RECORD: Bory de Saint-Vincent, Jean Baptiste Georges Marie, ed. 1822-31. Dictionnaire classique d'histoire naturelle. 17 vols. Paris: Rey & Gravier. Volume 16.

REVISION HISTORY: OCRed by AEL Data 04.2014. RN1

NOTE: This work formed part of the Beagle library. The Beagle Library project has been generously supported by a Singapore Ministry of Education Academic Research Fund Tier 1 grant and Charles Darwin University and the Charles Darwin University Foundation, Northern Territory, Australia.


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Liste des lettres initiales adoptées par les auteurs.

MM.

AD. B. Adolphe Brongniart.

A. D. J. Adrien de Jussieu.

A. F. Apollinaire Fée.

A. R. Achille Richard.

AUD. Audonin.

B. Bory de Saint-Vincent.

CAMB. Cambessèdes.

O. P. Constant Prévost.

D. Dumas.

D. C..E. De Candolle.

D..H.Deshayes.

DR..Z. Drapiez.

E. Edwards

E. D..L. Eudes Deslonchamps.

G. Guérin.

G. DEL. Gabriel Delafosse.

GEOF. ST.-H. Geoffroy St.-Hilaire.

G..N. Guillemin.

H.-M. E. Henri-Milne Edwards.

ISID. E. Isidore Bourdon,

Is. G. ST.-H. Isidore Geoffroy Saint- Hilaire.

K. Kunth.

LAT. Latreille.

LESS. Lesson.

La grande division á laquelle appartient chaque article, est indiquée par l'une des abréviations suivantes, qu'on trouve immédiatement après son titre.

AQAL. Acalèphes.

ANNEL. Annelides.

ARACHN. Arachnides.

BOT. CRYPT. Botanique. Cryptogamie.

BOT.PHAN. Botanique. Phanérogamie.

CHIM. ORG. Chimie organique.

CHIM. INORG. Chimie inorganique.

CIRRH. Cirrhipèdes.

CONCH. Conchifères.

CRUST. Crustacés.

ECHIN. Echinodermes.

FOSS. Fossiles.

GÉOL. Géologie.

INS. Insectes.

INT. Intestinaux.

MAM. Mammifères.

MICR. Microscopiques.

MIN. Minéralogie.

MOLL. Mollusques.

OIS. Oiseaux.

POIS. Poissons.

POLYP. Polypes.

PSYCH. Psychodiaires.

REPT.BAT. Reptiles Batraciens.

— CHÉL. — Chéloniens

— OPH. — Ophidiens.

— SAUR. — Sauriens.

ZOOL. Zoologie.

IMPRIMERIE DE J. TASTU, RUE DE VAUGIRARD, N° 36.

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DICTIONNAIRE

CLASSIQUE

D'HISTOIRE NATURELLE,

PAR MESSIEURS

AUDOUIN, Isid. BOURDON, Ad. BBONGNIART. AMBESSÈDES, DE CANDOLLE, G. DELAFOSSE, ESHAYES, E. DESLONCHAMPS, DRAFIEZ, DUMAS, EDWARDS, H.-M. EDWARDS, A. FÉE, GEOFFROY SAINTHILAIRE, Isid. GEOFFROY SAINT-HILAIRE, GUÉRIN, GUUXEMIN, A. DE JUSSIEU, KUNTH, LATREILLE, LESSON, G. PRÉVOST, A. RICHARD, et BORY DE SAINT-VINCENT.

Ouvrage dirigé par ce dernier collaborateur, et dans lequel on a ajouté, pour le porter au niveau de la science, un grand nombre de mots qui n'avaient pu faire partie de la plupart des Dictionnaires antérieurs.

TOME SEIZIEME

T-Z

PARIS.

REY ET GRAVIER, LIBRAIRES-EDITEURS,

Quai des Augustins, n° 55;

AMABLE GOBIN ET Cie, LIBRAIRES-EDITEURS,

Rue de Vaugirard, n° 17.

OCTOBRE l830.

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AVERTISSEMENT.

Après huit ans d'efforts continus, les rédacteurs du Dictionnaire claanqoe d'Histoire naturelle sont arrivés au terme de leur travail, Nous avions d'abord espéré qu'il serait possible de borner cet ouvrage à dix ou douze volumes; les accroissemens reçus journellement par la science nous ont forcé à rétendre jusqu'à seize; encore un Supplément, où nous avons plus d'une fois renvoyé pour certains articles, y deviendra-t-il nécessaire. Nous préférons cette manière de compléter un livre, composé en conscience, sous tous les rapports, à la mise au jour d'une seconde édition, moyen par lequel on trompe trop souvent les acquéreurs d'une édition première, laquelle demeure ainsi une chose à jamais incomplète et de nulle valeur, quoique l'acquéreur l'ait payée comme a die devait être suffisante. A ce motif que nous n'hésitons point à considérer comme de probité, se joint une raison non moins puissante en faveur des Supplémens faits pour compléter et tenir à jour les Dictionnaires; cette raison se trouve dans la facilité que donne pour les recherches l'ordre alphabétique commencé et invariablement suivi. Cet ordre étant le seul moyen commode pour le lecteur de trouver le mot qu'il cherche, il est vraiment déplorable de voir tant d'auteurs s'éloigner de cette manière de procéder dans certains Dictionnaires, dont beaucoup de parties sont sans contredit parfaitement rédigées, mais qui sont devenues d'un usage presque impossible, à cause de la confusion qu'on s'est complu à introduire en beaucoup de cas. On y a inventé des noms arbitrai, rement francisés ou qui n'ont aucune espèce de rapport avec la racine usitée et scientifique, afin de reproduire des objets qu'on

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avait omis à leur véritable place, ou qui ne furent connus qu'après que leur série alphabétique se trouvait être depuis long-temps épuisée. Ces articles dont l'apparition intempestive est une sorte de tour de force, et dont qui que ce soit ne saurait deviner l'existence, sont devenus de volumes en volumes des augmentations égarées à tous les volumes précédens; on a, sous la rubrique de simples adjectifs, dans des livres dont l'essence est de ne présenter que des séries de titres substantifs, introduit violemment de véritables traités que leur étendue démesurée ne rend pas toujours plus complets, parce qu'on y a négligé, comme par caprice, des branches entières de la science qu'on forçait en quelque sorte à comparaĉtre à la place qui ne devait point être la sienne. Il est inutile de citer le moindre exemple de ces désignations arbitraires érigées en titre pour amener tel ou tel sujet à la commidité de l'auteur ou pour réparer quelque négligence; il n'en pouvait résulter qu'une longue superfétation de texte sans rapport réel aux mots avec lesquels on prétendit le rattacher; mots qu'on n'ira probablement jamais chercher; or, comme on. ne lit pas un dictionnaire de la même manière qu'on lit un livre ordinaire, et que cette sorte d'ouvrage n'est faite que pour être en quelque sorte feuilletée selon qu'on a besoin d'y trouver tel ou tel sujet, on ne saurait trop signaler les voies confuses où s'engageraient les auteurs de pareilles entreprises s'ils persistaient à suivre de mauvais exemples. Nous n'eussions pas touché cette question si nous n'avions lu quelque part que l'une des personnes qui a le plus abusé de la faculté de faire perdre pour ainsi dire la tête à ceux qui consultent ses écrits, se complaisait à signaler dans notre ouvrage l'omission de quelques genres formés assez récemment, et dont nous renvoyons l'histoire à des volumes futurs; nous le demandons au lecteur, lui fût-il jamais venu dans l'idée de chercher des mots qui commencent naturellement par l'une des premières lettres de l'alphabet dans un article, qu'à force de tortures faites au langage, l'auteur est parvenu à faire com-

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meneer par la lettre Zi Notre esprit ne nous fournit pas d'autre repense.

On a aussi trouvé que le Dictionnaire dont voici le dernier volume, avait paru avec quelque lenteur; il nous a effectivement occupé durant huit ans, ce qui n'équivaut guère, dit-on, qu'à deux tomes chaque année. Hais pour repousser -tel reproche, il suffira de iaire remarquer à nos Abonnés que la plupart de nos vokMs qui devaient se composer de trente à trente-six feulles, en contienment de quarante à quarante-huit; que par notre format et par le caractère employé, chacun équivaut à deux ou trois de ceux dont se composent les Dictionnaires imprimés jusqu'ici. Nos articles ne sontrik pas d'ailleurs presque tous originaux, et composés ordinairement sur des matériaux propres à chaque auteur au lieu de l'étre simplement à coups délivres? Il est plus d'un de ces articles dont la leeture eàt pu être faite devant la première des sociétés savantes du monde, ou imprimés dans les recueils académiques à tout aussi juste titre que tant de mémoires à prétentions dont on occupe le plus le inonde savant et les oent bouches de la renommée.

Des planches ont été jointes à notre Dictionnaire; nous disions dans notre Préface (T. I, p. XII) que nous ne les y croyions pas indispensables, et que nous les donnerions plus pour nous conformer à l'usage que dans un but direct d'utilité; cependant, pour nous mieux conformer au dessein qui domine d'un bout à l'autre de l'ouvrage, celui de donner autant que possible du nouveau, chaque collaborateur, selon sa partie, a dû désigner à la gravure des objets qui lui paraissaient avoir besoin d'étre reproduits, ou qui n'avaient jamais été figurés. Pour que ces objets ne fussent pas confusément mêlés en suivant la série alphabétique, et qu'on pût à la fin les ranger dans un ordre naturel, on n'a point numéroté les planches; il devient conséquemment indispensable d'en donner une Explication raisonnée en douze à quinze feuilles qui, reliée avec lesdites planches dans l'ordre rationnel qu'on aura soin de

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suivre, devra former avec elles un volume complémentaire de grosseur à peu près égale à ceux du texte. Ce catalogue raisonné devenait d'autant plus nécessaire, que divers objets dont il n'est rien dit dans le cours des seize volumes demeureraient incomplètement connus, et que les figures dispersées dans les diverses livraisons, n'ont presque jamais le moindre rapport, même alphabétique, aveo les volumes de texte que ces livraisons accompagnèrent. Une pareille marche fut suivie dans toutes les collections du même genre; sas l'explication ici promise, nos planches demeureraient à peu près inutiles; cette explication étant jointe à l'Atlas du Dictionnaire classique, et s'y trouvant intimement ralliée, il ne restera rien à désirer pour en faire un premier Supplément destiné à décrire plus d'un objet nouveau ou bien au redressement de quelques erreurs. Ceux de messieurs les Souscripteurs qui voudraient acquérir le petit volume complémentaire dont il est ici question, sont engagés à faire connaître leur intention à MM. Rey et Gravier. On ne leur fera guère attendre un texte qui est rédigé d'avance, et dont la publication donnera la facilité de relier l'Atlas du Dictionnaire classique en même temps que les seize autres tomes.

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DICTIONNAIRE

CLASSIQUE

D'HISTOIRE NATURELLE

TAALEB. MAX. Nom arabe que Forskahl rapporte au Renard et que Desrnarest pense devoir appartenir plutôt au Cnacal. (AUD.)

TAAOU - Yü -TCHIN. ois. Nom sous lequel oa connaît plus communément. le Martin-Pêcheur du Bengale. V. MARTIN-PÀCHEUR. (DR..Z.)

TABAC. BOT. PHAN. V. Nicotiane. On a étendu ce mot à des Plantes qui n'ont aucuns rapports avec les Nicotianes; ainsi l'on nomme vulgairement: Tabac des montagnes, Des Vosoes ou des Savoyards, l'Arnica montana. V. Arnica. (G..N.)

TABAC D'ESPAGNE, INS. Nom spécifique donné à un Papillon du genre Argynne. (AUD.)

TABAK. FOIS. Même chose qu'A- tan-Tabak, espèce de Centrogastre. V.ce mot. (B.)

TABANIENS. Tabanides. INS. (Auparavant TAONIENS.) Famille de Diptères composée du genre Tabanus de Linné, et qui a pour caractères: antennes de trois articles, dont le dernier annelé; trompe toujours saillante, terminée ordinairement par deux lèvres, renfermant un suçoir de six pièces écailleuses, lancéolées, avecles palpes avancés. Ces Insectes sont bien connus, surtout des habitans de la campagne, à raison des tourmens qu'ils font éprouver aux bœufs et aux chevaux, dont ils percent la peau afin de sucer leur sang. Il paraît hors de doute que ce sont les OEstros des Grecs et les Asili des Romains. D'autres Diptères non moins importuns. plus généralement répandus, que l'on distinguait des précédens, taut par leur physionomie que par leur origine, puisque les précédens étaient censés provenir de petits Animaux aquatiques, de Sangsues même, selon quelques auteurs, tandis que les derniers tiraient leur existence de Vers s'engendrant dans le bois, furent appelés par les premiers Myops, et par les seconds Tabani. Cette dernière dénomination, plus ou moins altérée, a remplacé dans les langues modernes dérivant de la latine, les noms d'OEstre et d'Asile. Quant aux Insectes qui furent nommés Myops et Tabani, nous soupçonnons que ce sont les Stomoxes des naturalistes actuels, et particulièrement l'espèce distinguée par l'épithète de Calci-

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trans. V. STOMOXE. Quoi qu'il en soit, les Taons ordinaires ressemblent à de grosses Mouches et en ont le port. Leur corps est peu velu, et généralement tacheté, tantôt de blanc ou de gris, tantôt de roussâtre, sur un fond plus ou moins bruu ou noirâtre. Leur tête est de la largeur du thorax, presque hémisphérique, et occupée presque entièrement, surtout dans les mâles, par les yeux qui sont communément d'un vert doré, avec des raies et des taches pourprées. Les antennes sont environ de a longueur de la téte dans les grandes espèces, plus allongées dans quelques autres de petite taille, de trois articles, dont le dernier plus grand, conique, terminé en pointe, sans aucun appendice; il est le plus souvent taillé en croissant, à quelque distance de sa base, avec des divisions transverses et superficielles, au nombre de trois à sept. La trompe dans la plupart est presque membraneuse, toujours saillante, perpendiculaire, de la longueur de la téte ou un peu plus courte, et terminée par deux lèvres allongées. Les deux palpes sont ordinairement couchés sur elle, d'une forme coniqne, comprimés, velus et composés de deux articles. Le suçoir est formé de six pièces, écailleuses, étroites et allongées, qui, au moyen de rainures et d'arêtes, s'emboîtent réciproquement et ne forment qu'un seul corps. Elles représentent le labre, les deux mandibules, les deux mâchoires et la languette des Coléoptères. Ces Insectes et les Cousins sont les seuls Diptères dont les pièces du suçoir soient aussi nombreuses. Les ailes sont étendues horizontalement de chaque côté du corps, et leur réticulation est plus compliquée que celle des Athéricères et de plusieurs autres Diptères, ayant le même port. Les cuillerons recouvrent presque entièrement les balanciers. L'abdomen est triangulaire et déprimé. Les tarses sont terminés par trois pelotes situées entre les crochets. Ces Insectes sont très-communs dans les pâturages, les forêts humides, et volent en boardonnant. C'est surtout dans les temps chauds et orageux qu'ils assaillent, et souvent en grand nombre, les Bêtes de somme et l'Homme même. Les Chevaux sont quelquefois couverts de sang par l'effet de leurs piqûres. Il paraîtrait que ces penchans sanguinaires sont plus propres aux femelles qu'aux mâles. On rencontre souvent ceux-ci sur les fleurs et sur les troncs d'arbres. «Le plus souvent, disent Lepelletier et Serville (Encylop. méthod.), on les voit voler dans les allées des bois, y faisant en quelque sorte la navette, restant quelque temps suspendus à une même place, puis se transportant, par un mouvement brusque et presque direct, à l'autre bout de leur station aérienne pour y reprendre la même immobilité, et tournant la tête dans chacun de ces mouvemens vers des côtés opposés. En cherchant à nous rendre compte de ces évolutions, nous nous sommes assurés qu'ils guettent alors le passage des femelles et tâchent de les saisir en se précipitant sur elles, puis s'enlèvent, lorsqu'ils ont réussi à s'en emparer, à une hauteur où l'œil ne peut les suivre.ff

Le Taon des Boeufs (Tabanus bovinus) est la seule espèce dont on ait encore observé les métamorphoses. Degéer nous apprend qu'elle vit dans-la terre, qu'elle est sans pâtes, cylindrique, mais amincie par devant, d'un blanc jaunâtre, et que son corps est formé de douze anneaux. Sa tête porte en devant deux crochets écailleux, robustes, mobiles, recourbés en dessous, avec lesquels elle creuse la terre. Son mode de nourriture est inconnu. L'Insecte y subit ses attires transformations. La nymphe est presque cylindrique, nue, avec deux tubercules sur le front. L'abdomen est partagé en huit anneaux, ayant à leur bord postérieur une frange de longs poils. Le dernier est armé de six pointes écailleuses, à l'aide desquelles elle monte à la surface de la terre lorsqu'elle est sur le point de devenir Insecte parfait, ce qui a lieu

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après avoir passé environ un mois sous cette forme.

Lepeilelier et Serville ont exposé, dans l'Encyclopédie méthodique, les divers changemens qu'a éprouvés le genre Tabattus de Linné, ainsi que les caractères de tous ceux qui en dérivent. Dans notre Histoire générale des Crustacés et des Insectes, nous avions nous-même commencé cette élaboration. Depuis cette époque, l'excellent ouvrage de Meigen sur les Diptères d'Europe, les recnerches de Wiedemann et de Macquart, les observations sur diverses espèces d'Amérique de Palisot-Beauvois, et celles que nous avons insérées dans l'Encylopédie méthodique (article Pan-goine), ont aplani les principales difficulties que présentait l'étude des Insectes de cette famille. Mais il n'en est pas ainsi de leur histoire proprement dite, puisque, depuis Degéer, elle n'a fait aucun pas. Les Tabaniens peuvent se diviser ainsi:

I. Trompe beaucoup plus longue que la tête, grêle, en forme de siphon, terminée ordinairement en pointe; palpes très - courts proportionnellement à sa loneueur; dernier article des antennes à huit anneaux.

Genre: PANGONIE (Pongonia), II. Trompe plus courte ou guère plus longue que la téte, membraneuse, terminée par deux grandes lèvres; palpes grands, avancés; dernier article des antennes divisé en cinq ou quatre anneaux.

A. Longueur des antennes ne surpassant que peu celle de la téte; leur dernier article terminé en alêne, taillé en croissant, divisé en cinq ameaux, dont le premier très-grand, unidenté supérieurement.

Genre: TAON (Tabanus).

B. Antennes notablement plus longues que la tête, terminées par un article en forme de cône allongé ou presque cylindrique, n'offrant souvent que quatre anneaux.

a. Dernier article des antennes partagé en ciuq anneaux; trois yeux lisses.

Genres: SILVIE (Silvius), CHRYSOPS (Chrysops).

b. Dernier article des antennes partagé en quatre anneaux; point d'yeux lisses.

Genres: HÆMATOPOTE (Hœmatopota), HEXATOME (Hexaloma). (LAT.)

TABANUS. INS. Dénomination latine du genre Taon. (AUD.)

TABAQUEUR. INS. Goedart, dans son ouvrage sur les métamorphoses des Insectes, décrit et figure sous ce nom une larve et un Papillon que Duméril croit être la Noctua gamma ou lambda. (AUD.)

TABAXIR ou TABASHEER. BOT. et MIN. Concrétion siliceuse qui se trouve dans les entre-nœuds des Bambous.V. ce mol. (B.)

TABELLAR1A. ois. Aldrovande donne ce nom à un Oiseau qui paraît être notre OEdicnème. V. ce mot.(DR..Z.)

TABERN ÆMONTANA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Apocynées et de la Pentandrie Monogynie, L., offrant pour caractères essentiels: un calice persistant, trèspetit, à cinq divisions plus ou moins profondes; une corolle hypocratériforme, dont le limbe est divisé en cinq lobes étalés, plans et obtus; cinq étamines incluses, à anthères sagittées; deux ovaires surmontés d'un style filiforme portant un stigmate bifide et dont la base est élàrgie; deux follicules un peu renflés, contenant des graines nichées dans une pulpe. Linné réunissait dans ce genre quelques espèces qui ont formé un genre particulier nommé Amsonia. D'un autre côté, les botanistes modernes y font rentrer le Cleckia de Necker établi sur le Tabtrrtœ-montana grandiflora, L., et le Nerium divaricaium, L., ou N. coronarium, Jacq. C'est à R. Brown, Ruiz et Pavon, Kunth, et aux auteurs de l'En-

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cydopédie, qu on doit la connaissance de la plupart des espèces qui coustituent le genre Tabernœmontana, et dont le nombre s'élève à plus de quarante. Ce sont en général des Arbrisseaux ou Arbustes, rarement des Arbres, à feuilles opposées, excepté peut-être dans une espèce (T. alternifolia, L., ou T. orientalis, R. Brown), ovales, acumiuées, lisses, entières, accompagnées de stipules interpétiolaires, adnées inférieurement, libres au sommet, et à fleurs souvent jaunes et odorantes, disposées en corymbes ou en cimes presque dichotomes. Les Tabernœmontanasout indigènes des diverses contrées chaudes du globe. On en trouve la plupart dans l'Amérique équinoxiale, quelques-unes dans l'IndeOrientale, à la Nouvelle-Hollande, etc. Parmi les espèces les plus remarquables, nous citerons, i° le T. citrifolia, L.; Plumier, Icon., tab. 248, fig. 2, qui croît dans les Antilles et que l'on cultive au Jardin des Plantes de Paris. Le T. alba, Jacq., Amer., 58, tab. 175, fig. 15, est une espèce des mêmes régions, et qui a été souvent confondue avec la précédente, 20. Le T. grandiflora, L.; Jacq., Amer., 40, tab. 51, que l'on rencontre dans les forêts de Carthagène. 3°. Le T. Pandacqui, Poiret, Encycl. méth., qui est la Plante décrite et figurée par Sonuerat (Voyage à la NouvelleGuinée, p. 49, tab. 19) sous le nom de Pandacqui.Cel Arbuste croît dans la Nouvelle-Guiuée. 4°. Le T. divaricata, R. Brown; Nerium divaricalum, L.; N. coronarium, Jacq., Iconrar., tab. 52; Flos manillanus, Rumph, Herb. Amb., vol. 4, p. 87, tab. 39; Nandi-Erv atam, Rbéede, Hort. Malab., vol. 2, p. 105, tab. 54 et 55. Cette espèce habite les IndesOrientales. 5°. Enfin le T. orientalis, R. Brown, Nov.-Holl., p. 468, qui se trouve dans la Nouvelle-Hollande intertropicale, et auquel paraît appartenir le Curutu-Pala de Rhéede, Hort. Malab., 1, p. 83, tab. 46, qui, selon Murray, est le T. alternifolia, L. (G..N.)

TABERNE. BOT. PHAN. On a ainsi francisé, dans quelques Dictionnaires, le nom de Tabernœmontana.V. ce mot. (G..N.)

TABITHUS. INS. Genre de Charansons établi par Mégerle, et admis par Germar qui le nomme Thylacites.V. Rhynchophores. (AUD.)

TABLIER, BOT. PHAN V. LABELLE.

TABOLEIRINHO. MOLL. Même chose que' Canterinho. V. ce mot.(B.)

TABOURET, BOT. PHAN. Nom vulgaire adopté dans certains Dictionnaires pour le genre Thlaspi. V. ce mot. (G..N.)

TABUAN. OIS. Nom sous lequel on désigne, dans plusieurs ouvrages, la grande Perruche à collier et croupion bleus.V. PERROQUET. (DR..Z.)

TACAMAHACA. BOT. PHAN. V. CALOPUYLLE et TACAMAQUE.

TACAMAQUE. Tacamahaca. BOT. PHAN. Ce nom a été donné à plusieurs substances résineuses qui diffèrent entre elles, soit par leur origine, soit par leurs qualités physiques. Celles qui se trou veut encore quelquefois dans le commerce de la droguerie découlent d'Arbres faisant partie des genres Icica et Elaphrium qui appartiennent à la famille des Térébinthacées, tandis qu'une autre résine nommée aussi Tacamaque provient du Calophyllum Inophyllum, Plante de la famille des Guttifères. La Tacamaque ordinaire est attribuée, par la plupart des auteurs, à l'Elaphrium tomentosum, Jacq., ou Fagara octandra, L., Arbre qui croît dans la province de Venezuela de l'Amérique méridionale. Cette résine est en masses brunes, bigarrées de taches jaunâtres ou rougeâtres; elles sont formées par l'agglomération de petites larmes molles et transparentes, et mêlées des débris d'une écorce jaune très - mince. Les larmes sout quelquefois séparées; leur odeur est peu sensible lorsqu'elles sont eu masses. Elles se pulvérisent facile-

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ment, el elles exhalent alors une odeur faible et assez suave. Brûlées, elles répandent une fumée dont l'odeur tient le milieu entre celles de la lavande et du musc.

La Tacanaque angélique ou sublime, est produite par l'Icica Tacamahacca, Kunth, ou par l'Icica heptaphylla, Anblet, Plantes qui ont beaucoup de rapports entre elles, si toutefois elles ne sont pas identiques. Ce sont des Arbres indigènes de la république de Colombie et de la Guiane. Le second y est nommé vulgairement Aroucou des Galibis et Arbre dencans. La sorte de résine Tacamaque dont il est ici question est plus pure que les autres; son odeur est persistante et a de l'analogie avec celle de l'Angélique. Elle est à demi opaque, d'une couleur grisâtre à l'extérieur, un peu jaune ou rougeâtre à l'intérieur, d'une cassure terne et d'une saveur amère. On la trouve ordinairement contenue dans des çalebasses.

La Tacamaque de l'île Bourbon est aussi désignée sous les noms de Baume vert, Baume Marie et Baume de Calaba. Elle découle par incisions du Calophyllum Inophyllum, Lamarck, ou C. Tacamahaca, Willdenow, et probablement aussi du C. Calaba, Arbres de la famille des Guttifères qui croissent dans les îles de Madagascar et de Mascareigne. Cette substance est sous la forme d'une masse molle, gluante, se solidifiant lentement à l'air, d'une couleur verte foncée, d'une odeur trèsforte, qui, en s'affaiblissant, devient assez agréable et analogue à celle du Fenu-Grec. La Tacamaque de Bourbon ne se dissout qu'imparfaitement dans l'alcohol froid, et même dans l'alcohol bouillant; elle laisse surnager sur ce dernier un liquide buileux. Traitée par l'éther, elle laisse un résidu floconneux.

Les résines Tacamaques, dont nous venons d'exposer une courte description, étaient autrefois regardées comme des édicamens précieux, et on les prescrivait dans beaucoup de préparations officinales Leurs propriétés sont analogues à celles de larésine de Gomart, de la Myrrhe et d'autres résines qui découlent par incisions de l'écorce des Térébinthacées. Aussi leur usage est-il aujourd'hui fort limité. La Tacamaque ordinaire est un des ingrédiens du baume de Fioraventi. (G .N.)

TACAUD. POIS. Espèce du genre Gade. V. ce mot. (B.)

TACATACA. OIS. Nom vulgaiie des Pics et non pas des Toucans, ainsi que l'avancent plusieurs ornithologistes.V. Pic. (DN..Z.)

TACCABOT. PHAN. Ce genre, de l'Hexandrie Monogynie, a été établi par Forster (Plant, escul., u. 28, etProdrom., n. aôg), et placé par R. Brown à la suite des Aroïdées, comme intermédiaire entre cette famille et celle des Aristolochiées. Il a été ainsi caractérisé par ce dernier botaniste (Prodr. Flor. Nov.-Holl., p. 340): périanthc supère, à six divisions régulières et persistantes; six étamines, dont les filets sont insérés à la base des divisions du périanthe, dilatés et en capuchon au sommet; anthères ayant leurs loges séparées, adnées par la base à la partie interne et concave des pétales; ovaire uniloculaire, à trois placentas pariétaux, pluriovulés; style marqué de trois sillons, portant trois stigmates dilatés; baie polysperme, renfermant des graines striées, pourvues d'albumen, et d'un embryon petit, situé près de l'ombilic.

Le Tacca pinnatifida, Forst., loc. cit.; L. fils, Suppl.; Lamk., Illustr., tab. 232; Tacca phallifera et T. littorea, Rumph, Herb. Amb., vol. 5, tab. 112 et 114; Katu - Schena, Rhéede, Hort. Malab., vol. 11, tab. 21, est une Plante dout les racines sont très - épaisses, tubéreuses, munies de fibres capillaires. Elles sont employées comme aliment par les habitans d'Otahiti et d'autres îles de la mer du Sud. Les feuilles sout toutes radicales, pétiolées, fort amples, assez semblables à celles du Dracontium polyphyllum, ordinairement à

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trois grandes divisions, chacune déliés pinnatifide, composée de folioles eonflueutes, allongées et trèsétroites. Du centre des feuilles s'élève une hampe droite, terminée par une ombelle simple de fleurs, dont les pédoncules sont inégaux et accompagnés à la base d'un involucre de folioles vaginales, étroites, longuement acuminées. Cette Plante croît á Madagascar où les habitans la désignent sous le nom de Tavoulou; elle est aussi répandue dans Indes Orientales, la Nouvelle-Hollande et les îles de la Polynésie.

Une seconde espèce a été décrite par Gawler (Bòt. Magaz., n. 1488) sous le nom de Tacca integrifolia. Cette Plante, ainsi que l'indique son nom spécifique, est remarquable par ses feuilles entières. Elle est originaire des Indes-Orientales. (G..N.)

TACCO. Saurothera. OIS. Vieillot a séparé des Coucous cet Oiseau que nous avons déjà décrit parmi les espèces du genre Coua, pour en former le type d'un genre nouveau auquel il assigne les caractères suivans: bec plus long que la tête, glabre à sa base, lisse, comprimé par les côtés, convexe en dessus, droit; mandibule supérieure dentelée sur les bords, courbée seulement à son extrémité; nariues oblongues, couvertes par une membrane; langue aplatie, pointue; orbites nues; ailes courtes, arrondies, à penne bâtarde courte; les deuxième et troisième rémiges les plus longues; dix rectrices; quatre doigts: deux devant réunis a leur base, deux derrière. Vieillot, qui paraît avoir particulièrement observé cet Oiseau, et qui peut être fondé à l'isoler sous une dénomination générique, ajoute qu'il fait sa principale nourriture de chenilles, de gros bcarabés et de très-petits Reptiles; qu'il les chasse avec un tel abaudon, cjue lui-même devient souvent la victime de son audace trop imprudente ou bien de son aveugle confiance. Son nom lai vient des sons qu'il articule réquemment et d'une manière réitérée en relevant chaque fois la quene, habitude qui lui a, en outre, valu le surnom de Pie, sous lequel le désignent assez vulgairement les Nègres et les Créoles de Saint-Domingue où l'espèce est assez commute. V. COUA.(DR..Z.)

TACHE NOIRE, POIS. Espèce du genre Choetodon. V. ce mot. (B.)

TACHET. OIS. Espèce du genre Fourmilier. On désigne aussi sous ce nom une espèce du genre Batara. V.FOURMILIER et BATARA. (dr..z.)

TACHETé, REPT.OPH. Espèce du genre Couleuvre. V. ce mot. (B.)

TACHIA. BOT. PHAN. Aublet (Plant. Guian., 1, p. 75, tab. 29) a décrit, sous le nom de Tachia guianensis, une Plante de la Tétrandrie Monogynie, L., et de la famille des Gentianées, formant un genre nouveau dont le nom a été inutilement changé par Schreber en celui de Myrmecia. Ses caractères sont les suivans: calice tubuleux, cylindrique, à cinq dents droites et aiguËs; co-rolle tubuleuse, un peu renflée près de l'orifice, le limbe divisé en cinq segmens ovales, pointus, étalés; quatre étamines dont les filets sont attachés à la partie inférieure du tube, portant des anthères droites et oblongues; cinq petites glandes entourant la base de l'ovaire; style filiforme plus long que les étamines, termine par un stigmate à deux lames; capsule oblongue, à deux valves qui, par leur introflexion, constituent une cloison qui divise la capsule en deux loges, et qui portent sur les bords des graines nombreuses très-petites et visqueuses. Le Tachia guianensis, Aubl., loc. cit.; Myrmecia scandent, Willd., est un Arbrisseau grimpant dont les tiges sont quadranguiaires, hautes de cinq à six pieds, divisées en rameaux opposés, létragones, sarmenteux, munis de feuilles opposées, ovales-lancéolées, acuminées, portées sur des pétioles canaliculés, dilatés à la base de manière à embrasser la tige. Les fleurs sont jaunes, solitaires dans

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l'aisselle des feuilles. A en juger par 1a mauvaise figure qu'en a donnée Aublet, cette Plante a le port de certaines Rubiacées; elle paraît en outre douée de stipules, quoique l'auteur ne mentionne dans le texte qu'un pétiole engaînant à la base. Mais son ovaire libre et la structure de sa capsule empêchent de la classer permi les Rubiacées; elle pourrait plutôt avoir quelques rapports avec les Loganiées de R. Brown qui ont aussi les caractères des Rubiacées, à l'exception de l'ovaire libre. V. l'article LOGANIÉES.

Persoon a donné le nom de Tachia au Tachigalia d'Aublet. V. ce mot. (G..N.)

TACHIBOTE. Tachibota. BOT. PHAN. Aublet (Plant, Guian., 1, p. 287, tab. 112) a décrit et figuré sous le nom de Tachibota guianensis une Plante de la Guiane, tvpe d'un genre particulier qui se place dans la Pentandrie Trigynie, L., mais dont les affinités naturelles ne sont point éclaircies, quoiqu'on lui ait trouvé quelques rapports avec les genres Piparea et Piriqueta. Ce genre a reçu de Schreber, Willdenow et Gmelin, le nouveau nom de Salmasia qui n'a pas été adopté. Voici ses caractères essentiels: calice divisé profondément en cinq segmens lancéolés; corolle à cinq pétales, insérés sur le réceptacle, un peu plus long que le calice; stigmates sessiles, courts, écartés; capsule ovoïde-arrondie, trigone, couverte par le calice persistant, à trois valves divisées jusqa'à leur milieu et à trois loges, renfermant des graines très petites, anguleuses, pointues. La Tachibota guianenis, Aubl., loc. cit.; Salmasia racemosa, Willd., est un Arbrisseau gui croît dans les forêts de la Guiane. Ses rameaux sont cylindriques, hérissés de poils roux, garnis de feuilles alternes, presquesessiles, ovales, oblongues, acuminées, très-entières, accompagnées de deux stipules linéaires et caduques. Les fleurs sont blanches, disposées en grappes trèslongues, terminales et axillaires.(G..N.)

TACHIGALIA BOT. PHAN. Genre de la famille des Légumineuses, tribu des Cassiées, et de la Décandrie Monogynie, L., établi par Aublet (Guian., p. 372, tab. 143), et offrant les caractères suivans: calice à cinq sépales un peu inégaux, obtus, soudés en un tube obconique, strié; corolle à cinq pétales inégaux, insérés sur la gorge du calice; dix étamines saillantes, à filets velus à la base; trois plus courts dressés; ovaire légèrement stipité; style filiforme, aigu; gousse comprimée-plane, membraneuse, indéhiscente, monosperme - oblongue, ressemblant à celle des Dalbergia. Le nom de ce genre a été inutilement changé par Schreber, Necker et Persoon, qui lui ont substitué ceux de Cubœa, Valentynia et Tachia. Les deux espèces décrites par Aublet sous les noms de T. paniculata et T. trigona, sont très-ressemblantes entre elles, au point que Richard père, qui les a étudiées sur les lieux mêmes, les considère à peine comme de simples variétés. Elles croissent sur les rives des fleuves dans la Guiane, où les habitans leur donnent le nom de Tassi. Ce sont des Arbres à feuilles pinnées sans impaire, à pétioles et pédoncules trigones, à fleurs jaunes paniculées, les divisions des paniculcs en épis denses, dépourvus de bractées. (G..N.)

* TACHIMA. BOT. PHAN. Les habitans de Quito, près du volcan de Cotopaxi, donnent ce nom au Cacalia teretifolia, Kunth, Nov. Gencr. et Spec. Amer., IV, p. 159, tab. 357.(G..N.)

TACHINE. Tachina. INS. Genre de Diptères de la famille des Athéricères, tribu des Muscides. Avant que d'exposer sa composition dans les diverses méthodes, nous remarquerons d'abord que cette dénomination, étant trop rapprochée de celle de Tachinus, donnée par Gravenhorst à un genre de Coléoptères, devrait être abandonnée, et avec d'autant plus

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de raison encore que Duméril avait depuis long-temps désigné sous celle d'Echinomyia la coupe générique, appelée Tachina par Fabricius. Duméril place les Echinomyies dans sa famille des Latéralistes ou Chétoloxes de l'ordre des Diptères, et comme, d'après lui, le second article des antennes est le plus long de tous, qu'elles sont cachées dans une fossette, et que le corps est hérissé, il est évident qu'il a en vue des Mouches que Linné nomme Musca grossa, fera, puisqu'elles offrent seules ces caractères. C'est aussi de cette manière que nous avons composé ce genre dans nos divers ouvrages. Quoique Fabricius signale autrement son genre Tachina, il y comprend néanmoins les Echinomyies du naturaliste précédent, en leur associant toutefois des Muscides essentiellement différentes, comme les espèces appelées tremula, rotundata, globosa, etc. Fallen et Meigen, en n'attachant pas la même importance aux disproportions relatives de la longueur des deux derniers articles des antennes, et en employant d'autres considérations, ont beaucoup plus étendu le genre Tachina, de sorte qu'il est composé, dans l'ouvrage sur les Diptères a d'Europe du dernier, de trois oent quinze espèces, mais divisé cependant en un grand nombre de groupes, d'après les antennes, les ailes et les yeux. Selon cet auteur, ce genre a pour caractères essentiels: antennes inclinées ou couchées, de trois articles, dont le troisième tronqué inférieurement, avec une soie nue ou simple, située sur son dos, près de sa base. Bouche garnie de moustaches. Ailes écartées, avec une nervure transverse près du sommet. Ces Diptères rentrent dans notre première section des Muscides, celle des Créophiles, et qui se distingue de toutes les autres par la grandeur des cuillerons recouvrant presque entièrement les balanciers. La cellule extérieure et terminale, située immédiatement au-dessous de la cubitale, est fermée postérieurement par une nervure transverse, et la soie des antennes est simple, caractères qui les éloignent de beaucoup d'autres Créophiles. Enfin les côtes de la cavité orale sont garnis de longs poils en forme de crins, ou d'espèces de moustaches, ce qui ne permet pas de confondre ces Diptères avec d'autres analogues ou trèsvoisins, comme les Gymnosomes, les Phasies, les Trixes, les Mittogrammes, etc., où la bouche est simplement soyeuse. Pour éclaircir ce sujet, qu'aucun naturaliste français n'a encore traité à fond, ajoutons à ces remarques quelques considérations tirées de la disposition des nervures des ailes. A partir de leur base et vers le bord extérieur, une première nervure longitudinale, beaucoup plus courte que les suivantes et se réunissant à ce bord, se bifurque, et forme en se terminant une cellule triangulaire et allongée qui nous paraît répondre à cet espace des ailes supérieures des Hyménoptères occupé par le stigmate ou point épais. Viennent immédiatement après deux autres nervures longitudinales, gagnant aussi le même bord, mais plus bas, avant le sommet de l'aile, et formant deux longues cellules linéaires, dont l'extérieure ou supérieure est censée une cellule radiale, et l'autre ou l'inférieure une cellule cubitale. L'inférieure de ces deux nervures forme le côté externe d'une cellule discoïdale, et par son prolongement celui d'une autre cellule située immédiatement au-dessous de la précédente, mais beaucoup plus étendue, en forme de triangle scalène et terminale; une nervure transverse, manquant dans la plupart des Muscides des autres sections, et même dans plusieurs de celle-ci, la ferme en arrière et à quelque distance du bord postérieur. Au -dessous de cette cellule en est une autre pareillement terminale et triangulaire, un peu moins avancée postérieurement, mais remontaut plus haut, et de niveau avec la discoïdale dont nous avons parlé. La nervure transverse de l'autre cel-

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lule terminale ou de celle qui est située sous la cubitale, tantôt gagne directement le bord extérieur, tantôt se réunit avec la nervure longitudinale, formant le côté intérieur de cette cubitale avant qu'elle se joigne au même bord, de sorte que la cellule terminale extérieure est comme pétiolée on unidentée.

La première division des Tachines de Meigen se compose des plus grandes Muscides connues, et dont quelques-unes se lient avec quelques Stomoxides exotiques (Stomoxys bombylans, Fabr.) par leur port. Ces espèces, ainsi que les autres Tachines du même auteur, ressemblent à nos Mouches ordinaires. Le corps est court, hérissé de gros poils, avec la tête presque hémisphérique, un peu avancée et rétrécie en pointe vers le front; les ailes écartées, bordées extérieurement d'une rangée de petits cils ou de petites épines courbés; l'abdomen triangulaire, en partie coloré ou transparent dans plusieurs; les pates épineuses, et les tarses terminés par deux crochets et deux petites palettes membraneuses; les articles des tarses antérieurs sont souvent plus élargis, du moins dans les femelles. Les yeux sont velus dans plusieurs. La soie des antennes est simple, et se compose de deux à trois articles. La plupart des larves, dont on a observé les habitudes, dévorent celles de divers autres Insectes, et notamment des Lépidoptères. En ouvrant la tribu des Muscides par les Echinomyies, nous arriverons naturellement aux Ocyptères, aux Lophosies, par les dernieres Tachines de Meigen, très-voisines de ces Diptères par les antennes et la disposition des nervures des ailes. Nous passerons ensuite aux Phanies, aux Xystes, aux Gymnosomes de ce savant, et de-là aux Phasies, aux Trixes, aux Mittogrammes et aux Gonies. A ces genres de Muscides en succéderont d'autres, tels que ceux de Zeuxie, d'Idie, de Mésembrine, de Sarcophage, etc., où la soie des antennes est barbue.

Meigen partage sou genre Tachina en quatre sections principales: 1°. Troisième et dernier article des antennes évidemment plus court que le précédent; soie toujours triarticulée; angle postérieur et externe de la cellule terminale située sous la cubitale, toujours fermé par le bord extérieur (la nervure transverse de cette cellule se rendant directement à ce bord, de sorte que l'angle cidessus est ouvert et n'est fermé que par le bord). Cette section répond au genre Echinomyie de Duméril. La T. ferox de Meigen s'éloigne des autres espèces par les palpes terminés en massue, ou plutôt en forme de spatule. Elle est le type d'un nouveau genre, celui de Fabricia, établi par Robineau-Desvoidy.

2°. Les deux derniers articles des antennes presque de la même longueur; soie à deux ou trois articles. Cette section peut se diviser ainsi: angle postérieur et externe de la cellule terminale située sous la cubitale, fermé, ainsi que dans la section précédente, par le bord extérieur. Le même angle fermé à ce même bord par la réunion de la nervure transverse de cette cellule et de la nervure longitudinale formant son côté extérieur. Le même angle fermé de même, mais à quelque distance du bord de l'aile, de sorte que la cellule est comme pétiolée au même angle, ladite nervure longitudinale se prolongeant au-delà. Les Tachines de cette subdivision formaient anciennement pour Meigen un genre particulier, celui de Mêlanophora; nous avons cru devoir le rétablir. Les Tachines des deux subdivisions précédentes en composeront un autre, celui de Tachinaire (Tachinaria).

3°. Troisième article des antennes manifestement plus long que le précédent, mais d'une fois au plus. Ailes comme dans le dernier genre. On en formerait un autre, Campemyie (Campemyia), avec ces Tachines.

4°. Troisième article des antennes quatre fois au moins plus long que

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le précédent. Quatre espèces seuiement se rapprochent des Mélanophores quant aux ailes. Quelques autres, dont le troisième article des antennes est fort long, sont remarquables par la saillie et l'éclat argentin de l'extrémité antérieure de leur tâte; elle a la forme d'une courte pyramide. Celte section composerait aussi un genre particulier auquel on donnerait le nom de Métopie (Metopia), déjà employé par Panzer pour désigner un genre comprenant ces dernières espèces. Le côté postérieur de la cellule terminale extérieure est tantôt courbe, tantôt droit ou presque droit; son angle interne postérieur est ordinairement aigu et même prolongé dans plusieurs, au moyen de la nervure; mais, dans la plupart des Mélanophores, il est obtus ou arrondi, et la portion du limbe, comprise entre le. bord postérieur et les deux cellules terminales, forme une sorte de demi-équerre. Ici les yeux sont nus; là ils sont velus. Meigen s'est servi avec avantage de ces caractères pour subdiviser ses premières coupes, celles qui reposent sur les différences respectives de la longueur des deux derniers articles des antennes. Il rapporte à la seconde les Diptères suivans de Fabricius; les Mouches: radicum, puparum, helluo; les Tachines: quadripustulata, tremula, ocyptera, lateralis; la Téphrite: grossificationis, à laquelle il faut réunir sa Musca roralis. Dans la troisième section se placent encore les Muscides suivantes de Fabricius: Musca larvarum, Tachina erinaceus. Enfin la dernière comprend les espèces du genre Musca, que celuici nomme labiata, marmorata. Parmi celles de cette section, dont la nervure transverse se réunit avant le bord avec la nervure longitudinale formant le côté externe de la première cellule terminale extérieure, nous citerons celle que Panzer a figurée (Faun. Germ., LIV, 15) sous fa dénomination de Carbonaria, Si le nombre des espèces, offrant la même disposition de nervures, était plus considérable, on pourrait aussi les séparer génériquentent, de même qu'on l'a fait-pour les Mélanophores. (LAT.)

TACHINE. Tachinus. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, famille des Brachélytrès, institué par Gravenhorst, et dont beaucoup d'espèces avaient été confondues par Fabricius et Panzer avec les Oxypores. Il a pour caractères: tête enfoncée postérieurement dans le corselet jusqué près des yeux; corselet trapéziforme; antennes grossissant insensiblement et composées d'articles obconiques; palpes filiformes; jambes épineuses; l'avant-dernier anneau de l'abdomen ordinairement le plus long de tous (échancré dans plusieurs mâles). Ces Insectes sont très-petits, fort agiles, et habitent les substances stercoraires, les fumiers, etc. Quelques-uns se trouvent dans les Champignons. Gyllenhal en a décrit (Insect. suec.) vingt-deux espèces qu'il répartit dans deux sections. Les uns ont le corps proportionnellement plus large et entièrement pointillé. Le TACHINE SOUTERRAIN, Oxyporus subterraneus, Fabr. D'un brun noir, luisant, glabre, avec une tache roussâtre et allongée sur chaque élytre, vers l'angle huméral; les pieds d'un roussâtre obscur; anus biépineux. — Le TACHINE BORDé, Oxyporus marginatus, Fabr. De la couleur du précédent, mais avec la marge du corselet, les pieds et les élytres tirant sur le fauve; suture de ces élytres et une grande tache oblique, triangulaire, près de leur bord extérieur, noires. — Le TACHINE RUFIPÉDE, Oxyporus rufipes, Fabr. Corps d'un brun noir encore, mais dont les élytres n'ont point de taches, et sont simplement bordées de fauve postérieurement; pieds roussâtres; antennes entièrement d'un brun noirâtre. Les autres Tachines ont le corps plus étroit et plus long, rétréci aux deux bouts, avec la surface du thorax et des élytres lisse, ou n'offrant que quelques points assez grands, et formant sur les élytres des lignes. —

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Le TACHINE TÈTE NOIRE, Staphylinus atricapillus, Fabr., fauve, luisant, avec la tête, la poitrine, l'écusson et l'extrémité postérieure de l'abdomen noirs; élytres d'un bleu foncé, avec une tache en croissant à l'angle extérieur de la base et l'extrémité pâles. (LAT.)

TACHITES. BOT. PHAN. Solander a constitué sous ce nom un genre qui, selon Gaertner, est le même que le Melycitus de Forster. V. ce mot. (G..N.)

TACHYDROMIE. INS. V. SIQUE.

TACHYDROMIENS. Tachydromiœ. INS. Nom donué par Meigen à une petite famille de Diptères, composée des Empis de Linné, dont les antennes n'offrent que deux articles distincts, avec une soie terminale dont la trompe est courte, perpendiculaire, avec les palpes couchés sur elle; dont l'abdomen est de sept anneaux, et qui ont deux pelottes entre les crochets des tarses. Meigen compose cette famille des genres Hémérodromie, Tachydromie et Drapétis. (LAT.)

TACHYDROMUS. OIS. (Vieillot.) V. COURE-VITE.

TACHYERGES. INS. Schœnherr désigne ainsi un sous-genre de Coléoptères de la famille des Rhynchophores ou de celle des Curculionides, qui ne s'éloignerait du genre Orchestes (V. ce mot), auquel il se rattache, que par le nombre apparent ou distinct des articles des antennes; il serait de douze au lieu de onze, la portion de ces organes comprise entre le premier article et ceux composant la massue, ou ce qu'il appelle funiculus, offrant un article de plus, ou sept à la place de six, dont elle est formée dans les Orchestes propres. Cet auteur cite pour exemples les Rhynchènes suivans de Fabricius: Salicis, Saliceti; l'espèce nommée Iota par Gyllenhall, l'Orchestes rufitarsis de Dejean, el l'O. confinis de Mégerle. (LAT.)

TACHYGLOSSUS. MAM. Nom proposé par Illiger pour être substitué à celui d'échidné. (AUD.)

TACHYLITE. MIN. Breithaupt a désigné sous ce nom une espèce minérale qu'on trouve dans le Basalte et dans la Wacke à Sasebühl près Gottingue. Ce Minéral mal caractérisé a des rapports extérieurs avec l'Obsidienne et la Gadolinite. (AUD.)

TACHYPE. Tachypus. INS. Genre de Coléoptères de la famille des Carnassiers, tribu des Carabiques, donné d abord par Weber à un groupe formé des genres Procruales et Carabus de Bonelli. (LAT.)

TACHYPETES. OIS. (Vieillot.) Syn. de Frégate. V. ce mot. (DR..Z.)

TACHYPHONE. Tachyphonus. OIS. Vieillot a formé d'une partie de notre sixième division des Tangaras, un genre auquel il assigne les caractères suivans: bec lougicorne, assez robuste, convexe en dessus, un peu comprimé latéralement; mandibule supérieure échancrée, droite ou un peu inclinée vers son extrémité; l'inférieure entière; narines oblongues situées près du capistrum; langue pointue, fendue à son bout; les deuxième, troisième et quatrième rémiges les plus longues de toutes; quatre doigts: trois devant, un derrière; les extérieurs réunis à leur base. V. TANGARA. (DR..Z.)

TACHYPORE. Tachyporus. INS. Genre de Coléoptères établi par Gravenhorst, et ne différant de celui de Tachine (V. ce mot) que par les palpes terminés en alêne. L espèce la plus commune et que l'on trouve sous les pierres, la mousse, sur le gazon, et même sur les fleurs, est le TACHYPORE CHRYSOMÉLIN, Oxyporus chrysomelinus, Fabr. Son corps est convexe, d'un noir luisant, trèslisse, glabre, avec le corselet, les pieds et la base des élytres d'un roux jaunâtre. Les élytres, à l'exception de leur base, sont d'un roussâtre vif. V. pour les autres espèces, les ouvrages de Gravenhorst et de Gyllenhall. (LAT.)

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TACHYS. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères proposé par Ziegler pour désigner plusieurs espèces de Bembidions qui, par la grosseur des yeux et leur habitus, se rapprochent plus particulièrement des Elaphres. La tête, à raison des yeux, paraît être plus large que le corselet. Celte dernière partie a la forme d'un cœur tronqué, sans impressions prononcées aux angles postérieurs. De toutes les coupes génériques qu'on a détachées de celle de Bembidion, celle-ci est la plus tranchée. L'espèce sur laquelle on l'a fondée est la Cicindela flavipes de Linné, que Fabricius range avec les Elaphres. Le corps est en dessus d'un bronzé marqué de rouge cuivreux, avec deux gros points enfoncés sur chaque élytre près de la suture; le dessous est d'un vert noirâtre. La base des antennes, les palpes et les pieds sont jaunâtres. Cet Insecte est très-commun aux environs de Paris, dans les lieux aquatiques. On trouve en Autriche deux autres espèces. (LAT.)

TACHYSURE. POIS. Genre établi par Lacépède et qui ne paraît pas avoir été adopté par Cuvier. (AUD.)

TACHYTE. Tachytes. INS. Genre d'Hyménoptères ainsi désigné par Panzer, et le même que celui de Lyrops. V. ce mot. (LAT.)

TACKHAITZE. MAM. (Samuel-Daniels.) V. BOUQUETIN A CRINIÈRE D'AFRIQUE au mot CHÈVRE.

TACSONIE. Tacsonia. BOT. PHAN. Jussieu, dans son Genera Plantarum et dans le sixième volume des Annales du Muséum, a séparé du genre Passiflora les espèces qui ont le tube du calice long, le limbe à dix segmens, et la gorge munie d'une membrane squammuleuse au lieu d'une couronne de filets. Ce genre a reçu le nom de Tacsonia, et il a été adopté sans modifications par Kunth et De Candolle. Son organisation étant la même que celle des Passiflores, sauf les caractères essentiels que nous venons de mentionner, nous renvoyons aux articles PASSIFLORE et PASSIFLORÉES, qui contiennent des détails fort étendus sur la singulière structure florale de ces Plantes. Dans le troisième volume de sou Prodromus Systematis Vegetabilium, De Candolle décrit vingt-six espèces de Tacsonies, qui pour la plupart croissent au Pérou et en d'autres contrées de l'Amérique équinoxiale. Elles sont distribuées en quatre sections de la manière suivante:

La première (Eutacsonia) a un rand involucre, composé de trois bractées tantôt libres, tantôt cohérentes. On y compte huit espèces, parmi lesquelles nous ne citerons que celles qui ont été figurées, savoir: 1°. Tacsonia adulterina, Juss.; Passiftora adulterina, L. fils; Smith, Plant. ined., tab. 24. Originaire de la Nouvelle-Grenade. 2°. T. lanata, Juss., Ann. du Mus., 6, tab. 59, fig. 1. Des Andes de Quindiu. 3°. T. pinnatistipula, Juss.; Passiflora pinnatistipula, Cavan., Icon., 5, tab. 428. Du Chili. 4°. T. tomentosa, Juss.; P. tomentosa, Cavan., Dissert., 10, tab. 275 et 276. Du Pérou.

La deuxième section a reçu le nom de Bracteogama, parce que les trois bractées qui forment l'involucre sont soudées entre elles en un tube. Elle se compose de neuf espèces, parmi lesquelles on distingue le Tacsonia peduncularis, Juss.; ou Passiflora peduncularis, Cavan., Icon., 5, tab. 426; le Tacsonia tripartita, Juss., loc. cit., tab. 60; et le T. Mixta, Juss., ou Passiflora mixta, Smith, Icon. ined., tab. 25. Ces Plantes sont indigènes du Pérou et de la Colombie.

La troisième section (Distephana) est caractérisée parson involucre petit, à trois folioles libres munies de deux glandes aux aisselles; la gorge du calice porte un tube membraneux et une série de ligules. Le Tacsonia glandulosa, Juss., ou Passiflora glandulosa, Cavan., Dissert., 10, tab. 281, est le type de cette section qui renferme trois autres espèces de Cayenne,

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et auxquelles De Candolle réunit avec doute quelques Plantes nouvelles, mais insuffisamment connues.

Enfin la quatrième section (Psilanthus) se distingue fort bien par l'absence d'involucre floral. Elle ne se compose que du Tacsonia trinervia, Juss., loc. cit., tab. 58; et du T. vïridiflora ou Passiflora viridiflora, Cavan., Icon., 5, tab. 428. Cette dernière espèce fait le passage des Tacsonia aux Passiflora et aux Murucuia. (G..N.)

TADIN. MOLL. Adanson (Voyage au Sénégal, pl. 13) donne ce nom à une espèce de Nérite marine que Gmelin rapporte avec doute au Nerita tessellata; elle parait bien en effet être la même espèce. V. NÉRITE.(D..H.)

TADORNE, OIS. Espèce du genre Canard. Cette espèce est pour Cuvier (Règne Animal) le type d'une sous-division du genre Canard. V. ce mot. (DR..Z.)

TÆNIA. INT. V. TENIA.

TÆNIA. POIS. Espèce du genre Ruban, Cepola. V. ce mot. (B.)

TÆNIANOTE. Tœnianotus. POIS. Ce genre, établi par Lacépède, a été adopté par Cuvier (1re édition du Règne Animal) qui le place parmi les Acanthoptérygiens, à la fin de la section des Peicoïdes, et lui donne pour caractères essentiels de ressembler à des Scorpènes, mais d'avoir le corps très-comprimé verticalement avec la partie épineuse et la partie molle de la dorsale non distinguées l'une de l'autre, et formant un large ruban vertical étendu tout le long du dos, commençant très-avan't et presque entre les yeux. Ce genre ne renferme qu'un petit nombre d'espèces. Dans la deuxième édition de son Règne Animal, Cuvier les distingue à peine des Scorpénes. (AUD.)

TÆNIOIDES OU POISSONS EN RUBAN, POIS. Cuvier a établi sous ce nom une famille de Poissons acauthoptérygiens, qui sont très-allongés, très-aplatis par les côtés et à trèspetites écailles. Cette famille a été divisée (2° édition du Règne Animal, T. II, p. 217) en trois tribus, de la manière suivante:

† Museau allongé; bouche fendue, armée de fortes dents pointues et tranchantes; mâchoire inférieure plus avancée que l'autre.

Genres: LÉPIDOPE, TRICHIURE.

†† Bouche petite et peu fendue.

Genres: GYMNÈTRE, STYLÉPHORE.

††† Museau court, bouche fendue obliquement.

Genres: RUBAN, LOPHOTE. V. ces mots et le Supplément. (AUD.)

TÆNITIS. BOT. CRYPT. (Fougères.) Les Plantes que Swartz a placées dans ce nouveau genre étaient auparavant confondues avec les Pteris; cependant elles en diffèrent par leurs groupes de capsules nus, placés entre le bord et la nervure moyenne et forment une ligne continue ou interrompue parallèle à cette nervure. Le Pteris furcata est le type de ce geme qui comprend encore trois ou quatre espèces à frondes simples ou pinnées, toutes propres aux régions équatoriales. (AD. B.)

TAERNA. OIS. Syn. du Sterna Hirundo de Linné, grande Hirondelle de mer. V. STERNE. (DR..Z.)

TAFALLA. BOT. PHAN. SOUS ce nom, Ruiz et Pavon (Prodr. Flor. Peruv., 136, t. 29) ont établi un genre composé de quelques espèces du Pérou où on les connaît vulgairement sous le nom d'Aytacupi. Voici les caractères que ces auteurs lui attribuent: fleurs dioïques; les mâles disposées en un chaton allongé, cylindroïde, portant des anthères sessiles, tétragones, sans calice ni corolle; les fleurs femelles constituent un chaton ovale, charnu, à quatre ou cinq segmens imbriqués, composé de deux à quatre fleurs qui ont un calice fort petit, supère, tridenté; point de corolle; un ovaire trigone enfoncé dans un chaton; un stigmate trigone, al-

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longé; le fruit est un cône ovale, charnu, renfermant deux à quatre graines trigones. Les espèces qui constituent ce genre, dont le nom a été légèrement changé par Pevsoon en celui de Tavalla, sont des Arbres ou Arbrisseaux résinifères, exhalant une odeur forte, à rameaux opposés, et à feuilles opposées, dentées en scie. Kunth (Nov. Gen. Amer., VII, p. 164) a signalé ce genre comme identique avec l'Hedyosmum. (G..N.)

TAFELDSPATH. min. V. GRAMMIT et WOLLASTONIE.

TAFFETAS, MOLL. Les marchands emploient quelquefois ce nom pour désigner le Conus Tulipa, L.(AUD.)

TAFON. MOLL. Nous avons lu avec attention la description qu'Adanson donne de la Coquille qu'il nomme ainsi. Il est impossible de la rapporter au Purpura lapillus ou à toute autre Coquille connue. Elle doit faire partie, selon nous, du genre Fuseau. (D..H.)

TAFTAF. BOT. PHAN. Selon Lippi et Cailliaud, les Arabes donnent ce nom au Corindum cardiospermum, qui croît sur les bords du Nil et que les chameaux mangent. (G..N.)

TAGAL. MOLL. Adanson (Voy. au Sénég., pl. 19) a donné ce nom à une espèce de Solen que Gmelin rapporte bien à tort au Solen strigillatus. Lamarck ne le cite à aucune de ses espèces. Cette Coquille d'Adanson n'a donc point encore été introduite dans nos catalogues modernes. (D..H.)

TAGENARIOS. OIS. Suivant Gesner, il faut considérer sous ce nom déjà fort ancien, le Lagopède Ptarmigan. V. TÉTRAS. (DR..Z.)

TAGÉNIE. Tagenia. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, famille des Mélasomes, tribu des Piméliaires, distinct des autres de la même division par les caractères suivans: menton carré, à bord supérieur droit ou presque droit; corps oblong, étroit; tête allongée postérieurement derrière les yeux, et portée sur une espèce de cou ou de nœud; antennes presque perfoliées, avec le troisième article guère plus long que les suivans, et le onzième ou le dernier trèspetit, ou réuni avec le précédent; palpes un peu plus épais à leur extrémité; corselet en forme de cœur allongé, tronqué aux deux bouts; abdomen ovalaire. Ce genre ne se compose jusqu'ici que de peu d'espèces, toutes très-petites, habitant pour la plupart le littoral de la Méditerranée, et vivant à terre, souvent cachées dans le sable ou sous des pierres. Il paraît que ce genre avait d'abord été établi par Herbst sous le nom de Stenosis. Celui de Tbgénie que nous lui avons donné a prévalu. Fabricius a rangé, mais avec doute, l'espèce la plus commune, la Tagénie filiforme avec les Akis. Une autre espèce se trouvant aussi en France, mais plus rare, est celle que nous avons nommée Tagenia minuta. (LAT.)

TAGETES. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, type de la tribu des Tagétinées, et de la Syngénésie superflue, L., offrant les caractères suivans: involucre composé de folioles sur une seule rangée, soudées entre elles par leurs bords et dans presque toute leur longueur; ou, eu d'autres termes, involucre simple, tubuleux, marqué de côtes longitudinales, et divisé au sommet en autant de dents qu'il y a de côtes. Réceptacle plan ou un peu convexe, nu, glabre et ponctué. Calathide composée au centre de fleurons hermaphrodites, et à la circonférence de demi-fleurons femelles, souvent au nombre de cinq; fleurons du centre tubuleux, droits, à cinq découpures linéaires, souvent un peu velues en dedans; demi-fleurons de la circonférence à languette très-large et arrondie. Ovaires oblongs, surmontés d'un style filiforme, de la longueur du tube anthéral, et terminé par un stigmate à deux branches réfléchies; akènes oblongs, étroits, comprimés, surmontés d'une

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aigrette composée de trois à six paillettes ou poils rudes, droits, inégaux et subulés. Ce genre se compose d'environ quinze espèces, qui pour la plupart croissent au Mexique et dans les contrées adjacentes de l'Amérique. Quelques-unes en ont été retirées pour être plus convenablement placées dans le genre Bœbera. Cassini a formé son genre Enalcida sur le Tagetes fœniculacea de Desfontaines.

Parmi les Plantes de ce genre le plus anciennement connues, il en est deux que l'on cultive fréquemment dans les jardins, et sur lesquelles nous devons attirer un moment l'attention. Le Tagetes erecta, L., Lamk., Illustr., tab. 684, a été désigné dans les vieux auteurs sous les noms bizarres et incorrects de Caryophyllus indicus, de Flos africanus, d'Othonna major, etc. Encore aujourd bui on lui donne vulgairement celui d'OEillet d'Inde, quoique cette Plante ait pour patrie le Mexique, et non l'Inde proprement dite; mais on donnait autrefois le nom d'Indes - Occidentales aux contrées équinoxiales de l'Amérique, dénomination vicieuse qui a fait commettre beaucoup de semblables erreurs quant à l'origine des objets d'histoire naturelle, et à une époque où l'on ne se doutait guère de la géographie botanique. La tige du Tagetes erecta est droite, presque simple, glabre, striée, fistuleuse, munie de feuilles alternes, pétiolées, ailées, à folioles linéaires-lancéolées, dentées en scie et un peu ciliées sur les bords. Les fleurs sont solitaires aux extrémités de la tige et de ses ramifications; elles sont jaunes ou orangées, offrant d'ailleurs beaucoup de nuances dans les couleurs, et formant ainsi autant de variétés produites par la culture. Cette Plante exhale une odeur forte quand on la froisse entre les mains; elle est cultivée comme Plante d'agrément dans les parterres où elle fleurit à la fin de l'été, et se présente souvent dans un état de monstruosité ou de doublure qui donne naissance à des variétés assez agréables à l'œil.

Le Togetes patula, L., est une autre espèce aussi cultivée dans nos jardins depuis la fin du seizième siècle, et originaire des mêmes contrées que la précédente. Elle a des tiges divisées en rameaux nombreux, touffus et étalés. Ses fleurs sont grandes, d'un jaune orangé, et, de même que dans le T. erecta, elles offrent plusieurs variétés, soit dans leur grandeur, soit dans le mélange des couleurs. (G..N.)

TAGÉT1NÉES. BOT. PHAN. Tribu établie par Cassini dans la famille des Synanthérées. V. ce mot. (G..N.)

TAGNICATI. MAM. Espèce du genre Cochon. V. ce mot. (B.)

TAGONE. Tagona. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Hétéromères, établi par Fischer (Entem. de la Russie) sur deux espèces de la Russie méridionale, qui, à en juger d'après les figures qu'il en donne, semble se rapprocher de celui de Tentyrie. Cependant, par la manière dont se terminent les palpes, par la dilatation des tarses antérieurs, les cils dont ils sont garnis, la forme des antennes, et quelques autres caractères, ce genre avoisine aussi celui d'Hélops. Il s'en éloignerait simplement par l'absence des ailes. Banon nous a communiqué un Hélops de la Turquie européenne qui est aussi aptère. (LAT.)

* TAGUA. BOT. PHAN. Nom donné par les habitans de Santa-Fé de Bogota à une espèce de Loranthus arborescent décrit par Kunth sous le nom de L. Tagua. (G..N.)

TAGUATO. OIS. Plusieurs auteurs désignent sous cette dénomination générale les Accipitres ou Oiseaux de proie. (DR..Z.)

TAGUC. BOT. PHAN. V. CAMANDAG.

TAGYARIOS. OIS. (Suidas.) Même chose que Tagenarios. V. ce mot. (DR..Z.)

TAHIA. OIS. Flacourt donne ce

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nom à une Sarcelle qui paraît être la même que celle de l'île de Luçon. V. CANARD. (DR..Z.)

TAIBI. MAM. (Marcgraaff.) Syn. de MARMOSE. V. DIDELPHE. (B.)

TAILLE - MER. OIS. Syn. vulgaire du Goéland à pieds jaunes. V. MOUETTE. (DR..Z.)

TAILLE-VENT. OIS. (Fleurieu.) Nom que les matelois donnent aux GoËlands, V. MOUETTE. (DR..Z.)

TAILLBUR. OIS. Nom donné vulgairement à la Fauvette couturière. La même désignation spécifique a aussi été appliquée à la Frégate. V. SYLVIE et FRÉGATE. (DR..Z.)

TAIOBA. POIS. (Lacépède.) Espèce du sous-genre Eleotris. V. GOBIE. (B.)

* TAIPA. BOT. PHAN. Selon le docteur F. Hamilton, c'est le nom que porte dans l'Inde une cspèce de Mangifera, décrite par Rumphius Herb. Amb., 1, p. 97, sous le nom de Manga sylvestris secunda. (G..N.)

TAIRA, MAM. Espèce du genre Glouton. V. ce mot. (B.)

TAIT-SON. OIS. Espèce du genre Coua. V. ce mot. (B.)

TALAB. BOT. PHAN. Même chose que Chada. V. ce mot. (B.)

TALAPIOT. OIS. Espèce du genre Picucule de l'Amérique méridionale. V. PICUCULE. (DR..Z.)

TALAUMà. BOT. PHAN. Genre de la famille des Magnoliacées et de la Polyandrie Polygynie, L., établi par Jussieu sur une espèce confondue anciennement avec les Magnolia, et offrant les caractères essentiels suivaus: calice à trois sépales pétaloïdes; corolle composée de neuf à douze pétales; étamines et ovaires, en nombre indéfini, agrégés sur un réceptacle en massue; carpelles réunis en un fruit strobiliforme, ovoïde, ligneux, extérieurement muni d'écailles, s'ouvrant à la maturité en plusieurs parties semblables à des valves, et offrant alors le réceptacle séminifère dénudé; graines au nombre de deux, ou par avortement solitaires dans chaque loge, pendantes et fixées à un fil. Ce genre ne renferme qu'une seule espèce anciennement figurée par Plumier (Généra, p. 38, tab. 7), décrite par Swartz sous le nom de Magnolia Plumieri, et par Lamarck sous celui d'Anona dodecapetala. De Candolle (System. Veget., 1, p. 460) en a donné une description très-détaillée d'après les manuscrits et les dessins de Richard, et il l'a nommée Talauma Plumieri. C'est un Arbre très-élevé qui a le port d'un Magnolia, et qui ne s'en distingue que par la singulière déhiscence de son fruit. Il croît le long des torrens, à la Martinique, à la Guadeloupe et en quelques autres îles des Antilles. (G..N.)

TALC. MIN. Le mot de Talc, comme celui de Spath, s'employait dans l'ancienne minéralogie pour désigner une certaine structure commune à des substances de nature différente. On appelait de ce nom tous les Minéraux qui se divisent avec facilité en lames minces et brillantes. C'est dans ce sens qu'on disait Talc de Moscovie pour dénommer cette variété de Mica en grandes lames transparentes que l'on trouve en Sibérie, et que les Russes font servir à quelques usages; Talc de Venise, pour distinguer une autre substance laminaire d'un blanc verdâtre et très-douce au toucher, que l'on transporte dans cette ville de plusieurs points du Tyrol. Depuis que les minéralogistes considèrent la composition chimique comme la base fondamentale de leurs classifications, le mot de Talc est devenu spécifique suivant les uns, et générique selon d'autres; il ne sert plus qua distinguer un certain groupe de substances tellement rapprochées par leur composition et par leurs caractères extérieurs, qu'on les confond presque toujours entre elles; les différences qu'elles présentent sont en effet si peu tranchées que l'on conçoit sans peine que les minéralo-

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gistes aient été long-temps partagés sur la question de savoir si on doit les considérer comme les variétés d'une seule espèce ou bien comme autant d'espèces distinctes, mais trèsvoisines les unes des autres. Les substances dont nous parlons ici sont ces Pierres magnésiennes très-onctueuses au toucher, que l'on distingue communément par les noms de Talc proprement dit, de Chlorite, de Stéatue et de Serpentine. Les résultats des analyses modernes tendent à faire croire qu'il existe entre elles des différences essentielles de composition, et qu'ainsi l'on doit leur conserver ces dénominations spécifiques; toutefois, comme il est assez difficile de séparer l'histoire du Talc de celle de la Stéatite, et qu'il y a de l'avantage à les étudier comparativement, nous continuerons à les réunir ici sous leur ancien nom commun, et nous renverrons pour la Chlorite et la Serpentine aux articles où il en a été traité d'une manière spéciale.

Le TALC proprement dit; Trisilicate de Magnésie. Substance douce et grasse au toucher, tendre. se laissant facilement rayer par l'ongle ou râcler avec le couteau, et s'offrant sous des formes qui se ramènent à un prisme droit rhomboïdal. Le Talc a fréquemment la structure laminaire; il est divisible en feuillets minces, flexibles, mais non élastiques comme ceux du Mica. Sa forme primitive est, suivant Haüy, un prisme droit rhomboïdal de 120° et 60°, dont les dimensions sont encore inconnues. C'est l'un des Minéraux les plus tendres: les arêtes et les angles de ses cristaux s'émoussent avec la plus grande facilité; passé avec frottement sur une étoffe, il y laisse des taches blanchâtres. Sa pesanteur spécifique est de 2, 7..Sa poussière est douce et savonneuse; son éclat est vitreux, passant quelquefois à l'éclat soyeux ou à un éclat gras adamantin. Il possède deux axes de réfraction, et acquiert par le frottement l'électricité résiueuse. Chauffé seul dans un matras, il ne dégage point d'eau, et ne perd pas sa transparence; à un feu vif, il s'exfolie et blanchit sans se fondre, ou s'arrondit vers les bords en une masse bulleuse; dans le Borax, il se dissout avec effervescence en un verre transparent. Il est composé d'un atome de Maguésie et de deux atomes de Silice, ou en poids de Magnésie 20, et Silice 70. L'Oxide de Fer y fait quelquefois l'office de principe colorant. Les variétés de forme et de structure sont peu nombreuses; elles composent la série suivante:

1°. Le Talc hexagonal: en prisme hexaèdre régulier, produit par la troncature des arêtes longitudinales aiguËs de la forme primitive; cristaux verts du lac de Viana en Piémont. On peut rapporter à cette variété des cristaux en prisme droit triangulaire, qui n'en sont probablement qu'une modification accidentelle due à l'oblitération de trois des pans du prisme hexagonal, ou, si l'on veut, à l'accroissement démesuré des trois autres.

2°. Le Talc laminaire: en feuillets minces, droits ou contournés, d'un vert foncé, d'un blanc verdâtre ou d'un gris jaunâtre. An Saint - Gothard, avec des cristaux rhomboïdaux de Dolopmie; au Tyrol dans le Zillerthal; au Taberg en Suède.

3°. Le Talc lamellaire: en petites lamelles ordinairement flexueuses, blanches, jaunâtres ou rosâtres. A Snarum, près Modum, en Norvège; à Guauaxuato, au Mexique; à Easton, aux Etats-Unis d'Amérique.

4°. Le Talc écailleux appelé fort improprement Crale de Briançon: en masses qui se divisent par écailles, et sans offrir de joints continus. A Prasles, en Piémont.

5°. Le Talc fibreux. Blanc, vert, ou gris jaunâtre; composé de fibres rayonnées.

6°. Le Talc endurci: en masses fibreuses ou un peu compactes qui ont pris plus de dureté.

7°. Le Talc pulvérulent: en masse terreuse ou argiloïde d'un gris blan-

TOME XVI. 2

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châtre. A Boutbois, au nord d'Héric, près de Nantes, au Brésil, à Cantagallo et à Minas-Geraes.

Le Talc appartient aux terrains primordiaux, où on le rencontre en lits ou couches subordonnées au milieu des Micaschistes, des Calcaires, des Dolomies, des Serpentines et des Phyllades; il est la base des Stéaschistes, et entre dans la composition de plusieurs Roches de la même époque, telles que les Ophiolites et les Ophicalces. Quant aux variétés minéralogiques de Talc pur, on les trouve assez communément dans les terrains où abondent les Roches magnésiennes et amphiboliques. Le Talc laminaire ne se rencontre qu'en petites masses et superficiellement; il ne forme à lui seul ni filons, ni lits, ni couches; il s'associe fréquemment au Quartz, au Feldspath, au Grenat, à la Dolomie. Le Talc écailleux et le Talc endurci se rencontrent au contraire en couches assez puissantes; le dernier abonde dans tous les endroits où l'on observe la Stéatite et la Serpentine.

Le Talc est employé à différens usages; la variété laminaire d'un blanc nacré légèrement verdâtre, que l'on recueille au Zillerbhal et dans l'Oberwald en Tyrol, est transportée à Venise où elle est connue dans le commerce sous le nom de Talc de Venise. Quand elle est pulvérisée, broyée et réduite en pâte fine, on en compose des crayons colorés que l'on nomme pastels. La propriété dont jouit sa poussière de rendre la peau isse et luisante, et de lui donner une apparente fraîcheur, la fait employer comme cosmétique; elle est la base du fard dont se servent les femmes, et dont le principe colorant est le rouge de carthame; on fabrique également ce cosmétique avec le Talc blanc écailleux, dit Craie de Briançon, que les Briançonnais tirent de la montagne Rousse, près de Fenestrelles; du hameau de Brailly, dans la vallée de Saint-Martin, et de Prasles en Piémont. Ce même Talc écailleux, dans son état naturel, est employé par les tailleurs en guise de craie pour tracer leurs coupes sur les étoffes; enfin on se sert du Talc pulvérulent pour dégraisser les soies, pour diminuer le frottement des machines et pour faciliter l'entrée des pieds dans les bottes neuves.

La STÉATITE. Silicate de Magnésie hydraté; Talc Stéatite, Haüy. Substance à structure non lamelleuse, très-onctueuse au toucher, et donnant de l'eau par la calcination; elle diffère du Talc proprement dit en ce qu'elle n'offre aucune trace de structure cristalline, et que les formes régulières sous lesquelles on la reucontre quelquefois sont empruntées à d'autres Minéraux. Elle a la cassure inégale, mate, souvent écailleuse; elle est tendre; se laisse rayer facilement par l'ongle et couper au couteau comme du savou; sa râclure est blanche, quelle que soit la couleur de l'échantillon. Elle est susceptible de poli. Sa pesanteur spécifique est de 2, 6 à 2, 8. Au chalumeau, elle blanchit et fond difficilement en émail, ou se réduit en une pâte blanche. Sa couleur la plus ordinaire est le blanc; elle passe à des teintes différentes de gris, de jaune, de vert, de rose et de rouge; elle est composée d'un atôme de bisilicate de Magnésie et d'une proportion d'eau qui n'est pas encore connue exactement. La Stéatite de Bayreuth, analysée par Klaproth, lui a donné 59, 50 de Silice, 30, 50 de Magnésie, 2, 50 d'Oxide de Fer, et 5, 50 d'Eau.On distingue parmi les variétés de Stéatite: la Stéatite fibreuse, Stéatite asbestiforme de Saussure. Elle ressemble à de l'Asbeste dur, mais ses fibres sont grossières et inégales; elles sont beaucoup plus tendres, disposées parallèlement entre elles ou en faisceaux divergens. Au Saint-Gothard; dans la vallée d'Ala, en Piémont; en Norvège, dans la Serpentine; en Sibérie, près d'Ekaterinebourg. La Stéatite granulaire. Grisâtre ou gris-bleuâtre, à structure grenue ou oolitique. La Stéatite compacte ou endurcie. Plus dure que les précédentes; à structure

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parfaitement compacte; à cassure luisante ou terne, inégale ou cireuse; blanche, verte, rosâtre et souvent marbrée. En Corse, en Saxe, en Bohèrne, en Sibérie, etc. La Stéatite terreuse, vulgairement nommée Craie d'Espagne. A cassure écailleuse, trèsfriable; elle accompagne la Stéatite endurcie. Au cap Lézard, en Cornouailles; dans les moutagues de l'Aragon. La Stéatite dendritique. Compacte, blanche, avec dendiites noirâtres, dues à des particules de Fer ou de Manganèse, ou, comme le pense le docteur Schneider, à des particules de Graphite. A Wunsiedel et à Gopfersgrün, près de Thiersheim, dans la principauté de Bayreuth. La Stéatite pseudomorphique ou polyédrique. Se montrant sous des formes régulières qui appartiennent à d'autres espèces, telles que le Quartz hyalin, le Calcaire spathique, le Calcaire brunissant, etc., et dont la Stéatite s'est bornée à copier la figure extérieure sans conserver aucune trace de leur structure interne.

On ne peut douter que les corps réguliers dont il s'agit ne soient de véritables pseudomorphoses, c'est-àdire que la Stéatite n'offre ici des formes d'emprunt dont les types préexistaient dans d'autres cristaux qui lui ont cédé leur place. Mais comment s'est opéré le remplacement de la substance de ces cristaux par la matière stéatiteuse? C'est ce qu'on n'a pu jusqu'à présent expliquer d'une manière satisfaisante; il est seulement probable que cette substitution a eu ieu graduellement par des causes chimiques qui agissaient à la fois pour détruire ou dissoudre les particules de la première substance, et pour déposer celles du nouveau corps en leur place. On ne peut admettre en effet que ces formes empruntées aient été produites, comme après coup, par une sorte de moulage dans des cavités régulières qui seraient restées libres après la destruction des premiers cristaux, car ici la matière de la pseudomorphose et celle de la gangue environnante ne diffèrent aucunement par leur nature, et elles ont été par conséquent de formation contemporaine. On distingue dans la Stéatite polyédrique les sous-variétés suivantes:

1. La Stéatite quartziforme. En Quartz hyalin prismé; à Gopfersgrün et à Wunsiedel, dans le pays de Bayreuth, dans un lit d'Argile, et à Altenberg, en Saxe, En Quartz émarginé, dans la vallée de Biel, près du glacier du Mont-Rose, au milieu de la Serpentine. Ces petits corps réguliers sont implantés dans une Stéatite amorphe de même nature, avec laquelle ils se confondent. Ils n'offrent aucune différence dans la mesure de leurs angles avec les cristaux de Quartz auxquels nous les rapportons, et plusieurs ont comme ceux-ci des stries qui sillonnent transversalement les pans de leurs prismes. On trouve souvent, dans la même Stéatite ou dans le voisinage, de véritables cristaux de Quartz qui sont restés intacts.

2. La Stéatite calcariforme. En calcaire spathique rhomboïdal, primitif ou équiaxe; en calcaire métastatique; en rhomboïdes contournés, comme ceux du Calcaire brunissant; dans la Stéatite de Bayreuth.

3. La Stéatite feldspathiforme. En Feldspath quadrihexagonal; à Carlsbad en Bohême, dans un Grauite; à Niederschona, près de Freyberg. Cette dernière pseudomorphose présente cela de remarquable que l'altération a commencé par le centre du cristal, et que la partie extérieure a souvent conservé la dureté et le tissu lamelleux du Feldspath de Bonnard.

On a rapporté à la Stéatite une substance qui a beaucoup de rapports avec elle par ses caractères extérieurs, et que l'on trouve à la Chine, d'où elle nous est rapportée sous la forme de petites figures grotesques appelées Magots. Il est possible que la matière de quelques-uns de ces petits bustes ait été fournie par la véritable Stéatite; mais, dans le plus grand nombre de cas, la substance qui les compose est sensiblement plus dure, quoi-

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qu'elle se laisse encore rayer par l'ongle; elle est infusible, et se distingue surtout de la Stéatite par l'absence de la Magnésie et par la présence de l'Alumine et d'une quantité notable de matière alcaline. Haüy l'a décrite sous le nom de Talc graphique; mais les minéralogistes modernes s'accordent à la considérer comme formant une espèce distincte du Talc et de la Stéatite qu'ils placent à la suite des Silicates alumineux. Elle a reçu un grand nombre de dénominations différentes: on l'a nommée Agalmatolite, Koreite, Lardite, Pierre de lard, Pierre à Magots, Pagodite, Glyphite.

Léonhard regarde la Pimélite de Kosemütz et de Baumgarten en Silésie comme n'étant qu'une simple variété de Stéatite colorée par l'Oxide de Nickel; mais cette substance terreuse, d'un vert pomme, pourrait bien constituer une espèce à part, si l'on en juge d'après une analyse de Klaproth qui ne l'a trouvée formée que de Silice, d'Oxide de Nickel et d'Eau.

Enfin, il est encore une substance qu'on pourrait être tenté de rapporter à la Stéatite, et qui n'en diffère que par une petite quantité d'Alumine. C'est le Minéral connu sous le nom de Pierre de savon (Seifenstein) que l'on trouve en veines dans la Serpentine du cap Lézard, en Cornouailles. Il est grisâtre ou bleuâtre, et souvent bariolé ou tacheté; sa surface est très-onctueuse. Son analyse par Klaproth a donné le résultat suivant: Silice, 45; Alumine, 9, 25; Magnésie, 24, 75; Oxide de Fer, 1; Eau, 18.

La Stéatite appartient aux terrains primordiaux de sédimens, et aux terrains de sédimens inférieurs; elle accompagne presque toujours la Serpentine, au milieu de laquelle elle forme des veines dans toutes sortes de directions, et plus rarement des amas irréguliers ou des lits. Elle est commune dans les Serpentines de la Corse, des Pyrénées, d'Espagne; dans celles de la vallée d'Aost et de la montagne Rousse, en Piémont; du cap Lézard et de Saint-Cleer en Cornouailles; de Portsoy, des îles de Sky et d'Arran en Ecosse, de l'île d'Anglesca, de Zæblitz et d'Ehrenfriedersdorf, en Saxe; de Kazzenberg et d'Erbendorf en Bavière. On la rencontre quelquefois dans les filons métallifères (en Suède, en Hongrie) et dans les Roches trappéennes (aux îles FeroË, dans le Basalte; dans la mine Weierhecke, près de Tringenstein).

On a étendu le nom de Talc à diverses substances minérales qui n'appartiennent pas à ce genre.

TALC BLEU. Syn. de Disthène. V. ce mot.

TALC DE BRIANÇON. Variété écailleuse du Talc lamellaire ou de la Stéatite. V. TALC.

TALC CHLORITE. V. CHLORITE.

TALC GRANULEUX. V. NACRITE.

TALC GRAPHIQUE. V. PAGODITE et TALC STÉATITE.

TALC DE MOSCOVIE. V. MICA LAMINAIRE.

TALC OLLAIRE. V. SERPENTINE.

TALC DE VENISE. Variété de Talc laminaire du Tyrol, que l'on transporte à Venise pour les besoins du commerce.

TALC ZOGRAPHIQUE. V. CHLORITE et TERRE VERTE. (G. DEL.)

TALÉGALLE. Talegalla. OIS. Genre de l'ordre des Gallinacés. Caractères: bec très-robuste et trèsépais, égalant la longueur du tiers de la tête, comprimé en dessus; mandibule supérieure convexe, entamant les plumes du front; narines placées de chaque côté, à la base, ovalaires, oblongues, percées dans une membrane large; mandibule inférieure moins haute, mais plus large que la supérieure, presque droite en dessous, obliquement taillée en bec de flûte à sa pointe, à bords lisses, à branches écartées à la base, et l'écartement rempli par une membrane emplumée; tête et cou garnis de plumes à barbules; joues entièrement nues; ailes arrondies, médiocres; première rémige très-courte,

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la deuxième un peu plus longue, la troisième dépassant toutes les autres, les quatrième et cinquième diminuant de longueur après la troisième; queue assez longue 9 arrondie; tarses assez robustes, médiocrement longs, garnis de larges scutelles en devant; doigts assez longs: celui du milieu le plus allongé, l'externe le plus court, les trois de devant garnis a leur naissance d'un rebord membraneux, plus large entre les doigts externes et médians; ongles convexes, aplatis en dessous, légèrement recourbés et médiocrement robustes; le pouce est long, appuyant en entier sur le sol, et garni d'un ongle également robuste. Ce genre, nouvellement établi par Lesson, ne se compose encore que d'une seule espèce découverte par ce savant dans les forêts de la Nouvelle-Guinée. Comme il ne nous dit rien de scs mœurs et de ses habitudes, tout fait penser qu'il n'aura pu rencontrer aucune occasion d'observer particulièrement l'Oiseau. D'après l'indication des caractères génériques, les Talégalles, dont le nom est composé des mots Taleva et Gallus, deux Oiseaux différens qui rappellent le Talégalle dans ses formes, pourraient prendre place dans la méthode immédiatement après les Peintades.

TALÉGALLE DE CUVIER, Talegalla Cuvierii, Less. Plumage entièrement noir. Taille, celle d'une Poule moyenne. De la Nouvelle-Guinée où l'espèce paraît être fort rare. (DR..Z.)

TALÈVE. Porphyrio. OIS. Genre de la seconde famille de l'ordre des Gralles. Caractères: bec fort, dur, épais, conique, presque aussi haut que long, plus court que la tête; arête de la mandibule supérieure déprimée, se dilatant jusque très-avant sur le crâne; narines placées de chaque côté du bec, près de l'arête, percées dans la masse cornée, à peu près rondes, ouvertes de part en part; pieds longs et robustes; doigts allongés: les antérieurs entièrement divisés, garnis sur les côtés de petites membranes très-étroites; ailes médiocres; la première rémige plus courte que les deuxième, troisième et quatrième qui sont régulièrement étagées.Les Talèves, que l'on nomme Porphyrions ou Poules sultanes, sont de charmans Oiseaux aquatiques, revêtus pour la plupart de couleurs fort éclatantes; ils habitent les fleuves et les rivières, mais plus souvent les lacs, les marais et les basfonds que la saison des pluies couvre d'eau qui s'y maintient pendant une partie de l'année. Daus leur manière e vivre, ils diffèrent assez peu des Gallinules; seulement on les voit, pour leur nourriture, rechercher les fruits et les graines de préférence aux feuilles et autres parties des Végétaux, ainsi qu'au poissou dont s'accommodent plus ordinairement les Gallinules; aussi, par ces motifs, sontils plus souvent à terre, occupés de cette recherche, et courapt à travers les champs cultivés et ensemencés de riz et de maïs surtout, que nageant à la surface des eaux ou plongeant dans leur sein. Ce n'est point qu'ils y manquent des grâces et de la facilité que l'on remarque dans la plupart de ces Oiseaux qui, quoique privés des larges membranes servant de rames aux Palmipèdes, se tirent néanmoins avec une adresse et une aisance admirables de tous les genres de natation; au contraire, ils en étalent beaucoup plus encore que les autres, et ont eu outre cet avantage, qu'ils sont également prompts et agiles à la course. La disette de leurs alimens favoris les porte à pénétrer quelquefois dans les forêts où les attire sans doute l'espoir de rencontrer ces amandes qu'une enveloppe solide et dure préserve pendant un temps plus long de la pourriture ou de la germination. A l'aide de leur bec fortement armé d'énormes mandibules, ils parviennent sans efforts apparens à briser ces enveloppes ligneuses, et à dégager la portion nutritive dont ils sont très-friands et qu'ils portent au bec, de même que toutes les autres nourritures, avec

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les doigts de l'un des tarses, et en se tenant debout sur l'autre. Quoique les Talèvcs soient propres aux contrées les plus chaudes du globe, une espèce néanmoins se trouve abondamment répandue dans toutes les parties méridionales de l'Europe. En est-elle originaire? s'y est-elle établie accidentellement? est-elle la même espèce qui jadis excita si éminemment la sensibilité des maîtres du monde en gastronomie comme ils le furent en puissance? Ce sont des questions que l'on a bien des fois agitées sans les avoir résolues d'une manière satisfaisante. Ces Oiseaux en général sont timides et craintifs; on les a vus cependant déployer un grand courage en diverses circonstances, et même dans les pièges où ils se trouvaient pris. Leur humeur solitaire et tranquille les retient éloignés des lieux habités; c'est là qu'ils cèdent au besoin de se reproduire: leur nid fort ample, mais négligemment arrangé, consiste en toute espèce de débris de végétaux sur lesquels sont déposés de la mousse et du duvet. La ponte est de trois ou quatre œufs blancs et parfaitement ronds. Il est possible que le genre Talève soit nombreux en espèces; mais tout porte à croire que beaucoup d'auteurs ont regardé comme telles de simples variétés d'âge ou les mêmes individus aux différentes époques de la mue. Nous ne rapportons ici que les espèces qui paraissent bien constatées et généralement adoptées.

TALÈVE BLANC, Porphyrio albus, Lath. Plumage entièrement blanc; bec, membrane frontale et pieds rouges. Taille, vingt pouces. Les jeunes sont d'un bleu cendré; ils ont le bec et la membrane d'un rouge terne, et les pieds grisâtres. Del'île de Norfolk.

TALÉVE ÉMERAUDIN, Porphyrio smaragdinus, Temm., Ois. color., pl. 421; Porphyrio indicus, Horsf. De Java.

TALÈVE A MANTEAU NOIR, Porphyrio melanotus, Temm. De la Nouvelle-Hollande.

TALÈVE A MANTEAU VBBRBT, Porphyrio smaragnotus, Temm. Des côtes méridionales de l'Afrique.

TALÈVE MEUNIER, Porphyrio pulverulentus, Temm., Ois color., pl. 405. Taille, quatorze pouces et demi. Des côtes méridionales de l'Afrique.

TALÈVE PORPHYRION, Porphyrio hyacinthinus, Temm. Parties supérieures d'un bleu foncé éclatant, de même que les tectrices alaires, les rémiges, les rectrices et la poitrine; joues, gorge, devant et côtés du cou d'un brun bleu verdâtre pâle; occiput, nuque, cuisses et abdomen d'un bleu foncé; tectrices subcaudales blanches; bec d'un rouge vif, ainsi que la plaque frontale et coronale qui est presque de niveau avec l'arête du bec, et vient aboutir derrière les yeux; pieds et doigts d'un rouge de chair pâle, l'intermédiaire, sans l'ongle, plus long que le tarse. Taille, dix-huit pouces. Des contrées méridionales de l'Europe. (DR..Z.)

TALI-BOCOMPOL-MERA. BOT. PHAN. (Rumph.) V. CLOMPAN.

TALIEBOEBOT. REPT. OPH. V. CORA-CORAS.

* TALIERA. BOT. PHAN. Le Corypha Taliera, Roxburgh (Corom., 3, p. 51, tab. 255 et 256), a été érigé en un genre particulier sous le nom de Taliera par Martius (Genera Palm., p. 10) qui l'a ainsi caractérisé: fleurs sessiles, hermaphrodites; spathes nombreuses incomplètes; calice trifide; corolle à trois pétales; six étamines, cohérentes à la base en une cupule insérée au-dessous des pistils; trois ovaires, cohérens par leur côté interne; style court; stigmate non distinct; trois baies mouospermes, qui rarement parviennent toutes à la maturité; albumen homogène, creux; embryon vertical. L'espèce sur laquelle ce genre a été constitué, est un Palmier de l'Inde Orientale dont le stipe est marqué de cicatrices annulaires; les frondes sont palmées-flabelliformes, étalées en éventail arrondi; les fleurs, petites, verdâtres,

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sont disposées en un régime trèsrameux, terminal, dressé, à rameaux étalés; les baies sont d'une couleur olivâtre. (G..N.)

TALIGALÉE. Taligalea. BOT. PHAN. Aublet, dans son ouvrage sur les Plantes de la Guiane, a établi sous ce nom un genre qui appartient à la famille des Verbénacées et à la Didynamic Angiospermie du Système sexuel. Linné fils a changé ce nom en celui d'Amasonia qui a été adopté par Vahl, Persoon, Kunth et la plupart des auteurs modernes. D'un autre côté, Necker a encore surchargé la synonymie en conférant à ce genre le nom de Diplostema. Voici ses caractères principaux: calice quinquéfide; corolle tubuleuse, beaucoup plus longue que le calice, ayant le limbe à cinq segmens presque égaux; quatre étamines à peine didynames; stigmate biparti; drupe entourée par le calice persistant, à deux ou quatre osselets uniloculaires, monospermes. Le type de ce genre est le Taligalea campestris, Aubl., Guian., 2 p. 625, tab. 252; Amasonia erecta, Vahl, Eclog., 2, p. 512 Sa tige est herbacée, haute d'environ trois pieds, garnie de feuilles aiternes, lancéolées-ovales, légèrement dentées en scie et scabres. Les fleurs sont jaunes, penchées, tournées d'un même côté, disposées en grappe terminale. Cette Plante croît à la Guiane. Vahl en a décrit une seconde espèce indigène de l'île de la Trinité, sous le nom d'Amasonia punicea. Enfin Kunth en a fait connaître une nouvelle espèce arborescente (A. arborea) qui croît près de Javita dans les Missions de l'Orénoque. (G..N.)

* TALINASTRÜM et TALINELLUM. BOT. PHAN. (De Candolle.) Sous-genres du Talinum. V. ce mot.(G..N.)

TALINUM. BOT. PHAN. Genre de la famille des Portulacées et de la Dodécandrie Monogynie, L., établi par Adanson qui le composait des espèces de Portulaca dont la capsule était trivalve. Adopté par les botanistes modernes, il a été augmenté de plusieurs espèces nouvelles, dont quelques-unes ont été érigées par Kunth en un genre particulier sous le nom de Calandrinia. Voici les caractères essentiels du genre Talinum ainsi réduit par Haworth et De Candolle: calice caduc, à deux sépales opposés et ovales; cinq pétales hypogynes ou insérés à la base du calice, libres ou légèrement soudés dans leur partie inférieure; dix à vingt étamines insérées au même point que les pétales, et souvent un peu adhérentes avec ceux-ci; style filiforme, fendu au sommet en trois stigmates étalés ou réunis en tête, et figurant un stigmate simple; capsule a trois valves, uniloculaire et polysperme; graines aptères fixées à un placenta central. Ce genre se compose de Plantes herbacées ou suffrutescentes, glabres et charnues. Leurs feuilles sont alternes, très-entières; leurs fleurs sont fugaces, s'ouvrent sous l'influence d'un beau soleil, et sont disposées en cimes ou en grappes. Elles croissent en Amérique, tant septentrionale que méridionale, à l'exception d'une seule espèce qui se trouve en Arabic, et qui forme le genre Orygia de Forskahl. De Candolle (Prodr. Syst. Veget., 3, p. 356) a distribué les onze espèces connues jusqu'à ce jour en trois groupes qui pourront par la suite former autant de genres particuliers.

Lie premier est le Phemeranthus de Rafinesque, ou Talinum de Pursh et Nuttall. Ce sont des Plantes grasses herbacées ou vivaces, remarquables en ce que leurs trois stigmates sont ramassés de manière à imiter un stigmate simple. Les feuilles sont cylindriques; les fleurs disposées en cime dicnotome. C'est à ce groupe que se rapportent: le Talinum teretifolium, Pursh, qui croît dans l'Amérique septentrionale, et le T. napiforme, nouvelle espèce du Mexique.

Le second groupe a été nommé Talinastrum, et se compose de cinq espèces, parmi lesquelles nous cite-

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rons le Talinum crassifolium, Willd., ou Portulaca crassifolia, Jacq., Hort. Vindob., 3, tab. 52; le T. patens, Willd., Portulaca patens, Jacq., loc. cit., 2, tab. 151, Rulingia patens, Ehrarth; et le T.cuneifolium, Willd., ou Orygia portulacifolia, Forsk., Fl. Arab. descript., 103. Ces Plantes sont indigènes des contrées chaudes de l'Amérique équinoxiale et des Antilles; la dernière croît dans l'Arabie heureuse près d'Hadie. Elles se distinguent par leur style filiforme, à trois stigmates distincts et étalés, et par leur ovaire globuleux. Ce sont de petits Arbrisseaux un peu charnus, à feuilles planes, à fleurs en panicule ou en corymbe lâche.

Sous Je nom de Talinellum, De Candolle comprend quatre espèces du Pérou et des régions adjacentes de l'Amérique septentrionale, décrites par Ruiz et Pavon et par Kunth. Ces Plantes sont herbacées et probablement toutes annuelles; elles ont un style épais, surmonté de trois stigmates épais, presque plans. Cette section se rapproche beaucoup du Calandrinia, dont elle ne diffère que par la caducité du calice. (G..N.)

TALIPOT. BOT. PHAN. Syn. de Corypha umbraculifera. (B.)

TALISIA. BOT. PHAN. Ce genre est composé d'un petit nombre d'Arbres et d Arbustes originaires des régions tropicales d'Amérique. Leurs feuilles sont grandes, alternes, pennées sans impaire, dénuées de stipules. Leurs fleurs sont disposées en grandes panicules. Le calice est fendu jusqu' audelà du milieu en cinq lobes; les pétales, au nombre de cinq, sont alternes avec les lobes du calice, et munis intérieurement, au-dessus de leur base, d'un long appendice couvert de poils; le disque est très-charnu, son bord régulier se prolonge entre les pétales et les filets; les étamines, au nombre de huit, sont insérées sur le disque autour d'un ovaire situé au centre de la fleur; le stigmate est presque sessile, divisé à son sommet en trois dents très courtes; l'ovaire renferme trois ou quatre loges uniovulées; les ovules sont insérés au fond des loges, dressés; le fruit n'a point encore été décrit. Le Talisia a été placé par Aublet dans l'Octandrie Monogynie de Linné, et par Jussieu dans la famille des Sapindacées, où il doit, selon nous, prendre place non loin du Cupania et du Nephélium; nous pensons cependant que son rang, dans la série des genres de cette famille, ne pourra être décidément fixé que lorsque son fruit sera connu. (CAMB.)

TALITRE. Talitrus. CRUST. Genre de l'ordre des Amphipodes, famille des Crevettines, qui, suivant la Méthode de Milne Edwards, exposée dans une belle Monographie des Crustacés de cet ordre, appartient à sa tribu des Crevettines sauteuses, ou celles dont le corps est fortement comprimé latéralement, avec les divisions latérales des premiers segmens thoraciques grandes, clypéiformes, el les hanches des dernières paires de pates fort grandes. Il s'éloigne maintenant des autres genres de cette tribu par les caractères suivans: antennes supérieures beaucoup plus courtes que les inférieures, et de la longueur à peine de celle de leur pédoncule; palpe des mandibules nul ou simplement rudimentaire. Aucune des pâtes terminée par un renflement ou dilatation en manière de main, avec un crochet ou doigt susceptible de se courber en dessous. Ce dernier caractère distingue ce genre de celui d'Orchestie qui en est très-voisin. La seule espèce connue et très-commune sur nos côtes est la TALITRE SAUTEUSE, Gammarus locusta, Fabr.; Oniscus locusta, Pall., Spicil. Zool., IX, tab. 4, fig. 7. Milne Edwards en a observé deux autres, qui lui ont paru inédites. Il les publiera bientôt dans les Annales des Sciences naturelles. (LAT.)

TALLARET. OIS. Syn. vulgaire de la Mouette rieuse. V. MOUETTE. (DR..Z.)

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TALLO. BOT. PHAN. Syn. d'Arum esculentum à Otaïti. V. GOUET. (B.)

TALPACOTA. OIS. Espèce du genre Pigeon. V. ce mot. (B.)

TALPOIDE. MAM. (Lacépède.) V. ASPALAX et BATHYERGUS.

TAMAG. BOT. PHAN. L'un des noms indiens de la Zédoaire. (B.)

TAMAGAS. OIS. Vieux mot par lequel on désignait en Languedoc les deux principales espèces du genre Pie-Grièche. V. ce mot. (DR..Z.)

* .TAMALAPATRÆ. BOT. PHAN. (L'Ecluse.) Nom indien donné à la feuille du Laurier, que Lamarck a regardé comme une espèce distincte du Cannelier sous le nom de Malabathrum emprunté des pharmacies. V. LAURIER. (B.)

TAMANDUA. MAM. Espèce du genre Fourmilier. V. ce mot. (B.)

TAMANDUA-GUACA. MAM. (Marcgraaff.) V. TAMANOIR au mot FOURMILIER.

TAMANOIR, MAM. Espèce du genre Fourmilier. V. ce mot. (B.)

TAMARA, BOT. PHAN. V. PADA-MACTU.

TAMARAKA. BOT. PHAN. V. MARAKA.

TAMAR-HENDI. BOT. PHAN. (Delile.) Même chose que Tamarin. V. TAMARINIER. (B.)

TAMARIN, MAM. Espèce du genre Ouistiti devenue type d'un sous-genre. V. OUIST1TI. (B.)

TAMARINIER. Tamarindus. BOT. PHAN. Genre de la famille des Légumineuses, tribu des Cassiées, offrant les caractères suivans: calice à cinq sépales soudés en un tube par la base; trois supérieurs libres, réfléchis supérieurement et oblongs; deux inférieurs cohérens eu un seul lobe, plus larges, à deux nervures et souvent bidentés au sommet. Corolle à trois pétales alternes avec les trois sépales supérieurs; deux ovales renflés en capuchon vers le milieu. Etamines au nombre de neuf à dix dont deux ou trois plus longues, monadelphes, anthérifères; sept plus courtes, stériles. Style subulé. Légume pédicellé, en forme de sabre, comprimé, uniloculaire, à valves charnues, pulpeuses entre l'épisperme et l'endosperme, renfermant trois à six graines ovoïdes-carrées, à troncature oblique vers le hile, à cotylédons inégaux à la base. Ce genre ne se compose que d'une seule espèce, car la Plante américaine paraît n'être qu'une simple variété de celle que nous allons décrire succinctement et qui a été transportée dans toutes les colonies des pays chauds.

Le TAMARINIER DE L'INDE, Tamarindus indica, L., Rhéede, Hort. Malab., 1, tab. 23, est un Arbre originaire des Indes-Orientales, de l'Afrique et surtout de l'Egypte. Son tronc est très-élevé, revêtu d'une écorce brune et gercée, divisé supérieurement en branches fort étendues et garnies de feuilles également pinnées sans impaires, composées de dix à quinze paires de folioles presque sessiles, elliptiques, obtuses et équilatérales à leur base. Les fleurs, roses ou d'un jaune-verdâtre et assez grandes, sont disposées en grappes un peu pendantes, situées au sommet des rameaux. Les fruits sont des gousses à valves épaisses, longues de quatre à cinq pouces, un peu recourbées, d'une couleur brune-rougeâtre, remplies d'une pulpe jaunâtre ou d'un rouge brun. Le Tamarin du commerce est cette pulpe que l'on envoie séparée de sa gousse et contenant encore les graines ainsi que les filamens dont elle est naturellement entremêlée avant de l'expédier en Europe. On lui fait subir une légère coction dans des bassines de cuivre, afin de l'empêcher de moisir. Elle est alors d'une couleur rouge-noirâtre, d'une consistance pâteuse, d'une odeur vineuse et d'une saveur aigrelette sucrée et un peu astringente. La pulpe de Tamarin, analysée par Vauquelin (Annales de Chimie, T.V, p. 92), a fourni les résultats suivans:

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Acide citrique, 9, 40; Acide tartrique, 1, 55; Acide malique, 0, 45; surtartrate de Potasse, 3, 25, Sucre, 12, 50; Gomme, 4, 70; Gelée végétale, 6, 25; Parenchyme, 34, 35; Eau, 27, 55. La grande quantité de sucre contenue dans la pulpe de Tamarin ne paraît pas y être inhérente. Cette quantité n'est aussi considérable que parce que l'on y ajoute du sucre par couches alternatives pour la conserver; du moins c'est ainsi que l'on agit aux Antilles et dans diverses contrées de l'Inde. La pulpe de Tamarin ayant été préparée dans des bassins de cuivre, où probablement on la laisse séjourner pendant un temps plus ou moins long, il arrive assez souvent qu'elle renferme du cuivre; on reconnaît la présence de ce métal vénéneux en y plongeant une lame de fer bien polie, sur laquelle le cuivre se revivifie. La falsification des Tamarins est une des plus fréquentes de la droguerie: c'est surtout avec des pruneaux réduits en pulpe, à laquelle on mâle des fibres de racines de fraisier, et que l'on acidulé au moyen de l'Acide tartrique et même de l'Acide sulfurique. Cette falsification se reconnaît facilement par les sels de Baryte, si l'Acide employé est le sulfurique; mais lorsqu'on s'est servi de l'Acide tartrique, il n'y a guère moyen de reconnaître bien positivement cette fraude.

On emploie la pulpe de Tamarin comme médicament purgatif et rafraîchissant: on en fait bouillir une once dans une pinte d'eau, et l'on administre cette décoction, convenablement édulcorée, dans les maladies aiguËs qui réclament les antiphlogistiques. A une dose plus élevée (deux onces dans une pinte d'eau bouillie pendant un quait-d'heure), cette boisson devient laxative. Le Tamarin est employé en Egypte et au cap de Bonne-Espérance pour assaisonner les viandes. Les peuples de l'intérieur de l'Afrique en font des provisions pour les voyages qu'ils entreprennent dans ces contrées brûlantes: cette pulpe leur fournit des boissons acidules propres à calmer la soif, et dont les effets n'ont rien de nuisible à la santé des voyageurs.

(G..N.)

TAMARIS OU TAMARISC. Tarmarix. BOT. PHAN. Les anciens auteurs et Tournefort donnaient à un genre de Plantes le nom de Tamariscus, que Linné abrégea en celui de Tamarix, et qui fait partie de la Pentandrie Trigynie du système sexuel. Il était placé par Jussieu dans la famille des Portulacées; mais Desvaux, dans un Mémoire lu à l'Institut en 1815, et dans les Annales des Sciences naturelles pour 1827, établit sur ce genre la petite famille des Tamariscinées qui a été adoptée par les auteurs modernes, V. TAMARISCINÉES. Cet auteur élimina du genre Tamarix les espèces à étamines monadelphes (Tamarix germanica, L., etc.) dont il forma le genre Myricaria (V. ce mot) et réduisit le genre Tamarix à celles qui offraient quatre à cinq étamines. Voici ses caractères essentiels: calice profondément divisé en quatre ou cinq segmens; corolle à quatre ou cinq pétales; étamines au nombre de quatre à cinq, alternes avec les pétales presque entièrement libres; ovaire longuement atténué au sommet, surmonté de trois stigmates longs, divergeas et glanduleux; capsule triangulaire, à trais valves, renfermant un grand nombre de graines insérées à la base des valves ou dressées presqu'au fond de la capsule. Aigrette des graines composées d'un grand nombre de poils simples. Dans le troisième volume du Prodromus Systematis Vegetabilium, De Candolle a décrit dix-huit espèces de Tamariscs qui sont des Arbustes ou des Herbes croissant pour la plupart dans les contrées chaudes et tempérées de l'ancien monde. Plusieurs sont indigènes des contrées orientales, principalement de la Sibérie et des environs de la mer Caspienne; quelques - unes se trouvent au Sénégal, dans l'Inde-Orientale et en Chine. Parmi ces Plan-

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tes nous citerons seulement la plus commune.

Le TAMARISC DE FRANCE, Tamarix gallica, L.; Blackw., Herb., tab. 351; Tamariscus Narbonensis, Lobel. Icon., 2, tab. 218; est un Arbrisseau dont la tige s'élève à quinze ou vingt pieds, divisée presque dès sa base en rameaux nombreux, grêles, revêtus d'une écorce rougeâtre et garnis de feuilles courtes, très-glabres, glauques, amplexicaules, aiguËs, appliquées et paraissant imbriquées sur les jeunes pousses. Ses fleurs sont blanches ou légèrement purpurines, disposées en épis grêles, un peu lâches au sommet et dans la partie latérale des branches. Cet Arbrisseau est très-commun dans les localités sablonneuses des côtes de la Méditerranée et de l'Océan. Il se trouve aussi le long des rivières de l'Europe méridionale. On le cultive dans quelques jardins comme Arbuste d'ornement. Son écorce, ses racines, ses feuilles et son bois étaient autrefois usités comme diurétiques; elles ont une saveur amère, légèrement stiptique, et, en quelques pays, on les a substituées au Houblon pour donner de l'amertume à la bière. Le bois prend quelquefois assez d'accroissement pour qu'on puisse le travailler et en faire des tasses et des barils; on l'emploie aussi comme bois de chauffage, et ses cendres donnent beaucoup de soude si l'Arbuste a crû dans un terrain salé, et de la potasse s'il provient d'un sol éloigné de la mer. (G..N.)

TAMARISCINÉES. Tamariscineœ. BOT. PHAN. Desvaux (Mémoire lu à l'Institut en 1815, et Ann. des Scienc. nat., 4, p. 344) a constitué sous ce nom une petite famille de Plantes polypétales hypogynes, qui a été ainsi caractérisée: calice persistant, composé de quatre à cinq sépales soudés à la base, ou en d'autres termes à quatre ou cinq lobes profondément découpés et un peu imbriqués pendant l'estivation. Corolle à autant de pétales que de lobes au calice, insérés à la base de celui-ci, marcescens, à estivation imbriquée. Etamines en nombre égal ou double de celui des pélales, a filets tantôt entièrement libres, tantôt monadelphes. Ovaire libre, ovoïde-pyramidal, trigone, surmonté d'un style tantôt très-court, tantôt trigone, et de trois stigmates étalés ou réunis en capitule. Capsule trigone, trivalve, uuiloculaire, polysperme, à trois placentas fixés tantôt à la base, tantôt le long de la ligne médiane des valves. Graines dressées ou ascendantes, oblongues-comprimées munies au sommet d'une houpe de poils, dépourvues d'albumen, ayant un embryon droit, à radicule petite, inférieure. à cotylédons plans, convexes, oblongs. Les Plantes de cette famille sont des Arbrisseaux ou rarement des Herbes vivaces, à branches effilées, garnies de feuilles alternes, petites, persistantes, entières, squammiformes et ordinairement glauques. Leurs fleurs, .dont la corolle est blanche ou rose, sont disposées en épis ou en grappes, et leurs pédicelles sont munis de bractées. Cette famille a des affinités avec les Portulacées et les Paronychiées; mais la structure et la position de ses graines l'en distinguent suffisamment. Selon Auguste Saint-Hilaire, elle se rapproche davantage des Lythraires et des Onagraires, mais elle diffère des premières par l'estivation imbriquée de ses parties florales, par ses pétales insérés à la base du calice et par ses graines pariétales; elle se distingue des Onagraires par son ovaire libre et par l'estivation imbriquée des parties de la fleur. L'ancien genre Tamarix de Linné, maintenant divisé en deux (Tamarix et Myricaria) constitue à lui seul cette petite famille. (G..N.)

TAMARISCUS. BOT. PHAN. C'était le nom sous lequel les anciens botanistes désignaient le genre Tamarix. V. TAMARISC. (G..N.)

TAMARIX. BOT. PHAN. V. TAMARISC.

TAMATIA. Capito. OIS. Genre de

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l'ordre des Zygodaclytes. Caractères: bec assez long, plus large que haut, droit à la base, sans arête proéminente et comprimée à la pointe; mandibule supérieure courbée vers l'extrémité et dépassant l'inférieure qui se termine en pointe; narines placées de chaque côté à la base, percées dans la masse cornée, entièrement cachées par les poils courts et roides de la face; pieds médiocrement robustes; tarse de la longueur du doigt extérieur; quatre doigts: deux antérieurs, réunis jusqu'à la seconde articulation, deux postérieurs libres; ailes courtes, les trois premières rémiges étagées, la quatrième et la cinquième la plus longue. A des formes massives et pour ainsi dire un peu grotesques, les Tamatias joignent un caractère silencieux, une physionomie triste, qui prend assez souvent une teinte de stupidité. Ils habitent les contrées les plus chaudes de l'Amérique méridionale, et passent les journées presque entières au milieu des broussailles écartées ou sauvages; jamais ils n'entrent dans les grands bois et les forêts, ni ne se hasardent dans les plaines; aussi est-il fort difficile de les observer. D'Azara, qui a recherché et étudié d'une manière fort scrupuleuse la plus grande partie des Oiseaux du Paraguay, n'a pu parvenir à se procurer qu'une seule espèce de Tamatia, et cependant il n'y a aucun doute que toutes celles qui habitent le Brésil ne se trouvent également au Paraguay, du moins il en est ainsi de presque tous les Oiseaux de ces deux pays limitrophes. Dans leur état d'immobilité, les Tamatias, soit qu'ils épronvent quelque gêne particulière, soit qu'ils ne istinguent point facilement ce qui les environne, se laissent approcher de très-près avant de prendre leur vol; mais lorsqu'ils sont à la quête des insectes qui paraissent faire leur unigue nourriture et dont le besoin les force à quitter leur retraite, alors tout leur porte ombrage, et l'on s'aperçoit, à leurs ricochets continuels, qu'ils sont constamment agités par la crainte d'être découverts. Les Tamatias se réunissent par couple dans la saison des amours; et, tant qu'elle dure, les deux sexes se tiennent fidèle compagnie; ils apportent ensemble dans le trou d'un' arbre carié les débris de végétaux et le duvet, qui doivent former la couche sur laquelle la femelle dépose, ordinairement les cinq œufs d'un blanc jaunâtre et tachetés de brun, dont se compose ordinairement la ponte des Tamatias; ensemble encore ils élèvent la jeune famille, et lorsqu'elle peut se passer des soins paternels, tous se séparent et vont chacun de leur côté pourvoir à leur existence. Nous citerons les principales espèces:

TAMATIA A BEC ROUGE, Bucco calcaratus, Lath.; Corvus australis, Gmel.; Monasa tranquilla, Vieill. Parties supérieures d'un noir foncé, les inférieures d'un noir grisâtre; tectrices alaires bordées de blanc; bec et iris rouges; pieds bruns; ailes tuberculées à leur partie supérieure; queue facilement étagée. Taille, onze pouces. De la Guiane.

TAMATIA CHACURU, Bucco Chacuru, Vieill. Parties supérieures rousses, rayées transversalement de noirâtre; côtés de la têle noirs; une bande blanche sur la nuque; une bandelette de même nuance, qui part de l'angle du bec, entoure l'œil et s'étend jusqu'au méat auditif; rectrices brunes, rayées de roux; gorge, devant du cou et parties inférieures blanchâtres; bec rougeâtre à sa base, noir vers la pointe; pieds verdâtres. Taille, huit pouces. Du Paraguay.

TAMATIA A COLLIER, Bucco collaris, Lath., Buff., pl. enl. 395. Parties supérieures rousses, rayées transversalement de noir; sur le dos une bande transversale fauve qui descend sur les côtés de la poitrine; sur le dessus du cou une bandelette noire; rémiges premières brunes, les secondaires bordées extérieurement de jaunâtre, et les tertiaires brunes rayées de noir; rectrices rousses,

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rayees transversalement; joues rousses; gorge et devant du cou blanchâtres; parties inférieures roussâtres, plus foncées vers l'abdomen; mandibule supérieure noirâtre, l'inferieure cendrée, ainsi que les pieds. Taille, huit pouces. De la Guiane.

TAMATIA A DOS BLANC, Bucco leuconotus, Vieill. De l'Afrique. Cette espèce pourrait bien n'être qu'une variété du Barbican fulvirostre.

TAMATIA A GROS BEC, Bucco macrorhynchos, Lath., Buff., pl. enl. 69. Parties supérieures noitâtres; sommet de la tête noir; les côtés, le front, l'occiput, un demi-collier sur le cou, gorge et devant du cou blancs une bande transversale sur la poitrine et extrémité des plumes des flancs noires; parties inférieures blanches; rémiges secondaires et rectrices terminées de blanchâtre; bec noir et fort; pieds noirâtres. Taille, sept ponces. De la Guiane.

TAMATIA A VENTRE TACHETé, Bucco cayennensis, Lath., Buff., pl. enl. 206, fig. 1 et 2. De la Guiane. Cette espèce s'est glissée par double emploi à l'article BARBU sous le nom de Barbu à tête et gorge rouges.

TAMATIA VULGAIRE, Capito vulgaris, Bucco Tamatia, Lath., Buff., pl. enl. 746, fig. 1. Parties supérieures brunes variées de rcussâtre; sommet de la tète et front roux; un demi-collier varié de roux et noir; une grande tache noire derrière l'œil; gorge d'un jaune orangé; parties inférieures d'un blanc roussâtre, tachetées de noir; bec et pieds noirs. Taille, sept pouces. De Cayenne.(DR..Z.)

TAMBOUL. BOT. PHAN. Même chose qu'Ambore. V. ce mot. (B.)

TAMBOUR, POIS. On désigne sous ce nom vulgaire un Poisson des mers de 1a Caroline qui fait entendre sous l'eau un bruit sourd; c'est le Labrus chromis, L. V. LABRE. (AUD.)

TAMBOURETTE. OIS. Espèce du genre Pigeon. V. PIGEON-TOURTERELLE. (DR..Z.)

TAMBOURISSA. BOT. PHAN. Nom sous lequel Sonnerat a décrit l'Arbre qui est aussi appelé Tamboul ou Bois Tambour, et dont Jussieu a formé le genre Ambora. V. ce mot. (G..N.)

TAMIA, MAM. Sous-genre d'écureuil. V. ce mot. (B.)

TAMIER OU TAMINIER. Tamue. BOT. PHAN. Genre de la famille des Asparaginées ou Smilacinées, et de la Diœcie Hexandrie, L., offrant les caractères suivans: les fleurs mâles ont un périgone campanulé, profondément divisé en six segmeus; six étamines dont les filets sont plus courts que le calice, et terminés par des anthères dressées. Les fleurs femelles se composent d'un périgone semblable à celui des fleurs mâles; d'un ovaire infère, portant un style cylindrique, termine par trois stigmates. Le fruit est charnu, bacciforme, à trois loges, contenant deux à trois graines globuleuses. Les espèces de Taminiers sont en très-petit nombre et indigènes de l'Europe, de l'Asie et du cap de Bonne-Espérance. La principale espèce est le Tamus commuais, L., vulgairement nommé Sceau de Notre-Dame, Vigne noire, etc. Sa racine tubéreuse produit des tiges sarmenteuses qui s entortillent autour des Arbrisseaux du voisinage. Ses feuilles sont cordifonnes, pétiolées, luisantes et d'une couleur verte. Ses fleurs sont petites, d'un blanc verdâtre, disposées en grappes dans les aisselles des feuilles. Les fruits sont bacciformes, rouges, de la grosseur d'un grain de groseille. La racine du Taminier a une saveur âcre et amère; elle passait autrefois pour purgative, et pour résolutive lorsqu'on l'appliquait extérieurement sur les coutusions: aujourd'hui elle est inusitée. (G..N.)

TAMNOPHILUS. OIS. Vieillot a donné ce nom aux Bataras de d'Azara. (AUD.)

TAMNOPHORA. BOT. CRYPT. (Hydrophytes.) Dans son Species Algarum publié en 1899, Agardh a

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fondé sous ce nom un genre de la tribu des Floridées, et qui comprend les Fucus corallorhiza, triangularis et Seaforthii de Turner. (G..N.)

TAMONEA. BOT, PHAN. Aublet, dans ses Plantes de la Guiaue, a constitué sous ce nom un genre de la famille des Verbénacées et de la Diandric Monogynie, L., qui a reçu inutilement de Schreber le nom de Ghinia. Voici ses caractères essentiels: calice persistant, à cinq dents subulées; corolle tubuleuse, renflée à sa base, rétrécie à son orifice, ayant son limbe à quatre ou cinq lobes inégaux; deux étamines fertiles, deux plus petites stériles; ovaire libre, surmonté d'un style et d'un stigmate quadrilobé; baie sèche, enveloppée par le calice, renfermant un noyau globuleux à quatre loges monospermes. Le type de ce genre est le Tamonea spicata, Aubl., loc. cit., tab. 268; Tamonea mutica, Swartz; Ghinia mutica, Willd.; Leptocarpus Chamœdrifolius, Link. C'est une Plante herbacée, à racines fibreuses, à tiges glabres, droites, hautes d'un pied et demi, presque tétragones, garnies de feuilles opposées, pétiolées, ovales, crénelées et obtuses. Les fleurs, dont la corolle est fort petite, sont disposées en épis lâches, opposés et axiltaires. Celte Plante croît sur le bord des chemins à Cayenue. Swartz a réuni à ce genre sous le nom de Tamonea spinosa, le Verbena curassavica de Linné, ou Zapania curassavica de Lamarck. Le Tamonea lappulacea de Poiret a été plus convenablement rangé dans le genre Priva. V. ce mot. (G..N.)

TAMPOA. BOT. PHAN. Un Arbre de la Guiane a été décrit fort incomplètement sous ce nom générique par Aublet, dans son ouvrage sur les Plantes de la Guiane, vol. 2, Suppl., p. 35, tab. 388. Ses fruits sont axilaires, disposés en grosses grappes, ayant la forme et la grosseur d une pomme moyenne, à plusieurs côtes lisses, jaunâtres, remplies d'une substance tendre et comme gélatineuse, dans laquelle il y a plusieurs pépins blancs dont l'amande exhale une odeur d'ail. Le calice est composé de cinq petites folioles ovalesaiguËs qui persistent avec le fruit. On ne connaît pis les autres parties de l'organisation florale de cet Arbre qui s'élève à la hauteur de vingt à trente pieds, sur un pouce de diamètre. Il se divise au sommet en branches longues, ramifiées et dirigées dans tous les sens, garnies de feuilles alternes, pétiolées, fermes, ovales, entières, aiguËs, vertes et lisses en dessous. L'écorce, ainsi que les feuilles, répandent un suc épais et jaunâtre lorsqu'on les déchire. Le bois, que les Nègres nomment Bois portugais, est jaunâtre, dur, compacte, et employé pour la construction des bâtimens. Cet Arbre croît à la Guiane, dans les plaines de Caux surmergées pendant la saison pluvieuse. (G..N.)

TAMPOY. BOT. PHAN. Nom sous lequel Camelli a décrit, dans le grand ouvrage de Ray, un Arbre des Philippines qui parait être une Myrtacée, voisine de l'Eugenia Jambos. (G..N.)

TANÆCIUM. BOT. PHAN. Genre de la Didynamie Angiospermie, établi par Swartz (Prodr. Flor. lnd.- Occid., p. 92), et offrant les caractères suivans: calice tubuleux, cylindrique, tronqué, à bords entiers; corolle dont le tube est élargi à sa partie supérieure, le limbe divisé en cinq parties presque égales; quatre étamines didynames presque égales en longueur, plus le rudiment d'une cinquième étamine; ovaire arrondi, surmonté d'un style simple et d'un stigmate bilamellé; baie très-grosse, revêtue d'une écorce fort épaisse, renfermant plusieurs graines éparses dans la pulpe. Ce genre a des rapports avec le Crescentia, dans lequel les auteurs ont placé quelques - unes de ses espèces. Celles-ci sont en petit nombre et indigènes des contrées équinoxiales, principalement des An-

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tilles. Les Tanœcium Jaroba et T.parasiticum, Swartz, espèces sur lesquelles le genre a été fondé, sont des Plantes à tiges nombreuses, grimpantes, quelquefois radicantes, garnies de feuilles géminées ou ternées, ovales, épaisses, coriaces, très-entières, glabres et luisantes. Dans la première espèce, les aisselles des feuilles émettent des vrilles par lesquelles la Plante s'accroche aux Arbres voisins. Les fleurs sont latérales et solitaires.

Willdenow a placé dans ce genre le Crescentia pinnata, Jacq., Collect., vol. 3, p. 203, tab. 18, qui est un grand Arbre à feuilles pinnées avec impaire, à fleurs solitaires, latérales, et à fruit bacciforme comme dans les autres Tanœcium. Cette Plante croît dans la Mozambique. (G..N.)

TANAGRA. OIS. (Linné.) Syn. latin de Tangara. V. ce mot. (DR..Z.)

TANAISIE. Tanacetum. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées corymbifères de Jussieu, tribu des Anthémidées de Cassini, et offrant les caractères essentiels suivans: involucre hémisphérique, composé de folioles étroites, nombreuses et imbriquées; réceptacle un peu conique, nu et ponctué; calathide composée de fleurons nombreux, réguliers, ceux de la circonférence femelles, à corolle tubuleuse à trois dents; ceux du centre hermaphrodites, ayant la corolle à cinq segmens; akènes petits, pentagones, obconiques, couronnés par un léger rebord membraneux, à cinq dents. Les Tanaisies sont des Plantes herbacées ou sous - frutescentes, qui croissent dans les contrées voisines de la Méditerranée et dans le Levant. On n'en connaît qu'un petit nombre d'espèces, dont la plus remarquable est la TANAISIE COMMUNE, Tanacetum vulgare, L., que l'on rencontre fréquemment dans les terrains pierreux et un peu humides de l'Europe méridionale et tempérée. Cette Plante a un port très-élégant; ses tiges sont droites, rapprochées en touffe, garnies de feuilles vertes, pinnées ou bipinnées, à pinnules sessiles, étroites, incisées, crépues dans une variété. Les fleurs sont d'un beau jaune doré, et forment par leur réunion un large corymbe terminal. Toutes les parties de la Tanaisie, et principalement les feuilles, exhalent une odeur pénétrante, due à la présence d'une huile volatile fort abondante. Elles possèdent à un haut degré des propriétés stimulantes et anthelmintiques. (G..N.)

TANAOS. INS. Genre de Coléoptères de la famille des Porte-Becs ou Rhynchophores, tribu des Attalabides, institué par Schœnherr, et qu'il place dans la huitième division de ses Curculionides orthocèrcs ou à antennes droites, celle des Ithycérides. La seule espèce connue avait été rangée par Thunberg avec les Apions (Sanguineum), dont, en effet, elle se rapproche beaucoup pour le faciès. Mais le corps est plus allongé, avec les antennes composées de douze articles distincts, et dont le troisième et les suivans jusqu'au huitième inclusivement, sont presque égaux et lenticulaires; les quatre derniers forment une massue ovoïde et pointue. Le museau-trompe est de la longueur de la tête, cylindrique et avancé. Les yeux sont arrondis et peu saillans. Le corselet est presque conique. Les élytres sont allongées, rétrécies vers le bout et recouvrent l'anus. Les pieds sont très-courts, robustes, avec les cuisses épaisses, les jambes presque droites et mutiques. Le pénultième article des tarses est bilobé. Ces caractères tirés de Schœnherr ont été vérifiés sur un iudividu que l'un de nos collaborateurs, Guérin, a eu l'amitié de nous donner. (LAT.)

TANARIUS. BOT. PHAN. La Plante de l'Inde décrite sous ce nom par Rumph, a été placée dans le genre Ricinus par Linné, et réunie, dans ces derniers temps, au nouveau genres Mappa par Adrien De Jussieu. V. MAPPA. (G..N.)

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TANCHE, POIS. Sous - genre de Cyprins dont la Tanche vulgaire forme le type. V. CYPRIN. (B.)

TANCHE DORÉE, POIS. Espèce du genre Cyprin. V. ce mot. (B.)

TANCHOR. POIS. (Lacépède.) Syn. de Tanche dorée. V. CYPRIN, (B.)

TANDALE-COTTI. BOT. PHAN. Syn, malabare de Crotalaria juncea. V. CROTALAIRE. (B.)

TANG. POIS. Espèce du genre Muge. V. ce mot. (B.)

TANGARA. Tanagra. OIS. Genre de l'ordre des Granivores. Caractères: bec plus ou moins conique, presque triangulaire à la base et terminé en pointe; mandibule supérieure convexe, un peu échancrée à l'extrémité, l'inférieure droite, un peu renflée vers le milieu; les bords de toutes deux un peu fléchis en dedans; narines placées de chaque côtc du bec, près de sa base, dans une fosse nasale fort petite, arrondies, ouvertes, en partie cachées par les plumes avancées du front; pieds médiocres; quatre doigts: trois devant, l'inter-médiaire de la longueur du tarse, uni à l'externe par la base, l'interne libre; ailes médiocres; la première rémige un peu plus courte que la deuxième et la troisième qui dépassent toutes les autres. Si tous les Tangaras égalaient en richesse, en éclat et en diversité de coulcurs, la plupart des espèces de ce beau genre, aucun autre, bien certainement, n'exciterait à un plus haut degré notre admiration; et, sous ce rapport, ces Oiseaux, avec les Cotingas et les Colibris, peuveut balancer en faveur du Nouveau- Monde, la réputation qu'ont valu aux contrées les plus orientales de l'ancien, les Paradisiers, les Souimangas, les Rolliers, etc., etc. Ils l'emportent sur ces derniers par une douce sociabilité. Ils se tiennent de préférence dans les bosquets et sur la lisière des grands bois, où ils ne s'enfoncent que lorsqu'ils ne trouvent plus ailleurs les petits fruits sucrés, les baies et les insectes dont ils st nourrissent. On a observé que, dans ce cas, ils cessent de se tenir constamment dans les broussailles ou ils passaient les journées eutières quand ils ne quittaient point les jardins, et s'élèvent jusqu'à la sommité des plus grands arbres: ce qui prouve qu'ils n'aiment point les fourrés obscurs qui masquent la retraite des reptiles, pl us sou ven t qu'elles ne servent d'abri aux habitans des airs. Leurs chants sout, en général, dépourvus d'harmonie; quelques espèces seulement expriment, par des sons agréables, le plaisir que leur fait éprouver l'attente de voir bientôt éclore une nouvelle famille à laquelle ils prodigueront, long-temps encore après la naissance, les mêmes soins que réclamait l'extrême jeunesse. Les nids, construits avec beaucoup d'adresse et de solidité par les époux qui y travaillent en commun et avec une constance remarquable, sont hémisphériques, composés en dehors de petites bûchettes el de brins d'herbe entrelacés que garnit intérieurement un matelas de laine ou de duvet. Les femelles y déposent deux et rarement trois œufs elliptiques, d'un blanc assez souvent verdâtre, parsemé de petites taches brunes et quelquefois rougeâtres. On sent que pour des roupes tels que celui-ci, composés e plus de soixante espèces, ri est difficile d'établir des généralités qui' ne soient point sujettes à de grandes modifications: aussi ne les traçonsnous qu'avec hésitation, et seulement pour esquisser les Iraits les plus saillans du genre.

On peut répartir les Tangaras en six sections que l'on caractériserait de la manière suivante:

I. Bec conique, plus court que la téte, aussi large que haut; mandibule supérieure arquée, un peu aiguË: les TANGARAS PROPREMENT -OITS.

II. Bec court, présentant, lorsqu'il est observé verticalement, un élargissement à chaque côté de sa base; queue proportionnellement plus

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te que dans les autres sections: les

TANGARAS EUPHONES.

III. Bec conique, gros, bombé, aussi large que haut; dessus de U mandibule supérieure arrondi: les TANGARAS GEOS-BECS.

IV. Bec conique, un peu bombé, une deat saillante sur le côté: les TANGARAS CALLÜRIONS.

V. Bec conique; mandibules inférieures à branches renflées en arrière: les TANGARAS RAMPHOCELES.

VI. Bec conique, légèrement arqué, échancré à la pointe: les TAN- GARAS TACHYPHONES.

Plusieurs méthodistes ont érigé en genres particuliers chacune de ces sections ou divisions. Nous suivrons, dans l'énumération que nous allons faire des principales espèces, Toi dre alphabétique, mais nous ajouterons un chiffre qui indiquera la section à laquelle chacune doit appartenir.

TANGARA AUX AILES VERTES, Tanazra chloroptera, Vieill. Du Brésil. I.

TANGARA ARCHEVEQUE, Tanagra Episcopus, Desm.: Tachyphunus Episcopus, Vieill. Parties supérieures d'un vert olivâtres téte, cou et poitrine d'un gris ardoisé, irisé en violet; croupion et abdomen gris; rémiges et rectrices d'un brun noirâtre, bordées de vert jaunâtre; petites tectrices alaires d'un jaune doré; bec et pieds noirs. Taille, sept pouces. La femelle est un peu moindre; elle est d'un gris brunâtre avec des reflets verdâtres sur les paities supérieurs; les inférieures sont cendrées, irisées deviaiâtre, les autres nuances sont les mêmes, unis beaucoup moins vives. Uu Brésil et du Pérou. I.

TANGARA A BANDEAU, Tanagra vittata, Temm., Ois. color., pl. 48. Du Brésil. I.

TANGARA BLCU DE LA CAROLINE. V. Gros-Bec bleu.

TANGARA BLEU ET JAUNE, Pyrange cyanïcierus, Vieill. Parties supérieures d'un bleu azuré avec des reflets verdâtres; tête, cou, goree, croupion, tectrices alaires et caudales, reclnces intermédiaires d'un bleu d'azur; rémiges et rectrices noirâtres, bordées de bleu; devant du cou et haut de la poitrine d'un bleu brillant, avec une tache lunuléc, semblable de chaque côté des flancs; parties inférieures jaunâtres; bec noir; pieds jauues. Taille, sept pouces. IV.

TANGARA BLEU A TETE BLANCHE, Tanagra leucocephaia, V ieill. Parties supéiieurcs d'un bleu pâle, faiblement cendré; rémiges et rectrices noires, bordées de meuâtre; fiont, auréole des yeux et tour du bec d'un noir velouté; sommet de la têie d'un blanc bleuâtre, avec quelques plumes rouges en avant; parties inférieures bleuâtres; bec noir; pieds cendrés. Taille, sept pouces. Du Paraguay. I.

TANGARA DU CANADA, Tanagra rubra, Lnth.; Pyranga erylhrometa, Vieill. Plumage d'un beau rouge de feu; ailes et queue d'un noir velouté; bec jauue; pieds bleuâtres. Taille, six pouces. La femelle a les paities supérieures verdâtres, les îémtgcs et les lectrices noires, bordées de verdâtre; le mâle tiès-jeune est couvert d'une livrée à peu près semblable; mais k l'âge d'un an, api es la première mue, il prend la couleur rouge, alors les rémiges et les rectiices sont d'un brun noirâtre, bordées de blanchâtre. V.

Tangara cardinal brun. V. Trou piale brun.

Tangara chlorotique, Tanagra chlorotica, L., Bull'., pl. col. 114, fig. 1; Euphone chlorotique, Desm. Parties supérieures d'un noir violet, brillant; front, moitié du vei tex, poitrine, ventre, côtés du corps et tectrices sub - caudales d'un beau jaune foncé; rémiges noires avec une tache blanche veis le tiers de leur longueur à l'intérieur; rectrices noiies avec une tache blanche aux deux latérales, veis l'extrémité en dedans; bec et pieds noirâtres. La femelle a les teintes brunes au lieu d'être noires et verdâtres où elles sont d'un jaune pur chez les mâles. Taille, quatre pouces. Du Brésil el de la Guiane. II.

Tangara citrin, Tanagra citri-

TOME XIV. 3

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nella, Temm., Ois. col., pl. 42, fig. a. Du Brésil. I.

TANGARA DESMAREST, Tanagra Desmaresti, Vieill. Parties supérieures variées de jaune et de noir; front et milieu du devant du cou noirs; sommet de la tête d'un bleu verdâtre; occiput, côtés de la tête, menton et parties inférieures jaunes; rémiges et rectrices noires, bordées de jaune; bec brun; pieds rougeâtres. Taille, quatre pouces. Du Brésil. VI.

TANGARA DIADÈME, Tanagra Diademata, Natterer, Temm., Ois. color., pl. 243. Parties supérieures d'un bleu vif; les inférieures d'une nuance plus foncée; tour du bec d'un noir velouté; nuque couverte d'une belle calotte de plumes blanches que précède une touffe d'autres plumes soyeuses d'un rouge de feu; rémiges noires, bordées de bleu et terminées de brun; rectrices noires, bordées de bleu; bec et pieds d'un gris noirâtre. Taille, six pouces et demi. Du Brésil. II.

TANGARA A ÉPAULETTES BLEUES, Saltator cyanopterus, Vieill. Parties supérieures d'un cendré bleuâtre, les inférieures d'une nuauce plus pâle; petites tectrices alaires d'un bleu azuré très-vif; rémiges et rectrices noires, bordées d'aigue-marine; bec et pieds noirâtres. Taille, six pouces. La femelle est presque généralement d'une nuance brunâtre et crise ou le mâle est bleu. Du Brésil.III.

TANGARA ESCLAVE, Tanagra dominica, Lath., Dulus Palmarum, Vieill., Buff., pl. enl. 156, fig. 2. Parties supérieures brunes, irisées de vert-olive; tectrices alaires, rémiges et rectrices brunâtres, bordées d'olivâtre; parties inférieures blanchâtres, tachetées longitudinalement de brun; bec et pieds couleur de corne. Taille, six pouces. Des Antilles. I.

TANGARA EVÊQUE, Tanagra Episcopus, Lath., Buff., pl. enl. 178, fig. 1 et 2. Plumage d'un gris bleuâtre â reflets verdâtres et violets; dos, croupion et parties inférieures violâtres; petites tectrices alaires d'un blanc bleuâtre, les moyennes nuancées de violet et les grandes ceudrées; rémiges et rectrices noirâtres, bordées de bleu; bec et pieds noirs. Taille, six pouces. La femelle est presque entièrement d'un cendré olivâtre avec les parties plus ou moins foncées. De Cavenne. I.

TANGARA A FACE ROUGE, Pyranga erythropis, Vieill., Ornith. amer., pl. 20, fig. 1. Parties supérieures noires; cou, croupion, tectrices caudales et parties inférieures d'un jaune verdâtre; grandes tectrices alaires terminées de jaune, les rectrices le sont de blanchâtre; devant de la têle jusqu'au-dessous de l'œil et le menton d'un rouge écarlate; bec jaunâtre; pieds bleus. Taille, six pouces. Du territoire des Osages. IV.

TANGARA FRINGILLOÏDE, Tachyphonus fringilloides, Swains. Parties supérieures d'un gris cendré; tête surmontée de deux huppes rouges; côtés du cou, rémiges et rectrices d'un noir assez pur; parties inférieures blanches; bec et pieds noirâtres. Taille, cinq pouces. Du Brésil. VI.

TANGARA A FRONT JAUNE, Tanagra flavifrons, Lath. Parties supérieures d'un vert-olive; sommet de la tête, occiput et partie de la nuque bleus, avec la base des plumes brune; front jaune; rémiçes et rectrices noires; parties inférieures jaunâtres; bec et pieds noirs. Taille, cinq pouces. II.

TANGARA A GORGE NOIRE ET BLANCHE, Saltator atricollis, Vieill. Parties supérieures brunes; une tache noire eu avant de l'œil; gorge et partie du devant du cou noirs, variés de blanchâtre, quelquefois entièrement noirs; parties inférieures blanchâtres, nuan cées de rouge; bec d'un jaune orangé;.pieds noirâtres. Taille, huit pouces. Du Paraguay. III.

TANGARA GRIVERT, Coracias cayennensis, Lath.; Saltator virescens, Vieill., Buff., pl. enl. 616. Parties supérieures d'un vert-olive; un trait blanc sur les côtés de la tête; joues, devant du cou, poitrine et abdomen

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d'un gris cendré; gorge blanche, encadrée d'un trait noir; rémiges bordées de verdâtre clair; bec rouge; pieds gris. Taille, neuf pouces. De Cavenne. III.

Tangara Jacarini. V. Gros-Bec JACARINI.

Tangara Jacapa, Tanagra Jacapa, Lath.; Ramphocetus purpureus, Desm. Humage noir à l'exception de la tête, de la gorge et de la poitrine Qui joot d'un rouge pourpré trèswoce, bec noir, avec la base de la mandibule inférieure très-élargie et d'un blanc argentin très-brillant dans l'état de vie; pieds noirs.Taille, six pouces. La femelle a toutes les mandibules noirâtres, tout le plumage bran et dun pourpré terne. De la Guiane. V.

Tangara jaune, Tanagra flava. Parties supérieures d'un brun jaunâtre; sourcils et parties inférieures d'un jaune foncé; tecuices alaires et rémiges brunes, bordées de jaune; bec nouâtre; pieds bruns. Taille, huit pouces. Du Paraguay. III.

TANGARA JAUNE ET NOIR, Pyranga icieromelas, Vieill. Parties supérieures et côtésde la lête noirs; les inférieures jaunes; des raies transversales jaunes et noires sur le milieu de la gorge; bec noirâtre en dessus; pieds d'un brun rougeâtre. Taille, sept pouces. Du Brésil. IV.

TANGARA LANION, Lanio cristatus, Vieill. Plumage noir; sommet de la tète garni d'une huppe rouge; joues et capistrum jaunes; milieu de la gorge roux; petites tectrices subulaires blanches; bec et pieds noirs. Taille, six ponces. Du Brésil. IV.

Tangara nègre, Tanagra cayennensis, Lath., Buff., pl. enl. 114, fig. 3. Plumage noir, faiblement irisé en bleu; une tacheorangée de chaque côté de la poitrine; bec et pieds noirs. Taille, cinq pouces. De l'Amérique méridionale. 11.

TANGARA NOIR, Tanagra nigerrima, Lath.; Tachyphonus leucopierus, Vieilli Plumage noir, à l'exception des petites tectrices alaires qui sont blanches; bec et pieds noirs. Taille, six à sept pouces. La femelle a le plumage roux, plus foncé en dessus qu'en dessous. Delà Guiane. VI.

Tangara noir et blanc, Saltator melanoleucus, Vieill. Parties supérieures noires; celte nuance se prolonge par deux échancrures sur la poitrine qui est d'un beau blanc, ainsi que le reste des parties inférieures; bec noir, jaune inférieurenient; pieds noirs. Taille, sept pouces. De U Guiane. 111.

Tangara noir du Brésil. V. Gros-Bec Jacarini.

Tangara Nom et jaune, Tanagra melanictera, La th. Parties supérieures d'un cendré ferrugineux; croupion ioux; sommet de la tête et joues noirs; tectrices alaires striées de blanc; rémiges brunes, bordées de blanchâtre; reetiices brunes, bordées de jaune; parties inféiieures d'un j-iune foncé; bec et pieds livides. Taille, sept pouces. La femelle est d'un vert olive en dessus, d'un jaune blanchâtre en dessous. IV.

Tangara onglet, Tanagra striata, Lath. Parties supérieures noires; tète, dessus du cou, petites et moyennes tectrices alaires d'un bleu azui é, avec l'origine des plumes noire; poitrine el croupion d'un jaune orangé; tectrices caudales d'un noir verdâtre; abdomeu jaune; bec noirâtre, mais blanchâtre en dessous; pieds bruns. Taille, sept pouces. La femelle a les parties supérieures brunes, la téte et les petites tectrices alaires variées de bleu et de blanc, les rémiges et les rectrices noiiâtres, le devant du cou mordoré, les parties inférieures d'un brun clair. Du Paraguay. II.

Tangara organiste, Tanagra musica, Vieill.; Pipra musica, Lath. Sommet de la tête, occiput et dessus du cou bleus, bordés de chaque côté par un trait noir; rémiges el rectrices noires, irisées de bleu; fiont, croupion et parties inférieures jaunes; bec et pieds noirs. Taille, quatre pouces. La femelle a les parties supérieures d'un vert cendré et le dessus du cou d'un bleu grisâtre pâle. Des Antilles. II.

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Tangara passe-vert, Tanagra cayana, Lath., Buff., pl. enl. 290, fig. 1 et 291. Parties supérieures vertes; sommet de la tête roux; dessus du cou et croupion d'un jaune doré; côlés de la léle noirs; gorge d'un gris bleuâtre; parties inférieures variées de jaune, de roux et d ardoisé; rémiges et lectrices bordées de vert doré; bec et pieds noirâtres. Taille, quatre pouces et demi. La femelle a les pai lies supérieures d'un vert olive, les iuférieures d'un jaune à reflets verts. De la Guiane. I.

Tangara passe - vert a tête bleue, Tanagra Linnœi. Parties supérieures variées de vert et de jaune; tectrices alaires vertes; rémiges et reclrices latérales brunes, bordées de vert; rectrices intermédiaires vertes; sommet de la tête, occiput, joues, nuque, dessus et côtés du cou d'un bleu violâtre, irisé en vert, avec la base des plumes d'un brun noirâtre; gorge jaune; abdomen d'un jaune doré; le reste des parties inférieures varié de jaune, de mordoré et de vert; bec noirâtre, gris en dessous; pieds gris. Taille, quatre pouces et demi. De la Guiane. I.

Tangara plombé, Saltator cœrulescens, Vieill. Parties supérieures d'un gris de plomb; un trait d'un blanc jaunâtre qui traverse la région de l'œil; croupion et tectrices alaires d'un noir bleuâtre; une tache noire à l'angle du bec; parties iuférieures d'un roux blanchâtre; bec et pieds noirs. Taille, huit pouces. Du Paraguay. III.

Tangara ponceau, Saltator purpurascens. Parties supérieures d'un rouge de feu foncé, variées de brunâtre; rémiges et rectrices brunes, bordées d'un rouge vineux très-vif; tectrices alaires d'un rouge brun, encadrées de rouge pur; parties inférieures d'un rouge ponceau; bec et pieds noirs. Taille, sept pouces. Du Paraguay. III.

Tangara rouge, Tachyphonus ruber, Vieill. Parties supérieures d'un rouge sombre; sommet de la tête couvert de longues plumes effilées dont celles du centre sont d'un rouge vif; menton et gorge d'un rouge ponceau, qui passe au rouge de rose sur les parties inférieures; flancs d'un rouge obscur; bec et pieds d'un brun rougeâtre. Taille, six pouces. Du Brésil. IV.

Tangara rouge bu Mississipi, Tanagra mississipiensis, Lath.; Pyranga œstiva, Vieill., Buff., pl. enl. 741. Plumage rouge, à l'exception des rémiges qui sont brunes; bec jaunâtre; pieds bleuâtres. Taille, six pouces et demi. La femelle a les parties supérieures d'un jaune brunâtre ou olivâtre; les parties inférieures d'un jaune orangé terne. IV.

Tangara rouge-cap, Tanagra gularis, Lath.; Nemosia gularis, Vieill. Parties supérieures d'un noir brillant; tête et haut de la gorge d'un rouge vif; bas de la gorge d'un pourpre obscur; devant et côlés du cou, poitrine et parties inférieures d'un blancpur; rémiges et reclrices noirâtres; bec brun, orangé en dessous; pieds gris. Taille, six pouces. Du Brésil. I.

Tangara scarlate, Tanagra rubra, Var., Lath.; Ramphocelus coccineus, Vieill. Plumage d'un rouge écarlate très-vif; ailes, queue et jambes d'un noir velouté; bec noirâlre en dessus, blanc en dessous. Taille, sept pouces. La femelle a les parties supérieures vertes, les inférieures d'un vert jaunâtre, les rémiges et les rectrices d'un brun verdâtre. Du Mexique. V.

Tangara septicoiore, Tanazra Tatao, Lalh. Parties supérieures d un noir velouté; tête et petites tectrices alaires vertes; croupion d'un rouge orangé; gorge, cou inférieur et grandes tectrices alaires d'un bleu violet; poitrine et parties inférieures d'un vert d'aigue-marine; bec et pieds noirs. Taille, six pouces. La femelle a les teintes beaucoup plus ternes. De la Guiane. I.

Tangara silencieux, Tanagra silensy, Lath.; Arremon silense, Vieill. Parties supérieures d'un brun olivâtre; tête noire, ornée sur le sommet d'une bande d'un gris clair;

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unc ligne blanche qui part du bec et traverse l'œil; une large bande noire sur la poitrine qui est blanchâtre, ainsi que toutes les parties inférieuies; bec et pieds noiiâlies. Taille, six pouces. De l'Amérique méridionale. III.

Tangara de Süch, Tachyphonus Suchii, Swains. Parties supérieures d'un vert d'olive; une huppe jaune sur le sommet de la tète; scapulaires et tectrices subalaires blanches à leur base j parties inférieures blanchâtres, tirant sur le roux* bec et Sieds noirs. Taille. cinq pouces. Du résil. VI.

Tangara Syacou, Tanagra punctata, Lath., Buff., pl. enl. 133, fig. 1. Parties supérieures d'un vert brillant, bleuâtre, tacheté de brun-noir sous certains aspects; les inférieures de nuances plus pâles et sans taches; rémiges et rectricos noires, bordées de vert; bec noirâtre; pieds bruns. Taille, six pouces. Du Brésil. I.

TANGARA TACHETE, Saltator maculatu, Vieill. Parties supérieures brunes; côtés de la lête variés de brun et de noirâtre; rémiges noirâtres -, tectrices alaires noires, tachetées de blanc; rectrices tachetées de même à rexception des deux intermédiaires; parties inférieures roussâtres, tachetées longitudinalement de brun, sur le devant du cou; bec noiiâtre, bleu en dessous; pieds bruns. Taille, sept pouces. Du Paraguay. 111.

TangabaTangavio, Tanagra bonariensis, Lath.; Tachyphonus bonariensis, Vieill. Plumage d'un noir violet; des reflets verts sur les ailes et la queue; petites tectrices alaires blanches; bec et pieds noirs. Taille, huit pouces. La femelle a la tête d'un noir azuré, et le reste du plumage d'un brun tacbeté de noir luisant sur le dos. De l'Amérique méridionale. VI.

Tangara a tête bleue, Tanagra cyanocephala, Temra., pl. color. 215, fig. 2. Femelle: parties supérieures noires, avec la plupart des plumes terminées de vert; tête et menton d'un bleu de turquoises; joues et nuque rouges; petites tectrices alaires noires, terminées d'orangé; rémiges et rectrices brunes, bordées de verdâtre; parties inférieures vertes: bec et pieds noirâtres. Taille, quatre pouces. La femelle a la tête et le menton d'un bleu cendré, les joues et la nuque d'un brun rouge, et toutes les teintes en général d'une nuance moins décidée que chez le mâle. DerAmérique méridionale. I.

TANGARA A TETE ET GORGE ROUSSES, Nemosia ruficapilla, Vieill. Parties supérieures d'un vert olive; téte et gorge d'un roux foncé; une tache jaune de chaque côté du cou, sur le croupion et les tectrices sub-caudales; devant du cou et haut de la poitrine d'un jaune foncé; abdomen d'un jaune pâlte, rémiges brunes, bordées de veidâtre; bec noirâtre, jaune en dessous; pieds bruns. Taille, cinq pouces. Du Brésil. 1.

TANGARA A TETE ROUSSE, Saltator rujicapillus, Vieill. Parties supérieures d'un gris bleuâtre; tête, nuque et parties inférieures d'un brun roussâtre; front, lorum et ventre d'un uoir roussâtre; rémiges et rectrices noires, frangées degrisbleuâtre; bec et pieds noirs. Taille, sept pouces. De l'Amérique méridionale. IlL

TANGARA A TETE VERTE, Pyranga chlorocephala, Vieill. Parties supérieures bleuâtres; tête verdâtre; parties inférieures jauues; bec brun; pieds rougeâtres. Taille, six pouces. La femelle a les parties supérieures d'un vert olivâtre et les inférieures d'un jaune verdâtre. De l'Amérique méridionale. IV.

Tangara tricolore, Tanagra tricolor, Lath., Buff., pl. enl. 33, fig. 1. Parties supérieures d un brun noirâtre, avec le bord des rémiges et des reclrices d'un vert brillant; sommet de la téte, nuque et côtés du cou d'un vert jaunâtre doré; front et devant de la gorge noirs; petites tectrices alaires d'un bleu violet; croupion orangé; poitrine et ventre d'un vert bleuâtre; bec noir; pieds gris. Taille, cinq pouces. La femelle a toutes les teintes beaucoup moins

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vives et comme recouvertes de poussière. Du Brésil. I.

Tanagra varié, Tanagra velia, Vieill, Motacilla velia, L., Buff., pl. enl. 669, fig. 3. Parties supérieures noires; Front, joues, petites tectrices alaires et caudales, bord des réiniges et des rectrices, gorge, poitrine et flancs d'un bleu irisé; un collier d'un noir velouté; tectrices subalaires blanches; croupion d'un jaune pâle; milieu du ventre et parties inférieures de couleur tnairon; bec et pieds bruns. Taille, cinq pouces. De la Guiane. 1.

TANGARA A VENTRE BLEU, Tanagra cyanouentris, Vieill. Parties supérieures variées de jaune et de noir; sommet de la tête, nuque et menton d'un veit jaunâtre; capistrurn et milieu de la gorge noirs; rémiges et rectrices noiresy bordées de verdâtre; poitrine et ventre d'un bleu qui se nuance de verdâtre; bec noir; pieds rougeâtres. Taille, six pouces. Du Brésil. I.

TANGARA VERDATRE, Vireo virescens, Vieill. Parties supérieures d'un gris olivâlre; sommet de la tête noirâtre; sourcils blancs; une tache grise entre le bec et l'œil: rémigrs et rectrices brunes, bordées de verdâtre; petites tectrices alaires d'un vertolive foncé; parties inférieures grises; orge blanchâtre; lectrices sub-cau- ales jaunâtres; bec et pieds noirs. Taille, cinq pouces. De l'Amérique septentrionale. I.

TANGARA VER DEROUX, Tanagra guyanensis, Gmel. Parties supérieures d'un vert olivâtre; sommet de la tête et jones d'un gris cendré; front et trait oculaire d'un roux vif; parties inféiieures d'un vert jaunâtre; gorge et abdomen d'un gris blanchâtre; bec et pieds brunâtres. Taille, six pouces.

TANGARA VERT-OLIVE, Tanagra mugua, Lalh.; Saltalor olivaceus, Vieill., BufF., pl. enl. 206. Parties supérieures d'un vert-olive foncé; un trait blanc entre le bec et l'œil, et plus bas uu autre noir; menton blanc; gorge jaunâtre, avec une ban delette noirâtre; devant du cou el parties inférieures d'un jaune roussâtre; tectrices sub-caudales rousses; bec et pieds bruns. Taille, huit pouces. De la Guiane. III.

TANGARA VERT DU BRESIL, Tanagra virens, Lalh. Parties supérieures vertes; une tache noire sur la joue, une autre un peu plus haut, la gorge de la même nuance; un trait bleu qui pari du bec et descencTsur chaque coté du cou; petites lectrices alaires d'un vert-bleuâtre très-brillant, les moyennes et les grandes, vertes; réiniges et rectrices brunes f bordées de vert, irisé en bleu; devant du cou jaune; parties inférieures d'un vert jaunâtie; bec et pieds bruns. Taille, six pouces. I.

TANGARA VERT ET BLEU, Tanagra chlorocyanca, Vieill. Parties supérieures, côtés de la gorge, du cou, de la poitrine cl du ventre, d'un vert olivâtre; rémiges el rectrices brunes, bordées de verdâtre; parties inférieures d'un bleu pâle; bec et pieds bruns. Taille, cinq pouces. De l'Amérique méridionale. I.

Tangara de Vigors, Tachyphonus Vigorsii Swains. I'lumage d'un noir violâtre; tête ornée d'une huppe rouge rscapulaircs et tectrices sub— alaires blanches; bec et pieds noirs. Taille, six pouces. Du Brésil. VI. (DR..Z.)

TANGARACA. BOT. PHAN. Pison a décrit sous ce nom des Plantes du Brésil, remarquables par leurs dan— gereuses propriétés, mais trop imparfaitement connues pour qu'on puisse les déterminer. Adanson a employé ce mot Tangaraca comme synonyme à Hamelia de Jacquin et de Linné. (G..N.)

TANGAROU. ois. (Buffon.) Pour Tangara roux. V. TANGARA. (DR..Z.)

TANGAY. Bot. Phan. V. Alagao.

TANGILING. MAM. V. PANGO-LING.

TANGHINIA. BOT. PHAN. Du Petit- Thouars (Gener, Madagasc. p. 10) a établi sous ce nom un genre

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de la famille des Apocynées, auquel il a imposé les caractères suivans: calicequinquéfide, étalé; corolle infuodibuliforme, plus longue que le calice, ayant la gorge dilatée, le limbe plan, quinquclobé, à estivatioo torse; cinq étamines dont les anthères sont sessilcs, cordiformes, et insérées sur le tube à l'endroit ou il est élargi; chaque anthère munie infericurnnent de tubercules; ovaire double, portant un seul style, surmonté d un stigmate capité, et porlant deux bourrelets au sommet, renfermés dans les anthères; fruit drupacé, à deux carpelles, ou à un beuf par suite d'avortemeut; ces carpelles sont pyriformes, acuminées, contenant un noyau ligneux, hérissé defilamens; la graine se compose de deux grands cotylédons épais, concaves, sans albumen, et d'un embryon renveisé. Ce genre, d'après on propre auteur, est peut-être fondé sur la même Plante que le Cerbera Manghas, figuré par Gaertner, tab. 123 et 124. Si cette détermination est exacte, le C. Manghna est certainement une Plante mal décrite par les auteurs, et forme un geme absolument distinct du vrai Celbera qui a pour type le C. Thevetia. D'un autre côté, on a indiqué le Tanghiuiia comme congénère de l'Ochrusia de Jussieu. V. ce mot. Quoi qu'il en soit, l'Arbre sur lequel Du Petit-Thouars a fondé son genre, croit à Madagascar oii les habitans lui donnent le nom de Voa-Tanghing. Dans l'Encyclopédie méthodique, Poiret lui a imposé celui de T. veneni fera. Cet Arbre ne manque pas d'élégance; ses rameaux sont dressés, rnis de feuilles ramassées; les urs sont disposées en paniculrs terminales. L amande de son fiuit possède des propriétés excessivement vénéneuses, analogues à celles qui résident dans plusieurs autres Apocynées.Chez les peuples ignorant de Madagascar, on se sert de ces graines comme épreuve judiciaire; si l'accusé résiste au poison, il est innocent; s'il succombe, on regarde son délit comme suffisamment avéré. (G..N.)

TANI. BOT. PHAN. V. BELLEBEGI.

TANIBOUCA. BOT. PHAN. La Plante décrite et figurée par Aublet (Guian., 1, tab. 178) sous le nom de Tanibouca guianensis, a été réunie par la plupart des auteurs modernes au genre Tcrminalia. V. ce mot. Nonobstant celle indication, Sprengel l'a placée dans le genre Gimbernatia de Ruiz et Pavon, qui est le même que le Chunchoa de Jussieu. (G..N.)

TANJOÜG. BOT. PHAN. Syn. de Mimusops à Sumatra. (B.)

TANMANAK. Phibalura. ois. Genre de l'ordre des Insectivores. Caractères: bec très-court, un peu conique, convexe en dessus, dilaté sur les côtés, épais, fort; mandibule supérieure à dos arqué, dchancrée à la pointe; narines placées de chaque côté du bec, à sa hase, dans une très-petite fosse nasale, peu distinctes et couvertes d'une membrane; pieds médiocres; quatre doigts: trois en avant, soudéd à leur base, un en arrière; ailes de médiocre longueur; première et deuxième rémiges dépassant toutes les autres; queue longue, grêle et très - fourchue. Lu genre Tanmanak, institué par Vieillot sur l'inspection d'une seule espèce rapportée du Brésil, ne se tiouve point encore plus nombreux; et, quoique plusieurs observateurs aient entrepris la tâche d'eludier particulièrement les mœurs de cet Oiseau, la difficulté de l'approcher au milieu des forêis presque encore vierges, a rendu leurs tentatives à peu près vaines. On ne connaît même pas la nourriture dont il fait habituellement usage, et l'on n'a pu présumer qu'elle consistait en insectes que par les débris trouvés dans l'estomac du petit nombre d'individus qui ont été tués et prépares pour venir occuper une place méthodique dans les collections d'ornithologie. Temmiuck, jugeant, par la conformation de cot Oiseau, que sa place devait être in

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termédiaire de celles des Tangaras et des Manakius, a forgé une dénomination générique qui tient aussi des uns et des autres. Il eût été plus convenable sans doule de respecter celle adoptée par Vieillot, et qui est moins discordante à l'oreille; mais nous avons pensé qu'ayaut adopté la méthode de l'auteur du Manuel d'ornitholoçie, nous ne pourrions dans ce cas-ci nous dispenser d'adopter un nom qu'il a composé à dessein.

Tànmanak A BEC JAUNE, Phibalura flaivirostris, Viei11., Temm., Ois. col., pl. 118. Parties supérieures brunes, rayées transversalement de vert jaunâtre et de noir; sommet de la tête bruu, varié de noir; les plumes de l'occiput longues et susceptibles de se relever en huppe, sont d'un roux doré; cou rayé de brun, de noir et de blanchâtre, les nuances sont plus foncées en dessus; rémiges brunes, les secondaires bordées de verdâtre; rectrices inégales de manièie à rendre la queue très-fourphuc, vertes à l'extérieur, noirâtres intérieurement; menton et haut de la gorge d'un jaune doré; parties inférieures et tectrices caudales rayées de blanc, de noir et de jaune verdâtre; bec jaune; pieds rougeâtres. Taille, sept pouces. (DR..Z.)

TANOS. min. On trouve ce nom appliqué dans Théophraste et dans Pline à îles Pierres verlcs très-volumincuses qu'on trouvait en Perse. Quelques minéralogistes ont cru qu'on pouvait les rapporter à la Chaux fluatée. (AUD.)

TANREC. Centenes. mam. (On écrit aussi Tenrec; l'orthographe que nous adoptons est celle de Buffon.) Genre d'insectivores composé d'un petit nombre d'espèces remarquables par leur corps couvert en totalité ou en partie de soies rudes et à peine flexibles, ou même de véritables piquans, semblables à ceux des Hérissons. Ce genre d'insectivores est, avec le genre

Taupe, celui qui se rapproche le plus par son système dentaire, des Carnassiers proprement dits ou Carnivores. II a quarante dents, savoir: de chaque côté et à chaque mâchoire, trois incisives, une canine et six mâchelièrcs, parmi lesquelles on distingue deux fausses molaires et quatre vraies, dont la couronne présente plusieurs pointes. La têfe des Tanrecs est très-allongée, conique, pointue, terminée par un museau assez fin. Un petit mufle entoure les narines. Les yeux sont assez petits; les oreilles sont arrondies et très-courtes. Le corps, de forme allongée, n'est point terminé par une queue. Les membres, qui sont plantigrades, se terminent par cinq doigts armés d'ongles robustes et propres à tout. Tels sont les caractères de ce genre confondu par les anciens auteurs avec les Hérissons, mais distingué par Cuvier et Geoffroy qui l'ont nommé Setiger, par Illiger qui l'a nommé Centenes; enfin par Lacé- pède qui l'a nommé Tenrecus.

Les espèces de ce genre, au nombre de trois, sont originaires de Madagascar; mais elles se trouvent aussi maintenant aux îles de France et de Mascareigne. Elles se nourrissent d'insectes, et vivent dans des terriers placés dans le voisinage des eaux. Elles passent une portion de l'année dans cct état de sommeil léthargique qu'on a nommé hibernation, parce que c'est toujours dans la saison froide que s'eugourdissent les Animaux de nos contrées, tels que les Hérissons, les Loirs (V. ce mot), etc. On assure au contraire que le phénomène de l'hibernation se produit chez les Tanrecs pendant les plus grandes chaleurs; fait extrêmement curieux et de la plus haute importance pour la physiologie.

Le TANREC soyeux, Centenes setosus; Erinaceus setosus, Gmel., c'est le Tanrec de Buffon, T. xn, pl. 56. Le front, le dessus du col, les épaules, sont couverts de piquans an nelés de noir et de blanc jaunâtre; le dos, les flancs et la croupe, de soies rudes de même couleur, et les joues, les membres et les parties inférieures

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du corps, de poils blanchâtres. Une huppe, formée de piquans assez fins, existe vers la nuque. Cette espèce est â peu près de la longueur du Hérisson; mais scs formes sont plus grêles. On sait, et Buffon l'a dit'le Premier, qu'il ne peut se mettre en houle comme ce dernier; ce qui tient an développement moins parfait du muscle peaucier.

Le Tendrac, Buff. T. xn, pl. 57, on Tanbec épineux, Centenes spinosus, Desm., est un peu plus petit que le précédent. Tout le dessus du corps et les flancs sont couverts de piquans blancs à leur base, bruns dans le reste de leur étendue, sauf J extrême pointe qui est quelquefois blanche: la téte, les membres, les parties inférieures du corps, sont couvests de poils d'un blanc roussâtre.

Le Tanrec RAYE, Centenes semispviosus, Desm., a été décrit par Buffon dans le Tome 111 des Supplé- mens. On serait porté à le prendre pour le jeune en livrée de l'une des espèces précédentes, si des observalions faites par Geoffroy sur une mère et ses petits, n'avaient établi sa distinction spécifique. 11 n'a que quatre à cinq pouces de long, et se distingue par trois raies longitudinales d'un blanc jaunâtre sur lin fond noirâtre, et par des poils entremêlés de piquans qui forment vers la nuque une huppe, comme chez le Tanrec soyeux. (IS. G. ST.-H.)

TANROUJOU. BOT. PHAN. V. Hy-MENEE—COURBABIL.

TANTALE. Tantalus. ois. Genre de la seconde famille des Gralles. Caractères: bec très - long, droit, sans fosse nasale, un peu fléchi à la pointe qui est courbée; mandibule supérieure voûtée, avec sa base large et dilatée sur les côtés, sa pointe comprimée et cylindrique; les bords des aeax mandibules sont très-courbés en dedans et tranchans; face nue; narines placées s Ja base duec et à sa surface, fendues longitudinalement dans la substance cornée qui les recouvre par-dessus; pieds très-longs; quatre doigts: trois devant, l'intermédiaire de moitié moins long que le tarse, les latéraux réunis par de larçes mcmbranns découpées; un derrière portant à terre dans toute sa longueur; ongles un peu aplatis, courts, presque obtus; ailes assez longues; première et deuxième rémiges à peu près égales et dépassant toutes les autres. Si l'on Prenait à tâche de faire l'histoire tymologiqne des noms imposés gé- nériquemen! aux Oiseaux, sans doute il serait difficile de déterminer les motifs qui ont pu faire choisir celui de Tantale pour le groupe qui nous occupe. En effet, l'observation n'a trouvé dans les mœurs ou les habitudes de ces Oiseaux rien qui puisse avoir quelques rapports avec le cruel festin donné aux Dieux par le fils de Jupiter el de Plota, ainsi qu'avec le juste châtiment infligé par la colère céleste; à moins cependant qu'il 11'y ait matière à comparer l'immobilité des Tantales sur le bord des eaux, à la position du Roi phrygien au milieu du lac où Mercure le tenait plongé; mais nos Tantales ne sont frappés d'une apparente immobilité que lorsqu'ils sont parfaitement repus; et la victime, condamnée à la faim et à la soif perpétuelles, enfoncée dans le lac jusqu'au menton, ne pouvait ni humer l'eau qui se retirait à son moindre mouvement, ni mordre à la grappe qui lui échap Îtait sans cesse. Les quatre Tantales, es seules espèces connues jusqu'à ce jour, sont des Oiseaux paisibles et tranquilles, qui rendent même defranas services aux habitans des ieux qu'ils fréquentent, en les débarrassant de reptiles extrêmement incommodes par leur féconde multiplication. Ces reptiles joints à quelques poissons, font la nourriture habituelle des Tantales (fui, du reste, sont des Oiseaux stupides auxquels l'approche de l'homme et l'effet de ses armes ne paraissent imposer aucun sentiment de crainte, ni même donner l'envie de fuir. Ils établissent

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leur nid tur les arbres élevés: l'aire assez spacieuse, composée de joncs et de bûchettes, liés par un ciment de terre, reçoit deux ou trois wufs verdâtres, poiutillés de brun-noiâtre. Les jeunes restent long-temps au nid ou les parens leur portent la nourriture avec une constauce remarquable. Ces Oiseaux émigrent périodiquement; ils subissent chaque année une mue qui n'apporte qu'une différence momentanée et peu sensible dans leur plumage. On les trouve dans toutes les contrées chaudes et marécageuses des deux continens.

TANTALE D'AMERIQUE, Tantalus loculator, Lath., Buff., pl. enl. 868. Plumage assez généralement blanc; rémiges et rectrices noires, irisées de bleu et de rougeâtre; occiput cl haut du cou garnis de petites plumes brunes, roides et tfElces; téte et cou nus à membrane ridce, calleuse et d'un bleu noiiâtre surtout dans la région des yeux; gorge nue extensible; becd un brun jaunâtre; pieds noirâtres. Taille, trois pieds. La femelle a le cou garni d'un duvet grisâtre; la téte et la gorge seules sont dénudées. Le jeune a la tête et le cou emplumés d'un blanc varié de jaunâtre; le corps noir; le dos, le ventre et la téte d'un gris cendré, fort sujet h varier. Dans FAmérique méridionale, depuis la Caroline jusqu'au Brésil.

Tantale Iris, Tantalus Ibis, Buff., pl. enl. 389. Plumage blanc, à l'exception des tectrices alaires quitirent sur le rose pourpré, et onl de plus une zone d'un pourpre éclatant qui serpente sur l'aile; des rémiges et des rectrices qui sont d'un noir brillant, faiblement irisées en bleuâtre et en rouge; sommet de la tête, joues et devant du cou dénudés en partie, laissant voir la membrane d'un rouge vif; bec jaune; pieds rouges. Taille, quarante-deux pouces. La femelle piesque semblable au mâle, seulement les membranes nues occupent moins d'espace. Le jeune a le plumage en tout ou en partie, suivant son âge, d'un gris cendré.Du Sénégal.

Tantale Jaunohill, Tantalus leucocephalus, Lath. Parties supérieures blanches; rémiges et grandes tectrices alaires noires; partie de la tête nue, couverte d une membrane jaunâtre; une bande transversale noire sur la poitrine; tectrices caudales d'un violet pourpré, mais celte nuance disparaît presque entièrement à l'époque de la mue; bec jaune; pieds lougeâtres. Taille, quarante à quarante - deux pouces. La femelle a les nuances Qui sont complètement noires chez le mâle, d'un brun plus ou moins foncé; le jeune, suivant qu'il se rapproche plus de l'état adulte, est d'un gris brunâtre, varié de blanc. De l'Inde et de Ceylan.

Tantale lacté, Tantalus lacteus, Temin., Ois. color., pl. 352. Taille, trente-six pouces. De Java. (DR..Z.)

TANTALE, min. Ce Métal, dont la découverte est due à Ekcberg, et dont le nom fait allusion à la propriété qui le distingue, d'être insoluble dans les acides, est la base d'un genre minéralogique composé de deux espèces: la Tautalite et l'Yttro— Tantalite. La détermination de ces espèces laisse encore beaucoup à desirer, k raison de la variété des échantillons que l'on en connaît, et de l'imperfection de leuis formes cristallines. Elles sont liées par un caractère commun, celui de donner avec le Borax un verre plus ou moins coloré par le fer, et susceptible de prendre au flamber l'aspect d'un émail.

La TANTALITE. Tantalate de Fer et de Manganèse, nommée aussi Colombite et Tantale oxidé ferro-manaoésilere. C'est une substance d'un run noirâtre, opaque, à poussière d'un noir brunâtre, et quelquefois d'un brun rougeâtre, pesante, ayant un éclat faiblement métalloïde. Ses cristaux, qui sont fort rares, dérivent d'un prisme droit rectangulaire, d'un octaèdre rhomboïdal, dont les

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faces s'inclinent deux à deux sous les angles de 145° 8′, 99° 8′ et 91° 12′ (Mobs). Cette détermination ne se rapporte toutefois qu'aux cristaux de Tantalite trouvés eu Bavière. Ceux de Finlande, dont les formes sont moins nettes, pourraient bien avoir pour type un prisme à base oblique, et formeront peut-être un jour une espèce distincte. La Tantalite est susceptible de clivage parallèlement aux laces du prisme rectangulaire. Le clivage parallèle à l'un des pans est assez net; celui qui est dans le sens de la base est le moins distinct. Les faces verticales, situées dans la direction du principal clivage, sont fortement striées parallèlement à l'axe. Sa cassure est généralement inégale ou conchoïde. Sa dureté est supérieure à celle de l'Apatite, et inférieure à celle du Quartz. Sa pesanteur spécifique varie depuis 6 jusqu'à 7, 9. Traitée seule au chalumeau, elle n'éprouve aucune altération; avec le Borax ou le Sel de Phosphore, elle se fond en un verrequi offie la couleur indicative du Fer; avec la Soude, elle donne une fritte verte, ce qui est l'indice de la présence du Manganèse. Les analyses de la Tantalile ne s'accordent point entre elles, et il est difficile d'assigner la véritable composition de la Tantalite. Elles semblent même indiquer au moins deux espèces, savoir: la Tautalite de Kimilo en Finlande, qui serait, d'après Berzelius, un Tantalate simple de Fer et de Manganèse, composé d'Acide tantaliqiie, 81; Bioxide de Manganèse, 10, et B oxide de Fer, 9; et la Tautalite de Bodenmais en Bavière, qui serait un sous-Tantalate.

La Tautalite de Broddbo, en Suède, ne diffère de celle de Kimito, que parce qu elle est mélangée avec queles centimèties de Tantalate de chaux et de Fer, et de Tungstate de Fer et de Manganèse. Celle de Finbo s'en distingue par une proportion d'Oxide d'Etain assez considérable, mais qui paraît variable. On connaît encore une Tanlalite de Haddam, en Connecticut, qui renferme de l'Acide tungstite et se rapproche ainsi de celle de Broddbo. Enfin Ekeberg a décrit anciennement une variété de Tanlalite trouvée à Kimilo, dont la pesanteur spécifique et les propriétés extérieures diffèrent de celles de la Tantalite ordinaire. Il l'en avait distinguée par le nom de Tantalite à poudre couleur de cannelle. Ce n'est, suivant Beizelius, qu'un mélange de Tantalile ordinaire avec une grande quantité de Tantalure de Fer. Sa pesanteur spécifique augmente avec la proportion de Tantalure, et peut aller jusqu'à 7, 94.

Les variétés se réduisent à deux, qui sont:

La Tanlalite cristallisée. Les formes de la Tantalile de Bodenmais représentent le prisme rectangulaire, soit pur, soit modifié légèrement sur ses arêtes et sur ses angles.

La Tantalite massive; en petits nodules ou nids, engagés dans des Roches granitiques.

La Tantalite appartient aux terrains primordiaux cristallisés; elle se rencontre disséminée accidentellement, et toujours en petite quantité dans le Granité graphique ou la Pegmatite, et dans le Micaschiste On la trouve en Finlande à Skoghohle, sur la paroisse de Kimilo et dans le district de Haliko, dans une Peginatiteà Feldspath rougeâtre; à Broddbo el Finbo près de Fahlun en Suède, avec l'Albile, la Topaze pyrophysalite, le Feldspath et le Quartz; dans l'Amérique du nord, à lladdam et à New-London en Connecticut, avec l'Albite au milieu d'un Pegrnatite; à Bodenmais en Bavière, dans un Micaschiste avec le Béryl aigue-mariue, la Cordiérite et l'Urane phosphaté.

L'YTTRO - TANTALITE. Tintalate d'Yttiia, nommée aussi Tantale oxidé yttrifère (Ilaüy), Yltro - Columbite (Phillips), Yltro-Tantale. Sous ce nom on a réuni des substances amorphes dont la composition est encore mal connue, mais qui toutes renferment de l'Yttria combiné avec

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l'Oxide de Tantale. Elles sont noires, jaunes ou d'un brun sombre; et la couleur de leur poussière est le griscendré verdâtre. Leur cassure est inégale; leur dureté est supérieure à celle de l'Apatite. Elles sont susceptibles d'être râclées avec le couteau. Soumises à l'action de la chaleur, elles changent de couleur sans se fondre; avec le Borax, elles se dissolvent en un verre iucolore qui peut devenir opaque au flamber. Leur composition est encore mal connue: la proportion de l'Acide tantalique varie de 50 à 60 pour cent. Elles sont fréquemment mêlées de Tungstates.

On distingue trois variétés de couleurs:

1°. L'Yttro-Tantalite noire. Elle présente quelques indices de cristallisation. Elle est opaque et a un éclat demi-métallique. Sa pesanteur spécifique est de 5, 395 (Berzelius). On la trouve disséminée en petits grains dans les Roches granitiques.

2°. L'Yttro-Tantalite jaune. Sans aucune trace de cristallisation. éclat résineux à la surface et vitreux dans la cassure. Pesanteur spécifique, 5, 88 (Ekeberg). Elle se rencontre en petites lames ou en grains au milieu d'un Feldspath.

3°. L'Yttro-Tantalite noir brunâtre. Translucide sur les bords, se présentant, comme la précédente et avec elle, en lamelles ou en grains, ayant un éclat intermédiaire entre le vitreux et le résineux. Ces trois variétés d'Yttro-Tantalite se trouvent disséminées dans des lits de Feldspath et au milieu de la Pegmatite à Ytterhy, et dans les environs de Finbo et de Korarfsberg en Suède. La même substance existe aussi au GroËnland, où elle a pour gangue un Feldspath d'un rouge incarnat. (G. DEL.)

TANTAREVEL. BOT. PHAN. On désigne sous ce nom, aux environs de Montpellier, le Houblon. (aud.)

TANYGLOSSE. Tanyglossa. INS. Genre de l'ordre des Diptères établi par Meigen, et qui correspond à celuique Latreille a nommé Pangonie. V. ce mot. (aud.)

TANYMÈQUE. Tanymecus. INS. Nom donné par Germar à un genre de Coléoptères de la famille des Porte-Becs ou Rhynchophores, adopté par Dejean, Schoenherr, et que celuici place dans la troisième division des Curculionides gonalocères (antennes coudées) et à museau court, celle des Brachydérides, subdivision de ceux dont le corps est oblong, le plus souvent ailé, avec les épaules plus on moins saillantes, en manière d'angle. Parmi les Charansonites à antennes coudées, dont le museautrompe est court, avec ses deux sillons latéraux obliques, les Thylacites, les Herpistiques, les Brachydères, les Eusomes, les Tanymèques, les Promécops et les Sitones, forment un groupe naturel. La plupart des espèces vivent à terre, et sont généralement de couleur grise ou cendrée. Le premier article de leurs antennes s'étend souvent, lorsqu'il est rejeté en arrière, au - delà des yeux, qui sont arrondis. Le museau-trompe est déprimé et en carré plus ou moins long, échancré en devant; le bord inférieur de la cavité gulaire se divise en trois lobes ou festons, dont l'intermédiaire est occupé par un menton arrondi. Les mandibules sont épaisses et arrondies. Le corselet est tronqué aux deux extrémités. Les pates sont presque semblables, ou du moins les deux antérieures diffèrent peu des autres, et les cuisses sont simples. Quelquesuns de ces genres sont aptères; les autres sont ailés, et de ce nombre est celui de Tanymèque. Le corps est oblong, avec la tête et le corselet notablement plus étroits que l'abdomen. Les antennes sont composées de douze articles, dont le premier plus long que la tête, les sept suivans obconiques, et dont les quatre derniers formant une massue ovalaire et pointue; le second est un peu plus long que les suivans. Le museau-trompe est déprimé, carré, presque uni, ou simple-

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ment plus élevé, ou plus enfoncé longitudinalement dans son milieu, un peu plus long que large, avec les sillons latéraux courts et arqoés. Le corselet est presque cylindrique, sensiblement plus long que large. L'écusson est petit et triangulaire. L'abdomen forme un carré allonge, rétréci en pointe postérieurement. Les cuisses sont renflées au milieu. Les jambes n'offrent ni dentelures ni épines sensibles.Schœnherr divise ce genre en trois sections, selon que le museau-trompe a une impression longitudinale, que sou milieu offre une ligne élevée, ou que sa surface superieure est égale. La première est encore distinguée des autres, en ce que chaque élytre se termine isolément en pointe, tandis que dans celle-ci les deux éluis se rapprochent pour former ensemble une pointe commune. A la première appartient l'espèce de ce genre la plus commune en France, le TANY-MÈQUE MANTELé, Curculio palleatus, Fabr.; Panzer, Faun. Insect., XIX, tab. 5, son corps est noir, mais couvert de petites écailles épaisses, dont les supérieures noiiâtres, et dont les inférieures et les latérales blanchâtres. v. pour les autres espèces, Schœnherr (Curculion. Disposit. Method.). (LAT.)

TANYPE. Tanypus. INS. Genre de l'ordre des Diptères, famille des Némocères, tribu des Tipulaires, division des Culiciformes, établi par Meigen, et que nous caractérisons ainst: pales longues, déliées, les deux autérieures plus longues et avancées; yeux grands, échancrés; point d'ocelles ou d'yeux lisses; palpes saillans, filiformes, courbés, de quatre articles (ou de cinq, y compris le tubercule radical), tous simples et sans divisions annulaires; antennes presque filiformes, plus longues que la tête, de quatorze articles, presque tous globuleux, et dont le dernier un peu plus gros; celles des mâles garnis de poils longs et épais, formant un grand panache, avec l'avant-dernier article fort long, cylindrique; celles des femelles simplement garnies de quelques poils, avec le pénultième article semblable aux précédens; ailes étroites, inclinées sur les côtés du corps, velues. Degéer nous a donné l'histoire d'une espèce de ce genre, qu'il range avec les Tipules, et qu'il nomme TIPULE BIGARRÉE, Tipula maculata; c'est, suivant Meigen, le Chironomus monilis de Fabricius (System. antliat.), et la Tipule à pates d'arlequin de Geoffroy. Elle est blanchâtre, avec des taches cendrées sur les ailes, et les pates entrecoupées de noir. La larve est aquatique, a la forme d'un ver long et cylindrique, avec la tête ovalaire, munie de deux petites antennes et de deux petits yeux noirs. Le corps est ensuite divisé en douze segmens, dont le premier plus grand, ayant la forme d'un thorax, et portant en dessous deux pates longues, cylindriques, réunies supérieuiement en une seule tige, et couronnées à leur extrémité par une série de longs crochets mobiles, courbés en dehors et en dessous. L'Animal peut en retirer les extrémités ou les divisions dans la tige commune, et même presque entièrement le tout dans l'intérieur du corps, de manière qu'elles ne paraissent plus au dehors que sous la forme de moignon. Lorsqu'elles sont étendues, soit perpen-diculairement, soit obliquement, elles ressemblent à des béquilles ou à des jambes de bois. Le dernier anmeau du corps offre deux autres pates presque semblables aux précédentes, mais entièrement sépaiées, et point susceptibles, à ce qu'il paraît, de rentrer dans le corps. La larve s'en sert à peu près comme les chenilles arpenteuses, en courbant alors le derrière en dessous; mais ces organes restent toujours roides. Quatre petites lames triangulaires, très-transparentes, sont placées immédiatement au - dessus de ces deux pates postérieures. Vers le dos sont deux petits corps cylindriques, perpendiculaires, terminés chacun par une

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aigrette de longs poils, et que l'on doit considérer comme des tubes respiratoires, puisque deux corps de trachées y aboutissent.

Au rapport de Benoît - Frédéric Fries, auteur d'une Monographie des Tanypes de Suède, les larves de ces Diptères diffèrent de celles des Chironomes, dont elles se rapprochent d'ailleurs beaucoup par l'existence de ces deux organes. La nymphe ressemble en général à celle des Tipulaires aquatiques, et particulièrement des Tipulaires culiciformes. Son corps est plié en double. La tête est arrondie et pourvue de deux yeux ovales. Le thorax, gros et comme bossu, offie en dessus deux pièces ovales, terminées en une pointe transparente, élevées perpendiculairement, représentant deux sortes d'oreilles, et de chaque côté une grande lame ovale renfenmant les ailes. L'abdomen est cout bé en dessous, allongé, divisé en huit anneaux, et terminé par deux pointes roides, allongées, coniques, formant une sorte de petite queue, et par des aigrettes de longs poils. Ces pièces, ainsi que les deux espèces d'ailerons de la partie supérieure du thorax, sont probablement des organes respiratoires. Cette nymphe se tient toujours perpendiculairement dans l'eau, le plus souvent dans son milieu et fixée à quelque Plante; elle vient aussi quelquefois à sa surface. La tête est toujours en haut, et l'abdomen en bas et courbé. Lorsqu'elle veut changer de place ou nager, elle redresse cette dernière partie du corps et bat le liquide qu'elle habite par coups réitérés. L'auteur de la Monographie précitée l'a enrichie de quelques nouveaux détails historiques, et en mentionne douze espèces. V. cet ouvrage, Meigen et Macquart(Diptères du nord de la France). (lat.)

TANYPÈZE. Tanypeza. INS. Genre de Diptères institué par Fallen, adopté par Meigen, qui le range dans la famille des Muscides et qu'il signale ainsi: antennes couchées surla face, rapprochées, de trois articles, dont le dernier oblong, comprimé, avec une soie dorsale, nue, insérée à sa base; hypostome un peu incliné, plan, nu; yeux oblongs, écartés; front étroit, nu; abdomen allongé, de six anneaux; ailes couchées, parallèles, avec la quatrième nervure longitudinale recourbée. Meigen ne cite qu'une seule espèce, le TANYPÈZE LONGIMANE, Tanypeza lungimana. La soie des antennes y est représentée avec des poils, ce qui ne s'accorde pas avec la description. La figure qu'il donne de la trompe, des palpes, et de l'Animal entier, nous fait soupçonner que ce genre n'appartient point à cette famille, et qu'il se rapproche bien plus de celle des Dolichopodes. V. pour plus de détails, le même article dans l'Encyclopédie méthodique. (LAT.)

TANYRHYNCHIDES. ins. Nom donné par Schœnherr à sa neuvième division des Gurculionides gonatocères et à museau-trompe court, ou brachyrhynques, et quil distingue des autres de la même section par les caractères suivans: rostre (museau-trompe) perpendiculaire, allongé, presque linéaire; pédoncule (scapus) des antennes prolongé au-delà des yeux. Cette division comprend les genres Tanyrhynchus et Miorhinus. (lat.)

TANYRHYNQUE. Tanyrhynchus. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, famille des Rhynchophores ou Porte-Becs, tribu des Charansonites, établi par Schœnherr, et qu'il range dans sa division des Tanyrhbynchides. V. ce mot. Ce genre, formé sur une seule espèce, Tanyrhynchus terranus, et propre au cap de Bonne-Espérance, paraît se rapprocher des Otio-rhynques (ancienuement Pachygastres) et autres genres analogues, mais en différer par le museau - trompe une fois plus long que la tête, presque filiforme, linéaire et arque. Ses deux sillons ordinaires sont supérieurs, presque droits et s'étendant dans toute sa longueur jusqu'aux

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yeux. Les antennes sont très-grêles, longues, composées de douze articles, dont le premier ou le pédoncule acapus) s'étendant au-delà des yeux, et reuflé en massue à son extrémité; les suivans sont allongés, presque obeoniques, et se raccourcissent graduellement; les quatre derniers forment une massue ovale et allongée. Les yeux sont oblongs et déprimés. Le corselet est transversal, arrondi latéralement, et légèrement lobé derrière les yeux. Les ailes manquent. L'écusson est à peine distinct. Les étuis réunis sont trois fois plus longs que le corselet, forment un ovoïde-oblong, et sont un peu écbancrés en dedans à leur base. Les pieds sont robustes, avec les cuisses en massue; les antérieures sont un peu dentées; les jambes sont mutiques. (lat.)

TANYSPHYRE. Tanysphyrus. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, famille des Porte-Becs ou Rhynchophores, tribu des Charansonites, établi par Germar, et que Schœnherr place dans sa division des Mulytides, la cinquième de ses Brachyrhynques, ordre des Curculionides gonatocères. Dans notre article RHYNCHOPHORES de ce Dictionnaire, nous l'avons fort éloigné des genres qui l'avoisinent dans cette méthode, et nous avons pensé que, dans un ordre naturel, fl devait être associé aux Rhynché-nides. Le corps est court, presque ovoïde et ailé, avec le museau-trompe fort, presque aussi long que la tête et le corselet, cylindrique, arqué; les yeux oblongs et point saillans; le corselet à peu près isométrique, tronqué aux deux bouts, arrondi sur les côtés et un peu plus étroit en devant; l'écusson peu sensible; l'abdomen ovoïdo-carré, recouvert entièrement en dessus par les élytres; les pates fortes, avec les cuisses en massue, et les jambes terminées par un fort crochet. Mais ce qui distingue ce genre, ainsi que ceux de Bracho-nyx et d'Anoplus des autres Rhyn-ehénides, c'est que les tarses sont fort courts, larges, aplatis, et que ledernier article est embrassé en ma-jeure partie par les deux lobes de l'article précédent; le dessous est tout garni d'un duvet soyeux. Les antennes sont composées de douze articles, dont le premier, le plus long de tous, atteint presque les yeux;le second obeonique, épais, plus grand que les suivans; ceux-ci petits et serrés, et dont le huitième forme avec les derniers une massue épaisse, presque globuleuse. Ce genre a pour type le Rhynchœnus Lemnœ de Fabricius, Insecte ayant à peine une ligne de long, noirâtre, obscur, ponctué, avec les élytres assez fortementstriées; elles offrent, dans certains individus, quelques taches grisâtres; ses côtés, ceux du corselet et du dessous du corps, sont de cette couleur, qui est formée par de petites écailles, mais s'obliléiant. Cette espèce vit sur la Lentille d'eau. Outre l'Allemagne, la Suède, elle habite les environs de Paris. Nous l'avons reçue aussi de Rouen, d'où elle nous a été envoyée par Lebas, entomologiste des plus zélés et des plus habiles à découvrir les plus petites espèces. (LAT.)

TANYSTOMES. Tanystoma. ins. Famille del'ordre des Diptères, ayant pour caractères: trompe saillante; palpes insérés près de la cavité orale, découveits; suçoir de quatre soies; antennes de trois ou deux articles, dont le dernier, non compris le stylet ou la soie, sans divisions; larve changeant de peau pour passer à l'état de nymphe. Ce dernier caractère, le nombre des pièces du suçoir et la forme du dernier article des antennes, distinguent cette famille de celles de quelques autres du même ordre, dont la tiompe est en totalité ou en grande partie saillante, et auxquelles la dénomination de Tanystomes (bouche étendue) pourrait rigoureusement être appliquée. Elle se compose des genres Asilus, Empis et Bombylius de Linné, et des suivans de Fabricius: Anthrax, Cylherea, Bibio, Leptis, Aiherix et Doitchopus. La plupart de ces genres for-

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mant autant de tribus ou de petites familles particulières, la coupe des Tanystomes peut être considérée comme une grande section de l'ordre des Diptères. Leurs larves ont la figure de vers allongés, presque cylindriques, sans pâtes; la tête armée de crochets ou d'appendices réiractiles, dont elles se servent pour ronger ou sucer les matières qui leur servent d'alimens. Elles changent de peau lorsqu'elles veulent se métamorphoser. Les nymphes sont nues, et offrent extérieurement les organes locomoteurs et les antennes de l'Insecte parfait, qui sort de sa dépouille par une fente dorsale de la peau.

La plupart des Tanystomes, tels que les Asiliques, les Empides, les Thérèves, les Leptides et les Dolichopodes, font leur proie de divers Insectes; quelques-uns, tels que les premiers, les saisissent avec leurs pales et s'envolent avec eux. Certains Asiles s'emparent même de gros Bourdons et de Coléoptères de moyenne taille. Leurs larves, à l'exception de celles des Leptides, paraissent avoir des habitudes différentes; on les trouve dans la terre. Les autres Tanystomes, comme les Bombilles, les Anthrax, etc., qui, en étnt parfait, vivent du suc des fleurs, ou du moins ne montrent point alors le même instinct carnassier, sont carnassières sous la forme de larves. Nousavons souvent rencontré la dépouille de leurs nymphes dans les nids de quelques Apiaires solitaires, ce qui nous fait présumer que ces larves sont parasites. Les organes sexuels des mâles de ces Insectes sont ordinairement saillans, et font paraître leur abdomen terminé en massue ou par un bourrelet.

Nous partagerons cette famille en deux coupes principales. Dans la première, la trompe, toujours entièrement ou presque entièrement saillante, se présente sous la forme d'un tube ou d'un siphon plus ou moins long, tantôt cylindrique ou conique, tantôt filiforme ou sétacc; la gaîne est de consistance assez solide; les deux lèvres du bout se confondent avec elles, ou ne forment qu'un empâtement peu volumineux comparativement à son étendue. Les palpes sont petits. Le dernier article des antennes offre souvent un stylet articulé. Les larves ont une tête écailleuse, et qui dès-lors ne change point de forme.

Une première subdivision com-prendra ceux qui sont éminemment carnassiers, dont le corps est oblong, avec le thorax rétréci en devant, l'abdomen tantôt conique ou cylindrique, tantôt ovalaire et rétréci à sa base, et les ailes croisées. Les antennes sont toujours rapprochées. La trompe est généralement courte, cylindrique ou conique. Ici vient la tribu des Asiliques et celle des Hybotides et des Empides.

La seconde subdivision nous présentera des Tanystomes à formes proportionnellement plus courtes et plus larges, et dont le port se rapproche de celui de nos Mouches ordinaires. La tête est exactement appliquée contre le thorax; les ailes sont écartées; l'abdomen des uns est déprimé, triangulaire ou presque carré; celui des autres est renflé, vésiculeux; la trompe est souvent fort longue et menue. Trois autres tribus, les Vésiculeux, les Bombyliers et les Anthraciens, composent cette subdivision.

Les derniers Tanystomes, ceux de notre seconde division, ont une trompe membraneuse, dont la tige est tiès-courte et point ou peu saillante au-delà de la cavité orale, et se termine par deux grandes lèvres, toujours à découvert et souvent relevées ou ascendantes. Les palpes sont plus grands que dans la division, précédente. Le dernier article des antennes est le plus souvent tantôt ovoïde ou globuleux, tantôt en forme de palette. Il porte généralement une soie assez longue. Les pieds sont presque toujours longs et menus. Les larves ont une tête molle et de forme variable.

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Nous partagerons aussi en deux celle seconde division générale. Les uns ont les ailes écartées et dont les nervures forment plusieurs cellules complètes, ainsi que dans presque tons les Tanystomes précédens. Le dernier article des antennes est ovoï-do-conique ou presque semi-globuleux et transversal. Ces Tanystomes composeront la tribu des Leptides. Dans les autres et derniers, les ailes sont couchées sur le corps et n'of fremau plus que deux cellules completes ou fermées, ainsi que celles des Muscides. Les antennes se ter-minent aussi par une palette.

Ceux dont le corps est comprimé latéralement, avec la tête triangulaire, un peu avancée en manière de museau, les palpes plats et couchés sur la trompe, l'abdomen courbé en dessous, et les pates longues, dé-liées, garnies de petites épines, forment la tribu des Dolichopodes.

Ceux dont le corps est déprimé, avec la tête arrondie, presque entièrement occupée dans les yeux, du moins dans les màles; les palpes relevés, filiformes ou en massue; les pieds courts ou peu allongés, sans épines, et dont les postérieurs ont souvent les tarses larges et aplatis, composeront une dernière tribu, celle des Céphalopsides, et qui comprendra les genres Callomyie, Pla-tpèxe, Pipuncule et Scénopine.

TAON. Tabanus. ins. Genre de l'ordre des Diptères, famille des Ta-baniens, embrassant dans la Méthode de Linné celte famille, mais ne comprenant aujourd'hui que les espèces dont les caractères sont: trompe guère plus longue que la tête, membraneuse, terminée par deux grandes lèvres; palpes grands, avancés, renflés à leur extrémité dans les mâles, subulés dans les femelles; antennes de la longueur environ de la tête, dont le dernier article taillé en croissant, terminé en alêne, divisé en cinq anneaux, dont le premier tiè-grand, avec une dent supérieure; point d'yeux lisses. Ayant exposé à l'article TABANIENS ce que l'histoire de ces Insectes, et particulièrement des Taons, nous offre de plus intéressant, nous nous contenterons ici de mentionner quelques-unes des espèces principales:

TAON ALBIPÈDE, Tabanus albipes, Fabr., l'un des plus grands du genre; d'un noir foncé, avec le thorax et la base de l'abdomen couverts d'un duvet grisâtre; jambes blanches. Il est rare aux environs de Paris.

TAON DES BOEUFS, Tabanus Bovinus, L., l'un des plus grands encore; brun en dessus; segmens de l'abdomen bordés postérieurement en dessus de gris roussâtre, avec une tache triangulaire et grisâtre au milieu; jambes d'un jaunâtre pâle; yeux verts; ailes ayant des nervures d'un brun roussâtre.

TAON AUTOMNAL, Tabanus auturnnalis, L., noirâtre; des raies cendrées et longitudinales sur le thorax; dessus de l'abdomen noir, avec trois rangées longitudinales de taches blanchâtres, celles de la rangée du milieu triangulaires; les autres ou les latérales plus larges, échangées, en forme de demi - équerre; jambes blanchâtres.

TAON MARROCAIN, Tabanus marrocanus, Fabr., grand, noir, avec des taches d'un jaune doré sur l'abdomen. En Barbarie et en Portugal. Au rapport du professeur Desfontaines, les Chameaux sont quelquefois tout couverts de ces Insectes.(LAT.)

TAÛNABO. BOT. PHAN. (Aublet.) Syn. de Ternstrœmia. V. ce mot.

TAONIENS. INS. V. TABANIENS.

TAPAYE. REPT. SAUR. Espèce du genre Agame devenu type d'un sous-genre qui a conservé son nom. V. Agame. (B)

TAPE-BOIS. OIS. Syn. vulgaire de la Sittelle. V. ce mot. (dr..z.)

TAPEINE. Tapeina. ins. Lepelletier et Serville ont ainsi désigné, dans le Dictionnaire des Insectes de l'Encyclopédie méthodique, un genre

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de Coléoptères de la famille des Longicornes, composé des Lamies à corps aplati, et dont les mâles oot leurs antennes insérées chacune à la partie postérieure d'un long appendice naissant des rebords latéraux du front, et s'étendant transversalement en ligne droite de manière à couvrir les yeux; elles sont formées, dans les deux sexes, de onze articles. Ils en décrivent quatre espèces, toutes du Brésil, et qui leur ont paru être inédites. (LAT.)

TAPEINIA. BOT. PHAN. (Jussieu.) Syn. de Witsenia. V. ce mot. (G..N.)

TAPETI. MAM. Espèce du genre Lièvre. (B.)

TAPHIEN. Taphozous. MAM. Genre établi par Geoffroy Saint-Hilaire dans la famille des .Chauve-Souris, et qui sera traité au mot VESPERTILLON. (LESS.)

TAPHRIE. Taphria. INS. Genre de Coléoptères de la famille des Carnassiers, tribu des Carabiques, section des Simplicimanes dans notre méthode, tribu des Féroniens dans celle de Dejean, et distingué des autres genres de cette division par les caractères suivans: les trois premiers articles des deux tarses antérieurs dilatés dans les mâles; crochets de tous dentelés; dent du milieu de l'é-chancrure du menton bifidej palpes maxillaires filiformes; les labiaux terminés en massue obconique; corselet orbiculaire. La dénomination de ce genre, quoique ses caractères n'eussent pas été publiés par Bonelli, créateur de cette coupe, s'est tellement répandue par ses relations.avec divers entomologistes, qu'elle a prévalu sur celle de Synuchus que lui a donnée Gyllenhal. La seule espèce connue est le Carabus vivalis d'Illieer ou l'Agotmm vivale de Sturm. Elle est longue de trois à quatre lignes, d'un brun très-foncé ou presque noire, avec les auteunes el les pales fauves. Les élytres ont des stries simples dont les plus internes, plus marquées, et offrant chacune deux ou trois pointes eufoncées. On la trouve dans les bois et les forêts, sous les pierres et sous les feuilles. Elle est rare aux environs de Paris. (LAT.)

TAPHRINA. BOT. CRYPT. (Mucédinées.) Fries avait donné d'abord à ce genre le nom de Taphria que porte déjà un genre d'insectes, et qu il a légèrement modifié par cette raison; il ne renferme qu'une seule espèce décrite d'adord sous le nom d'Erineum aureurn, el qui croît sur les feuilles de divers Peupliers. Il diffère des vraies Erineum par ses filamens renflés et presque vésiculaires, arrondis, continus, réunis en groupes serrés, d'un aspect soyeux. Cette petite Cryptogame, qui forme des taches d'un jaune d'or, est fréquente sur les feuilles des Peupliers et surtout du Tremble. (AD. B.)

TAPHRODÈRE. Taphroderes. INS. Genre de Coléoptères de la famille des Rhyuchophores, tribu des Brenthides, établi par Schœnherr, et qui, d'après les caractères qu'il lui donne, différerait plus particulièrement de celui de Brente, à raison des fossettes latérales de son corselet et de son abdomen dont les premières recevraient les cuisses des deux parties antérieures, et les deux autres les cuisses intermédiaires, ainsi que par la briéveté des jambes, et les taises dépourvus de pelotes. La tête est très - allongée, plus étroite en devant, et portée sur un cou distinct; les élytres sont tronquées obliquement et eu dedans à leur extrémité. Le Brentus foveatus de Fabricius entre dans ce genre. Schœnherr cite une autre espèce qu'il nomme brevipes. (LAT.)

TAPI A. BOT. PHAN. Espèce de Cratœva. V. CRATEVIER. (G..N.)

TAPIAI. INS. Suivant Latreille, on a donné ce nom dans l'Amérique méridionale à une espèce de Fourmi. (AUD.)

TAPIER. BOT. PHAN. On a ainsi fiaucisé dans certains Dictionnaires le nom du genre Cratœva, dont une

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espèce porte le nom de Tapia. V. CRATÉVIER. (G..N.)

* TAPINA. BOT. PHAN. Martius (Généra et Spec. Plant. Brasil., 3, p. 59) a créé sous ce nom uo nou-veau genre qui appartient à la famille des Gesnériées de Richard et à la Didynamie Angiospermie, L. Il l'a ainsi caiactérisé: calice libre, profondement découpé en cinq segmens inégaux; corolle infundibuliforme, un peu rîngente, bossue à la base et dans la partie postérieure; le tube fort renrfé antérieurement, la gorge étranglée, le limbe dressé, à deux lèvres dont la supérieure est bilobée, l'inférieure trilobée quatre étamines didynames avec le rudiment d'une cinquième; anthères cohérentes; disque annulaire hypogyne, tuméfié postérieurement en une glande; capsule ovée, coriace, uniloculaire, bivalve, à deux placentas pariétaux, bilamellés, portant des graines nom-breuses et obliques. Deux espèces reulement constituent ce genre; l'une d'elles, Tapina barbata, Mart., loc. cit., lab. 225, fig. 1, a déjà été mentionnée par Nées d'Esenbeck et Martius, dans le onzième volume des Actes de Bonn. sous le nom de Gesneria barbara; l'autre espèce, Tapina pusilla, Mart., loc. cit., tan. 225, fig. 2, est entièrement nouvelle. Ces Plantes croissent dans les lieux ombragés et fourrés des forêts vierges du Brésil oriental. Leurs tiges sont simples ou rameuses, naissant d'une tubérosité souterraine; ainsi que tout le reste de la Plante, elles sont molles et charnues; leurs feuilles sont pétiolées, opposées, mais quelquefois devenant un peu alternes et éloignées par suite d'un dérangement dans l'opposition des feuilles qui forment chaque paire. Les fleurs, dont la corolle est blanche, sont solitaires ou rarement géminées, portées sur des pédoncules axillaires. (G..N.)

TAPIIVIA. BOT. CRYPT. V. AGARIC.

TAP1NOTE. Tapinotus. INS. Genre de Coléoptères de la femille des Rhynchophores, tribu des Charansonites, fondé par Schœnherr qui l'a placé dans sa division des Cryptorhynchides, ordre des Curculionides Gonatocères, légion des Mécorbynques. Ainsi que dans les autres Cryptorhynchides, la poitrine offre un silon, mais peu prononcé et court; les yeux sont latéraux, presque ronds et peu saillans; le museau-trompe est tort, cylindrique el arqué. Les antennes n'offrent que onze articles dont les quatre derniers forment une massue ovale et pointue; le premier et ensuite les trois suivans sont les plus longs de tous; le corselet semble être un peu plus long que large; il est presque coniaue, rétréci eu devant, bisinué à sa base, avec les angles antérieurs un peu avancés en manière de petits lobes; l'écusson est à peine sensible; les élytres forment un carré long, aplati dorsalement et ne recouvrant point l'anus; les pates sont assez longues, presque égales; les antérieures sont distantes aes autres, avec les cuisses eu massue et dentées; les jambes sont droites et mutiques à leur extiémité. Ce genre a été établi sur une seule espèce que Schœnherr nomme Erhippiger, et qu'il dit être de l'Europe tempérée. (LAT.)

TAPIOKA. BOT. PHAN. Fécule blanche obtenue de la racine de Jatropha ou Janipha Manihot, Plante qui fournit en outre la farine de Cassave. V. ce mot. Le Tapioka ne diffère de celle-ci que par un plus grand degré de pureté, car In Cas save est un mélange d'amidon, de fibres végétales et de matière extractive, tandis que le Tapioka est de l'amidon parfaitement purifié, surtout après qu'on lui a fait subir plusieurs lavages. Cette fécule se rassemble sous orme de grains durs, brillans, assez gros, sans odeur, d'une saveur qui se rapproche de celle de la fève, et ayant beaucoup de ressemblance avec le sagou extrait de la moelle des Palmiers; aussi lui donne-t-on, dans le commerce, le nom de sagou blanc. De même que toutes les autres substances féculentes, le Tapioka est

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nourrissant, el sert à préparer des potages et des bouillies convenables aux convalescens. (G..N.)

TAPIR. Tapirus. MAM. Genre de Pachydermes, de la tribu des Tridactyles, créé par Brisson, admis par tous les zoologistes, et avant pour caractères: molaires préntant à leur couronne, avant d'étre usées, deux collines transverses et rectili-gues; nez terminé en une petite trompe mobile en tous les sens, mais non terminée par un organe de tact comme celle de l'Eléphant; cou assez long; peau assez épaisse et recouverte de poils ras; deux mamelles inguinales. Six incisives en haut et six en bas; quatre canines et quatorze molaires en haut et douze en bas.

Long-temps on a cru ce genre particulier seulement à l'Amérique. Les riches et belles découvertes de Diard et Duvaucel ont prouvé qu'il existe aussi en Asie.

§ 1. Tapirs vivant.

Le TAPIR d'AMERIQUE, Tapirus americanus, Gmel., Desm., 645. La synonymie du Tapir est très-élendue. Cet Animal a en effet été mentionné dans beaucoup d'écrits: c'est le Maipouri de Barrère, le Tapürète Marc-graaff, le Mborebi d'Azara, l' Anta des Espagnols, et le Tapir de Buffon. LeTapir a la tête assez grosse, très-relevée sur l'occiput; les yeux très-petits; le museau est terminé par une petite trompe mobile dans lous les sens, et presque entièrement musculaire; le corps est gros; la queue très-courte et en forme de tronçon; les poils sont courts, serrés et lisses, d'un brun ou brun fauve plus ou moins foncé. Le mâle a sur le cou une sorte de petite crinière. Le Tapir vit solitaire dans les profondes forêts et les savanes du Nouveau-Monde; son naturel est doux et timide, et il s'apprivoise aisément: il vit de fruits et d nerbes tendres, et se trouve dans toute l'Amérique méridionale.

Le TAPIR PINCHAQUE, Tapirus Pinchaque, Roulin, Ann. nat., 1829. Occiput aplati; nuque ronde; corps couvert d'un poil épais, brun noirâtre; une place nue sur les fesses; une raie blanche à l'angle de la bouche. Sauelette différant beaucoup de l'espèce ordinaire. N'habite que les sommités des montagnes, tandis que l'espèce précédente vit dans les plaines.

Le TAPIR DE L'INDE, Tapirus indicus, F. Cuv.; le Maïba, Desm., 646; Tapirus malayanus, Raffles. Cette espèce, nouvellement découverte par Diard, a le corps gros et trapu; sa trompe a de sept à nuit pouces; son pelage est composé de poils courts et ras, de couleur d'un blanc sale, tandis que la tête jusqu'aux épaules, les jambes et la queue sont d'une couleur noire foncée; le mâle n'a point de crinière sur le cou. Ce Tapir, figuré par F. Cuvier, est très-com-mundans les forêts de Sumatra et de la presqu'île de Malak. D'après une figure du des Chinois, un Anglais a cru reconnaître un Tapir qu'il a fait graver dans l'Asiatic Journal. Tout porte à croire que c'esl un Animal fantastique ou composé de quelques traits de l'Eléphaut, du Tigre, etc.; cependant on en a fait le Tapirus sinensis qui n'est rien moins qu'authentique.

§ 2. Tapirs fossiles.

TAPIR GIGANTESQUE, Tapirus giganieus, Cuvier, Desm., 647. Ce Tapir avait la taille des plus grands Elephans; ses molaires présentent des collines droites et non saillantes à leur extrémité, et de nombreuses crénelures sillounent l'arête de ces collines dans les germes des dents; on ne counaît point d'os fossiles de cette espèce, autres que les dents qu'on a trouvées dans les terrains meubles en plusieurs lieux de la France.

TAPIR MASTODONTOÏDE, Tapirus mastodontoides, Harlan, Fauneamér. D'un tiers moins grand que le Tapirus giganteus, et bien supérieur au Tapir d'Amérique vivant. Les molaires, lorsque leur couronne est

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ée, présentent des disques approchant de ceux du Mastodon giganteum. Il a été trouvé dans le Kentucky: on doit regarder cette espèce comme un vrai Mastodonte et non on Tapir. (LESS.)

TAPIRé. OIS. Surnom que l'on donne aux Perroquets qui, par maladie ou par un accident quelconque, ont la couleur qui forme naturellement le fond du plumage parsemé de teintes variées. (DR..Z.)

TAPIRIER. Tapiria. BOT. PHAN. Ce genre, établi par Aublet (Guian., 1, p. 370, tab. 188) appartient à la Décandrie Pentagynie, L., et a été placé à la suite de la famille des Térébinthacées. Cette place n'est pas définitive, car, d'après le sentiment de Kunth, on doit exclure ce genre des Térébinthacées. Necker et Schreberont inutilement substitué au nom imposé par Aublet ceux de Salabcrria et de Joncquetia. Voici les caractères essentiels de ce genre: calice divisé profondément en cinq segmens égaux, presque arrondis et caducs; cinq pétales insérés sur un disque hypogyne? proéminent; dix étamines insérées au même endroit; cinq stigmates sessiles et obtus; capsule marquée de cinq sillons, à cinq valves et à cinq graines munies d'arille, ou plutôt capsule composée de cinq carpelles monospermes.

Le TAPIBIER DE LA GUIANE, Tapiria guianensis, Aubl., loc. cit.; Joncquetia paniculata, Willd., est un Arbre trèsélevé, divisé supérieurement en branches nombreuses et étalées qui forment une cime touffue. Les feuilles sont pétiolées, ailées, à deux ou trois paires de folioles glabres, entières, acuminées, terminées par une impaire. Les fleurs sont petites, disposées enjpanicules axillaires et terminales. Cet Arbre croït dans les forêts de Sinemari et de la Terre de Caux, à la Guiane. (g..n.)

TAPIROSTHERIUM. MAM. FOSS. Bhiaville a proposé ce nom pour un genre de Mammifères fossiles que Cuvier désigne sous celui de Lophiodon. (AUD.)

TAPIS. Tapes, MOLL. Schumacher, dans son Traité de Conchyliologie, a donné ce nom à un démembrement des Vénus qui rassemblerait celles qui sont treillissées. Ce genre est inadmissible. V. VÉNUS. (D..H.)

TAPIS DE PERSE, MOLL. Les marchands désignent par ce nom une Coquille qui appartient au genre Fasciolaire de Lamarck, Fasciolaria Trapezium. V. FASCIOLAIRE. (D..H.)

TAPOA-TAFFA. MAM. (John White.) V. DASYURE TAFFA. (B.)

TAPOGOMÆA. BOT. PHAN. (Aublet.) V. CALLICOQUE et CEPHAÉLIS

TAPOMANA. BOT. PHAN. Adanson a ainsi nommé la Plante figurée par Burraann (Thesaur. Zeyl., lab. 89) sous le nom de Rhus zeylanicus, trifoliaius, et qui a été placé dans le genre Connarus par Linné. Gaertner a fait de cette Plante le type de son genre Omphalobium. V. ce mot. (G..N.)

TAPON. OIS. Syn. vulgaire du Bouvreuil. V. ce mot. (DR..Z.)

TAPXJIT. OIS V. (Sepp.) Syn. vulgaire du Motteux. V. Traquet. (DR..Z.)

TAPUN. OIS. V. pour ce qui est relatif aux œufs nommés Tapuns, le mot DAIC. (DR.Z.)

TAPURE. Tapura. BOT. PHAN. Aublet (Guian., p. 126, tab. 48) a établi sous ce nom on genre qui a été placé par DeCandolle dans la famille des Cnailletiacées. Schreber en a inutilement changé le nom en celui de Rohria que Ton a réservé pour une autre Plante. Voici ses caractères essentiels: calice divisé profondément en oinq lobes ciliés, inégaux; corolle à trois pétales soudés à la base avec les filets des étamines, et simulant une corolle monopétale, deux plus longs, bipartis; le troisième plus court, triparti; trois étamines; un style long, terminé par trois stigmates; fruit incounu. Le Tapura guia

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aensis, Aubl., loc. cit.; Rohriapetio-flora, Willd.; Chailletia scssilîflora, D. G., Aud. du Mus., vol. 17, p. 133, tab. 1, fig. 2, est un Arbrisseau dont la tige se divise en rameaux nombreux, flexibles, diffus, garnis de feuilles alternes, simples, pétiolées, glabres, entières, oblongues, acuminées, accompagnées à la base de deux stipules caduques. Les fleurs sont très-petites, velues, disposées en grappes courtes sur des pédoncules axillaires, et insérées sur les pétioles. Cet Arbrisseau croft dans les grandes forêts de la Guiane où les créoles le connaissent oous le nom de Bois de Golette. (G..N.)

TARA. BOT. PHAN. Sous ce nom chilien, Molina a décrit une Plante de la famille des Légumineuses qui a été réunie par quelques auteurs aux genres Cœsalpinia et Poincinia. De Candolle Fa placé dans le nouveau genre Coulteria. V. ce mot au Supplément. (G..N.)

TARALÉE. Taralea. BOT. PHAN. Aublet (Guian., 2, p. 745, tab. 298) a décrit sous le nom de Tarales oppositifulia, une Plante qui a été réunie par Willdenow au genre Dipterix, synonyme de Coumarouna. V. COUMAROU. (G..N.)

TARANDUS. MAM. V. RENNE au mot CERF.

TARAS, MOLL. Genre proposé par Risso et trop imparfaitement caractérisé pour être adopté, (D..H.)

TARASPIC. BOT. PHAN. Les jardiniers donnaient ce nom, par corruption du mot Thlaspi, à diverses espèces d'IBeris cultivées comme Plantes d'ornement, qui étaient autrefois confondues avec les Thlaspi, et notamment à l'Iberis amara. V. IBÉRIDE. (G..N.)

TARATUFOLO. MOLL. V. BISERONE.

TARAX. OIS. (Gesntr.) Syn. de la grande Outarde, V. ce mot.(DR..Z.)

TARAXACON ASTRUM. BOT. PHAN. (Vaillant.) Syn. d'Hyoseris, L. V. ce mot. (G..N.)

TARAXACONOIDES. BOT. PHAN. Le Leoniodon hastile, L., avait été érigé en un genre particulier sous ce nom par Vaillant: c'est le même que le Virea d'Adanson. (G..N.)

TARCHON. BOT. PHAN. Ayicenne et les vieux botanistes donnaient ce nom, ainsi que ceux de Tarcon et de Targon, à diverses espèces de Synanthérées, notamment à l'Estragon (Artemuia Dracunculus), à la Ptarinique (Achillea plarmica) et à la Pyrèthre. V. ces mots. (G..N.)

TARCHONANTHE. Tarchonanthus. BOT. PHAN. Ce genre, de la famille des Synanlhérées, tribu des Vernoniées, a été anciennement établi par Vaillant qui lui réunissait en outre la Plante dont on a formé le genre Iva. Linné, Bersius et la plupart des botanistes modernes commirent de graves erreurs dans la description des fleurs du Tarchonahthus en les considérant comme herma-phrodites munies d'un ovaire supère et d'une aigrette plumeuse. Gaertner fut le premier qui en observa les fleurs femelles, et qui les décrivit avec son exactitude accoutumée. Richard père, dans le Catalogue du jardin de l'Ecole de Médecine, publié en 1801, reconnut les affinités naturelles du Tarchonanthus en le plaçant près du Vernonia, parmi les Synantnérées. Malgré ces rectifications, DeCandolle, dans son premier Mémoire sur les Composées, publié en 1810, ayant examiné de nouveau les fleurs du Tarchonanthus camphoratus, pensa que les descriptions de Linné el de Bergius n'étaient pas erronées, et conséquemment n'adopta pas les idées de Gaertner sur la structure florale de ce genre. D'après sa manière de voir, on devait placer le Tarthonan—thus dans une autre famille que les Composées, et Desfontaines, adoptant cette opinion, indiqua les Thymélées comme la famille où le genre en question était placé par De Candolle. Ces controversesn ont pas man-

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qué d'inspirer beaucoup d'intérêt à Pauteur qui s'est le plus occupé de la famille des Svnanthérées, à H. Cassini dont la décision fut en faveur de Gaertner. Ce botaniste s'est assuré qne le pré tendu ovaire libre ou supère, observé par les auteurs, et de nouveau par De Candolle, était un nectaire épigyne, et que ces auteurs n'avaient étudié que les fleurs mâles. En réunissant les descriptions qu'il a foies de ces fleurs à celles des fleurs femelles observées par Gaertner, il a tracé de nouveaux caractères génériques que nous ne pouvons reproduire ici dans toute leur étendue, mais dont nous allons présenter les plus remarquables.

La calathide mâle se compose d'un assez grand nombre de fleurons égaux, presque réguliers, entourés d un involucre composé de cinq à dix folioles presque sur un seul rang, soudées par la base, appliquées, ovales, tomenteuses en dehors. Le réceptacle est petit, plan, garni de poils longs et nombreux. La corolle est laineuse en dehors, glabre en dedans, en tube cylindrique, campaniforme, divisé profondément en cinq segmens inégaux, longs et très-arqués en dehors. Les étamines ont les filets glabres, insérés sur la partie inférieure de la corolle, les anthères saillantes, soudées par les bords, munies au sommet d'appendices courts, et à la base d'appendices très-longs, filiformes. Le nectaire est très-grand, en forme de godet. Il n'y a point d'o-vaire, mais un style écnancré ou bilobé au sommet, glabre inférieurement, couvert de poils collecteurs dans sa partie supérieure.

La calathide femelle est formée de fleurons nombreux, égaux, ayant un involucre et un réceptacle semblables à ceux de la calathide mâle. La corolle imite celle des fleurs mâles; elle est continue par sa base avec le sommet de l'ovaire, et persiste avec le fruit auquel elle sert d'aigrette. L'oraire est petit, obovoïde, oblong, couvert de longs poils laineux, mais privé d une véritable aigrette. Il n'y a point de nectaire comme dans les flours mâles. Le style est saillant, à deux branches stigmatiques, courtes et divergentes. On trouve des rudimens d'étaraines incluses dans la corolle.

Les espèces de Tarchonanthes sont peu nombreuses, et toutes indigènes du cap de Bonne-Espérance; nous ne parlerons ici que du TABCHONANTHE CAMPHRé, Tarchonanthus camphoraius, L., qui est le type du genre, et que l'on cultive dans les jardins de botanique. C'est un Arbrisseau d'environ quinze pieds, dont la tige est droite, roide et rameuse; les jeunes rameaux sont couverts d'un coton court et blanc. Les feuilles sont alternes, persistantes, analogues à celles de la Sauge officinale, lancéolées oblongues, planes, très -entières, épaisses, vertes en dessus, blanches et cotonneuses en dessous, exhalant une odeur de camphre quand on les froisse. Les calathides de fleurs dout les couleurs sont rouges ou blanches, forment des épis ou des panicules à l'extrémité des rameaux. (G..N.)

TARCON. BOT. PHAN. V. TARCHON.

TARDARAS. OIS. L'un des synonymes vulgaires du Gerfaut. V, Faucon. (DR..Z.)

TARDAVEL. BOT. PHAN C'est le nom inalabare du Spermacoce hispida, L. Adanson l'a substitué comme générique au Spermacoce de Linné. V. ce mot. (G..N.)

TARDIGRADES. MAM. V. EDITES et BRADYPES.

TARDIGRADE. Tardigradus. MICR. Spallanzani a donné ce nom, dans son Mémoire sur les Animaux qui peuvent revivre, à un être microscopique que Blainville dit avoir observé, et qu'il croit être une larve de Coléoptère; mais il serait hasardeux de s'en tenir k cette détermination. (AUD.)

TARDONS. OIS. Syn. vulgaire de Tadorne. V.Canard. (DR..Z)

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TAREIRA. POIS. Espèce du Geure Erythrin. V. ce mot. (B.)

TAREFRANCHE. OIS. Syn. vulgaire de l'Orfraie. V. FAUCON.(DR..Z.)

TARENNA. BOT. PHAN. Une Plante de Me de Ceylan et qui n'est connue, que par ses fruits, a été érigée sous ce nom en un genre particulier par Gaertner (De Fruct., 1, p. 139, tab. 28), et qui a été placé par Jussieu à la suite des Rubiacées. Ces fruits sont des baies sphériques disposées en panicules dont les ramifications sont un peu flexueuses. Elles sont couronnées par le calice persistant, striées, biloculaires, renfermant quatre à six graines dans chaque loge; celles-ci sont placées horizontalement, attachées au centre et non sur les parois de la loge, bombées d'un côté en jforme de croissant, composées de deux cotylédons foliacés et d'une radicule cylindrique recourbée t ayant diverses directions dans les différentes graines. (G..N.)

TARENTULE, ARACH. Nom donné à une Araignée très-célèbre en Italie, rangée aujourd'hui dans le genre Lycose (V. ce mot.) et employé aussi génériquement par Fabrltius (Tarentula) pour désigner une coupe de notre famille des Pédipalpes, ordre des Arachnides pulmonaires, comprenant le genre Phryne d'Olivier, et celui que nous avons nommé Thélyphone. V, ces mots. (LAT.)

TARET. Teredo. MOLL. De tous les Animaux mollusques celui-ci est sans contredit le plus nuisible; vivant dans les bois qu il crible de trous, les qieilleurs pilptis ne résistent pas long-temps à ses attaques réitérées. Assaillis comme des bois vermoulus, les plus grosses pièces de bois, des vaisseaux même sont détruits, si on n'a su les garantir de ce fléau dont la Hollande, plus que tout autre pays, copnaît les dommages. Les Ta rets attaquent tous les bois plongés dans la mer au-dessous des plus basses marées; ils ne peuvent, comme beaucoup de Mollusques, supporter les alternances des marées. Cette observation, dont on pourrait tenir compte pour quelques travaux maritimes, n'est d'aucune utilité pour ceux qui doivent être en permanence dans l'eau; ces bois ne peuvent être préservés que par une assez profonde carboniasation ou par le doublage en cuivre de la partie couverte par la mer.

Les Tarets appartiennent aux Conchifères, de la famille des Tubicolés de Lamarck, et des Lamellibranches adesmacés de Blainvilie, et sont de véritables Coquilles bivalves qui longtemps furent méconnues, et qu'A—danson le premier, dans un beau Mémoire qu'il publia parmi ceux de l'Académie, ramena à leur place naturelle, à côté des Pholades qui ont avec elles la plus grande analogie. Quelques - unes, en effet, vivent dans les bois flottans et pourris, et d'autres dans des Argiles, ou enfoncées assez profondément. La lon—gueur des siphons supplée au tube es Tarets. Lamarck, en plaçant les Tarets dans sa famille des Tubi-colées, y a été entraîné par la présence du tube calcaire dont l'Animal revêt, à mesure qu'il grandit et s'enfonce dans le bois, le trou qu'il y creuse. Cette circonstance, que Lamarck a regardée comme de première valeur, n'est cependant que secondaire devant d'autres caractères pris principalement dans lá nature et la structure de la coquille. Entraîné par le même motif, Lamarck plaça parmi les Fistulanes un véritable Taret à tube isolé, et déjà nous avons pu faire remarquer à l'article FISTULANE une autre erreur à laquelle les figures de l'Encyclopédie, copiées du Journal de Schrœter, ont donné lieu, l'Animal d'un Taret vu hors de la coquille ayant été pris pour une Fislulane complète, portant son tube et sa coquille, et le tube lui-même cité comme une autre espèce que Lamarck range parmi les Fistulanes. La Coquille qui a donné lieu à ces erreurs est le Fistulana gregata qui est un Taret véritable. Un autre genre que Lamarck a placé dans ces

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Tubicolés aussi à tort que les Tarets, est le genre Térédine que l'on n'a jamais trouvé que fossile, et qui pourrait fort bien servir de liaison entre les Tarets et les Pholades. Un autre genre dont on ne connaît que l'énorme tube, la Cloisonnaire, viendra, selon toutes les probabilités, se ranger à côté des Tarets, ce qu'on ne saurait décider maintenant, puisque la Coquille n'est pas connue. La réunion de ces quatre genres formerait pour nous une famille distincte de celle des Tubicolés qui ne contiendrait plus que trois genres, Arrosoir, Clavagelle et Fistulane. Le genre Clavagelle devra se partager en deux, car on ne samait confondre celles dont les valves sont presque ostréiformes avec celles qui sont épineuses et couronnées comme les Arrosoirs.

Ce que nous venons de dire indique naturellement la place que doivent occuper les Tarets dans la série générique au commencement de la taraille des Adesmacés, et suivis des Cloisonnaires, des Térédiues et des Pholades. Le genre Taret, introduit dans la science par Adanson, fut compris, malgré ce travail, parmi les Multivalves de Linné, et il en suivit le sort, c'est-à-dire qu'après y être resté jusqu'aux premiers travaux de Lamarck, il fut placé par celui-ci dans une petite famille formée seulement de lui et des Fistulanes; de-puis ce moment il resta comme il evait dans la classe des Acéphales, et ses rapports, qui ne furent plus contestés, restèrent les mêmes dans toutes les méthodes, ou du moins n'éprouvèrent que des changemens peu importans. Les caractères que Blainville a donnés à ce genre sont fort étendus; nous allons les transcrire ici, et ils suffiront pour qu'on ait une idée satisfaisante de sa structure. Corps très-allongé, vermi-forme; le manteau fort mince, tubuleux, ouvert seulement en avant et à sa partie inférieure pour la sortie d'un pied en forme de mamelon; les tubes distincts très-courts, l'inférieur ou respiratoire un peu plus grand que le supérieur, et cirrheux; bouche petite; appendices labiaux courts et striés; anus à l'extrémité d'un petit tube flottaut et ouvert dans la cavité du manteau, assez avant l'origine des tubes; branchies fort longues, fort étroites, rubanées, réuuies dans toute leur longueur et librement prolongées dans toute l'étendue de la cavité tubuleuse du manteau; un seul gros muscle adducteur entre les valves; un anneau musculaire au point de jonction du manteau et des tubes, dans lequel est implantée une paire d'appendices ou palmules cornéocalcaires, pédiculées, jouant latéralement l'une vers l'autre. Coquille épaisse, solide, très-courte ou annulaire, ouverte en avant comme en arrière; les valves égales, équilatérales, anguleuses et tranchantes antérieurement, ne se touchant que par les bords opposés extrêmement courts; charnière nulle; un cueilleron interne considérable; une seule impression musculaire peu sensible; tube plus ou moins distinct de la substance dans laquelle vit l'Animal, cylindro-conique, droit ou flexueux, fermé avec l'âge à l'extrémité buccale, de manière à envelopper l'Animal et sa coquille, toujours ouvert par l'autre et divisé intérieurement en deux siphons par une cloison médiane.

Il est une particularité remarquable dans la structure des Tarets, c'est qu'ils peuveut clore l'ouverture postérieure de leur tube au moyen d une paire d'osselets qu'on nomme palmules: ces palmules sont tantôt simples comme dans le Taret commun, tantôt palmulées et articulées comme dans le Taret de l'Inde, tantôt enfin ils sont en entonnoirs, implantés les uns dans les autres. La manière dont les palmules sont articulées dans le Taret de l'Inde avait fait émettre à Lamarck l'opinion que ces osselets portaient les branchies de l'Animal, et que, dans chaque individu, il y avait non-seulement une paire de palmules articulées, mais encore une seconde

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paire de simples; mais nous avons pu nous assurer dans plusieurs espèces qu'il n'y avait jamais qu'une paire de palmules quelle que soit d'ailleurs sa structure. Nous indiquerons les principales espèces.

TARET COMMUN, Teredo navalis, Lin., Gmel., p. 3747, n° 1; Lamk., Anim. sans vert. T. v, p. 440, n° 1; Blainv., Malac., p. 579 pl. pl. 81, fig. 6. Le Taret, Adanson, Voy. au Scnég., p. 264, pl. 19; Encyclop., pl. 167, fig. 1 à 5. Espèce très-commune sur nos côtes, à palmules simples, bicornes, en palettes. Blainville sépare de cette espèce celle décrite par Adanson; il lui donne le nom de Taret du Sénégal; il le distingue surtout d'après Adanson par les palmules qui sont simples, tandis qu'elles sont bicornes dans le Taret commun de nos côtes.

TARET EN PAQUET, Teredo gregatus, Nob.; Fistulana gregata, Lamk., Anim. sans vert. T. V, p. 435, n° 3. Schrœter, Einl. in Conch., 9, p. 574, tab. 6, fig. 20; Encycl., pl. 167, fig. 6 à i4; Guettard, Mém. T. 3, tab. 70, fig. 6 à 9. Il n'est pas douteuxque cette espèce appartienne aux Tarets, elle en a tous les caractères, si ce n'est celui-ci de peu d'importance, que le tube reste fermé à tous les Ages; mais la coquille en anneau, mais les palmules dentées, et la nature de l'Animal figuré par Schrœter et recopié dans l'Ëncyclopédie où Lamarck l'a pris pour la Fistulane corniforme, tout indique que cette Coquille est un Taret véritable.

TARET DES INDES, Teredo palmulatus, Lamk., loc. cit., n° 2; Teredo bipalmulata, ibid., Syst. des Anim. sans vert.; Cuv., Règ. Anim. T. II, p. 494; Adanson, Act. de l'Acad. des Scienc., 1759, pl. 9, fig. 1a. Cette espèce, beaucoup plus grande que les précédentes, est remarquable par ses palmules articulées, assez semblables aux larges antennes de quelques Bombyces mâles. (D..H.)

TARFEH. BOT. PHAN. Nom vulgaire, dans la Haute-Egypte, des Ta-marix africana et gallica, selon Cail liaud et Delile. (G..N.)

TARGER. POIS. Nom vulgaire de la Plie. (b.)

TARGEUR. POIS. Nom d'une espèce de Pleuronecte appartenant au genre Turbo. (b.)

* TARGON, BOT. PHAN. V, TARCHON.

TARGIONIA. BOT. CRYPT. (Hépatiques.) Micheli a créé ce genre qui ne comprend qu'une seule espèce, croissant sur la terre humide dans presque toute l'Europe. Il est très-voisin du Sphœrocarpus qu'on avait réuni avec lui. Le Targionia hypophylla forme sur la terre de très-petites rosettes composées de frondes oblongues, spalulées, vertes en dessus, noirâtres et couvertes de radicelles en dessous; à l'extrémité de ces frondes, naissent les fructifications qui consistent en un involucre membraneux, formé de deux membranes et renfermées entièrement, jusqu'à la maturité, dans l'intérieur de la fronde; la capsule, qui est contenue dans cet involucre, est d'abord surmontée d'un prolongement styliforme, analogue à celui des capsules des Jun-germannes; il tombe bientôt, et à la maturité, la capsule s'ouvre en deux valves; elle renferme des sporules mêlées à des filamens en spirales. (AD. B.)

TARIER. OIS. Espèce du genre Traquet. V. ce mot. (DR..Z.)

TARIER. CONCH. Guettard, dans le T. III de ses Mémoires, a établi d'une manière très-précise, d'après la coquille, le tube et l'Animal, le genre Taret des auteurs, V. ce mot.(D..H.)

TARIÈRE ou OVISCAPTE. Terebra. INS. Nom donné au prolongement caudiforme et postérieur de l'abdomen des femelles de divers Insectes, tantôt servant simplement à introduire leurs œufs dans des cavités propres à les recevoir, tantôt, et plus rigoureusement, servant à percer ou

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inciser diverses substances ordinaireaient végétales où seront aussi placés ces œufs. Dans le premier cas, cette Tarière n'est qu'un simple oviducte extérieur; dans le sécond, c'est un instrument offensif, destiné à préparer le logement de la postérité de l'Insecte, V. AIGUILLON, INSECTES, SAUTERELLE, CIGALE, HYMÉNOPTÈRES, PORTE-TARIÈRE, etc. (LAT.)

TARIN. OIS. Espèce européenne dn genre Gros-Bec, qui ressemble le plus au Serin des Canaries, et qui se croise le plus facilement avec elle. Il apprend aussi à chanter, s'engraisse bien et rivalise pour la délicatesse de sa chair avec l'Ortolan. V. GROSBIC. (B.)

TARIRI. BOT. PHAN. Selon Barrère et Aublet, les Galibis donnent ce nom à un Arbrisseau de la Guiane dont on ne connaît dans les herbiers que les feuilles qui servent à ces peuples pour teindre en violet le coton. Lamarck a cru reconnaître quelques similitudes entre ces feuilles et celles du Pseudo-Brasilium de Plumier qui est une espèce de Comocladia. (G..N.)

TARO. BOT. PHAN. Pour Tarro. V. ce mot. Le mot Taro est cité par Mentzel comme synonyme de Lentisque (Pistaica Leniiscus) dans Avicenne. (G..N.)

TARPA. INS. Nom donné par Fabricius à un genre d'Hyménoptères, formé aux dépens de celui de Tenthredo de Linné, et que nous avious désigné auparavant sous la dénomination de Mégalodonte. V. ce mot. (LAT.)

TARRIÈRE. INS. V. TARRIÈRE.

TARRIÈRE. Terebellum. MOLL. Ce genre fut établi pour la premiere fois par Klein (Ostrac. 9 p. 38), et ce qui est étonnant, c'est qu'il est presque l'unique que l'on a pu conserver de cet auteur qui a fait ae ses genres le pins souvent de singuliers mélanges de Coquilles diverses. Oublié Quelque temps, ce genre fut reproduit par Lamarck dans le Système des Animaux sans vertèbres, et depuis conservé comme genre ou comme sous-genre dans toutes les méthodes. Cependant tous les zoologistes ne lui conservèrent pas les mêmes rapports; Lamarck les mit entre les Porcelaines et les Ancillaires dans sa famille des Enroulés; Cuvier les rangea entre les Ovules et les Volutes, tandis que Sowerby (the Généra recent of fossil Shells) émet l'opinion qu'elles pourraient bieo avoisiner les Strombes, parce qu'il leur trouve deux échancrures à la base de la lèvre droite. Blainville se rapproche beaucoup de l'opinion de l'auteur anglais en réunissant dans sa famille des Angjs-tomes les Strombes et la famille des Enroulés de Lamarck, dans laquelle est également agglomérée celle des Columellaires du même auteur. Il est à présumer que cet arrangement ne sera pas conservé; on en verra les raisons à l'article ANGYSTOME dans le Supplément auquel nous renvoyons.

Malgré le petit nombre d'espèces dont se compose le genre Tarrière, Montfort (Conchyl. syst. T. II) a trouvé moyen de faire, sur uu caractère de la plus mince valeur, un genre Sérapne que presque personue n'a adopté; Sowerby cependant l'a conservé dans son Mineral Conchology, et Defrance l'a également conservé dans le Dictionnaire des Sciences naturelles, où, après avoir décrit à cet article le Terebellum convolutum sous le nom de Séraphe, il l'a décrit de nouveau à l'article TARRIÉRE du même ouvrage. Les caractères génériques peuvent être exprimés de la manière suivante: Animal inconnu, mais ayant certainement un ample manteau couveant la coquille; coquille involvée, mince, étroite, luisante, pointue, à spire extérieure ou cachée; ouverture longue, étroite; bord droit, subbisinueux à la base; columelle lisse, droite, plus longue, que la base du bord droit. Les Tar-rières ont un aspect particulier qui les rend faciles à distinguer: très-lisses, très-brillantes comme les Olivos

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ves et les Ancillaires, elles s'en distinguent, et par la forme de l'ouverture beaucoup plus étroite, et par la columelle qui est toute lisse, et non terminée par un bourrelet comme dans ces genres.On ne connaît encore dans ce genre que les trois espèces suivantes.

TABRIERE SUBULÉE, Terebellum subulatum, Lamk., Anim. sans vert. T. VII, p. 410, u° 1; Bulla Terebellum, L., Gmel., p. 3428, n° 22; Lister, Conch., tab. 736, fig. 30, 31, 757, fig. 32; Favanne, pl. 19, fig. D; Knorr, Verg., 2, tab. 4, fig. 4, 5; Martini, Conch. T. 2, tab. 51, fig. 568, 569; Encyclop., pl. 360, fig. 1, a, b, c. C'est la seule espèce vivante connue; sa spire est saillante; elle est variable dans ses couleurs; tantôt ponctuée, tantôt vergettée, quelquefois flaramulée ou foudroyée.

TARRIÉRE FUSIFORME, Terebellum fusiforme, Lamk., Ann. du Mus. T. XVI, p. 301, n° 3; ibid. Anim. sans vert., loc. cit., n° 3; ibid. Ann. du Mus. T. I, p. 383, n° 3. Espèce fossile des euvirons de Paris. Elle a beaucoup d'analogie avec l'espèce vivante; sa spire est visible.

TARRIÉRE EN OUBLIE, Terebellum convolutum, Lamk., Ann. du Mus. T. I, loc. cit., n° 1, et T. VI, pl. 441, fig. 3; ibid., Ann. T. XVI, loc. cit., n° 2; ibid. Anim. sans vert., loc. cit., n° 2, Blainv., Malac., pl. 27, fig. 2; Serapha convolutum, Montfort, Conch. syst. T. II, p. 374; ibid., Sow., Mineral Conchol., pl. 286; Bulla sopita, Brand, Foss. hant. T. I, fig. 29, a, et Bulla voluntata, ejusd., tab. 6, fig. 75. Fossile des environs de Paris, surtout deGrignon et de l'argile de Londres. Sa spire est complètement intérieure. (D..H.)

TARRO. BOT. PHAN. A l'article CHANCHAN de ce Dictionnaire, on a cité le mot Tarro comme celui que les insulairesd'Owhyhée et d'autres contrées de la Polinésie, emploient pour désigner les variétés de L'Arum esculentum, dont les racines contiennent beaucoup de fécule amylacée. Le mot de Tarro ou Taro est généralement équivalent à celui de pain, daus toutes les îles de la mer du Sud, quelle que soit la distance qui les sépare; ce qui, suivant notre collaborateur Lesson, est une preuve en faveur de l'identité d'origine des ces diverses peuplades. Ainsi les nou-veaux Zélanaais qui n'ont pas chez eux L'Arum esculentum donnent le nom de Tarro au pain grossier qu'ils font, eu broyant sur des pieires, les racines fibreuses d'une Fougère (Acroslichum furcatum). (G..N.)

TARSE, ZOOL. V. INSECTE et SQUELETTE.

TARSIER. Tarsius. MAM. Genre de Lémuriens Quadrumanes, établi par Storr et adopté par Cuvier, ayant pour caractères: tête arrondie;.museau court; yeux très-grands; membres postérieurs très-allongés, à tarse trois fois plus long que le métatarse; queue longue. Formule dentaire: incisives, quatre en haut et deux eu bas; canines, une en haut et une en bas; molaires, six en haut et six en bas. Ce genre, plus voisin des Galéo-pithèques et des Chauve-Souris que des Quadrumanes, se compose de trois espèces dont deux sont des Moluques, et une seule de Madagascar.

Le TARSIER AUX MAINS ROUSSES, Tarsius Spectrum, Geoff. Buffon a décrit cet Animal sous le nom de Tarsier, et Pennant sous celui de Woolly Gerboa. Les Malais d'Amboiue, sa patrie, le nomment Podje; il a la taille d'un Mulot; les jambes postérieures plus longues que le corps; le pelage roux; les yeux énormément grands; les oreilles nues, transparentes et de moitié moins longues que la tête; sa queue est très-longue et en partie dénuée de poils. Il habite les îles Moluques.

Le TARSIER AUX MAINS BRUNES, Tarsius fuscomanus, Fisch., Geoff. Cette espèce est un peu plus grande que la précédente; elle en diffère par la couleur brune peu foncée du corps qui est d'un gris blanc en dessous; les oreilles ont de longueur les deux

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hers de celle de la tête. Elle habite l'île de Madagascar.

TARSIER DE BANCA, Tarsius Bancanus, Horsf., Zool. Reseac.; Desm., 821. Ce Tarsier n'a point d'incisives intermédiaires à la mâchoire supérieure; les oreilles sont arrondies, horizontales, beaucoup plus courtes quela tête: la queue est très-grêle, el le pelage brun. Il habite l'île de Banca, une des Moluques. (LESS.)

TARTARET. OIS. L'un des synoojmes vulgaires du Faucon péleriu. V.FAUCON. (DR..Z.)

TARTARIN. MAM. Espèce du genre Cynocéphale. V. ce mot. (B.)

TARTARIN. OIS. Syn. vulgaire du Sizerin. V. Gros-Bec. (DR..Z.)

TARTON - RAIRA. BOT. PHAN. Nom d'une belle espèce de Daphné à feuilles soyeuses, commune sur les côtes de la Méditerranée. (G..N.)

TARTRATES. CHIM. ORG. Sels provenant de la combinaison de l'Acide tartrique avec les bases. La plupart d'entre eux étant des produits artificiels, nous ne devons pas nous en occuper. Le BI-TARTRATE DE POTASSE est un sel tout formé dans plusieurs substances végétales et notamment dans les raisins Il constitue presqu'entièrement le Tartre qui se dépose du vin renfermé dans les tonneaux. Celui-ci contient en outre de Ja matière colorante jaune ou rouge, du Tartrate de Chaux, souvent du Sulfate de Chaux et une matière azotée. Quand ou a purifié le Tartre on obtient le bi-Tartrate de Potasse en cristaux que l'on counaît sous le nom vulgaire de CRÈME DE TARTRE, et qui est fréquemment employé en médecine comme purgatif. On s'en sert aussi pour la préparation du sous-carbonate de Potasse très-pur, pour celle de l'émétique ou Tartrate de Potasse et d'Antimoine. (G..N.)

TARTRE, CHIM. ORG. V. BI-TARTHATEDE POTASSE au mot TARTRATBS.

TARTRIQUE. CHIM. ORG. V. ACIDE TARTARIQUE.

TARTUFFITE. MIN. Nom donné à une variété de Calcaire qui exhale, par le frottement, une odeur de Truffes. V. CHAUX CARBONATÉE.(G. DEL.)

TARUS. INS. Nom sous lequel Clairville désigne un genre de Coléoptères de la famille des Carnassiers, que nous avions appelé Cymindis. V. ce mot. (LAT.)

TASCHEC. OIS. Syn. vulgaire de la Mésange à longue queue. V. Mésange. (DR..Z.)

TASMANNIA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Magnoliacées, établi par R. Brown (in D. C. Syst. Veget., 1, p. 445 et 547) et offrant les caractères suivans: (leurs dioïques ou polygames. Calice à deux sépales; pétales au nombre de deux à cinq. Les fleurs mâles ont des étamines nombreuses, et sont tantôt absolument dépourvues de pistils, tantôt en offrent seulement un rudiment. Les fleurs femelles ou hermaphrodites ont un ovaire uniloculaire, un stigmate adné longitudinalement au côté intérieur de rovaire; baie polysperme. Ce genre, d'après son auteur, doit former, avec l'Ilicium et le Wintera ou Drymis, un groupe particulier pour lequel il propose le nom de Wintérées (Wintereœ). Deux espèces, qui croissent à la Nouvelle-Hollande, composent ce genre. L'une a été décrite par De Caudolle, loc. cit., et figurée par Delessert (Icon. Select., I, tab. 84) sous le nom de Tasmannia aromatica. Elle a été trouvée dans les localités les plus froides de la Nouvelle-Hollande, sur les montagnes de l'île de Van-Dié-men, dans l'île King et au détroit d'Entrecastcaux. L'autre espèce est le Tasmannia insipida, mieux nommée T. dipetala, parce que son écorce n'est pas entièrement dépourvue d'arôme. Elle se trouve près de Port-Jackson. Ces espèces sont des Arbrisseaux très-glabres, toujours verts, garnis de feuilles très-entières, portées sur de courts pétioles. Les pédicelles sont unillores, plus

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courts que les feuilles grêles, naissant par paquets des aisselles des feuilles supérieures. Les branches sont terminées par une petite stipule enroulée, aiguË et caduque. (G..N.)

TATAIBA. BOT. PHAN. L'Arbre décrit sous ce nom brésilien par Marcgraaff, paraît être le Morus tinctoria, L., vulgairement nomme Bois jaune. (G..N.),

TATAMA. BOT. PHAN. Oviédo, dans son Histoire naturelle de l'Inde, désigne sous ce nom l'Ananas. (G..N.)

TAT ARE. OIS. Syn. vulgaire du Martin-Pêcheur sacré. V. TODIRAMPHE. (DR..Z.)

TATARET. OIS. Syn. vulgaire du Faucon pèlerin. V. FAUCON.(DR..Z.)

TATEPAL. BOT. PHAN. Svn. d'Aira arundinacea, espèce du geure Canche, à Amboine. (B.)

TATOU. Dasypus. MAM. Genre de Tordre des Edentés, créé par Linné et subdivisé par les auteurs modernes. Les espèces de ce genre sont remarquables par le test écailleux et dur qui les recouvre. Les Tatous ont de grandes oreilles; des ongles allongés, quatre ou cinq doigts en avant et toujours cinq en arrière; le museau pointu. Ils se creusent des terriers, vivent de végétaux et d'insectes. On les subdivise en sous-genres ainsi qu'il suit:

† PRIODONTE, PRIODONTES, F. Cuv. Incisives nulles; canines nulles; molaires, vingt-cinq en haut et vingtquatre en bas. F. Cuvier a créé ce genre pour recevoir le Tatou géant; le nombre des dents varie un peu dans cette espèce; toutes les molaires ont à peu près les mêmes proportions entre elles, et toutes sont comprimées latéralement, surtout les antérieures; les unes et les autres sont divisées longitudinalement dans leur milieu par une partie plus claire que les autres, et demi-transparente; les dents inférieures ont aussi la forme de lames, et sont divisées. Les caractères extérieurs sont les mêmes que ceux des Tatusies; deux mamelles pectorales; cinq doigts aux pieds de devant.

Le PRIODONTE GÉANT, Priodontes giganleus, Dasypusgiganteus, Cuv., Desm., 584; le deuxième Kabassou, Buffon; le grand Tatou d'Azara; le Tatou noir des bois, au Paraguay. Le Priodonte a la tête proportionnellement plus petite que les Tatusies; sa queue est ronde, ayant à peu près la moitié de la longueur du corps et recouverte d'écailles tuilées; douze ou treize bandes mobiles à la cuirasse, composée de compartimens plus longs que larges; les oreilles assez petites; le museau long et les ongles très-robustes; la couleur de la tête, des flancs et de la queue est blanchâtre, le reste noirâtie. Il vit dans les bois, fouille la terre et habite les alentours de l'Assomption au Paraguay.

†† TATUSIK, Taiusia. F. Cuvier a institué ce genre pour recevoir les Tatous sans dents iucisives ou sans dents implantées dans l'os inter-maxillaire. Incisives nulles; canines nulles; molaires, neuf en haut et huit en bas. Le nom d'Arrnadillo, généralement employé par les peuples des pays où les Tatusies vivent, aurait peut-être été préférable.

§ I. Quatre doigts aux pieds de devant; deux ou quatre mamelles.

La TATUSIE APAR, Tatusia A par; Dasypus Apar, Desm., 581; le Tatou Apar, Buff.; le Tatou mataco d'Azara; Tolypeutcs, lilig.; c'est le Dasypus tricinctus, L. Ce Tatou a la tête oblongue, presque pyramidale; le museau pointu; la queue très-courte et aplatie; les oreilles médiocres; trois bandes mobiles à la cuirasse; les compartimens tuberculeux; les pied s assez faibles; deux mamelles pectorales; treize rangées de plaques polygones sur le bouclier de la croupe, de couleur plombée; poils bruns, rares sous le ventre, abondans sur les jambes et

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mt le rebord des plaques mobiles; ü peut se rouler complètement en boule, et fouille la terre difficilement. Cette espèce habite la république Argentine et le Tucumau, surtout aux environs de Buénos-Ayres.

La TATUSIE A QUATRE BANDES, Tatma quadricincta. Cette espèce, au doins douteuse, est le Dasypus quaéricinctus de Linné, et qu'il ne spécifie que par ces mots: quatre rangées d'écailles osseuses. C est le Chelomiscus de Columna; le Cataphractus au sentis duobus, cingulis quatuor de Brisson. Linné penche à regarder cette espèce comme une variété de la précédente, et comme étant identique avec le Dasypus quadricinctus de Molina. Patrie inconnue.

La TATUSIE PÉNA, Tatusia Peba, Dasypus Peba, Desm., 582; Dasypus septum, octo-et novemcincius, L.; le I Cachicame, Buff.; l'Aiatochtli de Hernandez. Le Tatou noir d'Aiara; le Tatou Péba, Marcgraaff. Linné avait kit trois espèces de cet Animal; sa queue est ronde, annelée dans presque toute son étendue, et est de la longueur du corps; la cuirasse est fermée de sept, huit ou neuf bandes mobiles, dont les compartimens sont rectangulaires; ceux des bandes sont petits et arrondis; les oreilles sont très-longues, et il a quatre mamelles; le test est de couleur noire; les écailles se dépouillent souvent sur les Bancs, et leur partie osseuse blanche est mise â nu. Il creuse la terre, et est très-commun au Brésil, à la Goiane et au Paraguay.

La TATUSIE MULET, Tatusia hybrida, Dasypus hybridus, Desm., 583; le Tatou mulet d'Azara; le Mbouriqua des Guaranis. Ce Tatou se rapproche du précédent dont il diffère par sa queue arrondie, longue de la moitié du corps à peu près; son museau est allongé; ses oreilles sont grandes; ses jambes courtes, et il a cinq, six ou sept bandes mobiles à la cuirasse. Ce Tatou habite les endroits découverts, les pampas de Boéoos-Ayres; il est assez commun au Paraguay.

§ II. Cinq doigts aux pieds de devaut; deux mamelles.

La TATUSIE TATOUAY, Tatusia Tatouay, Dasypus Tatouay, Desm., 586; Armadillo africanus, Seba; Dasypus unicinctus, L., 1; le Kabassou, Buff.; le Tatouay d'Azara. Cette espèce est remarquable par douze ou treize bandes mobiles qui composent son test; les oreilles sont rectangulaiies, plus longues que larges; la queue est arrondie, moins longue que la moitié du corps, et chargée de tubercules distans et rares; la tète est légèrement bombée; les oreilles sont grandes et le museau long, couleur plombée obscure. On le trouve à Cayenne, au Brésil et au Paraguay.

La TATUSIE VELUE, Tatusia villosa, Dasypus villosus, Desm., 587; le Tatou velu, d'Azara. Ce Tatou est plus petit et plus velu que le précédent, auquel il ressemble beaucoup; il n'a qu'un pied cinq pouces de longueur totale; ses poils sont abondans, bruns et très-longs; les bandes mobiles son t au nombre de six ou sept; le test a postérieurement des écailles aiguËs et dentelées; les plaques des bandes sont rectangulaires; la queue, annelée à sa base, est plus longue un peu que le tiers du corps; les oreilles sont médiocres; des écailles rudes, très-âpres, revêtent la tête; le ventie et les pâtes sont très-velues; il recherche les cadavres des chevaux ou autres Animaux morts, et mange les parties molles putréfiées. Cette espèce habite les pampas de la Plata.

La TATUSIE PICHIY, Tatusia minuta, Dasypus minutas, Desm., 588; le Tatou Pichiy, d'Azara; l'Encoubert, F. Cuv., Mamm. Sa queue est ronde, longue de presque la moitié du corps, couverte de fortes écailles disposées en anneaux; le test à six ou sept bandes mobiles, formées de plaques rectangulaires; les oreilles sont très-petites; les écailles de la tête sont lisses, échaucrées sur les côtés au-dessus de l'œil; des poils bruns, assez abondans sur le test et sur les parties inférieures; le bouclier de la croupe est fortement denté sur son rebord

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longueur, dix pouces. Elle habite tout le sud de l'Amérique, jusqu'au détroit de Magellan, depuis Buénos-Ayres; elle vit dans les pampas. (LESS.)

TATTIA. BOT. PHAN. Nom substitué inutilement par quelques auteurs à celui de Napimoga employé par Aublet. V. ce mot. (G..N.)

TATTULE. OIS. Syn. vulgaire du Choucas. V. CORBEAU. (DR..Z.)

TATULA. BOT. PHAN. Espèce du genre Datura. V. ce mot. (B.)

* TATUSIE. MAM. V. TATOU.

TAU. POIS. Espèce de Batrachoïde. V. ce mot. (B.)

TAUPE. Talpa. MAM. Genre de Carnassiers insectivores, composé dans l'état présent de la science de deux espèces dont Tune, excessivement commune dans presque toute l'Europe, est connue de tout le monde. Cet Animal, par l'habitude où nous sommes de le voir journellement, semble peu digne d'intérêt et peu propre à exciter la curiosité. Cependant. comme on va le voir, il n'est réellement aucuti Mammifère dont l'histoire présente un plus grand nombre de faits remarquables. L'histoire naturelle offre peu de sujets aussi intéressans que les mœurs de la Taupe, la conformation toute particulière de ses organes du mouvement, et surtout les anomalies si curieuses et si inexplicables que présentent' ses organes des sens et son appareil sexuel. Ces anomalies sont telles que la série zoologique n'en présente d'exemple dans aucune autre famille, et que pour trouver d'aussi profondes déviations organiques, il faut sortir de l'ordre normal et entrer dans le domaine des faits de la monstruosité. Aussi un grand nombre de pages serait-il nécessaire pour présenter l'histoire de la Taupe avec tous les développemens convenables, développemens dont nous sommes forcé, à notre grand regret, de nous abstenir presque toujours dans cet article où il importe surtout de donner un résumé clair et succinct des caractères et des principaux faits de rorganisation et des mœurs de la Taupe.

Organes de la nutrition. La Taupe est l'un des Mammifères qui possèdent le plus grand nombre de dents. On en compte onze de chaque côté et à chaque mâchoire, savoir: pour la supérieure, trois incisives, une canine et sept mâchelières parmi lesquelles on distingue quatre fausses molaires et trois vraies. Les incisives, assez petites, bien rangées, tranchantes, ressemblent à celles des Carnivores; la canine, forte et très-saillante, est remarquable en ce qu'elle a deux racines dont l'antérieure est plus grande, et s'insère si profondément dans le maxillaire qu'elle touche presque l'os du nez, ce qui offre quelque analogie avec ce qui a lieu cnez les autres Insectivores où l'insertion des canines (incisives, suivant la plupart des auteurs, V. MUSARAIGNES) est aussi très-profonde. Les trois premières fausses molaires sont petites, la quatrième est assez grande. Les vraies molaires diffèrent peu de celles des autres Insectivores; elles présentent plusieurs pointes dont la plupart sont très-aiguËs. A la mâchoire inférieure, on compte de même, comme nous l'avons vu, onze dents de chaque côté; mais les auteurs, tous d'accord sur la détermination des dents supérieures, ne le sont nullement à l'é-gard des inférieures: la plupart d'entre eux admettent, de chaque côté, quatre incisives, une cauine et six mâchelières, savoir: trois fausses molaires et trois vraies. Fréd. Cuvier, dans son ouvrage sur les Deuts (p. 61), admet au contraire quatre incisives et sept mâchelières, parmi lesquelles il distingue quatre fausses molaires et trois vraies; suivant cette détermination il n'existerait point de canines. Ces deux déterminations, la première surtout, nous paraissent peu admissibles: car elles supposeraient plusieurs anomalies

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qui nous semblent ne pas exister réellement. Les onze dents de la mâchoire inférieure peuvent très-bien être déterminées comme les onze de la mâchoire supérieure; et rien n'empêche que l'on ne puisse distinguer a Tune comme à l'autre trois incisives, une canine, quatre fausses molaires et trois vraies: détermination qui ramène le système de dentition de la Taupe à celui de tous les Carnivores, et qui diffère essentiellement de toutes celles données jusqu'à ce jour, en ce que la prétendue quatrième incisive est prise ici pour une canine. Nous ne pouvons indiquer que très-succinctement les motifs sur lesquels nous nous fondons pour proposer ce changement: voici les principaux d'entre eux, 1° la cinquième dent considérée comme une canine par la plupart des auteurs, et comme la première fausse molaire par Fr. Cuvier et par nous, n'a point la forme d'une canine: elle ne diffère des autres fausses molaires que parce qu'ellé est plus grande et leur ressemble entièrement par sa forme et sa composition; 2° elle n'a point non plus la position d'une canine; car, lorsque les mâchoires soot rapprochées, elle se trouve derrière la canine supérieure, tandis qu'elle devrait se trouver au-devant si elle était iéeiferaent la canine inférieure; 3° la quatrième dent, jusqu'à présent regardée comme une incisive, et que nous prenons pour la canine, diffère des vraies incisives par sa forme et sa direction; ellé est aussi plus grande, comme ou le voit en regardant la mâchoire par sa face interne; 4° notre détermination ramène à la règle le système dentaire de la Taupe, en montrant qu'elle n'a, comme tous les Carnivores, que six incisives à l'une et à l'autre mâchoire; 5° enfin elle nous semble aussi plus conforme à la règle que celle de Frédéric Cuvier, suivant laquelle la Taupe n'aurait point de canines inférieures; anomalie d'autant plus remarquable que les canines sont très-constantes chez les Insectivores, ainsi qu'on l'avu dans notre article MUSARAIGNE. Le système dentaire de la Taupe est donc celui d'un Insectivore, plus rapproché que les genres voisins des véritables Carnassiers ou Carnivores: les organes internes de la digestion indiquent les mêmes rapports. L'intestin n'est que dix fois aussi long que l'Animal; son diamètre est peu considérable, et varie peu dans ses différentes régions; il n'existe aucune trace de cœcum. L'estomac est cependant très-ample: il reçoit le cardia à son centre.

Organes du mouvement. La Taupe peut être considérée comme le type des Animaux fouisseurs: aussi dans nui autre genre, les membres, et en général tout le squelette, n'ont subi de modifications plus profondes et plus remarquables. Les membres antérieurs sont très-rapprochés de la tête et extrêmement courts, quoique mus par des muscles d'un volume considérable, et voici quelle est leur composition; l'omoplate est un os grêle, de forme allongée, et où l'on remarque à peine quelques vestiges d'epine. Au contraire, par l'effet d'une modification inverse, c'est tout au plus si la clavicule mérite le nom d os long; elle est tellement raccourcie que son diamètre surpasse sa longueur; enfin l'épaule tout entière se trouve placée au-dessous des vertèbres cervicales et en avant du troue, arce que le steruuin se prolongeant eaucoup en avant reporte antérieurement avec lui la clavicule, et par suite l'épaule et tout le membre. L'humérus est modifié à peu près de la même manière que la clavicule: cette partie moyenne, que l'ou nomme le corps de l'humérus, existe à peine en vestige, et ses deux extrémités se trouvent presque contiguËs. Le radius forme une tige courte, tuais robuste, entièrement séparée du cubitus; et celui-ci, de forme triangulaire, est surtout remarquable en ce que son apophyse olécrane remonte beaucoup au-delà de l'articulation du bras avec l'avant-bras. Telle est chez la Taupe la disposition des os

TOME XVI. 5

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quisou tiennent la main, sorte de pelle construite par la nature arec une admirable perfection. La paume est tournée en debors; d'où il résulte que lorsque la Taupe fouille, la terre est rejetée de chaque côté de son corps, et non lancée sous son ventre, comme il arriverait si la main eût conservé sa direction ordinaire. Mais ce qui rend surtout cette main remarquable, et ce qui même lui donne une ressemblance grossière avec la main humaine, c'est sa largeur à peu près égale à sa longueur. Les os du métacarpe et les premières phalanges des doigts sont, comme l'humérus lui-même, des os à extrémités articulaires sans corps ou tige intermédiaire, et par conséquent beaucoup plus courts que de coutume. Au contraire la phalange onguéale est à tous les doigts très-forte et très-longue; elle est droite, convexe en dessus, et est reçue tout entière dans la cavité d'un ongle long, robuste et de même forme qu'elle. Les membres postérieurs de la Taupe sont, de même que les antérieurs, terminés par cinq doigts, et armés d'ongles allongés, robustes et propres à fouir: leur composition ne présente d'ailleurs rien de particulier. Le péroné est soudé avec le tibia dans sa portion inférieure; le fémur est de forme ordinaire; le bassin est au contraire très-remarquable en ce qu'il est ouvert en devant, très-long et tellement étroit qu'un fœtus ne saurait le traverser. Nous allons voir comment cet obstacle à l'accouchement a été levé par une disposition particulière des organes génitaux.

Organes de la génération. La Taupe femelle se distingue de toutes les autres femelles de Mammifères (en exceptant quelques genres voisins) en ce que l'appareil génital et l'appareil urinaire débouchent à l'extérieur par des orifices entièrement distincts: il n'y a plus rien de commun chez elle entre la vulve et le méat urinaire. Ainsi les trois systèmes d'organes qui, chez les autres Animaux, traversent le bassin et se confondent à leur extrémtté, de manière à n'avoir plus qu'un orifice comme chez les Ovipares et les Monotrémes, ou deux comme chez les Mammifères normaux, restent distincts chez la Taupe jusqu'à leur terminaison. Une autre anomalie plus remarquable encore peut-être, et dont la connaissance est due à Breton, savant naturaliste de Grenoble, c'est que le bassin étant devenu très-étroit mais en même temps s'étant ouvert, les organes génito-urinaires et le rectum ne sont plus enfermés dans sa cavité, et se placent en partie dans l'écartement des deux pubis ou même au-dessous, de telle sorte que le fœtus en nais—sant ne traverse point le bassin: circonstance très-remarquable en elle-même, et plus encore en ce qu'elle lui permet de grandir davantage dans le sein maternel. Dans aucune espèce, en effet les petits ne naissent avec un volume plus considérable, proportion gardée avec celui de la mère. Enfin d'autres faits non moins curieux, que Geoffroy Saint-Hilaire a fait connaître dans son Cours sur l'histoire naturelle des Mammifères, sont les suivans: les Taupes femelles ont dans leur jeune âge, et probablement jusqu'au premier accouplement, l'entrée du canal sexuel entièrement fermée: il n'existe chez elles aucune trace de vulve. Cette disposition suffirait seule pour rendre difficile la distinction du sexe des jeunes Taupes: mais cette distinction devient bien plus difficile encore par l'effet d'une modification très-remarquable du clitoris, lequel est perforé par le canal de l'urètre, et se trouve, à l'extérieur, entièrement semblable au pénis du mâle. Aussi les jeunes femelles sont-elles presque toujours prises pour des mâles jusqu'à ce que l'examen de leurs organes internes ait révélé leur véritable sexe, qu'un seul caractère peut trahir à l'extérieur: c'est que le pénis des mâles est sensiblement plus éloigné dé l'anus que ne l'est le clitoris des femelles. Ces faits, récemment connus, et qui fournissent de nouvelles preu-

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ves en faveur de l'analogie du clitoris arec le pénis (V. MAMMIFÈRES), sont d'autant plus curieux que jusqu'à présent on ne connaissait de clitoris perforé chez aucun autre Animal, les Tortues exceptées: encore chez ces dernières, le canal, que noire ami Martin de Saint-Ange et nous avons démontré traverser le clitoris, n a-t-il rien de commun avec l'urètre, et appartient-il à un tout autre appareil (V. TORTUE).

Les organes génitaux de la Taupe mile sont beaucoup moins anomaux que ceux de la Taupe femelle: il n'existe chez elle comme chez les autres Mammifères que deux orifices, l'un intestinal et l'autre commun aux organes urinaires et aux organes génitaux. Le pénis est pourvu à son extrémité d'un petit os conique et très-pointu, dont la connaissance est Hue à Geoffroy, et qui parait destiné à percer la membrane qui bouche l'orifice vaginal de la femelle.

Le nombre des mamelles de la Taupe a généralement été mal indiqué: la plupart des auteurs ont dit qu'il en existe six, d'autres qu'il en existe deux seulement, taus en avons compté buit, savoir: deux pectorales, quatre placées dans la région ombilicale, et deux dans la région inguinale. La Taupe ne produit cependant qu'un très-petit nombre de petits et souvent même qu'un seul.

Organes des sens. La tête de la Taupe, très-longue comme celle de I* plupart des Autres Insectivores, est terminée par un boutoir ou par une sorte de trompe qu'elle emploie ordinairement à la manière d'une tarière pour percer et soulever la terre, mais qui est aussi un organe de toucher et peut-être; méme un organe de préhension, passez longues moustaches sont placées autour de la base du boutoir; c'est sans doute dans cette partie extérieure de la lête que réside principalement le siège du toucher; car la paume des mains et la plante des pieds sont entièrement nues, il est vrai, mais recouvertes d une peau rude et calleuse. La langue et le palais sont très-étendus, même que les arcades dentaires sont très-longues et l'appareil olfac-tif très-considérable. Il y a en effet un rapport intime et nécessaire entre le développement des organes du goût et ceux de l'odorat, puisque les mêmes os forment à la fois et la voûte palatine et le plancher des fosses nasales. Celles-ci sont très-profondes; les cornets forment de nombreux replis; le lobule olfactif est très-volumineux: en un mot tout concourt à amener chez la Taupe le sens de l'odorat à un haut degré de perfection. L'ouie a aussi beaucoup de finesse chez la Taupe, quoiqu'il n'y ait pas de conque auditive, et que l'oreille externe ne soit composée que d'un très-long conduit sous-cutané. C'est à Geoffroy Saint-Hilaire qu'est due la connaissance de ce conduit, et ce qui est un fait digne de remarque, c'est que, dans le même temps, les savans naturalistes de l'Astrolabe, Quoy et Gaiinard, trouvaient un semblable conduit chez l'Echidué qui, de même que la Taupe, est un Animal fouisseur et manque de conque auditive.

Noos venons de voir que sur les quatre appareils de seusation que nous avons examinés, trois sont très-développés chez la Taupe: celui qui nous reste à examiner est au contraire beaucoup au-dessous du degré de développement auquel il parvient ordinairement. Toutefois il ne faut pas croire que l'œil soit chez la Taupe commune aussi simple et aussi incomplet que l'ont dit la plupart des auteurs: c'est surtout par sa petitesse qu'il se distingue des autres Mammifères normaux. Nous transcrivons textuellement les résultats d'observations que nous avons faites à laide du microscope, il y a environ un an, et auxquels nous ne sommes pas arrivé sans quelque étonnement, prévenu que nous étions par lès idées généralementadmises danslascience. Du reste, des observations analogues aux nôtres avaient déjà été faites assez anciennement, mais elles avaient été négligées jusqu'à ces derniers temps. La

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cornée, très-couvexe, est transparente, comme on le voit en l'examinant de profil: vue de face, elle paraît d'un gris noirâtre. Elle est enchâssée dans une membrane d'un noir profond, qui paraît être composée d une sclérotique très-fine et de la choroïde; en dedans de cette membrane, est une autre membrane blanchâtre, comparable à la rétine, que l'on voit très-bien au fond de l'œil, lorsqu'on a enlevé la cornée et extrait le cristallin et les humeurs. La matière colorante de la choroïde est comme chez les autres Mammifères; le cristallin, qui paraît entouré d'un cercle ciliaire, est très-convexe de même que la cornée; en sorte que, si les humeurs de l'œil ont la densité ordinaire, la Taupe doit n'apercevoir que d'une manière confuse les objets éloignés d'elle; elle ne doit voir que comme les personnes affectées de myopie. Nous n'avons pu apercevoir la pupille bien distinctement: elle paraît être elliptique et verticale.

Nous arrivons maintenant à l'examen d'une question qui, dans ces derniers temps, a beaucoup occupé les anatomistes, et a donué lieu à de vives et nombreuses discussions, et que l'on ne peut cependant regarder comme résolue d'une manière complète et définitive, plusieurs anatomistes distingués admettant encore celle des deux opinions qui paraît la moins fondée. Le nerf optique existe-t-il ou n'existe-t-il pas? Cette question peut être envisagée sous deux points de vue, et l'a été en effet successivement. Existe-t-il un nerf optique ayant les mêmes connexions que chez l'Homme et les Mammifères normaux, c'est-à-dire se rendant du globe de l'œil aux lobes optiques ou tubercules quadrijumeaux? ou bien existe-t-il un nerf qui, sans avoir toutes les connexions aue présente le nerf optique chez l'Homme et les Mammifères normaux, doive cependant être considéré comme l'analogue de la seconde paire de nerfs? Quelques observateurs, par exemple Durondeau, et, dans de premiers travaux, le docteur Gall, se fondant sur l'impossibilité d'admettre la vision sans nerf optique, ont attribué à la Taupe un nerf optique complet et semblable à celui de l'Homme et des Mammifères normaux; mais leur opinion ne peut être admise aujour-d'hui. Carus, Treviranus, Bailly, ont cherché à établir l'existence d'un nerf optique rudimentaire, tandis que l'opinion qui admet l'absence complète du nerf, a été défendue par Serres et Desmoulins. Le premier surtout, dans son Anatomie du cerveau (T. II, p. 53) s'est livré à une discussion étendue sur cette question, afin d'établir sur de nouvelles preuves son opinion déjà exposée dans le premier volume de cet ouvrage, et de répondre aux objections qui lui avaient été faites par Bailly. Enfin Geoffroy Saint-Hilaire, admettant comme Serres l'absence d'un trou optique, et celle d'un nerf optique qui présenterait les mêmes connexions que celui des Mammifères normaux, s'éloigne de l'opinion de ce célèbre anatomiste, eu établissant que l'analogue du nerf existe dans une branche qui du fond de l'œil se porte à la cinquième paire et se confond avec elle. Telles sont les principales opinions émises sur ce sujet par divers anatomistes: nous avons cru devoir les citer toutes à cause de l'importance et de la difficulté de cette question qui peut-être, comme nous le disions, ne doit pas être considérée comme résolue d'une manière certaine et définitive. Toutefois, ayant assisté et pris part à un grand nombre de dissections, ayant vu et examiné les preuves sur lesquelles la plupart des auteurs que nous avons cités appuyaient leur opinion, il nous paraît dès à présent démontré que le trou optique manque chez la Taupe, et qu'il n'existe aucun nerf qui de l'œil se porte aux tubercules quadrijumeaux; fait d'autant plus remarquable que ces lobules encéphaliques sont très-développés chez la Taupe.

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Mœurs delà Taupe. La Taupe passe généralement et avec raison pour un Animal nuisible, et il n'est poinl de pays où l'on ne cherche à la détruire. Cependant il est faux qu'elle se nour-lisse de racines de végétaux; les dommages qu'elle produit sont dus à d'autres causes. Les galeries nombreuses qu'elle se creuse peu au-desssous de la surface de la terre, causent un préjudice notable aux plantes qui se trouvent placées au-dessus d'elles; les amas de terre qu'elle élève au-dessus du niveau du sol, et que l'on connaît sous le nom de Taupinières, empêchent qu'ou ne puisse faucher près de la terre; enfin, d'apiès des observations récentes de Geoffroy Saint-Hilaire, il arrive souvent à la Taupe de s'emparer, pour construire son nid, de tiges de diverses Graminées qu'elle saisit par la racine, et fait descendre verticalement et peu à peu sous terre. C'est ainsi que l'on, a trouvé dans un seul nid quatre cent deux tiges de blé parfaitement conservées et avec leurs feuilles entières.

Nous ne pouvons pas entrer ici dans les détails que rendrait nécessaires la description des galeries souterraines de la Taupe: nous nous bornerons donc à dire que ces galeries sont construites avec un art admirable, que plusieurs issues sont ménagées autour du gîte ou de la portion centrale qui forme le domicile habituel de l'Animal, qu'enfin tous les moyens de sûreté, toutes les précautions que pourrait indiquer le plus savant calcul, ont été prises par l'instinct de la Taupe. Aussi cet Animal sort peu de ses galeries, ou pour parler plus exactement, vient rarement à la surface du sol: car deux fois chaque jour la Taupe quitte son gîte pour aller fouiller la terre au loin, et chercher les larves d'Insectes dont elle fait sa nourriture habituelle. La Taupe peut, en très-peu de temps, sillonner dans tous les sens une très-grande masse de terre, ou plutôt telle est la toute-puissance d'organisation de cet Animal, que les chemins naissent partout sur ses pas, et qu'elle marche à travers la terre presque aussi facilement que nous marchons à travers l'air. «La Taupe n'a rien, dit Geoffroy (Cours sur les Mammif.), qu'elle ne le doive à son travail. Elle n'a de demeure qui la reçoive, de routes à parcourir, d'espace pour se répandre, de lieux où paître, qu'autant qu'elle s'est tout donné.

De même que les auteurs ont été peu d'accord sur la composition de l'appareil oculaire, de même des opinions très-différentes ont été émises sur ses fonctions. Toutefois, c'est aujourd'hui un fait démontré que la Taupe voit; et il est inutile de rapporter les expériences positives qui démentent la prétendue cécité de cet Animal. Nous insisterons, au contraire, sur un fait des mœurs de la Taupe qui est beaucoup moins connu: c'est l'extrême appétit qu'elle ressent pour la chair, et la faim canine qui la dévore presque sans cesse « La Taupe, dit Geoffroy Saint-Hilaire, n'a pas faim comme tous les autres Animaux: ce besoin est chez elle exalté; c'est un épuisement ressenti jusqu'à la frénésie. Elle se montre violemment agitée; elle est auimée de rage quand elle s'élance sur sa proie; sa gloutonnerie désordonné toutes ses facultés; rien ne lui coûte pour assouvir sa faim; elle s'abandonne à sa voracité, quoi qu'il arrive; ni la présence d'un homme, ni obstacles, ni menaces ne lui en imposent, ne l'arrêtent. La Taupe attaque ses ennemis par le ventre; elle entre la tête entière dans le corps de sa victime; elle s'y plonge; elle y délecte tous ses organes des sens.ff Une Taupe meurt de faim au bout de très-peu de temps, et il est à remarquer que, dans le cas même où sa faim est portée au plus haut degré, elle ne touche pas aux matières végétales qui se trouvent près d'elle. Qu'au contraire, unAuimal se trouve à sa portée, elle s'élance sur lui à l'improviste, lui ouvre le ventre, el le dévore.presque tout eu lier en peu

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de temps. Les Crapauds sont à peu près les seuls Animaux qui lui répugnent; elle dévore avec avidité les Grenouilles et les Oiseaux. Si même on place dans un lieu fermé deux Taupes de même sexe, la plus faible est bientôt dévorée, et l'on ne retrouve plus d'elle que sa peau et quelques os. Après avoir assouvi sa faim, la Taupe est tourmentée d'une soif ardente, tellement que si on la saisit par la peau du cou, et qu'on l'approche d'un vase plein d'eau, on la voit boire avec avidité, malgré la gêne d'une telle position. C'est au docteur Flourens qu'est due la connaissance de la plupart de ces laits intéressans, auxquels il importe d'a-jouter que les Taupes mangent, au moins lorsqu'elles manquent d'une meilleure nourriture, les Courtilières et les Vers blancs ou larves de Hanneton. Nous insistons à dessein sur ce fait qui a été nié par quelques observateurs, et qui prouve que la Taupe, si nuisible à l'agriculture sous plusieurs rapports, lui est aussi utile a quelques égards.

La TAUPE COMMUNE, Talpa vulgaris, Talpa europœa, L., est connue de tout le monde. Son pelage est composé de poils très-fins, d'un noir profond, et qui, ainsi que nous l'avons constaté, présente, sous certains aspects et surtout lorsqu'il est mouillé, quelques reflets métalliques analogues à ceux qui rendent si remarquables les Chrysochlores ou Taupes du cap de Bonne-Espérance: sa longueur totale est de cinq pouces, sans y comprendre la queue qui a un peu plus a un pouce. C'est à cette même espèce que se rapportent comme variétés, les Taupes tachetées, jaunes, blanches et cendrées que l'on rencontre accidentellement en Europe, et qui ont été décrites par dir vers auteurs, sous les noms de Talpa variegata, flava, alba et cinerea.

La TAUPE AVEUGLE, Talpa cœca, Savi, Mem. scient., est une espèce distinguée récemment par Savi, et qui paraît être, comme la Taupe commune, répandue dans, plusieurs contrées de l'Europe et notamment em France, quoique sa présence n'ait été bien constatée qu'en Italie. Elle esl sensiblement plus petite que la Taupe commune, n'avant que quatre pouces environ depuis le bout du museau jusqu'à l'anus; et elle en diffère encore par la forme plus aplatie de son boutoir. Du reste, ses couleurs et ses formes sont généralement les mêmes. Le nom de Talpa cœca a été donné à cette espèce parce que l'œil est presque entièrement caché sous la peau. L'ouverture des paupières se trouve réduite à n'être plus qu'un petit trou semblable à celui quirésulterait de la piqûre d'une épingle. Cette Taupe voit-elle comme la Taupe commune? Son petit globe oculaire et les nerfs qui y pénètrent présentent -ils quelques caractères particuliers? Ce sont là des questions pleines d'intérêt et que peuvent seuls résoudre les observateurs placés dans les lieux où la Talpa cœca est abondamment répandue.

On a étendu le nom de Taupe à quelques genres voisins (V. SCALOPE, CHRYSOCHLORE) et même à quelques Rongeurs (V. ASPALAX). (IS. O. ST.-H.)

TAUPE, POIS. Espèce du genre Baliste. V. ce mot. (B.)

TAÜPE-GRILLON. INS. V. COURTILIÈRE

TAUPE DE MER. POLYP. Nom donné par Séba au Fungia Talpa de Lamarck. V. FONGIE. (E. D..L.)

TAUPIN. MAM. Espèce du genre Campagnol, V. ce mot. (B.)

TAUPIN, Elater. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, famille des Serricornes, tribu des Elatérides, appelés vulgairement en français Scarabés à ressort, et en latin Notopeda, Elater, parce que, comme nous l'expliquerons plus bas, oes Insectes étant placés sur le dos, peuvent sauter en l'air comme par une sorte de ressort et avec un son, résultant du choo du corps contre le plan. Ils sont généralement ovales on

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elliptiques, déprimés ou plus larges que hauts et défeudus par des tégumens solides. La tête est enfoocée jusqu'aux yeux dans le corselet, avec les antenomes ordinairement filiformes et en scie ou pectinées (appendicées sa bout dans plusieurs et paraissait alors être composées de douze articles), appliquées dans le repos sur les cêlés inférieurs du corselet, se lo-géant même quelquefois chacune dans une rainure longitudinale, pratiquée de chaque côté de l'avant-sternum ou sous les bords du corselet; la bouche plus ou moins enfoncée dans la cavité antérieure de cette partie qui forme ainsi une espèce de mentonnière; les mandibules échancrées ou bidentées à leur pointe; les palpes, et surtout les maxillaires, terminés par un article plus grand, en forme de hache ou de triangle renversé. Le corselet a la figure d'un trapèze plus ou moins allongé, s'élargissant insensiblement de devant en arrière, avec les angles postérieurs prolongés, pointus, appliqués contre les épaules; le milieu au bord posté rieur est un peu dilaté en manière de petit lobe, souvent échaneré; et à la fonction de ce bord avec la base des élytres est une dépression transverse. Le préstemum se termine postérieurement en une pointe comprimée latéralement et souvent unidenté. L'écusson est généralement petit. Les élytres sont allongées, étroites et presque toujours striées. Les pates sont courtes, comprimées, en partie contractiles, unies, sans épines, avec les tarses filiformes et à articles ordinairement entiers. La brièveté de ces organes locomoteurs ne permettant pas à ces Animaux de se relever lorsqu'ils sont couchés sur le dos, ils se rétablissent dans leur position naturelle en mettant à profit la faculté qu'ils ont de sauter. Afin d'exécuter ces mouvemens, ils contractent leurs pates, et les serrant contre le dessous du corps, baissant inférieurement la tête et le corselet qui est très-mobile de haut en bas, et rapprochant ensuite cette dernière partie de l'arrière-poitrine, ils poussent avec force la pointe du présternum contre le bord du trou situé en avant du mésosternum où elle s'enfonce brusquement et comme par ressort. Le corselet, avec ses pointes postérieures, la tête, le dessus des élytres, heurtaut avec force contre le plan de position, surtout s'il est ferme et uni, aident, par leur élasticité, à faire élever perpendiculairement le corps en lair de manière qu'il puisse retomber sur ses pales. L'Insecte réitère cette manœuvre s'il n'a point réussi; souvent aussi il vient à bout par-là d'échapper à ses ennemis. Se laisser tomber à terre est encore un moyeu qu'il emploie lorsque quelque danger le menace. Il est bien peu de personues qui n'aient eu occasion de rencontrer quelques-uns de ces Animaux et de remarquer leurs habitudes. Ils se tiennent sur les fleurs, les plautes et à terre. Certaines espèces, propres aux contrées chaudes du Nouveau-Monde, ont, ainsi que les Lampyres, une propriété phosphorique dont le principe est probablement identique, mais ne résidant pas dans les mêmes parties du corps; elle est annoncée par la présence de deux taches jaunâtres et arrondies, placées près des angles postérieurs du corselet. Delacordatre, qui a souvent observé les Taupins en état vivant, nous a cependant dit que le principal réservoir de la matiere phosphorescente était situé intérieurement à la jonctiou du thorax et de l'abdomen. Suivant Brown, toutes les parties intérieures de l'Insecte jouissent de cette propriété. Les Taupins phosphorescent sont connus aux Antilles sous le nom de Mouches lumineuses; les sauvages les appellent Cucuyos, Coyiouyou, et de-là dérive le nom Cucujo des Espagnols. L'une de ces espèces, transportée de l'Amérique à Paris sous la forme de larve ou de nymphe, dans les bois ou elle avait vécu, et y ayant achevé sa métamorphose, a été pour les habitans du faubourg Saint-Antoine un sujet d'étonnement et d'admiration (Mém.

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de l'Acad. des Scienc.). Les derniers anneaux du corps des femelles de Taupins forment, ainsi que dans les Buprestes du même sexe, une sorte de queue leur servant d'oviducte. Les larves de quelques espèces, celle du Taupin strié de Fabricius, par exemple, rongent les racines des blés, et peuvent, parleur multiplicité, être très-nuisibles: d'autres vivent dans la terre et les bouses. Degéer en a décrit une qu'il avait trouvée dans du terreau de bois pourri. Elle est presque cylindrique, allongée, munie de deux petites antennes, divisée en douze anneaux dont la peau est écailleuse; le dernier est en forme de plaque rebordée et anguleuse sur les bords, avec deux pointes mousses et courbées en dedans; l'on voit audessous un gros mamelon charnu et rétractile, qui fait l'office de pied. Léon Dufour a public (Aun. des Sc. nat.) plusieurs observations anatomiques sur diverses espèces de Taupins. A raison du nombre des conduits hépatiques, de leur longueur et de leur mode d'insertion, ces Insectes se rapprochent, ainsi que les Buprestides, des Carabiaues. Le tube digestif n'a guère plus d'une fois et demie la longueur du corps; immédiatement après un œsophage court, renfermé dans la tête, est un petit jabot conoïde et lisse, qui a échappé aux regards d'un habile anatomiste, Ramdhor. Le ventricule chylifique de quelques espèces est bilobé. Les testicules sont généralement formés chacun de quarante à cinquante capsules spermatiques, soit réunies en une grappe arrondie, comme dans le Taupin sanguin, soit composant plusieurs petits groupes, comme dans le Taupin nébuleux, Elater murinus. Il y a deux ou trois paires de vésicules séminales. Dans cette dernière espèce, l'armure de la verge est composée de trois pièces cornées, soudées à leur base et plus ou moins libres à leur extrémité; l'intermédiaire est une espèce de stylet logé dans un fourreau membraneux. L'organe générateur des femelles est bien plus compliqué que celui des femelles de plusieurs autres Coléoptères. La glande sébacée de l'oviducte est surtout fort remarquable; ses vaisseaux sécréteurs représentent un arbuscule à trois branches, à rameaux capillaires, dichotomes, et offrant dans quelques-unes, à chaque division, une dilatation triangulaire dont la terminale émet deux filets tubuleux flottans. Cet appareil fait présumer à notre observateur qu'il en est des Taupins comme de divers autres Insectes, notamment les Cassides, les Mantes et la plupart des Lépidoptères, où il existe, avant ou après la ponte des œufs, une humeur propre à former à ceux-ci une enveloppe commune ou une sorte de cocon. Dans le Taupin nébuleux, la tige de cet appareil, qui ici n'offre point la dilatation dont nous venons de parler, s'abouche dans un réservoir obrond dont les parois épaisses semblent être cornées à l'intérieur. Cette espèce offre encore deux vésicules, remplies d'une matière tantôt blanche, tantôt diaphane, et confluentes par le bout le plus aminaci, afin de s'ouvrir soit dans le réservoir, soit à l'origine de l'oviducte. Aucun autre Coléoptère, soumis à ses dissections anatomiques, ne lui a présenté de vésicules analogues. Les Taupins, ainsi que la plupart des Serricornes malacodermes, n'ont que des trachées tubulaires.

Le genre des Taupins se compose d'une quantité assez considérable d'espèces, mais qu'il est difficile de sé-parer par divers groupes naturels et bien caractérisés. Dans notre ouvrage sur les familles naturelles du Règne Animal, nous avons indiqué quelques nouvelles coupes génériques dont nous donnerons le signalement, d'après l'exposé que nous en avons fait dans la nouvelle édition du Règne Animal de Cuvier. L'article TAUPIN de l'Enyclopédie méthodique offre aussi une distribution particulière des espèces de ce genre, et très-propre à faciliter leur étude. La forme des articles des antennes, celles

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surtout du dernier, du second et du troisième, la présence ou l'absence des taches thoraciques phosphorescentes, en sont la base. Les auteurs de cet article y donnent en outre les caractères de notre genre Hémirhipe et à l'article TÉTRALOBE, ceux de deux autres genres qui leur sont propres, celui qu'ils désignent ainsi et celui de Péricalle; ils y traitent encore de notre genre Lissode ou celui de Lissome de Dalinan, dénomination que nous avons plus tard adoptée pour ne pas embrouiller davantage la nomenclature.

I. Antennes soit filiformes, et se logeant dans une rainure longitudinale située immédiatement au-des-sous des bords du corselet, soit terminées en une massue reçue dans une cavité latérale et postérieure de cette partie du corps.

A. Antennes filiformes, se logeant daus une rainure longitudinale et inférieure des bords du corselet. Tous les articles des tarses entiers.

Genre: GALBA, Galba, Latr.

Mandibules terminées en une pointe simple; dernier article des palpes presque globuleux; mâchoires unilobées. Corps presque cylindrique. Genre formé sur des Insectes du Brésil.

Genre: EUCNEMIS, Eucnemis, Arh.

Extrémité des mandibules bifide: dernier article des palpes presque en forme de hache; mâchoires bilobées. Corps presque elliptique.

Eucnemis Capucinus, Manheir.

Nota. On trouvera dans la partie entomologique de la relation du Voyage du capitaine Duperrey, la description d'un nouveau genre d'Iusectes de cette division, se rapprochant des Eucnémis par les mandibules et les palpes, mais ayant les antennes pectinées, le port des Mélasis, et le dessous des tarses garni de petites palettes comme le sont ceux des Lissomes.

B. Antennes terminées en une massue perfoliée, se logeant dans une cavité latérale et postérieure du corselet. Pénultième article des tarses bifide.

Genre: THROSQUE, Throscus. V. cet article.

II. Antennes libres ou se logeant au plus dans des rainures, le long du présternum et jamais en massue.

A. Antennes reçues en tout ou en partie dans deux rainures longitudinales du présternum.

a. Dessous des tarses garni de pelottes prolongées en manière de lones ou de palettes.

Genre: LISSOME, Lissoma, Dalm.

Antennes entièrement reçues dans les rainures du présternum; leurs articles, à partir au troisième, presque tous semblables. Tête, l'Animal étant vu en dessus, découverte. V. Dalman, Ephém. entom., 1822.

Genre: CHÉLONAIRE, Chelonarium, Fabr.

Second et troisième articles des antennes plus grands que les suivans, se logeant seuls dans les rainures sternales. Tête, l'Animal vu en dessus, ne paraissant point, et cachée par un corselet presque semi-circulaire.

b. Tarses sans prolongemens inférieurs lobiformes. (Les deux pieds antérieurs reçus, lorsqu'ils sont contractés dans des enfonceraens latéraux du corselet.)

Genré: ADÉLOCÈRE, Adelocera, Latr.

Ce genre sera figuré avec détails dans la partie zoologique du voyage précité, et dans l'Iconographie au Règne Animal, publiée par Guérin.

B. Antennes libres ou entièrement à découvert.

a. Palpes presque filiformes ou légèrement plus gros à leur extrémité.

Nota. Antennes pectinées.

Genre: PHYLLOCÈRE Phyllocerusi, Dej.

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b. Dernier article des palpes, des maxillaires surtout notablement plus gros que les précédons, presque en forme de hache.

* Les quatre premiers articles des tarses courts, triangulaire; le pénultième bifide.

Nota. Côté interne du troisième article des antennes et des suivans des mâles prolongé à sa base en un rameau élargi au bout; les mêmes articles simplement en scie dans les femelles.

Genre: CÉROPHYTE, Cerophytum, Latr. V. ce mot.

** Articles des tarses presque cylindriques et entiers.

† Tête enfoncée jusqu'aux yeux dans le corselet; présternum s'avançant sur la bouene t avec son bord terminal arqué.

—— Labre et mandibules cachés par l'extrémité extérieure du présternum et l'épistome ou chaperon.

Genre: CRYPTOSTOME, Cryptostoma, Dej.

Troisième article des antennes prolongé au côté interne vers son origine en un rameau droit et linéaire; angle de son sommet et celui des sept suivans dilatés en manière de dent; le dernier article long et étroit; les second et quatrième plus courts.

V., pour d'autres détails, le quatrième volume de la nouvelle édition du Règne Animal de .Cuvier, p. 453.

Genre: NÉMATODE, Nematodes, Latr.

Premier article des antennes long; les cinq suivans obeoniques, égaux, à l'exception du premier d'entre eux ou du second qui est un peu plus court; les cinq derniers plus épais, presque perforés; le terminal ovoïde. (Corps presque linéaire.)

Exemple; Euonemis Filum, Manh.

— — Labre et mandibules découvertes.

λ Antennes des mâles au moins terminées en manière d'éventail.

Genre: HÉMIRHIPE, Hemirhipus, Latr.

Nota. Nous avons rapporté à ce genre les Elater flabellicornis et fascicularis de Fabricius; n'ayant plus cette dernière espèce à notre disposition, nous n'avons pu comparer ses tarses avec ceux de la précédente. Ici les quatre premiers articles ont en dessous des prolongemens lobiformes, caractère qui a servi de hase à l'établissement du genre Tétralobe, Tetralobus de Lepellelier et Serville (Encycl. méthod., Insect. x, p. 594). Si les tarses de l'autre étaient conformés de même, le genre précédent ne différerait pas de celui d'Hémirhipe.

λλ Antennes pectinées tout au plus dans les mâles. f Les quatre premiers articles des tarses offrant en dessous des prolon—gemens lobiformes. Côtés de la tête dilatés, au dessus de la tête, en manière de dent ou de corne pointue, dirigée en avant.

Genre: PÉRICALLE, Pericallus, Lepell. et Serv.

Les Elater furcatus, ligneus, suturalis, etc., de Fabricius. V.l'Encyct. méthod., Insect. x, p. 594.

Ff Tous les articles des tarses sans prolongemens inférieurs lobiformes.

Genre: NYCTÉRILAMPE, Nycteri-latnpus, Latr.

Deux taches phosphorescentes (jaunâtres ou roussâtres) sur les côtés du corselet.

Les Elater noctilucus, phosphoreus, ignitus, etc., de Fabricius. Une ou deux espèces du Brésil sont remarquables par la grosseur des yeux, caractère indiquant leur analogie avec les Lampyres mâles. Le—pelletier et Serville rangent ces Insectes (Encycl. méthod, ) dans la division des Taupins dont le dernier article des antennes est rétréci brus

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qurment en une pointe particulière, imitant un douzième article; mais comme ce caractère est généralement commun à toutes les espèces, et qu'il est plus ou moins prononcé, son emploi, vu la difficulté d'apprécier les limites de celte distinction, nous a paru devoir être rejeté.

La première (E. noctilucus) des espèces précitāes, est celle dont nous avons parlé daus les généralités sous les dénominations de Cucujus, de Mouche lumineuse, etc.; elle est longue d'tin peu plus d'un pouce; d'un brun obscur, mais toute couverte d'un duvet cendré, plus ou moins foncé. Son corselet a de chaque côté, près des angles postérieurs, une tache jaune, ronde, convexe, luisante et glabre. Cet Insecte est très-commun dans toute l'Amérique méridionale. V. le n° 2, 1829, du Bulletin des Sciences naturelles.

Genre: CTÉNICÈRE, Ctenicera, Latr.

Corselet sans taches phosphorescentes. Antennes des mâles au moins pectinées dans toute leur longueur.

Les Elater hœmatodes, cupreus, pectinicomis des auteurs.

CTÉNICÈRE MARRON, Elater castaneus, L., Fabr. Son corps est noir, avec les élytres, leur extrémité exceptée, jaunes; le dessus du corselet est recouvert d'un duvet de cette couleur. Cette espèce est commune au printemps dans les bois, les jardins adjacens, et se tient de préférence sur les fleurs de groseiller.

Genre: TAUPIN, Elater, L.

Corselet sans taches phosphorescentes. Antennes tout au plus en scie, même dans les mâles.

TAUPIN OCULé, Elater oculatus, L. Long d'un pouce et demi, noir, pointillé de blanc; deux taches arrondies, très-noires, entourées de blanc sur le corselet. De l'Amérique septentrionale.

TAUPIN FERRGUGINEUX, Elater ferruginincus, L. L'une des espèces indigènes des plus grandes. Corps noir r pointillé, avec le dessus du corselet, le bord postérieur excepté, et les élytrès d'un rouge fauve. Le labre est de niveau, à sa naissance, avec l'épistome ou sur le même plan. D'après ce caractère, que l'on observe aussi dans d'autres espèces, nous avions établi (Fam. nat. du Règn. Anim.) le genre Ludie, Ludia.

TAUPIN SANGUIN, Elater sanquineus, L. Corps elliptique, long d'environ six lignes, noir, pubescent, avec les élytres entièrement rouges. Antennes en scie; leurs second et troisième articles plus petits que les suivans. Extrémité antérieure de l'épistome plus élevée que le labre et arrondie. Il se trouve aussi dans nos environs.

TAUPIN THORACIQUE, Elater thoracicus, Fabr. De la division du précédent, mais plus petit et noir, avec le corselet d'un rouge fauve.

TAUPIN PORTE-CROIX, Elater cruciatus, L. De la grandeur du précédent, mais un peu ni us large. Epistome pareillement plus élevé que le labre, mais moins arrondi en devant; troisième article des antennes aussi long que les suivans. Corps noir, avec les pates, le dessus du corselet et les élytres fauves; cette teinte plus vive sur le corselet: une bande longitudinale au milieu des ālytres, une autre le long de la suture, formant une croix, avec une troisième bande transverse, noires; une autre bande de cette couleur, partant des épaules et se réunissant avec la précédente. Rare aux environs de Paris.

TAUPIN GERMANIQUE, Elater germanus, Oliv.; E. œneus, Fabr. Epistome presque de niveau avec le labre, droit en devant. Troisième article des antennes de la longueur des suivans. Corps ovale, plus large que dans les espèces précédentes, d un bronzé luisant en dessus, d'un noir bronzé ou plus foncé en dessous Pâtes noires. Le Taupin bronzé, Elater œneus, L., n'en diffère guère que par la couleur roussâtre des pieds.

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TAUPIN NÉBULEUX, Elater murihus, L. Espèce des plus communes dans nos environs, de la forme de la précédente, d'un noirâtre mélangé de cendré eu dessus, d'un cendré roussâtie en dessous; deux tubercules peu élevés sur le corselet. Tarses roussâtres.

†† Tête dégagée postérieurement ou ne s'enfonçant pas entièrement dans le corselet jusqu'aux yeux (qui sont saillans et globuleux).

Genre: CAMPYLE, Campylus, Fisch.; Exophthalmus, Lat., Fam. nat. du Règn. Anim.

Corps long, étroit, presque linéaire. Antennes insérées sous les bords d'une saillie, déprimée et arquée, formée par l'épistome.

Ce genre a pour type l'Elater linearis de Linné dont son Mesomelas n'est qu'une variété; il faut encore y joindre les Elater borealis et cinctus de Gyllenhal.

Dans cette exposition des genres dérivant de celui d'Elater de Linné, nous avons commencé par ceux qui, dans un ordre naturel, semblent se rapprocher davantage des Bupres-tides, ou faire le passage de cette tribu à celle des Elatérides. (LAT.)

TAURACO. OIS. Même chose que Touraco. V. ce mot. (DR..Z.)

TAUREAU, MAM. C'est le mâle entier dans l'espèce du Bœuf domestique, Bos Tauras. (IS.G.ST. H.)

TAUREAU D'ÉTANG, OIS. Syn. vulgaire du Butor. V. Héron. (DR..Z.)

TAUROCEROS. BOT. PHAN. Les anciens Grecs désignaient sous ce nom la Macre, Trapa natans, L. (G..N.)

TAURUS. MAM. C'est dans le langage ordinaire le nom latin du Taureau. Linné en a fait le nom spécifique de l'espèce du Bœuf domestique. (IS.G. ST.-H.)

TAUSCHÉRIE. Tauxheria. BOT. PHAN. Genre de la famille des Crucifères, tiibu des Isatidées, et de la Tétradynamie siliculeuse, établi en manuscrit par Fischer et publié par De Candolle (Syst. Veget., 2, p. 563) qui l'a ainsi caractérisé: calice égal à la base; pétales oblongs, cunéiformes; étamines uon denticulées; silicule convexe d'un côté, plane de l'autre, et bordée d'ailes membraneuses, rugueuses-plissées, roulées du côté plan de la silicule qui est indéhiscente, uniloculaire, renfermant une seule graine pendante, oblongue, à cotylédons oblongs-li-néaires, incombans un peu obliquement. Ce genre est voisin de l'Isatis; sa silicule ressemble à celle de l'OEthionema monospermum, et n'en diffère qu'en ce que les ailes membraneuses qui la bordent ne sont pas planes. Les deux espèces qui le constituent (Tauscheria lasiocarpa et T. gymnocarpa) ont été découvertes par Tauscher dans les déserts des Kirghises près du lac Inderskoe. Ce sont des Plantes herbacées, annuelles, dressées, glabres. Leur tige est filiforme, munie de feuilles glauques, pareilles à celles des Isatis, les inférieures oblongues, rétrécies à la base, les caulinaires sessiles, entières et sagittées. Les fleurs sont très-petites, blanchâtres, dépourvues de bractées, et disposées en grappes opposées aux feuilles et presque terminales.(G..N.)

TAUVAR. MAM. Nom groËnlandais du Narval. (IS.G.ST.-H.)

TAYALLA. BOT. PHAN. Persoon a ainsi modifié le nom du Genre Tafalla de Ruiz et Pavon. V. ce mot. (G..N.)

* TAVERNIERA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Légumineuses, tribu des Hédysarées, établi par De Candolle (Mém. sur les Légum., p. 339) qui l'a placé entre les genres Dicerma et Hedysarum, quoiaue tellement rapproché de l'un et de l'autre que son auteur a hésité à en faire une simple section de l'un d'eux. Il diffère cependant du Dicerma, 1° par son calice dont les cinq lobes sont

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lous distincts et atteignent la moitié de sa longueur; 2° par ses gousses hérissées sur les faces des soies roides et épaisses, assez semblables à celles de plusieurs Hedysarum. Il se distingue de ce dernier genre, 1° par son calice dont les lobes, quoique égaux, sont presque disposés en deux lèvres; 2° par sa carène obtuse et non tronquée; 3° par le faisceau des étamines a peine courbé au sommet et non coudé à angle droit. Ce genre se compose de trois espèces nommées Taverniera nummularia, spartea et lappacea. La première est une Plante nouvelle décrite et figurée par De Candolle, loc. cit., tab. 52, d'après un échantillon recueilli près de Bagdad par Olivier et Bruguière. Les deux autres étaient décrites dans les auteurs sous le nom générique d'Hedysarum. Ces Plantes sont des Arbrisseaux de l'Orient, à branches cylindriques, couvertes vers leurs sommités d'un duvet blanc, mou et cotonneux. Les stipules sont souvent soudées ensemble; les pétioles sont courts, et portent tantôt une seule feuille terminale, tantôt trois; les fleurs sont disposées en grappes ou en faisceaux, aux aisselles des feuilles.(G..N.)

TAVERNON. BOT. PHAN. V. BOIS AHADA.

TAWA. OIS. Espèce du genre Guêpier. V. ce mot. (B.)

TAXANTHÈME. Taxanthema. BOT. PHAN. Necker (Elem. Bot., i, p. 115) a institué sous ce nom un genre dela famille des Plumbaginées et dela Pentandrie Pentagynie, L., qui correspond au genre Limonium anciennement établi par Tournefort, et réuni au Statice par Linné. En l'adoptant, Brown (Prodr. Fl. Nov.-Holl., p. 426) a ainsi posé ses caractères: calice infundibuliforme, dont le limbe est scarieux, à cinq plis et à cinq dents; corolle à cinq pétales ou divisé profondément eu cinq parties; cinq étamines msérées sur les onglets des pétales; cinq ou rarement trois tyles distincts; capsule unloculaire ne présentant point de valves, renfermant une seule graine pourvue d'albumen; épis unilatéraux dont les heurs sont accompagnées de deux ou trois bractées. Outre les espèces de Statice, qui composaient l'ancien genre Limunium, R. Brown y a compris une Plante de la Nouvelle-Holiande, et qu'il a nommée Taxanthema ausiralis. Elle a une racine fusiforme, des hampes paniculées, munies de feuilles oblongues, spatulées et très-glabres. (G..N.)

TAXICORNES. INS. Famille de Coléoptères héléromères, dont les mâchoires sont dépourvues au côté interne d'onglet corné; dont les antennes, le plus souvent insérées sous les bords avancés de la tête, sont couites, plus ou moins perfoliées ou grenues, grossissent insensiblement, ou se terminent en massue, et dont les pieds ne sont propres qu'à la coursé, avec les articles des tarses entiers, et deux crochets simples au bout du dernier. Plusieurs mâles ont deux cornes ou deux éminences sur la tête. Les jambes antérieures sont souvent élargies et en forme de triangle renversé. La plupart de ces Insectes vivent sous les écorces des Arbres ou dans les Champignons. Les uns tiennent de près au genre Ténébrion de Linné; et les autres à celui de Diapère de Geoffroy qui en fait partie, ainsi qu'à celui d'Anisotome. Suivant les observations de Léon Dufour, les Hypophlées, les Diapères et les Elédones ou Bolétophages ont un appareil de sécrétions excrémentitielles, et le ventricule chylifique est hérissé de papilles; mais les Diapères offrent de plus des glandes salivaires.

Nous partageons cette famille en deux tribus, les Diapérales et les Cossyphènes. Dans la première, la tête est découverte et jamais entièrement engagée dans une entaille profonde de la partie antérieure du corselet. Cette tribu comprend les genres Pbalérie, Ulome, Diapère, Néomide, Pentaphylle, Hypophlée, Trachys-

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cèle, Léiode, Tétratome, Elédooe et Coxèle. La seconde tribu se compose d'Hétéromères qui, par la forme générale du corps, se rapprochent des Peltis de Fabricius, des Cassides et de plusieurs Nitidules; il est ovoïde ou subhémisphérique, débordé tout autour, par la dilatation des côtés du corselet et des élvtres; la tête, vue en dessus, est tantôt entièrement cachée par le corselet, tantôt comme encadrée par lui dans une entaille profonde de son extrémité antérieure. Cette division renferme les genres Cossyphe, Hélée et Nilion. (LAT.)

TAXIDERMIE, ZOOL. On a donné le nom de Taxidermie (mot forgé du grec peau et arrangement) à l'art de préparer, pour les collections, les dépouilles des Aninaux des classes supérieures, bien que, par une extension forcée du terme, on ait compris sous cette désignation la conservation des Insectes, les soins que réclament les lests des Mollusques, et par suite les axes solides des Polypiers coralligènes. La Taxidermie est donc ce qu'on nommait naguère l'art d'empailler les Quadrupèdes et les Oiseaux, et sur lequel divers auteurs nous ont laissé des traités ex-professo ou des Mémoires insérés dans divers recueils; tels sont ceux de Duhamel, Piuel, Chaptal, l'abbé M an esse, Mauduyt, Girardin, Denon, Mouton-Fonteville, Dufresne t Boitard et Dupont. On distingue de la Taxidermie les moyens simples de conservation, par le secours des préparations liquides ou des alcohols, des acides, dans lesquels on se borne à immerger ua Animal quel conque dans une liqueur plus ordinairement spiritueuse. V. le mot PRÉPARATIONS.

La Taxidermie est une découverte toute récente, et qu'on doit attribuer à la France, car il y a à peine quarante ans que les nations étrangères en pratiquent les procédés, et même en France, les auciens cabinets, et celui de Réaumur entre autres si célèbre, ne présentaient que des dé pouilles informes, des peaux écorchées et simplement bourrées, appendues aux parois des salles des musées. Les Allemands paraissent toutefois être les premiers inventeurs de ces Oiseaux faits plume à plume et placés sur carton et sous verre; mais bien qu'on cherchât le plus possible à imiter la nature, ces imitations étaient trop souvent fautives pour qu'on pût s'en servir pour l'é-tude, et elles n'eurent d'autre succès que celui de la curiosité, car les figures gravées devaient encore l'emporter sur elles en exactitude. La Taxidermie aujourd'hui est parvenue à rivaliser avec la nature. Par son art elle fait revivre les Animaux; et on ne saurait trop reconnaître le service que lui a rendu Bécœur en découvrant la composition du savon qui porte sou nom, et dont l'arsenic fait la base. Ce savon arsenical, bien que décrié, est préférable à tous les autres ingrédiens qu'on a cherché à lui substituer, et l'emporte surtout pour la belle et longue conservation des peaux que procure son emploi exclusif. On ne peut se dissimuler qu'il faut à celui qui veut se livrer à la Taxidermie, soit pour les collections publiques, soit pour les collections particulières, qu'il joigne une connaissance assez étendue des êtres à celle de leurs habitudes en rapport avec les diverses parties de leur organisation, pour donner a leurs membres remplis de filasse et de brins de fer, la souplesse, les contours qui les distinguaient dans l'état de vie. C'est principalement le crâne qu'il importe détudier dans ses divers contours, pour remplacer les plans musculaires enlevés par des couches artificielles bien entendues. Dans les Oiseaux, si nombreux en genres et en espèces, combien n'est-il pas nécessaire de prêter les plus minutieuses altentious aux détails de leurs parties diverses? Certes, il est facile de commettre bien des contresens, en ne tenant pas compte des formes relativement aux mœurs et aux habitudes de ces êtres.

Le but de ce Dictionnaire se refuse

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à ce que nous traitions de la Taxidermie sous le rapport manuel et technique: nous nous bornerons donc à présenter l'ensemble de cet art. Sous le nom d'instrumens, les préparateurs désignent les scalpels, les pinces et autres ustensiles qui servent aux dissections, et l'on concoit qu'ils doivent parfois varier dans leur force suivant la taille relative et la classe des Animaux à conserver. Les préservatifs sont destinés à enduire les surfaces écorchées des peaux, et à s'opposer à ce que les insectes puissent s'y développer et les endommager. Par suite, en desséchant vivement la peau, ils s'opposent à la chute des poils ou des plumes. On a tour à tour exclusivement ou accessoirement employé le lan, le sublimé corrosif en poudre, le vert-de-gris, l'orpiment, l'essence de térébenthine, le soufre et l'huile de pétrole. Nicolas préconisa sa pommade savonneuse et la liqueur tannante de son invention, mais le savon arsenical ou de Bécœur, seul usité aujourd'hui au Muséum, a fait négliger avec raison tous ces moyens précités; seulement comme ce mélange est dangereux, il est nécessaire de s'entourer de précautions en s'en servant. Le savon de Bécœur est ainsi composé: arsenic blanc du commerce, 240 grammes; potasse, 90; chaux en poudre, 30; savon, 240; camphre, 12. Ces diverses matières sont battuès ensemble avec un peu d'eau et à froid, seulement on dissout préalablement le camphre dans quelques gouttes d'eau-de-vie. Cette pommade est étendue, à l'aide d'un pinceau, sur toutes les parties internes des peaux, partout où les tégumens adhéraient au tissu cellulaire.

Les Quadrupèdes se dépouillent sous l'abdomen, à l'aide d une longue incision verticale, aidée d'incisions cruciales sous les membres; mais on concoit combien doivent varier les procédés à employer pour détacher la peau, à cause de la taille et de la nature des enveloppes cutanées Toujours est-il nécessaire de laisser adhérer le moins possible de graisse à la peau, et c'est alors le cas de saupoudrer de tan ses surfaces dénudées pour absorber celle qui serait trop tenace à faire disparaître. Il faut aussi prendre toutes les précautions possibles pour que le sang ne ruisselle point sur les parties extérieures et sur te pelage, qu il tacherait fort souvent d'une manière disgracieuse. La peau, ainsi enduite, est appliquée sur des moules en bois, que maintiennent des tiges en fer garnies de chanvre dont la grosseur et la forme sont calculées sur le volume relatif de l'Animal; puis, avant qu'elle ait séché, ou donne les diverses formes à l'ensemble en soutenant les poils, les moustaches, etc., dans la position voulue jusqu' à parfaite dessiccation. Les yeux naturels sont arrachés de leur orbite et remplacés par des veux d'émail ou de verre, et les positions étudiées d'après les habitudes des familles naturelles. Les grands Quadrupèdes, tels que les Eléphans, les Rhinocéros, demandent des charpentes éuormes et de longs taunages pour leurs peaux, tandis que certains Mammifères se préparent aussi facilement que les Oiseaux. Les Cétacés, par l'abondante couche huileuse qui est placée sur les tégumens extérieurs, sont très-difficiles à dépouiller avee proprété, et lorsqu'on fait il sécher leurs peaux, l'épiderme s'en détache par plaques et par écailles, el perd tout l'éclat qu'il ne devait qu'à ce tissu plein de vie. Souvent la couleur de cet épiderme, qui est d'un blanc argenté très-éclatant, se transforme en couches jaunes huileuses très-intenses dues à l'oxigénation de l'huile.

Les Oiseaux se dépouillent avec la plus grande facilité: seulement le plomb qui les a frappés a souvent fait jaillir le sang sur leurs plumes, et tache leur parure. On doit chercher à y remédier, à cacher ces taches dégoûtantes. On doit aussi avoir égard aux aigrettes et aux divers ornemens accessoires qui surmontent la téte ou quelques autres parties du corps. Les

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Oiseaux, dont la tête est garnie de peaux nues, tels que les Dindons, les Pintades, ont besoin de préparations anatomiques graduées et ménagées, pour obtenir une dessiccation de ces parties, qui ne blesse point la vue et qui ne dénature pas trop les caractères spécifiques. Les voyageurs ne recueillent que les peaux des Oiseaux en les bourrant simplement avec du coton. Sous cette forme, elles préseutent les plus grandes facilités pour leur transport, et, quoique sèches, on les ramollit lorsqu'on juge convenable de les monter en Europe, et les procédés sont les mêmes que ceux que l'on suit pour monter les Oiseaux fraîchement tués. Il est toutefois nécessaire de serrer avec précaution les peaux simplement bourrées et de veiller à ce que les plumes conservent leur position respective. Nous avons longuement traité des moyens de remédier aux cas accidentels qui se présentent, dans nos articles relatifs aux préparations, insérées dans les Annales maritimes et coloniales, année 1819, et dans notre long article Taxidermie du Dictionnaire des Sciences naturelles. C'est, lorsqu'il s'agit des Oiseaux, que les positions à donner à leurs membres doivent être soigneusement étudiées d'après leurs habitudes et leurs mœurs, et qu'elles doivent rivaliser par une heureuse imitation avec la nature: on doit à Hucklan quelques préceptes à ce sujet.

Les Reptiles ne présentent point de différence trop tranchée, dans les procédés qu'ils nécessitent, de ceux des Mammifères ou des Oiseaux. Seulement les Tortues, munies d'une enveloppe osseuse extérieure, sont dépouillées en feudant un des côtés de la carapace et détachant les tégu-mens. Les Lézards, les Grenouilles, les Serpens sont dépouillés de plusieurs manières, et quelquefois vernis à leur surface lorsque la peau est sèche.

Linné, dans ses Aménités académiques, a donné pour les Poissons uu procédé qui n'est plus suivi. La préparation de ces êtres est analogue a celle des Cétacés. Cependant la plupart d'entre eux se refusent à ce moyen, qui les raccornit et les rend très -souvent méconnaissables. La Taxidermie ne sert guère qu'aux gigantesques espèces et surtout aux Poissons cartilagineux. Les autres familles réclament uniquement le secours des liqueurs spintueuses.

Les Insectes se conservent desséchés et piqués sur des morceaux de liége ou des lames de moelle de Sa—gou. Quelques personnes ont cherché les vider à l'aide de procédés qui tous sont défectueux et inutiles. Les larves ont particulièrement besoin de quelques soins plus compliqués, mais leurs formes et leur coloration disparaissent si aisément par leur dessiccation, qu'on doit se borner à les conserver dans des liqueurs de force graduée alcoholique. La chasse de ces êtres, les moyens de les faire périr sans les endommager, les soins de leur éducation, lorsqu'on élève des chenilles pour en obtenir de brillans Papillons, la disposition à donner à leurs dépouilles, sont autant d'objets qui nécessitent une attention spéciale.

Il en est de même pour les Mollusques et les Zoophytes. Les liqueurs, pour les Animaux nus, sont de première nécessité. La simple conservation pour leurs parties solides, ne nécessite que des soins de propreté et d'arrangement. Les Crustacés ont besoin d'être dessalés dans de l'eau douce avant d'être desséchés, car, sans celte précaution, ils se désarticuleraient et attireraient l'humidité de l'air. On conçoit que nous ne pouvions entrer ici, ainsi que uous l'avons fait ailleurs, dans de nombreux détails sans outrepasser considérablement l'espace dont nous pouvions disposer. Nous avons donc dû nous borner à un exposé général de la Taxidermie. (LESS.)

TAXINÉES. Taxineœ. BOT. PHAN. Le professeur Richard a ainsi nommé la première section de la famille des Conifères, et qui comprend les geu-

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res Podocarpus, Dacrydium, Phyllocladus, Taxus, Salisburya et Ephedra. V. ces mots. (G..N.)

TAXODIUM, BOT. PHAN. Richard père a érigé le Cupressus disticha, L., en un genre particulier qu'il a Dominé Taxodium. Le même genre a recu de Mirbel le nom de Schubertia, qui a été abandonné et transporté par Martius à un autre genre de Plantes. Le Taxodium appartient à la famille des Conifères et à la Monœecie Monadelphie, L. Il a été ainsi caractérisé par Richard (Mém.sur les Conif., p. 143, tab. 10): fleurs monoïques sur les mêmes rameaux. Les mâles forment de petits chatons globuleux disposés en une grappe pyramidale rameuse; les écailles en forme de bouclier, portant en dessous trois à cinq anthères. Les fleurs femelles forment deux à trois chatons rapprochés et placés à la base des grappes de fleurs; les écailles aiguËs, réfléchies au sommet et portant deux fleurs à la base. Le fruit est un gal-bule globuleux ou ovoïde, composé d'écailles pellées, en forme de clous, ligneuses, anguleuses; les péricarpes sont presque ligneux, irréguliers; l'embryon est cylindrique, presque de la longueur de l'endosperme, ; ayant six à sept cotylédons linéaires. Ce genre se compose uniquement du Taxodium distichum, Rich., vulgairement nommé Cyprès chauve de l'Amérique septentrionale. C'est un Arbre qui se distingue de toutes les autres Coniféres par son port. Au premier coup-d'œil, on le prendrait pour un Mimosa, à raison de ses feuilles distiques simulant des feuilles finement pennées. Ses racines sont remarquables par les exostoses coniques, nues et hautes de deux à trois pieds, qu'elles émettent. Cet Arbre cultivé en Europe pour l'ornement des jardins paysagers.

Le Taxodium se distingue des Cyprés, 1° par ses fleurs mâles, dont les chatons extrêmement petits et globuleux, sont disposés en grappes lameuses, au lieu d'ecirc;tre solitaires et terminaux; 2° par ses fleurs femelles qui sont également des chatons écailleux et arrondis, et dont les écailles ne portent que deux fleurs dressées. Par ce dernier caractère, il se rapproche du Thuya, mais il en diffère par son fruit dont les écailles sont en forme de clous comme celles des Cyprès. Son embryon constamment polycolylédoné, c'est-à-dire divisé en plusieurs lanières dont le nombre varie de cinq à neuf, le fait en outre suffisamment distinguer de l'un et l'autre de ces genres. (G..N.)

TAXUS. MAM. C'est dans quelques ouvrages le nom spécifique au Blaireau, Ursus meles, L. (IS.G. ST.-H.)

TAXUS. BOT. PHAN. V. IF.

TAYAZOU. MAM. Même chose que Coure. V. ce mot. (B.)

TAYLORIA. BOT. CRYPT. (Mousses.) Hooker a donné ce nom au genre que Schleicher avait établi sous celui de Hookeria. Ce dernier nom étant déjà appliqué par Smith à un autre genre de Mousse, le Tayloria de Hooker ou Hookeria de Schleicher et de Schwægrichen est ainsi caractérisé: péristome simple, formé de trente-deux dents très-longues, tordues en spirale, rapprochées par paires; capsule soutenue sur une apophyse; coiffe très-petite, campanulée. La seule espèce counue de ce genre, le Tayloria splachnoides, croît dans les Alpes et eu Norvège; elle a une tige simple, garnie à sa base d'une rosette de feuilles oblongues, deutelées; la capsule est longuement pédicellée, droite, cylindrique, insensiblement rétrécie à sa base, surmontée d'un opercule conique, allongé; la columelle fait saillie hors de la capsule et est renflée à son extrémité, (AD. B.)

TAYTETOU. MAM. Véritable nom brésilien, suivant le prince Maximilien de Neuwied, du Pécari à collier, Dicotyles torquatus, Fr. Cuv., que les colons portugais appellent Porco à quechada branca. Le Dicotyles labiatus est le Cayteto des Brésiliens. (LESS.)

TOME XVI. 6

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TAZETTE. BOT. PHAN. Espèce du genre Narcisse. V. ce mot. (B.)

TCHIGITAI. MAM. Ce mot, que l'on a aussi écrit Czigithai, Czigtai, Dzygytai, est l'un des noms de pays de l'Equus hemionus. V. CHEVAL.(IS. G. ST.-H.)

TCHIN -CHIAN -KlAPP. MAM. Nom chinois d'un Mammifère qui paraît être le Pangolin à queue courte. (IS. G. ST.—H.)

TCOUG. OIS. Nom d'un Busard de l'Inde, Falco melanleucos.(IS.G.ST.-H.)

TECHICHI. MAM. Ce nom mexicain servait à désigner le Raton crabier (Procyon cancriuorus, Geoff.), que les premiers Espagnols qui découvrirent le Mexique, prirent pour un Chien, analogue aux espèces du genre Canis. (LESS.)

TECK. BOT.PHAN.On désigne sous ce nom le bois du Tectona grandis, L. V. TECTONA. (G..N.)

TECOIXIN. REPT. SAUR. (Séba.) Nom d'un Saurien du Mexique encore indeter miné. (IS. G. ST.-H.)

TECOLITHES. ÉCHIN. FOSS. Nom que Pline et quelques auteurs anciens appliquaient à des corps organisés fossiles qu'on croit être des Pointes d'Oursius. (AUD.)

TECOMA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Bignoniacées et de la Didynamie Aygiospermie, L., établi par Jussieu (Généra Plantaram, p. 137), et ainsi caractérisé: calice campanule, à cinq dents; corolle dont le tube est court, la gorge campa-nulée, le limbe bilabié, à cinq lobes; quatre étamines didynames, plus une cinquième rudimentaire; stigmate bila niellé; capsule en forme de silique, biloculaire, bivalve, ayant la.cloison opposée aux valves; graines placées sur deux rangées, imbriquées, bordées d'une aile membraneuse. Ce genre est un démembrement du Bignonia de Linné, dont il diffère à peine par les caraotères. Il se compose d'une dizaine d'espèces qui croissent en Amérique, particulièrement en Virginie, au Mexique et dans les Andes du Pérou. Une espèce a été trouvée à la Nouvelle-Hollande et dans l'île de Norfolk. Ce sont des Arbres ou rarement des Arbrisseaux à feuilles opposées, digitées, ou plus souvent imparipinnées. Les fleurs sont terminales, en paniculrs, jaunes ou rouges. Parmi ces espèces, nous citerons comme type le Tecoma radicans, Juss.; Bignonia radicans, L., Arbrisseau connu vulgairement dans les jardins sous le nom de Jasmin de Virginie. Ses tiges sont sarmaenteuses; elles s'accrochent aux murailles par de petits crampons qui naissent des nœuds, et elles s'élèvent quelquefois jusqu'à plus de trente pieds de haut. Son feuillage est très-beau, ailé avecimpaire, à folioles nombreuses, vertes, ovales-aiguËs et inégalement dentées en scie. Les fleurs sont grandes, infundibuliformes, d'un rouge vif, et disposées en bouquets au sommet des rameaux. Cette belle Plante est originaire de la Virginie et d'autres Etats de l'Amérique septentrionale. Elle se cultive avec facilité, et se perpétue au moyen de drageons et de boutures. Elle est très-propre à garnir les murs et les berceaux dans les bosquets d'été. Elle ne craint pas le froid, mais l'exposition au midi est celle qui lui est le plus favorable.

Jussieu a encore rapporté au genre Tecoma le Bignonia stans, L., ainsi que quelques autres espèces originaires des climats chauas de l'Amérique. Nous avons dit qu'une espèce était indigène de la Nouvelle-Hollande. R. Brown l'a décrite sous le nom de Tecoma australis, auquel il a réuni comme synonyme le Bignonia Pandorea de Ventenat (Malmaison, tab. 43). Enfin Kunth, dans ses Nova Généra et Species Plant arum aqui-noctialium, en a publié six espèces nouvelles sous les noms de T. digi-tata, azaleœflora, rosœfolia, sam bu-cifolia, sorbifolia tX mollis. Elles croissent au Pérou, au Mexique et dans la Nouvelle-Andalousie. (G..N.)

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TECTAIRE. MOLL. Montfort (Coochyl. Syst. T. ii) a proposé ce genre pour une Coquille qui tait partie du genre Monodonte de Lamarck. V. MONODONTE. (D..H.)

TECTARIA. BOT. CRYPT. (Fougéres.) Nom donné par Cavanilles à vu genre de Fougeres qui répond exactement à l'Aspidium de Swartz et des autres auteurs plus réccps. V. ASPIDIUM. (AD.B.)

TECTIBRANCHES, Tectibranchia. MOLL. Cuvier le premier rassembla dans une famille à laquelle il donna ce nom, tous les Mollusques qui portent la branchie sur le dos, cachée par les lobes du manteau. Cette famille con tient les genres Pleurobranche, Aplysie, Dolabelle, Notarçhe et Acère. Ce dernier a pour sous-genres les Bullées, les Bulles et les Acères propres. Lalreille, en adoptant les Tectibranches dans ses Familles naturelles du Règne Animal, les a partagés en deux familles, les Tentaculés pour les genres Phyllirhoé, Notarche, Aplysie, Acléon, Dolabelle et Bulline, et les Acérés pour les genres Bullée, Bulle, Sormet et Boridie. V. tous ces mots.(D..N.)

TECTIPENNES eu STEGOPTÈRES. INS. Famille créée par Duméril dans l'ordre des Névroptères; elle correspond en partie à la famille des Planipennes de Latreille. V. ce mot.(AUD.)

TECTONA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Verbénacées et de la Pentandrie Monogynie, L., offrant les caractères suivans: calice campanulé, persistant, tomenteux, à cinq ou six découpures ovales; corolle, a peine plus longue que le calice, pubestente en dehors, ayant le tube court, le limbe à cinq ou six divisions; cinq ou six étamines; ovaire velu, entouré d'un rebord glanduleux d'un rouge orangé, surmonté d'un style et d'un stigmate à deux ou trois divisions; drupe sec, globuleux, de la grosseur d'une noisette, renfermé dans le caliee renflé en vessie, renfermant un noyau à quatre loges qui contiennent chacune une graine. Ce genre n'est constitué que par une espèce qui offre assez d'intérêt pour mériter une mention détaillée.

Le Tectona grandis, L. fils, Suppl.; Roxb., Corom., tab. 6; Jatus, Rumph, Herb. Amboin., 3, tab. 18; Tekka, Rhéede, Hort. mal., 4, tab. 27; Teka grandis, Lamk., Illustr., tab. 136, est un des plus grands Arbres connus. Son trone est droit, trèsgros; son bois dur et serré; ses branches étalées, divisées en rameaux quadrangulaires, un peu pubescens, garuis de feuilles opposées, amples, un peu pendantes, portées sur de courts pétioles, presque ovales, rétrécies à la base, aiguËs, entières, parsemées de points blanchâtres, veloutées en dessous, marquées de nervures un peu saillantes. Les fleurs forment une belle et grande pauicule étalée au sommet des branches. Les ramifications de cette panicule sont d'un gris cendré, couvertes de base très-fins et glanduleux; à la ase de chaque division sout des bractées opposees, sessiles et lancéo-lées. Cet Arbre croît daus les grandes forêts de l'Inde-Orientale, au Malabar, au Coromandel, à Ceylan, Java, etc. Son bois, connu sous le nom de Teck, a une propriété qui le fait rechercher pour la construction des plus gros navires; il est solide, quoique léger, et il n'est pas sujet à être attaqué par les vers. Des bâtimens construits avec ce bois durent trois fois plus long-temps que ceux qui sont faits avec toute autre espèce de bois.. On a fait, il y a quelques années, dans les chantiers de Londres, la fâcheuse découverte qu'il a une qualité vénéneuse très-in-tense. Des charpentiers blessés par des éclats de ce bois, sont morts en très-peu de temps, les uns avec des symptômes gangréneux, les autres avec les signes qui suivent l'absorption des substances vénéneuses. Les Indiens l'emploient pour les charpentes de leurs habitâtes. On teint avec ses feuilles la soie et le coton en pour-

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pre. Ces feuilles, ainsi que les fleurs, servent encore à des usages médicaux.

Un Végétal aussi précieux serait une excellente acquisition pour l'Europe; et quoiqu'il semble requérir une température élevée, étant originaire des pays chauds, ou ne doit pas désespérer de l'acclimater dans es contrées méridionales, et particulièrement dans les lieux où se cultivent en plein air les Dattiers, les Orangers et les Citronniers, parmi lesquels il vit daus son pays natal. Le professeur Thouin (Ann. du Muséum, vol. 2, p. 82) a depuis longtemps fait connaître les motifs qui font présumer en faveur de son acclimatation. Il dit que cet Arbre a la faculté de dormir chaque année, c'est-à-dire de perdre ses feuilles, et de rester dans une inactivité au moins apparente pendant plusieurs mois. Les gelées n'auraient donc que peu d'action sur lui, puisqu'il paraît prouvé qu'elles ne sont nuisibles aux Arbres qu'autant que les vaisseaux séveux sont remplis de fluides. Il y aurait encore plus de chances de réussite s'il était reconnu que le Tectona grandis fût muni de bourgeons écailleux; ces écailles protégeraient les jeunes pousses contre les froids qui se font quelquefois ressentir dans un climat dont la température est moins élevée que celle de l'Inde. (G..N.)

TECTRICES, OIS. Nous avons, avec la plupart des ornithologistes, adopté ce mot pour désigner les plumes qui, disposées comme les tuiles ou les ardoises sur un toit, garnissent et recouvrent les ailes et la queue des Oiseaux. Les premières se distinguent par l'épithète d'alaires; les autres par celle de caudales. Les Tectrices sont alaires proprement dites ou supérieures, lorsqu'elles garnissent le dessus des ailes, cette partie qui s'offre constamment à nos regards; on les dit subulaires ou inférieures, lorsqu'on veut exprimer le dessous des ailes ou la partie en contact avec les flancs, et qui se trouve cachée quand l'Oiseau n'est point livré au vol ou à quelque agitation extraordinaire. On divise encore les Tectrices alaires en petites ou primaires, moyennes ou secondaires, et grandes ou tertiaires. Les petites garnissent le poignet ou le fouet; elles sont situées dans la région la plus rapprochée de la tête. Les moyennes sont intermédiaires de celles-ci et des grandes qui recouvrent immédiatement les rémiges ou les pennes. Les plumes qui recouvrent la queue en dessus sont appelées Tectrices caudales ou uropygiles; elles prennent naissance au bas du dos, vers le croupion, et se prolongent plus ou moins sur les rectrices qu'elles recouvrent quelquefois entièrement et qu'elles dépassent même de beaucoup dans certaines espèces, surtout parmi les Gallinacés. Les Tectrices subcaudales ou anales sont les plumes qui garnissent la base des rectrices en dessous de la queue. V. pour les autres détails, ce qui a été dit aux mots Ailes et Queue, (DR.Z.)

TEECOSE ET TEECOSE-BOURONG. MAM. Noms malais dont l'un, d'après Marsden, s'applique au Rat de Sumatra, et l'autre aux graudes Roussettes. Teecose-Bourong signifie Rat-Oiseau. (IS. O. ST.-H.)

TEEDIA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Scrophularinées et de la Didynamie Angiospermie, L., établi par Rudolphi (Journal de Botanique de Schrader, a, p. 389) et offrant les caractères essentiels suivant: calice divisé profondément en cinq lobes; corolle hypocratériforme, le limbe à cinq divisions obtuses; style très-court, persistant; baie biloculaire polysperme. Ce genre a été constitué aux dépens du Capraria de Linné, dont il diffère par la forme de sa corolle, son style non caduc, et par son fruit qui est une baie au lieu d'une capsule. L'espèce principale de ce genre est le Teedia lucida, Rudolph., loc. cit., ou Capraria lucida, L.; Borkhausenia lucida, Roth. C'est

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une Plante bisannuelle? douée d'une odeur forte, et qui croît au cap de Bonne-Espérance. Sa tige est rameuse, quadrangulaire, bordée par la décurrence des pétioles, garnie de feuilles opposées, oblongues-ovales, acuminées. Les fleurs sont roses et forment une panicule terminale. Une autre espèce, découverte par Burchell dans les mêmes contrées que la précédente, a été décrite daus le Botanical Register, n. 214, sous le nom de Teedia pubescens. Elle se distingue du

T. lucida par sa pubescence glanduleuse, et par ses fleurs plus grandes. (G..N.)

TEESDALIA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Crucifères, tribu des Thlasnidées, et de la Tétradynamie siliculeuse, établi par R. Brown (in Hort. Kew., deuxième édition, vol. 4, p. 83) et adopté par De Candolle qui l'a ainsi caractérisé: calice décidu, divisé profondément en quatre sépales; corolle à quatre pétales, entiers, égaux ou inégaux; étamines pourvues d'une squammule à leur base interne; silicule déprimée, ovale, échancrée au sommet, à valves naviculaires déhiscentes, un peu ailées sur la caréné, à cloison oblongue, étroite, non surmontée d'un style; deux graines dans chaque loge, presque orbiculaires, comprimées, à cotylédons presque orbiculaires, accombans. Ce genre formé aux dépens de quelques Lepidium et Iberis des auteurs, est très-distinct par les caractères, ainsi que par le port. Il a été établi dans la même année par R. Brown, et par Bastard, dans sou Supplément à la Flore du département de Maine-et-Loire, qui l'avait nommé Guepinia; mais le genre de Brown a l'antériorité de quelques mois. Les Teesdalia Iberis et T. Lepidium, autrefois connus sous les noms de Iberis medicaulis et Lepidium medicaulis, sont de petites Plantes annuelles qui croissent dans les localités sablonneuses de l'Europe. Leurs feuilles sont radicales, disposées en rosette, pétiolées et pinnatilobées Du collet, s'élèvent plusieurs petites hampes presque aphylles, simples, terminées par des grappes de fleurs blanches très-petites. (G..N.)

TEFF. BOT. PHAN. Nom de pays du Poa abyssinica dont les grains servent à faire du pain. (G..N.)

TEFFLUS. INS. Genre de Coléoptères de la famille des Carnassiers, très-voisin de ceux de Procerus, de Procruste, de Carabe proprement dit (V. ce mot). Il est composé d'une espèce aptère, à palpes extérieurs terminés par un grand article en forme de hache allongée, et dont les tarses, ainsi que ceux des Procerus, sont identiques dans les deux sexes. Mais ce genre est très-distinct des précédens et des autres qui lui sont analogues par son labre qui est entier ou sans échancrure. Le troisième article des antennes est trois fois au moins plus long que le précédent. La dent du milieu de l'échancrure du menton est petite. Ce genre a été établi par Leach sur une grande espèce que l'on trouve en Guinée et au Sénégal, dans le tronc des arbres pourris, et qui est le Carabus Megerlei de Fabricius. V., pour d'autres détails, le second volume du Spéciès général des Coléoptères de Dejean, p. 20. (LAT.)

TÉGÉNÉRIE. Tegeneria. ARACHN. Genre établi par Walckenaer, et qui correspond à celui d'Araignée de Latreille. V. ce mot. (AUD.)

TEGANIUM. BOT. PHAN. (Smie-del.) Syn. de Nolana. (G..N.)

TEGMEN. BOT. PHAN. Mirbel a employé ce mot pour désigner l'enveloppe immédiate de l'amande, aue les auteurs ont nommée généralement tunique interne, et De Candolle endoplèore. (G..N.)

* TEGMENS. Tegmenta. BOT. PHAN. Link a donné ce nom aux écailles qui recouvrent les graines dans les bourgeons. (G..N.)

* TEGULAHIA. BOT. CRYPT

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(Fougères.) Reinwardt et Hornschuch (Sylloge Pt. nov. à Soc. BOT. Ratisb. edil. T. II, p. 5) ont récemment publié sous ce nom un genre ainsi caractérisé: sores presque marginaux . oblongs, déprimés au cèntre; induse oblong, pelté, échaücré à la base et adné, son bord déhiscent dans toute sa longueur. Ce genie est fondé sur l'Aspidum truneatum, Swartz, que les auteurs nomment Teguiaria adianthifolia. (G..N.)

TEGULCHÏTEH. MAM. C'est, d'après le voyageur Krascheninnikow, le nom d'un Rongeur qui vit au Kamtschatka, et dont le genre même est indéterminé, (IS. G. ST.-H.)

TÉGUMENS. ZOOL. Dans certains Zoophytes dont la structure est très-simple, toutes les parties du corps paraissent homogèues, et il n'existe aucune différence notable entre la texture considérée et la superficie du corps ou dans son épaisseur; mais chez la presque totalité des Animaux le contraire a lieu, et il est facile de distinguer dans leur composition anatomique une enveloppe extérieure ou tégumentaire et des organes intérieurs que celle-ci est destinée à protéger. En général c'est une membrane plus ou moins molle qui constitue cette enveloppe tégumentaire, à laquelle on donne le nom de PEAU; mais quelquefois l'une des lames qui la composent s'incruste de matièfe calcaire ou cornée, et constitue une espèce de squelette extérieure; d'autres fois, enfin, elle est le siége d'une sécrétion et se recouvre d'une croûte calcaire qu'on nomme coquille. Dans les Animaux Sans vertèbres, l'enveloppe tégumentaire est destinée non-seu-lement à protéger les parties intérieures, mais aussi à fournir des points d'appui aux organes actifs de la locomotion. Chez les Vertébrés, au contraire, il existe toujours un système d'organe spécial pour fournir aux muscles des leviers et des points d'appui, et la peau ne sert que peu aux mouvemens. Mais une fonction dont elle est le siège chez les uns comme chez les autres (pourvu toutefois que ses propriétés physiques ne s'y opposent pas), c'est le tact ou le toucher.

Quant à la structure et aux prinscipales modifications que présente le système tégumentaire, dans la série animale, il en a déjà été souvent question dans ce Dictionnaire, et le défaut d'espace ne nous permettant pas d'y revenir ici, nous nous bornerons à renvoyer aux articles MAMMIFÈRES, INSECTES, MOLLUSQUES, etc. (H.-M. E.)

TEICHMEYERA. BOT. PHAN. (Scopoli.) Probablement synonyme de Pirigara. V. ce mot. (G..N.)

TEIGNE, BOT. PHAN. L'un des noms vulgaires de la Cuscute. V. ce mot. (B.)

TEIGNE. Tinea. INS. Genre de l'ordre des Lépidoptères, famille des Nocturnes, section des Ténéites, auquel on avait donné d'abord une grande extension (V. TINÉITES), et qui, tel que nous l'avons réduit, se distingue de tous les autres de la même coupe par les caractères suivans: palpes inférieurs très-apparens, relevés, mais ne dépassant pas ou presque pas le front, cylindriques; trompe très-courte, formée de eux petits filets membraneux et disjoints; tête huppée; ailes inclinées. D'après ce signalement, il faudra retrancher du genre auquel Fabricius a conservé ce nom, un grand nombre d'espèces. Voici les principales qui doivent y rester. La TEIGNE DES TAPISSERIES, Tinea tapetzella, L, ; Pyralis tapezaaa, Fabr., Suppl., Entom. systém. Ailes supérieures noires; leur extrémité postérieure, ainsi que la tête, blanches (1). Sa

(1) Fabricius avait d'abord (Entom. Syst. emend.) placé cette espèce daos son genre Tinea, mais il en fit ensuite (Suppl.) une Pyrale, avec 1a dénomination de Tapezana, qu'il avait donnée précédemment à une véritable Pychenille

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ronge les draps et les étoffes de laine, s'y forme une galerie en manière de voûte de leurs parcelles, et qu'elle allonge à mesure qu'elle avance. Réaumur la range parmi les Fausses-Teignes.— La TEIGNE DES PELLETERIES, Tinea pellioneila, L.; Réaum., Insect., III, pl. 6, fig. 12-16. Ailes supérieures d'un gris argenté, avec un ou deux points noirs sur chaque. Sa chenille coupe les poils des pelleteries et les détruit rapidement. Elle se forme avec eux un tuyau feutré. — La TEIGNE A FRONT JAUNE, Tinea flavifrontella, Fabr. Jaunâtre, avec le toupet d'une couleur plus vive, tirant sur le roussâtre. Sa chenille ravage les collections d'Oiseaux et d'insectes, et vit daus un fourreau soyeux. — La TEIGNE DES GRAINS, Tinea granella, Fabr.; Rœs. Insect, I, class. 4, Papil. noct., XII. Ses ailes supérieures sont marbrées de brun, de noir et de gris. Le duvet formant le toupet est roussâtre. Sa chenille, connue sous la dénomination de Fausse-Teigne des blés, en lie plusieurs grains avec de la soie, et se construit ainsi un tube d'ou elle sort de temps en temps pour les ronger. Elle nuit ainsi beaucoup aux blés que l'on conserve et qu'on laisse en repos. — La TEIGNE DES DRAPS, ou celle que Fabricius nomme, d'après Linné, Tinea sarcitella. Quoique l'une des plus pernicieuses et des plus communes, elle n'est pas encore bien connue. Les figures de Réaumur, citées par les auteurs, sembleraient, à en juger par l'une d'elles, la onzième, que cette espèce n'appartiendrait pas à notre genre Teigne proprement dit. Ses palpes inférieurs sont grands, recourbés et terminés en pointe; caractère qui rapprocherait cet Insecte des espèces de notre genre Volucre (1), et particulièrement de la Tinea vestianella de Scopoli et de Linné. Nous soupçonnons même qu'elles ne diffèrent pas. Suivant le dernier, la Tinea sarcitella est d'un gris argenté, avec un point blanc de chaque côté du thorax. Dans la Tinea vestianella, le dessus de la tête du thorax, et même la base des ailes supérieures, sont blancs. Les palpes intérieurs, recourbés en manière de cornes, sont aussi de cette couleur, mais avec quelques anneaux noirs. Les ailes sont couchées horizontalement sur le corps, blanchâtres, luisantes; le dessus des supérieures présente quelques taches de différentes grandeurs, noirâtre; les inférieures sont d'une couleur uniforme, bordées postérieurement de longs cils, ainsi que le bord interne des précédentes. Cette Teigne est ici la plus commune de toutes, ce qui nous fait présumer qu'elle est la même que la Tinea sarcitella de Linné, et que cet auteur en ayant donné une description défectueuse, probablement d'après quelque individu mal conservé, Scopoli n'aura pas reconnu cette espèce dans celle qu'il uomme Tinea vestianella. Quoi qu'il en soit la chenille de la Tinea sarcitella se trouve sur les draps et les étoffes de laine. Elle habite un fourreau de soie, ayant le plus souvent la forme d'un fuseau, et qu'elle revêt des poils qu'elle a détachés. Elle l'allonge par un bout à mesure qu'elle croit, le fend pour l'élargir, et y ajoute une pièce. Ses excrémens ont la couleur de la laine qu'elle a rongée. Toutes les Teignes aimant l'obscurité et le repos, c'est en visitant Souvent les étoffes et autres matières qu'elles rongent et en les exposant à l'air, que l'on peut empêcher, ou diminuer du moins leurs ravages. On peut aussi atteindre le même but en enveloppant ces corps dans des toiles d'un tissu très-serré, ou autant que possible imperméable; c'est ce que pratiquent généralement les marchands drapiers. On pourrait encore les renfermer avant l'époque où l'Insecte parfait dépose ses œufs, dans.

(1) C'est par ane inadvertancee typographique que dans la seconde édition du Règne Animal, la note (1) du tome v, p. 421, a été placée à l'article de la Teigne des tapisseries; elle se Apports à celle des draps.

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des caisses que l'on calfeutrerait avec le plus grand soin. Du coton ou de l'étoupe, imbibé d'essence de térébenthine ou de quelque autre liqueur d'une odeur très-pénétrante, placé Sur les mêmes objets, paraissent aussi éloigner ces Insectes; mais le plus sûr est de leur interdire toute approche au moyen des précautions indiquées plus haut. (LAT.)

On a désigné sous ce nom de Teigne divers Insectes différens entre eux, et dont plusieurs n'appartiennent pas à l'ordre des Lépidoptères. On nomme vulgairement:

TEIGNE AQUATIQUE, des Larves de Friganes.

TEIGNE DES CHARDONS, des larves de Cassides.

TEIGNE DU CHOCOLAT, de petites larves qu'on trouve dans le chocolat fabriqué, et qui ont été décrites par Réaumur dans le tome III de ses Mémoires.

TEIGNE DE LA CIRE, une espèce du genre Gailerie. V. ce mot.

TEIGNE DES CUIRS, des larves du genre Crambe. V. ce mot.

TEIGNE DES FAUCONS, des espèces d'Arachnides du genre Ricin.

TEIGNE DU LIS, des larves de çriocères, etc., etc. (AUD.)

TEIRA. POIS. Espèce de Platax. V. Chgetodon. (B.)

TEISSON ou TAISSON. MAM. Nom du Blaireau dans plusieurs provinces de la France méridionale. Ce mot est dérivé du mpt latin Taxus.(IS.G. ST.-H.)

TEKA, TEKKA ET THEKA. BOT. PHAN. Ces noms, d'origine indienne, ont été employés par divers auteurs pour désigner le genre que Liuné a nommé Tectona. V. ce mot. (G..N.)

TÉLAGON. MAM. Espèce du genre Midas. V. ce mot. (b.)

TÉLAMONIA. BOT. CRYPT. V, Agaric.

TÉLÉBOITE. Telebois. MOLL. Genre que proposa Montfort (Couchyl. syst. T. I, p. 366) avec un fragment de tige d'Encrinite, qu'il place parmi les Coquilles multiloculaires. (D..H.)

TELEGGO. MAM. Marsden écrit ainsi le nom d'un Animal de Sumatra, qu'il dit exhaler une odeur fétide. C'est très-certainement le Télagou, Mydaus meliceps. V. MYDAS. (LESS.)

TELEKIA. BOT. PHAN. Le genre établi sous ce nom par Baumgarten, dans le troisième volume de l' Enumeratio stirpium Transylvaniœ publié en 1816, est fondé sur le Buphtalmum cordifolium de Waldstein et Kitaibel, dont Cassini a fait, en 1818, le type de son genre Molpadia. Cependant, les caractères génériques assignés au Telekia ne concordent pas parfaitement avec ceux de ce dernier genre, surtout en ce qui concerne l'aigrette que l'auteur dit être plumeuse, tandis que Cassini a remarqué que cette aigrette est très-courte, en forme de couronne, offrant auelquefois une longue paillette filiforme, à peine plumeuse. Sprengel, qui a eu occasion de voir un échantillon authentique de la Plante observée par Baumgarten, a déclaré qu'il n'y avait pas a d'aigrette. Par ces motifs, Cassini pense qu'on doit regarder le genre Telekia comme identique avec son Molpadia, mais qu'il ne serait pas juste d'admettre le premier nom, malgré sa priorité, parce que les caractères génériques en sont trop imparfaits. V. MOLPADIE. (G..N.)

TÉLÉOBRANCHES. POIS. La famille à laquelle Duméril a donné ce nom dans sa Zoologie analytique, répond exactement à l'ordre que Cuvier appelle des Plectognathes. V. ce mot. (B.)

TÉLÉOSAURE. Teleosaurus. REPT. FOSS. Sous-genre nouvellement établi par Geoffroy Saint-Hilaire (Mémoires du Muséum, T. XII, pour y placer un Reptile fossile écouvert, il y a quelques années,

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par notre collaborateur Lamouroux, et connu sous le nom de Crocodile fossile de Caon. V. CROCODILE. Ce Reptile a en effet de rapports avec les Crocodiles, surtout avec les Gavials; mais il présente aussi d'importantes différences qui ont porté Geoffroy à en faire un sous-genre particulier dans la famille des Crocodiliens. Les principaux caractères du sous-genre Teleosaurus sont les suivans: les arrière-narines, placées au niveau de la fosse orbitaire, sont très-grandes; l'os que Geoffroy appelle jugal, et que Cuvier considère comme un frontal postérieur, est plus grand que chez les Crocodiles, et plus descendu vers l'arcade maxillaire; l'adorbital, ou portion orbitaire du maxillaire, est extrêmement long et grêle; enfin tous les os placés dans le voisinage et en arrière de l'orbite, sont modifiés d'une manière remarquable. Le sous-genre

Teleosaurus, qui ne comprend encore qu'une seule espèce, Teleosaurus ou Crocodilus cadomensis, a été ainsi nommé à cause de la conformation de son crâne, plus voisine que chez les autres Crocodiliens, de la conformation propre aux Mammifères.(IS.G. ST.-H.)

TELEOZOMA. BOT. CRYPT. (Fougères.) Le genre désigné sous ce nom par R. Brown (Appendice au Voyage e Francklin) est le même que le Ceraiopteris d'Adolphe Brongniart. (G..N.)

TÈLÈPHE. Telephium. BOT. PHAN. Genre de la famille de Paronychiées, tribu des Téléphiées, et de la Pentandrie Trigynie, L., offrant les caractères suivans: calice persistant, divisé profondément en cinq lobes oblongs et concaves; corolle à cinq pétales insérés à la base du calice, alternes avec ses lobes, et de la longueur de ceux-ci; cinq étamines opposées aux sépales et insérées à leur Base; trois styles étalés, recourbés et soudés par la base; capsule pyramidale, trigone, trivalve, divisée seulement à la base en trois loges, mais en apparence uniloculaire, parce que les cloisons ne se prolongent pas dans la partie supérieure; graines nombreuses attachées à un placenta central et disposées par six rangs; embryon latéral courbé, incomplètement annulaire; albumen farineux. Ce genre avait été placé par Jussieu dans les Portulacées; effectivement il tient le milieu entre cette famille et celle des Paronychiées. Il ne se compose que de trois espèces dont deux sont exotiques, indigènes de la Barbarie et du cap de Bonne-Espé-rance. L'espèce la plus anciennement connue croît dans la région méditerranéenne; c'est le Telephium Imperati, L., Plante herbacée, fruti-culeuse, à tiges couchées, glabres et glauques, garnies de feuilles alternes, munies de stipules. Les fleurs sont blanches, rapprochées au sommet des tiges en plusieurs corymbes serrés.

Les anciens botanistes appliquaient le nom de Telephium à diverses Plantes, telles que le Sedum Telephium, le Rhodiola rosea, l'Arenaria peploides, l'Ornithopus scorpioides, etc. (G..N.)

TELEPHIASTRUM. BOT. PHAN. Le genre que Dillen nommait ainsi est le même que le Talinum d'Adanson. V. ce mot. (G..N.)

* TÉLÉPHIÉES. Telephieœ. BOT. PHAN. De Candolle (Prodr. Syst. Veget., 3, p. 366) a donné ce nom à la première tribu de la famille des Paronychiées, qui se compose des genres Telephium et Corrigiola. V. ces mots. (G..N.)

TELEPHIOIDES. BOT. PHAN. (Tournefort et Mœnch.) Syn. à'Andrachne de Linné. V. ce mot. (G..N.)

TELEPHIUM. BOT. PHAN. V. TELÉPHE. (G..N.)

TÉLÉPHORE. Telephorus. INS. Genre de Coléoptères pentamères, de la famille des Serricornes, division des Malacodermes, tribu des Lampyrides, faisant partie, dans la Méthode de Linné, de celui de Cantharis, réuni pat Geoffroy A celui des

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Malachies sous la dénomination commune de Cicindèle, distingué par Schæffer sous celle de Téléphore, que Degéer, Olivier et les autres naturalistes français ont adoptée, et préférable à celle de Linné, conservée par Fabricius et d'autres entomologistes. On a fait dériver l'étymologie de Téléphore de deux mots grecs, signifiant porte-mort; mais ne vient-elle pas plutôt de deux autres mots, porté au loin. Ces Insectes, en effet, d'après d'anciennes observations consignées dans les éphémérides des Curieux de la nature, et confirmées depuis par d'autres faits semblables, sont quelquefois transportés au loin avec leurs larves, et souvent en quantité considérable, par des vents impétueux, à la suite d'une tempête ou d'un ouragan, qui en bouleversant la terre, déracinant les arbres des forêts, les pins, et les sapins particulièrement, met à découvert leurs retraites. C'est dans la Suède et en Hongrie, lorsque la terre était couverte de neige, que ces phénomèues ont eu lieu, D'autres Insectes vivans, des Vers, et même des Araignées, étaient mêlés, mais en moins grand nombre, avec les Téléphores et leurs larves. Ces Animaux occupaient souvent une grande étendue de terrain. De-là, suivant les conjectures de Réaumur, auquel Degéer avait communiqué une observation de cette nature, faite en 1745 et réitérée en 1750, l'explication de ces pluies d'insectes dont divers historiens ont fait mention. Un corps déprimé, toujours mou, ailé dans les deux sexes, n'ayant aucune propriété phosphorique; une tête découverte, et point notablement prolongée en devant sous la (orme d'un museau: des antennes écartées à leur base, filiformes et simples; des mandibules finissant en une pointe simple et très-aiguË; des palpes terminés par un article plus grand que les précédens et en forme de hache des yeux ronds et très-saillans; un corselet presque carré, et des tarses dont le pénultième article est bilobé, (el est l'ensemble des caractères, au moyen desquels on distinguera toujours le genre Téléphore de ceux de a même tribu, celle des Lampvrides. Ces Insectes se tiennent habituellement sur les fleurs ou sur les feuilles. Leurs habitudes sont néanmoins, du moins en partie, carnassières, et on a vu des femelles dévorer même leurs larves. Nous les avons nous-même souvent rencontrées dans des momens où ils faisaient preuve d'un pareil instinct. Il est confirmé par l'anatomie; car, selon Dufour, le canal digestif est absolument droit. Les vaisseaux biliaires sont au nombre de quatre, ce qui rapproche ces Insectes des Lycus, avec lesquels ils ont aussi, sous le rapport des organes de la génération, beaucoup de conformité. La seule larve connue, celle du Téléphore ardoisé, est près-que cylindrique, molle, allongée, 'un noir mat et velouté, avec les antennes, les palpes et les pieds rous-sâtres. La tête est pourvue de fortes mandibules. Sous le dernier anneau ou le douzième, est uu mamelon servant à le progression. Elle vit dans la terre humide, oü elle se nourrit de proie. Elle se métamorphose de bonne heure, puisque l'Insecte parfait est lui -même printanier. Les faits rapportés au commencement de cet article nous porteraient même à croire qu'il peut arriver à ce dernier état pendant l'hiver. On aurait pu laisser dans ce genre celui de Silis, qu'on a formé depuis peu, et qui ne s'en éloigne guère que par les eux échancrures postérieures du corselet.

Le TÉLÉPHORE ARDOISé, Cantharis fusca, L., est le plus grand des indigènes. Son corps est long d'environ six lignes, d'un rouge jaunâtre en grande partie, avec l'extrémité pos-térieure de la tête, les étuis, les pates, à l'exception de leur origine, la poitrine et les derniers anneaux noirâtres; le milieu du corselet offre une tache noire.

Le TÉLÉPHORE LIVIDE, Cantharis livida, L., très-voisin du précédent, n'a qu'un point noir sur 1a tête; Le

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corselet est d'un jaune roussâtre, sans taches; les élytres sont d'un jaune d'ocre; le bout des cuisses est noir. V. quant aux autres espèces et leur synonymie, Schœnherr et l'article Téléphore de l'Encyclopédie méthodique. (LAT.)

TÉLESCOPE. POIS. Espèce du genre Pomatome. V. ce mot. (B.)

TÉLESCOPE. Telcscopium. MOLL. Montfort (Conch. syst. T. II) institua d'abord ce genre pour le Cerithium Telescopium, et il suffit de voir celte Coquille, qui dépend certainement des Cérites, pour se convaincre que ce genre est inutile. Blainville l'a admis, non comme section des Cérites, mais, ce qui a droit d'étonner, comme section des Troques, V. ce mot et CÉRITE. (D..H.)

TÉLÉSIE. MIN. Nom créé par Haüy pour désigner les variétés du Corinaon hyalin, connues vulgairement sous celui de Gemme orientale, et qu'il regardait alors comme formant une espèce distincte du Corindon Adamantin. V. CORINDON. (G. DEL.)

TELESTO. POLYP. Genre de l'ordre des Tubulariées dans la division des Polypiers flexibles, ayant pour caractères: Polypier phytoïde, ra-raeux, fistuleux, crétacéo-membraneux, opaque, strié longitudinalement. Ce genre est très peu connu, et ne devrait peut-être pas rester parmi les Polypiers. Lamarck ne le distingue point du genre Synoïque, et le range dans l'ordre de ses Tuniciers, adoptant ainsi, jusqu'à un certain point, l'opinion de Savigny qui regarde les Symoïques comme des Ascidies agrégés. Lamouroux a eu connaissance de ces diverses opinions, il a néanmoins laissé son genre Telesto parmi les Polypiers. A l'état de dessiccation, il est difficile de prononcer sur la nature de ces êtres. Ils forment de petites touffes rameuses; les rameaux et les tiges sont peu volumineux, plissés, et comme fanés; on n'y voit point de pores; leur substance est flexible et d'un aspect subéreux; leurs couleurs varient du violet au jaune, au jaune oraugé et au vert. Ils se trouvent attachés aux rochers et aux Plantes marines desmers de l'Australie et de l'océan Atlantique entre les tropiques. Lamouroux rapporte trois espèces à ce genre: les Telesto iutea, aurantiaca et pelasgica. (X. D..L.)

TELIPOGON. BOT. PHAN. Genre de la famille des Orchidées, tribu des Epidendrées, établi par le professeur Kunth (in Humb. Nov. gen., 1, p. 355) et offrant pour caractères; un calice h six divisions profondes, étalées, régulières; labelle seulement un peu plus large que les autres; un gynostème dressé, court, poilu, terminé par un appendice subulé; une anthère pédicellée, et offrant postérieurement un crochet recourbé et aigu. L'anthère est cordiforme, et contient quatre masses de pollen solides et sessiles. L'organisation de cette étamine est très-singulière et demande à être examinée de nouveau.

Deux espèces appartiennent à ce genre, savoir: Telipogon angusttfolius, Kunth, loc. cit., tab. 75, qui, par erreur, a été décrite par Willde-now sous le nom de Tradcscantia nervosa; l'autre, Telipogon latifolius. Ce sont des Plantes parasites et originaires de la Nouvelle-Grenade. (A. E.)

* TELLIM A. BOT. PHAN. Genre de la famille des Saxifragées et de la Décandrie Digynie, L., établi par Brown dans l'Appendice botanique au Voyage du capitaine Francklin, et ainsi caractérisé: calice conique, renflé, à demi supère, quinquédenté; corolle à cinq pétales laciniés; dix étamines; deux styles surmontés de stigmates anguleux; capsule à demi supère, revêtue par le calice persistant, unilocnlaire, bivalve au sommet, à placentas pariétaux, polyspermes. Ce genre est très-rapprocné de l'Heuchera et du Vahlia de Thunberg; il a été formé aux dépens de quelques Mitellc, parmi lesquels

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se trouve le Mitella grandiflora, Pursh, ou Tellima grandiflora, Liadl., Bot. Regist., n. 1178. Ce sout des Plantes herbacées et indi gènes de l'Amérique septentrionale. Leurs feuilles sont pétiolées, à limbe onduleux, lobé et crénelé ou denté. Les fleurs sont verdâtres ou d'un rouge livide, disposées eu épis et unilatérales. (G..N.)

TELLINE. Tellina. CONCH. Les anciens conchyliologues, qui les premiers donnèrent ce nom à un certain nombre de Coquilles bivalves, désignèrent plutôt par là celles que nous nommons aujourd'hui Donaces d'après Linné. Les autres Tellines étaient rangées par eux parmi leurs Pétoncles. Ce fut donc avec raison qu'A-danson, en établissant un genre Telline dans sa Méthode conchyliologique, n'y plaça que des Donaces, ce que Linné aurait dû imiter; mais il lui est arrivé quelquefois, ainsi qu'à d'autres auteurs depuis lui, de faire de pareils changemens à la suite desquels les dénominations génériques sont totalement dénaturées et ne s'appliquent plus aux mêmes êtres. Linné comprenait uu assez grand nombre de Coquilles diverses dans ses Tellines. Lorsque l'on commença à réformer la classification, les Tellines subirent plusieurs démembremens qui furent successivement adoptés. Les Animaux des Donaces et des Tellines ont entre eux une grande analogie. Poli la trouva telle, qu'il n'hésita pas à eu faire un seul genre sous le nom de Peronœa. Cependant il existe quelques différences, et surtout dans les Coquilles, qui justifient très-bien la séparation que Von en a faite. Voici les caractères que l'on assigne à ce genre: Animal à peu près semblable à celui des Donaces, mais plus comprimé, à pied plus grand et plus aplati; syphons très-longs. Coquille transverse ou orbiculaire, le plus souvent aplatie, à côté postérieur anguleux, offrant sur le bord un pli flexueux et irrégulier; une seule ou deux dents cardinales sur la même valve; deux dents latérales souvent écartées. Les Tellines sont de jolies Coquilles dont on connaît un assez grand nombre d'espèces, soit vivantes, soit fossiles. Ornées de belles couleurs, elles sont à cause de cela recherchées des amateurs. On les distingue assez facilement des genres qui les avoisinent par la charnière dont les dents latérales sont écartées, par l'aplatissement et le peu d'épaisseur du test, mais surtout par le pli postérieur que l'on ne trouve sur aucuu autre genre. Lamarck a établi sous le nom de Tellinide un genre très-voisin des Tellines, et que probablement on n'adoptera pas; car il ne diffère que par le pli postérieur qui est peu prononcé, et par la position des dents latérales: caractère que Lamarck juge de peu d'importance, puisque, dans le genre qui nous occupe (T. v, p. 620), il place plusieurs autres espèces analogues sans faire attention qu'elles ont les caractères des Tellinides, et dit que dans quelques autres la charnière ressemble à celle des Capses, mais que le pli du bord les en distingue. D'après cela on peut de-mauder pourquoi Lamarck admet dans les Tellines des Coquilles à charnière de Capse, lorsqu'il en sépare une seule sur un caractère de moindre valeur, pour en faire le genre Tellinide. Alors, de deux choses l'une, ou mettre dans les Tellinides toutes les Coquilles à pli postérieur peu prononcé qui ont des dents latérales, ou supprimer le genre Tellinide pour le joindre aux Tellines à côté des espèces analogues, ce qui est indispensable. Nous pensons que le genre Telline étant défini, avec des dents latérales et un pli postérieur, on pourrait bien réunir en un groupe particulier toutes les Coquilles à pli postérieur et sans dents latérales, on diminuerait de huit ou dix espèces le genre déjà très -nombreux aes Tel -lines. Lamarck compte dans ce genre cinquante-quatre espèces vivantes; il en existe au moins quarante de fossiles, dont plusieurs analogues ou.

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subanalogues, avec des espèces actuellement vivantes. Nous allons citer quelques espèces pour servir d'exemple au genre.

TELLINE SOLEIL LEVANT, Tellina radiata, Lamk., Anim. sans vert. T. v, p. 520, n. 1; Tellina tadiata, L., Gmel., p. 3232, n. 21; Lister, Conch., tab. 393, fig. 240; Gualt., Test., tab. 89, fig. I; Chemnitz, Conch. T. VI, tab. 11, fig. 102; Encycl., pl. 289, fig. 2. Belle Coquille rayonnée de rose pourpré. Elle est commune.

TELLINE MACULÉE, Tellina maculosa, Lamk., loc. cit., n. 4; Lister, Conch., tab. 399, fig. 238; Favanne, Conch., tab. 49, fig. F, 1; Chemuitz, Conch., tab. 8, fig. 70, et tab. 11, fig-104; Encycl., pl. 288, fig. 5 et 7. Jolie espèce subrostrée, striée, couverte de taches litturées violettes, subrayonnées, sur uu fond blanc. On la dit des mers de l'Inde.

TELLINE DE SPENGLER, Tellina Spengleri, Lamk., loc. cit., n. 8; L., Gmel., p. 3234, n. 30; Chemnitz, Conch. T. VI, tab. 10, fig. 88, 89, 90; Encycl., pl. 287, fig. 5, a, b. Espèce très-remarquable, très-étioite, et élégamment dentelée supérieurement.

TELLINE LANGUE D'OR, Tellina foliacea, L., Gmel., p. 3232, n. 18; Lamk., loc. cit., n. 12; Rumph, Mus., tab. 45, fig. K; Chemnitz, Conch. T. IV, tab. 10, fig. 95; Encycl., pl. 287, fig. 4. Coquille précieuse, très-mince, très-aplatie, et d'un beau jaune d'or.

TELLINE PÉTONCULAIRF, Tellina remies, L., Gmel., p. 3339, n. 66; Lamk., loc. cit., n. 34; Lister, Conch., tab. 266, fig. 102; Born, Mus., tab. 2, fig. 11; Encycl., pl. 290, fig. 2; Rumph, Mus. tab. 42, fig. I. C'est une des plus grandes et des plus épaisses. Elle est suborbiculaire.

TELLINE RAPE, Tellina scobinata, L., Gmel., p. 3340, n. 68; Lamk., loc. cit., n. 54; Gualt., Test., tab. 76, fig. E; Chemnitz, Conch. T. VI, tab. 13, fig. 122, 123, 124; Encycl., pl. 291, fig. 4, a, b, c, d. Jolic Coquille écailleuse, vulgairement la Râpe ou la Langue de Chat.

TELLINE DENTÉE, Tellina gargadia, L., Gmel., p. 3228, n. 1; Lamk., loc. cit., n. 40; Rumph, Mus., tab. 42, fig. N; Chemnitz, Conch. T. VI, tab. 8, fig. 63, 64; Encycl., pl. 287, fig. 2. Elle est remarquable par les longues épines de son corselet.

Adansou (Voyage au Sénégal, pl. 18) a donné le nom de TELLINE, d'après les anciens conchyliologues, à un genre que Linné a nommé Donace, réservant le nom de Telline à une partie des Pétoncles des mêmes auteurs. V. DONACE et TELLINE. (D..H.)

TELLINIDE. Tellinides. CONCH. Genre établi par Lamarck, dans son dernier ouvrage, pour une Coquille très-voisine des Tellines qui n'en diffère que par le pli postérieur qui est moins marqué, et par l'une des dénis latérales qui est très-voisine de la charnière. Nous ne pensons pas que ces caractères soient suffisans pour un bon genre, et sous ce rapport nous sommes d'accord avec Blainville qui a joint les Tellinides aux Tellines. V. ce mot. (D..H.)

TELLURE, MIN. Cette substance métallique a été découverte en 1782 par Muller de Reichenstein dans le minerai d'Or de Transylvanie, nommé vulgairement Or blanc. Kirwan s'empressa de l'admettre dans sa méthode sous le nom de Sylvanite, tiré de celui du pays où elle avait été trouvée; mais Klaproth, ayant confirmé les expériences de Muller, et renouvelé en quelque sorte sa découverte en retrouvant le même Métal dans l'Or de Nagyak, lui donna le nom de Tellure, adopté depuis par tous les chimistes. Le Tellure n'existe à l'état natif, c'est-à-dire à l'état fibre ou dégagé de toute combinaison, que dans le minerai ou il a été découvert pour la première fois; encore ne l'a-t-on jamais trouvé parfaitement pur, et il est toujours mélangé de quelques parties de Fer et d'Or:

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ce dernier Métal lut est associé dans tous ses minerais. Les autres substances métalliques, avec lesquelles le Tellure forme différens alliages, sont le Plomb, l'Argent et le Bismuth. Tous les minerais de Tellure ont pour caractères communs d'avoir l'éclat métallique, de se fondre au chalumeau, et de brûler sur le charbon avec flamme et fumée, en y laissant une auréole bordée de rouge ou d'orangé. Si l'on dirige sur cette trace le feu de réduction, elle disparaît, et on même teipps la üamme se colore en vert foncé; en outre ces minerais sont solubles dans l'Acide nitrique, et la solution précipite en noir lorsqu'on y plonge un barreau de Zinc. Les Alcalis forment dans la même solution un précipité blanc, floconneux, qu'ils redissolvent bientôt lorsqu'ils sont en excès. Ou connaît aujourd'hui quatre espèces de rainerais de Tellure qui paraissent distinctes les unes des autres tant par leurs formes cristallines que par leur composition chimique. Ces quatre espèces sont: le Tellure natif ferrifère, le Tellure feuilleté, le Tellure graphique et le Tellure bismuthique.

1. TELLURE NATIF AURO-FERRIFÈRE, aussi nomme Tellure blanc, Or blanc, Or problématique. Substance d'un blanc d'étain ou d'un gris jaunâtre, tendre et fragile, ayant une structure laminaire ou granuleuse & grain d'acier. Ses cristaux qui sont très-rares paraissent dériver d'un rhomboïde. Ce sont des prismes hexaèdres, réguliers, ayant les arêtes des bases remplacées par des facettes disposées en anneau. Sa dureté est supérieure à celle du Gypse, et inférieure à celle du Calcaire spathique. Sa pesanteur spécifique est de 6, 115 (Klaproth); passée avec frottement sur le papier, elle y laisse une trace légèrement noirâtre. Au chalumeau, elle décrépite, fond aisément sur le charbon, brille avec une flamme verdâtre et se volatilise; l'odeur de raves qu'elle répand quelquefois n'est pas due au Tellure, mais au Sélénium dont elle est mélangée. La variété de Facebay est composéeff suivant Klaproth, de Tellure, 92, 55; Fer, 7, 20; Or, 0, 25.

Les variétés connues sont: 1° le Tellure natif cristallisé, en prisme régulier, à six pans, dont les arêtes horizontales sont tronquées; les facettes des troncatures sont inclinées à la base d'environ 116°. Le Tellure natif lamelliforme, en petites lames groupées confusément et d'un éclat assez vif. C'est principalement & cette variété que Ion a donné le nom d'Or blanc; elle ressemble assez par son aspect à l'Antimoine natif en petites lames. 3°. Le Tellure natif à grains d' Acier, en petites masses grenues, à çrain fin, d un blanc jaunâtre. Cette teinte jaune paraît due à quelques parties de Fer pyriteux dont cette variété est accidentellement mélangée.

Le Tellure natif auro-ferrifère ne se rencontre qu'en petite quantité dans la nature; il appartient aux terrains primordiaux de Sédiment, ou terrains semi-cristallisés, et se trouve toujours disséminé ou sous la forme de veinules au milieu des Grauwackes et des Calcaires compactes de la Transylvanie. Les substances qui l'accompaenent le plus ordinairement sont le Quartz, le Fer pyriteux, l'Or natif, la Blende et la Galène. C'est à Facebay, près de Zalathna, qu'on l'a observé pour la première ois dans les mines de Maria-Hülfe, de Maria-Loretto et de Sigisraundi; on l'a retrouvé depuis en Amérique, à Huttington, dans le district de New-Stratford, en Connecticut. On l'exploite comme mine d'Or en Transylvanie. La quantité d'Or qu'il renferme est très-variable, et quelquefois elle est nulle; c'est pour cela qu'on lui a donné les noms d'Aurum problematicum, Aurum paradoxum.

2. TELLURE FEUILLETÉ OU PLOMBIFÈRE, Tellure natif auro-plombifère, Haüy; vulgairement Or de Nagyag. Tellure de Plomb mêlé de Tellurure d'Or, et souvent de Sulfure d'Argent et de Sulfure de Plomb. Substance d'un gris de plomb, à

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structure lamelleuse, tendre et flexible sans élasticité. Ses cristaux dérivent d'un prisme droit rectangulaire, clivable, avec beaucoup de netteté, parallèlement à la base. Suivant de Bournon, ce prisme serait à bases cai rées. Sa dureté est supérieure à celle du Talc et inférieure à celle du Gypse laminaire. Sa pesanteur spécifique est de 8, 919 (Muller). Sa teinte la plus ordinaire est le gris de plomb passant au noir de fer; elle tache légèrement le papier en noir. Sur le charbon, elle fond aisément en répandant une fumée blanche, et finit par se transformer en nu grain métallique el malléable. Elle est composée, d'après Klaproth: de Tellure, 32, 2; Plomb, 54; Or, 9; Argent, 35; Cuivre, 1, 3; Soufre, 3.

Les variétés du Tellure feuilleté sont: le laminiforme: en lames rectangulaires à bords biselés, dout les grandes faces sont éclatantes et un peu raboteuses; les facettes obliques, ï lacées sur les bords s'inclinent sur a base sous un angle de 110°environ; d'autres facettes placées sur les angles font avec cette même base un angle de 122° 50′ (Phillips); le lamellaire: en petites lamelles disséminées dans un Manganèse lithoïde; le compacte.

Il est une variété de Tellure plombifère, d'un blanc jaunâtre, dont la composition parait s'éloigner beaucoup de celle des autres variétés, car elle contient, d'après une analyse de Klaproth, sur 100 parties: Tellure, 44, 7b; Or, 26, 75; Plomb, 19, 73; Argent, 8, 50; Soufre, 0, 50. Aussi la plupart des minéralogistes allemands et anglais la considèrent-ils comme une espèce particulière. Klaproth lui a donné le nom de Gelberz; Léonbard l'a décrite sous celui de -WeissTellur, et Phillips sous celui d' Yellow Teliurium; mais, suivant Brooke, sa cristallisation est analogue à celle de la variété ordinaire, et la différence des analyses peut s'expliquer par les quantités variables de Sulfure de Plomb et d'Argent dont le Tellure plombifère est toujours mélangé.

Le Tellure feuilleté est, comme l'espèce précédente, une substance accidentelle des filons métallifères. Son principal gisement est dans les mines de Nogyag en Transylvanie, ou il a souvent pour gangue immédiate le Manganèse lithoïde d'un rouge de rose; les substances qui l'accompagnent ordinairement sont la Blende, la Galène, le Cuivre gris, l'Arsenic natif, le Fer pyriteux et l'Or natif. On l'a observé aussi avec le Tellure graphique, à Offenbauya dans la même contrée.

3. Tellure graphique, vulgairementor graphique; Tellure natif atiro-argentifère, Haüy; Tellurure d'Or et d'Argent, Beudant. C'est une substance d'un gris d'acier clair, à cassure inégale et grenue, tendre et fragile. Ses formes cristallines dérivent d'un prisme droit rectangulaire, ou, suivant Beudant, d'un

Erihirie rhomboïdal, de 106° à 107°. es cristaux se clivent avec assez de netteté parallèlement à l'un des pans du priMne rectangulaire; ils sont en général striés longitudinalement sur l'autre pan. Sa dureté est supérieure à celle du Talc, et inférieure a celle du Calcaire spathique. Sa pesanteur spécifique est de 5, 723 (Muller). Ll fond aisément sur le charbon en un globuie métallique d'un gris sombre, el couvre le charbon d'une fumée blanche qui disparaît au feu de réduction; en continuant le feu, on obtient un grain métallique d'un jaune clair qui, après le refroidissement, est très-brillant et ductile. Elle est composée, d'après Klaproth: de Tellure, 60; Or, 30; Argent, 10.

Ses variétés sont: le Tellure graphique cristallisé: en petits prismes octogones, modifiés par une seule facette sur les bords qui correspondent aux grandes arêtes des bases de la forme primitive, et par plusieurs rangées de facettes sur les angles; en octaèdres rectangulaires, modifiés sur les angles et sur les arêtes; le Tellure graphique dendritique: en cristaux aciculaires, groupés régulièrement sur un même plan sous des angles de

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60 et tao degrés, et quelquefois sous un angle droit. Plusieurs de ces doubles cristaux, en se rangeant à la file, imitent grossièrement des caractères orientaux, de là le nom d'Or graphique donné à cette variété.

Le Tellure graphique appartient, comme l'espèce précédente, aux filons métallifères du Porphyre syénitique de la Transylvanie. On ne l'a trouvé jusqu'à présent que dans la mine dite Franziskus, à Offenbanya, et dans celle de Nagyag; il est quelquefois accompagné par le Tellure plombifère. Les substances qui lui sont associées ordinairement sont le Quartz byalin, la Blende, le Cuivre et TOr natif. Le Tellure graphique est recherché par les mineurs et exploité avec avantage, à raison de la grande quantité d'Or qu'il contient.

4. TELLURE BISMUTHIQUE, aussi nommé Argent molybdique. D'après une ancienne analyse de Klaproth, ' cette substance avait été regardée comme un Sulfure de Bismuth contenant seulement 5 pour 100 de Soufre; mais l'essai chimique auquel Berzeiius l'a soumise a montré que c'était un véritable alliage de Bismuth et de Tellure dont les proportions sont encore inconnues. Elle se présente en lamelles plus ou moins étendues, disséminées dans une Roche porphyrique; ces lamelles paraissent être des prismes hexagonaux réguliers. Sa couleur est le gris d'acier. Elle est tendre, fragile, flexible et opaque. Sa pesanteur spécifique est de 7, 8. Elle est soluble dans l'Acidc nitrique, et la solution précipite abondamment par l'eau. Chauffée dans un tube ouvert, elle brunit, fond aisément en un globule en répandant une odeur de Sélénium; puis elle dégage une fumée blanche qui s'attache au verre et se résout en gouttelettes transparentes; ce qui reste de la masse est un globule de Bismuth qui, par l'action d'un feu prolongé, se couvre d'Oxide brun de Bismuth en fusion. Cette substance a été trouvée dans un Porphyre altéré à Deutsch-Pilsen et Borsony, en Hongrie; elle y est accompagnée de Calcaire brunissant et de Fer pyriteux.

La substance découverte par Esmark en 1814, à Tellemarken en Norvège, et prise par lui pour du Tellure natif, n'est encore qu'un alliage de Tellure, de Bismuth et de Sélénium, d'après les essais de Berzelius. Cette substance, que Haüy a classée dans sa méthode sous le nom de Tellure sélénié bismuthifère, est sous la forme de petites lames comme le Tellure bisrouthique de Hongrie. Elle est associée au Cuivre pyriteux, au Cuivre malachite, et à du Mica verdâtre par transparence, (G. del.)

TELOPEA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Protéacées et de la Té- trandrie Monogynie, L., établi par R. Brown (Trans. Linn. Soc.,, 10, P. 197) qui l'a ainsi caractérisé: pé- rianthe irrégulier, fendu longitudinalement d un côté, quadrinde de l'autre; étamines situées dans la concavité supérieure des divisions du périanthe; glande hypogyne, unique, presque annulaire; ovaire polysperme, pédicellé, surmonté d'un style persistant, et d'un stigmate oblique, en forme de clou, convexe; follicule uniloculaire, cylindracée; graines munies au sommet d'une aile non bordée d'un côté, vasculaire de l'autre, à nervure obliquement récurrente; fleurs en corymbes ou eu grappes entourées d'un involucre imbriqué, caduc. Ce genre a été constitué sur des Plantes décrites par Cavanilles, Smith et Labillaraière, sous le nom générique d'Embothrium. Knight et Salisbury Pont appelé Hylogyne, nom qui n'a pas prévalu, quoique celui de Telopea eût déjà servi à Solander pour désigner un genre d'Euphorbiacées identique avec le Camirium de Rumph et de Gaertner, mais qui fait partie de l'Aleurites. Les Telopea speciosissima et truncata sont des Arbrisseaux très-élégans, ayant leurs branches munies de feuilles éparses, dentées ou entières. Les fleurs sont rouges, terminales, et munies de 'bractées solitaires

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à la base de chaque paire de pédicelks. Ces Plantes croissent dans la Nouvelle-Hollande, aux environs du Boit-Jackson et à la Terre de Diémen. (G..N.)

TEMAPARA. REPT. SAUR. (Séba.) Syn. de Marbré. V. ce root ainsi que TUPIMAMSIS.(IS. G. ST.-H.)

* TEMEMAZAMA. MAM. Hamilton Smith (Trans. Soc. Linn. T. XIII) indique sous le nom d'Antilope Tememazama un Mammifère américain qu'il croit être le Pudu de Molina. (IS. G.ST.-H.)

TEMERI. BOT. PHAN. Le docteur Della-Cella indique sous ce nom bédouin, comme assez commune dans les parages africains des Sortes, une Plante dont les feuilles sont dentées, velues et blanchâtres, mais dont il n'a pas vu la fleur. Nous la recommandons aux recherches des voyageurs naturalistes, parce que la connaissance de ses racines fibreuses qui se chargent de tubercules très-nourrissans, a'un très-bon goût, et comparables à ceux de certains Souchets, peut devenir fort utile dans les déserts, comme objet de culture, ou dans certains cantons arides et sablonneux des pays chauds. (B.)

TEMIA. OIS. Genre de l'ordre des Omnivores. Caractères: bec médiocre, robuste, élevé à la base, comprimé sur les côtés; mandibules recourbées, convexes sur les côtés, légèrement conniventes vers la pointe; front large, revêtu de plumes veloutées, serrées; narines ovalaires, petites, placées au milieu d'un sillon à la base du bec; pieds robustes; quatre doigts: trois en avant, assez médiocres; l'externe faiblement uni par sa base à l'intermédiaire; un en arrière« ongles comprimés; ailes arrondies; rémiges entières, les troisième et quatrième dépassant toutes les autres; queue plus longue que le corps, composée de dix rectrices cunéiformes. Un dernier examen comparatif que nous avons pu faire des Glaucops et des Témias nous a décidé à adopter l'opinion du professeur Cuvier, que ces Oiseaux ne pouvaient être réunis sous un seul type générique. En conséquence, nous renvoyons au mot Glaucope pour la description du Glaucope Témia qui devra être reportée ici. (DR..Z.)

TEMM1A. OIS. Espèce du genie Bécasseau. V. ce mot. (dr..z.)

TEMNODON. pois. Genre de l'ordre des Acanlhoptérygicns, établi par Cuvier et placè récemment dans sa famille des Scombéroïdes (Règne Anim., 2° édit. T. n, p. 206). Il ne comprend qu'une espèce le Temnodon saltator, Cuv., et a pour caractères de présenter une queue sans armure; la petite nageoire ou les épines, libres au devant de l'anale comme les * sériales; leur première dorsale trèsfrêle et trèsbasse; la seconde et l'anale couvertes de petites écailles. Mais leur principal caractère, ajoute Cuvier, consiste daus une rangée de dents sépaiées, pointues el tranchantes à chaque mâchoire; derrière celle d'en haut en est une rangée de petites, et il y en a enfin en velours au vannier, aux palatins et à la langue. Leur opercule nuit en deux pointes, et ils ont sept rayons aux ouies. L'espèce connue est commune aux deux Océans. (aud.)

TEMPÉRATURE. Ce mot sert à désigner en physique l'état relatif des corps par rapport à la chaleur, état qui nous est manifesté par la sensation de froid ou de chaud que ces corps nous font éprouver. On mesure l'intensité de l'action du calorique sur les corps au moyen des thermomètres, instrumens composés de substances très-susceptibles de dilatation ou de condensation par l'effet d'une plus ou moins grande chaleur. L'examen de la Température propre des corps et des variations qu'elle subit selon la diversité de nature de ceux-ci, est une question de physique générale qui ne fait point partie des matières destinées à être traitées dans ce Dictionnaire. Nous ne devons nous

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occuper ici que de la distribution de la ehaleur à la surface du globe, doni l'inégalité constitue lesdifl'érens climats. Déjà, à l'article Géographie, on a présenté des considérations astez étendues sur les zônes qui partagent la terre en plusieurs climats où les êtres organisés varient de telle sorte que chaque climat est caractérisé par l'existence d'Animaux et de Plantés qui lui sont propres. La Température est bien la principale cause de ces diversités qu'on observe dans la nature organique en passant d'un climat à l'autre; mais, pour caractériser un climat, il faut encore faire entrer en ligne de compte les considérations que fournissent les circonstance, météorologiques locales, telles que l'humidité ou la sécheresse, les vents, la lumière, etc. Renvoyant aux articles dont ces considérations font le sujet, ou qui ont fourni (occasion de les développer (particulièrement aux mots Atmosphère, Eau, Electricité, Lumière, Mer, Météores et Mines), nous nous bornerons ici à présenter quelques notions élémentaires sur les Températures moyennes des diverses régions et sur les causes qui établissentde si grandes différences d'un lieu à un antre entre ces Températures. Au moyen de ces renseignemens, nous pourrons faire sommairement connaître les résultats obtenus sur ce sujet par des savans du premier ordre, résultats qui, réunis en nu faisceau scientifique, forment aujourd'hui une doctrine d'un haut intérêt, mais qui demande d'être corroborée ou plutôt complétée par de nouvelles observations.

Pour évaluer la Température moyenne d'un lieu, il ne faut passe contenter, comme on le faisait autrefois, de prendre le milieu entre le maximum el le minimum de la hauteur du thermomètre pendant le cours de l'année, mais il faut encore avoir égard à la durée de chaque Température. Une série d'observations journalières qui présentent la Température moyenne de chaque jour, peut conduire à la détermination de la Température moyenne de Tannée. On fait la somme de ces Températures moyennes diurnes, et ou la divise par le nombre des jours de l'année, c'est-à-dire par trois cent soixante-cinq ou trois cent soixantesix, selon que l'année est commune ou bissextile. Dans notre hémisphère boréal, la Température moyenne de l'année est assez exactement représentée par celle du mois d'octohre; mais comme la quantité de chaleur, distribuée à la surface de la terre dans chaque contrée, varie beaucoup d'une année à l'autre, il convient d'epibrasser un grand nombre d'anu nées afin d'opérer des compensations entre les anuées les plus froides et les plus chaudes; c'est le seul moyen d'obtenir une valeur moyenne digne de quelque confiance.

Après avoir obtenu les Températures moyennes de diverses contrées du monde, on a recherché les causes qui occasionent entre elles une si grande diversité. Depuis long-temps on sait que les latitudes plus ou moins élevées, c'est-à-dire la plus ou moins grande proximité de 1 équateur, est la première cause de la chaleur des climats.'C'est aussi une connaissance fort ancienne que celle de l'influence de l'élévation du sol, de telle sorte que plus on s'élève dans l'atmosphère, et plus la chaleur diminue. Mais ce n'est que dans les temps modernes qu'on a déterminé avec exactitude la mesure de cette influence, el qu'on a fait connaître combien les divers points du globe situés aux mêmes latitudes présentaient entre eux de différences quant à la Température moyenne. C'est principalement au célèbre A. Humboldt que la science est redevable d'une immense quantité d'observations faitessur cette question. Ce savant a présenté dans un tableau les Températures moyennes de divers points de l'hémisphère boréal du globe; et à la première vue on est frappé du peu de concordance qu'il y a entre les Températures des lieux situés à des latitudes semblables. En joignant par des lignes, sur

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un globe ou une mappe-monde, les points où la Température est la même, on forme des courbes non parallèles à l'equateur, présentant des sommets convexes vers le pôle et d'autres concaves, scion que la Température, correspondante à ces ligues, est plus forte dans certaines localités du nord, et vice versa, que celte Température se projette plus au midi. Ces lignes ont reçu le nom de lignes isothermes; leur auteur a constaté que, dans la zône torride, elles sont beaucoup moins sinueuses, à un tel point qu'elles deviennent presque parallèles à l'équateur.

La Température moyenne de l'année ne suffît pas pour indiquer complétement la distribution de la chaleur dans les divers points du globe, il faut encore considérer les Températures extrêmes dans chaque lieu, c'est-à-dire les moyennes de l'hiver et de l'été, ainsi que celles du mois le plus froid et du mois le plus chaud. Ce* évaluations acquièrent de l'importance aux yeux des agriculteurs, puisqu'elles leur fournissent des données fort utiles sur l'acclimatation el la réussite de certains végétaux* Ainsi la vigne ne réussit pas bien dans les ptoyinces du nord-ouest de l'Europe, parce que les étés ne sont pas assez chauds pour Ja maturité du raisin. D.ins le norci-est. au contraire, cette plemte est cultivée à de hautes latitudes, parce que les étés sont suffisamment chauds et forment compensation à la rigueur des hivers pa la Température moyenne de Pannée.

Nous n'ajouterons rien à ce qui a été déjà dit à l'article Géographie, concernant l'influence de la Température sur les êtres vivans; nous ne parierons pas non plus de la Température iutéiieure du globe, parce qu'il en a déjà été suffisamment traité ailleurs. V. le mot Mines. Enfin nous ne pouvons nous livrer, vu la stérilité des doeumens, à la discussion d'une question fort intéressante pour l'histoire naturelle générale, celle de savoir si la Température de certaines localités a diminué, et si, par cette Seule cause, les êtres qui les peufpaient ont disparu. Mais c'est ici le ieu d'offrir à nos lecteurs quelques détails sur les excessives chaleuis et les froids rigoureux auxquels l'Homme a résisté, quoique, si nous en jugions par ce que nous éprouvons sous noue climat européen, nous serions portés à croire qu'il est impossible de vivre à des Températures aussi éloignées de celles qui nous sont habiuelles. Le maximum de chaleur, observé à l'ombre et assez loin de toute réverbération, n'a pas dépassé 46°. A Pondichéry, à Bassora et au Sénégal, on a vu le thermomètre atteindre 44 et même 45°. A Pétersbourg, il est monté jusou'à 30, et à Paris, ce degré de chaleur a souvent été observé; ce qui prouve que la longueur du séjour du soleil au-dessus de l'horizon peut occasioner une chaleur diurne extrêmement forte, quoiqu'à des latitudes tiès-élevées. Enfin, d'après les observations des savans de l'expédition d Egypte, à PhiloË, le thermomètre exposé au soleil s'est élevé jusqu'à 70°. L'intensité du froid en Sibérie était counue depuis long-temps par l'observation de la congélation au Mercure, fait queGmelin annonça en 1734. Les voyages des capitaines Parry et Francklin, dans l'océan Glacial, ont fourni des observations d'un froid eucore plus considérable que celui delà Sibérie. En février 1819, le thermomètre de Parry est descendu jusqu'à 47°, et Francklin a observé 50° au fort de l'Entreprise. Si l'on compare ce degré extrême de froid avec l'extrême chaleur observée à Philoé qui était de 70° au-dessus de la glace, on a une échelle de 120 degrés, c'est-à-dire surpassant de 20 degrés l'intervalle qui sépare le terme de la congélation de celui de l'eau bouillante. (G..n.)

TEMPETE, OIS. Espèce du genre Pétrel. V. ce mot. (dr..z.)

TEMPLETONIA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Légumineuses, tribu des Lotées, el de la Dia-

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delphie Décandrie, L., établi par R. Brown (in Hort. Kew., édit. 2, vol. 4, p. 369) el ainsi caractérisé: calice à cinq dents un peu inégales; corolle papilionacée dont la carène est oblongue, un peu plus longue que les ailes; étamines réunies par la base, la dixième quelquefois plus courte, un peu libre ^ les anthères uniformes; gousse pédicellée, plane, comprimée, contenant plusieurs graines strophiolées. L'espèce, sur laquelle ce genre a été fondé, est une Plante de la côte occidentale et méridionale de la Nouvelle-Hollande, que Yentenat (Malm., tab. 53) a décrite et figurée sous le nom de Rafnia retusa. Une seconde espèce, indigène des mêmes contrées, a été publiée dans le Botanical Magazine, tab. 2008, el dans le Botanical Register, tab. 869, sous le nom de Templetonia glauca. Ces deux Plantes sont des Arbrisseaux glabres, à feuilles alternes, simples, cunéiformes, rétuses, mucronées. Les fleurs sont grandes, d'un rouge ponceau, solitaires dans les aisselles des feuilles. (G..N.)

TEMUS. BOT. PHAN. Molina, dans son Histoire naturelle du Chili, a décrit sous le nom de Temus moschata, un Arbre formant un genre nouveau quiappartientà la famille des Magnoliacées et à la Polyandrie Digynie, L. Cet Arbre est toujours vert, rameux, muni de feuilles alternes, pétiolées, ovales, vertes el luisantes. Les fleurs sont situées au sommet des branches et répandent une odcu-très-agréable. Le calice est à Vois découpures obtuses; la corolle jaune ou blanche, composée de dix-huit pétales étroits et longs; les étamines sont nombreuses, à filets sétacés plus courts que la corolle, à anthères globuleuses; il y a deux ovaires supères, surmontés de deux styles et de deux stigmates; le fruit est une baie à deux coques, assez semblable à celle du café, et contenant des graines arillées. Le bois de cet Arbre est très-dur, et employé au Chili à confectionner toutes sortes d'ouvrages; les feuilles ont une odeur aromatique, analogue à celle de la Muscade. (G..n.)

TENDARIDÉE. Tendaridea. BOT. crypt. (Arthrodiées.) Genre établi par Bory de Saint-Vincent dans la famille des Arthrodiées et la section des Conjuguées. Il comprend les espèces de Conjuguées de Vaucher dont a matière verte est disposée dans chaque article en forme d'étoiles qui, passant ensuite par l'accouplement des tubes d'un article dans un autre, le recueille pour former les corps reproducteurs. Le Conferva stellina de Müller et le Conjugata pectinalis de Vaucher appartiennent à ce genre. (ad. b.)

TENDONS, zool. On donne ce nom aux faisceaux ligamenteux plus ou moins arrondis qui donnent insertion aux fibres musculaires et servent à les fixer aux os. Ce sont en général des cordons allongés, étroits, d'une couleur blanche, brillante, et d'une solidité très-grand-e. Chez les Crustacés, les Tendons sont remplacés par des lames calcaires semblables aux parties qui constituent le squelette tégumentaire, et chez les Insectes ils présentent des modifications analogues. (H.-M. E.)

TENDRAC. mam. (Buffon.) Espèce du genre Tanrec. V. ce mot. (IS. G. ST.-H.)

TENE. BOT. PHAN. (Leschenault.) Syn. de Petit-Millet, Panicum italicum, L., aux environs dePondichéry. V. Panic. (b.)

TÉNÉBRICOLES ou LYGOPHILES. INS. Famille de Coléoptères hé- téromères, dans la Méthode de Duméril (Zool. anal.), composée des genres Upide, Ténébrion, Opatre, Pédiue et Sarrotrie. Les caractères qu'il lui assigne sont: élytres dures, nou soudées; au te nu es grenues, en masse allongée. Ils ne conviennent, pour ces derniers organes, qu'à plusieurs espèces de quelques-uns de ces genres, et peuvent s'appliquer à a'autres Hétéromères. Cette famille embrasse notre tribu des Ténébrio-

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nites et une portion de celle des Blapsides. (LAT.)

TÉNÉBRION. Tenebrio. INS. Genre de Coléoptères de la famille des Mélasomes, tribu des Ténébriooites, distingué des autres de cette tribu par les caractères suivans: corps allongé, étroit, presque de la même largeur partout; antennes grossissant insensiblement vers le bout, ou presque filiformes; pieds antérieurs à cuisses renflées et à jambes étroites, courbées ou arquées; les quatre tarses antérieurs offrant distinctement cinq articles, et les deux postérieurs quatre; corselet plus large que long. Parmi les espèces indigènes, la plus connue, est le TÉNÉBRION DE LA FARINE, Tenebrio molitor, L., qui se trouve fréquemment, surtout le soir, dans les lieux peu fréquentés de nos habitations, dans les boulangeries, les moulins 1 farine, sur les vieux murs, etc. Ainsi que plusieurs austrès Insectes nocturnes, elle est souvent attirée par la lumière. Son corps est long d'un peu plus de six lignes, d'un brun presque noir en dessus, couleur de marron et luisant en dessous, avec le corselet de la largeur de l'abdomen, carré et marqué postérieurement de deux impressions; les étuis sont pointillés et striés. Sa larve, que l'on donne en nourriture aux Rossignols, vit dans le son et la farine, où elle se transforme aussi en nymphe. Elle est longue, cylindrique, d'un jaune d'ocre, trèslisse et fort luisante, avec les pâtes très-courtes. An Tapport de Lacordaire, une grande espèce (T.grandis) de l'Amérique, méridionale, toute noire, avec les étuis avant des points disposés en séries longitudinales, mais peu profondes, et que Ton trouve sous les écorces des vieux arbres, lance par l'anus, et à la distance de plus d'un pied, une liqueur caustique.

Le TÉNÉBRION OBSCUR, Tenebrio obscurus, Fabr., n'est peut - être qu'une variété de la première espèce, 'un noir très-mat en dessus, et légèrement plus clair et un peu moins obscur en dessous.(lat.)

TÉNÉBRIONITES. INS. Tribu de la famille des Mélasomes, ordre des Coléoptères, section des Hétéromères. On a vu à l'article MÉLASOMES que cette famille embrassait le genre Tenebrio de Linné et'des naturalistes qui suivirent sa méthode. Il autrait été dès-lors plus naturel de désigner cette famille sous le nom de Ténébrionites. Mais comme elle est très-étendue, et que nous avons tâché de nous rapprocher à cet égard de Fabricius, cette dénomination désignera spécialement une division des Mélasomes, composée du genre Tenebrio de ce célèbre naturaliste et de Zuelques autres qui s'y rattachent. ies Ténébrionites sont munis d'ailes, caractère qui les distingue des autres Mélasomes. Leur corps est ordinairement oblong, déprimé ou peu élevé, avec le corselet presque carré et de la largeur de l'abdomen, à son bord postérieur. Les palpes sont plus gros à lenr extrémité, et le dernier article des maxillaires est plus ou moins en forme de hache ou ae triangle renversé. Les mâchoires sont toujours entièrement découvertes par devant, le menton étant beaucoup plus étroit que dans la plupart des autres Mélasomes. Léon Dufour n'a pu découvrir dans le Ténébrion obscur l'existence de cet appareil salivaire qu'il a observé daris les Piméliaires et même dans les Blaps, quoique ce dernier genre ait une grande affinité avec celui des Ténébrions. Nous partageons les Ténébrionites en trois sections:

1°. Ceux dont le corps est ovale, avec le corselet arqué latéralement, ou en demi-ovale tronqué antérieurement, plus large, au bord posté rieur au moins, que l'abdomen, peu ou point rebordé; les palpes maxillaires terminés par un article sécuriforme, et les antennes grossissant insensiblement.

Genres: CRYPTIQUE (Crypticus) et OPATRE (Opatrum).

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2°. Ceux do ut te corps en allongé, étroit, presque de la même largeur partout, ou plus large postérieurement, arec le corselet presque carré, et les antennes disposées en une grosse massue, ou dilatées brusquement à leur extrémité.

Genres: TOXIQUE (Toxicum), CORTICUS (Corticus), ORTHOCÈRE (Orthocerus), CHIROSCÈLE (Chiroacelis) el Boros (Boros).

3°. Ceux dont le corps est à peu près conformé de même que dans la section précédente, mais dont les antennes sont de grosseur ordinaire et ne se terminent point brusquement en massue. Les deux pieds antérieurs ont les cuisses grosses et les jambes étroites, et courbées ou arquées.

Genres: CALCAR (Calcar), Upis (Upis), TÉNÉBRION (Tenebrio), et HÉTÉROTARSE (Heterotarsus). (LAT.)

TENGA. BOT. PHAN. Nom malais du Coco. (b.)

TENGYRE. Tengyra. INS. Genre d'Hyménoptères de la famille des Fouisseurs, tribu des Scoliètes. Nous l'avons établi sur une seule espèce (Tengyre de Sanvitale), et dont nous ne connaissions alors que le mâle. Il est infiniment rapproché de celui de Tiphie; mais ses antennes beaucoup plus longues que la tête et le corselet, ses mandibules bidentées à leur extrémité, la cellule radiale des ailes supérieures Se terminant en pointe S eu éloignée de leur extrémité, le ernier demi.-segment ventral formant un crochet recourbé et creusé en gouttière, l'en éloignent. Mais Van-der-Linden ayant trouvé cet Insecte accouplé avec une espèce du genre Méthoque, il s'ensuivrait que çelui de Tengyre devrait être supprimé. (lat.)

TENLIE. mam. Nom du Chacal â dos noir chez les Hottentots. V. ce mot à l'article Chien, (IS. G. ST.-H.)

TÉNIA. Tœnia. INT. Genre de Tordre des Cestoldes, ayant pour caractères: corps allongé, déprimé, articulé; tête munie de quatre suçoirs. Les Vers intestinaux, auxquels on a donné ce nom, se rencontrent trèsfréquemment dans les voies digestives des Animaux vertébrés et se caractérisent très-facilement. On ne pourrait les confondre qu'avec les Boihriocéphales, les Trienophores et quelques Cysticerqties; ils se distinguent aisément des deux premiers genres par la forme de leur tête et de leurs suçoirs; du dernier par le défaut de vésicule caudale. Les Ténias fournissent l'exemple de la plus grande différence observée dans les proportions entre les espèces d'un même genre. Il y a des Ténias longs à peine d'une ligne; il n'est pas rare d'en trouver de trente à quarante pieds; mais que serait-ce si l'on pouvait ajouter foi au dire de quelques auteurs, qui parlent de Ténias de auarante à cinquante aunes, et même de huit cents aunes de long Ces Animaux sont très-allongés, aplatis, rubanés, rétrécis en avant, formés de nombreuses articulations situées à la suite les unes des antres et plus ou moins solidement unies entre elles. Quelques naturalistes et médecins avaient supposé, d'après des observations inexactes, et guidés par une analogie trompeuse, que les Ténias étaient des Animaux composés, comparables, sous ce rapport, aux Polypes et à quelques autres Zoo— pliytes; que chaque articulation était un individu ayant ses moyens d'existence particuliers, mais vivant d'une vio commune avec toutes les autres articulations constituant la massa animée nommée Ténia; on supposait également que ces parasites étaient privés de tête, supposition qui découlait naturellement de la première. Ces opinions ne sont plus adoptées par personne; l'organisatisu des Ténias mieux connue, mieux appréciée, ne laisse plus sur ce point matière à aucun doute.

Quelle que soit la longueur q a'atteignent les Ténias, leur largeur n'excède pas un pouce, et le plus grand nombre reste bien au-dessous

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de celte dimension. Ils sont dans tons les cas, très-amincis en avant où se trouve une partie distinote un peu renflée qui est la tête. Contractile dans tous ses points, la téte, pendant la vie de l'Animal, se montre sous une foule d'aspects, mais après la mort elle affecte en général me forme particulière qui parait assez constante pour chaque espèce; die a quelquefois la forme d'une tablette carrée plus ou moins épaisse, d'un coin tronqué ou arrondi; elle est oblongue, cordiforme, obeordée, hémisphérique, pyramidale, elliptique, etc., etc. Ou trouve constamment à la téte des Ténias quatre oscules ou suçoirs, orifices externes de eonduits nourriciers qui parcourent la longueur de l'Animal; ils sont le plus souvent circulaires, rarement elliptiques ou à contours anguleux, nunis d'un'rebord ou anneau plus opaque que le reste, et qui paraît être de nature musculaire dans les grandes espèces. La situation la plus ordinaire des oscules est la suivante: deux correspondent à Tune des faces du Ver, et les deux autres à la face opposée, plus rarement deux correspondent aux faces el deux aux bords: ils sont quelquefois dirigés tout-à-fait en avant; la tête alors prend une figure carrée dont les oscules occupent les angles; leur grandeur varie par rapport à celle de la léte; ils sont plus ou moins voisins les uns des autres, plus ou moins rapprochés de l'extrémité antérieure. Fendant la vie, on peut voir sur les grandes espèces que l'intérieur des seules a fa forme d'un eolônnoir dont le sommet se continue avec des aisseaux dont nous parlerons plus baa; après la mort, il est rare que le creux soit apparent, on n'aperçoit que lanneau béant extérieur qui en est lorifice. Beaucoup dé Ténias n'ont 4 la tête d'autre organe queJes oscules dont nous venons de parler; beaucoup aussi sont munis dune trompe rétractile nue ou armée de crochets; la trompe est située 'en avant et surmonte la téte; elle peut rentrer dans l'intérieur dé celle-ci en se ajournant comme un doigt de gant. Ou aperçoit dans le point de la tête qu'elle doit occuper, un petit enfoncement ou une légère saillie suivant qu'elle est plus ou moins rétractée: lorsque la tête est demi-transparente, on distingue fort bien au travers de ses parois la trompe retirée dans son intérieur. En la supposant saillante au-dehors autant au elle est susceptible de l'être, elle présente alors, suivant les espèces, un certain nombre de variétés de formes qui aident souvent à les caractériser; il est des Ténias dont la trompe est plus longue que la téte, aussi longue, ou plus courte; elle peut être conique, cylindrique, en massue, terminée par un renflement, etc. Beaucoup d espèces ont un double rang circulaire de crochets au sommet de leur trompe; il n'y en a quelquefois qu'un seul rang: ces crochets paraissent de nature cornée; leur pointe est dirigée en arrière, et leur grosseur, variable suivant les espèces, paraît assez constante pour tous les individus dune même espèce. On nomme cot l'intervalle situé entre la téte et les premières articulations; cette parties qui manaue souvent, et qui est en général plus étroite que la téte, n'ofjre d'ailleurs rien de remarquable1 que sa longueur plus ou moins considérable) et qu'on emploie souvent comme caractère spécifique; il n'est pas rare que la transparence du col permette de distinguer les quatre vaisseaux naissaus des suçoirs et quise rendent dans le corps. Toute portion articulée des Ténias porte lenou de corps et constitue à elle seule presque toute leur masse. Ses articulations autérieures sont souvent peu distinctes et ressemblent à des riaes1; à mesure qu'elles se rapprochent de l'extrémité postérieure, leurs dimensions augmentent et leurs formes prononcent. En considérant la série d'-articulations composant le corps d'un Ténia, on voit qu'elles affectent différentes figures, leur aspect change insensiblement et comme par grada-

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tion; il n'y a que peu de Ténias dont toutes les articulations aient la même forme et qui ne diffèrent que par le volume. Leur adhérence entre elles est plus ou moins forte suivant les espèces, les dernières se détachent toujours avec beaucoup de facilité. Il est difficile de se procurer des Ténias pourvus de toutes leurs articulations; il est même presque impossible d'être assuré qu il n'en manque point quelques-unes. Quelle que soit a forme des articulations, on peut y distinguer quatre bords el deux faces. Le bord antérieur, uni avec l'articulation qui précède, est toujours plus mince que le postérieur et presque constamment plus étroit: le bord postérieur, qui s unit avec l'articulation suivante, est en générai épais, souvent renflé, et recouvre une étendue plus ou moins considérable des deux laces de l'articulation qui suit, au point qu'il v a des Ténias que cette disposition fait paraître comme imbriaués j ce bord est droit ou un pçu échancré. Les bords latéraux, rarement droits et parallèles, sont souvent un peu inclinés l'un sur l'autre, convexes, ondulés ou diversement échancrés; presque toujours ces bords, ou l'un des deux seulement, présentent une petite ouverture ordinairement bilabiée, à lèvres un peu saillantes, que nous nommerons pore génital, et dont nous parlerons ci-après. Les bords latéraux, en se réunissant avec le bord postérieur, forment un angle plus ou moins saillant, arrondi ou aigu, dont la série fait paraître les deux côtés des Ténias comme dentelés; dans quelques espèces, cet angle se prolonge considérablement en forme de petite lanière, quelquefois d'un côté seulement: il ne faut pas confondre ce prolongement avec ce que nous nommerons lemnisque. Les deux faces des articulations sont, dans la plupart des cas, planes et unies, auelquefois légèrement ridées longitudinalement ou transversalement; elles sont parfois un peu convexes dans leur milieu aux dernières articulations; cela dépend de la présence des ovaires remplis d'œufs eu maturité. Une ou deux espèces ont leur pore génital placé sur les faces près du bord antérieur. Quand les articulations sont translucides, on eut souvent distinguer la structure es ovaires. Les formes des articulations sont assez variables; on peut les rapporter aux suivantes: plus larges que longues (c'est la figure la plus ordinaire), presque carrées, plus longues que larges, cunéiformes (ré- trécies en avant), infundibuliformes (semblables aux précédentes) le bord postérieur échancré, cyathiformes (la figure précédente, mais beaucoup plus courte), cordiformes, elliptiques, moniliformes, etc. Quoique la figure des articulations soit souvent employée comme caractère spécifique, il ne faut pas y attacher trop d'importance, car souvent telle ou telle forme dépend, dans la même espèce, du degré plus ou moins considérable de contraction oh elles se trouvaient lors de la mort de l'Aniftial, et plus encore de la manière dont on les place pour les étudier: en tiraillant légèrement le corps des Ténias, nous avons vu changer du tout au tout la figure des articulations tiraillées. La dernière articulation a souvent une forme toute différente des autres.

Les divers organes dont se compose un Ténia sont recouverts d'une pellicule très-mince, transparente, intimement adhérente partout au tissu sousjacent, et au on ne peut parvenir à enlever par lambeaux que sur les articulations d'un certain volume. On dit que l'on trouve en dessous quelques fibres musculaires longitudinales qui ne sont pas interrompues sur le point de jonction des articulations; nous n'avons pu voir rien de semblable. La tête, le col et le corps des Ténias paraissent formés d'une matière ayant un aspect gélatineux, opaque ou demi-transparente, au milieu de laquelle on aperçoit quelquefois des granulations plus opaques que le reste, et qu'il ne faut pas confondre avec les oeufs;

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nous ignorons si cette substance est douce de la propriété contractile, mais il est certain que toutes les parties des Ténias sont douées de cette propriété; si celle-ci dépend de Taclion de fibres musculaires, il faudrait que ce système musculaire fût très-compliqué dans les Ténias, et à peine peut*on y distinguer quelques fibres. Examinés vivans et encore au milieu des mucosités intestinales, on voit ces Animaux exécuter des mouvemens ondulatoires, et une partie de leurs articulations se resserrer, tandis qu'une autre partie s'allonge; nous avons vu de petits Ténias, mis dans l'eau tiède, nager à la manière des Sangsues, en faisant des ondulations assez rapides.

Le système digestif des Ténias consiste eu Quatre petits vaisseaux qui naissent aes suçoirs et qui se prolongent dans le col; ils ne tardent point à se réunir et à n'en former que deux qui parcourent toute la longueur de l'Animal; ils marchent parallèlement et sont situés près des bords latéraux. Au niveau du bord postérieur de chaque articulation, ils communiquent entre eux au moyen d'une branche transversale. Nous n'ayons point eu l'occasion de nous procurer de Ténias assez gros et assez frais pour pouvoir les injecter (1), mais nous aoûtons que le système de vaisseaux nourriciers soit aussi simple qu'on le dit; ce que nous avons observé en injectant le Distome hépatique, que 1 on peut comparer aux Ténias sous le rapport de l'organe digestif, nous porte à croire qu'il existe d'autres ramifications.

Il est difficile de savoir si les Ténias sont androgynes ou hermaphrodites; tous les individus parvenus à on certain degré de développement ont toujours présenté des ovaires; les premières articulations, dans une série plus ou moins longue, en sont dépourvus, mais ils existent dans les dernières, et d'autant plus développés que ces articulations sont plus voisines de l'extrémité postérieure; ils sont situés dans la partie moyenne et leur figure varie suivant les espèces. Ils paraissent tantôt comme une tache opaqtte ou translucide, tantôt comme un petit nodule ovale ou arrondi, ayaut une cavité intérieure, où ils sont ramifiés en grappe, en arbrisseau, etc.

Nous avons déjà indiqué l'existence d'un pore génital qui se trouve presque constamment sur les bords latéraux, et beaucoup plus rarement sur la ligne moyenne des articulations. De ce pore naît un petit canal qui se bifurque bientôt; l'une de ces branches va directement à l'ovaire; l'autre, plus petite, se dirige vers le bord antérieur de ('articulation, où elle paraît se terminer dans une petite ampoule. La situation des pores génitaux latéraux varie suivant les espèces; quelques-unes ont deux pores à chaque articulation, opposés sur chaque bord; d'autres en ont d'un côté seulement; chez d'autres, les pores génitaux sont alternes, c'est-à-dire une articulation ayant son pore géuital sur le bord gauche, celle qui suit a le sien sur le bord droit, et ainsi de suite; enfin il y a des Ténias où Ton trouve une suite d'articulations qui ont leur pore génital du même côté, et la série suivante sur le côté opposé, sans qu'il y ait d'ordre régulier pour le nombre d'articulations de chaque série: on désigne cette disposition par l'expression de pores vaguement alternes. On trouve quelquefois des Ténias par le pore génital aesquels sort un petit appendice en général cylindrique, que Rudolphi nomme lemnisque: cette partie est regardée comme l'organe génital mâle; rarement toutes es articulations sont munies de lemnisques; il arrive plus fréquemment que quelques-unes seulement en sont pourvues; on trouve également la

(1) On ne peut injecter les Ténias que par les oseules de la tête, et fort pea en ont d'aMex volumineux pour se prêter à cette préparation. Carlûle a essayé dinjecter les vaisseaux latéraux d'arrière en avant, mais l'injection ne put passer sans donte à cause de la présence de valvules.

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même espèce avec ou sans lemnisques. Quelques auteurs ont considéré le pore, que nous nommons génital, comme un suçoir ou bouche destinée à absorber les sucs nutritifs nécessaires à chaque articulation. La trèsgrande longueur des Ténias, l'excessive petitesse des conduits par lesquels les sucs nutritifs doivent passer avant de parvenir aux articulations, surtout aux dernières qui sont en même temps les plus volumineuses, toutes ces considérations ne laissent

Eas que de donner une sorte de proabililé à cette opinion, et l'on peut ajouter encore que leq pores génitaux peuvent s'appliquer, à la manière de ventouses, et avec une certaine force aux parois intestinales^ Cependant le rapport direct des canaux naissant de ces pores, avec les ovaires, et le défaut d'anastomoses avec ceux qui, naissant de la tête, parcourent toute la longueur de l'Animal, nous font penser, avec Rudolphi, que Ion doit les regarder comme appartenant seulement aux organes reproducteurs. On a trouvé des Ténias repliés sur eux-mêmes, et ayant, dans cette situation, quelquesuns de leurs porcs génitaux accolés et comme anastomosés; nous avons trouvé dans l'intestin d'une Bécasse deux Ténias (Tœnia filum) entortillés, et ayant, dans plusieurs points, leurs pores génitaux accolés de cette manière et unis assez fortement. Estce ainsi qu'ils se fécondent eux-mêraes ou réciproquement? ou n'est-ce qu'une circonstance fortuite? On peut disserter là-dessus, mais non donner, ce nous semble, une solution définitive.

Tous les Ténias sont ovipares; leurs œufs, en général très-petits et en nombre incalculable, ont ordinairement plusieurs enveloppes; la plupart sont arrondis ou ovalaires: quelques espèces ont leurs oeufs fort allongés et très-aigusaux deux bouts. Les articulations chargées d'œufs en maturité se détachent très-facilement surtout dans les dernières; en ouvrant des Animaux contenant des Ténias, on trouve souvent en uiétue temps que ces Vers, quelques articulations détachées, souvent aussi elles sortent avec les ezcrémens. On avait pris ces articulations détachées pour des Vers particuliers que l'on nommait Cucurbitains. Il est probable que c'est le mode le plus ordinaire par lequel les Ténias répandent leurs œufs; la vie ne tarde pas à s'éteindre dans ces articulations, elles se détruisent peu à peu, et les œufs qu'elles contiennent sont mis en libellé. On a également observé sur Quelques espèces, . que les ovaires se étachent et tombent en totalité avec la peau qui les recouvre, laissant, percées dans leur centre, les articulations dont ils faisaient partie encore unies eutre elles: c'est encore là sans doute un moyen de partuiition des Ténias. Enfin il est présumable aussi que les œufs peuvent sortir par le petit canal qui s'étend des ovaires au pore génital. Ce mode de parturition n'a été observé qu'une seule fois par GoËze.

Les Ténias, comme tous les êtres vivans, sont sujets à des monstruosités: une des plus communes est celle qu'on a érigée en espèce sous le nom de Ténia marteau. Dans celte monstruosité, un assez grand nombre des articulations antérieures sont très-1 approchées d'un côté et très- écartées de l'autre, à peu près comme un éventail étendu; les autres articulations sont dans l'état normal; la partie difforme de l'Animal est posée transversalement sur celle qui a conservé la forme ordinaire, de sorte que cette anomalie de forme simule assez bien un mavtcau emmanché, arrondi par un bout et pointu pav l'autre. Le Muséum de Vienne possède un Ténia dont la tête présente six oscules au lieu de quatre; il a été trouvé dans les intestins d'un Chat. Le même Muséum possède un morceau de Tœnia folium (de l'Homme) dont l'un des bords est simple et l'autre double, ou plutôt il semble que ce soit deux Ténias soudés par un côté. Nous avons trou-

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vé dans l'intestin d'un Cygne un assez grand nombre de Ténias dont la plupart avaient les premières articulations très-élargies dans un intervalle de quelques lignes de longueur, elles semblaient séparées longitudinalement par une pellicule mince non articulée.

Les espèces de Ténias sont trèsnombreuses, et se trouvent pour la plupart dans les intestins des Animaux vertébrés; ils sont rares néanmoins dans les Poissons, où ils semblent être remplacés par les Botliriocépbales. L'étude des espèces dans ce genre, comme dans tous les genres très-naturels, est fort difficile et laisse souvent de l'incertitude. Rudolphi partage les Tentas en trois sections; la première comprend les espèces dépourvues de trompe; la deuxième celles qui en sont pourvues, mais où elle n'est point armée de crochets; la troisième les espèces à trompe armée.

Ire section — Tœnia expansa, denticulata, pectinata, lanceolata, plicata, festiva, anthoccphala, vmphalodes, dimi nu ta, perlât a, cruciata, longiceps, crenata, nasuta, tripunctata, cucumerina, opuntioides, littéral a, dendritica, difformis, angustata, JiJicollis, longicollis, ocelia ta, torulosa, dispar, tuberculata.

IIe section. — Tœnia osculata, spltœropàora, variabilis, lœvigata, amphitrica, mutabilis, cy al kifur mis, campatiulata, infundibuliformis, vilosa, seligera, vaginala, polymorph sphœrvcephala, bacillaris, pyramidal a, sphenocephala, platycephala, anguala, lœvis, œquabilis, tenuirostris, inversa, capillaris, tapitellata, unilateralis, fasciata, filum, microcephala, linea, elliptica, racemosa, globifera, nymphœa, gracilis, pusilla, brevicollis, crassipora, obtusa, candelabraria, parallelipipeda, farciminalis, stylifera, paradoxa, interrupta, oligotoma, flagellum, malleus.

III section.—Tœnia folium, marginala, intermedia, serrât a, crassiceps, laticollis, crassicollis, comporta, quadrafa, au rita, macrorhyncha, octolobata, straminea, acuta, filiformis, multistriata, inflata, sinuosa, trilineata, undulata, serpentulus, porosa, crateriformis, megacantha, longirotris tris, crassula, capitala, scolacina. (e. d..l.)

TENNANTITE. min. Variété de Cuivre gris arsenifère, dont Phillips a fait une espèce qu'il a dédiée à Tennant. Sa forme ordinaire est le dodécaèdre rhomboïdal; elle est d'un noir bleuâtre métallique; sa poussière est d'un gris rougeâtre; sa pesanteur spécifique est de 4, 37. Au chalumeau, elle brûle sur le charbon avec une flamme bleuâtre, et en répandant une forte odeur d'ail. Elle est composée, d'après l'analyse de Phillips, de Cuivre, 45, 52; Soufre, 28, 74; Arsenic, 11, 84; Fer, 9, 26; Quartz, 5. La Tennantite a été trouvée en Comouailles dans les filons de Cuivre qui traversent le Granité et le Schiste argileux; elle y est accompagnée de Cuivre pyriteux, de Cuivre sulfuré et de Cuivre gris antimonifère. (g. del.)

TENNU. mam. V. SALADANG et TAPIB.

TENORIA. BOT. PHAN. Genre établi par Sprengpl dans la famille des Ombelliferes. Il renfermait plusieurs espèces de Buplevrum, tels que les B. fruticosum, plantagineum, spinosum, ainsi que le Crithmum latifolium. Les botanistes ne l'ont pas adopté.

Dans son Systema Vegelabilium, Sprengel cite comme synonyme de Trixis frutescensou Perdicium radiale le Tenoria calyculata de Bertero. Ce genre Tenoria ou Tenorea a été publié par A. Colla, botaniste de Turin, auteur d'un ouvrage ayant pour titre: Hortus Ripulensis, et où se trouvent les caractères de ce nouveau genre qui ne semble pas mériter d'être séparé du Trixis. (G..N.)

TENREC. maM. Pour Tanrec. V. ce mot.(IS.O.st.-h.)

TENTACULAIRE. Tentantlaria.

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INTEST. Genre établi par Bosc (Bull, phil., 1797, n° 2. p. 9, fig. 1) et adopté par quelques naturalistes; réuni aux Tétrarhynques par Rudolphi, sous le nom de Tetrarhyncus macrobothrius. V. TÉTRABHYNQUE.

TENTACULITES. MOLL. (Schlotheim). V. MOLOSSE.

TENTHLAGO. rept. oph. L'un des noms de pays du Crotale durissus. (IS.G.ST.-H.)

TENTHRÈDE. Tenthredo. INS. Genre de l'ordre des Hyménoptères, section des Térébrans, famille des Porte-Scies, tribu des Tenthrédines, qui, dans les premières méthodes, comprit d'abora celte tribu, mais qui, dans l'état actuel de la science, ne renferme plus que les espèces offrant les caractères suivans: antennes filiformes ou légèrement plus grosses vers le bout, de neuf articles, simples dans les deux sexes; deux cellules radiales et quatre cellules cubitales dont la dernière fermée par le bord postérieur de l'aile. Jurine, ayant cru devoir appliquer la dénomination générique de Tenthrède aux espèces dont les antennes sont terminées en forme de bouton, et qui sont généralement les plus granes de la tribu, celles que Geoffroy et Olivier en avaient déjà séparées, l'un sous le nom de Crabro et l'autre sous celui de Cimbex, appelle Allante, Allantus, le genre dont il s'agit ici. Le docteur Leach en a réduit l'étendue. Les espèces dont le corps est allongé ou de longueur moyenne, dont les antennes présentent les mêmes proportions, ont neuf articles, avec le quatrième plus long que le troisième, forment un genre propre auquel il conserve la dénomination précédented'Allantus; telles sont les espèces de Tenthrèdes appelées par Klug semi-cincta, notha, zonata, etc.; celles qui ne diffèrent de celles-ci, qu'en ce que ces deux articles sont d'égale longueur, composent le genre Tenthredo. Il y rapporte les espèces que le même auteur nomme rapœ, dimidiata, nassata, etc.; d autres Tenthrèdes de nous, ou d'autres Allantes de Jurine, dont le corps est court et épais, avec les antennes de neuf ou dix articles, plus épaisses dans leur milieu, terminées en pointe, et où le troisième article est plus long que le quatrième, forment dans la méthode du naturaliste anglais deux autres genres, Athalia et Selandria: ici les antennes ont neuf articles et là dix. Lepelletier adopte le premier, mais en donnant uu article de plus aux antennes; il nous a cependant paru que la séparation même du neuvième et du dixième était faiblement exprimée ou à peine rudimentaire. Les Tenthrèdes, spinarum, rosœ, annulata de Klug, rentrent dans cette coupe générique; celles qu'il nomme T. serua, cinereipes et ovata, appartiennent à la seconde, celle de Selandria. Lepelletier et Serville ne comprennent plus maintenant (Encycl. méthod.) dans le genre Tenthrède proprement dit que les Allantes de Jurine dont les antennes sont composées de neuf articles, assez longues, et ne vont point en grossissant. Les Allantes, où elles sont composées du même nombre de pièces, mais qui vont en grossissant, et sont plus courtes, forment le genre Coryna, dans lequel ils établissent plusieurs divisions et subdivisions d'après les proportions de ces organes, celles de l'abdomen et la considération de la seconde et de la troisième cellule cubitale. Il nous est impossible d'entrer dans d'autres détails. Devant e*poser en outre à l'article Tenthrédines les particularités les plus intéressantes de l'histoire de ces Insectes, nous nous abstiendrons d'en parler ici, et nous nous bornerons à la citation des espèces suivantes.

TENTHRÈDE GUÊPE, Tenthredo tricincta, Fabr.; la Mouche à scie à quatre bandes jaunes, Geoff., n° 11, pl. 16, fig. 5. Longue de six lignes, noire, avec le labre, le bord postérieur du prothorax, du premier segment de l'abdomen et celui des

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autres, a partir du quatrième, jaunes. Antennes plus grosses vers le bout, noires, avec le premier article auve. Pates de cette couleur, avec du noir sur les cuisses. Une teinte brune à la côte des ailes supérieures. Trèscommune aux environs de Paris.

TENTHRÈDE de la SCRPHULAIRE, Tenthredo Scrophulariœ, L.; Panz., Faun. Insect. Germ., 10, le mâle. Longue de cinq lignes, noire, avec les antennes fauves et un peu plus grosses vers leur extrémité. Anneaux de l'abdomen, à l'exception du second et du troisième, ayant le bord postérieur jaune. Jambes et tarses fauves. Sur la Scrophulaire.

TENTHUÉDE VERTE, Tenthredo viridis, L.; Panz., ibid. 64, a. Antennes sétacées. Corps vert, avec des taches sur le thorax, et une bande le long du milieu du dessus de l'abdomen, noires. Sur le Bouleau.

Dans quelques autres espèces le corps est proportionnellement plus court et plus épais. Fabricius en a fait des Hylotomes, et Leach des Sé- landiies. Telle est la Tenthiède cotonneuse, Tenthredo ovata, L.; Hylotoma ovata, Fabr. Elle est longue d'environ quatre lignes, noire, avec la majeure partie du dessus du thorax rouge, et une tache blanchâtre près des cuisses. La côte des ailes supérieures est noire en majeure partie. Sa larve, qui vit sur l'Aune, est d'un vert céladon, mais toute couverte d'un duvet cotonneux blanc, composé de petites touffes plates de petits fils élevés eu forme de brosses, et partant de plusieurs cavités allongées. Cette matière s'enlève aisément et disparait dans les individus qui ont fait leur dernière mue. Ces larves entrent en terre pour passer à l'état d# nymphe; la coque qui la renferme est double; l'intérieure est très-mince, très-flexible, avec un cercle blanchâtre dans son milieu; l'extérieure est assez dure et assez élastique, d'une soie d'un brun obscur et recouverte de grains de terre.

Dans cette division se range encore la Tenthrede du Cerisier, Tenthredo Cerasi, L.; Mouche à scie de la larve Lirnace, Degéer. Elle est petite, d'un noir luisant, avec les ailes noirâtres; les jambes et même une partie des tarses pâles. Sa fausse-chenille a vingt pâtes; elle est noire ou d'un vert foncé, et enduite d'uuc matière visqueuse, d'une odeur désagréable, et qui lui sert à se tenir fixée sur les feuilles du Cerisier, du Poirier, de l'Aubépine, etc., dont elle se nourrit, et à tempérer l'ardeur des rayons du soleil. Elle ressemble à une petite Limace.

La Tenthrede des galles ou la Mouche à scie des galles ligneuses du Pin de Degéer, aue nous avions mentionuée à l'article Tenthrède de la seconde édition du nouveau Dictionnaire d'Histoire naturelle, appartient au genre Némate. (LAT.)

TENTHRÉDINES. Tenthredinelœ, Tenthredinidea, Leach. INS. Hyménoptères composant la première tribu de la famille des Porte-Scies, section des Térébrans, ainsi nommée du genre Tenthredo de Linné qu'elle embrasse. Un abdomen parfaitement sesile, cylindracé, formé de neuf anneaux et muni dans les femelles, à son extrémité inférieure, d'une tarière logée dans uuc coulisse, constituée par deux lames aplaties, cultriformes, cornées, deutelées en manière de scie, et représentant l'aiguillon proprement dit des Hyménoptères poui vus de cette arme offensive; une tête carrée, offrant deux mandibules fortes, plus ou moins dentées, une languette trifide et comme digitée, des palpes maxillaires composées de six articles, et les labiaux de quatre; la présence de deux petits corps arrondis, en forme de grains et ordinairement colorés, situés derrière l'ecusson; des ailes luisantes, paraissant comme chiffonnées, et dont les supérieures oui toujours une cellule ruaiale au moins, et deux ou trois cellules cubitales complètes, outre celle qui les suit et qui est fermée par le bord postérieur, enfin un vol lourd, signalent ces Insectes. Con

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sidérés dans leur premier état ou celui de larves, ils se distinguent aussi des autres Hyménoptères en ce que, un petit nombre excepté, ils sont les seuls qui vivent en plein air, et qui, par leurs formes, leurs couleurs et le nombre de leurs pâtes, ressemblent à des chenilles; mais ces larves diffèrent spécialement de celles que l'on désigne ainsi par le nombre même de ces pâtes, qui est, dans la plupart, de dix-huit à vingt-deux, dont les six premières, ainsi que celles des chenilles proprement dites, toujours écailleuses et les autres membraneu* scs. Nous avons dit dans la plupart, parce que quelques - unes sont dépourvues de celles-ci; leur tête offre aussi deux yeux très-distincts, caractère qui les distingue encore des larves des Lépidoptères. D'après ces dissemblances et quelques autres, on est convenu de désigner les larves desTenlhréitines parla dénomination de fuisses-chenilles. Degécr et Dutrochet ont publié quelques observations intérosautes sur leur anatomie intérieure. De même que les chenilles proprement dites, elles ont des vaisseaux propres à sécréter et à renfermer la soie qu'elles emploient à la construction de leur coque lorsqu'elles vçulent passer à l'état de nymphe, et dont les fils sortent par une tilière placée aussi au bout de la lèvre inféiieure, mais qui, suivant la remarque de Degéer, est plus compliquée que celle des chenilles. Les antennes de l'Insecte parfait varient beaucoup quant à leur composition et à leur forme; tantôt elles se terminent en manière de bouton ou de massue qui se divise même quelquefois en deux branches; tantôt elles sont filiformes ou sélacées; là elles sont simples dans les deux sexes; ici, celles des mâles forment un beau panache, ou sont au moins dentées en scie. Quoique le nombre des articles varie, il est généralement de neuf. La tête est un peu plus large que longue ou transverse, arrondie aux côtes postérieurs, avec les deux yeux écartés, ovales et entiers. Le labre est ordinairement découvert v membraneux et arrondi par devant. Les mâchoires et la lèvre sont courts. La languette est droite, divisée en trois lanières, doublées, et dont la mi— toyenue plus étroite. Ses palpes sont plus courts que les maxillaires, avec e dernier article ovalaire. Les extrémités latérales du prothorax se rejettent et s'élargissent en arrière, et résentent l'apparence de deux épauettes, souvent colorées en jaune. Le dessus du inésothorax offre deux lignes imprimées qui convergent postérieurement pour former un angle, et l'on distingue fréquemment dans leur entre-deux une autre ligne, mais droite. L'écusson est en carré transversal. Le segment portant les secondes ailes a de chaque côté un enfoncement, ce qui lui donne la figure d'une sorte de double Y renversé. Les deux petits corps en forrrte de grains aplatis, dont nous avons parlé plus haut, sont situés au-dessus de ce segment de chaque côté de l'écusson. La coulisse, entre laquelle est placée la tarière de la femelle, consiste en deux lames concaves: c'est avec le jeu alternatif des deux lames composant cette tarière et l'action des dentelures, que cet Insecte fait successivement dans les branches et autres partiesdes végétaux de petits trous dans chacun desquels il place uu œuf et ensuite une liqueur mousseuse qui empêche, à ce que l'on présume, les ouvertures de se fermer. A mesure que les œufs grossissent, les plaies, faites par les entailles de la scie, deviennent plus convexes; quelquefois elles prennent la forme a'uue galle ligneuse ou molle et pulpeuse, selon la nature et la consistance de la portion offensée du végétal; dans ce cas, cês excroissances servent à la fois de berceau et de nourriture à la larve; tantôt elle y subit toutes ses métamorphoses, tantôt elle quitte sa d^moure lorsqu'elle veut se changer en nymphe, et se laisse tomber a terre pour s'y cacher. C'est là aussi que beaucoup d'autres larves, qui ont vécu de feuil-

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les, achèvent leurs transformations. Degéer en a observé dont lu nymphe était nue; mais presque toutes font des coques; celles même de quelques-uues, les Hylotomes, par exemple, sont doubles; l'extérieure est composée d'une soie grossière et à grandes mailles; l'intérieure est d'un tissu serré et flexible; d'autres fausses-chenilles fixent leurs coques aux parties des végétaux qui leur ont îourni leurs alimens. L'une des extrémités de ces coques se détache eu manière de caloltepour livrer passage à l'Insec te parfait. Plusieurs de ces larves vivent en société, quelquefois même sous une tente soyeuse, à l'instar de plusieurs chenilles, et ne sont pas moins nuisibles qu'elles. Celle qui vit $ur le Pin est souvent pour cet arbre un fléau des plus pernicieux.

Ou trouvera dans les Mémoires de Degéer la description et l'histoire d'un grand nombre de ces fausseschenilles: leurs formes et leurs légumens varient beaucoup, selon les espèces; il eu est surtout une très-remarquable, et que nous devons d'autant plus mentionner qu'elle est trèscommune dans nos jaidins, sur les feuilles du Poirier et du Cerisier; c'est celle qu'il nomme fausse-chenille Limace. Elle est presque conique, noire, gluante, et ressemble, au premier aspect, à un jeune individu du Mollusque désigné ainsi. Quelques espèces ont cela de propre, Sue le dessous de leur corps est inuni 'un certain nombre de petits mamelons rétractiles. Sous le rapport des attitudes, il y en a de singulières; ainn quelques-unes de ces larves se roulent en spirale, d'autres ont l'extrémité postérieure de leur corps élevé en arc. Celles des Cimbex peuvent seringuer par les côtés, et jusqu'à un pied de distance, des jets 'une liqueur verdâtre. Il en est qui conservent encore long-temps après être mises en coque leur forme primitive.

L'historien des Insectes des environs de Paris forma d'abord, avec les Tentbièdea de Liuué à antennes eu bouton, un genre propre sous le nom de Crabro ou Frelon, désignation assea impropre, et qu'Olivier remplaça enr suite par celle de Cimbex. Degeer n'adopta point ce changement, et, après avoir exposé une distribution de ces Insectes, d'après la variété de formes des antennes, il en suivit une autre fondée sur le nombre des pales de leurs larves; mais il est aisé de voir qu'elle contrarie l'ordre naturel, puisque parmi les Hylotomes, considérés daus leurs limites génériques actuelles, il en est dont lesfausses-cheniljes onfviugt et dix-huit pâtes. Uu naturaliste qui, par l'emploi d'un caractère dont on n'avait pas encore fait usage, celui tiré du réseau des ailes, a Je plus contribué à débrouiller le genre Tenthredo de Linné, est, sans contredit, Jurinc père. Nous citerons ensuite le docteur Kliig qui a public d'excellentes monographies de plusieurs genres de cette tribu, et le travail de Lepclletier de Saint- Fargeau qui les embrasse tous, mais dont la synonymie aurait besoin d'etre mise en concordance avec celle de l'entomologiste précédent, Lepclletier n'ayant pu se procurer ces ouvrages à l'époque où li a rédigé le sien. Le docteur Leach, dans le troisième volume de son Zoological Misccllany, a exposé une distribution générale et plus étendue de celte famille d'Hyménopicres qu'il partage en neuf races, et dans laquelle il a introduit plusieurs nouvelles coupes génériques, mais peu importantes pour la plupart. L'on pourra consulter, tant pour ces méthodes que pour la nôtre, ce qu'ont dit à cet égard Lepelletier de Saint- Fargeau el Serville, dans le dernier volume des Insectes de l'Encyclopédie méthodique.

LesTenthrédinesse divisent naturellement en deux sections, les Tenthrédines propres et celles que l'on peut nommer Siréciformes, a raison de leur affinité avec les Sirex. Dans les premières, l'abdomen est déprimé et la tarière n'en dépasse point

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l'extrémité postérieure. Le bout interne des deux jambes antérieures offre deux épines droites et divergentes. Les antennes, lorsqu'elles sont simples, ne sont souvent composées que de neuf articles. Les fausscs-chenilles vivent en plein air ou retirées dans des excroissances végétales. Tantôt le labre est toujours apparent ou découvert; le milieu du côté interne des quatre jambes postérieures n'offre point d'épines ou n'en a qu'une au plus. Les fausses chenilles ont de dix-huit à vingt-deux pâtes. Là, les antennes toujours courtes, sont terminées par un re'ntlement, soit en forme de cône renversé et arrondi au bout ou en bouton, soit par un grand article en massue allongée, prismatique ou cylindrique, cilié ou velu, et quelquefois fourchu dans les mâles, plus épais dans l'autre sexe; le nombre des articles qui précèdent ce renflement est de cinq au plus.

I. Antennes terminées par un renflement en forme de bouton, précédé de quatre ou cinq articles semblables dans les deux sexes. (Toutes les fausses-chenilles connues ayant vingtdeux pâtes.)

A. Deux cellules radiales; trois cellules cubitales (1) dont la dernière fermée par le bord postérieur de l'aile.

Genre: CIMBEX, Cimbex.

Les espèces dont les quatre cuisses postérieures sont très-renflées dans les mâles composent les genres Cimbex, Trichiosoma et Clavellaria de Leach.

Celles où l'on n'observe point cette différence sexuelle forment ceux qu'il nomme Zarœa, Abia, Atnasis.

B. Une cellule radiale appeudicée; quatre cellules cubitales dont la dernière fermée par le bord postérieur' de l'aile.

Geures: Perga, Perga, et Syzigonie, Syzigonia.

II. Troisième et dernier article des antennes formant une massue allongée, prismatique ou cylindrique, plus grêle, ciliée, quelquefois fourchue dans les mâles. (Une cellule radiale ordinairement appendicée. Fausses-chcnilles ayant vingt ou dixhuit pâtes.)

A. Quatre cellules cubitales.

Genres: Hylotome, Hylotoma, et Schizocêre, Schizocera, Nob.; Cryptus, Leach.

Nota. Dans les Cryptus de Lepelletier la cellule radiale n'est point appendicée.

b. Trois cellules cubitales.

Genre: Ptllie, Ptilia, de Lepelletier.

Ici les antennes, offrant toujours distinctement neuf articles au moins, sont tantôt filiformes ou insensiblement plus grosses vers le bout, tantôt sétacées.

I. Antennes de quinze articles au plus, et le plus souvent de neuf, simples dans les deux sexes, ou tout au plus et très-rarement semi-pcctinées dans les mâles.

A. Antennes simples dans les deux sexes.

a. Deux cellules radiales.

* Quatre cellules cubitales.

Genres: Tenthrède, Tenthredo; Atualie, Athalia. Rapportez-y les suivans de Leach, Selandria, Allantus.

** Trois cellules cubitales.

† Antennes de onze à quinze articles.

Genre: MASADE, Masada de Leach, auquel nous réunissons ceux d'Acedera et Salona, qu'il avait pareillement établis d'après notre collection, mais encore inédits. V. Klug, Monogra

(1) L'étendue des deux premières dépend de la disparition de l'une des deux petites nervures qui, daas les ailes oùil y a quatre cellules cubitales, séparent la première de la seconde, ou celle-ci de la troisième.

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phie du genre Tenthrède, espèces n° 182-186.

†† Antennes de neuf articles.

Genre: DOLÈRE, Dolerus. Rapportez-y les suivans de Leach, Fenusu, Dosytheus, Emphytus.

b. Une cellule radiale.

Genre: Pristipiiore, Pristiphora; Némate, Nematus. Joignez-y ceux de Messa et de Crœsus de Leach.

b. Antennes semi-pectinées dans les mâles.

Genre: CLADIE, Cladius, Nob.

II. Antennes de seize articles au moins, pectinées ou en éventail dans les mâles, et en scie dans les femelles.

Genres: Lophyre, Lophyrus, et Ptérygophore, Pterygophorus.

Tantôt le labre est caché ou peu saillant. Le côté interne des quatre jambes postérieures présente, avant son extrémité, deux ou trois épines. Les antennes sont toujours composées d'un grand nombre d articles. La tête est forte, portée sur une sorte de cou, avec les mandibules très-croisées. Les fausses chenilles n'ont point de pales membraneuses.

Genres: Mégalodonte, Mégalodontes, Nob.; Tarpa, Fabr., et Pamphllie, Pamphilius, Nob., Lyda, Fabr.

Les Tenthrédines de notre seconde section, les Siréciformes, ont l'abdomen généralement comprimé, avec la tarière saillante par-delà, en manière de queue. L'extrémité interne des deux jambes antérieures n'cfTie qa'une seule épine qui est courbe et terminée par deux dents. Celles des fausses chenilles, dont on a suivi les métamorphoses, vivent dans l'intérieur des végétaux ou dans le vieux bois.

I. Antennes et palpes maxillaires terminés en manière de fouet ou brusquement sétacés vers leur extrémité.

Genre: XYÈLE, Xyela.

II. Antennes soit terminées en manière de fuseau allongé, soit insensiblement plus grêles vers le bout.

Genres: CEPHUS, Cephus, et Xiphydrie, Xiphydria. (LAT.)

TENTYRIE. Tentyria. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, famille des Mélasomes, tribu aesPiméliaires, confondu par Fabricitis avec celui d'Akis, et que nous signalerons ainsi: corps ovula ire, avec le corselet presque orbiculaire, soit plus étroit que Fabdomen, soit de sa largeur, mais arrondi aux angles postérieurs, et laissant un vide entre eux et la base des éljtres. Tête point rétrécie postérieurement. Antennes grossissant insensiblement, de onze articles trèsdistincts, obconiques ou presque cy- 1 lindriques et amincis vers la base pour la plupart, les avant-derniers presque en forme de toupie, et le dernier ou le onzième presque aussi long que le précédent, ovoïde. Labre découvert et point reçu dans une échancrure du bord antérieur de la tête; milieu de ce bord un peu avancé en pointe ou en manière de dent. Dernier article des palpes maxillaires un peu plus grand, presque obeonique. Menton recouvrant la base des mâchoires, presque carré, avec le bord supérieur anondi et échancré dans son milieu. Abdomen en forme d'ovoïde renversé et tronque à sa base. Jambes étroites et simples.

Les Tentyries soul propres aux contrées méridionales el sablonneuses de l'Europe méridionale, ainsi qu'à d'autres de l'Afrique et de l'Asie; tels sont les Akis glabra, punctala, abbreviata, orbiculata et lœvisata de Fabricius. Il nous a pnru que Te genre Tagona de Fischer (Entom. de la Russie) n'en différait pas essentiellement. Nous renverrons, pour d'autres détails, au second volume de notre Généra Crust. et Insect. (LAT.)

TÉNUIROSTRES. OIS. Duméril emploie ce mot pour désigner, dans sa Zoologie analytique, plusieurs familles d'Oiseaux dont Ip. bec est en

TOME XVI. 8

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général long et mince, flexible, peu dur et même souvent mou. L'une de ces familles appartient à son second ordre, les Passereaux, et l'autre au cinquième, les Echassiers. (dr..z.)

TEPE. mam. Hernandez, dans son Histoire du Mexique, a décrit sous le nom de Tepe maxilaton un Chat que Linné a cru être le Felis tigrina, espèce fort douteuse ou qui est plutôt e Chat margay. (less.)

TEPESIA. BOT. PHAN. Gaertner fils (Carpologia, p. 72, tab. 192, fig. 6) a érigé sous ce nom, en un fenre nouveau de la famille des Ruiacées, une Plante dont on ne donnait Lue le fruit couronné par le calice, e calice est supère, à quatre dents inégales; deux opposées plus grandes, extérieures, dressées, courbées en dedans; deux plus petites connivenles, alternes avec les plus grandes, toutes un peu obtuses, bossues à la base, marquées d'un sillon médian, et persistantes. Le fruit est une baie iufère, oblongue, quadriloculaire, renfermant plusieurs graines nichées dans une pulpe. pourvues d'un albumen charnu et d'une radicule vague. Ce fruit provient de la collection de l'Héritier. La Plante (Tepesia dubia) est probablement originaire du Chili. (G..N.)

TEPHIS. BOT. PHAN. (Adanson.) V. ATRAPHACE.

TEPHRANTHUS. BOT. PHAN. (Necker). Syn. de Meborea d'Aublet. V. ce mot. (G..n.)

TÉPHRINE. min. Nom créépar De Lamétherie, et adopté par Cordier pour désigner une espèce de Lave èldspathique provenant de la décomposition des Roches leucost iniques. V. Laves et Roches. (G.DEL.)

TÈPHRITE. Tephrilis. ins. Genre de l'ordre des Diptères, fomille des Athéricèrcs, tribu des Muscides. De petites Mouches dont les ailes sont généralement tachetées, et qu'elles haussent et abaissent presque continuellcment dans le repos, et dont le corps est terminé dans les femelles par un tuyau écailleux, leur servant à déposer leurs œufs dans les semences des plantes, de divers fruits, et Quelquefois encore sous l'épiderme de la tige de divers végétaux, ce qui occasione souvent ensuite une excroissance ou galle, avaient paru à Degéer (Mém. Jnsect., 6, p. 41) devoir Former dans le genre Musca une famille piopre. C'est avec ces mêmes Diptères que nous avons composé le genre Tephritis, que Fabricius a adopté, mais aux dépens duquel il en a établi un autre, celui de Dacus, ne différant du précédent que par l'allongement de la palette des antennes. Quelques espèces de son genre Scatophaga doivent être rapportées au premier. Dans la méthode de Meigeu, la dénomination générique de Tephritis est supprimée. Quelques espèces forment le genre Ortalis, introduit par Fallen, et les autres celui de Trypeta. En comparant les caractères qu'il leur assigne, on voit que le premier ne s'éloigne du second que par son hypostome ou surbouche, et que par l'abdomen dépourvu dans les femelles de stylet ou a'oviducte saillant; du moins n'attribue-t-il ce signalement qu'aux Trypètes. Cet oviaucte doit cependant exister dans les Ortalides, puisque plusieurs de ses espèces (O. cerosi, syngenesiœ) placent aussi leurs œufs dans des baies ou des semences; mais il peul être mou et retiré dans l'intérieur de l'abdomen. Quoi qu'il en soit, les Téphrites font partie d'une division des Muscides que nous avons nommée Carpomyzes, et s'éloignent des Cephalies, des Sepsis et des Diopsis, à raison de leur corps et de leurs pâtes beaucoup moins allongées. L'abdomen des femelles, composé de cinq anneaux de même que celui des Ortalides, est terminé par un oviducte tubulaire, toujours saillant. La têie vue en dessus est plutôt transverse que longitudinale, ce qui les distingue des Tétanops. L'abdomen des Pla lys tomes, autre genre de

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la même division, ne présente en dehors que quatre segmens. Meigen mentionne soixante-trois espèces de Trypètes ou Téphrites, parmi lesquelles nous citerons le Téphrite de la Bardane, Musca Arctii, Deg., Ins., 6, p. 42, pl. 2, fig. 6, 14. Le corps est d'un vert jaunâtre et parsemé de poils roides et unis. L'extrémité de l'écusson offre uu point de cette couleur j on en voit d'autres sur l'abdomen et disposés sur quatre lignes longitudinales. Les ailes ont quatre bandes transverses, d'un brun clair. La tarière forme un tuyau conique) tronqué au bout, servant de fourreau à uu autre tuyau, mais mou, transparent, cylindrique, et emboîtant lui-même un autre tube ayant plus tle roideur, terminé en pointe et aui doit être l'oviducle proprement ait. L'abdomen du mâle est arrondi à son extrémité, et son dernier anneau est deux fois plus grand que le précédent. C'est dans les graines des fleurs de la Bardane que ces Insectes que l'on voit souvent roder autour d'elles en grand nombre, et en balauçant continuellement leurs ailes, placent leurs œufs. Les larves rongent l'intérieur de ces graines. Elles sont ovales, garanties par un derme coriace, d'un blanc jaunâtre luisant, rases, avec la partie antérieure du corps conique; la tête de figure variable et armée d'un instrument écailleux, en forme de crochet noir, rétractile, et au moyen duquel elles rongent la pulpe séminale. L'extrémilé opposée au corps est comme tronquée et aplatie au bout; on y aperçoit une grande tache d'un jaune d'oore sur laquelle sont deux points bruns formés par les stigmates postérieurs. C'est dans ces mêmes graines, et vers la fin d'août, que ces larves se convertissent en nymphes. Leur dernière transformation n'a lieu que dans le mois de juin de l'année suivante. La Té- parité du Chardon, Tephritis Cardui, L., Réaum., Insect., 3, pl. 45, fig. 12, 10, est d'un noir luisant, avec line ligne de chaque côté du thorax, l'écusson et les pâtes jaunes.

Les ailes ont une bande brune en zigzag. La femelle pique les tiges au Chardon hémorrnoïdal pour y enfoncer ses œufs; il y naît une galle servant d'habitation et d'aliment à la larve. Dans l'ouvrage sur le Règne Animal de Cuvier, nous avons cité une observation de Catoire, payeurgéncral à Colmar, relative à une autre espèce de Téphrite qui, dans l'Ile-de-France, nuit beaucoup à la culture du Citron, en ce que les femelles déposent leurs œufs dans les fruits de cet arbre et les empêchent de parvenir à une parfaite maturité.

L'espèce de la même division aui attaque plus communément les Olives, l'Oscinis Oleœ de Fabricius, offre tous les caractères des Téphrites; seulement la palette des antennes est proportionnellement plus allongée, ce qui rapproche cet Insecte des Z?acus de ce célèbre entomologiste. Le corps est rougeâtre, avec une grande partie du dessus du thorax et deux rangées de taches sur l'abdomen, noirâtres. L'écusson et les pieds sont jaunâtres. V. Coquebert, Illust. icon. des Insec., déc. 3, pl. 24, f. 16. Consultez, pour les autres espèces, Meigen et l'artrcle Tephrite de l'Encycl. méthod. (lat.)

TÉPHRITE. min. Nom donné par Pline à des Pierres dont la nature n'est pas bien connue, et dont le principal caractère était d'avoir une couleur d'un gris de cendre. (G. DEL.)

TÉPHROITE. min. Nom donné par Breithaupt à un Minéral compacte, à cassure imparfaitement conchoïde, ayant une couleur gris de cendre et un éclat tirant sur l'Adamantin. Il est plus dur que la Chaux phosphatée et moins que le Feldspath. Sa pesanteur spécifique est de 4, 10; il fond au chalumeau en une scorie noire. Ou le trouve dans la mine de Sparta, aux Etats-Unis, avec la Francklinite et le Zinc oxidé rouge. Breithaupt lui trouve quelque ressemblance extérieure avec l'Argent muriaté. (g.del.)

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TÉPHROSIE. Tephrosia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Légumineuses, tribu des Lotées, établi par Persoon aux dépens de plusieurs Galega exotiques, puis adopté par Kunth et De Candolle qui l'ont augmenté d'un nombre considérable d'espèces décrites par les auteurs sous divers noms génériques, et principalement sous ceux de Galega et Robinia. Voici ses caractères essentiels: calice dépourvu de bractées, à cinq dents presque égales; corolle papilionacée, dont l'étendard est grand, arrondi, soyeux et pubescent au côté externe, rétléchi; les ailes adhérentes à la carène obtuse; étamines tantôt monadelphes, tantôt diadelphes; le filet supérieur quelquefois à demi soudé; style filiforme, terminé par un stigmate; gousse ordinairement sessile, comprimée, plane, linéaire, polysperme, à valves planes et à graines comprimées. De Candolle a établi quatre sections dans ce genre qui a pour synonyme le Needhamia de Scopoli; et il leur a donné des noms oui avaient autrefois servi à désigner des genres distincts du Galega. La première est nommée Mundulea, et se compose de quelques espèces de rinde-Orientale qui étaient placées dans les Robinia par Roxburgh. La seconde section se rapporte au genre Brissonia de Necker; elle est formée d'un petit nombre d'espèces de l'Amérique septentrionale. La troisième, sous le nom de Craccoides, renferme Suaire espèces de l'Amérique méridionale et des Antilles. La quatrième, à laquelle De Candolle a conservé le nom de Reineria, imposé par Mœnch à une espèce qu'il considérait comme type d'un genre particulier, se compose d'un grena nombre d'espèces (environ quarante) qui habitent les diverses contrées chaudes du globe; ainsi on en trouve dans l'Inde-Orientale, l'Afrique et l'Amérique méridionale. A Ceylan, le Tephrosia ou Galega tinctoria sert à préparer de l'Indigo, et on le connaît sous le nom vulgaire d'Anil, qui est aussi donné à l'lndigofera tinctoria. Une espèce des environs de Popayan, dans l'Amérique méridionale, est employée par les habitans en guise de Séné aussi Kunth l'a-t-il nommée T. Senna. En outre des quatre sections que nous venons de mentionner, De Candolle a rejeté à la fin, comme trop peu connues, une vingtaine d'especes pour la plupart décrites sous le nom de Galega. Les Téphrosies sont en général des Plantes frutescentes ou herbacées, munies de stipules libres et lancéolées, de feuilles imparipinnées, et de fleurs blanches ou rouges disposées en grappes axillaires.

Le genre Kiesera, récemment établi par Reinwardt et Hornschuch, paraît devoir rentrer dans le Tephrosia. (G..N.)

TEPION. BOT. PHAN. Adanson avait formé sous ce nom un genre désigné autrefois par Vaillant sous le uom de Ceratopetaloides, et que Linné a réuni au genre Verbesina. (G..N.)

TÉPUGUIPE. BOT. PHAN. L'Arbrisseau d'Amérique décrit sous ce nom par Lœfling appartient à la famille des Légumineuses, mais n'a pu être rapporté avec certitude à aucun genre connu. (G..N.)

TERAMNUS. BOT. PHAN. Patrick Browne (Hist.Jam., 290)a établi sous ce nom un genre de la famille des Légumineuses, qui a été adopté par Swarlz, et ainsi caractérisé: calice à deux lèvres, la supérieureplus longue, bifide, l'inférieure partagée profondément en trois lobes aigus; corolle papilionacée, dont la carène est trèspetite, cachée par le calice; étamines monàdelphes, dont cinq stériles; stigmate en tête, sessile au sommet de l'ovaire; gousse linéaire, comprimée et polysperme. Ce genre, qui a été placé par De Candolle dans la tribu des Phaséolées, ne se compose que de deux expèces auxquelles owartz a donné les noms de Teramnus uncinatus et T. volubilis. Linné avait placé la première parmi les Dolichos. Ce sont des sous-Arbrisseaux indigènes des Antilles, à rameaux

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volubiles, un peu anguleux, à feuilles tri folio lées, et à fleurs petites, rougeâtres, formant des grappes axilfaires plus longues que la feuille. (G..N.)

TERANA. BOT. chypt. (Champignons.) Adanson a établi sous ce nom un genre qui comprend plusieurs Agaricus de Micheli, et particulièrement ceux figurés pl. 66, fig. 6 et 7, qui sont des Thelephora, et qui, d'après sa description, paraissent être es Thelephora cœrulea et ferruginea de Persoon. (ad. b.)

TERAPON. pois. V. Esclave et Perche.

TERCOL et TERCOU. OIS. Noms souvent employés au lieu de Torcol. V. ce mot.(dr..z.)

TÉUÉBELLAIRE. Tercbellaria. polyp. Genre de l'ordre des Milléporées, dans la division des Polypiers entièrement pierreux, ayant pour caractères: Polypier fossile, dendroïde, à rameaux cylindriques, épars, contournés en spirale de gauche à droite ou' de droite à gauche, indifféremment; pores saillans, presque tubuleux, nombreux, situés en quinconce, plus ou moins inclinés suivant leur position sur la sphère. Ce genre de Polypiers fthsiles, établi par Lamouroux, est un des mieux caractérisés de ceux qui se trouvent aux environs de Caen. On ne peut le confondre avec les Spiropores; ceux-ci out leurs pores seulement contournés en spirale, et sur une seule rangée; dans les Térébellaires, c'est la substance du Polypier qui semble tournée sur sou axe, et chaque tour forme un bourrelet saillant inférieurement. On ne peut mieux comparer cette structure, pour l'apparence, qu a la spire de certaines coquilles lurriculées, notamment aux Turritelles imbriquées et imbricataires; seulement on conçoit que dans le Polypier l'accroissement s est fait par la pointe et même parla surface. On peut s'assurer de cette structure, noneulcineni en examinant de? échantillons ou existent des rameaux qui commençaient à se former, mais encore en sciant ou en usant une branche sur sa longueur. Toute la surface des Térébellaires est couverte de petits pores faciles à distinguer à l'œil nu, disposés régulièrement en quinconce et très-voisins les uns des autres. Ces pores, étudiés sur des échantillons bien conservés, présentent une disposition fort singulière: en dessous au petit bourrelet formé par la saillie des tours de spire, les pores sont plus serrés que partout ailleurs; ils ne sont point saillans, et leur ouverture est béaute; sur la convexité du bourrelet, les pores sont tubuleux, saillans et ouverts; enfin, sur la portion inclinée de la spire, jusqu'au bourrelet du tour de spire qui succède, les pores bien évidens sont bouchés par un opercule. Quelque bizarre que pourra paraître une pareille structure, ce n'est point une illusion, nous l'avons constatée sur un grand nombre d'échantillons; les pores tubuleux du bourrelet sont souvent cassés, les autres presque toujours bien distincts.

Les Térébellaires naissent d'un petit empâtement; 1a tige, courte, plus grosse que les branenes, et proportionnée pour la grosseur au nombre de celles - ci, se ramifie beaucoup dans Tune des espèces et peu dans l'autre; c'est la seule différence essentielle, et il n'y aurait nul inconvénient à les réunir. Lamouroux les sépare l'une sous le nom de Terebellaria ramosissima, et l'autre sous celui de T. antilope. (e. d..l.)

TÉRÉBELLE. Terebella. annel. Ce genre, établi originairement par Linné, a subi de nombreux changemens dont les principaux sont dus à Savigny. Ce savant, dont nous suivons ici la méthode, admet le genre Térébelle en le restreiguant aux espèces qui ont pour caractères distinctifs: bouche semi-inférieure; tentacules très-longs, entièrement découvcits; six, quatre ou deux branchies complètement libres, supérieures, aibusculifovmes, a subdivisions nom-

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breuses: premier segmeut dépourvu de soies et sans disque operculaire. Ce geure appartient dans la classification de Saviguy (Ouvr. d'Egypte, in-f°, Syst. des Annel., p. 69 et 83) à l'ordre des Serpulées et à la famille des Amphytrites. Il se distingue des autres genres de cette famille par des caractères assez tranchés; ainsi il diffère des Serpules, des Sa belles et des Hermelles, parce qu'elles ont des lames ventrales d'une seule sorte, portant toutes des soies à crochets, et parce qu'elles sont pourvues de longs tentacules. Elles partagent ces caractères avec les Amphictènes; mais ce qui les en éloigne, c'est la position semi-inférieure de leur bouche, leurs tentacules découverts i la base, et l'absence des soies au premier segment qui n'offre pas d'opercule. D'autres caractères différentiels le font encore reconnaître en étudiant avec plus de soin l'organisation extérieure des espèces de ce genre. Leur corps allongé, fuselé ou ventru, est garni par dessous d'une large bandelette charnue qui s'étend du second segment au quatorzième où elle se termine en pointe; il est ensuite prolongé après le dix-huitième et le vingtième segment en une queue cylindrique, dirigée en arrière et Composée d'anneaux très-nombreux; les trois ou quatre derniers anneaux forment un tube court, replié en dessous et terminé par un anus plissé et circulaire. La bouche, presque exactement antérieure, présente deux lèvres transverses dont la supérieure large, avancée, voûtée, est surmontée de nombreux tentacules, et dont l'inférieure est étroite et plissée en travers. Les tentacules qu'on voit insérés autour de la lèvre supérieure sont inégaux, la plupart sont longs, filiformes, striés circulairement, très-extensibles, marqués en dessous d'un sillon, frisés sur les bords et rendus visqueux et préhensiles par de fines aspérités. Les pieds ou appendices des trois premiers segmens sont nuls ou anomaux; ainsi, dans le premier segment, ils consistent en deux filets inférieurs, demi-circulaires, conligus à leur base, écartés à leur sommet et tournés en devant; ceux du second sont absolument nuls, et les appendices du troisième consistent en deux feuillets inférieurs, écartés dès leur base, semblables d'ailleurs aux précédens. Les pieds du quatrième segment et de ceux qui suivent sont conformés à l'ordinaire et de trois sortes: 10 les premiers pieds ont une rame dorsale pourvue de soies subulées, mais pas de rame ventrale ni soies à crochets; 2° les seconds pieds et les suivans, jusques et compris les dix-septièmes et même les dix-neuvièmes, sont à rame dorsale pourvue d'un faisceau de soies subulées et à rame ventrale en forme de mamelon transverse, armée d'un double rang de soies à crochets; 5° les dix-huitième ei vingtième pieds, et les suivans, compris fa dernière paire, manquent de rame dorsale, mais en ont une centrale garnie comme les précédens d'un double rang de soies à crochets. Les pieds des trois derniers segmens sont presque imperceptibles; toutes les soies subulées sont tournées en dehors et terminées simplement en pointe. Quant aux soies à crochets, elles sont courtes et minces, étranglées vers leur sommet qui est relevé, arrondi en dessus et découpé par dessous en quatre dents. Les branchies, au nombre de six, de quatre ou de deux, sont complètement supérieures et insérées sur les second, troisième et auairième segmens, près de la base des appendices quand ceux-ci existent: elles consistent eu autant d'arbuscules délicats plus ou moins touffus.

Les Térébelles construisent des fourreaux ouverts antérieurement, presque fermés en arrière, membraneux et peu solides; elles les entourent de fragmens de coquilles on de grains de sable, et se tiennent dans leur intérieur. Savigny a partagé le genre Térébelle en trois tribus.

† Lèvre supérieure non dilatée en deux lobes Appendices des premier

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el troisième segmens formant ensemble quatre lobes latéraux dirigés en avant. Branchies au nombre de trois paires, ramifiées dès leur base, insérées aux second, troisième et quatrième segmens.

Ire Tribu. — Terebellæ simplices.

La TÉRÉBELLE COQUILLIÈRE, Terebella conchilega de Linné et de Cuvier, qui est

Ta même que la Nereis conchilega de Pallas. Des côtes de l'Océan.

La Térébelle Méduse, Terebella Médusa, Sav., Aun. d'Egypte, pl. 1, fig. 3. Des côtes de la mer Rouge.

La Térébelle cirreuse, Terebella cirrata, Sav., ou la Nereis cirrvsa de

Linné, et l'Amphitrite cirrata de Muller et d'Othon Fabricius, ou encore le Ver-Méduse, Dicquem., Journ. de Phys., 1777, mars, p. 215, tab. 1, fig. 10, 11.

†† Lèvre supérieure dilatée à sa base en deux lobes latéraux, tentaculifères. Appendices du premier et du troisième segment nuls. Branchies au nombre de deux poires, ramifiées dès leur base, insérées aux second et troisième segmens.

II. Tribu. — Terebellæ phyzeliæ.

La Térébelle chevelue, Terebella cincinnata d'Othon Fabricius (Faun. Groenl., n° 270). Des mers du Nord.

††† Lèvre supérieure…… Appendices des premier et troisième segmens nuls. Une seule paire de branchies ramifiée à l'extrémité, insérée, à ce qu'il paraît, au troisième segment.

IIIe Tribu. — Terebellæ Idaliæ.

La Térébelle ventrue, Terebella ventricosa, Bosc (Hist. des Vers, T. 1, pl. 6, fig. 4, 5). Des mers de l'Amérique septentrionale.

Savigny cite encore dans chaque section plusieurs espèces qu'il rapporte à son genre Térébelle, mais il n accepte pas toutes celles qui ont clé classées dans ce genre par les zoologistes; ainsi la Terebella aphroditois de Gmelin est une Léodice. Les Térébelles bicornis et stellata, Abild. et Gmel., sont des Serpulos; les T. carunculata, complanata et rostrata, Gmel., sont des Pleiones; sa Terebella chtysocephala est une Hermelle; sa Terebella flava est une Chloé. (aud.)

TEREBELLUM. MOLL. Klein (Meth. ostrac.) a depuis long-temps établi ce genre qui est absolument le même que celui que les auteurs modernes ont reproduit sous le nom de Tarrière V. ce mot. (D. H.)

TEREBENTHINA. BOT. PHAN. (Rumph, Amb., 6, tab. 67, fig. 2.) Même chose qu'Ambulie. V. ce mot. (B.)

TÉRÉBENTHINES, BOT. PHAN. On appelle ainsi des substances résineuses liquides, d'une consistance oléagineuse, d'une odeur forte et pénétrante, d'une saveur âcre et chaude, d'une couleur plus ou moins jaune. Les Térébenthines s'obtiennent en pratiquant des incisions à l'écorce n'Arbres qui appartiennent spécialement aux familles des Conifères, Térébinthacées rt Légumineuses. On les a souvent confondues avec les Baumes naturels, mais elles en diflèrent par l'abseuce de l'Acide benzoïque, qui forme le caractère spécial de ceux-ci. Elles ne sont composées que d'une résine dissoute dans une huile volatile. Nous allons indiquer ici les principales Térébenthines usitées dans les arts:

Térébenthine de CHIO. C'est la plus estimée de toutes; on la retire du Pistacia Terebinthus, L., famille des Térébinthacées. V. Pistachier.

Térébenthine de Copahu, vulgairement Baume de Copahu, qui se retire du Copaifera officinales, L., famille des Légumineuses. V. Copaïfère.

Térébenthine du Canada ou Baume dt; Canada, faux Baume de Gilead, fourni par l'Abies balsamea de la famille des Conifères. V. Sapin.

Térébenthine de Venise ou DU Méléze, fournie par le Larix euro

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Pœsa, famille des Conifères. V. MÉLÈZE.

TÉRÉBENTHINE DE STRASBOURG OU DU SAPIN, qui découle de l'Abies taxifolia, famille des Conifères. V. Sapin.

TÉRÉBENTHINE DE BORDEAUX OU DU PIN, produite par le Pinus maritima, famille des Conifères. V. Pin, etc., etc. (a.r.)

TÉRÉBINTHACÉES. Terebinthaceæ. BOT. PHAN. Famille naturelle de Végétaux dicotylédons polypétales, sur laquelle le professeur Kunth a publié un excellent Mémoire dans le T. il des Annales des Sciences naturelles, p. 333. Nous allons indiquer d'abord les caractères généraux propres à toute la famille, après quoi nous ferons connaître les divisions ou tribus qu'on y a établies, et dont plusieurs ont été considérées comme des familles distinctes, entre autres par R. Brown et Kunth. Les Téré- DÎnihacées sont des Arbres ou des Arbrisseaux en général exotiques, souvent laiteux ou résineux. Leurs feuilles sont alternes, simples ou plus souvent composées, dépourvues de stipules, ce qui peut servir à les distinguer des Légumineuses qui ont le même port. Elles ont des fleurs hermaphrodites ou unise^uées, de peu d'apparence, généralement disposées en grappes plus ou moins rameuses; çhacuuc d'elles présente un calice de trois à cinq sépales, quelquefois réunis ensemble à leur base. La corolle qui manque quelquefois se compose en général d'autant de pétales simples qu'il y a de lobes au calice. Les étamines sont en nombre égal, rarement double ou quadruple des pétales; dans le premier cas elles alternent avec ceux-ci. Ces étamines sont tantôt immédiatement insérées sous l'ovaire, tantôt sur un disque adhérent avec la base du calice. Le pistil se compose de trois à cinq carpelles tantôt distincts, tantôt soudés par leur base, tantôt enfin entièrement réunis en un seul, et souvent environnés d'un disque périgyne et annulaire; quelquefois plusieurs de ces carpelles avortent, et il n'en reste qu'un seul au centre de la fleur; chacun d'eux est à une seule logé, contenant tantôt un ovule porté au sommet d'un podosperme filiforme qui naît du fond de la loge, tantôt un ovule renversé, tantôt enfin deux ovules renversés ou collatéraux. Les fruits sont secs ou drupacés, à une ou plusieurs loges suivant qu'ils proviennent d'un seul ou de plusieurs carpelles; ils ne contiennent en général qu'une seule graine: elle renferme un embryon épispermique, droit ou plus ou moins recourbé.

Nous avons dit au commencement de cet article que plusieurs auteurs avaient proposé de partager la famille des Térébinlhacées en un certain nombre de tribus ou de familles distinctes; ainsi Robert Brown avait divisé les genres de Térébinlhacées en trois familles qu'il nommait Anacardées, Amyridées et Connaracèes. Kunth, dans son Mémoire sur les Térébinthncées, en forme sept familles distinctes qu'il décrit sous les noms de; 1° Térébinlhacées vraies; 2° Juglandées; 3° Burséracées; 3° Amyridées; 5° Ptéléacées; 6° Connaracèes; 7° Spondiacées; mais, à l'exception de la famille des Juglandées déjà établie par nous depuis long-temps, et qui est bien distincte par ses fleurs mâles disposées en chatons et son ovaire infère, les autres familles ne nous paraissent être que de simples tribus d'un même ordre naturel, analogues à celles qui ont été établies dans d'autres grandes familles voisines, et en particulier dans les Rosacées et les Légumineuses. D'un autre côté nous ferons remarquer que le professeur Adrien de Jussieu, dans son beau travail sur les Rutacées, a joint à cette famille les genres qui forment le groupe des Ptéléacées de Kunth qui déjà avait parfaitement senti les rapports de cette famille avec celle des Rutacées. De ces diverses remarques, il résulte que la grande famille des Téréhin^ tnacées peut se diviser en cinq tribus

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naturelles dont voici les caractères et l'indication des genres qui leur appartiennent.

1°. ANACABDTÉES OU TÉRÉBINTHACÉES vraies:

Fleurs en général unisexuées; étamines distinctes; disque périgyne; ovaire simple, uniovulé. Fruit monosperme, sec ou légèrement charnu. Anacardium, J.; Cassvuium, Ruraph; Rhinocarpus, Kunth; Cambeuedea, Kunth; Mangifera, L.; Buchanania, Roxb).; Pistacia, L.; Astronium, Jacq.; Comocladia, L.; Picramnia, Sw.; Rhus, L.; Mauria, Kunth; Duvaua, Id.; Schinus, L.; Sorindeia, Du Pet.-Th.

2°. BURSÉRACÉES, Kunth.

Fleurs en général hermaphrodites; étamines distinctes; disque périgyne; ovaire à deux ou cinq loges contenant chacune deux ovules ccmatéraux attachés à l'angle interne: Elaphrium, Jacq.; Boswellia, Roxb.; Balsamodendrum, Kunth; Icica, Aubl.; Protium, Burm.; Bursera, Jacq.; Marignia, Comm.; Colophonia, Comm.; Canarium, L.; Hedwigia, Sw.

3°. AMYRIDÉES, Kunth.

Cette tribu, qui ne comprend que le genre Amyris de Linné, se distingue par l'absence du disque, par un ovaire à une seule loge contenant deux ovules pendans. Le fruit est drupacé et monosperme.

4°. CONNARACÉES. R. Brown.

Fleurs en général hermaphrodites; étamines monadelphes par la base de leurs filets; pas de disque; ovaires au nombre de cinq, rarement réduit i un seul, contenant chacun deux ovules collatéraux et ascendans; capsules une à cinq, monospermes, souvent déhiscentes par une fente longitudinale: Cnestis, Juss.; Rourea, Aubl; Connarus, L.

5°. SPONDIACÉES, Kunth.

Fleurs souvent unisexuées; étamines libres; disque annulaire; ovaire sessile, à cinq loges contenant chacune un ovule pendant de leur angle interne. Drupe contenant un noyau à deux ou cinq loges: Spondias, L.; Poupartia, Comm.

La famille des Térébinthacées a de très-grands rapports avec plusieurs autres familles, et entre autres avec les Légumineuses, les Rosacées, les Rhamnées et les Rutacées. Elle diffère des deux premières par l'absence des stipules, des Rhamnées par leur ovaire constamment libre et leurs étamines alternes et non opposées aux étales, et des Rutacées par leur emryon dépourvu d'endosperme. (A. R.)

TÉREBINTHE. BOT. PHAN. Espèce du genre Pistachier, V. ce mot. (A. R.)

TEREBRA. MOLL. V. VIS.

TÉRÉBRANS. Terebrantia. ins. Latreille a établi sous ce nom une grande section de l'ordre des Hyménoptères comprenant tous ceux de ces Insectes dont les femelles sont pourvues d'une tarière. Cette section est partagée en deux familles, les Porte- Scies et les Pupivores. V. ces mots. (AUD.)

TÉREBRATULE. Terebratula. conch. Si nous u'étions restreints dans les articles de ce Dictionnaire à une fort grande concision, nous aurions cherché à présenter avec quelques détails l'histoire du genre Téré- bratule. Il est sans contredit un des plus intéressans, et pouvant devenir par la suite d'une grande utilité à la géologie, lorsque les nombreuses espèces qui le composent seront déterminées avec tout le soin convenable, ce genre mérite à tons égards de fixer l'attention des naturalistes.

Linné confondait les Térébratules dans son genre si indigeste des Anomies, dans lequel se trouvaient les Hyales. On dut à Bruguière, dans l'Encyclopédie, la formation du genre qui nous occupe; ce n'est pas seulement dans les planches de cet ouvrage qu'il fui indiqué comme on le ci oit ordinairement; mais il fut

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caractérisé dans les tableaux qui commencent le volume des Vers que l'on doit à Bruguière. Les Té- rébratules sont trop évidemment différentes des Anomies pour que, dès le commencement, le genre oui Jes circonscrit ne fût pas adopté. La seule question, qui dès-lors restait à décider, était celle des rapports à donner au genre. La classification de Bruguière, calquée sur celle de Linné, ne pouvait présenter rien de bien satisfaisant; il n'en a pas été tout-à- fait de même de celle de Lamarck dans laquelle on ne trouve plus cette division peu naturelle des Multivalves; aussi les Cranies, les Orbicules, les Calcéoles el les Lingules furent rapprochées desTérébratules dans la série des genres dans laquelle on n'avait point encore formé de familles; dès que plus tard, dans la Philosophie zoologique, elles furent proposées, il y en eut une sous le nom de Brachiopodes qui rassembla les genres Lingulc, Térébratule et Orbicule. Ces rapports, établis sur la connais- % sance des Animaux des deux genres principaux, Térébratule et Lingule, ont été conservés dans toutes les méthodes; il en est quelques-unes, celle de Cuvier et de ses imitateurs, où les Brachiopodes ont constitué un ordre et non plus une famille comme chez Lamarck; mais cette question ne peut être traitée ici. V. Brachiopodes et Mollusques. Le genre Criopus de Poli n'est en effet qu'une Té- rébralule; mais le savant naturaliste italien n'avant point approfondi l'anatomie cfe ce Mollusque, et uen ayant d'ailleurs décrit qu'une.seule espèce, ceci est insuffisant pour en déduire les principes qui doivent guider dans la délimitation Ses espèces.

Les Térébratules se trouvent en immense quantité dans les couches de la terre; on les observe dans des terrains très-anciens. Elles sont les premiers Mollusques dont on retrouve les traces; et, depuis cette époque si reculée, on voit des Térébratules dans toutes les formations marines se succéder d'âge en âge, jusque maintenant que dans certaines mers on en trouve une très-grande quantité. Dans un si grand nombre d'objets qui constituent pour nous une famille naturelle, on a observé des formes, des accidens particuliers dans un certain nombre d'espèces, d'où ont pris naissance plusieurs genres; la plupart d'entre eux, formés d'après des caractères de peu d'importance ou variables, ne peuvent supporter un examen approfondi; nous citerons pour exemple le genre Spirifer qui, caractérisé surtout d'après les spirales qu'il renferme, contient, d'après ce caractère seul employé d'une manière exclusive, des Térébratules et des Productus. Si, d'uu autre côté, nous étudions les genres Magas, Strygocéphale, Peu lanière et Productus, nous ne leur trouvons pas véritablement de caractères suffisans; peut-être devrionsnous y joindre encore le genre Strorhnmène de Rafinesque qui, d'après ui, aurait une valve adhérente, ce que nous avons peine à croire dans une Coquille de cette forme et de cette structure.

Le genre Magas de Sowerby ne diffère que par les osselets de l'intérieur qui se simplifient et tendent à disparaître; le Slrigocéphale de Defrance a, au contraire, ces osselets très-réguliers et fort développés, un grand appendice médian de la valve supérieure se bifurque à son extrémité, et cctle bifurcation est reçue sur une lame saillante et médiane de la valve inférieure. Le Pentamère, Sow., est divisé dans la valve inférieure par une grande cloison médiane, et dans la supérieure par deux cloisons latérales, de sorte que, lorsque l'on vient à casser cette Coquille pétrifiée, la séparation se faisant dans l'endroit des cloisons, on la partage facilement en cinq morceaux, deux pour la valve inférieure et trois pour la supérieure. Les Productus, Sow., se distinguent plus nettement des Térébratules en ce qu'ils n'ont aucune ouverture soit au crochet de la valve inférieure,

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soit au-dessous de lui, de soi te que l'on peut les regarder comme des Coquilies libres, ce qui les sépare des 'érébratules proprement dites qui toutes sont adhérentes par un pédicule ligamenteux.

Dans les dassifialions les plus nouvelles, on a cherché à établir des groupes d'espèces, et pour cela Blainville, dans sa Malacologie, et Rang, dans son Manuel de Conchyliologie, se sont servis des genres établis c^ue nous venons de citer pour en faire autant de groupes. On a dû observer que ces genres reposaient sur la forme de l'appareil apopliysaire de l'intérieur et ses diverses modifications. Blainville, dans son article Térébratule du Dictionnaire des Sciences naturelles, a proposé des divisions reposant sur ces mêmes caractères, et il u a pu les établir que pour les espèces vivantes, de sorte que l'immense quantité des espèces fossiles ne peut être admise dans ces groupes que par une analogie qui souvent peut tromper. Après avoir obseivé l'appareil apophysaire d'un assez grand nombre d'espèces vivantes de érébratules, nous l'avons vu varier pour chaque espèce, mais d'une grande constance dans les individus de même espèce, ce qui nous donne la conviction que c'est un moyen infaillible de distinguer les espèces; mais nous croyons aussi que ce moyen est mauvais-pour établir des divisions dans l'universalité du genre, puisque, pour les espèces fossiles, il sera toujours impossible d'en (aire l'application. Il faut en convenir, jamais une méthode ne peut être faite pour une petite portion d'un genre; il faut, pour être bonne et admissible, qu'elle l'embrasse tout entier, et ce n'est pas ce que l'on trouve dans celle que Blainville a faite pour le genre Térébratule dans l'article que nous venons de mentionner.

Après une étude long-temps continuée, après avoir recueilli une trèsgrande quantité d'espèces du genre qui nous occupe dans Vin ten tion d enfaire la monographie, nous nous hasarderons à présenter les divisions Sue uous nous proposions d'établir: eux grandes sections se présentent sur un caractère que nous croyons d'une assez grande valeur pour qu'il serve à l'établissement de deux genres voisins ou de deux sous-genres, les Térébratulcs qui toutes sont percées, cl les Productus qui ne le sont pas. Les vrais Productus, peu nombreux en espèces, ne sont susceptibles d'aucune division; il n'en est pas de même des Térébratules, elles se partagent en deux grandes sections, celles qui sont percées au sommet de la valve inférieure et celles qui ont une fente triangulaire au-dessous du crochet de la valve inférieure, crochet qui est toujours entier. Deux divisions se présentent encore dans les espèces à crochet perforé au sommet: 1° pour celles qui ont une petite pièce triangulaire aui complète le trou du crochet et aescend jusqu'au bord cardinal; 2° pour celles qui ont le crochet percé, mais toujours dépourvu de cette pièce. La seconde grande division y celle des espèces à ouverture triangulaire, pourrait être également divisée en deux d'après la forme du bord cardinal, tantôt droit, tantôt arqué ï enfin, toutes ces divisions pourraient encore en subir d'autres sur des caractères extérieurs, tels que les stries, 1rs côtes, les plis, etc., pour rendre plus facile la détermination des espèces. L'immense quantité d'espèces de Térébratules fossiles répandues dans les divers terrains du globe, la constance de quelques-unes à certains étages de ces terrains, les peuvent rendre d'une grande utilité pour leur étude et leur détermination certaine, comme cela a pu avoir lieu pour quelques espèces de Gryphées; mais, pour faire cette heureuse application de cette partie de la zoologie à la géologie, il manque une bonne monographie de ce genre, monographie qui, pour la bien faire, présentera une foule de difficultés que l'on surmontera avec d'autant plus de peine que les es-

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pèces, étant très-nombreuses, passent insensiblement de l'une à 1 autre, et que l'on n'a poiut encore trouvé de principes à l'ai le desquels on pourrait les circonscrire.

Limité comme nous le sommes daos cet article, nous nous contenterons d'indiquer, pour servir d'exemple, une espèce dans chacune des sections que nous avons proposées.

† Espèces dont la grande valve est percée.

1°. Ouverture du crochet arrondie.

a. Une ou deux pièces triangulaires au crochet de la grande valve.

Térébratule bossue, Terebratula dors ata, Lamk., Anim. sans vert. T. vi, p. a46, n° 8; Anomia dorsala, L., Gmel., p. 3348; Chemnitz, Conch. T. VIII, tab. 78, fig. 710, 711; Encycl., pl. 242, fig. 1, a, b, c, d. Coquille assez commune dans les collections. L'ouverture du crochet est fort grande, el complétée supérieurement par deux petites pièces triangulaires qui souvent sont disjointes dans la partie médiane de la coquille. On la trouve au détroit de Magellan, d'après Lamarck.

B. Ouverture du crochet sans pièces triangulaires.

TÉRÉBRATULE VITREE, Terebratula vitrea, Lamk., Anim. sans vert. T. VI, p. 245, n. 1; Anomia vitrea L., Gmel., n° 58; Knorr, Vergn., 4, tab. 30, fig. 4; Born., Mus., p. 116, vign.; Chemnitz, Conch. T. VIII, tab. 78, fig. 707, 708, 709; Encycl., pl. 239, fig. 1, a, b, c, d. Espèce grande, globuleuse, toute lisse, dont le crochet relevé est percé d'un petit trou, dont le bord est trèsépais. Dans cette même section doivent se placer les Terebratula caput serpentis, truncata, etc., qui ent l'ouverture du crochet sans pièces triangulaires, mais aui l'ont percée si près du bord carainal que quelquefois la valve supérieure sert à la borner.

20. Ouverture triangulaire du bord cardinal au sommet de la grande valve.

Térébratule A GOUTTIÈRE, Terebratula canalifera, Lamk., loc. cit., n. 40; Encyclop., pl. 244, fig. 4, a, b. Coquille pétrifiée, trigone, trilobée, dont la valve inférieure a un talon lsrge et aplati, divisé en deux parties égales par une fente triangulaire dont le sommet commence à la pointe du crochet, et la base se dirige vers la charnière où elle se termine.

†† Espèces dont la grande valve n'est jamais percée. Genre Productus en partie de Sowerby.

Térébratule de Martini, Terebratula Martini, Nob.; Productus Martini, Sow., Min. Conch., pl. 317, fig. 2, 3, 4; Anomites Productus, Mart., Pet., Derb., tab. 22, fig. 1, 2, 3. Coquille pétrifiée, couverte de stries longitudinales et rayonnantes du sommet à la base; la charnière est droite, linéaire, et le crochet de la valve inférieure n'est jamais percé; la valve supérieure est concave en dessus, ce qui n'est pas habituel dans les Térébratules.

On pourrait facilement diviser cette section en deux autres d'après la manière dont se comporte le bord cardinal qui tantôt est droit et tantôt courbé comme dans la presque totalité des Térébratules de la première division. (d..h.)

TÉRÉDINE. Teredina. MOLL. Genre curieux établi par Lamarck et placé par lui dans la famille des Tubicolés. La Coquille qui lui a servi de type est le Fistulaua personata qui peut, comme Lamarck lui-même l'a fort bien senti, servir de passage entre les Tarets et les Pholades. On ne peut contester en effet les rapports qui lient ces deux genres; on trouve un tube libre, en massue terminée par deux valves adhéréntes au pourtour «le l'ouverture du tube, et elles sodt parfaitement closes, lorsque celles des Tarets sont très-bâillantes; mais, à cet égard, nous présenterons

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tout à l'heure quelques observations que nous a suggérées l'état de ces Coquilles. Les rapports eotre les Ta rets et les Pholades avaient été établis pour les Térédines d'après les caractères extérieurs seulement, tels que le tube et la forme de la coquille; nous avons pu y ajouter d'autres caractères plus essentiels, tels que l'existence, dans les Térédines, d'une pièce postérieure semblable à 1 écusson des Pbolfcdes et â l'intérieur des valves, de véritables palettes courbées, partant des crochets et terminées en mamelons absolument identiques à celles des Tarets et des Pholades. On doit faire attention que l'existence de l'écusson dans ce genre donne la preuve qu'il se rapproche plus des Pholades que des Tarets dans lesquels cette pièce ne s'est point encore rencontrée; elle amène aussi à cette conviction que la coquille, à tous les âges, doit être extérieure en dehors du tube, ce qui n'a pas lieu chez les Tarets où le tube se ferme au terme de l'accroissement de l'Animal. Nous avons un groupe de Térédines toutes enfoncées dans nn morceau de bois fossile, ce qui indique qu'elles ont une manière de vivre analogue aux Tarets et à quelques Pholades.

Lorsque l'on examine une Téré- dine, on doit être frappé de l'immobilité de ses valves, et nous sommes étonné qu'on ait admis le fait sans discussion, lorsque, de toute évidenee, il est contraire et à la manière de vivre de l'Animal et à la structure de sa coquille. Si l'on faisait à un zoolojgiste la question suivante: Une coquille bivalve dont la charnière est semblable à celle d*une Pholade, pourvne comme elle d'une pièce calcaire postérieure, couvrant les crochets, avant des palettes à l'intérieur et vivant dans le bois, est-elle faite pour être immobile? Nous pensons qu'il n'hésitera pas à dire qu'elle est laite pour se mouvoir. L'analogie a tant de force pour valider cette conclusion, qu'on peut la prendre comme prouvée par l'observation directe, et cependant il en est autrement pour les Térédines; elles sont construites pour se mouvoir, et cependant elles sont immobiles. L'Animal n'a pu tarauder le bois sans qu'elles fussent libres et mobiles comme dans les Tarets. L'observation nous fait voir constamment le contraire.

Il y a ici, on ne peut le nier, une évidente contradiction dans la nature des faits; on ne peut admettre cependant uue telle contradiction duns les fins de la nature qui, dans l'organisation des êtres, ne fait rien de superflu. Si elle crée un être pour percer le bois, elle lui en donne les moyens, qu'ils soient chimiques ou mécaniques. On sait que dans les Tarets ce moyen est mécanique; la coquille est coupante; elle reçoit des muscles puissans; elle est en un mot disposée pour couper le bois fibre à fibre. On doit donc penser que dans la Tét rédine, la coquille ayant la structure fort analogue, que, destinée à creuser le bois, elle a dû jouir de toute la mobilité convenable pour le faire. Nous sommes donc ramenés à conclure qu'elle a été mobile durant la vie de l'Animal, et peut-être ne nous sera-t-il pas impossible de donner l'explication de ce fait, de résoudre celle espèce d'énigme.

Toutes les Térédines se sont trouvées à l'état fossile seulement; leur tube et leur coquille sont épais, solides, et sont partout d'une égale épaisseur en dedans. On les trouve remplies d'un sable grossier dont on peut les débarrasser, et outre cela souvent des concrétions calcaires adhérentes le plus ordinairement dans l'intérieur des valves. Si l'on vient à casser un de ces tubes, on s'apercevra que non-seulement sa structure actuelle est absolument différente des tubes analogues même à ceux si solides des Cloisonnaires, mais encore que les concrétions se lient aux valves par continuité de substance, de sorte que l'on serait porté à croire au'elles existaient pendant la vie de 1 Animal, et qu'elles sont le résultat d'une maladie; on ne tarde pas à sc convaincre que ce n'est pas là leur

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véritable origine, puisqu'elles enveloppent de couches concentriques des grains de sable; on voit ces couches s'étendre assez régulièrement sur toute la surface intérieure du tube et de la coquille sans discontinuité entre ces deux parties; on les voit dans quelques circonstances s'épaissir, dans une autre devenir onduleuses et presque stalactiformes. Lorsque ces corps n'ont pas été retirés du lieu d'habitation, on les trouve couverts d'une couche mince testacée qui se détache quelquefois assez facilement, et qui représente pour nous le tube luimême dans lequel se serait faite une incrustation calcaire qui, s'emparant de toutes les parois du tube et de la coquille, l'aurait épaissi, obstrué y pour ainsi dire, en la couvraut de ses couches concentriques. Comme le moulage s'est fait dans une cavité creusée dans le bois, au fond de laquelle était la coquille, il en résulte que, si cette coquille était bâillante, lespace vide a dû se trouver comblé, et alors la couche calcaire s'est moulée sur le bois, et on y retrouve en effet l'empreinte de couches fibreuses. Ceci ne peut se remarquer dans tous les individus, parce qu'il en est de cette coquille comme de quelques espèces de Pholades qui sont bâillantes à certain âge ou à certaine époque de leur vie, et qui se complètent ensuite. Les impressions ligneuses peuvent s'apercevoir sur les individus encore incomplets; elles ne peuvent exister sur les autres; aussi ces derniers sont toujours plus réguliers dans cette partie que les autres.

Par suite des observations que nous venons de présenter, il nous semble bien facile maintenant d'expliquer l'immobilité actuelle des valves des Térédines sur la partie antérieure du tube, et de détruire cette apparente contradiction dont on peut maintenant se rendre compte. On peut donc conclure que, pendant la vie de l'Animal, les valves étaient détachées du tube, qu'elles étaient libres de leur mouvement, et que la fixité qu'elles ont actuellement provient d'unecause accidentelle, indépendante de la nature du corps organisé qui fait le sujet de cet article.

Déjà, dans notre ouvrage sur les Fossiles des environs de Paris, nous avons rectifié en quelques points importans la caractéristique de ce genre; nous pensons qu'on peut aujourd'hui, d'après ce qui précède, l'exprimer de la manière suivante: coquille bivalve, équivalve, bâillante de chaque côté, avant une charnière comme celle des Pholades, et garnie postérieurement d'une seule pièce accessoire en écusson * des palettes à l'intérieur des valves, partant descrochets. Cette Coquille y pholadiforme, libre, à l'extrémité d'un tube ordinairement droit, en massue, ouvert aux deux extrémités dont la postérieure ovale, est partagée par deux arêtes longitudinales comme dans les Fistulanes. Malgré la grande analogie qui existe entre ce genre et les holades, on ne peut cependant le cou fondre avec elles; l'existence àvt tube et la forme de la coquille, qui est globuleuse, arrondie, séparent suffisamment ces deux genres, ainsi que le tube constamment ouvert r roit, en massue, tandis que l'écus— son postérieur le distingue fort bien des Tarets. Nous ne mentionnerons qu'une seule espèce, celle que Ton attribue aux environs de Paris.

Térédine masquée, Teredina personata, Lamk.; Fistulana personata, Lamk., Ann. du Mus. T. VII, p. 429, n° 4, et T. XII, pl. 43, fig. 6, 7; a, b; Teredina personata, ibid., Anim. sans vert. T. v, p. 438, n° 1, ibid.; Nob., Descript. des Coq. foss. de Paris, T. I, p. 18, pl. I, fig. 23, 26, 28; Teredo antenante, Sow., Min. Conch. T. 1, tab. 102, fig. 3, an eadem? fig. 1, 2, 3 et 4 de la même planche. La longueur de cette Coquille, son tube compris, est de deux pouces environ; son plus grand diamètre est de huit à neuf lignes dans les plus grands. (D..H.)

TEREDO. MOLL. Syn. de Taret. V. ce mot. (AUD.)

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* TEREDO. ANNEL. Bergius (Act. Stockh., 1765, p. 228; tab. 9, fig. 1-3) a confondu avec les Tarets, sous le nom de Teredo Chrysodon, une espèce d'An nelide qui doit être rapportée à l'Amphiclère du Cap de Savigny. V. AMPHICTÈRE. (AUD.)

TÉRÉDYLES. ins. Famille de l'ordre des Coléoptères, fondée par Duméri). V. Perce-Bois. (aud.)

TEREGAM. BOT. PHAN. Syn. malabare de Ficus ampelos. V. Figuier. (B.)

TÉRÉTIFORMES. ins. Famiilc établie par Duméril dans le premier volume des Leçons d'Anatomie comparée de Cuvier, et désignée ensuite sous le nom de Cylindroïdes. V. ce mot. (aud.)

TERFEZ. BOT. crypt. (Lycoperdacées.) Un des noms vulgaires, en Arabie, de la Truffe de ce pays. (G..N.)

TERGIPÈDE. Tergipes. moll. Genre curieux dont Forskael le premier fit connaître le type sous le nom de Limax Tergipes. Ce petit Animal, admis par Linné au nombre des Dons, n'en fut séparé que fort tard par Cuvier (Règne Animal) et placé par lui dans les Nudibranches (V. ce mot) après les Eolides et non loin des Dons. Lamarck n'adopta pas ce genre, mais il n'imita pas Linné, et rangea le Tergipe dans le genre Eolide avec lequel il a en effet de grands rapports. Frussac n'imita par Lamarck, il suivit les rapports indiqués par Cuvier. La treille el Blainville ne changèrent rien à cet égard dans les rapports établis; on trouve les Tergipes dans l'une et l'autre méthode, à côté des Eolides et des Laniogères. On peut donc regarder comme définitivement fixée la place de ce petit genre dans la méthode.

Les Tergipes sont de très-petits Mollusques nus, liina ci formes, qui nagent souvent renversés, et qui, outre des teutacules, sont pourvus sur le dos de plusieurs paires d'appendices branchifères, en massue, terminées par une petite ouverture. Ces appendices, d'après Forskael, peuvent servir de pieds à l'Animal; il marche alors au fond de l'eau sur les corps solides, renversé sur le dos, ce qui lui a valu le nom que Cuvier a donné à ce genre. Le disque locomoteur ou le pied proprement dit s'étend dans toute la longueur du corps, et en est séparé par un sillon. Voici au reste comment sont exprimes les caractères de ce genre: corps conique, clavifonne, avec un pied encore assez peu sensible, comme dans les Laniogères, pourvu en dessus d'espèces de branchies tentaculiformes en petit nombre, et disposées sur deux rangs; les deux paires de tentacules céphaliques de grandeur un peu variable. Pendant très-longtemps on ne connut qu'uue seule espèce de cc genre; c'est à Krusenstern qu'on en doit une seconde.

TERGIPE LACINULÉE, Tergipes lacinulata, Cuv., Règ. Anim. T. 11, p. 394; Limax Tergipes, Forsk., Faun. arab., p. 99; et Icon., fig. E, 1, 2; Doris lacinulata, Gmel., p. 5105; Eolis lacinulata, Lamk., Anim. sans vert. T. VI, p. 502, n° 4; Blainv., Trait, de Malac., pl. 46 bis, fig. 6; Encyclop., pl. 82, fig. 5, 6. Animal de quelques lignes de longueur. (D..H.)

TERIN. OIS. Pour Tarin, espèce du genre Gros-Bec. V. ce mot. (DR..Z.)

TERMES. Termes. ins. Genre de l'ordre des Névroptères, famille des Planipennes, tribu des Termitines, qui a pour caractères: quatre articles (1) à tous les tarses, dont les quatre premiers très-courts. Ailes couchées horizontalement sur le corps, très-grandes, égales, n'offrant que des nervures longitudinales, bifides au bout.Téte arrondie, avec trois yeux lisses, dont un peu distinct sur le front, et les deux autres situés, un

(1) Trois, selon la plupart; mais nous en avons compté un de plus sur de grands individus.

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de chaque côté, près du bord interne des yeux ordinaires. Antennes presque mon iliformes, de la même grosseur partout, courtes, composées d'une vingtaine d'articles. Mandibules cornées el pointues. Quatre palpes filiformes. Lobe extérieur terminant les mâchoires en forme de galette (V. Orthoptères), l'interne corné et en forme de dent. Lèvre quadrifide. Prothorax presque carré ou semi-orbiculaire. Deux petits ap-Ecndices coniques et biarticulés au out de Tabdomen. Insectes actifs dans tous les âges ou à demi-métamorphose, vivant en société innombrable, composées plus spécialement d'individus en état de larve, les ouvriers ou les travailleurs, et d'une autre sorte d'individus, pareillement aptères, mais à téte et mandibules plus grandes, chargés de la défense de l'habitation, et distingués sous le nom de soldats. Abdomen des femelles excessivement volumineux au moment de la gestation.

Le nom générique de ces Insectes paraît provenir du mot termes ou tarmes, donné par d'anciens auteurs latins (Vitruve, Isidore de Séville, etc.) à une sorte de petit Ver qui rongeait le bois, et particulièrement le chêne et le tronc d'olivier, désigné aussi de même par quelques auteurs. Nous avons lieu de soupçonner que la dénomination d'Acarus, appliquée aujourd'hui à diverses espèces de Mites ou de Girons, fut primitivement donnée aux larves du Termès lucifuge qui, dans le midi de l'Europe et dans le Levant, fait un tort considérable à ces arbres, et qui, à une époque où les yeux étaient privés du secours des verres propres à augmenter leur puissance, pouvaient être considérés, parmi les Animaux dignes d'attention, comme les plus petits de tous. De-là, sans doute, l'origine du nom de Caria, par lequel les Arabes et d'autres peuples orientaux distinguent les Termès ou Termites; de-là aussi est venu le mot caries, indiquant la vermoulure ou pourriture u bois; c'est cc que prouve encore l'étymologie du mot Acarus. Fourmis blanches, Poux de bois, telles sont les dénominations de ces Insectes dans nos colonies. Adanson les appelle Vagvagues.

Leurs larves formèrent d'abord exclusivement, dans la méthode de Linné et de quelques autres naturalistes, le genre Termès proprement dit. Considérés dans leur état parfait ou pourvus d'ailes * ces mêmes Insectes furent associés aux Hémérobes et aux Perles ou Fausses-Friganes; mais les observations recueillies par Smeathman sur ces Animaux et msérées dans le Voyage de Sparmann au cap de Bonne-Espérance et dans les Transactions philosophiques de la Société royale de Londres, celles de Kœnig encore remplirent les lacunes de leur histoire; ces connaissances, quoique encore imparfaites, rectifièrent à cet égard la méthode, et l'Insecte pourvu d'ailes rentra dans le premier de ce genre ou devint aussi un Termès. Degéer (1) qui, dans le troisième volume de ses Mémoires, avait placé deux espèces ailées de ce genre avec les Perles ou Fausses-Friganes, présuma ensuite, en décrivant une autre espèce propre au cap de Bonne-Espérance (Tom. vu, p. 47 et suiv.), qu'il s'était trompé à cet égard. Il ne faut pas, à son exemple, réunir aux Termès un petit Insecte très-commun partout, et que l'on trouve plus particulièrement dans les livres négligés, le vieux papier, sur le bois et dans les collections d'insectes, semblable à un Pou, et qu'on a nommé pour cette raison Pou de bois. Cette espèce el plusieurs autres composent un genre propre, très-distinct du précédent, celui de Psoque. V. ce mot. Nous avons présenté à l'article Termès de la seconde édition du nouveau Dictionnaire d'Histoire naturelle un extrait fort étendu de l'histoire de ces Insectes. Forcés ici de nous restreindre, nous nous bornerons à reproduire le résumé que nous en avons donné posté-

(1) Il écrit Terme au singulier

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rieurement dans l'ouvrage sur le Règne Animal de Cuvier. Cette esquisse, offrant d'ailleurs les particularités les plus intéressantes et les plus avérées, Sourra suffire au plus grand nombre e nos lecteurs.

Les Termites, propres aux contrées situées entre les tropiques ou à celles qui les a voisinent, sont connus sous le nom deFourmis blanches, Poux de bois, Caria, etc., et y font d'horribles déçâts sous la forme de larves Îdusparticulièrement. Ces larves ou es Termites ouvriers, travailleurs, ressemblent beaucoup à l'Insecte parfait, mais elles ont le corps plus mou sans ailes, el leur tête, qui paraît proportionnellement plus grande, est ordinairement privée d veux eu n'en a que de très-petits. Elles sent réunies en sociétés, dont la population surpasse tout calcul; vivent à couvert dans l'intérieur de la terre, des arbres et de toutes les matières ligneuses, comme meubles, planches, solives, etc., qui font partie des habitations; elles y creusent des galeries qui forment autant de routes conduisant au point central de leur domicile, et les corps ainsi minés, ne conservant que leur écorce, tombent bientôt en poussière. Si des obstacles les forcent d'en sortir, elles construisent en dehors, avec les matières quelles rongent, des tuyaux ou des chemins qui les dérobent toujours à la vue. Les habitations ou les nids de plusieurs espèces sont extérieures, mais sans issue apparente; tantôt elles s'élèvent au-dessus du sol en forme de pyramides, de tourelles, quelquefois surmontées d'un chapiteau ou d'un toit très-solide, et qui, par leur hauteur et leur nombre, ont l'apparence d'un petit village; tantôt elles forment sur les branches des arbres une grosse masse globuleuse. Une autre sorte d'individus, les neutres, nommés aussi soldals, et que Fabricius preud faussement pour des nymphes, défend l'habitation. On les distingue à leur tête beaucoup plus forte et plus allongée, et dont les mandibules sont aussi plus longues, étroites et très-croisées l'une sur l'autre; ils sont beaucoup moins nombreux, se tiennent près de la surface extérieure de l'habitation, se présentent les premiers dès quon y fait brèche, et pincent avec force. On dit aussi qu'ils forcent les ouvriers au travail. Les demi-nymphes (1) ont des rudimens d'ailes, et ressemblent d'ailleurs aux larves; devenus Insectee parfaits, les Termites quittent leurs retraites primitives, s'envolent le soir ou la nuit en quantités prodigieuses, perdent au lever du soleil leurs ailes qui se sont desséchées, tombent, et sont en majeure Eirtie dévorés par les Oiseaux, les ézards et leurs autres ennemis. Au rapport deSmeathman, les larves, recueillent les couples qu'elles rencontrent, renferment chacun d'eux dans une grande cellule, une sorte de prison nuptiale où elles nourrissent les époux; mais nous avons lieu de présumer que l'accouplement a lieu, comme celui des Fourmis, dans l'air ou hors de l'habitation, et que les femelles occupent seules l'attention des larves dans le but de former une nouvelle colonie. L'abdomen des femelles acquiert alors, à raison delà quantité innombrable des œufs don t il est rempli, un volume d'une grandeur étonnante. La chambre nuptiale occupe le centre de l'habitation, et autour d'elles sont distribuées avec ordre celles qui contiennent les œufs et les provisions. Quelques larves de Termites, dits voyageurs, ont des yeux et paraissent avoir des habitudes un peu différentes, et se rapprocher davantage, sous ce rapport, de nos Fourmis. Les Nègres ou les Hottentots sont très-friands de ces Insectes. On les détruit avec de la chaux vive et mieux encore avec de l'arsenic que l'on introduit dans leur domicile. Règne Animal, deuxième édition, Tome v, p. 254.ff

Les deux espèces, que l'on trouve dans nos départemens méridionaux

(1) Nous sommes le premier qui les ayons observes.

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ainsi qu'en Espagne et en Italie, sont petites, et se logent, comme certaines Fourmis, dans les galeries qu'elles se pratiquent sous l'écorce des chênes, des oliviers et dans leur partie ligneuse. L'une d'elles, le Termes lucifugum, Termes lucifugum, Ross., Faun. Etrusc. mant. T. u, tab. 5, fig. 10, est très-commun dans les environs de Bordeaux. Son corps est noir, luisant, avec les ailes brunâtres, un peu transparentes, plus obscures à la tête, et l'extrémité des antennes, ainsi que les jambes et les tarses, d'un roussâtre pâle. Ce Termès s'est introduit à Rochefort dans les ateliers et les magasins de la marine, et a excité par ses ravages de vives alarmes. On a cru qu'il y avait été importé, d'autant plus que l'on trouve dans l'Amérique septentrionale une espèce très-analogue. Mais ce Termès, étant généralement répandu, de même que le suivant, dans toute l'Europe méridionale, a pu s'étendre jusqu'à Rocbefort.— Le Termes flàvicoixe, Termes flavicolle, Fabr., très-abondant aussi dans les mêmes contrées, et surtout en Espagne où il nuit-beaucoup aux oliviers, ne diffère du précédent que par la couleur jaunâtre du protborax. Les nids ou termitières des espèces qui habitent le nord de l'Afrique s'élèvent peu au-dessus de la terre; mais il n'en est pas ainsi des habitations que forment les esfjèces beaucoup plus grandes des régions intertropicales. Quelques-unes de celles-ci, ressemblant à des huttes coniques plus ou moins rapprochées, et souvent assez nombreuses pour offrir, comme nous l'avons dit, l'aspect d'un petit village, ont douze à quinze pieds d'élévation, et sont d'une telle solidité qu'elles ne s'affaissent point sous les pieds des Boeufs et de aivers autres Animaux assez lourds qui montent dessus.

Une bonne monographie de ce genre, surtout si elle était accompagnée de nouvelles observations des mœurs de ces Insectes, offrirait d'autant plus d'intérêt que sous le nom de Fatale, on avait confondu plusieurs espèces; que celles qui ont été décrites ne l ont été que très-imparfaitement, et que l'on en possède beaucoup d'inédites. Parmi les individus neutres, nous en connaissons dont chaque segment de thorax a de chaque côté une forte épine. Ce ca-* ractère semblerait annoncer quelque différence d'habitudes. La forme de la téte de ces individus n'est pas non plus la même dans tous. Dans noff espèces indigène* el quelques autres, cette partie du corps est allongée et presque cylindrique; dans d'autres, généralement plus grandes, elle est proportionnellement plus courte et plus large, presque carrée ou un peu en coeur. Ces Insectes sont étraners aux contrées septentrionales des eux mondes, et ne dépassent point en deçà de l'équateur, ou vers le pôle arctique, le 45° degré de latitude. (LAT.)

TERMINALIER. Terminalia. BOT. PHAN. Ce genre, que l'on désigne encore sous le nom vulgaire de Badamier, fait partie de la famille des Myrobalanées de Jussieu, ou Combrétacées de R. Brown, et se distingue par les caractères suivans: les fleurs sont polygames, c'est-è-dire que sur le même épi elles sont mâles à la partie supérieure et hermaphrodites à la base. Le limbe du calice est comme campanulé à cinq divisions ovales, velues intérieurement. La corolle manque. Les étamines, au nombre de dix, sont dressées et libres. L'ovaire est infère, ovoïde allongé; le style est simple, un peu arqué, terminé par un stigmate allongé et obtus. Le fruit est une drupe ovoïde, comprimée, contenant un noyau osseux et monosperme. La graine se compose d'un gros embryon sans endosperme. Les espèces de ce genre sont des Arbres plus ou moins élevés, originaires de l'Inde et des îles Maurice; ayant leurs feuilles alternes, très-rapprochées les unes des autres à l'extrémité des jeunes rameaux, qui est plus ou moins épaissie, ce qui donne à ces Arbres un port tout par-

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ticulier. Leurs fleurs sont asset petites, disposées en épis solitaires à l'aisselle des feuilles. L'espèce la plus commune est le Terminalia Catappa, L., qui croît à l'Ile-de-France, et dont on mange les graines qui ont à peu prés la saveur des amandes douces et des noisettes. Une autre espèce, originaire de l'Inde, le Terminalia Benzoin, fournit une matière résineuse et odorante, analogue au Benjoin, et que l'on a cru long-temps être le vrai baume de ce nom; mais on sait aujourd'hui qu'on Je retire du Styrax Benzoin. V. BENJOIN. (A. R.)

TERMINOLOGIE, BOT. PHAN. Ce nom, d'une composition vicieuse puisqu'il est formé d'un mot latin et d'un mot grec, désigne cette partie de la botanique qui a pour objet la définition des termes employés dans le langage botanique: on lui a substitué le nom de Glossologie. Les mots employés dans la botanique sont de deux ordres. Les uns servent à désigner les organes ou leurs fonctions, ce sont des noms substantifs; ils sont peu nombreux, tels sont ceux de racine, tige, fleur, fécondation, etc. Les autres, au contraire, sont employés pour exprimer les modifications que chaque organe peut présenter dans toutes ses qualités internes ou externes, comme la forme, la couleur, la grandeur, etc. Ces derniers mots sont toujours des adjectifs qui sont excessivement nom- >reux, mais dont une très - grande partie sont employés, soit dans le langage vulgaire, soit dans les autres sciences. (A. R.)

TERMIS. BOT. PHAN. C'est le nom vulgaire en Arabie d'une espèce de Lupin que Forskahl a décrite sous le nom de Lupin us Terrais et qui est cultivée comme fourrage dans le royaume de Naples. V. Lupin. (G..n.)

TERMITE, ins. V. Termês.

TERMONITIS. BOT. PHAN. Nom ancien do Mufflier, Antirrhinum, suivant Dioscoride, cité par Adanson.(AUD.)

TERNATEA. BOT. PHAN. Tournefort avait institué sous ce nom un genre qui a été réuni par Linné au genre Cliforia. De Candolle en a fait une simple section de ce dernier genre, Quoiqu'il ait été rétabli par Kunth, dans ses Nova Généra, vol. 6, p. 415. V. Clitorb. (g..n.)

TERNIABIN ou TERENIABIN. BOT. PHAN. La substance sucrée que les Orientaux désignent sous ce nom, paraît être la Manne produite par l'Alhagi, espèce du genre Hedysarum de Linné dont on a fait un genre particulier, V. Manna et Sainfoin. (G..N.)

TERNIER. OIS. Syn. vulgaire de Grimpereau de muraille. V. TichoDROME(DR..Z.)

TERNSTROEMIA. BOT. PHAN. Ce genre, fondé par Mutis, a été placé par Linné fils clans la Polyandrie Mo-nogynie, et est devenu plus tard l'un des types de la famille des Terastrœmiacées. Il renferme seize espèces qui végétent dans les régions tropicales des deux hémisphères; quatorze sont originaires de l'Amérique, et deux deslndes Orientales. Les Ternstrœmia sont des Arbres ou des Arbrisseaux à feuilles éparses, coriaces, très-entières ou légèrement dentées, dénuées de stipules, articulées au point de leur insertion. Les fleurs sont solitaires et naissent à l'aisselle des feuilles. Le calice est muni de deux bractées à sa base, composé de cinq folioles disposées sur deux rangs; deux d'entre elles sont extérieures et plus petites. Les pétales, au nombre de cinq, sont plus ou moins soudés à leur base en une corolle inonopés taie. Les étamines, glabres et en nombre indéfini, adhèrent légèrement à la base des pétales: les filets sont courts s les anthères sont longues, soudées dans toute leur longueur avec les filets, biloculaires, et s'ouvrent longitudinalement par leur face interne. Le style est unique, termiué par le stigmate: l'ovaire est divisé en deux 011 cinq loges renfermant chacune de deux à cinq ovules suspendus dans

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l'angle interne. Le fruit est coriace ou légèrement charnu, globuleux, terminé par les restes du style, enveloppé à la base par les folioles du calice qui persistent; à sa maturité, il se déchire irrégulièrement en plusieurs valves. Les graines sont oblongues, dépourvues d'aile membraneuse; le tégument est double; l'extérieur crustacé, l'intérieur membraneux; le périsperme est charnu; l'embryon est recourbé sur lui-méme, de sorte que la radicule et le sommet des cotylédons sont dirigés vers le hile.

Le type de ce genre est le Terrtstrœmia méridionalis décrit par Mutis; on doit, selon nous, réunir à ce genre le Taonabo d'Aublet (Tonabea, Juss. Gen.) Le Ternstrœmia, ainsi constitué, se distingue du Cleyera, Thunb., par ses pétales soudés entre eux et par ses anthères glabres. 11 diffère du Freziera Swartz, par la disposition des folioles ca 1 icinales, par ses pétales soudés eu Ire eux, par ses ovules peu nombreux dans chaque loge de l'ovaire, et par son embryon recourbé sur lui-méme et non presque droit. Ses fleurs hermaphrodites, ses étamines plus nombreuses, ses anthères adnées, l'éloi gnènt de l'Eurya de Thunberg, avec lequel on l'a quelquefois confondu. (CAMB.)

TERNSTROEMIACÉES. Ternstrœmiaceœ. BOT. PHAN. Famille établie en 1813, par Mirbel et qui a pour type les genres Ternstrœmia et Freziera, Depuis cette époaue, les recherches des botanistes sédentaires et les découvertes des voyageurs l'ont singulièrement enrichie, et elle se trouve aujourd'hui foi mée d'un nombre assez considérable de genres, originaires pour la plupart des régions tropicales des deux hémisphères. Les Ternstrœmiacées sont des Aibies ou des Arbrisseaux dépourvus d'aiâuillons. Leurs feuilles sont toujours énuées de stipules alternes, articulées à leur base, généralement entières, coriaces. Les fleurs sont presque toujours hermaphrodites, trèsrarement polygames. Le calice est souvent muni de deux bractées à sa base; il est composé de folioles imbriquées, tantôt disposées sur deux rangs, tantôt se recouvrant l'une l'autre.La corolle est formée de cinq ou d'un plus grand nombre de pétales hypogynes, souvent soudés entre eux à leur base; leur préfloraison est toujours imbriquée; les étamines sont nombreuses, hypogynes, tantôt libres, lanlôt adhérant légèrement à la corolle, tantôt enfin réunies plus ou moins à leur base ou formant plusieurs faisceaux distincts. Les anthères sont adnées ou vacillantes; leur mode de déhiscence varie dans les diflférens genres. Le pollen, plongé dans l'eau, présente une forme à peu près triangulaire; ses angles sont souvent terminés par une vésicule transparente. Le pistil est toujours libre; les styles sont tantôt au nombre de trois à sept, tantôt uniques dans chaque fleur; dans ce dernier cas le stigmate est divisé en autant de lobes qu'il y a de loges à lovaire. Les ovules & out insérés dans l'angle interne des loges. Les fruits sont tantôt déhiscens, tantôt indéhiscens. Les graines offrent tous les degrés d'insertion, depuis celles des Ternstrœmia, qui sont pendantes, jusqu'à celles des Bonnetia, qui sont dressées; tantôt elles sont recouvertes à l'extérieur par une enveloppe crustacée, tantôt terminées supérieurement, ou même des deux côtés, par une aile membraneuse; dans certains genres elles sont munies d'un périsperme, dans d'autres elles en sont totalement dépourvues. L'embryon est entièrement recourbé sur luiméme dans le Ternstrœmia et le Cochlospermum; il ne présente qu'une légère courbure dans le Freziera; enfin il est parfaitement droit dans tous les autres genres: la radicule est toujours dirigée vers le hile.

A l'exemple de Kunth, nous avons cru devoir réunir aux Ternstrœmiacées les Théacées de Mirbel (Cameliées, D. C.). Ainsi constituée, cette famille comprend vingt genres, sa

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voir: Cocklospermum, Kunth (genre anomal, destiné peut-être à devenir un jour le type d'une nouvelle famille); Ternstrcemia, Mutis; Fresiéra, Swartz; Cleyera, Thunb.; Lettsomia, Ruiz et Pav.; Eurya, Thunb.; Saurau]a, Willd.; Stewartia, Cav.; Malachodendron, Cav.; Laplacea, Kunth; Gordonia, Ellis; Camellia, L.; Ventenatia, Palis.- Beauv.; Bonnetia, Nob. non Schreb. (Bonnetiœ spec., Mart. et Zucc.); Architœa, Mart. et Zucc.; Mahurea, Aubl.; Marila, Pers.; Kielmeyera, Mart. et Zucc.; Caraipa, Aubl.; Thea, L. A ces vingt genres, décrits dans un Mémoire que nous avons

Eublié récemment dans Je Recueil du luséum de Paris, ou doit eu ajouter plusieurs autres découverts à Java par Blume. Nous ne les mentionne* rons pas dans cet article, n'ayant point eu jusqu'ici l'occasion de les examiner.

Les Ternstrœmiacées ont de grands rapports avec les Guttifèi es: elles se distinguent de cette famille par leurs feuilles alternes; par le nombre normal des parties de leur fleur, qui parait être de cinq et de ses multiples, et non de deux et de ses multiples; ar leurs pétales souvent souaés à eur base; enfin par l'organisation de leur graine et de leur embryon. Elles différent des Hypéricées par leurs feuilles alternes; par leurs rameaux, leurs feuilles et leurs pédoncules articulés; par la structure de leur graine et de leur embryon. Elles ont aussi quelque affinité avec les Marcgraviacées et les Tiliacées; mais ces rapports nous paraissent beaucoup moins intimes que ceux qu'elles présentent avec les Hypéricées et surtout avec les Guttifères. (CAMB.)

TERPNANTHUS. BOT. PHAN. Lo genre décrit sous ce nom par Nées et Martius, est le même que le Spiranthera d'Auguste Saint-Hilaire. V. ce mot. (G..N.)

TERRA MERITA, BOT. PHAN. V. CURCUMA LONG.

TERRAIN, Géol. Les mois Terrain et Formation fréquemment employés dans tous les écrits qui traitent de l'histoire naturelle de la Terre, ont reçu des acceptions tellement variées, qu'il devient presque impossible aujourd'hui de donner une définition claire et précise de chacun d'eux, et surtout de bien faire sentir, sans entrer dans quelques explications préliminaires, en quoi les idées attachées à Tune de ces expressions doivent différer de celles rendues par l'autre: ce qu'on peut dire d'une manière très-générale, c'est que par Terrain on a jusqu'à présent entendu désigner en géologie une fraction quelconque de la masse solide de Tépiderme terrestre, un ensemble de substances minérales ou de Roches considérées, soit sous le rapport de leur nature (Terrain calcaire, granitique, schisteux, etc.), soit souff celui de leur origine présumée ou des circonstances aeleur production (Terrain neptunien, volcanique, marin, d'eau douce), soit enfin sous celui de leur âge ou ancienneté relative (Terrain primitif, secondaire, tertiaire, etc.)

On se sert très-souvent du mot Formation exactement de la même manière (Formation granitique, F. marine, F. primitive), bien que la plupart des auteurs s'accordent assez maintenant pour considérer les Terrains comme des groupes d'un ordre supérieur qui comprennent plusieurs formations. Ainsi la portion extérieure de la Terre, la seule dont nous puissions étudier la structure, est composée de substances minérales (Minéraux). Lorsque celles-ci se rencontrent en amas considérables ou en assises épaisses et étendues, qu'elles soient seules comme dans le Calcaire, le Gypse, le Sel Gemme, etc.; qu'elles soient mélangées plusieurs ensemble, comme dans le Granit, le Gneiss, etc., ou bien même encore qu'elles soient des agrégations de fragmens de différens mélanges préexistans (Poudingue polygénique, Brèche univeiselle), elles sont appelées Roches.

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Les Roches qui semblent avoir été formées dans une même période, sous une suite de circonstances liées entre elles et non interrompues, constituent une Formation, et la réunion d'un plus ou moins grand nombre de Formations est un Terrain; de sorte que, comme on le voit dans cette classification des matériaux dont est composée l'enveloppe de notre planète, tes Formations sont des groupes d'un ordre inférieur à ceux aue représentent les Terraios, et elles sont établies sur une considération de même ordre, c'est-à-dire sur l'Age relatif des substances qu'elles comprennent, quelle que soit l'origine ou la nature de celles-ci. Les Terrains embrassent de grandes époques que les formations partagent en périodes plus ou moins longues. Cependant les masses minérales qui éntrent dans la composition du sol qui nous porte, peuvent être étudiées sous trois points de vue très-distincts.

1°. Elles n'ont point été produites toutes en même temps.

2°. Elles n'ont pas été formées de la même manière.

3°. Elles ne sont pas de la même nature.

Comme il n'y a pas de rapports conslans et nécessaires entre la nature intime des Roches et leur âge, de même au'il n'y en a pas entre celui-ci et leur mode de formation, les groupes établis sur chacune de ces considérations ne peuvent nullement se ressembler, et dans un arran Sement méthodique ils ne peuvent Lre opposés les uns aux autres, leurs caractères n'étant pas comparables; c'est exactement pour prendre un exemple, comme si, voulant écrire l'histoire des hommes célèbres, on les classait, i° suivant l'époque de leur naissance; 2° selon la nation & laquelle ils ont appartenu; 3° enfin d'après le genre de talent aui les a illustrés: il est certain que des associations qui ont si peu d'analogie entre elles ne devraient pas être dâipnées par un même nom, ainsi qu'on le fait Habituellement, en employant les mois Terrain et Formation comme synonymes. Il serait sans doute plus utile et plus philosophique de ne pas user d'un seul terme pour exprimer des idées différentes, tout comme il faudrait ne pas se servir indistinctement pour rendre' chacune de ces idées de plusieurs expressions qui ont dans le langage ordinaire des significations diverses: ne pourrait-on pas éviter ce double inconvénient en attachant définitivement aux mots consacrés et jusqu'à présent si variablement employés, Terrain, Formation, Dépôt, Sol, des valeurs déterminées et invariables? C'est ce que nous avons tenté de faire depuis assez long-temps $ mais le choix du mot à appliquer à telle idée plutôt qu'à telle autre, pouvant être considéré comme fait d une manière jusqu'à un certain pointarbitraire, nous sentons très-bien qu'une résolution quelconque prise à ce sujet ne saurait prévaloir qu autant qu'elle serait présentée comme le fruit de l'aocora des géologues influons de divers pays et de plusieurs écoles, et aui auraient consenti, dans l'intérêt e la science, à s'entendre, après avoir mis de côté toute opinion antérieurement adoptée par chacun d'eux t quoi au'il en soit et en attendant que les décisions d'un tel congrès viennent nous fixer, nous livrerons avec confiance à l'examen, à la critique et au jugement des observateurs, ce résultat de notre tentative pour répondre à ce qui nous semble être un besoin dans l'état actuel de la science.

Persuadé que la nécessité des distinctions que nous proposons d'établir est déjà reconnue et comprise, ou bien qu'elle le sera facilement; nous nous bornerons à faire précéder les définitions que nous avons adoptées, de quelques réflexions générales qu'il est indispensable de se rappeler.

La surface solide du globe n'est pas dans un état permauent, et nous sommes chaque jour témoins des modifications qu'elle éprouve. En effet, certains points de cette surface reçoi-

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vent de l'accroissement, soit aux dépens d'antres points qui se dégradent, soit au moyeu de matières nouvelles qui sous différées états sont rejetées du sein de la terre; car tandis que les particules de Roches décomposées et atténuées par l'action des influences atmosphériques sont entraînées sans Cesse par les eaux courantes des sommités qui s'abaissent ers les cavités, qui se remplissent, les sources thermales, les volcans, viennent couvrir de leurs précipités et de leurs déjections une partie des dépôts précéaemment formés. Par intervalle encore des secousses violentes en écartant les parties continues de cette surface, en soulevant on abaissant des portions de sol plus ou moins étendues, produisent de nouvelles anfractuosités et par suite souvent le déplacement rapide et local des eaux.

Aussi avant que nous puissions pénétrer dans le sein de la terre, quelle que soit l'élévation des montagnes ou la profondeur des précipices dout les flancs et les bords escarpés s'offrent à notre examen, partout nous retrouvons dans l'épaisseur du sol l'indication d'une succession d'effets comparables à ceux que nous venons de signaler et dont nous voyons les causes agir autour de nous; l'analogie nous porte donc à reconnaître qu'au moins cette mince épiderme dont il nous est permis d'étudier la composition, n'a pas été formée d'un seul jet et instantanément.

La présence dans certaines Roches de fragmens usés et arrondis par un long frottement et qui proviennent de Roches nécessairement plus anciennes, celle au milieu de masses

Eierreuses, dures et épaisses, de nomreux vestiges de corps organisés qui ont dû vivre libres au sein des eaux on sur le sol découvert, avant leur enfouissement; les différences que présentent les fossiles de couches ou feuillets superposés, différences qui généralement sont d'autant plus grandes (si l'on compare ces débris des êtres détruits aux Animaux et aux Plantes qui existent maintenant)qu'on rencontre les premiers dans es dépôts formés à des époques relativement plus éloignées de répoquê actuelle, sont autant de faits qui concourent à nous prouver que nonseulement les périodes successives ont été très-raultipliées, mais encore qu'il s'est écoulé un temps inappréciable, mais certainement hien long depuis que les phénomènes qui se lient à ceux qui se produisent sous nos yeux, ont commencé à avoir lieu.

Ce serait toutefois commettre une grave erreur que de vouloir appliquer a l'histoire du globe entier ce qui n'est réellement relatif qu'à ce qu'avec raison les géologues appellent son en veloppe, son épiderme, son écorce, et de chercher à expliquer, comme on l'a fait souvent, rorigine et la formation de la planète, par ce que nous avons appris de positif sur l'origine et sur la formation de l'espèce d'encroûtement, pour ainsi dire insignifiant, qui la recouvre r ce sont deux choses probablement aussi étrangères l'une à l'autre que l'habit l'est au corps qu'il revêt, et autant vaudrait croire qu'il est possible de prendre une idée exacte de l'organisation physique de l'Homme par l'examen que l'on ferait du tissu ae ses vétemens.

Lorsque partant des temps présens nous pénétrons graduellement dans le passé, l'analogie peut bien nous servir de guide jusqu'au moment où l'enveloppe terrestre a commencé à se former; mais au-delà nous n'apercevons plus rien, tout est conjecture, et nous pouvons à peine, d'après certaines démonstrations de physique générale, d'après des documens fournis par l'astronomie et par le calcul faire quelques hypothèses plus ou moins probables, non pas encore sur la nature du noyau primitif et sur son origine, mais seulement sur la cause du peu de consistance qu'il a dû avoir pour prendre la forme particulière qui lui est propre et sur celle dçs modifications que sa surface a dû éprouver pour devenir habitable.

En prenant l'histoire de la Terre

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an moment oh le fil de l'analogîe nous abandonne, c'est-à-dire lorsqu'une première pellicule solide, existant déjà autour de sa masse supposée fluide ou molle par l'effet d une chaleur propre, les anfractuosités de sa surlace étaient déjà remplies d'un liquide aqueux, il est possible de rapporter à deux agens principaux, à l'eau et au calorique, la série des phénomènes et des opérations successifs oui ont contribué simultanément, isolément ou concurremment, à augmenter l'épaisseur, à faire varier la composition et à modifier la forme de cette première pellicule.

Ce sont ces causes générales distinctes que l'on a voulu personnifier en appelant Neptuniens les effets produits par l'intermédiaire des eaux et en désignant par opposition, sous la dénomination de Plutoniens ou Vulcaniens, ceux qui peuvent être attribués à une force inconnue dont le siège est dans l'intérieur du globe et qui semble avoir quelques rapports avec le principe de la chaleur et du feu, si toutefois ceux-ci ne sont pas seulement des effets de cette puissance interne.

Cette première distinction très-importante, qui peut servir à envisager sous deux points de vue différens toutes les associations de substances minérales, ne suffit plus à la science; il est une foule de circonstances secondaires qui ont présidé à la formation des Minéraux et des Roches et qui ont produit des effets appréciables; il est donc nécessaire de trouver le moyen d'indiquer ces circonstances dans les descriptions géologiques; ainsi les produits neptuniens oivent être distingués suivant qu'ils ont été formés sous la mer ou sous les eaux douces, sur les rivages ou dans les profondeurs, à l'embouchure ou sur le trajet des fleuves, dans les lacs, dans les marécages, par des sources froides ou thermales, pures ou minérales, etc. D'un autre côté, les produits plutoniens poussés dehors par une force interne, soit à l'état solide, soit à celui de masses pateuses, ceux rejetés sous forme de coulée, de poussière ou de vapeur; les déjections des solfatares, des salses, aes volcans, etc., ne peuvent être non plus confondus.

Il est évident, d'après ee qui sepasse maintenant, qu'un grand nombre de causes ont dù agir dans le même moment, et que les effets variés qui en sont résultés, ont été contemporains. Ainsi tous les modes possibles de formation peuvent se trouver à une même époque, et à toutes les époques déterminables, des circonstances semblables se sont reproduites. On voit en second lieu que, sauf quelques exceptions, la même sorte e matière n appartient exclusivement à aucune période, ni à aucune formation.

Malgré ces généralités, il n'est pas moins vrai que l'expérience et l'habitude peuvent faire apercevoir à l'observateur qu'il existe certaines relations assez constantes entre la nature, l'âge et l'origine de telle variété de Minéral, de telle Roche ou de telle association de ces substances, pour qu'à la seule inspection il puisse reconnaître qu'un Calcaire, par exemple, dont il ne possède que des échantillons, a été formé plutôt dans l'eau douce que dans la mer, pour qu'il puisse présumer que ce Calcaire accompagnait telle autre matière, et qu'enfin il a été formé plutôt avant qu'après tel autre dépôt, etc.

Cela suppose qu'un assez grand nombre de substances minérales ont été précédemment vues dans une position constante qui leur est particulière, et qu'elles ont été étudiees comme type, dans l'ordre de leur ancienneté; c'est aussi là le but principal des travaux des géologues, et ce qu'ils appellent une classification géologique des Terrains n'est autre chose que l'établissement de cet oindre d'ancienneté des dépôts qui entrent dans la composition très-compliouée de l'épiderme terrestre.

Il serait facile de reconnaître le rang de chacun d'eux si la Terre s'é

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tait successivement enveloppée de couches concentriques non interrompues, et si chacune de celles-ci recouvrait en tous points celle qui l'a précédée, car des superpositions directes seraient toujours visibles; mais il n'en est pas ainsi, l'enveloppe terrestre ne se divise pas en feuillets complets, et dont le nombre par conséquent soit égal sur tous les points; il faut la considérer plutôt comme composée de lambeaux de formes irrégulières, de nature et d'origine différentes, et qui ont été placés à côté ou au-dessus les uns des autres pendant un laps de temps plus ou moins long, de manière que les plus anciens dépôts, n'ayant jamais été recouverts par d'autres dans certaines de leurs parties, ou ayant été dénudés après coup, peuvent, aussi bien que les plus modernes, paraître à la surface du sol; tout comme entre deux bancs de Roches que l'on voit immédiatement superposées dans une localité, il peut s'en trouver beaucoup d'autres intermédiaires dans un autre lien.

L'objet de toute classification géologique est en définitive de conduire à faire connaître l'âge relatif d'une fortion quelconque du sol, lorsque on a pu étudier sa structure et sa composition. Sa plus grande utilité est d'apprendre à rechercher d'une manière rationnelle et à trouver les variétés de substances minérales précieuses pour l'industrie, les arts et (agriculture, que la Terre renferme dans son sein, et qui, loin d'y être disséminées au hasard, ont au contraire des gisemens déterminés.

Les classifications géologiques diffèrent essentiellement de celles qui ont pour fin dedisposer d'une manière méthodique les corps de la nature, et les mêmes principes ne peuvent diriger dans l'établissement des unes et des autres. En histoire naturelle proprement dite, on rapproche les animaux, les plantes et les minéraux mêmes., d'après les caractères physiques qui leur sont communs et iuhérens; on les réunit en genres et familles en raison de la somme des rapports que présente leur organisation; en géologie on n'opère plus sur des corps ni sur des espèces, mais sur des groupes que l'on établit presque arbitrairement, et que l'on cherche à disposer dans un ordre chronologique suivant l'époque relative à laquelle ont été produites les matières dont ils se composent; aussi les mots genre et famille ne pourraient-ils être employés dans une pareille méthode sans que le sens de leur acception ne soit changé.

Les travaux du géologue ressem-i blent beaucoup plus à ceux de l'historien et de l'anchéologue au'à ceux du naturaliste, puisque, à l'exemple des premiers, il essaie de combiner la connaissance de faits dont il est témoin, avec les traces des événemens passés, pour en conclure quelle a été la nature et la série de ces événemens; seulement l'un cherche à faire l'histoire de la Terre sur les renseignemens qu'il puise dans les phénomènes naturels, tandis que les autres écrivent l'histoire de l'homme, celle de la civilisation et des arts sur les documensque leur fournissent les livres, les traditions et les monumens.

Après ces prolégomènes, qui auront fait au moins sentir l'urgence d'avoir à employer dans le langage géologique des expressions propres pour exprimer celles des idées qui se présentent le plus fréquemment, nous définirons comparativement les mots Terrain, Formation, Dépôt et Sol.

Par Terrain, nous entendons tout groupe ou sous-groupe établi parmi les matériaux qui composent l'é- piderme terrestre, sur la seule considération du rang et de la place qu'il occupe relativement aux autres groupes, quelle que soit l'origine présumée ou la nature des substances qu'il comprend. Nous dirons alors un Terrain primaire, un Terrain secondaire, les Terrains primaires, les Terrains tertiaires, etc.: nous dirons aussi les Terrains parisiens, le Terrain jurassique, etc., comme indiquant des termes de comparaison dout la place est

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bien déterminée dans la série des terrains, et auxquels on peut rapporter, comme ayant été formés dans le même temps, tels ou tels matériaux déposés plus ou moins loin des points où se trouvent Paris et le Jura. Mous dirons encore Terrain houitlier, Terrain salifère, Terrain oolithique, non pas pour indiquer tous les dépôts qui renferment de la Hoaille, du Sel gemme ou des Oolithes; non pas même pour dire que les dépôts ainsi dénommés renferment toujours les substances et les corps dont ils ont reçu leur nom, mais pour désigner, d'après l'usage presque généralement adopté, certains systèmes de couches dont la position relative est bien déterminée, et au milieu desquels la Houille, le Sel ou les Oolithes ont été fréquemment, mais non toujours et exclusivemeot rencontrés.

Nous réserverons le mot Formation pour préciser les différens modes de production des substances minérales, et nous rendrons ainsi à ce mot l'acception oui lui convient le mieux dans le génie de notre langue, acception dont il a été détourné par le célèbre Werner et par ses élèves, à une époque oii les idées théoriques et les observations ne faisaient pas sentir la nécessité de lui laisser sa valeur radicale; en effet, les premiers géologues Wernériens, qui avaient principalement étudié les Terrains anciens, regardaient toutes les Roches comme formées également dans le sein d'un liquide, et le peu d'attention qu'ils donnaient à la détermination précise des corps organisés que renferment les dépôts les plus récens, ne leur permit pas d'apercevoir la variété des circonstances qui ont présidé à la formation de ces derniers; aussi ils ont rapporté à la mêmeformation, non pas les choses formées de la même manière, mais celles formées dans le même temps.

Non-seulement, comme nous l'avons vu précédemment, des formations dues à des causes très-variées peuvent appartenir à la même époque, mais encore elles se trouvent quelquefois liées ensemble d'uné manière si intime, soit par des mélanges, soit par des alternances, soit par des enchevêtremens, qu'il est impossible de ne pas les laisser réunies dans un même groupe, c'est- à-dire dans un même Terrain, de sorte enfin qu'un Terrain bien limité peut réellement comprendre des formations marines, des formations d'eau douce, des formation, volcaniques qui se seront succédées à plusieurs reprises, ou qui auront eu lieu simultanément. C'est ainsi que le Terrain carbonifère ou Terrain houillier proprement dit, qui comprend le groupe de substances minérales placé entre le Grès rouge ancien et le Grès rouge nouveau, a, dans certaines localités, les caractères d'une formation fluviatile unique, lorsque dans d'autres il est représenté par des formations fluviatiles, alternant avec des formations marines qui sont les unes et les an très accompagnées ou traveisées par des masses ou strates trappéens et porphyritiques dont l'origine est ignée.

Un exemple achèvera de rendre plus sensible l'utilité des distinctions que nous indiquons. Dans les Terrains tertiaires du bassin de la Tamise, qui sont de même âge que ceux du bassin de la Seine, on ne rencontre ni le même nombre ni les mêmes sortes de formations distinctes. C'est ainsi que notre Gypse et nos Marnes à coquilles d'eau douce ne se retrouvent pas aux environs de Londres, et qu'autour de cette ville un dépôt argileux (London Clay) remplace le dépôt calcaire de notre Pierre à bâtir (Calcaire grossier).

D'après ce qui vient d'être dit, on voit qu'indiquant des 159 périodes, des âges, et comprenant un plus ou moins grand nombre de dépits formés simultanément ou successivement, quelle que soit d'ailleurs l'oriaine présumée ou la nature de ces épôts, les Terrains doivent avoir des limites tranchées, et pour ainsi dire de convention; d'un autre côté, on sent le nécessité de donner à chacun des

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Terraims que l'usage général aura fait établir un nom insignifiant et tout- à-fait étranger au mode de formation ou à la nature des Roches dont il se compose; chaque nom de Terrain devrait porter avec lui comme un numéro d'ordre qui indiquât le ranjg d'ancienneté du groupe qu'il désigne par rapport à tous les autres groupes. Au contraire, les formations de même sorte peuvent être de même âe tout comme elles peuvent être dâge très-différent; en effet, depuis les Terrains primaires jusqu'au* moment actuel, il y a eu des formations marines, d'eau douce, volcaniques, et ces trois sortes de formations qui ont pu être produites dans le même moment physique, appartiennent souvent à une même époque, et par conséquent au même Terrain, il en est exactement de même des dépôts, puisque les Terrains primaires, comme ceux de formation récente, renferment des'Calcaires, des Grès, des Argiles, et que Ton rencontre des Calcaires, des Sables, des Silex marins, et des Calcaires, des Sables et des Silex formés par les eaux douces. Pour compléter cette nomenclature géuérale, on pourrait se servir exclusivement du mot Sol pour désigner, soit le Terrain, soit la formation, soit la nature de la Roche, qui dominent à la surface d'une contrée, et dire, par exemple, le sol de telle contrée est calcaire et il appartient aux formations marines des Terrains secondaires; le sol de ce bassin est de formation lacustre; celui de ces collines est granitique, schisteux, calcaire, etc.

Sans entrer dans aucune discussion relativement aux idées plus ou moins hypothétiques, assez généralement adoptées aujourd'hui sur la formation et la composition de la par* lie extérieure du globe que nous appelons épiderme, écorce, enveloppe, pour la distinguer du noyau planétaire qu'elle revêt, nous considérerons comme démontré ou au moins comme admis par un assez grand nombre de-géologues, que l'on peut rapporter à deux causes la production des masses dont il nous importe de connaître l'arrangement de celles-ci. Les unes ne sont: 1° que la substance même de la planète qui, en perdant à sa surface extérieure la chaleur qui est propre à sa masse, et tient encore celle-ci, selon un grand nombre de probabilités, dans un état de fusion et de liquidité, ont formé une pellicule solide que l'on peut regarder comme le sol vraiment primitit (Granit massif?);

2° ou bien que cette même matière, partie de points plus ou moins distans de la surface, qui, après avoir, à toutes les époques et momentanément, percé la première croûte durcie, l'avoir traversée et s'être répandue et épanchée partout où elle a pu se faire jour à la manière des laves, s'est également refroidie et solidifiée (Granit, Syénite, Porphyre, Trachyte, Basalte, Lave). Les Roches, ainsi produites, constituent d'une mauiète générale les formations ignées, plutoniennes ou vulca ni en nés des auteurs; elles appartiennent aux Terrains de tous les âges, et renferment des dépôts trèsvariés.

Les autres Roches paraissent par analogie avoir été formées sous un liquide aqueux qui tenait en dissolution ou en suspension les molécules dont elles se composent; ce sont des précipités cristallins (Marbre statuaire, Gypse, etc.) ou des sédimens proprement dits (Calcaire grossier, Grès, Marne). Elles sont comprises dans une seule classe opposée à la première sous la désignation de formations aqueuses ou neptuniennes. Leur existence suppose celle d'un liquide qui recouvrait la place qu'elles occupent; souvent elles sont évidemment composées des débris reconnaissables des formations préexistantes, et, dans un grand nombre de cas, elles renferment les vestiges de plantes et d'animaux que cette ma* nière d'être a fait appeler Fossiles, V. Fossiles, Géologie.

En adoptant arec plusieurs géolo-

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gues deux classes principales de for* mations, 1 ° les Formations plutoniernes, 20 les Formations neptuniennes, que nous plaçons dans deux colonnes parallèles, nous ne considérons, ainsi que nous l'avons dit précédemment, cette division que comme une considération géuérafe qui ayant seulement pour objet l'origine présumée des substances minérales que chaque colonne renferme, doit être mise en dehors de la classification chronologique des Terrains. Nous devons même nous empresser de dire qu'il faudrait, pour être conséquent, établir une ou deux classes mixtes dans lesquelles on placerait les dépôts dont les particules sorties de l'intérieur de Im Terre à l'état pulvérulent, à celui de liquide ou de vapeur, ont été déposées comme de véritables sédimens par les eaux au sein desquelles elles ont . été jetées ou répandues par l'action plutonienne (Vakite, Pépérine, Tu fa, Moya, etc.); ce seraient là, si Ton voulait créer un nom nouveau. des formations plutoneptuniennes, de même que l'on pourrait appeler formations neptuno-plutoniennes, les dépôts formés par les eaux et modifiés après par l'action du feu (Tripoli, Jaspe? Schistes talqueux? Dolomie?); mais autant.il nous semble nécessaire de faire ces remarques, autant il nous paraîtrait impossible et inutile d'en faire la base d'une classification réelle. Il n'est peut-être pas superflu d'expli-uer ici que, par âge des Terrains et es diverses formations, on doit en* tendre l'époque où les matériaux qui les composent ont été associés et réunis dans les lieux où on les voit aujourd'hui (à l'exception cependant du cas de brisement et de soulèvement qui a pu, dans plusieurs points, produire des déplacemens), et non l'époque de la production primitive de ces matériaux. Ainsi, pour m'expliquer par un exemple, un poudding ou une brèche de Granit peut appartenir à un Terrain très-récent, tandis que le Granit de chaque galet ou fragment sera très-ancien; de même encore les matières qui sortent chaque jour de la bouche des volcans peuvent être réellement, au moins e, partie, aussi anciennes que tous les autres matériaux de la terre, eto.; l'âge enfin se rapporte au moment de la formation et du dépôt, il est facile de concevoir d'après cela que la position relative de deux dépôts qui n'ont point été bouleversés après coup, qui sont ce que l'on appelle en place, doit indiquer l'âge respectif de chacun, lorsque ceux-ci ont été également formés au sein des eaux par voie de sédiment et de précipitation de haut en bas; car dans ce cas le sédiment qui est dessous aura toujours été déposé avant celui qui est dessus. Mais au contraire dans les masses sorties à diverses époques du sein de la Terre, leur position peut n'avoir aucun rapport avec leur âge. En effet, la même lave qui s'épanche sur les Terrains les plus modernes et vient les recouvrir, si (comme on le croit) elle prend sa source sous la première croûte solide du globe, peut s'être intercalée entre chacun des dépôts qu'elle a traversés, de manière à être vue également dessus et dessous de la même Roche de sédiment, saus que l'on puisse déduire de ces diverses positions l'époque à laauelle elle est venue se Llacer ou elle est. La superposition, e meilleur moyen pour déterminer d'une manière directe l'âge des Terrains, ne peut donc être employée que pour les formations neptuuiennés; quant à l'âge des formations pluioniennes, il ne saurait être indiqué que par la manière dont celles-ci se coupent entre elles (les plus nouvelles devant couper les plus anciennes), et que par la connaissance du dernier des Terrains de formation neptunienne que chacune recouvre ou traverse, résultat en partie négatif auquel on ne peut arriver que par une suite d'observations difficiles à faire.

Il faut donc pour cette raison établir la série des Terrains, d'après leur superposition, en ne faisant attention qu aux formations neptunienues et de

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sédiment, comme étant les seules qui puissent fournir le moyen d'étudier, dans Tordre de leur aucienneté, les nombreux feuillets dont se compose l'éptderme terrestre. Quant aux formations d'origine ignée, on ne peut que chercher à rapporter chacune 'elles aux divers groupes formés d'après ces premières observations directes, en réunissant les faits propres à indiquer la période pendant laquelle ies matériaux dont elle se compose sont sortis de l'intérieur du globe.ff Les Formations plutoniennes ne doivent, d'après ces considérations, être pour ainsi dire considérées aue comme accessoires dans une classification des Terrains; il en sera exactement de même des formations caractérisées par des débris d'animanx ou de végétaux, soit marins, soit des eaux douces, soit terrestres, et si la présence de telles ou telles espèces de Fossiles peut conduire à la détermination de l'âge de la Formation et par conséquent du Teirain qui les renferme, il n'en est pas de même de l'absence ou de 1 existence des fossiles en général, de la présence de fossiles marins ou de fossiles d'eau douce, en prenant ces caractères dans des termes vagues; car ces caractères ne sont que le résultat de circonstances qui se sont produites dans toutes les périodes, el ils ne peuvent servir de base à une classification chronologique des Terrains, comme plusieurs auteurs ont essayé de le faire, en divisant ceux-ci: 1°en épizoïques ou métazoïques supérieurs ou postérieurs à la présence, ou même, selon quelques-uns, à l'existence des corps organisés; et 2° en hypozoïques ou prozoïques inférieurs ou antérieurs aux corps organisés.

Nous ne pouvons nous dispenser d'entrer dans quelques explications relativement aux caractères tirés des Fossiles, pour faire sentir combien ces distinctions proposées sont peu en harmonie avec l'esprit d'observation qui commence à s'introduire dans l'étude de la géologie, depuis qu'abandonnant ces anciennes idées que le monde ancien était tout différent du monde actuel, on cherche à éclairer l'histoire du passé par l'étude des phénomènes qui ont lieu sous nos yeux.

Les Fossiles sont pour tout le monde aujourd'hui les débris, les vestiges et meme les empreintes de corps organisés qui ont vécu, soit sur fa terre, soit dans les eaux, et que les masses pierreuses enveloppent; les conditions essentielles pour au'un corps devienne fossile, sont qu il soit placé sous les eaux, et que celles-ci déposent autour de lui une matière minérale qui l'empêche de se détruire entièrement. Mais ces conditions qui se rencontrent fréquemment pendant la formation des dépôts qui ont lieu daus les mers, dans les lacs ou sur Je trajet des fleuves, n'existent pas pendant la formation des Roches qui sortent ou sont poussées de l'intérieur du globe à un état de liquidité et d'incandescence plus ou moins grand qui suffirait même pour détruire les corps qui v auraient été enveloppés; et aujourd'hui, comme aux époques

ïrécéaentes, les laves qui s écouent du Vésuve, de l'Etna, etc., et même celles que rejettent les volcans sous-marins, ne renferment trèsprobablement que peu de corps organisés, taudis qu'à l'embouchure de nos fleuves, sur nos rivages, il se dépose des vases, des sables qui enveloppent de nombreux débris. Si nous n'envisageons que les Formations neptuniennes et de sédiment, il n'est pas moins évident que tandis que loin des côtes, les dépôts formés dans la mer pourront n'envelopper aucun animal ou végétal, ceux qui auront lieu sur les rivages en seront 1 emplis qui ne seropt pas semblables, aux embouchures des fleuves, dans les golfes, sur les plages ouvertes, etc., et qui différeront également de ceux des sédimens du fond des lacs, des étangs, des marécages, etc., bien que tous ces dépôts appartiendront à la même période et qu'ils seront eu un mot du même âge. 11 est donc vrai de dire que la présence ou l'absence

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des Fossiles, comme l'existence de telle ou telle sojte de Fossiles, ne peuvent fournir des caractères d'époque, et que ces faits peuvent indiquer seulement des modes différens de Formation à cbaque époque.

Par les mêmes motifs, on voit que les Fossiles, contenus dans les sédimens d'un même âge, ne sauraient donner qu'une idée approximative et très-peu exacte de l'ensemble des êtres qui peuplaient le sol au moment où ces sédimens ont été formés; car, tandis que certains animaux ou végétaux, sont exposés fréquemment, par suite de leurs habitudes et de leur habitation, à être entraînés dans les bassins marins ou lacustres'dans lesquels les sédimens se forment, les inividus d'autres espèces, peut-être plus multipliées, vivant dans des circonstances toutes différentes, périssent sans laisser aucun témoignage de leur existence, parce que leurs dépouilles restent après leur mort exposées au contact immédiat de l'air ou de l'eau. Qui peut douter en effet que, dans le moment actuel, des cadavres d'animaux qui habitent les rives et l'embouchure des fleuves, comme sont les Loutres, les Castors, les Hippopotames et la plupart des Pachydermes, les Tortues, les Crocodiles, etc., ne soient journellement portés dans la mer par les eaux douces affluentes qui charrient en même temps des sédimens vaseux et arénacés propres à les envelopper et à les conserver; lorsque, au contraire, les nombreuses tribus de Singes qui habitent les forêts, les Antilopes c^es déserts, les Chamois des hautes montagnes, sont presque tous à l'abri des causes qui pourraient les placer sous les eaux chargées de troubles; il en est de même des plantes marécageuses et de rivage, comparées à celles des contrées sèches et des hautes montagnes, les premières seront trèsabondant es dans les sédimens, et les secondes ne s'y rencontreront que très-rarement.

Mais, pour que ces. conséquences soient justes, il ne faut pas considérer tous les Fossiles comme ayant été en fouis à la place où les corps organisés qu'ils représentent ont vécu; il faut croire que presque toujours ils ont été apportés dans le lieu où on les trouve de points plus ou moins éloignés; c'est ce que l'on ne saurait se refuser à admettre pour presque tous les débris d'animaux et ae végétaux qui ont habité le sol découvert, pour presque tous ceux qui existaient dans les eaux douces courantes et même pour une grande partie des êtres marins; les premiers sont souvent dans des dépôts cristallins ou sé- dimenteux, stratifiés sur une grande épaisseur formée successivement et lentement (Gypse de Montmartre, Houillères). Ils occupent tous les étages de ces sédimens; ils y sont associés plus fréquemment avec des habilans des eaux douces ou avec des débris marins qui quelquefois sout mêlés aux uns et aux autres.

Si des inondations subites avaient nové et fait périr sur le sol qu'ils habitaient les animaux et les végétaux terrestres, leurs débris seraient entassés pêle-mêle sous les sédimens marins qui les auraieut conservés jusqu'à nous, les végétaux adhéreraient par leurs racines dans la couche terrestre qui les nourrissait; cet ancien terreau n'aurait point partout disparu, il n'aurait pas été délayé et entraîné par les eaux envahissantes plus facilement que les sédimens marneux et meubles sur lesquels ces corps reposent aujourd'hui; on retrouverait au moins sur les roches solides des témoignages de l'action précédemment exercée par les iuuences atmosphériques, etc.; les squelettes des Mammifères, de ces grands Herbivores dont on rencontre tant de débris épars dans les derniers sédimens de nos continens actuels, devraient s'y voir rËuuis aux restes encore en place des pâturages des forêts qui leur donnaient et la nourriture et un abri; car comment supposer qu'une inondation, qui aurait noyé des animaux en laissant leurs cadavres sur le lieu même qu'ils par

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exurient juraient quelques moment auparavant, aurait en même temps arraché, déraciné toutes les plantes et détruit le terreau qui alimentait celles-ci? Comment cette cause impuissante pour détruire les squelettes de petits animaux que Ton trouve intacts dans le Plâtre, dans des Marnes, auraitelle arraché et brisé les arbres, etc.? Ob trouve bien dans quelques mines de Charbon de terre des tiges qui ont conservé une position verticale, mais ce cas est tout-à-fait exceptionnel; la plupart des plantes caractéristiques des mêmes terrains sont couchées dans le sens des strates, étendues et comprimées entre leurs feuillets; à Saint- Etienne, où le fait de la verticalité des tiges de grands végétaux mono- cotvlédones a été le mieux observé, celles-ci sont dans un banc de Grés supérieur à la Houille; pour quelquesnes qui laissent voir a leur base des divisions qui rappellent l'origine et la bifurcation des racines, presque toutes au contraire sont comme tronquées ou rompues; bien plus, le pied des tiges rameuses, souvent continues, est a des niveaux trèsdifférons oins le banc de Grèj qui les enveloppe, de sorte que celui des unes serait placé plus haut que le sommet des autres, ce qui indiquerait une surface de sol bien extraordinairement contournée; enfin, et cette raison est, à ce qu'il semble, une des plus puissantes, la substance pierreuse est homogène au-dessous, autour et au-dessus des tiges, de telle sorte qu'il faudrait supposer que les plantes ont végété sur une terre sablonneuse, tellement semblable par sa nature, sa composition, sa couleur, etc., au sable qui serait venu enfouir plus tard ce que Ton a appelé une foret de Fougères pétrifiée en place, qu'on ne pourrait voir aucune ligne de séparation entre le sol nourricier de ces plantes el le sédiment qui est venu les détruire. Comment une fissure suivant une ligne qui nasserait entre le collet des racines et Tes tiges, n'indiqueraitelle pas l'ancien sol terrestre? Comment aussi toutes les ramifications des racines auraient elles été détruites, elles aui auraient dû être protégées par le Terrain auquel on suppose qu'elles n'ont pas cessé d'adhérer, et lorsque dans les mêmes dépôts les empreintes des feuilles et des ramuscules les plus minces ont été conservées? On peut donc dire d'une manière générale et peut-être absolue que les vestiges de corps organisés terrestres, qui sont devenus fossiles, ont été apportés des terres sèches sur un sol depuis long-temps inondé, et le plus souvent par des eaux douces courantes qui, dans beaucoup de cas, ont porté aussi dans le bassin des mers les débris des ani- maux lacustres et fluviatiles qui existaient sur leur cours. De cette manière simple s'explique, ainsi qu'on le verra ci-après, et les mélanges et les alternances fréquentes, dans un même lieu, de Fossiles marins, de Fossiles des eaux douces et de Fossiles terrestres, sans qu'il soit en aucune manière besoin de supposer des envabissemens et des retraites plusieurs fois répétées des mers. Quant aux grandes accumulations de coquilles marines qui composent des épôts puissans divisés en un grand nombre de bancs (Calcaire grossier), celles de ces ooquilles qui sont entières, comparées a l'imtnerise quantité de celles dont les débris triturés les enveloppent, le mélange sans ordre de Mollusques qui n'ont pu vivre ensemble, la dispersion des valves, le changement subit que l'on remarque dans les espèces de deux lits trèsminces immédiatement superposés, le retour des premières espèces dans un nouveau lit, etc., sont autant de raisons qui portent à croire que beaucoup de Fossiles marins ont été réunis nors du lien de leur habitation ordinaire par les mouvemens cons- tans, périodiques ou irréguliers des eaux au sein desquelles les animaux vivaient, phénomènes analogues à ce qui se passe sur nos plages et sur le ond de nos mers.

Des faits bien constatés, et dont les navigateurs sont chaque jour té-

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moins, donnent un grand poids à ces conjectures qui ne sauraient être taxées d'hypothèses ; des corps légers et flottans peuvent être transportés à d'immenses distances sans être brisés; on voit les plantes et les graines de l'Amérique méridionale entraînées dans l'Océan par les fleuves des Amazones, de l'Orénoque et du Mississipi, être portées sur les côtes du Groënland, de l'Islande, du Spitzberg; les Spirules de la mer des Antilles arrivent quelquefois en grand nombre avec les flots jusque sur nos rivages de l'ouest, etc.

Dans cette manière de voir, un changement dans la direction des courans aura suffi pour faire varier les caractères minéralogiques et zoologiques des dépôts qui se sont formés dans un point déterminé du bassin des mers. La réunion de plusieurs courans expliquera le mélange d'êtres qui n'ont pu vivre ensemble, et la succession de courans diflérens rendra compte des alternances de sédimens qui ne contiennent aucuns Fossiles avec d'autres qui en sont entièrement formés et qui se succèdent d'une manière tranchée, sans avoir recours à des causes générales, à des révolutions qui auraient anéanti subitement tous les êtres pour les remplacer par des espèces différentes, qui auraient fait varier la nature des eaux, etc.

Il ne faut pas cependant déduire de ce qui précède, que la série animale et végétale n'a pas éprouvé des modifications nombreuses, que les espèces ont toujours été les mêmes, et que la création n'a pas été graduée. Ces questions ne sauraient être résolues entièrement par l'étude des Terrains, bien que celle-ci puisse fournir quelques élémens pour leur solution. Il en est de même de la question d'un abaissement de température dans l'atmosphère qui entoure le globe et d'un changement successif dans le climat d'une même latitude; tout en admettant la possibilité d'uu tel changement, on ne peut en trouver la preuve irrécusable dans la seule comparaison des Fossiles des Terrains anciens avec ceux des Terrains modernes, car dans l'hypothèse de la formation des Terrains de sédimens par suite du transport des matériaux qui les composent, la présence dans le sol, d'une contrée froide actuellement, de Fossiles analogues aux êtres des pays chauds, serait moins une démonstration d'un changement de climat qu'une indication du point de départ relatif des matériaux apportés dans ce lieu.

Si le fond de la mer, qui sépare l'Europe de l'Amérique méridionale, et notamment la partie qui s'étend depuis le golfe du Mexique jusqu'au Spitzberg, est continuellement soumis, depuis que les continens ont leur forme actuelle, à l'action du grand courant équatorial ; si le fond de cette mer, disons-nous, venait à être mis à sec, quel serait le résultat des observations faites par les naturalistes sur un espace six fois plus considérable que celui occupé par toute l'Europe et trente fois plus grand que la France? Le géologue qui trouverait, depuis l'équateur jusqu'au pôle, des végétaux et des animaux semblables, devrait-il conclure qu'au moment de leur dispersion la température et la végétation étaient uniformes sur tout le globe; que là o ù l'on trouve des animaux terrestres ou des eaux douces existait un sol découvert ou des lacs? Le zoologiste qui, au milieu des sédimens formés dans ce grand espace, ne trouverait ni des os d'Eléphant, de Rhinocéros, d'Hippopotames, de Girafes, d'Hyènes, etc.; ni d'aucuns des animaux propresàl'ancien continent, devrait-il avancer qu'alors il n'existait que des Tapirs, des Cerfs, des Lamantins, des Crocodiles, etc.? Le botaniste, raisonnant d'après les faits et obéissant pour ainsi dire à leur empire, déciderait-il qu'à l'époque de l'enfouissement des végétaux dont il recueillerait et examinerait les débris, toutes les plantes propres à l'Europe, à l'Asie, à la Nouvelle-Hollande,

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etc., et dont il ne trouverait point de vestiges parmi les Végétaux américains, n'existaient probablement pas encore et qu'elles sont de création récente, etc. S'il comparait la flore fossile à celle de l'Amérique elle-même, devrait-il s'étonner de voir un petit nombre d'espèces, habitant les rivages, composer la première presque exclusivement, tandis que dans la seconde, les Végétaux des hautes plaines et des montagnes entreraient dans une proportion trèsdifférente, sans qu'en réalité cette proportion ait changé dans la nature.

Du sol.

Quelques parties de la surface solide du globe terrestre changeant continuellement de composition et de forme, à mesure que de nouveaux dépôts sont venus recouvrir ceux qui avaient précédé; le sol actuel, considéré dans son universalité, doit différer beaucoup par sa composition de celui que l'on peut regarder comme ayant été le sol primitif. Son état est le résultat d'un nombre infini de causes et de circonstances qui n'ont pu agir et être créées que successivement et dont l'enchaînement n'est pas interrompu. Aussi voit-on que dans des localités très-rapprochées le sol est composé de dépôts variés, de formations différentes et de terrains de tous les âges, tandis que la simplicité de composition, l'uniformité d'aspect paraissent avoir été les caractères principaux du sol primitif; en effet on remarque que sur tous les points de la terre, quelle que soit la distance qui les sépare, la plus grande analogie existe entre les Roches que leur position relative doit faire regarder comme les plus anciennes, soit qu'elles s'élèvent en saillies à travers les autres pour former les hautes montagnes, soit qu'on les rencontre dans les plus grandes profondeurs après que l'on a traversé celles qui les ont recouvertes; la distribution actuelle des anfractuosités qui forment les bassins des mers, ceux des lacs, le lit des fleuves, la quantité de terre sèche et de terre inondée, la forme des continens, la direction, la hauteur des chaînes de montagnes, le nombre et la forme des vallées, etc., sont des accidens qui n'ont eu rien de constant et qui n'ont pu rester les mêmes que pendant des périodes trèscourtes comparativement au temps qui s'est écoulé depuis que l'épiderme terrestre a commencé à se former; cette considération, qui résulte des faits, peut être trèsutile dans l'histoire particulière de chaque groupe de terrain lorsque l'on veut se rendre compte des alternances et des différences nombreuses que présentent les formations que l'on observe dans un même lieu.

Il faudrait, à la rigueur, appeler sol primitif la surface de la première pellicule solide qui a enveloppé la terre considérée comme une masse incandescente et molle; mais, outre qu'il nous est impossible de reconnaître cette première enveloppe à des caractères certains, il nous suffit, pour l'étude des Terrains, de regarder comme sol primitif une ligue pour ainsi dire idéale au-delà de laquelle l'observation ne nous a rien fait connaître de la structure du globe. C'est le terme extrême de nos connaissances positives à ce sujet, et plutôt une abstraction qu'une chose réelle. Le tableau général que nous joignons à cet article (V, planches de ce Dictionnaire) nous dispense de donner plus de développement à notre idée; ce tableau, qui représente d'une manière simple la disposition relative des masses minérales qui entrent dans la composition de l'épiderme terrestre, peut également servir à faire voir comment le sol actuel peut être formé successivement de Terrains plus anciens ou inférieurs, qui paraissent à nu à mesure que l'on s'éloigne du centre d'un bassin pour s'approcher de ses bords, disposition que présente parfaitement le bassin au milieu duquel est situé Paris, puisque le voyageur, en partant de cette

TOME XVI. 10

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ville pour se rendre, soit dans les Vosges, soit dans le Limousin, dans la Bretagne ou dans les Andennes, passe des Terrains les plus récens sur d'autres Terrains graduellement plus anciens qui sortent de dessous les premiers et les débordent dans presque toute la ceinture que nous venons de tracer. L'ensemble des Terrains qui surmontent et recouvrent la ligne qui nous semble être le point de contact de l'épiderme terrestre avec le noyau planétaire, n'a dans aucun point une épaisseur connue de mille mètres, c'est-à-dire que cette épiderme si compliquée dans sa structure et dont l'étude présente tant de faits remaiquables, n'est pas au globe qu'ellé levêt comme serait sur une sphère de trente six pieds de diamètre une enveloppe épaisse d'un millimètre.

Par Sol, il faut comprendre la surface terrestre qui est recouverte par les eaux aussi Lien que cette qui est en contact avec l'atmosphère; l'une est le Sol submergé, l'autre est le Sol émergé, distinction qu'il est, important d'établir, parce que les phénomènes qui ont lieu sur l'un ne sont nullement comparables à ceux qui se passent sur l'autre. Tant que le Sol est recouvert par les eaux, il est pour ainsi dire protégé par elles et mis à l'abri des dégradations qu'il éprouve promptement lorsqu'il est exposé à l'action atmosphérique. Les vagues et les courans littoraux déplacent bien quelques matières meubles sur les rivages et les bas-fonds; mais l'action la plus violente des mers agitées se fait à peine sentir dans les profondeurs. Aussi tout porte à croire que loin des côtes, dans la pleine mer, le fond resterait dans un état de calme et de stabilité parfait, si la cause qui produit les éruptions volcaniques, les tremblemens de terre, etc., ne venait momentanément agiter ce fond, et le revêtir par place de déjections ignées; si les pluies, les innombrables filets d'eau, les rivières et les fleuves qui détrempent et sillounent les continens, si les vagues qui battent les falaises escarpées n'apportaient pas sans cesse dans le bassin des mers des matériaux nouveaux enlevés aux terres sèches, et que les courans se chargent de distribuer dans leur marche, suivant la pesanteur de chacun d'eux, jusqu'à de grandes distances.

Aussitôt que, par une cause quelconque, une portion du Sol submergé est mise à sec, une grande révolution s'est opérée pour elle, dans ce sens, qu'elle va être modifiée tout autrement qu'elle ne l'était précédemment; alors seulement commencent l'action de la chaleur et du froid alternatifs, celle de l'air, des rayons solaires, de la pluic, des torrens, etc.; le sol sousmarin dont les ondulations étaient douces, dont les anfractuosités tendaient à s'effacer, est déchiré, découpé violemment, immédiatement après son émersion, jusqu'à ce que l'équilibre se rétablisse au moyen des éboulemens et du comblement du lit des fleuves par les débris que leurs eaux entraînent des hauteurs vers les parties basses. Sur le sol sec, il ne se fait plus ni sédimens ni fossiles; tous les êtres qui ont vécu sur lui, et qui y restent après leur mort, sont bientôt réduits à un peu de terreau qui ne saurait transmettre le souvenir de leurs formes. Si des sources, en sortant de terre, laissent déposer les sels qu'elles tenaient en dissolution; si les volcaus rejettent des matières fondues et pulvérulentes, ces substances précipitées ou refroidies à l'air, ne ressembleront pas à celles déposées par les mêmes agens sous des eaux profondes qui les soumettaient à une forte pression. Les dunes, les alluvions et attérissemens ne peuvent être produits qu'au contact du Sol submergé et du Sol émergé; les Stalactites, les Tourbes, l'Humus appartiennent tout-à-fait à ce dernier; il est donc vrai, en thèse générale, qu'il se fait peu de chose sur la terre que nous habitons qui puisse rendre compte de la formation des Terrains qui sont soumis à noire examen, et que, d'un autre côté, nous

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ne retrouvons rien dans la composition de ces mêmes Terrains qui nous rappelle ce qui se fait sous nos yeux; mais s'ensuit-il que les causes qui ont produit les feuillets dont la terre est enveloppée, ont cessé d'agir? Au contraire, toutes les analogies, le raisonnement et les faits, portent à croire que sous les eaux actuelles, des dépôts sont formés, et que ceux-ci enveloppent des débris de corps organisés contre la conservation desquels nous ne saurions élever des doutes fondés, lorsque nous voyons nos eaux incrustantes conserver la substance et toujours la forme des plantes, des fruits et des animaux que l'on y plonge, par la seule raison que l'enduit inaltérable dont elles recouvrent ces corps, les met à l'abri de l'action désorganisatrice de l'air ou de l'eau.

Avancer qu'il ne sê fait plus rien de comparable à ce qui constitue par exemple les Terrains tertiaires parisiens, parce qu'effectivement on n'a pu constater d'une manière directe que des formations analogues se préparent dans les profondeurs de l'Océan, ou bien parce que, dans plusieurs localités connues, le sol sousmarin est resté le même depuis un temps immémorial, ce serait s'appuyer sur des argumens bien faibles pour essayer de nier les relations intimes et continues qui lient l'état présent de la terre à ses états précédens, et qui rattachent sans interruption le présent au passé; car, d'une part, que deviennent toutes les matières chariées périodiquement par les fleuves, si elles ne forment pas des bancs étendus et épais sur le sol où elles sont portées? D'un autre côté, que signifie l'observation réellement bien exacte que, dans un trèsgrand nombre de parages, le fond ne change ni de nature ni de profondeur, si ce n'est que ces parages sont éloignés de toutes les circonstances favorables à la production des sédimens? Depuis que l'on pêche des Huîtres dans la baie de Cancale, el du corail sur les côtes de Barbarie, si on a remarqué qu'aucune matière meuble n'avait été apportée dans ces lieux, c'est peut-être parce que là il ne débouche aucun grand cours d'eau continental: et que des courans balayeut le sol sous-marin, ou que les mouvemens de la mer portent tout à la côte, etc. Croirait-on que, dans les temps anciens, les sédimens couvraient plus qu'aujourd'hui également toutes les parties du sol des anciennes mers; et n'est-il pas démontré au contraire, par une foule d'observations, que les plus anciens sédimens n'occupent que des espaces limités? Si, dans les endroits où vivent habituellement les animaux fixés et ceux qui recherchent des roches dures et des eaux limpides, on ne voit pas le fond se couvrir d'épais limons, c'est que ces animaux ne se seraient pas établis, et n'auraient pu continuer à exister dans un lieu où des troubles les auraient gênés et bientôt enfouis.

Par Sol il ne faut pas entendre strictement la surface solide qui est en contact immédiat, soit avec l'air, soit avec l'eau; on doit soulever, pour ainsi dire, les derniers lits de gravier, de limon, de vase et d'humus, qui voilent dans un grand nombre e points les formations régulières plus anciennes, dont le sol émergé recoit ses véritables caractères et une physionomie particulière. Ge sont les carrières, les rives des vallées, les falaises, et en général toutes les excavations naturelles ou artificielles peu profondes, qui fournisent les moyens de connaître la nature réelle du sol d'une contrée que l'on veut comparer à une autre. La forme extérieure, la culture, la végétation, sont en général en rapport avec la composition des Terrains, et le géologue, qui a beaucoup voyagé et bien observé, peut, d'après ces indications en apparence étrangères au sujet dont il s'occupe, apercevoir qu'il quitte un Terrain pour passer sur un autre; il se laisse souvent diriger par elles sur les points qui lui présentent le plus d'intérêt pour l'é

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tude ou même pour la recherche et la découverte des substances utiles aux arts, à l'industrie et à l'agriculture, l'un des objets les plus importans de ses travaux.

La présence de débris de végétaux terrestres dans les plus anciens Terrains de formation neptunienne, et dans presque tous ceux qui se sont succédés, rend incontestable que, depuis les temps les plus reculés, il a existé simultanément un sol submergé et un sol émergé; il est en même temps très-probable que les diverses parties de nos continens actuels n'out pas été abandonnées par les eaux dans le même moment; tel plateau, comme celui du centre de la France, était peut-être déjà couvert de végétaux terrestres, lorsque les charbons de terre et tous les Terrains secondaires et tertiaires n'avaient pas encore été formés dans les mers environnantes, et depuis ce temps ce même plateau s'est trouvé sous les circonstances aux influences desquelles les parties basses de nos vallées n'ont été soumises que depuis la formation des Terrains les plus récens et après le dernier abaissement des eaux.

Les périodes d'immersion et d'émersion sont donc relatives pour chaque point de la surface terrestre, et l'on ne saurait par conséquent établir deux époques dans le temps et classer chronologiquement les Terrains et les phénomènes géologiques d'après la circonstance de la mise à sec de nos continens, puisque à la rigueur cette mise à sec a pu se faire successivement depuis la formation des premiers Terrains jusqu'à nos jours, et qu'elle peut continuer encore, ainsi que nous dirons de nouveau en parlant de la distinction de l'époque actuelle et de l'époque ancienne.

Des Dépôts.

Il ne faut pas confondre les dépôts avec les roches, malgré l'extrême rapprochement qui existe entre les uns et les autres; celles-ci, considérées minérqlogiquement, doivent in diquer des minéraux simples ou des associations constantes de certaines substances; leurs caractères, pris dans leur composition, leur texture, leur dureté, leur aspect, ne doivent pas varier sans que la roche ne change de nom; plusieurs roches peuvent ainsi se rencontrer dans un même banc, dans un même bloc, et faire, à plus forte raison, partie d'un même dépôt; car, pour être conséquent avec ses principes, le minéralogiste doit regarder comme autant de roches distinctes les mélanges qu'il voit être différens, sans faire aucune attention au gisement de cès derniers. Les dépôts doivent avoir une acception plus large; la roche dominante essentielle doit seule servir à les désigner, et avec cette roche principale peuvent s'en trouver d'accidentelles, subordonnées ou disséminées; ainsi la colline de Montmartre est composée à sa base d'un dépôt gypseux qui comprend, entre des bancs de Gypse, des lits de Marnes, d'Argile et même de Calcaire. Le sommet de cette montagne est un dépôt arénacé, au milieu duquel on trouve de l'Argile, du Grès, des Meulières, qui sont autant de roches distinctes. Le Terrain oolithique est un dépôt calcaire en général comparé au Terrain houillier qui est un dépôt arénacé.

Le même dépôt peut changer de nature graduellement par le changement dans la proportion des diverses matières dont il est composé: un dépôt calcaire passe à un dépôt argileux ou à un dépôt arénacé, et vice versâ. Aussi il peut être Utile dans le langage géologique de combiner ensemble plusieurs expressions pour indiquer ces diverses combinaisons. Lorsqu'un dépôt est formé de lits argileux et de bancs calcaires qui alternent, on peut dire qu'il est argileux et calcaire, ou calcaire et argileux, selon que l'Argile ou le Calcaire domineront. Si, au contraire, on veut exprimer que l'Argile et le Calcaire sont mélangés dans les mêmes roches et dans les mêmes bancs principaux, on ap

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peilera le dépôt, argilo-calcaire, calcaréo-argileux. La diversité des mélanges qui constituent les dépôts est très-grande; cependant sur trois cents espèces environ de substances minérales distinctes, il n'en entre pas vingt dans la composition essentielle des dépôts qui constituent l'épiderme terrestre; encore les minéraux que l'on y découvre y sont-ils trèsrarement purs en grandes masses' et presque toujours ils sont méconnaissables au premier aspect. Les Roches de cristallisation sont celles que l'on voit presque exclusivement dans les Terrains anciens, tandis que celles de sédimens sont le plus abondantes dans les Terrains modernes; les unes et les autres alternent souvent ensemble, et principalement dans les Terrains moyens. On doit distinguer les dépôts selon qu'ils se présentent en masses non stratifiées, on bien en couches, tables ou feuillets, parce que ces dispositions sont souvent en rapport avec leur mode de formation et leur âge, et qu'il peut conduire à faire découvrir celui-ci. Non-seulement les fossiles enveloppés dans les dépôts anciens diffèrent de ceux que renferment les dépôts modernes, mais leur mode de conservation et surtout leur liaison plus intime avec la gangue qui les a conservés, peut encore, jusqu'à un certain point, indiquer à quel Terrain et à quelle sorte de formation doit être rapporté un dépôt que l'on observe isolément.

Loin d'assurer que les dépôts des diffèrens âges ont toujours été tels qu'ils se présentent à notre observation (et pour nous en tenir ici à ceux qui ont été formés au sein des eaux), nous devons croire que le temps et la circonstance de l'émersion ont modifié beaucoup leur consistance, leur aspect et peut-être même leur composition. Les sédimens argileux et calcaires purement mécaniques n'ont été originairement que des vases qui, sous 1 eau, seraient restées dans un état continuel de mollesse; ce n'est que depuis qu'elles font partie du sol émergé, que ces vases se sont durcies et qu'elles se sont fendillées par le retrait; ensuite l'évaporation des eaux a donné lieu à la précipitation des sels cristallins dissous par elles, et ceux-ci ont rempli les solutions de continuités, les fentes, les cavités, ou bien ils ont cimenté les molécules désagrégées; c'est ainsi que d'une boue homogène, le dessécheraent et l'évaporation ont fait, selon toutes les apparences, des marbres compactes, durs comme sont ceux deSainte-Anne, de Namur, etc., si fréquemment employés pour nos ameublemens. C'est sûrement par des causes analogues que beaucoup de sables ont été transformés en Grès; que des graviers ont été convertis en Pouddings dont les parties sont si solidement liées que le choc brise les fragmens les plus durs plutôt que de les séparer, Beaucoup de substances, que l'on trouve en nodules au milieu des dépôts mécaniques, tels que les Silex daus presque tous les Calcaires à grains fins, les rognons de Strontiane sulfatée dans les Argiles, les Meulières dans d'autres Argiles, sont des produits postérieurs au dépôt des matières au sein desquelles ils se sont formés par réaction chimique ou par le rapprochement lent de molécules similaires primitivement écartées.

Le changement de nature des corps organisés fossiles, la transformation des bois, des coquilles, des polypiers en Silex, en Agathes, en Fer sulfuré, en Spath calcaire, etc., ne s'est pas opérée instantanément; la liaison intime de ces corps avec la gangue qui les enveloppe, est l'effet d'une sorte de mouvement intestin que l'attraction moléculaire entretient dans les masses minérales les plus solides.

Il ne faut donc pas s'étonner si la solidité et l'aspect cristallin sont des caractères que l'on retrouve plus communément à mesure que l'on passe de l'étude des Terrains récens aux Terrainsanciens; il faut encore moins trouver, dans le peu de dureté des sédimens actuels comparés à ceux des premiers temps, une preuve que les

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opérations de la nature ont changé, car c'est comme si, comparant des ruines antiques et dégradées depuis des siècles par les influences atmosphériques avec un monument moderne et que les ouvriers viennent d'abandonner, on s'étonnait de trouver les pierres de celui-ci réunies par un ciment moins dur, leurs surfaces plus polies, plus blanches et non corrodées, et comme si l'on assurait que, dans les siècles à venir, le même monument ne ressemblera pas tout-à-fait aux ruines dont il diffère tant aujourd'hui.

Des Formations.

Quoique la distinction des formations plutoniennes des formations neptuniennes paraisse très-naturelle et incontestable, il est cependant impossible, dans l'état actuel de nos connaissances, de tracer la limite entre ces deux classes et d'assigner aux produits qui doivent entrer dans chacune d'elles, des caractères distinctifs qui puissent indiquer leur origine; d'une part, on sait par des expériences directes que des matières fondues et refroidies lentement, ou sous une forte pression, peuvent ne pas différer de précipités cristallins dont les molécules auraient été dissoutes dans un liquide aqueux; d'un autre côté la stratification ou la disposition massive ne peuvent être considérées comme propres exclusivement, la première aux dépôts de sédiment neptuniens, et la seconde aux produits ignés; car certaines Roches, telles que le Calcaire et le Granit qui peuvent être pris comme exemples des deux groupes, se voient également en assises bien distinctes ou en masses irrégulières non stratifiées. Ce n'est donc que par un ensemble de caractères, et plus encore par la position relative des Roches, par de nombreuses analogies, que l'on pourra se décider à ranger certaines d'entre elles plutôt dans les produits du feu que dans celui de l'eau; la discussion qui, pendant long-temps, a partagé les géologues en deux camps, les Wernériens ou Neptuniens et les Plutoniens ou Huttoniens, n'est pas encore terminée pour un certain nombre de masses minérales à structure cristalline, que pour trancher la difficulté on attribue, dans les classifications modernes, en même temps aux deux agens (le Granit, le Gneiss, certaines Roches talqueuses et amphiboliques, etc.). Quant aux dépôts formés mécaniquement par l'agrégation de particules enlevées à des dépôts préexistans, et quant à ceux qui renferment des vestiges de corps organisés, leur origine aqueuse ne peut être contestée, et c'est principalement parmi les matériaux de ce dernier ordre qu'il importe de rechercher quelles sont les diverses circonstances qui ont présidé à leur formation; sans cela il serait difficile de parvenir à écrire l'histoire des événemens qui ont eu lieu sur la terre dans les temps les plus rapprochés du nôtre, pour essayer de remonter de proche et proche et par une suite d'inductions graduées jusqu'à l'époque où les causes dont nous pouvons apprécier les effets ont commencé à agir.

Dès l'instant que l'étude des fossiles et la comparaison de chacun d'eux avec des êtres vivans, a conduit à ne pas confondre les vestiges des animaux et des végétaux qui ont dû exister dans des eaux salées avec ceux des animaux et végétaux qui ont dû habiter les eaux douces, il a paru tout naturel et tout simple de supposer que les Roches qui contiennent les premiers ont été formées dans la mer, et que celles qui renferment les seconds ont été produites dans des lacs, des marais ou des fleuves; de là est résultée la distinction des Formations marines et des Formations d'eau douce. Cependant ici encore la limite n'est pas tranchée comme on aurait pu le croire, car dans les mêmes couches ou dans des couches contiguËs et qui ont évidemment succédé l'une à l'autre, sans trouble, et ont même alterné à plusieurs reprises entre elles; dans des

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dépòts différens, mais placés non loin les uns des autres dans le même bassin, à une même hauteur et sans que rien annonce qu'ils ont éprouvé des dérangemens, on trouve des fossiles marins, d'ean douce et terrestres, dont le mélange, le rapprochement et l'alternance ne peuvent s'expliquer qu'en supposant que dans beaucoup de cas les eaux fluviatiles ont dans les temps anciens charié et déposé dans la mer, comme elles le font aujourd'hui, les débris des corps organisés qu'elles avaient nourris ou qu'elles avaient enlevés à la terre sèche dans leur trajet. On concoit que dans cette supposition le mélange de fossiles marins et d'eau douce, qui est propre à indiquer la circonstance particulière de l'embouchure d'un fleuve dans la mer, peut n'être pas toujours constant, et que par place les sédimens fluviatiles ne contiendront aucun corps marin; que plus loin le mélange se verra et qu'insensiblement plus loin encore les corps marins pourront rester seuls; où finira alors, pour le géologue qui ne s'en rapporterait qu'aux échantillons qu'il aurait sous les yeux ou à l'examen de quelques localités isolées, la formation d'eau douce, et ou commencera la formation marine? L'histoire géologique des Roches caractérisées par des animaux des eaux douces ou terrestres ne peut donc résulter que d'un grand nombre de considérations, et surtout de leur gisement ou position relative avec d'autres Roches; les caractères purement minéralogique ou zoologiques pourraient induire en erreur, et si l'on s'en rapportait à eux seuls, si de la présence alternative de fossiles marins et de fossiles d'eau douce dans le même lieu, il fallait en conclure la présence alternative de la mer et des eaux non salées, on serait foicé d'attribuer à des causes extraordinaires et tout-à-fait incompréhensibles, des faits très-faciles à expliquer par l 'observation de ce qui arrive sous nos yeux: il a déjà été dit précédemment que l'intégrité des fossiles nepeut être une objection à faire contre la possibilité de leur transport, car dans des dépôts évidemment marins, comme sont, aux environs de Paris, ceux de Grignon et de Beauchamp si célèbres par le grand nombre de coquilles marines qui y sont conservées entières au milieu d'un sable formé de débris, ou trouve également quelques Cyclostomes terrestres ainsi que des Planorbes et des Lymnées lacustres qui, quoique trèsminces et très-fragiles, ne sont brisées en aucune manière, et comme les animaux auxquels toutes ces coquilles ont appartenu n'ont pas habité les mêmes lieux, il faut bien admettre que les unes ou les autres de ces dépouilles ont été apportées.

La non-existence de fossiles marins dans des dépôts formés sous la mer par des eaux douces affluent es, n'est pas non plus inconcevable, car l'arrivée continuelle d'un liquide étranger, et pour ainsi dire délétère pour les habitans des eaux salées, l'abondance des troubles que ce liquide apporte et dépose, soit continuellement, soit périodiquement, l'agitation profonde qu'il produit en s'écoulant dans les abîmes de l'Occan, sont des motifs suifisans pour empêcher les animaux marins sédentaires de s'établir et de se propager dans des lieux qui sont pour eux comme des déserts inhabitables, et quant à ceux plus alertes qui les traversent par hasard ou même qui viennent y chercher leur proie, ils y périssent rarement, et il n'est pas étonnant de ne pas trouver leurs dépouilles coufondues avec celles des êtres que les fleuves ont entraînés le plus souvent après leur mort et qu'ils ont déposés à peu de distance de leur embouchure. Il est donc nécessaire d'admettre qu'outre les dépôts formés dans le bassin des mers par les eaux salées, loin de l'influence et sans la participation des eaux continentales, et ceux auxquels les eaux douces seules ont donné lieu, soit dans les lacs, soit sur le trajet des fleaves, il existe des formations mixtes, composées de sédimens ap-

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portés par les eaux douees courantes et déposées par elles sous la mer, soit avant, soit après leur mélange, et à des distances plus ou moins grandes de leur embouchure. Peutètre, après examen, trouvera-t-on que beaucoup de sédimens sont dus à ce concours de circonstances; les formations que l'on pourrait appeler fluvio-marines sont peut-être les plus nombreuses. En effet, presque tous les dépôts de Houille et de Lignite, la plupart des couches argileuses et arenacées, qui alternent avec les diverses assises du Calcaire oolitique, tels que le Lias, L'Argile de Dives, celle de Honfleur, le Sable ferrugineux, les Argiles et Calcaires de Weald et de Purbeck, etc., etc., et parmi les Terrains plus récens des environs de Paris, l'Argile plastique, les parties supérieures du Calcaire grossier, le Gypse à ossemens, les faluns de la Loire, etc., contiennent des amas de végétaux terrestres, des squelettes d'animaux fluviatiles, des ossemens de Quadrupèdes mammifères dont la réunion annonce que, selon toutes les apparences, tous ces dépôts formés audessous du niveau des mers à des distances plus ou moins rapprochées des côtes, l'ont été en grande partie au moyen de matières enlevées au sol émergé par les eaux qui sillonnaient celui-ci. Si l'on réfléchit au peu d'action des eaux marines sur leur fond, si l'on compare le petit nombre de points où elles peuvent long-temps dégrader les côtes, la surface des terres lavées et sillonnées par les pluies, à l'immense étendue de rivages auxquels les eaux courantes enlèvent sans cesse des particules qui, en définitive, arrivent à la mer, il sera facile d'admettre cette proposition, que presque toutes les formations de sédiment ne sont que des at'érissemens fluviatiles.

Il est un mode de formation assez difficile à rapporter aux classes précédemment indiquées, c'est celui des dépôts produits par les eaux minérales chaudes ou froides, et qui, en sortant du sein de la terre, ont abandonné les matières qu'elles tenaient en dissolution; ces dépôts ne peuvent être assimilés à des sédimens, ils ne sont pas toujours formés de substances préexistantes et dissoutes, mais souvent ils sont le résultat de réactions chimiques; sortis de l'intérieur de la terre de bas en haut, ils sont comme les produits plutoniens rarement stratifiés; tels sont les Travertins, le Calcaire siliceux? etc. Leur présence n'annonce pas que le lieu qu'ils occupent était un bassin rempli d'eau; cependant ce phénomène dont les parties sèches des continens nous présentent des exemples a eu et doit avoir lieu encore sous les eaux, soit sur le fond des lacs (Ecosse, Auvergne), soit même beaucoup plus encore dans la mer en raison de son immense étendue. Il y aura donc des dépôts cristallins formés par des eaux que l'on peut appeler fontinales, soit sur la terre, soit sous les eaux douces, soit dans la mer, et ces précipités analogues entre eux, sous le rapport minéralogique, pourront différer entièrement par leurs caractères zoologiques.

La nature de cet article ne permettant pas d'entrer dans de plus grands développemens à ce sujet, et les exemples cités précédemment pouvant, à la rigueur, suffire pour faire voir combien il serait difficile d'assigner leur véritable cause, aux faits que l'on peut observer en géologie, si l'on n'avait pas pour se guider l'analogie et le raisonnement; il convient d indiquer maintenant les principaux modes de formation que l'on pourra être conduit à reconnaître dans les différens membres d'un même terrain et qu'il importe d'indiquer dans les descriptions géologiques.

Parmi les formations évidemment formées par l'intermède des eaux ou formations neptuniennes, il sera facile de trouver dans la composition des Roches, dans leur homogénéité, dans leur texture, dans leur aspect terreux ou cristallin, dans les mé-

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langes que souvent elles offrent, dans la grosseur et la forme des parties dont elles se composent, dans le mode d'agrégation ou de cimenlation de celles-ci, etc., des notions souvent très-exactes sur les diverses circonstances qui ont occasioné ou accompagné leur production, on pourra au moins distinguer d'un manière générale celles qui sont dues à une décomposition et à un précipité chimique de celles qui ne sont que le résultat du remaniement de parties solides préexistantes. S'il n'est pas jusqu'à présent possible d'assigner aux divers modes de formation des caractères extérieurs exclusifs et précis, propres à faire connaître chacun d'eax; on peut déjà espérer que l'observateur pourra par la suite, au moyen de la réunion de certains signes dont l'analogie lui donnera la valeur, et en étudiant concurremment, mais non exclusivement la nature minéralogique des Roches, les espèces de fossiles, leur association, leur état de conservation, etc., parvenir à assurer que tel dépôt a eu lieu non-seulement sous les eaux de la mer ou bien sous celles d'un lac d'eau douce, mais encore à présumer que certains ont été formés dans la haute mer ou sur les rivages, et peut-être même arrivera-t-on sous ce rapport à un point de précision tel qu'il sera possible de dire: Telle couche annonce que là était un golfe, telle autre indique un cap placé au nord ou au sud du point observé, telle un détroit, telle une côte ouverte, telle une embouchure de fleuve, un courant constant, des courans variables, un remou, etc., etc., de manière enfin que par l'examen minutieux et bien entendu des diverses formations de sédiment, on pourra, jusqu'à un certain point, retrouver la forme des terres seches et des mers aux différentes époques qui ont précédé la disposition relative actuelle des unes et des autres, et assigner les places que chacune occupait sur la surface du globe. Il est déjà possible de justifier par des faits cette prétention qui pourrait paraître exagérée.

Depuis qu'une foule d'observations bien analysées ne laissent pour ainsi dire plus de doute sur le soulèvement d'une partie des Alpes et des Pyrénées a une époque tres-récenle, c'est-à-dire depuis le dépôt de la Craie, l'épaisseur considérable de certaines assises secondaires, comme celles du Lias et du Calcaire oolitique, que l'on reconnaît en couches presque verticales ou contournées sur le flanc des montagnes qui les ont soulevées, l'homogénéité de ces Roches, les espèces pélagiennes de coquilles qu'elles renferment, fournissent une somme de caractères qui, comparée à l'ensemble de ceux des mêmes Roches que l'on a étudiées loin du lieu de leur redressement sur les côtes de France et d'Angleterre, par exemple, annonce que vers ces dernières localités étaient les rivages d'une vaste mer qui, au point où se trouvent maintenant les cimes de nos plus hautes montagnes, avait plusieurs mille mètres de profondeur. On aura donc dans les formations neptunienues: 1° des formations marines, pélagiennes ou littorales; 2° des formations lacustres, centrales riveraines; 3° des formations fluviatiles; 4° des formations fluviomarines, et celles-ci différeront suivant qu'elles auront eu lieu à l'entrée d'un fleuve dans la mer, au point du mélange de ses eaux avec les eaux salées ou enfin sur le trajet de courans marins daus lesquels seront venues se répandre les matières apportées par les eaux douces; 5° des formations fontinales, c'est-à- dire dues à des sources d'eaux chaudes ou froides, qui ont déposé les substances qu'elles tenaient en dissolution, soit sous la seule influence atmosphérique, soit sous des eaux douces ou même sous des eaux salées peu ou très-profondes; circonstances dont chacune a pu donner aux produits des propriétés particulières correspondantes.

Parmi les formationsplutoniennes,

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il y aura une distinction à établir entre les matières qui sont sorties de l'intérieur de la terre pour s'épancher sur les parties sèches de sa surface, soit fouducs, soit pulvérulentes ou volatilisées, et qui ont pris de la consistance à l'air et sous une simple pression, et celles qui, sorties sur le fond des mers, ont été modifiées par l'action du liquide qui les recouvrait; mais malheureusement on n'a pas encore assez comparé entre eux les produits volcaniques terrestres et ceux des volcans sous-marins pour pouvoir établir d'une manière positive entre les formations ignées anciennes des distinctions analogues. L'observation a seulement appris que les matières sorties de l'intérieur de la terre, à un état d'incandescence plus ou moins grand, ont varié de nature aux différentes époques; ainsi les Roches granitoïdes sont les plus anciennes f peut-être même le sol primitif ou la première pellicule refroidie autour de la masse planétaire était-il granitique; viennent eusuite les Porphyres qui coupent et traversent les Granités; puis les Trachytes, les Basaltes, et enfin les Laves qui dominent successivement dans les produits plutoniens des différentes époques que l'on peut tracer dans l'histoire de la Terre. A quoi tient cette différence entre des substances qui paraissent prendre leur source au même point? Est-ce aux différentes influences extérieures qu'il faut l'attribuerou plutôt est-ce réellement parce que l'épideirme terrestre prenant graduellement plus d'épaisseur, par le refroidissement et par la consolidation de nouvelles pellicules, les matières rejetées aujourd'hui viennent d'une zône moins éloignée du centre du noyau terrestre et par conséquent peut-être différente, par sa nature, des zônes extérieures. Daus cette supposition, il ne faudrait pas pour cela admettre qu'au-dessous d'une enveloppe de Granit on devrait retrouver successivement plusieurs autres enveloppes de Porphyre, de Trachyte, de Basalte et de Lave; car ces Roches n'existent probablement pas en nature et telles que nous les voyons au point d'où viennent les matériaux dont elles se composent. Ceux-ci sont des élémens qui ont besoin d'éprouver une certaine action, de réagir les uns sur les autres, d'être en contact avec l'eau, avec l'air, ou placés sous une moindre pression, etc., pour produire des Granits, des Porphyres, des Trachytes, des Laves, etc. G'est ce qui nous a engagé à désigner, dans le tableau théorique de la superposition des Terrains au-dessous de ce que nous avons appelé le Sol primitif, plusieurs zônes granitigènes, porphyrigènes, etc., pour indiquer que à est le gisement présumé des matières dont les Granits et les Porphyres ont été formés. Ces zônes sont tout-à-fait idéales, et leur existence comme la place relative qu'elles occupent sout fondées sur une hypothèse; elles font partie du noyau planétaire que les géomètres et les physiciens sont disposés à considérer comme composé de matière dont la densité et peut-être la nature sont différentes du centre à la circonférence du globe.

Le sol primitif sera dans cette même hypothèse: la ligne matérielle, qui limitait la Terre dans l'espace au moment où la surface de cette planète solidifiée et oxidée a commencé à s'encroûter peu à peu d'une série de dépôts, de sédimens et de précipités dont l'ensemble constitue l'é piderme terrestre.

Quelque réelle que semble être la distinction établie entre la masse originaire du globe et son enveloppe surajoutée, ce n'est que par supposition que l'on peut fixer la limite et reconnaître le sol primitif daus quelques points, sous les dépôts qui la cachent en partie; car si la composition semblable des Roches granitoïdes, sur presque tous les points du globe où on les a rencontrées; si l'existence de ces Roches sous toutes les autres Roches peut porter à croire que la première pellicule, devenue

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solide autour de la terre, était de nature granitique: d'un autre côté, la superposition de certains Granits à des Roches qui renferment des débris de corps organisés, leur disposition analogue dans beaucoup de cas à celle des Roches sorties fluides à diverses époques du sein de la terre, sont des motifs qui doivent nous empêcher d'assurer qu'au-dessous des plus anciens Granits, pour nos observations, il n'existe pas des Roches de sédiment qui devaient faire partie de l'épiderme terrestre dont nous ne pouvons ainsi déterminer la limite inférieure.

Des Terrains.

Ayant suffisamment déterminé le sens que nous croyons convenable de conserver au mot Terrain, il suffira de faire remarquer que toutes les dénominations secondaires, qui indiqueront des particularités étrangères à l'ordre relatif des divisions que l'on voudra établir, devraient à la rigueur être rejetées: c'est ainsi que les deux classes de Terrains à nions et de Terrains à couches, proposées dans l'origine par les mineurs allemands, que la distinction des Terrains en zootiques et azootiques, n'ont pu subsister, lorsque plus éclairés sur le mode de production des masses minérales, les géologues ont reconnu que l'existence des nions ou des couches, l'absence ou la présence des débris de corps organisés, sont en rapport, non avec l âge de ces masses, mais avec la manière dont elles ont été formées.

Dans la théorie neptunienne, professée avec tant d'art et de succès par le célèbre Werner et adoptée pendant sa vie avec tant de confiance et d'enthousiasme par la plupart de ses nombreux élèves, les caractères minéralogiques des Terrains parurent correspondre avec l'ancienneté relative de formation de ceux-ci, et ces caractères servirent à distinguer les Terrains primitifs des Terrains secondaires. La première classe comprenait toutes les masses à texture cristalline, qui ne contiennent ni dé bris de Roches préexistantes ni vestiges de corps organisés et qui, constituant les montagnes les plus élevées de la surface du globe, se rencontrent sous toutes les autres Roches dans les profondeurs les plus grandes. La seconde classe embrassait toutes les Roches disposées en assises, couches ou lits, dans la formation desquelles on apercoit l'action mécanique de l'eau, et qui, renfermant, soit des fragmens brisés ou arrondis d'autres Roches, soit des corps fossiles, composent plus ordinairement le sol des plaines et des collines basses. L'observation ne tarda pas à faire voir que ces caractères, en apparence si tranchés, n'étaient pas exclusifs les uns des autres; que d'une part des Roches cristallisées étaient d'une origine postérieure à de véritables sédimens, et d'une autre que des assises remplies de galets et de vestiges d'animaux ou de végétaux, étaient recouvertes par des Roches que leurs caractères mineralogiques devaient faire ranger parmi les Terrains primitifs. C'est pour rendre compte de ces nombreuses anomalies et exceptions que l'on imagina, sous le nom de Terrains intermédiaires ou de transition, une troisième classe que l'on placa entre les deux autres, aux dépens desquelles elle s'accrut au point qu'il n'est pas un seul des géologues, qui ont conservé cette division des Terrains, qui puisse désigner avec certitude un Terrain primitif qui ne mérite, par analogie, de rentrer dans la classe des Terrains intermédiaires dont la limite supérieure ne peut être non plus tracée que d'une manière arbitraire, et non d'après des caractères minéralogiques et zoologiques certains.

Pénétrés des difficultés que présentaient ces premières divisions des Terrains, et surtout des inconvéniens que les dénominations employées entraînent avec elles, beaucoup de géologues essayèrent de lutter contre l'usage recu, d'abord en substituant

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au mot primitif, qui a un sens trop précis, celui de primordial qui n'indique qu'un rang et peut comprendre des dépôts formés en partie des débris de dépôts antérieurs; les anciens Terrains primitifs et les Terrains de transition purent alors, sans contradiction, ne composer qu'une même classe. Telle est la base de la classification des Terrains que Brongniart proposa dans la deuxième édition de la Description géologique des environs de Paris. Ce savant divise les Terrains, 1° en Terrains primordiaux, qui embrassent les Terrains primitifs et intermédiaires de Werner; 2° en Terrains de sédiment qu'il partage d'une manière fixe en inférieurs, moyens et supérieurs.

La plupart des géologues anglais bannirent tous les noms de classes usités par l'école Wernérienne, et Phillips et Conybeare, dans leur Géologie de l'Angleterre, rangèrent les dépôts qui avaient été reconnus et étudiés dans le sol de la Grande-Bretagne, dans l'ordre de leur ancienneté, ils en composèrent des ordres qu'ils appelèrent inferior order (Terrain primitif, Wern.), submedial order (Terrain de transition, Wern.), médiat order (comprenant le Srincipal gîte des Charbons de terre et des Roches que certains auteurs rapportent aux Terrains de transition, tandis que d'autres les placent avec les Terrains secondaires', supermedial order (Termina à couches (Flœtz), Wern., Terrains secondaires), superior order (Terrains tertiaires).

Jusque-là les matières rejetées du sein de la terre par les volcans brûlans ou par ceux évidemment éteints depuis peu de temps, furent considérés comme peu importans sous le rapport de leur étendue, et comme des productions pour ainsi dire accidentelles dont on forma une classe, placée en appendiceà la suite des classifications de Terrain, sous le nom de Terrain volcanique, Terrain pyroïde, Terrain pyrogène, Terrain d'épanchement, etc.

Cependant les idées de Hutton et Playfair, les travaux et les observations de De Buch, de Humboldt, de Mac Gullock, de Boué, devaient étendre le domaine des formations analogues aux produits des volcans actuels; on vit que les effets dus à l'action de ceux-ci pouvaient, de proche eu proche, être comparés à des effets produits aux époques les plus reculées, et cette vérité reconnue fit naître l'idée de présenter deux séries parallèles de Terrains, les uns formés par l'eau, les autres attribués au feu. Cette nouvelle base de distribution des Terrains, présentée par Humboldt, développée avec un profoud savoir par Boué, vient d'être adoptée par Brongniart dans son important ouvrage sur la structure de l'écorce du globe, ouvrage qui renferme un grand nombre d'observations nouvelles et auquel nous renvoyons le lecteur pour les détails relatifs à l'histoire minéralogique et zoologique des groupes de substances minérales ou des formations. Si nous n'avons pas cru devoir suivre dans cet article les divisions principales et la nomenclature nouvelle proposées par l'auteur, c'est que l'une et l'autre nous ont paru trop s'écarter des idées généralement recues; comme toutes les grandes innovations, celle-ci a besoin de la sanction de l'expérience et du temps, et elle doit être soumise à la critique impartiale et sévère avant que d'être adoptée; nous nous bornerons en conséquence à donner un extrait trèssuccinct de cette classification à là fin du présent article, lorsque nous aurons exposé les caractères des Terrains et des formations, dans l'ordre que nous avons cru devoir suivre de préférence, comme s'écartant moins de l'usage général et comme étant plus en harmonie avec les principes que nous avons développés précédemment sur le choix du sens à donner aux mots Terrains, Formations, Dépôts et Sol.

Nous avons suffisamment dit que les Terrains étaient, pour ainsi dire, des cadres dans lesquels devaient

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être placés toutes les formations et tous les dépôts, quelle que soit leur origine et leur nature, pourvu que les unes et les autres fussent du même âge ou à peu près; nous avons également essayé de démontrer que la classification des Terrains était l'arrangement chronologique des formations et dépôts, et que les lignes de démarcation entre les Terrains ou cadres pouvaient, jusqu'à un certain point, être arbitraires; qu'il suffisait pour la facilité de l'étude que ces lignes fussent placées d'une manière précise et fixe, et principalement celles qui établissent les grandes coupes; car, à mesure que l'on descend dans les subdivisions, on doit se rapprocher et l'on se rapproche, pour ainsi dire sans le vouloir, des groupes naturels.

Nous avons défini ce que l'on peut entendre par sol primitif: c'est audessus de lui, c'est dans les anfractuosités qu'il a présentées, que se sont déposées toutes les masses minérales qui composent l'épiderme terrestre; si, comme nous ne pouvons nous dispenser de le répéter, les parties dont sont formées ces masses minérales avaient été précipitées du sein d'un liquide qui aurait uniformément enveloppé le sol primitif, les plus anciens dépôts seraient ceux que recouvrent les autres, et l'ordre des superpositions indiquerait l'ordre exact d'ancienneté: cela est vrai pour tous les sédimens ou précipités produits dans le sein des grands amas d'eau; mais les matières rejetées du sein de la terre apporteut de nombreuses exceptions et vienuent déranger cet ordre; il est donc nécessaire, après avoir reconnu à des caractères positifs les produits des eaux ou neptuniens, de s'en tenir à eux pour établir la classification des Terrains, sauf à intercaler après, dans les cadres établis, ceux des produits ignés dont l'époque de la formation sera correspondante. Il s'en faut que dans l'état actuel de la science on possède assez de renseignemens pour distribuer, d'après ces règles, tous ces dépôts et toutes ces formations distinctes; mais il y a tout lieu d'espérer que l'observation lèvera successivement les difficultés qui restent encore à surmonter.

La principale tient à ce que nous ne connaissons, avec quelques détails, qu'une petite portion de la surface totale de la terre, l'Allemagne, la France, l'Angleterre, et quelques points seulement de chacun de ces pays ont été étudiés. Est-il probable que la structure de l'épiderme terrestre soit la même partout? Bien plus, l'expérience et l'analogie n'indiquent-elles pas déjà que les divisions bien tranchées que nous établissons, que les groupes bien distincts que nous réunissons en un lieu, ne sont nullement reconnaissables, même dans des contrées peu éloignées, tandis qu'au contraire certaines formations peuvent paraître identiques à des distances très-grandes, parce qu'elles sont les effets de causes analogues, sans que pour cela il faille en conclure qu'elles sont de même époque: ainsi les dépôts qui se forment à l'embouchure de tous les grands fleuves du monde pourront se ressembler, ainsi que les déjections des volcans les plus éloignés les uns des autres, tandis que dans un petit espace, la mer, les eaux douces, les sources, etc., produiront dans le même temps des formations qui ne seront nullement comparables.

Toute division de la portion connue du globe ne peut donc être encore regardée que comme provisoire et comme applicable seulement aux pays qui ont été étudiés; c'est un terme de comparaison très-utile pour les recherches ultérieures, et il est de la plus grande importance de prévenir les observateurs contre la tendance trop générale qu'ils ont à vouloir retrouver partout ce qui a été précédemment observé et consigné dans les livres; avec cette disposition d'esprit, il est toujours possible de comparer et d'identifier les choses

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les plus dissemblables, tout comme, il est facile à certains étymologistes en changeant, retranchant ou ajoutant des lettres à un mot, de le faire dériver d'un autre mot entièrement différent. Une autre difficulté tient à ce que nous ne connaissons pas bien les Terrains qui forment les limites extrêmes des formations que nous devons classer; les plus anciennes se confondent avec la masse planétaire qu'ils enveloppent; mille causes secondaires, et le temps peut-être, les ont dérangées, altérées, modifiées; elles ne sont plus telles qu'elles ont été formées; les circonstances auxquelles elles sont dues sont difficiles à demêler, il manque au contraire aux formations qui ont lieu maintenant l'effet de ces causes secondaires qui ont agi sur les dépôts qui constituent la plus grande partie de l'écorce terrestre. Ainsi les dépôts actuels, précipités par les eaux, nous sont cachés au sein de ces mêmes eaux, tandis que toutes les formations de sédimens des époques plus ou moins éloignées ont été mises à sec, desséchées, sillonnées et en partie décomposées par les influences atmosphériques.

Pour prendre un point de coraparaison, qui puisse lier les phénomènes des temps les plus éloignés à ceux de l'époque actuelle, il conviendrait de prendre dans la série des formations un terme moyen bien connu, bien étudié, qui servît d'horizon géologique, tout comme l'on fait avec avantage dans l'étude de l'histoire d'un peuple, en étudiant d'abord ses mœurs et ses institutions dans un siècle sur lequel les documeus certains abondent, pour remonter de cette époque certaine à celles qui se perdent dans la nuit des temps, et pour redescendre ensuite de cette même époque à celle contemporaine.

Or, en géologie, l'époque principale de la formation de la Houille peut servir à former un Terrain type. Les nombreuses exploitations qui ont traversé, dans tous les sens, le sol qui renferme ce combustible, ont fait connaître sa composition et ses rapports avec les Terrains qu'il recouvre et avec ceux par lesquels il est recouvert. Le dépôt houiller est aussi celui qui s'est présenté dans les contrées les plus distantes, avec les caractères minéralogiques et phytologiques le plus constans. Après l'avoir bien caractérisé, il est facile de le comparer, 1° en rétrogradant de proche en proche avec les plus anciennes formations; 2° en s'élevant graduellement avec les dépôts qui viennent sous nos yeux augmenter et modifier encore l'écorce du globe.

Le groupe des Terrains carbonifères pourrait donc, en suivant l'exemple des géologues anglais, former un ordre moyen, intermédiaire ou médian (médial order), au-dessous duquel on aurait les Terrains inférieurs et au-dessus les Terrains supérieurs. Cette classification, l'une des plus simples, nous semble mieux que toute autre répondre au but que l'on se propose d'atteindre. Cependant notre intention ici étant d'innover le moins possible et de concilier le langage généralement compris avec les besoins de la science, nous conservons aux principales divisions des Terrains les dénominations de primaires, secondaires et tertiaires.

Sol primitif.

Dans la supposition, fondée sur un assez grand nombre de faits et de considérations, que le globe terrestre a été originairement et est encore, pour la plus grande partie de sa masse, dans un état de fluidité ignée, nous appelons sol primitif la surface solide du premier encroûtement que le refroidissement et l'oxidation ont produit autour du noyau incandescent; nous ignorons, il est vrai, la nature réelle de cette première épiderme, et ce n'est que par hypothèse

Sue nous regardons une partie des Roches granitoïdes, et spécialement les Granits massifs, comme entrant essentiellement dans sa composition; cette hypothèse, qui s'appuie au reste sur l'observation que du Granit se

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retrouve presque partout au-dessous de toutes les autres Roches, est sans inconvénient pour le but que nous nous proposons d'atteindre, qui est d'avoir un point de départ pour la série que nous voulons établir entre les produits formés depuis les temps les plus anciens jusqu'à ceux de l'époque présente. Il suffît de faire remarquer que dans l'état actuel de la science on ne peut affirmer que nous les substauces minérales que nous sommes porté à regarder comme les premières, c'est-à-dire comme les plus anciennes de l'epiderme terrestre, il n'en existe pas un grand nombre d'autres qui, si elles nous étaient conuues, ajouteraient beaucoup à l'idée que nous nous nous faisons de l'épaisseur que nous attribuons à celles-ci. Quoi qu'il en soit, les analogies nous permettent de raisonner comme si le Granit avait composé cette première pellicule, pour ainsi dire figée, qui a constitué le sol primitif; ce serait lui alors qui aurait formé les parois des premiers bassins dans lesquels se sont rassemblées les premières eaux condensées; ce seraient les parties de ce premier sol qui brisées, triturées, décomposées, dissoutes, seraient entrées daus la composition des premiers sédimeus neptuniens. Comparable jusqu'à un certain point aux amas de scories que l'on voit flotter sur un bain de matière fondue, cette première enveloppe solide de notre planète, mince et flexible, a du être d'autant plus facilement et plus fréquemment soulevée et fendillée que son épaisseur était moindre; on conçoit que les matières liquides, analogues par leur composition à celles précédemment durcies, se sont fait jour à travers de nombreuses fissures, d'abord presque continuellement en raison du peu de résistance qu'elles rencontraient, mais ensuite plus rarement et à des intervalles plus longs, lorsque venant de points plus éloignés de la première surface, le poids des masses qu'elles avaient à soulever devenait plus considérable; dans les premiers momens surtout, ces matières en sortant sous différens états de dessous le sol primitif, se sont associées aux sédimens qui se formaient par une autre voie: elles ont pénétré et modifié celles-ci, elles se sont épanchées au-dessus d'eiles pour être recouvertes et modifiées à leur tour par de nouveaux sédimens, etc.; de cette action simultanée et continuelle de phénomènes dus à des causes différentes, delà prédominance de l'action plutonienne dans les premiers âges, de la ressemblance des débris remaniés par les premières eaux avec les matériaux a origine ignée, ont dû résulter des produits mixtes dans lesquels les caractères propres à l'une ou à l'autre origine sont confondus: aussi devient-il réellement impossible de séparer nettement, dans les Terrains les plus anciens, les Roches neptutuniennes des Roches plutoniennes. Ces deux ordres de formations établissent deux embranchemens qui partent d'une tige commune, et qui sont d'autant plus distincts qu'ils s'éloignent de celle-ci. En effet, si l'on examine d'une part les Calcaires anciens qui renferment les Trilobites, les Productus, les Spirifères, etc., on ne peut douter de leur formation sédimenteuse; les Qùartzites et les Schistes argileux, qui alternent avec les vieux Calcaires et qui renferment les mémes fossiles, ont aussi évidemment été déposés dans le sein des eaux; entre les Schistes argileux et les Phyllades satinés, entre les Stéaschistes, les Micaschistes et enfin les variétés nombreuses qui conduisent aux véritables Gneiss, où peut-on placer une ligne tranchée de démarcation? D'un autre côté combien de nuances, combien de liaisons intimes entre cette dernière Roche et le Granit qui, par sa structure, sa composition et ses rapports de position, ne peut plus être séparé de tous les produits évidemment plutoniens. Ainsi toujours forcés d'avoir recours à des conventions, à des décisions plus ou moins arbitrai-

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res lorsque nous voulons soumettre les œuvres de la nature à nos divisions méthodiques pour essayer de faire comprendre ce que sent si bien celui qui étudie et voit par lui-même, et ce qu'il est si difficile d'expliquer aux autres d'une manière claire sans s'écarter de la vérité; nous croyons que dans la classification philosophique des formations, le Gneiss peut être réellement regardé comme le lien commun aux deux ordres principaux, comme le point de réunion des deux embrancnemens des Roches plutoniennes et neptuniennes, soit que l'on regarde sa véritable origine comme impossible à déterminer, soit que plus hardi on veuille concevoir son existence comme le résultat du dépôt dans les eaux et par les eaux a élémens sortis épars du sein de la terre.

Ire Classe. — TERRAINS PRIMAIRES.

Syn. Terrains primordiaux, T. primitifs, T. de transition et T. intermédiaires.

Comprenant toutes les associations de Roches dont la formation paraît avoir précédé le principal dépôt arénacé qui renferme la Houille, leur limite supérieure est ainsi déterminée d'une manière arbitraire, mais fixe par la présence du Grès rouge ancien (Old red Sandatone) qui commence la série des Terrains secondaires. Les Terrains primaires réunissent les Terrains primitifs et les Terrains de transition des géologues de l'école Wernérienne, qu'il n'est réellement plus possible de distinguer; presque toutes les Roches de critallisation hétérogène entrent essentiellement dans leur composition. Celles-ci sont par leur structure et leur gisement tellement liées entre elles et même avec des Roches évidemment agrégées et formées par voie de sédiment, au sein d'un seul liquide aqueux, que la distinction des formations neptuniennes et plutoniennes est dans les Terrains anciens, ainsi que nous venons de le dire en parlant du sol primitif, un des problèmes les plus difficiles de la géologie; il est également presque impossible d'assigner dans les Terrains primaires un ordre de superposition constant, et par conséquent un âge relatif aux divers groupes de Roches qui s'associent le plus généralement entre elles, et que l'on peut regarder comme formations indépendantes, expression que indique que ces associations ont été retrouvées les mêmes dans des contrées éloignées les unes des autres; et que chacune a été vue superposée indiffîremment sur l'une de celles qui sont plus anciennes; cependant au milieu des incertitudes dont les nouvelles observations viennent chaque jour augmenter le nombre, on peut reconnaître dans les terrains primaires connus trois groupes assez distincts par la prédominance de certaines Roches et par quelques caractères généraux. Ainsi les Roches cristallisées granitoïdes, dans lesquelles le Mica est partie essentielle (le Granit, le Gneiss, le Micaschiste), prédominent dans le plus ancien. Dans l'étage moyen on voit en plus grande abondance les Roches talqueuses et stéaschisteuses, tandis que les Schistes argileux, les Quartzites, de véritables Grès et des Calcaires coquillers indiquent l'étage supérieur. Ce caractère de la prédominance indique que dans chacun de ces étages on peut retrouver en amas, ou comme bancs subordonnés, presque toutes les Roches qui appartiennent aux deux autres et que le passage du premier au dernier terme de la séné se fait par une suite d'oscillation dont l'observateur peut, jusqu'à un certain point, se rendre compte pour se diriger, mais qu'il ne peut décrire d'une manière exacte; aussi les géologues qui ont étudié la structure des Terrains primaires dans divers pays leur ont bien reconnu une physionomie particulière et un faciès commun, mais ils sont loin de s'accorder sur les détails et sur les divisions secondaires à établir; les uns regardent

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comme des formations distinctes ce que les autres appellent dépôts subordonnés, etc.; quoi qu'il en soit, une vérité importante parait ressortir des contradictions apparentes que l'on remarque dans les ouvrages des auteurs qui ont vu par eux-mêmes, c'est que non-seulement des Roches entièrement semblables ont été formérs ou ont pris place dans l'écoice terrestre à des époques très-différentes, mais encore que plusieurs associations semblables ou formations indépendantes sont entrées dans la composition de cette écorce à plusieurs reprises, tandis que des groupes distincts ont été formés dans le même moment. C'est dans les fissures ou filons dont sont traversés les Terrains primaires et principalement leurs Roches de cristallisation, que se rencontrent le plus grand nombre d'espèces minérales isolées et la plupart des Minérais métalliques; les débris de Végétaux et d'Animaux qu'ils renferment se voient presque exclusivement dans les Roches d'agrégation et de sédiment, et parmi celles-ci dans celles que l'on peut, par leur position, regarder comme les plus nouvelles (Calcaires, Schistes argileux, Grès).

Les Terrains primaires se voyent à découvert et constituent le sol de pays immenses; les principales chaînes de montagnes au globe en sont formées; les Roches cristallisées hétérogènes et massives dont l'otigine plutonienne est le moins équivoque, occupent ordinairement l'axe central de celles-ci, tandis que les flancs sont recouverts par les Strates redressés des dépôts plus ou moins sédimenteux, regardés par cette raison comme successivement plus récens; bien qu'ici une question très-importantese présente, soit que l'on considère dans le fait du soulèvement récent des montagnes, leur axe comme un sol profond mis en évidence par des matières restées cachées, ou que l'on regarde cet axe comme actuellement formé par les matières qui ont soulevé celles alots plus anciennes qui les recouvraient. Les corps organisés des Terrains primaires appartiennent à des êtres dont la plupart n'ont plus d'analogues existans. Les plus remarquables par leur organisation très-compliquée qui les rapproche des Crustacés sont les nombreuses espèces de Trilobites qui composeut une famille de plusieurs genres dont ou ne retrouve plus de traces dans les Terrains secondairea. Avec plusieurs espèces d'Orthocératites, de Spirifères, de Productus de Térébratules et un nombre immense de Polypiers pierreux, toutes dépouilles des habitans de la mer, on trouve des Végétaux terrestres appartenant aux mêmes genres que ceux beaucoup plus abondans dans les plus anciens Terraius secondaires. Celles des Roches des Terrains primaires qui ont été évidemment formées de parties piéexistantes tenues en suspension ou en dissolution dans un liquide aqueux qui les a laissé se déposer, et les fossiles marins qu'elles présentent associés avec des Végétaux terrestres, fournissent la preuve qu à l'époque reculée de leur formation, toute la surface de la terre était déjà sous l'influence de circonstances au moins analogues, sous beaucoup de rapports, à celles qui existent maintenant; c'est-à-dire par exemple qu'elle était entourée d'une atmosphère propre à la végétation de plantes dont nous retrouvons l'organisation dans des végétaux actuellement existans, qu'un sol d'une nature quelconque, et plus ou moins étendu, était à sec et fournissait la nourriture à ces végétaux; que la plus grande partie était recouverte par de vastes mers dont les eaux n'avaient sans doute point de propriétés contraires à la vie d'animaux organisés comme ceux qui peuplent nos mers.

Après avoir comparé les Terrains primaires des deux continens. Humboldt décrit comme formations indépendantes (Essai géognostique sur le gisement des Roches dans les deux hémisphères), les associations de

TOME XVI. 11

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Roches que nous nous bornerons à indiquer ici, dans l'ordre d'ancienneté ou de contemporanéité que cet illustre géologue croit avoir reconnu; nous présentons ce tableau comme le résultat de l'observation faite sur la plus grande échelle, établie à l'aide des connaissances les plus étendues, renvoyant le lecteur à l'ouvrage fondamental qui en est le développement.

† TERRAINS PRIMITIFS.

I. Granit primitif.

Granité et Gneiss; Granit Stannifère; Weisstein (Eurite) avec Serpentine.

II. Gneiss primitif.

Formations parallèles.

Gneiss el Micaschiste; Granit postérieur au Gneiss et antérieur au Micaschiste; Syénite primitive? Serpentine primitive? Calcaire grenu.

III. Micaschiste primitif.

Granit postérieur au Micaschiste et antérieur au Thonschiefer (Schiste arqileux); Gneiss postérieur au Micaschiste; Grunstein-Schiefer (Diabase schisloïde?).

IV. Thonschiefer primitif (Schiste primitif.)

Formations parallèles.

Roche de Quartz; Granit-Gneiss postérieur au Thonschiefer; Porphyre primitif? Eupholide primitive.

†† Terrains de transition.

V. Calcaire grenu stéaliteux, Micaschiste de transition et Grauwake avec Anthracite.

VI. Porphyres et Syénites de transition recouvrant immédiatement les Roches primitives, Calcaire noir et Gruasiein.

VII. Thonschiefer de transition renfermant des Grauwackes, des Grunstein, des Calcaires noirs, des Syéniles et des Porphyres.

VIII. Porphyres, Syénites et Grunstein postérieurs au Thonschiefer de transition, quelquefois même au Calcaire à Orthocéralites.

IX. Euphotide de transition.

La Norvège, le Caucase, les fles Britanniques, la presqu'île du Cotentin, la Bretagne, la Saxe, le Hartz, la Tarentaise, la Suisse, la Hongrie, le Mexique et le Pérou, sont les points étudiés qui ont fourni des exemples pour l'établissement de cette dernière partie de la série.

IIe Classe.—TERRAINS SECONDAIRES.

Le Grès rouge ancien (Old red Sand stone) commence cette série qui s'étend jusqu'à la Craie inclusivement; entre les deux limites viennent se placer un assez grand nombre de groupes ou Terrains indépendans qui ont été observés et décrits isolément en Allemagne, en Angleterre et en France, et dont les rapports réciproques sont assez difficiles a saisir et à énoncer, parce que ces groupes qui ne se voient presque jamais ensemble dans une même contrée, semblent comme s'etclure les uns les autres, et s'être plutôt remplacés que suivis; il en résulte que la physionomie générale des Terrains secondaires varie beaucoup plus d'un pays à un autre que celle des Terrains de la classe précédente, et que la synonymie des noms qui ont été donnés à chacune de leurs divisions, dans lès diverses langues, est très-incertaine.

Les Terrains secondaires sont essentiellement composés de formations marines et de Roches de sédimens ou d'agrégation; ils sont trèsdistinctement stratifiés; leurs assises sont nombreuses, peu épaisses, alternantes, parallèles et horizontales ou à peu près dans le sol des plaines basses et des plateaux peu élevés; elles sont contournées, plissées et plus ou moins inclinées à l'approche des chaînes de montagnes, sur les flancs desquelles elles s'élèvent et qu'elles constituent même en partie jusqu'à une grande élévation, mais toujours alors dans un état de dislocation et de déplacement. Ces Terrains renferment un très-grand nombre de fossiles marins et terrestres et

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quelques-uns qui ont vécu probablement dans des eaux douces; presque tous appartenant à des espèces ou même à des genres actuellement inconnus. Les Trilobites des dernières assises des Terrains primaires ne s'y montrent plus que très-rarement; les Ammonites, les Bélemnites et les ossemens d'Icthyosaures et de Plésiosaures s'y rencontrent exclusivement, au moins jusqu'à présent. Ces divers débris de corps organises ne sont pas indistinctement et également répartis dans les assises de différente nature minéralogique; les végétaux terrestres, lorsqu'à eux seuls ils ne forment pas des bancs, sont ainsi que les coquilles d'eau douce, enveloppas dans les Argiles feuilletées et quelquefois dans les Roches arénacées; celles-ci plus fréquemment ne contiennent rieu; les fossiles marins occupent les sédimens calcaires et les bancs marneux; mais dans les premiers ils sont généralement brisés et réunis pêle-mêle et sans ordre; dans les seconds ils sont entiers, groupés par familles et associés à quelques parties de végétaux terrestres. Les Minerais exploités dans les Terrains secondaires sont en petit nombre; ils sont généralement disséminés dans les Roches en tables, nodules, taches ou druses, mais non en filons.

A. TÉRRAIN CARBON ITÈRE.

On doit considérer d'une manière générale le gite principal de la Houille comme un seul et même grand système de couches arénacées, interrompu d'une manière irrégulière par des lits ou amas plus ou moins nombreux et épais de Charbon de terre el par des sédimens calcaires non continus, qui n'ont été déposés que localement et à des époques différentes et qui peuvent manquer par conséquent. Cependant d'après des observations de détail, faites particulièrement en Angleterre et dont on voit la confirmation sur quelques points du continent, l'on peut diviser ce grand système en trois sous groupes dans les quels le Grès rouge, le Calcaire bitumineux et la Houille prédominent, et qui se succèdent dans l'ordre que nous venons d'iudiquer.

* Grès rouge ancien.

Synonymie. Old Red Sand stone, A.; Jungère, Grauwake, G.

Formation. Alluviale, de transport sous des eaux courantes; bancs de sable ou plage.

Roches. Grès à grains quartzeux, plus ou moins fins, souvent micacé, en bancs parallèles, solides; Argile schisteuse en lits micacés; Conglomérat grossier; fragmens de Quartz, de Schiste, noyaux argileux; couleur générale, rouge de brique, quelquefois verdâtre, blanche ou rosée; taches de ces diverses couleurs.

Fossiles. Rares; Plantes terrestres. On cite en outre des Encrines et des Térébratules?

Nota. Le Grès de Mey près Caen dans lequel on a récemment trouvé des Trilobites, des Productus, des Modioles, etc., et que l'on a donné comme un exemple de l'Old Red Sand stone, appartient au Terrain primaire trilobitien.

Localités. Le sud du pays de Galles; Hereford; environs de Bristol, et sur le continent, Huy près Namur.

** Calcaire carbonifère.

Synonymie. Moutain et carboniferous Limestone, A; Calcaire anthracifère (Om. d'Halloy.)

Formation. Marine, pelagienne, de sédiment, fond vaseux.

Roches. Calcaire fin, sublamellaire, gris bleu ou noir, coloré par du Charbon et traversé par des veines blanches de Chaux; Calcaire spathique; bancs parallèles distincts; Schistes argileux; Grès micacé, Poudingue; Ampelite alumineux en lits subordonnés.

Fossiles, Nombreux, marins, plusieurs Productus, Spirifères, Evovriphales, Caryophillies, Encrines eu si grand nombre que le Calcaire a été appelé Calcaire àEulrpquçs, à Encrines.

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Exemple. Marbre de Namur (petit Granit), Clifton près de Bristol.

*** Terrain houiller.

Synonymie. Coal Measures, A.; Stein kohlengebirge, G.

Formation. Fluvio-marine, alternance répétée un grand nombre de fois de dépôts de vase, de sable et de matières végétales, charriés dans la mer ou dans de grands lacs par des courans constans, continus ou périodiques, effets de causes qui ont agi long-temps et d'une manière intermittente dans le même lien.

Roches. Grès micacé, souvent argileux et gris; Grès blanc: Poudingue; Schiste micacé; Argile schisteuse; Houille, alternant un grand nombre de fois dans le même ordre. Fer carbonaté en lits subordonnés; amas et petites veines de Blende et de Galène.

Fossiles. Essentiellement des Végétaux terrestres monocotylédons des familles des Prêles, des Fougères et des Lycopodiacées; quelques coquilles marines; et plus fréquemment des coquilles analogues aux Unio et autres bivalves des eaux douces.

Observations. Le Terrain qui renferme de la Houille est peut-être celui qui est le mieux connu, parce que les nombreuses exploitations, auxquelles ce combustible a donné lieu, ont permis de le traverser dans toutes les directions. Il couvre rarement des espaces d'une grande étendue; mais il occupe des bassins circonscrits qui souvent sont en série au pied des Terrains plus anciens et plus élevés. On connaît cependant des Terrains houillers à une grande élévation; mais leur position actuelle peut être considérée comme le résultat d'un dérangement de sol. Les couches de ces Terrains sont presque toujours contournées, brisées ou fléchies sur elles-mêmes, de sorte que la direction ries lits du charbon est assez difficile à déterminer sans des observations directes. Les diverses Roches de sédiment qui composent le Terrain houiller sont quelquefois traversées par des Roches d'une autre origine, telles que des Porphyres, des Basaltes, des Trapps, qui ont localement altéré la Houille et déplacé les couches; aussi les solutions de continuité, que les ouvriers nomment failles, sont-elles très-fréquentes dans ces sortes d'exploitations. Les diverses Roches plutoniennes que nous venons d'indiquer et qui paraissent s'être introduites de bas en haut au milieu des sédimens neptuniens, y forment ce que les Anglais appellent des dikes.

L'origine végétale de la Houille paraît admise actuellement par presque tous les géologues; mais cem-ci diffêrent d'opinion surles circonstances d'enfouissement des corps organisés dont le charbon provient; les uns regardent les Terrains houillers comme des espèces de Tourbières formées de Plantes qui auraient vécu dans le lieu même ou 011 reucontre leurs débris: tandis que les autres pensentque les Végétaux, enlevés aux Terres sur lesquelles ils vivaient, ont été portés par des eaux fluviatiles dans de profonds bassins marins ou lacustres. Les premiers fondent leur manière de voir sur la parfaite conservation des feuilles de Fougères que l'on voit en si grande abondance daos les Schistes qui accompagnent la Houille (car on en reconnaît fres-rarement dans la Houille elle-même dont la texture est plutôt celle d un Minéral et aussi sur Pesistence de quelques tiges qui ont été observées dans une position verticale. Les seconds en faisant remarquer que cette dernière circonstance, tout-à-fait exceptionnelle, n'est nulle part propre à démontrer en même temps I'insertion de ces mêmes tiges verticales dans un sol qui les aurait nourris, se servent, pour expliquer la formation des Charbons de terre, de l'exemple que fournissent tous les grands fleuves et notamment ceux de l'Amanque méridionale qui, comme l'on sait, charrient continuellement â la mer une immense quantité de bois

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dont les courans marins s'emparent pour les distribuer jusque sur les côtes de l'Islande et du Spitzberg; ils s'appuient encore 1° sur la minceur extrême de certains lits de Houille qui n'ont que quelques lignes d'épaisseur; 2° sur ce que de la Houille de même sorte remplit des fissures qui se croisent dans divers sens, et 3° eu fin sur la puissance de quelques Terrains houillers qui ont plusieurs centaines de pieds sans que l'on remarque de différence, entre les premiers et les derniers dépôts; ce qui est difficile à expliquer dans la supposition que les Végétaux des lits inférieurs auraient, comme ceux des lits supérieurs, vécu en place sur un sol terrestre, taudis que les nombreuses couches de Schiste et de Grès qui les séparent, auraient été déposées sous des eaux profondes, comme on ne peut en douter d'après leur nature et leur structure. Le Terrain houiller est connu dans un trop grand nombre de localités pour qu'il soit possible de les citer toutes; 1 Angleterre, les Pays-Bas et la France possèdent beaucoup de mines de Houille; mais dans ce dernier pays toutes celles exploitées sous ce nom, principalement dans le midi, n'appartiennent pas au Terrain houiller proprement dit. Les Mines de Vulenciennes, de Mons, celle de Litry près Bayeux, de Saint Etienne près Lyon, sont des exemples du véritable Terrain houiller; dans l'Amérique septentrionale, la Nouvelle-Hollande, la Chine, il existe des miues de Charbon qui ont présenté aux observateurs des caractères généraux analogues à ceux des exploitations que nous venons de citer en Europe.

B. TERRAINS MURIATIFÉRES.

On peut désigner sous ce nom le groupe de Terrains placé entre celui qui renferme le principal gisement du Charbon de terre et les Terrains oolithiques proprement dits dont la série commence par le Lias.

Les Terrains muriatifères composés de Roches arénacées et de grands dépôts marneux, au milieu desquels paraissent de puissantes assises calcaires, ont offert les premiers exemples du gisement du Sel gemme en roche, et long-temps on a cru que cette substance ne se rencontrait que dans les Terrains de cet âge; mais les nouvelles observations ont appris qu'il en était du Sel comme de la Houille, et on a constaté sa présence non-seulement dans les argiles du Lias et de 1? Craie, mais dans celle des Terrains tertiaires.

On peut reconnaître, dans ce groupe et dans l'ordre de leur ancienneté relative, les Terrains suivans qui ont été fréquemment vus, placés en superposition contrastante sur le Terrain houiller.

*Grès rouge.

Synonymie. Grès vosgien; Psé-phite lougeâtre; partie du Lûwer Sand stoue, A.; Rothe Todtliegende, G.

Formation. Les Roches arénacées qui composent ce Terrain sont généralement des Grès blancs ou plus souvent colorés en rouge, très-analogues à ceux que Ton voit dans les groupes inférieurs au Terrain houiller avec lesquels il est presque impossible de ne pas les confondre lorsque celui-ci n existe pas; ces Grès qui sont très-fréquemment feldspa-tniques (arkoses) passent à des Poud-dings à cailloux quartzeux et à des conglomérats à fragmens anguleux. Quoique formés par voie de sédiment, ces dépôts se lient avec les Roches porphyritiques et trappéennes que l'on rencontre fréquemment dans leur voisinage et qui paraissent être du même âge; on pourrait par ces motifs croiie qu'uuc partie des Roches d'agrégation du Grès rouge sout composées de matériaux plutoniens, c'est-à-dire sortis du sein de la terre avec les Porphyres et qui auraient été immédiatement remaniés et disposés en strates par les eaux.

Tossiles. Ou n'a pas jusqu'il présent rencontré de fossiles dans ce

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Terrain. Les Vosges, Cartigny dans le Calvados, les environs d'Ëxeter en Angleterre présentent des exemples bien caractérisés de ce Terrain.

Minératogie. Chrôme oxidé, Manganèse; Fer oligiste, Galène, Blende, Malachite, Calamine.

**Calcaire alpin.

Synonymie. Terrain Peneen, Magnesian Limestone, A.; Alpen Kalkstein, Zechstein, G.

Formation. Marine, de sédiment, grand dépôt calcaire placé entre le Grès rouge précédent et le Grès bigarré.

Roches. Calcaire compacte, de couleur grise ou rougeâtre, stratifié; Dolomie ou Calcaire magnésien en bancs subordonnés dans le premier, ou le remplaçant entièrement; Schistes bitumineux avec Cuivre pyriteux et des empreintes de Poissons.

Fossiles. Assez rares, Encrines, Madrépores, Térébratules, Ammonites; le Productus aculeatus.

Poissons des genres perdus Palæothrisaum et Palænoniscum; un Reptile du genre Monitor; des Végétaux marins (Fucoïdes, Zostérites), dans les Schistes bitumineux.

Les Schistes bitumineux et cuivreux du pays de Mansfeld, célèbres depuis long-temps par les exploitations auxquelles ils donnent lieu, forment les assises inférieures du système calcaire du Zechstein, nom d'abord donné par les mineurs aile-mandsau seul Calcaire compacte qu'ils devaient traverser avant que d'arriver aux Schistes exploitables, mais que les géologues ont appliqué à tout un Terrain qui renferme un grand nombre de Roches particulières connues en Allemagne sous les dénominations de Stinkslein, Slinkkalk, Hohlenkalh, Asche, Bitterkalk. Des Schistes marneux et bitumineux trèsanalogues par leur position au-dessus du Grès rouge et par les Poissons fossiles qu'ils renferment ayant été trouvés en France (Autun), en Angleterre (Durham), en Amérique (Connecticat), ces Schistes forment une sorte d'horizon géologique trè-remarquable, et leurs liaisons et leurs alternatives avec les dernières assises du Calcaire alpin, ou Zecftstein en Allemagne, et avec celles du Calcaire magnésien en Angleterre, établissent jusqu'à un eerlaiu point le parallélisme de ces deux dernières Roches calcaires qui ne se voient pas ensemble.

Le nom de Calcaire alpin pourrait induire en erreur, si l'on en iuferait que les Calcaires des Alpes appartiennent à ce Terrain; celle opinion qui a existé, cède chaque jour à l'évidence des observations qui prouvent que les Roches des Alpes assimilées à tort aux Calcaires de la Thuringe sont en général beaucoup plus nouvelles (Lias, Craie). Ce Terrain renferme comme Roches subordonnées des Gypses fibreux, des Argiles et du Sel gemme, et comme Minerais exploitables, du Fer hydroxidé, du Manganèse, de la Galène, de la Calamine, du Cuivre bitumineux, etc., du Mercure.

***Grès bigarré.

Synonymie. T. Pœcilien (Brone.); Bunler-Sandstein, G.; New, Red Sand stone, A.

Formation. Marine ou fluvio-marine, puisqu'elle contient des Fossiles terrestres avec des débris d'Animaux marins et qu'elle est essentiellement composée de dépôts de Grès et d'Argile qui alternent entre eux. Le nom donné à ce Terrain vieut de ce que souvent le Grès est coloré par bandes ou par taches rouges, blanches et verdâtres; les Marnes présentent le même accident.

Roches. Grès micacé, quelquefois oolithique (Rogenstein); Marnes, Gypse fibreux et Sel gemme.

Fossiles. Assez rares, Coquilles marines, Térêbratules, Plagiostomes, Trigonellies, Pecten, etc.; des Végétaux terrestres assez nombreux, des Equisétacées, des Fougères qui paraissent différer de celles des Terrains houillers; des Conifères; des

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Liliacées. Dans un grand nombre de localités, les Marnes supérieures du Grès bigarré alternent et se confondent avec le système des Marnes irisées qui elles mêmes se lient avec les assises inférieures du Lias; mais, l'interposition d'assises puissantes d'un Calcaire très-distinct en Allemagne aux environs de Gœttingue, sert i isoler les uns des autres ces dépôts marneux gypso-muriatifères.

****Le Calcaire conchylien.

Synonymie. Muschelkalk. Ce Calcaire qui n'a pas été reconnu en Angleterre et dont quelques lambeaux sont indiqués dans le nord-est delà France (près Lunéville) et dans le midi (Toulon), est très-puissant dans le nord de l'Allemagne, dans la Tburinge, le Wurtemberg.

Formation. Marine, sédiment déposé dans une mer profonde, dépôt de Calcaire compacte renfermant comme Roches subordonnées du Calcaire marneux, du Gypse strié, et du Sel gemme.

Fossiles. Très-nombreux; les plus caractéristiques parmi les Mollus-ques sont Encrinites liliformis, Terebraiula vulgaris, Ammonites nodosus. Les Plésiosaures et Ichtyosaures, ainsi qu'un grand Sauricn, commencent à paraître dans ce Calcaire. Les Végétaux observés sont peu nombreux; ils indiquent des Plantes ters restres apportées dans la nier par les cours d'eau douce, à l'embouchure ou sur le trajet desquels vivaient sans doute les Reptiles qui viennent d'être indiqués.

***** Marnes irisées.

Synonymie. Kenper, G.; Variegated or Red Mari., A.

Formation. Fluvio-marine, attérissement.

Roches. Arénacées; sédimens vaseux; Marne bigarrée de rouge, de violet, de gris, de bleu et de verdâtre, en feuillets souvent très-minces', prenant la disposition schisteuse; Grès, Houille, Calcaire, Gypse et Sel marin en bancs ou amas suboi-donnés.

Fossiles. Plantes terrestres assez abondantes; Coquilles marines rares. Les environs de Lons-le-Saulnier, Vie, fournissent un exemple de ce Terrain qui se lie, comme il a été dit précédemment, avec les assises inférieures du Lias, d'une manière tellement intime que plusieurs géologues rattachent ce dernier Terrain au groupe muriatifère et le séparent du système jurassique ou oolithique, tandis que d'autres observateurs re^ gardent le Lias comme le dernier membre de la série oolithique.

Gisement du Sel gemme. On a remarqué que presque toutes les assises argileuses qui viennent d'étre indiquées depuis le Terrain houiller, renferment du Sel gemme; celte substance y est presque toujours accompagnée de Gypse fibreux, et bien qu'elle se présenle en baucs puissans que l'on a reconnus dans un espace de plusieurs lieues sans interruption, elle semble constituer plutôt de grands amas enveloppés, que des dépôts continus f souvent aussi les Argiles sont seulement imprégnées de Sel que l'on obtient pur après a voir lavé celles-ci et fait évaporer le liquide. Les Fossiles marins qui sont si abondansdans les dépôts calcaires sont rares au contraire dans les Argiles muriatiféres, et le Sel lui-même, ainsi que le Gypse, ont plus fréquemment conservé les vestiges de corps organisés continentaux. Quelques géologues pensent que la foi malion du Sel gemme et du Sulfate de Chaux qui accompagne constamment, pourrait être due en partie à quelque influence plutouienne du genre de celle qui aurait contribué à la transformation de certaines Chaux carbonatées en Dolomie.

C. TERRAINS OOLTHIQUES OU JURASSIQUES.

Ce groupe commence par le Lias et se termine aux couches arénacées du système crétacé. Comparés d'une manière générale aux Terrains muriatifère,

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les Terrains jurassiques eu diffèrent par la prédominent des assises calcaires entre lesquelles des Argiles viennent s'iuteicalier d'une manière assez peu constante et comme secondaire. Les Calcaires sont généralement compactes ou oolithiques et d'une teinje jaunâtre, au lieu que ceux du groupe précédent sont plus fréquemment gris et verdâtres; les Argiles sont presque toujours grises ou bleuâtres, taudis que la couleur dominante des précédentes est le rouge, le violâtre; les Ammonites, dont plusieurs espèces caractérisent déjà les Calcaires plus anciens, abondent dans toutes les parties du système oolithique, ainsi que les Bélemnites, les Trigonies, les Ostrées, les Térébratules, etc.; c'est là aussi le gisement principal des Ichtyosaures, des Plésiosaures et de grands Reptiles Sauriens (Geosaurus, Mégalosaurus) dont les espèces paraissent perdues.

Les Terrains oolithiques ayant été étudiés avec beaucoup de soin en Angleterre, les géologues de ce pays ont été conduits, par leurs recherches spéciales, à y reconnaître un assez graud nombre d'associations constates de Roches et de Fossiles auxquelles ils ont donné des noms particuliers aujourd'hui assez généralement adoptés; car en étudiant les mêmes Terrains en France sur les côtes qui bordent le canal de la Manche et au pourtour du bassin au centre duquel est placé Paris, les mêmes subdivisions ont pu être établies; cette identité résulte sans doufe de ce que les Terrains anglais ci ceux de la France septentrionale fout réellement partie d'une même enceinte géologique, et il ne faut pas plus s'en étonner que de la difficulté que l'on éprouve à subdiviser de la même manière le même grand système lorsqu'on le rencontre hors de ces limites; il faut même se garder de ressemblances que l'on croit pouvoir trouver entre de miuces dépôts formés dans des contrées éloignées; car rien u'est si facile que de faire que deux formations de Terrains finissent par se ressembler au moyen de retranchemens, d'interprétations, etc.

Le Terrain oolithique est nettement stratifié; les Calcaires souvent compactes et évidemment formés par voie de sédiment sont rarement employés comme Marbre; les oolithes sont de petites particules plus ou moins régulièrement arrondies que l'on a comparées à des œufs de Poissons et dont certains grands dépôts de ce système sont entièrement composes; quelquefois les grains oolithiques sont de grosseur inégale et de forme irrégulière. Ils paraissent être dus à un mode particulier de dépôt de la Roche; on trouve souvent à leur centre un petit fragment de Coquille ou de tout autre corps qui semble avoir été encroûté de Carbonate calcaire; non-seulement tous les bancs du système oolithique ne renferment pas d'oolithès, mais ce caractère appartient à des Calcaires plus anciens et au Grès bigarré. Les Fossiles marins très-nombreux en espèces et individus sont accumulés et souvent brisés dans les bancs calcaires, tandis que dans les Argiles ils sont plus entiers et aussi plus fréquemment associés a des débris de corps organisés fluviatiles et ter resires.

*Lias.

Synonymie. Calcaire à Grypliées arquées; Mergelknlk, Gryphiteu Kalksteim, G. La dénomination anglaise de l'ias est. celle généralement adoptée.

Formation. Essentiellement fluviomarine, dans laquelle sont associés les débris généralement entiers d'Animaux marins et d'Animaux fluviatiles, ainsi que de Plantes terrestres. Dépôts faits probablement dans une mer très-profonde sous le trajet d'un courant venant des conlinens.

Roches. Arénacées . mais plus souvent marneuses et calcaires; le Calcaire rarement pur et cristallin, mais à grains lins et argileux; couches peu épaisses, nombreuses, présentant de fréquentes alternances. Lignite,

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Houille, Anthracite, Gypse et Sel gemme en baucs ou amas subordonués.

Fossiles. Très-nombreux, marins, fluviatilcset terrestres, parmi lesquels plusieurs espèces d'ichtyosaures et de Plésiosauies. Plus de vingt Ammonites dont quelques-unes ne se trouvent pas dans les couches supérieures; des Bélemnites, Tiorhus, Mêlâmes, Patelles, Pernes, Modiules, des Cêrites, des Peutacrinites, etc., etc.

La Gryphée arquée, Gr. areuata on incurva; l'Ammonites Bucklandi, le Piagiostoma gigantea, sont les Coquilles données comme caractéristiques. Les Chai bons de terre du Lias qui paraissent provenir de Végétaux très-analogues à ceux des véritables Houilles sont en général de qualité inférieure, et ils ne constituent pas Jes dépôts éleudus.

Grès du Lias.—Les Roches arénacées de ce Terrain prennent localement un assez grana développement; elles renferment des empreintes de Végétaux et des lits subordonnés d'Argile; confondues avec le Grès de la Craie inférieure et même avec des Grès tertiaires, sous le nom de Quader Sandstein, elles sont en général placées immédiatement sur les Marnes irisées et sous le Lias argileux, de manière que les divers géologues peuvent par des motifs aussi valables les rapporter les uns aux Marnes irisées, les autres au Lias.

Les falaises de Lime-Regis en Dorset Shire, le Sol de la Bourgogne, les environs de Bayeux près Caen, présentent des exemples du Lias que l'on rencontre dans un grand nombre d'autres localités autour du bassin central de l'Europe.

**Oolithe inférieure.

Synonymie. Inferior Oolithe, A.; Riseuscliüssige Oolithe, G. C'est à celle subdivision qu'appartient l'Oolithe ferrugineuse des environs de Bayeux; la liste des Fossiles que cette Roche renferme, comparée à celle des Fossiles du Lias, concourt avec quelques superpositions non contrastantes que l'on a observées, à établir qu'il s'est écoulé un assez long temps avant que les Argiles du Lias aient été recouvertes par les premiers Calcaires oolithiques. La Gryphœa arcuata si commune dans le Lias est ici remplacée par la Gr. Cimbium.

L Oolithe inférieure renferme de la Houille exploitable (Whitby) avec des empreintes de Fougères, d'Equisetum et de Cycadées; des Sables argileux, micacés, jaunâtres, commencent assez généralement cet étage oolithique qui est séparé du second ou moyen par des bancs argileux.

***Calcaire marneux.

Synonymie. Fullers' Earth.

Les environs de Bath en Angleterre et les falaises d'Arromanches à Porten-Bessin (Normandie) fournissent des exemples d'un dépôt marno-calcaire, qui dans celte dernière localité surtout a pris un grand développement; sa couleur dominante est le gris jaunâtre; il se compose de couches nombreuses d'Argile et de Calcaire argileux qui alternent entre elles et qui renferment les Fossiles marins moins nombreux et mieux conservés qua dans l'Oolithe ferrugineuse.

**** Oolithe moyenne.

La pierre à bâtir de Caen, celle des environs de Bath, désignées par les géologues anglais par l'expression de Great Oolithe, appartiennent aux assises inférieures; c'est une Roche à grains oolithiques très-fins, très-égnux, donnant des pierres de grandes dimensions et faciles à tailler, d'une couleur blanche ou d'un jaune clair, et renfermant quelques Fossiles marins entiers au milieu de débris très-finement triturés; des Poissons, des Crocodiles et plusieurs espèces de Plésiosaures et Ichtyosaures sont les animaux vertébrés qui y ont été observés Au-dessus de celte Roche dont les exploitations importantes ressemblent beaucoupàcelles du Calcaire grossier des environs de Paris, les géologues anglais ont établi plusieurs groupes qui n'appartiennent

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qu'à quelques localités; tels sont 1° le Fàrest-marble dont feraient partie les Roches de Calcaire fissile exploitées à Stonesfield près Oxford (Stonesfield Slate), au milieu desquelles on a trouvé avec des Coquilles marines (Trigonies, Ammonites, Nautiles, Bêleramnites), avec des Végétaux terrestres (Fougères, Cycaées et Conifères), des débris d'Insectes et jusqu'à des ossemens d'un petit Mammifère insectivore de la famille des Didelphes; ce fait unique jusqu'à présent et qui annoncerait l'existence ou du moins la présence des Mammifères sur les terres dont sont venus les Végétaux trouvés dans les mêmes couches, a besoin, pour être admis dans la science d'une manière définitive, qu'il ne reste aucun doute sur le gisement des Calcaires fissiles de Stonesfield qui n'ont point été retrouvés même à quelques lieues de la petite vallée dans laquelle on les exploite par des puits, tandis que les dépôts que Ton regarde comme leur étant inférieurs et supérieurs se voient en contact immédiat et se présentent avec des caractères constans à de grandes distances; d'une autre part les grains oolithiques que renferment les Schistes calcaires de Stonesfield et les Roches arénacées qui les accompagnent sont comme disséminés dans une pâte étrangère dans laquelle on trouve des frag mens et des galets roulés de véritable Calcaire oolithique; enfin tout en regardant théoriquement comme probable l'existence des Mammifères a cette époque reculée, on peut jusqu'à démonstration du contraire supposer que les matériaux remaniés d'un Terrain oolithique auraient pu être postérieurement entraînés avec des Fossiles de ee même Terrain dans des cavités préexistantes, de la même manière que les cavernes à ossemens ont été remplies.

Le véritable intérêt de la science veut qu'on laisse subsister les doutes tant que l'on n a pas réellement les moyens de les Lever, quelles que soient les théories que les laits douteux appuient ou contrarient. C'est au Forest-marble des Anglais que sur le continent on rapporte le Calcaire à Polypiers de Caen, les Schistes calcaires de Solenhofen (Pierre lithogra-phique) etd'Eichstœdt, célébrés par les nombreux Fossiles qu'ils renferment, parmi lesquels on cite aussi des Insectes et les ossemens de deux espèces perdues de Reptiles volais (Ptérodactyles) dont les Schistes de Stonesfield renfermeraient également des débris, si, comme le pense le célèbre fiuckland, les ossemens regardés jusqu'à présent comme desos d'Oiseaux evaient être plutôt rapportés à ces Reptiles singuliers. Le Cornbrash, l'Oolithe filicifère de Mamers (J. Desnoyers) appartiennent à l'étage supérieur de I Oolithe moyenne'.

***** Argile de Dives.

Synonymie. Oxford Cia y, A.; Marne oxfbrdienne.

Formation. Très-analogue à celle du Lias et par conséquent fluviomarine, composée de bancs épais d'une Argile bleue violâtre avec des lits minces ou des nodules de Calcaire marneux à grains fins. Les Fossiles entiers sont très-nombreux; des débris d'Animaux fluviatiles (Crocodiles, Ichtyosaures) et de Végétaux terrestres, sont mêlés aux Coquilles marines parmi lesquelles des Ammonites, des Trigonies, des Pernes, des Térdbratules, etc., et le Gryphœa dilataia, dominent. Les environs d'Oxford et les côtes du Calvados, de Villers-sur-Mer, Dives (Vaches-Noires), Mamers, Boulonais, etc. Le Gypse que l'on rencontre dans les Argiles de Dives et d'Oxford ne peut pas être considéré comme de formation contemporaine; ce sont des Cristaux disséminés produits après coup par le jeu des affinités à la suite de la décomposition des Pyrites que ces Marnes renferment abondamment.

****** Oolithe supérieure.

La grande quantité de Polypiers qui caractérisent les principaux bancs

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de cette série supérieure à l'Argile de Dives et d'Oxford les a fait désir nier par les géologues anglais sous le nom de Coral-Rag, qu'il ne faut nés confondre avec le Calcaire à Polypiers de Caen qui est plutôt le Forest-marble. Le CalcaireàDicérates (Mortagne, Boutonais), celui de Villers à Trou vil le (Calvados), d'Heddington près Oxford, etc., sont des exemples de ce Terrain dont quel-ques assises supérieures semblent presque uni queroen t com posées d'u ne petite Gryphée, Gr. Virgula (Luma-chelle du Havre, du Boulonais, des environs de Beauvais, de la Rochelle, etc.)

******* Argijg d'Honfleur.

Synonymie. Kimmeridge-Clay, Marne argileuse havrienne.

Formation. Très-analogue à celles des Argiles de Dives et du Lias; fluvio-marine, Argile bleue, lits fissiles, Fossiles marins nombreux (Osfrea deltoidea, caractéristique), Bois, Crocodiles, Ichtyosaures, etc.; cap la Hève, Villers-Ville, Oxford, Kimmeridge, Boulonais, etc.

********Oolithe de Portland.

Synonymie. Portland Stone.

Formation. Marine, Calcaire oolithique à grains fins, fournissant de très-belles pierres à bâtir: Silex cornés en lits interrompus. Le Pecten lamettosus on l'Ammonites triplicatus sont donnés comme Fossiles caractéristiques de ce dépôt oolithique supérieur à l'Argile d'Honfleur. L'île de Portland est le type de ce Terrain dont on ne peut citer des exemples bien positifs sur le continent, quoique dans le Boulonais on en retrouve des traces.

D. TEBRAINS WELDIENS.

On peut réunir sous ce nom et comme un exemple bien caractérisé d'unis grande formation due aux attérissemens produits dans la mer par des eaux donces afflueutes qui alternativement ont déposé à peu de distesce de l'embouchure d'un fleuve des Calcaires, des sables et des vases avec de nombreux débiis de Végétaux terrestres, d'Animaux fluviatiles qui se sont trouvés accidentellement mêlés à quelques Fossiles marins.

Comme cela doit être, cette formation est locale et très-circonscrite; les différons étages que Ton a recounus dans sa composition, 1° le Calcaire de Purbeck, 2° le Sable ferrugineux d'Hasting, 3° l'Argile de Weald, ne sont pas également développés dans les mêmes lieux; ils le sont même plus souvent en raison inverse l'un de l'autre. La liaison intime de ces Terrains avec le Calcaire oolithique inférieur et avec les Roches arénacees de la Craie qui l'un et l'autre sont sans contredit des sédimens formés dans la mer, l'association des Fossiles marins avec les Fossiles terrestres et fluviatiles plus nombreux, il est vrai, fournissent des caractères et des indnetions qui suffisent pour empêcher de regarder ces dépôts comme lacustres.

*Le Calcaire de Purbeck.

Synonymie. Purbeck Limestonef Lumaclielle de Purbeck.

Formation. Fluviatile. Calcaire compacte, concrétionné ou fissile, en bancs quelquefois très*-durs et susceptibles de recevoir un poli brillant. Coquilles univalves analogues au Patudina vivipara, Coquille fluviatile.

Fossiles. Empreintes de Poissons dans les lits argileux fissiles, Crocodiles, Tortues, Huîtres.

Exemple. L'île de Putbeck, la partie supérieure de l'île de Portland au-dessus du Calcaire oolithique de ce nom, le même Calcaire eu bancs subordonnés dans les Argiles de Sussex.

** Sable ferrugineux d'Hasting.

Synonymie. Iron-Sand, Hasting's- Sand, Tilgate-Beds, Aiscn-Saudstein.

Formation. Attérissement fluviatile. Sable et Grès presque toujours colorés en rouge et en noir par le

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Fer bydroxidé. Banc, très-puissans intercalés, d'Argile plastique marbrée de rouge, de jaune et de brun, comme l'Argile plastique tertiaire (Savigny).

Fossiles. Terrestres et fluviatiles; Lignite en bancs ou en fragmens disséminés dans les Sables et les Grès; os de Mégalosaure, d'Iguanodou, de Plésiosaures, de Crocodiles, de Tortues, de Poissons, d'Oiseaux; Carènes, Paludines, Unio, Potavniaes, Oursins.

Exemple. Sussex, Hasting, envirions de Beauvais (Savigny), cap la Hève, etc.

*** Argile Weldienne.

Synonymie. Weald-Clay, Tels-vorth-Clay, Oaktree-Clay.

Formation, Fluviatile. Argile souvent plastique contenant des bancs de Calcaire compacte et de Sable ferrugineux subordonnés.

Fossiles. La plupart de ceux des Sables ferrugineux (Cypris fàba, vivipara?). Ce dépôt bien caractérisé dans les vallées de Kent et de Sussex se voit, moins développé, sur la côte française auprès du cap la Hève et dans le pays deBray, au nord-ouest de Beauvais.

E. TERRAINS CRÉTACÉS.

Si l'on fait abstraction des formations d'eau douce accidentelles et locales dont il vient d'être question, les Terrains crétacés d'origine marine succèdent aux Terrains jurassiques ou oolithiques dont ils se distinguent par un grand nombre de corps organisés qui leur sont particuliers; cependant ils renferment encore la plupart des genres des systèmes antérieurs dont on ne retrouve plus d'indices dans les Terrains tertiaires, tels que les Ammonites, Trigonies, Plagiostomes, Bélemnites.

Parmi les Fossiles caractéristiques des Terrains crétacés, on cite les Hamites, Turrilites, Scaphites et Baculites, ainsi que l'Inoceramus sulcatus, le Calillus Cuvieri et le Gryphœa Columba. On peut dans ces Terrains distinguer l'étage inférieur ou aicnacé qui par ses Grès, scs Argiles et ses Liguites, le lie aux Terrains Weldiens, et litage supérieur ou calcaire dans lequel existe la Craie proprement dite: c'e à-dire cette Roche calcaire blanche, tendre, tachante, qui compose la plus grande partie des falaises des deux rives du canal de la Manche, entre le Hâvre et Calais.

La quantité de sable disséminé, qui entre dans la composition de la Craie supérieure, est très-variable, et les proportions généralement croissantes des ctages supérieurs aux inférieurs ont couduit les géologues à distinguer trois grandes assises crayeuses, auxquelles ils ont donné des dénominations particulières: 1° l'inférieure ou Craie chlorilée; 2° li moyenne ou Craie Tuffau; 3° la supérieure ou Craie blanche.

Il est cependant essentiel de faire observer que ces divisions distinctes qu'il est possible d'établir dans les Terrains du centre de l'Europe, et particulièrement sur les deux rives du canal de la Manche, s'effacent déjà dans les terrains crétacés qui s'appuient sur les hautes montagnes des Alpes et des Pyrénées, dont ils forment en partie les contreforts, et même les crêtes les plus élevées dans certains points. Dans ces dernières localités, les terrains crétacés ne sont plus reconnaissables pour les géologues habitués à les étudier autour du bassiu parisien. Les Roches, par leur dureté, par leurs couleurs, peuvent être et ont été confondues avec celles de Terrains plus anciens. Ce sont spécialement les Fossiles qui, dans ces derniers temps, ont couduit avec les inductions tirées des superpositions, à reconnaître la présence des terrains crétacés dans la composition de nos grandes chaînes européennes.

* Craie inférieure ou chloritéc.

Synonymie. S. Sable et Grès verts; Inferior Green Sand, A.

Formation. Attérissement marin; Sable ferrugineux ou coloré en vert

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plus ou moios foncé par les grains souvent très-gros de Fer silicate; nodules de Fer phosphaté; bancs de Grès très-durs subordonnés.

Fossiles. Marins très-nombreux, parmi lesquels on trouve beaucoup de débris, quelques Fossiles terrestres (bois) subordonnés.

Ces Fossiles appartiennent à un très-grand nombre des genres qui caractérisent les Terrains secondaires précédens, et qui manquent dans les Terrains tertiaires, tels que les Ammonites, Plagiostomes, Podopsis, Inocérames, Trigouies, etc. Les plus caractéristiques sont les Geruilia aviculoides, Thietis minor, Trigonia aliformis.

** Craie moyenne ou Tuffau.

Cette variété, distincte dans la ceinture sud-est du bassin central de la France, se confond, soit avec la Craie inférieure sableuse, soit avec 1a Craie supérieure tendre; elle ne différé réellement de celle-ci que par une proportion plus seusible de sable; elle est plus dure, moins blanche, el fournit de très bonnes pierres à bâtir. Les assises distinctes sont souvent séparées par des baudes irrégulières plus siliceuses, et même par des rognons de Silex ordinairement blonds.

Les Fossiles, moins abomlnns que dans la Craie sableuse inférieure, sont à peu près les mêmes; cependant les dépouilles des Animaux pélagiens remportent sur celles des Mollusques littoraux.

Entre la Craie inférieure et la Craie Tuffau ou moyenne, ou rencontre fréquemment des lits argileux (Gault) qui contiennent beaucoup de Fossiles marins bien conseives.

*** Craie blanche.

C'est un précipité formé probablement loin des côtes, et après que les particules grossières, suspendues dans les mêmes eaux, avaient été déjà déposées. La Craie blanche, dont celle de Mcuùon et des côtes de Normandie (Dieppe, Cdais) offre des exemples, se voit également sur les côtes de l'Angleterre (Albion). La stratification y est peu apparente; la masse, qui a quelquefois plusieurs centaines de pieds d'épaisseur, est coupée horizontalement et de six, huit à quinze pieds de distance par des lignes de rognons siliceux (Silex pyromaque), et même par des lits minces et continus. La disposition et la forme de ces Silex annoncent que ces corps n'ont pas préexisté à la masse qui les enveloppe, mais plutôt que ce sont le résultat de la conglomération sur certains points de la matière siliceuse d'abord disséminée dans la pâte calcaire.

Toute la Craie blanche ne contient pas de Silex, la partie inférieure en est souvent dépourvue.

Les Fossiles sont plutôt rares qu'a-bondaos; cependant quelques lits eu renferment en graud nombre: ils sont tous marins et accompagués rarement de Bois terrestres.

Plusieurs grands Reptiles inconnus (Mososanrus) ont été trouvés dans la Craie supérieure de MaËstrichr. Ou cite avec raison le Catillus Cuvieri comme un des Fossiles le plus caractéristiques.

IIIe Classe.—TERRAINS TERTIAIRES.

Tous les Terrains supérieurs à la Craie doivent être compris sous cette dénomination générale; il s'en faut cependant qu'ils soient tous du même âge, et parmi eux il est possible de leconnoître des dépôts très-distincts formés soit en même temps sous des influences très - différentes, tantôt sous des influences semblables dans des temps différens. Jnsqu'à présent ou peut dire que la limite qui sépare la Craie des Terraius qui lui sout superposés, est suffisamment tranchée; mais il ne s'ensuit pas que ce que nous voyons autour de nous soit de même partout, il est même probable qu'entre les produits de Jeux époques tres-différentes pour nous, il s'est fait des dépôts qui participent, par leurs caractères zoologiques, et des Terrains secondaires et nés Ter-

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rains tertiaires; aussi ne faut-il, dans l'état actuel de la science, regarder l'opposition que l'on remarque dans deux séries de Terrains immédiatement superposés que comme un fait local.

Dans les Terrains tertiaires on ne voit plus ni Ammonites, ni Bélemnites, ni Plagiostomes, Catillus, etc., et l'on voit, au contraire, un grand nombre de genres inconnus et d'espèces nouvelles. Presque tous les Terrains tertiaires sout ou des dépôts littoraux, ou des dépôts isolés, ails dans des localités circonscrites; de sorte que l'on conçoit facilement les différences qui les distinguent entre eux.

Tous les Terrains tertaires actuellement soumis à l'inspection des géologues, n'ont pas été émergés en méme temps, et les uns étaient peutêtre déjà depuis long-temps abandonnés par les eaux, que les autres n'étaient pas encore déposés; aussi parvient-on chaque jour à séparer et à rapporter à des âges très-différens des dépôts que Ton avait confondus et que l'on regardait comme contemporains. Desnoyers est l'un des géologues qui a, dans ces derniers temps, fourni les meilleures preuves de cette succession dans les formations tertiaires, et qui a classé une grande partie des dépôts connus dans l'ordre relatif de leur ancienneté. Ses observations, d'accord avec celles d'Elie de Beaumont, de Boué, de Lyell et d'un grand nombre d'observateurs, ont même démontré que, pendant la formation de la série des 'errains tertiaires, la surface de la terre a été agitée par de violentes commotions, à la suite desquelles nos plus hautes montagnes alpines ont été soulevées, et la forme, ainsi que la relation des bassins marins, ont changé. Un des accidens que présentent fréquemment les divers dépôts tertiaires, c'est l'alternance d'assises qui ne renferment que des dépouilles d'Animaux ou de Végétaux fluviatiles et terrestres avec d autres assises entièrement remplies de Fossiles marins; c'est encore le inêiango de Fossiles des eaux douces avec les débris des êtres qui ont habité la mer. Ces faits, déjà observés dans les Terrains plus anciens (Charbon de Terre, Calcaire de Purbeck, Argile de Weald), s'expliquent également, pour presque tous les cas, par les affluens d'eau douce dans les bassins marins; affluens d'autaut plus nombreux, que la sut face des Terres découvertes a été plus étendue. Dans un petit nombre de circonstances, ou peut, il est vrai, attribuer les alternances à des changemens relatifs de niveau de divers points du sol, à la suite des grands bouleversemens que nous avons signalés. Par exemple, il semble démontré que les Faluns marins de la Touraine sont superposés aux Meulières lacustres des Terrains parisiens; mais on peut moins expliquer cette alternance par un soulèvement des mers au-dessus de leur niveau précédent, que par l'affaissement du sol déjà émergé.

Entrer dans de plus grands détails à ce sujet, ce serait revenir sur les généralités, trop longues peut-être, qui sont en tête de cet article.

Jusqu'à ce que l'on soit parvenu à établir une série chronologique continue des dépôts tertiaires connus, si toutefois cette tentative peut être couronnée de succès, on les divise assez naturellement en deux grands groupes dont on peut trouver les types dans les Terrains des environs de Paris d'une part, et dans les collines subapennines de l'autre: 1° les Terrains tertiaires parisiens; 2° les Terrains tertiaires subapennins.

A. TERRAINS TERTIAIRES PARISIENS.

* Argile plastique.

Synonymie. Plastic-Clay.

Formation. Fluvio-marine.

Fossiles. Marins et fluviatiles, selon les localités.

Dans les anfractuosités de la Craie déjà consolidée et comme ravinée, on trouve des dépôts puissans, mais non continus, d'Argile blanche ou

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colorée en rouge, jaune el (pris, qui est propre à la fabrication des poteries fines. Souvent ces dépôts reposent sur des galets ou cailloux roulés siliceux; ils alternent avec des bancs de Sable et de Grès qui le plus souvent les recouvrent; des amas de Lignite plus ou moins puissans, et dans lesquels on reconnaît la présence de Végétaux dicotylédonés. Des débris de Reptiles (Crocodiles) et des Mollusques fluviatiles caractérisent l'Argile plastique de nos environs, tandis qu'autour de Londres et dans l'île de Wight, le même Terrain ne renferme que des Fossiles marins. Au surplus, l'Argile plastique proprement dite, qui, dans ces différentes localités, offre les mêmes caractères minéralogiques, ne contient pas de Fossiles; ceux-ci se voient plutôt dans les Sables et Grès supérieurs.

Les Argiles de Vanvres, de Gentilly, de Dreux, sout des exemples du Terrain d'Argile plastique. Nulle part ce dépôt ne paraît contenir les Fossiles de la Craie.

**Calcaire grossier.

Synonymie. Calcaire à Cérithes, London-Clay; Calcaire tritonien (Brongniart).

Formation. Marine de rivage.

Le Terrain de Calcaire grossier est composé d'assises distinctes de sédimens plus ou moins fins, et dans lesquels on voit distinctement les débris triturés de Coquilles et d'autres corps marins avec lesquels on en trouve qui ont conservé leur intégrité, surtout dans certaines localités, comme Grigoon, Courts gnon, Parnes, Magny, etc. Ces Fossiles, qui ont été l objet de recherches et de travaux particuliers, sont en très-grand nombre (plus de douce cents espèces), et tous jusqu'à présent paraissent différer de ceux des Terrains plus anciens; ils diffèrent également, quoique d'une manière moins tranchée, des Fossiles des Terrains supérieurs ou subapennins. Le Calcnire gnossier, exploité autour de Paris, fournit les pierres d'appareils et les moellons employés dans les constructions de cette grande cité.

*** Gypse palœothérien.

Synonymie. Gypseous fresh-water.

Formation. Fluviatde, sous-marine.

Au milieu des Calcaires grossiers ou aperçoit déjà localement (Nan— terre, Vaugirard) des dépôts plus ou moins puissans d'Argile ou de Marnes calcaires, qui renferment des Co-quilles d'eau douce, des ossemens de grands Mammifères perdus, et du Gypse, ainsi que des nodules de Strontiane. Ces dépôts accidentels annoncent que dans la baie marine, sous les eaux de laquelle se déposait le Calcaire grossier marin, il débouchait quelque cours d'eau douce, qui de temps en temps apportait son tribut à la mer. Des circonstances qu'il n'est pas possible de développer ici, ont fait prédominer, pendant un temps plus ou moins long, l'arrivée des matériaux fluviatileS et du Gypse

3ui ont donné lieu à un Terrain a eau ouccqui s'est trouvé intercalé dans les dépôts marins; aussi le Terrain gypseux ne forme-t-il réellement qu'un grand amas ovoïde, dont la Elus forte épaisseur correspond aux buttes de Montmartre. On peut observer que cet amas n'a cependant été formé que successivement, puis-qu'il est stratifié. Les ouvriers qui l'exploitent distinguent trois masses gypseuses: 1° la supérieure ou haute masse; 2° la moyenne ou seconde masse; 3° l'inférieure ou basse masse. Elles sont séparées les unes des autres par des lits plus ou moins nombreux et épais de Marnes qui ne sont pas employées.

La Roche gypse use est un véritable Sel qui semble avoir été précipité d'une dissolution, soit que le Gypse soit arrivé réellement dissout dans les eaux courantes qui affluaient dans ce lieu, soit que ces eaux fusrent chargées d'une certaine quantité d'Acide sulfurique qui, ren-contiant de la Chaux carbonatée en

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suspension, l'aurait transformée en Sulfate.

La présence dans le Gypse parisien des grands Mammiféres de genres inconnus, auxquels Cuvier a donné les noms de Patœotherium, d'Anoplotherium, de Dichobunes, Chœropotames, etc., est trop connue, et il nous reste trop peu de place pour que nous ne nous empressions pas e renvoyer aux ouvrages spéciaux de Cuvier et Brongniart sur ce sujet, l'un des plus importans de la géologie moderue.

Avec les Mammifères cités ci-dessus, le Gypse renferme encore les débris de nombreux Reptiles (Crocodiles, Tortues), de Poissons, etc. Les plâtrières d'Aix en Provence, qui paraissent devoir être comparées à celles de Paris, renferment en outre une très-grande quantité d'Insectes terrestres de tous les ordres. De méme que dans le Calcaire grossier, on a observé des dépôts d'eau douce intercalés, on voit dans le grand amas gypseux ses lits alterner avec d'autres lits qui renferment des Coquilles mariues (Hutte aux Gardes, Montmartre, Soisy, etc.); de sorte que les conséquences extraordinaires auxquelles avait d'abord donné lieu l'observation des Terrains parisiens, ne paraissent réellement pas fondées, et personne ne croit plus que des irruptions et des retraites alternatives des mers soient nécessaires pour expliquer la formation des Terrains parisiens.

Le Gypse proprement dit est recouvert par des Marnes, parmi lesquelles une Marne argileuse verte se tait remarquer par sa constance. Cette Marne, très-argileuse, et qui est employée aux environs de Paris à la fabrication des tuiles, carreaux, briques et poteries grossières, ne conlient pas de Fossiles, mais elle est au milieu d'autres lits de diverses couleurs, qui renferment les unes des Coquilles d'eau douce, telles que Lymnées et Planorbes (Pantin); les autres des Huîtres, des Cérites, des débris de Poissons marins, etc.

**** Sables et Grès marins supérieurs.

Synonymie. Upper marine.

Formation. Attérissement marin.

Sable stratifié en lits distincts ferrugineux, micacé, quelquefois très-blanc, remplacé par des bancs de Grès très-dur qui ne sont pas continus, et sout visiblement le résultat de l'agglutinntion du Sable par place. Ce graud dépôt sableux, qui couronne les hauteurs de toutes les collines des environs de Paris, renferme des Coquilles marines très-analogues à celles du Calcaire grossier; mais comme elles ont presque partout été détruites, leurs moules, très-difficiles à bien caractériser spécifiquement, ne se voient que dans les bancs de Grès qui généralement occupent les parties supérieures du dépôt.

***** Calcaire d'eau douce supérieur et Meulières.

Synonymie. Upper marine.

Formation. Un grand drpôt, qui semble avoir eu réellement lieu sous des eaux douces fluviatiles et lacustres recouvre les Sables marins, et il diffère par place quant à la nature des Roches dont il est composé: tantôt ce sont des Calcaires à grains fins, tantôt ce sont des Silex caverneux propres à faire des meules, et oui contiennent, avec des Lymnées, des Planoibes, des Hélices, etc., des débris de Végétaux aquatiques (Chara, Gyrogonites).

Les Meulières des plateaux parisiens et le Calcaire des euvirons d'Orléans appartiendraient à ce dépôt lacustre supérieur; mais il faut remarquer qu'à la partie sud et sud-est du Bassin parisien, la formation d'eau douce la plus superficielle se lie saqs interruption avec l'Argile plastique qui recouvre la Craie, et qu'une grande partie de cette formation peut être considérée comme contemporaine, et du Gypse, et du Calcaire grossier lui-même. Cette observation s'applique à ce que nous

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avons à dire en quelques mots des Terrains tertiaires subapennitis.

B. TERRAINS TERTIAIRES SUBAPENNINS.

Quoique d'une manière générale ils puissent être considérés comme plus récens que notre Calcaire grossier parisien, on ne peut établir, entre les différens membres dont ils se composent et les formations parisiennes, des rapports exacts; ils se composent de grands amas argileux bleuâtres, oui renferment des Lignites et de nombreux débris de Mollusques marins, presque tous différens de ceux du Calcaire grossier parisien, et ayant beaucoup plus d'anaiogie avec le test des Mollusques qui vivent encore dans les mers environnantes.

Les Argiles sont surmontées par des dépôts de Sables ferrugineux et de Cailloux roulés, au milieu des-quels on trouve non-seulement des Coquilles marines, mais aussi des ossemens de grands Mammifères terrestres. Ces derniers dépôts se confondent avec ce que Ton a appelé le Diluvium; mais devant avouer franchement qu'après avoir beaucoup étudié et réfléchi, nous ne savons plus ce que c'est que le Diluvium, ou plutôt s'il y a eu un Diluvium en tant qu il faudrait le considérer comme le résultat d'un cataclysme universel; nous renvoyons pour celte discussion au dernier Mémoire que nous avons publié dans ceux de la Société d'Histoire naturelle de Paris, T. IV, à l'Extrait de nos Mémoires sur les environs de Paris (Société Philomatique, 1825, cahier de mai et juin), et surtout aux beaux Mémoires de Desnoyers et Elie de Beaumont, dans lesquels on peut voir combien nous avons appris depuis peu en géologie, et combien il nous reste à apprendre encore. (Annales des Sciences naturelles, 18a8-1830.)

Depuis les côtes d'Espagne jusqu'aux environs de Vienne en Autriche, en suivant le littoral de la Méditerranée et remontant le Danube, on rencontre des Terrains appartenant à cette division et dont les caractères sont identiques. Le Craq des Anglais, les Falnns du Cotentin et de la Loire, une partie de la Molase co-quillaire de la grande vallée de la Suisse, sont également regardés comme analogues aux Terrains des collines subapennines.

Je ne puis terminer cet article sans chercher à faire excuser le retard que j'ai apporté, dit-on, à la publication du dernier volume du Dictionnaire, et sans en demander sincèrement pardon au public, à l'éditeur et à mes collaborateurs.

J'avais réuni beaucoup de matériaux, mais à mesure que j'ai étudié les auteurs récens, je me suis aperçu de l'impossibilité de les mettre d'accord entre eux. Forcé de choisir, je me suis trouvé dans la position d'un juge auquel on demande un jugement ayant qu'il ait pu acquérir une conviction. Je confie ma justification aux auteurs qui connaissent ce que c'est que la conscience littéraire, et, sous ce rapport, je suis certain que tous les collaborateurs du Dictionnaire classique prendront ma défense auprès de ceux qui auraient mal compris les motifs qui m'ont empêché de me livrer plus tôt à la critique. (c. P.)

TERRAPÈRE. rept. CHEL. Sousgenre de Tortues ainsi nommé par Merrem et comprenant les Tortues à boîte. (is.G.st.-h.)

TERRASSON. OIS. Syn. vulgaire de Motteux. V.TRAQUET. (DR..Z.)

TERRES, min. Sous ce nom, les minéralogistes désignent communément un grand nombre de substances minérales amorphes, très-variées dans leur nature intime et leurs différens caractères, et qui toutes ont un aspect terne el terreux. Nous allons énumérer ici rapidement les espèces principales qui portent ce nom.

TERRE ABSORBANTE. Dans les anciens traités de matière médicale, on trouve réunies sous ce nom les subs

TOME XVI. 11 bis.

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TERRE SIGILLÉE. V., TERRE DE LEMNOS.

TERRE DE SINOPE. Espèce d'Ocre rouge employée autrefois en médecine et dans la peinture.

TERRE DE SMYRNE. On donne quel-quefois ce nom au Natron du Levant.

TERRE A SUCRE. C'est l'Argile dont on se sert dans les raffineries pour purifier le sucre.

TERRE TALCAIRE OU TALQUEUSE. On appelle ainsi la Chlorite ou le Talc pulvérulent.

TERRE TUFIÉRE OU TOFACÉE. C'est un Tuf friable qui sert de castine dans beaucoup de forges.

TERRE VÉGÉTALE. On appelle ainsi la Terre qui est propre à (a végétation. Elle forme à la surface du globe une couche dont l'épaisseur est extrêmement variable, mais qui, en général, est plus considérable dans les vallées, les plaines déclives, que sur les montagnes qui en sont souvent tout-è-fait dépourvues. Les substances qui entrent dans la composition de touleTerrc végétale, sont l'Argile, la Silice, le Calcaire et l'Humus. C'est du mélange de ces quatre substances, dans des proportions diverses, que résulte la Terre propre à la végétation, et cependant, à l'exception de l'Humus, ces matières isolées sont impropres à la végétation. On distingue différens types de Terre végétale que nous allons rapidement caractériser:

1°. Terre argileuse ou Terre forte. Elle se compose d'Argile et de Silice, mais la première de ces substances y prédomine; on y trouve de plus une certaine quantité d'Humus, quelquefois de l'Oxide de Fer et quelques autres corps étrangers, mais dans de faibles proportions. Elle est onctueuse et douce au toucher, se pétrit facilement entre les doigts en retenant les formes qu'on lui a données; elle se laisse très-difficilement pénétrer par l'eau, et retient fortement ce liquide quand une fois il s'est interposé eutre ses molécules.

2°. Terre franche ou Terre normale. Cette Terre, que les Cultivateurs considèrent comme le type de la bonne terre végétale, est, comme la précédente, composée d'Argile et de Sable, mais dans des proportions beaucoup plus convenables a la végétation. Le Sable y prédomine. Sa couleur est grisâtre ou brune; elle est douce au toucher se divise avec une grande facilité, se laisse facilement pénétrer par Peau.

3°. Terre calcaire. C'est celle qui a pour base le Carbonate de Chaux, mêlé avec de l'Argile et du Sable, en différentes proportions. Elle est assez douce au toucher, retient l'eau facilement, a uue couleur plus ou moins blanchâtre.

4°. Terre silioeiue ou sableuse. Elle est formée de Sable ou Silice en excès; elle est rude au toucher, légère, se laisse rapidement pénétrer par l'eau.

5°. On nomme Humus ou Terreau le produit de la décomposition des substances animales et végétales à l'air libre. Par suite de la fermentation qui s'est établie dans ces substances, de nouveaux produits sont formés i tel est entre autres l'Ulmine ou Acide ulmique, résultat de la décomposition des tissus végétaux, et qui paraît jouer un rôle important dans les phénomènes de la nutrition des Végétaux. L'Humus est de toutes les Terras végétales la plus propre aux phénomènes de la végétation.

TERRE VERTE. Ce nom a été donné à un grand nombre de substances terreuses de nature diverse, mais offrant toutes une couleur verte.

TERRE VERTE DE HOLLANDE. Terre argileuse employée dans la peinture à I huile.

TERRE VERTE DE VÉRONE ou BALDOGÉE. On la retire du Monte-Bretonico, dépendant du Monte-Baldo. Faujas de Saint-Fond la considère comme un Feldspath décomposé. Elle est employée dans la peinture a fresque.

TERRE VITRIFIABLE. Nom vulgaire de la Silice. (A.R.)

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TERRENOIS. BOT. PHAN. Nom vulgaire adopté comme scientifique parquela lies botanistes français pour désigner le genre Bunium, V. ce mot.(B.)

TERRÈTE. BOT. PHAN. Un des synonymes vulgaires de Lierre terrestre, Glechuma hedcracea. V. GLECHOME. (G..N.)

TERRIER, MAM. On nomme ainsi les retraites souterraines d'un grand nombre d'espèces de Mammifères, telles que le Lapin, etc., etc.(IS. G. ST.-H.)

TERRIER, OIS. L'un des synonymes vulgaires du Grimpereau de muraille. V. Tichodrome. (DR..Z.)

TERRITÈLES. ahachn. Latreille a établi sous ce nom une section parmi les Araignées fileuses; elle renferme quelques genres qui ont l'habitude de tendre sur la terre leurs toiles. Tels sont les Mygales, les Atypes et lesEriodons. (aud.)

TERSEX. BOT. chypt. V. Fécüxb DE TERRE.

TERSINE. OIS. Espèce du genre Procné. V. ce mot.(dr..s.)

TESAN. MOLL. C'est le nom qu'A-dansoo (Voyage au Sénégal, pl. 7) donne au Dolium Perdix, Lamk. V. Tonne.(D..H.)

TESSARIE. Tessaria. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthé-rées, tribu des Vernoniées, établi par Ruiz et Pavon (Flor. Peruv. et Chil. Prodr.) et offrant les caractères suivans: involucre turbiné ou presque campanulé, composé de folioles régulièrement imbriquées; les extérieures et iniermédiaires persistantes, appliquées, larges, concaves, coriaces, un peu pubescentes, frangées ou longuement ciliées sur les bords: les intérieures caduques, étroites, oblongues, aiguËs et un peu réfléchies au sommet, scarieuses et très - glabres. Réceptacle légèrement plan, hérissé de paillettes filiformes, longues et nombreuses. Calatbi le ayant au centre une fleurmâle, unique, dont la corolle est purpurine, grande, tubuleuse, régulière, à cinq lobes; les autres (leurs sont femelles, nombreuses. formant plusieurs rangées, ayant la corolle plus petite que celle de la fleur mâle, tubuieuse, très-grêle, terminée au sommet par des dents irrégulières. La fleur mâle est pourvue d'un ovaire presque entièrement avorté, mais surmonté d'une aigrette pileuse, très-dévcloppée. L'ovaire des fleurs femelles est petit, obloog, muni d'un bourrelél basilaire, et d'une aigrette de poils non plumeux. Le genre Tessaria a été de nouveau publié par Willdenow dans les Mémoires des Curieux de la nature de Berlin pour 1807, sous le nom de Gynheteria. Il se rapproche des genres Monarrhenus, Monenteles, Pluchea, Chœnolobus, et d'autres qui, pour la plupart, sont des déinembremens de l'ancien genre Conyza des auteurs. Kunth a décrit sous le nom de Conyza riparia, une Plante qu'il a soupçonnée être le Tessaria integrifolia de Ruiz el Pavon; mais Cassini pense qu'on peut la distinguer génériquement, parce que la fleur centrale mâle est privée d'aigrette. Les Tessaries sont des Arbrisseaux du Pérou, qui croissent sur le bord des rivières. L'un (T. integnfolia) a des feuilles oblongues, obovales, entières; l'autre (T. dentata) se distingue par ses feuilles oblongues et dentées. (g..n.)

* TESSAROPS. Tessarops. arach. Genre d'Arachnides pulmonaires, de la famille des Fileuses ou du genre Aranea de Linné, établi par Rafinesque, et qui s'éloignerait de tous les autres de cette famille par le nombre des yeux qui ne serait que de quatre. D'après les astres caractères et les habitudes de la seule espèce connue, et qui est propre aux Etats-Uuis de l'Amérique, ce genre nous semble avoir de grands rapports avec les Aranéides de la division des Sauteuses. V. les Annales des Sciences physiques, imprimées à Bruxelles, T. VIIT, p. 88. (LAT.)

TOME XVI. 12

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TESSARTHONIE. Tessartlionia. MICR. Turpin a donné le nom de Tessarthome moniliforme à un être végétal microscopique entièrement dénué de mouvement, composé de quatre globules verts, développés bout à bout, et dans lesquels on ne rencontre aucune granulation reproductrice. Sa longueur totale est d'un cinquantième de millimètre, et le diamètre d'un de ses globules d'un deux centième. 11 se rencontre dans les croûtes vertes fixées aux surfaces des corps plongés dans les eaux douces et tranquilles.(g..n.)

THISSé LITE. min. Variété d'Apophyllite des îles FeroË. V. APOPHYLLITE. (G. DEL.)

* TESSERATOME. Tesseraloma. INS. Genre de l'ordre des Hémiptères, famille des Géocorises, établi par Lepelletier et Serville (Encyclopédie méthodique), voisin de celui des Pentatomes par la forme générale du corps, mais dont les antenues n'ont que quatre articles et dont le prothorax se prolonge postérieurement en forme de lobe tronqué. Les deux espèces connues, Edessa papiliosa, Fabr.; E. amelhystina, ejusd., sont des Indes-Orientaies. (lat.)

TESSON ou TAISSON. mam. Nom donné par quelques auteurs anciens ou Blaireau. V. ce mot.(aud.)

TEST. moll. Syn. de Coquille. V. ce mot, et les articles Mollusques et Conchyliologie. (aud.)

TESTACELLE. Testacella. moll. Ce genre, très-voisin des Limaces, a été institué par Draparnaud dans son utile ouvrage sur les Mollusques terrestres et fluviatiles de France. Ce genre, adopté par Lamarck, lui fut attribuéainsiqu'à Fa ureBignet, peut-être plus justement à ce dernier qui fut le premier, à ce qu'il paraît, qui observa l'Animal singulier sur lequel ce genre a été constitué; if ne pouvait manquer d'être adopté, puisqu'il repose sur de bons caractères, et il le fut en effet par tous les zoologistes. La place qu'on devait douner à ce genredans la série était marquéeinvai iable-ment par sa nature comme un terme moyen, comme un intermédiaire entre les Limaces et les üélices. Jamais on n'a contesté ce point, et si l'on remarque quelques variations dans les méthodes, elles ne proviennent que de lamanière d'envisager le degré d'affinités avec les genres circonvoisinsanalogues à celui-ci.

La Testacelle est un Animal allongé, limaciforme, plus étroit antérieurement que postérieurement, nu dans presque toute son étendue, pourvu à son extrémité postérieure d'une fort petite coquille rudimentaire, à ouverture très-large et revêtue en dedans d'un manteau mince et extensible; la tête est beaucoup plus petite proportionnellement que dans les Limaces; elle présente, comme dans celles-ci, quatre tentacules, une paire buccale, plus courts que les autres céphaliques et oculi-ères au sommet. De la racine de ces tentacules partent deux petits sillons qui parcourent le dos et gagnent le bord de la coquille. On voit dans ce genre, comme on peut également le remarquer dans plusieurs autres, que la coquille a véritablement pour usage primitifde protéger les organes de la respiration. Ici la cavité pulmonaire est postérieure; la coquille l'est également: le cœur, organe de circulation et de respiration tout à la fois, ne s'écarte pas de la cavité pulmonaire, tandis que les organes de la génération, indépendant de ceux dont nous venons de parler, n'ont point changé de place; leur orifice commun est, comme dans les Limaces, à la base du tubercule droit. A l'exception de ces différences qui dépendent, comme on le voit, de la place relative des organes et non de leur modification profonde, tout le reste de l'organisation des Testacelles est semblable à celle des Limaces. Voici de quelle manière les caractères de ce genre sont exprimés: corps ellipsoïde, allongé, gastéropodes le pied non séparé par un sillon latéral; derme épais couvrant également tout

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le corps comme dans les Limaces, si ce n'est à sa partie postérieure où il est protégé par une petite coquille extérieure; manteau fort mince et pouvant prendre dans quelques occasions une extension telle qu'il couvre tout le corps; trou pulmonaire arrondi, postérieur, à droite, au-dessous du sommet de la coquille; anus tout près de cet orifice; quatre tentacules complètement rétractiles; les postérieurs plus grands, oculifèresau sommet; orifice des organes de la génération à la base du grand tentacule droitl Coquille très-petite, externe, presque auriforme, légèrement spirale a son sommet, à ouverture fort grande, ovale, obliquement évasée, ayant le bord gauche roulé en dedans.

On crut long-temps que les Testacelles étaient rares parce que l'on n'avait point encore étudié leurs mœurs et leur manière de vivre. Au lieu de rester, comtne les Limaces, à la surface de la terre pour y chercher une nourriture végétale souvent en putréfaction, les Testacelles s'enfoncent dans la terre assez profondément, in ce qu'il parait, y recherchent les Vers Lombrics qu'elles attaquent et dont elles font leur nourriture habituelle; cependant elles ne restent pas constamment dans la terre, elles en sortent le soir surtout, et quelquefois on les trouve en très-grand nombre la où pendant le jour on n'en apercevait aucune; aussi doit-on les cher-cber à la lumière. Quelques conchyliologues ont cherché à établir plusieurs espèces dans la Testacelle de France; mais il est reconnu que ce ne sont que des variétés. Férussac, dans le Prodrome de son ouvrage sur les Mollusques terrestres et fluviatiles, indique trois espèces dont l'une est au moins fort douteuse-Nous allons indiquer les deux autres.

TESTACELLE ORMIER, Testacella haliotiden, Lamk., Anim. sans vert. T. VI, part., p. 2', n° 1; ibid., Faure Big., Bull. des Scienc., n° 61; Drap., Hist. nat. des Moll. de Fr., pl. 8, fig. 43 à 48, et pl. 9, fig. 12, 13; Cuv., Ann. du Mus. T. v, p. 440, pl. ag, fig. 6, 7; Féruss., Ilist. nat. des Moll. terr. et fluv., pl. 8, fig. 5 & 9; Blainv., Malac., pl. 41, fig. a. Longue d'un pouce et demi, ou un peu plus; celte espèce porte une coquille à peine de cinq ou six lignes, à ouverture très-ample, à peine spirée au sommet. L'Animal est grisâtre ou fauve, quelquefois rougeâtre, tantôt maculé de brun, tantôt de couleur uniforme. Il se trouve dans toute la France méridionale.

Testacelle de Maugé, Testacella Maugei, Féruss., loc. cit., u° a, pl. 8, fig. 10, 12. Espèce bien distincte de la première: son Animal est rougeâtre, parsemé de taches brunes; ses tentacules sont beaucoup plus grêles que dans l'espèce de France; ils sont filiformes, et le pourtour du corps est de couleur orangée. La coquille fort mince, allongée, ovalaire, est fauve, cornée et légèrement striée; la spire plus saillante que dans l'autre espèce. Celle-ci se trouve à Téné- riffe; elle a été rapportée vivante en Angleterre, et elle est acclimatée dans le jardin botanique de Bristol. Nous empruntons ces détails à l'ouvrage de Férussac. (d..h.)

TESTACÉS. moll. On entend Par ce mot, qui n'est plus en usage, les coquilles des Mollusques prises isolément et abstraction faite de leurs habitans. V. MOLLUSQUES et coquilles.(D..H.)

TESTAR. pois. Espèce de Lépi-dogastre du sous-genre Gobiesoce. V. ce mot.(b.)

TESTICULE, zool. V. Génération.

* TESTUDINARIA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Dioscoiées et de la Oiœcie Hexandrie, L., établi par Burchell et Salisbury, et adopté par J. Lindley (Bot. Régist., n. 931) avec les caractères suivans: périanthe à six segmens étales, linéaires, presque égaux. Les fleurs mâles ont six étamines insérées à la base des segmens du périanthe. Los

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tlems femelles offrent Irois styles soudésentie eux; une capsule mem-bianeusc et des graines ailées. La Plante, sur laquelle ce genre a été constitué, avait été d'abord placée dans le Tamus; et, en effet, les individus mâles ressemblaient beaucoup à ceux du Tamus communia. Le voyageur Rurchell ayant découvert en abondance cette Plante à l'époque où elle portait du fruit, pensa qu'on devait en former un genre plus voisin du Dioscorea que du Tamus, et auquel il imposa le nom de Testitudinaria, à cause de la ressemblance de son caudex avec la carapace d'une Toi tue. Le Testitudinaria elephantipes est une Plante de la pointe australe d'Afrique, poussant chaque année de sa souche des tiges ou rameaux volubiles, garnis de feuilles vertes, réniformes, apiculées, et portant des fleurs mâles en grappes et des fleurs femelles presque solitaires. La souche, qui est la partie la plus remarquable de cette Plante, a des dimensions considérables (quelquefois trois pieds de diamètre et de hauteur). Elle est subéreuse ou charnue, marquée de lignes qui s'anastomosent de manière a simuler, comme nous l'avons dit plus haut, l'écaille des Tortues. Sa substance intérieure peut être comparée, pour la consistance et la couleur, aux Turneps, et les Hottentots la mangent après l'avoir fait cuire sur les charbons.

Une seconde espèce a été mentionnée par Burchell sous le nom de Testitudinaria montana. (g..n.)

TESTUDO.REPT.CHÉL. V. Tortue.

* TETA. BOT. PHAN. Roxburgh avait appliqué ce nom d'origine bengalaise à une Plante qui a été décrite sons le nom générique de Peliosatithes. V. ce mot. (G..N.)

TETAARSOAK. MAM. (Fabricius.) L'un des noms du Phoca groenlandica dans les langues du Nord. V. Phoque. (B.)

TÉTANOCÈRE. Tetanocera. INS. Ce genre de Diptères, de la famille des Athcricèrcs, a été établi depuis long-temps par Duméril. Il fait partie de sa famille des Latéralisètes ou Chétoloxes, qui se compose de nos Syr-phides et de nos Muselles. U s'éloigue, ainsi que celui d'Echinoinyie, nés autres genres de cette famille par la longueur du second ai ticle des antennes ou l'intermédiaire qui est plus grande que celle du suivant ou de la palette. Ces organes sont dressés, dirigés en avant dans le repos, tandis que ceux des Echinomyies dont le corps est d'ailleurs hérissé, sont cachés dans une fossette. Aucune espèce n'est mentionnée. Dans les notes relatives à chaque genre il est dit que les Tétanocères ont la tête grosse, hémisphérique, tronquée en arrière, avec la bouche renflée et vésiculeuse. On trouve ces Insectes sur les plantes qui se décomposent et sur les matières animales. Leurs larves s'y développent aussi. Ces additions nous font présumer que l'auteur a eu en vue nos Sépédons et plusieurs espèces de Scatophages de Fabricius ou celte division des Muscidesque, dans la seconde édition de l'ouvrage sur le Règne Animal de Cuvier, nous avons nommée Dolichocères. Les antennes peuvent avoir leur second article plus grand que le troisième, et différer cependant par d'autres considérations, de manière à pouvoir fournir divers caractères génériques. Nous ne comprenons dans le genre Téta-nocère que les Dolichocères dont les antennes, aussi longues environ quela tête, ont leur second article en carré long et étroit, aussi long ou un peu plus long que le troisième; tels sont les Scatopbagcs reticulata, graminum de Fabricius; son Oscinis planifrons, etc. La tribu des Muscides, au surplus, nonobstant les améliorations importantes que lui ont fait éprouver les recherches de Meigen et de Fallen, est encore très-embrouillée.(lat.)

* TETANOPS. Tetanops. ins. Genre de Diptères, de la famille des Athéricères, établi par Fallen et adopté par Meigen. Dans la nouvelle

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édition tle l'ouvrage sur le Règne Animal de Cuvier, nous levons place da ns notre division des Carpomyzes, delà tribu des Muscides. Il se distingue des autres genres de cette tribu par la forme de la tête qui, vue en dessus, paraît être presque triangulaire et aussi longue que large, par les antennes qui sont écartées, avancées, petites, de trois articles dont le troisième ovale, comprimé, obtus et muni d'une soie simple; enfin, par son corps assez allongé. Le Diptère, servant de type générique, semble sc rapprocher de nos Oscines et de plusieurs Scaiophages de Fabricius. La partie antérieure de la tête. située immédiatement au-dessous nés antennes, que le dernier nomme bypos* tome, et que nous considérons comme la face, va en pente, est nue et carenée. Les ailes, dans le seul individu que nous possédons, sont un peu relevées. L'abdomen est conique, composé extérieurement de cinq anneaux, et terminé dans les femelles par un stylet courbé en dessous et articulé.

La Tétanops myopine, Meig., Dipt. T. v, p. 355, tab. 51, fig. 1-5, est longue d'environ deux lignes, blanchâtre, avec les pieds pâles, et des taches sur les ailes et l'abdomen; celles des ailes sont noirâtres et les abdominales noireâ et opposées. En Suède.(lat.)

TETANOSIA. BOT. PHAN. Richard avait désigné en manuscrit, sous ce nom, le Ximenia de Jussieu. V. XIMÉNIE.(G..N.)

* TETANURE. Tetanura. INS. Genre de Diptères de la famille des Alhéricères, tribu des Muscides, établi par Fallen, adopté et figuré par Meigen, et que nous avons placé provisoirement, d'après la seule inspection des figures, dans notre division des Scatomyzides. Le corps et les pâtes sont assez allongés. La tête, vue en dessus, est plane et soyeuse. Les yeux sont ronds, écartés; la face est perpendiculaire, carenée et presque nue; les antennes, beaucoup plus courtes que la tête, s'avancent obliquement, et sonl formées de h ois articles donl le dernier elliptique, comprimé, obtus, avec une soie velue, insérée au milieu de son côté supérieur ou dorsal. Les ailes sont couchées horizontalement sur le corps, et leur première nervure longitudinale est simple. L'abdomen est simple, allongé, cylindrique, de cinq anneaux.

La Tétanure a ventre pale, Tetanura pallidiientris, Meig. v, tab. 52, fig. 5-8, est noire, luisante, avec les antennes, le front et les pieds elles et l'abdomeu presque fauve, e Suède.(LAT.)

TÊTARD, Rept. bat. On sait que les jeunes Batraciens, principalement ceux de la famille des Anoures, comme les Grenouilles, les Rainettes, les Crapauds, les Pipas, naissent avec des formes très-différentes de celles de leurs parens, et qu'ils subissent des métamorphoses très-remarquables. Ce sont les jeunes dans leur premier état que l'on désigne sous le nom de Têtard, nom auquel on a quelquefois substitué celui de larve dont on se sert absolument dans le même sens en entomologie. K. Génération, Grenouilles, Métamorphose, OEuf, etc. (IS. G. st.-h.)

TÉTARTIN. min. Nom donné par Breithaupt à l'espèce de Feldspath à base de Soude, plus généralement connue sous ceux d'Albite et de Cléa-velandite. V. Feldspath, (G.dEl.)

TÊTE. ZOOL. V. SQUELETTE.

On a employé le nom de Téte en y joignant une autre dénomination pour désigner plusieurs objets très-différens. Ainsi, dans les Oiseaux on nomme:

TÊTE d'azur, une espèce de Gros-Bec.

TÉTE de fayence, une Mésange.

Dans les Reptiles:

TÉTE fourchue, une espèce d'Agame.

Dans les Poissons:

TÈTE D'ANB, une espèce de Chabot.

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TêTE DE LIèVRE, une espèce de Gobie.

Parmi les Conchifères:

TÊTE D'ARAIGNÉE et de Bécasse, deux espèces différentes de Rocher.

TÊTE DE BARBET, une espèce de Cérite.

TÊTE DE DRAGON, une espèce de Porcelaine.

TÊTE D'ISIB, une Pyrule.

TÊTE DE BOEUF ou Mâchoire de Bœuf, un Casque.

TÊTE DE REQUIN, une autre espèce de ce dernier genre.

TÊTE DE SERPENT, une espèce de Porcelaine.

Dans les Insectes:

TÊTE ARMÉE, une espèce d'Aphodie.

TÊTE BLEUE, une espèce de Bombyx désignée sous ce nom vulgaire par Geoffroy.

TÊTE ÉCORCHÉE, une espèce de Coléopière du genre Attelabe.

TÊTE DE MORT, une espèce de Sphinx.

Parmi les Zoophytes:

TÊTE DE MÉDUSE, des espèces du genre Euryale. (aud.)

TETEMA, . ois. Espèce du genre Fourmilier. V. ce mot. (DR..Z.)

TÉTHIE, TÉTHYE, THÉTYE ou THÉTHYE. POLYP. MOLL. Il semble que les auteurs se soient entendus pour varier de toutes les manières possibles l'orthographe de ce malheureux nom qui a reçu de plus deux applications différentes. Lamarck (Anim. sans vert. T. II, p. 384) a formé le genre Téthie aux dépens des Alcyons: il le place dans la section de ses Polypiers empâtés, entre les Eponges et les Géodies. Pour lui les Téthies sont des Polypiers tubéreux, subglobuleux, très-fibreux intérieurement, à fibres subfasciculées, divergentes ou rayonnantes de l'intérieur à la circonférence, et agglutinées entre elles par un peu de pulpe; á cellules dans un encroûtement cortical, quelquefois caduc; les oscules rarement perceptibles. Ainsi le caractère essentiel des Téthies serait d'avoir à l'intérieur des fibres divergentes ou rayonnantes. L'auteur ne parle point des Animaux constructeurs. Cuvier (Règn. Anim.. T. iv, p. 88) considère les Théthyes à peu près de la même manière que Lamarck; il les place entre les Alcyons et les Eponges, dans sa quatrième tribu des Polypiers où l'écorce animale ne renferme qu'une substance charnue sans axe osseux ni corné, el réunit sous ce nom divers corps marins de tissus variés, mais toujours sans Polypes visibles, et dont l'intérieur, plus ou moins fibreux, est entouré d'une croûte de consistance variable suivant les espèces. 11 avertit (en note) qu'une grande partie des Alcy ons de Lamarck appartiennent réellement á ses Téthies. Savigny (Mém. sur les Anim. sans vert, il* part.) emploie le nom de Téthve comme nom d'ordre ou de famille d'Animaux, soit simples, soit agrégés, que leur organisation fait rapprocher des Mollusques acéphales sans coquilles ou ascidiens. Il est à remarquer que les Télhyes agrégées ou composées de Savigny avaient été confondues avec les Alcyons dont elles ont l'aspect surtout quand elles sont desséchées, et qu'il est très-probable qu'il reste encore dans le genre Alcyon beaucoup de productions marines, connues seulement á l'état de dessiccation, qu'il faudra rapprocher de ses Téthyes quand leurs Animaux seront connus. Ainsi le nom de Téthies, de quelque manière qu'on le considère et qu'on l'écrive, a servi á désigner des espèces dégagées du fenre Alcyon. Lamouroux, qui écrit 'éthyes el Thétves, n'a point adopté ce genre tel que l'entendent Cuvier et Lamarck; il en a réuni les espèces á son genre Alcyon (V. ce mot); il n'a point non plus conservé le nom de Téthyes composées aux genres établis par Savigny, et qu'il adopte, mais il les réunitàses Polypiers sarcoïdes. Audouin et Edwards ont fait une étude toute spéciale de ce genre;

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leurs travaux importans, qui paraitrool dans leurs Recherches pour servir à l'histoire naturelle du littoral de la France, fixeront sans doute nos idées sur sa structure.(e.d..l.)

TETHYS. Tethys. moll. Genre de Mollusques nus que Linné créa avec la troisième espèce de Lièvre marin de Rondelet, et que depuis tous les zoologistes ont adopté. Comme tous les autres Mollusques nus connus de son temps, Linné plaça ceux-ci dans sa classe des Mollusca qui comprenait au>si bien des Mollusques véritables que des Radiaires et des zoophytes. Les réformes que Cuvier et Lamarck apportèrent dans sa méthode ne purent laisser subsister ce mélange que Bruguière avait toléré. Cuvier, dans son Tableau élémentaire de zoologie, et Lamarck, dans le Système des Animaux sans vertèbres, rapportèrent l'un et l'autre les Téthys aux Mollusques nus, et les rapprochèrent d'autres Gastéropodes analogues. Depuis, Cuvier donna une anatomie complète de ces Animaux, et ne fit que fortifier l'opinion que les travaux de Bohadsch avaient laissée avec quelque incertitude. Placé par Cuvier dans le Règne Animal, dans l'ordre des Nudibranches, entre les Tritonies et les Scyllées, il fut admis par Lamarck dans la famille des Tntoniens sans changer de rapports, car cette famille contient presque tous les mêmes genres que les Nudibranches. Si l'on consulte les Tableaux systématiques des Animaux mollusques de Férussac, on trouve dans 1 ordre des Nudibranches une famille des Tritonies dans laquelle le genre qui nous occupe est compris dans les rapports assignés par Cuvier. Blainville, en donnant le nom de Polybranches aux Nudibranches de Cuvier, les a partagés notamment en deux familles d'après le nombre de tentacules; il a nommé Dicères les Mollusques de la secoode, parce qu'ils n'en ont que deux; et les Téthys furent mises à la fin après les Tritonies. La méthode de La treille diffère assez notablement de celle que nous venons de citer; les divisions par familles sont établies d'après la disposition des branchies, et la seconde famille des Nudibranches, les Séribranches, est par ce moyeu absolument la même que celle des Dicères de Blainville, ce qui prouve que les deux moyens employés par ces zoologistes sont également bous. Les caractères génériques sont les suivans: corps ovale, déprimé, bombé en dessus, plan en dessous et pourvu d'un large pied dépassant de toute part le dos étroit et sans rebord; deux tentacules supérieurs fort longs, à la partie antérieure desquels est un tube contractile; bouche h l'extrémité d'un petit tube sans dents ni langue .hérissée? au milieu d'un large voile frontal, demi-circulaire, frangé dans tout son bord; branchies alternativement inégales et disposées sur une seule ligne de chaque côté du dos.

Ce qui frappe d'abord dans les Téthys, c est le grand voile frontal demicirculaire qu elles portent sur la tête. Ce voile, membraneux et cilié sur ses bords, ne se voit dans aucuu autre Mollusque; il est séparé du corps par un étranglement profond; ce corps ovalaire, plan en dessous, convexe en dessus, ne diffère pas d'une manière notable de celui acs autres Gastéropodes nus. La tête, dont le voile fait partie, est séparée du corps par un étranglement; elle porte en dessus une paire de tentacules en cornet évase, mais dépourvus de points oculaires; en dessous, et dans la partie médiane et inférieure, se voit l'ouverture buccale qui est simple et d'où sort une petite trompe; cette bouche est dépourvue de plaques ou de crochets cornés et même de langue; on y remarque seulement quelques papilles charnues. Le bord antérieur, comme nous l'avons dit, s'étale en une large plaque charnue fort miuce, et dont le bord est terminé par un nombre considérable de franges tentaculaires probablement extensibles durant la vie de l'Animal. Le corps, plus étroit que la tête, est

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ovale-oblong; le pied est aussi large que toute la face inférieure, et il n'est séparé ni par un sillon ni par un manteau membraneux même rudimentaire. On trouve sur le dos, sur deux lignes longitudinales et latérales, aeux rangées de tubercules charnus, alternativement gros et petits; ils sont terminés par des cils, et ils constituent les branchies. A la partie antérieure, dans l'étranglement qui sépare la tête du corps, on remarque à droite et postérieurement l'anus, et un peu en avant un orifice double pour les organes de la génération. Nous ne donnerons pas plus de détails sur l'organisation des Té- thvs; elle a beaucoup d'analogie avec celle des Eolides, et nous renvoyons au beau Mémoire de Cuvier qui se trouve, comme nous l'avons dit, parmi ceux des Annales du Muséum. Groelin, Lamarck, etc., ont cité deux espèces de Téthys; Blainville croit qu il n'en existe qu'une dont l'autre ne serait qu'une variété. Comme ces Animaux n'ont pas été observés fréquemment, il est presque impossible dans ce moment de décider cette questiou.

Téthys léporine, Tethys leporina, L., Gmel., p. 3i36, n° 1 j Téthys, Cuv., Ann. du Mus. T. xn, pl. a4; Encyclop., pl. 81, fig. 1, a? Blainv., Malac., pl. 46 bis, fig. 9. Elle a jusqu'à huit pouces de longueur. Elle habite la Méditerranée.

Téthys de Bohadsch, Tethys Fimbria, Lamk., Anim. sans vert. T. vi, p. 308, n° 2; Tethys Fimbria, L., Gmel., n° 2; Bohadsch, Anim. mar., tab. 5, fig. 1, 2; Encyclop., pl. 81, fig. 3, 4. Egalement de la Méditerranée. Diffère de la précédente en ce que les filainens du voile sont presque nuls. L'Animal que Bohadsch a examiné ayant été trouvé mort, on peut supposer une mutilation.(D..H.)

TÉTIGOMÈTRE. ins. V.Tetti- OOMÉTHE.

TÉTRABOTHRYDES. INTEST.V. BOTRYOCÉPHALE.

TÊTRACANTHE. pois. Espèce du genre Cbœtodon. V. ce mot. (b.)

TETRACARPUM. BOT. PHAN. (Mœnch.) Syn. de Schkuhria. V. ce mot. (G..N.)

TETRACERATIUM. BOT. PHAN. (De Caudolle.) V. Notoceras.

TÉTRACÈRE. Tetracera. BOT. PHAN. Ce genre de Linné est le même que le Tigarea d'Aublet, et que l'Euryandra de Forster. Il appartient à la famille des Dilléniacées et peut être caractérisé de la manière suivante: fleurs unisexuées, dioïques ou polygames, disposées en panicules ou en grappes. Calice de quatre à six sépales arrondis, persistans et prenant même de l'accroissement après la fécondation pour former une sorte d'involucre à la base du fruit. Les étamines sont très-uombreuses, insérées sous les pistils; leurs filets sont dilatés au sommet. Les pistils varient de trois à cinq, qui se terminent chacun par un style simple et aigu, et deviennent autant de capsules uniloculaires contenant une ou deux graines ovoïdes, luisantes, enveloppées d'un arille à leur base et attachées à l'angle interne de chacune d'elles; elles s'ouvrent comme en deux valves. Les espèces de ce genre sont des Arbustes sarmenteux ou des Arbrisseaux à feuilles alternes, en général très-rudes à leur face supérieure. Elles croissent communément dans les régions in ter tropicales de l'un et de l'autre continent, mais en plus grand nombre dans l'Amérique méridionale. (a.r.)

TÉTRACÈRES. Tetracerata. moll. Première famille des Polybranches de Blainville, lesquels correspondent aux Nudibranches de Cuvier. Cet ordre fut partagé en deux groupes, d'après le nombre des tentacules. La famille des Tétracères renferme les Polybtanches à quatre tentacules. Ce sont les genres Glaucus, Laniogère, Tergipède, Cavoline et Eolide. V. ccs mois. On ne peut disconvenir que ces genres

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ont entre eux beaucoup d'analogie, si l'on en excepte seulement le Laniogère qui paraît s'éloigner des autres. (D..H.)

TÉTRACÈRES. crust. Nom employé anciennement par, Latreille pour désigner les Crustacés de l'ordre des Isopodes, qu'il ne distinguait pas encore de Insectes, (aud.)

TETRACMIS. BOT. crypt. (Mousses.) Nom donné par Bridel à la section du genre Telraphis qui comprend le Tetraphis pellucida. (ad. b.)

TETRACOLIUM. BOT. crypt.(Mucédiaées.() Genre établi par Link, et a^ant pour type le Torula tuberculariœ de Nées. Il a été réuni de nouveau et avec raison, à ce .qu'il nous semble, au Torula par Fries; il n'était en effet caractérisé que par ses filamens dont les articulations sont constamment au nombre de quatre, caractère propre tout au plus à établir une espèce. La petite Plante microscopique qui a été l'objet de cette distinction, croît parasite à la surface d'un autre Champignon, le Tubercularia vulgaris; etTon peut se demander, n après sa description, s'il ne fait pas partie de ce Champignon, et si c'est bien une Plante parasite et non de simples poils articulés, (ad. b.)

* TETRACTIS. BOT. PHAN. Sprengel (Neu. Entdecl., 5, p. 55) a établi sous ce nom un genre qu'il a rapporté à la famille des Renonculacécs et qu'il a ainsi caractérisé. point d'involucre sous la fleur; calice à quatre sépales obtus; corolle nulle; quatre étamines à anthères oblongues, attachées par la base; quatre caryopses aigus. Le Tetractis capensis est une petite Plante ligueuse, à feuilles alternes, oblongues, entières; à fleurs portées sur des pédoncules capillaires, groupés au sommet des branches. Cette Plante croît au cap de Bonue-Espérace. (g..n.)

TÉTRADACTYLES. mam. et OIS. Famille établie par Klein, et comprenant les Rongeurs pourvus de-quatre doigts à leurs pieds antérieurs; tels sont les Agoutis et les Edentés. V. Tatous. Vieillot a, dans la Méthode ornithologique, appliqué le nom de Tétradactyles à une tribu parmi les Oiseaux échassiers, tous pourvus de quatre doigts aux pieds.(aud.)

TETRADECAPODES. crust. Dénomination assez impropre appliquée par Blainville aux Crustacés isopodes qui ont sept paires de pâtes ou quatorze pieds, et qu'il a étendue aux Caliges, aux Chevrolles et aux Lernées, dont les pâtes n'atteignent pas ce nombre.(aud.)

TETRADIUM. BOT. PHAN. Loureiro a établi, d'après un Arbre de la Cochinchine, ce genre ainsi caractérisé: fleurs hermaphrodites; calice court, quadriparti; pétales plus longs que le calice et au nombre de quatre; quatre étamines égales aux pétales, à filets épais, su bu lés et velus; ovaire quadrilobé; style nul; quatre stigmates subulés et dressés; un fruit formé de quatre capsules arrondies, s'ouvrant par le sommet, renfermant chacune une graine de même forme, luisante, arillée. Les feuilles sont pennées avec impaire à folioles glabres et très-entières; les fleurs blanchâtres, disposées en grappes vastes, trichotomes, presque terminales. Ce genre appartient trèsvraisemblablement au groupe des Zanthoxylées dans les Rutacées. Suivant Smith il devrait même être rapporté au genre Zanthoxylum. Il a aussi des rapports fort grands avec le Brucea. (a. d. j.)

* TETRADONTIUM. BOT. CRYPT. (Mousses.) Schwægrichen a séparé sous ce nom générique les trois espèces de Tetraphis confondues autrefois sous le noin de Tetraphis ovata, mais qui différent plus du Tetraphis pellucida par leur port que par des caractères réellement génériques. (AD. B.)

TÉTRADYNAMES (étamines), bot. phan. On dit que les étamines sont Tétradynaraes, quand, étant au nombre de six, quatre sont coustamment

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plus grandes que les deux autres. Les quatre grandes sont réunies par paires et séparées par les deux plus'courtes qui sont également opposées. Toutes les Crucifères ont les étamines Tétradynames. (a. h.)

TÉTRADYNAMIE. BOT. PHAN. Quinzième classe du Système sexuel de Linné, renfermant les Plantes dont les étamines sont tétradynames (V. ce mot). Cette classe se divise en deux ordres d'après la structure du fruit qui est une silique ou une silicule. De là la Tétradynamie siliqueuse, et la Tétradynamie silicu- Jeuse. V. Système sexuel, (A. b.)

TETRAGASTRIS. BOT. PHAN. Gaertner a décri t et figuré sous le nom de Tetragastris ossea (vol. 2, p. 130, tab. 109), un fruit charnu, offrant quatre noyaux monospermes, à graines pendantes et dépourvues de pé- risperme. Willdenow le rapportait à son Trewia nudiflora. Maintenant on le regarde comme appartenant à une Plante tout-à-fait différente et de la famille des Térébinthacées, l'Hedwigia balsamifera de Swartz. Cet Arbre croît à Saint-Domingue ou il porte vulgairement le nom de Bois cochon. C'est le même que Bertero a confondu à tort avec uue Sapindacée, l'Ephielis fraxinea, Willd., et qui se trouve cité à l'article Malayba, dans le Prodromus de De Candolle. (a. d. J.)

TÉTRAGNATHE. Tetragnaiha. abachn. Genre de la famille des Aranéides, ou des Arachnides fileuses, division des Orbitèles ou Tendeuses, dont les yeux, au nombre de huit, sont situés, quatre par quatre, sur deux lignes presque parallèles et séparées par des intervalles égaux; dont les mâchoires sont longues, étroites, élargies seulement à leur extrémité supérieure, et dont les chélicères (mandibules ou griffes de la plupart des naturalistes) sont pareillement allongées, surtout dans les mâles, et avancées. Le corps lui-même est généralement étroit et long. La toile de ces Aranéides est verticale. On n'a encore découvert en Europe qu'une seule espèce, qui est Aranea exietisa de Linné, l'Ara ignée à ventre cylindrique et pâtes de devant étendues, de Geoffroy. Le corps est roussâtre, avec l'abdomen d'un vert jaunâtre doré; il a sur le dos une ligne noire et ramifiée, une bande delà même couleur à la partie opposée du ventre, et deux lignes jaunâtres sur les côtés. Les couleurs sout un peu modifiées, suivant les différences d'âge. Les cbélicères du mâle sont proportionnellement plus grandes que celles de l'autre sexe, el leur première pièce est armée d'une forte épine. Cette Aranéide forme sur les buissons, les plantes, et plus particulièrement près des ruisseaux et des mares, une toile verticale, à réseau régulier, au centre de laquelle elle se tient, les quatre pâtes antérieures étendues en avant, tes deux postérieures dirigées en un sens opposé, et les deux autres rejetées latéralement. Lister l'a vue s'accoupler, le 95 de mai, vers le coucher du soleil. Les deux sexes sont suspendus en l'air, et par le moyen d'un fil, sous la toile. Ils appliquent mutuellement leur ventre l'un contre l'autre; le mâle est en dessous, et son abdomen s'étend en ligne droite; celui de la femelle est courbé, et son extrémité postérieure touche la base du ventre de l'autre individu. Leurs pâtes et leurs chélicères sont entrelacées. Leur réunion s'opère, comme les autres Aranéides, par le jeu alternatif des palpes. Un tubercule que l'on observe à leur dernier article, est le seul organe fécondateur que ce naturaliste ait bien reconnu. On voit, par la description qu'il fait de cet article, que sa structure est assez compliquée. La ponte a lieu vers la fin de juin. Le cocon est de la grandeur d'un grain de poivre, assez fort, et composé de fils lâches. Les plus intérieurs sont d'un bleu verdâtre; les extérieurs sont plus foncés, et présentent des inégalités produites par de petits globules. Les œufs sont d un jaune pâle. Le cocon est souvent attaché a des joncs ou à des feuilles.

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Le même observateur ayant renfermé dans une boîte deux femelles, Tune d'elles tua l'autre sur-le-champ, se mit à la sucer, et une secousse de la buîte rayant forcée d'abandonner sa proie, elle revint la chercher et la saisir. Les œufs éclosent en automne. Degéer a trouvé de jeunes àranéides de cette espèce adhérentes & plusieurs de ces fils de soie que Ton voit, dans les beaux jours d'automne, voltiger en l'air; et il a même observé qu'elles les allongeaient. Elles se laissent emporter et flotter avec eux r le mouvement de Pair. Il combat l'hypothèse de Lister à l'égard de la faculté qu'auraient ces Animaux de seringuer ou d'éjaculer ces fils. Llle-de-France et l'Amérique produisent quelques autres espèces de Tétragnathes. (lat.)

* TETRAGOCYAN1S. BOT. PHAN. Du Petit-Thouars (Tableau des Orchidées des îles Australes d'Afrique) a ainsi nommé une Plante qu'il a figurée (tab. 33 et 54 du même ouvrage), sous les noms de Cyanorchies et d'Epidendrum tetragonum. Achille Richard l'a placée dans le genre Limodorum. (G..N.)

TÉTRAGONE. Tetragonum. ACAL. Genre établi par Quoy et Gaimard (Ann. des Sc. nat. T. vi, p. 82), qui lui assignent pour caractères: Animal libre, gélatineux, transparent, très-ferme, quadrilatère, allongé, tronqué & une extrémité, et terminé à l'autre, qui est l'ouverture unique, par quatre pointes saillantes, dont deux sont ordinairement plus petites. Ce genre renferme un seule espèce figurée dans l'Atlas des Annales; mais il est probable qu'on devra le supprimer, car il ne nous paraît être autre chose qu'un fragment de Dyphie. (AUD.)

TÉTRAGONE. Tetragonus, Tetragona. BOT. PHAN. Qui offre quatre côlés. Expression principalement consacrée pour les tiges de certaines Plantes, par exemple celle des Labiées. (G..N.)

TÉTRAGONIE. Tetragonia BOT, PHAN. Genre de la famine des Ficbïdées et de l'Icosandrie Pentagynie, L., offrant les caractères auivans: calice quadrifide ou rarement trifide, dont le tube est adhérent à l'ovaire portant quatre à huit prolongement cornus, et les lobes sont colorés à l'intérieur; corolle nulle; étamines en nombre variable; ovaire divisé en lojges dont le nombre varie de trois à huit, et surmonté d'autant de styles qu'il y a de loges; noix osseuse, ailée ou cornue, indéhiscente, divisée en trois à huit loges j graines solitaires dans chaque loge. Les espèces qui composent ce genre sont au nombre de dix à douze; la plupart croissent au cap de Bonne - Espérance; mais on en trouve quelques-unes au Japon, à la Nouvelle-Zélande et au Pérou. Ce sont des Herbes ou des Plantes un peu ligneuses, à feuilles alternes, planes, charnues, indivises, ordinairement très-entières, à fleurs axillaires, pédicellées ou sessiles. De Candolle (Prodrom. Syst. Veg., 3, p. 452) a formé deux sections dans e genre Tetragonia, lequel se rapproche du Mesembryanthemum, mais qui en diffère essentiellement par rabsence de la corolle: la première sous le nom de Tetragonoides, comprend trois espèces, dont la plus remarquable est le Tetragonia expansa, Ait., Hort. Kew., a, p. 178; DeCand., Plant. grasses, tab. 114; Demidovia tetragonoides, Pallas, Hort. Demid., tab. 1. Cette Plante est herbacée, à feuilles pétiolées, ovoïdesrhomboïdales . à fleurs sessiles, à fruits munis de quatre cornes. Elle est originaire du Janon et de la Nouvelle-Zélande, et elle a été transportée dans les iardins des diverses contrées du glone, oh on la cultive à cause de ses feuilles qui se mangent en guise d'épinards. La seconde section, nommée Tetragonocarpos, se compose de six espèces qui croissent toutes au cap de Bonne-Espérance, et parmi lesquelles nous citerons seulement les T. herbacea et fruticosa, qui sont le plus anciennement con

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nues, et qui ont été figurées par Commelyn (Hort. Amstel., 2, tab. 102 et 103) sous le nom de Tetragonocarpus.(G..N.)

TETRAGONOCARPUS. BOT. PHAN. (Commelyn.) Syn. de Tetragonia. V. Tétragonie. (G..N.)

* TÉTRAGONODÈRE. Tetcagonuderus. INS. Genre de Coléoptères de la famille des Carnassiers, tribu des Carabiques, établi par Dejean sur une petite espèce (T. variegatus) de Cayenne, et dont le rang, dans une série naturelle, n'est pas eucore fixé. Il nous avait paru au'il avoisinait celui d'Amara de Bonelli, et qu'il ne s'en éloignait guère qu'en, ce que les tarses antérieurs des mâles sont proportionnellement moins dilatés, et plutôt obeoniques qu'en forme de cœur; mais, dans le quatrième volume de son Spéciès, le comte Dejean le place avec ses Harpaliens. (LAT.)

TETRAGONOLOBUS. BOT. PHAN. Genre de la famille des Légumineuses qui était réuni au Lotus par Linné; il en fut séparé par Scopoli et Mœnch, sous le nom qu'il porte actuellement, et par Necker, sous celui de Scandalida. Ses caractères essentiels consistent dans un calice tubuleux, quinquéfitle; les ailes de la corolle plus courtes que l'étendard; la carène en forme de bec; le style flexueux; le stigmate infundibuliforme se terminant en bec ohlique; la gousse cylindracée bordée e quatre ailes foliacées. Ce genre contient quatre espèces qui croissent dans la région méditerranéenne; ce sont des Plantes herbacées, à stipules larges, foliacées, à feuilles trifoliées avant les pétioles munis d'une petite bordure, à fleurs solitaires ou géminées, portées sur des pédoncules axillaires. Le T. siliquosus est une petite Plante à grandes fleurs jaunes, très-commune dans les prés humides de l'Europe méridionale et tempérée. Le T. purpureus est remarquable par ses belles fleurs d'un rouge foncé. On cultive cette Plante pour l'ornement dans quelques jardins.(G..N.)

TETRAGONOPTÈRE. POIS.Sousgenre de Saumon. V. ce mot. (B.)

TETRAGONOTHECA. BOT. PHAN. Linné avait d'abord établi sous ce nom un genre qu'il réunit ensuite au Polymrnia et qui en a été de nouveau séparé par 1 Héritier. Ce genre appartient à la famille des Synanthérées, tribu des Héliantbées, et à la Syngénésie superflue, L. Il diffère du Polymnia par son involucre simple, tétragone, à quatre divisions trèslarges; ses fleurs radiées; son récep tacle garni de paillettes, et ses akènes privés d'aigrette. Le Tetragonotheca helianthoides, l'Hér., Stirp., tab. 17; Polymnia Tetragonotheca, L., est une Plante originaire de la Virginie et de la Caroline, et que l'on cultive comme Plante d'ornement dans quelques jardins d'Europe. Ses tiges sont hautes de deux ou trois pieds, rameuses vers le sommet, garnies de feuilles larges, rudes, spatulées, opposées, un peu sinuées ou dentées, et légèrement velues. Chaque rameau est terminé par une belle fleur jaune.(G..N.)

TÉTRAGONURE. POIS. Ce genre de Poissons Acanthoptérygiens, placé par Cuvier à la suite des Vomers, ne comprend encore qu'une seule espèce de la Méditerranée, le Tetragonurus Cuvieri de Risso, qui paraît être le Mugil niger de Rondelet, pl. 425, et le Corvus niloticus d'Aldrovande, Pisc., p. 610. Les caractères du genre Tétragonure offrent près de la queue deux carènes saillantes qui lui ont valu le nom qu'il porte. Le corps est allongé; la dorsale est longue, épineuse, mais très-basse; la deuxième est molle, plus élevée que la première dont elle est rapprochée. L'anale est située vis-à-vis cette deuxième; les pectorales sont un peu en avant des ventrales. Les branches de la mâchoire inférieure sont élevées verticalement et garnies d'une rangée de dents tranchantes, pointues, faisant la scie, et s'emboîtant dans la

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mâchoire supérieure. La seule espèce connue est nommée Corbeau par les Provençaux. C'est un Poisson noir, recouvert d'écailles striées, et dont la chair est, dit-on, vénéneuse.(less.)

TETRAGONÜRIDES. pois. On a donné ce nom à une pelile famille de Poissons Aeanthoptérygiens, ayant pour type le genre Tétragonure de Cuvier. Cette famille n'a point encore été adoptée par les ichthyologistes, et rien d'ailleurs ne semble en faire naître la nécessité. (less.)

TÉTRAGULE. Tetragulus. int. Genre établi par Bosc (Nouv. Bull, phil., 1811, n° 44, p. 369, tab. a, fig. 1), réuni par Rudolphi aux Pentastonjes. V. ces mots. (E. D..L.)

TETRAHIT. BOT. PHAN. Dillen et Adanson donnaient ce nom générique à une Plante que Linné a placée dans le genre Galeopsis. V. ce mot.

* TETRAHITDM. BOT. phAn Legenre formé sous ce nom, aux dépens du Stachys, par Mœnch, puis de nouveau proposé par Link et Hoffmansegg dans leur Flore portugaise, u a pas été généralement adopté. V. Stacbide. (G..N.)

TETRALIX. BOT. PHAN. Les anciens botanistes donnaient ce nom à diverses Plantes, particulièrement à une espèce d'Erica, pour laquelle Linné l'a employé comme nom spécifique. V. Bruyère. (G..N.)

* TETRAMÈLES. BOT. PHAN. Sous ce nom, R. Brown (Append. BOT. au Voyage d'Oudney, Denham et Clapperton, p. a5) (ait mention seulement d'un nouveau genre de Plantes indigènes de Java qui a beaucoup de rapports avec le Datisca, et qui est remarquable par la division quaternaire de toutes les parties de ses fleurs dioïques. Il propose de constituer, avec ce genre et le Datisca, une nouvelle famille sous le nom de Datiscées, Dalisceœ. (G..N.)

TÉTRAMÈRES ou TÉTRAMÉRêS. INS. (Duméril.) Section de Coléoptères comprenant ceux dont tous les tarses ont quatre articles. Dans plusieurs, notamment les Longicornes, le dernier a un renflement noduleux à sa base, ce qui pourrait d'abord faire ranger ces Insectes avec les Pentamères. Mais il n'existe point de véritable articulation, et le dessous de cette partie renflée n'offre point les pelottes que Ton observe dans la plupart des Tétramères sous les trois premiers articles, ou du moins sous les deux intermédiaires.(LAT.)

TETRAMERIUM. BOT. PHAN. Gaertùer appelle ainsi un genre de la famille des Rubiacées, qu'il a établi et ayant pour type le Coffa occidenitalis d'Aublet. L'examen attentif que nous avons fait des caractères de ce genre, nous a prouvé qu'ils sont absolument les mêmes que ceux du Faramea d'Aublet, et que par conséquent ils doivent être réunis, ainsi que nous l'avons fait dans notre travail général sur les Rubiacées. Ces caractères sont: un calice à quatre dents; une corolle tubuleuse, infundibuliforme, à quatre lobes étalés; quatre étamines incluses; un fruit coriace, déprimé, à une seule loge contenant une seule graine également déprimée, attachée au fond de la loge par une large cicatrice d'oii partent deux lignes entrecroisées.(a.r.)

TÉTRANDRIE. BOT. PHAN. Quatrième classe du Système sexuel de Linné, qui réunit toutes les Plantes phanérogames et hermaphrodites, qui ont quatre étamines. Cette classe se compose de quatre ordres: i° la Tétrandrie Monogvnie; 20 la Tétrandrie Digynic; 3° la Tétrandrie Trigynie, et 4° la Tétrandrie Tétragynie. V. Système sexuel. (a.r.)

TETRANTHERA. BOT. PHAN. (Jacquin.)Syn. de Litsea. V. ce mot.(G..N.)

TETRANTHÜS. BOT. PHAN. Swartz (Prodrom. Veg. Ind. occid.,

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p. 116) a décrit, sous le nom de Tetranthus littoralis, une Plante formant un genre nouveau de la Syngénésie séparée, L., mais qui est ti op imparfaitement connu pour qu'on puisse fixer exactement sa place dans la série des ordres naturels. Néanmoins il nous paraît appartenir à la famille des Synanthérées, sans que nous puissions reconnaître la tribu qui lui convient. Cette Plante a presque le port d'un Mittckella; sa tige est filiforme, rampante, garnie de feuilles opposées, pétiolées, ovoïdes, presque cordiformes, à trois nervures, glabres des deux côtés. Les fleurs sont situées dans les aisselles des feuilles et portées sur des pédoncules solitaires et plus longs que celles-ci; elles sont au nombre de quatre renfermées dans un involucre composé de cinq folioles. Le calice est aune seule pièce, avant le bord oblique; la corolle est tubuleuse; les étamines sont syngénèses; le fruit est un akène ou fausse graine couronnée par le bord cilié du calice; le réceptacle est nu. Cette Plante croit à Saint- Domingue. (O..N.)

TETRAO. OIS. Syn. latin de Tétras. V, ce mot. (dr..z.)

TÉTRAODON. POIS. V. Tétho-DON.

TÉTRAONYX. ins. Genre de Coléoptères de la famille des Tracbé- lides, voisin de ceuxjde Mylabre et de la Cantharide, à antennes grossissant insensiblement vers le bout, ou presque filiformes, à corselet en carré transversçl, & élytres de forme et de grandeur ordinaire, recouvrant les ailes, mais distinct des Insectes

Î'récédens et de quelques autres de a même famille par les tarses, dont le pénultième article est échancré ou presque bilobé. Ces Coléoptères sont propres au nouveau continent, et l'espèce sur laquelle nous avons établi ce genre, a été figurée, dans la partie zoologique du Voyage de Humboldt et Bonpland (pl. 16, fig. 7), sous le nom de Tétraontx a huit taches, Tetraonyx ocio - maculaium.

Elle est noire, avec quatre taches rouges sur chaque élytre. Klug en a décrit et figuré une autre espèce qui se trouve au Brésil, et qu'il a placée parmi les Cantharides (Lytia sexguttata). Elle est pareillement noire; mais chaque élytre n'offre que trois taches et qui sont d'un fauve jaunâtre. (LAT.)

TETRAOPE. Tetraopes. INS. Genre de Coléoptères indiqué par Dalman dans la Synonymie des Insectes de.Scltœnherr, et composé d'eapèces de Lamies (famille des Longicomes), dans lesquelles les yeux sont partagés en deux par le renflement des cotés de la tête, servant d'insertion aux antennes, qui sont d'ailleurs peu allongés et simples. Le corps est court, presque cylindrique, avec le corselet transversal et inégal. Quelques espèces semblent, par la manière aiguË dont se terminent leurs autennes, se rapprocher des Apomé— cynes de Dejean, qui, de même que les Tétraopes, font le passage des Lamies aux Sa perdes. La Lamie tornalor de Fabricius est le type du genre. Quelques autres espèces, pareillement originaires de l'Amérique septentrionale et d'autres des Indes- Orientales, y rentrent. (lat.)

* TETRAOTIS. BOT. PHAN. Genre de la famille des Synanthérées, trèsvoisin du JLagascea de Cavanilles, établi par Rein wardt et Blume (Bijdrag. FL nederL ind., a, p. 899) qui l'ont ainsi caractérisé; fleurs réunies en tête, accompagnées de bractées; involucre partiel, tubuleux (fendu sur le dos), à limbe denticulé. Fleurons du centre tubuleux, denticulés, hermaphrodites, stériles; ceux de la circouférence plus petits, femelles, à corolle en languette, divisé jusqu'à la moitié en trois segmens; akènes sans aigrette, enveloppés par l'involucre. Les deux espèces de ce genre, Tetraotis paludosa et longifolia, sont des Plantes herbacées, croissant dans les marais de Java.(G..N.)

* TETRAPATÆA. BOT. PHAN.

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De Candollc a donne ce nom à la troisième section du genre Passiflora, laquelle ne renferme qu'une seule espèce, P. Tetrandra, originaire de la Nouvelle-Zélande, et dont les parties de la fleur sont en nombre quaternaire.(o.N)

TETRAPHIS. BOT. crypt.)Mousses.) Genre parfaitement caractérisé par son péristome simple, à quatre dents triangulaires, dressées; la capsule est droite, couverte par une coiffe campanulée, déchirée à sa base en plusieurs lanières. Toutes les espèces de ce genre sont fort petites et croissent en Europe; la plus commune esl le Tetraphis pellucida, dont la tige et les feuilles sont plus grandes, transparentes; les trois autres, confondues d'abord sous le nom de Tetraphis ovata, sont trèsvoisinesrunederautrejCtnediflfôient que par la forme des feuilles; elles sont extrêmement petites, presque dépourvues de tige et de feuilles, et croissent sur des rochers presque nus.(AD.B.)

TETRAPILE. Tetrapilus. BOT. PHAN. Loureiro (Flor. Cochinch., a, p. 750) a décrit sous ce nom un genre qui se place dans la Diœcie DianHrie, L., qui paraît faire partie de la famille des Jasminées. Selon quelques auteurs il serait identique avec le Fontanesia de Labillardière. Voici ses caractères: les fleurs mâles ont un calice très-petit, persistant, campa nulé, quadnfide, à segmens aigus; une corolle campanulée dont le tube esl très-court, a quatre sillons, le liinbe quadrifide, a segmens repliés rn forme de capuchon; deux étamines à filets épais, courts, portant des anthères ovées, fixes et biloculaires. Les fleurs femelles ont le calice et la corolle comme dans les fleurs mâles; un ovaire ovoïde, surmonté d'un style épais, très-court, et d'un stigmate bifide. Le fruit est une petite baie ovoïde, biloculaire, renfermant quelques graines un peu arrondies. Le Tetrapilus brachiatus, est un petit Arbrisseau à rameaux ouverts, garnis do feuilles opposées, ovales, lancéolées, légèrement dentées en scie, et glabres. Les fleurs sont blanches, petites, disposées en grappes courtes et axillaires. Cette Plante croît dans les buissons à la Cochinchiuc.(G..N.)

TETHAPNEUMONES. arachn. Nous avons nommé ainsi, dans nos Familles naturelles du Règne Animal, une première section des Aranéides, ayant pour caractères: quatre cavités pneumo'branchiales à la base du ventre, deux de chaque côté. Elle a été établie d'après les observations de Léon Dufour, et comprend les genres Mygale, Cténize, Atype, Eriodon, Filislate et Dysdère. (lat.)

TETRAPODE. Tetrapodum. mam. Le genre que Necker propose de former sous ce nom, dans la Phytologie zoologique, paraît devoir renfermer tous les Quadrupèdes vivipares, excepté les Dactylophores (V. ce mot) et les Cétacés, dont cet auteur ne dit pas ce qu'il faut faire. (b.)

TETRAPOGON. BOT. PHAN. 'Genre de la famille des Graminées et de la Polygamie Monœcie, L., établi par Desfonlaines (Flor, Atlanta vol. a, p. 389, tab. a55) qui l'a ainsi caractérisé: fleurs en épi, ses* siles, disposées sur quatre rangées; lépicène triflore, à deux valves membraneuses, oblongues, inégales, mutiques. Deux fleurs latérales hermaphrodites ayant leurs glurnes à deux valves, l'extérieure en carène, velue, tronquée, aristée; l'intérieure plus petite, membraneuse, mutique; trois étamines; deux styles barbus. La fleur centrale est pédicellée, plus petite, stérile, ayant la glume à deux valves tronquées, presque égales et toutes les deux aristées. Ce genre a été réuni au Chloris par PaUsot de Beauvois, quoique le port de l'espèce qui le constitue (Tetrapogon villosum) s'éloigne de ce dernier genre. Cette petite Graminée croît dans les sables près de Cafca.(g..n.)

TÉTRAPTÈRES. Tetraptera. INS.

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Division générale des Insectes, composée de ceux qui ont quatre ailes membraneuses; tantôt elles sont dues, comme dans les Névroptères et les Hyménoptères, tantôt elles sont couvertes d'une poussière farineuse, comme dans les Lépidoptères. V. ces mots. (LAT.)

TETRAPTERIS. BOT. PHAN. Genre de la famille des Malpighiacées et de la Décandrie Trigynie, L., établi par Cavanilles, et adopté par Kunth et De Candolle avec les caractères suivans: calice persistant, divisé profondément en cinq folioles chargées extérieurement de glandes; corolle à cinq pétales onguiculés, orbiculés, rémformes; dix étamines à filets soudés par la base; trois ovaires soudés, surmontés d'autant de styles et de stigmates aigus; trois samares fixées à un axe central, munies sur le dos de crêtes membraneuses, subulées ou filiformes, et bordées d'ailes dont les deux inférieures sont plus petites. Ce genre ne diffère que par ces derniers caractères du Triopteris dont il est un démembrement. Il renferme sept espèces originaires de l'Amérique méridionale et des Antilles. Ce sont des Arbris-seaux volubiles, à feuilles opposées, portées sur des pétioles non glanduleux. Les fleurs sont jaunes, disposées en ombelles ou en panicules axillaires et terminales. Nous citerons comme principales espèces les Tetrapiteris acutifolia, buxifolia, et mucronata, Cav., Diss. 9, p. 453, tab. 361 et 262. Elles croissent à la Guiane et à Saint-Domingue.

Le nom de Tetropteris a été employé par Pluknet et d'autres botanistes anciens, pour désigner une espèce de Tetragonia. (G.N.)

TÉTRAPTURE. POIS. Sous ce nom Rafinesque-Schmalz a établi un genre de Poissons osseux Thoraciques ne renfermant qu'une espèce nommée Tetrapterus bellone, qui fréquente les mers de la Sicile, et qui est très-voisin du genre Isliophore de Lacépède dont il diffèrepar ses catopes à un seul rayon.(LESS.)

TÉTRARHYNQUE. Telrarhynchus. INTEST. Genre de l'ordre des Cestoïdes ayant pour caractères: corps aplati, non articulé; tête munie de deux fossettes bipartites, et de quatre trompes rétractiles garnies de crochets. Les espèces de ce genre ont, par la structure de leur tête et la forme de leur corps, beaucoup de ressemblance avec les Floriceps; ils n'en diffèrent essentiellement que par I'absence d'une vésicule caudale; de plus ils ne sont jamais contenus dans une enveloppe particulière, mais libres au milieu des chairs. Pour rendre plus intelligible ce que nous dirons ici des Tétrarhynques, et pour ne pas grossir cet article de détails inutiles, nous renvoyons au mot FLORICEPS, où l'on pourra prendre une idée de la tête et de ses accessoires. Nous ajouterons que les fossettes des Tétrarhynques sont en général plus grandes, divisées en deux parties par une lame longitudinale ou striées dans le même sens; les trompes sont beaucoup plus fortes; le corps est plus court, plus opaque, et terminé par une sorte d'appendice ou de queue très - mobile. Les mouvemens aes Tétrarhynques sont beaucoup plus vifs que ceux des Floriceps; leurs trompes sortent et rentrent avec une grande rapidité; leur queue est toujours en mouvement. Rudolphi fait observer que pour bien connaître ces êtres, il faut les avoir vus vivans. On n'a pu leur découvrir d'organes génitaux ni d'œufs. Ils se rencontrent rarement dans les voies digestives; c'est au milieu des viscères et des muscles qu'ils habitent. Jusqu'ici on ne les a trouvés que dans quelques Poissons et Mollusques céphalopodes.

Rudolphi a décrit dix espèces de Tétrarhynques dans son Synopsis: les Tetrarhynchus megacephalus, grossus, attenuatus, discophorus, tenuicollis, megabothrius, macrobothrius, appendiculalus, scolecinus, gracilis. (E. D. L.)

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TETRARRHENA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Graminées et de la Tétraadrie Digynie, L., établi par R. Brown (Prodr. Flor. Nov.- Holland., p. 210), et ainsi caractérisé: lépicèue uniflore, bivalve, plus petite que le périanthe; celui-ci sessile, double, l'un et l'autre bivalves, sans squammules extérieures, ni fais-ceaux de poils; deux écailles hypogynes, opposées, alternes avec les valvules du périanthe; quatre étamines; deux styles surmontés de stigmates plumeux. Ce genre est trèsremar quable entre les Graminées par le nombre anomal de ses étamines. Il ne se compose que de trois espèces indigènes de la Nouvelle Hollande, et dont l'une a été figurée par Labillardière (Nou.- Holt., vol. 1, pag. 90, tab. 117), sous le nom d'Ehrahta distichuphylla. Ces Plantes ont des tleurs disposées en épis ou eu grappes simples(G..N.)

TÉTRAS. Tetrao. OIS. Genre de l'ordre des Gallinacés. Caractères: bec court, fort, nu à sa base; mandibule supérieure voûtée, convexe et courbée depuis son origine; narines placées à sa base, à moitié fermées par une membrane voûtée, cachées par les plumes avancées du front; sourcils nus, garnis de papilles rouges; pieds robustes; tarse emplumé jusqu'aux doigts, et souvent jusqu'aux ongles; quatre doigts: trois eu avant, réunis jusqu'à la première articulation, et garnis d'aspérités sur les bords; un derrière; ailes courtes; première rémige moins longue que a deuxième; troisième et quatrième dépassant toutes les autres; seize ou dix-huit rectrices. Tout en respectant l'opinion des savans ornithologistes, qui ne veulent point admettre la réunion en un seul genre des Tétras proprement dits, des Gelinotes et des Lagopèdes, nous trouvons entre tous les membres de ce groupe une liaison tellement soutenue que, si nous étions dans la nécessite absolue de poser les limites génériques des trois divisions, nous reuconirerions vraisemblablement des obstacles impossibles à sut monter, Néanmoins, comme il y a dans leurs habitudes différentes nuauces, nous nous réservons de tracer avec la description de chacune des espèces principales l'esquisse particulière de ses mœurs. Ces espèces principales sont:

TÈTRAS AUERHAN, Tetrao urogallus, Gmel.; le grand Coq de Bruyère, Buff., pl. enl. 73 et 74. Parties supérieures d'un brun noirâtre, parsemé de petits points cendrés; tête et cou d'uu noir cendré; sourcils rouges; tectrices alaires brunes, variées de petits points et de zig-zags d'un noir foncé; rectrices noires, avec quelques petites taches blanches, disposées à quelque distance de leur extrémité; gorge ornée de plumes allongées, noires; poitrine à reflets verts; ventre et abdomen noirs, avec des taches blanches; croupion et flancs noirs, parsemés de zig zags cendrés; bec blanchâtre; pieds bruns. Taille, trente-quatre pouces. La femelle est d'un tiers plus petite; elle a tout le plumage tacheté de roux, de noir et de blanc; les plumes de la gorge d'un roux clair, celles de la poitrine d'un roux foncé, les rectrices rousses, rayées de noir, et le bec brun. Les jeunes mâles, avant leur première mue, ressemblent'aux femelles; après ilsont la poitrine d'un vert légèrement lustré, et les parties supérieures variées de beaucoup de cendré; sur les autres parties ou voit encore plus ou moins de plumes rousses, restes de la première parure. On trouve les grands Coqs ne bruyère en assez grand nombre en Livonie, en Russie, en Sibérie, et généralement daus toutes les parties septen-trionales de l'Asie; ils sont plus rares en Allemagne, en Hongrie, et surtout en France; ils habitent les forêts montagneuses plantées de sapins, et ne fréquentent jamais de leur propre gi é les plaines ni les bruyères, quoique leur nom semble indiquer qu'ils choisissent ces dernières pour leur résidence habituelle. Ils font 'leur nourriture de plusieurs espèces de

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fruits, de baies, de graines, el surtout de jeunes feuilles et de bourgeons. Ces Oiseaux commencent à ressentir les feux de l'amour vers le milieu du printemps, et ils s'y livrent avec tout le délire de la passion la plus vive. Le mâle relève les plumes de la tête, étale celles de la queue en forme de roue, laisse traîner celles des ailes, exprime par des contenances variées, et toutes plus extraordinaires les unes que les autres, l'ivresse dont il est animé; il voltige sans cesse du sol sur les arbres pour en descendre tout aussitôt et courir près de ses femelles; il les appelle par un cri très-fort qui commence et se termine par une explosion aiguË et perçabte; la femelle y répond par une espèce de rallement plus doux. A cette époque ces Oiseaux semblent avoir perdu leur défiance naturelle qu'ils portent à l'extrême; ils se laissent approcher assez pour être facilement ajustés par le chasseur; ils paraissent même ne faire aucunement attention au bruit du coup de fusil, tant est violente la passion qui les domine. Cette situation surnaturelle dure oldinairement six semaines; alors les femelles fécondées se séparent des mâles qui retournent à leurs habitudes solitaires et farouches; elles vont déposer à l'écart et sur le sol ou elles ont amassé quelques brins de mousses ou des feuilles sèches, quelquefois même simplement dans la poussière, de huit a seize œufs ovalaires, blancs, tachetés de jaunâtre. Elles les couvent avec assiduité, élèvent leurs poussins comme font nos poules domestiques, et les retiennent auprès d'elles jusqu'à l'époque de nouvelles amours.

TÉTRAS BIRKAN, Tetrao Tetrix, Lath.; Petit Coq de Bruyère à queue fourchue, Bufl., pl. enl. 179 et 173. Parties supérieures, tête, cou, croupion et poitrine noires, irisés de violet; sourcils rouges; tectrices alaires d'un noir mat, marquées d'une large bande blanche; rectrices noires; tectrices subcaudales blanches; bec noir; pieds bruns. Taille, vingt-deuxpouces; queue très-fourchue; les eux rectrices latérales, beaucoup plus longues que les autres, sont contournées en sens contraire. La femelle est moins grande d'un tiers; sa queue n'est presque pas fourchue; elle a tout le plumage brun, varié de lignes transversales rousses et noires; Les jeunes mâles, avant leur première mue, ressemblent aux femelles; après et suivant l'âge, ils offrent dans leur robe un mâlange qui tient plus ou moins de la livree des deux sexes. Le petit Coq de Bruyère, qui habite les mêmes lieux que le grand, est cependant moins rare dans nos contrées tempéfées. Ces Oiseaux se réunissent par troupes dans les forêts plantées de bouleaux, dont les jeuues pousses font leur nourriture favorite. Ils entrent en amour vers la fin de l'hiver et bien avant les grands Tétras; comme eux ils sont entièrement dominés par le besoin qui les tourmente, et déplus les maies se disputent les femelles avec un acharnement qui occasione souvent la perte de l'un des champions. Ces mâles, dans leur ravissement, et posés sur les branches des arbres, s'agitent en tout sens, appellent leurs femelles par un cri d'amour qui s'entend de tort loin et auquel on s'empresse de répondre. Les soins de l'incubation sont à peu près les mêmes: au bout de vingt-un jours il sort de huit ou douze œufs jaunâtres, tachetés de roux, autant de Poussins qui grandissent rapidement, mais qui ne se séparent qu'au bout de l'année. Aux approches de l'hiver toutes les petites troupes se rassemblent pour former des bandes nombreuses, et aller de concert à la re-cherche de la nonrriture, sous la neige qu'elles fouillent el soulèvent de manière qu'il en résulte des cavités très-dangereuses pour les chasseurs.

TÉTRAS GELINOTE, Tetrao bonasia, L., Buff., pl. enl. 474 et 475. Parties supérieures brunes, variées de taches rousses, noires et blanches; une bande blanche qui naît entre le bec

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et l'œil et descend de chaque côté de la gorge; petits sourcils rouges; scapulaires entourées d'une bande blancne; croupion cendié varié de zig-zags noirs; rémiges et rectrices nuancées dé même, avec une bande noire vers le bout des dernières qui sont en outre, à l'exception des intermédiaires, terminées de cendré; bas de la gorge noir; plumes de la nuque un peu allongées; parties inférieures noires, avec le milieu des plumes roux et le bord blanc; bec noirâtre; pieds bruns. Taille, treize pouces. La femelle est moins grande; elle n'a point de noir à la gorge; ses joues sont rousses; la poitrine est de la même couleur, mais tachetée de noir; la bande scapulaire blanche et jaune. On trouve quelquefois une variété qui a de larges taches, et souvent même des parties tout entières blanches. Sparman en a fait une espèce sous le nom de Tetrao canus. On trouve des Gelinotes dans toutes les grandes forêts montueuses de l'Europe. C'est un excellent gibier, très-recherché des chasseurs qui tendent à ces Oiseaux une foule de pièges où on les attire avec des appeaux qui imitent leurs sifflemens; ils y donnent avec d'autant plus de facilité, qu'ils sont d'un caractère peu défiant. Les Gelinotes se nourrissent de toutes les parties tendres des végétaux, mais surtout de baies et autres fruits succulens; les sexes se recherchent à la fin de l'automne, mais leurs amours ne sont ni aussi vives ni aussi tumultueuses que celles des Coqs de Bruyère; au printemps ils s'occupent de la préparation du nid, qu'ils établissent dans les broussailles au milieu des touffes desséchées de fougères; on y trouve ordinairement de douze à vingt œufs roussâtres, tachetés de brunâtre; très-peu de jours après leur naissance, les poussins se mettent à courir, et à chercher leur nourriture sous la conduite de la mère qui ne les quitte pour ainsi dire plus pendant tout Pété. Ces Oiseaux extrêmement timides courent et volent avec beaucoup d'agilité; ils s'accoutument très-diffici-lement à la captivité, et toutes les tentatives que l'on a faites pour en peupler les basse-cours ont été in-fructueuses.

TÉTRAS GELINOTE DE LA BAIE D'HUDSON, Tetrao canadensis, Lath., Buff., pl. enl. 131 et 132. Parties supérieures brunes, rayées de noirâtre et de cendré; rémiges noirâtres frangées de blanc; rectrices noires, terminées de roux; une double tache blanche derrière chaque aile; lorum noir; sourcils rouges; gorge et poitrine noires; le reste des parties in-férieures brun, avec des taches lunulaires noires; bec noir; pieds gris et velus. Taille, douze pouces. La femelle est plus petite, avec le bec brun; la gorge et la poitrine rousses, et généralement toutes les nuances plus claires. Dans tout le nord de l'Amérique.

TÉTRAS GELINOTE D'ÉCOSSE, Tetrao scoticus, Lath. Parties supérieures d'un brun marron, tacheté de noir; tête et cou d'un brun marron uniforme; un cercle de petites plumes blanches autour des yeux, et audessus un sourcil dentelé très-élevé, d'un rouge très-vif au temps des amours; une petite tache blanche à l'angle de la mandibule inférieure; rémiges et moyennes tectricçs hrunes; seize rectrices: les quatre intermédiaires d'un brun marron, rayées de noir, les autres noirâtres; téutes terminées de roux marron; parties inférieures brunes, variées de nombreux zig-zags noirs; bec petit et noirâtre, caché en partie par les plumes qui garnissent les narines; pieds et doigts entièrement couverts de poils gris. Taille, seize pouces. La femelle a les nuances moins pures et moins foncées; les zig-zags et les taches sont plus nombreuses sur tout son plumage; les sourcils routes sont beaucoup plus petits. Les jeunes offrent de grandes variations dans la robe qui est ordinairement d'un roussâtrc très-clair, tacheté et rayé irrégulièrement de noir. Cette espèce se trouve très-abondarament répandue dans le

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nord de l'Ecosse, beaucoup moins en Angleten e et en Irlande; elle se tient sur les montagnes les plus élevées au milieu des bouleaux qui les garnissent; elle y vit solilaire et ne se rapproche des vallées que pendant l'hiver; en aucune saison on ne la voit eu plaine. Elle établit son nid au milieu des broussailles sur le sol; la femelle y dépose de six à dix œufs d'un cendré rougeâtre, tacheté de rouge obscur. Sa nourriture cousiste en bourgeons, feuilles, baies, etc.

TÉTRAS GELINOTE A FRAISE, Tetrao tanbellus, Lath., Buff., pl. enl. 104. Parties supérieures variées de brun, de roux, de noir, de cendré et de blanchâtre; nuque ornée d'une huppe de plumes assez longues, brunes, rayées de noir et de loux, susceptibles de se relever; de chaque côté au bas du cou, une touffe de longues plumes d'un noir irisé en vert et recourbées inféiieurement; gorge et devant du cou d'un roux assez vif, tacheté de brun; poitrine noirâtre; le reste des parties inférieures d'un, brun foncé, rayé de roussâtre et de noir; rectrices cendrées, variées de noir et de brun, avec une large bande noire; bec noirâtre; pieds garnis en devant de plumes cendrées qui descendent jusqu'à la moitié du tarse. Taille, dix-sept pouces. De l'Amérique septentrionale. La femelle et le jeune ont la huppe et les bouquets de plumes, au bas du cou, bien moins prononcés que chez le mâle adulte; généralement toutes les nuances noires inclinent au brun.

TÉTRAS GELINOTE DES INDES. V. GANGA A QUATRE BANDES.

TÉTRAS GELINOTE DES SABLES. V. GANGA A DES SABLES.

TÉTRAS GELINOTE DU SÉNÉGAL. V. GANGA A NAMAQUOIS.

TETRAS-LAGOPEDE PTARMIGAN, Tetrao lagopus, L.; Tetrao alpinus, Nils.;

Tetrao rupestris, Gmel.; Attagas blanc, Buff., pl. enl. 129 et 494. Plumage blanc; une bande noire qui part de l'angle du bec et traverse lœil; sourcils rouges, terminés par une petite membrane dentée; rectices latérales noires, terminées de blanc; queue composée de dix-huit rectrices; bec faible, comprimé vers la pointe et noir; pieds et doigts couverts de plumes laineuses blanches; ougles crochus subulés et noirs. Taille, quatorze pouces. La femelle n'a point de bandes noires sur lesyeux. En plumage d'été, le mâle a les parties supérieures d'un cendré roux, varié ne nombieux zig-zags noirs; les yeux traversés par une bande noire; la gorge blauche, tachetée de noir; la poitrine et les flancs variés de noir, de roux et de blanchâtre; le ventre, l'abdomen, les tectrices subcaudales, les ailes et les pieds entièrement blancs. La femelle a les parties supérieures assez régulièrement rayées de roux et de noir; comme dans le plumage d'été, elle est privée de la bande oculaire noire; le milieu du ventre, les ailes et les pieds sont blancs. Le jeune est finemeut rayé de roux, de cendré et de noir. Au printemps comme en au-tomne le plumage des adultes est presque toujours varié d'uu nombre plus ou moins grand de plumes blanches. Le Lagopède Ptarmigan habite les régions montagneuses et élevées de l'Europe et de l'Amérique. On le trouve en grand nombre en Suisse et dans les Alpes; il s'y nour-rit de jeunes plantes, de bourgeons, de fruits et de graines; il construit son nid au milieu de la mousse; la ponte est de dix à quinze œufs d'un jaune rougeâtre, tacneté de noirâtre. Quoique cet Oiseau paraisse peu sensible au froid, on le voit néanmoins pendant l'biver quitter le sommet des montagnes pour venir s'abriter dans les vallées: il s'y rend par troupes assez nombreuses. Son vol est bas, incertain et peu prolongé. La vie sauvage lui doune un air stupide; du reste il faut encore user d'adresse pour l'approcher à la portée du fusil; aussi les chasseurs qui recherchent ce gibier sont-ils souvent plus heureux dans les pièges qu'ils lui tendent.(DR..Z.)

TETRASPORA. BOT. CRYPT. (Ulva

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cées.)Nom donné par Link à un genre formé aux dépens des Ulves, qui a été admis par Agardb. Il comprend des espèces à membrane tubuleuse gélatineuse, et dans lesquelles on a observe que les sporules sont groupées quatre par quatre. Telles sont les Ulva lubrica, gelatinosa et cylinadrica. Ces Plantes croissent dans les eaux douces stagnantes. V. ULVE.(AD. B.)

TETRATHECA. BOT. PHAN. Genre de l'Octandrie Monogynie, L., établi par Smith (Nov.-Holl., 1, tab. a), placé d'abord dans la famille des Polygalées, puis réuni par R. Brown à sa petite famille des Trémandrées. Il est essentiellement caractérisé par un calice persistant à quatre sépales presque égaux; une corolle à quatre pétales; quatre étamines à anthères quadriloculaires; un ovaire ovoïde surmonté d'un style; une capsule biloculaire, bivalve, renfermant une à deux graines dans chaque loge. Cinq espèces, originaires de la Nouvelle-Hollande et de la Terre de Van-Dié-men, constituent ce genre. Ce sont de petits Arbrisseaux qui ont le port de certaines Bruyères, à tiges droites, nombreuses, grêles, à feuilles alternes, épaisses ou rapprochées en verticilles, quel que toi s chargées de poils glanduleux. Dans certaines espèces, les pétales sont d'un rouge foncé. Outre les Plantes décrites et figurées par Smith (loc. cit., et Exot. BOT., tab. 90 et 22) sous les noms de Tetratheca juncea, ericifolia et thymifolia, deux espèces ont été publiées par Labillardière (Nov.-Holl. Spec., tab. 122 et 125) sous les noms de T. pilota et glandulosa. (G..N.)

TÉTRATOME. Tetratoma. INS. Genre de Coléoptères, famille des Taxicornes, tribu des Diapériales, distingué des autres de cette division par les caractères suivans: antennes insérées à nu, terminées en une grosse massue ovalaire, formée par les quatre derniers articles. Corps ovoïde. Dernier article des palpes maxillaires plus grand que le précédent, presqueen forme de triangle renversé. Jambes sans épines; tous les articles des tarses entiers. Ce genre se compose d'un petit nombre d'espèces que l'on trouve dans les Champignons et toutes de petite taille. Le TETRATOME DES CHAMPIGNONS, Tetr. Fungorum, Fab., est fauve, avec la massue des antennes et la tête, la bouche exceptée, noires. Les élytres sont d'un noir bleuâtre et vaguement pointillées. — Le TÉTRATOME DE DESMAREST, Tétr; Desmarestii, dont la découverte est due à l'un de nos zoologistes les plus distingués, est d'un vert cuivreux en dessus. Les premiers articles des antennes, la poitrine et les pâtes sont fauves. Cette seconde espèce, trouvée aux environs de Paris dans le mois de décembre, est extrêmement rare. (LAT.)

* TETRAZYGIA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Mélastomacées, établi par Richard père dans son herbier et publié par De Candolle (Prodr. Sysf. Veget., 3, pag. 172) avec les caractères suivans: calice ayant le tube urcéolé, le limbe débordant l'ovaire, persistant et à quatre dents courtes; corolle à quatre pétales obovales; quatre à huit étamines égales, à anthères linéaires, obtuses à la base, munies d'un pore au sommet; ovaire glabre, portant un style grêle et un stigmate punctiforme; baie capsula ire à quatre loges renfermant un nombre considérable de graines anguleuses, cunéiformes, luisantes, marquées d'un hile linéaire. Ce genre sc compose d'Arbrisseaux indigènes des Antilles, à feuilles ovales ou oblongues, trinervées, discolores, blanchâtres, rougeâtres ou couvertes d'une poussière écailleuse en dessous, à fleurs blanches disposées en panicules ou en corymbes. Les especes sont au nombre de cinq, distribuées en deux sections. La première, sous le nom de Tetrastemon, est caractérisée par ses quatre étamines, et ne contient que le Tetrazygia tetrandra, D. C., ou Melastoma tetrandra de Swartz-

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Là seconde, nommée Octoslemon, à cause de ses huit étamines, contient quatre espèces, savoir: I° T. discolor ou Melastoma discolor, L., Jacq., Amer., tab. 84; 2° T. elœagnoides ou M. elœagnoides, Swartz, Vahl, Icon. Pl. Amer., 2, tab. 28: 3° T. angustifolia ou M. angustifolia, Sw., Vahl, loc. cit., 3, tab. 96; 4° T. crotonifolia ou M. crotonifolia de l'Encyclopédie. (G..N.)

TÉTRIX. Tetrix. INS. Genre d'Orthoptères, de la famille des Sauteurs, tribu des Acridiens. Deux divisions de celui de Gryllus de Linné, la seconde (Bulla) et la cinquième (Locusta), composent dans la méthode de Geoffroy le genre Acrydium, dénomination presque identique avec celle d'Acrida, donnée par le précédent au genre Truxalis de Fabricius. Celui-ci en forma un nouveau avec certaines espèces de Criquets (lesdeux dernières de Geoffroy et quelques autres), remarquables par le prolongement postérieur et scutelliforme du corselet. Ce furent ses Acrydium; il comprit les autres espèces dans le genre Gryllus. Ne voulant pas l'imiter dans ce bouleversement de noms, et adoptaut cependant les deux coupes génériques, nous avons appelé Tetrix la première, ou celle d'Acrydium de ce savant. Des antennes filiformes n'ayant que treize à quatorze articles, présternum recevant dans une cavité une grande partie de dessous de la téte, lèvre quadrifide, tarses n'offrant point entre les crochets de pelotte, corselet prolongé postérieurement en forme de grand écusson, élytres très-petites, en forme d'écailles (1): tel est le signalement de ce genre, qui se compose d'une vingtaine aespèces, toutes petites, répandues dans les deux mondes, et dont la synonymie a été en partie débrouillée par Lepelletier et Serville, dans l'Encyclopédie méthodique, à l'article

Tétrix; ainsi que par un travail qu'ils n'ont point connu, celui de Zetters-tedt sur les Orthoptères de la Suède, et reproduit dans sa Faune des Insectes de Laponie. 11 divise ce genre en deux sections, selon que le corps est étroit, allongé, ou simplement oblong, et que le prolongement postérieur du corselet dépasse l'abdomen, ou qu'il est de sa longueur, pointu, et s'incline un peu, au lieu d être ascendant. Les espèces de cette seconde section aiment les lieux arides et paraissent en été; celles de la première fréquentent les terrains humides el sont printanières. Il a suivi, à cet égard, la nomenclature de Fabricius. Son A. subulatum, ou notre Tétrix subulé. est selon lui d'un brun roussi tre obscur, avec les jambes pâles, tachetées de noirâtre. Il appartient â la première division. Consultez, quant à ses variétés et â d'autres espèces, les ouvrages précités. (LAT.)

TÉTRODON. Telraodon. POIS. Genre créé par Linné pour des Poissons de l'ordre des Osseux Plectognates, et de la famille ries Gymnodontes de la méthode de Cuvier. Voisins des Diodons ou Boursouflés, et des Môles ou Poissons-Lunes, les Tétrodons ont leurs mâchoires divisées dans leur milieu par une suture, ce qui donne à leurs maxillaires l'apparence d'avoir quatre dents, ainsi que l'indique leur nom générique. Leur peau est dure, coriace et revêtue d'épines nombreuses et acérées. Leur chair est parfois vénéneuse. Lorsque ces Poissons nagent, leur corps est oblong et sans dilatation; mais lorsqu'ils sont inquiétés, ils remplissent toute leur cavité abdominale d'air, ce qui distend outre mesure cette partie; ils poussent aussi un petit grognement qu'on entend d'assez loin; dans cette position ils se renversent et présentent à leurs ennemis les épines qui les recouvrent, et dont les pointes se trouvent ainsi dressées. Ces Poissons appartiennent aux mers des régions chaudes, et ne sont nulle part plus communs que sur les rivages d'Afri-

(1) Les organes sexuels, comparés avec ceux des Criquets, présentent aussi des différences.

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que, dans la mer Rouge et principalement sur les côtes d'Egypte. Le type du genre est le Fahaca des Arabes (Tetraodon lineatus, L.) décrit par Geoffroy Saint-Hilaire dans le grand ouvrage de la Commission d'Egypte, et figuré pl. 1, fig. 1. Ce Poisson, très-anciennement connu par les Grecs, est parfois jeté en grande abondance sur les rivages d'Egypte lors des inondations du Nil, et sert de jouet aux enfans. Il a le dos et les flancs rayés de brun, zig-za-gués de blanchâtre. Paterson a décrit, dans le soixante-sixième volume des Transactions philosophiques, une espèce qui jouit de propriétés élec-triques, et qu'il nomme à cause de cela, Teiraodon electricus. On con naît une nombreuse suite d'espèces toutes propres aux mers chaudes des contrées intertropicales, et parmi lesquelles, il est vrai, existent encore quelques doubles emplois, (LESS.)

* TETRODUS. BOT. PHAN. H. Cassini (Dict. des Scienc. nat., vol. Lv, p. 272) a proposé sous ce nom un genre ou sous-genre de Helenium, qui aurait pour type Y H. quadridentatum de Labillardière, et qui serait caractérisé par les corolles au centre à quatre divisions, à quatre étamines, par son réceptacle cylindracé, et par les squammules de l'aigrette non aristées, mais obtuses, coriaces et très-entières.(G..N.)

TETRONCIUM. BOT. PHAN. Willdenow a donné ce nom à un genre qui ne diffère du Triglochin que par le nombre quaternaire des parties de sa fleur. V. TRIGLOCHIN. (G..N.)

TETRORAS. POIS. Genre établipar Rafinesque pour une espèce de Poisson très-voisin des Carcàarias. (B.)

TETTIGOMÈTRE. Tettigometra. INS. Genre d'Hémiptères, section des Homoptères, famille des Cicadaires, tribu des Fulgorelles, dont les antennes plus courtes que la téte sont insérées dans une fossette transver sale, au-dessous des yeux, composées de trois articles, dont le piemierfort court, le second allongé, cylindrico-ovoïde, et le troisième très-petit, en forme de tubercule portant uue soie, et inséré à l'extrémité latérale et supérieure du précédent. La tête est en forme de triangle curviligne, presaue lunulée, terminée en pointe en devant, aplatie et unie, tant en dessus qu'en dessous, avec les yeux triangu-laires, et point saillans au-delà des bords latéraux. Les yeux lisses sont imperceptibles; le corps est ovoïde. On voit a la base des élytres, une écaille assez grande et de leur consistance. Les pâtes sont comprimées; l'extrémité des jambes postérieures et celle du premier article de leurs tarses sont couronnées de petites épines. On n'en connaît qu'un petit nombre d'espèces. Nous citerons la T. dorsale (dorsalis) qui est d'un vert un peu jaunâtre, avec les pâtes et une tache près de la base de la suture, rouges. On la trouve à Paris, et en Anjou, d'où elle a été rapportée par Carcel. V. pour d'autres espèces l'Encyclopédie méthodique. (LAT.)

TETTIGONE. Tettigunia. INS. Sous cette dénomination aéiïvant du grec, Fabricius a désigné uu genre d'Hémiptères, composé de ces insectes que les Latins appelèrent, au singulier, Cicada, et qui sont les Cigales de la France méridionale. Ce

§enre embrasse la troisième division e celui de Cicada de Linné, ses Manniferœ non saltantes. Geoffroy avait pensé que, dans la supposition que l'on distinguât génériquement les Cigales de Provence, ou les grandes espèces, et qui sont pourvues de trois yeux lisses, des petites espèces, où ces organes ne sont qu'au nombre de deux, l'on pourrait conserver aux premières le nom de Cigale, Cicada, et appeler les dernières des Procigales, Tettigonia. Cette opinion a été adoptée par les entomologistes français; mais comme les Procigales forment une division considérable, subdivisée en plusieurs genres, cette division est

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devenue une tribu, celle des Cicadelles, et la dénomination de Tetti-gonia a été restreinte à l'une de ces coupes. Le genre Tettigone, d'après l'exposition méthodique de la tribu des Cicadelles, proposée par Lepel-letier et Serville dans l'Encyclopédie méthodique, fait partie de la troisième division de cette tribu, celle des Tettigonides (V. cet article). Il paraît qu il s'éloignerait de ceux de Scaris, de Pentbiraie et de Proconie, de Ta même division, par les caractères suivans: corps linéaire, tête transversale, un peu moins longue que le prothorax, aussi large que lui, écnancrée circulairement dans toute sa largeur postérieure, avec le bord antérieur épais et arrondi. Ils en décrivent deux espèces qui leur ont paru inédites, en citent plusieurs autres exotiques, rangées par Fabricius dans son genre Cicada, et à l'é-gard des indigènes ne mentionnent que celle qu'il nomme viridis, ou la Cigale verte à tête panachée, de Geoffroy. Elle est longue de près de trois lignes, verte, avec la tête, les pâtes et des bandes jaunâtres sur le ventre. Le dessus de la tête et l'écusson ont deux points noirs. Cette espèce est aussi pour nous une Tettigone, (LAT.)

* TETTIGONIDES. Tettigonides. INS. Division de la tribu des Cicadelles, famille des Cicadaires, ordre des Hémiptères, établie dans l'Encyclopédie méthodique par Lepellelier et Serville, et qu'ils distinguent des deux autres divisions de la même tribu, les Ulopides et les Cercopides, par les caractères suivans: jambes postérieures triangulaires; leurs angles garnis dans toute leur longueur a épines fines, ordinairement fort nombreuses.

Les unes ont les ocelles ou yeux lisses placés sur le milieu de la partie supérieure de la tête.Ici le bord antérieur de la tête est arrondi et épais.

Gènres: SCARIS, PENTHIMIE, TETTIGONE, PROCONIE.

Là ce bord est mince, presque tranchant.

Genre: EUPÉLIX.

D'autres ont les ocelles placés sur la ligne aui sépare la partie supérieure de la tête de l'inférieure.

Genre EvACANTHE.

Enfin ces ocelles peuvent être situés sur le milieu de la partie antérieure de la tête.

Genre: IASSUS. (LAT.)

TETYRE. Tetyra. INS. Genre d'liémiptères de Fahficius, le même que celui de Scirtellère établi avant lui, par Lamaick. V. SCUTELLÉRE(LAT.)

TEUCRIUM. BOT. PHAN. V. GERMANDRÉE.

TEUTHLACO. BEPT. OPH. Nom mexicain de divers Serpens etjnlus spécialement du Durissus. V. CROTALE.(IS. G. ST.-H.)

TEXON, TEXUGO. MAM. On nomme ainsi le Blaireau dans quel-ques parties de l'Europe méridionale, (IS. G. ST.-H)

TEXTULAIRE. Textularia. MOLL. Genre de Coquilles microscopiques proposé par Defrance dans le Dictionnaire des sciences naturelles et caractérisé par Blainville dans le Traité de Malacologie. Formé d'abord pour une seule espèce, D'Orbignv l'adopta dans son tameau des Céphalopodes et en ajouta vingl à la première; il rectifia aussi le genre en lui donnant des caractères plus complets, car Défiance n'avait point aperçu l'ouverture. C'est dans la famille des Enallostègues à côté des Bigénérines, que D'Orbigny a placé ce genre. On ne peut contester que ce genre Bigénérine n'ait avec celui-ci beaucoup d'analogie; il ne diffère que par la position de l'ouverture et en ce que les Bigénérines, après avoir commence par deux rangs de loges qui alternent entre elles, se terminent par une seule se'rie comme dans les Nodosaires, tandis que les Textulaires, quel que

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soit leur âge, ont toujours deux rangs de loges. Le genre Textulaire devra donc être consacré, et il restera bien probablement dans les rapports indiqués par D'Orbigny. On pourra le ca-ractériser de cette inauière: coquille allongée, conique, rarement déprimée, formée de deux rangées de loges alternantes, de manière à former par leur jonction une ligne médiane ou raphé, angulo-sinueuse, étendue de chaque côté de la base au sommet; ouverture en demi-lune, au côté interne de chaque loge.

Quoique ce genre comprenne déjà vingt-sept espèces, le plus grand nombre n'étant indiqué que nominativement, il nous est impossible d'en déterminer beaucoup. Nous indiquerons les suivantes pour servir d'exemple du genre.

TEXTULAIRE SAGITTULE, Textularia sagitiula, Defr., Dict. sc. nat., Atlas, pl. de Foss. fig. 6; ibid., Blainv., Malac., pl. 5, ng. 6; ibid., D'Orbig., Céphal., Ann. des sc. nat. T. VII, p. 263, n. 20; Soldani, T. Il, tab. 133, fig. T. Elle est fossile à Castel-Arquato, et son analogue vivant existe dans la Méditerranée.

TEXTULAIRE BOSSUE, Textularia Gibbosa, D'Orb., loc. cit., n. 6, et Modèles, 2 livrais., n. 28; Soldani, T. II, tab. 132, fig. I, K. Elle se trouve comme la précédente vivante et fossile dans les mêmes lieux.

TEXTULAIRE ACICULÉE, Textularia aciculata, D'Orb., loc. cit., n. 15, pl. II, fig. 1, 2, 3, 4. Coquille très-aiguË, très-étroite; de l'Adriatique. (D..H.)

TEYU-GUAÇU. REPT. SAUR. (Marcgraff.) Nom de pays d'un Tu-pinambis d'Amérique. V. TUPINAMBIS.(IS.G.ST.-H.)

TEZER-DEA. MAM. On nomme ainsi en Barbarie l'Ichneumon Pharaonis. V. CTVETTE. (IS. G. ST.-H.)

THAIS. Thais. Fabr.; Zerinthia, Ochs. INS. Genre de Lépidoptères de la famille des Diurnes, tribu des Papillonides, division de ceux dont tous les pieds sont ambulatoires, etdont la chrysalide est attachée non-seulement par son extrémité postérieure, mais encore par un lien de soie fixé de chaque coté sur le corps où elle repose, et formant au-dessus d'elle une boucle ou un demi-an-neau transversal (1). Ainsi que les Pa-pillons proprement dits ou les Equités de Linné, et les Parnassiens, les Thaïs out le bord interne des ailes concave, et non susceptible d'embrasser l'abdomen par dessous et de lui former une gouttière propre à le recevoir. Mais les chenilles sont dépourvues de ce tenlaçule fourchu ou en forme de corne, que celles des Insectes des deux genres précédens peuvent faire sortir de la partie supérieure du cou et y faire rentrer. Ces chenilles, à en juger du moins par celle du T. hrpsipile, ont sur le dos une rangée d'épines charnues. Les femelles n'ont point à l'extrémité postérieure de l'abdomen cette espèce de poche cornée qui caractérise celles des Parnassiens. Les Thaïs ressemblent d'ailleurs, sous tous les autres rapports, à ces derniers Papillonides. Les palpes labiaux, ou ceux qui sont appareus, offrent aussi trois articles distincts, sont grêles, très-velus, et vont en pointe; les antennes sont pareillement courtes et terminées en noutou; mais cette massue est plus allongée et un peu courbe(2). Tous ces Papillonides sont pareillement propres à quelques contrées occidentales e l'hémisphère septentrional del'ancien monde; mais les espèces du

(1) Suivant Godart, la chrysalide des Thaïs est attachée par les deux bouts et terminée antérieurement par deux petites pointes, armées de crochets.

(2) La comparaison de ces parties avec les mêmes des Piérides et d'autres caractères nous annoncent que, dana une série naturelle, il faut passer des Papillons aux Parnassiens, de ceuxci aux Thaïs et de là aux Piérides el aux Coliades. Bois-Duval, en plaçant les Thaïs immé-diatement après les Papillons, afin de lier les Parnassiens avec les Piérides au moyen de l'espèce de ce dernier genre, nommée Cratagi, nous paraît avoir sacrifié l'ensemble des raports à quelques considérations isolées et de peu d'importance.

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genre Parnassien sont toutes alpines, et ne peuvent se montrer que lorsque les chaleurs ont fondu la neige qui recouvrait les localités qu'elles nabitent. Les Thaïs, au contraire, sont confinées aux extrémités méridionales de la zône tempérée, ne se trouvent même en général que dans les contrées qui circonscrivent le bassin de la Méditerranée, ou dans quelques îles de cette mer, et sont pour la plupart très-printanières. On ne connaît encore que quatre espèces de Thaïs; mais, dapres uue communication que nous a faite Bois-Duval, il en existerait une autre, figurée dans l'ouvrage de Drury sur les Insectes de la Chine, se rapprochant du T. Cerisy, et dont on aurait négligé de faire mention. Ce savant lépidoptéro-logue rapporte au T. rumina, comme simple variété, le Thaïs médésicaste.

De ces quatre espèces, l'une, par la transparence de ses ailes et dont les inférieures parfaitement arrondies et sans dents au bord postérieur, se rapproche davantage des Parnassiens (1). Tel est le THAÏS APOLLINE, Thaïs apollina et Pythias, Esp.; Thia, Hübner. Les ailes sont presque transparentes, d'un blanc jaunâtre, plus vif et plus pur sur les inférieures, particulièrement dans le mâle, avec le limbe postérieur noirâtre; celui des inférieures offre une rangée de taches oculaires noires, ayant unS oint bleu au milieu, et surmontées 'un petit croissant rouge, bordé de noir. Les supérieures ont près de la côte et vers le milieu deux grandes taches noires; cette côte, ainsi qu'une grande partie de la surface, est cou-pée par de petits traits de cette couleur ou noirâtres; entre ces taches et le bord postérieur est une bande transverse de la même couleur, bordée de chaque côté de blanc jaunâtre; la bordure extérieure est plus étroite et ne forme qu'une raie; 1 autre bordure, ou l'interne et la plus large, offre dans la femelle, au côté interne, une rangée de petites taches rouges. Les. nervures, formant la cellule discoïdale et fermée des ailes inférieures, sont aussi en grande partie de cette couleur dans le même sexe. Le côté interne de ces ailes est, dans l'un et l'autre sexe, noir, de-puis la base jusaue près du milieu, De la Grèce et de la Syrie.

Les autres Thaïs ont les ailes plus farineuses, et les inférieures sont dentées au bord postérieur. Les unes et les autres sont toujours jaunes, avec des taches noires. Dans deux de ces espèces, aucune des dentelures des inférieures ne se prolonge manifestement en manière de queue. Dans l'une, le THAÏS HYPSIPTLB, Thais hypsipyle, Fabr.; T.polyxena, diar na, hypermnesira, selon d'autres; le bord postérieur des quatre ailes offre sur les deux faces une ligne jaune, bordée de noir, très-anguleuse, formant une rangée de dents aiguËs; la tache noire de la cellule discoïdale des ailes inférieures est divisée tant en dessus qu'en dessous; le dessus des supérieures n'a point de taches rouges, et celles des inférieures sont placées, du moins au côté supérieur, sur des taches noires, marquées d'un point bleu. La chenille, qui est d'un jaune citron, avec des lignes latérales fauves, entrecoupées de points noirs, et une rangée d'épines rougeâtres et charnues le long du dos, vit sur l'Aristoloche clématite. On trouve cette espèce en Piémont, dans la Hongrie et la Russie méridionale. Dans la suivante, le THAÏS RUMINA, Thais rumina, Fabr., et dont le T. medesicaste, propre à quelques départemens méridionaux de la France, n'est, comme nous l'avons dit, qu'une variété, a des taches rouges et plus grandes sur les deux faces des quatre ailes; le limbe postérieur du dessus des supérieures est noir, avec deux rangées transverses de taches jaunes; la tache noire de la cellule discoïdale des inférieures n'est point divisée en dessus, en manière de petites lignes, mais simplement échancrée ou près

(1) Nous soupçonnons que la chenille diffère sensiblement de celles des espèces suivantes.

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que en forme de cœur; la base des mêmes ailes présente, en outre, des deux côtés, des taches rouges. L'espèce proprement dite habite l'Espaque et le Portugal. Sa chenille vit sur Aristoloche rouge. Dans la dernière espèce enfin, le THAÏS CERISY, Thais Carisy, God., les ailes intérieures pn t des dents plus avancées, et présentent l'apparence de petites queues. Ces ailes ont postérieurement une rangée de six taches d'un rouge écarlate, lunulées ou en croissant; les supérieures ont des deux côtés sept bandes noires. Ce Thaïs a été pris, au mois de février, sur les montagnes élevées et arides d'Ourlac, archipel de la Méditerranée. Consultez pour ce genre, l'Histoire naturelle des Lépidoptères de France de Godard, l'article Papillon de l'Encyclopédie méthodique, Hübner, Ochsenhei-mer et Bois-Duval (Europ. Lepidopt. indêx Method.).(LAT.)

*THALAMIA. BOT. PHAN. (Sprengel.) Syn. de Podocarpus, V. ce mot.(G..N.)

THALAMIUM. BOT. CRYPT. (Lichens.) Ce mot qui signifie lit, habitacle, a été créé par Acharius pour nne sorte d'organe carpomorphe ou d'apothécie, presaue fermé, sphérique. niché dans la substance même au thalle, recouvert d'une enveloppe ou périthécium propre, dans lequel nichent les pores. Les Thalamium peuvent être en nombre plus ou moins considérable dans une même apothéde. Quelquefois il se termine par un pore, et quelquefois par un ostiole; tantôt il reste clos jusqu'à la fin de sa vie, et tantôt il est aéhiscent. Le mot Thalamium, employé par Acharius pour former les mots idiothalame, homothalame, etc., semble être alors synonyme du mot Appthécies uelle que soit la forme de celui-ci. Suivant cet auteur, les Lichens sont idiothalames quand leurs apothécies sont formés par une substance propre différente du thalle et discolore; cœsnothalames quand une partie du thalle seulement a concouru à leur formation; el homothalames quand ils sont formés en entier par cet organe. Acharius qualifie d'athalarnes es Lichens qui ne montrent point d'apothécie: le genre Lepra est seul dans ce cas. (A. F.)

THALAMULE. Thalamus, MOLL. Montfort, dans son Traité systématique de Conchyliologie, T. II, p. 322, a figuré un corps pétrifié qui a tous les caractères des Bélemnites, mais qui est arqué dans toute sa longueur. On s'est demandé si cette courbure était naturelle, et cela a semblé peu probable, lorsque, malgré les recherches de plusieurs personnes sur les Bélemnites, cette Coquille ne s'est pas retrouvée depuis lontfort. V. BÉLEMMITB. (D..H.)

* THALARCTOS. MAM. Sousgenre proposé par G ray parmi les Ours, et dont le type serait l'Ours polaire. V. Oums. (IS. G. ST.-H.)

THALASSÈME. Thalassema. ANNEL. Genre de l'ordre des Lom-bricines et de la famille des Echiures, établi car Cuvier et adopté par Savigny (Ouvrage d'Egypte, in-f*, pag. 100 et 101) qui lui donne pour caractères: bouche non rétractile située dans la cavité d'un ample tentacule plié longitudinalement et ouvert en dessous. Deux soies prismatiques et crochues sur leur extrémité antérieure du corps et des anneaux de soies plus petites à son extrémité postérieure. Ce genre, qui est jusqu'à présent le seul de la famille, présente quelques autres traits d'organisation extérieure que Savigny a éveloppés avec soin et qui avaient déjà été étudiés par Pallas. Leur corps est mou, cylindrique, obtus en arrière, aminci en avant, composé d'anneaux très-nombreux et très-serrés, et entourés chacun d'un cercle de papilles glanduleuses, plus saillantes vers l'extrémité postérieure qui se termine par un petit anus circulaire. Leur bouche est très-petite, exactement antérieure et renfermée dans la base d'un large et grand ten-

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tacule courbé en forme de cuilleton, ouvert par dessous. Les soies sont droites, plates, lisses, disposées sur deux rangs circulaires à l'extrémité postérieure du corps, et il existe deux soies plus fortes et crochues, rapprochées et situées sous son extrémité antérieure.

On ne connaît encore qu'une espèce, la THALASSÉME ORDINAIRE, Thalassema vulgaris, Sav., ou la Tàalastema Echiurus de Cuvier qui est la même espèce que le Lumbricus Echiurus de Pallas; Misc. Zool., p. 146, t. 11, fig. 1-6, et Spic. Zoo., fasc. 10, p. 3, t. 1, fig. 1-5). Elle habite les cotes de I'Océan et vit enfoncée dans le sable. (AUD.)

THALASSI A. BOT. PHAN. (Kœnig.) Même chose que Zostera. V. ce mot. (B.)

TIIALASSIDROME. Thalassidroma. OIS. Vigors a séparé du genre Pétrel toutes les espèces qui, outre les narines réunies en un seul tube à la surface du bec, ou laissant voir deux orifices distincts, préseutaient une queue carrée ou faiblement fourchue, un tarse très-long, etc., et en a formé uu genre nouveau qu'il carac-térise ainsi: bec assez court, atténué, très-comprimé. subitement recourbé à la pointe en dessus; ailes longues, aiguËs; première et troisième rémiges les plus courtes, la deuxième la plus longue.

Dans ce genre doivent être placés le Pétrel Leach, le Pétrel tempête et autres Pétrels-Hirondelles, ainsi dé-signés, dans une troisième sectiou du genre, par Temminclt qui, en l'établissant, avait prévu la dislocation opérée par Vigors. (DR..Z.)

THALASSINE. Thalassina. CRUST. Genre de Tordre des Décapodes, famille des Macroures, division des Homards (Astacini), que nous avons établi sur une espèce des mers orientales, remarquable par la forme étroite et comme noauleuse de son post-abdomen, ce qui a motivé la dénomination de Scorpionide (Scorpionides) que nous lui avons donnée. Elle a été figurée par Herbst (Caulex anomalus, LXII), et par î^each dans ses Mélanges de Zoologie. Les quatre pieds antérieurs se terminent par deux doigts, mais dont le fixe, ou celui qui est formé par le prolon-gement de l'angle de l'avant-dernier article, est plus court que le doigt mobile ou le pouce, ou n'a presque que l'apparence d'une forte dent. Les feuillets des nageoires latérales de l'extrémité postérieure de l'abdomen sont étroits, allongés et sans arêtes; le segment intermédiaire ou le dernier a la figure d'un triangle renversé. Ces derniers caractères servent à distinguer ce genre de celui de Gébie de Leach, confondu par Risso avec le précédent. (LAT.)

THALASSINE. ANNEL. V. THALASSÉME.

THALASSIOPH YTES. BOT. CRYPT. Ce nom a été employé par La mouroux pour désigner la classe de Plantes cryptogames, à laquelle appartiennent les Fucus et autres Plantes marines. Il en a été traité au mot HYDROPHVTES plus généralement usité. (A. R.)

THALICTRELLE. BOT. PHAN. A l'article ISOPYAUM, nous avions proposé sous le nom de Thalictrella un genre qui aurait eu pour type l'Iaopyrum thalictroides, L.; mais nous avons reconnu depuis que ce genre reposait sur des caractères iusumsans pour mériter d'être adopté, (A. R.)

THALICTROIDES. BOT. PHAN. Amman avait formé sous ce nom un genre qui fut nommé Cimicifuga par Linné, puis réuni à I'Actœa. V. ce mot et Cimicaire. (G..N.)

THALICTRON. BOT. PHAN. Nom francisé du genre Thalictrum ou Pigamon. V. PIGAMON.(A.R.)

THALICTRUM. BOT. PHAN. V. PIGAMON.

THALIDES. MOLL. Sous ce nom Savigny a établi le second ordre de-

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ses Ascidies; il le compose d'un seul genre que probablement il se proposait de démembrer de celui des Biphores (Salpa) auquel nous renvoyons. (d..h.)

THA LIE. REPT. OPH. Espèce du geure Couleuvre. V. ce mot. (B.)

THALIE. Thalia. MOLL. Browne, dans son Histoire naturelle de la Jamaïque, avait donné ce nom aux Animaux que depuis on nomma Biphores (Salpa). V. ce mot. (D..H.)

THALIE. Thalia. BOT. PHAN. Genre de la famille des Cannées et de la Monandrie Monogynie, présentant les caractères essentiels suivans: calice ou périanthe extérieur à trois divisions; corolle ou périanthe inté-rieur à cinq segmens réunis par la Hase en un tube irigone, trois extérieurs plus étroits; labelle du bectaire cuculliforme; anthère simple, ovoïde, portée sur un filament particulier; style déprimé; stigmate perforé et ringent; capsule biloculaire, renfermant une seule graine pourvue d'un albumen corné. Ce genre ne renferme qu'un très-petit nombre d'espèces, car on en a séparé les Thalia cannœfbrmis et dichotoma qui se rapportent au genre Phrynium. Le Thalia dealbata, Fraser; Rosc., in Linn. Trana. VIII, p. 340; BOT. Magaz., tab. 1690; est une Plante de la Caroline méridionale ou elle croît dans les lieux aquatiques. Ses feuilles sont grandes, ovales, réfléchies au sommet, marquées d'une forte nervure médiane et de nombreuses nervures latérales qui se dirigent vers le sommet. La tige ressemble au chaume des Roseaux, et porte au sommet un spatbe qui renferme des (leurs blanches et violettes, disposées en particules.

Le Thalia géniculata est une autre espèce fort remarquable, indigène de l'Amérique méridionale. Elle a été figurée anciennement par Plumier, Icon., 108, fig. 1. (G..N.)

THALLE. Thallus. BOT. CRYPT. On donne le nom de Thalle ou de Réceptacle universel, à ces expansions lépreuses ou farineuses, foliacées ou dendroïdes, sur lesquelles naissent les organes qui, dans les Lichens, ont teçu le nom d'apothécies, parce qu'ils renferment les gongyles, ou celui d'organes carpomorphes, parce qu'ils simulent des fruits sans en être réellement. Le Thalle est essentiellement formé de deux parties, l'une extérieure que l'on qualifie de Corticale, et l'autre intérieure que l'on qualifie de Médullaire. Ces deux parties sont souvent distinctes; on peut lea séparer dans les Usnées, en aonnaut une extension suffisante à leurs expansions. Tous les Lichens ont un Thalle; la présence de ce support est donc le caractère essentiel qui les fait reconnaître. Plus la nature semble ajouter aux proportions de cet organe, et plus elle semble simplifier les apothécies: les Verrucariées, par exemple, qui nont qu'un Thalle mince et délié, souvent à peine visible, ont des apothécies d'une structure fort compliquée, tandis que les Ramalines et les Usnées, qui semblent donner le dernier terme de l'accroissement du Thalle, en ont au contraire de fort simples; la molécule rudimentaii e du Thalle est globuleuse ou ovoïde. Nous dirons ailleurs quelle influence a cette légère modification de forme sur la disposition du Thalle dans les Lichens adultes. Ces molécules se reproduisent dans tous les sens, et le Lichen est alors crustacé dès sa naissance; quelquefois elles se reproduisent seulement vers deux points opposés, et alors l'origine est filamenteuse. Le Thalle se détruit vers le centre dans la plupart des Lichens adhérens à folioles soudées; de bas en haut dans plusieurs Lichens dendroïdes (Cenomyce). Vers la fin delà vie du Végétal, il perd ses propriétés hygrométriques et s'oxide, pour nous servir de l'expression de quelques lichénographes, et passe au louge-brun. Cette particularité a donné lieu à l'introduction d'un bon nombre d'espèces douteuses dans la

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plupart des ouvrages destinés à décrire ces Plantes curieuses. Le Thalle ne donne naissance à des apolhécies que dans les parties qui sont suffi-samment saturées de molécules organiques. Dans certains cas, on croirait que toutes sont destinées à recevoir des organes carpomorphes; si l'on examine attentivement le Thalle de certaines espèces de Lécanores, on le trouve quelquefois entièrement formé d'apothécies, soit déjà développées, soit à l'état rudimentaire. La bordure qui entoure certains Lichens est le point où siège le mouvement d'extension du Thalle; tous n'en montrent pas, mais il est une circonstance qui la développe: c'est lorsque deux Thalles se rencontrent et se gênent dans leur accroissement, la bordure est alors produite par un afflux de tissu cellulaire. Nous avons choisi le Thalle comme base secondaire de notre Système lichénogra-phique. Quelques autres croient à une possibilité de transmutation de la forme crustacée en forme foliacée; si cela arrive, les exemples sont trop peu uombreux pour qu'on puisse en déduire aucun principe de classification. Nous avons remarqué, et d'autres auteurs avant nous avaient fait la même observation, que le Thalle passait insensiblement de la forme crustacée à la forme dendroïde; mais en changeant ces formes, la nature amène d'autres modifications dans les organes essentiels. Nous aurions encore beaucoup d'autres choses à dire sur le Thalle; mais nous devons nous rappeler que des détails, intéressans peut-être dans un ouvrage spécial, seraient déplacés dans un ouvrage de la nature de celui-ci.(A. p.)

THALLITE. MIN. L'un des noms donnés en premier lieu à l'Epidote qui en a reçu bien d'autres, (AUD.)

THAMNASTÉRIE. Thamnasteria. POLYP. Genre de Polypiers établi par Lesauvage (Mém. de la Soc. d'Hist. nat. de Paris, T. I, part 11, p. 241, pl. 14) sur une espèce fossile trouvée aux environs deGaen, dans la couche calcaire nommée Coral-rag (variété du Calcaire à Polypiers). Il lui donne pour caractères: Polypier pierreux, rameuxi surface des rameaux couverte d'étoiles lamelleuses, sessiles, à lames linéaires arrondies. Il est rapporté à l'ordre des Madréporées et placé immédiatement avant le genre Porite. Lamouroux, qui a connu ce Polypier, n'a point adopté le genre Thamnastérie j il consiaère l'espèce sur laquelle il a été établi comme une Astrée qu'il a décrite sous le nom d'Astrea dendroidea dans l'Encyclopédie méthodique, p. 126. (E.D..L.)

* THAMNEA. BOT. PHAN. Genre de la Pentandrie Monogynie, L., établi en manuscrit par Solander, et communiqué par R. Brown à Adolphê Brongniart qui l'a compris dans a nouvelle famille des Bruniacées dont il a donné la monographie (Annales des Sciences naturelles, T. VIII, pag. 386). Voici les caractères qu'il lui attribue: calice dont le tube est court, adhérent intérieurement à l'ovaire, libre supérieurement, à segmens lancéolés, glabres, scarieux, imbriqués, du dou-ble plus long que le tube; corolle dont les pétales sont onguiculés, avant leur limbe ovoïde étalé, l'onglet large, bicarené; étamines incluses, à anthères oblongues, linéaires, à loges parallèles, adnées, déhis-centes par une fente longitudinale; disque plan, charnu. couvrant l'ovaire, ayant le bord élevé; ovaire infère, plan dans sa partie supérieure 9 uniloculaire, traversé dans son milieu par une colonne cenürale qui porte à son sommet épaissi environ dix ovules pendans et insérés circula irem en t sur une simple rangée; style simple, cylindrique, surmonté d un stigmate entier. Ce genre ne renferme qu'une seule espèce, Thamnea uniftora, Sol and. mss., qui croît au cap de Bonne-Espérance. C'est un sous-Arbrisseau à rameaux filiformes, dressés, fastigiés, garnis de feuilles petites, presque rhomboïda-

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les, cotutes, obtuses, carenées, appliquées en spirale contre les rameaux, les supérieures un peu plus longues et servant d'involucre aux (leurs qui sont solitaires, terminales et blanches.(G..N.)

THAMNIA. BOT. PHAN. (Patrik Browne.) Syn. de Latia. V. ce mot. (G..N.)

THAMNIDIUM. BOT. CRYPT. (MUcédinées). Ce genre, de la tribu des Mucorées, est caractérisé par ses filamens cloisonnés, droits, terminés par une vésicule arrondie, pleine de sporules, et portant intérieurement des filamens plus fins terminés par une très-petite vésicule ou par une seule spondie. Ces filamens inférieurs sont rameux et disposés en cime dans les vrais Thamnidium de Link; ils sont simples et vèrticillés dans le genre Thelacis de Martius qui paraît devoir être réuni au précédent. Ces petites Plantes croissent sur les matières en putréfaction. Martius a décrit et figuré quatre espèces du geure Thelactis observées par lui au Brésil sur les feuilles pourries. Ces petites moisissures sont aussi remarquables par leurs belles couleurs que par leurs formes élégantes. (AD. B.)

THAMNIUM. BOT. CRYPT. (Lichens.) Ventenat avait donné ce nom à la grande division du genre Lichen de Linné, qui renferme les Lichens fmticuleux (Cenomyce, Pychnothelia, Scyphophora, Stereocaulon et Dufourea des modernes). Fries a adopté ce nom de Thamnium (Arbrisseau en grec) pour désigner les principales divisions des genres Usnea et Evernia. (A. F.)

THAMNOCHORTUS. BOT. PHAN. R. Brown a indiqué sous ce nom (Prodr. Nov.-Holl., 1, p. 244) un genre de la famille des Restiacées qui se composerait des Restio scariosus et spicigerus de Thunb., et Restio dichotomus de Rottboel. Ce genre se distingue par son style simple; son fruit qui est une noix monosperme, environnée à sa base par les folioles calicinales dont les plus extéiieures et latérales offrent une carène en forme d'aile. (A. B.)

THAMNOMYCES. BOT. CRYPT. Ce genre, dont la place naturelle est très-douteuse, se rapproche surtout des Rhizomorpha par son aspect et la nature de son tissu, et des Sphœria par ses organes reproducteurs. Il présente une tige rameuse, à rameaux cylindriques, noirs, creux intérieurement, lormé de fibres longitudinales, serrées, et portant des péridiums arrondis, enfoncés en partie dans la substance des rameaux, s'ouvrant par un pore au sommet, et renfermant des sporidies rassemblées en masse. Le type de ce genre est une Plante qui croît sur les rochers au Brésil, et qui a été déciite par Ehrenherg (Hor. phys. Berol., p. 80, pl. 17, fig. 1); il a en outre rapporté ce genre quelques autres riantes dont le rapprochement est très-dou-teux. (AD. B.)

THAMNOPHILE. Thamnophilus. INS. Genre de la famille des Curculionides de

Schœnherr, division des Thamnophilides, auquel il rapporte comme synonymes le genre magdalis de Germar, ceux de Rhynodes de Dejean, et de Rhina d'Olivier, et dont les espèces sont des Rhinchœnus pour Fabncius. Nous avons exposé à 'article RHYNCHOPHORES les caractères de la division des Thamnophilides. Ceux maintement Qui distinguent les Thamnophiles des Lœmosaccus sont plus spécialement fondés sur la considération des antennes. Elles sont insérées au milieu du museau-trompe; le quatrième article et les trois suivans sont courts, pressés les uns contre les autres, en forme de coupe, et les plus éloignés insensiblement plus gros; le neuvième forme, avec les trois suivans et derniers, une massue oblongo-ovoïde et pointue. Nous ajouterons que le museau-trompe est arqué, et que le corps est allonge et cylindrique.

Schœnaerr partage ce genre en

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deux races. Dans la première le museau-trompe est une fois plus long que la tête, plus sensiblement arqué, et le corselet est bisinué au bord postérieur. Ici se placent le Rhynchœnus violaceus de Fabricius, les R. phlegmaticus, cerasi el slygius de Gylleuhal, et le Magdalis duplicata de Germar.

Dans la seconde race, type de l'ancien genre Edo de Germar, le museau-trompe est à peine plus long que la tête et presque droit. Le bord postérieur du corselet est presque droit, ou sans sinus bien prononcés.

Parmi les espèces de cette division, il en est où la massue des antennes est très-grande, sa longueur fait présenté la moitié de la longueur totale. Tel est le Rhynchœnus Rhina de Gyllenhal, ou la Rhine à antennes velues de notre Histoire générale des Insectes. Schœnherr en (ait un sous-genre qu'il nomme Panus. Le Rhynchène du Prunier (R. Pruni) de Fabricius, qui est d'un noir obscur, avec les antennes fauves, le corselet bituberculé, et les élytres marquées de stries crénelées, appartient à la division propre de cette race, distincte de la précédente par les proportions ordinaires de la massue des antennes. Sa larve, qui vit sur les feuilles du prunier, du cerisier, est, suivant Gyllenhal, gélatineuse et en forme de limace. Celle d'une espèce de Tenthrède se nourrit de même et présente les mêmes formes. Y auraitil eu à cet égard quelque méprise? ?(LAT.)

THAMNOPHILIDES. INS. Septième division de la famille des Curculionides de Schœnherr, ordre des Gonatocères, et qu'il signale ainsi: rostre allongé, cylindrique, fléchi; antennes arquées, en massue, de douze articles, insérées dans un petit canal, vers le milieu du rostre; tête point allongée derrière les yeux; pygidie (ou croupion) nu. Il compose cette division des genres Lœmosaccus et Thamnophilus. Ces Curculionides nont, selon nous, que des rapports bien éloignés avec ceux dout les antenues sont réellement droites, tels que les Attelabus de Linné et de Fabricius, et nous pensons qu'ils doivent faire partie de la division des Rhynchéniaes. V. ce que nous avons dit à cet égard daus le Tome xiv* de ce Dictionnaire, p. 599. (LAT.)

THAMNOPHILUS. OIS. Pour Tamnophilus. V. ce mot. (B.)

THAMNOPHORA. BOT. CRYPT. (Fucacées.) Agardh a établi ce genre qui a pour type le Fucus corallorhiza de Turner, et auquel il réunit avec doute les Fucus triangularis et Seaforthii du même auteur. Ce sont des Plantes d'uu port assez particulier, formées de rameaux filiformes, couverts de tubercules coniquesff semblables à de petites feuilles grasses, divisées souveut en plusieurs dents à leur extrémité et disposées sur deux ou trois rangs. Agardh caractérise ainsi la fructification de ce genres réceptacles filiformes, rameux comme de petits buissons; sporidies de deux sortes, les unes anguleuses, les autres en forme de disque. Les trois espèces de ce genre sont toutes des mers équatoriales ou australes. (AD. B.)

THANASIME. Thanasimus. INS. Genre de Coléoptères de la famille des Serricornes, division des Maia-codermes, tribu des Clairones, correspondant à celui de Clerus de Fabricius. Ainsi que dans nos Opiles ou les Notoxes de cet auteur, les antennes ne se terminent point en une massue aussi bien tranchée que dans plusieurs autres Insectes de cette tribu, ou vont presque eu grossissant; les palpes maxillaires sont filiformes, et le dernier article des labiaux est grand, en forme de hache, tandis que dans les Opiles les quatre palpes fiuissent de la sorte. Il paraît que les larves de ces Coléoptères vivent dans le bois, ou dévo-rent du moins celles de divers autres Insectes xylophages. L ' Attlelabus for-micarius de Linné, et le Clerus mulillarius de Fabricius, sont les espèces

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les plus connues du genre Thana-sime. La première est noire, avec le corselet et la base des élytres fauves; ces élytres offrent deux bandes trans-verses blanches. On en voit une de plus sur celles de la seconde espèce; leur base est d'ailleurs fauve, mais le corselet noir, ainsi que le corps. Celte espèce est en outre plus grande.(LAT.)

THANATOPHILE. Thanatophilus. INS. Nom donné par le docteur Leach à un genre formé aux dépens de celui de Bouclier (V. ce mot) ou Silpha, et qui comprend les espèces de cel ui ci dont les antennes sont distinctement peifolices à leur extrémité, et dont les élytres sont échancrées ou fortement sinuées postérieurement. C'e.st ce que l'on observe dans la Silpha sinuata de Fabricius et la Silpha dispar d'Illiger. (LAT.)

THANATOPHYTUM. BOT. CRYPT. (Lycoperdacées.) Nom donné par Nées d Lsenbeck au genre déjà décrit par De Catulolle sous celui de Rhizoctonia. V. ce mot. (AD. B.)

THAPSITI OU TAPITI. MAM. Même chose queTapeti. C'est le Lapin.(IS. G. ST.—H.)

THAPSIE. Thapsia. BOT. PHAN. Genre delà famille des Ombellifères et de la Pentandrie Digynie, L., offrant les caractères suivans: fleurs disposées en une ombelle dépourvue d'involucregénéral et composée d'une vingtaine de rayons ou ombellules courtes. Chaque tleur offre un calice entier à peine perceptible; une corolle à cinq pétales laucéolés, recourbés; cinq étamines à filets capil-laires de la longueur des pétales; un ovaire oblong, surmonté de deux styles courts, terminés par des stigmates obtus; un fruit composé de deux akènes oblongs, comprimés, convexes, striés dans leur partie extérieure, et munis chacun de deux ailes membraneuses, échancrées à leurs deux extrémités. Par la forme de son fruit, îc genre Thapsia se rapproche du Laserpitium, où le nombre des ailes est de huit pour les deux akènes, tandie qu'il n'y a que quatre ailes clans le double akène du Thapsia. On connaît environ douze espèces de Thapsies oui, de même que la plupart des Ombellifères, ont pour patiie l'Europe méridionale et la région méditerranéenne La plus remarquable est le Thapsia villosa, L., Plante qui croît dans nos départemens méridionaux ainsi qu'en Italie, en Espagne, dans le Levant et la Barbarie. Sa tige est haute de deux ou trois pieds, garnie de feuilles alternes, fort amples, plusieurs fois ailées, veluns et un peu blanchâtres en dessous. Les fleurs sont jaunes, et forment de grandes ombelles terminales. La racine contient un suc qui est ès-corrosif et dont on se sert en quelques pays pour guérir les dartres. Cette racine ressemble en tous points à celle du Thapsia garganica, L., autre espèce des coutrées méridionales, et qui a reçu le nom de faux Turbith, à raison de ses propriétés purgatives analogues à celles du vrai Turbith (Convolvulus Turpethum, L.)

Viviani (Florœ Lybicœ Specim., p. 17) a décrit sous le nom de Thapsia

Sylphium une Plante de la Cyrénaï que, qu'il croit être celle dont le suc e la racine était célèbre dans l'antiquité sous le nom de Sylphium, et qui avait valu à la contrée le nom de Regio sylphifera. SYLPHIUM. (G..N.)

THAPSUS. BOT. PHAN. Nom scientifique du Bouillon-Blanc, espèce du genre Molène. V. ce mot. (B.)

THARANDITE. MIN. Ce nom désigne non pas une espèce nouvelle, mais une variété de Doloinie spathi que, que le docteur Lang a trouvée en Saxe d;ffns les canières de Schwans-dorff, situées dans la vallée de Tharand.(AUD.)

THARASALIS. BOT. PHAN. Plante peu connue des environs d'Alep, citée par Ranwolf, et que Rai plaçait dans les Bermudiana ou Sisyrinchium. (G..N.)

THASPIUM. BOT. PHAN. Nuttall (Généra of north Amer. Pl., 1, p.

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196) a donne ce nom à un genre de la famille des Ombeliifères, et de la Pentandrie Digynie, L. Voici les caractères essentiels quil lui a imposés: calice à cinq dents; pétales acuminés, roulés au dedans; styles divariqués; fruit presque elliptique; chaque akène convexe avec cinq côtes ailées, à ailes presque égales; les intervalles présentent des rainures ou sillons; point d'involucre; involucelles unilatéraux, à environ trois folioles. Ce genre qui a reçu le nom de Thaspiurn et non celui de Thapsium, comme quelques auteurs Tout écrit depuis Nuttall, se compose de cinq espèces qui croissent dans T Amérique septentrionale, et dont quelques unes ont été décrites sous les noms génériques de Smyrnium, Ligusticum et Cnidium. Ainsi le T. aureum est le Smyrnium aureum de Pursh; les T. Barbinode et actœifolium sont des Ligusticum dans Michaux; le T. atrupurpureum a été rapporté au genre Cnidium de Cusson. Ces Plantes ont des fleurs jaunes, dont plusieurs sont stériles; des feuilles niternées, les radicales rarement entières, plus souvent dentées en scie sur les bords. Chaque ombelle est ordinairement accompagnée d'une feuille qui lui est opposée. (G..N.)

THAUMASÌA. BOT. CRYPT. (Hydrophyles.) Agardh a établi sous ce nom un genre qui comprend le Fucus flavus, L., Suppl., et une nouvelle espèce également des mers équatoriales; mais ces Plantes, rares et trèsimparfaitemeut connues, doivent laisser encore beaucoup de doutes sur les véritables caractères de ce genre qui sont ainsi établis par Agardh: fronde composée de filameus cornés, assez roides, articulés, dont les aréoles sont remplis par une membrane. La fronde est rameuse, à rameaux dressés, presque pentagones, laciniés et dentelés dans le Thaumasia flava des mers de Ceylan; elle est simple et ovale dans le Thaumasia ovalis qui croît sur les côtes de l'Amérique du Sud. (AD. B.)

THé. Thea. BOT. PHAN. Genre d'abord placé dans la famille des Aurantiécs, puis devenu le type d'un ordre naturel distinct sous le nom de Théacées, qui, depuis, a été réuni aux Tei nstrœmiacées. F. ce mot. Voici les caractères de ce genre: calice nul, à cinq divisions profondes, égales et imbriquées entre elleff latéralement; corolle de cinq à neuf pétales inégaux, les extérieurs plus courts; étamines nombreuses mséiées à la base des pétales; filets subulés; anthères oblongues, s'ouvrant par un sillon longitudinal; style simple à sa base, trinde à son sommet, chaque divisiou terminée par uu stigmate capitulé; ovaire à trois loges, contenant chacune quatre ovules insérés à l'angle interne, les deux supérieurs dressés, les deux in-férieurs pendans. Le fruit est une capsule globuleuse, à trois côtes arrondies, à trois loges, dont une ou même deux avortent quelquefois, et qui s ouvrent par leur sommet; chaque loge contient une ou deux graines globuleuses, ayant leur tégument double, l'extérieur crustacé, Tinté* lieuï* mince et membraneux; l'embryon, dépourvu d'endosperme, est homotrope, à radicule très-courte et a cotylédons réniformes très-gros et très-épais. Ce genre se compose de deux ou trois espèces, originaires de la Chine et de la Cochinchine. Ce sont des Arbrisseaux à feuilles alternes, coriaces, dépourvues de stipules, ayant des fleurs blanches, assez grandes et axillaires. L'une des espèces de ce genre mérite de fixer notre attention, puisque c'est elle dont les feuilles, convenablement préparées, foi ment la substance connue sous le nom de thé, et avec laquelle on prépare une infusion qui est d'un si grand usage.

THé DE LA CHINE, Thea sinensis, Sims But. Mag. T. 998; Rich., BOT. Médic., 3, p 699; Thea bohea et Thea viridis, L. —Linné et la plupart des botanistes anciens ont distingué deux espèces du genre Thé, savoir: le Thea bohea, qui a six pé

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taies à la corolle, et le Thea viridis, qui en a neuf. Mais cette distinction, uniquement fondée sur le nombre des Pétales, n'a point été adoptée par plusieurs modernes, qui regardent ces deux espèces, et même celles que Loureiroa mentionnées dans sa Flore de la Cochinchine, comme identiques.

Le Thé de la Chine est un Arbrisseau qui peut acquérir, quand il est abandonné à lui-même, une hauteur de vingt-cinq à trente pieds, mais qui, dans l'état de culture, dépasse rarement cinq ou six. Ses feuilles al-ternes sont courtement pétiolées, glabres, ovales - allongées, aiguËs, coriaces, longues d'environ deux pouces sur un pouce de large, légèrement dentées en scie dans leur contour. Les fleurs sont blanches, nxillaires et agglomérées au nombre de trois à quatre à l'aisselle des feuilles supérieures. Cet Arbrisseau est originaire des contrées orientales de l'Asie; il croît naturellement en Chine, au Japon et dans d'autres pavs voisins ou il est l'objet d'une culture extrêmement soignée. Tantôt on le plante sur les bords des champs; plus souvent on en forme des espèces de quinconces sur le penchant des coteaux. Ce n'est guère qu'après trois ou quatre années de plantation qu'en commence à re-cueillir les feuilles sur les jeunes pieds de Thé, et cette récolte cesse lorsqu'ils ont atteint huit à dix ans. Il est nécessaire alors de les recéper de la base, et c'est sur les jeunes pousses qui s'élèvent de leur souche que Ton recommence la récolte des feuilles. En Chine et au Japon, cette lécolte a lieu deux fois par an, au rintemps et vers le mois de seplemre. Les feuilles de la première cueillette forment un Thé plus fin et plus estimé. Nous allons brièvement décrire 1rs préparations qu'on fait subir à ces feuilles pour les amener P l'état ou nous les connaissons dans le com-merce.

Lorsque les feuilles ont été récoltées et triées, on les plonge dans l'eau bouillante, et ou les y laisse seulement pendant une demi-minute; on les retire, on les égoutte et on les jette sur des plaques de fer grandes et plates, qui sont placées au-dessus d'un fourneau. Ces espèces de poêles doivent être assez chaudes pour que la main de l'ouvrier en endure la chaleur avec peine. Les feuilles doivent être continuellement remuées; qunn.i on juge qu'elles ont été suffisamment chauffées, on les enlève et on les étend sur de grandes tables recouvertes de nattes. D'autres ouvriers s'occupent alors de les rouler avec la paume de la main, tandis que l'un d'eux cherche à les refroidir le plus promptement possible, en agitant l'air avec de grands éventails: cette opération doit être continuée, jusquà ce que les feuilles soient complètement refroidies sous la main de celui qui les roule. Ce premier temps a pour objet de blanchir les feuilles et de les priver du suc âcre et vireux qu'elles contiennent. Cette opération du grillage, sur des plaques de fer, doit être répétée deux ou trois fois, en ayant soin de les chauffer de moins en moins et de les rouler avec plus de soiu. Pour quelques espèces de Thé fort estimées, chaque feuille doit être roulée séparément; mais pour les espèces ordinaires, on en roule plusieurs à la fois. Lorsque le Thé ainsi piéparé a élé parfaitement séché, avant de le renfermer dans des boîtes ou dans des caisses, on J'aromatise avec diflféientes Plantesodo-riférantes. La connaissance de ces Végét aux a long-temps été un se ret pour les Européens; mais on sait généralement aujourd'hui que les Chinois emploient pour cet usage le; fleurs de I'Olea fragrans et celles du Camellia Sesanqua, Arbrisseau de la même famille que le Thé, et peutêtre encore celles de la Rose à odeur de thé que nous avons naturalisée dans nos jardins depuis un certain nombre d'années.

Le nombre des variétés ou sortes de Thé du commerce est très-consi-dérablc. Ces variétés dépendent en

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général de l'état plus ou moins avancé de développement des feuilles au moment ou on en a fait la récolte, du soin avec lequel elles ont été blauchies et roulées, et surtout de leur grillage plus ou moins long-temps prolongé. Nous iudiquerons ici les variétés principales, et surtout celles qui méritent la préférence. On peut diviser les espèces de Thés en deux sections: les Thés verts et les Thés noirs. Les premiers ont une couleur verte ou grisâtre et comme glauque; ils sont plus âcres, plus aromatiques que les seconds dont la couleur est plus ou moins brune, et qui sont généralement plus doux et donnent uue infusion d'une couleur plus foncée.

Parmi les Thés verts nous citerons les variétés suivantes:

1°. Thé Hayswen ou Hiswin. C'est une des meilleures sortes et Tune de celles que I on emploie le plus généralement en France. Il est d'une teinte verte-bleuâtre. Ses feuilles sont grandes, roulées dans le sens de leur longueur; son odeur est agréable et sa saveur astringente.

2°. Le Thé perlé. Ainsi nommé parce que ses feuilles sont plus rouées et affectent une forme presque globuleuse. Il est composé de feuilles plus minces et plus jeunes que le Thé Hayswen; son odeur est plus agréable et sa couleur plus brune. Celte forme arrondie des grains du Thé perlé provient de ce que les feuilles, après avoir été roulées dans le sens de leur longueur, sont repliées sur elles-mêmes suivant leur largeur.

3°. Le Thé poudre à canon. Il est choisi parmi les deux sortes précédentes et se compose des feuilles les plus petites et les plus exactement roulées sur elles-mêines, de manière à avoir quelque ressemblance, pour la grosseur de leurs grains, avec la poudre à canon. Cette espèce est très-agréable, fort recherchée et d'un prix élevé.

4°. Le Thé Schulangou Thèhulan. Il ressemble beaucoup au Thé Hays wen, mais sou odeur est iufiniment plus suave et plus développée. 11 est assez rare dans le commerce.

Au nombre des Thés noirs nous menlioüueions:

1°. Le Thé Saoutchon ou Souchon. D'un brun noirâtre, d'une odeur et d'une saveur plus faible (jue les Thés verts en général; forme de jeunes feuilles lâchement roulées dans le sens de leur longueur. En général on mélange pour l'usage habituel un tiers de Thé Souchon avec deux tiers de Thé vert. L'infusion est plus colorée et moins âcre que si l'on n employait que le Thé vert.

2°. Le Thé Pekao ou Peko. Diffère peu du Souchon, si ce n'est que son odeur est plus suave et plus développée. Il paraît formé de feuilles plus jeunes et recouvertes d*un duvet plus abondant. On y trouve quelquefois, ainsi que dans la variété précédente, de petits fragmens de jeunes branches.

Toutes les espèces de Thé doivent être soigneusement placées à l'abri du contact de l'air et de la lumière; pour cela on doit les conserver dans des boîtes de bois ou de plomb, ou mieux encore dans des vases de porcelaine hermétiquement fermés, et que l'on ne doit jamais laisser débouchés.

L'analyse chimique du Thé a été faite, il y a plusieurs années, par Cadet de Gassicourt, qui en a retiré, per la distillation, une eau astringente sans aucune trace d'huile volatile, un extrait amer styptique composé d'acide gallique et de tannin. Pendant long-temps on a attribué la couleur verle de certaines espèces de Thé aux plaques de cuivre sur lesquelles on les fait sécher; mais l'analyse chimique a prouvé le peu de fondement de cette assertion.

En considérant combien l'usage du Thé est généralement répandu dans presque toutes les parties de l'Europe, ou s'étonnera que l'introduction de cette substance, devenue en quelque sorte de première nécessité pour certains peuples, ne remonte

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pas au-delà du milieu du dix-septième siècle. Ce sont les Hollandais, le seul peuple de l'Europe auquel les ports de la Chine et du Japon étaient ouverts, cjui les premiers firent connaître aux Européens les usagea et les propriétés du Thé, et qui ont ainsi rendu l'Europe tributaire de la Chine pour une somme qui, aujourd'hui, excède cent vingt-cinq millions de francs par année. L'empereur du Brésil a cherché, depuis un certain nombre d'années, à introduire dans ses vastes Etats la culture du Tiré. Il a fait venir de la Chine des babitans de cette partie de l'Asie habitués à ce genre de culture; mais jusqu'à présent ces tentatives ont été suivies de peu de succès.

Nous ne répéterons point ici les éloges qui ont été prodigués au Thé, ni tous les inconvéniens et tons les maux dont on a accusé son usage d'être la source. C'est auprès des peuples qui en font habituellement us*ge> et pour lesquels cette boisson est devenue un véritable besoin, qu'il faut recueillir les faits propres a éclairer cette question. Or, les Anglais, les Hollandais, les Belges, les Danois, les Suédois, les Russes, les Anglo-Américains, sont loin de cousidérer le Thé comme une boissou dangereuse. Chez la plupart de ces peuples elle a un avantage hygiénique incontestable. Dans un pays couverts de brouillards pendant une partie de l'année, au milieu d'une atmosphère froide et humide, le Thé, par la légère excitation qu'il déveoppe et surtout par la quantité d'eau chaude qu'il introduit dans l'estomac, entretient le corps dans un état de diaphorèse indispensable au libre exercice des fonctions et à l'entretien de la santé.

L'usage de cette boisson commence depuis plusieurs années à se répandre plus généralement en France. Il est rare, dans les classes aisées de la société, qu'une soirée d'hiver se passe sans prendre le thé. Cette boisson a le çrand avantage de favoriser la digestion: aussi estce toujours quelque temps après le repas que l'on en fait usage, et son administration est, comme chacun sait, un remède vulgaire contre les digestions laborieuses. L'usage habituel du Thé, surtout lorsqu'on le boit très-fort, ne convient qu'aux personnes d'uu tempérament mol et lymphatique; mais les hommes d'une constitution sèche et nerveuse, les femmes faibles et excitables doivent s'en abstenir, ou en corriger la trop grande activité en y mélangeant une quantité suffisante de lait.

Comme substance médicamenteuse, l'usage du Thé est hieu moins répandu. De même que les autres substances stimulantes, il active et développe les différentes fonctions; la digestion est plus prompte, le cours du sang plus rapide, l'exhalation cutanée plus abondante et les facultés intellectuelles plus dévelop-Sées. C'est surtout pour favoriser la igestion, le cours des urines et celui des sueurs, que les médecins prescrivent quelquefois l'usage d'une infusion de demigros à un gros de Thé dans une pinte d'eau bouil-lante: quelques auteurs ont même prétendu que l'usage habituel de cette boisson empêchait les calculs urinaires de se former dans la vessie, ou du moins favorisait singulièrement l'évacuation des petits gra-viers qui s'y développent si fréquemment; mais la première de ces assertions n'est malheureusement pas aussi vraie qu'on l'a prétendu, (A. R.)

Le nom ac THE a été donné par analogie à une foule de Plantes exotiques, dont les feuilles offrent la consistance et les formes du Thé. Elles sont employées chez les divers peuples du globe comme boisson d'agrément, et il y en a quelques-unes dont la consommation est très-considérable; tel est surtout le Thé du Paraguay dont l'usage est général dans l'Amérique du sud. Comme ces Thés sont connus sous le nom des pays où croissent les Plantes qui les produisent, nous mentionnons ici les principaux sous leurs titres vulgaires.

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THÉ DES ANTILLES, le Capraria biflora, L.

THÉ DES APALACHES, le Cassine Peragua, L.

THÉ DE BOGOTA, les feuilles du Symplocos Alstonia, Rich,

THÉ CHINOIS, le Rhamnus theezans, L.

THÉ COMMUN DES COCHINCHINOIS, le Teucrium Thea de Louveiro.

THÉ D EUROPE, la Véronique officinale, Veronica officinalis, L., et le

Prunellier, Prunus spinosa, V. ces mots.

THÉ DE FRANCE, la Sauge officinale, Salvia officitialis, L. V. SAUGE.

THÉ DES JÉSUTIES. V. THÉ DU PARAGUAY.

THÉ DU LABRADOR, Ledum latifulium. Plante de la famille des Ericinées, dont les feuilles sont vertes supérieurement, couvertes d'un duvet ferrugineux en dessous et repliées ber les bords. Ces feuilles ont de l'analogie, quant à leurs propriétés, avec celles des Rhododendron. V. ce mot.

THÉ DE L'ILE BOURDON. Sous ce nom et sous celui de Faham ou Fahaon, on fait usage dans les îles Maurice, en guise de Thé, des feuilles d'une Orchidée originaire de l'île Bourbon, et que notre collaborateur A. Richard a reconnu pour I'Angrœcum fragrans de Dupetit-Thouars (Hist. des Orchidées d'Afr., pl. 64).

THÉ DE LA MARTINIQUE, même chose que le Thé des Antilles.

THÉ DE LA MER DU SUD, le Leptospennum Thea,

THÉ DU MEXIQUE, le Chenopodium ambrosioides, L.

THÉ DES NORVEGIENS, les feuilles d'une petite espèce de Ronce, Rubus arcticus, L.

THÉ DE LA NOUVELLE-HOLLANDE, les feuilles de deux espèces de Salsepareille, Smilax glyciphyllos et Ripogonum, Smith.

THÉ DE LA NOUVELLE-JERSEY, le Ceanothus americanus, L., qui croît abondamment dans l'Amérique septentrionale.

THÉ DU PARAGUAY, THÉ des JÉSUITES, HERBE DE SAINT-BABTHELE- MY. Ce Thé est produit par l'Iliex paraguariensis ou Ilex Male, Auguste Saint-Hilaire, Plantes remarquables du Brésil, Introduction, p. 41. C'est un Arbuste de la famille des Célastiinées, el du même genre que le Houx. V. ce mot.

THÉ DES TARTARES, le Rhododendron chrysanthum.(G..N.)

THÉACÉES. BOT. PHAN. V. TERNSTROEMIACCES.

THÉAMÈDE. MIN. Pline donne ce nom à uue Pierre trouvée eu Ethiopie, et qui avait la propriété de repousser le Fer. C'était piobablement une variété de Fer'oxidulé, douée d'un fort magnétisme polaire, et qui agissait par répulsion sur quelques morceaux de Fer ayant acquis la même propriété. (G.DEL.)

THEBESIA. BOT. PHAN. (Necker.) V. KNOWLTONIR.

THECACORIS. BOT. PHAN. Genre de la famille des Euphorbiacécs, que nous avons établi dans uotre Monographie des genres de cette famille (p. 12, tab. 1) d'après une Plante de Madagascar. Ses caractères sont les suivans: fleurs mâles dioïques; calice cinq ou six-parti; cinq étamines opposées aux divisions du calice et insérées au-dessous d'un pistil rudimentaire en cône renversé, à filets flexueux, dont le sommet dilaté porte un anthère à loges distinctes et ovales; cinq petites glandes alternant avec les étamines. Les fleurs femelles ont le calice quinqué - parti; trois styles un peu épais, bifides au sommet; l'ovaire placé sur un disque glanduleux, glabre, à trois loges biovulées. Tiçe ligneuse. Feuilles alternes, entières, glabres, pétiolées, accompagnées de deux petites stipules caduques; fleurs disposées eu grappes axiftaires et terminales, soitaires ou géminées, lâches et courtement pédonculées. (A. D. J.)

THÊCADACTYLES. rept. saur. Stnis-genre de Geckos, V., ce mot.(IS. G. ST.-H.)

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THÉCAPHORE. Thecaphorum. BOT. PHAN. (Ehrart.) Syn. du mot Basigync employé par feu Richard.V. BAS1GYNE. (B.)

THECARIA. BOT. CBYPT. (Lichens.) Genre voisin du Verrucaria, établi par Fée (Essai sur les Cryptog. Off., p. 97 et 150, tab. 1, fig. 16) et ainsi caractérisé: thalle étendu, membraneux, adhérent, uniforme; apothécies légèrement pédicellées, irré-gulières, arrondies ou ovales, presque en forme de scutelles, à bords épais et concolores; leur disque recouvert par une membrane qui fait corps avec leur substance, et qui s'en détache dans le pourtour en vieillissant; substance intérieure noire et homogène. Ce jgenre ne renferme qu'une seule espece (Thecaria quassiœcola) qui se trouve sur les écorces du Quassia excella. et d'Arbres inconnus.(G..N.)

THÉCIDÉE. Thecidea. CONCH. Genre fort curieux établi par Defrance, et que l'on devra conserver. Voisin des Térébratules sous plus d'un rapport, il s'en éloigne par un caractère d'une grande valeur, selon noos, par l'adhérence de la valve inférieure, qui, dans tous les cas, n'est jamais perforée, quand même, comme cela a lieu dans quelques espèces fossiles, les traces d adhérence auraient presque disparu. Mais un autre moyen de reconnaître sûrement ce genre et de le distinguer, c'est la singulière disposition de l'appareil apophysaire de la valve supérieure, appareil tellement considérable qu il remplit presque toute 1a cavité des valves, à tel point que dans certaines espèces on conçoit à peine comment un Animal a pu exister dans un si petit espace. Il est fort difficile qu'une des-cription sans figures pût suffire pour donner une idée exacte de la struoture de Tappareil intérieur de ces Coquilles; il est principalement formé d'un partie conique et centrale sur laquelle s'implantent des lames demi-circulaires de chaque côté qui, alternativement se reploient sur eltes-mêmes de manière à laisser entre elles un espace qui est occupé par une lame intermédiaire plus courte et non recouibée; dans quelques espèces, ces lames ont les bords simples; dans d'autres, au contraiie, elles sont couvertes de fines granulations, et se terminent pur un bord libie, frangé, très-finement et trèsrégulièiement. La valve inférieure est, comme dans la plupart des Térébratules, plus grande et plus profonde que la supérieure qui est presque tou-jouis opeiculiforme; tantôt elle est adhérente par une grande étendue de sa surface, et alors elle est très-irrégulière, quelquefois elle adhère seu-lement par une petite portion du crochet, et alors elle conserve une grande régularité. En dedans celle valve est couverte de fines granulations qui deviennent un peu plus grosses sur le bord qui ordinairement est large et aplati dans la valve suérieure; ces granulations sont moins prononcées, si ce n'est sur le bord où elles sont aussi grosses que dans l'autre valve. Le sommet de la valve inférieure est plus ou moins long, selon les espèces; et il est souvent marqué en dessus d)un sillon médian

3ui correspond à l'échancrure méiane du bord cardinal. La charnière a de lanalogie avec celle des Térébratules; de chaque côté d'une échancrure médiane au bord cardinal de la valve inférieure se voit une apophyse oblique qui s'implante dans une cavité correspondante de la valve supérieure de manière à retenir celle-ci fortement sous l'aile d'un ligament. Le bord cardinal de la valve supérieure présente h sa partie moyenne une saillie assez large et aplatie qui s'engage dans l'écnancrure de la valve inférieure, et de chaque côté creusée dans son épaisseur, et à sa base se voient les cavités articulaires de la charnière.

Ce genre, encore peu considérable en espèces, peut être caractérisé de la manière suivante: coquille petite, arrondie ou ovale, inéqtiivalve, térébraluliforme, adhérente, plus ou

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moins régulière selon le degré d'adhérence; valve supérieure plate, operculiforme, armée à l'intérieur d un appareil apophysaire considérable, composé de lames demi-circu-laires; jamais d'ouverture au crochet de la valve inférieure.

Toutes les espèces de Thécidées sont petites; elles ont l'aspect de petites Térébratules. On en connaît une vivante dans la Méditerranée et cinq ou six autres fossiles; ce qui est remarquable, c'est qu'elles ne se sont trouvées jusqu'à présent que dans la craie et surtout dans les parties infélieures de cette formation.

THÉCIDÉE DE LA MÉDITERRANÉE, Thecidea mediterranea, Defr., Dict. sc. nat. T. LIII; Risso, Hist. nat., Nice, T. iv, fig, i83. Petite, pustu-leuse, blanche, lisse à l'extérieur.

THECIDÉE RAYONNÉE, Thecidea tadiata, Defr., loc. cit., Blainv., Ma lac., p. 513, pl. 56, fig. 1; Térébratule, Faujas, Hist. nat., Mont. S.- Pierre de MaËstricht, tab. J7, fig. 8 Fossile dans plusieurs endroits à MaËstricht, à Néhou, à Cypli, dans la craie. Elle est régulière, symétrique et très-granuleuse en dedans. (D..H.)

THEGCA. MAM. Nom chilien d'une race de Chiens d'après Molina.(IS.G.ST.-H.)

THELA. ROT. PHAN. Genre de la famille des Plumbaginées, et de la Pentanlrie Monogyme, L., établi par Loureiro (Flor. cochinch., 1, p. 147) et offrant les caractères suivaus: in-volucre à trois folioles; calice persistant, coloré, tubuleux; le limbe à cinq lobes, portant des glandes pé-dicellées; corolle hypocratériforme, dont le tube est une fois plus long que le calice, le limbe à cinq lobes; ovaire supérieur, surmonté d'un style et d'un stigmate à cinq divisions; baie à cinq côtes, uniloculaire et monosperme. Ce geure se compose de deux espèces, Thela coccinea et alba, Loui., loc. cit.; ce sont des Plantes originaires de la Chine et de la Co-chiuchine qui ont les plus grands rapports avec le Plumbago zejrianica. (g..n.)

THELACTIS. BOT. CRYPT. (Mucé-dinées.) Genre établi par Martius et qui ne paraît pas différer suffisamment du Thomnidium de Link. V. ce mot. (AD. B.)

* THELASIS. BOT. PHAN. Nouveau genre de la famille des Orchidées, fondé par fil urne (Bijdr, Fl. nederl. Ind., p. 585) cjui Va ainsi caractérisé; périanthe a cinq sépales presque égaux, dressés, connivens, les extérieurs soudés par la base, légèrement carénés; labelle à peu près de la grandeur des sépales, concave à la base, dressé y ayant son limbe indivis; gynostème petit, dressé, profondément échaucré au sommet; anthère biloculaire, terminant le gynostème à sa partie postéiieure; niasses poil iniques au nombre de quatre dans chaque loge, presque globuleuses, petites, pulpeuses, portées sur un pédicellc commun, écailleux au sommet et crochu à la base. Cegenre est fondé sur trois espèces de ava (Thelasis obtusa, carinata et capitata) qui sont des Herbes parasites, sociales, glabres; à racines fasciculées; à feuilles charnues, portées ordinairement sur des bulbes; à fleurs sessiles, disposées en épi sur une hampe radicale. (G..N.)

THÉLAZIE. Thelazia. INTEST. Genre établi par Bosc (Journ. de phys.T. xcvm, p. ai4)d'après la des-cription et la fleure faite par Rhodes, vétérinaire à Plaisance, département du Gers, sur une espèce de Ver qu'il trouva sous les paupières d'un Bœuf affecté d'ophtalmie. Ce genre est caractérisé ainsi: corps allongé, cylindrique, atténué aux deux bouts, terminé antérieurement par une bouche à trois valvules, entourée de quatre stigmates ovales, et postérieurement en dessous par une fente longue, bilabiée; canal aérien multilobé. Outre la caractéristique du genre, on trouve (loc. cit.) une description détaillée et une figure très-grossie de

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P Auimal. Nous ne pouvons croire qu'on ne se soit point mépris en donnant la description des parties intérieures de ce Ver: « Quatre canaux aériens noirâtres, naissant de quatre stigmates voisins de la bouche, se réunissant au tiers de la longueur de l'Animal en un seul canal pourvu des deux côtés opposés d'environ soixante appendices creux, terminés eu pointe, et venant aboutir à l'anus.ff Voilà quelque chose de bien étrange dans un Ver intestinal Nématoïde, et ceux qui ont disséqué un certain nombre de Vers intestinaux, et pour qui il est démontré que ces Animaux n'ont point d'organes respiratoires, au moins appréciables, auront peine à ajouter foi à une pareille description. Ils observeront qu'en décrivant ce Ver, on parle d'un intestin, de canaux aériens, et nullement d'oranes génitaux; or, ils savent que ans les Néraatoïdes les organes génitaux mâles ou femelles sont prodigieusement développés, et se remarquent avant toute chose; ils ne pourront s'empêcher de penser que ce que l'on a pris pour des canaux aériens étaient probablement des organes génitaux, et qu'avant d'adopter le genre Thelazia, il devient nécessaire de disséquer de nouveau l'Animal sur lequel ce genre a été établi.(E. D..L.)

THELEBOLUS. BOT. CRYPT. (Lycoperdacées.) Tode a établi ce genre curieux et a fait connaître une des deux espèces qui le composent dans son ouvrage sur les Champignons du Mecklembourg. C'est une très* petite Cryptogame qui croît sur les fumiers; chaque individu est globuleux et gros comme un grain de millet; il est formé d'une masse spongieuse, arrondie, excavée à son sommet et contenant une petite vésicule sphérique, véritable péridium d'abord caché dans le péridium externe et chassé au-dehors lors de la maturité; ce pé-ridium interne est rempli de sporules mucilagincuses. Cette petite Plante croît par groupes sur les fumiers; elle est jaunâtre. Une autre espèce du même genre croît sur la terre, dans les lieux sombres; elle vient égale-ment par groupe, et est fixé sur un tomentum blanc; ses péridiuras sont plus gros, d'un jauue safran, (AD. B.)

THÉLÈPHE. BOT. PHAN. Pour Télèphe. V. ce mot.(G..N.)

THELEPHORA. BOT. CRYPT.(Champignons.) On peut cousidérer les Champignons qui constituent ce genre comme ceux dont la structure est la plus simple, la moins parfaite, et comme passant souvent à un état de développement incomplet qui les rapproche des Cryptogames Byssoïdes. Ces Plantes, dont la forme extérieure varie beaucoup, sont composées d'une masse charnue ou filamenteuse formant tantôt un chapeau distinct, porté sur un stipe court, central ou latéral, tantôt un demi-chapeau fixé par le côté sur les troncs des arbres, tantôt enfin une sorte de membrane plus ou moins épaisse et charnue, adhérente aux bois morts; à la surface inférieure de ce chapeau plus ou moins irrégulier est fixé une membrane complètement adhérente à la chair et à peine distincte de son tissu, lisse ou formant des papilles courtes, obtuses, irrégulières et éparses; toute cette membrane porte des thèques grêles, en partie plongées dans la membrane, quelquefois imparfaites, et qui semblent même disparaître complètement. C'est dans ce cas que ce genre diffère à peine des Byssus à fila mens entrecroisés et réunis en une masse charnue, qui ne sont peut-être què des Théléphores ou d'autres Champignons incomplètement développés ou avortés. Ces dernières Théléphores constituent le genre ou sous-genre Lejostroma de 'ries. Les espèces dont le chapeau est stipité croissent sur la terre, celle dont le chapeau est sessile ou même adhérent par sa face supérieure, vivent sur les arbres morts: ce sont les plus nombreuses.

Les couleurs de ces Champignons varient beaucoup, et, suivant les espèces, on y retrouve presque toutes

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les teintes possibles excepté le vert. Aucune espèce n'est reconnue pour vénéneuse, et aucune non plus n'est comestible; leur tissu sec et fibreux ne paraît pas les rendre susceptibles de fournir un aliment agréable.(AD. B.)

THELEPOGON. BOT. PHAN. Genre de la famille des Graminées et de la Triandrie Digynie, L., établi par Roth (in Rœm. et Schult. Syst., 2, p. 46) et ainsi caractérisé: involucre monophylle, cartilagineux, appliqué. Lépicène bivalve, cartilagineuse, renfermant trois fleurs sessiles; les latérales mâles, l'intermé-diaire hermaphrodite. Celle-ci offre une glu me à deux valves presque égales; trois étamines; deux stigmates un peu épaissis. Les fleurs mâles ont la valve extérieure surmontée d'une longue arête tordue et géniculée; trois étamines souvent imparfaites. Ce genre est fondé sur une Plante qui avait été placée parmi les Rottboella; mais il se distingue suffisamment par son involucre et la structure de ses fleurs. On n'en connaît qu'une seule espèce (Thelepogon élégant, Roth.), Graminée encore peu connue, et qui eroît dans l'Inde-Orientale. (G..N.)

THÉLIGONE. Theligonum. BOT. PHAN. Genre de 1a famïïle des Ché- nopodées, et de la Monœcie Polyandrie, L., ainsi caractérisé: les fleurs mâles out un périgone turbiné, à deux divisions roulées en dehors, et renferment douze à vingt étamines à filets droits, de la longueur du périgone, terminées par des anthères sim-ples. Les fleurs femelles ont le périgone plus petit que dans les mâles, et renferment un ovairesupère, presque globuleux, portant un style filiforme, terminé par un stigmate simple. Le fruit est une petite capsule globuleuse et monosperme. Le The-lisonum cynocrambe, L., est une Plante herbacée, succulente, divisée en rameaux étalés, garnis de feuilles ovales, atlenuées en pétioles et charnues. Les fleurs mâles sont géminées et pédicellées dans les aisselles des feuilles supérieures. Les fleurs femelles sont sessiles dans les aisselles du bas de la tige. Les fruits contiennent une grande quantité de cristaux en aiguilles d'oxalate calcaire. Ou trouve cette Plante dans toute ia région méditerranéenne. (G..N.)

THELOTREMA. BOT. CRYPT. (Lichens.) Ce genre avait été primitivement établi par De Candolle sous le nom de Volvaria; mais Acharius lui a imposé la dénomination ci-dessus qui a été généralement adoptée. Voici ses caractères principaux: thalle crustacé, plan, étendu, uniforme, adhérent par toute sa surface infé-rieure, chargé en dessus de verrues formées par le thalle lui-même, et s'ouvrant au sommet par un trou entouré d'un rebord; a l'intérieur de ces verrues est un conceptacle muni d'un double péritbécium; l'un supé-rieur, épais, noir, et qui manque mûrement; l'autre très-mince, membraneux, quelquefois seul, ou se déchi-rant dans sa partie supérieure et recouvrant un noyau compacte un peu strié. Ce genre est voisin du Porina et du Verrucaria; il se compose d'une quinzaine d'espèces qui croissent sur les rochers et les écorces d'arbres. Une espèce décrite et figurée par Fée (Ess. sur les CRYPT. des éc. off, p. 14, pl. 54, f. 1) est parasite sur le thalle d'un autre Lichen que Ton trouve sur les écorces du Quinquina rouge. Parmi les Thelotrema anciennement connus, nous citerons les T. lepadinum, Ach., ou Lichen inclusus, Sowerb., Engl. BOT., p. 10, tab. 678; et le T. exanthematica, Ach., ou Lichen exanthematicus, Smith, Engl. BOT., vol. 17, tab. 1184. (G..N.)

THELPHUSE. Thelphusa. CBUST. Genre de l'ordre des Décapodes, famille des Brachyures, tribu des Quadrilatères, que nous avions d'abord désigné sous la dénomination de Po-

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tamophile, que nous avons ensuite abandonnée parce qu'elle avait étË déjà consacrée à un genre d'insectes coléoptères. L'étymologie de ce nom et de eeux de Potamobie et Potamon, donnés géncriquement par Leach et Savigny à ces Crustacés, indique qu'ils fout leur séjour habituel dans les rivières, et c est effectivement le Crabe üuviatilc de fielon, de Rondelet et de Gesncr, qui est le type de ce genre. Ainsi que dans plusieurs autres quadrilatères plus rapprochés que les autres des Crabes proprement dits, le quatrième article des pieds-mâchoires extérieurs est inséré dans un sinus interne de l'extrémité supérieure de l'article précédent qui forme une sorte de quadrilatère irrégulier, arrondi extérieurement; mais les Thelphuses se distinguent des Crabes par leur lest ayant la figure d'un cœur, tronqué postérieurement, l'écarlement de leurs yeux, leur chaperon rabattu, leurs tarses chargés d'arêtes dentelées ou épineuses, et par leurs habitudes; elles semblent taire le passage des Crabes terrestres ou ceux que l'ou appelle communément Tourlouroux aux Antilles, aux Crabes de mer. Les pédicules oculaires sont proportionnellement plus longs que ceux de ces derniers Décapodes, et logés dans des cavités assez grandes et ovales. Les antennes latérales sont insérées, ainsi que celles des Pilumnes, à l'extrémité internes de ces fossettes, et sous l'origine des pédicules oculaires; mais elles sont beaucoup plus courtes, composées d'un petit nombre d'articles, et leur tige, cylindrico-conique, n'est guère plus longue que leur pédoncule. Les serres sont fortes, defrandeur inégale, et terminées par es doigts allongés, finissant en pointe et dentelés au côté interne. La troisième paire de pieds est un peu plus longue que la précédente et les suivantes. Le post-abdomen ou la queue est divisé, dans les deux sexes, en sept segmens ou tablettes; celui des mâles forme un triangle étroit et alloneé; il est ovale, beaucoup plus grand, et recouvre toul le plastron dans les femelles.

L'espèce propre à l'Europe méridionale, et à quelques autres contrées situées sur la Méditerranée, a jouichez les anciens, el particulièrement chez les Grecs, d'une grande célébrité à raison des vertus médicales qu'ils lui attribuaient; il paraît même qu'elle a été l'emblême de la constellation zodiacale dile le cancer. Pline, Dioscoride, Avicenne, et plusieurs autres auteurs anciens, en ont fait mention. Elle est représentée sur plusieurs médailles antiques, celles a'Agrigente en Sicile notamment. Au rapport d'Elien, le Crabe de rivière prévoit, ainsi que les Tortues et les Crocodiles, les débordemens du Nil, et gagne environ un mois auparavant les hauteurs voisines. Il est trèscommun dans toutes les rivières, et particulièremenl dans divers lacs de cratères d'anciens volcans. A Rome, on le mange dans tous les temps de l'année, et surtout les jours d'abstinence mais, ainsi que pour d'autres Crustacés, on préfère ceux qui viennent de muer ou qui sont près de cette crise; on les sert alors sur les tables du pape et des cardinaux; quelques personnes, pour adoucir leur chair, les font périr dans du lait. On les porte au marché attachés avec une corde, mais placés à une certaine distance les uns des autres afin qu'ils ne puissent pas se ronger ou se dévorer mutuellement. Suivant Beion, les Caloyers du mont Athos, dans les ruisseaux duquel cette espèce est commune, la mangent crue, sa chair leur paraissant plus savoureuse dans cet état que lorsqu'elle esl cuite. Les Arabes nomment ce Crustacé Sarataa; mais, comme ils désignent aussi de la même manière des Ocypodes du pays, il paraîtrait que cette dénomination est synonyme de celle deTour-lourou, donnée par divers voyageurs aux Crabes de terre et de rivière. La même espèce s'étend jusqu'en Perse. Lalande en a rapporté une autre de son voyage au cap de Bonne-Espé- rance; Leschenaullde la Tour en a recueilli une troisième dans les rivières des montagnes de l'Ile de Geylan, et qui se rapproche beaucoup du Cancer senex de Fabricius (Herbsl, Canc. XLIII, 5), que l'ou trouve sur la

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côte de Coromandel ou elle est appelée en malabare Tille-Nandon. Toutes les Thelphuses de l'ancien continent se ressemblent par la forme du troisième article des pieds-mâchoires extérieurs, celle du test, ainsi que par les proportions; il offre toujours derrière les cavités oculaires une impression transverse et linéaire. Mais dans une espèce du nouveau continent, et la seule qui nous soit connue, la THELPHÜSE DENTELEE, Thèlphusa serrata, Herbst., Canc, x, 11, le test est plus large, $aus enfoncement par derrière les cavités oculaires; le troisième article des pieds-mâchoires extérieurs est en forme de ti iangle tronqué transversalement au sommet et arqué au côté extérieur. Les appendices sous-caudaux diffèrent aussi de ceux des espèces précédentes. Notre Thelphüse fluviatile a été très-bien figurée par Olivier dans son Voyage dans l'empire ottoman, ainsi que par Savigny, dans le grand ouvrage sur l'Egypte. Son chaperon est entièrement rebordé par devant, ce qui la distingue de la Thelphüse indienne, Cancer senex, Fab., où cette portion antérieure du test n'a de rebord que sur les côtés; elle est d'ailleurs presque bilobée et épaissie en dessous. Les bords de ce test, en arrière des dépressions, ne sont point dentés.

Nous renverrons pour d'autres détails à la seconde édition du nouveau Dictionnaire d'histoire naturelle, et à la partie entomologique de l'Encyclopédie méthodique, mais en prévenant que dans ce dernier ouvrage on a écrit par inadvertance Telphuse au lieu de Thelphüse. (LAT.)

THELXIOPE. Thelxiopa. CRUST. Genre de l'ordre des Crustacés décapodes de Rafinesque, et le même que celui d'Homole au docteur Leach. V. HOMOLE.(LAT.)

THELYMITRA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Orchidées, étahli par Forster, adopté par Swartz, R. ferown et la plupart des auteurs. Il contient des Plantes herbacées, originaires en grande partie de la Nouvelle-Hollande, et offrant pour caractères: uu calice régulier et étalé; un labelle sessile et semblable pour la forme aux autres divisions calicinales; une anthère terminale, para1Lèle au stigmate, contenant deux* masses poluniques, pulvérulentes. Les fleurs sont ordinairement disposées en épis. R. Brown a mentionné dans son Prodrome dix espèces de ce genre, toutes originaires de la Nouvelle-Hollande. (A. R.)

THÉLYPHONE. Thelyphonus. ARACH. Genre d'Arachnides pulmonaires, de la famille des Pédipalpes, confondu par Linné avec celui de Phalangium, et que nous avons séparé de celui de Tarentula de Fabricius. Il paraît faire le passage de celui de Phrvne à celui de Scorpion, dont il est bien distinct par le nombre des pneurao-branchies qui n'est que de quatre; par l'abdomen pédicuié; les chélicères terminées par un seul doigt, celui qui est mobile, et qui, de même que dans les Aranéides, est en forme de crochet ou de griffe; la languette ressemblant à uii petit dard, et cachée; les palpes épineux; la figure des pieds antérieurs qui se terminent par un tarse, composée deplusieurs petits articles, enfin par 'absence de ces lames dentelées propres aux Scorpions, et qu'on nomme peignes, ainsi que d'une queue noueuse et offrant au bout un aiguillon. L'abdomen des Thélyphones est ce-pendant terminé par une sorte de queue; mais c'est plutôt une soie ou un filet, et divisée en un graud nom-bre de petits articles. Ce caractère, un corps plus étroit et plus allongé, des palpes plus courts, plus gros, avec deux doigts connivens au bout ou formant bien la pince, distinguent ce genre de celui de Phryne. L'espèce la plus connue est le Phalangium caudalum de Linué, figuré par Pallas (Spicileg. Zool., IX, 3, 1-2) et par Guérin, Iconogr. du Règn. Anini., Arachn., pl. 3, fig. 5 et 3a, qui sc trouve à Java. Les Indes-Orien-

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tales en fournissent une autre plus petite, et dont les pâtes sont fauves, il eu existe une troisième qui est propre aux Ad tilles, et qu'à la Martinique on appelle le Vinaigrier i (Journ. de Phys. et d'Hist. nat., 1777). Toutes ces espèces, ainsi que les Phrynes, ont le corps revêtu d'une peau assez ferme et tirant sur le brun foncé. (LAT.)

THELYPTERIS. BOT. CRYPT. (Tuougères.) Les anciens donnaient ce nom à une Fougère qui parait avoir été notre Pteris aquihna. Adansou s'en est servi pour désigner le genre Pteris, L. (G..N.)

THELYRA. BOT. PHAN. Du Petit—Thouars (Généra nov. Madag., n. 72) a établi sous ce nom un genre qui appartient à la famille des Rosacées, tribu des Cbrysoba la nées. Ce genre offre les caractères essentiels suivans: calice campa nu lé à la base, formant un petit tube adnéau pédoncule comme dans le Pélargonium; corolle à cinq pétales; dix étamines dont six fertiles, placées sur l'un des côtés, quatre dentiformes, avortées sur l'autre côtc; anthères firées par le dos, déhiscentes latéralement; style latéral; ovaire biovulé; baie? rugueuse, velue intérieurement, renfermant une seule graine sans albumen, à cotylédons épais, inégaux et plissés, dont l'un enveloppe l'autre, ît à radicule inférieure. Les espèces de ce genre n'ont pas été décrites; ce sont des Arbres de Madagascar, à feuilles alternes et munies de bractées glanduleuses. (G..N.)

THELYTHAMNOS. BOT. PHAN. Sprengel fils (Tent, suppl. ad Syst. Veget., p. 25) a fondé sous ce nom un genre de la famille des Synanthérées, qui tient le milieu entre l'OEdera et l'Amellus, mais qui s'en distingue par son involucreet ses fruits. La Plante qui forme le type de ce nouveau genre a reçu le nom de Thelythamnos filifutmis, et a été trouvée par Zeyher au cap de Bonne- Espérance, près de Gnadenlhal et Caledon. C'est un très-petit sous-Arbuste, simple, glabre, grêle, haut de deux pieds et plus. Sa tige est garnie intérieurement de feuilles linéaires-filiformes, les inférieures pinnatifides et ramassées, celles du milieu de la tige éparses et presque Irifides, les supérieures ou florales simples. Les fleurs sont disposées en pamcule terminale. L'involucre est globuleux, ressemblant à un pois, composé de folioles étroitement imbriquées, les inférieures ovales, obtuses, scarieuses sur leurs bords, maculées au sommet; les supérieures munies au sommet d'un appendice o biculaire, étalé, scarieux, piesque aussi long que les fleurs. Le réceptacle est garni de paillei tes. Les fleurons du rayon sont jaunes en languette linéaire, ludmlécau sommet, fertiles aussi bien que ceux du disque qui sont rouges. Les akènes M>nt linéaires, cslindracés ou un peu comprimés, munis à la hase de longs poils, cou ion nés au bominet par une aigrette composée de paillettes. (G..N.)

THEMA A. OIS. V., MERLEMOQUEUR.

THEMA-MUSICUM. MOILL. Klein a formé sous cette dénomination un genre qui correspond assez bien à la première section des Volutes de Lamarck qui a pour type le Voluta musicalis. v. VOLUTE. (D..H.)

THEMEDA. BOT. PHAN. Forskahl (Fl. Egypt.-Arab., p. 178) a établi sous ce nom un genre de la famille des Graminées, et de la Polygamie Monœcie, L., auquel il a imposé les caractères suivans: fleurs polygames; les mâles pédicellées et mutiques; lé-picène uniflore, à une seule valve1; glurae à deux valves; trois étamines; une seule fleur hermaphrodite, scs-sile, intérieure, ayaut une arête trèslongue, partant du réceptacle; trois étamines et un ovaire fertile. Ce genre, qui pourrait bien être le même que l'Anthistiria, ne renferme qu'une seule espèce, Themeda polygama, Graminée qui croît en Arabie, et

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dont les chaumes sont ramifies à leur partie supérieure; les fleurs en épi terminal, renfermées dans les gaîues des feuilles supérieures. (G..N.)

THÉMÉONE. Themeon. MOLL. Montfort a créé ce genre dans le premier volume de sa Conchyliologie systématique, p. 202, pour un genre de Coquilles microscopiques multilo-culaires, qui doit rentrer dans celui des Polystomelles dont il n'est qu'un double emploi inutile. P. POLYSTO-MELLE. (D..H.)

THEMISTO. Themisto. CRUST. Genre de l'ordre des Amphipodes, établi par Guériu dans le quatrième volume des Mémoires de la Société d'histoire naturelle de Paris, et qui, d'après une monographie des Crustacés de cet ordre, communiquée à l'Acadcmie royale des sciences parMilne Edwards, son auteur, se place naturellement dans la famille des Hypé-rines de celuici. Tête grosse, presque entièrement occupée par les yeux, portant quatre antennes simples, toutes terminées par une tige pluriarticulée, s'amincissant graduellement pour sc finir en pointe, et dont les inférieures sont notablement plus longues que les supérieures; quatorze pieds, les quatre antérieurs beaucoup plus petits que les suivans, les seconds terminés par une pince di-daclyle, ceux de la cinquième paire beaucoup plus longs que les autres, avec le quatrième article armé en dedans d'un rang de petites dents en forme de peigne; les> trois premières paires d'appendices sous - abdominaux terminées chacune par deux filets sétacés, multiarliculés et ciliés: tels sont les caractères qui distinguent ce genre de ceux de la même famille, et particulièrement de celui d'Hypérie dont il sc rapproche le plus. On ne connaît encore qu'une seule espèce et qui a été trouvée aux îles Malouines par Gaudichaud, auquel Guérin l'a dédiée.(LAT.)

THENARDIA. BOT. PHAN. Genre de la famille des Apocynées, et de la Pentandrie Monogynie, L., établi par Kunth (Nov. gêner. Pl. œquui., 3 p. 210, t. 240) qui la ainsi caractérisé: calice petit, profondément divisé en ciuq segmeus; corolle rotacée, avant le tube excessivement court; le limbe à cinq segmens dout les côtés sont inégaux, l'entrée du tube nue; cinq étamines saillantes, insérées 4 la base de la corolle, ayant les anthères sagittées, adhérentes par leur milieu au stigmate; deux ovaires entourés de cinq écailles hypogynes; un style unique, filiforme; les fruits ou follicules sont inconnus. Ce genre ne se compose que d'une seule espèce décrite et figurée par Kunth sous le nom de Thenardia floribunda. C'est une Plante à lige volubile, munie de feuilles opposées, très-entières, de fleurs verdâtres, disposées en ombelles agglomérées, et portées sur des pédoncules axillaires, rameux et trichotomcs. Elle croît près de la ville de Mexico. (G..N.)

THÉNARDITE. MIN. Sulfate anhydre de Soude. Substance saline, cristallisée, très-soluble, tendre, transparente lorsqu'elle est nouvellement retirée du lieu où elle s'est déposée; mais perdant bientôt sa transparence au.contact d'un air humide, et se recouvrant à sa surface d'une couche pulvérulente provenant de l'absorption d'une certaine quantité d'eau. Elle a une structure laminaire, dont les joints conduisent à un prisme droit, rhomboïdal, d'eu7 viron 125° et 55°. Elle est facile à casser; sa dureté est supérieure à celle du Gypse et inférieure à celle du Calcaire spathique. Sa pesanteur spécifique est de 2, 16; son éclat est vitreux dans les cassures fraîches. Soumise à l'action de la chaleur, elle ne diminue pas sensiblement de poids; elle se diswut dans l'eau distillée sans laisser de résidu. La solution que l'on obtient ne précipite sa base par aucun réactif. Si l'on évapore, le sel s'en sépare de nouveau sous forme cristalline sans retenir la moindre quantité d'eau. Il est com-

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posé, suivant Casaseca, de 99, 8 de Sulfate anhydre de Soude, et 0, 22 de sous-Carbonate de Soude. Sur 100 parties, le Sulfate anhydre pur contient: Acide sulfurique, 56, 18, et Soude, 43, 82. La Thcnardite cristallise en octaèdres rhomboïdaux, sans modifications ou portant à leurs sommets une facette rhomboïdale, parallèle aux buses du prisme primitif. Elle a été découverte en Espagne, à cinq lieues de Madrid, et à deux lieues et demie d'Aranjuez, dans un endroit connu sous le nom de Salines d'Espartines. Pendant l'hiver, des eaux chargées de Sulfate de Soude transsudent du fond d'un bassin, et dans l'été, par suite de l'évaporation, elle se concentrent et déposent bientôt, sous forme de cristaux plus ou tnoms nets et irrégulièrement groupés, une partie du Sel qu'elles retenaient en solution. La découverte de cette substance a été mise à profit pour les arts. La quantité de Sulfate de Soude que l'ou retire du bassin d'Espartincs est si considérable, que depuis neuf à dix ans elle suffît à alimenter une fabrique de savon, et permet encore de livrer au commerce une graode quantité de S