuse; les parties supérieures de la queue sont garnies d'épines, couvertes d'un poil dur et noir, excepté dans la longueur de deux à trois pouces en dessus de l'extrémité où cet organe est nu.

L'ORICO, Sphiggurus villosus, F. Cuv.,loc. cit., est une espèce qui, généralement semblable au Couiy, en différerait par l'existence de poils assez nombreux et assez longs pour recouvrir les piquans cachés entièrement ou presque entièrement; les poils, blanchâtres à leur origine, et blonds à leur extrémité, sont noirs dans le reste de leur étendue. Cette espèce, établie d'après plusieurs individus rapportés du Brésil par Delalande et Auguste Saint-Hilaire, est regardée par Fr. Cuvier comme parfaitement caractérisée, et elle a été admise par notre savant collaborateur Lesson, dans son Manuel de Mammalogie. Nous sommes cependant obligé d'avouer que nous ne partageons pas l'opinion de ces zoologistes. Ayant, il y a quatre ans, examiné avec beaucoup de soin tous les Porcs-Epics qui existent au Muséum d'Histoire naturelle, nous avons dèslors regardé comme certain que l'Orico n'est qu'une variété d'âge ou de saison de l'Hystrix Couiy. Depuis, plusieurs faits nous ont confirmé dans cette pensée, et notre savant ami Dessalines D'Orbigny fils, si honorablement connu pour ses travaux sur les Céphalopodes, a bien voulu, à notre prière, faire dans le Brésil même quelques recherches qui ne nous permettent plus de conserver à cet égard même les plus légers doutes. Nous transcrivons ici textuellement la note qu'il a bien voulu nous faire parvenir sur le Couiy. « Cette charmante espèce, digne de la plus scrupuleuse étude dans ses mœurs et son pelage changeant avec les saisous, avait attiré toute l'attention des naturalistes, et après divers examens de divers savans, il n'était pas encore bien connu, puisque deux noms spècifiques lui ont été donnés. Ce qui avait causé l'erreur est sans doute la différence complète de sa robe d'été à sa rohe d'hiver. Dans l'hiver, il sort à travers les épines, de longs poils dont elles sont presque entièrement cachées, tandis que l'été ces poils tombent, et il ne reste plus que les épines dont la couleur jaunâtre, exposée à l'ardeur d'un soleil brûlant, devient roussâtre à l'extrémité des aiquillons. Dans une de nos courses à Rio de Janeiro, près des Forêts-Vierges du côté du Pain de Sucre, nous vimes un individu vivant dans les mains d'un Nègre, et nous l'achetâmes. Le Nègre, questionné sur l'Animal, nous apprit que le poil lui tombait chaque été, et que ce Porc-Epic se rencontrait fréquemment sur le sommet des montagnes dans l'intérieur des épaisses forêts. ff

Nous ne dirons rien ici du Porcus aculeatus sylvestris de Séba, qui n'est counu que par la figure et la description incomplète de cet auteur; mais nous décrirons, en terminant, une espèce très-remarquable que quelques auteurs ont rangée parmi les Rats, mais qui parait devoir être décidément rapportée aux Porcs-Epics; c'est le Porc-Epic de Malacca, Buff., Suppl. VII, pl. 77; Hystrix fasciculata, Sh. Ses formes générales la rapprochent du Porc-Epic. d'Italie, mais elle s'éloigne de celui-ci par sa queue de moyenne longueur, nue et écailleuse jusque vers sa pointe, mais terminée par un bouquet de poils rudes, longs et aplatis en forme de lanières que l'on a comparées à des rognures de parcbemin. Le museau est revêtu d'une peau noire; les yeux sont noirs et petits; les oreilles petites et arrondies, le dessus du corps hérissé de piquans longs, aplatis, sillonnés dans toute leur longueur d'une rainure; colorés par grands anneaux de noir et de blanc; le ventre couvert de soies blanchâtres, et les jambes de poils d'un brun noir. Cette espèce, qui habite la presqu'ile de Malacca et quelquesunes des fles de la Sonde, n'appartiendrait-

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elle pas au groupe des Acanthions? Et, dans ce cas, n'est-il pas vraisemblable qu'on devra lui rapporter l'Acanthion javanicum? Ces questions, auxquelles nous ne pouvons dès à présent répondre, ne tarderont pas à être promptement résolues; car nous apprenons que Diard vient enfin d'envoyer au Muséum la peau et le squelette complet du Poro-Epic de Malacca. (IS. G. ST. H.)

PORC-EPIC. ÉCHIN. Espèce du genre Cidarite. V. ce mot. (B.)

PORCELAINE. Cyprœa. MOLL. Ce beau genre, qui rassemble un grand nombre de Coquilles aussi remarquables par leur belle coloration que par le poli et le brillant de leur surface, est un de ceux qui ont excité l'admiration des anciens, et même, disent auelques historiens, qui est devenu l'objet de leur culte. Le nom de Cochlea ou Concha V eneris, qu'ils lui donnaient, indique assez par quelle comparaison ils l'avaient consacré à la déesse de la volupté, et ce nom conservé, au renouvellement des lettres, par Rondelet, Aldrovande et d'autres, fut changé en France par celui plus vulgaire de Pucelage, qu'Adanson lui seul voulut introduire dans la science. Le poli vitreux de cas Coquilles les a fait comparer à eglui des vases de porcelaine, et, de cette comparaison, est resté le nom de Porcelaine que tous les zoologistes ont adopté. Rondelet n'a fait connaître que quatre espèces, et elles sont toutes réunies; on pourrait donc considérer cet auteur comme le créateur du genre, aussi bien qu'Aldrovande; mais l'un et l'autre, on peut le dire, n'ont fait que se laisser aller à des rapports si évidens, si naturels, qu'il est impossible de ne pas les admettre. Lister est plutôt l'auteur de ce genre que ceux que nous venons de citer; il en rassembla un assez grand nombre d'espèces dont il donna les figures dans le Synopsis Conchyliorum que nous avons de lui; elles sont rassemblées dans une même section, et il y réunit, dans des chapitres particuliers, les Ovules et les Bulles; ce dernier genre est sans doute mal placé, mais cela est bien pardonnable dans l'état où était alors la science.

Adanson le premier fit connaître l'Animal des Porcelaines; mais il tomba dans une erreur qui a trouvé sa source dans la grande différence qui existe entre les jeunes et les vieux individus de ce genre. Il donna le nom de Péribole à celui où il rassembla les premiers, et celui de Pucelage à celui qui renferme les seconds. Linné n'imita point Adanson, et donna à son genre Cyprœa des caractères tels que les Bulles, que Lister y avait confondues, durent en être séparées; mais par un rapprochemeut assez singulier, Linné confondit les Ovules avec les Bulles, ce que Lister avait su éviter. Cela prouve peut-être combien le genre Porcelaine est naturel, ne pouvant admattre aucune Coquille étrangère. Bruguière sentit probablement la justesse des distinctions de Lister, et, réformant les Bulles de Linné, proposa, dans l'Encyclopédie, son genre Ovule qui fut universellement adopté. Linné avait placé ce genre entre les Cônes et les Bulles; ces rapports devaient par la suite éprouver quelques modifications. Bruguière interposa son genre Ovule entre lui et les Bulles. Lamarck éloigna bien davantage les Bulles; mais du reste il imita Bruguière. Dans la Philosophie zoologique, il institua la famille des Enroulées, compasée des six genres Ancillaire, Olive, Tarière, Ovule, Porcelaine et Cône. Ces rapports furent maintenus par Lamarck dans tous ses ouvrages, et ils ne furent même pas contestés par Cuvier, malgré la différence de méthode de ces deux illustres professeurs. Cependant Blainville, dans son Traité de Malacologie, a apporté quelques changemens qui ont eu lieu, surtout pour le genre Cône, qui fut transporté près des Strombes; mais les Porcelaines furent comprises dans la

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famille des Agiostomes (V. ce mot au Supplément), entre les Marginelles et les Ovules. Blainville, conduit par la grande confiance que lui ont inspirée les travaux d'Adanson et aussi par les mêmes motifs que ce naturaliste si justement estimé, adopta le genre Péribole que bientôt il abandonna, ayant reconnu son inutilité, comme il se plaît à l'avouer à l'article Porcelaine du Dictionnaire des Sciences naturelles.

Quelques individus d'une grande espèce de Porcelaine furent rapportés par Quoy et Gaimard de leur voyage autour du monde. Blainville, à qui ils furent remis, en donna une bonne figure dans l'Atlas du voyage, et put entrer dans plusieurs détails anatomiques qui n'étaient point connus. Les caractères génériques que Blainville donne à ce genre, sont assez étendus pour nous dispenser, en les rapportant, d'une description plus longue qui devient alors presqu'inutile; les voici: Animal ovale, allongé, involvé, gastéropode, ayant de chaque côté un large lobe appendiculaire, un peu inégal; un manteau, garni en dedans d'une bande de cirres tentaculaires, pouvant se recourber sur la coquille et la eacher; tête pourvue de deux tentacules coniques, fort longs; yeux très-grands, à l'extrémité d'un renflement qui en fait partie; tuberespiratoire du manteau fort court ou presque nul, et formé par le rapprochement de l'extrémité antérieure de ses deux lobes; orifice buccal transverse, à l'extrémité d'une espèce de eavité, au fond de laquelle est la bouche véritable entre deux lèvres épaisses et verticales; un ruban lingual, hérissé de denticules et prolongé dans la cavité viscévale; anus à l'extrémité d'un petit tube situé tout-à-fait en arrière dans la cavité branchiale; organe excitateur linguiforme, communiquant par un sillon extérieur avec I'orifice du canal déférent, plus en arriére que lui. Coquille ovale, convexe, fort lisse, presque complétement involvée; spire tout-à-fait postérieure, très-petite, souvent cachée par une couche calcaire, vitreuse, déposée par les lobes du manteau; ouverture longitudinale très-étroite, un peu arquée, aussi longue que la coquille, à bords rentrés, dentés le plus souvent dans toute leur longueur, et échancrée à chaque extrémité.

La partie postérieure du corps de la Porcelaine est formée par les viscères de la digestion et de la génération, et en cela ces Animaux suivent la règle commune à tous les Mollusques à coquille spirale; mais ce qui est particulier à ce genre, c'est la forme du muscle columellaire qui s'attache au pied dans toute la longueur et qui, formé de faisceaux fibreux nombreux qui laissent entre eux de petits intervalles, produit les dentelures de l'ouverture. Le manteau, dans les individus adultes, a une disposition particulière, formée de deux grands lobes; ils se relèvent sur la coquille, l'enveloppent complétement et sécrètent sur la surface extérieure cette matière calcaire vitreuse qui est douée d'un si beau poli. On est convaincu que c'est le manteau qui fournit à cette sécrétion, par l'observation facile à faire entre les jeunes et les vieux individus de même espèce; ils ont non-seulement une coloration complétement diférente, mais, à un certain âge, ils ont une forme qui présente si peu de rapports, que des zoologistes très-recoanmandables n'ont pas bésité d'en faire un genre à part, comme nous l'avons vu précédemment. Cette différence de coloration tient, comme le prouvent les observations d'Adanson, à ce que le manteau n'est point encore développé; il ne commence à prendre un accroissement considérable que lorsque la coquille, de bulloïde qu'elle était, cesse toute espèce d'accroissement en grosseur par le renversement en dedans du bord droit.

On ne conçoit guère aujourd'hui comment un aussi bon observateur que Bruguière a pu soutenir une hy-

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pothése comme celle qu'il a publiée dans le Journal d'histoire naturelle. Remarquant que dans la même espèce de Porcelaine on trouvait des individus de tailles diverses, reconnaissant l'impossibilité d'un accroissement plus grand, lorsque ces Mollusques ont terminé l'enroulement des deux bord leur coquille, Bruguière, au lieu trouver là un fait naturel facile à expliquer, établit la supposition que lorsque L'Animal d'une Porcelaine est trop à l'étroit dans su coquille, il la quitte pour en sécréter une autre en harmonie avec le nouveau volume du corps de l'Animal; mais outre que cet Animal est lié à la coquille d'une manière invincible, ne doit-on pas raisonner, par analogie avec les autres êtres dont on trouve des individus de tailles variables, ce qui tient à des circonstances qu'il ne nous est pas toujours donné de pouvoir apprécier? Dans les Mollusques, ce sont souvent les causes locales qui agissent le plus fortement sur le développement des espèces; mais comme dans chaque individu ce développement ne dépasse pas certain âge et certaines limites, il doit en être de même dans tous les Mollusques. Dans les uns, le terme de l'accroissement se montre par un bourrelet à l'ouvemure de la coquille; ici il est indiqué par le renversement du bord droit. Dans le genre qui nous occupe, le terme de l'accroissement peul être d'autant Plus Voisin du jeune âge que l'Animal a un puissant moyen de rejeter au dehors de la coquille, par la sécrétion de son manteau, toute la matière calcaire, qu'à l'exemple de presque tous les autres Mollusques, il ne peut deposer á l'intérieur ou sur le bord droit.

Le genre Porcelaine, qui a commencé avec les quatre espèces de Rondelet, s'est accru fort rapidement, et notamment par l'ouvrage de Lister. Gmelin porta le nombre des espèces à cent quatorze; Bruguière réduisit ce nombre, et Lamarck n'en décrivit que soixante-six: Gray, dans une Monographie fort bien faite, a augmenté ce nombre, que Duclos, après des rectifications nombreuses et bien entendues, a augmenté d'une vingtaine d'espèces. Il est à regretter que le travail approfondi de Duclos, travail fondé sur l'observation des espèces à tous les âges et dans tous les états, n'ait point été publié; il ne pouvait manquer d'être d'une grande utilité à la science.

Les espèces fossiles de ce genre ne sont répandues que dans les terrains tertiuires; leur nombre ne saurait se comparer avec celui des vivantes. Celles-ci se trouvent dans presque tous les parages; cependant nous n'en connaissons pas dans les mers du Nord. Les grandes espèces sont toutes des régions équatoriales.

Nous allons indiquer ici quelques-unes des espèces les plus remarquables. PORCELAINE CERVINE, Cyprœa cervina, Lamk., Anim. sans vert. T. VII, p. 575, n. 1; Cyprœa occellata, L., Gmel., p. 3403, n. 18; Chemn., Conch. cab. T. x, tab. 145, fig. 1343; Encycl., pl. 351, fig. 3. — PORCELAINE ARGUS, Cyprœa Argus, L. loc. cit., n. 4; Chemn. T. 1, tab. 28, fig. 285, 286; Lister, Conch., tab. 705, fig. 54; Encycl., pl. 350, fig. 1, a, b. — PORCELAINE LIÈVRE, Cyprœa testudinaria, L., Gmel. n. 5; Lamk., loc. cit., n. 4; Lister, Conch., tab. 689, fig. 36; Chemn. T. 1, tab. 27, fig. 271, 272; Encycl., pl. 351, fig. 2. — PORCELAINE GÉO-GRAPHIQUE, Cyprœa mappa, L., Gmel., loc. cit., n. 2; ibid., Lamk., loc. cit., n. 6; Favann., Conch., pl. 29, fig. A, 3; Chemn. T. 1, t. 25, fig. 245, 246; Encycl., pl. 352, fig. 4. Cette Porcelaine est une de celles que l'on recherche dans les collections; elle est connue dans le commerce sous le nom de Carto de géographie. Nous en avons fait figurer une belle variété avec les Porcelaine à bandes, Crprœa vittata, et Porcelaine ocellée, Crprœa ocellata, dans les planches de oe Dictionnaire. — PORCELAINE ARABIQUE, Cyprœa arabica, L., Gmel., n. 3; ibid., Lamk., loc. cit., n. 7; Encycl., pl. 352, fig. 1, 2. Conquille des

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plus communes de l'Océan des Grandes-Indes; on la nomme vulgairement la Fausse Arlequine; elle présente quelques variétés foit belles par la disposition des taches. Nous pourrions citer, parmi les fossiles d'Italie, quelques analogues d'autant plus reconnaissables, que quelquefois on les retire des couches fossiles avec des restes bien caractérisés de couleurs. Nous pouvons indiquer le Cyprœa Mus et le Cyprœa Gula comme deux analogues parfaits. Aux environs de Paris, deux espèces sont très-remarquables par les stries élégantes et régulières dont elles sont ornées; ce sont les Cyprœa dactylosa et elegans, que l'on trouve aussi à Néhou près Valognes. (D.. H.)

PORCELAT OU PORCELET. ZOOL. On a donné ce nom vulgaire au Gobaie ou Cochon d'Inde, et dans quelques provinces de France on appelle ainsi les Cloportes. (B.)

* PORCELET. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires de la Jusquiame noire. (B.)

PORCÉLIE. Porcelia. BOT. PHAN. Genre établi par Ruiz et Pavon, appartenant à la famille des Anonacées, et caractérisé de la manière suivante: le calice est à trois divisions profondes; la corolle est formée de six pétales dont les trois intérieurs sont plus grands. Les étamines sont extrémement nombreuses, courtes et presque sessiles. Les pistils varient de trois à six; les carpelles sont sessiles, coriaces, cylindriques ou toruleux, un peu charnus, contenant un grand nombre de graines disposées sur deux rangées longitudinales. Ce genre, auquel on avait réuni plusieurs espèces, ne se compose que d'une seule, Porcelia nitidifolia, R. et P., grand Arbre originaire des montagnes du Pérou. (A. R.)

* PORCELIN, PORCELLANIE ET PORCHAILLES. BOT. PHAN. Noms divers du Pourpier en vieux francais. (B.)

* PORCELLANE. MOLL. Espèce du genre Crépidule. V. ce mot. (B.)

PORCELLANE. Porcellana. CRUST. Genre de l'ordre des Décapodes, famille des Macroures, tribu des Galathines, établi par Lamarck et adopté par tous les entomologistes avec ces caractères: antennes latérales insérées au côte extérieur des yeux, sétacées, longues, les intermédiaires très-petites et logées entre les yeux dans deux cavités longitudinales, et creusées au-dessous du front. Pieds-mâchoires extérieurs ayant leur second, troisième, quatrième et cinquième articles comprimés et dilatés en dedans, sur tout le second; le sixième étant en forme de triangle allongé, garni d'une série de très-longs poils sur son bord interne; pates de la premiére paire ou serres grandes terminées par une main plus ou moins comprimée, didactyle; celles des seconde, troisième et quatrième paires assez grandes et terminées par un article ou un angle pointu; celles de la cinquième très-petites, filiformes, mutiques, repliées de chaque côté du test, cachées ou peu apparentes. Carapace presque orbiculaire, déprimée, légèrement bombée en dessus, un peu rétrécie en pointe à son extrémité antérieure. Abdomen tout-à-fait recourbé, et appuyé sur la poitrine, terminé par une nageoire caudale qui est formée de la dernière pièce abdominale divisée par des scissures en quatre parties distinctes, et de deux nageoires placées une de chaque côté, lesquelles se composent de deux lames portées sur un pédoncule commun. Ce genre se distingue des Eryons, Janires et Mégalopes, par ses deux pieds postérieurs qui sont petits, filiformes et repliés, tandis qu'ils ressemblent aux autres dans les trois genres que nous avons cités. Les Galathées qui ressemblent aux Porcellanes par leurs deux pieds postérieurs en sont bien distinguées par la forme générale de leur corps qui est plus allongée, et par la queue toujours étendue. Les habitudes des

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Porcellanes sont peuconnues; d'aprés Risso elles sont faibles et timides, et resten pendant le jour cachées sous les pierres des bords de la mer: elles n'en sortent que pendant la nuit pour cbercher leur nourriture. Ce genrese compose d'une quinzaine d'espèces presque toutes d'assez petite taitle. Leach a formé à ses dépeus un genre qu'il a nommé Pisidie et qui est basé sur des caractères si peu importans, qu'il n'a pas été adopté; ce genre Pisidie coniprend sept espèces parmi lesquelles on peut citer comme types la Porcellana linnœana de Leach, P. hexapus, L., et la Porcellana longicornis, Latr.; Cancer longicornis, L.; Séba, nouvelle édition, t. 5, tab. 17, fig. 1 à 4. Les Porcellanes proprement dites sont au nombre de quatre, parmi lesquelles nous citerons la PORCELLANE A LARGES PINCES, Porcellana platycheles, Lamk., Latr.; Cancer platycheles, Penn., Zool. Brit., t. 4, tab. 6, f. 122; Herbst, Cancr., tab. 47, fig. 2. On la trouve dans la Méditerranée. (G.)

* PORCELLANITE. MIN. Même chose que Thermantide Jaspoïde. (O. DEL.)

* PORCELLANITES. MOLL. On a quelquefois ainsi nominé les Porcelaines fossiles. (B.)

* PORCELLARIA. OIS. V. PÉTREL.

PORCELLE. BOT. PHAN. Nom vulgaire de l'Hypochœris radicata que Dodoens appelait Porcellia, et qui est devenu le type du genre Porcellites. V ce mot. (B.)

PORCELLION. Porcellio. CRUST. Genre de l'ordre des Isopodes, section des Terrestres, famille des Cloportides, établi par Latreille aux dépens du genre Cloporte, V. ce mot, et ne diférant de ce genre que par les antennes qui n'ont que sept articles, tandis que celles des Cloportes en ont huit. Ces Insectes ont absolument les mêmes mœurs que les Cloportes, et nous renvoyons à cet article pour ce qui concerne cette partie de leur histoire; seulement on a observé depuis que les appendices de la queue des Porcellions, ou du moins deux d'entre elles, laissent échapper une liqueur visqueuse que l'on peut tirer à plusieurs lignes de distance; elles paraissent être des sortes de filières. Dans les mâles, les petiles piéces ou valvules qui recouvrent, sur deux rangs, le dessous de la queue, sont beaucoup plus longues que dans les femelles, et terminées en pointe allongée: les appendices latérales du bout de la queue sont aussi plus longues. Le type de ce genre est le PORCELLION RUDE, Porcellio scaber, Lalr.; Oniscus Asellus, Cuvier, journal d'Histoire naturelle, XXVI, 9; Panz., Faun., Germ., fase. 9, fig. 21; var. C. du Cloporte ordinaire, Geofl. (G.)

PORCELLITES. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, Chicoracées de Jussieu, établi par Cassini dans le Dict, des Se. nat., et qui a pour type l'Hypochœris radicata. Il ne se distingue du genre Hypochœris de Gaertnerque par ses fruits qui sont tous collifèeres, c'est-à-dire qui ont tous l'aigrette stipitée, tandis que, dans l'Hypochœris, ceux de la circonférence ont l'aigrette sessile. Le genre Parcelliles se distingue aussi du Seriola par quelques caractères analogues et par son involucre formé de folioles irrégulièrement imbriquées. Au surplus ce genre est le même que l'Achyrophorus de Gaertner. Celle dernière dénomination n'a pas été adoptée, parce qu'elle a été appliquée à des genres réellement distincts par Vaillant, Adanson et Scopoli, et qu'elle exprime une idée fausse relativement à l'aigrette. A l'article HYPOCHÈRIDE, nous avons parlé de l'Hypochœris radicata, type du genre Purcelliles, dans lequel Cassiui place encore l'Hypochœris maculata, L., et l'H. hebelica, Jacquin. (G. N.)

PORCELLUS. MAM. Comme qui diit Petit-Porc. Sous le nom de Porcellus frumentarius, Schwenckf

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désigne le Hamster ou Mus cricetus de Linné. Le Cobaie était le Portellus indicus, etc. (LESS.)

* PORCIEN. BOT. CRYPT. (Paulet.) V. PLATEAU.

PORCINS. Porcini. MAM. Vicq-d'Azyr formait sous ce nom une famille de Mammifères dans laquelle il comprenait les genres Cochon, Pécari et Phacochére. (B.)

PORCUS. MAM. Syn. de Sus. V. PORC et COCHON

* PORE, POLYP. Ce nom fut employé quelquefois par d'anciens nataralistes pour désigner les Polypiers pierreux qui sout couverts de pores. (B.)

POREAU ET PORÉE. BOT. PHAN. PourPoireau. V. ce mot et AIL. (B.)

PORELLA. BOT. CRYPT. Dillen avait donné ce nom à un genre dont la fructification avait été mal observée, et plus mal figurée encore par lui (Hist. musc., tab. 48); car il paraft que ce qu'il avait figuré comme tel n'était que des bourgeons ou des fructifications imparfaites. Dickson, qui recut des échantillons en bon état de la même Plaute, reconnus, par la comparison avec l'échantillon de Dillen, pour être bien la même espèce, s'assura que c'était une véritable Jungermaune qu'il a décrite sous le nom de Jungermannia Porella (Trans. Linn., 3, p. 237, tab. 20, fig. 1). Il paraît toutefois que cette espèce, ninsi que plusieurs autres Jungermannes qui croissentdans les lieux bumides, est très-rare en fructification; car, depuis Dickson, personne ne l'a retrouvée dans cet état, et cependant elle est commune en Pensylvanie.

Quant au Porella imbricala de Loureiro (Flor. Coch., 9, p. 839), on ignore encore ses véritables caractères; il dit que ses capsules sont ovales, multiloculaires, sessiles, et s'ouvrent par des pores nombreux; ses tiges dressées, rameuses, portent des feuilles lancéolées, linéaires, ondalées, insérées sur cinq rangs. Estce réellement un genre distinct, ou seraitce une espèce d'Atolla? (AD. B.)

PORES. ZOOL. et BOT. On appelle ainsi des ouvertures extrêmement petites, qu'on n'aperçoit qu'avec le secours du microscope et qui existent sur la surface de certains organes daos les Animaux et les Végétaux. Dans les Animaux, on observe de semblables ouvertures à la surface de l'estomac et des intestins où ils paraissent être les ouvertures des vaisseaux absorbans; on en voit aussi dans l'intérieur des membranes séreuses où Bichat, sans aucune preuve anatomique, les considérait comme les ouvertures externes des prétendus vaisseaux exhalans. Dans les Végétaux, il existe également des Pores. On avait admis les organes sur les parois du tissu cellulaire; mais quelque soin qu'on ait mis à observer ces organes, même avec les microscopes les plus parfaits, on n'est pas parvenu, dans ces derniers temps, à y constater l'existence des Pores. Cependant, comme les cellules communiquent entre elles, et que les fluides aqueux passent des uns dans les autres à travers les parois, on peut admettre que cette transmission a lieu à travers des Pores intermoléculaires que nos meilleurs instrumens d'optique ne nous ont point encore fait apercevoir. L'existence des Pores, quoique contestée et même niée par la plupart des naturalistes, nous paraît plus certaine sur les vaisseaux. En effet, ces Pores avaient été aperçus par Lewenhoeck, et, dans ces derniers temps, le professeur Mirbel en a fait connaltre l'organisation. Selon cel habile physiologiste, les Pores des parois des vaisseaux sont de deux sortes, les uns sont de très-petites ouvertures arrondies, les autres au contraire, sont plus ou moins allongés et sous la forme de fentes. Dans l'un et l'autre cas, ils sont bordés d'un bourrelet plus épais, et qui paraît être formé de cellules. Les tubes, sur lesquels on trouve des Pores de la première sorte, sont appelés vais-

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seaux ou tubes poreux, ceux où existent des Pores allongés ou fentes, sont désignés sous le nom de Pores ou vaisseaux fendus. Ainsi que nous l'avons dit précédemment, l'existence de ces Pores ou de ces fentes a été généralement niée par le plus grand nombre des physiologistes. Selon Dutrochet, au lieu d'être des ouvertures, ce sont de petites vésicules pleines d'un fluide particulier, et qu'il regarde comme l'ébauche du système nerveux dans les Végétaux. Les fentes des vaisseaux fendus ne seraient, selon le même auteur, que des amas en série linéaire de ces mêmes cellules. Mais nous pouvons ici joindre notre témoignage à celui du professeur Mirbel, et nous avons vu, et plusieurs fois revu chez le professeur Amici de Modène, et au moyen de son excellent microscope, des vaisseaux présentant des fentes transversales et parallèles bordées d'un bourrelet. Ainsi, si l'opinion si long-temps contestée sur l'existence des fentes, dans l'épaisseur des parois de certains vaisseaux, est aujourd'hui mise hors de doute, c'est une présomption très-forte pour en conclure celle de Pores qui paraissent être peu différens des premiers. Il existe encore des Pores dans l'épaisseur de l'épiderme: mais ceux-ci étant plus généralement désignés sous le nom de Stomates, nous en traiterons à ce mot. V. STOMATES. (A. R.)

* PORESSA. CRUST. Espéce du Genre Crabe. V. ce mot. (B.)

PORIE. Poria. BOT. CRYPT. (Champignons.) Genre créé par Hill pour quelques espèces de Bolets, conservé par plusieurs auteurs, mais réuni par Fries aux Polypores, parmi les-quels ils constituent une section particulière. (AD. B.)

PORILLON. BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires du Narcissus Pseudo-Narcissus, L. V. NARCISSE. (B)

PORINE. Porina. BOT. CRYPT. (Lichens.) Ce genre doit être ainsi caractérisé: thalle cortilaginéo-membraneux et uniforme; apothécies verruciformes formées par le thalle, renfermant un ou plusieurs thalamiums, entourés par un périthécium tendre et hyalin, surmontés par des ostioles discolores; les nucléums sont sous-globuleux et celluloso-vésiculiféres. Acharius a fondé ce genre dans sa Liclrénographie universelle, pag. 308. Cet auteur y a renfermé plusieurs Lichens compris dans le genre Thelotrema de sa Méthode, quelques Verrucaires de Persoon, le Sphæria leucostoma de Bernardi et le genre Pertusaria de De Candolle. Les Porines diffèrent des Verrucaires par le petit mamelon discolore qui couronne les apothécies, par la consistance presque gélatineuse du périthécium qui est simple; enfin, par la présence presque constante de plusieurs thalamiums réunis dans un même périthécium. Elles diffèrent des Pyrénules par la situation superficielle des apothécies, par le mamelon discolore et la consistance du thalamium. Le genre Porine a été adopté par Eschweiler et Fries, mais rejeté par Meyer qui l'a réparti dans ses genres Porophora, Stigmatidium et Mycoporum. La station la plus ordinaire des Porines est sur les écorces. Deux espèces se fixent pourtant sur les Mousses en décomposition, et l'une d'elles vit sur les pierres. On conçoit qu'un Lichen, dont les apothécies sont d'une consistence aussi délicate, ne peut vivre sur des corps qui opposent à son accroissement une trop grande résistance.

Dans l'état actuel de la science, on compte environ trente-six espèces de Porines, la plupart originaires des contrées lointaines. Nos travaux sur les Ecorces exotiques, usitées en pharmacie, ont accru leur nombre de six nouvelles espèces parmi lesquelles nous mentionnerons: le Porina americana, N., Ess. Crypt., Ecorcofficinal. T. XX, fig. 4, fort commun sur les écorces des Arbres intertropicaux, tels que la Cascarille, les divers Quinquinas, etc.; le thalle occupe de grands espaces, n'a point

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de limites, est mince et un peu luisant, il se détache quelquefois en squammes fragiles. Nous avons fait figurer dans les planches de ce Dictionnaire une variété curieuse qui se fixe sur les feuilles de plusieurs Fougères, Palmiers et Dicotylédones des régions intertropicales; elle ne diffère guère du type principal que par des proportions plus délicates. Le Porina uberina, N., Essai, etc, loc. cit., t. 20, fig. 3, a thalle jaunâtre, inégal, sans limites, rugueux; apothécies en cônes, fort gros, allongés, et surmontés d'un ostiole apparent, rougeâtre, caduc par vétusté. Cette espèce est commune sur nos écorces officinales, notamment sur les Quinquinas jaune et jaune royal; elle y est rarement eu bon état. (A. F.)

* PORINEES. BOT. CRYPT. (Lichens.) C'cst le troisième sous-ordre du groupe des Verrucariées de notre Méthode; il renferme les genres dont l'apothécie s'ouvre par un pore à son sommet, et qui communique avec le nucléum, auquel l'air semble nécessaire pour opérer son entier développement. Six genres composent ce sous-ordre: Parmentaria, Pyrenula, Porina, Verrucaria, Thelotrema, et Ascidium. V. ces mots et VERRUCARIÉES. (A. F.)

PORITE. Porites. POLYP. Genre de l'ordre des Madréporées dans la division des Polypiers entiérement pierreux, ayant pour caractères: Polypier picireux, rameux ou lobé et obtus, surface libre, partout stellifère; étoiles régulières, subconiques, superficielles ou excavées; bords imparfaits ou nuls; lames filamenteuses, acéreuses ou cuspidées. Ce genre paraît intermédiaire entre les Madrépores proprement dits et les Astrées; en eflet, l'aspect des étoiles de la plupart des Porites rappelle celles de certaines Astries; cependant celles-ci ne forment point de masses rameuses, tandis que les Porites sont presque toujours configurées ainsi. On ne confondra point les Madrépores avec les Porites, parce que les premiers ont toujours leurs étoiles tubuleuses et saillantes. En considérant avec attention les étoiles des Porites, on y reconnaîtra une conformation particulière qui suffit pour distinguer ce genre de tous les autres Polypiers lamellifères; elles sout en général petites, non circonscrites ou imparfaitement; leurs lames ne sont point complètes; ce sont plutôt de petits filamens calcaires qui naissent des parois de chaque cellule sans se réunir au centre; il en naît également du fond. La circonférence des étoiles est ornée de petites epines calcaires. Nul intestin ne sépare ces étoiles; elles sont continues les unes aux autres, et toutes communiquent au moyen de porosités, de sorte que toute la masse des Porites est éminemment lacuneuse et légère, eu égard à son volume. Ces Polypiers varient beaucoup dans leurs formes générales; leurs rameaux s'élèvent peu, et sont le plus souvent dichotomes, à lobes obtus, quelquefois un peu comprimés sur les côtés; il y cu a d'aplatis en lames, d'autres étalés en croûtes; leur couleur, quelquefois blanche, est le plus souvent brunâtre. Les Porites sont assez nombreux en espéces. Ils habitent les mers intertropicales où ils adhèrent aux corps sous-marins. Ils sont quelquefois simplement implantés dans le sable. On n'en a encore décrit qu'à l'état vivant, mais nous croyons qu'il en existe à l'état fossile, et notaminent à Dax. Les échantillons de cette localité, que nous avons eu occasion de voir, étaient roulés et trop frustres pour pouvoir être décrits.

Lesueur (Mém. du Mus. T. III) a décrit les Animaux de plusieurs espèces de Porites des Antilles, et parmi ces espéces, il s'en trouve trois regardées comme nouvelles. Il résulte des observations de Lesueur que les Animaux des Porites sont gélatineux, orbiculaires, qu'ils peuvent s'élever au-dessus de leurs cellules d'environ la hauteur de leur diamètre; leur bouche centrale est placée au milieu

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d'un petit disque entouré de douze tubercules tentaculiformes; leurs couleurs sont agréablement variées de rouge, de blanc, de jaune, de bleu, suivant les espèces. Les espèces comprises dans ce genre sont: les Porites reticulata, conglomerata, astreoides, arenacea, recta, divaricata, flabelliformis, Clavaria, scabra, elongata, furcata, angulata, subdigitata, cervina, verrucosa, tuberculosa, complanata, rosacea, spumosa. (E. D.. L.)

* PORIUM. BOT. CRYPT. (Champignons.) Ce genre, créé par Hill et voisin de son Poria, correspond aussi à une partie des Potypores des auteurs modernes. V. ce mot. (AD. B.)

* PORKA. MAM. Ce mot, d'origine espagnole, est celui dont se servent les babitans de la baie des Iles, à la Nouvelle-Zélande, pour désigner le Cochon. L'introduction de cet utile Animal dans leur île, est incontestablement attestée par ce nom dérivé de l'européen, et Cook, d'ailleurs, avait déjà remarqué que lors de sa première apparition sur les terres Australes, il n'y existait pas. (LESS.)

PORLIERIA. BOT. PHAN. Genre de la nouvelle famille des Zygophyllées, et de l'Octandrie Monogynie, L., établi par Ruiz et Pavon, adopté par De Candolle et Adr. De Jussieu. Voici les caractères qui lui ont été assignés par celuici (Mém. sur les Rulacées, p. 74, tab. 16, n. 6): calice profondément divisé en quatre parties; corolle à quatre pétales un peu plus longs que le calice, légèrement onguiculés; buit étamines dont les filets sont munis à la base de petites écailles; ovaire porté sur un court gynophore, à quatre loges dont chacune contient quatre ovules suspendus à l'angle interne, près du sommet de la loge; quatre styles soudés ensemble, excepté à la partie supérieure; fruit charnu, globuleux, quadriloculaire; graines solitaires par avortement, ovoïdes, pendantes, renfermant un embryon un peu recourbé au milieu; un périsperme épais, la radicule très-près du hile. Le genre Porlieria tient le milieu entre le Guaiacum et le Larrea, sc rapprochant du premier par la structure de sa graine, et du second par ses étamines et son port, mais distinct de l'un et de l'autre par le nombre de ses parties. Le Porlieria hygrometrica, Ruiz et Pavou, Syst. Flor. Peruv., p. 94, est un Arbrisseau à rameaux étalés, rigides, garnis de feuilles pinnées sans impaire, et composées de folioles linéaires. Les fleurs sont réunies en bouquets peu garnis. Les feuilles, par leur ouverture ou leur fermeture, annoncent la sérénité du ciel ou le mauvais temps. Cette Plante croît au Chili et au Pérou où on la nomme vulgairement Turucasa. (G.. N.)

POROCARPUS. BOT. PHAN. Gaertner (de Fruct,, tab. 178) a décrit et figuré sous le nom de Porocarpus Helminthotheca, un fruit produit par une Plante inconnue, mais que l'on sait être originaire de Ceylan. Ce fruit est drupacé, globuleux, de la grosseur d'un trèsgros pois, un peu rétréci à la base, et percé par une grande ouverture. Les autres détails que présente la description ne suffisent pas pour permettre d'établir les affinités botaniques de ce fruit. (G.. N.)

POROCÉHALE. Porocephalus. INT. Humboldt (Recueil d'Observ. de zool. et d'anat. comp., fasc. 5 et 6) a établi sous cette dénomination un genre d'Entozoaires pour un Ver qu'il trouva dans le Crotale de la Guiane. Rudolphi le réunit à son genre Pentastome. V. ce mot. (E. D.. L.)

* PORODOTHIE. Porodothion. BOT. CRYPT. (Lichens.) C'est sous ce nom que Fries (Syst. orb. veget., p. 262) a conservé le genre Porothelium d'Eschweiler. Voici quels sont les caractères adoptés par le premier des deux naturalistes: nucléum subglobulcux, dépourvu de périthécium, immergé dans une verrue hétérogène et multiloculaire; ostioles distincts. Ces Lichens sont communs

TOME XIV. 15

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sur les écorces de divers Arbres intertropicaux. Le thalle est crustacé et presque cartilagineux. Fries ramène à ce genre le Lecidea glaucoprasina de Sprengel, ainsi que les Trypethelium conglobatum et Trypethelium anomalum d'Acharius. (A. F.)

PORODRAGUE. MOLL. Denys de Montfort a établi sous ce nom un genre de Mollusques fossiles, ayant pour caractères: coquille libre, univalve, cloisonnée, droite, renflée, en fer de lance arrondi; bouche ronde, horizontale; siphon central; cloisons coniques, unies; une gouttière sur le test extérieur qui est criblé de pores allongés. Suivant Defrance, ce genre ne doit pas être distingué des Bélemnites avec lesquelles Blainville l'a rangé. (AUD.)

PORON. CONCH. Adanson a désigné sous ce nom (Hist. nat. du Sénégal, p. 227, pl. 17, n° 9) une Coquille bivalve que Gmelin a décrite comme une Telline sousle nom de Tellina Adansonii. Blainville croit que c'est une espèce de Mactre, peut être, dit-il, la Mactra gigas. Mais Adanson observe qu'elle atteint tout au plus deux lignes de diamètre. (AUD.)

* PORONEA. BOT. CRYPT. Le genre indiqué par Rafinesque sous ce nom, et qu'il place entre les Sphœria et les Hypoxylon, est probablement le même que le Poronia de Willdenow. V. ce mot. (AD. B.)

PORONIA. BOT. CRYPT. (Hypoxylées.) Ce genre fut établi par Willdenow pour une Plante décrite par Linné sous le nom de Peziza punctata. Cette Plante fut ensuite considérée comme une espèce de Sphœria, et le Poronia devint une section de ce genre. Enfin Fries, dans son Systema orbis vegetabilis, le considère comme une section du genre Hypoxylon, un des genres qu'il a formés aux dépens des Sphœria. V, ce mot. (AD. B.)

* POROPHORA. BOT. CRYPT. (Lichens.) Ce genre a été créé par Meyer (Lich, Diss); qui le caractérise ainsi: porocarpes sphéroïdes; sporanges nuls; plusieurs nucléums, rarement un seul, renfermés dans des verrues formées par le thalle; à ostioles percés d'un pore; les nucléums sont entourés d'une'gélatine subcéracée, colorée. Meyer rapporte à ce genre diverses espèces de Porines et de Variolaires d'Acbarius. Il y joint notre genre Ascidium, et annonce qu'il en décrira plusieurs nouvelles espèces d'Amérique.

Le Porophora, ainsi que tous les genres nouveaux de Meyer, avant été publié sans figures, sont difficiles à juger; il faut donc attendre pour se prononcer sur leur validité. V. VERRUCARIÉES. (A. F.)

POROPHYLLE. Porophyllum. BOT. PHAN. Sous ce nom, Vaitlant avait établi un genre de la famille des Synanthérées, qui fut d'abord adopté par Linné, puis supprimé par ce naturaliste, et réuni au Cacalia enfin rétabli par Adanson sous le nom imposé par Vaillant, et par Jacquin sous celui de Kleinia. Schreber, Willdenow, Persoon et Kunth ont conservé cette dernière dénomination qui avait d'abord été employée par Linné pour désigner le genre qu'il a, par la suite, nommé Cacalia, et que Jussieu a plus tard appliqué à un autre genre de la famille des Synanthérées. V. KLEINIE. Le genre Porophyllum appartient à la tribu des Tagétinées de Cassini, et offre les caractères suivans: involucre cylindrique, formé de cinq folioles sur un seul rang, conliguës, égales, ovales-oblongues, membraneuses sur les bords, parsemées de grosses glandes oblongues. Réceptacle presque nu, garni de petits appendices en forme de papilles ou de poils. Calathide composée de fleurons égaux, nombreux, réguliers et hermaphiodites; ovaires longs, minces, cylindracés, striés, hispides, munis d'un bourrelet basilaire, surmontés d'une aigrette composée de poils inégaux et légèrement plumeux; style à deux branches stigmatiques. Ce genre se compose de sept à

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huit espèces indigènes de l'Amérique méridionale et des Antilles. Le Porophyllum ellipticum, Cass., Cacalia Porophyllum, L., Kleinia Porophyllum, Willd., espèce sur laquelle le genre a été fondé, est une Plante herbacée, annuelle, glabre, dont la tige s'élève à environ un demi-mètre, et porte des feuilles éparses, nombreuses, pétiolées, elliptiques, obtuses, mucronées, légèrement crénelées, parsemées de taches glanduleuses et transparentes. Les fleurs forment des calathides terminales. (G.. N.)

* POROPHYRA. BOT. CRYPT. (Hydrophytes.) Pour Porphyra. V. ce mot. (B.)

POROPTÉRIDES. Poropleris. BOT. CRYPT. Willdenow a donné ce nom à la troisième section qu'il établit dans l'ordre des Fougères et qui renferme les genres Myriotheca ou Marattia et Danæa. V. ces mots, (B.)

POROSTEMA. BOT. PHAN. (Schreher.) Syn. d'Ocotea d'Aublet. V. OCOTÉE. (B.)

* POROTHELIUM. BOT. CRYPT. (Lichens.) Eschweiler a fondé ce genre dans sa cohorte des Trypétéliacées, el le caractérise comme il suit: thalle crustacé, attaché, uniforme; verrues subgélatineuses, noires, percées au sommet par plusieurs ouvertures, contenant quelques noyaux presque globuleux, nus, recevant les thèques qui Sont oblongues, cylindriques et en anneau (fig. 21). Il est fondé sur les Trypethelium conglobatum, Ach., Act. Mosq., 5, p. 169, tab. 8, fig. 5; Trypethelium anomalum, Ach., loc. cit, p. 167, tab. 8, fig. 4, et sur la Porina campuncta d'Acharius. C'est le Porodothion de Fries, Syst. orb. veget., p. 262, genre qui n'a pu conserver le nom de Porothelium, déjà employé pour un genre de la famille des Champignons.

Le genre d'Eschweiler, fondé en 1824, était déjà démembré en 1825 par Meyer, lequel le plaçit dans ses genres Mycoporum et Stigmatidium. V. ce dernier mot. Les Porothelium sont des Plantes exotiques que l'on trouve sur les écorces. (A. F.)

* POROTHELIUM. BOT. CRYPT. (Champignons.) Genre très-voisin des Polypores, séparé par Fries, ensuite cousidéré par cet auteur comme une simple section des Polypores; enfin admis comme genre distinct dans son Systema orbis vegetabilis, avec les caractères suivans: membrane fructifère, interrompue; po es à la surface de papilles séparées et superficielles. Il y rapporte les Boletus fimbriatu et byssinus de Persoon, qu'il considère comme une seule espèce, et le Boletus subtilis du même auteur. Ces Boblets sont adhérens par toute leur surface et par conséquent sans chapeau distinct. (AD. B.)

* PORPA, BOT. PHAN. Genre de la famille des Tiliacées et de la Polyandrie Monogynic, L., établi par Blume (Bijdr. Flor. ned. Ind., p. 117), qui l'a ainsi caractérisé: calice d